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-The Project Gutenberg EBook of La vita Italiana nel Risorgimento
-(1831-1846), parte III, by Various
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org/license
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-Title: La vita Italiana nel Risorgimento (1831-1846), parte III
- Seconda serie - Lettere, scienze e arti
-
-Author: Various
-
-Release Date: March 8, 2016 [EBook #51402]
-
-Language: Italian
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VITA ITALIANA NEL RISORGIMENTO ***
-
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-
-Produced by Carlo Traverso, Barbara Magni and the Online
-Distributed Proofreading Team at DP-test Italia,
-http://dp-test.dm.unipi.it (This file was produced from
-images generously made available by The Internet Archive)
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- LA
- VITA ITALIANA
- NEL
- RISORGIMENTO
-
- (1831-1846)
-
- SECONDA SERIE
-
-
- III.
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- LETTERE, SCIENZE E ARTI.
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-
- Lamartine, Châteaubriand et l'Italie DEJOB CHARLES.
- La pleiade musicale CHECCHI EUGENIO.
- La elettricità animale FANO GIULIO.
- _Appendice_:
- Le Monténégro YRIARTE CHARLES.
-
-
-
- FIRENZE
- R. BEMPORAD & FIGLIO
- CESSIONARI DELLA LIBRERIA EDITRICE FELICE PAGGI
- 7, Via del Proconsolo
- 1899.
-
-
-
-
- PROPRIETÀ LETTERARIA
-
- RISERVATI TUTTI I DIRITTI
-
- _Gli editori_ R. BEMPORAD & FIGLIO _dichiarano contraffatte
- tutte le copie non munite della seguente firma_:
-
- [Illustrazione: firma manoscritta]
-
- Firenze, Tip. Cooperativa, Via Pietrapiana, 46.
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-
-
-
-LAMARTINE, CHATEAUBRIAND ET L'ITALIE
-
-CONFERENZA DI CHARLES DEJOB
-
-
- _Mesdames, Messieurs_,
-
-On a souvent reproché aux Français, dans notre siècle, d'ignorer
-systématiquement les langues étrangères. Ce reproche, ils ne l'ont
-mérité qu'un moment. Nulle part pendant deux cents ans l'espagnol
-et l'italien n'ont été plus à la mode que chez nous; jusque dans le
-premier tiers de ce siècle, la France a été un des pays où, je ne
-dirai pas seulement on écoutait, mais où l'on imprimait le plus de
-livres italiens; et depuis un certain nombre d'années les étrangers
-qu'on envoie chez nous en mission pour examiner la manière dont nos
-lycées enseignent l'anglais et l'allemand, confessent dans leurs
-rapports qu'il est difficile de mieux faire. Il y a toutefois un degré
-auquel nous n'atteindrons probablement jamais: hors de France, dans
-certains salons, une même personne parle allemand à un interlocuteur,
-anglais à un autre, français à un troisième: peu de Français seront
-polyglottes à ce point là. Mais faut-il le regretter? Apprendre, non
-pas seulement à lire mais à parler plusieurs langues vivantes, c'est
-prélever sur sa jeunesse pour apprendre des mots bien des mois qu'il
-vaudrait peut-être mieux employer à approfondir sa propre langue et
-à penser ou à sentir; puis n'est-il pas bien difficile à un auteur de
-se former un idéal s'il est pour ainsi dire, tourmenté par les génies
-divers de plusieurs nations qui se le disputent? Ecrire sous la dictée
-d'une Muse, c'est fort bien; mais écrire sous la dictée de trois
-ou quatre Muses qui nous parlent à la fois, c'est moins commode. En
-revanche, la France a toujours été un des pays où l'on trouve le plus
-d'hommes voués à l'étude des littératures étrangères et employant leur
-existence à écrire, non pas des articles sur des feuilles volantes et
-à propos de productions courantes dont tout le monde parle aujourd'hui
-et dont personne ne parlera dans vingt ans, mais des volumes sur l'art
-ou la poésie des autres nations; et le grand public s'y intéresse
-si fort aux chefs-d'œuvre durables de l'étranger, qu'il se presse
-au pied des chaires où on les commente: il y a environ cent ans,
-Ginguené, le spirituel et perspicace historien de votre littérature,
-en inaugura l'enseignement à l'Athénée; cet enseignement, transféré
-depuis à la Sorbonne, y a brillé du même éclat entre les mains de
-Fauriel, d'Ozanam, de M. Mézières et de M. Gebhart. Enfin la France
-est un des pays où les écrivains célèbres, les penseurs, viennent le
-plus volontiers en aide aux savants pour faire aimer les nations qui
-méritent d'être aimées. Tout le monde sait que Stendhal a pour ainsi
-dire passé sa vie à persuader aux Français que Milan, Florence, Rome,
-Naples étaient les plus délicieux des séjours: et j'ai eu occasion
-de montrer qu'à une époque où tous les voyageurs du Nord de l'Europe
-exprimaient le plus profond dédain pour l'Italie contemporaine,
-le grand astronome Lalande, Roland le futur conventionnel, surtout
-M^me de Staël, prédisaient de la façon la plus claire votre glorieux
-relèvement.
-
-Je voudrais rechercher aujourd'hui les sentiments de Châteaubriand et
-de Lamartine à l'égard de l'Italie.
-
-Au premier abord, il semble que Châteaubriand n'a pas dû vous être
-très-favorable. Je ne parle pas de quelques réclamations passagères
-qu'il s'est attirées. Giustina Renier-Michiel a éloquemment réclamé
-contre l'épithète de _ville contre nature_ qu'il avait appliquée à
-Venise après son premier voyage, et Silvio Pellico s'est plaint avec
-raison de ce que Châteaubriand avait confondu les _piombi_ de 1830
-avec ceux de 1820. Ce sont là des détails; mais un ancien émigré, un
-légitimiste qui avait longtemps été _ultra_, pouvait-il s'intéresser au
-véritable bien de l'Italie moderne? L'homme qui a entraîné Louis XVIII
-à restaurer en Espagne le pouvoir absolu de Ferdinand VII pouvait-il
-avoir quelque sympathie pour les patriotes italiens?
-
-Pourtant ne nous arrêtons pas aux apparences!
-
-D'abord Châteaubriand connaissait fort bien vos classiques, qu'il cite
-assez souvent dans le texte. Dans le _Génie du Christianisme_, il
-ne parle pas toujours de Dante comme il faudrait: mais songez qu'il
-l'écrivait du vivant de Saverio Bettinelli; combien de gens, même
-en Italie, malgré tout le parti que Monti venait de tirer pour sa
-_Bassvilliana_ de l'imitation du poëme sacre, continuaient à juger la
-_Divine Comédie_ sur la foi des _Lettere Virgiliane_! Baretti, qui,
-pour faire pièce à Voltaire, a réussi à comprendre Shakespeare, n'a
-jamais réussi à comprendre Dante. Du moins Châteaubriand reconnaît-il
-que Dante n'a point de maître dans le pathétique et le terrible; et
-plus tard, dans son _Essai sur la littérature_ anglaise, il avertit
-que Shakespeare, dont nos romantiques étaient idolâtres, a eu moins à
-faire que Dante pour fonder la littérature nationale. Son appréciation
-sur le Tasse, pour qui vous savez que la France a toujours eu un faible
-malgré le mot de Boileau dont on exagère étrangement le sens, est
-très-pénétrante; il appelle la _Jérusalem Délivrée_ un chef-d'œuvre
-de composition, et, quand il la blâme, c'est en homme que le poète
-a conquis à son sujet, et qui voudrait collaborer avec lui pour
-atteindre la perfection. Enfin il a pieusement suivi le convoi funèbre
-de cet Alfieri dont, par un hasard qui au fond n'en est pas un, les
-Français furent les admirateurs décidés à une époque où les Italiens se
-partageaient encore sur son compte.
-
-Mais ce sont principalement les beautés naturelles de l'Italie qu'il
-nous a comme révélées. Chose curieuse, et qui montre combien, en
-dépit d'Horace, la plume est quelquefois supérieure au pinceau pour
-la propagation des idées! Parmi les peintres qui ont le mieux fixé sur
-la toile le charme du ciel italien, tout le monde place nécessairement
-deux Français, Claude Gellée dit le Lorrain et Nicolas Poussin, et ils
-ont tous deux vécu il y a deux cents ans; toutefois, la beauté de ce
-ciel n'est proverbiale en France, à tous les degrés de la population,
-que depuis que Châteaubriand et Lamartine l'ont décrite. Châteaubriand
-a visité plusieurs fois l'Italie: dès le premier voyage il est ravi; il
-vante les chemins excellents de la Lombardie, ses auberges «supérieures
-à celles de France, presque égales à celles de l'Angleterre;» il donne
-sur les fouilles de Pompei un excellent conseil qu'on a fini par juger
-tel: laisser les objets là où on les trouve, protéger par un toit
-les édifices qui les contiennent, mais conserver à chaque chose sa
-signification en lui conservant sa place[1], surtout il a senti à ravir
-l'attrait de la campagne romaine et du golfe de Naples. Voici comment
-il peint le premier des deux tableaux:
-
-«Rien n'est comparable, pour la beauté, aux lignes de l'horizon romain,
-à la douce inclination des plans, aux contours suaves et fuyants des
-montagnes qui le terminent.... Une vapeur répandue dans le lointain
-arrondit les objets et dissimule ce qu'ils pourraient avoir de dur
-ou de heurté dans leurs formes. Les ombres ne sont jamais lourdes ou
-noires; il n'y a pas de masses si obscures de rochers et de feuillages,
-dans lesquelles il ne s'insinue toujours un peu de lumière. Une
-teinte singulièrement harmonieuse marie la terre, le ciel et les eaux;
-toutes les surfaces au moyen d'une gradation insensible de couleurs,
-s'unissent par leurs extrémités, sans qu'on puisse déterminer le point
-où une nuance finit et où l'autre commence. Vous avez sans doute admiré
-dans les paysages de Claude Lorrain cette lumière qui semble idéale et
-plus belle que nature. Eh bien, c'est la lumière de Rome.»[2]
-
-Voici pour Naples:
-
-«Des fleurs et des fruits humides de rosée sont moins suaves et moins
-frais que le paysage de Naples sortant des ombres de la nuit. J'étais
-toujours surpris, en arrivant au portique, de me trouver au bord de
-la mer; car les vagues dans cet endroit faisaient à peine entendre
-le léger murmure d'une fontaine. En extase devant ce tableau, je
-m'appuyais contre une colonne et, sans pensée, sans désir, sans projet,
-je restais des heures entières, à respirer un air délicieux. Le charme
-était si profond, qu'il me semblait que cet air divin transformait ma
-propre substance, et qu'avec un plaisir indicible je m'élevais vers le
-firmament comme un pur esprit.»[3]
-
-Ce qui a principalement aidé à graver ces éloges du sol de l'Italie
-dans la mémoire des Français, c'est qu'ils se rattachent souvent
-à ce que j'appellerai la philosophie de Châteaubriand. Vous savez
-que la grandeur de Châteaubriand tient avant tout à la profondeur
-avec laquelle il a ressenti le prodigieux ébranlement de 1789.
-Toutes les révolutions postérieures ne sont que des jeux auprès
-de celle-là, non seulement à cause des luttes intestines qu'elle
-a déchaînées, de l'énergie qu'il a fallu à la France pour rejeter
-hors de ses confins l'Europe entière acharnée à la destruction de
-la liberté, mais parce que toutes les révolutions ultérieures ne
-portent que sur l'extension du principe victorieusement établi par
-les hommes de 89, la souveraineté des nations. A cette date, un
-monde s'est englouti, un autre monde est sorti du chaos. La notion
-du roi sacré par l'Eglise, père de son peuple et propriétaire de son
-royaume, de l'Eglise maîtresse des consciences, des intelligences
-et dispensatrice privilégiée de la charité publique, de la noblesse
-tantôt opulente, tantôt pauvre, mais toujours riche d'honneur, parce
-que sa fonction propre est de mourir pour la patrie, toute cette
-conception, très-imparfaite assurément, mais brillante et longtemps
-glorieuse, s'est abimée. Châteaubriand accepta, en partie du moins, le
-monde nouveau, mais ne cessa jamais de pleurer la grandeur du monde
-disparu. De là, cette habitude de méditer sur le néant de l'homme
-qui tourne quelquefois à la manie, mais qui lui inspire souvent des
-pages dignes de Bossuet. Or l'Italie le conviait éminemment à des
-méditations de cette nature. Avant lui, la plupart des voyageurs ne
-cherchaient dans Rome que l'antiquité ou la Renaissance, ou bien ils
-opposaient à la Rome d'autrefois la Rome de leur temps, pour mépriser
-celle-ci ou la plaindre. Au contraire, Châteaubriand qui professe,
-en véritable Breton, qu'un roi n'est jamais plus grand que quand il a
-perdu sa couronne, vénère dans la Ville Eternelle la splendeur qu'elle
-ne possède plus. Il la place, dans son imagination et dans son cœur,
-à côté de ces Bourbons dont il ne méconnaît pas les fautes, dont il
-n'adore pas les caprices, mais que le malheur a transfigurés pour lui:
-
-«Figurez-vous quelque chose de la désolation de Tyr et de Babylone,
-dont parle l'Ecriture: un silence et une solitude aussi vastes que
-le bruit et le tumulte des hommes qui se pressaient jadis sur ce
-sol.... Vous apercevez ça et là quelques bouts de voie romaine dans
-des lieux où il ne passe plus personne, quelques traces desséchées des
-torrents de l'hiver: ces traces vues de loin ont elles-mêmes l'air
-de grands chemins battus et fréquentés, et elles ne sont que le lit
-désert d'une onde orageuse qui s'est écoulée comme le peuple romain.
-A peine découvrez-vous quelques arbres, mais partout s'élèvent des
-ruines d'acqueducs et de tombeaux, ruines qui semblent être les forêts
-et les plantes indigènes d'une terre composée de la poussière des
-morts et des débris des empires.... On dirait qu'aucune nation n'a
-osé succéder aux maîtres du monde dans leur terre natale.... Déchue
-de sa puissance terrestre, Rome, dans son orgueil, semble avoir voulu
-s'isoler....; comme une reine tombée du trône, elle a noblement caché
-ses malheurs dans la solitude. Il me serait impossible de vous dire
-ce qu'on éprouve lorsque Rome vous apparaît tout à coup au milieu
-de ces royaumes vides et qu'elle a l'air de se lever pour vous de la
-tombe où elle était couchée. Tâchez de vous figurer ce trouble et cet
-étonnement qui saisissaient les prophètes lorsque Dieu leur envoyait la
-vision de quelque cité à laquelle il avait attaché les destinées de son
-peuple.»[4]
-
-Oui, me direz-vous; mais que pense-t-il des habitants de ces ruines
-majestueuses, de cet auguste désert? Messieurs, voici sa réponse dès
-l'année 1803 et quand il n'a encore fait que traverser l'Italie.
-
-«Quant aux Romains modernes,... je crois qu'il y a encore chez eux le
-fond d'une nation peu commune. On peut découvrir parmi ce peuple trop
-sévèrement jugé un grand sens, du courage, de la patience, du génie,
-des traces profondes de ses anciennes mœurs, je ne sais quel air de
-souverain et quels nobles usages qui sentent encore la royauté.» Notez
-qu'il parle ici, non des Italiens du Nord, qui venaient de donner au
-monde Alfieri, Parini, Goldoni, où la veille encore Turin et Venise
-étaient les capitales d'Etats libres, où l'esprit public s'était
-éveillé avec Pietro Verri et Beccaria, mais de cette pauvre Rome si
-endormie alors et si infortunée depuis 900 ans qu'à l'époque même où
-les papes faisaient et défaisaient les rois, elle était en proie aux
-caprices alternatifs de ses barons et de sa populace. Jusque dans les
-traits des Romains modernes, Châteaubriand reconnaît la physionomie
-du peuple roi, et cela entre Marengo et Austerlitz, c'est-à-dire à une
-époque où il fallait à un Français beaucoup d'esprit et de cœur pour ne
-pas oublier que l'orgueil est le partage des sots.
-
-Il se prononcera bien plus fortement quand il sera plus complètement
-informé. Voici un passage d'un rapport qu'il adresse au gouvernement
-français en 1828, en qualité d'ambassadeur à Rome. Ecoutez d'abord
-comme il s'exprime sur les Bourbons de Naples, qui pourtant comptaient
-alors en France sur les marches du trône la mère du comte de Chambord
-et la femme du futur Louis Philippe: «Il est malheureusement trop vrai
-que le gouvernement des Deux Siciles est tombé au dernier degré du
-mépris.» Ecoutez maintenant ce qu'il écrit sur la persécution de vos
-patriotes à une époque où le Spielberg n'avait pas encore rendu ses
-proies: «On prend pour des conspirations ce qui n'est que le malaise
-de tous, le produit du siècle, la lutte de l'ancienne société avec la
-nouvelle, le combat de la décrépitude des vieilles institutions contre
-l'énergie des jeunes générations, enfin la comparaison que chacun
-fait de ce qui est à ce qui pourrait être. Ne nous le dissimulons
-pas: le grand spectacle de le France puissante, libre et heureuse, ce
-grand spectacle qui frappe les nations restées ou retombées sous le
-joug, excite des regrets ou nourrit des espérances. Le mélange des
-gouvernements représentatifs et des monarchies absolues ne saurait
-durer; il faut que les uns ou les autres périssent, que la politique
-reprenne un égal niveau ainsi que du temps de l'Europe gothique....
-C'est dans ce sens et uniquement dans ce sens qu'il y a conspiration en
-Italie.»
-
-Loin de flatter ses compatriotes, il ajoutait que c'était seulement
-en ce sens que l'Italie était française: «Le jour où elle entrera en
-jouissance des droits que son intelligence aperçoit et que la marche
-progressive du temps lui apporte, elle sera tranquille et purement
-italienne.» Rien de plus honorable que cette loyauté, qui lui interdit
-de mettre la main sur le libéralisme naissant de l'Italie, de se
-prévaloir, pour le confisquer au profit de la France, du réveil que
-nos penseurs du XVIII^e siècle avaient provoqué chez elle. Loin aussi
-de renvoyer à une date qui n'arriverait jamais l'accomplissement de
-ses prédictions, il disait: «Si quelque impulsion venait du dehors,
-ou si quelque prince en deçà des Alpes accordait une charte à ses
-sujets, une révolution aurait lieu, parce que tout est mûr pour cette
-révolution.»[5]
-
-Vous voyez, Messieurs, que si Châteaubriand a siégé avec M. de
-Metternich au Congrès de Vienne, ces deux hommes d'État ne jugeaient
-pas de la même façon les affaires de l'Italie.
-
-Ma tâche devient en apparence plus délicate avec Lamartine: car son
-nom vous rappelle sur le champ quelques paroles un peu vives qui lui
-valurent tout près d'ici un coup d'épée. J'espère que tout à l'heure
-vous conviendrez qu'il eût été bien dommage que Gabriele Pepe tuât
-Lamartine, et cela non seulement parce que, en vérité, le prix des
-deux existences engagées dans le combat n'était pas tout à fait égal,
-mais parce que, si un jugement sévère, injuste même, sur une nation
-signifiait nécessairement qu'on la méprise ou qu'on la déteste, il
-faudrait effacer Dante, Alfieri, Foscolo et beaucoup d'autres, de
-la liste des patriotes italiens: peut-être reconnaîtrez-vous dans un
-instant que Lamartine a fait au moins autant pour l'Italie que son très
-honorable adversaire.
-
-D'abord, par ses premières lectures, par ses amis de France, surtout
-par ses fréquents séjours au-delà des Alpes, il avait eu le loisir de
-la connaître; il en écrivait, il en parlait la langue. M. Mazzatinti
-a retrouvé une lettre de lui écrite en un italien fort satisfaisant
-à un Florentin; et j'ai lu, je ne sais plus où, qu'un jour dans sa
-vieillesse et devant des auditeurs qu'il savait évidemment capables de
-la comprendre, il feignit de lire une scène de mœurs napolitaines qu'en
-réalité il improvisait et où des pêcheurs de Mergellina s'exprimaient
-dans leur dialecte. Il n'avait pas passé douze ans en Italie, comme
-il lui est échappé un jour de le dire: mais, sans compter de courtes
-visites, il y avait passé une partie des années 1811 et 1812, de
-l'année 1820, et trois ans de 1825 à 1828; si les salons italiens
-avaient été assez lents à s'ouvrir pour lui, il s'était lié avec
-Niccolini, surtout avec Gino Capponi avec qui, vous le savez, il
-resta en correspondance, et il avait été mêlé à vos affaires par ses
-fonctions diplomatiques, à Naples d'abord, puis à Florence.
-
-Lui aussi, ce fut la beauté physique de l'Italie qu'il commença
-par goûter; nul n'a exprimé avec plus de séduction le charme d'une
-promenade nocturne sur le golfe de Baia au milieu des chants que se
-renvoient les pêcheurs et des parfums terrestres dont la brise du soir
-embaume les eaux. Et, comme, pour la diffusion rapide des idées, la
-poésie a sur la prose le même avantage que la prose sur le pinceau, les
-vers de Lamartine décuplèrent chez nous en un moment les adorateurs de
-la nature italienne. Citons seulement quelques vers:
-
- Maintenant sous le ciel tout repose, ou tout aime;
- La vague en ondulant vient dormir sur le bord;
- La fleur dort sur sa tige, et la nature même
- Sous le dais de la nuit se recueille et s'endort.
- Vois: la mousse a pour nous tapissé la vallée;
- Le pampre s'y recourbe en replis tortueux,
- Et l'haleine de l'onde à l'oranger mêlée
- De ses fleurs qu'elle effeuille embaume mes cheveux.
- A la molle clarté de la voûte sereine,
- Nous chanterons ensemble assis sous le jasmin
- Jusqu'à l'heure où la lune, en glissant vers Misène,
- Se perd en pâlissant dans les feux du matin.
-
-D'ailleurs Lamartine, comme Châteaubriand, rapporta de l'Italie autre
-chose que des impressions, il en rapporta une doctrine; il y avait
-découvert pour son compte ce néant de l'homme que Châteaubriand y avait
-seulement approfondi. Trop jeune pendant la Révolution française pour
-en avoir, comme son prédécesseur, ressenti directement la secousse,
-c'est en contemplant du sein de toutes les joies de la vie les ruines
-de l'antiquité qu'il avait appris que tout change, tout passe, que
-nous passons nous mêmes «hélas, sans laisser plus de trace que cette
-barque où nous glissons sur cette mer où tout s'efface.» Il y avait
-encore appris, ou plutôt il s'y était enseigné à lui-même par un
-commentaire vivant du Tasse qui avait été le premier en date de ses
-poètes préférés, sans doute aussi par une réminiscence de Pétrarque,
-un nouveau style d'amour. Un a dit en France, et avec raison, que
-dès avant lui, la poésie spirituellement, sèchement galante qui
-n'avait que trop fleuri chez nous au XVIII^e siècle n'y régnait déjà
-plus, que l'amour commençait à y être une passion sincère et, par
-moments, mélancolique. Mais ce qu'on n'avait pas encore entendu chez
-nous, c'était l'hymne religieux de l'amour: c'était, non pas l'amour
-platonique, mais l'amour gravement, pieusement exalté, reconnaissant
-à la bonté divine qui prête un instant la beauté à la terre pour en
-sécher les larmes, mais qui la rappellera bientôt à lui pour nous
-empêcher d'oublier qu'après tout le ciel seul ignore les pleurs. Or
-ici Lamartine ne procède d'aucun Français, pas même d'André Chénier
-dont les vers les plus touchants demeurent païens. Certes nos
-classiques avaient admirablement dépeint les orages du cœur; mais
-pour eux, la religion était une chose, l'amour en était une autre,
-et ces deux ordres d'idées n'avaient rien à voir entre eux: dans la
-tradition française, Dieu ne connaissait que le devoir, il ordonnait
-la continence aux célibataires, la fidélité aux époux: quant à l'amour
-honnête, il le permettait, mais il ne s'en occupait pas. Lamartine au
-contraire procède de l'amant de Laure et du chantre de Tancrède. Il ne
-les imite pas; il est moins homme de lettres qu'eux dans le bon comme
-dans le mauvais sens; son élocution est moins travaillée; la nature
-lui offre autre chose qu'un pré fleuri, une claire fontaine et un chœur
-d'oiseaux saluant le mois d'avril.
-
-Mais, pour les avoir relus sous le ciel qui les a inspirés, pour avoir
-respiré le bonheur qu'exhale la terre dont les habitants appellent tout
-ce qui enchante _grazia di Dio_, il a, comme eux et plus expressément
-encore, monté la poésie amoureuse sur le ton des cantiques.
-
- Celui qui, le cœur plein de délire et de flamme,
- A cette heure d'amour, sous cet astre enchanté,
- Sentirait tout à coup le rêve de son âme
- S'animer sous les traits d'une chaste beauté,
- Celui qui, sur la mousse, au pied du sycomore,
- Au murmure des eaux, sous un dais de saphirs,
- Assis à ses genoux de l'une à l'autre aurore
- N'aurait pour lui parler que l'accent des soupirs,
- Celui qui, respirant son haleine adorée,
- Sentirait ses cheveux soulevés par les vents,
- Caresser en passant sa paupière effleurée,
- Ou rouler sur son front leurs anneaux ondoyants,
- Celui qui, suspendant les heures fugitives,
- Fixant avec l'amour son âme en ce beau lieu,
- Oublierait que le temps coule encor sur ces rives,
- Serait-il un mortel ou serait-il un dieu?
- Et nous, aux doux penchants de ces verts Elysées,
- Sur ces bords où l'Amour eût caché son Eden,
- Au murmure plaintif des vagues apaisées,
- Aux rayons endormis de l'astre élyséen;
- Sous ce ciel où la vie, où le bonheur abonde,
- Sur ces rives que l'œil se plaît à parcourir,
- Nous avons respiré cet air d'un autre monde,
- Elvire!... et cependant on dit qu'il faut mourir.
-
-Lisez superficiellement les _Méditations_, vous vous demanderez
-pourquoi telle ou telle pièce porte pour titre un site napolitain: vous
-n'y trouverez point de ces descriptions qui mettent les objets sous les
-yeux; Lamartine regarde beaucoup moins que Victor Hugo, mais il sent
-davantage; livrez-vous à lui et les émotions qu'il éveillera en vous
-ranimeront celles que deux de vos poètes vous ont jadis données. Le
-tour n'est plus le même: il y a déjà un orateur caché sous le poète des
-_Méditations_: mais l'accent révèle la parenté du cœur.
-
-De même, cherchez à reconnaître le site de l'abbaye de Vallombrosa
-dans la pièce où Lamartine l'a chantée: vous n'y réussirez pas. Mais
-il fallait peut-être la splendeur d'une contrée où la solitude fait à
-peine sentir son poids, où presque partout, dès qu'on s'élève au-dessus
-du sol des villes, on aperçoit les deux spectacles les plus sublimes,
-le mer et la montagne, pour découvrir à un jeune Français déjà répandu
-dans les salons parisiens les _trésors cachés_ de la vie monastique,
-cette joie mystérieuse que le vulgaire admire sans la comprendre, pour
-lui faire goûter ce plaisir du recueillement qui ne suffit point pour
-vivre parmi le monde, mais qui suffit pour vivre avec le ciel et avec
-soi-même.
-
-Mais en comprenant, en aimant l'Italie, aurait-il méconnu, dédaigné les
-Italiens?
-
-Messieurs, une opinion assez répandue de ce côté des Alpes veut que
-la sympathie de la France pour l'Italie date de 1859, ou même qu'à
-cette date encore un seul homme, le chef de la nation, il est vrai,
-ait véritablement souhaité la délivrance de votre nation. Ce qui est
-exact, c'est que pour que l'Italie entraînât la France avec elle, il
-fallait qu'elle eût eu le temps de donner à la masse de notre nation
-la preuve palpable, éclatante de sa volonté et de son héroïsme. Il
-fallait que le belliqueux Piémont, le premier prêt pour la lutte, eût
-osé affronter l'Autriche, il fallait que les bourgeois de Milan après
-une lutte de cinq jours eussent chassé leur garnison, que la jeunesse
-universitaire, professeurs en tête, se fût fait écraser à Curtatone
-et à Montanara, il fallait que le grand Manin eût prouvé une fois
-de plus qu'un homme peut quelque temps tenir tête à un empire, et
-qu'enfin les plus illustres débris de cette mémorable année, conduits
-par un instinct sûr, fussent venus porter chez nous le spectacle de
-leur courageuse pauvreté et de leurs indomptables espérances. Mais,
-dès l'instant où l'on sut en France que ce n'étaient pas seulement un
-Pellico, un Confalonieri qui voulaient au prix de ses jours la liberté
-de l'Italie, dès l'instant où il fut manifeste que toute la nation
-était disposée à mourir pour son indépendance, la France, qui respirait
-pourtant à peine de la sanglante guerre de Crimée, fut acquise à votre
-cause; il put y avoir quelque inquiétude chez certains politiques, mais
-les ennemis les plus irréconciliables de Napoléon III, les ouvriers de
-Paris qu'il avait fallu massacrer en décembre 1851 pour leur imposer le
-coup d'Etat, l'applaudirent avec transport à son départ pour l'armée.
-Jusque là au contraire, le gros de la nation avait attendu. Rien en
-effet n'était plus difficile pour un Français de la génération de 1830
-que de comprendre pourquoi les révolutions de Naples, de Piémont, des
-Romagnes avaient été si vite comprimées. Figurez-vous un pays uni,
-centralisé depuis des siècles, ayant l'habitude de penser, d'agir en
-commun, et même, depuis cinquante ans, de se lever tout entier à la
-voix d'une ville qui formait comme les Etats Genéraux en permanence
-de la nation; figurez-vous ce peuple qui, grâce à cette union, a
-brisé un trône séculaire, qui a refoulé et puni sous sa première
-République la plus formidable invasion que le monde moderne eût encore
-vue, qui, quinze ans après une Restauration imposée pur une invasion
-plus formidable encore, a chassé à la face de l'Europe la dynastie
-restaurée, et a, pour coup d'essai de sa liberté reconquise, affranchi
-la Belgique. Comment comprendrait-il que l'Italie ne peut secouer
-le joug aussi aisément? Le paysan, l'ouvrier français savent-ils que
-l'Italie morcelée, humiliée depuis quatorze siècles ne peut tout d'un
-coup retrouver sa vigueur? Ils voient les Polonais ne succomber que
-sur des morceaux de drapeaux enlevés aux Russes. Ils ne se disent pas
-que les Polonais qui se battent si bien à Grochow, à Ostrolenka sont
-des soldats réguliers aussi aguerris que leurs adversaires; quand ils
-voient les tentatives des patriotes italiens avorter si vite, ils en
-concluent, à tort mais sincèrement, qu'à part quelques âmes d'élite, le
-peuple italien ne désire pas changer de condition.
-
-Mais le langage de Lamartine à la Chambre française va nous montrer
-comment les penseurs de notre pays, ceux qui avaient vu l'Italie chez
-elle, préparaient la France à mieux juger des sentiments intimes de
-leurs voisins. Car non seulement il se déclare personnellement partisan
-de l'entière indépendance de l'Italie, non seulement il raconte avec
-fierté avoir été mêlé dans sa jeunesse aux négociations où Louis XVIII
-lui-même, tout légitimiste qu'il était par métier, et quoique surveillé
-par la Sainte Alliance, offrait aux libéraux de Naples et de Turin de
-les soutenir contre l'Autriche, pourvu qu'à la Charte espagnole de 1812
-ils préférassent la Charte française de 1814 fort préférable en effet;
-mais nous allons le voir attaquer de front les préjugés qui rendaient
-alors la France moins sensible aux malheurs de l'Italie qu'à ceux des
-autres nations esclaves.
-
-Voici comment, avant les _Cinque giornate_, à une époque où l'Italie
-ne s'était pas encore mesurée en bataille rangée avec ses tyrans,
-il répondait à ceux qui arguaient du calme apparent qui depuis 1815
-régnait dans la Péninsule: «Sous ce calme apparent, ne l'oubliez pas,
-il y avait un abîme, et dans cet abîme couvait la plus incompréhensible
-de toutes les forces morales et matérielles, la nationalité morcelée,
-la nationalité comprimée de 26 millions d'hommes.... Il suffit pour
-chacun d'entre nous dont l'œil est intelligent, dont le cœur est
-sympathique d'avoir traversé cette magnifique Italie pour sentir la
-vie sous la mort apparente, pour sentir cette éternelle protestation
-de la nationalité qui est la dernière arme d'un peuple.... Nulle part
-cette protestation n'est aussi évidente qu'en Italie; nulle part, elle
-n'a des droits plus sacrés à la sympathie des peuples. Je ne crains
-pas de le dire, je ne serai démenti par personne: il n'y a pas une
-race humaine qui ait donné au sol qu'elle habite une consécration
-plus grande que celle que la race italienne a donnée pendant tant de
-siècles de gloire, de liberté, de vertu, à ce point géographique de
-notre globe»[6]. Puis il montre que l'on ne contentera pas l'Italie
-par la réforme de quelques abus, par un peu de bien-être. Mais d'autre
-part il nie que le _statu quo_ y ait seulement pour ennemis les
-révolutionnaires dont l'Europe s'effrayait. Comme Châteaubriand, il
-proteste que l'agitation de l'Italie n'est pas le fait de quelques
-sectaires; mais ce n'est plus dans une dépêche confidentielle qu'il
-dépose cette protestation; il la produit du haut de la tribune, et
-il avait en un sens plus de mérite encore que Châteaubriand à ne pas
-se tromper; car dans l'intervalle Mazzini avait paru, et bien des
-hommes d'Etat personnifiaient en lui seul les aspirations de l'Italie.
-«J'affirme ici, s'écriait Lamartine, par la connaissance personnelle
-qu'une cohabitation de 12 ans m'a donnée, par la connaissance que
-j'ai du caractère, du génie, du libéralisme italien, que le mot même
-de radicalisme n'a pas de signification dans la langue, que c'est
-une injure qui n'est même pas comprise au-delà des Alpes, que le
-mouvement libéral n'est nullement un mouvement perturbateur..., mais
-que c'est un mouvement de l'esprit humain et de l'indépendance des
-peuples, _qui couve dans tous les siècles au cœur de l'Italie_»[7].
-Notez, Messieurs, ces derniers mots; ne fallait-il pas à un homme qui
-n'était point un érudit, un vif et intelligent amour de l'Italie pour
-deviner en quelque sorte les noms relativement obscurs des Italiens qui
-entre Pétrarque et Alfieri empêchèrent la prescription du sentiment
-national? Quant à la génération présente, il prouve son affirmation
-par l'énergie avec laquelle le pape refuse de céder aux Autrichiens un
-pavé de Ferrare, par nombre de faits précis empruntés à une brochure
-parue le matin même et qui semble bien émaner du Père Ventura, par
-des correspondances particulières qui attestent les espérances que les
-plus illustres patriotes de l'Italie plaçaient sur notre poète; il en
-extrait les touchantes anecdotes d'un archevêque, d'un curé de Milan
-qui protestent chacun à leur manière contre une répression brutale
-qui vient d'ensanglanter la ville, du comte Borromeo qui dépouille
-la Toison d'Or souillée du sang de ses compatriotes. Enfin, conjurant
-Guizot d'appuyer les revendications des peuples italiens, il affirme
-avec une confiance excessive peut-être mais généreuse la solidité des
-sympathies entre les peuples: «Les traités ne sont signés que par la
-main des hommes; mais ces sympathies mutuelles entre les peuples faits
-pour s'aimer, pour se soutenir, aspirer ensemble à la civilisation et
-à la liberté, ce ne sont pas des traités d'un jour, ce ne sont pas
-des traités signés par des diplomates; ce sont des traités préparés
-par la Providence, signés et contresignés par la main de la nature
-elle-même, non pas sur des parchemins comme ceux de 1815 qu'on nous a
-fait signer en tenant la main de la France captive sur un protocole,
-mais je le répète, de ces traités contresignés par Dieu et par la
-nature, qui durent autant que les siècles»[8]. Ces paroles produisaient
-un effet d'autant plus grand que, depuis dix ans, à force d'éloquence
-Lamartine avait conquis une grande autorité à la tribune et dans la
-nation. Personne ne songeait plus à le renvoyer dédaigneusement à
-la poésie, ou, comme aurait dit Musset, à lui jeter toujours sa lyre
-au nez. Dès avant que la révolution de 1848 l'élevât au pouvoir, il
-étonnait le monde politique par la hardiesse tantôt divinatrice tantôt
-imprudente de ses vues. Louis Philippe à qui l'on avait conseillé de
-l'appeler dans ses conseils avait répondu: «Lamartine, ce n'est pas
-un ministre, c'est un ministère; je le réserve.» Il apportait donc à
-l'Italie l'appui d'un véritable homme d'Etat et non d'un simple poète.
-D'ailleurs ses sentiments à son égard ne répondaient pas seulement à
-ceux des hommes qu'on allait appeler les républicains de la veille,
-mais à ceux des catholiques libéraux de notre nation que Silvio Pellico
-avait depuis longtemps, pour parler comme Racine, rangé du parti de ses
-larmes. Espérons qu'un jeune historien se laissera enfin tenter par un
-beau sujet que j'ai cent fois proposé de vive voix et par écrit chez
-nous et chez vous, l'histoire des réfugiés italiens en France de 1815
-à 1859 et de la transformation de l'opinion des Français, durant cette
-période, touchant les affaires de l'Italie. J'ose affirmer que rien ne
-serait plus utile, plus glorieux pour les deux nations.
-
-Mais revenons à Lamartine, ou plutôt élevons-nous au-dessus de notre
-sujet pour conclure par une considération plus générale à laquelle il
-nous conduit. Il y eut un temps où une nation pouvait raffoler de la
-littérature, de l'art, des modes d'une autre et demeurer profondément
-indifférente à ses destinées, la combattre, l'asservir. Il n'en est
-plus ainsi, du moins chez les nations généreuses. (Car chaque peuple a
-sa grandeur, mais il y en a dont la grandeur consiste dans la ténacité
-prévoyante, hardie, implacable, avec laquelle ils poursuivent leur
-perpétuel agrandissement). Aujourd'hui donc, du moins chez certains
-peuples, aimer la littérature ou l'art d'un autre nation conduit à
-l'aimer elle même. D'où vient ce changement? Serait-ce que l'amour de
-la patrie s'affaiblirait et que tout lecteur devient un dilettante?
-S'il en était ainsi, il faudrait, non pas féliciter, mais plaindre
-l'humanité. Le progrès ne consiste pas à niveler les frontières; c'est
-une duperie de ne pas aimer par-dessus tout son propre pays; car on
-ne vous rendrait pas partout la pareille. Le jour où les honnêtes
-gens s'entendraient pour laisser la nuit la clef sur leur porte,
-il y aurait toujours assez de voleurs pour les dévaliser; de même,
-la nation qui s'imaginerait que l'ère des guerres, des conquêtes
-même est close, serait certaine d'être bientôt envahie et partagée.
-Puis, toutes les vertus civiles sont suspendues en quelque sorte à
-la vertu militaire, et s'affaissent quand elle tombe; sans doute la
-vie civile offre des occasions d'exercer notre courage, mais on s'y
-dérobe quand le sacrifice dans sa forme la plus haute n'est plus
-pratiqué; l'histoire de tous les peuples qui ont renoncé à la gloire
-militaire le prouve. Mais, si un Châteaubriand, un Lamartine passent
-de l'admiration pour les grands écrivains et le sol de l'Italie à la
-sympathie pour ses aspirations, c'est que l'on commence à comprendre
-que la conquête, toujours à redouter, n'est point à louer, et que,
-prendre une province malgré elle à un peuple, c'est souffleter sur la
-joue de ce peuple le droit du genre humain. Pour peu donc que cette
-nation cesse d'être une inconnue pour nous, ses souffrances font
-brêche dans notre égoïsme, et nous ressentons l'outrage qu'au fond nous
-avons reçu en sa personne. Puis, nous comprenons que de nos jours un
-peuple asservi souffre plus qu'autrefois. Jadis une ville se résignait
-souvent sans trop de peine à passer d'une nation à une autre, parce
-que ce n'était au fond que changer de maître: le nouveau souverain
-n'exigeait pas toujours des tributs plus lourds que l'ancien, et, la
-conscription n'existant pas, ne demandait point à ses nouveaux sujets
-de se battre au besoin contre leurs frères de la veille. Berchet nous a
-éloquemment appris, dans _Giulia_, les tortures du conscrit obligé de
-revêtir un uniforme abhorré. — Mais, dira-t-on, dans les littératures
-modernes, les œuvres des classiques sont en partie nées dans des
-époques où l'homme de lettres, au moins dans son cabinet, oubliait
-qu'il avait une patrie: comment donc l'étude de ses œuvres, qui nous
-attache à lui, nous attacherait-elle à ses compatriotes, surtout à
-ses compatriotes d'aujourd'hui? — La réponse est dans les progrès
-de la critique. Autrefois on considérait un ouvrage comme une pure
-composition littéraire, sortie toute entière du génie de l'auteur et
-des principes de l'école à laquelle il appartenait; aujourd'hui nous
-considérons un auteur comme un homme qui exprime, sans y penser, tantôt
-les vertus ou les défaillances de sa génération, tantôt les traits
-dominants de sa race. Notre admiration pour lui excite par conséquent
-notre intérêt pour ses compatriotes. Nous goûtons comme nos pères
-l'incroyable dextérité avec laquelle Arioste nous fait passer d'une
-historiette à une autre, mais nous ne le rendons plus seul responsable
-de l'enjouement qu'il garde au milieu des malheurs de sa patrie; quand
-Machiavel conseille aux princes d'affecter toutes les vertus, mais de
-ne pas les avoir, nous plaignons l'Italie dont l'infortune ne laissait
-plus alors d'espoir que dans la cruauté, pour ainsi dire, économique
-d'un Cesare Borgia. L'étude des littératures étrangères est le meilleur
-préservatif contre les engouements de la mode et contre les velleités
-d'une injuste ambition; car, en même temps qu'elle nous fait admirer
-le génie des autres peuples, elle nous fait comprendre combien il est
-différent du nôtre et par suite quelle folie c'est que de vouloir
-l'imiter ou que de prétendre l'asservir. Si, par hasard, ce génie
-s'éloigne moins du nôtre parce que c'est celui d'une nation sœur, tout
-ce qui nous est permis, c'est de faire ce qu'ont fait Châteaubriand et
-Lamartine, à savoir de l'aimer.
-
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-
-
-LA PLEIADE MUSICALE
-
-CONFERENZA DI EUGENIO CHECCHI
-
-
- _Signore e Signori!_
-
-La sera del 3 agosto 1829 — data memorabile per la storia dell'arte
-— il pubblico parigino chiamato a giudicare la nuova opera, che fu
-anche l'ultima, di Gioacchino Rossini, sentenziò quasi unanime, che
-il _Guglielmo Tell_ era una troppo audace innovazione, e accennava
-a qualche cosa di troppo rivoluzionario e di troppo anormale nei
-tranquilli dominii della musica. E l'opera grande e immortale
-fu accolta in quella sera e nelle sere successive con sospettosa
-freddezza.
-
-Alla distanza di sessantotto anni, nella sera del 26 dicembre 1897,
-il pubblico romano del teatro Argentina riudì ancora una volta il
-capolavoro rossiniano, e sentenziò con mirabile disinvoltura che
-anche le opere del genio risentono le offese del tempo, e che il
-_Guglielmo Tell_ più non risponde ai nuovi bisogni, ai nuovi gusti:
-doversi perciò rimandare ai Conservatorii e agli Istituti musicali,
-perchè, tutt'al più, sia argomento di studio nelle classi di alta
-composizione. E l'opera si trascinò faticosamente per un lieve corso di
-rappresentazioni, fra la indifferenza e gli aristocratici sbadigli di
-spettatori scarsi di numero.
-
-Oggi dunque, se le manifestazioni della così detta opinione pubblica
-hanno da contare per qualche cosa, oggi il Rossini non sarebbe che un
-classico: impeccabile quanto si voglia, ma niente più che un classico:
-nel 1829 invece un redivivo Voltaire avrebbe potuto ripetere del
-Rossini quel che si disse dello Shakspeare, che fu un barbaro non privo
-d'ingegno. Come è possibile mandare insieme a braccetto i due giudizi?
-
-Il pubblico di Parigi d'allora e il pubblico di Roma del decorso
-anno, ugualmente sinceri, ma ugualmente rei di spropositate sentenze,
-subivano la influenza di cause che forse sarebbe curioso ed opportuno
-di esaminare e di riassumere, se non temessi di sconfinar troppo dal
-tema cortesemente assegnatomi.
-
-Se non che appunto cotesta freddezza del pubblico parigino, a cui
-ho accennato, se non fu la principale nè l'unica fu certamente una
-delle ragioni per le quali il Rossini spezzò la penna di compositore
-melodrammatico. Consapevole della propria gloria, egli si ritirò,
-tra sorridente e sdegnoso, dalle battaglie della scena: si ritirò a
-trentasette anni: nè i pentimenti troppo tardivi dei pubblici, nè le
-cospicue offerte che dalle grandi metropoli dell'Europa gli pervenivano
-valsero a vincere quella sua serena pigrizia, in cui si sarebbe
-cullato, con tutte le seduzioni fascinatrici della celebrità, per
-quarant'anni di seguito.
-
-Iniziatore di una riforma, Gioacchino Rossini non ebbe soltanto il
-merito di aprir nuove vie all'arte melodrammatica, ma tutte le percorse
-da sovrano conquistatore, in tutte impresse la incancellabile orma
-propria. E perchè il genio ha qualità, quasi direi, assorbenti, e la
-luce che da lui emana par che riassuma in sè, compenetrandole, tutte
-le altre luci minori e le attenui e le spenga, appunto come il sole che
-non può esser vinto da nessuna illuminazione artificiale, così accadde
-che nel silenzio dell'autore del _Guglielmo Tell_ si credette che la
-musica italiana avesse pronunziata l'ultima sua parola.
-
-Di quali altri capolavori si sarebbe arricchito il repertorio
-melodrammatico, se nel Rossini la volontà e la fantasia fossero
-state in ugual misura obbedienti, è ricerca che a nulla gioverebbe.
-L'immortale maestro, che impegni contrattuali col grande teatro di
-Parigi obbligavano per un corso non breve di anni, si sentì a un
-tratto disorientato in quella rivoluzione del luglio 1830, che dava
-alla vita politica, alla vita letteraria ed artistica della Francia
-indirizzi nuovi. Come il Mefistofele del Goethe, che non comprende le
-classiche finzioni della greca mitologia nella simbolica evocazione di
-Elena, così l'autore dell'_Italiana in Algeri_, del _Turco in Italia_,
-del _Barbiere di Siviglia_ dura fatica a raccapezzarsi in quel moto
-degli spiriti vagheggianti ideali nuovi, in quelle irrequietezze delle
-fantasie giovanili che anelano ad orizzonti fino allora inesplorati.
-Rimane intatta e splendente la sua musica, perchè segnata col marchio
-indistruttibile del genio, ma il suo linguaggio si crede o pare
-che non risponda più ai bisogni, alle aspirazioni, ai desiderii
-dell'universale. Spira nelle regioni dell'arte un soffio di modernità
-che non si acquieta ai facili sorrisi dell'abbondante produzione
-dell'opera giocosa; e le menti, fatte serie e cogitabonde, drizzano
-per così dire la vela in oceani più sconfinati, dove par che baleni,
-tremolando sulle acque, la fata morgana dell'invadente romanticismo.
-
-E frutto del romanticismo, imperante nella Francia degli Hugo, dei
-Delavigne, dei De Vigny, è la musica dei maestri italiani succeduti al
-Rossini. Ai francesi compositori, come l'Auber e l'Halévy, ai tedeschi
-un po' infrancesati come Giacomo Meyerbeer, non valse la imitazione
-rossiniana, in principio servile e poi alquanto più libera, per potere
-essi raccogliere la eredità creduta giacente. La divina Euterpe spiccò
-il volo rivalicando le Alpi, e tornò da Parigi nella sua vera patria
-l'Italia, di dove più non si mosse.
-
-Qui era nata, qui aveva raggiunto lo splendore suo massimo, qui erano
-sbocciate le immortali cantilene dei Pergolese, dei Paisiello, dei
-Cimarosa; e qui avrebbe dovuto fatalmente riallacciarsi la fulgida
-tradizione che la partenza del Rossini dalla patria un po' ingrata non
-era riuscita ad interrompere. Onde gli occhi di tutti si volsero là
-dove nuovi germi sbocciavano, dove le nuove manifestazioni dell'arte
-fiorivano, dove il genio della musica ci apparecchiava le nuove grandi
-sorprese del periodo che oggi studiamo.
-
- *
- * *
-
-Singolari tempi cotesti: quasi ponte di passaggio fra le due rive di
-un fiume frettoloso, avviato verso una mèta iperbolicamente lontana.
-Dopo un lungo riposo di quindici anni, un riposo conquistato a prezzo
-di tanto sangue inutilmente versato nelle guerre del primo Napoleone,
-cominciava ora quella feconda evoluzione degli spiriti e delle
-menti, che, come dianzi accennavo, prese il nome, anzi rinverniciò a
-nuovo quel vecchio nome di romanticismo: e se la Francia, seguitando
-l'esempio della Germania del Goethe e dello Schiller, sopravanzò gli
-altri popoli nella feconda produzione poetica e prosastica, l'Italia,
-non ostante i grandi fulgori del genio manzoniano, si restrinse,
-almeno per allora, nel campo della musica: anzi più specialmente della
-musica melodrammatica. Fosse mancanza di grandi ingegni letterarii,
-che avrebbero dovuto continuare l'opera iniziata nel '27 dal Manzoni
-col suo celebre romanzo, fossero le condizioni civili e politiche
-della penisola, fosse piuttosto, come io credo, la vivace rimembranza
-dei recenti trionfi musicali, fatto sta che l'Italia si restrinse
-per allora a una sola arte, e gelosamente custodì e mantenne quel suo
-primato invidiato ed invidiabile della musica teatrale.
-
-Chi studiasse un po' attentamente quel periodo di vita sociale, che
-si svolse in Italia dal '31 al '46, ne troverebbe rispecchiate alcune
-sue manifestazioni nella musica dei maestri d'allora: i nomi dei quali
-sono vanto imperituro nell'arte del secolo decimonono. Quella musica
-combatte in principio una tenace battaglia, per liberarsi dai fàscini
-e dalle seduzioni del grande mago che si adagia sorridente all'ombra
-dell'albero della sua gloria, e a poco a poco riesce a vincere: ma
-perdurano quelle ragioni, che avevano costretto anche il Rossini ad
-improvvisare in poche settimane, qualche volta in pochissimi giorni,
-le opere per le quali si era impegnato con le direzioni dei teatri. Il
-teatro è la più potente, la più geniale distrazione di quel tempo: è,
-per così dire, l'unica manifestazione chiassosa dello spirito pubblico,
-che si rivela in una incessante domanda di altre opere. E queste opere
-occorre rispondano alla smania di novità che agita le folle, occorre
-non interrompano ma anzi alimentino quella produzione artistica che
-deve diffondersi da tutti i palcoscenici d'Italia.
-
-La schiera dei maestri, dico di quelli a cui non mancheranno i
-favori del pubblico, è troppo esigua al bisogno, perchè ella possa
-corrispondere alle richieste che d'ogni parte si affollano: onde la
-necessità li costringe a lavorare rapidamente, talvolta con prestezza
-fulminea. Accade perciò che non sempre la miniera, quantunque
-inesausta, dia metallo purissimo, e che il genio rifulga sempre della
-medesima intensità di luce: tormentato e irritato, egli ha ogni tanto
-qualche abbandono, qualche cascaggine, qualche annebbiamento che lo
-offusca. Ma dalla fredda accoglienza fatta a un'opera nuova, o anche da
-un clamoroso insuccesso, l'autore si risolleva e risorge come stimolato
-a vendicarsi, e le sue vendette sono spesso capolavori: capolavori
-che hanno nome _Sonnambula_, _Norma_, i _Puritani_, _Anna Bolena_,
-_Lucrezia Borgia_, _Lucia di Lamermoor_.
-
-C'è dunque un nuovo indirizzo, stavo per dire una nuova scuola che
-sorge, florida di giovinezza, ricca di speranze, cercatrice smaniosa
-di successi. La musica italiana, che s'era detto aver pronunziata col
-_Guglielmo Tell_ la sua ultima parola, riprende il suo fatale andare,
-e parla ancora alle menti, eccita ancora le fantasie, commuove ancora
-ed esalta milioni e milioni di cuori. Vincenzo Bellini e Gaetano
-Donizetti, i due astri più luminosi della pleiade scintillante,
-procedenti per vie diverse ad una medesima mèta, con magnanima
-ostinazione resistono alle prime avvisaglie della scuola tedesca,
-e dimostrano con l'esempio di voler serbare alla nostra musica la
-schietta italianità, che vuol dire il sentimento, la passione, la
-melodia, il canto.
-
-Nei loro inizii, nelle inevitabili incertezze di chi, incominciando,
-sente di non poter camminare spedito se non si appoggia, come l'edera,
-a qualche robusto tronco, anche i due maestri s'ispirano e si scaldano
-al gran sole rossiniano: ma dopo quei primi esperimenti di una
-ginnastica intellettuale, quando la loro fibra si è ringagliardita
-nelle molteplici prove, ed essi hanno acquistata la coscienza
-sicura del proprio essere, ogni ombra d'imitazione scompare, ed
-essi raggiungono in brevissimo tempo la fama, la popolarità, la
-gloria. Sono l'uno e l'altro, e sinceramente lo confessano, una
-derivazione rossiniana: ma accade di loro, se mi è lecito di rapire una
-similitudine alla scienza astronomica, accade di loro come quando un
-bolide scoppiando si riduce in parti, e coteste parti, pur descrivendo
-ciascuna per conto proprio una traiettoria nello spazio, serbano
-in comune il punto primitivo di partenza: così i due grandissimi,
-quantunque di grandezza diversa dal loro autore e non ostante
-l'individuale cammino percorso, sembrano emanare da un apice comune, da
-Gioacchino Rossini.
-
-Ma della serena spensieratezza di quelli anni e di quella generazione,
-che affaticata dalle immani lotte napoleoniche cercava un riposo e
-una distrazione nelle prime opere del maestro di Pesaro, e rispondeva
-acclamando e ridendo alla squillante risata dell'autore del _Barbiere
-di Siviglia_, di cotesta spensieratezza non vedremo più che una traccia
-fuggevole. Se qualche cosa d'incipriato sopravvive all'ottantanove e ai
-trattati del quindici, se nella vita poco o punto affaccendata delle
-classi colte c'è ancora come un resto delle mollezze e delle morbide
-blandizie del settecento, e c'è una corruzione elegante che non sa
-risolversi a rendere le armi, pure aleggia nella parte sana del popolo
-un'aura più vivace, e già un concetto delle civili responsabilità a
-poco a poco la penetra.
-
-Interprete dei sentimenti e delle aspirazioni nuove sarà l'arte
-della musica, che per la sua stessa indeterminatezza del linguaggio
-si piegherà volenterosa ad esprimere sentimenti, affetti, passioni
-tumultuanti nelle anime.
-
-Una solenne e austera mestizia par che governi il mondo, e di
-quella mestizia è raccontatrice e commentatrice fedele la musica.
-Sorriderà ancora, in alcune geniali produzioni del Donizetti, la musa
-dell'opera giocosa, ma fra quei sorrisi vedremo pure talvolta balenare
-scintillando le lacrime, e per arrivare al lieto fine di prammatica
-rasenteremo più d'una volta il dramma. L'arte non è più un semplice
-diletto, nè una blanda carezza di suoni armoniosissimi; ella deve
-invece tradurre tutto quel complesso di aspirazioni che sono tanta
-parte nella vita nuova del popolo, deve in certo modo riprendere e
-continuare per conto proprio l'opera iniziata altrove con la poesia,
-col romanzo, col dramma. Una invisibil catena avvince le genti fra
-loro, le genti oramai consapevoli dei propri diritti e dei propri
-doveri: e perchè l'arte è il linguaggio che tutti comprendono, toccherà
-a lei farsi divulgatrice d'idee e di propositi, che nel segreto
-dapprima, poi alla luce aperta del sole maturano.
-
-Chi afferma che la musica di cotesti anni altro non è che la
-continuazione di quel che fu fatto nel primo trentennio del secolo,
-dà prova di non averne penetrata la intima essenza. Certo nè Vincenzo
-Bellini, nè Gaetano Donizetti furono gli antesignani di una rivoluzione
-civile e politica, alla quale essi mai non pensarono, e della quale
-sarebbe sfuggita a loro, perchè distratti in più serene contemplazioni,
-la ragione remota o prossima. Ma un qualche cosa che vibrava e
-fremeva intorno dovette persuaderli che sarebbe toccata alla musica
-una partecipazione essenziale in quel grande rimescolìo degli animi
-e delle menti: e guidati da quell'istinto che è qualità divinatrice
-del genio, essi furono gli uomini del loro tempo, furono i gloriosi
-portabandiera di un piccolo ed elettissimo esercito, che combatte anche
-oggi battaglie non ingloriose nel campo dell'arte.
-
- *
- * *
-
-Vincenzo Bellini rappresenta, nella pleiade musicale di cotesti anni,
-il luminoso astro fuggitivo che brillerà d'intensissima luce per
-pochi anni, poi sparirà quasi consunto dal suo medesimo fuoco. Se
-egli ottenesse dalla natura il dono prezioso della fecondità, non è
-certo; ma si sa che le opere sue più belle, le tre opere magistrali
-che non morranno fintantochè almeno non si capovolgano le leggi eterne
-del gusto, rampollarono dall'accesa fantasia del giovane maestro con
-meravigliosa rapidità, e si sa pure che dopo il sublime suo canto del
-cigno, dopo quei _Puritani_ che sollevarono un grido d'entusiasmo per
-tutto il mondo, egli, già colpito dalla fatale malattia che doveva
-spegnerlo all'età di trentaquattro anni, meditava sopra due nuovi
-soggetti. Di lui veramente, meglio che del Rossini, sarebbe curioso
-e opportuno indagare quali nuove forme avrebbe assunte, a quali
-diversi atteggiamenti si sarebbe piegato il suo ingegno, se la natura,
-dispettosamente crudele, non avesse voluto dare apparenza di verità
-all'antica sentenza di Menandro: «Muor giovine colui che al cielo è
-caro.»
-
-L'acutezza tutta meridionale della sua mente, in quei brevi mesi
-di soggiorno a Parigi, gli servì per penetrare addentro nei nuovi
-progressi della musica strumentale, che fu per lui come il dischiudersi
-di nuovi orizzonti; e forse non esagerano quei biografi i quali
-affermano, che prima di recarsi in Francia il Bellini non conoscesse
-che superficialmente la musica di quel maestro che il Rossini non
-dubitava di chiamare fra tutti il più grande, e che fu Ludovico
-Beethoven. Della profonda mestizia, qualità predominante nell'autore
-delle Nove Sinfonie, è facile riscontrare più d'una traccia nell'ultima
-opera del maestro catanese, come nè è più ricco, più nutrito, più
-vario lo strumentale. Egli che, nell'idilliaca _Sonnambula_, emulò
-la greca semplicità e la perfezione di Teocrito, e nella _Norma_
-si sollevò a grandezza epica, tocca, io credo, il massimo vertice
-del sublime con la dipintura delle cruente lotte fra i _Puritani ed
-i Cavalieri_. Dalla favola montanara, tutta impregnata di agresti
-profumi, dalle foreste druidiche, di cui indovina, senza neanche darsi
-pensiero di approfondirle, le sanguinose tregende, egli trapassa alla
-contemplazione e alla riproduzione di un grande quadro storico: ma
-nella cozzante varietà dei soggetti che tratta, egli serba pur sempre
-lo spiccato carattere della individualità propria, della propria
-originalità.
-
-Ascoltando la musica di altri maestri, rimarremo incerti talvolta
-nell'attribuire la paternità a questo od a quello: ma Vincenzo Bellini
-non è possibile confonderlo mai con altri. Le sue cantilene soavissime,
-le sue melodie, quasi tutte di prima intenzione, e una tal quale
-morbidezza raffaellesca di contorni, ce lo annunziano e ce lo rivelano
-presente sempre.
-
-Egli non somiglia che a sè medesimo. Sentendolo, vien fatto di pensare
-che la sua musica, più che dalla fantasia, gli germogli dall'anima, e
-che quell'anima riassuma e traduca le troppo fugaci gioie e gli eterni
-dolori dell'umanità: vien fatto di dire che i suoi canti, più che col
-linguaggio delle note sono composti di lacrime, e sono le lacrime che
-raccontano le nostre miserie, le nostre intime ambascie.
-
-Vincenzo Bellini ebbe principalissime, fra tutte le doti musicali, la
-schiettezza e la limpidezza, congiunte alla più squisita semplicità
-delle forme. C'è stato perfino un tempo, nel quale non si dubitò di
-dirlo anche troppo semplice. Venti o venticinque anni fa il direttore
-di un teatro parigino, voglioso di rimettere in scena la _Norma_,
-propose a Giorgio Bizet, non ancora celebre, di rifare, secondo
-le nuove tendenze e il nuovo stile, la strumentazione dell'opera
-belliniana, e offrì al giovine maestro, bisognoso di lavorare, qualche
-migliaio di lire. Tutto lieto il Bizet portò a casa la partitura della
-_Norma_, stimando agevole impresa rimettere a nuovo la vecchia opera,
-vecchia allora di più che quarant'anni. Ma di lì a qualche giorno, con
-la partitura intatta sotto il braccio, egli andò a trovare il direttore
-di quel teatro, e restituendogli lo spartito gli disse che le opere
-del genio sono intangibili, che a mettervi le mani e ad alterarle
-si commette opera profanatrice e sacrilega. L'autore futuro della
-_Carmen_, grande artista veramente, respingeva da sè con ribrezzo la
-mostruosa complicità in un reato, rimasto fortunatamente uno sterile
-tentativo.
-
-Ogni tempo ha l'arte che si merita e che gli si confà: e l'arte non ha
-efficacia immediata, se non in quanto rispecchia i gusti, le tendenze,
-le aspirazioni dell'epoca in cui ella sorge e fiorisce. La musica della
-prima metà del nostro secolo, discesa in linea retta da quella del
-secolo precedente, mantenne intatta la tradizione, ma si arricchì di
-forme più belle, ma ebbe intenti più serii e più drammatici, ma penetrò
-anche più addentro nei segreti dell'anima umana.
-
-Senza confondere l'arte con la scienza, ma senza ripudiare
-quest'ultima, rifiutò tutto quello che non germogliasse direttamente
-dalla fantasia. E appunto per questo fu grande e semplice; ed ebbe
-nome, per il momento, Vincenzo Bellini e Gaetano Donizetti, Oh non per
-loro certamente, non per le loro orchestre destinate ad accompagnare
-docilmente o ad abbellire di fregi modesti il canto della scena, non
-per le loro orchestre, come doveva accadere più tardi per il mistico
-Wagner, tutte le potenze della natura congiurarono favorevoli, nè la
-terra regalò quasi tutto il metallo delle sue miniere e il legname
-delle sue foreste per fornire le armi sonore destinate agli assalti
-irresistibili! La musica di quei nostri grandi, veramente nostri,
-scaturita come fonte viva di limpida acqua dalle viscere della
-montagna, non ebbe bisogno delle violente arginature artificiali che
-ne affrettassero il corso, ma si diffuse allargandosi come in azzurro
-tranquillissimo mare tutto bagnato di sole. Era il sole d'Italia, o
-signori, e non aveva nulla da invidiare alle nebbie germaniche.
-
- *
- * *
-
-Diverso affatto dal Bellini fu Gaetano Donizetti, compagno suo ed
-emulo felice in quella gara che durò fino al 1835, fino all'anno in
-cui l'autore dei _Puritani_ si spense. Di Vincenzo Bellini, tenuto
-conto anche dei primi tentativi melodrammatici, si contano nove opere
-soltanto: Gaetano Donizetti invece, fantasia più feconda, ingegno più
-vario se non altrettanto peregrino, e agitato dalla febbre continua
-del produrre, fornisce durante ventiquattro anni, dal '22 al '46, un
-così lungo cammino, e semina quel suo cammino, con una prodigalità che
-rasenta la spensieratezza, di così fulgidi capolavori, che basterebbe
-lui solo, io credo, a segnare di un'orma indistruttibile la storia
-dell'arte.
-
-Egli fu veramente, per la grazia della espressione, per la originalità,
-la spontaneità, la vaghezza melodica, per una soavità e una delicatezza
-di cantilene non scevre di malinconia, egli fu il Mozart dell'Italia:
-non scevre di malinconia, ho detto, come fu divinamente malinconico il
-Bellini, sì che l'uno e l'altro pare che rispecchino, nella indole dei
-loro ingegni e dei loro animi, il virgiliano _sunt lacrimae rerum_,
-che il Manzoni, forse inconsapevolmente, ha tradotto con la mestissima
-frase che «del dolore ce n'è, sto per dire, un po' per tutto». Se non
-che il Donizetti, fecondo e versatile come pochi, e superiore in questo
-al Bellini, ci lascia incerti anche oggi se riuscisse più felicemente
-efficace, appunto come Wolfango Mozart, nel melodramma serio o
-piuttosto nell'opera giocosa.
-
-La popolarità e la fama rapidamente raggiunte lo avevano già reso
-celebre in pochi anni: il nome suo non pure famoso in Italia, ma
-nelle principali e più colte città dell'Europa, andava fino dal '37
-congiunto ad opere che s'intitolano _Anna Bolena_ e _Elixir d'amore_,
-_Lucrezia Borgia_ e _Lucia di Lamermoor_, _Marin Faliero_ e _Parisina_,
-per tacer delle altre: e sono opere che rimarranno lungamente vive,
-insieme con quelle degli ultimi suoi dieci anni: rimarranno vive anche
-nei pervertimenti frenetici del gusto, anche nei periodi delle così
-dette rivoluzioni musicali. Perchè il genio ha anche questo di buono,
-di salutare, di benefico: che sopranuota a tutti gli errori, a tutte
-le aberrazioni, alle storture d'ogni maniera: egli resiste sereno ed
-impavido ai mutabili capricci della moda, alle piccole e alle grandi
-ostilità, alle guerricciòle degli emuli, alle invidie degli impotenti.
-
-E notate questo, o signori: gli anni in cui il Donizetti imperò
-quasi solo nel campo della musica, furono gli anni delle aspettative
-pazienti: e perchè, nel silenzio di ogni voce un po' libera, e
-nell'abbattimento di ogni aspirazione generosa, gli astuti governanti
-d'Italia erano larghissimi nel favorire, nel secondare, nel provocar
-quasi i popolari entusiasmi per i grandi spettacoli teatrali, accadde
-che le fantasie, private per allora di ogni più vigoroso alimento,
-trovassero pascolo sufficiente e distrazione bastante per una nuova
-opera, per un giovane maestro che accennasse ad uscire dalla schiera
-dei volgari, anche per un artista, uomo o donna, che le imprese e le
-direzioni dei varii teatri d'Italia si disputassero.
-
-C'era di mezzo l'arte; ma c'era anche, bisogna pur convenirne, il
-superficiale diletto dei sensi: e nel doloroso silenzio di cotesti
-anni fu possibile vedere, in quella città che doveva poi scrivere
-col proprio sangue una pagina immortale nella storia del risorgimento
-italiano, fu possibile vedere preso d'assalto, con manifestazioni quasi
-di delirio, il teatro della Scala da una folla tumultuante, perchè
-i due astri della danza, la Cerrito e la Essler, comparivano, per il
-momento non più rivali, in un medesimo, ballo e nella medesima sera;
-e fu anche possibile vedere giovani patrizi e banchieri stagionati
-disputarsi non soltanto i favori ed i sorrisi delle danzatrici più
-celebri, ma anche i più minuti gingilli abbandonati dalle _dive_
-al servitorame degli alberghi; persino le maioliche intime di una
-Essler, ridotte in cocci, dividersi come reliquie fra qualche dozzina
-di adoratori, perchè potessero fregiarsene i candidi sparati delle
-camicie.
-
-Ma non incrudeliamo soverchiamente sopra le debolezze di un tempo,
-la cui responsabilità non ricade che in piccolissima parte sulla
-cittadinanza italiana. Alle brevi aberrazioni succedevano ben presto
-i più durabili e fervorosi entusiasmi per le grandi rivelazioni
-dell'arte, e il Donizetti, morto Vincenzo Bellini, fu per allora
-l'unico sovrano intellettuale delle folle, l'unico inappellabile
-arbitro del gusto.
-
-Nello spazio di ventidue anni, dal '22 al '44, egli scrive
-sessantacinque opere: due in ciascun anno, spesso tre, talora anche
-quattro. Gli accade più d'una volta di trovarsi a quindici e venti
-giorni di distanza dall'epoca fissata per la consegna di un'opera, e
-non soltanto non averne scritta neppure una nota, ma neanche sapere
-quale libretto gl'invierebbe il poeta: eppure nel giorno fissato egli
-mantiene scrupolosamente l'impegno.
-
-Una sua opera fresca e limpida anche oggi come un mattino di primavera,
-l'_Elixir d'amore_, egli la scrivo in quindici giorni; scrive in sei
-settimane la _Lucia di Lamermoor_, uno dei più squisiti capolavori
-musicali del secolo: compone in undici giorni il _Don Pasquale_,
-modello insuperato di commedia musicale: improvvisa in otto giorni
-la _Maria di Rohan_. Al cognato Vasselli di Roma, col quale mantenne
-sempre una fraterna e gioconda corrispondenza epistolare, così scriveva
-argutamente da Parigi nel 4 gennaio 1843:
-
-«Il giorno 31 del passato dicembre passò non da questa all'altra vita,
-ma da una parte all'altra della Senna, il signor Donizetti, per essere
-nominato socio corrispondente dell'Istituto di Francia. E ieri sera, 3
-del nuovo 1843, si diede al teatro Italiano la prima recita della sua
-nuova opera _Don Pasquale_. Non vi fu pezzo senza applausi: l'autore
-chiamato dopo il secondo atto e dopo il terzo. L'opera gli è costata
-una pena immensa: undici giorni. Ora a Vienna darà il _Duello sotto
-Richelieu_ (che è la _Maria di Rohan_): otto giorni di travaglio:
-giorni contati. E siete pregato di non raccontare i miei segreti,
-perchè già il pubblico o non li crede, od immagina che sia musica
-buttata giù.»
-
-Nove anni prima, nel 1834 a Milano, una grave infermità d'occhi
-impedisce al Mercadante di scrivere l'opera che si è impegnato di
-consegnare al teatro della Scala. Mancano quaranta giorni allo scadere
-dei termini, e il Mercadante chiamato a sè il Donizetti caldissimamente
-lo prega di supplirlo, per evitare a se il pagamento di una grossa
-penale. Il Donizetti acconsente, in meno di trenta giorni consegna
-finita l'opera, e quell'opera ha nome _Lucrezia Borgia_.
-
-Egli è fatto così: la sua produzione è fulminea. Basta che un
-soggetto potentemente lo attragga perchè egli se ne innamori, e
-subito gli trasfonda la vita immortale della sua arte. Indole arguta
-e di giocondissimo umore, lieto di trovarsi nell'amabile compagnia
-di parenti e di amici, egli non sfugge le allegre distrazioni della
-vita svagolata del palcoscenico, si trattiene perfino un po' troppo
-nei camerini delle prime donne; ma il pensiero fisso della sua mente
-è sempre rivolto a quell'opera, o meglio ancora a quelle opere che
-imprese, direzioni di teatri e pubblici con febbrile impazienza
-aspettano. E nei solenni momenti della geniale ispirazione egli si
-rinchiude, se così posso esprimermi, in quella parte del mondo ideale
-ove sorge il palazzo marmoreo dell'arte. Costì egli evoca intorno a
-sè i fantasmi dei tempi e dei personaggi che furono, e scrive opere
-di argomento storico: cerca nei romanzieri, nei drammaturghi, nei
-commediografi l'abbozzo, la linea rudimentale di personaggi e di
-fatti immaginarii, ed egli li veste, li colorisce, dà loro la vita, il
-movimento, il colore della sua arte.
-
-A queste due categorie di personaggi egli chiede misteriosamente il
-segreto della loro esistenza, dei loro amori, delle loro gelosie,
-dei loro odii, delle loro colpe, ed essi, come avrebbe detto Niccolò
-Machiavelli, per loro umanità gli rispondono. Nella storia e nella
-leggenda, nelle romanzesche avventure che i poeti immaginarono si
-svolgessero nelle antiche Corti, nei castelli medioevali, fra le
-montagne azzurre o fra le nevose della Savoia, nei poveri paeselli
-della campagna, nelle foreste della Scozia, nei grandi parchi
-dell'Inghilterra, il Donizetti si foggia per conto suo altrettanti
-mondi, e quei mondi, quasi rispondessero alla irresistibile chiamata
-di un dio, si risollevano dalle tombe come le suore peccatrici evocate
-dalla magìa di Roberto, scuotono la polvere dei secoli, palpitano e si
-muovono, perchè il genio di un uomo vi ha soffiato per entro il potente
-anelito della vita.
-
- *
- * *
-
-Ma «la via lunga ne sospinge» e l'ora si affretta verso il suo termine.
-Guardiamo ancora. Ecco che sul nostro cammino.... diciamo meglio,
-ecco apparire nel nostro cielo un nuovo astro, non per ora d'intensa
-e continua luce come i due che lo precedono, fosco anzi e un po'
-tenebroso in principio, ma che scintillerà presto di splendori tutti
-suoi. E un giovine di ventotto anni, alto, magro, accigliato, con
-i lunghi capelli che gli scendono in ciocche abbondanti sul collo.
-La sventura lo ha colpito pochi mesi innanzi con la morte della
-giovanissima diletta compagna e di due figlioletti, e l'insuccesso
-clamoroso di una sua opera, la seconda scritta da lui, pare lo abbia
-allontanato per un pezzo dalla ingannatrice sirena melodrammatica. Dice
-a tutti di esser tornato dal nativo paese a Milano, non per cercarvi
-una gloria che pare il destino voglia negargli, ma per dar lezioni di
-canto e di pianoforte, giacchè egli ha bisogno di vivere.
-
-Non ostante ciò, non può rinunziare a far vita comune con gli artisti,
-a discorrere della musica degli altri non avendo niente di bello
-da raccontar della propria, e passa le giornate e le sere in quel
-mondo così vario, così turbolento, così incontentabile, che svolge
-le sue spire attorno alla piazza ove sorge il teatro della Scala:
-singolarissimo mondo che è come una Camera di Commercio del canto
-e della danza, mondo suddiviso in piccoli quartieri, in minuscole
-stanze a pian terreno ed al mezzanino, dove convengono ad ogni ora
-artisti, impresari, speculatori, faccendieri, buongustai, abbonati,
-pubblicisti, librettisti, maestri di musica, mezzani. Mancava allora
-la troppo celebrata galleria Vittorio Emanuele, sotto la cui cupola
-bighelloneggiano gl'irrequieti cercatori di scritture teatrali; ma
-c'era il portico del teatro della Scala, c'erano gli sgabuzzini degli
-agenti, i negozii di musica di Francesco Lucca e di Giovanni Ricordi,
-i caffè, le fiaschetterie, i camerini delle imprese, le quinte dei
-palcoscenici: e dappertutto era un rimescolìo di offerte e di domande,
-una animata, continua, febbrile conversazione, un protestare, un
-indignarsi, anche uno scambio di male parole fra chi vantava i propri
-meriti, e chi s'ingegnava a disprezzarli per pagar meno: e tutto questo
-accompagnato da squassamenti delle lunghe zazzere dei tenori spioventi
-sui baveri, da movimenti drammatici dei pizzi prolissi dei baritoni,
-da voci cavernose dei bassi profondi, dallo scodinzolare leggiadro dei
-soprani, dei mezzi soprani, e dei contralti.
-
-In quel mondo, al quale mancò finora — ed è veramente un peccato
-— l'arguto e verace istoriografo, si aggira inquieto e nervoso
-quel giovane di ventotto anni, che ascolta tutti e discute animato
-ed a scatti, che, nel facile contradire delle conversazioni al
-caffè, batte con violenza sul tavolino la mano larga e tozza, e con
-l'audacia di certi suoi propositi scandalizza i refrattari parrucconi
-del Conservatorio milanese: quei parrucconi che con una farisaica
-interpretazione dei regolamenti avevano respinta la sua domanda di
-parecchi anni prima per essere ammesso fra gli alunni di quell'Istituto
-musicale.
-
-A cotesto giovanotto oramai maturo e già autore di due opere, che dice
-a tutti di non volere più scrivere per il teatro, e invece non pensa,
-non discorre, non palpita che per cotesto fantasma dei suoi trepidi
-sogni, a quel giovanotto occorre si presenti una occasione fortuita,
-occorre il mancato adempimento ad un patto contrattuale di qualche
-maestro, che so io? la necessità in cui si trovi un impresario di fare
-onore in qualsiasi modo agli impegni assunti col pubblico: occorre
-questo, perchè gli occhi del giovine si ravvivino di speranze, perchè
-il tumulto della fantasia si ridesti, perchè il dio della ispirazione
-mandi il tonante grido della riscossa.
-
-E il grido ci fu: la fantasia ebbe un sussulto: l'opera apparve
-luminosa nel cielo dell'arte. Quel giovinotto aveva nome Giuseppe
-Verdi, quell'opera s'intitolava _Nabucco_.
-
-La storia anedottica del _Nabucco_ l'ha raccontata lo stesso Verdi.
-L'opera doveva musicarla il maestro Nicolaj, e in una sera di decembre
-del 1841 l'impresario del teatro della Scala, incontratosi col Verdi,
-gli raccontò che il libretto della nuova opera non piaceva al maestro,
-che per la ristrettezza del tempo non era possibile averne altri,
-ma che lui impresario manderebbe al diavolo il Nicolaj se il Verdi
-accettasse di scrivere la musica del _Nabucco_.
-
-La resistenza e le proteste furono vane: il giovane maestro, cacciatosi
-in tasca il manoscritto di Temistocle Solera, corse a casa: e aperto
-così a caso il quaderno, lesse i versi, rimasti celebri, dello stupendo
-coro: «Va', pensiero, sull'ali dorate,» che nella musica melodrammatica
-del nostro secolo è forse la invocazione più appassionata e più sublime
-alla patria lontana, e che fratello maggiore del coro dei _Lombardi_,
-meriterebbe con più ragione si ripetesse di lui:
-
- Che tanti petti ha scossi e inebriati.
-
-Col _Nabucco_ s'iniziano veramente i trionfali successi del Verdi:
-continuano con l'opera venuta dopo, _I Lombardi alla prima Crociata_,
-raggiungono il massimo dell'entusiasmo con l'_Ernani_: dal '42 al '44,
-il «giovane Verdi,» come allora lo chiamavano, avea acquistato in meno
-di tre anni un posto d'onore; e raro esempio nella storia dell'ingegno
-umano, non solo non ne discese più mai, ma di scalino in scalino, di
-tappa in tappa, se così mi è lecito esprimermi, salì alla fama, alla
-rinomanza, alla gloria. Egli rimaneva oramai quasi solo (l'astro del
-Donizetti si avvicinava rapidamente all'angoscioso tramonto), quasi
-solo egli rimaneva a rappresentare la grande, la nobile, la ispirata
-arte italiana.
-
-Egli ebbe intenso dalla natura, e lo ha squisitamente affinato nel
-corso degli anni, l'istinto prezioso e incomunicabile dell'effetto
-teatrale; anche obbedì, in tutte le opere di quella sua prima maniera,
-alla foga potente della ispirazione, e fu di un'abbondanza melodica
-che somigliò quasi alla prodigalità. Peccò qualche volta per dato e
-fatto della sua stessa virtù, peccò di trascuratezza. Simile forse in
-questo (me lo perdonino le ascoltatrici gentili) simile a una donna
-bella che osi, appunto perchè bella, presentarsi ai suoi ammiratori un
-po' scapigliata e in abito disadorno. Ma egli è che allora si scriveva
-musica per scriver musica, e con le sette note di Guido Monaco non
-s'intendeva di risolvere nè un problema d'algebra, nè un teorema di
-meccanica celeste: si voleva soltanto destare la commozione, il grande
-e il solo sentimento che possa chiamare le folle in teatro.
-
-E di una commozione, trasportata fino alle regioni del parossismo,
-fu causa l'ultima delle opere che ho citata, l'_Ernani_. Il dramma
-audace dell'Hugo, simbolo di riscossa per tutta una scuola letteraria,
-diventa il vangelo altrettanto audace di tutti gli spiriti liberi.
-Venezia, dove la nuova opera fu per la prima volta rappresentata, e in
-breve giro di mesi tutta l'Italia acclamano il cantore di _Doña Sol_,
-come il rappresentante della musica dei tempi vaticinati. Pare quasi
-interrotta la tradizione; si direbbe che il maestro, spezzate le catene
-del convenzionalismo, si slanci a scoprire i nuovi orizzonti dell'arte,
-illuminata da lui col sole del proprio genio.
-
-_Ernani_ è la protesta magnanima contro le tirannie, è l'odio
-della violenza alimentato dalla violenza, è il grido del popolo
-che si ribella alla signoria dei grandi e dei sovrani. Come suonano
-rimbombanti e armoniosissimi i versi del poeta francese, così l'alata
-schiera delle melodie del maestro italiano si libra a volo sul dramma,
-e tutto lo penetra e lo investe. C'è in quella musica qualche cosa di
-trepido, di convulso, di rapido, d'irrompente. L'ardentissima anima del
-Verdi non aveva avuto ancora, e forse non le ebbe mai più, vibrazioni
-musicali così gagliarde, non s'era mai slanciata a colorire con tanta
-esagerata potenza un immenso quadro drammatico. Io credo sieno pochi
-gli esempi di opera che, come l'_Ernani_, mantengano sempre viva,
-musicalmente, l'attenzione dalla prima all'ultima scena; e qui il
-dramma e la musica mirabilmente si fondono a raccontare in altissimo
-metro una pagina della storia eterna del cuore umano.
-
-E così Giuseppe Verdi, con la stupenda produzione che va dal '42 al
-'46, schiude veramente le porte dell'avvenire, creando uno stile
-suo, manifestando una maniera tutta sua propria di concepire e di
-svolgere un violento contrasto di passioni sulla scena melodrammatica.
-La fecondità di quelli anni, non dissimile dalla geniale rapidità
-donizettiana, nocque forse al maestro di Busseto per la materiale
-impossibilità di adoperare la lima: ma giovò alla espressione di una
-più grande sincerità in quei subitanei quasi selvaggi scoppi del genio,
-preludio ad avvenimenti che maturatisi nel silenzio, dovevano di lì
-a poco suscitare i fremiti delle balde giovanili speranze nel cuore
-improvvisamente svegliatosi della patria.
-
-In quel medesimo anno, che è l'ultimo del periodo del quale le nostre
-Letture si occupano, e sempre nella città di Venezia, un'altra opera
-del Verdi scoppiò come fulmine e fu l'_Attila_: musica tempestosa
-che entrava difilato per le orecchie nelle anime, e di popolarità
-così clamorosa e così diffusa, che sopravvisse di qualche anno alla
-morte delle speranze italiane: come uno di quei canti che l'esule con
-accorata tenerezza ripete, perchè gli richiama alla mente le dolci
-valli della patria lontana.
-
-È naturale quindi che in coteste opere della prima maniera del Verdi
-si volesse rintracciare un concetto politico: così nei _Lombardi_ che
-sospirano al tetto natio e ricordano con sublime lamento i ruscelli
-ed i prati della loro terra, parve di scorgere una anticipazione del
-quarantotto, quasi un simulacro di movimento nazionale: e nella celebre
-offerta dell'universo che fa Ezio ad Attila, purchè a lui, generale
-romano, rimanga l'Italia, c'era più che un pretesto per sollevare a
-rumore le platee, per far vibrare la corda dello spirito patriottico.
-
-Si potranno questi chiamare gl'innocenti anacronismi della leggenda,
-ma non sono perciò inutili: tanto è vero che di lì a pochi mesi le più
-fortunate e popolari opere del Verdi si trasformarono in segnacoli
-di riscossa, i suoi canti ispirati furono gl'inni della nazione, e
-Gerusalemme diventò Milano con le sue cinque giornate. La musica è così
-fatta, che mirabilmente si piega ad esprimere il concetto dominante
-negli spiriti; e se un caldo soffio di poesia la ravvivi, ella diventa
-preghiera ed imprecazione, espressione d'infinito rammarico e di
-giubilante letizia, augurio, speranza, vaticinio. I poeti d'Italia
-cantavano in strofe roventi la rivoluzione prossima a trionfare; ma non
-bastava il ritmo poetico, ci voleva una risonanza più armoniosa e più
-vasta; e il popolo fremente e commosso ripeteva sulle pubbliche piazze
-il «Va' pensiero, sull'ali dorate» del _Nabucco_, e l'«Oh, Signore, dal
-tetto natìo» dei _Lombardi_. Con un anticipato augurio di cinque lustri
-Alessandro Manzoni aveva inneggiato nella lirica patriottica del 1821
-alle «giornate del nostro riscatto.»
-
-
- _Signore e Signori_,
-
-Attorno a quel gruppo di stelle, onde si compone la pleiade musicale
-che brillò nei puri vesperi dell'Italia dal '31 al '46, altri
-minori pianeti, come obbedienti satelliti, girarono e modestamente
-splendettero; ma la loro luce ebbe bagliori fugaci che ben presto
-si dissiparono. Nell'azzurro sconfinato del cielo gli astri di prima
-grandezza soltanto rimasero, ad attestare che il primato della musica è
-ancora nostro, e uno ancora vi rifulge solitario e lucente, come remota
-stella polare, speranza e guida dei naviganti che si affacciano ai mari
-inesplorati del secolo nascituro.
-
-
-
-
-LA ELETTRICITÀ ANIMALE
-
-CONFERENZA DEL Prof. GIULIO FANO
-
-
- _Signore e Signori_,
-
-Il periodo di vita italiana dal 1831 al 1846, preso in esame dalle
-conferenze di quest'anno, è caratterizzato soprattutto dalle idee
-di rivendicazione politica e sociale che fermentavano allora nelle
-menti di molti fra i migliori, distogliendoli, in parte almeno, dalle
-ricerche sui fenomeni naturali. Si capisce che le lotte intestine,
-le congiure, i moti e le vicende tormentose della patria possano
-conciliarsi coll'inspirazione artistica, anzi spesso eccitarne lo
-sviluppo in alte e nobilissime forme che valgano ad esaltare i meno
-animosi ed a raccogliere i più sotto la stessa bandiera. Ma per le
-scienze esatte, per le ricerche pazienti di laboratorio, per l'esame
-accurato della natura si richiedono tempi sereni e tranquilli.
-Qualche manifestazione geniale si presenta, è vero, nella storia della
-scienza anche nei momenti più torbidi, ma sono forme accidentali di
-un carattere che si potrebbe dire vulcanico, e non già il risultato
-di quelle forze costanti che agiscono lentamente sulla coscienza
-collettiva degli studiosi.
-
-Ciò nonostante, anche in quei tristi, incerti, ma pure gloriosi periodi
-della nostra vita nazionale, possiamo con orgoglio ricordare parecchi
-notevoli contributi allo sviluppo delle scienze fisiche e naturali.
-Fra gli argomenti di carattere biologico allora trattati, uno fra i
-preferiti da molti scienziati italiani è l'elettricità animale, e ne
-fanno fede i nomi del Nobili, del Marianini, del Santi-Linari, del
-Grimelli, del Matteucci, del Savi, del Pacini, alcuni dei quali, e
-fra i più illustri, furono onore dell'Ateneo fiorentino. Si direbbe
-che i germi lasciati dal Galvani e per lunga serie di anni rimasti
-assopiti in una specie di stato latente, portati in questa terra
-toscana che ebbe sempre e giustamente il vanto di proteggere i buoni
-studi, riprendessero nuova vita dando ricchi e rigogliosi germogli.
-Sicchè l'elettricità animale, che nacque come argomento di ricerca
-in Italia, e qui ebbe le maggiori e più importanti cure, che ne
-assicurarono lo sviluppo, può dirsi a ragione cosa nostra, senza che
-per questo si diminuisca il carattere cosmopolita che fa della scienza
-l'unico vincolo che ancora raccolga la sminuzzata umanità di questa
-tristissima fine di secolo. Quanto vi ho detto, spero sia sufficiente
-per giustificare la mia scelta. Debbo però avvertirvi che non posso
-restringere il mio dire a ciò solo che in proposito si è osservato nei
-tre lustri fissati dal programma, e neppure mi è lecito limitarmi ai
-soli risultati dovuti a ricercatori italiani. Voi non mi perdonereste
-certamente di sacrificare ad un sentimento nazionale, che in tal
-caso sarebbe malinteso, un argomento scientifico che, nato in Italia,
-divenne poi per sua natura universale.
-
-Il capitolo della elettricità animale comprende quelle manifestazioni
-elettriche date da un animale o da una parte di esso durante la
-vita, e che si sviluppano dagli organi come una naturale e necessaria
-conseguenza delle loro attività funzionali. Sicchè i fatti elettrici
-che si possono ottenere in certi casi, per esempio passando con
-forza la mano sul dorso di un gatto vivo come su quello di un morto
-o semplicemente su una pelliccia di gatto, appartengono tanto poco
-alla elettricità animale quanto ciò che si manifesta collo strofinare
-un bastone di resina o di zolfo. Nello stesso modo nessun rapporto
-hanno col nostro soggetto le scintille che alcune persone ottengono
-passandosi le mani nei capelli o stropicciandosi altre parti del corpo.
-Si tratta in questi casi semplicemente di elettricità per strofinamento
-e si capisce come condizioni particolari della pelle, dei peli e
-dell'ambiente possano dare a questo fenomeno proporzioni veramente
-stupefacenti.
-
-A queste osservazioni però, tanto semplici per sè stesse, si
-aggiunsero, come troppo spesso accade, i prodotti più o meno sinceri
-dell'immaginazione, sicchè si venne ad affermare che alcune persone
-erano dotate di vere proprietà elettriche a somiglianza di alcuni
-pesci dei quali avremo fra poco occasione di parlare. Numerose sono
-le osservazioni citate in proposito. Mi limiterò a ricordare quella
-della Signora elettrica di Oxford negli Stati Uniti, perchè è forse
-il caso documentato meno peggio. Essa si accorse il 25 gennaio 1837,
-mentre in numerosa compagnia osservava un'aurora boreale, che le dita
-delle sue mani emettevano scintille elettriche ogniqualvolta essa
-accarezzava il volto di un suo fratello. Tutta la società, benchè in
-sul principio fosse molto dubbiosa, dovette poi convincersi della
-realtà di quello strano fenomeno, ed il dottor Williard Osford,
-una specie di san Tommaso, fu condotto alla fede da una scintilla
-lunga circa venti millimetri, che quella interessante persona gli
-scaricò sulla punta del naso, dai polpastrelli delle dita, facendolo
-indietreggiare spaventato. Il marito di quella signora era lontano, in
-viaggio, al momento dello sviluppo di quella strana proprietà. Allorchè
-in aprile ritornò, la moglie gli andò incontro alla porta di casa, e
-presentandogli scherzosamente le mani alla faccia lo sbalordì con una
-scarica elettrica. Come vedete, quando un marito torna a casa dopo una
-lunga assenza deve essere preparato a qualunque sorpresa!
-
-A me fu raccontato da un medico di Firenze di un caso simile da lui
-osservato in queste ultime settimane. Una signora straniera, che abita
-la nostra città, si presenta, soprattutto quando domina la tramontana,
-come circondata da una nube luminosa, tante sono le scintille che
-crepitando scoccano dalla superficie del suo corpo. E le parti più
-intime del suo abbigliamento, e le lenzuola del suo letto sono così
-cariche di elettricità, che il solo sfregamento di esse dà luogo ad
-imponenti manifestazioni elettriche. Anche qui si tratta, è evidente,
-di semplici fatti dovuti ad elettricità sviluppata per sfregamento.
-
-Ad ogni nostro movimento noi produciamo calore, fra le molte altre
-ragioni, per l'attrito dei piedi contro il suolo o degli indumenti
-sulla persona, e nello stesso tempo diamo luogo, per le stesse
-cause ad una elettrizzazione della superficie del nostro corpo e
-degli oggetti che con essa vengono in contatto. Si capisce come
-condizioni particolari di poca conducibilità degli appoggi e delle
-parti superficiali dell'organismo debbano provocare i fenomeni
-sopra descritti, i quali, benchè possano sembrare meravigliosi, sono
-molto più semplici di un battito del nostro cuore o di un movimento
-delle nostre labbra. Certamente le condizioni nutritive e nervose di
-quegl'individui contribuiscono a dare alla loro cute quelle proprietà
-particolari che determinano una elettrizzazione tanto notevole, ma non
-per questo possiamo dire che quei fatti appartengono alla elettricità
-animale propriamente detta.
-
-Fa parte integrale di essa invece la causa che determina le scosse
-risentite toccando un così detto pesce elettrico. È questo anzi il
-primo fatto di elettricità animale che sia stato conosciuto, e se ne
-parla sin dai tempi più remoti, senza darne però, e si comprende, una
-retta interpretazione. I più anticamente noti fra i pesci elettrici,
-per quanto ne possiamo sapere noi, sono le torpedini, perchè abitanti
-il Mediterraneo. Esse fissarono l'attenzione del volgo prima e dei
-naturalisti poi. Come rappresentarci lo stupore e lo spavento di quegli
-ingenui pescatori che tirando a terra la rete colma di pesci vengono
-colpiti da una scossa che li irrigidì e li paralizzò ad un tempo? Vi
-è solo da meravigliarsi che essi, così immaginosi e ricchi di forme
-simboliche, non abbiano messo fra le mani poderose di Nettuno una
-torpedine invece del tridente o del delfino. Debbo però notare a questo
-proposito come in un vaso proto-etrusco del museo archeologico di
-Firenze si osservi la figura in rilievo di una torpedine associata ad
-una sfinge maschio, e contrapposta ad un felino con criniera irradiata.
-Quel pesce, secondo il Milani, rappresenterebbe probabilmente la forza
-occulta del mare notturno contrapposta alle forze palesi della natura.
-
-Ai tempi di Aristotile la torpedine si chiamava Narkè, che vuol dire
-torpore, ed a questo proposito Platone fa dire a Menone in uno dei suoi
-dialoghi: «O Socrate, già prima di conoscerti avevo sentito dire che tu
-nelle discussioni non fai altro se non porre te stesso nell'imbarazzo
-e metterci gli altri, e anche ora mi pare che tu con ogni sorta di
-incantesimi mi abbia ridotto a non trovar via d'uscita; anzi, se è
-lecito scherzare, mi sembri affatto simile nell'aspetto e nel resto
-alla Narkè marina piatta. Essa infatti fa intorpidire chi le si accosta
-e la tocca; ed anche tu hai fatto lo stesso a me. Perchè, in verità, mi
-si è paralizzata l'anima e la bocca e non so che risponderti.»
-
-I commentatori, per far comprendere il senso nascosto delle parole
-messe in bocca a Menone, rammentano come Socrate avesse il viso piatto
-che poteva essere paragonato alla forma schiacciata della torpedine.
-Per conto mio trovo che è uno scherzo di assai cattivo genere e tale da
-far venire i brividi a qualunque conferenziere che abbia il profilo un
-poco camuso.
-
-Molti altri scrittori dell'antichità hanno parlato dei notevoli
-fenomeni prodotti dai pesci elettrici, particolarmente Oppiano,
-poeta greco dei tempi di Settimio Severo. Galeno poi credette di
-poter spiegare la sensazione provata al contatto di quegli animali
-attribuendola ad un principio frigorifero, e per motivare la sua
-opinione portò i buoni effetti prodotti dalla applicazione delle
-torpedini alla medicina, soprattutto contro il mal di capo e la gotta.
-Come vedete, non vi è nulla di nuovo sotto il sole, e i Romani facevano
-anch'essi della Elettroterapia; ma soltanto la facevano senza saperlo.
-
-Saltando a piè pari molti secoli arriviamo a Francesco Redi, il geniale
-accademico del Cimento, primo medico della casa granducale di Toscana,
-l'inspirato poeta del vino, il fine, attento, perspicace osservatore
-di fatti naturali. Ecco come egli ci intrattiene sulle torpedini, in
-quel suo musicale e purissimo stile: «È cosa notissima che quel pesce
-marino chiamato tremola, torpedine, ovvero torpiglia, se sia toccato
-renda intormentita e stupida la mano ed il braccio di colui che lo
-tocca; ed io ne ho fatta la prova più di una volta, per certificarmi di
-tal verità e per poterne favellare con certezza di scienza. E voglio
-raccontarvi che alcuni pescatori, essendo a mia requisizione andati
-alla pesca di questo pesce ne pigliarono uno e portatomelo vivo poco
-dopo che l'ebbero preso, appena che lo toccai e lo strinsi colla mano,
-che mi cominciò a informicolare e la mano e il braccio e tutta la
-spalla con un tremore così fastidioso e con un dolore così afflittivo
-ed acuto nella punta del gomito, che fui necessitato a ritirar subito
-la mano: e lo stesso mi avveniva ogniqualvolta io voleva ostinatamente
-continuar lungo tempo a toccarlo. Egli è ben vero che quanto più la
-torpedine si avvicinava alla morte, tanto meno io sentiva il dolore e
-il tremore, anzi molte volte io non lo sentiva; e quando ella fu quasi
-finita di morire, che pur campò ancora tre ore, io poteva maneggiarla
-con ogni sicurezza e senza fastidio veruno: che perciò non è maraviglia
-se alcuni stiano in dubbio della verità di questo effetto, e lo tengano
-per una favola, avendone essi per avventura fatta l'esperienza non con
-le torpedini vive, ma con le morte o vicine a morire.»
-
-Il Redi ed il suo discepolo Lorenzini, che, all'epoca del Rinascimento
-delle scienze naturali, furono i primi a studiare la torpedine,
-supponevano che questo pesce inviasse da lontano una quantità di
-piccoli corpuscoli che s'insinuerebbero nelle parti delle quali
-essi determinano l'intorpidimento, e che sarebbero proiettati dalla
-contrazione di due organi riputati muscolari, e chiamati, in ragione
-della loro forma, muscoli falcati.
-
-Il Borelli, un altro insigne accademico del Cimento, riguarda quella
-emissione di corpuscoli stupefacenti come immaginaria, e pensa che
-la torpedine, colpita essa stessa da tremiti violentissimi, comunichi
-queste vibrazioni all'essere che la tocca e determini così in esso un
-intorpidimento.
-
-Non sorridiamo a questi tentativi di rappresentazione di un processo
-funzionale, perchè a ben altre forme dottrinarie ci hanno abituati
-certuni ai giorni nostri, i quali, essendo tanto più dogmatici
-quanto meno vogliono parerlo, pretendono di dar ragione dei fenomeni
-presentati non solo da un individuo ma da una intera società umana,
-adoperando alcune formule semplicissime, che non sono neppure di loro
-invenzione, per mezzo delle quali tutto può essere classificato e
-spiegato; tanto meno scusabili inquantochè ogni giorno più si mette in
-chiaro l'immensa complessità dei fatti biologici, di quelli anche che
-potrebbero a prima vista sembrare di una semplicità primordiale.
-
-Si capisce, del resto, che ai tempi del Redi, del Lorenzini e del
-Bellini non si potesse avere un'idea esatta intorno alla natura della
-scossa ricevuta dalla torpedine, perchè non si conosceva ancora la
-bottiglia di Leida, che sembra datare dal 1745. Dopo ciò si comprese
-che l'agente sviluppato da quel pesce è di natura elettrica, e le
-osservazioni in proposito, alle quali contribuirono il Volta e il
-Galvani, eccitarono entrambi questi illustri nella loro lotta per
-la verità. Infatti il Galvani considera la sua preparazione, fatta
-di muscoli e di nervi, come un organo elettrico ridotto, e il Volta
-si inspira a quell'apparecchio nella costruzione della sua pila, che
-egli chiama «organo elettrico artificiale» «per essere (come scrive al
-Brugnatelli) fondato sopra i medesimi principi e simile anche nella
-forma, secondo la sua prima costruzione, all'organo naturale della
-torpedine.»
-
-La scoperta della pila mise nell'ombra le mirabili osservazioni del
-Galvani, e le sue affermazioni intorno alla elettricità animale, e
-ciò benchè fosse ormai indiscutibile che la torpedine si comporta
-come una macchina elettrica, e come una pila insieme, e che lo
-sviluppo dell'elettricità è in quegli animali dipendente dalle loro
-condizioni vitali. La morte infatti porta con se, come del resto aveva
-già osservato il Redi, la cessazione di ogni fenomeno elettrico, e
-tutte le osservazioni dimostrano anche che la potenza intorpidente
-dei pesci elettrici si indebolisce a misura che diminuiscono le
-attività funzionali dell'animale, che essa si esaurisce per ogni
-emissione eccessiva, e che, nello stato normale dell'organismo, essa
-può ristabilirsi col riposo. Questi esseri singolari sono capaci,
-è vero, di dare parecchie scariche successive, ma queste vanno
-gradatamente indebolendosi, sino a che quei pesci possono essere
-impunemente toccati. Poi, col tempo, soprattutto se bene alimentati,
-essi riprendono le loro capacità elettriche, così come si osserva nelle
-manifestazioni dell'energia muscolare e nel decorso della fatica. Vi
-è insomma, sotto molti aspetti, una completa identità fra la scossa
-elettrica della torpedine ed un movimento volontario. Le torpedini e
-gli altri pesci elettrici, come il gimnoto ed il siluro, danno una
-scossa elettrica come un cavallo darebbe un calcio, un cinghiale
-un colpo di zanna, una tigre un morso, un'aquila un colpo d'ala o
-d'artiglio. Il meccanismo nervoso volontario pel quale si esplica
-l'atto della difesa e dell'offesa è lo stesso in questi casi, non
-solo, ma anche gli effetti esteriori che ne risultano hanno molte
-analogie fra loro. Ogni giorno di più, infatti, si mettono in chiaro
-le somiglianze strutturali fra muscoli ed organi elettrici, non solo,
-ma pure quelle funzionali fra scossa elettrica e contrazione muscolare.
-Questi due atti si lumeggiano vicendevolmente, inquantochè obbediscono
-alle stesse leggi generali; sicchè possiamo dire, per adoperare
-un linguaggio tecnico, almeno una volta, che entrambi dipendono
-probabilmente, per quanto riguarda l'effetto esterno, da cangiamenti di
-tensione superficiale.
-
-L'affinità fra un movimento volontario ed una scossa elettrica mi
-richiama alla mente una descrizione dell'Humboldt, che amo ripetervi
-in parte, benchè la ritenga universalmente conosciuta. Si tratta
-della pesca dei gimnoti, o anguille elettriche, che vivono nelle acque
-dell'America meridionale, e che danno, quando siano irritate, scosse
-potentissime, molto più energiche di quelle della torpedine. Non
-bisogna però credere che il racconto dell'Humboldt si riferisca ad un
-modo usuale di pesca; esso piuttosto va considerato come la narrazione
-di una accidentale avventura di viaggio. Ecco le parole del celebre
-viaggiatore e scienziato tedesco:
-
-«L'anguilla elettrica, benchè tardissima nei movimenti, si prende
-difficilmente con reti, perchè simile al serpe si affonda nel fango.
-Si potevano in tal caso adoperare le radici di alcune piante che
-hanno la proprietà, gettate in uno stagno, di inebriare o stordire gli
-animali che vi si trovano. Non volevamo però ricorrere a questo metodo,
-perchè le anguille ne sarebbero state indebolite. Allora gli indiani
-dichiararono che volevano pescar con cavalli. Corsero nelle steppe ove
-sono numerosi i cavalli e i muli selvatici, ne presero una trentina e
-li spinsero nell'acqua.
-
-L'inaspettato rumore dello scalpitìo dei cavalli spinge i pesci fuori
-della melma e li invita all'attacco. Le grandi anguille gialle nere,
-simili ed enormi piante acquatiche, nuotano qua e là presso alla
-superficie e guizzano sotto il ventre dei cavalli e dei muli. La lotta
-fra animali così differenti forma il quadro più pittoresco.
-
-Gli indiani muniti di giavellotti e di lunghe e sottili canne si
-appostano in fitta colonna intorno allo stagno. Alcuni salgono sugli
-alberi i cui rami si stendono orizzontalmente sull'acqua. Colle
-selvagge loro strida e colle lunghe canne fanno indietreggiare i
-cavalli che vogliono risalire le rive.
-
-Le anguille, assordate dal rumore, si difendono con ripetute scariche
-delle loro batterie. Per qualche tempo pare che debbano riuscire
-vittoriose. Parecchi cavalli soccombono ai colpi invisibili che
-minacciano gli organi i più essenziali. Storditi dalle incessanti e
-violenti scosse cadono al fondo. Altri sbuffanti, irta la criniera,
-gli occhi dilatati per lo spavento, fuggono disperatamente cercando
-di sottrarsi alla bufera, ma sono respinti dagli indiani. Alcuni però,
-ingannando la vigilanza dei pescatori, giungono alla sponda, vacillano
-ad ogni passo, e spossati a morte si gettano sulla sabbia colle membra
-irrigidite....
-
-Credevamo che tutti gli animali impegnati in quella lotta dovessero
-soccombere l'uno dopo l'altro. Ma a poco a poco il furore scema, e le
-anguille affaticate si sparpagliano. Hanno ora bisogno di un lungo
-riposo e di un abbondante cibo per riacquistare le forze galvaniche
-disperse nel combattimento: esse vengono ora paurose presso la spiaggia
-e sono prese mediante piccoli giavellotti raccordati a lunghe funi.
-
-Un uomo non si esporrebbe senza pericolo al primo colpo di una grossa
-anguilla elettrica irritata. Se si riceve la scossa prima che il
-pesce sia ferito o stanco da una lunga persecuzione, il dolore e
-lo stordimento sono tali che non si può dar conto della sensazione.
-Non mi ricordo (dice l'Humboldt), di aver provato, dalla scarica di
-una gran bottiglia di Leida, uno scrollo terribile al pari di quello
-che soffersi quando misi incautamente i due piedi sopra un'anguilla
-elettrica che era stata poc'anzi tratta fuori dell'acqua. Per tutto
-quel giorno ebbi violenti dolori nelle ginocchia e in tutte le
-articolazioni.»
-
-E un giovane tisiologo tedesco, morto da poco, il Sachs, racconta che,
-avendo lasciato cadere un gimnoto sul suo piede, fu gettato a terra e
-provò tale un dolore, che non potè trattenersi dal gridare.
-
-Ma io non posso indugiarmi sui pesci elettrici, perchè di un altro
-argomento voglio parlarvi succintamente prima di lasciarvi. Mi limiterò
-per questo a riassumere in poche parole lo stato attuale delle nostre
-cognizioni in proposito, ricordando che ad esso hanno contribuito
-parecchi italiani, fra i quali amo citare in particolar modo,
-limitandomi al periodo storico che ora consideriamo, i nomi del Nobili,
-del Matteucci, del Pacini.
-
-Alcuni pesci, appartenenti a tre gruppi molto diversi fra loro, le
-torpedini, i gimnoti ed i siluri, hanno la proprietà di dare forti
-scariche elettriche, subordinate all'attività del loro cervello.
-Questa funzione elettrica è esercitata per mezzo di un apparecchio
-speciale, composto di un gran numero di elementi. In ciascuno di questi
-ultimi penetra una terminazione nervosa, presso a poco nello stesso
-modo col quale un nervo motore si dirama in un muscolo volontario.
-È indiscutibile che la forza emanata dall'organo in questione è una
-forma di elettricità. Lasciando da parte l'influenza che la energia
-sviluppata dai siluri, dai gimnoti, dalle torpedini esercita sopra gli
-organismi viventi, ricorderemo come questi pesci abbiano dato scintille
-a guisa di una bottiglia di Leida. Inoltre, con quella forma di energia
-si ottennero effetti calorifici e di decomposizione chimica, si fece
-deviare l'ago magnetico, si provocarono fatti di induzione in un
-rocchetto e si accese una lampadina elettrica. Si tratta dunque di vera
-elettricità ed in questo caso sembrerebbe proprio che l'organismo ci
-desse un esempio, qual meglio non si potrebbe sperare, di una funzione
-ridotta ad un semplice fenomeno fisico.
-
-Eppure neanche in questo caso la fisica può da sola servirci, per
-ora almeno, a comprendere completamente la scossa di cui è questione,
-perchè l'elettricità emessa dai pesci elettrici si trova in condizioni
-speciali quali non si ottennero peranco con gli apparecchi raccolti
-nelle ricchissime collezioni dei fisici. Infatti essa presenta le
-proprietà insieme dell'elettricità statica, della dinamica e della
-indotta.
-
-Che dire poi della enorme differenza che esiste fra i nostri mezzi
-di sviluppare l'elettricità e quelli adoperati da un pesce elettrico?
-Perchè certo nessuno vorrà dare maggior valore di quello che si conceda
-ad una figura rettorica al confronto fatto fra gli elementi di una pila
-voltaica a colonna e le lamine dei prismi che costituiscono l'organo
-elettrico di una torpedine. E come spiegare l'immunità che quei pesci
-dimostrano per l'agente potentissimo che essi stessi sviluppano?
-
-Voi vedete dunque come, benchè si tratti in questo caso di un fenomeno
-puramente fisico quale è quello di una scarica elettrica, pure la
-fisica non può aiutarci completamente a comprendere i mezzi impiegati
-dall'organismo per elaborare e sviluppare quella singolare forma di
-energia.
-
-Badate inoltre che la scarica di un pesce elettrico implica quasi
-sempre un atto volontario che ci conduca a studiare il problema della
-coscienza, di quella proprietà per la quale un essere vivo avverte
-se stesso e l'ambiente che lo circonda. La fisiologia ha affrontato
-questa questione che tocca la intimità stessa della nostra personalità
-senziente e pensante, e certo tutte le ricerche anatomiche fisiologiche
-e quelle particolari di psicologia hanno gettato un po' di luce sugli
-elementi strutturali dai quali quei fatti emanano e sui processi
-fisici, chimici e funzionali che li accompagnano e con ogni probabilità
-li determinano. Ma io, che pure con speciale amore mi occupo di quegli
-studi sono fra quelli, e siamo legione nel campo della fisiologia
-sperimentale, che accordano tutto il possibile al meccanicismo,
-e si servono di esso per simboleggiare quanto si manifesta da un
-essere vivo, ma non sanno comprendere e non saprebbero concepire
-una rappresentazione materialistica della coscienza. Confessiamolo
-francamente: il problema della coscienza è sempre insoluto e molto
-probabilmente insolubile.
-
-Ma, Signore e Signori, le indagini sui pesci elettrici, per quanto
-interessanti e benchè ci conducano a discutere di cose fondamentali
-per la funzione dei corpi organizzati, sembrano piuttosto oggetto di
-studio per un erudito, per un curioso delle stranezze della natura. Vi
-è invece nelle ricerche sulla elettricità animale un argomento che ci
-dà occasione di penetrare nella intimità funzionale dei nostri organi,
-dei nostri tessuti, dei nostri apparecchi, e che ci dà l'immagine di
-quel continuo avvicendarsi di fatti distruttivi e di riparazione fra
-i quali oscillano in ritmo incessante le parti costituenti il nostro
-organismo.
-
-Sarò brevissimo e comincerò per questo col non tener conto dei
-precursori di Galvani. Vi sono sempre dei precursori in ogni scoperta,
-ma è certo che si deve al biologo bolognese la prima constatazione
-di carattere scientifico dell'elettricità sviluppata dal tessuto
-muscolare. Non già colla ben nota osservazione della rana appesa ad un
-uncino di rame che eventualmente toccò il celebre parapetto di ferro,
-bensì colla esperienza eseguita senza l'intervento di alcun metallo.
-
-A questo proposito debbo ricordare come alcuni abbiano voluto sostenere
-che la scoperta attribuita al Galvani si debba invece alla sua
-dilettissima moglie, la signora Lucia nata Galeazzi, che per la prima
-avrebbe avuto occasione di osservare le ormai storiche contrazioni dei
-muscoli in certe zampe di rana e di richiamare su queste l'attenzione
-del marito. Altri sostengono che le prime osservazioni furono fatte
-veramente dal Galvani, ma sopra rane preparate, non vorrei dire
-prosaicamente, per fare un brodo che servisse di ristoro a sua moglie
-che era allora ammalata. Queste affermazioni furono contestate, ma
-non si può del tutto escludere l'influenza, almeno accidentale, della
-moglie sulla scoperta del marito. A sostegno di questa tesi sostenuta
-da molti in quei tempi, amo citare un sonetto non bellissimo, dedicato
-al Galvani dopo la morte prematura della sua Lucia:
-
- Quella donna gentil, cui d'aureo strale
- Piagata il seno teco amor congiunse,
- Poi morte con quel suo colpo fatale,
- Per farne bello il ciel da te disgiunse:
- Quella, non tu, che novo ardor vitale
- In rana ignuda a disvelar pur giunse,
- Quand'una ed altra man con vanto eguale
- Il conduttor metallo e i nervi punse.
- Nè a te, Signor, questa fedel consorte
- Tacque l'ignoto arcan per cui tuo nome
- Oltre l'italo suolo altero vassi.
- Oh se vedessi di sì bella sorte
- Com'ella esulta dolcemente, e come
- Di te ragiona e dei tuoi chiari passi!
-
-Se anche le cose stanno come afferma l'autore del sonetto, che
-voglio credere migliore storico che poeta, benchè parli con tanta
-sicurezza di ciò che avviene lassù nelle sfere celesti, non è alla
-buona signora Lucia che noi dobbiamo attribuire quella scoperta,
-nel vero senso della parola. Certo molti dei più importanti fatti
-scientifici furono rivelati all'umanità dal caso, ma quando vennero ad
-incontrarsi con una mente adatta a comprenderne il significato. Non per
-questo voglio deprimere il merito della signora Galvani. Io vorrei,
-anzi, che si scrivesse una storia delle compagne di quegli eroi che
-lottarono nel campo delle idee, e credo sarebbe il racconto di intimi
-e mirabili drammi combattuti nei cuori femminili per l'uomo amato,
-che idealizzato dalle moltitudini si mostra, nel tollerante e sereno
-ambiente della casa, spoglio dell'aureola di gloria che lo illumina e
-lo nasconde, e vi rivela tutte le debolezze comuni agli altri uomini
-e qualcheduna forse in più. Quanta abnegazione, quanto disinteresse,
-quale instancabile affetto seppero possedere quelle modeste eroine,
-e quale contributo portarono alla gloria del marito, consigliandolo,
-sostenendolo, incoraggiandolo, sapendo sottrarsi a tempo agli applausi
-meritati, per lasciarli all'idolo che li ambisce.
-
-Per amore di verità, però, non debbo dimenticare che la storia registra
-anche molte Santippe.
-
-Dopo la morte del Galvani tutto quanto avesse riguardo coll'elettricità
-animale venne circondato di dubbi, di indifferenza e finalmente
-dimenticato, ed a ciò contribuì principalmente la scoperta della pila
-di Volta ed i rapidi e meravigliosi progressi che ne conseguirono
-nel campo della elettrodinamica. Si capisce, infatti, come la povera
-elettricità animale, questa specie di cenerentola della elettrologia,
-così modestamente raccolta nei tessuti viventi, dovesse cedere il passo
-alla sua consorella, la elettricità voltaica, assai più appariscente e
-più ricca di applicazioni che essa non fosse.
-
-Fu il Matteucci che la rimise alla luce del mondo. È bensì vero che
-il Nobili aveva scoperto la cosiddetta corrente propria della rana
-che va dai piedi al capo, ma egli l'aveva attribuita a fenomeni
-termoelettrici, sicchè fu soltanto cogli studi del Matteucci che si
-riprese nettamente il concetto del Galvani, e si considerarono i fatti
-elettrici manifestati da un essere vivente come un'espressione dei
-processi che si svolgono nell'intimità degli apparecchi funzionanti.
-
-Il Matteucci era uomo di tale ingegno, da lasciare la sua impronta
-su qualunque argomento imprendesse a trattare. Non sta a me di
-considerarlo ora nelle sue opere di cittadino; ricorderò soltanto che
-fu ambasciadore e ministro della pubblica istruzione e professore
-nel nostro Ateneo. Del resto, da questi punti di vista fu già
-magistralmente tratteggiato da Nicomede Bianchi, in un libro che ha
-appunto per titolo: _Carlo Matteucci e l'Italia del suo tempo_. Per
-trattare dell'importanza non solo tecnica ma filosofica del Matteucci,
-ci vorrebbero parecchie conferenze. Perchè egli non fu solo uno
-scopritore di fatti, ed il restauratore della elettrofisiologia, ma
-anche un rinnovatore nel campo delle idee direttrici in biologia. Con
-un acume ammirabile sostenne l'importanza dei fatti fisici e chimici
-negli esseri viventi, e fu così uno fra i più efficaci fondatori
-della fisiologia moderna. Ma non ebbe i fanatismi tanto comuni agli
-innovatori, e seppe mantenersi sempre nei limiti del vero, possedendo
-una netta percezione dei confini fissati alla applicabilità dei
-fatti scientifici ed al loro significato fisiologico. Egli, l'autore
-dell'opera sui fenomeni fisico-chimici dei corpi viventi, ed uno fra
-i più vivaci oppositori di quella scuola di un vitalismo primordiale,
-rappresentata in Italia dal Rasori e dal Tommasini prima, e poi,
-benchè in forma più progredita, dal Bufalini, mantenne sempre quella
-serenità di giudizio e di linguaggio, che dimostrano in lui un vero
-temperamento di scienziato. Egli ben sapeva che la scienza positiva
-non ha e non può avere alcun rapporto colle questioni trascendentali,
-e deve lasciare al sentimento ed all'intuito individuali di definire,
-quando se ne senta il bisogno, che cosa possa essere quello che
-si vuol chiamare la verità assoluta. Lo studio dei fenomeni della
-natura, provoca, ordinariamente, bisogna riconoscerlo, una speciale
-polarizzazione nelle capacità intuitive ed interpretative, ma ciò non
-fa parte della scienza propriamente detta. Se l'indagine plasma la
-mente dello sperimentatore ad uno speciale ed indulgente scetticismo,
-si è perchè il contatto diretto coi fenomeni della natura, e la
-sottile ricerca di essi, e l'analisi minuta delle loro particolarità
-mentre lo rendono più forte nel discernimento del supposto vero,
-gli dimostrano anche l'inanità degli sforzi suoi e degli altri,
-nel determinare l'essenza delle cose. Ma l'uomo di scienza è anche
-spesso un entusiasta, perchè nessuno meglio di lui è in grado di
-apprezzare la meravigliosa armonia dei fatti naturali, l'intimo
-legame che li riunisce, gli adattamenti perfettissimi che danno
-ai fenomeni una stupefacente parvenza di finalità. Egli è pure un
-disilluso, perchè ogni giorno più deve convincersi che ben poco è
-quello che sa in confronto di quello che gli resta a sapere, e perchè
-si avvede che ogni fatto nuovo che viene alla luce, mentre aumenta
-il suo potere sulla natura, allarga pure smisuratamente i confini
-della sua ignoranza consapevole. Ma egli possiede anche un concetto
-esatto intorno alla relatività dei nostri veri, e se non sempre ha il
-coraggio di comunicare i dubbi che lo tormentano, e lo sconforto di
-sentirsi legato, per certe questioni generali, al limbo eterno della
-ignoranza, sa però che deve essere temperato nelle idee e non scende
-nella lizza per opporre ad affermazioni azzardate altrettanta vacuità
-di linguaggio; e a rappresentazioni troppo indefinite e vaghe, simboli
-troppo schematici e materiali; e a certe nebulosità idealistiche,
-costruzioni materialistiche di un meccanismo infantile.
-
-Questa è la rappresentazione psicologica di uno scienziato, quale
-sorge spontanea nella mente leggendo le opere del Matteucci, le
-quali improntate ad un severo positivismo fanno di lui, che fu il
-ricercatore dei fenomeni fisici e chimici dei corpi viventi, uno dei
-fondatori di quella scuola biologica che limita i confini della nostra
-conoscenza e che alcuni vorrebbero, non capisco il perchè, distinguere
-coll'appellativo di neovitalismo.
-
-Dovrei ora parlare in modo speciale intorno alle ricerche del Matteucci
-sull'elettricità animale, ma ciò mi obbligherebbe ad entrare in
-questioni troppo tecniche, e ad adoperare un linguaggio che è soltanto
-espressivo per gli iniziati ai suoi misteri. Credo invece opportuno
-di dirvi in poche parole quali siano le nostre cognizioni attuali a
-proposito della elettricità dei tessuti, perchè possiate apprezzare
-quanto la fisiologia deve a quegli illustri italiani che hanno iniziato
-questi studi. È infatti soltanto esaminando il frutto che si può
-comprendere l'importanza di un germe, e soltanto l'organismo sviluppato
-ci dice quali capacità di evoluzione stavano nascoste in quella cellula
-così ricca di potenzialità che noi chiamiamo l'uovo.
-
-Un organismo vivente, considerato in forma schematica, può essere
-tenuto in conto di una macchina complicatissima, nella quale materiali
-chimici molto complessi, dissociandosi ed ossidandosi, mettono in
-libertà una certa somma di energie, in quella guisa che il carbone
-combinandosi coll'ossigeno, come si suol dire, bruciando, sviluppa
-calore. Ma lo stesso pezzo di carbone, quando si ossida, può darci
-semplicemente del calore, se ci limitiamo a bruciarlo nel caminetto,
-mentre da esso possiamo trarre del lavoro meccanico, se ne provochiamo
-la combustione nel fornello di una locomotiva, o della energia
-elettrica e quindi della luce o delle azioni chimiche o altre forme
-di lavoro, se la forza messa in libertà dalla fiamma fa poi agire una
-dinamo e questa una lampada elettrica, o un bagno galvanoplastico,
-o altro. Sicchè lo stesso combustibile bruciando può dare forme
-differenti di energia e di lavoro a seconda dei meccanismi ai quali è
-applicato.
-
-Nello stesso modo i processi di combustione che si svolgono nelle
-singole parti del nostro corpo si manifestano diversamente in
-ragione della varia struttura di queste parti. Il muscolo dà il
-lavoro meccanico, la glandola, la elaborazione chimica, il nervo, la
-trasmissione di un'onda particolare, la cellula nervosa, l'impulso al
-movimento o il sottostrato della sensazione, e così via, e tutti questi
-atti derivano in modo più o meno diretto da cangiamenti chimici, che
-mettono in movimento i diversi ingranaggi del nostro organismo.
-
-Le differenti manifestazioni funzionali del nostro corpo, delle quali
-abbiamo fatto parola, sono accompagnate però da fatti collaterali, come
-avviene in ogni altra macchina. Abbiamo cioè, oltre il lavoro specifico
-dei diversi apparecchi, uno sviluppo di calore che contribuisce,
-negli animali che stanno in alto della scala zoologica, a mantenere
-la temperatura del loro corpo ad un grado superiore a quello ordinario
-dell'ambiente.
-
-Ma oltre il calore si possono discernere altre forme di energia, fra le
-quali la luce e le manifestazioni elettriche.
-
-Non avete mai veduto il mare fosforescente? È soprattutto nelle
-regioni equatoriali che questo spettacolo si manifesta nel suo massimo
-splendore, dando al navigante l'impressione di solcare delle onde
-infocate. Non dimenticherò mai le sere passate sull'Oceano indiano,
-appunto per la magnifica fosforescenza che vi ho potuto ammirare. Tutta
-la superficie del mare, leggermente increspata, era illuminata da una
-luce vaga, nebulosa, bluastra, che pareva scaturire dalle maggiori
-profondità, mentre il solco aperto dal piroscafo splendeva sin presso
-all'orizzonte come una striscia di fuoco, sulla quale risaltavano i
-guizzi di fiamme provocati dall'elica che percoteva l'Oceano e dalla
-prua che ne squarciava gli attriti. Questo fenomeno è dovuto alla
-presenza di innumerevoli esseri assai bassi nella scala dei viventi,
-alcuni minutissimi, altri, come le meduse, abbastanza voluminosi, i
-quali, quando siano stimolati dagli urti delle onde o dell'elica, per
-esempio, rivelano quello stato di eccitamento con manifestazioni di
-energia che, in grazia della loro trasparenza, acquistano i caratteri
-di vere e proprie funzioni luminose. In questo caso si potrebbe proprio
-dire con un illustre fisiologo che noi siamo colpiti direttamente
-dalle irradiazioni della fiaccola della vita. Fatti simili, benchè più
-complessi e parzialmente sottoposti all'impero dei centri nervosi,
-ci vengono presentati fra gli altri da alcuni insetti, dei quali
-rammenterò le lucciole, ornamento delle nostre sere di primavera e di
-estate, e che furono soggetto di interessantissime ricerche del nostro
-Matteucci, e gli elaterii dell'America tropicale, che possono servire
-come lanterne per illuminare il cammino, e che sul capo delle signore
-splendono di una vivissima luce propria, molto più apprezzabile, mi
-pare, di quella riflessa da un diamante.
-
-Come vedete, alcuni fatti che d'ordinario sono semplici accessori, che
-si presentano come collaterali di una funzione principale, possono,
-in certi casi, raggiungere così grande sviluppo, da acquistare per se
-stessi la dignità di una vera e propria funzione. Questo accade per la
-luce emessa dagli organi fosforescenti degli insetti, come pure per le
-manifestazioni elettriche della torpedine, del gimnoto, del siluro che,
-grazie alla evoluzione di organi particolari, si sono resi capaci di
-emanazioni elettriche potentissime, mentre, d'ordinario, l'elettricità
-che si svolge dagli organi funzionanti, può essere appena avvertita da
-apparecchi delicatissimi.
-
-Non per questo essa ha meno importanza pel ricercatore di fatti
-biologici, che anzi la corrente tenuissima che si può raccogliere da
-un muscolo che si contrae, la così detta corrente d'azione vale a farci
-comprendere la potentissima scossa emessa da un pesce elettrico.
-
-Si disse come le manifestazioni funzionali dell'organismo siano
-dovute a processi di combustione che si svolgono in seno agli elementi
-costitutivi dei nostri organi. Ma il lavoro determina necessariamente
-il consumo del combustibile, ed anche, benchè meno rapidamente, della
-macchina. Sicchè un organismo non potrebbe presentare una funzione
-continuata se ai fatti distruttivi, che sono il fondamento o la
-conseguenza delle sue varie forme di lavoro, non facessero equilibrio
-fatti antagonistici di reintegrazione, capaci di ricostituire le
-forze impiegate nell'attività e le strutture consumate dall'uso, che
-in altre parole servono a rimettere nuovo carbone nel fornello, ed a
-raccomodare quegl'ingranaggi che vanno di mano in mano sciupandosi. Per
-questo un organismo si può considerare come continuamente oscillante
-fra due atti chimici opposti: quelli distruttivi, che si manifestano
-in forma di movimento, di calore, di luce, di elettricità o d'altro:
-e quelli ricostitutivi, che accumulano nuovi materiali combustibili e
-reintegrano i tessuti sciupati dalla funzione.
-
-Può accadere che questi due fatti antagonistici corrispondano
-perfettamente gli uni agli altri, come può avvenire che l'uno di
-essi predomini sull'altro, e voi facilmente comprenderete quanto sia
-importante pel biologo di assistere agli avvicendamenti chimici che si
-svolgono nell'intima trama degli organi viventi. Questo ci è in parte
-concesso quando si raccolga e si registri graficamente, per mezzo
-di apparecchi delicatissimi, le variazioni elettriche dei tessuti
-che vivono, vale a dire che si nutrono e che funzionano. Infatti, i
-processi distruttivi determinano nelle parti che ne sono la sede una
-certa condizione elettrica che si chiama negativa; e i fenomeni opposti
-di reintegrazione danno luogo a manifestazioni elettriche di segno
-contrario, provocando cioè uno stato che si dice positivo.
-
-Si capisce, perciò, come non si ottenga alcuna manifestazione elettrica
-da un organo nel quale i processi chimici opposti, distruttivi e
-reintegrativi si fanno equilibrio, perchè in esso agiscono due forze
-eguali e contrarie che si neutralizzano, mentre vediamo diventare
-negativa quella parte nella quale si esagerano i processi demolitori,
-o positiva quella nella quale predominano i fatti di riparazione
-organica.
-
-Così l'agente misterioso che lungo i nervi è l'intermediario fra il
-cervello e le parti del nostro organismo, facendosi il messaggero
-delle azioni di senso e di movimento, si rivela a noi come un'onda
-di negatività, che percorre i cordoni nervosi; così l'attività di
-un muscolo, di una glandola, di un organo di senso danno luogo a
-variazioni elettriche negative della parte funzionante. Noi riusciamo
-inoltre a raccogliere dalla superficie del nostro corpo cangiamenti
-elettrici, variazioni di potenziale, come si dice, che corrispondono
-col loro avvicendarsi al ritmico battito del cuore. Per contro,
-quest'organo centrale della circolazione, quando sia arrestato da
-azioni nervose particolari che ne esagerino gli atti ricostitutivi,
-a scapito di quelli che sono la base della sua funzione meccanica,
-dimostra questi cangiamenti con variazioni elettriche opposte di
-carattere positivo.
-
-Come vedete, le oscillazioni elettriche dei tessuti, raccolte e
-registrate coi nostri apparecchi, possono esprimere all'esterno
-le intime modificazioni chimiche che si svolgono nei più remoti
-recessi del nostro organismo, e possono tracciare dei veri ed
-autentici rapporti autografici di esse. Sicchè per mezzo della
-elettricità animale ci è concesso di possedere una immagine, per
-quanto sfumata e vaga di quel ritmo chimico che forma il sottostrato
-delle manifestazioni di un essere vivente; o, se volete, un'eco
-assai attenuata, ma pur fedele, dell'armonia della vita. E non è
-probabilmente lontano il giorno nel quale indagando le correnti
-d'azione dei centri nervosi noi sorprenderemo le cellule cerebrali
-nella loro attività elaboratrice della sensazione e del movimento.
-
-Ma non facciamoci troppe illusioni, perchè si capisce che in questo
-caso non otterremo che la rappresentazione esteriore di uno dei
-sintomi dell'atto mentale, come il sorriso che solleva il labbro della
-_Gioconda_ del divino Leonardo non è che il simbolo di uno stato
-d'animo di quella vaghissima donna. Ma forse che per questo esso
-è meno attraente? Forse che esso non ci affascina tanto più quanto
-maggiormente è misterioso ed impenetrabile?
-
-
- _Signore e Signori!_
-
-Un filosofo tedesco, celebre nella storia della elettrofisiologia,
-Emilio Du Bois-Reymond, in un suo discorso, accennando alla scoperta
-del Galvani, esclamava: «È con orgoglio che l'investigatore della
-natura, osservando i fili telefonici che attraversano le nostre
-strade e le nostre piazze, si rende conto di quanto hanno fatto tre
-generazioni umane di genio e di diligenza, partendo da un sì oscuro
-principio,» e si domanda col Gherardi, pensando al parapetto di ferro
-sul quale il Galvani fece la sua osservazione: «Se quel parapetto
-fosse stato di legno o di pietra, chi può assicurarci che avremmo un
-galvanismo.... e tutto il resto?»
-
-Certo è incommensurabile l'importanza della scoperta del Volta, e ne
-fanno fede le innumerevoli applicazioni che sono tanta parte ormai
-delle nostre manifestazioni materiali ed intellettuali, e che sotto
-forma di luce, di calore, di movimento, di trasmissione di energia a
-distanza, di utilizzazione di forze naturali, di azioni terapeutiche,
-e più ancora di nuove ed efficaci dottrine che simboleggiano in forma
-scientifica i fenomeni della natura, in quanto hanno di più recondito,
-danno alla nostra vita individuale e sociale un particolare indirizzo.
-
-Ma pur prescindendo dal fatto che senza la rana del Galvani non vi
-sarebbe forse stata la pila del Volta, mi sarà lecito di affermare che
-anche la elettricità animale, che serve a rivelare l'intimo meccanismo
-nutritivo dei più remoti ingranaggi di un organismo vivente è, nelle
-mani del biologo, un istrumento di conquista non meno efficace di
-quello che maneggiato dal fisico ha contribuito potentemente a dare
-un'impronta nuova al secolo che muore. E ciò dobbiamo soprattutto
-a quelli italiani che, in sullo scorcio della prima metà di questo
-secolo, mentre si preparavano le armi della riscossa nazionale,
-ripresero e rinnovellarono gli studi del Galvani, quasi per affermare,
-una volta di più, che l'Italia non è e non sarà mai la terra dei morti,
-perchè nel nostro paese anche i morti resuscitano a maggior gloria di
-tutti!
-
-
-
-
-APPENDICE
-
-LE MONTÉNÉGRO
-
-CONFERENZA DI CHARLES YRIARTE
-
-
-Quelles que soient les destinées réservées au peuple Monténégrin s'il
-garde sa persévérance, sa sagesse et sa valeur; il devra conserver à
-jamais un culte et une tendresse profonde pour l'étroite vallée et
-le cirque de montagnes où il s'est refugié au moment où les Turcs,
-déferlant comme une vague sur les Balkans, ont envahi la vieille
-Serbie. Laissez-moi marquer ici à grands traits les étapes de son
-histoire.
-
-Dans la grande famille Serbe dispersée par l'invasion, les clans
-Monténégrins, dès le moyen-âge avaient déjà eu une sorte d'autonomie,
-et sa Dynastie qui régnait sur la Serbie, la famille des Némania, avait
-même pris naissance dans la Zéta, qu'ils occupaient alors. Après la
-sanglante _Bataille de Kossovo_, d'où date la dispersion, le Prince
-Cernovich, incendiant le pays qu'il laissait derrière lui, se retira
-avec tout ce peuple en armes dans la montagne noire, la Cernagora. Il
-s'arrêta d'abord à Rieka, puis à Cettigné. Les Turcs avancent encore,
-ils ont déjà pris Constantinople; la Serbie est à eux toute entière;
-ils vont s'efforcer de soumettre ces réfractaires. Ils prendront les
-Monténégrins à revers, et après avoir chassé les Vénitiens de Scutari,
-Soliman pacha pénétrera jusqu'à Cettigné, qu'il livre aux flammes;
-c'est l'apogée de la défaite. Les Monténégrins ont désormais perdu
-la riche Zéta, le Brda, le Lac de Scutari, deux cents kilomètres de
-rivage sur l'Adriatique; et les quatre montagnes rocheuses où ils ont
-transporté leurs foyers sont tout leur domaine. Ce sera leur citadelle,
-ils y conserveront toujours vivante la flamme du patriotisme, la
-confiance dans leur destinée et une énergie indomptable. Alfieri fait
-dire à un peuple qui gémit sous le joug: «_Esclaves.... oui, nous
-le sommes, mais esclaves toujours frémissants._» Les Monténégrins
-n'accepteront jamais le joug; depuis Kossovo, en 1356, jusqu'à la
-prise d'Antivari et de Dulcigno en 1878: ce peuple décimé vivra dans
-une alerte continuelle, la main sur le kandjiar. C'est avec le premier
-des Pétrovich, Danilo, à la fin du 17^e siècle que commence l'ère des
-grandes batailles décisives; jusque là, ce sont des incursions rapides,
-des razzias, des surprises; les montagnards fondent sur l'ennemi, ils
-l'envahissent, prennent des territoires, les perdent pour les reprendre
-encore, et harcèlent sans cesse. Mais tel sera désormais l'effort vers
-la rédemption et si terrible l'énergie de ce peuple indomptable, que de
-grands empires, la Russie et l'Autriche, voient en eux des auxiliaires
-hardis, et lui proposent des alliances.
-
-Pierre-le-Grand s'avance le premier: «L'histoire (dit-il dans son
-message), nous a appris que vos anciens rois, vos princes, étaient
-hautement révérés comme appartenant au noble sang slave, et que les
-triomphes de leurs armes les ont rendus célèbres par toute l'Europe
-jusqu'au jour fatal de leur défaite. Rendez vous dignes de cette
-gloire, imitez vos illustres ancêtres; combattez pour la foi, la
-patrie, la gloire, l'honneur, pour votre liberté, votre indépendance et
-celle de vos fils.»
-
-On combat en effet. L'année suivante à Carlevatz trente mille Turcs
-restent sur le champ de bataille; le Musulman recule; on respire
-pendant quelques années, on organise et on vit sans combattre, mais
-sans désarmer. Mais prenant sa revanche, l'éternel ennemi attaque
-de trois côtés à la fois avec cent-vingt-mille combattants dont les
-Monténégrins vont triompher à la journée de Cevo.
-
-Les Pétrovich ont la vie dure; le premier vient de régner soixante ans,
-celui qui lui succédera dans l'histoire, Pierre I^er, est un saint et
-un héros. Dès les premières années de son règne, Marie Thérèse, étonnée
-à son tour de l'énergie et de la persévérance du peuple Monténégrin,
-inaugure vis-à-vis de la Cernagora une politique, que n'ont que trop
-bien suivi ses successeurs. Le second Pétrovich reçoit son ambassadeur,
-et Radonicht, délégué Monténégrin, ira à Vienne même dicter les
-conditions du traité d'alliance que l'Impératrice a proposé. Les
-conditions du Monténegro sont fières.
-
-«L'alliance sera offensive et défensive; nul servage en échange.
-— Si le territoire Serbe venait à être délivré des Turcs, la
-Zéta supérieure, Podgoritza, Spuz, Zabliac, le Piperi, la Brda et
-l'Herzégovine seraient réunis au Monténegro qui pourra battre monnaie.
-Aussitôt que le Cabinet d'Autriche sera en guerre avec la Porte, S. M.
-Impériale enverra la poudre, le plomb et les armes. Si l'Autriche fait
-la paix avec la Porte, les Monténégrins seront compris dans le traité.»
-
-Après trois ans de combats et de fortunes diverses, les Autrichiens
-acceptent la paix; mais comme le territoire n'a pas été délivré des
-Turcs: les concessions promises par l'Autriche au Monténégro sont
-lettre morte.
-
-Pierre I^er ne se décourage point, et les Monténégrins vont attaquer
-tout seuls; ils défont les Turcs sur le Lac de Scutari, dans un combat
-naval et plus tard dans une rude bataille où Mohammed pacha trouve la
-mort, et l'impression est telle à Constantinople que l'indépendance
-pour laquelle les peuples Monténégrins ont versé tant de sang depuis
-Kossovo est enfin reconnue.
-
-Mais un nouvel ennemi, plus puissant encore, s'avance. Les Français
-sont en Dalmatie; Pierre va se mesurer avec les lieutenants de
-Napoléon: avec Lauriston d'abord qu'il défait, puis avec Marmont duc de
-Raguse qu'il tient en échec.
-
-Pris d'enthousiasme, le Czar Paul I^er, reprend la tradition de
-Pierre-le-Grand, envoie ses présents et ses insignes à tous les
-Voivodes, et alloue au Prince un subside de neuf mille ducats annuels.
-Mais en acceptant simplement un appui noblement offert, le Vladika
-Pierre n'a abdiqué aucun de ses droits; le gouvernement Russe s'étant
-un jour immiscé dans l'administration ecclésiastique de la Principauté,
-le gouverneur Vuk Radonitch et tous les serdars, voivodes, kneze,
-porte-enseignes, prêtres, nobles et autres autorités protestent
-respectueusement, mais avec une singulière fermeté.
-
-«Le peuple du Monténegro et de la Brda (dit Radonitch), n'est
-aucunement sujet à l'empire Russe, il se trouve seulement sous sa
-protection morale, parce qu'il est de la même race, et parce qu'il a
-la même foi; mais par aucune autre raison. Nous avons attachement et
-fidélité et nous voulons garder ces sentiments éternellement, mais nous
-défendrons de toutes nos forces la liberté dont nous avons hérité de
-nos prédécesseurs, et nous mourrons plutôt l'épée à la main, que de
-subir une servitude honteuse d'une puissance quelconque.»
-
-Pierre I^er le Saint, pouvait seul faire entendre un tel langage au
-Czar de toutes les Russies. Ce Vladika, qui règne pendant quarante-huit
-ans, n'a connu que des victoires; il fut aussi un civilisateur, et
-reste le vrai héros de la Dynastie. Sur la hauteur qui domine Cettigné,
-là où se dresse le monument que la piété d'une Monténégrine devenue
-Princesse Italienne a dessiné de sa propre main en souvenir de Danilo,
-fondateur de la dynastie des Pétrovich, on voudrait voir s'élever la
-statue du vainqueur de Kara Mahmoud et le rival heureux de Marmont duc
-de Raguse.
-
-La grande tâche n'est pas achevée; après dix ans du règne de Pierre
-II, grand poète, pacificateur, qui s'applique à adoucir les mœurs et à
-propager l'instruction tout en tenant l'épée d'une main ferme; un fait
-important au point de vue du gouvernement va s'accomplir. Jusqu'ici se
-confondent dans la personnalité qui dirige et qui règne, le caractère
-sacré du Vladika et celui du Prince. Pour devenir Vladika, évêque, il
-faut être moine et renoncer au mariage; Danilo I^er qui devait comme
-successeur et neveu de Pierre II assumer ce double caractère, avait
-fait ses études à S^t Pétersbourg; il renonça à l'église, et inaugura
-le pouvoir séculier. Ce règne est court, il finit par un évènement
-lugubre, l'assassinat du souverain, victime d'un fanatique: mais il
-reste encore inoubliable, car Danilo a la gloire d'avoir protesté
-devant l'Europe contre la Turquie, relevée par la guerre de Crimée,
-qui a osé dans un document parler du Monténegro comme d'une province
-Turque: et aussi, deux années après son avènement, il conduit ses
-troupes à Grahovo et met en déroute l'armée Turque dans une bataille
-qui eut de tels résultats, qu'on la regarde encore comme la revanche de
-Kossovo.
-
-Quand Danilo tombe sous le coup d'un assassin, le prince qui règne
-aujourd'hui, Nicolas I^er, son neveu, fils de ce Mirko, le héros de
-Giahovo, quitte à la hâte Paris où il achève ses études au Collège
-Louis-le-Grand et assume le pouvoir. Il n'a pas encore vingt ans,
-mais les Monténégrins, mûris par l'exemple, avant vingt ans sont des
-hommes. Chacune des étapes de ce règne, auquel il faut souhaiter la
-durée de celui du premier Pétrovich, est marqué par un effort pour
-l'indépendance, un progrès dans la culture, une négociation heureuse,
-en même temps que Medun, Danilograd, Martinch, Rasina-Clavica,
-Nicksich, Antivari et Dulcigno; sont autant de noms de victoires coup
-sur coup remportées, qui forcent l'Europe à compter avec le Monténégro.
-
-Le pays ne sera plus réduit à sa plaine étroite et aux quatre
-montagnes; vers la vieille Servie il a des plaines fertiles; la Zéta,
-la Brda lui appartiennent, il a pris de l'essor du côté de Scutari, et
-les princes aux longs règnes ont fini par tailler à coup d'épée dans la
-terre Serbe une principauté nouvelle. Cette principauté cependant n'est
-point encore le prix du sang, ni le territoire sur lequel on régnait
-cinq siècles auparavant. Berlin a effacé San Stefano. Depuis lors on
-s'est réfugié dans le travail sans sacrifier ses espérances: l'ère
-de la paix est celle des progrès, et une grande œuvre est accomplie.
-Le Soldat s'est fait Législateur, le code monténégrin est promulgué.
-Un juriste fameux, Bogisïc, sous l'inspiration du Prince, a recueilli
-les règles du Droit coutumier, appliquées naïvement jusque là par le
-peuple. Cette sagesse du Prince, cette prudence alliées à une énergie
-qui n'abdique point; ont eu leur récompense dans de grandes alliances
-qui n'ont pas eu seulement la politique et l'intérêt pour base, mais
-qui se trouvaient d'accord avec les raisons du cœur.
-
- *
- * *
-
-Quelles seront les habitudes, les tendances, l'aspect, le caractère
-d'un peuple dont l'histoire n'est qu'une longue «vendetta» et une
-perpétuelle revendication?
-
-Le voyageur qui aborde le Monténégro par les bouches de Cattaro, après
-avoir gravi les soixante lacets taillés dans le roc qui donnent accès à
-la Montagne Rocheuse, s'avance désormais vers Niégouz et Cettigné sans
-rouler comme autrefois sur sa selle avec les pierres du chemin. L'homme
-a dompté la nature; des routes nouvelles donnent un accès facile
-jusqu'à la frontière de Serbie; l'extension de la carte du pays a fait
-la vie moins rude. Si la montagne est aride de Cattaro à la plaine,
-le pays frontière de la vieille Serbie est fertile: quelques parties
-sont même riantes comme une petite Brianza. La Zéta, Vassoacwitz,
-Kolaschi, Niksich, et les bords du lac de Scutari, sont des lieux
-pleins d'aménité, qui contrastent avec la montagne.
-
-On sait que la terre donne peu de blé, mais le maïs abonde, comme la
-pomme de terre, et la sécheresse est toujours le grand ennemi. Au fond
-le pays est surtout pastoral et partout où la montagne est verte, le
-grand et le petit bétail abondent; aux temps héroïques les clans se
-disputaient tel ou tel revers de montagne, où la verdure était grasse
-et épaisse.
-
-C'est par le bétail que le Monténégrin vit et s'enrichit; par le tabac,
-par le sumak, cet arbuste dont la feuille sert à la tannerie tandis que
-son bois est utile à la teinture, par les pêcheries de Stekline au lac
-de Scutari, qui produit une sorte de sardine très demandée en Albanie
-et qui s'écoule aussi dans l'Italie méridionale et en Serbie.
-
-De ces divers produits, le tabac est le plus avantageux, régulièrement
-vendu par le gouvernement à la régie autrichienne qui y trouve son
-compte. Mais l'empire d'Autriche a fermé sa nouvelle frontière au
-bétail Monténégrin, et établi des cordons infranchissables, il fait
-une guerre de tarifs à outrance. Tout bœuf qui passe la frontière paie
-dix-huit florins de droits — c'est-à-dire — presque autant que le
-prix de l'animal même. Il a fallu s'ingénier, chercher des nouveaux
-débouchés. En Italie, à Brindisi et Bari; à Marseille, où s'est créé
-une Chambre de commerce.
-
-Au point de vue industriel, les scieries mécaniques fonctionnent là où
-l'eau abonde, comme aussi la meunerie, pour la farine. Une fabrique
-d'armes pourvoit sinon à l'armement au moins à son entretien, et
-les routes, sans parler de la grande voie qui de Cattaro se continue
-jusqu'à Pogdoritza, sont amorcées partout à la fois, en même temps que
-les anciens forts turcs des Iles de Scutari, démantelés, permettent
-un service régulier entre Rieka et Scutari. Un service de poste, très
-sérieusement établi, sévèrement surveillé, et d'une parfaite régularité
-facilite les relations et les échanges.
-
- *
- * *
-
-Voyons l'homme dans le Pays. Toujours soldat au fond, le Monténégrin
-est resté fier et d'aspect réservé; riche ou pauvre, il a de la dignité
-dans l'accueil et exerce l'hospitalité avec simplicité, son type est
-noble et grave. Comme nous nous étonnions de voir dans un clan tant
-d'hommes de belle allure, un chirurgien militaire nous fit observer que
-la nature ici, fait sa sélection l'hiver, dans la montagne; les faibles
-s'en vont, les forts restent seuls et grandissent. Le peuple est
-pasteur, agriculteur, éleveur et la culture de la terre ennoblit: il a
-horreur du petit commerce, et des petits métiers assis, les brodeurs,
-les vendeurs. Il fait fi de certains travaux manuels, ne porte pas
-volontiers de fardeaux et laisse les petits négoces aux Albanais venus
-de Scutari. Il aime passionnément la musique, les récits faits à voix
-basse, il murmure d'une voix gutturale des chants épiques d'un rhytme
-triste et d'un ton voilé.
-
-On connait le costume du Pays, élégant, de couleur claire avec quelques
-taches sonores, et complété par des armes brillantes.
-
-L'arme exerce sur le Monténégrin une séduction irrésistible, il ne
-se sépare jamais de son arsenal. Un fusil, un revolver nouveau modèle
-l'enchante, il les convoite et les admire. L'enfant lui-même dès qu'il
-est armé se redresse plus fier. Quand j'étais là, on s'efforçait de
-recruter une bande de petits musiciens; mais souffler sans gloire
-dans un turlututu, et marcher sans fusil à l'épaule ou sans pistolet
-à la ceinture répugnait à ces adolescents. On les arma d'un Martini,
-et le clairon retentit bientôt dans la montagne. Il est singulier que
-toujours armé ainsi, le sang ne coule presque jamais, et les prisons
-soient presque vides. Le Pays n'a pas de pauvres, la sobriété est la
-règle, l'ivresse est très rare, la porte du logis peut toujours rester
-ouverte, car le vol est honteux et impossible par l'absence absolue du
-réceleur.
-
-Avec le temps, grâce aux princes qui s'y sont tous appliqué, une
-certaine férocité native — reste d'atavisme des époque épiques,
-et des combats des ancêtres, qui se développait par les luttes
-nouvelles soutenues par chaque génération — peu à peu s'est apaisée et
-attendrie. La _Vendetta_, cette plaie des familles, passe au domaine de
-l'histoire, comme aussi cette habitude chez les Monténégrins, à l'âge
-où on croit à l'amitié éternelle, de se choisir un frère de sang, un
-_Pobratim_, union touchante de deux jeunes hommes, qu'aucun lien de
-famille unit, qui échangent leur sang et leurs armes en récitant la
-prière «_l'Adelfo poisio_» devant le prêtre, et jurent de périr l'un
-pour l'autre, et de s'entr'aider même au péril de leur vie. Quand
-le pouvoir central existe, c'est la loi qui doit venger l'injure, la
-_Vendetta_ est donc devenu un crime. Quant au _Pobratimat_ un voyageur
-poète peut le regretter. Mais il faut considérer que contracté entre
-deux Monténégrins de deux clans différents entraînait souvent deux
-levées de boucliers et déchaînait les luttes fratricides. La vengeance
-aujourd'hui est l'œuvre de la justice.
-
- *
- * *
-
-La Monténégrina, montagne ou plaine, est-elle belle? ou simplement
-jolie? — Un Français répondrait: elle est bien pire. Elle a de l'Orient
-l'expression grave qui inspire le respect, une grâce touchante, une
-absence complète d'affeterie ou de manière, un teint mat, qui chez la
-femme riche ou aisée que la bise et le hâle n'ont pas flétri, garde
-souvent une belle pâleur d'ivoire, souvent frêle et délicate, sous des
-apparences de faiblesse son énergie a fait de la femme l'auxiliaire de
-l'homme dans les combats.
-
-Chez les paysannes de nos champs la démarche est souvent lourde, le
-geste gauche, l'expression dénuée de pensée et les yeux sans flamme:
-la Monténégrine a souvent dans le regard comme un reflet de la poésie
-des légendes de sa patrie, de la tristesse d'une race qui a longtemps
-lutté et souffert. Cermak, l'artiste serbe, un patriote qui chaque fois
-le Monténégrin passait la frontière et se soulevait contre le joug,
-abandonnait Paris pour courir au danger, nous revint un jour mutilé de
-la Cernagora, a bien fixé son image et l'a associée aux actes virils de
-revendication dans des toiles pleines de talent.
-
-Ferogio, un Italien qui vivait aussi parmi nous, a recueilli tous les
-types et illustré tous les actes de la vie du peuple, et mieux que
-personne a montré la beauté de la silhouette, les fières attitudes, le
-geste simple et toujours noble de la population rurale ou montagnarde.
-
-La femme monténégrine cependant, est douce, résignée, fidèle; tout son
-horizon est au foyer, on ne la voit au bras de l'époux que les jours
-de fête, elle attend un mot ou un signe, elle le devine et ose à peine
-le prévenir. Si on s'en tenait aux apparences on dirait que l'homme, à
-côté du respect, lui inspire la crainte, et dans le recueil des dictons
-Monténégrins d'un autre âge, qui s'appliquent à la femme, quelques
-uns ne sont pas à la louange de l'homme. On reproche aux Monténégrins
-du peuple son indolence aux durs travaux, sa tendance à laisser à sa
-compagne ceux qui sont les plus pénibles; et les yeux du voyageur au
-détour de la route, dans la montagne ou dans la plaine, sont parfois
-attristés en les voyant plier sous de lourds fardeaux.
-
-Mais cette femme est respectée et protégée par le droit coutumier,
-devenu code civil, plus qu'en aucun pays de l'Europe. Le voyageur
-de la Ballade de Schubert, celui «qui passe en chantant et qui part
-sans regret», s'il pénétrait dans la famille rurale, assisterait à un
-spectacle vraiment touchant. Qui n'a vu chez les peuples qui se piquent
-de tenir la tête de la civilisation, à la mort du chef de la famille,
-sous la loi du Majorat, ou même dans les maisons moins fortunées, la
-veuve en cheveux blancs s'en aller solitaire, et laisser à son fils
-et à sa jeune épouse le foyer où sa vie s'est écoulée, dans un luxe
-devenu une habitude, dans une affection devenue un besoin? Qui n'a
-rencontré sur sa route, surtout dans votre beau pays, où ceux dont
-la vie est solitaire essaient de combler par la vue des chefs-d'œuvre
-et la clemence du climat, le vide d'une existence, sans amour et sans
-hyménée, — une sœur qui a quitté elle aussi le foyer de son frère?
-
-Ici, la loi est la communauté; le père est le chef, chacun doit son
-travail à la famille toute entière et la part de chacun est la même.
-Tout appartenant à tous, chacun a droit à tout son entretien, et puise
-par part égale au bien commun. Si l'un des membres commet un délit
-et une faute, tous le réparent, et paient l'amende — sauf à mettre au
-compte du coupable, au jour du partage, le dommage qu'il a causé.
-
-Cependant le _Pécule_ est personnel à l'individu, et nous entendons,
-par pécule, tout résultat d'un travail fait à moments perdus et
-autorisé par tous, comme aussi tout profit qui est acquis sans travail,
-c'est-à-dire, un don du père retiré de la communauté après avoir pris
-ce qui lui revient en partage et dont il dispose à son gré, un don du
-Prince, une arme, une étoffe, une somme d'argent, tout gain enfin qui
-est le résultat soit de hasard, soit de la sympathie inspirée, soit
-d'une action méritoire et personnelle.
-
-L'âge venu de s'unir à une famille nouvelle, il est permis à la jeune
-fille, en dehors du travail en commun pour l'avantage de tous, de
-travailler pour elle-même; et on fermera les yeux. A partir de ce jour
-on la laisse augmenter son pécule, le père, la mère, le frère peuvent
-y ajouter une part du leur, mais du leur seul, selon le penchant que
-chacun d'eux a pour celle qui va les quitter.
-
-Dans la nouvelle famille où elle entre elle a le privilège de la même
-loi. Et cette fois sa dot, c'est-à-dire son _Pécule_, lui appartient
-absolument; elle en dispose sans réserve; elle n'a nulle formalité à
-remplir, nulle signature à obtenir; elle est personnalité civile.
-
-Mais nous ne sommes pas dans ces républiques idéales qui ont pour base
-la perfection de l'homme. Dans cette communauté nouvelle où elle entre,
-toute injustice ou tout outrage à ce nouveau venu déchaînait autrefois
-la _vendetta_ de la communauté primitive; alors le sang coulait. Le
-pouvoir du prince, centralisé désormais, ayant absorbé le pouvoir du
-clan, c'est la loi désormais qui venge. La loi seule, et un Prince au
-cœur tendre, à l'âme juste, et à la main ferme.
-
-Cependant cette jeune femme est devenue veuve, le lien est rompu; que
-deviendra-t-elle? Elle a le droit de rester dans sa nouvelle famille
-sous les mêmes conditions, comme elle peut aussi revenir à l'ancienne
-avec le même sort — à moins cependant qu'au moment de contracter le
-mariage, son père lui ait donné la part à laquelle il avait droit en
-quittant la communauté, s'il s'en est séparé.
-
-Ainsi donc, enfant et jeune fille, la femme est membre de la
-communauté. Mariée elle garde les mêmes droits dans la nouvelle, et
-pour mieux cimenter cette union, chaque famille ayant un patron, —
-prenons St. Pierre puisqu'il a des clefs, et peut ouvrir bien des
-portes, ou St. Nicolas, qui aime bien les enfants, — elle abandonne
-son patron, celui de la communauté et se fait adopter par celui de sa
-famille nouvelle.
-
- *
- * *
-
-Après tant de combats, quand tout convergeait vers l'attaque ou la
-défense, voyons ce qu'on a fait pour l'instruction publique.
-
-C'est seulement on 1852, quand Danilo II a pris le pouvoir, qu'on a
-organisé et décrété l'école d'abord dans les villes et les villages de
-la montagne noire, et après la bataille de Grahovo dans les régions
-conquises. Tout-à-fait primaires d'abord les écoles ont un cours
-de trois ou quatre ans. A Cettigné un gymnase s'est ouvert, qui se
-transforme après quatre ans d'étude, et devient école normale. Une
-classe de théologie permet de recruter les prêtres dont on limite le
-nombre à la seule nécessité du diocèse. Plus tard pour les sujets
-avancés, bien doués, avides d'apprendre et assez fortunés pour
-promettre au pays des esprits ouverts, capables de faire progresser;
-on a la ressource des missions temporaires à l'étranger. L'enfant du
-village va à l'école, et c'est un charme de voir partout, dans les
-étroits chemins de la montagne, au carrefour des routes, les petits
-monténégrins avec le carton et l'ardoise en bandoulière, prenant le
-chemin des écoliers et s'arrêtant pour cueillir une fleurette dans la
-fente d'un rocher.
-
-Pour les jeunes filles, les demoiselles qui ont des aspirations plus
-hautes que le village, filles de Voivodes et de riches propriétaires,
-s'ouvre une institution fondée par l'Impératrice veuve d'Alexandre
-II, avec des professeurs distingués, six ans de cours, l'internat, un
-niveau élevé qui va croissant avec le temps. On y cultive d'office
-les trois langues: _le Serbe_, _le Russe_, _le Français_, et la
-connaissance des trois littératures, et souvent l'_Italien_: grâce aux
-relations de famille et de voisinage.
-
- *
- * *
-
-Pour l'instruction militaire, notre école nationale de St.-Cyr fut
-parfois celle où des aides-de-camp du Prince ont appris le métier
-des armes, et plus tard sont devenus aptes à la direction des divers
-services administratifs, toujours prêts d'ailleurs à échanger la
-plume contre l'épée aux jours de péril. Aujourd'hui, c'est l'Italie,
-Modène, qui est l'école, la pépinière des officiers, fondus au retour
-dans l'armée indigène, ils l'encadrent, sans émousser le caractère
-offensif du soldat monténégrin et lui faire perdre sa personnalité
-de combattant. Trois aides-de-camp, deux officiers d'ordonnance, le
-capitaine des Périaniks, ou gardes du corps, forment un Etat major
-personnel au Prince. Une grande caserne s'est élevé à Cettigné, une
-école militaire à Pogdoritza, pour les sous-officiers, et un bataillon
-régulier reste permanent. Le fond de la défense nationale étant la
-milice légère, qui se mobilise, pour ainsi dire, d'instinct. On peut
-compter à l'effectif, au moins 45 bataillons compacts et bien armés.
-Nous nous souvenons d'avoir assisté jadis aux évolutions d'un escadron
-bien monté — le noyau subsiste, mais la nature du pays proteste et le
-cavalier, comme masse militaire, n'a pas sa raison d'être, vu la nature
-du Pays.
-
- *
- * *
-
-Nous constaterons encore d'autres innovations, si j'en crois un de mes
-jeunes amis, un grand voyageur, nouvellement revenu du Pays dont les
-lettres de crédit avaient pour unique objet de saluer de ma part S.
-A. le prince Nicolas, et de chanter pour moi le «_Cari luoghi_» à la
-montagne Noire. Celui-ci m'a assuré qu'il s'était couvert de gloire
-au _Lawn Tennis_ de Cettigné où il avait eu pour partner des dames du
-corps diplomatique, des jupes de Laferrière, des manches bouffantes de
-M^me Pacquin et des chapeaux de chez Virot. — C'est la loi du progrès.
-— Les nouvelles routes de Cettigné à la frontière sont désormais
-propices à la byciclette: un jour ou l'autre on importera _le polo_ et
-_l'automobile_, qui ne rappelle que de loin les temps de la chevalerie.
-
-Cependant le Pays tient à ses coutumes. Le costume national reste en
-honneur partout, le trésor des poésies populaires, des chants épiques,
-chants de gloire, de guerre et d'amour, histoire vivante, sont une
-source féconde qui ne tarit jamais. Il y a toujours dans chaque ancien
-clan quelque Barde errant qui chante au son de la Guzla au détour de
-la route ou sous l'orme des vallées et souvent le chantre est aveugle,
-comme Homère; il dit et redit des poésies, qui restent presque toujours
-anonymes, et semblent portées sur l'aile du vent de montagne en
-montagne ou répercutées par un écho comme celles des recueils de Vuk
-Stefanovich que Tommaseo vous a fait connaître.
-
-Pierre II Pétrovich, le grand chantre de la Cernagora employait dans
-ses poësies le décasyllabe qui ne recherche point la rime mais la donne
-parfois, quand la raison l'appelle. Le Prince qui règne aujourd'hui à
-la fois soldat, législateur et poëte, auteur de «_l'Impératrice des
-Balkans_» devenu populaire, en fixant en vers de huit syllabes, le
-caractère de chacune des tribus monténégrines; a faite cette poësie
-plus personnelle, c'est la poësie littéraire avec la strophe de quatre
-vers de la Poësie Ragusaine, qui garde à ces chants leur caractère à la
-fois tendre et épique.
-
-«Si j'avais recueilli toutes les fleurs dont ta main a jonché le chemin
-de ma vie (dit le Prince Poëte à celle qui partage son trône, en lui
-dédiant son œuvre); si j'en avais respiré tout le parfum: j'en aurais
-pu faire un poème si beau, un livre ailé tel que jamais le monde n'en
-eût lu de pareil.... j'eus mieux chanté l'amour, l'intelligence et
-j'aurais pu écrire un livre tout entier rien qu'en y recueillant toutes
-les vertus de ton âme qui resplendissent comme un diadème impérial.»
-
-En entendant parler ainsi le Père, vous reconnaissez l'Épouse et la
-Mère, et vous devinez celle dont les destinées sont désormais les
-vôtres.
-
-Quelque rapide qu'ait été l'hommage que j'ai voulu rendre aux
-Monténégrins, il n'était peut-être pas inutile qu'une voix et un cœur
-français vinssent ici confondre dans la même sympathie et les mêmes
-vœux de prospérité la Cernagora, l'Italie et.... la France.
-
-
-
-
-NOTE:
-
-[1] V. son _Voyage d'Italie_.
-
-[2] Lettre à Fontanes du 20 janvier 1804, insérée dans le _Voyage
-d'Italie_.
-
-[3] _Les martyrs_, V^e livre.
-
-[4] Lettre précitée à Fontanes.
-
-[5] _Mémoires d'outre-tombe_, p. 121, 122, 123 du V^e vol. dans la
-récente édition Garnier.
-
-[6] Discours du 2 janvier 1848, p. 122-123 et 144 du V^e vol. de
-l'édition de ses Discours publiée par L. Ulbach en 1865.
-
-[7] Discours précité.
-
-[8] Discours précité.
-
-
-
-
-INDICE
-
-
- Lamartine, Châteaubriand et l'Italie Pag. 5
- La pleiade musicale 39
- La elettricità animale 75
- _Appendice_:
- Le Monténégro 113
-
-
-
-
-LE CONFERENZE FIORENTINE SULLA VITA ITALIANA
-
-Alcuni giudizi della stampa.
-
-
- «Le _Conferenze fiorentine_, che tanto favore incontrarono nel
- pubblico che ascolta e in quello che legge, hanno cambiato di
- editore: sono passate dai fratelli Treves di Milano alla Casa
- R. Bemporad e figlio di Firenze; ma ciò non vuol dire nulla: la
- sostanza è rimasta sempre la stessa, cioè buona.
-
- «Dopo aver trattato della vita italiana negli albóri, nel trecento,
- nel rinascimento, nel cinquecento, nel seicento, nel settecento,
- nel periodo della rivoluzione francese e dell'impero, le conferenze
- fiorentine hanno ora preso a trattare della _Vita Italiana nel
- Risorgimento_ e sono già state raccolte in volume.» (_La Rassegna
- settimanale universale_, 3 aprile 1898).
-
-
- «Alla prima serie di _Conferenze fiorentine_, edite dalla Casa
- Treves di Milano, che ebbero tanta fortuna nel pubblico degli
- ascoltatori e dei lettori, quando furono dette e stampate, segue
- questa seconda intorno al periodo più serio, interessante glorioso
- della nostra storia. Il periodo del risorgimento ci commuove e ci
- fa fremere anco adesso, poichè le più belle energie intellettuali e
- morali ond'esso fu prodotto si vanno spegnendo, e fra le diserzioni
- e le delusioni, lo scetticismo dilaga.» (G. PIPITONE FEDERIGO nel
- _Flirt_ di Palermo, 5 maggio 1898).
-
-
- «I volumi, che la Casa E. Bemporad e figlio ha dato alla luce con
- una signorilità eguale a quella dei Treves di Milano, contengono
- la prima, la seconda e la terza serie delle letture tenute l'anno
- scorso sulla _Vita Italiana nel Risorgimento_ e si aggirano su quel
- burrascoso periodo, che va dal 1815 al 1831; periodo in cui gli
- amori più puri e gli slanci più generosi si alternano agli odi i
- più feroci, alle mène più tenebrose e più sozze.
-
- «Tredici letture fra le più belle e le più attraenti, perchè
- parlano di cose e di uomini il cui ricordo è ancor vivo nella
- mente come fossero d'ieri e perchè toccate dalla mano, non sempre
- maestra, ma spesso sicura del Del Lungo, del Rovetta, del Nitti,
- del Biagi, del Costa di Beauregard, dell'Alfani, del Panzacchi, del
- Bonfadini, della Serao, del Colombo e del Ricci.
-
- «Io potrei, se volessi, darvene qui un'idea più ampia e farvene
- anche un tantino di critica; ma a che prò, se i giornali della
- città seppero meglio di me, aiutati dalla freschezza delle
- impressioni, darvi, allora, l'una e l'altra?...» (GUIDO RUBETTI nel
- _Corriere italiano_ del 6 giugno 1898).
-
-
- «Pochi libri come questo sono degni di essere letti e meditati
- profondamente.... I soggetti che gli autori imprendono a trattare
- con l'usata maestria, non possono, in verità, essere più serii
- ed attraenti, come quelli che ravvivano il culto delle patrie
- memorie, e, tesoro di osservazioni quasi sempre giuste e di
- bellezze peregrine, mirano tutti a dilettare istruendo.» (N. PENNA,
- nell'_Ebe_ di Loreto Aprutino, 1º luglio 1898).
-
-
- «In realtà queste Conferenze portano un geniale e utile contributo
- alla coltura nazionale. Non l'aridità dei fatti, non una cifra
- uggiosa, ma un'esposizione facile e limpida, un giudizio equamine
- o sereno danno il quadro più completo e vivo del periodo preso a
- studiare, e rendono con la maggiore schiettezza il pensiero che
- l'ha agitato. Il tema svolto da ciascun conferenziere dice subito
- l'interesse o l'importanza di questi volumi.» (_Il Paese_ di
- Palermo, 8 ottobre 1898).
-
-
- «Apprendere senza fatica e senza perdita di tempo è il desiderio
- di quanti assistono a ogni conferenza, ed è quello che pensava
- anche il Giusti prima che le conferenze venissero di moda. A
- un così giusto desiderio rispondono le conferenze tenutesi con
- costante accorrenza di pubblico a Firenze, per cura della Società
- di letture, riguardanti argomenti di letteratura e di storia.
- Raccolte in volumi, questi ebbero lieta accoglienza; ora, gli
- editori fiorentini R. Bemporad e figlio inaugurano le serie delle
- conferenze storiche sul nostro Risorgimento, pel periodo compreso
- dal 1815 al 1831. Anche a coloro che non ignorano le vicende di
- quegli anni, tornerà gradito questo volume, che per la varietà
- degli argomenti, per la vivezza e il colorito della esposizione e
- pel valore degli autori, riesce un interessante e nuovo contributo
- alla storia paesana.» (_Cronaca universitaria_ di Catania, 16
- novembre 1898).
-
-
- «V'è da rallegrarsi che le dotte e geniali conferenze tenutesi
- a Firenze per iniziativa della Società di pubbliche letture
- si raccolgano ogni anno in un bel volume che il pubblico legge
- avidamente.
-
- «Quello uscito ora, il primo della serie storica, non potrebbe
- essere più interessante, per l'indole, la varietà e l'importanza
- degli argomenti trattati. Romualdo Bonfadini discorre dottamente
- della politica degli Stati italiani dal 1831 al 1846; Guglielmo
- Ferrero ci ricorda la vecchia Italia e ne deduce i bisogni della
- «nuova»; F. S. Nitti tratta del brigantaggio meridionale durante
- il regime borbonico; e per ultimo il Masi ci delinea la figura del
- vescovo d'Imola, che fu poi Pio IX, del quale reca notizie inedite
- e rievoca memorie patriottiche. Certo la lettura di questo volume
- giustifica il pregio e l'interesse dei precedenti e conferma il
- favore del pubblico.» (_Il Commercio_ di Milano, 3-4 giugno 1899).
-
-
- «En deux volumes la maison R. Bemporad et fils de Florence nous
- donne une série de conférences très intéressantes sur la vie
- italienne pendant le _Risorgimento_. C'est la seconde serie et
- l'accueil fait au premier recueil est mérité par celui-ci.
-
- «Le premier volume — Histoire — contient quatre études de: MM.
- Bonfadini, Ferrero, Nitti et Masi. Le second volume consacré aux
- Lettres, Sciences et Arts, nous offre des articles d'Antonio
- Fogazzaro, d'Enrico Panzacchi, d'Arturo Linaker et de Guido
- Mazzoni.
-
- «Chacune de ces études mériterait un article special et l'espace
- nous incite ù renvoyer le lecteur aux deux volumes, dont chaque
- page a une haute valeur littéraire, historique ou philosophique.»
- (_L'Italie_, 19 giugno 1899).
-
-
-
-
-
-Nota del Trascrittore
-
-Ortografia e punteggiatura originali sono state mantenute, così come le
-grafie alternative (Monténégro/Monténegro e simili), correggendo senza
-annotazione minimi errori tipografici.
-
-
-
-
-
-End of the Project Gutenberg EBook of La vita Italiana nel Risorgimento
-(1831-1846), parte III, by Various
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VITA ITALIANA NEL RISORGIMENTO ***
-
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-paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
-Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
-and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
-works. See paragraph 1.E below.
-
-1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
-or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
-Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
-collection are in the public domain in the United States. If an
-individual work is in the public domain in the United States and you are
-located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
-copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
-works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
-are removed. Of course, we hope that you will support the Project
-Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
-freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
-this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
-the work. You can easily comply with the terms of this agreement by
-keeping this work in the same format with its attached full Project
-Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.
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-1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern
-what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in
-a constant state of change. If you are outside the United States, check
-the laws of your country in addition to the terms of this agreement
-before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
-creating derivative works based on this work or any other Project
-Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning
-the copyright status of any work in any country outside the United
-States.
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-whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
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-Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
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-with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
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-through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
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-posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
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-request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
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- returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
- sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
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- money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
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- distribution of Project Gutenberg-tm works.
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-1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
-electronic work or group of works on different terms than are set
-forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
-both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
-Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the
-Foundation as set forth in Section 3 below.
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-1.F.
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-effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
-public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
-collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
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-that arise directly or indirectly from any of the following which you do
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-work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
-Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
-
-
-Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
-
-Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
-electronic works in formats readable by the widest variety of computers
-including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
-because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
-people in all walks of life.
-
-Volunteers and financial support to provide volunteers with the
-assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
-goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
-remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
-Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
-and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
-To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
-and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
-and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
-
-
-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
-Foundation
-
-The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
-501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
-state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
-Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
-number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
-http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
-permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
-
-The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
-Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
-throughout numerous locations. Its business office is located at
-809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
-business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
-information can be found at the Foundation's web site and official
-page at http://pglaf.org
-
-For additional contact information:
- Dr. Gregory B. Newby
- Chief Executive and Director
- gbnewby@pglaf.org
-
-
-Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation
-
-Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
-spread public support and donations to carry out its mission of
-increasing the number of public domain and licensed works that can be
-freely distributed in machine readable form accessible by the widest
-array of equipment including outdated equipment. Many small donations
-($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
-status with the IRS.
-
-The Foundation is committed to complying with the laws regulating
-charities and charitable donations in all 50 states of the United
-States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
-considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
-with these requirements. We do not solicit donations in locations
-where we have not received written confirmation of compliance. To
-SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
-particular state visit http://pglaf.org
-
-While we cannot and do not solicit contributions from states where we
-have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
-against accepting unsolicited donations from donors in such states who
-approach us with offers to donate.
-
-International donations are gratefully accepted, but we cannot make
-any statements concerning tax treatment of donations received from
-outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
-
-Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
-methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
-ways including checks, online payments and credit card donations.
-To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
-
-
-Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
-works.
-
-Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
-concept of a library of electronic works that could be freely shared
-with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
-Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
-
-
-Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
-editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
-unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
-keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
-
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-Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
-
- http://www.gutenberg.org
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-This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
-including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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