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If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - -Title: Dictionnaire du patois du pays de Bray - -Author: Jean-Eugène Decorde - -Release Date: January 23, 2016 [EBook #51005] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DICTIONNAIRE DU PATOIS DE BRAY *** - - - - -Produced by Gill Martin, Rénald Lévesque, Hugo Voisard, -David T. Jones et l'équipe des correcteurs d'épreuves -(Canada) à http://www.pgdpcanada.net, à partir d'images -généreusement fournies par Google Book Search - - - - - - - - -Ce livre électronique a été créé par: -Gill Martin, Rénald Lévesque, Hugo Voisard, David T. Jones -et l'équipe des correcteurs d'épreuves (Canada) -à http://www.pgdpcanada.net, à partir d'images -généreusement fournies par Google Book Search - - - - - DICTIONNAIRE - - DU - - PATOIS DU PAYS DE BRAY - - PAR - - L'ABBÉ J.-E, DECORDE, - - CURÉ DE BURES, - - _Membre de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres - de Caen, de la Société des Antiquaires de Normandie, - de la Société des Antiquaires de Picardie et de - la Société d'Émulation d'Abbeville._ - - - - Bientôt les patois auront complètement disparu; - beaucoup de mots employés par les pères ne - sont déjà plus intelligibles pour les enfants, - et l'on doit se hâter de les recueillir, si l'on - porte quelque intérêt aux origines de la langue. - (M. E. De Meril, _Dictionnaire du patois - normand,_ Introduction, page XXXIV.) - - - Prix: 3 fr. - - - -A PARIS: -Chez | DERACHE, libraire, rue du Bouloi, 7. - | V. DIDRON, libraire, rue Hautefeuille, 13. - -A ROUEN: -Chez A. LEBRUMENT, libraire, quai Napoléon, 45. - -A NEUCHATEL: -Chez tous les Libraires de la ville. - -1852. - - - - -INTRODUCTION. - - -M. Edélestand du Méril termine la remarquable introduction de son savant -_Dictionnaire du Patois Normand_ par ces mots: «Nous prions toutes les -personnes qui portent quelque intérêt à l'histoire de notre province et -aux origines de la langue française de nous fournir les moyens d'élever -à la mémoire de nos ancêtres un monument qui, moins encore par son sujet -que par la multiplicité des auteurs, appartiendrait à la province -entière: nous ne réclamons pour nous que l'honneur de tenir la plume et -le plaisir de leur adresser nos remercîments.» - -Cet appel nous a été communiqué par un homme auquel nous avons voué la -plus grande estime et la plus vive reconnaissance, pour les conseils et -les encouragements qu'il nous a donnés en plus d'une circonstance. Pas -un de ceux qui connaissent M. Auguste Le Prevost ne nous accusera de -flatterie en traçant ces lignes; et, quand nous ajouterons que -l'illustre membre de l'Institut de France et de tant de Sociétés -savantes nous a conseillé de répondre à l'appel de M. du Méril, en ce -qui concerne le pays de Bray, on comprendra notre empressement à nous -mettre à l'oeuvre. Au reste, enfant du pays et ayant passé la plus grande -partie de notre vie au milieu de ses habitants, il nous était plus -facile qu'à beaucoup d'autres de faire connaître le langage, les -croyances et les habitudes de cette contrée. Si notre travail est -défectueux en certains points, il aura au moins le mérite de la vérité; -car nous ne rapporterons pas un seul mot que nous n'ayons entendu -prononcer, pas un seul usage dont nous n'ayons été témoin. - -Le mot BRAY est ordinairement considéré comme emprunté à la langue -celtique, et signifie _de la boue_. Mais, tout en reconnaissant que la -nature du terrain de cette contrée se prête merveilleusement à cette -étymologie, M. A. Le Prevost fait venir _Brai_ de _bracus_, mot employé -plusieurs fois dans la chronique de Fontenelle comme synonyme de -_vallée_[1]. - -[Note 1: _Anciennes divisions territoriales de la Normandie_, page 15.] - -On distingue dans cette contrée, qui s'étend depuis Bures jusqu'à -Frocourt et Auteuil, près de Beauvais, le _Bray normand_ et le _Bray -picard_: le premier fait partie de la Seine-Inférieure, le second dépend -de l'Oise. Nous nous occuperons seulement de la division qui se rattache -à la Normandie; et, comme il est pour ainsi dire impossible de fixer des -limites exactes à cette contrée si peu explorée, nous allons tirer une -grande ligne autour du champ dans lequel nous avons glané les mots dont -se compose notre glossaire: ce sera à peu près l'étendue de -l'arrondissement de Neufchâtel. En partant de Neuf-marché, nous -longerons l'Epte jusqu'à Gournay, où nous trouverons la route no 8 qui -nous conduira à Formerie: de là, nous irons à Hadancourt et nous -suivrons la Bresle jusqu'au petit village de l'Epinoy, en passant par -Aumale, le Vieux-Rouen, Senarpont et Blangy. Ensuite, nous redescendrons -par Grandcourt, Londinières, Bures, Saint-Saens, Buchy, Bosc-Edeline[2], -Bruquedalle et Morville. Puis, après avoir côtoyé la forêt de Lions, -nous nous retrouverons à Neuf-marché, notre point de départ. - -[Note 2: Quoique cette commune fasse partie de l'arrondissement de -Rouen, elle est désignée, dans un document relatif à la marquise de -Genlis, sous le nom de _Bocqueline-en-Bray_ (_Mémoires de la Société des -Antiquaires de Normandie_, XVIIIe vol., page 210).] - -Le langage est aussi ancien que le monde: en créant les premiers membres -de la grande famille humaine, Dieu a dû leur donner une manière de se -communiquer leurs pensées, leurs désirs, leurs volontés. Ce moyen, c'est -le langage. Mais quelle est la langue primitive communiquée à l'homme? -Perron se montre le patron zélé de la langue celtique; Webb plaide -chaudement la cause du chinois; plusieurs auteurs modernes se font les -champions de Goropius-Becanus qui proclame le flamand comme la langue du -paradis terrestre; à côté de ces prétentions, viennent les défenseurs -des langues semitiques; enfin l'hébreu réunit en sa faveur de nombreux -et puissants suffrages. Mais nous n'avons pas le moindre désir de nous -arrêter à cette question qui a tant occupé les savants. Nous laissons -les uns soutenir que le langage peut être une invention graduelle de -l'espèce humaine, les autres prétendre que c'est le résultat nécessaire -et spontané de l'organisation de l'homme. Nous passons à côté de Smith, -qui assure que l'invention du langage a commencé par les substantifs, et -de Herder, qui donne le pas aux interjections. Pour nous, nous voulons -seulement jeter un coup-d'oeil rapide sur les divers langages qui sont -venus tour à tour régner dans le petit coin de terre qui nous occupe, et -aboutir au patois actuel du pays de Bray; patois qui s'efface de jour en -jour, et dont on ne trouverait bientôt plus la moindre trace, si l'on ne -s'empressait de recueillir ce qui en reste: «Il est facile de le -prévoir, dit M. du Méril, bientôt les patois auront complètement -disparu; beaucoup de mots employés par les pères ne sont déjà plus -intelligibles pour les enfants, et l'on doit se hâter de les recueillir -si l'on porte quelque intérêt aux origines de la langue[3].» - -[Note 3: _Dictionnaire du Patois normand_, Introduction, page XXXIV.] - -Cependant, il ne faudrait pas croire que la différence qui existe entre -le langage du savant le patois du paysan soit uniquement une différence -d'origine; il faut aussi faire la part du progrès et du temps, «La -langue du savant et celle du vulgaire au fond sont identiques, à cette -simple différence près, que la langue parlée par le vulgaire à une -époque déterminée est toujours celle que parlait le savant à une époque -antérieure, et que la première n'a d'autre avantage sur la seconde que -d'être constamment avec elle de quelques siècles en retard; ainsi le -français de nos villages est aujourd'hui, sur beaucoup de points, le -français qui se parlait il y a trois ou quatre cents ans, à la cour même -de nos rois[4].» Nous aurons plus tard occasion de donner la preuve de -ce que dit ici le savant et laborieux autour auquel nous empruntons ces -paroles. - -[Note 4: _Essai sur le langage_, par M. A. Charma, page 171.] - -Les Gaulois sont les premiers habitants connus de notre contrée: mais, -comme ils ne nous ont point transmis de langue écrite, il est impossible -de rien conjecturer sur leur langage. Leurs doctrines religieuses, leurs -lois, leurs annales passaient d'âge en âge par tradition orale, et nous -ne saurions pénétrer des secrets qui reposent ensevelis avec eux sous le -tertre où dort leur dépouille mortelle, depuis deux mille ans[5]. - -[Note 5: On peut consulter, sur les habitudes et usages des Celtes ou -Gaulois, notre _Essai sur le canton de Londinières_, pag. 100-113.] - -L'an 51 avant J.-C, Jules César devint maître souverain des Gaules, -après une lutte qui avait duré dix ans. Il préleva de lourdes -contributions sur les Gaulois, fonda des écoles et déclara le latin la -seule langue officielle. Mais, comme le fait observer avec beaucoup de -vérité M. l'abbé Corblet, le peuple prouva à César qu'on n'obtient pas -aussi facilement l'adoption d'une langue qu'on improvise une victoire; -«il introduisit dans le latin des constructions de la langue maternelle; -il confondit arbitrairement tous les cas; il altéra les mots par des -constructions bizarres; des terminaisons latines s'allièrent à des -radicaux celtiques, des désinences celtiques s'imposèrent à des radicaux -latins, et l'emploi des auxiliaires vint bouleverser l'harmonie des lois -grammaticales[6].» Aussi Quintilien écrivait-il, vers la fin du premier -siècle de notre ère, qu'il y avait une grande différence entre parler -latin et parler grammaticalement, _aliud esse latinè, aliud grammaticè -loqui_[7]. Au rapport de saint Jérôme, la langue latine subissait encore -de grandes modifications au IVe siècle, _latinitas et regionibus -quotidiè mutabatur et tempore_[8]. Et saint Augustin nous apprend qu'au -Ve siècle, le latin pur perdait du terrain au profit de la langue -vulgaire qu'on regardait comme plus utile dans les relations habituelles -de la vie, _plerumque loquendi consuetudo vulgaris utilior est -significandis rebus, quàm integritas literata_[9]. - -[Note 6: _Glossaire du Patois picard_, page 65.] - -[Note 7: _De Institutione oratoriâ_, lib. I, cap. 6.] - -[Note 8: _Epistola ad Galatas_, lib. II, præf.] - -[Note 9: _Doctrina christiana_, lib. II.] - -Bientôt, à ces difficultés vinrent s'ajouter de nouveaux éléments -contraires à l'uniformité de langue: l'introduction des Francs[10] dans -la Gaule, qui tantôt en guerre, tantôt en paix avec les Romains, -finirent par devenir les maîtres, à la fin du Ve siècle. Alors la langue -tudesque apparaît; mais elle s'efface insensiblement, et bientôt se -forme la langue romane. «En reconnaissant que le latin a joué le -principal rôle dans la formation de cette langue, dit M. Ph. Le Bas, il -convient de distinguer la langue latine littéraire de la langue latine -usuelle.... C'est du latin parlé par les masses, que s'est formé le -roman[11].» - -[Note 10: _Frek_, _frak_, _frenk_, _franc_, _vrang_, selon les -différents dialectes germaniques, dit Frérel, répond au mot latin -_ferox_, dont il a tous les sens, favorables et défavorables: fier, -intrépide, orgueilleux, cruel.] - -[Note 11: _Univers pittoresque_, France, tome X, page 41.] - -Au milieu de ce mélange de langues, on comprend aisément que la pureté -du langage ne pouvait dominer: Alcuin nous apprend qu'il existait, au -VIIIe siècle, une langue lettrée qu'on pouvait écrire et une langue -illettrée qui ne pouvait être écrite, _literata quæ scribi potest, -illiterata quæ scribi non potest_[12]. - -Aussi, à partir de 813, voyons-nous plusieurs conciles prescrire aux -évêques de prêcher en langue vulgaire, afin de pouvoir se faire -comprendre du peuple[13]. Le plus ancien monument de cette langue -vulgaire ou romane d'où s'est formé insensiblement notre français, est -le serment prononcé, en 842, à Strasbourg, par Louis-le-Germanique, -frère de Charles-le-Chauve, commençant par ces mots: _Pro Deu amor et -pro Christian poblo et nostro commun salvament_, etc. «Pour l'amour de -Dieu et pour le peuple chrétien, et pour notre salut commun»[14]. - -[Note 12: _Opera_, tome II, page 268.] - -[Note 13: Le deuxième concile de Reims, canon 15.--Concile de Tours, -canon 17 (_Encyclopédie théologique_, tome XIV, pages 486 et 1035.)] - -[Note 14: _Un million de faits_, page 1203.] - -«En se décomposant, le latin a produit deux idiomes distincts, dit M. Ph. -Le Bas, deux gracieux dialectes dont les ressources sont grandes: la -langue d'OIL et la langue d'OC. On ramène à trois les principaux -dialectes, de la langue d'OIL, qui sont le _normand_, le _picard_ et le -bourguignon[15]. Les trouvères, poètes languedociens, s'exprimaient dans -la langue d'OIL; et les troubadours, poètes provençaux, se servaient de -la langue d'oc. La dénomination de ces deux langues vient de ce que -l'affirmation oui se prononçait oil au nord de la Loire et oc au midi de -ce fleuve[16]. M. A. Maury nous apprend qu'au XIIe siècle, ces deux -contrées étaient séparées par de vastes châtaigneraies qui formaient -comme une frontière végétale entre les deux langues[17]. Avant l'an -1000, les formes grammaticales de ces deux idiomes offraient peu de -différence: «mais, à partir de cette époque, dit M. l'abbé Corblet, les -nuances deviennent de plus en plus distinctes, jusqu'à ce que, vers le -XIIe siècle, les deux langues firent un divorce complet, en se -partageant la France[18].» Aussi Jean-Luc d'Achery nous dit-il qu'au -XIIe siècle, les moines d'un monastère du Boulonnais souffraient -impatiemment de leur dépendance d'une abbaye du Poitou, à cause de la -différence des langues, _propter linguarum dissonantiam_[19]. - -[Note 15: _Univers pittoresque_, France, tome VI, page 537.] - -[Note 16: _Un million de faits_, page 1203.] - -[Note 17: _Histoire des grandes forêts de la Gaule_, page 280.] - -[Note 18: _Glossaire du Patois picard_, page 68.] - -[Note 19: _Spicilegium_, tome IX, page 430.] - -Nos lecteurs ne seront peut-être pas fâchés de lire ici l'oraison -dominicale dans le langage de cette époque reculée: nous l'empruntons à -Charles Batteux, cité par l'abbé Pluche[20]. - - «Sire pere, qui es ès ciaus, sanctifiez soit li tuens noms, - avigne li tuens regnes, soit faite ta volanté, si comme ele - est faite el ciel, si soit ele faite en terre; nostre pain - de chascun jor nos done hui, et pardone nos meffais, si - comme nos pardonos à ços qui meffait nos ont; sire ne soffre - pas que nos soions tempté par mauvesse temptation, mais sire - delivre nos de mal.» - -[Note 20: _Spectacle de la nature_, tome VII, page 230.] - -Le XVe siècle vint opérer la transformation du français du moyen-âge en -français moderne; mais le langage ne s'épura qu'au siècle suivant et -n'atteignit la perfection que sous le règne de Louis XIV. Le XVIe siècle -semble être le moment d'enfantement du français actuel; nous en trouvons -la preuve dans les satyres de Vauquelin de la Fresnaye qui écrivait dans -la seconde moitié de ce siècle et qui, au milieu des incertitudes et des -fluctuations du langage, éprouvait un véritable embarras sur la manière -d'écrire correctement; - - Car, depuis quarante ans, desja quatre ou cinq fois, - La façon a changé de parler en françois. - -Cette irrésolution venait de tous les idiomes avec lesquels la nouvelle -langue s'était trouvée en contact; «créée par les rapports et le mélange -des patois, la langue commune participe de tous; elle prend à l'un ses -habitudes de prononciation, à l'autre ses tours de phrase; elle conserve -les idiotismes d'un troisième, et comble, en puisant indistinctement -dans tous, les lacunes qui existaient dans les différents -vocabulaires... Mais, malgré cette fusion à l'usage de la classe élevée -de la société, presque jamais les patois ne disparaissent entièrement; -le peuple auquel ils suffisent les conserve avec obstination, et les -savants sont obligés de les consulter pour connaître les éléments -constitutifs de la langue et remonter à la forme primitive des -mots[21].» En effet, comme en fait la remarque M. G. Brunnet, «les -patois renferment des mots qui remontent jusqu'au grec et qui furent -importés par des colonies hellénistes; ils en contiennent d'antres qui -restent comme des débris de la domination romaine; ils en présentent qui -sont évidemment le produit de la création populaire, mais le fond du -dialecte est tout latin[22].» - -[Note 21: _Dictionnaire du Patois normand_. Introduction, page III.] - -[Note 22: _Encyclopédie du_ XIXe _siècle_, tome XVIII, page 663.] - -Ceci nous ramène à notre patois du pays de Bray, dans lequel nous -retrouvons, malgré les nombreuses corruptions qui en masquent la forme -primitive, un assez grand nombre de mots qui se rattachent aux langues -des différentes nations qui ont parcouru ou habité cette contrée. -C'est ainsi que DIEPPE, ancien nom de la Béthune, est une corruption -de l'islandais _Diup_, profond;--ITOU, du latin _Ità_, aussi;--RAINE, -du celtique _Ran_, grenouille;--FREULER, du breton _Frel_, -fléau;--BISQUER, du saxon _Beiskiar_, rager;--SUPER, de l'anglais _To -sup_;--RIO, de l'espagnol _Rio_;--BRAIES ou BRAGUES, du grec _Brakos_; -etc. - - -«Pour remonter aux radicaux primitifs et saisir les lois qui ont dominé -les développements de la langue et lui ont donné de l'ensemble et de -l'harmonie, dirons-nous avec M. du Méril, il faut l'étudier à la source, -dans la bouche même du peuple... En effet, les patois, soumis dans -chaque localité à des influences diverses qu'aucune raison générale ne -neutralise, se grossissent au hasard d'importations étrangères et -d'imaginations individuelles; qui ne relèvent que du caprice.... Par -exemple, le moineau est appelé _Pisli_ à Avranches, _Pottin_ à -Coutances, _Friquet_ à Bayeux, _Quilleri_ dans l'Orne, et _Moisson_ dans -le pays de Bray[23].» - -[Note 23: _Dictionnaire du Patois normand_. Introduction, pages LVII, -LVIII et LIX.] - -Maintenant abordons notre travail principal, et tâchons de donner une -idée générale du patois brayon, avant d'en venir au glossaire des mots -que nous avons recueillis. Deux voies s'ouvrent devant nous: l'une que -suivent les savants, l'autre dans laquelle marchent les simples -travailleurs. Cette dernière voie sera la nôtre. Nous nous bornerons -donc à constater ce qui est, sans rechercher le _cûr_, _quomodò_, -_quandò_; c'est-à-dire que nous abandonnerons aux maîtres de la science -les observations scientifiques et les découvertes étymologiques, pour -nous occuper seulement à recueillir des matériaux sur lesquels ils -puissent exercer leur sagacité. Nous suivrons cette recommandation -pleine de vérité: «La science étymologique, dit M. Auguste Le Prevost, -est une arme à deux tranchants, qui ne doit pas être abandonnée à des -mains novices. On peut encore la comparer à ces flambeaux qui jettent de -la fumée et de l'obscurité sur leur passage, quand ils n'éclairent pas. -Elle demande non-seulement la connaissance approfondie et la comparaison -continuelle d'un grand nombre de langues, de dialectes, d'idiotismes, -une faculté d'observation et de rapprochement exquise, mais encore -beaucoup de sobriété, de loyauté, de circonspection dans l'exercice de -cette faculté; sans quoi on arrive par une pente très-rapide à faire -venir _affana d'equus_[24]; on se discrédite soi-même et l'on discrédite -l'une des recherches les plus piquantes et les plus utiles à la -satisfaction de la raison humaine, qui puisse occuper les loisirs d'un -érudit. Nous insistons d'autant plus sur la nécessité d'une grande -réserve à cet égard, que, débarrassé de cette grave responsabilité, le -travail que nous désirons voir entreprendre dans chaque arrondissement -n'offrira plus qu'une tâche facile à chacun de nos collaborateurs[25].» - -[Note 24: L'étymologie-monstre à laquelle l'auteur fait ici allusion a -donné lieu au quatrain suivant: - - _Affana_ vient _d'equus_ sans doute; - Mais il faut convenir aussi, - Qu'en venant de là jusqu'ici, - Il a bien changé sur la route.] - -[Note 25: Ce passage est extrait de la préface d'un ouvrage inédit de M. -A. Le Prevost, qui a bien voulu nous donner communication de son -manuscrit.] - -Quoiqu'on ne puisse pas dire, selon la rigueur de l'expression, qu'il -existe un code particulier au patois du pays de Bray, il n'en est pas -moins vrai que ce patois est soumis à certaines règles dont il s'écarte -peu. Pour plus de clarté, nous allons essayer d'indiquer ces règles -touchant les lettres, l'article, le nom, l'adjectif, le pronom et le -verbe. - -§ 1er.--DES LETTRES. Le _c_ doux se change assez fréquemment en _ch_: -Ex. Les _capuchins_ étaient comme _cha_. Il en est de même de la double -lettre _ss_; on dit _nourichon_ pour _nourrisson_. - -Le _ch_ est souvent remplacé par le _c_ dur, _qu_ ou _k_: Ex. Un _cat_, -un _quien_, un _kauche-pied_, etc. - -L'accent circonflexe se remplace en plusieurs circonstances par l'accent -aigu sur la lettre _e_: Ex. _Téte_, _féte_, _béte_, etc. - -Le _tr_ se prononce quelquefois _ter_, comme dans _truie_, qu'on -prononce _teruie_, et _teruite_ pour _truite_. - -§ II.--DE L'ARTICLE. Selon quelques auteurs, notre article masculin _le_ -serait tout simplement la dernière syllabe du mot latin _ille_, et notre -article féminin _la_, la dernière de _illa_. D'autres voient plus -particulièrement dans l'article une combinaison du pronom _ille_ et des -prépositions _de_ et _ad_. Quoi qu'il en soit, dans les commencements de -la langue française, nous trouvons presque toujours pour articles -simples ou composés les mots _el_, _del_, _al_; ces mots forment encore -la base de l'article dans le patois brayon. - -Le, _el_, _l'_. La, _el_. Les, _lés_, _l's_. -De, _d'_, _d'l'_. Du, _du_. De la, _del_, _d'l'_. Des, _dés_, _d's'_. -Au, _au_. A la, _al_. Aux, _à_, _à les_. - -On trouvera dans le Dictionnaire les différences qui existent entre ces -divers articles. - -§ III.--DU NOM. Certain nombre de noms en _eur_ et en oir changent leur -terminaison en _eux_: Ex. Menteur, tricheur, conteur, mouchoir, battoir, -couloir, etc., se prononcent _menteux_, _tricheux_, _conteux_, -_moucheux_, _batteux_, _couleux_. - -Quelques noms en _é_ font leur singulier en _ai_: Ex. Curiosité fait -_curiositai_, _été_ fait _étai_, etc. - -Les noms propres prennent le pluriel; ainsi on dit: les Duvals, les -Dumonts, etc., en parlant des membres de ces familles. - -On donne aussi le genre féminin aux noms de famille, en les faisant -précéder de l'article: ex. la durand_e_, la guerard_e_, la boquet_te_, -la cordièr_e_, la vasseu_se_, la brianchon_ne_, etc. mais, quand le nom -propre est précédé du prénom, il garde sa terminaison primitive: ex. -rose durand, marie guerard, etc. - -Dans le patois brayon, les noms n'ont pas toujours le même genre que -leurs correspondants français; en voici de nombreux exemples: - - - NOMS QUI CHANGENT DE GENRE DANS LE PATOIS BRAYON. - -AGE. Ex.: La jeunesse est _une belle_ âge. -AIR. Ex.: Cette chanson est sur _une vilaine_ air. -AMADOU. Ex.: Ce marchand ne fournit que de _mauvaise_ amadou. -ARGENT. Ex.: Je vous donne _de la belle_ argent. -AS. Ex.: Voilà _une vieille_ as qui m'a fait perdre. -AUGURE. Ex.: Cela n'est point d'_une bonne_ augure. -AUTEL. Ex.: Voilà _une riche_ autel. -BOL. Ex.: Mettez cette tisane dans _une petite_ bol. -BORNE. Ex.: _Quel gros_ borne! -CANTIQUE. Ex.: Je sais _une belle_ cantique. -CENTIME. Ex.: _Cette_ centime est _toute neuve_. -CIMETIÈRE. Ex.: Je ne passerais pas la nuit dans _la_ cimetière. -CLAIRE-VOIE. Ex.: Je ferai là _un beau_ claire-voie. -COUDRIER. Ex.: On fait des cercles avec _de la coudre_. -CRAVATE. Ex.: On m'a fait cadeau d'_un beau_ cravate. -EMPLATRE. Ex.: C'est _une_ emplâtre inutile. -ESCLANDRE. Ex.: Il y a eu _grande_ esclandre. -ÉVANGILE. Ex.: L'Évangile de dimanche est _longue_. -EXEMPLE. Ex.: Il nous a donné _une nouvelle_ exemple de douceur. -FROID. Ex.: _La_ froid est bien _gênante_. -GARDE-ROBE. Ex.: Avez-vous _un bon_ garde-robe? -HERBAGE. Ex.: Son herbage est _excellente_. -HIVER. Ex.: L'hiver de 1830 n'a pas été _douce_. -IMAGE. Ex.: Vendez-vous de _beaux_ images? -MANQUE. Ex.: C'est _une_ manque de réflexion. -MARNE. Ex.: Servez-vous de marne _sec_. -MERLE. Ex.: Entendez-vous siffler _la mêle_? -MEUBLES. Ex.: Voilà de _belles_ meubles. -ORAGE. Ex.: Nous allons avoir _une terrible_ orage. -ORGANE. Ex.: Votre frère a _une belle_ organe. -OUVRAGE. Ex.: Son ouvrage n'est jamais _faite_ en temps. -PARAFE. Ex.: Notre Instituteur fait de _belles_ parafes. -PATÈRE. Ex.: Placez votre chapeau _au_ patère. -POISON. Ex.: Vous m'apporterez _de la_ poison pour les rats. -RÉGLISSE. Ex.: Apportez-moi _du_ réglisse. -RHUME. Ex.: J'ai toujours _la_ rhume. -RISQUE. Ex.: A _toute_ risque. -SAULE. Ex.: _La sau_ est un mauvais bois. -TEMPE. Ex.: Il a reçu un coup de bâton _au_ tempe. -VIPÈRE. Ex.: J'ai été mordu d'_un_ vipère. - -§ IV.--DE L'ADJECTIF. Plusieurs adjectifs ne forment pas leur féminin -comme en français: Ex. Blanc, sec, vieil, fou, malin, frais, font -_blanque_, _sèque_, _vieuille_, _fôlle_, _malinne_, _fraique_. Presque -tous les adjectifs terminés en _i_ ont le féminin en _ite_: Ex. Pourri, -guéri, font _pourrite_, _guérite_. - -Les adjectifs possessifs se rendent ainsi: - -Mon, _man_, _min_, _m'n'_. Ma, _m'_. Mes, _més_, _m's'_. -Ton, _tan_, _t'n'_, _tin_, _t'n_. Ta, _t'_. Tes, _tés_, _t's'_. -Son, _san_, _s'n'_, _sin_, _s'n_. Sa, _s'_. Ses, _sés_, _s's'_. -Notre, _not'_. Notre, _not'_. Nos, _nos_. -Votre, _vot'_. Votre, _vot'_. Vos, _vos_. -Leur, _leu_, _leut_. Leur, _leu_, _leut'_. Leurs, _leus_. - -Les adjectifs démonstratifs sont: - -Ce, _çu_. Cet, _c't'_. Cette, _c't'_, _c'te_. Ces, _cés_, _chés_. - -§ V. DU PRONOM. Voici les différentes formes des pronoms personnels: - -Je, _j_', _ej'_. Moi, _mai_, _mi_. Me, _m'_. Nous, _j'_. -Tu, _tu_. Toi, _tai_. Te, _té_. Vous, _vos_, _os_. -Il, _y_, _il_. Elle, _al'_, _a_. Ils, _y_, _ils_. Elles, _al'_, _y_. -Lui, _li_. Leur, _leu_. Eux, _eux_. Se, _s'_, leus. Soi, _sai_. - -Les pronoms possessifs n'offrent d'autre différence avec le français que -la suivante: _l' est_ employé pour _le_, et l'on supprime l'accent -circonflexe sur _notre_, _votre_, _notres_, _votres_. - -Voici maintenant les pronoms démonstratifs: - -Celui, _le sien_. Celle, _la sienne_, _la celle_. Ceux, _les ceux_, _les -siens_. Celles, _les celles_, _les siennes_. - -Celui-ci, _c't'ichite_. Celle-ci, _c't'ichite_. Ceux-ci, _cheux-chite_, -_ceux-chite_. Celles-ci, _cheux-chite_, _ceux-chite_. - -Celui-là, _ç't'ila_. Celle-là, _ç't'éla_. Ceux-là, _cheux-la_. -Celles-là, _cheux-la_. - -Ce, _cha_. Ceci, _cha_. Cela, _cha_. - -Les pronoms relatifs se prononcent de la manière suivante: - -Qui, _qui_. Que, _qu'_, _que_. Lequel, _l'queul_. Laquelle, _l'queulle_, -_laqueulle_. Lesquels, _lèqueuls_. Lesquelles, _léqueulles_. - -Nous ajouterons les pronoms interrogatifs: qui, que, quoi; lesquels se -rendent ordinairement par _qué_. - -En parlant de l'interrogation, nous voulons faire une remarque qui ne -trouverait peut-être point place ailleurs. Dans le pays de Bray, et -généralement en Normandie, on répond à certaines questions par la -négation ou l'affirmation de la proposition opposée. Ainsi, à cette -question: _Fait-il froid aujourd'hui?_ on répondra: _Il ne fait pas -chaud_, ou _il fait assez chaud_, ou _il fait très-chaud_. - -§ VI.--DU VERBE. Afin de donner une idée du système des conjugaisons, -nous placerons ici quelques temps des verbes auxiliaires AVOIR et ÊTRE. - - AVER. ETE. - - INDICATIF PRÉSENT. - -J'ai. Ej'sis. -T'as. T'es. -Il a. Il est. -J'avons. J'sommes. -Os avez _ou_ vos avez. Os ètes _ou_ vos ètes. -Il ont. Y sont. - - IMPARFAIT. - -J'avais. J'étais _ou_ j'étois. -T'avais. T'étais _ou_ t'étois. -Il avait. Il était _ou_ il étoit. -J'avions. J'étions _ou_ os étions. -Os aviez. Os étiez _ou_ vos étiez. -Il avaient _ou_ aviont. Il étaient _ou_ étoient _ou_ étiont. - - SUBJONCTIF PRÉSENT. - -Que j'aie _ou_ que j'uche. Que j'sais _ou_ que j'suche. -Q't'aies _ou_ que tu uches. Que tu sais _ou_ que tu suches. -Qu'il ait _ou_ qu'il uche. Qu'il sait _ou_ qu'il suche. -Qu'j'avions _ou_ qu'j'uchions. Que j'sayions _ou_ que nous suchions - _ou_ qu'os soyomes. -Qu'os aviez _ou_ qu'os uchiez. Qu'os sayez _ou_ qu'os suchiez. -Qu'il aient _ou_ qu'il uchent. Qu'y saient _ou_ qu'ils suchent. - -Le patois du pays de Bray offre beaucoup d'irrégularité dans les -conjugaisons; nous en mentionnerons seulement quelques-unes. - -Généralement l'_u_ du pronom _tu_ s'ellipse à la seconde personne du -singulier, quand le verbe commence par une voyelle: Ex. _T'aimes_, -_t'avertis_, _t'as_, _t'entends_. - -Le _j'_ remplace ordinairement le pronom _nous_, à la première personne -du pluriel, quand le verbe commence par une voyelle: Ex. _J'aimons_, -_j'avertissons_, etc. Si le verbe commence par une consonne, le pronom -_nous_ est remplacé par le monosyllabe _ej_: Ex. _Ej trouvons_, _ej -prévenons_, etc. Il paraît que les courtisans de Henri III regardaient -comme de bon ton de dire: _J'avions_, _j'étions_, _j'allions_; c'était -alors une manière de parler recherchée dans la bonne compagnie, même à -la cour[26]. - -[Note 26: _Essai sur le langage_, page 302.--_Glossaire du patois -picard_, page 173.] - -Parmi les verbes de la première conjugaison qui sont irréguliers dans -plusieurs temps, nous mentionnerons le verbe _aller_ qui fait au présent -du subjonctif: _que j'ouaiche_, _que tu ouaiches_, _qui ouaiche_, _que -j'ouaichions_, _qu'os ouaichiez_, _qui ouaichent_. - -Les verbes terminés en _ier_ et _uer_ ont ordinairement le présent du -subjonctif en _che_: Ex. Charrier, ruer, etc., font: _que je carriche_, -_que je ruche_. - -Le _r_ terminal de l'infinitif ne se fait point sentir dans les verbes -de la seconde conjugaison; ainsi on dit: _mouri_, _parti_, _r'veni_, -etc., pour _mourir_, _partir_, _revenir_. Plusieurs de ces verbes -forment aussi leur participe passé tout-à-fait irrégulièrement; c'est -ainsi que _soutenir_ fait _soutint_ pour _soutenu_. - -Les verbes de la troisième conjugaison changent leur terminaison _oir_ -en _er_; par exemple: _Apercevoir, recevoir, émouvoir_, etc., font -_aperchever, r'chever, émouver_, et, au participe passé, _aperchu, -r'chu, émouvé_. - -Au nombre des verbes de la quatrième conjugaison qui s'éloignent du -français, nous mettrons le verbe _suivre_ qui fait _sieure, je sieus, -j'ai sieus_, etc. - -Une règle qui se rapporte à toutes les conjugaisons consiste dans -l'emploi de la troisième personne au lieu de la première et de la -seconde, comme dans les phrases suivantes: _C'est moi qui se trompe; -c'est toi qui ira; c'est nous qui a joui; c'est vous qui chantait_, etc. - -Nous pensons que ces courtes remarques suffisent pour indiquer à nos -lecteurs les ressemblances et différences du patois du pays de Bray avec -les patois des autres provinces, surtout de la Normandie et de la -Picardie. Il nous resterait à citer quelque fragment de cet idiome, afin -d'en faire mieux comprendre le mécanisme; mais nous ne connaissons aucun -monument écrit auquel nous puissions avoir recours. Sous ce rapport, -nous sommes aussi pauvres que la Picardie est riche. Là, des hommes -d'esprit s'amusent souvent a recueillir les reparties, les boutades, les -saillies populaires, pour en former de plaisants dialogues, de gais -refrains. Ici, rien de semblable; _Ch'est pat à dire que j'soyomes_ -(simus) _pus enchifrénés q'd'autes, mais j'manquons d'éditeux_, disait -dernièrement un de nos amis. C'est donc une bonne fortune pour nous que -la rencontre de l'article suivant que nous extrayons d'une récente -publication[27]. - -[Note 27: _Almanach du pays de Bray_, pour 1852, page 99 et suiv.] - - - - - LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ - - -_Jacques_.--Ah! Boujou, Mousieu _Esprit_... - -_Le citoyen Esprit_.--Ne m'appelle donc pas _Monsieur_; ce titre -aristocratique est aboli et remplacé par le mot égalitaire de _citoyen_. - -_Jacques_.--Ah! chest cha; j'comprends pas, mais chest tout d'même. - -_Le citoyen Esprit_.--Tu es si bête! - -Jacques.--Ah! par exemple, cha pourrait ben être vrai; car tout l'monde -me l'dit. Mais en attendant, j'voudrais ben saver qué qu'veulent dire -chés trois mots _Libertai, Égalitai, Fraternitai_, quo vait tout -partout; o dirait que l'zimprimeux n'peuvent plus rien écrire sans mette -chés mots-là. - -_Le citoyen Esprit_.--Tu ne comprends pas cela? - -_Jacques_.--Ma foi, non. - -_Le citoyen Esprit_.--Liberté!!! mot divin qui fait battre tous les -coeurs, quand on le prononce... - -_Jacques_.--Ah! bah! l'mien des coeurs n'bat pas du tout. - -_Le citoyen Esprit_.--C'est une manière de parler. - -_Jacques_.--Chest-à-dire qu'cha n'signifie rien. - -_Le citoyen Esprit_.--C'est-à-dire que tu es un imbécille. - -_Jacques_.--Os me l'avez déjà dit, _Mousieu citoyen_. - -_Le citoyen Esprit_.--Comment pourrais-tu en effet comprendre la -liberté, toi qui as été toute ta vie esclave et malheureux. - -_Jacques_.--Ma foi, pas core trop. - -_Le citoyen Esprit_.--Écoute, Jacques, et tâche de comprendre. - -_Jacques_.--J'vo z'écoute des yeux et des oreilles. - -_Le citoyen Esprit_.--Par le mot liberté, on entend que chacun est libre -de faire ce qui lui plaît. - -_Jacques_.--Tout c'qui li plaît? - -_Le citoyen Esprit_.--Tout! - -_Jacques_.--Absolument tout? - -_Le citoyen Esprit._--Oui. - -_Jacques._--Y a ti longtemps, cha? - -_Le citoyen Esprit._--Depuis le 24 février, l'an 59 de la liberté. - -_Jacques._--Et moi qui ne l'savait point core! Faut que j'sais rudement -béte! - -_Le citoyen Esprit._--Je ne dis pas non. - -_Jacques._--Mais, comment qu'man maîte n'me l'a pas dit? - -_Le citoyen Esprit._--Nigaud, est-ce qu'il n'est pas intéressé à te -laisser dans l'ignorance? - -_Jacques._--Chest vrai! ben asteu, chest ben fini; quand y m'dira -d'batte du blai, j'battrai d'l'aveine; quand y m'dira d'vaner de l'orge, -j'ferai des guerbées; quand y m'dira de monter l'grain au grenier, -j'irai m'mette à table; puis plutot j'li dirai que j'veux ête maîte -chacun note semaine... Asteu, j'voudrais bien saver quoique chest -qu'l'_égalitai_. - -_Le citoyen Esprit._--Cela signifie qu'il n'y a aucune différence entre -les hommes, et qu'ils sont tous égaux. - -_Jacques._--Mais chest pas vrai, cha. - -_Le citoyen Esprit._--Comment, ce n'est pas vrai? - -_Jacques._--Non! Est-ce que j'sis l'égal de man maîte? - -_Le citoyen Esprit._--Sans doute. - -_Jacques._--Ah! cha mais!... comment s'y prendre? Man maîte qu'a six -pouces plus qu'mai. - -_Le citoyen Esprit._--On le rognera. - -_Jacques._--Par queu bout? - -_Le citoyen Esprit._--Par la tête. - -_Jacques._--Diable! mais... puis, Nicolas, li qu'est trois pouces plus -p'tit qu'mai; est-ce qu'on me rognera itou par la tête? - -_Le citoyen Esprit._--Mon pauvre Jacques, tu ne comprends donc rien; -quand on dit que nous sommes égaux, on veut dire que nous avons tous les -mêmes droits et les mêmes avantages. - -_Jacques._--Chest-à-dire que j'pourrais mette l'zhabits de man maîte, -manger san dinner, monter sur san bidet? - -_Le citoyen Esprit._--Certes, tous les biens sont communs. - -_Jacques._--Mais les propriétaires? - -_Le citoyen Esprit._--Il n'y a plus de propriétaires: la propriété, -c'est le vol. - -_Jacques._--Tiens! je l'aurais jamais cru.... Man maîte qui passe pour -si honnête homme dans le pays! Mais y va me renvéyer, pétète, quand -j'l'y demanderai l'exécution d'l'_égalitai_. - -_Le citoyen Esprit._--Ne crains rien. - -_Jacques._--Pourquoi? - -_Le citoyen Esprit._--Parce qu'il ne saurait trouver un autre domestique -aussi bête que toi. - -_Jacques._--Chest ben possible... Puis c'té _fraternitai_, elle, qué -qu'chest? - -_Le citoyen Esprit._--Cela veut dire que nous sommes tous frères. - -_Jacques._--Ah! cha, du coup, chest une bêtise; car, quand ma mère, qui -n'vient plus d'pis qu'al est morte, venait m'ver, a m'embrachait toujou; -puis a disait: _Boujou, man fieu_! Mais a n'embrachait pas man maîte; au -contraire, a faisait une révérence, puis disait: _Boujou, maîte Pierre_! -mais a n'y disait jamais: _Boujou man fieu_, ni _boujou man frère_! Cha -fait ben ver qu'a n'était pas sa soeur et qu'il n'est pas man frère. - -_Le citoyen Esprit._--Il ne s'agit ici ni de père ni de mère. - -_Jacques._--Chest vrai, y sont morts tous deux. - -_Le citoyen Esprit._--Tu ne comprends pas. Il n'y a plus ni père ni mère -pour personne; nous sommes tous enfants de la nature. - -_Jacques._--De la nature? Connais pas! J'avais toujou cru qu'j'étais -l'fieu d'ma mère qu'est morte, pauve fame. - -_Le citoyen Esprit._--Pauvre Jacques! quel dommage qu'on ait paralysé -l'action des clubs! je t'aurais fait admettre pour t'initier aux grands -principes.... - -_Jacques._--Pardon! excuse! _Mousieu citoyen_, maîte Pierre m'crie pour -manger la soupe. - -_Le citoyen Esprit._--Mais j'aurais un petit service à te demander. - -_Jacques._--Jé pas l'temps; cha sera pour une aute fais. - -UN FLANEUR BRAYON. - - - - -Nous terminerons cette introduction par quelques proverbes et dictons -populaires, auxquels nous joindrons un court exposé des croyances et -usages du pays. - - PROVERBES ET DICTONS. - - -Amis comme chiens et chats. Ennemis. - -Adroit de sa main comme un cochon de sa queue. Maladroit. - -Se laisser manger la laine sur le dos. Trop bon. - -La semaine des trois jeudis. Jamais. - -Il vaux mieux tuer le diable que le diable vous tue. - -Caillou qui roule n'amasse pas mousse. - -_Mais que_ les poules pissent. Jamais. - -Engendré d'un coq et d'une oie. Sot et malin. - -Ouvrir les yeux comme un chat qui c... dans du son. Ouvrir de grands -yeux. - -Brouillard en mars, gelée en mai. - -Laid comme le diable. - -Toute la _pouquette_ sent le hareng. Toute la famille a les mêmes vices. - -En attendant les souliers d'un mort, on va longtemps nu-pieds. - -N'y voir que du brouillard. Ne rien comprendre à une chose. - -Un coup de langue est pire qu'un coup de lance. - -La première mouche qui le piquera sera un taon. La dernière faute paiera -pour les autres. - -Ne pas valoir les quatre fers d'un chien. N'avoir aucune valeur. - -N'entendre ni à _hu_, ni à _dia_. N'avoir aucune intelligence. - -Brebis qui bêle perd sa goulée. On ne peut parler et manger en même -temps. - -Au plus fort la _pouque_. En parlant de deux personnes qui se disputent -un objet. - -Qui demande un hiver avant Noël, en demande deux. - -Faire la _caloge_ du veau avant qu'il soit venu. Former de vains projets -sur un événement éventuel. - -Il ne faut pas tant de beurre pour faire un quarteron. Pas de paroles -inutiles. - -Aller ou venir pour des prunes. Pour rien. - -Si le soleil luit quand il pleut, on dit que le _diable bat sa femme_. - -Quand on se sent morveux, on se mouche. En parlant d'une personne qui -prend pour elle-même un blâme donné sans application particulière. - -Gratter quelqu'un par où il a _manjure_. Lui proposer une chose qui le -flatte. - -Faute de poisson, on mange des moules. Quand on n'a pas ce qu'on désire, -il faut se contenter de ce qu'on a. - -On n'est pas louis d'or. Ou ne plaît pas à tout le monde. - -Quand on quitte le maréchal, il faut payer les vieux fers. Lorsqu'on -change de fournisseur, il faut payer ce qu'on lui doit. - -Quitter brûler ce qui ne cuit pas pour soi. Ne s'occuper que de ce qui -profite. - -Quand il pleut sur l'un, il grêle sur l'autre. En parlant de deux -personnes qui ont les mêmes intérêts. - -Rebattre le _feurre_ de ses glanes. Perdre le fil de son discours et -faire des redites. - -Il a mis une cheville à son trou. Réponse ou repartie trouvée à propos. - -Malin comme Gribouille qui se jette à l'eau de peur de se mouiller. - -Être de la famille de Riquiqui. Être parent de tout le monde. - -S'il y a pondu, il n'y a pas couvé. Il n'a pas été longtemps parti. - -Vaut mieux faire envie que pitié. - -Février emplit les fossés, mars les vide. - -Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez. -Mieux vaut conserver un objet avec ses défauts que de le briser en -cherchant à le réparer. - -Ils sont comme saint Roch et son chien. Inséparables. - -Ton nez branle. Tu mens. Il paraît que ce dicton n'est pas neuf et qu'on -disait du temps d'Érasme: _Nasus tuus arguit mihi te mentiri_, votre nez -me dit que vous mentez. - -On ne peut guère manier de beurre, sans qu'il en reste dans les doigts. -En parlant des régisseurs et autres qui ne rendent pas fidèle compte de -leur administration. - -Chaque grain a sa paille. Chacun a ses défauts. - -Manger son pain chaud, boire son cidre doux, brûler son bois vert, c'est -mettre la maison au désert. - -Ne point mettre une chose dans l'oreille d'un chat. Donner un avis qui -sera suivi. - -Chacun son métier, les moutons seront bien gardés. - -Faire de la bouillie pour les chats. Faire une chose inutile ou mal -exécutée. - -Les nourrices auront bon temps, les enfants se jouent. En parlant des -grandes personnes qui s'amusent à des jeux d'enfant. - -Heureux comme un coq en pâte. Nous pensons qu'il faudrait dire: _Comme -un coq empâté_. - -C'est comme à la maison du bon Dieu, l'on n'y boit, n'y mange. Allusion -aux personnes qui n'offrent rien à ceux qui font visite; ce qui est rare -dans le pays de Bray. - -On a tiré à son baptême. Il n'a pas inventé la poudre. - -On ne tire pas de farine d'un sac à charbon. On n'espère pas de bonnes -actions de la part d'un méchant. - -C'est du bois à faire des vielles. Il se ploie de toutes façons. Par -allusion à ceux qui disent oui et non sur la même question, pour plaire -à l'un et ne pas déplaire à l'autre. - -Faire des contes à mourir debout. Impossibilités. - -Rien ne dure plus longtemps qu'un pot cassé. En parlant de personnes -souffrantes qui vont jusqu'à la vieillesse. - -Il n'y a pas moyen de _moyenner_. Il faut en convenir. - -On vous donne des noix à casser, quand on n'a plus de dents. Faire des -douceurs, quand on ne peut plus en profiter. - -C'est lui, en chair et en os, comme saint Amadou. Lui-même. - -Plus malin que lui n'est pas bête. - -Sourd comme une _boîse_. Très-sourd. - -Aller son petit bonhomme de chemin. Faire ses affaires, sans s'inquiéter -du _qu'en dira-t-on_. - -Ce n'est pas par là que le pot court. Ce n'est pas là que se trouve le -mal. - -Courir comme un poulain délicoté. - -Être du côté que le plat _pend_. Être bien placé. - -Sec comme du bois. - -Les paroles sont des femelles; les écrits sont des mâles. Les uns sont -plus sûrs que les autres: _Verba volant, scripta manent_. - -Les rouges (à cheveux roux) sont tout bons ou tout mauvais. - -Entêté comme une mule. - -Babiller comme une pie borgne. A tort et à travers. - -Ne pas plus bouger qu'un 0 en chiffre. - -Noir comme une taupe. - -Partir dans le royaume des taupes. Mourir. - -Aller à taupes-jouque. Mourir. - -Avoir la compagnie d'un pelé et trois tondus. Société sans -considération. - -Ne craindre ne Dieu, ne Vierge Marie. N'avoir aucune crainte. - -Bête comme un pot. Très-sot. - -Un _quien_ regarde bien un évêque. Un inférieur peut regarder son -supérieur. - -Père aux écus. Homme riche. - -Avoir les yeux plus grands que le ventre. Gourmand qui ne peut manger -tout ce qu'il a demandé. - - Les conseilleux - Ne sont pas les payeux. - - Faites du bien à un vilain, - Il vous c... dans la main. - - A la Saint-Romain, - On prend les mouches à la main. - - A la Saint-Denis, - Bécasse en tous pays. - - A la Saint-Denis, - Perdreaux sont perdrix. - - S'il fait beau, - Prends ton manteau; - S'il pleut, - Prends-le, si tu veux. - - Pluie du matin - N'arrête pas le pélerin. - - Jamais le mois d'avril - Ne s'en va sans épi, - Et le mois de mai - Sans épi de _blai_. - - Aujourd'hui saint Thomas, - Cuis ton pain, lave tes draps, - Dans trois jours Noël t'auras. - - A la Saint-Luc, - Ne sème plus, ou sème plus dru. - - A saint Luquet, - Sème toujours jusqu'à ce que tu aies fait. - - Brouillard en decours, - De la pluie sous trois jours. - - Brouillard en croissant, - C'est du beau temps. - - A la sainte Cateline, (25 nov.) - Tout bois prend racine. - - Petits enfants, - Petits tourments. - - Il ne faut qu'un coup - Pour tuer un loup. - - Vaut mieux aller au moulin - Qu'au médecin. - - Pour filer, - Faut mouiller. - - Avril le doux, - Quand il s'y met, c'est le pire de tous. - - Année de hennetons, - Année de grenaison. - - L'hiver n'est pas bâtard, - Quand il ne vient pas d'_heure_, il vient tard. - - A la Chandeleur (2 fév.), - L'hiver finit ou prend vigueur. - - Un essaim du mois de mai - Vaut une vache du pays de Bray. - - - - - USAGES ET CROYANCES. - - -ABEILLES. - -Sur le deuil des abeilles, voyez _Mouches à miel_, dans le Dictionnaire. -Les abeilles offrent bien assez d'intérêt à l'observateur, sans leur -prêter un instinct dont elles ne jouissent point. - -On dit que les abeilles qui essaiment le jour du Saint-Sacrement -forment, dans la ruche, un travail en forme d'ostensoir, c'est-à-dire -que les rayons aboutissent au centre de la ruche, au lieu d'être -transversaux. Nous ne nions pas ce genre de travail; mais, jusqu'à -preuve contraire, nous croyons que tous les essaims qui sortent en ce -jour ne travaillent pas de la même manière, et qu'on peut observer ce -genre de travail dans les ruches d'essaims sortis en d'autres jours. - - -CARREAU. - -Dans la campagne, les bonnes femmes désignent sous ce nom tout embarras -gastrique, toute maladie chronique, toute affection maladive dont la -guérison se fait attendre. Dans leur pensée, aucun âge n'en est exempt; -nous nous rappelons avoir entendu dire d'une personne octogénaire, -qu'elle était _morte du carriau, parce qu'on ne l'avait pas fait -toucher_. Voyez, dans le Dictionnaire, le mot _Carriau_. - - -CHARDON (_Jeu du_). - -Parfois les moissonneurs laissent un gros chardon debout; ils placent -quelques petits rubans dans ses feuilles; et, au moment de faire scier -la _dernière poignée_, ils présentent au maître de maison une faucille -dont le manche est orné de _lisets_, en le priant de commencer le jeu, -c'est-à-dire de se placer à une distance convenable et de lancer la -faucille sur le chardon pour le couper. Ordinairement le cultivateur -place une pièce d'argent au pied du chardon; c'est le prix de la -victoire. - - -CHEVAUX. - -Lorsqu'on conduit les chevaux à l'eau, on a l'habitude de siffler pour -les engager à boire. Par un contraste assez singulier, il est aussi -d'usage de siffler pour les engager à p...... - - -CHOUETTES. - -Le cri de la chouette, aux environs d'une habitation, est considéré -comme un signe de mortalité. - - -CIERGES. - -Si les cierges placés à l'autel brûlent mal, quand on fait célébrer la -messe pour un malade, on est persuadé qu'il ne guérira pas. - - -DERNIÈRE POIGNÉE (_La_). - -Dans les communes où l'on n'offre pas de _glane_ au commencement de la -moisson (voir plus bas), les moissonneurs font scier la _dernière -poignée_. Voyez ce mot dans le Dictionnaire. - - -EAU BÉNITE. - -Le Samedi saint, en certaines communes, l'instituteur se présente à -chaque maison de la paroisse, il trempe une branche de buis dans un -petit vase plein d'eau bénite, qu'il porte avec lui, et il asperge -l'habitation. Ensuite, il offre du pain à chanter qu'il a fait bénir, et -reçoit des oeufs qu'il vend à son profit. (Voir notre _Essai sur le -canton de Neufchâtel_, page 114.) - -Quand il pleut le dimanche avant l'eau bénite, on est persuadé que c'est -signe qu'il pleuvra pendant toute la semaine. - -On prétend que l'enfant qui _étrenne_ les fonts, c'est-à-dire celui qui -est baptisé le premier après la bénédiction des fonts, meurt dans -l'année. - - -FLANS (_Les_). - -C'est ainsi qu'on désigne encore, en certaines communes, le jour de la -fête patronale. Ainsi, on dit: _Les Flans de Bures_, pour indiquer la -fête de Saint-Agnan, patron de cette paroisse. Cette habitude vient de -l'ancien usage, encore en vigueur, de préparer des _flans_ ou tartes -pour ce jour. - - -GLANE (_La_). - -Le premier jour de la moisson, on forme une glane d'épis choisis, -artistement disposés et ornés de fleurs et de rubans de soie. Les -moissonneurs se réunissent en corps pour aller offrir cette glane à la -maîtresse de maison; celui ou celle qui la présente débite un petit -compliment; après quoi on arrose la fête avec quelques pots de gros -cidre. - - -NOEL (_Les douze jours de_). - -On prétend que la température des _douze jours de Noël_, c'est-à-dire -des jours qui se trouvent à partir du 25 décembre jusqu'au 5 janvier, -indique le temps de chacun des douze mois de l'année suivante. Ainsi, le -temps du 25 décembre indique le temps qu'il fera en janvier; le temps du -26, celui du mois de février, etc. - - -RAMEAUX. - -Bien des gens sont convaincus que les blés dépériront pendant quarante -jours, s'il pleut le jour des Rameaux. - - -ROIS. - -La veille des Rois, les enfants parcourent les rues avec des lanternes -de papier de diverses couleurs, attachées au bout d'un bâton, et crient -de toute leur force: - - _Boujou_ les Rois, - Jusqu'à douze mois! - _Boujou_ la Reine, - Jusqu'à six s'maines! - _Boujou_ l'_crapou_, - Jusqu'au mois d'août! - -Le lendemain, jour des Rois, ils recommencent la même procession et les -mêmes chants, en remplaçant le mot _boujou_ par celui d'_adieu_. - - -SAINT-JEAN (_Feux de_). - -En certaines communes, on fait un feu de joie la veille de la fête de -saint Jean-Baptiste. Chaque habitant apporte un bâton pour l'entretien -du feu; des danses ont lieu pendant une partie de la nuit, et l'on -n'oublie jamais d'emporter avec soi quelques charbons comme préservatifs -de la foudre et de l'incendie (Voir notre _Essai sur le canton de -Londinières_, page 242). Il nous semble voir là clairement un souvenir -des feux qui signalaient, chez les anciens Slaves, la fête du dieu -Koupalo (24 juin), et autour desquels dansaient hommes, femmes, enfants -et vieillards (_Encyclopédie du_ XIXe _siècle_, vol. XXIV, p. -559). Koupalo était le dieu des productions de la terre. Avant la -révolution de 1793, ces sortes de feux avaient lieu même à Paris: «La -veille de Saint-Jean, les échevins faisaient élever, sur la place de -l'Hôtel-de-Ville, un immense bûcher auquel le roi mettait solennellement -le feu. En 1471, Louis XI, à l'exemple de ses prédécesseurs, communiqua -lui-même la flamme à cet amas de matières combustibles dont l'incendie -éclairait toute la ville. Les chroniques contemporaines nous ont -conservé les détails de cette cérémonie. - -«Au milieu de la place de Grève s'élevait un arbre de 90 pieds de -hauteur, hérissé de traverses auxquelles on attachait 800 bourrées et -300 cotrets; 15 voies de bois et une immense quantité de bottes de -paille en formaient la base. Le tout était surmonté d'un tonneau et -d'une roue. Des guirlandes de fleurs décoraient ce colossal appareil, -dans lequel il faut voir l'idée première de nos feux d'artifice -officiels. Des bouquets volumineux étaient distribués au roi, aux -personnes de sa suite, aux magistrats et aux notables. Une compagnie -d'archers de la ville, composée de 200 hommes d'armes, maintenaient -l'ordre conjointement avec 100 arbalétriers et 100 arquebusiers. Avant -de mettre le feu, on plaçait dans le bûcher les célèbres doubles pétards -dits de la Saint-Jean, les grosses fusées et tous les produits -pyrotechniques connus à cette époque; on suspendait ensuite à l'arbre un -grand panier renfermant deux douzaines de chats et un renard. - -«Les registres de comptabilité de l'Hôtel-de-Ville contiennent, au sujet -de ce dernier article, la mention suivante: - -_A Lucas Pommereux, l'un des commissaires des quais de la ville, cent -sous parisis pour avoir fourni, durant trois années, tous les chats -qu'il fallait audit feu, comme de coutume; mêmement pour avoir fourni, -il y a un an, où le roi assista, un renard, pour donner plaisir à Sa -Majesté, et pour avoir fourni un grand sac de toile où étaient lesdits -chats._ - -«Lorsque le feu était apaisé, le roi montait à l'Hôtel-de-Ville, où -l'attendait une somptueuse collation. La foule se précipitait sur les -débris du bûcher et se disputait les tisons, dont la possession était un -gage de bonheur et de réussite en toutes choses pendant une année -entière. - -«Louis XIV n'assista qu'une seule fois à cette cérémonie, et Louis XV -refusa de s'y montrer. Le feu de la Saint-Jean ne fut plus alors -considéré que comme une tradition populaire, et les vestiges en furent -effacés par l'orage de la Révolution.» (_Journal de Rouen, 18 février -1852._) - - -SAINT-BENOIT. - -Quand il pleut le jour de saint Benoit (11 juillet), on est convaincu -que la pluie durera quarante jours. Il faut peut-être voir l'explication -de cette croyance dans la légende du saint. Un jour, étant allé visiter -sa soeur, sainte Scholastique, celle-ci voulut le retenir au moment de -partir; mais, comme il se refusait à rester, elle pria Dieu qui suscita -_une si grande tempeste de tonnerre, d'esclairs et de pluye_, que saint -Benoit ne put sortir de la maison (_Fleurs des vies des Saints_, par -Ribadeneira, tome I, page 493, édit. in-4º). - - -SAINT-MARC. - -S'il pleut le jour de saint Marc, c'est signe qu'il n'y aura point de -merises. Voici ce qui a pu donner lieu à ce dicton: A cette époque, 25 -avril, les merisiers sont en fleurs, et la pluie, si elle se -prolongeait, pourrait les empêcher de nouer. - - -SAINTE-MONIQUE. - -La pluie, le jour de sainte Monique, 4 mai, présage qu'il n'y aura point -de pommes. C'est l'époque de la fleuraison des pommiers. - - -SAINT-PIERRE (_Feu de_). - -On fait aussi des feux la veille de la fête de saint Pierre. Vers le -coucher du soleil, le clergé de la paroisse se rend en procession au -lieu où le bois a été disposé, le prêtre y met le feu et prononce une -bénédiction; après quoi la procession retourne à l'église. Les habitants -se partagent ensuite les tisons qu'ils conservent dans l'espoir d'être -préservés des accidents de l'incendie (Voir notre _Essai sur le canton -de Neufchâtel_, page 148). Nous trouvons encore, dans cet usage, une -trace des feux nocturnes que les Romains allumaient pour célébrer -certains anniversaires, tels que les Palilies, fête fort ancienne à -laquelle Romulus rattacha la célébration annuelle de la mémoire de la -fondation de Rome. Cette fête, instituée en l'honneur de la déesse -Pales, se célébrait le 23 avril (_Encyclopédie théologique_, tome XXVIe, -3me des Religions, page 1056). - - -SAINT-SAUVEUR (_Pélérinage de_). - -Les pélerinages de saint Sauveur ont lieu le jour de la Trinité et -pendant l'octave, et se font à l'intention des animaux malades, surtout -des chevaux. Assez souvent, on _touche_ un morceau de pain à la statue -du Sauveur, et l'on réserve ce pain pour le donner aux bestiaux pendant -leurs maladies. (Voir notre _Essai sur le canton de Blangy_, page 164 et -suiv.) - - -TABLIER. - -Si, en sortant de chez soi, la première personne qu'on rencontre est une -femme _sans tablier_, on est persuadé qu'on éprouvera quelque -désagrément dans la journée. Au reste, les femmes du pays de Bray -sortent rarement sans cette partie de leur toilette. - - -TARTE (_La_). - -Quand les moissonneurs finissant à couper le blé, ils se réunissent et -crient à tue-tête: A la tarte! à la tarte! à la tarte! Cet usage vient -de ce que, antérieurement, on avait l'habitude de manger des tartes à -pareil jour. Aujourd'hui on se contente de vider quelques bouteilles à -large panse, et la tarte se mange à la _parcie_ (Voyez ce mot dans le -Dictionnaire). - - -TERRE-SAINTE. - -Si l'on remue la terre sainte, c'est-à-dire si l'on creuse une tombe le -dimanche, on prétend qu'il mourra une personne pendant la semaine. - - -TREIZE (_Le nombre_). - -Le nombre 13 est généralement considéré comme néfaste. Par exemple, si -treize enfants font leur première communion le même jour, on assure -qu'il en mourra un dans la même année. Il est plus d'une personne qui ne -voudrait pas être treizième à table. Mais, en tous cas, ce qui est le -plus à redouter pour celui qui se trouve le treizième en cette -circonstance, c'est, avons lu quelque part, lorsqu'il n'y a à diner que -pour douze. - - -TRIGLYDOTE (_Le_). - -C'est le petit oiseau qu'on appelle improprement _roitelet_; le peuple -le nomme _petite poulette au bon Dieu_, et ne veut pas qu'on le tue. On -prétend que chaque nichée se réunit dans le nid, la veille des Rois, -avec les père et mère; aussi se garde-t-on bien de détruire ce petit -nid, ordinairement placé au bas des couvertures en paille. - - -VACHERS (_Chanson des_). - -Les petits vachers ont l'habitude de s'adresser de loin des espèces de -dialogues, qu'ils chantent et terminent toujours par ces mots: _Lariala! -lariala! lariala! lalonlariala!_ Il nous semble reconnaître dans ces -paroles une invitation adressée aux autres gardeurs de vaches: _Là! ris -il y a là!... Là! allons là! ris il y a là!_ En effet, ces paroles sont -ordinairement le prélude d'une réunion dans laquelle on mange des poires -et des pommes; après quoi on fait la partie de bilboquet, au milieu des -_ris_ et joyeux discours. - -VENDREDI. - -On considère généralement le vendredi comme un jour néfaste, et beaucoup -de personnes ne voudraient pas entreprendre un travail en ce jour. -Serait-ce qu'on regarde ce jour comme malheureux, en mémoire de la mort -de Jésus-Christ? - - -VENT (_Fiançailles et mariage du_). - -On dit que le vent _se fiance_ le jour de saint Denis (9 octobre), et -_se marie_ le jour de la Toussaint. On ajoute que, pendant l'hiver -suivant, il souffle souvent du point où il se trouvait le jour de ses -_fiançailles_ et de son _mariage_. - - - - - DICTIONNAIRE - DU - PATOIS DU PAYS DE BRAY. - -REMARQUES. - - -Nos lecteurs ne trouveront point dans cette publication les mots devenus -d'un usage général; et, quoique l'Académie ne leur accorde pas le droit -de naturalisation dans son Dictionnaire, nous avons pensé qu'il -suffisait qu'ils fussent admis par les bons lexicographes pour être -autorisé à ne point les classer parmi les mots du patois brayon. - -Nous avons cru devoir insérer quelques locutions vicieuses en usage -non-seulement dans le pays de Bray, mais encore dans toute la Normandie. - -En rédigeant notre travail, nous avons surtout consulté _le Dictionnaire -du patois normand_, par MM. Édélstand et Alfred Duméril, Caen, 1849; le -_Glossaire du patois picard_, par M. l'abbé Jules Corblet, Amiens, 1851, -et le précieux manuscrit de M. Auguste Le Prevost, qui a recueilli les -mots du patois des environs de Rouen et de Bernay. Les mots du patois -brayon usités en Basse-Normandie sont indiqués par les initiales B.-N.; -nous indiquons ceux qui sont employés en Picardie par un P, et ceux de -la Haute-Normandie par les lettres H.-N. - -Enfin, nous avons, autant que possible, écrit le patois brayon comme on -le prononce; mais il existe un grand nombre d'expressions dont la -prononciation ne saurait être rendue sans altérer profondément le sens -des mots. - - - - - DICTIONNAIRE - DU - PATOIS DU PAYS DE BRAY. - - - A - -A, elle, s'emploie assez généralement devant une consonne. Ex.: A m'a -dit de partir. P. - -A, aux. Ex.: Dites _à_ charretiers de dételer. - -ABAVENT, contrevent, qui _abat_ le vent. B.-N. - -ABITER, toucher. Ex.: N'_abitez_ pas là. H.-N. - -ABLO, somme qu'il fallait ajouter aux anciennes pièces de monnaie pour -compléter leur valeur diminuée par la circulation. Aux pièces de _six -sous_, on ajoutait un sou; aux pièces de _douze sous_, deux sous; aux -pièces de _vingt-quatre sous_, quatre sous; aux écus de _trois livres_, -cinq sous; aux écus de _six livres_, quatre sous; aux louis de -_vingt-quatre livres_, treize sous, etc. - -ABOIRE, aboyer. - -ABOLI, abattu, triste. P. - -ABOULER, pousser comme une boule, Ex.: _Aboule-moi_ ton argent. P. - -ABRE, arbre. - -ABRIAS, grand paillasson dont se servent les moissonneurs, et à l'ombre -duquel ils prennent leurs repas. - -ABRIER, abriter. Les uns font venir ce mot du vieil allemand -_ad-bi-rihan_, les autres du latin arbor. Nous ferons dériver tout -simplement ce mot de _abri_, comme le verbe _abriter_. B.-N., H.-N., P. - -ABRUVER, abreuver. P. - -ABYMER, gâter, salir, déchirer un objet. H.-N., P. - -ACANT, ACANTÉ, en compagnie, à côté de. Ex.: J'irai au marché _acant_ ou -_acanté_ vous. B.-N. - -ACANTER, incliner, pencher un vase. - -ACCIPER, prendre, recevoir; du latin _accipere_. - -ACCORDS, conventions qui précèdent le mariage. Ex.: On fait demain les -_accords_ de Paul et de Julie. B.-N. - -ACHEVALER (s'), se mettre à califourchon sur. P. - -ACHOPÉ, entêté. H.-N. - -ACHOPER (s'), s'entêter à une chose. P. - -ACONNAITRE (se faire). Se faire connaître à une personne. H.-N. - -ACONDUIRE (se faire), se faire conduire à. H.-N. - -ACCOUTUMANCHE, ACCOUTUMANCE, habitude. P. - -ACTIONNER, presser. Se dit particulièrement du ministère d'un huissier -qui assigne une personne à comparaître devant un juge, un tribunal. P. - -ACRE. L'acre se compose de 160 perches, à l'exception de celui de Blangy -qui n'en a que 147. Mais l'on distingue différentes espèces de perches; -ce qui donne une grande différence dans la contenance des divers acres. -Voici ceux qui sont en usage dans le pays de Bray. Saint-Saens: perche -de 18 pieds 4 pouces et de 20 pieds 2 pouces, ce qui donne deux sortes -d'acres dans le même canton, l'un de 56 ares 73 centiares, et l'autre de -68-66. Gournay: perche de 20 pieds 2 pouces, comme Saint-Saens _en -partie_. Londinières: perche de 21 pieds 1 pouce, de 21 p. 6 p. 1/2 et -de 22 pieds, formant trois sortes d'acres: 1º 75 ares 05 centiares; 2º -78-35; 3º 81-72. Cette dernière mesure est la plus générale; elle est en -usage à Argueil, Aumale, La Feuillie, La Ferté, Gaillefontaine, -Neufchâtel, etc. Bazinval et quelques communes voisines; perche de 23 -pieds, donnant à l'acre une mesure de 89 ares 31 centiares. (_Manuel -métrique_, par P. Périaux, pag. 110 et suiv.) - -ACULER, égarer. H.-N. - -ADIRER, égarer. - -ADIRER (s'), aller à un lieu voulant aller vers un autre; du latin -_adire_, aller à. - -ADLAISI, inoccupé. Ex.: Voilà trois jours qu'il est _adlaisi_. C'est le -_at leisure_ des Anglais, à loisir. - -ADOUCHIR, adoucir. P. - -AD PATRES (envoyer), donner la mort. P. - -ADRÈCHE, adresse. P. - -ADRET, adroit. - -ADVINER, deviner. P. - -AFFIQUETS, parures de femme. P. - -AFFAIRE de (avoir une bonne), avoir une grande quantité de. - -AFFAIRE (être à son), connaître son commerce, le faire avantageusement. -H.-N. - -AFFAITEMENT, assaisonnement. H.-N. - -AFFAITER, assaisonner. Ex.: Voulez-vous _affaiter_ la salade. H.-N. - -AFFLATER, flatter, caresser avec la main. P. - -AFFLIGÉ, contrefait, estropié. P. - -AFFRIOLER, affriander. P. - -AFFOURÉE, fourrage destiné à un repas des vaches ou des moutons. Ex.: -Allez donner une _affourée_ aux vaches. B.-N. - -AFFOURER, donner une _affourée_. Ne se dit pas en parlant des chevaux. -B.-N. - -AFFUBER, envelopper. Ex.: Cette liqueur m'_affube_ le coeur. - -AFFULER (s'), mettre son bonnet. P. - -AFFULURE, coiffure de femme. P. - -AFFUTIAUX, parures. P. Objets divers nécessaires pour former un tout ou -travailler à un objet. B.-N. - -AGA! tiens! vois donc. Selon M. du Méril, vient du saxon _agarder_. -B.-N. - -AGACHE, pie. P. - -AGACHER, agacer, irriter. Se dit aussi du cri des oiseaux au moment -qu'on enlève leur couvée. - -AGALÊTRER, exciter, irriter, Ex.: Si tu _agalêtres_ le chien, tu te -feras mordre. - -AGE (en), majeur. P. - -AGE (homme d'), homme âgé. P. - -AGERS, distribution, places. Ex.: Je connais les _agers_ de la maison. -En Picardie, on dit _eziers_. - -AGONIR DE SOTTISES, accabler d'injures. P. B.-N. H.-N. - -AGRAPPINS, espèce de grappins qu'on s'ajuste aux jambes pour monter aux -arbres et les ébrancher. - -AGRIPPER, prendre en secret. H.-N. - -AGRIPPER (s'), s'accrocher. Ex.: En tombant, il s'est _agrippé_ à une -branche. H.-N. - -AGUIGNETTES, étrennes du premier jour de l'an. On regarde assez -généralement ce mot comme une corruption du cri: _au gui l'an neuf!_ que -poussent les enfants, en certaines contrées, pour annoncer le nouvel an -et demander des étrennes. On croit reconnaître dans cet usage un -souvenir de l'ancienne coutume des Bardes qui annonçaient la nouvelle -année en distribuant le gui sacré coupé par les druïdes (Voir notre -_Essai sur le canton de Londinières_, page 107). - -AHI! Expression qui sert à exciter les animaux à avancer ou à reculer. -B.-N. - -AHOQUER, accrocher. B.-N. - -AHURI, stupéfait, abasourdi. P. H.-N. - -AHURIR, frapper d'étonnement. P. - -AIAUX, narcisses des prés. P. - -AIN, AINE, un, une. - -AIR (avoir l'), ressembler. Ex.: Cet homme _a l'air_ de ton père. H.-N. - -AIR (faux), ressemblance légère. Ex.: Il a un _faux air_ de ton oncle. -H.-N. - -AJET, achat. - -AJUSTER. Employé comme synonyme de _joindre_, _rassembler_. P. - -AL'. Employé pour _à la_. Ex.: Il ira _al_ saint Jean. P. - -AL', elle, elles. - -ALENCONTRE, contre. P. - -ALLER (s'en), se dit d'un liquide qui s'échappe d'un vase en bouillant. -B.-N. - -A LES, aux. - -ALLEZ! Exclamation d'indifférence. Ex.: Vous pouvez vous moquer de moi, -_allez!_ je ne me fâcherai pas. - -ALLONGE, pièce de bois qui unit les deux trains d'un chariot. P. - -ALLURE (cheval d'), amble. B.-N. - -ALLURES, démarches suspectes. - -ALOSER, donner trop d'éloges à une personne ou à une chose. Ce mot, qui -était usité dès le XIe siècle, viendrait-il de _laus_, louange? - -ALUMÈTE, ALLUMELLE, lame de couteau sans manche. - -AM', à ma. Ex.: Je chante _am'_ manière. Devant une voyelle, on -mettrait: - -AM'N', à ma, à mon. Ex.: Pensez _am'n'_affaire. - -A-MAIN (en), outil dont il est aisé de se servir. Ex.: Cette faucille -est bien _en a-main_. - -AMELETTE, omelette. P. H.-N. - -A MÊME (être), occupé à faire une chose. Ex.: Je suis à même de faire ma -barbe. H.-N. - -A MÊME (prendre), prendre une portion de quelque chose. Ex.: Prends des -pois _à même_ du plat... Bois _à même_ de la bouteille. H.-N. - -AMÈRE, espèce de pommes à cidre. - -AMÈTRER, mettre les cailloux par monceaux d'un mètre cube. - -A-MI, parmi, au milieu de. Ex.: Il est _à-mi_ les champs. - -AMI (bon), amant. - -AMIGNARDER, caresser. - -AMIGNOTER, amadouer, caresser. P. - -A-MITAN, à moitié. - -AMITOUFLER (s'), s'envelopper la tête et la figure pour se préserver du -froid, Vient probablement du latin _amictus_, couvert. P. - -AMITIEUX, caressant. - -AMONT, au haut de: Ex.: _Amont_ la côte. - -AMONT (vent d'), vent d'en haut, qui élève ou _amonte_ les nuages. H.-N. - -AMONTER, monter, gravir une côte. H.-N. - -AMOUCHELER, amonceler. - -AMOUILLANTE (vache), vache dont la mamelle commence à s'emplir de lait, -et qui ne tardera pas à vêler. B.-N. - -AMOUROUQUES, camomille des champs. En Picardie et aux environs de -Bayeux, on dit _amourette_; près de Bernay, c'est _amourioques_. H.-N. - -AMUNITION (fusil, pain d'), de munition. H.-N. - -AMUSER (s'). Se dit d'un homme qui a des relations coupables avec une -femme. H.-N. - -ANDIER, chenet orné d'une hampe et d'un crochet mobile, qui sert à -placer la broche pour faire rôtir les volailles ou autres pièces. - -ANE (oreilles d'), centaurée noire. On appelait aussi de ce nom un -bonnet de papier, orné de longues oreilles, que les anciens maîtres -d'école plaçaient sur la tête des écoliers rebelles. - -ANGE, espèce. Ex.: Donnez-moi de l'_ange_ de vos petits pois. - -ANGER DE, fournir. Ex.: _Angez-moi_ d'un bon couteau. - -ANGOLAT (chat), angora. - -ANICROCHES, entraves. - -ANNE, aune. - -ANTENOIS (moutons), âgés de moins d'un an. - -ANTOMI, engourdi. Se dit aussi substantivement d'un squelette humain. - -ANNELÉE. On désigne sous ce nom chaque volée qu'on sonne pour les -défunts. - -ANNELER, agneler. - -ANUIT, aujourd'hui. Mot conservé de l'ancien usage des Celtes qui -comptaient par nuits et non par jours (Voir notre _Essai sur le canton -de Londinières_, p. 106). Les Anglais se servent encore de l'expression -_fortnight_ (contraction de _fourteen nights_, quatorze nuits) pour -signifier quinze jours; ils disent aussi _sennight_ pour indiquer une -semaine ou huit jours. P. H.-N. B.-N. - -ANUITER (s'), s'attarder, se laisser surprendre en voyage par la nuit. -P. - -APATELLE, nourriture que les oiseaux portent à leurs petits. P. - -APATELER, porter l'_apâtelle_. P. - -APPOIYAS, longues fourches de bois qui servent à soutenir les branches -des pommiers trop chargés de fruits. - -APOIYER, appuyer. - -A POINT (venir), arriver au moment convenable pour être utile. P. - -APOS (faire), s'ennuyer, regretter. Ex.: Il me fait _apôs_ de mon fils -depuis qu'il est au collége. - -APOTUME, apostème. P. - -APOTUMER, abcéder. - -APPAREILLER, mettre par couple. P. - -APPOLON, sorte de camisole de femme. P. - -APPOLER, appuyer, pousser, presser contre. - -APPRINS (mal), mal élevé. - -A QUAND? Locution interrogative. Ex.: _A quand_ notre réunion? - -ARABE (terre), arable. P. - -ARCAIL (fil d'), fil d'archal. - -ARÉ! voyez! B.-N. - -ARÊQUE, arête de poisson. - -ARÊQUE DU DOS, épine dorsale. - -ARGOT, ergot. - -ARIAS, contrariétés. Ex.: Il y a eu des _arias_ pour son mariage. - -ARIÈRE (en), en cachette. P. - -ARMANA, almanach. - -AROUSER, arroser. P. - -ARRANGEMENT (personne d'), avec laquelle il est aisé de s'arranger. - -ARRASER, passer près de. Ex.: Sa voiture a _arrasé_ le mur. - -ARSOUILLE, fille qui a des habitudes de débauche et de malpropreté. P. -B.-N. - -ARTER, arrêter. P. - -ARUER, lancer, jeter vers quelqu'un. Ex.: _Arue_-moi ton couteau. - -AS', à sa. Ex.: J'ai mangé _as'_ table; mais devant une voyelle, c'est: - -AS'N', à sa, à son. Ex.: Il est parti _as'n'_ ouvrage. - -AS-COURANTE, as-courant, jeu de cartes. - -ASSASSIN, assassinat. B.-N. - -ASSASSINEUX, assassin. P. - -ASSAVOIR (faire), faire savoir. P. - -ASSIÉTER (s'), s'asseoir. - -ASSIR (s'), s'asseoir. P. - -ASSOMILLER (s'), s'endormir. - -ASSOTER (s'), s'éprendre d'amour pour une personne qui ne le mérite pas. -P. - -ASSOUFFI, rassasié. P. - -ASTEURE, à présent, à cette heure. P. - -ASTICOTER, taquiner, chicaner. P. B.-N. - -ASTIQUER. On dit _astiquer_ à une porte pour signifier la secouer -longtemps, chercher à l'ouvrir sans pouvoir réussir. M. E. du Méril fait -venir ce mot de _staga_, mot islandais qui signifie revenir trop souvent -à la charge. B.-N. - -AT', à ta, devant une consonne. Ex.: Il est parti _at'_ maison; devant -une voyelle, on se sert de: - -AT'N', à ta, à ton. Ex.: Il a été _at'n'_ école. P. - -ATAME, entamure, premier morceau d'un pain. - -ATOUT, coup, blessure. P. H.-N. B.-N. - -ATTAQUE, attache. P. - -ATTAQUER, attacher. P. Un Picard devait être pendu, quand on lui proposa -sa grâce, à condition d'épouser une femme de mauvaise vie qu'on lui -présenta. Il allait s'y décider, quand il s'aperçut qu'elle boitait: -_Elle cloke_, dit-il au bourreau, _attake! attake!_ (_Glossaire du -patois picard_, par M. l'abbé Corblet, page 329). - -ATTELÉE, temps pendant lequel les chevaux travaillent sans rentrer à -l'écurie. P. - -ATTELURE, certain nombre de chevaux de trait qui travaillent ensemble. -Ex.: J'ai une belle _attelure_ de six chevaux. - -ATTENTIONNÉ, qui a des attentions pour plaire à une personne. - -ATTISÉE (bonne), grande quantité de bois mise au feu. P. - -ATTOUCHER, toucher. Ex.: N'_attouchez_ pas là. H.-N. - -ATTRAPER (s'), se blesser contre un objet quelconque. H.-N. - -ATTRAVER, apporter. Ne se dit que des choses qu'on apporte en certaine -quantité et qui exigent plusieurs courses. Ex.: Vous aurez soin -d'_attraver_ de l'eau pour les moutons et du fourrage pour les chevaux. - -ATTUIRE, tutoyer. P. - -AUBÉ, aubier. - -AUCUNS (d'), quelques-uns. - -AUMONDE, aumône. Voici la formule la plus ordinaire des mendiants: _Un' -p'tit' aumonde, si vo plaît, pour l'amour du bon Dieu et de la sainte -Vierge._ - -AUTEUX, aouteron, qui travaille à recueillir la moisson. - -AUTE, autre. - -AUTOUR DE (être), être occupé à. - -AVA, AVAL (veut d'), vent qui rapproche les nuages de la terre, les -précipite _ad vallem_, et annonce la pluie. H.-N. - -AVALLON, gorgée de boisson. P. - -AVANT, profond. P. - -AVANTAGER (s'), se donner des éloges. - -AVANTEUR, profondeur. - -AVEINDRE, atteindre, tirer une chose d'un lieu. P. - -AVEINE, avoine. - -AVEINERI, champ où l'on a récolté de l'avoine. - -AVENANT, poli, qui a de bonnes manières. - -AVENANT (à l'), en proportion. - -AVENIR, convenir. Ex.: Il ne lui _avient_ guère de faire le monsieur. -H.-N. - -AVENTS (les), les quatre semaines qui précèdent la fête de Noël. - -AVER, avoir. - -AVEU, avec. P. - -AVISER, regarder. Pourquoi me regardez-vous ainsi, disait un jour un -monsieur à un paysan?--Eh! repartit celui-ci, un chien _avise_ bien un -évêque. P. - -AVOCAT-SOUS-L'ORME, chicaneur, homme qui aime à donner son avis dans les -contestations et les procès. Cette dénomination vient de ce que les -plaids seigneuriaux se tenaient autrefois sous de grands ormes. M. -Léopold Delisle en cite plusieurs exemples, pour le XIIIe et le XIVe -siècle, dans son intéressant ouvrage sur l'état de l'agriculture en -Normandie, au moyen-âge (_Etudes sur la condition de la classe -agricole_, p. 357 et 738). - -AVOUER, user. Ex.: Elle m'a avoué deux morceaux de savon. H.-N. - -AVRONE, aurone. - -AYOU? où. H.-N. - - - B - -BABET, Élisabeth. - -BABINES, lèvres. Ex.: Essuie-toi les _babines_. H.-N. - -BABOUIN. V. _Babines_. H.-N. - -BACHIN, bassin. P. - -BACHINET, bassinet, espèce de renoncule. - -BACHINET (cracher au), donner de l'argent en plusieurs fols pour la -réussite d'une affaire ou d'une dépense. - -BACHINER, bassiner. _P._ - -BACHINOIRE, bassinoire. - -BACU, petite volée à laquelle on attache les traits de chaque cheval et -qui lui _bac_ le derrière quand il marche. - -BADRÉE, espèce de bouillie qu'on place sur une pâtisserie commune. Voy. -_Tarte._ P. - -BAGAROT, petit garçon de ferme chargé de menus ouvrages, tels que tirer -la boisson à chaque repas, nettoyer les étables, apporter la nourriture -des bestiaux, etc. - -BAGNOLE, petite charrette en mauvais état. H.-N. - -BAGNER, baigner, mouiller. P. - -BAGOU, affluence de paroles inutiles, bavardage. P. - -BAGUENAUDER, s'amuser à des riens. P. - -BAJOUES, chair qui se trouve à côté des mâchoires du porc. Se dit aussi, -en mauvaise part, des personnes qui ont les joues grosses et pendantes. - -BAILLER, donner. P. - -BALANDER (se), se balancer. - -BALER, être chargé de, pencher. Ex.: Les pommiers _balent_ de pommes. P. - -BALIER, balayer. - -BALIETTE, petit balai. P. - -BALIURES, balayures. - -BALLOTER, ne point offrir d'une marchandise le prix qu'elle vaut -réellement. - -BALLOTEUX, qui _ballote_. - -BAMBOCHEUX, ivrogne. - -BANCAR, fléau servant à peser. - -BANNETTE, berceau en osier pour les enfants nouveaux nés. - -BANS (commander des), faire à l'église des publications de bans. - -BARAGOIN, langage étranger. - -BABBOT, place de peu d'étendue, où il y a de l'eau et de la boue. - -BARBOTÉ (enfant), qui a la figure sale. - -BARBOTER, parler entre ses dents. Se dit aussi d'un enfant qui joue dans -un _barbot_. P. - -BARBOUQUET, bouton aux lèvres. H.-N. - -BARBOUQUET (faire un), remplacer la bride d'un cheval au moyen de sa -longe qu'on lui passe dans la bouche, et dont on lui entoure la mâchoire -inférieure. - -BARE, barrière. - -BARETTE, petite barrière. - -BARRAGE, clôture faite au moyen de pieux et de longues pièces de bois. - -BARRURE. Voy. _Barrage_. - -BAS D'ESTAMIER, fabricant de bas. On appelait autrefois _bas d'estame_ -de gros bas de laine tricotés. H.-N. - -BASENCULÉ (homme), de petite taille. H.-N. - -BASSET (homme), de petite taille. P. - -BASSIÈRES, cidre qui reste avec la lie au fond des tonneaux. H.-N. - -BASSURE, vallée. P. - -BATACLAN (emporter son), c'est-à-dire ce qu'on possède. S'entend -ordinairement de celui qui a peu de meubles. - -BASTANT, E, personne agile et vigoureuse. Ce mot viendrait-il de _benè -astare_? - -BATE! bah! tant pis! - -BATISTÈRE, acte de baptême extrait des registres. - -BATTE, seconde pièce du fléau qui sert à battre le blé. Voy. -_Maintient_. - -BATTEMARE, bergeronnette, oiseau qu'on nomme aussi _hoch-queue_ ou -_hoche-cul_, à cause du mouvement continuel de sa queue. - -BATTEUX, battoir de _lessiveuse_, batteur de blé. - -BATTIÈRE, aire de grange où l'on bat le grain. - -BAVERESSE, bavarde. H.-N. - -BAVERETTE, pièce carrée qui se trouvait au haut du tablier et -s'attachait sur la poitrine avec des épingles. Elle n'est plus en usage. -H.-N. B.-N. - -BAVOLETS, rubans et autres enjolivements de la coiffure des femmes. -B.-N. - -BAYER, regarder niaisement. - -BAYETTE, baguette. H.-N. - -BAYOTTE (vache), rouge et blanche. - -BÉBAIS, moutons (terme enfantin). - -BÉBÊTE, animal, bête (terme enfantin). - -BEC (donner un), baiser. - -BÉCACHE, bécasse. P. - -BÉCAR, pou. - -BÉCOT, baiser. - -BÉCOTER, donner des baisers. - -BECVÉCHER, faire des gerbes en mettant des épis des deux bouts, quand -les grains sont courts. En parlant de la miséricorde d'une stalle sur -laquelle deux hommes sont représentés la tête de l'un aux pieds de -l'autre. H. Langlois dit qu'ils sont groupés _à béchevet_. (_Stalles de -la cathédrale de Rouen_, page 144). - -BÉDAN (pommes de), espèce tardive de pommes à cidre. H.-N. - -BEDIÈRE, mauvais lit; de l'anglais _bed_. B.-N. - -BEDON, bédaine, ventre. H.-N. - -BEDONNÉE (s'en donner une), manger avec excès. - -BÉGAS, imbécile. - -BÉGUER, bégayer. P. - -BÉGU, BÉGUE, personne dont la mâchoire inférieure s'avance plus que la -supérieure. - -BÉ HASARD, probablement, peut-être. - -BÈKE! expression dont on se sert pour détourner les enfants de toucher à -une chose sale. P. - -BEL ET BIEN, sérieusement. - -BELLE HEURE (à), très-tard. P. - -BELLENÉE, contenu d'un banneau. - -BELLOT, BELLOTTE, gentil, gentille. P. - -BELZAMINE, balsamine. - -BENAIS, homme simple. - -BÉNIAU, banneau. - -BENELÉE, ce que contient un banneau. Ex.: Une _benelée_ de fumier. - -BER, berceau. - -BERBIS, brebis. P. - -BERCAILLES, moutons maigres et de mauvaise qualité. - -BERDAILLER, crier fort et sans raison. - -BERDELLES, bretelles. H.-N. - -BERLAFE, coupure. - -BERLAN, brelan. - -BERLANDER, flâner, négliger son travail pour courir par les rues. - -BERLINGUER, vaciller en parlant de la vue. - -BERLUQUE, petit objet, atome, petit fragment. P. - -BERNEUX, petit enfant qui ne connaît pas encore les règles de la -propreté. - -BERNIQUE! interjection négative. P. Un curé annonçait ainsi à ses -paroissiens la clôture de la pâque: «Mes frères, dimanche prochain nous -chanterons le Te Deum pour ceux qui ont _pâqué_; pour ceux qui n'ont -point _pâqué_, ça fera _bernique_.» - -BÉROUETTE, brouette. - -BERQUERIE, bergerie. - -BERQUIER, berger. - -BERS, ridelles d'un chariot. - -BÉSER, se dit des vaches qui courent quand les mouches les importunent -trop. - -BÉSOT, petit oiseau qui éclot le dernier de la nichée; il est -ordinairement plus petit que les autres. Se dit aussi du dernier enfant -d'une famille. - -BÉ SUR, certainement. - -BÉTAS, sot. - -BÉTE (mettre des harengs tête), placer la tête des uns sur la queue des -autres. - -BÉTISES, obscénités. - -BÉTON, bête; jeune veau. - -BÉTONNER, dire des _bétises_. - -BÉTOT, bientôt. - -BIAU, beau. P. - -BIAUTÉ, beauté. P. - -BIBERON, bec d'un vase. P. - -BIBI, petite plate, égratignure, bouton à la peau. - -BIDET, BIDETTE, cheval ou jument de selle. - -BIÈVRE, harle. P. - -BIGNE, petite bosse à la tête par suite d'un coup ou d'une chute. H.-N. - -BILAUDES, gros et longs bâtons de bois servant à divers usages, tels que -cercles, _barrages_, etc. - -BILLARD, boiteux, qui marche la pointe des pieds en dedans. - -BISC-EN-COIN (de), de biais, d'un coin à l'autre. B.-N. - -BISQUE, mauvaise jument. - -BISQUER, être contrarié. - -BISSON, buisson. - -BISSOSNIÈRE (faire l'école), se cacher dans les buissons pour se jouer -et ne point aller à l'école. - -BITAMBOUT (tout de), d'un bout à l'autre. - -BITER, toucher. - -BLAGUE, hâblerie. - -BLAGUER, hâbler. - -BLAGUEUX, qui _blague_. - -BLAI, blé. - -BLAI (bis), méteil. - -BLAIRER, regarder. - -BLAIRI, champ où l'on a récolté du blé. - -BLANCS (six), deux sous et demi. Le _blanc_ valait cinq deniers. Ce fut -sous Henri II qu'on fit des pièces de six blancs nommés _gros de Nesle_. - -BLANC-BEC, jeune homme qui n'a pas encore de barbe. - -BLASER, panser une plaie avec un liquide quelconque. - -BLÈQUE (pomme en poire), blette, fruit trop mur, à demi-pourri. - -BLIN, mouton mâle non châtré. On appelait autrefois les agneaux des -belins. B.-N. - -BLINDER, action de jeter des palets pour voir lequel des joueurs sera le -plus près du but et jouera le premier. - -BLINGUER. Voy. _Blinder_. - -BLO, pièce de bois qu'on place sous une autre pour l'éloigner de terre. - -BLOQUER, mettre une maçonnerie sous les poutres principales d'une -nouvelle construction en bois, en attendant qu'on fasse le reste. - -BLOUGUE, boucle. - -BLOUGER, boucler. - -BLOUSER (se), se tromper ou se mettre dans l'embarras. P. - -BLUQUE, Voy. _Berluque_. - -BOBOS, sabots (terme enfantin). - -BOCHE, bosse. P. - -BOCHE (s'en donner une), manger avec excès. - -BOCHU, bossu. P. - -BOIRE (à), cidre. Ex.: Veux-tu du vin, de la bière, etc.?--Non, je veux -_à boire_. - -BOIS (couteau de), eustache. - -BOISE, gros morceau de bois, poutre. H.-N. P. - -BOISETTES, menues branches que les pauvres gens ramassent dans les bois -et forets. On dit en parlant d'un petit feu: C'est un feu d'_prête_, un -tison et deux _boisettes_. - -BOISSON, cidre auquel on à ajouté de l'eau. H.-N. - -BON-JOUR, communion pascale. Ex.: Il fera demain son _bon-jour_. P. - -BONNEMENT? est-ce vrai? - -BOQUET, pommier qui n'a pas été greffé. P. - -BOQUILLON, bûcheron. P. - -BORDILLER, être près de. Ex.: Il doit _bordiller_ 60 ans, c'est-à-dire -avoir près de 60 ans. - -BOS, bois. P. - -BOSCO, bossu (mot injurieux). P. B.-N. - -BOSSIAU, boisseau, mesure pour les grains. On appelle boisseau rez celui -qu'on emplit jusqu'au bord, et boisseau comble, celui dans lequel on -verse autant de grain qu'il en peut contenir. Cette distinction était -connue au moyen-âge. Voici les anciens boisseaux en usage dans le pays -de Bray, en prenant pour base le pot d'Arques, qui vaut en litre 1,824; -Argueil, 18 pots 1/25; Aumale, 11¾; Blangy et Gaillefontaine, 12; -Foucarmont, 11¼; Gournay et Saint-Saens, 18; Grandcourt, 11; -Neufchâtel, 12¼. - -BOTTER. On dit de la boue et surtout de la neige, qu'elle _botte_, quand -elle s'attache à la semelle des chaussures. H.-N. - -BOUCAN, bruit, dispute. P. - -BOUCAN (chercher, engendrer), susciter une querelle. - -BOUCANE, maison de chétive apparence. Ce mot vient de _boucan_, bordel. -C'est à cause de la mauvaise acception de ce dernier mot qu'un cordelier -de Dijon, nommé _Boucan_, changea son nom et se fit appeler Beauchamp. - -BOUCANER, quereller. Se dit aussi d'un fumeur qui aspire beaucoup de -fumée à la fois. - -BOUCAR, bocal, carafe à mettre du cidre ou des fruits à l'eau-de-vie, -tels que cerises, cacis, etc. - -BOUCHE (être sur sa), être porté à la gourmandise. - -BOUCHEROT, boucher qui vend de la viande de mauvaise qualité. - -BOUCHIE, bouchée. - -BOUCHIE (manger une), prendre un léger repas. - -BOUDINÉE, totalité de boudin provenant d'un porc. - -BOUFFÉE, accès de rage ou de colère. - -BOUFFER, bouder. - -BOUFFI (hareng), hareng qui a séjourné peu de temps dans la saumure. P. - -BOUFRE! juron. H.-N. - -BOUGONNER, gronder entre ses dents. - -BOUGRE! juron fréquent parmi les gens de la campagne qui ajoutent -souvent le mot sacré. Cette expression vient peut-être de _bulgarus_, en -conservant à l'_u_ sa prononciation. - -BOUGRE (bon, mauvais), comme on dit: Bon diable, bon enfant. - -BOUILLON, pluie. - -BOUIS (dimanche du), dimanche des Rameaux; ainsi nommé, parce qu'on -porte à la main du _bouis_ bénit. - -BOUJOU! bonjour! On emploie aussi ce mot substantivement pour désigner -la visière d'une casquette. - -BOULE, pâte renfermant des pommes ou des poires cuites au four. - -BOULE (perdre la), radoter, devenir fou. - -BOULOCHE. Voy. _Boule_. - -BOUQUER. En parlant des abeilles qui se groupent à la _bouque_ de la -ruche, avant d'essaimer. - -BOUQUETS, nom générique par lequel on désigne toute espèce de fleurs -cultivées dans un jardin. - -BOUQUET-D'HIVER, bouquet de fausses fleurs. H.-N. - -BOURBE, boue. - -BOURE, femelle du canard. H.-N. B.-N. - -BOURIQUE, âne. H.-N. - -BOURILLER, faire des bourées. - -BOUROTER (se), marcher lentement comme une _boure_. H.-N. - -BOURSICOT, bourse. P. - -BOUSA, BOUSE, BOUSÉE, Excréments de la vache. - -BOUSIN, grand bruit, tapage. P. - -BOUSTIFAILLE, bonne chère. P. - -BOUT DE CHAMP (à tout bout de), a chaque instant. P. - -BOUT D'HOMME, petit homme. P. - -BOUT EN BOUT (tout de), entièrement. P. - -BOUT-RABATTU, croupe, toit qui se prolonge au-delà du bâtiment, sans -support partant du sol. H.-N. - -BOUTER, mettre, B.-N. P. - -BOYERS, boues des rues. - -BRACHE, brasse. P. - -BRACHIE, brassée. Comme on le voit, le mot patois se rapproche davantage -de son origine, _brachium_. - -BRADER, vendre à trop bas prix. P. - -BRAIES, culottes. P. B.-N. - -BRAILLER, s'habiller avec prétention, porter des vêtements au-dessus de -son état de fortune. - -BRANDI (tout), tout entier. - -BRANDILLER, remuer de côté et d'autre. - -BRANLER, remuer. H.-N. - -BRANNER, branler, remuer. - -BRANQUE, branche. P. - -BRAQUE (personne), vive et irréfléchie. P. B.-N. - -BRASSER, faire, agir. Se prend souvent en mauvaise part. P. - -BRAVE, bon, probe. S'emploie aussi comme synonyme de _endimanché_. - -BRÊLÉE, mélange d'orge et d'avoine qu'en sème au printemps. P. - -BRÊLES, Voy. _Braies_. - -BRÈQUE, ouverture. P. - -BRÈQUE-DENTS, personne à laquelle il manque des dents. B.-N. - -BREUILLES, intestins d'animal. H.-N. - -BRICOLE, espèce de licou qu'on met aux vaches pour les empêcher de -brouter les arbres. - -BRICOLER, aller de côté et d'autre; entreprendre plusieurs ouvrages et -n'en finir aucun. - -BRIÈRES, bruyères, H.-N. - -BRIMBALLER, sonner les cloches sans goût et sans mesure. - -BRIMBORIONS, bagatelles, petits morceaux du rubans, soieries, etc. - -BRIN, pas du tout. Ex.: Il n'a _brin_ d'esprit. - -BRINCHE, brins de bouleau dont on fait des balais. - -BRINGAND, brigand. - -BRINOTER, manger peu et sans faim. - -BRIOCHE (manger de la), vendre à des conditions moins avantageuses que -celles qu'on avait d'abord refusées. H.-N. - -BRIT, bruit. - -BRONGNES, tétins de truie. - -BROQUE-A-Z'YEUX (ne voir), être dans une obscurité complète. H.-N. - -BROSQUINS, brodequins. - -BROSSE (ça fait), c'est une espérance déçue. B.-N. P. - -BROSSEE, rossée. - -BROSSER, donner une _brossée_. P. - -BROU, guy. H.-N. - -BROUACHINAGE, bruine, pluie fine. - -BROUACHINER, bruiner. - -BROUAS (enfant), qui a la figure sale. - -BROUEE, écume, mousse. - -BROUER, mousser. - -BROUET, épidémie. Ex.: Les enfants sont malades; _c'est un brouet qui -court_. - -BROUILLARDER, bruiner. - -BROUIR, aller trop vite. H.-N. - -BROUSTILLES, menu bois qu'on recueille dans les forêts. Un acte de 1330 -parle d'une terre _où il croist des bissons et brostilles_ (_Études sur -la condition, etc._, par M. L. Delisle, page 278). - -BRU, nouvelle mariée. - -BRUCHER, broncher. H.-N. - -BRULE-FER, mauvais forgeron. - -BRULE-GUEULE, pipe dont le chalumeau est très-court. - -BRUMAN, nouveau marié, homme de la bru. B.-N. En anglais, _man_, -signifie homme. - -BU (homme), ivre. B.-N. P. - -BUÉE, vapeur qui s'échappe d'un liquide en ébullition. - -BUETTE, petite ouverture dans une muraille on une couverture. - -BUHOT, corne de boeuf que les faucheurs placent à leur ceinture et dans -laquelle ils mettent du grès écrasé, de l'eau et la pierre à affiler. Il -n'est plus guère en usage. - -BUQUER, frapper. Un jour deux enfants répondaient à une basse messe. -Après le _Domine, non sum dignus_, au moment où les servants -présentaient déjà chacun sa burette au célébrant, une personne se -présente pour communier. L'un des enfants donne le voile de communion, -et l'autre prend une burette de chaque main et se met à dire le -_Confiteor_. Mais, arrivé au _meâ culpâ_, un embarras se présente: -comment se frapper la poitrine? Alors, ouvrant les bras et avançant le -ventre vers son camarade: _Buque su m'panche!_ lui dit-il, _buque su -m'panche!_ - -BUQUETTE, courte-paille. P. - -BUTIN, mobilier de peu d'importance. H.-N. - -BUTTE, bouchon qui sert à un jeu qu'on appelle _la butte_. Ou dit aussi -_jouer au bouchon_. - -BUTTÉE, argent placé sur la _butte_. - -BUVABLE, potable. - - - C - -CABAS, meuble grossier et de grande dimension. Ex.: Que ferez-vous de ce -_cabas_ de buffet? B.-N. - -CABEUIL, crasse produite par la graisse et l'huile qu'on met entre -l'essieu et la roue d'une voiture. - -CABOCHARD, entêté. H.-N. - -CABOCHE, tête dure. H.-N. P. - -CABROUET, espèce de petite charrette sans ridelles. - -CACA (faire), du latin _cacare_. - -CACHARD (cheval), paresseux. B.-N. - -CACHE, CHASSE, bout de ficelle qu'on met à l'extrémité du fouet et qui -sert à le faire claquer. - -CACHE (vache en), vache en chaleur. - -CACHE-MONNÉE, garçon meunier qui parcourt les villages pour recueillir -les _monnées_. - -CACHE-MOUTE. V. _Cache-monnée_. - -CACHER, CHASSER, faire marcher un animal devant soi, à coups de fouet ou -de bâton. - -CACHES (n'être pas au bout de ses), avoir encore beaucoup à faire ou à -souffrir. P. - -CACHEUX, chasseur. _Cache-moute._ - -CACHOIRE (coup de), dernier verre de liqueur qu'on offre à ses convives -au moment où ils partent. - -CADESSIME, catéchisme. - -CADET, homme sans gène et sans peur. - -CADRER, s'entendre bien avec une personne, être en rapport comme le -cadre et la gravure. Ex.: Ces deux hommes _cadrent_ bien ensemble. - -CAFIGNONS, corne qui termine les pieds des vaches, chèvres, porcs, etc. - -CAFOURET, petit appartement sale, dans un grenier ou ailleurs. H.-N. - -CAFUTER, éloigner, renvoyer, chasser un animal. - -CAGE (mettre en), mettre en prison. - -CAGNE (vache), de couleur gris-clair. - -CAGNOLE, tête; espèce de _carcan_ pour les jeunes porcs. - -CAHOTS, secousses que les voitures éprouvent dans les chemins raboteux. - -CAHOTTEMENT, cahotage. - -CAHOUETTE, petite corneille. - -CAHUTTE, mauvais logement, taudis. P. - -CAILLARD, caille trop jeune pour être tuée. - -CAILLE (vache). V. _Cagne_. - -CAINE, chaîne. P. - -CAIRE, chaise. - -CALBOTER (faire), laisser bouillir le lait jusqu'à ce qu'il soit caillé. - -CALÉ (bien), habillé richement et avec goût. B.-N. - -CALÉE, portée d'une chienne, d'une chatte, etc. - -CALEMANDE, ancienne étoffe qui servait à faire des jupes; la chaîne -était de laine et la trame de fil. H.-N. - -CALENGER, marchander. B.-N. P. - -CALER. Se dit d'une chatte qui fait ses petits; on le dit aussi des -lapins, des chiens, etc. D'après M. A. de Poilly, ce mot viendrait du -grec _kalià_, un nid. P. - -CALER BAS, céder, fuir. P. - -CALEUSER, se livrer à la paresse. - -CALEUSETÉ, paresse. - -CALEUX, paresseux. Selon M. A. Le Prevost, ce mot provient de ce que les -personnes indolentes étant sédentaires, finissent par avoir les fesses -caleuses comme les singes. H. N. - -CALIBERDAS (faire un), tomber avec grand bruit. - -CALIÈVRE, genevrier. - -CALIMACHON, limace. - -CALIMACHON-A-HOTTE, limaçon à coquille. - -CALIN, lieu où les vaches _calinent_. - -CALINE, chaleur étouffante à l'approche de l'orage. - -CALINER. Se dit des animaux qui se reposent à l'ombre dans les grandes -chaleurs; vient de _calor_. - -CALIPETTE, petit bonnet rond que les femmes mettent le matin et la nuit. -P. - -CALIT, mauvais lit qui se place dans les écuries et les étables pour les -domestiques. Ce mot nous paraît signifier _lit à cats_, en ce sens que -les chats vont souvent s'y coucher pendant le jour. P. - -CALOGE, loge à chien. - -CALOTTE, soufflet. - -CALOTTES (donner une paire de), souffleter sur les deux joues. - -CAMAILLER (se). Se dit des enfants qui se culbutent en jouant. - -CAMPAGNE, plaine. - -CAMPÉE (personne bien), d'une belle taille et qui se tient bien. H.-N. - -CAMPS, champs. - -CANCHELER, chanceler. P. - -CANCHON, chanson, espèce de pâtisserie; pâte qui renferme des pommes -hachées. - -CANEÇON, caleçon. P. - -CANEVIS, chenevis. - -CANICHE. Voy. _Caloge_. - -CANNE, cruche dans laquelle on tire du cidre pour le repas. En anglais, -_can_. - -CANNÉE, ce que peut contenir une _canne_. B.-N. - -CANNER, pleurer fort. Vient peut-être de ce que l'enfant, en pleurant -ainsi, imite un peu le cri du canard ou celui du chien, _canis_, qui -hurle. - -CANNETTE, petite _canne_. - -CANT (de), de coté, incliné. Voy. _Acanté_. B.-N. - -CANTINETTE, criocère; espèce de caléoptère qu'on trouve fréquemment sur -les feuilles du lis, auquel les savants ont donné l'épithète -_merdigera_, afin d'indiquer que ce petit chanteur, qui amuse tant les -enfants, fut d'abord un vers enveloppé de ses excréments; précaution de -la nature, sans laquelle la larve du pauvre insecte fût devenue la proie -des oiseaux. Ce mot semble venir de _cantitare_, chanter souvent, ou de -_cantilena_, chansonnette. - -CANVERSER, renverser en partie. Ex.: Prends garde de faire _canverser_ -le plat. H.-N. - -CANVRE, chanvre. - -CAPET, chapeau. Dernièrement un bon paysan prenait place dans un des -wagons du chemin de fer de Dieppe à Rouen. Au moment où la locomotive -commençait à s'ébranler, notre homme mit la tête à la portière pour dire -un dernier adieu à la personne qui l'avait accompagné. _Hais! -charretier! charretier! arrêtez donc!_ s'écria-t-il tout-à-coup; _man -capet, man capet que l'vent vient d'm'enlever.... Et b.... n'arrêtera -pas, va!_ En effet, le charretier n'arrêta pas, et le paysan dut -continuer son voyage sans _capet_. - -CAPITAINE-J'ORDONNE. Sobriquet qu'on donne à un maître ou contre-maître -qui s'enorgueillit de son autorité. Le premier qui le porta fut le -vice-amiral Lhermite, de Caen, au moment où il commandait la frégate de -l'amiral Villarez-Joyeuse, à la mémorable action connue dans la marine -sous le nom de _Grand-Combat_, et livrée le 1er juin 1793. Différentes -circonstances ayant rapport aux ordres qu'il fut obligé de transmettre, -lui valurent le surnom assez burlesque de _Capitaine-j'Ordonne_ (_Revue -de Rouen_, t. IV, p. 92). - -CAPOT ou CAPOTE, espèce de mante de camelot, à l'usage des femmes. On ne -la porte presque plus. - -CAPUCHIN, capucin. P. - -CAPPE, cuiret qui retient la _batte_ et le _maintient_ du _flais_. Jean -de Garlande mentionne ainsi les parties du fléau: _Flagellorum partes -sunt manutentum, virga et cappa_ (_Dictionnaire_, no xlvj, p. 598). - -CARAS, bergers. Ainsi dénommés parce qu'ils ont longtemps conservé la -réputation de sorciers, _caragi_. B.-N. - -CARBON, charbon; du latin _carbo_. P. - -CARBONNIER, charbonnier. P. - -CARCAILLOT, appeau pour appeler les cailles. - -CARCAN, appareil en bois qu'on met au cou des cochons pour les empêcher -de passer à travers les haies. - -CARDON, chardon. Ce mot se rapproche plus que le mot français de son -origine, _cardo_. P. - -CARÉE, charrée. P. - -CARÉSI, poires à brasser. - -CARRETTE, charrette. - -CARIAGE, charrol. - -CARNAGE, charogne. Ce mot s'emploie aussi en mauvaise part. Ex.: -Va-t-en, vieux _carnage_! - -CARON, charron. - -CARONGNE. V. _Carnage_. P. - -CARPENTER, charpenter. P. - -CARPENTIER, charpentier. - -CARPIE, charpie. P. - -CARPLEUSE, chenille. Vient du latin _carnis pilosa_, chair velue; en -anglais, _caterpilar_. B.-N. - -CARRE, coin, angle saillant d'une table ou autre meuble. Ce mot devrait -peut-être s'écrire quarre, pour _quarne_, de _quaternus_; c'est l'un des -quatre angles d'une carré qu'on appelle en français _carne_. - -CARRIAGE (chemin de), chemin où l'on passe en voiture. - -CARRIAU, carreau de vitre; espace carre où l'on plante des légumes; -maladie des enfants, dont quelques personnes prétendent guérir le malade -en lui posant la main sur l'estomac. Ceux qui se livrent à cette -pratique, dans le pays de Bray, se disent descendre de la famille de -saint Martin. Aussi, chaque fois qu'on fait _toucher_ un enfant, ne -manque-t-on jamais de faire dire à son intention une messe en l'honneur -de saint Martin, de Tours (Voir notre _Essai sur le canton de -Neufchâtel_, page 7). - -CARTRIE. Voy. _Chartrie_. - -CARIER, charrier. - -CARIER, grosse toile sur laquelle on place les cendres pour la lessive. - -CARTI, corps d'un chariot ou d'une charrette sans ridelles. P. - -CARTIER (faire), diriger les chevaux de manière à ce que les roues de la -voiture ne suivent pas les ornières. - -CARTRIE, lieu où l'on rentre les charrettes et autres voitures pour les -mettre à l'abri de la pluie. P. - -CARUE, charrue. P. - -CAS, chaud, chaleur. - -CAS QUE (en), au cas que, si. - -CASAQUIN, camisole sans manches. - -CASSE, espèce de caisse dans laquelle les domestiques placent leur linge -et leurs vêtements. - -CASSENOIX, nom généralement donné à la sistelle. - -CASSETTE, ustensile en bois qui sert à retenir la crême dans les -terrines, tandis qu'on laisse écouler le petit lait. - -CASSINE, petite maison ancienne et incommode. P. - -CASSIS, fossé pratiqué pour l'écoulement des eaux pluviales. - -CASSISSIER, arbrisseau qui produit le cacis. - -CASTEROLLE, casserole. H.-N. P. - -CASTILLE, querelle, dispute. B.-N. P. - -CAT, chat. Ce nom s'écrit ainsi dans plusieurs langues. P. - -CATAIGNE, châtaigne. P. - -CATAINIER, châtaignier. - -CATAPLASSE, cataplasme. H.-N. - -CATAU, fille de mauvaise vie. - -CATÉCHISSE, catéchisme. - -CATET (aller au), aller à Neufchâtel. - -CAT-HOUANT, chat-huant. - -CATOUILLER, chatouiller. - -CATREUX, mauvais couteau, homme qui châtre les porcs. - -CAUCHE-PIED, chausse-pied. - -CAUCHER, chausser. P. - -CAUCHES, chausses, bas. P. - -CAUCHONS, chaussons. P. - -CAUCHURES, chaussures. P. - -CAUD, chaud. P. - -CAUDET, un peu chaud, tiède. - -CAUDIER, Voy. _Lessive_. - -CAUDIÈRE, chaudière. P. - -CAUDRON (jeu de), Collin-Maillard. - -CAUDRONNÉE, ce que peut contenir une chaudière. - -CAUFFER, chauffer. P. - -CAUFOURNIER, chaufournier. - -CAUSETTE, causerie familière. P. H.-N. - -CAVÉE, chemin creux. P. H.-N. - -CAYEU, moules. Ainsi nommées, parce qu'on en tire de très-bonnes du pays -qui porte ce nom (Somme). - -CÉLÉBRALE (fièvre), fièvre cérébrale. - -CELLE FIN (à), afin que. - -CELLES (les), celles. - -CENSÉMENT, pour ainsi dire. - -CENTAURE (voix de), voix de Stentor. - -CENTINE, centime. - -CERNE, cercle. Ce mot est surtout employé pour indiquer le cercle formé -autour de la lune dans les temps brumeux. H.-N. - -CERTAIN (un), assez grand. Ex.: C'est un homme d'_un certain_ âge. H.-N. - -CERTIFIS, salsifis. H.-N. - -CÉS, ces. - -CEUX (les), ceux. - -CEUX-CHITE, ceux-ci, celles-ci. - -CHA, ça, ce, ceci, cela. - -CHABOT, sabot. P. - -CHABOTER, faire du bruit en marchant comme si l'on avait des sabots. P. - -CHABOTIER, sabotier. - -CHABOULER, pousser rudement. H.-N. - -CHACHAS, merle lytorne. - -CHACUN (un), chacun. - -CHA DÉPEND, peut-être. - -CHAIRCUITIER, charcutier. Le mot patois se rapproche plus de la -signification étymologique: marchand de _chair cuite_. - -CHAMBE, chambre. - -CHAMPART (blé), froment mêlé d'un peu de seigle. - -CHAMPIGNON, pomme à cidre, tardive, très-bonne. Lui aurait-on donné ce -nom parce qu'elle donne un excellent cidre, mousseux comme le vin de -Champagne? - -CHANGLE, sangle. - -CHANGLÉ (être), perdre beaucoup au jeu. - -CHANPLEURE et CHANPLURE, robinet, et non chantepleure, dans le sens -attaché à ce mot. - -CHANTIAU, chanteau, morceau de pain bénit qu'on offre à celui qui doit -le rendre à sa paroisse le dimanche suivant. En Picardie, on nomme -_cantieu_ un morceau de gâteau qu'une nouvelle mariée envoie à celle des -jeunes filles du village qu'elle croit devoir se marier la première -après elle (_Glos__saire du patios picard_, par M. l'abbé Corblet). - -CHAPIAU, chapeau. - -CHARLOT, Charles. - -CHARTRIE, lieu où l'on place les charrettes et autres instruments -aratoires. - -CHATIAU, château. - -CHAUFETTE, chaufferette. - -CHAVATE, savate. P. - -CHAVETIER, savetier. P. - -CHÉ, chair. - -CHEIGNEUX, tablier de femme. Du latin _cingere_, ceindre. - -CHÉLER, celer, cacher. P. - -CHÉLIER, cellier. - -CHENELLES, fruits de l'épine blanche. H.-N. Les dictionnaires donnent le -nom de _cenelle_ au fruit du houx. - -CHENU (du), quelque chose de très-bon ou très-beau. P. - -CHERCHER SON PAIN, mendier. H.-N. - -CHERFEUIL, cerfeuil. P. - -CHERFOUIR, cerfouir. - -CHERVIAU, cerveau. - -CHÉS, ces. - -CH'EST, c'est. - -CH'EST SELON, peut-être, ce n'est pas certain. - -CHEUX, chez, ceux. P. - -CHEUX-CHITE, ceux-ci, celles-ci. - -CHEUX-LÀ, ceux-là, celles-là. - -CHEVILLE, mesure de 12 pouces cubes, qui sert pour les bols de -charpente. V. _Marque_. - -CHIBOT, ognon dont les tiges sont encore vertes. - -CHIBOULER, marcher sans précaution et renverser ce qu'on trouve sur son -passage. En parlant d'un homme ivre, on dit aussi de sa démarche qu'il -se _chiboule_. - -CHICON, gros morceau de pain. P. - -CHICOTER, marchander, importuner. - -CHICOTIN, blague ou petit sac de peau, en forme de valise, dans lequel -les fumeurs placent leur tabac. - -CHIEN DE TERRE, larve du hanneton. - -CHIFFONNER L'ESPRIT, inquiéter, contrarier. - -CHIGNOLE, dévidoir. - -CHIGNON, cheveux naturels et souvent postiches que les femmes font -bouffer entre les deux ailes de leur _pierrot_. - -CHIMETIÈRE, cimetière. - -CHINGE, singe. - -CHINQ, cinq. P. - -CHINQUANTE, cinquante. - -CHION, petite branche dont on se sert pour faire avancer les animaux ou -corriger les enfants. P. - -CHIONNER, frapper avec un _chion_. P. - -CHIPOTER, chicaner en marchandant. P. - -CHIPOTEUX, qui _chipote_. P. - -CHIPOTIER, Voyez _Chipoteux_. P. - -CHIPPER, pousser en cépée. - -CHIQUE, gros morceau de pain ou de viande. - -CHIQUER, manger beaucoup. - -CHIQUET. Voy. _Chique_. Ces deux mots ont un grand rapport avec le verbe -_déchiqueter_, faire des _chiquets_. - -CHIRE, cire. P. - -CHIRE-POIX, _poix_ qui sert aux cordonniers à cirer leur fil. - -CHIROT, sirop. - -CHIROTER (faire), faire bouillir jusqu'à consistance de sirop. - -CHIROTEUX, liquide épais comme du sirop. - -CHITE, ici. - -CHITRON, citron. P. - -CHITROUILLE, citrouille. P. - -CHIVIÈRE, civière. P. - -CHOCHONNER. Se dit de deux petits cultivateurs qui réunissent leurs -chevaux pour cultiver leurs terres. H.-N. - -CHOMER, manquer de. H.-N. - -CHOPEINE, chopine, mesure qui contient un peu moins d'un litre. P. V. -_Pot_ et _Velte_. - -CHOPER, heurter un caillou ou autre obstacle en marchant. - -CHOQUER, trinquer, heurter les verres. B.-N. - -CHORBER, broncher. Voy. _Choper_. - -CHOU! CHOU! cri par lequel on chasse les poules et autres volailles. - -CHOULE, fête populaire qui se tient, pendant le carême, dans les -communes rurales; on y vend des noix, des gâteaux, du pain d'épice, etc. -Ce nom vient d'un ancien jeu auquel on se livrait le jour du mardi-gras, -et qui consistait à s'emparer d'une balle, _la choule_, pour l'emporter -à un endroit convenu (_Dictionnaire du patois normand_, par M. M. du -Méril, au mot Soule). Le jeu de la _choule_, qu'on appelle aussi -_chole_, _cheole_, _sole_, _soule_, etc., est encore en usage dans -quelques localités de la Somme et du Pas-de-Calais. «C'est, dit M. -l'abbé Corblet, une espèce de ballon rempli de son qu'on place sur la -limite de deux villages, et que les habitants des deux communes poussent -à coups de pied. La victoire appartient à ceux qui parviennent à le -garder sur leur territoire (_Glossaire du patois picard_, au mot -Chole).» Ce jeu était fort en vogue au XIIIe siècle et se terminait -ordinairement par un banquet. Mais, comme ce banquet était assez souvent -la cause de graves accidents, il fut interdit, en 1369, par Charles V. -Selon les uns, le mot _choule_ ou _soule_ dériverait du celtique -_hehaul_, soleil; selon les autres, il viendrait de l'islandais _sull_, -mêlée. Comme à Valogne, on donne à ce jeu le nom de _savatte_, parce -qu'on joue avec le pied; nous croyons, avec M. Corblet, qu'il pourrait -avoir de grands rapports avec le mot latin _solea_, sandales, ou -_solum_, plante du pied. - -CHOULER, remuer, faire avancer. Ex.: Je ne puis _choûler_ ce mauvais -cheval. - -CHOUQUE, souche, extrémité inférieure d'un arbre. B.-N. - -CHOUQUET, bloc de bois sur lequel on coupe du bois, de la viande, etc. - -CHU, ce. P. - -CHUCRE, sucre. - -CHUINTER, suinter. - -CH'VA, cheval. - -CIBOT, Voy. _Chibot_. - -CIDE, cidre. - -CIERGE DORMANT, gros cierge qu'on porte aux enterrements et que l'on -place, à l'église, auprès du banc du défunt, après l'inhumation. - -CISIAU, ciseau. - -CISIAUX, ciseaux. - -CITADELLE, grosse poire qu'on mange cuite ou en confitures. - -CLAIRAUD, clairet. H.-N. - -CLAIRE-VOIE, espèce de grille ou de balustrade. - -CLAIRONNER, reluire. - -CLAIRTÉ, clarté, H.-N. - -CLAMPIN, qui marche difficilement; poltron. H.-N. P. - -CLAPER, branler dans le manche. On dit aussi d'un homme maigre ou -malade: Il _clape_ dans ses habits. - -CLAPOT, petite lessive que les pauvres gens font chaque semaine. H.-N. - -CLAPOTER, faire un _clapot_. Se dit aussi des enfants qui se salissent, -en se jouant dans un _varpot_. - -CLAQUE-DENTS (trembler à), grelotter de froid. - -CLAQUES, espèce de chaussures de femme. - -CLAQUET, digitale pourprée. On lui a sans doute donné ce nom parce que -les enfants s'amusent à faire _claquer_ les fleurs en frappant dessus, -après les avoir remplies d'air. H.-N. - -CLATRI, couché, caché dans l'herbe. - -CLATRIR (se). En parlant d'un lièvre ou autre animal qui se couche dans -l'herbe, de manière à s'effacer. - -CLAVETTE, mauvaise langue. On dit en parlant d'une femme bavarde: Quelle -_clavette_! - -CLÉ (avoir perdu la), avoir la diarrhée. - -CLÉ DES CHAMPS (prendre la), s'enfuir. - -CLERGEAU, petit clerc, enfant de choeur. - -CLICHER, frapper rudement une personne ou un animal. - -CLIGNER, fermer un oeil. H.-N - -CLIMUCHETTE, cligne-musette. B.-N. - -CLINCAILLER, quincaillier. H.-N. - -CLIPSI, sauce trop claire. - -CLIQUETER, agiter les _cliquettes_ ou la _cliquette_. - -CLIQUETTE, clenche. En congédiant une personne à laquelle on défend de -revenir, on lui dit: Tu peux baiser la _cliquette_ de la porte. - -CLIQUETTES, clochettes des frères de charité. Ce nom est très-commun -dans les chartes des XVIe et XVIIe siècles. - -CLONGNE, quenouille à filer. D'après quelques étymologistes, ce mot -serait dérivé de _colonne_. - -CLOPINER, boiter. - -CLOPIN-CLOPANT, tant bien que mal. - -CLOQUE, cloche. - -CLOQUETEUX, celui qui marche en tête de la procession, en agitant les -_cloquettes_. - -CLOQUETTES, clochettes. On donne aussi ce nom à la plupart des fleurs -campaniformes. - -CLOU, furoncle. - -CLOUPPER, glousser; cri de la poule qui demande à couver ou qui appelle -ses poussins. - -C'MENT, comment. - -CO, chat; coq. P. - -COCAR, oeuf (terme enfantin.) - -COCASSE, plaisant et ridicule. P. - -COCHON, cloporte. - -COCHONNAILLE, chair de porc, charcuterie. P. - -COCHONNER, mettre bas; en parlant de la truie. - -COCHONNER (se), s'enivrer au point de se vautrer dans la boue comme un -_cochon_. - -COCO, chaussure; oeuf; expression enfantine. Autrefois les marchands -d'oeufs se nommaient _coconniers_. B.-N. - -CODAQUER. Se dit du cri de la poule quand elle vient de pondre ou quand -elle est effrayée. En Picardie, on le dit du coq qui chante. P. - -CO-D'INNE, coq d'Inde, dindon. - -COEUR JEUN (à), à jeun. H. N. - -COEUR DE JOUR (à), continuellement, du matin au soir. H.-N. - -COEURU, courageux. B.-N. - -COFFIN, cornet de papier. Vient peut-être du latin _cophinus_, -corbeille. B.-N. P. - -COGNER, frapper fort. P. - -COLAS, Nicolas. - -COLÉREUX, colérique, porté à la colère. - -COLIDOR, corridor. - -COLLE, mensonge. En vieil anglais, _coll_ signifiait _trompeur_. B.-N. -P. - -COLLETER (se), se prendre au collet pour éprouver ses forces. H.-N. - -COMBLE, longue corde dont on se sert pour maintenir les gerbes chargées -sur une voiture. - -COMME-CHI, COMME-CHA, ni bien, ni mal. - -C'MENT, comme. Ex.: Il est bon _c'ment_ son père. - -COMME TOUT, beaucoup, extrêmement. P. B.-N. - -COMPAS DANS L'OEIL (avoir le), avoir le coup-d'oeil juste. - -COMPTES (rendre ses), vomir. - -CONDOS, accident de terrein entre deux pièces de terre; ce qui forme une -petite élévation en forme de rideau. - -CONFESSEUX, confesseur. Mot qui, soit dit en passant, semblerait mieux -convenir au pénitent qu'à celui qui entend sa confession. - -CONSÉQUENT, adjectif employé, même par des personnes qui ont reçu de -l'instruction, comme synonyme de considérable, tandis qu'on ne devrait -s'en servir que pour marquer une induction tirée d'un principe. Ainsi, -au lieu de dire: Cet homme fait des affaires conséquentes, il faut dire -_considérables_. L'adjectif _conséquent_ ne peut être mis en usage que -dans des phrases semblables à celle qui suit: Le philosophe doit être -conséquent avec ses principes. - -CONSOMMÉ, consumé, Ex.: Tout a été _consommé_ dans l'incendie. - -CONTEPET, rapporteur de nouvelles, babillard qui raconte les choses de -la moindre importance pour faire punir ses compagnons. - -CONTRAIRE (bien du), bien au contraire. - -CONTRE (tout), tout près. B.-N. P. - -COPIN, dindon. On a dit que l'origine de ce nom venait de ce que le père -Copin, jésuite, avait importé le premier dindon d'Amérique en France, -vers 1670. - -COPIN (grand), terme de mépris. - -COPINIER, celui qui garde les _copins_ dans les champs. - -COQ, coquelicot. H.-N. - -COQ, menthe des jardins. - -COQ (chanter le). Se dit d'une poule qui imite le chant du coq; alors -elle ne pond plus et on la tue. H.-N. - -COQUENNE, espèce de viorne qu'on cultive dans les jardins sous le nom de -boule-de-neige. On se sert des rejetons pour en faire des colliers qui, -dit-on, préservent les jeunes chiens de la maladie. Selon M. L. Delisle, -l'érable aurait été quelquefois appelé _coquêne_ (_Etudes sur la -condition de la classe agricole_, page 353). - -COQUERON, petit _coquet_. - -COQUET, petite veillote; petit coq. - -CORAPRENANT, crêpes. Se dit pour _carême-prenant_ parce qu'on en fait -beaucoup à l'approche du carême. - -CORDE, mesure de bois à brûler formant à peu près deux stères. - -CORDER, mettre en corde. - -CORDES EN BRANLENT (les), pour dire qu'une chose va arriver. Ex.: Il -n'est pas encore deux heures, mais _les cordes en branlent_. H.-N. - -CORE, encore. P. - -CORET, encrier de corne. - -CORNAILLES, pommes à cidre, précoces, de mauvaise qualité. - -CORNAILLES, nom par lequel on désigne toute espèce de corneilles et de -corbeaux. - -CORNICHON, espèce de pomme de terre qui a la forme des petits concombres -qu'on fait confire dans le vinaigre. On emploie aussi ce mot, en -mauvaise part, en parlant d'une personne. Ex.: C'est un _cornichon_. - -CORNOITE, espèce d'échaudé formé d'une pâte tressée et très-légère. - -CORPORANCE, corpulence. - -CORSELET, corset. H.-N. - -CORSET, jupe. H.-N. - -COS, cou. - -COS (n'être pas lourd à), être souffrant et chétif. - -COS (tirer du), vomir. - -COSSART, colza. H.-N. - -COSSU, homme riche, opulent. P. - -COTENT, content. H.-N. - -COTRET (huile de), coups de bâton. Ex.: Donnez-lui de l'_huile de -cotret_, s'il va mal. - -COUANNE, couenne. H.-N. - -COUCHETTES, langes. - -COUCOU, expression employée quand on éteint une chandelle ou une lampe. - -COUCOU (bran de), gomme qui découle du merisier. Les enfants s'imaginent -que c'est l'excrément du coucou. - -COUDRE, coudrier. - -COUINCHE, homme rusé, qui manque de franchise. - -COULAGE, détournements, soustractions, dissipations qui se font dans une -maison, par défaut de soin et de surveillance. H.-N. - -COULANT D'EAU, fossé servant à l'écoulement des eaux. H.-N. - -COULAS, Nicolas. - -COULEUX, filtre en crin ou en toile claire qui sert à passer le lait -quand on vient de le traire. - -COUP (à), en temps opportun. B.-N. - -COUP (donner un), causer une surprise pénible. H.-N. - -COUP-D'A-CHEVAL, verre d'eau-de-vie qu'on prend au moment de monter à -cheval. - -COUPLET, cime d'un arbre, faîte d'un édifice. B.-N. P. - -COUR, enclos dans lequel se trouvent les bâtiments et les bestiaux d'une -ferme. H.-N. - -COURAIE, intestins d'un animal; ce qui comprend le coeur, le foie, les -poumons, etc. - -COUREUX, porc qui vit en liberté en attendant qu'on l'engraisse pour la -boucherie. H.-N. - -COURIACHE, coriace, fort, vigoureux. P. - -COURIAS, Voy. _Couriache_. - -COURIETTE, lanière de cuir qui sert de cordon aux souliers ou qui se -trouve à la poignée d'un bâton de voyage. - -COURIR. Se dit d'un vase qui laisse échapper le liquide. H.-N. - -COURS DE VENTRE, diarrhée. - -COURTE BOTTE, petit homme. Guillaume-le-Conquérant avait donné lui-même -ce sobriquet à son fils Robert. H.-N. - -COUTEAU (pommes à), pommes de dessert. - -COUTE QUI COUTE, coûte que coûte. - -COUTET, couteau. - -COUTEUX, dispendieux; irritable, d'une humeur difficile. H.-N. - -COUTIAU, couteau, P. - -COUTIAUX, rayons de cire et de miel formés par les abeilles. - -COUTRE, bedeau. - -COUTURIER, tailleur. H.-N. - -CRACHE, crasse, graisse. P. - -CRACHÉ (tout), d'une parfaite ressemblance. En parlant d'un portrait -bien exécuté, on dira du sujet qu'il représente: _C'est lui tout -craché_. - -CRACHINAGE, pluie fine. B.-N. - -CRACHINER. Se dit d'une pluie fine qui tombe avec peu d'abondance. - -CRACHOTTER, cracher fréquemment. - -CRAIRE, croire. - -CRAMILLIE, crémaillière. - -CRAN, entaille. - -CRANE, bon, beau. Ex.: Voilà de _crâne_ bière. - -CRANE, fier. B.-N. - -CRANE (faire son), faire l'important. - -CRANQUE, crampe. - -CRAPE, salissure. - -CRAPEUX, sale. P. - -CRAPOUD, crapaud. - -CRAPU (homme), trapu. - -CRAQUER, mentir. B.-N. - -CRAQUEUR, menteur. - -CRASSETTE, pomme à cidre. P. - -CRAVACHONNIER, prunier non greffé. - -CRAVACHONS, prunes sauvages. - -CRÉMILLIE, crémaillière. - -CRÉMILLIE (pendre la), donner à dîner à ses amis quand on habite une -nouvelle maison. - -CREMILLON, petite _crémillie_. - -CRÉPETTES, pâte très-délayée, composée de farine, d'oeufs et de lait, -qu'on fait cuire dans une poêle, à l'époque des Rois et du mardi-gras. - -CRÈQUES, fruits de l'épine noire. - -CRESSANE (poires de), poires de crassane. - -CRÊTELER. Se dit d'une femme qui parle haut et crie comme une poule. - -CRÉTIR, frissonner. H.-N. - -CRÉTON, résidu du suif quand il est fondu et pressé; c'est une -excellente nourriture pour les chiens. - -CRÉVÉ, fatigué, épuisé par le travail. S'emploie encore comme synonyme -de _mort_, en parlant des animaux. On s'en sert aussi, en mauvaise part, -en parlant des personnes. Ex.: Il est _crévé_ comme un chien. - -CRÉVER, mourir. - -CRÉVON, chevron. H.-N. - -CRI, chercher, quérir. Ex.: Allez _cri_ du pain. - -CRIGNIACHE, chevelure mal soignée. B.-N. - -CRIGNES, mauvaises herbes qui s'accrochent aux dents des herses. - -CRIQUET, grillon. - -CRISTÈRE, clystère. - -CROCHE, crosse. - -CROCHER (se), se donner le bras en promenade. - -CROCHUIRE, rendre une chose crochue. H.-N. - -CROCS. On désigne sous ce nom les dents des chiens, chats, loups, -renards, etc. - -CROTE, croûte. - -CRUCHE, croissance, en parlant d'un enfant. Ex.: Il a fait sa _cruche_ -trop vite. - -CRUE. Voy. _Cruche_. - -C'T', cet, cette, devant une voyelle. - -C'TE, cette, devant une consonne. - -C'T'ÉLA, celle-là. - -C'T'ILA, celui-là. - -C'T'ICHITE, celui-ci, celle-ci. - -ÇU, ce. - -CUIROT, morceau de cuir qui supporte le battant des cloches. - -CULAS, bâtiments où l'on engrange les gerbes de blé, d'avoine, etc. Ce -mot se trouve dans un acte de 1395 (_Notes sur les communes de l'Eure_, -par M. A. Le Prevost, p. 97). - -CULEUVRE, couleuvre. H.-N. - -CULOT, cul d'un enfant; ce qui reste de tabac au fond de la pipe. - -CULOTTE (faire une), gagner sans interruption trois parties de domino, -de cartes. - -CULOTTE (avoir, se donner une), se soûler. - -CULOTTES (mes), ma culotte, quand il ne s'agit que d'une seule. - -CURAI, curé. - -CURAI (monsieur le), nom qu'on donne à tout ecclésiastique revêtu d'une -soutane. - -CURIOSITAI, curiosité. - - - D - -D', de. P. - -DADA, cheval; expression enfantine. - -DALE, évier, lien où on lave la vaisselle et d'où l'eau s'écoule par un -trou pratiqué dans la muraille. P. B.-N. - -DALOT, petit conduit pour l'écoulement des eaux. H.-N. - -DAMAGE (c'est), c'est fâcheux. - -DAME, femme de qualité ou qui affecte des manières hautaines. Ex.: Elle -fait la _dame_. - -DAN-DAN (aller au). Se dit aux petits enfants pour signifier: Aller aux -offices de l'Eglise. C'est une onomatopée formée par allusion au son des -cloches. - -DANSPAROU, ou, à quel point, à quelle place. Ex.: _Dansparou_ as-tu -fauché? - -DARDILLON, aiguillon d'une boucle. - -DAUBÉE, volée de coups de bâton. B.-N. - -DAUBER, donner une _daubée_. - -DAUDINER (se), se dandiner. - -DÉBAGOULER, vomir. H.-N. - -DÉBALLER (se), se décourager. - -DÉBARRAS, cessation d'embarras. Ex.: Il est parti, c'est un bon -_débarras_ pour moi. H.-N. P. - -DÉBAUCHER (se), se décourager. H.-N. - -DÉBATISER (se), se donner beaucoup de peine pour faire croire ou -comprendre une chose. - -DÉBERNÊQUER, démonter, renverser, tirer d'un mauvais pas. B.-N. - -DÉBILLER, déshabiller. P. - -DÉBISTRAC, en mauvais état. - -DÉBINE (être dans la), être à moitié ruiné. P. B.-N. - -DÉBITER DU BOIS, le scier, le préparer pour la charpente, la menuiserie, -etc. H.-N. - -DÉBLAI (bon). Voy. _Débarras_. P. - -DÉBLOUGUER, déboucler. - -DÉBOULER, quitter son gîte. Ex.: Il m'a _déboulé_ un lièvre aux pieds. -B.-N. - -DÉBRICOLER, ôter la bricole d'une vache. H.-N. - -DÉBUQUER, partir, sortir. - -DÉCAINER, déchaîner. P. - -DÉCALIFOTER, ôter une noix ou autre fruit de son enveloppe. - -DÉCANILLER, décamper, fuir comme un chien. B.-N. P. - -DÉCARCANER, ôter le _carcan_ d'un cochon. H.-N. - -DÉCARÊMER (se), prendre un bon repas après le carême. P. - -DÉCARPILLER, séparer, démêler. P. - -DÉCAUCHER, déchausser. Se dit aussi des chevaux qui perdent leurs dents -de lait. - -DÉCESSER (ne pas), ne pas cesser. Ex.: Il ne _décesse_ de pleurer. P. -H.-N. - -DÉCLAQUER, tomber rudement; parler sans ménagement. P. - -DÉCOCTION, maladie. H.-N. - -DÉCOMMANDER, contremander. - -DÉCOMPOTER, changer le temps de l'engrais des terres et le mode des -semences. P. - -DÉCONFORTER (se), s'affliger outre mesure. P. - -DÉCRAMPIR (se), se délasser. P. - -DÉCRAPÉ, nettoyé. Se dit aussi d'un enfant malheureux qui prend des -habitudes de propreté. - -DÉCRAPER, nettoyer. P. - -DÉCROUER, tomber ou faire tomber de haut. B.-N. - -DÉDRAGUER, délayer, réduire en marmelade. - -DÉCULOTTER (se), se dit d'un homme qui se sépare de biens d'avec sa -femme pour éviter la poursuite des créanciers. L'épouse administre alors -en son nom, et les créanciers n'ont plus aucun recours. Souvent cette -formalité n'est pas exempte de fraude, et c'est ordinairement l'art -légal de ne point payer ses dettes. - -DÉFAIRES, habits qui ne servent plus et qu'on donne aux malheureux. -H.-N. - -DÉFAITE (animal de), facile à vendre. H.-N. - -DÉFECTIF (enfant ou animal), dissimulé, qui a des défauts. H.-N. - -DÉFICELER, délier ce qui est lié par une ficelle. - -DÉFILOQUÉ (vêtement), usé, éraillé, qui montre la corde ou le fil. H.-N. - -DÉFOURRURES, gerbées qui ont été épluchées par les moutons. - -DÉFRISÉ, contrarié. P. - -DÉFULER, décoiffer. H.-N. P. - -DÉFUNT, feu. Ex.: _Défunt_ son père. - -DEGAINE, tournure, manières. Se prend toujours en mauvaise part. P. - -DÉGANCER, tirer de l'argent de sa bourse. - -DÉGANER, se moquer de quelqu'un en imitant ses actes ou ses paroles. - -DÉGELÉE, rossée. P. - -DÉGUEULER, vomir. - -DÉGOBILLER, vomir, rendre les _gobes_ qu'on a prises. P. - -DÉGOISER, parler vite et longtemps. P. - -DÉGOMMÉ, destitué. - -DÉCOTER, voler. - -DÉGOULER, vomir. H.-N. - -DEGOUTINS, eau qui tombe d'une couverture. - -DÉGRIER, dégringoler, glisser. - -DÉGROULER, crouler, tomber. B.-N. H.-N. - -DÉGUISER (se), se masquer au temps du carnaval. - -DEHOQUER, décrocher. P. - -DÉHOUSILLER (se), sortir d'un lieu. - -DÉJEUNER-DINANT, déjeuner qui se fait tard et sert de dîner. - -DÉJOUQUER, déjucher. On l'emploie aussi comme synonyme de _faire lever_ -un paresseux qui est au lit. - -DÉKERPILLER. Voy. _Décarpiller_. - -DEL', de la. P. - -DÉLACHER, délacer. P. - -DÉLICOTÉ, débarrassé de son licou. P. H.-N. - -DÉLOQUETÉ, déguenillé. P. - -DÉLURÉ, vif, hardi. Ex.: C'est un enfant _déluré_ pour son âge. B.-N. P. - -DEMANDER APRÈS QUELQU'UN, demander quelqu'un. - -DÉMAQUER, vomir. P. - -DÉMARER, partir, sortir. B.-N. P. H.-N. - -DEMAUNE, demi-aune. - -DÉMENCE (tomber en), tomber en ruines. B.-N. - -DEMENTER DE (se), s'occuper de. H.-N. - -DÉMENTIBULER, démonter, casser. P. - -DÉMETTRE UN MEMBRE (se), se luxer. H.-N. - -DEMEURE, habitation sans dépendances, où il y a seulement une ou deux -pièces pour _demeurer_. - -DEMEURÉ, paralysé. H.-N. - -DEMIANNE, demi-aune. - -DEMIARD, quart de _chopine_. H.-N. - -DEMI-GROS, quatre muids. Les aubergistes de Dieppe ont l'habitude -d'acheter leur cidre au _demi-gros_; et, en dépit de toutes les lois sur -les nouvelles mesures, ils ne consentent à se livrer dans le pays de -Bray que dans des pièces frauduleuses qu'ils nomment _tierçons_. - -DEMI-HEURE, douze heures et demie. H.-N. - -DEMION, deux _demiards_. H.-N. - -DEMOISELLE, petite viellote de blé ou autres céréales. B.-N. - -DÉMONTER, impatienter. P. - -DÉMUCHER, découvrir. P. - -DÉNOQUER (se), se développer; en parlant des enfants qui grandissent. -H.-N. - -DÉPATICHER, défricher un _pâtis_ pour le mettre en culture. - -DÉPENDEUX D'ANDOUILLES (grand), homme mince et grand, se tenant mal. P. - -DÉPENSE, lieu où l'on serre le laitage. P. - -DÉPERSUADER, dissuader. - -DÉPIAUCER, écorcher. - -DÉPICHER, démonter, détruire, découdre. Ex.: _Dépichez_ cette redingote -pour en faire un habit-veste. H.-N. - -DÉPITER, défier. B.-N. - -DÉPORTER DE SA PAROLE (se), se dédire. P. - -DÉPOTER, tirer le cidre que contient un tonneau. P. H.-N. - -DÉPOTEUX, grosse _chanpleure_ en cuivre qui sert à tirer le cidre dans -des seaux. - -DÉPOTEYER, tirer du cidre d'un tonneau pour le mettre dans un autre. -Vient probablement de l'ancien usage de tirer le cidre ou le vin dans un -pot pour l'emporter. - -DÉRACHINER, déraciner. - -DÉRAIN, dernier. P. B.-N. - -DÉRAQUER, tirer d'un bourbier, d'un mauvais pas. H.-N. - -DERLINDER, agiter une clochette. - -DERRIÈRE (en), en cachette. P. - -DERRIÈRE (faire du), dépenser en secret, tromper ses maîtres. - -DÉRUNNÉ, atteint de diarrhée. - -DÉS, des. - -DÉSAILLÉS (habits), hardes usées. H.-N. - -DÉSARGENTÉ (être), n'avoir plus d'argent. P. - -DESCENTE, hernie. H.-N. - -DÉSHABILLER. Voy. _Dépiaucer_. - -DÉSIGNALEMENT, signalement. H.-N. - -DÉSORCELÉ, désensorcelé. - -DESSAISONNER, changer l'assolement d'une pièce de terre. H.-N. - -DESSAQUER, faire sortir d'un lieu. - -DESSAQUETER (se), quitter une place. P. - -DESSAQUETER, tirer d'un sac. - -DESSOLER. Voy. _Dessaisonner_. - -DESSOULER, cesser d'être soûl. H.-N. - -DESSOUS (personne en), dissimulée. - -DESSOUS (sens dessus), renversé, en désordre. - -DÉTEINDRE, éteindre. P. - -DÉTENTION D'URINE, rétention d'urine. H.-N. - -DÉTEURDRE, détordre. - -DÉTOMBIR (faire), mettre chauffer un liquide jusqu'à ce qu'il soit -tiède. - -DÉTOURBER, déranger, interrompre. Du latin _disturbare_. - -DÉTRIER, trier, choisir. P. Ce mot vient peut être du latin _trahere -de_, tirer de. - -DEUILER, souffrir, languir. H.-N. Du latin _dolere_. - -DEUSSE, deux. P. - -DEUX-SOU (un), pièce de dix centimes. - -DEVALLER, descendre. P. - -DEVANCHER, devancer. P. - -DEVANT QUE, avant que. P. - -DEVENIR (bien ou mal se), se développer. En parlant d'un enfant ou d'un -animal. B.-N. - -DÉVISAGER, regarder quelqu'un fixement, d'une manière importune. H.-N. - -D'HEURE, de bonne heure. Ex.: Il n'est pas d'_heure_, c'est-à-dire: Il -est tard. - -DIA, mot dont les charretiers se servent pour faire aller les chevaux à -gauche; c'est le contraire de _huot_. P. Un docteur a prétendu que -Balaam s'était servi du mot _dia_, pour faire avancer son ânesse qui -s'appelait _Logos_. Comme la pauvre bête se mit alors à parler à son -maître, qui la maltraitait, notre docteur a été assez heureux pour -trouver là l'étymologie du mot Dialogue, _discours à deux_. - -DIABLE (bon ou mauvais), bon ou mauvais garçon. - -DIABLE (bran de), _assa fetida_. Ainsi nommé à cause de sa mauvaise -odeur. - -DIANTRE! diable! - -DIEU PLAIT (si), s'il plaît à Dieu. - -DIGONNER, importuner, travailler lentement. P. H.-N. - -DIGUER, piquer. B.-N. - -DIGUET, bâton pointu, long de 50 à 60 centimètres, qui sert à ramasser -le blé pour l'engerber. - -DINDE (un), une dinde. - -DINDE (grande), femme de haute taille; terme de mépris. P. - -DINDOT, dindon. - -DIO, Voy. _Dia_. - -DIOT, idiot, simple. H.-N. - -DIOTISE, bêtise, simplicité. H.-N. - -DISCOMPTE, escompte. H.-N. - -DISCOMPTER, escompter. H.-N. - -DISCRÉDITÉ, décrédité. - -DISPUTER, gronder, être en colère. B.-N. - -DIZIAU, dizeau, réunion de dix gerbes. - -D'L', de, de la. - -DODO, lit. P. Espèce de camisole. - -DODO (faire), dormir. - -DOGUE, patience, plante. - -DOLER, équarrir, préparer le bois avec une hache ou autre instrument -tranchant. - -DORÉE, tartine couverte de beurre, de fromage, de confitures, etc. B.-N. - -DORER, étendre une pâte quelconque sur un objet. - -DORLOTER, traiter, élever un enfant avec soin. P. - -DORMEUSE, coiffure de femme. La _dormeuse_ se distingue du _pierrot_, en -ce qu'elle ne se prolonge point en arrière et qu'on la noue sous le -menton. - -DOSSES, premières planches de l'arbre où se trouve l'aubier et -quelquefois une portion d'écorce. - -DOUCHE, douce. - -DOUCHEUR, douceur. - -DOUCHINER, entourer de petits soins. H.-N. - -DOUILLE, rossée. P. - -DOUILLER, battre. P. - -DOULIANT, douloureux, sensible. - -DOUTANCE, doute. P. - -DOUX-LEVÉ (pain), dont la pâte n'a pas suffisamment levé et dont la -croûte forme des espèces de cloches. P. - -DRAGIE, mélange de vesce et d'avoine qu'on sème au printemps. - -DRAGIES, dragées. - -DRAME, prise; en anglais, le mot _dram_ signifie _petite quantité_. - -DRAMER, priser, aspirer par le nez. - -DRÉCHER, dresser. P. - -DRÈS, DRÈS QUE, dès, dès que. - -DRET, droit. P. - -DRET (tout), justement. - -DRET DE (au), vis-à-vis. H.-N. - -DRET-NOEUD, double noeud. B.-N. - -DRIAN, DRIEN, Adrien. - -DROGUE, mauvaise marchandise. - -DROGUER, attendre longtemps. P. B.-N. - -DROLESSE, femme hardie. H.-N. - -DROUILLE, boue, sauce trop claire. - -DRUIRE; en parlant des oiseaux qui commencent à avoir des plumes. - -D'S', des, devant une voyelle. - -DU DEPUIS, DU DEPUIS QUE, depuis, depuis que. H.-N. - -DUIRE, corriger, réformer; du latin _ducere_, conduire. P. - -DUMET, duvet. B.-N. - -DURANT QUE, pendant que. - - - E - -EAU (lâcher de l'), pisser. - -ÉBAQUER, effondrer. - -ÉBERDOUILLER, écraser entièrement. - -ÉBERLUCHER, élever. Ex.: Voilà ses enfants _éberluchés_. - -ÉBERNER, nettoyer les vêtements d'un enfant _berneux_. P. - -ÉBLAIRER, regarder avec une sotte curiosité ce que font les autres. - -ÉBLUER, éblouir. En parlant d'un enfant qui trouve moyen de s'échapper -sans être vu, on dira: Il a _éblué_ sa mère. - -ÉBOUILLI, très-échauffé. - -ÉBRANCAGES, branches coupées en _ébranquant_. - -ÉBRANQUER, ébrancher. - -ÉBREUILLER, écraser, faire sorter les _breuilles_. - -ÉBRITER, ébruiter, faire connaître. - -ÉBROUER, renvoyer, chasser, effrayer. - -ÉCABOCHER, donner un coup à la tête. P. - -ÉCAILLER, chasser, renvoyer. Ex.: _Écaillez_ donc ces gamins-là. - -ÉCALES, cosses de pois, de fèves, etc. - -ÉCALER, écosser, écorcher un bouton. P. - -ÉCALIFOTER, retirer des noisettes de l'enveloppe membraneuse qui les -recouvre en partie. - -ÉCALUER, ramasser les cailloux d'une pièce de terre. - -ÉCARBOUILLÉ, éveillé, vif. P. - -ÉCARBOUILLER, étendre la braise et les charbons de l'âtre pour mieux se -chauffer. - -ÉCARBOUILLER (s'). En parlant du temps qui devient moins mauvais, on dit -qu'il s'_écarbouille_. - -ÉCARDONNER, arracher les _cardons_ d'un champ. P. - -ÉCARDONNETTE, chardonneret. Ce mot semble tout-à-fait indiquer l'action -de cet oiseau lorsqu'il _écardonne_, c'est-à-dire lorsqu'il tire la -graine du chardon pour en faire sa nourriture. - -ÉCARPILLER, démêler, diviser des flocons de laine, de crin, etc. - -ÉCART (faux). On donne ce nom à diverses maladies des chevaux, notamment -à la tension des tendons. - -ÉCAUDER, échauder. - -ÉCAUFFER, échauffer. - -ÉCHANGER, laver le linge avant de le mettre à la lessive. H.-N. - -ÉCHARPE, écharde. - -ÉCHAUFFÉ (homme), gai; état voisin de l'ivresse. - -ÉCHENAILLER. Voy. _Chenailler_. - -ÉCHERTER, couper les rouces et les branches inutiles au pied d'une haie -ou dans un bois. Semble venir de _exarare_, défricher, piocher, -essarter. - -ÉCHETER, éparpiller. - -ÉCHIGNÉ, fatigué. - -ÉCHIGNER (s') s'exténuer. - -ÉCHIMER, essaimer. - -ÉCLAQUER A RIRE (s'), se prendre soudainement a rire très-fort. - -ÉCLATER DE RIRE, rire très-fort. H.-N. - -ÉCLÉYER (s'), se dit d'une cuve ou d'un tonneau dont les douves se -disjoignent par suite de la chaleur. P. - -ÉCLIPPER, éclabousser. B.-N. - -ÉCLOPPÉ, un peu malade. - -ÉCOEURÉ (bois), bois auquel on a enlevé l'aubier. - -ÉCOLAGE, rétribution due au maître d'école. P. - -ÉCONDIRE, nier ce que dit une personne; _dire contre_. - -ÉCORCHE, écorce. P. - -ÉCORCHEUX, écorcheur. P. - -ÉCORER, étayer. - -ÉCORER (s'), employer toutes ses forces à une chose. - -ÉCORNIFLEUX, écornifleur. - -ÉCOSSIN, demi-botte de foin ou de paille. En Bourgogne, on désigne sous -le nom d'_écoussei_ les batteurs en grange. - -ÉCOSSINS, bottes de paille formées des tiges de blé qui ne sont point -propres à faire des gerbées. - -ÉCOUCHER, briser le chanvre ou le lin. P. - -ÉCOUPLER, retrancher le _couplet_ d'un arbre. H.-N. - -ÉCOURTER, couper la queue. - -ÉCRABOUILLER, écraser. B.-N. - -ÉCRAMER, écrémer. P. - -ÉCRÉVICHE, écrevisse. P. - -ÉCUEILLIR (s'), prendre son élan pour sauter. H.-N. - -ED', de. P. - -EDPIS, depuis. P. - -EDSOUS, dessous. P. - -EFFONDRÉE, effrondrement. - -EFFOUQUER, effaroucher. H.-N. - -EFFOUTAILLER, chasser, effrayer. - -EFFRONTER, intimider une personne pour lui faire avouer la vérité. - -EFFROUER, émietter. P. - -ÉGALIR, unir, aplanir. P. - -ÉGASILLER (s'), écarter les jambes. - -EGNIME, énigme. - -ÉGOHIN, petite scie à l'usage des greffeurs. - -ÉGOSILLER (s'), s'user le gosier à force de crier. B.-N. - -ÉGRAFIGNER, égratigner. P. - -ÉGROULER, écrouler. H.-N. - -ÉGUEULER, casser le haut d'un vase. P. - -ÉHOUPPER, battre le bout des épis d'une gerbe sans la délier. P. Enlever -la _fleurette_ dès qu'elle est formée sur le lait. - -EJ', je. P. - -ÉKELLE, échelle. P. - -EL, le, la. P. - -ELÇON, leçon. - -ÉLINGOIRE, fronde. - -ÉLINGUÉ, élancé, grand, fluet. - -ÉLINGUER, lancer. P. Se dit surtout d'une pierre lancée avec une fronde -ou d'une pomme avec un bâton pointu. - -ÉLISA, Élisabeth. - -ÉLUGEMENT, tracas, bruit étourdissant. - -ÉLUGER, contrarier, ennuyer par ses paroles ou le bruit qu'on fait. - -EM', ma, me. P. - -ÉMAGLER, écraser un fruit. - -EMBAGUEMENT, action d'_embaguer_. - -EMBAGUER, faire les achats de bagues et autres joyaux pour une personne -avec laquelle on est sur le point de se marier. - -EMBARBOUILLER, barbouiller, salir; embrouiller. - -EMBARQUÉ, se dit d'un cheval ou autre animal qui a pris trop de -nourriture. - -EMBARRAS (faire ses), faire l'important. H.-N. - -EMBERLIFICOTER, habiller d'une manière incommode et ridicule. B.-N. -Séduire par des paroles trompeuses. P. - -EMBERNÉQUER, salir, encombrer, couvrir. - -EMBLAYER, embarrasser, emplir un vase ou un appartement. P. - -EMBOUCHÉ (mal), qui tient des propos grossiers. H.-N. - -EMBRACHER, embrasser. - -EMBRÊLER, mettre la _bricole_ à une vache. - -EMBRICOLER, Voy. _Embrêler_. - -ÉMEUCHER, épointer. - -ÉMILER, émier, rendre menu comme la graine de mil. - -EMN', mon, ma, devant une voyelle. P. Voy. _Man_. - -ÉMOUQUER, chasser les mouches. P. - -ÉMOUQUET, nom par lequel on désigne les petits oiseaux de proie, tels -que l'obereau, l'épervier, etc. - -ÉMOUSTILLER, rendre de bonne humeur. P. - -ÉMOUTURAGE, produit que le meunier retire des grains portés au moulin. - -ÉMOUTURER, se dit du grain que prend le meunier pour se payer en nature -des droits qui lui sont dus par ceux qui font moudre à son moulin. - -EMPALER, rendre noir. - -EMPATÉ (coq), auquel on donne la pâtée. - -EMPLIR, laisser pénétrer de l'eau dans ses chaussures en marchant dans -des chemins boueux. - -EMPOISONNER, puer. Ex.: Cette viande _empoisonne_. - -EMPUANTER, empuantir. - -EMPUNANTER, remplir de mauvaises herbes. Ex.: Ce champ est _empunanté_ -d'ivrate. - -ÉMUTION, émotion. H.-N. - -EMBOISSONNER (s'), s'enivrer habituellement. - -ENCAGNOLER, mettre une _cagnole_ airs porcs pour les empêcher de passer -à travers les haies. - -ENCARCANER, mettre un _carcan_. H.-N. - -ENCARVALLER, mettre à califourchon. - -ENCAUCHUMER, imprégner le blé d'eau de chaux avant de le semer. - -ENCHAULER, ENCHAUSUMER. Voy. _Encauchumer_. - -ENCHIFRENÉ (n'être pas), avoir de l'esprit, trouver de fines reparties. - -ENCLUMME, enclume. - -ENCONTRE, contre. B.-N. - -ENCONTRE (à l'), contre. - -ENCORSER, manger ou boire avec répugnance; se mettre _en corps_. Ex.: Il -n'a pu _encorser_ sa médecine. - -ENCRAPER, rendre crasseux. P. - -ENCROUER, mettre dessus. B.-N. - -EN DESSOUS (personne), sournoise. P. - -ENDÉVER (faire), contrarier, harceler. P. H.-N. - -ENDIGUER, percer un objet avec une aiguille, une alêne. - -ENDIMANCHÉ, vêtu de ses habits du dimanche. - -ENDIZELER, mettre en dizeau. P. - -ENDOS, terre labourée un peu en dos d'âne pour faciliter l'égoût de -l'eau dans les sillons qui se trouvent de chaque côté. - -ENDURANT, patient. H.-N. - -ENDURANT (mal), sans patience. - -ENFÉNOUILLÉ, enveloppé, enfoncé dans. Ex.: _Enfénouillez_ bien vos pieds -dans le foin pour ne point avoir froid. - -ENFÉRONNER, passer un _féron_ dans le nez des porcs pour les empêcher de -remuer la terre, avec leur grouin, dans les herbages. - -ENFILOQUER (s'), en parlant des céréales dont la tige pousse trop menue, -comme si l'on disait pousser en forme _de fil_. H.-N. - -ENFIQUER, ficher en terre. P. Dans un compte des dépenses faites pour -les vignes de l'archevêque de Rouen, en 1409-1410, on trouve une somme -pour _deffiquer_ et _fiquer_ les échalas (_Etudes sur la condition de la -classe agricole_, par M. L. Delisle, pag. 453 et 460). - -ENFIQUES, branches sèches propres a faire une haie. - -ENFISTOLER, habiller sans goût. - -ENGAGNE, contrariété, chagrin mêlé de haine. - -ENGAGNER, endêver. - -ENGAMBER, enjamber. P. - -ENGAVÉ, se dit d'une volaille dont la nourriture, prise en trop grande -quantité, ne digère point. - -ENGEOLER, tromper à l'aide de fausses promesses. P. H.-N. - -ENGUERBER, engerber, mettre en gerbe. - -ENGUEULER, dire des injures. P. - -ENGUEUSER, tromper par de belles paroles. H.-N. P. - -ENHAIR, toucher les oeufs, les petits, ou seulement le nid d'un oiseau, -de manière à en éloigner le père et la mère, et les porter à _haïr_ leur -nid, parce qu'il a été dérangé. - -ENHEULIER, administrer le sacrement de l'extrême-onction, oindre -d'_huile_ bénite. - -ENHOQUE, accroc. H.-N. - -ENHOQUER, accrocher. - -ENHUI, aujourd'hui. P. Voy. _Anuit_. - -ENLICOTER, mettre un licou. - -ENMITOUFFLER (s'). Voy. _Amitouffler_. P. - -ENNERSÉ, se dit du feu qui brûle bien. P. On le dit aussi d'un chien -irrité contre un animal: On l'a _ennersé_ contre cette vache. - -ENPAROLÉ (mal), qui dit de mauvaises paroles; _mal en paroles_. - -ENPÊQUÉ (cheval), pris dans ses traits. - -ENPRÈS (d'), auprès. H.-N. - -ENRAQUÉ, embourbé. P. - -ENRAYER, faire le premier sillon; placer une perche à une voiture, de -manière à empêcher la roue de tourner. On usait fréquemment de ce moyen, -il y a une trentaine d'années, dans les temps de gelée et dans les -descentes, pour empêcher les voitures de forcer les chevaux; mais, -depuis cette époque, on a inventé un mécanisme fort simple, beaucoup -plus propre à éviter les accidents. Voy. _Mécanique_. - -ENROUTER, mettre en chemin. - -ENSAYER, essayer. - -ENTAME, premier morceau d'un pain. - -ENTENONNER, fixer une pièce de bois à une autre au moyen d'un tenon ou -d'une mortaise. - -ENTENTE, jugement, intelligence. Ex.: Cet enfant a de l'_entente_. B.-N. - -ENTENTION, attention, prévenance. H.-N. - -ENTÊTER, donner le mal de tête. Ex.: L'odeur des fleurs m'_entête_. -H.-N. - -ENTINCHER, exciter, surtout par gestes, à jouer ou à plaisanter. - -ENTIQUE, manière, moyen de réussir. Ex.: Il ne pouvait d'abord ouvrir la -porte, mais il connaît maintenant l'_entique_. - -ENTIQUER, jeter dans, adresser. - -ENTOMBI, engourdi. - -ENTOMMI. Voy. _Entombi_. - -ENTONNER (s') en parlant du vent qui souffle par une avenue, une fenêtre -ou une porte ouverte. H.-N. - -ENTORTILLER. Voy. _Engeoler_. P. - -ENTOUR, autour. H.-N. - -ENTREBAYER, entr'ouvrir. - -ENTRE-DEUX (l'), l'espace qui sépare deux choses. - -ENVALOIRE, partie du harnais qui sert aux chevaux pour retenir la -voiture dans les descentes. - -ENVELIMER, envenimer. - -ENVIER, envoyer. B.-N. - -ENVOICHE (que je m'), que je m'en aille. P. - -ENVOLÉ, aventurier, étranger dont on ignore l'origine. - -ÉPALER, mettre à part le lait d'une vache pour savoir combien elle -produit de beurre chaque semaine. - -ÉPANDRE, éparpiller. Ce mot est très-ancien. - -ÉPANI, épanoui. P. - -ÉPARTILLER, éparpiller. - -ÉPARTIR, éparpiller. H.-N. On se servait anciennement du verbe ESPARTIR -pour signifier _partager_, _diviser_, etc. - -ÉPAULÉE, charge de bois qu'un homme peut porter sur son épaule. - -ÉPEQUE, épeiche. - -ÉPERSINGLER, frapper dans l'eau pour mouiller ceux qui en sont -rapprochés. - -ÉPEUTER, effrayer. P. - -ÉPINE, alépine; étoffe de laine et de soie ainsi nommée parce qu'on la -fabrique surtout à Alep. - -ÉPINGUET, petite branche au bout de laquelle se trouve une épingle -courbée pour atteindre les oiseaux qui nichent dans les creux d'arbre. - -ÉPLÉTANT (travail), qui se fait vite. H.-N. - -ÉPLÉTER, travailler vite. H.-N. - -ÉPLÉTEUX, espèce d'homme de paille qu'on plaçait, pendant la nuit, dans -le champ de blé des moissonneurs en retard. Cet usage existait encore il -y a une trentaine d'années. C'était un aide qu'on accordait aux -retardataires. - -ÉPLINGUER, éclabousser. - -ÉPLUQUER, éplucher. P. - -ÉPORTÉ (objet), qui n'est plus neuf, qui a _été porté_. - -ÉPOUFFÉ, essoufflé. H.-N. - -ÉPREVIER, épervier; sorte de filet qui sert à prendre le poisson. - -ÉPROUVEUX, qui fait des épreuves en agriculture ou autrement. - -ÉQUELETTES, espèce de grands crochets en bois que l'on place de chaque -côté d'un chenal pour y accrocher des bourrées dans les forêts. H.-N. - -ÉRAIGNE, gobe-mouche. Ainsi nommé, parce qu'il se sert de toiles -d'araignée pour faire son nid. - -ÉRÉGNIE, araignée. - -ÉREINTÉ (couteau), dont le ressort est cassé ou le clou principal -ébranlé. - -ERNÉ, éreinté, qui marche difficilement comme atteint d'une hernie. -B.-N. - -ERRHES, arrhes. P. - -ES', sa; devant une consonne. P. - -ESCALIERS. Voy. _Bers_. - -ESCARTS (faire des), en parlant d'un cheval difficile qui se cabre et -gambade. - -ESCLANDE, esclandre. - -ESCOFIER, tuer. B.-N. P. - -ESCOUDET (coup d'), coup de coude. H.-N. - -ESCOUER, secouer. - -ESCOUETTE, crins réunis autour d'une poignée, dont on se sert pour -chasser les mouches qui incommodent les chevaux, et pour faire partir la -poussière qui s'attache au poil. - -ESCOUSSE, secousse. - -ÉSEULÉ, isolé. H.-N. - -ESN', son, sa; devant une voyelle. P. - -ESPÉRER, attendre. Ex.: Allez faire votre commission, je vais vous -_espérer_. H.-N. P. - -ESQUELETTE, squelette. H.-N. - -ESSAVER, écorcher légèrement. B.-N. - -ESSI, essieu. - -ESSOMMELER, effrayer. - -ESSOUDRE, soulever. B.-N. - -ESTAFIER, homme maigre et de petite taille. Se prend toujours en -mauvaise part. - -ESTATUE, statue. H.-N. - -EST-CHE? est-ce? - -ESTOMAC (mettre dans son), en parlant d'une personne qui place quelque -chose entre sa chemise et sa poitrine. H.-N. - -ESTOMAQUER (s'), se donner beaucoup de peine pour chanter fort ou pour -faire comprendre une chose. H.-N. - -ESTRAMONTADE (perdre l'), perdre la tramontane. - -ET', ta; devant une consonne. P. - -ÉTABLIR (s'), se marier. H.-N. - -ÉTAMPER, mettre son nom ou ses initiales sur un meuble ou un animal, -avec un fer rouge ou du goudron. - -ÉTAMPI, couché, placé à terre. En Picardie, ce mot signifie: _Debout_, -_dressé_. - -ÉTANPER, égaler, rendre de même poids ou de même volume. Nous trouvons -cette expression dès le XIIIe siècle. L'architecte Villard de -Honnecourt, après avoir indiqué quatre sortes de plantes qui entrent -dans l'ordonnance d'un remède pour les blessures, ajoute: _Estanpès ces. -iiij. erbes, si qu'il n'i ait nient plus de l'une que de l'autre (Notice -sur l'album de Villard de Honnecourt_, par M. Jules Quicherat, page -57.--_Revue archéologique_, 6me année). - -ÉTAU, cépée ou arbre coupé à quelque distance de la terre. - -ÉTAUX, chaume qui reste quand les céréales sont sciées ou fauchées. -B.-N. - -ÈTE, être. - -ÉTELÈ, étoilé. - -ETN', ton, ta; devant une voyelle. P. - -ÉTERNIR, étendre la litière des bestiaux. Du latin _sternere_. - -ÊTES, êtres. - -ÉTÊTER. Voy. _Écoupler_. H.-N. - -ÉTIBO, esquisse de bois. H.-N. - -ÉTIMER, étamer. - -ÉTOC. Voy. _Etau_. Le mot _estoc_ était fréquemment employé au -moyen-âge. - -ÉTOFFÉ (vêtement), ample. H.-N. - -ÉTOQUER (s'). V. _S'écorer_. - -ÉTORER, fournir. Voy. _Anger_. - -ETOUPÉE, porte qui bouche l'entrée d'un four. H.-N. - -ETOURNIAU, étourneau. - -ETOUT, aussi; vient peut-être du latin etiam. P. - -ETRAMILLER, éparpiller. B.-N. - -ETREUNES, étrennes. - -ETRIQUER, se dit d'un vêtement trop serré, à travers lequel les os se -dessinent, _étriquent_. - -ETRONGNÉ (habit), trop court. B.-N. - -EUCHE, espèce de clé qui traverse le bout de l'essieu afin d'empêcher la -roue de se dépasser. Depuis les nouvelles lois sur la police du roulage, -l'_euche_ a été remplacée par un écrou. - -EVILLÉ, EVILLOTÉ (enfant), espiègle. H.-N. - -EVITER, épargner. Ex.: _Evitez_-moi la peine de sortir. - -EXCUSE (demander), demander pardon, faire ses excuses. - -EXEMPLE DE (imiter l'), suivre l'exemple de. On imite un exemple -d'écriture. - -EXTERMINER, rouer de coups. P. - - - F - -FABRIQUE (être de la), membre du conseil de fabrique d'une église. - -FACHON, façon. P. - -FACHONS ou FAÇONS (faire des), ne pas vouloir accepter ce que l'on offre -dans un repas, quoiqu'on ait besoin de manger ou de boire. - -FAGOTÉ (mal), habillé d'une manière disgracieuse. H.-N. - -FAGOTS (conter des), rapporter de fausses histoires. - -FAIGNANT, fainéant. P. H.-N. - -FAILLIR, manquer de courage; tomber de faiblesse. Ex.: Le coeur me -_faillit_. - -FAIN, foin. - -FAIS, fois; foie. - -FAISELLE, lieu où l'on presse les pommes pilées, pour obtenir le cidre. -H.-N. - -FAISELLIER, petite _faiselle_ sur laquelle on met le fromage en presse. - -FALBALAS, objets de toilette, tels que robes, bonnets, rubans, etc. A -proprement parler, ce mot est employé pour désigner l'ensemble d'une -toilette recherchée, et non pour indiquer le _falbala_ qu'on appelle -aujourd'hui _volant_. L'etymologie de _falbala_ a été l'objet de bien -des recherches. «On rapporte, dit Charles Nodier, qu'un prince fort -spirituel du XVIIIe siècle a inventé le nom de _falbala_...... Il -visitait une boutique de modes si bien assortie, qu'on ne pensait pas -qu'il y manquât rien de tous les éléments d'une toilette élégante. -Décidé à pousser à bout l'imperturbable assurance de la marchande, qui -était probablement jolie, il forgea dans sa tête le mot le plus bizarre -qu'il lui fut possible de trouver, et demanda des _falbalas_. Elle se -hâta de lui présenter cette garniture de robe qui a pris depuis le nom -de volant, à cause de sa légèreté, et qui se divisait alors par le bas -en pointes légères et flottantes» (_Notions de Linguistique_, chap. XI, -note J). Suivant le _Dictionnaire de Trévoux_, l'inventeur du mot serait -M. de Langlée qui aurait dit à la marchande que cela s'appelait ainsi à -la cour. A part ce petit conte, Leibnitz, Le Duchat et le président de -Brosse donnent pour origine au mot _falbala_ l'allemand _faldplat_, jupe -plissée. M. Hoffmann et M. Eloi Johanneau le dérivent de l'anglais -_furbelow_, mot composé qui signifie _fourrure en bas_. Boiste et -Napoléon Landais le font venir du latin _flabella_, éventails, festons, -etc. (Voir l'_Essai sur le langage_, par M. A. Charma, p. 209 et 306). - -FAMELOTTE, petite femme. - -FAMEUX, gros, important. Ex.: Voilà un _fameux_ fruit. - -FAMINNE, famine. - -FANCHON, Françoise. - -FANGES, fanes de pommes de terre et des autres plantes légumineuses. - -FAQUIN, élégant, habillé avec prétention. P. B.-N. - -FARAUD, élégant, qui aime à être bien mis. P. B.-N. - -FARCE, farceur. Ex.: C'est un homme _farce_. - -FARFOUILLER, chercher en remuant sans précaution. P. - -FAUCHILLE, faucille. - -FAS, faux, instrument pour faucher. - -FAUDE, lieu où se fait le charbon de bois. - -FAUQUER, faucher. - -FAUQUET (faire le), donner un croc-en-jambe. B.-N. - -FAUQUEUX, faucheur. - -FAUT (personne comme il), personne honnête. - -FAVAS, tiges de fèves dont on a retiré le grain. B.-N. - -FEMELLE, femme; souvent en mauvaise part. H.-N. - -FENER, faner. - -FENTE, terrain qui reste à labourer entre deux _endos_. - -FERDAINES, fredaines. - -FERLATÉ, frelaté. - -FERLÉE, gelée blanche, frimas. - -FERLOQUÉS (habits). Voy. _Désaillés_. - -FERLUQUET, freluquet. - -FERMILLE, fourmi. - -FÉRON, fil de laiton. - -FERTILLER, fretiller. - -FERTIN, fretin. - -FESSU (n'être pas bien), être souffrant et malade. - -FÉTE, faîte, toit. - -FEUILLU, garni de feuilles. P. - -FEUMIÈRE. On désigne sous ce nom la fumée qu'on voit sortir du _tuet_. - -FEUNNER, faner. - -FEURRE, paille. On dit une botte de _feurre_, comme on dit une botte de -foin. P. B.-N. - -FÈVES (grosses), fèves de marais. H.-N. - -FICHANT (c'est), c'est contrariant. P. B.-N. - -FICHELLE, ficelle. - -FICHER, donner. H.-N. P. - -FICHER (s'en), s'en moquer. P. - -FICHER LE CAMP, s'en aller. - -FICHU, perdu, condamné. B.-N. P. - -FICH'TRE! juron; exclamation de surprise. H.-N. - -FIEFFÉ (menteur, voleur), qui a l'habitude de mentir ou de voler. H.-N. - -FIENS, fumier, de _fiente_. Il est souvent question de _fiens_ dans les -conventions du moyen-âge. - -FIER, irascible, _fameux_. P. - -FIERCIR (se), se mettre en colère. - -FIÈREMENT, beaucoup. P. - -FIÉRIR (se), se mettre en colère. - -FIÉROT, un peu _fier_. P. H.-N. - -FIEUX, fils. - -FIÈVES (avoir, trembler les), avoir une fièvre intermittente. - -FIGNOLER, s'habiller avec recherche. H.-N. P. - -FIGNOLEUX, élégant. B.-N. - -FIL (avoir le), s'y bien prendre pour réussir. - -FILER, FILER DE BAS, s'échapper furtivement. P. - -FILLOLE, filleule. P. - -FILLOT, filleul. P. - -FIN. Mot explétif qui se met devant un adjectif ou un nom, pour lui -donner plus de force. Ex.: Il est tombé au _fin_ fond de l'eau.--Il est -_fin_ bête.--J'en veux tout _fin_ plein ma bouteille. H.-N. P. - -FIN (à celle), à cette fin. H.-N. - -FIN-FOND (au), tout au fond. - -FINI. Adjectif qui se joint à certains mots pour en renforcer le sens. -Ex.: C'est une canaille _finie_. H.-N. - -FINITE, finie. Ex.: Ma tâche est _finite_. - -FINOIN, poire à manger, excellente. - -FION (avoir le), s'y prendre adroitement pour réussir dans un jeu ou un -ouvrage des mains. B.-N. P. - -FION (donner le coup de), finir un ouvrage, le polir. B.-N. P. - -FISÉE, poire dont on fait des confitures. - -FISÉE, petits éclats de bois enduits d'argile, qu'on place en travers -sur les solives pour recevoir l'aire d'un grenier en terre. H.-N. - -FISQUER, fixer, regarder. B.-N. - -FISSIAU, bâton transversal du bas d'une chaise; de _fuseau_. - -FIXER QUELQU'UN, arrêter ses regards sur une personne. - -FLABIN. Voy. _Contepet_. H.-N. - -FLAINDRE, reculer, ne pas aller franchement. B.-N. - -FLAINDRE DU PIED, l'appuyer légèrement et avec précaution, de peur de se -blesser. - -FLAIR, mauvaise odeur. Ex.: Cette viande a du _flair_. P. - -FLAIS, fléau a battre le blé. - -FLAMBE, flamme. P. - -FLAMMER, ouvrir un abcès au moyen d'une flamme. H.-N. - -FLAMEUCHE, flammèche. - -FLANÉE, causerie familière. - -FLANIER, qui aime à aller chez les voisins pour apprendre les nouvelles. - -FLANQUET, portion du bas de la chemise qui est fendue de chaque côté. -H.-N. - -FLAQUET, petite flaque d'eau. H.-N. - -FLANQUETTE (à la bonne), sans cérémonie, tout bonnement. P. - -FLATTER, dénoncer pour faire reprendre ou punir. - -FLATTEUX, qui flatte. - -FLAUDRÉE, rossée. - -FLAUDRER, rosser. - -FLÉCHIR, dégeler légèrement. - -FLEUR-DE-MAI, pomme à couteau; précoce. - -FLEURS D'ORAGE, petits nuages agglomérés qui annoncent l'orage. - -FLEURETTE, crême excellente qu'on recueille après douze heures de séjour -du lait dans la terrine. H.-N. - -FLIGÉE (sauce), figée. On dit, en parlant d'une sauce claire et mal -faite: Celle-là ne _fligera_ pas sur le coeur. H.-N. - -FLIPE, punch au cidre; espèce de boisson composée de cidre, d'eau-de-vie -et de sucre, qu'on prend chaude; de l'anglais _flip_, cordial. B.-N. - -FLOBER. Voy. _Flaudrer_. P. - -FLORAISON, fleuraison. - -FLOTTE, espèce d'anneau plat qui se mettait entre la roue et l'_euche_, -avant que celle-ci fût remplacée par un écrou. - -FOIRE, faire. - -FOIRET, forêt. - -FOIREUX, qui a la foire. On dit aussi les _foireux_, en parlant de ceux -qui vont aux foires. - -FONÇU, objet creux et plus ou moins profond. H.-N. - -FONTANGE, large ruban de soie. - -FORBU (cheval), fourbu, qui ne peut continuer sa route, parce qu'on ne -lui a rien donné à manger, à un lieu où il a l'habitude de s'arrêter. On -dit aussi d'un homme qu'il a été _forbu_, quand on ne lui a rien offert -chez une personne où il s'attendait à dîner. - -FORCIR, se développer. Ex.: Cet arbre, ou cet enfant, _forcit_. H.-N. - -FORGES, forces qui servent à tondre les moutons. - -FORGIONS, habitants du canton de Forges. - -FORIÈRE, extrémité d'une pièce de terre sur laquelle les chevaux -tournent à chaque sillon, et qu'on laboure après coup. - -FORIÈRES, terres en friche le long des chemins, où les bergers mènent -paître les moutons. M. A. Le Prevost a trouvé ce mot dans une Charte de -HENRI II, en faveur de Bondeville. H.-N. On appelle aussi _forières_ les -chemins qui longent les herbages et les séparent des terres en labour. - -FORTUNÉ (homme), riche, qui a de la fortune. H.-N. - -FOUAILLER, fustiger. P. - -FOUÉE (faire une), mettre le feu à une brassée de bourrée. B.-N. - -FOULON, frelon. P. H.-N. - -FOURCÉE, portée d'un animal qui met bas; se dit surtout de la truie. - -FOURE, excrément, foire. B.-N. - -FOUREUX, qui a la _foure_. - -FOURQU, fourchu. - -FOURQUE, fourche, fourchet. Dans un acte de 1291, il est question d'une -_fourque à espandre_ le fumier. - -FOURQUEFILE, fourche à deux dents de fer, qui sert à donner les gerbes -au charretier qui charge une charrette ou un chariot. P. - -FOURQUET, entre-deux des jambes. On dit aussi le _fourque_. B.-N. - -FOURQUETTE, fourche de bois, à deux dents, qui sert pour faner. Dans un -acte de 1427, il est question de _service de fain, c'est assavoir le -tiers d'une_ FOURQUETE (_Etudes_, etc., par M. L. Delisle, p. 82). Il -s'agit probablement ici d'un _tiers de journée_ employé à faner. - -FOUTET (petit), petit garçon. P. - -FOUTINER, ne point avancer à son travail, s'amuser à des riens. - -FOUTINIER, qui s'agite beaucoup et fait peu de besogne. - -FOUTRE, donner. Ex.: Il m'a _foutu_ un coup de poing. Ce mot est regardé -comme grossier, ainsi que les trois suivants. - -FOUTRE! juron. - -FOUTRE LE CAMP, s'en aller. - -FOUTU, perdu sans ressource. - -FOYER (mouton), agneau d'un an, qui a été nourri dans les herbages. - -FRAIQUE, fraîche, mouillée. P. - -FRAIQUIR, fraîchir. - -FRAIS, mouillé par la pluie. P. - -FRAIS (suivre le), en parlant d'un chien qui suit la trace d'un lièvre -ou d'un autre animal, en respirant les miasmes qu'il a laissés sur son -passage. - -FRASE, fraise d'un animal. - -FRATRES, barbier. - -FRÊLER, fêler. - -FREMER, fermer. P. - -FRÉMIE, fourmi. H.-N. - -FRÉMILÈRE, fourmilière. - -FRÉMILLER, fourmiller. H.-N. - -FRÉMILLONS, petites fourmis. - -FRÉMIR. Commencer à bouillir. H.-N. - -FRÉREUX (cousin), cousin germain. H.-N. - -FREULÉE. V. _Flaudrée_. B.-N. - -FREULER, battre. B.-N. - -FRICHONNER, frissonner. - -FRICHONS, frissons. - -FRICOT, festin, et plus généralement toute espèce de met. Ex.: As-tu du -_fricot_ avec ton pain? P. - -FRICOTER, faire bombance. B.-N. P. - -FRIGOUSSE (faire), _fricoter_. - -FRIMOUSSE, visage. P. - -FRINNE, farine. - -FRIPPER (se), se frotter le dos dans ses habits quand on ressent quelque -démangeaison. - -FROMAGE MAU, fromage nouveau qu'on délaye dans la crème, tandis qu'il -est encore _mau_, mou. P. - -FROU-FROU (mamezelle). Nom qu'on donne à une fille qui _fait ses -embarras_. - -FU, feu. P. - -FUMELLE, femelle. H.-N. P. - -FUMER, être vexé. B.-N. - -FUNQUER (faire), mettre du bois sécher sur le feu, afin qu'il brûle -mieux. Se dit aussi d'une personne qu'on fait attendre. Ex.: Il m'a fait -_funquer_ sur le chemin, pendant une heure. - -FUNQUIÈRES, fougères. - -FURIEUSEMENT, beaucoup, extrêmement. P. - -FUROLE, feu follet qu'on aperçoit au commencement de l'hiver dans les -endroits marécageux. On assure que les _furoles_ se plaisent à égarer -les voyageurs; mais on dit qu'en mettant son couteau en terre, la pointe -en haut, la _furole_ vient danser dessus; et le voyageur a le temps de -reprendre son chemin. On ajoute que le couteau reste couvert du sang de -la _furole_. La foi aux absurdités débitées sur ces feux follets n'est -pas encore entièrement éteinte. En Picardie, on les appelle _fofu_, faux -feu. - -FUT, alla. Ex.: Il _fut_ trouver son ami. Il ne faut pas confondre les -temps du verbe ALLER avec ceux du verbe ÊTRE. Voici la remarque de M. -Lévi: «Dites _est allé_ toutes les fois que vous voulez exprimer -l'action de se transporter d'un lieu à un autre; dites _a été_ lorsque -votre intention est de marquer le séjour dans un lieu désigné. Il y a -entre ALLER et ÊTRE la même différence que entre le mouvement et le -repos.» (_Les Omnibus du langage_, 8me édit., page 5.) - -FUTEUX, fâcheux dans le boire et le manger. - - - G - -GABEGI, grabuge, désordre, perte. P. - -GABELOU, douanier; employé de la régie des contributions indirectes. P. - -GABILLER, gaspiller. - -GABRIET, Gabriel. - -GAFFÉE, morsure de chien. B.-N. - -GAFFER (faire), faire donner une _gaffée_. En espagnol, _gaffar_, -mordre. - -GAGNAGNE, gain, profit retiré de son travail. P. - -GAGNE-PAIN, celui qui soutient ses parents par son travail. P. On le dit -aussi du principal instrument d'un ouvrier. - -GAI, geai. P. - -GAI (porte du), porte du guet. On nomme ainsi une petite porte placée au -haut de la flèche des clochers. Au moyen-âge, les paysans suivaient -rarement leur seigneur à la guerre, mais ils étaient souvent requis pour -faire le guet, soit dans les châteaux-forts, soit dans les églises -transformées alors en forteresses. Les habitants des campagnes -commencèrent à se fortifier dans les églises en 1358 (_Etudes_, etc., -par M. L. Delisle, pages 101 et 643). Nous pensons voir là l'origine de -la dénomination de ces _portes du gai_, qui n'ont été conservées que -pour faciliter aux couvreurs le placement de leurs échelles, quand ils -travaillent à la réparation de la couverture des clochers. - -GAITER, regarder, guetter. - -GALAFRE, glouton. P. En espagnol, _golafre_. - -GALAPIAS, galopins. P. - -GALIBIER, polisson. P. Homme maigre et sans valeur. A la Guadeloupe, on -nomme _galibi_ les squelettes qu'on trouve dans le tuf calcaire. - -GALINÉE, ce que l'on peut porter de grain vanné dans les deux mains. - -GALLE, bouton sur la peau. H.-N. - -GALOP (donner un), réprimander fortement. H.-N. P. - -GAMBE, jambe. - -GAMBETTES, soutiens du linteau d'une cheminée. - -GAMBIER, traverse de bois suspendue à une corde, qui sert à accrocher -les animaux tués pour la boucherie, afin de les dépecer plus aisément. - -GANCIR (se). Se dit du bois resté trop longtemps à l'air et qui se -décompose par suite de l'humidité. - -GANDOLER (se), se balancer en marchant. - -GANNE, jaune. - -GANNET, renoncule âcre; à cause de sa fleur qui est _ganne_. - -GAQUÈRES, jachères. P. - -GARCHON, garçon. - -GARCHONNAILLES, réunion de garçons. - -GARCHONNIÈRE, fille de conduite équivoque, qui cherche la société des -garçons. P. - -GARDE-MESSIER, garde-champêtre, qui garde à la moisson; de _messis_. P. -Cette dénomination remonte au XIIIe siècle. - -GARDES, groseilles à grappes. - -GARDIER, groseiller. - -GARDIN, jardin; en anglais, _garden_. - -GARET, jarret. - -GARIR, guérir. P. - -GARSE. Ce mot, qui semblerait pouvoir être employé comme féminin de -_gars_, est toujours pris comme synonyme de fille de mauvaise vie. - -GAS, gars, garçon. Se prend ordinairement en mauvaise part. B.-N. - -GATE, jatte. P. - -GATÉE, contenu d'une jatte. P. - -GATELOT, petite jatte. P. - -GAUDAILLER, boire avec excès en disant des gaudrioles; du latin -_gaudere_, se réjouir. - -GAUDIAMUS, gaudrioles; de _gaudeamus_. - -GAU-GAU (à), a satiété. P. - -GAUGUES, grosses noix. P. - -GAUGUIER, noyer. P. - -GAVE. On désigne sous ce nom l'espèce de poche dans laquelle la -nourriture des oiseaux séjourne avant de passer dans l'estomac. P. - -GAVÉE (s'en donner une), prendre des aliments avec excès jusques à la -gorge. - -GAVELLE, javelle. On trouve le mot _gavella_ dans les actes du XIIIe -siècle. - -GAVELER (laisser), laisser longtemps en javelles. - -GENOUIL, genou; c'est le vieux mot français. - -GAVIAU, gosier des oiseaux. - -GÉANE, géante. - -GEIGNEUX, qui se plaint sans raison. - -GENTILHOMME, porc. En Picardie, on dit un _monsieur_; dans le Berry, -c'est un _noble_; les Normands disent un _vêtu-de-soie_; aux environs de -Cherbourg, on l'appelle un _monsieur de travail_. «C'est sans doute une -allusion satyrique, dit M. du Méril, faite par la classe des -travailleurs, à la vie oisive des gentilshommes et des habitants des -villes.» - -GERGON, jargon. P. - -GERGONER, quereller sans raison. - -GERNER, germer. - -GERNER (laisser), faire attendre longtemps après soi. Ex.: Il m'a laissé -_gerner_ une heure, en l'attendant. - -GERNOTTES, tubercules radicaux des raiponces, _bumium bulbocastanum_, -noix de terre. Quelques personnes les mangent, H.-N, B.-N. P. En -Bourgogne, cette plante est appelée _anote_ ou _arnote_. - -GEULU, gourmand. - -GIBLET, vrille. - -GIFFE. Voy. _Calotte_. P. - -GIFFLER, donner des _giffes_. P. - -GIGUES, longues jambes. - -GISIER, gésier. - -GLACHON, glaçon. - -GLACHANT (noeud), noeud coulant. - -GLAGEUX, glayeuls. - -GLANES (rebattre le _feurre_ de ses), répéter souvent la même chose; en -parlant d'un prédicateur, d'un avocat, etc., qui est obligé de faire des -redites pour ne point rester muet, semblable à celui qui donne de -nouveaux coups de fléau à ses glanes, afin de faire jaillir encore -quelques grains de froment. - -GLEUMER, en parlant du coucou qui mange les oeufs des autres oiseaux. On -le dit aussi des personnes qui mangent des oeufs crus, dans la pensée que -cela aide la voix et fait mieux chanter. - -GLINNES, excréments des poules; de _gallina_. En Picardie, les poules se -nomment _glaines_. Le lendemain d'une noce, en certains endroits, les -jeunes gens vont, munis d'une longue perche, chez les convives de la -veille et réclament des poules pour faire un second repas; ils appellent -cela _aller à glaines_. - -GLOU DE (être), être avare d'une chose; la donner difficilement. - -GLU, paille de seigle _gluée_ pour faire des liens. - -GLUAGE, action de _gluer_. - -GLUER, séparer les faibles tiges des gerbes de blé ou de seigle battu, -afin de réserver les plus fortes pour faire des liens ou des -couvertures. - -GLUIACHES, gerbées faites avec les _défourrures_. - -GNIAFE, savetier. P. - -GNOGNOTE (c'est de la), c'est une vétille, une menterie, etc. Le _gn_ se -prononce mouillé comme en espagnol. - -GOBE, grosse bouchée. - -GOBER. Fréquemment employé pour indiquer quelqu'un qui mange avec -avidité, surtout des fruits, tels que prunes, cerises, etc. - -GOBET, diminutif de _gobe_. - -GOBIER, sot. Ex.: Tais-toi, grand _gobier_. - -GOBITONS, petits morceaux d'étoffe, de pain, etc. H.-N. - -GOBLOT, gobelet. - -GOBLOTER, boire avec excès. - -GODARD, mari dont la femme est en couches. Selon M. Corblet, ce mot est -roman et signifie _un homme qui prend ses aises_. La signification qu'on -attache aujourd'hui à cette expression, viendrait alors de ce que, dans -plusieurs provinces, le mari d'une femme en couches se mettait au lit -pour recevoir les visites de ses parents, et prenait ainsi ses aises -pendant plusieurs jours. P. - -GODETS, cahots, secousses dans les ornières. - -GODICHE, ridicule, maladroit. B.-N. - -GOHÉE, éclat de rire. B.-N. - -GOINFRE, glouton. P. - -GORGETTE, ruban qui s'attachait de chaque côté du _pierrot_ et passait -sous le menton, afin de soutenir la coiffure. - -GOSILLOT, cartilage thyroïde. - -GOSSE, menterie pour rire. H.-N. P. - -GOSSER, mentir par plaisanterie. H.-N. P. - -GOSSEUX, qui _gosse_. P. - -GOT (entrer tout de), entrer brusquement, sans égard pour les personnes -au milieu desquelles on se présente. Il y a près de soixante-quinze ans, -le quai de l'Horloge, à Paris, fut élargi vers le pont. La chronique -cite, au sujet de ce travail, les rimes suivantes: - - Monsieur Turgot étant en charge, - Et trouvant ce quai trop peu large, - Y fit ajouter cette marge! - Passant qui passez _tout de got_, - Rendez grâce à monsieur Turgot. - - (_Journal de Rouen_, 4 mai 1852.) - -GOTON. Voy. _Margoton_. - -GOUAlLLER, railler, plaisanter. B.-N. P. - -GOUAILLEUX, qui _gouaille_. - -GOUGES (avoir les mains), engourdies par le froid, ineptes au travail. -Voy. _Gourdes_. - -GOUINNE, femme de mauvaise vie. - -GOULIAFRE. Voy. _Galafre_. P. - -GOULIAS. Voy. _Galafre_. P. - -GOULON, goulot. - -GOURDES (avoir les mains). Voy. _Gouges_. Vient du latin _gurdus_, -stupide; aussi dit-on quelquefois dans le même sens: J'ai les mains -_sottes_. H.-N. - -GOURER, tromper. B.-N. P. - -GOURGANNES, fèves de marais. H.-N. - -GOUTTE, petit verre d'eau-de-vie. On dit prendre, payer _la goutte_ ou -_une goutte_. - -GOUTTE (n'y voir), être privé de lumière; ne point trouver de solution à -une affaire. H.-N. - -GOUTTE MILITAIRE, verre à cidre à demi-plein d'eau-de-vie. - -GRABUGE, désordre dans l'administration d'une maison. H.-N. P. - -GRAFIGNER, gratter légèrement et sans cesse. P. - -GRAFOUILLER. Voy. _Grafigner_. - -GRAGEOIR, espèce de mortier en bois dans lequel on écrase le sel, au -moyen d'un pilon aussi en bois. - -GRAGEUX. Voy. _Grageoir_. - -GRANAISON, grain provenant des céréales; rendement des gerbes. - -GRANMENT, grandement, beaucoup, B.-N. P. - -GRANCHE, grange. On trouve le mot _granche_ dans un titre de 1400. - -GRAND, étendue. Ex.: Il y a _grand_ dans ce champ. P. - -GRAND (tenir sa maison dans le), à la manière des grands. - -GRAND'CHEMISE, blouse. - -GRANDIER, fier, hautain. P. - -GRAND'MÈRE, vieille femme. P. - -GRAND'PÈRE, vieillard. P. - -GRAS-BOUDIN, grande consoude. - -GRASSETS (les), repas qu'on donne pendant les dernières semaines qui -précèdent le carême. - -GRASSIER, grasseyer. - -GRAVÉ (homme), marqué de petite vérole. P. B.-N. - -GRAVOIS, gravier. - -GREC, sévère. - -GRÊLÉ. Voy. _Gravé_. On dit aussi de celui qui a perdu beaucoup au jeu: -Il a été _grêlé_. - -GRÉMIR (faire), faire frissonner d'appréhension. - -GRÉNADES. Voy. _Gardes_. - -GRÉNADIER. Voy. _Gardier_. - -GRÉNAISON, rendement en grains des céréales. - -GRÉSILLÉ, brûlé au soleil. - -GRÉVACHONS, prunes sauvages. - -GRIBLETTE, riblette, morceau mince de viande qu'on fait cuire sur le -gril. Nous citerons à ce sujet un extrait du _Trésor des Chartes_, -relatif à un dîner que les religieux de la Sainte-Trinité de Caen -donnaient chaque année, avant 1450, aux habitants de Vaulx: «Ilz lavent -leurs mains en une cuve plaine d'eaue, et apres se assient à terre et -ont chascun ung pain de vingt-une à vingt-deux onces, une toille -estendue devant eulx, sur laquelle ils ont une pièce de lart peleis -barbouilly de la grandeur de demy pié en quarré; apres ont chascun une -_ribelette_ de lart routy sur le greil, chascun une esculée de mortreux -fait de pain et de leit, et boire tant qu'ilz veullent, cidre ou -cervoïse, et sont assis trois on quatre heures» (Cité par M. L. Delisle, -_Etudes_, etc., page 90). - -GRIBOUILLER, griffonner. - -GRIBOUILLONNER. Voyez _Gribouiller_. - -GRIER, glisser. - -GRIGNARD, enfant qui pleure sans cesse. - -GRIGNER, faire mauvaise mine, pleurnicher. - -GRIGNON (enfant), chagrin et de mauvaise humeur. - -GRILLETTE A GRILLETTE, petit à petit. - -GRIMPLET, grimpereau. - -GRINGALET, homme petit et maigre. P. - -GRIPPER, voler. - -GROLLES, mauvais chevaux. - -GRONÉE, ce qu'un tablier peut contenir de fruits, de grains, etc. Ce mot -vient du picard _gron_, qui signifie tablier. B.-N. P. - -GROS (tirer du), tirer du gros cidre. - -GROSELLES, groseilles. - -GROSSIER, qui a de l'embonpoint. P. - -GROSSIER, botte de paille très-allongée dans laquelle on met le _halot_ -pour les chevaux. - -GROUÉE, pommes qui tombent, pendant la nuit, avant la saison de les -locher, et qu'on ramasse le matin. - -GROUIN, groin. - -GROULER, crouler, bouder. P. H.-N. - -GROUMOULER (se), grommeler. - -GRUMELOTS, grumeaux. - -GUÉDÉ, gonflé; qui a trop mangé. B.-N. - -GUÉNON, terme de mépris. - -GUERBE, gerbe. P. - -GUERBÉE, gerbée. P. - -GUERBIÈRE, espèce de niche pratiquée dans les _tas_, où se place une -personne pour recevoir les gerbes. - -GUERGEOLER. En parlant du ramage des oiseaux, on dit: ils _guergeolent_; -on le dit aussi des enfants qui commencent à parler. - -GUÉRITE, guérie. P. - -GUERNIER, grenier. P. - -GUERNOUILLES, grenouilles. P. - -GUERNU, grenu. P. - -GUÈTES, guêtres. - -GUÈTES (harengs), guais. - -GUEULARD, qui crie fort en parlant; se dit aussi du crieur public dans -les ventes aux enchères. B.-N. - -GUEULE (être de la), être gourmand. - -GUEUX, fripon. - -GUIAME, Guillaume. - -GUIAMET, petit Guillaume. - -GUIFFE, bouche. P. - -GUIGNER, regarder de travers, regarder indiscrètement. P. - -GUILEBAUDE (grande), femme haute et maigre, aux manières communes. - -GUILEBAUDES, très-longues jambes. - -GUILLE, diarrhée. - -GUISIER, gésier. - -G'VEU, cheveu. - - H - -HABILE! vite! P. Ce mot semble avoir beaucoup de rapport avec le verbe -_abire_, qui fait, à l'impératif, _abi!_ va! pars! - -HABITS (claper dans ses), s'y trouver trop au large, par suite de -dépérissement ou de maladie. - -HABIT-VESTE, vêtement à courtes basques, qui tient le milieu entre -l'habit et la veste. - -HABLEUX, hâbleur; de l'espagnol _hablar_. - -HAGER, hacher, couper menu. - -HAGUE, gros bâton de bois à brûler. - -HAGUER, hacher. On emploie aussi ce mot au figuré. Ex.: Il l'a _hagué_ -de sottises. - -HAGUETTES, petites _hagues_ mises en corde. - -HAGUIGNETTES. V. _Aguignettes_. - -HAGUIGNOLER, couper malproprement. H.-N. - -HAGUIGNONNER, couper maladroitement ou avec un mauvais couteau. - -HAHAHA! interjection plus ou moins répétée qui indique le rire. Un -astrologue italien a prétendu connaître le tempérament et les passions -de l'homme, à la manière dont il rit. Voici ce qu'il affirmait en 1662: -Quand un homme rit, s'il fait _ha, ha, ha_, il est flegmatique; s'il -fait _he, he, he_, il est colérique; s'il fait _hi, hi, hi_, il est -dissimulé; s'il fait _ho, ho, ho_, il est sanguin. L'abbé Damascène ne -nous dit point ce qu'il pense de l'homme qui rit en _hu, hu, hu_. - -HAIS? que dites-vous? On se sert aussi de cette interjection pour -appeler une personne éloignée. - -HALITRE, hâle. - -HALOT, grains de blé encore couverts de leur paille, qu'on amasse dans -le van, en _halotant_. - -HALOTER, agiter le blé ou autres grains horizontalement dans le van pour -réunir le _halot_. - -HAMES, mancherons de charrue. Mot qui est peut-être une corruption de -_hampes_. - -HANNE, mauvais cheval. - -HANSE, hampe à laquelle la faux est ajustée. - -HANTÉ (lieu), lieu où les bestiaux de la ferme viennent souvent. - -HANTER, fréquenter; se dit surtout d'un jeune homme qui visite souvent -une jeune personne, en vue de mariage. - -HANTIMENT, compagnie; se prend ordinairement en mauvaise part. - -HARDE, oeuf sans coquille, seulement recouvert d'une pellicule. - -HARDES, nom employé pour désigner les divers vêtements d'une personne. - -HARÈQUE DU DOS, épine dorsale. - -HARÈQUES, arètes de poisson. - -HARICOTER, se servir de mauvais chevaux, de haridelles et ne point -avancer dans son travail. - -HARICOTIER, qui _haricote_. - -HARLAND, qui _harlande_. - -HARLANDER, réussir mal dans son travail. On dit d'un cultivateur qu'il -_harlande_, quand il n'a pas assez de chevaux pour faire ses travaux en -bonne saison. - -HARNAS, pieds et intestins de mouton réunis et cuits dans l'eau. - -HARRACHES, civières dont on se sert pour porter les morts. - -HASTIQUER, travailler longtemps à une chose, sans pouvoir réussir. - -HATELET, carré de côtelettes de lard qu'on met ordinairement à la -broche. H.-N. B.-N. - -HATIGNOLE, boulette de viande hachée que vendent les charcutiers. Dans -son numéro du 11 mai dernier, l'_Abeille cauchoise_ servait le canard -suivant à ses lecteurs: An 701, passage du Juif-Errant à Yvetot; il -s'arrête à l'auberge de la _Truie-qui-File_; il fait la dépense: 1º d'un -pain mollet, 10c,; 2º d'un pot de cidre, 10c; 3º d'un atignol, 5c. Dans -le pays de Bray, nous faisons de _Hattignole_ un substantif féminin. - -HATILLE, rate de porc, à laquelle sont unies d'autres parties des -entrailles. H.-N. - -HAUCHER, hausser. - -HAUT-MAL, épilepsie. Ex.: Il tombe du _haut-mal_. P. B.-N. - -HAUVELER, mettre en _hauviau_. - -HAUVIAU, javelle d'orge, d'avoine, etc., qu'on réunit par petites -portions, en _hauviaux_, à l'aide d'un rateau, avant de les mettre en -gerbes. - -HAVET, petit crochet. On dit aussi en parlant des dents des chiens: -Quels _havets_! H.-N. - -HAVIR, exposer à un feu trop vif. Ex.: Ce gigot va être _havi_. - -HAYEUR, ouvrier qui fait et répare les haies. On disait autrefois -_hayer_, pour signifier le droit de prendre dans un bois les branches -nécessaires pour clore les _haies_. - -HAYON. Voyez _Abrias_. - -HAYURE, haie. P. - -HÉPÉE, dernier effort pour atteindre un but. Ex.: Courage! il n'y a plus -qu'une _hépée_ pour arriver. - -HÈQUE, petite barrière qu'on place à l'entrée des maisons pour empêcher -les volailles et autres animaux d'entrer quand la porte reste ouverte. - -HÈQUE! exclamation qui exprime le dégoût. P. - -HÉQUET, hoquet. - -HERBIERS, mauvaises herbes qui poussent dans les lieux incultes. H.-N. - -HERCAILLES, mauvaises brebis. - -HERCHE, herse. - -HERCHE-CUL (à), sur le derrière. Ex.: Il l'a traîné _à herche-cul_. - -HERCHELLE, branche de bois torse qui sert à lier les bourrées. P. - -HERCHER, herser. - -HÉRER, jouer des oies, des dindons, des morceaux de pore, etc., avec un -jeu de piquet. Ce jeu a beaucoup de rapport avec l'_as-courante_. - -HÉRICHON, hérisson. P. - -HERNU, tonnerre. Ex.; Il y aura du _hernu_, c'est-à-dire il tonnera. On -dit aussi, en parlant d'époux qui _disputent_ souvent, qu'il y a du -_hernu_ dans leur ménage. - -HERPER, mordre, saisir. Ex.: Fais-le _herper_ par ton chien. P. B.-N. - -HÉSET. Voyez _Abrias_. - -HÊTREAU, petit hêtre. - -HEURE (d'), de bonne heure. - -HEURE (pas d'), tard. Ex.: Il n'est pas d'_heure_. - -HEURÉ (bien), régulier dans les _heures_ du repas. P. - -HEURIBLE, précoce; qui mûrit de bonne heure. On dit aussi qu'un homme a -été _heurible_, quand il arrive de grand matin. H.-N. - -HIE! exclamation pour faire avancer ou chasser un animal. - -HIER-MATIN, hier au matin. - -HIER-SOIR, hier au soir. - -HISTOIRE DE, pour.: Ex.: Jouons, _histoire_ de passer le temps. H.-N. - -HIVE, ruche. C'est absolument le mot anglais prononcé à la manière -française. - -HIVERNACHÉ, vesce d'hiver. - -HOC (rester), perdre le fil de son discours; rester sans trouver de -réponse. - -HOCSONNER, ébranler une porte pour l'ouvrir. H.-N. - -HOMME, mari, Ex.: demandez à mon _homme_. H.-N. - -HONESTÉ, honnêteté, procédé gracieux. Un commissionnaire dira: -Donnez-moi selon votre _honesté_, c'est-à-dire ce que vous voudrez, -selon votre générosité. _H.-N._ - -HOQUER, accrocher, suspendre. P. - -HORS, malpropre. - -HORS-MONTEUX (pied), pied droit du cheval; du côté que l'_on ne monte -point_. - -HORZAIN, du dehors; homme étranger à la commune. P. B.-N. - -HOS! pour faire arrêter les chevaux. - -HOTONNER, ébranler en secouant. Voy. _Haloter_. P. - -HOTONS, Voy. _Grossier_. - -HOTTELÉE, ce que contient une hotte ou un _hottiau_. - -HOTTIAU, banneau. - -HOU! HOU! expression dont on se sert pour chasser ou faire avancer les -porcs. P. - -HOUBILLER, en parlant du vent, quand il souffle fort et soulève la -poussière en tournoyant. - -HOUBILLONNER. V. _Houbiller_. - -HOUCHE! Voy. _Hou_. - -HOUPER, appeler de loin en hèlant dans ses mains. - -HOURDER, prendre, saisir. Ex.: _Hourdez_-le au collet. - -HOUSÉ (mal), mal habillé. - -HOUSES, grandes guêtres dont on se sert pour monter à cheval. - -HOUSIAUX, grandes bottes qui montaient au-dessus du genou. Les -_housiaux_ ne sont plus en usage depuis une trentaine d'années. - -HOUSSER, mordre. Ce mot est surtout employé en parlant d'un chien enragé -qui en a mordu un autre. - -HOUSSINE, petite branche. - -HU! cri pour faire marcher les chevaux. On s'en sert aussi pour les -faire aller à droite. - -HUCHE, espèce de grand _hottiau_ qui sert à transporter les fumiers. Ce -mot sert aussi pour indiquer un chariot dont les _bers_ ont été -remplacés par des planches réunies, pour le transport des pommes. - -HUCHER, placer au haut. B.-N. - -HUHO! hurhaut. Mot au moyen duquel on fait aller les chevaux à droite. - -HULER. Voy. _Houper_. - -HUMMER, humer. - -HUPPE (sale comme une), très-sale. Cette expression vient de ce que la -huppe ou _coq-merdeux_ enduit d'excréments humains le creux d'arbre où -elle place son nid. - -HUQUER. Voy. _Houper_. - -HUREUX, heureux. H.-N. P. Ce mot s'écrivait quelquefois ainsi à la fin -du XVIIe siècle; nous en trouvons la preuve dans un ouvrage imprimé en -1698, où il est question de la mort du _bien-hureux_ Guillaume, premier -abbé dé Fécamp (_Le grand Calendrier du diocèse de Rouen_, p. 1re). - -HURLUPÉ, qui a les cheveux raides et mal peignés. - -HURU. Voy. _Hurlupé_. B.-N. - -HUYO! Voy. _Huho!_ - - - I - -I, s'emploie dans différentes interrogations. Ex.: Sont-i partis? -_Ch'est-i_ vous? pour: Sont-ils partis? Est-ce vous? - -I, il, ils; devant une consonne. P. - -IARD, liard. P. - -IAU, eau. P. - -ICHITE, ici; du latin _hic_. Sur les pierres tumulaires du XIIIe siècle, -on trouve _ichi_. - -IDÉE (une, une petite), extrêmement peu. H.-N. - -ILA, ici, là; du latin _illàc_. - -ILO, là. P. - -IMPOSER (en), employé pour _imposer_, commander le respect. En -_imposer_, signifie _tromper_. - -IMPOSSIBLE (en avoir l'), avoir en grande quantité. H.-N. - -IMPUNANTER, remplir. Ex.: Ce champ est _impunanté_ d'ivraie. - -INCAMO, intelligence. - -INDUQUER, élever; instruire. P. - -INNE, une. - -INFIQUER, ficher en terre. P. - -INNOCENT, jeune enfant; idiot. P. H.-N. - -INN' TOUT, non plus; pas davantage. H.-N. - -INSTANT (de), à l'instant. H.-N. - -INTERLOQUE, stupéfait, surpris. P. - -INTIAU, linteau de cheminée. - -INTRER, entrer. P. - -INVECTIVER UNE PERSONNE, invectiver contre. - -IOU? où? - -IRRASATIABLE, insatiable. - -ISQUE, prononciation de la lettre X. H.-N. - -ITOU, aussi. Suivant une remarque de M. l'abbé Corblet, ce mot, qui -semble venir du latin _ita_, _etiam_, dériverait du vieux français _et -tout_, qui signifiait _avec_. P. - - - J - -J', nous. Ex.: _J_'avons dîné, _j_'allons partir. - -JACQ, Jacques. H.-N. - -JAQUET, Jacques; en parlant d'un enfant. - -JAMBETTE, Voy. _Gambettes_. - -JAPE, babil, caquet. B.-N. P. - -JAPER, babiller sans réflexion; aboyer. P. B.-N. - -JAQUETTE, jupe de petit enfant. P. - -JAUNET, pièce de 20 francs. P. - -JAUNET, un peu jaune. Ce nom est aussi employé substantivement pour -désigner diverses espèces de renoncules. - -JEAN-CLAIR, poire à manger; tardive. - -JEAN-FOUTRE, mauvais drôle, homme peu stable. - -JEANNETON, Jeanne. - -JEANNETTE, Jeanne; en partent d'une jeune fille. - -JEANNOT, Jean. - -JEAN-QUIN, café auquel on ajoute un peu d'eau-de-vie et de sucre. Vers -1825, le nommé Jean-Quin, de Neslette, garde de M. de Richemont, passant -par Bettencourt, près de Blangy, entra au café du père Desmoulins, -surnommé _la Queue-Blanche_; il se fit servir pour un sou de café, un -sou d'eau-de-vie et un peu de sucre; il mêla le tout ensemble, et, comme -on lui demandait le nom de ce mélange, il répondit: Appelez-le comme -moi, _Jean-Quin_. A partir de là, le _Jean-Quin_ devint en renom, et -aujourd'hui il en est fait une grande consommation. Les cafetiers -assurent qu'il y a peu de profit pour eux à préparer cette liqueur, le -_Jean-Quin_ ne se vendant que dix centimes; mais nous pensons qu'ils se -dédommagent sur les libations qui viennent à la suite, sous le nom de -_goutte_, _petit-verre_, _rincette_, _rinçurette_, _coup-d'adieu_, -_coup-de-bout_, _coup-de-cachoir_, _coup-d'à-cheval_, _coup-d'étrier_, -etc. - -JEUNESSE (une), une jeune fille. P. - -JIFE, JIFFLE, soufflet. - -JIFFLER, donner des _jiffles_. - -JIGUER, ruer; en parlant des chevaux et des vaches. S'emploie aussi dans -le sens de _jougler_. - -JIONS, joncs. - -JOLI (bois), lauréole. - -JOLIMENT, beaucoup, très. Ex.: Il est _joliment_ laid. P. - -JOMARINS, ajoncs marins. - -JOUGLER, se dit d'un cheval reposé qui gambade et folâtre. - -JOUIR DE, être maître. Ex.: Je ne puis _jouir de_ cet enfant. On dit -aussi, en parlant des personnes maladives: _Jouir_ d'une mauvaise santé. -H.-N. - -JOUJOU, se dit d'une personne qui se joue comme un enfant. Ex.: Vous -n'êtes qu'un _joujou_. - -JOUJOUTE (faire), se jouer. - -JOUQUER, jucher. - -JOUR-FAILLI (à), au soir. - -JOURNAL, mesure agraire contenant à peu près ce qu'un charretier peut -labourer en un jour; environ une demi-acre. - -JOURNALIER, variable d'un jour a l'autre. Ex.: Il est _journalier_ pour -son adresse au travail. H.-N. - -JUDAS (bran de), taches furfuracées qui paraissent, surtout au -printemps, sur le visage de certaines personnes. - -JUSSE, juste. Ex.: C'est _jusse_. On dit aussi comme de _jusse_, -c'est-à-dire comme il est juste. P. - -JUTER, rendre du jus. B.-N. P. On se sert aussi de ce verbe comme -synonyme de _pleurer_. - -J'VA, cheval; au pluriel _j'vas_ ou _j'vaux_. - - - K - -KAFIGNONS, corne qui se trouve à l'extrémité du pied des animaux qui -l'ont fourchu, tels que la vache, le porc, le mouton, etc. - -KAINE, chaîne. - -KALIPÈTE, sorte de bonnet qui couvre les oreilles et une partie des -joues, dont les femmes se coiffent pour la nuit et qu'elles conservent -le matin. M. A. de Poilly fait venir ce mot du verbe _klùptô_, qui -désigne un ajustement de ce genre. - -KARAS, berger. - -KARUE, charrue. - -KERDER, carder. - -KERMINNE, charogne. P. - -KÉROIX, croix. - -KEVRON, chevron. P. - -KIEF, pièce de bois à laquelle on assujettit le soc de la charrue. Au -moyen-âge, on disait _cep_. - -KIEN, chien. P. - -KIGNE-EN-COIN (de), d'un coin à l'autre. - -K'MINAYE, cheminée. - -K'MINSE, chemise. - -K'VA, cheval. - -K'VILLE, cheville. Cette expression nous paraît offrir une de ces -bizarreries qu'on rencontre dans la prononciation de certains mots de la -langue française. Pourquoi mouille-t-on _ll_ dans _cheville_, tandis -qu'on ne le fait pas dans _ville_? C'est par suite de cette irrégularité -qu'un enfant, qui récitait naguère une leçon de grammaire latine, -disait: _Hostis urbem diripuit_, l'ennemi PILA (pilla) la ville. - - - L - -L', le. - -LACHET, lacet. - -LACHERON, laiteron. P. - -LAI, le. Ex.: Écoutez-_lai_. - -LAID (faire), faire la grimace à quelqu'un. H.-N. - -LAIQUER, lécher. - -LAIRER, laisser. On ne l'emploie qu'au futur et au conditionnel. Ex.: Tu -me _lairas_ bien parler à mon tour. - -LAISANDER, faire le _laisant_. - -LAISANT, paresseux; qui se promène le long des chemins sans travailler. -B.-N. - -LAISI, loisir. - -LAIT BATTU, lait de beurre. - -LAITRON, poulain qui tette encore. B.-N. - -LAMBIN, lent, nonchalant. - -LAMBINER, marcher ou travailler lentement. - -LANDIER, chenet. - -LANDON, paroles ennnyeuses. B.-N. - -LANDONNER, ennuyer par des propos inutiles. - -LANGREUX, chétif, valétudinaire. P. - -LANGUES DU MONDE, babils populaires. - -LANGUE (taire sa), garder le silence. H.-N. - -LANNER. Voy. _Landonner_. H.-N. - -LANTURLU (avoir), avoir cinq cartes de même espèce au jeu de _pamphile_. - -LA OU, là que. Ex.: C'est _là où_ je vais déjeuner. - -LAPIDER, tourmenter. Ex.: Cet enfant me _lapide_ du matin au soir. - -LAPIER, rucher. Ce mot devrait s'écrire _apier_, du latin _apiarium_, -lieu où l'on conserve les ruches. Il est probable que d'abord on disait -l'_apier_; et l'apostrophe aura fini par disparaitre. - -LAQUEULLE, laquelle. - -LARDER, donner une grande chaleur; en parlant du feu ou du soleil; du -latin _ardere_. - -LARMER, pleurer. H.-N. - -LARRIS, landes; terrein de mauvaise qualité abandonné pour le pâturage -des moutons. P. - -LAVE-MAINS, vase dans lequel les domestiques lavent leurs mains. - -LAVERIE, lieu où on lave la vaisselle. - -LAVETTE, linge qui sert à laver la vaisselle. - -LÉQUEULS, LÉQUEULLES, lesquels, lesquelles. - -LÉS, les; devant une consonne. - -LESSIVE (couler, _caudier_ la), faire la lessive. - -LESSIVE (battre la), frapper sur le linge avec un battoir pour faire -pénétrer le savon. - -LESSIVEUSE, lavandière. P. - -LEU, leur. - -LEU, loup. P. - -LEU (paure), pauvre diable. On dit aussi _paure lève_, en parlant d'une -femme. - -LEUS, leurs; se. - -LEUT', leur. - -LÈVE, louve. - -LEVÉ (mal), de mauvaise humeur. - -LÉZAND, paresseux; qui prend du _laisi_. - -LI, lui. Ex.: Donne-_li cha_. _Li_ est peut-être pour _illi_. P. - -LIACHE. Voy. _Comble_. - -LIAN, lien. Cette expression se trouve dans les actes du moyen-âge., - -LIAGE, action de lier la récolte. Ex.: Il n'y aura pas de _liage_ -aujourd'hui. - -LIÈGE (feuilles de), feuilles de lierre. - -LIETTE, cordon. Ex.: J'ai cassé la _liette_ de mon tablier. - -LIGNEU, ligneul. - -LIMONNIER, cheval qu'on met dans les _limons_. H.-N. - -LIMONS, brancards d'une voiture. - -LIMOUSINE, manteau limousin, de grosse laine grise à raies brunes, dont -se servent les charretiers. P. - -LINGARD (cheval), efflanqué. Se dit aussi des personnes grandes et -maigres. H.-N. - -LINGUE, langue. P. - -LIORNES, lianes. - -LIPPE, lèvre. - -LIPPU, qui a de grosses lèvres. P. - -LIQUEUREUX, liquoreux. - -LIRLAS, lilas. - -LIROTES! LIROTES! LIROTES! cri par lequel on appelle les jeunes canards. - -LISA. Voy. _Elisa_. - -LISET, petit ruban de soie. - -LIT (haut de), ciel de lit, baldaquin. - -LIU, lieu. P. - -LO, là. P. - -LOCHER, secouer un arbre pour faire tomber les fruits. H.-N. - -LOLO, veau; expression enfantine. On dit aussi, d'un grand garçon qui a -des manières enfantines: C'est un grand _lolo_. - -LONGIN, lambin. P. - -LONGUE, longe. - -LOPIN, petite quantité. P. - -LOQUENCE (avoir une bonne), avoir la voix forte. - -LOQUETS, petites portions de laine qui tombent à terre, à la tonte des -moutons. - -LORIOT (compère), orgelet, gros bouton en forme de grain d'orge, qui -vient sur les paupières. B.-N. - -LORS DE, au moment de: _Lors de_ mon passage. - -LOUCHE, cuiller à potage. C'est encore un de ces mots d'un usage général -qui, comme le fait observer M. Corblet, manque à la langue officielle de -l'Académie. P. - -LOUDIER, grosse couverture de laine piquée. P. - -LOUISOT, Louis. - -LOURE, espèce de flûte. - -LOURER, jouer de la _loure_. - -L'QUEUL, lequel, laquelle. - -L'S', les; devant une voyelle. - -LUBIN, lupin. - -LUGAN, boudeur, sournois. - -LUGANNER. Se dit des premières gouttes de pluie qui précèdent le mauvais -temps. Ce mot viendrait-il de _lugere_, verser des larmes? - -LUMÉRO, numéro. - -LUMINAIRE. Voy. _Cierge dormant_. - -LUQUER, loucher. - -LURON, homme gai et sans peur. - -L'Z, les. Ex.: Ils sont arrivés _l'z_ uns après _l'z_ autres. P. - - - M - -M', ma; devant une consonne. Ex.: Le tiroir de _m_'table. P. - -M', me. - -MA, mal. - -MACHACRE, maladroit, mauvais ouvrier. - -MACHACRER, massacrer. - -MACHIN, MACHINE, mot par lequel on désigne une personne ou un objet dont -on ne se rappelle pas le nom. B.-N. P. - -MACHON, maçon. - -MACHOQUER, bossuer; signifie _mal choquer_. P. - -MACRIAU, maquereau. En picard, c'est _macrieu_. Autrefois, quand il y -avait des maquereaux à la poissonnerie d'Amiens, on criait au coin des -rues: «_On vous foet assavoir qui vient d'arriver eine grande -déballation d'macrieux_; _i gn'o des macrieux à mosieu_, _des macrieux à -procureux_, _des macrieux à povers geins_» (_Glossaire du patois -picard_, page 523). - -MADAME, dame. P. - -MADELEINE, poire à manger; précoce. - -MADLON, Madeleine. - -MAGUE, bosse, ventre. - -MAGÜE (bouteille), qui a un gros ventre. B.-N. - -MAGUETTE, quatrième cavité de l'estomac des veaux, dont on extrait la -présure qui sert à faire cailler le lait avant de le transformer en -fromage. H.-N. - -MAHON, coquelicot. P. - -MAI, moi. - -MAIGRIER, maigre. - -MAILLARD, nom donné au canard mâle. P. Voy. _Bourre_. - -MAIN DE (être à), être en mesure de. H.-N. - -MAIN (être en à), outil d'un usage facile. Ex.: Cette faucille est _bien -en à main_. - -MAINOTTE, petite main. P. - -MAINTIENT, manche du fléau à battre le blé; la _main_ le _tient_. B.-N. - -MAISON. Ce mot est généralement employé pour désigner une cuisine. Ex.: -S'il n'est point dans la _maison_, il est dans la chambre. - -MAIS QUE, quand; avec le présent du subjonctif. Ex.: Je vous donnerai -quelque chose, _mais que_ j'aille à la ville. H.-N. - -MAITE, maître. - -MAITRE, titre qu'on donne aux cultivateurs en le faisant précéder de -leur nom de baptême. Ex.: _Maître_ Jean, _maître_ Pierre, etc. M. -Auguste. Le Prevost regarde cette locution comme devant avoir une -origine fort ancienne (Voy. notre _Essai sur Londinières_, p. 103). - -MAITRE-PIERRE, pomme à couteau, très-tardive, et se conservant fort -longtemps; nous en avons vu qui étaient récoltées depuis près de deux -ans. - -MALADIE (faire une), éprouver une maladie. - -MALAISE (à), à plus forte raison. - -MALANDRE, coup, blessure, ulcère. Comme on le voit, ce mot a beaucoup de -rapport avec _maladrerie_, lieu où l'on retenait les lépreux (Voir notre -_Essai sur Neufchâtel_, pag. 62 et suiv.). - -MALE, marne. Une charte de 1318 fait mention de terres _mallées de blanc -malle pris et champ meismes_, _x toises en parfont_ (_Etudes_, etc., par -M. L. Delisle, page 267). - -MALER, marner. On disait autrefois _mailler_. - -MAL-EN-TRAIN, souffrant. P. B.-N. - -MALFAVEUR (coup de), mauvais coup, coup de maladresse. - -MALGRÉ QUE, quoique. - -MALHU, malheur. - -MALHUREUX, malheureux. P. - -MALIÈRE, trou d'où l'on tire le _mâle_. - -MAL INCOMMODE, fort incommode. - -MALINE (fièvre), fièvre maligne; on l'appelle aujourd'hui fièvre -_ataxique_. - -MALON, morceau de marne. - -MAL-SAINT N.... (être tenu du), expression dont se servent les bonnes -femmes pour désigner diverses maladies, en conseillant d'aller en -pélerinage au saint dont le malade est _tint_, afin qu'il soit guéri. - -MAN, mon; devant une consonne. - -MANANT, misérable, homme sans délicatesse. - -MANCHONS, MANCHERONS. Voy. _Hames_; de _manica_, manche. H.-N. - -MANGE-TOUT (des), espèces de petites fèves dont on mange les cosses au -moment de la formation du grain. - -MANIQUET, selle de femme, couverte d'une peau de mouton. Les meuniers se -servent aussi de _maniquets_ pour leurs chevaux, mais ils sont -recouverts de peaux de veau et n'ont point de dossier. - -MANJURE, démangeaison. Ex.: J'ai _manjure_ à la tête. - -MANS, larves du hanneton. B.-N. - -MAQUE-ÉPAIS, gourmand. - -MAQUER, manger; en parlant des animaux. - -MAQUER, manger; nourriture des animaux. - -MARCHER, parcourir. Ex.: Avez-vous _marché_ les terres de la ferme? -H.-N. - -MARCOU, chat mâle. B.-N. - -MARETTE, petite mare. P. - -MARGANNER. V. _Déganer_. - -MARGAU, fille d'une conduite équivoque. - -MARGOTON, Marguerite. - -MARGOUILLER, mâcher, manger malproprement. - -MARGOULETTE, bouche d'enfant. B.-N. - -MARGUITE, Marguerite. - -MARICAUDER, noircir le visage ou les habits; de l'espagnol _mascarar_ ou -de l'italien _mascharare_. - -MARICHA, maréchal ferrant. - -MARJOLLES, chair rouge qui pend sous le bec des dindons et des coqs. Se -dit aussi des hommes très-gras, en parlant de leur _double_ ou _triple_ -menton. B.-N. - -MARMOUZETS, statues. - -MARONNER, MARMONNER, murmurer en secret. P. - -MAROTE, Marie. H.-N. - -MARQUE. Le bois de charpente se mesure à la _marque_. On en distingue de -deux sortes: 1º la grande _marque_, qui contient 300 _chevilles_, et la -petite _marque_, qui n'en renferme que 96. La grande _marque_ égale 0,71 -décistères, et la petite _marque_, 0,23. - -MARS (faire les), se livrer aux travaux agricoles du printemps. - -MARS EN CARÊME (arriver comme), arriver à propos; c'est une corruption -de _marée en carême_. - -MARTIAU, marteau. P. - -MASIÈRE, bord d'un bois, d'un fossé, etc. P. - -MASURE. On désigne ainsi tout herbage attenant à une habitation. Cette -expression est commune dans les actes des XIIe et XIIIe siècles. - -MASTOQUE, lourdaud. P. - -MATÉRAUX, matériaux. H.-N. - -MATIFAS, mortier fait de chaux, de sable et de bourre. - -MATIN, juron; mauvais drôle. - -MATINES, livre d'heures à l'usage des laïques. - -MATINEUX, matinal, qui se lève matin. - -MATTE, martre. - -MATTES, lait coagulé par suite de la chaleur de l'été. B.-N. - -MATTES (fond de). Ce qu'on désigne ainsi est en réalité le _dessus_ des -_mattes_, auxquelles se trouve mêlé un peu de _fleurette_. - -MATTONNÉ (temps), couvert de petits nuages arrondis. H.-N. - -MAU, mou. P. - -MAUCŒURANT, qui fait _mal au coeur_. P. - -MAUGRAI, malgré, P. C'est le vieux mot français _maugré_. - -MAUVAISETÉ, méchanceté. P. - -MAUVIAR, espèce de merle. - -MÉCANIQUE, appareil adapté aux voitures et destiné à ralentir leur -marche, dans les descentes, au moyen d'une vis. - -MÉCHANT, pauvre. Ex.: C'est un _méchant_ porte-balle. B.-N. - -MÉCREDI, mercredi. On le prononçait ainsi au XVIIe siècle. P. - -MÉDECHIN, médecin. - -MEIGLE, petit lait. - -MÊLE, merle. - -MÊLES, nèfles. B.-N. Cette dénomination est ancienne. - -MÊLIER, néflier. B.-N. - -MELLE, merle. B.-N. - -MÊLI-MÊLO, mic-mac. B.-N. - -MÊME CHOSE (la), de même, pareillement. Ex.: J'irai _la même chose_ -dimanche. - -MÉMÉRE, grand'mère, femme qui a de l'embonpoint. P. - -MÉNAGER, petit cultivateur. P. Meuble en bois où l'on dispose les plats -et les assiettes. - -MENDRE, faible. Ex.: Cet enfant est bien _mendre_. Peu important. Ex.: -On punit pour la _mendre_ faute. Vient de moindre, _minor_. - -MENON, chat. - -MENTIRIE, mensonge. P. - -MENTÊCHE (c')? comment est-ce? B.-N. - -MÈRE-MAQUETTE (baptême de la), _Angelus_ de midi, dont le son annonce -l'heure du dîner. - -MÉRIENNE, méridienne. - -MÉROTTE (petite), femme petite et replète. - -MERQUER, marquer, tacher. - -MÉS, mes; devant une consonne. - -MESANGLE et MÉSANGUE, mésange. - -MÊT, espèce d'auge en planches dans laquelle on pétrit le pain et où on -le serre, quand il est cuit. B.-N. P. - -MESURE (à), de temps en temps. P. - -MÉTIER DE (avoir), avoir besoin de. Ex.: J'aurais _métier_ de partir -demain. - -MEULE, amas de gerbes qu'on garnit d'une couverture, en attendant que -les bâtiments de la ferme soient libres pour recevoir les gerbes ainsi -amassées. - -MEURDRIR, meurtrir, H.-N. P. En 1408, on paya quatre sous deux deniers -au geôlier des prisons du Pont-de-l'Arche pour avoir nourri en prison, -pendant vingt-quatre jours, un porc qui avait _muldri_ et tué un petit -entant, et qui, en expiation de ce crime, fut pendu à un des poteaux de -la Justice du Vaudreuil (_Etudes_, etc., par M. L. Delisle, p. 107). - -MEURISON, maturité. P. - -MI, moi. P. - -MI-AOUT, quinze août. La manière dont on prononce généralement ce mot -rappelle cette réflexion de M. de Bellièvre: «Il me semble entendre -miauler des chats, disait-il, lorsqu'on prononce autour de moi la -MI-A-OU pour la MI-OU.» - -MIDI (sur les), vers midi. - -MIE, point. Ex.: On ne peut _mie_ siffler et bâiller en même temps. P. - -MIETTE (une), un peu. P. - -MIEUX (au), très-bien. - -MIGOT, provision. - -MIGOT (pommes de), pommes de dessert qu'on conserve pour l'hiver et le -printemps. - -MIGOTER (faire), faire bouillir un mets doucement; placer des fruits -dans la paille pour les faire mûrir, après qu'ils sont cueillis. - -MIGNARD, enfant gâté. - -MIGNARD (faire le). Se dit d'un enfant qui demande à être caressé. - -MILICE (être), être la dupe. - -MIN, mon. P. - -MINABLE, misérable, qui inspire la pitié. B.-N. - -MINETTE, lupuline. P. Chatte. - -MINNE (grande), mesure de pommes contenant huit boisseaux. La petite -_minne_ n'en contient que six. - -MINNUIT, minuit. H.-N. - -MINON, chat. - -MINUTE! dans un moment. - -MIOCHE, petit garçon. B.-N. - -MIONNER, manger avidement un morceau de pain. - -MIOT (un), un peu. B.-N. - -MIOTS, miettes. B.-N. - -MIOUT (la). La fête de l'Assomption de la sainte Vierge, _la mi-août_. - -MIREUX, miroir. H.-N. - -MISTIGRI, nom donné an valet de trèfle. - -MITAN, moitié, milieu. Les auteurs assignent diverses origines à ce mot. -M. André de Poilly le fait venir de deux mots grecs: ÊMI pour ÊMISU et -TAMUÔ, _diviser par moitié_. M. l'abbé Corblet croit qu'il vient du -tudesque MITTAN, milieu. M. Auguste Le Prevost le tire de MEDIETAS, _le -milieu_. Quoi qu'il en soit, Monet nous apprend que cette expression -était généralement admise en 1636. - -MITON, poire à manger, précoce. - -MITONNÉE (soupe), soupe dans laquelle le pain a bouilli. H.-N. - -MITONNER (faire), faire bouillir lentement. H.-N. - -MITOUCHE (singe), hypocrite. On a fait venir ce mot de -_saint-n'y-touche_. H.-N. - -MIYEU, meilleur. - -M'N, mon; devant une voyelle. P. «Nos paysans, dit M, Alfred Darcel, -dans ses notes sur la Chanson de Roland, poème du XIe siècle, disent _me -n'épée_ pour _ma n'épée_ avec l'n euphonique. Les lettrés disent et -écrivent _mon épée_ pour _mo n'épée_ avec cette lettre euphonique. Or, -lequel a raison? du paysan qui, sans changer le genre de l'adjectif, -arrive á l'euphonie en intercalant une lettre dont il indique la raison -d'être, ou du lettré qui en change le genre, sans garder par l'écriture -aucune trace de l'origine de ce changement. _M'est avis_ que c'est le -paysan (_Revue de Rouen_, année 1851, page 448).» - -MO, mon. - -MODEUSE, modiste. H.-N. - -MOIDOUX, moisson. - -MOIDOUX (être dans le), être entré dans le temps de la moisson; dans le -_mois d'août_. - -MOIDOUX (faire), travailler à la moisson. - -MOIE. Voy. _Meule_. P. - -MOGNON, moignon. - -MOIGNAU, moineau. - -MOISILLON. On désigne sous le nom de _moisillons_ les filles de la ville -qui portent robes et rubans, cherchant à prendre des airs de grandes -dames auprès des villageoises. - -MOISON, maison, de _mansis_. P. - -MOISSE, portion de lait que la vache donne en une seule fois. - -MOISSON, moineau. - -MOLACHE, faible, flexible. - -MOLLE, botte de cercles dont le nombre diminue en proportion que les -cercles sont plus grands. Cette expression était en usage dans le -moyen-âge. - -MOLLET (un petit), un peu. - -MOLLIR, baisser de prix. Ex.: Le blé a _molli_ à la halle. B.-N. - -MOLTON, étoffe de laine. - -MOMENT (du), en ce moment. H.-N. - -MONCORNE, mélange de pois, de vesce, d'orge et d'avoine qu'on sème au -printemps. L'usage de ce mélange de semences est ancien; il en est -question dans une charte de 1199, _duas acras de mancorn'_; il est aussi -question, dans le cartulaire de la Trinité de Caen, de 80 acres de -_mancor_. A défaut de renseignements, M. L. Delisle avait pensé qu'il -fallait peut-être entendre par _mancor_ le blé-méteil (_Etudes_, etc., -page 320). - -MON DIEU (être hors des), ni beau, ni laid. - -MONGNAN, chaudronnier ambulant. Ce mot vient peut-être, par quelque -chemin détourné, de l'italien _magnano_, serrurier. - -MONGNE, soufflet. Ex.: Donnez-lui une _mongne_, s'il pleure. - -MONGNER, donner des _mongnes_. - -MONNÉE, blé qu'on porte au moulin, ou farine qu'on en rapporte. B.-N. - -MONNIER, meunier. - -MONSIEU, monsieur. - -MONT, tas, monceau. P. - -MONTARDE, moutarde. Un professeur du collége des jésuites, à Dijon, mit -un jour l'énigme suivante au tableau: _Multùm tardat Divio rixam_. -L'inscription parut séditieuse, mais chaque mot expliqué calma les -jugements prématurés: _multùm_, moult (vieux mot français qui signifie -_beaucoup_), _tardat_, tarde, Divio, Dijon, _rixam_, noise; ce qui -donne: _Moutarde dijonnoise_ (_Glossaire des Noels bourguignons_, de -Bernard de la Monnoye, au mot Moutarde.) - -MONTEUX (pied), pied gauche du cheval, du côté qu'on _monte_. - -MONTON, mouton. - -MONTRER, enseigner. Ex.: Je lui _montrerai_ l'algèbre. - -MORCET, morceau. - -MORCIAU, morceau. - -MORDIENNE (à la bonne), simplement, sans façon. - -MORFILE (avoir du), se dit d'un couteau dont le taillant n'a pas été -adouci par la pierre, après avoir été aiguisé sur la meule. - -MORICAUD, noir. - -MORNIFLE, soufflet. - -MORZIEU! espèce de juron. - -MOUCHES A MIEL, abeilles. Lorsqu'il meurt une personne dans la maison de -celui qui possède des ruches, on a l'habitude de placer à chaque ruche -un morceau de tissu noir, afin de _faire faire le deuil_ aux abeilles, -sans quoi, dit-on, elles mourraient. Nous ignorons ce qui a pu donner -lieu à cette crédulité; mais nous pouvons assurer que nous avons eu la -preuve qu'elle ne reposait sur aucun fondement. - -MOUCHET, amas, monceau. B.-N. - -MOUCHEUX, mouchoir. - -MOUCHEUX-DE-COS, cravate. - -MOUCHIAU, monceau. - -MOUFFLES, gros gants de peau dont on se sert pour se préserver les mains -en coupant les épines et en réparant les haies. B.-N. - -MOUFLU. Se dit d'un pain ou d'un gâteau bien levé. P. - -MOUILLES, moules. - -MOULÉ. Imprimé. H.-N. - -MOULÉE, sciure de bois. - -MOUQUE, mouche. - -MOUQUE-A-MIET, _mouche à miel_, abeille. - -MOUQUER, moucher. Ex.: _Mouquez_ la chandelle. - -MOUQUERON, moucheron. - -MOURMAUD, morose. - -MOURON, salamandre terrestre. B.-N. - -MOUSIEU, monsieur. - -MOUSIEU (poire de), bonne à manger; précoce. - -MOUSSE (rose), rose moussue. - -MOUTARD, petit garçon. - -MOUTE, chatte. H.-N. - -MOUTON, poire à manger; assez précoce. - -MOUTURE, orge ou avoine moulus grossièrement pour donner dans l'étable -aux porcs ou autres bestiaux. D'après M. L. Delisle, on entendait, au -moyen-âge, par _mouture_, le blé de qualité moyenne (_Etudes_, etc., p. -520.) - -MOUVETTE, cuiller de bois qui sert à remuer les sauces. B.-N. - -MOUYEU, noyau de noix, de cerise, etc. - -MOYEN (être), être faible, malade. - -M' S', mes; devant une voyelle. - -MUCHER, cacher. P. Du vieux verbe _musser_. - -MUCHE-TAN-POT (à), en cachette. D'après M. Hécart, ce mot vient de ce -que certains marchands vendaient de la bière à meilleur marché que leurs -confrères; mais comme ils ne payaient pas de droit, il fallait -l'emporter en cachette, _mucher san pot_. P. - -MUCRE, humide. B.-N. - -MUID, tonneau contenant quarante-deux _veltes_. - -MULE. Voy. _Meule_. - -MULETTE, estomac intérieur. - -MULON. Voy. _Meule_. - -MULOT, pomme à cidre; précoce. - -MURES, fruits de la ronce. Nous croyons voir là un fait à l'appui de -l'opinion de M. L. Delisle qui, en donnant le détail des arbres et -arbustes de la Normandie, au moyen-âge, se demande si la ronce ne se -serait pas appelée mûrier (_Etudes_, etc., page 358). - -MURISON, maturité. P. - -MUSETTE, musaraigne; petit mammifère qu'on regarde à tort comme -dangereux. - -MUSOTTER, s'occuper à peu de chose. - -MUYEU, meilleur. - - - N - -NA! parbleu, certainement. B.-N. P. - -NABOT, de petite taille. P. - -NACHE (morceau de), morceau de fesse de boeuf ou de vache. Ce mot vient -du latin _nates_, et se trouve dans un acte de 1342, relatif à un -seigneur d'Auvilliers qui maltraita un clerc, «le despéçant avec ses -espérons par les _naches_ et par les gambes et par tout le corps» -(_Revue de Rouen_, 1840, 2me semestre, p. 91). - -NACTIEUX. Voy. _Futeux_. P. - -NANAN, chose excellente à boire ou à manger. P. - -NANETTE, Anne. - -NANÉS ou NANINS. Ce mot est souvent employé pour répondre à une personne -qui adresse une question indiscrète. Ex.: Que portes-tu, mon ami, dans -ton panier?--_Des nanins pour souffler au c... des demandeux._ Cette -réponse est pour ainsi dire stéréotypée, et s'adresse indistinctement à -toute demande faite sans discrétion. Cette expression aurait-elle -quelque rapport avec le mot espagnol _nenes_, petits enfants; ou plutôt, -n'est-elle pas la traduction du latin _neniæ_, bagatelles, contes dont -on amuse les enfants? - -NANON, Anne. - -NASIAUX, narines du cheval, de la vache, etc.; de _nasus_, nez. - -NAU, feuille de plomb ou de zinc qui se place à l'angle rentrant d'une -couverture en ardoises, pour servir de gouttière. - -NE, ni. Ex.: C'est un impie qui ne craint _ne_ Dieu, _ne_ vierge Marie. -P. Ce mot est ancien. - -NÊLE, nielle. P. - -NENTILLE. Voy. _Judas_. - -NENTILLES, lentilles. P. - -NEU, neuf. P. - -NEYER (se), se noyer. P. - -NIANT, homme simple; _néant_, en fait d'intelligence. - -NICHEUX, oeuf qu'on laisse dans le nid des poules pour les engager à -venir pondre. Parfois on taille un morceau de marne, en forme d'oeuf, -pour servir de _nicheux_. Les Picards disent un _nichouère_. - -NIÈVRE, mutin. - -NIFE, clair. Ex.: Ce cidre est bien _nife_. - -NIQUEDOIULLE, niais. B.-N. - -NITÉ (de), de naissance; _à nativitate_. Ex.: Il est sourd de _nité_. - -NIVELOTER, s'amuser à des riens. B.-N. - -NIXE! non pas! P. - -NO, notre, nous, nos, et quelquefois ma. Ex.: _No_ femme est malade. - -NOCER, faire bombance. P. - -NOCEUR, qui fait bombance. P. - -NOEUD-GABRIET, cartilage thyroïde; noeud de la gorge. On dit d'un homme -qui a trop mangé: Il en a jusqu'au _noeud-gabriet_. H.-N. - -NOIRET, tirant sur le noir. - -NOIROT. Voy. _Noiret_. - -NOIRQUIN (homme), dont le teint est un peu noir. - -NOM-DES-OS! juron. P. - -NON-FAIT, non, pas du tout. B.-N. Négation absolue. - -NONOSTANT, nonobstant. - -NOQUE, brèche à un taillant; légère entaille à un bâton comme font les -boulangers pour tenir note des pains qu'ils fournissent. - -NOROLLE, brioche, gâteau. Ce mot est assez ancien. - -NOS, nous; devant une voyelle. P. - -NOSTRUM (perdre le), ne plus savoir où l'on en est de ce qu'on fait. - -NOT, notre. Dans ses notes sur Vaugelas, Corneille fait remarquer que -l'_r_ ne se fait presque point sentir dans _notre_ et _votre_. - -NOUÉ (enfant), qui se devient mal. P. - -NOURTIER, veau qu'on achète pour l'engraisser. - -NOURTIER (bon), qui nourrit bien ses bestiaux. P. - -NOURTURE, nourriture. - -NOUVIAU, nouveau. P. - -NUNNE-PART, nulle part. P. - -NUNUS, riens, bagatelles, H.-N. P. De _neniæ_. - -NUROLE. Voy. _Norole_. - - - O - -O, on. Ex.: _O_ ne sait plus à qui se fier. _P._ - -O, où, Ex.: _O_ voulez-vous allez? - -O (il), il a. P. - -OBLIER, oublier. - -OBSERVER, faire observer. Ex.: Je vous _observe_ qu'il était soir. - -OCLE. Voy. _Noque_. - -OCORE, encore. - -ŒILLÈRE (dent), dent canine supérieure qui se trouve sous l'oeil. H.-N. - -OGNON, poire précoce. - -OIN, oui; dans un sens ironique. P. - -OIR, oie mâle. - -OIRESSE, oie femelle. - -OL', on le, Ex.: Est-ce vrai comme ol' dit? - -ONCHE, once. P. - -ONGUES, ongles. P. - -ONNI, uni. - -ONZIN, amas de gerbes au nombre de onze, sur lesquelles la onzième -servait, dit-on, à payer la dîme. Aujourd'hui on ne réunit les gerbes -que par lots de dix, sous le nom de _dizeau_. - -O Q'C'ET, quelque part; _où que c'est_. Ex. Je l'ai mis _o q'c'et_, mais -je ne le trouve pas. - -ORANGE (eau de fleur d'), eau de fleurs d'oranger. - -OREILLE, partie mobile de la petite charrue, qui se place auprès du soc -et se change de côté, à chaque raie, pour élargir le sillon. La grande -charrue a deux _oreilles_ qui sont immobiles et qu'on désigne sous le -nom de _petite_ et _grande oreille_. - -ORGERI, champ où l'on a récolté de l'orge. - -ORILLER, oreiller. - -ORMOIRE, armoire. P. - -ORTILLER, frotter avec des orties. - -ORTILLONS, doigts des pieds; diminutif d'_orteil_. - -ORVÈRE, orvet. H.-N. - -OS, vous. Ex.: _Os_ êtes bien curieux. P. - -OSCUR, obscur. P. - -OSIAU, oiseau. - -OSIÈRE, osier. - -OU, que. Ex.: C'est là _où_ je demeure. - -OUAICHE (que je), que j'aille. Ex.: Il faut que je _ouaiche_ au bois. - -OUÊTCHE? où est-ce? - -OUI (pour _cha_), oui; formule très-affirmative. H.-N. - -OUICHE! Exclamation dont on se sert pour témoigner qu'on a froid. - -OU Q'C'EST? où est-ce? - -OURDON, largeur de grain que le faucheur abat à chaque javelle. - -OUTARDES (aller aux), chasse aux oiseaux qui se fait de différentes -manières, pendant les nuits obscures de l'hiver, à l'aide d'une -lanterne. - -OUTEUX. Voy. _Auteux_. - -OUVRIER (jour), jour ouvrable. - - - P - -PAFFE! Exclamation de celui qui voit donner ou recevoir un soufflet. - -PAGIE, pan de muraille. B.-N. - -PAIE! Expression dont on se sert pour exciter un chien à manger ce qu'on -lui présente. Ex.: _Paie, Médor! Paie! Paie!_ - -PALER, parler. - -PALETTE, pelle à feu. - -PALIER, lieu ou l'on dépose les assiettes. Voy. _Ménager_. - -PAIN-M'NIT, pain bénit. - -PAMPHILE, espèce de jeu de cartes; nom qu'on donne au valet d'atout, à -ce jeu. - -PAN, pain. P. - -PANCHE, panse. P. - -PANCHÉE (s'en donner une), manger avec excès. - -PANCHU, qui a une grande _panche_. - -PANÉE, pan d'un habit. H.-N. - -PANTALONS (mes), mon pantalon; a moins qu'on ne parle de plusieurs. - -PAPIN, bouillie pour les enfants. P. Ce mot vient du latin _pappare_. - -PAQUE-FLEURIE, dimanche des Rameaux. Le nom de _Pâque-Fleurie_ est sans -doute un souvenir de l'usage où l'on était jadis de joncher de verdure -et de fleurs, en ce jour, les rues par lesquelles devait passer la -procession. - -PAQUER, faire ses pâques. - -PARAI, muraille; de _paries_. - -PAR-APRÈS, après, ensuite. B.-N. P. - -PARAPHE (une), un paraphe. - -PARCIE, repas qu'on donne aux moissonneurs après les travaux de la -moisson; ordinairement on y boit à _tire-larigo_. B.-N. - -PARDIÉ! espèce de juron; _par Die_, par Dieu. C'est le _por Dios_ des -Espagnols, et le _per Dio_ des Italiens. Les anciens Normands juraient -aussi par Dieu, en se servant de l'expression anglaise: _by God_ (_Revue -de Rouen_, 1839, page 14). - -PARÉ (cidre), bon à boire. - -PAR-ENSONS, par-dessus. Ex.: Jette-moi ton couteau _par-ensons_ la haie. - -PARER UNE POMME, peler une pomme ou un autre fruit. - -PARÉSINER, se dit de celui dont la main tremble. - -PARFINIR, donner la dernière main à un ouvrage. B.-N. - -PARINAGE. C'est ainsi qu'on appelle le parrain et la marraine qui -accompagnent l'enfant qu'on porte à l'église pour recevoir le baptême. -P. - -PARIURE, pari. - -PARLER (se). En parlant de jeunes gens qui se font la cour pour se -marier, on dit: _Ils se parlent_. H.-N. - -PARLER (se), parler avec affectation. H.-N. Les deux verbes suivants ont -la même signification. - -PARLOCHER (se). - -PARLORER (se). - -PARMI (le), le milieu. Ex.: Mets ta carte dans _le parmi_ du jeu. - -PARTAGEUX, qui demande le partage des biens. P. - -PAS? n'est-ce pas? - -PAS-DE-CAT, lierre terrestre. On lui a sans doute donné ce nom à cause -de la forme de ses feuilles. - -PAS-DE-CAT, espèce de gaffe à trois dents, attachée au bout d'une corde, -qui sert à retirer les seaux qui tombent dans un puits. - -PAS-MOINS, néanmoins. P. - -PASSAGE. Voy. _Passeux_. - -PASSAGÈRE (rue), passante. P. H.-N. B.-N. - -PASSÉ-DE-CHALEUR, très-échauffé. H.-N. - -PASSEUX, espèce de barrière immobile qui sépare les herbages, et qu'il -faut franchir quand on suit les sentiers qui traversent fréquemment les -prairies et bouveries du pays de Bray. - -PASSÉE-D'OUT. Voy. _Parcie_. H.-N. - -PASSE-POMME, espèce de pigeon d'été. - -PAS-VRAI? n'est-ce pas vrai? - -PATACLAS, grand bruit. On rapporte qu'un bon curé, voulant donner à ses -paroissiens une idée du bouleversement du dernier jour du monde, -commença ainsi: «Si tous les arbres étaient réunis en un seul arbre, ça -ferait un bien grand arbre; si toutes les mares ne formaient qu'une -mare, ça ferait une bien grande mare; si l'arbre tombait dans la mare, -quel _pataclas_, mes frères!...» - -PATALON, pantalon. - -PATAR, gros _deux sous_. Le _patar_ était une ancienne pièce de monnaie -qui fut frappée sous Louis XII; d'un côté, on voyait deux fleurs de lis -sur la même ligne, et au-dessous, un P et une croix; de l'autre côté, -une croix à branches égales, placée sur un P. On a voulu voir dans ces -P l'initiale du mot _patar_; mais ce doit être celle de _provincia_ -(_Univers pittoresque_, France, tome X, page 372). M. l'abbé Corblet -parle d'un _patar_ du Brabant, de la valeur de quinze deniers tournois, -qui offre la figure de saint Pierre sur une de ses faces. P. - -PATÈRE (un), une patère. - -PATIS. Voy. _Larris_. P. - -PATOUF (gros), gros lourdaud. - -PATRAQUES, paperasses. - -PATRÈS (envoyer _ad_), faire mourir. P. - -PATRON (faire son), tomber dans la neige ou dans la boue. - -PAURE, pauvre; employé adjectivement devant une consonne. P. Ex.: C'est -un _paure_ malheureux. - -PAUVERTE, pauvreté. P. - -PAUVRESSE, mendiante. - -PAYS, PAYSE, compatiote. P. - -PECUNE, argent, monnaie. P. - -PEDRIX, perdrix. - -PEINE DE VIVRE (prendre), en parlant de personnes qui travaillent et -sont économes. - -PEINTRE, espèce de limace qui se rencontre dans les caves et laisse sur -son passage une matière gluante qui _peint_ sa route. - -PELARD, bois de chêne dont on a enlevé l'écorce. H.-N. - -PÊLE, poêle à frire. - -PELÉE, ce qu'on peut porter sur une pelle. - -PELETTE, pelle à feu. - -PELLUCHE, pelle en fer. - -PÉLOT, palet. - -PENDRE QUE DE (ne), rester à faire. Ex.: La table est servie, il ne -_pend que de_ dîner. H.-N. - -PENSER, faillir. Ex.: Il a _pensé_ tomber. H.-N. - -PÉPÈRE, vieillard. P. - -PÉPIN-FAVART, pomme à couteau; espèce de calville. - -PÊQUE, pêche. - -PÉQUENCER, bavarder. - -PÉQUENCIER, PÉCANCIÈRE, qui _péquence_. - -PÊQUER, pêcher, aller à la pêche. - -PÊQUER, marcher sur, dans. - -PERCHER, percer. P. - -PERDU (sentir le), être sur le point de perdre. - -PÉRETTE, jeune fille folâtre. - -PÉRI, péril. - -PERQUE, perche. - -PERSIN, persil. P. - -PÉSACHIS, nom sous lequel on désigne les semailles et récoltes de pois, -vesce et lentilles. - -PÉSAS, tiges de pois ou de vesce liées en bottes après le battage. - -PÉSERI, champ où l'on a récolté des pois. - -PESOUT, homme grossier et sans intelligence. - -PESTER, être contrarié. - -PET! paix! pour imposer un silence absolu. - -PÉTIÈRE, ouverture qui se trouvait au haut de la culotte, par-derrière, -avant qu'on fit usage de bretelles; cette ouverture était plus on moins -serrée à l'aide d'un cordon ou d'une boucle. Nous n'oublierons jamais, -en entendant prononcer le mot de _pétière_, l'embarras et l'agitation -d'un brave homme que nous avons connu, dans la culotte duquel un mauvais -plaisant avait introduit une grenouille, par la _pétière_. - -PÉTIOT, PÉTIOTE, petit, petite. - -PETITS! PETITS! PETITS! cri pour appeler les poules. - -PÉTOCHER, en parlant des enfants qui font du bruit en marchant. - -PÉTONNIÈRE, bout de sureau dans lequel les enfants introduisent deux -balles de filasse, dont l'une chasse l'autre par la pression de l'air; -ce qui produit un bruit semblable à une légère détonation. - -PÉTOTS, petits pieds. - -PETRIR (auge à) V. _Mêt_. - -PEU (un petit), très-peu. - -PEU (un tant soit), excessivement peu, si peu que ce soit. - -PEUPLE, peuplier. H.-N. P. - -PHYSIQUE (beau), belle physionomie. - -PIAFFE, coquetterie. H.-N. - -PIAFFER, mettre de la recherche dans sa toilette. - -PIAFFEUX, PIAFFEUSE, coquet, coquette. H.-N. - -PIAI, pied. Dans un acte de 1356, il est question d'un _espasce de trois -piez à pié main_. Au siècle précédent, on rencontre encore cette mesure -sous le nom de _pedes manuales, pedes ad manum_. «Quoique cette -expression figure dans un assez grand nombre de textes, dit M. L. -Delisle, le sens n'en est pas encore déterminé avec certitude» -(_Etudes_, etc., p. 530). Nous croyons que le _pied-main_ est une mesure -approximative encore très en usage, parmi les ouvriers de la campagne, -quand il s'agit d'opérations qui ne demandent pas une grande exactitude -dans les appréciations. On prend un bâton de petite grosseur, plus ou -moins long, selon l'étendue de l'objet qu'on veut mesurer; on le place -horizontalement devant soi, en le tenant dans ses deux mains, les doigts -fermés en dessous; on éloigne ensuite les mains l'une de l'autre jusqu'à -ce que les deux pouces, allongés contre le bâton, se touchent par le -bout; alors on obtient le _pied-main_, c'est-à-dire que la longueur du -bâton renfermée dans les mains représente à peu près un pied. - -PIAN-PIAN, lentement. P. - -PIANE-PIANE (aller), marcher doucement; de l'italien _piano_. - -PIANT, PIANTE, personne malpropre, qui sent mauvais. - -PIARD (cheval), blanc et noir comme certaines vaches; couleur de la -_pie_. - -PIAU, peau. P. - -PIAUCER, écorcher, enlever la _piau_ d'un animal. On dit aussi: Faire -_piaucer_ un animal par un chien, pour signifier: le faire mordre, lui -faire arracher la peau. - -PIAULARD, pleurnicheur. P. - -PIAULER, pleurnicher. P. Se dit aussi du gloussement de la dinde. - -PIÈCHE, pièce. - -PIÈCHE, aucun. Ex.: Combien as-tu de chapeaux?--_Pièche_. - -PIEDSENTE, _sentier_ par lequel on passe à _pied_. - -PIERROT, coiffure de femme, dont le fond est très-élevé et chargé de -plis, ainsi que les deux espèces d'ailes qui se prolongent sur les -épaules. - -PIÉTAIN, tumeur qui se forme dans la bifurcation du pied des moutons. P. - -PIF, gros et long nez. B.-N. P. - -PIGEON, pomme a manger. - -PIGNÉ (bien, mal), bien ou mal ajusté, habillé. - -PIGNER, peigner. - -PIGNOCHE, cheville. B.-N. - -PILAGE, brassage. - -PILE (donner une), donner une rossée. B.-N. P. - -PILER, brasser les pommes. B.-N. - -PILER SUR, marcher sur. Ex.: Vous me _pilez sur_ le pied. H.-N. - -PILON. Voy. _Grageux_. - -PIMPERNELLE, pimprenelle. P. - -PINCHARD, pinson. - -PINCHER, pincer. - -PINCHES, PINCHETTES, pincettes. - -PINGEON, pigeon. P. - -PINGRE, avare. P. - -PIONE, pivoine. P. - -PIOS! PIOS! PIOS! cri pour appeler les porcs. - -PINOS! PINOS! PINOS! cri pour appeler les dindons. - -PIOT, PIOTE, enfant, petit, petite. P. - -PIPET, fétu à l'aide duquel on aspire un liquide. B.-N. - -PIPIE, pépie. - -PIPIE (avoir la), avoir soif. - -PIQUETS, mouillettes. - -PIRE (aussi), aussi mauvais. B.-N. - -PIRE (avoir du), être le plus faible dans une lutte. - -PIS, puits où l'on puise de l'eau. - -PIS, mamelle de vache, de cheval, etc. B.-N. - -PISSON, urine. - -PLACHE, place. P. - -PLACHER, placer. - -PLACHEUX, offrant des places où il n'y a rien. Ex.: Ce blé est -_placheux_. - -PLAIDEUX, plaideur. Ce mot est d'un usage fréquent dans le pays de Bray, -comme dans le reste de la Normandie. Cependant nous n'en sommes plus au -temps de Jacques de Camprond qui composa, en 1597, le _Psautier du -Plaideur_, dédié au Parlement de Rouen. Un vrai Normand ne mourait pas -en ce temps-là sans avoir eu un ou plusieurs procès, et le livre du curé -d'Avranches était le _Vade mecum_ de l'époque. Pour comprendre l'esprit -processif de nos bons aïeux, il suffit de se rappeler _le grand prochez -meu par un nid de pie_, sur lequel le Parlement de Normandie eut à se -prononcer en 1629. Pendant que les avocats déployaient leur inépuisable -faconde, les _petits piards_ faisaient défaut aux parties et les -mettaient d'accord, en abandonnant le nid. Aujourd'hui, on plaide moins -souvent qu'autrefois; cependant on assure qu'on rencontre encore çà et -là de vrais _plaideux_ aussi familiarisés avec le pétitoire, le -possessoire, le déclinatoire, le récursoire, etc., qu'un vieil huissier. -C'est peut-être par allusion à cet esprit de chicane qu'on a dit que: -_en Normandie_, _si l'on jette un nouveau-né contre une glace_, _il -trouvera moyen de s'y accrocher_. - -PLAISI (au), au revoir; au _plaisir_ de vous revoir. P. - -PLANCHE DU PIED, plante du pied. H.-N. - -PLANCHÉ (lieu), planchéié. - -PLANQUE, planche. P. - -PLANQUETTE, planche placée sur un petit ruisseau pour servir de pont. P. - -PLATÉE, ce que contient un plat. - -PLATE-FORME, sablière. H.-N. - -PLATINE, langue sans frein. Ex.: Quelle _platine!_ - -PLAUDE, BLAUDE, blouse. Il n'y a pas encore longtemps qu'on désignait -sous le nom de _plaude_, une espèce de longue redingote en toile grise -que portaient les vieillards peu aisés. Il doit exister beaucoup de -rapport entre ce vêtement et le _blialt_ du XIe siècle, dont il est -question dans la _chanson de Roland_. - -PLAUDER. Voy. _Piaucer_. - -PLEIN (tout), beaucoup. Ex.: Il a _tout plein_ de chagrin. P. B.-N. - -PLEU-PLEU, pie-vert; ainsi nommé par onomatopée. - -PLEUVER, pleuvoir. - -PLEUVERE. V. _Pleu-Pleu_. - -PLI, levée de cartes. P. - -PLION, pièce de bois qui sert à maintenir le coutre d'une charrue dans -la position nécessaire; on change le _plion_ de côté, à chaque sillon. -Ce mot est aussi très-usité dans le sens de _ployon_. - -PLOTER (se), se jouer ou se battre à coups de pelotes de neige. - -PLOUTRE, pêne d'une serrure. - -PLOYON, bâton pliant qui sert pour les couvertures en paille. P. Voy. -_Plion_. - -PLUCOTER, se dit des volailles qui cherchent, qui épluchent les grains -perdus devant les granges. - -POUAC! pouah! - -POCHER, espèce de jeu de pair ou non, où l'on gagne des noix et du pain -d'épice aux fêtes de villages, surtout aux _Choules_. - -POGNE (avoir une bonne), serrer fort avec la main; du latin _pugnus_, -poing. - -POGNIE, poignée. - -POIGNÉE (dernière). A la fin de la moisson, on réserve une poignée de -blé à laquelle on en ajoute une autre artistement tressée et un bouquet. -Alors les moissonneurs vont inviter la maîtresse de la ferme à venir les -aider _à finir à blé_; et, quand on est arrivé au lieu où la _dernière -poignée_ a été préparée, on danse une ronde et l'on vide une bouteille -de gros cidre, en mangeant une galette. Ensuite, on présente une -faucille enrubannée à la fermière, et, au moment où elle s'avance pour -scier la riche poignée, les moissonneurs s'arment de fusils qu'ils -avaient cachés sous les javelles, et une première décharge a lieu. Mais -parfois la dernière poignée n'est pas facile à couper, et chacun dit son -mot: _Voilà du blé qui est bien dur_.... _La faucille ne coupe pas_.... -_Madame ne sait pas son métier_.... _Le moidoux ne se ferait pas vite de -ce pas-là_.... _Il y a du sorcier_.... _Allons, courage!_ Enfin, la -maîtresse se redresse et paraît renoncer au succès, lorsqu'un vieux -grognard s'avance: _Pardon! la maîtresse_; _m'est avis qu'il a poussé là -quelque chose depuis tantôt_.... Et il retire une branche qu'il avait -fourrée au milieu de la poignée de blé. On danse une nouvelle ronde; on -vide une seconde bouteille; on fait encore une décharge, et l'on regagne -la ferme, où un bon dîner est préparé, ainsi qu'une récompense pour les -bonnes gens qui ont offert la _dernière poigneé_. Pendant le reste de la -journée, les moissonneurs n'ont d'autre occupation que de tirer des -coups de fusil, manger et surtout boire. Un jeune garçon, interrogé sur -le plaisir qu'il avait eu dans une des circonstances que nous venons de -décrire, répondit: _On a eu du bon temps, mais on était crévé pour -verser à boire._ - -POIRES DE TERRE, topinambours. H.-N. - -POIRIONS, verrues. - -POISON (vieille)! Terme injurieux. - -POLON, Napoléon. - -POLYTE, Hippolyte. - -POMMAGE (bon, mauvais), bonne ou mauvaise nature de pommes dans un -herbage. B.-N. - -POMMEROLES, primevères. B.-N. - -POMON, poumon. H.-N. - -POMONIQUE, pulmonique. - -PONCHET, coquelicot. - -PONNU, pondu. - -POPOT, POPOTE, petit garçon, petite fille, poupée. - -POR, pour. P. - -PORÉSINE, poix-résine. - -PORETTE, jeunes poireaux à repiquer. H.-N. - -PORIONS. Voy. _Poirions_. P. - -PORQUER, qui garde les porcs. - -PORTRAIT (tirer en), faire le portrait, peindre. H.-N. - -PORSUIRE, poursuivre. P. - -PORTE-COS, espèce de joug qui sert aux servantes de ferme a porter des -seaux. - -PORTEUX DE LETTRES, facteur rural de la poste. H.-N. - -POT, ancienne mesure qui contient deux _chopeines_. - -POT, pièce de charpente qui supporte les sommiers. H.-N. - -POTAYE, potée. - -POTICHE, cuisine de pauvres gens. H.-N. - -POTIN, bavardage inutile. - -POTINER, faire des remontrances à contre-temps. - -POTINIER, POTINIÈRE, qui _potine_. - -POTUIT, porte d'une cour, placée entre deux _pôts_ et surmontée d'une -petite couverture par laquelle on ne passe qu'à pied. - -POU, pour. - -POUANT, faiseur d'embarras. P. Malpropre. - -POUCHE, petit sac. - -POUCHINÉE, couvée d'une poule. - -POUCHINIÈRE (la), les pléiades. - -POUILLARD, vaurien. B.-N. Perdreau trop jeune pour être tué. - -POULAIN. On nomme ainsi ce qui s'échappe d'un oeuf cuit dans les cendres, -quand la chaleur fait crever la coque. - -POULE-D'INDE, dinde. - -POULET-D'INDE, dindon. - -POULIER, poulailler. - -POULINÉE, fiente des poules. H.-N. - -POULIOT, pièce de bois mobile placée à l'extrémité postérieure d'un -chariot ou d'une charrette, sur laquelle s'enroule la _liache_. - -POULOT, jeune enfant; de _pullus_. Dans le grec moderne, on emploie -encore, dans la forme patronymique, l'expression _poulo_, quand on veut -joindre le nom individuel du fils à celui du père. C'est comme _mac_, en -Écosse; _o_, en Irlande; _ap_, dans le pays de Galles; _fitz_, _son_, -_en_, en anglais; _vitch_, dans les langues russes; _ez_, en espagnol; -_oglou_, en turc, etc. (_Encyclopédie_ du XIXe siècle, vol. 33me, p. -230). B.-N. P. - -POUQUE. Voy. _Pouche_. - -POUQUETTE, poche, petite _pouche_. - -POUQUETTE (faire), mettre en cachette des fruits ou autre chose à sa -poche, quand on n'a plus faim. - -POURCACHER, en parlant des animaux qui poursuivent les autres pour les -empêcher de manger. - -POURLÉQUER (se), se lécher les lèvres après avoir mangé quelque chose de -bon. P. - -POURPE (le), suette militaire. - -POURVANE, ration d'avoine ou de son qu'on donne aux chevaux et aux -vaches. H.-N. - -POUSSE-POUSSE, jeu d'enfant. Les deux joueurs ont chacun une épingle -qu'ils poussent l'une contre l'autre, jusqu'à ce que l'une des deux -reste sur l'autre; alors celle du dessous devient la propriété du -gagnant. - -PRÊCHEUX, prédicateur. P. - -PREMIER QUE (au), jusqu'à ce que. - -PRÈS, près de, près du. Ex.: Il demeure _près_ l'église, _près_ le -boulevart, etc. - -PRESSEUX, pressoir; lieu où l'on _pile_ et où l'on presse les pommes. - -PRÈT (attraper son), lever un fardeau trop lourd et gagner une hernie. -En parlant d'une fille de conduite équivoque, qui se trouve enceinte. - -PRÈTE, prêtre. - -PRÉTINTAILLES, petits grelots qu'on attache au collier des chevaux des -rouliers et de ceux qui conduisent les diligences. - -PRINS, PRINSE, pris, prise. P. On dit qu'une fille est _prinse_, quand -elle est enceinte. - -PRINSE, prise de tabac. - -PRINSSEUX. Voy. _Presseux_. - -PRIVÉ, lieu d'aisance. - -PRIVÉ (animal), apprivoisé. P. - -PTIOT. Voy. _Piot_. P. - -PU, plus. - -PUCHE, puce. - -PUCHER, puiser. Ex.: _Puchez_ de l'eau dans le seau. P. - -PUCHOT, lieu où l'on puise de l'eau dans une mare. - -PUCHOT, altise; espèce de caléoptère qui vit sur le colza et les pois, -auxquels il cause un grand tort. H.-N. - -PUFINE, excrément humain. - -PUISSANT (homme), gros et gras. H.-N. P. - -PURE, peur. - -PURÉE (porter la), être grondé, pour un autre, sans l'avoir mérité. - -PURER, presser dans ses mains un linge mouillé pour le faire égoutter; -des groseilles pour en obtenir le jus. H.-N. - -PURGE, purgation. - -PUS, plus. - -PUTEAU, mare qui reçoit l'égoût du fumier. On dit aussi _putet_. - -PUTIER, homme débauché. - - - Q - -Q'MENCHER, commencer. - -Q'MIN, chemin. Le mot _quemin_ était très-usité au moyen-âge. - -Q'MINAYE, cheminée. - -QUANTES (toutes fois et), quand on voudra. H.-N. - -QUART-D'HEURE (pour le), pour le moment. H.-N. - -QUARTE, quart du boisseau. - -QUART-MOINS DE, quinze minutes avant l'heure. Ex.: Il est le -_quart-moins_ de dix heures, c'est-à-dire neuf heures quarante-cinq -minutes. H.-N. - -QUARTRON, le quart d'un cent, ou plutôt vingt-six, selon l'usage -consacré. Pour les fruits, le _quartron_ s'étend même jusqu'à -trente-deux. - -QUASIMENT, presque; du latin _quasi_. B.-N. P. - -QUATE, quatre. - -QUATRE FERS D'UN QUIEN (ne pas valoir les), ne valoir rien. Ex.: Il ne -vaut pas les _quatre fers d'un quien_. - -QUATRE-VINGT-DIX-NEUF COUPS (avoir fait les), avoir mené une vie -aventureuse et déréglée. - -QUÉ? qu'est-ce? Ex.: _Qué quo_ dites? - -QUENAILLE, canaille. H.-N. On emploie aussi cette expression en bonne -part, en parlant aux enfants. Ex.: Embrasse-moi, _quenaille_. - -QUÊNE, chêne. P. - -QUENOT, petit chien. - -QUÊNOT, petit chêne. - -QUENOTTER, mettre bas; en parlant d'une chienne. - -QUETOU, cochon. - -QUETOUS! QUETOUS! QUETOUS! cri pour appeler les porcs. H.-N. - -QUEUE DE LEU (à la), l'un derrière l'autre. - -QUEUQUE, quelque. - -QUEUQU'UN (un), quelqu'un. - -QUÈVRE, chèvre. - -QUÉVRON, chevron. - -QUI, qu'il, qu'ils. - -QUIACHE, excréments des oiseaux; scorie du charbon de terre. - -QUIARD. Voy. _Berneux_. - -QUIEN, chien. - -QUIEN DE FEU, chenet. - -QUIEN DE TERRE. Voyez _Mans_. - -QUIEU? quel, quelle? - -QUIOLE, diarrhée. - -QUIOT, QUIOTE. Voy. _Piot_. - -QUO, que vous. Ex.: Je crois _quo_ mentez. - -QUO. Employé dans les phrases interrogatives, pour suppléer à -l'inversion. Ex.: Où _quo_ z'allez? D'où quo venez? H.-N. - -Q'VA, Q'VAS, cheval, chevaux. - -Q'VEUX, cheveux. - -Q'VILLE, cheville. - - - R - -RABÊTIR, rendre stupide. P. - -RABIENNER, réconcilier. - -RABISTOQUER, raccommoder de vieux habits et de vieux meubles. P. - -RACACHER, ramener les bestiaux à l'étable. P. - -RACAILLE, mauvais bestiaux, mauvaises gens. Nous croyons voir un grand -rapprochement entre ce mot et le terme de mépris _raca_, dont il est -parlé dans l'Evangile, et qui était en usage du temps de J.-C. Le mot -_raca_, ou plutôt _reca_, vient de l'hébreu RIK, et signifie à peu près: -_tête légère_. Aussi le Sauveur déclare-t-il que celui qui adressera -cette injure à son frère, sera seulement cité devant le conseil, tandis -que celui qui lui dira: _Vous êtes fou_, méritera l'enfer. - -RACCOLER, entraîner quelqu'un avec soi. - -RACCROC (par), après coup. - -RACHINNE, racine. - -RACLÉE, volée de coups de bâton. P. - -RACOIN, recoin. - -RACCOURCHIR, rendre plus court. - -RACCROCHER. Voy. _Raccoler_. - -RACCROCHER (se), se dédommager d'une perte, en gagnant d'un autre côté. - -RADOUBLER, revenir sur ses pas. B.-N. - -RADRECHER, RADRESSER, recommencer, réussir dans une entreprise où l'on -avait échoué d'abord. H.-N. - -RAFISTOLER, raccommoder grossièrement. H.-N. P. - -RAFOURÉE, portion de fourrages qu'on donne aux bestiaux pour un repas. - -RAFOURER, donner à manger aux vaches et aux moutons dans l'étable. P. - -RAFULER, coiffer. P. Donner un soufflet. - -RAGACHE, qui parle sans cesse et veut toujours avoir raison. H.-N. - -RAGUISER, aiguiser. P. - -RAIE, sillon de charrue. - -RAILE DU DOS, épine dorsale. - -RAILER, rayer, faire des raies sur quelque chose. - -RAILETTE, milieu des cheveux sépares en natte sur le front. - -RAINCHÉE, rossée. - -RAINE, grenouille; de _rana_. B.-N. P. - -RAISONNER, répondre mal à une personne qui vous fait une remontrance ou -vous reprend. - -RAISONS (avoir des), être abondant en paroles. Avoir des altercations. - -R'ALLER, aller de nouveau. H.-N. Je _r'vais_, je _r'allais_, j'ai -_r'été_, je _r'irai_, etc. - -RALLONGE, allonge. - -RAMARRER, rejoindre par un noeud les deux bouts d'une corde. - -RAMBOURG, très-grosse pomme à couteau. Ces pommes ont commencé à être -connues à Rambures (Somme). Charles Etienne en a peut-être fait un éloge -un peu exagéré dans son _Seminarium_. - -RAMENDER, se vendre moins cher, aller mieux; en parlant d'un malade. -B.-N. - -RAMENDEVER, rappeler; même signification que le vieux verbe français -_ramentevoir_. - -RAMOUCHELER, mettre de nouveau en _mouchet_. - -RAMOUDRE, ramoner. Aiguiser un tranchant. - -RAMOULEUX, ramoneur. Émouleur. - -RAMUCRIR, rendre _mucre_. - -RAN, bélier, P. B.-N. - -RANCER, avoir la respiration gênée et bruyante. - -RANCANGNÉ; se dit d'une personne qui regarde en dessous et dont la -figure n'a rien d'attrayant. - -RANDIR, rôder, tourner autour. P. - -RANDON, babil ennuyeux, revenant sans cesse sur le même sujet. H.-N. - -RANDONNER, rôder, aller et venir dans un endroit. Bouillir trop -longtemps. B.-N. - -RANDONNAGE, action de _randonner_. P. - -RANDOUILLER; en parlant d'un mets qui reste trop longtemps sur le feu. - -RANQUEUX, animal de rebut, qui se devient mal. - -RAPARILLER, rappareiller. - -RAPENSER (se), se souvenir. - -RAPIAMUS (faire), enlever tout; du latin _rapere_, enlever. P. - -RAPINEUX, qui vit de rapines. P. - -RAPOUSSER, rendre ce que l'on avait reçu. - -RAPPORT A, à cause de. Le T ne se fait pas sentir. Ex.: Nous dinerons à -deux heures _rappor à_ vous. H.-N. - -RAPSAUDER, dire des rapsodies. P. - -RAPTI, tiges de colza, dont on a enlevé la graine. - -RAS-DE-TERRE (à), à rez-terre. - -RASEUX, rasoir. - -RASIÈRE, demi-hectolitre; mesure pour les pommes et les grains. B.-N. - -RASSIÈRE, rasseoir. - -RASSIR, rasseoir. P. - -RASSOTER, raffoler. P. - -RATATINÉ (homme), gros et de petite taille. - -RATATOUILLE, fricassée grossière. P. - -RAT-BAILLOT, lérol. - -RATELAGE, ce qu'on ramasse dans un champ ou une prairie, à l'aide d'un -rateau, quand la récolte est recueillie. - -RATELLE, grand rateau qui sert à recueillir les épis échappés aux -moissonneurs. - -RAT-LÉROT. Voyez _Rat-Baillot_. - -RATIER, qui fait métier de détruire les rats. - -RATIRER, attirer chez soi. - -RATISER, attiser. - -RATON. Voy. _Coraprenant_. M. l'abbé Corblet cite une étymologie bizarre -de ce nom, extraite d'un manuscrit de la bibliothèque de l'Arsenal: -«L'an 893, Dodilo, évêque, alla, accompagné des religieux de -Saint-Vaast, jusqu'à Beauvais où avait été transporté le corps de -Saint-Vaast, seize ans auparavant, pour le ravage des Normands, et fut -rapporté à Arras par l'evêque, avec affluence de peuple, lequel montra -grand signe d'allégresse et de dévotion, remerciant Dieu qui leur avait -rendu ce précieux trésor sain et entier. Ce fut alors que le peuple, en -réjouissance, inventa une espèce de pâte composée d'oeufs, de lait et de -pain dont ils se regalèrent, ce que depuis lors on a continué de faire -tous les ans, le jour de la fête du saint, dans ladite abbaye et dans la -plus grande partie du peuple, même jusqu'aujourd'hui, ce que l'on a -nommé _raton_, parce que le peuple, allant au-devant du saint, -s'écriait: _le raton? le raton?_ voulant dire: _l'a-t-on retrouvé_?» - -RATOURS, détours. P. - -RATTRAPER (se). Voy. _Se raccrocher_. H.-N. - -RATRUCHE, ratissoire. - -RATRUCHER, ratisser. - -RAVALEMENT, portion de muraille qui dépasse le plancher du grenier. -H.-N. - -RAVEINDRE, rejoindre. Retirer d'un trou, d'une rivière, d'un mauvais -pas, etc. P. - -RAVEUGLER TOUT, renverser tout, en cherchant dans une armoire ou -ailleurs. - -RAVIGOTER, restaurer, faire revivre. - -RAVISER, apercevoir. P. - -RAVISER (se), revenir sur une détermination. P. - -RAVOIR, posséder une seconde fois. H.-N. P. Ex.: Je _r'ai_, je -_r'avais_, j'ai _r'u_, je _r'érai_, etc. - -RAYER (se), tracer des lignes au crayon sur le papier, pour les suivre -en écrivant. - -R'COMMANCHER, recommencer. - -RECHEVEUX, grand cuvier qu'on place sous le canal de la _faiselle_, pour -recevoir le cidre nouvellement brassé. - -RE. Cette syllabe, au commencement des mots, se prononce ordinairement -comme _er_. Ex.: _Ervenir_ pour _revenir_, _erpos_ pour _repos_. P. - -RÉBABARATIF (air), air rébarbatif. - -REBIFFER (se), se révolter contre. P. - -REBLINDER, recommencer. - -REBOUQUER, reculer, renoncer à; le plus souvent, ne plus pouvoir manger. -H.-N. B.-N. - -REBOURS (à la), à rebours. - -REBOURS (cheval), cheval qu'on ne peut faire avancer, même à l'aide des -coups de fouet les mieux appliqués. - -REBOUTEUX, homme qui reboute les os fracturés et soigne les luxations. -H.-N. P. - -REBROQUER, réparer un mauvais vêtement ou une mauvaise couverture en -paille. P. - -RÉBROUER, renvoyer rudement. P. - -REBULET, produit du blé qui tient le milieu entre la farine et le son. - -REBUS (chemins), raffermis après la pluie. - -RÉCART (mettre au), mettre au rebut. - -RÉCAUFFER, réchauffer. P. - -RECAUSER DE, reparler de. H.-N. - -RÉCENT (homme), qui n'est pas ivre. P. H.-N. - -RECHINCHER, revendeur. - -RECHIPPER, pousser de nouveau en cépée. H.-N. - -RÉCONFORTER, donner des forces, du courage. - -RÉCOPILLE (tout). Voyez _Craché_ (tout). - -RECOUPES. Voy. _Rebulet_. - -RÉCOQUILLER, rendre la santé. - -RECOUVRIR LA SANTÉ, recouvrer. - -RECTA, exactement. P. - -RÉCURER, écurer. H.-N. - -RÈDE, vite. P. - -RÉDILLON, sentier escarpé. H.-N. - -REFAIRE, attraper, tromper. P. B.-N. - -RÉFORCHER, engager à manger. H.-N. - -REFOUIR, fouir une seconde fois. P. - -RÉGALER, payer la goutte. Ex.: _Régalez_-vous aujourd'hui? - -REGARDANT (homme), parcimonieux. H.-N. P. - -RÉGENCE, petit pain fait au levain de bière. H.-N. - -REGLER, avoir la respiration gênée et faire du bruit en respirant. - -RÉGLISSE (du), de la réglisse. - -RÉGNON (dire son), en parlant du léger bruit produit par le chat avant -de s'endormir. - -REGOURER. Voy. _Gourer_. - -RÉGUISER, aiguiser. - -REIDERIE, engouement pour certaines choses. P. - -REIDEUX, qui a des _reideries_. P. - -REJOINDRE, se venger. Ex.: Tu m'as nui, mais je te _rejoindrai_. P. - -RÉJOUI, gai. P. - -RELANNER, rosser; signifie peut-être frapper avec une _lanière_. - -RELEVÉE, après-midi. H.-N. - -RELEVER, faire ses relevailles. P. - -RELEVER UN ACTE, en prendre une expédition. B.-N. - -RELICHÉE, rossée. - -RELICHER, rosser. - -RELIÉE, rossée. - -RELIER, rosser. - -RELIPPER, boire la part d'un autre. - -RELUQUER, regarder longtemps ou plusieurs fois une personne avec -inconvenance, ou un objet pour le voler. - -REMBARER, riposter avec énergie. P. - -REMBRAILER, donner suite à une fête, le lendemain ou le jour de -l'octave; signifie peut-être remettre ses _braies_ de fête. - -REMBRAILER (se), remettre ses braies, ses pantalons. - -REMETTEUX. V. _Rebouteux_. - -RÉMINER, réfléchir, chercher dans son souvenir; du latin _reminiscere_. - -REMIRER, regarder avec attention. P. - -REMONTÉE, après-midi. P. - -REMONTER, reprendre son travail après midi. P. - -REMOTTER, former une motte de terre au pied de certaines plantes, telles -que la pomme de terre. - -RÉMOUDRE, aiguiser sur une meule. - -REMPIÉTER, refaire le pied d'un bas. P. - -REMPLUMER (se), se remettre bien dans ses affaires; regagner au jeu ce -qu'on avait perdu. P. - -REMUQUE (sentir le); se dit d'un vase ou d'un objet qui porte certaine -odeur désagréable, semblable à ce qu'on appelle _odeur de fût_, _de -tonneau_. - -RENAFLER, respirer bruyamment par le nez; s'emploie surtout en parlant -des chevaux qui sont effrayés. - -RENALLER, (se), s'en aller de nouveau. - -RENARÉ (être), trouvé plus rusé que soi. - -RENCHARGER, recommander. - -RENCHIN (faire un), faire un circuit et revenir à son point de départ. - -RENELLE, ruelle d'un lit. - -RENFILER, affiler. B.-N. - -RENFOURRÉE. V. _Rafourée_. - -RENFOURER. V. _Rafourer_. - -RENFRAICHIR, rafraîchir. H.-N. - -RAFRAICHISSEMENT, rafraichissement. H.-N. - -RENGAINER SON COMPLIMENT, être obligé de renoncer à un projet, à un -ouvrage qu'on allait entreprendre. - -RENHAITER, exciter, encourager. - -RENIFLER, aspirer par les narines; faire remonter l'humeur qui les -remplît, pour éviter de se moucher. H.-N. - -RENMESSER, faire dire une messe d'actions de grâces, le lendemain de son -mariage. - -RENOUVEAU (le), le printemps. P. - -RENOUVIAU (au), au printemps. - -RENTIQUÉES (avoir des), des répliques, des reparties. - -RENVOIS (avoir des), avoir des rapports. - -RÉPARER (se), en parlant du temps qui passe au beau après la pluie. - -REPASSEUX, émouleur. - -RÉPER, avoir des _répets_. P. - -RÉPET, rot. - -RÉPONNU, répondu. H.-N. - -REPIMPÉ, qui a fait toilette. - -RÉPRIMANDABLE, répréhensible. - -RÊQUE, d'un goût apre. - -RÊQUE (air), air revêche. - -RÊQUER, abattre les dernières pommes d'un arbre. - -RÊQUET, petite gaule qui sert à _rêquer_. - -RÉQUILLONS, restes. - -REQUINQUÉ, paré, en toilette. - -REQUIR, requérir. - -RESAQUER, tirer de nouveau une personne d'un mauvais pas, un objet du -lieu où on l'avait mis. - -RÉSIPÈLE, érysipèle. - -RESPECT (sauf, sous votre). Formule fréquemment employée quand on parle -des animaux ou de choses immondes à une personne au-dessus de soi. Ex.: -Je viens de vendre des cochons, _sauf votre respect_. H.-N. - -RESERRE, serre de jardin, lieu où l'on retire divers objets. - -RESSOURDRE, réveiller, activer, relever; du latin _resurgere_. B.-N. - -RESSUER, en parlant des murs quand ils se couvrent d'humidité. - -RESSUYÉS (chemins). Voy. _Rebus_. - -RESTER A, avoir son domicile. Ex.: Il _reste_ à Paris. - -RETAPÉ, en toilette. B.-N. - -RETAPER (se), faire toilette. P. - -RÉTOQUER (se), faire de nouveaux efforts pour soulever un poids. Se -montrer _rétoquet_. - -RÉTOQUET, petit homme qui parle beaucoup et n'aime céder à personne. P. - -R'ÊTRE, être de nouveau. Ex.: Il _r'est_ parti. H.-N. - -RETRUC (avoir du), avoir plus d'un expédient à son service. - -RÉTU, qui jouit d'une bonne santé. - -REUE, roue. P. - -REUE (faire l'), en parlant d'une vache, et surtout d'un taureau qui -menace de ses cornes en mugissant. - -REULIÈRE, ornière; trace profonde de la _reue_. - -RÉUNIR A, avec, et. Le verbe RÉUNIR ne doit jamais être suivi de A ni de -AVEC; ainsi il ne faut pas dire: _réunir la prudence_ A _la hardiesse_, -mais _réunir la prudence_ ET _la hardiesse_. - -REVENEZ-Y (goût de), mets ou boisson dont le goût flatte. - -REVERTÉRIS (avoir un), changer de résolution. - -REVOIN, regain. - -RHABILLER, habiller de nouveau. Parler mal de quelqu'un. P. Piquer la -meule d'un moulin. - -RHEUME, rhume. On a passablement disserté sur l'étymologie de ce mot. M. -Labourt le fait venir du celtique _rum_, qui signifie: réunion, -agglomération en général, en ce sens que le rhume provient d'un amas, -d'une aggrégation d'humeurs sur la poitrine. M. l'abbé Dartois repousse -cette origine, parce qu'elle repose sur une étymologie philosophique peu -en rapport avec l'habitude de procéder du peuple, qui juge ordinairement -par la cause et les effets, et jamais d'une manière insaisissable aux -sens. Pour le peuple, _la rheume_ est un _refroidissement_; et c'est, en -effet, par des mots qui ont cette signification que cette maladie est -désignée en hollandais, en anglais, etc. Puis, l'espagnol, le portugais, -le catalan, etc., ont une expression tout-à-fait en rapport avec le grec -_reûma_. D'où le savant chanoine de Besançon conclut, avec M. A. de -Poilly, que la racine de rheume vient du grec (Voir le _Glossaire du -patois picard_, par M. l'abbé Corblet, p. 598 et suiv.). P. - -RIBAMBELLE, multitude. H.-N. - -RIBLE. Voy. _Halitre_. - -RIDEAU. Voy. _Condos_. - -RIDIAUX, rideaux. - -RIFLE, morceau de bois qui se place au bout du _hanse_, et dont les -faucheurs se servent pour aiguiser leur faux. - -RIFLER, se servir du _rifle_. Effleurer. - -RIGOLET, rigole. - -RIGOLISSE, réglisse. - -RIKIKI (un coup de), un verre de liqueur. P. - -RIMÉE, gelée blanche; frimas. P. - -RIMER, geler _blanc_. - -RINCHÉE, volée de coups. P. - -RINCHER LA LESSIVE, laver, aigayer le linge, avant de le tordre. - -RINCHETTE, verre d'eau-de-vie qu'on prend après le café. - -RINCHURETTE, verre d'eau-de-vie qui vient après la _rinchette_. - -RINGOLISSE, réglisse. P. - -RIO, petite raie, poisson. - -RIO, petite rigole dans laquelle on plante des pois, des fèves, etc. P. - -RIOCHER, rire en se moquant. - -RIOCHEUX, qui _rioche_. - -RIOTEUX, instrument de jardinage qui sert à faire des _rios_. - -RIQUIQUI (famille de), composée d'un grand nombre de membres. - -RISQUE-A-LA-RISQUE, à tout hasard. Au moment de dire la messe, un prêtre -n'avait, pour lui répondre, qu'un enfant peu en mesure de le faire. Le -prêtre commence: Introibo ad altare Dei. Pas de réponse! Il recommence: -Introibo, etc.--_Risque-à-la-risque_, répond le serrant: ET CUM SPIRITU -TUO. - -RISQUEUX, douteux, périlleux. - -RISQUIPÈTE (oeufs à la), oeufs à la coque, cuits dans les cendres, _à la -risque qu'ils pettent_. - -RITELET, roitelet. - -ROBIN, taureau. H.-N. En Bourgogne, on donne ce nom aux béliers. - -ROBINIÈRE (vache), qui tourmente les autres et est impropre à la -reproduction. - -ROGATONS (marchand de), qui vend des objets de peu de valeur, des jouets -d'enfants. H.-N. - -ROGNONNEMENT, action de rognonner. - -ROGNONNER, murmurer entre ses dents. H.-N. - -ROGUE, réunion des oeufs du poisson. - -ROGUE (poisson), poisson femelle qui n'a pas encore frayé. P. - -ROMATIQUE, rhumatisme.--_Qué qu'ch'est que c'te plante-là_, demandait -dernièrement un enfant au curé de sa paroisse, eu lui montrant une -touffe d'hysope?--C'est une plante aromatique...--_Une plante à -romatiques? Ah! donnez-m'en unne branque pou papa qu'en souffre tant!_ - -RONCHAILLES, lieu où il y a beaucoup de ronces. - -RONCHES, ronces. - -RONDINS, bois à brûler qui n'est pas encore fendu. - -RONGE (revenir au), goût des aliments qui revient et se fait sentir -d'une manière incommode après le repas. - -ROQUES, mottes de terre qui se trouvent dans les terres labourées. P. - -ROQUET, pomme à cidre tardive; bonne espèce. - -ROS, roue. - -ROS (faire la). Voy. _Reue_ (faire la). - -ROSETTE, rose. On rapporte qu'un congénère de ce mot, _Roselle_, a donné -lieu à un des plus beaux vers de Malherbe, quand il adressa à un de ses -amis, qui venait de perdre sa jeune fille, le quatrain suivant, que tout -le monde connaît: - - Ta fille était du monde où les plus belles choses - Ont le pire destin, - Et Roselle à vécu ce que vivent les roses, - L'espace d'un matin. - -Lorsqu'on imprima ces vers, il paraît que le compositeur lut mal le -commencement du troisième, et fit tout simplement un chef-d'oeuvre, sans -s'en douter, en mettant le vers suivant, qu'on se garda bien de changer: - - Et Rose elle à vécu ce que vivent les roses. - -ROTEUX, lieu qui reçoit l'égoût du fumier. H.-N. - -ROUAN (cheval gris-), d'un gris tirant sur le roux. - -ROUELLES, roues de charrue. - -ROUGE, homme qui a les cheveux roux. H.-N. - -ROUGE-BRIÈRE, pomme à cidre, tardive; excellente espèce. H.-N. - -ROULÉE, rossée. P. - -ROULET, rouleau servant aux travaux des champs pour écraser les -_roques_. - -ROULET, ralement précurseur de la mort. - -ROULIÈRE, blouse dont se servent les rouliers et autres personnes. P. - -ROUPIEUX, honteux. P. - -ROUPILLER, faire le plus léger bruit, soit en parlant, soit en pleurant. -On dira à un enfant qui pleure: Si tu _roupilles_ encore, je te donne le -fouet. - -ROUQUELOUSE, espèce de houppelande. - -ROUSSI. Voy. _Roteux_. P. - -ROUSSI, légèrement atteint par le feu. - -ROUSSI (sentir le), porter l'odeur d'une étoffe qui brûle. - -ROUSSIR (se), brûler ses vêtements en les approchant trop du feu. - -ROUSSOLÉ, rissolé. - -ROUTER, vomir. - -ROUVIEU, maladie de la peau, particulière aux chiens. - -ROUVREUIL. Voy. _Rouvieu_. H.-N. - -ROUX-VENTS, vents qui, à l'époque de la _lune rousse_, avril et mai, -brûlent les jeunes pousses des plantes qui prennent une couleur -_rousse_. Noël a employé ce mot: «Les _roux-vents_, dit-il, décolorent -et transforment le bouton de la fleur en pointe de gérofle... et -trompent l'espérance du cultivateur» (_Premier Essai sur la -Seine-Inférieure_, p. 224). - -RUCHE (que je), subjonctif du verbe _ruer_. P. - -RUDE, grand, considérable, fort. - -RUDEMENT, extrêmement. P. - -RUETTE, petite rue. - -RUMINER. Voy. _Réminer_. H.-N. - -RUQUE, ruche. - -RUQUER, rucher. - - - S - -S', sa, se. - -SACLER, sarcler. - -SACRESTI, SACRISTI, juron. - -SAFRE, goulu; se dit surtout des chiens. H.-N. B.-N. - -SAGOIN, homme malpropre. H.-N. P. M. Corblet considère ce mot comme la -contraction de _sale grouin_. - -SAI, soif. - -SAI, soi. - -SALÉ (petit), lard salé. - -SALIGAUD. Voy. _Sagouin_. H.-N. - -SALIGOTER (se), se salir. H.-N. - -SALINNE, poisson ou viande salés. - -SALOPE, femme malpropre. - -SALOPIN, enfant malpropre. - -SAN, son; devant une consonne. - -SANG (tirer du), saigner. - -SANRIETTE, sarriette. Cette plante était cultivée dans les jardins dès -le commencement du XIVe siècle. - -SANS (être de), manquer de. Ex.: Avez-vous des épingles?--Non, je suis -_de sans_. - -SANS-CULOTTE, vêtement des petits garçons, qui comprend la veste et le -pantalon. - -SANSURE, sangsue. H.-N. - -SANVRE, sanve; espèce de senevé. H.-N. P. - -SAOUL (raide), tout-à-fait ivre jusqu'à la rigidité des membres. H.-N. - -SAOULARD, ivrogne de profession. - -SAPAS, malpropre. B.-N. - -SAQUER, extraire d'un sac, d'un trou, d'une mare, etc. H.-N. Ce mot se -rapproche d'une des acceptions de l'espagnol _sacar_. - -SAQUER (se), fuir promptement. H.-N. - -SAREAU, espèce de tablier à l'usage des petits enfants. - -SAS, ivre, rassasié. H.-N. Saule. - -SATANÉ, diabolique. H.-N. - -SAUX, saule. Au moyen-âge, le nom de cet arbuste s'écrivait constamment -_saux_, _saulx_. - -SAVENIAU, verveux; espèce de filet qui sert à prendra le poisson. - -SAVOIR, SAVER, savoir, pouvoir. Ex.: Il ne _saurait_ travailler -longtemps sans se reposer. - -SCIAU, seau. P. - -SCIO, petite scie. - -SEC, SÈCHE, SÈQUE. On confond ordinairement ces adjectifs pour le -masculin et le féminin. H.-N. - -SÉCRAN, maigre. B.-N. - -SEIGLERI, champ où l'on a récolté du seigle. - -SELLE A LESSIVE, espèce de traiteau sur lequel on bat et on laisse -égoûter le linge qui a été lessivé. - -SEMEUX. Ce mot désigne: 1º un homme qui sème; 2º l'espèce de nappe qu'il -passe en bandoulière pour porter la semence. - -SENS (se manger les), s'impatienter fortement. H.-N. - -SENTE, sentier. H.-N. P. - -SENTU, senti. - -SEOIR (se), s'asseoir. H.-N. - -SÉQUER, sécher; faire sécher. Ex.: Avez vous _séqué_ votre linge? H.-N. - -SECHER, chercher. - -SERCIES (lèvres), lèvres gercées. - -SÉRIE (faire), travailler le soir à la chandelle. P. - -SERRER, placer un objet en lieu sûr. H.-N. - -SERTE, temps de l'engagement d'un domestique ou d'une servante. - -SERUGIEN, chirurgien. H.-N. - -SERVIR, saillir. B.-N. - -SÈT, SÉS, sel. Ses; devant une consonne. - -SÉYANT, séant. B.-N. - -SIEN (le), celui. Ex.; _Le sien_ qui sortira le dernier, fermera la -porte. - -SIENNE (la), celle. - -SIENNES (les), celles. - -SIENS (les), ceux. - -SIEN A (le), celui de. Ex.: Mon chapeau est plus beau que _le sien à_ -ton frère. H.-N. - -SIÉTEZ-VOUS! asseyez-vous! - -SIEU, suif. H.-N. - -SI-FAIT, nouvelle affirmation contre une négation. Ex.: J'ai été à -Paris.--Non, vous n'y avez pas été.--_Si-fait._ P. - -SIN, son. - -SINER, signer. - -SINNE, signe. Signature. - -SI PEU QUE RIEN, en très-petite quantité. H.-N. - -SIROTEUX, qui a la consistance du sirop. H.-N. - -SISSITE (faire), s'asseoir; terme enfantin. P. - -S'N, son; devant une voyelle. P. - -SOEURETTE, petite soeur. P. - -SOIFFEUR, qui boit souvent, ivrogne. P. - -SOIRANTE (à la), vers le soir. B.-N. - -SOLAI, soleil. - -SOLDAR, soldat. Le vieux mot français était _soudart_. - -SOLE, pièce de bois qui, dans les maisons en charpente, repose sur la -maçonnerie de la base du bâtiment, et dans laquelle sont _entenonnés_ -les _pots_ et les colombes. H.-N. - -SOLINAGE, maçonnerie qui se trouve sous la _sole_. - -SOMMÉLER, effrayer. H.-N. - -SOMMIER, grosse pièce de bois posée horizontalement, sur laquelle sont -appuyées les solives. - -SONNER MOT (ne), ne rien dire. H.-N. - -SORCILÈGE, sortilège. H.-N. - -SORTIR DE, venir de. Ex.: Il _sort d'_être malade. - -SOTTES (avoir les mains), Voy. _Gourdes_. P. - -SOTTISIER, qui dit des paroles obscènes. - -SOUAIS (à vos), à vos souhaits! Paroles qu'on adresse aux personnes qui -éternuent. Nous pensons que cet usage remonte à une haute antiquité. - -SOUDRE (faire), faire partir, lever. Ex.: Il a fait _soudre_ un lièvre; -vient peut-être de _surgere_. - -SOUILLON, femme malpropre; semble venir de _suillus_. P. H.-N. - -SOULARD, ivrogne. P. - -SOUPLE, moite. - -SOURCIN, nom par lequel on désigne les souris, les mulots, les rats, -etc. - -SOURIS (cauque), chauve-souris. - -SOUS-CHEVRON, arbalêtier. L'Académie écrit _arbalétrier_, ce qui, -d'après Napoléon Landais, est un barbarisme, attendu que ce mot vient -d'_arbalête_. H.-N. On dit aussi _sous-quévron_. - -SOUTINT, soutenu. H.-N. - -SOUVENT, vite. Ex.: Il n'arrive pas _souvent_. - -S'S', ses, devant une voyelle. - -ST', ce, cette; devant une voyelle. - -STE, cette; devant une consonne. - -STICHITE, celui-ci. - -STILA, celui-là. - -STILO, celui-là. P. - -SU, ce. Sur. - -SUÉE (endurer une), avoir des souffrances aiguës; entendre ce qui est -capable de faire suer de peur. B.-N. - -SUERIE, action de suer. H.-N. - -SUFFISANCE (manger à sa), selon son appétit. H.-N. - -SUGRÉGEON, épautre. Il est souvent question, dans les chartes du -moyen-âge, d'une espèce de froment désigné sous le nom de gros blé, -_grossum bladum_ (_Etudes_, etc., par M. L. Delisle, p. 321). Ne -serait-il point question ici du _sugrégeon_ dont la culture était -autrefois assez étendue, à cause de sa rusticité et de sa faculté de -réussir dans les plus mauvais terrains? Son nom de _gros blé_ lui serait -peut-être venu surtout de la grosseur de son épi. La variété la plus -cultivée devait être le _triticum spelta_ de Linnée, le _froment grand -épautre_. - -SUI, suivi. P. - -SUIRE, suivre. P. - -SUMER, semer. H.-N. - -SUPER, boire peu à la fois et en aspirant, à la manière des animaux -ruminants, tels que la vache; en anglais, to sup. _B.-N._ - -SUPÉRIEUREMENT, très-bien. - -SUR (pour), certainement. - -SURCOUPER; se dit d'un animal qui mange la nourriture des autres. - -SURE, sureau. Le sureau était une des espèces de _mort-bois_ de la forêt -d'Eu; on le désignait autrefois sous le nom de _seur_ (Voir notre _Essai -sur Blangy_, p. 63). - -SURIAUX, aigreurs. - -SURIR, devenir aigre, Ex.: Ce cidre _surit_. H.-N. - -SURQUER; se dit d'un chat qui guette les souris pour les prendre. Selon -M. Corblet, ce mot serait une crase de _surguetter_. - -SURQUETTE, souricière. - -SURQUETTE (prendre une), marcher sur un terrain spongieux, de manière à -faire jaillir l'eau dans les chaussures. - -SURSIN. Voy. _Sourcin_. - -SURTAI, sûreté. - -SUSON, Susanne. - -SYNCOPÉ, stupéfait. H.-N. - - - T - -T, ton; devant une consonne. - -TAC, salamandre. - -TACHER QUE, faire en sorte que. - -TAGNE, teigne. Cuscute, plante parasite qui pousse dans les prairies -artificielles. - -TAI, toi. - -TAIS! TAIS! TAIS! cri pour appeler les chiens. - -TALEURE, tout-à-l'heure. P. - -TAMBRE, mince, Ex.: Cette planche est bien _tambre_. - -TAMIS (jeu de), jeu de paume. H.-N. - -TAMPONNER, frapper à coups de poing. - -TAN, ton; devant une consonne. - -TANCHER, gronder. - -TANDIS, pendant. Ex.: Il a été malade _tandis_ longtemps. - -TANNÉ, fatigué. - -TANNER, impatienter. P. - -TANNER (se), se fatiguer. M. André de Poilly fait dériver ce mot, qu'on -prononce _téné_ en Picardie, du grec _tieuomai_, je m'étends. C'est, -dit-il, l'effet pour la cause. (_Mémoires de la société d'émulation -d'Abbeville_, année 1844, p. 154). - -TANT QU'A CELA, quant à cela. - -TANTINET (un), un peu; du latin _tantillùm ou tantillulùm_. H.-N. P. - -TANT PIRE, tant pis. - -TANT PUS... TANT PUS, plus. Ex.: _Tant pus que_ vous le reprendrez, -_tant pus_ il fera mal. - -TANT QU'A' MI, A MAI, quant à moi. P. - -TANT SEULEMENT, seulement. P. - -TANTOUILLER, traîner dans l'eau, la boue, etc. B.-N. - -TAPÉE, grande quantité. P. B.-N. - -TAPOTER, frapper à petits coups continuellement. P. - -TARABUQUER, frapper fort et longtemps. - -TARDILLON, volaille éclose à l'arrière-saison; enfant né longtemps après -les autres. H.-N. - -TARELLE, tarière. - -TARINER, marchander, hésiter. - -TAS, lieu où l'on _tasse_ la récolte des gerbes de blé, d'orge, -d'avoine, etc. - -TASSERIE. Voy. _Tas_. - -TAUDION, taudis. P. - -TAURIAU, taureau. Les Bourguignons appellent _torie_ une jeune vache qui -n'a pas encore porté. - -TAURELLIÈRE (vache), qui prend les allures du taureau, tourmente les -autres vaches et finit par devenir inféconde. - -TAYON, aïeul. En Picardie, on dit aussi _théïon_, mot que M. de Poilly -fait dériver du grec _theios_, oncle. «En vain, dit-il, objecterait-on, -contre la légitimité de cette dérivation, la différence des degrés de -parenté, puisque la même différence existe entre le mot latin _nepos_, -_petit-fils_, et son dérivé français _nepveu_, qui n'est devenu neveu -qu'an XVIIe siècle» (_Mémoires de la Société d'émulation d'Abbeville_, -année 1844, page 155). - -TÉ, te. - -TEIGLER, tousser fréquemment. B.-N. - -TEIGUER, tousser, être oppressé. H.-N. - -TEMPLE, tempe. H.-N. - -TENDON DE VEAU, tendrons. - -TERGER, tarder; ordinairement employé avec une négation. Ex.: Il ne -_tergera_ pas à venir. P. - -TERLUIRE, briller; de _ter lucere_, luire trois fois. - -TÉROITE, truite. - -TÉROUIE, truie. - -TERQUE, brai; espèce de goudron. - -TERQUÉ, sali, crotté. - -TERQUER, faire une croix, avec du _terque_, sur la porte des étables, -dans la pensée de préserver les bestiaux des maladies contagieuses et -épidémiques. - -TERTOUS, tous; sans exceptions. B.-N. P. - -TÉS, tes; devant une consonne. - -TÈSI (être), avoir l'estomac plein. - -TÉTARD, arbre _étêté_. H.-N. - -TÈTE, téton. - -TÈTE D'ORILLER, taie d'oreiller. H.-N. - -TÉTE, tête. - -TÉTOS, tétons. - -TEURDRE, tordre. - -THÉRÈSE, espèce de capuchon que les femmes portent sur la tête, quand -elles assistent aux inhumations et pendant le temps que dure leur deuil. -Ce nom semble indiquer clairement son origine et doit signifier l'espèce -de voile dont les Carmélites déchaussées se couvrent la tête, à la -manière de sainte Thérèse, qui fit approuver cet ordre, dont elle fut la -fondatrice, en 1562. - -TI? particule interrogative ajoutée au verbe. Ex.: J'irai-_ti_? -Viendra-_ti_? - -TIA! TIA! TIA! pour appeler les cochons. H.-N. - -TIERSON, demi-partie du _demi-gros_. Le _tierson_ ne devrait contenir -que deux muids; mais, grâce à sa forme plate, il porte un grand -préjudice aux cultivateurs sur la mesure réelle. - -THIERS, pieu auquel on attache les chevaux et les vaches pour les faire -pâturer dans les champs. H.-N. - -TIGNACHE. Voy. _Crignache_. B.-N. - -TIGNEUX, teigneux. P. - -TIN, ton. P. - -TINCHER. Voy. _Tancher_. - -TINETTE, petit coffre dans lequel on met du sel on du lard salé. - -TINS, glas, coups de cloche isolés. Pour annoncer la mort d'un homme, on -sonne neuf ou treize _tins_; pour la mort d'une femme, on n'en sonne que -sept ou onze. - -TINT, tenu. Voy. _Mal saint_ N... - -TINTERELLE, petite cloche. B.-N. - -TIOT, TIOTE, petit, petite. P. - -TIPONNER, habiller un enfant avec soin. B.-N. - -TIQUER, avoir une toux sèche et brève. - -TIQUETÉ, marqué de petites taches. P. - -TIRANDER, tirailler. P. - -TIREUX, tiroir. - -TIRÉ (en avoir du premier), avoir les prémices de quelque chose. H.-N. - -TIRLARIGO (boire à), boire avec excès. Ce proverbe remonte au XIIIe -siècle. A cette époque, Eude Rigaud, archevêque de Rouen, fit don à sa -cathédrale d'une cloche qui était si difficile à mettre en branle, qu'il -dut s'engager à fournir à boire aux sonneurs. C'est de là que nous vient -le proverbe: _Boire à tire la Rigaud_ (Voir notre _Essai sur -Londinières_, page 237). - -TITI, enfant; terme enfantin. - -TITONNER. Voy. _Tiponner_. - -TIU! TIU! TIU! pour appeler les vaches. - -T'N, ton, ta; devant une voyelle. - -TOCSON, fille grossière et malpropre. B.-N. - -TOINE, TOINOT, Antoine. - -TOINETTE, Antoinette. - -TOLIR, enlever; du latin _tollere_. P. - -TOMBE (faire une), faire une chute. H.-N. - -TOMBER DU HAUT MAL, avoir des attaques d'épilepsie. B.-N. - -TOMBES (les). On entend par là les arbres fruitiers qui _tombent_ par -suite de coups de vent; on les laisse ordinairement au fermier, qui est -tenu de les remplacer par de bonnes _entes_. - -TONDELIER, tonnelier. H.-N. - -TONDRE, amadou. - -TOQUANT (homme), _entêté_. - -TOQUART, qui porte à la tête. Ex.: Ce cidre est _toquart_. - -TOQUER (se), se heurter la tête. B.-N. - -TOQUET, bonnet rond que les femmes mettent le matin. Voy. _Kalipète_. -B.-N. P. - -TORCHE. Voy. _Maniquet_. - -TORCHER, mettre la _torche_ sur le cheval. - -TORCHON (Marie), femme malpropre. P. - -TORQUE. Voy. _Torche_. Lien en foin qui se fait en tordant les liges de -l'herbe sur elles-mêmes. - -TORQUER. Voy. _Torcher_. Essuyer. - -TORQUETTE, petite branche à laquelle sont réunis, en assez grand nombre, -soit des cerises, soit des pois, soit d'autres fruits. - -TOTONNER, jouer des grosses noix, des oeufs rouges, du pain d'épice, au -moyen d'une boule polygone, sur chaque côté de laquelle se trouve un -numéro jusqu'au nombre 12. - -TOTOS. Voy. _Tétos_; terme enfantin. - -TOTTE, morceau de toile dans lequel on enveloppe du sucre et de la mie -de pain pour le donner à sucer aux petits enfants et les empêcher de -pleurer. - -TOUBAC, tabac. P. - -TOUFFLETTE, houppe. - -TOUILLER, mêler, remuer, délayer dans un vase. P. - -TOULAID, homme très-laid. - -TOUPINER, tourner à la même place et n'avancer à rien, comme une -_toupie_. - -TOURGNIOLE, mal au doigt; espèce de panaris. - -TOURNÉE, volée de coups. P. - -TOURNURE, mauvaise excuse. P. - -TOURTILLER, tortiller. H.-N. En parlant de quelqu'un qui mange beaucoup, -on dit aussi: Il _tourtille_ bien. - -TOUSSAILIER, tousser presque continuellement. - -TOUSSOTER, avoir une toux faible et fréquente. - -TOUT n', non plus; non. - -TOUT DRAIT, tout droit, sans se détourner. P. Justement. - -TOUT-PARTOUT, partout; de tous côtés. - -TOUT-PLEIN, beaucoup. P. On dit aussi: _Tout fin plein._ - -TOUZER, couper, tondre. Ex.: Demain, ou _tousera_ la haie et les -moutons. B.-N. Un titre de 1403 porte qu'on payait _ung denier pour -touser cinq brebiz_. - -TOUZERIE, tonte des montons. - -TOUZEUX, celui qui touze. - -TOUYAU, extrémité de la queue du chou, qui touche à la pomme. - -TRACER (se). V. _Rayer_ (se). - -TRACHER, chercher avec attention. P. - -TRACHER SA VIE, mendier. H.-N. - -TRACIER, espèce de _bacu_, dont les traits sont formés de petites -chaines de fer. - -TRAIL, cylindre sur lequel s'enroule une corde pour tirer de l'eau d'un -puits ou de la marne d'une marnière. Ce mot viendrait-il de _trahere_, -attirer? - -TRAIN (être en), être ivre. - -TRAIN DE (être en), être occupé à. Ex.: Il est _en train de_ faucher. - -TRAITE. V. _Moisse_. - -TRAN-TRAN. Voy. _Potin_. - -TRAS, trace. Voy. _Frais_. - -TRASQUER, traquer, marcher dans l'eau sans précaution. - -TRAYONS, _tettes_ de la vache, par lesquelles on _trait_ le lait. - -TRÈFLERI, terre sur laquelle on vient de récolter du trèfle. H.-N. - -TRÉMAIS, travaux des champs qui se font au printemps, tels que labour, -semence et hersage de l'avoine, de l'orge, des pois, etc. Ce mot vient -du latin _trimestria_ ou _trimestris_, semences qui viennent en trois -mois. - -TREMBLEMENT (un), une grande quantité. Ex.: Cette année, il y a _un -tremblement_ de noix. H.-N. - -TREMBLERIE, frisson. H.-N. - -TREMPETTE, pain que l'on fait tremper dans le cidre ou dans le vin. -H.-N. - -TREMPETTE DES MARIÉS. Il est encore assez d'usage, dans les campagnes, -de donner une trempette aux nouveaux mariés au moment de se coucher. Cet -usage a une origine religieuse, et on le trouve encore mentionné dans -les rituels du XVIIe siècle (_Manuale Ecclesiæ Rothomagensis_, édition -de 1640). Après la messe de mariage, on apportait au prêtre une coupe -remplie de vin et deux petits morceaux de pain; il bénissait le tout, -puis, trempant le pain dans le vin, il le distribuait aux époux. Le -soir, il se rendait au domicile des mariés pour la bénédiction du lit -nuptial; ensuite il bénissait encore du pain et du vin, comme le matin, -et le présentait aux nouveaux mariés, au moment de se mettre au lit -(_Journal de Neufchâtel_, année 1849, nº 50). A Beauvais, il existe -encore un usage tout-à-fait analogue, connu sous le nom de -_mouillettes_. Au repas de noce, on présente aux époux un vase de vin -dans lequel le marié trempe un morceau de pain dont il prend la première -bouchée et donne la seconde à sa femme. «Ils boivent ensuite dans la -même coupe, dit M. Tremblay, en signe de communauté de bien et de mal» -(_Notice sur Beauvais_; cité par M. l'abbé Corblet, _Glossaire du patois -picard_, page 542). - -TRÉSALLE. Se dit du linge que l'humidité couvre de petits points noirs -ou rougeâtres. H.-N. - -TRESSAUT, soubresaut. - -TRESSAUTER, faire un _tressaut_. B.-N. - -TRÉTINS, bottes de paille formées de petites tiges de blé produites par -le _gluage_. P. - -TRETOUS. Voy. _Tertous_. P. Maître Jehan Clopinel, qui écrivait vers la -fin du XIIIe siècle, dit, en parlant des hommes primitifs: - - _Trestous_ pareils estre souloient, - Ne rien propre avoir ne vouloient. - -TREU, trou. P. - -TREUER, trouer. P. - -TREULER, faire un vent en point d'orgue. - -TREULIER, qui _treule_ souvent. - -TRIBOUILLER, troubler. B.-N. - -TRIBOULER. Voy. _Chabouler_. B.-N. - -TRICON, brelan. - -TRICON (avoir), avoir trois cartes semblables; par exemple: trois dix, -trois valets, etc. - -TRIFOUILLER, remuer tout en cherchant une chose. P. Tromper au jeu. - -TRICOTER, donner des coups de bâton. - -TRIMBALLER, porter ou traîner un objet ça et là. H.-N. Sonner les -cloches sans mesure et sans règle. An XVIe siècle, le Parlement de Rouen -supprima toutes les tavernes; il fut seulement permis d'aller chercher -du vin pour le boire en famille. Voici ce que dit à ce sujet un petit -livre de l'époque: - - Si un voisin avec son familier - Se veut esbattre, ainsy que de raison, - Il est contraint de boire en sa maison - Et d'envoyer quérir du vin au pot. - Par ce moyen, en tout tems et saison, - Femme et enfant ont leur part à l'escot. - -Mais cet état de choses n'était guère commode pour les buveurs, et le -Parlement vint à leur secours en inventant une taverne ambulante qui -allait de porte en porte, d'atelier en atelier, _mais à très-courtes -stations_, colporter des rafraîchissements. «Jusqu'alors, dit C. Nodier, -le peuple était allé chercher le divertissement dans les tavernes.... -Les tavernes obtinrent permission d'aller chercher le peuple.» L'on -donna à ces cabarets ambulants le nom de _triballe_ ou _trimballe_ (Voir -le _Journal de Rouen_, 21 mai 1852). - -TRINGUE, tringle. - -TRIOLÉE, grand nombre. Ex.: Quelle _triolée_ de pauvres! - -TRIPAILLES, intestins d'un animal. - -TRIPÉE, entrailles d'un animal qui servent à préparer les _tripes_. - -TRIPETTE (ne pas valoir). Se dit d'une chose qui ne vaut rien. Ex.: Il -ne vaut pas _tripette_. - -TRIPOT, marché. Échange. B.-N. Ménage, cuisine. P. - -TRIPOTER, faire le ménage. P. - -TRIPOTIER, qui se mêle de petites intrigues, de petits marchés, etc. -H.-N. - -TRIQUE, gros bâton de voyage. - -TROIS-PIEDS, trépied. - -TROITE, truite. - -TROMPE, erreur. B.-N. - -TRONCHE, tronc d'arbre. P. - -TROQUE, échange. Ex. Faisons une _troque_. - -TROTTE, distance, course plus ou moins longue. Ex.: D'ici à Rouen, il y -a une bonne _trotte_. H.-N. - -TROTTERIE, place où l'on fait _trotter_ les chevaux, dans les foires, -avant de les vendre. - -TROTTINER, marcher à petits pas précipités. P. - -TROU (boire comme un), boire continuellement. H.-N. - -TROU (faire un), boire un petit verre d'eau-de-vie entre deux services. -H.-N. - -TROUIE, truie. - -TROVER, trouver. P. - -TRUC (avoir le), être habile, ingénieux, habitué à faire une chose. P. -B.-N. - -TRUPER (ne pas), ne pas demeurer longtemps au même lieu. Ex.: Il n'a pas -_trupé_ chez sa mère. - -T'S', tes; devant une voyelle. - -TU AUTEM (connaître le), être au courant d'une chose. Voici -l'explication de ce proverbe, donnée par Verville: Les leçons de -l'Église finissent toutes par les mots: _Tu autem_, _Domine_, _miserere -nostri_; et, comme dans les communautés ecclésiastiques, la coutume est -que le supérieur, à la fin du repas, frappe légèrement sur la table, en -disant: _Tu autem_, etc., pour avertir le lecteur qu'il est temps de -terminer,--si celui-ci finit immédiatement, on dit qu'il connaît le _Tu -autem_,--s'il continue encore sa lecture, on dit alors qu'il n'entend -pas le _Tu autem_ (_Moyen de parvenir_, chap. 60). - -TUER (se). Se dit du vin ou du cidre qui perd promptement sa couleur et -son goût, par suite de son contact avec l'air, quand il est tiré. H.-N. - -TUET, extrémité extérieure d'une cheminée. - -TUNBER, tomber. H.-N. - -TUNBES. Voy. _Tombes_. - -TURELURE! nenni! - -TURIAU. Voy. _Condos_. - -TURLUPINER, tourmenter, inquiéter. P. - -TURNE, taudis. Maison sale et peu solide. H.-N. - -TUTAYER, tutoyer. - -TUTER, aspirer un liquide par la bouche, à la manière des porcs, ou bien -au moyen d'une paille. H.-N. - -TUYOTER, disposer en tuyaux; expression de lingère. H.-N. - - - U - -UNI (homme tout), simple dans ses manières et sans cérémonie. P. - -UNNE, une. - -UROPE, Europe. On supprime généralement l'E dans les noms commençant par -la diphtongue EU; ainsi: _Eugène_, _Euphrasie_, etc., se prononcent: -_Ugène_, _Uphrasie_, etc. En approchant de la Picardie, il en est de -même quand cette diphtongue se trouve à la fin d'un mot. On dit: _Adiu_, -_fu_, _blu_, etc., pour: _Adieu_, _feu_, _bleu_, etc. - -USAI, usé. - -USAGE (avoir de l'), avoir l'usage du monde. - -USAGE (d'un bon), d'un bon user. - -USANCE, détérioration qui résulte de l'usage, pour les instruments -aratoires. Ex.: Cette ferme est bonne, mais il y a beaucoup d'_usance_. - -USURE. Voy. _Usance_. - - - V - -VA! Exclamation qu'on ajoute à la fin d'une phrase, en diverses -circonstances. Ex.: Iras-tu à la promenade?--Je ne sais pas, _va_! - -VACABOND, polisson; insolent. - -VAGAND, qui va de côté et d'autre et ne travaille pas. Paresseux. - -VAICHE (que je), subjonctif du verbe voir. - -VAIE, voie. Employé en parlant des dents d'une scie qu'on dispose de -manière à ouvrir une voie plus ou moins large dans le bois. H.-N. - -VAILLANT (homme), qui travaille avec courage. P. - -VALET-D'AOUT, domestique qu'on prend à son service, pendant un mois ou -deux, pour travailler à la moisson. - -VANNET, vanneau. - -VANTARD, homme qui se vante sans cesse. H.-N. - -VAPAIL, pièce de bois, en forme de volée, à laquelle on attache les -_baculs_ ou les _traciers_ des deux derniers chevaux d'un chariot. - -VAQUE, vache. P. - -VAQUER, vacher. - -VAQUETTE, petite vache. P. - -VAQUETTES (faire des), laisser de la boisson au fond de son verre, ce -qui répugne à certaines personnes, dans les fermes où plusieurs -domestiques boivent alternativement dans la même coupe. - -VAROQUE, gros bâton qui sert à enrouler la _hache_ d'un chariot ou d'une -charrette autour du _pouliot_, afin de serrer les gerbes sur la voiture. - -VAROQUER, serrer au moyen du _varoque_. - -VAROUILLER (se), se salir, se vautrer dans la boue comme un _vérou_. - -VARPOT, petit bourbier. - -VASTRIGUER, courir de côté et d'autre. - -VATE, boue; malpropreté. Ex.: Donnez de la litière aux porcs; ils sont -dans la _vate_. - -VATON. Voy. _Varoque_. B.-N. - -VATONNER. Voyez _Varoquer_. B.-N. - -VAUDOISE, trombe. - -VAUDRÉE, gros balai de branches de genet, dont on se sert pour balayer -le four, avant d'enfourner le pain. B.-N. - -VAULE, gaule; longue perche qui sert pour abattre les pommes. B.-N. P. - -VAULETTES, gaulettes qu'on attache sur les chevrons pour recevoir les -couvertures en paille. - -VAVITTE, diarrhée. B.-N. - -VESCHE, vesce. Dans un compte du 23 mars 1466, il est mention d'une -dépense de _viij sous_, _pour vj boisseaux de veche_. - -VEILLATIF (homme), vigilant. B.-N. - -VELTE, mesure de sept litres et demi; ce qui fait quatre _pots_. - -VENT (prendre), prendre haleine. P. - -VENT (perdre), perdre haleine. B.-N. - -VÊPRES, guêpes. - -VER, voir. - -VÉRARD, vérat. - -VERBIAGE, bavardage. H.-N. - -VERDIER, bruant jaune. - -VERDOT, gros fausset qui se met au bas des tonneaux. - -VÉRETTE (vache), noire et blanche. - -VERGÉE, quatrième partie de l'acre. - -VERGETTE, petite verge de fer. - -VER-GOUTTE (à), à tâtons. - -VERGUES (bouquet de), verges pour fesser les enfants. - -VERGUIE. Voy. _Vergée_. - -VERMINNE, rats et souris. B.-N. Terme injurieux. - -VERPOT. Voy. _Varpot_. - -VÉROLE, variole. H.-N. - -VÉROT, ver de terre. H.-N. - -VÉROU, vérat. - -VÉROUILLER, donner un léger labour. B.-N. Remuer la superficie de la -terre, comme un _vérou_ qui fouille. - -VERRE (un petit), un verre d'eau-de-vie. Ex.: Payez-vous _un petit -verre_, ce matin? - -VERRINE, verre de montre, d'horloge, de petite boîte, etc. B.-N. - -VERTES-BONNES, prunes de Reine-Claude. H.-N. - -VÉSÉE, force. Ex.: Il n'a pas plus de _vésée_ qu'un enfant. H.-N. - -VÉSILLANT, alerte, remuant. - -VÉSON, qui _vésonne_. - -VÉSONNER, se remuer beaucoup et faire peu de besogne. - -VESSARD, qui vesse. - -VESTON, petite veste. - -VÊTU-DE-SOIE. Voy. _Gentilhomme_. - -VEUCHE, vesce. - -VEULE, qui n'a pas de consistance; facile à remuer. Ex.: Ce fourrage est -_veule_. P. B.-N. - -VEUVE (homme), veuf. - -VIAGE, voyage. Fols. B.-N. - -VIAU, veau. P. - -VIENT (semaine, année qui), semaine, année prochaine. - -VIÉTOU! VIÉTOU! VIÉTOU! pour appeler les vaches: _viens tôt_. - -VIEUILLE, trombe de poussière. Vieille. - -VIÈVE, Geneviève. - -VILANNER, faire souffrir. Ex.: Mon soulier me _vilanne_. - -VILLOTE, veillote. H.-N. - -VINDICATION, vengeance; du latin _vindicare_. P. - -VINT, venu. H.-N. - -VIONDIR. Se dit du bruit produit par le vent, une toupie, une balle, -etc. - -VIPILLON, goupillon. B.-N. - -VIS-A-VIS DE, envers. Ex.: Il a eu bien des torts _vis-à-vis_ de ses -parents. - -VIS-A-VIS (au) en face. H.-N. - -V'LIN, venin. - -V'LO, voilà. P. - -V'LO! V'LO! V'LO! pour appeler les veaux. - -VO, vôtre. P. - -VOICHE (que je). Subjonctif des verbes voir et ALLER. - -VOIN, regain. B.-N. - -VOIRAI (je), je verrai; tu _voiras_, tu verras, etc. - -VOS, vous. - -VOT', votre. - -VOUDER, enrouler; mettre en peloton. Se dit aussi d'un gourmand qui -mange avec avidité. - -VOUI, oui. - -VOYONS-VOIR, voyons. - -VRAC (à), en masse. B.-N. - -VRAI-DA! très-vrai. - -VRÈPES, guêpes. - - - W - -WERTAGES. On désigne ainsi la récolte de la vesce et des pois mêlés. - -WOINGNARD, qui _woingne_. - -WOINGNER, pleurnicher; pleurer sans raison; crier. On a donné aux -habitants d'une partie de l'Alihermont le sobriquet de _woignons_, parce -que leurs barrières _woignent_, quand on les ouvre. Les mauvaises -langues prétendent que ces barrières _intelligentes_ annoncent ainsi -l'arrivée des visiteurs, afin qu'on ait le temps de mettre le verrou et -de se cacher, si les personnes ne plaisent point. - -WOUAIRAS, pois et vesce récoltés séparément. - - - Y - -Y, il, ils, elles. Ex.: Y s'aiment comme _quiens_ et _cats_. - -YIARD, liard. P. - - - Z - -Cette lettre sert souvent à former une liaison incorrecte entre deux -mots, dont l'une finit par une consonne, et l'autre commence par une -voyelle, ce qu'on appelle ordinairement un _velours_. Voici l'origine de -cette dénomination, qui nous donnera en même temps celle des cuirs: Un -jeune homme se trouvait au spectacle auprès de deux dames. Tout-à-coup, -il trouve un éventail sous sa main:--Cet éventail n'est-il pas à vous? -dit-il à la première dame.--Non, Monsieur; il n'est point-_z_-à -moi.--Alors, il est à vous? dit-il, en le présentant à la seconde -dame.--Il n'est pas-t-à moi.--Il n'est point-_z_-à vous... Il n'est -pas-_t_-à vous... Ma foi! je ne sais pas-_t_-à qu'est-ce. - -Cette plaisanterie a donné lieu au mot PAS-T-A QU'EST-CE, et l'on est -convenu d'appeler _velours_ les fausses liaisons formées par la lettre -Z, et de donner le nom de _cuirs_ à celles qui sont faites à l'aide de -la lettre T (_Les Omnibus du langage_, 8me édit., page 48). - -ZIUS, yeux. - - - - - TABLE - DES MATIÈRES. - - - Introduction. - Bray normand. - Origine du Langage. - Langue d'Oil et langue d'Oc. - Oraison dominicale au XIIe siècle. - Science étymologique. - Grammaire brayonne. - Dialogue brayon. - Proverbes et Dictons. - Usages et Croyances. - Remarques. - Glossaire. - Liste des Souscripteurs. - - - - -LISTE -DES -SOUSCRIPTEURS. - - - - MM. - -ANSELIN, instituteur à Bures. -AZAIS, président de la société archéologique, à Bèziers (Hérault). - -BEAURAIN, à Mesnières. -BLANGERMONT (Levaillant de), propriétaire à Bernapré, commune de -Romescamps (Oise). -BLANGERMONT (Levaillant de), propriétaire à Aumale. -BOCHET, notaire à Forges-les-Eaux. -BOISSAY, facteur de la poste aux lettres, à Londinières. -BOULANGER, cultivr aux Noyers. -BOULANGER, propriétaire à Saint-Lucien. -BOULANGER (madame), propriétaire à Neufchâtel. -BOUTRY-CREVEL, nég. à Aumale. -BOQUET, propr. à Bois-Héroult. -BRAQUET-DEVILLE, entrepositaire, quai du Mont-Riboudet, 48, à Rouen. -BREUIL (A.), membre de la société des Antiquaires de Picardie, à Amiens. -BRIANCHON (l'abbé), curé de Quiévrecourt. -BRIDOU, propriétaire, maire de la Chapelle-Saint-Ouen. -BROSSARD (de), propriétaire, maire de Monchaux-Soreng. -BROUTELLES (de), docteur en médecine à Foucarmont. - -CARON, instituteur a Osmoy. -CAUCHOIS, propriétaire à Bois-Guilbert. -CAUCHOIX (madame), propriétaire à Bures. -CAVÉ, médecin à Forges. -CELLIER, rentier à Bures. -CHAILLOU (l'abbé), au Saussay. -COCHET (l'abbé), inspecteur des monuments publies de la - Seine-Inférieure, membre de plusiers sociétés savantes, à Dieppe. -COLAS (l'abbé), membre de plusieurs sociétés savantes, à Rouen. -CORBLET (l'abbé), membre de plusieurs sociétés savantes, à l'abbaye des -Bénédictines de Solesmes. -CORNEILLE (de), inspecteur honoraire de l'Académie, maire de Maucomble. -CRITOT, huissier à Neufchâtel. - -DAMIENS (l'abbé), curé de Fresquienne. -DANIEL, propriétaire, maire de Chef-de-l'Eau. -DAVOUST (Dominique), cultivateur à Bouelle. -DEBOUTTEVILLE, notaire à Neufchâtel. -DEBOUTTEVILLE père, propriétaire à Neufchâtel. -DECAUX, propriétaire à Forges. -DECORDE, marchand à Beaubec. -DECORDE, adjoint à Bosc-Bordel. -DECORDE (madame), propriétaire à Forges. -DELCOURT (A.), chef de division à la préfecture de la Seine-Inférieure. -DERENTY, cultivateur à Londinières, hameau d'Épinay. -DESLANDES, couvreur à Neufchâtel. -DÉVILLE, marchand de cidre, au champ de foire, 17, à Rouen. -DEVIMEUX, membre de la société des Antiquaires de Picardie, avoué à - Beauvais. -DIEUDEGARD (l'abbé), curé de Pommeréval. -DOMART (l'abbé), curé de Bouvresse (Oise). -DUCLOS, huissier à Gamaches (Somme). -DUCLOS, propriétaire à Forges. -DUFEUILLY (Éloi), chez M. de Villers, à Villers-sur-Foucarmont. -DUNEZ, instituteur à Bosc-Bordel. -DUPIUS, avoué à Neufchâtel. -DURANVILLE (Léon de), membre de plusieurs sociétés savantes, à Rouen. - -FÉRAY (l'abbé), curé de Bouelle. -FEUILLETTE (l'abbé), curé d'Avremesnil. -FOURCIN, propriétaire à Bully. -FOURGON, propriétaire à Saumont. -FOURNIER, propriétaire à Bois-Guilbert. - -GIRANCOURT (A. de), membre du conseil général de la Seine-Inférieure, - aux Essarts-Varimpré. -GLANVILLE (Léonce de), membre de plusieurs sociétés savantes, à Rouen. -GOST, receveur principal et entreposeur des tabacs, à Neufchâtel. -GRAVILLE (l'abbé), curé d'Haucourt. -GROSSARD (madame), libraire à Neufchâtel. 3 _exemplaires_. -GROSSARD, rentier à Londinières. - -HAUSSEZ (baron d'), ancien ministre de la marine, à Saint-Saens. -HAVET (Paul), conseiller d'arrondissement, maire de - Saint-Valery-sous-Bures. -HAVET (Romain), cultivateur à Bures. -HÉBERT, propriétaire à Lignières-Châtelain (Somme). -HENNEGUIER (Ch.), membre de la société d'émulation d'Abbeville, - propriétaire à Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais). -HÉRICOURT (Achmet d'), membre de la société des Antiquaires de Picardie, - à Arras (Pas-de-Calais). -HOUEL, propriétaire, maire de Bose-Edeline. -HUBARD, juge à Neufchâtel. -HURPY, maire à Serqueux. - -JOLY (Martin), pharmacien de l'école de Paris, membre du jury médical de - la Seine-Inférieure, propriétaire à Mortemer-sur-Eaulne. -JOSSE, notaire à Bouttencourt (Somme). - -LANGLOIS, propriétaire à Bois-Héroult. -LANGLOIS (l'abbé), curé de Criquiers. -LEBLOND, à Neuville. -LE BRUMENT, membre de la société des Antiquaires de Normandie, libraire - à Rouen. 12 _exemplaires_. -LECOMTE (Baptiste), propriétaire, maire de Bois-Guilbert. -LECOMTE (Honoré), propriétaire, maire de Bois-Guilbert. -LECOMTE fils, propriétaire à la Hallotière. -LEFÈVRE, greffier à Forges. -LEFRANÇOIS, pharmacien à Londinières. -LEMASSON (l'abbé), curé du Bosc-Guerard. -LEROUX (Anselme), voyageur de commerce pour M. Braquet-Déville, à Rouen. -LEROUX, propriétaire à Bosc-Edeline. -LEROUX-DUMONT, commis-greffier au Tribunal civil à Neufchâtel. -LETELLIER, instituteur à Fresles. -LETELLIER, propriétaire et cultivateur à Fallencourt. -LEVILLAIN, docteur en médecine à Neufchâtel. -LEVASSEUR, propriétaire à Argueil. - -MALOT, aubergiste à Neufchâtel. -MARRE (l'abbé), curé de Flamets-Frétils. -MARSY (de), membre de la société des Antiquaires de Picardie, de la - société d'Émulation d'Abbeville, etc., procureur de la - République à Vervins (Aisne). -MATHON, correspondant du ministère de l'instruction publique pour les - travaux historiques, libraire à Neufchâtel. -MICHU, percepteur-surnuméraire à la recette particulière d'Yvetot. -MILHET, médecin à Bures. -MILLEVILLE (madame de), propriétaire à Neufchâtel. -MILLEVILLE (le comte Edmond de), propriétaire à Boissy-sur-Eaulne. -MONCHY (de), propriétaire, maire de Bosc-Bordel. -MONGNE (mademoiselle), à Beaubec. -MURPHY (John), professeur de langue anglaise au pensionnat de MM. - Girardin et Marais, à Montivilliers. - -NÉEL (l'abbé), curé de Mesnières. -NICHET, buraliste au Bois-Héroult. - -PANET, propriétaire, adjoint au maire de Fresles. -PAPILLON (Léandre), imprimeur à Vervins (Aisne). -PARISY-DUMANOIR, propriétaire à Foucarmont. -PASTOREL (A. de), à Paris. -PICARD, instituteur à Mesnières. -PIETTE (Edouard), membre de la société des Antiquaires de Picardie, - président du Tribunal de commerce à Vervins (Aisne). -PONTHIEU (de), clerc de notaire, à Aumale. -PONTAUMONT (Le Chanteur de), membre de plusieurs sociétés savantes, - commissaire de la marine à Cherbourg (Manche). -PRÉAUX (F.-E. des), docteur en droit à Cherbourg (Manche). -PRUDHOMME (O.). directeur du _Journal de Graville_, à Graville. - -QUILLET (madame M.-C.), membre de l'Académie des sciences, arts, et - belles-lettres de Caen, à Pont-l'Evêque (Calvados). - -RICHEBOURG (madame), directrice de la poste aux lettres à Londinières. -ROGER, inspecteur des écoles primaires de l'arrondissement de - Neufchâtel, à Neufchâtel. - -RUHAUT, menuisier à Neufchâtel. -SAINTE-BEUVE, substitut du procureur de la République, quai Napoléon, - 51, à Paris. -SAVALLE fils, maire de Saint-Martin-l'Hortier. -SCOLARD, avoué à Neufchâtel. -SEPTENVILLE (Léon de), membre de la société des Antiquaires de Picardie, - au château de Lignières-Châtelain (Somme). -SICOTIÈRE (Léon de la), ancien directeur de la société des Antiquaires - de Normandie, à Alençon (Orne). - -TERNISIEN, médecin à Foucarmont. -THIERRÉ, cultivateur à Saumont. -THIEULIN curé de Sigy. -TROUDE, président de la chambre des notaires, à Foucarmont. - -VALLOIS (l'abbé), curé des Ventes-Saint-Rémi. -VASSELIN (l'abbé), curé d'Osmoy. -VILLERS (le baron Martin de), membre de plusieurs sociétés savantes, à - Villers-sur-Foucarmont. -VOILLET DE SAINT-PHILBERT, à Paris. - - -__________________________________________________________ -NEUFCHATEL.--IMPRIMERIE DE ERNEST DUVAL, RUE DU TROT-MAROT. - - - - -[Fin du _Dictionnaire du patois du pays de Bray_ -par Jean-Eugène Decorde] - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Dictionnaire du patois du pays de Bray, by -Jean-Eugène Decorde - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DICTIONNAIRE DU PATOIS DE BRAY *** - -***** This file should be named 51005-0.txt or 51005-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/1/0/0/51005/ - -Produced by Gill Martin, Rénald Lévesque, Hugo Voisard, -David T. Jones et l'équipe des correcteurs d'épreuves -(Canada) à http://www.pgdpcanada.net, à partir d'images -généreusement fournies par Google Book Search - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. Special rules, set forth in the General Terms of Use part -of this license, apply to copying and distributing Project -Gutenberg-tm electronic works to protect the PROJECT GUTENBERG-tm -concept and trademark. Project Gutenberg is a registered trademark, -and may not be used if you charge for the eBooks, unless you receive -specific permission. If you do not charge anything for copies of this -eBook, complying with the rules is very easy. 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