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H. MEIBOMIUS,<br> +<i>Et enrichi de notes historiques, critiques et +littéraires, d’une introduction et d’un index.</i></p> + +<p class="c large">NOUVELLE ÉDITION.</p> + +<p class="gap c"><span class="large g">A PARIS,</span><br> +Chez C. MERCIER, imprimeur-libraire ;<br> +rue du Coq-Honoré, N<sup>o</sup>. 120.</p> + +<p class="c">1795.</p> + +<div class="break"></div> + +<p class="c"><img src="images/illu.jpg" alt=""></p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Delicias pariunt Veneri crudelia flagra,</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Dum nocet, illa juvat, dum juvat ecce nocet.</div> +</div> + +</div> +<div class="chapter"></div> + +<h2 class="nobreak">AVERTISSEMENT.</h2> + + +<p>On sait que Jean-Henri Meibomius étoit +un savant du dernier siècle, qui s’est rendu +célèbre en médecine, par la découverte des +nouveaux vaisseaux qui prennent leur chemin +vers les paupières, et qu’on a appelés +de son nom, <i>conduits de Meibomius</i>. Il fut +long-temps professeur de médecine à Helmstadt, +sa patrie, et ensuite premier médecin +de Lubeck, ville d’Allemagne dans le duché +de Holstein.</p> + +<p>Le petit traité que nous publions est très-curieux, +et n’est guère connu que de quelques +médecins, et d’un petit nombre de +gens de lettres. Il n’en existe que deux éditions +devenues fort rares et fort chères, +faites toutes deux en pays étrangers et fourmillant +de fautes d’impression. La première +à Londres 1665, in-64, et la seconde à Francfort +1670, in-8<sup>o</sup>. L’une et l’autre étant fautives, +nous nous sommes déterminés d’en +donner une troisième purgée de ces fautes ; +et pour faire connoître cet ouvrage intéressant +et utile aux littérateurs, aux gens du +monde, et à ceux qui ne sont pas familiers +avec le grec et le latin, nous avons entrepris +de le traduire, et nous avons accompagné +notre version de notes historiques +étroitement liées au sujet, d’observations +nouvelles puisées dans des auteurs modernes, +tels que MM. <i>l’abbé Chappe</i>, <i>de Lignac</i>, +<i>Arnaud de Villeneuve</i>, et <i>Lémery</i>, etc., et +multipliées au point qu’elles forment, pour +ainsi dire, un second ouvrage aussi étendu +que celui de Meibomius.</p> + +<p>Nous avons adouci le mieux qu’il a été +possible, des expressions trop libres dans +les citations, de manière pourtant à ne pas +nuire à la clarté du sujet, dans un ouvrage +dont le but est de développer le méchanisme +des parties auxquelles l’Etre-Suprême +a confié l’emploi de la propagation de l’espèce, +et d’indiquer les remèdes nécessaires +à les rendre capables de s’en acquitter, quand +un vice dans les organes ou des excès de +volupté ont altéré en elles cette précieuse +faculté.</p> + +<p>Nous renvoyons ceux qui nous accuseroient +d’avoir voulu faire l’apologie de la +flagellation, à ce qu’ont dit dans les mêmes +vues, <i>M. de Bienville</i>, dans l’avant-propos +de son excellent <i>traité de la Nymphomanie</i>, +pages 4 et 5 ; <i>M. de Lignac</i>, dans l’introduction +de son traité de l’amour conjugal, +page 19, et <i>M. Tissot</i> dans celle de <i>l’Onanisme</i>, +pages 7, 8 et suivantes.</p> + +<p>Au reste, nous espérons que le plus grand +nombre des lecteurs, nous saura gré de +n’avoir rien négligé pour leur offrir un ouvrage +complet.</p> + +<p>Il y a des écueils inséparables de la matière, +et que le traducteur le plus chaste +ne peut éviter, s’il veut rendre les pensées +de son original ; c’est ce que nous avons +éprouvé toutes les fois qu’il a été question +de rendre en français les vers libres de +Pétrone, Catulle, Tibulle, Ovide, Martial +et Apulée. Il falloit donc abandonner +le travail ; non, sans doute : à côté des +vers libres, je trouvois des autorités puisées +dans les auteurs ecclésiastiques, les livres +sacrés et les pères de l’église. L’exemple +des St.-Augustin, des St.-Jerôme, des +Isidore, des Lactance, des Origène et des +Tertullien m’encourageoit dans mon entreprise, +puisqu’écrivant en langues vivantes, +ils n’ont pas cru devoir se taire sur les crimes +obscènes, parce qu’on ne peut les désigner +sans mots. Au reste, si nous sommes +réprehensibles, notre faute est celle de Meibomius, +et nous nous justifions entièrement par +l’aveu sincère de la faute même, et si c’en +est une, nous n’avons eu d’autre motif en traduisant +cet ouvrage, que de nous occuper, +de nous amuser, et de procurer aux littérateurs +et aux gens du monde la connoissance +d’un ouvrage que sa rareté leur avoit fait +perdre, et leur en faciliter l’acquisition à +moindres frais.</p> + +<p>J’ai rassemblé dans l’introduction qui suit, +tout ce qui peut servir à l’histoire de la +flagellation, en offrant au lecteur un extrait +lumineux et discuté de l’ouvrage de l’abbé +Boileau sur cette matière : et cette compilation +nécessaire à mon ouvrage ne laissera +plus rien à désirer. Nous osons avancer +que cet extrait, ceux de Brantôme, et +l’étendue des notes dont nous avons semé l’ouvrage, +dans la vue d’égayer l’aridité du style +de Meibomius, ne manqueront pas de rendre +ce petit traité aussi intéressant que curieux.</p> + +<p>Quant à la manière dont nous avons traduit +le latin, dans lequel il falloit remédier à des +fautes d’impression ou de latinité, et à des demi-mots +qui, si je puis le dire, n’étoient que +les premiers linéamens des pensées de l’auteur +qu’il falloit développer, nous supplions le lecteur +de vouloir bien se souvenir de ce précepte +d’Horace dont nous avons tâché de faire +notre profit, sur-tout quand il a fallu rendre +des morceaux d’anatomie, qui ne sont plus +les mêmes que du temps de Meibomius, et +suivre la marche nouvelle prescrite par nos +nouvelles découvertes en médecine, et à laquelle +je me suis le plus possible conformé.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse i" lang="la" xml:lang="la">Nec verbum verbo curabis reddere fidus</div> +<div class="verse i" lang="la" xml:lang="la">lnterpres, nec desilies imitator in arctum.</div> +</div> + +</div> +<p class="attr" lang="la" xml:lang="la">(<span class="sc">Hor.</span> Art. Poët.)</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h2 class="nobreak">INTRODUCTION.</h2> + + +<p>L’abbé Boileau, docteur de Sorbonne, +doyen et grand vicaire de Sens, sous <i>de +Gondrin</i>, et ensuite chanoine de la Sainte-Chapelle +de Paris, donna en 1700 un ouvrage +intitulé : « <span lang="la" xml:lang="la">Historia Flagellantium de <i>recto</i><a id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a> +et perverso Flagrorum usu apud Christianos, +ex antiquis scripturæ, Patrum, +Pontificum, Conciliorum et Scriptorum +profanorum monumentis, cum cura et fide +expressa</span>, » imprimé chez <i>Janisson</i>, en +gros caractères, et composé de près de 400 +pages <i>in</i>-12. <i>Du Cerceau</i> et <i>Thiers</i> le critiquèrent. +On en publia une traduction plus +indécente que l’original ; elle fut réformée +par l’abbé <i>Granet</i>, qui la fit réimprimer en +1732.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1" href="#FNanchor_1"><span class="label">[1]</span></a> L’auteur fut obligé d’ajouter ce mot <i lang="la" xml:lang="la">recto</i> au +titre, et de retrancher des choses qui choqueroient +même dans un traité de chirurgie.</p> +</div> +<p>Un auteur anonyme déchargea sa bile sur +ce livre, dans un petit ouvrage <i>in</i>-12, de +43 pages, et qui a pour titre : Lettre à +M. L. C. P. D. B. sur le livre intitulé : +<i lang="la" xml:lang="la">Historia Flagellantium</i>. Cette lettre est une +véritable satyre, et qui attaque M. l’abbé +Boileau, d’une manière hardie et peu honnête. +L’éclipse, dit le critique, que souffrit +l’histoire des flagellans, dès qu’elle commença +à voir le jour, vint d’une suppression +tacite ou de l’avidité des libraires de Hollande +et d’Angleterre, et de l’empressement +à enlever toute l’édition d’un ouvrage qui +devoit être d’un grand débit chez eux. On +m’a assuré depuis peu, dit-il, qu’on en faisoit +une nouvelle édition en faveur des +mousquetaires et autres jeunes gens d’agréable +humeur, qui le trouvent fort à leur gré. +Il est en effet très-divertissant, et peut tenir +son rang dans leur bibliothèque, entre +Rabelais, Bocace et les contes de Lafontaine. +Il ajoute que cet ouvrage a mérité à M. Boileau +le surnom de <i>Flagellant</i>, pour le distinguer +des autres abbés Boileau, fort connus +dans le monde par leur réputation et leur +mérite. Dans tout le cours de la satyre, +le critique appelle M. Boileau de ce nom de +Flagellant ou de petit Flagellant. Le portrait +qu’il en fait est trop injurieux pour +être rapporté ici. Je dirai seulement que +ce critique n’épargne ni le livre ni la personne. +Sa satyre est pleine d’invectives, de +railleries, d’ironies et de réflexions mordantes, +et son ouvrage peut être mis, avec +justice, au rang des libelles diffamatoires. +Car, après tout, dit l’auteur des nouvelles +de la république des lettres, (décembre +1700, page 695,) quand il y auroit quelque +chose à reprendre ou dans le choix de +la matière du livre de M. Boileau, ou dans +la manière dont il l’a traitée, cela n’empêche +pas que l’auteur ne soit un honnête homme +et de bonnes mœurs<a id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_2" href="#FNanchor_2"><span class="label">[2]</span></a> Le traducteur du traité de Meibomius n’a +pas d’autre réponse à faire à tous ceux qui voudroient +lui faire éprouver les désagrémens auxquels +M. l’abbé Boileau a été en proie.</p> +</div> +<p>Les jésuites attaquèrent aussi cet ouvrage, +et ont extrait de ce livre ou de ceux qu’il +a approuvés, diverses propositions qu’ils +croyoient censurables. Il y en a une qui le +paroît effectivement, et la voici en français : +<i>Les écrivains sacrés ont fait mention onze fois des +flagellations, cinq fois principalement en parlant +de J. C. notre sauveur, qui fut flagellé malgré +lui et contre sa volonté.</i> Cette expression paroît +trop forte, mais on voit bien pourtant +ce que l’auteur veut dire ; c’est que si J. C. +a été flagellé par ses ennemis, il ne s’est jamais +donné volontairement la discipline, +comme font les moines. Voici une autre proposition +que je ne rapporterai qu’en latin : +<i lang="la" xml:lang="la">Nec esse est cum musculi lumbares virgis aut +flagellis diverberantur, spiritus vitales revelli, +adeò que salaces motus ob viciniam partium genitalium +et testium excitari, qui venereis imaginibus +ac illecebris cerebrum mentem que fascinant +ac virtutem castitatis ad extremas augustias +redigunt.</i></p> + +<p>Si cette proposition n’est pas fausse, il +est du moins sûr qu’elle auroit beaucoup mieux +sa place dans un ouvrage de quelque médecin, +que dans celui d’un prêtre docteur en +théologie ; mais il sied mal aux jésuites de +relever de semblables propositions, puisque +plusieurs de leurs auteurs ont avancé des choses +beaucoup plus capables de blesser les +imaginations foibles et délicates.</p> + +<p>Le dessein général de l’auteur étoit de faire +voir que l’usage des disciplines volontaires +est une superstition qui s’est introduite chez +les moines, et qui tire son origine du Paganisme, +et qu’elle est pernicieuse à la santé +du corps et de l’âme. Il loue l’exercice de +la mortification de la chair comme un acte +saint et méritoire, lorsqu’il est autorisé par +la loi divine ou établi par l’église. Or, celui +dont il s’agit n’est point autorisé par la loi +divine. Il n’en est point fait mention dans l’ancien +testament. La loi de Moïse, au contraire, +(Deut. 25, 2, 3.) défendoit de donner +aux criminels plus de quarante coups de +fouet, d’où il suit qu’elle ne permet pas aux +moines ni à aucun autre particulier, de s’appliquer +plus de quarante coups de fouet, ni de +se déchirer la peau d’une manière si cruelle, +pendant que l’on chante lentement <i lang="la" xml:lang="la">miserere</i>, +<i lang="la" xml:lang="la">de profundis</i> et l’antienne <i lang="la" xml:lang="la">salve regina</i>. La loi +naturelle nous défend de faire à autrui ce +que nous ne voudrions pas qui nous fût fait ; +et la loi de Moïse nous défend de nous faire +à nous-mêmes ce qu’elle ne veut pas que nous +fassions à un autre. Dans l’évangile, J. C. +ni les apôtres n’ont pas fait mention de la flagellation, +car, par le passage de St.-Paul, je +<i>mortifie ma chair</i> (Corinth. 9, 27.), l’auteur +fait voir qu’il ne favorise point la discipline +que se donnent les moines. Il remarque que +la flagellation involontaire est fort ancienne, +puisqu’elle étoit en usage parmi les payens, +avant la fondation de Rome. Elle étoit même +établie par la loi divine, (proverb. 13, 24 et +23, 13) pour punir les enfans et ceux qui +faisoient quelque faute qui méritât cette punition. +Mais outre ces flagellations involontaires, +il y en avoit de volontaires et de libres. +Tertullien rapporte que c’étoit une coutume +parmi les Lacédémoniens de célébrer de +certaines fêtes en l’honneur de Diane, et que +ce jour-là, pour honorer la déesse, les jeunes +gens se fouettoient eux-mêmes devant +son autel, et quelquefois jusqu’au sang. Environ +l’an 476 de J. C., les juifs rabins mirent +au nombre de leurs cérémonies une espèce +de flagellation volontaire, mais elle étoit +mutuelle, et ils se flagelloient les uns les autres +alternativement. Dans les premiers temps +de l’église, où la pénitence étoit dans sa plus +grande ferveur, l’usage de la discipline étoit +une chose inouïe. Du temps de St.-Augustin, +on avoit coutume de flageller les hérétiques +et les criminels, mais les chrétiens ne se +flagelloient point eux-mêmes. Ceux qui ont +écrit la vie austère des anciens anachorètes +ne parlent point de disciplines ni de flagellations +volontaires. M. Boileau répond à un passage +de St.-Jérôme, à un autre de St.-Jean +Climaque, et à un troisième de St.-Cyrille +d’Alexandrie, que les moines croient leur +être favorables.</p> + +<p>L’usage de se flageller soi-même ne fut introduit +qu’environ l’an 1047 ou 1056, du temps +de <i>Pierre Damiens</i>, et il ne fut toléré des +personnes sages qu’avec beaucoup de répugnance. +L’auteur rapporte divers exemples, +tous propres à faire avoir en horreur et à +tourner en ridicule la flagellation.</p> + +<p>Voici une anecdote très-plaisante à ce sujet, +tirée de <i>Michaël Scotus</i>.</p> + +<p>Un dévot accompagnait sa femme à confesse : +voyant que le confesseur la menoit +derrière l’autel pour la flageller, il s’écria : +Monsieur, elle est très-délicate, je reçois la +discipline pour elle : cela dit, il se mit à genoux, +et le confesseur fit son office ; pendant +la cérémonie, la femme crioit de toute +sa force : frappez fortement, car je suis grande +pécheresse. Il y avoit peut-être un motif de +jalousie dans le dévouement du mari, et une +petite vengeance de cette jalousie, dans la +femme.</p> + +<p>Cette coutume devint fort ordinaire dans la +suite, et on la pratiqua jusques dans les +rues. Un cordelier un jour donna le fouet en +plein midi, sur les fesses, à un docteur en +théologie qui avoit prêché contre la conception +immaculée de la Ste.-Vierge, et les femmes +crioient : mon père, donnez-lui en quatre +coups pour chacune de nous.</p> + +<p>Vers l’an 1260, vint la superstition inouïe +de se fouetter soi-même, et la secte des flagellans +commença en Italie. Ils alloient tout +nuds en procession deux à deux, se flagellant +dans les rues et dans les places publiques. +Cette secte n’avoit point d’ailleurs de sentimens +opposés à ceux de l’église romaine. +Cependant Alexandre IV ne voulut pas l’autoriser, +et plusieurs princes chassèrent ces +flagellans de leurs états.</p> + +<p>Ces observations suffisent pour mettre le +lecteur en état de juger de l’histoire des flagellans +par l’abbé Boileau, s’il ne la connoît +pas ; et je renvoie ceux qui la connoîtroient +au livre lui-même, où ils trouveront des +choses curieuses et des détails plus étendus.</p> + +<p>Je ne puis me refuser au désir d’augmenter +la foule des exemples qu’on pourroit citer +de la flagellation volontaire, par celui de +St.-Dominique, surnommé <i>l’Encuirassé</i>. Cet +hermite ne se flagelloit pas seulement pour +lui, mais pour expier les iniquités des autres. +On croyoit alors que cent ans de pénitence +pouvoient se racheter par vingt pseautiers, +accompagnés de coups de fouet. Trois +mille coups valoient un an de pénitence, +et les vingt pseautiers faisoient trois cent mille +coups, à raison de mille coups par dixaine +de pseaumes. Dominique accomplissoit cette +pénitence de cent ans, en six jours. Il acquittoit +ainsi les péchés du peuple ; mais cette +flagellation continuelle rendit sa peau aussi +noire que celle d’un nègre. L’usage de ces +sortes de pénitence occasionna l’abolissement +des pénitences canoniques. Le principal avantage +de celles-ci étoit de détruire les plus +mauvaises habitudes, en faisant pratiquer +long-temps les vertus contraires, et non pas +en faisant flageller un hermite qui n’étoit pas +coupable. En effet, a dit un certain auteur, +le péché n’est pas comme une dette pécuniaire +que tout autre peut payer à la décharge +du débiteur, en quelque monnoie +que ce soit ; c’est une maladie dangereuse +qu’il faut guérir dans la personne même du +malade.</p> + +<p>Je serois tenté de croire que ces flagellans, +animés d’abord d’un saint zèle et du +désir de se mortifier, ont employé la fustigation +dans la vue de matter leur chair et de +faire pénitence ; mais dupes peut-être de ce +même zèle, et la nature ne perdant jamais ses +droits, ils ont continué, avec une espèce de +fureur, cette douce torture qui les dédommageoit +du plaisir que leur solitude leur défendoit ; +car enfin, c’étoit toujours un plaisir +goûté physiquement, même à l’insu du moral.</p> + +<p>Brantôme, dans la graveleuse et cynique +simplicité de son style<a id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a>, dit qu’il a ouï +parler d’une grande dame de par le monde, +qui ne se contentant de lasciveté naturelle, +car elle étoit grande putain et étant mariée +et veuve, aussi étoit-elle très-belle ; pour +la provoquer et exciter davantage, elle faisoit +dépouiller ses dames et filles, je dis les +plus belles, et se délectoit fort à les voir, +et puis elle les battoit du plat de la main sur +les fesses avec de grandes claquades et <i>blamuses</i> +assez rudes ; et les filles qui avoient délinqué +en quelque chose, avec de bonnes verges, +et alors son contentement étoit de les +voir remuer et faire des <i>tordions</i> de leurs +corps et fesses, lesquels selon les coups +qu’elles recevoient, en montroient de bien +étranges et plaisans. Autrefois, sans les dépouiller, +les faisoit trousser en robe, car pour +lors elles ne portoient point de caleçons, et +les claquetoit et fouettoit sur les fesses, selon +le sujet qu’elles lui donnoient, ou pour +les faire rire ou pleurer, etc. etc. etc.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_3" href="#FNanchor_3"><span class="label">[3]</span></a> Page 370, tom. <small>I</small>. des vies des dames galantes +de son temps, édit. de Leyde, 1666, <i>in</i>-12.</p> +</div> +<p>Plus loin, il raconte qu’un grand prenoit +ainsi plaisir à voir sa femme nue ou habillée, +et à la fouetter de claquades, et à la voir manier +de son corps.</p> + +<p>Qu’une fort honnête dame, étant fille, était +fouettée par sa mère quatre fois tous les deux +jours, non pour avoir <i>forfait</i>, mais parce +que sa mère prenoit plaisir à la voir remuer +ainsi les fesses et le corps, pour autant en +prendre d’appétit ailleurs, et tant plus elle +alla sur l’âge de quatorze ans, elle persista +et s’y acharna de telle façon, qu’à mesure +qu’elle l’acostoit, elle la contemploit encore +plus. Il dit plus bas, qu’un très-grand seigneur +et prince, il y a plus de quatre-vingt +ans, avant d’aller habiter avec sa femme, +se faisoit fouetter, ne pouvant s’émouvoir ni +relever sa nature baissante, sans ce sot remède. +Je désirerois volontiers qu’un médecin +excellent m’en dît la raison.</p> + +<p>Voilà de terribles humeurs de personnes, +dit naïvement Brantôme, en parlant de +l’homme cité par Pic de la Mirandole, et +dont nous avons rapporté l’exemple dans cet +ouvrage.</p> + + +<h3>NOTE.</h3> + +<p>On a vu dans cette introduction que de +tous temps les prêtres faisant servir la religion +à leurs plaisirs, ont su couvrir de ce +masque redoutable les excès honteux où les +portoit un tempérament fougueux qu’allumoient +encore la macération qui tendoit à les +rendre plus lubriques, l’oisiveté, la tranquillité +des cloîtres, et la confiance aveugle qu’ils +avoient inspirés à leurs sots pénitens.</p> + +<p>Le traducteur, n’ayant entrepris que le seul +ouvrage de Meibomius, et non l’effrayant tableau +des crimes du clergé, et l’histoire générale +de la flagellation, prie les lecteurs +qui désireroient de plus grands éclaircissemens +sur cette matière, de consulter :</p> + +<p>1<sup>o</sup>. Essai philosophique sur le monachisme, +par Linguet, 1776, 1 vol. <i>in</i>-8<sup>o</sup>.</p> + +<p>2<sup>o</sup>. Nécessité de supprimer et d’éteindre les +ordres religieux en France, prouvée par l’hist. +philos. du monachisme, ou exposition abrégée +de ce que l’on trouve de plus singulier +et de plus curieux dans l’institution, la règle, +l’établissement et la vie des moines de tous +les cultes et de tous les pays. <i>Londres</i> 1789, +2 vol. <i>in</i>-8<sup>o</sup>.</p> + +<p>3<sup>o</sup>. Les prêtres démasqués, ou les iniquités +du clergé chrétien. Ouvr. trad. de l’anglais. +1767, <i>in</i>-8<sup>o</sup>. 1 vol.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h2 class="nobreak">DE L’UTILITÉ<br> +<span class="large">DE LA FLAGELLATION</span><br> +DANS LA MÉDECINE<br> +<span class="small">ET DANS LES PLAISIRS DU MARIAGE,</span><br> +<span class="xsmall">ET DES FONCTIONS<br> +DES LOMBES ET DES REINS.</span></h2> + + +<p>Voici enfin, mon cher Cassius, le petit +traité que je vous ai promis dans une orgie +bachique. Vous vous convaincrez, en le lisant, +que l’usage de la flagellation n’est pas +aussi extraordinaire qu’il le paroît au premier +coup d’œil. Je me souviens très-bien de +l’engagement que j’ai pris de vous communiquer +mes réflexions sur cet objet. Ce fut +lorsque nous nous trouvâmes dernièrement +à table chez notre ami commun Martinus Gerdesius, +conseiller du prince, et votre collègue, +mais je ne me rappelle pas précisément +à quelle occasion je vous dis que les +coups et la flagellation servoient quelquefois +à la guérison de plusieurs maladies, ce qui +vous parut un paradoxe. Quoi qu’il en soit, +je vais vous démontrer que l’expérience a +confirmé la bonté de ce remède, en m’appuyant +sur l’autorité des médecins qui l’ont +enseigné et pratiqué.</p> + +<p>Titus, disciple d’Asclépiade <a href="#aut-a">(A)</a> qui vivoit +sous le règne d’Auguste, comme je l’ai dit +dans mon ouvrage intitulé : <i>Vies des médecins</i>, +prétend, livre 2, de <i>l’âme</i>, que <i>les Maniaques +doivent être fouettés pour leur rendre le bon sens</i>.</p> + +<p><i>Cœlius Aurelianus</i>, livre 1, <i>des passions lentes</i>, +chap. 5, dit que les personnes attaquées +de la <i>mélancolie érotique</i>, ou qui sont dans le +délire, doivent être aussi fouettées, quand +les autres moyens n’ont rien fait, et que dans +plusieurs individus, cette opération a guéri +l’aliénation d’esprit.</p> + +<p>Rhazès, livre 1, <i>de la continence</i>, chapitre +IV, d’après un célèbre médecin juif dont il +invoque le témoignage, ordonne de lier la +personne attaquée de la manie érotique et de +la frapper à grands coups de poing ou de verges, +si les autres remèdes ont été infructueux, +et d’administrer ce topique à plusieurs +reprises, si le bien ne s’opère pas dès la première +fois ; une seule hirondelle, pour me +servir de ses termes, ne faisant pas le printemps.</p> + +<p>Antoine Gaignier pense<a id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor">[4]</a> comme Rhazès, +et Valescus de Tarente s’exprime ainsi<a id="FNanchor_5" href="#Footnote_5" class="fnanchor">[5]</a> : +« si le malade est jeune, il faut le frapper +sur les fesses à grands coups de verges, +et si l’érection ne se fait pas, l’enfermer +dans un cul de basse fosse, l’y tenir au +pain et à l’eau jusqu’à ce qu’il demande +pardon de son invergence, et lui faire observer +un régime rigoureux. »</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_4" href="#FNanchor_4"><span class="label">[4]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Pract. Tract.</i> XV. cap. XII.</span></p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_5" href="#FNanchor_5"><span class="label">[5]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Philonium</i>. lib. I. c. XI.</span></p> +</div> +<p>Si nous en croyons Sénèque, livre 6, +<i>des Bienfaits</i>, chapitre 8, la flagellation +dissipe la fièvre quarte, parce que le mouvement +réchauffe et divise l’humeur âcre, +épaisse et noire, qui étoit stagnante dans +les viscères, comme le dit fort bien Juste +Lipse dans ses commentaires.</p> + +<p>Jérôme Mercurialis<a id="FNanchor_6" href="#Footnote_6" class="fnanchor">[6]</a>, <a href="#aut-b">(B)</a> nous apprend +que plusieurs médecins ont ordonné +la flagellation à des personnes maigres, pour +les engraisser et leur donner de l’embonpoint.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_6" href="#FNanchor_6"><span class="label">[6]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. IV <i>de arte gymnasticâ</i>, cap. IX.</span></p> +</div> +<p>Galien<a id="FNanchor_7" href="#Footnote_7" class="fnanchor">[7]</a> citant à ce sujet les stratagèmes +des marchands d’esclaves, qui se servoient +de ce moyen pour les faire paroître plus +brillans de fraîcheur et d’embonpoint, ne +laisse aucun doute sur l’efficacité de ce remède<a id="FNanchor_8" href="#Footnote_8" class="fnanchor">[8]</a>. +Il est certain qu’il fait gonfler la +chair et attire à elle les alimens. Personne +n’ignore que la flagellation avec des orties +vertes a le plus grand succès pour raffermir +les membres et rappeler la chaleur et le +sang dans les parties qui en sont privées.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_7" href="#FNanchor_7"><span class="label">[7]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Meth. med.</i> lib. XIV, c. XVI.</span></p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_8" href="#FNanchor_8"><span class="label">[8]</span></a> Combien de nourrices, sans avoir consulté +Jérôme Mercurialis, ni Galien, ont recours à ce +stratagême qu’elles connoissent par tradition, et +claquant les enfans sur les fesses, avant de les +rendre à leurs mères, trompent par cet embonpoint +factice et momentané, la confiance des tendres +parens qui leur ont livré ces intéressantes +créatures.</p> +</div> +<p>Cælius Aurelianus<a id="FNanchor_9" href="#Footnote_9" class="fnanchor">[9]</a> et Thémison, liv. 1 +<i>des Passions lentes</i>, veulent que ce soit avec +de la férule.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_9" href="#FNanchor_9"><span class="label">[9]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. II, <i>Chr.</i> c. I.</span></p> +</div> +<p>Elidæus de Padoue<a id="FNanchor_10" href="#Footnote_10" class="fnanchor">[10]</a> n’hésite pas d’ordonner +la flagellation avec des orties vertes +sur les membres tendres et délicats des petits +enfans, pour hâter l’éruption de la petite +vérole.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_10" href="#FNanchor_10"><span class="label">[10]</span></a> <i lang="la" xml:lang="la">Consil. Med.</i> 282.</p> +</div> +<p>Thomas Campanella, <a href="#aut-c">(C)</a> que nous avons +autrefois connu à Naples, semble mettre en +avant une opinion nouvelle et inadmissible, +en attribuant à la flagellation la vertu de +guérir les obstructions du bas ventre. Il raconte<a id="FNanchor_11" href="#Footnote_11" class="fnanchor">[11]</a> +que le prince de Venuse<a id="FNanchor_12" href="#Footnote_12" class="fnanchor">[12]</a> un +des meilleurs musiciens de son siècle, ne +pouvoit aller à la garde-robe sans avoir été +préalablement fustigé par un valet gagé pour +remplir cette fonction ; ajoutant qu’il seroit +dangereux de retenir sa respiration pendant +qu’on se feroit administrer ce remède, et j’en +conviens.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_11" href="#FNanchor_11"><span class="label">[11]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. III. <i>Medicinalium</i>. c. V. art. XII.</span></p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_12" href="#FNanchor_12"><span class="label">[12]</span></a> <i>Venuse</i>, aujourd’hui <i lang="it" xml:lang="it">Venosa</i>, ville de l’Italie +méridionale, dans la Basilicate, près Naples, au +pied de l’Apennin. Elle fut la patrie d’Horace.</p> +</div> +<p>Il est des personnes qui ne peuvent goûter +les plaisirs de l’amour, si elles ne sont +aiguillonnées par la fustigation. Cette cérémonie +étrange les embrâse des feux de la lubricité, +jusques à les faire écumer, et fait +dresser vers le ciel cette partie qui constitue +la virilité, de manière que son oscillation +suit le nombre et le son des coups +appliqués, pour ainsi dire, en cadence ; et +voilà précisément ce que vous rejettiez comme +une plaisanterie et une chose incroyable, +quand j’en parlai la première fois. Je vais +pourtant mettre en usage, mon cher Cassius, +tout ce que je crois capable de vous +en convaincre, en m’étayant du témoignage +des auteurs les plus dignes de foi, pour +vous prouver que ceci n’est point une innovation, +et que le caprice n’a aucune part +à cet usage, et j’y joindrai les raisons et +les exemples, d’après lesquels divers médecins +et moi avons trouvé la chose vraisemblable. +Je ne m’étendrai cependant pas beaucoup +dans ce moment-ci sur la nécessité d’employer +les orties vertes, pour en frapper les +parties génitales.</p> + +<p>Menghus Faventinus<a id="FNanchor_13" href="#Footnote_13" class="fnanchor">[13]</a> assure qu’elles +ont une propriété merveilleuse pour allonger, +tendre, grossir et ériger le membre viril, qui, +par une parcimonie de la nature, feroit craindre +la stérilité.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_13" href="#FNanchor_13"><span class="label">[13]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Pract. part. II cap. <i>de passion. membr. +genital.</i></span></p> +</div> +<p>Pétrone vous apprendra, si vous le consultez, +combien elles sont utiles pour guérir +l’impuissance, et rendre aux amans leurs forces +éteintes par de trop fréquentes jouissances +en faisant parler Encolpe de cette manière :</p> + +<p>« Cette partie de mon corps par laquelle +j’étois autrefois un Achille, étoit alors entièrement +morte et plus froide que la neige, +et sembloit s’être retirée au fond de mes +entrailles, sillonnée de mille rides. Ma +verge ressembloit à du cuir détrempé dans +de l’eau, etc. »</p> + +<p>Je ne fais ici que transcrire l’auteur qui +continue ainsi :</p> + +<p>« Enothée, prêtresse de Priape, lui ayant +promis de la lui rendre aussi dure que de +la corne, mêle du cresson alenois avec de +l’avrône, en forme un onguent qu’elle applique +sur ses testicules, et armant ses +mains d’une poignée d’orties vertes, l’en +frappe légèrement au-dessous du nombril, +sur les reins et sur les fesses. »</p> + +<p>Mais pour revenir à la grande et véritable +flagellation, écoutons ce que raconte à ce +sujet <i>Jean Pic, comte de la Mirandole</i>, <a href="#aut-d">(D)</a> +qui vivoit, il y a 150 ans. Il fait ainsi, livre 3, +chap. 27, de son ouvrage <i>contre les astrologues</i>, +l’histoire d’un de ses amis.</p> + +<p>« Je connois, dit-il, et il existe encore, +un homme dont le tempérament amoureux, +et les excès n’ont peut-être jamais eu d’exemple. +Il ne peut caresser une femme, malgré +la violence de ses desirs, s’il n’est auparavant +fustigé. En vain sa raison lui fait regarder +comme un crime ce rafinement de volupté, +sa fureur pour ce cruel plaisir est +telle qu’il encourage lui-même, et accuse de +mollesse et de lâcheté celui qui le fouette, +lorsque la fatigue ou la pitié lui font ralentir +ses efforts. Le patient n’est au comble de +ses plaisirs, qu’en voyant ruisseler le sang +dont une grêle affreuse de coups, a couvert +les membres innocens du libertin le plus +effréné. Ce malheureux reclame ordinairement +pour ce service, avec les plus instantes +supplications, la main de la femme avilie +dont il veut jouir, lui donne lui-même les +verges qu’il a fait tremper dès la veille, dans +le vinaigre, et lui demande à genoux la faveur +insigne d’être ainsi déchiré. Plus elle +frappe avec violence, plus elle acquiert de +droits à son amour et à sa reconnoissance, +en lui rendant des feux qu’il n’avoit plus, +jusqu’à ce que le dernier période de la souffrance +et l’épuisement total de ses forces, +lui fassent goûter la plénitude de la volupté +en égale proportion. Trouvez un seul homme +pour qui le comble de la douleur, et cette +espèce de torture doivent être celui du plaisir, +et si d’ailleurs il n’est pas entièrement +corrompu, lorsque, de sang froid, il connoîtra +sa maladie, il rougira de ses excès +et les détestera ». Jusqu’ici c’est Pic de la +Mirandole qui a parlé, mais la même chose +est rapportée par <i>Thomas Campanella</i> déjà +cité, et <i>Jean Névisan</i> <a href="#aut-e">(E)</a> livre 1 de ses <i>Sylves +Nuptiales</i>, art. 130. Si je ne me trompe, +l’homme dont parle <i>Cælius Rhodiginus</i> <a href="#aut-f">(F)</a> +livre 2, chap. 15 de <i>ses anciennes leçons</i>, avoit +ce goût-là de commun avec l’ami de Pic de la +Mirandole ; et d’après Cœlius, <i>André Tiraqueau</i> +<a href="#aut-g">(G)</a>, art. V de son <i>Traité des Loix +du Mariage</i>. Mais écoutons Cœlius.</p> + +<p>Des personnes dignes de foi, dit-il, assureront +avoir connu, il y a quelques années, +un homme qui par un contraste bien étonnant +et qu’on aura peine à croire, joignoit au +physique le plus froid et le plus inhabile aux +plaisirs de Vénus, l’imagination la plus érotique +et le génie le plus ardent. Il n’avoit +d’aptitude, de chaleur et de force pour la +lutte amoureuse, qu’à proportion des coups +de verge qu’il avoit reçus, et vous n’eussiez +pu savoir lequel lui causoit le plus de volupté +ou de la volupté elle-même, ou de la +douleur qui en étoit la source et l’agent : à +moins que la juste proportion de la seconde +ne le conduisît à la perfection des délices +de la première. Il s’abaissoit jusqu’aux prières +pour être frappé de verges qu’il avoit fait +durcir, depuis la veille, dans du vinaigre. +La rage qu’allumoient en lui les desirs, le +portoit à accabler de reproches et d’injures +celui qu’il avoit chargé de cet office, dès +qu’il frappoit trop mollement, et lui faisoit +regarder comme imparfaite, infructueuse et +nulle, toute séance qui n’étoit pas terminée +par une effusion de sang. Cet homme +est, je crois, le seul qui également avide +de plaisirs et de souffrances, ne savouroit +l’un qu’au moyen de l’autre, et pour qui les +plaies, les déchiremens et l’effusion de sang +fussent et le prélude et le complément des +titillations et de la jouissance<a id="FNanchor_14" href="#Footnote_14" class="fnanchor">[14]</a>. <i>Othon +Brunsfeld</i> <a href="#aut-h">(H)</a> médecin célèbre, dans son +<i lang="la" xml:lang="la">Onomastic. Medic.</i>, rapporte l’anecdote suivante :</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_14" href="#FNanchor_14"><span class="label">[14]</span></a> Tamerlan, ce fameux empereur d’Asie, qui +se faisait appeller <i>le Fils de Dieu</i>, fut père de cent +enfans et vainqueur de cent peuples, se faisoit +fustiger par esprit de débauche.</p> + +<p>Lucien, tome 3, de la traduction de Perrot d’Ablancourt, +parle d’un certain Pérégrinus qui avoit +le même goût. Ce philosophe se fouettoit en public +au milieu de tout un peuple et se débarrassoit +d’une surabondance de liqueur seminale aussi effrontément +que Diogène : ce qui leur fit donner à tous +deux le nom de <i>Cynique</i>. Ce même Pérégrinus, +surnommé <i>Protée</i>, se fit chrétien, ensuite apostat, +et finit par se brûler publiquement aux jeux Olympiques.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">« Lorsque sur un bûcher Pérégrin las du jour,</div> +<div class="verse">» D’un trépas éclatant cherche la renommée,</div> +<div class="verse">» Un <i>Cynique</i> orgueilleux s’évapore en fumée.</div> +</div> + +</div> +<p>(Racine. Poëme de la Religion, chant 4. pag. 133, +vers 306.)</p> +</div> +<p>De son temps vivoit à Munich, résidence +des ducs de Bavière, un homme qui ne pouvoit +s’acquitter envers sa femme du devoir +conjugal, s’il n’étoit pas auparavant fustigé +à toute outrance. Un fait qui s’est passé sous +nos yeux tout récemment et à Lubeck même, +vient à l’appui de ce que j’ai déjà raconté.</p> + +<p>Un citoyen de cette ville, marchand de +beurre et de fromage, demeurant sur la place +des moulins, fut, entr’autres crimes dont on +le chargeoit, accusé d’adultère, dénoncé aux +magistrats et le procès fait, condamné au +bannissement. Une fille de joie avec laquelle +cet homme avoit depuis long-temps un commerce +de libertinage, traduite devant les +sénateurs chargés de la justice criminelle, et +qu’on nomme <i lang="de" xml:lang="de">die Gerichts herren</i>, avoua qu’il +n’avoit jamais été habile à consommer l’acte +de la génération, sans être auparavant fustigé, +et qu’après une première course, il +lui étoit impossible d’aller plus loin, si elle +ne réitéroit l’opération douloureuse et salutaire, +en doublant la dose<a id="FNanchor_15" href="#Footnote_15" class="fnanchor">[15]</a>. Le coupable +nia d’abord le fait ; mais pressé par des +interrogatoires fréquens et sévères, il fut contraint +de tout avouer. J’ai pour garans de la +verité de cette anecdote, les juges eux-mêmes, +Thomas <i>Storning</i> et Adrien <i>Moller</i>, +mes amis, et qui, comme vous le savez, +vivent encore. Il y a très-peu de temps qu’une +personne occupant une des premières places +à Amsterdam, fut accusée d’avoir une liaison +de débauche avec une fille que pourtant +il ne pouvoit exploiter, sans avoir été +préalablement excité par une ample flagellation. +L’affaire ayant été portée devant les +tribunaux, la perte de son emploi fut le +châtiment de sa lubricité, et long-temps après +son aventure, il étoit encore la fable de +la ville. Ainsi, vous ne voudrez, ni ne pourrez, +je crois, vous refuser à l’évidence des preuves +dont je m’environne pour vous persuader. +Tâchons donc de rendre raison, s’il est +possible, d’une chose qui paroît, au premier +coup d’œil, si extraordinaire. Si vous consultez +les astrologues, ils allégueront l’influence +des astres, et diront qu’une puissance occulte +et particulière du ciel, est l’unique cause de +cette manie aussi extraordinaire que dépravée +de certains êtres. Ils vous diront sans doute, +avec Pic de la Mirandole, que la planète de +Vénus présidant à la conception de l’homme +a été croisée et pour ainsi dire frappée par +les rayons opposés d’un autre astre, dont +elle a contracté la malignité.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_15" href="#FNanchor_15"><span class="label">[15]</span></a> Sénèque parle aussi d’une courtisanne qui +n’employoit d’autre moyen que la fustigation pour +réveiller l’amour de son galant, lorsqu’il se refroidissoit.</p> +</div> +<p><i>Francisc. Junctinus</i><a id="FNanchor_16" href="#Footnote_16" class="fnanchor">[16]</a> <a href="#aut-i">(I)</a> fait sur cela un +très-long commentaire ; mais le ciel et les astres +étant des causes universelles, et ne pouvant +produire dans tel ou tel autre individu +des effets si particuliers, Pic de la Mirandole +les rejette avec raison et cherche une +cause plus immédiate. Il attribue donc le +goût dépravé de son ami à une longue habitude, +et continue ainsi son histoire : « Lui +demandant l’origine d’une passion aussi +inouïe, il me répondit qu’il la devoit à un +enfant : ce début piquant de plus en plus ma +curiosité, sur les instances réitérées que je +lui fis, pour qu’il m’en développât davantage +les causes principales et accessoires, il +ajouta qu’il avoit passé ses premières années +de collége avec des enfans très-débauchés, +parmi lesquels le plaisir de se fouetter étoit +très-commun et qui attachoient un certain +prix à se rendre réciproquement ce service +qui prostituoit leur pudeur. »</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_16" href="#FNanchor_16"><span class="label">[16]</span></a> Chap. 6 de <i lang="la" xml:lang="la">Judiciis Nativ.</i></p> +</div> +<p>Cœlius est du même avis que Pic de la Mirandole, +dont il n’a fait que copier l’anecdote, +en adoptant son opinion sur les causes +de cet étrange déréglement. « Ce qui n’est +pas moins surprenant, ajoute ce dernier, +c’est que cet homme connoissoit toute la +turpitude de cette habitude infâme et bizarre, +la détestoit sincèrement et la réprouvoit +avec toute la sévérité d’un juge +inflexible ; mais la force de l’habitude l’emportant +sur sa raison, il se livroit à son +invincible penchant, dans l’instant même +qu’il le condamnoit. Cette habitude s’étoit +invétérée et avoit jetté des racines +d’autant plus profondes, qu’elle avoit été +contractée dès l’âge le plus tendre, et s’étoit +considérablement accrue par les charmes +du plaisir qu’il avoit trouvé à se fouetter +dans le commerce criminel de ses camarades. +Exemple frappant de l’importance +de l’éducation, qui montre combien elle +est précieuse et combien elle décide de +nos mœurs et de notre condition, pour le +reste de la vie ». J’avoue, lui dis-je, que +l’habitude est si puissante qu’elle devient, pour +ainsi dire, une seconde nature. Aristote<a id="FNanchor_17" href="#Footnote_17" class="fnanchor">[17]</a> +l’a dit, et Ennius après lui l’a répété dans +ces termes :</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_17" href="#FNanchor_17"><span class="label">[17]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Libr.</i> de <i>Memor.</i> et <i>reminisc.</i> +c. 3 libr. 7. et c. 10. <i>Ethic.</i></span></p> +</div> +<p>« Un long usage devient coutume ; cette +coutume s’accroît par les réflexions, devient +habitude, et cette habitude, par succession +de temps, devient enfin pour les +hommes une seconde nature. »</p> + +<p>Galien dans son traité de l’habitude, chap. 2 +et 3, a démontré avec beaucoup d’élégance, +avec quelle force et quelle tyrannie l’habitude +maîtrise toutes nos actions, en l’appelant +une seconde nature<a id="FNanchor_18" href="#Footnote_18" class="fnanchor">[18]</a>. Peut-être +aussi que, dans le fait mentionné dans Cœlius +et Pic de la Mirandole, l’habitude a pu, par +succession de temps, faire beaucoup à la +chose ; mais il n’en est pas de même des +hommes de Munich et de Lubeck, cités par +Brunsfels et moi. Pourquoi, dit Campanella, +qui a déjà parlé plus haut, l’ami de Pic de la +Mirandole est-il le seul des compagnons de +ses premières fredaines, qui en ait conservé +le souvenir et la dangereuse habitude, et +pourquoi ceux-ci n’ont-ils pas la même ardeur +que lui pour la fustigation ? Les effets +et les vices d’une habitude quelconque sont +uniformes et doivent être particuliers à chacun +des individus qui l’ont adoptée. Il n’est +pas vraisemblable que ceux dont nous avons +parlé, se soient ainsi prostitués dès leur +première enfance, en cherchant à se faire +une foible image des plaisirs qu’ils ne connoissoient +pas, par des flagellations réciproques. +Je félicite au contraire notre vertueuse +Allemagne d’ignorer ces rafinemens honteux +de la débauche, ces pollutions, ces attouchemens +impurs et scandaleux entre les enfans +d’un même sexe ; ou quand, par hasard, +quelqu’un s’en est rendu coupable, (si tant +est qu’on en puisse citer un exemple) d’en punir +sévèrement les auteurs et en effacer l’opprobre +au milieu des flammes. Quintilien, +dans sa déclamation pour le soldat Marianus +dont un tribun avoit voulu faire son Ganymède, +s’exprimoit ainsi jadis, en parlant de +nos ancêtres : « Les Germains ne connoissent +pas même le nom de ce crime abominable, +et l’on vit plus saintement sur les +bords de l’Océan<a id="FNanchor_19" href="#Footnote_19" class="fnanchor">[19]</a> ». Nous en avons +parlé plus amplement dans nos commentaires +sur le serment d’Hyppocrate, chap. 19.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_18" href="#FNanchor_18"><span class="label">[18]</span></a> Liv. 2, la Tempérance, chap. 4 et liv. 3 <i lang="la" xml:lang="la">de +Simpl.</i> c. 19.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_19" href="#FNanchor_19"><span class="label">[19]</span></a> Vessius pense que les déclamations attribuées +ici à Quintilien l’orateur, ne sont ni de lui +ni de son grand père, quoique ce dernier en ait +laissé 145. Il les attribue au jeune Posthume qui prit, +dit-on, le nom de César et d’Auguste dans les Gaules, +avec Posthume son père, l’an 260 de J. C.</p> +</div> +<p>L’influence des planètes et celle de l’habitude +n’étant point capables de donner à la +flagellation la vertu d’exciter à l’amour, +voyons enfin à lui chercher une autre cause +plus directe et plus naturelle : il faut donc +pour cela reprendre les choses de plus haut, +et remarquer premièrement que cette flagellation +ne se fait que sur le dos ; vérité dont +la déposition de la courtisanne de Lubeck +et autres ne permettent pas de douter ; les +parties génitales de l’homme étant de nature +par leur délicatesse et leur extrême sensibilité, +à ne pouvoir endurer des coups de +verges, et à plus forte raison jusqu’à l’effusion +de sang. C’est donc ordinairement sur +le dos que se fait cette opération. Les lombes +occupent la plus grande partie du dos. +Cette partie a pour base cinq vertèbres qui, +placées au-dessous de celle de la poitrine, se +prolongent et aboutissent à <i>l’os sacrum</i>. Elles +sont couvertes au-dehors de muscles et d’une +peau épaisse et grasse, et au-dedans des muscles +qui l’enveloppent et forment sa partie haute, +nommés par les grecs <i>Psoas</i>, d’un muscle +de même nom, et par les latins <i lang="la" xml:lang="la">pulpa</i> de <i lang="la" xml:lang="la">palpare</i>. +Ils soutiennent les reins de droite et de gauche, +remplissent par leur étendue, l’espace +de quatre vertèbres et se joignent à la veine +cave et à la grande artère. De la veine cave +et de la grande artère, les reins<a id="FNanchor_20" href="#Footnote_20" class="fnanchor">[20]</a> reçoivent +les grands vases, qu’on nomme émulgens, +spermatiques ou lombaires. Il y en a +un de chaque côté. Viennent ensuite la +veine et l’artère dont les ramifications s’étendent +sur toute la substance de ces vases. +A droite de la veine cave et sous l’émulgente, +la veine droite séminaire prend naissance, +et l’artère séminaire qui, partant de +la grande artère, descend dans le testicule +droit. A gauche, l’artère séminaire descendant +du tronc de la grande artère, et la +veine séminaire de la veine gauche émulgente, +se rendent dans le testicule gauche. +Ces parties sont composées d’une infinité de +nerfs qui prennent leur source dans la +moëlle de l’épine, et par lesquels les sucs +contenus dans les vertèbres sont filtrés dans +les reins dont ils pénètrent non-seulement +l’enveloppe, mais encore la substance. De +la cavité des reins, les canaux uretères se +prolongent jusques à la vessie à laquelle +ils sont attachés. Toutes ces parties ayant +la même tâche à remplir dans l’acte de la +génération, on les a désignées sous la dénomination +de <i>lombes</i>, et c’est le sentiment +de Marsilio Cagnati, <a href="#aut-k">(K)</a> livre 4, chapitre +7 de ses diverses leçons. Les auteurs +ont fait d’assez exactes recherches sur les +fonctions assignées à chacune de ces parties ; +savoir : les os, les muscles, les reins +et les vases, et tous sont d’accord. Cagnati<a id="FNanchor_21" href="#Footnote_21" class="fnanchor">[21]</a> +dit qu’elles concourent, chacune selon son +emploi, à élaborer la semence et perfectionner +l’ouvrage de la génération, suivant les +loix immuables de la nature. Jérôme <i>Montuus</i><a id="FNanchor_22" href="#Footnote_22" class="fnanchor">[22]</a> +et André Tiraqueau, le plus célèbre +de vos jurisconsultes, livre 15, de son +traité <i>de la loi des mariages</i>, art. 40, 41 et 42, +sont du même avis, après l’examen le plus +scrupuleux de cet objet. Consultez l’écriture +sainte, toute l’antiquité, les auteurs sacrés +et profanes, tous n’ont qu’une voix sur la +destination des lombes, des reins et des flancs. +Plusieurs passages de l’écriture sainte nous +prouvent que les lombes sont les instrumens +de la génération. On lit dans la Génèse, +chap. 31, verset XI : « des rois sortiront +de vos lombes. » Dans l’épitre de St. Paul +aux Hébreux, chap. 7, vers. 5 : « <i>vous êtes +les enfans d’Abraham et sortis de ses lombes.</i> » +et verset 10 : « Levi sortit du même endroit. »</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_20" href="#FNanchor_20"><span class="label">[20]</span></a> Le mot de R<small>EINS</small>, en Latin +<span lang="la" xml:lang="la">R<small>EN</small>, R<small>ENES</small></span>, +vient du Grec <i>Reein</i>, qui signifie couleur, parce que +c’est des reins que l’urine coule. Ils sont deux, et +ressemblent à ces légumes appellés phaséoles. Leur +substance est rouge et dure, couverte d’une membrane +déliée et d’une autre grasse, qui est un replis +du péritoine. Leur longueur est de 4 ou 7 travers +de doigt, leur largeur presque de trois et leur épaisseur +de deux. Les Grecs nomment encore les reins +<small>OURETERES</small>, c’est-à-dire, canaux uretères, parce +qu’ils y sont contenus, comme il est dit plus bas.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_21" href="#FNanchor_21"><span class="label">[21]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. 2. <i>de anim.</i></span> texte 35.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_22" href="#FNanchor_22"><span class="label">[22]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Pract. part.</i> I. lib. IV</span>, chap. dernier.</p> +</div> +<p>Basile le grand, dans son commentaire sur +Esaïe, chap. XVI, dit que dans plusieurs +passages de l’écriture, l’expression de lombes +est employée pour désigner les membres +servans à la génération.</p> + +<p>Origène, <a href="#aut-l">(L)</a> Homelie 1, commentant le +verset 109, pseaume 37 : « mes lombes sont +remplis d’illusion, » l’explique ainsi : les +lombes étant les réservoirs de la semence, +le psalmiste indique la nature du péché, en +se servant du nom de la partie qui sert à +le commettre. L’expression de ceindre ses +reins étoit passée en proverbe chez les Hébreux, +pour signifier la continence et l’éloignement +des voluptés charnelles. Jehovah, +livre de Job<a id="FNanchor_23" href="#Footnote_23" class="fnanchor">[23]</a> dit en y faisant allusion. +« Ceins tes reins comme un homme courageux ; » +c’est-à-dire, reprime la luxure en +homme courageux. Isidore <a href="#aut-m">(M)</a> livre XI, +chap. I de ses O<small>RIGINES</small>, dit qu’il faut +l’interprêter ainsi : que le moyen de résister +et le préservatif contre la luxure doit +être appliqué aux parties dont la rébellion +et la complexion brûlante nous portent à ce +crime. Voyez Suidas, au mot PSOA.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_23" href="#FNanchor_23"><span class="label">[23]</span></a> Chap. 39, v. III. et c. XL, v. <small>II</small>.</p> +</div> +<p>Saint Jérôme dans son commentaire sur +Nahum, chap. II, v. 1, parle ainsi : « Regarde +ton chemin, affermis tes lombes et +arme-toi de courage. »</p> + +<p>Saint Mathieu, chap. 3, vers. 4, dit en +parlant de St.-Jean Baptiste : « Il portoit +une ceinture de peau autour des reins. » +St.-Grégoire de Nazianze, discours 42, et +Nicétas dans ses commentaires, sur <i>idem</i>, +nous disent la même chose. C’est aussi dans +le même sens qu’il faut interprêter Esaïe<a id="FNanchor_24" href="#Footnote_24" class="fnanchor">[24]</a> +Jérémie<a id="FNanchor_25" href="#Footnote_25" class="fnanchor">[25]</a>, St. Paul<a id="FNanchor_26" href="#Footnote_26" class="fnanchor">[26]</a> et Salomon qui dit en +parlant de la femme forte et chaste : « <i>elle +a ceint ses lombes de courage</i> »<a id="FNanchor_27" href="#Footnote_27" class="fnanchor">[27]</a> St.-Pierre<a id="FNanchor_28" href="#Footnote_28" class="fnanchor">[28]</a> +dit « <i>ceindre les reins de son âme</i> », ce que +Montuus déjà cité traduit par « <i>écarter de son +âme toute pensée impure et lascive</i> ». Si je ne +me trompe, les Romains ont fait allusion à ces +allégories, lorsqu’ils ont dit, <i>être ceint, porter +la ceinture</i>, pour désigner la sagesse, la +modestie et la pureté virginale, et <i>délier</i> sa +ceinture, pour être au contraire, l’emblême +de la dissolution des mœurs, comme je l’ai +plus amplement décrit dans la vie de Mœcènes. +On observe encore aujourd’hui dans les +Gaules l’usage de ceindre d’un ruban, cordon +ou écharpe de soie, ceux à qui l’on décerne +le triomphe littéraire, et qu’ils portent +comme un monument glorieux des talens qui +les distinguent du vulgaire. Ce qui, selon +François Ranchin<a id="FNanchor_29" href="#Footnote_29" class="fnanchor">[29]</a>, dénote sur-tout dans +les médecins, la nécessité d’être chaste. La +ceinture annonce la contraction des reins, +leur inaction, et partant la sagesse qui reprime +la rébellion et l’effervescence des lombes +qui nous portent à la débauche. C’est +ce qui a fait croire aux anciens que Diane, +déesse de la chasteté, portoit toujours une +ceinture. La délier étoit chez eux le premier +effet du mariage, et annonçoit la désertion +de la fleur virginale<a id="FNanchor_30" href="#Footnote_30" class="fnanchor">[30]</a>, et cette +commission étoit donnée à l’époux. Aëtius +<a href="#aut-n">(N)</a> dit<a id="FNanchor_31" href="#Footnote_31" class="fnanchor">[31]</a> que les plaisirs du mariage +sont funestes à ceux qui ont les reins ou +les lombes foibles, et nommés pour cela +<i lang="la" xml:lang="la">Elumbes</i>, c’est-à-dire, <i>éreinté, érené</i>. Eustathe +a fait passer ce mot en proverbe, en +disant <i>efflanqué comme un âne de Mysie</i>. Elumbis, +<i lang="la" xml:lang="la">qui se se erigere non potest</i>. En italien, +<i lang="it" xml:lang="it">dilumbato</i> ; en espagnol, <i lang="es" xml:lang="es">flaco</i> ; en anglais, +<i lang="en" xml:lang="en">he that hath feble loynes</i>. Hadrianus Junius, +cent. 6. ad. 48. donne le nom d’âne de Mysie +aux éreintés ; ce qui a fait dire à Pétrone +que les personnes ruinées par leurs fréquens +sacrifices à Vénus, ont les reins lâches, c’est-à-dire, +<i>sans ceinture</i>. « Encolpe, dit-il, avoit +publié par-tout qu’il avoit la goutte et les +reins de la plus grande foiblesse. » Catulle, +épigramme XVI, parle de ceux qui ne peuvent +donner un mouvement souple et facile +à leurs lombes endurcis. Et Martial, au contraire, +livre 5, épigramme 79, dit : « donner +à ses lombes souples et lascifs un tremblement +voluptueux. »</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_24" href="#FNanchor_24"><span class="label">[24]</span></a> C. 32 v. 11.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_25" href="#FNanchor_25"><span class="label">[25]</span></a> Chap. I, vers. 17.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_26" href="#FNanchor_26"><span class="label">[26]</span></a> Epitr. aux Ephésiens, c. IV v. 14.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_27" href="#FNanchor_27"><span class="label">[27]</span></a> Prov. ult. vers. 17.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_28" href="#FNanchor_28"><span class="label">[28]</span></a> Epit. I. chap. I. vers. XIII.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_29" href="#FNanchor_29"><span class="label">[29]</span></a> <i>Commentaires sur le serment d’Hyppocrate</i>.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_30" href="#FNanchor_30"><span class="label">[30]</span></a> Horace nomme les Grâces <i lang="la" xml:lang="la">decentes, pudicas</i>, +lorsqu’elles ont leur ceinture, et <i lang="la" xml:lang="la">solutis zonis</i>, quand +il veut qu’elles président à ses orgies et aux mystères +de la voluptueuse déesse d’Amathonte. Voyez +l’ode XXX. liv. I. <i lang="la" xml:lang="la">O Venus, regina Gnidi Paphique</i>, +etc.</p> + +<p>La ceinture ayant de tout temps été l’emblême de +la virginité, une femme ne doit plus la porter. +Nos élégantes et nos impures nous en imposent +donc bien effrontément, en ceignant leurs tailles, +même à 40 ans, d’un large ruban bleu, noir, aurore +ou coquelicot. C’est ainsi que la manie des +modes nous fait perdre de vue, lors même qu’elle +conserve celles que nous avons reçues des anciens, +leur sagesse qui cachoit toujours des maximes de +morale et des emblêmes de vertu dans tout ce qu’ils +adoptoient, pour tous les détails qui ont rapport +à la vie et au vêtement.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_31" href="#FNanchor_31"><span class="label">[31]</span></a> Disc. 3, chap. 8, de son <i>Tetrabiblos</i>.</p> +</div> +<p>L’auteur anonyme de l’épigramme XVIII +du <i lang="la" xml:lang="la">Priapeia</i>, s’exprime ainsi :</p> + +<p>« Quand la courtisanne Téléthuse agitera-t-elle +voluptueusement sur toi ses reins +souples et lubriques ? »</p> + +<p>Le mot <i lang="la" xml:lang="la">fluctuare</i> peint le mouvement d’oscillation +et la manière de s’agiter et de se +soulever de bas en haut, comme les flots, +en grec, <i>ricnoustai</i>, en latin <i lang="la" xml:lang="la">crissare</i><a id="FNanchor_32" href="#Footnote_32" class="fnanchor">[32]</a>. C’est +de-là qu’on a donné le nom de <i>ricnoma</i> à une +sorte de danse grecque fort lascive<a id="FNanchor_33" href="#Footnote_33" class="fnanchor">[33]</a>. Telle +est de nos jours celle que nous appellons la +<i>bergamasque</i>, qui ne se danse que sur les théâtres, +ou par des personnes masquées. Juvenal +paroît y faire allusion, lorsqu’il parle, +satyre 2, des jeunes Romaines, dont on applaudissoit +l’adresse à se laisser doucement +aller à terre, en agitant leurs fesses avec un +tremblement voluptueux.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_32" href="#FNanchor_32"><span class="label">[32]</span></a> <i lang="la" xml:lang="la">Indecenter flecti, curvari</i>, s’agiter, se plier, +se courber d’une manière indécente et lubrique.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_33" href="#FNanchor_33"><span class="label">[33]</span></a> Les O-Taïtiens ont une danse semblable, et +les Espagnols ont le <i lang="es" xml:lang="es">fendango</i>. Voyez le voyage en +Espagne par le marquis de Langle, tom. I, page 145.</p> +</div> +<p>Arnobe, livre 2. « Une troupe lubrique +formoit des danses dissolues, sautoit en désordre +et chantoit, tournoit en dansant et +à certaine mesure, soulevant les cuisses et +les reins, donnoit à leurs fesses et à leurs +lombes un mouvement de rotation qui auroit +embrâsé le spectateur le plus froid<a id="FNanchor_34" href="#Footnote_34" class="fnanchor">[34]</a>. » Voyez +dans les lettres grecques celle qui est intitulée, +<i>Megara à Bacchides</i> sur la Thryallide.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_34" href="#FNanchor_34"><span class="label">[34]</span></a> <span class="i">Nous valons bien les Romains pour la débauche. +Nous avions, il y a cent ans, les danses de caractère, +la fricassée, et les rondes de société. Nous avions les +danses lascives que les princes du sang et la reine faisoient +exécuter à Brunoy, à Trianon et à Compiègne, +par les acteurs et actrices qui jouoient le <i>théâtre gaillard</i>, +pour ranimer leurs majestés épuisées.</span></p> +</div> +<p>Perse fait allusion à cette danse, lorsqu’il +dit des vers licencieux qui remplissent l’esprit +de l’auditeur des idées les plus voluptueuses :</p> + +<p>« Qu’il fait beau voir là nos grands de +Rome s’agiter de lascive manière, et murmurer +d’une voix tremblante, lorsque ces +vers libidineux pénètrent jusqu’au siège des +plaisirs (les lombes), et qu’une molle +prononciation chatouille leurs sens ! »</p> + +<p>Juvenal, satyre 6, vers 314, dit, en parlant +des flûtes des prêtresses de la bonne déesse :</p> + +<p>« On sait à présent ce qui se passe aux +mystères de la bonne déesse, quand la +flûte agite ces ménades, et fait tremblotter +voluptueusement leurs reins ; lorsqu’également +ivres de sons et de vin, elles laissent +voler leurs cheveux en tourbillons, +et invoquent Priape à grands cris. »</p> + +<p>Isidore prétend que le mot lombes, <i lang="la" xml:lang="la">Lumbus</i>, +vient de <i lang="la" xml:lang="la">libido</i>, <i>desir</i>, parce que c’est +dans les lombes que réside chez les hommes +la cause de leurs désirs et l’aiguillon de la +volupté.</p> + +<p>Nicolas Perrot, dans son ouvrage intitulé +<i lang="la" xml:lang="la">Cornucopia</i> <a href="#aut-o">(O)</a> leur donne la même étymologie. +Il fait dériver <i lang="la" xml:lang="la">lumbi</i> de <i lang="la" xml:lang="la">lubendo</i>, en intercalant +une lettre, comme on le pratique assez +ordinairement : ainsi de <i lang="la" xml:lang="la">cubo</i> on fait <i lang="la" xml:lang="la">cumbo</i> ; de +<i lang="la" xml:lang="la">pago</i>, <i lang="la" xml:lang="la">pango</i> ; de <i lang="la" xml:lang="la">frago</i>, <i lang="la" xml:lang="la">frango</i>, +etc. (Voyez +le savant Matth. Martinius, dans son <i lang="la" xml:lang="la">lexicon +etymologicum</i>.</p> + +<p>Les lombes et les reins qui en forment la +plus grande partie ont tous deux les mêmes +fonctions, pour peu que vous fassiez attention +à leur conformation. On voit dans le livre +des rois, ch. 7, v. 12, qu’ils servent à la +génération. « Le fils qui est sorti de tes +reins. »</p> + +<p>Tertullien <a href="#aut-p">(P)</a> dans son traité de <i>la résurrection +de la chair</i>, nomme les reins les réservoirs +de la semence.</p> + +<p>Le prêtre Hésychius (ou autrement dit par +corruption, Isicius) dans ses commentaires +sur le <i>Lévitique, liv. I</i>, dit que les reins sont +les dispensateurs de la liqueur séminale dans +le coït ; et plus loin : c’est dans les reins +que se forment et se conservent les fluides +destinés à la génération.</p> + +<p>St.-Augustin, pseaume 7. v. 2, dit que par +les reins, on entend les plaisirs de l’amour.</p> + +<p>St.-Jérôme commentant Nahum, dit que tout +ce qui a rapport au coït émane du ministère +des reins, et répète à peu-près la même +chose dans son commentaire sur Ezéchiel, +chap. 16.</p> + +<p>On lit dans Jérémie<a id="FNanchor_35" href="#Footnote_35" class="fnanchor">[35]</a> et dans l’apocalypse<a id="FNanchor_36" href="#Footnote_36" class="fnanchor">[36]</a>, +sondant les reins et les cœurs : ce +que Nicolas de Lyre <a href="#aut-q">(Q)</a> explique par, examinant +et punissant nos concupiscences et +nos mauvaises pensées ; l’écriture sainte désignant +par le <i>cœur</i>, nos pensées, et par les +<i>reins</i>, les mouvemens de la chair. C’est par +cette raison que David<a id="FNanchor_37" href="#Footnote_37" class="fnanchor">[37]</a> prie le seigneur +de brûler ses reins et son cœur, expressions +adoptées par l’église dans ce passage d’un +hymne :</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_35" href="#FNanchor_35"><span class="label">[35]</span></a> Chap. 17, vers. 10.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_36" href="#FNanchor_36"><span class="label">[36]</span></a> Chap. 2, vers. 20.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_37" href="#FNanchor_37"><span class="label">[37]</span></a> Ps. 26, vers. 2.</p> +</div> +<p>« Brûlez nos reins et nos cœurs, ô mon +dieu, du feu de l’esprit saint, afin que nous +vous servions purs et chastes de corps et de +cœur, et que nous nous rendions dignes de +votre amour par l’innocence de notre vie. »</p> + +<p>On voit dans l’exode XII, V. 2, qu’il étoit +prescrit aux Israélites qui mangeoient l’agneau +pascal, de ceindre leurs reins, et tous +les théologiens s’accordent à entendre par-là +qu’ils devoient se garder de toute action et +pensée charnelle.</p> + +<p>Ausonne, épigramme 13, dit, se servir de +ses reins, pour <i>se livrer à la volupté. « Sers-toi +de tes reins. »</i> On dit chez nous, en badinant, +que ceux qui sacrifient à la déesse de Cythère, +<i>purgent leurs reins</i>.</p> + +<p>Hyppocrate, dans son traité des maladies +internes, Aristote dans ses problêmes<a id="FNanchor_38" href="#Footnote_38" class="fnanchor">[38]</a>, +Galien<a id="FNanchor_39" href="#Footnote_39" class="fnanchor">[39]</a>, Aëtius<a id="FNanchor_40" href="#Footnote_40" class="fnanchor">[40]</a>, dans son <i>Tetrabiblos</i>, +Avicenne<a id="FNanchor_41" href="#Footnote_41" class="fnanchor">[41]</a>, <a href="#aut-r">(R)</a> et quantité d’autres médecins, +nous apprennent que les jouissances +trop fréquentes ruinent les reins ; ce qui a +fait dire à Fulgence <a href="#aut-s">(S)</a> dans sa mythologie<a id="FNanchor_42" href="#Footnote_42" class="fnanchor">[42]</a> +que les reins sont consacrés à Vénus. Fulgence, +liv. 5 de sa mythologie, dit dans la +fable de Thétis et Pelée, d’après la physiologie +de Démocrite, que les payens avoient +consacré chaque partie de notre corps à une +divinité particulière : la tête à Jupiter, les +bras à Junon, les yeux à Minerve, la poitrine +à Neptune, la ceinture à Mars, les +reins à Vénus, et les pieds à Mercure<a id="FNanchor_43" href="#Footnote_43" class="fnanchor">[43]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_38" href="#FNanchor_38"><span class="label">[38]</span></a> Section IV, probl. 2.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_39" href="#FNanchor_39"><span class="label">[39]</span></a> Lib, VI, comment. VI.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_40" href="#FNanchor_40"><span class="label">[40]</span></a> Disc. 3, c. VIII, lib. I.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_41" href="#FNanchor_41"><span class="label">[41]</span></a> Liv. III, fen. XII. trait. II. c. XI.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_42" href="#FNanchor_42"><span class="label">[42]</span></a> Liv. III.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_43" href="#FNanchor_43"><span class="label">[43]</span></a> <i>C’est ainsi que les anciens mettoient la morale +à la portée de tout le monde, par des emblêmes ingénieux, +et sous le manteau du culte religieux.</i></p> +</div> +<p><i>Varron</i>, celui des Romains qui avoit le +plus d’érudition, au jugement de Quintilien<a id="FNanchor_44" href="#Footnote_44" class="fnanchor">[44]</a>, +si vous voulez remonter à la source pour trouver +la véritable étymologie du mot, fait +dériver <i lang="la" xml:lang="la">Renes</i> du grec <i>Upo tou rein</i>, c’est-à-dire, +ruisseaux d’où coule l’humeur obscène, +nom qu’il donne au fluide séminal, ne +vous y trompez pas, si nous devons en croire +Isidore<a id="FNanchor_45" href="#Footnote_45" class="fnanchor">[45]</a> et Lactance<a id="FNanchor_46" href="#Footnote_46" class="fnanchor">[46]</a>. Il ne faut donc +pas entendre par humeur obscène, cette sérosité +saline contenue dans la vessie, ainsi +que plusieurs l’ont cru. Isidore expliquant +Varron, dit que les veines et la moëlle de +l’épine, filtrent dans les reins une liqueur +claire et subtile qui, détachée et provoquée +par la chaleur que communique l’acte vénérien, +descend des reins dans les testicules, +et personne ne peut, avec un peu de bon +sens, imaginer qu’il s’agisse ici de l’urine.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_44" href="#FNanchor_44"><span class="label">[44]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Institut. orator. lib. 10, cap. I.</span></p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_45" href="#FNanchor_45"><span class="label">[45]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Orig. lib. 10.</span> chap. I.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_46" href="#FNanchor_46"><span class="label">[46]</span></a> Ouv. de dieu, chap. 14.</p> +</div> +<p>Les Hébreux, par le mot <i>reins</i>, désignant la +concupiscence, emploient deux mots qui signifient +en français <i>desirer ardemment</i>. Les reins +étant situés dans les lombes, vers les parties +latérales de la région supérieure du bas-ventre, +on les a crus nécessaires à la génération.</p> + +<p>Dans Ovide, livre I des amours, Elégie +XII, la plus chaste des femmes, ou du moins +qui passoit pour telle, voulant éprouver la +vigueur de ses prétendans, leur montre un +arc et leur ordonne d’essayer de le bander.</p> + +<p>« Pénélope éprouvoit la force de ses amans +en les défiant de bander un arc de corne, +afin de voir celui d’entr’eux qui avoit les +reins les plus forts. »</p> + +<p>Pénélope le dit elle-même, dans l’épigramme +69 du <i>Priapeia</i>, où le poëte la fait +parler ainsi à ses galans assemblés.</p> + +<p>« Personne ne bandait mieux que mon +cher Ulysse, l’arc que je vous présente, +soit l’effet de la force des reins (<i lang="la" xml:lang="la">laterum</i>) +ou de l’adresse. Puisque je l’ai perdu, +essayez de le bander, et celui que je trouverai +vraiment homme, mâle et vigoureux, +et digne de le remplacer, sera mon époux. » +Martial, liv. VII, épig. 57, dit, <i>essayer ses reins</i>, +pour éprouver ses forces aux combats de +Vénus.</p> + +<p>Ovide, liv. II, élégie 10 <i>des amours</i>, dit : +donner de la force aux <i>reins</i> pour exciter à +la volupté.</p> + +<p>« La volupté donnera à mes reins tout +ce qui peut ranimer mes forces. »</p> + +<p>Apulée, livre VIII, appelle <i>industrie, souplesse +des reins</i>, l’avantage précieux d’une +vigoureuse construction pour la lutte amoureuse. +Parlant des débauches des prêtres de +la déesse Syrienne : « Ils amènent, dit-il, souper +avec eux, un paysan d’une taille et +d’une force de reins extraordinaires. »</p> + +<p>Juvenal et Ovide disent : <i>ménager ses reins, +s’abstenir des plaisirs de l’amour</i>. Le premier, +sat. VI, dit en parlant d’un Catamite<a id="FNanchor_47" href="#Footnote_47" class="fnanchor">[47]</a> :</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_47" href="#FNanchor_47"><span class="label">[47]</span></a> Les anciens nommoient <i lang="la" xml:lang="la">Catamiti, Ganymedes, +Concubini</i>, ces jeunes garçons qui tiroient un grand +profit de la prostitution de leurs corps. Pétrone leur +a fait donner le nom de <i>Gitons</i>, et depuis, les favoris +de nos rois furent appelés <i>Mignons</i>, de <i lang="les" xml:lang="les">mi</i>, qui +signifie <i>mon</i>, et de <i lang="es" xml:lang="es">niño</i>, mot Espagnol qui veut +dire <i>petit enfant et caressé</i>. (Ménage et Futetière.)</p> +</div> +<p>« Que ne laisses-tu dormir auprès de toi, +cet enfant soumis, paisible et désintéressé, +cet enfant qui jamais ne te reproche d’avoir +ménagé tes flancs, et de ne le pas caresser +autant qu’il le désireroit. »</p> + +<p>Et le second, livre II, de l’art d’aimer.</p> + +<p>« Ne ménagez pas vos flancs, c’est d’eux +que dépendent la fidélité de votre maîtresse, +la paix et le bonheur de vos amours. »</p> + +<p>Martial, livre XI, épigramme 105, emploie +l’expression de rompre ses reins, pour fournir +trop souvent la carrière amoureuse.</p> + +<p>« Et tu prolonges jusqu’au grand jour les +transports libidineux qui épuisent et rompent +tes reins. »</p> + +<p>Et plus loin, livre XII, épig. 99.</p> + +<p>« Bassus, tu te romps les reins, mais avec +des jeunes gens bien fournis de poils. »</p> + +<p>Tibulle ou quelqu’autre auteur, dans ses +Iambes à Priape, s’exprime ainsi :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">« Dans mes vaisseaux enflés la liqueur prolifique</div> +<div class="verse">» Trop long-temps ménagée, irrite mes transports ;</div> +<div class="verse">» Et rien ne peut calmer ma fureur érotique</div> +<div class="verse">» Que la tendre Vénus, secondant mes efforts,</div> +<div class="verse">» Sur le sein d’une belle amoureuse et lubrique,</div> +<div class="verse">» N’ait, en brisant mes reins, dégagé leurs ressorts.</div> +</div> + +</div> +<p>Pétrone, dans sa satyre, dit, <i>arracher les +flancs</i>. (Je craignois que Giton ne m’arrachât +les flancs.)</p> + +<p>Il donne en plusieurs endroits, aux flancs +de ceux qui se sont ruiné le tempéramment, +les épithètes de <i>fatigués</i>, <i>invalides</i>, <i>épuisés</i>, +<i>desséchés</i> et <i>morts</i>.</p> + +<p>Ovide, livre III, des amours, Elégie X, dit :</p> + +<p>« J’ai vu sortir de chez vous, votre adultère +épuisé, traînant à peine ses flancs desséchés +et sans vie. »</p> + +<p>Catulle, Epigramme 7.</p> + +<p>« Pourquoi ne nous montres-tu pas tes +flancs épuisés. »</p> + +<p>Priape, s’exprime ainsi, épigramme 25 du +<i lang="la" xml:lang="la">Priapeia</i>, déjà cité :</p> + +<p>« Vous voyez comme je suis arrangé et +dans quel état déplorable la débauche m’a +conduit. Je suis absolument ruiné, pâle et +décharné. Mes flancs sont entièrement épuisés, +une toux affreuse m’arrache la poitrine +et je crains de cracher ma vie avec +cette salive dangereuse. »</p> + +<p>Suétone, dans la vie de Caligula, chap. 37, +dit que Catulle, jeune homme de maison +consulaire, reprocha à ce monstre de lubricité +« d’avoir assouvi sur lui sa brutale +passion et de lui avoir épuisé les reins +par ses criminels embrassemens. »</p> + +<p>Dans Apulée, livre VIII, le jeune homme +qui servoit aux plaisirs infâmes de la déesse +Syrienne, dit à l’âne qui venoit le remplacer +dans cette fonction :</p> + +<p>« Puisses-tu vivre long-temps, plaire à tes +nouveaux maîtres, et me donner le temps +de réparer mes forces et <i>mes reins</i> qu’ils +ont épuisés. »</p> + +<p>Tous les passages que j’ai déjà cités rendent +la chose aussi claire que les rayons du +soleil dans un beau jour d’été, pour me servir +ici des expressions de Plaute.</p> + +<p>Nous ne pouvons donc regarder comme nouvelle +et suspecte, une opinion adoptée et +confirmée par le suffrage unanime de toute +l’antiquité et le témoignage des saintes écritures, +que les lombes, les parties voisines, +et les reins sont les instrumens de la génération. +Or une chose généralement reconnue +et avouée des savans, comme disent vos +jurisconsultes, mon cher Cassius, ne peut +être absolument fausse. Il n’y a de probable, +dit Aristote, liv. 1 de ses topiques, chap. 1, +texte 7, que ce qui paroît tel à tout le monde +ou au plus grand nombre, et sur-tout à +ceux dont on connoît la prudence et le génie, +et qui se sont illustrés par les profondes +connoissances. Il est donc important d’en +chercher la raison avec la plus scrupuleuse +attention, et d’établir, quand nous l’aurons +trouvée, comment les coups de verges appliqués +sur le dos ou sur les lombes, subtilisent, +embrâsent les esprits et nous rendent +habiles à savourer les délices de la jouissance<a id="FNanchor_48" href="#Footnote_48" class="fnanchor">[48]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_48" href="#FNanchor_48"><span class="label">[48]</span></a> Nous ne pouvons mieux faire pour appuyer +les observations faites jusqu’ici par Meibomius, +sur l’utilité de la flagellation, que de citer M. l’abbé +Chappe d’Auteroche, de l’académie des sciences. +Ce savant abbé mourut en Californie, quelques +jours après son observation du passage de Vénus +sur le soleil, en 1760. +Il avoit accompagné dans +cette importante mission, MM. de la Condamine, +l’abbé de la Caille, Joseph de Jussieu, Godin des +Odonnais, Couplet, Lemonnier, Bougues, Verguin, +Morainville, Clairaut et le Camus. Il remarque +dans son voyage en Sibérie, fait par ordre du +Roi en 1761, tome 1, page 339, que les coups de +verges que l’on donne dans les bains de vapeurs, +en Russie, donnent de l’activité aux fluides et du +ressort aux organes. <i>La flagellation</i>, dit-il, <i>anime +les passions</i> ; et nous devons en croire cet estimable +littérateur, qui voyageant en philosophe, ami de +l’humanité, s’est attaché à observer tout ce qui +peut influer sur la population.</p> + +<p>Le lecteur qui désireroit de plus grands détails +sur cette matière, peut consulter l’excellent ouvrage +de l’abbé Boileau, qui a pour titre : Histoire des +flagellans, où l’on fait voir le bon et le mauvais +usage des flagellations, etc. <i>Amsterdam</i> 1701, <i>in</i>-12.</p> +</div> +<p>Marsilius Cagnatus et Montuus attribuent +tout aux lombes, puisqu’ils sont composés +des parties ci-devant détaillées, c’est-à-dire, +des vertèbres, des muscles, des reins, des +veines, des artères et des nerfs, en donnant +néanmoins le premier rang aux veines et aux +artères spermatiques qui fournissent la matière +de la semence, contiennent le fluide qui +commence à blanchir et à s’épaissir, est déjà +sperme, ou va le devenir, et de-là le transmettent +dans les testicules. Ce fluide étant +trop abondant dans les veines et les artères, +s’y trouvant gêné, et cherchant à se répandre +au-dehors, excite des picotemens agréables, +le prurit vénérien, des irritations, le besoin +de s’en décharger et des pollutions nocturnes, +sur-tout chez les personnes qui se couchant +sur le dos, communiquent trop de chaleur +aux parties génitales. Barth. Montagnana<a id="FNanchor_49" href="#Footnote_49" class="fnanchor">[49]</a>, +le philosophe Nemesius<a id="FNanchor_50" href="#Footnote_50" class="fnanchor">[50]</a>, <a href="#aut-t">(T)</a> Joh. Matthæus<a id="FNanchor_51" href="#Footnote_51" class="fnanchor">[51]</a>, +Garyopontus, médecin latin moderne<a id="FNanchor_52" href="#Footnote_52" class="fnanchor">[52]</a>, +et Sennert, <a href="#aut-u">(U)</a> notre professeur et +notre ami, homme respectable, lorsqu’il vivoit<a id="FNanchor_53" href="#Footnote_53" class="fnanchor">[53]</a>, +Pierre Lauremberg, <i lang="la" xml:lang="la">in procestriis +annotat. anat. lib. 1. cap. IV</i>, et enfin Gaspard +Hoffmann, disent tous la même chose, quoiqu’ils +ne s’expliquent pas de la même manière.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_49" href="#FNanchor_49"><span class="label">[49]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Consil. med. 37.</span></p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_50" href="#FNanchor_50"><span class="label">[50]</span></a> De la nature de l’homme, chap. 27.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_51" href="#FNanchor_51"><span class="label">[51]</span></a> <i lang="la" xml:lang="la">Quæst. medic.</i> 90.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_52" href="#FNanchor_52"><span class="label">[52]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Pract.</i> lib. 3. cap. 34.</span></p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_53" href="#FNanchor_53"><span class="label">[53]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Pract.</i> lib. 3. c. 1. +sect. 1. part. VII.</span></p> +</div> +<p>B. Montagnana, dit en examinant un passage +d’Avicenne<a id="FNanchor_54" href="#Footnote_54" class="fnanchor">[54]</a>, qu’il faut remarquer +pourquoi ce médecin attribue l’impuissance +à la foiblesse des reins ; et après avoir dit +que la matière séminale acquéroit le dernier +degré de perfection, en raison du degré +de chaleur et de force répandues dans les +testicules, il ajoute qu’elle doit nécessairement +être préparée dans les régions supérieures, +dans les parties où la digestion se +fait le plus promptement, comme dans le +foie et les reins, et par conséquent ou plus +éloignée ou plus rapprochée, suivant la constitution +de chaque individu. Il conclut enfin +qu’il est impossible que la véritable semence +se forme et acquierre toutes les qualités requises, +si les parties où elle doit s’élaborer, +c’est-à-dire le foie et les reins, sont vicieuses, +mal organisées et n’ont pas entr’elles un ordre +et une connexion uniformes.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_54" href="#FNanchor_54"><span class="label">[54]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. XIX. <i>Fen.</i> 3. c. +<i>de renibus et ren. calc.</i></span></p> +</div> +<p>Némésius croit que les reins n’épanchent +dans les testicules qu’une sérosité saline qui +n’excite seulement dans ces parties que le prurit +et la chaleur du désir, et remplissent +ainsi leur ministère dans l’acte de la génénération. +« Les reins, dit-il, servent à épurer +le sang, et ne sont dans le coït qu’une +cause irritante et secondaire. » Les veines +qui se rendent dans les <i>didimes</i>, puisent dans +les reins un acide qui irrite le désir, de même +que les humeurs acres qui se glissent entre +cuir et chair, y causent des démangeaisons. +L’enveloppe de ces corps glanduleux étant +plus tendre et plus délicate que la peau du +reste du corps, cet acide irrite et aiguillonne +plus vivement les organes de la volupté, et +c’est cette âcreté mordicante qui procure +les pensées lascives, provoque la fureur amoureuse +et opère l’éjaculation de la semence. +Voilà mot pour mot ce que dit Isidore ci-dessus +cité, et Joh. Matthæus ne diffère de lui, +qu’en ce qu’il attribue plus de faculté au +rein gauche qu’au droit : « la veine gauche séminaire, +dit-il, étant placée avec l’émulgente, +près du rein gauche, fournit +un sang mêlé d’une substance aqueuse et +salée, qui occasionne le prurit et sert de +stimulant à la jouissance. » Laurenberg +donne aux reins l’emploi de la génération, +et ne s’explique pas autrement que Garyopontus.</p> + +<p>Il définit les reins un tissu de muscles et +de nerfs étroitement liés aux corps caverneux +qui contiennent la liqueur séminale. +Il leur attribue l’opération de la spermatose, +et croit que c’est en eux que le fluide régénérateur +est contenu et élaboré. C’est aussi +l’opinion de Sennert, quoiqu’il en donne une +toute autre raison, en s’expliquant plus clairement +et d’une manière qui approche plus +de la vérité anatomique, que celle de Garyopontus, +qui ne paroît pas la connoître +beaucoup. Sennert dont l’exemple est suivi +par Hoffmann, prétend que les reins ne servent +pas seulement à communiquer une irritation +voluptueuse aux parties de la génération, +mais encore à perfectionner le fluide +séminal et à le transmettre. Il infère de-là, +premièrement, que les reins ont un parenchyme +particulier, qui ne diffère pas beaucoup +de la substance du cœur et du foie, et +c’est aussi le sentiment d’Arétée<a id="FNanchor_55" href="#Footnote_55" class="fnanchor">[55]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_55" href="#FNanchor_55"><span class="label">[55]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. 2. c. III. <i>de morbis diut.</i></span></p> +</div> +<p>On ne peut refuser à ce parenchyme particulier +la faculté que lui donne Galien<a id="FNanchor_56" href="#Footnote_56" class="fnanchor">[56]</a> +d’élaborer le sang : faculté qui lui est commune +avec le parenchyme de tous les autres +vaisseaux. Kariesatos et Jean Beverovicius, +chap. 2 de son livre sur la pierre +de la vessie, l’ont démontré d’une manière +évidente. La veine émulgente étant la plus +considérable de celles qui prennent naissance +dans la veine cave, et voiturant dans les reins +plus de sang qu’il n’en faut pour les alimenter, +et l’artère étant aussi trop grande pour filtrer +et dépurer les sérosités, il est vraisemblable +que la nature qui ne fait rien sans dessein, +n’a donné tant de capacité à ces vases, que +pour les faire concourir à ses vues, dans une +opération particulière. Il conclut donc que +cette opération n’a d’autre but que de porter +dans les reins le sang des artères, qui se +mêlant ensuite, dans leur substance, avec +le sang des veines, et y changeant de nature, +forme la base de la composition de la +semence qui descend ensuite dans les testicules. +Ce qui confirme l’opinion de Sennert, +c’est que des diverses conformations des reins +et des vases dans lesquels la nature se plaît +à créer des bizarreries, pour s’amuser, il +résulte qu’il y a des hommes plus amoureux +les uns que les autres, et d’une complexion +beaucoup plus vigoureuse. Salomon Albert +et Jean Riolan<a id="FNanchor_57" href="#Footnote_57" class="fnanchor">[57]</a> nous en offrent des exemples. +Tous deux faisant la dissection d’un +criminel, disent lui avoir trouvé trois émulgentes +et les veines spermatiques dans chaque +côté, qui sortoient des émulgentes. Sal. Albert +infère de-là que cette prodigieuse abondance +de vaisseaux et de semence devoit nécessairement +opérer chez cet homme l’insatiable +salacité et les desirs sans cesse renaissans +dont il se plaignoit encore quelques instans +même avant son supplice. Riolan écrit que le +sien fut pendu pour trigamie, parce que +son trop plein d’existence et de force l’avoit +contraint à épouser trois femmes à la fois<a id="FNanchor_58" href="#Footnote_58" class="fnanchor">[58]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_56" href="#FNanchor_56"><span class="label">[56]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib 6. <i>de decret. Hippocr. et Plat.</i></span></p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_57" href="#FNanchor_57"><span class="label">[57]</span></a> Antrop. liv. 2. chap. 27.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_58" href="#FNanchor_58"><span class="label">[58]</span></a> Tel étoit de nos jours Mirabeau l’aîné, député +à l’assemblée constituante. (<i>Note de l’éditeur.</i>)</p> +</div> +<p>Philippe Salmuth ayant fait la dissection +de deux hommes morts du mal vénérien, +trouva que les reins du dernier étoient trois +et même quatre fois plus grands que ceux +des hommes ordinaires. Sennert demande ensuite, +dans le cas où cette opinion seroit +rejettée, d’où proviennent les sels volatils +qui affectent l’odorat à l’approche de plusieurs +animaux non-châtrés, qui s’exhalent de +toutes les parties de leur corps, mais dont +la perception est beaucoup plus sensible +dans les reins et sur-tout des adultes, +ce qui ne se rencontre pas dans les individus +de l’âge le plus tendre, ou qui n’ont +pas encore été accouplés. Il ajoute encore, +d’après Oiribase<a id="FNanchor_59" href="#Footnote_59" class="fnanchor">[59]</a>, que la surabondance de +liqueur séminale trop long-temps retenue dans +les vaisseaux nuit aux reins ; que les médecins +regardent comme la preuve de l’excessive +chaleur de ces parties, le penchant +au libertinage, les songes lascifs et les pollutions +nocturnes qui en sont le résultat. Les +physiciens disent de plus que la qualité de +la semence dépend de la constitution des +reins. De même qu’une érection fréquente +marque la chaleur des reins, de même une +longue continence et l’éloignement des plaisirs +de l’amour désignent leur température +glacée.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_59" href="#FNanchor_59"><span class="label">[59]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. 6, cap. XXXIX. <i>collect.</i></span></p> +</div> +<p>Alex. Trallien<a id="FNanchor_60" href="#Footnote_60" class="fnanchor">[60]</a> et Arétée<a id="FNanchor_61" href="#Footnote_61" class="fnanchor">[61]</a> nous apprennent +que dans la gonorrhée simple, on +diminue la force et la quantité du fluide séminal, +en appliquant des remèdes qui ont +cette vertu, sur les lombes, vers la région +des reins.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_60" href="#FNanchor_60"><span class="label">[60]</span></a> Médecin et philosophe du sixième siècle. +Liv 2. chap. 9.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_61" href="#FNanchor_61"><span class="label">[61]</span></a> Liv. 2. de <i>ses Chroniq.</i> chap. 7.</p> +</div> +<p>Pline<a id="FNanchor_62" href="#Footnote_62" class="fnanchor">[62]</a> vient encore à l’appui de Sennert, +et dit que des lames de plomb attachées sur +les lombes et les reins, tempèrent par leur +fraîcheur les transports de la passion amoureuse, +et il cite à ce sujet l’exemple de l’orateur +<i>Licinius Calvus</i> qui se servit avec succès +de ce remède pour arrêter un flux involontaire +de semence.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_62" href="#FNanchor_62"><span class="label">[62]</span></a> Liv. 34. chap. 18.</p> +</div> +<p>Galien<a id="FNanchor_63" href="#Footnote_63" class="fnanchor">[63]</a> rapporte que les athlètes ceignoient +pareillement leurs reins de ces lames +de plomb, pour empêcher les pollutions nocturnes +et amortir les feux de l’amour ; il ne +trouve pas de meilleur remède au priapisme +qu’un emplâtre d’huile rosat épaissi avec de +l’eau froide et appliqué sur les lombes.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_63" href="#FNanchor_63"><span class="label">[63]</span></a> Liv. 5 <span lang="la" xml:lang="la"><i>de tuendâ valet.</i> c. <i>ult.</i> +lib 6. <i>de loc. adf.</i> +c. ult. et lib. 14. <i>method. medic.</i> cap. 7.</span></p> +</div> +<p>Cœlius Aurelianus<a id="FNanchor_64" href="#Footnote_64" class="fnanchor">[64]</a>, outre les lames de +plomb, ordonne des éponges imbibées à +froid avec le marre de raisin.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_64" href="#FNanchor_64"><span class="label">[64]</span></a> Liv. 5. <span lang="la" xml:lang="la">Tard. pass. cap. 5.</span></p> +</div> +<p>Aëce<a id="FNanchor_65" href="#Footnote_65" class="fnanchor">[65]</a> et Théodore Priscien<a id="FNanchor_66" href="#Footnote_66" class="fnanchor">[66]</a> recommandent +non-seulement l’application des lames +de plomb sur les lombes et les rafraîchissans, +mais encore défendent de se coucher +sur le dos, pour ne pas augmenter le mal, +par l’extrême chaleur que cette position communique +à ces parties.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_65" href="#FNanchor_65"><span class="label">[65]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Tetrabiblos I. disc. III. chap. 32 et 37.</span></p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_66" href="#FNanchor_66"><span class="label">[66]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Liv. 2. c. XI.</span></p> +</div> +<p>Oribase<a id="FNanchor_67" href="#Footnote_67" class="fnanchor">[67]</a> <a href="#aut-v">(V)</a> et Paul Eginæte<a id="FNanchor_68" href="#Footnote_68" class="fnanchor">[68]</a> sont +du même avis. Ce dernier défend même dans +la gonorrhée simple, tout médicament qui +provoque les urines, comme très-nuisible aux +reins qui sont placés dans la région des +lombes.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_67" href="#FNanchor_67"><span class="label">[67]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Synops.</i> Lib. 9. c. 39 et 40.</span></p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_68" href="#FNanchor_68"><span class="label">[68]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. 3. c. 55 et 56.</span></p> +</div> +<p>Avicenne<a id="FNanchor_69" href="#Footnote_69" class="fnanchor">[69]</a> l’a prouvé, et cite entr’autres +symptômes de l’épuisement et de la défection +des reins, le défaut d’érection dans le coït. +Il donne pour cause de la foiblesse de ces +parties, la trop fréquente émission des molécules +organiques, et nous apprend<a id="FNanchor_70" href="#Footnote_70" class="fnanchor">[70]</a> que +le seul moyen de leur rendre toute leur vigueur, +est l’abstinence des plaisirs qui les en +ont privés.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_69" href="#FNanchor_69"><span class="label">[69]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. 3. <i>Fen.</i> XIX. c. IX.</span></p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_70" href="#FNanchor_70"><span class="label">[70]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Cap. XI.</span></p> +</div> +<p>Aaron, médecin célèbre, cité par Rhasès<a id="FNanchor_71" href="#Footnote_71" class="fnanchor">[71]</a> +dit aussi qu’il faut attribuer le défaut d’érection, +au foie et aux reins.</p> + +<p>Aristote<a id="FNanchor_72" href="#Footnote_72" class="fnanchor">[72]</a> dit, qu’excepté l’homme, aucun +des animaux n’est sujet au flux involontaire +de la semence, parce qu’ils ne se couchent +point sur le dos. On en excepte pourtant les +chevaux de course dont les lombes et les +reins échauffés par le mouvement que leur +communique le cavalier, les rendent plus enclins +à l’acte vénérien. Voilà l’origine de la +coutume qu’observoient les dames d’Athènes, +pendant les Thesmophories<a id="FNanchor_73" href="#Footnote_73" class="fnanchor">[73]</a> d’éviter +les carresses de leurs époux, et de coucher +seules.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_71" href="#FNanchor_71"><span class="label">[71]</span></a> Liv. 2. de la Continence.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_72" href="#FNanchor_72"><span class="label">[72]</span></a> <i>Problêm.</i> Sect. 10. Prob. 19.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_73" href="#FNanchor_73"><span class="label">[73]</span></a> Les Thesmophories étoient des sacrifices et des +fêtes en l’honneur de Cérès <i>Thesmophore</i> ou <i>Législatrice</i>, +pendant toute la durée desquelles on s’envoyoit +par toute la Sicile des gâteaux faits avec du +miel et de la graine de Sésame. On donnoit à ces +gâteaux la figure des <i>parties naturelles de la femme</i>, +pour lesquelles les Syracusains avoient tant de vénération +et d’amour qu’ils les portoient en cérémonie +à ces fêtes célèbres. Les Romains, lorsque +leurs mœurs furent dépravées, firent construire +des vases dont ils se servoient à leurs repas et auxquels +ils donnoient la figure de la partie virile pour +laquelle ils avoient tant de passion. Ce qui a fait +dire à Juvenal, satire 2 : <i lang="la" xml:lang="la">Vitreo bibit ille Priapo</i> : +<i>Celui-là boit dans un Priape de cristal</i>.</p> + +<p>Le Sésame est une espèce de bled, selon Pline, +et de légume, selon Columela, que les apothicaires +d’Italie nomment <i>Gingeoline</i>. Il ressemble au millet. +Son huile est fort estimée et a la vertu de rendre stérile. +Pline dit qu’il fut apporté des Indes. Ses feuilles +sont rouges et ses fleurs vertes. Sa graine est blanche +et renfermée dans de petits boutons, comme +celle du pavot et sa racine est blanche pareillement. +On n’en sème guère, parce qu’on prétend qu’il +rend la terre stérile. Son nom en latin est <i lang="la" xml:lang="la">Sesamum</i>.</p> +</div> +<p>Ovide en parle ainsi, livre II de ses métamorphoses, +fable IX. « Elles mettoient au +nombre des choses defendues les plaisirs de +l’amour, et les attouchemens des hommes +dont elles se sevroient pendant neuf jours. »</p> + +<p>Elles dressoient leurs lits avec les branches +et les feuilles de <i>l’agnus-castus</i><a id="FNanchor_74" href="#Footnote_74" class="fnanchor">[74]</a>. Le Vitex +est un arbrisseau dont l’odeur combat les +pensées amoureuses et écarte les songes +lascifs. C’est pourquoi elles jonchoient leurs +couches solitaires, des feuilles de cet arbrisseau, +pour altérer la force et la chaleur du +fluide séminal, rafraîchir leurs reins et les +parties voisines, et émousser les aiguillons +de l’amour. Voyez à ce sujet Dioscoride<a id="FNanchor_75" href="#Footnote_75" class="fnanchor">[75]</a>, +Pline<a id="FNanchor_76" href="#Footnote_76" class="fnanchor">[76]</a>, Ælien<a id="FNanchor_77" href="#Footnote_77" class="fnanchor">[77]</a> et Galien<a id="FNanchor_78" href="#Footnote_78" class="fnanchor">[78]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_74" href="#FNanchor_74"><span class="label">[74]</span></a> <i>L’agnus-Castus</i>, nommé par les Grecs <i>chaste</i>, +par les Latins, <i lang="la" xml:lang="la">Vitex</i>, est un arbrisseau qui ressemble +beaucoup à notre <i>Saule d’Amérique</i>. Il croît +sur le bord des rivières et des torrens. Ses branches +sont noueuses, longues et flexibles, ses feuilles +assez ressemblantes à celle de l’olivier, ce qui l’a +fait nommer par Mathiole <i lang="la" xml:lang="la">olivæ agnus</i>, mais plus +molles. Ses fleurs sont purpurines et quelquefois +blanches. Son fruit est comme le poivre, chaud et +astringent. Il y en a de blanc et de noir.</p> + +<p><i>Arnaud de Villeneuve</i> exagère les propriétés de +l’agnus-castus avec une confiance qui étonne dans +un homme instruit. Il assure que le moyen le plus +sûr de conserver sa chasteté, est de porter habituellement +un couteau dont le manche seroit fait avec +le bois de cet arbrisseau. Le préjugé des anciens sur +ce végétal s’est perpétué jusqu’à nous, et l’on fait +encore dans les monastères, usage intérieurement +et extérieurement des semences et des feuilles +de cet arbrisseau, en se faisant une ceinture de ses +branches ou une émulsion de sa semence avec l’eau +de nénufar. Voyez ce que rapporte à ce sujet +M. de Lignac dans son traité de l’homme et de la +femme, considérés physiquement dans l’état du mariage… +Lille 1773. <i>in</i>-12. tom. premier, pages 102 +et suivantes.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_75" href="#FNanchor_75"><span class="label">[75]</span></a> Liv. 1. Chap. CXVI.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_76" href="#FNanchor_76"><span class="label">[76]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. XXIV. cap. IX.</span></p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_77" href="#FNanchor_77"><span class="label">[77]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">De anim. lib. IX.</span> c. XVI.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_78" href="#FNanchor_78"><span class="label">[78]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. VI. de Simp. med. fac.</span> chap. 34.</p> +</div> +<p>On emploie aussi pour donner la vigueur +nécessaire aux exercices de Vénus, les reins +de certains animaux, et principalement du +bouc.</p> + +<p><i>Aëce</i>, déjà cité, recommande l’usage de +la chair du <i>seine-marin</i><a id="FNanchor_79" href="#Footnote_79" class="fnanchor">[79]</a>, prise de ses +reins ou des environs, comme très-propre +à opérer l’érection de la verge. Peut-être +est-ce une espèce d’analogie et une conformation +semblable à ceux de l’homme, qui +a fait attribuer aux reins de cet animal la +propriété de les aider et de les exciter à +remplir le devoir de la génération ; de même +que l’on ordonne à ceux qui sont inhabiles +à s’en acquicter, entr’autres médicamens, +les frictions, les emplâtres chauds, non-seulement +sur les parties honteuses, mais encore +aux reins, les diurétiques violens, +comme les cantharides, et le soin de se +coucher sur le dos, pour maintenir la région +des lombes dans un degré de chaleur +nécessaire pour rappeller les forces languissantes, +rendre la semence prolifique, +et précipiter sa descente dans les testicules. +Rhasès<a id="FNanchor_80" href="#Footnote_80" class="fnanchor">[80]</a> dit que toutes les fois que +l’on se frottera les reins avec des médicamens +chauds, le membre viril augmentera +de grosseur et de fermeté, et l’érection sera +complette.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_79" href="#FNanchor_79"><span class="label">[79]</span></a> Le <i>Seine-marin</i> est une espèce de petit crocodile +terrestre, que sa qualité anti-vénéneuse a +fait entrer dans le fameux Mithridate, et sa vertu +aphrodisiaque dans l’électuaire <i>Diasatyrion</i>. Ce lézard +en Egypte et en Arabie, ne se nourrit que de +plantes aromatiques. Les paysans d’Egypte portent +de ces lézards au Caire, d’où par Alexandrie, on +les transporte à Venise et à Marseille, pour les +disperser dans toutes les pharmacopées de l’Europe. +Les Arabes et les Egyptiens s’en servent pour s’exciter +à l’amour. Les Européens le rejettent, parce +qu’il rend maniaque ; au reste le seine-marin résiste +au vénin, et augmente la semence. Dioscoride recommande +la chair qui est autour de ses reins. Galien +dit que ce sont les reins mêmes qu’il faut employer. +Pline veut que ce soit la dépouille et les +pattes. M. Lemery s’est déterminé pour l’usage des +reins, qu’il ordonne de réduire en poudre, il en +fixe la dose à 72 grains. On ne sauroit enfin être +trop en garde contre la violence de ce remède.</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_80" href="#FNanchor_80"><span class="label">[80]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib.</span> XI, <i>Contin.</i> c. V.</p> +</div> +<p>Misish, médecin arabe, dans sa somme de +Rhasès, dit aussi que le seul moyen de +s’exciter aux plaisirs de l’amour, est de donner +beaucoup de chaleur au dos, comme +celui de diminuer la fougue d’un tempéramment +lascif, est, en prenant cette sage précaution +en sens inverse, de l’en priver, en +se couchant sur des feuilles froides. Nous +concluons donc de tout ceci, que les lombes +sont les premiers instrumens de la génération, +selon leur constitution et l’emploi +que la nature leur a confié ; et suivant Cagnati, +les veines et les artères y portent la +matière et les esprits ; que le premier organe +des reins est le parenchyme<a id="FNanchor_81" href="#Footnote_81" class="fnanchor">[81]</a>, où +le fluide séminal commence à s’élaborer, à +devenir prolifique et recevoir enfin dans les +vases séminaires le degré de perfection qui +lui est nécessaire : c’est l’opinion de Sennert +et la nôtre. Il ne faut pourtant pas rejetter +celle de Némésius, d’Isidore, de Matthæus +et de Laurenberg, qui prétendent +qu’il se mêle à ce fluide une certaine sérosité +saline, une humeur mordicante filtrée des +reins dans les testicules, et dont l’effet est +de causer le prurit vénérien et l’érection +avec de violens desirs de la jouissance. Ce +que le grammairien Papias a répété, sur leur +autorité, dans son vocabulaire.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_81" href="#FNanchor_81"><span class="label">[81]</span></a> Mot grec qui signifie <i>engendré par la masse et +l’épaississement d’un suc</i>. Le foie est le premier de tous +les parenchymes.</p> +</div> +<p>Nous avons, je crois, suffisamment prouvé +que la flagellation sur le dos ou sur les lombes +est du plus grand effet pour rendre la vigueur +éteinte par les excès de la volupté, et vous +ne devez plus être surpris que ces hommes, +que la débauche a mis au rang des bêtes, ces +monstres épuisés de luxure, et victimes d’un +honteux désordre, ayant cherché dans l’opération +douloureuse de la flagellation, un remède +à l’épuisement, à la foiblesse de leurs +reins, et à la perte totale de leurs forces, +sans parler de ceux qui, moins coupables +à la vérité, ne doivent ces accidens qu’à un +trop violent amour pour une épouse, ou à +un physique froid, vicieux et mal organisé. +Il est probable que la flagellation donne aux +parties relachées et refroidies, une commotion +violente, une irritation voluptueuse qui +les embrâse et se communique à la semence, +ajoutez à celà que le sentiment aigû de la douleur +des parties frappées, subtilise et précipite +le sang avec plus d’abondance, attire les +esprits, et fournissant aux parties de la génération +une chaleur excessive, procure à +l’homme libidineux qui cherchoit en vain le +plaisir, le moyen de consommer l’acte de +la génération, malgré la nature même, et +de multiplier ses jouissances criminelles au-delà +des bornes qu’elle a assignées à ses +forces<a id="FNanchor_82" href="#Footnote_82" class="fnanchor">[82]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_82" href="#FNanchor_82"><span class="label">[82]</span></a> Rabelais faisant allusion à cette manière de se +procurer des forces pour la lutte amoureuse, dit +<i>se frotter le cul au panicaut<a id="FNanchor_83" href="#Footnote_83" class="fnanchor">[83]</a> vrai moyen d’avoir au +cul passion</i>.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">Une femme en mélancolie</div> +<div class="verse">Par faute <i>d’occupation</i>,</div> +<div class="verse">Frottez-moi lui le cul d’ortie,</div> +<div class="verse">Elle aura <i>au cu passion</i>.</div> +</div> + +</div> +<p class="attr"><i>Extrait du Ducatiana.</i></p> + +<p>Nous ne pouvons nous refuser au plaisir d’ajouter +encore une preuve aux observations de Meibomius, +en faisant part à nos lecteurs d’une anecdote, non-seulement +étroitement liée au sujet que nous traitons, +mais encore intéressante par la réputation de +celui qui en est le héros. Il s’agit d’un chevalier romain, +gouverneur d’Egypte, ami d’Auguste et de +tous les beaux esprits de son temps ; d’un poëte charmant +qui a servi de modèle aux <i>Barth…</i>, aux <i>Dorat</i>, +aux <i>Parny</i>, aux <i>Chabanon</i>, enfin de <i>Cornelius Gallus</i>, +l’ami de <i>Virgile, Horace, Tibulle</i> et <i>Catulle</i>, +qui, comme ces derniers, a chanté l’amour, au milieu +de ses extases, et qui, au rapport de Pline, +mourut d’une douce mort, ou plutôt s’endormit +pour toujours sur le sein de celle qui faisoit le bonheur +de sa vie. M. de Lignac nous apprend que ce +favori des Grâces ne devoit les transports et les faveurs +enivrantes d’une jeune fille passionnée pour +lui, qu’au fouet qu’elle recevoit fréquemment d’un +père rigoureux qui, croyant la punir par ce châtiment, +des fautes que lui faisoit commettre un tempéramment +trop lascif, ne travailloit au contraire qu’à +l’augmenter, et servoit ainsi, sans le savoir, les +vues du voluptueux poëte.</p> + +<p>Ce trait m’en rappelle un autre dont j’ai été le +témoin. Un écolier de rhétorique, et mon condisciple, +menacé du fouet par le régent, trouva le +moyen de s’y soustraire par cette réponse hardie et +indécente. « Vous me rendriez un grand service, +je n’osois vous le demander, mais vous devriez +savoir qu’à mon âge on ne le craint plus. »</p> +</div> +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_83" href="#FNanchor_83"><span class="label">[83]</span></a> <span class="i">Le <i>Panicaut</i> est une espèce de chardon qu’on appelle +<i>à cent têtes</i>, en latin <i lang="la" xml:lang="la">eryngium</i>. Ses feuilles sont +bonnes à manger, lorsqu’elles sont tendres et confites +dans le sel. Elles sont aromatiques, et deviennent en +croissant, épineuses et piquantes.</span></p> +</div> +<p>Voilà mon avis, mon cher Cassius ; mais, +direz-vous, cet expédient honteux n’est mis +en usage que par les libertins dont vous m’avez +parlé, afin que remediant à l’extinction +de leurs facultés, fruit de leurs excès de +débauche, ils puissent les continuer, et se +vautrer de plus belle dans la fange du crime. +Je demande donc maintenant si cette fustigation +ne devient pas un remède aussi innocent +que quantité d’autres employés tous les +jours, et si la conservation de l’espèce ne +le rend pas non-seulement excusable, mais +même nécessaire, lorsqu’il s’agit d’un homme +qui, voulant savourer les voluptés d’une +jouissance permise, et se reproduire dans +un second lui-même, n’éprouveroit avec une +épouse aimable et tendrement aimée, que le +désespoir de l’impuissance, et dont tous les +efforts seroient vains pour consommer le mariage, +par la foiblesse et le défaut de chaleur +des parties que nous avons détaillées ci-dessus, +et qui seroit précisément le coursier dont +parle Virgile, liv 3 de ses géorgiques.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">« Quand des ans ou des maux il sentira le poids,</div> +<div class="verse">» Des travaux de l’amour dispense sa foiblesse ;</div> +<div class="verse">» Vénus ainsi que Mars demande la jeunesse.</div> +<div class="verse">» Pour son corps dévoré d’un impuissant désir,</div> +<div class="verse">» L’hymen est un tourment et non pas un plaisir,</div> +<div class="verse">» Vieux athlète, son feu dès l’abord se consume :</div> +<div class="verse">» Tel le chaume s’éteint au moment qu’il s’allume.</div> +</div> + +</div> +<p class="attr"><i>Trad. de l’abbé de Lille.</i></p> + +<p>De sorte qu’il ne pourroit, je ne dis pas +s’acquitter totalement envers sa créancière, +mais même payer la moitié de la dette. Pourquoi +non, mon cher Cassius ? Je sais que +vous n’êtes aucunement dans le cas de recourir +à un remède de cette nature, et je +suis prêt à l’affirmer par serment et sous peine +de privation des plaisirs de l’amour pendant +la cinquantaine. Je sais depuis long-temps, +comme votre médecin, et je ne me trompe +pas, que vous êtes pourvu des plus brillantes +qualités pour remplir les devoirs d’époux ; +les règles infaillibles de mon art, et la connaissance +qu’il me donne de votre constitution +physique, me permettent et me font +même un devoir d’en juger. J’ai d’ailleurs +pour garant de la vérité de mes conjectures, +un témoin irrécusable et au-dessus de toute +exception, qui depuis peu commence à se +remuer dans les entrailles de votre douce et +tendre moitié, et pour qui j’implore les faveurs +de Lucine, au temps marqué pour son +élargissement. Pour ce qui est de communiquer +à d’autres le remède que je vous indique, +s’il en est qui aient besoin du ministère +d’un homme qui d’un bras vigoureux +leur décharge sur le dos une ample provision +de coups de verge, je ne le défends à personne, +et ne leur envie pas ce plaisir. Non-seulement +ceux qui habitent le temple des +Muses, comme on le dit ordinairement des +savans, doivent être inaccessibles à la jalousie, +mais plus encore les médecins.</p> + +<p><i>L’envie</i>, dit Scribonius Largus, dans une +lettre à C. Julius Callistus, <i>est un crime +affreux qui déshonore les hommes, et doit être +en horreur à tout l’univers, et principalement +aux médecins ; car si leur ame n’étoit pas le +séjour de l’humanité et de la tendre pitié, qui +sont le premier devoir, la base et le but de leur +profession, ils devroient être l’objet de la haine +et du mépris des dieux et des hommes.</i></p> + +<p>C’est uniquement pour vous être agréable, +ô l’ami de mon cœur, et satisfaire votre +curiosité, que je me suis hasardé de traiter +ce sujet et de vous dire mon avis, un peu +librement à la vérité. Quel que soit son sort, +tirez-en le meilleur parti possible, continuez-moi +l’amitié dont vous m’honorez, pardonnez +à ces plaisanteries innocentes, qui cependant +conduisent à des réflexions importantes +et sérieuses, et conservez précieusement +une santé qui m’est aussi chère que la +mienne. Adieu.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h2 class="nobreak">OBSERVATIONS<br> +<i>Extraites d’une lettre de Thomas Bartholin à +Henri Meibomius.</i></h2> + + +<p>La traduction que nous avons entreprise +du traité de Meibomius, étant principalement +destinée aux savans, nous croyons +qu’il est fort inutile de leur offrir en entier +la lettre de Bartholin au fils de l’auteur ; +nous nous contenterons d’en extraire toutes +les réflexions qui peuvent ajouter à la singularité +de l’ouvrage, et nous renverrons nos lecteurs +à l’édition latine, où cette lettre a été +insérée toute entière avec la réponse de Meibomius.</p> + +<p>Bartholin, après une énumération des ouvrages +et un magnifique éloge des talens de +Meibomius, dit que Paulin, son imprimeur, +l’ayant prié d’ajouter quelques observations, +le desir d’être utile au public et de faire cause +commune avec ses amis Meibomius et Cassius, +l’a engagé à rassembler quelques cordes +et quelques brins (ce sont ses termes) pour +augmenter les verges.</p> + +<p>Très-peu de personnes, dit-il, aiment la +flagellation : les anodins étant en général +plus du goût des malades que les caustiques ; +mais telle est la condition humaine, qu’on +ne peut pas toujours employer les topiques +bénins.</p> + +<p>La flagellation est propre sur-tout à guérir +ceux qui feignent d’être malades ; elle est +utile dans l’épilepsie ; on l’employa souvent +avec succès pour rendre l’activité aux +esclaves qui se disoient malades pour ne +point travailler. Il paroît qu’elle est propre +aussi pour guérir les maladies de l’ame, +comme celles du corps, puisqu’on a vu dans +l’Italie une secte de flagellans qui s’assembloient +pendant le carême pour expier leurs +fautes par une copieuse discipline. Claudion, +liv. 1, sur Eutrope, dit que cette coutume +se pratiquoit aussi dans les fêtes de Cybèle.</p> + +<p>Les Syriens avoient des mercenaires qui +pour une certaine rétribution, se chargeaient +d’expier les fautes des autres, en se flagellant +eux-mêmes, suivant le plus ou moins +de bénéfice.</p> + +<p>On voit que Circé employoit une verge +pour changer les compagnons d’Ulysse en +pourceaux ; on peut conclure de-là que les +mêmes verges qui rendent aux uns le bon +sens, peuvent l’ôter aux autres.</p> + +<p>J’ai vu à Padoue des religieux employer +la flagellation pour chasser le diable des +corps qui en étoient possédés, possession +qui, suivant les médecins, n’étoit autre chose +qu’une épilepsie que l’on guérit aisément +par la chaleur que communique la flagellation. +St.-Marc, tourmenté par l’esprit malin, +le mettoit à la raison à coups de poing. +Haymond, évêque d’Halberstad, dit que les +soufflets sont plus efficaces pour guérir les +tentations du diable, que pour dissiper les +douleurs de tête.</p> + +<p>Les Romains faisoient fouetter les esclaves +qui avoient encouru le châtiment, comme +le dit P. Brisson, liv 3, des antiquités du droit +civil, chap. 9.</p> + +<p>La crainte de la douleur nous contient dans +les bornes de la raison ; j’ai connu un homme +de bonnes mœurs, mais sujet à de fréquens +mouvemens de colère, que l’on rendoit plus +doux qu’un agneau, en lui administrant une ample +flagellation, quand les menaces n’avoient +pu calmer sa fureur.</p> + +<p>Cœlius Aurelianus dit que la plante nommée +Férule a la vertu de rendre l’équilibre des +humeurs aux parties irritées ; et Dioscoride, +liv. 5, chap. 19, dit que l’eau de la mer produit +le même effet, étant par sa nature chaude +et aride comme toutes les choses salées.</p> + +<p>Un marchand d’esclaves parvint à rendre +en bien peu de temps le plus brillant embonpoint, +à un enfant exténué par la faim, +et cela, par le moyen d’une flagellation modérée +qu’il lui donnoit tous les deux jours.</p> + +<p>Si le moyen de Cœlius paroît trop violent, +on veut employer celui que propose Æginete, +liv. 4, chap. 12, qui est d’appliquer sur +le corps malade, la peau d’un agneau +fraîchement dépouillé, et le battre ensuite +de verges. — Les Syriens voluptueux avoient +recours à ce moyen. Beroalde dit que la peau +du blaireau est excellente pour guérir les +plaies qui sont les suites de la flagellation et +de la morsure des chiens. Quelques cruels que +paroissent les arrêts de la médecine, il faut se +souvenir, non de la douleur momentanée +qu’ils procurent, mais de la guérison qu’ils +doivent opérer, et ne jamais les commenter, +ni les approfondir.</p> + +<p>Les barbiers de Rome avoient mis des fouets +à leurs portes, entre autres instrumens qui +composoient leurs enseignes, comme nous le +prouve Martial. liv. 2. ch. 17. Ces fouets +étoient faits de cordes de laine, et pour +les rendre plus déchirans, on les hérissoit de +nœuds et d’osselets de mouton, au rapport +d’Apulée. Catulle, épig. 25 à Thallus menace +de le punir de cette manière.</p> + +<p>Sénèque, épitre 90, dit que la torpeur des +membres se guérit par la flagellation avec +de l’ortie, et dont les coups sont si violens +qu’un oie qui en seroit piqué, en mourroit. +Columella dit que les fermiers de Rome ont +coutume de déplumer les poules d’Afrique +sur le ventre, et de les fouetter avec de +l’ortie, pour les faire couver, en leur mettant +dans le bec ou un bol, ou un os qui leur +sert de bâillon, pour les empêcher de rendre +la nourriture qu’elles ont prise. On sait qu’un +soufflet ou un coup de poing bien appliqué +sous la mâchoire inférieure, guérissent promptement +un homme à qui un bâillement ou un +rire immodéré ont causé une luxation et un +relâchement dans les ressorts de la bouche. +Chez les habitans de la Gaule Cis-Alpine, +(aujourd’hui le Milanois) on comprimoit +avec des cercles ou des lames d’étaim, le +ventre d’une femme, pour en faire sortir le +fœtus mort dans ses entrailles.</p> + +<p>J’ai remarqué que le fouet que l’on donne +aux enfans pour les punir d’avoir uriné dans +le lit, est le moyen le plus efficace de les +en empêcher, quoique les parens ne fassent +point d’attention aux effets physiques de ce +remède.</p> + +<p>Meibomius a cité assez d’exemples qui prouvent +combien la flagellation est utile dans l’impuissance, +pour me dispenser de blesser encore +les oreilles chastes, en les répétant ici ; +mais il n’est pas inutile de dire que non-seulement +ce remède est propre aux hommes, +mais encore aux femmes pour les faire concevoir +plus aisément. Aussi les Romaines +s’offroient-elles nues aux prêtres qui célébroient +les Lupercales, pour en être frappées. +Ces prêtres se servoient tantôt de la main, +tantôt de la tige de la férule. Les plus chastes +se contentoient d’appliquer leurs coups sur la +main, et on devine facilement que la superstition +avoit moins de part à cette cure que +la libre circulation du sang, qui, agité et divisé, +remonte vers le cœur, se répand dans +les artères avec plus d’abondance, et porte +par-tout un feu pur et nouveau qui excite +à l’amour, et dispose à la conception. Les +Romains qui, en célébrant les Lupercales, +couroient nuds par les rues, et frappoient +toutes les femmes qui se trouvoient sur leur +passage, se nommoient <i>Crépi</i>, du mot latin +qui signifie <i>bruit</i>, parce que les verges avec +lesquelles ils frappoient, étoient couvertes +de cuir, selon Dempterus, liv. 3, chap. 2, +ou de peaux de chien ou de bouc, qui étant +sèches, augmentoient la douleur ou le bruit +de l’opération. Plutarque attribue de bons +effets à cette flagellation. Ovide, Juvénal +et Prudence dans l’histoire des martyrs, se +sont égayés sur l’usage considéré comme religieux, +mais en effet utile comme médical ; +le caractère connu des prêtres qui suivant +leurs termes, frappoient les femmes avec +d’autres verges que la férule, a donné lieu +à bien des plaisanteries<a id="FNanchor_84" href="#Footnote_84" class="fnanchor">[84]</a>. Voyez Cardan, +liv. 2, de son traité de l’utilité que l’on peut +retirer de l’adversité.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_84" href="#FNanchor_84"><span class="label">[84]</span></a> Ce trait nous rappelle un quatrain placé dans +l’église de St.-Hyacinthe, à Paris, et qui prouve +la vertu des moines.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">« Femmes qui désirez de devenir enceinte,</div> +<div class="verse">» Adressez cy vos vœux au grand Saint-Hyacinthe,</div> +<div class="verse">» Et tout ce que pour vous le saint ne pourra faire,</div> +<div class="verse">» Les moines de céans pourront y satisfaire. »</div> +</div> + +</div></div> +<p>Entr’autres nations où ces usages sont communs, +on distingue les Perses et les Russes. +Ceux-ci battent leurs femmes pour prouver +leur amour. Jean Barclay, dans son <i lang="la" xml:lang="la">Icon +animorum</i>, rapporte une anecdote qu’on ne +sera pas fâché de trouver ici.</p> + +<p>Un homme de basse extraction quitta l’Allemagne +et se retira en Moscovie. Si vous +êtes tant soit peu curieux de le savoir, il +se nommoit Jourdain. Le séjour lui ayant +paru agréable, il résolut de s’y fixer, et il +s’y maria. Passionnément amoureux de sa +femme, il n’épargna rien pour l’en assurer, +mais ses efforts furent inutiles ; elle souffroit +intérieurement un chagrin qu’elle vouloit cacher, +mais que la rougeur de ses yeux, ses +soupirs et ses sanglots trahissaient à chaque +instant. Son époux lui demandant la cause +de cette tristesse et cherchant à deviner en +quoi il avoit manqué au devoir de la tendresse, +elle lui parla en ces termes, après +s’être fait long-temps presser. « Pourquoi +fais-tu si bien-semblant de m’aimer ? Crois-tu +me tromper ? Crois-tu me cacher plus +long-temps que je suis vile à tes yeux ? » +et en même temps elle versoit un torrent +de larmes. Jourdain étonné de ce langage, +lui demanda en quoi il l’avoit offensée ; +que peut-être il avait manqué en quelque +chose, mais qu’il répareroit cette faute par +plus de soins. Enfin, lui dit-elle, puisque tu +fais semblant de l’ignorer, où sont donc les +verges avec lesquelles tu m’as apprise à t’aimer ? +Ne sais-tu pas que c’est chez nous l’unique +moyen que doivent employer les hommes +qui veulent nous persuader de leur amour ? +Jourdain à ce discours fut long-temps dans +une stupeur profonde, et eut toutes les peines +du monde à s’empêcher de rire. Bientôt +la première surprise passée, et sa femme +persistant à lui parler sérieusement, il fut +forcé de croire que ce traitement étoit indispensable. +Mais comment se résoudre à +battre une femme qu’on aime ? Il n’y avoit +pourtant pas de milieu, il eût été haï ; il s’y +résolut donc avec beaucoup de peine. Peu +de jours après, il saisit un prétexte d’humeur +de sa femme, et prenant un bâton, +lui administra la correction la plus conjugale. +Le remède fit merveille, et sa femme commença +à le chérir de la meilleure foi du +monde.</p> + +<p>Pierre d’Erlesunde, part. 5 de ses anecdotes +moscovites, raconte le même fait et +dit : que c’est pour cet usage que les maris +aussi-tôt la noce, se munissent de verges, +comme des divers ustensiles de ménage, et +le motif de cette emplette n’est nullement +le desir de corriger sa femme ; car une méchante +femme, s’il y en a, ne se corrige ni +par les menaces, ni par la colère, quand +même on lui casseroit les dents à coups de +pierre, pour me servir des termes de Simonide, +dans Stobée.</p> + +<p>Je crois avec votre père Meibomius, (c’est +Bartholin qui parle) que la flagellation excite +et augmente la semence par la chaleur extrême +qu’elle communique aux lombes et aux reins, +et j’ai depuis long-temps démontré dans mes +recherches sur l’anatomie, de quelle manière +les fonctions des reins dépendent de +la circulation du sang, systême appuyé depuis +par Sennert, Olafius, Wormius et Meibomius. +Ce qui fait que l’usage de se coucher +sur le dos procure en dormant les pollutions +involontaires, en donnant trop de chaleur +aux lombes. Les frictions excitent l’érection, +et plus d’un parisien a dû à cet +usage, trop fréquent chez eux, la perte de la +santé et de la vie.</p> + +<p>C’est sur les lombes qu’on applique les +remèdes rafraîchissans, dans la gonorrhée. +Actuarius, liv. 4, chap. 8, de sa méthode +de médecine, applique sur les reins un emplâtre +qui les fortifie, sans les échauffer aucunement. +Oribase emploie une lame de plomb +sur les lombes<a id="FNanchor_85" href="#Footnote_85" class="fnanchor">[85]</a>. La défense qu’il fait de +trop rafraîchir les lombes, dans la crainte +que les reins n’en souffrent aussi, prouve +que ces deux parties sont très-distinctes, et +que ce qui est utile à l’une est nuisible à +l’autre.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_85" href="#FNanchor_85"><span class="label">[85]</span></a> Voyez son traité du régime que l’on garde dans +toutes les saisons de l’année. <i>Bâle</i> 1528, édition d’Alban. +Torinus.</p> +</div> +<p>De mon Tusculanum d’Hagestad, le 24 octobre +1669.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h2 class="nobreak">EXTRAIT<br> +<span class="small">DE LA REPONSE<br> +DE</span> H. MEIBOMIUS, <span class="small">FILS,<br> +A T. H. BARTHOLIN.</span></h2> + + +<p>J’ai appris que vous vouliez faire réimprimer +l’ouvrage de Jean Henri Meibomius, +mon père, sur l’utilité de la Flagellation +dans les plaisirs de l’amour, et sur les fonctions +des lombes et des reins, et rien ne +pouvoit m’être plus agréable. Cet ouvrage +doit sa naissance à la gaîté d’une orgie, et +il a été publié, à l’insu de mon père, à +Leyde, par les soins du personnage illustre +auquel il est dédié. Les hommes les plus signalés +de l’Europe l’ont accueilli, et plusieurs +écrivains lui ont donné des éloges. +Comme on n’en avoit tiré qu’un très-petit +nombre d’exemplaires pour être donnés à +des amis, il devint rare, et l’objet des avides +recherches des amateurs et des curieux, à +cause de la singularité piquante de son titre. — J’étois +fâché de ne pouvoir contenter +tous ceux qui vouloient l’avoir, et ne voulois +pourtant pas en faire une seconde édition, +non-seulement parce que je n’étois pas +toujours de l’avis de mon père, mais encore, +parce que je ne voulois pas évoquer sur +moi les traits de la censure, dans le moment +où ma réputation commençoit à s’établir, +en éditant un ouvrage plein d’images +un peu libres. Je sus quelque temps après +qu’il venoit de l’être, j’en fus ravi et regrettai +de n’avoir pas été averti assez tôt, pour +lui donner toute la pureté et l’élégance dont +il étoit susceptible. Je me réjouis sincérement +que vous ayez bien voulu donner vos soins +à cet ouvrage et l’enrichir de vos observations, +vous que l’Europe savante met au premier +rang de ses littérateurs. Vous ne craignez +pas que le sourcilleux Caton jette sur +lui un regard farouche, en ridant ses lèvres. +Mais enfin, nous n’écrivons pas pour +les Vestales ni pour les Sabins, mais pour +les médecins. Ce sujet mérite d’être approfondi, +et je ne doute pas que vous n’ayez +tiré le plus grand parti de tout ce qui pouvoit +le rendre précieux et intéressant. Je +vous envoie les notes manuscrites dont mon +père avoit chargé les marges de son exemplaire. +Je ne crains pas d’avouer qu’il y a +dans cette lettre des passages qui se trouvent +en contradiction avec les systêmes +d’Harvey, et j’aime mieux convenir des erreurs +de mon père, que de les défendre, +sur-tout lorsqu’elle lui sont communes, +non-seulement avec quelques savans, mais +encore avec quelques siècles précédens.</p> + +<p>Les bons effets de la Flagellation pour +guérir les Maniaques, attestés par Cœlius +Aurelianus, Rhazès et autres, sont connus +depuis un siècle en Angleterre, quoique les +médecins ne s’en soient point souvenus, +et je lis dans Bodin, liv. 5 de la république, +que la folie dégénère souvent en fureur, +et se guérit par la Flagellation.</p> + +<p>Meibomius répète ici ce que Bartholin a +dit des Lupercales, et de leurs cérémonies +ridicules et superstitieuses.</p> + +<p>Il dit que les somnambules peuvent être +guéris de cette maladie par la Flagellation, +et qu’il en a vu plusieurs expériences satisfaisantes. +Il discute ce que son père a +dit des effets de la Flagellation, pour exciter +à l’amour, de l’influence des astres, +de l’habitude, des parties sur lesquelles le +remède doit être appliqué, d’après les autorités +des écrivains sacrés et profanes, des +historiens et des poëtes. Il répète ensuite +tout ce qu’on a déja vu sur le physique +des lombes et des reins, leurs fonctions et +les travaux du sang dans cette partie. Il +cite le coucher trop doux et l’usage de se +coucher sur le dos, comme les causes ordinaires +des pollutions nocturnes : l’équitation +est encore un exercice qui dispose à +l’amour, comme Aristote le démontre dans +le Centon des problèmes qui ont paru sous +son nom. (Section IV, problême 12.) Hyppocrate +dit au contraire, qu’il est une des +cause d’impuissance, et tous deux ont raison. +Hyppocrate a entendu parler de l’usage +des Scythes, d’être toujours à cheval, et +en effet cet exercice continuel fatigue, +épuise ; il endurcit les parties de la génération, +et leur ôte cette précieuse sensibilité +qui est le premier aiguillon de la volupté. +Aristote, au contraire, n’a en vue +que l’usage modéré propre à échauffer les +lombes, mettre les humeurs en mouvement, +et subtiliser le sang<a id="FNanchor_86" href="#Footnote_86" class="fnanchor">[86]</a>.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_86" href="#FNanchor_86"><span class="label">[86]</span></a> Je ne suis plus étonné de voir nos élégantes +parisiennes parcourir légèrement à cheval les boulevards +et le bois de Boulogne. Elles savent à merveille +la théorie des jouissances, sans avoir lu +Meibomius, elles savent par expérience que la fatigue +du plaisir les délasse des fatigues du cheval. +(<i>Note du trad.</i>)</p> +</div> +<p>Je ne crois pas nécessaire de pousser plus +loin la discussion sur tout ce que mon père +a dit à ce sujet. Il a compulsé avec trop +de soin tout ce qui pouvoit completter son +ouvrage. Math. Highmorus, liv. 1, part. 3, +chap. 4 de son anatomie, l’a fait d’une manière +lumineuse. Quelques auteurs essayeront +peut-être d’expliquer les phénomènes +de la nature, à l’aide de ses hypothèses, +semblables à cet écrivain qui s’étoit persuadé +que la semence est le chyle et non +le sang, et que ce chyle épais, trop échauffé +par la flagellation, se portait vers les parties +génitales. On pourroit s’égarer encore +davantage dans la région des commentaires +sur le suc nerveux qu’ils croient être le +premier agent du suc organique, mais mon +intention n’est pas de les suivre dans le dédale +des conjectures. Je pense avec Columella, +que les hommes ont plutôt la manie +de mettre en crédit les idées nouvelles et +hasardées, que d’approfondir et d’appuyer +celles qui sont reçues. Quant à moi, je +crois avoir suffisamment prouvé tout ce que +j’ai avancé sur la circulation et l’effervescence +du sang dans les lombes, et je m’y tiendrai, +si vous me donnez votre suffrage.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h2 class="nobreak i">E<span class="xsmall">XTRAITS</span> des articles de quelques auteurs +cités dans cet ouvrage.</h2> + + +<p id="aut-a">(A) Il y eut plusieurs <span class="sc">Asclépiades</span>. Un +d’eux vivoit sous Trajan, et fut d’abord +rhéteur, et ensuite médecin à Rome. Il +mourut d’une chute, dans un âge très-avancé. +Pline cite ses cinq remèdes : l’abstinence +des viandes et du vin dans certaines +occasions. Les frictions, la promenade +et la voiture.</p> + +<p id="aut-b">(B) <i>Jérôme <span class="sc">Mercurialis</span></i>, mort à Forli, sa +patrie, en 1596, à 66 ans, professeur de +médecine à Padoue, à Bologne et à Pise. +Ses compatriotes lui érigèrent une statue. +Ami généreux, vivant avec éclat, et charitable +envers les pauvres ; il n’en laissa +pas moins 120,000 écus d’or à ses héritiers. +Il étoit de belle taille, de bonne mine, +d’une grande douceur et d’une piété exemplaire. +Il a laissé des ouvrages pleins d’érudition. +1<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">De arte Gymnasticâ</i>, 1602, <i>in</i>-4<sup>o</sup>. +2<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">De morbis mulierum</i>, 1601, <i>in</i>-4<sup>o</sup>. 3<sup>o</sup>. <i>Des +notes sur Hyppocrate et sur Pline l’ancien</i>.</p> + +<p id="aut-c">(C) <i>Thomas <span class="sc">Campanella</span></i>, dominicain calabrois, +emprisonné 27 ans pour avoir montré +plus d’esprit qu’un vieux professeur de +son ordre. Il eut sept fois la question, pendant +vingt-quatre heures de suite, et ne +fut élargi qu’à la sollicitation du pape Urbain +VIII. Il vint à Paris, protégé (en +1624) par le cardinal de Richelieu, et y +mourut en 1639, à 71 ans, pour avoir pris +de l’antimoine. Nous avons de lui un ouvrage +intitulé : <i lang="la" xml:lang="la">Atheismus triumphatus</i>, et +plusieurs autres.</p> + +<p id="aut-d">(D) <i>Jean Pic</i>, prince de la <span class="sc">Mirandole</span> et +<i>de la Concorde</i>, né en 1463, d’une famille +illustre, fut dès sa plus tendre jeunesse, +un prodige de mémoire et de science, et +qui, dit-on, possédoit vingt-deux langues +à l’âge de dix-huit ans. Ses ouvrages sont +recueillis en un vol. <i>in-fol.</i> Bâle 1601. +1<sup>o</sup>. <i>Des livres sur le commencement de La Genèse</i>. +2<sup>o</sup>. <i>Un traité de la dignité de l’homme</i>. +3<sup>o</sup>. <i>De l’être de l’univers</i>. 4<sup>o</sup>. <i>Règles de la +vie chrétienne</i>. 5<sup>o</sup>. <i>Traité du royaume de J. +C. et la vanité du monde</i>. 6<sup>o</sup>. <i>Trois livres +sur le banquet de Platon</i>. 7<sup>o</sup>. <i>Une exposition +de l’oraison dominicale</i>. 8<sup>o</sup>. <i>Un livre de +lettres</i>. 9<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Disputationes adversùs astrologiam +divinatricem</i>. Bologne 1495. <i>in-folio</i>, rare.</p> + +<p id="aut-e">(E) <i>Jean <span class="sc">Nevisan</span></i>, jurisconsulte Italien, +natif d’Asti, mort en 1540, étudia le droit +à Padoue, et l’enseigna à Turin. Son principal +ouvrage est celui que cite ici <i>Meibomius</i>, +<i lang="la" xml:lang="la">Sylæ nuptialis, lib. 6. in quibus matrimonii, +dotium, filiationis, adulterii materia +discutitur</i>. Lyon 1772, in-8. liv. curieux, +qui souleva tout le beau sexe contre lui.</p> + +<p id="aut-f">(F) <i>Ludovicus Cœlius <span class="sc">Rhodoginus</span></i>, né à +Rowigo, dans l’état de Venise, en 1450, +savant dans le latin et le grec, professeur +à Milan et ensuite à Padoue, où il mourut +en 1525, à soixante-quinze ans ; son +nom de famille étoit <i>Richeri</i> ; <i>Jules César +Scaliger</i> fut son disciple, et les talens de +l’élève justifient les éloges qu’il prodigua +à son maître, en l’appellant le Varron de +son temps. Rhodiginus fit un voyage en +France, et Charles VIII le combla de bienfaits. +Il fut enterré dans le couvent de St.-François, +à Rowigo. Balthazar de Bonifaci, +archidiacre de Trévigi, fit son éloge +funèbre, qu’il termine par ce distique.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">A Duplici patriâ nactus cognomina bina,</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Cælius in cælis, hic Rhodiginus eris.</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent">Son principal ouvrage est celui : <i>des Anciennes +leçons</i>, en trente livres.</p> + +<p id="aut-g">(G) Tout le monde lettré connoît le fameux +<i>André <span class="sc">Tiraqueau</span></i>, né à Fontenay-le-Comte, +dont il fut lieutenant-civil, et mort +en 1558, dans un âge très-avancé. Il fut +conseiller au parlement de Paris, et rendit +beaucoup de services à la France sous François +I et Henri II. Juge intègre, et savant +infatigable, ses occupations ne l’empêchèrent +pas de donner au public un grand nombre +d’excellens ouvrages. Il fit vingt enfans +et vingt ouvrages. Il fut l’ami du fameux +chancelier de l’hôpital. On lui fit +cette épitaphe. <i lang="la" xml:lang="la">Hic jacet qui aquam bibendo, +viginti liberos suscepit, viginti libros edidit. Si +merum bibisset, totum orbem implesset.</i> Ainsi +traduite par Desforges Maillard.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse i2">Ci gît le fameux <span class="sc">Tiraqueau</span>,</div> +<div class="verse">Ce grand commentateur de loix et de coutumes,</div> +<div class="verse i2">Qui ne but jamais que de l’eau,</div> +<div class="verse i2">Eut vingt enfans, fit vingt volumes :</div> +<div class="verse i2">On croit que cet homme divin,</div> +<div class="verse i2">Dont la verve étoit si féconde,</div> +<div class="verse">De ses productions auroit rempli le monde,</div> +<div class="verse i1">Si, comme un autre, il avoit bu du vin.</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent">[Voyez le journal historique de Verdun +sur les matières du temps. Oct. 1752, p. +284.].</p> + +<p id="aut-h">(H) <i>Othon <span class="sc">Brunfels</span></i>, fils d’un tonnelier +de Mayence, ainsi nommé du bourg où +il nâquit, se distingua dans les lettres, les +langues savantes et la théologie et fut +religieux à la chartreuse de Mayence. Il +étoit valétudinaire, inquiet, mélancolique, +inconstant et fâcheux avec ses amis. Il fut +un des premiers qui suivirent Luther, sortit +secrétement du monastère et se retira à +Strasbourg, ensuite à Basle, où il fut reçu +médecin en 1530. Revenu à Strasbourg, +et de là envoyé à Berne, il y mourut six +mois après, le 23 Octobre 1534, d’une maladie +inconnue aux médecins, ayant la poitrine +toute en feu, et la langue noire comme +du charbon. Ses ouvrages sur la médecine, +sont : 1<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Catalogus illustrium medicorum</i>. +2<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Onomasticon medicinæ, etc.</i></p> + +<p id="aut-i">(I) <i>Fr. <span class="sc">Junctinus</span> ou <span class="sc">Giuntino</span></i>, mathématicien +florentin, d’abord carme, ensuite +apostat, est auteur des commentaires +latins sur la sphère de <i>Sacro Bosco</i>, et +mourut vers la fin du seizième siècle. +Il vécut errant, inquiet et libertin, et fut +accablé sous les ruines de sa bibliothèque. +L’astrologie judiciaire sur laquelle il fit +divers ouvrages, ne lui avoit pas annoncé +ce genre de mort, dont il se seroit préservé.</p> + +<p id="aut-k">(K) <i>Marsilio <span class="sc">Cagnati</span></i> de Véronne, professeur +de médecine à Rome, sous le pontificat +de Clément VIII et Paul V. Il étudia +à Padoue, sous Zabarella, et se fit une +grande réputation dans les langues, les +belles lettres, la philosophie et la médecine. +C’étoit un homme très-mélancolique, sévère, +parlant très-peu, mais avec beaucoup +d’éloquence et de facilité. Nous avons +de lui : <i lang="la" xml:lang="la">De Sanitate tuendâ libri 2. opuscula +varia</i> ; <i lang="la" xml:lang="la">varia Lectiones, etc.</i></p> + +<p id="aut-l">(L) <span class="sc">Origène</span>, surnommé <span class="sc">Adamantius</span>, à +cause de son assiduité au travail, nâquit +à Alexandrie, l’an 185 de J. C. Tout le +monde connoît cet homme étonnant pour +le savoir, le courage dans les persécutions, +la grande piété et les nombreux ouvrages +qu’il a laissés. Léonide son père +avoit tant de vénération pour lui qu’il +alloit lui baiser la poitrine pendant qu’il +dormoit. Origène à 18 ans fut chargé d’instruire +les fidèles d’Alexandrie. Les femmes +fréquentant son école, il crut fermer la +bouche à la calomnie, en se faisant lui-même +l’opération douloureuse, qui le privoit +des organes de la génération, s’imaginant +être autorisé à cette cruauté par un +passage de l’écriture : mais ce fut précisément +ce qui lui ferma tous les chemins aux +dignités ecclésiastiques.</p> + +<p>Voyez <i>Bayle</i>. <i>Lucien</i>, tom. 3, et le traité +des Eunuques de M. <i>Charles Ancillon</i>, première +partie, chap. 5, art. <i>Vallesiens</i>.</p> + +<p id="aut-m">(M) <span class="sc">Isidore</span> (Saint) de Séville, fils d’un +gouverneur de Carthagène, élevé par Léandre +son frère, évêque de Séville. Il fit entre +autres ouvrages vingt livres d’<i>Origines</i> ou +<i>Etymologies</i>. Il succéda à son frère en 601, +et mourut en saint en 636, également regretté +des savans, des pauvres et de toute +l’Espagne dont il étoit l’oracle. Le concile +de Tolède, de 653, l’appelle le <i>docteur de +son siècle et le nouvel ornement de l’église</i>. La +meilleure édition de ses ouvrages est celle +de Dom Dubreuil, bénédictin. <i>Paris</i> 1601, +et <i>Cologne</i> 1613, <i>in-folio</i>.</p> + +<p id="aut-n">(N) <span class="sc">Aetius</span> ou <span class="sc">Aece</span>, médecin d’Amide, +ville de Mésopotamie, sur le Tibre, étudia +à Alexandrie, sur la fin du quatorzième siécle. +Il fut le premier médecin chrétien qui +laissa des écrits sur la médecine. Il suivit +la méthode des Egyptiens, excella dans la +chirurgie et les maladies des yeux. L’ouvrage +dont il est question, qui a pour titre : <i>Tetrabiblos</i> +est en seize livres. Les huit premiers +sont imprimés en grec, chez <i>Alde</i> ; +<i>Venise</i>, 1534, <i>in-fol.</i> Et les huit dernier, +M. SS. dans la bibliothèque de l’empereur, +à Vienne. C’est une compilation, mais +pleine de choses qu’on chercheroit vainement +ailleurs. Elle a été traduite en latin +par <i>Janus Cornarus</i>, et imprimée à Bâle, +chez <i>Forben</i> 1542, sous ce titre : <i lang="la" xml:lang="la">Contracta +ex veteribus medicina</i> : etc.</p> + +<p id="aut-o">(O) <i>Nicolas <span class="sc">Perrot</span></i>, né à Sasso-Ferrato, +d’une famille illustre, mais pauvre. Il fut +conclaviste du Cardinal Bessarion, après la +mort du Pape Paul III, Gouverneur de Pérouse, +ensuite de l’Ombrie, et archevêque +de Siponto en 1458, et mourut en 1480 à +Fugicura, sa maison de plaisance, auprès +de sa patrie. Ses ouvrages sont : 1<sup>o</sup>. Traduction +des cinq premiers livres de <i>Polybe</i>. +2<sup>o</sup>. <i>Traité sur le serment d’Hyppocrate</i>. 3<sup>o</sup>. <i>Du +Manuel d’Epictète</i>. 4<sup>o</sup>. Du Commentaire +<i>de Simplicius</i>, sur la physique d’Aristote. +5<sup>o</sup>. Des Harangues. 6<sup>o</sup>. Des Lettres. 7<sup>o</sup>. Des +Poésies Italiennes. 8<sup>o</sup>. Des Commentaires +sur le <i>Stace</i>. 9<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">De generibus Metrorum</i>. +10<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">De Horatii Flacci ac Severini metris</i>. +11<sup>o</sup>. <span lang="la" xml:lang="la"><i>Cornucopia</i>, seu latinæ linguæ commentarius</span> +(sur Martial.) 1513 <i>in-fol.</i> +12<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Rudimenta Grammatices</i>. Rome 1475, +<i>in-fol.</i> Cette dernière édition est très-rare.</p> + +<p id="aut-p">(P) <i>Quintus-Septimius-Florens <span class="sc">Tertullianus</span></i>, +prêtre de Carthage, et fils d’un centenier +dans la milice, sous le Proconsul d’Afrique, +mourut vers l’an 216, sous le règne +d’<i>Antonin Caracalla</i>. Il se fit chrétien, et +fut le plus éloquent défenseur du christianisme, +avant qu’il eût embrassé le <i>Montanisme</i>. +La meilleure édit. des ouvrages de +ce père illustre de l’Eglise est celle de Venise, +en 1746. Vassoult a donné en 1714 et +1715, une belle traduction de son Apologie +pour les Chrétiens, avec des notes. <i>Thomas</i>, +seigneur <i>du Fossé</i>, sous le nom de la +<i>Motte</i>, a donné une excellente vie de Tertullien +et d’Origène.</p> + +<p id="aut-q">(Q) <i>Nicolas <span class="sc">de Lyre</span></i>, ainsi nommé du lieu +de sa naissance, petite ville de Normandie, +entre Séez et Evreux. Il étoit né Juif, et +étudia sous les Rabbins, mais il se convertit +et prit l’habit des Frères Mineurs, +en 1292. Cet auteur possédoit très-bien la +langue hébraïque. La Reine Jeanne, Comtesse +de Bourgogne, et femme de Philippe V, +dit le <i>Long</i>, le nomma un des exécuteurs +de son testament, en 1325. Il mourut Provincial +de son ordre, à Paris en 1340. Nous +avons de lui entr’autres ouvrages : <i>des Postilles</i>, +ou <i>petits commentaires sur la Bible</i>. +<i>Lyon</i>, 1596.</p> + +<p id="aut-r">(R) <span class="sc">Avicenne</span>, Philosophe et Médecin +Arabe, de Bochara en Perse, né l’an 370, +de l’Egire, Médecin et Visir du Sultan Cabous, +et mort de ses débauches, l’an 428, +à 56 ans. Cet homme avec une mémoire +prodigieuse, et sachant l’alcoran par cœur +et les livres de Métaphysique d’Aristote, les +lut quarante fois sans y rien entendre. Ses +ouvrages ont été imprimés à Rome, en +arabe, par les soins de Sixte IV, en 1489, +et traduits en latin par Gérard de Crémone, +André Alpagus et autres. 1<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Canonum Medicinæ, +lib. 4</i>. 2<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">De Medicinis Cordialibus</i>. +3<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Cantica</i>. 4<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Opera philosophica, etc.</i></p> + +<p id="aut-s">(S) <i>Fulgentius <span class="sc">Placiades</span></i>, Evêque de Carthage +dans le sixième siècle, auteur de trois +livres de Mythologie, imprimés par les +soins de Jacques Comelin, en 1599, avec +<i>Hyginus</i>, <i>Julius Firmicus Maternus</i> et <i>Alberic</i>. +La première édit. est celle d’Ausbourg +1517, avec des notes de Jacques Locher. +On lui attribue encore un livre de +l’allégorie de Virgile, adressé à Chalcide +le Grammairien.</p> + +<p id="aut-t">(T) <span class="sc">Nemesius</span>, Philosophe Chrétien, natif +et Evêque d’Emese en Phénicie, sur la +fin du quatrième siècle. Nous avons de lui +un livre <i>De la nature de l’homme</i>, qui se +trouve grec et latin dans la bibliothèque des +Pères, et où il soutient la préexistence des +ames. Ses mœurs honorèrent la Philosophie +et la Religion.</p> + +<p id="aut-u">(U) <span class="sc">Sennert</span> (Daniel) fils d’un Cordonnier +de Breslaw, né en 1572, devint Docteur +et Professeur en médecine à Wirtemberg, +et mourut de la peste en 1637, à +soixante-cinq ans. Ses ouvrages furent imprimés +à Venise en 1640, 3 vol. <i>in-fol.</i> et +plusieurs fois depuis. Ils forment une bibliothèque +complette de médecine, et valent +beaucoup mieux que plusieurs de nos +modernes écrits. Sa passion pour la Chymie, +sa liberté à refuter les anciens, et la +singularité de ses opinions lui firent beaucoup +d’ennemis. Il suivit la méthode de Galien. +André Sennert, son fils, mort à Wirtemberg +en 1689, à quatre-vingt-quatre ans, +y enseigna pendant cinquante-un ans les +langues orientales, et soutint par plusieurs +gros livres, la réputation de son père.</p> + +<p id="aut-v">(V) <span class="sc">Oribase</span> de Pergame, disciple de Zénon +de Chypre, et médecin de <i>Julien l’Apostat</i>, +qui le fit Questeur à Constantinople. Exilé +sous les Empereurs suivans, il se fit estimer +des barbares même, par sa vertu. Rappellé +par la suite, il mourut au commencement +du cinquième siècle. Le plus estimé de ses +divers ouvrages, imprimés à Bâle, en 1557, +3 vol. <i>in-folio</i>, est son livre <i>des Collections</i>, +entrepris à la prière de Julien, et puisé dans +Galien et autres. Il ne nous reste que dix-sept +livres de cet ouvrage, qui en avoit +soixante-douze.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h2 class="nobreak" lang="la" xml:lang="la">J. H. MEIBOMII,<br> +<span class="small">DE</span><br> +<span class="large">FLAGRORUM USU</span><br> +<span class="small">IN RE MEDICA ET VENEREA,</span><br> +<span class="xsmall">ET LUMBORUM RENUMQUE OFFICIO.</span></h2> + +<p class="c" lang="la" xml:lang="la">EDENTE<br> +CLAUDIO MERCIER, COMPENDIENSI.</p> + +<p class="c" lang="la" xml:lang="la">Editio quarta castigatissima.</p> + + +<p class="c gap" lang="la" xml:lang="la"><span class="large">PARISIIS</span>,<br> +SUMPTIBUS CLAUDII MERCIER.</p> + +<p class="c">1795.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h2 class="nobreak">AVIS DE L’ÉDITEUR</h2> + + +<p>Nous ne connoissons que quatre éditions +de cet ouvrage.</p> + +<p>La première de 1639, in-12, très-fautive.</p> + +<p>La deuxième de 1643, ayant au titre : <i lang="la" xml:lang="la">in +re veneriâ</i> seulement. <i><span lang="la" xml:lang="la">Lugd. Batav. ex officinâ +Elzevirianâ Academ. Jur. typog.</span> in-4<sup>o</sup>. de 48 +pages.</i></p> + +<p>La troisième, datée <i lang="la" xml:lang="la">Londini</i>, 1665, in-32, +n’est autre chose qu’une contrefaçon faite +à Paris en 1757, et à laquelle on a ajouté +le titre ci-dessus. Elle est pleine d’erreurs +et d’omissions.</p> + +<p>La quatrième, <span lang="la" xml:lang="la">Thomæ Bartholini, Joan. +Henrici Meibomii Patris, Henrici Meibomii +filii, de usu Flagrorum in re medica et venerea +lumborum que officio. Accedunt de +eodem renum officio Joachimi Olhafii et +Olaï Wormii dissertatiunculæ, Francofurti, +ex Bibliopolio Hafniensi. Danielis Pauli Bibl. +reg.</span> 1669, in-12. — Cette dernière étant la +plus étendue et la plus exacte, nous a beaucoup +servi dans notre travail, et nous croyons +pouvoir assurer que la nôtre ne laissera plus +rien à desirer.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h2 class="nobreak" lang="la" xml:lang="la">THOM. BARTHOLINI<a id="FNanchor_87" href="#Footnote_87" class="fnanchor">[87]</a>,<br> +DE<br> +FLAGRORUM USU MEDICO,<br> +AD VIRUM CLARISSIMUM<br> +HENRICUM MEIBOMIUM<br> +EPISTOLA.</h2> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_87" href="#FNanchor_87"><span class="label">[87]</span></a> Thomas Bartholin, médecin et littérateur, +très-savant, mais très-superstitieux, natif de Malmoë, +mort en 1650, à 64 ans, a fait des découvertes +sur les veines lactées et sur les vaisseaux +limphatiques. Il est l’auteur des ouvrages suivans : +1<sup>o</sup>, <i>sur l’usage de la neige</i>, 1661. 2<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">de Morbis Biblicis. +Francf.</i> 1672. 3<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Paralytici novi testamenti. +Copenh.</i> 1653, <i>in</i>-8<sup>o</sup>. 4<sup>o</sup>, <i lang="la" xml:lang="la">Dissertatio de Passione +Christi, Amst.</i> 1670. 5<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Epistolæ medicinales et de +Insolitis partus viis</i>, la Haye, 1740, 5 vol. <i>in</i>-8<sup>o</sup>.</p> + +<p>6<sup>o</sup>. Celui dont il est ici question : <i lang="la" xml:lang="la">de usu Flagrorum, +etc.</i> 1670. <i>in</i>-12.</p> + +<p>7<sup>o</sup>. Et enfin un journal intitulé : <i lang="la" xml:lang="la">Acta hafniensia</i>.</p> +</div> + +<p lang="la" xml:lang="la">Inter præcipua sœculi ornamenta numerari +meretur parens tuus Joan. Henr. Meibomius, +sed per te fama ejus crescit, quia paternæ +virtutis hæres ex asse et successor, nominis +celebritatem editis scriptis promovere pergis. +Varia is eruditione artem divinam quam +principe curâ exercebat semper exornavit, +nec tibi minor cura est medici eruditi famam +cum parente aucupari. Edita parentis monumenta, +de jure jurando Hyppocratis et de +vita Mæcenatis, testantur quantus fuerit pater. +Tu posteritati plenam fidem facies quantus +sis filius, dum delitescentes apud te parentis +lucubrationes, cedro dignas, publico +exponis tuo auctas ingenio. In tantâ autem +doctrinæ amplitudine, inter seriora alia negotia, +se quoque ad minima demittens Parens, +in gratiam viri clarissimi Christiani +Cassii, cujus grata nobis est memoria, Flagrorum +usum medicum ex antiquitate brevi +dissertatione exposuit. Quam cum typis suis +recudere gestiret bibliopola noster, argumenti +raritate motus, à me augmentum petiit. +Rimisi hominem ad te, authoris filium, +magna cum laude medicinam in academiâ +Juliâ docentem, et parentis exemplo in omni +litteratura et antiquitate versatissimum, cui +propius paterni scripti gloria tangit : nec +enim vel tantillum ornamenti à me expectari +posse tanti viri libello, qui propriis radiis +per orbem universum clarissimè cum +authore splendescit. Quamquam verò paterno +honori augendo non defueris, multis +que accessionibus auctam dissertationem cum +eruditâ epistolâ remiseris, rogare tamen non +destitit Paullinus noster, honesti lucri desiderio, +ut observationes nonnullas adderem, +quas mihi in promptu semper esse credit. +Ne vel spem ejus officium amici desererem, +quo Meibomiis Cassiisque obstrictum +me scio, quia etiam, ut publico prosimus.</p> + +<p class="c" lang="la" xml:lang="la"><i>Communis ista pluribus causa est Deis.</i></p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Lacinias quasdam collegi, vel funiculos, +pro Flagrorum vestrorum incremento, inter +alias occupationes, quibus jam occupatum +me amici non nesciunt, parentis tui, tuoque +honori dedicatos. Flagrorum usum pauci +ante vos recoluerunt. Paucissimi certè amant, +quia blanda potiùs ægros nostros afficiunt et +dulcia, ad severam medicinam horrentes, +cum tamen ea sit malorum inter mortales +conditio, ut blandè semper tractari non possint, +etiam ubi maximè velis blandiri. Vincula +hyppocratica subindè accersenda et duriores +manus contumacibus morbis applicandæ. +Verbera Flagrorum eos maximè curant, +qui morbum simulant. Sæpissimè epilepsiam +mentientes hoc remedio aspero, sed +salutari convaluerunt, sanatique antequam +ægrotarent, profuit ad prophylaxin, ne posteà +hominibus simulato morbo imponerent.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Novi quoque pigros servos, morbum nescio +quem fingentes, flagris ad officium rediisse. +Ad veros morbos expiandos conferre +plurimùm, tantò minus dubitare possumus +quod animæ morbis flagella prosint. Hinc flagellantium +ordinem tempore quadragesimali +in Italiâ videas, vulneribus altis dorso inflictis +præteritæ vitæ conscientiam expiare +et velut in Cybeles sacris, apud Claudianum, +lib 1, in Eutrop.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la"><b>. . . . .</b> Pectusque illidere pinu,</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Inguinis et reliquum Phrygiis abscindere cultris.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Tales fuerunt apud paganos Syriaci Flagratores, +qui justas pœnas facinoris alicujus +ipsi vel pro se, vel pro aliis, mercede conducti, +de suis manibus flagro contorto exposcebant, +quos describit Apuleius, lib. 8, metamorphos. +Dispar Circe virgâ mentem humanam +sociorum Ulyssis in belluina corpora, +imprimis porcina transformabat, de quâ Homerus +Odiss. X. Magica hæc quidem sunt, +morali, tamen sensu monstrant, verberibus +quosdam ad sanum sensum redire, alios ad +belluinum. Metamorphosis certa est, sed +forma differens, quanquam nec curiosâ arte +nec hæc fiat, nec illa. Vidi flagris castigatos +Patavii à Religiosis, qui à malo spiritu obsessi +credebantur, quos tamen reverâ fuisse epilepticos, +propter signorum similitudinem, +recte medici dictitant, quibus flagra, excitato +in corpore calore, nocere non possunt. +Ipsum se lapidibus concidit spiritu immundo +obsessus Marc. V, v. 5 et pugnis se contundi +queritur divus Paulus 2, Cor. 12, v. 7. +Seu digitorum condylis, quomodo <i>Colaphon</i> +ex Varino exponit Matth. Martin. in etymologico. +Quanquam de colapho hoc notet Haymon +Episcopus Halbertadensis, de ardore libidinis +per diabolum accenso potius exponendum, +quam de dolore capitis. Ad morborum +curationem flagra adhibita olim fuisse, variis +veterum autoritatibus ostendit Meibomius. +Idque quando modicæ medicinæ locus non +fuit. Flagris enim cœdi in atroci coërcitione +gravissimaque et servili injuria consistebat +apud Romanos, cum liberi tantum pœnæ lenitatis +argumento, fustibus castigarentur, sicut +fusè ex jure explicat B. Brissonius lib. 3, +Antiq. Jur. civil. cap. 9.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">De furoris seu insaniæ curatione elegans est +locus Cœlii Aureliani, lib. 1 tardar. passionum, +cap. 5 obiter à magno Meibomio patre +notatus, in quo placet nonnihil immorari, ut +fortior ex morâ sit furoris medicina, quanquam +ex aliorum, non suâ sententiâ loquatur +Cœlius, imprimis Titi Asclepiades discipuli, +cujus vitam ex opere diù desiderato de vitis +medicorum, quod ex schedis paternis promisisti, +expectamus. Verba Cœlii sunt. « Flagellis +alii aiunt coërcendos, ut quasi judicio +mentis pulso resipiant, cum magis, tumentia +cœde lacessendo, faciant asperiora, et adveniente +lenimento passionis, cum sensum +recipiunt, plagarum dolore vexentur. » Ita +Rovilli editio habet quâ utor. Meibomii vero +patris ita legit ut sinistro mentis judicio depulso +resipiscerent. Irridet istam curandi rationem +methodicus Cœlius, partim quod asperiora +reddantur tumentia loca verberibus et +flagrorum plagis, quasi cœde aliquâ etiam post +curationem dolore remanente, partim quod +locum affectum non respiciat ; inquit enim : +« si, ut ratio poscit, vicinis magis ac patientibus +locis adjutoria sunt adhibenda, coguntur +ut ori vel capiti plagas imponant. » At caput +affectum plagis exacerbatur quod minimis offensis +externis cœditur. De nihilo tamen non +est Titi medicina, quanquam crudelior. Non +calorem excitatum metuit, quia sine febre +furor est, et sine parvo pulsu quo discrimine +à phreneticis separatur. Timor doloris intra +rationis terminos continet. Ita novi virum honestum +non raro furentem ab alio fortiori minis +verberibusque coactum ut agno fieret pacatior. +Alia ratio est resolutarum partium, quæ +plagis affectæ excitantur, dolore silicet et calore +provocato ; ubi tamen Themisoni non +concedit Cœlius idem Aurelianus lib. 2 tard. +pass. cap. 1 plagis ferulæ cœdi partes in passione +constitutas, quia salsæ aquæ potiùs mitigatione +atque recorporatione videntur curandæ. +Sed pace methodici, sicut pro ferula +salsæ aquæ substitui recte possunt, ita utrumque +remedii genus sensum excitat ob acrimoniam +et ad utrumque sequitur recorporatio. +Quidquid fœrula præstat, efficit et aqua marina, +quæ Dioscoridi lib. 5 cap. 19, calida +est et acris. Et Celso nostro lib. 2 cap. 22. +Omnia salsa acria sunt. Undè emplastrum +<small>DI ALON</small> Scribon. comp. 127, ulcera vetera +et callosa renovat. Mitigatione torpent magis +resolutæ partes quam reviviscunt fricandæ +fortiter seu flagris seu acribus stimulis, ut +resurgant. Modus tamen est hic adhibendus, +quem prœscribit Galenus lib. 14 method. +med. c. 16. « ferulas parvas ac leves modicè +illitas gracilibus partibus incutiunt, donec +modicè attollantur. Ad hunc modum mango +quidam proximè nates pueri fame consumptas +breviter auxit, percussu mediocri quotidiè +usus, aut saltem alternis diebus. Si plagarum +vexatione terreatur Cœlius, in promptu sunt +remedia apud Æginetam lib. 4 rei med. +cap. 12. Pellis nimirùm ovilla recens detracta +calida adhuc, flagris cœsis circumdata, præter +alia ibidem et cap. 14 et apud Aëtium Tetr. 4. +s. 2. cap. 65. Galen. lib. 11. S. M. F. Avicennam +lib. 4. Fen. 4. Tr. 2. cap. 7. signata. +Contrà plagarum dolores præsumptione se +muniebant Syriaci effeminati, ut narrat Apuleïus +lib. 2. spiritus cohibitionem suspicatur +fuisse. Beroaldus, salutare homini contrà +plagas præcidium quod ex Plinio probat, inventum +animalis cui nomen est Meles ; si quidem +in metu sufflatâ cute distentæ meles ictus +hominum et morsus canum arcent. Medicina +hæc per flagra quanquam durior videatur, ab +eâ tamen medicus abstinere non debet, si +salutari effectu nobiletur. Eleganter in hanc +rem B. Augustinus ep. 50. molestus est et +medicus furenti frenetico et pater indisciplinato +filio ille ligando, iste cœdendo sed ambo +diligendo. Si autem illos negligant et perire +permittant, ista potiùs mansuetudo falsa crudelis +est. Socrates apud Platonem in Georgiâ +negat medicum permittere ut ægrotans +appetitus suos impleat, aut cibis multis suavissimisque +utatur. Est quippè, ut contrà +Gnosticos Tertulianus loquitur, planè quasi +sœvitia medicina de scalpello, de cauterio, +de sinapis incendio, (addo de flagello) non +tamen secari, inuri et extendi morderique +idcirco malum, quia dolores utiles adfert, +nec quia tantummodo contristat, recusabitur, +sed quia necessario contristat, abhibebitur. +Horrorem operis fructus excusat. Res enim +bonæ atquæ malæ, non dolore et voluptate, +sed utilitate et noxâ sunt judicandæ. Omnia +igitur in medico imperante ferri debent ex +antiquâ formulâ : I lictor (vel serve) collige +manus, verberato, caput obnubito ; sed cætera +ignorante, arbori infelici suspendito. +Hæc causa est quod inter tonsorum instrumenta +olim flagra sint recensita, indicio Martialis, +lib 2. ep. 17.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse i" lang="la" xml:lang="la">Tonstrix suburæ faucibus sedet primis,</div> +<div class="verse i" lang="la" xml:lang="la">Cruenta pendent quà <i>Flagella</i> tortorum.</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Et ut doloris sensus augeretur, ex lanâ consortâ +multis nodis durioribus exasperabantur +flagra et ut vestigia sui in cute relinquerentur +velut aculeis, ossibus animalium, Apuleio +multijugis talis ovium. Ut mirum non sit quod +quasi inusta dicantur Catullo Ep. 25, ad Thallum, +cui ob fortum minatur flagella lateri manibusque,</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse i" lang="la" xml:lang="la">Ne laneum latusculum, manusque mollicellas</div> +<div class="verse i" lang="la" xml:lang="la"><i>Inusta</i> turpiter tibi <i>Flagella</i> conscribillent.</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Sed de his antiquarii, circumspiciant. Vix +mitiores manus alibi medicus affert. Tunc +incipit medicina proficere, ut verè Seneca +epist. 90, ubi in corpore alienato dolorem +tactus expressit. Urticis Flagrorum vice utitur +in membrorum torpore, quarum tanta vis, ut +teneros anserculos enecent si pupugerint, +teste Columella lib. 8. R. R. cap. 14. Nostri +villici deplumata Gallinarum africanarum pectora +urticis verberant, ut libentius incubent. +Impeditâ deglutitione à bolo faucibus inhærente, +vel ossiculo gulæ impacto, tergum +pugnis fatigamus, excussuri quasi armatâ manu +inimicum bolum. Si oscitatione vel risu immodico +luxetur os maxillæ inferioris, alapâ +forti manu inflictâ in locum recurit, quod non +semel risum astantibus movit. Fortiter compresso +ventre, orbiculisque ligneis, vel stanneis +percusso, fœtus mortuus ex angustiis matris +extruditur apud Insubres, quemadmodum +cent. 6. hist. 83. docuimus. Virgis pueros adultiores +que lotium de nocte continere assuevisse +observavi. In re venereâ quantum flagra +valeant, exemplis quibusdam demonstrat +laudatus Meibomius pater, quæ repetere +opus non est, ne verecundæ aures iteratâ +lectione offendantur, quanquam non ignoratus +fuerit Venetiis quidam, qui solis verberibus +pugno Amasiæ ad negotia Veneris sollicitabatur +expediunda, quemadmodùm olim +cupido apud Anacreontem, carm. in amor. +Hyacinthino bacillo adigebat ad sequendum. +Notandum ad argumenti hujus illustrationem, +non viros tantum flagris excitari ad illicitas +voluptates et intempestivas, sed et fœminas +flagellis incitari et incalescere, ut facilius concipiant. +Notum id fuit Romanis mulieribus, +quæ Lupercis se offerebant flagellandas, ut +conciperent. Autor hujus ritus est Juvenalis, +sat. 2.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">… Steriles moriuntur et illis</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Turgida non prodest conditâ pyxide lyde,</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Nec prodest agili palmas præbere Luperco.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Ubi vetus scholiastes : steriles mulieres februantibus +lupercis se ofFerebant, et ferulâ +verberabantur, hoc homine qui infra tectum +multi seminis credit contractus ob fœcunditatem +dandam : palmas ideò dicit, quia aut +Catomus lætabantur, aut quia manibus vapulant +cunei per civitatem ; tunc et in solio, +si quis post ipsum descenderit, statim concipit. +Cur verò palmæ verberatæ ad fœcunditatem +Romanas mulieres acceleraverint, +sine superstitione, facilis ex circulatione ratio +petitur. Incalescens enim plagis sanguis in +manu recurrit ad cor, exindèque ad uterum +per arterias, qui calefactus citius, ad libidinem +incitatur, disponiturque ad conceptionem. +De ferulâ ipsâ, quâ in lupercalibus utebantur, +ita Festus Pompeius, lib. 3, <i>Crepos</i> +Romani Lupercos dicebant, à crepitu pellicularum, +quem faciunt verberantes : mos +enim Romanis in lupercalibus nudos discurrere +et pellibus obvias quasque fœminas ferire. +Ferulæ hæ pelle et corio tectæ, suspicante +Dempstero ad lib. 3. Rosin. cap. 2, +idque vel canis, vel hirci, ad sonum edendum, +vel dolorem augendum. Plutarchus +verberationem illam purgationem esse asserit, +quæst. Rom. 67. Apud Ovidium legisse +me memini :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Excipe fœcundæ patienter verbera dextræ,</div> +<div class="verse i1" lang="la" xml:lang="la">Jam sacer optati nomen habebit avi.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Irridet quidem hæc verbera Juvenalis, sat. 2, +et ut ludicram rem perstringit Prudentius in +romano martyre.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Quid illa turpis pompa ? nempe ignobiles</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Vos esse monstrat, cum Luperci curritis,</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Quem servulorum non rear vilissimum,</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Nudus plateas, si per omnes cursitans</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Pulset puellas verbere ictas ludicro.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Quomodo autem excusari per naturam possit, +jam diximus, licet et dolus Lupercorum +subesse potuerit qui aliis telis feriebant puellas, +quæ in impotentiâ suadet Cardanus lib. 2, +de util. ex adv. capienda.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Sunt gentes, inter quas Persæ et Russi, quarum +uxores pro amoris conjugalis signo à +maritis vapulantur. De uxoribus Russicis. J. +Barclaïus in Icon. anim. cap. 8, virorum in +se benevolentiam ex verberorum numero æstimare, +nunquam melius suo judicio habitas +quam cum in sæva ingenia inciderunt. Negat +quidem id sibi compertum. <i>Polutropos</i> Ad. +Olearius in itiner. At historiâ singulari confirmat +Barclaïus, quam non gravabor repetere.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Quidam è Germania in Moscoviam migraverat, +vir è plebe, et si nomen in tantillâ re +placet Jordanes dicebatur. Hæsit ergò in +illa regione, et cum sibi eæ sedes placerent, +indè etiam duxit uxorem. Hanc cum caram +haberet, omnibus que officiis mutuam gratiam +affectaret, illa dejectis luminibus mœsta, crebrò +in singultibus et cæteris mœrentis animi +indiciis erat. Viro denique sciscitanti mœstitiæ +causam, se enim nullis quod sciret amicitiæ +muneribus defuisse. Quid tu, inquit +mulier, tam egregiè fingis amorem ? Num +putas latere me quam tibi vilis sim ? Simul +que largos gemitus cæpit effundere. Ille attonitus +in amplexus mœrentem recepit, rogare +perseverans, numquid eam offendisset ; +peccavisse se forsitan, sed culpam emendatione +deleturum. Ad hæc illa, ubi autem +sunt verbera, inquit, quibus te amare docuisti ? +Hoc certè potissimum pacto maritorum +in uxores apud nos benevolentia et cura +sancitur. Hoc à Jordane audito, primum stupor +continuit risum ; mox utroque vanescente, +è re suâ esse putavit, ut uxorem +eomodo haberet, quem ipsa præscripserat ; +nec multo post arripuit cœdendæ mulieris +causam, et illa fustibus mitigata, tum primum +bona fide amare et colere virum cœpit. +Eamdem historiam recitat Petrus Petræus +de Erlesunda, part. 5. chronic. Moscov. +qui addit flagella à maritis primò statim post +nuptias comparari ustensilia inter domestica +ad eosdem usus. Forsan ex suprà dictis dulcamari +amoris ratio petenda. Nam ad emendationem +ista flagra non spectant. Mulieres +enim malæ, si quæ sint, nec minis compescuntur, +nec irâ, si vel silice dentes excutiantur, +ut loquitur Simonides apud Stobœum. +Bonus vero maritus tantùm abest carissimum +pectus plagis excruciet, ut potiùs +cum illo homine, quem ex Senecæ deperditis +B. Hieronimus, lib. 1. contra Jovianum +describit, exiturus in publicum fasciâ +uxoris pectus colliget.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">In flagellatione lumborum renibus excalefactis +seminis materiam, vel incitari vel augeri +juxtâ cum Meibomio patre existimavi, +et quomodo cum circulatione sanguinis renum +illud officium à Sennerto, Olhafio, Wormio +nostro et Meibomio defensum conciliari +possit, in anatome reformatâ pridem docui.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Quæ si explere non possint desideria eruditorum, +nihil verius quam à communi causâ, +sanguinis nempe colore, in lumbis flagellatis +accenso, et libidinem veneream et renum calorem +tecum advocare. Hinc situs corporis +supinus ad seminis profluvium dormientes +invitat, calore lumborum excitato. Hinc +regio fricata ad œstrum veneris proritat, +quam voluptatem vitæ damno quidam Lutetiæ +luit.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Hinc deniquè lumbis remedia refrigerantia +adhibemus, quando gonorhœa molesta est. +Renibus emplastra applicat Actuarius, lib. 4. +meth. med. cap. 8, quæ robur addunt et +minimè calefaciunt. At plumbi laminam lumbis +apponit Oribasius. lib. 4. de loc. affect. +curat. cap. 107. qui in hoc negotio distinguit +lumbos à renibus. In fragmento enim +de victûs ratione in quolibet anni tempore, +quod primus, Basileæ 1528, edidit Albanus +Torinus, serio monet, ne quis nimium lumbos +infrigidet, ne his nimis infrigidatis lædantur +renes. De renum vero officio ad seminis +generationem nihil ampliùs addo, quia +in dubium vocavit clariss. Vallæus ex principiis +circulationis, quo præceptore semper +gloriabor. Ea fuit istius temporis hæresis, +cujus multi discipuli errant, multique doctores, +quæque inter initia, cum magno impetu +cæpisset, sensim extincta est. Quippe +nunc ad alia distrahuntur ingeniorum curiositates, +novæque occupationes veteribus +substituuntur, post quam abdita humani corporis +secreta perrumpere cordatius cœperunt +Doctorum cogitationes, non contentæ +ea scire quæ hactenus credita potiùs fuere +quam ostensa. Vale.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Ex Tusculano meo Hagestedano, 24 octobr. +1669.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h2 class="nobreak" lang="la" xml:lang="la">JOAN. HEN. MEIBOMII<br> +<span class="small">DE FLAGRORUM USU +IN RE MEDICA ET VENEREA.</span></h2> + + +<p lang="la" xml:lang="la">En accipe sis tandem, amicissime Cassi, +quem ex vino tibi debeo, de flagrorum in re +veneria usu et quo porrò res ipsa nos traxit, +de præcipuo lumborum renum que officio discursum<a id="FNanchor_88" href="#Footnote_88" class="fnanchor">[88]</a>. +Eum enim pollicitus tibi nuper +fui, cum apud communem utriusque nostrum +amicum Cl. Martinum Gerdesium Illustrissimi +Principis tui Consiliarium, ac Collegam tuum +in cœna una essemus. Primum autem, quâ occasione +vix memini, ad morborum curationes +verbera et plagas aliquando facere dixi ; quod +παράδοξον vobis videbatur. Id vero experientiâ +ita esse compertum, ego asserere, et +ad Medicos provocare, qui passim id doceant, +ac testentur. Maniacos, sanè jam olim Titus, +Asclepiadis discipulus (qui sub D. Augusto +vixit, ut in vitis Medicorum ostendi) lib. <small>II</small>. +de animâ, flagellis docuit coërcendos, ut sinistro +mentis judicio depulso resipiscerent.</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_88" href="#FNanchor_88"><span class="label">[88]</span></a> L’édition de 1665, dit <i lang="la" xml:lang="la">non adeò invulgato +usu</i>, etc.</p> +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Testis est Cælius Aurelianus, lib. <small>I</small>, tardar. +passion. cap. <small>V</small>. Ex amore melancholicos, aut +insanientes, si alia nihil prosint, non pauci +sunt, qui vapulare jubent ; sæpè etiam errore +discusso ad bonæ mentis frugem ipsos eo ingenio +reduxerunt. Rhases, lib. 1. Contin. cap. 4. +subindè ex Judæo, Medico celebri, et quem +in testimonium citat, τον έρωτομανη ubi alia nil +prosint, ligari jubet, et vapulare fortiter, +et pugnis percuti, id que vicibus repetitis, +si non statim subsequatur effectus. Cum una +hirundo, ut ait, ver non faciat.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Rhazi subscribit Ant. Guainerius, Pract. +tract. 15. cap. 8. Et Valescus de Tarenta, +Philonii, lib. 1, cap. 11, cujus verba ipsissima +hæc sunt : Si juvenis est, flagelletur +culus ejus cum verberibus, et si non sistit, +ponatur in fundo turris cum pane et +aquâ, donec veniam à sua insaniâ petat ; et +teneatur in disciplinâ.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Si Senecæ credimus, lib. 6, de benefic. +cap. 8, quorundam flagellis quartana discussa +est : ob atri forte lentique humoris ex flagellatione +incalescentiam, et dissipationem +ex motu, ut non ineptè conjicit J. Lipsius, +in comm.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Medicos alios gracilium corpora, ut pinguefierent +et incrassarentur, virgis verberari +voluisse, auctor est Hier. Mercurialis, lib. 4. +de arte gymnast. cap. 9. et mangonum exemplis, +id fieri posse, jam pridem ostenderat +Galenus. Meth. Med. lib. 14, cap. 16. Carnem +enim ita elevari, arque ad eam alimentum +attrahi certum est. Membra insuper resoluta +urticarum virentium fasciculis flagellari +solere, ut calor sanguisque in partes penè +emortuas alliciantur, in vulgus notum est : +Quas plagis ferulæ insuper cædendas Themison +voluit, lib. 1, tardar. passion. apud +Cæl. Aurelianum, lib. <small>II</small>. Chr. Cap. 1.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Elidæus Paduanus, Consil. Med. 282, ad +faciliorem variolarum eruptionem tenella +etiam, et innoxia infantium corpora, urticarum +earundem incussu converberare non +veretur. Monstro ferè simile est, quod de +verberum usu in alvi obstructione refert +Thomas Campanella, ordinis Prædicatorum +Monachus, quem Neapoli Campaniæ olim +novimus. Is Medicinalium, lib. <small>III</small>, cap. 5, +art. 12. Princeps Venusiæ, inquit, Musicâ +clarissimus nostro tempore, alvum deponere +non poterat, nisi verberatus à servo ad id +adscito. Addit, posse hoc metui dari, cogenti +spiritum ad interiora ; quod nunc non disputo.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Esse verò, qui in venerem virgarum plagis +stimulentur, aut in libidinem verberibus accensi +despument, partemque illam quâ viri +sumus, ad flagelli numeros sonosque insurgere ; +hoc illud erat quod asserenti mihi tam +facilè credi non posse putabas. Faciam tamen +ut id credas, mi Cassi, ubi testimoniis +auctorum non proletariorum, non vice simplici +id usu venisse ostendero, atque argumenta +insuper dixero rationesque, ob quas +fieri id ita potuisse, vel alii putarint, vel ego +existimem. Nec tamem nunc de urticarum viridium +in inguina incussibus verborum multum +faciam. Iis enim brevitatem virgæ virilis, si +sterilitas ob eam metuatur, emendari, virgamque +magnificari, adfirmat Menghus Faventinus, +Pract. part. <small>II</small>. cap. de passion. +memb. generat. Iisdem languentem aut sopitam +Venerem excitari, vel Petronius tuus +docere te poterit. Apud eum Eucolpio. « Funerata +erat pars illa corporis, qua quondam +Achilles fuerat et frigidior rigente bruma confugerat +in viscera mille operta rugis, lorumque +in aquâ, non inguen erat ; » ut verba +sonant auctoris. Huic cum Enothea, Priapi +Sacerdos promisisset, fascinum tam rigidum +reddituram, ut cornu ; nasturtii succum cum +abrotono miscet, perfusisque ejus inguinibus, +viridis urticæ fascem comprehendit, omniaque +infrà umbilicum lentâ manu cædit.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Ego de verâ fortique flagellatione, tecum +acturus sum, deque eâ primùm nunc audiemus +Joan. Picum, Mirandulæ Comitem, qui +seculo abhinc uno ac dimidio vixit. Is lib. 3. +contra Astrologos, cap. 27. de familiari quodam +suo. « Vivit adhuc, inquit, homo mihi +notus, prodigiosæ libidinis et inauditæ. Nam +ad Venerem nunquam accenditur, nisi vapulet. +Et tamen scelus id ita cogitat ; sævientes +ita plagas desiderat, ut increpet verberantem, +si cum eo lentius egerit, haud compos +plenè voti, nisi eruperit sanguis, et innocentes +artus hominis nocentissimi violentior +scutica desævierit. Efflagitat miser hanc operam +summis precibus ab eâ semper fæminâ +quam adit, præbetque flagellum, pridiè sibi +ad id officii aceti infusione duratum, et +supplex à meretrice verberari postulat : +à quâ quantò cæditur duriùs, eò ferventiùs +incalescit, et pari passu ad voluptatem +doloremque contendit. Unus inventus +homo, qui corporeas delicias inter cruciatus +inveniat ; et cum alioquin pessimus non sit, +morbum suum agnoscit et odit. Hæc Picus ; +ex quo rei meminêre Joan. Nevizanus, Silvæ +nupt. lib. 1. num. 130. Thom. Campanella, +loco adducto. Quod si animi non fallor, idem +etiam cum Pici hoc familiari ille fuit, cujus +Cælius Rhodiginus mentionem facit lect. antiq. +lib. <small>II</small>, cap. 15, et ex Cælio Andreas Tiraquellus +in lege connubiali 15, num. 5. Ita +autem Cælius :</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">« Non multis ante annis vixisse quemdam +in veneriis non gallinaceæ salacitatis, verùm +ingenii stupendi maximè, quodque vix +impetret fidem, ex adjuratissimis compertum +est : qui quò pluribus affectus fuisset plagis, +eò impetuosiùs ardentiùsque in concubitum +ferebatur præceps. Fuit omninò mira res : +nescires utrùm affectaret avidiùs verbera, an +coïtum : nisi quod illorum mensurâ libidinis +voluptas constabat. Proindè extentis precibus +difflagellari exposcebat pridiè quàm id pateretur, +flagello aceti asperitate obdurato. +Quod si converberator lentiùs agere fortè +visus, velut exstimulante rabie, conviciis +incessebat : nec factum sibi satis arbitrabatur, +ni inter cædendum sanguis se ostendisset. +Unus, opinor, mortalium inventus, qui eodem +impetu in supplicium ferretur, ac delicias : +quique inter tormenta, sensuum titillationes, +ac æstuantem pruritum vel expleret, vel incenderet. » +Accedat his alius consimili naturâ +præditus ex Othone Brunfelsio medico +celebri : quem is, in Onomast. Med. in verbo +coïtus, apud Monachiam, Bavariæ Ducum +sedem, suo tempore vixisse, et cùm uxore +res mariti agere nequiisse, nisi acriter antè +flagris concisum, testatur.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Addo<a id="FNanchor_89" href="#Footnote_89" class="fnanchor">[89]</a> exemplum, quod dum Lubecæ +hic ago, contigit. Civis quidam Lubecensis, +butyri et caseorum propolâ, in plateâ habitans, +quæ à molendinis nomen invenit, præter +alia facinora ob commissum adulterium +ad magistratum delatus, caussâque cognitâ +urbe excedere, ac solum vertere jussus fuit. +Meretricula, cui is adsueverat, coram Senatoribus +judicio criminali præfectis, quos vulgò +<span lang="de" xml:lang="de">die Gerichts Herren</span> vocant, confessa est, +nunquam illum acrius, quàm virgis prius secundum +dorsum ab se difflagellatum, arrexisse, +et virum se præstitisse : officio verò +peracto, nisi denuò flagris cœsum, vix ultrà +quidquam patrare potuisse. Adulter ipse idem +primò quidem negare : seriò tamen et severè +interrogatus, non inficias ire. Testes do ipsos +judicii criminalis id temporis Senatus nomine +præfectos, Thomam Storningium, et Adrianum +Mollerum, amicos meos, etiamnum, ut +nosti, superstites. Pauci insupersunt anni cum +in primariâ confederati Belgii urbe, vir in +non parvâ dignitate constitutus venerique +ad modum deditus deprehensus fuit cum mulierculâ +quadam consuevisse ; cum quâ tamen +nisi flagellorum ictibus excitatus, vix aliquid +patrare potuerit. Hic verò re ad magistratum +delata, officio motus, pœnam dedit lasciviæ, +diù que</p> + +<div class="footnote"><p><a id="Footnote_89" href="#FNanchor_89"><span class="label">[89]</span></a> L’édit. de 1665. in-32, ajoute : <span lang="la" xml:lang="la">verò et recens +nuperumque</span>.</p> +</div> +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Hæc fuit in toto notissima fabula vulgo.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Quibus exemplis, cum fidem, ut puto, +derogare nec velis, nec possis ; videamus nunc +tandem an aliqua monstrosæ hujus rei, ut +videtur, reddi possit ratio. Si Astrologos +consultum eas, rem omnem illi in astra referent, +et cœlum accusabunt, quod peculiari +occultoque influxu peculiarem ejuscemodi +ac prodigiosam fere naturam hominibus +aliquando conciliet. Damnatam nempe +dicent, ut Picus ait, in hominis geniturâ +Venerem, atque adversis ut alio modo minantibus +radiis flagellatam, qua de re pluribus +edocere nos satagit Franc. Junctinus, de judiciis +nativit. cap. 6. Verùm cum cœlum et +astra caussæ sint universales et quæ tam +particulares effectus in uno atque altero individuo +caussare nequeant, rejicit eas non +immeritò Picus, et causam proximiorem +quærit. Putat autem eam in familiari suo +fuisse consuetudinem. Ita enim in narratione +illa pergit : « A quo, diligenter tam insolitæ +pestis caussam cum sciscitarer ; à puero, aïebat, +sic adsuevi. Et me rursus consuetudinis +caussam interrogante, educatum se cum pueris +scelestissimis, addidit, inter quos convenisset +hæc cædendi licentia, quasi pretio +quodam, mutuum sibi vendere flagitiosâ alternatione +pudorem. »</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Ejusdem est sententiæ Cœlius, Pici ut historiæ, +ita et opinionis in caussâ adsignandâ +transcriptor ; cujus hæc verba : « Quod nec +mirum minus est, non latebat hominem flagitii +inusitata species, seque in eo execrabatur, +ac sibi ipsi erat infestus. Cæterùm consuetudine +depravatâ amplius prævalente, utebatur vitio, +et improbabat. Irroborârat verò ea, radicesque +egerat altiûs, quod ita erat assuetus puer, +communicatâ stupri fœditate inter æquales, +plagarum allectatione. Documento inde præsigni, +quantum moribus inolescendis educationis +possit ratio. Hæc illi. Ego verò non +nego, consuetudinis vim esse magnam ; ac +ferè in naturam eam abire, pridem me docuit +Aristoteles, lib. de memor. et reminisc. +cap. 3. et lib. 7. Ethic. cap. 10, et +notavit Ennius ubi ait :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Usus longus mos est, ac meditatio crebra,</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Hunc tandem assero naturam mortalibus esse.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Eleganterque ostendit Galenus, quantam +vim et potentiam consuetudo in omnibus rebus +habeat, lib. de consuetud. cap. 2 et 3, +alteramque naturam vocat, lib. 2 de temper. +cap. 4 et lib. 3 de simplic. cap. 18. Fortè +etiam in Cœlii illo, aut Pici exemplo, successu +temporis consuetudo aliquid ad rem +facere potuit. At in altero Brunfelsii, aut +quod ego commemoravi, caussa illa non procedet. +Et cur alii ejusdem sodalitatis pueri, +cum Pici familiari idem non passi sunt ? inquit +Thomas Campanella superius adducto +loco. Consuetudo enim particulariter tantùm +aliquid caussat, atque in uno aut altero saltim +individuo. Neque omnes isti quos recensuimus, +ab ineunte ætate flagitiosâ illâ alternatione +pudorem sibi invicem vindidisse +aut flagris in Venerem primis ab annis se +invitasse, verisimile est. Gratulamur nos +Germaniæ nostræ, quod scelera ista perversæ +Veneris, et puerorum contumeliæ, +aut mutuæ alternæque marium inquinationes +in ipsâ ferè ignorentur, aut ab aliquo fortè +perpetratæ (si tandem exemplum reperias) +severè flammis ultricibus puniantur. « Nihil +tale novere Germani : et sanctius ad Oceanum +vivitur, dicebat olim de majoribus nostris +Quintilianus, Declamat. Pro milite +Mariano, cujus pudicitiam tentaverat Tribunus ; +quâ de re plura diximus in Comment. +ad jusjur. Hipp. cap. 18.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Cum itaque nec astra, nec sola consuetudo +in caussa sint, ob quam flagra libidinem +concitent, videamus porro, num alia +quæpiam subesse queat ; quam ut investigemus, +utique paullo altius nobis res fuerit +arcessenda. Sciendum igitur, flagellationem +istam, virgarumque incussus, non alibi quam +in dorso factos : quod et meretricula Lubecensis +illa confessa est, et de cæteris æquè +certum est. Neque enim partes illæ, quibus +viri sumus, virgarum flagra et quidem ad sanguinis +eruptionem, ferre queunt : et communiter +flagra tergo sive dorso incutiuntur. +Dorsi autem potissimam partem absolvunt +lumbi. Pars nempe illa corporis, cujus fundamentum +sunt quinque vertebræ, quæ post +thoracis vertebras locatæ, ad os sacrum continuantur. +Has musculi, et cum adipe cutis +extrinsecus tegunt, intrinsecus musculi succingunt, +quos Græci ψόας appellant. Iis porro +incumbunt renes, dexter et sinister, unus +in quoque latere, et quatuor ferè vertebrarum +spatium suâ magnitudine occupant ; ac +venæ cavæ arteriæque magnæ annectuntur. +Tam à venâ autem cavâ, quam arteriâ magnâ, +et insignia renes in se recipiunt vasa, +quæ emulgentia vocant ; uterque nempe +utrinque vas unum ; venam et arteriam : quæ +per ramos deindè in ipsam eorum substantiam +variè disperguntur. Dextra parte +venæ cavæ, sub ipsa emulgente, oritur seminaria +vena dextra, et eodem loco ex arteriâ +magna, arteria seminaria utraque ad +testiculum dextrum descendens. Parte sinistrâ, +arteria seminaria ex magnæ arteriæ +trunco, vena verò seminaria ex sinistrâ venâ +emulgente profectæ, sinistro testiculo inseruntur. +Nec desunt nervi, qui ex spinalis +medullæ portione, in prædictis vertebris +contenta, ad renes mittuntur, nec in eorundem +tantum tunicas, sed substantiam quoque +pertingunt. Ex ipsâ demum cavitate renum, +ureteres producti vesicæ implantantur. +Hæ partes omnes, ut unâ lumborum +apellatione venire possunt : ita unum communemque +etiam iis usum adsignari par erat, +ut rectè statuit Marsil. Cagnatus, Variar Lect. +lib. 4, cap. 7. In singularum quidem partium +usum, ossium, musculorum, renum, +vasorumque, sat accuratè anquisivere auctores, +at quem in commune omnes conferant, +insuper habuerunt investigare. Cagnatus +omnes, quemque tamen suo modo, semini +tum elaborando, tum ipsi generationis +operi perficiendo, quod naturalissimum vocat +Philosophus, lib. 2. de An. text. 35, +dicatos censuit. Neque aliò videntur inclinare +Hieron. Montuus Pract. part. 1, lib. 4, +cap. ult. et è jurisconsultis vestris Andr. +Tiraquellus, L. Connub. 15, num. 40, 41, 42. +Atque id quidem non immeritò, nec temerè. +Tale quid enim et lumbis, et renibus, ac +lateribus, tum sacræ litteræ, tum antiquitas +omnis, sivè sacros, sivè profanos scriptores +consulas, unanimi consensu jam olim attribuerunt. +Et sacræ quidem litteræ opus generationis +lumbis non uno in loco deferunt, +ut Genesios, cap. 35. vers. 11. Reges de lumbis +tuis egredientur ; et apud Apost. Epist. ad +Hebr. cap. 7, vers. 5. Filii Abraham, dicuntur, +egressi de lumbis ejus ; et vers. 10, Levi +in iisdem fuisse dicitur. Unde Basilius magnus +comment. In Esaïæ cap. 16 in plerisque, +inquit, scripturæ locis, lumbus sumitur pro +genitalibus membris et Origenes, dum Homil. +1, in illud Psal. 37, v. 8. « Lumbi mei +impleti sunt illusionibus : commentatur ; in +lumbis, inquit, humanorum seminum receptaculum +esse dicitur, ex quo illud genus indicatur +peccati, quod per libidinem geritur. +Et proverbium est apud Hebræos, ut lumbos +præcingere, aut succingere, dicant pudicitiam +servare et à libidine sibi temperare ; +Hoc respectu Jehovah ad Jobum, Jobi C. +38, v. 3 et C. 40, v. 2. « Accinge sicut vir +lumbos tuos, h. e. sicut vir fortis restringe +luxuriam : ut in iis sit, inquit Isidorus, Orig. +lib. 11, cap. 1, resistendi præparatio, in +quibus libidini est usitata dominandi occasio. +Confer Suidam in voce <span class="sc">Psoa</span>.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Huc trahit D. Hieronymus Comm. in Nahum, +illud prophetæ c. <small>II</small>. v. 1. contemplare +viam tuam, conforta lumbos, robora virtutem +valdè. Uti et illud de Joanne Baptista, Matth. +c. 3. v. 4. « Habuit zonam pelliceam circà +lumbos suos. » Quem proindè nos imitari jubet +Gregorius Nazians. Orat. 42. et Nicetas in +comment. ibid. Neque aliter intelligendus +Esaïas, cap. 32. vers. 11. Jeremias, cap. 1. +vers. 17. D. Paulus ad Ephes. c. 4, vers. 14. +Neque Salomo, qui de muliere forti et pudicâ +ait : Accinxit fortitudine lumbos suos. Proverb. +ult. vers. 17. Apud D. Petrum verò +Epist. 1. cap 1. vers. 13. succinctum esse +lumbos mentis, est luxuriam à cogitationibus +arcere, ait Montuus loco laudato. Fallor +etiam, an et Romani huc oculum intenderunt ? +quando cinctum esse, modestiæ, disciplinæ, +modestique animi putarunt argumentum, discinctum +verò mores dissolutos notare : quâ +de re plura dixi in Mœcenate. Hodiè in Gallis +moris est, ut iis, quibus Apollinaris laurea +tribuitur, fasciâ sericiâ, tanquam insigni quopiam +lumbi succingantur. Eo Franc. Ranchinus +Comm. in Jusjur. Hipp. castitatis neccesitatem +in Medicis notari censet ; Zonam enim +renum coërcitionem indicare, et effrenatæ +lumborum cupiditatis abstinentiam. Hinc Dianam, +castitatis Deam semper zonam gestare +ab antiquis creditum : Hinc zonam solvere +in verbis esse nuptis, et virginitatis imminutionem +notare. Et rectè Aëtius, Tetrab. 1. +serm. <small>III</small>. cap. 8. Veneris usum nocivum esse +ait illis, qui lumbos aut renes habent imbecilles, +atque idcircò Elumbes dicuntur. De iis +est proverbium apud Eustathium in navium +catalogo.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse">ὀσφὺν κατηγώς, ὥστε Μύσιος ὄνος</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Lumbos solutus, tanquam asellus mysius :</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">quod Hadrianus Junius, cent 6. ad. 48 explicat +de mollibus, effeminatis et elumbibus. Nec +aliam ob causam Petronio in Satyrico lumbi soluti, +sunt Venere enervati. Sed et podagricum +se esse, inquit, lumborumque solutorum, omnibus +dixerat. Tales Catullo Epigr. 16. sunt ;</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Qui duros nequeunt movere lumbos.</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">quibus opponit Martialis lib. 5. Epigram. 79.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Lascivos docili tremore lumbos.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Et Auctor Carminis liberi fluctuantes lumbos. +Carm. 18.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Ecquando Theletusa circulatrix</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Crissabit tibi fluctuante lumbo.</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Fluctuare enim est crebrò moveri, et ad exemplum +fluctuum inquietari. Græcis est ῥικνοῦσθαι, +Latinis crissare. Indè ρίκνωμα impudicæ +saltationis genus. Quale est quod nostris +hodiè moribus <span lang="it" xml:lang="it">il Bergamasco</span> vocamus et non +nisi à personatis desaltari solet. De illo Juven. +sat. <small>II</small>.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse i6" lang="la" xml:lang="la">Plausu que probatæ</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Ad terrum tremulo descendunt clune puellæ.</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Arnobius libro 2 « lasciviens multitudo incompositos +corporum dissolveretur in motus, +saltitaret et cantaret, orbes saltatorios verteret +et ultimum clunibus et coxendibus sublevatis, +lumborum crispitudine fluctuaret. » +Vide in epistolis græcanicis epistolam Megara +ad Bacchidem de Thryallide, si lubet.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Et respicit huc Persius Sat. 1, ubi de lascivis +versibus, et quæ libidinantem pruritum +auditoribus excitant, ait :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse i6" lang="la" xml:lang="la">Cum carmina lumbum</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Intrant, et tremulo scalpuntur ubi intima versu.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Et Juvenalis Sat. 6, de tibiis Sacerdotum +Bonæ Deæ :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Nota Bonæ secreta Deæ, cum tibia lumbos</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Excitat, et cornu pariter vinoque feruntur.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Quare etiam Isidorus loco adducto lumbos +ob libidinis lasciviam dicto vult, quod viris +caussa corporeæ voluptatis in ipsis resideat.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Nicolaus Perottus, in Cornucop. planius +à lubidine seu appetentiâ deducit. Esse enim +lumbos à lubendo, insertâ M. litterâ, quod +sæpè usu venit. Ita « cumbo à cubo, à pago, +pango, à frago, frango, » ait doctissimus +Matth. Martinius, in Lexico Etymol.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Atque ut lumbis, ita et renibus, lumborum +parti, et quidem principi, si conformationem +spectes, idem officium tribuitur. Hos +enim ad generationis officium facere lib. <small>II</small>. +Reg. innuitur, cap. 7, vers. 12. Filius qui +egreditur de renibus tuis.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Undè Tertullianus lib. de carnis resurrect. +vocat renes conscios seminis.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Hesychius Presbyter, quem corruptè Isicium +vocant, Comment. in Levitic. lib. 1 +« Renes, inquit, sunt coïtalium seminum +ministeria : et mox : in renibus coïtalis operationis +sunt semina. »</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">D. Augustinus enarrans Psalmi 7, v. <small>II</small>, +scribit nomine renum delectationes Venerias +intelligi. D. Hieronymus Comm. in Nahum +Prophetæ, c. <small>II</small>. « Omnia, ait, opera, quæ +ad coïtum pertinent, renum appellatione +venire, » quod ferè repetit Comm. in Ezechiel. +c. 16.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Verba insuper illa Jeremiæ, c. 17, vers. 10, +et Apocalyps. c. <small>II</small>, vers. 20, scrutans renes +et corda ; Nicolaus Lyra explicat : « examinans +et puniens concupiscentias et cogitationes +malas. Per cor nempe cogitationes, +per renes in sacris litteris concupiscentiæ +intelliguntur. Itaque Psalmog. Ps. 26, v. <small>II</small>. +Deum rogat, ut renes ipsius et cor urat ; +et ex ipso Ecclesia in Hymno illo. « Ure igne +sancti Spiritus, renes nostros, et cor nostrum, +Domine ; ut tibi casto corpore serviamus, +et mundo corde placeamus. »</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Et communiter Theologi per id, quod +Exodi 12, vers. <small>II</small>, præcipitur iis, qui agnum +paschalem comedebant, ut renes accingant, +intelligunt refrænationem libidinis. »</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Ausonius renibus uti, usurpavit pro libidini +indulgere, Epig. 13. Utere rene tuo. Et +vulgò joculari sermone nostratibus renes +purgare dicuntur, qui Veneri litant.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Quæ causa est, cur Hippoc. lib. de morb. +int. Aristoteles, Prob. sect. 6. Probl. <small>II</small>. +Galenus lib 6. Epid. Comm. 6. Aëtius Tetrab. +1, serm. 3, c. 8. Avicenna lib. 3 fen. +8 tract. <small>II</small>, c. 11, plurimique Medicorum +alii, Veneris usum nimium renibus obesse +nos docuerunt. Hinc est, quod renes olim +Veneri dicati erant.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Fulgentius enim lib. 3 Mytholog. in fabulâ +Peleï et Thetidis, ex Democriti Phisyologiâ, +memor libro refert Ethnicos, quod singulas +partes in homine singulares Deos obtinere +putarent, Jovi caput, Junoni brachia, Minervæ +oculos, Neptuno pectus, cinctum +Marti, renes Veneri, Mercurio pedes adsignasse.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Quod si etymologiam denique nominis et +originationem inquisieris, Varroni, Romanorum +doctissimo, ut vocat Quinctilian. Instit. +orat. lib 10, cap. 1, renes dicti fuere +ἀπὸ τοῦ ῥέειν, quasi rivi ab his obscœni humoris, +puta seminis, oriantur, si Lactantio credimus, +lib. de opific. Dei c. 14 et Isidoro, +Orig. lib. 11, c. 1. Neque est, ut per obscœnum +humorem urinam intelligas, quod +quibusdam placere video. Explicans enim +Varronem Isidorus, venæ et medullæ, inquit, +tenuem liquorem desudant in renibus +qui liquor rursus à renibus calore Venereo +resolutus decurrit : quod de urina nemo sanus +dictum adserat.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Et Hebræi renes à concupiscentia appellant +duplici voce hebraicâ quæ significat, efflictim +cupere. Et quia renes in lumbis ad latera sunt +siti, hæc etiam ad Venerem et opus generationis +facere, creditum fuit.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Hinc apud Ovidium lib. 1, Amor. El. 8, +pudicissima illa fœminarum, ut credebatur, +procorum vires probatura, et robustum latus, +arcum ipsis proponit, jubetque +νευρὴν ἐντανύσαι.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Penelope vires juvenum tentabat in arcu :</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Qui latus argueret, corneus arcus erat.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Nec inficias it Penelope ipsa, in Carmine libero, +Epig. 69 ad procos.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Nemo meo melius nervum tendebat Ulisse :</div> +<div class="verse i1" lang="la" xml:lang="la">Sive illi laterum, seu fuit artis opus.</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Qui quoniam periit, modovos intendite, qualem,</div> +<div class="verse i1" lang="la" xml:lang="la">Esse virum sciero, vir sit ut ille meus.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Undè experiri latus Martiali. Lib. 7, +Epig. 57, est Veneris periclitari vires.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Hinc El. 10 Ovidio lib. 2, Amor. lateri vires +dare, est concitare in libidinem.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Et lateri dabit in vires alimenta voluptas.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Et Apuleio lib. 8, industria laterum est +potentia in rebus Veneriis : Fortissimum, ait, +adducunt rusticanum, industriâ laterum atque +imis ventris bene preparatum.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Juvenali verò et Ovidio lateri parcere, est +à Venere temperare. Ita enim ille de Catamito, +Sat. 6.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse i2" lang="la" xml:lang="la"><b>. . .</b> Nec queritur, quod</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Aut lateri parcas, nec quantum jussus anheles.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Hic verò, lib. 2, de arte :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Et lateri ne parce tuo : pax omnis in illo est.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Contrà Martiali lib. 11, Epig. 105, latus +rumpere est Veneri nimiam operam dare :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Et juvat admissâ rumpere luce latus.</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Et lib. 12, Epig. 98.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Rumpis, Basse, latus, sed in comatis.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Item Tibullo, aut si quis alius est auctor, +in Iambis ad Priapum.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Et inquietus inguina arrigat tumor,</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Neque incitare cessat usque dum mihi</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Venus jocosa molle ruperit latus.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Petronius in Satyrico dixit latus convellere. +Timebam, inquit, ne frater latus convelleret. +Alibi etiam latera invalida, emerita, +exfututa, defecta, et defessa, sunt Venere +exhausta. Ovid. Amor. lib. 3, Eleg. 10.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Vidi ego cum foribus lassus prodiret amator.</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Invalidum referens, emeritumque latus,</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Catulus, Epigr. 7.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Cur non tam latera exfututa pandas ?</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Priapus in Carmine libero, Epig. 15.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Ipsi cernitis : ex fututus ut sim,</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Confectusque, macerque, pallidusque,</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Defecit latus, et periculosam</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Cum tussi miser expuo salivam.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Suetonius in vitâ Caligulæ c. 36. Valerius +Catullus, consulari familiâ juvenis, stupratum +à se Caligulam, ac latera sibi contubernio +ejus defessa, vociferatus est.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Apuleius lib. 8. Diù vivas et Dominis placeas, +et meis jam defectis lateribus consulas. +Ex quibus omnibus tam clarè liquet, ut Plauti +verbis hic utar :</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Quam solis radii olim, cum sudum est, solent.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Neque novam esse opinionem, aut nuper +natam, sed fundamentum habere in unanimi +totius antiquitatis consensu, sacrarum etiam +litterarum testimonio firmatam, lumbos, lumborumque +partes, renesque ad generationis +opus facere. Communis autem sententia, seu +Doctorum opinio, ut jurisperiti tui loquuntur, +Cassi, non potest totaliter esse falsa. Et +probabilia sunt, inquit Aristoteles lib. 1, Topic. +cap. 1. Text. 7, « quæ ita esse videntur +aut omnibus aut plurimis, aut certè sapientibus ; +atque iis, vel omnibus, vel plurimis, +vel iis, quorum spectata et perspecta +sapientia et qui hoc nomine clari et illustres +sunt. » Quæ itaque ei rei subsit ratio, operæ +pretium nunc porrò fuerit inquirere. Simul +enim et caussam invenerimus, ob quam lumbis +inflictæ plagæ et flagrorum verbera, libidinis +sint incentivum.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Cagnatus quidem, et qui ipsi favere videtur, +Montuus, rem omnem lumbis tribuit, +quatenus ex iis constituntur partibus, quas +paullo antè recensuimus. Ex vertebris nempe, +musculis, renibus, venis, arteriis, nervis. Ita +tamen ut venis nimirùm et arteriis seminariis +principatum tribuat, ut quæ et materiam +semini præbeant, albescentemque humorem, +qui vel semen jam sit, vel mox futurus, +in se contineant, et à se ad testes amendent. +Atque ab hoc humore, in venis arteriisque +turgente, seminis projiciendi prolubium +ait excitari, et pollutiones nocturnas +caussari, in iis præsertim, quibus ob decubitum +dorsum vasa illa incalescunt. Bartholomæus +Montagnana Consil. Med. 37 et Nemesius +Philosophus, lib. de nat. hom. c. 27, +renibus, parti lumborum, rem totem transcribunt, +quod et Joh., Matthæus facit, Quæst. +Med. 90. Garyopontus, medicus Ladinus, +sequioris tamen ævi, lib. 3. Pract. c. 34, +et nuper Cl. Dan. Sennertus, Præceptor +olim noster, et amicus, dum in vivis erat, +honorandus, Pract. lib. 3, part. 7, Sect. 1, +c. 1. Petrus Laurenbergius in procestriis annotationibus +anat. lib. 1, cap. 4, et colleg. +anat. disp. 6, th. 17, et noster tandem Gasparus +Hoffmannus, Inst. med. Nec tamen +omnes illi eodem modo rem explicant.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Barthol. Montagnana quidem, examinans +Avicennæ locum, lib. 18, fen. 3, c. de renibus +et ren. calc. Subtiliter, aït, memorandum +est, propter quid renum debilitas +ab Avicenna dicatur causa defectus coïtus. +Et postquam dixisset, materiam seminalem +perfectionem adæquatam indipisci à testium +temperie et facultate, subjungit ; materiam +eamdem necessum habere prædisponi in membris +superioribus, in quibus potentior sit vis +digestiva, ut in hepate et renibus : in illo +nempe remotius, in his proximius. Et prohindè +concludit, impossibile esse semen verum +generari, nisi membra illa, hepar nempe +et renes, sint debitè complexionata et organizata +in complexione et unitate suâ.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Nemesius verò salsedinem tantùm quamdam +à renibus ad testes transmitti putat, quæ appetitum, +aut pruritum potius, in genitalibus +excitet, atque ita suo quodam modo +ad Venerem faciat. Renes, inquit, sunt sanguinis +purgamina, et ad coïtum fiunt causa +appetitus. Nam venæ quæ in geminos delabuntur, +per renes transmeant, et illinc acorem +quemdam hauriunt appetitum irritantem +eo modo quo sub cute genitus acor pruritum +facit ; et quò geminorum pulpa cute est mollior, +eò magis illi ab acore lancinati, furiosam +ad egerendum semen irritant cupidinem. +Neque aliud innuunt Isidori verba paullò +antè adducta. Atquæ eadem ferè est Jo. Mathæi +sententia, nisi quod reni sinistro hic plus +tribuat, quam dextro. « Vena enim seminalis +sinistra, inquit, emulgenti juxtà renem +sinistrum implantata, sanguinem multa salsedine +aquosa dilutum ad excitandam ὁρμὴν +et generationis stimulum subministrat. » Laurenbergius +in procestriis quidem in genere +saltim renes ad generationem facere affirmat. +In diputatione autem, quam dixi, non alio +ferè modo se explicat, quam Matth. Garyopontus. +Ait renes naturâ musculosos +esse, et nervos ipsorum inhærere cavernis, +quæ genicale semen contineant. Vim nempe +σπερματοποιητικὴν ipsis renibus tribuit, atque +ita tribuit : ut quodam modo in illis semen +elaborari et contineri credat. Quæ sententia +etiam est Cl. Sennerti, quamvis hic longè +aliâ ratione eam proferat, et dilucidius mentem +suam explicet, ac proximius ad αὐτοψίαν +Anatomicam, quam Garyopontus qui non +valdè ejus videtur fuisse peritus. A renibus +nempe non stimulum saltim partibus genitalibus +communicari, sed semen ipsum in iis +elaborari, atque ab iisdem porrò transmitti +censet Sennertus, quem sequitur Hoffmannus. +L. C. Idque ex eo primùm Sennertus colligit, +quod renes peculiare parenchyma habeant, +à cordis substantia, ut adparet, non multùm +differens, aut hepati potius simile, ut +vult Aretæus, lib. 2, de morb. diut. c. 3.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Peculiari autem parenchymati, quæ Galeni +est maxima, lib. 6 de decretis Hippocr. et +Plat. peculiaris vis sanguinem elaborandi, +ut cæterorum viscerum parenchyma, denegari +nequit. Et latè probat medicus Kariesatos, +Joan. Beverovicius, lib. de calculo +renum et vesicæ, cap. 2. Deinde, cum vena +emulgens venarum omnium à venâ cavâ prodeuntium +sit maxima, et plus sanguinis renes +advehant, quam iis requiratur alendis : arteria +insuper amplior sit, quam seroso humori +depurando sit opus, verisimile esse credit, +naturam, quæ nihil frustra facit, vasa illa +tantâ amplitudine numquam efformasse, nisi +peculiarem finem spectasset. Quem quidem +finem non alium esse concludit, quam sanguinis +arteriosi ad renes delationem ut in +ipsorum substantia cum sanguine venoso +mixtus, et alteratus, semini generando materiam +suppeditet, ad testes deinde transmittendam.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Maximè Sennerti sententiam illud confirmat, +quod pro diversâ conformatione renum +et vasorum renalium, in quibus aliàs valdè +ludere solet natura, alii aliis, proniores +sunt in libidinem, et ad perpetrandam magis +fortes. Exempla habemus apud. Salom. Albertum +in observationibus et Joan. Riolanum +Antrop. lib. 2, cap. 27, qui Eorum libet cadaver +masculum secuit hominis ultimo supplicio +ob facinora affecti, in quo uterque se +reperiisse scribit tres emulgentes in dextrum +renem, venas verò spermaticas in utroque +latere ex emulgentibus descendentes. Salom. +Albertus ex hoc rectè colligit uberiorem seminis +proventum et salacitatem inexhaustam, +quaque vix satiari potuerit : dequâ hominem +ipsum etiam paulò ante supplicium aït conquestum +fuisse. Riolanus suum scribit totum +in Venerem fuisse pronum, atque ob Trigamiam, +quod tres viventes haberet uxores, +strangulatum. Adde Philipp. Salmuth. Obs. +Med. cent. 1. Obs. 23, qui duos ob rem veneream +valdè infames secuit, in quorum posteriori +renes maximi, ut ternos, immò quaternos +alios humanos æquare possent. Pergit +Sennertus et quærit, qui fiat, nisi sententia +hæc admittatur, quod sapor ille, ac odor, +qui in animalibus pluribus non castratis, per +universum corpus diffunditur, maximè tamen +in renibus percipiatur, ac potissimùm in animalibus +adultis ; in novellorum ac teneriorum +renibus, dum nondum fœminas ineunt, non +reperiatur ? addit præterea ex Oribasio lib. +6. Collect. c. 38, ex retento semine renes +male affici ; inter calidorum renum signa à +Medicis recenseri propensionem ad libidinem, +somnia libidinosa, et nocturnas in somno pollutiones ; +qualitates insuper seminis ex renum +constitutione Practicis deduci. Quemadmodum +et renes calidos indicat prompta libido +et salacitas, renes frigidos Veneris nullum +ferè desiderium et appetentia.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Denique in gonorrhœâ lumbis ad renum regionem +pro semine imminuendo aut alterando +remedia adplicari, ex Aretæo docet, lib. 2 +Chron. c. 7, et Alex. Tralliano lib. 9. c. 9.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Atque huic Sennerti sententiæ probandæ, +adde quod Plinius habet, lib. 34, c. 18. Plumbum, +alligatis lumborum et renum parti laminis, +frigidiore naturâ inhibere impetus Veneris : +additque exemplum : Calvum Oratorem +vasa Veneria sponte naturæ erumpentia, +usque in morbi genus, his laminis cohibuisse.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Adde Galenum lib. 5, de tuendâ valet. c. +ult. lib. 6. de loc. adf. c. ult. et lib. 14, +meth. med. c. 7, qui athletas similiter ad +pollutiones nocturnas inhibendas, et Veneris +impetus compescendos, laminas plumbeas adhibuisse +scribit, et lumbis ceratum ex simplici +rosaceo, cum aquâ frigidâ subacto, applicasse +in priapismo. Cæl. Aurelianus. lib. 5. +Tardar. pass. cap. 5, præter laminam plumbeam, +spongias puscâ frigidâ infusas, ut loquitur, +circumdandas suadet.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Adde Aëtium, qui cum Theod. Prisciano, +lib. 2, c. 11, lumbis non tantum laminam plumbeam, +et refrigerentia adhibet, sed decubitum +etiam supinum damnat, ne partes lumborum +incalescant, et malum inde augeatur, +Tetrab. 1, serm. 3, c. 32 et 33.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Adde Oribasium, Synops. lib. 9. c. 39 et 40, +et Paullum Æginetam, lib. 3, c. 55 et 56, +quorum uterque idem statuit ; hic verò etiam +urinas cientia medicamenta, in gonorrhœa +prohibet, ne renibus in lumborum regione +positis noceant.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Nec latuit hæc res Avicennam, qui lib. 3, +fen. 18 cap. 9. inter signa renum extenuatorum, +et exoletorum, ponit defectum coïtus ; +et c. 11. caussam debilitatis renum inter alia +facit frequentiorem coïtum, et c. 13, ad debilitatem +renum corrigendam coïtus suadet +abstinentiam.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Nec ignoravit Aaron, Medicus celebris +apud Rhasen, lib. <small>II</small>. Contin. c. 5 qui aït : +Si erectio veretri fuerit debilis, erit caussa +ex hepate et renibus.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Et trahendus huc Aristoteles, qui animantia +alia, præter hominem, gonorrhœa non laborare +ideò putavit, quod in dorsum non decumbant, +Probl. sect. 10, pr. 18. Contrâ equi +generosiores, ubi ex insessoris subsultu lumbique +renesque incalescunt, pronâ libidine +feruntur in venerem. Nec videntur hanc rem +ignorasse matronæ Athenienses, quæ in +Thesmophorion festo (quando seorsim cubabant +à viris,</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Perque novem noctes Venerem tactusque viriles</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">In vetitis numerabant,</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">ut Ovidius loquitur lib. <small>II</small>. Metam. Fab. 11.)</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Ex ἁγνῷ Latini viticem et agnum castum +vocant, cubitus sibi sternebant. Vitex enim +ille frutex est, seu arbuscula, libidini restinguendæ +dicata. Igitur ejus folia dorso sibi +sternebant, ut eo modo vim seminis generandi, +libidinem concitandi in renibus, partibusque +vicinis morarentur. Historiæ meminere +Dioscor. lib. 1, c. 116. Plin. lib. 24, +c. 9. Galenus, lib. 6, de simpl. med. fac. Ælian. +de anim. lib. 9, c. 16.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Neque alia est caussa, ob quam renes +animalium, et præcipuè hirci, ad coïtum.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Atque ab Aëtio partes quæ sunt circà renes +Scinci, ad tentiginem fascini excitandam commendantur, +loco adducto c. 35. Nisi quod analogiam +quamdam habeant, et similitudinem +cum renibus humanis, ob quam juvare eos +credentur, et ad officium generationi destinatum +excitare. Quemadmodum et iis, qui +minus in venerem sunt prompti, inter alia +medicamenta, unguenta calida, non partibus +pudendis tantum, sed renum etiam regioni +inungenda, prescribi solent ; et diuretica valida, +ut cantharides, ac decubitus in dorsum +imperari ; ut et renes hoc pacto incalescant ; +et semen ac testes concitetur, ad qui in Venerem +frigidi languent, reaccendantur. Undè +Rhases lib. <small>II</small>. Contin. c. <small>V</small>. Quoties, inquit, +fricantur lumbi cum medicinis calidis, +veretrum crescet in erectione, et magnificabitur.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Et Misish Arabs, in Summâ apud eundem +Rhasen ; Calefactio dorsi, ait, subvenit ad +luxuriam : (h. e. facit irritandæ libidini) et +sicut infrigidatio ejus et dormitio super folia +frigida, diminuit luxuriam, ita calefactio auget +in luxuriâ mirabiliter. Ex quibus omnibus +primum hoc concludimus, facere quidem ad +Venerem exercendam lumbos, ut ex partibus +suis constituuntur, et cum primis venas et +arterias, ut quæ materiam ac spiritum deferant, +quod volebat Cagnatus ; præcipuum +tamen organum esse renum παρέγχυμα, cujus +beneficio semen primum incipiat elaborari, +perfici deinde porrò, et æquabilitatem indipisci +in vasis, quæ et Sennerti, ut patuit, +et nostra est sententia. Nec tamen de nihilo +est, quod Nemesius notabat cum Isidoro, et +Matthæus insuper et Laurenbergius, salsedinem +quandam, et serosam materiam simul +semini communicari et tentigini excitandæ +à renibus ad testiculos adimplaustrari, quod +verbi ac ipsâ in re usurpat Papias Grammaticus, +in Vocabulario.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Concludimus porrò, flagra dorso sivè lumbis +inflicta, quia partes semini generando dicatæ, +ac semen ad genitales partes deferentes, ab +iis incalescunt, in Venere excitanda, aut +libidine, multum posse. Undè non mirum +extincti illos pudoris bipedes libidinisque abominandæ +victimas, de quibus egimus, aut +alios nimiâ Venere exhaustos, lumborum +partibus defectis lumbisque solutis, à flagris +remedium quæsivisse. Horum enim incussu +partes refrigeratas verisimile est rursus incalescere, +ac materiæ seminali fervorem conciliari, +accedente præsertim partium verberatarum +dolore, qui facit, ut uberiùs sanguis, +spiritusque attrahantur ; donec calore +ipsis etiam generationis instrumentis communicato, +male feriatæ voluntatis desiderium +expleatur, et naturâ etiam invitâ, atque +ultra modum potentiæ suæ vi in flagitia adigatur. +Hæc mea est sententia, mî Cassî.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">At inquies, illi quidem, de quibus tu +agis, abominandâ libidine exhausti, ut illicitam +Venerem continuarent, porròque in +eodem scelerum cœno se volutarent, remedium +hoc usurparunt. Quæris autem ; postquam +res ita habet, an non eodem non secus +ac medicamentis aliis, citrà crimen ac reprehensionem +uti is etiam possit, qui licitæ +quidem Veneri addixit operam, latera tamen, +et quæ præterea utramque hic paginam +implere debebant, languidiora experitur, +aut planè, ut Virgilii utar verbis, ex lib. 3 +Georg.</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Frigidus in Venerem senior, frustràque laborem</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Jucundum trahit, et si quando ad prælia ventum,</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Ut quondam in stipulis vanus sine viribus ignis</div> +<div class="verse i2" lang="la" xml:lang="la">Incassum furit ;</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">ut creditricis etiam, non dicam debito, sed +nec τῷ interesse saltim sit solvendo ? Quidni, +verò amice Cassi ? Te quidem, remedii id +genus ut usurpes minimè opus habere, juramento +quinquagenario contendere paratus +sum. Aliud nempe de te, qui medicus audio, +atque hac in re ex artis præscripto judicare +quidpiam aut possim, aut debeam, non falsus +conjectator pridem præsumpsi. Aliud modo +testatur nuptæ novellæ et musteæ uterum +recenter verminans, testis omni exceptione +major, et cui fides meritò arbitranda, cui felicem +etiam justo tempore λύσιν Deum poscimus. +Ut cum aliis idem communices remedium, +si qui sint, qui opus habeant difflagellatore,</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Qui validè intorto verbere terga secet,</div> +</div> + +</div> +<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">nullos vetabo. Ἀφθόνους esse oportet non +Μουσῶν tantum θύρας quod vulgò dici solet, +sed ἰατρῶν maximè.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Invidentiæ enim crimen, ut Scribonius +Largus aït in Epistolâ ad C. Julium Callistum, +cum omnibus invisum esse debeat, tum +præcipuè Medicis : in quibus nisi plenus misericordiæ +et humanitatis sit animus, secundum +ipsius professionis voluntatem, omnibus +Diis et hominibus invisi esse debent.</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Ego tamen in tui saltim gratiam, ὦ φίλον +κάρα, cum ita volueris, animi mei sententiam +liberius paullò tibi explicare volui. Tu boni +qualia consule, et me tuum porrò ama, +quod facis, jocisque innoxiis, qui in seria +tamen ducunt ; veniam impertire et bene +vale.</p> + +<p class="c" lang="la" xml:lang="la">Lubecæ, Kal. sext. anno 1639.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h2 class="nobreak" lang="la" xml:lang="la">VIRO SUMMO<br> +THOMAE BARTHOLINO,<br> +HENRICUS MEIBOMIUS.<br> +S. D.</h2> + + +<p lang="la" xml:lang="la">Responsarias meas nuper rectè tibi redditas +esse, ex magni Simonis Paulli optimo +filio Christiano Paullo lubens intellexi. Significat +verò idem mihi nomine tuo, velle +te parentis mei Johan. Henr. Meibomii epistolam +de flagrorum in re veneriâ usu, renumque +et lumborum officio, typographo recudendam +dare. Quare nihil mihi gratius potuit +accidere. Traxit quidem epistola illa originem +ex liberioribus in convivio jocis, est +que illius editio, parente inscio, Lugduni +Batavorum procurata à magno illo viro cui +inscripta est. Placuit tamen pluribus præstantibus +in Europa viris, est que in publicis +etiam scriptis à quibusdam laudata. Quin, +cum initio pauca tantum exemplaria essent +excusa, inter amicos distribuenda, cæpit desiderari +ab eruditis et anxiè inquiri à curiosis, +cum argumentum nescio quid haberet +ἑλκυστικόν Dolui ipse sæpius me amicis desiderantibus +ejus copiam facere non potuisse ; +nolebam tamen eam iteratò imprimendam +dare, partim, quod non omnia illius probarem +partim, quod inter prima famæ incrementa +illorum censuram incurrere nollem, +quibus jam tum hæ tinctæ sale pruriente +chartæ nimis fescenninæ videbantur. +Interim tamen antè paucos annos vel Lugd. +Batav., vel alibi, nescio quo editore, recusa +est, quod quidem non ægrè tuli, si tamen +eâ de re admonitus fuissem, luculentior prodiisset +editio. Nunc verò valdè mihi gratulor, +quod tibi quoque, quem inter primaria sua +decora Europa numerat, ita placuerit, ut +imprimendam iteratò censeas, novis accessionibus +per te auctam. Tibi jam ab illis ambitiosè +tristibus periculum nullum est, nec +metuis, ne</p> + +<div class="flex"> +<div class="poetry"> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Rugato Cato tetricus labello</div> +<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Nasum Rhinoceroticum minetur.</div> +</div> + +</div> +<p lang="la" xml:lang="la">Quin sacra hæc aliter non constant, nec +Vestalibus aut horribilibus Sabinis nos scribinus, +sed medicis. Meretur verò argumentum +illud examinari accuratius, nec dubito +a Te magni ingenii et lectionis infinitæ Viro, +omnia esse adducta, quæ ornare illum locum +possint. Cum tamen edita epistola +quædam margini sui exemplaris adscripserit +parens, ea debitis locis inserta, locupletandæ +editioni, transmitto. Sunt dein nonnulla in hac +epistolâ, quæ sapiunt anti-Harveïana +tempora, in quibus malo ipse optimi parentis +mei errorem agnoscere, quam defendere, +cum præsertim ipsi non cum aliquot tantum +doctis, sed cum aliquot sœculis sit communis. +Nostri illud Celsi tui : « levia ingenia, +quia nihil habent, nihil sibi detrahunt. Magno +ingenio, multaque nihil ominus habituro convenit +etiam simplex erroris confessio. Et +cur non mereatur veniam error, in quem +non tam pertinacia aliqua, quam ævi infelicitate +incurrit ? Illa quidem, quæ in initio +epistolæ de curatione morborum per flagellationes +refert, aliorum nitantur auctoritatibus, +nec dubii multum habent. Videntur +autem recentiores remedia illa, malo ipso si +non majora, ingrata tamen, in superferè +habuisse. Illam tamen maniacorum per verbera +curationem, cujus ex Cælio Aureliano, +Rhase, aliis que meminit, superiori adhuc +seculo in Anglia fuisse usitatam, quamvis medici +ejus non meminerint, disco ex Bodino +qui libro quinto de Republicâ ita loquitur : +« Insania vero interdum in furorem abit : +quod furoris genus verberibus mitescit. Nam +Londini furiosorum hominum multitudo eodem +coacta domicilio verberibus acerrimè +castigatur quartâ-decimâ lunâ, quæ major +vis est furoris, tumente cerebro. Cujus rei +me commiseratio cum cœpisset, intellexi à +curatoribus salutarem esse furoris medicinam. »</p> + +<p lang="la" xml:lang="la">Fœminis apud Romanos palmæ feriebantur, +credebatur que hinc prœgnantibus facilior +partus, sterilibus autem fœcunditas accedere. +Sat id superstitiosum erat, fiebatque +à Lupercis tantum, amiculo Junonis sivè pelle +caprinâ, ut docet Festus, induti ; rident que +ipsi Romani, ut apud Juvenalem sat. 2, videre +est. Somnambulos, dum noctu surgunt, +probè verberandos esse nonnulli censent, +id quod feliciter cessisse certo exemplo mihi +cognitum est, malo per verbera atrocia feliciter +depulso, nec unquam recurrente. Recenset +dein parens flagellationum ad libidinem +concitandam factarum historias, mox +que in causas inquirere incipit. Rejicit autem +primùm astra, dein consuetudinem, à +quâ solâ rationem hujus rei deduci non posse, +satis, ni fallor, fecit manifestum. Id verò +considerat, flagellationem illam non alibi, +quam in dorso, lumbis que factam, hinc que +eruendam veram causam censet. Ostendit igitur, +cum sacras litteras, tum antiquitatem +omnem unanimi consensu lumbis renibusque +et lateribus suas in generatione seminis et +Veneris usu partes deferre. Et non pauca +quidem ex variis scriptoribus adduxit ; possent +autem longè plura ejus generis, ex poëtis +potissimùm adferri, nisi res jam tum clara +esset. Ideòque id apud me quoque certum, +lumbos plurimum ad negotium Veneris facere. +Quod verò dein probare suscipit, à renibus +in lumbis sitis semen primum elaborari, et +si multos præclaros viros et qui ante et qui +posteum vixerunt habeat ὁμοψήφους mihi necdum +probavit. In confesso enim hodiè est +apud veritatis scrutatores sanguinem per arterias +emulgentes ad renes deferri, renibus +autem per emulgentem venam in cavam et +indè in cor redire : arterias spermaticas sanguinem +ex arteriâ magnâ accipere, venas +spermaticas eundem à partibus seminalibus, +partim in cavam, partim in emulgentem venam +reducere : qualis sanguinis motus ex valvularum +in his venis constitutione manifesto +probatur. Patet autem indè, nihil à renibus +ad testes per vasa descendere. Interim verum +manet, lumbos calidos ad Veneris opus +facere, frigidos illud impedire, rectè que à +medicis ad libidinem excitandam aut supprimendam +calida vel frigida lumbis apponi. Ut +enim parens meus ipse ex Cagnato, Montuoque +observavit, sunt in lumbis majora +vasa sita, in quibus si sanguis incalescit, +necesse etiam est, per arterias spermaticas +eum calidiorem tandem defluere, ipsam que +seminalem materiam facilè mobilem in fervorem +agi. De Renibus ita censeo. Si incaluerint +solito magis, sanguini per venas emulgentes +relabenti majorem calorem communicari, +cum que continuo ad renes sanguis accedat, +relabatur que, potest à renum calore +toti sanguineæ massæ calor communicari +major, undè etiam per arterias spermaticas +sanguis calidior descendit. Hinc que explicari +potest, cur quibus calidi renes, ii ad libidinem +propensi, et quæ alia φαινόμενα ad +suam sententiam probandam adduxit parens. +Fortè etiam aliquando in illis, quibus jam +tum calidus est sanguis, sunt que proindè libidinosiores, +renes etiam calidi à sanguine +continuò accedente fiunt, ceu notum est medicis, +ubi errore diætæ incaluit sanguis, +renum peccatum facillimè luere, quia ad eos +præ aliis partibus magna quotidiè sanguinis +copia accedit. Tum igitur non tam à renum +calori dependet libido, quam à communi +causâ, sanguinis nempe calore et libido et +renum calor. Porrò jam ita rem explico. Per +verberum incussus calefit in lumborum vasis, +quà minoribus, quà majoribus sanguis, tandemque +in ipsis etiam renibus, inde tota +massa sanguinea demùm, ideòque et per arterias +seminales fervidior elabitur, immò copiosior +quoque, dum per illorum scelestorum +ad Veneris prælia se parantium libidinosas +cogitationes concitatur quodam modo versùs +spermaticas partes effervescens sanguis. Ita +et per decubitum molliorem, supinum, seminis +profluvia incalescente sanguine concitantur. +Equitantes in Venerem pronos fieri +notum est, annotatumque jam tum in Centone +problematum quæ sub Aristotelis nomine +circumferuntur, sect. IV. probl. 12. Rationem +autem hanc reddit auctor διὰ τὴν θερμότητα +καὶ τὴν κίνησιν ταὐτὸ πάσχουσι, ὅπερ ἐν τῇ ὁμιλίᾳ +propter calorem et agitationem ita afficiuntur, +ut in coïtu solent, planè ad mentem +meam. Incalescit enim per motus illos successiones +que equitantium sanguis in vasis +lumborum, promoveturque sanguinis per Aortæ +truncum descendentem motus et ita etiam +versus partes seminales. Contrarium quidem +testari videtur Hyppocrates, lib. de aër. +aq. et loc. ineptos nimiùm ad Venerem fieri +eos, qui multum equitant. Veram explicandus +ille est de continuâ Scytharum equitatione, +quæ ad lassitudinem usque fit, corpusque debilitat +ac resolvit, et ita Veneris stimulos +supprimit. Ea verò de quâ ex Aristotele +diximus, equitatio moderata intelligitur, per +quam incalescant tantum lumbi. Non placet +nunc progredi et distinctè quo libet ad examen +vocare, quæ Parente meo adducta sunt, +argumenta cum præsertim ea, quæ Sennertus +habet, parenti pleraque memorata, jam +tum satis feliciter discusserit Nath. Highmorus, +Anatom. Operis lib. I. part. 3, cap. 4. +Retinent interim suam certitudinem multa à +Parente proposita, rejectâque tantum illâ de +Renum vi σπερματοποιητικῇ sententia, reliqua +fere plana sunt. Fortè ex recentioribus +nonnulli ex suis hypothesibus aliter illa +φαινόμενα explicare conarentur, quomodo Vir +quidam ingeniosus qui seminis materiam chylum, +non sanguinem, sibi firmiter persuaserat, +per verbera in lumbis calefieri ampullascentem +ibi chyli alveum, tumque ad partes genitales +materiam quoque seminis magis moveri, arbitrabatur. +Possem longè alia adferre, quibus +hodiè commentum illud de succo nervoso +placet, quem semini quoque materiam præbere +existimant. Verum in illarum hypotheseon +veritatem inquirere, non est hujus loci. +Video autem hic verum esse, quod de omni +impensarum genere dicebat olim Grœcinus +apud Columellam : plerosque nova opera +fortius auspicari, quam tueri perfecta. Meam +tamen, quam de sanguinis in lumbis incalescentia +proposui sententiam, non hypothesibus, +sed certis probatisque niti arbitror ; +Quod si tibi quoque, Vir magne, placuerit, +longè magis in eâ confirmabor. Vale. Scripsi +Helmstadii in Academiâ Julia.</p> + +<p class="c" lang="la" xml:lang="la">Prid. Kal. Sept. ann. 1669.</p> + +<div class="chapter"></div> + +<h2 class="nobreak">NOTICE<br> +<i>Des auteurs cités dans l’Ouvrage de J. H. Meibomius, +et que j’ai consultés pour corriger +cette édition.</i></h2> + + +<p>Festus. Titus et Asclépiade. Cœlius Aurelianus +Rhasès. Antoine Gaignier. Valescus +de Tarente. Sénèque. Juste-Lipse. Jerôme +Mercurialis. Galien. Thémison. Elidœus de +Padoüe. Thomas Campanella. Menghus Faventicus. +Pétrone. Jean Pic, Comte de la +Mirandole. Jean Mévisan. Cœlius Rhodiginus. +André Tiraqueau. Othon Brunsfeld. +Fransciscus Junctinus. Aristote. Ennius. +Quintilien. Hippocrate. Marsilio Cagnati. Jérôme +Montuus. Origène. Isidore. Saint-Jérome. +Arnobe. Suidas. Petrus. Laurembergius. +Celse. Bodin. Brisson, <i>antiquités du +droit civil</i>. St.-Mathieu. Jérémie. St.-Paul. +Salomon. St.-Pierre. Fr. Ranchin. Aëtius. +Catulle. Martial. Perse. Juvenal. Nicolas +Perrot. Mathœus. Martinius. Tertullien. Hésychius +ou Isicius. St.-Augustin. Nicolas de +Lyre. David. Ausonne. Avicenne. Fulgence. +Varron. Lactance. Ovide. Apulée. Tibulle. +Suétone. Barthelemy Montagnana. Nemesius. +Joh. Marthæus. Garyopontus. Sennert. Arétée. +Oribase. Gaspar Hoffmann. Kariesatos. +Jean Beverovicius. Jean Barclay. Pierre d’Erlesunde. +(Anecdotes moscovites.) Béroalde. +Prudence. (Histoire des martyrs.) Dempster. +Cardan. Olhafius. Wormius. Actuarius. Nath. +Highmorus. Papias, le grammairien. Alexandre +Trallien. Pline. Licinius Calvus. Théodore +Priscien. Paul Eginete. Aaron. Dioscoride. +Ælien. Misih. Virgile. Scribonius Largus. +Plaute.</p> + + +<p class="c i">Auteurs cités dans les notes du Traducteur.</p> + +<p>Lucien et Perrot d’Ablancourt. Pérégrinus. +Diogène. Racine. Sénèque. Vossius. Horace. +Le marquis de Langle. Ménage et Furetière. +M. l’abbé Chappe d’Auteroche. L’Abbé Boileau. +Columella. Matthiole. Arnaud de Villeneuve +M. de Lignac. M. Lemery. Rabelais. +Le Duchat (Ducatiana) Cornelius Gallus.</p> + + +<p class="c gap">FIN.</p> + +<div class="break"></div> + +<p class="c top4em i">On trouve aux mêmes adresses :</p> + + +<p class="drap">Poëmes philosophiques sur l’homme, 1 vol. in-18, +frontispice gravé, représentant la résurrection +des arts. 2 liv. 10 sous.</p> + +<p class="drap">Les nuits de la Conciergerie, rêveries mélancoliques +et poésies d’un proscrit ; 1 vol. in-18, fig. +3 liv. 10 sous.</p> + +<p class="drap">Les soupirs du cloître, ou le triomphe du fanatisme, +épitre, par Guymond de la Touche, nouvelle +édition, augmentée d’une notice sur la vie +et les ouvrages de l’auteur, et autres poëmes choisis. +1 vol. in-18, 2 liv. 10 sous.</p> + +<p class="drap">Le Pain béni, poëme et autres pièces choisies de +Marigny, nouvelle édition, 1 vol. in-18, 2 liv. +10 sous.</p> + +<p class="drap">Les Amours de Henry et Madeleine, poëme érotique +en 2 chants, nouvelle édition, augmentée +de plusieurs pièces en vers et en prose qui n’ont +jamais été imprimées, 1 vol. in-18, fig. 2 liv. +10 sous.</p> + +<p class="drap">Œuvres galantes de Palmarêze, 3 vol. in-18, jolie +édition, beau papier, 9 liv.</p> + +<p class="drap">L’éloge de <i>quelque chose</i>, dédié à <i>quelqu’un</i>, suivi +de l’éloge de <i>rien</i>, dédié à <i>personne</i>, nouvelle édition, +augmentée du poëme latin de Passerat, intitulé : +<i lang="la" xml:lang="la">Nihil</i>, et autres pièces également piquantes, +par divers auteurs célèbres. 1 vol. in-18, +2 liv. 10 sous.</p> + +<p class="drap"><span lang="la" xml:lang="la">Lucina sinè concubitu</span>, ou le plaisir sans peine, +traduit de l’anglais de Johnson, par le citoyen +Moët, et <span lang="la" xml:lang="la">Concubitus sinè Lucina</span>, par Combes, +avec le supplément, ouvrage singulier, dans lequel +il est démontré qu’une femme peut concevoir +et enfanter sans le commerce de l’homme. +1 vol. in-18, 3 liv.</p> + +<p class="drap">Les Serins, poëme didactique, formant avec les +notes un traité complet pour l’éducation des serins ; +1 vol. in-18, 2 liv. 10 sous.</p> + +<p class="drap">Histoire d’Hyppolite, comte de Duglas, par la +citoyenne d’Aulnoy, nouvelle édition, 3 vol. +in-18, avec de très-jolies figures, 7 liv. 10 sous.</p> + + +<p class="i">Tout le monde connaît ce roman, qui a eu une infinité +d’éditions : celle que nous annonçons est extrêmement +soignée ; elle est en petit texte, sur beau papier.</p> + + +<p class="drap">Le despotisme, poëme, et autres poésies patriotiques, +par Mercier de Compiègne, 15 sous.</p> + + +<p class="i">Cet opuscule, composé sous les verroux du despotisme +le plus barbare, les yeux sans cesse fixés vers +le glaive de la mort suspendu sur sa tête, tient un +rang distingué parmi les productions de l’auteur. Il a +obtenu la mention honorable de la Convention nationale, +le 7 frimaire, et tous les journaux en ont fait +le plus grand éloge.</p> + + +<p class="drap">La morale du deuxième âge, ou idylles morales, +tirées des jeux de l’enfance, par Mercier de Compiègne ; +1 vol. in-18, 15 sous.</p> + +<p class="drap">Histoire du Petit Jacques, ouvrage moral, mis à +la portée des enfans, traduit de l’anglais, nouvelle +édition ; 1 vol. in-18, 1 liv.</p> + +<p class="drap">— Le même, en papier d’Hollande superfin ; 2 liv. +10 sous.</p> + +<p class="drap">Histoire d’Olivier Cromvel, par A. J. Dugour, 2 vol. +in-18, fig. 8 liv.</p> + +<p class="drap">Les nuits d’hiver, variétés philosophiques et sentimentales, +recueillies par Mercier de Compiègne ; +1 vol. in-18, fig., 3 liv. 10 sous.</p> + + +<p class="i">Choix de nouvelles en prose et en vers, qui n’ont +jamais été imprimées, ou qui sont devenues rares. +Poésies de Camille Desmoulins, antérieures à la révolution, +et qui n’y ont aucun rapport, Idylles orientales, +sonnets traduits de l’italien et de l’espagnol, +romances et observations sur différent points de philosophie +et de politique, tout assure à ces <i>nuits</i> un +succès brillant.</p> + + +<p class="drap">L’innocence du premier âge, ou les amours de Pierre +Lelong et Blanche Bazu, par Sauvigny ; 1 vol. +in-18, fig., 3 liv. 10 sous.</p> + + +<p class="i">La réputation de cet ouvrage nous dispense d’en faire +l’analyse et l’éloge. L’exécution typographique en est +très-belle, ainsi que les gravures.</p> + + +<p class="drap">Histoire corrigée de Robinson Crusoë dans son isle +déserte, ouvrage rendu propre à l’instruction de +la jeunesse, sur l’avis et le plan de J. J. Rousseau, +2 vol. in-18, fig., 5 liv.</p> + +<p class="drap">Précis historique de la prise de Valenciennes ; in-8<sup>o</sup>, +1 liv. 10 sous.</p> + +<p class="drap">Concerts de Romainville, choix d’idylles, ariettes +et vaudevilles ; 1 vol. in-18, fig., 6 liv.</p> + +<p class="drap">Soirées de mélancolie ; 1 vol. in-18, fig., 7 liv.</p> + +<p class="drap">Choix lyrique et sentimental ; 1 vol in-18, avec 4 +superbes gravures, dessinées par Queverdo ; +5 liv.</p> + +<p class="drap">Gérard de Velsen, nouvelle historique, par Mercier +de Compiègne ; 1 vol. in-18, fig., 4 liv. 10 sous.</p> + +<p class="drap">Ismaël et Christine, nouvelle historique, par le +même, 1 vol. in-18, fig. (2<sup>me</sup> édition) 4 liv.</p> + +<p class="drap">Histoire de Marie Stuart, par le même ; 2 vol. +in-18, avec jolies estampes, 9 liv.</p> + + + +<div style='text-align:center'>*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 77388 ***</div> +</body> +</html> diff --git a/77388-h/images/cover.jpg b/77388-h/images/cover.jpg Binary files differnew file mode 100644 index 0000000..8765db3 --- /dev/null +++ b/77388-h/images/cover.jpg diff --git a/77388-h/images/illu.jpg b/77388-h/images/illu.jpg Binary files differnew file mode 100644 index 0000000..2e95708 --- /dev/null +++ b/77388-h/images/illu.jpg |
