diff options
Diffstat (limited to 'old/51402-0.txt')
| -rw-r--r-- | old/51402-0.txt | 3165 |
1 files changed, 0 insertions, 3165 deletions
diff --git a/old/51402-0.txt b/old/51402-0.txt deleted file mode 100644 index e3e341c..0000000 --- a/old/51402-0.txt +++ /dev/null @@ -1,3165 +0,0 @@ -The Project Gutenberg EBook of La vita Italiana nel Risorgimento -(1831-1846), parte III, by Various - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - - -Title: La vita Italiana nel Risorgimento (1831-1846), parte III - Seconda serie - Lettere, scienze e arti - -Author: Various - -Release Date: March 8, 2016 [EBook #51402] - -Language: Italian - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VITA ITALIANA NEL RISORGIMENTO *** - - - - -Produced by Carlo Traverso, Barbara Magni and the Online -Distributed Proofreading Team at DP-test Italia, -http://dp-test.dm.unipi.it (This file was produced from -images generously made available by The Internet Archive) - - - - - - - LA - VITA ITALIANA - NEL - RISORGIMENTO - - (1831-1846) - - SECONDA SERIE - - - III. - - LETTERE, SCIENZE E ARTI. - - - Lamartine, Châteaubriand et l'Italie DEJOB CHARLES. - La pleiade musicale CHECCHI EUGENIO. - La elettricità animale FANO GIULIO. - _Appendice_: - Le Monténégro YRIARTE CHARLES. - - - - FIRENZE - R. BEMPORAD & FIGLIO - CESSIONARI DELLA LIBRERIA EDITRICE FELICE PAGGI - 7, Via del Proconsolo - 1899. - - - - - PROPRIETÀ LETTERARIA - - RISERVATI TUTTI I DIRITTI - - _Gli editori_ R. BEMPORAD & FIGLIO _dichiarano contraffatte - tutte le copie non munite della seguente firma_: - - [Illustrazione: firma manoscritta] - - Firenze, Tip. Cooperativa, Via Pietrapiana, 46. - - - - -LAMARTINE, CHATEAUBRIAND ET L'ITALIE - -CONFERENZA DI CHARLES DEJOB - - - _Mesdames, Messieurs_, - -On a souvent reproché aux Français, dans notre siècle, d'ignorer -systématiquement les langues étrangères. Ce reproche, ils ne l'ont -mérité qu'un moment. Nulle part pendant deux cents ans l'espagnol -et l'italien n'ont été plus à la mode que chez nous; jusque dans le -premier tiers de ce siècle, la France a été un des pays où, je ne -dirai pas seulement on écoutait, mais où l'on imprimait le plus de -livres italiens; et depuis un certain nombre d'années les étrangers -qu'on envoie chez nous en mission pour examiner la manière dont nos -lycées enseignent l'anglais et l'allemand, confessent dans leurs -rapports qu'il est difficile de mieux faire. Il y a toutefois un degré -auquel nous n'atteindrons probablement jamais: hors de France, dans -certains salons, une même personne parle allemand à un interlocuteur, -anglais à un autre, français à un troisième: peu de Français seront -polyglottes à ce point là. Mais faut-il le regretter? Apprendre, non -pas seulement à lire mais à parler plusieurs langues vivantes, c'est -prélever sur sa jeunesse pour apprendre des mots bien des mois qu'il -vaudrait peut-être mieux employer à approfondir sa propre langue et -à penser ou à sentir; puis n'est-il pas bien difficile à un auteur de -se former un idéal s'il est pour ainsi dire, tourmenté par les génies -divers de plusieurs nations qui se le disputent? Ecrire sous la dictée -d'une Muse, c'est fort bien; mais écrire sous la dictée de trois -ou quatre Muses qui nous parlent à la fois, c'est moins commode. En -revanche, la France a toujours été un des pays où l'on trouve le plus -d'hommes voués à l'étude des littératures étrangères et employant leur -existence à écrire, non pas des articles sur des feuilles volantes et -à propos de productions courantes dont tout le monde parle aujourd'hui -et dont personne ne parlera dans vingt ans, mais des volumes sur l'art -ou la poésie des autres nations; et le grand public s'y intéresse -si fort aux chefs-d'œuvre durables de l'étranger, qu'il se presse -au pied des chaires où on les commente: il y a environ cent ans, -Ginguené, le spirituel et perspicace historien de votre littérature, -en inaugura l'enseignement à l'Athénée; cet enseignement, transféré -depuis à la Sorbonne, y a brillé du même éclat entre les mains de -Fauriel, d'Ozanam, de M. Mézières et de M. Gebhart. Enfin la France -est un des pays où les écrivains célèbres, les penseurs, viennent le -plus volontiers en aide aux savants pour faire aimer les nations qui -méritent d'être aimées. Tout le monde sait que Stendhal a pour ainsi -dire passé sa vie à persuader aux Français que Milan, Florence, Rome, -Naples étaient les plus délicieux des séjours: et j'ai eu occasion -de montrer qu'à une époque où tous les voyageurs du Nord de l'Europe -exprimaient le plus profond dédain pour l'Italie contemporaine, -le grand astronome Lalande, Roland le futur conventionnel, surtout -M^me de Staël, prédisaient de la façon la plus claire votre glorieux -relèvement. - -Je voudrais rechercher aujourd'hui les sentiments de Châteaubriand et -de Lamartine à l'égard de l'Italie. - -Au premier abord, il semble que Châteaubriand n'a pas dû vous être -très-favorable. Je ne parle pas de quelques réclamations passagères -qu'il s'est attirées. Giustina Renier-Michiel a éloquemment réclamé -contre l'épithète de _ville contre nature_ qu'il avait appliquée à -Venise après son premier voyage, et Silvio Pellico s'est plaint avec -raison de ce que Châteaubriand avait confondu les _piombi_ de 1830 -avec ceux de 1820. Ce sont là des détails; mais un ancien émigré, un -légitimiste qui avait longtemps été _ultra_, pouvait-il s'intéresser au -véritable bien de l'Italie moderne? L'homme qui a entraîné Louis XVIII -à restaurer en Espagne le pouvoir absolu de Ferdinand VII pouvait-il -avoir quelque sympathie pour les patriotes italiens? - -Pourtant ne nous arrêtons pas aux apparences! - -D'abord Châteaubriand connaissait fort bien vos classiques, qu'il cite -assez souvent dans le texte. Dans le _Génie du Christianisme_, il -ne parle pas toujours de Dante comme il faudrait: mais songez qu'il -l'écrivait du vivant de Saverio Bettinelli; combien de gens, même -en Italie, malgré tout le parti que Monti venait de tirer pour sa -_Bassvilliana_ de l'imitation du poëme sacre, continuaient à juger la -_Divine Comédie_ sur la foi des _Lettere Virgiliane_! Baretti, qui, -pour faire pièce à Voltaire, a réussi à comprendre Shakespeare, n'a -jamais réussi à comprendre Dante. Du moins Châteaubriand reconnaît-il -que Dante n'a point de maître dans le pathétique et le terrible; et -plus tard, dans son _Essai sur la littérature_ anglaise, il avertit -que Shakespeare, dont nos romantiques étaient idolâtres, a eu moins à -faire que Dante pour fonder la littérature nationale. Son appréciation -sur le Tasse, pour qui vous savez que la France a toujours eu un faible -malgré le mot de Boileau dont on exagère étrangement le sens, est -très-pénétrante; il appelle la _Jérusalem Délivrée_ un chef-d'œuvre -de composition, et, quand il la blâme, c'est en homme que le poète -a conquis à son sujet, et qui voudrait collaborer avec lui pour -atteindre la perfection. Enfin il a pieusement suivi le convoi funèbre -de cet Alfieri dont, par un hasard qui au fond n'en est pas un, les -Français furent les admirateurs décidés à une époque où les Italiens se -partageaient encore sur son compte. - -Mais ce sont principalement les beautés naturelles de l'Italie qu'il -nous a comme révélées. Chose curieuse, et qui montre combien, en -dépit d'Horace, la plume est quelquefois supérieure au pinceau pour -la propagation des idées! Parmi les peintres qui ont le mieux fixé sur -la toile le charme du ciel italien, tout le monde place nécessairement -deux Français, Claude Gellée dit le Lorrain et Nicolas Poussin, et ils -ont tous deux vécu il y a deux cents ans; toutefois, la beauté de ce -ciel n'est proverbiale en France, à tous les degrés de la population, -que depuis que Châteaubriand et Lamartine l'ont décrite. Châteaubriand -a visité plusieurs fois l'Italie: dès le premier voyage il est ravi; il -vante les chemins excellents de la Lombardie, ses auberges «supérieures -à celles de France, presque égales à celles de l'Angleterre;» il donne -sur les fouilles de Pompei un excellent conseil qu'on a fini par juger -tel: laisser les objets là où on les trouve, protéger par un toit -les édifices qui les contiennent, mais conserver à chaque chose sa -signification en lui conservant sa place[1], surtout il a senti à ravir -l'attrait de la campagne romaine et du golfe de Naples. Voici comment -il peint le premier des deux tableaux: - -«Rien n'est comparable, pour la beauté, aux lignes de l'horizon romain, -à la douce inclination des plans, aux contours suaves et fuyants des -montagnes qui le terminent.... Une vapeur répandue dans le lointain -arrondit les objets et dissimule ce qu'ils pourraient avoir de dur -ou de heurté dans leurs formes. Les ombres ne sont jamais lourdes ou -noires; il n'y a pas de masses si obscures de rochers et de feuillages, -dans lesquelles il ne s'insinue toujours un peu de lumière. Une -teinte singulièrement harmonieuse marie la terre, le ciel et les eaux; -toutes les surfaces au moyen d'une gradation insensible de couleurs, -s'unissent par leurs extrémités, sans qu'on puisse déterminer le point -où une nuance finit et où l'autre commence. Vous avez sans doute admiré -dans les paysages de Claude Lorrain cette lumière qui semble idéale et -plus belle que nature. Eh bien, c'est la lumière de Rome.»[2] - -Voici pour Naples: - -«Des fleurs et des fruits humides de rosée sont moins suaves et moins -frais que le paysage de Naples sortant des ombres de la nuit. J'étais -toujours surpris, en arrivant au portique, de me trouver au bord de -la mer; car les vagues dans cet endroit faisaient à peine entendre -le léger murmure d'une fontaine. En extase devant ce tableau, je -m'appuyais contre une colonne et, sans pensée, sans désir, sans projet, -je restais des heures entières, à respirer un air délicieux. Le charme -était si profond, qu'il me semblait que cet air divin transformait ma -propre substance, et qu'avec un plaisir indicible je m'élevais vers le -firmament comme un pur esprit.»[3] - -Ce qui a principalement aidé à graver ces éloges du sol de l'Italie -dans la mémoire des Français, c'est qu'ils se rattachent souvent -à ce que j'appellerai la philosophie de Châteaubriand. Vous savez -que la grandeur de Châteaubriand tient avant tout à la profondeur -avec laquelle il a ressenti le prodigieux ébranlement de 1789. -Toutes les révolutions postérieures ne sont que des jeux auprès -de celle-là, non seulement à cause des luttes intestines qu'elle -a déchaînées, de l'énergie qu'il a fallu à la France pour rejeter -hors de ses confins l'Europe entière acharnée à la destruction de -la liberté, mais parce que toutes les révolutions ultérieures ne -portent que sur l'extension du principe victorieusement établi par -les hommes de 89, la souveraineté des nations. A cette date, un -monde s'est englouti, un autre monde est sorti du chaos. La notion -du roi sacré par l'Eglise, père de son peuple et propriétaire de son -royaume, de l'Eglise maîtresse des consciences, des intelligences -et dispensatrice privilégiée de la charité publique, de la noblesse -tantôt opulente, tantôt pauvre, mais toujours riche d'honneur, parce -que sa fonction propre est de mourir pour la patrie, toute cette -conception, très-imparfaite assurément, mais brillante et longtemps -glorieuse, s'est abimée. Châteaubriand accepta, en partie du moins, le -monde nouveau, mais ne cessa jamais de pleurer la grandeur du monde -disparu. De là, cette habitude de méditer sur le néant de l'homme -qui tourne quelquefois à la manie, mais qui lui inspire souvent des -pages dignes de Bossuet. Or l'Italie le conviait éminemment à des -méditations de cette nature. Avant lui, la plupart des voyageurs ne -cherchaient dans Rome que l'antiquité ou la Renaissance, ou bien ils -opposaient à la Rome d'autrefois la Rome de leur temps, pour mépriser -celle-ci ou la plaindre. Au contraire, Châteaubriand qui professe, -en véritable Breton, qu'un roi n'est jamais plus grand que quand il a -perdu sa couronne, vénère dans la Ville Eternelle la splendeur qu'elle -ne possède plus. Il la place, dans son imagination et dans son cœur, -à côté de ces Bourbons dont il ne méconnaît pas les fautes, dont il -n'adore pas les caprices, mais que le malheur a transfigurés pour lui: - -«Figurez-vous quelque chose de la désolation de Tyr et de Babylone, -dont parle l'Ecriture: un silence et une solitude aussi vastes que -le bruit et le tumulte des hommes qui se pressaient jadis sur ce -sol.... Vous apercevez ça et là quelques bouts de voie romaine dans -des lieux où il ne passe plus personne, quelques traces desséchées des -torrents de l'hiver: ces traces vues de loin ont elles-mêmes l'air -de grands chemins battus et fréquentés, et elles ne sont que le lit -désert d'une onde orageuse qui s'est écoulée comme le peuple romain. -A peine découvrez-vous quelques arbres, mais partout s'élèvent des -ruines d'acqueducs et de tombeaux, ruines qui semblent être les forêts -et les plantes indigènes d'une terre composée de la poussière des -morts et des débris des empires.... On dirait qu'aucune nation n'a -osé succéder aux maîtres du monde dans leur terre natale.... Déchue -de sa puissance terrestre, Rome, dans son orgueil, semble avoir voulu -s'isoler....; comme une reine tombée du trône, elle a noblement caché -ses malheurs dans la solitude. Il me serait impossible de vous dire -ce qu'on éprouve lorsque Rome vous apparaît tout à coup au milieu -de ces royaumes vides et qu'elle a l'air de se lever pour vous de la -tombe où elle était couchée. Tâchez de vous figurer ce trouble et cet -étonnement qui saisissaient les prophètes lorsque Dieu leur envoyait la -vision de quelque cité à laquelle il avait attaché les destinées de son -peuple.»[4] - -Oui, me direz-vous; mais que pense-t-il des habitants de ces ruines -majestueuses, de cet auguste désert? Messieurs, voici sa réponse dès -l'année 1803 et quand il n'a encore fait que traverser l'Italie. - -«Quant aux Romains modernes,... je crois qu'il y a encore chez eux le -fond d'une nation peu commune. On peut découvrir parmi ce peuple trop -sévèrement jugé un grand sens, du courage, de la patience, du génie, -des traces profondes de ses anciennes mœurs, je ne sais quel air de -souverain et quels nobles usages qui sentent encore la royauté.» Notez -qu'il parle ici, non des Italiens du Nord, qui venaient de donner au -monde Alfieri, Parini, Goldoni, où la veille encore Turin et Venise -étaient les capitales d'Etats libres, où l'esprit public s'était -éveillé avec Pietro Verri et Beccaria, mais de cette pauvre Rome si -endormie alors et si infortunée depuis 900 ans qu'à l'époque même où -les papes faisaient et défaisaient les rois, elle était en proie aux -caprices alternatifs de ses barons et de sa populace. Jusque dans les -traits des Romains modernes, Châteaubriand reconnaît la physionomie -du peuple roi, et cela entre Marengo et Austerlitz, c'est-à-dire à une -époque où il fallait à un Français beaucoup d'esprit et de cœur pour ne -pas oublier que l'orgueil est le partage des sots. - -Il se prononcera bien plus fortement quand il sera plus complètement -informé. Voici un passage d'un rapport qu'il adresse au gouvernement -français en 1828, en qualité d'ambassadeur à Rome. Ecoutez d'abord -comme il s'exprime sur les Bourbons de Naples, qui pourtant comptaient -alors en France sur les marches du trône la mère du comte de Chambord -et la femme du futur Louis Philippe: «Il est malheureusement trop vrai -que le gouvernement des Deux Siciles est tombé au dernier degré du -mépris.» Ecoutez maintenant ce qu'il écrit sur la persécution de vos -patriotes à une époque où le Spielberg n'avait pas encore rendu ses -proies: «On prend pour des conspirations ce qui n'est que le malaise -de tous, le produit du siècle, la lutte de l'ancienne société avec la -nouvelle, le combat de la décrépitude des vieilles institutions contre -l'énergie des jeunes générations, enfin la comparaison que chacun -fait de ce qui est à ce qui pourrait être. Ne nous le dissimulons -pas: le grand spectacle de le France puissante, libre et heureuse, ce -grand spectacle qui frappe les nations restées ou retombées sous le -joug, excite des regrets ou nourrit des espérances. Le mélange des -gouvernements représentatifs et des monarchies absolues ne saurait -durer; il faut que les uns ou les autres périssent, que la politique -reprenne un égal niveau ainsi que du temps de l'Europe gothique.... -C'est dans ce sens et uniquement dans ce sens qu'il y a conspiration en -Italie.» - -Loin de flatter ses compatriotes, il ajoutait que c'était seulement -en ce sens que l'Italie était française: «Le jour où elle entrera en -jouissance des droits que son intelligence aperçoit et que la marche -progressive du temps lui apporte, elle sera tranquille et purement -italienne.» Rien de plus honorable que cette loyauté, qui lui interdit -de mettre la main sur le libéralisme naissant de l'Italie, de se -prévaloir, pour le confisquer au profit de la France, du réveil que -nos penseurs du XVIII^e siècle avaient provoqué chez elle. Loin aussi -de renvoyer à une date qui n'arriverait jamais l'accomplissement de -ses prédictions, il disait: «Si quelque impulsion venait du dehors, -ou si quelque prince en deçà des Alpes accordait une charte à ses -sujets, une révolution aurait lieu, parce que tout est mûr pour cette -révolution.»[5] - -Vous voyez, Messieurs, que si Châteaubriand a siégé avec M. de -Metternich au Congrès de Vienne, ces deux hommes d'État ne jugeaient -pas de la même façon les affaires de l'Italie. - -Ma tâche devient en apparence plus délicate avec Lamartine: car son -nom vous rappelle sur le champ quelques paroles un peu vives qui lui -valurent tout près d'ici un coup d'épée. J'espère que tout à l'heure -vous conviendrez qu'il eût été bien dommage que Gabriele Pepe tuât -Lamartine, et cela non seulement parce que, en vérité, le prix des -deux existences engagées dans le combat n'était pas tout à fait égal, -mais parce que, si un jugement sévère, injuste même, sur une nation -signifiait nécessairement qu'on la méprise ou qu'on la déteste, il -faudrait effacer Dante, Alfieri, Foscolo et beaucoup d'autres, de -la liste des patriotes italiens: peut-être reconnaîtrez-vous dans un -instant que Lamartine a fait au moins autant pour l'Italie que son très -honorable adversaire. - -D'abord, par ses premières lectures, par ses amis de France, surtout -par ses fréquents séjours au-delà des Alpes, il avait eu le loisir de -la connaître; il en écrivait, il en parlait la langue. M. Mazzatinti -a retrouvé une lettre de lui écrite en un italien fort satisfaisant -à un Florentin; et j'ai lu, je ne sais plus où, qu'un jour dans sa -vieillesse et devant des auditeurs qu'il savait évidemment capables de -la comprendre, il feignit de lire une scène de mœurs napolitaines qu'en -réalité il improvisait et où des pêcheurs de Mergellina s'exprimaient -dans leur dialecte. Il n'avait pas passé douze ans en Italie, comme -il lui est échappé un jour de le dire: mais, sans compter de courtes -visites, il y avait passé une partie des années 1811 et 1812, de -l'année 1820, et trois ans de 1825 à 1828; si les salons italiens -avaient été assez lents à s'ouvrir pour lui, il s'était lié avec -Niccolini, surtout avec Gino Capponi avec qui, vous le savez, il -resta en correspondance, et il avait été mêlé à vos affaires par ses -fonctions diplomatiques, à Naples d'abord, puis à Florence. - -Lui aussi, ce fut la beauté physique de l'Italie qu'il commença -par goûter; nul n'a exprimé avec plus de séduction le charme d'une -promenade nocturne sur le golfe de Baia au milieu des chants que se -renvoient les pêcheurs et des parfums terrestres dont la brise du soir -embaume les eaux. Et, comme, pour la diffusion rapide des idées, la -poésie a sur la prose le même avantage que la prose sur le pinceau, les -vers de Lamartine décuplèrent chez nous en un moment les adorateurs de -la nature italienne. Citons seulement quelques vers: - - Maintenant sous le ciel tout repose, ou tout aime; - La vague en ondulant vient dormir sur le bord; - La fleur dort sur sa tige, et la nature même - Sous le dais de la nuit se recueille et s'endort. - Vois: la mousse a pour nous tapissé la vallée; - Le pampre s'y recourbe en replis tortueux, - Et l'haleine de l'onde à l'oranger mêlée - De ses fleurs qu'elle effeuille embaume mes cheveux. - A la molle clarté de la voûte sereine, - Nous chanterons ensemble assis sous le jasmin - Jusqu'à l'heure où la lune, en glissant vers Misène, - Se perd en pâlissant dans les feux du matin. - -D'ailleurs Lamartine, comme Châteaubriand, rapporta de l'Italie autre -chose que des impressions, il en rapporta une doctrine; il y avait -découvert pour son compte ce néant de l'homme que Châteaubriand y avait -seulement approfondi. Trop jeune pendant la Révolution française pour -en avoir, comme son prédécesseur, ressenti directement la secousse, -c'est en contemplant du sein de toutes les joies de la vie les ruines -de l'antiquité qu'il avait appris que tout change, tout passe, que -nous passons nous mêmes «hélas, sans laisser plus de trace que cette -barque où nous glissons sur cette mer où tout s'efface.» Il y avait -encore appris, ou plutôt il s'y était enseigné à lui-même par un -commentaire vivant du Tasse qui avait été le premier en date de ses -poètes préférés, sans doute aussi par une réminiscence de Pétrarque, -un nouveau style d'amour. Un a dit en France, et avec raison, que -dès avant lui, la poésie spirituellement, sèchement galante qui -n'avait que trop fleuri chez nous au XVIII^e siècle n'y régnait déjà -plus, que l'amour commençait à y être une passion sincère et, par -moments, mélancolique. Mais ce qu'on n'avait pas encore entendu chez -nous, c'était l'hymne religieux de l'amour: c'était, non pas l'amour -platonique, mais l'amour gravement, pieusement exalté, reconnaissant -à la bonté divine qui prête un instant la beauté à la terre pour en -sécher les larmes, mais qui la rappellera bientôt à lui pour nous -empêcher d'oublier qu'après tout le ciel seul ignore les pleurs. Or -ici Lamartine ne procède d'aucun Français, pas même d'André Chénier -dont les vers les plus touchants demeurent païens. Certes nos -classiques avaient admirablement dépeint les orages du cœur; mais -pour eux, la religion était une chose, l'amour en était une autre, -et ces deux ordres d'idées n'avaient rien à voir entre eux: dans la -tradition française, Dieu ne connaissait que le devoir, il ordonnait -la continence aux célibataires, la fidélité aux époux: quant à l'amour -honnête, il le permettait, mais il ne s'en occupait pas. Lamartine au -contraire procède de l'amant de Laure et du chantre de Tancrède. Il ne -les imite pas; il est moins homme de lettres qu'eux dans le bon comme -dans le mauvais sens; son élocution est moins travaillée; la nature -lui offre autre chose qu'un pré fleuri, une claire fontaine et un chœur -d'oiseaux saluant le mois d'avril. - -Mais, pour les avoir relus sous le ciel qui les a inspirés, pour avoir -respiré le bonheur qu'exhale la terre dont les habitants appellent tout -ce qui enchante _grazia di Dio_, il a, comme eux et plus expressément -encore, monté la poésie amoureuse sur le ton des cantiques. - - Celui qui, le cœur plein de délire et de flamme, - A cette heure d'amour, sous cet astre enchanté, - Sentirait tout à coup le rêve de son âme - S'animer sous les traits d'une chaste beauté, - Celui qui, sur la mousse, au pied du sycomore, - Au murmure des eaux, sous un dais de saphirs, - Assis à ses genoux de l'une à l'autre aurore - N'aurait pour lui parler que l'accent des soupirs, - Celui qui, respirant son haleine adorée, - Sentirait ses cheveux soulevés par les vents, - Caresser en passant sa paupière effleurée, - Ou rouler sur son front leurs anneaux ondoyants, - Celui qui, suspendant les heures fugitives, - Fixant avec l'amour son âme en ce beau lieu, - Oublierait que le temps coule encor sur ces rives, - Serait-il un mortel ou serait-il un dieu? - Et nous, aux doux penchants de ces verts Elysées, - Sur ces bords où l'Amour eût caché son Eden, - Au murmure plaintif des vagues apaisées, - Aux rayons endormis de l'astre élyséen; - Sous ce ciel où la vie, où le bonheur abonde, - Sur ces rives que l'œil se plaît à parcourir, - Nous avons respiré cet air d'un autre monde, - Elvire!... et cependant on dit qu'il faut mourir. - -Lisez superficiellement les _Méditations_, vous vous demanderez -pourquoi telle ou telle pièce porte pour titre un site napolitain: vous -n'y trouverez point de ces descriptions qui mettent les objets sous les -yeux; Lamartine regarde beaucoup moins que Victor Hugo, mais il sent -davantage; livrez-vous à lui et les émotions qu'il éveillera en vous -ranimeront celles que deux de vos poètes vous ont jadis données. Le -tour n'est plus le même: il y a déjà un orateur caché sous le poète des -_Méditations_: mais l'accent révèle la parenté du cœur. - -De même, cherchez à reconnaître le site de l'abbaye de Vallombrosa -dans la pièce où Lamartine l'a chantée: vous n'y réussirez pas. Mais -il fallait peut-être la splendeur d'une contrée où la solitude fait à -peine sentir son poids, où presque partout, dès qu'on s'élève au-dessus -du sol des villes, on aperçoit les deux spectacles les plus sublimes, -le mer et la montagne, pour découvrir à un jeune Français déjà répandu -dans les salons parisiens les _trésors cachés_ de la vie monastique, -cette joie mystérieuse que le vulgaire admire sans la comprendre, pour -lui faire goûter ce plaisir du recueillement qui ne suffit point pour -vivre parmi le monde, mais qui suffit pour vivre avec le ciel et avec -soi-même. - -Mais en comprenant, en aimant l'Italie, aurait-il méconnu, dédaigné les -Italiens? - -Messieurs, une opinion assez répandue de ce côté des Alpes veut que -la sympathie de la France pour l'Italie date de 1859, ou même qu'à -cette date encore un seul homme, le chef de la nation, il est vrai, -ait véritablement souhaité la délivrance de votre nation. Ce qui est -exact, c'est que pour que l'Italie entraînât la France avec elle, il -fallait qu'elle eût eu le temps de donner à la masse de notre nation -la preuve palpable, éclatante de sa volonté et de son héroïsme. Il -fallait que le belliqueux Piémont, le premier prêt pour la lutte, eût -osé affronter l'Autriche, il fallait que les bourgeois de Milan après -une lutte de cinq jours eussent chassé leur garnison, que la jeunesse -universitaire, professeurs en tête, se fût fait écraser à Curtatone -et à Montanara, il fallait que le grand Manin eût prouvé une fois -de plus qu'un homme peut quelque temps tenir tête à un empire, et -qu'enfin les plus illustres débris de cette mémorable année, conduits -par un instinct sûr, fussent venus porter chez nous le spectacle de -leur courageuse pauvreté et de leurs indomptables espérances. Mais, -dès l'instant où l'on sut en France que ce n'étaient pas seulement un -Pellico, un Confalonieri qui voulaient au prix de ses jours la liberté -de l'Italie, dès l'instant où il fut manifeste que toute la nation -était disposée à mourir pour son indépendance, la France, qui respirait -pourtant à peine de la sanglante guerre de Crimée, fut acquise à votre -cause; il put y avoir quelque inquiétude chez certains politiques, mais -les ennemis les plus irréconciliables de Napoléon III, les ouvriers de -Paris qu'il avait fallu massacrer en décembre 1851 pour leur imposer le -coup d'Etat, l'applaudirent avec transport à son départ pour l'armée. -Jusque là au contraire, le gros de la nation avait attendu. Rien en -effet n'était plus difficile pour un Français de la génération de 1830 -que de comprendre pourquoi les révolutions de Naples, de Piémont, des -Romagnes avaient été si vite comprimées. Figurez-vous un pays uni, -centralisé depuis des siècles, ayant l'habitude de penser, d'agir en -commun, et même, depuis cinquante ans, de se lever tout entier à la -voix d'une ville qui formait comme les Etats Genéraux en permanence -de la nation; figurez-vous ce peuple qui, grâce à cette union, a -brisé un trône séculaire, qui a refoulé et puni sous sa première -République la plus formidable invasion que le monde moderne eût encore -vue, qui, quinze ans après une Restauration imposée pur une invasion -plus formidable encore, a chassé à la face de l'Europe la dynastie -restaurée, et a, pour coup d'essai de sa liberté reconquise, affranchi -la Belgique. Comment comprendrait-il que l'Italie ne peut secouer -le joug aussi aisément? Le paysan, l'ouvrier français savent-ils que -l'Italie morcelée, humiliée depuis quatorze siècles ne peut tout d'un -coup retrouver sa vigueur? Ils voient les Polonais ne succomber que -sur des morceaux de drapeaux enlevés aux Russes. Ils ne se disent pas -que les Polonais qui se battent si bien à Grochow, à Ostrolenka sont -des soldats réguliers aussi aguerris que leurs adversaires; quand ils -voient les tentatives des patriotes italiens avorter si vite, ils en -concluent, à tort mais sincèrement, qu'à part quelques âmes d'élite, le -peuple italien ne désire pas changer de condition. - -Mais le langage de Lamartine à la Chambre française va nous montrer -comment les penseurs de notre pays, ceux qui avaient vu l'Italie chez -elle, préparaient la France à mieux juger des sentiments intimes de -leurs voisins. Car non seulement il se déclare personnellement partisan -de l'entière indépendance de l'Italie, non seulement il raconte avec -fierté avoir été mêlé dans sa jeunesse aux négociations où Louis XVIII -lui-même, tout légitimiste qu'il était par métier, et quoique surveillé -par la Sainte Alliance, offrait aux libéraux de Naples et de Turin de -les soutenir contre l'Autriche, pourvu qu'à la Charte espagnole de 1812 -ils préférassent la Charte française de 1814 fort préférable en effet; -mais nous allons le voir attaquer de front les préjugés qui rendaient -alors la France moins sensible aux malheurs de l'Italie qu'à ceux des -autres nations esclaves. - -Voici comment, avant les _Cinque giornate_, à une époque où l'Italie -ne s'était pas encore mesurée en bataille rangée avec ses tyrans, -il répondait à ceux qui arguaient du calme apparent qui depuis 1815 -régnait dans la Péninsule: «Sous ce calme apparent, ne l'oubliez pas, -il y avait un abîme, et dans cet abîme couvait la plus incompréhensible -de toutes les forces morales et matérielles, la nationalité morcelée, -la nationalité comprimée de 26 millions d'hommes.... Il suffit pour -chacun d'entre nous dont l'œil est intelligent, dont le cœur est -sympathique d'avoir traversé cette magnifique Italie pour sentir la -vie sous la mort apparente, pour sentir cette éternelle protestation -de la nationalité qui est la dernière arme d'un peuple.... Nulle part -cette protestation n'est aussi évidente qu'en Italie; nulle part, elle -n'a des droits plus sacrés à la sympathie des peuples. Je ne crains -pas de le dire, je ne serai démenti par personne: il n'y a pas une -race humaine qui ait donné au sol qu'elle habite une consécration -plus grande que celle que la race italienne a donnée pendant tant de -siècles de gloire, de liberté, de vertu, à ce point géographique de -notre globe»[6]. Puis il montre que l'on ne contentera pas l'Italie -par la réforme de quelques abus, par un peu de bien-être. Mais d'autre -part il nie que le _statu quo_ y ait seulement pour ennemis les -révolutionnaires dont l'Europe s'effrayait. Comme Châteaubriand, il -proteste que l'agitation de l'Italie n'est pas le fait de quelques -sectaires; mais ce n'est plus dans une dépêche confidentielle qu'il -dépose cette protestation; il la produit du haut de la tribune, et -il avait en un sens plus de mérite encore que Châteaubriand à ne pas -se tromper; car dans l'intervalle Mazzini avait paru, et bien des -hommes d'Etat personnifiaient en lui seul les aspirations de l'Italie. -«J'affirme ici, s'écriait Lamartine, par la connaissance personnelle -qu'une cohabitation de 12 ans m'a donnée, par la connaissance que -j'ai du caractère, du génie, du libéralisme italien, que le mot même -de radicalisme n'a pas de signification dans la langue, que c'est -une injure qui n'est même pas comprise au-delà des Alpes, que le -mouvement libéral n'est nullement un mouvement perturbateur..., mais -que c'est un mouvement de l'esprit humain et de l'indépendance des -peuples, _qui couve dans tous les siècles au cœur de l'Italie_»[7]. -Notez, Messieurs, ces derniers mots; ne fallait-il pas à un homme qui -n'était point un érudit, un vif et intelligent amour de l'Italie pour -deviner en quelque sorte les noms relativement obscurs des Italiens qui -entre Pétrarque et Alfieri empêchèrent la prescription du sentiment -national? Quant à la génération présente, il prouve son affirmation -par l'énergie avec laquelle le pape refuse de céder aux Autrichiens un -pavé de Ferrare, par nombre de faits précis empruntés à une brochure -parue le matin même et qui semble bien émaner du Père Ventura, par -des correspondances particulières qui attestent les espérances que les -plus illustres patriotes de l'Italie plaçaient sur notre poète; il en -extrait les touchantes anecdotes d'un archevêque, d'un curé de Milan -qui protestent chacun à leur manière contre une répression brutale -qui vient d'ensanglanter la ville, du comte Borromeo qui dépouille -la Toison d'Or souillée du sang de ses compatriotes. Enfin, conjurant -Guizot d'appuyer les revendications des peuples italiens, il affirme -avec une confiance excessive peut-être mais généreuse la solidité des -sympathies entre les peuples: «Les traités ne sont signés que par la -main des hommes; mais ces sympathies mutuelles entre les peuples faits -pour s'aimer, pour se soutenir, aspirer ensemble à la civilisation et -à la liberté, ce ne sont pas des traités d'un jour, ce ne sont pas -des traités signés par des diplomates; ce sont des traités préparés -par la Providence, signés et contresignés par la main de la nature -elle-même, non pas sur des parchemins comme ceux de 1815 qu'on nous a -fait signer en tenant la main de la France captive sur un protocole, -mais je le répète, de ces traités contresignés par Dieu et par la -nature, qui durent autant que les siècles»[8]. Ces paroles produisaient -un effet d'autant plus grand que, depuis dix ans, à force d'éloquence -Lamartine avait conquis une grande autorité à la tribune et dans la -nation. Personne ne songeait plus à le renvoyer dédaigneusement à -la poésie, ou, comme aurait dit Musset, à lui jeter toujours sa lyre -au nez. Dès avant que la révolution de 1848 l'élevât au pouvoir, il -étonnait le monde politique par la hardiesse tantôt divinatrice tantôt -imprudente de ses vues. Louis Philippe à qui l'on avait conseillé de -l'appeler dans ses conseils avait répondu: «Lamartine, ce n'est pas -un ministre, c'est un ministère; je le réserve.» Il apportait donc à -l'Italie l'appui d'un véritable homme d'Etat et non d'un simple poète. -D'ailleurs ses sentiments à son égard ne répondaient pas seulement à -ceux des hommes qu'on allait appeler les républicains de la veille, -mais à ceux des catholiques libéraux de notre nation que Silvio Pellico -avait depuis longtemps, pour parler comme Racine, rangé du parti de ses -larmes. Espérons qu'un jeune historien se laissera enfin tenter par un -beau sujet que j'ai cent fois proposé de vive voix et par écrit chez -nous et chez vous, l'histoire des réfugiés italiens en France de 1815 -à 1859 et de la transformation de l'opinion des Français, durant cette -période, touchant les affaires de l'Italie. J'ose affirmer que rien ne -serait plus utile, plus glorieux pour les deux nations. - -Mais revenons à Lamartine, ou plutôt élevons-nous au-dessus de notre -sujet pour conclure par une considération plus générale à laquelle il -nous conduit. Il y eut un temps où une nation pouvait raffoler de la -littérature, de l'art, des modes d'une autre et demeurer profondément -indifférente à ses destinées, la combattre, l'asservir. Il n'en est -plus ainsi, du moins chez les nations généreuses. (Car chaque peuple a -sa grandeur, mais il y en a dont la grandeur consiste dans la ténacité -prévoyante, hardie, implacable, avec laquelle ils poursuivent leur -perpétuel agrandissement). Aujourd'hui donc, du moins chez certains -peuples, aimer la littérature ou l'art d'un autre nation conduit à -l'aimer elle même. D'où vient ce changement? Serait-ce que l'amour de -la patrie s'affaiblirait et que tout lecteur devient un dilettante? -S'il en était ainsi, il faudrait, non pas féliciter, mais plaindre -l'humanité. Le progrès ne consiste pas à niveler les frontières; c'est -une duperie de ne pas aimer par-dessus tout son propre pays; car on -ne vous rendrait pas partout la pareille. Le jour où les honnêtes -gens s'entendraient pour laisser la nuit la clef sur leur porte, -il y aurait toujours assez de voleurs pour les dévaliser; de même, -la nation qui s'imaginerait que l'ère des guerres, des conquêtes -même est close, serait certaine d'être bientôt envahie et partagée. -Puis, toutes les vertus civiles sont suspendues en quelque sorte à -la vertu militaire, et s'affaissent quand elle tombe; sans doute la -vie civile offre des occasions d'exercer notre courage, mais on s'y -dérobe quand le sacrifice dans sa forme la plus haute n'est plus -pratiqué; l'histoire de tous les peuples qui ont renoncé à la gloire -militaire le prouve. Mais, si un Châteaubriand, un Lamartine passent -de l'admiration pour les grands écrivains et le sol de l'Italie à la -sympathie pour ses aspirations, c'est que l'on commence à comprendre -que la conquête, toujours à redouter, n'est point à louer, et que, -prendre une province malgré elle à un peuple, c'est souffleter sur la -joue de ce peuple le droit du genre humain. Pour peu donc que cette -nation cesse d'être une inconnue pour nous, ses souffrances font -brêche dans notre égoïsme, et nous ressentons l'outrage qu'au fond nous -avons reçu en sa personne. Puis, nous comprenons que de nos jours un -peuple asservi souffre plus qu'autrefois. Jadis une ville se résignait -souvent sans trop de peine à passer d'une nation à une autre, parce -que ce n'était au fond que changer de maître: le nouveau souverain -n'exigeait pas toujours des tributs plus lourds que l'ancien, et, la -conscription n'existant pas, ne demandait point à ses nouveaux sujets -de se battre au besoin contre leurs frères de la veille. Berchet nous a -éloquemment appris, dans _Giulia_, les tortures du conscrit obligé de -revêtir un uniforme abhorré. — Mais, dira-t-on, dans les littératures -modernes, les œuvres des classiques sont en partie nées dans des -époques où l'homme de lettres, au moins dans son cabinet, oubliait -qu'il avait une patrie: comment donc l'étude de ses œuvres, qui nous -attache à lui, nous attacherait-elle à ses compatriotes, surtout à -ses compatriotes d'aujourd'hui? — La réponse est dans les progrès -de la critique. Autrefois on considérait un ouvrage comme une pure -composition littéraire, sortie toute entière du génie de l'auteur et -des principes de l'école à laquelle il appartenait; aujourd'hui nous -considérons un auteur comme un homme qui exprime, sans y penser, tantôt -les vertus ou les défaillances de sa génération, tantôt les traits -dominants de sa race. Notre admiration pour lui excite par conséquent -notre intérêt pour ses compatriotes. Nous goûtons comme nos pères -l'incroyable dextérité avec laquelle Arioste nous fait passer d'une -historiette à une autre, mais nous ne le rendons plus seul responsable -de l'enjouement qu'il garde au milieu des malheurs de sa patrie; quand -Machiavel conseille aux princes d'affecter toutes les vertus, mais de -ne pas les avoir, nous plaignons l'Italie dont l'infortune ne laissait -plus alors d'espoir que dans la cruauté, pour ainsi dire, économique -d'un Cesare Borgia. L'étude des littératures étrangères est le meilleur -préservatif contre les engouements de la mode et contre les velleités -d'une injuste ambition; car, en même temps qu'elle nous fait admirer -le génie des autres peuples, elle nous fait comprendre combien il est -différent du nôtre et par suite quelle folie c'est que de vouloir -l'imiter ou que de prétendre l'asservir. Si, par hasard, ce génie -s'éloigne moins du nôtre parce que c'est celui d'une nation sœur, tout -ce qui nous est permis, c'est de faire ce qu'ont fait Châteaubriand et -Lamartine, à savoir de l'aimer. - - - - -LA PLEIADE MUSICALE - -CONFERENZA DI EUGENIO CHECCHI - - - _Signore e Signori!_ - -La sera del 3 agosto 1829 — data memorabile per la storia dell'arte -— il pubblico parigino chiamato a giudicare la nuova opera, che fu -anche l'ultima, di Gioacchino Rossini, sentenziò quasi unanime, che -il _Guglielmo Tell_ era una troppo audace innovazione, e accennava -a qualche cosa di troppo rivoluzionario e di troppo anormale nei -tranquilli dominii della musica. E l'opera grande e immortale -fu accolta in quella sera e nelle sere successive con sospettosa -freddezza. - -Alla distanza di sessantotto anni, nella sera del 26 dicembre 1897, -il pubblico romano del teatro Argentina riudì ancora una volta il -capolavoro rossiniano, e sentenziò con mirabile disinvoltura che -anche le opere del genio risentono le offese del tempo, e che il -_Guglielmo Tell_ più non risponde ai nuovi bisogni, ai nuovi gusti: -doversi perciò rimandare ai Conservatorii e agli Istituti musicali, -perchè, tutt'al più, sia argomento di studio nelle classi di alta -composizione. E l'opera si trascinò faticosamente per un lieve corso di -rappresentazioni, fra la indifferenza e gli aristocratici sbadigli di -spettatori scarsi di numero. - -Oggi dunque, se le manifestazioni della così detta opinione pubblica -hanno da contare per qualche cosa, oggi il Rossini non sarebbe che un -classico: impeccabile quanto si voglia, ma niente più che un classico: -nel 1829 invece un redivivo Voltaire avrebbe potuto ripetere del -Rossini quel che si disse dello Shakspeare, che fu un barbaro non privo -d'ingegno. Come è possibile mandare insieme a braccetto i due giudizi? - -Il pubblico di Parigi d'allora e il pubblico di Roma del decorso -anno, ugualmente sinceri, ma ugualmente rei di spropositate sentenze, -subivano la influenza di cause che forse sarebbe curioso ed opportuno -di esaminare e di riassumere, se non temessi di sconfinar troppo dal -tema cortesemente assegnatomi. - -Se non che appunto cotesta freddezza del pubblico parigino, a cui -ho accennato, se non fu la principale nè l'unica fu certamente una -delle ragioni per le quali il Rossini spezzò la penna di compositore -melodrammatico. Consapevole della propria gloria, egli si ritirò, -tra sorridente e sdegnoso, dalle battaglie della scena: si ritirò a -trentasette anni: nè i pentimenti troppo tardivi dei pubblici, nè le -cospicue offerte che dalle grandi metropoli dell'Europa gli pervenivano -valsero a vincere quella sua serena pigrizia, in cui si sarebbe -cullato, con tutte le seduzioni fascinatrici della celebrità, per -quarant'anni di seguito. - -Iniziatore di una riforma, Gioacchino Rossini non ebbe soltanto il -merito di aprir nuove vie all'arte melodrammatica, ma tutte le percorse -da sovrano conquistatore, in tutte impresse la incancellabile orma -propria. E perchè il genio ha qualità, quasi direi, assorbenti, e la -luce che da lui emana par che riassuma in sè, compenetrandole, tutte -le altre luci minori e le attenui e le spenga, appunto come il sole che -non può esser vinto da nessuna illuminazione artificiale, così accadde -che nel silenzio dell'autore del _Guglielmo Tell_ si credette che la -musica italiana avesse pronunziata l'ultima sua parola. - -Di quali altri capolavori si sarebbe arricchito il repertorio -melodrammatico, se nel Rossini la volontà e la fantasia fossero -state in ugual misura obbedienti, è ricerca che a nulla gioverebbe. -L'immortale maestro, che impegni contrattuali col grande teatro di -Parigi obbligavano per un corso non breve di anni, si sentì a un -tratto disorientato in quella rivoluzione del luglio 1830, che dava -alla vita politica, alla vita letteraria ed artistica della Francia -indirizzi nuovi. Come il Mefistofele del Goethe, che non comprende le -classiche finzioni della greca mitologia nella simbolica evocazione di -Elena, così l'autore dell'_Italiana in Algeri_, del _Turco in Italia_, -del _Barbiere di Siviglia_ dura fatica a raccapezzarsi in quel moto -degli spiriti vagheggianti ideali nuovi, in quelle irrequietezze delle -fantasie giovanili che anelano ad orizzonti fino allora inesplorati. -Rimane intatta e splendente la sua musica, perchè segnata col marchio -indistruttibile del genio, ma il suo linguaggio si crede o pare -che non risponda più ai bisogni, alle aspirazioni, ai desiderii -dell'universale. Spira nelle regioni dell'arte un soffio di modernità -che non si acquieta ai facili sorrisi dell'abbondante produzione -dell'opera giocosa; e le menti, fatte serie e cogitabonde, drizzano -per così dire la vela in oceani più sconfinati, dove par che baleni, -tremolando sulle acque, la fata morgana dell'invadente romanticismo. - -E frutto del romanticismo, imperante nella Francia degli Hugo, dei -Delavigne, dei De Vigny, è la musica dei maestri italiani succeduti al -Rossini. Ai francesi compositori, come l'Auber e l'Halévy, ai tedeschi -un po' infrancesati come Giacomo Meyerbeer, non valse la imitazione -rossiniana, in principio servile e poi alquanto più libera, per potere -essi raccogliere la eredità creduta giacente. La divina Euterpe spiccò -il volo rivalicando le Alpi, e tornò da Parigi nella sua vera patria -l'Italia, di dove più non si mosse. - -Qui era nata, qui aveva raggiunto lo splendore suo massimo, qui erano -sbocciate le immortali cantilene dei Pergolese, dei Paisiello, dei -Cimarosa; e qui avrebbe dovuto fatalmente riallacciarsi la fulgida -tradizione che la partenza del Rossini dalla patria un po' ingrata non -era riuscita ad interrompere. Onde gli occhi di tutti si volsero là -dove nuovi germi sbocciavano, dove le nuove manifestazioni dell'arte -fiorivano, dove il genio della musica ci apparecchiava le nuove grandi -sorprese del periodo che oggi studiamo. - - * - * * - -Singolari tempi cotesti: quasi ponte di passaggio fra le due rive di -un fiume frettoloso, avviato verso una mèta iperbolicamente lontana. -Dopo un lungo riposo di quindici anni, un riposo conquistato a prezzo -di tanto sangue inutilmente versato nelle guerre del primo Napoleone, -cominciava ora quella feconda evoluzione degli spiriti e delle -menti, che, come dianzi accennavo, prese il nome, anzi rinverniciò a -nuovo quel vecchio nome di romanticismo: e se la Francia, seguitando -l'esempio della Germania del Goethe e dello Schiller, sopravanzò gli -altri popoli nella feconda produzione poetica e prosastica, l'Italia, -non ostante i grandi fulgori del genio manzoniano, si restrinse, -almeno per allora, nel campo della musica: anzi più specialmente della -musica melodrammatica. Fosse mancanza di grandi ingegni letterarii, -che avrebbero dovuto continuare l'opera iniziata nel '27 dal Manzoni -col suo celebre romanzo, fossero le condizioni civili e politiche -della penisola, fosse piuttosto, come io credo, la vivace rimembranza -dei recenti trionfi musicali, fatto sta che l'Italia si restrinse -per allora a una sola arte, e gelosamente custodì e mantenne quel suo -primato invidiato ed invidiabile della musica teatrale. - -Chi studiasse un po' attentamente quel periodo di vita sociale, che -si svolse in Italia dal '31 al '46, ne troverebbe rispecchiate alcune -sue manifestazioni nella musica dei maestri d'allora: i nomi dei quali -sono vanto imperituro nell'arte del secolo decimonono. Quella musica -combatte in principio una tenace battaglia, per liberarsi dai fàscini -e dalle seduzioni del grande mago che si adagia sorridente all'ombra -dell'albero della sua gloria, e a poco a poco riesce a vincere: ma -perdurano quelle ragioni, che avevano costretto anche il Rossini ad -improvvisare in poche settimane, qualche volta in pochissimi giorni, -le opere per le quali si era impegnato con le direzioni dei teatri. Il -teatro è la più potente, la più geniale distrazione di quel tempo: è, -per così dire, l'unica manifestazione chiassosa dello spirito pubblico, -che si rivela in una incessante domanda di altre opere. E queste opere -occorre rispondano alla smania di novità che agita le folle, occorre -non interrompano ma anzi alimentino quella produzione artistica che -deve diffondersi da tutti i palcoscenici d'Italia. - -La schiera dei maestri, dico di quelli a cui non mancheranno i -favori del pubblico, è troppo esigua al bisogno, perchè ella possa -corrispondere alle richieste che d'ogni parte si affollano: onde la -necessità li costringe a lavorare rapidamente, talvolta con prestezza -fulminea. Accade perciò che non sempre la miniera, quantunque -inesausta, dia metallo purissimo, e che il genio rifulga sempre della -medesima intensità di luce: tormentato e irritato, egli ha ogni tanto -qualche abbandono, qualche cascaggine, qualche annebbiamento che lo -offusca. Ma dalla fredda accoglienza fatta a un'opera nuova, o anche da -un clamoroso insuccesso, l'autore si risolleva e risorge come stimolato -a vendicarsi, e le sue vendette sono spesso capolavori: capolavori -che hanno nome _Sonnambula_, _Norma_, i _Puritani_, _Anna Bolena_, -_Lucrezia Borgia_, _Lucia di Lamermoor_. - -C'è dunque un nuovo indirizzo, stavo per dire una nuova scuola che -sorge, florida di giovinezza, ricca di speranze, cercatrice smaniosa -di successi. La musica italiana, che s'era detto aver pronunziata col -_Guglielmo Tell_ la sua ultima parola, riprende il suo fatale andare, -e parla ancora alle menti, eccita ancora le fantasie, commuove ancora -ed esalta milioni e milioni di cuori. Vincenzo Bellini e Gaetano -Donizetti, i due astri più luminosi della pleiade scintillante, -procedenti per vie diverse ad una medesima mèta, con magnanima -ostinazione resistono alle prime avvisaglie della scuola tedesca, -e dimostrano con l'esempio di voler serbare alla nostra musica la -schietta italianità, che vuol dire il sentimento, la passione, la -melodia, il canto. - -Nei loro inizii, nelle inevitabili incertezze di chi, incominciando, -sente di non poter camminare spedito se non si appoggia, come l'edera, -a qualche robusto tronco, anche i due maestri s'ispirano e si scaldano -al gran sole rossiniano: ma dopo quei primi esperimenti di una -ginnastica intellettuale, quando la loro fibra si è ringagliardita -nelle molteplici prove, ed essi hanno acquistata la coscienza -sicura del proprio essere, ogni ombra d'imitazione scompare, ed -essi raggiungono in brevissimo tempo la fama, la popolarità, la -gloria. Sono l'uno e l'altro, e sinceramente lo confessano, una -derivazione rossiniana: ma accade di loro, se mi è lecito di rapire una -similitudine alla scienza astronomica, accade di loro come quando un -bolide scoppiando si riduce in parti, e coteste parti, pur descrivendo -ciascuna per conto proprio una traiettoria nello spazio, serbano -in comune il punto primitivo di partenza: così i due grandissimi, -quantunque di grandezza diversa dal loro autore e non ostante -l'individuale cammino percorso, sembrano emanare da un apice comune, da -Gioacchino Rossini. - -Ma della serena spensieratezza di quelli anni e di quella generazione, -che affaticata dalle immani lotte napoleoniche cercava un riposo e -una distrazione nelle prime opere del maestro di Pesaro, e rispondeva -acclamando e ridendo alla squillante risata dell'autore del _Barbiere -di Siviglia_, di cotesta spensieratezza non vedremo più che una traccia -fuggevole. Se qualche cosa d'incipriato sopravvive all'ottantanove e ai -trattati del quindici, se nella vita poco o punto affaccendata delle -classi colte c'è ancora come un resto delle mollezze e delle morbide -blandizie del settecento, e c'è una corruzione elegante che non sa -risolversi a rendere le armi, pure aleggia nella parte sana del popolo -un'aura più vivace, e già un concetto delle civili responsabilità a -poco a poco la penetra. - -Interprete dei sentimenti e delle aspirazioni nuove sarà l'arte -della musica, che per la sua stessa indeterminatezza del linguaggio -si piegherà volenterosa ad esprimere sentimenti, affetti, passioni -tumultuanti nelle anime. - -Una solenne e austera mestizia par che governi il mondo, e di -quella mestizia è raccontatrice e commentatrice fedele la musica. -Sorriderà ancora, in alcune geniali produzioni del Donizetti, la musa -dell'opera giocosa, ma fra quei sorrisi vedremo pure talvolta balenare -scintillando le lacrime, e per arrivare al lieto fine di prammatica -rasenteremo più d'una volta il dramma. L'arte non è più un semplice -diletto, nè una blanda carezza di suoni armoniosissimi; ella deve -invece tradurre tutto quel complesso di aspirazioni che sono tanta -parte nella vita nuova del popolo, deve in certo modo riprendere e -continuare per conto proprio l'opera iniziata altrove con la poesia, -col romanzo, col dramma. Una invisibil catena avvince le genti fra -loro, le genti oramai consapevoli dei propri diritti e dei propri -doveri: e perchè l'arte è il linguaggio che tutti comprendono, toccherà -a lei farsi divulgatrice d'idee e di propositi, che nel segreto -dapprima, poi alla luce aperta del sole maturano. - -Chi afferma che la musica di cotesti anni altro non è che la -continuazione di quel che fu fatto nel primo trentennio del secolo, -dà prova di non averne penetrata la intima essenza. Certo nè Vincenzo -Bellini, nè Gaetano Donizetti furono gli antesignani di una rivoluzione -civile e politica, alla quale essi mai non pensarono, e della quale -sarebbe sfuggita a loro, perchè distratti in più serene contemplazioni, -la ragione remota o prossima. Ma un qualche cosa che vibrava e -fremeva intorno dovette persuaderli che sarebbe toccata alla musica -una partecipazione essenziale in quel grande rimescolìo degli animi -e delle menti: e guidati da quell'istinto che è qualità divinatrice -del genio, essi furono gli uomini del loro tempo, furono i gloriosi -portabandiera di un piccolo ed elettissimo esercito, che combatte anche -oggi battaglie non ingloriose nel campo dell'arte. - - * - * * - -Vincenzo Bellini rappresenta, nella pleiade musicale di cotesti anni, -il luminoso astro fuggitivo che brillerà d'intensissima luce per -pochi anni, poi sparirà quasi consunto dal suo medesimo fuoco. Se -egli ottenesse dalla natura il dono prezioso della fecondità, non è -certo; ma si sa che le opere sue più belle, le tre opere magistrali -che non morranno fintantochè almeno non si capovolgano le leggi eterne -del gusto, rampollarono dall'accesa fantasia del giovane maestro con -meravigliosa rapidità, e si sa pure che dopo il sublime suo canto del -cigno, dopo quei _Puritani_ che sollevarono un grido d'entusiasmo per -tutto il mondo, egli, già colpito dalla fatale malattia che doveva -spegnerlo all'età di trentaquattro anni, meditava sopra due nuovi -soggetti. Di lui veramente, meglio che del Rossini, sarebbe curioso -e opportuno indagare quali nuove forme avrebbe assunte, a quali -diversi atteggiamenti si sarebbe piegato il suo ingegno, se la natura, -dispettosamente crudele, non avesse voluto dare apparenza di verità -all'antica sentenza di Menandro: «Muor giovine colui che al cielo è -caro.» - -L'acutezza tutta meridionale della sua mente, in quei brevi mesi -di soggiorno a Parigi, gli servì per penetrare addentro nei nuovi -progressi della musica strumentale, che fu per lui come il dischiudersi -di nuovi orizzonti; e forse non esagerano quei biografi i quali -affermano, che prima di recarsi in Francia il Bellini non conoscesse -che superficialmente la musica di quel maestro che il Rossini non -dubitava di chiamare fra tutti il più grande, e che fu Ludovico -Beethoven. Della profonda mestizia, qualità predominante nell'autore -delle Nove Sinfonie, è facile riscontrare più d'una traccia nell'ultima -opera del maestro catanese, come nè è più ricco, più nutrito, più -vario lo strumentale. Egli che, nell'idilliaca _Sonnambula_, emulò -la greca semplicità e la perfezione di Teocrito, e nella _Norma_ -si sollevò a grandezza epica, tocca, io credo, il massimo vertice -del sublime con la dipintura delle cruente lotte fra i _Puritani ed -i Cavalieri_. Dalla favola montanara, tutta impregnata di agresti -profumi, dalle foreste druidiche, di cui indovina, senza neanche darsi -pensiero di approfondirle, le sanguinose tregende, egli trapassa alla -contemplazione e alla riproduzione di un grande quadro storico: ma -nella cozzante varietà dei soggetti che tratta, egli serba pur sempre -lo spiccato carattere della individualità propria, della propria -originalità. - -Ascoltando la musica di altri maestri, rimarremo incerti talvolta -nell'attribuire la paternità a questo od a quello: ma Vincenzo Bellini -non è possibile confonderlo mai con altri. Le sue cantilene soavissime, -le sue melodie, quasi tutte di prima intenzione, e una tal quale -morbidezza raffaellesca di contorni, ce lo annunziano e ce lo rivelano -presente sempre. - -Egli non somiglia che a sè medesimo. Sentendolo, vien fatto di pensare -che la sua musica, più che dalla fantasia, gli germogli dall'anima, e -che quell'anima riassuma e traduca le troppo fugaci gioie e gli eterni -dolori dell'umanità: vien fatto di dire che i suoi canti, più che col -linguaggio delle note sono composti di lacrime, e sono le lacrime che -raccontano le nostre miserie, le nostre intime ambascie. - -Vincenzo Bellini ebbe principalissime, fra tutte le doti musicali, la -schiettezza e la limpidezza, congiunte alla più squisita semplicità -delle forme. C'è stato perfino un tempo, nel quale non si dubitò di -dirlo anche troppo semplice. Venti o venticinque anni fa il direttore -di un teatro parigino, voglioso di rimettere in scena la _Norma_, -propose a Giorgio Bizet, non ancora celebre, di rifare, secondo -le nuove tendenze e il nuovo stile, la strumentazione dell'opera -belliniana, e offrì al giovine maestro, bisognoso di lavorare, qualche -migliaio di lire. Tutto lieto il Bizet portò a casa la partitura della -_Norma_, stimando agevole impresa rimettere a nuovo la vecchia opera, -vecchia allora di più che quarant'anni. Ma di lì a qualche giorno, con -la partitura intatta sotto il braccio, egli andò a trovare il direttore -di quel teatro, e restituendogli lo spartito gli disse che le opere -del genio sono intangibili, che a mettervi le mani e ad alterarle -si commette opera profanatrice e sacrilega. L'autore futuro della -_Carmen_, grande artista veramente, respingeva da sè con ribrezzo la -mostruosa complicità in un reato, rimasto fortunatamente uno sterile -tentativo. - -Ogni tempo ha l'arte che si merita e che gli si confà: e l'arte non ha -efficacia immediata, se non in quanto rispecchia i gusti, le tendenze, -le aspirazioni dell'epoca in cui ella sorge e fiorisce. La musica della -prima metà del nostro secolo, discesa in linea retta da quella del -secolo precedente, mantenne intatta la tradizione, ma si arricchì di -forme più belle, ma ebbe intenti più serii e più drammatici, ma penetrò -anche più addentro nei segreti dell'anima umana. - -Senza confondere l'arte con la scienza, ma senza ripudiare -quest'ultima, rifiutò tutto quello che non germogliasse direttamente -dalla fantasia. E appunto per questo fu grande e semplice; ed ebbe -nome, per il momento, Vincenzo Bellini e Gaetano Donizetti, Oh non per -loro certamente, non per le loro orchestre destinate ad accompagnare -docilmente o ad abbellire di fregi modesti il canto della scena, non -per le loro orchestre, come doveva accadere più tardi per il mistico -Wagner, tutte le potenze della natura congiurarono favorevoli, nè la -terra regalò quasi tutto il metallo delle sue miniere e il legname -delle sue foreste per fornire le armi sonore destinate agli assalti -irresistibili! La musica di quei nostri grandi, veramente nostri, -scaturita come fonte viva di limpida acqua dalle viscere della -montagna, non ebbe bisogno delle violente arginature artificiali che -ne affrettassero il corso, ma si diffuse allargandosi come in azzurro -tranquillissimo mare tutto bagnato di sole. Era il sole d'Italia, o -signori, e non aveva nulla da invidiare alle nebbie germaniche. - - * - * * - -Diverso affatto dal Bellini fu Gaetano Donizetti, compagno suo ed -emulo felice in quella gara che durò fino al 1835, fino all'anno in -cui l'autore dei _Puritani_ si spense. Di Vincenzo Bellini, tenuto -conto anche dei primi tentativi melodrammatici, si contano nove opere -soltanto: Gaetano Donizetti invece, fantasia più feconda, ingegno più -vario se non altrettanto peregrino, e agitato dalla febbre continua -del produrre, fornisce durante ventiquattro anni, dal '22 al '46, un -così lungo cammino, e semina quel suo cammino, con una prodigalità che -rasenta la spensieratezza, di così fulgidi capolavori, che basterebbe -lui solo, io credo, a segnare di un'orma indistruttibile la storia -dell'arte. - -Egli fu veramente, per la grazia della espressione, per la originalità, -la spontaneità, la vaghezza melodica, per una soavità e una delicatezza -di cantilene non scevre di malinconia, egli fu il Mozart dell'Italia: -non scevre di malinconia, ho detto, come fu divinamente malinconico il -Bellini, sì che l'uno e l'altro pare che rispecchino, nella indole dei -loro ingegni e dei loro animi, il virgiliano _sunt lacrimae rerum_, -che il Manzoni, forse inconsapevolmente, ha tradotto con la mestissima -frase che «del dolore ce n'è, sto per dire, un po' per tutto». Se non -che il Donizetti, fecondo e versatile come pochi, e superiore in questo -al Bellini, ci lascia incerti anche oggi se riuscisse più felicemente -efficace, appunto come Wolfango Mozart, nel melodramma serio o -piuttosto nell'opera giocosa. - -La popolarità e la fama rapidamente raggiunte lo avevano già reso -celebre in pochi anni: il nome suo non pure famoso in Italia, ma -nelle principali e più colte città dell'Europa, andava fino dal '37 -congiunto ad opere che s'intitolano _Anna Bolena_ e _Elixir d'amore_, -_Lucrezia Borgia_ e _Lucia di Lamermoor_, _Marin Faliero_ e _Parisina_, -per tacer delle altre: e sono opere che rimarranno lungamente vive, -insieme con quelle degli ultimi suoi dieci anni: rimarranno vive anche -nei pervertimenti frenetici del gusto, anche nei periodi delle così -dette rivoluzioni musicali. Perchè il genio ha anche questo di buono, -di salutare, di benefico: che sopranuota a tutti gli errori, a tutte -le aberrazioni, alle storture d'ogni maniera: egli resiste sereno ed -impavido ai mutabili capricci della moda, alle piccole e alle grandi -ostilità, alle guerricciòle degli emuli, alle invidie degli impotenti. - -E notate questo, o signori: gli anni in cui il Donizetti imperò -quasi solo nel campo della musica, furono gli anni delle aspettative -pazienti: e perchè, nel silenzio di ogni voce un po' libera, e -nell'abbattimento di ogni aspirazione generosa, gli astuti governanti -d'Italia erano larghissimi nel favorire, nel secondare, nel provocar -quasi i popolari entusiasmi per i grandi spettacoli teatrali, accadde -che le fantasie, private per allora di ogni più vigoroso alimento, -trovassero pascolo sufficiente e distrazione bastante per una nuova -opera, per un giovane maestro che accennasse ad uscire dalla schiera -dei volgari, anche per un artista, uomo o donna, che le imprese e le -direzioni dei varii teatri d'Italia si disputassero. - -C'era di mezzo l'arte; ma c'era anche, bisogna pur convenirne, il -superficiale diletto dei sensi: e nel doloroso silenzio di cotesti -anni fu possibile vedere, in quella città che doveva poi scrivere -col proprio sangue una pagina immortale nella storia del risorgimento -italiano, fu possibile vedere preso d'assalto, con manifestazioni quasi -di delirio, il teatro della Scala da una folla tumultuante, perchè -i due astri della danza, la Cerrito e la Essler, comparivano, per il -momento non più rivali, in un medesimo, ballo e nella medesima sera; -e fu anche possibile vedere giovani patrizi e banchieri stagionati -disputarsi non soltanto i favori ed i sorrisi delle danzatrici più -celebri, ma anche i più minuti gingilli abbandonati dalle _dive_ -al servitorame degli alberghi; persino le maioliche intime di una -Essler, ridotte in cocci, dividersi come reliquie fra qualche dozzina -di adoratori, perchè potessero fregiarsene i candidi sparati delle -camicie. - -Ma non incrudeliamo soverchiamente sopra le debolezze di un tempo, -la cui responsabilità non ricade che in piccolissima parte sulla -cittadinanza italiana. Alle brevi aberrazioni succedevano ben presto -i più durabili e fervorosi entusiasmi per le grandi rivelazioni -dell'arte, e il Donizetti, morto Vincenzo Bellini, fu per allora -l'unico sovrano intellettuale delle folle, l'unico inappellabile -arbitro del gusto. - -Nello spazio di ventidue anni, dal '22 al '44, egli scrive -sessantacinque opere: due in ciascun anno, spesso tre, talora anche -quattro. Gli accade più d'una volta di trovarsi a quindici e venti -giorni di distanza dall'epoca fissata per la consegna di un'opera, e -non soltanto non averne scritta neppure una nota, ma neanche sapere -quale libretto gl'invierebbe il poeta: eppure nel giorno fissato egli -mantiene scrupolosamente l'impegno. - -Una sua opera fresca e limpida anche oggi come un mattino di primavera, -l'_Elixir d'amore_, egli la scrivo in quindici giorni; scrive in sei -settimane la _Lucia di Lamermoor_, uno dei più squisiti capolavori -musicali del secolo: compone in undici giorni il _Don Pasquale_, -modello insuperato di commedia musicale: improvvisa in otto giorni -la _Maria di Rohan_. Al cognato Vasselli di Roma, col quale mantenne -sempre una fraterna e gioconda corrispondenza epistolare, così scriveva -argutamente da Parigi nel 4 gennaio 1843: - -«Il giorno 31 del passato dicembre passò non da questa all'altra vita, -ma da una parte all'altra della Senna, il signor Donizetti, per essere -nominato socio corrispondente dell'Istituto di Francia. E ieri sera, 3 -del nuovo 1843, si diede al teatro Italiano la prima recita della sua -nuova opera _Don Pasquale_. Non vi fu pezzo senza applausi: l'autore -chiamato dopo il secondo atto e dopo il terzo. L'opera gli è costata -una pena immensa: undici giorni. Ora a Vienna darà il _Duello sotto -Richelieu_ (che è la _Maria di Rohan_): otto giorni di travaglio: -giorni contati. E siete pregato di non raccontare i miei segreti, -perchè già il pubblico o non li crede, od immagina che sia musica -buttata giù.» - -Nove anni prima, nel 1834 a Milano, una grave infermità d'occhi -impedisce al Mercadante di scrivere l'opera che si è impegnato di -consegnare al teatro della Scala. Mancano quaranta giorni allo scadere -dei termini, e il Mercadante chiamato a sè il Donizetti caldissimamente -lo prega di supplirlo, per evitare a se il pagamento di una grossa -penale. Il Donizetti acconsente, in meno di trenta giorni consegna -finita l'opera, e quell'opera ha nome _Lucrezia Borgia_. - -Egli è fatto così: la sua produzione è fulminea. Basta che un -soggetto potentemente lo attragga perchè egli se ne innamori, e -subito gli trasfonda la vita immortale della sua arte. Indole arguta -e di giocondissimo umore, lieto di trovarsi nell'amabile compagnia -di parenti e di amici, egli non sfugge le allegre distrazioni della -vita svagolata del palcoscenico, si trattiene perfino un po' troppo -nei camerini delle prime donne; ma il pensiero fisso della sua mente -è sempre rivolto a quell'opera, o meglio ancora a quelle opere che -imprese, direzioni di teatri e pubblici con febbrile impazienza -aspettano. E nei solenni momenti della geniale ispirazione egli si -rinchiude, se così posso esprimermi, in quella parte del mondo ideale -ove sorge il palazzo marmoreo dell'arte. Costì egli evoca intorno a -sè i fantasmi dei tempi e dei personaggi che furono, e scrive opere -di argomento storico: cerca nei romanzieri, nei drammaturghi, nei -commediografi l'abbozzo, la linea rudimentale di personaggi e di -fatti immaginarii, ed egli li veste, li colorisce, dà loro la vita, il -movimento, il colore della sua arte. - -A queste due categorie di personaggi egli chiede misteriosamente il -segreto della loro esistenza, dei loro amori, delle loro gelosie, -dei loro odii, delle loro colpe, ed essi, come avrebbe detto Niccolò -Machiavelli, per loro umanità gli rispondono. Nella storia e nella -leggenda, nelle romanzesche avventure che i poeti immaginarono si -svolgessero nelle antiche Corti, nei castelli medioevali, fra le -montagne azzurre o fra le nevose della Savoia, nei poveri paeselli -della campagna, nelle foreste della Scozia, nei grandi parchi -dell'Inghilterra, il Donizetti si foggia per conto suo altrettanti -mondi, e quei mondi, quasi rispondessero alla irresistibile chiamata -di un dio, si risollevano dalle tombe come le suore peccatrici evocate -dalla magìa di Roberto, scuotono la polvere dei secoli, palpitano e si -muovono, perchè il genio di un uomo vi ha soffiato per entro il potente -anelito della vita. - - * - * * - -Ma «la via lunga ne sospinge» e l'ora si affretta verso il suo termine. -Guardiamo ancora. Ecco che sul nostro cammino.... diciamo meglio, -ecco apparire nel nostro cielo un nuovo astro, non per ora d'intensa -e continua luce come i due che lo precedono, fosco anzi e un po' -tenebroso in principio, ma che scintillerà presto di splendori tutti -suoi. E un giovine di ventotto anni, alto, magro, accigliato, con -i lunghi capelli che gli scendono in ciocche abbondanti sul collo. -La sventura lo ha colpito pochi mesi innanzi con la morte della -giovanissima diletta compagna e di due figlioletti, e l'insuccesso -clamoroso di una sua opera, la seconda scritta da lui, pare lo abbia -allontanato per un pezzo dalla ingannatrice sirena melodrammatica. Dice -a tutti di esser tornato dal nativo paese a Milano, non per cercarvi -una gloria che pare il destino voglia negargli, ma per dar lezioni di -canto e di pianoforte, giacchè egli ha bisogno di vivere. - -Non ostante ciò, non può rinunziare a far vita comune con gli artisti, -a discorrere della musica degli altri non avendo niente di bello -da raccontar della propria, e passa le giornate e le sere in quel -mondo così vario, così turbolento, così incontentabile, che svolge -le sue spire attorno alla piazza ove sorge il teatro della Scala: -singolarissimo mondo che è come una Camera di Commercio del canto -e della danza, mondo suddiviso in piccoli quartieri, in minuscole -stanze a pian terreno ed al mezzanino, dove convengono ad ogni ora -artisti, impresari, speculatori, faccendieri, buongustai, abbonati, -pubblicisti, librettisti, maestri di musica, mezzani. Mancava allora -la troppo celebrata galleria Vittorio Emanuele, sotto la cui cupola -bighelloneggiano gl'irrequieti cercatori di scritture teatrali; ma -c'era il portico del teatro della Scala, c'erano gli sgabuzzini degli -agenti, i negozii di musica di Francesco Lucca e di Giovanni Ricordi, -i caffè, le fiaschetterie, i camerini delle imprese, le quinte dei -palcoscenici: e dappertutto era un rimescolìo di offerte e di domande, -una animata, continua, febbrile conversazione, un protestare, un -indignarsi, anche uno scambio di male parole fra chi vantava i propri -meriti, e chi s'ingegnava a disprezzarli per pagar meno: e tutto questo -accompagnato da squassamenti delle lunghe zazzere dei tenori spioventi -sui baveri, da movimenti drammatici dei pizzi prolissi dei baritoni, -da voci cavernose dei bassi profondi, dallo scodinzolare leggiadro dei -soprani, dei mezzi soprani, e dei contralti. - -In quel mondo, al quale mancò finora — ed è veramente un peccato -— l'arguto e verace istoriografo, si aggira inquieto e nervoso -quel giovane di ventotto anni, che ascolta tutti e discute animato -ed a scatti, che, nel facile contradire delle conversazioni al -caffè, batte con violenza sul tavolino la mano larga e tozza, e con -l'audacia di certi suoi propositi scandalizza i refrattari parrucconi -del Conservatorio milanese: quei parrucconi che con una farisaica -interpretazione dei regolamenti avevano respinta la sua domanda di -parecchi anni prima per essere ammesso fra gli alunni di quell'Istituto -musicale. - -A cotesto giovanotto oramai maturo e già autore di due opere, che dice -a tutti di non volere più scrivere per il teatro, e invece non pensa, -non discorre, non palpita che per cotesto fantasma dei suoi trepidi -sogni, a quel giovanotto occorre si presenti una occasione fortuita, -occorre il mancato adempimento ad un patto contrattuale di qualche -maestro, che so io? la necessità in cui si trovi un impresario di fare -onore in qualsiasi modo agli impegni assunti col pubblico: occorre -questo, perchè gli occhi del giovine si ravvivino di speranze, perchè -il tumulto della fantasia si ridesti, perchè il dio della ispirazione -mandi il tonante grido della riscossa. - -E il grido ci fu: la fantasia ebbe un sussulto: l'opera apparve -luminosa nel cielo dell'arte. Quel giovinotto aveva nome Giuseppe -Verdi, quell'opera s'intitolava _Nabucco_. - -La storia anedottica del _Nabucco_ l'ha raccontata lo stesso Verdi. -L'opera doveva musicarla il maestro Nicolaj, e in una sera di decembre -del 1841 l'impresario del teatro della Scala, incontratosi col Verdi, -gli raccontò che il libretto della nuova opera non piaceva al maestro, -che per la ristrettezza del tempo non era possibile averne altri, -ma che lui impresario manderebbe al diavolo il Nicolaj se il Verdi -accettasse di scrivere la musica del _Nabucco_. - -La resistenza e le proteste furono vane: il giovane maestro, cacciatosi -in tasca il manoscritto di Temistocle Solera, corse a casa: e aperto -così a caso il quaderno, lesse i versi, rimasti celebri, dello stupendo -coro: «Va', pensiero, sull'ali dorate,» che nella musica melodrammatica -del nostro secolo è forse la invocazione più appassionata e più sublime -alla patria lontana, e che fratello maggiore del coro dei _Lombardi_, -meriterebbe con più ragione si ripetesse di lui: - - Che tanti petti ha scossi e inebriati. - -Col _Nabucco_ s'iniziano veramente i trionfali successi del Verdi: -continuano con l'opera venuta dopo, _I Lombardi alla prima Crociata_, -raggiungono il massimo dell'entusiasmo con l'_Ernani_: dal '42 al '44, -il «giovane Verdi,» come allora lo chiamavano, avea acquistato in meno -di tre anni un posto d'onore; e raro esempio nella storia dell'ingegno -umano, non solo non ne discese più mai, ma di scalino in scalino, di -tappa in tappa, se così mi è lecito esprimermi, salì alla fama, alla -rinomanza, alla gloria. Egli rimaneva oramai quasi solo (l'astro del -Donizetti si avvicinava rapidamente all'angoscioso tramonto), quasi -solo egli rimaneva a rappresentare la grande, la nobile, la ispirata -arte italiana. - -Egli ebbe intenso dalla natura, e lo ha squisitamente affinato nel -corso degli anni, l'istinto prezioso e incomunicabile dell'effetto -teatrale; anche obbedì, in tutte le opere di quella sua prima maniera, -alla foga potente della ispirazione, e fu di un'abbondanza melodica -che somigliò quasi alla prodigalità. Peccò qualche volta per dato e -fatto della sua stessa virtù, peccò di trascuratezza. Simile forse in -questo (me lo perdonino le ascoltatrici gentili) simile a una donna -bella che osi, appunto perchè bella, presentarsi ai suoi ammiratori un -po' scapigliata e in abito disadorno. Ma egli è che allora si scriveva -musica per scriver musica, e con le sette note di Guido Monaco non -s'intendeva di risolvere nè un problema d'algebra, nè un teorema di -meccanica celeste: si voleva soltanto destare la commozione, il grande -e il solo sentimento che possa chiamare le folle in teatro. - -E di una commozione, trasportata fino alle regioni del parossismo, -fu causa l'ultima delle opere che ho citata, l'_Ernani_. Il dramma -audace dell'Hugo, simbolo di riscossa per tutta una scuola letteraria, -diventa il vangelo altrettanto audace di tutti gli spiriti liberi. -Venezia, dove la nuova opera fu per la prima volta rappresentata, e in -breve giro di mesi tutta l'Italia acclamano il cantore di _Doña Sol_, -come il rappresentante della musica dei tempi vaticinati. Pare quasi -interrotta la tradizione; si direbbe che il maestro, spezzate le catene -del convenzionalismo, si slanci a scoprire i nuovi orizzonti dell'arte, -illuminata da lui col sole del proprio genio. - -_Ernani_ è la protesta magnanima contro le tirannie, è l'odio -della violenza alimentato dalla violenza, è il grido del popolo -che si ribella alla signoria dei grandi e dei sovrani. Come suonano -rimbombanti e armoniosissimi i versi del poeta francese, così l'alata -schiera delle melodie del maestro italiano si libra a volo sul dramma, -e tutto lo penetra e lo investe. C'è in quella musica qualche cosa di -trepido, di convulso, di rapido, d'irrompente. L'ardentissima anima del -Verdi non aveva avuto ancora, e forse non le ebbe mai più, vibrazioni -musicali così gagliarde, non s'era mai slanciata a colorire con tanta -esagerata potenza un immenso quadro drammatico. Io credo sieno pochi -gli esempi di opera che, come l'_Ernani_, mantengano sempre viva, -musicalmente, l'attenzione dalla prima all'ultima scena; e qui il -dramma e la musica mirabilmente si fondono a raccontare in altissimo -metro una pagina della storia eterna del cuore umano. - -E così Giuseppe Verdi, con la stupenda produzione che va dal '42 al -'46, schiude veramente le porte dell'avvenire, creando uno stile -suo, manifestando una maniera tutta sua propria di concepire e di -svolgere un violento contrasto di passioni sulla scena melodrammatica. -La fecondità di quelli anni, non dissimile dalla geniale rapidità -donizettiana, nocque forse al maestro di Busseto per la materiale -impossibilità di adoperare la lima: ma giovò alla espressione di una -più grande sincerità in quei subitanei quasi selvaggi scoppi del genio, -preludio ad avvenimenti che maturatisi nel silenzio, dovevano di lì -a poco suscitare i fremiti delle balde giovanili speranze nel cuore -improvvisamente svegliatosi della patria. - -In quel medesimo anno, che è l'ultimo del periodo del quale le nostre -Letture si occupano, e sempre nella città di Venezia, un'altra opera -del Verdi scoppiò come fulmine e fu l'_Attila_: musica tempestosa -che entrava difilato per le orecchie nelle anime, e di popolarità -così clamorosa e così diffusa, che sopravvisse di qualche anno alla -morte delle speranze italiane: come uno di quei canti che l'esule con -accorata tenerezza ripete, perchè gli richiama alla mente le dolci -valli della patria lontana. - -È naturale quindi che in coteste opere della prima maniera del Verdi -si volesse rintracciare un concetto politico: così nei _Lombardi_ che -sospirano al tetto natio e ricordano con sublime lamento i ruscelli -ed i prati della loro terra, parve di scorgere una anticipazione del -quarantotto, quasi un simulacro di movimento nazionale: e nella celebre -offerta dell'universo che fa Ezio ad Attila, purchè a lui, generale -romano, rimanga l'Italia, c'era più che un pretesto per sollevare a -rumore le platee, per far vibrare la corda dello spirito patriottico. - -Si potranno questi chiamare gl'innocenti anacronismi della leggenda, -ma non sono perciò inutili: tanto è vero che di lì a pochi mesi le più -fortunate e popolari opere del Verdi si trasformarono in segnacoli -di riscossa, i suoi canti ispirati furono gl'inni della nazione, e -Gerusalemme diventò Milano con le sue cinque giornate. La musica è così -fatta, che mirabilmente si piega ad esprimere il concetto dominante -negli spiriti; e se un caldo soffio di poesia la ravvivi, ella diventa -preghiera ed imprecazione, espressione d'infinito rammarico e di -giubilante letizia, augurio, speranza, vaticinio. I poeti d'Italia -cantavano in strofe roventi la rivoluzione prossima a trionfare; ma non -bastava il ritmo poetico, ci voleva una risonanza più armoniosa e più -vasta; e il popolo fremente e commosso ripeteva sulle pubbliche piazze -il «Va' pensiero, sull'ali dorate» del _Nabucco_, e l'«Oh, Signore, dal -tetto natìo» dei _Lombardi_. Con un anticipato augurio di cinque lustri -Alessandro Manzoni aveva inneggiato nella lirica patriottica del 1821 -alle «giornate del nostro riscatto.» - - - _Signore e Signori_, - -Attorno a quel gruppo di stelle, onde si compone la pleiade musicale -che brillò nei puri vesperi dell'Italia dal '31 al '46, altri -minori pianeti, come obbedienti satelliti, girarono e modestamente -splendettero; ma la loro luce ebbe bagliori fugaci che ben presto -si dissiparono. Nell'azzurro sconfinato del cielo gli astri di prima -grandezza soltanto rimasero, ad attestare che il primato della musica è -ancora nostro, e uno ancora vi rifulge solitario e lucente, come remota -stella polare, speranza e guida dei naviganti che si affacciano ai mari -inesplorati del secolo nascituro. - - - - -LA ELETTRICITÀ ANIMALE - -CONFERENZA DEL Prof. GIULIO FANO - - - _Signore e Signori_, - -Il periodo di vita italiana dal 1831 al 1846, preso in esame dalle -conferenze di quest'anno, è caratterizzato soprattutto dalle idee -di rivendicazione politica e sociale che fermentavano allora nelle -menti di molti fra i migliori, distogliendoli, in parte almeno, dalle -ricerche sui fenomeni naturali. Si capisce che le lotte intestine, -le congiure, i moti e le vicende tormentose della patria possano -conciliarsi coll'inspirazione artistica, anzi spesso eccitarne lo -sviluppo in alte e nobilissime forme che valgano ad esaltare i meno -animosi ed a raccogliere i più sotto la stessa bandiera. Ma per le -scienze esatte, per le ricerche pazienti di laboratorio, per l'esame -accurato della natura si richiedono tempi sereni e tranquilli. -Qualche manifestazione geniale si presenta, è vero, nella storia della -scienza anche nei momenti più torbidi, ma sono forme accidentali di -un carattere che si potrebbe dire vulcanico, e non già il risultato -di quelle forze costanti che agiscono lentamente sulla coscienza -collettiva degli studiosi. - -Ciò nonostante, anche in quei tristi, incerti, ma pure gloriosi periodi -della nostra vita nazionale, possiamo con orgoglio ricordare parecchi -notevoli contributi allo sviluppo delle scienze fisiche e naturali. -Fra gli argomenti di carattere biologico allora trattati, uno fra i -preferiti da molti scienziati italiani è l'elettricità animale, e ne -fanno fede i nomi del Nobili, del Marianini, del Santi-Linari, del -Grimelli, del Matteucci, del Savi, del Pacini, alcuni dei quali, e -fra i più illustri, furono onore dell'Ateneo fiorentino. Si direbbe -che i germi lasciati dal Galvani e per lunga serie di anni rimasti -assopiti in una specie di stato latente, portati in questa terra -toscana che ebbe sempre e giustamente il vanto di proteggere i buoni -studi, riprendessero nuova vita dando ricchi e rigogliosi germogli. -Sicchè l'elettricità animale, che nacque come argomento di ricerca -in Italia, e qui ebbe le maggiori e più importanti cure, che ne -assicurarono lo sviluppo, può dirsi a ragione cosa nostra, senza che -per questo si diminuisca il carattere cosmopolita che fa della scienza -l'unico vincolo che ancora raccolga la sminuzzata umanità di questa -tristissima fine di secolo. Quanto vi ho detto, spero sia sufficiente -per giustificare la mia scelta. Debbo però avvertirvi che non posso -restringere il mio dire a ciò solo che in proposito si è osservato nei -tre lustri fissati dal programma, e neppure mi è lecito limitarmi ai -soli risultati dovuti a ricercatori italiani. Voi non mi perdonereste -certamente di sacrificare ad un sentimento nazionale, che in tal -caso sarebbe malinteso, un argomento scientifico che, nato in Italia, -divenne poi per sua natura universale. - -Il capitolo della elettricità animale comprende quelle manifestazioni -elettriche date da un animale o da una parte di esso durante la -vita, e che si sviluppano dagli organi come una naturale e necessaria -conseguenza delle loro attività funzionali. Sicchè i fatti elettrici -che si possono ottenere in certi casi, per esempio passando con -forza la mano sul dorso di un gatto vivo come su quello di un morto -o semplicemente su una pelliccia di gatto, appartengono tanto poco -alla elettricità animale quanto ciò che si manifesta collo strofinare -un bastone di resina o di zolfo. Nello stesso modo nessun rapporto -hanno col nostro soggetto le scintille che alcune persone ottengono -passandosi le mani nei capelli o stropicciandosi altre parti del corpo. -Si tratta in questi casi semplicemente di elettricità per strofinamento -e si capisce come condizioni particolari della pelle, dei peli e -dell'ambiente possano dare a questo fenomeno proporzioni veramente -stupefacenti. - -A queste osservazioni però, tanto semplici per sè stesse, si -aggiunsero, come troppo spesso accade, i prodotti più o meno sinceri -dell'immaginazione, sicchè si venne ad affermare che alcune persone -erano dotate di vere proprietà elettriche a somiglianza di alcuni -pesci dei quali avremo fra poco occasione di parlare. Numerose sono -le osservazioni citate in proposito. Mi limiterò a ricordare quella -della Signora elettrica di Oxford negli Stati Uniti, perchè è forse -il caso documentato meno peggio. Essa si accorse il 25 gennaio 1837, -mentre in numerosa compagnia osservava un'aurora boreale, che le dita -delle sue mani emettevano scintille elettriche ogniqualvolta essa -accarezzava il volto di un suo fratello. Tutta la società, benchè in -sul principio fosse molto dubbiosa, dovette poi convincersi della -realtà di quello strano fenomeno, ed il dottor Williard Osford, -una specie di san Tommaso, fu condotto alla fede da una scintilla -lunga circa venti millimetri, che quella interessante persona gli -scaricò sulla punta del naso, dai polpastrelli delle dita, facendolo -indietreggiare spaventato. Il marito di quella signora era lontano, in -viaggio, al momento dello sviluppo di quella strana proprietà. Allorchè -in aprile ritornò, la moglie gli andò incontro alla porta di casa, e -presentandogli scherzosamente le mani alla faccia lo sbalordì con una -scarica elettrica. Come vedete, quando un marito torna a casa dopo una -lunga assenza deve essere preparato a qualunque sorpresa! - -A me fu raccontato da un medico di Firenze di un caso simile da lui -osservato in queste ultime settimane. Una signora straniera, che abita -la nostra città, si presenta, soprattutto quando domina la tramontana, -come circondata da una nube luminosa, tante sono le scintille che -crepitando scoccano dalla superficie del suo corpo. E le parti più -intime del suo abbigliamento, e le lenzuola del suo letto sono così -cariche di elettricità, che il solo sfregamento di esse dà luogo ad -imponenti manifestazioni elettriche. Anche qui si tratta, è evidente, -di semplici fatti dovuti ad elettricità sviluppata per sfregamento. - -Ad ogni nostro movimento noi produciamo calore, fra le molte altre -ragioni, per l'attrito dei piedi contro il suolo o degli indumenti -sulla persona, e nello stesso tempo diamo luogo, per le stesse -cause ad una elettrizzazione della superficie del nostro corpo e -degli oggetti che con essa vengono in contatto. Si capisce come -condizioni particolari di poca conducibilità degli appoggi e delle -parti superficiali dell'organismo debbano provocare i fenomeni -sopra descritti, i quali, benchè possano sembrare meravigliosi, sono -molto più semplici di un battito del nostro cuore o di un movimento -delle nostre labbra. Certamente le condizioni nutritive e nervose di -quegl'individui contribuiscono a dare alla loro cute quelle proprietà -particolari che determinano una elettrizzazione tanto notevole, ma non -per questo possiamo dire che quei fatti appartengono alla elettricità -animale propriamente detta. - -Fa parte integrale di essa invece la causa che determina le scosse -risentite toccando un così detto pesce elettrico. È questo anzi il -primo fatto di elettricità animale che sia stato conosciuto, e se ne -parla sin dai tempi più remoti, senza darne però, e si comprende, una -retta interpretazione. I più anticamente noti fra i pesci elettrici, -per quanto ne possiamo sapere noi, sono le torpedini, perchè abitanti -il Mediterraneo. Esse fissarono l'attenzione del volgo prima e dei -naturalisti poi. Come rappresentarci lo stupore e lo spavento di quegli -ingenui pescatori che tirando a terra la rete colma di pesci vengono -colpiti da una scossa che li irrigidì e li paralizzò ad un tempo? Vi -è solo da meravigliarsi che essi, così immaginosi e ricchi di forme -simboliche, non abbiano messo fra le mani poderose di Nettuno una -torpedine invece del tridente o del delfino. Debbo però notare a questo -proposito come in un vaso proto-etrusco del museo archeologico di -Firenze si osservi la figura in rilievo di una torpedine associata ad -una sfinge maschio, e contrapposta ad un felino con criniera irradiata. -Quel pesce, secondo il Milani, rappresenterebbe probabilmente la forza -occulta del mare notturno contrapposta alle forze palesi della natura. - -Ai tempi di Aristotile la torpedine si chiamava Narkè, che vuol dire -torpore, ed a questo proposito Platone fa dire a Menone in uno dei suoi -dialoghi: «O Socrate, già prima di conoscerti avevo sentito dire che tu -nelle discussioni non fai altro se non porre te stesso nell'imbarazzo -e metterci gli altri, e anche ora mi pare che tu con ogni sorta di -incantesimi mi abbia ridotto a non trovar via d'uscita; anzi, se è -lecito scherzare, mi sembri affatto simile nell'aspetto e nel resto -alla Narkè marina piatta. Essa infatti fa intorpidire chi le si accosta -e la tocca; ed anche tu hai fatto lo stesso a me. Perchè, in verità, mi -si è paralizzata l'anima e la bocca e non so che risponderti.» - -I commentatori, per far comprendere il senso nascosto delle parole -messe in bocca a Menone, rammentano come Socrate avesse il viso piatto -che poteva essere paragonato alla forma schiacciata della torpedine. -Per conto mio trovo che è uno scherzo di assai cattivo genere e tale da -far venire i brividi a qualunque conferenziere che abbia il profilo un -poco camuso. - -Molti altri scrittori dell'antichità hanno parlato dei notevoli -fenomeni prodotti dai pesci elettrici, particolarmente Oppiano, -poeta greco dei tempi di Settimio Severo. Galeno poi credette di -poter spiegare la sensazione provata al contatto di quegli animali -attribuendola ad un principio frigorifero, e per motivare la sua -opinione portò i buoni effetti prodotti dalla applicazione delle -torpedini alla medicina, soprattutto contro il mal di capo e la gotta. -Come vedete, non vi è nulla di nuovo sotto il sole, e i Romani facevano -anch'essi della Elettroterapia; ma soltanto la facevano senza saperlo. - -Saltando a piè pari molti secoli arriviamo a Francesco Redi, il geniale -accademico del Cimento, primo medico della casa granducale di Toscana, -l'inspirato poeta del vino, il fine, attento, perspicace osservatore -di fatti naturali. Ecco come egli ci intrattiene sulle torpedini, in -quel suo musicale e purissimo stile: «È cosa notissima che quel pesce -marino chiamato tremola, torpedine, ovvero torpiglia, se sia toccato -renda intormentita e stupida la mano ed il braccio di colui che lo -tocca; ed io ne ho fatta la prova più di una volta, per certificarmi di -tal verità e per poterne favellare con certezza di scienza. E voglio -raccontarvi che alcuni pescatori, essendo a mia requisizione andati -alla pesca di questo pesce ne pigliarono uno e portatomelo vivo poco -dopo che l'ebbero preso, appena che lo toccai e lo strinsi colla mano, -che mi cominciò a informicolare e la mano e il braccio e tutta la -spalla con un tremore così fastidioso e con un dolore così afflittivo -ed acuto nella punta del gomito, che fui necessitato a ritirar subito -la mano: e lo stesso mi avveniva ogniqualvolta io voleva ostinatamente -continuar lungo tempo a toccarlo. Egli è ben vero che quanto più la -torpedine si avvicinava alla morte, tanto meno io sentiva il dolore e -il tremore, anzi molte volte io non lo sentiva; e quando ella fu quasi -finita di morire, che pur campò ancora tre ore, io poteva maneggiarla -con ogni sicurezza e senza fastidio veruno: che perciò non è maraviglia -se alcuni stiano in dubbio della verità di questo effetto, e lo tengano -per una favola, avendone essi per avventura fatta l'esperienza non con -le torpedini vive, ma con le morte o vicine a morire.» - -Il Redi ed il suo discepolo Lorenzini, che, all'epoca del Rinascimento -delle scienze naturali, furono i primi a studiare la torpedine, -supponevano che questo pesce inviasse da lontano una quantità di -piccoli corpuscoli che s'insinuerebbero nelle parti delle quali -essi determinano l'intorpidimento, e che sarebbero proiettati dalla -contrazione di due organi riputati muscolari, e chiamati, in ragione -della loro forma, muscoli falcati. - -Il Borelli, un altro insigne accademico del Cimento, riguarda quella -emissione di corpuscoli stupefacenti come immaginaria, e pensa che -la torpedine, colpita essa stessa da tremiti violentissimi, comunichi -queste vibrazioni all'essere che la tocca e determini così in esso un -intorpidimento. - -Non sorridiamo a questi tentativi di rappresentazione di un processo -funzionale, perchè a ben altre forme dottrinarie ci hanno abituati -certuni ai giorni nostri, i quali, essendo tanto più dogmatici -quanto meno vogliono parerlo, pretendono di dar ragione dei fenomeni -presentati non solo da un individuo ma da una intera società umana, -adoperando alcune formule semplicissime, che non sono neppure di loro -invenzione, per mezzo delle quali tutto può essere classificato e -spiegato; tanto meno scusabili inquantochè ogni giorno più si mette in -chiaro l'immensa complessità dei fatti biologici, di quelli anche che -potrebbero a prima vista sembrare di una semplicità primordiale. - -Si capisce, del resto, che ai tempi del Redi, del Lorenzini e del -Bellini non si potesse avere un'idea esatta intorno alla natura della -scossa ricevuta dalla torpedine, perchè non si conosceva ancora la -bottiglia di Leida, che sembra datare dal 1745. Dopo ciò si comprese -che l'agente sviluppato da quel pesce è di natura elettrica, e le -osservazioni in proposito, alle quali contribuirono il Volta e il -Galvani, eccitarono entrambi questi illustri nella loro lotta per -la verità. Infatti il Galvani considera la sua preparazione, fatta -di muscoli e di nervi, come un organo elettrico ridotto, e il Volta -si inspira a quell'apparecchio nella costruzione della sua pila, che -egli chiama «organo elettrico artificiale» «per essere (come scrive al -Brugnatelli) fondato sopra i medesimi principi e simile anche nella -forma, secondo la sua prima costruzione, all'organo naturale della -torpedine.» - -La scoperta della pila mise nell'ombra le mirabili osservazioni del -Galvani, e le sue affermazioni intorno alla elettricità animale, e -ciò benchè fosse ormai indiscutibile che la torpedine si comporta -come una macchina elettrica, e come una pila insieme, e che lo -sviluppo dell'elettricità è in quegli animali dipendente dalle loro -condizioni vitali. La morte infatti porta con se, come del resto aveva -già osservato il Redi, la cessazione di ogni fenomeno elettrico, e -tutte le osservazioni dimostrano anche che la potenza intorpidente -dei pesci elettrici si indebolisce a misura che diminuiscono le -attività funzionali dell'animale, che essa si esaurisce per ogni -emissione eccessiva, e che, nello stato normale dell'organismo, essa -può ristabilirsi col riposo. Questi esseri singolari sono capaci, -è vero, di dare parecchie scariche successive, ma queste vanno -gradatamente indebolendosi, sino a che quei pesci possono essere -impunemente toccati. Poi, col tempo, soprattutto se bene alimentati, -essi riprendono le loro capacità elettriche, così come si osserva nelle -manifestazioni dell'energia muscolare e nel decorso della fatica. Vi -è insomma, sotto molti aspetti, una completa identità fra la scossa -elettrica della torpedine ed un movimento volontario. Le torpedini e -gli altri pesci elettrici, come il gimnoto ed il siluro, danno una -scossa elettrica come un cavallo darebbe un calcio, un cinghiale -un colpo di zanna, una tigre un morso, un'aquila un colpo d'ala o -d'artiglio. Il meccanismo nervoso volontario pel quale si esplica -l'atto della difesa e dell'offesa è lo stesso in questi casi, non -solo, ma anche gli effetti esteriori che ne risultano hanno molte -analogie fra loro. Ogni giorno di più, infatti, si mettono in chiaro -le somiglianze strutturali fra muscoli ed organi elettrici, non solo, -ma pure quelle funzionali fra scossa elettrica e contrazione muscolare. -Questi due atti si lumeggiano vicendevolmente, inquantochè obbediscono -alle stesse leggi generali; sicchè possiamo dire, per adoperare -un linguaggio tecnico, almeno una volta, che entrambi dipendono -probabilmente, per quanto riguarda l'effetto esterno, da cangiamenti di -tensione superficiale. - -L'affinità fra un movimento volontario ed una scossa elettrica mi -richiama alla mente una descrizione dell'Humboldt, che amo ripetervi -in parte, benchè la ritenga universalmente conosciuta. Si tratta -della pesca dei gimnoti, o anguille elettriche, che vivono nelle acque -dell'America meridionale, e che danno, quando siano irritate, scosse -potentissime, molto più energiche di quelle della torpedine. Non -bisogna però credere che il racconto dell'Humboldt si riferisca ad un -modo usuale di pesca; esso piuttosto va considerato come la narrazione -di una accidentale avventura di viaggio. Ecco le parole del celebre -viaggiatore e scienziato tedesco: - -«L'anguilla elettrica, benchè tardissima nei movimenti, si prende -difficilmente con reti, perchè simile al serpe si affonda nel fango. -Si potevano in tal caso adoperare le radici di alcune piante che -hanno la proprietà, gettate in uno stagno, di inebriare o stordire gli -animali che vi si trovano. Non volevamo però ricorrere a questo metodo, -perchè le anguille ne sarebbero state indebolite. Allora gli indiani -dichiararono che volevano pescar con cavalli. Corsero nelle steppe ove -sono numerosi i cavalli e i muli selvatici, ne presero una trentina e -li spinsero nell'acqua. - -L'inaspettato rumore dello scalpitìo dei cavalli spinge i pesci fuori -della melma e li invita all'attacco. Le grandi anguille gialle nere, -simili ed enormi piante acquatiche, nuotano qua e là presso alla -superficie e guizzano sotto il ventre dei cavalli e dei muli. La lotta -fra animali così differenti forma il quadro più pittoresco. - -Gli indiani muniti di giavellotti e di lunghe e sottili canne si -appostano in fitta colonna intorno allo stagno. Alcuni salgono sugli -alberi i cui rami si stendono orizzontalmente sull'acqua. Colle -selvagge loro strida e colle lunghe canne fanno indietreggiare i -cavalli che vogliono risalire le rive. - -Le anguille, assordate dal rumore, si difendono con ripetute scariche -delle loro batterie. Per qualche tempo pare che debbano riuscire -vittoriose. Parecchi cavalli soccombono ai colpi invisibili che -minacciano gli organi i più essenziali. Storditi dalle incessanti e -violenti scosse cadono al fondo. Altri sbuffanti, irta la criniera, -gli occhi dilatati per lo spavento, fuggono disperatamente cercando -di sottrarsi alla bufera, ma sono respinti dagli indiani. Alcuni però, -ingannando la vigilanza dei pescatori, giungono alla sponda, vacillano -ad ogni passo, e spossati a morte si gettano sulla sabbia colle membra -irrigidite.... - -Credevamo che tutti gli animali impegnati in quella lotta dovessero -soccombere l'uno dopo l'altro. Ma a poco a poco il furore scema, e le -anguille affaticate si sparpagliano. Hanno ora bisogno di un lungo -riposo e di un abbondante cibo per riacquistare le forze galvaniche -disperse nel combattimento: esse vengono ora paurose presso la spiaggia -e sono prese mediante piccoli giavellotti raccordati a lunghe funi. - -Un uomo non si esporrebbe senza pericolo al primo colpo di una grossa -anguilla elettrica irritata. Se si riceve la scossa prima che il -pesce sia ferito o stanco da una lunga persecuzione, il dolore e -lo stordimento sono tali che non si può dar conto della sensazione. -Non mi ricordo (dice l'Humboldt), di aver provato, dalla scarica di -una gran bottiglia di Leida, uno scrollo terribile al pari di quello -che soffersi quando misi incautamente i due piedi sopra un'anguilla -elettrica che era stata poc'anzi tratta fuori dell'acqua. Per tutto -quel giorno ebbi violenti dolori nelle ginocchia e in tutte le -articolazioni.» - -E un giovane tisiologo tedesco, morto da poco, il Sachs, racconta che, -avendo lasciato cadere un gimnoto sul suo piede, fu gettato a terra e -provò tale un dolore, che non potè trattenersi dal gridare. - -Ma io non posso indugiarmi sui pesci elettrici, perchè di un altro -argomento voglio parlarvi succintamente prima di lasciarvi. Mi limiterò -per questo a riassumere in poche parole lo stato attuale delle nostre -cognizioni in proposito, ricordando che ad esso hanno contribuito -parecchi italiani, fra i quali amo citare in particolar modo, -limitandomi al periodo storico che ora consideriamo, i nomi del Nobili, -del Matteucci, del Pacini. - -Alcuni pesci, appartenenti a tre gruppi molto diversi fra loro, le -torpedini, i gimnoti ed i siluri, hanno la proprietà di dare forti -scariche elettriche, subordinate all'attività del loro cervello. -Questa funzione elettrica è esercitata per mezzo di un apparecchio -speciale, composto di un gran numero di elementi. In ciascuno di questi -ultimi penetra una terminazione nervosa, presso a poco nello stesso -modo col quale un nervo motore si dirama in un muscolo volontario. -È indiscutibile che la forza emanata dall'organo in questione è una -forma di elettricità. Lasciando da parte l'influenza che la energia -sviluppata dai siluri, dai gimnoti, dalle torpedini esercita sopra gli -organismi viventi, ricorderemo come questi pesci abbiano dato scintille -a guisa di una bottiglia di Leida. Inoltre, con quella forma di energia -si ottennero effetti calorifici e di decomposizione chimica, si fece -deviare l'ago magnetico, si provocarono fatti di induzione in un -rocchetto e si accese una lampadina elettrica. Si tratta dunque di vera -elettricità ed in questo caso sembrerebbe proprio che l'organismo ci -desse un esempio, qual meglio non si potrebbe sperare, di una funzione -ridotta ad un semplice fenomeno fisico. - -Eppure neanche in questo caso la fisica può da sola servirci, per -ora almeno, a comprendere completamente la scossa di cui è questione, -perchè l'elettricità emessa dai pesci elettrici si trova in condizioni -speciali quali non si ottennero peranco con gli apparecchi raccolti -nelle ricchissime collezioni dei fisici. Infatti essa presenta le -proprietà insieme dell'elettricità statica, della dinamica e della -indotta. - -Che dire poi della enorme differenza che esiste fra i nostri mezzi -di sviluppare l'elettricità e quelli adoperati da un pesce elettrico? -Perchè certo nessuno vorrà dare maggior valore di quello che si conceda -ad una figura rettorica al confronto fatto fra gli elementi di una pila -voltaica a colonna e le lamine dei prismi che costituiscono l'organo -elettrico di una torpedine. E come spiegare l'immunità che quei pesci -dimostrano per l'agente potentissimo che essi stessi sviluppano? - -Voi vedete dunque come, benchè si tratti in questo caso di un fenomeno -puramente fisico quale è quello di una scarica elettrica, pure la -fisica non può aiutarci completamente a comprendere i mezzi impiegati -dall'organismo per elaborare e sviluppare quella singolare forma di -energia. - -Badate inoltre che la scarica di un pesce elettrico implica quasi -sempre un atto volontario che ci conduca a studiare il problema della -coscienza, di quella proprietà per la quale un essere vivo avverte -se stesso e l'ambiente che lo circonda. La fisiologia ha affrontato -questa questione che tocca la intimità stessa della nostra personalità -senziente e pensante, e certo tutte le ricerche anatomiche fisiologiche -e quelle particolari di psicologia hanno gettato un po' di luce sugli -elementi strutturali dai quali quei fatti emanano e sui processi -fisici, chimici e funzionali che li accompagnano e con ogni probabilità -li determinano. Ma io, che pure con speciale amore mi occupo di quegli -studi sono fra quelli, e siamo legione nel campo della fisiologia -sperimentale, che accordano tutto il possibile al meccanicismo, -e si servono di esso per simboleggiare quanto si manifesta da un -essere vivo, ma non sanno comprendere e non saprebbero concepire -una rappresentazione materialistica della coscienza. Confessiamolo -francamente: il problema della coscienza è sempre insoluto e molto -probabilmente insolubile. - -Ma, Signore e Signori, le indagini sui pesci elettrici, per quanto -interessanti e benchè ci conducano a discutere di cose fondamentali -per la funzione dei corpi organizzati, sembrano piuttosto oggetto di -studio per un erudito, per un curioso delle stranezze della natura. Vi -è invece nelle ricerche sulla elettricità animale un argomento che ci -dà occasione di penetrare nella intimità funzionale dei nostri organi, -dei nostri tessuti, dei nostri apparecchi, e che ci dà l'immagine di -quel continuo avvicendarsi di fatti distruttivi e di riparazione fra -i quali oscillano in ritmo incessante le parti costituenti il nostro -organismo. - -Sarò brevissimo e comincerò per questo col non tener conto dei -precursori di Galvani. Vi sono sempre dei precursori in ogni scoperta, -ma è certo che si deve al biologo bolognese la prima constatazione -di carattere scientifico dell'elettricità sviluppata dal tessuto -muscolare. Non già colla ben nota osservazione della rana appesa ad un -uncino di rame che eventualmente toccò il celebre parapetto di ferro, -bensì colla esperienza eseguita senza l'intervento di alcun metallo. - -A questo proposito debbo ricordare come alcuni abbiano voluto sostenere -che la scoperta attribuita al Galvani si debba invece alla sua -dilettissima moglie, la signora Lucia nata Galeazzi, che per la prima -avrebbe avuto occasione di osservare le ormai storiche contrazioni dei -muscoli in certe zampe di rana e di richiamare su queste l'attenzione -del marito. Altri sostengono che le prime osservazioni furono fatte -veramente dal Galvani, ma sopra rane preparate, non vorrei dire -prosaicamente, per fare un brodo che servisse di ristoro a sua moglie -che era allora ammalata. Queste affermazioni furono contestate, ma -non si può del tutto escludere l'influenza, almeno accidentale, della -moglie sulla scoperta del marito. A sostegno di questa tesi sostenuta -da molti in quei tempi, amo citare un sonetto non bellissimo, dedicato -al Galvani dopo la morte prematura della sua Lucia: - - Quella donna gentil, cui d'aureo strale - Piagata il seno teco amor congiunse, - Poi morte con quel suo colpo fatale, - Per farne bello il ciel da te disgiunse: - Quella, non tu, che novo ardor vitale - In rana ignuda a disvelar pur giunse, - Quand'una ed altra man con vanto eguale - Il conduttor metallo e i nervi punse. - Nè a te, Signor, questa fedel consorte - Tacque l'ignoto arcan per cui tuo nome - Oltre l'italo suolo altero vassi. - Oh se vedessi di sì bella sorte - Com'ella esulta dolcemente, e come - Di te ragiona e dei tuoi chiari passi! - -Se anche le cose stanno come afferma l'autore del sonetto, che -voglio credere migliore storico che poeta, benchè parli con tanta -sicurezza di ciò che avviene lassù nelle sfere celesti, non è alla -buona signora Lucia che noi dobbiamo attribuire quella scoperta, -nel vero senso della parola. Certo molti dei più importanti fatti -scientifici furono rivelati all'umanità dal caso, ma quando vennero ad -incontrarsi con una mente adatta a comprenderne il significato. Non per -questo voglio deprimere il merito della signora Galvani. Io vorrei, -anzi, che si scrivesse una storia delle compagne di quegli eroi che -lottarono nel campo delle idee, e credo sarebbe il racconto di intimi -e mirabili drammi combattuti nei cuori femminili per l'uomo amato, -che idealizzato dalle moltitudini si mostra, nel tollerante e sereno -ambiente della casa, spoglio dell'aureola di gloria che lo illumina e -lo nasconde, e vi rivela tutte le debolezze comuni agli altri uomini -e qualcheduna forse in più. Quanta abnegazione, quanto disinteresse, -quale instancabile affetto seppero possedere quelle modeste eroine, -e quale contributo portarono alla gloria del marito, consigliandolo, -sostenendolo, incoraggiandolo, sapendo sottrarsi a tempo agli applausi -meritati, per lasciarli all'idolo che li ambisce. - -Per amore di verità, però, non debbo dimenticare che la storia registra -anche molte Santippe. - -Dopo la morte del Galvani tutto quanto avesse riguardo coll'elettricità -animale venne circondato di dubbi, di indifferenza e finalmente -dimenticato, ed a ciò contribuì principalmente la scoperta della pila -di Volta ed i rapidi e meravigliosi progressi che ne conseguirono -nel campo della elettrodinamica. Si capisce, infatti, come la povera -elettricità animale, questa specie di cenerentola della elettrologia, -così modestamente raccolta nei tessuti viventi, dovesse cedere il passo -alla sua consorella, la elettricità voltaica, assai più appariscente e -più ricca di applicazioni che essa non fosse. - -Fu il Matteucci che la rimise alla luce del mondo. È bensì vero che -il Nobili aveva scoperto la cosiddetta corrente propria della rana -che va dai piedi al capo, ma egli l'aveva attribuita a fenomeni -termoelettrici, sicchè fu soltanto cogli studi del Matteucci che si -riprese nettamente il concetto del Galvani, e si considerarono i fatti -elettrici manifestati da un essere vivente come un'espressione dei -processi che si svolgono nell'intimità degli apparecchi funzionanti. - -Il Matteucci era uomo di tale ingegno, da lasciare la sua impronta -su qualunque argomento imprendesse a trattare. Non sta a me di -considerarlo ora nelle sue opere di cittadino; ricorderò soltanto che -fu ambasciadore e ministro della pubblica istruzione e professore -nel nostro Ateneo. Del resto, da questi punti di vista fu già -magistralmente tratteggiato da Nicomede Bianchi, in un libro che ha -appunto per titolo: _Carlo Matteucci e l'Italia del suo tempo_. Per -trattare dell'importanza non solo tecnica ma filosofica del Matteucci, -ci vorrebbero parecchie conferenze. Perchè egli non fu solo uno -scopritore di fatti, ed il restauratore della elettrofisiologia, ma -anche un rinnovatore nel campo delle idee direttrici in biologia. Con -un acume ammirabile sostenne l'importanza dei fatti fisici e chimici -negli esseri viventi, e fu così uno fra i più efficaci fondatori -della fisiologia moderna. Ma non ebbe i fanatismi tanto comuni agli -innovatori, e seppe mantenersi sempre nei limiti del vero, possedendo -una netta percezione dei confini fissati alla applicabilità dei -fatti scientifici ed al loro significato fisiologico. Egli, l'autore -dell'opera sui fenomeni fisico-chimici dei corpi viventi, ed uno fra -i più vivaci oppositori di quella scuola di un vitalismo primordiale, -rappresentata in Italia dal Rasori e dal Tommasini prima, e poi, -benchè in forma più progredita, dal Bufalini, mantenne sempre quella -serenità di giudizio e di linguaggio, che dimostrano in lui un vero -temperamento di scienziato. Egli ben sapeva che la scienza positiva -non ha e non può avere alcun rapporto colle questioni trascendentali, -e deve lasciare al sentimento ed all'intuito individuali di definire, -quando se ne senta il bisogno, che cosa possa essere quello che -si vuol chiamare la verità assoluta. Lo studio dei fenomeni della -natura, provoca, ordinariamente, bisogna riconoscerlo, una speciale -polarizzazione nelle capacità intuitive ed interpretative, ma ciò non -fa parte della scienza propriamente detta. Se l'indagine plasma la -mente dello sperimentatore ad uno speciale ed indulgente scetticismo, -si è perchè il contatto diretto coi fenomeni della natura, e la -sottile ricerca di essi, e l'analisi minuta delle loro particolarità -mentre lo rendono più forte nel discernimento del supposto vero, -gli dimostrano anche l'inanità degli sforzi suoi e degli altri, -nel determinare l'essenza delle cose. Ma l'uomo di scienza è anche -spesso un entusiasta, perchè nessuno meglio di lui è in grado di -apprezzare la meravigliosa armonia dei fatti naturali, l'intimo -legame che li riunisce, gli adattamenti perfettissimi che danno -ai fenomeni una stupefacente parvenza di finalità. Egli è pure un -disilluso, perchè ogni giorno più deve convincersi che ben poco è -quello che sa in confronto di quello che gli resta a sapere, e perchè -si avvede che ogni fatto nuovo che viene alla luce, mentre aumenta -il suo potere sulla natura, allarga pure smisuratamente i confini -della sua ignoranza consapevole. Ma egli possiede anche un concetto -esatto intorno alla relatività dei nostri veri, e se non sempre ha il -coraggio di comunicare i dubbi che lo tormentano, e lo sconforto di -sentirsi legato, per certe questioni generali, al limbo eterno della -ignoranza, sa però che deve essere temperato nelle idee e non scende -nella lizza per opporre ad affermazioni azzardate altrettanta vacuità -di linguaggio; e a rappresentazioni troppo indefinite e vaghe, simboli -troppo schematici e materiali; e a certe nebulosità idealistiche, -costruzioni materialistiche di un meccanismo infantile. - -Questa è la rappresentazione psicologica di uno scienziato, quale -sorge spontanea nella mente leggendo le opere del Matteucci, le -quali improntate ad un severo positivismo fanno di lui, che fu il -ricercatore dei fenomeni fisici e chimici dei corpi viventi, uno dei -fondatori di quella scuola biologica che limita i confini della nostra -conoscenza e che alcuni vorrebbero, non capisco il perchè, distinguere -coll'appellativo di neovitalismo. - -Dovrei ora parlare in modo speciale intorno alle ricerche del Matteucci -sull'elettricità animale, ma ciò mi obbligherebbe ad entrare in -questioni troppo tecniche, e ad adoperare un linguaggio che è soltanto -espressivo per gli iniziati ai suoi misteri. Credo invece opportuno -di dirvi in poche parole quali siano le nostre cognizioni attuali a -proposito della elettricità dei tessuti, perchè possiate apprezzare -quanto la fisiologia deve a quegli illustri italiani che hanno iniziato -questi studi. È infatti soltanto esaminando il frutto che si può -comprendere l'importanza di un germe, e soltanto l'organismo sviluppato -ci dice quali capacità di evoluzione stavano nascoste in quella cellula -così ricca di potenzialità che noi chiamiamo l'uovo. - -Un organismo vivente, considerato in forma schematica, può essere -tenuto in conto di una macchina complicatissima, nella quale materiali -chimici molto complessi, dissociandosi ed ossidandosi, mettono in -libertà una certa somma di energie, in quella guisa che il carbone -combinandosi coll'ossigeno, come si suol dire, bruciando, sviluppa -calore. Ma lo stesso pezzo di carbone, quando si ossida, può darci -semplicemente del calore, se ci limitiamo a bruciarlo nel caminetto, -mentre da esso possiamo trarre del lavoro meccanico, se ne provochiamo -la combustione nel fornello di una locomotiva, o della energia -elettrica e quindi della luce o delle azioni chimiche o altre forme -di lavoro, se la forza messa in libertà dalla fiamma fa poi agire una -dinamo e questa una lampada elettrica, o un bagno galvanoplastico, -o altro. Sicchè lo stesso combustibile bruciando può dare forme -differenti di energia e di lavoro a seconda dei meccanismi ai quali è -applicato. - -Nello stesso modo i processi di combustione che si svolgono nelle -singole parti del nostro corpo si manifestano diversamente in -ragione della varia struttura di queste parti. Il muscolo dà il -lavoro meccanico, la glandola, la elaborazione chimica, il nervo, la -trasmissione di un'onda particolare, la cellula nervosa, l'impulso al -movimento o il sottostrato della sensazione, e così via, e tutti questi -atti derivano in modo più o meno diretto da cangiamenti chimici, che -mettono in movimento i diversi ingranaggi del nostro organismo. - -Le differenti manifestazioni funzionali del nostro corpo, delle quali -abbiamo fatto parola, sono accompagnate però da fatti collaterali, come -avviene in ogni altra macchina. Abbiamo cioè, oltre il lavoro specifico -dei diversi apparecchi, uno sviluppo di calore che contribuisce, -negli animali che stanno in alto della scala zoologica, a mantenere -la temperatura del loro corpo ad un grado superiore a quello ordinario -dell'ambiente. - -Ma oltre il calore si possono discernere altre forme di energia, fra le -quali la luce e le manifestazioni elettriche. - -Non avete mai veduto il mare fosforescente? È soprattutto nelle -regioni equatoriali che questo spettacolo si manifesta nel suo massimo -splendore, dando al navigante l'impressione di solcare delle onde -infocate. Non dimenticherò mai le sere passate sull'Oceano indiano, -appunto per la magnifica fosforescenza che vi ho potuto ammirare. Tutta -la superficie del mare, leggermente increspata, era illuminata da una -luce vaga, nebulosa, bluastra, che pareva scaturire dalle maggiori -profondità, mentre il solco aperto dal piroscafo splendeva sin presso -all'orizzonte come una striscia di fuoco, sulla quale risaltavano i -guizzi di fiamme provocati dall'elica che percoteva l'Oceano e dalla -prua che ne squarciava gli attriti. Questo fenomeno è dovuto alla -presenza di innumerevoli esseri assai bassi nella scala dei viventi, -alcuni minutissimi, altri, come le meduse, abbastanza voluminosi, i -quali, quando siano stimolati dagli urti delle onde o dell'elica, per -esempio, rivelano quello stato di eccitamento con manifestazioni di -energia che, in grazia della loro trasparenza, acquistano i caratteri -di vere e proprie funzioni luminose. In questo caso si potrebbe proprio -dire con un illustre fisiologo che noi siamo colpiti direttamente -dalle irradiazioni della fiaccola della vita. Fatti simili, benchè più -complessi e parzialmente sottoposti all'impero dei centri nervosi, -ci vengono presentati fra gli altri da alcuni insetti, dei quali -rammenterò le lucciole, ornamento delle nostre sere di primavera e di -estate, e che furono soggetto di interessantissime ricerche del nostro -Matteucci, e gli elaterii dell'America tropicale, che possono servire -come lanterne per illuminare il cammino, e che sul capo delle signore -splendono di una vivissima luce propria, molto più apprezzabile, mi -pare, di quella riflessa da un diamante. - -Come vedete, alcuni fatti che d'ordinario sono semplici accessori, che -si presentano come collaterali di una funzione principale, possono, -in certi casi, raggiungere così grande sviluppo, da acquistare per se -stessi la dignità di una vera e propria funzione. Questo accade per la -luce emessa dagli organi fosforescenti degli insetti, come pure per le -manifestazioni elettriche della torpedine, del gimnoto, del siluro che, -grazie alla evoluzione di organi particolari, si sono resi capaci di -emanazioni elettriche potentissime, mentre, d'ordinario, l'elettricità -che si svolge dagli organi funzionanti, può essere appena avvertita da -apparecchi delicatissimi. - -Non per questo essa ha meno importanza pel ricercatore di fatti -biologici, che anzi la corrente tenuissima che si può raccogliere da -un muscolo che si contrae, la così detta corrente d'azione vale a farci -comprendere la potentissima scossa emessa da un pesce elettrico. - -Si disse come le manifestazioni funzionali dell'organismo siano -dovute a processi di combustione che si svolgono in seno agli elementi -costitutivi dei nostri organi. Ma il lavoro determina necessariamente -il consumo del combustibile, ed anche, benchè meno rapidamente, della -macchina. Sicchè un organismo non potrebbe presentare una funzione -continuata se ai fatti distruttivi, che sono il fondamento o la -conseguenza delle sue varie forme di lavoro, non facessero equilibrio -fatti antagonistici di reintegrazione, capaci di ricostituire le -forze impiegate nell'attività e le strutture consumate dall'uso, che -in altre parole servono a rimettere nuovo carbone nel fornello, ed a -raccomodare quegl'ingranaggi che vanno di mano in mano sciupandosi. Per -questo un organismo si può considerare come continuamente oscillante -fra due atti chimici opposti: quelli distruttivi, che si manifestano -in forma di movimento, di calore, di luce, di elettricità o d'altro: -e quelli ricostitutivi, che accumulano nuovi materiali combustibili e -reintegrano i tessuti sciupati dalla funzione. - -Può accadere che questi due fatti antagonistici corrispondano -perfettamente gli uni agli altri, come può avvenire che l'uno di -essi predomini sull'altro, e voi facilmente comprenderete quanto sia -importante pel biologo di assistere agli avvicendamenti chimici che si -svolgono nell'intima trama degli organi viventi. Questo ci è in parte -concesso quando si raccolga e si registri graficamente, per mezzo -di apparecchi delicatissimi, le variazioni elettriche dei tessuti -che vivono, vale a dire che si nutrono e che funzionano. Infatti, i -processi distruttivi determinano nelle parti che ne sono la sede una -certa condizione elettrica che si chiama negativa; e i fenomeni opposti -di reintegrazione danno luogo a manifestazioni elettriche di segno -contrario, provocando cioè uno stato che si dice positivo. - -Si capisce, perciò, come non si ottenga alcuna manifestazione elettrica -da un organo nel quale i processi chimici opposti, distruttivi e -reintegrativi si fanno equilibrio, perchè in esso agiscono due forze -eguali e contrarie che si neutralizzano, mentre vediamo diventare -negativa quella parte nella quale si esagerano i processi demolitori, -o positiva quella nella quale predominano i fatti di riparazione -organica. - -Così l'agente misterioso che lungo i nervi è l'intermediario fra il -cervello e le parti del nostro organismo, facendosi il messaggero -delle azioni di senso e di movimento, si rivela a noi come un'onda -di negatività, che percorre i cordoni nervosi; così l'attività di -un muscolo, di una glandola, di un organo di senso danno luogo a -variazioni elettriche negative della parte funzionante. Noi riusciamo -inoltre a raccogliere dalla superficie del nostro corpo cangiamenti -elettrici, variazioni di potenziale, come si dice, che corrispondono -col loro avvicendarsi al ritmico battito del cuore. Per contro, -quest'organo centrale della circolazione, quando sia arrestato da -azioni nervose particolari che ne esagerino gli atti ricostitutivi, -a scapito di quelli che sono la base della sua funzione meccanica, -dimostra questi cangiamenti con variazioni elettriche opposte di -carattere positivo. - -Come vedete, le oscillazioni elettriche dei tessuti, raccolte e -registrate coi nostri apparecchi, possono esprimere all'esterno -le intime modificazioni chimiche che si svolgono nei più remoti -recessi del nostro organismo, e possono tracciare dei veri ed -autentici rapporti autografici di esse. Sicchè per mezzo della -elettricità animale ci è concesso di possedere una immagine, per -quanto sfumata e vaga di quel ritmo chimico che forma il sottostrato -delle manifestazioni di un essere vivente; o, se volete, un'eco -assai attenuata, ma pur fedele, dell'armonia della vita. E non è -probabilmente lontano il giorno nel quale indagando le correnti -d'azione dei centri nervosi noi sorprenderemo le cellule cerebrali -nella loro attività elaboratrice della sensazione e del movimento. - -Ma non facciamoci troppe illusioni, perchè si capisce che in questo -caso non otterremo che la rappresentazione esteriore di uno dei -sintomi dell'atto mentale, come il sorriso che solleva il labbro della -_Gioconda_ del divino Leonardo non è che il simbolo di uno stato -d'animo di quella vaghissima donna. Ma forse che per questo esso -è meno attraente? Forse che esso non ci affascina tanto più quanto -maggiormente è misterioso ed impenetrabile? - - - _Signore e Signori!_ - -Un filosofo tedesco, celebre nella storia della elettrofisiologia, -Emilio Du Bois-Reymond, in un suo discorso, accennando alla scoperta -del Galvani, esclamava: «È con orgoglio che l'investigatore della -natura, osservando i fili telefonici che attraversano le nostre -strade e le nostre piazze, si rende conto di quanto hanno fatto tre -generazioni umane di genio e di diligenza, partendo da un sì oscuro -principio,» e si domanda col Gherardi, pensando al parapetto di ferro -sul quale il Galvani fece la sua osservazione: «Se quel parapetto -fosse stato di legno o di pietra, chi può assicurarci che avremmo un -galvanismo.... e tutto il resto?» - -Certo è incommensurabile l'importanza della scoperta del Volta, e ne -fanno fede le innumerevoli applicazioni che sono tanta parte ormai -delle nostre manifestazioni materiali ed intellettuali, e che sotto -forma di luce, di calore, di movimento, di trasmissione di energia a -distanza, di utilizzazione di forze naturali, di azioni terapeutiche, -e più ancora di nuove ed efficaci dottrine che simboleggiano in forma -scientifica i fenomeni della natura, in quanto hanno di più recondito, -danno alla nostra vita individuale e sociale un particolare indirizzo. - -Ma pur prescindendo dal fatto che senza la rana del Galvani non vi -sarebbe forse stata la pila del Volta, mi sarà lecito di affermare che -anche la elettricità animale, che serve a rivelare l'intimo meccanismo -nutritivo dei più remoti ingranaggi di un organismo vivente è, nelle -mani del biologo, un istrumento di conquista non meno efficace di -quello che maneggiato dal fisico ha contribuito potentemente a dare -un'impronta nuova al secolo che muore. E ciò dobbiamo soprattutto -a quelli italiani che, in sullo scorcio della prima metà di questo -secolo, mentre si preparavano le armi della riscossa nazionale, -ripresero e rinnovellarono gli studi del Galvani, quasi per affermare, -una volta di più, che l'Italia non è e non sarà mai la terra dei morti, -perchè nel nostro paese anche i morti resuscitano a maggior gloria di -tutti! - - - - -APPENDICE - -LE MONTÉNÉGRO - -CONFERENZA DI CHARLES YRIARTE - - -Quelles que soient les destinées réservées au peuple Monténégrin s'il -garde sa persévérance, sa sagesse et sa valeur; il devra conserver à -jamais un culte et une tendresse profonde pour l'étroite vallée et -le cirque de montagnes où il s'est refugié au moment où les Turcs, -déferlant comme une vague sur les Balkans, ont envahi la vieille -Serbie. Laissez-moi marquer ici à grands traits les étapes de son -histoire. - -Dans la grande famille Serbe dispersée par l'invasion, les clans -Monténégrins, dès le moyen-âge avaient déjà eu une sorte d'autonomie, -et sa Dynastie qui régnait sur la Serbie, la famille des Némania, avait -même pris naissance dans la Zéta, qu'ils occupaient alors. Après la -sanglante _Bataille de Kossovo_, d'où date la dispersion, le Prince -Cernovich, incendiant le pays qu'il laissait derrière lui, se retira -avec tout ce peuple en armes dans la montagne noire, la Cernagora. Il -s'arrêta d'abord à Rieka, puis à Cettigné. Les Turcs avancent encore, -ils ont déjà pris Constantinople; la Serbie est à eux toute entière; -ils vont s'efforcer de soumettre ces réfractaires. Ils prendront les -Monténégrins à revers, et après avoir chassé les Vénitiens de Scutari, -Soliman pacha pénétrera jusqu'à Cettigné, qu'il livre aux flammes; -c'est l'apogée de la défaite. Les Monténégrins ont désormais perdu -la riche Zéta, le Brda, le Lac de Scutari, deux cents kilomètres de -rivage sur l'Adriatique; et les quatre montagnes rocheuses où ils ont -transporté leurs foyers sont tout leur domaine. Ce sera leur citadelle, -ils y conserveront toujours vivante la flamme du patriotisme, la -confiance dans leur destinée et une énergie indomptable. Alfieri fait -dire à un peuple qui gémit sous le joug: «_Esclaves.... oui, nous -le sommes, mais esclaves toujours frémissants._» Les Monténégrins -n'accepteront jamais le joug; depuis Kossovo, en 1356, jusqu'à la -prise d'Antivari et de Dulcigno en 1878: ce peuple décimé vivra dans -une alerte continuelle, la main sur le kandjiar. C'est avec le premier -des Pétrovich, Danilo, à la fin du 17^e siècle que commence l'ère des -grandes batailles décisives; jusque là, ce sont des incursions rapides, -des razzias, des surprises; les montagnards fondent sur l'ennemi, ils -l'envahissent, prennent des territoires, les perdent pour les reprendre -encore, et harcèlent sans cesse. Mais tel sera désormais l'effort vers -la rédemption et si terrible l'énergie de ce peuple indomptable, que de -grands empires, la Russie et l'Autriche, voient en eux des auxiliaires -hardis, et lui proposent des alliances. - -Pierre-le-Grand s'avance le premier: «L'histoire (dit-il dans son -message), nous a appris que vos anciens rois, vos princes, étaient -hautement révérés comme appartenant au noble sang slave, et que les -triomphes de leurs armes les ont rendus célèbres par toute l'Europe -jusqu'au jour fatal de leur défaite. Rendez vous dignes de cette -gloire, imitez vos illustres ancêtres; combattez pour la foi, la -patrie, la gloire, l'honneur, pour votre liberté, votre indépendance et -celle de vos fils.» - -On combat en effet. L'année suivante à Carlevatz trente mille Turcs -restent sur le champ de bataille; le Musulman recule; on respire -pendant quelques années, on organise et on vit sans combattre, mais -sans désarmer. Mais prenant sa revanche, l'éternel ennemi attaque -de trois côtés à la fois avec cent-vingt-mille combattants dont les -Monténégrins vont triompher à la journée de Cevo. - -Les Pétrovich ont la vie dure; le premier vient de régner soixante ans, -celui qui lui succédera dans l'histoire, Pierre I^er, est un saint et -un héros. Dès les premières années de son règne, Marie Thérèse, étonnée -à son tour de l'énergie et de la persévérance du peuple Monténégrin, -inaugure vis-à-vis de la Cernagora une politique, que n'ont que trop -bien suivi ses successeurs. Le second Pétrovich reçoit son ambassadeur, -et Radonicht, délégué Monténégrin, ira à Vienne même dicter les -conditions du traité d'alliance que l'Impératrice a proposé. Les -conditions du Monténegro sont fières. - -«L'alliance sera offensive et défensive; nul servage en échange. -— Si le territoire Serbe venait à être délivré des Turcs, la -Zéta supérieure, Podgoritza, Spuz, Zabliac, le Piperi, la Brda et -l'Herzégovine seraient réunis au Monténegro qui pourra battre monnaie. -Aussitôt que le Cabinet d'Autriche sera en guerre avec la Porte, S. M. -Impériale enverra la poudre, le plomb et les armes. Si l'Autriche fait -la paix avec la Porte, les Monténégrins seront compris dans le traité.» - -Après trois ans de combats et de fortunes diverses, les Autrichiens -acceptent la paix; mais comme le territoire n'a pas été délivré des -Turcs: les concessions promises par l'Autriche au Monténégro sont -lettre morte. - -Pierre I^er ne se décourage point, et les Monténégrins vont attaquer -tout seuls; ils défont les Turcs sur le Lac de Scutari, dans un combat -naval et plus tard dans une rude bataille où Mohammed pacha trouve la -mort, et l'impression est telle à Constantinople que l'indépendance -pour laquelle les peuples Monténégrins ont versé tant de sang depuis -Kossovo est enfin reconnue. - -Mais un nouvel ennemi, plus puissant encore, s'avance. Les Français -sont en Dalmatie; Pierre va se mesurer avec les lieutenants de -Napoléon: avec Lauriston d'abord qu'il défait, puis avec Marmont duc de -Raguse qu'il tient en échec. - -Pris d'enthousiasme, le Czar Paul I^er, reprend la tradition de -Pierre-le-Grand, envoie ses présents et ses insignes à tous les -Voivodes, et alloue au Prince un subside de neuf mille ducats annuels. -Mais en acceptant simplement un appui noblement offert, le Vladika -Pierre n'a abdiqué aucun de ses droits; le gouvernement Russe s'étant -un jour immiscé dans l'administration ecclésiastique de la Principauté, -le gouverneur Vuk Radonitch et tous les serdars, voivodes, kneze, -porte-enseignes, prêtres, nobles et autres autorités protestent -respectueusement, mais avec une singulière fermeté. - -«Le peuple du Monténegro et de la Brda (dit Radonitch), n'est -aucunement sujet à l'empire Russe, il se trouve seulement sous sa -protection morale, parce qu'il est de la même race, et parce qu'il a -la même foi; mais par aucune autre raison. Nous avons attachement et -fidélité et nous voulons garder ces sentiments éternellement, mais nous -défendrons de toutes nos forces la liberté dont nous avons hérité de -nos prédécesseurs, et nous mourrons plutôt l'épée à la main, que de -subir une servitude honteuse d'une puissance quelconque.» - -Pierre I^er le Saint, pouvait seul faire entendre un tel langage au -Czar de toutes les Russies. Ce Vladika, qui règne pendant quarante-huit -ans, n'a connu que des victoires; il fut aussi un civilisateur, et -reste le vrai héros de la Dynastie. Sur la hauteur qui domine Cettigné, -là où se dresse le monument que la piété d'une Monténégrine devenue -Princesse Italienne a dessiné de sa propre main en souvenir de Danilo, -fondateur de la dynastie des Pétrovich, on voudrait voir s'élever la -statue du vainqueur de Kara Mahmoud et le rival heureux de Marmont duc -de Raguse. - -La grande tâche n'est pas achevée; après dix ans du règne de Pierre -II, grand poète, pacificateur, qui s'applique à adoucir les mœurs et à -propager l'instruction tout en tenant l'épée d'une main ferme; un fait -important au point de vue du gouvernement va s'accomplir. Jusqu'ici se -confondent dans la personnalité qui dirige et qui règne, le caractère -sacré du Vladika et celui du Prince. Pour devenir Vladika, évêque, il -faut être moine et renoncer au mariage; Danilo I^er qui devait comme -successeur et neveu de Pierre II assumer ce double caractère, avait -fait ses études à S^t Pétersbourg; il renonça à l'église, et inaugura -le pouvoir séculier. Ce règne est court, il finit par un évènement -lugubre, l'assassinat du souverain, victime d'un fanatique: mais il -reste encore inoubliable, car Danilo a la gloire d'avoir protesté -devant l'Europe contre la Turquie, relevée par la guerre de Crimée, -qui a osé dans un document parler du Monténegro comme d'une province -Turque: et aussi, deux années après son avènement, il conduit ses -troupes à Grahovo et met en déroute l'armée Turque dans une bataille -qui eut de tels résultats, qu'on la regarde encore comme la revanche de -Kossovo. - -Quand Danilo tombe sous le coup d'un assassin, le prince qui règne -aujourd'hui, Nicolas I^er, son neveu, fils de ce Mirko, le héros de -Giahovo, quitte à la hâte Paris où il achève ses études au Collège -Louis-le-Grand et assume le pouvoir. Il n'a pas encore vingt ans, -mais les Monténégrins, mûris par l'exemple, avant vingt ans sont des -hommes. Chacune des étapes de ce règne, auquel il faut souhaiter la -durée de celui du premier Pétrovich, est marqué par un effort pour -l'indépendance, un progrès dans la culture, une négociation heureuse, -en même temps que Medun, Danilograd, Martinch, Rasina-Clavica, -Nicksich, Antivari et Dulcigno; sont autant de noms de victoires coup -sur coup remportées, qui forcent l'Europe à compter avec le Monténégro. - -Le pays ne sera plus réduit à sa plaine étroite et aux quatre -montagnes; vers la vieille Servie il a des plaines fertiles; la Zéta, -la Brda lui appartiennent, il a pris de l'essor du côté de Scutari, et -les princes aux longs règnes ont fini par tailler à coup d'épée dans la -terre Serbe une principauté nouvelle. Cette principauté cependant n'est -point encore le prix du sang, ni le territoire sur lequel on régnait -cinq siècles auparavant. Berlin a effacé San Stefano. Depuis lors on -s'est réfugié dans le travail sans sacrifier ses espérances: l'ère -de la paix est celle des progrès, et une grande œuvre est accomplie. -Le Soldat s'est fait Législateur, le code monténégrin est promulgué. -Un juriste fameux, Bogisïc, sous l'inspiration du Prince, a recueilli -les règles du Droit coutumier, appliquées naïvement jusque là par le -peuple. Cette sagesse du Prince, cette prudence alliées à une énergie -qui n'abdique point; ont eu leur récompense dans de grandes alliances -qui n'ont pas eu seulement la politique et l'intérêt pour base, mais -qui se trouvaient d'accord avec les raisons du cœur. - - * - * * - -Quelles seront les habitudes, les tendances, l'aspect, le caractère -d'un peuple dont l'histoire n'est qu'une longue «vendetta» et une -perpétuelle revendication? - -Le voyageur qui aborde le Monténégro par les bouches de Cattaro, après -avoir gravi les soixante lacets taillés dans le roc qui donnent accès à -la Montagne Rocheuse, s'avance désormais vers Niégouz et Cettigné sans -rouler comme autrefois sur sa selle avec les pierres du chemin. L'homme -a dompté la nature; des routes nouvelles donnent un accès facile -jusqu'à la frontière de Serbie; l'extension de la carte du pays a fait -la vie moins rude. Si la montagne est aride de Cattaro à la plaine, -le pays frontière de la vieille Serbie est fertile: quelques parties -sont même riantes comme une petite Brianza. La Zéta, Vassoacwitz, -Kolaschi, Niksich, et les bords du lac de Scutari, sont des lieux -pleins d'aménité, qui contrastent avec la montagne. - -On sait que la terre donne peu de blé, mais le maïs abonde, comme la -pomme de terre, et la sécheresse est toujours le grand ennemi. Au fond -le pays est surtout pastoral et partout où la montagne est verte, le -grand et le petit bétail abondent; aux temps héroïques les clans se -disputaient tel ou tel revers de montagne, où la verdure était grasse -et épaisse. - -C'est par le bétail que le Monténégrin vit et s'enrichit; par le tabac, -par le sumak, cet arbuste dont la feuille sert à la tannerie tandis que -son bois est utile à la teinture, par les pêcheries de Stekline au lac -de Scutari, qui produit une sorte de sardine très demandée en Albanie -et qui s'écoule aussi dans l'Italie méridionale et en Serbie. - -De ces divers produits, le tabac est le plus avantageux, régulièrement -vendu par le gouvernement à la régie autrichienne qui y trouve son -compte. Mais l'empire d'Autriche a fermé sa nouvelle frontière au -bétail Monténégrin, et établi des cordons infranchissables, il fait -une guerre de tarifs à outrance. Tout bœuf qui passe la frontière paie -dix-huit florins de droits — c'est-à-dire — presque autant que le -prix de l'animal même. Il a fallu s'ingénier, chercher des nouveaux -débouchés. En Italie, à Brindisi et Bari; à Marseille, où s'est créé -une Chambre de commerce. - -Au point de vue industriel, les scieries mécaniques fonctionnent là où -l'eau abonde, comme aussi la meunerie, pour la farine. Une fabrique -d'armes pourvoit sinon à l'armement au moins à son entretien, et -les routes, sans parler de la grande voie qui de Cattaro se continue -jusqu'à Pogdoritza, sont amorcées partout à la fois, en même temps que -les anciens forts turcs des Iles de Scutari, démantelés, permettent -un service régulier entre Rieka et Scutari. Un service de poste, très -sérieusement établi, sévèrement surveillé, et d'une parfaite régularité -facilite les relations et les échanges. - - * - * * - -Voyons l'homme dans le Pays. Toujours soldat au fond, le Monténégrin -est resté fier et d'aspect réservé; riche ou pauvre, il a de la dignité -dans l'accueil et exerce l'hospitalité avec simplicité, son type est -noble et grave. Comme nous nous étonnions de voir dans un clan tant -d'hommes de belle allure, un chirurgien militaire nous fit observer que -la nature ici, fait sa sélection l'hiver, dans la montagne; les faibles -s'en vont, les forts restent seuls et grandissent. Le peuple est -pasteur, agriculteur, éleveur et la culture de la terre ennoblit: il a -horreur du petit commerce, et des petits métiers assis, les brodeurs, -les vendeurs. Il fait fi de certains travaux manuels, ne porte pas -volontiers de fardeaux et laisse les petits négoces aux Albanais venus -de Scutari. Il aime passionnément la musique, les récits faits à voix -basse, il murmure d'une voix gutturale des chants épiques d'un rhytme -triste et d'un ton voilé. - -On connait le costume du Pays, élégant, de couleur claire avec quelques -taches sonores, et complété par des armes brillantes. - -L'arme exerce sur le Monténégrin une séduction irrésistible, il ne -se sépare jamais de son arsenal. Un fusil, un revolver nouveau modèle -l'enchante, il les convoite et les admire. L'enfant lui-même dès qu'il -est armé se redresse plus fier. Quand j'étais là, on s'efforçait de -recruter une bande de petits musiciens; mais souffler sans gloire -dans un turlututu, et marcher sans fusil à l'épaule ou sans pistolet -à la ceinture répugnait à ces adolescents. On les arma d'un Martini, -et le clairon retentit bientôt dans la montagne. Il est singulier que -toujours armé ainsi, le sang ne coule presque jamais, et les prisons -soient presque vides. Le Pays n'a pas de pauvres, la sobriété est la -règle, l'ivresse est très rare, la porte du logis peut toujours rester -ouverte, car le vol est honteux et impossible par l'absence absolue du -réceleur. - -Avec le temps, grâce aux princes qui s'y sont tous appliqué, une -certaine férocité native — reste d'atavisme des époque épiques, -et des combats des ancêtres, qui se développait par les luttes -nouvelles soutenues par chaque génération — peu à peu s'est apaisée et -attendrie. La _Vendetta_, cette plaie des familles, passe au domaine de -l'histoire, comme aussi cette habitude chez les Monténégrins, à l'âge -où on croit à l'amitié éternelle, de se choisir un frère de sang, un -_Pobratim_, union touchante de deux jeunes hommes, qu'aucun lien de -famille unit, qui échangent leur sang et leurs armes en récitant la -prière «_l'Adelfo poisio_» devant le prêtre, et jurent de périr l'un -pour l'autre, et de s'entr'aider même au péril de leur vie. Quand -le pouvoir central existe, c'est la loi qui doit venger l'injure, la -_Vendetta_ est donc devenu un crime. Quant au _Pobratimat_ un voyageur -poète peut le regretter. Mais il faut considérer que contracté entre -deux Monténégrins de deux clans différents entraînait souvent deux -levées de boucliers et déchaînait les luttes fratricides. La vengeance -aujourd'hui est l'œuvre de la justice. - - * - * * - -La Monténégrina, montagne ou plaine, est-elle belle? ou simplement -jolie? — Un Français répondrait: elle est bien pire. Elle a de l'Orient -l'expression grave qui inspire le respect, une grâce touchante, une -absence complète d'affeterie ou de manière, un teint mat, qui chez la -femme riche ou aisée que la bise et le hâle n'ont pas flétri, garde -souvent une belle pâleur d'ivoire, souvent frêle et délicate, sous des -apparences de faiblesse son énergie a fait de la femme l'auxiliaire de -l'homme dans les combats. - -Chez les paysannes de nos champs la démarche est souvent lourde, le -geste gauche, l'expression dénuée de pensée et les yeux sans flamme: -la Monténégrine a souvent dans le regard comme un reflet de la poésie -des légendes de sa patrie, de la tristesse d'une race qui a longtemps -lutté et souffert. Cermak, l'artiste serbe, un patriote qui chaque fois -le Monténégrin passait la frontière et se soulevait contre le joug, -abandonnait Paris pour courir au danger, nous revint un jour mutilé de -la Cernagora, a bien fixé son image et l'a associée aux actes virils de -revendication dans des toiles pleines de talent. - -Ferogio, un Italien qui vivait aussi parmi nous, a recueilli tous les -types et illustré tous les actes de la vie du peuple, et mieux que -personne a montré la beauté de la silhouette, les fières attitudes, le -geste simple et toujours noble de la population rurale ou montagnarde. - -La femme monténégrine cependant, est douce, résignée, fidèle; tout son -horizon est au foyer, on ne la voit au bras de l'époux que les jours -de fête, elle attend un mot ou un signe, elle le devine et ose à peine -le prévenir. Si on s'en tenait aux apparences on dirait que l'homme, à -côté du respect, lui inspire la crainte, et dans le recueil des dictons -Monténégrins d'un autre âge, qui s'appliquent à la femme, quelques -uns ne sont pas à la louange de l'homme. On reproche aux Monténégrins -du peuple son indolence aux durs travaux, sa tendance à laisser à sa -compagne ceux qui sont les plus pénibles; et les yeux du voyageur au -détour de la route, dans la montagne ou dans la plaine, sont parfois -attristés en les voyant plier sous de lourds fardeaux. - -Mais cette femme est respectée et protégée par le droit coutumier, -devenu code civil, plus qu'en aucun pays de l'Europe. Le voyageur -de la Ballade de Schubert, celui «qui passe en chantant et qui part -sans regret», s'il pénétrait dans la famille rurale, assisterait à un -spectacle vraiment touchant. Qui n'a vu chez les peuples qui se piquent -de tenir la tête de la civilisation, à la mort du chef de la famille, -sous la loi du Majorat, ou même dans les maisons moins fortunées, la -veuve en cheveux blancs s'en aller solitaire, et laisser à son fils -et à sa jeune épouse le foyer où sa vie s'est écoulée, dans un luxe -devenu une habitude, dans une affection devenue un besoin? Qui n'a -rencontré sur sa route, surtout dans votre beau pays, où ceux dont -la vie est solitaire essaient de combler par la vue des chefs-d'œuvre -et la clemence du climat, le vide d'une existence, sans amour et sans -hyménée, — une sœur qui a quitté elle aussi le foyer de son frère? - -Ici, la loi est la communauté; le père est le chef, chacun doit son -travail à la famille toute entière et la part de chacun est la même. -Tout appartenant à tous, chacun a droit à tout son entretien, et puise -par part égale au bien commun. Si l'un des membres commet un délit -et une faute, tous le réparent, et paient l'amende — sauf à mettre au -compte du coupable, au jour du partage, le dommage qu'il a causé. - -Cependant le _Pécule_ est personnel à l'individu, et nous entendons, -par pécule, tout résultat d'un travail fait à moments perdus et -autorisé par tous, comme aussi tout profit qui est acquis sans travail, -c'est-à-dire, un don du père retiré de la communauté après avoir pris -ce qui lui revient en partage et dont il dispose à son gré, un don du -Prince, une arme, une étoffe, une somme d'argent, tout gain enfin qui -est le résultat soit de hasard, soit de la sympathie inspirée, soit -d'une action méritoire et personnelle. - -L'âge venu de s'unir à une famille nouvelle, il est permis à la jeune -fille, en dehors du travail en commun pour l'avantage de tous, de -travailler pour elle-même; et on fermera les yeux. A partir de ce jour -on la laisse augmenter son pécule, le père, la mère, le frère peuvent -y ajouter une part du leur, mais du leur seul, selon le penchant que -chacun d'eux a pour celle qui va les quitter. - -Dans la nouvelle famille où elle entre elle a le privilège de la même -loi. Et cette fois sa dot, c'est-à-dire son _Pécule_, lui appartient -absolument; elle en dispose sans réserve; elle n'a nulle formalité à -remplir, nulle signature à obtenir; elle est personnalité civile. - -Mais nous ne sommes pas dans ces républiques idéales qui ont pour base -la perfection de l'homme. Dans cette communauté nouvelle où elle entre, -toute injustice ou tout outrage à ce nouveau venu déchaînait autrefois -la _vendetta_ de la communauté primitive; alors le sang coulait. Le -pouvoir du prince, centralisé désormais, ayant absorbé le pouvoir du -clan, c'est la loi désormais qui venge. La loi seule, et un Prince au -cœur tendre, à l'âme juste, et à la main ferme. - -Cependant cette jeune femme est devenue veuve, le lien est rompu; que -deviendra-t-elle? Elle a le droit de rester dans sa nouvelle famille -sous les mêmes conditions, comme elle peut aussi revenir à l'ancienne -avec le même sort — à moins cependant qu'au moment de contracter le -mariage, son père lui ait donné la part à laquelle il avait droit en -quittant la communauté, s'il s'en est séparé. - -Ainsi donc, enfant et jeune fille, la femme est membre de la -communauté. Mariée elle garde les mêmes droits dans la nouvelle, et -pour mieux cimenter cette union, chaque famille ayant un patron, — -prenons St. Pierre puisqu'il a des clefs, et peut ouvrir bien des -portes, ou St. Nicolas, qui aime bien les enfants, — elle abandonne -son patron, celui de la communauté et se fait adopter par celui de sa -famille nouvelle. - - * - * * - -Après tant de combats, quand tout convergeait vers l'attaque ou la -défense, voyons ce qu'on a fait pour l'instruction publique. - -C'est seulement on 1852, quand Danilo II a pris le pouvoir, qu'on a -organisé et décrété l'école d'abord dans les villes et les villages de -la montagne noire, et après la bataille de Grahovo dans les régions -conquises. Tout-à-fait primaires d'abord les écoles ont un cours -de trois ou quatre ans. A Cettigné un gymnase s'est ouvert, qui se -transforme après quatre ans d'étude, et devient école normale. Une -classe de théologie permet de recruter les prêtres dont on limite le -nombre à la seule nécessité du diocèse. Plus tard pour les sujets -avancés, bien doués, avides d'apprendre et assez fortunés pour -promettre au pays des esprits ouverts, capables de faire progresser; -on a la ressource des missions temporaires à l'étranger. L'enfant du -village va à l'école, et c'est un charme de voir partout, dans les -étroits chemins de la montagne, au carrefour des routes, les petits -monténégrins avec le carton et l'ardoise en bandoulière, prenant le -chemin des écoliers et s'arrêtant pour cueillir une fleurette dans la -fente d'un rocher. - -Pour les jeunes filles, les demoiselles qui ont des aspirations plus -hautes que le village, filles de Voivodes et de riches propriétaires, -s'ouvre une institution fondée par l'Impératrice veuve d'Alexandre -II, avec des professeurs distingués, six ans de cours, l'internat, un -niveau élevé qui va croissant avec le temps. On y cultive d'office -les trois langues: _le Serbe_, _le Russe_, _le Français_, et la -connaissance des trois littératures, et souvent l'_Italien_: grâce aux -relations de famille et de voisinage. - - * - * * - -Pour l'instruction militaire, notre école nationale de St.-Cyr fut -parfois celle où des aides-de-camp du Prince ont appris le métier -des armes, et plus tard sont devenus aptes à la direction des divers -services administratifs, toujours prêts d'ailleurs à échanger la -plume contre l'épée aux jours de péril. Aujourd'hui, c'est l'Italie, -Modène, qui est l'école, la pépinière des officiers, fondus au retour -dans l'armée indigène, ils l'encadrent, sans émousser le caractère -offensif du soldat monténégrin et lui faire perdre sa personnalité -de combattant. Trois aides-de-camp, deux officiers d'ordonnance, le -capitaine des Périaniks, ou gardes du corps, forment un Etat major -personnel au Prince. Une grande caserne s'est élevé à Cettigné, une -école militaire à Pogdoritza, pour les sous-officiers, et un bataillon -régulier reste permanent. Le fond de la défense nationale étant la -milice légère, qui se mobilise, pour ainsi dire, d'instinct. On peut -compter à l'effectif, au moins 45 bataillons compacts et bien armés. -Nous nous souvenons d'avoir assisté jadis aux évolutions d'un escadron -bien monté — le noyau subsiste, mais la nature du pays proteste et le -cavalier, comme masse militaire, n'a pas sa raison d'être, vu la nature -du Pays. - - * - * * - -Nous constaterons encore d'autres innovations, si j'en crois un de mes -jeunes amis, un grand voyageur, nouvellement revenu du Pays dont les -lettres de crédit avaient pour unique objet de saluer de ma part S. -A. le prince Nicolas, et de chanter pour moi le «_Cari luoghi_» à la -montagne Noire. Celui-ci m'a assuré qu'il s'était couvert de gloire -au _Lawn Tennis_ de Cettigné où il avait eu pour partner des dames du -corps diplomatique, des jupes de Laferrière, des manches bouffantes de -M^me Pacquin et des chapeaux de chez Virot. — C'est la loi du progrès. -— Les nouvelles routes de Cettigné à la frontière sont désormais -propices à la byciclette: un jour ou l'autre on importera _le polo_ et -_l'automobile_, qui ne rappelle que de loin les temps de la chevalerie. - -Cependant le Pays tient à ses coutumes. Le costume national reste en -honneur partout, le trésor des poésies populaires, des chants épiques, -chants de gloire, de guerre et d'amour, histoire vivante, sont une -source féconde qui ne tarit jamais. Il y a toujours dans chaque ancien -clan quelque Barde errant qui chante au son de la Guzla au détour de -la route ou sous l'orme des vallées et souvent le chantre est aveugle, -comme Homère; il dit et redit des poésies, qui restent presque toujours -anonymes, et semblent portées sur l'aile du vent de montagne en -montagne ou répercutées par un écho comme celles des recueils de Vuk -Stefanovich que Tommaseo vous a fait connaître. - -Pierre II Pétrovich, le grand chantre de la Cernagora employait dans -ses poësies le décasyllabe qui ne recherche point la rime mais la donne -parfois, quand la raison l'appelle. Le Prince qui règne aujourd'hui à -la fois soldat, législateur et poëte, auteur de «_l'Impératrice des -Balkans_» devenu populaire, en fixant en vers de huit syllabes, le -caractère de chacune des tribus monténégrines; a faite cette poësie -plus personnelle, c'est la poësie littéraire avec la strophe de quatre -vers de la Poësie Ragusaine, qui garde à ces chants leur caractère à la -fois tendre et épique. - -«Si j'avais recueilli toutes les fleurs dont ta main a jonché le chemin -de ma vie (dit le Prince Poëte à celle qui partage son trône, en lui -dédiant son œuvre); si j'en avais respiré tout le parfum: j'en aurais -pu faire un poème si beau, un livre ailé tel que jamais le monde n'en -eût lu de pareil.... j'eus mieux chanté l'amour, l'intelligence et -j'aurais pu écrire un livre tout entier rien qu'en y recueillant toutes -les vertus de ton âme qui resplendissent comme un diadème impérial.» - -En entendant parler ainsi le Père, vous reconnaissez l'Épouse et la -Mère, et vous devinez celle dont les destinées sont désormais les -vôtres. - -Quelque rapide qu'ait été l'hommage que j'ai voulu rendre aux -Monténégrins, il n'était peut-être pas inutile qu'une voix et un cœur -français vinssent ici confondre dans la même sympathie et les mêmes -vœux de prospérité la Cernagora, l'Italie et.... la France. - - - - -NOTE: - -[1] V. son _Voyage d'Italie_. - -[2] Lettre à Fontanes du 20 janvier 1804, insérée dans le _Voyage -d'Italie_. - -[3] _Les martyrs_, V^e livre. - -[4] Lettre précitée à Fontanes. - -[5] _Mémoires d'outre-tombe_, p. 121, 122, 123 du V^e vol. dans la -récente édition Garnier. - -[6] Discours du 2 janvier 1848, p. 122-123 et 144 du V^e vol. de -l'édition de ses Discours publiée par L. Ulbach en 1865. - -[7] Discours précité. - -[8] Discours précité. - - - - -INDICE - - - Lamartine, Châteaubriand et l'Italie Pag. 5 - La pleiade musicale 39 - La elettricità animale 75 - _Appendice_: - Le Monténégro 113 - - - - -LE CONFERENZE FIORENTINE SULLA VITA ITALIANA - -Alcuni giudizi della stampa. - - - «Le _Conferenze fiorentine_, che tanto favore incontrarono nel - pubblico che ascolta e in quello che legge, hanno cambiato di - editore: sono passate dai fratelli Treves di Milano alla Casa - R. Bemporad e figlio di Firenze; ma ciò non vuol dire nulla: la - sostanza è rimasta sempre la stessa, cioè buona. - - «Dopo aver trattato della vita italiana negli albóri, nel trecento, - nel rinascimento, nel cinquecento, nel seicento, nel settecento, - nel periodo della rivoluzione francese e dell'impero, le conferenze - fiorentine hanno ora preso a trattare della _Vita Italiana nel - Risorgimento_ e sono già state raccolte in volume.» (_La Rassegna - settimanale universale_, 3 aprile 1898). - - - «Alla prima serie di _Conferenze fiorentine_, edite dalla Casa - Treves di Milano, che ebbero tanta fortuna nel pubblico degli - ascoltatori e dei lettori, quando furono dette e stampate, segue - questa seconda intorno al periodo più serio, interessante glorioso - della nostra storia. Il periodo del risorgimento ci commuove e ci - fa fremere anco adesso, poichè le più belle energie intellettuali e - morali ond'esso fu prodotto si vanno spegnendo, e fra le diserzioni - e le delusioni, lo scetticismo dilaga.» (G. PIPITONE FEDERIGO nel - _Flirt_ di Palermo, 5 maggio 1898). - - - «I volumi, che la Casa E. Bemporad e figlio ha dato alla luce con - una signorilità eguale a quella dei Treves di Milano, contengono - la prima, la seconda e la terza serie delle letture tenute l'anno - scorso sulla _Vita Italiana nel Risorgimento_ e si aggirano su quel - burrascoso periodo, che va dal 1815 al 1831; periodo in cui gli - amori più puri e gli slanci più generosi si alternano agli odi i - più feroci, alle mène più tenebrose e più sozze. - - «Tredici letture fra le più belle e le più attraenti, perchè - parlano di cose e di uomini il cui ricordo è ancor vivo nella - mente come fossero d'ieri e perchè toccate dalla mano, non sempre - maestra, ma spesso sicura del Del Lungo, del Rovetta, del Nitti, - del Biagi, del Costa di Beauregard, dell'Alfani, del Panzacchi, del - Bonfadini, della Serao, del Colombo e del Ricci. - - «Io potrei, se volessi, darvene qui un'idea più ampia e farvene - anche un tantino di critica; ma a che prò, se i giornali della - città seppero meglio di me, aiutati dalla freschezza delle - impressioni, darvi, allora, l'una e l'altra?...» (GUIDO RUBETTI nel - _Corriere italiano_ del 6 giugno 1898). - - - «Pochi libri come questo sono degni di essere letti e meditati - profondamente.... I soggetti che gli autori imprendono a trattare - con l'usata maestria, non possono, in verità, essere più serii - ed attraenti, come quelli che ravvivano il culto delle patrie - memorie, e, tesoro di osservazioni quasi sempre giuste e di - bellezze peregrine, mirano tutti a dilettare istruendo.» (N. PENNA, - nell'_Ebe_ di Loreto Aprutino, 1º luglio 1898). - - - «In realtà queste Conferenze portano un geniale e utile contributo - alla coltura nazionale. Non l'aridità dei fatti, non una cifra - uggiosa, ma un'esposizione facile e limpida, un giudizio equamine - o sereno danno il quadro più completo e vivo del periodo preso a - studiare, e rendono con la maggiore schiettezza il pensiero che - l'ha agitato. Il tema svolto da ciascun conferenziere dice subito - l'interesse o l'importanza di questi volumi.» (_Il Paese_ di - Palermo, 8 ottobre 1898). - - - «Apprendere senza fatica e senza perdita di tempo è il desiderio - di quanti assistono a ogni conferenza, ed è quello che pensava - anche il Giusti prima che le conferenze venissero di moda. A - un così giusto desiderio rispondono le conferenze tenutesi con - costante accorrenza di pubblico a Firenze, per cura della Società - di letture, riguardanti argomenti di letteratura e di storia. - Raccolte in volumi, questi ebbero lieta accoglienza; ora, gli - editori fiorentini R. Bemporad e figlio inaugurano le serie delle - conferenze storiche sul nostro Risorgimento, pel periodo compreso - dal 1815 al 1831. Anche a coloro che non ignorano le vicende di - quegli anni, tornerà gradito questo volume, che per la varietà - degli argomenti, per la vivezza e il colorito della esposizione e - pel valore degli autori, riesce un interessante e nuovo contributo - alla storia paesana.» (_Cronaca universitaria_ di Catania, 16 - novembre 1898). - - - «V'è da rallegrarsi che le dotte e geniali conferenze tenutesi - a Firenze per iniziativa della Società di pubbliche letture - si raccolgano ogni anno in un bel volume che il pubblico legge - avidamente. - - «Quello uscito ora, il primo della serie storica, non potrebbe - essere più interessante, per l'indole, la varietà e l'importanza - degli argomenti trattati. Romualdo Bonfadini discorre dottamente - della politica degli Stati italiani dal 1831 al 1846; Guglielmo - Ferrero ci ricorda la vecchia Italia e ne deduce i bisogni della - «nuova»; F. S. Nitti tratta del brigantaggio meridionale durante - il regime borbonico; e per ultimo il Masi ci delinea la figura del - vescovo d'Imola, che fu poi Pio IX, del quale reca notizie inedite - e rievoca memorie patriottiche. Certo la lettura di questo volume - giustifica il pregio e l'interesse dei precedenti e conferma il - favore del pubblico.» (_Il Commercio_ di Milano, 3-4 giugno 1899). - - - «En deux volumes la maison R. Bemporad et fils de Florence nous - donne une série de conférences très intéressantes sur la vie - italienne pendant le _Risorgimento_. C'est la seconde serie et - l'accueil fait au premier recueil est mérité par celui-ci. - - «Le premier volume — Histoire — contient quatre études de: MM. - Bonfadini, Ferrero, Nitti et Masi. Le second volume consacré aux - Lettres, Sciences et Arts, nous offre des articles d'Antonio - Fogazzaro, d'Enrico Panzacchi, d'Arturo Linaker et de Guido - Mazzoni. - - «Chacune de ces études mériterait un article special et l'espace - nous incite ù renvoyer le lecteur aux deux volumes, dont chaque - page a une haute valeur littéraire, historique ou philosophique.» - (_L'Italie_, 19 giugno 1899). - - - - - -Nota del Trascrittore - -Ortografia e punteggiatura originali sono state mantenute, così come le -grafie alternative (Monténégro/Monténegro e simili), correggendo senza -annotazione minimi errori tipografici. - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of La vita Italiana nel Risorgimento -(1831-1846), parte III, by Various - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VITA ITALIANA NEL RISORGIMENTO *** - -***** This file should be named 51402-0.txt or 51402-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/1/4/0/51402/ - -Produced by Carlo Traverso, Barbara Magni and the Online -Distributed Proofreading Team at DP-test Italia, -http://dp-test.dm.unipi.it (This file was produced from -images generously made available by The Internet Archive) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. Special rules, -set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to -copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to -protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project -Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you -charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you -do not charge anything for copies of this eBook, complying with the -rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose -such as creation of derivative works, reports, performances and -research. They may be modified and printed and given away--you may do -practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is -subject to the trademark license, especially commercial -redistribution. - - - -*** START: FULL LICENSE *** - -THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE -PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK - -To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free -distribution of electronic works, by using or distributing this work -(or any other work associated in any way with the phrase "Project -Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project -Gutenberg-tm License (available with this file or online at -http://gutenberg.org/license). - - -Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm -electronic works - -1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm -electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to -and accept all the terms of this license and intellectual property -(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all -the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy -all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession. -If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project -Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the -terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or -entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8. - -1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be -used on or associated in any way with an electronic work by people who -agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few -things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works -even without complying with the full terms of this agreement. See -paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project -Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement -and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic -works. See paragraph 1.E below. - -1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation" -or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project -Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the -collection are in the public domain in the United States. If an -individual work is in the public domain in the United States and you are -located in the United States, we do not claim a right to prevent you from -copying, distributing, performing, displaying or creating derivative -works based on the work as long as all references to Project Gutenberg -are removed. Of course, we hope that you will support the Project -Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by -freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of -this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with -the work. You can easily comply with the terms of this agreement by -keeping this work in the same format with its attached full Project -Gutenberg-tm License when you share it without charge with others. - -1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern -what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in -a constant state of change. If you are outside the United States, check -the laws of your country in addition to the terms of this agreement -before downloading, copying, displaying, performing, distributing or -creating derivative works based on this work or any other Project -Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning -the copyright status of any work in any country outside the United -States. - -1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg: - -1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate -access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently -whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the -phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project -Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed, -copied or distributed: - -This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with -almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org/license - -1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived -from the public domain (does not contain a notice indicating that it is -posted with permission of the copyright holder), the work can be copied -and distributed to anyone in the United States without paying any fees -or charges. If you are redistributing or providing access to a work -with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the -work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1 -through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the -Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or -1.E.9. - -1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted -with the permission of the copyright holder, your use and distribution -must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional -terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked -to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the -permission of the copyright holder found at the beginning of this work. - -1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm -License terms from this work, or any files containing a part of this -work or any other work associated with Project Gutenberg-tm. - -1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this -electronic work, or any part of this electronic work, without -prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with -active links or immediate access to the full terms of the Project -Gutenberg-tm License. - -1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary, -compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any -word processing or hypertext form. However, if you provide access to or -distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than -"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version -posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org), -you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a -copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon -request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other -form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm -License as specified in paragraph 1.E.1. - -1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying, -performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works -unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9. - -1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing -access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided -that - -- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from - the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method - you already use to calculate your applicable taxes. The fee is - owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he - has agreed to donate royalties under this paragraph to the - Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments - must be paid within 60 days following each date on which you - prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax - returns. Royalty payments should be clearly marked as such and - sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the - address specified in Section 4, "Information about donations to - the Project Gutenberg Literary Archive Foundation." - -- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies - you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he - does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm - License. You must require such a user to return or - destroy all copies of the works possessed in a physical medium - and discontinue all use of and all access to other copies of - Project Gutenberg-tm works. - -- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any - money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the - electronic work is discovered and reported to you within 90 days - of receipt of the work. - -- You comply with all other terms of this agreement for free - distribution of Project Gutenberg-tm works. - -1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm -electronic work or group of works on different terms than are set -forth in this agreement, you must obtain permission in writing from -both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael -Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the -Foundation as set forth in Section 3 below. - -1.F. - -1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable -effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread -public domain works in creating the Project Gutenberg-tm -collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic -works, and the medium on which they may be stored, may contain -"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or -corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual -property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a -computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by -your equipment. - -1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right -of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project -Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project -Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all -liability to you for damages, costs and expenses, including legal -fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT -LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE -PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE -TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE -LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR -INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH -DAMAGE. - -1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a -defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can -receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a -written explanation to the person you received the work from. If you -received the work on a physical medium, you must return the medium with -your written explanation. The person or entity that provided you with -the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a -refund. If you received the work electronically, the person or entity -providing it to you may choose to give you a second opportunity to -receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy -is also defective, you may demand a refund in writing without further -opportunities to fix the problem. - -1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth -in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER -WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO -WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE. - -1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied -warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages. -If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the -law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be -interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by -the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any -provision of this agreement shall not void the remaining provisions. - -1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the -trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone -providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance -with this agreement, and any volunteers associated with the production, -promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works, -harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees, -that arise directly or indirectly from any of the following which you do -or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm -work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any -Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause. - - -Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm - -Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of -electronic works in formats readable by the widest variety of computers -including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists -because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from -people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. -To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation -and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 -and the Foundation web page at http://www.pglaf.org. - - -Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive -Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at -http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent -permitted by U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. -Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered -throughout numerous locations. Its business office is located at -809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email -business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact -information can be found at the Foundation's web site and official -page at http://pglaf.org - -For additional contact information: - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. To -SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any -particular state visit http://pglaf.org - -While we cannot and do not solicit contributions from states where we -have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition -against accepting unsolicited donations from donors in such states who -approach us with offers to donate. - -International donations are gratefully accepted, but we cannot make -any statements concerning tax treatment of donations received from -outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. - -Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation -methods and addresses. Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. -To donate, please visit: http://pglaf.org/donate - - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic -works. - -Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm -concept of a library of electronic works that could be freely shared -with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project -Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. - - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. -unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily -keep eBooks in compliance with any particular paper edition. - - -Most people start at our Web site which has the main PG search facility: - - http://www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. |
