diff options
| author | nfenwick <nfenwick@pglaf.org> | 2025-02-05 10:07:58 -0800 |
|---|---|---|
| committer | nfenwick <nfenwick@pglaf.org> | 2025-02-05 10:07:58 -0800 |
| commit | 54e8ea023582ff6d987262a0058e150b3f8691bc (patch) | |
| tree | ea4a8afc01c2513115773ee17ff08c7bce1209be | |
| parent | 4f7ac5c4433d206d94462f38a225e689a6e00358 (diff) | |
| -rw-r--r-- | .gitattributes | 4 | ||||
| -rw-r--r-- | LICENSE.txt | 11 | ||||
| -rw-r--r-- | README.md | 2 | ||||
| -rw-r--r-- | old/51402-0.txt | 3165 | ||||
| -rw-r--r-- | old/51402-0.zip | bin | 74378 -> 0 bytes | |||
| -rw-r--r-- | old/51402-h.zip | bin | 170893 -> 0 bytes | |||
| -rw-r--r-- | old/51402-h/51402-h.htm | 4780 | ||||
| -rw-r--r-- | old/51402-h/images/cover.jpg | bin | 88693 -> 0 bytes | |||
| -rw-r--r-- | old/51402-h/images/firma.jpg | bin | 5537 -> 0 bytes |
9 files changed, 17 insertions, 7945 deletions
diff --git a/.gitattributes b/.gitattributes new file mode 100644 index 0000000..d7b82bc --- /dev/null +++ b/.gitattributes @@ -0,0 +1,4 @@ +*.txt text eol=lf +*.htm text eol=lf +*.html text eol=lf +*.md text eol=lf diff --git a/LICENSE.txt b/LICENSE.txt new file mode 100644 index 0000000..6312041 --- /dev/null +++ b/LICENSE.txt @@ -0,0 +1,11 @@ +This eBook, including all associated images, markup, improvements, +metadata, and any other content or labor, has been confirmed to be +in the PUBLIC DOMAIN IN THE UNITED STATES. + +Procedures for determining public domain status are described in +the "Copyright How-To" at https://www.gutenberg.org. + +No investigation has been made concerning possible copyrights in +jurisdictions other than the United States. Anyone seeking to utilize +this eBook outside of the United States should confirm copyright +status under the laws that apply to them. diff --git a/README.md b/README.md new file mode 100644 index 0000000..ead1a93 --- /dev/null +++ b/README.md @@ -0,0 +1,2 @@ +Project Gutenberg (https://www.gutenberg.org) public repository for +eBook #51402 (https://www.gutenberg.org/ebooks/51402) diff --git a/old/51402-0.txt b/old/51402-0.txt deleted file mode 100644 index e3e341c..0000000 --- a/old/51402-0.txt +++ /dev/null @@ -1,3165 +0,0 @@ -The Project Gutenberg EBook of La vita Italiana nel Risorgimento -(1831-1846), parte III, by Various - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - - -Title: La vita Italiana nel Risorgimento (1831-1846), parte III - Seconda serie - Lettere, scienze e arti - -Author: Various - -Release Date: March 8, 2016 [EBook #51402] - -Language: Italian - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VITA ITALIANA NEL RISORGIMENTO *** - - - - -Produced by Carlo Traverso, Barbara Magni and the Online -Distributed Proofreading Team at DP-test Italia, -http://dp-test.dm.unipi.it (This file was produced from -images generously made available by The Internet Archive) - - - - - - - LA - VITA ITALIANA - NEL - RISORGIMENTO - - (1831-1846) - - SECONDA SERIE - - - III. - - LETTERE, SCIENZE E ARTI. - - - Lamartine, Châteaubriand et l'Italie DEJOB CHARLES. - La pleiade musicale CHECCHI EUGENIO. - La elettricità animale FANO GIULIO. - _Appendice_: - Le Monténégro YRIARTE CHARLES. - - - - FIRENZE - R. BEMPORAD & FIGLIO - CESSIONARI DELLA LIBRERIA EDITRICE FELICE PAGGI - 7, Via del Proconsolo - 1899. - - - - - PROPRIETÀ LETTERARIA - - RISERVATI TUTTI I DIRITTI - - _Gli editori_ R. BEMPORAD & FIGLIO _dichiarano contraffatte - tutte le copie non munite della seguente firma_: - - [Illustrazione: firma manoscritta] - - Firenze, Tip. Cooperativa, Via Pietrapiana, 46. - - - - -LAMARTINE, CHATEAUBRIAND ET L'ITALIE - -CONFERENZA DI CHARLES DEJOB - - - _Mesdames, Messieurs_, - -On a souvent reproché aux Français, dans notre siècle, d'ignorer -systématiquement les langues étrangères. Ce reproche, ils ne l'ont -mérité qu'un moment. Nulle part pendant deux cents ans l'espagnol -et l'italien n'ont été plus à la mode que chez nous; jusque dans le -premier tiers de ce siècle, la France a été un des pays où, je ne -dirai pas seulement on écoutait, mais où l'on imprimait le plus de -livres italiens; et depuis un certain nombre d'années les étrangers -qu'on envoie chez nous en mission pour examiner la manière dont nos -lycées enseignent l'anglais et l'allemand, confessent dans leurs -rapports qu'il est difficile de mieux faire. Il y a toutefois un degré -auquel nous n'atteindrons probablement jamais: hors de France, dans -certains salons, une même personne parle allemand à un interlocuteur, -anglais à un autre, français à un troisième: peu de Français seront -polyglottes à ce point là. Mais faut-il le regretter? Apprendre, non -pas seulement à lire mais à parler plusieurs langues vivantes, c'est -prélever sur sa jeunesse pour apprendre des mots bien des mois qu'il -vaudrait peut-être mieux employer à approfondir sa propre langue et -à penser ou à sentir; puis n'est-il pas bien difficile à un auteur de -se former un idéal s'il est pour ainsi dire, tourmenté par les génies -divers de plusieurs nations qui se le disputent? Ecrire sous la dictée -d'une Muse, c'est fort bien; mais écrire sous la dictée de trois -ou quatre Muses qui nous parlent à la fois, c'est moins commode. En -revanche, la France a toujours été un des pays où l'on trouve le plus -d'hommes voués à l'étude des littératures étrangères et employant leur -existence à écrire, non pas des articles sur des feuilles volantes et -à propos de productions courantes dont tout le monde parle aujourd'hui -et dont personne ne parlera dans vingt ans, mais des volumes sur l'art -ou la poésie des autres nations; et le grand public s'y intéresse -si fort aux chefs-d'œuvre durables de l'étranger, qu'il se presse -au pied des chaires où on les commente: il y a environ cent ans, -Ginguené, le spirituel et perspicace historien de votre littérature, -en inaugura l'enseignement à l'Athénée; cet enseignement, transféré -depuis à la Sorbonne, y a brillé du même éclat entre les mains de -Fauriel, d'Ozanam, de M. Mézières et de M. Gebhart. Enfin la France -est un des pays où les écrivains célèbres, les penseurs, viennent le -plus volontiers en aide aux savants pour faire aimer les nations qui -méritent d'être aimées. Tout le monde sait que Stendhal a pour ainsi -dire passé sa vie à persuader aux Français que Milan, Florence, Rome, -Naples étaient les plus délicieux des séjours: et j'ai eu occasion -de montrer qu'à une époque où tous les voyageurs du Nord de l'Europe -exprimaient le plus profond dédain pour l'Italie contemporaine, -le grand astronome Lalande, Roland le futur conventionnel, surtout -M^me de Staël, prédisaient de la façon la plus claire votre glorieux -relèvement. - -Je voudrais rechercher aujourd'hui les sentiments de Châteaubriand et -de Lamartine à l'égard de l'Italie. - -Au premier abord, il semble que Châteaubriand n'a pas dû vous être -très-favorable. Je ne parle pas de quelques réclamations passagères -qu'il s'est attirées. Giustina Renier-Michiel a éloquemment réclamé -contre l'épithète de _ville contre nature_ qu'il avait appliquée à -Venise après son premier voyage, et Silvio Pellico s'est plaint avec -raison de ce que Châteaubriand avait confondu les _piombi_ de 1830 -avec ceux de 1820. Ce sont là des détails; mais un ancien émigré, un -légitimiste qui avait longtemps été _ultra_, pouvait-il s'intéresser au -véritable bien de l'Italie moderne? L'homme qui a entraîné Louis XVIII -à restaurer en Espagne le pouvoir absolu de Ferdinand VII pouvait-il -avoir quelque sympathie pour les patriotes italiens? - -Pourtant ne nous arrêtons pas aux apparences! - -D'abord Châteaubriand connaissait fort bien vos classiques, qu'il cite -assez souvent dans le texte. Dans le _Génie du Christianisme_, il -ne parle pas toujours de Dante comme il faudrait: mais songez qu'il -l'écrivait du vivant de Saverio Bettinelli; combien de gens, même -en Italie, malgré tout le parti que Monti venait de tirer pour sa -_Bassvilliana_ de l'imitation du poëme sacre, continuaient à juger la -_Divine Comédie_ sur la foi des _Lettere Virgiliane_! Baretti, qui, -pour faire pièce à Voltaire, a réussi à comprendre Shakespeare, n'a -jamais réussi à comprendre Dante. Du moins Châteaubriand reconnaît-il -que Dante n'a point de maître dans le pathétique et le terrible; et -plus tard, dans son _Essai sur la littérature_ anglaise, il avertit -que Shakespeare, dont nos romantiques étaient idolâtres, a eu moins à -faire que Dante pour fonder la littérature nationale. Son appréciation -sur le Tasse, pour qui vous savez que la France a toujours eu un faible -malgré le mot de Boileau dont on exagère étrangement le sens, est -très-pénétrante; il appelle la _Jérusalem Délivrée_ un chef-d'œuvre -de composition, et, quand il la blâme, c'est en homme que le poète -a conquis à son sujet, et qui voudrait collaborer avec lui pour -atteindre la perfection. Enfin il a pieusement suivi le convoi funèbre -de cet Alfieri dont, par un hasard qui au fond n'en est pas un, les -Français furent les admirateurs décidés à une époque où les Italiens se -partageaient encore sur son compte. - -Mais ce sont principalement les beautés naturelles de l'Italie qu'il -nous a comme révélées. Chose curieuse, et qui montre combien, en -dépit d'Horace, la plume est quelquefois supérieure au pinceau pour -la propagation des idées! Parmi les peintres qui ont le mieux fixé sur -la toile le charme du ciel italien, tout le monde place nécessairement -deux Français, Claude Gellée dit le Lorrain et Nicolas Poussin, et ils -ont tous deux vécu il y a deux cents ans; toutefois, la beauté de ce -ciel n'est proverbiale en France, à tous les degrés de la population, -que depuis que Châteaubriand et Lamartine l'ont décrite. Châteaubriand -a visité plusieurs fois l'Italie: dès le premier voyage il est ravi; il -vante les chemins excellents de la Lombardie, ses auberges «supérieures -à celles de France, presque égales à celles de l'Angleterre;» il donne -sur les fouilles de Pompei un excellent conseil qu'on a fini par juger -tel: laisser les objets là où on les trouve, protéger par un toit -les édifices qui les contiennent, mais conserver à chaque chose sa -signification en lui conservant sa place[1], surtout il a senti à ravir -l'attrait de la campagne romaine et du golfe de Naples. Voici comment -il peint le premier des deux tableaux: - -«Rien n'est comparable, pour la beauté, aux lignes de l'horizon romain, -à la douce inclination des plans, aux contours suaves et fuyants des -montagnes qui le terminent.... Une vapeur répandue dans le lointain -arrondit les objets et dissimule ce qu'ils pourraient avoir de dur -ou de heurté dans leurs formes. Les ombres ne sont jamais lourdes ou -noires; il n'y a pas de masses si obscures de rochers et de feuillages, -dans lesquelles il ne s'insinue toujours un peu de lumière. Une -teinte singulièrement harmonieuse marie la terre, le ciel et les eaux; -toutes les surfaces au moyen d'une gradation insensible de couleurs, -s'unissent par leurs extrémités, sans qu'on puisse déterminer le point -où une nuance finit et où l'autre commence. Vous avez sans doute admiré -dans les paysages de Claude Lorrain cette lumière qui semble idéale et -plus belle que nature. Eh bien, c'est la lumière de Rome.»[2] - -Voici pour Naples: - -«Des fleurs et des fruits humides de rosée sont moins suaves et moins -frais que le paysage de Naples sortant des ombres de la nuit. J'étais -toujours surpris, en arrivant au portique, de me trouver au bord de -la mer; car les vagues dans cet endroit faisaient à peine entendre -le léger murmure d'une fontaine. En extase devant ce tableau, je -m'appuyais contre une colonne et, sans pensée, sans désir, sans projet, -je restais des heures entières, à respirer un air délicieux. Le charme -était si profond, qu'il me semblait que cet air divin transformait ma -propre substance, et qu'avec un plaisir indicible je m'élevais vers le -firmament comme un pur esprit.»[3] - -Ce qui a principalement aidé à graver ces éloges du sol de l'Italie -dans la mémoire des Français, c'est qu'ils se rattachent souvent -à ce que j'appellerai la philosophie de Châteaubriand. Vous savez -que la grandeur de Châteaubriand tient avant tout à la profondeur -avec laquelle il a ressenti le prodigieux ébranlement de 1789. -Toutes les révolutions postérieures ne sont que des jeux auprès -de celle-là, non seulement à cause des luttes intestines qu'elle -a déchaînées, de l'énergie qu'il a fallu à la France pour rejeter -hors de ses confins l'Europe entière acharnée à la destruction de -la liberté, mais parce que toutes les révolutions ultérieures ne -portent que sur l'extension du principe victorieusement établi par -les hommes de 89, la souveraineté des nations. A cette date, un -monde s'est englouti, un autre monde est sorti du chaos. La notion -du roi sacré par l'Eglise, père de son peuple et propriétaire de son -royaume, de l'Eglise maîtresse des consciences, des intelligences -et dispensatrice privilégiée de la charité publique, de la noblesse -tantôt opulente, tantôt pauvre, mais toujours riche d'honneur, parce -que sa fonction propre est de mourir pour la patrie, toute cette -conception, très-imparfaite assurément, mais brillante et longtemps -glorieuse, s'est abimée. Châteaubriand accepta, en partie du moins, le -monde nouveau, mais ne cessa jamais de pleurer la grandeur du monde -disparu. De là, cette habitude de méditer sur le néant de l'homme -qui tourne quelquefois à la manie, mais qui lui inspire souvent des -pages dignes de Bossuet. Or l'Italie le conviait éminemment à des -méditations de cette nature. Avant lui, la plupart des voyageurs ne -cherchaient dans Rome que l'antiquité ou la Renaissance, ou bien ils -opposaient à la Rome d'autrefois la Rome de leur temps, pour mépriser -celle-ci ou la plaindre. Au contraire, Châteaubriand qui professe, -en véritable Breton, qu'un roi n'est jamais plus grand que quand il a -perdu sa couronne, vénère dans la Ville Eternelle la splendeur qu'elle -ne possède plus. Il la place, dans son imagination et dans son cœur, -à côté de ces Bourbons dont il ne méconnaît pas les fautes, dont il -n'adore pas les caprices, mais que le malheur a transfigurés pour lui: - -«Figurez-vous quelque chose de la désolation de Tyr et de Babylone, -dont parle l'Ecriture: un silence et une solitude aussi vastes que -le bruit et le tumulte des hommes qui se pressaient jadis sur ce -sol.... Vous apercevez ça et là quelques bouts de voie romaine dans -des lieux où il ne passe plus personne, quelques traces desséchées des -torrents de l'hiver: ces traces vues de loin ont elles-mêmes l'air -de grands chemins battus et fréquentés, et elles ne sont que le lit -désert d'une onde orageuse qui s'est écoulée comme le peuple romain. -A peine découvrez-vous quelques arbres, mais partout s'élèvent des -ruines d'acqueducs et de tombeaux, ruines qui semblent être les forêts -et les plantes indigènes d'une terre composée de la poussière des -morts et des débris des empires.... On dirait qu'aucune nation n'a -osé succéder aux maîtres du monde dans leur terre natale.... Déchue -de sa puissance terrestre, Rome, dans son orgueil, semble avoir voulu -s'isoler....; comme une reine tombée du trône, elle a noblement caché -ses malheurs dans la solitude. Il me serait impossible de vous dire -ce qu'on éprouve lorsque Rome vous apparaît tout à coup au milieu -de ces royaumes vides et qu'elle a l'air de se lever pour vous de la -tombe où elle était couchée. Tâchez de vous figurer ce trouble et cet -étonnement qui saisissaient les prophètes lorsque Dieu leur envoyait la -vision de quelque cité à laquelle il avait attaché les destinées de son -peuple.»[4] - -Oui, me direz-vous; mais que pense-t-il des habitants de ces ruines -majestueuses, de cet auguste désert? Messieurs, voici sa réponse dès -l'année 1803 et quand il n'a encore fait que traverser l'Italie. - -«Quant aux Romains modernes,... je crois qu'il y a encore chez eux le -fond d'une nation peu commune. On peut découvrir parmi ce peuple trop -sévèrement jugé un grand sens, du courage, de la patience, du génie, -des traces profondes de ses anciennes mœurs, je ne sais quel air de -souverain et quels nobles usages qui sentent encore la royauté.» Notez -qu'il parle ici, non des Italiens du Nord, qui venaient de donner au -monde Alfieri, Parini, Goldoni, où la veille encore Turin et Venise -étaient les capitales d'Etats libres, où l'esprit public s'était -éveillé avec Pietro Verri et Beccaria, mais de cette pauvre Rome si -endormie alors et si infortunée depuis 900 ans qu'à l'époque même où -les papes faisaient et défaisaient les rois, elle était en proie aux -caprices alternatifs de ses barons et de sa populace. Jusque dans les -traits des Romains modernes, Châteaubriand reconnaît la physionomie -du peuple roi, et cela entre Marengo et Austerlitz, c'est-à-dire à une -époque où il fallait à un Français beaucoup d'esprit et de cœur pour ne -pas oublier que l'orgueil est le partage des sots. - -Il se prononcera bien plus fortement quand il sera plus complètement -informé. Voici un passage d'un rapport qu'il adresse au gouvernement -français en 1828, en qualité d'ambassadeur à Rome. Ecoutez d'abord -comme il s'exprime sur les Bourbons de Naples, qui pourtant comptaient -alors en France sur les marches du trône la mère du comte de Chambord -et la femme du futur Louis Philippe: «Il est malheureusement trop vrai -que le gouvernement des Deux Siciles est tombé au dernier degré du -mépris.» Ecoutez maintenant ce qu'il écrit sur la persécution de vos -patriotes à une époque où le Spielberg n'avait pas encore rendu ses -proies: «On prend pour des conspirations ce qui n'est que le malaise -de tous, le produit du siècle, la lutte de l'ancienne société avec la -nouvelle, le combat de la décrépitude des vieilles institutions contre -l'énergie des jeunes générations, enfin la comparaison que chacun -fait de ce qui est à ce qui pourrait être. Ne nous le dissimulons -pas: le grand spectacle de le France puissante, libre et heureuse, ce -grand spectacle qui frappe les nations restées ou retombées sous le -joug, excite des regrets ou nourrit des espérances. Le mélange des -gouvernements représentatifs et des monarchies absolues ne saurait -durer; il faut que les uns ou les autres périssent, que la politique -reprenne un égal niveau ainsi que du temps de l'Europe gothique.... -C'est dans ce sens et uniquement dans ce sens qu'il y a conspiration en -Italie.» - -Loin de flatter ses compatriotes, il ajoutait que c'était seulement -en ce sens que l'Italie était française: «Le jour où elle entrera en -jouissance des droits que son intelligence aperçoit et que la marche -progressive du temps lui apporte, elle sera tranquille et purement -italienne.» Rien de plus honorable que cette loyauté, qui lui interdit -de mettre la main sur le libéralisme naissant de l'Italie, de se -prévaloir, pour le confisquer au profit de la France, du réveil que -nos penseurs du XVIII^e siècle avaient provoqué chez elle. Loin aussi -de renvoyer à une date qui n'arriverait jamais l'accomplissement de -ses prédictions, il disait: «Si quelque impulsion venait du dehors, -ou si quelque prince en deçà des Alpes accordait une charte à ses -sujets, une révolution aurait lieu, parce que tout est mûr pour cette -révolution.»[5] - -Vous voyez, Messieurs, que si Châteaubriand a siégé avec M. de -Metternich au Congrès de Vienne, ces deux hommes d'État ne jugeaient -pas de la même façon les affaires de l'Italie. - -Ma tâche devient en apparence plus délicate avec Lamartine: car son -nom vous rappelle sur le champ quelques paroles un peu vives qui lui -valurent tout près d'ici un coup d'épée. J'espère que tout à l'heure -vous conviendrez qu'il eût été bien dommage que Gabriele Pepe tuât -Lamartine, et cela non seulement parce que, en vérité, le prix des -deux existences engagées dans le combat n'était pas tout à fait égal, -mais parce que, si un jugement sévère, injuste même, sur une nation -signifiait nécessairement qu'on la méprise ou qu'on la déteste, il -faudrait effacer Dante, Alfieri, Foscolo et beaucoup d'autres, de -la liste des patriotes italiens: peut-être reconnaîtrez-vous dans un -instant que Lamartine a fait au moins autant pour l'Italie que son très -honorable adversaire. - -D'abord, par ses premières lectures, par ses amis de France, surtout -par ses fréquents séjours au-delà des Alpes, il avait eu le loisir de -la connaître; il en écrivait, il en parlait la langue. M. Mazzatinti -a retrouvé une lettre de lui écrite en un italien fort satisfaisant -à un Florentin; et j'ai lu, je ne sais plus où, qu'un jour dans sa -vieillesse et devant des auditeurs qu'il savait évidemment capables de -la comprendre, il feignit de lire une scène de mœurs napolitaines qu'en -réalité il improvisait et où des pêcheurs de Mergellina s'exprimaient -dans leur dialecte. Il n'avait pas passé douze ans en Italie, comme -il lui est échappé un jour de le dire: mais, sans compter de courtes -visites, il y avait passé une partie des années 1811 et 1812, de -l'année 1820, et trois ans de 1825 à 1828; si les salons italiens -avaient été assez lents à s'ouvrir pour lui, il s'était lié avec -Niccolini, surtout avec Gino Capponi avec qui, vous le savez, il -resta en correspondance, et il avait été mêlé à vos affaires par ses -fonctions diplomatiques, à Naples d'abord, puis à Florence. - -Lui aussi, ce fut la beauté physique de l'Italie qu'il commença -par goûter; nul n'a exprimé avec plus de séduction le charme d'une -promenade nocturne sur le golfe de Baia au milieu des chants que se -renvoient les pêcheurs et des parfums terrestres dont la brise du soir -embaume les eaux. Et, comme, pour la diffusion rapide des idées, la -poésie a sur la prose le même avantage que la prose sur le pinceau, les -vers de Lamartine décuplèrent chez nous en un moment les adorateurs de -la nature italienne. Citons seulement quelques vers: - - Maintenant sous le ciel tout repose, ou tout aime; - La vague en ondulant vient dormir sur le bord; - La fleur dort sur sa tige, et la nature même - Sous le dais de la nuit se recueille et s'endort. - Vois: la mousse a pour nous tapissé la vallée; - Le pampre s'y recourbe en replis tortueux, - Et l'haleine de l'onde à l'oranger mêlée - De ses fleurs qu'elle effeuille embaume mes cheveux. - A la molle clarté de la voûte sereine, - Nous chanterons ensemble assis sous le jasmin - Jusqu'à l'heure où la lune, en glissant vers Misène, - Se perd en pâlissant dans les feux du matin. - -D'ailleurs Lamartine, comme Châteaubriand, rapporta de l'Italie autre -chose que des impressions, il en rapporta une doctrine; il y avait -découvert pour son compte ce néant de l'homme que Châteaubriand y avait -seulement approfondi. Trop jeune pendant la Révolution française pour -en avoir, comme son prédécesseur, ressenti directement la secousse, -c'est en contemplant du sein de toutes les joies de la vie les ruines -de l'antiquité qu'il avait appris que tout change, tout passe, que -nous passons nous mêmes «hélas, sans laisser plus de trace que cette -barque où nous glissons sur cette mer où tout s'efface.» Il y avait -encore appris, ou plutôt il s'y était enseigné à lui-même par un -commentaire vivant du Tasse qui avait été le premier en date de ses -poètes préférés, sans doute aussi par une réminiscence de Pétrarque, -un nouveau style d'amour. Un a dit en France, et avec raison, que -dès avant lui, la poésie spirituellement, sèchement galante qui -n'avait que trop fleuri chez nous au XVIII^e siècle n'y régnait déjà -plus, que l'amour commençait à y être une passion sincère et, par -moments, mélancolique. Mais ce qu'on n'avait pas encore entendu chez -nous, c'était l'hymne religieux de l'amour: c'était, non pas l'amour -platonique, mais l'amour gravement, pieusement exalté, reconnaissant -à la bonté divine qui prête un instant la beauté à la terre pour en -sécher les larmes, mais qui la rappellera bientôt à lui pour nous -empêcher d'oublier qu'après tout le ciel seul ignore les pleurs. Or -ici Lamartine ne procède d'aucun Français, pas même d'André Chénier -dont les vers les plus touchants demeurent païens. Certes nos -classiques avaient admirablement dépeint les orages du cœur; mais -pour eux, la religion était une chose, l'amour en était une autre, -et ces deux ordres d'idées n'avaient rien à voir entre eux: dans la -tradition française, Dieu ne connaissait que le devoir, il ordonnait -la continence aux célibataires, la fidélité aux époux: quant à l'amour -honnête, il le permettait, mais il ne s'en occupait pas. Lamartine au -contraire procède de l'amant de Laure et du chantre de Tancrède. Il ne -les imite pas; il est moins homme de lettres qu'eux dans le bon comme -dans le mauvais sens; son élocution est moins travaillée; la nature -lui offre autre chose qu'un pré fleuri, une claire fontaine et un chœur -d'oiseaux saluant le mois d'avril. - -Mais, pour les avoir relus sous le ciel qui les a inspirés, pour avoir -respiré le bonheur qu'exhale la terre dont les habitants appellent tout -ce qui enchante _grazia di Dio_, il a, comme eux et plus expressément -encore, monté la poésie amoureuse sur le ton des cantiques. - - Celui qui, le cœur plein de délire et de flamme, - A cette heure d'amour, sous cet astre enchanté, - Sentirait tout à coup le rêve de son âme - S'animer sous les traits d'une chaste beauté, - Celui qui, sur la mousse, au pied du sycomore, - Au murmure des eaux, sous un dais de saphirs, - Assis à ses genoux de l'une à l'autre aurore - N'aurait pour lui parler que l'accent des soupirs, - Celui qui, respirant son haleine adorée, - Sentirait ses cheveux soulevés par les vents, - Caresser en passant sa paupière effleurée, - Ou rouler sur son front leurs anneaux ondoyants, - Celui qui, suspendant les heures fugitives, - Fixant avec l'amour son âme en ce beau lieu, - Oublierait que le temps coule encor sur ces rives, - Serait-il un mortel ou serait-il un dieu? - Et nous, aux doux penchants de ces verts Elysées, - Sur ces bords où l'Amour eût caché son Eden, - Au murmure plaintif des vagues apaisées, - Aux rayons endormis de l'astre élyséen; - Sous ce ciel où la vie, où le bonheur abonde, - Sur ces rives que l'œil se plaît à parcourir, - Nous avons respiré cet air d'un autre monde, - Elvire!... et cependant on dit qu'il faut mourir. - -Lisez superficiellement les _Méditations_, vous vous demanderez -pourquoi telle ou telle pièce porte pour titre un site napolitain: vous -n'y trouverez point de ces descriptions qui mettent les objets sous les -yeux; Lamartine regarde beaucoup moins que Victor Hugo, mais il sent -davantage; livrez-vous à lui et les émotions qu'il éveillera en vous -ranimeront celles que deux de vos poètes vous ont jadis données. Le -tour n'est plus le même: il y a déjà un orateur caché sous le poète des -_Méditations_: mais l'accent révèle la parenté du cœur. - -De même, cherchez à reconnaître le site de l'abbaye de Vallombrosa -dans la pièce où Lamartine l'a chantée: vous n'y réussirez pas. Mais -il fallait peut-être la splendeur d'une contrée où la solitude fait à -peine sentir son poids, où presque partout, dès qu'on s'élève au-dessus -du sol des villes, on aperçoit les deux spectacles les plus sublimes, -le mer et la montagne, pour découvrir à un jeune Français déjà répandu -dans les salons parisiens les _trésors cachés_ de la vie monastique, -cette joie mystérieuse que le vulgaire admire sans la comprendre, pour -lui faire goûter ce plaisir du recueillement qui ne suffit point pour -vivre parmi le monde, mais qui suffit pour vivre avec le ciel et avec -soi-même. - -Mais en comprenant, en aimant l'Italie, aurait-il méconnu, dédaigné les -Italiens? - -Messieurs, une opinion assez répandue de ce côté des Alpes veut que -la sympathie de la France pour l'Italie date de 1859, ou même qu'à -cette date encore un seul homme, le chef de la nation, il est vrai, -ait véritablement souhaité la délivrance de votre nation. Ce qui est -exact, c'est que pour que l'Italie entraînât la France avec elle, il -fallait qu'elle eût eu le temps de donner à la masse de notre nation -la preuve palpable, éclatante de sa volonté et de son héroïsme. Il -fallait que le belliqueux Piémont, le premier prêt pour la lutte, eût -osé affronter l'Autriche, il fallait que les bourgeois de Milan après -une lutte de cinq jours eussent chassé leur garnison, que la jeunesse -universitaire, professeurs en tête, se fût fait écraser à Curtatone -et à Montanara, il fallait que le grand Manin eût prouvé une fois -de plus qu'un homme peut quelque temps tenir tête à un empire, et -qu'enfin les plus illustres débris de cette mémorable année, conduits -par un instinct sûr, fussent venus porter chez nous le spectacle de -leur courageuse pauvreté et de leurs indomptables espérances. Mais, -dès l'instant où l'on sut en France que ce n'étaient pas seulement un -Pellico, un Confalonieri qui voulaient au prix de ses jours la liberté -de l'Italie, dès l'instant où il fut manifeste que toute la nation -était disposée à mourir pour son indépendance, la France, qui respirait -pourtant à peine de la sanglante guerre de Crimée, fut acquise à votre -cause; il put y avoir quelque inquiétude chez certains politiques, mais -les ennemis les plus irréconciliables de Napoléon III, les ouvriers de -Paris qu'il avait fallu massacrer en décembre 1851 pour leur imposer le -coup d'Etat, l'applaudirent avec transport à son départ pour l'armée. -Jusque là au contraire, le gros de la nation avait attendu. Rien en -effet n'était plus difficile pour un Français de la génération de 1830 -que de comprendre pourquoi les révolutions de Naples, de Piémont, des -Romagnes avaient été si vite comprimées. Figurez-vous un pays uni, -centralisé depuis des siècles, ayant l'habitude de penser, d'agir en -commun, et même, depuis cinquante ans, de se lever tout entier à la -voix d'une ville qui formait comme les Etats Genéraux en permanence -de la nation; figurez-vous ce peuple qui, grâce à cette union, a -brisé un trône séculaire, qui a refoulé et puni sous sa première -République la plus formidable invasion que le monde moderne eût encore -vue, qui, quinze ans après une Restauration imposée pur une invasion -plus formidable encore, a chassé à la face de l'Europe la dynastie -restaurée, et a, pour coup d'essai de sa liberté reconquise, affranchi -la Belgique. Comment comprendrait-il que l'Italie ne peut secouer -le joug aussi aisément? Le paysan, l'ouvrier français savent-ils que -l'Italie morcelée, humiliée depuis quatorze siècles ne peut tout d'un -coup retrouver sa vigueur? Ils voient les Polonais ne succomber que -sur des morceaux de drapeaux enlevés aux Russes. Ils ne se disent pas -que les Polonais qui se battent si bien à Grochow, à Ostrolenka sont -des soldats réguliers aussi aguerris que leurs adversaires; quand ils -voient les tentatives des patriotes italiens avorter si vite, ils en -concluent, à tort mais sincèrement, qu'à part quelques âmes d'élite, le -peuple italien ne désire pas changer de condition. - -Mais le langage de Lamartine à la Chambre française va nous montrer -comment les penseurs de notre pays, ceux qui avaient vu l'Italie chez -elle, préparaient la France à mieux juger des sentiments intimes de -leurs voisins. Car non seulement il se déclare personnellement partisan -de l'entière indépendance de l'Italie, non seulement il raconte avec -fierté avoir été mêlé dans sa jeunesse aux négociations où Louis XVIII -lui-même, tout légitimiste qu'il était par métier, et quoique surveillé -par la Sainte Alliance, offrait aux libéraux de Naples et de Turin de -les soutenir contre l'Autriche, pourvu qu'à la Charte espagnole de 1812 -ils préférassent la Charte française de 1814 fort préférable en effet; -mais nous allons le voir attaquer de front les préjugés qui rendaient -alors la France moins sensible aux malheurs de l'Italie qu'à ceux des -autres nations esclaves. - -Voici comment, avant les _Cinque giornate_, à une époque où l'Italie -ne s'était pas encore mesurée en bataille rangée avec ses tyrans, -il répondait à ceux qui arguaient du calme apparent qui depuis 1815 -régnait dans la Péninsule: «Sous ce calme apparent, ne l'oubliez pas, -il y avait un abîme, et dans cet abîme couvait la plus incompréhensible -de toutes les forces morales et matérielles, la nationalité morcelée, -la nationalité comprimée de 26 millions d'hommes.... Il suffit pour -chacun d'entre nous dont l'œil est intelligent, dont le cœur est -sympathique d'avoir traversé cette magnifique Italie pour sentir la -vie sous la mort apparente, pour sentir cette éternelle protestation -de la nationalité qui est la dernière arme d'un peuple.... Nulle part -cette protestation n'est aussi évidente qu'en Italie; nulle part, elle -n'a des droits plus sacrés à la sympathie des peuples. Je ne crains -pas de le dire, je ne serai démenti par personne: il n'y a pas une -race humaine qui ait donné au sol qu'elle habite une consécration -plus grande que celle que la race italienne a donnée pendant tant de -siècles de gloire, de liberté, de vertu, à ce point géographique de -notre globe»[6]. Puis il montre que l'on ne contentera pas l'Italie -par la réforme de quelques abus, par un peu de bien-être. Mais d'autre -part il nie que le _statu quo_ y ait seulement pour ennemis les -révolutionnaires dont l'Europe s'effrayait. Comme Châteaubriand, il -proteste que l'agitation de l'Italie n'est pas le fait de quelques -sectaires; mais ce n'est plus dans une dépêche confidentielle qu'il -dépose cette protestation; il la produit du haut de la tribune, et -il avait en un sens plus de mérite encore que Châteaubriand à ne pas -se tromper; car dans l'intervalle Mazzini avait paru, et bien des -hommes d'Etat personnifiaient en lui seul les aspirations de l'Italie. -«J'affirme ici, s'écriait Lamartine, par la connaissance personnelle -qu'une cohabitation de 12 ans m'a donnée, par la connaissance que -j'ai du caractère, du génie, du libéralisme italien, que le mot même -de radicalisme n'a pas de signification dans la langue, que c'est -une injure qui n'est même pas comprise au-delà des Alpes, que le -mouvement libéral n'est nullement un mouvement perturbateur..., mais -que c'est un mouvement de l'esprit humain et de l'indépendance des -peuples, _qui couve dans tous les siècles au cœur de l'Italie_»[7]. -Notez, Messieurs, ces derniers mots; ne fallait-il pas à un homme qui -n'était point un érudit, un vif et intelligent amour de l'Italie pour -deviner en quelque sorte les noms relativement obscurs des Italiens qui -entre Pétrarque et Alfieri empêchèrent la prescription du sentiment -national? Quant à la génération présente, il prouve son affirmation -par l'énergie avec laquelle le pape refuse de céder aux Autrichiens un -pavé de Ferrare, par nombre de faits précis empruntés à une brochure -parue le matin même et qui semble bien émaner du Père Ventura, par -des correspondances particulières qui attestent les espérances que les -plus illustres patriotes de l'Italie plaçaient sur notre poète; il en -extrait les touchantes anecdotes d'un archevêque, d'un curé de Milan -qui protestent chacun à leur manière contre une répression brutale -qui vient d'ensanglanter la ville, du comte Borromeo qui dépouille -la Toison d'Or souillée du sang de ses compatriotes. Enfin, conjurant -Guizot d'appuyer les revendications des peuples italiens, il affirme -avec une confiance excessive peut-être mais généreuse la solidité des -sympathies entre les peuples: «Les traités ne sont signés que par la -main des hommes; mais ces sympathies mutuelles entre les peuples faits -pour s'aimer, pour se soutenir, aspirer ensemble à la civilisation et -à la liberté, ce ne sont pas des traités d'un jour, ce ne sont pas -des traités signés par des diplomates; ce sont des traités préparés -par la Providence, signés et contresignés par la main de la nature -elle-même, non pas sur des parchemins comme ceux de 1815 qu'on nous a -fait signer en tenant la main de la France captive sur un protocole, -mais je le répète, de ces traités contresignés par Dieu et par la -nature, qui durent autant que les siècles»[8]. Ces paroles produisaient -un effet d'autant plus grand que, depuis dix ans, à force d'éloquence -Lamartine avait conquis une grande autorité à la tribune et dans la -nation. Personne ne songeait plus à le renvoyer dédaigneusement à -la poésie, ou, comme aurait dit Musset, à lui jeter toujours sa lyre -au nez. Dès avant que la révolution de 1848 l'élevât au pouvoir, il -étonnait le monde politique par la hardiesse tantôt divinatrice tantôt -imprudente de ses vues. Louis Philippe à qui l'on avait conseillé de -l'appeler dans ses conseils avait répondu: «Lamartine, ce n'est pas -un ministre, c'est un ministère; je le réserve.» Il apportait donc à -l'Italie l'appui d'un véritable homme d'Etat et non d'un simple poète. -D'ailleurs ses sentiments à son égard ne répondaient pas seulement à -ceux des hommes qu'on allait appeler les républicains de la veille, -mais à ceux des catholiques libéraux de notre nation que Silvio Pellico -avait depuis longtemps, pour parler comme Racine, rangé du parti de ses -larmes. Espérons qu'un jeune historien se laissera enfin tenter par un -beau sujet que j'ai cent fois proposé de vive voix et par écrit chez -nous et chez vous, l'histoire des réfugiés italiens en France de 1815 -à 1859 et de la transformation de l'opinion des Français, durant cette -période, touchant les affaires de l'Italie. J'ose affirmer que rien ne -serait plus utile, plus glorieux pour les deux nations. - -Mais revenons à Lamartine, ou plutôt élevons-nous au-dessus de notre -sujet pour conclure par une considération plus générale à laquelle il -nous conduit. Il y eut un temps où une nation pouvait raffoler de la -littérature, de l'art, des modes d'une autre et demeurer profondément -indifférente à ses destinées, la combattre, l'asservir. Il n'en est -plus ainsi, du moins chez les nations généreuses. (Car chaque peuple a -sa grandeur, mais il y en a dont la grandeur consiste dans la ténacité -prévoyante, hardie, implacable, avec laquelle ils poursuivent leur -perpétuel agrandissement). Aujourd'hui donc, du moins chez certains -peuples, aimer la littérature ou l'art d'un autre nation conduit à -l'aimer elle même. D'où vient ce changement? Serait-ce que l'amour de -la patrie s'affaiblirait et que tout lecteur devient un dilettante? -S'il en était ainsi, il faudrait, non pas féliciter, mais plaindre -l'humanité. Le progrès ne consiste pas à niveler les frontières; c'est -une duperie de ne pas aimer par-dessus tout son propre pays; car on -ne vous rendrait pas partout la pareille. Le jour où les honnêtes -gens s'entendraient pour laisser la nuit la clef sur leur porte, -il y aurait toujours assez de voleurs pour les dévaliser; de même, -la nation qui s'imaginerait que l'ère des guerres, des conquêtes -même est close, serait certaine d'être bientôt envahie et partagée. -Puis, toutes les vertus civiles sont suspendues en quelque sorte à -la vertu militaire, et s'affaissent quand elle tombe; sans doute la -vie civile offre des occasions d'exercer notre courage, mais on s'y -dérobe quand le sacrifice dans sa forme la plus haute n'est plus -pratiqué; l'histoire de tous les peuples qui ont renoncé à la gloire -militaire le prouve. Mais, si un Châteaubriand, un Lamartine passent -de l'admiration pour les grands écrivains et le sol de l'Italie à la -sympathie pour ses aspirations, c'est que l'on commence à comprendre -que la conquête, toujours à redouter, n'est point à louer, et que, -prendre une province malgré elle à un peuple, c'est souffleter sur la -joue de ce peuple le droit du genre humain. Pour peu donc que cette -nation cesse d'être une inconnue pour nous, ses souffrances font -brêche dans notre égoïsme, et nous ressentons l'outrage qu'au fond nous -avons reçu en sa personne. Puis, nous comprenons que de nos jours un -peuple asservi souffre plus qu'autrefois. Jadis une ville se résignait -souvent sans trop de peine à passer d'une nation à une autre, parce -que ce n'était au fond que changer de maître: le nouveau souverain -n'exigeait pas toujours des tributs plus lourds que l'ancien, et, la -conscription n'existant pas, ne demandait point à ses nouveaux sujets -de se battre au besoin contre leurs frères de la veille. Berchet nous a -éloquemment appris, dans _Giulia_, les tortures du conscrit obligé de -revêtir un uniforme abhorré. — Mais, dira-t-on, dans les littératures -modernes, les œuvres des classiques sont en partie nées dans des -époques où l'homme de lettres, au moins dans son cabinet, oubliait -qu'il avait une patrie: comment donc l'étude de ses œuvres, qui nous -attache à lui, nous attacherait-elle à ses compatriotes, surtout à -ses compatriotes d'aujourd'hui? — La réponse est dans les progrès -de la critique. Autrefois on considérait un ouvrage comme une pure -composition littéraire, sortie toute entière du génie de l'auteur et -des principes de l'école à laquelle il appartenait; aujourd'hui nous -considérons un auteur comme un homme qui exprime, sans y penser, tantôt -les vertus ou les défaillances de sa génération, tantôt les traits -dominants de sa race. Notre admiration pour lui excite par conséquent -notre intérêt pour ses compatriotes. Nous goûtons comme nos pères -l'incroyable dextérité avec laquelle Arioste nous fait passer d'une -historiette à une autre, mais nous ne le rendons plus seul responsable -de l'enjouement qu'il garde au milieu des malheurs de sa patrie; quand -Machiavel conseille aux princes d'affecter toutes les vertus, mais de -ne pas les avoir, nous plaignons l'Italie dont l'infortune ne laissait -plus alors d'espoir que dans la cruauté, pour ainsi dire, économique -d'un Cesare Borgia. L'étude des littératures étrangères est le meilleur -préservatif contre les engouements de la mode et contre les velleités -d'une injuste ambition; car, en même temps qu'elle nous fait admirer -le génie des autres peuples, elle nous fait comprendre combien il est -différent du nôtre et par suite quelle folie c'est que de vouloir -l'imiter ou que de prétendre l'asservir. Si, par hasard, ce génie -s'éloigne moins du nôtre parce que c'est celui d'une nation sœur, tout -ce qui nous est permis, c'est de faire ce qu'ont fait Châteaubriand et -Lamartine, à savoir de l'aimer. - - - - -LA PLEIADE MUSICALE - -CONFERENZA DI EUGENIO CHECCHI - - - _Signore e Signori!_ - -La sera del 3 agosto 1829 — data memorabile per la storia dell'arte -— il pubblico parigino chiamato a giudicare la nuova opera, che fu -anche l'ultima, di Gioacchino Rossini, sentenziò quasi unanime, che -il _Guglielmo Tell_ era una troppo audace innovazione, e accennava -a qualche cosa di troppo rivoluzionario e di troppo anormale nei -tranquilli dominii della musica. E l'opera grande e immortale -fu accolta in quella sera e nelle sere successive con sospettosa -freddezza. - -Alla distanza di sessantotto anni, nella sera del 26 dicembre 1897, -il pubblico romano del teatro Argentina riudì ancora una volta il -capolavoro rossiniano, e sentenziò con mirabile disinvoltura che -anche le opere del genio risentono le offese del tempo, e che il -_Guglielmo Tell_ più non risponde ai nuovi bisogni, ai nuovi gusti: -doversi perciò rimandare ai Conservatorii e agli Istituti musicali, -perchè, tutt'al più, sia argomento di studio nelle classi di alta -composizione. E l'opera si trascinò faticosamente per un lieve corso di -rappresentazioni, fra la indifferenza e gli aristocratici sbadigli di -spettatori scarsi di numero. - -Oggi dunque, se le manifestazioni della così detta opinione pubblica -hanno da contare per qualche cosa, oggi il Rossini non sarebbe che un -classico: impeccabile quanto si voglia, ma niente più che un classico: -nel 1829 invece un redivivo Voltaire avrebbe potuto ripetere del -Rossini quel che si disse dello Shakspeare, che fu un barbaro non privo -d'ingegno. Come è possibile mandare insieme a braccetto i due giudizi? - -Il pubblico di Parigi d'allora e il pubblico di Roma del decorso -anno, ugualmente sinceri, ma ugualmente rei di spropositate sentenze, -subivano la influenza di cause che forse sarebbe curioso ed opportuno -di esaminare e di riassumere, se non temessi di sconfinar troppo dal -tema cortesemente assegnatomi. - -Se non che appunto cotesta freddezza del pubblico parigino, a cui -ho accennato, se non fu la principale nè l'unica fu certamente una -delle ragioni per le quali il Rossini spezzò la penna di compositore -melodrammatico. Consapevole della propria gloria, egli si ritirò, -tra sorridente e sdegnoso, dalle battaglie della scena: si ritirò a -trentasette anni: nè i pentimenti troppo tardivi dei pubblici, nè le -cospicue offerte che dalle grandi metropoli dell'Europa gli pervenivano -valsero a vincere quella sua serena pigrizia, in cui si sarebbe -cullato, con tutte le seduzioni fascinatrici della celebrità, per -quarant'anni di seguito. - -Iniziatore di una riforma, Gioacchino Rossini non ebbe soltanto il -merito di aprir nuove vie all'arte melodrammatica, ma tutte le percorse -da sovrano conquistatore, in tutte impresse la incancellabile orma -propria. E perchè il genio ha qualità, quasi direi, assorbenti, e la -luce che da lui emana par che riassuma in sè, compenetrandole, tutte -le altre luci minori e le attenui e le spenga, appunto come il sole che -non può esser vinto da nessuna illuminazione artificiale, così accadde -che nel silenzio dell'autore del _Guglielmo Tell_ si credette che la -musica italiana avesse pronunziata l'ultima sua parola. - -Di quali altri capolavori si sarebbe arricchito il repertorio -melodrammatico, se nel Rossini la volontà e la fantasia fossero -state in ugual misura obbedienti, è ricerca che a nulla gioverebbe. -L'immortale maestro, che impegni contrattuali col grande teatro di -Parigi obbligavano per un corso non breve di anni, si sentì a un -tratto disorientato in quella rivoluzione del luglio 1830, che dava -alla vita politica, alla vita letteraria ed artistica della Francia -indirizzi nuovi. Come il Mefistofele del Goethe, che non comprende le -classiche finzioni della greca mitologia nella simbolica evocazione di -Elena, così l'autore dell'_Italiana in Algeri_, del _Turco in Italia_, -del _Barbiere di Siviglia_ dura fatica a raccapezzarsi in quel moto -degli spiriti vagheggianti ideali nuovi, in quelle irrequietezze delle -fantasie giovanili che anelano ad orizzonti fino allora inesplorati. -Rimane intatta e splendente la sua musica, perchè segnata col marchio -indistruttibile del genio, ma il suo linguaggio si crede o pare -che non risponda più ai bisogni, alle aspirazioni, ai desiderii -dell'universale. Spira nelle regioni dell'arte un soffio di modernità -che non si acquieta ai facili sorrisi dell'abbondante produzione -dell'opera giocosa; e le menti, fatte serie e cogitabonde, drizzano -per così dire la vela in oceani più sconfinati, dove par che baleni, -tremolando sulle acque, la fata morgana dell'invadente romanticismo. - -E frutto del romanticismo, imperante nella Francia degli Hugo, dei -Delavigne, dei De Vigny, è la musica dei maestri italiani succeduti al -Rossini. Ai francesi compositori, come l'Auber e l'Halévy, ai tedeschi -un po' infrancesati come Giacomo Meyerbeer, non valse la imitazione -rossiniana, in principio servile e poi alquanto più libera, per potere -essi raccogliere la eredità creduta giacente. La divina Euterpe spiccò -il volo rivalicando le Alpi, e tornò da Parigi nella sua vera patria -l'Italia, di dove più non si mosse. - -Qui era nata, qui aveva raggiunto lo splendore suo massimo, qui erano -sbocciate le immortali cantilene dei Pergolese, dei Paisiello, dei -Cimarosa; e qui avrebbe dovuto fatalmente riallacciarsi la fulgida -tradizione che la partenza del Rossini dalla patria un po' ingrata non -era riuscita ad interrompere. Onde gli occhi di tutti si volsero là -dove nuovi germi sbocciavano, dove le nuove manifestazioni dell'arte -fiorivano, dove il genio della musica ci apparecchiava le nuove grandi -sorprese del periodo che oggi studiamo. - - * - * * - -Singolari tempi cotesti: quasi ponte di passaggio fra le due rive di -un fiume frettoloso, avviato verso una mèta iperbolicamente lontana. -Dopo un lungo riposo di quindici anni, un riposo conquistato a prezzo -di tanto sangue inutilmente versato nelle guerre del primo Napoleone, -cominciava ora quella feconda evoluzione degli spiriti e delle -menti, che, come dianzi accennavo, prese il nome, anzi rinverniciò a -nuovo quel vecchio nome di romanticismo: e se la Francia, seguitando -l'esempio della Germania del Goethe e dello Schiller, sopravanzò gli -altri popoli nella feconda produzione poetica e prosastica, l'Italia, -non ostante i grandi fulgori del genio manzoniano, si restrinse, -almeno per allora, nel campo della musica: anzi più specialmente della -musica melodrammatica. Fosse mancanza di grandi ingegni letterarii, -che avrebbero dovuto continuare l'opera iniziata nel '27 dal Manzoni -col suo celebre romanzo, fossero le condizioni civili e politiche -della penisola, fosse piuttosto, come io credo, la vivace rimembranza -dei recenti trionfi musicali, fatto sta che l'Italia si restrinse -per allora a una sola arte, e gelosamente custodì e mantenne quel suo -primato invidiato ed invidiabile della musica teatrale. - -Chi studiasse un po' attentamente quel periodo di vita sociale, che -si svolse in Italia dal '31 al '46, ne troverebbe rispecchiate alcune -sue manifestazioni nella musica dei maestri d'allora: i nomi dei quali -sono vanto imperituro nell'arte del secolo decimonono. Quella musica -combatte in principio una tenace battaglia, per liberarsi dai fàscini -e dalle seduzioni del grande mago che si adagia sorridente all'ombra -dell'albero della sua gloria, e a poco a poco riesce a vincere: ma -perdurano quelle ragioni, che avevano costretto anche il Rossini ad -improvvisare in poche settimane, qualche volta in pochissimi giorni, -le opere per le quali si era impegnato con le direzioni dei teatri. Il -teatro è la più potente, la più geniale distrazione di quel tempo: è, -per così dire, l'unica manifestazione chiassosa dello spirito pubblico, -che si rivela in una incessante domanda di altre opere. E queste opere -occorre rispondano alla smania di novità che agita le folle, occorre -non interrompano ma anzi alimentino quella produzione artistica che -deve diffondersi da tutti i palcoscenici d'Italia. - -La schiera dei maestri, dico di quelli a cui non mancheranno i -favori del pubblico, è troppo esigua al bisogno, perchè ella possa -corrispondere alle richieste che d'ogni parte si affollano: onde la -necessità li costringe a lavorare rapidamente, talvolta con prestezza -fulminea. Accade perciò che non sempre la miniera, quantunque -inesausta, dia metallo purissimo, e che il genio rifulga sempre della -medesima intensità di luce: tormentato e irritato, egli ha ogni tanto -qualche abbandono, qualche cascaggine, qualche annebbiamento che lo -offusca. Ma dalla fredda accoglienza fatta a un'opera nuova, o anche da -un clamoroso insuccesso, l'autore si risolleva e risorge come stimolato -a vendicarsi, e le sue vendette sono spesso capolavori: capolavori -che hanno nome _Sonnambula_, _Norma_, i _Puritani_, _Anna Bolena_, -_Lucrezia Borgia_, _Lucia di Lamermoor_. - -C'è dunque un nuovo indirizzo, stavo per dire una nuova scuola che -sorge, florida di giovinezza, ricca di speranze, cercatrice smaniosa -di successi. La musica italiana, che s'era detto aver pronunziata col -_Guglielmo Tell_ la sua ultima parola, riprende il suo fatale andare, -e parla ancora alle menti, eccita ancora le fantasie, commuove ancora -ed esalta milioni e milioni di cuori. Vincenzo Bellini e Gaetano -Donizetti, i due astri più luminosi della pleiade scintillante, -procedenti per vie diverse ad una medesima mèta, con magnanima -ostinazione resistono alle prime avvisaglie della scuola tedesca, -e dimostrano con l'esempio di voler serbare alla nostra musica la -schietta italianità, che vuol dire il sentimento, la passione, la -melodia, il canto. - -Nei loro inizii, nelle inevitabili incertezze di chi, incominciando, -sente di non poter camminare spedito se non si appoggia, come l'edera, -a qualche robusto tronco, anche i due maestri s'ispirano e si scaldano -al gran sole rossiniano: ma dopo quei primi esperimenti di una -ginnastica intellettuale, quando la loro fibra si è ringagliardita -nelle molteplici prove, ed essi hanno acquistata la coscienza -sicura del proprio essere, ogni ombra d'imitazione scompare, ed -essi raggiungono in brevissimo tempo la fama, la popolarità, la -gloria. Sono l'uno e l'altro, e sinceramente lo confessano, una -derivazione rossiniana: ma accade di loro, se mi è lecito di rapire una -similitudine alla scienza astronomica, accade di loro come quando un -bolide scoppiando si riduce in parti, e coteste parti, pur descrivendo -ciascuna per conto proprio una traiettoria nello spazio, serbano -in comune il punto primitivo di partenza: così i due grandissimi, -quantunque di grandezza diversa dal loro autore e non ostante -l'individuale cammino percorso, sembrano emanare da un apice comune, da -Gioacchino Rossini. - -Ma della serena spensieratezza di quelli anni e di quella generazione, -che affaticata dalle immani lotte napoleoniche cercava un riposo e -una distrazione nelle prime opere del maestro di Pesaro, e rispondeva -acclamando e ridendo alla squillante risata dell'autore del _Barbiere -di Siviglia_, di cotesta spensieratezza non vedremo più che una traccia -fuggevole. Se qualche cosa d'incipriato sopravvive all'ottantanove e ai -trattati del quindici, se nella vita poco o punto affaccendata delle -classi colte c'è ancora come un resto delle mollezze e delle morbide -blandizie del settecento, e c'è una corruzione elegante che non sa -risolversi a rendere le armi, pure aleggia nella parte sana del popolo -un'aura più vivace, e già un concetto delle civili responsabilità a -poco a poco la penetra. - -Interprete dei sentimenti e delle aspirazioni nuove sarà l'arte -della musica, che per la sua stessa indeterminatezza del linguaggio -si piegherà volenterosa ad esprimere sentimenti, affetti, passioni -tumultuanti nelle anime. - -Una solenne e austera mestizia par che governi il mondo, e di -quella mestizia è raccontatrice e commentatrice fedele la musica. -Sorriderà ancora, in alcune geniali produzioni del Donizetti, la musa -dell'opera giocosa, ma fra quei sorrisi vedremo pure talvolta balenare -scintillando le lacrime, e per arrivare al lieto fine di prammatica -rasenteremo più d'una volta il dramma. L'arte non è più un semplice -diletto, nè una blanda carezza di suoni armoniosissimi; ella deve -invece tradurre tutto quel complesso di aspirazioni che sono tanta -parte nella vita nuova del popolo, deve in certo modo riprendere e -continuare per conto proprio l'opera iniziata altrove con la poesia, -col romanzo, col dramma. Una invisibil catena avvince le genti fra -loro, le genti oramai consapevoli dei propri diritti e dei propri -doveri: e perchè l'arte è il linguaggio che tutti comprendono, toccherà -a lei farsi divulgatrice d'idee e di propositi, che nel segreto -dapprima, poi alla luce aperta del sole maturano. - -Chi afferma che la musica di cotesti anni altro non è che la -continuazione di quel che fu fatto nel primo trentennio del secolo, -dà prova di non averne penetrata la intima essenza. Certo nè Vincenzo -Bellini, nè Gaetano Donizetti furono gli antesignani di una rivoluzione -civile e politica, alla quale essi mai non pensarono, e della quale -sarebbe sfuggita a loro, perchè distratti in più serene contemplazioni, -la ragione remota o prossima. Ma un qualche cosa che vibrava e -fremeva intorno dovette persuaderli che sarebbe toccata alla musica -una partecipazione essenziale in quel grande rimescolìo degli animi -e delle menti: e guidati da quell'istinto che è qualità divinatrice -del genio, essi furono gli uomini del loro tempo, furono i gloriosi -portabandiera di un piccolo ed elettissimo esercito, che combatte anche -oggi battaglie non ingloriose nel campo dell'arte. - - * - * * - -Vincenzo Bellini rappresenta, nella pleiade musicale di cotesti anni, -il luminoso astro fuggitivo che brillerà d'intensissima luce per -pochi anni, poi sparirà quasi consunto dal suo medesimo fuoco. Se -egli ottenesse dalla natura il dono prezioso della fecondità, non è -certo; ma si sa che le opere sue più belle, le tre opere magistrali -che non morranno fintantochè almeno non si capovolgano le leggi eterne -del gusto, rampollarono dall'accesa fantasia del giovane maestro con -meravigliosa rapidità, e si sa pure che dopo il sublime suo canto del -cigno, dopo quei _Puritani_ che sollevarono un grido d'entusiasmo per -tutto il mondo, egli, già colpito dalla fatale malattia che doveva -spegnerlo all'età di trentaquattro anni, meditava sopra due nuovi -soggetti. Di lui veramente, meglio che del Rossini, sarebbe curioso -e opportuno indagare quali nuove forme avrebbe assunte, a quali -diversi atteggiamenti si sarebbe piegato il suo ingegno, se la natura, -dispettosamente crudele, non avesse voluto dare apparenza di verità -all'antica sentenza di Menandro: «Muor giovine colui che al cielo è -caro.» - -L'acutezza tutta meridionale della sua mente, in quei brevi mesi -di soggiorno a Parigi, gli servì per penetrare addentro nei nuovi -progressi della musica strumentale, che fu per lui come il dischiudersi -di nuovi orizzonti; e forse non esagerano quei biografi i quali -affermano, che prima di recarsi in Francia il Bellini non conoscesse -che superficialmente la musica di quel maestro che il Rossini non -dubitava di chiamare fra tutti il più grande, e che fu Ludovico -Beethoven. Della profonda mestizia, qualità predominante nell'autore -delle Nove Sinfonie, è facile riscontrare più d'una traccia nell'ultima -opera del maestro catanese, come nè è più ricco, più nutrito, più -vario lo strumentale. Egli che, nell'idilliaca _Sonnambula_, emulò -la greca semplicità e la perfezione di Teocrito, e nella _Norma_ -si sollevò a grandezza epica, tocca, io credo, il massimo vertice -del sublime con la dipintura delle cruente lotte fra i _Puritani ed -i Cavalieri_. Dalla favola montanara, tutta impregnata di agresti -profumi, dalle foreste druidiche, di cui indovina, senza neanche darsi -pensiero di approfondirle, le sanguinose tregende, egli trapassa alla -contemplazione e alla riproduzione di un grande quadro storico: ma -nella cozzante varietà dei soggetti che tratta, egli serba pur sempre -lo spiccato carattere della individualità propria, della propria -originalità. - -Ascoltando la musica di altri maestri, rimarremo incerti talvolta -nell'attribuire la paternità a questo od a quello: ma Vincenzo Bellini -non è possibile confonderlo mai con altri. Le sue cantilene soavissime, -le sue melodie, quasi tutte di prima intenzione, e una tal quale -morbidezza raffaellesca di contorni, ce lo annunziano e ce lo rivelano -presente sempre. - -Egli non somiglia che a sè medesimo. Sentendolo, vien fatto di pensare -che la sua musica, più che dalla fantasia, gli germogli dall'anima, e -che quell'anima riassuma e traduca le troppo fugaci gioie e gli eterni -dolori dell'umanità: vien fatto di dire che i suoi canti, più che col -linguaggio delle note sono composti di lacrime, e sono le lacrime che -raccontano le nostre miserie, le nostre intime ambascie. - -Vincenzo Bellini ebbe principalissime, fra tutte le doti musicali, la -schiettezza e la limpidezza, congiunte alla più squisita semplicità -delle forme. C'è stato perfino un tempo, nel quale non si dubitò di -dirlo anche troppo semplice. Venti o venticinque anni fa il direttore -di un teatro parigino, voglioso di rimettere in scena la _Norma_, -propose a Giorgio Bizet, non ancora celebre, di rifare, secondo -le nuove tendenze e il nuovo stile, la strumentazione dell'opera -belliniana, e offrì al giovine maestro, bisognoso di lavorare, qualche -migliaio di lire. Tutto lieto il Bizet portò a casa la partitura della -_Norma_, stimando agevole impresa rimettere a nuovo la vecchia opera, -vecchia allora di più che quarant'anni. Ma di lì a qualche giorno, con -la partitura intatta sotto il braccio, egli andò a trovare il direttore -di quel teatro, e restituendogli lo spartito gli disse che le opere -del genio sono intangibili, che a mettervi le mani e ad alterarle -si commette opera profanatrice e sacrilega. L'autore futuro della -_Carmen_, grande artista veramente, respingeva da sè con ribrezzo la -mostruosa complicità in un reato, rimasto fortunatamente uno sterile -tentativo. - -Ogni tempo ha l'arte che si merita e che gli si confà: e l'arte non ha -efficacia immediata, se non in quanto rispecchia i gusti, le tendenze, -le aspirazioni dell'epoca in cui ella sorge e fiorisce. La musica della -prima metà del nostro secolo, discesa in linea retta da quella del -secolo precedente, mantenne intatta la tradizione, ma si arricchì di -forme più belle, ma ebbe intenti più serii e più drammatici, ma penetrò -anche più addentro nei segreti dell'anima umana. - -Senza confondere l'arte con la scienza, ma senza ripudiare -quest'ultima, rifiutò tutto quello che non germogliasse direttamente -dalla fantasia. E appunto per questo fu grande e semplice; ed ebbe -nome, per il momento, Vincenzo Bellini e Gaetano Donizetti, Oh non per -loro certamente, non per le loro orchestre destinate ad accompagnare -docilmente o ad abbellire di fregi modesti il canto della scena, non -per le loro orchestre, come doveva accadere più tardi per il mistico -Wagner, tutte le potenze della natura congiurarono favorevoli, nè la -terra regalò quasi tutto il metallo delle sue miniere e il legname -delle sue foreste per fornire le armi sonore destinate agli assalti -irresistibili! La musica di quei nostri grandi, veramente nostri, -scaturita come fonte viva di limpida acqua dalle viscere della -montagna, non ebbe bisogno delle violente arginature artificiali che -ne affrettassero il corso, ma si diffuse allargandosi come in azzurro -tranquillissimo mare tutto bagnato di sole. Era il sole d'Italia, o -signori, e non aveva nulla da invidiare alle nebbie germaniche. - - * - * * - -Diverso affatto dal Bellini fu Gaetano Donizetti, compagno suo ed -emulo felice in quella gara che durò fino al 1835, fino all'anno in -cui l'autore dei _Puritani_ si spense. Di Vincenzo Bellini, tenuto -conto anche dei primi tentativi melodrammatici, si contano nove opere -soltanto: Gaetano Donizetti invece, fantasia più feconda, ingegno più -vario se non altrettanto peregrino, e agitato dalla febbre continua -del produrre, fornisce durante ventiquattro anni, dal '22 al '46, un -così lungo cammino, e semina quel suo cammino, con una prodigalità che -rasenta la spensieratezza, di così fulgidi capolavori, che basterebbe -lui solo, io credo, a segnare di un'orma indistruttibile la storia -dell'arte. - -Egli fu veramente, per la grazia della espressione, per la originalità, -la spontaneità, la vaghezza melodica, per una soavità e una delicatezza -di cantilene non scevre di malinconia, egli fu il Mozart dell'Italia: -non scevre di malinconia, ho detto, come fu divinamente malinconico il -Bellini, sì che l'uno e l'altro pare che rispecchino, nella indole dei -loro ingegni e dei loro animi, il virgiliano _sunt lacrimae rerum_, -che il Manzoni, forse inconsapevolmente, ha tradotto con la mestissima -frase che «del dolore ce n'è, sto per dire, un po' per tutto». Se non -che il Donizetti, fecondo e versatile come pochi, e superiore in questo -al Bellini, ci lascia incerti anche oggi se riuscisse più felicemente -efficace, appunto come Wolfango Mozart, nel melodramma serio o -piuttosto nell'opera giocosa. - -La popolarità e la fama rapidamente raggiunte lo avevano già reso -celebre in pochi anni: il nome suo non pure famoso in Italia, ma -nelle principali e più colte città dell'Europa, andava fino dal '37 -congiunto ad opere che s'intitolano _Anna Bolena_ e _Elixir d'amore_, -_Lucrezia Borgia_ e _Lucia di Lamermoor_, _Marin Faliero_ e _Parisina_, -per tacer delle altre: e sono opere che rimarranno lungamente vive, -insieme con quelle degli ultimi suoi dieci anni: rimarranno vive anche -nei pervertimenti frenetici del gusto, anche nei periodi delle così -dette rivoluzioni musicali. Perchè il genio ha anche questo di buono, -di salutare, di benefico: che sopranuota a tutti gli errori, a tutte -le aberrazioni, alle storture d'ogni maniera: egli resiste sereno ed -impavido ai mutabili capricci della moda, alle piccole e alle grandi -ostilità, alle guerricciòle degli emuli, alle invidie degli impotenti. - -E notate questo, o signori: gli anni in cui il Donizetti imperò -quasi solo nel campo della musica, furono gli anni delle aspettative -pazienti: e perchè, nel silenzio di ogni voce un po' libera, e -nell'abbattimento di ogni aspirazione generosa, gli astuti governanti -d'Italia erano larghissimi nel favorire, nel secondare, nel provocar -quasi i popolari entusiasmi per i grandi spettacoli teatrali, accadde -che le fantasie, private per allora di ogni più vigoroso alimento, -trovassero pascolo sufficiente e distrazione bastante per una nuova -opera, per un giovane maestro che accennasse ad uscire dalla schiera -dei volgari, anche per un artista, uomo o donna, che le imprese e le -direzioni dei varii teatri d'Italia si disputassero. - -C'era di mezzo l'arte; ma c'era anche, bisogna pur convenirne, il -superficiale diletto dei sensi: e nel doloroso silenzio di cotesti -anni fu possibile vedere, in quella città che doveva poi scrivere -col proprio sangue una pagina immortale nella storia del risorgimento -italiano, fu possibile vedere preso d'assalto, con manifestazioni quasi -di delirio, il teatro della Scala da una folla tumultuante, perchè -i due astri della danza, la Cerrito e la Essler, comparivano, per il -momento non più rivali, in un medesimo, ballo e nella medesima sera; -e fu anche possibile vedere giovani patrizi e banchieri stagionati -disputarsi non soltanto i favori ed i sorrisi delle danzatrici più -celebri, ma anche i più minuti gingilli abbandonati dalle _dive_ -al servitorame degli alberghi; persino le maioliche intime di una -Essler, ridotte in cocci, dividersi come reliquie fra qualche dozzina -di adoratori, perchè potessero fregiarsene i candidi sparati delle -camicie. - -Ma non incrudeliamo soverchiamente sopra le debolezze di un tempo, -la cui responsabilità non ricade che in piccolissima parte sulla -cittadinanza italiana. Alle brevi aberrazioni succedevano ben presto -i più durabili e fervorosi entusiasmi per le grandi rivelazioni -dell'arte, e il Donizetti, morto Vincenzo Bellini, fu per allora -l'unico sovrano intellettuale delle folle, l'unico inappellabile -arbitro del gusto. - -Nello spazio di ventidue anni, dal '22 al '44, egli scrive -sessantacinque opere: due in ciascun anno, spesso tre, talora anche -quattro. Gli accade più d'una volta di trovarsi a quindici e venti -giorni di distanza dall'epoca fissata per la consegna di un'opera, e -non soltanto non averne scritta neppure una nota, ma neanche sapere -quale libretto gl'invierebbe il poeta: eppure nel giorno fissato egli -mantiene scrupolosamente l'impegno. - -Una sua opera fresca e limpida anche oggi come un mattino di primavera, -l'_Elixir d'amore_, egli la scrivo in quindici giorni; scrive in sei -settimane la _Lucia di Lamermoor_, uno dei più squisiti capolavori -musicali del secolo: compone in undici giorni il _Don Pasquale_, -modello insuperato di commedia musicale: improvvisa in otto giorni -la _Maria di Rohan_. Al cognato Vasselli di Roma, col quale mantenne -sempre una fraterna e gioconda corrispondenza epistolare, così scriveva -argutamente da Parigi nel 4 gennaio 1843: - -«Il giorno 31 del passato dicembre passò non da questa all'altra vita, -ma da una parte all'altra della Senna, il signor Donizetti, per essere -nominato socio corrispondente dell'Istituto di Francia. E ieri sera, 3 -del nuovo 1843, si diede al teatro Italiano la prima recita della sua -nuova opera _Don Pasquale_. Non vi fu pezzo senza applausi: l'autore -chiamato dopo il secondo atto e dopo il terzo. L'opera gli è costata -una pena immensa: undici giorni. Ora a Vienna darà il _Duello sotto -Richelieu_ (che è la _Maria di Rohan_): otto giorni di travaglio: -giorni contati. E siete pregato di non raccontare i miei segreti, -perchè già il pubblico o non li crede, od immagina che sia musica -buttata giù.» - -Nove anni prima, nel 1834 a Milano, una grave infermità d'occhi -impedisce al Mercadante di scrivere l'opera che si è impegnato di -consegnare al teatro della Scala. Mancano quaranta giorni allo scadere -dei termini, e il Mercadante chiamato a sè il Donizetti caldissimamente -lo prega di supplirlo, per evitare a se il pagamento di una grossa -penale. Il Donizetti acconsente, in meno di trenta giorni consegna -finita l'opera, e quell'opera ha nome _Lucrezia Borgia_. - -Egli è fatto così: la sua produzione è fulminea. Basta che un -soggetto potentemente lo attragga perchè egli se ne innamori, e -subito gli trasfonda la vita immortale della sua arte. Indole arguta -e di giocondissimo umore, lieto di trovarsi nell'amabile compagnia -di parenti e di amici, egli non sfugge le allegre distrazioni della -vita svagolata del palcoscenico, si trattiene perfino un po' troppo -nei camerini delle prime donne; ma il pensiero fisso della sua mente -è sempre rivolto a quell'opera, o meglio ancora a quelle opere che -imprese, direzioni di teatri e pubblici con febbrile impazienza -aspettano. E nei solenni momenti della geniale ispirazione egli si -rinchiude, se così posso esprimermi, in quella parte del mondo ideale -ove sorge il palazzo marmoreo dell'arte. Costì egli evoca intorno a -sè i fantasmi dei tempi e dei personaggi che furono, e scrive opere -di argomento storico: cerca nei romanzieri, nei drammaturghi, nei -commediografi l'abbozzo, la linea rudimentale di personaggi e di -fatti immaginarii, ed egli li veste, li colorisce, dà loro la vita, il -movimento, il colore della sua arte. - -A queste due categorie di personaggi egli chiede misteriosamente il -segreto della loro esistenza, dei loro amori, delle loro gelosie, -dei loro odii, delle loro colpe, ed essi, come avrebbe detto Niccolò -Machiavelli, per loro umanità gli rispondono. Nella storia e nella -leggenda, nelle romanzesche avventure che i poeti immaginarono si -svolgessero nelle antiche Corti, nei castelli medioevali, fra le -montagne azzurre o fra le nevose della Savoia, nei poveri paeselli -della campagna, nelle foreste della Scozia, nei grandi parchi -dell'Inghilterra, il Donizetti si foggia per conto suo altrettanti -mondi, e quei mondi, quasi rispondessero alla irresistibile chiamata -di un dio, si risollevano dalle tombe come le suore peccatrici evocate -dalla magìa di Roberto, scuotono la polvere dei secoli, palpitano e si -muovono, perchè il genio di un uomo vi ha soffiato per entro il potente -anelito della vita. - - * - * * - -Ma «la via lunga ne sospinge» e l'ora si affretta verso il suo termine. -Guardiamo ancora. Ecco che sul nostro cammino.... diciamo meglio, -ecco apparire nel nostro cielo un nuovo astro, non per ora d'intensa -e continua luce come i due che lo precedono, fosco anzi e un po' -tenebroso in principio, ma che scintillerà presto di splendori tutti -suoi. E un giovine di ventotto anni, alto, magro, accigliato, con -i lunghi capelli che gli scendono in ciocche abbondanti sul collo. -La sventura lo ha colpito pochi mesi innanzi con la morte della -giovanissima diletta compagna e di due figlioletti, e l'insuccesso -clamoroso di una sua opera, la seconda scritta da lui, pare lo abbia -allontanato per un pezzo dalla ingannatrice sirena melodrammatica. Dice -a tutti di esser tornato dal nativo paese a Milano, non per cercarvi -una gloria che pare il destino voglia negargli, ma per dar lezioni di -canto e di pianoforte, giacchè egli ha bisogno di vivere. - -Non ostante ciò, non può rinunziare a far vita comune con gli artisti, -a discorrere della musica degli altri non avendo niente di bello -da raccontar della propria, e passa le giornate e le sere in quel -mondo così vario, così turbolento, così incontentabile, che svolge -le sue spire attorno alla piazza ove sorge il teatro della Scala: -singolarissimo mondo che è come una Camera di Commercio del canto -e della danza, mondo suddiviso in piccoli quartieri, in minuscole -stanze a pian terreno ed al mezzanino, dove convengono ad ogni ora -artisti, impresari, speculatori, faccendieri, buongustai, abbonati, -pubblicisti, librettisti, maestri di musica, mezzani. Mancava allora -la troppo celebrata galleria Vittorio Emanuele, sotto la cui cupola -bighelloneggiano gl'irrequieti cercatori di scritture teatrali; ma -c'era il portico del teatro della Scala, c'erano gli sgabuzzini degli -agenti, i negozii di musica di Francesco Lucca e di Giovanni Ricordi, -i caffè, le fiaschetterie, i camerini delle imprese, le quinte dei -palcoscenici: e dappertutto era un rimescolìo di offerte e di domande, -una animata, continua, febbrile conversazione, un protestare, un -indignarsi, anche uno scambio di male parole fra chi vantava i propri -meriti, e chi s'ingegnava a disprezzarli per pagar meno: e tutto questo -accompagnato da squassamenti delle lunghe zazzere dei tenori spioventi -sui baveri, da movimenti drammatici dei pizzi prolissi dei baritoni, -da voci cavernose dei bassi profondi, dallo scodinzolare leggiadro dei -soprani, dei mezzi soprani, e dei contralti. - -In quel mondo, al quale mancò finora — ed è veramente un peccato -— l'arguto e verace istoriografo, si aggira inquieto e nervoso -quel giovane di ventotto anni, che ascolta tutti e discute animato -ed a scatti, che, nel facile contradire delle conversazioni al -caffè, batte con violenza sul tavolino la mano larga e tozza, e con -l'audacia di certi suoi propositi scandalizza i refrattari parrucconi -del Conservatorio milanese: quei parrucconi che con una farisaica -interpretazione dei regolamenti avevano respinta la sua domanda di -parecchi anni prima per essere ammesso fra gli alunni di quell'Istituto -musicale. - -A cotesto giovanotto oramai maturo e già autore di due opere, che dice -a tutti di non volere più scrivere per il teatro, e invece non pensa, -non discorre, non palpita che per cotesto fantasma dei suoi trepidi -sogni, a quel giovanotto occorre si presenti una occasione fortuita, -occorre il mancato adempimento ad un patto contrattuale di qualche -maestro, che so io? la necessità in cui si trovi un impresario di fare -onore in qualsiasi modo agli impegni assunti col pubblico: occorre -questo, perchè gli occhi del giovine si ravvivino di speranze, perchè -il tumulto della fantasia si ridesti, perchè il dio della ispirazione -mandi il tonante grido della riscossa. - -E il grido ci fu: la fantasia ebbe un sussulto: l'opera apparve -luminosa nel cielo dell'arte. Quel giovinotto aveva nome Giuseppe -Verdi, quell'opera s'intitolava _Nabucco_. - -La storia anedottica del _Nabucco_ l'ha raccontata lo stesso Verdi. -L'opera doveva musicarla il maestro Nicolaj, e in una sera di decembre -del 1841 l'impresario del teatro della Scala, incontratosi col Verdi, -gli raccontò che il libretto della nuova opera non piaceva al maestro, -che per la ristrettezza del tempo non era possibile averne altri, -ma che lui impresario manderebbe al diavolo il Nicolaj se il Verdi -accettasse di scrivere la musica del _Nabucco_. - -La resistenza e le proteste furono vane: il giovane maestro, cacciatosi -in tasca il manoscritto di Temistocle Solera, corse a casa: e aperto -così a caso il quaderno, lesse i versi, rimasti celebri, dello stupendo -coro: «Va', pensiero, sull'ali dorate,» che nella musica melodrammatica -del nostro secolo è forse la invocazione più appassionata e più sublime -alla patria lontana, e che fratello maggiore del coro dei _Lombardi_, -meriterebbe con più ragione si ripetesse di lui: - - Che tanti petti ha scossi e inebriati. - -Col _Nabucco_ s'iniziano veramente i trionfali successi del Verdi: -continuano con l'opera venuta dopo, _I Lombardi alla prima Crociata_, -raggiungono il massimo dell'entusiasmo con l'_Ernani_: dal '42 al '44, -il «giovane Verdi,» come allora lo chiamavano, avea acquistato in meno -di tre anni un posto d'onore; e raro esempio nella storia dell'ingegno -umano, non solo non ne discese più mai, ma di scalino in scalino, di -tappa in tappa, se così mi è lecito esprimermi, salì alla fama, alla -rinomanza, alla gloria. Egli rimaneva oramai quasi solo (l'astro del -Donizetti si avvicinava rapidamente all'angoscioso tramonto), quasi -solo egli rimaneva a rappresentare la grande, la nobile, la ispirata -arte italiana. - -Egli ebbe intenso dalla natura, e lo ha squisitamente affinato nel -corso degli anni, l'istinto prezioso e incomunicabile dell'effetto -teatrale; anche obbedì, in tutte le opere di quella sua prima maniera, -alla foga potente della ispirazione, e fu di un'abbondanza melodica -che somigliò quasi alla prodigalità. Peccò qualche volta per dato e -fatto della sua stessa virtù, peccò di trascuratezza. Simile forse in -questo (me lo perdonino le ascoltatrici gentili) simile a una donna -bella che osi, appunto perchè bella, presentarsi ai suoi ammiratori un -po' scapigliata e in abito disadorno. Ma egli è che allora si scriveva -musica per scriver musica, e con le sette note di Guido Monaco non -s'intendeva di risolvere nè un problema d'algebra, nè un teorema di -meccanica celeste: si voleva soltanto destare la commozione, il grande -e il solo sentimento che possa chiamare le folle in teatro. - -E di una commozione, trasportata fino alle regioni del parossismo, -fu causa l'ultima delle opere che ho citata, l'_Ernani_. Il dramma -audace dell'Hugo, simbolo di riscossa per tutta una scuola letteraria, -diventa il vangelo altrettanto audace di tutti gli spiriti liberi. -Venezia, dove la nuova opera fu per la prima volta rappresentata, e in -breve giro di mesi tutta l'Italia acclamano il cantore di _Doña Sol_, -come il rappresentante della musica dei tempi vaticinati. Pare quasi -interrotta la tradizione; si direbbe che il maestro, spezzate le catene -del convenzionalismo, si slanci a scoprire i nuovi orizzonti dell'arte, -illuminata da lui col sole del proprio genio. - -_Ernani_ è la protesta magnanima contro le tirannie, è l'odio -della violenza alimentato dalla violenza, è il grido del popolo -che si ribella alla signoria dei grandi e dei sovrani. Come suonano -rimbombanti e armoniosissimi i versi del poeta francese, così l'alata -schiera delle melodie del maestro italiano si libra a volo sul dramma, -e tutto lo penetra e lo investe. C'è in quella musica qualche cosa di -trepido, di convulso, di rapido, d'irrompente. L'ardentissima anima del -Verdi non aveva avuto ancora, e forse non le ebbe mai più, vibrazioni -musicali così gagliarde, non s'era mai slanciata a colorire con tanta -esagerata potenza un immenso quadro drammatico. Io credo sieno pochi -gli esempi di opera che, come l'_Ernani_, mantengano sempre viva, -musicalmente, l'attenzione dalla prima all'ultima scena; e qui il -dramma e la musica mirabilmente si fondono a raccontare in altissimo -metro una pagina della storia eterna del cuore umano. - -E così Giuseppe Verdi, con la stupenda produzione che va dal '42 al -'46, schiude veramente le porte dell'avvenire, creando uno stile -suo, manifestando una maniera tutta sua propria di concepire e di -svolgere un violento contrasto di passioni sulla scena melodrammatica. -La fecondità di quelli anni, non dissimile dalla geniale rapidità -donizettiana, nocque forse al maestro di Busseto per la materiale -impossibilità di adoperare la lima: ma giovò alla espressione di una -più grande sincerità in quei subitanei quasi selvaggi scoppi del genio, -preludio ad avvenimenti che maturatisi nel silenzio, dovevano di lì -a poco suscitare i fremiti delle balde giovanili speranze nel cuore -improvvisamente svegliatosi della patria. - -In quel medesimo anno, che è l'ultimo del periodo del quale le nostre -Letture si occupano, e sempre nella città di Venezia, un'altra opera -del Verdi scoppiò come fulmine e fu l'_Attila_: musica tempestosa -che entrava difilato per le orecchie nelle anime, e di popolarità -così clamorosa e così diffusa, che sopravvisse di qualche anno alla -morte delle speranze italiane: come uno di quei canti che l'esule con -accorata tenerezza ripete, perchè gli richiama alla mente le dolci -valli della patria lontana. - -È naturale quindi che in coteste opere della prima maniera del Verdi -si volesse rintracciare un concetto politico: così nei _Lombardi_ che -sospirano al tetto natio e ricordano con sublime lamento i ruscelli -ed i prati della loro terra, parve di scorgere una anticipazione del -quarantotto, quasi un simulacro di movimento nazionale: e nella celebre -offerta dell'universo che fa Ezio ad Attila, purchè a lui, generale -romano, rimanga l'Italia, c'era più che un pretesto per sollevare a -rumore le platee, per far vibrare la corda dello spirito patriottico. - -Si potranno questi chiamare gl'innocenti anacronismi della leggenda, -ma non sono perciò inutili: tanto è vero che di lì a pochi mesi le più -fortunate e popolari opere del Verdi si trasformarono in segnacoli -di riscossa, i suoi canti ispirati furono gl'inni della nazione, e -Gerusalemme diventò Milano con le sue cinque giornate. La musica è così -fatta, che mirabilmente si piega ad esprimere il concetto dominante -negli spiriti; e se un caldo soffio di poesia la ravvivi, ella diventa -preghiera ed imprecazione, espressione d'infinito rammarico e di -giubilante letizia, augurio, speranza, vaticinio. I poeti d'Italia -cantavano in strofe roventi la rivoluzione prossima a trionfare; ma non -bastava il ritmo poetico, ci voleva una risonanza più armoniosa e più -vasta; e il popolo fremente e commosso ripeteva sulle pubbliche piazze -il «Va' pensiero, sull'ali dorate» del _Nabucco_, e l'«Oh, Signore, dal -tetto natìo» dei _Lombardi_. Con un anticipato augurio di cinque lustri -Alessandro Manzoni aveva inneggiato nella lirica patriottica del 1821 -alle «giornate del nostro riscatto.» - - - _Signore e Signori_, - -Attorno a quel gruppo di stelle, onde si compone la pleiade musicale -che brillò nei puri vesperi dell'Italia dal '31 al '46, altri -minori pianeti, come obbedienti satelliti, girarono e modestamente -splendettero; ma la loro luce ebbe bagliori fugaci che ben presto -si dissiparono. Nell'azzurro sconfinato del cielo gli astri di prima -grandezza soltanto rimasero, ad attestare che il primato della musica è -ancora nostro, e uno ancora vi rifulge solitario e lucente, come remota -stella polare, speranza e guida dei naviganti che si affacciano ai mari -inesplorati del secolo nascituro. - - - - -LA ELETTRICITÀ ANIMALE - -CONFERENZA DEL Prof. GIULIO FANO - - - _Signore e Signori_, - -Il periodo di vita italiana dal 1831 al 1846, preso in esame dalle -conferenze di quest'anno, è caratterizzato soprattutto dalle idee -di rivendicazione politica e sociale che fermentavano allora nelle -menti di molti fra i migliori, distogliendoli, in parte almeno, dalle -ricerche sui fenomeni naturali. Si capisce che le lotte intestine, -le congiure, i moti e le vicende tormentose della patria possano -conciliarsi coll'inspirazione artistica, anzi spesso eccitarne lo -sviluppo in alte e nobilissime forme che valgano ad esaltare i meno -animosi ed a raccogliere i più sotto la stessa bandiera. Ma per le -scienze esatte, per le ricerche pazienti di laboratorio, per l'esame -accurato della natura si richiedono tempi sereni e tranquilli. -Qualche manifestazione geniale si presenta, è vero, nella storia della -scienza anche nei momenti più torbidi, ma sono forme accidentali di -un carattere che si potrebbe dire vulcanico, e non già il risultato -di quelle forze costanti che agiscono lentamente sulla coscienza -collettiva degli studiosi. - -Ciò nonostante, anche in quei tristi, incerti, ma pure gloriosi periodi -della nostra vita nazionale, possiamo con orgoglio ricordare parecchi -notevoli contributi allo sviluppo delle scienze fisiche e naturali. -Fra gli argomenti di carattere biologico allora trattati, uno fra i -preferiti da molti scienziati italiani è l'elettricità animale, e ne -fanno fede i nomi del Nobili, del Marianini, del Santi-Linari, del -Grimelli, del Matteucci, del Savi, del Pacini, alcuni dei quali, e -fra i più illustri, furono onore dell'Ateneo fiorentino. Si direbbe -che i germi lasciati dal Galvani e per lunga serie di anni rimasti -assopiti in una specie di stato latente, portati in questa terra -toscana che ebbe sempre e giustamente il vanto di proteggere i buoni -studi, riprendessero nuova vita dando ricchi e rigogliosi germogli. -Sicchè l'elettricità animale, che nacque come argomento di ricerca -in Italia, e qui ebbe le maggiori e più importanti cure, che ne -assicurarono lo sviluppo, può dirsi a ragione cosa nostra, senza che -per questo si diminuisca il carattere cosmopolita che fa della scienza -l'unico vincolo che ancora raccolga la sminuzzata umanità di questa -tristissima fine di secolo. Quanto vi ho detto, spero sia sufficiente -per giustificare la mia scelta. Debbo però avvertirvi che non posso -restringere il mio dire a ciò solo che in proposito si è osservato nei -tre lustri fissati dal programma, e neppure mi è lecito limitarmi ai -soli risultati dovuti a ricercatori italiani. Voi non mi perdonereste -certamente di sacrificare ad un sentimento nazionale, che in tal -caso sarebbe malinteso, un argomento scientifico che, nato in Italia, -divenne poi per sua natura universale. - -Il capitolo della elettricità animale comprende quelle manifestazioni -elettriche date da un animale o da una parte di esso durante la -vita, e che si sviluppano dagli organi come una naturale e necessaria -conseguenza delle loro attività funzionali. Sicchè i fatti elettrici -che si possono ottenere in certi casi, per esempio passando con -forza la mano sul dorso di un gatto vivo come su quello di un morto -o semplicemente su una pelliccia di gatto, appartengono tanto poco -alla elettricità animale quanto ciò che si manifesta collo strofinare -un bastone di resina o di zolfo. Nello stesso modo nessun rapporto -hanno col nostro soggetto le scintille che alcune persone ottengono -passandosi le mani nei capelli o stropicciandosi altre parti del corpo. -Si tratta in questi casi semplicemente di elettricità per strofinamento -e si capisce come condizioni particolari della pelle, dei peli e -dell'ambiente possano dare a questo fenomeno proporzioni veramente -stupefacenti. - -A queste osservazioni però, tanto semplici per sè stesse, si -aggiunsero, come troppo spesso accade, i prodotti più o meno sinceri -dell'immaginazione, sicchè si venne ad affermare che alcune persone -erano dotate di vere proprietà elettriche a somiglianza di alcuni -pesci dei quali avremo fra poco occasione di parlare. Numerose sono -le osservazioni citate in proposito. Mi limiterò a ricordare quella -della Signora elettrica di Oxford negli Stati Uniti, perchè è forse -il caso documentato meno peggio. Essa si accorse il 25 gennaio 1837, -mentre in numerosa compagnia osservava un'aurora boreale, che le dita -delle sue mani emettevano scintille elettriche ogniqualvolta essa -accarezzava il volto di un suo fratello. Tutta la società, benchè in -sul principio fosse molto dubbiosa, dovette poi convincersi della -realtà di quello strano fenomeno, ed il dottor Williard Osford, -una specie di san Tommaso, fu condotto alla fede da una scintilla -lunga circa venti millimetri, che quella interessante persona gli -scaricò sulla punta del naso, dai polpastrelli delle dita, facendolo -indietreggiare spaventato. Il marito di quella signora era lontano, in -viaggio, al momento dello sviluppo di quella strana proprietà. Allorchè -in aprile ritornò, la moglie gli andò incontro alla porta di casa, e -presentandogli scherzosamente le mani alla faccia lo sbalordì con una -scarica elettrica. Come vedete, quando un marito torna a casa dopo una -lunga assenza deve essere preparato a qualunque sorpresa! - -A me fu raccontato da un medico di Firenze di un caso simile da lui -osservato in queste ultime settimane. Una signora straniera, che abita -la nostra città, si presenta, soprattutto quando domina la tramontana, -come circondata da una nube luminosa, tante sono le scintille che -crepitando scoccano dalla superficie del suo corpo. E le parti più -intime del suo abbigliamento, e le lenzuola del suo letto sono così -cariche di elettricità, che il solo sfregamento di esse dà luogo ad -imponenti manifestazioni elettriche. Anche qui si tratta, è evidente, -di semplici fatti dovuti ad elettricità sviluppata per sfregamento. - -Ad ogni nostro movimento noi produciamo calore, fra le molte altre -ragioni, per l'attrito dei piedi contro il suolo o degli indumenti -sulla persona, e nello stesso tempo diamo luogo, per le stesse -cause ad una elettrizzazione della superficie del nostro corpo e -degli oggetti che con essa vengono in contatto. Si capisce come -condizioni particolari di poca conducibilità degli appoggi e delle -parti superficiali dell'organismo debbano provocare i fenomeni -sopra descritti, i quali, benchè possano sembrare meravigliosi, sono -molto più semplici di un battito del nostro cuore o di un movimento -delle nostre labbra. Certamente le condizioni nutritive e nervose di -quegl'individui contribuiscono a dare alla loro cute quelle proprietà -particolari che determinano una elettrizzazione tanto notevole, ma non -per questo possiamo dire che quei fatti appartengono alla elettricità -animale propriamente detta. - -Fa parte integrale di essa invece la causa che determina le scosse -risentite toccando un così detto pesce elettrico. È questo anzi il -primo fatto di elettricità animale che sia stato conosciuto, e se ne -parla sin dai tempi più remoti, senza darne però, e si comprende, una -retta interpretazione. I più anticamente noti fra i pesci elettrici, -per quanto ne possiamo sapere noi, sono le torpedini, perchè abitanti -il Mediterraneo. Esse fissarono l'attenzione del volgo prima e dei -naturalisti poi. Come rappresentarci lo stupore e lo spavento di quegli -ingenui pescatori che tirando a terra la rete colma di pesci vengono -colpiti da una scossa che li irrigidì e li paralizzò ad un tempo? Vi -è solo da meravigliarsi che essi, così immaginosi e ricchi di forme -simboliche, non abbiano messo fra le mani poderose di Nettuno una -torpedine invece del tridente o del delfino. Debbo però notare a questo -proposito come in un vaso proto-etrusco del museo archeologico di -Firenze si osservi la figura in rilievo di una torpedine associata ad -una sfinge maschio, e contrapposta ad un felino con criniera irradiata. -Quel pesce, secondo il Milani, rappresenterebbe probabilmente la forza -occulta del mare notturno contrapposta alle forze palesi della natura. - -Ai tempi di Aristotile la torpedine si chiamava Narkè, che vuol dire -torpore, ed a questo proposito Platone fa dire a Menone in uno dei suoi -dialoghi: «O Socrate, già prima di conoscerti avevo sentito dire che tu -nelle discussioni non fai altro se non porre te stesso nell'imbarazzo -e metterci gli altri, e anche ora mi pare che tu con ogni sorta di -incantesimi mi abbia ridotto a non trovar via d'uscita; anzi, se è -lecito scherzare, mi sembri affatto simile nell'aspetto e nel resto -alla Narkè marina piatta. Essa infatti fa intorpidire chi le si accosta -e la tocca; ed anche tu hai fatto lo stesso a me. Perchè, in verità, mi -si è paralizzata l'anima e la bocca e non so che risponderti.» - -I commentatori, per far comprendere il senso nascosto delle parole -messe in bocca a Menone, rammentano come Socrate avesse il viso piatto -che poteva essere paragonato alla forma schiacciata della torpedine. -Per conto mio trovo che è uno scherzo di assai cattivo genere e tale da -far venire i brividi a qualunque conferenziere che abbia il profilo un -poco camuso. - -Molti altri scrittori dell'antichità hanno parlato dei notevoli -fenomeni prodotti dai pesci elettrici, particolarmente Oppiano, -poeta greco dei tempi di Settimio Severo. Galeno poi credette di -poter spiegare la sensazione provata al contatto di quegli animali -attribuendola ad un principio frigorifero, e per motivare la sua -opinione portò i buoni effetti prodotti dalla applicazione delle -torpedini alla medicina, soprattutto contro il mal di capo e la gotta. -Come vedete, non vi è nulla di nuovo sotto il sole, e i Romani facevano -anch'essi della Elettroterapia; ma soltanto la facevano senza saperlo. - -Saltando a piè pari molti secoli arriviamo a Francesco Redi, il geniale -accademico del Cimento, primo medico della casa granducale di Toscana, -l'inspirato poeta del vino, il fine, attento, perspicace osservatore -di fatti naturali. Ecco come egli ci intrattiene sulle torpedini, in -quel suo musicale e purissimo stile: «È cosa notissima che quel pesce -marino chiamato tremola, torpedine, ovvero torpiglia, se sia toccato -renda intormentita e stupida la mano ed il braccio di colui che lo -tocca; ed io ne ho fatta la prova più di una volta, per certificarmi di -tal verità e per poterne favellare con certezza di scienza. E voglio -raccontarvi che alcuni pescatori, essendo a mia requisizione andati -alla pesca di questo pesce ne pigliarono uno e portatomelo vivo poco -dopo che l'ebbero preso, appena che lo toccai e lo strinsi colla mano, -che mi cominciò a informicolare e la mano e il braccio e tutta la -spalla con un tremore così fastidioso e con un dolore così afflittivo -ed acuto nella punta del gomito, che fui necessitato a ritirar subito -la mano: e lo stesso mi avveniva ogniqualvolta io voleva ostinatamente -continuar lungo tempo a toccarlo. Egli è ben vero che quanto più la -torpedine si avvicinava alla morte, tanto meno io sentiva il dolore e -il tremore, anzi molte volte io non lo sentiva; e quando ella fu quasi -finita di morire, che pur campò ancora tre ore, io poteva maneggiarla -con ogni sicurezza e senza fastidio veruno: che perciò non è maraviglia -se alcuni stiano in dubbio della verità di questo effetto, e lo tengano -per una favola, avendone essi per avventura fatta l'esperienza non con -le torpedini vive, ma con le morte o vicine a morire.» - -Il Redi ed il suo discepolo Lorenzini, che, all'epoca del Rinascimento -delle scienze naturali, furono i primi a studiare la torpedine, -supponevano che questo pesce inviasse da lontano una quantità di -piccoli corpuscoli che s'insinuerebbero nelle parti delle quali -essi determinano l'intorpidimento, e che sarebbero proiettati dalla -contrazione di due organi riputati muscolari, e chiamati, in ragione -della loro forma, muscoli falcati. - -Il Borelli, un altro insigne accademico del Cimento, riguarda quella -emissione di corpuscoli stupefacenti come immaginaria, e pensa che -la torpedine, colpita essa stessa da tremiti violentissimi, comunichi -queste vibrazioni all'essere che la tocca e determini così in esso un -intorpidimento. - -Non sorridiamo a questi tentativi di rappresentazione di un processo -funzionale, perchè a ben altre forme dottrinarie ci hanno abituati -certuni ai giorni nostri, i quali, essendo tanto più dogmatici -quanto meno vogliono parerlo, pretendono di dar ragione dei fenomeni -presentati non solo da un individuo ma da una intera società umana, -adoperando alcune formule semplicissime, che non sono neppure di loro -invenzione, per mezzo delle quali tutto può essere classificato e -spiegato; tanto meno scusabili inquantochè ogni giorno più si mette in -chiaro l'immensa complessità dei fatti biologici, di quelli anche che -potrebbero a prima vista sembrare di una semplicità primordiale. - -Si capisce, del resto, che ai tempi del Redi, del Lorenzini e del -Bellini non si potesse avere un'idea esatta intorno alla natura della -scossa ricevuta dalla torpedine, perchè non si conosceva ancora la -bottiglia di Leida, che sembra datare dal 1745. Dopo ciò si comprese -che l'agente sviluppato da quel pesce è di natura elettrica, e le -osservazioni in proposito, alle quali contribuirono il Volta e il -Galvani, eccitarono entrambi questi illustri nella loro lotta per -la verità. Infatti il Galvani considera la sua preparazione, fatta -di muscoli e di nervi, come un organo elettrico ridotto, e il Volta -si inspira a quell'apparecchio nella costruzione della sua pila, che -egli chiama «organo elettrico artificiale» «per essere (come scrive al -Brugnatelli) fondato sopra i medesimi principi e simile anche nella -forma, secondo la sua prima costruzione, all'organo naturale della -torpedine.» - -La scoperta della pila mise nell'ombra le mirabili osservazioni del -Galvani, e le sue affermazioni intorno alla elettricità animale, e -ciò benchè fosse ormai indiscutibile che la torpedine si comporta -come una macchina elettrica, e come una pila insieme, e che lo -sviluppo dell'elettricità è in quegli animali dipendente dalle loro -condizioni vitali. La morte infatti porta con se, come del resto aveva -già osservato il Redi, la cessazione di ogni fenomeno elettrico, e -tutte le osservazioni dimostrano anche che la potenza intorpidente -dei pesci elettrici si indebolisce a misura che diminuiscono le -attività funzionali dell'animale, che essa si esaurisce per ogni -emissione eccessiva, e che, nello stato normale dell'organismo, essa -può ristabilirsi col riposo. Questi esseri singolari sono capaci, -è vero, di dare parecchie scariche successive, ma queste vanno -gradatamente indebolendosi, sino a che quei pesci possono essere -impunemente toccati. Poi, col tempo, soprattutto se bene alimentati, -essi riprendono le loro capacità elettriche, così come si osserva nelle -manifestazioni dell'energia muscolare e nel decorso della fatica. Vi -è insomma, sotto molti aspetti, una completa identità fra la scossa -elettrica della torpedine ed un movimento volontario. Le torpedini e -gli altri pesci elettrici, come il gimnoto ed il siluro, danno una -scossa elettrica come un cavallo darebbe un calcio, un cinghiale -un colpo di zanna, una tigre un morso, un'aquila un colpo d'ala o -d'artiglio. Il meccanismo nervoso volontario pel quale si esplica -l'atto della difesa e dell'offesa è lo stesso in questi casi, non -solo, ma anche gli effetti esteriori che ne risultano hanno molte -analogie fra loro. Ogni giorno di più, infatti, si mettono in chiaro -le somiglianze strutturali fra muscoli ed organi elettrici, non solo, -ma pure quelle funzionali fra scossa elettrica e contrazione muscolare. -Questi due atti si lumeggiano vicendevolmente, inquantochè obbediscono -alle stesse leggi generali; sicchè possiamo dire, per adoperare -un linguaggio tecnico, almeno una volta, che entrambi dipendono -probabilmente, per quanto riguarda l'effetto esterno, da cangiamenti di -tensione superficiale. - -L'affinità fra un movimento volontario ed una scossa elettrica mi -richiama alla mente una descrizione dell'Humboldt, che amo ripetervi -in parte, benchè la ritenga universalmente conosciuta. Si tratta -della pesca dei gimnoti, o anguille elettriche, che vivono nelle acque -dell'America meridionale, e che danno, quando siano irritate, scosse -potentissime, molto più energiche di quelle della torpedine. Non -bisogna però credere che il racconto dell'Humboldt si riferisca ad un -modo usuale di pesca; esso piuttosto va considerato come la narrazione -di una accidentale avventura di viaggio. Ecco le parole del celebre -viaggiatore e scienziato tedesco: - -«L'anguilla elettrica, benchè tardissima nei movimenti, si prende -difficilmente con reti, perchè simile al serpe si affonda nel fango. -Si potevano in tal caso adoperare le radici di alcune piante che -hanno la proprietà, gettate in uno stagno, di inebriare o stordire gli -animali che vi si trovano. Non volevamo però ricorrere a questo metodo, -perchè le anguille ne sarebbero state indebolite. Allora gli indiani -dichiararono che volevano pescar con cavalli. Corsero nelle steppe ove -sono numerosi i cavalli e i muli selvatici, ne presero una trentina e -li spinsero nell'acqua. - -L'inaspettato rumore dello scalpitìo dei cavalli spinge i pesci fuori -della melma e li invita all'attacco. Le grandi anguille gialle nere, -simili ed enormi piante acquatiche, nuotano qua e là presso alla -superficie e guizzano sotto il ventre dei cavalli e dei muli. La lotta -fra animali così differenti forma il quadro più pittoresco. - -Gli indiani muniti di giavellotti e di lunghe e sottili canne si -appostano in fitta colonna intorno allo stagno. Alcuni salgono sugli -alberi i cui rami si stendono orizzontalmente sull'acqua. Colle -selvagge loro strida e colle lunghe canne fanno indietreggiare i -cavalli che vogliono risalire le rive. - -Le anguille, assordate dal rumore, si difendono con ripetute scariche -delle loro batterie. Per qualche tempo pare che debbano riuscire -vittoriose. Parecchi cavalli soccombono ai colpi invisibili che -minacciano gli organi i più essenziali. Storditi dalle incessanti e -violenti scosse cadono al fondo. Altri sbuffanti, irta la criniera, -gli occhi dilatati per lo spavento, fuggono disperatamente cercando -di sottrarsi alla bufera, ma sono respinti dagli indiani. Alcuni però, -ingannando la vigilanza dei pescatori, giungono alla sponda, vacillano -ad ogni passo, e spossati a morte si gettano sulla sabbia colle membra -irrigidite.... - -Credevamo che tutti gli animali impegnati in quella lotta dovessero -soccombere l'uno dopo l'altro. Ma a poco a poco il furore scema, e le -anguille affaticate si sparpagliano. Hanno ora bisogno di un lungo -riposo e di un abbondante cibo per riacquistare le forze galvaniche -disperse nel combattimento: esse vengono ora paurose presso la spiaggia -e sono prese mediante piccoli giavellotti raccordati a lunghe funi. - -Un uomo non si esporrebbe senza pericolo al primo colpo di una grossa -anguilla elettrica irritata. Se si riceve la scossa prima che il -pesce sia ferito o stanco da una lunga persecuzione, il dolore e -lo stordimento sono tali che non si può dar conto della sensazione. -Non mi ricordo (dice l'Humboldt), di aver provato, dalla scarica di -una gran bottiglia di Leida, uno scrollo terribile al pari di quello -che soffersi quando misi incautamente i due piedi sopra un'anguilla -elettrica che era stata poc'anzi tratta fuori dell'acqua. Per tutto -quel giorno ebbi violenti dolori nelle ginocchia e in tutte le -articolazioni.» - -E un giovane tisiologo tedesco, morto da poco, il Sachs, racconta che, -avendo lasciato cadere un gimnoto sul suo piede, fu gettato a terra e -provò tale un dolore, che non potè trattenersi dal gridare. - -Ma io non posso indugiarmi sui pesci elettrici, perchè di un altro -argomento voglio parlarvi succintamente prima di lasciarvi. Mi limiterò -per questo a riassumere in poche parole lo stato attuale delle nostre -cognizioni in proposito, ricordando che ad esso hanno contribuito -parecchi italiani, fra i quali amo citare in particolar modo, -limitandomi al periodo storico che ora consideriamo, i nomi del Nobili, -del Matteucci, del Pacini. - -Alcuni pesci, appartenenti a tre gruppi molto diversi fra loro, le -torpedini, i gimnoti ed i siluri, hanno la proprietà di dare forti -scariche elettriche, subordinate all'attività del loro cervello. -Questa funzione elettrica è esercitata per mezzo di un apparecchio -speciale, composto di un gran numero di elementi. In ciascuno di questi -ultimi penetra una terminazione nervosa, presso a poco nello stesso -modo col quale un nervo motore si dirama in un muscolo volontario. -È indiscutibile che la forza emanata dall'organo in questione è una -forma di elettricità. Lasciando da parte l'influenza che la energia -sviluppata dai siluri, dai gimnoti, dalle torpedini esercita sopra gli -organismi viventi, ricorderemo come questi pesci abbiano dato scintille -a guisa di una bottiglia di Leida. Inoltre, con quella forma di energia -si ottennero effetti calorifici e di decomposizione chimica, si fece -deviare l'ago magnetico, si provocarono fatti di induzione in un -rocchetto e si accese una lampadina elettrica. Si tratta dunque di vera -elettricità ed in questo caso sembrerebbe proprio che l'organismo ci -desse un esempio, qual meglio non si potrebbe sperare, di una funzione -ridotta ad un semplice fenomeno fisico. - -Eppure neanche in questo caso la fisica può da sola servirci, per -ora almeno, a comprendere completamente la scossa di cui è questione, -perchè l'elettricità emessa dai pesci elettrici si trova in condizioni -speciali quali non si ottennero peranco con gli apparecchi raccolti -nelle ricchissime collezioni dei fisici. Infatti essa presenta le -proprietà insieme dell'elettricità statica, della dinamica e della -indotta. - -Che dire poi della enorme differenza che esiste fra i nostri mezzi -di sviluppare l'elettricità e quelli adoperati da un pesce elettrico? -Perchè certo nessuno vorrà dare maggior valore di quello che si conceda -ad una figura rettorica al confronto fatto fra gli elementi di una pila -voltaica a colonna e le lamine dei prismi che costituiscono l'organo -elettrico di una torpedine. E come spiegare l'immunità che quei pesci -dimostrano per l'agente potentissimo che essi stessi sviluppano? - -Voi vedete dunque come, benchè si tratti in questo caso di un fenomeno -puramente fisico quale è quello di una scarica elettrica, pure la -fisica non può aiutarci completamente a comprendere i mezzi impiegati -dall'organismo per elaborare e sviluppare quella singolare forma di -energia. - -Badate inoltre che la scarica di un pesce elettrico implica quasi -sempre un atto volontario che ci conduca a studiare il problema della -coscienza, di quella proprietà per la quale un essere vivo avverte -se stesso e l'ambiente che lo circonda. La fisiologia ha affrontato -questa questione che tocca la intimità stessa della nostra personalità -senziente e pensante, e certo tutte le ricerche anatomiche fisiologiche -e quelle particolari di psicologia hanno gettato un po' di luce sugli -elementi strutturali dai quali quei fatti emanano e sui processi -fisici, chimici e funzionali che li accompagnano e con ogni probabilità -li determinano. Ma io, che pure con speciale amore mi occupo di quegli -studi sono fra quelli, e siamo legione nel campo della fisiologia -sperimentale, che accordano tutto il possibile al meccanicismo, -e si servono di esso per simboleggiare quanto si manifesta da un -essere vivo, ma non sanno comprendere e non saprebbero concepire -una rappresentazione materialistica della coscienza. Confessiamolo -francamente: il problema della coscienza è sempre insoluto e molto -probabilmente insolubile. - -Ma, Signore e Signori, le indagini sui pesci elettrici, per quanto -interessanti e benchè ci conducano a discutere di cose fondamentali -per la funzione dei corpi organizzati, sembrano piuttosto oggetto di -studio per un erudito, per un curioso delle stranezze della natura. Vi -è invece nelle ricerche sulla elettricità animale un argomento che ci -dà occasione di penetrare nella intimità funzionale dei nostri organi, -dei nostri tessuti, dei nostri apparecchi, e che ci dà l'immagine di -quel continuo avvicendarsi di fatti distruttivi e di riparazione fra -i quali oscillano in ritmo incessante le parti costituenti il nostro -organismo. - -Sarò brevissimo e comincerò per questo col non tener conto dei -precursori di Galvani. Vi sono sempre dei precursori in ogni scoperta, -ma è certo che si deve al biologo bolognese la prima constatazione -di carattere scientifico dell'elettricità sviluppata dal tessuto -muscolare. Non già colla ben nota osservazione della rana appesa ad un -uncino di rame che eventualmente toccò il celebre parapetto di ferro, -bensì colla esperienza eseguita senza l'intervento di alcun metallo. - -A questo proposito debbo ricordare come alcuni abbiano voluto sostenere -che la scoperta attribuita al Galvani si debba invece alla sua -dilettissima moglie, la signora Lucia nata Galeazzi, che per la prima -avrebbe avuto occasione di osservare le ormai storiche contrazioni dei -muscoli in certe zampe di rana e di richiamare su queste l'attenzione -del marito. Altri sostengono che le prime osservazioni furono fatte -veramente dal Galvani, ma sopra rane preparate, non vorrei dire -prosaicamente, per fare un brodo che servisse di ristoro a sua moglie -che era allora ammalata. Queste affermazioni furono contestate, ma -non si può del tutto escludere l'influenza, almeno accidentale, della -moglie sulla scoperta del marito. A sostegno di questa tesi sostenuta -da molti in quei tempi, amo citare un sonetto non bellissimo, dedicato -al Galvani dopo la morte prematura della sua Lucia: - - Quella donna gentil, cui d'aureo strale - Piagata il seno teco amor congiunse, - Poi morte con quel suo colpo fatale, - Per farne bello il ciel da te disgiunse: - Quella, non tu, che novo ardor vitale - In rana ignuda a disvelar pur giunse, - Quand'una ed altra man con vanto eguale - Il conduttor metallo e i nervi punse. - Nè a te, Signor, questa fedel consorte - Tacque l'ignoto arcan per cui tuo nome - Oltre l'italo suolo altero vassi. - Oh se vedessi di sì bella sorte - Com'ella esulta dolcemente, e come - Di te ragiona e dei tuoi chiari passi! - -Se anche le cose stanno come afferma l'autore del sonetto, che -voglio credere migliore storico che poeta, benchè parli con tanta -sicurezza di ciò che avviene lassù nelle sfere celesti, non è alla -buona signora Lucia che noi dobbiamo attribuire quella scoperta, -nel vero senso della parola. Certo molti dei più importanti fatti -scientifici furono rivelati all'umanità dal caso, ma quando vennero ad -incontrarsi con una mente adatta a comprenderne il significato. Non per -questo voglio deprimere il merito della signora Galvani. Io vorrei, -anzi, che si scrivesse una storia delle compagne di quegli eroi che -lottarono nel campo delle idee, e credo sarebbe il racconto di intimi -e mirabili drammi combattuti nei cuori femminili per l'uomo amato, -che idealizzato dalle moltitudini si mostra, nel tollerante e sereno -ambiente della casa, spoglio dell'aureola di gloria che lo illumina e -lo nasconde, e vi rivela tutte le debolezze comuni agli altri uomini -e qualcheduna forse in più. Quanta abnegazione, quanto disinteresse, -quale instancabile affetto seppero possedere quelle modeste eroine, -e quale contributo portarono alla gloria del marito, consigliandolo, -sostenendolo, incoraggiandolo, sapendo sottrarsi a tempo agli applausi -meritati, per lasciarli all'idolo che li ambisce. - -Per amore di verità, però, non debbo dimenticare che la storia registra -anche molte Santippe. - -Dopo la morte del Galvani tutto quanto avesse riguardo coll'elettricità -animale venne circondato di dubbi, di indifferenza e finalmente -dimenticato, ed a ciò contribuì principalmente la scoperta della pila -di Volta ed i rapidi e meravigliosi progressi che ne conseguirono -nel campo della elettrodinamica. Si capisce, infatti, come la povera -elettricità animale, questa specie di cenerentola della elettrologia, -così modestamente raccolta nei tessuti viventi, dovesse cedere il passo -alla sua consorella, la elettricità voltaica, assai più appariscente e -più ricca di applicazioni che essa non fosse. - -Fu il Matteucci che la rimise alla luce del mondo. È bensì vero che -il Nobili aveva scoperto la cosiddetta corrente propria della rana -che va dai piedi al capo, ma egli l'aveva attribuita a fenomeni -termoelettrici, sicchè fu soltanto cogli studi del Matteucci che si -riprese nettamente il concetto del Galvani, e si considerarono i fatti -elettrici manifestati da un essere vivente come un'espressione dei -processi che si svolgono nell'intimità degli apparecchi funzionanti. - -Il Matteucci era uomo di tale ingegno, da lasciare la sua impronta -su qualunque argomento imprendesse a trattare. Non sta a me di -considerarlo ora nelle sue opere di cittadino; ricorderò soltanto che -fu ambasciadore e ministro della pubblica istruzione e professore -nel nostro Ateneo. Del resto, da questi punti di vista fu già -magistralmente tratteggiato da Nicomede Bianchi, in un libro che ha -appunto per titolo: _Carlo Matteucci e l'Italia del suo tempo_. Per -trattare dell'importanza non solo tecnica ma filosofica del Matteucci, -ci vorrebbero parecchie conferenze. Perchè egli non fu solo uno -scopritore di fatti, ed il restauratore della elettrofisiologia, ma -anche un rinnovatore nel campo delle idee direttrici in biologia. Con -un acume ammirabile sostenne l'importanza dei fatti fisici e chimici -negli esseri viventi, e fu così uno fra i più efficaci fondatori -della fisiologia moderna. Ma non ebbe i fanatismi tanto comuni agli -innovatori, e seppe mantenersi sempre nei limiti del vero, possedendo -una netta percezione dei confini fissati alla applicabilità dei -fatti scientifici ed al loro significato fisiologico. Egli, l'autore -dell'opera sui fenomeni fisico-chimici dei corpi viventi, ed uno fra -i più vivaci oppositori di quella scuola di un vitalismo primordiale, -rappresentata in Italia dal Rasori e dal Tommasini prima, e poi, -benchè in forma più progredita, dal Bufalini, mantenne sempre quella -serenità di giudizio e di linguaggio, che dimostrano in lui un vero -temperamento di scienziato. Egli ben sapeva che la scienza positiva -non ha e non può avere alcun rapporto colle questioni trascendentali, -e deve lasciare al sentimento ed all'intuito individuali di definire, -quando se ne senta il bisogno, che cosa possa essere quello che -si vuol chiamare la verità assoluta. Lo studio dei fenomeni della -natura, provoca, ordinariamente, bisogna riconoscerlo, una speciale -polarizzazione nelle capacità intuitive ed interpretative, ma ciò non -fa parte della scienza propriamente detta. Se l'indagine plasma la -mente dello sperimentatore ad uno speciale ed indulgente scetticismo, -si è perchè il contatto diretto coi fenomeni della natura, e la -sottile ricerca di essi, e l'analisi minuta delle loro particolarità -mentre lo rendono più forte nel discernimento del supposto vero, -gli dimostrano anche l'inanità degli sforzi suoi e degli altri, -nel determinare l'essenza delle cose. Ma l'uomo di scienza è anche -spesso un entusiasta, perchè nessuno meglio di lui è in grado di -apprezzare la meravigliosa armonia dei fatti naturali, l'intimo -legame che li riunisce, gli adattamenti perfettissimi che danno -ai fenomeni una stupefacente parvenza di finalità. Egli è pure un -disilluso, perchè ogni giorno più deve convincersi che ben poco è -quello che sa in confronto di quello che gli resta a sapere, e perchè -si avvede che ogni fatto nuovo che viene alla luce, mentre aumenta -il suo potere sulla natura, allarga pure smisuratamente i confini -della sua ignoranza consapevole. Ma egli possiede anche un concetto -esatto intorno alla relatività dei nostri veri, e se non sempre ha il -coraggio di comunicare i dubbi che lo tormentano, e lo sconforto di -sentirsi legato, per certe questioni generali, al limbo eterno della -ignoranza, sa però che deve essere temperato nelle idee e non scende -nella lizza per opporre ad affermazioni azzardate altrettanta vacuità -di linguaggio; e a rappresentazioni troppo indefinite e vaghe, simboli -troppo schematici e materiali; e a certe nebulosità idealistiche, -costruzioni materialistiche di un meccanismo infantile. - -Questa è la rappresentazione psicologica di uno scienziato, quale -sorge spontanea nella mente leggendo le opere del Matteucci, le -quali improntate ad un severo positivismo fanno di lui, che fu il -ricercatore dei fenomeni fisici e chimici dei corpi viventi, uno dei -fondatori di quella scuola biologica che limita i confini della nostra -conoscenza e che alcuni vorrebbero, non capisco il perchè, distinguere -coll'appellativo di neovitalismo. - -Dovrei ora parlare in modo speciale intorno alle ricerche del Matteucci -sull'elettricità animale, ma ciò mi obbligherebbe ad entrare in -questioni troppo tecniche, e ad adoperare un linguaggio che è soltanto -espressivo per gli iniziati ai suoi misteri. Credo invece opportuno -di dirvi in poche parole quali siano le nostre cognizioni attuali a -proposito della elettricità dei tessuti, perchè possiate apprezzare -quanto la fisiologia deve a quegli illustri italiani che hanno iniziato -questi studi. È infatti soltanto esaminando il frutto che si può -comprendere l'importanza di un germe, e soltanto l'organismo sviluppato -ci dice quali capacità di evoluzione stavano nascoste in quella cellula -così ricca di potenzialità che noi chiamiamo l'uovo. - -Un organismo vivente, considerato in forma schematica, può essere -tenuto in conto di una macchina complicatissima, nella quale materiali -chimici molto complessi, dissociandosi ed ossidandosi, mettono in -libertà una certa somma di energie, in quella guisa che il carbone -combinandosi coll'ossigeno, come si suol dire, bruciando, sviluppa -calore. Ma lo stesso pezzo di carbone, quando si ossida, può darci -semplicemente del calore, se ci limitiamo a bruciarlo nel caminetto, -mentre da esso possiamo trarre del lavoro meccanico, se ne provochiamo -la combustione nel fornello di una locomotiva, o della energia -elettrica e quindi della luce o delle azioni chimiche o altre forme -di lavoro, se la forza messa in libertà dalla fiamma fa poi agire una -dinamo e questa una lampada elettrica, o un bagno galvanoplastico, -o altro. Sicchè lo stesso combustibile bruciando può dare forme -differenti di energia e di lavoro a seconda dei meccanismi ai quali è -applicato. - -Nello stesso modo i processi di combustione che si svolgono nelle -singole parti del nostro corpo si manifestano diversamente in -ragione della varia struttura di queste parti. Il muscolo dà il -lavoro meccanico, la glandola, la elaborazione chimica, il nervo, la -trasmissione di un'onda particolare, la cellula nervosa, l'impulso al -movimento o il sottostrato della sensazione, e così via, e tutti questi -atti derivano in modo più o meno diretto da cangiamenti chimici, che -mettono in movimento i diversi ingranaggi del nostro organismo. - -Le differenti manifestazioni funzionali del nostro corpo, delle quali -abbiamo fatto parola, sono accompagnate però da fatti collaterali, come -avviene in ogni altra macchina. Abbiamo cioè, oltre il lavoro specifico -dei diversi apparecchi, uno sviluppo di calore che contribuisce, -negli animali che stanno in alto della scala zoologica, a mantenere -la temperatura del loro corpo ad un grado superiore a quello ordinario -dell'ambiente. - -Ma oltre il calore si possono discernere altre forme di energia, fra le -quali la luce e le manifestazioni elettriche. - -Non avete mai veduto il mare fosforescente? È soprattutto nelle -regioni equatoriali che questo spettacolo si manifesta nel suo massimo -splendore, dando al navigante l'impressione di solcare delle onde -infocate. Non dimenticherò mai le sere passate sull'Oceano indiano, -appunto per la magnifica fosforescenza che vi ho potuto ammirare. Tutta -la superficie del mare, leggermente increspata, era illuminata da una -luce vaga, nebulosa, bluastra, che pareva scaturire dalle maggiori -profondità, mentre il solco aperto dal piroscafo splendeva sin presso -all'orizzonte come una striscia di fuoco, sulla quale risaltavano i -guizzi di fiamme provocati dall'elica che percoteva l'Oceano e dalla -prua che ne squarciava gli attriti. Questo fenomeno è dovuto alla -presenza di innumerevoli esseri assai bassi nella scala dei viventi, -alcuni minutissimi, altri, come le meduse, abbastanza voluminosi, i -quali, quando siano stimolati dagli urti delle onde o dell'elica, per -esempio, rivelano quello stato di eccitamento con manifestazioni di -energia che, in grazia della loro trasparenza, acquistano i caratteri -di vere e proprie funzioni luminose. In questo caso si potrebbe proprio -dire con un illustre fisiologo che noi siamo colpiti direttamente -dalle irradiazioni della fiaccola della vita. Fatti simili, benchè più -complessi e parzialmente sottoposti all'impero dei centri nervosi, -ci vengono presentati fra gli altri da alcuni insetti, dei quali -rammenterò le lucciole, ornamento delle nostre sere di primavera e di -estate, e che furono soggetto di interessantissime ricerche del nostro -Matteucci, e gli elaterii dell'America tropicale, che possono servire -come lanterne per illuminare il cammino, e che sul capo delle signore -splendono di una vivissima luce propria, molto più apprezzabile, mi -pare, di quella riflessa da un diamante. - -Come vedete, alcuni fatti che d'ordinario sono semplici accessori, che -si presentano come collaterali di una funzione principale, possono, -in certi casi, raggiungere così grande sviluppo, da acquistare per se -stessi la dignità di una vera e propria funzione. Questo accade per la -luce emessa dagli organi fosforescenti degli insetti, come pure per le -manifestazioni elettriche della torpedine, del gimnoto, del siluro che, -grazie alla evoluzione di organi particolari, si sono resi capaci di -emanazioni elettriche potentissime, mentre, d'ordinario, l'elettricità -che si svolge dagli organi funzionanti, può essere appena avvertita da -apparecchi delicatissimi. - -Non per questo essa ha meno importanza pel ricercatore di fatti -biologici, che anzi la corrente tenuissima che si può raccogliere da -un muscolo che si contrae, la così detta corrente d'azione vale a farci -comprendere la potentissima scossa emessa da un pesce elettrico. - -Si disse come le manifestazioni funzionali dell'organismo siano -dovute a processi di combustione che si svolgono in seno agli elementi -costitutivi dei nostri organi. Ma il lavoro determina necessariamente -il consumo del combustibile, ed anche, benchè meno rapidamente, della -macchina. Sicchè un organismo non potrebbe presentare una funzione -continuata se ai fatti distruttivi, che sono il fondamento o la -conseguenza delle sue varie forme di lavoro, non facessero equilibrio -fatti antagonistici di reintegrazione, capaci di ricostituire le -forze impiegate nell'attività e le strutture consumate dall'uso, che -in altre parole servono a rimettere nuovo carbone nel fornello, ed a -raccomodare quegl'ingranaggi che vanno di mano in mano sciupandosi. Per -questo un organismo si può considerare come continuamente oscillante -fra due atti chimici opposti: quelli distruttivi, che si manifestano -in forma di movimento, di calore, di luce, di elettricità o d'altro: -e quelli ricostitutivi, che accumulano nuovi materiali combustibili e -reintegrano i tessuti sciupati dalla funzione. - -Può accadere che questi due fatti antagonistici corrispondano -perfettamente gli uni agli altri, come può avvenire che l'uno di -essi predomini sull'altro, e voi facilmente comprenderete quanto sia -importante pel biologo di assistere agli avvicendamenti chimici che si -svolgono nell'intima trama degli organi viventi. Questo ci è in parte -concesso quando si raccolga e si registri graficamente, per mezzo -di apparecchi delicatissimi, le variazioni elettriche dei tessuti -che vivono, vale a dire che si nutrono e che funzionano. Infatti, i -processi distruttivi determinano nelle parti che ne sono la sede una -certa condizione elettrica che si chiama negativa; e i fenomeni opposti -di reintegrazione danno luogo a manifestazioni elettriche di segno -contrario, provocando cioè uno stato che si dice positivo. - -Si capisce, perciò, come non si ottenga alcuna manifestazione elettrica -da un organo nel quale i processi chimici opposti, distruttivi e -reintegrativi si fanno equilibrio, perchè in esso agiscono due forze -eguali e contrarie che si neutralizzano, mentre vediamo diventare -negativa quella parte nella quale si esagerano i processi demolitori, -o positiva quella nella quale predominano i fatti di riparazione -organica. - -Così l'agente misterioso che lungo i nervi è l'intermediario fra il -cervello e le parti del nostro organismo, facendosi il messaggero -delle azioni di senso e di movimento, si rivela a noi come un'onda -di negatività, che percorre i cordoni nervosi; così l'attività di -un muscolo, di una glandola, di un organo di senso danno luogo a -variazioni elettriche negative della parte funzionante. Noi riusciamo -inoltre a raccogliere dalla superficie del nostro corpo cangiamenti -elettrici, variazioni di potenziale, come si dice, che corrispondono -col loro avvicendarsi al ritmico battito del cuore. Per contro, -quest'organo centrale della circolazione, quando sia arrestato da -azioni nervose particolari che ne esagerino gli atti ricostitutivi, -a scapito di quelli che sono la base della sua funzione meccanica, -dimostra questi cangiamenti con variazioni elettriche opposte di -carattere positivo. - -Come vedete, le oscillazioni elettriche dei tessuti, raccolte e -registrate coi nostri apparecchi, possono esprimere all'esterno -le intime modificazioni chimiche che si svolgono nei più remoti -recessi del nostro organismo, e possono tracciare dei veri ed -autentici rapporti autografici di esse. Sicchè per mezzo della -elettricità animale ci è concesso di possedere una immagine, per -quanto sfumata e vaga di quel ritmo chimico che forma il sottostrato -delle manifestazioni di un essere vivente; o, se volete, un'eco -assai attenuata, ma pur fedele, dell'armonia della vita. E non è -probabilmente lontano il giorno nel quale indagando le correnti -d'azione dei centri nervosi noi sorprenderemo le cellule cerebrali -nella loro attività elaboratrice della sensazione e del movimento. - -Ma non facciamoci troppe illusioni, perchè si capisce che in questo -caso non otterremo che la rappresentazione esteriore di uno dei -sintomi dell'atto mentale, come il sorriso che solleva il labbro della -_Gioconda_ del divino Leonardo non è che il simbolo di uno stato -d'animo di quella vaghissima donna. Ma forse che per questo esso -è meno attraente? Forse che esso non ci affascina tanto più quanto -maggiormente è misterioso ed impenetrabile? - - - _Signore e Signori!_ - -Un filosofo tedesco, celebre nella storia della elettrofisiologia, -Emilio Du Bois-Reymond, in un suo discorso, accennando alla scoperta -del Galvani, esclamava: «È con orgoglio che l'investigatore della -natura, osservando i fili telefonici che attraversano le nostre -strade e le nostre piazze, si rende conto di quanto hanno fatto tre -generazioni umane di genio e di diligenza, partendo da un sì oscuro -principio,» e si domanda col Gherardi, pensando al parapetto di ferro -sul quale il Galvani fece la sua osservazione: «Se quel parapetto -fosse stato di legno o di pietra, chi può assicurarci che avremmo un -galvanismo.... e tutto il resto?» - -Certo è incommensurabile l'importanza della scoperta del Volta, e ne -fanno fede le innumerevoli applicazioni che sono tanta parte ormai -delle nostre manifestazioni materiali ed intellettuali, e che sotto -forma di luce, di calore, di movimento, di trasmissione di energia a -distanza, di utilizzazione di forze naturali, di azioni terapeutiche, -e più ancora di nuove ed efficaci dottrine che simboleggiano in forma -scientifica i fenomeni della natura, in quanto hanno di più recondito, -danno alla nostra vita individuale e sociale un particolare indirizzo. - -Ma pur prescindendo dal fatto che senza la rana del Galvani non vi -sarebbe forse stata la pila del Volta, mi sarà lecito di affermare che -anche la elettricità animale, che serve a rivelare l'intimo meccanismo -nutritivo dei più remoti ingranaggi di un organismo vivente è, nelle -mani del biologo, un istrumento di conquista non meno efficace di -quello che maneggiato dal fisico ha contribuito potentemente a dare -un'impronta nuova al secolo che muore. E ciò dobbiamo soprattutto -a quelli italiani che, in sullo scorcio della prima metà di questo -secolo, mentre si preparavano le armi della riscossa nazionale, -ripresero e rinnovellarono gli studi del Galvani, quasi per affermare, -una volta di più, che l'Italia non è e non sarà mai la terra dei morti, -perchè nel nostro paese anche i morti resuscitano a maggior gloria di -tutti! - - - - -APPENDICE - -LE MONTÉNÉGRO - -CONFERENZA DI CHARLES YRIARTE - - -Quelles que soient les destinées réservées au peuple Monténégrin s'il -garde sa persévérance, sa sagesse et sa valeur; il devra conserver à -jamais un culte et une tendresse profonde pour l'étroite vallée et -le cirque de montagnes où il s'est refugié au moment où les Turcs, -déferlant comme une vague sur les Balkans, ont envahi la vieille -Serbie. Laissez-moi marquer ici à grands traits les étapes de son -histoire. - -Dans la grande famille Serbe dispersée par l'invasion, les clans -Monténégrins, dès le moyen-âge avaient déjà eu une sorte d'autonomie, -et sa Dynastie qui régnait sur la Serbie, la famille des Némania, avait -même pris naissance dans la Zéta, qu'ils occupaient alors. Après la -sanglante _Bataille de Kossovo_, d'où date la dispersion, le Prince -Cernovich, incendiant le pays qu'il laissait derrière lui, se retira -avec tout ce peuple en armes dans la montagne noire, la Cernagora. Il -s'arrêta d'abord à Rieka, puis à Cettigné. Les Turcs avancent encore, -ils ont déjà pris Constantinople; la Serbie est à eux toute entière; -ils vont s'efforcer de soumettre ces réfractaires. Ils prendront les -Monténégrins à revers, et après avoir chassé les Vénitiens de Scutari, -Soliman pacha pénétrera jusqu'à Cettigné, qu'il livre aux flammes; -c'est l'apogée de la défaite. Les Monténégrins ont désormais perdu -la riche Zéta, le Brda, le Lac de Scutari, deux cents kilomètres de -rivage sur l'Adriatique; et les quatre montagnes rocheuses où ils ont -transporté leurs foyers sont tout leur domaine. Ce sera leur citadelle, -ils y conserveront toujours vivante la flamme du patriotisme, la -confiance dans leur destinée et une énergie indomptable. Alfieri fait -dire à un peuple qui gémit sous le joug: «_Esclaves.... oui, nous -le sommes, mais esclaves toujours frémissants._» Les Monténégrins -n'accepteront jamais le joug; depuis Kossovo, en 1356, jusqu'à la -prise d'Antivari et de Dulcigno en 1878: ce peuple décimé vivra dans -une alerte continuelle, la main sur le kandjiar. C'est avec le premier -des Pétrovich, Danilo, à la fin du 17^e siècle que commence l'ère des -grandes batailles décisives; jusque là, ce sont des incursions rapides, -des razzias, des surprises; les montagnards fondent sur l'ennemi, ils -l'envahissent, prennent des territoires, les perdent pour les reprendre -encore, et harcèlent sans cesse. Mais tel sera désormais l'effort vers -la rédemption et si terrible l'énergie de ce peuple indomptable, que de -grands empires, la Russie et l'Autriche, voient en eux des auxiliaires -hardis, et lui proposent des alliances. - -Pierre-le-Grand s'avance le premier: «L'histoire (dit-il dans son -message), nous a appris que vos anciens rois, vos princes, étaient -hautement révérés comme appartenant au noble sang slave, et que les -triomphes de leurs armes les ont rendus célèbres par toute l'Europe -jusqu'au jour fatal de leur défaite. Rendez vous dignes de cette -gloire, imitez vos illustres ancêtres; combattez pour la foi, la -patrie, la gloire, l'honneur, pour votre liberté, votre indépendance et -celle de vos fils.» - -On combat en effet. L'année suivante à Carlevatz trente mille Turcs -restent sur le champ de bataille; le Musulman recule; on respire -pendant quelques années, on organise et on vit sans combattre, mais -sans désarmer. Mais prenant sa revanche, l'éternel ennemi attaque -de trois côtés à la fois avec cent-vingt-mille combattants dont les -Monténégrins vont triompher à la journée de Cevo. - -Les Pétrovich ont la vie dure; le premier vient de régner soixante ans, -celui qui lui succédera dans l'histoire, Pierre I^er, est un saint et -un héros. Dès les premières années de son règne, Marie Thérèse, étonnée -à son tour de l'énergie et de la persévérance du peuple Monténégrin, -inaugure vis-à-vis de la Cernagora une politique, que n'ont que trop -bien suivi ses successeurs. Le second Pétrovich reçoit son ambassadeur, -et Radonicht, délégué Monténégrin, ira à Vienne même dicter les -conditions du traité d'alliance que l'Impératrice a proposé. Les -conditions du Monténegro sont fières. - -«L'alliance sera offensive et défensive; nul servage en échange. -— Si le territoire Serbe venait à être délivré des Turcs, la -Zéta supérieure, Podgoritza, Spuz, Zabliac, le Piperi, la Brda et -l'Herzégovine seraient réunis au Monténegro qui pourra battre monnaie. -Aussitôt que le Cabinet d'Autriche sera en guerre avec la Porte, S. M. -Impériale enverra la poudre, le plomb et les armes. Si l'Autriche fait -la paix avec la Porte, les Monténégrins seront compris dans le traité.» - -Après trois ans de combats et de fortunes diverses, les Autrichiens -acceptent la paix; mais comme le territoire n'a pas été délivré des -Turcs: les concessions promises par l'Autriche au Monténégro sont -lettre morte. - -Pierre I^er ne se décourage point, et les Monténégrins vont attaquer -tout seuls; ils défont les Turcs sur le Lac de Scutari, dans un combat -naval et plus tard dans une rude bataille où Mohammed pacha trouve la -mort, et l'impression est telle à Constantinople que l'indépendance -pour laquelle les peuples Monténégrins ont versé tant de sang depuis -Kossovo est enfin reconnue. - -Mais un nouvel ennemi, plus puissant encore, s'avance. Les Français -sont en Dalmatie; Pierre va se mesurer avec les lieutenants de -Napoléon: avec Lauriston d'abord qu'il défait, puis avec Marmont duc de -Raguse qu'il tient en échec. - -Pris d'enthousiasme, le Czar Paul I^er, reprend la tradition de -Pierre-le-Grand, envoie ses présents et ses insignes à tous les -Voivodes, et alloue au Prince un subside de neuf mille ducats annuels. -Mais en acceptant simplement un appui noblement offert, le Vladika -Pierre n'a abdiqué aucun de ses droits; le gouvernement Russe s'étant -un jour immiscé dans l'administration ecclésiastique de la Principauté, -le gouverneur Vuk Radonitch et tous les serdars, voivodes, kneze, -porte-enseignes, prêtres, nobles et autres autorités protestent -respectueusement, mais avec une singulière fermeté. - -«Le peuple du Monténegro et de la Brda (dit Radonitch), n'est -aucunement sujet à l'empire Russe, il se trouve seulement sous sa -protection morale, parce qu'il est de la même race, et parce qu'il a -la même foi; mais par aucune autre raison. Nous avons attachement et -fidélité et nous voulons garder ces sentiments éternellement, mais nous -défendrons de toutes nos forces la liberté dont nous avons hérité de -nos prédécesseurs, et nous mourrons plutôt l'épée à la main, que de -subir une servitude honteuse d'une puissance quelconque.» - -Pierre I^er le Saint, pouvait seul faire entendre un tel langage au -Czar de toutes les Russies. Ce Vladika, qui règne pendant quarante-huit -ans, n'a connu que des victoires; il fut aussi un civilisateur, et -reste le vrai héros de la Dynastie. Sur la hauteur qui domine Cettigné, -là où se dresse le monument que la piété d'une Monténégrine devenue -Princesse Italienne a dessiné de sa propre main en souvenir de Danilo, -fondateur de la dynastie des Pétrovich, on voudrait voir s'élever la -statue du vainqueur de Kara Mahmoud et le rival heureux de Marmont duc -de Raguse. - -La grande tâche n'est pas achevée; après dix ans du règne de Pierre -II, grand poète, pacificateur, qui s'applique à adoucir les mœurs et à -propager l'instruction tout en tenant l'épée d'une main ferme; un fait -important au point de vue du gouvernement va s'accomplir. Jusqu'ici se -confondent dans la personnalité qui dirige et qui règne, le caractère -sacré du Vladika et celui du Prince. Pour devenir Vladika, évêque, il -faut être moine et renoncer au mariage; Danilo I^er qui devait comme -successeur et neveu de Pierre II assumer ce double caractère, avait -fait ses études à S^t Pétersbourg; il renonça à l'église, et inaugura -le pouvoir séculier. Ce règne est court, il finit par un évènement -lugubre, l'assassinat du souverain, victime d'un fanatique: mais il -reste encore inoubliable, car Danilo a la gloire d'avoir protesté -devant l'Europe contre la Turquie, relevée par la guerre de Crimée, -qui a osé dans un document parler du Monténegro comme d'une province -Turque: et aussi, deux années après son avènement, il conduit ses -troupes à Grahovo et met en déroute l'armée Turque dans une bataille -qui eut de tels résultats, qu'on la regarde encore comme la revanche de -Kossovo. - -Quand Danilo tombe sous le coup d'un assassin, le prince qui règne -aujourd'hui, Nicolas I^er, son neveu, fils de ce Mirko, le héros de -Giahovo, quitte à la hâte Paris où il achève ses études au Collège -Louis-le-Grand et assume le pouvoir. Il n'a pas encore vingt ans, -mais les Monténégrins, mûris par l'exemple, avant vingt ans sont des -hommes. Chacune des étapes de ce règne, auquel il faut souhaiter la -durée de celui du premier Pétrovich, est marqué par un effort pour -l'indépendance, un progrès dans la culture, une négociation heureuse, -en même temps que Medun, Danilograd, Martinch, Rasina-Clavica, -Nicksich, Antivari et Dulcigno; sont autant de noms de victoires coup -sur coup remportées, qui forcent l'Europe à compter avec le Monténégro. - -Le pays ne sera plus réduit à sa plaine étroite et aux quatre -montagnes; vers la vieille Servie il a des plaines fertiles; la Zéta, -la Brda lui appartiennent, il a pris de l'essor du côté de Scutari, et -les princes aux longs règnes ont fini par tailler à coup d'épée dans la -terre Serbe une principauté nouvelle. Cette principauté cependant n'est -point encore le prix du sang, ni le territoire sur lequel on régnait -cinq siècles auparavant. Berlin a effacé San Stefano. Depuis lors on -s'est réfugié dans le travail sans sacrifier ses espérances: l'ère -de la paix est celle des progrès, et une grande œuvre est accomplie. -Le Soldat s'est fait Législateur, le code monténégrin est promulgué. -Un juriste fameux, Bogisïc, sous l'inspiration du Prince, a recueilli -les règles du Droit coutumier, appliquées naïvement jusque là par le -peuple. Cette sagesse du Prince, cette prudence alliées à une énergie -qui n'abdique point; ont eu leur récompense dans de grandes alliances -qui n'ont pas eu seulement la politique et l'intérêt pour base, mais -qui se trouvaient d'accord avec les raisons du cœur. - - * - * * - -Quelles seront les habitudes, les tendances, l'aspect, le caractère -d'un peuple dont l'histoire n'est qu'une longue «vendetta» et une -perpétuelle revendication? - -Le voyageur qui aborde le Monténégro par les bouches de Cattaro, après -avoir gravi les soixante lacets taillés dans le roc qui donnent accès à -la Montagne Rocheuse, s'avance désormais vers Niégouz et Cettigné sans -rouler comme autrefois sur sa selle avec les pierres du chemin. L'homme -a dompté la nature; des routes nouvelles donnent un accès facile -jusqu'à la frontière de Serbie; l'extension de la carte du pays a fait -la vie moins rude. Si la montagne est aride de Cattaro à la plaine, -le pays frontière de la vieille Serbie est fertile: quelques parties -sont même riantes comme une petite Brianza. La Zéta, Vassoacwitz, -Kolaschi, Niksich, et les bords du lac de Scutari, sont des lieux -pleins d'aménité, qui contrastent avec la montagne. - -On sait que la terre donne peu de blé, mais le maïs abonde, comme la -pomme de terre, et la sécheresse est toujours le grand ennemi. Au fond -le pays est surtout pastoral et partout où la montagne est verte, le -grand et le petit bétail abondent; aux temps héroïques les clans se -disputaient tel ou tel revers de montagne, où la verdure était grasse -et épaisse. - -C'est par le bétail que le Monténégrin vit et s'enrichit; par le tabac, -par le sumak, cet arbuste dont la feuille sert à la tannerie tandis que -son bois est utile à la teinture, par les pêcheries de Stekline au lac -de Scutari, qui produit une sorte de sardine très demandée en Albanie -et qui s'écoule aussi dans l'Italie méridionale et en Serbie. - -De ces divers produits, le tabac est le plus avantageux, régulièrement -vendu par le gouvernement à la régie autrichienne qui y trouve son -compte. Mais l'empire d'Autriche a fermé sa nouvelle frontière au -bétail Monténégrin, et établi des cordons infranchissables, il fait -une guerre de tarifs à outrance. Tout bœuf qui passe la frontière paie -dix-huit florins de droits — c'est-à-dire — presque autant que le -prix de l'animal même. Il a fallu s'ingénier, chercher des nouveaux -débouchés. En Italie, à Brindisi et Bari; à Marseille, où s'est créé -une Chambre de commerce. - -Au point de vue industriel, les scieries mécaniques fonctionnent là où -l'eau abonde, comme aussi la meunerie, pour la farine. Une fabrique -d'armes pourvoit sinon à l'armement au moins à son entretien, et -les routes, sans parler de la grande voie qui de Cattaro se continue -jusqu'à Pogdoritza, sont amorcées partout à la fois, en même temps que -les anciens forts turcs des Iles de Scutari, démantelés, permettent -un service régulier entre Rieka et Scutari. Un service de poste, très -sérieusement établi, sévèrement surveillé, et d'une parfaite régularité -facilite les relations et les échanges. - - * - * * - -Voyons l'homme dans le Pays. Toujours soldat au fond, le Monténégrin -est resté fier et d'aspect réservé; riche ou pauvre, il a de la dignité -dans l'accueil et exerce l'hospitalité avec simplicité, son type est -noble et grave. Comme nous nous étonnions de voir dans un clan tant -d'hommes de belle allure, un chirurgien militaire nous fit observer que -la nature ici, fait sa sélection l'hiver, dans la montagne; les faibles -s'en vont, les forts restent seuls et grandissent. Le peuple est -pasteur, agriculteur, éleveur et la culture de la terre ennoblit: il a -horreur du petit commerce, et des petits métiers assis, les brodeurs, -les vendeurs. Il fait fi de certains travaux manuels, ne porte pas -volontiers de fardeaux et laisse les petits négoces aux Albanais venus -de Scutari. Il aime passionnément la musique, les récits faits à voix -basse, il murmure d'une voix gutturale des chants épiques d'un rhytme -triste et d'un ton voilé. - -On connait le costume du Pays, élégant, de couleur claire avec quelques -taches sonores, et complété par des armes brillantes. - -L'arme exerce sur le Monténégrin une séduction irrésistible, il ne -se sépare jamais de son arsenal. Un fusil, un revolver nouveau modèle -l'enchante, il les convoite et les admire. L'enfant lui-même dès qu'il -est armé se redresse plus fier. Quand j'étais là, on s'efforçait de -recruter une bande de petits musiciens; mais souffler sans gloire -dans un turlututu, et marcher sans fusil à l'épaule ou sans pistolet -à la ceinture répugnait à ces adolescents. On les arma d'un Martini, -et le clairon retentit bientôt dans la montagne. Il est singulier que -toujours armé ainsi, le sang ne coule presque jamais, et les prisons -soient presque vides. Le Pays n'a pas de pauvres, la sobriété est la -règle, l'ivresse est très rare, la porte du logis peut toujours rester -ouverte, car le vol est honteux et impossible par l'absence absolue du -réceleur. - -Avec le temps, grâce aux princes qui s'y sont tous appliqué, une -certaine férocité native — reste d'atavisme des époque épiques, -et des combats des ancêtres, qui se développait par les luttes -nouvelles soutenues par chaque génération — peu à peu s'est apaisée et -attendrie. La _Vendetta_, cette plaie des familles, passe au domaine de -l'histoire, comme aussi cette habitude chez les Monténégrins, à l'âge -où on croit à l'amitié éternelle, de se choisir un frère de sang, un -_Pobratim_, union touchante de deux jeunes hommes, qu'aucun lien de -famille unit, qui échangent leur sang et leurs armes en récitant la -prière «_l'Adelfo poisio_» devant le prêtre, et jurent de périr l'un -pour l'autre, et de s'entr'aider même au péril de leur vie. Quand -le pouvoir central existe, c'est la loi qui doit venger l'injure, la -_Vendetta_ est donc devenu un crime. Quant au _Pobratimat_ un voyageur -poète peut le regretter. Mais il faut considérer que contracté entre -deux Monténégrins de deux clans différents entraînait souvent deux -levées de boucliers et déchaînait les luttes fratricides. La vengeance -aujourd'hui est l'œuvre de la justice. - - * - * * - -La Monténégrina, montagne ou plaine, est-elle belle? ou simplement -jolie? — Un Français répondrait: elle est bien pire. Elle a de l'Orient -l'expression grave qui inspire le respect, une grâce touchante, une -absence complète d'affeterie ou de manière, un teint mat, qui chez la -femme riche ou aisée que la bise et le hâle n'ont pas flétri, garde -souvent une belle pâleur d'ivoire, souvent frêle et délicate, sous des -apparences de faiblesse son énergie a fait de la femme l'auxiliaire de -l'homme dans les combats. - -Chez les paysannes de nos champs la démarche est souvent lourde, le -geste gauche, l'expression dénuée de pensée et les yeux sans flamme: -la Monténégrine a souvent dans le regard comme un reflet de la poésie -des légendes de sa patrie, de la tristesse d'une race qui a longtemps -lutté et souffert. Cermak, l'artiste serbe, un patriote qui chaque fois -le Monténégrin passait la frontière et se soulevait contre le joug, -abandonnait Paris pour courir au danger, nous revint un jour mutilé de -la Cernagora, a bien fixé son image et l'a associée aux actes virils de -revendication dans des toiles pleines de talent. - -Ferogio, un Italien qui vivait aussi parmi nous, a recueilli tous les -types et illustré tous les actes de la vie du peuple, et mieux que -personne a montré la beauté de la silhouette, les fières attitudes, le -geste simple et toujours noble de la population rurale ou montagnarde. - -La femme monténégrine cependant, est douce, résignée, fidèle; tout son -horizon est au foyer, on ne la voit au bras de l'époux que les jours -de fête, elle attend un mot ou un signe, elle le devine et ose à peine -le prévenir. Si on s'en tenait aux apparences on dirait que l'homme, à -côté du respect, lui inspire la crainte, et dans le recueil des dictons -Monténégrins d'un autre âge, qui s'appliquent à la femme, quelques -uns ne sont pas à la louange de l'homme. On reproche aux Monténégrins -du peuple son indolence aux durs travaux, sa tendance à laisser à sa -compagne ceux qui sont les plus pénibles; et les yeux du voyageur au -détour de la route, dans la montagne ou dans la plaine, sont parfois -attristés en les voyant plier sous de lourds fardeaux. - -Mais cette femme est respectée et protégée par le droit coutumier, -devenu code civil, plus qu'en aucun pays de l'Europe. Le voyageur -de la Ballade de Schubert, celui «qui passe en chantant et qui part -sans regret», s'il pénétrait dans la famille rurale, assisterait à un -spectacle vraiment touchant. Qui n'a vu chez les peuples qui se piquent -de tenir la tête de la civilisation, à la mort du chef de la famille, -sous la loi du Majorat, ou même dans les maisons moins fortunées, la -veuve en cheveux blancs s'en aller solitaire, et laisser à son fils -et à sa jeune épouse le foyer où sa vie s'est écoulée, dans un luxe -devenu une habitude, dans une affection devenue un besoin? Qui n'a -rencontré sur sa route, surtout dans votre beau pays, où ceux dont -la vie est solitaire essaient de combler par la vue des chefs-d'œuvre -et la clemence du climat, le vide d'une existence, sans amour et sans -hyménée, — une sœur qui a quitté elle aussi le foyer de son frère? - -Ici, la loi est la communauté; le père est le chef, chacun doit son -travail à la famille toute entière et la part de chacun est la même. -Tout appartenant à tous, chacun a droit à tout son entretien, et puise -par part égale au bien commun. Si l'un des membres commet un délit -et une faute, tous le réparent, et paient l'amende — sauf à mettre au -compte du coupable, au jour du partage, le dommage qu'il a causé. - -Cependant le _Pécule_ est personnel à l'individu, et nous entendons, -par pécule, tout résultat d'un travail fait à moments perdus et -autorisé par tous, comme aussi tout profit qui est acquis sans travail, -c'est-à-dire, un don du père retiré de la communauté après avoir pris -ce qui lui revient en partage et dont il dispose à son gré, un don du -Prince, une arme, une étoffe, une somme d'argent, tout gain enfin qui -est le résultat soit de hasard, soit de la sympathie inspirée, soit -d'une action méritoire et personnelle. - -L'âge venu de s'unir à une famille nouvelle, il est permis à la jeune -fille, en dehors du travail en commun pour l'avantage de tous, de -travailler pour elle-même; et on fermera les yeux. A partir de ce jour -on la laisse augmenter son pécule, le père, la mère, le frère peuvent -y ajouter une part du leur, mais du leur seul, selon le penchant que -chacun d'eux a pour celle qui va les quitter. - -Dans la nouvelle famille où elle entre elle a le privilège de la même -loi. Et cette fois sa dot, c'est-à-dire son _Pécule_, lui appartient -absolument; elle en dispose sans réserve; elle n'a nulle formalité à -remplir, nulle signature à obtenir; elle est personnalité civile. - -Mais nous ne sommes pas dans ces républiques idéales qui ont pour base -la perfection de l'homme. Dans cette communauté nouvelle où elle entre, -toute injustice ou tout outrage à ce nouveau venu déchaînait autrefois -la _vendetta_ de la communauté primitive; alors le sang coulait. Le -pouvoir du prince, centralisé désormais, ayant absorbé le pouvoir du -clan, c'est la loi désormais qui venge. La loi seule, et un Prince au -cœur tendre, à l'âme juste, et à la main ferme. - -Cependant cette jeune femme est devenue veuve, le lien est rompu; que -deviendra-t-elle? Elle a le droit de rester dans sa nouvelle famille -sous les mêmes conditions, comme elle peut aussi revenir à l'ancienne -avec le même sort — à moins cependant qu'au moment de contracter le -mariage, son père lui ait donné la part à laquelle il avait droit en -quittant la communauté, s'il s'en est séparé. - -Ainsi donc, enfant et jeune fille, la femme est membre de la -communauté. Mariée elle garde les mêmes droits dans la nouvelle, et -pour mieux cimenter cette union, chaque famille ayant un patron, — -prenons St. Pierre puisqu'il a des clefs, et peut ouvrir bien des -portes, ou St. Nicolas, qui aime bien les enfants, — elle abandonne -son patron, celui de la communauté et se fait adopter par celui de sa -famille nouvelle. - - * - * * - -Après tant de combats, quand tout convergeait vers l'attaque ou la -défense, voyons ce qu'on a fait pour l'instruction publique. - -C'est seulement on 1852, quand Danilo II a pris le pouvoir, qu'on a -organisé et décrété l'école d'abord dans les villes et les villages de -la montagne noire, et après la bataille de Grahovo dans les régions -conquises. Tout-à-fait primaires d'abord les écoles ont un cours -de trois ou quatre ans. A Cettigné un gymnase s'est ouvert, qui se -transforme après quatre ans d'étude, et devient école normale. Une -classe de théologie permet de recruter les prêtres dont on limite le -nombre à la seule nécessité du diocèse. Plus tard pour les sujets -avancés, bien doués, avides d'apprendre et assez fortunés pour -promettre au pays des esprits ouverts, capables de faire progresser; -on a la ressource des missions temporaires à l'étranger. L'enfant du -village va à l'école, et c'est un charme de voir partout, dans les -étroits chemins de la montagne, au carrefour des routes, les petits -monténégrins avec le carton et l'ardoise en bandoulière, prenant le -chemin des écoliers et s'arrêtant pour cueillir une fleurette dans la -fente d'un rocher. - -Pour les jeunes filles, les demoiselles qui ont des aspirations plus -hautes que le village, filles de Voivodes et de riches propriétaires, -s'ouvre une institution fondée par l'Impératrice veuve d'Alexandre -II, avec des professeurs distingués, six ans de cours, l'internat, un -niveau élevé qui va croissant avec le temps. On y cultive d'office -les trois langues: _le Serbe_, _le Russe_, _le Français_, et la -connaissance des trois littératures, et souvent l'_Italien_: grâce aux -relations de famille et de voisinage. - - * - * * - -Pour l'instruction militaire, notre école nationale de St.-Cyr fut -parfois celle où des aides-de-camp du Prince ont appris le métier -des armes, et plus tard sont devenus aptes à la direction des divers -services administratifs, toujours prêts d'ailleurs à échanger la -plume contre l'épée aux jours de péril. Aujourd'hui, c'est l'Italie, -Modène, qui est l'école, la pépinière des officiers, fondus au retour -dans l'armée indigène, ils l'encadrent, sans émousser le caractère -offensif du soldat monténégrin et lui faire perdre sa personnalité -de combattant. Trois aides-de-camp, deux officiers d'ordonnance, le -capitaine des Périaniks, ou gardes du corps, forment un Etat major -personnel au Prince. Une grande caserne s'est élevé à Cettigné, une -école militaire à Pogdoritza, pour les sous-officiers, et un bataillon -régulier reste permanent. Le fond de la défense nationale étant la -milice légère, qui se mobilise, pour ainsi dire, d'instinct. On peut -compter à l'effectif, au moins 45 bataillons compacts et bien armés. -Nous nous souvenons d'avoir assisté jadis aux évolutions d'un escadron -bien monté — le noyau subsiste, mais la nature du pays proteste et le -cavalier, comme masse militaire, n'a pas sa raison d'être, vu la nature -du Pays. - - * - * * - -Nous constaterons encore d'autres innovations, si j'en crois un de mes -jeunes amis, un grand voyageur, nouvellement revenu du Pays dont les -lettres de crédit avaient pour unique objet de saluer de ma part S. -A. le prince Nicolas, et de chanter pour moi le «_Cari luoghi_» à la -montagne Noire. Celui-ci m'a assuré qu'il s'était couvert de gloire -au _Lawn Tennis_ de Cettigné où il avait eu pour partner des dames du -corps diplomatique, des jupes de Laferrière, des manches bouffantes de -M^me Pacquin et des chapeaux de chez Virot. — C'est la loi du progrès. -— Les nouvelles routes de Cettigné à la frontière sont désormais -propices à la byciclette: un jour ou l'autre on importera _le polo_ et -_l'automobile_, qui ne rappelle que de loin les temps de la chevalerie. - -Cependant le Pays tient à ses coutumes. Le costume national reste en -honneur partout, le trésor des poésies populaires, des chants épiques, -chants de gloire, de guerre et d'amour, histoire vivante, sont une -source féconde qui ne tarit jamais. Il y a toujours dans chaque ancien -clan quelque Barde errant qui chante au son de la Guzla au détour de -la route ou sous l'orme des vallées et souvent le chantre est aveugle, -comme Homère; il dit et redit des poésies, qui restent presque toujours -anonymes, et semblent portées sur l'aile du vent de montagne en -montagne ou répercutées par un écho comme celles des recueils de Vuk -Stefanovich que Tommaseo vous a fait connaître. - -Pierre II Pétrovich, le grand chantre de la Cernagora employait dans -ses poësies le décasyllabe qui ne recherche point la rime mais la donne -parfois, quand la raison l'appelle. Le Prince qui règne aujourd'hui à -la fois soldat, législateur et poëte, auteur de «_l'Impératrice des -Balkans_» devenu populaire, en fixant en vers de huit syllabes, le -caractère de chacune des tribus monténégrines; a faite cette poësie -plus personnelle, c'est la poësie littéraire avec la strophe de quatre -vers de la Poësie Ragusaine, qui garde à ces chants leur caractère à la -fois tendre et épique. - -«Si j'avais recueilli toutes les fleurs dont ta main a jonché le chemin -de ma vie (dit le Prince Poëte à celle qui partage son trône, en lui -dédiant son œuvre); si j'en avais respiré tout le parfum: j'en aurais -pu faire un poème si beau, un livre ailé tel que jamais le monde n'en -eût lu de pareil.... j'eus mieux chanté l'amour, l'intelligence et -j'aurais pu écrire un livre tout entier rien qu'en y recueillant toutes -les vertus de ton âme qui resplendissent comme un diadème impérial.» - -En entendant parler ainsi le Père, vous reconnaissez l'Épouse et la -Mère, et vous devinez celle dont les destinées sont désormais les -vôtres. - -Quelque rapide qu'ait été l'hommage que j'ai voulu rendre aux -Monténégrins, il n'était peut-être pas inutile qu'une voix et un cœur -français vinssent ici confondre dans la même sympathie et les mêmes -vœux de prospérité la Cernagora, l'Italie et.... la France. - - - - -NOTE: - -[1] V. son _Voyage d'Italie_. - -[2] Lettre à Fontanes du 20 janvier 1804, insérée dans le _Voyage -d'Italie_. - -[3] _Les martyrs_, V^e livre. - -[4] Lettre précitée à Fontanes. - -[5] _Mémoires d'outre-tombe_, p. 121, 122, 123 du V^e vol. dans la -récente édition Garnier. - -[6] Discours du 2 janvier 1848, p. 122-123 et 144 du V^e vol. de -l'édition de ses Discours publiée par L. Ulbach en 1865. - -[7] Discours précité. - -[8] Discours précité. - - - - -INDICE - - - Lamartine, Châteaubriand et l'Italie Pag. 5 - La pleiade musicale 39 - La elettricità animale 75 - _Appendice_: - Le Monténégro 113 - - - - -LE CONFERENZE FIORENTINE SULLA VITA ITALIANA - -Alcuni giudizi della stampa. - - - «Le _Conferenze fiorentine_, che tanto favore incontrarono nel - pubblico che ascolta e in quello che legge, hanno cambiato di - editore: sono passate dai fratelli Treves di Milano alla Casa - R. Bemporad e figlio di Firenze; ma ciò non vuol dire nulla: la - sostanza è rimasta sempre la stessa, cioè buona. - - «Dopo aver trattato della vita italiana negli albóri, nel trecento, - nel rinascimento, nel cinquecento, nel seicento, nel settecento, - nel periodo della rivoluzione francese e dell'impero, le conferenze - fiorentine hanno ora preso a trattare della _Vita Italiana nel - Risorgimento_ e sono già state raccolte in volume.» (_La Rassegna - settimanale universale_, 3 aprile 1898). - - - «Alla prima serie di _Conferenze fiorentine_, edite dalla Casa - Treves di Milano, che ebbero tanta fortuna nel pubblico degli - ascoltatori e dei lettori, quando furono dette e stampate, segue - questa seconda intorno al periodo più serio, interessante glorioso - della nostra storia. Il periodo del risorgimento ci commuove e ci - fa fremere anco adesso, poichè le più belle energie intellettuali e - morali ond'esso fu prodotto si vanno spegnendo, e fra le diserzioni - e le delusioni, lo scetticismo dilaga.» (G. PIPITONE FEDERIGO nel - _Flirt_ di Palermo, 5 maggio 1898). - - - «I volumi, che la Casa E. Bemporad e figlio ha dato alla luce con - una signorilità eguale a quella dei Treves di Milano, contengono - la prima, la seconda e la terza serie delle letture tenute l'anno - scorso sulla _Vita Italiana nel Risorgimento_ e si aggirano su quel - burrascoso periodo, che va dal 1815 al 1831; periodo in cui gli - amori più puri e gli slanci più generosi si alternano agli odi i - più feroci, alle mène più tenebrose e più sozze. - - «Tredici letture fra le più belle e le più attraenti, perchè - parlano di cose e di uomini il cui ricordo è ancor vivo nella - mente come fossero d'ieri e perchè toccate dalla mano, non sempre - maestra, ma spesso sicura del Del Lungo, del Rovetta, del Nitti, - del Biagi, del Costa di Beauregard, dell'Alfani, del Panzacchi, del - Bonfadini, della Serao, del Colombo e del Ricci. - - «Io potrei, se volessi, darvene qui un'idea più ampia e farvene - anche un tantino di critica; ma a che prò, se i giornali della - città seppero meglio di me, aiutati dalla freschezza delle - impressioni, darvi, allora, l'una e l'altra?...» (GUIDO RUBETTI nel - _Corriere italiano_ del 6 giugno 1898). - - - «Pochi libri come questo sono degni di essere letti e meditati - profondamente.... I soggetti che gli autori imprendono a trattare - con l'usata maestria, non possono, in verità, essere più serii - ed attraenti, come quelli che ravvivano il culto delle patrie - memorie, e, tesoro di osservazioni quasi sempre giuste e di - bellezze peregrine, mirano tutti a dilettare istruendo.» (N. PENNA, - nell'_Ebe_ di Loreto Aprutino, 1º luglio 1898). - - - «In realtà queste Conferenze portano un geniale e utile contributo - alla coltura nazionale. Non l'aridità dei fatti, non una cifra - uggiosa, ma un'esposizione facile e limpida, un giudizio equamine - o sereno danno il quadro più completo e vivo del periodo preso a - studiare, e rendono con la maggiore schiettezza il pensiero che - l'ha agitato. Il tema svolto da ciascun conferenziere dice subito - l'interesse o l'importanza di questi volumi.» (_Il Paese_ di - Palermo, 8 ottobre 1898). - - - «Apprendere senza fatica e senza perdita di tempo è il desiderio - di quanti assistono a ogni conferenza, ed è quello che pensava - anche il Giusti prima che le conferenze venissero di moda. A - un così giusto desiderio rispondono le conferenze tenutesi con - costante accorrenza di pubblico a Firenze, per cura della Società - di letture, riguardanti argomenti di letteratura e di storia. - Raccolte in volumi, questi ebbero lieta accoglienza; ora, gli - editori fiorentini R. Bemporad e figlio inaugurano le serie delle - conferenze storiche sul nostro Risorgimento, pel periodo compreso - dal 1815 al 1831. Anche a coloro che non ignorano le vicende di - quegli anni, tornerà gradito questo volume, che per la varietà - degli argomenti, per la vivezza e il colorito della esposizione e - pel valore degli autori, riesce un interessante e nuovo contributo - alla storia paesana.» (_Cronaca universitaria_ di Catania, 16 - novembre 1898). - - - «V'è da rallegrarsi che le dotte e geniali conferenze tenutesi - a Firenze per iniziativa della Società di pubbliche letture - si raccolgano ogni anno in un bel volume che il pubblico legge - avidamente. - - «Quello uscito ora, il primo della serie storica, non potrebbe - essere più interessante, per l'indole, la varietà e l'importanza - degli argomenti trattati. Romualdo Bonfadini discorre dottamente - della politica degli Stati italiani dal 1831 al 1846; Guglielmo - Ferrero ci ricorda la vecchia Italia e ne deduce i bisogni della - «nuova»; F. S. Nitti tratta del brigantaggio meridionale durante - il regime borbonico; e per ultimo il Masi ci delinea la figura del - vescovo d'Imola, che fu poi Pio IX, del quale reca notizie inedite - e rievoca memorie patriottiche. Certo la lettura di questo volume - giustifica il pregio e l'interesse dei precedenti e conferma il - favore del pubblico.» (_Il Commercio_ di Milano, 3-4 giugno 1899). - - - «En deux volumes la maison R. Bemporad et fils de Florence nous - donne une série de conférences très intéressantes sur la vie - italienne pendant le _Risorgimento_. C'est la seconde serie et - l'accueil fait au premier recueil est mérité par celui-ci. - - «Le premier volume — Histoire — contient quatre études de: MM. - Bonfadini, Ferrero, Nitti et Masi. Le second volume consacré aux - Lettres, Sciences et Arts, nous offre des articles d'Antonio - Fogazzaro, d'Enrico Panzacchi, d'Arturo Linaker et de Guido - Mazzoni. - - «Chacune de ces études mériterait un article special et l'espace - nous incite ù renvoyer le lecteur aux deux volumes, dont chaque - page a une haute valeur littéraire, historique ou philosophique.» - (_L'Italie_, 19 giugno 1899). - - - - - -Nota del Trascrittore - -Ortografia e punteggiatura originali sono state mantenute, così come le -grafie alternative (Monténégro/Monténegro e simili), correggendo senza -annotazione minimi errori tipografici. - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of La vita Italiana nel Risorgimento -(1831-1846), parte III, by Various - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VITA ITALIANA NEL RISORGIMENTO *** - -***** This file should be named 51402-0.txt or 51402-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/1/4/0/51402/ - -Produced by Carlo Traverso, Barbara Magni and the Online -Distributed Proofreading Team at DP-test Italia, -http://dp-test.dm.unipi.it (This file was produced from -images generously made available by The Internet Archive) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. Special rules, -set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to -copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to -protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project -Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you -charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you -do not charge anything for copies of this eBook, complying with the -rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose -such as creation of derivative works, reports, performances and -research. They may be modified and printed and given away--you may do -practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is -subject to the trademark license, especially commercial -redistribution. - - - -*** START: FULL LICENSE *** - -THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE -PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK - -To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free -distribution of electronic works, by using or distributing this work -(or any other work associated in any way with the phrase "Project -Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project -Gutenberg-tm License (available with this file or online at -http://gutenberg.org/license). - - -Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm -electronic works - -1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm -electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to -and accept all the terms of this license and intellectual property -(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all -the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy -all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession. -If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project -Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the -terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or -entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8. - -1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be -used on or associated in any way with an electronic work by people who -agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few -things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works -even without complying with the full terms of this agreement. See -paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project -Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement -and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic -works. See paragraph 1.E below. - -1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation" -or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project -Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the -collection are in the public domain in the United States. If an -individual work is in the public domain in the United States and you are -located in the United States, we do not claim a right to prevent you from -copying, distributing, performing, displaying or creating derivative -works based on the work as long as all references to Project Gutenberg -are removed. Of course, we hope that you will support the Project -Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by -freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of -this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with -the work. You can easily comply with the terms of this agreement by -keeping this work in the same format with its attached full Project -Gutenberg-tm License when you share it without charge with others. - -1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern -what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in -a constant state of change. If you are outside the United States, check -the laws of your country in addition to the terms of this agreement -before downloading, copying, displaying, performing, distributing or -creating derivative works based on this work or any other Project -Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning -the copyright status of any work in any country outside the United -States. - -1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg: - -1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate -access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently -whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the -phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project -Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed, -copied or distributed: - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - -1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived -from the public domain (does not contain a notice indicating that it is -posted with permission of the copyright holder), the work can be copied -and distributed to anyone in the United States without paying any fees -or charges. If you are redistributing or providing access to a work -with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the -work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1 -through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the -Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or -1.E.9. - -1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted -with the permission of the copyright holder, your use and distribution -must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional -terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked -to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the -permission of the copyright holder found at the beginning of this work. - -1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm -License terms from this work, or any files containing a part of this -work or any other work associated with Project Gutenberg-tm. - -1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this -electronic work, or any part of this electronic work, without -prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with -active links or immediate access to the full terms of the Project -Gutenberg-tm License. - -1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary, -compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any -word processing or hypertext form. However, if you provide access to or -distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than -"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version -posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org), -you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a -copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon -request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other -form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm -License as specified in paragraph 1.E.1. - -1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying, -performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works -unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9. - -1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing -access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided -that - -- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from - the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method - you already use to calculate your applicable taxes. The fee is - owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he - has agreed to donate royalties under this paragraph to the - Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments - must be paid within 60 days following each date on which you - prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax - returns. Royalty payments should be clearly marked as such and - sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the - address specified in Section 4, "Information about donations to - the Project Gutenberg Literary Archive Foundation." - -- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies - you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he - does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm - License. You must require such a user to return or - destroy all copies of the works possessed in a physical medium - and discontinue all use of and all access to other copies of - Project Gutenberg-tm works. - -- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any - money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the - electronic work is discovered and reported to you within 90 days - of receipt of the work. - -- You comply with all other terms of this agreement for free - distribution of Project Gutenberg-tm works. - -1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm -electronic work or group of works on different terms than are set -forth in this agreement, you must obtain permission in writing from -both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael -Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the -Foundation as set forth in Section 3 below. - -1.F. - -1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable -effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread -public domain works in creating the Project Gutenberg-tm -collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic -works, and the medium on which they may be stored, may contain -"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or -corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual -property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a -computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by -your equipment. - -1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right -of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project -Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project -Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all -liability to you for damages, costs and expenses, including legal -fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT -LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE -PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE -TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE -LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR -INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH -DAMAGE. - -1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a -defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can -receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a -written explanation to the person you received the work from. If you -received the work on a physical medium, you must return the medium with -your written explanation. The person or entity that provided you with -the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a -refund. If you received the work electronically, the person or entity -providing it to you may choose to give you a second opportunity to -receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy -is also defective, you may demand a refund in writing without further -opportunities to fix the problem. - -1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth -in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER -WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO -WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE. - -1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied -warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages. -If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the -law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be -interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by -the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any -provision of this agreement shall not void the remaining provisions. - -1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the -trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone -providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance -with this agreement, and any volunteers associated with the production, -promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works, -harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees, -that arise directly or indirectly from any of the following which you do -or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm -work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any -Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause. - - -Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm - -Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of -electronic works in formats readable by the widest variety of computers -including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists -because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from -people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. -To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation -and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 -and the Foundation web page at http://www.pglaf.org. - - -Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive -Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at -http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent -permitted by U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. -Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered -throughout numerous locations. Its business office is located at -809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email -business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact -information can be found at the Foundation's web site and official -page at http://pglaf.org - -For additional contact information: - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. To -SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any -particular state visit http://pglaf.org - -While we cannot and do not solicit contributions from states where we -have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition -against accepting unsolicited donations from donors in such states who -approach us with offers to donate. - -International donations are gratefully accepted, but we cannot make -any statements concerning tax treatment of donations received from -outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. - -Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation -methods and addresses. Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. -To donate, please visit: http://pglaf.org/donate - - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic -works. - -Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm -concept of a library of electronic works that could be freely shared -with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project -Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. - - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. -unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily -keep eBooks in compliance with any particular paper edition. - - -Most people start at our Web site which has the main PG search facility: - - http://www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. diff --git a/old/51402-0.zip b/old/51402-0.zip Binary files differdeleted file mode 100644 index 410cc69..0000000 --- a/old/51402-0.zip +++ /dev/null diff --git a/old/51402-h.zip b/old/51402-h.zip Binary files differdeleted file mode 100644 index 8f939fe..0000000 --- a/old/51402-h.zip +++ /dev/null diff --git a/old/51402-h/51402-h.htm b/old/51402-h/51402-h.htm deleted file mode 100644 index 8610307..0000000 --- a/old/51402-h/51402-h.htm +++ /dev/null @@ -1,4780 +0,0 @@ -<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.1//EN" -"http://www.w3.org/TR/xhtml11/DTD/xhtml11.dtd"> - -<html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" xml:lang="it"> -<head> - <meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8" /> - <title> - La vita italiana nel Risorgimento (1831-1846), parte 3, di Autori vari - </title> - <link rel="coverpage" href="images/cover.jpg" /> - <style type="text/css"> -body {margin-left: 10%; margin-right: 10%;} - -p {margin-top: .5em; margin-bottom: 0em; line-height: 1.2; text-align: justify;} -.blockquote {margin: 2em 10%; font-size: 95%;} -.blockquote p {line-height: 1em;} -p.indl {text-align: left; margin-left: 5%;} -.center {text-align: center; text-indent: 0;} -.high {line-height: 1.8em;} -.title {text-align: center; font-size: 110%; margin-top: 1em; margin-bottom: 1em;} - -div.booktitle {page-break-before: always; padding: 3em;} -div.titlepage {text-align: center; margin: 0 5%; padding: 2em 0; page-break-before: always; page-break-after: always;} -div.titlepage p {text-align: inherit;} -div.verso {text-align: center; padding-top: 2em; font-size: 95%; margin: 0 10%;} -div.verso p {text-align: inherit;} -div.somm {page-break-before: always; padding-top: 3em;} -div.chapter {page-break-before: always; padding-top: 3em;} -div.chapter h2 {page-break-before: avoid;} - -h1,h2 {text-align: center; font-style: normal; -font-weight: normal; line-height: 1.5;} -h1 {font-size: 150%;} -h2 {font-size: 140%; margin-top: 1em; margin-bottom: 2em; page-break-before: avoid;} - -span.smaller {display: block; font-size: 70%; margin: .5em 5%;} - -hr {width: 70%; margin-top: 1em; margin-bottom: 1em; margin-left: 15%; margin-right: 15%; clear: both;} -hr.mid {width: 50%; margin-left: 25%; margin-right: 25%;} -hr.tiny {width: 10%; margin-left: 45%; margin-right: 45%;} -hr.tbs {width: 20%; margin: 1.5em 40%; visibility: hidden;} -hr.silver {width: 90%; margin-left: 5%; margin-right: 5%; border-top: none; border-right: none; border-bottom: thin solid silver; border-left: none;} -@media handheld { -hr.silver {display: none;} -} - -a.tag {vertical-align: .3em; font-size: .8em; font-style: normal; font-weight: normal; text-decoration: none; padding-left: .1em; line-height: 0em;} -div.footnotes {page-break-before: always; font-size: 90%; padding-top: 3em;} -.footnotes h2 {margin-bottom: 2em; font-size: 115%;} -div.footnote {margin-left: 2.5em; margin-right: 2em;} -div.footnote>:first-child {margin-top: 1em;} -div.footnote .label {display: inline-block; width: 0em; text-indent: -2.5em; text-align: right;} - -.pagenum {position: absolute; right: 2%; font-style: normal; font-weight: normal; text-decoration: none; font-size: 65%; text-align: right; color: #999999; background-color: #ffffff; clear: left;} - -.spaced1 {margin-left: 1.5em;} - -.pad2 {margin-top: 2em;} - -.ast {text-align: center; font-size: 120%; margin: 1em auto;} - -.x-small {font-size: 70%;} -.small {font-size: 85%;} -.large {font-size: 115%;} -.x-large {font-size: 130%;} -.main-t {font-size: 200%;} -.noserif {font-family: sans-serif;} -.g {letter-spacing: .2em;} -.smcap {font-variant: small-caps;} - -sup {vertical-align: .3em;} -sub {vertical-align: -0.5em;} - -.container-center {text-align: center;} -.container-left {display: inline-block; text-align: left;} -table {margin: auto; border-collapse: collapse;} -.indice {width: 80%; line-height: 1em; margin-top: 2em;} -.indice td {vertical-align: top; padding-left: 1.5em; text-indent: -1em;} -.indice td.pag {text-align: right; vertical-align: bottom; white-space: nowrap;} -.front {width: 90%; border: thick solid silver; font-size: 90%; line-height: 1em; margin: 1.5em; padding: 1em;} -.front td {padding-left: 2em; text-indent: -1em; vertical-align: top; padding-top: .3em; padding-bottom: .3em; padding-right: .5em;} -.front td.aut {white-space: nowrap;} - -.figcenter {text-align: center; margin: 1em auto; clear: both; max-width: 100%;} - -img {max-width: 100%; height:auto;} - -.tnote {background-color: #f7f1e3; color: #000; padding: 1em 1em 2em 1em; - margin: 3em 10%; font-family: sans-serif; font-size: 90%; page-break-before: always;} -.tntitle {text-align: center; text-indent: 0; padding: 1em; font-size: 120%; margin-bottom: 1em;} -.tnote p {padding: 0 1em;} -.covernote {visibility: hidden; display: none;} -@media handheld { - .covernote {visibility: visible; display: block;} -} - -.poem {text-align: left; font-size: 95%; margin: 1em 10%;} -.poem p {margin: 0; padding-left: 3em; text-indent: -3em;} -.poem p.i2 {text-indent: -2em;} - - </style> - </head> -<body> - - -<pre> - -The Project Gutenberg EBook of La vita Italiana nel Risorgimento -(1831-1846), parte III, by Various - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - - -Title: La vita Italiana nel Risorgimento (1831-1846), parte III - Seconda serie - Lettere, scienze e arti - -Author: Various - -Release Date: March 8, 2016 [EBook #51402] - -Language: Italian - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VITA ITALIANA NEL RISORGIMENTO *** - - - - -Produced by Carlo Traverso, Barbara Magni and the Online -Distributed Proofreading Team at DP-test Italia, -http://dp-test.dm.unipi.it (This file was produced from -images generously made available by The Internet Archive) - - - - - - -</pre> - - -<div class="booktitle"> -<h1> -LA VITA ITALIANA NEL RISORGIMENTO<br /> -(1831-1846) -<span class="smaller">III.</span> -</h1> -</div> - -<hr class="silver" /> - -<div class="titlepage"> -<p class="high"> -<span class="x-large">LA</span><br /> -<span class="main-t">VITA ITALIANA</span><br /> -<span class="small">NEL</span><br /> -<span class="x-large">RISORGIMENTO</span> -</p> - -<p class="x-large"> -(1831-1846) -</p> - -<hr class="tiny" /> - -<p class="pad2 large"> -SECONDA SERIE -</p> - -<p class="large"> -III. -</p> - -<p class="small g"> -LETTERE, SCIENZE E ARTI. -</p> - -<div class="container-center"> -<div class="container-left"> -<table class="front" summary=""> - <tr> - <td>Lamartine, Châteaubriand et l'Italie.</td> <td class="aut"><span class="smcap">Dejob Charles.</span></td> - </tr> - <tr> - <td>La pleiade musicale.</td> <td class="aut"><span class="smcap">Checchi Eugenio.</span></td> - </tr> - <tr> - <td>La elettricità animale.</td> <td class="aut"><span class="smcap">Fano Giulio.</span></td> - </tr> - <tr> - <td>Le Monténégro.</td> <td class="aut"><span class="smcap">Yriarte Charles.</span></td> - </tr> -</table> -</div> -</div> - -<p class="pad2"> -FIRENZE<br /> -<span class="small">R. BEMPORAD & FIGLIO</span><br /> -<span class="x-small">CESSIONARI DELLA LIBRERIA EDITRICE FELICE PAGGI</span><br /> -<span class="small">7, Via del Proconsolo</span><br /> -—<br /> -<span class="small">1899.</span> -</p> -</div> - -<div class="verso"> -<hr class="mid" /> -<p> -PROPRIETÀ LETTERARIA -</p> - -<p> -RISERVATI TUTTI I DIRITTI. -</p> - -<p class="pad2"> -<i>Gli editori</i> <span class="smcap">R. Bemporad & Figlio</span> <i>dichiarano contraffatte -tutte le copie non munite della seguente firma</i>: -</p> - -<div class="figcenter"><a id="ffirma"></a> - <img src="images/firma.jpg" alt="firma manoscritta" /></div> - -<p> -Firenze. Tip. Cooperativa. Via Pietrapiana, 46. -</p> -<hr class="mid" /> -</div> - -<div class="somm"> -<hr /> -<p class="center x-large"><a href="#indice" id="indfront">INDICE</a></p> -<hr /> -</div> - -<div class="chapter"> -<p> -<span class="pagenum" id="Page_5">[5]</span> -</p> - -<h2 id="lamartine">LAMARTINE, CHATEAUBRIAND ET L'ITALIE</h2> - -<p class="pad2 center high"><span class="small">CONFERENZA</span><br /> -<span class="x-small">DI</span><br /> -<span class="large g noserif">CHARLES DEJOB</span>.</p> -</div> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_7">[7]</span> -</p> - -<p class="pad2 indl"> -<i>Mesdames, Messieurs</i>, -</p> - -<p class="pad2"> -On a souvent reproché aux Français, dans notre -siècle, d'ignorer systématiquement les langues étrangères. -Ce reproche, ils ne l'ont mérité qu'un moment. -Nulle part pendant deux cents ans l'espagnol -et l'italien n'ont été plus à la mode que chez nous; -jusque dans le premier tiers de ce siècle, la France -a été un des pays où, je ne dirai pas seulement -on écoutait, mais où l'on imprimait le plus de livres -italiens; et depuis un certain nombre d'années -les étrangers qu'on envoie chez nous en mission -pour examiner la manière dont nos lycées enseignent -l'anglais et l'allemand, confessent dans leurs -rapports qu'il est difficile de mieux faire. Il y a -toutefois un degré auquel nous n'atteindrons probablement -jamais: hors de France, dans certains -salons, une même personne parle allemand à un interlocuteur, -<span class="pagenum" id="Page_8">[8]</span> -anglais à un autre, français à un troisième: -peu de Français seront polyglottes à ce point -là. Mais faut-il le regretter? Apprendre, non pas -seulement à lire mais à parler plusieurs langues -vivantes, c'est prélever sur sa jeunesse pour apprendre -des mots bien des mois qu'il vaudrait peut-être -mieux employer à approfondir sa propre langue -et à penser ou à sentir; puis n'est-il pas bien -difficile à un auteur de se former un idéal s'il est -pour ainsi dire, tourmenté par les génies divers -de plusieurs nations qui se le disputent? Ecrire -sous la dictée d'une Muse, c'est fort bien; mais -écrire sous la dictée de trois ou quatre Muses qui -nous parlent à la fois, c'est moins commode. En -revanche, la France a toujours été un des pays où -l'on trouve le plus d'hommes voués à l'étude des -littératures étrangères et employant leur existence -à écrire, non pas des articles sur des feuilles volantes -et à propos de productions courantes dont -tout le monde parle aujourd'hui et dont personne -ne parlera dans vingt ans, mais des volumes sur -l'art ou la poésie des autres nations; et le grand public -s'y intéresse si fort aux chefs-d'œuvre durables -de l'étranger, qu'il se presse au pied des chaires -où on les commente: il y a environ cent ans, Ginguené, -le spirituel et perspicace historien de votre -<span class="pagenum" id="Page_9">[9]</span> -littérature, en inaugura l'enseignement à l'Athénée; -cet enseignement, transféré depuis à la Sorbonne, -y a brillé du même éclat entre les mains de Fauriel, -d'Ozanam, de M. Mézières et de M. Gebhart. -Enfin la France est un des pays où les écrivains célèbres, -les penseurs, viennent le plus volontiers en -aide aux savants pour faire aimer les nations qui -méritent d'être aimées. Tout le monde sait que -Stendhal a pour ainsi dire passé sa vie à persuader -aux Français que Milan, Florence, Rome, Naples -étaient les plus délicieux des séjours: et j'ai eu occasion -de montrer qu'à une époque où tous les -voyageurs du Nord de l'Europe exprimaient le plus -profond dédain pour l'Italie contemporaine, le grand -astronome Lalande, Roland le futur conventionnel, -surtout M<sup>me</sup> de Staël, prédisaient de la façon la -plus claire votre glorieux relèvement. -</p> - -<p> -Je voudrais rechercher aujourd'hui les sentiments -de Châteaubriand et de Lamartine à l'égard de -l'Italie. -</p> - -<p> -Au premier abord, il semble que Châteaubriand -n'a pas dû vous être très-favorable. Je ne parle -pas de quelques réclamations passagères qu'il s'est -attirées. Giustina Renier-Michiel a éloquemment -réclamé contre l'épithète de <i>ville contre nature</i> qu'il -avait appliquée à Venise après son premier voyage, -<span class="pagenum" id="Page_10">[10]</span> -et Silvio Pellico s'est plaint avec raison de ce que -Châteaubriand avait confondu les <i>piombi</i> de 1830 -avec ceux de 1820. Ce sont là des détails; mais -un ancien émigré, un légitimiste qui avait longtemps -été <i>ultra</i>, pouvait-il s'intéresser au véritable -bien de l'Italie moderne? L'homme qui a entraîné -Louis XVIII à restaurer en Espagne le pouvoir absolu -de Ferdinand VII pouvait-il avoir quelque -sympathie pour les patriotes italiens? -</p> - -<p> -Pourtant ne nous arrêtons pas aux apparences! -</p> - -<p> -D'abord Châteaubriand connaissait fort bien vos -classiques, qu'il cite assez souvent dans le texte. -Dans le <i>Génie du Christianisme</i>, il ne parle pas -toujours de Dante comme il faudrait: mais songez -qu'il l'écrivait du vivant de Saverio Bettinelli; -combien de gens, même en Italie, malgré tout le -parti que Monti venait de tirer pour sa <i>Bassvilliana</i> -de l'imitation du poëme sacre, continuaient à juger -la <i>Divine Comédie</i> sur la foi des <i>Lettere Virgiliane</i>! -Baretti, qui, pour faire pièce à Voltaire, a -réussi à comprendre Shakespeare, n'a jamais réussi -à comprendre Dante. Du moins Châteaubriand reconnaît-il -que Dante n'a point de maître dans le -pathétique et le terrible; et plus tard, dans son -<i>Essai sur la littérature</i> anglaise, il avertit que -Shakespeare, dont nos romantiques étaient idolâtres, -<span class="pagenum" id="Page_11">[11]</span> -a eu moins à faire que Dante pour fonder la littérature -nationale. Son appréciation sur le Tasse, pour -qui vous savez que la France a toujours eu un faible -malgré le mot de Boileau dont on exagère étrangement -le sens, est très-pénétrante; il appelle la <i>Jérusalem -Délivrée</i> un chef-d'œuvre de composition, -et, quand il la blâme, c'est en homme que le poète -a conquis à son sujet, et qui voudrait collaborer -avec lui pour atteindre la perfection. Enfin il a pieusement -suivi le convoi funèbre de cet Alfieri dont, -par un hasard qui au fond n'en est pas un, les -Français furent les admirateurs décidés à une époque -où les Italiens se partageaient encore sur son -compte. -</p> - -<p> -Mais ce sont principalement les beautés naturelles -de l'Italie qu'il nous a comme révélées. Chose -curieuse, et qui montre combien, en dépit d'Horace, -la plume est quelquefois supérieure au pinceau -pour la propagation des idées! Parmi les -peintres qui ont le mieux fixé sur la toile le -charme du ciel italien, tout le monde place nécessairement -deux Français, Claude Gellée dit le Lorrain -et Nicolas Poussin, et ils ont tous deux vécu -il y a deux cents ans; toutefois, la beauté de ce -ciel n'est proverbiale en France, à tous les degrés -de la population, que depuis que Châteaubriand -<span class="pagenum" id="Page_12">[12]</span> -et Lamartine l'ont décrite. Châteaubriand a visité -plusieurs fois l'Italie: dès le premier voyage il est -ravi; il vante les chemins excellents de la Lombardie, -ses auberges «supérieures à celles de France, -presque égales à celles de l'Angleterre;» il donne -sur les fouilles de Pompei un excellent conseil qu'on -a fini par juger tel: laisser les objets là où on -les trouve, protéger par un toit les édifices qui les -contiennent, mais conserver à chaque chose sa signification -en lui conservant sa place<a class="tag" id="tag1" href="#note1">[1]</a>, surtout -il a senti à ravir l'attrait de la campagne romaine -et du golfe de Naples. Voici comment il peint le -premier des deux tableaux: -</p> - -<p> -«Rien n'est comparable, pour la beauté, aux -lignes de l'horizon romain, à la douce inclination -des plans, aux contours suaves et fuyants des montagnes -qui le terminent.... Une vapeur répandue -dans le lointain arrondit les objets et dissimule ce -qu'ils pourraient avoir de dur ou de heurté dans -leurs formes. Les ombres ne sont jamais lourdes ou -noires; il n'y a pas de masses si obscures de rochers -et de feuillages, dans lesquelles il ne s'insinue toujours -un peu de lumière. Une teinte singulièrement -harmonieuse marie la terre, le ciel et les eaux; -<span class="pagenum" id="Page_13">[13]</span> -toutes les surfaces au moyen d'une gradation insensible -de couleurs, s'unissent par leurs extrémités, -sans qu'on puisse déterminer le point où une nuance -finit et où l'autre commence. Vous avez sans doute -admiré dans les paysages de Claude Lorrain cette -lumière qui semble idéale et plus belle que nature. -Eh bien, c'est la lumière de Rome.»<a class="tag" id="tag2" href="#note2">[2]</a> -</p> - -<p> -Voici pour Naples: -</p> - -<p> -«Des fleurs et des fruits humides de rosée sont -moins suaves et moins frais que le paysage de Naples -sortant des ombres de la nuit. J'étais toujours -surpris, en arrivant au portique, de me trouver au -bord de la mer; car les vagues dans cet endroit faisaient -à peine entendre le léger murmure d'une fontaine. -En extase devant ce tableau, je m'appuyais -contre une colonne et, sans pensée, sans désir, sans -projet, je restais des heures entières, à respirer un -air délicieux. Le charme était si profond, qu'il me -semblait que cet air divin transformait ma propre -substance, et qu'avec un plaisir indicible je m'élevais -vers le firmament comme un pur esprit.»<a class="tag" id="tag3" href="#note3">[3]</a> -</p> - -<p> -Ce qui a principalement aidé à graver ces éloges -<span class="pagenum" id="Page_14">[14]</span> -du sol de l'Italie dans la mémoire des Français, -c'est qu'ils se rattachent souvent à ce que j'appellerai -la philosophie de Châteaubriand. Vous savez que -la grandeur de Châteaubriand tient avant tout à la -profondeur avec laquelle il a ressenti le prodigieux -ébranlement de 1789. Toutes les révolutions postérieures -ne sont que des jeux auprès de celle-là, -non seulement à cause des luttes intestines qu'elle -a déchaînées, de l'énergie qu'il a fallu à la France -pour rejeter hors de ses confins l'Europe entière -acharnée à la destruction de la liberté, mais parce -que toutes les révolutions ultérieures ne portent que -sur l'extension du principe victorieusement établi par -les hommes de 89, la souveraineté des nations. A -cette date, un monde s'est englouti, un autre monde -est sorti du chaos. La notion du roi sacré par l'Eglise, -père de son peuple et propriétaire de son royaume, -de l'Eglise maîtresse des consciences, des intelligences -et dispensatrice privilégiée de la charité publique, -de la noblesse tantôt opulente, tantôt pauvre, -mais toujours riche d'honneur, parce que sa -fonction propre est de mourir pour la patrie, toute -cette conception, très-imparfaite assurément, mais -brillante et longtemps glorieuse, s'est abimée. Châteaubriand -accepta, en partie du moins, le monde -nouveau, mais ne cessa jamais de pleurer la grandeur -<span class="pagenum" id="Page_15">[15]</span> -du monde disparu. De là, cette habitude de -méditer sur le néant de l'homme qui tourne quelquefois -à la manie, mais qui lui inspire souvent des -pages dignes de Bossuet. Or l'Italie le conviait éminemment -à des méditations de cette nature. Avant -lui, la plupart des voyageurs ne cherchaient dans -Rome que l'antiquité ou la Renaissance, ou bien ils -opposaient à la Rome d'autrefois la Rome de leur -temps, pour mépriser celle-ci ou la plaindre. Au -contraire, Châteaubriand qui professe, en véritable -Breton, qu'un roi n'est jamais plus grand que quand -il a perdu sa couronne, vénère dans la Ville Eternelle -la splendeur qu'elle ne possède plus. Il la place, -dans son imagination et dans son cœur, à côté -de ces Bourbons dont il ne méconnaît pas les fautes, -dont il n'adore pas les caprices, mais que le malheur -a transfigurés pour lui: -</p> - -<p> -«Figurez-vous quelque chose de la désolation de -Tyr et de Babylone, dont parle l'Ecriture: un silence -et une solitude aussi vastes que le bruit et le tumulte -des hommes qui se pressaient jadis sur ce -sol.... Vous apercevez ça et là quelques bouts de voie -romaine dans des lieux où il ne passe plus personne, -quelques traces desséchées des torrents de l'hiver: -ces traces vues de loin ont elles-mêmes l'air de -grands chemins battus et fréquentés, et elles ne sont -<span class="pagenum" id="Page_16">[16]</span> -que le lit désert d'une onde orageuse qui s'est écoulée -comme le peuple romain. A peine découvrez-vous -quelques arbres, mais partout s'élèvent des ruines -d'acqueducs et de tombeaux, ruines qui semblent -être les forêts et les plantes indigènes d'une terre -composée de la poussière des morts et des débris -des empires.... On dirait qu'aucune nation n'a osé -succéder aux maîtres du monde dans leur terre natale.... -Déchue de sa puissance terrestre, Rome, dans -son orgueil, semble avoir voulu s'isoler....; comme -une reine tombée du trône, elle a noblement caché -ses malheurs dans la solitude. Il me serait impossible -de vous dire ce qu'on éprouve lorsque Rome -vous apparaît tout à coup au milieu de ces royaumes -vides et qu'elle a l'air de se lever pour vous -de la tombe où elle était couchée. Tâchez de vous -figurer ce trouble et cet étonnement qui saisissaient -les prophètes lorsque Dieu leur envoyait la vision -de quelque cité à laquelle il avait attaché les destinées -de son peuple.»<a class="tag" id="tag4" href="#note4">[4]</a> -</p> - -<p> -Oui, me direz-vous; mais que pense-t-il des -habitants de ces ruines majestueuses, de cet auguste -désert? Messieurs, voici sa réponse dès l'année -<span class="pagenum" id="Page_17">[17]</span> -1803 et quand il n'a encore fait que traverser -l'Italie. -</p> - -<p> -«Quant aux Romains modernes,... je crois qu'il y -a encore chez eux le fond d'une nation peu commune. -On peut découvrir parmi ce peuple trop sévèrement -jugé un grand sens, du courage, de la -patience, du génie, des traces profondes de ses anciennes -mœurs, je ne sais quel air de souverain et -quels nobles usages qui sentent encore la royauté.» -Notez qu'il parle ici, non des Italiens du Nord, qui -venaient de donner au monde Alfieri, Parini, Goldoni, -où la veille encore Turin et Venise étaient les capitales -d'Etats libres, où l'esprit public s'était éveillé -avec Pietro Verri et Beccaria, mais de cette pauvre -Rome si endormie alors et si infortunée depuis -900 ans qu'à l'époque même où les papes faisaient -et défaisaient les rois, elle était en proie aux caprices -alternatifs de ses barons et de sa populace. -Jusque dans les traits des Romains modernes, Châteaubriand -reconnaît la physionomie du peuple roi, -et cela entre Marengo et Austerlitz, c'est-à-dire -à une époque où il fallait à un Français beaucoup -d'esprit et de cœur pour ne pas oublier que l'orgueil -est le partage des sots. -</p> - -<p> -Il se prononcera bien plus fortement quand il -sera plus complètement informé. Voici un passage -<span class="pagenum" id="Page_18">[18]</span> -d'un rapport qu'il adresse au gouvernement français -en 1828, en qualité d'ambassadeur à Rome. Ecoutez -d'abord comme il s'exprime sur les Bourbons de -Naples, qui pourtant comptaient alors en France -sur les marches du trône la mère du comte de -Chambord et la femme du futur Louis Philippe: -«Il est malheureusement trop vrai que le gouvernement -des Deux Siciles est tombé au dernier -degré du mépris.» Ecoutez maintenant ce qu'il -écrit sur la persécution de vos patriotes à une époque -où le Spielberg n'avait pas encore rendu ses -proies: «On prend pour des conspirations ce qui -n'est que le malaise de tous, le produit du siècle, -la lutte de l'ancienne société avec la nouvelle, le -combat de la décrépitude des vieilles institutions -contre l'énergie des jeunes générations, enfin la comparaison -que chacun fait de ce qui est à ce qui -pourrait être. Ne nous le dissimulons pas: le grand -spectacle de le France puissante, libre et heureuse, -ce grand spectacle qui frappe les nations restées ou -retombées sous le joug, excite des regrets ou nourrit -des espérances. Le mélange des gouvernements représentatifs -et des monarchies absolues ne saurait -durer; il faut que les uns ou les autres périssent, -que la politique reprenne un égal niveau ainsi que -du temps de l'Europe gothique.... C'est dans ce sens -<span class="pagenum" id="Page_19">[19]</span> -et uniquement dans ce sens qu'il y a conspiration -en Italie.» -</p> - -<p> -Loin de flatter ses compatriotes, il ajoutait que -c'était seulement en ce sens que l'Italie était -française: «Le jour où elle entrera en jouissance des -droits que son intelligence aperçoit et que la marche -progressive du temps lui apporte, elle sera tranquille -et purement italienne.» Rien de plus honorable -que cette loyauté, qui lui interdit de mettre -la main sur le libéralisme naissant de l'Italie, de se -prévaloir, pour le confisquer au profit de la France, -du réveil que nos penseurs du XVIII<sup>e</sup> siècle avaient -provoqué chez elle. Loin aussi de renvoyer à une -date qui n'arriverait jamais l'accomplissement de -ses prédictions, il disait: «Si quelque impulsion -venait du dehors, ou si quelque prince en deçà des -Alpes accordait une charte à ses sujets, une révolution -aurait lieu, parce que tout est mûr pour -cette révolution.»<a class="tag" id="tag5" href="#note5">[5]</a> -</p> - -<p> -Vous voyez, Messieurs, que si Châteaubriand a -siégé avec M. de Metternich au Congrès de Vienne, -ces deux hommes d'État ne jugeaient pas de la -même façon les affaires de l'Italie. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_20">[20]</span> -</p> - -<p> -Ma tâche devient en apparence plus délicate avec -Lamartine: car son nom vous rappelle sur le champ -quelques paroles un peu vives qui lui valurent tout -près d'ici un coup d'épée. J'espère que tout à l'heure -vous conviendrez qu'il eût été bien dommage que -Gabriele Pepe tuât Lamartine, et cela non seulement -parce que, en vérité, le prix des deux existences -engagées dans le combat n'était pas tout à fait -égal, mais parce que, si un jugement sévère, injuste -même, sur une nation signifiait nécessairement -qu'on la méprise ou qu'on la déteste, il faudrait -effacer Dante, Alfieri, Foscolo et beaucoup d'autres, -de la liste des patriotes italiens: peut-être reconnaîtrez-vous -dans un instant que Lamartine a fait au -moins autant pour l'Italie que son très honorable -adversaire. -</p> - -<p> -D'abord, par ses premières lectures, par ses amis -de France, surtout par ses fréquents séjours au-delà -des Alpes, il avait eu le loisir de la connaître; -il en écrivait, il en parlait la langue. M. Mazzatinti -a retrouvé une lettre de lui écrite en un italien fort -satisfaisant à un Florentin; et j'ai lu, je ne sais plus -où, qu'un jour dans sa vieillesse et devant des auditeurs -qu'il savait évidemment capables de la comprendre, -il feignit de lire une scène de mœurs napolitaines -qu'en réalité il improvisait et où des -<span class="pagenum" id="Page_21">[21]</span> -pêcheurs de Mergellina s'exprimaient dans leur dialecte. -Il n'avait pas passé douze ans en Italie, comme -il lui est échappé un jour de le dire: mais, sans -compter de courtes visites, il y avait passé une -partie des années 1811 et 1812, de l'année 1820, et -trois ans de 1825 à 1828; si les salons italiens -avaient été assez lents à s'ouvrir pour lui, il s'était -lié avec Niccolini, surtout avec Gino Capponi avec -qui, vous le savez, il resta en correspondance, et il -avait été mêlé à vos affaires par ses fonctions diplomatiques, -à Naples d'abord, puis à Florence. -</p> - -<p> -Lui aussi, ce fut la beauté physique de l'Italie -qu'il commença par goûter; nul n'a exprimé avec -plus de séduction le charme d'une promenade nocturne -sur le golfe de Baia au milieu des chants que -se renvoient les pêcheurs et des parfums terrestres -dont la brise du soir embaume les eaux. Et, comme, -pour la diffusion rapide des idées, la poésie a sur la -prose le même avantage que la prose sur le pinceau, -les vers de Lamartine décuplèrent chez nous en -un moment les adorateurs de la nature italienne. -Citons seulement quelques vers: -</p> - -<div class="poem"> -<p class="i2">Maintenant sous le ciel tout repose, ou tout aime;</p> -<p>La vague en ondulant vient dormir sur le bord;</p> -<p>La fleur dort sur sa tige, et la nature même</p> -<p>Sous le dais de la nuit se recueille et s'endort.</p> -<p><span class="pagenum" id="Page_22">[22]</span></p> -<p class="i2">Vois: la mousse a pour nous tapissé la vallée;</p> -<p>Le pampre s'y recourbe en replis tortueux,</p> -<p>Et l'haleine de l'onde à l'oranger mêlée</p> -<p>De ses fleurs qu'elle effeuille embaume mes cheveux.</p> -<p class="i2">A la molle clarté de la voûte sereine,</p> -<p>Nous chanterons ensemble assis sous le jasmin</p> -<p>Jusqu'à l'heure où la lune, en glissant vers Misène,</p> -<p>Se perd en pâlissant dans les feux du matin.</p> -</div> - -<p> -D'ailleurs Lamartine, comme Châteaubriand, rapporta -de l'Italie autre chose que des impressions, -il en rapporta une doctrine; il y avait découvert -pour son compte ce néant de l'homme que Châteaubriand -y avait seulement approfondi. Trop jeune -pendant la Révolution française pour en avoir, comme -son prédécesseur, ressenti directement la secousse, -c'est en contemplant du sein de toutes les -joies de la vie les ruines de l'antiquité qu'il avait -appris que tout change, tout passe, que nous passons -nous mêmes «hélas, sans laisser plus de trace -que cette barque où nous glissons sur cette mer -où tout s'efface.» Il y avait encore appris, ou plutôt -il s'y était enseigné à lui-même par un commentaire -vivant du Tasse qui avait été le premier -en date de ses poètes préférés, sans doute aussi -par une réminiscence de Pétrarque, un nouveau -style d'amour. Un a dit en France, et avec raison, -que dès avant lui, la poésie spirituellement, sèchement -<span class="pagenum" id="Page_23">[23]</span> -galante qui n'avait que trop fleuri chez nous -au XVIII<sup>e</sup> siècle n'y régnait déjà plus, que l'amour -commençait à y être une passion sincère et, par -moments, mélancolique. Mais ce qu'on n'avait pas -encore entendu chez nous, c'était l'hymne religieux -de l'amour: c'était, non pas l'amour platonique, -mais l'amour gravement, pieusement exalté, reconnaissant -à la bonté divine qui prête un instant -la beauté à la terre pour en sécher les larmes, -mais qui la rappellera bientôt à lui pour nous empêcher -d'oublier qu'après tout le ciel seul ignore -les pleurs. Or ici Lamartine ne procède d'aucun -Français, pas même d'André Chénier dont les vers -les plus touchants demeurent païens. Certes nos -classiques avaient admirablement dépeint les orages -du cœur; mais pour eux, la religion était une chose, -l'amour en était une autre, et ces deux ordres -d'idées n'avaient rien à voir entre eux: dans la tradition -française, Dieu ne connaissait que le devoir, -il ordonnait la continence aux célibataires, la fidélité -aux époux: quant à l'amour honnête, il le -permettait, mais il ne s'en occupait pas. Lamartine -au contraire procède de l'amant de Laure et du -chantre de Tancrède. Il ne les imite pas; il est -moins homme de lettres qu'eux dans le bon comme -dans le mauvais sens; son élocution est moins travaillée; -<span class="pagenum" id="Page_24">[24]</span> -la nature lui offre autre chose qu'un pré -fleuri, une claire fontaine et un chœur d'oiseaux -saluant le mois d'avril. -</p> - -<p> -Mais, pour les avoir relus sous le ciel qui les a -inspirés, pour avoir respiré le bonheur qu'exhale la -terre dont les habitants appellent tout ce qui enchante -<i>grazia di Dio</i>, il a, comme eux et plus -expressément encore, monté la poésie amoureuse sur -le ton des cantiques. -</p> - -<div class="poem"> -<p class="i2">Celui qui, le cœur plein de délire et de flamme,</p> -<p>A cette heure d'amour, sous cet astre enchanté,</p> -<p>Sentirait tout à coup le rêve de son âme</p> -<p>S'animer sous les traits d'une chaste beauté,</p> -<p class="i2">Celui qui, sur la mousse, au pied du sycomore,</p> -<p>Au murmure des eaux, sous un dais de saphirs,</p> -<p>Assis à ses genoux de l'une à l'autre aurore</p> -<p>N'aurait pour lui parler que l'accent des soupirs,</p> -<p class="i2">Celui qui, respirant son haleine adorée,</p> -<p>Sentirait ses cheveux soulevés par les vents,</p> -<p>Caresser en passant sa paupière effleurée,</p> -<p>Ou rouler sur son front leurs anneaux ondoyants,</p> -<p class="i2">Celui qui, suspendant les heures fugitives,</p> -<p>Fixant avec l'amour son âme en ce beau lieu,</p> -<p>Oublierait que le temps coule encor sur ces rives,</p> -<p>Serait-il un mortel ou serait-il un dieu?</p> -<p class="i2">Et nous, aux doux penchants de ces verts Elysées,</p> -<p>Sur ces bords où l'Amour eût caché son Eden,</p> -<p>Au murmure plaintif des vagues apaisées,</p> -<p>Aux rayons endormis de l'astre élyséen;</p> -<p><span class="pagenum" id="Page_25">[25]</span></p> -<p class="i2">Sous ce ciel où la vie, où le bonheur abonde,</p> -<p>Sur ces rives que l'œil se plaît à parcourir,</p> -<p>Nous avons respiré cet air d'un autre monde,</p> -<p>Elvire!... et cependant on dit qu'il faut mourir.</p> -</div> - -<p> -Lisez superficiellement les <i>Méditations</i>, vous -vous demanderez pourquoi telle ou telle pièce porte -pour titre un site napolitain: vous n'y trouverez -point de ces descriptions qui mettent les objets -sous les yeux; Lamartine regarde beaucoup moins -que Victor Hugo, mais il sent davantage; livrez-vous -à lui et les émotions qu'il éveillera en vous ranimeront -celles que deux de vos poètes vous ont jadis -données. Le tour n'est plus le même: il y a déjà -un orateur caché sous le poète des <i>Méditations</i>: -mais l'accent révèle la parenté du cœur. -</p> - -<p> -De même, cherchez à reconnaître le site de l'abbaye -de Vallombrosa dans la pièce où Lamartine -l'a chantée: vous n'y réussirez pas. Mais il fallait -peut-être la splendeur d'une contrée où la solitude -fait à peine sentir son poids, où presque partout, -dès qu'on s'élève au-dessus du sol des villes, on -aperçoit les deux spectacles les plus sublimes, le -mer et la montagne, pour découvrir à un jeune -Français déjà répandu dans les salons parisiens les -<i>trésors cachés</i> de la vie monastique, cette joie -mystérieuse que le vulgaire admire sans la comprendre, -<span class="pagenum" id="Page_26">[26]</span> -pour lui faire goûter ce plaisir du recueillement -qui ne suffit point pour vivre parmi le -monde, mais qui suffit pour vivre avec le ciel et -avec soi-même. -</p> - -<p> -Mais en comprenant, en aimant l'Italie, aurait-il -méconnu, dédaigné les Italiens? -</p> - -<p> -Messieurs, une opinion assez répandue de ce côté -des Alpes veut que la sympathie de la France pour -l'Italie date de 1859, ou même qu'à cette date -encore un seul homme, le chef de la nation, il est -vrai, ait véritablement souhaité la délivrance de -votre nation. Ce qui est exact, c'est que pour que -l'Italie entraînât la France avec elle, il fallait -qu'elle eût eu le temps de donner à la masse de -notre nation la preuve palpable, éclatante de sa -volonté et de son héroïsme. Il fallait que le belliqueux -Piémont, le premier prêt pour la lutte, eût -osé affronter l'Autriche, il fallait que les bourgeois -de Milan après une lutte de cinq jours eussent -chassé leur garnison, que la jeunesse universitaire, -professeurs en tête, se fût fait écraser à Curtatone -et à Montanara, il fallait que le grand Manin -eût prouvé une fois de plus qu'un homme peut -quelque temps tenir tête à un empire, et qu'enfin -les plus illustres débris de cette mémorable année, -conduits par un instinct sûr, fussent venus porter -<span class="pagenum" id="Page_27">[27]</span> -chez nous le spectacle de leur courageuse pauvreté -et de leurs indomptables espérances. Mais, dès l'instant -où l'on sut en France que ce n'étaient pas -seulement un Pellico, un Confalonieri qui voulaient -au prix de ses jours la liberté de l'Italie, dès -l'instant où il fut manifeste que toute la nation -était disposée à mourir pour son indépendance, la -France, qui respirait pourtant à peine de la sanglante -guerre de Crimée, fut acquise à votre cause; -il put y avoir quelque inquiétude chez certains -politiques, mais les ennemis les plus irréconciliables -de Napoléon III, les ouvriers de Paris qu'il -avait fallu massacrer en décembre 1851 pour leur -imposer le coup d'Etat, l'applaudirent avec transport -à son départ pour l'armée. Jusque là au contraire, -le gros de la nation avait attendu. Rien en -effet n'était plus difficile pour un Français de la -génération de 1830 que de comprendre pourquoi les -révolutions de Naples, de Piémont, des Romagnes -avaient été si vite comprimées. Figurez-vous un -pays uni, centralisé depuis des siècles, ayant l'habitude -de penser, d'agir en commun, et même, depuis -cinquante ans, de se lever tout entier à la voix -d'une ville qui formait comme les Etats Genéraux -en permanence de la nation; figurez-vous ce peuple -qui, grâce à cette union, a brisé un trône séculaire, -<span class="pagenum" id="Page_28">[28]</span> -qui a refoulé et puni sous sa première République -la plus formidable invasion que le monde -moderne eût encore vue, qui, quinze ans après une -Restauration imposée pur une invasion plus formidable -encore, a chassé à la face de l'Europe la -dynastie restaurée, et a, pour coup d'essai de sa -liberté reconquise, affranchi la Belgique. Comment -comprendrait-il que l'Italie ne peut secouer le joug -aussi aisément? Le paysan, l'ouvrier français savent-ils -que l'Italie morcelée, humiliée depuis quatorze -siècles ne peut tout d'un coup retrouver sa vigueur? -Ils voient les Polonais ne succomber que sur des -morceaux de drapeaux enlevés aux Russes. Ils ne -se disent pas que les Polonais qui se battent si -bien à Grochow, à Ostrolenka sont des soldats réguliers -aussi aguerris que leurs adversaires; quand -ils voient les tentatives des patriotes italiens avorter -si vite, ils en concluent, à tort mais sincèrement, -qu'à part quelques âmes d'élite, le peuple -italien ne désire pas changer de condition. -</p> - -<p> -Mais le langage de Lamartine à la Chambre -française va nous montrer comment les penseurs de -notre pays, ceux qui avaient vu l'Italie chez elle, -préparaient la France à mieux juger des sentiments -intimes de leurs voisins. Car non seulement il se -déclare personnellement partisan de l'entière indépendance -<span class="pagenum" id="Page_29">[29]</span> -de l'Italie, non seulement il raconte avec -fierté avoir été mêlé dans sa jeunesse aux négociations -où Louis XVIII lui-même, tout légitimiste -qu'il était par métier, et quoique surveillé par la -Sainte Alliance, offrait aux libéraux de Naples et de -Turin de les soutenir contre l'Autriche, pourvu qu'à -la Charte espagnole de 1812 ils préférassent la -Charte française de 1814 fort préférable en effet; -mais nous allons le voir attaquer de front les préjugés -qui rendaient alors la France moins sensible -aux malheurs de l'Italie qu'à ceux des autres nations -esclaves. -</p> - -<p> -Voici comment, avant les <i>Cinque giornate</i>, à -une époque où l'Italie ne s'était pas encore mesurée -en bataille rangée avec ses tyrans, il répondait à -ceux qui arguaient du calme apparent qui depuis -1815 régnait dans la Péninsule: «Sous ce calme -apparent, ne l'oubliez pas, il y avait un abîme, -et dans cet abîme couvait la plus incompréhensible -de toutes les forces morales et matérielles, la nationalité -morcelée, la nationalité comprimée de 26 -millions d'hommes.... Il suffit pour chacun d'entre -nous dont l'œil est intelligent, dont le cœur est -sympathique d'avoir traversé cette magnifique Italie -pour sentir la vie sous la mort apparente, pour -sentir cette éternelle protestation de la nationalité -<span class="pagenum" id="Page_30">[30]</span> -qui est la dernière arme d'un peuple.... Nulle part -cette protestation n'est aussi évidente qu'en Italie; -nulle part, elle n'a des droits plus sacrés à la sympathie -des peuples. Je ne crains pas de le dire, je -ne serai démenti par personne: il n'y a pas une race -humaine qui ait donné au sol qu'elle habite une -consécration plus grande que celle que la race italienne -a donnée pendant tant de siècles de gloire, de -liberté, de vertu, à ce point géographique de notre -globe»<a class="tag" id="tag6" href="#note6">[6]</a>. Puis il montre que l'on ne contentera -pas l'Italie par la réforme de quelques abus, par un -peu de bien-être. Mais d'autre part il nie que le -<i>statu quo</i> y ait seulement pour ennemis les révolutionnaires -dont l'Europe s'effrayait. Comme Châteaubriand, -il proteste que l'agitation de l'Italie -n'est pas le fait de quelques sectaires; mais ce n'est -plus dans une dépêche confidentielle qu'il dépose -cette protestation; il la produit du haut de la tribune, -et il avait en un sens plus de mérite encore que -Châteaubriand à ne pas se tromper; car dans l'intervalle -Mazzini avait paru, et bien des hommes -d'Etat personnifiaient en lui seul les aspirations -<span class="pagenum" id="Page_31">[31]</span> -de l'Italie. «J'affirme ici, s'écriait Lamartine, par -la connaissance personnelle qu'une cohabitation de -12 ans m'a donnée, par la connaissance que j'ai -du caractère, du génie, du libéralisme italien, que -le mot même de radicalisme n'a pas de signification -dans la langue, que c'est une injure qui n'est -même pas comprise au-delà des Alpes, que le mouvement -libéral n'est nullement un mouvement perturbateur..., -mais que c'est un mouvement de -l'esprit humain et de l'indépendance des peuples, -<i>qui couve dans tous les siècles au cœur de l'Italie</i>»<a class="tag" id="tag7" href="#note7">[7]</a>. -Notez, Messieurs, ces derniers mots; ne -fallait-il pas à un homme qui n'était point un -érudit, un vif et intelligent amour de l'Italie pour -deviner en quelque sorte les noms relativement obscurs -des Italiens qui entre Pétrarque et Alfieri empêchèrent -la prescription du sentiment national? -Quant à la génération présente, il prouve son affirmation -par l'énergie avec laquelle le pape refuse de -céder aux Autrichiens un pavé de Ferrare, par nombre -de faits précis empruntés à une brochure parue -le matin même et qui semble bien émaner du Père -Ventura, par des correspondances particulières qui -attestent les espérances que les plus illustres patriotes -<span class="pagenum" id="Page_32">[32]</span> -de l'Italie plaçaient sur notre poète; il en extrait -les touchantes anecdotes d'un archevêque, d'un curé -de Milan qui protestent chacun à leur manière contre -une répression brutale qui vient d'ensanglanter -la ville, du comte Borromeo qui dépouille la Toison -d'Or souillée du sang de ses compatriotes. Enfin, -conjurant Guizot d'appuyer les revendications des -peuples italiens, il affirme avec une confiance excessive -peut-être mais généreuse la solidité des sympathies -entre les peuples: «Les traités ne sont -signés que par la main des hommes; mais ces sympathies -mutuelles entre les peuples faits pour s'aimer, -pour se soutenir, aspirer ensemble à la civilisation -et à la liberté, ce ne sont pas des traités -d'un jour, ce ne sont pas des traités signés par des -diplomates; ce sont des traités préparés par la -Providence, signés et contresignés par la main -de la nature elle-même, non pas sur des parchemins -comme ceux de 1815 qu'on nous a fait signer -en tenant la main de la France captive sur un -protocole, mais je le répète, de ces traités contresignés -par Dieu et par la nature, qui durent autant -que les siècles»<a class="tag" id="tag8" href="#note8">[8]</a>. Ces paroles produisaient un -effet d'autant plus grand que, depuis dix ans, à -<span class="pagenum" id="Page_33">[33]</span> -force d'éloquence Lamartine avait conquis une grande -autorité à la tribune et dans la nation. Personne ne -songeait plus à le renvoyer dédaigneusement à la -poésie, ou, comme aurait dit Musset, à lui jeter -toujours sa lyre au nez. Dès avant que la révolution -de 1848 l'élevât au pouvoir, il étonnait le monde -politique par la hardiesse tantôt divinatrice tantôt -imprudente de ses vues. Louis Philippe à qui l'on -avait conseillé de l'appeler dans ses conseils avait -répondu: «Lamartine, ce n'est pas un ministre, -c'est un ministère; je le réserve.» Il apportait -donc à l'Italie l'appui d'un véritable homme d'Etat -et non d'un simple poète. D'ailleurs ses sentiments -à son égard ne répondaient pas seulement à ceux des -hommes qu'on allait appeler les républicains de la -veille, mais à ceux des catholiques libéraux de notre -nation que Silvio Pellico avait depuis longtemps, -pour parler comme Racine, rangé du parti de ses -larmes. Espérons qu'un jeune historien se laissera -enfin tenter par un beau sujet que j'ai cent fois -proposé de vive voix et par écrit chez nous et -chez vous, l'histoire des réfugiés italiens en France -de 1815 à 1859 et de la transformation de l'opinion -des Français, durant cette période, touchant -les affaires de l'Italie. J'ose affirmer que rien ne serait -plus utile, plus glorieux pour les deux nations. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_34">[34]</span> -</p> - -<p> -Mais revenons à Lamartine, ou plutôt élevons-nous -au-dessus de notre sujet pour conclure par -une considération plus générale à laquelle il nous -conduit. Il y eut un temps où une nation pouvait -raffoler de la littérature, de l'art, des modes -d'une autre et demeurer profondément indifférente -à ses destinées, la combattre, l'asservir. Il n'en est -plus ainsi, du moins chez les nations généreuses. (Car -chaque peuple a sa grandeur, mais il y en a dont -la grandeur consiste dans la ténacité prévoyante, -hardie, implacable, avec laquelle ils poursuivent -leur perpétuel agrandissement). Aujourd'hui donc, -du moins chez certains peuples, aimer la littérature -ou l'art d'un autre nation conduit à l'aimer -elle même. D'où vient ce changement? Serait-ce -que l'amour de la patrie s'affaiblirait et que tout -lecteur devient un dilettante? S'il en était ainsi, -il faudrait, non pas féliciter, mais plaindre l'humanité. -Le progrès ne consiste pas à niveler les -frontières; c'est une duperie de ne pas aimer par-dessus -tout son propre pays; car on ne vous rendrait -pas partout la pareille. Le jour où les honnêtes -gens s'entendraient pour laisser la nuit la -clef sur leur porte, il y aurait toujours assez de -voleurs pour les dévaliser; de même, la nation qui -s'imaginerait que l'ère des guerres, des conquêtes -<span class="pagenum" id="Page_35">[35]</span> -même est close, serait certaine d'être bientôt envahie -et partagée. Puis, toutes les vertus civiles sont suspendues -en quelque sorte à la vertu militaire, et -s'affaissent quand elle tombe; sans doute la vie civile -offre des occasions d'exercer notre courage, mais on -s'y dérobe quand le sacrifice dans sa forme la plus -haute n'est plus pratiqué; l'histoire de tous les -peuples qui ont renoncé à la gloire militaire le -prouve. Mais, si un Châteaubriand, un Lamartine -passent de l'admiration pour les grands écrivains et -le sol de l'Italie à la sympathie pour ses aspirations, -c'est que l'on commence à comprendre que la -conquête, toujours à redouter, n'est point à louer, -et que, prendre une province malgré elle à un -peuple, c'est souffleter sur la joue de ce peuple le -droit du genre humain. Pour peu donc que cette -nation cesse d'être une inconnue pour nous, ses -souffrances font brêche dans notre égoïsme, et nous -ressentons l'outrage qu'au fond nous avons reçu en -sa personne. Puis, nous comprenons que de nos jours -un peuple asservi souffre plus qu'autrefois. Jadis -une ville se résignait souvent sans trop de peine -à passer d'une nation à une autre, parce que ce -n'était au fond que changer de maître: le nouveau -souverain n'exigeait pas toujours des tributs plus -lourds que l'ancien, et, la conscription n'existant -<span class="pagenum" id="Page_36">[36]</span> -pas, ne demandait point à ses nouveaux sujets de -se battre au besoin contre leurs frères de la veille. -Berchet nous a éloquemment appris, dans <i>Giulia</i>, -les tortures du conscrit obligé de revêtir un uniforme -abhorré. — Mais, dira-t-on, dans les littératures -modernes, les œuvres des classiques sont -en partie nées dans des époques où l'homme de -lettres, au moins dans son cabinet, oubliait qu'il -avait une patrie: comment donc l'étude de ses -œuvres, qui nous attache à lui, nous attacherait-elle -à ses compatriotes, surtout à ses compatriotes -d'aujourd'hui? — La réponse est dans les progrès -de la critique. Autrefois on considérait un ouvrage -comme une pure composition littéraire, sortie toute -entière du génie de l'auteur et des principes de -l'école à laquelle il appartenait; aujourd'hui nous -considérons un auteur comme un homme qui exprime, -sans y penser, tantôt les vertus ou les défaillances -de sa génération, tantôt les traits dominants de -sa race. Notre admiration pour lui excite par conséquent -notre intérêt pour ses compatriotes. Nous -goûtons comme nos pères l'incroyable dextérité -avec laquelle Arioste nous fait passer d'une historiette -à une autre, mais nous ne le rendons plus -seul responsable de l'enjouement qu'il garde au -milieu des malheurs de sa patrie; quand Machiavel -<span class="pagenum" id="Page_37">[37]</span> -conseille aux princes d'affecter toutes les vertus, -mais de ne pas les avoir, nous plaignons l'Italie -dont l'infortune ne laissait plus alors d'espoir que -dans la cruauté, pour ainsi dire, économique d'un -Cesare Borgia. L'étude des littératures étrangères -est le meilleur préservatif contre les engouements -de la mode et contre les velleités d'une injuste -ambition; car, en même temps qu'elle nous fait -admirer le génie des autres peuples, elle nous fait -comprendre combien il est différent du nôtre et -par suite quelle folie c'est que de vouloir l'imiter -ou que de prétendre l'asservir. Si, par hasard, ce -génie s'éloigne moins du nôtre parce que c'est -celui d'une nation sœur, tout ce qui nous est permis, -c'est de faire ce qu'ont fait Châteaubriand et -Lamartine, à savoir de l'aimer. -</p> - -<div class="chapter"> -<p> -<span class="pagenum" id="Page_39">[39]</span> -</p> - -<h2 id="pleiade">LA PLEIADE MUSICALE</h2> - -<p class="pad2 center high"><span class="small">CONFERENZA</span><br /> -<span class="x-small">DI</span><br /> -<span class="large g noserif">EUGENIO CHECCHI</span>.</p> -</div> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_41">[41]</span> -</p> - -<p class="pad2 indl"> -<i>Signore e Signori!</i> -</p> - -<p class="pad2"> -La sera del 3 agosto 1829 — data memorabile -per la storia dell'arte — il pubblico parigino chiamato -a giudicare la nuova opera, che fu anche l'ultima, -di Gioacchino Rossini, sentenziò quasi unanime, -che il <i>Guglielmo Tell</i> era una troppo audace -innovazione, e accennava a qualche cosa di troppo -rivoluzionario e di troppo anormale nei tranquilli -dominii della musica. E l'opera grande e immortale -fu accolta in quella sera e nelle sere successive con -sospettosa freddezza. -</p> - -<p> -Alla distanza di sessantotto anni, nella sera del -26 dicembre 1897, il pubblico romano del teatro Argentina -riudì ancora una volta il capolavoro rossiniano, -e sentenziò con mirabile disinvoltura che anche -le opere del genio risentono le offese del tempo, -e che il <i>Guglielmo Tell</i> più non risponde ai nuovi -<span class="pagenum" id="Page_42">[42]</span> -bisogni, ai nuovi gusti: doversi perciò rimandare -ai Conservatorii e agli Istituti musicali, perchè, -tutt'al più, sia argomento di studio nelle classi di -alta composizione. E l'opera si trascinò faticosamente -per un lieve corso di rappresentazioni, fra la -indifferenza e gli aristocratici sbadigli di spettatori -scarsi di numero. -</p> - -<p> -Oggi dunque, se le manifestazioni della così detta -opinione pubblica hanno da contare per qualche -cosa, oggi il Rossini non sarebbe che un classico: -impeccabile quanto si voglia, ma niente più che -un classico: nel 1829 invece un redivivo Voltaire -avrebbe potuto ripetere del Rossini quel che si -disse dello Shakspeare, che fu un barbaro non privo -d'ingegno. Come è possibile mandare insieme a -braccetto i due giudizi? -</p> - -<p> -Il pubblico di Parigi d'allora e il pubblico di -Roma del decorso anno, ugualmente sinceri, ma -ugualmente rei di spropositate sentenze, subivano -la influenza di cause che forse sarebbe curioso ed -opportuno di esaminare e di riassumere, se non temessi -di sconfinar troppo dal tema cortesemente -assegnatomi. -</p> - -<p> -Se non che appunto cotesta freddezza del pubblico -parigino, a cui ho accennato, se non fu la -principale nè l'unica fu certamente una delle ragioni -<span class="pagenum" id="Page_43">[43]</span> -per le quali il Rossini spezzò la penna di -compositore melodrammatico. Consapevole della propria -gloria, egli si ritirò, tra sorridente e sdegnoso, -dalle battaglie della scena: si ritirò a trentasette -anni: nè i pentimenti troppo tardivi dei pubblici, -nè le cospicue offerte che dalle grandi metropoli -dell'Europa gli pervenivano valsero a vincere quella -sua serena pigrizia, in cui si sarebbe cullato, con -tutte le seduzioni fascinatrici della celebrità, per -quarant'anni di seguito. -</p> - -<p> -Iniziatore di una riforma, Gioacchino Rossini -non ebbe soltanto il merito di aprir nuove vie all'arte -melodrammatica, ma tutte le percorse da sovrano -conquistatore, in tutte impresse la incancellabile -orma propria. E perchè il genio ha qualità, -quasi direi, assorbenti, e la luce che da lui emana -par che riassuma in sè, compenetrandole, tutte le -altre luci minori e le attenui e le spenga, appunto -come il sole che non può esser vinto da nessuna -illuminazione artificiale, così accadde che nel silenzio -dell'autore del <i>Guglielmo Tell</i> si credette che -la musica italiana avesse pronunziata l'ultima sua -parola. -</p> - -<p> -Di quali altri capolavori si sarebbe arricchito il -repertorio melodrammatico, se nel Rossini la volontà -e la fantasia fossero state in ugual misura obbedienti, -<span class="pagenum" id="Page_44">[44]</span> -è ricerca che a nulla gioverebbe. L'immortale -maestro, che impegni contrattuali col grande -teatro di Parigi obbligavano per un corso non breve -di anni, si sentì a un tratto disorientato in quella -rivoluzione del luglio 1830, che dava alla vita politica, -alla vita letteraria ed artistica della Francia -indirizzi nuovi. Come il Mefistofele del Goethe, -che non comprende le classiche finzioni della greca -mitologia nella simbolica evocazione di Elena, così -l'autore dell'<i>Italiana in Algeri</i>, del <i>Turco in Italia</i>, -del <i>Barbiere di Siviglia</i> dura fatica a raccapezzarsi -in quel moto degli spiriti vagheggianti -ideali nuovi, in quelle irrequietezze delle fantasie -giovanili che anelano ad orizzonti fino allora inesplorati. -Rimane intatta e splendente la sua musica, -perchè segnata col marchio indistruttibile del genio, -ma il suo linguaggio si crede o pare che non -risponda più ai bisogni, alle aspirazioni, ai desiderii -dell'universale. Spira nelle regioni dell'arte -un soffio di modernità che non si acquieta ai facili -sorrisi dell'abbondante produzione dell'opera giocosa; -e le menti, fatte serie e cogitabonde, drizzano -per così dire la vela in oceani più sconfinati, -dove par che baleni, tremolando sulle acque, la fata -morgana dell'invadente romanticismo. -</p> - -<p> -E frutto del romanticismo, imperante nella Francia -<span class="pagenum" id="Page_45">[45]</span> -degli Hugo, dei Delavigne, dei De Vigny, è la -musica dei maestri italiani succeduti al Rossini. -Ai francesi compositori, come l'Auber e l'Halévy, -ai tedeschi un po' infrancesati come Giacomo -Meyerbeer, non valse la imitazione rossiniana, in -principio servile e poi alquanto più libera, per potere -essi raccogliere la eredità creduta giacente. -La divina Euterpe spiccò il volo rivalicando le Alpi, -e tornò da Parigi nella sua vera patria l'Italia, di -dove più non si mosse. -</p> - -<p> -Qui era nata, qui aveva raggiunto lo splendore -suo massimo, qui erano sbocciate le immortali cantilene -dei Pergolese, dei Paisiello, dei Cimarosa; e -qui avrebbe dovuto fatalmente riallacciarsi la fulgida -tradizione che la partenza del Rossini dalla -patria un po' ingrata non era riuscita ad interrompere. -Onde gli occhi di tutti si volsero là dove -nuovi germi sbocciavano, dove le nuove manifestazioni -dell'arte fiorivano, dove il genio della musica -ci apparecchiava le nuove grandi sorprese del -periodo che oggi studiamo. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_46">[46]</span> -</p> - -<p class="ast"><sub>*</sub><sup>*</sup><sub>*</sub></p> - -<p> -Singolari tempi cotesti: quasi ponte di passaggio -fra le due rive di un fiume frettoloso, avviato verso -una mèta iperbolicamente lontana. Dopo un lungo -riposo di quindici anni, un riposo conquistato a -prezzo di tanto sangue inutilmente versato nelle -guerre del primo Napoleone, cominciava ora quella -feconda evoluzione degli spiriti e delle menti, che, -come dianzi accennavo, prese il nome, anzi rinverniciò -a nuovo quel vecchio nome di romanticismo: e -se la Francia, seguitando l'esempio della Germania -del Goethe e dello Schiller, sopravanzò gli altri -popoli nella feconda produzione poetica e prosastica, -l'Italia, non ostante i grandi fulgori del genio manzoniano, -si restrinse, almeno per allora, nel campo -della musica: anzi più specialmente della musica -melodrammatica. Fosse mancanza di grandi ingegni -letterarii, che avrebbero dovuto continuare l'opera -iniziata nel '27 dal Manzoni col suo celebre romanzo, -fossero le condizioni civili e politiche della penisola, -fosse piuttosto, come io credo, la vivace rimembranza -dei recenti trionfi musicali, fatto sta che -l'Italia si restrinse per allora a una sola arte, e -<span class="pagenum" id="Page_47">[47]</span> -gelosamente custodì e mantenne quel suo primato -invidiato ed invidiabile della musica teatrale. -</p> - -<p> -Chi studiasse un po' attentamente quel periodo -di vita sociale, che si svolse in Italia dal '31 al '46, -ne troverebbe rispecchiate alcune sue manifestazioni -nella musica dei maestri d'allora: i nomi dei quali -sono vanto imperituro nell'arte del secolo decimonono. -Quella musica combatte in principio una tenace -battaglia, per liberarsi dai fàscini e dalle seduzioni -del grande mago che si adagia sorridente -all'ombra dell'albero della sua gloria, e a poco a -poco riesce a vincere: ma perdurano quelle ragioni, -che avevano costretto anche il Rossini ad improvvisare -in poche settimane, qualche volta in pochissimi -giorni, le opere per le quali si era impegnato -con le direzioni dei teatri. Il teatro è la più potente, -la più geniale distrazione di quel tempo: è, per -così dire, l'unica manifestazione chiassosa dello spirito -pubblico, che si rivela in una incessante domanda -di altre opere. E queste opere occorre rispondano -alla smania di novità che agita le folle, occorre -non interrompano ma anzi alimentino quella -produzione artistica che deve diffondersi da tutti i -palcoscenici d'Italia. -</p> - -<p> -La schiera dei maestri, dico di quelli a cui non -mancheranno i favori del pubblico, è troppo esigua -<span class="pagenum" id="Page_48">[48]</span> -al bisogno, perchè ella possa corrispondere alle richieste -che d'ogni parte si affollano: onde la necessità -li costringe a lavorare rapidamente, talvolta -con prestezza fulminea. Accade perciò che non sempre -la miniera, quantunque inesausta, dia metallo -purissimo, e che il genio rifulga sempre della medesima -intensità di luce: tormentato e irritato, egli -ha ogni tanto qualche abbandono, qualche cascaggine, -qualche annebbiamento che lo offusca. Ma -dalla fredda accoglienza fatta a un'opera nuova, o -anche da un clamoroso insuccesso, l'autore si risolleva -e risorge come stimolato a vendicarsi, e le sue -vendette sono spesso capolavori: capolavori che hanno -nome <i>Sonnambula</i>, <i>Norma</i>, i <i>Puritani</i>, <i>Anna Bolena</i>, -<i>Lucrezia Borgia</i>, <i>Lucia di Lamermoor</i>. -</p> - -<p> -C'è dunque un nuovo indirizzo, stavo per dire -una nuova scuola che sorge, florida di giovinezza, -ricca di speranze, cercatrice smaniosa di successi. La -musica italiana, che s'era detto aver pronunziata -col <i>Guglielmo Tell</i> la sua ultima parola, riprende -il suo fatale andare, e parla ancora alle menti, eccita -ancora le fantasie, commuove ancora ed esalta -milioni e milioni di cuori. Vincenzo Bellini e Gaetano -Donizetti, i due astri più luminosi della pleiade -scintillante, procedenti per vie diverse ad una medesima -mèta, con magnanima ostinazione resistono -<span class="pagenum" id="Page_49">[49]</span> -alle prime avvisaglie della scuola tedesca, e dimostrano -con l'esempio di voler serbare alla nostra -musica la schietta italianità, che vuol dire il sentimento, -la passione, la melodia, il canto. -</p> - -<p> -Nei loro inizii, nelle inevitabili incertezze di chi, -incominciando, sente di non poter camminare spedito -se non si appoggia, come l'edera, a qualche -robusto tronco, anche i due maestri s'ispirano e si -scaldano al gran sole rossiniano: ma dopo quei -primi esperimenti di una ginnastica intellettuale, -quando la loro fibra si è ringagliardita nelle molteplici -prove, ed essi hanno acquistata la coscienza -sicura del proprio essere, ogni ombra d'imitazione -scompare, ed essi raggiungono in brevissimo tempo -la fama, la popolarità, la gloria. Sono l'uno e -l'altro, e sinceramente lo confessano, una derivazione -rossiniana: ma accade di loro, se mi è lecito -di rapire una similitudine alla scienza astronomica, -accade di loro come quando un bolide scoppiando si -riduce in parti, e coteste parti, pur descrivendo -ciascuna per conto proprio una traiettoria nello spazio, -serbano in comune il punto primitivo di partenza: -così i due grandissimi, quantunque di grandezza -diversa dal loro autore e non ostante l'individuale -cammino percorso, sembrano emanare da un -apice comune, da Gioacchino Rossini. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_50">[50]</span> -</p> - -<p> -Ma della serena spensieratezza di quelli anni e -di quella generazione, che affaticata dalle immani -lotte napoleoniche cercava un riposo e una distrazione -nelle prime opere del maestro di Pesaro, e -rispondeva acclamando e ridendo alla squillante risata -dell'autore del <i>Barbiere di Siviglia</i>, di cotesta -spensieratezza non vedremo più che una traccia fuggevole. -Se qualche cosa d'incipriato sopravvive all'ottantanove -e ai trattati del quindici, se nella vita -poco o punto affaccendata delle classi colte c'è ancora -come un resto delle mollezze e delle morbide -blandizie del settecento, e c'è una corruzione elegante -che non sa risolversi a rendere le armi, pure -aleggia nella parte sana del popolo un'aura più vivace, -e già un concetto delle civili responsabilità a -poco a poco la penetra. -</p> - -<p> -Interprete dei sentimenti e delle aspirazioni nuove -sarà l'arte della musica, che per la sua stessa indeterminatezza -del linguaggio si piegherà volenterosa -ad esprimere sentimenti, affetti, passioni tumultuanti -nelle anime. -</p> - -<p> -Una solenne e austera mestizia par che governi -il mondo, e di quella mestizia è raccontatrice e commentatrice -fedele la musica. Sorriderà ancora, in -alcune geniali produzioni del Donizetti, la musa -dell'opera giocosa, ma fra quei sorrisi vedremo pure -<span class="pagenum" id="Page_51">[51]</span> -talvolta balenare scintillando le lacrime, e per arrivare -al lieto fine di prammatica rasenteremo più -d'una volta il dramma. L'arte non è più un semplice -diletto, nè una blanda carezza di suoni armoniosissimi; -ella deve invece tradurre tutto quel -complesso di aspirazioni che sono tanta parte nella -vita nuova del popolo, deve in certo modo riprendere -e continuare per conto proprio l'opera iniziata -altrove con la poesia, col romanzo, col dramma. Una -invisibil catena avvince le genti fra loro, le genti -oramai consapevoli dei propri diritti e dei propri -doveri: e perchè l'arte è il linguaggio che tutti -comprendono, toccherà a lei farsi divulgatrice d'idee -e di propositi, che nel segreto dapprima, poi alla -luce aperta del sole maturano. -</p> - -<p> -Chi afferma che la musica di cotesti anni altro -non è che la continuazione di quel che fu fatto nel -primo trentennio del secolo, dà prova di non averne -penetrata la intima essenza. Certo nè Vincenzo Bellini, -nè Gaetano Donizetti furono gli antesignani di -una rivoluzione civile e politica, alla quale essi mai -non pensarono, e della quale sarebbe sfuggita a loro, -perchè distratti in più serene contemplazioni, la ragione -remota o prossima. Ma un qualche cosa che -vibrava e fremeva intorno dovette persuaderli che -sarebbe toccata alla musica una partecipazione essenziale -<span class="pagenum" id="Page_52">[52]</span> -in quel grande rimescolìo degli animi e -delle menti: e guidati da quell'istinto che è qualità -divinatrice del genio, essi furono gli uomini del loro -tempo, furono i gloriosi portabandiera di un piccolo -ed elettissimo esercito, che combatte anche oggi battaglie -non ingloriose nel campo dell'arte. -</p> - -<p class="ast"><sub>*</sub><sup>*</sup><sub>*</sub></p> - -<p> -Vincenzo Bellini rappresenta, nella pleiade musicale -di cotesti anni, il luminoso astro fuggitivo -che brillerà d'intensissima luce per pochi anni, -poi sparirà quasi consunto dal suo medesimo fuoco. -Se egli ottenesse dalla natura il dono prezioso della -fecondità, non è certo; ma si sa che le opere sue -più belle, le tre opere magistrali che non morranno -fintantochè almeno non si capovolgano le leggi eterne -del gusto, rampollarono dall'accesa fantasia del giovane -maestro con meravigliosa rapidità, e si sa pure -che dopo il sublime suo canto del cigno, dopo quei -<i>Puritani</i> che sollevarono un grido d'entusiasmo per -tutto il mondo, egli, già colpito dalla fatale malattia -che doveva spegnerlo all'età di trentaquattro anni, -<span class="pagenum" id="Page_53">[53]</span> -meditava sopra due nuovi soggetti. Di lui veramente, -meglio che del Rossini, sarebbe curioso e opportuno -indagare quali nuove forme avrebbe assunte, a -quali diversi atteggiamenti si sarebbe piegato il suo -ingegno, se la natura, dispettosamente crudele, non -avesse voluto dare apparenza di verità all'antica sentenza -di Menandro: «Muor giovine colui che al -cielo è caro.» -</p> - -<p> -L'acutezza tutta meridionale della sua mente, in -quei brevi mesi di soggiorno a Parigi, gli servì per -penetrare addentro nei nuovi progressi della musica -strumentale, che fu per lui come il dischiudersi di -nuovi orizzonti; e forse non esagerano quei biografi -i quali affermano, che prima di recarsi in Francia il -Bellini non conoscesse che superficialmente la musica -di quel maestro che il Rossini non dubitava di -chiamare fra tutti il più grande, e che fu Ludovico -Beethoven. Della profonda mestizia, qualità predominante -nell'autore delle Nove Sinfonie, è facile -riscontrare più d'una traccia nell'ultima opera del -maestro catanese, come nè è più ricco, più nutrito, -più vario lo strumentale. Egli che, nell'idilliaca <i>Sonnambula</i>, -emulò la greca semplicità e la perfezione -di Teocrito, e nella <i>Norma</i> si sollevò a grandezza -epica, tocca, io credo, il massimo vertice del sublime -con la dipintura delle cruente lotte fra i <i>Puritani -<span class="pagenum" id="Page_54">[54]</span> -ed i Cavalieri</i>. Dalla favola montanara, tutta impregnata -di agresti profumi, dalle foreste druidiche, -di cui indovina, senza neanche darsi pensiero di approfondirle, -le sanguinose tregende, egli trapassa alla -contemplazione e alla riproduzione di un grande -quadro storico: ma nella cozzante varietà dei soggetti -che tratta, egli serba pur sempre lo spiccato -carattere della individualità propria, della propria -originalità. -</p> - -<p> -Ascoltando la musica di altri maestri, rimarremo -incerti talvolta nell'attribuire la paternità a questo -od a quello: ma Vincenzo Bellini non è possibile -confonderlo mai con altri. Le sue cantilene soavissime, -le sue melodie, quasi tutte di prima intenzione, -e una tal quale morbidezza raffaellesca di contorni, -ce lo annunziano e ce lo rivelano presente sempre. -</p> - -<p> -Egli non somiglia che a sè medesimo. Sentendolo, -vien fatto di pensare che la sua musica, più che -dalla fantasia, gli germogli dall'anima, e che quell'anima -riassuma e traduca le troppo fugaci gioie e -gli eterni dolori dell'umanità: vien fatto di dire che -i suoi canti, più che col linguaggio delle note sono -composti di lacrime, e sono le lacrime che raccontano -le nostre miserie, le nostre intime ambascie. -</p> - -<p> -Vincenzo Bellini ebbe principalissime, fra tutte -le doti musicali, la schiettezza e la limpidezza, congiunte -<span class="pagenum" id="Page_55">[55]</span> -alla più squisita semplicità delle forme. C'è -stato perfino un tempo, nel quale non si dubitò di -dirlo anche troppo semplice. Venti o venticinque -anni fa il direttore di un teatro parigino, voglioso di -rimettere in scena la <i>Norma</i>, propose a Giorgio Bizet, -non ancora celebre, di rifare, secondo le nuove -tendenze e il nuovo stile, la strumentazione dell'opera -belliniana, e offrì al giovine maestro, bisognoso -di lavorare, qualche migliaio di lire. Tutto -lieto il Bizet portò a casa la partitura della <i>Norma</i>, -stimando agevole impresa rimettere a nuovo la vecchia -opera, vecchia allora di più che quarant'anni. -Ma di lì a qualche giorno, con la partitura intatta -sotto il braccio, egli andò a trovare il direttore di -quel teatro, e restituendogli lo spartito gli disse che -le opere del genio sono intangibili, che a mettervi -le mani e ad alterarle si commette opera profanatrice -e sacrilega. L'autore futuro della <i>Carmen</i>, -grande artista veramente, respingeva da sè con ribrezzo -la mostruosa complicità in un reato, rimasto -fortunatamente uno sterile tentativo. -</p> - -<p> -Ogni tempo ha l'arte che si merita e che gli si -confà: e l'arte non ha efficacia immediata, se non -in quanto rispecchia i gusti, le tendenze, le aspirazioni -dell'epoca in cui ella sorge e fiorisce. La musica -della prima metà del nostro secolo, discesa in -<span class="pagenum" id="Page_56">[56]</span> -linea retta da quella del secolo precedente, mantenne -intatta la tradizione, ma si arricchì di forme più -belle, ma ebbe intenti più serii e più drammatici, -ma penetrò anche più addentro nei segreti dell'anima -umana. -</p> - -<p> -Senza confondere l'arte con la scienza, ma senza -ripudiare quest'ultima, rifiutò tutto quello che non -germogliasse direttamente dalla fantasia. E appunto -per questo fu grande e semplice; ed ebbe nome, per -il momento, Vincenzo Bellini e Gaetano Donizetti, -Oh non per loro certamente, non per le loro orchestre -destinate ad accompagnare docilmente o ad abbellire -di fregi modesti il canto della scena, non per -le loro orchestre, come doveva accadere più tardi per -il mistico Wagner, tutte le potenze della natura -congiurarono favorevoli, nè la terra regalò quasi -tutto il metallo delle sue miniere e il legname delle -sue foreste per fornire le armi sonore destinate agli -assalti irresistibili! La musica di quei nostri grandi, -veramente nostri, scaturita come fonte viva di limpida -acqua dalle viscere della montagna, non ebbe -bisogno delle violente arginature artificiali che ne -affrettassero il corso, ma si diffuse allargandosi come -in azzurro tranquillissimo mare tutto bagnato di -sole. Era il sole d'Italia, o signori, e non aveva nulla -da invidiare alle nebbie germaniche. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_57">[57]</span> -</p> - -<p class="ast"><sub>*</sub><sup>*</sup><sub>*</sub></p> - -<p> -Diverso affatto dal Bellini fu Gaetano Donizetti, -compagno suo ed emulo felice in quella gara che -durò fino al 1835, fino all'anno in cui l'autore dei -<i>Puritani</i> si spense. Di Vincenzo Bellini, tenuto -conto anche dei primi tentativi melodrammatici, si -contano nove opere soltanto: Gaetano Donizetti invece, -fantasia più feconda, ingegno più vario se -non altrettanto peregrino, e agitato dalla febbre -continua del produrre, fornisce durante ventiquattro -anni, dal '22 al '46, un così lungo cammino, e semina -quel suo cammino, con una prodigalità che -rasenta la spensieratezza, di così fulgidi capolavori, -che basterebbe lui solo, io credo, a segnare di -un'orma indistruttibile la storia dell'arte. -</p> - -<p> -Egli fu veramente, per la grazia della espressione, -per la originalità, la spontaneità, la vaghezza -melodica, per una soavità e una delicatezza di cantilene -non scevre di malinconia, egli fu il Mozart -dell'Italia: non scevre di malinconia, ho detto, -come fu divinamente malinconico il Bellini, sì che -l'uno e l'altro pare che rispecchino, nella indole -dei loro ingegni e dei loro animi, il virgiliano -<span class="pagenum" id="Page_58">[58]</span> -<i>sunt lacrimae rerum</i>, che il Manzoni, forse inconsapevolmente, -ha tradotto con la mestissima frase -che «del dolore ce n'è, sto per dire, un po' per -tutto». Se non che il Donizetti, fecondo e versatile -come pochi, e superiore in questo al Bellini, -ci lascia incerti anche oggi se riuscisse più felicemente -efficace, appunto come Wolfango Mozart, nel -melodramma serio o piuttosto nell'opera giocosa. -</p> - -<p> -La popolarità e la fama rapidamente raggiunte -lo avevano già reso celebre in pochi anni: il nome -suo non pure famoso in Italia, ma nelle principali -e più colte città dell'Europa, andava fino dal '37 -congiunto ad opere che s'intitolano <i>Anna Bolena</i> -e <i>Elixir d'amore</i>, <i>Lucrezia Borgia</i> e <i>Lucia di -Lamermoor</i>, <i>Marin Faliero</i> e <i>Parisina</i>, per tacer -delle altre: e sono opere che rimarranno lungamente -vive, insieme con quelle degli ultimi suoi -dieci anni: rimarranno vive anche nei pervertimenti -frenetici del gusto, anche nei periodi delle così -dette rivoluzioni musicali. Perchè il genio ha anche -questo di buono, di salutare, di benefico: che -sopranuota a tutti gli errori, a tutte le aberrazioni, -alle storture d'ogni maniera: egli resiste -sereno ed impavido ai mutabili capricci della moda, -alle piccole e alle grandi ostilità, alle guerricciòle -degli emuli, alle invidie degli impotenti. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_59">[59]</span> -</p> - -<p> -E notate questo, o signori: gli anni in cui il -Donizetti imperò quasi solo nel campo della musica, -furono gli anni delle aspettative pazienti: e -perchè, nel silenzio di ogni voce un po' libera, e -nell'abbattimento di ogni aspirazione generosa, gli -astuti governanti d'Italia erano larghissimi nel favorire, -nel secondare, nel provocar quasi i popolari -entusiasmi per i grandi spettacoli teatrali, accadde -che le fantasie, private per allora di ogni più vigoroso -alimento, trovassero pascolo sufficiente e distrazione -bastante per una nuova opera, per un -giovane maestro che accennasse ad uscire dalla -schiera dei volgari, anche per un artista, uomo o -donna, che le imprese e le direzioni dei varii teatri -d'Italia si disputassero. -</p> - -<p> -C'era di mezzo l'arte; ma c'era anche, bisogna -pur convenirne, il superficiale diletto dei sensi: e nel -doloroso silenzio di cotesti anni fu possibile vedere, -in quella città che doveva poi scrivere col proprio -sangue una pagina immortale nella storia del risorgimento -italiano, fu possibile vedere preso d'assalto, -con manifestazioni quasi di delirio, il teatro -della Scala da una folla tumultuante, perchè i due -astri della danza, la Cerrito e la Essler, comparivano, -per il momento non più rivali, in un medesimo, -ballo e nella medesima sera; e fu anche possibile -<span class="pagenum" id="Page_60">[60]</span> -vedere giovani patrizi e banchieri stagionati -disputarsi non soltanto i favori ed i sorrisi delle -danzatrici più celebri, ma anche i più minuti gingilli -abbandonati dalle <i>dive</i> al servitorame degli -alberghi; persino le maioliche intime di una Essler, -ridotte in cocci, dividersi come reliquie fra qualche -dozzina di adoratori, perchè potessero fregiarsene i -candidi sparati delle camicie. -</p> - -<p> -Ma non incrudeliamo soverchiamente sopra le -debolezze di un tempo, la cui responsabilità non -ricade che in piccolissima parte sulla cittadinanza -italiana. Alle brevi aberrazioni succedevano ben -presto i più durabili e fervorosi entusiasmi per le -grandi rivelazioni dell'arte, e il Donizetti, morto -Vincenzo Bellini, fu per allora l'unico sovrano intellettuale -delle folle, l'unico inappellabile arbitro -del gusto. -</p> - -<p> -Nello spazio di ventidue anni, dal '22 al '44, -egli scrive sessantacinque opere: due in ciascun -anno, spesso tre, talora anche quattro. Gli accade -più d'una volta di trovarsi a quindici e venti giorni -di distanza dall'epoca fissata per la consegna di -un'opera, e non soltanto non averne scritta neppure -una nota, ma neanche sapere quale libretto -gl'invierebbe il poeta: eppure nel giorno fissato egli -mantiene scrupolosamente l'impegno. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_61">[61]</span> -</p> - -<p> -Una sua opera fresca e limpida anche oggi come -un mattino di primavera, l'<i>Elixir d'amore</i>, egli -la scrivo in quindici giorni; scrive in sei settimane -la <i>Lucia di Lamermoor</i>, uno dei più squisiti capolavori -musicali del secolo: compone in undici -giorni il <i>Don Pasquale</i>, modello insuperato di commedia -musicale: improvvisa in otto giorni la <i>Maria -di Rohan</i>. Al cognato Vasselli di Roma, col -quale mantenne sempre una fraterna e gioconda -corrispondenza epistolare, così scriveva argutamente -da Parigi nel 4 gennaio 1843: -</p> - -<p> -«Il giorno 31 del passato dicembre passò non -da questa all'altra vita, ma da una parte all'altra -della Senna, il signor Donizetti, per essere nominato -socio corrispondente dell'Istituto di Francia. -E ieri sera, 3 del nuovo 1843, si diede al teatro -Italiano la prima recita della sua nuova opera <i>Don -Pasquale</i>. Non vi fu pezzo senza applausi: l'autore -chiamato dopo il secondo atto e dopo il terzo. -L'opera gli è costata una pena immensa: undici -giorni. Ora a Vienna darà il <i>Duello sotto Richelieu</i> -(che è la <i>Maria di Rohan</i>): otto giorni di -travaglio: giorni contati. E siete pregato di non -raccontare i miei segreti, perchè già il pubblico o -non li crede, od immagina che sia musica buttata -giù.» -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_62">[62]</span> -</p> - -<p> -Nove anni prima, nel 1834 a Milano, una grave -infermità d'occhi impedisce al Mercadante di scrivere -l'opera che si è impegnato di consegnare al -teatro della Scala. Mancano quaranta giorni allo -scadere dei termini, e il Mercadante chiamato a sè -il Donizetti caldissimamente lo prega di supplirlo, -per evitare a se il pagamento di una grossa penale. -Il Donizetti acconsente, in meno di trenta giorni -consegna finita l'opera, e quell'opera ha nome -<i>Lucrezia Borgia</i>. -</p> - -<p> -Egli è fatto così: la sua produzione è fulminea. -Basta che un soggetto potentemente lo attragga -perchè egli se ne innamori, e subito gli trasfonda -la vita immortale della sua arte. Indole arguta e -di giocondissimo umore, lieto di trovarsi nell'amabile -compagnia di parenti e di amici, egli non -sfugge le allegre distrazioni della vita svagolata -del palcoscenico, si trattiene perfino un po' troppo -nei camerini delle prime donne; ma il pensiero -fisso della sua mente è sempre rivolto a quell'opera, -o meglio ancora a quelle opere che imprese, direzioni -di teatri e pubblici con febbrile impazienza -aspettano. E nei solenni momenti della geniale ispirazione -egli si rinchiude, se così posso esprimermi, -in quella parte del mondo ideale ove sorge il palazzo -marmoreo dell'arte. Costì egli evoca intorno -<span class="pagenum" id="Page_63">[63]</span> -a sè i fantasmi dei tempi e dei personaggi che furono, -e scrive opere di argomento storico: cerca nei -romanzieri, nei drammaturghi, nei commediografi -l'abbozzo, la linea rudimentale di personaggi e di -fatti immaginarii, ed egli li veste, li colorisce, dà -loro la vita, il movimento, il colore della sua arte. -</p> - -<p> -A queste due categorie di personaggi egli chiede -misteriosamente il segreto della loro esistenza, dei -loro amori, delle loro gelosie, dei loro odii, delle -loro colpe, ed essi, come avrebbe detto Niccolò Machiavelli, -per loro umanità gli rispondono. Nella -storia e nella leggenda, nelle romanzesche avventure -che i poeti immaginarono si svolgessero nelle -antiche Corti, nei castelli medioevali, fra le montagne -azzurre o fra le nevose della Savoia, nei -poveri paeselli della campagna, nelle foreste della -Scozia, nei grandi parchi dell'Inghilterra, il Donizetti -si foggia per conto suo altrettanti mondi, -e quei mondi, quasi rispondessero alla irresistibile -chiamata di un dio, si risollevano dalle tombe come -le suore peccatrici evocate dalla magìa di Roberto, -scuotono la polvere dei secoli, palpitano e si muovono, -perchè il genio di un uomo vi ha soffiato per -entro il potente anelito della vita. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_64">[64]</span> -</p> - -<p class="ast"><sub>*</sub><sup>*</sup><sub>*</sub></p> - -<p> -Ma «la via lunga ne sospinge» e l'ora si affretta -verso il suo termine. Guardiamo ancora. -Ecco che sul nostro cammino.... diciamo meglio, -ecco apparire nel nostro cielo un nuovo astro, non -per ora d'intensa e continua luce come i due che -lo precedono, fosco anzi e un po' tenebroso in principio, -ma che scintillerà presto di splendori tutti -suoi. E un giovine di ventotto anni, alto, magro, -accigliato, con i lunghi capelli che gli scendono -in ciocche abbondanti sul collo. La sventura lo ha -colpito pochi mesi innanzi con la morte della giovanissima -diletta compagna e di due figlioletti, e -l'insuccesso clamoroso di una sua opera, la seconda -scritta da lui, pare lo abbia allontanato per un -pezzo dalla ingannatrice sirena melodrammatica. -Dice a tutti di esser tornato dal nativo paese a -Milano, non per cercarvi una gloria che pare il -destino voglia negargli, ma per dar lezioni di canto -e di pianoforte, giacchè egli ha bisogno di vivere. -</p> - -<p> -Non ostante ciò, non può rinunziare a far vita -<span class="pagenum" id="Page_65">[65]</span> -comune con gli artisti, a discorrere della musica -degli altri non avendo niente di bello da raccontar -della propria, e passa le giornate e le sere in -quel mondo così vario, così turbolento, così incontentabile, -che svolge le sue spire attorno alla piazza -ove sorge il teatro della Scala: singolarissimo mondo -che è come una Camera di Commercio del canto e -della danza, mondo suddiviso in piccoli quartieri, -in minuscole stanze a pian terreno ed al mezzanino, -dove convengono ad ogni ora artisti, impresari, -speculatori, faccendieri, buongustai, abbonati, -pubblicisti, librettisti, maestri di musica, mezzani. -Mancava allora la troppo celebrata galleria Vittorio -Emanuele, sotto la cui cupola bighelloneggiano -gl'irrequieti cercatori di scritture teatrali; -ma c'era il portico del teatro della Scala, c'erano -gli sgabuzzini degli agenti, i negozii di musica di -Francesco Lucca e di Giovanni Ricordi, i caffè, le -fiaschetterie, i camerini delle imprese, le quinte -dei palcoscenici: e dappertutto era un rimescolìo -di offerte e di domande, una animata, continua, -febbrile conversazione, un protestare, un indignarsi, -anche uno scambio di male parole fra chi vantava i -propri meriti, e chi s'ingegnava a disprezzarli per -pagar meno: e tutto questo accompagnato da squassamenti -delle lunghe zazzere dei tenori spioventi -<span class="pagenum" id="Page_66">[66]</span> -sui baveri, da movimenti drammatici dei pizzi prolissi -dei baritoni, da voci cavernose dei bassi profondi, -dallo scodinzolare leggiadro dei soprani, dei -mezzi soprani, e dei contralti. -</p> - -<p> -In quel mondo, al quale mancò finora — ed è -veramente un peccato — l'arguto e verace istoriografo, -si aggira inquieto e nervoso quel giovane di -ventotto anni, che ascolta tutti e discute animato -ed a scatti, che, nel facile contradire delle conversazioni -al caffè, batte con violenza sul tavolino la -mano larga e tozza, e con l'audacia di certi suoi -propositi scandalizza i refrattari parrucconi del Conservatorio -milanese: quei parrucconi che con una -farisaica interpretazione dei regolamenti avevano -respinta la sua domanda di parecchi anni prima -per essere ammesso fra gli alunni di quell'Istituto -musicale. -</p> - -<p> -A cotesto giovanotto oramai maturo e già autore -di due opere, che dice a tutti di non volere più -scrivere per il teatro, e invece non pensa, non discorre, -non palpita che per cotesto fantasma dei -suoi trepidi sogni, a quel giovanotto occorre si presenti -una occasione fortuita, occorre il mancato -adempimento ad un patto contrattuale di qualche -maestro, che so io? la necessità in cui si trovi un -impresario di fare onore in qualsiasi modo agli -<span class="pagenum" id="Page_67">[67]</span> -impegni assunti col pubblico: occorre questo, perchè -gli occhi del giovine si ravvivino di speranze, -perchè il tumulto della fantasia si ridesti, perchè -il dio della ispirazione mandi il tonante grido della -riscossa. -</p> - -<p> -E il grido ci fu: la fantasia ebbe un sussulto: -l'opera apparve luminosa nel cielo dell'arte. Quel -giovinotto aveva nome Giuseppe Verdi, quell'opera -s'intitolava <i>Nabucco</i>. -</p> - -<p> -La storia anedottica del <i>Nabucco</i> l'ha raccontata -lo stesso Verdi. L'opera doveva musicarla il -maestro Nicolaj, e in una sera di decembre del -1841 l'impresario del teatro della Scala, incontratosi -col Verdi, gli raccontò che il libretto della -nuova opera non piaceva al maestro, che per la ristrettezza -del tempo non era possibile averne altri, -ma che lui impresario manderebbe al diavolo il -Nicolaj se il Verdi accettasse di scrivere la musica -del <i>Nabucco</i>. -</p> - -<p> -La resistenza e le proteste furono vane: il giovane -maestro, cacciatosi in tasca il manoscritto di -Temistocle Solera, corse a casa: e aperto così a -caso il quaderno, lesse i versi, rimasti celebri, dello -stupendo coro: «Va', pensiero, sull'ali dorate,» -che nella musica melodrammatica del nostro secolo -è forse la invocazione più appassionata e più sublime -<span class="pagenum" id="Page_68">[68]</span> -alla patria lontana, e che fratello maggiore -del coro dei <i>Lombardi</i>, meriterebbe con più ragione -si ripetesse di lui: -</p> - -<div class="poem"> -<p>Che tanti petti ha scossi e inebriati.</p> -</div> - -<p> -Col <i>Nabucco</i> s'iniziano veramente i trionfali -successi del Verdi: continuano con l'opera venuta -dopo, <i>I Lombardi alla prima Crociata</i>, raggiungono -il massimo dell'entusiasmo con l'<i>Ernani</i>: -dal '42 al '44, il «giovane Verdi,» come allora -lo chiamavano, avea acquistato in meno di tre anni -un posto d'onore; e raro esempio nella storia dell'ingegno -umano, non solo non ne discese più mai, -ma di scalino in scalino, di tappa in tappa, se così -mi è lecito esprimermi, salì alla fama, alla rinomanza, -alla gloria. Egli rimaneva oramai quasi solo -(l'astro del Donizetti si avvicinava rapidamente -all'angoscioso tramonto), quasi solo egli rimaneva -a rappresentare la grande, la nobile, la ispirata -arte italiana. -</p> - -<p> -Egli ebbe intenso dalla natura, e lo ha squisitamente -affinato nel corso degli anni, l'istinto prezioso -e incomunicabile dell'effetto teatrale; anche -obbedì, in tutte le opere di quella sua prima -<span class="pagenum" id="Page_69">[69]</span> -maniera, alla foga potente della ispirazione, e fu -di un'abbondanza melodica che somigliò quasi alla -prodigalità. Peccò qualche volta per dato e fatto -della sua stessa virtù, peccò di trascuratezza. Simile -forse in questo (me lo perdonino le ascoltatrici -gentili) simile a una donna bella che osi, appunto -perchè bella, presentarsi ai suoi ammiratori un -po' scapigliata e in abito disadorno. Ma egli è che -allora si scriveva musica per scriver musica, e con -le sette note di Guido Monaco non s'intendeva di -risolvere nè un problema d'algebra, nè un teorema -di meccanica celeste: si voleva soltanto destare la -commozione, il grande e il solo sentimento che -possa chiamare le folle in teatro. -</p> - -<p> -E di una commozione, trasportata fino alle regioni -del parossismo, fu causa l'ultima delle opere -che ho citata, l'<i>Ernani</i>. Il dramma audace dell'Hugo, -simbolo di riscossa per tutta una scuola -letteraria, diventa il vangelo altrettanto audace di -tutti gli spiriti liberi. Venezia, dove la nuova opera -fu per la prima volta rappresentata, e in breve giro -di mesi tutta l'Italia acclamano il cantore di <i>Doña -Sol</i>, come il rappresentante della musica dei tempi -vaticinati. Pare quasi interrotta la tradizione; si -direbbe che il maestro, spezzate le catene del convenzionalismo, -si slanci a scoprire i nuovi orizzonti -<span class="pagenum" id="Page_70">[70]</span> -dell'arte, illuminata da lui col sole del proprio -genio. -</p> - -<p> -<i>Ernani</i> è la protesta magnanima contro le tirannie, -è l'odio della violenza alimentato dalla violenza, -è il grido del popolo che si ribella alla signoria -dei grandi e dei sovrani. Come suonano -rimbombanti e armoniosissimi i versi del poeta -francese, così l'alata schiera delle melodie del maestro -italiano si libra a volo sul dramma, e tutto -lo penetra e lo investe. C'è in quella musica qualche -cosa di trepido, di convulso, di rapido, d'irrompente. -L'ardentissima anima del Verdi non -aveva avuto ancora, e forse non le ebbe mai più, -vibrazioni musicali così gagliarde, non s'era mai -slanciata a colorire con tanta esagerata potenza un -immenso quadro drammatico. Io credo sieno pochi -gli esempi di opera che, come l'<i>Ernani</i>, mantengano -sempre viva, musicalmente, l'attenzione dalla -prima all'ultima scena; e qui il dramma e la musica -mirabilmente si fondono a raccontare in altissimo -metro una pagina della storia eterna del cuore -umano. -</p> - -<p> -E così Giuseppe Verdi, con la stupenda produzione -che va dal '42 al '46, schiude veramente le -porte dell'avvenire, creando uno stile suo, manifestando -una maniera tutta sua propria di concepire -<span class="pagenum" id="Page_71">[71]</span> -e di svolgere un violento contrasto di passioni sulla -scena melodrammatica. La fecondità di quelli anni, -non dissimile dalla geniale rapidità donizettiana, -nocque forse al maestro di Busseto per la materiale -impossibilità di adoperare la lima: ma giovò -alla espressione di una più grande sincerità in quei -subitanei quasi selvaggi scoppi del genio, preludio -ad avvenimenti che maturatisi nel silenzio, dovevano -di lì a poco suscitare i fremiti delle balde -giovanili speranze nel cuore improvvisamente svegliatosi -della patria. -</p> - -<p> -In quel medesimo anno, che è l'ultimo del periodo -del quale le nostre Letture si occupano, e -sempre nella città di Venezia, un'altra opera del -Verdi scoppiò come fulmine e fu l'<i>Attila</i>: musica -tempestosa che entrava difilato per le orecchie nelle -anime, e di popolarità così clamorosa e così diffusa, -che sopravvisse di qualche anno alla morte -delle speranze italiane: come uno di quei canti che -l'esule con accorata tenerezza ripete, perchè gli -richiama alla mente le dolci valli della patria -lontana. -</p> - -<p> -È naturale quindi che in coteste opere della -prima maniera del Verdi si volesse rintracciare un -concetto politico: così nei <i>Lombardi</i> che sospirano -al tetto natio e ricordano con sublime lamento i -<span class="pagenum" id="Page_72">[72]</span> -ruscelli ed i prati della loro terra, parve di scorgere -una anticipazione del quarantotto, quasi un -simulacro di movimento nazionale: e nella celebre -offerta dell'universo che fa Ezio ad Attila, purchè -a lui, generale romano, rimanga l'Italia, c'era più -che un pretesto per sollevare a rumore le platee, -per far vibrare la corda dello spirito patriottico. -</p> - -<p> -Si potranno questi chiamare gl'innocenti anacronismi -della leggenda, ma non sono perciò inutili: -tanto è vero che di lì a pochi mesi le più fortunate -e popolari opere del Verdi si trasformarono in -segnacoli di riscossa, i suoi canti ispirati furono -gl'inni della nazione, e Gerusalemme diventò Milano -con le sue cinque giornate. La musica è così -fatta, che mirabilmente si piega ad esprimere il -concetto dominante negli spiriti; e se un caldo -soffio di poesia la ravvivi, ella diventa preghiera -ed imprecazione, espressione d'infinito rammarico -e di giubilante letizia, augurio, speranza, vaticinio. -I poeti d'Italia cantavano in strofe roventi la rivoluzione -prossima a trionfare; ma non bastava il -ritmo poetico, ci voleva una risonanza più armoniosa -e più vasta; e il popolo fremente e commosso -ripeteva sulle pubbliche piazze il «Va' pensiero, -sull'ali dorate» del <i>Nabucco</i>, e l'«Oh, -Signore, dal tetto natìo» dei <i>Lombardi</i>. Con un -<span class="pagenum" id="Page_73">[73]</span> -anticipato augurio di cinque lustri Alessandro Manzoni -aveva inneggiato nella lirica patriottica del -1821 alle «giornate del nostro riscatto.» -</p> - -<hr class="tbs" /> - -<p class="indl"> -<i>Signore e Signori</i>, -</p> - -<p> -Attorno a quel gruppo di stelle, onde si compone -la pleiade musicale che brillò nei puri vesperi -dell'Italia dal '31 al '46, altri minori pianeti, come -obbedienti satelliti, girarono e modestamente splendettero; -ma la loro luce ebbe bagliori fugaci che -ben presto si dissiparono. Nell'azzurro sconfinato -del cielo gli astri di prima grandezza soltanto rimasero, -ad attestare che il primato della musica -è ancora nostro, e uno ancora vi rifulge solitario -e lucente, come remota stella polare, speranza e -guida dei naviganti che si affacciano ai mari inesplorati -del secolo nascituro. -</p> - -<div class="chapter"> -<p> -<span class="pagenum" id="Page_75">[75]</span> -</p> - -<h2 id="elettricita">LA ELETTRICITÀ ANIMALE</h2> - -<p class="pad2 center high"><span class="small">CONFERENZA</span><br /> -<span class="x-small">DEL</span><br /> -<span class="large g noserif">Prof. GIULIO FANO</span>.</p> -</div> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_77">[77]</span> -</p> - -<p class="pad2 indl"> -<i>Signore e Signori</i>, -</p> - -<p class="pad2"> -Il periodo di vita italiana dal 1831 al 1846, -preso in esame dalle conferenze di quest'anno, è caratterizzato -soprattutto dalle idee di rivendicazione -politica e sociale che fermentavano allora nelle -menti di molti fra i migliori, distogliendoli, in -parte almeno, dalle ricerche sui fenomeni naturali. -Si capisce che le lotte intestine, le congiure, i moti -e le vicende tormentose della patria possano conciliarsi -coll'inspirazione artistica, anzi spesso eccitarne -lo sviluppo in alte e nobilissime forme che -valgano ad esaltare i meno animosi ed a raccogliere -i più sotto la stessa bandiera. Ma per le scienze -esatte, per le ricerche pazienti di laboratorio, per -l'esame accurato della natura si richiedono tempi -sereni e tranquilli. Qualche manifestazione geniale -si presenta, è vero, nella storia della scienza anche -nei momenti più torbidi, ma sono forme accidentali -<span class="pagenum" id="Page_78">[78]</span> -di un carattere che si potrebbe dire vulcanico, e non -già il risultato di quelle forze costanti che agiscono -lentamente sulla coscienza collettiva degli studiosi. -</p> - -<p> -Ciò nonostante, anche in quei tristi, incerti, ma -pure gloriosi periodi della nostra vita nazionale, possiamo -con orgoglio ricordare parecchi notevoli contributi -allo sviluppo delle scienze fisiche e naturali. -Fra gli argomenti di carattere biologico allora -trattati, uno fra i preferiti da molti scienziati italiani -è l'elettricità animale, e ne fanno fede i nomi -del Nobili, del Marianini, del Santi-Linari, del Grimelli, -del Matteucci, del Savi, del Pacini, alcuni dei -quali, e fra i più illustri, furono onore dell'Ateneo -fiorentino. Si direbbe che i germi lasciati dal Galvani -e per lunga serie di anni rimasti assopiti in -una specie di stato latente, portati in questa terra -toscana che ebbe sempre e giustamente il vanto di -proteggere i buoni studi, riprendessero nuova vita -dando ricchi e rigogliosi germogli. Sicchè l'elettricità -animale, che nacque come argomento di ricerca -in Italia, e qui ebbe le maggiori e più importanti -cure, che ne assicurarono lo sviluppo, può dirsi a -ragione cosa nostra, senza che per questo si diminuisca -il carattere cosmopolita che fa della scienza -l'unico vincolo che ancora raccolga la sminuzzata -umanità di questa tristissima fine di secolo. Quanto -<span class="pagenum" id="Page_79">[79]</span> -vi ho detto, spero sia sufficiente per giustificare la -mia scelta. Debbo però avvertirvi che non posso -restringere il mio dire a ciò solo che in proposito -si è osservato nei tre lustri fissati dal programma, -e neppure mi è lecito limitarmi ai soli risultati -dovuti a ricercatori italiani. Voi non mi perdonereste -certamente di sacrificare ad un sentimento -nazionale, che in tal caso sarebbe malinteso, un -argomento scientifico che, nato in Italia, divenne -poi per sua natura universale. -</p> - -<p> -Il capitolo della elettricità animale comprende -quelle manifestazioni elettriche date da un animale -o da una parte di esso durante la vita, e che si sviluppano -dagli organi come una naturale e necessaria -conseguenza delle loro attività funzionali. Sicchè -i fatti elettrici che si possono ottenere in certi casi, -per esempio passando con forza la mano sul dorso di -un gatto vivo come su quello di un morto o semplicemente -su una pelliccia di gatto, appartengono -tanto poco alla elettricità animale quanto ciò che -si manifesta collo strofinare un bastone di resina o -di zolfo. Nello stesso modo nessun rapporto hanno -col nostro soggetto le scintille che alcune persone -ottengono passandosi le mani nei capelli o stropicciandosi -altre parti del corpo. Si tratta in questi -casi semplicemente di elettricità per strofinamento -<span class="pagenum" id="Page_80">[80]</span> -e si capisce come condizioni particolari della pelle, -dei peli e dell'ambiente possano dare a questo fenomeno -proporzioni veramente stupefacenti. -</p> - -<p> -A queste osservazioni però, tanto semplici per -sè stesse, si aggiunsero, come troppo spesso accade, -i prodotti più o meno sinceri dell'immaginazione, -sicchè si venne ad affermare che alcune persone erano -dotate di vere proprietà elettriche a somiglianza di -alcuni pesci dei quali avremo fra poco occasione -di parlare. Numerose sono le osservazioni citate in -proposito. Mi limiterò a ricordare quella della Signora -elettrica di Oxford negli Stati Uniti, perchè -è forse il caso documentato meno peggio. Essa si -accorse il 25 gennaio 1837, mentre in numerosa -compagnia osservava un'aurora boreale, che le dita -delle sue mani emettevano scintille elettriche -ogniqualvolta essa accarezzava il volto di un suo -fratello. Tutta la società, benchè in sul principio -fosse molto dubbiosa, dovette poi convincersi della -realtà di quello strano fenomeno, ed il dottor Williard -Osford, una specie di san Tommaso, fu condotto -alla fede da una scintilla lunga circa venti millimetri, -che quella interessante persona gli scaricò -sulla punta del naso, dai polpastrelli delle dita, -facendolo indietreggiare spaventato. Il marito di -quella signora era lontano, in viaggio, al momento -<span class="pagenum" id="Page_81">[81]</span> -dello sviluppo di quella strana proprietà. Allorchè -in aprile ritornò, la moglie gli andò incontro alla -porta di casa, e presentandogli scherzosamente le -mani alla faccia lo sbalordì con una scarica elettrica. -Come vedete, quando un marito torna a casa -dopo una lunga assenza deve essere preparato a -qualunque sorpresa! -</p> - -<p> -A me fu raccontato da un medico di Firenze di -un caso simile da lui osservato in queste ultime settimane. -Una signora straniera, che abita la nostra -città, si presenta, soprattutto quando domina la tramontana, -come circondata da una nube luminosa, -tante sono le scintille che crepitando scoccano dalla -superficie del suo corpo. E le parti più intime del -suo abbigliamento, e le lenzuola del suo letto sono -così cariche di elettricità, che il solo sfregamento di -esse dà luogo ad imponenti manifestazioni elettriche. -Anche qui si tratta, è evidente, di semplici fatti -dovuti ad elettricità sviluppata per sfregamento. -</p> - -<p> -Ad ogni nostro movimento noi produciamo calore, -fra le molte altre ragioni, per l'attrito dei piedi -contro il suolo o degli indumenti sulla persona, e -nello stesso tempo diamo luogo, per le stesse cause -ad una elettrizzazione della superficie del nostro -corpo e degli oggetti che con essa vengono in contatto. -Si capisce come condizioni particolari di poca -<span class="pagenum" id="Page_82">[82]</span> -conducibilità degli appoggi e delle parti superficiali -dell'organismo debbano provocare i fenomeni -sopra descritti, i quali, benchè possano sembrare -meravigliosi, sono molto più semplici di un battito -del nostro cuore o di un movimento delle nostre -labbra. Certamente le condizioni nutritive e nervose -di quegl'individui contribuiscono a dare alla -loro cute quelle proprietà particolari che determinano -una elettrizzazione tanto notevole, ma non -per questo possiamo dire che quei fatti appartengono -alla elettricità animale propriamente detta. -</p> - -<p> -Fa parte integrale di essa invece la causa che determina -le scosse risentite toccando un così detto -pesce elettrico. È questo anzi il primo fatto di elettricità -animale che sia stato conosciuto, e se ne parla -sin dai tempi più remoti, senza darne però, e si -comprende, una retta interpretazione. I più anticamente -noti fra i pesci elettrici, per quanto ne possiamo -sapere noi, sono le torpedini, perchè abitanti -il Mediterraneo. Esse fissarono l'attenzione del volgo -prima e dei naturalisti poi. Come rappresentarci lo -stupore e lo spavento di quegli ingenui pescatori -che tirando a terra la rete colma di pesci vengono -colpiti da una scossa che li irrigidì e li paralizzò -ad un tempo? Vi è solo da meravigliarsi che -essi, così immaginosi e ricchi di forme simboliche, -<span class="pagenum" id="Page_83">[83]</span> -non abbiano messo fra le mani poderose di Nettuno -una torpedine invece del tridente o del delfino. -Debbo però notare a questo proposito come in un -vaso proto-etrusco del museo archeologico di Firenze -si osservi la figura in rilievo di una torpedine -associata ad una sfinge maschio, e contrapposta ad -un felino con criniera irradiata. Quel pesce, secondo -il Milani, rappresenterebbe probabilmente la forza -occulta del mare notturno contrapposta alle forze -palesi della natura. -</p> - -<p> -Ai tempi di Aristotile la torpedine si chiamava -Narkè, che vuol dire torpore, ed a questo proposito -Platone fa dire a Menone in uno dei suoi dialoghi: -«O Socrate, già prima di conoscerti avevo -sentito dire che tu nelle discussioni non fai altro -se non porre te stesso nell'imbarazzo e metterci -gli altri, e anche ora mi pare che tu con ogni sorta -di incantesimi mi abbia ridotto a non trovar via -d'uscita; anzi, se è lecito scherzare, mi sembri affatto -simile nell'aspetto e nel resto alla Narkè -marina piatta. Essa infatti fa intorpidire chi le si -accosta e la tocca; ed anche tu hai fatto lo stesso -a me. Perchè, in verità, mi si è paralizzata l'anima -e la bocca e non so che risponderti.» -</p> - -<p> -I commentatori, per far comprendere il senso nascosto -delle parole messe in bocca a Menone, rammentano -<span class="pagenum" id="Page_84">[84]</span> -come Socrate avesse il viso piatto che poteva -essere paragonato alla forma schiacciata della -torpedine. Per conto mio trovo che è uno scherzo -di assai cattivo genere e tale da far venire i brividi -a qualunque conferenziere che abbia il profilo un -poco camuso. -</p> - -<p> -Molti altri scrittori dell'antichità hanno parlato -dei notevoli fenomeni prodotti dai pesci elettrici, -particolarmente Oppiano, poeta greco dei tempi di -Settimio Severo. Galeno poi credette di poter spiegare -la sensazione provata al contatto di quegli -animali attribuendola ad un principio frigorifero, e -per motivare la sua opinione portò i buoni effetti -prodotti dalla applicazione delle torpedini alla medicina, -soprattutto contro il mal di capo e la gotta. -Come vedete, non vi è nulla di nuovo sotto il sole, e -i Romani facevano anch'essi della Elettroterapia; -ma soltanto la facevano senza saperlo. -</p> - -<p> -Saltando a piè pari molti secoli arriviamo a Francesco -Redi, il geniale accademico del Cimento, primo -medico della casa granducale di Toscana, l'inspirato -poeta del vino, il fine, attento, perspicace osservatore -di fatti naturali. Ecco come egli ci intrattiene -sulle torpedini, in quel suo musicale e purissimo -stile: «È cosa notissima che quel pesce -marino chiamato tremola, torpedine, ovvero torpiglia, -<span class="pagenum" id="Page_85">[85]</span> -se sia toccato renda intormentita e stupida -la mano ed il braccio di colui che lo tocca; ed io -ne ho fatta la prova più di una volta, per certificarmi -di tal verità e per poterne favellare con -certezza di scienza. E voglio raccontarvi che alcuni -pescatori, essendo a mia requisizione andati -alla pesca di questo pesce ne pigliarono uno e -portatomelo vivo poco dopo che l'ebbero preso, -appena che lo toccai e lo strinsi colla mano, che -mi cominciò a informicolare e la mano e il braccio -e tutta la spalla con un tremore così fastidioso -e con un dolore così afflittivo ed acuto nella -punta del gomito, che fui necessitato a ritirar -subito la mano: e lo stesso mi avveniva ogniqualvolta -io voleva ostinatamente continuar lungo -tempo a toccarlo. Egli è ben vero che quanto più -la torpedine si avvicinava alla morte, tanto meno -io sentiva il dolore e il tremore, anzi molte volte -io non lo sentiva; e quando ella fu quasi finita -di morire, che pur campò ancora tre ore, io poteva -maneggiarla con ogni sicurezza e senza fastidio -veruno: che perciò non è maraviglia se alcuni -stiano in dubbio della verità di questo effetto, e -lo tengano per una favola, avendone essi per avventura -fatta l'esperienza non con le torpedini -vive, ma con le morte o vicine a morire.» -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_86">[86]</span> -</p> - -<p> -Il Redi ed il suo discepolo Lorenzini, che, all'epoca -del Rinascimento delle scienze naturali, furono -i primi a studiare la torpedine, supponevano -che questo pesce inviasse da lontano una quantità -di piccoli corpuscoli che s'insinuerebbero nelle parti -delle quali essi determinano l'intorpidimento, e che -sarebbero proiettati dalla contrazione di due organi -riputati muscolari, e chiamati, in ragione della loro -forma, muscoli falcati. -</p> - -<p> -Il Borelli, un altro insigne accademico del Cimento, -riguarda quella emissione di corpuscoli stupefacenti -come immaginaria, e pensa che la torpedine, -colpita essa stessa da tremiti violentissimi, -comunichi queste vibrazioni all'essere che la tocca -e determini così in esso un intorpidimento. -</p> - -<p> -Non sorridiamo a questi tentativi di rappresentazione -di un processo funzionale, perchè a ben altre -forme dottrinarie ci hanno abituati certuni ai giorni -nostri, i quali, essendo tanto più dogmatici quanto -meno vogliono parerlo, pretendono di dar ragione -dei fenomeni presentati non solo da un individuo ma -da una intera società umana, adoperando alcune -formule semplicissime, che non sono neppure di loro -invenzione, per mezzo delle quali tutto può essere -classificato e spiegato; tanto meno scusabili inquantochè -ogni giorno più si mette in chiaro l'immensa -<span class="pagenum" id="Page_87">[87]</span> -complessità dei fatti biologici, di quelli anche che -potrebbero a prima vista sembrare di una semplicità -primordiale. -</p> - -<p> -Si capisce, del resto, che ai tempi del Redi, del -Lorenzini e del Bellini non si potesse avere un'idea -esatta intorno alla natura della scossa ricevuta dalla -torpedine, perchè non si conosceva ancora la bottiglia -di Leida, che sembra datare dal 1745. Dopo -ciò si comprese che l'agente sviluppato da quel pesce -è di natura elettrica, e le osservazioni in proposito, -alle quali contribuirono il Volta e il Galvani, -eccitarono entrambi questi illustri nella loro lotta -per la verità. Infatti il Galvani considera la sua preparazione, -fatta di muscoli e di nervi, come un organo -elettrico ridotto, e il Volta si inspira a quell'apparecchio -nella costruzione della sua pila, che -egli chiama «organo elettrico artificiale» «per essere -(come scrive al Brugnatelli) fondato sopra i -medesimi principi e simile anche nella forma, secondo -la sua prima costruzione, all'organo naturale -della torpedine.» -</p> - -<p> -La scoperta della pila mise nell'ombra le mirabili -osservazioni del Galvani, e le sue affermazioni -intorno alla elettricità animale, e ciò benchè fosse -ormai indiscutibile che la torpedine si comporta -come una macchina elettrica, e come una pila insieme, -<span class="pagenum" id="Page_88">[88]</span> -e che lo sviluppo dell'elettricità è in quegli -animali dipendente dalle loro condizioni vitali. -La morte infatti porta con se, come del resto -aveva già osservato il Redi, la cessazione di ogni -fenomeno elettrico, e tutte le osservazioni dimostrano -anche che la potenza intorpidente dei pesci -elettrici si indebolisce a misura che diminuiscono -le attività funzionali dell'animale, che essa si esaurisce -per ogni emissione eccessiva, e che, nello stato -normale dell'organismo, essa può ristabilirsi col -riposo. Questi esseri singolari sono capaci, è vero, -di dare parecchie scariche successive, ma queste -vanno gradatamente indebolendosi, sino a che quei -pesci possono essere impunemente toccati. Poi, col -tempo, soprattutto se bene alimentati, essi riprendono -le loro capacità elettriche, così come si osserva -nelle manifestazioni dell'energia muscolare -e nel decorso della fatica. Vi è insomma, sotto -molti aspetti, una completa identità fra la scossa -elettrica della torpedine ed un movimento volontario. -Le torpedini e gli altri pesci elettrici, come -il gimnoto ed il siluro, danno una scossa elettrica -come un cavallo darebbe un calcio, un cinghiale -un colpo di zanna, una tigre un morso, un'aquila -un colpo d'ala o d'artiglio. Il meccanismo nervoso -volontario pel quale si esplica l'atto della -<span class="pagenum" id="Page_89">[89]</span> -difesa e dell'offesa è lo stesso in questi casi, non -solo, ma anche gli effetti esteriori che ne risultano -hanno molte analogie fra loro. Ogni giorno -di più, infatti, si mettono in chiaro le somiglianze -strutturali fra muscoli ed organi elettrici, non solo, -ma pure quelle funzionali fra scossa elettrica e -contrazione muscolare. Questi due atti si lumeggiano -vicendevolmente, inquantochè obbediscono alle -stesse leggi generali; sicchè possiamo dire, per -adoperare un linguaggio tecnico, almeno una volta, -che entrambi dipendono probabilmente, per quanto -riguarda l'effetto esterno, da cangiamenti di tensione -superficiale. -</p> - -<p> -L'affinità fra un movimento volontario ed una -scossa elettrica mi richiama alla mente una descrizione -dell'Humboldt, che amo ripetervi in parte, -benchè la ritenga universalmente conosciuta. Si -tratta della pesca dei gimnoti, o anguille elettriche, -che vivono nelle acque dell'America meridionale, -e che danno, quando siano irritate, scosse -potentissime, molto più energiche di quelle della -torpedine. Non bisogna però credere che il racconto -dell'Humboldt si riferisca ad un modo usuale di pesca; -esso piuttosto va considerato come la narrazione -di una accidentale avventura di viaggio. Ecco le parole -del celebre viaggiatore e scienziato tedesco: -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_90">[90]</span> -</p> - -<p> -«L'anguilla elettrica, benchè tardissima nei -movimenti, si prende difficilmente con reti, perchè -simile al serpe si affonda nel fango. Si potevano -in tal caso adoperare le radici di alcune -piante che hanno la proprietà, gettate in uno -stagno, di inebriare o stordire gli animali che -vi si trovano. Non volevamo però ricorrere a -questo metodo, perchè le anguille ne sarebbero -state indebolite. Allora gli indiani dichiararono -che volevano pescar con cavalli. Corsero nelle -steppe ove sono numerosi i cavalli e i muli -selvatici, ne presero una trentina e li spinsero -nell'acqua. -</p> - -<p> -L'inaspettato rumore dello scalpitìo dei cavalli -spinge i pesci fuori della melma e li invita -all'attacco. Le grandi anguille gialle -nere, simili ed enormi piante acquatiche, nuotano -qua e là presso alla superficie e guizzano -sotto il ventre dei cavalli e dei muli. La lotta -fra animali così differenti forma il quadro più -pittoresco. -</p> - -<p> -Gli indiani muniti di giavellotti e di lunghe -e sottili canne si appostano in fitta colonna intorno -allo stagno. Alcuni salgono sugli alberi i -cui rami si stendono orizzontalmente sull'acqua. -Colle selvagge loro strida e colle lunghe canne -<span class="pagenum" id="Page_91">[91]</span> -fanno indietreggiare i cavalli che vogliono risalire -le rive. -</p> - -<p> -Le anguille, assordate dal rumore, si difendono -con ripetute scariche delle loro batterie. -Per qualche tempo pare che debbano riuscire -vittoriose. Parecchi cavalli soccombono ai colpi -invisibili che minacciano gli organi i più essenziali. -Storditi dalle incessanti e violenti scosse -cadono al fondo. Altri sbuffanti, irta la criniera, -gli occhi dilatati per lo spavento, fuggono disperatamente -cercando di sottrarsi alla bufera, -ma sono respinti dagli indiani. Alcuni però, ingannando -la vigilanza dei pescatori, giungono -alla sponda, vacillano ad ogni passo, e spossati -a morte si gettano sulla sabbia colle membra -irrigidite.... -</p> - -<p> -Credevamo che tutti gli animali impegnati in -quella lotta dovessero soccombere l'uno dopo -l'altro. Ma a poco a poco il furore scema, e le -anguille affaticate si sparpagliano. Hanno ora -bisogno di un lungo riposo e di un abbondante -cibo per riacquistare le forze galvaniche disperse -nel combattimento: esse vengono ora paurose -presso la spiaggia e sono prese mediante -piccoli giavellotti raccordati a lunghe funi. -</p> - -<p> -Un uomo non si esporrebbe senza pericolo al -<span class="pagenum" id="Page_92">[92]</span> -primo colpo di una grossa anguilla elettrica irritata. -Se si riceve la scossa prima che il pesce -sia ferito o stanco da una lunga persecuzione, il -dolore e lo stordimento sono tali che non si può -dar conto della sensazione. Non mi ricordo (dice -l'Humboldt), di aver provato, dalla scarica di una -gran bottiglia di Leida, uno scrollo terribile al -pari di quello che soffersi quando misi incautamente -i due piedi sopra un'anguilla elettrica -che era stata poc'anzi tratta fuori dell'acqua. -Per tutto quel giorno ebbi violenti dolori nelle -ginocchia e in tutte le articolazioni.» -</p> - -<p> -E un giovane tisiologo tedesco, morto da poco, -il Sachs, racconta che, avendo lasciato cadere un -gimnoto sul suo piede, fu gettato a terra e provò -tale un dolore, che non potè trattenersi dal gridare. -</p> - -<p> -Ma io non posso indugiarmi sui pesci elettrici, -perchè di un altro argomento voglio parlarvi succintamente -prima di lasciarvi. Mi limiterò per questo -a riassumere in poche parole lo stato attuale -delle nostre cognizioni in proposito, ricordando che -ad esso hanno contribuito parecchi italiani, fra i -quali amo citare in particolar modo, limitandomi -al periodo storico che ora consideriamo, i nomi del -Nobili, del Matteucci, del Pacini. -</p> - -<p> -Alcuni pesci, appartenenti a tre gruppi molto -<span class="pagenum" id="Page_93">[93]</span> -diversi fra loro, le torpedini, i gimnoti ed i siluri, -hanno la proprietà di dare forti scariche elettriche, -subordinate all'attività del loro cervello. -Questa funzione elettrica è esercitata per mezzo -di un apparecchio speciale, composto di un gran -numero di elementi. In ciascuno di questi ultimi -penetra una terminazione nervosa, presso a poco -nello stesso modo col quale un nervo motore si -dirama in un muscolo volontario. È indiscutibile -che la forza emanata dall'organo in questione è -una forma di elettricità. Lasciando da parte l'influenza -che la energia sviluppata dai siluri, dai -gimnoti, dalle torpedini esercita sopra gli organismi -viventi, ricorderemo come questi pesci abbiano -dato scintille a guisa di una bottiglia di -Leida. Inoltre, con quella forma di energia si ottennero -effetti calorifici e di decomposizione chimica, -si fece deviare l'ago magnetico, si provocarono -fatti di induzione in un rocchetto e si accese -una lampadina elettrica. Si tratta dunque di vera -elettricità ed in questo caso sembrerebbe proprio -che l'organismo ci desse un esempio, qual meglio -non si potrebbe sperare, di una funzione ridotta -ad un semplice fenomeno fisico. -</p> - -<p> -Eppure neanche in questo caso la fisica può da -sola servirci, per ora almeno, a comprendere completamente -<span class="pagenum" id="Page_94">[94]</span> -la scossa di cui è questione, perchè -l'elettricità emessa dai pesci elettrici si trova in -condizioni speciali quali non si ottennero peranco -con gli apparecchi raccolti nelle ricchissime collezioni -dei fisici. Infatti essa presenta le proprietà -insieme dell'elettricità statica, della dinamica e -della indotta. -</p> - -<p> -Che dire poi della enorme differenza che esiste -fra i nostri mezzi di sviluppare l'elettricità e -quelli adoperati da un pesce elettrico? Perchè certo -nessuno vorrà dare maggior valore di quello che -si conceda ad una figura rettorica al confronto fatto -fra gli elementi di una pila voltaica a colonna e -le lamine dei prismi che costituiscono l'organo -elettrico di una torpedine. E come spiegare l'immunità -che quei pesci dimostrano per l'agente -potentissimo che essi stessi sviluppano? -</p> - -<p> -Voi vedete dunque come, benchè si tratti in questo -caso di un fenomeno puramente fisico quale è -quello di una scarica elettrica, pure la fisica non può -aiutarci completamente a comprendere i mezzi impiegati -dall'organismo per elaborare e sviluppare -quella singolare forma di energia. -</p> - -<p> -Badate inoltre che la scarica di un pesce elettrico -implica quasi sempre un atto volontario che ci conduca -a studiare il problema della coscienza, di quella -<span class="pagenum" id="Page_95">[95]</span> -proprietà per la quale un essere vivo avverte se -stesso e l'ambiente che lo circonda. La fisiologia ha -affrontato questa questione che tocca la intimità -stessa della nostra personalità senziente e pensante, -e certo tutte le ricerche anatomiche fisiologiche e -quelle particolari di psicologia hanno gettato un -po' di luce sugli elementi strutturali dai quali quei -fatti emanano e sui processi fisici, chimici e funzionali -che li accompagnano e con ogni probabilità -li determinano. Ma io, che pure con speciale amore -mi occupo di quegli studi sono fra quelli, e siamo -legione nel campo della fisiologia sperimentale, che -accordano tutto il possibile al meccanicismo, e si servono -di esso per simboleggiare quanto si manifesta -da un essere vivo, ma non sanno comprendere e non -saprebbero concepire una rappresentazione materialistica -della coscienza. Confessiamolo francamente: -il problema della coscienza è sempre insoluto e -molto probabilmente insolubile. -</p> - -<p> -Ma, Signore e Signori, le indagini sui pesci elettrici, -per quanto interessanti e benchè ci conducano -a discutere di cose fondamentali per la funzione dei -corpi organizzati, sembrano piuttosto oggetto di studio -per un erudito, per un curioso delle stranezze -della natura. Vi è invece nelle ricerche sulla elettricità -animale un argomento che ci dà occasione di -<span class="pagenum" id="Page_96">[96]</span> -penetrare nella intimità funzionale dei nostri organi, -dei nostri tessuti, dei nostri apparecchi, e che ci dà -l'immagine di quel continuo avvicendarsi di fatti -distruttivi e di riparazione fra i quali oscillano in -ritmo incessante le parti costituenti il nostro organismo. -</p> - -<p> -Sarò brevissimo e comincerò per questo col non -tener conto dei precursori di Galvani. Vi sono sempre -dei precursori in ogni scoperta, ma è certo che -si deve al biologo bolognese la prima constatazione -di carattere scientifico dell'elettricità sviluppata -dal tessuto muscolare. Non già colla ben nota osservazione -della rana appesa ad un uncino di rame che -eventualmente toccò il celebre parapetto di ferro, -bensì colla esperienza eseguita senza l'intervento di -alcun metallo. -</p> - -<p> -A questo proposito debbo ricordare come alcuni -abbiano voluto sostenere che la scoperta attribuita -al Galvani si debba invece alla sua dilettissima moglie, -la signora Lucia nata Galeazzi, che per la prima -avrebbe avuto occasione di osservare le ormai -storiche contrazioni dei muscoli in certe zampe di -rana e di richiamare su queste l'attenzione del marito. -Altri sostengono che le prime osservazioni furono -fatte veramente dal Galvani, ma sopra rane -preparate, non vorrei dire prosaicamente, per fare -<span class="pagenum" id="Page_97">[97]</span> -un brodo che servisse di ristoro a sua moglie che era -allora ammalata. Queste affermazioni furono contestate, -ma non si può del tutto escludere l'influenza, -almeno accidentale, della moglie sulla scoperta del -marito. A sostegno di questa tesi sostenuta da molti -in quei tempi, amo citare un sonetto non bellissimo, -dedicato al Galvani dopo la morte prematura della -sua Lucia: -</p> - -<div class="poem"> -<p class="i2">Quella donna gentil, cui d'aureo strale</p> -<p>Piagata il seno teco amor congiunse,</p> -<p>Poi morte con quel suo colpo fatale,</p> -<p>Per farne bello il ciel da te disgiunse:</p> -<p class="i2">Quella, non tu, che novo ardor vitale</p> -<p>In rana ignuda a disvelar pur giunse,</p> -<p>Quand'una ed altra man con vanto eguale</p> -<p>Il conduttor metallo e i nervi punse.</p> -<p class="i2">Nè a te, Signor, questa fedel consorte</p> -<p>Tacque l'ignoto arcan per cui tuo nome</p> -<p>Oltre l'italo suolo altero vassi.</p> -<p class="i2">Oh se vedessi di sì bella sorte</p> -<p>Com'ella esulta dolcemente, e come</p> -<p>Di te ragiona e dei tuoi chiari passi!</p> -</div> - -<p> -Se anche le cose stanno come afferma l'autore -del sonetto, che voglio credere migliore storico che -poeta, benchè parli con tanta sicurezza di ciò che -avviene lassù nelle sfere celesti, non è alla buona -signora Lucia che noi dobbiamo attribuire quella -<span class="pagenum" id="Page_98">[98]</span> -scoperta, nel vero senso della parola. Certo molti dei -più importanti fatti scientifici furono rivelati all'umanità -dal caso, ma quando vennero ad incontrarsi -con una mente adatta a comprenderne il significato. -Non per questo voglio deprimere il merito della -signora Galvani. Io vorrei, anzi, che si scrivesse una -storia delle compagne di quegli eroi che lottarono -nel campo delle idee, e credo sarebbe il racconto di -intimi e mirabili drammi combattuti nei cuori femminili -per l'uomo amato, che idealizzato dalle moltitudini -si mostra, nel tollerante e sereno ambiente -della casa, spoglio dell'aureola di gloria che lo illumina -e lo nasconde, e vi rivela tutte le debolezze -comuni agli altri uomini e qualcheduna forse in più. -Quanta abnegazione, quanto disinteresse, quale instancabile -affetto seppero possedere quelle modeste -eroine, e quale contributo portarono alla gloria del -marito, consigliandolo, sostenendolo, incoraggiandolo, -sapendo sottrarsi a tempo agli applausi meritati, -per lasciarli all'idolo che li ambisce. -</p> - -<p> -Per amore di verità, però, non debbo dimenticare -che la storia registra anche molte Santippe. -</p> - -<p> -Dopo la morte del Galvani tutto quanto avesse -riguardo coll'elettricità animale venne circondato di -dubbi, di indifferenza e finalmente dimenticato, ed -a ciò contribuì principalmente la scoperta della pila -<span class="pagenum" id="Page_99">[99]</span> -di Volta ed i rapidi e meravigliosi progressi che -ne conseguirono nel campo della elettrodinamica. Si -capisce, infatti, come la povera elettricità animale, -questa specie di cenerentola della elettrologia, così -modestamente raccolta nei tessuti viventi, dovesse -cedere il passo alla sua consorella, la elettricità voltaica, -assai più appariscente e più ricca di applicazioni -che essa non fosse. -</p> - -<p> -Fu il Matteucci che la rimise alla luce del mondo. -È bensì vero che il Nobili aveva scoperto la cosiddetta -corrente propria della rana che va dai piedi al capo, -ma egli l'aveva attribuita a fenomeni termoelettrici, -sicchè fu soltanto cogli studi del Matteucci che si -riprese nettamente il concetto del Galvani, e si considerarono -i fatti elettrici manifestati da un essere -vivente come un'espressione dei processi che si svolgono -nell'intimità degli apparecchi funzionanti. -</p> - -<p> -Il Matteucci era uomo di tale ingegno, da lasciare -la sua impronta su qualunque argomento imprendesse -a trattare. Non sta a me di considerarlo ora -nelle sue opere di cittadino; ricorderò soltanto che -fu ambasciadore e ministro della pubblica istruzione -e professore nel nostro Ateneo. Del resto, da questi -punti di vista fu già magistralmente tratteggiato da -Nicomede Bianchi, in un libro che ha appunto per -titolo: <i>Carlo Matteucci e l'Italia del suo tempo</i>. -<span class="pagenum" id="Page_100">[100]</span> -Per trattare dell'importanza non solo tecnica ma -filosofica del Matteucci, ci vorrebbero parecchie conferenze. -Perchè egli non fu solo uno scopritore di -fatti, ed il restauratore della elettrofisiologia, ma -anche un rinnovatore nel campo delle idee direttrici -in biologia. Con un acume ammirabile sostenne -l'importanza dei fatti fisici e chimici negli esseri -viventi, e fu così uno fra i più efficaci fondatori -della fisiologia moderna. Ma non ebbe i fanatismi -tanto comuni agli innovatori, e seppe mantenersi -sempre nei limiti del vero, possedendo una netta -percezione dei confini fissati alla applicabilità dei -fatti scientifici ed al loro significato fisiologico. Egli, -l'autore dell'opera sui fenomeni fisico-chimici dei -corpi viventi, ed uno fra i più vivaci oppositori di -quella scuola di un vitalismo primordiale, rappresentata -in Italia dal Rasori e dal Tommasini prima, -e poi, benchè in forma più progredita, dal Bufalini, -mantenne sempre quella serenità di giudizio e di -linguaggio, che dimostrano in lui un vero temperamento -di scienziato. Egli ben sapeva che la scienza -positiva non ha e non può avere alcun rapporto colle -questioni trascendentali, e deve lasciare al sentimento -ed all'intuito individuali di definire, quando -se ne senta il bisogno, che cosa possa essere quello -che si vuol chiamare la verità assoluta. Lo studio -<span class="pagenum" id="Page_101">[101]</span> -dei fenomeni della natura, provoca, ordinariamente, -bisogna riconoscerlo, una speciale polarizzazione nelle -capacità intuitive ed interpretative, ma ciò non fa -parte della scienza propriamente detta. Se l'indagine -plasma la mente dello sperimentatore ad uno speciale -ed indulgente scetticismo, si è perchè il contatto -diretto coi fenomeni della natura, e la sottile -ricerca di essi, e l'analisi minuta delle loro particolarità -mentre lo rendono più forte nel discernimento -del supposto vero, gli dimostrano anche l'inanità -degli sforzi suoi e degli altri, nel determinare l'essenza -delle cose. Ma l'uomo di scienza è anche spesso -un entusiasta, perchè nessuno meglio di lui è in -grado di apprezzare la meravigliosa armonia dei -fatti naturali, l'intimo legame che li riunisce, gli -adattamenti perfettissimi che danno ai fenomeni una -stupefacente parvenza di finalità. Egli è pure un -disilluso, perchè ogni giorno più deve convincersi -che ben poco è quello che sa in confronto di quello -che gli resta a sapere, e perchè si avvede che ogni -fatto nuovo che viene alla luce, mentre aumenta il -suo potere sulla natura, allarga pure smisuratamente -i confini della sua ignoranza consapevole. Ma -egli possiede anche un concetto esatto intorno alla -relatività dei nostri veri, e se non sempre ha il coraggio -di comunicare i dubbi che lo tormentano, e -<span class="pagenum" id="Page_102">[102]</span> -lo sconforto di sentirsi legato, per certe questioni -generali, al limbo eterno della ignoranza, sa però -che deve essere temperato nelle idee e non scende -nella lizza per opporre ad affermazioni azzardate altrettanta -vacuità di linguaggio; e a rappresentazioni -troppo indefinite e vaghe, simboli troppo schematici -e materiali; e a certe nebulosità idealistiche, costruzioni -materialistiche di un meccanismo infantile. -</p> - -<p> -Questa è la rappresentazione psicologica di uno -scienziato, quale sorge spontanea nella mente leggendo -le opere del Matteucci, le quali improntate ad -un severo positivismo fanno di lui, che fu il ricercatore -dei fenomeni fisici e chimici dei corpi viventi, -uno dei fondatori di quella scuola biologica che limita -i confini della nostra conoscenza e che alcuni -vorrebbero, non capisco il perchè, distinguere coll'appellativo -di neovitalismo. -</p> - -<p> -Dovrei ora parlare in modo speciale intorno alle -ricerche del Matteucci sull'elettricità animale, ma -ciò mi obbligherebbe ad entrare in questioni troppo -tecniche, e ad adoperare un linguaggio che è soltanto -espressivo per gli iniziati ai suoi misteri. Credo invece -opportuno di dirvi in poche parole quali siano -le nostre cognizioni attuali a proposito della elettricità -dei tessuti, perchè possiate apprezzare quanto -la fisiologia deve a quegli illustri italiani che hanno -<span class="pagenum" id="Page_103">[103]</span> -iniziato questi studi. È infatti soltanto esaminando -il frutto che si può comprendere l'importanza di un -germe, e soltanto l'organismo sviluppato ci dice -quali capacità di evoluzione stavano nascoste in -quella cellula così ricca di potenzialità che noi chiamiamo -l'uovo. -</p> - -<p> -Un organismo vivente, considerato in forma schematica, -può essere tenuto in conto di una macchina -complicatissima, nella quale materiali chimici molto -complessi, dissociandosi ed ossidandosi, mettono in -libertà una certa somma di energie, in quella guisa -che il carbone combinandosi coll'ossigeno, come si -suol dire, bruciando, sviluppa calore. Ma lo stesso -pezzo di carbone, quando si ossida, può darci semplicemente -del calore, se ci limitiamo a bruciarlo -nel caminetto, mentre da esso possiamo trarre del -lavoro meccanico, se ne provochiamo la combustione -nel fornello di una locomotiva, o della energia elettrica -e quindi della luce o delle azioni chimiche o -altre forme di lavoro, se la forza messa in libertà dalla -fiamma fa poi agire una dinamo e questa una lampada -elettrica, o un bagno galvanoplastico, o altro. -Sicchè lo stesso combustibile bruciando può dare -forme differenti di energia e di lavoro a seconda dei -meccanismi ai quali è applicato. -</p> - -<p> -Nello stesso modo i processi di combustione che -<span class="pagenum" id="Page_104">[104]</span> -si svolgono nelle singole parti del nostro corpo si -manifestano diversamente in ragione della varia -struttura di queste parti. Il muscolo dà il lavoro -meccanico, la glandola, la elaborazione chimica, il -nervo, la trasmissione di un'onda particolare, la cellula -nervosa, l'impulso al movimento o il sottostrato -della sensazione, e così via, e tutti questi atti derivano -in modo più o meno diretto da cangiamenti -chimici, che mettono in movimento i diversi ingranaggi -del nostro organismo. -</p> - -<p> -Le differenti manifestazioni funzionali del nostro -corpo, delle quali abbiamo fatto parola, sono accompagnate -però da fatti collaterali, come avviene in -ogni altra macchina. Abbiamo cioè, oltre il lavoro -specifico dei diversi apparecchi, uno sviluppo di calore -che contribuisce, negli animali che stanno in -alto della scala zoologica, a mantenere la temperatura -del loro corpo ad un grado superiore a quello -ordinario dell'ambiente. -</p> - -<p> -Ma oltre il calore si possono discernere altre -forme di energia, fra le quali la luce e le manifestazioni -elettriche. -</p> - -<p> -Non avete mai veduto il mare fosforescente? È -soprattutto nelle regioni equatoriali che questo spettacolo -si manifesta nel suo massimo splendore, dando -al navigante l'impressione di solcare delle onde infocate. -<span class="pagenum" id="Page_105">[105]</span> -Non dimenticherò mai le sere passate sull'Oceano -indiano, appunto per la magnifica fosforescenza -che vi ho potuto ammirare. Tutta la superficie -del mare, leggermente increspata, era illuminata -da una luce vaga, nebulosa, bluastra, che pareva -scaturire dalle maggiori profondità, mentre il solco -aperto dal piroscafo splendeva sin presso all'orizzonte -come una striscia di fuoco, sulla quale risaltavano -i guizzi di fiamme provocati dall'elica che -percoteva l'Oceano e dalla prua che ne squarciava -gli attriti. Questo fenomeno è dovuto alla presenza -di innumerevoli esseri assai bassi nella scala dei viventi, -alcuni minutissimi, altri, come le meduse, -abbastanza voluminosi, i quali, quando siano stimolati -dagli urti delle onde o dell'elica, per esempio, -rivelano quello stato di eccitamento con manifestazioni -di energia che, in grazia della loro trasparenza, -acquistano i caratteri di vere e proprie funzioni luminose. -In questo caso si potrebbe proprio dire con -un illustre fisiologo che noi siamo colpiti direttamente -dalle irradiazioni della fiaccola della vita. -Fatti simili, benchè più complessi e parzialmente -sottoposti all'impero dei centri nervosi, ci vengono -presentati fra gli altri da alcuni insetti, dei quali -rammenterò le lucciole, ornamento delle nostre sere -di primavera e di estate, e che furono soggetto di -<span class="pagenum" id="Page_106">[106]</span> -interessantissime ricerche del nostro Matteucci, e gli -elaterii dell'America tropicale, che possono servire -come lanterne per illuminare il cammino, e che sul -capo delle signore splendono di una vivissima luce -propria, molto più apprezzabile, mi pare, di quella -riflessa da un diamante. -</p> - -<p> -Come vedete, alcuni fatti che d'ordinario sono -semplici accessori, che si presentano come collaterali -di una funzione principale, possono, in certi casi, -raggiungere così grande sviluppo, da acquistare per -se stessi la dignità di una vera e propria funzione. -Questo accade per la luce emessa dagli organi fosforescenti -degli insetti, come pure per le manifestazioni -elettriche della torpedine, del gimnoto, del -siluro che, grazie alla evoluzione di organi particolari, -si sono resi capaci di emanazioni elettriche -potentissime, mentre, d'ordinario, l'elettricità che -si svolge dagli organi funzionanti, può essere appena -avvertita da apparecchi delicatissimi. -</p> - -<p> -Non per questo essa ha meno importanza pel ricercatore -di fatti biologici, che anzi la corrente tenuissima -che si può raccogliere da un muscolo che -si contrae, la così detta corrente d'azione vale a -farci comprendere la potentissima scossa emessa da -un pesce elettrico. -</p> - -<p> -Si disse come le manifestazioni funzionali dell'organismo -<span class="pagenum" id="Page_107">[107]</span> -siano dovute a processi di combustione -che si svolgono in seno agli elementi costitutivi -dei nostri organi. Ma il lavoro determina necessariamente -il consumo del combustibile, ed anche, -benchè meno rapidamente, della macchina. Sicchè -un organismo non potrebbe presentare una funzione -continuata se ai fatti distruttivi, che sono il fondamento -o la conseguenza delle sue varie forme di -lavoro, non facessero equilibrio fatti antagonistici -di reintegrazione, capaci di ricostituire le forze impiegate -nell'attività e le strutture consumate dall'uso, -che in altre parole servono a rimettere nuovo -carbone nel fornello, ed a raccomodare quegl'ingranaggi -che vanno di mano in mano sciupandosi. Per -questo un organismo si può considerare come continuamente -oscillante fra due atti chimici opposti: -quelli distruttivi, che si manifestano in forma di -movimento, di calore, di luce, di elettricità o d'altro: -e quelli ricostitutivi, che accumulano nuovi -materiali combustibili e reintegrano i tessuti sciupati -dalla funzione. -</p> - -<p> -Può accadere che questi due fatti antagonistici -corrispondano perfettamente gli uni agli altri, come -può avvenire che l'uno di essi predomini sull'altro, -e voi facilmente comprenderete quanto sia importante -pel biologo di assistere agli avvicendamenti -<span class="pagenum" id="Page_108">[108]</span> -chimici che si svolgono nell'intima trama degli -organi viventi. Questo ci è in parte concesso quando -si raccolga e si registri graficamente, per mezzo di -apparecchi delicatissimi, le variazioni elettriche dei -tessuti che vivono, vale a dire che si nutrono e -che funzionano. Infatti, i processi distruttivi determinano -nelle parti che ne sono la sede una certa -condizione elettrica che si chiama negativa; e i -fenomeni opposti di reintegrazione danno luogo a -manifestazioni elettriche di segno contrario, provocando -cioè uno stato che si dice positivo. -</p> - -<p> -Si capisce, perciò, come non si ottenga alcuna manifestazione -elettrica da un organo nel quale i processi -chimici opposti, distruttivi e reintegrativi si -fanno equilibrio, perchè in esso agiscono due forze -eguali e contrarie che si neutralizzano, mentre vediamo -diventare negativa quella parte nella quale -si esagerano i processi demolitori, o positiva quella -nella quale predominano i fatti di riparazione organica. -</p> - -<p> -Così l'agente misterioso che lungo i nervi è l'intermediario -fra il cervello e le parti del nostro -organismo, facendosi il messaggero delle azioni di -senso e di movimento, si rivela a noi come un'onda -di negatività, che percorre i cordoni nervosi; così -l'attività di un muscolo, di una glandola, di un -<span class="pagenum" id="Page_109">[109]</span> -organo di senso danno luogo a variazioni elettriche -negative della parte funzionante. Noi riusciamo -inoltre a raccogliere dalla superficie del nostro corpo -cangiamenti elettrici, variazioni di potenziale, come -si dice, che corrispondono col loro avvicendarsi al -ritmico battito del cuore. Per contro, quest'organo -centrale della circolazione, quando sia arrestato da -azioni nervose particolari che ne esagerino gli atti -ricostitutivi, a scapito di quelli che sono la base -della sua funzione meccanica, dimostra questi cangiamenti -con variazioni elettriche opposte di carattere -positivo. -</p> - -<p> -Come vedete, le oscillazioni elettriche dei tessuti, -raccolte e registrate coi nostri apparecchi, possono -esprimere all'esterno le intime modificazioni -chimiche che si svolgono nei più remoti recessi del -nostro organismo, e possono tracciare dei veri ed -autentici rapporti autografici di esse. Sicchè per -mezzo della elettricità animale ci è concesso di -possedere una immagine, per quanto sfumata e vaga -di quel ritmo chimico che forma il sottostrato delle -manifestazioni di un essere vivente; o, se volete, -un'eco assai attenuata, ma pur fedele, dell'armonia -della vita. E non è probabilmente lontano il giorno -nel quale indagando le correnti d'azione dei centri -nervosi noi sorprenderemo le cellule cerebrali nella -<span class="pagenum" id="Page_110">[110]</span> -loro attività elaboratrice della sensazione e del movimento. -</p> - -<p> -Ma non facciamoci troppe illusioni, perchè si capisce -che in questo caso non otterremo che la rappresentazione -esteriore di uno dei sintomi dell'atto -mentale, come il sorriso che solleva il labbro della -<i>Gioconda</i> del divino Leonardo non è che il simbolo -di uno stato d'animo di quella vaghissima donna. -Ma forse che per questo esso è meno attraente? -Forse che esso non ci affascina tanto più quanto -maggiormente è misterioso ed impenetrabile? -</p> - -<hr class="tbs" /> - -<p class="indl"> -<i>Signore e Signori!</i> -</p> - -<p> -Un filosofo tedesco, celebre nella storia della -elettrofisiologia, Emilio Du Bois-Reymond, in un -suo discorso, accennando alla scoperta del Galvani, -esclamava: «È con orgoglio che l'investigatore -della natura, osservando i fili telefonici che attraversano -le nostre strade e le nostre piazze, si rende -conto di quanto hanno fatto tre generazioni umane -di genio e di diligenza, partendo da un sì oscuro principio,» -e si domanda col Gherardi, pensando al parapetto -di ferro sul quale il Galvani fece la sua osservazione: -<span class="pagenum" id="Page_111">[111]</span> -«Se quel parapetto fosse stato di legno -o di pietra, chi può assicurarci che avremmo un -galvanismo.... e tutto il resto?» -</p> - -<p> -Certo è incommensurabile l'importanza della scoperta -del Volta, e ne fanno fede le innumerevoli -applicazioni che sono tanta parte ormai delle nostre -manifestazioni materiali ed intellettuali, e che sotto -forma di luce, di calore, di movimento, di trasmissione -di energia a distanza, di utilizzazione di -forze naturali, di azioni terapeutiche, e più ancora -di nuove ed efficaci dottrine che simboleggiano in -forma scientifica i fenomeni della natura, in quanto -hanno di più recondito, danno alla nostra vita individuale -e sociale un particolare indirizzo. -</p> - -<p> -Ma pur prescindendo dal fatto che senza la rana -del Galvani non vi sarebbe forse stata la pila del -Volta, mi sarà lecito di affermare che anche la -elettricità animale, che serve a rivelare l'intimo -meccanismo nutritivo dei più remoti ingranaggi -di un organismo vivente è, nelle mani del biologo, -un istrumento di conquista non meno efficace di -quello che maneggiato dal fisico ha contribuito potentemente -a dare un'impronta nuova al secolo che -muore. E ciò dobbiamo soprattutto a quelli italiani -che, in sullo scorcio della prima metà di -questo secolo, mentre si preparavano le armi della -<span class="pagenum" id="Page_112">[112]</span> -riscossa nazionale, ripresero e rinnovellarono gli -studi del Galvani, quasi per affermare, una volta di -più, che l'Italia non è e non sarà mai la terra dei -morti, perchè nel nostro paese anche i morti resuscitano -a maggior gloria di tutti! -</p> - -<div class="chapter"> -<p> -<span class="pagenum" id="Page_113">[113]</span> -</p> - -<h2 id="montenegro"><span class="smaller">APPENDICE</span> -LE MONTÉNÉGRO</h2> - -<p class="pad2 center high"><span class="small">CONFERENZA</span><br /> -<span class="x-small">DI</span><br /> -<span class="large g noserif">CHARLES YRIARTE</span>.</p> -</div> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_115">[115]</span> -</p> - -<p class="pad2"> -Quelles que soient les destinées réservées au -peuple Monténégrin s'il garde sa persévérance, sa -sagesse et sa valeur; il devra conserver à jamais -un culte et une tendresse profonde pour l'étroite -vallée et le cirque de montagnes où il s'est refugié -au moment où les Turcs, déferlant comme une vague -sur les Balkans, ont envahi la vieille Serbie. -Laissez-moi marquer ici à grands traits les étapes -de son histoire. -</p> - -<p> -Dans la grande famille Serbe dispersée par l'invasion, -les clans Monténégrins, dès le moyen-âge -avaient déjà eu une sorte d'autonomie, et sa Dynastie -qui régnait sur la Serbie, la famille des -Némania, avait même pris naissance dans la Zéta, -qu'ils occupaient alors. Après la sanglante <i>Bataille -de Kossovo</i>, d'où date la dispersion, le Prince Cernovich, -incendiant le pays qu'il laissait derrière lui, -se retira avec tout ce peuple en armes dans la -<span class="pagenum" id="Page_116">[116]</span> -montagne noire, la Cernagora. Il s'arrêta d'abord -à Rieka, puis à Cettigné. Les Turcs avancent encore, -ils ont déjà pris Constantinople; la Serbie est à -eux toute entière; ils vont s'efforcer de soumettre -ces réfractaires. Ils prendront les Monténégrins à -revers, et après avoir chassé les Vénitiens de Scutari, -Soliman pacha pénétrera jusqu'à Cettigné, -qu'il livre aux flammes; c'est l'apogée de la défaite. -Les Monténégrins ont désormais perdu la -riche Zéta, le Brda, le Lac de Scutari, deux cents -kilomètres de rivage sur l'Adriatique; et les quatre -montagnes rocheuses où ils ont transporté leurs -foyers sont tout leur domaine. Ce sera leur citadelle, -ils y conserveront toujours vivante la flamme -du patriotisme, la confiance dans leur destinée -et une énergie indomptable. Alfieri fait dire à un -peuple qui gémit sous le joug: «<i>Esclaves.... oui, -nous le sommes, mais esclaves toujours frémissants.</i>» -Les Monténégrins n'accepteront jamais -le joug; depuis Kossovo, en 1356, jusqu'à la -prise d'Antivari et de Dulcigno en 1878: ce -peuple décimé vivra dans une alerte continuelle, -la main sur le kandjiar. C'est avec le premier des -Pétrovich, Danilo, à la fin du 17<sup>e</sup> siècle que commence -l'ère des grandes batailles décisives; jusque -là, ce sont des incursions rapides, des razzias, des -surprises; les montagnards fondent sur l'ennemi, ils -l'envahissent, prennent des territoires, les perdent -<span class="pagenum" id="Page_117">[117]</span> -pour les reprendre encore, et harcèlent sans cesse. -Mais tel sera désormais l'effort vers la rédemption -et si terrible l'énergie de ce peuple indomptable, -que de grands empires, la Russie et l'Autriche, -voient en eux des auxiliaires hardis, et lui proposent -des alliances. -</p> - -<p> -Pierre-le-Grand s'avance le premier: «L'histoire -(dit-il dans son message), nous a appris que vos -anciens rois, vos princes, étaient hautement révérés -comme appartenant au noble sang slave, et -que les triomphes de leurs armes les ont rendus -célèbres par toute l'Europe jusqu'au jour fatal de -leur défaite. Rendez vous dignes de cette gloire, -imitez vos illustres ancêtres; combattez pour la -foi, la patrie, la gloire, l'honneur, pour votre liberté, -votre indépendance et celle de vos fils.» -</p> - -<p> -On combat en effet. L'année suivante à Carlevatz -trente mille Turcs restent sur le champ de bataille; -le Musulman recule; on respire pendant quelques -années, on organise et on vit sans combattre, mais -sans désarmer. Mais prenant sa revanche, l'éternel -ennemi attaque de trois côtés à la fois avec cent-vingt-mille -combattants dont les Monténégrins vont -triompher à la journée de Cevo. -</p> - -<p> -Les Pétrovich ont la vie dure; le premier vient -de régner soixante ans, celui qui lui succédera -dans l'histoire, Pierre I<sup>er</sup>, est un saint et un héros. -Dès les premières années de son règne, Marie Thérèse, -<span class="pagenum" id="Page_118">[118]</span> -étonnée à son tour de l'énergie et de la persévérance -du peuple Monténégrin, inaugure vis-à-vis -de la Cernagora une politique, que n'ont que -trop bien suivi ses successeurs. Le second Pétrovich -reçoit son ambassadeur, et Radonicht, délégué -Monténégrin, ira à Vienne même dicter les conditions -du traité d'alliance que l'Impératrice a proposé. -Les conditions du Monténegro sont fières. -</p> - -<p> -«L'alliance sera offensive et défensive; nul servage -en échange. — Si le territoire Serbe venait -à être délivré des Turcs, la Zéta supérieure, Podgoritza, -Spuz, Zabliac, le Piperi, la Brda et l'Herzégovine -seraient réunis au Monténegro qui pourra -battre monnaie. Aussitôt que le Cabinet d'Autriche -sera en guerre avec la Porte, S. M. Impériale -enverra la poudre, le plomb et les armes. Si -l'Autriche fait la paix avec la Porte, les Monténégrins -seront compris dans le traité.» -</p> - -<p> -Après trois ans de combats et de fortunes diverses, -les Autrichiens acceptent la paix; mais -comme le territoire n'a pas été délivré des Turcs: -les concessions promises par l'Autriche au Monténégro -sont lettre morte. -</p> - -<p> -Pierre I<sup>er</sup> ne se décourage point, et les Monténégrins -vont attaquer tout seuls; ils défont les -Turcs sur le Lac de Scutari, dans un combat naval -et plus tard dans une rude bataille où Mohammed -pacha trouve la mort, et l'impression est telle -<span class="pagenum" id="Page_119">[119]</span> -à Constantinople que l'indépendance pour laquelle -les peuples Monténégrins ont versé tant de sang -depuis Kossovo est enfin reconnue. -</p> - -<p> -Mais un nouvel ennemi, plus puissant encore, -s'avance. Les Français sont en Dalmatie; Pierre va -se mesurer avec les lieutenants de Napoléon: avec -Lauriston d'abord qu'il défait, puis avec Marmont -duc de Raguse qu'il tient en échec. -</p> - -<p> -Pris d'enthousiasme, le Czar Paul I<sup>er</sup>, reprend la -tradition de Pierre-le-Grand, envoie ses présents et -ses insignes à tous les Voivodes, et alloue au Prince -un subside de neuf mille ducats annuels. Mais en -acceptant simplement un appui noblement offert, le -Vladika Pierre n'a abdiqué aucun de ses droits; -le gouvernement Russe s'étant un jour immiscé -dans l'administration ecclésiastique de la Principauté, -le gouverneur Vuk Radonitch et tous les -serdars, voivodes, kneze, porte-enseignes, prêtres, -nobles et autres autorités protestent respectueusement, -mais avec une singulière fermeté. -</p> - -<p> -«Le peuple du Monténegro et de la Brda (dit -Radonitch), n'est aucunement sujet à l'empire -Russe, il se trouve seulement sous sa protection -morale, parce qu'il est de la même race, et parce -qu'il a la même foi; mais par aucune autre raison. -Nous avons attachement et fidélité et nous -voulons garder ces sentiments éternellement, mais -nous défendrons de toutes nos forces la liberté dont -<span class="pagenum" id="Page_120">[120]</span> -nous avons hérité de nos prédécesseurs, et nous -mourrons plutôt l'épée à la main, que de subir -une servitude honteuse d'une puissance quelconque.» -</p> - -<p> -Pierre I<sup>er</sup> le Saint, pouvait seul faire entendre un -tel langage au Czar de toutes les Russies. Ce Vladika, -qui règne pendant quarante-huit ans, n'a -connu que des victoires; il fut aussi un civilisateur, -et reste le vrai héros de la Dynastie. Sur la hauteur -qui domine Cettigné, là où se dresse le monument -que la piété d'une Monténégrine devenue -Princesse Italienne a dessiné de sa propre main en -souvenir de Danilo, fondateur de la dynastie des -Pétrovich, on voudrait voir s'élever la statue du -vainqueur de Kara Mahmoud et le rival heureux -de Marmont duc de Raguse. -</p> - -<p> -La grande tâche n'est pas achevée; après dix -ans du règne de Pierre II, grand poète, pacificateur, -qui s'applique à adoucir les mœurs et à propager -l'instruction tout en tenant l'épée d'une main ferme; -un fait important au point de vue du gouvernement -va s'accomplir. Jusqu'ici se confondent dans -la personnalité qui dirige et qui règne, le caractère -sacré du Vladika et celui du Prince. Pour devenir -Vladika, évêque, il faut être moine et renoncer au -mariage; Danilo I<sup>er</sup> qui devait comme successeur -et neveu de Pierre II assumer ce double caractère, -avait fait ses études à S<sup>t</sup> Pétersbourg; il renonça -<span class="pagenum" id="Page_121">[121]</span> -à l'église, et inaugura le pouvoir séculier. Ce règne -est court, il finit par un évènement lugubre, l'assassinat -du souverain, victime d'un fanatique: mais -il reste encore inoubliable, car Danilo a la gloire -d'avoir protesté devant l'Europe contre la Turquie, -relevée par la guerre de Crimée, qui a osé dans un -document parler du Monténegro comme d'une province -Turque: et aussi, deux années après son avènement, -il conduit ses troupes à Grahovo et met -en déroute l'armée Turque dans une bataille qui -eut de tels résultats, qu'on la regarde encore comme -la revanche de Kossovo. -</p> - -<p> -Quand Danilo tombe sous le coup d'un assassin, -le prince qui règne aujourd'hui, Nicolas I<sup>er</sup>, son -neveu, fils de ce Mirko, le héros de Giahovo, quitte -à la hâte Paris où il achève ses études au Collège -Louis-le-Grand et assume le pouvoir. Il n'a pas -encore vingt ans, mais les Monténégrins, mûris par -l'exemple, avant vingt ans sont des hommes. Chacune -des étapes de ce règne, auquel il faut souhaiter -la durée de celui du premier Pétrovich, est -marqué par un effort pour l'indépendance, un progrès -dans la culture, une négociation heureuse, en -même temps que Medun, Danilograd, Martinch, -Rasina-Clavica, Nicksich, Antivari et Dulcigno; -sont autant de noms de victoires coup sur coup -remportées, qui forcent l'Europe à compter avec le -Monténégro. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_122">[122]</span> -</p> - -<p> -Le pays ne sera plus réduit à sa plaine étroite -et aux quatre montagnes; vers la vieille Servie il -a des plaines fertiles; la Zéta, la Brda lui appartiennent, -il a pris de l'essor du côté de Scutari, -et les princes aux longs règnes ont fini par tailler -à coup d'épée dans la terre Serbe une principauté -nouvelle. Cette principauté cependant n'est point encore -le prix du sang, ni le territoire sur lequel on -régnait cinq siècles auparavant. Berlin a effacé San -Stefano. Depuis lors on s'est réfugié dans le travail -sans sacrifier ses espérances: l'ère de la paix est -celle des progrès, et une grande œuvre est accomplie. -Le Soldat s'est fait Législateur, le code monténégrin -est promulgué. Un juriste fameux, Bogisïc, -sous l'inspiration du Prince, a recueilli les règles du -Droit coutumier, appliquées naïvement jusque là -par le peuple. Cette sagesse du Prince, cette prudence -alliées à une énergie qui n'abdique point; -ont eu leur récompense dans de grandes alliances -qui n'ont pas eu seulement la politique et l'intérêt -pour base, mais qui se trouvaient d'accord avec -les raisons du cœur. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_123">[123]</span> -</p> - -<p class="ast"><sub>*</sub><sup>*</sup><sub>*</sub></p> - -<p> -Quelles seront les habitudes, les tendances, l'aspect, -le caractère d'un peuple dont l'histoire n'est -qu'une longue «vendetta» et une perpétuelle revendication? -</p> - -<p> -Le voyageur qui aborde le Monténégro par les -bouches de Cattaro, après avoir gravi les soixante -lacets taillés dans le roc qui donnent accès à la -Montagne Rocheuse, s'avance désormais vers Niégouz -et Cettigné sans rouler comme autrefois sur -sa selle avec les pierres du chemin. L'homme a -dompté la nature; des routes nouvelles donnent un -accès facile jusqu'à la frontière de Serbie; l'extension -de la carte du pays a fait la vie moins rude. -Si la montagne est aride de Cattaro à la plaine, -le pays frontière de la vieille Serbie est fertile: -quelques parties sont même riantes comme une -petite Brianza. La Zéta, Vassoacwitz, Kolaschi, -Niksich, et les bords du lac de Scutari, sont des -lieux pleins d'aménité, qui contrastent avec la -montagne. -</p> - -<p> -On sait que la terre donne peu de blé, mais le -maïs abonde, comme la pomme de terre, et la sécheresse -<span class="pagenum" id="Page_124">[124]</span> -est toujours le grand ennemi. Au fond le -pays est surtout pastoral et partout où la montagne -est verte, le grand et le petit bétail abondent; -aux temps héroïques les clans se disputaient tel ou -tel revers de montagne, où la verdure était grasse -et épaisse. -</p> - -<p> -C'est par le bétail que le Monténégrin vit et -s'enrichit; par le tabac, par le sumak, cet arbuste -dont la feuille sert à la tannerie tandis que son -bois est utile à la teinture, par les pêcheries de -Stekline au lac de Scutari, qui produit une sorte -de sardine très demandée en Albanie et qui s'écoule -aussi dans l'Italie méridionale et en Serbie. -</p> - -<p> -De ces divers produits, le tabac est le plus avantageux, -régulièrement vendu par le gouvernement -à la régie autrichienne qui y trouve son compte. -Mais l'empire d'Autriche a fermé sa nouvelle frontière -au bétail Monténégrin, et établi des cordons -infranchissables, il fait une guerre de tarifs à outrance. -Tout bœuf qui passe la frontière paie dix-huit -florins de droits — c'est-à-dire — presque -autant que le prix de l'animal même. Il a fallu -s'ingénier, chercher des nouveaux débouchés. En -Italie, à Brindisi et Bari; à Marseille, où s'est -créé une Chambre de commerce. -</p> - -<p> -Au point de vue industriel, les scieries mécaniques -fonctionnent là où l'eau abonde, comme aussi -la meunerie, pour la farine. Une fabrique d'armes -<span class="pagenum" id="Page_125">[125]</span> -pourvoit sinon à l'armement au moins à son entretien, -et les routes, sans parler de la grande voie -qui de Cattaro se continue jusqu'à Pogdoritza, sont -amorcées partout à la fois, en même temps que les -anciens forts turcs des Iles de Scutari, démantelés, -permettent un service régulier entre Rieka et Scutari. -Un service de poste, très sérieusement établi, -sévèrement surveillé, et d'une parfaite régularité -facilite les relations et les échanges. -</p> - -<p class="ast"><sub>*</sub><sup>*</sup><sub>*</sub></p> - -<p> -Voyons l'homme dans le Pays. Toujours soldat au -fond, le Monténégrin est resté fier et d'aspect réservé; -riche ou pauvre, il a de la dignité dans l'accueil -et exerce l'hospitalité avec simplicité, son -type est noble et grave. Comme nous nous étonnions -de voir dans un clan tant d'hommes de belle -allure, un chirurgien militaire nous fit observer -que la nature ici, fait sa sélection l'hiver, dans la -montagne; les faibles s'en vont, les forts restent -seuls et grandissent. Le peuple est pasteur, agriculteur, -éleveur et la culture de la terre ennoblit: -<span class="pagenum" id="Page_126">[126]</span> -il a horreur du petit commerce, et des petits métiers -assis, les brodeurs, les vendeurs. Il fait fi de -certains travaux manuels, ne porte pas volontiers -de fardeaux et laisse les petits négoces aux Albanais -venus de Scutari. Il aime passionnément la musique, -les récits faits à voix basse, il murmure -d'une voix gutturale des chants épiques d'un rhytme -triste et d'un ton voilé. -</p> - -<p> -On connait le costume du Pays, élégant, de couleur -claire avec quelques taches sonores, et complété -par des armes brillantes. -</p> - -<p> -L'arme exerce sur le Monténégrin une séduction -irrésistible, il ne se sépare jamais de son arsenal. -Un fusil, un revolver nouveau modèle l'enchante, -il les convoite et les admire. L'enfant lui-même -dès qu'il est armé se redresse plus fier. Quand -j'étais là, on s'efforçait de recruter une bande de -petits musiciens; mais souffler sans gloire dans un -turlututu, et marcher sans fusil à l'épaule ou sans -pistolet à la ceinture répugnait à ces adolescents. -On les arma d'un Martini, et le clairon retentit bientôt -dans la montagne. Il est singulier que toujours -armé ainsi, le sang ne coule presque jamais, et les -prisons soient presque vides. Le Pays n'a pas de -pauvres, la sobriété est la règle, l'ivresse est très -rare, la porte du logis peut toujours rester ouverte, -car le vol est honteux et impossible par l'absence -absolue du réceleur. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_127">[127]</span> -</p> - -<p> -Avec le temps, grâce aux princes qui s'y sont -tous appliqué, une certaine férocité native — reste -d'atavisme des époque épiques, et des combats des -ancêtres, qui se développait par les luttes nouvelles -soutenues par chaque génération — peu à peu s'est -apaisée et attendrie. La <i>Vendetta</i>, cette plaie des -familles, passe au domaine de l'histoire, comme -aussi cette habitude chez les Monténégrins, à l'âge -où on croit à l'amitié éternelle, de se choisir un -frère de sang, un <i>Pobratim</i>, union touchante de -deux jeunes hommes, qu'aucun lien de famille -unit, qui échangent leur sang et leurs armes en -récitant la prière «<i>l'Adelfo poisio</i>» devant le -prêtre, et jurent de périr l'un pour l'autre, et de -s'entr'aider même au péril de leur vie. Quand le -pouvoir central existe, c'est la loi qui doit venger -l'injure, la <i>Vendetta</i> est donc devenu un crime. -Quant au <i>Pobratimat</i> un voyageur poète peut le -regretter. Mais il faut considérer que contracté entre -deux Monténégrins de deux clans différents entraînait -souvent deux levées de boucliers et déchaînait -les luttes fratricides. La vengeance aujourd'hui -est l'œuvre de la justice. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_128">[128]</span> -</p> - -<p class="ast"><sub>*</sub><sup>*</sup><sub>*</sub></p> - -<p> -La Monténégrina, montagne ou plaine, est-elle -belle? ou simplement jolie? — Un Français répondrait: -elle est bien pire. Elle a de l'Orient l'expression -grave qui inspire le respect, une grâce -touchante, une absence complète d'affeterie ou de -manière, un teint mat, qui chez la femme riche -ou aisée que la bise et le hâle n'ont pas flétri, -garde souvent une belle pâleur d'ivoire, souvent -frêle et délicate, sous des apparences de faiblesse -son énergie a fait de la femme l'auxiliaire de -l'homme dans les combats. -</p> - -<p> -Chez les paysannes de nos champs la démarche -est souvent lourde, le geste gauche, l'expression -dénuée de pensée et les yeux sans flamme: la Monténégrine -a souvent dans le regard comme un reflet -de la poésie des légendes de sa patrie, de la -tristesse d'une race qui a longtemps lutté et souffert. -Cermak, l'artiste serbe, un patriote qui chaque -fois le Monténégrin passait la frontière et se -soulevait contre le joug, abandonnait Paris pour -courir au danger, nous revint un jour mutilé de -la Cernagora, a bien fixé son image et l'a associée -<span class="pagenum" id="Page_129">[129]</span> -aux actes virils de revendication dans des toiles -pleines de talent. -</p> - -<p> -Ferogio, un Italien qui vivait aussi parmi nous, -a recueilli tous les types et illustré tous les actes de -la vie du peuple, et mieux que personne a montré -la beauté de la silhouette, les fières attitudes, le -geste simple et toujours noble de la population -rurale ou montagnarde. -</p> - -<p> -La femme monténégrine cependant, est douce, résignée, -fidèle; tout son horizon est au foyer, on ne -la voit au bras de l'époux que les jours de fête, elle -attend un mot ou un signe, elle le devine et ose -à peine le prévenir. Si on s'en tenait aux apparences -on dirait que l'homme, à côté du respect, lui inspire -la crainte, et dans le recueil des dictons Monténégrins -d'un autre âge, qui s'appliquent à la femme, -quelques uns ne sont pas à la louange de l'homme. -On reproche aux Monténégrins du peuple son indolence -aux durs travaux, sa tendance à laisser à sa -compagne ceux qui sont les plus pénibles; et les -yeux du voyageur au détour de la route, dans la montagne -ou dans la plaine, sont parfois attristés en -les voyant plier sous de lourds fardeaux. -</p> - -<p> -Mais cette femme est respectée et protégée par -le droit coutumier, devenu code civil, plus qu'en -aucun pays de l'Europe. Le voyageur de la Ballade -de Schubert, celui «qui passe en chantant et qui -part sans regret», s'il pénétrait dans la famille rurale, -<span class="pagenum" id="Page_130">[130]</span> -assisterait à un spectacle vraiment touchant. -Qui n'a vu chez les peuples qui se piquent de tenir -la tête de la civilisation, à la mort du chef de la -famille, sous la loi du Majorat, ou même dans les -maisons moins fortunées, la veuve en cheveux -blancs s'en aller solitaire, et laisser à son fils et à sa -jeune épouse le foyer où sa vie s'est écoulée, dans -un luxe devenu une habitude, dans une affection devenue -un besoin? Qui n'a rencontré sur sa route, -surtout dans votre beau pays, où ceux dont la vie est -solitaire essaient de combler par la vue des chefs-d'œuvre -et la clemence du climat, le vide d'une -existence, sans amour et sans hyménée, — une sœur -qui a quitté elle aussi le foyer de son frère? -</p> - -<p> -Ici, la loi est la communauté; le père est le -chef, chacun doit son travail à la famille toute entière -et la part de chacun est la même. Tout appartenant -à tous, chacun a droit à tout son entretien, -et puise par part égale au bien commun. Si -l'un des membres commet un délit et une faute, tous -le réparent, et paient l'amende — sauf à mettre -au compte du coupable, au jour du partage, le dommage -qu'il a causé. -</p> - -<p> -Cependant le <i>Pécule</i> est personnel à l'individu, et -nous entendons, par pécule, tout résultat d'un travail -fait à moments perdus et autorisé par tous, -comme aussi tout profit qui est acquis sans travail, -c'est-à-dire, un don du père retiré de la communauté -<span class="pagenum" id="Page_131">[131]</span> -après avoir pris ce qui lui revient en partage -et dont il dispose à son gré, un don du Prince, -une arme, une étoffe, une somme d'argent, tout -gain enfin qui est le résultat soit de hasard, soit de -la sympathie inspirée, soit d'une action méritoire -et personnelle. -</p> - -<p> -L'âge venu de s'unir à une famille nouvelle, il -est permis à la jeune fille, en dehors du travail en -commun pour l'avantage de tous, de travailler pour -elle-même; et on fermera les yeux. A partir de ce -jour on la laisse augmenter son pécule, le père, la -mère, le frère peuvent y ajouter une part du leur, -mais du leur seul, selon le penchant que chacun -d'eux a pour celle qui va les quitter. -</p> - -<p> -Dans la nouvelle famille où elle entre elle a le -privilège de la même loi. Et cette fois sa dot, c'est-à-dire -son <i>Pécule</i>, lui appartient absolument; elle -en dispose sans réserve; elle n'a nulle formalité à -remplir, nulle signature à obtenir; elle est personnalité -civile. -</p> - -<p> -Mais nous ne sommes pas dans ces républiques -idéales qui ont pour base la perfection de l'homme. -Dans cette communauté nouvelle où elle entre, toute -injustice ou tout outrage à ce nouveau venu déchaînait -autrefois la <i>vendetta</i> de la communauté primitive; -alors le sang coulait. Le pouvoir du prince, -centralisé désormais, ayant absorbé le pouvoir du -clan, c'est la loi désormais qui venge. La loi seule, -<span class="pagenum" id="Page_132">[132]</span> -et un Prince au cœur tendre, à l'âme juste, et à -la main ferme. -</p> - -<p> -Cependant cette jeune femme est devenue veuve, le -lien est rompu; que deviendra-t-elle? Elle a le -droit de rester dans sa nouvelle famille sous les -mêmes conditions, comme elle peut aussi revenir -à l'ancienne avec le même sort — à moins cependant -qu'au moment de contracter le mariage, son -père lui ait donné la part à laquelle il avait droit -en quittant la communauté, s'il s'en est séparé. -</p> - -<p> -Ainsi donc, enfant et jeune fille, la femme est -membre de la communauté. Mariée elle garde les -mêmes droits dans la nouvelle, et pour mieux cimenter -cette union, chaque famille ayant un patron, -— prenons St. Pierre puisqu'il a des clefs, et peut -ouvrir bien des portes, ou St. Nicolas, qui aime -bien les enfants, — elle abandonne son patron, -celui de la communauté et se fait adopter par celui -de sa famille nouvelle. -</p> - -<p class="ast"><sub>*</sub><sup>*</sup><sub>*</sub></p> - -<p> -Après tant de combats, quand tout convergeait -vers l'attaque ou la défense, voyons ce qu'on a fait -pour l'instruction publique. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_133">[133]</span> -</p> - -<p> -C'est seulement on 1852, quand Danilo II a pris -le pouvoir, qu'on a organisé et décrété l'école d'abord -dans les villes et les villages de la montagne noire, -et après la bataille de Grahovo dans les régions -conquises. Tout-à-fait primaires d'abord les écoles -ont un cours de trois ou quatre ans. A Cettigné -un gymnase s'est ouvert, qui se transforme après -quatre ans d'étude, et devient école normale. Une -classe de théologie permet de recruter les prêtres -dont on limite le nombre à la seule nécessité du -diocèse. Plus tard pour les sujets avancés, bien -doués, avides d'apprendre et assez fortunés pour -promettre au pays des esprits ouverts, capables de -faire progresser; on a la ressource des missions -temporaires à l'étranger. L'enfant du village va à -l'école, et c'est un charme de voir partout, dans -les étroits chemins de la montagne, au carrefour -des routes, les petits monténégrins avec le carton -et l'ardoise en bandoulière, prenant le chemin des -écoliers et s'arrêtant pour cueillir une fleurette -dans la fente d'un rocher. -</p> - -<p> -Pour les jeunes filles, les demoiselles qui ont -des aspirations plus hautes que le village, filles de -Voivodes et de riches propriétaires, s'ouvre une institution -fondée par l'Impératrice veuve d'Alexandre -II, avec des professeurs distingués, six ans de -cours, l'internat, un niveau élevé qui va croissant -avec le temps. On y cultive d'office les trois langues: -<span class="pagenum" id="Page_134">[134]</span> -<i>le Serbe</i>, <i>le Russe</i>, <i>le Français</i>, et la connaissance -des trois littératures, et souvent l'<i>Italien</i>: -grâce aux relations de famille et de voisinage. -</p> - -<p class="ast"><sub>*</sub><sup>*</sup><sub>*</sub></p> - -<p> -Pour l'instruction militaire, notre école nationale -de St.-Cyr fut parfois celle où des aides-de-camp -du Prince ont appris le métier des armes, -et plus tard sont devenus aptes à la direction des -divers services administratifs, toujours prêts d'ailleurs -à échanger la plume contre l'épée aux jours -de péril. Aujourd'hui, c'est l'Italie, Modène, qui est -l'école, la pépinière des officiers, fondus au retour -dans l'armée indigène, ils l'encadrent, sans émousser -le caractère offensif du soldat monténégrin et -lui faire perdre sa personnalité de combattant. Trois -aides-de-camp, deux officiers d'ordonnance, le capitaine -des Périaniks, ou gardes du corps, forment -un Etat major personnel au Prince. Une grande -caserne s'est élevé à Cettigné, une école militaire -à Pogdoritza, pour les sous-officiers, et un bataillon -régulier reste permanent. Le fond de la défense -nationale étant la milice légère, qui se mobilise, -pour ainsi dire, d'instinct. On peut compter à l'effectif, -<span class="pagenum" id="Page_135">[135]</span> -au moins 45 bataillons compacts et bien armés. -Nous nous souvenons d'avoir assisté jadis aux -évolutions d'un escadron bien monté — le noyau -subsiste, mais la nature du pays proteste et le cavalier, -comme masse militaire, n'a pas sa raison -d'être, vu la nature du Pays. -</p> - -<p class="ast"><sub>*</sub><sup>*</sup><sub>*</sub></p> - -<p> -Nous constaterons encore d'autres innovations, -si j'en crois un de mes jeunes amis, un grand -voyageur, nouvellement revenu du Pays dont les -lettres de crédit avaient pour unique objet de saluer -de ma part S. A. le prince Nicolas, et de -chanter pour moi le «<i>Cari luoghi</i>» à la montagne -Noire. Celui-ci m'a assuré qu'il s'était couvert de -gloire au <i>Lawn Tennis</i> de Cettigné où il avait eu -pour partner des dames du corps diplomatique, des -jupes de Laferrière, des manches bouffantes de M<sup>me</sup> -Pacquin et des chapeaux de chez Virot. — C'est -la loi du progrès. — Les nouvelles routes de Cettigné -à la frontière sont désormais propices à la -byciclette: un jour ou l'autre on importera <i>le polo</i> -et <i>l'automobile</i>, qui ne rappelle que de loin les -temps de la chevalerie. -</p> - -<p> -<span class="pagenum" id="Page_136">[136]</span> -</p> - -<p> -Cependant le Pays tient à ses coutumes. Le -costume national reste en honneur partout, le trésor -des poésies populaires, des chants épiques, chants -de gloire, de guerre et d'amour, histoire vivante, -sont une source féconde qui ne tarit jamais. Il y -a toujours dans chaque ancien clan quelque Barde -errant qui chante au son de la Guzla au détour -de la route ou sous l'orme des vallées et souvent -le chantre est aveugle, comme Homère; il dit et -redit des poésies, qui restent presque toujours anonymes, -et semblent portées sur l'aile du vent de -montagne en montagne ou répercutées par un écho -comme celles des recueils de Vuk Stefanovich que -Tommaseo vous a fait connaître. -</p> - -<p> -Pierre II Pétrovich, le grand chantre de la Cernagora -employait dans ses poësies le décasyllabe -qui ne recherche point la rime mais la donne parfois, -quand la raison l'appelle. Le Prince qui règne -aujourd'hui à la fois soldat, législateur et poëte, -auteur de «<i>l'Impératrice des Balkans</i>» devenu -populaire, en fixant en vers de huit syllabes, le -caractère de chacune des tribus monténégrines; a -faite cette poësie plus personnelle, c'est la poësie -littéraire avec la strophe de quatre vers de la -Poësie Ragusaine, qui garde à ces chants leur caractère -à la fois tendre et épique. -</p> - -<p> -«Si j'avais recueilli toutes les fleurs dont ta -main a jonché le chemin de ma vie (dit le -<span class="pagenum" id="Page_137">[137]</span> -Prince Poëte à celle qui partage son trône, en -lui dédiant son œuvre); si j'en avais respiré tout -le parfum: j'en aurais pu faire un poème si beau, -un livre ailé tel que jamais le monde n'en eût -lu de pareil.... j'eus mieux chanté l'amour, l'intelligence -et j'aurais pu écrire un livre tout entier -rien qu'en y recueillant toutes les vertus de -ton âme qui resplendissent comme un diadème -impérial.» -</p> - -<p> -En entendant parler ainsi le Père, vous reconnaissez -l'Épouse et la Mère, et vous devinez celle -dont les destinées sont désormais les vôtres. -</p> - -<p> -Quelque rapide qu'ait été l'hommage que j'ai -voulu rendre aux Monténégrins, il n'était peut-être -pas inutile qu'une voix et un cœur français -vinssent ici confondre dans la même sympathie et -les mêmes vœux de prospérité la Cernagora, l'Italie -et.... la France. -</p> - -<div class="footnotes"> - -<h2> -NOTE: -</h2> - -<div class="footnote" id="note1"> -<p><span class="label"><a href="#tag1">1</a>. </span>V. son <i>Voyage d'Italie</i>.</p> -</div> - -<div class="footnote" id="note2"> -<p><span class="label"><a href="#tag2">2</a>. </span>Lettre à Fontanes du 20 janvier 1804, insérée dans -le <i>Voyage d'Italie</i>.</p> -</div> - -<div class="footnote" id="note3"> -<p><span class="label"><a href="#tag3">3</a>. </span><i>Les martyrs</i>, V<sup>e</sup> livre.</p> -</div> - -<div class="footnote" id="note4"> -<p><span class="label"><a href="#tag4">4</a>. </span>Lettre précitée à Fontanes.</p> -</div> - -<div class="footnote" id="note5"> -<p><span class="label"><a href="#tag5">5</a>. </span><i>Mémoires d'outre-tombe</i>, p. 121, 122, 123 du V<sup>e</sup> vol. -dans la récente édition Garnier.</p> -</div> - -<div class="footnote" id="note6"> -<p><span class="label"><a href="#tag6">6</a>. </span>Discours du 2 janvier 1848, p. 122-123 et 144 du -V<sup>e</sup> vol. de l'édition de ses Discours publiée par L. Ulbach -en 1865.</p> -</div> - -<div class="footnote" id="note7"> -<p><span class="label"><a href="#tag7">7</a>. </span>Discours précité.</p> -</div> - -<div class="footnote" id="note8"> -<p><span class="label"><a href="#tag8">8</a>. </span>Discours précité.</p> -</div> -</div> - -<div class="somm"> -<p> -<span class="pagenum" id="Page_139">[139]</span> -</p> - -<h2><a id="indice" href="#indfront"> -INDICE</a></h2> - -<table class="indice" summary=""> - <tr> - <td><a href="#lamartine">Lamartine, Châteaubriand et l'Italie</a></td> <td class="pag">Pag. 5</td> - </tr> - <tr> - <td><a href="#pleiade">La pleiade musicale</a></td> <td class="pag">39</td> - </tr> - <tr> - <td><a href="#elettricita">La elettricità animale</a></td> <td class="pag">75</td> - </tr> - <tr> - <td><span class="spaced1"><i>Appendice</i>:</span></td> - </tr> - <tr> - <td><a href="#montenegro">Le Monténégro</a></td> <td class="pag">113</td> - </tr> -</table> - -<hr /> -</div> - -<div class="chapter"> -<p> -<span class="pagenum" id="Page_141">[141]</span> -</p> - -<p class="title"> -LE CONFERENZE FIORENTINE SULLA VITA ITALIANA -</p> - -<p class="center"> -Alcuni giudizi della stampa. -</p> - -<div class="blockquote"> -<p> -«Le <i>Conferenze fiorentine</i>, che tanto favore incontrarono -nel pubblico che ascolta e in quello che legge, hanno cambiato -di editore: sono passate dai fratelli Treves di Milano -alla Casa R. Bemporad e figlio di Firenze; ma ciò non vuol -dire nulla: la sostanza è rimasta sempre la stessa, cioè buona. -</p> - -<p> -«Dopo aver trattato della vita italiana negli albóri, nel -trecento, nel rinascimento, nel cinquecento, nel seicento, nel -settecento, nel periodo della rivoluzione francese e dell'impero, -le conferenze fiorentine hanno ora preso a trattare della -<i>Vita Italiana nel Risorgimento</i> e sono già state raccolte in -volume.» (<i>La Rassegna settimanale universale</i>, 3 aprile 1898). -</p> -</div> - -<div class="blockquote"> -<p> -«Alla prima serie di <i>Conferenze fiorentine</i>, edite dalla Casa -Treves di Milano, che ebbero tanta fortuna nel pubblico degli -ascoltatori e dei lettori, quando furono dette e stampate, segue -questa seconda intorno al periodo più serio, interessante -glorioso della nostra storia. Il periodo del risorgimento ci -commuove e ci fa fremere anco adesso, poichè le più belle -energie intellettuali e morali ond'esso fu prodotto si vanno -spegnendo, e fra le diserzioni e le delusioni, lo scetticismo -dilaga.» (<span class="smcap">G. Pipitone Federigo</span> nel <i>Flirt</i> di Palermo, 5 maggio -1898). -</p> -</div> - -<div class="blockquote"> -<p> -«I volumi, che la Casa E. Bemporad e figlio ha dato alla -luce con una signorilità eguale a quella dei Treves di Milano, -contengono la prima, la seconda e la terza serie delle letture -<span class="pagenum" id="Page_142">[142]</span> -tenute l'anno scorso sulla <i>Vita Italiana nel Risorgimento</i> e -si aggirano su quel burrascoso periodo, che va dal 1815 al -1831; periodo in cui gli amori più puri e gli slanci più generosi -si alternano agli odi i più feroci, alle mène più tenebrose -e più sozze. -</p> - -<p> -«Tredici letture fra le più belle e le più attraenti, perchè -parlano di cose e di uomini il cui ricordo è ancor vivo nella -mente come fossero d'ieri e perchè toccate dalla mano, non -sempre maestra, ma spesso sicura del Del Lungo, del Rovetta, -del Nitti, del Biagi, del Costa di Beauregard, dell'Alfani, -del Panzacchi, del Bonfadini, della Serao, del Colombo e del -Ricci. -</p> - -<p> -«Io potrei, se volessi, darvene qui un'idea più ampia e -farvene anche un tantino di critica; ma a che prò, se i giornali -della città seppero meglio di me, aiutati dalla freschezza -delle impressioni, darvi, allora, l'una e l'altra?...» (<span class="smcap">Guido Rubetti</span> -nel <i>Corriere italiano</i> del 6 giugno 1898). -</p> -</div> - -<div class="blockquote"> -<p> -«Pochi libri come questo sono degni di essere letti e meditati -profondamente.... I soggetti che gli autori imprendono -a trattare con l'usata maestria, non possono, in verità, essere -più serii ed attraenti, come quelli che ravvivano il culto delle -patrie memorie, e, tesoro di osservazioni quasi sempre giuste -e di bellezze peregrine, mirano tutti a dilettare istruendo.» -(<span class="smcap">N. Penna</span>, nell'<i>Ebe</i> di Loreto Aprutino, 1º luglio 1898). -</p> -</div> - -<div class="blockquote"> -<p> -«In realtà queste Conferenze portano un geniale e utile contributo -alla coltura nazionale. Non l'aridità dei fatti, non -una cifra uggiosa, ma un'esposizione facile e limpida, un giudizio -equamine o sereno danno il quadro più completo e vivo -del periodo preso a studiare, e rendono con la maggiore schiettezza -il pensiero che l'ha agitato. Il tema svolto da ciascun -conferenziere dice subito l'interesse o l'importanza di questi -volumi.» (<i>Il Paese</i> di Palermo, 8 ottobre 1898). -</p> -</div> - -<div class="blockquote"> -<p> -«Apprendere senza fatica e senza perdita di tempo è il desiderio -di quanti assistono a ogni conferenza, ed è quello che -<span class="pagenum" id="Page_143">[143]</span> -pensava anche il Giusti prima che le conferenze venissero di -moda. A un così giusto desiderio rispondono le conferenze tenutesi -con costante accorrenza di pubblico a Firenze, per cura -della Società di letture, riguardanti argomenti di letteratura -e di storia. Raccolte in volumi, questi ebbero lieta accoglienza; -ora, gli editori fiorentini R. Bemporad e figlio inaugurano le -serie delle conferenze storiche sul nostro Risorgimento, pel -periodo compreso dal 1815 al 1831. Anche a coloro che non -ignorano le vicende di quegli anni, tornerà gradito questo volume, -che per la varietà degli argomenti, per la vivezza e il -colorito della esposizione e pel valore degli autori, riesce un -interessante e nuovo contributo alla storia paesana.» (<i>Cronaca -universitaria</i> di Catania, 16 novembre 1898). -</p> -</div> - -<div class="blockquote"> -<p> -«V'è da rallegrarsi che le dotte e geniali conferenze tenutesi -a Firenze per iniziativa della Società di pubbliche letture -si raccolgano ogni anno in un bel volume che il pubblico -legge avidamente. -</p> - -<p> -«Quello uscito ora, il primo della serie storica, non potrebbe -essere più interessante, per l'indole, la varietà e l'importanza -degli argomenti trattati. Romualdo Bonfadini discorre -dottamente della politica degli Stati italiani dal 1831 -al 1846; Guglielmo Ferrero ci ricorda la vecchia Italia e ne -deduce i bisogni della «nuova»; F. S. Nitti tratta del brigantaggio -meridionale durante il regime borbonico; e per ultimo -il Masi ci delinea la figura del vescovo d'Imola, che fu -poi Pio IX, del quale reca notizie inedite e rievoca memorie -patriottiche. Certo la lettura di questo volume giustifica il -pregio e l'interesse dei precedenti e conferma il favore del -pubblico.» (<i>Il Commercio</i> di Milano, 3-4 giugno 1899). -</p> -</div> - -<div class="blockquote"> -<p> -«En deux volumes la maison R. Bemporad et fils de Florence -nous donne une série de conférences très intéressantes sur la vie -italienne pendant le <i>Risorgimento</i>. C'est la seconde serie et -l'accueil fait au premier recueil est mérité par celui-ci. -</p> - -<p> -«Le premier volume — Histoire — contient quatre études -de: MM. Bonfadini, Ferrero, Nitti et Masi. Le second volume -<span class="pagenum" id="Page_144">[144]</span> -consacré aux Lettres, Sciences et Arts, nous offre des articles -d'Antonio Fogazzaro, d'Enrico Panzacchi, d'Arturo Linaker et -de Guido Mazzoni. -</p> - -<p> -«Chacune de ces études mériterait un article special et -l'espace nous incite ù renvoyer le lecteur aux deux volumes, -dont chaque page a une haute valeur littéraire, historique ou -philosophique.» (<i>L'Italie</i>, 19 giugno 1899). -</p> -</div> -</div> - -<div class="tnote"> -<p class="tntitle"> -Nota del Trascrittore -</p> - -<p> -Ortografia e punteggiatura originali sono state mantenute, così come -le grafie alternative (Monténégro/Monténegro e simili), correggendo senza annotazione -minimi errori tipografici. -</p> - -<p class="covernote"> -Copertina creata dal trascrittore e posta nel pubblico dominio. -</p> -</div> - - - - - - - - -<pre> - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of La vita Italiana nel Risorgimento -(1831-1846), parte III, by Various - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VITA ITALIANA NEL RISORGIMENTO *** - -***** This file should be named 51402-h.htm or 51402-h.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/1/4/0/51402/ - -Produced by Carlo Traverso, Barbara Magni and the Online -Distributed Proofreading Team at DP-test Italia, -http://dp-test.dm.unipi.it (This file was produced from -images generously made available by The Internet Archive) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. Special rules, -set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to -copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to -protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project -Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you -charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you -do not charge anything for copies of this eBook, complying with the -rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose -such as creation of derivative works, reports, performances and -research. They may be modified and printed and given away--you may do -practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is -subject to the trademark license, especially commercial -redistribution. - - - -*** START: FULL LICENSE *** - -THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE -PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK - -To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free -distribution of electronic works, by using or distributing this work -(or any other work associated in any way with the phrase "Project -Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project -Gutenberg-tm License (available with this file or online at -http://gutenberg.org/license). - - -Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm -electronic works - -1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm -electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to -and accept all the terms of this license and intellectual property -(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all -the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy -all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession. -If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project -Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the -terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or -entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8. - -1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be -used on or associated in any way with an electronic work by people who -agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few -things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works -even without complying with the full terms of this agreement. See -paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project -Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement -and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic -works. See paragraph 1.E below. - -1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation" -or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project -Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the -collection are in the public domain in the United States. If an -individual work is in the public domain in the United States and you are -located in the United States, we do not claim a right to prevent you from -copying, distributing, performing, displaying or creating derivative -works based on the work as long as all references to Project Gutenberg -are removed. Of course, we hope that you will support the Project -Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by -freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of -this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with -the work. You can easily comply with the terms of this agreement by -keeping this work in the same format with its attached full Project -Gutenberg-tm License when you share it without charge with others. - -1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern -what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in -a constant state of change. If you are outside the United States, check -the laws of your country in addition to the terms of this agreement -before downloading, copying, displaying, performing, distributing or -creating derivative works based on this work or any other Project -Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning -the copyright status of any work in any country outside the United -States. - -1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg: - -1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate -access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently -whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the -phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project -Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed, -copied or distributed: - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - -1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived -from the public domain (does not contain a notice indicating that it is -posted with permission of the copyright holder), the work can be copied -and distributed to anyone in the United States without paying any fees -or charges. If you are redistributing or providing access to a work -with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the -work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1 -through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the -Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or -1.E.9. - -1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted -with the permission of the copyright holder, your use and distribution -must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional -terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked -to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the -permission of the copyright holder found at the beginning of this work. - -1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm -License terms from this work, or any files containing a part of this -work or any other work associated with Project Gutenberg-tm. - -1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this -electronic work, or any part of this electronic work, without -prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with -active links or immediate access to the full terms of the Project -Gutenberg-tm License. - -1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary, -compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any -word processing or hypertext form. However, if you provide access to or -distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than -"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version -posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org), -you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a -copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon -request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other -form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm -License as specified in paragraph 1.E.1. - -1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying, -performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works -unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9. - -1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing -access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided -that - -- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from - the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method - you already use to calculate your applicable taxes. The fee is - owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he - has agreed to donate royalties under this paragraph to the - Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments - must be paid within 60 days following each date on which you - prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax - returns. Royalty payments should be clearly marked as such and - sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the - address specified in Section 4, "Information about donations to - the Project Gutenberg Literary Archive Foundation." - -- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies - you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he - does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm - License. You must require such a user to return or - destroy all copies of the works possessed in a physical medium - and discontinue all use of and all access to other copies of - Project Gutenberg-tm works. - -- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any - money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the - electronic work is discovered and reported to you within 90 days - of receipt of the work. - -- You comply with all other terms of this agreement for free - distribution of Project Gutenberg-tm works. - -1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm -electronic work or group of works on different terms than are set -forth in this agreement, you must obtain permission in writing from -both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael -Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the -Foundation as set forth in Section 3 below. - -1.F. - -1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable -effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread -public domain works in creating the Project Gutenberg-tm -collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic -works, and the medium on which they may be stored, may contain -"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or -corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual -property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a -computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by -your equipment. - -1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right -of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project -Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project -Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all -liability to you for damages, costs and expenses, including legal -fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT -LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE -PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE -TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE -LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR -INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH -DAMAGE. - -1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a -defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can -receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a -written explanation to the person you received the work from. If you -received the work on a physical medium, you must return the medium with -your written explanation. The person or entity that provided you with -the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a -refund. If you received the work electronically, the person or entity -providing it to you may choose to give you a second opportunity to -receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy -is also defective, you may demand a refund in writing without further -opportunities to fix the problem. - -1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth -in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER -WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO -WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE. - -1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied -warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages. -If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the -law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be -interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by -the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any -provision of this agreement shall not void the remaining provisions. - -1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the -trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone -providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance -with this agreement, and any volunteers associated with the production, -promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works, -harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees, -that arise directly or indirectly from any of the following which you do -or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm -work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any -Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause. - - -Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm - -Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of -electronic works in formats readable by the widest variety of computers -including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists -because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from -people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. -To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation -and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 -and the Foundation web page at http://www.pglaf.org. - - -Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive -Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at -http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent -permitted by U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. -Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered -throughout numerous locations. Its business office is located at -809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email -business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact -information can be found at the Foundation's web site and official -page at http://pglaf.org - -For additional contact information: - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. To -SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any -particular state visit http://pglaf.org - -While we cannot and do not solicit contributions from states where we -have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition -against accepting unsolicited donations from donors in such states who -approach us with offers to donate. - -International donations are gratefully accepted, but we cannot make -any statements concerning tax treatment of donations received from -outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. - -Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation -methods and addresses. Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. -To donate, please visit: http://pglaf.org/donate - - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic -works. - -Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm -concept of a library of electronic works that could be freely shared -with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project -Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. - - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. -unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily -keep eBooks in compliance with any particular paper edition. - - -Most people start at our Web site which has the main PG search facility: - - http://www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - - -</pre> - -</body> -</html> diff --git a/old/51402-h/images/cover.jpg b/old/51402-h/images/cover.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index d80bf06..0000000 --- a/old/51402-h/images/cover.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/51402-h/images/firma.jpg b/old/51402-h/images/firma.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index d41b32c..0000000 --- a/old/51402-h/images/firma.jpg +++ /dev/null |
