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+*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 77388 ***
+
+
+
+
+ DE L’UTILITÉ
+ DE LA FLAGELLATION
+ DANS LA MÉDECINE
+ ET DANS LES PLAISIRS DU MARIAGE,
+ ET DES FONCTIONS
+ DES LOMBES ET DES REINS;
+
+ OUVRAGE SINGULIER,
+ Traduit du latin de J. H. MEIBOMIUS,
+ Et enrichi de notes historiques, critiques et
+ littéraires, d’une introduction et d’un index.
+
+ NOUVELLE ÉDITION.
+
+ A PARIS,
+ Chez C. MERCIER, imprimeur-libraire;
+ rue du Coq-Honoré, Nº. 120.
+
+ 1795.
+
+
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+ [Frontispice: Delicias pariunt Veneri crudelia flagra,
+ Dum nocet, illa juvat, dum juvat ecce nocet.]
+
+
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+
+AVERTISSEMENT.
+
+
+On sait que Jean-Henri Meibomius étoit un savant du dernier siècle, qui
+s’est rendu célèbre en médecine, par la découverte des nouveaux
+vaisseaux qui prennent leur chemin vers les paupières, et qu’on a
+appelés de son nom, _conduits de Meibomius_. Il fut long-temps
+professeur de médecine à Helmstadt, sa patrie, et ensuite premier
+médecin de Lubeck, ville d’Allemagne dans le duché de Holstein.
+
+Le petit traité que nous publions est très-curieux, et n’est guère connu
+que de quelques médecins, et d’un petit nombre de gens de lettres. Il
+n’en existe que deux éditions devenues fort rares et fort chères, faites
+toutes deux en pays étrangers et fourmillant de fautes d’impression. La
+première à Londres 1665, in-64, et la seconde à Francfort 1670, in-8º.
+L’une et l’autre étant fautives, nous nous sommes déterminés d’en donner
+une troisième purgée de ces fautes; et pour faire connoître cet ouvrage
+intéressant et utile aux littérateurs, aux gens du monde, et à ceux qui
+ne sont pas familiers avec le grec et le latin, nous avons entrepris de
+le traduire, et nous avons accompagné notre version de notes historiques
+étroitement liées au sujet, d’observations nouvelles puisées dans des
+auteurs modernes, tels que MM. _l’abbé Chappe_, _de Lignac_, _Arnaud de
+Villeneuve_, et _Lémery_, etc., et multipliées au point qu’elles
+forment, pour ainsi dire, un second ouvrage aussi étendu que celui de
+Meibomius.
+
+Nous avons adouci le mieux qu’il a été possible, des expressions trop
+libres dans les citations, de manière pourtant à ne pas nuire à la
+clarté du sujet, dans un ouvrage dont le but est de développer le
+méchanisme des parties auxquelles l’Etre-Suprême a confié l’emploi de la
+propagation de l’espèce, et d’indiquer les remèdes nécessaires à les
+rendre capables de s’en acquitter, quand un vice dans les organes ou des
+excès de volupté ont altéré en elles cette précieuse faculté.
+
+Nous renvoyons ceux qui nous accuseroient d’avoir voulu faire l’apologie
+de la flagellation, à ce qu’ont dit dans les mêmes vues, _M. de
+Bienville_, dans l’avant-propos de son excellent _traité de la
+Nymphomanie_, pages 4 et 5; _M. de Lignac_, dans l’introduction de son
+traité de l’amour conjugal, page 19, et _M. Tissot_ dans celle de
+_l’Onanisme_, pages 7, 8 et suivantes.
+
+Au reste, nous espérons que le plus grand nombre des lecteurs, nous
+saura gré de n’avoir rien négligé pour leur offrir un ouvrage complet.
+
+Il y a des écueils inséparables de la matière, et que le traducteur le
+plus chaste ne peut éviter, s’il veut rendre les pensées de son
+original; c’est ce que nous avons éprouvé toutes les fois qu’il a été
+question de rendre en français les vers libres de Pétrone, Catulle,
+Tibulle, Ovide, Martial et Apulée. Il falloit donc abandonner le
+travail; non, sans doute: à côté des vers libres, je trouvois des
+autorités puisées dans les auteurs ecclésiastiques, les livres sacrés et
+les pères de l’église. L’exemple des St.-Augustin, des St.-Jerôme, des
+Isidore, des Lactance, des Origène et des Tertullien m’encourageoit dans
+mon entreprise, puisqu’écrivant en langues vivantes, ils n’ont pas cru
+devoir se taire sur les crimes obscènes, parce qu’on ne peut les
+désigner sans mots. Au reste, si nous sommes réprehensibles, notre faute
+est celle de Meibomius, et nous nous justifions entièrement par l’aveu
+sincère de la faute même, et si c’en est une, nous n’avons eu d’autre
+motif en traduisant cet ouvrage, que de nous occuper, de nous amuser, et
+de procurer aux littérateurs et aux gens du monde la connoissance d’un
+ouvrage que sa rareté leur avoit fait perdre, et leur en faciliter
+l’acquisition à moindres frais.
+
+J’ai rassemblé dans l’introduction qui suit, tout ce qui peut servir à
+l’histoire de la flagellation, en offrant au lecteur un extrait lumineux
+et discuté de l’ouvrage de l’abbé Boileau sur cette matière: et cette
+compilation nécessaire à mon ouvrage ne laissera plus rien à désirer.
+Nous osons avancer que cet extrait, ceux de Brantôme, et l’étendue des
+notes dont nous avons semé l’ouvrage, dans la vue d’égayer l’aridité du
+style de Meibomius, ne manqueront pas de rendre ce petit traité aussi
+intéressant que curieux.
+
+Quant à la manière dont nous avons traduit le latin, dans lequel il
+falloit remédier à des fautes d’impression ou de latinité, et à des
+demi-mots qui, si je puis le dire, n’étoient que les premiers linéamens
+des pensées de l’auteur qu’il falloit développer, nous supplions le
+lecteur de vouloir bien se souvenir de ce précepte d’Horace dont nous
+avons tâché de faire notre profit, sur-tout quand il a fallu rendre des
+morceaux d’anatomie, qui ne sont plus les mêmes que du temps de
+Meibomius, et suivre la marche nouvelle prescrite par nos nouvelles
+découvertes en médecine, et à laquelle je me suis le plus possible
+conformé.
+
+ Nec verbum verbo curabis reddere fidus
+ lnterpres, nec desilies imitator in arctum.
+
+(HOR. Art. Poët.)
+
+
+
+
+INTRODUCTION.
+
+
+L’abbé Boileau, docteur de Sorbonne, doyen et grand vicaire de Sens,
+sous _de Gondrin_, et ensuite chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris,
+donna en 1700 un ouvrage intitulé: «Historia Flagellantium de _recto_[1]
+et perverso Flagrorum usu apud Christianos, ex antiquis scripturæ,
+Patrum, Pontificum, Conciliorum et Scriptorum profanorum monumentis, cum
+cura et fide expressa,» imprimé chez _Janisson_, en gros caractères, et
+composé de près de 400 pages _in_-12. _Du Cerceau_ et _Thiers_ le
+critiquèrent. On en publia une traduction plus indécente que l’original;
+elle fut réformée par l’abbé _Granet_, qui la fit réimprimer en 1732.
+
+ [1] L’auteur fut obligé d’ajouter ce mot _recto_ au titre, et de
+ retrancher des choses qui choqueroient même dans un traité de
+ chirurgie.
+
+Un auteur anonyme déchargea sa bile sur ce livre, dans un petit ouvrage
+_in_-12, de 43 pages, et qui a pour titre: Lettre à M. L. C. P. D. B.
+sur le livre intitulé: _Historia Flagellantium_. Cette lettre est une
+véritable satyre, et qui attaque M. l’abbé Boileau, d’une manière hardie
+et peu honnête. L’éclipse, dit le critique, que souffrit l’histoire des
+flagellans, dès qu’elle commença à voir le jour, vint d’une suppression
+tacite ou de l’avidité des libraires de Hollande et d’Angleterre, et de
+l’empressement à enlever toute l’édition d’un ouvrage qui devoit être
+d’un grand débit chez eux. On m’a assuré depuis peu, dit-il, qu’on en
+faisoit une nouvelle édition en faveur des mousquetaires et autres
+jeunes gens d’agréable humeur, qui le trouvent fort à leur gré. Il est
+en effet très-divertissant, et peut tenir son rang dans leur
+bibliothèque, entre Rabelais, Bocace et les contes de Lafontaine. Il
+ajoute que cet ouvrage a mérité à M. Boileau le surnom de _Flagellant_,
+pour le distinguer des autres abbés Boileau, fort connus dans le monde
+par leur réputation et leur mérite. Dans tout le cours de la satyre, le
+critique appelle M. Boileau de ce nom de Flagellant ou de petit
+Flagellant. Le portrait qu’il en fait est trop injurieux pour être
+rapporté ici. Je dirai seulement que ce critique n’épargne ni le livre
+ni la personne. Sa satyre est pleine d’invectives, de railleries,
+d’ironies et de réflexions mordantes, et son ouvrage peut être mis, avec
+justice, au rang des libelles diffamatoires. Car, après tout, dit
+l’auteur des nouvelles de la république des lettres, (décembre 1700,
+page 695,) quand il y auroit quelque chose à reprendre ou dans le choix
+de la matière du livre de M. Boileau, ou dans la manière dont il l’a
+traitée, cela n’empêche pas que l’auteur ne soit un honnête homme et de
+bonnes mœurs[2].
+
+ [2] Le traducteur du traité de Meibomius n’a pas d’autre réponse à
+ faire à tous ceux qui voudroient lui faire éprouver les désagrémens
+ auxquels M. l’abbé Boileau a été en proie.
+
+Les jésuites attaquèrent aussi cet ouvrage, et ont extrait de ce livre
+ou de ceux qu’il a approuvés, diverses propositions qu’ils croyoient
+censurables. Il y en a une qui le paroît effectivement, et la voici en
+français: _Les écrivains sacrés ont fait mention onze fois des
+flagellations, cinq fois principalement en parlant de J. C. notre
+sauveur, qui fut flagellé malgré lui et contre sa volonté._ Cette
+expression paroît trop forte, mais on voit bien pourtant ce que l’auteur
+veut dire; c’est que si J. C. a été flagellé par ses ennemis, il ne
+s’est jamais donné volontairement la discipline, comme font les moines.
+Voici une autre proposition que je ne rapporterai qu’en latin: _Nec esse
+est cum musculi lumbares virgis aut flagellis diverberantur, spiritus
+vitales revelli, adeò que salaces motus ob viciniam partium genitalium
+et testium excitari, qui venereis imaginibus ac illecebris cerebrum
+mentem que fascinant ac virtutem castitatis ad extremas augustias
+redigunt._
+
+Si cette proposition n’est pas fausse, il est du moins sûr qu’elle
+auroit beaucoup mieux sa place dans un ouvrage de quelque médecin, que
+dans celui d’un prêtre docteur en théologie; mais il sied mal aux
+jésuites de relever de semblables propositions, puisque plusieurs de
+leurs auteurs ont avancé des choses beaucoup plus capables de blesser
+les imaginations foibles et délicates.
+
+Le dessein général de l’auteur étoit de faire voir que l’usage des
+disciplines volontaires est une superstition qui s’est introduite chez
+les moines, et qui tire son origine du Paganisme, et qu’elle est
+pernicieuse à la santé du corps et de l’âme. Il loue l’exercice de la
+mortification de la chair comme un acte saint et méritoire, lorsqu’il
+est autorisé par la loi divine ou établi par l’église. Or, celui dont il
+s’agit n’est point autorisé par la loi divine. Il n’en est point fait
+mention dans l’ancien testament. La loi de Moïse, au contraire, (Deut.
+25, 2, 3.) défendoit de donner aux criminels plus de quarante coups de
+fouet, d’où il suit qu’elle ne permet pas aux moines ni à aucun autre
+particulier, de s’appliquer plus de quarante coups de fouet, ni de se
+déchirer la peau d’une manière si cruelle, pendant que l’on chante
+lentement _miserere_, _de profundis_ et l’antienne _salve regina_. La
+loi naturelle nous défend de faire à autrui ce que nous ne voudrions pas
+qui nous fût fait; et la loi de Moïse nous défend de nous faire à
+nous-mêmes ce qu’elle ne veut pas que nous fassions à un autre. Dans
+l’évangile, J. C. ni les apôtres n’ont pas fait mention de la
+flagellation, car, par le passage de St.-Paul, je _mortifie ma chair_
+(Corinth. 9, 27.), l’auteur fait voir qu’il ne favorise point la
+discipline que se donnent les moines. Il remarque que la flagellation
+involontaire est fort ancienne, puisqu’elle étoit en usage parmi les
+payens, avant la fondation de Rome. Elle étoit même établie par la loi
+divine, (proverb. 13, 24 et 23, 13) pour punir les enfans et ceux qui
+faisoient quelque faute qui méritât cette punition. Mais outre ces
+flagellations involontaires, il y en avoit de volontaires et de libres.
+Tertullien rapporte que c’étoit une coutume parmi les Lacédémoniens de
+célébrer de certaines fêtes en l’honneur de Diane, et que ce jour-là,
+pour honorer la déesse, les jeunes gens se fouettoient eux-mêmes devant
+son autel, et quelquefois jusqu’au sang. Environ l’an 476 de J. C., les
+juifs rabins mirent au nombre de leurs cérémonies une espèce de
+flagellation volontaire, mais elle étoit mutuelle, et ils se
+flagelloient les uns les autres alternativement. Dans les premiers temps
+de l’église, où la pénitence étoit dans sa plus grande ferveur, l’usage
+de la discipline étoit une chose inouïe. Du temps de St.-Augustin, on
+avoit coutume de flageller les hérétiques et les criminels, mais les
+chrétiens ne se flagelloient point eux-mêmes. Ceux qui ont écrit la vie
+austère des anciens anachorètes ne parlent point de disciplines ni de
+flagellations volontaires. M. Boileau répond à un passage de St.-Jérôme,
+à un autre de St.-Jean Climaque, et à un troisième de St.-Cyrille
+d’Alexandrie, que les moines croient leur être favorables.
+
+L’usage de se flageller soi-même ne fut introduit qu’environ l’an 1047
+ou 1056, du temps de _Pierre Damiens_, et il ne fut toléré des personnes
+sages qu’avec beaucoup de répugnance. L’auteur rapporte divers exemples,
+tous propres à faire avoir en horreur et à tourner en ridicule la
+flagellation.
+
+Voici une anecdote très-plaisante à ce sujet, tirée de _Michaël Scotus_.
+
+Un dévot accompagnait sa femme à confesse: voyant que le confesseur la
+menoit derrière l’autel pour la flageller, il s’écria: Monsieur, elle
+est très-délicate, je reçois la discipline pour elle: cela dit, il se
+mit à genoux, et le confesseur fit son office; pendant la cérémonie, la
+femme crioit de toute sa force: frappez fortement, car je suis grande
+pécheresse. Il y avoit peut-être un motif de jalousie dans le dévouement
+du mari, et une petite vengeance de cette jalousie, dans la femme.
+
+Cette coutume devint fort ordinaire dans la suite, et on la pratiqua
+jusques dans les rues. Un cordelier un jour donna le fouet en plein
+midi, sur les fesses, à un docteur en théologie qui avoit prêché contre
+la conception immaculée de la Ste.-Vierge, et les femmes crioient: mon
+père, donnez-lui en quatre coups pour chacune de nous.
+
+Vers l’an 1260, vint la superstition inouïe de se fouetter soi-même, et
+la secte des flagellans commença en Italie. Ils alloient tout nuds en
+procession deux à deux, se flagellant dans les rues et dans les places
+publiques. Cette secte n’avoit point d’ailleurs de sentimens opposés à
+ceux de l’église romaine. Cependant Alexandre IV ne voulut pas
+l’autoriser, et plusieurs princes chassèrent ces flagellans de leurs
+états.
+
+Ces observations suffisent pour mettre le lecteur en état de juger de
+l’histoire des flagellans par l’abbé Boileau, s’il ne la connoît pas; et
+je renvoie ceux qui la connoîtroient au livre lui-même, où ils
+trouveront des choses curieuses et des détails plus étendus.
+
+Je ne puis me refuser au désir d’augmenter la foule des exemples qu’on
+pourroit citer de la flagellation volontaire, par celui de
+St.-Dominique, surnommé _l’Encuirassé_. Cet hermite ne se flagelloit pas
+seulement pour lui, mais pour expier les iniquités des autres. On
+croyoit alors que cent ans de pénitence pouvoient se racheter par vingt
+pseautiers, accompagnés de coups de fouet. Trois mille coups valoient un
+an de pénitence, et les vingt pseautiers faisoient trois cent mille
+coups, à raison de mille coups par dixaine de pseaumes. Dominique
+accomplissoit cette pénitence de cent ans, en six jours. Il acquittoit
+ainsi les péchés du peuple; mais cette flagellation continuelle rendit
+sa peau aussi noire que celle d’un nègre. L’usage de ces sortes de
+pénitence occasionna l’abolissement des pénitences canoniques. Le
+principal avantage de celles-ci étoit de détruire les plus mauvaises
+habitudes, en faisant pratiquer long-temps les vertus contraires, et non
+pas en faisant flageller un hermite qui n’étoit pas coupable. En effet,
+a dit un certain auteur, le péché n’est pas comme une dette pécuniaire
+que tout autre peut payer à la décharge du débiteur, en quelque monnoie
+que ce soit; c’est une maladie dangereuse qu’il faut guérir dans la
+personne même du malade.
+
+Je serois tenté de croire que ces flagellans, animés d’abord d’un saint
+zèle et du désir de se mortifier, ont employé la fustigation dans la vue
+de matter leur chair et de faire pénitence; mais dupes peut-être de ce
+même zèle, et la nature ne perdant jamais ses droits, ils ont continué,
+avec une espèce de fureur, cette douce torture qui les dédommageoit du
+plaisir que leur solitude leur défendoit; car enfin, c’étoit toujours un
+plaisir goûté physiquement, même à l’insu du moral.
+
+Brantôme, dans la graveleuse et cynique simplicité de son style[3], dit
+qu’il a ouï parler d’une grande dame de par le monde, qui ne se
+contentant de lasciveté naturelle, car elle étoit grande putain et étant
+mariée et veuve, aussi étoit-elle très-belle; pour la provoquer et
+exciter davantage, elle faisoit dépouiller ses dames et filles, je dis
+les plus belles, et se délectoit fort à les voir, et puis elle les
+battoit du plat de la main sur les fesses avec de grandes claquades et
+_blamuses_ assez rudes; et les filles qui avoient délinqué en quelque
+chose, avec de bonnes verges, et alors son contentement étoit de les
+voir remuer et faire des _tordions_ de leurs corps et fesses, lesquels
+selon les coups qu’elles recevoient, en montroient de bien étranges et
+plaisans. Autrefois, sans les dépouiller, les faisoit trousser en robe,
+car pour lors elles ne portoient point de caleçons, et les claquetoit et
+fouettoit sur les fesses, selon le sujet qu’elles lui donnoient, ou pour
+les faire rire ou pleurer, etc. etc. etc.
+
+ [3] Page 370, tom. I. des vies des dames galantes de son temps, édit.
+ de Leyde, 1666, _in_-12.
+
+Plus loin, il raconte qu’un grand prenoit ainsi plaisir à voir sa femme
+nue ou habillée, et à la fouetter de claquades, et à la voir manier de
+son corps.
+
+Qu’une fort honnête dame, étant fille, était fouettée par sa mère quatre
+fois tous les deux jours, non pour avoir _forfait_, mais parce que sa
+mère prenoit plaisir à la voir remuer ainsi les fesses et le corps, pour
+autant en prendre d’appétit ailleurs, et tant plus elle alla sur l’âge
+de quatorze ans, elle persista et s’y acharna de telle façon, qu’à
+mesure qu’elle l’acostoit, elle la contemploit encore plus. Il dit plus
+bas, qu’un très-grand seigneur et prince, il y a plus de quatre-vingt
+ans, avant d’aller habiter avec sa femme, se faisoit fouetter, ne
+pouvant s’émouvoir ni relever sa nature baissante, sans ce sot remède.
+Je désirerois volontiers qu’un médecin excellent m’en dît la raison.
+
+Voilà de terribles humeurs de personnes, dit naïvement Brantôme, en
+parlant de l’homme cité par Pic de la Mirandole, et dont nous avons
+rapporté l’exemple dans cet ouvrage.
+
+
+NOTE.
+
+On a vu dans cette introduction que de tous temps les prêtres faisant
+servir la religion à leurs plaisirs, ont su couvrir de ce masque
+redoutable les excès honteux où les portoit un tempérament fougueux
+qu’allumoient encore la macération qui tendoit à les rendre plus
+lubriques, l’oisiveté, la tranquillité des cloîtres, et la confiance
+aveugle qu’ils avoient inspirés à leurs sots pénitens.
+
+Le traducteur, n’ayant entrepris que le seul ouvrage de Meibomius, et
+non l’effrayant tableau des crimes du clergé, et l’histoire générale de
+la flagellation, prie les lecteurs qui désireroient de plus grands
+éclaircissemens sur cette matière, de consulter:
+
+1º. Essai philosophique sur le monachisme, par Linguet, 1776, 1 vol.
+_in_-8º.
+
+2º. Nécessité de supprimer et d’éteindre les ordres religieux en France,
+prouvée par l’hist. philos. du monachisme, ou exposition abrégée de ce
+que l’on trouve de plus singulier et de plus curieux dans l’institution,
+la règle, l’établissement et la vie des moines de tous les cultes et de
+tous les pays. _Londres_ 1789, 2 vol. _in_-8º.
+
+3º. Les prêtres démasqués, ou les iniquités du clergé chrétien. Ouvr.
+trad. de l’anglais. 1767, _in_-8º. 1 vol.
+
+
+
+
+DE L’UTILITÉ
+
+DE LA FLAGELLATION
+
+DANS LA MÉDECINE
+
+ET DANS LES PLAISIRS DU MARIAGE,
+
+ET DES FONCTIONS
+
+DES LOMBES ET DES REINS.
+
+
+Voici enfin, mon cher Cassius, le petit traité que je vous ai promis
+dans une orgie bachique. Vous vous convaincrez, en le lisant, que
+l’usage de la flagellation n’est pas aussi extraordinaire qu’il le
+paroît au premier coup d’œil. Je me souviens très-bien de l’engagement
+que j’ai pris de vous communiquer mes réflexions sur cet objet. Ce fut
+lorsque nous nous trouvâmes dernièrement à table chez notre ami commun
+Martinus Gerdesius, conseiller du prince, et votre collègue, mais je ne
+me rappelle pas précisément à quelle occasion je vous dis que les coups
+et la flagellation servoient quelquefois à la guérison de plusieurs
+maladies, ce qui vous parut un paradoxe. Quoi qu’il en soit, je vais
+vous démontrer que l’expérience a confirmé la bonté de ce remède, en
+m’appuyant sur l’autorité des médecins qui l’ont enseigné et pratiqué.
+
+Titus, disciple d’Asclépiade (A) qui vivoit sous le règne d’Auguste,
+comme je l’ai dit dans mon ouvrage intitulé: _Vies des médecins_,
+prétend, livre 2, de _l’âme_, que _les Maniaques doivent être fouettés
+pour leur rendre le bon sens_.
+
+_Cœlius Aurelianus_, livre 1, _des passions lentes_, chap. 5, dit que
+les personnes attaquées de la _mélancolie érotique_, ou qui sont dans le
+délire, doivent être aussi fouettées, quand les autres moyens n’ont rien
+fait, et que dans plusieurs individus, cette opération a guéri
+l’aliénation d’esprit.
+
+Rhazès, livre 1, _de la continence_, chapitre IV, d’après un célèbre
+médecin juif dont il invoque le témoignage, ordonne de lier la personne
+attaquée de la manie érotique et de la frapper à grands coups de poing
+ou de verges, si les autres remèdes ont été infructueux, et
+d’administrer ce topique à plusieurs reprises, si le bien ne s’opère pas
+dès la première fois; une seule hirondelle, pour me servir de ses
+termes, ne faisant pas le printemps.
+
+Antoine Gaignier pense[4] comme Rhazès, et Valescus de Tarente s’exprime
+ainsi[5]: «si le malade est jeune, il faut le frapper sur les fesses à
+grands coups de verges, et si l’érection ne se fait pas, l’enfermer dans
+un cul de basse fosse, l’y tenir au pain et à l’eau jusqu’à ce qu’il
+demande pardon de son invergence, et lui faire observer un régime
+rigoureux.»
+
+ [4] _Pract. Tract._ XV. cap. XII.
+
+ [5] _Philonium_. lib. I. c. XI.
+
+Si nous en croyons Sénèque, livre 6, _des Bienfaits_, chapitre 8, la
+flagellation dissipe la fièvre quarte, parce que le mouvement réchauffe
+et divise l’humeur âcre, épaisse et noire, qui étoit stagnante dans les
+viscères, comme le dit fort bien Juste Lipse dans ses commentaires.
+
+Jérôme Mercurialis[6], (B) nous apprend que plusieurs médecins ont
+ordonné la flagellation à des personnes maigres, pour les engraisser et
+leur donner de l’embonpoint.
+
+ [6] Lib. IV _de arte gymnasticâ_, cap. IX.
+
+Galien[7] citant à ce sujet les stratagèmes des marchands d’esclaves,
+qui se servoient de ce moyen pour les faire paroître plus brillans de
+fraîcheur et d’embonpoint, ne laisse aucun doute sur l’efficacité de ce
+remède[8]. Il est certain qu’il fait gonfler la chair et attire à elle
+les alimens. Personne n’ignore que la flagellation avec des orties
+vertes a le plus grand succès pour raffermir les membres et rappeler la
+chaleur et le sang dans les parties qui en sont privées.
+
+ [7] _Meth. med._ lib. XIV, c. XVI.
+
+ [8] Combien de nourrices, sans avoir consulté Jérôme Mercurialis, ni
+ Galien, ont recours à ce stratagême qu’elles connoissent par
+ tradition, et claquant les enfans sur les fesses, avant de les
+ rendre à leurs mères, trompent par cet embonpoint factice et
+ momentané, la confiance des tendres parens qui leur ont livré ces
+ intéressantes créatures.
+
+Cælius Aurelianus[9] et Thémison, liv. 1 _des Passions lentes_, veulent
+que ce soit avec de la férule.
+
+ [9] Lib. II, _Chr._ c. I.
+
+Elidæus de Padoue[10] n’hésite pas d’ordonner la flagellation avec des
+orties vertes sur les membres tendres et délicats des petits enfans,
+pour hâter l’éruption de la petite vérole.
+
+ [10] _Consil. Med._ 282.
+
+Thomas Campanella, (C) que nous avons autrefois connu à Naples, semble
+mettre en avant une opinion nouvelle et inadmissible, en attribuant à la
+flagellation la vertu de guérir les obstructions du bas ventre. Il
+raconte[11] que le prince de Venuse[12] un des meilleurs musiciens de
+son siècle, ne pouvoit aller à la garde-robe sans avoir été
+préalablement fustigé par un valet gagé pour remplir cette fonction;
+ajoutant qu’il seroit dangereux de retenir sa respiration pendant qu’on
+se feroit administrer ce remède, et j’en conviens.
+
+ [11] Lib. III. _Medicinalium_. c. V. art. XII.
+
+ [12] _Venuse_, aujourd’hui _Venosa_, ville de l’Italie méridionale,
+ dans la Basilicate, près Naples, au pied de l’Apennin. Elle fut la
+ patrie d’Horace.
+
+Il est des personnes qui ne peuvent goûter les plaisirs de l’amour, si
+elles ne sont aiguillonnées par la fustigation. Cette cérémonie étrange
+les embrâse des feux de la lubricité, jusques à les faire écumer, et
+fait dresser vers le ciel cette partie qui constitue la virilité, de
+manière que son oscillation suit le nombre et le son des coups
+appliqués, pour ainsi dire, en cadence; et voilà précisément ce que vous
+rejettiez comme une plaisanterie et une chose incroyable, quand j’en
+parlai la première fois. Je vais pourtant mettre en usage, mon cher
+Cassius, tout ce que je crois capable de vous en convaincre, en
+m’étayant du témoignage des auteurs les plus dignes de foi, pour vous
+prouver que ceci n’est point une innovation, et que le caprice n’a
+aucune part à cet usage, et j’y joindrai les raisons et les exemples,
+d’après lesquels divers médecins et moi avons trouvé la chose
+vraisemblable. Je ne m’étendrai cependant pas beaucoup dans ce moment-ci
+sur la nécessité d’employer les orties vertes, pour en frapper les
+parties génitales.
+
+Menghus Faventinus[13] assure qu’elles ont une propriété merveilleuse
+pour allonger, tendre, grossir et ériger le membre viril, qui, par une
+parcimonie de la nature, feroit craindre la stérilité.
+
+ [13] Pract. part. II cap. _de passion. membr. genital._
+
+Pétrone vous apprendra, si vous le consultez, combien elles sont utiles
+pour guérir l’impuissance, et rendre aux amans leurs forces éteintes par
+de trop fréquentes jouissances en faisant parler Encolpe de cette
+manière:
+
+«Cette partie de mon corps par laquelle j’étois autrefois un Achille,
+étoit alors entièrement morte et plus froide que la neige, et sembloit
+s’être retirée au fond de mes entrailles, sillonnée de mille rides. Ma
+verge ressembloit à du cuir détrempé dans de l’eau, etc.»
+
+Je ne fais ici que transcrire l’auteur qui continue ainsi:
+
+«Enothée, prêtresse de Priape, lui ayant promis de la lui rendre aussi
+dure que de la corne, mêle du cresson alenois avec de l’avrône, en forme
+un onguent qu’elle applique sur ses testicules, et armant ses mains
+d’une poignée d’orties vertes, l’en frappe légèrement au-dessous du
+nombril, sur les reins et sur les fesses.»
+
+Mais pour revenir à la grande et véritable flagellation, écoutons ce que
+raconte à ce sujet _Jean Pic, comte de la Mirandole_, (D) qui vivoit, il
+y a 150 ans. Il fait ainsi, livre 3, chap. 27, de son ouvrage _contre
+les astrologues_, l’histoire d’un de ses amis.
+
+«Je connois, dit-il, et il existe encore, un homme dont le tempérament
+amoureux, et les excès n’ont peut-être jamais eu d’exemple. Il ne peut
+caresser une femme, malgré la violence de ses desirs, s’il n’est
+auparavant fustigé. En vain sa raison lui fait regarder comme un crime
+ce rafinement de volupté, sa fureur pour ce cruel plaisir est telle
+qu’il encourage lui-même, et accuse de mollesse et de lâcheté celui qui
+le fouette, lorsque la fatigue ou la pitié lui font ralentir ses
+efforts. Le patient n’est au comble de ses plaisirs, qu’en voyant
+ruisseler le sang dont une grêle affreuse de coups, a couvert les
+membres innocens du libertin le plus effréné. Ce malheureux reclame
+ordinairement pour ce service, avec les plus instantes supplications, la
+main de la femme avilie dont il veut jouir, lui donne lui-même les
+verges qu’il a fait tremper dès la veille, dans le vinaigre, et lui
+demande à genoux la faveur insigne d’être ainsi déchiré. Plus elle
+frappe avec violence, plus elle acquiert de droits à son amour et à sa
+reconnoissance, en lui rendant des feux qu’il n’avoit plus, jusqu’à ce
+que le dernier période de la souffrance et l’épuisement total de ses
+forces, lui fassent goûter la plénitude de la volupté en égale
+proportion. Trouvez un seul homme pour qui le comble de la douleur, et
+cette espèce de torture doivent être celui du plaisir, et si d’ailleurs
+il n’est pas entièrement corrompu, lorsque, de sang froid, il connoîtra
+sa maladie, il rougira de ses excès et les détestera». Jusqu’ici c’est
+Pic de la Mirandole qui a parlé, mais la même chose est rapportée par
+_Thomas Campanella_ déjà cité, et _Jean Névisan_ (E) livre 1 de ses
+_Sylves Nuptiales_, art. 130. Si je ne me trompe, l’homme dont parle
+_Cælius Rhodiginus_ (F) livre 2, chap. 15 de _ses anciennes leçons_,
+avoit ce goût-là de commun avec l’ami de Pic de la Mirandole; et d’après
+Cœlius, _André Tiraqueau_ (G), art. V de son _Traité des Loix du
+Mariage_. Mais écoutons Cœlius.
+
+Des personnes dignes de foi, dit-il, assureront avoir connu, il y a
+quelques années, un homme qui par un contraste bien étonnant et qu’on
+aura peine à croire, joignoit au physique le plus froid et le plus
+inhabile aux plaisirs de Vénus, l’imagination la plus érotique et le
+génie le plus ardent. Il n’avoit d’aptitude, de chaleur et de force pour
+la lutte amoureuse, qu’à proportion des coups de verge qu’il avoit
+reçus, et vous n’eussiez pu savoir lequel lui causoit le plus de volupté
+ou de la volupté elle-même, ou de la douleur qui en étoit la source et
+l’agent: à moins que la juste proportion de la seconde ne le conduisît à
+la perfection des délices de la première. Il s’abaissoit jusqu’aux
+prières pour être frappé de verges qu’il avoit fait durcir, depuis la
+veille, dans du vinaigre. La rage qu’allumoient en lui les desirs, le
+portoit à accabler de reproches et d’injures celui qu’il avoit chargé de
+cet office, dès qu’il frappoit trop mollement, et lui faisoit regarder
+comme imparfaite, infructueuse et nulle, toute séance qui n’étoit pas
+terminée par une effusion de sang. Cet homme est, je crois, le seul qui
+également avide de plaisirs et de souffrances, ne savouroit l’un qu’au
+moyen de l’autre, et pour qui les plaies, les déchiremens et l’effusion
+de sang fussent et le prélude et le complément des titillations et de la
+jouissance[14]. _Othon Brunsfeld_ (H) médecin célèbre, dans son
+_Onomastic. Medic._, rapporte l’anecdote suivante:
+
+ [14] Tamerlan, ce fameux empereur d’Asie, qui se faisait appeller _le
+ Fils de Dieu_, fut père de cent enfans et vainqueur de cent peuples,
+ se faisoit fustiger par esprit de débauche.
+
+ Lucien, tome 3, de la traduction de Perrot d’Ablancourt, parle d’un
+ certain Pérégrinus qui avoit le même goût. Ce philosophe se
+ fouettoit en public au milieu de tout un peuple et se débarrassoit
+ d’une surabondance de liqueur seminale aussi effrontément que
+ Diogène: ce qui leur fit donner à tous deux le nom de _Cynique_. Ce
+ même Pérégrinus, surnommé _Protée_, se fit chrétien, ensuite
+ apostat, et finit par se brûler publiquement aux jeux Olympiques.
+
+ «Lorsque sur un bûcher Pérégrin las du jour,
+ »D’un trépas éclatant cherche la renommée,
+ »Un _Cynique_ orgueilleux s’évapore en fumée.
+
+ (Racine. Poëme de la Religion, chant 4. pag. 133, vers 306.)
+
+De son temps vivoit à Munich, résidence des ducs de Bavière, un homme
+qui ne pouvoit s’acquitter envers sa femme du devoir conjugal, s’il
+n’étoit pas auparavant fustigé à toute outrance. Un fait qui s’est passé
+sous nos yeux tout récemment et à Lubeck même, vient à l’appui de ce que
+j’ai déjà raconté.
+
+Un citoyen de cette ville, marchand de beurre et de fromage, demeurant
+sur la place des moulins, fut, entr’autres crimes dont on le chargeoit,
+accusé d’adultère, dénoncé aux magistrats et le procès fait, condamné au
+bannissement. Une fille de joie avec laquelle cet homme avoit depuis
+long-temps un commerce de libertinage, traduite devant les sénateurs
+chargés de la justice criminelle, et qu’on nomme _die Gerichts herren_,
+avoua qu’il n’avoit jamais été habile à consommer l’acte de la
+génération, sans être auparavant fustigé, et qu’après une première
+course, il lui étoit impossible d’aller plus loin, si elle ne réitéroit
+l’opération douloureuse et salutaire, en doublant la dose[15]. Le
+coupable nia d’abord le fait; mais pressé par des interrogatoires
+fréquens et sévères, il fut contraint de tout avouer. J’ai pour garans
+de la verité de cette anecdote, les juges eux-mêmes, Thomas _Storning_
+et Adrien _Moller_, mes amis, et qui, comme vous le savez, vivent
+encore. Il y a très-peu de temps qu’une personne occupant une des
+premières places à Amsterdam, fut accusée d’avoir une liaison de
+débauche avec une fille que pourtant il ne pouvoit exploiter, sans avoir
+été préalablement excité par une ample flagellation. L’affaire ayant été
+portée devant les tribunaux, la perte de son emploi fut le châtiment de
+sa lubricité, et long-temps après son aventure, il étoit encore la fable
+de la ville. Ainsi, vous ne voudrez, ni ne pourrez, je crois, vous
+refuser à l’évidence des preuves dont je m’environne pour vous
+persuader. Tâchons donc de rendre raison, s’il est possible, d’une chose
+qui paroît, au premier coup d’œil, si extraordinaire. Si vous consultez
+les astrologues, ils allégueront l’influence des astres, et diront
+qu’une puissance occulte et particulière du ciel, est l’unique cause de
+cette manie aussi extraordinaire que dépravée de certains êtres. Ils
+vous diront sans doute, avec Pic de la Mirandole, que la planète de
+Vénus présidant à la conception de l’homme a été croisée et pour ainsi
+dire frappée par les rayons opposés d’un autre astre, dont elle a
+contracté la malignité.
+
+ [15] Sénèque parle aussi d’une courtisanne qui n’employoit d’autre
+ moyen que la fustigation pour réveiller l’amour de son galant,
+ lorsqu’il se refroidissoit.
+
+_Francisc. Junctinus_[16] (I) fait sur cela un très-long commentaire;
+mais le ciel et les astres étant des causes universelles, et ne pouvant
+produire dans tel ou tel autre individu des effets si particuliers, Pic
+de la Mirandole les rejette avec raison et cherche une cause plus
+immédiate. Il attribue donc le goût dépravé de son ami à une longue
+habitude, et continue ainsi son histoire: «Lui demandant l’origine d’une
+passion aussi inouïe, il me répondit qu’il la devoit à un enfant: ce
+début piquant de plus en plus ma curiosité, sur les instances réitérées
+que je lui fis, pour qu’il m’en développât davantage les causes
+principales et accessoires, il ajouta qu’il avoit passé ses premières
+années de collége avec des enfans très-débauchés, parmi lesquels le
+plaisir de se fouetter étoit très-commun et qui attachoient un certain
+prix à se rendre réciproquement ce service qui prostituoit leur pudeur.»
+
+ [16] Chap. 6 de _Judiciis Nativ._
+
+Cœlius est du même avis que Pic de la Mirandole, dont il n’a fait que
+copier l’anecdote, en adoptant son opinion sur les causes de cet étrange
+déréglement. «Ce qui n’est pas moins surprenant, ajoute ce dernier,
+c’est que cet homme connoissoit toute la turpitude de cette habitude
+infâme et bizarre, la détestoit sincèrement et la réprouvoit avec toute
+la sévérité d’un juge inflexible; mais la force de l’habitude
+l’emportant sur sa raison, il se livroit à son invincible penchant, dans
+l’instant même qu’il le condamnoit. Cette habitude s’étoit invétérée et
+avoit jetté des racines d’autant plus profondes, qu’elle avoit été
+contractée dès l’âge le plus tendre, et s’étoit considérablement accrue
+par les charmes du plaisir qu’il avoit trouvé à se fouetter dans le
+commerce criminel de ses camarades. Exemple frappant de l’importance de
+l’éducation, qui montre combien elle est précieuse et combien elle
+décide de nos mœurs et de notre condition, pour le reste de la vie».
+J’avoue, lui dis-je, que l’habitude est si puissante qu’elle devient,
+pour ainsi dire, une seconde nature. Aristote[17] l’a dit, et Ennius
+après lui l’a répété dans ces termes:
+
+ [17] _Libr._ de _Memor._ et _reminisc._ c. 3 libr. 7. et c. 10.
+ _Ethic._
+
+«Un long usage devient coutume; cette coutume s’accroît par les
+réflexions, devient habitude, et cette habitude, par succession de
+temps, devient enfin pour les hommes une seconde nature.»
+
+Galien dans son traité de l’habitude, chap. 2 et 3, a démontré avec
+beaucoup d’élégance, avec quelle force et quelle tyrannie l’habitude
+maîtrise toutes nos actions, en l’appelant une seconde nature[18].
+Peut-être aussi que, dans le fait mentionné dans Cœlius et Pic de la
+Mirandole, l’habitude a pu, par succession de temps, faire beaucoup à la
+chose; mais il n’en est pas de même des hommes de Munich et de Lubeck,
+cités par Brunsfels et moi. Pourquoi, dit Campanella, qui a déjà parlé
+plus haut, l’ami de Pic de la Mirandole est-il le seul des compagnons de
+ses premières fredaines, qui en ait conservé le souvenir et la
+dangereuse habitude, et pourquoi ceux-ci n’ont-ils pas la même ardeur
+que lui pour la fustigation? Les effets et les vices d’une habitude
+quelconque sont uniformes et doivent être particuliers à chacun des
+individus qui l’ont adoptée. Il n’est pas vraisemblable que ceux dont
+nous avons parlé, se soient ainsi prostitués dès leur première enfance,
+en cherchant à se faire une foible image des plaisirs qu’ils ne
+connoissoient pas, par des flagellations réciproques. Je félicite au
+contraire notre vertueuse Allemagne d’ignorer ces rafinemens honteux de
+la débauche, ces pollutions, ces attouchemens impurs et scandaleux entre
+les enfans d’un même sexe; ou quand, par hasard, quelqu’un s’en est
+rendu coupable, (si tant est qu’on en puisse citer un exemple) d’en
+punir sévèrement les auteurs et en effacer l’opprobre au milieu des
+flammes. Quintilien, dans sa déclamation pour le soldat Marianus dont un
+tribun avoit voulu faire son Ganymède, s’exprimoit ainsi jadis, en
+parlant de nos ancêtres: «Les Germains ne connoissent pas même le nom de
+ce crime abominable, et l’on vit plus saintement sur les bords de
+l’Océan[19]». Nous en avons parlé plus amplement dans nos commentaires
+sur le serment d’Hyppocrate, chap. 19.
+
+ [18] Liv. 2, la Tempérance, chap. 4 et liv. 3 _de Simpl._ c. 19.
+
+ [19] Vessius pense que les déclamations attribuées ici à Quintilien
+ l’orateur, ne sont ni de lui ni de son grand père, quoique ce
+ dernier en ait laissé 145. Il les attribue au jeune Posthume qui
+ prit, dit-on, le nom de César et d’Auguste dans les Gaules, avec
+ Posthume son père, l’an 260 de J. C.
+
+L’influence des planètes et celle de l’habitude n’étant point capables
+de donner à la flagellation la vertu d’exciter à l’amour, voyons enfin à
+lui chercher une autre cause plus directe et plus naturelle: il faut
+donc pour cela reprendre les choses de plus haut, et remarquer
+premièrement que cette flagellation ne se fait que sur le dos; vérité
+dont la déposition de la courtisanne de Lubeck et autres ne permettent
+pas de douter; les parties génitales de l’homme étant de nature par leur
+délicatesse et leur extrême sensibilité, à ne pouvoir endurer des coups
+de verges, et à plus forte raison jusqu’à l’effusion de sang. C’est donc
+ordinairement sur le dos que se fait cette opération. Les lombes
+occupent la plus grande partie du dos. Cette partie a pour base cinq
+vertèbres qui, placées au-dessous de celle de la poitrine, se prolongent
+et aboutissent à _l’os sacrum_. Elles sont couvertes au-dehors de
+muscles et d’une peau épaisse et grasse, et au-dedans des muscles qui
+l’enveloppent et forment sa partie haute, nommés par les grecs _Psoas_,
+d’un muscle de même nom, et par les latins _pulpa_ de _palpare_. Ils
+soutiennent les reins de droite et de gauche, remplissent par leur
+étendue, l’espace de quatre vertèbres et se joignent à la veine cave et
+à la grande artère. De la veine cave et de la grande artère, les
+reins[20] reçoivent les grands vases, qu’on nomme émulgens, spermatiques
+ou lombaires. Il y en a un de chaque côté. Viennent ensuite la veine et
+l’artère dont les ramifications s’étendent sur toute la substance de ces
+vases. A droite de la veine cave et sous l’émulgente, la veine droite
+séminaire prend naissance, et l’artère séminaire qui, partant de la
+grande artère, descend dans le testicule droit. A gauche, l’artère
+séminaire descendant du tronc de la grande artère, et la veine séminaire
+de la veine gauche émulgente, se rendent dans le testicule gauche. Ces
+parties sont composées d’une infinité de nerfs qui prennent leur source
+dans la moëlle de l’épine, et par lesquels les sucs contenus dans les
+vertèbres sont filtrés dans les reins dont ils pénètrent non-seulement
+l’enveloppe, mais encore la substance. De la cavité des reins, les
+canaux uretères se prolongent jusques à la vessie à laquelle ils sont
+attachés. Toutes ces parties ayant la même tâche à remplir dans l’acte
+de la génération, on les a désignées sous la dénomination de _lombes_,
+et c’est le sentiment de Marsilio Cagnati, (K) livre 4, chapitre 7 de
+ses diverses leçons. Les auteurs ont fait d’assez exactes recherches sur
+les fonctions assignées à chacune de ces parties; savoir: les os, les
+muscles, les reins et les vases, et tous sont d’accord. Cagnati[21] dit
+qu’elles concourent, chacune selon son emploi, à élaborer la semence et
+perfectionner l’ouvrage de la génération, suivant les loix immuables de
+la nature. Jérôme _Montuus_[22] et André Tiraqueau, le plus célèbre de
+vos jurisconsultes, livre 15, de son traité _de la loi des mariages_,
+art. 40, 41 et 42, sont du même avis, après l’examen le plus scrupuleux
+de cet objet. Consultez l’écriture sainte, toute l’antiquité, les
+auteurs sacrés et profanes, tous n’ont qu’une voix sur la destination
+des lombes, des reins et des flancs. Plusieurs passages de l’écriture
+sainte nous prouvent que les lombes sont les instrumens de la
+génération. On lit dans la Génèse, chap. 31, verset XI: «des rois
+sortiront de vos lombes.» Dans l’épitre de St. Paul aux Hébreux, chap.
+7, vers. 5: «_vous êtes les enfans d’Abraham et sortis de ses lombes._»
+et verset 10: «Levi sortit du même endroit.»
+
+ [20] Le mot de REINS, en Latin REN, RENES, vient du Grec _Reein_, qui
+ signifie couleur, parce que c’est des reins que l’urine coule. Ils
+ sont deux, et ressemblent à ces légumes appellés phaséoles. Leur
+ substance est rouge et dure, couverte d’une membrane déliée et d’une
+ autre grasse, qui est un replis du péritoine. Leur longueur est de 4
+ ou 7 travers de doigt, leur largeur presque de trois et leur
+ épaisseur de deux. Les Grecs nomment encore les reins OURETERES,
+ c’est-à-dire, canaux uretères, parce qu’ils y sont contenus, comme
+ il est dit plus bas.
+
+ [21] Lib. 2. _de anim._ texte 35.
+
+ [22] _Pract. part._ I. lib. IV, chap. dernier.
+
+Basile le grand, dans son commentaire sur Esaïe, chap. XVI, dit que dans
+plusieurs passages de l’écriture, l’expression de lombes est employée
+pour désigner les membres servans à la génération.
+
+Origène, (L) Homelie 1, commentant le verset 109, pseaume 37: «mes
+lombes sont remplis d’illusion,» l’explique ainsi: les lombes étant les
+réservoirs de la semence, le psalmiste indique la nature du péché, en se
+servant du nom de la partie qui sert à le commettre. L’expression de
+ceindre ses reins étoit passée en proverbe chez les Hébreux, pour
+signifier la continence et l’éloignement des voluptés charnelles.
+Jehovah, livre de Job[23] dit en y faisant allusion. «Ceins tes reins
+comme un homme courageux;» c’est-à-dire, reprime la luxure en homme
+courageux. Isidore (M) livre XI, chap. I de ses ORIGINES, dit qu’il faut
+l’interprêter ainsi: que le moyen de résister et le préservatif contre
+la luxure doit être appliqué aux parties dont la rébellion et la
+complexion brûlante nous portent à ce crime. Voyez Suidas, au mot PSOA.
+
+ [23] Chap. 39, v. III. et c. XL, v. II.
+
+Saint Jérôme dans son commentaire sur Nahum, chap. II, v. 1, parle
+ainsi: «Regarde ton chemin, affermis tes lombes et arme-toi de courage.»
+
+Saint Mathieu, chap. 3, vers. 4, dit en parlant de St.-Jean Baptiste:
+«Il portoit une ceinture de peau autour des reins.» St.-Grégoire de
+Nazianze, discours 42, et Nicétas dans ses commentaires, sur _idem_,
+nous disent la même chose. C’est aussi dans le même sens qu’il faut
+interprêter Esaïe[24] Jérémie[25], St. Paul[26] et Salomon qui dit en
+parlant de la femme forte et chaste: «_elle a ceint ses lombes de
+courage_»[27] St.-Pierre[28] dit «_ceindre les reins de son âme_», ce
+que Montuus déjà cité traduit par «_écarter de son âme toute pensée
+impure et lascive_». Si je ne me trompe, les Romains ont fait allusion à
+ces allégories, lorsqu’ils ont dit, _être ceint, porter la ceinture_,
+pour désigner la sagesse, la modestie et la pureté virginale, et
+_délier_ sa ceinture, pour être au contraire, l’emblême de la
+dissolution des mœurs, comme je l’ai plus amplement décrit dans la vie
+de Mœcènes. On observe encore aujourd’hui dans les Gaules l’usage de
+ceindre d’un ruban, cordon ou écharpe de soie, ceux à qui l’on décerne
+le triomphe littéraire, et qu’ils portent comme un monument glorieux des
+talens qui les distinguent du vulgaire. Ce qui, selon François
+Ranchin[29], dénote sur-tout dans les médecins, la nécessité d’être
+chaste. La ceinture annonce la contraction des reins, leur inaction, et
+partant la sagesse qui reprime la rébellion et l’effervescence des
+lombes qui nous portent à la débauche. C’est ce qui a fait croire aux
+anciens que Diane, déesse de la chasteté, portoit toujours une ceinture.
+La délier étoit chez eux le premier effet du mariage, et annonçoit la
+désertion de la fleur virginale[30], et cette commission étoit donnée à
+l’époux. Aëtius (N) dit[31] que les plaisirs du mariage sont funestes à
+ceux qui ont les reins ou les lombes foibles, et nommés pour cela
+_Elumbes_, c’est-à-dire, _éreinté, érené_. Eustathe a fait passer ce mot
+en proverbe, en disant _efflanqué comme un âne de Mysie_. Elumbis, _qui
+se se erigere non potest_. En italien, _dilumbato_; en espagnol,
+_flaco_; en anglais, _he that hath feble loynes_. Hadrianus Junius,
+cent. 6. ad. 48. donne le nom d’âne de Mysie aux éreintés; ce qui a fait
+dire à Pétrone que les personnes ruinées par leurs fréquens sacrifices à
+Vénus, ont les reins lâches, c’est-à-dire, _sans ceinture_. «Encolpe,
+dit-il, avoit publié par-tout qu’il avoit la goutte et les reins de la
+plus grande foiblesse.» Catulle, épigramme XVI, parle de ceux qui ne
+peuvent donner un mouvement souple et facile à leurs lombes endurcis. Et
+Martial, au contraire, livre 5, épigramme 79, dit: «donner à ses lombes
+souples et lascifs un tremblement voluptueux.»
+
+ [24] C. 32 v. 11.
+
+ [25] Chap. I, vers. 17.
+
+ [26] Epitr. aux Ephésiens, c. IV v. 14.
+
+ [27] Prov. ult. vers. 17.
+
+ [28] Epit. I. chap. I. vers. XIII.
+
+ [29] _Commentaires sur le serment d’Hyppocrate_.
+
+ [30] Horace nomme les Grâces _decentes, pudicas_, lorsqu’elles ont
+ leur ceinture, et _solutis zonis_, quand il veut qu’elles président
+ à ses orgies et aux mystères de la voluptueuse déesse d’Amathonte.
+ Voyez l’ode XXX. liv. I. _O Venus, regina Gnidi Paphique_, etc.
+
+ La ceinture ayant de tout temps été l’emblême de la virginité, une
+ femme ne doit plus la porter. Nos élégantes et nos impures nous en
+ imposent donc bien effrontément, en ceignant leurs tailles, même à
+ 40 ans, d’un large ruban bleu, noir, aurore ou coquelicot. C’est
+ ainsi que la manie des modes nous fait perdre de vue, lors même
+ qu’elle conserve celles que nous avons reçues des anciens, leur
+ sagesse qui cachoit toujours des maximes de morale et des emblêmes
+ de vertu dans tout ce qu’ils adoptoient, pour tous les détails qui
+ ont rapport à la vie et au vêtement.
+
+ [31] Disc. 3, chap. 8, de son _Tetrabiblos_.
+
+L’auteur anonyme de l’épigramme XVIII du _Priapeia_, s’exprime ainsi:
+
+«Quand la courtisanne Téléthuse agitera-t-elle voluptueusement sur toi
+ses reins souples et lubriques?»
+
+Le mot _fluctuare_ peint le mouvement d’oscillation et la manière de
+s’agiter et de se soulever de bas en haut, comme les flots, en grec,
+_ricnoustai_, en latin _crissare_[32]. C’est de-là qu’on a donné le nom
+de _ricnoma_ à une sorte de danse grecque fort lascive[33]. Telle est de
+nos jours celle que nous appellons la _bergamasque_, qui ne se danse que
+sur les théâtres, ou par des personnes masquées. Juvenal paroît y faire
+allusion, lorsqu’il parle, satyre 2, des jeunes Romaines, dont on
+applaudissoit l’adresse à se laisser doucement aller à terre, en agitant
+leurs fesses avec un tremblement voluptueux.
+
+ [32] _Indecenter flecti, curvari_, s’agiter, se plier, se courber
+ d’une manière indécente et lubrique.
+
+ [33] Les O-Taïtiens ont une danse semblable, et les Espagnols ont le
+ _fendango_. Voyez le voyage en Espagne par le marquis de Langle,
+ tom. I, page 145.
+
+Arnobe, livre 2. «Une troupe lubrique formoit des danses dissolues,
+sautoit en désordre et chantoit, tournoit en dansant et à certaine
+mesure, soulevant les cuisses et les reins, donnoit à leurs fesses et à
+leurs lombes un mouvement de rotation qui auroit embrâsé le spectateur
+le plus froid[34].» Voyez dans les lettres grecques celle qui est
+intitulée, _Megara à Bacchides_ sur la Thryallide.
+
+ [34] _Nous valons bien les Romains pour la débauche. Nous avions, il y
+ a cent ans, les danses de caractère, la fricassée, et les rondes de
+ société. Nous avions les danses lascives que les princes du sang et
+ la reine faisoient exécuter à Brunoy, à Trianon et à Compiègne, par
+ les acteurs et actrices qui jouoient le _théâtre gaillard_, pour
+ ranimer leurs majestés épuisées._
+
+Perse fait allusion à cette danse, lorsqu’il dit des vers licencieux qui
+remplissent l’esprit de l’auditeur des idées les plus voluptueuses:
+
+«Qu’il fait beau voir là nos grands de Rome s’agiter de lascive manière,
+et murmurer d’une voix tremblante, lorsque ces vers libidineux pénètrent
+jusqu’au siège des plaisirs (les lombes), et qu’une molle prononciation
+chatouille leurs sens!»
+
+Juvenal, satyre 6, vers 314, dit, en parlant des flûtes des prêtresses
+de la bonne déesse:
+
+«On sait à présent ce qui se passe aux mystères de la bonne déesse,
+quand la flûte agite ces ménades, et fait tremblotter voluptueusement
+leurs reins; lorsqu’également ivres de sons et de vin, elles laissent
+voler leurs cheveux en tourbillons, et invoquent Priape à grands cris.»
+
+Isidore prétend que le mot lombes, _Lumbus_, vient de _libido_, _desir_,
+parce que c’est dans les lombes que réside chez les hommes la cause de
+leurs désirs et l’aiguillon de la volupté.
+
+Nicolas Perrot, dans son ouvrage intitulé _Cornucopia_ (O) leur donne la
+même étymologie. Il fait dériver _lumbi_ de _lubendo_, en intercalant
+une lettre, comme on le pratique assez ordinairement: ainsi de _cubo_ on
+fait _cumbo_; de _pago_, _pango_; de _frago_, _frango_, etc. (Voyez le
+savant Matth. Martinius, dans son _lexicon etymologicum_.
+
+Les lombes et les reins qui en forment la plus grande partie ont tous
+deux les mêmes fonctions, pour peu que vous fassiez attention à leur
+conformation. On voit dans le livre des rois, ch. 7, v. 12, qu’ils
+servent à la génération. «Le fils qui est sorti de tes reins.»
+
+Tertullien (P) dans son traité de _la résurrection de la chair_, nomme
+les reins les réservoirs de la semence.
+
+Le prêtre Hésychius (ou autrement dit par corruption, Isicius) dans ses
+commentaires sur le _Lévitique, liv. I_, dit que les reins sont les
+dispensateurs de la liqueur séminale dans le coït; et plus loin: c’est
+dans les reins que se forment et se conservent les fluides destinés à la
+génération.
+
+St.-Augustin, pseaume 7. v. 2, dit que par les reins, on entend les
+plaisirs de l’amour.
+
+St.-Jérôme commentant Nahum, dit que tout ce qui a rapport au coït émane
+du ministère des reins, et répète à peu-près la même chose dans son
+commentaire sur Ezéchiel, chap. 16.
+
+On lit dans Jérémie[35] et dans l’apocalypse[36], sondant les reins et
+les cœurs: ce que Nicolas de Lyre (Q) explique par, examinant et
+punissant nos concupiscences et nos mauvaises pensées; l’écriture sainte
+désignant par le _cœur_, nos pensées, et par les _reins_, les mouvemens
+de la chair. C’est par cette raison que David[37] prie le seigneur de
+brûler ses reins et son cœur, expressions adoptées par l’église dans ce
+passage d’un hymne:
+
+ [35] Chap. 17, vers. 10.
+
+ [36] Chap. 2, vers. 20.
+
+ [37] Ps. 26, vers. 2.
+
+«Brûlez nos reins et nos cœurs, ô mon dieu, du feu de l’esprit saint,
+afin que nous vous servions purs et chastes de corps et de cœur, et que
+nous nous rendions dignes de votre amour par l’innocence de notre vie.»
+
+On voit dans l’exode XII, V. 2, qu’il étoit prescrit aux Israélites qui
+mangeoient l’agneau pascal, de ceindre leurs reins, et tous les
+théologiens s’accordent à entendre par-là qu’ils devoient se garder de
+toute action et pensée charnelle.
+
+Ausonne, épigramme 13, dit, se servir de ses reins, pour _se livrer à la
+volupté. «Sers-toi de tes reins.»_ On dit chez nous, en badinant, que
+ceux qui sacrifient à la déesse de Cythère, _purgent leurs reins_.
+
+Hyppocrate, dans son traité des maladies internes, Aristote dans ses
+problêmes[38], Galien[39], Aëtius[40], dans son _Tetrabiblos_,
+Avicenne[41], (R) et quantité d’autres médecins, nous apprennent que les
+jouissances trop fréquentes ruinent les reins; ce qui a fait dire à
+Fulgence (S) dans sa mythologie[42] que les reins sont consacrés à
+Vénus. Fulgence, liv. 5 de sa mythologie, dit dans la fable de Thétis et
+Pelée, d’après la physiologie de Démocrite, que les payens avoient
+consacré chaque partie de notre corps à une divinité particulière: la
+tête à Jupiter, les bras à Junon, les yeux à Minerve, la poitrine à
+Neptune, la ceinture à Mars, les reins à Vénus, et les pieds à
+Mercure[43].
+
+ [38] Section IV, probl. 2.
+
+ [39] Lib, VI, comment. VI.
+
+ [40] Disc. 3, c. VIII, lib. I.
+
+ [41] Liv. III, fen. XII. trait. II. c. XI.
+
+ [42] Liv. III.
+
+ [43] _C’est ainsi que les anciens mettoient la morale à la portée de
+ tout le monde, par des emblêmes ingénieux, et sous le manteau du
+ culte religieux._
+
+_Varron_, celui des Romains qui avoit le plus d’érudition, au jugement
+de Quintilien[44], si vous voulez remonter à la source pour trouver la
+véritable étymologie du mot, fait dériver _Renes_ du grec _Upo tou
+rein_, c’est-à-dire, ruisseaux d’où coule l’humeur obscène, nom qu’il
+donne au fluide séminal, ne vous y trompez pas, si nous devons en croire
+Isidore[45] et Lactance[46]. Il ne faut donc pas entendre par humeur
+obscène, cette sérosité saline contenue dans la vessie, ainsi que
+plusieurs l’ont cru. Isidore expliquant Varron, dit que les veines et la
+moëlle de l’épine, filtrent dans les reins une liqueur claire et subtile
+qui, détachée et provoquée par la chaleur que communique l’acte
+vénérien, descend des reins dans les testicules, et personne ne peut,
+avec un peu de bon sens, imaginer qu’il s’agisse ici de l’urine.
+
+ [44] Institut. orator. lib. 10, cap. I.
+
+ [45] Orig. lib. 10. chap. I.
+
+ [46] Ouv. de dieu, chap. 14.
+
+Les Hébreux, par le mot _reins_, désignant la concupiscence, emploient
+deux mots qui signifient en français _desirer ardemment_. Les reins
+étant situés dans les lombes, vers les parties latérales de la région
+supérieure du bas-ventre, on les a crus nécessaires à la génération.
+
+Dans Ovide, livre I des amours, Elégie XII, la plus chaste des femmes,
+ou du moins qui passoit pour telle, voulant éprouver la vigueur de ses
+prétendans, leur montre un arc et leur ordonne d’essayer de le bander.
+
+«Pénélope éprouvoit la force de ses amans en les défiant de bander un
+arc de corne, afin de voir celui d’entr’eux qui avoit les reins les plus
+forts.»
+
+Pénélope le dit elle-même, dans l’épigramme 69 du _Priapeia_, où le
+poëte la fait parler ainsi à ses galans assemblés.
+
+«Personne ne bandait mieux que mon cher Ulysse, l’arc que je vous
+présente, soit l’effet de la force des reins (_laterum_) ou de
+l’adresse. Puisque je l’ai perdu, essayez de le bander, et celui que je
+trouverai vraiment homme, mâle et vigoureux, et digne de le remplacer,
+sera mon époux.» Martial, liv. VII, épig. 57, dit, _essayer ses reins_,
+pour éprouver ses forces aux combats de Vénus.
+
+Ovide, liv. II, élégie 10 _des amours_, dit: donner de la force aux
+_reins_ pour exciter à la volupté.
+
+«La volupté donnera à mes reins tout ce qui peut ranimer mes forces.»
+
+Apulée, livre VIII, appelle _industrie, souplesse des reins_, l’avantage
+précieux d’une vigoureuse construction pour la lutte amoureuse. Parlant
+des débauches des prêtres de la déesse Syrienne: «Ils amènent, dit-il,
+souper avec eux, un paysan d’une taille et d’une force de reins
+extraordinaires.»
+
+Juvenal et Ovide disent: _ménager ses reins, s’abstenir des plaisirs de
+l’amour_. Le premier, sat. VI, dit en parlant d’un Catamite[47]:
+
+ [47] Les anciens nommoient _Catamiti, Ganymedes, Concubini_, ces
+ jeunes garçons qui tiroient un grand profit de la prostitution de
+ leurs corps. Pétrone leur a fait donner le nom de _Gitons_, et
+ depuis, les favoris de nos rois furent appelés _Mignons_, de _mi_,
+ qui signifie _mon_, et de _niño_, mot Espagnol qui veut dire _petit
+ enfant et caressé_. (Ménage et Futetière.)
+
+«Que ne laisses-tu dormir auprès de toi, cet enfant soumis, paisible et
+désintéressé, cet enfant qui jamais ne te reproche d’avoir ménagé tes
+flancs, et de ne le pas caresser autant qu’il le désireroit.»
+
+Et le second, livre II, de l’art d’aimer.
+
+«Ne ménagez pas vos flancs, c’est d’eux que dépendent la fidélité de
+votre maîtresse, la paix et le bonheur de vos amours.»
+
+Martial, livre XI, épigramme 105, emploie l’expression de rompre ses
+reins, pour fournir trop souvent la carrière amoureuse.
+
+«Et tu prolonges jusqu’au grand jour les transports libidineux qui
+épuisent et rompent tes reins.»
+
+Et plus loin, livre XII, épig. 99.
+
+«Bassus, tu te romps les reins, mais avec des jeunes gens bien fournis
+de poils.»
+
+Tibulle ou quelqu’autre auteur, dans ses Iambes à Priape, s’exprime
+ainsi:
+
+ «Dans mes vaisseaux enflés la liqueur prolifique
+ »Trop long-temps ménagée, irrite mes transports;
+ »Et rien ne peut calmer ma fureur érotique
+ »Que la tendre Vénus, secondant mes efforts,
+ »Sur le sein d’une belle amoureuse et lubrique,
+ »N’ait, en brisant mes reins, dégagé leurs ressorts.
+
+Pétrone, dans sa satyre, dit, _arracher les flancs_. (Je craignois que
+Giton ne m’arrachât les flancs.)
+
+Il donne en plusieurs endroits, aux flancs de ceux qui se sont ruiné le
+tempéramment, les épithètes de _fatigués_, _invalides_, _épuisés_,
+_desséchés_ et _morts_.
+
+Ovide, livre III, des amours, Elégie X, dit:
+
+«J’ai vu sortir de chez vous, votre adultère épuisé, traînant à peine
+ses flancs desséchés et sans vie.»
+
+Catulle, Epigramme 7.
+
+«Pourquoi ne nous montres-tu pas tes flancs épuisés.»
+
+Priape, s’exprime ainsi, épigramme 25 du _Priapeia_, déjà cité:
+
+«Vous voyez comme je suis arrangé et dans quel état déplorable la
+débauche m’a conduit. Je suis absolument ruiné, pâle et décharné. Mes
+flancs sont entièrement épuisés, une toux affreuse m’arrache la poitrine
+et je crains de cracher ma vie avec cette salive dangereuse.»
+
+Suétone, dans la vie de Caligula, chap. 37, dit que Catulle, jeune homme
+de maison consulaire, reprocha à ce monstre de lubricité «d’avoir
+assouvi sur lui sa brutale passion et de lui avoir épuisé les reins par
+ses criminels embrassemens.»
+
+Dans Apulée, livre VIII, le jeune homme qui servoit aux plaisirs infâmes
+de la déesse Syrienne, dit à l’âne qui venoit le remplacer dans cette
+fonction:
+
+«Puisses-tu vivre long-temps, plaire à tes nouveaux maîtres, et me
+donner le temps de réparer mes forces et _mes reins_ qu’ils ont
+épuisés.»
+
+Tous les passages que j’ai déjà cités rendent la chose aussi claire que
+les rayons du soleil dans un beau jour d’été, pour me servir ici des
+expressions de Plaute.
+
+Nous ne pouvons donc regarder comme nouvelle et suspecte, une opinion
+adoptée et confirmée par le suffrage unanime de toute l’antiquité et le
+témoignage des saintes écritures, que les lombes, les parties voisines,
+et les reins sont les instrumens de la génération. Or une chose
+généralement reconnue et avouée des savans, comme disent vos
+jurisconsultes, mon cher Cassius, ne peut être absolument fausse. Il n’y
+a de probable, dit Aristote, liv. 1 de ses topiques, chap. 1, texte 7,
+que ce qui paroît tel à tout le monde ou au plus grand nombre, et
+sur-tout à ceux dont on connoît la prudence et le génie, et qui se sont
+illustrés par les profondes connoissances. Il est donc important d’en
+chercher la raison avec la plus scrupuleuse attention, et d’établir,
+quand nous l’aurons trouvée, comment les coups de verges appliqués sur
+le dos ou sur les lombes, subtilisent, embrâsent les esprits et nous
+rendent habiles à savourer les délices de la jouissance[48].
+
+ [48] Nous ne pouvons mieux faire pour appuyer les observations faites
+ jusqu’ici par Meibomius, sur l’utilité de la flagellation, que de
+ citer M. l’abbé Chappe d’Auteroche, de l’académie des sciences. Ce
+ savant abbé mourut en Californie, quelques jours après son
+ observation du passage de Vénus sur le soleil, en 1760. Il avoit
+ accompagné dans cette importante mission, MM. de la Condamine,
+ l’abbé de la Caille, Joseph de Jussieu, Godin des Odonnais, Couplet,
+ Lemonnier, Bougues, Verguin, Morainville, Clairaut et le Camus. Il
+ remarque dans son voyage en Sibérie, fait par ordre du Roi en 1761,
+ tome 1, page 339, que les coups de verges que l’on donne dans les
+ bains de vapeurs, en Russie, donnent de l’activité aux fluides et du
+ ressort aux organes. _La flagellation_, dit-il, _anime les
+ passions_; et nous devons en croire cet estimable littérateur, qui
+ voyageant en philosophe, ami de l’humanité, s’est attaché à observer
+ tout ce qui peut influer sur la population.
+
+ Le lecteur qui désireroit de plus grands détails sur cette matière,
+ peut consulter l’excellent ouvrage de l’abbé Boileau, qui a pour
+ titre: Histoire des flagellans, où l’on fait voir le bon et le
+ mauvais usage des flagellations, etc. _Amsterdam_ 1701, _in_-12.
+
+Marsilius Cagnatus et Montuus attribuent tout aux lombes, puisqu’ils
+sont composés des parties ci-devant détaillées, c’est-à-dire, des
+vertèbres, des muscles, des reins, des veines, des artères et des nerfs,
+en donnant néanmoins le premier rang aux veines et aux artères
+spermatiques qui fournissent la matière de la semence, contiennent le
+fluide qui commence à blanchir et à s’épaissir, est déjà sperme, ou va
+le devenir, et de-là le transmettent dans les testicules. Ce fluide
+étant trop abondant dans les veines et les artères, s’y trouvant gêné,
+et cherchant à se répandre au-dehors, excite des picotemens agréables,
+le prurit vénérien, des irritations, le besoin de s’en décharger et des
+pollutions nocturnes, sur-tout chez les personnes qui se couchant sur le
+dos, communiquent trop de chaleur aux parties génitales. Barth.
+Montagnana[49], le philosophe Nemesius[50], (T) Joh. Matthæus[51],
+Garyopontus, médecin latin moderne[52], et Sennert, (U) notre professeur
+et notre ami, homme respectable, lorsqu’il vivoit[53], Pierre
+Lauremberg, _in procestriis annotat. anat. lib. 1. cap. IV_, et enfin
+Gaspard Hoffmann, disent tous la même chose, quoiqu’ils ne s’expliquent
+pas de la même manière.
+
+ [49] Consil. med. 37.
+
+ [50] De la nature de l’homme, chap. 27.
+
+ [51] _Quæst. medic._ 90.
+
+ [52] _Pract._ lib. 3. cap. 34.
+
+ [53] _Pract._ lib. 3. c. 1. sect. 1. part. VII.
+
+B. Montagnana, dit en examinant un passage d’Avicenne[54], qu’il faut
+remarquer pourquoi ce médecin attribue l’impuissance à la foiblesse des
+reins; et après avoir dit que la matière séminale acquéroit le dernier
+degré de perfection, en raison du degré de chaleur et de force répandues
+dans les testicules, il ajoute qu’elle doit nécessairement être préparée
+dans les régions supérieures, dans les parties où la digestion se fait
+le plus promptement, comme dans le foie et les reins, et par conséquent
+ou plus éloignée ou plus rapprochée, suivant la constitution de chaque
+individu. Il conclut enfin qu’il est impossible que la véritable semence
+se forme et acquierre toutes les qualités requises, si les parties où
+elle doit s’élaborer, c’est-à-dire le foie et les reins, sont vicieuses,
+mal organisées et n’ont pas entr’elles un ordre et une connexion
+uniformes.
+
+ [54] Lib. XIX. _Fen._ 3. c. _de renibus et ren. calc._
+
+Némésius croit que les reins n’épanchent dans les testicules qu’une
+sérosité saline qui n’excite seulement dans ces parties que le prurit et
+la chaleur du désir, et remplissent ainsi leur ministère dans l’acte de
+la génénération. «Les reins, dit-il, servent à épurer le sang, et ne
+sont dans le coït qu’une cause irritante et secondaire.» Les veines qui
+se rendent dans les _didimes_, puisent dans les reins un acide qui
+irrite le désir, de même que les humeurs acres qui se glissent entre
+cuir et chair, y causent des démangeaisons. L’enveloppe de ces corps
+glanduleux étant plus tendre et plus délicate que la peau du reste du
+corps, cet acide irrite et aiguillonne plus vivement les organes de la
+volupté, et c’est cette âcreté mordicante qui procure les pensées
+lascives, provoque la fureur amoureuse et opère l’éjaculation de la
+semence. Voilà mot pour mot ce que dit Isidore ci-dessus cité, et Joh.
+Matthæus ne diffère de lui, qu’en ce qu’il attribue plus de faculté au
+rein gauche qu’au droit: «la veine gauche séminaire, dit-il, étant
+placée avec l’émulgente, près du rein gauche, fournit un sang mêlé d’une
+substance aqueuse et salée, qui occasionne le prurit et sert de
+stimulant à la jouissance.» Laurenberg donne aux reins l’emploi de la
+génération, et ne s’explique pas autrement que Garyopontus.
+
+Il définit les reins un tissu de muscles et de nerfs étroitement liés
+aux corps caverneux qui contiennent la liqueur séminale. Il leur
+attribue l’opération de la spermatose, et croit que c’est en eux que le
+fluide régénérateur est contenu et élaboré. C’est aussi l’opinion de
+Sennert, quoiqu’il en donne une toute autre raison, en s’expliquant plus
+clairement et d’une manière qui approche plus de la vérité anatomique,
+que celle de Garyopontus, qui ne paroît pas la connoître beaucoup.
+Sennert dont l’exemple est suivi par Hoffmann, prétend que les reins ne
+servent pas seulement à communiquer une irritation voluptueuse aux
+parties de la génération, mais encore à perfectionner le fluide séminal
+et à le transmettre. Il infère de-là, premièrement, que les reins ont un
+parenchyme particulier, qui ne diffère pas beaucoup de la substance du
+cœur et du foie, et c’est aussi le sentiment d’Arétée[55].
+
+ [55] Lib. 2. c. III. _de morbis diut._
+
+On ne peut refuser à ce parenchyme particulier la faculté que lui donne
+Galien[56] d’élaborer le sang: faculté qui lui est commune avec le
+parenchyme de tous les autres vaisseaux. Kariesatos et Jean
+Beverovicius, chap. 2 de son livre sur la pierre de la vessie, l’ont
+démontré d’une manière évidente. La veine émulgente étant la plus
+considérable de celles qui prennent naissance dans la veine cave, et
+voiturant dans les reins plus de sang qu’il n’en faut pour les
+alimenter, et l’artère étant aussi trop grande pour filtrer et dépurer
+les sérosités, il est vraisemblable que la nature qui ne fait rien sans
+dessein, n’a donné tant de capacité à ces vases, que pour les faire
+concourir à ses vues, dans une opération particulière. Il conclut donc
+que cette opération n’a d’autre but que de porter dans les reins le sang
+des artères, qui se mêlant ensuite, dans leur substance, avec le sang
+des veines, et y changeant de nature, forme la base de la composition de
+la semence qui descend ensuite dans les testicules. Ce qui confirme
+l’opinion de Sennert, c’est que des diverses conformations des reins et
+des vases dans lesquels la nature se plaît à créer des bizarreries, pour
+s’amuser, il résulte qu’il y a des hommes plus amoureux les uns que les
+autres, et d’une complexion beaucoup plus vigoureuse. Salomon Albert et
+Jean Riolan[57] nous en offrent des exemples. Tous deux faisant la
+dissection d’un criminel, disent lui avoir trouvé trois émulgentes et
+les veines spermatiques dans chaque côté, qui sortoient des émulgentes.
+Sal. Albert infère de-là que cette prodigieuse abondance de vaisseaux et
+de semence devoit nécessairement opérer chez cet homme l’insatiable
+salacité et les desirs sans cesse renaissans dont il se plaignoit encore
+quelques instans même avant son supplice. Riolan écrit que le sien fut
+pendu pour trigamie, parce que son trop plein d’existence et de force
+l’avoit contraint à épouser trois femmes à la fois[58].
+
+ [56] Lib 6. _de decret. Hippocr. et Plat._
+
+ [57] Antrop. liv. 2. chap. 27.
+
+ [58] Tel étoit de nos jours Mirabeau l’aîné, député à l’assemblée
+ constituante. (_Note de l’éditeur._)
+
+Philippe Salmuth ayant fait la dissection de deux hommes morts du mal
+vénérien, trouva que les reins du dernier étoient trois et même quatre
+fois plus grands que ceux des hommes ordinaires. Sennert demande
+ensuite, dans le cas où cette opinion seroit rejettée, d’où proviennent
+les sels volatils qui affectent l’odorat à l’approche de plusieurs
+animaux non-châtrés, qui s’exhalent de toutes les parties de leur corps,
+mais dont la perception est beaucoup plus sensible dans les reins et
+sur-tout des adultes, ce qui ne se rencontre pas dans les individus de
+l’âge le plus tendre, ou qui n’ont pas encore été accouplés. Il ajoute
+encore, d’après Oiribase[59], que la surabondance de liqueur séminale
+trop long-temps retenue dans les vaisseaux nuit aux reins; que les
+médecins regardent comme la preuve de l’excessive chaleur de ces
+parties, le penchant au libertinage, les songes lascifs et les
+pollutions nocturnes qui en sont le résultat. Les physiciens disent de
+plus que la qualité de la semence dépend de la constitution des reins.
+De même qu’une érection fréquente marque la chaleur des reins, de même
+une longue continence et l’éloignement des plaisirs de l’amour désignent
+leur température glacée.
+
+ [59] Lib. 6, cap. XXXIX. _collect._
+
+Alex. Trallien[60] et Arétée[61] nous apprennent que dans la gonorrhée
+simple, on diminue la force et la quantité du fluide séminal, en
+appliquant des remèdes qui ont cette vertu, sur les lombes, vers la
+région des reins.
+
+ [60] Médecin et philosophe du sixième siècle. Liv 2. chap. 9.
+
+ [61] Liv. 2. de _ses Chroniq._ chap. 7.
+
+Pline[62] vient encore à l’appui de Sennert, et dit que des lames de
+plomb attachées sur les lombes et les reins, tempèrent par leur
+fraîcheur les transports de la passion amoureuse, et il cite à ce sujet
+l’exemple de l’orateur _Licinius Calvus_ qui se servit avec succès de ce
+remède pour arrêter un flux involontaire de semence.
+
+ [62] Liv. 34. chap. 18.
+
+Galien[63] rapporte que les athlètes ceignoient pareillement leurs reins
+de ces lames de plomb, pour empêcher les pollutions nocturnes et amortir
+les feux de l’amour; il ne trouve pas de meilleur remède au priapisme
+qu’un emplâtre d’huile rosat épaissi avec de l’eau froide et appliqué
+sur les lombes.
+
+ [63] Liv. 5 _de tuendâ valet._ c. _ult._ lib 6. _de loc. adf._ c. ult.
+ et lib. 14. _method. medic._ cap. 7.
+
+Cœlius Aurelianus[64], outre les lames de plomb, ordonne des éponges
+imbibées à froid avec le marre de raisin.
+
+ [64] Liv. 5. Tard. pass. cap. 5.
+
+Aëce[65] et Théodore Priscien[66] recommandent non-seulement
+l’application des lames de plomb sur les lombes et les rafraîchissans,
+mais encore défendent de se coucher sur le dos, pour ne pas augmenter le
+mal, par l’extrême chaleur que cette position communique à ces parties.
+
+ [65] Tetrabiblos I. disc. III. chap. 32 et 37.
+
+ [66] Liv. 2. c. XI.
+
+Oribase[67] (V) et Paul Eginæte[68] sont du même avis. Ce dernier défend
+même dans la gonorrhée simple, tout médicament qui provoque les urines,
+comme très-nuisible aux reins qui sont placés dans la région des lombes.
+
+ [67] _Synops._ Lib. 9. c. 39 et 40.
+
+ [68] Lib. 3. c. 55 et 56.
+
+Avicenne[69] l’a prouvé, et cite entr’autres symptômes de l’épuisement
+et de la défection des reins, le défaut d’érection dans le coït. Il
+donne pour cause de la foiblesse de ces parties, la trop fréquente
+émission des molécules organiques, et nous apprend[70] que le seul moyen
+de leur rendre toute leur vigueur, est l’abstinence des plaisirs qui les
+en ont privés.
+
+ [69] Lib. 3. _Fen._ XIX. c. IX.
+
+ [70] Cap. XI.
+
+Aaron, médecin célèbre, cité par Rhasès[71] dit aussi qu’il faut
+attribuer le défaut d’érection, au foie et aux reins.
+
+Aristote[72] dit, qu’excepté l’homme, aucun des animaux n’est sujet au
+flux involontaire de la semence, parce qu’ils ne se couchent point sur
+le dos. On en excepte pourtant les chevaux de course dont les lombes et
+les reins échauffés par le mouvement que leur communique le cavalier,
+les rendent plus enclins à l’acte vénérien. Voilà l’origine de la
+coutume qu’observoient les dames d’Athènes, pendant les
+Thesmophories[73] d’éviter les carresses de leurs époux, et de coucher
+seules.
+
+ [71] Liv. 2. de la Continence.
+
+ [72] _Problêm._ Sect. 10. Prob. 19.
+
+ [73] Les Thesmophories étoient des sacrifices et des fêtes en
+ l’honneur de Cérès _Thesmophore_ ou _Législatrice_, pendant toute la
+ durée desquelles on s’envoyoit par toute la Sicile des gâteaux faits
+ avec du miel et de la graine de Sésame. On donnoit à ces gâteaux la
+ figure des _parties naturelles de la femme_, pour lesquelles les
+ Syracusains avoient tant de vénération et d’amour qu’ils les
+ portoient en cérémonie à ces fêtes célèbres. Les Romains, lorsque
+ leurs mœurs furent dépravées, firent construire des vases dont ils
+ se servoient à leurs repas et auxquels ils donnoient la figure de la
+ partie virile pour laquelle ils avoient tant de passion. Ce qui a
+ fait dire à Juvenal, satire 2: _Vitreo bibit ille Priapo_: _Celui-là
+ boit dans un Priape de cristal_.
+
+ Le Sésame est une espèce de bled, selon Pline, et de légume, selon
+ Columela, que les apothicaires d’Italie nomment _Gingeoline_. Il
+ ressemble au millet. Son huile est fort estimée et a la vertu de
+ rendre stérile. Pline dit qu’il fut apporté des Indes. Ses feuilles
+ sont rouges et ses fleurs vertes. Sa graine est blanche et renfermée
+ dans de petits boutons, comme celle du pavot et sa racine est
+ blanche pareillement. On n’en sème guère, parce qu’on prétend qu’il
+ rend la terre stérile. Son nom en latin est _Sesamum_.
+
+Ovide en parle ainsi, livre II de ses métamorphoses, fable IX. «Elles
+mettoient au nombre des choses defendues les plaisirs de l’amour, et les
+attouchemens des hommes dont elles se sevroient pendant neuf jours.»
+
+Elles dressoient leurs lits avec les branches et les feuilles de
+_l’agnus-castus_[74]. Le Vitex est un arbrisseau dont l’odeur combat les
+pensées amoureuses et écarte les songes lascifs. C’est pourquoi elles
+jonchoient leurs couches solitaires, des feuilles de cet arbrisseau,
+pour altérer la force et la chaleur du fluide séminal, rafraîchir leurs
+reins et les parties voisines, et émousser les aiguillons de l’amour.
+Voyez à ce sujet Dioscoride[75], Pline[76], Ælien[77] et Galien[78].
+
+ [74] _L’agnus-Castus_, nommé par les Grecs _chaste_, par les Latins,
+ _Vitex_, est un arbrisseau qui ressemble beaucoup à notre _Saule
+ d’Amérique_. Il croît sur le bord des rivières et des torrens. Ses
+ branches sont noueuses, longues et flexibles, ses feuilles assez
+ ressemblantes à celle de l’olivier, ce qui l’a fait nommer par
+ Mathiole _olivæ agnus_, mais plus molles. Ses fleurs sont purpurines
+ et quelquefois blanches. Son fruit est comme le poivre, chaud et
+ astringent. Il y en a de blanc et de noir.
+
+ _Arnaud de Villeneuve_ exagère les propriétés de l’agnus-castus avec
+ une confiance qui étonne dans un homme instruit. Il assure que le
+ moyen le plus sûr de conserver sa chasteté, est de porter
+ habituellement un couteau dont le manche seroit fait avec le bois de
+ cet arbrisseau. Le préjugé des anciens sur ce végétal s’est perpétué
+ jusqu’à nous, et l’on fait encore dans les monastères, usage
+ intérieurement et extérieurement des semences et des feuilles de cet
+ arbrisseau, en se faisant une ceinture de ses branches ou une
+ émulsion de sa semence avec l’eau de nénufar. Voyez ce que rapporte
+ à ce sujet M. de Lignac dans son traité de l’homme et de la femme,
+ considérés physiquement dans l’état du mariage... Lille 1773.
+ _in_-12. tom. premier, pages 102 et suivantes.
+
+ [75] Liv. 1. Chap. CXVI.
+
+ [76] Lib. XXIV. cap. IX.
+
+ [77] De anim. lib. IX. c. XVI.
+
+ [78] Lib. VI. de Simp. med. fac. chap. 34.
+
+On emploie aussi pour donner la vigueur nécessaire aux exercices de
+Vénus, les reins de certains animaux, et principalement du bouc.
+
+_Aëce_, déjà cité, recommande l’usage de la chair du _seine-marin_[79],
+prise de ses reins ou des environs, comme très-propre à opérer
+l’érection de la verge. Peut-être est-ce une espèce d’analogie et une
+conformation semblable à ceux de l’homme, qui a fait attribuer aux reins
+de cet animal la propriété de les aider et de les exciter à remplir le
+devoir de la génération; de même que l’on ordonne à ceux qui sont
+inhabiles à s’en acquicter, entr’autres médicamens, les frictions, les
+emplâtres chauds, non-seulement sur les parties honteuses, mais encore
+aux reins, les diurétiques violens, comme les cantharides, et le soin de
+se coucher sur le dos, pour maintenir la région des lombes dans un degré
+de chaleur nécessaire pour rappeller les forces languissantes, rendre la
+semence prolifique, et précipiter sa descente dans les testicules.
+Rhasès[80] dit que toutes les fois que l’on se frottera les reins avec
+des médicamens chauds, le membre viril augmentera de grosseur et de
+fermeté, et l’érection sera complette.
+
+ [79] Le _Seine-marin_ est une espèce de petit crocodile terrestre, que
+ sa qualité anti-vénéneuse a fait entrer dans le fameux Mithridate,
+ et sa vertu aphrodisiaque dans l’électuaire _Diasatyrion_. Ce lézard
+ en Egypte et en Arabie, ne se nourrit que de plantes aromatiques.
+ Les paysans d’Egypte portent de ces lézards au Caire, d’où par
+ Alexandrie, on les transporte à Venise et à Marseille, pour les
+ disperser dans toutes les pharmacopées de l’Europe. Les Arabes et
+ les Egyptiens s’en servent pour s’exciter à l’amour. Les Européens
+ le rejettent, parce qu’il rend maniaque; au reste le seine-marin
+ résiste au vénin, et augmente la semence. Dioscoride recommande la
+ chair qui est autour de ses reins. Galien dit que ce sont les reins
+ mêmes qu’il faut employer. Pline veut que ce soit la dépouille et
+ les pattes. M. Lemery s’est déterminé pour l’usage des reins, qu’il
+ ordonne de réduire en poudre, il en fixe la dose à 72 grains. On ne
+ sauroit enfin être trop en garde contre la violence de ce remède.
+
+ [80] Lib. XI, _Contin._ c. V.
+
+Misish, médecin arabe, dans sa somme de Rhasès, dit aussi que le seul
+moyen de s’exciter aux plaisirs de l’amour, est de donner beaucoup de
+chaleur au dos, comme celui de diminuer la fougue d’un tempéramment
+lascif, est, en prenant cette sage précaution en sens inverse, de l’en
+priver, en se couchant sur des feuilles froides. Nous concluons donc de
+tout ceci, que les lombes sont les premiers instrumens de la génération,
+selon leur constitution et l’emploi que la nature leur a confié; et
+suivant Cagnati, les veines et les artères y portent la matière et les
+esprits; que le premier organe des reins est le parenchyme[81], où le
+fluide séminal commence à s’élaborer, à devenir prolifique et recevoir
+enfin dans les vases séminaires le degré de perfection qui lui est
+nécessaire: c’est l’opinion de Sennert et la nôtre. Il ne faut pourtant
+pas rejetter celle de Némésius, d’Isidore, de Matthæus et de Laurenberg,
+qui prétendent qu’il se mêle à ce fluide une certaine sérosité saline,
+une humeur mordicante filtrée des reins dans les testicules, et dont
+l’effet est de causer le prurit vénérien et l’érection avec de violens
+desirs de la jouissance. Ce que le grammairien Papias a répété, sur leur
+autorité, dans son vocabulaire.
+
+ [81] Mot grec qui signifie _engendré par la masse et l’épaississement
+ d’un suc_. Le foie est le premier de tous les parenchymes.
+
+Nous avons, je crois, suffisamment prouvé que la flagellation sur le dos
+ou sur les lombes est du plus grand effet pour rendre la vigueur éteinte
+par les excès de la volupté, et vous ne devez plus être surpris que ces
+hommes, que la débauche a mis au rang des bêtes, ces monstres épuisés de
+luxure, et victimes d’un honteux désordre, ayant cherché dans
+l’opération douloureuse de la flagellation, un remède à l’épuisement, à
+la foiblesse de leurs reins, et à la perte totale de leurs forces, sans
+parler de ceux qui, moins coupables à la vérité, ne doivent ces accidens
+qu’à un trop violent amour pour une épouse, ou à un physique froid,
+vicieux et mal organisé. Il est probable que la flagellation donne aux
+parties relachées et refroidies, une commotion violente, une irritation
+voluptueuse qui les embrâse et se communique à la semence, ajoutez à
+celà que le sentiment aigû de la douleur des parties frappées, subtilise
+et précipite le sang avec plus d’abondance, attire les esprits, et
+fournissant aux parties de la génération une chaleur excessive, procure
+à l’homme libidineux qui cherchoit en vain le plaisir, le moyen de
+consommer l’acte de la génération, malgré la nature même, et de
+multiplier ses jouissances criminelles au-delà des bornes qu’elle a
+assignées à ses forces[82].
+
+ [82] Rabelais faisant allusion à cette manière de se procurer des
+ forces pour la lutte amoureuse, dit _se frotter le cul au
+ panicaut[83] vrai moyen d’avoir au cul passion_.
+
+ Une femme en mélancolie
+ Par faute _d’occupation_,
+ Frottez-moi lui le cul d’ortie,
+ Elle aura _au cu passion_.
+
+ _Extrait du Ducatiana._
+
+ Nous ne pouvons nous refuser au plaisir d’ajouter encore une preuve
+ aux observations de Meibomius, en faisant part à nos lecteurs d’une
+ anecdote, non-seulement étroitement liée au sujet que nous traitons,
+ mais encore intéressante par la réputation de celui qui en est le
+ héros. Il s’agit d’un chevalier romain, gouverneur d’Egypte, ami
+ d’Auguste et de tous les beaux esprits de son temps; d’un poëte
+ charmant qui a servi de modèle aux _Barth..._, aux _Dorat_, aux
+ _Parny_, aux _Chabanon_, enfin de _Cornelius Gallus_, l’ami de
+ _Virgile, Horace, Tibulle_ et _Catulle_, qui, comme ces derniers, a
+ chanté l’amour, au milieu de ses extases, et qui, au rapport de
+ Pline, mourut d’une douce mort, ou plutôt s’endormit pour toujours
+ sur le sein de celle qui faisoit le bonheur de sa vie. M. de Lignac
+ nous apprend que ce favori des Grâces ne devoit les transports et
+ les faveurs enivrantes d’une jeune fille passionnée pour lui, qu’au
+ fouet qu’elle recevoit fréquemment d’un père rigoureux qui, croyant
+ la punir par ce châtiment, des fautes que lui faisoit commettre un
+ tempéramment trop lascif, ne travailloit au contraire qu’à
+ l’augmenter, et servoit ainsi, sans le savoir, les vues du
+ voluptueux poëte.
+
+ Ce trait m’en rappelle un autre dont j’ai été le témoin. Un écolier
+ de rhétorique, et mon condisciple, menacé du fouet par le régent,
+ trouva le moyen de s’y soustraire par cette réponse hardie et
+ indécente. «Vous me rendriez un grand service, je n’osois vous le
+ demander, mais vous devriez savoir qu’à mon âge on ne le craint
+ plus.»
+
+ [83] Le _Panicaut_ est une espèce de chardon qu’on appelle _à cent
+ têtes_, en latin _eryngium_. Ses feuilles sont bonnes à manger,
+ lorsqu’elles sont tendres et confites dans le sel. Elles sont
+ aromatiques, et deviennent en croissant, épineuses et piquantes.
+
+Voilà mon avis, mon cher Cassius; mais, direz-vous, cet expédient
+honteux n’est mis en usage que par les libertins dont vous m’avez parlé,
+afin que remediant à l’extinction de leurs facultés, fruit de leurs
+excès de débauche, ils puissent les continuer, et se vautrer de plus
+belle dans la fange du crime. Je demande donc maintenant si cette
+fustigation ne devient pas un remède aussi innocent que quantité
+d’autres employés tous les jours, et si la conservation de l’espèce ne
+le rend pas non-seulement excusable, mais même nécessaire, lorsqu’il
+s’agit d’un homme qui, voulant savourer les voluptés d’une jouissance
+permise, et se reproduire dans un second lui-même, n’éprouveroit avec
+une épouse aimable et tendrement aimée, que le désespoir de
+l’impuissance, et dont tous les efforts seroient vains pour consommer le
+mariage, par la foiblesse et le défaut de chaleur des parties que nous
+avons détaillées ci-dessus, et qui seroit précisément le coursier dont
+parle Virgile, liv 3 de ses géorgiques.
+
+ «Quand des ans ou des maux il sentira le poids,
+ »Des travaux de l’amour dispense sa foiblesse;
+ »Vénus ainsi que Mars demande la jeunesse.
+ »Pour son corps dévoré d’un impuissant désir,
+ »L’hymen est un tourment et non pas un plaisir,
+ »Vieux athlète, son feu dès l’abord se consume:
+ »Tel le chaume s’éteint au moment qu’il s’allume.
+
+_Trad. de l’abbé de Lille._
+
+De sorte qu’il ne pourroit, je ne dis pas s’acquitter totalement envers
+sa créancière, mais même payer la moitié de la dette. Pourquoi non, mon
+cher Cassius? Je sais que vous n’êtes aucunement dans le cas de recourir
+à un remède de cette nature, et je suis prêt à l’affirmer par serment et
+sous peine de privation des plaisirs de l’amour pendant la cinquantaine.
+Je sais depuis long-temps, comme votre médecin, et je ne me trompe pas,
+que vous êtes pourvu des plus brillantes qualités pour remplir les
+devoirs d’époux; les règles infaillibles de mon art, et la connaissance
+qu’il me donne de votre constitution physique, me permettent et me font
+même un devoir d’en juger. J’ai d’ailleurs pour garant de la vérité de
+mes conjectures, un témoin irrécusable et au-dessus de toute exception,
+qui depuis peu commence à se remuer dans les entrailles de votre douce
+et tendre moitié, et pour qui j’implore les faveurs de Lucine, au temps
+marqué pour son élargissement. Pour ce qui est de communiquer à d’autres
+le remède que je vous indique, s’il en est qui aient besoin du ministère
+d’un homme qui d’un bras vigoureux leur décharge sur le dos une ample
+provision de coups de verge, je ne le défends à personne, et ne leur
+envie pas ce plaisir. Non-seulement ceux qui habitent le temple des
+Muses, comme on le dit ordinairement des savans, doivent être
+inaccessibles à la jalousie, mais plus encore les médecins.
+
+_L’envie_, dit Scribonius Largus, dans une lettre à C. Julius Callistus,
+_est un crime affreux qui déshonore les hommes, et doit être en horreur
+à tout l’univers, et principalement aux médecins; car si leur ame
+n’étoit pas le séjour de l’humanité et de la tendre pitié, qui sont le
+premier devoir, la base et le but de leur profession, ils devroient être
+l’objet de la haine et du mépris des dieux et des hommes._
+
+C’est uniquement pour vous être agréable, ô l’ami de mon cœur, et
+satisfaire votre curiosité, que je me suis hasardé de traiter ce sujet
+et de vous dire mon avis, un peu librement à la vérité. Quel que soit
+son sort, tirez-en le meilleur parti possible, continuez-moi l’amitié
+dont vous m’honorez, pardonnez à ces plaisanteries innocentes, qui
+cependant conduisent à des réflexions importantes et sérieuses, et
+conservez précieusement une santé qui m’est aussi chère que la mienne.
+Adieu.
+
+
+
+
+OBSERVATIONS
+
+_Extraites d’une lettre de Thomas Bartholin à Henri Meibomius._
+
+
+La traduction que nous avons entreprise du traité de Meibomius, étant
+principalement destinée aux savans, nous croyons qu’il est fort inutile
+de leur offrir en entier la lettre de Bartholin au fils de l’auteur;
+nous nous contenterons d’en extraire toutes les réflexions qui peuvent
+ajouter à la singularité de l’ouvrage, et nous renverrons nos lecteurs à
+l’édition latine, où cette lettre a été insérée toute entière avec la
+réponse de Meibomius.
+
+Bartholin, après une énumération des ouvrages et un magnifique éloge des
+talens de Meibomius, dit que Paulin, son imprimeur, l’ayant prié
+d’ajouter quelques observations, le desir d’être utile au public et de
+faire cause commune avec ses amis Meibomius et Cassius, l’a engagé à
+rassembler quelques cordes et quelques brins (ce sont ses termes) pour
+augmenter les verges.
+
+Très-peu de personnes, dit-il, aiment la flagellation: les anodins étant
+en général plus du goût des malades que les caustiques; mais telle est
+la condition humaine, qu’on ne peut pas toujours employer les topiques
+bénins.
+
+La flagellation est propre sur-tout à guérir ceux qui feignent d’être
+malades; elle est utile dans l’épilepsie; on l’employa souvent avec
+succès pour rendre l’activité aux esclaves qui se disoient malades pour
+ne point travailler. Il paroît qu’elle est propre aussi pour guérir les
+maladies de l’ame, comme celles du corps, puisqu’on a vu dans l’Italie
+une secte de flagellans qui s’assembloient pendant le carême pour expier
+leurs fautes par une copieuse discipline. Claudion, liv. 1, sur Eutrope,
+dit que cette coutume se pratiquoit aussi dans les fêtes de Cybèle.
+
+Les Syriens avoient des mercenaires qui pour une certaine rétribution,
+se chargeaient d’expier les fautes des autres, en se flagellant
+eux-mêmes, suivant le plus ou moins de bénéfice.
+
+On voit que Circé employoit une verge pour changer les compagnons
+d’Ulysse en pourceaux; on peut conclure de-là que les mêmes verges qui
+rendent aux uns le bon sens, peuvent l’ôter aux autres.
+
+J’ai vu à Padoue des religieux employer la flagellation pour chasser le
+diable des corps qui en étoient possédés, possession qui, suivant les
+médecins, n’étoit autre chose qu’une épilepsie que l’on guérit aisément
+par la chaleur que communique la flagellation. St.-Marc, tourmenté par
+l’esprit malin, le mettoit à la raison à coups de poing. Haymond, évêque
+d’Halberstad, dit que les soufflets sont plus efficaces pour guérir les
+tentations du diable, que pour dissiper les douleurs de tête.
+
+Les Romains faisoient fouetter les esclaves qui avoient encouru le
+châtiment, comme le dit P. Brisson, liv 3, des antiquités du droit
+civil, chap. 9.
+
+La crainte de la douleur nous contient dans les bornes de la raison;
+j’ai connu un homme de bonnes mœurs, mais sujet à de fréquens mouvemens
+de colère, que l’on rendoit plus doux qu’un agneau, en lui administrant
+une ample flagellation, quand les menaces n’avoient pu calmer sa fureur.
+
+Cœlius Aurelianus dit que la plante nommée Férule a la vertu de rendre
+l’équilibre des humeurs aux parties irritées; et Dioscoride, liv. 5,
+chap. 19, dit que l’eau de la mer produit le même effet, étant par sa
+nature chaude et aride comme toutes les choses salées.
+
+Un marchand d’esclaves parvint à rendre en bien peu de temps le plus
+brillant embonpoint, à un enfant exténué par la faim, et cela, par le
+moyen d’une flagellation modérée qu’il lui donnoit tous les deux jours.
+
+Si le moyen de Cœlius paroît trop violent, on veut employer celui que
+propose Æginete, liv. 4, chap. 12, qui est d’appliquer sur le corps
+malade, la peau d’un agneau fraîchement dépouillé, et le battre ensuite
+de verges.--Les Syriens voluptueux avoient recours à ce moyen. Beroalde
+dit que la peau du blaireau est excellente pour guérir les plaies qui
+sont les suites de la flagellation et de la morsure des chiens. Quelques
+cruels que paroissent les arrêts de la médecine, il faut se souvenir,
+non de la douleur momentanée qu’ils procurent, mais de la guérison
+qu’ils doivent opérer, et ne jamais les commenter, ni les approfondir.
+
+Les barbiers de Rome avoient mis des fouets à leurs portes, entre autres
+instrumens qui composoient leurs enseignes, comme nous le prouve
+Martial. liv. 2. ch. 17. Ces fouets étoient faits de cordes de laine, et
+pour les rendre plus déchirans, on les hérissoit de nœuds et d’osselets
+de mouton, au rapport d’Apulée. Catulle, épig. 25 à Thallus menace de le
+punir de cette manière.
+
+Sénèque, épitre 90, dit que la torpeur des membres se guérit par la
+flagellation avec de l’ortie, et dont les coups sont si violens qu’un
+oie qui en seroit piqué, en mourroit. Columella dit que les fermiers de
+Rome ont coutume de déplumer les poules d’Afrique sur le ventre, et de
+les fouetter avec de l’ortie, pour les faire couver, en leur mettant
+dans le bec ou un bol, ou un os qui leur sert de bâillon, pour les
+empêcher de rendre la nourriture qu’elles ont prise. On sait qu’un
+soufflet ou un coup de poing bien appliqué sous la mâchoire inférieure,
+guérissent promptement un homme à qui un bâillement ou un rire immodéré
+ont causé une luxation et un relâchement dans les ressorts de la bouche.
+Chez les habitans de la Gaule Cis-Alpine, (aujourd’hui le Milanois) on
+comprimoit avec des cercles ou des lames d’étaim, le ventre d’une femme,
+pour en faire sortir le fœtus mort dans ses entrailles.
+
+J’ai remarqué que le fouet que l’on donne aux enfans pour les punir
+d’avoir uriné dans le lit, est le moyen le plus efficace de les en
+empêcher, quoique les parens ne fassent point d’attention aux effets
+physiques de ce remède.
+
+Meibomius a cité assez d’exemples qui prouvent combien la flagellation
+est utile dans l’impuissance, pour me dispenser de blesser encore les
+oreilles chastes, en les répétant ici; mais il n’est pas inutile de dire
+que non-seulement ce remède est propre aux hommes, mais encore aux
+femmes pour les faire concevoir plus aisément. Aussi les Romaines
+s’offroient-elles nues aux prêtres qui célébroient les Lupercales, pour
+en être frappées. Ces prêtres se servoient tantôt de la main, tantôt de
+la tige de la férule. Les plus chastes se contentoient d’appliquer leurs
+coups sur la main, et on devine facilement que la superstition avoit
+moins de part à cette cure que la libre circulation du sang, qui, agité
+et divisé, remonte vers le cœur, se répand dans les artères avec plus
+d’abondance, et porte par-tout un feu pur et nouveau qui excite à
+l’amour, et dispose à la conception. Les Romains qui, en célébrant les
+Lupercales, couroient nuds par les rues, et frappoient toutes les femmes
+qui se trouvoient sur leur passage, se nommoient _Crépi_, du mot latin
+qui signifie _bruit_, parce que les verges avec lesquelles ils
+frappoient, étoient couvertes de cuir, selon Dempterus, liv. 3, chap. 2,
+ou de peaux de chien ou de bouc, qui étant sèches, augmentoient la
+douleur ou le bruit de l’opération. Plutarque attribue de bons effets à
+cette flagellation. Ovide, Juvénal et Prudence dans l’histoire des
+martyrs, se sont égayés sur l’usage considéré comme religieux, mais en
+effet utile comme médical; le caractère connu des prêtres qui suivant
+leurs termes, frappoient les femmes avec d’autres verges que la férule,
+a donné lieu à bien des plaisanteries[84]. Voyez Cardan, liv. 2, de son
+traité de l’utilité que l’on peut retirer de l’adversité.
+
+ [84] Ce trait nous rappelle un quatrain placé dans l’église de
+ St.-Hyacinthe, à Paris, et qui prouve la vertu des moines.
+
+ «Femmes qui désirez de devenir enceinte,
+ »Adressez cy vos vœux au grand Saint-Hyacinthe,
+ »Et tout ce que pour vous le saint ne pourra faire,
+ »Les moines de céans pourront y satisfaire.»
+
+Entr’autres nations où ces usages sont communs, on distingue les Perses
+et les Russes. Ceux-ci battent leurs femmes pour prouver leur amour.
+Jean Barclay, dans son _Icon animorum_, rapporte une anecdote qu’on ne
+sera pas fâché de trouver ici.
+
+Un homme de basse extraction quitta l’Allemagne et se retira en
+Moscovie. Si vous êtes tant soit peu curieux de le savoir, il se nommoit
+Jourdain. Le séjour lui ayant paru agréable, il résolut de s’y fixer, et
+il s’y maria. Passionnément amoureux de sa femme, il n’épargna rien pour
+l’en assurer, mais ses efforts furent inutiles; elle souffroit
+intérieurement un chagrin qu’elle vouloit cacher, mais que la rougeur de
+ses yeux, ses soupirs et ses sanglots trahissaient à chaque instant. Son
+époux lui demandant la cause de cette tristesse et cherchant à deviner
+en quoi il avoit manqué au devoir de la tendresse, elle lui parla en ces
+termes, après s’être fait long-temps presser. «Pourquoi fais-tu si
+bien-semblant de m’aimer? Crois-tu me tromper? Crois-tu me cacher plus
+long-temps que je suis vile à tes yeux?» et en même temps elle versoit
+un torrent de larmes. Jourdain étonné de ce langage, lui demanda en quoi
+il l’avoit offensée; que peut-être il avait manqué en quelque chose,
+mais qu’il répareroit cette faute par plus de soins. Enfin, lui
+dit-elle, puisque tu fais semblant de l’ignorer, où sont donc les verges
+avec lesquelles tu m’as apprise à t’aimer? Ne sais-tu pas que c’est chez
+nous l’unique moyen que doivent employer les hommes qui veulent nous
+persuader de leur amour? Jourdain à ce discours fut long-temps dans une
+stupeur profonde, et eut toutes les peines du monde à s’empêcher de
+rire. Bientôt la première surprise passée, et sa femme persistant à lui
+parler sérieusement, il fut forcé de croire que ce traitement étoit
+indispensable. Mais comment se résoudre à battre une femme qu’on aime?
+Il n’y avoit pourtant pas de milieu, il eût été haï; il s’y résolut donc
+avec beaucoup de peine. Peu de jours après, il saisit un prétexte
+d’humeur de sa femme, et prenant un bâton, lui administra la correction
+la plus conjugale. Le remède fit merveille, et sa femme commença à le
+chérir de la meilleure foi du monde.
+
+Pierre d’Erlesunde, part. 5 de ses anecdotes moscovites, raconte le même
+fait et dit: que c’est pour cet usage que les maris aussi-tôt la noce,
+se munissent de verges, comme des divers ustensiles de ménage, et le
+motif de cette emplette n’est nullement le desir de corriger sa femme;
+car une méchante femme, s’il y en a, ne se corrige ni par les menaces,
+ni par la colère, quand même on lui casseroit les dents à coups de
+pierre, pour me servir des termes de Simonide, dans Stobée.
+
+Je crois avec votre père Meibomius, (c’est Bartholin qui parle) que la
+flagellation excite et augmente la semence par la chaleur extrême
+qu’elle communique aux lombes et aux reins, et j’ai depuis long-temps
+démontré dans mes recherches sur l’anatomie, de quelle manière les
+fonctions des reins dépendent de la circulation du sang, systême appuyé
+depuis par Sennert, Olafius, Wormius et Meibomius. Ce qui fait que
+l’usage de se coucher sur le dos procure en dormant les pollutions
+involontaires, en donnant trop de chaleur aux lombes. Les frictions
+excitent l’érection, et plus d’un parisien a dû à cet usage, trop
+fréquent chez eux, la perte de la santé et de la vie.
+
+C’est sur les lombes qu’on applique les remèdes rafraîchissans, dans la
+gonorrhée. Actuarius, liv. 4, chap. 8, de sa méthode de médecine,
+applique sur les reins un emplâtre qui les fortifie, sans les échauffer
+aucunement. Oribase emploie une lame de plomb sur les lombes[85]. La
+défense qu’il fait de trop rafraîchir les lombes, dans la crainte que
+les reins n’en souffrent aussi, prouve que ces deux parties sont
+très-distinctes, et que ce qui est utile à l’une est nuisible à l’autre.
+
+ [85] Voyez son traité du régime que l’on garde dans toutes les saisons
+ de l’année. _Bâle_ 1528, édition d’Alban. Torinus.
+
+De mon Tusculanum d’Hagestad, le 24 octobre 1669.
+
+
+
+
+EXTRAIT
+
+DE LA REPONSE
+
+DE H. MEIBOMIUS, FILS,
+
+A T. H. BARTHOLIN.
+
+
+J’ai appris que vous vouliez faire réimprimer l’ouvrage de Jean Henri
+Meibomius, mon père, sur l’utilité de la Flagellation dans les plaisirs
+de l’amour, et sur les fonctions des lombes et des reins, et rien ne
+pouvoit m’être plus agréable. Cet ouvrage doit sa naissance à la gaîté
+d’une orgie, et il a été publié, à l’insu de mon père, à Leyde, par les
+soins du personnage illustre auquel il est dédié. Les hommes les plus
+signalés de l’Europe l’ont accueilli, et plusieurs écrivains lui ont
+donné des éloges. Comme on n’en avoit tiré qu’un très-petit nombre
+d’exemplaires pour être donnés à des amis, il devint rare, et l’objet
+des avides recherches des amateurs et des curieux, à cause de la
+singularité piquante de son titre.--J’étois fâché de ne pouvoir
+contenter tous ceux qui vouloient l’avoir, et ne voulois pourtant pas en
+faire une seconde édition, non-seulement parce que je n’étois pas
+toujours de l’avis de mon père, mais encore, parce que je ne voulois pas
+évoquer sur moi les traits de la censure, dans le moment où ma
+réputation commençoit à s’établir, en éditant un ouvrage plein d’images
+un peu libres. Je sus quelque temps après qu’il venoit de l’être, j’en
+fus ravi et regrettai de n’avoir pas été averti assez tôt, pour lui
+donner toute la pureté et l’élégance dont il étoit susceptible. Je me
+réjouis sincérement que vous ayez bien voulu donner vos soins à cet
+ouvrage et l’enrichir de vos observations, vous que l’Europe savante met
+au premier rang de ses littérateurs. Vous ne craignez pas que le
+sourcilleux Caton jette sur lui un regard farouche, en ridant ses
+lèvres. Mais enfin, nous n’écrivons pas pour les Vestales ni pour les
+Sabins, mais pour les médecins. Ce sujet mérite d’être approfondi, et je
+ne doute pas que vous n’ayez tiré le plus grand parti de tout ce qui
+pouvoit le rendre précieux et intéressant. Je vous envoie les notes
+manuscrites dont mon père avoit chargé les marges de son exemplaire. Je
+ne crains pas d’avouer qu’il y a dans cette lettre des passages qui se
+trouvent en contradiction avec les systêmes d’Harvey, et j’aime mieux
+convenir des erreurs de mon père, que de les défendre, sur-tout
+lorsqu’elle lui sont communes, non-seulement avec quelques savans, mais
+encore avec quelques siècles précédens.
+
+Les bons effets de la Flagellation pour guérir les Maniaques, attestés
+par Cœlius Aurelianus, Rhazès et autres, sont connus depuis un siècle en
+Angleterre, quoique les médecins ne s’en soient point souvenus, et je
+lis dans Bodin, liv. 5 de la république, que la folie dégénère souvent
+en fureur, et se guérit par la Flagellation.
+
+Meibomius répète ici ce que Bartholin a dit des Lupercales, et de leurs
+cérémonies ridicules et superstitieuses.
+
+Il dit que les somnambules peuvent être guéris de cette maladie par la
+Flagellation, et qu’il en a vu plusieurs expériences satisfaisantes. Il
+discute ce que son père a dit des effets de la Flagellation, pour
+exciter à l’amour, de l’influence des astres, de l’habitude, des parties
+sur lesquelles le remède doit être appliqué, d’après les autorités des
+écrivains sacrés et profanes, des historiens et des poëtes. Il répète
+ensuite tout ce qu’on a déja vu sur le physique des lombes et des reins,
+leurs fonctions et les travaux du sang dans cette partie. Il cite le
+coucher trop doux et l’usage de se coucher sur le dos, comme les causes
+ordinaires des pollutions nocturnes: l’équitation est encore un exercice
+qui dispose à l’amour, comme Aristote le démontre dans le Centon des
+problèmes qui ont paru sous son nom. (Section IV, problême 12.)
+Hyppocrate dit au contraire, qu’il est une des cause d’impuissance, et
+tous deux ont raison. Hyppocrate a entendu parler de l’usage des
+Scythes, d’être toujours à cheval, et en effet cet exercice continuel
+fatigue, épuise; il endurcit les parties de la génération, et leur ôte
+cette précieuse sensibilité qui est le premier aiguillon de la volupté.
+Aristote, au contraire, n’a en vue que l’usage modéré propre à échauffer
+les lombes, mettre les humeurs en mouvement, et subtiliser le sang[86].
+
+ [86] Je ne suis plus étonné de voir nos élégantes parisiennes
+ parcourir légèrement à cheval les boulevards et le bois de Boulogne.
+ Elles savent à merveille la théorie des jouissances, sans avoir lu
+ Meibomius, elles savent par expérience que la fatigue du plaisir les
+ délasse des fatigues du cheval. (_Note du trad._)
+
+Je ne crois pas nécessaire de pousser plus loin la discussion sur tout
+ce que mon père a dit à ce sujet. Il a compulsé avec trop de soin tout
+ce qui pouvoit completter son ouvrage. Math. Highmorus, liv. 1, part. 3,
+chap. 4 de son anatomie, l’a fait d’une manière lumineuse. Quelques
+auteurs essayeront peut-être d’expliquer les phénomènes de la nature, à
+l’aide de ses hypothèses, semblables à cet écrivain qui s’étoit persuadé
+que la semence est le chyle et non le sang, et que ce chyle épais, trop
+échauffé par la flagellation, se portait vers les parties génitales. On
+pourroit s’égarer encore davantage dans la région des commentaires sur
+le suc nerveux qu’ils croient être le premier agent du suc organique,
+mais mon intention n’est pas de les suivre dans le dédale des
+conjectures. Je pense avec Columella, que les hommes ont plutôt la manie
+de mettre en crédit les idées nouvelles et hasardées, que d’approfondir
+et d’appuyer celles qui sont reçues. Quant à moi, je crois avoir
+suffisamment prouvé tout ce que j’ai avancé sur la circulation et
+l’effervescence du sang dans les lombes, et je m’y tiendrai, si vous me
+donnez votre suffrage.
+
+
+
+
+EXTRAITS des articles de quelques auteurs cités dans cet ouvrage.
+
+
+(A) Il y eut plusieurs ASCLÉPIADES. Un d’eux vivoit sous Trajan, et fut
+d’abord rhéteur, et ensuite médecin à Rome. Il mourut d’une chute, dans
+un âge très-avancé. Pline cite ses cinq remèdes: l’abstinence des
+viandes et du vin dans certaines occasions. Les frictions, la promenade
+et la voiture.
+
+(B) _Jérôme MERCURIALIS_, mort à Forli, sa patrie, en 1596, à 66 ans,
+professeur de médecine à Padoue, à Bologne et à Pise. Ses compatriotes
+lui érigèrent une statue. Ami généreux, vivant avec éclat, et charitable
+envers les pauvres; il n’en laissa pas moins 120,000 écus d’or à ses
+héritiers. Il étoit de belle taille, de bonne mine, d’une grande douceur
+et d’une piété exemplaire. Il a laissé des ouvrages pleins d’érudition.
+1º. _De arte Gymnasticâ_, 1602, _in_-4º. 2º. _De morbis mulierum_, 1601,
+_in_-4º. 3º. _Des notes sur Hyppocrate et sur Pline l’ancien_.
+
+(C) _Thomas CAMPANELLA_, dominicain calabrois, emprisonné 27 ans pour
+avoir montré plus d’esprit qu’un vieux professeur de son ordre. Il eut
+sept fois la question, pendant vingt-quatre heures de suite, et ne fut
+élargi qu’à la sollicitation du pape Urbain VIII. Il vint à Paris,
+protégé (en 1624) par le cardinal de Richelieu, et y mourut en 1639, à
+71 ans, pour avoir pris de l’antimoine. Nous avons de lui un ouvrage
+intitulé: _Atheismus triumphatus_, et plusieurs autres.
+
+(D) _Jean Pic_, prince de la MIRANDOLE et _de la Concorde_, né en 1463,
+d’une famille illustre, fut dès sa plus tendre jeunesse, un prodige de
+mémoire et de science, et qui, dit-on, possédoit vingt-deux langues à
+l’âge de dix-huit ans. Ses ouvrages sont recueillis en un vol. _in-fol._
+Bâle 1601. 1º. _Des livres sur le commencement de La Genèse_. 2º. _Un
+traité de la dignité de l’homme_. 3º. _De l’être de l’univers_. 4º.
+_Règles de la vie chrétienne_. 5º. _Traité du royaume de J. C. et la
+vanité du monde_. 6º. _Trois livres sur le banquet de Platon_. 7º. _Une
+exposition de l’oraison dominicale_. 8º. _Un livre de lettres_. 9º.
+_Disputationes adversùs astrologiam divinatricem_. Bologne 1495.
+_in-folio_, rare.
+
+(E) _Jean NEVISAN_, jurisconsulte Italien, natif d’Asti, mort en 1540,
+étudia le droit à Padoue, et l’enseigna à Turin. Son principal ouvrage
+est celui que cite ici _Meibomius_, _Sylæ nuptialis, lib. 6. in quibus
+matrimonii, dotium, filiationis, adulterii materia discutitur_. Lyon
+1772, in-8. liv. curieux, qui souleva tout le beau sexe contre lui.
+
+(F) _Ludovicus Cœlius RHODOGINUS_, né à Rowigo, dans l’état de Venise,
+en 1450, savant dans le latin et le grec, professeur à Milan et ensuite
+à Padoue, où il mourut en 1525, à soixante-quinze ans; son nom de
+famille étoit _Richeri_; _Jules César Scaliger_ fut son disciple, et les
+talens de l’élève justifient les éloges qu’il prodigua à son maître, en
+l’appellant le Varron de son temps. Rhodiginus fit un voyage en France,
+et Charles VIII le combla de bienfaits. Il fut enterré dans le couvent
+de St.-François, à Rowigo. Balthazar de Bonifaci, archidiacre de
+Trévigi, fit son éloge funèbre, qu’il termine par ce distique.
+
+ A Duplici patriâ nactus cognomina bina,
+ Cælius in cælis, hic Rhodiginus eris.
+
+Son principal ouvrage est celui: _des Anciennes leçons_, en trente
+livres.
+
+(G) Tout le monde lettré connoît le fameux _André TIRAQUEAU_, né à
+Fontenay-le-Comte, dont il fut lieutenant-civil, et mort en 1558, dans
+un âge très-avancé. Il fut conseiller au parlement de Paris, et rendit
+beaucoup de services à la France sous François I et Henri II. Juge
+intègre, et savant infatigable, ses occupations ne l’empêchèrent pas de
+donner au public un grand nombre d’excellens ouvrages. Il fit vingt
+enfans et vingt ouvrages. Il fut l’ami du fameux chancelier de
+l’hôpital. On lui fit cette épitaphe. _Hic jacet qui aquam bibendo,
+viginti liberos suscepit, viginti libros edidit. Si merum bibisset,
+totum orbem implesset._ Ainsi traduite par Desforges Maillard.
+
+ Ci gît le fameux TIRAQUEAU,
+ Ce grand commentateur de loix et de coutumes,
+ Qui ne but jamais que de l’eau,
+ Eut vingt enfans, fit vingt volumes:
+ On croit que cet homme divin,
+ Dont la verve étoit si féconde,
+ De ses productions auroit rempli le monde,
+ Si, comme un autre, il avoit bu du vin.
+
+[Voyez le journal historique de Verdun sur les matières du temps. Oct.
+1752, p. 284.].
+
+(H) _Othon BRUNFELS_, fils d’un tonnelier de Mayence, ainsi nommé du
+bourg où il nâquit, se distingua dans les lettres, les langues savantes
+et la théologie et fut religieux à la chartreuse de Mayence. Il étoit
+valétudinaire, inquiet, mélancolique, inconstant et fâcheux avec ses
+amis. Il fut un des premiers qui suivirent Luther, sortit secrétement du
+monastère et se retira à Strasbourg, ensuite à Basle, où il fut reçu
+médecin en 1530. Revenu à Strasbourg, et de là envoyé à Berne, il y
+mourut six mois après, le 23 Octobre 1534, d’une maladie inconnue aux
+médecins, ayant la poitrine toute en feu, et la langue noire comme du
+charbon. Ses ouvrages sur la médecine, sont: 1º. _Catalogus illustrium
+medicorum_. 2º. _Onomasticon medicinæ, etc._
+
+(I) _Fr. JUNCTINUS ou GIUNTINO_, mathématicien florentin, d’abord carme,
+ensuite apostat, est auteur des commentaires latins sur la sphère de
+_Sacro Bosco_, et mourut vers la fin du seizième siècle. Il vécut
+errant, inquiet et libertin, et fut accablé sous les ruines de sa
+bibliothèque. L’astrologie judiciaire sur laquelle il fit divers
+ouvrages, ne lui avoit pas annoncé ce genre de mort, dont il se seroit
+préservé.
+
+(K) _Marsilio CAGNATI_ de Véronne, professeur de médecine à Rome, sous
+le pontificat de Clément VIII et Paul V. Il étudia à Padoue, sous
+Zabarella, et se fit une grande réputation dans les langues, les belles
+lettres, la philosophie et la médecine. C’étoit un homme
+très-mélancolique, sévère, parlant très-peu, mais avec beaucoup
+d’éloquence et de facilité. Nous avons de lui: _De Sanitate tuendâ libri
+2. opuscula varia_; _varia Lectiones, etc._
+
+(L) ORIGÈNE, surnommé ADAMANTIUS, à cause de son assiduité au travail,
+nâquit à Alexandrie, l’an 185 de J. C. Tout le monde connoît cet homme
+étonnant pour le savoir, le courage dans les persécutions, la grande
+piété et les nombreux ouvrages qu’il a laissés. Léonide son père avoit
+tant de vénération pour lui qu’il alloit lui baiser la poitrine pendant
+qu’il dormoit. Origène à 18 ans fut chargé d’instruire les fidèles
+d’Alexandrie. Les femmes fréquentant son école, il crut fermer la bouche
+à la calomnie, en se faisant lui-même l’opération douloureuse, qui le
+privoit des organes de la génération, s’imaginant être autorisé à cette
+cruauté par un passage de l’écriture: mais ce fut précisément ce qui lui
+ferma tous les chemins aux dignités ecclésiastiques.
+
+Voyez _Bayle_. _Lucien_, tom. 3, et le traité des Eunuques de M.
+_Charles Ancillon_, première partie, chap. 5, art. _Vallesiens_.
+
+(M) ISIDORE (Saint) de Séville, fils d’un gouverneur de Carthagène,
+élevé par Léandre son frère, évêque de Séville. Il fit entre autres
+ouvrages vingt livres d’_Origines_ ou _Etymologies_. Il succéda à son
+frère en 601, et mourut en saint en 636, également regretté des savans,
+des pauvres et de toute l’Espagne dont il étoit l’oracle. Le concile de
+Tolède, de 653, l’appelle le _docteur de son siècle et le nouvel
+ornement de l’église_. La meilleure édition de ses ouvrages est celle de
+Dom Dubreuil, bénédictin. _Paris_ 1601, et _Cologne_ 1613, _in-folio_.
+
+(N) AETIUS ou AECE, médecin d’Amide, ville de Mésopotamie, sur le Tibre,
+étudia à Alexandrie, sur la fin du quatorzième siécle. Il fut le premier
+médecin chrétien qui laissa des écrits sur la médecine. Il suivit la
+méthode des Egyptiens, excella dans la chirurgie et les maladies des
+yeux. L’ouvrage dont il est question, qui a pour titre: _Tetrabiblos_
+est en seize livres. Les huit premiers sont imprimés en grec, chez
+_Alde_; _Venise_, 1534, _in-fol._ Et les huit dernier, M. SS. dans la
+bibliothèque de l’empereur, à Vienne. C’est une compilation, mais pleine
+de choses qu’on chercheroit vainement ailleurs. Elle a été traduite en
+latin par _Janus Cornarus_, et imprimée à Bâle, chez _Forben_ 1542, sous
+ce titre: _Contracta ex veteribus medicina_: etc.
+
+(O) _Nicolas PERROT_, né à Sasso-Ferrato, d’une famille illustre, mais
+pauvre. Il fut conclaviste du Cardinal Bessarion, après la mort du Pape
+Paul III, Gouverneur de Pérouse, ensuite de l’Ombrie, et archevêque de
+Siponto en 1458, et mourut en 1480 à Fugicura, sa maison de plaisance,
+auprès de sa patrie. Ses ouvrages sont: 1º. Traduction des cinq premiers
+livres de _Polybe_. 2º. _Traité sur le serment d’Hyppocrate_. 3º. _Du
+Manuel d’Epictète_. 4º. Du Commentaire _de Simplicius_, sur la physique
+d’Aristote. 5º. Des Harangues. 6º. Des Lettres. 7º. Des Poésies
+Italiennes. 8º. Des Commentaires sur le _Stace_. 9º. _De generibus
+Metrorum_. 10º. _De Horatii Flacci ac Severini metris_. 11º.
+_Cornucopia_, seu latinæ linguæ commentarius (sur Martial.) 1513
+_in-fol._ 12º. _Rudimenta Grammatices_. Rome 1475, _in-fol._ Cette
+dernière édition est très-rare.
+
+(P) _Quintus-Septimius-Florens TERTULLIANUS_, prêtre de Carthage, et
+fils d’un centenier dans la milice, sous le Proconsul d’Afrique, mourut
+vers l’an 216, sous le règne d’_Antonin Caracalla_. Il se fit chrétien,
+et fut le plus éloquent défenseur du christianisme, avant qu’il eût
+embrassé le _Montanisme_. La meilleure édit. des ouvrages de ce père
+illustre de l’Eglise est celle de Venise, en 1746. Vassoult a donné en
+1714 et 1715, une belle traduction de son Apologie pour les Chrétiens,
+avec des notes. _Thomas_, seigneur _du Fossé_, sous le nom de la
+_Motte_, a donné une excellente vie de Tertullien et d’Origène.
+
+(Q) _Nicolas DE LYRE_, ainsi nommé du lieu de sa naissance, petite ville
+de Normandie, entre Séez et Evreux. Il étoit né Juif, et étudia sous les
+Rabbins, mais il se convertit et prit l’habit des Frères Mineurs, en
+1292. Cet auteur possédoit très-bien la langue hébraïque. La Reine
+Jeanne, Comtesse de Bourgogne, et femme de Philippe V, dit le _Long_, le
+nomma un des exécuteurs de son testament, en 1325. Il mourut Provincial
+de son ordre, à Paris en 1340. Nous avons de lui entr’autres ouvrages:
+_des Postilles_, ou _petits commentaires sur la Bible_. _Lyon_, 1596.
+
+(R) AVICENNE, Philosophe et Médecin Arabe, de Bochara en Perse, né l’an
+370, de l’Egire, Médecin et Visir du Sultan Cabous, et mort de ses
+débauches, l’an 428, à 56 ans. Cet homme avec une mémoire prodigieuse,
+et sachant l’alcoran par cœur et les livres de Métaphysique d’Aristote,
+les lut quarante fois sans y rien entendre. Ses ouvrages ont été
+imprimés à Rome, en arabe, par les soins de Sixte IV, en 1489, et
+traduits en latin par Gérard de Crémone, André Alpagus et autres. 1º.
+_Canonum Medicinæ, lib. 4_. 2º. _De Medicinis Cordialibus_. 3º.
+_Cantica_. 4º. _Opera philosophica, etc._
+
+(S) _Fulgentius PLACIADES_, Evêque de Carthage dans le sixième siècle,
+auteur de trois livres de Mythologie, imprimés par les soins de Jacques
+Comelin, en 1599, avec _Hyginus_, _Julius Firmicus Maternus_ et
+_Alberic_. La première édit. est celle d’Ausbourg 1517, avec des notes
+de Jacques Locher. On lui attribue encore un livre de l’allégorie de
+Virgile, adressé à Chalcide le Grammairien.
+
+(T) NEMESIUS, Philosophe Chrétien, natif et Evêque d’Emese en Phénicie,
+sur la fin du quatrième siècle. Nous avons de lui un livre _De la nature
+de l’homme_, qui se trouve grec et latin dans la bibliothèque des Pères,
+et où il soutient la préexistence des ames. Ses mœurs honorèrent la
+Philosophie et la Religion.
+
+(U) SENNERT (Daniel) fils d’un Cordonnier de Breslaw, né en 1572, devint
+Docteur et Professeur en médecine à Wirtemberg, et mourut de la peste en
+1637, à soixante-cinq ans. Ses ouvrages furent imprimés à Venise en
+1640, 3 vol. _in-fol._ et plusieurs fois depuis. Ils forment une
+bibliothèque complette de médecine, et valent beaucoup mieux que
+plusieurs de nos modernes écrits. Sa passion pour la Chymie, sa liberté
+à refuter les anciens, et la singularité de ses opinions lui firent
+beaucoup d’ennemis. Il suivit la méthode de Galien. André Sennert, son
+fils, mort à Wirtemberg en 1689, à quatre-vingt-quatre ans, y enseigna
+pendant cinquante-un ans les langues orientales, et soutint par
+plusieurs gros livres, la réputation de son père.
+
+(V) ORIBASE de Pergame, disciple de Zénon de Chypre, et médecin de
+_Julien l’Apostat_, qui le fit Questeur à Constantinople. Exilé sous les
+Empereurs suivans, il se fit estimer des barbares même, par sa vertu.
+Rappellé par la suite, il mourut au commencement du cinquième siècle. Le
+plus estimé de ses divers ouvrages, imprimés à Bâle, en 1557, 3 vol.
+_in-folio_, est son livre _des Collections_, entrepris à la prière de
+Julien, et puisé dans Galien et autres. Il ne nous reste que dix-sept
+livres de cet ouvrage, qui en avoit soixante-douze.
+
+
+
+
+ J. H. MEIBOMII,
+
+ DE
+ FLAGRORUM USU
+ IN RE MEDICA ET VENEREA,
+ ET LUMBORUM RENUMQUE OFFICIO.
+
+ EDENTE
+ CLAUDIO MERCIER, COMPENDIENSI.
+
+ Editio quarta castigatissima.
+
+ PARISIIS,
+ SUMPTIBUS CLAUDII MERCIER.
+
+ 1795.
+
+
+
+
+AVIS DE L’ÉDITEUR
+
+
+Nous ne connoissons que quatre éditions de cet ouvrage.
+
+La première de 1639, in-12, très-fautive.
+
+La deuxième de 1643, ayant au titre: _in re veneriâ_ seulement. _Lugd.
+Batav. ex officinâ Elzevirianâ Academ. Jur. typog. in-4º. de 48 pages._
+
+La troisième, datée _Londini_, 1665, in-32, n’est autre chose qu’une
+contrefaçon faite à Paris en 1757, et à laquelle on a ajouté le titre
+ci-dessus. Elle est pleine d’erreurs et d’omissions.
+
+La quatrième, Thomæ Bartholini, Joan. Henrici Meibomii Patris, Henrici
+Meibomii filii, de usu Flagrorum in re medica et venerea lumborum que
+officio. Accedunt de eodem renum officio Joachimi Olhafii et Olaï Wormii
+dissertatiunculæ, Francofurti, ex Bibliopolio Hafniensi. Danielis Pauli
+Bibl. reg. 1669, in-12.--Cette dernière étant la plus étendue et la plus
+exacte, nous a beaucoup servi dans notre travail, et nous croyons
+pouvoir assurer que la nôtre ne laissera plus rien à desirer.
+
+
+
+
+THOM. BARTHOLINI[87],
+
+DE
+
+FLAGRORUM USU MEDICO,
+
+AD VIRUM CLARISSIMUM
+
+HENRICUM MEIBOMIUM
+
+EPISTOLA.
+
+ [87] Thomas Bartholin, médecin et littérateur, très-savant, mais
+ très-superstitieux, natif de Malmoë, mort en 1650, à 64 ans, a fait
+ des découvertes sur les veines lactées et sur les vaisseaux
+ limphatiques. Il est l’auteur des ouvrages suivans: 1º, _sur l’usage
+ de la neige_, 1661. 2º. _de Morbis Biblicis. Francf._ 1672. 3º.
+ _Paralytici novi testamenti. Copenh._ 1653, _in_-8º. 4º,
+ _Dissertatio de Passione Christi, Amst._ 1670. 5º. _Epistolæ
+ medicinales et de Insolitis partus viis_, la Haye, 1740, 5 vol.
+ _in_-8º.
+
+ 6º. Celui dont il est ici question: _de usu Flagrorum, etc._ 1670.
+ _in_-12.
+
+ 7º. Et enfin un journal intitulé: _Acta hafniensia_.
+
+
+Inter præcipua sœculi ornamenta numerari meretur parens tuus Joan. Henr.
+Meibomius, sed per te fama ejus crescit, quia paternæ virtutis hæres ex
+asse et successor, nominis celebritatem editis scriptis promovere
+pergis. Varia is eruditione artem divinam quam principe curâ exercebat
+semper exornavit, nec tibi minor cura est medici eruditi famam cum
+parente aucupari. Edita parentis monumenta, de jure jurando Hyppocratis
+et de vita Mæcenatis, testantur quantus fuerit pater. Tu posteritati
+plenam fidem facies quantus sis filius, dum delitescentes apud te
+parentis lucubrationes, cedro dignas, publico exponis tuo auctas
+ingenio. In tantâ autem doctrinæ amplitudine, inter seriora alia
+negotia, se quoque ad minima demittens Parens, in gratiam viri
+clarissimi Christiani Cassii, cujus grata nobis est memoria, Flagrorum
+usum medicum ex antiquitate brevi dissertatione exposuit. Quam cum typis
+suis recudere gestiret bibliopola noster, argumenti raritate motus, à me
+augmentum petiit. Rimisi hominem ad te, authoris filium, magna cum laude
+medicinam in academiâ Juliâ docentem, et parentis exemplo in omni
+litteratura et antiquitate versatissimum, cui propius paterni scripti
+gloria tangit: nec enim vel tantillum ornamenti à me expectari posse
+tanti viri libello, qui propriis radiis per orbem universum clarissimè
+cum authore splendescit. Quamquam verò paterno honori augendo non
+defueris, multis que accessionibus auctam dissertationem cum eruditâ
+epistolâ remiseris, rogare tamen non destitit Paullinus noster, honesti
+lucri desiderio, ut observationes nonnullas adderem, quas mihi in
+promptu semper esse credit. Ne vel spem ejus officium amici desererem,
+quo Meibomiis Cassiisque obstrictum me scio, quia etiam, ut publico
+prosimus.
+
+_Communis ista pluribus causa est Deis._
+
+Lacinias quasdam collegi, vel funiculos, pro Flagrorum vestrorum
+incremento, inter alias occupationes, quibus jam occupatum me amici non
+nesciunt, parentis tui, tuoque honori dedicatos. Flagrorum usum pauci
+ante vos recoluerunt. Paucissimi certè amant, quia blanda potiùs ægros
+nostros afficiunt et dulcia, ad severam medicinam horrentes, cum tamen
+ea sit malorum inter mortales conditio, ut blandè semper tractari non
+possint, etiam ubi maximè velis blandiri. Vincula hyppocratica subindè
+accersenda et duriores manus contumacibus morbis applicandæ. Verbera
+Flagrorum eos maximè curant, qui morbum simulant. Sæpissimè epilepsiam
+mentientes hoc remedio aspero, sed salutari convaluerunt, sanatique
+antequam ægrotarent, profuit ad prophylaxin, ne posteà hominibus
+simulato morbo imponerent.
+
+Novi quoque pigros servos, morbum nescio quem fingentes, flagris ad
+officium rediisse. Ad veros morbos expiandos conferre plurimùm, tantò
+minus dubitare possumus quod animæ morbis flagella prosint. Hinc
+flagellantium ordinem tempore quadragesimali in Italiâ videas,
+vulneribus altis dorso inflictis præteritæ vitæ conscientiam expiare et
+velut in Cybeles sacris, apud Claudianum, lib 1, in Eutrop.
+
+ . . . . . . Pectusque illidere pinu,
+ Inguinis et reliquum Phrygiis abscindere cultris.
+
+Tales fuerunt apud paganos Syriaci Flagratores, qui justas pœnas
+facinoris alicujus ipsi vel pro se, vel pro aliis, mercede conducti, de
+suis manibus flagro contorto exposcebant, quos describit Apuleius, lib.
+8, metamorphos. Dispar Circe virgâ mentem humanam sociorum Ulyssis in
+belluina corpora, imprimis porcina transformabat, de quâ Homerus Odiss.
+X. Magica hæc quidem sunt, morali, tamen sensu monstrant, verberibus
+quosdam ad sanum sensum redire, alios ad belluinum. Metamorphosis certa
+est, sed forma differens, quanquam nec curiosâ arte nec hæc fiat, nec
+illa. Vidi flagris castigatos Patavii à Religiosis, qui à malo spiritu
+obsessi credebantur, quos tamen reverâ fuisse epilepticos, propter
+signorum similitudinem, recte medici dictitant, quibus flagra, excitato
+in corpore calore, nocere non possunt. Ipsum se lapidibus concidit
+spiritu immundo obsessus Marc. V, v. 5 et pugnis se contundi queritur
+divus Paulus 2, Cor. 12, v. 7. Seu digitorum condylis, quomodo
+_Colaphon_ ex Varino exponit Matth. Martin. in etymologico. Quanquam de
+colapho hoc notet Haymon Episcopus Halbertadensis, de ardore libidinis
+per diabolum accenso potius exponendum, quam de dolore capitis. Ad
+morborum curationem flagra adhibita olim fuisse, variis veterum
+autoritatibus ostendit Meibomius. Idque quando modicæ medicinæ locus non
+fuit. Flagris enim cœdi in atroci coërcitione gravissimaque et servili
+injuria consistebat apud Romanos, cum liberi tantum pœnæ lenitatis
+argumento, fustibus castigarentur, sicut fusè ex jure explicat B.
+Brissonius lib. 3, Antiq. Jur. civil. cap. 9.
+
+De furoris seu insaniæ curatione elegans est locus Cœlii Aureliani, lib.
+1 tardar. passionum, cap. 5 obiter à magno Meibomio patre notatus, in
+quo placet nonnihil immorari, ut fortior ex morâ sit furoris medicina,
+quanquam ex aliorum, non suâ sententiâ loquatur Cœlius, imprimis Titi
+Asclepiades discipuli, cujus vitam ex opere diù desiderato de vitis
+medicorum, quod ex schedis paternis promisisti, expectamus. Verba Cœlii
+sunt. «Flagellis alii aiunt coërcendos, ut quasi judicio mentis pulso
+resipiant, cum magis, tumentia cœde lacessendo, faciant asperiora, et
+adveniente lenimento passionis, cum sensum recipiunt, plagarum dolore
+vexentur.» Ita Rovilli editio habet quâ utor. Meibomii vero patris ita
+legit ut sinistro mentis judicio depulso resipiscerent. Irridet istam
+curandi rationem methodicus Cœlius, partim quod asperiora reddantur
+tumentia loca verberibus et flagrorum plagis, quasi cœde aliquâ etiam
+post curationem dolore remanente, partim quod locum affectum non
+respiciat; inquit enim: «si, ut ratio poscit, vicinis magis ac
+patientibus locis adjutoria sunt adhibenda, coguntur ut ori vel capiti
+plagas imponant.» At caput affectum plagis exacerbatur quod minimis
+offensis externis cœditur. De nihilo tamen non est Titi medicina,
+quanquam crudelior. Non calorem excitatum metuit, quia sine febre furor
+est, et sine parvo pulsu quo discrimine à phreneticis separatur. Timor
+doloris intra rationis terminos continet. Ita novi virum honestum non
+raro furentem ab alio fortiori minis verberibusque coactum ut agno
+fieret pacatior. Alia ratio est resolutarum partium, quæ plagis affectæ
+excitantur, dolore silicet et calore provocato; ubi tamen Themisoni non
+concedit Cœlius idem Aurelianus lib. 2 tard. pass. cap. 1 plagis ferulæ
+cœdi partes in passione constitutas, quia salsæ aquæ potiùs mitigatione
+atque recorporatione videntur curandæ. Sed pace methodici, sicut pro
+ferula salsæ aquæ substitui recte possunt, ita utrumque remedii genus
+sensum excitat ob acrimoniam et ad utrumque sequitur recorporatio.
+Quidquid fœrula præstat, efficit et aqua marina, quæ Dioscoridi lib. 5
+cap. 19, calida est et acris. Et Celso nostro lib. 2 cap. 22. Omnia
+salsa acria sunt. Undè emplastrum DI ALON Scribon. comp. 127, ulcera
+vetera et callosa renovat. Mitigatione torpent magis resolutæ partes
+quam reviviscunt fricandæ fortiter seu flagris seu acribus stimulis, ut
+resurgant. Modus tamen est hic adhibendus, quem prœscribit Galenus lib.
+14 method. med. c. 16. «ferulas parvas ac leves modicè illitas
+gracilibus partibus incutiunt, donec modicè attollantur. Ad hunc modum
+mango quidam proximè nates pueri fame consumptas breviter auxit,
+percussu mediocri quotidiè usus, aut saltem alternis diebus. Si plagarum
+vexatione terreatur Cœlius, in promptu sunt remedia apud Æginetam lib. 4
+rei med. cap. 12. Pellis nimirùm ovilla recens detracta calida adhuc,
+flagris cœsis circumdata, præter alia ibidem et cap. 14 et apud Aëtium
+Tetr. 4. s. 2. cap. 65. Galen. lib. 11. S. M. F. Avicennam lib. 4. Fen.
+4. Tr. 2. cap. 7. signata. Contrà plagarum dolores præsumptione se
+muniebant Syriaci effeminati, ut narrat Apuleïus lib. 2. spiritus
+cohibitionem suspicatur fuisse. Beroaldus, salutare homini contrà plagas
+præcidium quod ex Plinio probat, inventum animalis cui nomen est Meles;
+si quidem in metu sufflatâ cute distentæ meles ictus hominum et morsus
+canum arcent. Medicina hæc per flagra quanquam durior videatur, ab eâ
+tamen medicus abstinere non debet, si salutari effectu nobiletur.
+Eleganter in hanc rem B. Augustinus ep. 50. molestus est et medicus
+furenti frenetico et pater indisciplinato filio ille ligando, iste
+cœdendo sed ambo diligendo. Si autem illos negligant et perire
+permittant, ista potiùs mansuetudo falsa crudelis est. Socrates apud
+Platonem in Georgiâ negat medicum permittere ut ægrotans appetitus suos
+impleat, aut cibis multis suavissimisque utatur. Est quippè, ut contrà
+Gnosticos Tertulianus loquitur, planè quasi sœvitia medicina de
+scalpello, de cauterio, de sinapis incendio, (addo de flagello) non
+tamen secari, inuri et extendi morderique idcirco malum, quia dolores
+utiles adfert, nec quia tantummodo contristat, recusabitur, sed quia
+necessario contristat, abhibebitur. Horrorem operis fructus excusat. Res
+enim bonæ atquæ malæ, non dolore et voluptate, sed utilitate et noxâ
+sunt judicandæ. Omnia igitur in medico imperante ferri debent ex antiquâ
+formulâ: I lictor (vel serve) collige manus, verberato, caput obnubito;
+sed cætera ignorante, arbori infelici suspendito. Hæc causa est quod
+inter tonsorum instrumenta olim flagra sint recensita, indicio
+Martialis, lib 2. ep. 17.
+
+ Tonstrix suburæ faucibus sedet primis,
+ Cruenta pendent quà _Flagella_ tortorum.
+
+Et ut doloris sensus augeretur, ex lanâ consortâ multis nodis durioribus
+exasperabantur flagra et ut vestigia sui in cute relinquerentur velut
+aculeis, ossibus animalium, Apuleio multijugis talis ovium. Ut mirum non
+sit quod quasi inusta dicantur Catullo Ep. 25, ad Thallum, cui ob fortum
+minatur flagella lateri manibusque,
+
+ Ne laneum latusculum, manusque mollicellas
+ _Inusta_ turpiter tibi _Flagella_ conscribillent.
+
+Sed de his antiquarii, circumspiciant. Vix mitiores manus alibi medicus
+affert. Tunc incipit medicina proficere, ut verè Seneca epist. 90, ubi
+in corpore alienato dolorem tactus expressit. Urticis Flagrorum vice
+utitur in membrorum torpore, quarum tanta vis, ut teneros anserculos
+enecent si pupugerint, teste Columella lib. 8. R. R. cap. 14. Nostri
+villici deplumata Gallinarum africanarum pectora urticis verberant, ut
+libentius incubent. Impeditâ deglutitione à bolo faucibus inhærente, vel
+ossiculo gulæ impacto, tergum pugnis fatigamus, excussuri quasi armatâ
+manu inimicum bolum. Si oscitatione vel risu immodico luxetur os maxillæ
+inferioris, alapâ forti manu inflictâ in locum recurit, quod non semel
+risum astantibus movit. Fortiter compresso ventre, orbiculisque ligneis,
+vel stanneis percusso, fœtus mortuus ex angustiis matris extruditur apud
+Insubres, quemadmodum cent. 6. hist. 83. docuimus. Virgis pueros
+adultiores que lotium de nocte continere assuevisse observavi. In re
+venereâ quantum flagra valeant, exemplis quibusdam demonstrat laudatus
+Meibomius pater, quæ repetere opus non est, ne verecundæ aures iteratâ
+lectione offendantur, quanquam non ignoratus fuerit Venetiis quidam, qui
+solis verberibus pugno Amasiæ ad negotia Veneris sollicitabatur
+expediunda, quemadmodùm olim cupido apud Anacreontem, carm. in amor.
+Hyacinthino bacillo adigebat ad sequendum. Notandum ad argumenti hujus
+illustrationem, non viros tantum flagris excitari ad illicitas
+voluptates et intempestivas, sed et fœminas flagellis incitari et
+incalescere, ut facilius concipiant. Notum id fuit Romanis mulieribus,
+quæ Lupercis se offerebant flagellandas, ut conciperent. Autor hujus
+ritus est Juvenalis, sat. 2.
+
+ ... Steriles moriuntur et illis
+ Turgida non prodest conditâ pyxide lyde,
+ Nec prodest agili palmas præbere Luperco.
+
+Ubi vetus scholiastes: steriles mulieres februantibus lupercis se
+ofFerebant, et ferulâ verberabantur, hoc homine qui infra tectum multi
+seminis credit contractus ob fœcunditatem dandam: palmas ideò dicit,
+quia aut Catomus lætabantur, aut quia manibus vapulant cunei per
+civitatem; tunc et in solio, si quis post ipsum descenderit, statim
+concipit. Cur verò palmæ verberatæ ad fœcunditatem Romanas mulieres
+acceleraverint, sine superstitione, facilis ex circulatione ratio
+petitur. Incalescens enim plagis sanguis in manu recurrit ad cor,
+exindèque ad uterum per arterias, qui calefactus citius, ad libidinem
+incitatur, disponiturque ad conceptionem. De ferulâ ipsâ, quâ in
+lupercalibus utebantur, ita Festus Pompeius, lib. 3, _Crepos_ Romani
+Lupercos dicebant, à crepitu pellicularum, quem faciunt verberantes: mos
+enim Romanis in lupercalibus nudos discurrere et pellibus obvias quasque
+fœminas ferire. Ferulæ hæ pelle et corio tectæ, suspicante Dempstero ad
+lib. 3. Rosin. cap. 2, idque vel canis, vel hirci, ad sonum edendum, vel
+dolorem augendum. Plutarchus verberationem illam purgationem esse
+asserit, quæst. Rom. 67. Apud Ovidium legisse me memini:
+
+ Excipe fœcundæ patienter verbera dextræ,
+ Jam sacer optati nomen habebit avi.
+
+Irridet quidem hæc verbera Juvenalis, sat. 2, et ut ludicram rem
+perstringit Prudentius in romano martyre.
+
+ Quid illa turpis pompa? nempe ignobiles
+ Vos esse monstrat, cum Luperci curritis,
+ Quem servulorum non rear vilissimum,
+ Nudus plateas, si per omnes cursitans
+ Pulset puellas verbere ictas ludicro.
+
+Quomodo autem excusari per naturam possit, jam diximus, licet et dolus
+Lupercorum subesse potuerit qui aliis telis feriebant puellas, quæ in
+impotentiâ suadet Cardanus lib. 2, de util. ex adv. capienda.
+
+Sunt gentes, inter quas Persæ et Russi, quarum uxores pro amoris
+conjugalis signo à maritis vapulantur. De uxoribus Russicis. J.
+Barclaïus in Icon. anim. cap. 8, virorum in se benevolentiam ex
+verberorum numero æstimare, nunquam melius suo judicio habitas quam cum
+in sæva ingenia inciderunt. Negat quidem id sibi compertum. _Polutropos_
+Ad. Olearius in itiner. At historiâ singulari confirmat Barclaïus, quam
+non gravabor repetere.
+
+Quidam è Germania in Moscoviam migraverat, vir è plebe, et si nomen in
+tantillâ re placet Jordanes dicebatur. Hæsit ergò in illa regione, et
+cum sibi eæ sedes placerent, indè etiam duxit uxorem. Hanc cum caram
+haberet, omnibus que officiis mutuam gratiam affectaret, illa dejectis
+luminibus mœsta, crebrò in singultibus et cæteris mœrentis animi
+indiciis erat. Viro denique sciscitanti mœstitiæ causam, se enim nullis
+quod sciret amicitiæ muneribus defuisse. Quid tu, inquit mulier, tam
+egregiè fingis amorem? Num putas latere me quam tibi vilis sim? Simul
+que largos gemitus cæpit effundere. Ille attonitus in amplexus mœrentem
+recepit, rogare perseverans, numquid eam offendisset; peccavisse se
+forsitan, sed culpam emendatione deleturum. Ad hæc illa, ubi autem sunt
+verbera, inquit, quibus te amare docuisti? Hoc certè potissimum pacto
+maritorum in uxores apud nos benevolentia et cura sancitur. Hoc à
+Jordane audito, primum stupor continuit risum; mox utroque vanescente, è
+re suâ esse putavit, ut uxorem eomodo haberet, quem ipsa præscripserat;
+nec multo post arripuit cœdendæ mulieris causam, et illa fustibus
+mitigata, tum primum bona fide amare et colere virum cœpit. Eamdem
+historiam recitat Petrus Petræus de Erlesunda, part. 5. chronic. Moscov.
+qui addit flagella à maritis primò statim post nuptias comparari
+ustensilia inter domestica ad eosdem usus. Forsan ex suprà dictis
+dulcamari amoris ratio petenda. Nam ad emendationem ista flagra non
+spectant. Mulieres enim malæ, si quæ sint, nec minis compescuntur, nec
+irâ, si vel silice dentes excutiantur, ut loquitur Simonides apud
+Stobœum. Bonus vero maritus tantùm abest carissimum pectus plagis
+excruciet, ut potiùs cum illo homine, quem ex Senecæ deperditis B.
+Hieronimus, lib. 1. contra Jovianum describit, exiturus in publicum
+fasciâ uxoris pectus colliget.
+
+In flagellatione lumborum renibus excalefactis seminis materiam, vel
+incitari vel augeri juxtâ cum Meibomio patre existimavi, et quomodo cum
+circulatione sanguinis renum illud officium à Sennerto, Olhafio, Wormio
+nostro et Meibomio defensum conciliari possit, in anatome reformatâ
+pridem docui.
+
+Quæ si explere non possint desideria eruditorum, nihil verius quam à
+communi causâ, sanguinis nempe colore, in lumbis flagellatis accenso, et
+libidinem veneream et renum calorem tecum advocare. Hinc situs corporis
+supinus ad seminis profluvium dormientes invitat, calore lumborum
+excitato. Hinc regio fricata ad œstrum veneris proritat, quam voluptatem
+vitæ damno quidam Lutetiæ luit.
+
+Hinc deniquè lumbis remedia refrigerantia adhibemus, quando gonorhœa
+molesta est. Renibus emplastra applicat Actuarius, lib. 4. meth. med.
+cap. 8, quæ robur addunt et minimè calefaciunt. At plumbi laminam lumbis
+apponit Oribasius. lib. 4. de loc. affect. curat. cap. 107. qui in hoc
+negotio distinguit lumbos à renibus. In fragmento enim de victûs ratione
+in quolibet anni tempore, quod primus, Basileæ 1528, edidit Albanus
+Torinus, serio monet, ne quis nimium lumbos infrigidet, ne his nimis
+infrigidatis lædantur renes. De renum vero officio ad seminis
+generationem nihil ampliùs addo, quia in dubium vocavit clariss. Vallæus
+ex principiis circulationis, quo præceptore semper gloriabor. Ea fuit
+istius temporis hæresis, cujus multi discipuli errant, multique
+doctores, quæque inter initia, cum magno impetu cæpisset, sensim
+extincta est. Quippe nunc ad alia distrahuntur ingeniorum curiositates,
+novæque occupationes veteribus substituuntur, post quam abdita humani
+corporis secreta perrumpere cordatius cœperunt Doctorum cogitationes,
+non contentæ ea scire quæ hactenus credita potiùs fuere quam ostensa.
+Vale.
+
+Ex Tusculano meo Hagestedano, 24 octobr. 1669.
+
+
+
+
+JOAN. HEN. MEIBOMII
+
+DE FLAGRORUM USU IN RE MEDICA ET VENEREA.
+
+
+En accipe sis tandem, amicissime Cassi, quem ex vino tibi debeo, de
+flagrorum in re veneria usu et quo porrò res ipsa nos traxit, de
+præcipuo lumborum renum que officio discursum[88]. Eum enim pollicitus
+tibi nuper fui, cum apud communem utriusque nostrum amicum Cl. Martinum
+Gerdesium Illustrissimi Principis tui Consiliarium, ac Collegam tuum in
+cœna una essemus. Primum autem, quâ occasione vix memini, ad morborum
+curationes verbera et plagas aliquando facere dixi; quod παράδοξον vobis
+videbatur. Id vero experientiâ ita esse compertum, ego asserere, et ad
+Medicos provocare, qui passim id doceant, ac testentur. Maniacos, sanè
+jam olim Titus, Asclepiadis discipulus (qui sub D. Augusto vixit, ut in
+vitis Medicorum ostendi) lib. II. de animâ, flagellis docuit coërcendos,
+ut sinistro mentis judicio depulso resipiscerent.
+
+ [88] L’édition de 1665, dit _non adeò invulgato usu_, etc.
+
+Testis est Cælius Aurelianus, lib. I, tardar. passion. cap. V. Ex amore
+melancholicos, aut insanientes, si alia nihil prosint, non pauci sunt,
+qui vapulare jubent; sæpè etiam errore discusso ad bonæ mentis frugem
+ipsos eo ingenio reduxerunt. Rhases, lib. 1. Contin. cap. 4. subindè ex
+Judæo, Medico celebri, et quem in testimonium citat, τον έρωτομανη ubi
+alia nil prosint, ligari jubet, et vapulare fortiter, et pugnis percuti,
+id que vicibus repetitis, si non statim subsequatur effectus. Cum una
+hirundo, ut ait, ver non faciat.
+
+Rhazi subscribit Ant. Guainerius, Pract. tract. 15. cap. 8. Et Valescus
+de Tarenta, Philonii, lib. 1, cap. 11, cujus verba ipsissima hæc sunt:
+Si juvenis est, flagelletur culus ejus cum verberibus, et si non sistit,
+ponatur in fundo turris cum pane et aquâ, donec veniam à sua insaniâ
+petat; et teneatur in disciplinâ.
+
+Si Senecæ credimus, lib. 6, de benefic. cap. 8, quorundam flagellis
+quartana discussa est: ob atri forte lentique humoris ex flagellatione
+incalescentiam, et dissipationem ex motu, ut non ineptè conjicit J.
+Lipsius, in comm.
+
+Medicos alios gracilium corpora, ut pinguefierent et incrassarentur,
+virgis verberari voluisse, auctor est Hier. Mercurialis, lib. 4. de arte
+gymnast. cap. 9. et mangonum exemplis, id fieri posse, jam pridem
+ostenderat Galenus. Meth. Med. lib. 14, cap. 16. Carnem enim ita
+elevari, arque ad eam alimentum attrahi certum est. Membra insuper
+resoluta urticarum virentium fasciculis flagellari solere, ut calor
+sanguisque in partes penè emortuas alliciantur, in vulgus notum est:
+Quas plagis ferulæ insuper cædendas Themison voluit, lib. 1, tardar.
+passion. apud Cæl. Aurelianum, lib. II. Chr. Cap. 1.
+
+Elidæus Paduanus, Consil. Med. 282, ad faciliorem variolarum eruptionem
+tenella etiam, et innoxia infantium corpora, urticarum earundem incussu
+converberare non veretur. Monstro ferè simile est, quod de verberum usu
+in alvi obstructione refert Thomas Campanella, ordinis Prædicatorum
+Monachus, quem Neapoli Campaniæ olim novimus. Is Medicinalium, lib. III,
+cap. 5, art. 12. Princeps Venusiæ, inquit, Musicâ clarissimus nostro
+tempore, alvum deponere non poterat, nisi verberatus à servo ad id
+adscito. Addit, posse hoc metui dari, cogenti spiritum ad interiora;
+quod nunc non disputo.
+
+Esse verò, qui in venerem virgarum plagis stimulentur, aut in libidinem
+verberibus accensi despument, partemque illam quâ viri sumus, ad
+flagelli numeros sonosque insurgere; hoc illud erat quod asserenti mihi
+tam facilè credi non posse putabas. Faciam tamen ut id credas, mi Cassi,
+ubi testimoniis auctorum non proletariorum, non vice simplici id usu
+venisse ostendero, atque argumenta insuper dixero rationesque, ob quas
+fieri id ita potuisse, vel alii putarint, vel ego existimem. Nec tamem
+nunc de urticarum viridium in inguina incussibus verborum multum faciam.
+Iis enim brevitatem virgæ virilis, si sterilitas ob eam metuatur,
+emendari, virgamque magnificari, adfirmat Menghus Faventinus, Pract.
+part. II. cap. de passion. memb. generat. Iisdem languentem aut sopitam
+Venerem excitari, vel Petronius tuus docere te poterit. Apud eum
+Eucolpio. «Funerata erat pars illa corporis, qua quondam Achilles fuerat
+et frigidior rigente bruma confugerat in viscera mille operta rugis,
+lorumque in aquâ, non inguen erat;» ut verba sonant auctoris. Huic cum
+Enothea, Priapi Sacerdos promisisset, fascinum tam rigidum reddituram,
+ut cornu; nasturtii succum cum abrotono miscet, perfusisque ejus
+inguinibus, viridis urticæ fascem comprehendit, omniaque infrà umbilicum
+lentâ manu cædit.
+
+Ego de verâ fortique flagellatione, tecum acturus sum, deque eâ primùm
+nunc audiemus Joan. Picum, Mirandulæ Comitem, qui seculo abhinc uno ac
+dimidio vixit. Is lib. 3. contra Astrologos, cap. 27. de familiari
+quodam suo. «Vivit adhuc, inquit, homo mihi notus, prodigiosæ libidinis
+et inauditæ. Nam ad Venerem nunquam accenditur, nisi vapulet. Et tamen
+scelus id ita cogitat; sævientes ita plagas desiderat, ut increpet
+verberantem, si cum eo lentius egerit, haud compos plenè voti, nisi
+eruperit sanguis, et innocentes artus hominis nocentissimi violentior
+scutica desævierit. Efflagitat miser hanc operam summis precibus ab eâ
+semper fæminâ quam adit, præbetque flagellum, pridiè sibi ad id officii
+aceti infusione duratum, et supplex à meretrice verberari postulat: à
+quâ quantò cæditur duriùs, eò ferventiùs incalescit, et pari passu ad
+voluptatem doloremque contendit. Unus inventus homo, qui corporeas
+delicias inter cruciatus inveniat; et cum alioquin pessimus non sit,
+morbum suum agnoscit et odit. Hæc Picus; ex quo rei meminêre Joan.
+Nevizanus, Silvæ nupt. lib. 1. num. 130. Thom. Campanella, loco adducto.
+Quod si animi non fallor, idem etiam cum Pici hoc familiari ille fuit,
+cujus Cælius Rhodiginus mentionem facit lect. antiq. lib. II, cap. 15,
+et ex Cælio Andreas Tiraquellus in lege connubiali 15, num. 5. Ita autem
+Cælius:
+
+«Non multis ante annis vixisse quemdam in veneriis non gallinaceæ
+salacitatis, verùm ingenii stupendi maximè, quodque vix impetret fidem,
+ex adjuratissimis compertum est: qui quò pluribus affectus fuisset
+plagis, eò impetuosiùs ardentiùsque in concubitum ferebatur præceps.
+Fuit omninò mira res: nescires utrùm affectaret avidiùs verbera, an
+coïtum: nisi quod illorum mensurâ libidinis voluptas constabat. Proindè
+extentis precibus difflagellari exposcebat pridiè quàm id pateretur,
+flagello aceti asperitate obdurato. Quod si converberator lentiùs agere
+fortè visus, velut exstimulante rabie, conviciis incessebat: nec factum
+sibi satis arbitrabatur, ni inter cædendum sanguis se ostendisset. Unus,
+opinor, mortalium inventus, qui eodem impetu in supplicium ferretur, ac
+delicias: quique inter tormenta, sensuum titillationes, ac æstuantem
+pruritum vel expleret, vel incenderet.» Accedat his alius consimili
+naturâ præditus ex Othone Brunfelsio medico celebri: quem is, in
+Onomast. Med. in verbo coïtus, apud Monachiam, Bavariæ Ducum sedem, suo
+tempore vixisse, et cùm uxore res mariti agere nequiisse, nisi acriter
+antè flagris concisum, testatur.
+
+Addo[89] exemplum, quod dum Lubecæ hic ago, contigit. Civis quidam
+Lubecensis, butyri et caseorum propolâ, in plateâ habitans, quæ à
+molendinis nomen invenit, præter alia facinora ob commissum adulterium
+ad magistratum delatus, caussâque cognitâ urbe excedere, ac solum
+vertere jussus fuit. Meretricula, cui is adsueverat, coram Senatoribus
+judicio criminali præfectis, quos vulgò die Gerichts Herren vocant,
+confessa est, nunquam illum acrius, quàm virgis prius secundum dorsum ab
+se difflagellatum, arrexisse, et virum se præstitisse: officio verò
+peracto, nisi denuò flagris cœsum, vix ultrà quidquam patrare potuisse.
+Adulter ipse idem primò quidem negare: seriò tamen et severè
+interrogatus, non inficias ire. Testes do ipsos judicii criminalis id
+temporis Senatus nomine præfectos, Thomam Storningium, et Adrianum
+Mollerum, amicos meos, etiamnum, ut nosti, superstites. Pauci
+insupersunt anni cum in primariâ confederati Belgii urbe, vir in non
+parvâ dignitate constitutus venerique ad modum deditus deprehensus fuit
+cum mulierculâ quadam consuevisse; cum quâ tamen nisi flagellorum
+ictibus excitatus, vix aliquid patrare potuerit. Hic verò re ad
+magistratum delata, officio motus, pœnam dedit lasciviæ, diù que
+
+ [89] L’édit. de 1665. in-32, ajoute: verò et recens nuperumque.
+
+ Hæc fuit in toto notissima fabula vulgo.
+
+Quibus exemplis, cum fidem, ut puto, derogare nec velis, nec possis;
+videamus nunc tandem an aliqua monstrosæ hujus rei, ut videtur, reddi
+possit ratio. Si Astrologos consultum eas, rem omnem illi in astra
+referent, et cœlum accusabunt, quod peculiari occultoque influxu
+peculiarem ejuscemodi ac prodigiosam fere naturam hominibus aliquando
+conciliet. Damnatam nempe dicent, ut Picus ait, in hominis geniturâ
+Venerem, atque adversis ut alio modo minantibus radiis flagellatam, qua
+de re pluribus edocere nos satagit Franc. Junctinus, de judiciis
+nativit. cap. 6. Verùm cum cœlum et astra caussæ sint universales et quæ
+tam particulares effectus in uno atque altero individuo caussare
+nequeant, rejicit eas non immeritò Picus, et causam proximiorem quærit.
+Putat autem eam in familiari suo fuisse consuetudinem. Ita enim in
+narratione illa pergit: «A quo, diligenter tam insolitæ pestis caussam
+cum sciscitarer; à puero, aïebat, sic adsuevi. Et me rursus
+consuetudinis caussam interrogante, educatum se cum pueris
+scelestissimis, addidit, inter quos convenisset hæc cædendi licentia,
+quasi pretio quodam, mutuum sibi vendere flagitiosâ alternatione
+pudorem.»
+
+Ejusdem est sententiæ Cœlius, Pici ut historiæ, ita et opinionis in
+caussâ adsignandâ transcriptor; cujus hæc verba: «Quod nec mirum minus
+est, non latebat hominem flagitii inusitata species, seque in eo
+execrabatur, ac sibi ipsi erat infestus. Cæterùm consuetudine depravatâ
+amplius prævalente, utebatur vitio, et improbabat. Irroborârat verò ea,
+radicesque egerat altiûs, quod ita erat assuetus puer, communicatâ
+stupri fœditate inter æquales, plagarum allectatione. Documento inde
+præsigni, quantum moribus inolescendis educationis possit ratio. Hæc
+illi. Ego verò non nego, consuetudinis vim esse magnam; ac ferè in
+naturam eam abire, pridem me docuit Aristoteles, lib. de memor. et
+reminisc. cap. 3. et lib. 7. Ethic. cap. 10, et notavit Ennius ubi ait:
+
+ Usus longus mos est, ac meditatio crebra,
+ Hunc tandem assero naturam mortalibus esse.
+
+Eleganterque ostendit Galenus, quantam vim et potentiam consuetudo in
+omnibus rebus habeat, lib. de consuetud. cap. 2 et 3, alteramque naturam
+vocat, lib. 2 de temper. cap. 4 et lib. 3 de simplic. cap. 18. Fortè
+etiam in Cœlii illo, aut Pici exemplo, successu temporis consuetudo
+aliquid ad rem facere potuit. At in altero Brunfelsii, aut quod ego
+commemoravi, caussa illa non procedet. Et cur alii ejusdem sodalitatis
+pueri, cum Pici familiari idem non passi sunt? inquit Thomas Campanella
+superius adducto loco. Consuetudo enim particulariter tantùm aliquid
+caussat, atque in uno aut altero saltim individuo. Neque omnes isti quos
+recensuimus, ab ineunte ætate flagitiosâ illâ alternatione pudorem sibi
+invicem vindidisse aut flagris in Venerem primis ab annis se invitasse,
+verisimile est. Gratulamur nos Germaniæ nostræ, quod scelera ista
+perversæ Veneris, et puerorum contumeliæ, aut mutuæ alternæque marium
+inquinationes in ipsâ ferè ignorentur, aut ab aliquo fortè perpetratæ
+(si tandem exemplum reperias) severè flammis ultricibus puniantur.
+«Nihil tale novere Germani: et sanctius ad Oceanum vivitur, dicebat olim
+de majoribus nostris Quintilianus, Declamat. Pro milite Mariano, cujus
+pudicitiam tentaverat Tribunus; quâ de re plura diximus in Comment. ad
+jusjur. Hipp. cap. 18.
+
+Cum itaque nec astra, nec sola consuetudo in caussa sint, ob quam flagra
+libidinem concitent, videamus porro, num alia quæpiam subesse queat;
+quam ut investigemus, utique paullo altius nobis res fuerit arcessenda.
+Sciendum igitur, flagellationem istam, virgarumque incussus, non alibi
+quam in dorso factos: quod et meretricula Lubecensis illa confessa est,
+et de cæteris æquè certum est. Neque enim partes illæ, quibus viri
+sumus, virgarum flagra et quidem ad sanguinis eruptionem, ferre queunt:
+et communiter flagra tergo sive dorso incutiuntur. Dorsi autem
+potissimam partem absolvunt lumbi. Pars nempe illa corporis, cujus
+fundamentum sunt quinque vertebræ, quæ post thoracis vertebras locatæ,
+ad os sacrum continuantur. Has musculi, et cum adipe cutis extrinsecus
+tegunt, intrinsecus musculi succingunt, quos Græci ψόας appellant. Iis
+porro incumbunt renes, dexter et sinister, unus in quoque latere, et
+quatuor ferè vertebrarum spatium suâ magnitudine occupant; ac venæ cavæ
+arteriæque magnæ annectuntur. Tam à venâ autem cavâ, quam arteriâ magnâ,
+et insignia renes in se recipiunt vasa, quæ emulgentia vocant; uterque
+nempe utrinque vas unum; venam et arteriam: quæ per ramos deindè in
+ipsam eorum substantiam variè disperguntur. Dextra parte venæ cavæ, sub
+ipsa emulgente, oritur seminaria vena dextra, et eodem loco ex arteriâ
+magna, arteria seminaria utraque ad testiculum dextrum descendens. Parte
+sinistrâ, arteria seminaria ex magnæ arteriæ trunco, vena verò seminaria
+ex sinistrâ venâ emulgente profectæ, sinistro testiculo inseruntur. Nec
+desunt nervi, qui ex spinalis medullæ portione, in prædictis vertebris
+contenta, ad renes mittuntur, nec in eorundem tantum tunicas, sed
+substantiam quoque pertingunt. Ex ipsâ demum cavitate renum, ureteres
+producti vesicæ implantantur. Hæ partes omnes, ut unâ lumborum
+apellatione venire possunt: ita unum communemque etiam iis usum
+adsignari par erat, ut rectè statuit Marsil. Cagnatus, Variar Lect. lib.
+4, cap. 7. In singularum quidem partium usum, ossium, musculorum, renum,
+vasorumque, sat accuratè anquisivere auctores, at quem in commune omnes
+conferant, insuper habuerunt investigare. Cagnatus omnes, quemque tamen
+suo modo, semini tum elaborando, tum ipsi generationis operi
+perficiendo, quod naturalissimum vocat Philosophus, lib. 2. de An. text.
+35, dicatos censuit. Neque aliò videntur inclinare Hieron. Montuus
+Pract. part. 1, lib. 4, cap. ult. et è jurisconsultis vestris Andr.
+Tiraquellus, L. Connub. 15, num. 40, 41, 42. Atque id quidem non
+immeritò, nec temerè. Tale quid enim et lumbis, et renibus, ac
+lateribus, tum sacræ litteræ, tum antiquitas omnis, sivè sacros, sivè
+profanos scriptores consulas, unanimi consensu jam olim attribuerunt. Et
+sacræ quidem litteræ opus generationis lumbis non uno in loco deferunt,
+ut Genesios, cap. 35. vers. 11. Reges de lumbis tuis egredientur; et
+apud Apost. Epist. ad Hebr. cap. 7, vers. 5. Filii Abraham, dicuntur,
+egressi de lumbis ejus; et vers. 10, Levi in iisdem fuisse dicitur. Unde
+Basilius magnus comment. In Esaïæ cap. 16 in plerisque, inquit,
+scripturæ locis, lumbus sumitur pro genitalibus membris et Origenes, dum
+Homil. 1, in illud Psal. 37, v. 8. «Lumbi mei impleti sunt illusionibus:
+commentatur; in lumbis, inquit, humanorum seminum receptaculum esse
+dicitur, ex quo illud genus indicatur peccati, quod per libidinem
+geritur. Et proverbium est apud Hebræos, ut lumbos præcingere, aut
+succingere, dicant pudicitiam servare et à libidine sibi temperare; Hoc
+respectu Jehovah ad Jobum, Jobi C. 38, v. 3 et C. 40, v. 2. «Accinge
+sicut vir lumbos tuos, h. e. sicut vir fortis restringe luxuriam: ut in
+iis sit, inquit Isidorus, Orig. lib. 11, cap. 1, resistendi præparatio,
+in quibus libidini est usitata dominandi occasio. Confer Suidam in voce
+PSOA.
+
+Huc trahit D. Hieronymus Comm. in Nahum, illud prophetæ c. II. v. 1.
+contemplare viam tuam, conforta lumbos, robora virtutem valdè. Uti et
+illud de Joanne Baptista, Matth. c. 3. v. 4. «Habuit zonam pelliceam
+circà lumbos suos.» Quem proindè nos imitari jubet Gregorius Nazians.
+Orat. 42. et Nicetas in comment. ibid. Neque aliter intelligendus
+Esaïas, cap. 32. vers. 11. Jeremias, cap. 1. vers. 17. D. Paulus ad
+Ephes. c. 4, vers. 14. Neque Salomo, qui de muliere forti et pudicâ ait:
+Accinxit fortitudine lumbos suos. Proverb. ult. vers. 17. Apud D. Petrum
+verò Epist. 1. cap 1. vers. 13. succinctum esse lumbos mentis, est
+luxuriam à cogitationibus arcere, ait Montuus loco laudato. Fallor
+etiam, an et Romani huc oculum intenderunt? quando cinctum esse,
+modestiæ, disciplinæ, modestique animi putarunt argumentum, discinctum
+verò mores dissolutos notare: quâ de re plura dixi in Mœcenate. Hodiè in
+Gallis moris est, ut iis, quibus Apollinaris laurea tribuitur, fasciâ
+sericiâ, tanquam insigni quopiam lumbi succingantur. Eo Franc. Ranchinus
+Comm. in Jusjur. Hipp. castitatis neccesitatem in Medicis notari censet;
+Zonam enim renum coërcitionem indicare, et effrenatæ lumborum
+cupiditatis abstinentiam. Hinc Dianam, castitatis Deam semper zonam
+gestare ab antiquis creditum: Hinc zonam solvere in verbis esse nuptis,
+et virginitatis imminutionem notare. Et rectè Aëtius, Tetrab. 1. serm.
+III. cap. 8. Veneris usum nocivum esse ait illis, qui lumbos aut renes
+habent imbecilles, atque idcircò Elumbes dicuntur. De iis est proverbium
+apud Eustathium in navium catalogo.
+
+ ὀσφὺν κατηγώς, ὥστε Μύσιος ὄνος
+ Lumbos solutus, tanquam asellus mysius:
+
+quod Hadrianus Junius, cent 6. ad. 48 explicat de mollibus, effeminatis
+et elumbibus. Nec aliam ob causam Petronio in Satyrico lumbi soluti,
+sunt Venere enervati. Sed et podagricum se esse, inquit, lumborumque
+solutorum, omnibus dixerat. Tales Catullo Epigr. 16. sunt;
+
+ Qui duros nequeunt movere lumbos.
+
+quibus opponit Martialis lib. 5. Epigram. 79.
+
+ Lascivos docili tremore lumbos.
+
+Et Auctor Carminis liberi fluctuantes lumbos. Carm. 18.
+
+ Ecquando Theletusa circulatrix
+ Crissabit tibi fluctuante lumbo.
+
+Fluctuare enim est crebrò moveri, et ad exemplum fluctuum inquietari.
+Græcis est ῥικνοῦσθαι, Latinis crissare. Indè ρίκνωμα impudicæ
+saltationis genus. Quale est quod nostris hodiè moribus il Bergamasco
+vocamus et non nisi à personatis desaltari solet. De illo Juven. sat.
+II.
+
+ Plausu que probatæ
+ Ad terrum tremulo descendunt clune puellæ.
+
+Arnobius libro 2 «lasciviens multitudo incompositos corporum
+dissolveretur in motus, saltitaret et cantaret, orbes saltatorios
+verteret et ultimum clunibus et coxendibus sublevatis, lumborum
+crispitudine fluctuaret.» Vide in epistolis græcanicis epistolam Megara
+ad Bacchidem de Thryallide, si lubet.
+
+Et respicit huc Persius Sat. 1, ubi de lascivis versibus, et quæ
+libidinantem pruritum auditoribus excitant, ait:
+
+ Cum carmina lumbum
+ Intrant, et tremulo scalpuntur ubi intima versu.
+
+Et Juvenalis Sat. 6, de tibiis Sacerdotum Bonæ Deæ:
+
+ Nota Bonæ secreta Deæ, cum tibia lumbos
+ Excitat, et cornu pariter vinoque feruntur.
+
+Quare etiam Isidorus loco adducto lumbos ob libidinis lasciviam dicto
+vult, quod viris caussa corporeæ voluptatis in ipsis resideat.
+
+Nicolaus Perottus, in Cornucop. planius à lubidine seu appetentiâ
+deducit. Esse enim lumbos à lubendo, insertâ M. litterâ, quod sæpè usu
+venit. Ita «cumbo à cubo, à pago, pango, à frago, frango,» ait
+doctissimus Matth. Martinius, in Lexico Etymol.
+
+Atque ut lumbis, ita et renibus, lumborum parti, et quidem principi, si
+conformationem spectes, idem officium tribuitur. Hos enim ad
+generationis officium facere lib. II. Reg. innuitur, cap. 7, vers. 12.
+Filius qui egreditur de renibus tuis.
+
+Undè Tertullianus lib. de carnis resurrect. vocat renes conscios
+seminis.
+
+Hesychius Presbyter, quem corruptè Isicium vocant, Comment. in Levitic.
+lib. 1 «Renes, inquit, sunt coïtalium seminum ministeria: et mox: in
+renibus coïtalis operationis sunt semina.»
+
+D. Augustinus enarrans Psalmi 7, v. II, scribit nomine renum
+delectationes Venerias intelligi. D. Hieronymus Comm. in Nahum Prophetæ,
+c. II. «Omnia, ait, opera, quæ ad coïtum pertinent, renum appellatione
+venire,» quod ferè repetit Comm. in Ezechiel. c. 16.
+
+Verba insuper illa Jeremiæ, c. 17, vers. 10, et Apocalyps. c. II, vers.
+20, scrutans renes et corda; Nicolaus Lyra explicat: «examinans et
+puniens concupiscentias et cogitationes malas. Per cor nempe
+cogitationes, per renes in sacris litteris concupiscentiæ intelliguntur.
+Itaque Psalmog. Ps. 26, v. II. Deum rogat, ut renes ipsius et cor urat;
+et ex ipso Ecclesia in Hymno illo. «Ure igne sancti Spiritus, renes
+nostros, et cor nostrum, Domine; ut tibi casto corpore serviamus, et
+mundo corde placeamus.»
+
+Et communiter Theologi per id, quod Exodi 12, vers. II, præcipitur iis,
+qui agnum paschalem comedebant, ut renes accingant, intelligunt
+refrænationem libidinis.»
+
+Ausonius renibus uti, usurpavit pro libidini indulgere, Epig. 13. Utere
+rene tuo. Et vulgò joculari sermone nostratibus renes purgare dicuntur,
+qui Veneri litant.
+
+Quæ causa est, cur Hippoc. lib. de morb. int. Aristoteles, Prob. sect.
+6. Probl. II. Galenus lib 6. Epid. Comm. 6. Aëtius Tetrab. 1, serm. 3,
+c. 8. Avicenna lib. 3 fen. 8 tract. II, c. 11, plurimique Medicorum
+alii, Veneris usum nimium renibus obesse nos docuerunt. Hinc est, quod
+renes olim Veneri dicati erant.
+
+Fulgentius enim lib. 3 Mytholog. in fabulâ Peleï et Thetidis, ex
+Democriti Phisyologiâ, memor libro refert Ethnicos, quod singulas partes
+in homine singulares Deos obtinere putarent, Jovi caput, Junoni brachia,
+Minervæ oculos, Neptuno pectus, cinctum Marti, renes Veneri, Mercurio
+pedes adsignasse.
+
+Quod si etymologiam denique nominis et originationem inquisieris,
+Varroni, Romanorum doctissimo, ut vocat Quinctilian. Instit. orat. lib
+10, cap. 1, renes dicti fuere ἀπὸ τοῦ ῥέειν, quasi rivi ab his obscœni
+humoris, puta seminis, oriantur, si Lactantio credimus, lib. de opific.
+Dei c. 14 et Isidoro, Orig. lib. 11, c. 1. Neque est, ut per obscœnum
+humorem urinam intelligas, quod quibusdam placere video. Explicans enim
+Varronem Isidorus, venæ et medullæ, inquit, tenuem liquorem desudant in
+renibus qui liquor rursus à renibus calore Venereo resolutus decurrit:
+quod de urina nemo sanus dictum adserat.
+
+Et Hebræi renes à concupiscentia appellant duplici voce hebraicâ quæ
+significat, efflictim cupere. Et quia renes in lumbis ad latera sunt
+siti, hæc etiam ad Venerem et opus generationis facere, creditum fuit.
+
+Hinc apud Ovidium lib. 1, Amor. El. 8, pudicissima illa fœminarum, ut
+credebatur, procorum vires probatura, et robustum latus, arcum ipsis
+proponit, jubetque νευρὴν ἐντανύσαι.
+
+ Penelope vires juvenum tentabat in arcu:
+ Qui latus argueret, corneus arcus erat.
+
+Nec inficias it Penelope ipsa, in Carmine libero, Epig. 69 ad procos.
+
+ Nemo meo melius nervum tendebat Ulisse:
+ Sive illi laterum, seu fuit artis opus.
+ Qui quoniam periit, modovos intendite, qualem,
+ Esse virum sciero, vir sit ut ille meus.
+
+Undè experiri latus Martiali. Lib. 7, Epig. 57, est Veneris periclitari
+vires.
+
+Hinc El. 10 Ovidio lib. 2, Amor. lateri vires dare, est concitare in
+libidinem.
+
+ Et lateri dabit in vires alimenta voluptas.
+
+Et Apuleio lib. 8, industria laterum est potentia in rebus Veneriis:
+Fortissimum, ait, adducunt rusticanum, industriâ laterum atque imis
+ventris bene preparatum.
+
+Juvenali verò et Ovidio lateri parcere, est à Venere temperare. Ita enim
+ille de Catamito, Sat. 6.
+
+ . . . . Nec queritur, quod
+ Aut lateri parcas, nec quantum jussus anheles.
+
+Hic verò, lib. 2, de arte:
+
+ Et lateri ne parce tuo: pax omnis in illo est.
+
+Contrà Martiali lib. 11, Epig. 105, latus rumpere est Veneri nimiam
+operam dare:
+
+ Et juvat admissâ rumpere luce latus.
+
+Et lib. 12, Epig. 98.
+
+ Rumpis, Basse, latus, sed in comatis.
+
+Item Tibullo, aut si quis alius est auctor, in Iambis ad Priapum.
+
+ Et inquietus inguina arrigat tumor,
+ Neque incitare cessat usque dum mihi
+ Venus jocosa molle ruperit latus.
+
+Petronius in Satyrico dixit latus convellere. Timebam, inquit, ne frater
+latus convelleret. Alibi etiam latera invalida, emerita, exfututa,
+defecta, et defessa, sunt Venere exhausta. Ovid. Amor. lib. 3, Eleg. 10.
+
+ Vidi ego cum foribus lassus prodiret amator.
+ Invalidum referens, emeritumque latus,
+
+Catulus, Epigr. 7.
+
+ Cur non tam latera exfututa pandas?
+
+Priapus in Carmine libero, Epig. 15.
+
+ Ipsi cernitis: ex fututus ut sim,
+ Confectusque, macerque, pallidusque,
+ Defecit latus, et periculosam
+ Cum tussi miser expuo salivam.
+
+Suetonius in vitâ Caligulæ c. 36. Valerius Catullus, consulari familiâ
+juvenis, stupratum à se Caligulam, ac latera sibi contubernio ejus
+defessa, vociferatus est.
+
+Apuleius lib. 8. Diù vivas et Dominis placeas, et meis jam defectis
+lateribus consulas. Ex quibus omnibus tam clarè liquet, ut Plauti verbis
+hic utar:
+
+ Quam solis radii olim, cum sudum est, solent.
+
+Neque novam esse opinionem, aut nuper natam, sed fundamentum habere in
+unanimi totius antiquitatis consensu, sacrarum etiam litterarum
+testimonio firmatam, lumbos, lumborumque partes, renesque ad
+generationis opus facere. Communis autem sententia, seu Doctorum opinio,
+ut jurisperiti tui loquuntur, Cassi, non potest totaliter esse falsa. Et
+probabilia sunt, inquit Aristoteles lib. 1, Topic. cap. 1. Text. 7, «quæ
+ita esse videntur aut omnibus aut plurimis, aut certè sapientibus; atque
+iis, vel omnibus, vel plurimis, vel iis, quorum spectata et perspecta
+sapientia et qui hoc nomine clari et illustres sunt.» Quæ itaque ei rei
+subsit ratio, operæ pretium nunc porrò fuerit inquirere. Simul enim et
+caussam invenerimus, ob quam lumbis inflictæ plagæ et flagrorum verbera,
+libidinis sint incentivum.
+
+Cagnatus quidem, et qui ipsi favere videtur, Montuus, rem omnem lumbis
+tribuit, quatenus ex iis constituntur partibus, quas paullo antè
+recensuimus. Ex vertebris nempe, musculis, renibus, venis, arteriis,
+nervis. Ita tamen ut venis nimirùm et arteriis seminariis principatum
+tribuat, ut quæ et materiam semini præbeant, albescentemque humorem, qui
+vel semen jam sit, vel mox futurus, in se contineant, et à se ad testes
+amendent. Atque ab hoc humore, in venis arteriisque turgente, seminis
+projiciendi prolubium ait excitari, et pollutiones nocturnas caussari,
+in iis præsertim, quibus ob decubitum dorsum vasa illa incalescunt.
+Bartholomæus Montagnana Consil. Med. 37 et Nemesius Philosophus, lib. de
+nat. hom. c. 27, renibus, parti lumborum, rem totem transcribunt, quod
+et Joh., Matthæus facit, Quæst. Med. 90. Garyopontus, medicus Ladinus,
+sequioris tamen ævi, lib. 3. Pract. c. 34, et nuper Cl. Dan. Sennertus,
+Præceptor olim noster, et amicus, dum in vivis erat, honorandus, Pract.
+lib. 3, part. 7, Sect. 1, c. 1. Petrus Laurenbergius in procestriis
+annotationibus anat. lib. 1, cap. 4, et colleg. anat. disp. 6, th. 17,
+et noster tandem Gasparus Hoffmannus, Inst. med. Nec tamen omnes illi
+eodem modo rem explicant.
+
+Barthol. Montagnana quidem, examinans Avicennæ locum, lib. 18, fen. 3,
+c. de renibus et ren. calc. Subtiliter, aït, memorandum est, propter
+quid renum debilitas ab Avicenna dicatur causa defectus coïtus. Et
+postquam dixisset, materiam seminalem perfectionem adæquatam indipisci à
+testium temperie et facultate, subjungit; materiam eamdem necessum
+habere prædisponi in membris superioribus, in quibus potentior sit vis
+digestiva, ut in hepate et renibus: in illo nempe remotius, in his
+proximius. Et prohindè concludit, impossibile esse semen verum generari,
+nisi membra illa, hepar nempe et renes, sint debitè complexionata et
+organizata in complexione et unitate suâ.
+
+Nemesius verò salsedinem tantùm quamdam à renibus ad testes transmitti
+putat, quæ appetitum, aut pruritum potius, in genitalibus excitet, atque
+ita suo quodam modo ad Venerem faciat. Renes, inquit, sunt sanguinis
+purgamina, et ad coïtum fiunt causa appetitus. Nam venæ quæ in geminos
+delabuntur, per renes transmeant, et illinc acorem quemdam hauriunt
+appetitum irritantem eo modo quo sub cute genitus acor pruritum facit;
+et quò geminorum pulpa cute est mollior, eò magis illi ab acore
+lancinati, furiosam ad egerendum semen irritant cupidinem. Neque aliud
+innuunt Isidori verba paullò antè adducta. Atquæ eadem ferè est Jo.
+Mathæi sententia, nisi quod reni sinistro hic plus tribuat, quam dextro.
+«Vena enim seminalis sinistra, inquit, emulgenti juxtà renem sinistrum
+implantata, sanguinem multa salsedine aquosa dilutum ad excitandam ὁρμὴν
+et generationis stimulum subministrat.» Laurenbergius in procestriis
+quidem in genere saltim renes ad generationem facere affirmat. In
+diputatione autem, quam dixi, non alio ferè modo se explicat, quam
+Matth. Garyopontus. Ait renes naturâ musculosos esse, et nervos ipsorum
+inhærere cavernis, quæ genicale semen contineant. Vim nempe
+σπερματοποιητικὴν ipsis renibus tribuit, atque ita tribuit: ut quodam
+modo in illis semen elaborari et contineri credat. Quæ sententia etiam
+est Cl. Sennerti, quamvis hic longè aliâ ratione eam proferat, et
+dilucidius mentem suam explicet, ac proximius ad αὐτοψίαν Anatomicam,
+quam Garyopontus qui non valdè ejus videtur fuisse peritus. A renibus
+nempe non stimulum saltim partibus genitalibus communicari, sed semen
+ipsum in iis elaborari, atque ab iisdem porrò transmitti censet
+Sennertus, quem sequitur Hoffmannus. L. C. Idque ex eo primùm Sennertus
+colligit, quod renes peculiare parenchyma habeant, à cordis substantia,
+ut adparet, non multùm differens, aut hepati potius simile, ut vult
+Aretæus, lib. 2, de morb. diut. c. 3.
+
+Peculiari autem parenchymati, quæ Galeni est maxima, lib. 6 de decretis
+Hippocr. et Plat. peculiaris vis sanguinem elaborandi, ut cæterorum
+viscerum parenchyma, denegari nequit. Et latè probat medicus Kariesatos,
+Joan. Beverovicius, lib. de calculo renum et vesicæ, cap. 2. Deinde, cum
+vena emulgens venarum omnium à venâ cavâ prodeuntium sit maxima, et plus
+sanguinis renes advehant, quam iis requiratur alendis: arteria insuper
+amplior sit, quam seroso humori depurando sit opus, verisimile esse
+credit, naturam, quæ nihil frustra facit, vasa illa tantâ amplitudine
+numquam efformasse, nisi peculiarem finem spectasset. Quem quidem finem
+non alium esse concludit, quam sanguinis arteriosi ad renes delationem
+ut in ipsorum substantia cum sanguine venoso mixtus, et alteratus,
+semini generando materiam suppeditet, ad testes deinde transmittendam.
+
+Maximè Sennerti sententiam illud confirmat, quod pro diversâ
+conformatione renum et vasorum renalium, in quibus aliàs valdè ludere
+solet natura, alii aliis, proniores sunt in libidinem, et ad
+perpetrandam magis fortes. Exempla habemus apud. Salom. Albertum in
+observationibus et Joan. Riolanum Antrop. lib. 2, cap. 27, qui Eorum
+libet cadaver masculum secuit hominis ultimo supplicio ob facinora
+affecti, in quo uterque se reperiisse scribit tres emulgentes in dextrum
+renem, venas verò spermaticas in utroque latere ex emulgentibus
+descendentes. Salom. Albertus ex hoc rectè colligit uberiorem seminis
+proventum et salacitatem inexhaustam, quaque vix satiari potuerit: dequâ
+hominem ipsum etiam paulò ante supplicium aït conquestum fuisse.
+Riolanus suum scribit totum in Venerem fuisse pronum, atque ob
+Trigamiam, quod tres viventes haberet uxores, strangulatum. Adde
+Philipp. Salmuth. Obs. Med. cent. 1. Obs. 23, qui duos ob rem veneream
+valdè infames secuit, in quorum posteriori renes maximi, ut ternos, immò
+quaternos alios humanos æquare possent. Pergit Sennertus et quærit, qui
+fiat, nisi sententia hæc admittatur, quod sapor ille, ac odor, qui in
+animalibus pluribus non castratis, per universum corpus diffunditur,
+maximè tamen in renibus percipiatur, ac potissimùm in animalibus
+adultis; in novellorum ac teneriorum renibus, dum nondum fœminas ineunt,
+non reperiatur? addit præterea ex Oribasio lib. 6. Collect. c. 38, ex
+retento semine renes male affici; inter calidorum renum signa à Medicis
+recenseri propensionem ad libidinem, somnia libidinosa, et nocturnas in
+somno pollutiones; qualitates insuper seminis ex renum constitutione
+Practicis deduci. Quemadmodum et renes calidos indicat prompta libido et
+salacitas, renes frigidos Veneris nullum ferè desiderium et appetentia.
+
+Denique in gonorrhω lumbis ad renum regionem pro semine imminuendo aut
+alterando remedia adplicari, ex Aretæo docet, lib. 2 Chron. c. 7, et
+Alex. Tralliano lib. 9. c. 9.
+
+Atque huic Sennerti sententiæ probandæ, adde quod Plinius habet, lib.
+34, c. 18. Plumbum, alligatis lumborum et renum parti laminis,
+frigidiore naturâ inhibere impetus Veneris: additque exemplum: Calvum
+Oratorem vasa Veneria sponte naturæ erumpentia, usque in morbi genus,
+his laminis cohibuisse.
+
+Adde Galenum lib. 5, de tuendâ valet. c. ult. lib. 6. de loc. adf. c.
+ult. et lib. 14, meth. med. c. 7, qui athletas similiter ad pollutiones
+nocturnas inhibendas, et Veneris impetus compescendos, laminas plumbeas
+adhibuisse scribit, et lumbis ceratum ex simplici rosaceo, cum aquâ
+frigidâ subacto, applicasse in priapismo. Cæl. Aurelianus. lib. 5.
+Tardar. pass. cap. 5, præter laminam plumbeam, spongias puscâ frigidâ
+infusas, ut loquitur, circumdandas suadet.
+
+Adde Aëtium, qui cum Theod. Prisciano, lib. 2, c. 11, lumbis non tantum
+laminam plumbeam, et refrigerentia adhibet, sed decubitum etiam supinum
+damnat, ne partes lumborum incalescant, et malum inde augeatur, Tetrab.
+1, serm. 3, c. 32 et 33.
+
+Adde Oribasium, Synops. lib. 9. c. 39 et 40, et Paullum Æginetam, lib.
+3, c. 55 et 56, quorum uterque idem statuit; hic verò etiam urinas
+cientia medicamenta, in gonorrhœa prohibet, ne renibus in lumborum
+regione positis noceant.
+
+Nec latuit hæc res Avicennam, qui lib. 3, fen. 18 cap. 9. inter signa
+renum extenuatorum, et exoletorum, ponit defectum coïtus; et c. 11.
+caussam debilitatis renum inter alia facit frequentiorem coïtum, et c.
+13, ad debilitatem renum corrigendam coïtus suadet abstinentiam.
+
+Nec ignoravit Aaron, Medicus celebris apud Rhasen, lib. II. Contin. c. 5
+qui aït: Si erectio veretri fuerit debilis, erit caussa ex hepate et
+renibus.
+
+Et trahendus huc Aristoteles, qui animantia alia, præter hominem,
+gonorrhœa non laborare ideò putavit, quod in dorsum non decumbant,
+Probl. sect. 10, pr. 18. Contrâ equi generosiores, ubi ex insessoris
+subsultu lumbique renesque incalescunt, pronâ libidine feruntur in
+venerem. Nec videntur hanc rem ignorasse matronæ Athenienses, quæ in
+Thesmophorion festo (quando seorsim cubabant à viris,
+
+ Perque novem noctes Venerem tactusque viriles
+ In vetitis numerabant,
+
+ut Ovidius loquitur lib. II. Metam. Fab. 11.)
+
+Ex ἁγνῷ Latini viticem et agnum castum vocant, cubitus sibi sternebant.
+Vitex enim ille frutex est, seu arbuscula, libidini restinguendæ dicata.
+Igitur ejus folia dorso sibi sternebant, ut eo modo vim seminis
+generandi, libidinem concitandi in renibus, partibusque vicinis
+morarentur. Historiæ meminere Dioscor. lib. 1, c. 116. Plin. lib. 24, c.
+9. Galenus, lib. 6, de simpl. med. fac. Ælian. de anim. lib. 9, c. 16.
+
+Neque alia est caussa, ob quam renes animalium, et præcipuè hirci, ad
+coïtum.
+
+Atque ab Aëtio partes quæ sunt circà renes Scinci, ad tentiginem fascini
+excitandam commendantur, loco adducto c. 35. Nisi quod analogiam quamdam
+habeant, et similitudinem cum renibus humanis, ob quam juvare eos
+credentur, et ad officium generationi destinatum excitare. Quemadmodum
+et iis, qui minus in venerem sunt prompti, inter alia medicamenta,
+unguenta calida, non partibus pudendis tantum, sed renum etiam regioni
+inungenda, prescribi solent; et diuretica valida, ut cantharides, ac
+decubitus in dorsum imperari; ut et renes hoc pacto incalescant; et
+semen ac testes concitetur, ad qui in Venerem frigidi languent,
+reaccendantur. Undè Rhases lib. II. Contin. c. V. Quoties, inquit,
+fricantur lumbi cum medicinis calidis, veretrum crescet in erectione, et
+magnificabitur.
+
+Et Misish Arabs, in Summâ apud eundem Rhasen; Calefactio dorsi, ait,
+subvenit ad luxuriam: (h. e. facit irritandæ libidini) et sicut
+infrigidatio ejus et dormitio super folia frigida, diminuit luxuriam,
+ita calefactio auget in luxuriâ mirabiliter. Ex quibus omnibus primum
+hoc concludimus, facere quidem ad Venerem exercendam lumbos, ut ex
+partibus suis constituuntur, et cum primis venas et arterias, ut quæ
+materiam ac spiritum deferant, quod volebat Cagnatus; præcipuum tamen
+organum esse renum παρέγχυμα, cujus beneficio semen primum incipiat
+elaborari, perfici deinde porrò, et æquabilitatem indipisci in vasis,
+quæ et Sennerti, ut patuit, et nostra est sententia. Nec tamen de nihilo
+est, quod Nemesius notabat cum Isidoro, et Matthæus insuper et
+Laurenbergius, salsedinem quandam, et serosam materiam simul semini
+communicari et tentigini excitandæ à renibus ad testiculos
+adimplaustrari, quod verbi ac ipsâ in re usurpat Papias Grammaticus, in
+Vocabulario.
+
+Concludimus porrò, flagra dorso sivè lumbis inflicta, quia partes semini
+generando dicatæ, ac semen ad genitales partes deferentes, ab iis
+incalescunt, in Venere excitanda, aut libidine, multum posse. Undè non
+mirum extincti illos pudoris bipedes libidinisque abominandæ victimas,
+de quibus egimus, aut alios nimiâ Venere exhaustos, lumborum partibus
+defectis lumbisque solutis, à flagris remedium quæsivisse. Horum enim
+incussu partes refrigeratas verisimile est rursus incalescere, ac
+materiæ seminali fervorem conciliari, accedente præsertim partium
+verberatarum dolore, qui facit, ut uberiùs sanguis, spiritusque
+attrahantur; donec calore ipsis etiam generationis instrumentis
+communicato, male feriatæ voluntatis desiderium expleatur, et naturâ
+etiam invitâ, atque ultra modum potentiæ suæ vi in flagitia adigatur.
+Hæc mea est sententia, mî Cassî.
+
+At inquies, illi quidem, de quibus tu agis, abominandâ libidine
+exhausti, ut illicitam Venerem continuarent, porròque in eodem scelerum
+cœno se volutarent, remedium hoc usurparunt. Quæris autem; postquam res
+ita habet, an non eodem non secus ac medicamentis aliis, citrà crimen ac
+reprehensionem uti is etiam possit, qui licitæ quidem Veneri addixit
+operam, latera tamen, et quæ præterea utramque hic paginam implere
+debebant, languidiora experitur, aut planè, ut Virgilii utar verbis, ex
+lib. 3 Georg.
+
+ Frigidus in Venerem senior, frustràque laborem
+ Jucundum trahit, et si quando ad prælia ventum,
+ Ut quondam in stipulis vanus sine viribus ignis
+ Incassum furit;
+
+ut creditricis etiam, non dicam debito, sed nec τῷ interesse saltim sit
+solvendo? Quidni, verò amice Cassi? Te quidem, remedii id genus ut
+usurpes minimè opus habere, juramento quinquagenario contendere paratus
+sum. Aliud nempe de te, qui medicus audio, atque hac in re ex artis
+præscripto judicare quidpiam aut possim, aut debeam, non falsus
+conjectator pridem præsumpsi. Aliud modo testatur nuptæ novellæ et
+musteæ uterum recenter verminans, testis omni exceptione major, et cui
+fides meritò arbitranda, cui felicem etiam justo tempore λύσιν Deum
+poscimus. Ut cum aliis idem communices remedium, si qui sint, qui opus
+habeant difflagellatore,
+
+ Qui validè intorto verbere terga secet,
+
+nullos vetabo. Ἀφθόνους esse oportet non Μουσῶν tantum θύρας quod vulgò
+dici solet, sed ἰατρῶν maximè.
+
+Invidentiæ enim crimen, ut Scribonius Largus aït in Epistolâ ad C.
+Julium Callistum, cum omnibus invisum esse debeat, tum præcipuè Medicis:
+in quibus nisi plenus misericordiæ et humanitatis sit animus, secundum
+ipsius professionis voluntatem, omnibus Diis et hominibus invisi esse
+debent.
+
+Ego tamen in tui saltim gratiam, ὦ φίλον κάρα, cum ita volueris, animi
+mei sententiam liberius paullò tibi explicare volui. Tu boni qualia
+consule, et me tuum porrò ama, quod facis, jocisque innoxiis, qui in
+seria tamen ducunt; veniam impertire et bene vale.
+
+Lubecæ, Kal. sext. anno 1639.
+
+
+
+
+VIRO SUMMO
+
+THOMAE BARTHOLINO,
+
+HENRICUS MEIBOMIUS.
+
+S. D.
+
+
+Responsarias meas nuper rectè tibi redditas esse, ex magni Simonis
+Paulli optimo filio Christiano Paullo lubens intellexi. Significat verò
+idem mihi nomine tuo, velle te parentis mei Johan. Henr. Meibomii
+epistolam de flagrorum in re veneriâ usu, renumque et lumborum officio,
+typographo recudendam dare. Quare nihil mihi gratius potuit accidere.
+Traxit quidem epistola illa originem ex liberioribus in convivio jocis,
+est que illius editio, parente inscio, Lugduni Batavorum procurata à
+magno illo viro cui inscripta est. Placuit tamen pluribus præstantibus
+in Europa viris, est que in publicis etiam scriptis à quibusdam laudata.
+Quin, cum initio pauca tantum exemplaria essent excusa, inter amicos
+distribuenda, cæpit desiderari ab eruditis et anxiè inquiri à curiosis,
+cum argumentum nescio quid haberet ἑλκυστικόν Dolui ipse sæpius me
+amicis desiderantibus ejus copiam facere non potuisse; nolebam tamen eam
+iteratò imprimendam dare, partim, quod non omnia illius probarem partim,
+quod inter prima famæ incrementa illorum censuram incurrere nollem,
+quibus jam tum hæ tinctæ sale pruriente chartæ nimis fescenninæ
+videbantur. Interim tamen antè paucos annos vel Lugd. Batav., vel alibi,
+nescio quo editore, recusa est, quod quidem non ægrè tuli, si tamen eâ
+de re admonitus fuissem, luculentior prodiisset editio. Nunc verò valdè
+mihi gratulor, quod tibi quoque, quem inter primaria sua decora Europa
+numerat, ita placuerit, ut imprimendam iteratò censeas, novis
+accessionibus per te auctam. Tibi jam ab illis ambitiosè tristibus
+periculum nullum est, nec metuis, ne
+
+ Rugato Cato tetricus labello
+ Nasum Rhinoceroticum minetur.
+
+Quin sacra hæc aliter non constant, nec Vestalibus aut horribilibus
+Sabinis nos scribinus, sed medicis. Meretur verò argumentum illud
+examinari accuratius, nec dubito a Te magni ingenii et lectionis
+infinitæ Viro, omnia esse adducta, quæ ornare illum locum possint. Cum
+tamen edita epistola quædam margini sui exemplaris adscripserit parens,
+ea debitis locis inserta, locupletandæ editioni, transmitto. Sunt dein
+nonnulla in hac epistolâ, quæ sapiunt anti-Harveïana tempora, in quibus
+malo ipse optimi parentis mei errorem agnoscere, quam defendere, cum
+præsertim ipsi non cum aliquot tantum doctis, sed cum aliquot sœculis
+sit communis. Nostri illud Celsi tui: «levia ingenia, quia nihil habent,
+nihil sibi detrahunt. Magno ingenio, multaque nihil ominus habituro
+convenit etiam simplex erroris confessio. Et cur non mereatur veniam
+error, in quem non tam pertinacia aliqua, quam ævi infelicitate
+incurrit? Illa quidem, quæ in initio epistolæ de curatione morborum per
+flagellationes refert, aliorum nitantur auctoritatibus, nec dubii multum
+habent. Videntur autem recentiores remedia illa, malo ipso si non
+majora, ingrata tamen, in superferè habuisse. Illam tamen maniacorum per
+verbera curationem, cujus ex Cælio Aureliano, Rhase, aliis que meminit,
+superiori adhuc seculo in Anglia fuisse usitatam, quamvis medici ejus
+non meminerint, disco ex Bodino qui libro quinto de Republicâ ita
+loquitur: «Insania vero interdum in furorem abit: quod furoris genus
+verberibus mitescit. Nam Londini furiosorum hominum multitudo eodem
+coacta domicilio verberibus acerrimè castigatur quartâ-decimâ lunâ, quæ
+major vis est furoris, tumente cerebro. Cujus rei me commiseratio cum
+cœpisset, intellexi à curatoribus salutarem esse furoris medicinam.»
+
+Fœminis apud Romanos palmæ feriebantur, credebatur que hinc prœgnantibus
+facilior partus, sterilibus autem fœcunditas accedere. Sat id
+superstitiosum erat, fiebatque à Lupercis tantum, amiculo Junonis sivè
+pelle caprinâ, ut docet Festus, induti; rident que ipsi Romani, ut apud
+Juvenalem sat. 2, videre est. Somnambulos, dum noctu surgunt, probè
+verberandos esse nonnulli censent, id quod feliciter cessisse certo
+exemplo mihi cognitum est, malo per verbera atrocia feliciter depulso,
+nec unquam recurrente. Recenset dein parens flagellationum ad libidinem
+concitandam factarum historias, mox que in causas inquirere incipit.
+Rejicit autem primùm astra, dein consuetudinem, à quâ solâ rationem
+hujus rei deduci non posse, satis, ni fallor, fecit manifestum. Id verò
+considerat, flagellationem illam non alibi, quam in dorso, lumbis que
+factam, hinc que eruendam veram causam censet. Ostendit igitur, cum
+sacras litteras, tum antiquitatem omnem unanimi consensu lumbis
+renibusque et lateribus suas in generatione seminis et Veneris usu
+partes deferre. Et non pauca quidem ex variis scriptoribus adduxit;
+possent autem longè plura ejus generis, ex poëtis potissimùm adferri,
+nisi res jam tum clara esset. Ideòque id apud me quoque certum, lumbos
+plurimum ad negotium Veneris facere. Quod verò dein probare suscipit, à
+renibus in lumbis sitis semen primum elaborari, et si multos præclaros
+viros et qui ante et qui posteum vixerunt habeat ὁμοψήφους mihi necdum
+probavit. In confesso enim hodiè est apud veritatis scrutatores
+sanguinem per arterias emulgentes ad renes deferri, renibus autem per
+emulgentem venam in cavam et indè in cor redire: arterias spermaticas
+sanguinem ex arteriâ magnâ accipere, venas spermaticas eundem à partibus
+seminalibus, partim in cavam, partim in emulgentem venam reducere:
+qualis sanguinis motus ex valvularum in his venis constitutione
+manifesto probatur. Patet autem indè, nihil à renibus ad testes per vasa
+descendere. Interim verum manet, lumbos calidos ad Veneris opus facere,
+frigidos illud impedire, rectè que à medicis ad libidinem excitandam aut
+supprimendam calida vel frigida lumbis apponi. Ut enim parens meus ipse
+ex Cagnato, Montuoque observavit, sunt in lumbis majora vasa sita, in
+quibus si sanguis incalescit, necesse etiam est, per arterias
+spermaticas eum calidiorem tandem defluere, ipsam que seminalem materiam
+facilè mobilem in fervorem agi. De Renibus ita censeo. Si incaluerint
+solito magis, sanguini per venas emulgentes relabenti majorem calorem
+communicari, cum que continuo ad renes sanguis accedat, relabatur que,
+potest à renum calore toti sanguineæ massæ calor communicari major, undè
+etiam per arterias spermaticas sanguis calidior descendit. Hinc que
+explicari potest, cur quibus calidi renes, ii ad libidinem propensi, et
+quæ alia φαινόμενα ad suam sententiam probandam adduxit parens. Fortè
+etiam aliquando in illis, quibus jam tum calidus est sanguis, sunt que
+proindè libidinosiores, renes etiam calidi à sanguine continuò accedente
+fiunt, ceu notum est medicis, ubi errore diætæ incaluit sanguis, renum
+peccatum facillimè luere, quia ad eos præ aliis partibus magna quotidiè
+sanguinis copia accedit. Tum igitur non tam à renum calori dependet
+libido, quam à communi causâ, sanguinis nempe calore et libido et renum
+calor. Porrò jam ita rem explico. Per verberum incussus calefit in
+lumborum vasis, quà minoribus, quà majoribus sanguis, tandemque in ipsis
+etiam renibus, inde tota massa sanguinea demùm, ideòque et per arterias
+seminales fervidior elabitur, immò copiosior quoque, dum per illorum
+scelestorum ad Veneris prælia se parantium libidinosas cogitationes
+concitatur quodam modo versùs spermaticas partes effervescens sanguis.
+Ita et per decubitum molliorem, supinum, seminis profluvia incalescente
+sanguine concitantur. Equitantes in Venerem pronos fieri notum est,
+annotatumque jam tum in Centone problematum quæ sub Aristotelis nomine
+circumferuntur, sect. IV. probl. 12. Rationem autem hanc reddit auctor
+διὰ τὴν θερμότητα καὶ τὴν κίνησιν ταὐτὸ πάσχουσι, ὅπερ ἐν τῇ ὁμιλίᾳ
+propter calorem et agitationem ita afficiuntur, ut in coïtu solent,
+planè ad mentem meam. Incalescit enim per motus illos successiones que
+equitantium sanguis in vasis lumborum, promoveturque sanguinis per Aortæ
+truncum descendentem motus et ita etiam versus partes seminales.
+Contrarium quidem testari videtur Hyppocrates, lib. de aër. aq. et loc.
+ineptos nimiùm ad Venerem fieri eos, qui multum equitant. Veram
+explicandus ille est de continuâ Scytharum equitatione, quæ ad
+lassitudinem usque fit, corpusque debilitat ac resolvit, et ita Veneris
+stimulos supprimit. Ea verò de quâ ex Aristotele diximus, equitatio
+moderata intelligitur, per quam incalescant tantum lumbi. Non placet
+nunc progredi et distinctè quo libet ad examen vocare, quæ Parente meo
+adducta sunt, argumenta cum præsertim ea, quæ Sennertus habet, parenti
+pleraque memorata, jam tum satis feliciter discusserit Nath. Highmorus,
+Anatom. Operis lib. I. part. 3, cap. 4. Retinent interim suam
+certitudinem multa à Parente proposita, rejectâque tantum illâ de Renum
+vi σπερματοποιητικῇ sententia, reliqua fere plana sunt. Fortè ex
+recentioribus nonnulli ex suis hypothesibus aliter illa φαινόμενα
+explicare conarentur, quomodo Vir quidam ingeniosus qui seminis materiam
+chylum, non sanguinem, sibi firmiter persuaserat, per verbera in lumbis
+calefieri ampullascentem ibi chyli alveum, tumque ad partes genitales
+materiam quoque seminis magis moveri, arbitrabatur. Possem longè alia
+adferre, quibus hodiè commentum illud de succo nervoso placet, quem
+semini quoque materiam præbere existimant. Verum in illarum hypotheseon
+veritatem inquirere, non est hujus loci. Video autem hic verum esse,
+quod de omni impensarum genere dicebat olim Grœcinus apud Columellam:
+plerosque nova opera fortius auspicari, quam tueri perfecta. Meam tamen,
+quam de sanguinis in lumbis incalescentia proposui sententiam, non
+hypothesibus, sed certis probatisque niti arbitror; Quod si tibi quoque,
+Vir magne, placuerit, longè magis in eâ confirmabor. Vale. Scripsi
+Helmstadii in Academiâ Julia.
+
+Prid. Kal. Sept. ann. 1669.
+
+
+
+
+NOTICE
+
+_Des auteurs cités dans l’Ouvrage de J. H. Meibomius, et que j’ai
+consultés pour corriger cette édition._
+
+
+Festus. Titus et Asclépiade. Cœlius Aurelianus Rhasès. Antoine Gaignier.
+Valescus de Tarente. Sénèque. Juste-Lipse. Jerôme Mercurialis. Galien.
+Thémison. Elidœus de Padoüe. Thomas Campanella. Menghus Faventicus.
+Pétrone. Jean Pic, Comte de la Mirandole. Jean Mévisan. Cœlius
+Rhodiginus. André Tiraqueau. Othon Brunsfeld. Fransciscus Junctinus.
+Aristote. Ennius. Quintilien. Hippocrate. Marsilio Cagnati. Jérôme
+Montuus. Origène. Isidore. Saint-Jérome. Arnobe. Suidas. Petrus.
+Laurembergius. Celse. Bodin. Brisson, _antiquités du droit civil_.
+St.-Mathieu. Jérémie. St.-Paul. Salomon. St.-Pierre. Fr. Ranchin.
+Aëtius. Catulle. Martial. Perse. Juvenal. Nicolas Perrot. Mathœus.
+Martinius. Tertullien. Hésychius ou Isicius. St.-Augustin. Nicolas de
+Lyre. David. Ausonne. Avicenne. Fulgence. Varron. Lactance. Ovide.
+Apulée. Tibulle. Suétone. Barthelemy Montagnana. Nemesius. Joh.
+Marthæus. Garyopontus. Sennert. Arétée. Oribase. Gaspar Hoffmann.
+Kariesatos. Jean Beverovicius. Jean Barclay. Pierre d’Erlesunde.
+(Anecdotes moscovites.) Béroalde. Prudence. (Histoire des martyrs.)
+Dempster. Cardan. Olhafius. Wormius. Actuarius. Nath. Highmorus. Papias,
+le grammairien. Alexandre Trallien. Pline. Licinius Calvus. Théodore
+Priscien. Paul Eginete. Aaron. Dioscoride. Ælien. Misih. Virgile.
+Scribonius Largus. Plaute.
+
+
+Auteurs cités dans les notes du Traducteur.
+
+Lucien et Perrot d’Ablancourt. Pérégrinus. Diogène. Racine. Sénèque.
+Vossius. Horace. Le marquis de Langle. Ménage et Furetière. M. l’abbé
+Chappe d’Auteroche. L’Abbé Boileau. Columella. Matthiole. Arnaud de
+Villeneuve M. de Lignac. M. Lemery. Rabelais. Le Duchat (Ducatiana)
+Cornelius Gallus.
+
+
+FIN.
+
+
+
+
+On trouve aux mêmes adresses:
+
+
+Poëmes philosophiques sur l’homme, 1 vol. in-18, frontispice gravé,
+représentant la résurrection des arts. 2 liv. 10 sous.
+
+Les nuits de la Conciergerie, rêveries mélancoliques et poésies d’un
+proscrit; 1 vol. in-18, fig. 3 liv. 10 sous.
+
+Les soupirs du cloître, ou le triomphe du fanatisme, épitre, par Guymond
+de la Touche, nouvelle édition, augmentée d’une notice sur la vie et les
+ouvrages de l’auteur, et autres poëmes choisis. 1 vol. in-18, 2 liv. 10
+sous.
+
+Le Pain béni, poëme et autres pièces choisies de Marigny, nouvelle
+édition, 1 vol. in-18, 2 liv. 10 sous.
+
+Les Amours de Henry et Madeleine, poëme érotique en 2 chants, nouvelle
+édition, augmentée de plusieurs pièces en vers et en prose qui n’ont
+jamais été imprimées, 1 vol. in-18, fig. 2 liv. 10 sous.
+
+Œuvres galantes de Palmarêze, 3 vol. in-18, jolie édition, beau papier,
+9 liv.
+
+L’éloge de _quelque chose_, dédié à _quelqu’un_, suivi de l’éloge de
+_rien_, dédié à _personne_, nouvelle édition, augmentée du poëme latin
+de Passerat, intitulé: _Nihil_, et autres pièces également piquantes,
+par divers auteurs célèbres. 1 vol. in-18, 2 liv. 10 sous.
+
+Lucina sinè concubitu, ou le plaisir sans peine, traduit de l’anglais de
+Johnson, par le citoyen Moët, et Concubitus sinè Lucina, par Combes,
+avec le supplément, ouvrage singulier, dans lequel il est démontré
+qu’une femme peut concevoir et enfanter sans le commerce de l’homme. 1
+vol. in-18, 3 liv.
+
+Les Serins, poëme didactique, formant avec les notes un traité complet
+pour l’éducation des serins; 1 vol. in-18, 2 liv. 10 sous.
+
+Histoire d’Hyppolite, comte de Duglas, par la citoyenne d’Aulnoy,
+nouvelle édition, 3 vol. in-18, avec de très-jolies figures, 7 liv. 10
+sous.
+
+ Tout le monde connaît ce roman, qui a eu une infinité d’éditions:
+ celle que nous annonçons est extrêmement soignée; elle est en petit
+ texte, sur beau papier.
+
+Le despotisme, poëme, et autres poésies patriotiques, par Mercier de
+Compiègne, 15 sous.
+
+ Cet opuscule, composé sous les verroux du despotisme le plus barbare,
+ les yeux sans cesse fixés vers le glaive de la mort suspendu sur sa
+ tête, tient un rang distingué parmi les productions de l’auteur. Il a
+ obtenu la mention honorable de la Convention nationale, le 7 frimaire,
+ et tous les journaux en ont fait le plus grand éloge.
+
+La morale du deuxième âge, ou idylles morales, tirées des jeux de
+l’enfance, par Mercier de Compiègne; 1 vol. in-18, 15 sous.
+
+Histoire du Petit Jacques, ouvrage moral, mis à la portée des enfans,
+traduit de l’anglais, nouvelle édition; 1 vol. in-18, 1 liv.
+
+--Le même, en papier d’Hollande superfin; 2 liv. 10 sous.
+
+Histoire d’Olivier Cromvel, par A. J. Dugour, 2 vol. in-18, fig. 8 liv.
+
+Les nuits d’hiver, variétés philosophiques et sentimentales, recueillies
+par Mercier de Compiègne; 1 vol. in-18, fig., 3 liv. 10 sous.
+
+ Choix de nouvelles en prose et en vers, qui n’ont jamais été
+ imprimées, ou qui sont devenues rares. Poésies de Camille Desmoulins,
+ antérieures à la révolution, et qui n’y ont aucun rapport, Idylles
+ orientales, sonnets traduits de l’italien et de l’espagnol, romances
+ et observations sur différent points de philosophie et de politique,
+ tout assure à ces _nuits_ un succès brillant.
+
+L’innocence du premier âge, ou les amours de Pierre Lelong et Blanche
+Bazu, par Sauvigny; 1 vol. in-18, fig., 3 liv. 10 sous.
+
+ La réputation de cet ouvrage nous dispense d’en faire l’analyse et
+ l’éloge. L’exécution typographique en est très-belle, ainsi que les
+ gravures.
+
+Histoire corrigée de Robinson Crusoë dans son isle déserte, ouvrage
+rendu propre à l’instruction de la jeunesse, sur l’avis et le plan de J.
+J. Rousseau, 2 vol. in-18, fig., 5 liv.
+
+Précis historique de la prise de Valenciennes; in-8º, 1 liv. 10 sous.
+
+Concerts de Romainville, choix d’idylles, ariettes et vaudevilles; 1
+vol. in-18, fig., 6 liv.
+
+Soirées de mélancolie; 1 vol. in-18, fig., 7 liv.
+
+Choix lyrique et sentimental; 1 vol in-18, avec 4 superbes gravures,
+dessinées par Queverdo; 5 liv.
+
+Gérard de Velsen, nouvelle historique, par Mercier de Compiègne; 1 vol.
+in-18, fig., 4 liv. 10 sous.
+
+Ismaël et Christine, nouvelle historique, par le même, 1 vol. in-18,
+fig. (2me édition) 4 liv.
+
+Histoire de Marie Stuart, par le même; 2 vol. in-18, avec jolies
+estampes, 9 liv.
+
+
+
+*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 77388 ***
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+ <title>De l’utilité de la flagellation, by Meibomius | Project Gutenberg</title>
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+<div style='text-align:center'>*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 77388 ***</div>
+<div class="x-ebookmaker-drop c"><img src="images/cover.jpg" alt=""></div>
+<div class="x-ebookmaker-drop break"></div>
+<h1 class="top2em"><span class="small">DE L’UTILITÉ</span><br>
+<span class="large">DE LA FLAGELLATION</span><br>
+DANS LA MÉDECINE<br>
+<span class="small">ET DANS LES PLAISIRS DU MARIAGE,</span><br>
+<span class="xsmall">ET DES FONCTIONS<br>
+DES LOMBES ET DES REINS ;</span></h1>
+
+<p class="c"><span class="small g">OUVRAGE SINGULIER,</span><br>
+Traduit du latin de J. H. MEIBOMIUS,<br>
+<i>Et enrichi de notes historiques, critiques et
+littéraires, d’une introduction et d’un index.</i></p>
+
+<p class="c large">NOUVELLE ÉDITION.</p>
+
+<p class="gap c"><span class="large g">A PARIS,</span><br>
+Chez C. MERCIER, imprimeur-libraire ;<br>
+rue du Coq-Honoré, N<sup>o</sup>. 120.</p>
+
+<p class="c">1795.</p>
+
+<div class="break"></div>
+
+<p class="c"><img src="images/illu.jpg" alt=""></p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Delicias pariunt Veneri crudelia flagra,</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Dum nocet, illa juvat, dum juvat ecce nocet.</div>
+</div>
+
+</div>
+<div class="chapter"></div>
+
+<h2 class="nobreak">AVERTISSEMENT.</h2>
+
+
+<p>On sait que Jean-Henri Meibomius étoit
+un savant du dernier siècle, qui s’est rendu
+célèbre en médecine, par la découverte des
+nouveaux vaisseaux qui prennent leur chemin
+vers les paupières, et qu’on a appelés
+de son nom, <i>conduits de Meibomius</i>. Il fut
+long-temps professeur de médecine à Helmstadt,
+sa patrie, et ensuite premier médecin
+de Lubeck, ville d’Allemagne dans le duché
+de Holstein.</p>
+
+<p>Le petit traité que nous publions est très-curieux,
+et n’est guère connu que de quelques
+médecins, et d’un petit nombre de
+gens de lettres. Il n’en existe que deux éditions
+devenues fort rares et fort chères,
+faites toutes deux en pays étrangers et fourmillant
+de fautes d’impression. La première
+à Londres 1665, in-64, et la seconde à Francfort
+1670, in-8<sup>o</sup>. L’une et l’autre étant fautives,
+nous nous sommes déterminés d’en
+donner une troisième purgée de ces fautes ;
+et pour faire connoître cet ouvrage intéressant
+et utile aux littérateurs, aux gens du
+monde, et à ceux qui ne sont pas familiers
+avec le grec et le latin, nous avons entrepris
+de le traduire, et nous avons accompagné
+notre version de notes historiques
+étroitement liées au sujet, d’observations
+nouvelles puisées dans des auteurs modernes,
+tels que MM. <i>l’abbé Chappe</i>, <i>de Lignac</i>,
+<i>Arnaud de Villeneuve</i>, et <i>Lémery</i>, etc., et
+multipliées au point qu’elles forment, pour
+ainsi dire, un second ouvrage aussi étendu
+que celui de Meibomius.</p>
+
+<p>Nous avons adouci le mieux qu’il a été
+possible, des expressions trop libres dans
+les citations, de manière pourtant à ne pas
+nuire à la clarté du sujet, dans un ouvrage
+dont le but est de développer le méchanisme
+des parties auxquelles l’Etre-Suprême
+a confié l’emploi de la propagation de l’espèce,
+et d’indiquer les remèdes nécessaires
+à les rendre capables de s’en acquitter, quand
+un vice dans les organes ou des excès de
+volupté ont altéré en elles cette précieuse
+faculté.</p>
+
+<p>Nous renvoyons ceux qui nous accuseroient
+d’avoir voulu faire l’apologie de la
+flagellation, à ce qu’ont dit dans les mêmes
+vues, <i>M. de Bienville</i>, dans l’avant-propos
+de son excellent <i>traité de la Nymphomanie</i>,
+pages 4 et 5 ; <i>M. de Lignac</i>, dans l’introduction
+de son traité de l’amour conjugal,
+page 19, et <i>M. Tissot</i> dans celle de <i>l’Onanisme</i>,
+pages 7, 8 et suivantes.</p>
+
+<p>Au reste, nous espérons que le plus grand
+nombre des lecteurs, nous saura gré de
+n’avoir rien négligé pour leur offrir un ouvrage
+complet.</p>
+
+<p>Il y a des écueils inséparables de la matière,
+et que le traducteur le plus chaste
+ne peut éviter, s’il veut rendre les pensées
+de son original ; c’est ce que nous avons
+éprouvé toutes les fois qu’il a été question
+de rendre en français les vers libres de
+Pétrone, Catulle, Tibulle, Ovide, Martial
+et Apulée. Il falloit donc abandonner
+le travail ; non, sans doute : à côté des
+vers libres, je trouvois des autorités puisées
+dans les auteurs ecclésiastiques, les livres
+sacrés et les pères de l’église. L’exemple
+des St.-Augustin, des St.-Jerôme, des
+Isidore, des Lactance, des Origène et des
+Tertullien m’encourageoit dans mon entreprise,
+puisqu’écrivant en langues vivantes,
+ils n’ont pas cru devoir se taire sur les crimes
+obscènes, parce qu’on ne peut les désigner
+sans mots. Au reste, si nous sommes
+réprehensibles, notre faute est celle de Meibomius,
+et nous nous justifions entièrement par
+l’aveu sincère de la faute même, et si c’en
+est une, nous n’avons eu d’autre motif en traduisant
+cet ouvrage, que de nous occuper,
+de nous amuser, et de procurer aux littérateurs
+et aux gens du monde la connoissance
+d’un ouvrage que sa rareté leur avoit fait
+perdre, et leur en faciliter l’acquisition à
+moindres frais.</p>
+
+<p>J’ai rassemblé dans l’introduction qui suit,
+tout ce qui peut servir à l’histoire de la
+flagellation, en offrant au lecteur un extrait
+lumineux et discuté de l’ouvrage de l’abbé
+Boileau sur cette matière : et cette compilation
+nécessaire à mon ouvrage ne laissera
+plus rien à désirer. Nous osons avancer
+que cet extrait, ceux de Brantôme, et
+l’étendue des notes dont nous avons semé l’ouvrage,
+dans la vue d’égayer l’aridité du style
+de Meibomius, ne manqueront pas de rendre
+ce petit traité aussi intéressant que curieux.</p>
+
+<p>Quant à la manière dont nous avons traduit
+le latin, dans lequel il falloit remédier à des
+fautes d’impression ou de latinité, et à des demi-mots
+qui, si je puis le dire, n’étoient que
+les premiers linéamens des pensées de l’auteur
+qu’il falloit développer, nous supplions le lecteur
+de vouloir bien se souvenir de ce précepte
+d’Horace dont nous avons tâché de faire
+notre profit, sur-tout quand il a fallu rendre
+des morceaux d’anatomie, qui ne sont plus
+les mêmes que du temps de Meibomius, et
+suivre la marche nouvelle prescrite par nos
+nouvelles découvertes en médecine, et à laquelle
+je me suis le plus possible conformé.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse i" lang="la" xml:lang="la">Nec verbum verbo curabis reddere fidus</div>
+<div class="verse i" lang="la" xml:lang="la">lnterpres, nec desilies imitator in arctum.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="attr" lang="la" xml:lang="la">(<span class="sc">Hor.</span> Art. Poët.)</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h2 class="nobreak">INTRODUCTION.</h2>
+
+
+<p>L’abbé Boileau, docteur de Sorbonne,
+doyen et grand vicaire de Sens, sous <i>de
+Gondrin</i>, et ensuite chanoine de la Sainte-Chapelle
+de Paris, donna en 1700 un ouvrage
+intitulé : « <span lang="la" xml:lang="la">Historia Flagellantium de <i>recto</i><a id="FNanchor_1" href="#Footnote_1" class="fnanchor">[1]</a>
+et perverso Flagrorum usu apud Christianos,
+ex antiquis scripturæ, Patrum,
+Pontificum, Conciliorum et Scriptorum
+profanorum monumentis, cum cura et fide
+expressa</span>, » imprimé chez <i>Janisson</i>, en
+gros caractères, et composé de près de 400
+pages <i>in</i>-12. <i>Du Cerceau</i> et <i>Thiers</i> le critiquèrent.
+On en publia une traduction plus
+indécente que l’original ; elle fut réformée
+par l’abbé <i>Granet</i>, qui la fit réimprimer en
+1732.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_1" href="#FNanchor_1"><span class="label">[1]</span></a> L’auteur fut obligé d’ajouter ce mot <i lang="la" xml:lang="la">recto</i> au
+titre, et de retrancher des choses qui choqueroient
+même dans un traité de chirurgie.</p>
+</div>
+<p>Un auteur anonyme déchargea sa bile sur
+ce livre, dans un petit ouvrage <i>in</i>-12, de
+43 pages, et qui a pour titre : Lettre à
+M. L. C. P. D. B. sur le livre intitulé :
+<i lang="la" xml:lang="la">Historia Flagellantium</i>. Cette lettre est une
+véritable satyre, et qui attaque M. l’abbé
+Boileau, d’une manière hardie et peu honnête.
+L’éclipse, dit le critique, que souffrit
+l’histoire des flagellans, dès qu’elle commença
+à voir le jour, vint d’une suppression
+tacite ou de l’avidité des libraires de Hollande
+et d’Angleterre, et de l’empressement
+à enlever toute l’édition d’un ouvrage qui
+devoit être d’un grand débit chez eux. On
+m’a assuré depuis peu, dit-il, qu’on en faisoit
+une nouvelle édition en faveur des
+mousquetaires et autres jeunes gens d’agréable
+humeur, qui le trouvent fort à leur gré.
+Il est en effet très-divertissant, et peut tenir
+son rang dans leur bibliothèque, entre
+Rabelais, Bocace et les contes de Lafontaine.
+Il ajoute que cet ouvrage a mérité à M. Boileau
+le surnom de <i>Flagellant</i>, pour le distinguer
+des autres abbés Boileau, fort connus
+dans le monde par leur réputation et leur
+mérite. Dans tout le cours de la satyre,
+le critique appelle M. Boileau de ce nom de
+Flagellant ou de petit Flagellant. Le portrait
+qu’il en fait est trop injurieux pour
+être rapporté ici. Je dirai seulement que
+ce critique n’épargne ni le livre ni la personne.
+Sa satyre est pleine d’invectives, de
+railleries, d’ironies et de réflexions mordantes,
+et son ouvrage peut être mis, avec
+justice, au rang des libelles diffamatoires.
+Car, après tout, dit l’auteur des nouvelles
+de la république des lettres, (décembre
+1700, page 695,) quand il y auroit quelque
+chose à reprendre ou dans le choix de
+la matière du livre de M. Boileau, ou dans
+la manière dont il l’a traitée, cela n’empêche
+pas que l’auteur ne soit un honnête homme
+et de bonnes mœurs<a id="FNanchor_2" href="#Footnote_2" class="fnanchor">[2]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_2" href="#FNanchor_2"><span class="label">[2]</span></a> Le traducteur du traité de Meibomius n’a
+pas d’autre réponse à faire à tous ceux qui voudroient
+lui faire éprouver les désagrémens auxquels
+M. l’abbé Boileau a été en proie.</p>
+</div>
+<p>Les jésuites attaquèrent aussi cet ouvrage,
+et ont extrait de ce livre ou de ceux qu’il
+a approuvés, diverses propositions qu’ils
+croyoient censurables. Il y en a une qui le
+paroît effectivement, et la voici en français :
+<i>Les écrivains sacrés ont fait mention onze fois des
+flagellations, cinq fois principalement en parlant
+de J. C. notre sauveur, qui fut flagellé malgré
+lui et contre sa volonté.</i> Cette expression paroît
+trop forte, mais on voit bien pourtant
+ce que l’auteur veut dire ; c’est que si J. C.
+a été flagellé par ses ennemis, il ne s’est jamais
+donné volontairement la discipline,
+comme font les moines. Voici une autre proposition
+que je ne rapporterai qu’en latin :
+<i lang="la" xml:lang="la">Nec esse est cum musculi lumbares virgis aut
+flagellis diverberantur, spiritus vitales revelli,
+adeò que salaces motus ob viciniam partium genitalium
+et testium excitari, qui venereis imaginibus
+ac illecebris cerebrum mentem que fascinant
+ac virtutem castitatis ad extremas augustias
+redigunt.</i></p>
+
+<p>Si cette proposition n’est pas fausse, il
+est du moins sûr qu’elle auroit beaucoup mieux
+sa place dans un ouvrage de quelque médecin,
+que dans celui d’un prêtre docteur en
+théologie ; mais il sied mal aux jésuites de
+relever de semblables propositions, puisque
+plusieurs de leurs auteurs ont avancé des choses
+beaucoup plus capables de blesser les
+imaginations foibles et délicates.</p>
+
+<p>Le dessein général de l’auteur étoit de faire
+voir que l’usage des disciplines volontaires
+est une superstition qui s’est introduite chez
+les moines, et qui tire son origine du Paganisme,
+et qu’elle est pernicieuse à la santé
+du corps et de l’âme. Il loue l’exercice de
+la mortification de la chair comme un acte
+saint et méritoire, lorsqu’il est autorisé par
+la loi divine ou établi par l’église. Or, celui
+dont il s’agit n’est point autorisé par la loi
+divine. Il n’en est point fait mention dans l’ancien
+testament. La loi de Moïse, au contraire,
+(Deut. 25, 2, 3.) défendoit de donner
+aux criminels plus de quarante coups de
+fouet, d’où il suit qu’elle ne permet pas aux
+moines ni à aucun autre particulier, de s’appliquer
+plus de quarante coups de fouet, ni de
+se déchirer la peau d’une manière si cruelle,
+pendant que l’on chante lentement <i lang="la" xml:lang="la">miserere</i>,
+<i lang="la" xml:lang="la">de profundis</i> et l’antienne <i lang="la" xml:lang="la">salve regina</i>. La loi
+naturelle nous défend de faire à autrui ce
+que nous ne voudrions pas qui nous fût fait ;
+et la loi de Moïse nous défend de nous faire
+à nous-mêmes ce qu’elle ne veut pas que nous
+fassions à un autre. Dans l’évangile, J. C.
+ni les apôtres n’ont pas fait mention de la flagellation,
+car, par le passage de St.-Paul, je
+<i>mortifie ma chair</i> (Corinth. 9, 27.), l’auteur
+fait voir qu’il ne favorise point la discipline
+que se donnent les moines. Il remarque que
+la flagellation involontaire est fort ancienne,
+puisqu’elle étoit en usage parmi les payens,
+avant la fondation de Rome. Elle étoit même
+établie par la loi divine, (proverb. 13, 24 et
+23, 13) pour punir les enfans et ceux qui
+faisoient quelque faute qui méritât cette punition.
+Mais outre ces flagellations involontaires,
+il y en avoit de volontaires et de libres.
+Tertullien rapporte que c’étoit une coutume
+parmi les Lacédémoniens de célébrer de
+certaines fêtes en l’honneur de Diane, et que
+ce jour-là, pour honorer la déesse, les jeunes
+gens se fouettoient eux-mêmes devant
+son autel, et quelquefois jusqu’au sang. Environ
+l’an 476 de J. C., les juifs rabins mirent
+au nombre de leurs cérémonies une espèce
+de flagellation volontaire, mais elle étoit
+mutuelle, et ils se flagelloient les uns les autres
+alternativement. Dans les premiers temps
+de l’église, où la pénitence étoit dans sa plus
+grande ferveur, l’usage de la discipline étoit
+une chose inouïe. Du temps de St.-Augustin,
+on avoit coutume de flageller les hérétiques
+et les criminels, mais les chrétiens ne se
+flagelloient point eux-mêmes. Ceux qui ont
+écrit la vie austère des anciens anachorètes
+ne parlent point de disciplines ni de flagellations
+volontaires. M. Boileau répond à un passage
+de St.-Jérôme, à un autre de St.-Jean
+Climaque, et à un troisième de St.-Cyrille
+d’Alexandrie, que les moines croient leur
+être favorables.</p>
+
+<p>L’usage de se flageller soi-même ne fut introduit
+qu’environ l’an 1047 ou 1056, du temps
+de <i>Pierre Damiens</i>, et il ne fut toléré des
+personnes sages qu’avec beaucoup de répugnance.
+L’auteur rapporte divers exemples,
+tous propres à faire avoir en horreur et à
+tourner en ridicule la flagellation.</p>
+
+<p>Voici une anecdote très-plaisante à ce sujet,
+tirée de <i>Michaël Scotus</i>.</p>
+
+<p>Un dévot accompagnait sa femme à confesse :
+voyant que le confesseur la menoit
+derrière l’autel pour la flageller, il s’écria :
+Monsieur, elle est très-délicate, je reçois la
+discipline pour elle : cela dit, il se mit à genoux,
+et le confesseur fit son office ; pendant
+la cérémonie, la femme crioit de toute
+sa force : frappez fortement, car je suis grande
+pécheresse. Il y avoit peut-être un motif de
+jalousie dans le dévouement du mari, et une
+petite vengeance de cette jalousie, dans la
+femme.</p>
+
+<p>Cette coutume devint fort ordinaire dans la
+suite, et on la pratiqua jusques dans les
+rues. Un cordelier un jour donna le fouet en
+plein midi, sur les fesses, à un docteur en
+théologie qui avoit prêché contre la conception
+immaculée de la Ste.-Vierge, et les femmes
+crioient : mon père, donnez-lui en quatre
+coups pour chacune de nous.</p>
+
+<p>Vers l’an 1260, vint la superstition inouïe
+de se fouetter soi-même, et la secte des flagellans
+commença en Italie. Ils alloient tout
+nuds en procession deux à deux, se flagellant
+dans les rues et dans les places publiques.
+Cette secte n’avoit point d’ailleurs de sentimens
+opposés à ceux de l’église romaine.
+Cependant Alexandre IV ne voulut pas l’autoriser,
+et plusieurs princes chassèrent ces
+flagellans de leurs états.</p>
+
+<p>Ces observations suffisent pour mettre le
+lecteur en état de juger de l’histoire des flagellans
+par l’abbé Boileau, s’il ne la connoît
+pas ; et je renvoie ceux qui la connoîtroient
+au livre lui-même, où ils trouveront des
+choses curieuses et des détails plus étendus.</p>
+
+<p>Je ne puis me refuser au désir d’augmenter
+la foule des exemples qu’on pourroit citer
+de la flagellation volontaire, par celui de
+St.-Dominique, surnommé <i>l’Encuirassé</i>. Cet
+hermite ne se flagelloit pas seulement pour
+lui, mais pour expier les iniquités des autres.
+On croyoit alors que cent ans de pénitence
+pouvoient se racheter par vingt pseautiers,
+accompagnés de coups de fouet. Trois
+mille coups valoient un an de pénitence,
+et les vingt pseautiers faisoient trois cent mille
+coups, à raison de mille coups par dixaine
+de pseaumes. Dominique accomplissoit cette
+pénitence de cent ans, en six jours. Il acquittoit
+ainsi les péchés du peuple ; mais cette
+flagellation continuelle rendit sa peau aussi
+noire que celle d’un nègre. L’usage de ces
+sortes de pénitence occasionna l’abolissement
+des pénitences canoniques. Le principal avantage
+de celles-ci étoit de détruire les plus
+mauvaises habitudes, en faisant pratiquer
+long-temps les vertus contraires, et non pas
+en faisant flageller un hermite qui n’étoit pas
+coupable. En effet, a dit un certain auteur,
+le péché n’est pas comme une dette pécuniaire
+que tout autre peut payer à la décharge
+du débiteur, en quelque monnoie
+que ce soit ; c’est une maladie dangereuse
+qu’il faut guérir dans la personne même du
+malade.</p>
+
+<p>Je serois tenté de croire que ces flagellans,
+animés d’abord d’un saint zèle et du
+désir de se mortifier, ont employé la fustigation
+dans la vue de matter leur chair et de
+faire pénitence ; mais dupes peut-être de ce
+même zèle, et la nature ne perdant jamais ses
+droits, ils ont continué, avec une espèce de
+fureur, cette douce torture qui les dédommageoit
+du plaisir que leur solitude leur défendoit ;
+car enfin, c’étoit toujours un plaisir
+goûté physiquement, même à l’insu du moral.</p>
+
+<p>Brantôme, dans la graveleuse et cynique
+simplicité de son style<a id="FNanchor_3" href="#Footnote_3" class="fnanchor">[3]</a>, dit qu’il a ouï
+parler d’une grande dame de par le monde,
+qui ne se contentant de lasciveté naturelle,
+car elle étoit grande putain et étant mariée
+et veuve, aussi étoit-elle très-belle ; pour
+la provoquer et exciter davantage, elle faisoit
+dépouiller ses dames et filles, je dis les
+plus belles, et se délectoit fort à les voir,
+et puis elle les battoit du plat de la main sur
+les fesses avec de grandes claquades et <i>blamuses</i>
+assez rudes ; et les filles qui avoient délinqué
+en quelque chose, avec de bonnes verges,
+et alors son contentement étoit de les
+voir remuer et faire des <i>tordions</i> de leurs
+corps et fesses, lesquels selon les coups
+qu’elles recevoient, en montroient de bien
+étranges et plaisans. Autrefois, sans les dépouiller,
+les faisoit trousser en robe, car pour
+lors elles ne portoient point de caleçons, et
+les claquetoit et fouettoit sur les fesses, selon
+le sujet qu’elles lui donnoient, ou pour
+les faire rire ou pleurer, etc. etc. etc.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_3" href="#FNanchor_3"><span class="label">[3]</span></a> Page 370, tom. <small>I</small>. des vies des dames galantes
+de son temps, édit. de Leyde, 1666, <i>in</i>-12.</p>
+</div>
+<p>Plus loin, il raconte qu’un grand prenoit
+ainsi plaisir à voir sa femme nue ou habillée,
+et à la fouetter de claquades, et à la voir manier
+de son corps.</p>
+
+<p>Qu’une fort honnête dame, étant fille, était
+fouettée par sa mère quatre fois tous les deux
+jours, non pour avoir <i>forfait</i>, mais parce
+que sa mère prenoit plaisir à la voir remuer
+ainsi les fesses et le corps, pour autant en
+prendre d’appétit ailleurs, et tant plus elle
+alla sur l’âge de quatorze ans, elle persista
+et s’y acharna de telle façon, qu’à mesure
+qu’elle l’acostoit, elle la contemploit encore
+plus. Il dit plus bas, qu’un très-grand seigneur
+et prince, il y a plus de quatre-vingt
+ans, avant d’aller habiter avec sa femme,
+se faisoit fouetter, ne pouvant s’émouvoir ni
+relever sa nature baissante, sans ce sot remède.
+Je désirerois volontiers qu’un médecin
+excellent m’en dît la raison.</p>
+
+<p>Voilà de terribles humeurs de personnes,
+dit naïvement Brantôme, en parlant de
+l’homme cité par Pic de la Mirandole, et
+dont nous avons rapporté l’exemple dans cet
+ouvrage.</p>
+
+
+<h3>NOTE.</h3>
+
+<p>On a vu dans cette introduction que de
+tous temps les prêtres faisant servir la religion
+à leurs plaisirs, ont su couvrir de ce
+masque redoutable les excès honteux où les
+portoit un tempérament fougueux qu’allumoient
+encore la macération qui tendoit à les
+rendre plus lubriques, l’oisiveté, la tranquillité
+des cloîtres, et la confiance aveugle qu’ils
+avoient inspirés à leurs sots pénitens.</p>
+
+<p>Le traducteur, n’ayant entrepris que le seul
+ouvrage de Meibomius, et non l’effrayant tableau
+des crimes du clergé, et l’histoire générale
+de la flagellation, prie les lecteurs
+qui désireroient de plus grands éclaircissemens
+sur cette matière, de consulter :</p>
+
+<p>1<sup>o</sup>. Essai philosophique sur le monachisme,
+par Linguet, 1776, 1 vol. <i>in</i>-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p>2<sup>o</sup>. Nécessité de supprimer et d’éteindre les
+ordres religieux en France, prouvée par l’hist.
+philos. du monachisme, ou exposition abrégée
+de ce que l’on trouve de plus singulier
+et de plus curieux dans l’institution, la règle,
+l’établissement et la vie des moines de tous
+les cultes et de tous les pays. <i>Londres</i> 1789,
+2 vol. <i>in</i>-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p>3<sup>o</sup>. Les prêtres démasqués, ou les iniquités
+du clergé chrétien. Ouvr. trad. de l’anglais.
+1767, <i>in</i>-8<sup>o</sup>. 1 vol.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h2 class="nobreak">DE L’UTILITÉ<br>
+<span class="large">DE LA FLAGELLATION</span><br>
+DANS LA MÉDECINE<br>
+<span class="small">ET DANS LES PLAISIRS DU MARIAGE,</span><br>
+<span class="xsmall">ET DES FONCTIONS<br>
+DES LOMBES ET DES REINS.</span></h2>
+
+
+<p>Voici enfin, mon cher Cassius, le petit
+traité que je vous ai promis dans une orgie
+bachique. Vous vous convaincrez, en le lisant,
+que l’usage de la flagellation n’est pas
+aussi extraordinaire qu’il le paroît au premier
+coup d’œil. Je me souviens très-bien de
+l’engagement que j’ai pris de vous communiquer
+mes réflexions sur cet objet. Ce fut
+lorsque nous nous trouvâmes dernièrement
+à table chez notre ami commun Martinus Gerdesius,
+conseiller du prince, et votre collègue,
+mais je ne me rappelle pas précisément
+à quelle occasion je vous dis que les
+coups et la flagellation servoient quelquefois
+à la guérison de plusieurs maladies, ce qui
+vous parut un paradoxe. Quoi qu’il en soit,
+je vais vous démontrer que l’expérience a
+confirmé la bonté de ce remède, en m’appuyant
+sur l’autorité des médecins qui l’ont
+enseigné et pratiqué.</p>
+
+<p>Titus, disciple d’Asclépiade <a href="#aut-a">(A)</a> qui vivoit
+sous le règne d’Auguste, comme je l’ai dit
+dans mon ouvrage intitulé : <i>Vies des médecins</i>,
+prétend, livre 2, de <i>l’âme</i>, que <i>les Maniaques
+doivent être fouettés pour leur rendre le bon sens</i>.</p>
+
+<p><i>Cœlius Aurelianus</i>, livre 1, <i>des passions lentes</i>,
+chap. 5, dit que les personnes attaquées
+de la <i>mélancolie érotique</i>, ou qui sont dans le
+délire, doivent être aussi fouettées, quand
+les autres moyens n’ont rien fait, et que dans
+plusieurs individus, cette opération a guéri
+l’aliénation d’esprit.</p>
+
+<p>Rhazès, livre 1, <i>de la continence</i>, chapitre
+IV, d’après un célèbre médecin juif dont il
+invoque le témoignage, ordonne de lier la
+personne attaquée de la manie érotique et de
+la frapper à grands coups de poing ou de verges,
+si les autres remèdes ont été infructueux,
+et d’administrer ce topique à plusieurs
+reprises, si le bien ne s’opère pas dès la première
+fois ; une seule hirondelle, pour me
+servir de ses termes, ne faisant pas le printemps.</p>
+
+<p>Antoine Gaignier pense<a id="FNanchor_4" href="#Footnote_4" class="fnanchor">[4]</a> comme Rhazès,
+et Valescus de Tarente s’exprime ainsi<a id="FNanchor_5" href="#Footnote_5" class="fnanchor">[5]</a> :
+« si le malade est jeune, il faut le frapper
+sur les fesses à grands coups de verges,
+et si l’érection ne se fait pas, l’enfermer
+dans un cul de basse fosse, l’y tenir au
+pain et à l’eau jusqu’à ce qu’il demande
+pardon de son invergence, et lui faire observer
+un régime rigoureux. »</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_4" href="#FNanchor_4"><span class="label">[4]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Pract. Tract.</i> XV. cap. XII.</span></p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_5" href="#FNanchor_5"><span class="label">[5]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Philonium</i>. lib. I. c. XI.</span></p>
+</div>
+<p>Si nous en croyons Sénèque, livre 6,
+<i>des Bienfaits</i>, chapitre 8, la flagellation
+dissipe la fièvre quarte, parce que le mouvement
+réchauffe et divise l’humeur âcre,
+épaisse et noire, qui étoit stagnante dans
+les viscères, comme le dit fort bien Juste
+Lipse dans ses commentaires.</p>
+
+<p>Jérôme Mercurialis<a id="FNanchor_6" href="#Footnote_6" class="fnanchor">[6]</a>, <a href="#aut-b">(B)</a> nous apprend
+que plusieurs médecins ont ordonné
+la flagellation à des personnes maigres, pour
+les engraisser et leur donner de l’embonpoint.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_6" href="#FNanchor_6"><span class="label">[6]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. IV <i>de arte gymnasticâ</i>, cap. IX.</span></p>
+</div>
+<p>Galien<a id="FNanchor_7" href="#Footnote_7" class="fnanchor">[7]</a> citant à ce sujet les stratagèmes
+des marchands d’esclaves, qui se servoient
+de ce moyen pour les faire paroître plus
+brillans de fraîcheur et d’embonpoint, ne
+laisse aucun doute sur l’efficacité de ce remède<a id="FNanchor_8" href="#Footnote_8" class="fnanchor">[8]</a>.
+Il est certain qu’il fait gonfler la
+chair et attire à elle les alimens. Personne
+n’ignore que la flagellation avec des orties
+vertes a le plus grand succès pour raffermir
+les membres et rappeler la chaleur et le
+sang dans les parties qui en sont privées.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_7" href="#FNanchor_7"><span class="label">[7]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Meth. med.</i> lib. XIV, c. XVI.</span></p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_8" href="#FNanchor_8"><span class="label">[8]</span></a> Combien de nourrices, sans avoir consulté
+Jérôme Mercurialis, ni Galien, ont recours à ce
+stratagême qu’elles connoissent par tradition, et
+claquant les enfans sur les fesses, avant de les
+rendre à leurs mères, trompent par cet embonpoint
+factice et momentané, la confiance des tendres
+parens qui leur ont livré ces intéressantes
+créatures.</p>
+</div>
+<p>Cælius Aurelianus<a id="FNanchor_9" href="#Footnote_9" class="fnanchor">[9]</a> et Thémison, liv. 1
+<i>des Passions lentes</i>, veulent que ce soit avec
+de la férule.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_9" href="#FNanchor_9"><span class="label">[9]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. II, <i>Chr.</i> c. I.</span></p>
+</div>
+<p>Elidæus de Padoue<a id="FNanchor_10" href="#Footnote_10" class="fnanchor">[10]</a> n’hésite pas d’ordonner
+la flagellation avec des orties vertes
+sur les membres tendres et délicats des petits
+enfans, pour hâter l’éruption de la petite
+vérole.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_10" href="#FNanchor_10"><span class="label">[10]</span></a> <i lang="la" xml:lang="la">Consil. Med.</i> 282.</p>
+</div>
+<p>Thomas Campanella, <a href="#aut-c">(C)</a> que nous avons
+autrefois connu à Naples, semble mettre en
+avant une opinion nouvelle et inadmissible,
+en attribuant à la flagellation la vertu de
+guérir les obstructions du bas ventre. Il raconte<a id="FNanchor_11" href="#Footnote_11" class="fnanchor">[11]</a>
+que le prince de Venuse<a id="FNanchor_12" href="#Footnote_12" class="fnanchor">[12]</a> un
+des meilleurs musiciens de son siècle, ne
+pouvoit aller à la garde-robe sans avoir été
+préalablement fustigé par un valet gagé pour
+remplir cette fonction ; ajoutant qu’il seroit
+dangereux de retenir sa respiration pendant
+qu’on se feroit administrer ce remède, et j’en
+conviens.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_11" href="#FNanchor_11"><span class="label">[11]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. III. <i>Medicinalium</i>. c. V. art. XII.</span></p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_12" href="#FNanchor_12"><span class="label">[12]</span></a> <i>Venuse</i>, aujourd’hui <i lang="it" xml:lang="it">Venosa</i>, ville de l’Italie
+méridionale, dans la Basilicate, près Naples, au
+pied de l’Apennin. Elle fut la patrie d’Horace.</p>
+</div>
+<p>Il est des personnes qui ne peuvent goûter
+les plaisirs de l’amour, si elles ne sont
+aiguillonnées par la fustigation. Cette cérémonie
+étrange les embrâse des feux de la lubricité,
+jusques à les faire écumer, et fait
+dresser vers le ciel cette partie qui constitue
+la virilité, de manière que son oscillation
+suit le nombre et le son des coups
+appliqués, pour ainsi dire, en cadence ; et
+voilà précisément ce que vous rejettiez comme
+une plaisanterie et une chose incroyable,
+quand j’en parlai la première fois. Je vais
+pourtant mettre en usage, mon cher Cassius,
+tout ce que je crois capable de vous
+en convaincre, en m’étayant du témoignage
+des auteurs les plus dignes de foi, pour
+vous prouver que ceci n’est point une innovation,
+et que le caprice n’a aucune part
+à cet usage, et j’y joindrai les raisons et
+les exemples, d’après lesquels divers médecins
+et moi avons trouvé la chose vraisemblable.
+Je ne m’étendrai cependant pas beaucoup
+dans ce moment-ci sur la nécessité d’employer
+les orties vertes, pour en frapper les
+parties génitales.</p>
+
+<p>Menghus Faventinus<a id="FNanchor_13" href="#Footnote_13" class="fnanchor">[13]</a> assure qu’elles
+ont une propriété merveilleuse pour allonger,
+tendre, grossir et ériger le membre viril, qui,
+par une parcimonie de la nature, feroit craindre
+la stérilité.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_13" href="#FNanchor_13"><span class="label">[13]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Pract. part. II cap. <i>de passion. membr.
+genital.</i></span></p>
+</div>
+<p>Pétrone vous apprendra, si vous le consultez,
+combien elles sont utiles pour guérir
+l’impuissance, et rendre aux amans leurs forces
+éteintes par de trop fréquentes jouissances
+en faisant parler Encolpe de cette manière :</p>
+
+<p>« Cette partie de mon corps par laquelle
+j’étois autrefois un Achille, étoit alors entièrement
+morte et plus froide que la neige,
+et sembloit s’être retirée au fond de mes
+entrailles, sillonnée de mille rides. Ma
+verge ressembloit à du cuir détrempé dans
+de l’eau, etc. »</p>
+
+<p>Je ne fais ici que transcrire l’auteur qui
+continue ainsi :</p>
+
+<p>« Enothée, prêtresse de Priape, lui ayant
+promis de la lui rendre aussi dure que de
+la corne, mêle du cresson alenois avec de
+l’avrône, en forme un onguent qu’elle applique
+sur ses testicules, et armant ses
+mains d’une poignée d’orties vertes, l’en
+frappe légèrement au-dessous du nombril,
+sur les reins et sur les fesses. »</p>
+
+<p>Mais pour revenir à la grande et véritable
+flagellation, écoutons ce que raconte à ce
+sujet <i>Jean Pic, comte de la Mirandole</i>, <a href="#aut-d">(D)</a>
+qui vivoit, il y a 150 ans. Il fait ainsi, livre 3,
+chap. 27, de son ouvrage <i>contre les astrologues</i>,
+l’histoire d’un de ses amis.</p>
+
+<p>« Je connois, dit-il, et il existe encore,
+un homme dont le tempérament amoureux,
+et les excès n’ont peut-être jamais eu d’exemple.
+Il ne peut caresser une femme, malgré
+la violence de ses desirs, s’il n’est auparavant
+fustigé. En vain sa raison lui fait regarder
+comme un crime ce rafinement de volupté,
+sa fureur pour ce cruel plaisir est
+telle qu’il encourage lui-même, et accuse de
+mollesse et de lâcheté celui qui le fouette,
+lorsque la fatigue ou la pitié lui font ralentir
+ses efforts. Le patient n’est au comble de
+ses plaisirs, qu’en voyant ruisseler le sang
+dont une grêle affreuse de coups, a couvert
+les membres innocens du libertin le plus
+effréné. Ce malheureux reclame ordinairement
+pour ce service, avec les plus instantes
+supplications, la main de la femme avilie
+dont il veut jouir, lui donne lui-même les
+verges qu’il a fait tremper dès la veille, dans
+le vinaigre, et lui demande à genoux la faveur
+insigne d’être ainsi déchiré. Plus elle
+frappe avec violence, plus elle acquiert de
+droits à son amour et à sa reconnoissance,
+en lui rendant des feux qu’il n’avoit plus,
+jusqu’à ce que le dernier période de la souffrance
+et l’épuisement total de ses forces,
+lui fassent goûter la plénitude de la volupté
+en égale proportion. Trouvez un seul homme
+pour qui le comble de la douleur, et cette
+espèce de torture doivent être celui du plaisir,
+et si d’ailleurs il n’est pas entièrement
+corrompu, lorsque, de sang froid, il connoîtra
+sa maladie, il rougira de ses excès
+et les détestera ». Jusqu’ici c’est Pic de la
+Mirandole qui a parlé, mais la même chose
+est rapportée par <i>Thomas Campanella</i> déjà
+cité, et <i>Jean Névisan</i> <a href="#aut-e">(E)</a> livre 1 de ses <i>Sylves
+Nuptiales</i>, art. 130. Si je ne me trompe,
+l’homme dont parle <i>Cælius Rhodiginus</i> <a href="#aut-f">(F)</a>
+livre 2, chap. 15 de <i>ses anciennes leçons</i>, avoit
+ce goût-là de commun avec l’ami de Pic de la
+Mirandole ; et d’après Cœlius, <i>André Tiraqueau</i>
+<a href="#aut-g">(G)</a>, art. V de son <i>Traité des Loix
+du Mariage</i>. Mais écoutons Cœlius.</p>
+
+<p>Des personnes dignes de foi, dit-il, assureront
+avoir connu, il y a quelques années,
+un homme qui par un contraste bien étonnant
+et qu’on aura peine à croire, joignoit au
+physique le plus froid et le plus inhabile aux
+plaisirs de Vénus, l’imagination la plus érotique
+et le génie le plus ardent. Il n’avoit
+d’aptitude, de chaleur et de force pour la
+lutte amoureuse, qu’à proportion des coups
+de verge qu’il avoit reçus, et vous n’eussiez
+pu savoir lequel lui causoit le plus de volupté
+ou de la volupté elle-même, ou de la
+douleur qui en étoit la source et l’agent : à
+moins que la juste proportion de la seconde
+ne le conduisît à la perfection des délices
+de la première. Il s’abaissoit jusqu’aux prières
+pour être frappé de verges qu’il avoit fait
+durcir, depuis la veille, dans du vinaigre.
+La rage qu’allumoient en lui les desirs, le
+portoit à accabler de reproches et d’injures
+celui qu’il avoit chargé de cet office, dès
+qu’il frappoit trop mollement, et lui faisoit
+regarder comme imparfaite, infructueuse et
+nulle, toute séance qui n’étoit pas terminée
+par une effusion de sang. Cet homme
+est, je crois, le seul qui également avide
+de plaisirs et de souffrances, ne savouroit
+l’un qu’au moyen de l’autre, et pour qui les
+plaies, les déchiremens et l’effusion de sang
+fussent et le prélude et le complément des
+titillations et de la jouissance<a id="FNanchor_14" href="#Footnote_14" class="fnanchor">[14]</a>. <i>Othon
+Brunsfeld</i> <a href="#aut-h">(H)</a> médecin célèbre, dans son
+<i lang="la" xml:lang="la">Onomastic. Medic.</i>, rapporte l’anecdote suivante :</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_14" href="#FNanchor_14"><span class="label">[14]</span></a> Tamerlan, ce fameux empereur d’Asie, qui
+se faisait appeller <i>le Fils de Dieu</i>, fut père de cent
+enfans et vainqueur de cent peuples, se faisoit
+fustiger par esprit de débauche.</p>
+
+<p>Lucien, tome 3, de la traduction de Perrot d’Ablancourt,
+parle d’un certain Pérégrinus qui avoit
+le même goût. Ce philosophe se fouettoit en public
+au milieu de tout un peuple et se débarrassoit
+d’une surabondance de liqueur seminale aussi effrontément
+que Diogène : ce qui leur fit donner à tous
+deux le nom de <i>Cynique</i>. Ce même Pérégrinus,
+surnommé <i>Protée</i>, se fit chrétien, ensuite apostat,
+et finit par se brûler publiquement aux jeux Olympiques.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">« Lorsque sur un bûcher Pérégrin las du jour,</div>
+<div class="verse">» D’un trépas éclatant cherche la renommée,</div>
+<div class="verse">» Un <i>Cynique</i> orgueilleux s’évapore en fumée.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p>(Racine. Poëme de la Religion, chant 4. pag. 133,
+vers 306.)</p>
+</div>
+<p>De son temps vivoit à Munich, résidence
+des ducs de Bavière, un homme qui ne pouvoit
+s’acquitter envers sa femme du devoir
+conjugal, s’il n’étoit pas auparavant fustigé
+à toute outrance. Un fait qui s’est passé sous
+nos yeux tout récemment et à Lubeck même,
+vient à l’appui de ce que j’ai déjà raconté.</p>
+
+<p>Un citoyen de cette ville, marchand de
+beurre et de fromage, demeurant sur la place
+des moulins, fut, entr’autres crimes dont on
+le chargeoit, accusé d’adultère, dénoncé aux
+magistrats et le procès fait, condamné au
+bannissement. Une fille de joie avec laquelle
+cet homme avoit depuis long-temps un commerce
+de libertinage, traduite devant les
+sénateurs chargés de la justice criminelle, et
+qu’on nomme <i lang="de" xml:lang="de">die Gerichts herren</i>, avoua qu’il
+n’avoit jamais été habile à consommer l’acte
+de la génération, sans être auparavant fustigé,
+et qu’après une première course, il
+lui étoit impossible d’aller plus loin, si elle
+ne réitéroit l’opération douloureuse et salutaire,
+en doublant la dose<a id="FNanchor_15" href="#Footnote_15" class="fnanchor">[15]</a>. Le coupable
+nia d’abord le fait ; mais pressé par des
+interrogatoires fréquens et sévères, il fut contraint
+de tout avouer. J’ai pour garans de la
+verité de cette anecdote, les juges eux-mêmes,
+Thomas <i>Storning</i> et Adrien <i>Moller</i>,
+mes amis, et qui, comme vous le savez,
+vivent encore. Il y a très-peu de temps qu’une
+personne occupant une des premières places
+à Amsterdam, fut accusée d’avoir une liaison
+de débauche avec une fille que pourtant
+il ne pouvoit exploiter, sans avoir été
+préalablement excité par une ample flagellation.
+L’affaire ayant été portée devant les
+tribunaux, la perte de son emploi fut le
+châtiment de sa lubricité, et long-temps après
+son aventure, il étoit encore la fable de
+la ville. Ainsi, vous ne voudrez, ni ne pourrez,
+je crois, vous refuser à l’évidence des preuves
+dont je m’environne pour vous persuader.
+Tâchons donc de rendre raison, s’il est
+possible, d’une chose qui paroît, au premier
+coup d’œil, si extraordinaire. Si vous consultez
+les astrologues, ils allégueront l’influence
+des astres, et diront qu’une puissance occulte
+et particulière du ciel, est l’unique cause de
+cette manie aussi extraordinaire que dépravée
+de certains êtres. Ils vous diront sans doute,
+avec Pic de la Mirandole, que la planète de
+Vénus présidant à la conception de l’homme
+a été croisée et pour ainsi dire frappée par
+les rayons opposés d’un autre astre, dont
+elle a contracté la malignité.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_15" href="#FNanchor_15"><span class="label">[15]</span></a> Sénèque parle aussi d’une courtisanne qui
+n’employoit d’autre moyen que la fustigation pour
+réveiller l’amour de son galant, lorsqu’il se refroidissoit.</p>
+</div>
+<p><i>Francisc. Junctinus</i><a id="FNanchor_16" href="#Footnote_16" class="fnanchor">[16]</a> <a href="#aut-i">(I)</a> fait sur cela un
+très-long commentaire ; mais le ciel et les astres
+étant des causes universelles, et ne pouvant
+produire dans tel ou tel autre individu
+des effets si particuliers, Pic de la Mirandole
+les rejette avec raison et cherche une
+cause plus immédiate. Il attribue donc le
+goût dépravé de son ami à une longue habitude,
+et continue ainsi son histoire : « Lui
+demandant l’origine d’une passion aussi
+inouïe, il me répondit qu’il la devoit à un
+enfant : ce début piquant de plus en plus ma
+curiosité, sur les instances réitérées que je
+lui fis, pour qu’il m’en développât davantage
+les causes principales et accessoires, il
+ajouta qu’il avoit passé ses premières années
+de collége avec des enfans très-débauchés,
+parmi lesquels le plaisir de se fouetter étoit
+très-commun et qui attachoient un certain
+prix à se rendre réciproquement ce service
+qui prostituoit leur pudeur. »</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_16" href="#FNanchor_16"><span class="label">[16]</span></a> Chap. 6 de <i lang="la" xml:lang="la">Judiciis Nativ.</i></p>
+</div>
+<p>Cœlius est du même avis que Pic de la Mirandole,
+dont il n’a fait que copier l’anecdote,
+en adoptant son opinion sur les causes
+de cet étrange déréglement. « Ce qui n’est
+pas moins surprenant, ajoute ce dernier,
+c’est que cet homme connoissoit toute la
+turpitude de cette habitude infâme et bizarre,
+la détestoit sincèrement et la réprouvoit
+avec toute la sévérité d’un juge
+inflexible ; mais la force de l’habitude l’emportant
+sur sa raison, il se livroit à son
+invincible penchant, dans l’instant même
+qu’il le condamnoit. Cette habitude s’étoit
+invétérée et avoit jetté des racines
+d’autant plus profondes, qu’elle avoit été
+contractée dès l’âge le plus tendre, et s’étoit
+considérablement accrue par les charmes
+du plaisir qu’il avoit trouvé à se fouetter
+dans le commerce criminel de ses camarades.
+Exemple frappant de l’importance
+de l’éducation, qui montre combien elle
+est précieuse et combien elle décide de
+nos mœurs et de notre condition, pour le
+reste de la vie ». J’avoue, lui dis-je, que
+l’habitude est si puissante qu’elle devient, pour
+ainsi dire, une seconde nature. Aristote<a id="FNanchor_17" href="#Footnote_17" class="fnanchor">[17]</a>
+l’a dit, et Ennius après lui l’a répété dans
+ces termes :</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_17" href="#FNanchor_17"><span class="label">[17]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Libr.</i> de <i>Memor.</i> et <i>reminisc.</i>
+c. 3 libr. 7. et c. 10. <i>Ethic.</i></span></p>
+</div>
+<p>« Un long usage devient coutume ; cette
+coutume s’accroît par les réflexions, devient
+habitude, et cette habitude, par succession
+de temps, devient enfin pour les
+hommes une seconde nature. »</p>
+
+<p>Galien dans son traité de l’habitude, chap. 2
+et 3, a démontré avec beaucoup d’élégance,
+avec quelle force et quelle tyrannie l’habitude
+maîtrise toutes nos actions, en l’appelant
+une seconde nature<a id="FNanchor_18" href="#Footnote_18" class="fnanchor">[18]</a>. Peut-être
+aussi que, dans le fait mentionné dans Cœlius
+et Pic de la Mirandole, l’habitude a pu, par
+succession de temps, faire beaucoup à la
+chose ; mais il n’en est pas de même des
+hommes de Munich et de Lubeck, cités par
+Brunsfels et moi. Pourquoi, dit Campanella,
+qui a déjà parlé plus haut, l’ami de Pic de la
+Mirandole est-il le seul des compagnons de
+ses premières fredaines, qui en ait conservé
+le souvenir et la dangereuse habitude, et
+pourquoi ceux-ci n’ont-ils pas la même ardeur
+que lui pour la fustigation ? Les effets
+et les vices d’une habitude quelconque sont
+uniformes et doivent être particuliers à chacun
+des individus qui l’ont adoptée. Il n’est
+pas vraisemblable que ceux dont nous avons
+parlé, se soient ainsi prostitués dès leur
+première enfance, en cherchant à se faire
+une foible image des plaisirs qu’ils ne connoissoient
+pas, par des flagellations réciproques.
+Je félicite au contraire notre vertueuse
+Allemagne d’ignorer ces rafinemens honteux
+de la débauche, ces pollutions, ces attouchemens
+impurs et scandaleux entre les enfans
+d’un même sexe ; ou quand, par hasard,
+quelqu’un s’en est rendu coupable, (si tant
+est qu’on en puisse citer un exemple) d’en punir
+sévèrement les auteurs et en effacer l’opprobre
+au milieu des flammes. Quintilien,
+dans sa déclamation pour le soldat Marianus
+dont un tribun avoit voulu faire son Ganymède,
+s’exprimoit ainsi jadis, en parlant de
+nos ancêtres : « Les Germains ne connoissent
+pas même le nom de ce crime abominable,
+et l’on vit plus saintement sur les
+bords de l’Océan<a id="FNanchor_19" href="#Footnote_19" class="fnanchor">[19]</a> ». Nous en avons
+parlé plus amplement dans nos commentaires
+sur le serment d’Hyppocrate, chap. 19.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_18" href="#FNanchor_18"><span class="label">[18]</span></a> Liv. 2, la Tempérance, chap. 4 et liv. 3 <i lang="la" xml:lang="la">de
+Simpl.</i> c. 19.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_19" href="#FNanchor_19"><span class="label">[19]</span></a> Vessius pense que les déclamations attribuées
+ici à Quintilien l’orateur, ne sont ni de lui
+ni de son grand père, quoique ce dernier en ait
+laissé 145. Il les attribue au jeune Posthume qui prit,
+dit-on, le nom de César et d’Auguste dans les Gaules,
+avec Posthume son père, l’an 260 de J. C.</p>
+</div>
+<p>L’influence des planètes et celle de l’habitude
+n’étant point capables de donner à la
+flagellation la vertu d’exciter à l’amour,
+voyons enfin à lui chercher une autre cause
+plus directe et plus naturelle : il faut donc
+pour cela reprendre les choses de plus haut,
+et remarquer premièrement que cette flagellation
+ne se fait que sur le dos ; vérité dont
+la déposition de la courtisanne de Lubeck
+et autres ne permettent pas de douter ; les
+parties génitales de l’homme étant de nature
+par leur délicatesse et leur extrême sensibilité,
+à ne pouvoir endurer des coups de
+verges, et à plus forte raison jusqu’à l’effusion
+de sang. C’est donc ordinairement sur
+le dos que se fait cette opération. Les lombes
+occupent la plus grande partie du dos.
+Cette partie a pour base cinq vertèbres qui,
+placées au-dessous de celle de la poitrine, se
+prolongent et aboutissent à <i>l’os sacrum</i>. Elles
+sont couvertes au-dehors de muscles et d’une
+peau épaisse et grasse, et au-dedans des muscles
+qui l’enveloppent et forment sa partie haute,
+nommés par les grecs <i>Psoas</i>, d’un muscle
+de même nom, et par les latins <i lang="la" xml:lang="la">pulpa</i> de <i lang="la" xml:lang="la">palpare</i>.
+Ils soutiennent les reins de droite et de gauche,
+remplissent par leur étendue, l’espace
+de quatre vertèbres et se joignent à la veine
+cave et à la grande artère. De la veine cave
+et de la grande artère, les reins<a id="FNanchor_20" href="#Footnote_20" class="fnanchor">[20]</a> reçoivent
+les grands vases, qu’on nomme émulgens,
+spermatiques ou lombaires. Il y en a
+un de chaque côté. Viennent ensuite la
+veine et l’artère dont les ramifications s’étendent
+sur toute la substance de ces vases.
+A droite de la veine cave et sous l’émulgente,
+la veine droite séminaire prend naissance,
+et l’artère séminaire qui, partant de
+la grande artère, descend dans le testicule
+droit. A gauche, l’artère séminaire descendant
+du tronc de la grande artère, et la
+veine séminaire de la veine gauche émulgente,
+se rendent dans le testicule gauche.
+Ces parties sont composées d’une infinité de
+nerfs qui prennent leur source dans la
+moëlle de l’épine, et par lesquels les sucs
+contenus dans les vertèbres sont filtrés dans
+les reins dont ils pénètrent non-seulement
+l’enveloppe, mais encore la substance. De
+la cavité des reins, les canaux uretères se
+prolongent jusques à la vessie à laquelle
+ils sont attachés. Toutes ces parties ayant
+la même tâche à remplir dans l’acte de la
+génération, on les a désignées sous la dénomination
+de <i>lombes</i>, et c’est le sentiment
+de Marsilio Cagnati, <a href="#aut-k">(K)</a> livre 4, chapitre
+7 de ses diverses leçons. Les auteurs
+ont fait d’assez exactes recherches sur les
+fonctions assignées à chacune de ces parties ;
+savoir : les os, les muscles, les reins
+et les vases, et tous sont d’accord. Cagnati<a id="FNanchor_21" href="#Footnote_21" class="fnanchor">[21]</a>
+dit qu’elles concourent, chacune selon son
+emploi, à élaborer la semence et perfectionner
+l’ouvrage de la génération, suivant les
+loix immuables de la nature. Jérôme <i>Montuus</i><a id="FNanchor_22" href="#Footnote_22" class="fnanchor">[22]</a>
+et André Tiraqueau, le plus célèbre
+de vos jurisconsultes, livre 15, de son
+traité <i>de la loi des mariages</i>, art. 40, 41 et 42,
+sont du même avis, après l’examen le plus
+scrupuleux de cet objet. Consultez l’écriture
+sainte, toute l’antiquité, les auteurs sacrés
+et profanes, tous n’ont qu’une voix sur la
+destination des lombes, des reins et des flancs.
+Plusieurs passages de l’écriture sainte nous
+prouvent que les lombes sont les instrumens
+de la génération. On lit dans la Génèse,
+chap. 31, verset XI : « des rois sortiront
+de vos lombes. » Dans l’épitre de St. Paul
+aux Hébreux, chap. 7, vers. 5 : « <i>vous êtes
+les enfans d’Abraham et sortis de ses lombes.</i> »
+et verset 10 : « Levi sortit du même endroit. »</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_20" href="#FNanchor_20"><span class="label">[20]</span></a> Le mot de R<small>EINS</small>, en Latin
+<span lang="la" xml:lang="la">R<small>EN</small>, R<small>ENES</small></span>,
+vient du Grec <i>Reein</i>, qui signifie couleur, parce que
+c’est des reins que l’urine coule. Ils sont deux, et
+ressemblent à ces légumes appellés phaséoles. Leur
+substance est rouge et dure, couverte d’une membrane
+déliée et d’une autre grasse, qui est un replis
+du péritoine. Leur longueur est de 4 ou 7 travers
+de doigt, leur largeur presque de trois et leur épaisseur
+de deux. Les Grecs nomment encore les reins
+<small>OURETERES</small>, c’est-à-dire, canaux uretères, parce
+qu’ils y sont contenus, comme il est dit plus bas.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_21" href="#FNanchor_21"><span class="label">[21]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. 2. <i>de anim.</i></span> texte 35.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_22" href="#FNanchor_22"><span class="label">[22]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Pract. part.</i> I. lib. IV</span>, chap. dernier.</p>
+</div>
+<p>Basile le grand, dans son commentaire sur
+Esaïe, chap. XVI, dit que dans plusieurs
+passages de l’écriture, l’expression de lombes
+est employée pour désigner les membres
+servans à la génération.</p>
+
+<p>Origène, <a href="#aut-l">(L)</a> Homelie 1, commentant le
+verset 109, pseaume 37 : « mes lombes sont
+remplis d’illusion, » l’explique ainsi : les
+lombes étant les réservoirs de la semence,
+le psalmiste indique la nature du péché, en
+se servant du nom de la partie qui sert à
+le commettre. L’expression de ceindre ses
+reins étoit passée en proverbe chez les Hébreux,
+pour signifier la continence et l’éloignement
+des voluptés charnelles. Jehovah,
+livre de Job<a id="FNanchor_23" href="#Footnote_23" class="fnanchor">[23]</a> dit en y faisant allusion.
+« Ceins tes reins comme un homme courageux ; »
+c’est-à-dire, reprime la luxure en
+homme courageux. Isidore <a href="#aut-m">(M)</a> livre XI,
+chap. I de ses O<small>RIGINES</small>, dit qu’il faut
+l’interprêter ainsi : que le moyen de résister
+et le préservatif contre la luxure doit
+être appliqué aux parties dont la rébellion
+et la complexion brûlante nous portent à ce
+crime. Voyez Suidas, au mot PSOA.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_23" href="#FNanchor_23"><span class="label">[23]</span></a> Chap. 39, v. III. et c. XL, v. <small>II</small>.</p>
+</div>
+<p>Saint Jérôme dans son commentaire sur
+Nahum, chap. II, v. 1, parle ainsi : « Regarde
+ton chemin, affermis tes lombes et
+arme-toi de courage. »</p>
+
+<p>Saint Mathieu, chap. 3, vers. 4, dit en
+parlant de St.-Jean Baptiste : « Il portoit
+une ceinture de peau autour des reins. »
+St.-Grégoire de Nazianze, discours 42, et
+Nicétas dans ses commentaires, sur <i>idem</i>,
+nous disent la même chose. C’est aussi dans
+le même sens qu’il faut interprêter Esaïe<a id="FNanchor_24" href="#Footnote_24" class="fnanchor">[24]</a>
+Jérémie<a id="FNanchor_25" href="#Footnote_25" class="fnanchor">[25]</a>, St. Paul<a id="FNanchor_26" href="#Footnote_26" class="fnanchor">[26]</a> et Salomon qui dit en
+parlant de la femme forte et chaste : « <i>elle
+a ceint ses lombes de courage</i> »<a id="FNanchor_27" href="#Footnote_27" class="fnanchor">[27]</a> St.-Pierre<a id="FNanchor_28" href="#Footnote_28" class="fnanchor">[28]</a>
+dit « <i>ceindre les reins de son âme</i> », ce que
+Montuus déjà cité traduit par « <i>écarter de son
+âme toute pensée impure et lascive</i> ». Si je ne
+me trompe, les Romains ont fait allusion à ces
+allégories, lorsqu’ils ont dit, <i>être ceint, porter
+la ceinture</i>, pour désigner la sagesse, la
+modestie et la pureté virginale, et <i>délier</i> sa
+ceinture, pour être au contraire, l’emblême
+de la dissolution des mœurs, comme je l’ai
+plus amplement décrit dans la vie de Mœcènes.
+On observe encore aujourd’hui dans les
+Gaules l’usage de ceindre d’un ruban, cordon
+ou écharpe de soie, ceux à qui l’on décerne
+le triomphe littéraire, et qu’ils portent
+comme un monument glorieux des talens qui
+les distinguent du vulgaire. Ce qui, selon
+François Ranchin<a id="FNanchor_29" href="#Footnote_29" class="fnanchor">[29]</a>, dénote sur-tout dans
+les médecins, la nécessité d’être chaste. La
+ceinture annonce la contraction des reins,
+leur inaction, et partant la sagesse qui reprime
+la rébellion et l’effervescence des lombes
+qui nous portent à la débauche. C’est
+ce qui a fait croire aux anciens que Diane,
+déesse de la chasteté, portoit toujours une
+ceinture. La délier étoit chez eux le premier
+effet du mariage, et annonçoit la désertion
+de la fleur virginale<a id="FNanchor_30" href="#Footnote_30" class="fnanchor">[30]</a>, et cette
+commission étoit donnée à l’époux. Aëtius
+<a href="#aut-n">(N)</a> dit<a id="FNanchor_31" href="#Footnote_31" class="fnanchor">[31]</a> que les plaisirs du mariage
+sont funestes à ceux qui ont les reins ou
+les lombes foibles, et nommés pour cela
+<i lang="la" xml:lang="la">Elumbes</i>, c’est-à-dire, <i>éreinté, érené</i>. Eustathe
+a fait passer ce mot en proverbe, en
+disant <i>efflanqué comme un âne de Mysie</i>. Elumbis,
+<i lang="la" xml:lang="la">qui se se erigere non potest</i>. En italien,
+<i lang="it" xml:lang="it">dilumbato</i> ; en espagnol, <i lang="es" xml:lang="es">flaco</i> ; en anglais,
+<i lang="en" xml:lang="en">he that hath feble loynes</i>. Hadrianus Junius,
+cent. 6. ad. 48. donne le nom d’âne de Mysie
+aux éreintés ; ce qui a fait dire à Pétrone
+que les personnes ruinées par leurs fréquens
+sacrifices à Vénus, ont les reins lâches, c’est-à-dire,
+<i>sans ceinture</i>. « Encolpe, dit-il, avoit
+publié par-tout qu’il avoit la goutte et les
+reins de la plus grande foiblesse. » Catulle,
+épigramme XVI, parle de ceux qui ne peuvent
+donner un mouvement souple et facile
+à leurs lombes endurcis. Et Martial, au contraire,
+livre 5, épigramme 79, dit : « donner
+à ses lombes souples et lascifs un tremblement
+voluptueux. »</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_24" href="#FNanchor_24"><span class="label">[24]</span></a> C. 32 v. 11.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_25" href="#FNanchor_25"><span class="label">[25]</span></a> Chap. I, vers. 17.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_26" href="#FNanchor_26"><span class="label">[26]</span></a> Epitr. aux Ephésiens, c. IV v. 14.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_27" href="#FNanchor_27"><span class="label">[27]</span></a> Prov. ult. vers. 17.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_28" href="#FNanchor_28"><span class="label">[28]</span></a> Epit. I. chap. I. vers. XIII.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_29" href="#FNanchor_29"><span class="label">[29]</span></a> <i>Commentaires sur le serment d’Hyppocrate</i>.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_30" href="#FNanchor_30"><span class="label">[30]</span></a> Horace nomme les Grâces <i lang="la" xml:lang="la">decentes, pudicas</i>,
+lorsqu’elles ont leur ceinture, et <i lang="la" xml:lang="la">solutis zonis</i>, quand
+il veut qu’elles président à ses orgies et aux mystères
+de la voluptueuse déesse d’Amathonte. Voyez
+l’ode XXX. liv. I. <i lang="la" xml:lang="la">O Venus, regina Gnidi Paphique</i>,
+etc.</p>
+
+<p>La ceinture ayant de tout temps été l’emblême de
+la virginité, une femme ne doit plus la porter.
+Nos élégantes et nos impures nous en imposent
+donc bien effrontément, en ceignant leurs tailles,
+même à 40 ans, d’un large ruban bleu, noir, aurore
+ou coquelicot. C’est ainsi que la manie des
+modes nous fait perdre de vue, lors même qu’elle
+conserve celles que nous avons reçues des anciens,
+leur sagesse qui cachoit toujours des maximes de
+morale et des emblêmes de vertu dans tout ce qu’ils
+adoptoient, pour tous les détails qui ont rapport
+à la vie et au vêtement.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_31" href="#FNanchor_31"><span class="label">[31]</span></a> Disc. 3, chap. 8, de son <i>Tetrabiblos</i>.</p>
+</div>
+<p>L’auteur anonyme de l’épigramme XVIII
+du <i lang="la" xml:lang="la">Priapeia</i>, s’exprime ainsi :</p>
+
+<p>« Quand la courtisanne Téléthuse agitera-t-elle
+voluptueusement sur toi ses reins
+souples et lubriques ? »</p>
+
+<p>Le mot <i lang="la" xml:lang="la">fluctuare</i> peint le mouvement d’oscillation
+et la manière de s’agiter et de se
+soulever de bas en haut, comme les flots,
+en grec, <i>ricnoustai</i>, en latin <i lang="la" xml:lang="la">crissare</i><a id="FNanchor_32" href="#Footnote_32" class="fnanchor">[32]</a>. C’est
+de-là qu’on a donné le nom de <i>ricnoma</i> à une
+sorte de danse grecque fort lascive<a id="FNanchor_33" href="#Footnote_33" class="fnanchor">[33]</a>. Telle
+est de nos jours celle que nous appellons la
+<i>bergamasque</i>, qui ne se danse que sur les théâtres,
+ou par des personnes masquées. Juvenal
+paroît y faire allusion, lorsqu’il parle,
+satyre 2, des jeunes Romaines, dont on applaudissoit
+l’adresse à se laisser doucement
+aller à terre, en agitant leurs fesses avec un
+tremblement voluptueux.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_32" href="#FNanchor_32"><span class="label">[32]</span></a> <i lang="la" xml:lang="la">Indecenter flecti, curvari</i>, s’agiter, se plier,
+se courber d’une manière indécente et lubrique.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_33" href="#FNanchor_33"><span class="label">[33]</span></a> Les O-Taïtiens ont une danse semblable, et
+les Espagnols ont le <i lang="es" xml:lang="es">fendango</i>. Voyez le voyage en
+Espagne par le marquis de Langle, tom. I, page 145.</p>
+</div>
+<p>Arnobe, livre 2. « Une troupe lubrique
+formoit des danses dissolues, sautoit en désordre
+et chantoit, tournoit en dansant et
+à certaine mesure, soulevant les cuisses et
+les reins, donnoit à leurs fesses et à leurs
+lombes un mouvement de rotation qui auroit
+embrâsé le spectateur le plus froid<a id="FNanchor_34" href="#Footnote_34" class="fnanchor">[34]</a>. » Voyez
+dans les lettres grecques celle qui est intitulée,
+<i>Megara à Bacchides</i> sur la Thryallide.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_34" href="#FNanchor_34"><span class="label">[34]</span></a> <span class="i">Nous valons bien les Romains pour la débauche.
+Nous avions, il y a cent ans, les danses de caractère,
+la fricassée, et les rondes de société. Nous avions les
+danses lascives que les princes du sang et la reine faisoient
+exécuter à Brunoy, à Trianon et à Compiègne,
+par les acteurs et actrices qui jouoient le <i>théâtre gaillard</i>,
+pour ranimer leurs majestés épuisées.</span></p>
+</div>
+<p>Perse fait allusion à cette danse, lorsqu’il
+dit des vers licencieux qui remplissent l’esprit
+de l’auditeur des idées les plus voluptueuses :</p>
+
+<p>« Qu’il fait beau voir là nos grands de
+Rome s’agiter de lascive manière, et murmurer
+d’une voix tremblante, lorsque ces
+vers libidineux pénètrent jusqu’au siège des
+plaisirs (les lombes), et qu’une molle
+prononciation chatouille leurs sens ! »</p>
+
+<p>Juvenal, satyre 6, vers 314, dit, en parlant
+des flûtes des prêtresses de la bonne déesse :</p>
+
+<p>« On sait à présent ce qui se passe aux
+mystères de la bonne déesse, quand la
+flûte agite ces ménades, et fait tremblotter
+voluptueusement leurs reins ; lorsqu’également
+ivres de sons et de vin, elles laissent
+voler leurs cheveux en tourbillons,
+et invoquent Priape à grands cris. »</p>
+
+<p>Isidore prétend que le mot lombes, <i lang="la" xml:lang="la">Lumbus</i>,
+vient de <i lang="la" xml:lang="la">libido</i>, <i>desir</i>, parce que c’est
+dans les lombes que réside chez les hommes
+la cause de leurs désirs et l’aiguillon de la
+volupté.</p>
+
+<p>Nicolas Perrot, dans son ouvrage intitulé
+<i lang="la" xml:lang="la">Cornucopia</i> <a href="#aut-o">(O)</a> leur donne la même étymologie.
+Il fait dériver <i lang="la" xml:lang="la">lumbi</i> de <i lang="la" xml:lang="la">lubendo</i>, en intercalant
+une lettre, comme on le pratique assez
+ordinairement : ainsi de <i lang="la" xml:lang="la">cubo</i> on fait <i lang="la" xml:lang="la">cumbo</i> ; de
+<i lang="la" xml:lang="la">pago</i>, <i lang="la" xml:lang="la">pango</i> ; de <i lang="la" xml:lang="la">frago</i>, <i lang="la" xml:lang="la">frango</i>,
+etc. (Voyez
+le savant Matth. Martinius, dans son <i lang="la" xml:lang="la">lexicon
+etymologicum</i>.</p>
+
+<p>Les lombes et les reins qui en forment la
+plus grande partie ont tous deux les mêmes
+fonctions, pour peu que vous fassiez attention
+à leur conformation. On voit dans le livre
+des rois, ch. 7, v. 12, qu’ils servent à la
+génération. « Le fils qui est sorti de tes
+reins. »</p>
+
+<p>Tertullien <a href="#aut-p">(P)</a> dans son traité de <i>la résurrection
+de la chair</i>, nomme les reins les réservoirs
+de la semence.</p>
+
+<p>Le prêtre Hésychius (ou autrement dit par
+corruption, Isicius) dans ses commentaires
+sur le <i>Lévitique, liv. I</i>, dit que les reins sont
+les dispensateurs de la liqueur séminale dans
+le coït ; et plus loin : c’est dans les reins
+que se forment et se conservent les fluides
+destinés à la génération.</p>
+
+<p>St.-Augustin, pseaume 7. v. 2, dit que par
+les reins, on entend les plaisirs de l’amour.</p>
+
+<p>St.-Jérôme commentant Nahum, dit que tout
+ce qui a rapport au coït émane du ministère
+des reins, et répète à peu-près la même
+chose dans son commentaire sur Ezéchiel,
+chap. 16.</p>
+
+<p>On lit dans Jérémie<a id="FNanchor_35" href="#Footnote_35" class="fnanchor">[35]</a> et dans l’apocalypse<a id="FNanchor_36" href="#Footnote_36" class="fnanchor">[36]</a>,
+sondant les reins et les cœurs : ce
+que Nicolas de Lyre <a href="#aut-q">(Q)</a> explique par, examinant
+et punissant nos concupiscences et
+nos mauvaises pensées ; l’écriture sainte désignant
+par le <i>cœur</i>, nos pensées, et par les
+<i>reins</i>, les mouvemens de la chair. C’est par
+cette raison que David<a id="FNanchor_37" href="#Footnote_37" class="fnanchor">[37]</a> prie le seigneur
+de brûler ses reins et son cœur, expressions
+adoptées par l’église dans ce passage d’un
+hymne :</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_35" href="#FNanchor_35"><span class="label">[35]</span></a> Chap. 17, vers. 10.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_36" href="#FNanchor_36"><span class="label">[36]</span></a> Chap. 2, vers. 20.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_37" href="#FNanchor_37"><span class="label">[37]</span></a> Ps. 26, vers. 2.</p>
+</div>
+<p>« Brûlez nos reins et nos cœurs, ô mon
+dieu, du feu de l’esprit saint, afin que nous
+vous servions purs et chastes de corps et de
+cœur, et que nous nous rendions dignes de
+votre amour par l’innocence de notre vie. »</p>
+
+<p>On voit dans l’exode XII, V. 2, qu’il étoit
+prescrit aux Israélites qui mangeoient l’agneau
+pascal, de ceindre leurs reins, et tous
+les théologiens s’accordent à entendre par-là
+qu’ils devoient se garder de toute action et
+pensée charnelle.</p>
+
+<p>Ausonne, épigramme 13, dit, se servir de
+ses reins, pour <i>se livrer à la volupté. « Sers-toi
+de tes reins. »</i> On dit chez nous, en badinant,
+que ceux qui sacrifient à la déesse de Cythère,
+<i>purgent leurs reins</i>.</p>
+
+<p>Hyppocrate, dans son traité des maladies
+internes, Aristote dans ses problêmes<a id="FNanchor_38" href="#Footnote_38" class="fnanchor">[38]</a>,
+Galien<a id="FNanchor_39" href="#Footnote_39" class="fnanchor">[39]</a>, Aëtius<a id="FNanchor_40" href="#Footnote_40" class="fnanchor">[40]</a>, dans son <i>Tetrabiblos</i>,
+Avicenne<a id="FNanchor_41" href="#Footnote_41" class="fnanchor">[41]</a>, <a href="#aut-r">(R)</a> et quantité d’autres médecins,
+nous apprennent que les jouissances
+trop fréquentes ruinent les reins ; ce qui a
+fait dire à Fulgence <a href="#aut-s">(S)</a> dans sa mythologie<a id="FNanchor_42" href="#Footnote_42" class="fnanchor">[42]</a>
+que les reins sont consacrés à Vénus. Fulgence,
+liv. 5 de sa mythologie, dit dans la
+fable de Thétis et Pelée, d’après la physiologie
+de Démocrite, que les payens avoient
+consacré chaque partie de notre corps à une
+divinité particulière : la tête à Jupiter, les
+bras à Junon, les yeux à Minerve, la poitrine
+à Neptune, la ceinture à Mars, les
+reins à Vénus, et les pieds à Mercure<a id="FNanchor_43" href="#Footnote_43" class="fnanchor">[43]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_38" href="#FNanchor_38"><span class="label">[38]</span></a> Section IV, probl. 2.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_39" href="#FNanchor_39"><span class="label">[39]</span></a> Lib, VI, comment. VI.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_40" href="#FNanchor_40"><span class="label">[40]</span></a> Disc. 3, c. VIII, lib. I.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_41" href="#FNanchor_41"><span class="label">[41]</span></a> Liv. III, fen. XII. trait. II. c. XI.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_42" href="#FNanchor_42"><span class="label">[42]</span></a> Liv. III.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_43" href="#FNanchor_43"><span class="label">[43]</span></a> <i>C’est ainsi que les anciens mettoient la morale
+à la portée de tout le monde, par des emblêmes ingénieux,
+et sous le manteau du culte religieux.</i></p>
+</div>
+<p><i>Varron</i>, celui des Romains qui avoit le
+plus d’érudition, au jugement de Quintilien<a id="FNanchor_44" href="#Footnote_44" class="fnanchor">[44]</a>,
+si vous voulez remonter à la source pour trouver
+la véritable étymologie du mot, fait
+dériver <i lang="la" xml:lang="la">Renes</i> du grec <i>Upo tou rein</i>, c’est-à-dire,
+ruisseaux d’où coule l’humeur obscène,
+nom qu’il donne au fluide séminal, ne
+vous y trompez pas, si nous devons en croire
+Isidore<a id="FNanchor_45" href="#Footnote_45" class="fnanchor">[45]</a> et Lactance<a id="FNanchor_46" href="#Footnote_46" class="fnanchor">[46]</a>. Il ne faut donc
+pas entendre par humeur obscène, cette sérosité
+saline contenue dans la vessie, ainsi
+que plusieurs l’ont cru. Isidore expliquant
+Varron, dit que les veines et la moëlle de
+l’épine, filtrent dans les reins une liqueur
+claire et subtile qui, détachée et provoquée
+par la chaleur que communique l’acte vénérien,
+descend des reins dans les testicules,
+et personne ne peut, avec un peu de bon
+sens, imaginer qu’il s’agisse ici de l’urine.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_44" href="#FNanchor_44"><span class="label">[44]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Institut. orator. lib. 10, cap. I.</span></p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_45" href="#FNanchor_45"><span class="label">[45]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Orig. lib. 10.</span> chap. I.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_46" href="#FNanchor_46"><span class="label">[46]</span></a> Ouv. de dieu, chap. 14.</p>
+</div>
+<p>Les Hébreux, par le mot <i>reins</i>, désignant la
+concupiscence, emploient deux mots qui signifient
+en français <i>desirer ardemment</i>. Les reins
+étant situés dans les lombes, vers les parties
+latérales de la région supérieure du bas-ventre,
+on les a crus nécessaires à la génération.</p>
+
+<p>Dans Ovide, livre I des amours, Elégie
+XII, la plus chaste des femmes, ou du moins
+qui passoit pour telle, voulant éprouver la
+vigueur de ses prétendans, leur montre un
+arc et leur ordonne d’essayer de le bander.</p>
+
+<p>« Pénélope éprouvoit la force de ses amans
+en les défiant de bander un arc de corne,
+afin de voir celui d’entr’eux qui avoit les
+reins les plus forts. »</p>
+
+<p>Pénélope le dit elle-même, dans l’épigramme
+69 du <i>Priapeia</i>, où le poëte la fait
+parler ainsi à ses galans assemblés.</p>
+
+<p>« Personne ne bandait mieux que mon
+cher Ulysse, l’arc que je vous présente,
+soit l’effet de la force des reins (<i lang="la" xml:lang="la">laterum</i>)
+ou de l’adresse. Puisque je l’ai perdu,
+essayez de le bander, et celui que je trouverai
+vraiment homme, mâle et vigoureux,
+et digne de le remplacer, sera mon époux. »
+Martial, liv. VII, épig. 57, dit, <i>essayer ses reins</i>,
+pour éprouver ses forces aux combats de
+Vénus.</p>
+
+<p>Ovide, liv. II, élégie 10 <i>des amours</i>, dit :
+donner de la force aux <i>reins</i> pour exciter à
+la volupté.</p>
+
+<p>« La volupté donnera à mes reins tout
+ce qui peut ranimer mes forces. »</p>
+
+<p>Apulée, livre VIII, appelle <i>industrie, souplesse
+des reins</i>, l’avantage précieux d’une
+vigoureuse construction pour la lutte amoureuse.
+Parlant des débauches des prêtres de
+la déesse Syrienne : « Ils amènent, dit-il, souper
+avec eux, un paysan d’une taille et
+d’une force de reins extraordinaires. »</p>
+
+<p>Juvenal et Ovide disent : <i>ménager ses reins,
+s’abstenir des plaisirs de l’amour</i>. Le premier,
+sat. VI, dit en parlant d’un Catamite<a id="FNanchor_47" href="#Footnote_47" class="fnanchor">[47]</a> :</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_47" href="#FNanchor_47"><span class="label">[47]</span></a> Les anciens nommoient <i lang="la" xml:lang="la">Catamiti, Ganymedes,
+Concubini</i>, ces jeunes garçons qui tiroient un grand
+profit de la prostitution de leurs corps. Pétrone leur
+a fait donner le nom de <i>Gitons</i>, et depuis, les favoris
+de nos rois furent appelés <i>Mignons</i>, de <i lang="les" xml:lang="les">mi</i>, qui
+signifie <i>mon</i>, et de <i lang="es" xml:lang="es">niño</i>, mot Espagnol qui veut
+dire <i>petit enfant et caressé</i>. (Ménage et Futetière.)</p>
+</div>
+<p>« Que ne laisses-tu dormir auprès de toi,
+cet enfant soumis, paisible et désintéressé,
+cet enfant qui jamais ne te reproche d’avoir
+ménagé tes flancs, et de ne le pas caresser
+autant qu’il le désireroit. »</p>
+
+<p>Et le second, livre II, de l’art d’aimer.</p>
+
+<p>« Ne ménagez pas vos flancs, c’est d’eux
+que dépendent la fidélité de votre maîtresse,
+la paix et le bonheur de vos amours. »</p>
+
+<p>Martial, livre XI, épigramme 105, emploie
+l’expression de rompre ses reins, pour fournir
+trop souvent la carrière amoureuse.</p>
+
+<p>« Et tu prolonges jusqu’au grand jour les
+transports libidineux qui épuisent et rompent
+tes reins. »</p>
+
+<p>Et plus loin, livre XII, épig. 99.</p>
+
+<p>« Bassus, tu te romps les reins, mais avec
+des jeunes gens bien fournis de poils. »</p>
+
+<p>Tibulle ou quelqu’autre auteur, dans ses
+Iambes à Priape, s’exprime ainsi :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">« Dans mes vaisseaux enflés la liqueur prolifique</div>
+<div class="verse">» Trop long-temps ménagée, irrite mes transports ;</div>
+<div class="verse">» Et rien ne peut calmer ma fureur érotique</div>
+<div class="verse">» Que la tendre Vénus, secondant mes efforts,</div>
+<div class="verse">» Sur le sein d’une belle amoureuse et lubrique,</div>
+<div class="verse">» N’ait, en brisant mes reins, dégagé leurs ressorts.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p>Pétrone, dans sa satyre, dit, <i>arracher les
+flancs</i>. (Je craignois que Giton ne m’arrachât
+les flancs.)</p>
+
+<p>Il donne en plusieurs endroits, aux flancs
+de ceux qui se sont ruiné le tempéramment,
+les épithètes de <i>fatigués</i>, <i>invalides</i>, <i>épuisés</i>,
+<i>desséchés</i> et <i>morts</i>.</p>
+
+<p>Ovide, livre III, des amours, Elégie X, dit :</p>
+
+<p>« J’ai vu sortir de chez vous, votre adultère
+épuisé, traînant à peine ses flancs desséchés
+et sans vie. »</p>
+
+<p>Catulle, Epigramme 7.</p>
+
+<p>« Pourquoi ne nous montres-tu pas tes
+flancs épuisés. »</p>
+
+<p>Priape, s’exprime ainsi, épigramme 25 du
+<i lang="la" xml:lang="la">Priapeia</i>, déjà cité :</p>
+
+<p>« Vous voyez comme je suis arrangé et
+dans quel état déplorable la débauche m’a
+conduit. Je suis absolument ruiné, pâle et
+décharné. Mes flancs sont entièrement épuisés,
+une toux affreuse m’arrache la poitrine
+et je crains de cracher ma vie avec
+cette salive dangereuse. »</p>
+
+<p>Suétone, dans la vie de Caligula, chap. 37,
+dit que Catulle, jeune homme de maison
+consulaire, reprocha à ce monstre de lubricité
+« d’avoir assouvi sur lui sa brutale
+passion et de lui avoir épuisé les reins
+par ses criminels embrassemens. »</p>
+
+<p>Dans Apulée, livre VIII, le jeune homme
+qui servoit aux plaisirs infâmes de la déesse
+Syrienne, dit à l’âne qui venoit le remplacer
+dans cette fonction :</p>
+
+<p>« Puisses-tu vivre long-temps, plaire à tes
+nouveaux maîtres, et me donner le temps
+de réparer mes forces et <i>mes reins</i> qu’ils
+ont épuisés. »</p>
+
+<p>Tous les passages que j’ai déjà cités rendent
+la chose aussi claire que les rayons du
+soleil dans un beau jour d’été, pour me servir
+ici des expressions de Plaute.</p>
+
+<p>Nous ne pouvons donc regarder comme nouvelle
+et suspecte, une opinion adoptée et
+confirmée par le suffrage unanime de toute
+l’antiquité et le témoignage des saintes écritures,
+que les lombes, les parties voisines,
+et les reins sont les instrumens de la génération.
+Or une chose généralement reconnue
+et avouée des savans, comme disent vos
+jurisconsultes, mon cher Cassius, ne peut
+être absolument fausse. Il n’y a de probable,
+dit Aristote, liv. 1 de ses topiques, chap. 1,
+texte 7, que ce qui paroît tel à tout le monde
+ou au plus grand nombre, et sur-tout à
+ceux dont on connoît la prudence et le génie,
+et qui se sont illustrés par les profondes
+connoissances. Il est donc important d’en
+chercher la raison avec la plus scrupuleuse
+attention, et d’établir, quand nous l’aurons
+trouvée, comment les coups de verges appliqués
+sur le dos ou sur les lombes, subtilisent,
+embrâsent les esprits et nous rendent
+habiles à savourer les délices de la jouissance<a id="FNanchor_48" href="#Footnote_48" class="fnanchor">[48]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_48" href="#FNanchor_48"><span class="label">[48]</span></a> Nous ne pouvons mieux faire pour appuyer
+les observations faites jusqu’ici par Meibomius,
+sur l’utilité de la flagellation, que de citer M. l’abbé
+Chappe d’Auteroche, de l’académie des sciences.
+Ce savant abbé mourut en Californie, quelques
+jours après son observation du passage de Vénus
+sur le soleil, en 1760.
+Il avoit accompagné dans
+cette importante mission, MM. de la Condamine,
+l’abbé de la Caille, Joseph de Jussieu, Godin des
+Odonnais, Couplet, Lemonnier, Bougues, Verguin,
+Morainville, Clairaut et le Camus. Il remarque
+dans son voyage en Sibérie, fait par ordre du
+Roi en 1761, tome 1, page 339, que les coups de
+verges que l’on donne dans les bains de vapeurs,
+en Russie, donnent de l’activité aux fluides et du
+ressort aux organes. <i>La flagellation</i>, dit-il, <i>anime
+les passions</i> ; et nous devons en croire cet estimable
+littérateur, qui voyageant en philosophe, ami de
+l’humanité, s’est attaché à observer tout ce qui
+peut influer sur la population.</p>
+
+<p>Le lecteur qui désireroit de plus grands détails
+sur cette matière, peut consulter l’excellent ouvrage
+de l’abbé Boileau, qui a pour titre : Histoire des
+flagellans, où l’on fait voir le bon et le mauvais
+usage des flagellations, etc. <i>Amsterdam</i> 1701, <i>in</i>-12.</p>
+</div>
+<p>Marsilius Cagnatus et Montuus attribuent
+tout aux lombes, puisqu’ils sont composés
+des parties ci-devant détaillées, c’est-à-dire,
+des vertèbres, des muscles, des reins, des
+veines, des artères et des nerfs, en donnant
+néanmoins le premier rang aux veines et aux
+artères spermatiques qui fournissent la matière
+de la semence, contiennent le fluide qui
+commence à blanchir et à s’épaissir, est déjà
+sperme, ou va le devenir, et de-là le transmettent
+dans les testicules. Ce fluide étant
+trop abondant dans les veines et les artères,
+s’y trouvant gêné, et cherchant à se répandre
+au-dehors, excite des picotemens agréables,
+le prurit vénérien, des irritations, le besoin
+de s’en décharger et des pollutions nocturnes,
+sur-tout chez les personnes qui se couchant
+sur le dos, communiquent trop de chaleur
+aux parties génitales. Barth. Montagnana<a id="FNanchor_49" href="#Footnote_49" class="fnanchor">[49]</a>,
+le philosophe Nemesius<a id="FNanchor_50" href="#Footnote_50" class="fnanchor">[50]</a>, <a href="#aut-t">(T)</a> Joh. Matthæus<a id="FNanchor_51" href="#Footnote_51" class="fnanchor">[51]</a>,
+Garyopontus, médecin latin moderne<a id="FNanchor_52" href="#Footnote_52" class="fnanchor">[52]</a>,
+et Sennert, <a href="#aut-u">(U)</a> notre professeur et
+notre ami, homme respectable, lorsqu’il vivoit<a id="FNanchor_53" href="#Footnote_53" class="fnanchor">[53]</a>,
+Pierre Lauremberg, <i lang="la" xml:lang="la">in procestriis
+annotat. anat. lib. 1. cap. IV</i>, et enfin Gaspard
+Hoffmann, disent tous la même chose, quoiqu’ils
+ne s’expliquent pas de la même manière.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_49" href="#FNanchor_49"><span class="label">[49]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Consil. med. 37.</span></p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_50" href="#FNanchor_50"><span class="label">[50]</span></a> De la nature de l’homme, chap. 27.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_51" href="#FNanchor_51"><span class="label">[51]</span></a> <i lang="la" xml:lang="la">Quæst. medic.</i> 90.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_52" href="#FNanchor_52"><span class="label">[52]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Pract.</i> lib. 3. cap. 34.</span></p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_53" href="#FNanchor_53"><span class="label">[53]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Pract.</i> lib. 3. c. 1.
+sect. 1. part. VII.</span></p>
+</div>
+<p>B. Montagnana, dit en examinant un passage
+d’Avicenne<a id="FNanchor_54" href="#Footnote_54" class="fnanchor">[54]</a>, qu’il faut remarquer
+pourquoi ce médecin attribue l’impuissance
+à la foiblesse des reins ; et après avoir dit
+que la matière séminale acquéroit le dernier
+degré de perfection, en raison du degré
+de chaleur et de force répandues dans les
+testicules, il ajoute qu’elle doit nécessairement
+être préparée dans les régions supérieures,
+dans les parties où la digestion se
+fait le plus promptement, comme dans le
+foie et les reins, et par conséquent ou plus
+éloignée ou plus rapprochée, suivant la constitution
+de chaque individu. Il conclut enfin
+qu’il est impossible que la véritable semence
+se forme et acquierre toutes les qualités requises,
+si les parties où elle doit s’élaborer,
+c’est-à-dire le foie et les reins, sont vicieuses,
+mal organisées et n’ont pas entr’elles un ordre
+et une connexion uniformes.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_54" href="#FNanchor_54"><span class="label">[54]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. XIX. <i>Fen.</i> 3. c.
+<i>de renibus et ren. calc.</i></span></p>
+</div>
+<p>Némésius croit que les reins n’épanchent
+dans les testicules qu’une sérosité saline qui
+n’excite seulement dans ces parties que le prurit
+et la chaleur du désir, et remplissent
+ainsi leur ministère dans l’acte de la génénération.
+« Les reins, dit-il, servent à épurer
+le sang, et ne sont dans le coït qu’une
+cause irritante et secondaire. » Les veines
+qui se rendent dans les <i>didimes</i>, puisent dans
+les reins un acide qui irrite le désir, de même
+que les humeurs acres qui se glissent entre
+cuir et chair, y causent des démangeaisons.
+L’enveloppe de ces corps glanduleux étant
+plus tendre et plus délicate que la peau du
+reste du corps, cet acide irrite et aiguillonne
+plus vivement les organes de la volupté, et
+c’est cette âcreté mordicante qui procure
+les pensées lascives, provoque la fureur amoureuse
+et opère l’éjaculation de la semence.
+Voilà mot pour mot ce que dit Isidore ci-dessus
+cité, et Joh. Matthæus ne diffère de lui,
+qu’en ce qu’il attribue plus de faculté au
+rein gauche qu’au droit : « la veine gauche séminaire,
+dit-il, étant placée avec l’émulgente,
+près du rein gauche, fournit
+un sang mêlé d’une substance aqueuse et
+salée, qui occasionne le prurit et sert de
+stimulant à la jouissance. » Laurenberg
+donne aux reins l’emploi de la génération,
+et ne s’explique pas autrement que Garyopontus.</p>
+
+<p>Il définit les reins un tissu de muscles et
+de nerfs étroitement liés aux corps caverneux
+qui contiennent la liqueur séminale.
+Il leur attribue l’opération de la spermatose,
+et croit que c’est en eux que le fluide régénérateur
+est contenu et élaboré. C’est aussi
+l’opinion de Sennert, quoiqu’il en donne une
+toute autre raison, en s’expliquant plus clairement
+et d’une manière qui approche plus
+de la vérité anatomique, que celle de Garyopontus,
+qui ne paroît pas la connoître
+beaucoup. Sennert dont l’exemple est suivi
+par Hoffmann, prétend que les reins ne servent
+pas seulement à communiquer une irritation
+voluptueuse aux parties de la génération,
+mais encore à perfectionner le fluide
+séminal et à le transmettre. Il infère de-là,
+premièrement, que les reins ont un parenchyme
+particulier, qui ne diffère pas beaucoup
+de la substance du cœur et du foie, et
+c’est aussi le sentiment d’Arétée<a id="FNanchor_55" href="#Footnote_55" class="fnanchor">[55]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_55" href="#FNanchor_55"><span class="label">[55]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. 2. c. III. <i>de morbis diut.</i></span></p>
+</div>
+<p>On ne peut refuser à ce parenchyme particulier
+la faculté que lui donne Galien<a id="FNanchor_56" href="#Footnote_56" class="fnanchor">[56]</a>
+d’élaborer le sang : faculté qui lui est commune
+avec le parenchyme de tous les autres
+vaisseaux. Kariesatos et Jean Beverovicius,
+chap. 2 de son livre sur la pierre
+de la vessie, l’ont démontré d’une manière
+évidente. La veine émulgente étant la plus
+considérable de celles qui prennent naissance
+dans la veine cave, et voiturant dans les reins
+plus de sang qu’il n’en faut pour les alimenter,
+et l’artère étant aussi trop grande pour filtrer
+et dépurer les sérosités, il est vraisemblable
+que la nature qui ne fait rien sans dessein,
+n’a donné tant de capacité à ces vases, que
+pour les faire concourir à ses vues, dans une
+opération particulière. Il conclut donc que
+cette opération n’a d’autre but que de porter
+dans les reins le sang des artères, qui se
+mêlant ensuite, dans leur substance, avec
+le sang des veines, et y changeant de nature,
+forme la base de la composition de la
+semence qui descend ensuite dans les testicules.
+Ce qui confirme l’opinion de Sennert,
+c’est que des diverses conformations des reins
+et des vases dans lesquels la nature se plaît
+à créer des bizarreries, pour s’amuser, il
+résulte qu’il y a des hommes plus amoureux
+les uns que les autres, et d’une complexion
+beaucoup plus vigoureuse. Salomon Albert
+et Jean Riolan<a id="FNanchor_57" href="#Footnote_57" class="fnanchor">[57]</a> nous en offrent des exemples.
+Tous deux faisant la dissection d’un
+criminel, disent lui avoir trouvé trois émulgentes
+et les veines spermatiques dans chaque
+côté, qui sortoient des émulgentes. Sal. Albert
+infère de-là que cette prodigieuse abondance
+de vaisseaux et de semence devoit nécessairement
+opérer chez cet homme l’insatiable
+salacité et les desirs sans cesse renaissans
+dont il se plaignoit encore quelques instans
+même avant son supplice. Riolan écrit que le
+sien fut pendu pour trigamie, parce que
+son trop plein d’existence et de force l’avoit
+contraint à épouser trois femmes à la fois<a id="FNanchor_58" href="#Footnote_58" class="fnanchor">[58]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_56" href="#FNanchor_56"><span class="label">[56]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib 6. <i>de decret. Hippocr. et Plat.</i></span></p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_57" href="#FNanchor_57"><span class="label">[57]</span></a> Antrop. liv. 2. chap. 27.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_58" href="#FNanchor_58"><span class="label">[58]</span></a> Tel étoit de nos jours Mirabeau l’aîné, député
+à l’assemblée constituante. (<i>Note de l’éditeur.</i>)</p>
+</div>
+<p>Philippe Salmuth ayant fait la dissection
+de deux hommes morts du mal vénérien,
+trouva que les reins du dernier étoient trois
+et même quatre fois plus grands que ceux
+des hommes ordinaires. Sennert demande ensuite,
+dans le cas où cette opinion seroit
+rejettée, d’où proviennent les sels volatils
+qui affectent l’odorat à l’approche de plusieurs
+animaux non-châtrés, qui s’exhalent de
+toutes les parties de leur corps, mais dont
+la perception est beaucoup plus sensible
+dans les reins et sur-tout des adultes,
+ce qui ne se rencontre pas dans les individus
+de l’âge le plus tendre, ou qui n’ont
+pas encore été accouplés. Il ajoute encore,
+d’après Oiribase<a id="FNanchor_59" href="#Footnote_59" class="fnanchor">[59]</a>, que la surabondance de
+liqueur séminale trop long-temps retenue dans
+les vaisseaux nuit aux reins ; que les médecins
+regardent comme la preuve de l’excessive
+chaleur de ces parties, le penchant
+au libertinage, les songes lascifs et les pollutions
+nocturnes qui en sont le résultat. Les
+physiciens disent de plus que la qualité de
+la semence dépend de la constitution des
+reins. De même qu’une érection fréquente
+marque la chaleur des reins, de même une
+longue continence et l’éloignement des plaisirs
+de l’amour désignent leur température
+glacée.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_59" href="#FNanchor_59"><span class="label">[59]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. 6, cap. XXXIX. <i>collect.</i></span></p>
+</div>
+<p>Alex. Trallien<a id="FNanchor_60" href="#Footnote_60" class="fnanchor">[60]</a> et Arétée<a id="FNanchor_61" href="#Footnote_61" class="fnanchor">[61]</a> nous apprennent
+que dans la gonorrhée simple, on
+diminue la force et la quantité du fluide séminal,
+en appliquant des remèdes qui ont
+cette vertu, sur les lombes, vers la région
+des reins.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_60" href="#FNanchor_60"><span class="label">[60]</span></a> Médecin et philosophe du sixième siècle.
+Liv 2. chap. 9.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_61" href="#FNanchor_61"><span class="label">[61]</span></a> Liv. 2. de <i>ses Chroniq.</i> chap. 7.</p>
+</div>
+<p>Pline<a id="FNanchor_62" href="#Footnote_62" class="fnanchor">[62]</a> vient encore à l’appui de Sennert,
+et dit que des lames de plomb attachées sur
+les lombes et les reins, tempèrent par leur
+fraîcheur les transports de la passion amoureuse,
+et il cite à ce sujet l’exemple de l’orateur
+<i>Licinius Calvus</i> qui se servit avec succès
+de ce remède pour arrêter un flux involontaire
+de semence.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_62" href="#FNanchor_62"><span class="label">[62]</span></a> Liv. 34. chap. 18.</p>
+</div>
+<p>Galien<a id="FNanchor_63" href="#Footnote_63" class="fnanchor">[63]</a> rapporte que les athlètes ceignoient
+pareillement leurs reins de ces lames
+de plomb, pour empêcher les pollutions nocturnes
+et amortir les feux de l’amour ; il ne
+trouve pas de meilleur remède au priapisme
+qu’un emplâtre d’huile rosat épaissi avec de
+l’eau froide et appliqué sur les lombes.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_63" href="#FNanchor_63"><span class="label">[63]</span></a> Liv. 5 <span lang="la" xml:lang="la"><i>de tuendâ valet.</i> c. <i>ult.</i>
+lib 6. <i>de loc. adf.</i>
+c. ult. et lib. 14. <i>method. medic.</i> cap. 7.</span></p>
+</div>
+<p>Cœlius Aurelianus<a id="FNanchor_64" href="#Footnote_64" class="fnanchor">[64]</a>, outre les lames de
+plomb, ordonne des éponges imbibées à
+froid avec le marre de raisin.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_64" href="#FNanchor_64"><span class="label">[64]</span></a> Liv. 5. <span lang="la" xml:lang="la">Tard. pass. cap. 5.</span></p>
+</div>
+<p>Aëce<a id="FNanchor_65" href="#Footnote_65" class="fnanchor">[65]</a> et Théodore Priscien<a id="FNanchor_66" href="#Footnote_66" class="fnanchor">[66]</a> recommandent
+non-seulement l’application des lames
+de plomb sur les lombes et les rafraîchissans,
+mais encore défendent de se coucher
+sur le dos, pour ne pas augmenter le mal,
+par l’extrême chaleur que cette position communique
+à ces parties.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_65" href="#FNanchor_65"><span class="label">[65]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Tetrabiblos I. disc. III. chap. 32 et 37.</span></p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_66" href="#FNanchor_66"><span class="label">[66]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Liv. 2. c. XI.</span></p>
+</div>
+<p>Oribase<a id="FNanchor_67" href="#Footnote_67" class="fnanchor">[67]</a> <a href="#aut-v">(V)</a> et Paul Eginæte<a id="FNanchor_68" href="#Footnote_68" class="fnanchor">[68]</a> sont
+du même avis. Ce dernier défend même dans
+la gonorrhée simple, tout médicament qui
+provoque les urines, comme très-nuisible aux
+reins qui sont placés dans la région des
+lombes.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_67" href="#FNanchor_67"><span class="label">[67]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la"><i>Synops.</i> Lib. 9. c. 39 et 40.</span></p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_68" href="#FNanchor_68"><span class="label">[68]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. 3. c. 55 et 56.</span></p>
+</div>
+<p>Avicenne<a id="FNanchor_69" href="#Footnote_69" class="fnanchor">[69]</a> l’a prouvé, et cite entr’autres
+symptômes de l’épuisement et de la défection
+des reins, le défaut d’érection dans le coït.
+Il donne pour cause de la foiblesse de ces
+parties, la trop fréquente émission des molécules
+organiques, et nous apprend<a id="FNanchor_70" href="#Footnote_70" class="fnanchor">[70]</a> que
+le seul moyen de leur rendre toute leur vigueur,
+est l’abstinence des plaisirs qui les en
+ont privés.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_69" href="#FNanchor_69"><span class="label">[69]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. 3. <i>Fen.</i> XIX. c. IX.</span></p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_70" href="#FNanchor_70"><span class="label">[70]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Cap. XI.</span></p>
+</div>
+<p>Aaron, médecin célèbre, cité par Rhasès<a id="FNanchor_71" href="#Footnote_71" class="fnanchor">[71]</a>
+dit aussi qu’il faut attribuer le défaut d’érection,
+au foie et aux reins.</p>
+
+<p>Aristote<a id="FNanchor_72" href="#Footnote_72" class="fnanchor">[72]</a> dit, qu’excepté l’homme, aucun
+des animaux n’est sujet au flux involontaire
+de la semence, parce qu’ils ne se couchent
+point sur le dos. On en excepte pourtant les
+chevaux de course dont les lombes et les
+reins échauffés par le mouvement que leur
+communique le cavalier, les rendent plus enclins
+à l’acte vénérien. Voilà l’origine de la
+coutume qu’observoient les dames d’Athènes,
+pendant les Thesmophories<a id="FNanchor_73" href="#Footnote_73" class="fnanchor">[73]</a> d’éviter
+les carresses de leurs époux, et de coucher
+seules.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_71" href="#FNanchor_71"><span class="label">[71]</span></a> Liv. 2. de la Continence.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_72" href="#FNanchor_72"><span class="label">[72]</span></a> <i>Problêm.</i> Sect. 10. Prob. 19.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_73" href="#FNanchor_73"><span class="label">[73]</span></a> Les Thesmophories étoient des sacrifices et des
+fêtes en l’honneur de Cérès <i>Thesmophore</i> ou <i>Législatrice</i>,
+pendant toute la durée desquelles on s’envoyoit
+par toute la Sicile des gâteaux faits avec du
+miel et de la graine de Sésame. On donnoit à ces
+gâteaux la figure des <i>parties naturelles de la femme</i>,
+pour lesquelles les Syracusains avoient tant de vénération
+et d’amour qu’ils les portoient en cérémonie
+à ces fêtes célèbres. Les Romains, lorsque
+leurs mœurs furent dépravées, firent construire
+des vases dont ils se servoient à leurs repas et auxquels
+ils donnoient la figure de la partie virile pour
+laquelle ils avoient tant de passion. Ce qui a fait
+dire à Juvenal, satire 2 : <i lang="la" xml:lang="la">Vitreo bibit ille Priapo</i> :
+<i>Celui-là boit dans un Priape de cristal</i>.</p>
+
+<p>Le Sésame est une espèce de bled, selon Pline,
+et de légume, selon Columela, que les apothicaires
+d’Italie nomment <i>Gingeoline</i>. Il ressemble au millet.
+Son huile est fort estimée et a la vertu de rendre stérile.
+Pline dit qu’il fut apporté des Indes. Ses feuilles
+sont rouges et ses fleurs vertes. Sa graine est blanche
+et renfermée dans de petits boutons, comme
+celle du pavot et sa racine est blanche pareillement.
+On n’en sème guère, parce qu’on prétend qu’il
+rend la terre stérile. Son nom en latin est <i lang="la" xml:lang="la">Sesamum</i>.</p>
+</div>
+<p>Ovide en parle ainsi, livre II de ses métamorphoses,
+fable IX. « Elles mettoient au
+nombre des choses defendues les plaisirs de
+l’amour, et les attouchemens des hommes
+dont elles se sevroient pendant neuf jours. »</p>
+
+<p>Elles dressoient leurs lits avec les branches
+et les feuilles de <i>l’agnus-castus</i><a id="FNanchor_74" href="#Footnote_74" class="fnanchor">[74]</a>. Le Vitex
+est un arbrisseau dont l’odeur combat les
+pensées amoureuses et écarte les songes
+lascifs. C’est pourquoi elles jonchoient leurs
+couches solitaires, des feuilles de cet arbrisseau,
+pour altérer la force et la chaleur du
+fluide séminal, rafraîchir leurs reins et les
+parties voisines, et émousser les aiguillons
+de l’amour. Voyez à ce sujet Dioscoride<a id="FNanchor_75" href="#Footnote_75" class="fnanchor">[75]</a>,
+Pline<a id="FNanchor_76" href="#Footnote_76" class="fnanchor">[76]</a>, Ælien<a id="FNanchor_77" href="#Footnote_77" class="fnanchor">[77]</a> et Galien<a id="FNanchor_78" href="#Footnote_78" class="fnanchor">[78]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_74" href="#FNanchor_74"><span class="label">[74]</span></a> <i>L’agnus-Castus</i>, nommé par les Grecs <i>chaste</i>,
+par les Latins, <i lang="la" xml:lang="la">Vitex</i>, est un arbrisseau qui ressemble
+beaucoup à notre <i>Saule d’Amérique</i>. Il croît
+sur le bord des rivières et des torrens. Ses branches
+sont noueuses, longues et flexibles, ses feuilles
+assez ressemblantes à celle de l’olivier, ce qui l’a
+fait nommer par Mathiole <i lang="la" xml:lang="la">olivæ agnus</i>, mais plus
+molles. Ses fleurs sont purpurines et quelquefois
+blanches. Son fruit est comme le poivre, chaud et
+astringent. Il y en a de blanc et de noir.</p>
+
+<p><i>Arnaud de Villeneuve</i> exagère les propriétés de
+l’agnus-castus avec une confiance qui étonne dans
+un homme instruit. Il assure que le moyen le plus
+sûr de conserver sa chasteté, est de porter habituellement
+un couteau dont le manche seroit fait avec
+le bois de cet arbrisseau. Le préjugé des anciens sur
+ce végétal s’est perpétué jusqu’à nous, et l’on fait
+encore dans les monastères, usage intérieurement
+et extérieurement des semences et des feuilles
+de cet arbrisseau, en se faisant une ceinture de ses
+branches ou une émulsion de sa semence avec l’eau
+de nénufar. Voyez ce que rapporte à ce sujet
+M. de Lignac dans son traité de l’homme et de la
+femme, considérés physiquement dans l’état du mariage…
+Lille 1773. <i>in</i>-12. tom. premier, pages 102
+et suivantes.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_75" href="#FNanchor_75"><span class="label">[75]</span></a> Liv. 1. Chap. CXVI.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_76" href="#FNanchor_76"><span class="label">[76]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. XXIV. cap. IX.</span></p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_77" href="#FNanchor_77"><span class="label">[77]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">De anim. lib. IX.</span> c. XVI.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_78" href="#FNanchor_78"><span class="label">[78]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib. VI. de Simp. med. fac.</span> chap. 34.</p>
+</div>
+<p>On emploie aussi pour donner la vigueur
+nécessaire aux exercices de Vénus, les reins
+de certains animaux, et principalement du
+bouc.</p>
+
+<p><i>Aëce</i>, déjà cité, recommande l’usage de
+la chair du <i>seine-marin</i><a id="FNanchor_79" href="#Footnote_79" class="fnanchor">[79]</a>, prise de ses
+reins ou des environs, comme très-propre
+à opérer l’érection de la verge. Peut-être
+est-ce une espèce d’analogie et une conformation
+semblable à ceux de l’homme, qui
+a fait attribuer aux reins de cet animal la
+propriété de les aider et de les exciter à
+remplir le devoir de la génération ; de même
+que l’on ordonne à ceux qui sont inhabiles
+à s’en acquicter, entr’autres médicamens,
+les frictions, les emplâtres chauds, non-seulement
+sur les parties honteuses, mais encore
+aux reins, les diurétiques violens,
+comme les cantharides, et le soin de se
+coucher sur le dos, pour maintenir la région
+des lombes dans un degré de chaleur
+nécessaire pour rappeller les forces languissantes,
+rendre la semence prolifique,
+et précipiter sa descente dans les testicules.
+Rhasès<a id="FNanchor_80" href="#Footnote_80" class="fnanchor">[80]</a> dit que toutes les fois que
+l’on se frottera les reins avec des médicamens
+chauds, le membre viril augmentera
+de grosseur et de fermeté, et l’érection sera
+complette.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_79" href="#FNanchor_79"><span class="label">[79]</span></a> Le <i>Seine-marin</i> est une espèce de petit crocodile
+terrestre, que sa qualité anti-vénéneuse a
+fait entrer dans le fameux Mithridate, et sa vertu
+aphrodisiaque dans l’électuaire <i>Diasatyrion</i>. Ce lézard
+en Egypte et en Arabie, ne se nourrit que de
+plantes aromatiques. Les paysans d’Egypte portent
+de ces lézards au Caire, d’où par Alexandrie, on
+les transporte à Venise et à Marseille, pour les
+disperser dans toutes les pharmacopées de l’Europe.
+Les Arabes et les Egyptiens s’en servent pour s’exciter
+à l’amour. Les Européens le rejettent, parce
+qu’il rend maniaque ; au reste le seine-marin résiste
+au vénin, et augmente la semence. Dioscoride recommande
+la chair qui est autour de ses reins. Galien
+dit que ce sont les reins mêmes qu’il faut employer.
+Pline veut que ce soit la dépouille et les
+pattes. M. Lemery s’est déterminé pour l’usage des
+reins, qu’il ordonne de réduire en poudre, il en
+fixe la dose à 72 grains. On ne sauroit enfin être
+trop en garde contre la violence de ce remède.</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_80" href="#FNanchor_80"><span class="label">[80]</span></a> <span lang="la" xml:lang="la">Lib.</span> XI, <i>Contin.</i> c. V.</p>
+</div>
+<p>Misish, médecin arabe, dans sa somme de
+Rhasès, dit aussi que le seul moyen de
+s’exciter aux plaisirs de l’amour, est de donner
+beaucoup de chaleur au dos, comme
+celui de diminuer la fougue d’un tempéramment
+lascif, est, en prenant cette sage précaution
+en sens inverse, de l’en priver, en
+se couchant sur des feuilles froides. Nous
+concluons donc de tout ceci, que les lombes
+sont les premiers instrumens de la génération,
+selon leur constitution et l’emploi
+que la nature leur a confié ; et suivant Cagnati,
+les veines et les artères y portent la
+matière et les esprits ; que le premier organe
+des reins est le parenchyme<a id="FNanchor_81" href="#Footnote_81" class="fnanchor">[81]</a>, où
+le fluide séminal commence à s’élaborer, à
+devenir prolifique et recevoir enfin dans les
+vases séminaires le degré de perfection qui
+lui est nécessaire : c’est l’opinion de Sennert
+et la nôtre. Il ne faut pourtant pas rejetter
+celle de Némésius, d’Isidore, de Matthæus
+et de Laurenberg, qui prétendent
+qu’il se mêle à ce fluide une certaine sérosité
+saline, une humeur mordicante filtrée des
+reins dans les testicules, et dont l’effet est
+de causer le prurit vénérien et l’érection
+avec de violens desirs de la jouissance. Ce
+que le grammairien Papias a répété, sur leur
+autorité, dans son vocabulaire.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_81" href="#FNanchor_81"><span class="label">[81]</span></a> Mot grec qui signifie <i>engendré par la masse et
+l’épaississement d’un suc</i>. Le foie est le premier de tous
+les parenchymes.</p>
+</div>
+<p>Nous avons, je crois, suffisamment prouvé
+que la flagellation sur le dos ou sur les lombes
+est du plus grand effet pour rendre la vigueur
+éteinte par les excès de la volupté, et vous
+ne devez plus être surpris que ces hommes,
+que la débauche a mis au rang des bêtes, ces
+monstres épuisés de luxure, et victimes d’un
+honteux désordre, ayant cherché dans l’opération
+douloureuse de la flagellation, un remède
+à l’épuisement, à la foiblesse de leurs
+reins, et à la perte totale de leurs forces,
+sans parler de ceux qui, moins coupables
+à la vérité, ne doivent ces accidens qu’à un
+trop violent amour pour une épouse, ou à
+un physique froid, vicieux et mal organisé.
+Il est probable que la flagellation donne aux
+parties relachées et refroidies, une commotion
+violente, une irritation voluptueuse qui
+les embrâse et se communique à la semence,
+ajoutez à celà que le sentiment aigû de la douleur
+des parties frappées, subtilise et précipite
+le sang avec plus d’abondance, attire les
+esprits, et fournissant aux parties de la génération
+une chaleur excessive, procure à
+l’homme libidineux qui cherchoit en vain le
+plaisir, le moyen de consommer l’acte de
+la génération, malgré la nature même, et
+de multiplier ses jouissances criminelles au-delà
+des bornes qu’elle a assignées à ses
+forces<a id="FNanchor_82" href="#Footnote_82" class="fnanchor">[82]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_82" href="#FNanchor_82"><span class="label">[82]</span></a> Rabelais faisant allusion à cette manière de se
+procurer des forces pour la lutte amoureuse, dit
+<i>se frotter le cul au panicaut<a id="FNanchor_83" href="#Footnote_83" class="fnanchor">[83]</a> vrai moyen d’avoir au
+cul passion</i>.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">Une femme en mélancolie</div>
+<div class="verse">Par faute <i>d’occupation</i>,</div>
+<div class="verse">Frottez-moi lui le cul d’ortie,</div>
+<div class="verse">Elle aura <i>au cu passion</i>.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="attr"><i>Extrait du Ducatiana.</i></p>
+
+<p>Nous ne pouvons nous refuser au plaisir d’ajouter
+encore une preuve aux observations de Meibomius,
+en faisant part à nos lecteurs d’une anecdote, non-seulement
+étroitement liée au sujet que nous traitons,
+mais encore intéressante par la réputation de
+celui qui en est le héros. Il s’agit d’un chevalier romain,
+gouverneur d’Egypte, ami d’Auguste et de
+tous les beaux esprits de son temps ; d’un poëte charmant
+qui a servi de modèle aux <i>Barth…</i>, aux <i>Dorat</i>,
+aux <i>Parny</i>, aux <i>Chabanon</i>, enfin de <i>Cornelius Gallus</i>,
+l’ami de <i>Virgile, Horace, Tibulle</i> et <i>Catulle</i>,
+qui, comme ces derniers, a chanté l’amour, au milieu
+de ses extases, et qui, au rapport de Pline,
+mourut d’une douce mort, ou plutôt s’endormit
+pour toujours sur le sein de celle qui faisoit le bonheur
+de sa vie. M. de Lignac nous apprend que ce
+favori des Grâces ne devoit les transports et les faveurs
+enivrantes d’une jeune fille passionnée pour
+lui, qu’au fouet qu’elle recevoit fréquemment d’un
+père rigoureux qui, croyant la punir par ce châtiment,
+des fautes que lui faisoit commettre un tempéramment
+trop lascif, ne travailloit au contraire qu’à
+l’augmenter, et servoit ainsi, sans le savoir, les
+vues du voluptueux poëte.</p>
+
+<p>Ce trait m’en rappelle un autre dont j’ai été le
+témoin. Un écolier de rhétorique, et mon condisciple,
+menacé du fouet par le régent, trouva le
+moyen de s’y soustraire par cette réponse hardie et
+indécente. « Vous me rendriez un grand service,
+je n’osois vous le demander, mais vous devriez
+savoir qu’à mon âge on ne le craint plus. »</p>
+</div>
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_83" href="#FNanchor_83"><span class="label">[83]</span></a> <span class="i">Le <i>Panicaut</i> est une espèce de chardon qu’on appelle
+<i>à cent têtes</i>, en latin <i lang="la" xml:lang="la">eryngium</i>. Ses feuilles sont
+bonnes à manger, lorsqu’elles sont tendres et confites
+dans le sel. Elles sont aromatiques, et deviennent en
+croissant, épineuses et piquantes.</span></p>
+</div>
+<p>Voilà mon avis, mon cher Cassius ; mais,
+direz-vous, cet expédient honteux n’est mis
+en usage que par les libertins dont vous m’avez
+parlé, afin que remediant à l’extinction
+de leurs facultés, fruit de leurs excès de
+débauche, ils puissent les continuer, et se
+vautrer de plus belle dans la fange du crime.
+Je demande donc maintenant si cette fustigation
+ne devient pas un remède aussi innocent
+que quantité d’autres employés tous les
+jours, et si la conservation de l’espèce ne
+le rend pas non-seulement excusable, mais
+même nécessaire, lorsqu’il s’agit d’un homme
+qui, voulant savourer les voluptés d’une
+jouissance permise, et se reproduire dans
+un second lui-même, n’éprouveroit avec une
+épouse aimable et tendrement aimée, que le
+désespoir de l’impuissance, et dont tous les
+efforts seroient vains pour consommer le mariage,
+par la foiblesse et le défaut de chaleur
+des parties que nous avons détaillées ci-dessus,
+et qui seroit précisément le coursier dont
+parle Virgile, liv 3 de ses géorgiques.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">« Quand des ans ou des maux il sentira le poids,</div>
+<div class="verse">» Des travaux de l’amour dispense sa foiblesse ;</div>
+<div class="verse">» Vénus ainsi que Mars demande la jeunesse.</div>
+<div class="verse">» Pour son corps dévoré d’un impuissant désir,</div>
+<div class="verse">» L’hymen est un tourment et non pas un plaisir,</div>
+<div class="verse">» Vieux athlète, son feu dès l’abord se consume :</div>
+<div class="verse">» Tel le chaume s’éteint au moment qu’il s’allume.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="attr"><i>Trad. de l’abbé de Lille.</i></p>
+
+<p>De sorte qu’il ne pourroit, je ne dis pas
+s’acquitter totalement envers sa créancière,
+mais même payer la moitié de la dette. Pourquoi
+non, mon cher Cassius ? Je sais que
+vous n’êtes aucunement dans le cas de recourir
+à un remède de cette nature, et je
+suis prêt à l’affirmer par serment et sous peine
+de privation des plaisirs de l’amour pendant
+la cinquantaine. Je sais depuis long-temps,
+comme votre médecin, et je ne me trompe
+pas, que vous êtes pourvu des plus brillantes
+qualités pour remplir les devoirs d’époux ;
+les règles infaillibles de mon art, et la connaissance
+qu’il me donne de votre constitution
+physique, me permettent et me font
+même un devoir d’en juger. J’ai d’ailleurs
+pour garant de la vérité de mes conjectures,
+un témoin irrécusable et au-dessus de toute
+exception, qui depuis peu commence à se
+remuer dans les entrailles de votre douce et
+tendre moitié, et pour qui j’implore les faveurs
+de Lucine, au temps marqué pour son
+élargissement. Pour ce qui est de communiquer
+à d’autres le remède que je vous indique,
+s’il en est qui aient besoin du ministère
+d’un homme qui d’un bras vigoureux
+leur décharge sur le dos une ample provision
+de coups de verge, je ne le défends à personne,
+et ne leur envie pas ce plaisir. Non-seulement
+ceux qui habitent le temple des
+Muses, comme on le dit ordinairement des
+savans, doivent être inaccessibles à la jalousie,
+mais plus encore les médecins.</p>
+
+<p><i>L’envie</i>, dit Scribonius Largus, dans une
+lettre à C. Julius Callistus, <i>est un crime
+affreux qui déshonore les hommes, et doit être
+en horreur à tout l’univers, et principalement
+aux médecins ; car si leur ame n’étoit pas le
+séjour de l’humanité et de la tendre pitié, qui
+sont le premier devoir, la base et le but de leur
+profession, ils devroient être l’objet de la haine
+et du mépris des dieux et des hommes.</i></p>
+
+<p>C’est uniquement pour vous être agréable,
+ô l’ami de mon cœur, et satisfaire votre
+curiosité, que je me suis hasardé de traiter
+ce sujet et de vous dire mon avis, un peu
+librement à la vérité. Quel que soit son sort,
+tirez-en le meilleur parti possible, continuez-moi
+l’amitié dont vous m’honorez, pardonnez
+à ces plaisanteries innocentes, qui cependant
+conduisent à des réflexions importantes
+et sérieuses, et conservez précieusement
+une santé qui m’est aussi chère que la
+mienne. Adieu.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h2 class="nobreak">OBSERVATIONS<br>
+<i>Extraites d’une lettre de Thomas Bartholin à
+Henri Meibomius.</i></h2>
+
+
+<p>La traduction que nous avons entreprise
+du traité de Meibomius, étant principalement
+destinée aux savans, nous croyons
+qu’il est fort inutile de leur offrir en entier
+la lettre de Bartholin au fils de l’auteur ;
+nous nous contenterons d’en extraire toutes
+les réflexions qui peuvent ajouter à la singularité
+de l’ouvrage, et nous renverrons nos lecteurs
+à l’édition latine, où cette lettre a été
+insérée toute entière avec la réponse de Meibomius.</p>
+
+<p>Bartholin, après une énumération des ouvrages
+et un magnifique éloge des talens de
+Meibomius, dit que Paulin, son imprimeur,
+l’ayant prié d’ajouter quelques observations,
+le desir d’être utile au public et de faire cause
+commune avec ses amis Meibomius et Cassius,
+l’a engagé à rassembler quelques cordes
+et quelques brins (ce sont ses termes) pour
+augmenter les verges.</p>
+
+<p>Très-peu de personnes, dit-il, aiment la
+flagellation : les anodins étant en général
+plus du goût des malades que les caustiques ;
+mais telle est la condition humaine, qu’on
+ne peut pas toujours employer les topiques
+bénins.</p>
+
+<p>La flagellation est propre sur-tout à guérir
+ceux qui feignent d’être malades ; elle est
+utile dans l’épilepsie ; on l’employa souvent
+avec succès pour rendre l’activité aux
+esclaves qui se disoient malades pour ne
+point travailler. Il paroît qu’elle est propre
+aussi pour guérir les maladies de l’ame,
+comme celles du corps, puisqu’on a vu dans
+l’Italie une secte de flagellans qui s’assembloient
+pendant le carême pour expier leurs
+fautes par une copieuse discipline. Claudion,
+liv. 1, sur Eutrope, dit que cette coutume
+se pratiquoit aussi dans les fêtes de Cybèle.</p>
+
+<p>Les Syriens avoient des mercenaires qui
+pour une certaine rétribution, se chargeaient
+d’expier les fautes des autres, en se flagellant
+eux-mêmes, suivant le plus ou moins
+de bénéfice.</p>
+
+<p>On voit que Circé employoit une verge
+pour changer les compagnons d’Ulysse en
+pourceaux ; on peut conclure de-là que les
+mêmes verges qui rendent aux uns le bon
+sens, peuvent l’ôter aux autres.</p>
+
+<p>J’ai vu à Padoue des religieux employer
+la flagellation pour chasser le diable des
+corps qui en étoient possédés, possession
+qui, suivant les médecins, n’étoit autre chose
+qu’une épilepsie que l’on guérit aisément
+par la chaleur que communique la flagellation.
+St.-Marc, tourmenté par l’esprit malin,
+le mettoit à la raison à coups de poing.
+Haymond, évêque d’Halberstad, dit que les
+soufflets sont plus efficaces pour guérir les
+tentations du diable, que pour dissiper les
+douleurs de tête.</p>
+
+<p>Les Romains faisoient fouetter les esclaves
+qui avoient encouru le châtiment, comme
+le dit P. Brisson, liv 3, des antiquités du droit
+civil, chap. 9.</p>
+
+<p>La crainte de la douleur nous contient dans
+les bornes de la raison ; j’ai connu un homme
+de bonnes mœurs, mais sujet à de fréquens
+mouvemens de colère, que l’on rendoit plus
+doux qu’un agneau, en lui administrant une ample
+flagellation, quand les menaces n’avoient
+pu calmer sa fureur.</p>
+
+<p>Cœlius Aurelianus dit que la plante nommée
+Férule a la vertu de rendre l’équilibre des
+humeurs aux parties irritées ; et Dioscoride,
+liv. 5, chap. 19, dit que l’eau de la mer produit
+le même effet, étant par sa nature chaude
+et aride comme toutes les choses salées.</p>
+
+<p>Un marchand d’esclaves parvint à rendre
+en bien peu de temps le plus brillant embonpoint,
+à un enfant exténué par la faim,
+et cela, par le moyen d’une flagellation modérée
+qu’il lui donnoit tous les deux jours.</p>
+
+<p>Si le moyen de Cœlius paroît trop violent,
+on veut employer celui que propose Æginete,
+liv. 4, chap. 12, qui est d’appliquer sur
+le corps malade, la peau d’un agneau
+fraîchement dépouillé, et le battre ensuite
+de verges. — Les Syriens voluptueux avoient
+recours à ce moyen. Beroalde dit que la peau
+du blaireau est excellente pour guérir les
+plaies qui sont les suites de la flagellation et
+de la morsure des chiens. Quelques cruels que
+paroissent les arrêts de la médecine, il faut se
+souvenir, non de la douleur momentanée
+qu’ils procurent, mais de la guérison qu’ils
+doivent opérer, et ne jamais les commenter,
+ni les approfondir.</p>
+
+<p>Les barbiers de Rome avoient mis des fouets
+à leurs portes, entre autres instrumens qui
+composoient leurs enseignes, comme nous le
+prouve Martial. liv. 2. ch. 17. Ces fouets
+étoient faits de cordes de laine, et pour
+les rendre plus déchirans, on les hérissoit de
+nœuds et d’osselets de mouton, au rapport
+d’Apulée. Catulle, épig. 25 à Thallus menace
+de le punir de cette manière.</p>
+
+<p>Sénèque, épitre 90, dit que la torpeur des
+membres se guérit par la flagellation avec
+de l’ortie, et dont les coups sont si violens
+qu’un oie qui en seroit piqué, en mourroit.
+Columella dit que les fermiers de Rome ont
+coutume de déplumer les poules d’Afrique
+sur le ventre, et de les fouetter avec de
+l’ortie, pour les faire couver, en leur mettant
+dans le bec ou un bol, ou un os qui leur
+sert de bâillon, pour les empêcher de rendre
+la nourriture qu’elles ont prise. On sait qu’un
+soufflet ou un coup de poing bien appliqué
+sous la mâchoire inférieure, guérissent promptement
+un homme à qui un bâillement ou un
+rire immodéré ont causé une luxation et un
+relâchement dans les ressorts de la bouche.
+Chez les habitans de la Gaule Cis-Alpine,
+(aujourd’hui le Milanois) on comprimoit
+avec des cercles ou des lames d’étaim, le
+ventre d’une femme, pour en faire sortir le
+fœtus mort dans ses entrailles.</p>
+
+<p>J’ai remarqué que le fouet que l’on donne
+aux enfans pour les punir d’avoir uriné dans
+le lit, est le moyen le plus efficace de les
+en empêcher, quoique les parens ne fassent
+point d’attention aux effets physiques de ce
+remède.</p>
+
+<p>Meibomius a cité assez d’exemples qui prouvent
+combien la flagellation est utile dans l’impuissance,
+pour me dispenser de blesser encore
+les oreilles chastes, en les répétant ici ;
+mais il n’est pas inutile de dire que non-seulement
+ce remède est propre aux hommes,
+mais encore aux femmes pour les faire concevoir
+plus aisément. Aussi les Romaines
+s’offroient-elles nues aux prêtres qui célébroient
+les Lupercales, pour en être frappées.
+Ces prêtres se servoient tantôt de la main,
+tantôt de la tige de la férule. Les plus chastes
+se contentoient d’appliquer leurs coups sur la
+main, et on devine facilement que la superstition
+avoit moins de part à cette cure que
+la libre circulation du sang, qui, agité et divisé,
+remonte vers le cœur, se répand dans
+les artères avec plus d’abondance, et porte
+par-tout un feu pur et nouveau qui excite
+à l’amour, et dispose à la conception. Les
+Romains qui, en célébrant les Lupercales,
+couroient nuds par les rues, et frappoient
+toutes les femmes qui se trouvoient sur leur
+passage, se nommoient <i>Crépi</i>, du mot latin
+qui signifie <i>bruit</i>, parce que les verges avec
+lesquelles ils frappoient, étoient couvertes
+de cuir, selon Dempterus, liv. 3, chap. 2,
+ou de peaux de chien ou de bouc, qui étant
+sèches, augmentoient la douleur ou le bruit
+de l’opération. Plutarque attribue de bons
+effets à cette flagellation. Ovide, Juvénal
+et Prudence dans l’histoire des martyrs, se
+sont égayés sur l’usage considéré comme religieux,
+mais en effet utile comme médical ;
+le caractère connu des prêtres qui suivant
+leurs termes, frappoient les femmes avec
+d’autres verges que la férule, a donné lieu
+à bien des plaisanteries<a id="FNanchor_84" href="#Footnote_84" class="fnanchor">[84]</a>. Voyez Cardan,
+liv. 2, de son traité de l’utilité que l’on peut
+retirer de l’adversité.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_84" href="#FNanchor_84"><span class="label">[84]</span></a> Ce trait nous rappelle un quatrain placé dans
+l’église de St.-Hyacinthe, à Paris, et qui prouve
+la vertu des moines.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">« Femmes qui désirez de devenir enceinte,</div>
+<div class="verse">» Adressez cy vos vœux au grand Saint-Hyacinthe,</div>
+<div class="verse">» Et tout ce que pour vous le saint ne pourra faire,</div>
+<div class="verse">» Les moines de céans pourront y satisfaire. »</div>
+</div>
+
+</div></div>
+<p>Entr’autres nations où ces usages sont communs,
+on distingue les Perses et les Russes.
+Ceux-ci battent leurs femmes pour prouver
+leur amour. Jean Barclay, dans son <i lang="la" xml:lang="la">Icon
+animorum</i>, rapporte une anecdote qu’on ne
+sera pas fâché de trouver ici.</p>
+
+<p>Un homme de basse extraction quitta l’Allemagne
+et se retira en Moscovie. Si vous
+êtes tant soit peu curieux de le savoir, il
+se nommoit Jourdain. Le séjour lui ayant
+paru agréable, il résolut de s’y fixer, et il
+s’y maria. Passionnément amoureux de sa
+femme, il n’épargna rien pour l’en assurer,
+mais ses efforts furent inutiles ; elle souffroit
+intérieurement un chagrin qu’elle vouloit cacher,
+mais que la rougeur de ses yeux, ses
+soupirs et ses sanglots trahissaient à chaque
+instant. Son époux lui demandant la cause
+de cette tristesse et cherchant à deviner en
+quoi il avoit manqué au devoir de la tendresse,
+elle lui parla en ces termes, après
+s’être fait long-temps presser. « Pourquoi
+fais-tu si bien-semblant de m’aimer ? Crois-tu
+me tromper ? Crois-tu me cacher plus
+long-temps que je suis vile à tes yeux ? »
+et en même temps elle versoit un torrent
+de larmes. Jourdain étonné de ce langage,
+lui demanda en quoi il l’avoit offensée ;
+que peut-être il avait manqué en quelque
+chose, mais qu’il répareroit cette faute par
+plus de soins. Enfin, lui dit-elle, puisque tu
+fais semblant de l’ignorer, où sont donc les
+verges avec lesquelles tu m’as apprise à t’aimer ?
+Ne sais-tu pas que c’est chez nous l’unique
+moyen que doivent employer les hommes
+qui veulent nous persuader de leur amour ?
+Jourdain à ce discours fut long-temps dans
+une stupeur profonde, et eut toutes les peines
+du monde à s’empêcher de rire. Bientôt
+la première surprise passée, et sa femme
+persistant à lui parler sérieusement, il fut
+forcé de croire que ce traitement étoit indispensable.
+Mais comment se résoudre à
+battre une femme qu’on aime ? Il n’y avoit
+pourtant pas de milieu, il eût été haï ; il s’y
+résolut donc avec beaucoup de peine. Peu
+de jours après, il saisit un prétexte d’humeur
+de sa femme, et prenant un bâton,
+lui administra la correction la plus conjugale.
+Le remède fit merveille, et sa femme commença
+à le chérir de la meilleure foi du
+monde.</p>
+
+<p>Pierre d’Erlesunde, part. 5 de ses anecdotes
+moscovites, raconte le même fait et
+dit : que c’est pour cet usage que les maris
+aussi-tôt la noce, se munissent de verges,
+comme des divers ustensiles de ménage, et
+le motif de cette emplette n’est nullement
+le desir de corriger sa femme ; car une méchante
+femme, s’il y en a, ne se corrige ni
+par les menaces, ni par la colère, quand
+même on lui casseroit les dents à coups de
+pierre, pour me servir des termes de Simonide,
+dans Stobée.</p>
+
+<p>Je crois avec votre père Meibomius, (c’est
+Bartholin qui parle) que la flagellation excite
+et augmente la semence par la chaleur extrême
+qu’elle communique aux lombes et aux reins,
+et j’ai depuis long-temps démontré dans mes
+recherches sur l’anatomie, de quelle manière
+les fonctions des reins dépendent de
+la circulation du sang, systême appuyé depuis
+par Sennert, Olafius, Wormius et Meibomius.
+Ce qui fait que l’usage de se coucher
+sur le dos procure en dormant les pollutions
+involontaires, en donnant trop de chaleur
+aux lombes. Les frictions excitent l’érection,
+et plus d’un parisien a dû à cet
+usage, trop fréquent chez eux, la perte de la
+santé et de la vie.</p>
+
+<p>C’est sur les lombes qu’on applique les
+remèdes rafraîchissans, dans la gonorrhée.
+Actuarius, liv. 4, chap. 8, de sa méthode
+de médecine, applique sur les reins un emplâtre
+qui les fortifie, sans les échauffer aucunement.
+Oribase emploie une lame de plomb
+sur les lombes<a id="FNanchor_85" href="#Footnote_85" class="fnanchor">[85]</a>. La défense qu’il fait de
+trop rafraîchir les lombes, dans la crainte
+que les reins n’en souffrent aussi, prouve
+que ces deux parties sont très-distinctes, et
+que ce qui est utile à l’une est nuisible à
+l’autre.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_85" href="#FNanchor_85"><span class="label">[85]</span></a> Voyez son traité du régime que l’on garde dans
+toutes les saisons de l’année. <i>Bâle</i> 1528, édition d’Alban.
+Torinus.</p>
+</div>
+<p>De mon Tusculanum d’Hagestad, le 24 octobre
+1669.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h2 class="nobreak">EXTRAIT<br>
+<span class="small">DE LA REPONSE<br>
+DE</span> H. MEIBOMIUS, <span class="small">FILS,<br>
+A T. H. BARTHOLIN.</span></h2>
+
+
+<p>J’ai appris que vous vouliez faire réimprimer
+l’ouvrage de Jean Henri Meibomius,
+mon père, sur l’utilité de la Flagellation
+dans les plaisirs de l’amour, et sur les fonctions
+des lombes et des reins, et rien ne
+pouvoit m’être plus agréable. Cet ouvrage
+doit sa naissance à la gaîté d’une orgie, et
+il a été publié, à l’insu de mon père, à
+Leyde, par les soins du personnage illustre
+auquel il est dédié. Les hommes les plus signalés
+de l’Europe l’ont accueilli, et plusieurs
+écrivains lui ont donné des éloges.
+Comme on n’en avoit tiré qu’un très-petit
+nombre d’exemplaires pour être donnés à
+des amis, il devint rare, et l’objet des avides
+recherches des amateurs et des curieux, à
+cause de la singularité piquante de son titre. — J’étois
+fâché de ne pouvoir contenter
+tous ceux qui vouloient l’avoir, et ne voulois
+pourtant pas en faire une seconde édition,
+non-seulement parce que je n’étois pas
+toujours de l’avis de mon père, mais encore,
+parce que je ne voulois pas évoquer sur
+moi les traits de la censure, dans le moment
+où ma réputation commençoit à s’établir,
+en éditant un ouvrage plein d’images
+un peu libres. Je sus quelque temps après
+qu’il venoit de l’être, j’en fus ravi et regrettai
+de n’avoir pas été averti assez tôt, pour
+lui donner toute la pureté et l’élégance dont
+il étoit susceptible. Je me réjouis sincérement
+que vous ayez bien voulu donner vos soins
+à cet ouvrage et l’enrichir de vos observations,
+vous que l’Europe savante met au premier
+rang de ses littérateurs. Vous ne craignez
+pas que le sourcilleux Caton jette sur
+lui un regard farouche, en ridant ses lèvres.
+Mais enfin, nous n’écrivons pas pour
+les Vestales ni pour les Sabins, mais pour
+les médecins. Ce sujet mérite d’être approfondi,
+et je ne doute pas que vous n’ayez
+tiré le plus grand parti de tout ce qui pouvoit
+le rendre précieux et intéressant. Je
+vous envoie les notes manuscrites dont mon
+père avoit chargé les marges de son exemplaire.
+Je ne crains pas d’avouer qu’il y a
+dans cette lettre des passages qui se trouvent
+en contradiction avec les systêmes
+d’Harvey, et j’aime mieux convenir des erreurs
+de mon père, que de les défendre,
+sur-tout lorsqu’elle lui sont communes,
+non-seulement avec quelques savans, mais
+encore avec quelques siècles précédens.</p>
+
+<p>Les bons effets de la Flagellation pour
+guérir les Maniaques, attestés par Cœlius
+Aurelianus, Rhazès et autres, sont connus
+depuis un siècle en Angleterre, quoique les
+médecins ne s’en soient point souvenus,
+et je lis dans Bodin, liv. 5 de la république,
+que la folie dégénère souvent en fureur,
+et se guérit par la Flagellation.</p>
+
+<p>Meibomius répète ici ce que Bartholin a
+dit des Lupercales, et de leurs cérémonies
+ridicules et superstitieuses.</p>
+
+<p>Il dit que les somnambules peuvent être
+guéris de cette maladie par la Flagellation,
+et qu’il en a vu plusieurs expériences satisfaisantes.
+Il discute ce que son père a
+dit des effets de la Flagellation, pour exciter
+à l’amour, de l’influence des astres,
+de l’habitude, des parties sur lesquelles le
+remède doit être appliqué, d’après les autorités
+des écrivains sacrés et profanes, des
+historiens et des poëtes. Il répète ensuite
+tout ce qu’on a déja vu sur le physique
+des lombes et des reins, leurs fonctions et
+les travaux du sang dans cette partie. Il
+cite le coucher trop doux et l’usage de se
+coucher sur le dos, comme les causes ordinaires
+des pollutions nocturnes : l’équitation
+est encore un exercice qui dispose à
+l’amour, comme Aristote le démontre dans
+le Centon des problèmes qui ont paru sous
+son nom. (Section IV, problême 12.) Hyppocrate
+dit au contraire, qu’il est une des
+cause d’impuissance, et tous deux ont raison.
+Hyppocrate a entendu parler de l’usage
+des Scythes, d’être toujours à cheval, et
+en effet cet exercice continuel fatigue,
+épuise ; il endurcit les parties de la génération,
+et leur ôte cette précieuse sensibilité
+qui est le premier aiguillon de la volupté.
+Aristote, au contraire, n’a en vue
+que l’usage modéré propre à échauffer les
+lombes, mettre les humeurs en mouvement,
+et subtiliser le sang<a id="FNanchor_86" href="#Footnote_86" class="fnanchor">[86]</a>.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_86" href="#FNanchor_86"><span class="label">[86]</span></a> Je ne suis plus étonné de voir nos élégantes
+parisiennes parcourir légèrement à cheval les boulevards
+et le bois de Boulogne. Elles savent à merveille
+la théorie des jouissances, sans avoir lu
+Meibomius, elles savent par expérience que la fatigue
+du plaisir les délasse des fatigues du cheval.
+(<i>Note du trad.</i>)</p>
+</div>
+<p>Je ne crois pas nécessaire de pousser plus
+loin la discussion sur tout ce que mon père
+a dit à ce sujet. Il a compulsé avec trop
+de soin tout ce qui pouvoit completter son
+ouvrage. Math. Highmorus, liv. 1, part. 3,
+chap. 4 de son anatomie, l’a fait d’une manière
+lumineuse. Quelques auteurs essayeront
+peut-être d’expliquer les phénomènes
+de la nature, à l’aide de ses hypothèses,
+semblables à cet écrivain qui s’étoit persuadé
+que la semence est le chyle et non
+le sang, et que ce chyle épais, trop échauffé
+par la flagellation, se portait vers les parties
+génitales. On pourroit s’égarer encore
+davantage dans la région des commentaires
+sur le suc nerveux qu’ils croient être le
+premier agent du suc organique, mais mon
+intention n’est pas de les suivre dans le dédale
+des conjectures. Je pense avec Columella,
+que les hommes ont plutôt la manie
+de mettre en crédit les idées nouvelles et
+hasardées, que d’approfondir et d’appuyer
+celles qui sont reçues. Quant à moi, je
+crois avoir suffisamment prouvé tout ce que
+j’ai avancé sur la circulation et l’effervescence
+du sang dans les lombes, et je m’y tiendrai,
+si vous me donnez votre suffrage.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h2 class="nobreak i">E<span class="xsmall">XTRAITS</span> des articles de quelques auteurs
+cités dans cet ouvrage.</h2>
+
+
+<p id="aut-a">(A) Il y eut plusieurs <span class="sc">Asclépiades</span>. Un
+d’eux vivoit sous Trajan, et fut d’abord
+rhéteur, et ensuite médecin à Rome. Il
+mourut d’une chute, dans un âge très-avancé.
+Pline cite ses cinq remèdes : l’abstinence
+des viandes et du vin dans certaines
+occasions. Les frictions, la promenade
+et la voiture.</p>
+
+<p id="aut-b">(B) <i>Jérôme <span class="sc">Mercurialis</span></i>, mort à Forli, sa
+patrie, en 1596, à 66 ans, professeur de
+médecine à Padoue, à Bologne et à Pise.
+Ses compatriotes lui érigèrent une statue.
+Ami généreux, vivant avec éclat, et charitable
+envers les pauvres ; il n’en laissa
+pas moins 120,000 écus d’or à ses héritiers.
+Il étoit de belle taille, de bonne mine,
+d’une grande douceur et d’une piété exemplaire.
+Il a laissé des ouvrages pleins d’érudition.
+1<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">De arte Gymnasticâ</i>, 1602, <i>in</i>-4<sup>o</sup>.
+2<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">De morbis mulierum</i>, 1601, <i>in</i>-4<sup>o</sup>. 3<sup>o</sup>. <i>Des
+notes sur Hyppocrate et sur Pline l’ancien</i>.</p>
+
+<p id="aut-c">(C) <i>Thomas <span class="sc">Campanella</span></i>, dominicain calabrois,
+emprisonné 27 ans pour avoir montré
+plus d’esprit qu’un vieux professeur de
+son ordre. Il eut sept fois la question, pendant
+vingt-quatre heures de suite, et ne
+fut élargi qu’à la sollicitation du pape Urbain
+VIII. Il vint à Paris, protégé (en
+1624) par le cardinal de Richelieu, et y
+mourut en 1639, à 71 ans, pour avoir pris
+de l’antimoine. Nous avons de lui un ouvrage
+intitulé : <i lang="la" xml:lang="la">Atheismus triumphatus</i>, et
+plusieurs autres.</p>
+
+<p id="aut-d">(D) <i>Jean Pic</i>, prince de la <span class="sc">Mirandole</span> et
+<i>de la Concorde</i>, né en 1463, d’une famille
+illustre, fut dès sa plus tendre jeunesse,
+un prodige de mémoire et de science, et
+qui, dit-on, possédoit vingt-deux langues
+à l’âge de dix-huit ans. Ses ouvrages sont
+recueillis en un vol. <i>in-fol.</i> Bâle 1601.
+1<sup>o</sup>. <i>Des livres sur le commencement de La Genèse</i>.
+2<sup>o</sup>. <i>Un traité de la dignité de l’homme</i>.
+3<sup>o</sup>. <i>De l’être de l’univers</i>. 4<sup>o</sup>. <i>Règles de la
+vie chrétienne</i>. 5<sup>o</sup>. <i>Traité du royaume de J.
+C. et la vanité du monde</i>. 6<sup>o</sup>. <i>Trois livres
+sur le banquet de Platon</i>. 7<sup>o</sup>. <i>Une exposition
+de l’oraison dominicale</i>. 8<sup>o</sup>. <i>Un livre de
+lettres</i>. 9<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Disputationes adversùs astrologiam
+divinatricem</i>. Bologne 1495. <i>in-folio</i>, rare.</p>
+
+<p id="aut-e">(E) <i>Jean <span class="sc">Nevisan</span></i>, jurisconsulte Italien,
+natif d’Asti, mort en 1540, étudia le droit
+à Padoue, et l’enseigna à Turin. Son principal
+ouvrage est celui que cite ici <i>Meibomius</i>,
+<i lang="la" xml:lang="la">Sylæ nuptialis, lib. 6. in quibus matrimonii,
+dotium, filiationis, adulterii materia
+discutitur</i>. Lyon 1772, in-8. liv. curieux,
+qui souleva tout le beau sexe contre lui.</p>
+
+<p id="aut-f">(F) <i>Ludovicus Cœlius <span class="sc">Rhodoginus</span></i>, né à
+Rowigo, dans l’état de Venise, en 1450,
+savant dans le latin et le grec, professeur
+à Milan et ensuite à Padoue, où il mourut
+en 1525, à soixante-quinze ans ; son
+nom de famille étoit <i>Richeri</i> ; <i>Jules César
+Scaliger</i> fut son disciple, et les talens de
+l’élève justifient les éloges qu’il prodigua
+à son maître, en l’appellant le Varron de
+son temps. Rhodiginus fit un voyage en
+France, et Charles VIII le combla de bienfaits.
+Il fut enterré dans le couvent de St.-François,
+à Rowigo. Balthazar de Bonifaci,
+archidiacre de Trévigi, fit son éloge
+funèbre, qu’il termine par ce distique.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">A Duplici patriâ nactus cognomina bina,</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Cælius in cælis, hic Rhodiginus eris.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent">Son principal ouvrage est celui : <i>des Anciennes
+leçons</i>, en trente livres.</p>
+
+<p id="aut-g">(G) Tout le monde lettré connoît le fameux
+<i>André <span class="sc">Tiraqueau</span></i>, né à Fontenay-le-Comte,
+dont il fut lieutenant-civil, et mort
+en 1558, dans un âge très-avancé. Il fut
+conseiller au parlement de Paris, et rendit
+beaucoup de services à la France sous François
+I et Henri II. Juge intègre, et savant
+infatigable, ses occupations ne l’empêchèrent
+pas de donner au public un grand nombre
+d’excellens ouvrages. Il fit vingt enfans
+et vingt ouvrages. Il fut l’ami du fameux
+chancelier de l’hôpital. On lui fit
+cette épitaphe. <i lang="la" xml:lang="la">Hic jacet qui aquam bibendo,
+viginti liberos suscepit, viginti libros edidit. Si
+merum bibisset, totum orbem implesset.</i> Ainsi
+traduite par Desforges Maillard.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse i2">Ci gît le fameux <span class="sc">Tiraqueau</span>,</div>
+<div class="verse">Ce grand commentateur de loix et de coutumes,</div>
+<div class="verse i2">Qui ne but jamais que de l’eau,</div>
+<div class="verse i2">Eut vingt enfans, fit vingt volumes :</div>
+<div class="verse i2">On croit que cet homme divin,</div>
+<div class="verse i2">Dont la verve étoit si féconde,</div>
+<div class="verse">De ses productions auroit rempli le monde,</div>
+<div class="verse i1">Si, comme un autre, il avoit bu du vin.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent">[Voyez le journal historique de Verdun
+sur les matières du temps. Oct. 1752, p.
+284.].</p>
+
+<p id="aut-h">(H) <i>Othon <span class="sc">Brunfels</span></i>, fils d’un tonnelier
+de Mayence, ainsi nommé du bourg où
+il nâquit, se distingua dans les lettres, les
+langues savantes et la théologie et fut
+religieux à la chartreuse de Mayence. Il
+étoit valétudinaire, inquiet, mélancolique,
+inconstant et fâcheux avec ses amis. Il fut
+un des premiers qui suivirent Luther, sortit
+secrétement du monastère et se retira à
+Strasbourg, ensuite à Basle, où il fut reçu
+médecin en 1530. Revenu à Strasbourg,
+et de là envoyé à Berne, il y mourut six
+mois après, le 23 Octobre 1534, d’une maladie
+inconnue aux médecins, ayant la poitrine
+toute en feu, et la langue noire comme
+du charbon. Ses ouvrages sur la médecine,
+sont : 1<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Catalogus illustrium medicorum</i>.
+2<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Onomasticon medicinæ, etc.</i></p>
+
+<p id="aut-i">(I) <i>Fr. <span class="sc">Junctinus</span> ou <span class="sc">Giuntino</span></i>, mathématicien
+florentin, d’abord carme, ensuite
+apostat, est auteur des commentaires
+latins sur la sphère de <i>Sacro Bosco</i>, et
+mourut vers la fin du seizième siècle.
+Il vécut errant, inquiet et libertin, et fut
+accablé sous les ruines de sa bibliothèque.
+L’astrologie judiciaire sur laquelle il fit
+divers ouvrages, ne lui avoit pas annoncé
+ce genre de mort, dont il se seroit préservé.</p>
+
+<p id="aut-k">(K) <i>Marsilio <span class="sc">Cagnati</span></i> de Véronne, professeur
+de médecine à Rome, sous le pontificat
+de Clément VIII et Paul V. Il étudia
+à Padoue, sous Zabarella, et se fit une
+grande réputation dans les langues, les
+belles lettres, la philosophie et la médecine.
+C’étoit un homme très-mélancolique, sévère,
+parlant très-peu, mais avec beaucoup
+d’éloquence et de facilité. Nous avons
+de lui : <i lang="la" xml:lang="la">De Sanitate tuendâ libri 2. opuscula
+varia</i> ; <i lang="la" xml:lang="la">varia Lectiones, etc.</i></p>
+
+<p id="aut-l">(L) <span class="sc">Origène</span>, surnommé <span class="sc">Adamantius</span>, à
+cause de son assiduité au travail, nâquit
+à Alexandrie, l’an 185 de J. C. Tout le
+monde connoît cet homme étonnant pour
+le savoir, le courage dans les persécutions,
+la grande piété et les nombreux ouvrages
+qu’il a laissés. Léonide son père
+avoit tant de vénération pour lui qu’il
+alloit lui baiser la poitrine pendant qu’il
+dormoit. Origène à 18 ans fut chargé d’instruire
+les fidèles d’Alexandrie. Les femmes
+fréquentant son école, il crut fermer la
+bouche à la calomnie, en se faisant lui-même
+l’opération douloureuse, qui le privoit
+des organes de la génération, s’imaginant
+être autorisé à cette cruauté par un
+passage de l’écriture : mais ce fut précisément
+ce qui lui ferma tous les chemins aux
+dignités ecclésiastiques.</p>
+
+<p>Voyez <i>Bayle</i>. <i>Lucien</i>, tom. 3, et le traité
+des Eunuques de M. <i>Charles Ancillon</i>, première
+partie, chap. 5, art. <i>Vallesiens</i>.</p>
+
+<p id="aut-m">(M) <span class="sc">Isidore</span> (Saint) de Séville, fils d’un
+gouverneur de Carthagène, élevé par Léandre
+son frère, évêque de Séville. Il fit entre
+autres ouvrages vingt livres d’<i>Origines</i> ou
+<i>Etymologies</i>. Il succéda à son frère en 601,
+et mourut en saint en 636, également regretté
+des savans, des pauvres et de toute
+l’Espagne dont il étoit l’oracle. Le concile
+de Tolède, de 653, l’appelle le <i>docteur de
+son siècle et le nouvel ornement de l’église</i>. La
+meilleure édition de ses ouvrages est celle
+de Dom Dubreuil, bénédictin. <i>Paris</i> 1601,
+et <i>Cologne</i> 1613, <i>in-folio</i>.</p>
+
+<p id="aut-n">(N) <span class="sc">Aetius</span> ou <span class="sc">Aece</span>, médecin d’Amide,
+ville de Mésopotamie, sur le Tibre, étudia
+à Alexandrie, sur la fin du quatorzième siécle.
+Il fut le premier médecin chrétien qui
+laissa des écrits sur la médecine. Il suivit
+la méthode des Egyptiens, excella dans la
+chirurgie et les maladies des yeux. L’ouvrage
+dont il est question, qui a pour titre : <i>Tetrabiblos</i>
+est en seize livres. Les huit premiers
+sont imprimés en grec, chez <i>Alde</i> ;
+<i>Venise</i>, 1534, <i>in-fol.</i> Et les huit dernier,
+M. SS. dans la bibliothèque de l’empereur,
+à Vienne. C’est une compilation, mais
+pleine de choses qu’on chercheroit vainement
+ailleurs. Elle a été traduite en latin
+par <i>Janus Cornarus</i>, et imprimée à Bâle,
+chez <i>Forben</i> 1542, sous ce titre : <i lang="la" xml:lang="la">Contracta
+ex veteribus medicina</i> : etc.</p>
+
+<p id="aut-o">(O) <i>Nicolas <span class="sc">Perrot</span></i>, né à Sasso-Ferrato,
+d’une famille illustre, mais pauvre. Il fut
+conclaviste du Cardinal Bessarion, après la
+mort du Pape Paul III, Gouverneur de Pérouse,
+ensuite de l’Ombrie, et archevêque
+de Siponto en 1458, et mourut en 1480 à
+Fugicura, sa maison de plaisance, auprès
+de sa patrie. Ses ouvrages sont : 1<sup>o</sup>. Traduction
+des cinq premiers livres de <i>Polybe</i>.
+2<sup>o</sup>. <i>Traité sur le serment d’Hyppocrate</i>. 3<sup>o</sup>. <i>Du
+Manuel d’Epictète</i>. 4<sup>o</sup>. Du Commentaire
+<i>de Simplicius</i>, sur la physique d’Aristote.
+5<sup>o</sup>. Des Harangues. 6<sup>o</sup>. Des Lettres. 7<sup>o</sup>. Des
+Poésies Italiennes. 8<sup>o</sup>. Des Commentaires
+sur le <i>Stace</i>. 9<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">De generibus Metrorum</i>.
+10<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">De Horatii Flacci ac Severini metris</i>.
+11<sup>o</sup>. <span lang="la" xml:lang="la"><i>Cornucopia</i>, seu latinæ linguæ commentarius</span>
+(sur Martial.) 1513 <i>in-fol.</i>
+12<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Rudimenta Grammatices</i>. Rome 1475,
+<i>in-fol.</i> Cette dernière édition est très-rare.</p>
+
+<p id="aut-p">(P) <i>Quintus-Septimius-Florens <span class="sc">Tertullianus</span></i>,
+prêtre de Carthage, et fils d’un centenier
+dans la milice, sous le Proconsul d’Afrique,
+mourut vers l’an 216, sous le règne
+d’<i>Antonin Caracalla</i>. Il se fit chrétien, et
+fut le plus éloquent défenseur du christianisme,
+avant qu’il eût embrassé le <i>Montanisme</i>.
+La meilleure édit. des ouvrages de
+ce père illustre de l’Eglise est celle de Venise,
+en 1746. Vassoult a donné en 1714 et
+1715, une belle traduction de son Apologie
+pour les Chrétiens, avec des notes. <i>Thomas</i>,
+seigneur <i>du Fossé</i>, sous le nom de la
+<i>Motte</i>, a donné une excellente vie de Tertullien
+et d’Origène.</p>
+
+<p id="aut-q">(Q) <i>Nicolas <span class="sc">de Lyre</span></i>, ainsi nommé du lieu
+de sa naissance, petite ville de Normandie,
+entre Séez et Evreux. Il étoit né Juif, et
+étudia sous les Rabbins, mais il se convertit
+et prit l’habit des Frères Mineurs,
+en 1292. Cet auteur possédoit très-bien la
+langue hébraïque. La Reine Jeanne, Comtesse
+de Bourgogne, et femme de Philippe V,
+dit le <i>Long</i>, le nomma un des exécuteurs
+de son testament, en 1325. Il mourut Provincial
+de son ordre, à Paris en 1340. Nous
+avons de lui entr’autres ouvrages : <i>des Postilles</i>,
+ou <i>petits commentaires sur la Bible</i>.
+<i>Lyon</i>, 1596.</p>
+
+<p id="aut-r">(R) <span class="sc">Avicenne</span>, Philosophe et Médecin
+Arabe, de Bochara en Perse, né l’an 370,
+de l’Egire, Médecin et Visir du Sultan Cabous,
+et mort de ses débauches, l’an 428,
+à 56 ans. Cet homme avec une mémoire
+prodigieuse, et sachant l’alcoran par cœur
+et les livres de Métaphysique d’Aristote, les
+lut quarante fois sans y rien entendre. Ses
+ouvrages ont été imprimés à Rome, en
+arabe, par les soins de Sixte IV, en 1489,
+et traduits en latin par Gérard de Crémone,
+André Alpagus et autres. 1<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Canonum Medicinæ,
+lib. 4</i>. 2<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">De Medicinis Cordialibus</i>.
+3<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Cantica</i>. 4<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Opera philosophica, etc.</i></p>
+
+<p id="aut-s">(S) <i>Fulgentius <span class="sc">Placiades</span></i>, Evêque de Carthage
+dans le sixième siècle, auteur de trois
+livres de Mythologie, imprimés par les
+soins de Jacques Comelin, en 1599, avec
+<i>Hyginus</i>, <i>Julius Firmicus Maternus</i> et <i>Alberic</i>.
+La première édit. est celle d’Ausbourg
+1517, avec des notes de Jacques Locher.
+On lui attribue encore un livre de
+l’allégorie de Virgile, adressé à Chalcide
+le Grammairien.</p>
+
+<p id="aut-t">(T) <span class="sc">Nemesius</span>, Philosophe Chrétien, natif
+et Evêque d’Emese en Phénicie, sur la
+fin du quatrième siècle. Nous avons de lui
+un livre <i>De la nature de l’homme</i>, qui se
+trouve grec et latin dans la bibliothèque des
+Pères, et où il soutient la préexistence des
+ames. Ses mœurs honorèrent la Philosophie
+et la Religion.</p>
+
+<p id="aut-u">(U) <span class="sc">Sennert</span> (Daniel) fils d’un Cordonnier
+de Breslaw, né en 1572, devint Docteur
+et Professeur en médecine à Wirtemberg,
+et mourut de la peste en 1637, à
+soixante-cinq ans. Ses ouvrages furent imprimés
+à Venise en 1640, 3 vol. <i>in-fol.</i> et
+plusieurs fois depuis. Ils forment une bibliothèque
+complette de médecine, et valent
+beaucoup mieux que plusieurs de nos
+modernes écrits. Sa passion pour la Chymie,
+sa liberté à refuter les anciens, et la
+singularité de ses opinions lui firent beaucoup
+d’ennemis. Il suivit la méthode de Galien.
+André Sennert, son fils, mort à Wirtemberg
+en 1689, à quatre-vingt-quatre ans,
+y enseigna pendant cinquante-un ans les
+langues orientales, et soutint par plusieurs
+gros livres, la réputation de son père.</p>
+
+<p id="aut-v">(V) <span class="sc">Oribase</span> de Pergame, disciple de Zénon
+de Chypre, et médecin de <i>Julien l’Apostat</i>,
+qui le fit Questeur à Constantinople. Exilé
+sous les Empereurs suivans, il se fit estimer
+des barbares même, par sa vertu. Rappellé
+par la suite, il mourut au commencement
+du cinquième siècle. Le plus estimé de ses
+divers ouvrages, imprimés à Bâle, en 1557,
+3 vol. <i>in-folio</i>, est son livre <i>des Collections</i>,
+entrepris à la prière de Julien, et puisé dans
+Galien et autres. Il ne nous reste que dix-sept
+livres de cet ouvrage, qui en avoit
+soixante-douze.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h2 class="nobreak" lang="la" xml:lang="la">J. H. MEIBOMII,<br>
+<span class="small">DE</span><br>
+<span class="large">FLAGRORUM USU</span><br>
+<span class="small">IN RE MEDICA ET VENEREA,</span><br>
+<span class="xsmall">ET LUMBORUM RENUMQUE OFFICIO.</span></h2>
+
+<p class="c" lang="la" xml:lang="la">EDENTE<br>
+CLAUDIO MERCIER, COMPENDIENSI.</p>
+
+<p class="c" lang="la" xml:lang="la">Editio quarta castigatissima.</p>
+
+
+<p class="c gap" lang="la" xml:lang="la"><span class="large">PARISIIS</span>,<br>
+SUMPTIBUS CLAUDII MERCIER.</p>
+
+<p class="c">1795.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h2 class="nobreak">AVIS DE L’ÉDITEUR</h2>
+
+
+<p>Nous ne connoissons que quatre éditions
+de cet ouvrage.</p>
+
+<p>La première de 1639, in-12, très-fautive.</p>
+
+<p>La deuxième de 1643, ayant au titre : <i lang="la" xml:lang="la">in
+re veneriâ</i> seulement. <i><span lang="la" xml:lang="la">Lugd. Batav. ex officinâ
+Elzevirianâ Academ. Jur. typog.</span> in-4<sup>o</sup>. de 48
+pages.</i></p>
+
+<p>La troisième, datée <i lang="la" xml:lang="la">Londini</i>, 1665, in-32,
+n’est autre chose qu’une contrefaçon faite
+à Paris en 1757, et à laquelle on a ajouté
+le titre ci-dessus. Elle est pleine d’erreurs
+et d’omissions.</p>
+
+<p>La quatrième, <span lang="la" xml:lang="la">Thomæ Bartholini, Joan.
+Henrici Meibomii Patris, Henrici Meibomii
+filii, de usu Flagrorum in re medica et venerea
+lumborum que officio. Accedunt de
+eodem renum officio Joachimi Olhafii et
+Olaï Wormii dissertatiunculæ, Francofurti,
+ex Bibliopolio Hafniensi. Danielis Pauli Bibl.
+reg.</span> 1669, in-12. — Cette dernière étant la
+plus étendue et la plus exacte, nous a beaucoup
+servi dans notre travail, et nous croyons
+pouvoir assurer que la nôtre ne laissera plus
+rien à desirer.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h2 class="nobreak" lang="la" xml:lang="la">THOM. BARTHOLINI<a id="FNanchor_87" href="#Footnote_87" class="fnanchor">[87]</a>,<br>
+DE<br>
+FLAGRORUM USU MEDICO,<br>
+AD VIRUM CLARISSIMUM<br>
+HENRICUM MEIBOMIUM<br>
+EPISTOLA.</h2>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_87" href="#FNanchor_87"><span class="label">[87]</span></a> Thomas Bartholin, médecin et littérateur,
+très-savant, mais très-superstitieux, natif de Malmoë,
+mort en 1650, à 64 ans, a fait des découvertes
+sur les veines lactées et sur les vaisseaux
+limphatiques. Il est l’auteur des ouvrages suivans :
+1<sup>o</sup>, <i>sur l’usage de la neige</i>, 1661. 2<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">de Morbis Biblicis.
+Francf.</i> 1672. 3<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Paralytici novi testamenti.
+Copenh.</i> 1653, <i>in</i>-8<sup>o</sup>. 4<sup>o</sup>, <i lang="la" xml:lang="la">Dissertatio de Passione
+Christi, Amst.</i> 1670. 5<sup>o</sup>. <i lang="la" xml:lang="la">Epistolæ medicinales et de
+Insolitis partus viis</i>, la Haye, 1740, 5 vol. <i>in</i>-8<sup>o</sup>.</p>
+
+<p>6<sup>o</sup>. Celui dont il est ici question : <i lang="la" xml:lang="la">de usu Flagrorum,
+etc.</i> 1670. <i>in</i>-12.</p>
+
+<p>7<sup>o</sup>. Et enfin un journal intitulé : <i lang="la" xml:lang="la">Acta hafniensia</i>.</p>
+</div>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Inter præcipua sœculi ornamenta numerari
+meretur parens tuus Joan. Henr. Meibomius,
+sed per te fama ejus crescit, quia paternæ
+virtutis hæres ex asse et successor, nominis
+celebritatem editis scriptis promovere pergis.
+Varia is eruditione artem divinam quam
+principe curâ exercebat semper exornavit,
+nec tibi minor cura est medici eruditi famam
+cum parente aucupari. Edita parentis monumenta,
+de jure jurando Hyppocratis et de
+vita Mæcenatis, testantur quantus fuerit pater.
+Tu posteritati plenam fidem facies quantus
+sis filius, dum delitescentes apud te parentis
+lucubrationes, cedro dignas, publico
+exponis tuo auctas ingenio. In tantâ autem
+doctrinæ amplitudine, inter seriora alia negotia,
+se quoque ad minima demittens Parens,
+in gratiam viri clarissimi Christiani
+Cassii, cujus grata nobis est memoria, Flagrorum
+usum medicum ex antiquitate brevi
+dissertatione exposuit. Quam cum typis suis
+recudere gestiret bibliopola noster, argumenti
+raritate motus, à me augmentum petiit.
+Rimisi hominem ad te, authoris filium,
+magna cum laude medicinam in academiâ
+Juliâ docentem, et parentis exemplo in omni
+litteratura et antiquitate versatissimum, cui
+propius paterni scripti gloria tangit : nec
+enim vel tantillum ornamenti à me expectari
+posse tanti viri libello, qui propriis radiis
+per orbem universum clarissimè cum
+authore splendescit. Quamquam verò paterno
+honori augendo non defueris, multis
+que accessionibus auctam dissertationem cum
+eruditâ epistolâ remiseris, rogare tamen non
+destitit Paullinus noster, honesti lucri desiderio,
+ut observationes nonnullas adderem,
+quas mihi in promptu semper esse credit.
+Ne vel spem ejus officium amici desererem,
+quo Meibomiis Cassiisque obstrictum
+me scio, quia etiam, ut publico prosimus.</p>
+
+<p class="c" lang="la" xml:lang="la"><i>Communis ista pluribus causa est Deis.</i></p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Lacinias quasdam collegi, vel funiculos,
+pro Flagrorum vestrorum incremento, inter
+alias occupationes, quibus jam occupatum
+me amici non nesciunt, parentis tui, tuoque
+honori dedicatos. Flagrorum usum pauci
+ante vos recoluerunt. Paucissimi certè amant,
+quia blanda potiùs ægros nostros afficiunt et
+dulcia, ad severam medicinam horrentes,
+cum tamen ea sit malorum inter mortales
+conditio, ut blandè semper tractari non possint,
+etiam ubi maximè velis blandiri. Vincula
+hyppocratica subindè accersenda et duriores
+manus contumacibus morbis applicandæ.
+Verbera Flagrorum eos maximè curant,
+qui morbum simulant. Sæpissimè epilepsiam
+mentientes hoc remedio aspero, sed
+salutari convaluerunt, sanatique antequam
+ægrotarent, profuit ad prophylaxin, ne posteà
+hominibus simulato morbo imponerent.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Novi quoque pigros servos, morbum nescio
+quem fingentes, flagris ad officium rediisse.
+Ad veros morbos expiandos conferre
+plurimùm, tantò minus dubitare possumus
+quod animæ morbis flagella prosint. Hinc flagellantium
+ordinem tempore quadragesimali
+in Italiâ videas, vulneribus altis dorso inflictis
+præteritæ vitæ conscientiam expiare
+et velut in Cybeles sacris, apud Claudianum,
+lib 1, in Eutrop.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la"><b>. . . . .</b> Pectusque illidere pinu,</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Inguinis et reliquum Phrygiis abscindere cultris.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Tales fuerunt apud paganos Syriaci Flagratores,
+qui justas pœnas facinoris alicujus
+ipsi vel pro se, vel pro aliis, mercede conducti,
+de suis manibus flagro contorto exposcebant,
+quos describit Apuleius, lib. 8, metamorphos.
+Dispar Circe virgâ mentem humanam
+sociorum Ulyssis in belluina corpora,
+imprimis porcina transformabat, de quâ Homerus
+Odiss. X. Magica hæc quidem sunt,
+morali, tamen sensu monstrant, verberibus
+quosdam ad sanum sensum redire, alios ad
+belluinum. Metamorphosis certa est, sed
+forma differens, quanquam nec curiosâ arte
+nec hæc fiat, nec illa. Vidi flagris castigatos
+Patavii à Religiosis, qui à malo spiritu obsessi
+credebantur, quos tamen reverâ fuisse epilepticos,
+propter signorum similitudinem,
+recte medici dictitant, quibus flagra, excitato
+in corpore calore, nocere non possunt.
+Ipsum se lapidibus concidit spiritu immundo
+obsessus Marc. V, v. 5 et pugnis se contundi
+queritur divus Paulus 2, Cor. 12, v. 7.
+Seu digitorum condylis, quomodo <i>Colaphon</i>
+ex Varino exponit Matth. Martin. in etymologico.
+Quanquam de colapho hoc notet Haymon
+Episcopus Halbertadensis, de ardore libidinis
+per diabolum accenso potius exponendum,
+quam de dolore capitis. Ad morborum
+curationem flagra adhibita olim fuisse, variis
+veterum autoritatibus ostendit Meibomius.
+Idque quando modicæ medicinæ locus non
+fuit. Flagris enim cœdi in atroci coërcitione
+gravissimaque et servili injuria consistebat
+apud Romanos, cum liberi tantum pœnæ lenitatis
+argumento, fustibus castigarentur, sicut
+fusè ex jure explicat B. Brissonius lib. 3,
+Antiq. Jur. civil. cap. 9.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">De furoris seu insaniæ curatione elegans est
+locus Cœlii Aureliani, lib. 1 tardar. passionum,
+cap. 5 obiter à magno Meibomio patre
+notatus, in quo placet nonnihil immorari, ut
+fortior ex morâ sit furoris medicina, quanquam
+ex aliorum, non suâ sententiâ loquatur
+Cœlius, imprimis Titi Asclepiades discipuli,
+cujus vitam ex opere diù desiderato de vitis
+medicorum, quod ex schedis paternis promisisti,
+expectamus. Verba Cœlii sunt. « Flagellis
+alii aiunt coërcendos, ut quasi judicio
+mentis pulso resipiant, cum magis, tumentia
+cœde lacessendo, faciant asperiora, et adveniente
+lenimento passionis, cum sensum
+recipiunt, plagarum dolore vexentur. » Ita
+Rovilli editio habet quâ utor. Meibomii vero
+patris ita legit ut sinistro mentis judicio depulso
+resipiscerent. Irridet istam curandi rationem
+methodicus Cœlius, partim quod asperiora
+reddantur tumentia loca verberibus et
+flagrorum plagis, quasi cœde aliquâ etiam post
+curationem dolore remanente, partim quod
+locum affectum non respiciat ; inquit enim :
+« si, ut ratio poscit, vicinis magis ac patientibus
+locis adjutoria sunt adhibenda, coguntur
+ut ori vel capiti plagas imponant. » At caput
+affectum plagis exacerbatur quod minimis offensis
+externis cœditur. De nihilo tamen non
+est Titi medicina, quanquam crudelior. Non
+calorem excitatum metuit, quia sine febre
+furor est, et sine parvo pulsu quo discrimine
+à phreneticis separatur. Timor doloris intra
+rationis terminos continet. Ita novi virum honestum
+non raro furentem ab alio fortiori minis
+verberibusque coactum ut agno fieret pacatior.
+Alia ratio est resolutarum partium, quæ
+plagis affectæ excitantur, dolore silicet et calore
+provocato ; ubi tamen Themisoni non
+concedit Cœlius idem Aurelianus lib. 2 tard.
+pass. cap. 1 plagis ferulæ cœdi partes in passione
+constitutas, quia salsæ aquæ potiùs mitigatione
+atque recorporatione videntur curandæ.
+Sed pace methodici, sicut pro ferula
+salsæ aquæ substitui recte possunt, ita utrumque
+remedii genus sensum excitat ob acrimoniam
+et ad utrumque sequitur recorporatio.
+Quidquid fœrula præstat, efficit et aqua marina,
+quæ Dioscoridi lib. 5 cap. 19, calida
+est et acris. Et Celso nostro lib. 2 cap. 22.
+Omnia salsa acria sunt. Undè emplastrum
+<small>DI ALON</small> Scribon. comp. 127, ulcera vetera
+et callosa renovat. Mitigatione torpent magis
+resolutæ partes quam reviviscunt fricandæ
+fortiter seu flagris seu acribus stimulis, ut
+resurgant. Modus tamen est hic adhibendus,
+quem prœscribit Galenus lib. 14 method.
+med. c. 16. « ferulas parvas ac leves modicè
+illitas gracilibus partibus incutiunt, donec
+modicè attollantur. Ad hunc modum mango
+quidam proximè nates pueri fame consumptas
+breviter auxit, percussu mediocri quotidiè
+usus, aut saltem alternis diebus. Si plagarum
+vexatione terreatur Cœlius, in promptu sunt
+remedia apud Æginetam lib. 4 rei med.
+cap. 12. Pellis nimirùm ovilla recens detracta
+calida adhuc, flagris cœsis circumdata, præter
+alia ibidem et cap. 14 et apud Aëtium Tetr. 4.
+s. 2. cap. 65. Galen. lib. 11. S. M. F. Avicennam
+lib. 4. Fen. 4. Tr. 2. cap. 7. signata.
+Contrà plagarum dolores præsumptione se
+muniebant Syriaci effeminati, ut narrat Apuleïus
+lib. 2. spiritus cohibitionem suspicatur
+fuisse. Beroaldus, salutare homini contrà
+plagas præcidium quod ex Plinio probat, inventum
+animalis cui nomen est Meles ; si quidem
+in metu sufflatâ cute distentæ meles ictus
+hominum et morsus canum arcent. Medicina
+hæc per flagra quanquam durior videatur, ab
+eâ tamen medicus abstinere non debet, si
+salutari effectu nobiletur. Eleganter in hanc
+rem B. Augustinus ep. 50. molestus est et
+medicus furenti frenetico et pater indisciplinato
+filio ille ligando, iste cœdendo sed ambo
+diligendo. Si autem illos negligant et perire
+permittant, ista potiùs mansuetudo falsa crudelis
+est. Socrates apud Platonem in Georgiâ
+negat medicum permittere ut ægrotans
+appetitus suos impleat, aut cibis multis suavissimisque
+utatur. Est quippè, ut contrà
+Gnosticos Tertulianus loquitur, planè quasi
+sœvitia medicina de scalpello, de cauterio,
+de sinapis incendio, (addo de flagello) non
+tamen secari, inuri et extendi morderique
+idcirco malum, quia dolores utiles adfert,
+nec quia tantummodo contristat, recusabitur,
+sed quia necessario contristat, abhibebitur.
+Horrorem operis fructus excusat. Res enim
+bonæ atquæ malæ, non dolore et voluptate,
+sed utilitate et noxâ sunt judicandæ. Omnia
+igitur in medico imperante ferri debent ex
+antiquâ formulâ : I lictor (vel serve) collige
+manus, verberato, caput obnubito ; sed cætera
+ignorante, arbori infelici suspendito.
+Hæc causa est quod inter tonsorum instrumenta
+olim flagra sint recensita, indicio Martialis,
+lib 2. ep. 17.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse i" lang="la" xml:lang="la">Tonstrix suburæ faucibus sedet primis,</div>
+<div class="verse i" lang="la" xml:lang="la">Cruenta pendent quà <i>Flagella</i> tortorum.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Et ut doloris sensus augeretur, ex lanâ consortâ
+multis nodis durioribus exasperabantur
+flagra et ut vestigia sui in cute relinquerentur
+velut aculeis, ossibus animalium, Apuleio
+multijugis talis ovium. Ut mirum non sit quod
+quasi inusta dicantur Catullo Ep. 25, ad Thallum,
+cui ob fortum minatur flagella lateri manibusque,</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse i" lang="la" xml:lang="la">Ne laneum latusculum, manusque mollicellas</div>
+<div class="verse i" lang="la" xml:lang="la"><i>Inusta</i> turpiter tibi <i>Flagella</i> conscribillent.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Sed de his antiquarii, circumspiciant. Vix
+mitiores manus alibi medicus affert. Tunc
+incipit medicina proficere, ut verè Seneca
+epist. 90, ubi in corpore alienato dolorem
+tactus expressit. Urticis Flagrorum vice utitur
+in membrorum torpore, quarum tanta vis, ut
+teneros anserculos enecent si pupugerint,
+teste Columella lib. 8. R. R. cap. 14. Nostri
+villici deplumata Gallinarum africanarum pectora
+urticis verberant, ut libentius incubent.
+Impeditâ deglutitione à bolo faucibus inhærente,
+vel ossiculo gulæ impacto, tergum
+pugnis fatigamus, excussuri quasi armatâ manu
+inimicum bolum. Si oscitatione vel risu immodico
+luxetur os maxillæ inferioris, alapâ
+forti manu inflictâ in locum recurit, quod non
+semel risum astantibus movit. Fortiter compresso
+ventre, orbiculisque ligneis, vel stanneis
+percusso, fœtus mortuus ex angustiis matris
+extruditur apud Insubres, quemadmodum
+cent. 6. hist. 83. docuimus. Virgis pueros adultiores
+que lotium de nocte continere assuevisse
+observavi. In re venereâ quantum flagra
+valeant, exemplis quibusdam demonstrat
+laudatus Meibomius pater, quæ repetere
+opus non est, ne verecundæ aures iteratâ
+lectione offendantur, quanquam non ignoratus
+fuerit Venetiis quidam, qui solis verberibus
+pugno Amasiæ ad negotia Veneris sollicitabatur
+expediunda, quemadmodùm olim
+cupido apud Anacreontem, carm. in amor.
+Hyacinthino bacillo adigebat ad sequendum.
+Notandum ad argumenti hujus illustrationem,
+non viros tantum flagris excitari ad illicitas
+voluptates et intempestivas, sed et fœminas
+flagellis incitari et incalescere, ut facilius concipiant.
+Notum id fuit Romanis mulieribus,
+quæ Lupercis se offerebant flagellandas, ut
+conciperent. Autor hujus ritus est Juvenalis,
+sat. 2.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">… Steriles moriuntur et illis</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Turgida non prodest conditâ pyxide lyde,</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Nec prodest agili palmas præbere Luperco.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Ubi vetus scholiastes : steriles mulieres februantibus
+lupercis se ofFerebant, et ferulâ
+verberabantur, hoc homine qui infra tectum
+multi seminis credit contractus ob fœcunditatem
+dandam : palmas ideò dicit, quia aut
+Catomus lætabantur, aut quia manibus vapulant
+cunei per civitatem ; tunc et in solio,
+si quis post ipsum descenderit, statim concipit.
+Cur verò palmæ verberatæ ad fœcunditatem
+Romanas mulieres acceleraverint,
+sine superstitione, facilis ex circulatione ratio
+petitur. Incalescens enim plagis sanguis in
+manu recurrit ad cor, exindèque ad uterum
+per arterias, qui calefactus citius, ad libidinem
+incitatur, disponiturque ad conceptionem.
+De ferulâ ipsâ, quâ in lupercalibus utebantur,
+ita Festus Pompeius, lib. 3, <i>Crepos</i>
+Romani Lupercos dicebant, à crepitu pellicularum,
+quem faciunt verberantes : mos
+enim Romanis in lupercalibus nudos discurrere
+et pellibus obvias quasque fœminas ferire.
+Ferulæ hæ pelle et corio tectæ, suspicante
+Dempstero ad lib. 3. Rosin. cap. 2,
+idque vel canis, vel hirci, ad sonum edendum,
+vel dolorem augendum. Plutarchus
+verberationem illam purgationem esse asserit,
+quæst. Rom. 67. Apud Ovidium legisse
+me memini :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Excipe fœcundæ patienter verbera dextræ,</div>
+<div class="verse i1" lang="la" xml:lang="la">Jam sacer optati nomen habebit avi.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Irridet quidem hæc verbera Juvenalis, sat. 2,
+et ut ludicram rem perstringit Prudentius in
+romano martyre.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Quid illa turpis pompa ? nempe ignobiles</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Vos esse monstrat, cum Luperci curritis,</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Quem servulorum non rear vilissimum,</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Nudus plateas, si per omnes cursitans</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Pulset puellas verbere ictas ludicro.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Quomodo autem excusari per naturam possit,
+jam diximus, licet et dolus Lupercorum
+subesse potuerit qui aliis telis feriebant puellas,
+quæ in impotentiâ suadet Cardanus lib. 2,
+de util. ex adv. capienda.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Sunt gentes, inter quas Persæ et Russi, quarum
+uxores pro amoris conjugalis signo à
+maritis vapulantur. De uxoribus Russicis. J.
+Barclaïus in Icon. anim. cap. 8, virorum in
+se benevolentiam ex verberorum numero æstimare,
+nunquam melius suo judicio habitas
+quam cum in sæva ingenia inciderunt. Negat
+quidem id sibi compertum. <i>Polutropos</i> Ad.
+Olearius in itiner. At historiâ singulari confirmat
+Barclaïus, quam non gravabor repetere.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Quidam è Germania in Moscoviam migraverat,
+vir è plebe, et si nomen in tantillâ re
+placet Jordanes dicebatur. Hæsit ergò in
+illa regione, et cum sibi eæ sedes placerent,
+indè etiam duxit uxorem. Hanc cum caram
+haberet, omnibus que officiis mutuam gratiam
+affectaret, illa dejectis luminibus mœsta, crebrò
+in singultibus et cæteris mœrentis animi
+indiciis erat. Viro denique sciscitanti mœstitiæ
+causam, se enim nullis quod sciret amicitiæ
+muneribus defuisse. Quid tu, inquit
+mulier, tam egregiè fingis amorem ? Num
+putas latere me quam tibi vilis sim ? Simul
+que largos gemitus cæpit effundere. Ille attonitus
+in amplexus mœrentem recepit, rogare
+perseverans, numquid eam offendisset ;
+peccavisse se forsitan, sed culpam emendatione
+deleturum. Ad hæc illa, ubi autem
+sunt verbera, inquit, quibus te amare docuisti ?
+Hoc certè potissimum pacto maritorum
+in uxores apud nos benevolentia et cura
+sancitur. Hoc à Jordane audito, primum stupor
+continuit risum ; mox utroque vanescente,
+è re suâ esse putavit, ut uxorem
+eomodo haberet, quem ipsa præscripserat ;
+nec multo post arripuit cœdendæ mulieris
+causam, et illa fustibus mitigata, tum primum
+bona fide amare et colere virum cœpit.
+Eamdem historiam recitat Petrus Petræus
+de Erlesunda, part. 5. chronic. Moscov.
+qui addit flagella à maritis primò statim post
+nuptias comparari ustensilia inter domestica
+ad eosdem usus. Forsan ex suprà dictis dulcamari
+amoris ratio petenda. Nam ad emendationem
+ista flagra non spectant. Mulieres
+enim malæ, si quæ sint, nec minis compescuntur,
+nec irâ, si vel silice dentes excutiantur,
+ut loquitur Simonides apud Stobœum.
+Bonus vero maritus tantùm abest carissimum
+pectus plagis excruciet, ut potiùs
+cum illo homine, quem ex Senecæ deperditis
+B. Hieronimus, lib. 1. contra Jovianum
+describit, exiturus in publicum fasciâ
+uxoris pectus colliget.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">In flagellatione lumborum renibus excalefactis
+seminis materiam, vel incitari vel augeri
+juxtâ cum Meibomio patre existimavi,
+et quomodo cum circulatione sanguinis renum
+illud officium à Sennerto, Olhafio, Wormio
+nostro et Meibomio defensum conciliari
+possit, in anatome reformatâ pridem docui.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Quæ si explere non possint desideria eruditorum,
+nihil verius quam à communi causâ,
+sanguinis nempe colore, in lumbis flagellatis
+accenso, et libidinem veneream et renum calorem
+tecum advocare. Hinc situs corporis
+supinus ad seminis profluvium dormientes
+invitat, calore lumborum excitato. Hinc
+regio fricata ad œstrum veneris proritat,
+quam voluptatem vitæ damno quidam Lutetiæ
+luit.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Hinc deniquè lumbis remedia refrigerantia
+adhibemus, quando gonorhœa molesta est.
+Renibus emplastra applicat Actuarius, lib. 4.
+meth. med. cap. 8, quæ robur addunt et
+minimè calefaciunt. At plumbi laminam lumbis
+apponit Oribasius. lib. 4. de loc. affect.
+curat. cap. 107. qui in hoc negotio distinguit
+lumbos à renibus. In fragmento enim
+de victûs ratione in quolibet anni tempore,
+quod primus, Basileæ 1528, edidit Albanus
+Torinus, serio monet, ne quis nimium lumbos
+infrigidet, ne his nimis infrigidatis lædantur
+renes. De renum vero officio ad seminis
+generationem nihil ampliùs addo, quia
+in dubium vocavit clariss. Vallæus ex principiis
+circulationis, quo præceptore semper
+gloriabor. Ea fuit istius temporis hæresis,
+cujus multi discipuli errant, multique doctores,
+quæque inter initia, cum magno impetu
+cæpisset, sensim extincta est. Quippe
+nunc ad alia distrahuntur ingeniorum curiositates,
+novæque occupationes veteribus
+substituuntur, post quam abdita humani corporis
+secreta perrumpere cordatius cœperunt
+Doctorum cogitationes, non contentæ
+ea scire quæ hactenus credita potiùs fuere
+quam ostensa. Vale.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Ex Tusculano meo Hagestedano, 24 octobr.
+1669.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h2 class="nobreak" lang="la" xml:lang="la">JOAN. HEN. MEIBOMII<br>
+<span class="small">DE FLAGRORUM USU
+IN RE MEDICA ET VENEREA.</span></h2>
+
+
+<p lang="la" xml:lang="la">En accipe sis tandem, amicissime Cassi,
+quem ex vino tibi debeo, de flagrorum in re
+veneria usu et quo porrò res ipsa nos traxit,
+de præcipuo lumborum renum que officio discursum<a id="FNanchor_88" href="#Footnote_88" class="fnanchor">[88]</a>.
+Eum enim pollicitus tibi nuper
+fui, cum apud communem utriusque nostrum
+amicum Cl. Martinum Gerdesium Illustrissimi
+Principis tui Consiliarium, ac Collegam tuum
+in cœna una essemus. Primum autem, quâ occasione
+vix memini, ad morborum curationes
+verbera et plagas aliquando facere dixi ; quod
+παράδοξον vobis videbatur. Id vero experientiâ
+ita esse compertum, ego asserere, et
+ad Medicos provocare, qui passim id doceant,
+ac testentur. Maniacos, sanè jam olim Titus,
+Asclepiadis discipulus (qui sub D. Augusto
+vixit, ut in vitis Medicorum ostendi) lib. <small>II</small>.
+de animâ, flagellis docuit coërcendos, ut sinistro
+mentis judicio depulso resipiscerent.</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_88" href="#FNanchor_88"><span class="label">[88]</span></a> L’édition de 1665, dit <i lang="la" xml:lang="la">non adeò invulgato
+usu</i>, etc.</p>
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Testis est Cælius Aurelianus, lib. <small>I</small>, tardar.
+passion. cap. <small>V</small>. Ex amore melancholicos, aut
+insanientes, si alia nihil prosint, non pauci
+sunt, qui vapulare jubent ; sæpè etiam errore
+discusso ad bonæ mentis frugem ipsos eo ingenio
+reduxerunt. Rhases, lib. 1. Contin. cap. 4.
+subindè ex Judæo, Medico celebri, et quem
+in testimonium citat, τον έρωτομανη ubi alia nil
+prosint, ligari jubet, et vapulare fortiter,
+et pugnis percuti, id que vicibus repetitis,
+si non statim subsequatur effectus. Cum una
+hirundo, ut ait, ver non faciat.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Rhazi subscribit Ant. Guainerius, Pract.
+tract. 15. cap. 8. Et Valescus de Tarenta,
+Philonii, lib. 1, cap. 11, cujus verba ipsissima
+hæc sunt : Si juvenis est, flagelletur
+culus ejus cum verberibus, et si non sistit,
+ponatur in fundo turris cum pane et
+aquâ, donec veniam à sua insaniâ petat ; et
+teneatur in disciplinâ.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Si Senecæ credimus, lib. 6, de benefic.
+cap. 8, quorundam flagellis quartana discussa
+est : ob atri forte lentique humoris ex flagellatione
+incalescentiam, et dissipationem
+ex motu, ut non ineptè conjicit J. Lipsius,
+in comm.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Medicos alios gracilium corpora, ut pinguefierent
+et incrassarentur, virgis verberari
+voluisse, auctor est Hier. Mercurialis, lib. 4.
+de arte gymnast. cap. 9. et mangonum exemplis,
+id fieri posse, jam pridem ostenderat
+Galenus. Meth. Med. lib. 14, cap. 16. Carnem
+enim ita elevari, arque ad eam alimentum
+attrahi certum est. Membra insuper resoluta
+urticarum virentium fasciculis flagellari
+solere, ut calor sanguisque in partes penè
+emortuas alliciantur, in vulgus notum est :
+Quas plagis ferulæ insuper cædendas Themison
+voluit, lib. 1, tardar. passion. apud
+Cæl. Aurelianum, lib. <small>II</small>. Chr. Cap. 1.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Elidæus Paduanus, Consil. Med. 282, ad
+faciliorem variolarum eruptionem tenella
+etiam, et innoxia infantium corpora, urticarum
+earundem incussu converberare non
+veretur. Monstro ferè simile est, quod de
+verberum usu in alvi obstructione refert
+Thomas Campanella, ordinis Prædicatorum
+Monachus, quem Neapoli Campaniæ olim
+novimus. Is Medicinalium, lib. <small>III</small>, cap. 5,
+art. 12. Princeps Venusiæ, inquit, Musicâ
+clarissimus nostro tempore, alvum deponere
+non poterat, nisi verberatus à servo ad id
+adscito. Addit, posse hoc metui dari, cogenti
+spiritum ad interiora ; quod nunc non disputo.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Esse verò, qui in venerem virgarum plagis
+stimulentur, aut in libidinem verberibus accensi
+despument, partemque illam quâ viri
+sumus, ad flagelli numeros sonosque insurgere ;
+hoc illud erat quod asserenti mihi tam
+facilè credi non posse putabas. Faciam tamen
+ut id credas, mi Cassi, ubi testimoniis
+auctorum non proletariorum, non vice simplici
+id usu venisse ostendero, atque argumenta
+insuper dixero rationesque, ob quas
+fieri id ita potuisse, vel alii putarint, vel ego
+existimem. Nec tamem nunc de urticarum viridium
+in inguina incussibus verborum multum
+faciam. Iis enim brevitatem virgæ virilis, si
+sterilitas ob eam metuatur, emendari, virgamque
+magnificari, adfirmat Menghus Faventinus,
+Pract. part. <small>II</small>. cap. de passion.
+memb. generat. Iisdem languentem aut sopitam
+Venerem excitari, vel Petronius tuus
+docere te poterit. Apud eum Eucolpio. « Funerata
+erat pars illa corporis, qua quondam
+Achilles fuerat et frigidior rigente bruma confugerat
+in viscera mille operta rugis, lorumque
+in aquâ, non inguen erat ; » ut verba
+sonant auctoris. Huic cum Enothea, Priapi
+Sacerdos promisisset, fascinum tam rigidum
+reddituram, ut cornu ; nasturtii succum cum
+abrotono miscet, perfusisque ejus inguinibus,
+viridis urticæ fascem comprehendit, omniaque
+infrà umbilicum lentâ manu cædit.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Ego de verâ fortique flagellatione, tecum
+acturus sum, deque eâ primùm nunc audiemus
+Joan. Picum, Mirandulæ Comitem, qui
+seculo abhinc uno ac dimidio vixit. Is lib. 3.
+contra Astrologos, cap. 27. de familiari quodam
+suo. « Vivit adhuc, inquit, homo mihi
+notus, prodigiosæ libidinis et inauditæ. Nam
+ad Venerem nunquam accenditur, nisi vapulet.
+Et tamen scelus id ita cogitat ; sævientes
+ita plagas desiderat, ut increpet verberantem,
+si cum eo lentius egerit, haud compos
+plenè voti, nisi eruperit sanguis, et innocentes
+artus hominis nocentissimi violentior
+scutica desævierit. Efflagitat miser hanc operam
+summis precibus ab eâ semper fæminâ
+quam adit, præbetque flagellum, pridiè sibi
+ad id officii aceti infusione duratum, et
+supplex à meretrice verberari postulat :
+à quâ quantò cæditur duriùs, eò ferventiùs
+incalescit, et pari passu ad voluptatem
+doloremque contendit. Unus inventus
+homo, qui corporeas delicias inter cruciatus
+inveniat ; et cum alioquin pessimus non sit,
+morbum suum agnoscit et odit. Hæc Picus ;
+ex quo rei meminêre Joan. Nevizanus, Silvæ
+nupt. lib. 1. num. 130. Thom. Campanella,
+loco adducto. Quod si animi non fallor, idem
+etiam cum Pici hoc familiari ille fuit, cujus
+Cælius Rhodiginus mentionem facit lect. antiq.
+lib. <small>II</small>, cap. 15, et ex Cælio Andreas Tiraquellus
+in lege connubiali 15, num. 5. Ita
+autem Cælius :</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">« Non multis ante annis vixisse quemdam
+in veneriis non gallinaceæ salacitatis, verùm
+ingenii stupendi maximè, quodque vix
+impetret fidem, ex adjuratissimis compertum
+est : qui quò pluribus affectus fuisset plagis,
+eò impetuosiùs ardentiùsque in concubitum
+ferebatur præceps. Fuit omninò mira res :
+nescires utrùm affectaret avidiùs verbera, an
+coïtum : nisi quod illorum mensurâ libidinis
+voluptas constabat. Proindè extentis precibus
+difflagellari exposcebat pridiè quàm id pateretur,
+flagello aceti asperitate obdurato.
+Quod si converberator lentiùs agere fortè
+visus, velut exstimulante rabie, conviciis
+incessebat : nec factum sibi satis arbitrabatur,
+ni inter cædendum sanguis se ostendisset.
+Unus, opinor, mortalium inventus, qui eodem
+impetu in supplicium ferretur, ac delicias :
+quique inter tormenta, sensuum titillationes,
+ac æstuantem pruritum vel expleret, vel incenderet. »
+Accedat his alius consimili naturâ
+præditus ex Othone Brunfelsio medico
+celebri : quem is, in Onomast. Med. in verbo
+coïtus, apud Monachiam, Bavariæ Ducum
+sedem, suo tempore vixisse, et cùm uxore
+res mariti agere nequiisse, nisi acriter antè
+flagris concisum, testatur.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Addo<a id="FNanchor_89" href="#Footnote_89" class="fnanchor">[89]</a> exemplum, quod dum Lubecæ
+hic ago, contigit. Civis quidam Lubecensis,
+butyri et caseorum propolâ, in plateâ habitans,
+quæ à molendinis nomen invenit, præter
+alia facinora ob commissum adulterium
+ad magistratum delatus, caussâque cognitâ
+urbe excedere, ac solum vertere jussus fuit.
+Meretricula, cui is adsueverat, coram Senatoribus
+judicio criminali præfectis, quos vulgò
+<span lang="de" xml:lang="de">die Gerichts Herren</span> vocant, confessa est,
+nunquam illum acrius, quàm virgis prius secundum
+dorsum ab se difflagellatum, arrexisse,
+et virum se præstitisse : officio verò
+peracto, nisi denuò flagris cœsum, vix ultrà
+quidquam patrare potuisse. Adulter ipse idem
+primò quidem negare : seriò tamen et severè
+interrogatus, non inficias ire. Testes do ipsos
+judicii criminalis id temporis Senatus nomine
+præfectos, Thomam Storningium, et Adrianum
+Mollerum, amicos meos, etiamnum, ut
+nosti, superstites. Pauci insupersunt anni cum
+in primariâ confederati Belgii urbe, vir in
+non parvâ dignitate constitutus venerique
+ad modum deditus deprehensus fuit cum mulierculâ
+quadam consuevisse ; cum quâ tamen
+nisi flagellorum ictibus excitatus, vix aliquid
+patrare potuerit. Hic verò re ad magistratum
+delata, officio motus, pœnam dedit lasciviæ,
+diù que</p>
+
+<div class="footnote"><p><a id="Footnote_89" href="#FNanchor_89"><span class="label">[89]</span></a> L’édit. de 1665. in-32, ajoute : <span lang="la" xml:lang="la">verò et recens
+nuperumque</span>.</p>
+</div>
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Hæc fuit in toto notissima fabula vulgo.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Quibus exemplis, cum fidem, ut puto,
+derogare nec velis, nec possis ; videamus nunc
+tandem an aliqua monstrosæ hujus rei, ut
+videtur, reddi possit ratio. Si Astrologos
+consultum eas, rem omnem illi in astra referent,
+et cœlum accusabunt, quod peculiari
+occultoque influxu peculiarem ejuscemodi
+ac prodigiosam fere naturam hominibus
+aliquando conciliet. Damnatam nempe
+dicent, ut Picus ait, in hominis geniturâ
+Venerem, atque adversis ut alio modo minantibus
+radiis flagellatam, qua de re pluribus
+edocere nos satagit Franc. Junctinus, de judiciis
+nativit. cap. 6. Verùm cum cœlum et
+astra caussæ sint universales et quæ tam
+particulares effectus in uno atque altero individuo
+caussare nequeant, rejicit eas non
+immeritò Picus, et causam proximiorem
+quærit. Putat autem eam in familiari suo
+fuisse consuetudinem. Ita enim in narratione
+illa pergit : « A quo, diligenter tam insolitæ
+pestis caussam cum sciscitarer ; à puero, aïebat,
+sic adsuevi. Et me rursus consuetudinis
+caussam interrogante, educatum se cum pueris
+scelestissimis, addidit, inter quos convenisset
+hæc cædendi licentia, quasi pretio
+quodam, mutuum sibi vendere flagitiosâ alternatione
+pudorem. »</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Ejusdem est sententiæ Cœlius, Pici ut historiæ,
+ita et opinionis in caussâ adsignandâ
+transcriptor ; cujus hæc verba : « Quod nec
+mirum minus est, non latebat hominem flagitii
+inusitata species, seque in eo execrabatur,
+ac sibi ipsi erat infestus. Cæterùm consuetudine
+depravatâ amplius prævalente, utebatur vitio,
+et improbabat. Irroborârat verò ea, radicesque
+egerat altiûs, quod ita erat assuetus puer,
+communicatâ stupri fœditate inter æquales,
+plagarum allectatione. Documento inde præsigni,
+quantum moribus inolescendis educationis
+possit ratio. Hæc illi. Ego verò non
+nego, consuetudinis vim esse magnam ; ac
+ferè in naturam eam abire, pridem me docuit
+Aristoteles, lib. de memor. et reminisc.
+cap. 3. et lib. 7. Ethic. cap. 10, et
+notavit Ennius ubi ait :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Usus longus mos est, ac meditatio crebra,</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Hunc tandem assero naturam mortalibus esse.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Eleganterque ostendit Galenus, quantam
+vim et potentiam consuetudo in omnibus rebus
+habeat, lib. de consuetud. cap. 2 et 3,
+alteramque naturam vocat, lib. 2 de temper.
+cap. 4 et lib. 3 de simplic. cap. 18. Fortè
+etiam in Cœlii illo, aut Pici exemplo, successu
+temporis consuetudo aliquid ad rem
+facere potuit. At in altero Brunfelsii, aut
+quod ego commemoravi, caussa illa non procedet.
+Et cur alii ejusdem sodalitatis pueri,
+cum Pici familiari idem non passi sunt ? inquit
+Thomas Campanella superius adducto
+loco. Consuetudo enim particulariter tantùm
+aliquid caussat, atque in uno aut altero saltim
+individuo. Neque omnes isti quos recensuimus,
+ab ineunte ætate flagitiosâ illâ alternatione
+pudorem sibi invicem vindidisse
+aut flagris in Venerem primis ab annis se
+invitasse, verisimile est. Gratulamur nos
+Germaniæ nostræ, quod scelera ista perversæ
+Veneris, et puerorum contumeliæ,
+aut mutuæ alternæque marium inquinationes
+in ipsâ ferè ignorentur, aut ab aliquo fortè
+perpetratæ (si tandem exemplum reperias)
+severè flammis ultricibus puniantur. « Nihil
+tale novere Germani : et sanctius ad Oceanum
+vivitur, dicebat olim de majoribus nostris
+Quintilianus, Declamat. Pro milite
+Mariano, cujus pudicitiam tentaverat Tribunus ;
+quâ de re plura diximus in Comment.
+ad jusjur. Hipp. cap. 18.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Cum itaque nec astra, nec sola consuetudo
+in caussa sint, ob quam flagra libidinem
+concitent, videamus porro, num alia
+quæpiam subesse queat ; quam ut investigemus,
+utique paullo altius nobis res fuerit
+arcessenda. Sciendum igitur, flagellationem
+istam, virgarumque incussus, non alibi quam
+in dorso factos : quod et meretricula Lubecensis
+illa confessa est, et de cæteris æquè
+certum est. Neque enim partes illæ, quibus
+viri sumus, virgarum flagra et quidem ad sanguinis
+eruptionem, ferre queunt : et communiter
+flagra tergo sive dorso incutiuntur.
+Dorsi autem potissimam partem absolvunt
+lumbi. Pars nempe illa corporis, cujus fundamentum
+sunt quinque vertebræ, quæ post
+thoracis vertebras locatæ, ad os sacrum continuantur.
+Has musculi, et cum adipe cutis
+extrinsecus tegunt, intrinsecus musculi succingunt,
+quos Græci ψόας appellant. Iis porro
+incumbunt renes, dexter et sinister, unus
+in quoque latere, et quatuor ferè vertebrarum
+spatium suâ magnitudine occupant ; ac
+venæ cavæ arteriæque magnæ annectuntur.
+Tam à venâ autem cavâ, quam arteriâ magnâ,
+et insignia renes in se recipiunt vasa,
+quæ emulgentia vocant ; uterque nempe
+utrinque vas unum ; venam et arteriam : quæ
+per ramos deindè in ipsam eorum substantiam
+variè disperguntur. Dextra parte
+venæ cavæ, sub ipsa emulgente, oritur seminaria
+vena dextra, et eodem loco ex arteriâ
+magna, arteria seminaria utraque ad
+testiculum dextrum descendens. Parte sinistrâ,
+arteria seminaria ex magnæ arteriæ
+trunco, vena verò seminaria ex sinistrâ venâ
+emulgente profectæ, sinistro testiculo inseruntur.
+Nec desunt nervi, qui ex spinalis
+medullæ portione, in prædictis vertebris
+contenta, ad renes mittuntur, nec in eorundem
+tantum tunicas, sed substantiam quoque
+pertingunt. Ex ipsâ demum cavitate renum,
+ureteres producti vesicæ implantantur.
+Hæ partes omnes, ut unâ lumborum
+apellatione venire possunt : ita unum communemque
+etiam iis usum adsignari par erat,
+ut rectè statuit Marsil. Cagnatus, Variar Lect.
+lib. 4, cap. 7. In singularum quidem partium
+usum, ossium, musculorum, renum,
+vasorumque, sat accuratè anquisivere auctores,
+at quem in commune omnes conferant,
+insuper habuerunt investigare. Cagnatus
+omnes, quemque tamen suo modo, semini
+tum elaborando, tum ipsi generationis
+operi perficiendo, quod naturalissimum vocat
+Philosophus, lib. 2. de An. text. 35,
+dicatos censuit. Neque aliò videntur inclinare
+Hieron. Montuus Pract. part. 1, lib. 4,
+cap. ult. et è jurisconsultis vestris Andr.
+Tiraquellus, L. Connub. 15, num. 40, 41, 42.
+Atque id quidem non immeritò, nec temerè.
+Tale quid enim et lumbis, et renibus, ac
+lateribus, tum sacræ litteræ, tum antiquitas
+omnis, sivè sacros, sivè profanos scriptores
+consulas, unanimi consensu jam olim attribuerunt.
+Et sacræ quidem litteræ opus generationis
+lumbis non uno in loco deferunt,
+ut Genesios, cap. 35. vers. 11. Reges de lumbis
+tuis egredientur ; et apud Apost. Epist. ad
+Hebr. cap. 7, vers. 5. Filii Abraham, dicuntur,
+egressi de lumbis ejus ; et vers. 10, Levi
+in iisdem fuisse dicitur. Unde Basilius magnus
+comment. In Esaïæ cap. 16 in plerisque,
+inquit, scripturæ locis, lumbus sumitur pro
+genitalibus membris et Origenes, dum Homil.
+1, in illud Psal. 37, v. 8. « Lumbi mei
+impleti sunt illusionibus : commentatur ; in
+lumbis, inquit, humanorum seminum receptaculum
+esse dicitur, ex quo illud genus indicatur
+peccati, quod per libidinem geritur.
+Et proverbium est apud Hebræos, ut lumbos
+præcingere, aut succingere, dicant pudicitiam
+servare et à libidine sibi temperare ;
+Hoc respectu Jehovah ad Jobum, Jobi C.
+38, v. 3 et C. 40, v. 2. « Accinge sicut vir
+lumbos tuos, h. e. sicut vir fortis restringe
+luxuriam : ut in iis sit, inquit Isidorus, Orig.
+lib. 11, cap. 1, resistendi præparatio, in
+quibus libidini est usitata dominandi occasio.
+Confer Suidam in voce <span class="sc">Psoa</span>.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Huc trahit D. Hieronymus Comm. in Nahum,
+illud prophetæ c. <small>II</small>. v. 1. contemplare
+viam tuam, conforta lumbos, robora virtutem
+valdè. Uti et illud de Joanne Baptista, Matth.
+c. 3. v. 4. « Habuit zonam pelliceam circà
+lumbos suos. » Quem proindè nos imitari jubet
+Gregorius Nazians. Orat. 42. et Nicetas in
+comment. ibid. Neque aliter intelligendus
+Esaïas, cap. 32. vers. 11. Jeremias, cap. 1.
+vers. 17. D. Paulus ad Ephes. c. 4, vers. 14.
+Neque Salomo, qui de muliere forti et pudicâ
+ait : Accinxit fortitudine lumbos suos. Proverb.
+ult. vers. 17. Apud D. Petrum verò
+Epist. 1. cap 1. vers. 13. succinctum esse
+lumbos mentis, est luxuriam à cogitationibus
+arcere, ait Montuus loco laudato. Fallor
+etiam, an et Romani huc oculum intenderunt ?
+quando cinctum esse, modestiæ, disciplinæ,
+modestique animi putarunt argumentum, discinctum
+verò mores dissolutos notare : quâ
+de re plura dixi in Mœcenate. Hodiè in Gallis
+moris est, ut iis, quibus Apollinaris laurea
+tribuitur, fasciâ sericiâ, tanquam insigni quopiam
+lumbi succingantur. Eo Franc. Ranchinus
+Comm. in Jusjur. Hipp. castitatis neccesitatem
+in Medicis notari censet ; Zonam enim
+renum coërcitionem indicare, et effrenatæ
+lumborum cupiditatis abstinentiam. Hinc Dianam,
+castitatis Deam semper zonam gestare
+ab antiquis creditum : Hinc zonam solvere
+in verbis esse nuptis, et virginitatis imminutionem
+notare. Et rectè Aëtius, Tetrab. 1.
+serm. <small>III</small>. cap. 8. Veneris usum nocivum esse
+ait illis, qui lumbos aut renes habent imbecilles,
+atque idcircò Elumbes dicuntur. De iis
+est proverbium apud Eustathium in navium
+catalogo.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse">ὀσφὺν κατηγώς, ὥστε Μύσιος ὄνος</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Lumbos solutus, tanquam asellus mysius :</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">quod Hadrianus Junius, cent 6. ad. 48 explicat
+de mollibus, effeminatis et elumbibus. Nec
+aliam ob causam Petronio in Satyrico lumbi soluti,
+sunt Venere enervati. Sed et podagricum
+se esse, inquit, lumborumque solutorum, omnibus
+dixerat. Tales Catullo Epigr. 16. sunt ;</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Qui duros nequeunt movere lumbos.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">quibus opponit Martialis lib. 5. Epigram. 79.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Lascivos docili tremore lumbos.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Et Auctor Carminis liberi fluctuantes lumbos.
+Carm. 18.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Ecquando Theletusa circulatrix</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Crissabit tibi fluctuante lumbo.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Fluctuare enim est crebrò moveri, et ad exemplum
+fluctuum inquietari. Græcis est ῥικνοῦσθαι,
+Latinis crissare. Indè ρίκνωμα impudicæ
+saltationis genus. Quale est quod nostris
+hodiè moribus <span lang="it" xml:lang="it">il Bergamasco</span> vocamus et non
+nisi à personatis desaltari solet. De illo Juven.
+sat. <small>II</small>.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse i6" lang="la" xml:lang="la">Plausu que probatæ</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Ad terrum tremulo descendunt clune puellæ.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Arnobius libro 2 « lasciviens multitudo incompositos
+corporum dissolveretur in motus,
+saltitaret et cantaret, orbes saltatorios verteret
+et ultimum clunibus et coxendibus sublevatis,
+lumborum crispitudine fluctuaret. »
+Vide in epistolis græcanicis epistolam Megara
+ad Bacchidem de Thryallide, si lubet.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Et respicit huc Persius Sat. 1, ubi de lascivis
+versibus, et quæ libidinantem pruritum
+auditoribus excitant, ait :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse i6" lang="la" xml:lang="la">Cum carmina lumbum</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Intrant, et tremulo scalpuntur ubi intima versu.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Et Juvenalis Sat. 6, de tibiis Sacerdotum
+Bonæ Deæ :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Nota Bonæ secreta Deæ, cum tibia lumbos</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Excitat, et cornu pariter vinoque feruntur.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Quare etiam Isidorus loco adducto lumbos
+ob libidinis lasciviam dicto vult, quod viris
+caussa corporeæ voluptatis in ipsis resideat.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Nicolaus Perottus, in Cornucop. planius
+à lubidine seu appetentiâ deducit. Esse enim
+lumbos à lubendo, insertâ M. litterâ, quod
+sæpè usu venit. Ita « cumbo à cubo, à pago,
+pango, à frago, frango, » ait doctissimus
+Matth. Martinius, in Lexico Etymol.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Atque ut lumbis, ita et renibus, lumborum
+parti, et quidem principi, si conformationem
+spectes, idem officium tribuitur. Hos
+enim ad generationis officium facere lib. <small>II</small>.
+Reg. innuitur, cap. 7, vers. 12. Filius qui
+egreditur de renibus tuis.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Undè Tertullianus lib. de carnis resurrect.
+vocat renes conscios seminis.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Hesychius Presbyter, quem corruptè Isicium
+vocant, Comment. in Levitic. lib. 1
+« Renes, inquit, sunt coïtalium seminum
+ministeria : et mox : in renibus coïtalis operationis
+sunt semina. »</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">D. Augustinus enarrans Psalmi 7, v. <small>II</small>,
+scribit nomine renum delectationes Venerias
+intelligi. D. Hieronymus Comm. in Nahum
+Prophetæ, c. <small>II</small>. « Omnia, ait, opera, quæ
+ad coïtum pertinent, renum appellatione
+venire, » quod ferè repetit Comm. in Ezechiel.
+c. 16.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Verba insuper illa Jeremiæ, c. 17, vers. 10,
+et Apocalyps. c. <small>II</small>, vers. 20, scrutans renes
+et corda ; Nicolaus Lyra explicat : « examinans
+et puniens concupiscentias et cogitationes
+malas. Per cor nempe cogitationes,
+per renes in sacris litteris concupiscentiæ
+intelliguntur. Itaque Psalmog. Ps. 26, v. <small>II</small>.
+Deum rogat, ut renes ipsius et cor urat ;
+et ex ipso Ecclesia in Hymno illo. « Ure igne
+sancti Spiritus, renes nostros, et cor nostrum,
+Domine ; ut tibi casto corpore serviamus,
+et mundo corde placeamus. »</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Et communiter Theologi per id, quod
+Exodi 12, vers. <small>II</small>, præcipitur iis, qui agnum
+paschalem comedebant, ut renes accingant,
+intelligunt refrænationem libidinis. »</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Ausonius renibus uti, usurpavit pro libidini
+indulgere, Epig. 13. Utere rene tuo. Et
+vulgò joculari sermone nostratibus renes
+purgare dicuntur, qui Veneri litant.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Quæ causa est, cur Hippoc. lib. de morb.
+int. Aristoteles, Prob. sect. 6. Probl. <small>II</small>.
+Galenus lib 6. Epid. Comm. 6. Aëtius Tetrab.
+1, serm. 3, c. 8. Avicenna lib. 3 fen.
+8 tract. <small>II</small>, c. 11, plurimique Medicorum
+alii, Veneris usum nimium renibus obesse
+nos docuerunt. Hinc est, quod renes olim
+Veneri dicati erant.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Fulgentius enim lib. 3 Mytholog. in fabulâ
+Peleï et Thetidis, ex Democriti Phisyologiâ,
+memor libro refert Ethnicos, quod singulas
+partes in homine singulares Deos obtinere
+putarent, Jovi caput, Junoni brachia, Minervæ
+oculos, Neptuno pectus, cinctum
+Marti, renes Veneri, Mercurio pedes adsignasse.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Quod si etymologiam denique nominis et
+originationem inquisieris, Varroni, Romanorum
+doctissimo, ut vocat Quinctilian. Instit.
+orat. lib 10, cap. 1, renes dicti fuere
+ἀπὸ τοῦ ῥέειν, quasi rivi ab his obscœni humoris,
+puta seminis, oriantur, si Lactantio credimus,
+lib. de opific. Dei c. 14 et Isidoro,
+Orig. lib. 11, c. 1. Neque est, ut per obscœnum
+humorem urinam intelligas, quod
+quibusdam placere video. Explicans enim
+Varronem Isidorus, venæ et medullæ, inquit,
+tenuem liquorem desudant in renibus
+qui liquor rursus à renibus calore Venereo
+resolutus decurrit : quod de urina nemo sanus
+dictum adserat.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Et Hebræi renes à concupiscentia appellant
+duplici voce hebraicâ quæ significat, efflictim
+cupere. Et quia renes in lumbis ad latera sunt
+siti, hæc etiam ad Venerem et opus generationis
+facere, creditum fuit.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Hinc apud Ovidium lib. 1, Amor. El. 8,
+pudicissima illa fœminarum, ut credebatur,
+procorum vires probatura, et robustum latus,
+arcum ipsis proponit, jubetque
+νευρὴν ἐντανύσαι.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Penelope vires juvenum tentabat in arcu :</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Qui latus argueret, corneus arcus erat.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Nec inficias it Penelope ipsa, in Carmine libero,
+Epig. 69 ad procos.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Nemo meo melius nervum tendebat Ulisse :</div>
+<div class="verse i1" lang="la" xml:lang="la">Sive illi laterum, seu fuit artis opus.</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Qui quoniam periit, modovos intendite, qualem,</div>
+<div class="verse i1" lang="la" xml:lang="la">Esse virum sciero, vir sit ut ille meus.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Undè experiri latus Martiali. Lib. 7,
+Epig. 57, est Veneris periclitari vires.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Hinc El. 10 Ovidio lib. 2, Amor. lateri vires
+dare, est concitare in libidinem.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Et lateri dabit in vires alimenta voluptas.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Et Apuleio lib. 8, industria laterum est
+potentia in rebus Veneriis : Fortissimum, ait,
+adducunt rusticanum, industriâ laterum atque
+imis ventris bene preparatum.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Juvenali verò et Ovidio lateri parcere, est
+à Venere temperare. Ita enim ille de Catamito,
+Sat. 6.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse i2" lang="la" xml:lang="la"><b>. . .</b> Nec queritur, quod</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Aut lateri parcas, nec quantum jussus anheles.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Hic verò, lib. 2, de arte :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Et lateri ne parce tuo : pax omnis in illo est.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Contrà Martiali lib. 11, Epig. 105, latus
+rumpere est Veneri nimiam operam dare :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Et juvat admissâ rumpere luce latus.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Et lib. 12, Epig. 98.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Rumpis, Basse, latus, sed in comatis.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Item Tibullo, aut si quis alius est auctor,
+in Iambis ad Priapum.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Et inquietus inguina arrigat tumor,</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Neque incitare cessat usque dum mihi</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Venus jocosa molle ruperit latus.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Petronius in Satyrico dixit latus convellere.
+Timebam, inquit, ne frater latus convelleret.
+Alibi etiam latera invalida, emerita,
+exfututa, defecta, et defessa, sunt Venere
+exhausta. Ovid. Amor. lib. 3, Eleg. 10.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Vidi ego cum foribus lassus prodiret amator.</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Invalidum referens, emeritumque latus,</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Catulus, Epigr. 7.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Cur non tam latera exfututa pandas ?</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">Priapus in Carmine libero, Epig. 15.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Ipsi cernitis : ex fututus ut sim,</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Confectusque, macerque, pallidusque,</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Defecit latus, et periculosam</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Cum tussi miser expuo salivam.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Suetonius in vitâ Caligulæ c. 36. Valerius
+Catullus, consulari familiâ juvenis, stupratum
+à se Caligulam, ac latera sibi contubernio
+ejus defessa, vociferatus est.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Apuleius lib. 8. Diù vivas et Dominis placeas,
+et meis jam defectis lateribus consulas.
+Ex quibus omnibus tam clarè liquet, ut Plauti
+verbis hic utar :</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Quam solis radii olim, cum sudum est, solent.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Neque novam esse opinionem, aut nuper
+natam, sed fundamentum habere in unanimi
+totius antiquitatis consensu, sacrarum etiam
+litterarum testimonio firmatam, lumbos, lumborumque
+partes, renesque ad generationis
+opus facere. Communis autem sententia, seu
+Doctorum opinio, ut jurisperiti tui loquuntur,
+Cassi, non potest totaliter esse falsa. Et
+probabilia sunt, inquit Aristoteles lib. 1, Topic.
+cap. 1. Text. 7, « quæ ita esse videntur
+aut omnibus aut plurimis, aut certè sapientibus ;
+atque iis, vel omnibus, vel plurimis,
+vel iis, quorum spectata et perspecta
+sapientia et qui hoc nomine clari et illustres
+sunt. » Quæ itaque ei rei subsit ratio, operæ
+pretium nunc porrò fuerit inquirere. Simul
+enim et caussam invenerimus, ob quam lumbis
+inflictæ plagæ et flagrorum verbera, libidinis
+sint incentivum.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Cagnatus quidem, et qui ipsi favere videtur,
+Montuus, rem omnem lumbis tribuit,
+quatenus ex iis constituntur partibus, quas
+paullo antè recensuimus. Ex vertebris nempe,
+musculis, renibus, venis, arteriis, nervis. Ita
+tamen ut venis nimirùm et arteriis seminariis
+principatum tribuat, ut quæ et materiam
+semini præbeant, albescentemque humorem,
+qui vel semen jam sit, vel mox futurus,
+in se contineant, et à se ad testes amendent.
+Atque ab hoc humore, in venis arteriisque
+turgente, seminis projiciendi prolubium
+ait excitari, et pollutiones nocturnas
+caussari, in iis præsertim, quibus ob decubitum
+dorsum vasa illa incalescunt. Bartholomæus
+Montagnana Consil. Med. 37 et Nemesius
+Philosophus, lib. de nat. hom. c. 27,
+renibus, parti lumborum, rem totem transcribunt,
+quod et Joh., Matthæus facit, Quæst.
+Med. 90. Garyopontus, medicus Ladinus,
+sequioris tamen ævi, lib. 3. Pract. c. 34,
+et nuper Cl. Dan. Sennertus, Præceptor
+olim noster, et amicus, dum in vivis erat,
+honorandus, Pract. lib. 3, part. 7, Sect. 1,
+c. 1. Petrus Laurenbergius in procestriis annotationibus
+anat. lib. 1, cap. 4, et colleg.
+anat. disp. 6, th. 17, et noster tandem Gasparus
+Hoffmannus, Inst. med. Nec tamen
+omnes illi eodem modo rem explicant.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Barthol. Montagnana quidem, examinans
+Avicennæ locum, lib. 18, fen. 3, c. de renibus
+et ren. calc. Subtiliter, aït, memorandum
+est, propter quid renum debilitas
+ab Avicenna dicatur causa defectus coïtus.
+Et postquam dixisset, materiam seminalem
+perfectionem adæquatam indipisci à testium
+temperie et facultate, subjungit ; materiam
+eamdem necessum habere prædisponi in membris
+superioribus, in quibus potentior sit vis
+digestiva, ut in hepate et renibus : in illo
+nempe remotius, in his proximius. Et prohindè
+concludit, impossibile esse semen verum
+generari, nisi membra illa, hepar nempe
+et renes, sint debitè complexionata et organizata
+in complexione et unitate suâ.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Nemesius verò salsedinem tantùm quamdam
+à renibus ad testes transmitti putat, quæ appetitum,
+aut pruritum potius, in genitalibus
+excitet, atque ita suo quodam modo
+ad Venerem faciat. Renes, inquit, sunt sanguinis
+purgamina, et ad coïtum fiunt causa
+appetitus. Nam venæ quæ in geminos delabuntur,
+per renes transmeant, et illinc acorem
+quemdam hauriunt appetitum irritantem
+eo modo quo sub cute genitus acor pruritum
+facit ; et quò geminorum pulpa cute est mollior,
+eò magis illi ab acore lancinati, furiosam
+ad egerendum semen irritant cupidinem.
+Neque aliud innuunt Isidori verba paullò
+antè adducta. Atquæ eadem ferè est Jo. Mathæi
+sententia, nisi quod reni sinistro hic plus
+tribuat, quam dextro. « Vena enim seminalis
+sinistra, inquit, emulgenti juxtà renem
+sinistrum implantata, sanguinem multa salsedine
+aquosa dilutum ad excitandam ὁρμὴν
+et generationis stimulum subministrat. » Laurenbergius
+in procestriis quidem in genere
+saltim renes ad generationem facere affirmat.
+In diputatione autem, quam dixi, non alio
+ferè modo se explicat, quam Matth. Garyopontus.
+Ait renes naturâ musculosos
+esse, et nervos ipsorum inhærere cavernis,
+quæ genicale semen contineant. Vim nempe
+σπερματοποιητικὴν ipsis renibus tribuit, atque
+ita tribuit : ut quodam modo in illis semen
+elaborari et contineri credat. Quæ sententia
+etiam est Cl. Sennerti, quamvis hic longè
+aliâ ratione eam proferat, et dilucidius mentem
+suam explicet, ac proximius ad αὐτοψίαν
+Anatomicam, quam Garyopontus qui non
+valdè ejus videtur fuisse peritus. A renibus
+nempe non stimulum saltim partibus genitalibus
+communicari, sed semen ipsum in iis
+elaborari, atque ab iisdem porrò transmitti
+censet Sennertus, quem sequitur Hoffmannus.
+L. C. Idque ex eo primùm Sennertus colligit,
+quod renes peculiare parenchyma habeant,
+à cordis substantia, ut adparet, non multùm
+differens, aut hepati potius simile, ut
+vult Aretæus, lib. 2, de morb. diut. c. 3.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Peculiari autem parenchymati, quæ Galeni
+est maxima, lib. 6 de decretis Hippocr. et
+Plat. peculiaris vis sanguinem elaborandi,
+ut cæterorum viscerum parenchyma, denegari
+nequit. Et latè probat medicus Kariesatos,
+Joan. Beverovicius, lib. de calculo
+renum et vesicæ, cap. 2. Deinde, cum vena
+emulgens venarum omnium à venâ cavâ prodeuntium
+sit maxima, et plus sanguinis renes
+advehant, quam iis requiratur alendis : arteria
+insuper amplior sit, quam seroso humori
+depurando sit opus, verisimile esse credit,
+naturam, quæ nihil frustra facit, vasa illa
+tantâ amplitudine numquam efformasse, nisi
+peculiarem finem spectasset. Quem quidem
+finem non alium esse concludit, quam sanguinis
+arteriosi ad renes delationem ut in
+ipsorum substantia cum sanguine venoso
+mixtus, et alteratus, semini generando materiam
+suppeditet, ad testes deinde transmittendam.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Maximè Sennerti sententiam illud confirmat,
+quod pro diversâ conformatione renum
+et vasorum renalium, in quibus aliàs valdè
+ludere solet natura, alii aliis, proniores
+sunt in libidinem, et ad perpetrandam magis
+fortes. Exempla habemus apud. Salom. Albertum
+in observationibus et Joan. Riolanum
+Antrop. lib. 2, cap. 27, qui Eorum libet cadaver
+masculum secuit hominis ultimo supplicio
+ob facinora affecti, in quo uterque se
+reperiisse scribit tres emulgentes in dextrum
+renem, venas verò spermaticas in utroque
+latere ex emulgentibus descendentes. Salom.
+Albertus ex hoc rectè colligit uberiorem seminis
+proventum et salacitatem inexhaustam,
+quaque vix satiari potuerit : dequâ hominem
+ipsum etiam paulò ante supplicium aït conquestum
+fuisse. Riolanus suum scribit totum
+in Venerem fuisse pronum, atque ob Trigamiam,
+quod tres viventes haberet uxores,
+strangulatum. Adde Philipp. Salmuth. Obs.
+Med. cent. 1. Obs. 23, qui duos ob rem veneream
+valdè infames secuit, in quorum posteriori
+renes maximi, ut ternos, immò quaternos
+alios humanos æquare possent. Pergit
+Sennertus et quærit, qui fiat, nisi sententia
+hæc admittatur, quod sapor ille, ac odor,
+qui in animalibus pluribus non castratis, per
+universum corpus diffunditur, maximè tamen
+in renibus percipiatur, ac potissimùm in animalibus
+adultis ; in novellorum ac teneriorum
+renibus, dum nondum fœminas ineunt, non
+reperiatur ? addit præterea ex Oribasio lib.
+6. Collect. c. 38, ex retento semine renes
+male affici ; inter calidorum renum signa à
+Medicis recenseri propensionem ad libidinem,
+somnia libidinosa, et nocturnas in somno pollutiones ;
+qualitates insuper seminis ex renum
+constitutione Practicis deduci. Quemadmodum
+et renes calidos indicat prompta libido
+et salacitas, renes frigidos Veneris nullum
+ferè desiderium et appetentia.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Denique in gonorrhω lumbis ad renum regionem
+pro semine imminuendo aut alterando
+remedia adplicari, ex Aretæo docet, lib. 2
+Chron. c. 7, et Alex. Tralliano lib. 9. c. 9.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Atque huic Sennerti sententiæ probandæ,
+adde quod Plinius habet, lib. 34, c. 18. Plumbum,
+alligatis lumborum et renum parti laminis,
+frigidiore naturâ inhibere impetus Veneris :
+additque exemplum : Calvum Oratorem
+vasa Veneria sponte naturæ erumpentia,
+usque in morbi genus, his laminis cohibuisse.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Adde Galenum lib. 5, de tuendâ valet. c.
+ult. lib. 6. de loc. adf. c. ult. et lib. 14,
+meth. med. c. 7, qui athletas similiter ad
+pollutiones nocturnas inhibendas, et Veneris
+impetus compescendos, laminas plumbeas adhibuisse
+scribit, et lumbis ceratum ex simplici
+rosaceo, cum aquâ frigidâ subacto, applicasse
+in priapismo. Cæl. Aurelianus. lib. 5.
+Tardar. pass. cap. 5, præter laminam plumbeam,
+spongias puscâ frigidâ infusas, ut loquitur,
+circumdandas suadet.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Adde Aëtium, qui cum Theod. Prisciano,
+lib. 2, c. 11, lumbis non tantum laminam plumbeam,
+et refrigerentia adhibet, sed decubitum
+etiam supinum damnat, ne partes lumborum
+incalescant, et malum inde augeatur,
+Tetrab. 1, serm. 3, c. 32 et 33.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Adde Oribasium, Synops. lib. 9. c. 39 et 40,
+et Paullum Æginetam, lib. 3, c. 55 et 56,
+quorum uterque idem statuit ; hic verò etiam
+urinas cientia medicamenta, in gonorrhœa
+prohibet, ne renibus in lumborum regione
+positis noceant.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Nec latuit hæc res Avicennam, qui lib. 3,
+fen. 18 cap. 9. inter signa renum extenuatorum,
+et exoletorum, ponit defectum coïtus ;
+et c. 11. caussam debilitatis renum inter alia
+facit frequentiorem coïtum, et c. 13, ad debilitatem
+renum corrigendam coïtus suadet
+abstinentiam.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Nec ignoravit Aaron, Medicus celebris
+apud Rhasen, lib. <small>II</small>. Contin. c. 5 qui aït :
+Si erectio veretri fuerit debilis, erit caussa
+ex hepate et renibus.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Et trahendus huc Aristoteles, qui animantia
+alia, præter hominem, gonorrhœa non laborare
+ideò putavit, quod in dorsum non decumbant,
+Probl. sect. 10, pr. 18. Contrâ equi
+generosiores, ubi ex insessoris subsultu lumbique
+renesque incalescunt, pronâ libidine
+feruntur in venerem. Nec videntur hanc rem
+ignorasse matronæ Athenienses, quæ in
+Thesmophorion festo (quando seorsim cubabant
+à viris,</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Perque novem noctes Venerem tactusque viriles</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">In vetitis numerabant,</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">ut Ovidius loquitur lib. <small>II</small>. Metam. Fab. 11.)</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Ex ἁγνῷ Latini viticem et agnum castum
+vocant, cubitus sibi sternebant. Vitex enim
+ille frutex est, seu arbuscula, libidini restinguendæ
+dicata. Igitur ejus folia dorso sibi
+sternebant, ut eo modo vim seminis generandi,
+libidinem concitandi in renibus, partibusque
+vicinis morarentur. Historiæ meminere
+Dioscor. lib. 1, c. 116. Plin. lib. 24,
+c. 9. Galenus, lib. 6, de simpl. med. fac. Ælian.
+de anim. lib. 9, c. 16.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Neque alia est caussa, ob quam renes
+animalium, et præcipuè hirci, ad coïtum.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Atque ab Aëtio partes quæ sunt circà renes
+Scinci, ad tentiginem fascini excitandam commendantur,
+loco adducto c. 35. Nisi quod analogiam
+quamdam habeant, et similitudinem
+cum renibus humanis, ob quam juvare eos
+credentur, et ad officium generationi destinatum
+excitare. Quemadmodum et iis, qui
+minus in venerem sunt prompti, inter alia
+medicamenta, unguenta calida, non partibus
+pudendis tantum, sed renum etiam regioni
+inungenda, prescribi solent ; et diuretica valida,
+ut cantharides, ac decubitus in dorsum
+imperari ; ut et renes hoc pacto incalescant ;
+et semen ac testes concitetur, ad qui in Venerem
+frigidi languent, reaccendantur. Undè
+Rhases lib. <small>II</small>. Contin. c. <small>V</small>. Quoties, inquit,
+fricantur lumbi cum medicinis calidis,
+veretrum crescet in erectione, et magnificabitur.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Et Misish Arabs, in Summâ apud eundem
+Rhasen ; Calefactio dorsi, ait, subvenit ad
+luxuriam : (h. e. facit irritandæ libidini) et
+sicut infrigidatio ejus et dormitio super folia
+frigida, diminuit luxuriam, ita calefactio auget
+in luxuriâ mirabiliter. Ex quibus omnibus
+primum hoc concludimus, facere quidem ad
+Venerem exercendam lumbos, ut ex partibus
+suis constituuntur, et cum primis venas et
+arterias, ut quæ materiam ac spiritum deferant,
+quod volebat Cagnatus ; præcipuum
+tamen organum esse renum παρέγχυμα, cujus
+beneficio semen primum incipiat elaborari,
+perfici deinde porrò, et æquabilitatem indipisci
+in vasis, quæ et Sennerti, ut patuit,
+et nostra est sententia. Nec tamen de nihilo
+est, quod Nemesius notabat cum Isidoro, et
+Matthæus insuper et Laurenbergius, salsedinem
+quandam, et serosam materiam simul
+semini communicari et tentigini excitandæ
+à renibus ad testiculos adimplaustrari, quod
+verbi ac ipsâ in re usurpat Papias Grammaticus,
+in Vocabulario.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Concludimus porrò, flagra dorso sivè lumbis
+inflicta, quia partes semini generando dicatæ,
+ac semen ad genitales partes deferentes, ab
+iis incalescunt, in Venere excitanda, aut
+libidine, multum posse. Undè non mirum
+extincti illos pudoris bipedes libidinisque abominandæ
+victimas, de quibus egimus, aut
+alios nimiâ Venere exhaustos, lumborum
+partibus defectis lumbisque solutis, à flagris
+remedium quæsivisse. Horum enim incussu
+partes refrigeratas verisimile est rursus incalescere,
+ac materiæ seminali fervorem conciliari,
+accedente præsertim partium verberatarum
+dolore, qui facit, ut uberiùs sanguis,
+spiritusque attrahantur ; donec calore
+ipsis etiam generationis instrumentis communicato,
+male feriatæ voluntatis desiderium
+expleatur, et naturâ etiam invitâ, atque
+ultra modum potentiæ suæ vi in flagitia adigatur.
+Hæc mea est sententia, mî Cassî.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">At inquies, illi quidem, de quibus tu
+agis, abominandâ libidine exhausti, ut illicitam
+Venerem continuarent, porròque in
+eodem scelerum cœno se volutarent, remedium
+hoc usurparunt. Quæris autem ; postquam
+res ita habet, an non eodem non secus
+ac medicamentis aliis, citrà crimen ac reprehensionem
+uti is etiam possit, qui licitæ
+quidem Veneri addixit operam, latera tamen,
+et quæ præterea utramque hic paginam
+implere debebant, languidiora experitur,
+aut planè, ut Virgilii utar verbis, ex lib. 3
+Georg.</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Frigidus in Venerem senior, frustràque laborem</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Jucundum trahit, et si quando ad prælia ventum,</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Ut quondam in stipulis vanus sine viribus ignis</div>
+<div class="verse i2" lang="la" xml:lang="la">Incassum furit ;</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">ut creditricis etiam, non dicam debito, sed
+nec τῷ interesse saltim sit solvendo ? Quidni,
+verò amice Cassi ? Te quidem, remedii id
+genus ut usurpes minimè opus habere, juramento
+quinquagenario contendere paratus
+sum. Aliud nempe de te, qui medicus audio,
+atque hac in re ex artis præscripto judicare
+quidpiam aut possim, aut debeam, non falsus
+conjectator pridem præsumpsi. Aliud modo
+testatur nuptæ novellæ et musteæ uterum
+recenter verminans, testis omni exceptione
+major, et cui fides meritò arbitranda, cui felicem
+etiam justo tempore λύσιν Deum poscimus.
+Ut cum aliis idem communices remedium,
+si qui sint, qui opus habeant difflagellatore,</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Qui validè intorto verbere terga secet,</div>
+</div>
+
+</div>
+<p class="noindent" lang="la" xml:lang="la">nullos vetabo. Ἀφθόνους esse oportet non
+Μουσῶν tantum θύρας quod vulgò dici solet,
+sed ἰατρῶν maximè.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Invidentiæ enim crimen, ut Scribonius
+Largus aït in Epistolâ ad C. Julium Callistum,
+cum omnibus invisum esse debeat, tum
+præcipuè Medicis : in quibus nisi plenus misericordiæ
+et humanitatis sit animus, secundum
+ipsius professionis voluntatem, omnibus
+Diis et hominibus invisi esse debent.</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Ego tamen in tui saltim gratiam, ὦ φίλον
+κάρα, cum ita volueris, animi mei sententiam
+liberius paullò tibi explicare volui. Tu boni
+qualia consule, et me tuum porrò ama,
+quod facis, jocisque innoxiis, qui in seria
+tamen ducunt ; veniam impertire et bene
+vale.</p>
+
+<p class="c" lang="la" xml:lang="la">Lubecæ, Kal. sext. anno 1639.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h2 class="nobreak" lang="la" xml:lang="la">VIRO SUMMO<br>
+THOMAE BARTHOLINO,<br>
+HENRICUS MEIBOMIUS.<br>
+S. D.</h2>
+
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Responsarias meas nuper rectè tibi redditas
+esse, ex magni Simonis Paulli optimo
+filio Christiano Paullo lubens intellexi. Significat
+verò idem mihi nomine tuo, velle
+te parentis mei Johan. Henr. Meibomii epistolam
+de flagrorum in re veneriâ usu, renumque
+et lumborum officio, typographo recudendam
+dare. Quare nihil mihi gratius potuit
+accidere. Traxit quidem epistola illa originem
+ex liberioribus in convivio jocis, est
+que illius editio, parente inscio, Lugduni
+Batavorum procurata à magno illo viro cui
+inscripta est. Placuit tamen pluribus præstantibus
+in Europa viris, est que in publicis
+etiam scriptis à quibusdam laudata. Quin,
+cum initio pauca tantum exemplaria essent
+excusa, inter amicos distribuenda, cæpit desiderari
+ab eruditis et anxiè inquiri à curiosis,
+cum argumentum nescio quid haberet
+ἑλκυστικόν Dolui ipse sæpius me amicis desiderantibus
+ejus copiam facere non potuisse ;
+nolebam tamen eam iteratò imprimendam
+dare, partim, quod non omnia illius probarem
+partim, quod inter prima famæ incrementa
+illorum censuram incurrere nollem,
+quibus jam tum hæ tinctæ sale pruriente
+chartæ nimis fescenninæ videbantur.
+Interim tamen antè paucos annos vel Lugd.
+Batav., vel alibi, nescio quo editore, recusa
+est, quod quidem non ægrè tuli, si tamen
+eâ de re admonitus fuissem, luculentior prodiisset
+editio. Nunc verò valdè mihi gratulor,
+quod tibi quoque, quem inter primaria sua
+decora Europa numerat, ita placuerit, ut
+imprimendam iteratò censeas, novis accessionibus
+per te auctam. Tibi jam ab illis ambitiosè
+tristibus periculum nullum est, nec
+metuis, ne</p>
+
+<div class="flex">
+<div class="poetry">
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Rugato Cato tetricus labello</div>
+<div class="verse" lang="la" xml:lang="la">Nasum Rhinoceroticum minetur.</div>
+</div>
+
+</div>
+<p lang="la" xml:lang="la">Quin sacra hæc aliter non constant, nec
+Vestalibus aut horribilibus Sabinis nos scribinus,
+sed medicis. Meretur verò argumentum
+illud examinari accuratius, nec dubito
+a Te magni ingenii et lectionis infinitæ Viro,
+omnia esse adducta, quæ ornare illum locum
+possint. Cum tamen edita epistola
+quædam margini sui exemplaris adscripserit
+parens, ea debitis locis inserta, locupletandæ
+editioni, transmitto. Sunt dein nonnulla in hac
+epistolâ, quæ sapiunt anti-Harveïana
+tempora, in quibus malo ipse optimi parentis
+mei errorem agnoscere, quam defendere,
+cum præsertim ipsi non cum aliquot tantum
+doctis, sed cum aliquot sœculis sit communis.
+Nostri illud Celsi tui : « levia ingenia,
+quia nihil habent, nihil sibi detrahunt. Magno
+ingenio, multaque nihil ominus habituro convenit
+etiam simplex erroris confessio. Et
+cur non mereatur veniam error, in quem
+non tam pertinacia aliqua, quam ævi infelicitate
+incurrit ? Illa quidem, quæ in initio
+epistolæ de curatione morborum per flagellationes
+refert, aliorum nitantur auctoritatibus,
+nec dubii multum habent. Videntur
+autem recentiores remedia illa, malo ipso si
+non majora, ingrata tamen, in superferè
+habuisse. Illam tamen maniacorum per verbera
+curationem, cujus ex Cælio Aureliano,
+Rhase, aliis que meminit, superiori adhuc
+seculo in Anglia fuisse usitatam, quamvis medici
+ejus non meminerint, disco ex Bodino
+qui libro quinto de Republicâ ita loquitur :
+« Insania vero interdum in furorem abit :
+quod furoris genus verberibus mitescit. Nam
+Londini furiosorum hominum multitudo eodem
+coacta domicilio verberibus acerrimè
+castigatur quartâ-decimâ lunâ, quæ major
+vis est furoris, tumente cerebro. Cujus rei
+me commiseratio cum cœpisset, intellexi à
+curatoribus salutarem esse furoris medicinam. »</p>
+
+<p lang="la" xml:lang="la">Fœminis apud Romanos palmæ feriebantur,
+credebatur que hinc prœgnantibus facilior
+partus, sterilibus autem fœcunditas accedere.
+Sat id superstitiosum erat, fiebatque
+à Lupercis tantum, amiculo Junonis sivè pelle
+caprinâ, ut docet Festus, induti ; rident que
+ipsi Romani, ut apud Juvenalem sat. 2, videre
+est. Somnambulos, dum noctu surgunt,
+probè verberandos esse nonnulli censent,
+id quod feliciter cessisse certo exemplo mihi
+cognitum est, malo per verbera atrocia feliciter
+depulso, nec unquam recurrente. Recenset
+dein parens flagellationum ad libidinem
+concitandam factarum historias, mox
+que in causas inquirere incipit. Rejicit autem
+primùm astra, dein consuetudinem, à
+quâ solâ rationem hujus rei deduci non posse,
+satis, ni fallor, fecit manifestum. Id verò
+considerat, flagellationem illam non alibi,
+quam in dorso, lumbis que factam, hinc que
+eruendam veram causam censet. Ostendit igitur,
+cum sacras litteras, tum antiquitatem
+omnem unanimi consensu lumbis renibusque
+et lateribus suas in generatione seminis et
+Veneris usu partes deferre. Et non pauca
+quidem ex variis scriptoribus adduxit ; possent
+autem longè plura ejus generis, ex poëtis
+potissimùm adferri, nisi res jam tum clara
+esset. Ideòque id apud me quoque certum,
+lumbos plurimum ad negotium Veneris facere.
+Quod verò dein probare suscipit, à renibus
+in lumbis sitis semen primum elaborari, et
+si multos præclaros viros et qui ante et qui
+posteum vixerunt habeat ὁμοψήφους mihi necdum
+probavit. In confesso enim hodiè est
+apud veritatis scrutatores sanguinem per arterias
+emulgentes ad renes deferri, renibus
+autem per emulgentem venam in cavam et
+indè in cor redire : arterias spermaticas sanguinem
+ex arteriâ magnâ accipere, venas
+spermaticas eundem à partibus seminalibus,
+partim in cavam, partim in emulgentem venam
+reducere : qualis sanguinis motus ex valvularum
+in his venis constitutione manifesto
+probatur. Patet autem indè, nihil à renibus
+ad testes per vasa descendere. Interim verum
+manet, lumbos calidos ad Veneris opus
+facere, frigidos illud impedire, rectè que à
+medicis ad libidinem excitandam aut supprimendam
+calida vel frigida lumbis apponi. Ut
+enim parens meus ipse ex Cagnato, Montuoque
+observavit, sunt in lumbis majora
+vasa sita, in quibus si sanguis incalescit,
+necesse etiam est, per arterias spermaticas
+eum calidiorem tandem defluere, ipsam que
+seminalem materiam facilè mobilem in fervorem
+agi. De Renibus ita censeo. Si incaluerint
+solito magis, sanguini per venas emulgentes
+relabenti majorem calorem communicari,
+cum que continuo ad renes sanguis accedat,
+relabatur que, potest à renum calore
+toti sanguineæ massæ calor communicari
+major, undè etiam per arterias spermaticas
+sanguis calidior descendit. Hinc que explicari
+potest, cur quibus calidi renes, ii ad libidinem
+propensi, et quæ alia φαινόμενα ad
+suam sententiam probandam adduxit parens.
+Fortè etiam aliquando in illis, quibus jam
+tum calidus est sanguis, sunt que proindè libidinosiores,
+renes etiam calidi à sanguine
+continuò accedente fiunt, ceu notum est medicis,
+ubi errore diætæ incaluit sanguis,
+renum peccatum facillimè luere, quia ad eos
+præ aliis partibus magna quotidiè sanguinis
+copia accedit. Tum igitur non tam à renum
+calori dependet libido, quam à communi
+causâ, sanguinis nempe calore et libido et
+renum calor. Porrò jam ita rem explico. Per
+verberum incussus calefit in lumborum vasis,
+quà minoribus, quà majoribus sanguis, tandemque
+in ipsis etiam renibus, inde tota
+massa sanguinea demùm, ideòque et per arterias
+seminales fervidior elabitur, immò copiosior
+quoque, dum per illorum scelestorum
+ad Veneris prælia se parantium libidinosas
+cogitationes concitatur quodam modo versùs
+spermaticas partes effervescens sanguis. Ita
+et per decubitum molliorem, supinum, seminis
+profluvia incalescente sanguine concitantur.
+Equitantes in Venerem pronos fieri
+notum est, annotatumque jam tum in Centone
+problematum quæ sub Aristotelis nomine
+circumferuntur, sect. IV. probl. 12. Rationem
+autem hanc reddit auctor διὰ τὴν θερμότητα
+καὶ τὴν κίνησιν ταὐτὸ πάσχουσι, ὅπερ ἐν τῇ ὁμιλίᾳ
+propter calorem et agitationem ita afficiuntur,
+ut in coïtu solent, planè ad mentem
+meam. Incalescit enim per motus illos successiones
+que equitantium sanguis in vasis
+lumborum, promoveturque sanguinis per Aortæ
+truncum descendentem motus et ita etiam
+versus partes seminales. Contrarium quidem
+testari videtur Hyppocrates, lib. de aër.
+aq. et loc. ineptos nimiùm ad Venerem fieri
+eos, qui multum equitant. Veram explicandus
+ille est de continuâ Scytharum equitatione,
+quæ ad lassitudinem usque fit, corpusque debilitat
+ac resolvit, et ita Veneris stimulos
+supprimit. Ea verò de quâ ex Aristotele
+diximus, equitatio moderata intelligitur, per
+quam incalescant tantum lumbi. Non placet
+nunc progredi et distinctè quo libet ad examen
+vocare, quæ Parente meo adducta sunt,
+argumenta cum præsertim ea, quæ Sennertus
+habet, parenti pleraque memorata, jam
+tum satis feliciter discusserit Nath. Highmorus,
+Anatom. Operis lib. I. part. 3, cap. 4.
+Retinent interim suam certitudinem multa à
+Parente proposita, rejectâque tantum illâ de
+Renum vi σπερματοποιητικῇ sententia, reliqua
+fere plana sunt. Fortè ex recentioribus
+nonnulli ex suis hypothesibus aliter illa
+φαινόμενα explicare conarentur, quomodo Vir
+quidam ingeniosus qui seminis materiam chylum,
+non sanguinem, sibi firmiter persuaserat,
+per verbera in lumbis calefieri ampullascentem
+ibi chyli alveum, tumque ad partes genitales
+materiam quoque seminis magis moveri, arbitrabatur.
+Possem longè alia adferre, quibus
+hodiè commentum illud de succo nervoso
+placet, quem semini quoque materiam præbere
+existimant. Verum in illarum hypotheseon
+veritatem inquirere, non est hujus loci.
+Video autem hic verum esse, quod de omni
+impensarum genere dicebat olim Grœcinus
+apud Columellam : plerosque nova opera
+fortius auspicari, quam tueri perfecta. Meam
+tamen, quam de sanguinis in lumbis incalescentia
+proposui sententiam, non hypothesibus,
+sed certis probatisque niti arbitror ;
+Quod si tibi quoque, Vir magne, placuerit,
+longè magis in eâ confirmabor. Vale. Scripsi
+Helmstadii in Academiâ Julia.</p>
+
+<p class="c" lang="la" xml:lang="la">Prid. Kal. Sept. ann. 1669.</p>
+
+<div class="chapter"></div>
+
+<h2 class="nobreak">NOTICE<br>
+<i>Des auteurs cités dans l’Ouvrage de J. H. Meibomius,
+et que j’ai consultés pour corriger
+cette édition.</i></h2>
+
+
+<p>Festus. Titus et Asclépiade. Cœlius Aurelianus
+Rhasès. Antoine Gaignier. Valescus
+de Tarente. Sénèque. Juste-Lipse. Jerôme
+Mercurialis. Galien. Thémison. Elidœus de
+Padoüe. Thomas Campanella. Menghus Faventicus.
+Pétrone. Jean Pic, Comte de la
+Mirandole. Jean Mévisan. Cœlius Rhodiginus.
+André Tiraqueau. Othon Brunsfeld.
+Fransciscus Junctinus. Aristote. Ennius.
+Quintilien. Hippocrate. Marsilio Cagnati. Jérôme
+Montuus. Origène. Isidore. Saint-Jérome.
+Arnobe. Suidas. Petrus. Laurembergius.
+Celse. Bodin. Brisson, <i>antiquités du
+droit civil</i>. St.-Mathieu. Jérémie. St.-Paul.
+Salomon. St.-Pierre. Fr. Ranchin. Aëtius.
+Catulle. Martial. Perse. Juvenal. Nicolas
+Perrot. Mathœus. Martinius. Tertullien. Hésychius
+ou Isicius. St.-Augustin. Nicolas de
+Lyre. David. Ausonne. Avicenne. Fulgence.
+Varron. Lactance. Ovide. Apulée. Tibulle.
+Suétone. Barthelemy Montagnana. Nemesius.
+Joh. Marthæus. Garyopontus. Sennert. Arétée.
+Oribase. Gaspar Hoffmann. Kariesatos.
+Jean Beverovicius. Jean Barclay. Pierre d’Erlesunde.
+(Anecdotes moscovites.) Béroalde.
+Prudence. (Histoire des martyrs.) Dempster.
+Cardan. Olhafius. Wormius. Actuarius. Nath.
+Highmorus. Papias, le grammairien. Alexandre
+Trallien. Pline. Licinius Calvus. Théodore
+Priscien. Paul Eginete. Aaron. Dioscoride.
+Ælien. Misih. Virgile. Scribonius Largus.
+Plaute.</p>
+
+
+<p class="c i">Auteurs cités dans les notes du Traducteur.</p>
+
+<p>Lucien et Perrot d’Ablancourt. Pérégrinus.
+Diogène. Racine. Sénèque. Vossius. Horace.
+Le marquis de Langle. Ménage et Furetière.
+M. l’abbé Chappe d’Auteroche. L’Abbé Boileau.
+Columella. Matthiole. Arnaud de Villeneuve
+M. de Lignac. M. Lemery. Rabelais.
+Le Duchat (Ducatiana) Cornelius Gallus.</p>
+
+
+<p class="c gap">FIN.</p>
+
+<div class="break"></div>
+
+<p class="c top4em i">On trouve aux mêmes adresses :</p>
+
+
+<p class="drap">Poëmes philosophiques sur l’homme, 1 vol. in-18,
+frontispice gravé, représentant la résurrection
+des arts. 2 liv. 10 sous.</p>
+
+<p class="drap">Les nuits de la Conciergerie, rêveries mélancoliques
+et poésies d’un proscrit ; 1 vol. in-18, fig.
+3 liv. 10 sous.</p>
+
+<p class="drap">Les soupirs du cloître, ou le triomphe du fanatisme,
+épitre, par Guymond de la Touche, nouvelle
+édition, augmentée d’une notice sur la vie
+et les ouvrages de l’auteur, et autres poëmes choisis.
+1 vol. in-18, 2 liv. 10 sous.</p>
+
+<p class="drap">Le Pain béni, poëme et autres pièces choisies de
+Marigny, nouvelle édition, 1 vol. in-18, 2 liv.
+10 sous.</p>
+
+<p class="drap">Les Amours de Henry et Madeleine, poëme érotique
+en 2 chants, nouvelle édition, augmentée
+de plusieurs pièces en vers et en prose qui n’ont
+jamais été imprimées, 1 vol. in-18, fig. 2 liv.
+10 sous.</p>
+
+<p class="drap">Œuvres galantes de Palmarêze, 3 vol. in-18, jolie
+édition, beau papier, 9 liv.</p>
+
+<p class="drap">L’éloge de <i>quelque chose</i>, dédié à <i>quelqu’un</i>, suivi
+de l’éloge de <i>rien</i>, dédié à <i>personne</i>, nouvelle édition,
+augmentée du poëme latin de Passerat, intitulé :
+<i lang="la" xml:lang="la">Nihil</i>, et autres pièces également piquantes,
+par divers auteurs célèbres. 1 vol. in-18,
+2 liv. 10 sous.</p>
+
+<p class="drap"><span lang="la" xml:lang="la">Lucina sinè concubitu</span>, ou le plaisir sans peine,
+traduit de l’anglais de Johnson, par le citoyen
+Moët, et <span lang="la" xml:lang="la">Concubitus sinè Lucina</span>, par Combes,
+avec le supplément, ouvrage singulier, dans lequel
+il est démontré qu’une femme peut concevoir
+et enfanter sans le commerce de l’homme.
+1 vol. in-18, 3 liv.</p>
+
+<p class="drap">Les Serins, poëme didactique, formant avec les
+notes un traité complet pour l’éducation des serins ;
+1 vol. in-18, 2 liv. 10 sous.</p>
+
+<p class="drap">Histoire d’Hyppolite, comte de Duglas, par la
+citoyenne d’Aulnoy, nouvelle édition, 3 vol.
+in-18, avec de très-jolies figures, 7 liv. 10 sous.</p>
+
+
+<p class="i">Tout le monde connaît ce roman, qui a eu une infinité
+d’éditions : celle que nous annonçons est extrêmement
+soignée ; elle est en petit texte, sur beau papier.</p>
+
+
+<p class="drap">Le despotisme, poëme, et autres poésies patriotiques,
+par Mercier de Compiègne, 15 sous.</p>
+
+
+<p class="i">Cet opuscule, composé sous les verroux du despotisme
+le plus barbare, les yeux sans cesse fixés vers
+le glaive de la mort suspendu sur sa tête, tient un
+rang distingué parmi les productions de l’auteur. Il a
+obtenu la mention honorable de la Convention nationale,
+le 7 frimaire, et tous les journaux en ont fait
+le plus grand éloge.</p>
+
+
+<p class="drap">La morale du deuxième âge, ou idylles morales,
+tirées des jeux de l’enfance, par Mercier de Compiègne ;
+1 vol. in-18, 15 sous.</p>
+
+<p class="drap">Histoire du Petit Jacques, ouvrage moral, mis à
+la portée des enfans, traduit de l’anglais, nouvelle
+édition ; 1 vol. in-18, 1 liv.</p>
+
+<p class="drap">— Le même, en papier d’Hollande superfin ; 2 liv.
+10 sous.</p>
+
+<p class="drap">Histoire d’Olivier Cromvel, par A. J. Dugour, 2 vol.
+in-18, fig. 8 liv.</p>
+
+<p class="drap">Les nuits d’hiver, variétés philosophiques et sentimentales,
+recueillies par Mercier de Compiègne ;
+1 vol. in-18, fig., 3 liv. 10 sous.</p>
+
+
+<p class="i">Choix de nouvelles en prose et en vers, qui n’ont
+jamais été imprimées, ou qui sont devenues rares.
+Poésies de Camille Desmoulins, antérieures à la révolution,
+et qui n’y ont aucun rapport, Idylles orientales,
+sonnets traduits de l’italien et de l’espagnol,
+romances et observations sur différent points de philosophie
+et de politique, tout assure à ces <i>nuits</i> un
+succès brillant.</p>
+
+
+<p class="drap">L’innocence du premier âge, ou les amours de Pierre
+Lelong et Blanche Bazu, par Sauvigny ; 1 vol.
+in-18, fig., 3 liv. 10 sous.</p>
+
+
+<p class="i">La réputation de cet ouvrage nous dispense d’en faire
+l’analyse et l’éloge. L’exécution typographique en est
+très-belle, ainsi que les gravures.</p>
+
+
+<p class="drap">Histoire corrigée de Robinson Crusoë dans son isle
+déserte, ouvrage rendu propre à l’instruction de
+la jeunesse, sur l’avis et le plan de J. J. Rousseau,
+2 vol. in-18, fig., 5 liv.</p>
+
+<p class="drap">Précis historique de la prise de Valenciennes ; in-8<sup>o</sup>,
+1 liv. 10 sous.</p>
+
+<p class="drap">Concerts de Romainville, choix d’idylles, ariettes
+et vaudevilles ; 1 vol. in-18, fig., 6 liv.</p>
+
+<p class="drap">Soirées de mélancolie ; 1 vol. in-18, fig., 7 liv.</p>
+
+<p class="drap">Choix lyrique et sentimental ; 1 vol in-18, avec 4
+superbes gravures, dessinées par Queverdo ;
+5 liv.</p>
+
+<p class="drap">Gérard de Velsen, nouvelle historique, par Mercier
+de Compiègne ; 1 vol. in-18, fig., 4 liv. 10 sous.</p>
+
+<p class="drap">Ismaël et Christine, nouvelle historique, par le
+même, 1 vol. in-18, fig. (2<sup>me</sup> édition) 4 liv.</p>
+
+<p class="drap">Histoire de Marie Stuart, par le même ; 2 vol.
+in-18, avec jolies estampes, 9 liv.</p>
+
+
+
+<div style='text-align:center'>*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 77388 ***</div>
+</body>
+</html>
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