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-The Project Gutenberg EBook of Dictionnaire du patois du pays de Bray, by
-Jean-Eugène Decorde
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-This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most
-other parts of the world at no cost and with almost no restrictions
-whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of
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-
-Title: Dictionnaire du patois du pays de Bray
-
-Author: Jean-Eugène Decorde
-
-Release Date: January 23, 2016 [EBook #51005]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DICTIONNAIRE DU PATOIS DE BRAY ***
-
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-
-Produced by Gill Martin, Rénald Lévesque, Hugo Voisard,
-David T. Jones et l'équipe des correcteurs d'épreuves
-(Canada) à http://www.pgdpcanada.net, à partir d'images
-généreusement fournies par Google Book Search
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-Ce livre électronique a été créé par:
-Gill Martin, Rénald Lévesque, Hugo Voisard, David T. Jones
-et l'équipe des correcteurs d'épreuves (Canada)
-à http://www.pgdpcanada.net, à partir d'images
-généreusement fournies par Google Book Search
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-
- DICTIONNAIRE
-
- DU
-
- PATOIS DU PAYS DE BRAY
-
- PAR
-
- L'ABBÉ J.-E, DECORDE,
-
- CURÉ DE BURES,
-
- _Membre de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres
- de Caen, de la Société des Antiquaires de Normandie,
- de la Société des Antiquaires de Picardie et de
- la Société d'Émulation d'Abbeville._
-
-
-
- Bientôt les patois auront complètement disparu;
- beaucoup de mots employés par les pères ne
- sont déjà plus intelligibles pour les enfants,
- et l'on doit se hâter de les recueillir, si l'on
- porte quelque intérêt aux origines de la langue.
- (M. E. De Meril, _Dictionnaire du patois
- normand,_ Introduction, page XXXIV.)
-
-
- Prix: 3 fr.
-
-
-
-A PARIS:
-Chez | DERACHE, libraire, rue du Bouloi, 7.
- | V. DIDRON, libraire, rue Hautefeuille, 13.
-
-A ROUEN:
-Chez A. LEBRUMENT, libraire, quai Napoléon, 45.
-
-A NEUCHATEL:
-Chez tous les Libraires de la ville.
-
-1852.
-
-
-
-
-INTRODUCTION.
-
-
-M. Edélestand du Méril termine la remarquable introduction de son savant
-_Dictionnaire du Patois Normand_ par ces mots: «Nous prions toutes les
-personnes qui portent quelque intérêt à l'histoire de notre province et
-aux origines de la langue française de nous fournir les moyens d'élever
-à la mémoire de nos ancêtres un monument qui, moins encore par son sujet
-que par la multiplicité des auteurs, appartiendrait à la province
-entière: nous ne réclamons pour nous que l'honneur de tenir la plume et
-le plaisir de leur adresser nos remercîments.»
-
-Cet appel nous a été communiqué par un homme auquel nous avons voué la
-plus grande estime et la plus vive reconnaissance, pour les conseils et
-les encouragements qu'il nous a donnés en plus d'une circonstance. Pas
-un de ceux qui connaissent M. Auguste Le Prevost ne nous accusera de
-flatterie en traçant ces lignes; et, quand nous ajouterons que
-l'illustre membre de l'Institut de France et de tant de Sociétés
-savantes nous a conseillé de répondre à l'appel de M. du Méril, en ce
-qui concerne le pays de Bray, on comprendra notre empressement à nous
-mettre à l'oeuvre. Au reste, enfant du pays et ayant passé la plus grande
-partie de notre vie au milieu de ses habitants, il nous était plus
-facile qu'à beaucoup d'autres de faire connaître le langage, les
-croyances et les habitudes de cette contrée. Si notre travail est
-défectueux en certains points, il aura au moins le mérite de la vérité;
-car nous ne rapporterons pas un seul mot que nous n'ayons entendu
-prononcer, pas un seul usage dont nous n'ayons été témoin.
-
-Le mot BRAY est ordinairement considéré comme emprunté à la langue
-celtique, et signifie _de la boue_. Mais, tout en reconnaissant que la
-nature du terrain de cette contrée se prête merveilleusement à cette
-étymologie, M. A. Le Prevost fait venir _Brai_ de _bracus_, mot employé
-plusieurs fois dans la chronique de Fontenelle comme synonyme de
-_vallée_[1].
-
-[Note 1: _Anciennes divisions territoriales de la Normandie_, page 15.]
-
-On distingue dans cette contrée, qui s'étend depuis Bures jusqu'à
-Frocourt et Auteuil, près de Beauvais, le _Bray normand_ et le _Bray
-picard_: le premier fait partie de la Seine-Inférieure, le second dépend
-de l'Oise. Nous nous occuperons seulement de la division qui se rattache
-à la Normandie; et, comme il est pour ainsi dire impossible de fixer des
-limites exactes à cette contrée si peu explorée, nous allons tirer une
-grande ligne autour du champ dans lequel nous avons glané les mots dont
-se compose notre glossaire: ce sera à peu près l'étendue de
-l'arrondissement de Neufchâtel. En partant de Neuf-marché, nous
-longerons l'Epte jusqu'à Gournay, où nous trouverons la route no 8 qui
-nous conduira à Formerie: de là, nous irons à Hadancourt et nous
-suivrons la Bresle jusqu'au petit village de l'Epinoy, en passant par
-Aumale, le Vieux-Rouen, Senarpont et Blangy. Ensuite, nous redescendrons
-par Grandcourt, Londinières, Bures, Saint-Saens, Buchy, Bosc-Edeline[2],
-Bruquedalle et Morville. Puis, après avoir côtoyé la forêt de Lions,
-nous nous retrouverons à Neuf-marché, notre point de départ.
-
-[Note 2: Quoique cette commune fasse partie de l'arrondissement de
-Rouen, elle est désignée, dans un document relatif à la marquise de
-Genlis, sous le nom de _Bocqueline-en-Bray_ (_Mémoires de la Société des
-Antiquaires de Normandie_, XVIIIe vol., page 210).]
-
-Le langage est aussi ancien que le monde: en créant les premiers membres
-de la grande famille humaine, Dieu a dû leur donner une manière de se
-communiquer leurs pensées, leurs désirs, leurs volontés. Ce moyen, c'est
-le langage. Mais quelle est la langue primitive communiquée à l'homme?
-Perron se montre le patron zélé de la langue celtique; Webb plaide
-chaudement la cause du chinois; plusieurs auteurs modernes se font les
-champions de Goropius-Becanus qui proclame le flamand comme la langue du
-paradis terrestre; à côté de ces prétentions, viennent les défenseurs
-des langues semitiques; enfin l'hébreu réunit en sa faveur de nombreux
-et puissants suffrages. Mais nous n'avons pas le moindre désir de nous
-arrêter à cette question qui a tant occupé les savants. Nous laissons
-les uns soutenir que le langage peut être une invention graduelle de
-l'espèce humaine, les autres prétendre que c'est le résultat nécessaire
-et spontané de l'organisation de l'homme. Nous passons à côté de Smith,
-qui assure que l'invention du langage a commencé par les substantifs, et
-de Herder, qui donne le pas aux interjections. Pour nous, nous voulons
-seulement jeter un coup-d'oeil rapide sur les divers langages qui sont
-venus tour à tour régner dans le petit coin de terre qui nous occupe, et
-aboutir au patois actuel du pays de Bray; patois qui s'efface de jour en
-jour, et dont on ne trouverait bientôt plus la moindre trace, si l'on ne
-s'empressait de recueillir ce qui en reste: «Il est facile de le
-prévoir, dit M. du Méril, bientôt les patois auront complètement
-disparu; beaucoup de mots employés par les pères ne sont déjà plus
-intelligibles pour les enfants, et l'on doit se hâter de les recueillir
-si l'on porte quelque intérêt aux origines de la langue[3].»
-
-[Note 3: _Dictionnaire du Patois normand_, Introduction, page XXXIV.]
-
-Cependant, il ne faudrait pas croire que la différence qui existe entre
-le langage du savant le patois du paysan soit uniquement une différence
-d'origine; il faut aussi faire la part du progrès et du temps, «La
-langue du savant et celle du vulgaire au fond sont identiques, à cette
-simple différence près, que la langue parlée par le vulgaire à une
-époque déterminée est toujours celle que parlait le savant à une époque
-antérieure, et que la première n'a d'autre avantage sur la seconde que
-d'être constamment avec elle de quelques siècles en retard; ainsi le
-français de nos villages est aujourd'hui, sur beaucoup de points, le
-français qui se parlait il y a trois ou quatre cents ans, à la cour même
-de nos rois[4].» Nous aurons plus tard occasion de donner la preuve de
-ce que dit ici le savant et laborieux autour auquel nous empruntons ces
-paroles.
-
-[Note 4: _Essai sur le langage_, par M. A. Charma, page 171.]
-
-Les Gaulois sont les premiers habitants connus de notre contrée: mais,
-comme ils ne nous ont point transmis de langue écrite, il est impossible
-de rien conjecturer sur leur langage. Leurs doctrines religieuses, leurs
-lois, leurs annales passaient d'âge en âge par tradition orale, et nous
-ne saurions pénétrer des secrets qui reposent ensevelis avec eux sous le
-tertre où dort leur dépouille mortelle, depuis deux mille ans[5].
-
-[Note 5: On peut consulter, sur les habitudes et usages des Celtes ou
-Gaulois, notre _Essai sur le canton de Londinières_, pag. 100-113.]
-
-L'an 51 avant J.-C, Jules César devint maître souverain des Gaules,
-après une lutte qui avait duré dix ans. Il préleva de lourdes
-contributions sur les Gaulois, fonda des écoles et déclara le latin la
-seule langue officielle. Mais, comme le fait observer avec beaucoup de
-vérité M. l'abbé Corblet, le peuple prouva à César qu'on n'obtient pas
-aussi facilement l'adoption d'une langue qu'on improvise une victoire;
-«il introduisit dans le latin des constructions de la langue maternelle;
-il confondit arbitrairement tous les cas; il altéra les mots par des
-constructions bizarres; des terminaisons latines s'allièrent à des
-radicaux celtiques, des désinences celtiques s'imposèrent à des radicaux
-latins, et l'emploi des auxiliaires vint bouleverser l'harmonie des lois
-grammaticales[6].» Aussi Quintilien écrivait-il, vers la fin du premier
-siècle de notre ère, qu'il y avait une grande différence entre parler
-latin et parler grammaticalement, _aliud esse latinè, aliud grammaticè
-loqui_[7]. Au rapport de saint Jérôme, la langue latine subissait encore
-de grandes modifications au IVe siècle, _latinitas et regionibus
-quotidiè mutabatur et tempore_[8]. Et saint Augustin nous apprend qu'au
-Ve siècle, le latin pur perdait du terrain au profit de la langue
-vulgaire qu'on regardait comme plus utile dans les relations habituelles
-de la vie, _plerumque loquendi consuetudo vulgaris utilior est
-significandis rebus, quàm integritas literata_[9].
-
-[Note 6: _Glossaire du Patois picard_, page 65.]
-
-[Note 7: _De Institutione oratoriâ_, lib. I, cap. 6.]
-
-[Note 8: _Epistola ad Galatas_, lib. II, præf.]
-
-[Note 9: _Doctrina christiana_, lib. II.]
-
-Bientôt, à ces difficultés vinrent s'ajouter de nouveaux éléments
-contraires à l'uniformité de langue: l'introduction des Francs[10] dans
-la Gaule, qui tantôt en guerre, tantôt en paix avec les Romains,
-finirent par devenir les maîtres, à la fin du Ve siècle. Alors la langue
-tudesque apparaît; mais elle s'efface insensiblement, et bientôt se
-forme la langue romane. «En reconnaissant que le latin a joué le
-principal rôle dans la formation de cette langue, dit M. Ph. Le Bas, il
-convient de distinguer la langue latine littéraire de la langue latine
-usuelle.... C'est du latin parlé par les masses, que s'est formé le
-roman[11].»
-
-[Note 10: _Frek_, _frak_, _frenk_, _franc_, _vrang_, selon les
-différents dialectes germaniques, dit Frérel, répond au mot latin
-_ferox_, dont il a tous les sens, favorables et défavorables: fier,
-intrépide, orgueilleux, cruel.]
-
-[Note 11: _Univers pittoresque_, France, tome X, page 41.]
-
-Au milieu de ce mélange de langues, on comprend aisément que la pureté
-du langage ne pouvait dominer: Alcuin nous apprend qu'il existait, au
-VIIIe siècle, une langue lettrée qu'on pouvait écrire et une langue
-illettrée qui ne pouvait être écrite, _literata quæ scribi potest,
-illiterata quæ scribi non potest_[12].
-
-Aussi, à partir de 813, voyons-nous plusieurs conciles prescrire aux
-évêques de prêcher en langue vulgaire, afin de pouvoir se faire
-comprendre du peuple[13]. Le plus ancien monument de cette langue
-vulgaire ou romane d'où s'est formé insensiblement notre français, est
-le serment prononcé, en 842, à Strasbourg, par Louis-le-Germanique,
-frère de Charles-le-Chauve, commençant par ces mots: _Pro Deu amor et
-pro Christian poblo et nostro commun salvament_, etc. «Pour l'amour de
-Dieu et pour le peuple chrétien, et pour notre salut commun»[14].
-
-[Note 12: _Opera_, tome II, page 268.]
-
-[Note 13: Le deuxième concile de Reims, canon 15.--Concile de Tours,
-canon 17 (_Encyclopédie théologique_, tome XIV, pages 486 et 1035.)]
-
-[Note 14: _Un million de faits_, page 1203.]
-
-«En se décomposant, le latin a produit deux idiomes distincts, dit M. Ph.
-Le Bas, deux gracieux dialectes dont les ressources sont grandes: la
-langue d'OIL et la langue d'OC. On ramène à trois les principaux
-dialectes, de la langue d'OIL, qui sont le _normand_, le _picard_ et le
-bourguignon[15]. Les trouvères, poètes languedociens, s'exprimaient dans
-la langue d'OIL; et les troubadours, poètes provençaux, se servaient de
-la langue d'oc. La dénomination de ces deux langues vient de ce que
-l'affirmation oui se prononçait oil au nord de la Loire et oc au midi de
-ce fleuve[16]. M. A. Maury nous apprend qu'au XIIe siècle, ces deux
-contrées étaient séparées par de vastes châtaigneraies qui formaient
-comme une frontière végétale entre les deux langues[17]. Avant l'an
-1000, les formes grammaticales de ces deux idiomes offraient peu de
-différence: «mais, à partir de cette époque, dit M. l'abbé Corblet, les
-nuances deviennent de plus en plus distinctes, jusqu'à ce que, vers le
-XIIe siècle, les deux langues firent un divorce complet, en se
-partageant la France[18].» Aussi Jean-Luc d'Achery nous dit-il qu'au
-XIIe siècle, les moines d'un monastère du Boulonnais souffraient
-impatiemment de leur dépendance d'une abbaye du Poitou, à cause de la
-différence des langues, _propter linguarum dissonantiam_[19].
-
-[Note 15: _Univers pittoresque_, France, tome VI, page 537.]
-
-[Note 16: _Un million de faits_, page 1203.]
-
-[Note 17: _Histoire des grandes forêts de la Gaule_, page 280.]
-
-[Note 18: _Glossaire du Patois picard_, page 68.]
-
-[Note 19: _Spicilegium_, tome IX, page 430.]
-
-Nos lecteurs ne seront peut-être pas fâchés de lire ici l'oraison
-dominicale dans le langage de cette époque reculée: nous l'empruntons à
-Charles Batteux, cité par l'abbé Pluche[20].
-
- «Sire pere, qui es ès ciaus, sanctifiez soit li tuens noms,
- avigne li tuens regnes, soit faite ta volanté, si comme ele
- est faite el ciel, si soit ele faite en terre; nostre pain
- de chascun jor nos done hui, et pardone nos meffais, si
- comme nos pardonos à ços qui meffait nos ont; sire ne soffre
- pas que nos soions tempté par mauvesse temptation, mais sire
- delivre nos de mal.»
-
-[Note 20: _Spectacle de la nature_, tome VII, page 230.]
-
-Le XVe siècle vint opérer la transformation du français du moyen-âge en
-français moderne; mais le langage ne s'épura qu'au siècle suivant et
-n'atteignit la perfection que sous le règne de Louis XIV. Le XVIe siècle
-semble être le moment d'enfantement du français actuel; nous en trouvons
-la preuve dans les satyres de Vauquelin de la Fresnaye qui écrivait dans
-la seconde moitié de ce siècle et qui, au milieu des incertitudes et des
-fluctuations du langage, éprouvait un véritable embarras sur la manière
-d'écrire correctement;
-
- Car, depuis quarante ans, desja quatre ou cinq fois,
- La façon a changé de parler en françois.
-
-Cette irrésolution venait de tous les idiomes avec lesquels la nouvelle
-langue s'était trouvée en contact; «créée par les rapports et le mélange
-des patois, la langue commune participe de tous; elle prend à l'un ses
-habitudes de prononciation, à l'autre ses tours de phrase; elle conserve
-les idiotismes d'un troisième, et comble, en puisant indistinctement
-dans tous, les lacunes qui existaient dans les différents
-vocabulaires... Mais, malgré cette fusion à l'usage de la classe élevée
-de la société, presque jamais les patois ne disparaissent entièrement;
-le peuple auquel ils suffisent les conserve avec obstination, et les
-savants sont obligés de les consulter pour connaître les éléments
-constitutifs de la langue et remonter à la forme primitive des
-mots[21].» En effet, comme en fait la remarque M. G. Brunnet, «les
-patois renferment des mots qui remontent jusqu'au grec et qui furent
-importés par des colonies hellénistes; ils en contiennent d'antres qui
-restent comme des débris de la domination romaine; ils en présentent qui
-sont évidemment le produit de la création populaire, mais le fond du
-dialecte est tout latin[22].»
-
-[Note 21: _Dictionnaire du Patois normand_. Introduction, page III.]
-
-[Note 22: _Encyclopédie du_ XIXe _siècle_, tome XVIII, page 663.]
-
-Ceci nous ramène à notre patois du pays de Bray, dans lequel nous
-retrouvons, malgré les nombreuses corruptions qui en masquent la forme
-primitive, un assez grand nombre de mots qui se rattachent aux langues
-des différentes nations qui ont parcouru ou habité cette contrée.
-C'est ainsi que DIEPPE, ancien nom de la Béthune, est une corruption
-de l'islandais _Diup_, profond;--ITOU, du latin _Ità_, aussi;--RAINE,
-du celtique _Ran_, grenouille;--FREULER, du breton _Frel_,
-fléau;--BISQUER, du saxon _Beiskiar_, rager;--SUPER, de l'anglais _To
-sup_;--RIO, de l'espagnol _Rio_;--BRAIES ou BRAGUES, du grec _Brakos_;
-etc.
-
-
-«Pour remonter aux radicaux primitifs et saisir les lois qui ont dominé
-les développements de la langue et lui ont donné de l'ensemble et de
-l'harmonie, dirons-nous avec M. du Méril, il faut l'étudier à la source,
-dans la bouche même du peuple... En effet, les patois, soumis dans
-chaque localité à des influences diverses qu'aucune raison générale ne
-neutralise, se grossissent au hasard d'importations étrangères et
-d'imaginations individuelles; qui ne relèvent que du caprice.... Par
-exemple, le moineau est appelé _Pisli_ à Avranches, _Pottin_ à
-Coutances, _Friquet_ à Bayeux, _Quilleri_ dans l'Orne, et _Moisson_ dans
-le pays de Bray[23].»
-
-[Note 23: _Dictionnaire du Patois normand_. Introduction, pages LVII,
-LVIII et LIX.]
-
-Maintenant abordons notre travail principal, et tâchons de donner une
-idée générale du patois brayon, avant d'en venir au glossaire des mots
-que nous avons recueillis. Deux voies s'ouvrent devant nous: l'une que
-suivent les savants, l'autre dans laquelle marchent les simples
-travailleurs. Cette dernière voie sera la nôtre. Nous nous bornerons
-donc à constater ce qui est, sans rechercher le _cûr_, _quomodò_,
-_quandò_; c'est-à-dire que nous abandonnerons aux maîtres de la science
-les observations scientifiques et les découvertes étymologiques, pour
-nous occuper seulement à recueillir des matériaux sur lesquels ils
-puissent exercer leur sagacité. Nous suivrons cette recommandation
-pleine de vérité: «La science étymologique, dit M. Auguste Le Prevost,
-est une arme à deux tranchants, qui ne doit pas être abandonnée à des
-mains novices. On peut encore la comparer à ces flambeaux qui jettent de
-la fumée et de l'obscurité sur leur passage, quand ils n'éclairent pas.
-Elle demande non-seulement la connaissance approfondie et la comparaison
-continuelle d'un grand nombre de langues, de dialectes, d'idiotismes,
-une faculté d'observation et de rapprochement exquise, mais encore
-beaucoup de sobriété, de loyauté, de circonspection dans l'exercice de
-cette faculté; sans quoi on arrive par une pente très-rapide à faire
-venir _affana d'equus_[24]; on se discrédite soi-même et l'on discrédite
-l'une des recherches les plus piquantes et les plus utiles à la
-satisfaction de la raison humaine, qui puisse occuper les loisirs d'un
-érudit. Nous insistons d'autant plus sur la nécessité d'une grande
-réserve à cet égard, que, débarrassé de cette grave responsabilité, le
-travail que nous désirons voir entreprendre dans chaque arrondissement
-n'offrira plus qu'une tâche facile à chacun de nos collaborateurs[25].»
-
-[Note 24: L'étymologie-monstre à laquelle l'auteur fait ici allusion a
-donné lieu au quatrain suivant:
-
- _Affana_ vient _d'equus_ sans doute;
- Mais il faut convenir aussi,
- Qu'en venant de là jusqu'ici,
- Il a bien changé sur la route.]
-
-[Note 25: Ce passage est extrait de la préface d'un ouvrage inédit de M.
-A. Le Prevost, qui a bien voulu nous donner communication de son
-manuscrit.]
-
-Quoiqu'on ne puisse pas dire, selon la rigueur de l'expression, qu'il
-existe un code particulier au patois du pays de Bray, il n'en est pas
-moins vrai que ce patois est soumis à certaines règles dont il s'écarte
-peu. Pour plus de clarté, nous allons essayer d'indiquer ces règles
-touchant les lettres, l'article, le nom, l'adjectif, le pronom et le
-verbe.
-
-§ 1er.--DES LETTRES. Le _c_ doux se change assez fréquemment en _ch_:
-Ex. Les _capuchins_ étaient comme _cha_. Il en est de même de la double
-lettre _ss_; on dit _nourichon_ pour _nourrisson_.
-
-Le _ch_ est souvent remplacé par le _c_ dur, _qu_ ou _k_: Ex. Un _cat_,
-un _quien_, un _kauche-pied_, etc.
-
-L'accent circonflexe se remplace en plusieurs circonstances par l'accent
-aigu sur la lettre _e_: Ex. _Téte_, _féte_, _béte_, etc.
-
-Le _tr_ se prononce quelquefois _ter_, comme dans _truie_, qu'on
-prononce _teruie_, et _teruite_ pour _truite_.
-
-§ II.--DE L'ARTICLE. Selon quelques auteurs, notre article masculin _le_
-serait tout simplement la dernière syllabe du mot latin _ille_, et notre
-article féminin _la_, la dernière de _illa_. D'autres voient plus
-particulièrement dans l'article une combinaison du pronom _ille_ et des
-prépositions _de_ et _ad_. Quoi qu'il en soit, dans les commencements de
-la langue française, nous trouvons presque toujours pour articles
-simples ou composés les mots _el_, _del_, _al_; ces mots forment encore
-la base de l'article dans le patois brayon.
-
-Le, _el_, _l'_. La, _el_. Les, _lés_, _l's_.
-De, _d'_, _d'l'_. Du, _du_. De la, _del_, _d'l'_. Des, _dés_, _d's'_.
-Au, _au_. A la, _al_. Aux, _à_, _à les_.
-
-On trouvera dans le Dictionnaire les différences qui existent entre ces
-divers articles.
-
-§ III.--DU NOM. Certain nombre de noms en _eur_ et en oir changent leur
-terminaison en _eux_: Ex. Menteur, tricheur, conteur, mouchoir, battoir,
-couloir, etc., se prononcent _menteux_, _tricheux_, _conteux_,
-_moucheux_, _batteux_, _couleux_.
-
-Quelques noms en _é_ font leur singulier en _ai_: Ex. Curiosité fait
-_curiositai_, _été_ fait _étai_, etc.
-
-Les noms propres prennent le pluriel; ainsi on dit: les Duvals, les
-Dumonts, etc., en parlant des membres de ces familles.
-
-On donne aussi le genre féminin aux noms de famille, en les faisant
-précéder de l'article: ex. la durand_e_, la guerard_e_, la boquet_te_,
-la cordièr_e_, la vasseu_se_, la brianchon_ne_, etc. mais, quand le nom
-propre est précédé du prénom, il garde sa terminaison primitive: ex.
-rose durand, marie guerard, etc.
-
-Dans le patois brayon, les noms n'ont pas toujours le même genre que
-leurs correspondants français; en voici de nombreux exemples:
-
-
- NOMS QUI CHANGENT DE GENRE DANS LE PATOIS BRAYON.
-
-AGE. Ex.: La jeunesse est _une belle_ âge.
-AIR. Ex.: Cette chanson est sur _une vilaine_ air.
-AMADOU. Ex.: Ce marchand ne fournit que de _mauvaise_ amadou.
-ARGENT. Ex.: Je vous donne _de la belle_ argent.
-AS. Ex.: Voilà _une vieille_ as qui m'a fait perdre.
-AUGURE. Ex.: Cela n'est point d'_une bonne_ augure.
-AUTEL. Ex.: Voilà _une riche_ autel.
-BOL. Ex.: Mettez cette tisane dans _une petite_ bol.
-BORNE. Ex.: _Quel gros_ borne!
-CANTIQUE. Ex.: Je sais _une belle_ cantique.
-CENTIME. Ex.: _Cette_ centime est _toute neuve_.
-CIMETIÈRE. Ex.: Je ne passerais pas la nuit dans _la_ cimetière.
-CLAIRE-VOIE. Ex.: Je ferai là _un beau_ claire-voie.
-COUDRIER. Ex.: On fait des cercles avec _de la coudre_.
-CRAVATE. Ex.: On m'a fait cadeau d'_un beau_ cravate.
-EMPLATRE. Ex.: C'est _une_ emplâtre inutile.
-ESCLANDRE. Ex.: Il y a eu _grande_ esclandre.
-ÉVANGILE. Ex.: L'Évangile de dimanche est _longue_.
-EXEMPLE. Ex.: Il nous a donné _une nouvelle_ exemple de douceur.
-FROID. Ex.: _La_ froid est bien _gênante_.
-GARDE-ROBE. Ex.: Avez-vous _un bon_ garde-robe?
-HERBAGE. Ex.: Son herbage est _excellente_.
-HIVER. Ex.: L'hiver de 1830 n'a pas été _douce_.
-IMAGE. Ex.: Vendez-vous de _beaux_ images?
-MANQUE. Ex.: C'est _une_ manque de réflexion.
-MARNE. Ex.: Servez-vous de marne _sec_.
-MERLE. Ex.: Entendez-vous siffler _la mêle_?
-MEUBLES. Ex.: Voilà de _belles_ meubles.
-ORAGE. Ex.: Nous allons avoir _une terrible_ orage.
-ORGANE. Ex.: Votre frère a _une belle_ organe.
-OUVRAGE. Ex.: Son ouvrage n'est jamais _faite_ en temps.
-PARAFE. Ex.: Notre Instituteur fait de _belles_ parafes.
-PATÈRE. Ex.: Placez votre chapeau _au_ patère.
-POISON. Ex.: Vous m'apporterez _de la_ poison pour les rats.
-RÉGLISSE. Ex.: Apportez-moi _du_ réglisse.
-RHUME. Ex.: J'ai toujours _la_ rhume.
-RISQUE. Ex.: A _toute_ risque.
-SAULE. Ex.: _La sau_ est un mauvais bois.
-TEMPE. Ex.: Il a reçu un coup de bâton _au_ tempe.
-VIPÈRE. Ex.: J'ai été mordu d'_un_ vipère.
-
-§ IV.--DE L'ADJECTIF. Plusieurs adjectifs ne forment pas leur féminin
-comme en français: Ex. Blanc, sec, vieil, fou, malin, frais, font
-_blanque_, _sèque_, _vieuille_, _fôlle_, _malinne_, _fraique_. Presque
-tous les adjectifs terminés en _i_ ont le féminin en _ite_: Ex. Pourri,
-guéri, font _pourrite_, _guérite_.
-
-Les adjectifs possessifs se rendent ainsi:
-
-Mon, _man_, _min_, _m'n'_. Ma, _m'_. Mes, _més_, _m's'_.
-Ton, _tan_, _t'n'_, _tin_, _t'n_. Ta, _t'_. Tes, _tés_, _t's'_.
-Son, _san_, _s'n'_, _sin_, _s'n_. Sa, _s'_. Ses, _sés_, _s's'_.
-Notre, _not'_. Notre, _not'_. Nos, _nos_.
-Votre, _vot'_. Votre, _vot'_. Vos, _vos_.
-Leur, _leu_, _leut_. Leur, _leu_, _leut'_. Leurs, _leus_.
-
-Les adjectifs démonstratifs sont:
-
-Ce, _çu_. Cet, _c't'_. Cette, _c't'_, _c'te_. Ces, _cés_, _chés_.
-
-§ V. DU PRONOM. Voici les différentes formes des pronoms personnels:
-
-Je, _j_', _ej'_. Moi, _mai_, _mi_. Me, _m'_. Nous, _j'_.
-Tu, _tu_. Toi, _tai_. Te, _té_. Vous, _vos_, _os_.
-Il, _y_, _il_. Elle, _al'_, _a_. Ils, _y_, _ils_. Elles, _al'_, _y_.
-Lui, _li_. Leur, _leu_. Eux, _eux_. Se, _s'_, leus. Soi, _sai_.
-
-Les pronoms possessifs n'offrent d'autre différence avec le français que
-la suivante: _l' est_ employé pour _le_, et l'on supprime l'accent
-circonflexe sur _notre_, _votre_, _notres_, _votres_.
-
-Voici maintenant les pronoms démonstratifs:
-
-Celui, _le sien_. Celle, _la sienne_, _la celle_. Ceux, _les ceux_, _les
-siens_. Celles, _les celles_, _les siennes_.
-
-Celui-ci, _c't'ichite_. Celle-ci, _c't'ichite_. Ceux-ci, _cheux-chite_,
-_ceux-chite_. Celles-ci, _cheux-chite_, _ceux-chite_.
-
-Celui-là, _ç't'ila_. Celle-là, _ç't'éla_. Ceux-là, _cheux-la_.
-Celles-là, _cheux-la_.
-
-Ce, _cha_. Ceci, _cha_. Cela, _cha_.
-
-Les pronoms relatifs se prononcent de la manière suivante:
-
-Qui, _qui_. Que, _qu'_, _que_. Lequel, _l'queul_. Laquelle, _l'queulle_,
-_laqueulle_. Lesquels, _lèqueuls_. Lesquelles, _léqueulles_.
-
-Nous ajouterons les pronoms interrogatifs: qui, que, quoi; lesquels se
-rendent ordinairement par _qué_.
-
-En parlant de l'interrogation, nous voulons faire une remarque qui ne
-trouverait peut-être point place ailleurs. Dans le pays de Bray, et
-généralement en Normandie, on répond à certaines questions par la
-négation ou l'affirmation de la proposition opposée. Ainsi, à cette
-question: _Fait-il froid aujourd'hui?_ on répondra: _Il ne fait pas
-chaud_, ou _il fait assez chaud_, ou _il fait très-chaud_.
-
-§ VI.--DU VERBE. Afin de donner une idée du système des conjugaisons,
-nous placerons ici quelques temps des verbes auxiliaires AVOIR et ÊTRE.
-
- AVER. ETE.
-
- INDICATIF PRÉSENT.
-
-J'ai. Ej'sis.
-T'as. T'es.
-Il a. Il est.
-J'avons. J'sommes.
-Os avez _ou_ vos avez. Os ètes _ou_ vos ètes.
-Il ont. Y sont.
-
- IMPARFAIT.
-
-J'avais. J'étais _ou_ j'étois.
-T'avais. T'étais _ou_ t'étois.
-Il avait. Il était _ou_ il étoit.
-J'avions. J'étions _ou_ os étions.
-Os aviez. Os étiez _ou_ vos étiez.
-Il avaient _ou_ aviont. Il étaient _ou_ étoient _ou_ étiont.
-
- SUBJONCTIF PRÉSENT.
-
-Que j'aie _ou_ que j'uche. Que j'sais _ou_ que j'suche.
-Q't'aies _ou_ que tu uches. Que tu sais _ou_ que tu suches.
-Qu'il ait _ou_ qu'il uche. Qu'il sait _ou_ qu'il suche.
-Qu'j'avions _ou_ qu'j'uchions. Que j'sayions _ou_ que nous suchions
- _ou_ qu'os soyomes.
-Qu'os aviez _ou_ qu'os uchiez. Qu'os sayez _ou_ qu'os suchiez.
-Qu'il aient _ou_ qu'il uchent. Qu'y saient _ou_ qu'ils suchent.
-
-Le patois du pays de Bray offre beaucoup d'irrégularité dans les
-conjugaisons; nous en mentionnerons seulement quelques-unes.
-
-Généralement l'_u_ du pronom _tu_ s'ellipse à la seconde personne du
-singulier, quand le verbe commence par une voyelle: Ex. _T'aimes_,
-_t'avertis_, _t'as_, _t'entends_.
-
-Le _j'_ remplace ordinairement le pronom _nous_, à la première personne
-du pluriel, quand le verbe commence par une voyelle: Ex. _J'aimons_,
-_j'avertissons_, etc. Si le verbe commence par une consonne, le pronom
-_nous_ est remplacé par le monosyllabe _ej_: Ex. _Ej trouvons_, _ej
-prévenons_, etc. Il paraît que les courtisans de Henri III regardaient
-comme de bon ton de dire: _J'avions_, _j'étions_, _j'allions_; c'était
-alors une manière de parler recherchée dans la bonne compagnie, même à
-la cour[26].
-
-[Note 26: _Essai sur le langage_, page 302.--_Glossaire du patois
-picard_, page 173.]
-
-Parmi les verbes de la première conjugaison qui sont irréguliers dans
-plusieurs temps, nous mentionnerons le verbe _aller_ qui fait au présent
-du subjonctif: _que j'ouaiche_, _que tu ouaiches_, _qui ouaiche_, _que
-j'ouaichions_, _qu'os ouaichiez_, _qui ouaichent_.
-
-Les verbes terminés en _ier_ et _uer_ ont ordinairement le présent du
-subjonctif en _che_: Ex. Charrier, ruer, etc., font: _que je carriche_,
-_que je ruche_.
-
-Le _r_ terminal de l'infinitif ne se fait point sentir dans les verbes
-de la seconde conjugaison; ainsi on dit: _mouri_, _parti_, _r'veni_,
-etc., pour _mourir_, _partir_, _revenir_. Plusieurs de ces verbes
-forment aussi leur participe passé tout-à-fait irrégulièrement; c'est
-ainsi que _soutenir_ fait _soutint_ pour _soutenu_.
-
-Les verbes de la troisième conjugaison changent leur terminaison _oir_
-en _er_; par exemple: _Apercevoir, recevoir, émouvoir_, etc., font
-_aperchever, r'chever, émouver_, et, au participe passé, _aperchu,
-r'chu, émouvé_.
-
-Au nombre des verbes de la quatrième conjugaison qui s'éloignent du
-français, nous mettrons le verbe _suivre_ qui fait _sieure, je sieus,
-j'ai sieus_, etc.
-
-Une règle qui se rapporte à toutes les conjugaisons consiste dans
-l'emploi de la troisième personne au lieu de la première et de la
-seconde, comme dans les phrases suivantes: _C'est moi qui se trompe;
-c'est toi qui ira; c'est nous qui a joui; c'est vous qui chantait_, etc.
-
-Nous pensons que ces courtes remarques suffisent pour indiquer à nos
-lecteurs les ressemblances et différences du patois du pays de Bray avec
-les patois des autres provinces, surtout de la Normandie et de la
-Picardie. Il nous resterait à citer quelque fragment de cet idiome, afin
-d'en faire mieux comprendre le mécanisme; mais nous ne connaissons aucun
-monument écrit auquel nous puissions avoir recours. Sous ce rapport,
-nous sommes aussi pauvres que la Picardie est riche. Là, des hommes
-d'esprit s'amusent souvent a recueillir les reparties, les boutades, les
-saillies populaires, pour en former de plaisants dialogues, de gais
-refrains. Ici, rien de semblable; _Ch'est pat à dire que j'soyomes_
-(simus) _pus enchifrénés q'd'autes, mais j'manquons d'éditeux_, disait
-dernièrement un de nos amis. C'est donc une bonne fortune pour nous que
-la rencontre de l'article suivant que nous extrayons d'une récente
-publication[27].
-
-[Note 27: _Almanach du pays de Bray_, pour 1852, page 99 et suiv.]
-
-
-
-
- LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ
-
-
-_Jacques_.--Ah! Boujou, Mousieu _Esprit_...
-
-_Le citoyen Esprit_.--Ne m'appelle donc pas _Monsieur_; ce titre
-aristocratique est aboli et remplacé par le mot égalitaire de _citoyen_.
-
-_Jacques_.--Ah! chest cha; j'comprends pas, mais chest tout d'même.
-
-_Le citoyen Esprit_.--Tu es si bête!
-
-Jacques.--Ah! par exemple, cha pourrait ben être vrai; car tout l'monde
-me l'dit. Mais en attendant, j'voudrais ben saver qué qu'veulent dire
-chés trois mots _Libertai, Égalitai, Fraternitai_, quo vait tout
-partout; o dirait que l'zimprimeux n'peuvent plus rien écrire sans mette
-chés mots-là.
-
-_Le citoyen Esprit_.--Tu ne comprends pas cela?
-
-_Jacques_.--Ma foi, non.
-
-_Le citoyen Esprit_.--Liberté!!! mot divin qui fait battre tous les
-coeurs, quand on le prononce...
-
-_Jacques_.--Ah! bah! l'mien des coeurs n'bat pas du tout.
-
-_Le citoyen Esprit_.--C'est une manière de parler.
-
-_Jacques_.--Chest-à-dire qu'cha n'signifie rien.
-
-_Le citoyen Esprit_.--C'est-à-dire que tu es un imbécille.
-
-_Jacques_.--Os me l'avez déjà dit, _Mousieu citoyen_.
-
-_Le citoyen Esprit_.--Comment pourrais-tu en effet comprendre la
-liberté, toi qui as été toute ta vie esclave et malheureux.
-
-_Jacques_.--Ma foi, pas core trop.
-
-_Le citoyen Esprit_.--Écoute, Jacques, et tâche de comprendre.
-
-_Jacques_.--J'vo z'écoute des yeux et des oreilles.
-
-_Le citoyen Esprit_.--Par le mot liberté, on entend que chacun est libre
-de faire ce qui lui plaît.
-
-_Jacques_.--Tout c'qui li plaît?
-
-_Le citoyen Esprit_.--Tout!
-
-_Jacques_.--Absolument tout?
-
-_Le citoyen Esprit._--Oui.
-
-_Jacques._--Y a ti longtemps, cha?
-
-_Le citoyen Esprit._--Depuis le 24 février, l'an 59 de la liberté.
-
-_Jacques._--Et moi qui ne l'savait point core! Faut que j'sais rudement
-béte!
-
-_Le citoyen Esprit._--Je ne dis pas non.
-
-_Jacques._--Mais, comment qu'man maîte n'me l'a pas dit?
-
-_Le citoyen Esprit._--Nigaud, est-ce qu'il n'est pas intéressé à te
-laisser dans l'ignorance?
-
-_Jacques._--Chest vrai! ben asteu, chest ben fini; quand y m'dira
-d'batte du blai, j'battrai d'l'aveine; quand y m'dira d'vaner de l'orge,
-j'ferai des guerbées; quand y m'dira de monter l'grain au grenier,
-j'irai m'mette à table; puis plutot j'li dirai que j'veux ête maîte
-chacun note semaine... Asteu, j'voudrais bien saver quoique chest
-qu'l'_égalitai_.
-
-_Le citoyen Esprit._--Cela signifie qu'il n'y a aucune différence entre
-les hommes, et qu'ils sont tous égaux.
-
-_Jacques._--Mais chest pas vrai, cha.
-
-_Le citoyen Esprit._--Comment, ce n'est pas vrai?
-
-_Jacques._--Non! Est-ce que j'sis l'égal de man maîte?
-
-_Le citoyen Esprit._--Sans doute.
-
-_Jacques._--Ah! cha mais!... comment s'y prendre? Man maîte qu'a six
-pouces plus qu'mai.
-
-_Le citoyen Esprit._--On le rognera.
-
-_Jacques._--Par queu bout?
-
-_Le citoyen Esprit._--Par la tête.
-
-_Jacques._--Diable! mais... puis, Nicolas, li qu'est trois pouces plus
-p'tit qu'mai; est-ce qu'on me rognera itou par la tête?
-
-_Le citoyen Esprit._--Mon pauvre Jacques, tu ne comprends donc rien;
-quand on dit que nous sommes égaux, on veut dire que nous avons tous les
-mêmes droits et les mêmes avantages.
-
-_Jacques._--Chest-à-dire que j'pourrais mette l'zhabits de man maîte,
-manger san dinner, monter sur san bidet?
-
-_Le citoyen Esprit._--Certes, tous les biens sont communs.
-
-_Jacques._--Mais les propriétaires?
-
-_Le citoyen Esprit._--Il n'y a plus de propriétaires: la propriété,
-c'est le vol.
-
-_Jacques._--Tiens! je l'aurais jamais cru.... Man maîte qui passe pour
-si honnête homme dans le pays! Mais y va me renvéyer, pétète, quand
-j'l'y demanderai l'exécution d'l'_égalitai_.
-
-_Le citoyen Esprit._--Ne crains rien.
-
-_Jacques._--Pourquoi?
-
-_Le citoyen Esprit._--Parce qu'il ne saurait trouver un autre domestique
-aussi bête que toi.
-
-_Jacques._--Chest ben possible... Puis c'té _fraternitai_, elle, qué
-qu'chest?
-
-_Le citoyen Esprit._--Cela veut dire que nous sommes tous frères.
-
-_Jacques._--Ah! cha, du coup, chest une bêtise; car, quand ma mère, qui
-n'vient plus d'pis qu'al est morte, venait m'ver, a m'embrachait toujou;
-puis a disait: _Boujou, man fieu_! Mais a n'embrachait pas man maîte; au
-contraire, a faisait une révérence, puis disait: _Boujou, maîte Pierre_!
-mais a n'y disait jamais: _Boujou man fieu_, ni _boujou man frère_! Cha
-fait ben ver qu'a n'était pas sa soeur et qu'il n'est pas man frère.
-
-_Le citoyen Esprit._--Il ne s'agit ici ni de père ni de mère.
-
-_Jacques._--Chest vrai, y sont morts tous deux.
-
-_Le citoyen Esprit._--Tu ne comprends pas. Il n'y a plus ni père ni mère
-pour personne; nous sommes tous enfants de la nature.
-
-_Jacques._--De la nature? Connais pas! J'avais toujou cru qu'j'étais
-l'fieu d'ma mère qu'est morte, pauve fame.
-
-_Le citoyen Esprit._--Pauvre Jacques! quel dommage qu'on ait paralysé
-l'action des clubs! je t'aurais fait admettre pour t'initier aux grands
-principes....
-
-_Jacques._--Pardon! excuse! _Mousieu citoyen_, maîte Pierre m'crie pour
-manger la soupe.
-
-_Le citoyen Esprit._--Mais j'aurais un petit service à te demander.
-
-_Jacques._--Jé pas l'temps; cha sera pour une aute fais.
-
-UN FLANEUR BRAYON.
-
-
-
-
-Nous terminerons cette introduction par quelques proverbes et dictons
-populaires, auxquels nous joindrons un court exposé des croyances et
-usages du pays.
-
- PROVERBES ET DICTONS.
-
-
-Amis comme chiens et chats. Ennemis.
-
-Adroit de sa main comme un cochon de sa queue. Maladroit.
-
-Se laisser manger la laine sur le dos. Trop bon.
-
-La semaine des trois jeudis. Jamais.
-
-Il vaux mieux tuer le diable que le diable vous tue.
-
-Caillou qui roule n'amasse pas mousse.
-
-_Mais que_ les poules pissent. Jamais.
-
-Engendré d'un coq et d'une oie. Sot et malin.
-
-Ouvrir les yeux comme un chat qui c... dans du son. Ouvrir de grands
-yeux.
-
-Brouillard en mars, gelée en mai.
-
-Laid comme le diable.
-
-Toute la _pouquette_ sent le hareng. Toute la famille a les mêmes vices.
-
-En attendant les souliers d'un mort, on va longtemps nu-pieds.
-
-N'y voir que du brouillard. Ne rien comprendre à une chose.
-
-Un coup de langue est pire qu'un coup de lance.
-
-La première mouche qui le piquera sera un taon. La dernière faute paiera
-pour les autres.
-
-Ne pas valoir les quatre fers d'un chien. N'avoir aucune valeur.
-
-N'entendre ni à _hu_, ni à _dia_. N'avoir aucune intelligence.
-
-Brebis qui bêle perd sa goulée. On ne peut parler et manger en même
-temps.
-
-Au plus fort la _pouque_. En parlant de deux personnes qui se disputent
-un objet.
-
-Qui demande un hiver avant Noël, en demande deux.
-
-Faire la _caloge_ du veau avant qu'il soit venu. Former de vains projets
-sur un événement éventuel.
-
-Il ne faut pas tant de beurre pour faire un quarteron. Pas de paroles
-inutiles.
-
-Aller ou venir pour des prunes. Pour rien.
-
-Si le soleil luit quand il pleut, on dit que le _diable bat sa femme_.
-
-Quand on se sent morveux, on se mouche. En parlant d'une personne qui
-prend pour elle-même un blâme donné sans application particulière.
-
-Gratter quelqu'un par où il a _manjure_. Lui proposer une chose qui le
-flatte.
-
-Faute de poisson, on mange des moules. Quand on n'a pas ce qu'on désire,
-il faut se contenter de ce qu'on a.
-
-On n'est pas louis d'or. Ou ne plaît pas à tout le monde.
-
-Quand on quitte le maréchal, il faut payer les vieux fers. Lorsqu'on
-change de fournisseur, il faut payer ce qu'on lui doit.
-
-Quitter brûler ce qui ne cuit pas pour soi. Ne s'occuper que de ce qui
-profite.
-
-Quand il pleut sur l'un, il grêle sur l'autre. En parlant de deux
-personnes qui ont les mêmes intérêts.
-
-Rebattre le _feurre_ de ses glanes. Perdre le fil de son discours et
-faire des redites.
-
-Il a mis une cheville à son trou. Réponse ou repartie trouvée à propos.
-
-Malin comme Gribouille qui se jette à l'eau de peur de se mouiller.
-
-Être de la famille de Riquiqui. Être parent de tout le monde.
-
-S'il y a pondu, il n'y a pas couvé. Il n'a pas été longtemps parti.
-
-Vaut mieux faire envie que pitié.
-
-Février emplit les fossés, mars les vide.
-
-Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez.
-Mieux vaut conserver un objet avec ses défauts que de le briser en
-cherchant à le réparer.
-
-Ils sont comme saint Roch et son chien. Inséparables.
-
-Ton nez branle. Tu mens. Il paraît que ce dicton n'est pas neuf et qu'on
-disait du temps d'Érasme: _Nasus tuus arguit mihi te mentiri_, votre nez
-me dit que vous mentez.
-
-On ne peut guère manier de beurre, sans qu'il en reste dans les doigts.
-En parlant des régisseurs et autres qui ne rendent pas fidèle compte de
-leur administration.
-
-Chaque grain a sa paille. Chacun a ses défauts.
-
-Manger son pain chaud, boire son cidre doux, brûler son bois vert, c'est
-mettre la maison au désert.
-
-Ne point mettre une chose dans l'oreille d'un chat. Donner un avis qui
-sera suivi.
-
-Chacun son métier, les moutons seront bien gardés.
-
-Faire de la bouillie pour les chats. Faire une chose inutile ou mal
-exécutée.
-
-Les nourrices auront bon temps, les enfants se jouent. En parlant des
-grandes personnes qui s'amusent à des jeux d'enfant.
-
-Heureux comme un coq en pâte. Nous pensons qu'il faudrait dire: _Comme
-un coq empâté_.
-
-C'est comme à la maison du bon Dieu, l'on n'y boit, n'y mange. Allusion
-aux personnes qui n'offrent rien à ceux qui font visite; ce qui est rare
-dans le pays de Bray.
-
-On a tiré à son baptême. Il n'a pas inventé la poudre.
-
-On ne tire pas de farine d'un sac à charbon. On n'espère pas de bonnes
-actions de la part d'un méchant.
-
-C'est du bois à faire des vielles. Il se ploie de toutes façons. Par
-allusion à ceux qui disent oui et non sur la même question, pour plaire
-à l'un et ne pas déplaire à l'autre.
-
-Faire des contes à mourir debout. Impossibilités.
-
-Rien ne dure plus longtemps qu'un pot cassé. En parlant de personnes
-souffrantes qui vont jusqu'à la vieillesse.
-
-Il n'y a pas moyen de _moyenner_. Il faut en convenir.
-
-On vous donne des noix à casser, quand on n'a plus de dents. Faire des
-douceurs, quand on ne peut plus en profiter.
-
-C'est lui, en chair et en os, comme saint Amadou. Lui-même.
-
-Plus malin que lui n'est pas bête.
-
-Sourd comme une _boîse_. Très-sourd.
-
-Aller son petit bonhomme de chemin. Faire ses affaires, sans s'inquiéter
-du _qu'en dira-t-on_.
-
-Ce n'est pas par là que le pot court. Ce n'est pas là que se trouve le
-mal.
-
-Courir comme un poulain délicoté.
-
-Être du côté que le plat _pend_. Être bien placé.
-
-Sec comme du bois.
-
-Les paroles sont des femelles; les écrits sont des mâles. Les uns sont
-plus sûrs que les autres: _Verba volant, scripta manent_.
-
-Les rouges (à cheveux roux) sont tout bons ou tout mauvais.
-
-Entêté comme une mule.
-
-Babiller comme une pie borgne. A tort et à travers.
-
-Ne pas plus bouger qu'un 0 en chiffre.
-
-Noir comme une taupe.
-
-Partir dans le royaume des taupes. Mourir.
-
-Aller à taupes-jouque. Mourir.
-
-Avoir la compagnie d'un pelé et trois tondus. Société sans
-considération.
-
-Ne craindre ne Dieu, ne Vierge Marie. N'avoir aucune crainte.
-
-Bête comme un pot. Très-sot.
-
-Un _quien_ regarde bien un évêque. Un inférieur peut regarder son
-supérieur.
-
-Père aux écus. Homme riche.
-
-Avoir les yeux plus grands que le ventre. Gourmand qui ne peut manger
-tout ce qu'il a demandé.
-
- Les conseilleux
- Ne sont pas les payeux.
-
- Faites du bien à un vilain,
- Il vous c... dans la main.
-
- A la Saint-Romain,
- On prend les mouches à la main.
-
- A la Saint-Denis,
- Bécasse en tous pays.
-
- A la Saint-Denis,
- Perdreaux sont perdrix.
-
- S'il fait beau,
- Prends ton manteau;
- S'il pleut,
- Prends-le, si tu veux.
-
- Pluie du matin
- N'arrête pas le pélerin.
-
- Jamais le mois d'avril
- Ne s'en va sans épi,
- Et le mois de mai
- Sans épi de _blai_.
-
- Aujourd'hui saint Thomas,
- Cuis ton pain, lave tes draps,
- Dans trois jours Noël t'auras.
-
- A la Saint-Luc,
- Ne sème plus, ou sème plus dru.
-
- A saint Luquet,
- Sème toujours jusqu'à ce que tu aies fait.
-
- Brouillard en decours,
- De la pluie sous trois jours.
-
- Brouillard en croissant,
- C'est du beau temps.
-
- A la sainte Cateline, (25 nov.)
- Tout bois prend racine.
-
- Petits enfants,
- Petits tourments.
-
- Il ne faut qu'un coup
- Pour tuer un loup.
-
- Vaut mieux aller au moulin
- Qu'au médecin.
-
- Pour filer,
- Faut mouiller.
-
- Avril le doux,
- Quand il s'y met, c'est le pire de tous.
-
- Année de hennetons,
- Année de grenaison.
-
- L'hiver n'est pas bâtard,
- Quand il ne vient pas d'_heure_, il vient tard.
-
- A la Chandeleur (2 fév.),
- L'hiver finit ou prend vigueur.
-
- Un essaim du mois de mai
- Vaut une vache du pays de Bray.
-
-
-
-
- USAGES ET CROYANCES.
-
-
-ABEILLES.
-
-Sur le deuil des abeilles, voyez _Mouches à miel_, dans le Dictionnaire.
-Les abeilles offrent bien assez d'intérêt à l'observateur, sans leur
-prêter un instinct dont elles ne jouissent point.
-
-On dit que les abeilles qui essaiment le jour du Saint-Sacrement
-forment, dans la ruche, un travail en forme d'ostensoir, c'est-à-dire
-que les rayons aboutissent au centre de la ruche, au lieu d'être
-transversaux. Nous ne nions pas ce genre de travail; mais, jusqu'à
-preuve contraire, nous croyons que tous les essaims qui sortent en ce
-jour ne travaillent pas de la même manière, et qu'on peut observer ce
-genre de travail dans les ruches d'essaims sortis en d'autres jours.
-
-
-CARREAU.
-
-Dans la campagne, les bonnes femmes désignent sous ce nom tout embarras
-gastrique, toute maladie chronique, toute affection maladive dont la
-guérison se fait attendre. Dans leur pensée, aucun âge n'en est exempt;
-nous nous rappelons avoir entendu dire d'une personne octogénaire,
-qu'elle était _morte du carriau, parce qu'on ne l'avait pas fait
-toucher_. Voyez, dans le Dictionnaire, le mot _Carriau_.
-
-
-CHARDON (_Jeu du_).
-
-Parfois les moissonneurs laissent un gros chardon debout; ils placent
-quelques petits rubans dans ses feuilles; et, au moment de faire scier
-la _dernière poignée_, ils présentent au maître de maison une faucille
-dont le manche est orné de _lisets_, en le priant de commencer le jeu,
-c'est-à-dire de se placer à une distance convenable et de lancer la
-faucille sur le chardon pour le couper. Ordinairement le cultivateur
-place une pièce d'argent au pied du chardon; c'est le prix de la
-victoire.
-
-
-CHEVAUX.
-
-Lorsqu'on conduit les chevaux à l'eau, on a l'habitude de siffler pour
-les engager à boire. Par un contraste assez singulier, il est aussi
-d'usage de siffler pour les engager à p......
-
-
-CHOUETTES.
-
-Le cri de la chouette, aux environs d'une habitation, est considéré
-comme un signe de mortalité.
-
-
-CIERGES.
-
-Si les cierges placés à l'autel brûlent mal, quand on fait célébrer la
-messe pour un malade, on est persuadé qu'il ne guérira pas.
-
-
-DERNIÈRE POIGNÉE (_La_).
-
-Dans les communes où l'on n'offre pas de _glane_ au commencement de la
-moisson (voir plus bas), les moissonneurs font scier la _dernière
-poignée_. Voyez ce mot dans le Dictionnaire.
-
-
-EAU BÉNITE.
-
-Le Samedi saint, en certaines communes, l'instituteur se présente à
-chaque maison de la paroisse, il trempe une branche de buis dans un
-petit vase plein d'eau bénite, qu'il porte avec lui, et il asperge
-l'habitation. Ensuite, il offre du pain à chanter qu'il a fait bénir, et
-reçoit des oeufs qu'il vend à son profit. (Voir notre _Essai sur le
-canton de Neufchâtel_, page 114.)
-
-Quand il pleut le dimanche avant l'eau bénite, on est persuadé que c'est
-signe qu'il pleuvra pendant toute la semaine.
-
-On prétend que l'enfant qui _étrenne_ les fonts, c'est-à-dire celui qui
-est baptisé le premier après la bénédiction des fonts, meurt dans
-l'année.
-
-
-FLANS (_Les_).
-
-C'est ainsi qu'on désigne encore, en certaines communes, le jour de la
-fête patronale. Ainsi, on dit: _Les Flans de Bures_, pour indiquer la
-fête de Saint-Agnan, patron de cette paroisse. Cette habitude vient de
-l'ancien usage, encore en vigueur, de préparer des _flans_ ou tartes
-pour ce jour.
-
-
-GLANE (_La_).
-
-Le premier jour de la moisson, on forme une glane d'épis choisis,
-artistement disposés et ornés de fleurs et de rubans de soie. Les
-moissonneurs se réunissent en corps pour aller offrir cette glane à la
-maîtresse de maison; celui ou celle qui la présente débite un petit
-compliment; après quoi on arrose la fête avec quelques pots de gros
-cidre.
-
-
-NOEL (_Les douze jours de_).
-
-On prétend que la température des _douze jours de Noël_, c'est-à-dire
-des jours qui se trouvent à partir du 25 décembre jusqu'au 5 janvier,
-indique le temps de chacun des douze mois de l'année suivante. Ainsi, le
-temps du 25 décembre indique le temps qu'il fera en janvier; le temps du
-26, celui du mois de février, etc.
-
-
-RAMEAUX.
-
-Bien des gens sont convaincus que les blés dépériront pendant quarante
-jours, s'il pleut le jour des Rameaux.
-
-
-ROIS.
-
-La veille des Rois, les enfants parcourent les rues avec des lanternes
-de papier de diverses couleurs, attachées au bout d'un bâton, et crient
-de toute leur force:
-
- _Boujou_ les Rois,
- Jusqu'à douze mois!
- _Boujou_ la Reine,
- Jusqu'à six s'maines!
- _Boujou_ l'_crapou_,
- Jusqu'au mois d'août!
-
-Le lendemain, jour des Rois, ils recommencent la même procession et les
-mêmes chants, en remplaçant le mot _boujou_ par celui d'_adieu_.
-
-
-SAINT-JEAN (_Feux de_).
-
-En certaines communes, on fait un feu de joie la veille de la fête de
-saint Jean-Baptiste. Chaque habitant apporte un bâton pour l'entretien
-du feu; des danses ont lieu pendant une partie de la nuit, et l'on
-n'oublie jamais d'emporter avec soi quelques charbons comme préservatifs
-de la foudre et de l'incendie (Voir notre _Essai sur le canton de
-Londinières_, page 242). Il nous semble voir là clairement un souvenir
-des feux qui signalaient, chez les anciens Slaves, la fête du dieu
-Koupalo (24 juin), et autour desquels dansaient hommes, femmes, enfants
-et vieillards (_Encyclopédie du_ XIXe _siècle_, vol. XXIV, p.
-559). Koupalo était le dieu des productions de la terre. Avant la
-révolution de 1793, ces sortes de feux avaient lieu même à Paris: «La
-veille de Saint-Jean, les échevins faisaient élever, sur la place de
-l'Hôtel-de-Ville, un immense bûcher auquel le roi mettait solennellement
-le feu. En 1471, Louis XI, à l'exemple de ses prédécesseurs, communiqua
-lui-même la flamme à cet amas de matières combustibles dont l'incendie
-éclairait toute la ville. Les chroniques contemporaines nous ont
-conservé les détails de cette cérémonie.
-
-«Au milieu de la place de Grève s'élevait un arbre de 90 pieds de
-hauteur, hérissé de traverses auxquelles on attachait 800 bourrées et
-300 cotrets; 15 voies de bois et une immense quantité de bottes de
-paille en formaient la base. Le tout était surmonté d'un tonneau et
-d'une roue. Des guirlandes de fleurs décoraient ce colossal appareil,
-dans lequel il faut voir l'idée première de nos feux d'artifice
-officiels. Des bouquets volumineux étaient distribués au roi, aux
-personnes de sa suite, aux magistrats et aux notables. Une compagnie
-d'archers de la ville, composée de 200 hommes d'armes, maintenaient
-l'ordre conjointement avec 100 arbalétriers et 100 arquebusiers. Avant
-de mettre le feu, on plaçait dans le bûcher les célèbres doubles pétards
-dits de la Saint-Jean, les grosses fusées et tous les produits
-pyrotechniques connus à cette époque; on suspendait ensuite à l'arbre un
-grand panier renfermant deux douzaines de chats et un renard.
-
-«Les registres de comptabilité de l'Hôtel-de-Ville contiennent, au sujet
-de ce dernier article, la mention suivante:
-
-_A Lucas Pommereux, l'un des commissaires des quais de la ville, cent
-sous parisis pour avoir fourni, durant trois années, tous les chats
-qu'il fallait audit feu, comme de coutume; mêmement pour avoir fourni,
-il y a un an, où le roi assista, un renard, pour donner plaisir à Sa
-Majesté, et pour avoir fourni un grand sac de toile où étaient lesdits
-chats._
-
-«Lorsque le feu était apaisé, le roi montait à l'Hôtel-de-Ville, où
-l'attendait une somptueuse collation. La foule se précipitait sur les
-débris du bûcher et se disputait les tisons, dont la possession était un
-gage de bonheur et de réussite en toutes choses pendant une année
-entière.
-
-«Louis XIV n'assista qu'une seule fois à cette cérémonie, et Louis XV
-refusa de s'y montrer. Le feu de la Saint-Jean ne fut plus alors
-considéré que comme une tradition populaire, et les vestiges en furent
-effacés par l'orage de la Révolution.» (_Journal de Rouen, 18 février
-1852._)
-
-
-SAINT-BENOIT.
-
-Quand il pleut le jour de saint Benoit (11 juillet), on est convaincu
-que la pluie durera quarante jours. Il faut peut-être voir l'explication
-de cette croyance dans la légende du saint. Un jour, étant allé visiter
-sa soeur, sainte Scholastique, celle-ci voulut le retenir au moment de
-partir; mais, comme il se refusait à rester, elle pria Dieu qui suscita
-_une si grande tempeste de tonnerre, d'esclairs et de pluye_, que saint
-Benoit ne put sortir de la maison (_Fleurs des vies des Saints_, par
-Ribadeneira, tome I, page 493, édit. in-4º).
-
-
-SAINT-MARC.
-
-S'il pleut le jour de saint Marc, c'est signe qu'il n'y aura point de
-merises. Voici ce qui a pu donner lieu à ce dicton: A cette époque, 25
-avril, les merisiers sont en fleurs, et la pluie, si elle se
-prolongeait, pourrait les empêcher de nouer.
-
-
-SAINTE-MONIQUE.
-
-La pluie, le jour de sainte Monique, 4 mai, présage qu'il n'y aura point
-de pommes. C'est l'époque de la fleuraison des pommiers.
-
-
-SAINT-PIERRE (_Feu de_).
-
-On fait aussi des feux la veille de la fête de saint Pierre. Vers le
-coucher du soleil, le clergé de la paroisse se rend en procession au
-lieu où le bois a été disposé, le prêtre y met le feu et prononce une
-bénédiction; après quoi la procession retourne à l'église. Les habitants
-se partagent ensuite les tisons qu'ils conservent dans l'espoir d'être
-préservés des accidents de l'incendie (Voir notre _Essai sur le canton
-de Neufchâtel_, page 148). Nous trouvons encore, dans cet usage, une
-trace des feux nocturnes que les Romains allumaient pour célébrer
-certains anniversaires, tels que les Palilies, fête fort ancienne à
-laquelle Romulus rattacha la célébration annuelle de la mémoire de la
-fondation de Rome. Cette fête, instituée en l'honneur de la déesse
-Pales, se célébrait le 23 avril (_Encyclopédie théologique_, tome XXVIe,
-3me des Religions, page 1056).
-
-
-SAINT-SAUVEUR (_Pélérinage de_).
-
-Les pélerinages de saint Sauveur ont lieu le jour de la Trinité et
-pendant l'octave, et se font à l'intention des animaux malades, surtout
-des chevaux. Assez souvent, on _touche_ un morceau de pain à la statue
-du Sauveur, et l'on réserve ce pain pour le donner aux bestiaux pendant
-leurs maladies. (Voir notre _Essai sur le canton de Blangy_, page 164 et
-suiv.)
-
-
-TABLIER.
-
-Si, en sortant de chez soi, la première personne qu'on rencontre est une
-femme _sans tablier_, on est persuadé qu'on éprouvera quelque
-désagrément dans la journée. Au reste, les femmes du pays de Bray
-sortent rarement sans cette partie de leur toilette.
-
-
-TARTE (_La_).
-
-Quand les moissonneurs finissant à couper le blé, ils se réunissent et
-crient à tue-tête: A la tarte! à la tarte! à la tarte! Cet usage vient
-de ce que, antérieurement, on avait l'habitude de manger des tartes à
-pareil jour. Aujourd'hui on se contente de vider quelques bouteilles à
-large panse, et la tarte se mange à la _parcie_ (Voyez ce mot dans le
-Dictionnaire).
-
-
-TERRE-SAINTE.
-
-Si l'on remue la terre sainte, c'est-à-dire si l'on creuse une tombe le
-dimanche, on prétend qu'il mourra une personne pendant la semaine.
-
-
-TREIZE (_Le nombre_).
-
-Le nombre 13 est généralement considéré comme néfaste. Par exemple, si
-treize enfants font leur première communion le même jour, on assure
-qu'il en mourra un dans la même année. Il est plus d'une personne qui ne
-voudrait pas être treizième à table. Mais, en tous cas, ce qui est le
-plus à redouter pour celui qui se trouve le treizième en cette
-circonstance, c'est, avons lu quelque part, lorsqu'il n'y a à diner que
-pour douze.
-
-
-TRIGLYDOTE (_Le_).
-
-C'est le petit oiseau qu'on appelle improprement _roitelet_; le peuple
-le nomme _petite poulette au bon Dieu_, et ne veut pas qu'on le tue. On
-prétend que chaque nichée se réunit dans le nid, la veille des Rois,
-avec les père et mère; aussi se garde-t-on bien de détruire ce petit
-nid, ordinairement placé au bas des couvertures en paille.
-
-
-VACHERS (_Chanson des_).
-
-Les petits vachers ont l'habitude de s'adresser de loin des espèces de
-dialogues, qu'ils chantent et terminent toujours par ces mots: _Lariala!
-lariala! lariala! lalonlariala!_ Il nous semble reconnaître dans ces
-paroles une invitation adressée aux autres gardeurs de vaches: _Là! ris
-il y a là!... Là! allons là! ris il y a là!_ En effet, ces paroles sont
-ordinairement le prélude d'une réunion dans laquelle on mange des poires
-et des pommes; après quoi on fait la partie de bilboquet, au milieu des
-_ris_ et joyeux discours.
-
-VENDREDI.
-
-On considère généralement le vendredi comme un jour néfaste, et beaucoup
-de personnes ne voudraient pas entreprendre un travail en ce jour.
-Serait-ce qu'on regarde ce jour comme malheureux, en mémoire de la mort
-de Jésus-Christ?
-
-
-VENT (_Fiançailles et mariage du_).
-
-On dit que le vent _se fiance_ le jour de saint Denis (9 octobre), et
-_se marie_ le jour de la Toussaint. On ajoute que, pendant l'hiver
-suivant, il souffle souvent du point où il se trouvait le jour de ses
-_fiançailles_ et de son _mariage_.
-
-
-
-
- DICTIONNAIRE
- DU
- PATOIS DU PAYS DE BRAY.
-
-REMARQUES.
-
-
-Nos lecteurs ne trouveront point dans cette publication les mots devenus
-d'un usage général; et, quoique l'Académie ne leur accorde pas le droit
-de naturalisation dans son Dictionnaire, nous avons pensé qu'il
-suffisait qu'ils fussent admis par les bons lexicographes pour être
-autorisé à ne point les classer parmi les mots du patois brayon.
-
-Nous avons cru devoir insérer quelques locutions vicieuses en usage
-non-seulement dans le pays de Bray, mais encore dans toute la Normandie.
-
-En rédigeant notre travail, nous avons surtout consulté _le Dictionnaire
-du patois normand_, par MM. Édélstand et Alfred Duméril, Caen, 1849; le
-_Glossaire du patois picard_, par M. l'abbé Jules Corblet, Amiens, 1851,
-et le précieux manuscrit de M. Auguste Le Prevost, qui a recueilli les
-mots du patois des environs de Rouen et de Bernay. Les mots du patois
-brayon usités en Basse-Normandie sont indiqués par les initiales B.-N.;
-nous indiquons ceux qui sont employés en Picardie par un P, et ceux de
-la Haute-Normandie par les lettres H.-N.
-
-Enfin, nous avons, autant que possible, écrit le patois brayon comme on
-le prononce; mais il existe un grand nombre d'expressions dont la
-prononciation ne saurait être rendue sans altérer profondément le sens
-des mots.
-
-
-
-
- DICTIONNAIRE
- DU
- PATOIS DU PAYS DE BRAY.
-
-
- A
-
-A, elle, s'emploie assez généralement devant une consonne. Ex.: A m'a
-dit de partir. P.
-
-A, aux. Ex.: Dites _à_ charretiers de dételer.
-
-ABAVENT, contrevent, qui _abat_ le vent. B.-N.
-
-ABITER, toucher. Ex.: N'_abitez_ pas là. H.-N.
-
-ABLO, somme qu'il fallait ajouter aux anciennes pièces de monnaie pour
-compléter leur valeur diminuée par la circulation. Aux pièces de _six
-sous_, on ajoutait un sou; aux pièces de _douze sous_, deux sous; aux
-pièces de _vingt-quatre sous_, quatre sous; aux écus de _trois livres_,
-cinq sous; aux écus de _six livres_, quatre sous; aux louis de
-_vingt-quatre livres_, treize sous, etc.
-
-ABOIRE, aboyer.
-
-ABOLI, abattu, triste. P.
-
-ABOULER, pousser comme une boule, Ex.: _Aboule-moi_ ton argent. P.
-
-ABRE, arbre.
-
-ABRIAS, grand paillasson dont se servent les moissonneurs, et à l'ombre
-duquel ils prennent leurs repas.
-
-ABRIER, abriter. Les uns font venir ce mot du vieil allemand
-_ad-bi-rihan_, les autres du latin arbor. Nous ferons dériver tout
-simplement ce mot de _abri_, comme le verbe _abriter_. B.-N., H.-N., P.
-
-ABRUVER, abreuver. P.
-
-ABYMER, gâter, salir, déchirer un objet. H.-N., P.
-
-ACANT, ACANTÉ, en compagnie, à côté de. Ex.: J'irai au marché _acant_ ou
-_acanté_ vous. B.-N.
-
-ACANTER, incliner, pencher un vase.
-
-ACCIPER, prendre, recevoir; du latin _accipere_.
-
-ACCORDS, conventions qui précèdent le mariage. Ex.: On fait demain les
-_accords_ de Paul et de Julie. B.-N.
-
-ACHEVALER (s'), se mettre à califourchon sur. P.
-
-ACHOPÉ, entêté. H.-N.
-
-ACHOPER (s'), s'entêter à une chose. P.
-
-ACONNAITRE (se faire). Se faire connaître à une personne. H.-N.
-
-ACONDUIRE (se faire), se faire conduire à. H.-N.
-
-ACCOUTUMANCHE, ACCOUTUMANCE, habitude. P.
-
-ACTIONNER, presser. Se dit particulièrement du ministère d'un huissier
-qui assigne une personne à comparaître devant un juge, un tribunal. P.
-
-ACRE. L'acre se compose de 160 perches, à l'exception de celui de Blangy
-qui n'en a que 147. Mais l'on distingue différentes espèces de perches;
-ce qui donne une grande différence dans la contenance des divers acres.
-Voici ceux qui sont en usage dans le pays de Bray. Saint-Saens: perche
-de 18 pieds 4 pouces et de 20 pieds 2 pouces, ce qui donne deux sortes
-d'acres dans le même canton, l'un de 56 ares 73 centiares, et l'autre de
-68-66. Gournay: perche de 20 pieds 2 pouces, comme Saint-Saens _en
-partie_. Londinières: perche de 21 pieds 1 pouce, de 21 p. 6 p. 1/2 et
-de 22 pieds, formant trois sortes d'acres: 1º 75 ares 05 centiares; 2º
-78-35; 3º 81-72. Cette dernière mesure est la plus générale; elle est en
-usage à Argueil, Aumale, La Feuillie, La Ferté, Gaillefontaine,
-Neufchâtel, etc. Bazinval et quelques communes voisines; perche de 23
-pieds, donnant à l'acre une mesure de 89 ares 31 centiares. (_Manuel
-métrique_, par P. Périaux, pag. 110 et suiv.)
-
-ACULER, égarer. H.-N.
-
-ADIRER, égarer.
-
-ADIRER (s'), aller à un lieu voulant aller vers un autre; du latin
-_adire_, aller à.
-
-ADLAISI, inoccupé. Ex.: Voilà trois jours qu'il est _adlaisi_. C'est le
-_at leisure_ des Anglais, à loisir.
-
-ADOUCHIR, adoucir. P.
-
-AD PATRES (envoyer), donner la mort. P.
-
-ADRÈCHE, adresse. P.
-
-ADRET, adroit.
-
-ADVINER, deviner. P.
-
-AFFIQUETS, parures de femme. P.
-
-AFFAIRE de (avoir une bonne), avoir une grande quantité de.
-
-AFFAIRE (être à son), connaître son commerce, le faire avantageusement.
-H.-N.
-
-AFFAITEMENT, assaisonnement. H.-N.
-
-AFFAITER, assaisonner. Ex.: Voulez-vous _affaiter_ la salade. H.-N.
-
-AFFLATER, flatter, caresser avec la main. P.
-
-AFFLIGÉ, contrefait, estropié. P.
-
-AFFRIOLER, affriander. P.
-
-AFFOURÉE, fourrage destiné à un repas des vaches ou des moutons. Ex.:
-Allez donner une _affourée_ aux vaches. B.-N.
-
-AFFOURER, donner une _affourée_. Ne se dit pas en parlant des chevaux.
-B.-N.
-
-AFFUBER, envelopper. Ex.: Cette liqueur m'_affube_ le coeur.
-
-AFFULER (s'), mettre son bonnet. P.
-
-AFFULURE, coiffure de femme. P.
-
-AFFUTIAUX, parures. P. Objets divers nécessaires pour former un tout ou
-travailler à un objet. B.-N.
-
-AGA! tiens! vois donc. Selon M. du Méril, vient du saxon _agarder_.
-B.-N.
-
-AGACHE, pie. P.
-
-AGACHER, agacer, irriter. Se dit aussi du cri des oiseaux au moment
-qu'on enlève leur couvée.
-
-AGALÊTRER, exciter, irriter, Ex.: Si tu _agalêtres_ le chien, tu te
-feras mordre.
-
-AGE (en), majeur. P.
-
-AGE (homme d'), homme âgé. P.
-
-AGERS, distribution, places. Ex.: Je connais les _agers_ de la maison.
-En Picardie, on dit _eziers_.
-
-AGONIR DE SOTTISES, accabler d'injures. P. B.-N. H.-N.
-
-AGRAPPINS, espèce de grappins qu'on s'ajuste aux jambes pour monter aux
-arbres et les ébrancher.
-
-AGRIPPER, prendre en secret. H.-N.
-
-AGRIPPER (s'), s'accrocher. Ex.: En tombant, il s'est _agrippé_ à une
-branche. H.-N.
-
-AGUIGNETTES, étrennes du premier jour de l'an. On regarde assez
-généralement ce mot comme une corruption du cri: _au gui l'an neuf!_ que
-poussent les enfants, en certaines contrées, pour annoncer le nouvel an
-et demander des étrennes. On croit reconnaître dans cet usage un
-souvenir de l'ancienne coutume des Bardes qui annonçaient la nouvelle
-année en distribuant le gui sacré coupé par les druïdes (Voir notre
-_Essai sur le canton de Londinières_, page 107).
-
-AHI! Expression qui sert à exciter les animaux à avancer ou à reculer.
-B.-N.
-
-AHOQUER, accrocher. B.-N.
-
-AHURI, stupéfait, abasourdi. P. H.-N.
-
-AHURIR, frapper d'étonnement. P.
-
-AIAUX, narcisses des prés. P.
-
-AIN, AINE, un, une.
-
-AIR (avoir l'), ressembler. Ex.: Cet homme _a l'air_ de ton père. H.-N.
-
-AIR (faux), ressemblance légère. Ex.: Il a un _faux air_ de ton oncle.
-H.-N.
-
-AJET, achat.
-
-AJUSTER. Employé comme synonyme de _joindre_, _rassembler_. P.
-
-AL'. Employé pour _à la_. Ex.: Il ira _al_ saint Jean. P.
-
-AL', elle, elles.
-
-ALENCONTRE, contre. P.
-
-ALLER (s'en), se dit d'un liquide qui s'échappe d'un vase en bouillant.
-B.-N.
-
-A LES, aux.
-
-ALLEZ! Exclamation d'indifférence. Ex.: Vous pouvez vous moquer de moi,
-_allez!_ je ne me fâcherai pas.
-
-ALLONGE, pièce de bois qui unit les deux trains d'un chariot. P.
-
-ALLURE (cheval d'), amble. B.-N.
-
-ALLURES, démarches suspectes.
-
-ALOSER, donner trop d'éloges à une personne ou à une chose. Ce mot, qui
-était usité dès le XIe siècle, viendrait-il de _laus_, louange?
-
-ALUMÈTE, ALLUMELLE, lame de couteau sans manche.
-
-AM', à ma. Ex.: Je chante _am'_ manière. Devant une voyelle, on
-mettrait:
-
-AM'N', à ma, à mon. Ex.: Pensez _am'n'_affaire.
-
-A-MAIN (en), outil dont il est aisé de se servir. Ex.: Cette faucille
-est bien _en a-main_.
-
-AMELETTE, omelette. P. H.-N.
-
-A MÊME (être), occupé à faire une chose. Ex.: Je suis à même de faire ma
-barbe. H.-N.
-
-A MÊME (prendre), prendre une portion de quelque chose. Ex.: Prends des
-pois _à même_ du plat... Bois _à même_ de la bouteille. H.-N.
-
-AMÈRE, espèce de pommes à cidre.
-
-AMÈTRER, mettre les cailloux par monceaux d'un mètre cube.
-
-A-MI, parmi, au milieu de. Ex.: Il est _à-mi_ les champs.
-
-AMI (bon), amant.
-
-AMIGNARDER, caresser.
-
-AMIGNOTER, amadouer, caresser. P.
-
-A-MITAN, à moitié.
-
-AMITOUFLER (s'), s'envelopper la tête et la figure pour se préserver du
-froid, Vient probablement du latin _amictus_, couvert. P.
-
-AMITIEUX, caressant.
-
-AMONT, au haut de: Ex.: _Amont_ la côte.
-
-AMONT (vent d'), vent d'en haut, qui élève ou _amonte_ les nuages. H.-N.
-
-AMONTER, monter, gravir une côte. H.-N.
-
-AMOUCHELER, amonceler.
-
-AMOUILLANTE (vache), vache dont la mamelle commence à s'emplir de lait,
-et qui ne tardera pas à vêler. B.-N.
-
-AMOUROUQUES, camomille des champs. En Picardie et aux environs de
-Bayeux, on dit _amourette_; près de Bernay, c'est _amourioques_. H.-N.
-
-AMUNITION (fusil, pain d'), de munition. H.-N.
-
-AMUSER (s'). Se dit d'un homme qui a des relations coupables avec une
-femme. H.-N.
-
-ANDIER, chenet orné d'une hampe et d'un crochet mobile, qui sert à
-placer la broche pour faire rôtir les volailles ou autres pièces.
-
-ANE (oreilles d'), centaurée noire. On appelait aussi de ce nom un
-bonnet de papier, orné de longues oreilles, que les anciens maîtres
-d'école plaçaient sur la tête des écoliers rebelles.
-
-ANGE, espèce. Ex.: Donnez-moi de l'_ange_ de vos petits pois.
-
-ANGER DE, fournir. Ex.: _Angez-moi_ d'un bon couteau.
-
-ANGOLAT (chat), angora.
-
-ANICROCHES, entraves.
-
-ANNE, aune.
-
-ANTENOIS (moutons), âgés de moins d'un an.
-
-ANTOMI, engourdi. Se dit aussi substantivement d'un squelette humain.
-
-ANNELÉE. On désigne sous ce nom chaque volée qu'on sonne pour les
-défunts.
-
-ANNELER, agneler.
-
-ANUIT, aujourd'hui. Mot conservé de l'ancien usage des Celtes qui
-comptaient par nuits et non par jours (Voir notre _Essai sur le canton
-de Londinières_, p. 106). Les Anglais se servent encore de l'expression
-_fortnight_ (contraction de _fourteen nights_, quatorze nuits) pour
-signifier quinze jours; ils disent aussi _sennight_ pour indiquer une
-semaine ou huit jours. P. H.-N. B.-N.
-
-ANUITER (s'), s'attarder, se laisser surprendre en voyage par la nuit.
-P.
-
-APATELLE, nourriture que les oiseaux portent à leurs petits. P.
-
-APATELER, porter l'_apâtelle_. P.
-
-APPOIYAS, longues fourches de bois qui servent à soutenir les branches
-des pommiers trop chargés de fruits.
-
-APOIYER, appuyer.
-
-A POINT (venir), arriver au moment convenable pour être utile. P.
-
-APOS (faire), s'ennuyer, regretter. Ex.: Il me fait _apôs_ de mon fils
-depuis qu'il est au collége.
-
-APOTUME, apostème. P.
-
-APOTUMER, abcéder.
-
-APPAREILLER, mettre par couple. P.
-
-APPOLON, sorte de camisole de femme. P.
-
-APPOLER, appuyer, pousser, presser contre.
-
-APPRINS (mal), mal élevé.
-
-A QUAND? Locution interrogative. Ex.: _A quand_ notre réunion?
-
-ARABE (terre), arable. P.
-
-ARCAIL (fil d'), fil d'archal.
-
-ARÉ! voyez! B.-N.
-
-ARÊQUE, arête de poisson.
-
-ARÊQUE DU DOS, épine dorsale.
-
-ARGOT, ergot.
-
-ARIAS, contrariétés. Ex.: Il y a eu des _arias_ pour son mariage.
-
-ARIÈRE (en), en cachette. P.
-
-ARMANA, almanach.
-
-AROUSER, arroser. P.
-
-ARRANGEMENT (personne d'), avec laquelle il est aisé de s'arranger.
-
-ARRASER, passer près de. Ex.: Sa voiture a _arrasé_ le mur.
-
-ARSOUILLE, fille qui a des habitudes de débauche et de malpropreté. P.
-B.-N.
-
-ARTER, arrêter. P.
-
-ARUER, lancer, jeter vers quelqu'un. Ex.: _Arue_-moi ton couteau.
-
-AS', à sa. Ex.: J'ai mangé _as'_ table; mais devant une voyelle, c'est:
-
-AS'N', à sa, à son. Ex.: Il est parti _as'n'_ ouvrage.
-
-AS-COURANTE, as-courant, jeu de cartes.
-
-ASSASSIN, assassinat. B.-N.
-
-ASSASSINEUX, assassin. P.
-
-ASSAVOIR (faire), faire savoir. P.
-
-ASSIÉTER (s'), s'asseoir.
-
-ASSIR (s'), s'asseoir. P.
-
-ASSOMILLER (s'), s'endormir.
-
-ASSOTER (s'), s'éprendre d'amour pour une personne qui ne le mérite pas.
-P.
-
-ASSOUFFI, rassasié. P.
-
-ASTEURE, à présent, à cette heure. P.
-
-ASTICOTER, taquiner, chicaner. P. B.-N.
-
-ASTIQUER. On dit _astiquer_ à une porte pour signifier la secouer
-longtemps, chercher à l'ouvrir sans pouvoir réussir. M. E. du Méril fait
-venir ce mot de _staga_, mot islandais qui signifie revenir trop souvent
-à la charge. B.-N.
-
-AT', à ta, devant une consonne. Ex.: Il est parti _at'_ maison; devant
-une voyelle, on se sert de:
-
-AT'N', à ta, à ton. Ex.: Il a été _at'n'_ école. P.
-
-ATAME, entamure, premier morceau d'un pain.
-
-ATOUT, coup, blessure. P. H.-N. B.-N.
-
-ATTAQUE, attache. P.
-
-ATTAQUER, attacher. P. Un Picard devait être pendu, quand on lui proposa
-sa grâce, à condition d'épouser une femme de mauvaise vie qu'on lui
-présenta. Il allait s'y décider, quand il s'aperçut qu'elle boitait:
-_Elle cloke_, dit-il au bourreau, _attake! attake!_ (_Glossaire du
-patois picard_, par M. l'abbé Corblet, page 329).
-
-ATTELÉE, temps pendant lequel les chevaux travaillent sans rentrer à
-l'écurie. P.
-
-ATTELURE, certain nombre de chevaux de trait qui travaillent ensemble.
-Ex.: J'ai une belle _attelure_ de six chevaux.
-
-ATTENTIONNÉ, qui a des attentions pour plaire à une personne.
-
-ATTISÉE (bonne), grande quantité de bois mise au feu. P.
-
-ATTOUCHER, toucher. Ex.: N'_attouchez_ pas là. H.-N.
-
-ATTRAPER (s'), se blesser contre un objet quelconque. H.-N.
-
-ATTRAVER, apporter. Ne se dit que des choses qu'on apporte en certaine
-quantité et qui exigent plusieurs courses. Ex.: Vous aurez soin
-d'_attraver_ de l'eau pour les moutons et du fourrage pour les chevaux.
-
-ATTUIRE, tutoyer. P.
-
-AUBÉ, aubier.
-
-AUCUNS (d'), quelques-uns.
-
-AUMONDE, aumône. Voici la formule la plus ordinaire des mendiants: _Un'
-p'tit' aumonde, si vo plaît, pour l'amour du bon Dieu et de la sainte
-Vierge._
-
-AUTEUX, aouteron, qui travaille à recueillir la moisson.
-
-AUTE, autre.
-
-AUTOUR DE (être), être occupé à.
-
-AVA, AVAL (veut d'), vent qui rapproche les nuages de la terre, les
-précipite _ad vallem_, et annonce la pluie. H.-N.
-
-AVALLON, gorgée de boisson. P.
-
-AVANT, profond. P.
-
-AVANTAGER (s'), se donner des éloges.
-
-AVANTEUR, profondeur.
-
-AVEINDRE, atteindre, tirer une chose d'un lieu. P.
-
-AVEINE, avoine.
-
-AVEINERI, champ où l'on a récolté de l'avoine.
-
-AVENANT, poli, qui a de bonnes manières.
-
-AVENANT (à l'), en proportion.
-
-AVENIR, convenir. Ex.: Il ne lui _avient_ guère de faire le monsieur.
-H.-N.
-
-AVENTS (les), les quatre semaines qui précèdent la fête de Noël.
-
-AVER, avoir.
-
-AVEU, avec. P.
-
-AVISER, regarder. Pourquoi me regardez-vous ainsi, disait un jour un
-monsieur à un paysan?--Eh! repartit celui-ci, un chien _avise_ bien un
-évêque. P.
-
-AVOCAT-SOUS-L'ORME, chicaneur, homme qui aime à donner son avis dans les
-contestations et les procès. Cette dénomination vient de ce que les
-plaids seigneuriaux se tenaient autrefois sous de grands ormes. M.
-Léopold Delisle en cite plusieurs exemples, pour le XIIIe et le XIVe
-siècle, dans son intéressant ouvrage sur l'état de l'agriculture en
-Normandie, au moyen-âge (_Etudes sur la condition de la classe
-agricole_, p. 357 et 738).
-
-AVOUER, user. Ex.: Elle m'a avoué deux morceaux de savon. H.-N.
-
-AVRONE, aurone.
-
-AYOU? où. H.-N.
-
-
- B
-
-BABET, Élisabeth.
-
-BABINES, lèvres. Ex.: Essuie-toi les _babines_. H.-N.
-
-BABOUIN. V. _Babines_. H.-N.
-
-BACHIN, bassin. P.
-
-BACHINET, bassinet, espèce de renoncule.
-
-BACHINET (cracher au), donner de l'argent en plusieurs fols pour la
-réussite d'une affaire ou d'une dépense.
-
-BACHINER, bassiner. _P._
-
-BACHINOIRE, bassinoire.
-
-BACU, petite volée à laquelle on attache les traits de chaque cheval et
-qui lui _bac_ le derrière quand il marche.
-
-BADRÉE, espèce de bouillie qu'on place sur une pâtisserie commune. Voy.
-_Tarte._ P.
-
-BAGAROT, petit garçon de ferme chargé de menus ouvrages, tels que tirer
-la boisson à chaque repas, nettoyer les étables, apporter la nourriture
-des bestiaux, etc.
-
-BAGNOLE, petite charrette en mauvais état. H.-N.
-
-BAGNER, baigner, mouiller. P.
-
-BAGOU, affluence de paroles inutiles, bavardage. P.
-
-BAGUENAUDER, s'amuser à des riens. P.
-
-BAJOUES, chair qui se trouve à côté des mâchoires du porc. Se dit aussi,
-en mauvaise part, des personnes qui ont les joues grosses et pendantes.
-
-BAILLER, donner. P.
-
-BALANDER (se), se balancer.
-
-BALER, être chargé de, pencher. Ex.: Les pommiers _balent_ de pommes. P.
-
-BALIER, balayer.
-
-BALIETTE, petit balai. P.
-
-BALIURES, balayures.
-
-BALLOTER, ne point offrir d'une marchandise le prix qu'elle vaut
-réellement.
-
-BALLOTEUX, qui _ballote_.
-
-BAMBOCHEUX, ivrogne.
-
-BANCAR, fléau servant à peser.
-
-BANNETTE, berceau en osier pour les enfants nouveaux nés.
-
-BANS (commander des), faire à l'église des publications de bans.
-
-BARAGOIN, langage étranger.
-
-BABBOT, place de peu d'étendue, où il y a de l'eau et de la boue.
-
-BARBOTÉ (enfant), qui a la figure sale.
-
-BARBOTER, parler entre ses dents. Se dit aussi d'un enfant qui joue dans
-un _barbot_. P.
-
-BARBOUQUET, bouton aux lèvres. H.-N.
-
-BARBOUQUET (faire un), remplacer la bride d'un cheval au moyen de sa
-longe qu'on lui passe dans la bouche, et dont on lui entoure la mâchoire
-inférieure.
-
-BARE, barrière.
-
-BARETTE, petite barrière.
-
-BARRAGE, clôture faite au moyen de pieux et de longues pièces de bois.
-
-BARRURE. Voy. _Barrage_.
-
-BAS D'ESTAMIER, fabricant de bas. On appelait autrefois _bas d'estame_
-de gros bas de laine tricotés. H.-N.
-
-BASENCULÉ (homme), de petite taille. H.-N.
-
-BASSET (homme), de petite taille. P.
-
-BASSIÈRES, cidre qui reste avec la lie au fond des tonneaux. H.-N.
-
-BASSURE, vallée. P.
-
-BATACLAN (emporter son), c'est-à-dire ce qu'on possède. S'entend
-ordinairement de celui qui a peu de meubles.
-
-BASTANT, E, personne agile et vigoureuse. Ce mot viendrait-il de _benè
-astare_?
-
-BATE! bah! tant pis!
-
-BATISTÈRE, acte de baptême extrait des registres.
-
-BATTE, seconde pièce du fléau qui sert à battre le blé. Voy.
-_Maintient_.
-
-BATTEMARE, bergeronnette, oiseau qu'on nomme aussi _hoch-queue_ ou
-_hoche-cul_, à cause du mouvement continuel de sa queue.
-
-BATTEUX, battoir de _lessiveuse_, batteur de blé.
-
-BATTIÈRE, aire de grange où l'on bat le grain.
-
-BAVERESSE, bavarde. H.-N.
-
-BAVERETTE, pièce carrée qui se trouvait au haut du tablier et
-s'attachait sur la poitrine avec des épingles. Elle n'est plus en usage.
-H.-N. B.-N.
-
-BAVOLETS, rubans et autres enjolivements de la coiffure des femmes.
-B.-N.
-
-BAYER, regarder niaisement.
-
-BAYETTE, baguette. H.-N.
-
-BAYOTTE (vache), rouge et blanche.
-
-BÉBAIS, moutons (terme enfantin).
-
-BÉBÊTE, animal, bête (terme enfantin).
-
-BEC (donner un), baiser.
-
-BÉCACHE, bécasse. P.
-
-BÉCAR, pou.
-
-BÉCOT, baiser.
-
-BÉCOTER, donner des baisers.
-
-BECVÉCHER, faire des gerbes en mettant des épis des deux bouts, quand
-les grains sont courts. En parlant de la miséricorde d'une stalle sur
-laquelle deux hommes sont représentés la tête de l'un aux pieds de
-l'autre. H. Langlois dit qu'ils sont groupés _à béchevet_. (_Stalles de
-la cathédrale de Rouen_, page 144).
-
-BÉDAN (pommes de), espèce tardive de pommes à cidre. H.-N.
-
-BEDIÈRE, mauvais lit; de l'anglais _bed_. B.-N.
-
-BEDON, bédaine, ventre. H.-N.
-
-BEDONNÉE (s'en donner une), manger avec excès.
-
-BÉGAS, imbécile.
-
-BÉGUER, bégayer. P.
-
-BÉGU, BÉGUE, personne dont la mâchoire inférieure s'avance plus que la
-supérieure.
-
-BÉ HASARD, probablement, peut-être.
-
-BÈKE! expression dont on se sert pour détourner les enfants de toucher à
-une chose sale. P.
-
-BEL ET BIEN, sérieusement.
-
-BELLE HEURE (à), très-tard. P.
-
-BELLENÉE, contenu d'un banneau.
-
-BELLOT, BELLOTTE, gentil, gentille. P.
-
-BELZAMINE, balsamine.
-
-BENAIS, homme simple.
-
-BÉNIAU, banneau.
-
-BENELÉE, ce que contient un banneau. Ex.: Une _benelée_ de fumier.
-
-BER, berceau.
-
-BERBIS, brebis. P.
-
-BERCAILLES, moutons maigres et de mauvaise qualité.
-
-BERDAILLER, crier fort et sans raison.
-
-BERDELLES, bretelles. H.-N.
-
-BERLAFE, coupure.
-
-BERLAN, brelan.
-
-BERLANDER, flâner, négliger son travail pour courir par les rues.
-
-BERLINGUER, vaciller en parlant de la vue.
-
-BERLUQUE, petit objet, atome, petit fragment. P.
-
-BERNEUX, petit enfant qui ne connaît pas encore les règles de la
-propreté.
-
-BERNIQUE! interjection négative. P. Un curé annonçait ainsi à ses
-paroissiens la clôture de la pâque: «Mes frères, dimanche prochain nous
-chanterons le Te Deum pour ceux qui ont _pâqué_; pour ceux qui n'ont
-point _pâqué_, ça fera _bernique_.»
-
-BÉROUETTE, brouette.
-
-BERQUERIE, bergerie.
-
-BERQUIER, berger.
-
-BERS, ridelles d'un chariot.
-
-BÉSER, se dit des vaches qui courent quand les mouches les importunent
-trop.
-
-BÉSOT, petit oiseau qui éclot le dernier de la nichée; il est
-ordinairement plus petit que les autres. Se dit aussi du dernier enfant
-d'une famille.
-
-BÉ SUR, certainement.
-
-BÉTAS, sot.
-
-BÉTE (mettre des harengs tête), placer la tête des uns sur la queue des
-autres.
-
-BÉTISES, obscénités.
-
-BÉTON, bête; jeune veau.
-
-BÉTONNER, dire des _bétises_.
-
-BÉTOT, bientôt.
-
-BIAU, beau. P.
-
-BIAUTÉ, beauté. P.
-
-BIBERON, bec d'un vase. P.
-
-BIBI, petite plate, égratignure, bouton à la peau.
-
-BIDET, BIDETTE, cheval ou jument de selle.
-
-BIÈVRE, harle. P.
-
-BIGNE, petite bosse à la tête par suite d'un coup ou d'une chute. H.-N.
-
-BILAUDES, gros et longs bâtons de bois servant à divers usages, tels que
-cercles, _barrages_, etc.
-
-BILLARD, boiteux, qui marche la pointe des pieds en dedans.
-
-BISC-EN-COIN (de), de biais, d'un coin à l'autre. B.-N.
-
-BISQUE, mauvaise jument.
-
-BISQUER, être contrarié.
-
-BISSON, buisson.
-
-BISSOSNIÈRE (faire l'école), se cacher dans les buissons pour se jouer
-et ne point aller à l'école.
-
-BITAMBOUT (tout de), d'un bout à l'autre.
-
-BITER, toucher.
-
-BLAGUE, hâblerie.
-
-BLAGUER, hâbler.
-
-BLAGUEUX, qui _blague_.
-
-BLAI, blé.
-
-BLAI (bis), méteil.
-
-BLAIRER, regarder.
-
-BLAIRI, champ où l'on a récolté du blé.
-
-BLANCS (six), deux sous et demi. Le _blanc_ valait cinq deniers. Ce fut
-sous Henri II qu'on fit des pièces de six blancs nommés _gros de Nesle_.
-
-BLANC-BEC, jeune homme qui n'a pas encore de barbe.
-
-BLASER, panser une plaie avec un liquide quelconque.
-
-BLÈQUE (pomme en poire), blette, fruit trop mur, à demi-pourri.
-
-BLIN, mouton mâle non châtré. On appelait autrefois les agneaux des
-belins. B.-N.
-
-BLINDER, action de jeter des palets pour voir lequel des joueurs sera le
-plus près du but et jouera le premier.
-
-BLINGUER. Voy. _Blinder_.
-
-BLO, pièce de bois qu'on place sous une autre pour l'éloigner de terre.
-
-BLOQUER, mettre une maçonnerie sous les poutres principales d'une
-nouvelle construction en bois, en attendant qu'on fasse le reste.
-
-BLOUGUE, boucle.
-
-BLOUGER, boucler.
-
-BLOUSER (se), se tromper ou se mettre dans l'embarras. P.
-
-BLUQUE, Voy. _Berluque_.
-
-BOBOS, sabots (terme enfantin).
-
-BOCHE, bosse. P.
-
-BOCHE (s'en donner une), manger avec excès.
-
-BOCHU, bossu. P.
-
-BOIRE (à), cidre. Ex.: Veux-tu du vin, de la bière, etc.?--Non, je veux
-_à boire_.
-
-BOIS (couteau de), eustache.
-
-BOISE, gros morceau de bois, poutre. H.-N. P.
-
-BOISETTES, menues branches que les pauvres gens ramassent dans les bois
-et forets. On dit en parlant d'un petit feu: C'est un feu d'_prête_, un
-tison et deux _boisettes_.
-
-BOISSON, cidre auquel on à ajouté de l'eau. H.-N.
-
-BON-JOUR, communion pascale. Ex.: Il fera demain son _bon-jour_. P.
-
-BONNEMENT? est-ce vrai?
-
-BOQUET, pommier qui n'a pas été greffé. P.
-
-BOQUILLON, bûcheron. P.
-
-BORDILLER, être près de. Ex.: Il doit _bordiller_ 60 ans, c'est-à-dire
-avoir près de 60 ans.
-
-BOS, bois. P.
-
-BOSCO, bossu (mot injurieux). P. B.-N.
-
-BOSSIAU, boisseau, mesure pour les grains. On appelle boisseau rez celui
-qu'on emplit jusqu'au bord, et boisseau comble, celui dans lequel on
-verse autant de grain qu'il en peut contenir. Cette distinction était
-connue au moyen-âge. Voici les anciens boisseaux en usage dans le pays
-de Bray, en prenant pour base le pot d'Arques, qui vaut en litre 1,824;
-Argueil, 18 pots 1/25; Aumale, 11¾; Blangy et Gaillefontaine, 12;
-Foucarmont, 11¼; Gournay et Saint-Saens, 18; Grandcourt, 11;
-Neufchâtel, 12¼.
-
-BOTTER. On dit de la boue et surtout de la neige, qu'elle _botte_, quand
-elle s'attache à la semelle des chaussures. H.-N.
-
-BOUCAN, bruit, dispute. P.
-
-BOUCAN (chercher, engendrer), susciter une querelle.
-
-BOUCANE, maison de chétive apparence. Ce mot vient de _boucan_, bordel.
-C'est à cause de la mauvaise acception de ce dernier mot qu'un cordelier
-de Dijon, nommé _Boucan_, changea son nom et se fit appeler Beauchamp.
-
-BOUCANER, quereller. Se dit aussi d'un fumeur qui aspire beaucoup de
-fumée à la fois.
-
-BOUCAR, bocal, carafe à mettre du cidre ou des fruits à l'eau-de-vie,
-tels que cerises, cacis, etc.
-
-BOUCHE (être sur sa), être porté à la gourmandise.
-
-BOUCHEROT, boucher qui vend de la viande de mauvaise qualité.
-
-BOUCHIE, bouchée.
-
-BOUCHIE (manger une), prendre un léger repas.
-
-BOUDINÉE, totalité de boudin provenant d'un porc.
-
-BOUFFÉE, accès de rage ou de colère.
-
-BOUFFER, bouder.
-
-BOUFFI (hareng), hareng qui a séjourné peu de temps dans la saumure. P.
-
-BOUFRE! juron. H.-N.
-
-BOUGONNER, gronder entre ses dents.
-
-BOUGRE! juron fréquent parmi les gens de la campagne qui ajoutent
-souvent le mot sacré. Cette expression vient peut-être de _bulgarus_, en
-conservant à l'_u_ sa prononciation.
-
-BOUGRE (bon, mauvais), comme on dit: Bon diable, bon enfant.
-
-BOUILLON, pluie.
-
-BOUIS (dimanche du), dimanche des Rameaux; ainsi nommé, parce qu'on
-porte à la main du _bouis_ bénit.
-
-BOUJOU! bonjour! On emploie aussi ce mot substantivement pour désigner
-la visière d'une casquette.
-
-BOULE, pâte renfermant des pommes ou des poires cuites au four.
-
-BOULE (perdre la), radoter, devenir fou.
-
-BOULOCHE. Voy. _Boule_.
-
-BOUQUER. En parlant des abeilles qui se groupent à la _bouque_ de la
-ruche, avant d'essaimer.
-
-BOUQUETS, nom générique par lequel on désigne toute espèce de fleurs
-cultivées dans un jardin.
-
-BOUQUET-D'HIVER, bouquet de fausses fleurs. H.-N.
-
-BOURBE, boue.
-
-BOURE, femelle du canard. H.-N. B.-N.
-
-BOURIQUE, âne. H.-N.
-
-BOURILLER, faire des bourées.
-
-BOUROTER (se), marcher lentement comme une _boure_. H.-N.
-
-BOURSICOT, bourse. P.
-
-BOUSA, BOUSE, BOUSÉE, Excréments de la vache.
-
-BOUSIN, grand bruit, tapage. P.
-
-BOUSTIFAILLE, bonne chère. P.
-
-BOUT DE CHAMP (à tout bout de), a chaque instant. P.
-
-BOUT D'HOMME, petit homme. P.
-
-BOUT EN BOUT (tout de), entièrement. P.
-
-BOUT-RABATTU, croupe, toit qui se prolonge au-delà du bâtiment, sans
-support partant du sol. H.-N.
-
-BOUTER, mettre, B.-N. P.
-
-BOYERS, boues des rues.
-
-BRACHE, brasse. P.
-
-BRACHIE, brassée. Comme on le voit, le mot patois se rapproche davantage
-de son origine, _brachium_.
-
-BRADER, vendre à trop bas prix. P.
-
-BRAIES, culottes. P. B.-N.
-
-BRAILLER, s'habiller avec prétention, porter des vêtements au-dessus de
-son état de fortune.
-
-BRANDI (tout), tout entier.
-
-BRANDILLER, remuer de côté et d'autre.
-
-BRANLER, remuer. H.-N.
-
-BRANNER, branler, remuer.
-
-BRANQUE, branche. P.
-
-BRAQUE (personne), vive et irréfléchie. P. B.-N.
-
-BRASSER, faire, agir. Se prend souvent en mauvaise part. P.
-
-BRAVE, bon, probe. S'emploie aussi comme synonyme de _endimanché_.
-
-BRÊLÉE, mélange d'orge et d'avoine qu'en sème au printemps. P.
-
-BRÊLES, Voy. _Braies_.
-
-BRÈQUE, ouverture. P.
-
-BRÈQUE-DENTS, personne à laquelle il manque des dents. B.-N.
-
-BREUILLES, intestins d'animal. H.-N.
-
-BRICOLE, espèce de licou qu'on met aux vaches pour les empêcher de
-brouter les arbres.
-
-BRICOLER, aller de côté et d'autre; entreprendre plusieurs ouvrages et
-n'en finir aucun.
-
-BRIÈRES, bruyères, H.-N.
-
-BRIMBALLER, sonner les cloches sans goût et sans mesure.
-
-BRIMBORIONS, bagatelles, petits morceaux du rubans, soieries, etc.
-
-BRIN, pas du tout. Ex.: Il n'a _brin_ d'esprit.
-
-BRINCHE, brins de bouleau dont on fait des balais.
-
-BRINGAND, brigand.
-
-BRINOTER, manger peu et sans faim.
-
-BRIOCHE (manger de la), vendre à des conditions moins avantageuses que
-celles qu'on avait d'abord refusées. H.-N.
-
-BRIT, bruit.
-
-BRONGNES, tétins de truie.
-
-BROQUE-A-Z'YEUX (ne voir), être dans une obscurité complète. H.-N.
-
-BROSQUINS, brodequins.
-
-BROSSE (ça fait), c'est une espérance déçue. B.-N. P.
-
-BROSSEE, rossée.
-
-BROSSER, donner une _brossée_. P.
-
-BROU, guy. H.-N.
-
-BROUACHINAGE, bruine, pluie fine.
-
-BROUACHINER, bruiner.
-
-BROUAS (enfant), qui a la figure sale.
-
-BROUEE, écume, mousse.
-
-BROUER, mousser.
-
-BROUET, épidémie. Ex.: Les enfants sont malades; _c'est un brouet qui
-court_.
-
-BROUILLARDER, bruiner.
-
-BROUIR, aller trop vite. H.-N.
-
-BROUSTILLES, menu bois qu'on recueille dans les forêts. Un acte de 1330
-parle d'une terre _où il croist des bissons et brostilles_ (_Études sur
-la condition, etc._, par M. L. Delisle, page 278).
-
-BRU, nouvelle mariée.
-
-BRUCHER, broncher. H.-N.
-
-BRULE-FER, mauvais forgeron.
-
-BRULE-GUEULE, pipe dont le chalumeau est très-court.
-
-BRUMAN, nouveau marié, homme de la bru. B.-N. En anglais, _man_,
-signifie homme.
-
-BU (homme), ivre. B.-N. P.
-
-BUÉE, vapeur qui s'échappe d'un liquide en ébullition.
-
-BUETTE, petite ouverture dans une muraille on une couverture.
-
-BUHOT, corne de boeuf que les faucheurs placent à leur ceinture et dans
-laquelle ils mettent du grès écrasé, de l'eau et la pierre à affiler. Il
-n'est plus guère en usage.
-
-BUQUER, frapper. Un jour deux enfants répondaient à une basse messe.
-Après le _Domine, non sum dignus_, au moment où les servants
-présentaient déjà chacun sa burette au célébrant, une personne se
-présente pour communier. L'un des enfants donne le voile de communion,
-et l'autre prend une burette de chaque main et se met à dire le
-_Confiteor_. Mais, arrivé au _meâ culpâ_, un embarras se présente:
-comment se frapper la poitrine? Alors, ouvrant les bras et avançant le
-ventre vers son camarade: _Buque su m'panche!_ lui dit-il, _buque su
-m'panche!_
-
-BUQUETTE, courte-paille. P.
-
-BUTIN, mobilier de peu d'importance. H.-N.
-
-BUTTE, bouchon qui sert à un jeu qu'on appelle _la butte_. Ou dit aussi
-_jouer au bouchon_.
-
-BUTTÉE, argent placé sur la _butte_.
-
-BUVABLE, potable.
-
-
- C
-
-CABAS, meuble grossier et de grande dimension. Ex.: Que ferez-vous de ce
-_cabas_ de buffet? B.-N.
-
-CABEUIL, crasse produite par la graisse et l'huile qu'on met entre
-l'essieu et la roue d'une voiture.
-
-CABOCHARD, entêté. H.-N.
-
-CABOCHE, tête dure. H.-N. P.
-
-CABROUET, espèce de petite charrette sans ridelles.
-
-CACA (faire), du latin _cacare_.
-
-CACHARD (cheval), paresseux. B.-N.
-
-CACHE, CHASSE, bout de ficelle qu'on met à l'extrémité du fouet et qui
-sert à le faire claquer.
-
-CACHE (vache en), vache en chaleur.
-
-CACHE-MONNÉE, garçon meunier qui parcourt les villages pour recueillir
-les _monnées_.
-
-CACHE-MOUTE. V. _Cache-monnée_.
-
-CACHER, CHASSER, faire marcher un animal devant soi, à coups de fouet ou
-de bâton.
-
-CACHES (n'être pas au bout de ses), avoir encore beaucoup à faire ou à
-souffrir. P.
-
-CACHEUX, chasseur. _Cache-moute._
-
-CACHOIRE (coup de), dernier verre de liqueur qu'on offre à ses convives
-au moment où ils partent.
-
-CADESSIME, catéchisme.
-
-CADET, homme sans gène et sans peur.
-
-CADRER, s'entendre bien avec une personne, être en rapport comme le
-cadre et la gravure. Ex.: Ces deux hommes _cadrent_ bien ensemble.
-
-CAFIGNONS, corne qui termine les pieds des vaches, chèvres, porcs, etc.
-
-CAFOURET, petit appartement sale, dans un grenier ou ailleurs. H.-N.
-
-CAFUTER, éloigner, renvoyer, chasser un animal.
-
-CAGE (mettre en), mettre en prison.
-
-CAGNE (vache), de couleur gris-clair.
-
-CAGNOLE, tête; espèce de _carcan_ pour les jeunes porcs.
-
-CAHOTS, secousses que les voitures éprouvent dans les chemins raboteux.
-
-CAHOTTEMENT, cahotage.
-
-CAHOUETTE, petite corneille.
-
-CAHUTTE, mauvais logement, taudis. P.
-
-CAILLARD, caille trop jeune pour être tuée.
-
-CAILLE (vache). V. _Cagne_.
-
-CAINE, chaîne. P.
-
-CAIRE, chaise.
-
-CALBOTER (faire), laisser bouillir le lait jusqu'à ce qu'il soit caillé.
-
-CALÉ (bien), habillé richement et avec goût. B.-N.
-
-CALÉE, portée d'une chienne, d'une chatte, etc.
-
-CALEMANDE, ancienne étoffe qui servait à faire des jupes; la chaîne
-était de laine et la trame de fil. H.-N.
-
-CALENGER, marchander. B.-N. P.
-
-CALER. Se dit d'une chatte qui fait ses petits; on le dit aussi des
-lapins, des chiens, etc. D'après M. A. de Poilly, ce mot viendrait du
-grec _kalià_, un nid. P.
-
-CALER BAS, céder, fuir. P.
-
-CALEUSER, se livrer à la paresse.
-
-CALEUSETÉ, paresse.
-
-CALEUX, paresseux. Selon M. A. Le Prevost, ce mot provient de ce que les
-personnes indolentes étant sédentaires, finissent par avoir les fesses
-caleuses comme les singes. H. N.
-
-CALIBERDAS (faire un), tomber avec grand bruit.
-
-CALIÈVRE, genevrier.
-
-CALIMACHON, limace.
-
-CALIMACHON-A-HOTTE, limaçon à coquille.
-
-CALIN, lieu où les vaches _calinent_.
-
-CALINE, chaleur étouffante à l'approche de l'orage.
-
-CALINER. Se dit des animaux qui se reposent à l'ombre dans les grandes
-chaleurs; vient de _calor_.
-
-CALIPETTE, petit bonnet rond que les femmes mettent le matin et la nuit.
-P.
-
-CALIT, mauvais lit qui se place dans les écuries et les étables pour les
-domestiques. Ce mot nous paraît signifier _lit à cats_, en ce sens que
-les chats vont souvent s'y coucher pendant le jour. P.
-
-CALOGE, loge à chien.
-
-CALOTTE, soufflet.
-
-CALOTTES (donner une paire de), souffleter sur les deux joues.
-
-CAMAILLER (se). Se dit des enfants qui se culbutent en jouant.
-
-CAMPAGNE, plaine.
-
-CAMPÉE (personne bien), d'une belle taille et qui se tient bien. H.-N.
-
-CAMPS, champs.
-
-CANCHELER, chanceler. P.
-
-CANCHON, chanson, espèce de pâtisserie; pâte qui renferme des pommes
-hachées.
-
-CANEÇON, caleçon. P.
-
-CANEVIS, chenevis.
-
-CANICHE. Voy. _Caloge_.
-
-CANNE, cruche dans laquelle on tire du cidre pour le repas. En anglais,
-_can_.
-
-CANNÉE, ce que peut contenir une _canne_. B.-N.
-
-CANNER, pleurer fort. Vient peut-être de ce que l'enfant, en pleurant
-ainsi, imite un peu le cri du canard ou celui du chien, _canis_, qui
-hurle.
-
-CANNETTE, petite _canne_.
-
-CANT (de), de coté, incliné. Voy. _Acanté_. B.-N.
-
-CANTINETTE, criocère; espèce de caléoptère qu'on trouve fréquemment sur
-les feuilles du lis, auquel les savants ont donné l'épithète
-_merdigera_, afin d'indiquer que ce petit chanteur, qui amuse tant les
-enfants, fut d'abord un vers enveloppé de ses excréments; précaution de
-la nature, sans laquelle la larve du pauvre insecte fût devenue la proie
-des oiseaux. Ce mot semble venir de _cantitare_, chanter souvent, ou de
-_cantilena_, chansonnette.
-
-CANVERSER, renverser en partie. Ex.: Prends garde de faire _canverser_
-le plat. H.-N.
-
-CANVRE, chanvre.
-
-CAPET, chapeau. Dernièrement un bon paysan prenait place dans un des
-wagons du chemin de fer de Dieppe à Rouen. Au moment où la locomotive
-commençait à s'ébranler, notre homme mit la tête à la portière pour dire
-un dernier adieu à la personne qui l'avait accompagné. _Hais!
-charretier! charretier! arrêtez donc!_ s'écria-t-il tout-à-coup; _man
-capet, man capet que l'vent vient d'm'enlever.... Et b.... n'arrêtera
-pas, va!_ En effet, le charretier n'arrêta pas, et le paysan dut
-continuer son voyage sans _capet_.
-
-CAPITAINE-J'ORDONNE. Sobriquet qu'on donne à un maître ou contre-maître
-qui s'enorgueillit de son autorité. Le premier qui le porta fut le
-vice-amiral Lhermite, de Caen, au moment où il commandait la frégate de
-l'amiral Villarez-Joyeuse, à la mémorable action connue dans la marine
-sous le nom de _Grand-Combat_, et livrée le 1er juin 1793. Différentes
-circonstances ayant rapport aux ordres qu'il fut obligé de transmettre,
-lui valurent le surnom assez burlesque de _Capitaine-j'Ordonne_ (_Revue
-de Rouen_, t. IV, p. 92).
-
-CAPOT ou CAPOTE, espèce de mante de camelot, à l'usage des femmes. On ne
-la porte presque plus.
-
-CAPUCHIN, capucin. P.
-
-CAPPE, cuiret qui retient la _batte_ et le _maintient_ du _flais_. Jean
-de Garlande mentionne ainsi les parties du fléau: _Flagellorum partes
-sunt manutentum, virga et cappa_ (_Dictionnaire_, no xlvj, p. 598).
-
-CARAS, bergers. Ainsi dénommés parce qu'ils ont longtemps conservé la
-réputation de sorciers, _caragi_. B.-N.
-
-CARBON, charbon; du latin _carbo_. P.
-
-CARBONNIER, charbonnier. P.
-
-CARCAILLOT, appeau pour appeler les cailles.
-
-CARCAN, appareil en bois qu'on met au cou des cochons pour les empêcher
-de passer à travers les haies.
-
-CARDON, chardon. Ce mot se rapproche plus que le mot français de son
-origine, _cardo_. P.
-
-CARÉE, charrée. P.
-
-CARÉSI, poires à brasser.
-
-CARRETTE, charrette.
-
-CARIAGE, charrol.
-
-CARNAGE, charogne. Ce mot s'emploie aussi en mauvaise part. Ex.:
-Va-t-en, vieux _carnage_!
-
-CARON, charron.
-
-CARONGNE. V. _Carnage_. P.
-
-CARPENTER, charpenter. P.
-
-CARPENTIER, charpentier.
-
-CARPIE, charpie. P.
-
-CARPLEUSE, chenille. Vient du latin _carnis pilosa_, chair velue; en
-anglais, _caterpilar_. B.-N.
-
-CARRE, coin, angle saillant d'une table ou autre meuble. Ce mot devrait
-peut-être s'écrire quarre, pour _quarne_, de _quaternus_; c'est l'un des
-quatre angles d'une carré qu'on appelle en français _carne_.
-
-CARRIAGE (chemin de), chemin où l'on passe en voiture.
-
-CARRIAU, carreau de vitre; espace carre où l'on plante des légumes;
-maladie des enfants, dont quelques personnes prétendent guérir le malade
-en lui posant la main sur l'estomac. Ceux qui se livrent à cette
-pratique, dans le pays de Bray, se disent descendre de la famille de
-saint Martin. Aussi, chaque fois qu'on fait _toucher_ un enfant, ne
-manque-t-on jamais de faire dire à son intention une messe en l'honneur
-de saint Martin, de Tours (Voir notre _Essai sur le canton de
-Neufchâtel_, page 7).
-
-CARTRIE. Voy. _Chartrie_.
-
-CARIER, charrier.
-
-CARIER, grosse toile sur laquelle on place les cendres pour la lessive.
-
-CARTI, corps d'un chariot ou d'une charrette sans ridelles. P.
-
-CARTIER (faire), diriger les chevaux de manière à ce que les roues de la
-voiture ne suivent pas les ornières.
-
-CARTRIE, lieu où l'on rentre les charrettes et autres voitures pour les
-mettre à l'abri de la pluie. P.
-
-CARUE, charrue. P.
-
-CAS, chaud, chaleur.
-
-CAS QUE (en), au cas que, si.
-
-CASAQUIN, camisole sans manches.
-
-CASSE, espèce de caisse dans laquelle les domestiques placent leur linge
-et leurs vêtements.
-
-CASSENOIX, nom généralement donné à la sistelle.
-
-CASSETTE, ustensile en bois qui sert à retenir la crême dans les
-terrines, tandis qu'on laisse écouler le petit lait.
-
-CASSINE, petite maison ancienne et incommode. P.
-
-CASSIS, fossé pratiqué pour l'écoulement des eaux pluviales.
-
-CASSISSIER, arbrisseau qui produit le cacis.
-
-CASTEROLLE, casserole. H.-N. P.
-
-CASTILLE, querelle, dispute. B.-N. P.
-
-CAT, chat. Ce nom s'écrit ainsi dans plusieurs langues. P.
-
-CATAIGNE, châtaigne. P.
-
-CATAINIER, châtaignier.
-
-CATAPLASSE, cataplasme. H.-N.
-
-CATAU, fille de mauvaise vie.
-
-CATÉCHISSE, catéchisme.
-
-CATET (aller au), aller à Neufchâtel.
-
-CAT-HOUANT, chat-huant.
-
-CATOUILLER, chatouiller.
-
-CATREUX, mauvais couteau, homme qui châtre les porcs.
-
-CAUCHE-PIED, chausse-pied.
-
-CAUCHER, chausser. P.
-
-CAUCHES, chausses, bas. P.
-
-CAUCHONS, chaussons. P.
-
-CAUCHURES, chaussures. P.
-
-CAUD, chaud. P.
-
-CAUDET, un peu chaud, tiède.
-
-CAUDIER, Voy. _Lessive_.
-
-CAUDIÈRE, chaudière. P.
-
-CAUDRON (jeu de), Collin-Maillard.
-
-CAUDRONNÉE, ce que peut contenir une chaudière.
-
-CAUFFER, chauffer. P.
-
-CAUFOURNIER, chaufournier.
-
-CAUSETTE, causerie familière. P. H.-N.
-
-CAVÉE, chemin creux. P. H.-N.
-
-CAYEU, moules. Ainsi nommées, parce qu'on en tire de très-bonnes du pays
-qui porte ce nom (Somme).
-
-CÉLÉBRALE (fièvre), fièvre cérébrale.
-
-CELLE FIN (à), afin que.
-
-CELLES (les), celles.
-
-CENSÉMENT, pour ainsi dire.
-
-CENTAURE (voix de), voix de Stentor.
-
-CENTINE, centime.
-
-CERNE, cercle. Ce mot est surtout employé pour indiquer le cercle formé
-autour de la lune dans les temps brumeux. H.-N.
-
-CERTAIN (un), assez grand. Ex.: C'est un homme d'_un certain_ âge. H.-N.
-
-CERTIFIS, salsifis. H.-N.
-
-CÉS, ces.
-
-CEUX (les), ceux.
-
-CEUX-CHITE, ceux-ci, celles-ci.
-
-CHA, ça, ce, ceci, cela.
-
-CHABOT, sabot. P.
-
-CHABOTER, faire du bruit en marchant comme si l'on avait des sabots. P.
-
-CHABOTIER, sabotier.
-
-CHABOULER, pousser rudement. H.-N.
-
-CHACHAS, merle lytorne.
-
-CHACUN (un), chacun.
-
-CHA DÉPEND, peut-être.
-
-CHAIRCUITIER, charcutier. Le mot patois se rapproche plus de la
-signification étymologique: marchand de _chair cuite_.
-
-CHAMBE, chambre.
-
-CHAMPART (blé), froment mêlé d'un peu de seigle.
-
-CHAMPIGNON, pomme à cidre, tardive, très-bonne. Lui aurait-on donné ce
-nom parce qu'elle donne un excellent cidre, mousseux comme le vin de
-Champagne?
-
-CHANGLE, sangle.
-
-CHANGLÉ (être), perdre beaucoup au jeu.
-
-CHANPLEURE et CHANPLURE, robinet, et non chantepleure, dans le sens
-attaché à ce mot.
-
-CHANTIAU, chanteau, morceau de pain bénit qu'on offre à celui qui doit
-le rendre à sa paroisse le dimanche suivant. En Picardie, on nomme
-_cantieu_ un morceau de gâteau qu'une nouvelle mariée envoie à celle des
-jeunes filles du village qu'elle croit devoir se marier la première
-après elle (_Glos__saire du patios picard_, par M. l'abbé Corblet).
-
-CHAPIAU, chapeau.
-
-CHARLOT, Charles.
-
-CHARTRIE, lieu où l'on place les charrettes et autres instruments
-aratoires.
-
-CHATIAU, château.
-
-CHAUFETTE, chaufferette.
-
-CHAVATE, savate. P.
-
-CHAVETIER, savetier. P.
-
-CHÉ, chair.
-
-CHEIGNEUX, tablier de femme. Du latin _cingere_, ceindre.
-
-CHÉLER, celer, cacher. P.
-
-CHÉLIER, cellier.
-
-CHENELLES, fruits de l'épine blanche. H.-N. Les dictionnaires donnent le
-nom de _cenelle_ au fruit du houx.
-
-CHENU (du), quelque chose de très-bon ou très-beau. P.
-
-CHERCHER SON PAIN, mendier. H.-N.
-
-CHERFEUIL, cerfeuil. P.
-
-CHERFOUIR, cerfouir.
-
-CHERVIAU, cerveau.
-
-CHÉS, ces.
-
-CH'EST, c'est.
-
-CH'EST SELON, peut-être, ce n'est pas certain.
-
-CHEUX, chez, ceux. P.
-
-CHEUX-CHITE, ceux-ci, celles-ci.
-
-CHEUX-LÀ, ceux-là, celles-là.
-
-CHEVILLE, mesure de 12 pouces cubes, qui sert pour les bols de
-charpente. V. _Marque_.
-
-CHIBOT, ognon dont les tiges sont encore vertes.
-
-CHIBOULER, marcher sans précaution et renverser ce qu'on trouve sur son
-passage. En parlant d'un homme ivre, on dit aussi de sa démarche qu'il
-se _chiboule_.
-
-CHICON, gros morceau de pain. P.
-
-CHICOTER, marchander, importuner.
-
-CHICOTIN, blague ou petit sac de peau, en forme de valise, dans lequel
-les fumeurs placent leur tabac.
-
-CHIEN DE TERRE, larve du hanneton.
-
-CHIFFONNER L'ESPRIT, inquiéter, contrarier.
-
-CHIGNOLE, dévidoir.
-
-CHIGNON, cheveux naturels et souvent postiches que les femmes font
-bouffer entre les deux ailes de leur _pierrot_.
-
-CHIMETIÈRE, cimetière.
-
-CHINGE, singe.
-
-CHINQ, cinq. P.
-
-CHINQUANTE, cinquante.
-
-CHION, petite branche dont on se sert pour faire avancer les animaux ou
-corriger les enfants. P.
-
-CHIONNER, frapper avec un _chion_. P.
-
-CHIPOTER, chicaner en marchandant. P.
-
-CHIPOTEUX, qui _chipote_. P.
-
-CHIPOTIER, Voyez _Chipoteux_. P.
-
-CHIPPER, pousser en cépée.
-
-CHIQUE, gros morceau de pain ou de viande.
-
-CHIQUER, manger beaucoup.
-
-CHIQUET. Voy. _Chique_. Ces deux mots ont un grand rapport avec le verbe
-_déchiqueter_, faire des _chiquets_.
-
-CHIRE, cire. P.
-
-CHIRE-POIX, _poix_ qui sert aux cordonniers à cirer leur fil.
-
-CHIROT, sirop.
-
-CHIROTER (faire), faire bouillir jusqu'à consistance de sirop.
-
-CHIROTEUX, liquide épais comme du sirop.
-
-CHITE, ici.
-
-CHITRON, citron. P.
-
-CHITROUILLE, citrouille. P.
-
-CHIVIÈRE, civière. P.
-
-CHOCHONNER. Se dit de deux petits cultivateurs qui réunissent leurs
-chevaux pour cultiver leurs terres. H.-N.
-
-CHOMER, manquer de. H.-N.
-
-CHOPEINE, chopine, mesure qui contient un peu moins d'un litre. P. V.
-_Pot_ et _Velte_.
-
-CHOPER, heurter un caillou ou autre obstacle en marchant.
-
-CHOQUER, trinquer, heurter les verres. B.-N.
-
-CHORBER, broncher. Voy. _Choper_.
-
-CHOU! CHOU! cri par lequel on chasse les poules et autres volailles.
-
-CHOULE, fête populaire qui se tient, pendant le carême, dans les
-communes rurales; on y vend des noix, des gâteaux, du pain d'épice, etc.
-Ce nom vient d'un ancien jeu auquel on se livrait le jour du mardi-gras,
-et qui consistait à s'emparer d'une balle, _la choule_, pour l'emporter
-à un endroit convenu (_Dictionnaire du patois normand_, par M. M. du
-Méril, au mot Soule). Le jeu de la _choule_, qu'on appelle aussi
-_chole_, _cheole_, _sole_, _soule_, etc., est encore en usage dans
-quelques localités de la Somme et du Pas-de-Calais. «C'est, dit M.
-l'abbé Corblet, une espèce de ballon rempli de son qu'on place sur la
-limite de deux villages, et que les habitants des deux communes poussent
-à coups de pied. La victoire appartient à ceux qui parviennent à le
-garder sur leur territoire (_Glossaire du patois picard_, au mot
-Chole).» Ce jeu était fort en vogue au XIIIe siècle et se terminait
-ordinairement par un banquet. Mais, comme ce banquet était assez souvent
-la cause de graves accidents, il fut interdit, en 1369, par Charles V.
-Selon les uns, le mot _choule_ ou _soule_ dériverait du celtique
-_hehaul_, soleil; selon les autres, il viendrait de l'islandais _sull_,
-mêlée. Comme à Valogne, on donne à ce jeu le nom de _savatte_, parce
-qu'on joue avec le pied; nous croyons, avec M. Corblet, qu'il pourrait
-avoir de grands rapports avec le mot latin _solea_, sandales, ou
-_solum_, plante du pied.
-
-CHOULER, remuer, faire avancer. Ex.: Je ne puis _choûler_ ce mauvais
-cheval.
-
-CHOUQUE, souche, extrémité inférieure d'un arbre. B.-N.
-
-CHOUQUET, bloc de bois sur lequel on coupe du bois, de la viande, etc.
-
-CHU, ce. P.
-
-CHUCRE, sucre.
-
-CHUINTER, suinter.
-
-CH'VA, cheval.
-
-CIBOT, Voy. _Chibot_.
-
-CIDE, cidre.
-
-CIERGE DORMANT, gros cierge qu'on porte aux enterrements et que l'on
-place, à l'église, auprès du banc du défunt, après l'inhumation.
-
-CISIAU, ciseau.
-
-CISIAUX, ciseaux.
-
-CITADELLE, grosse poire qu'on mange cuite ou en confitures.
-
-CLAIRAUD, clairet. H.-N.
-
-CLAIRE-VOIE, espèce de grille ou de balustrade.
-
-CLAIRONNER, reluire.
-
-CLAIRTÉ, clarté, H.-N.
-
-CLAMPIN, qui marche difficilement; poltron. H.-N. P.
-
-CLAPER, branler dans le manche. On dit aussi d'un homme maigre ou
-malade: Il _clape_ dans ses habits.
-
-CLAPOT, petite lessive que les pauvres gens font chaque semaine. H.-N.
-
-CLAPOTER, faire un _clapot_. Se dit aussi des enfants qui se salissent,
-en se jouant dans un _varpot_.
-
-CLAQUE-DENTS (trembler à), grelotter de froid.
-
-CLAQUES, espèce de chaussures de femme.
-
-CLAQUET, digitale pourprée. On lui a sans doute donné ce nom parce que
-les enfants s'amusent à faire _claquer_ les fleurs en frappant dessus,
-après les avoir remplies d'air. H.-N.
-
-CLATRI, couché, caché dans l'herbe.
-
-CLATRIR (se). En parlant d'un lièvre ou autre animal qui se couche dans
-l'herbe, de manière à s'effacer.
-
-CLAVETTE, mauvaise langue. On dit en parlant d'une femme bavarde: Quelle
-_clavette_!
-
-CLÉ (avoir perdu la), avoir la diarrhée.
-
-CLÉ DES CHAMPS (prendre la), s'enfuir.
-
-CLERGEAU, petit clerc, enfant de choeur.
-
-CLICHER, frapper rudement une personne ou un animal.
-
-CLIGNER, fermer un oeil. H.-N
-
-CLIMUCHETTE, cligne-musette. B.-N.
-
-CLINCAILLER, quincaillier. H.-N.
-
-CLIPSI, sauce trop claire.
-
-CLIQUETER, agiter les _cliquettes_ ou la _cliquette_.
-
-CLIQUETTE, clenche. En congédiant une personne à laquelle on défend de
-revenir, on lui dit: Tu peux baiser la _cliquette_ de la porte.
-
-CLIQUETTES, clochettes des frères de charité. Ce nom est très-commun
-dans les chartes des XVIe et XVIIe siècles.
-
-CLONGNE, quenouille à filer. D'après quelques étymologistes, ce mot
-serait dérivé de _colonne_.
-
-CLOPINER, boiter.
-
-CLOPIN-CLOPANT, tant bien que mal.
-
-CLOQUE, cloche.
-
-CLOQUETEUX, celui qui marche en tête de la procession, en agitant les
-_cloquettes_.
-
-CLOQUETTES, clochettes. On donne aussi ce nom à la plupart des fleurs
-campaniformes.
-
-CLOU, furoncle.
-
-CLOUPPER, glousser; cri de la poule qui demande à couver ou qui appelle
-ses poussins.
-
-C'MENT, comment.
-
-CO, chat; coq. P.
-
-COCAR, oeuf (terme enfantin.)
-
-COCASSE, plaisant et ridicule. P.
-
-COCHON, cloporte.
-
-COCHONNAILLE, chair de porc, charcuterie. P.
-
-COCHONNER, mettre bas; en parlant de la truie.
-
-COCHONNER (se), s'enivrer au point de se vautrer dans la boue comme un
-_cochon_.
-
-COCO, chaussure; oeuf; expression enfantine. Autrefois les marchands
-d'oeufs se nommaient _coconniers_. B.-N.
-
-CODAQUER. Se dit du cri de la poule quand elle vient de pondre ou quand
-elle est effrayée. En Picardie, on le dit du coq qui chante. P.
-
-CO-D'INNE, coq d'Inde, dindon.
-
-COEUR JEUN (à), à jeun. H. N.
-
-COEUR DE JOUR (à), continuellement, du matin au soir. H.-N.
-
-COEURU, courageux. B.-N.
-
-COFFIN, cornet de papier. Vient peut-être du latin _cophinus_,
-corbeille. B.-N. P.
-
-COGNER, frapper fort. P.
-
-COLAS, Nicolas.
-
-COLÉREUX, colérique, porté à la colère.
-
-COLIDOR, corridor.
-
-COLLE, mensonge. En vieil anglais, _coll_ signifiait _trompeur_. B.-N.
-P.
-
-COLLETER (se), se prendre au collet pour éprouver ses forces. H.-N.
-
-COMBLE, longue corde dont on se sert pour maintenir les gerbes chargées
-sur une voiture.
-
-COMME-CHI, COMME-CHA, ni bien, ni mal.
-
-C'MENT, comme. Ex.: Il est bon _c'ment_ son père.
-
-COMME TOUT, beaucoup, extrêmement. P. B.-N.
-
-COMPAS DANS L'OEIL (avoir le), avoir le coup-d'oeil juste.
-
-COMPTES (rendre ses), vomir.
-
-CONDOS, accident de terrein entre deux pièces de terre; ce qui forme une
-petite élévation en forme de rideau.
-
-CONFESSEUX, confesseur. Mot qui, soit dit en passant, semblerait mieux
-convenir au pénitent qu'à celui qui entend sa confession.
-
-CONSÉQUENT, adjectif employé, même par des personnes qui ont reçu de
-l'instruction, comme synonyme de considérable, tandis qu'on ne devrait
-s'en servir que pour marquer une induction tirée d'un principe. Ainsi,
-au lieu de dire: Cet homme fait des affaires conséquentes, il faut dire
-_considérables_. L'adjectif _conséquent_ ne peut être mis en usage que
-dans des phrases semblables à celle qui suit: Le philosophe doit être
-conséquent avec ses principes.
-
-CONSOMMÉ, consumé, Ex.: Tout a été _consommé_ dans l'incendie.
-
-CONTEPET, rapporteur de nouvelles, babillard qui raconte les choses de
-la moindre importance pour faire punir ses compagnons.
-
-CONTRAIRE (bien du), bien au contraire.
-
-CONTRE (tout), tout près. B.-N. P.
-
-COPIN, dindon. On a dit que l'origine de ce nom venait de ce que le père
-Copin, jésuite, avait importé le premier dindon d'Amérique en France,
-vers 1670.
-
-COPIN (grand), terme de mépris.
-
-COPINIER, celui qui garde les _copins_ dans les champs.
-
-COQ, coquelicot. H.-N.
-
-COQ, menthe des jardins.
-
-COQ (chanter le). Se dit d'une poule qui imite le chant du coq; alors
-elle ne pond plus et on la tue. H.-N.
-
-COQUENNE, espèce de viorne qu'on cultive dans les jardins sous le nom de
-boule-de-neige. On se sert des rejetons pour en faire des colliers qui,
-dit-on, préservent les jeunes chiens de la maladie. Selon M. L. Delisle,
-l'érable aurait été quelquefois appelé _coquêne_ (_Etudes sur la
-condition de la classe agricole_, page 353).
-
-COQUERON, petit _coquet_.
-
-COQUET, petite veillote; petit coq.
-
-CORAPRENANT, crêpes. Se dit pour _carême-prenant_ parce qu'on en fait
-beaucoup à l'approche du carême.
-
-CORDE, mesure de bois à brûler formant à peu près deux stères.
-
-CORDER, mettre en corde.
-
-CORDES EN BRANLENT (les), pour dire qu'une chose va arriver. Ex.: Il
-n'est pas encore deux heures, mais _les cordes en branlent_. H.-N.
-
-CORE, encore. P.
-
-CORET, encrier de corne.
-
-CORNAILLES, pommes à cidre, précoces, de mauvaise qualité.
-
-CORNAILLES, nom par lequel on désigne toute espèce de corneilles et de
-corbeaux.
-
-CORNICHON, espèce de pomme de terre qui a la forme des petits concombres
-qu'on fait confire dans le vinaigre. On emploie aussi ce mot, en
-mauvaise part, en parlant d'une personne. Ex.: C'est un _cornichon_.
-
-CORNOITE, espèce d'échaudé formé d'une pâte tressée et très-légère.
-
-CORPORANCE, corpulence.
-
-CORSELET, corset. H.-N.
-
-CORSET, jupe. H.-N.
-
-COS, cou.
-
-COS (n'être pas lourd à), être souffrant et chétif.
-
-COS (tirer du), vomir.
-
-COSSART, colza. H.-N.
-
-COSSU, homme riche, opulent. P.
-
-COTENT, content. H.-N.
-
-COTRET (huile de), coups de bâton. Ex.: Donnez-lui de l'_huile de
-cotret_, s'il va mal.
-
-COUANNE, couenne. H.-N.
-
-COUCHETTES, langes.
-
-COUCOU, expression employée quand on éteint une chandelle ou une lampe.
-
-COUCOU (bran de), gomme qui découle du merisier. Les enfants s'imaginent
-que c'est l'excrément du coucou.
-
-COUDRE, coudrier.
-
-COUINCHE, homme rusé, qui manque de franchise.
-
-COULAGE, détournements, soustractions, dissipations qui se font dans une
-maison, par défaut de soin et de surveillance. H.-N.
-
-COULANT D'EAU, fossé servant à l'écoulement des eaux. H.-N.
-
-COULAS, Nicolas.
-
-COULEUX, filtre en crin ou en toile claire qui sert à passer le lait
-quand on vient de le traire.
-
-COUP (à), en temps opportun. B.-N.
-
-COUP (donner un), causer une surprise pénible. H.-N.
-
-COUP-D'A-CHEVAL, verre d'eau-de-vie qu'on prend au moment de monter à
-cheval.
-
-COUPLET, cime d'un arbre, faîte d'un édifice. B.-N. P.
-
-COUR, enclos dans lequel se trouvent les bâtiments et les bestiaux d'une
-ferme. H.-N.
-
-COURAIE, intestins d'un animal; ce qui comprend le coeur, le foie, les
-poumons, etc.
-
-COUREUX, porc qui vit en liberté en attendant qu'on l'engraisse pour la
-boucherie. H.-N.
-
-COURIACHE, coriace, fort, vigoureux. P.
-
-COURIAS, Voy. _Couriache_.
-
-COURIETTE, lanière de cuir qui sert de cordon aux souliers ou qui se
-trouve à la poignée d'un bâton de voyage.
-
-COURIR. Se dit d'un vase qui laisse échapper le liquide. H.-N.
-
-COURS DE VENTRE, diarrhée.
-
-COURTE BOTTE, petit homme. Guillaume-le-Conquérant avait donné lui-même
-ce sobriquet à son fils Robert. H.-N.
-
-COUTEAU (pommes à), pommes de dessert.
-
-COUTE QUI COUTE, coûte que coûte.
-
-COUTET, couteau.
-
-COUTEUX, dispendieux; irritable, d'une humeur difficile. H.-N.
-
-COUTIAU, couteau, P.
-
-COUTIAUX, rayons de cire et de miel formés par les abeilles.
-
-COUTRE, bedeau.
-
-COUTURIER, tailleur. H.-N.
-
-CRACHE, crasse, graisse. P.
-
-CRACHÉ (tout), d'une parfaite ressemblance. En parlant d'un portrait
-bien exécuté, on dira du sujet qu'il représente: _C'est lui tout
-craché_.
-
-CRACHINAGE, pluie fine. B.-N.
-
-CRACHINER. Se dit d'une pluie fine qui tombe avec peu d'abondance.
-
-CRACHOTTER, cracher fréquemment.
-
-CRAIRE, croire.
-
-CRAMILLIE, crémaillière.
-
-CRAN, entaille.
-
-CRANE, bon, beau. Ex.: Voilà de _crâne_ bière.
-
-CRANE, fier. B.-N.
-
-CRANE (faire son), faire l'important.
-
-CRANQUE, crampe.
-
-CRAPE, salissure.
-
-CRAPEUX, sale. P.
-
-CRAPOUD, crapaud.
-
-CRAPU (homme), trapu.
-
-CRAQUER, mentir. B.-N.
-
-CRAQUEUR, menteur.
-
-CRASSETTE, pomme à cidre. P.
-
-CRAVACHONNIER, prunier non greffé.
-
-CRAVACHONS, prunes sauvages.
-
-CRÉMILLIE, crémaillière.
-
-CRÉMILLIE (pendre la), donner à dîner à ses amis quand on habite une
-nouvelle maison.
-
-CREMILLON, petite _crémillie_.
-
-CRÉPETTES, pâte très-délayée, composée de farine, d'oeufs et de lait,
-qu'on fait cuire dans une poêle, à l'époque des Rois et du mardi-gras.
-
-CRÈQUES, fruits de l'épine noire.
-
-CRESSANE (poires de), poires de crassane.
-
-CRÊTELER. Se dit d'une femme qui parle haut et crie comme une poule.
-
-CRÉTIR, frissonner. H.-N.
-
-CRÉTON, résidu du suif quand il est fondu et pressé; c'est une
-excellente nourriture pour les chiens.
-
-CRÉVÉ, fatigué, épuisé par le travail. S'emploie encore comme synonyme
-de _mort_, en parlant des animaux. On s'en sert aussi, en mauvaise part,
-en parlant des personnes. Ex.: Il est _crévé_ comme un chien.
-
-CRÉVER, mourir.
-
-CRÉVON, chevron. H.-N.
-
-CRI, chercher, quérir. Ex.: Allez _cri_ du pain.
-
-CRIGNIACHE, chevelure mal soignée. B.-N.
-
-CRIGNES, mauvaises herbes qui s'accrochent aux dents des herses.
-
-CRIQUET, grillon.
-
-CRISTÈRE, clystère.
-
-CROCHE, crosse.
-
-CROCHER (se), se donner le bras en promenade.
-
-CROCHUIRE, rendre une chose crochue. H.-N.
-
-CROCS. On désigne sous ce nom les dents des chiens, chats, loups,
-renards, etc.
-
-CROTE, croûte.
-
-CRUCHE, croissance, en parlant d'un enfant. Ex.: Il a fait sa _cruche_
-trop vite.
-
-CRUE. Voy. _Cruche_.
-
-C'T', cet, cette, devant une voyelle.
-
-C'TE, cette, devant une consonne.
-
-C'T'ÉLA, celle-là.
-
-C'T'ILA, celui-là.
-
-C'T'ICHITE, celui-ci, celle-ci.
-
-ÇU, ce.
-
-CUIROT, morceau de cuir qui supporte le battant des cloches.
-
-CULAS, bâtiments où l'on engrange les gerbes de blé, d'avoine, etc. Ce
-mot se trouve dans un acte de 1395 (_Notes sur les communes de l'Eure_,
-par M. A. Le Prevost, p. 97).
-
-CULEUVRE, couleuvre. H.-N.
-
-CULOT, cul d'un enfant; ce qui reste de tabac au fond de la pipe.
-
-CULOTTE (faire une), gagner sans interruption trois parties de domino,
-de cartes.
-
-CULOTTE (avoir, se donner une), se soûler.
-
-CULOTTES (mes), ma culotte, quand il ne s'agit que d'une seule.
-
-CURAI, curé.
-
-CURAI (monsieur le), nom qu'on donne à tout ecclésiastique revêtu d'une
-soutane.
-
-CURIOSITAI, curiosité.
-
-
- D
-
-D', de. P.
-
-DADA, cheval; expression enfantine.
-
-DALE, évier, lien où on lave la vaisselle et d'où l'eau s'écoule par un
-trou pratiqué dans la muraille. P. B.-N.
-
-DALOT, petit conduit pour l'écoulement des eaux. H.-N.
-
-DAMAGE (c'est), c'est fâcheux.
-
-DAME, femme de qualité ou qui affecte des manières hautaines. Ex.: Elle
-fait la _dame_.
-
-DAN-DAN (aller au). Se dit aux petits enfants pour signifier: Aller aux
-offices de l'Eglise. C'est une onomatopée formée par allusion au son des
-cloches.
-
-DANSPAROU, ou, à quel point, à quelle place. Ex.: _Dansparou_ as-tu
-fauché?
-
-DARDILLON, aiguillon d'une boucle.
-
-DAUBÉE, volée de coups de bâton. B.-N.
-
-DAUBER, donner une _daubée_.
-
-DAUDINER (se), se dandiner.
-
-DÉBAGOULER, vomir. H.-N.
-
-DÉBALLER (se), se décourager.
-
-DÉBARRAS, cessation d'embarras. Ex.: Il est parti, c'est un bon
-_débarras_ pour moi. H.-N. P.
-
-DÉBAUCHER (se), se décourager. H.-N.
-
-DÉBATISER (se), se donner beaucoup de peine pour faire croire ou
-comprendre une chose.
-
-DÉBERNÊQUER, démonter, renverser, tirer d'un mauvais pas. B.-N.
-
-DÉBILLER, déshabiller. P.
-
-DÉBISTRAC, en mauvais état.
-
-DÉBINE (être dans la), être à moitié ruiné. P. B.-N.
-
-DÉBITER DU BOIS, le scier, le préparer pour la charpente, la menuiserie,
-etc. H.-N.
-
-DÉBLAI (bon). Voy. _Débarras_. P.
-
-DÉBLOUGUER, déboucler.
-
-DÉBOULER, quitter son gîte. Ex.: Il m'a _déboulé_ un lièvre aux pieds.
-B.-N.
-
-DÉBRICOLER, ôter la bricole d'une vache. H.-N.
-
-DÉBUQUER, partir, sortir.
-
-DÉCAINER, déchaîner. P.
-
-DÉCALIFOTER, ôter une noix ou autre fruit de son enveloppe.
-
-DÉCANILLER, décamper, fuir comme un chien. B.-N. P.
-
-DÉCARCANER, ôter le _carcan_ d'un cochon. H.-N.
-
-DÉCARÊMER (se), prendre un bon repas après le carême. P.
-
-DÉCARPILLER, séparer, démêler. P.
-
-DÉCAUCHER, déchausser. Se dit aussi des chevaux qui perdent leurs dents
-de lait.
-
-DÉCESSER (ne pas), ne pas cesser. Ex.: Il ne _décesse_ de pleurer. P.
-H.-N.
-
-DÉCLAQUER, tomber rudement; parler sans ménagement. P.
-
-DÉCOCTION, maladie. H.-N.
-
-DÉCOMMANDER, contremander.
-
-DÉCOMPOTER, changer le temps de l'engrais des terres et le mode des
-semences. P.
-
-DÉCONFORTER (se), s'affliger outre mesure. P.
-
-DÉCRAMPIR (se), se délasser. P.
-
-DÉCRAPÉ, nettoyé. Se dit aussi d'un enfant malheureux qui prend des
-habitudes de propreté.
-
-DÉCRAPER, nettoyer. P.
-
-DÉCROUER, tomber ou faire tomber de haut. B.-N.
-
-DÉDRAGUER, délayer, réduire en marmelade.
-
-DÉCULOTTER (se), se dit d'un homme qui se sépare de biens d'avec sa
-femme pour éviter la poursuite des créanciers. L'épouse administre alors
-en son nom, et les créanciers n'ont plus aucun recours. Souvent cette
-formalité n'est pas exempte de fraude, et c'est ordinairement l'art
-légal de ne point payer ses dettes.
-
-DÉFAIRES, habits qui ne servent plus et qu'on donne aux malheureux.
-H.-N.
-
-DÉFAITE (animal de), facile à vendre. H.-N.
-
-DÉFECTIF (enfant ou animal), dissimulé, qui a des défauts. H.-N.
-
-DÉFICELER, délier ce qui est lié par une ficelle.
-
-DÉFILOQUÉ (vêtement), usé, éraillé, qui montre la corde ou le fil. H.-N.
-
-DÉFOURRURES, gerbées qui ont été épluchées par les moutons.
-
-DÉFRISÉ, contrarié. P.
-
-DÉFULER, décoiffer. H.-N. P.
-
-DÉFUNT, feu. Ex.: _Défunt_ son père.
-
-DEGAINE, tournure, manières. Se prend toujours en mauvaise part. P.
-
-DÉGANCER, tirer de l'argent de sa bourse.
-
-DÉGANER, se moquer de quelqu'un en imitant ses actes ou ses paroles.
-
-DÉGELÉE, rossée. P.
-
-DÉGUEULER, vomir.
-
-DÉGOBILLER, vomir, rendre les _gobes_ qu'on a prises. P.
-
-DÉGOISER, parler vite et longtemps. P.
-
-DÉGOMMÉ, destitué.
-
-DÉCOTER, voler.
-
-DÉGOULER, vomir. H.-N.
-
-DEGOUTINS, eau qui tombe d'une couverture.
-
-DÉGRIER, dégringoler, glisser.
-
-DÉGROULER, crouler, tomber. B.-N. H.-N.
-
-DÉGUISER (se), se masquer au temps du carnaval.
-
-DEHOQUER, décrocher. P.
-
-DÉHOUSILLER (se), sortir d'un lieu.
-
-DÉJEUNER-DINANT, déjeuner qui se fait tard et sert de dîner.
-
-DÉJOUQUER, déjucher. On l'emploie aussi comme synonyme de _faire lever_
-un paresseux qui est au lit.
-
-DÉKERPILLER. Voy. _Décarpiller_.
-
-DEL', de la. P.
-
-DÉLACHER, délacer. P.
-
-DÉLICOTÉ, débarrassé de son licou. P. H.-N.
-
-DÉLOQUETÉ, déguenillé. P.
-
-DÉLURÉ, vif, hardi. Ex.: C'est un enfant _déluré_ pour son âge. B.-N. P.
-
-DEMANDER APRÈS QUELQU'UN, demander quelqu'un.
-
-DÉMAQUER, vomir. P.
-
-DÉMARER, partir, sortir. B.-N. P. H.-N.
-
-DEMAUNE, demi-aune.
-
-DÉMENCE (tomber en), tomber en ruines. B.-N.
-
-DEMENTER DE (se), s'occuper de. H.-N.
-
-DÉMENTIBULER, démonter, casser. P.
-
-DÉMETTRE UN MEMBRE (se), se luxer. H.-N.
-
-DEMEURE, habitation sans dépendances, où il y a seulement une ou deux
-pièces pour _demeurer_.
-
-DEMEURÉ, paralysé. H.-N.
-
-DEMIANNE, demi-aune.
-
-DEMIARD, quart de _chopine_. H.-N.
-
-DEMI-GROS, quatre muids. Les aubergistes de Dieppe ont l'habitude
-d'acheter leur cidre au _demi-gros_; et, en dépit de toutes les lois sur
-les nouvelles mesures, ils ne consentent à se livrer dans le pays de
-Bray que dans des pièces frauduleuses qu'ils nomment _tierçons_.
-
-DEMI-HEURE, douze heures et demie. H.-N.
-
-DEMION, deux _demiards_. H.-N.
-
-DEMOISELLE, petite viellote de blé ou autres céréales. B.-N.
-
-DÉMONTER, impatienter. P.
-
-DÉMUCHER, découvrir. P.
-
-DÉNOQUER (se), se développer; en parlant des enfants qui grandissent.
-H.-N.
-
-DÉPATICHER, défricher un _pâtis_ pour le mettre en culture.
-
-DÉPENDEUX D'ANDOUILLES (grand), homme mince et grand, se tenant mal. P.
-
-DÉPENSE, lieu où l'on serre le laitage. P.
-
-DÉPERSUADER, dissuader.
-
-DÉPIAUCER, écorcher.
-
-DÉPICHER, démonter, détruire, découdre. Ex.: _Dépichez_ cette redingote
-pour en faire un habit-veste. H.-N.
-
-DÉPITER, défier. B.-N.
-
-DÉPORTER DE SA PAROLE (se), se dédire. P.
-
-DÉPOTER, tirer le cidre que contient un tonneau. P. H.-N.
-
-DÉPOTEUX, grosse _chanpleure_ en cuivre qui sert à tirer le cidre dans
-des seaux.
-
-DÉPOTEYER, tirer du cidre d'un tonneau pour le mettre dans un autre.
-Vient probablement de l'ancien usage de tirer le cidre ou le vin dans un
-pot pour l'emporter.
-
-DÉRACHINER, déraciner.
-
-DÉRAIN, dernier. P. B.-N.
-
-DÉRAQUER, tirer d'un bourbier, d'un mauvais pas. H.-N.
-
-DERLINDER, agiter une clochette.
-
-DERRIÈRE (en), en cachette. P.
-
-DERRIÈRE (faire du), dépenser en secret, tromper ses maîtres.
-
-DÉRUNNÉ, atteint de diarrhée.
-
-DÉS, des.
-
-DÉSAILLÉS (habits), hardes usées. H.-N.
-
-DÉSARGENTÉ (être), n'avoir plus d'argent. P.
-
-DESCENTE, hernie. H.-N.
-
-DÉSHABILLER. Voy. _Dépiaucer_.
-
-DÉSIGNALEMENT, signalement. H.-N.
-
-DÉSORCELÉ, désensorcelé.
-
-DESSAISONNER, changer l'assolement d'une pièce de terre. H.-N.
-
-DESSAQUER, faire sortir d'un lieu.
-
-DESSAQUETER (se), quitter une place. P.
-
-DESSAQUETER, tirer d'un sac.
-
-DESSOLER. Voy. _Dessaisonner_.
-
-DESSOULER, cesser d'être soûl. H.-N.
-
-DESSOUS (personne en), dissimulée.
-
-DESSOUS (sens dessus), renversé, en désordre.
-
-DÉTEINDRE, éteindre. P.
-
-DÉTENTION D'URINE, rétention d'urine. H.-N.
-
-DÉTEURDRE, détordre.
-
-DÉTOMBIR (faire), mettre chauffer un liquide jusqu'à ce qu'il soit
-tiède.
-
-DÉTOURBER, déranger, interrompre. Du latin _disturbare_.
-
-DÉTRIER, trier, choisir. P. Ce mot vient peut être du latin _trahere
-de_, tirer de.
-
-DEUILER, souffrir, languir. H.-N. Du latin _dolere_.
-
-DEUSSE, deux. P.
-
-DEUX-SOU (un), pièce de dix centimes.
-
-DEVALLER, descendre. P.
-
-DEVANCHER, devancer. P.
-
-DEVANT QUE, avant que. P.
-
-DEVENIR (bien ou mal se), se développer. En parlant d'un enfant ou d'un
-animal. B.-N.
-
-DÉVISAGER, regarder quelqu'un fixement, d'une manière importune. H.-N.
-
-D'HEURE, de bonne heure. Ex.: Il n'est pas d'_heure_, c'est-à-dire: Il
-est tard.
-
-DIA, mot dont les charretiers se servent pour faire aller les chevaux à
-gauche; c'est le contraire de _huot_. P. Un docteur a prétendu que
-Balaam s'était servi du mot _dia_, pour faire avancer son ânesse qui
-s'appelait _Logos_. Comme la pauvre bête se mit alors à parler à son
-maître, qui la maltraitait, notre docteur a été assez heureux pour
-trouver là l'étymologie du mot Dialogue, _discours à deux_.
-
-DIABLE (bon ou mauvais), bon ou mauvais garçon.
-
-DIABLE (bran de), _assa fetida_. Ainsi nommé à cause de sa mauvaise
-odeur.
-
-DIANTRE! diable!
-
-DIEU PLAIT (si), s'il plaît à Dieu.
-
-DIGONNER, importuner, travailler lentement. P. H.-N.
-
-DIGUER, piquer. B.-N.
-
-DIGUET, bâton pointu, long de 50 à 60 centimètres, qui sert à ramasser
-le blé pour l'engerber.
-
-DINDE (un), une dinde.
-
-DINDE (grande), femme de haute taille; terme de mépris. P.
-
-DINDOT, dindon.
-
-DIO, Voy. _Dia_.
-
-DIOT, idiot, simple. H.-N.
-
-DIOTISE, bêtise, simplicité. H.-N.
-
-DISCOMPTE, escompte. H.-N.
-
-DISCOMPTER, escompter. H.-N.
-
-DISCRÉDITÉ, décrédité.
-
-DISPUTER, gronder, être en colère. B.-N.
-
-DIZIAU, dizeau, réunion de dix gerbes.
-
-D'L', de, de la.
-
-DODO, lit. P. Espèce de camisole.
-
-DODO (faire), dormir.
-
-DOGUE, patience, plante.
-
-DOLER, équarrir, préparer le bois avec une hache ou autre instrument
-tranchant.
-
-DORÉE, tartine couverte de beurre, de fromage, de confitures, etc. B.-N.
-
-DORER, étendre une pâte quelconque sur un objet.
-
-DORLOTER, traiter, élever un enfant avec soin. P.
-
-DORMEUSE, coiffure de femme. La _dormeuse_ se distingue du _pierrot_, en
-ce qu'elle ne se prolonge point en arrière et qu'on la noue sous le
-menton.
-
-DOSSES, premières planches de l'arbre où se trouve l'aubier et
-quelquefois une portion d'écorce.
-
-DOUCHE, douce.
-
-DOUCHEUR, douceur.
-
-DOUCHINER, entourer de petits soins. H.-N.
-
-DOUILLE, rossée. P.
-
-DOUILLER, battre. P.
-
-DOULIANT, douloureux, sensible.
-
-DOUTANCE, doute. P.
-
-DOUX-LEVÉ (pain), dont la pâte n'a pas suffisamment levé et dont la
-croûte forme des espèces de cloches. P.
-
-DRAGIE, mélange de vesce et d'avoine qu'on sème au printemps.
-
-DRAGIES, dragées.
-
-DRAME, prise; en anglais, le mot _dram_ signifie _petite quantité_.
-
-DRAMER, priser, aspirer par le nez.
-
-DRÉCHER, dresser. P.
-
-DRÈS, DRÈS QUE, dès, dès que.
-
-DRET, droit. P.
-
-DRET (tout), justement.
-
-DRET DE (au), vis-à-vis. H.-N.
-
-DRET-NOEUD, double noeud. B.-N.
-
-DRIAN, DRIEN, Adrien.
-
-DROGUE, mauvaise marchandise.
-
-DROGUER, attendre longtemps. P. B.-N.
-
-DROLESSE, femme hardie. H.-N.
-
-DROUILLE, boue, sauce trop claire.
-
-DRUIRE; en parlant des oiseaux qui commencent à avoir des plumes.
-
-D'S', des, devant une voyelle.
-
-DU DEPUIS, DU DEPUIS QUE, depuis, depuis que. H.-N.
-
-DUIRE, corriger, réformer; du latin _ducere_, conduire. P.
-
-DUMET, duvet. B.-N.
-
-DURANT QUE, pendant que.
-
-
- E
-
-EAU (lâcher de l'), pisser.
-
-ÉBAQUER, effondrer.
-
-ÉBERDOUILLER, écraser entièrement.
-
-ÉBERLUCHER, élever. Ex.: Voilà ses enfants _éberluchés_.
-
-ÉBERNER, nettoyer les vêtements d'un enfant _berneux_. P.
-
-ÉBLAIRER, regarder avec une sotte curiosité ce que font les autres.
-
-ÉBLUER, éblouir. En parlant d'un enfant qui trouve moyen de s'échapper
-sans être vu, on dira: Il a _éblué_ sa mère.
-
-ÉBOUILLI, très-échauffé.
-
-ÉBRANCAGES, branches coupées en _ébranquant_.
-
-ÉBRANQUER, ébrancher.
-
-ÉBREUILLER, écraser, faire sorter les _breuilles_.
-
-ÉBRITER, ébruiter, faire connaître.
-
-ÉBROUER, renvoyer, chasser, effrayer.
-
-ÉCABOCHER, donner un coup à la tête. P.
-
-ÉCAILLER, chasser, renvoyer. Ex.: _Écaillez_ donc ces gamins-là.
-
-ÉCALES, cosses de pois, de fèves, etc.
-
-ÉCALER, écosser, écorcher un bouton. P.
-
-ÉCALIFOTER, retirer des noisettes de l'enveloppe membraneuse qui les
-recouvre en partie.
-
-ÉCALUER, ramasser les cailloux d'une pièce de terre.
-
-ÉCARBOUILLÉ, éveillé, vif. P.
-
-ÉCARBOUILLER, étendre la braise et les charbons de l'âtre pour mieux se
-chauffer.
-
-ÉCARBOUILLER (s'). En parlant du temps qui devient moins mauvais, on dit
-qu'il s'_écarbouille_.
-
-ÉCARDONNER, arracher les _cardons_ d'un champ. P.
-
-ÉCARDONNETTE, chardonneret. Ce mot semble tout-à-fait indiquer l'action
-de cet oiseau lorsqu'il _écardonne_, c'est-à-dire lorsqu'il tire la
-graine du chardon pour en faire sa nourriture.
-
-ÉCARPILLER, démêler, diviser des flocons de laine, de crin, etc.
-
-ÉCART (faux). On donne ce nom à diverses maladies des chevaux, notamment
-à la tension des tendons.
-
-ÉCAUDER, échauder.
-
-ÉCAUFFER, échauffer.
-
-ÉCHANGER, laver le linge avant de le mettre à la lessive. H.-N.
-
-ÉCHARPE, écharde.
-
-ÉCHAUFFÉ (homme), gai; état voisin de l'ivresse.
-
-ÉCHENAILLER. Voy. _Chenailler_.
-
-ÉCHERTER, couper les rouces et les branches inutiles au pied d'une haie
-ou dans un bois. Semble venir de _exarare_, défricher, piocher,
-essarter.
-
-ÉCHETER, éparpiller.
-
-ÉCHIGNÉ, fatigué.
-
-ÉCHIGNER (s') s'exténuer.
-
-ÉCHIMER, essaimer.
-
-ÉCLAQUER A RIRE (s'), se prendre soudainement a rire très-fort.
-
-ÉCLATER DE RIRE, rire très-fort. H.-N.
-
-ÉCLÉYER (s'), se dit d'une cuve ou d'un tonneau dont les douves se
-disjoignent par suite de la chaleur. P.
-
-ÉCLIPPER, éclabousser. B.-N.
-
-ÉCLOPPÉ, un peu malade.
-
-ÉCOEURÉ (bois), bois auquel on a enlevé l'aubier.
-
-ÉCOLAGE, rétribution due au maître d'école. P.
-
-ÉCONDIRE, nier ce que dit une personne; _dire contre_.
-
-ÉCORCHE, écorce. P.
-
-ÉCORCHEUX, écorcheur. P.
-
-ÉCORER, étayer.
-
-ÉCORER (s'), employer toutes ses forces à une chose.
-
-ÉCORNIFLEUX, écornifleur.
-
-ÉCOSSIN, demi-botte de foin ou de paille. En Bourgogne, on désigne sous
-le nom d'_écoussei_ les batteurs en grange.
-
-ÉCOSSINS, bottes de paille formées des tiges de blé qui ne sont point
-propres à faire des gerbées.
-
-ÉCOUCHER, briser le chanvre ou le lin. P.
-
-ÉCOUPLER, retrancher le _couplet_ d'un arbre. H.-N.
-
-ÉCOURTER, couper la queue.
-
-ÉCRABOUILLER, écraser. B.-N.
-
-ÉCRAMER, écrémer. P.
-
-ÉCRÉVICHE, écrevisse. P.
-
-ÉCUEILLIR (s'), prendre son élan pour sauter. H.-N.
-
-ED', de. P.
-
-EDPIS, depuis. P.
-
-EDSOUS, dessous. P.
-
-EFFONDRÉE, effrondrement.
-
-EFFOUQUER, effaroucher. H.-N.
-
-EFFOUTAILLER, chasser, effrayer.
-
-EFFRONTER, intimider une personne pour lui faire avouer la vérité.
-
-EFFROUER, émietter. P.
-
-ÉGALIR, unir, aplanir. P.
-
-ÉGASILLER (s'), écarter les jambes.
-
-EGNIME, énigme.
-
-ÉGOHIN, petite scie à l'usage des greffeurs.
-
-ÉGOSILLER (s'), s'user le gosier à force de crier. B.-N.
-
-ÉGRAFIGNER, égratigner. P.
-
-ÉGROULER, écrouler. H.-N.
-
-ÉGUEULER, casser le haut d'un vase. P.
-
-ÉHOUPPER, battre le bout des épis d'une gerbe sans la délier. P. Enlever
-la _fleurette_ dès qu'elle est formée sur le lait.
-
-EJ', je. P.
-
-ÉKELLE, échelle. P.
-
-EL, le, la. P.
-
-ELÇON, leçon.
-
-ÉLINGOIRE, fronde.
-
-ÉLINGUÉ, élancé, grand, fluet.
-
-ÉLINGUER, lancer. P. Se dit surtout d'une pierre lancée avec une fronde
-ou d'une pomme avec un bâton pointu.
-
-ÉLISA, Élisabeth.
-
-ÉLUGEMENT, tracas, bruit étourdissant.
-
-ÉLUGER, contrarier, ennuyer par ses paroles ou le bruit qu'on fait.
-
-EM', ma, me. P.
-
-ÉMAGLER, écraser un fruit.
-
-EMBAGUEMENT, action d'_embaguer_.
-
-EMBAGUER, faire les achats de bagues et autres joyaux pour une personne
-avec laquelle on est sur le point de se marier.
-
-EMBARBOUILLER, barbouiller, salir; embrouiller.
-
-EMBARQUÉ, se dit d'un cheval ou autre animal qui a pris trop de
-nourriture.
-
-EMBARRAS (faire ses), faire l'important. H.-N.
-
-EMBERLIFICOTER, habiller d'une manière incommode et ridicule. B.-N.
-Séduire par des paroles trompeuses. P.
-
-EMBERNÉQUER, salir, encombrer, couvrir.
-
-EMBLAYER, embarrasser, emplir un vase ou un appartement. P.
-
-EMBOUCHÉ (mal), qui tient des propos grossiers. H.-N.
-
-EMBRACHER, embrasser.
-
-EMBRÊLER, mettre la _bricole_ à une vache.
-
-EMBRICOLER, Voy. _Embrêler_.
-
-ÉMEUCHER, épointer.
-
-ÉMILER, émier, rendre menu comme la graine de mil.
-
-EMN', mon, ma, devant une voyelle. P. Voy. _Man_.
-
-ÉMOUQUER, chasser les mouches. P.
-
-ÉMOUQUET, nom par lequel on désigne les petits oiseaux de proie, tels
-que l'obereau, l'épervier, etc.
-
-ÉMOUSTILLER, rendre de bonne humeur. P.
-
-ÉMOUTURAGE, produit que le meunier retire des grains portés au moulin.
-
-ÉMOUTURER, se dit du grain que prend le meunier pour se payer en nature
-des droits qui lui sont dus par ceux qui font moudre à son moulin.
-
-EMPALER, rendre noir.
-
-EMPATÉ (coq), auquel on donne la pâtée.
-
-EMPLIR, laisser pénétrer de l'eau dans ses chaussures en marchant dans
-des chemins boueux.
-
-EMPOISONNER, puer. Ex.: Cette viande _empoisonne_.
-
-EMPUANTER, empuantir.
-
-EMPUNANTER, remplir de mauvaises herbes. Ex.: Ce champ est _empunanté_
-d'ivrate.
-
-ÉMUTION, émotion. H.-N.
-
-EMBOISSONNER (s'), s'enivrer habituellement.
-
-ENCAGNOLER, mettre une _cagnole_ airs porcs pour les empêcher de passer
-à travers les haies.
-
-ENCARCANER, mettre un _carcan_. H.-N.
-
-ENCARVALLER, mettre à califourchon.
-
-ENCAUCHUMER, imprégner le blé d'eau de chaux avant de le semer.
-
-ENCHAULER, ENCHAUSUMER. Voy. _Encauchumer_.
-
-ENCHIFRENÉ (n'être pas), avoir de l'esprit, trouver de fines reparties.
-
-ENCLUMME, enclume.
-
-ENCONTRE, contre. B.-N.
-
-ENCONTRE (à l'), contre.
-
-ENCORSER, manger ou boire avec répugnance; se mettre _en corps_. Ex.: Il
-n'a pu _encorser_ sa médecine.
-
-ENCRAPER, rendre crasseux. P.
-
-ENCROUER, mettre dessus. B.-N.
-
-EN DESSOUS (personne), sournoise. P.
-
-ENDÉVER (faire), contrarier, harceler. P. H.-N.
-
-ENDIGUER, percer un objet avec une aiguille, une alêne.
-
-ENDIMANCHÉ, vêtu de ses habits du dimanche.
-
-ENDIZELER, mettre en dizeau. P.
-
-ENDOS, terre labourée un peu en dos d'âne pour faciliter l'égoût de
-l'eau dans les sillons qui se trouvent de chaque côté.
-
-ENDURANT, patient. H.-N.
-
-ENDURANT (mal), sans patience.
-
-ENFÉNOUILLÉ, enveloppé, enfoncé dans. Ex.: _Enfénouillez_ bien vos pieds
-dans le foin pour ne point avoir froid.
-
-ENFÉRONNER, passer un _féron_ dans le nez des porcs pour les empêcher de
-remuer la terre, avec leur grouin, dans les herbages.
-
-ENFILOQUER (s'), en parlant des céréales dont la tige pousse trop menue,
-comme si l'on disait pousser en forme _de fil_. H.-N.
-
-ENFIQUER, ficher en terre. P. Dans un compte des dépenses faites pour
-les vignes de l'archevêque de Rouen, en 1409-1410, on trouve une somme
-pour _deffiquer_ et _fiquer_ les échalas (_Etudes sur la condition de la
-classe agricole_, par M. L. Delisle, pag. 453 et 460).
-
-ENFIQUES, branches sèches propres a faire une haie.
-
-ENFISTOLER, habiller sans goût.
-
-ENGAGNE, contrariété, chagrin mêlé de haine.
-
-ENGAGNER, endêver.
-
-ENGAMBER, enjamber. P.
-
-ENGAVÉ, se dit d'une volaille dont la nourriture, prise en trop grande
-quantité, ne digère point.
-
-ENGEOLER, tromper à l'aide de fausses promesses. P. H.-N.
-
-ENGUERBER, engerber, mettre en gerbe.
-
-ENGUEULER, dire des injures. P.
-
-ENGUEUSER, tromper par de belles paroles. H.-N. P.
-
-ENHAIR, toucher les oeufs, les petits, ou seulement le nid d'un oiseau,
-de manière à en éloigner le père et la mère, et les porter à _haïr_ leur
-nid, parce qu'il a été dérangé.
-
-ENHEULIER, administrer le sacrement de l'extrême-onction, oindre
-d'_huile_ bénite.
-
-ENHOQUE, accroc. H.-N.
-
-ENHOQUER, accrocher.
-
-ENHUI, aujourd'hui. P. Voy. _Anuit_.
-
-ENLICOTER, mettre un licou.
-
-ENMITOUFFLER (s'). Voy. _Amitouffler_. P.
-
-ENNERSÉ, se dit du feu qui brûle bien. P. On le dit aussi d'un chien
-irrité contre un animal: On l'a _ennersé_ contre cette vache.
-
-ENPAROLÉ (mal), qui dit de mauvaises paroles; _mal en paroles_.
-
-ENPÊQUÉ (cheval), pris dans ses traits.
-
-ENPRÈS (d'), auprès. H.-N.
-
-ENRAQUÉ, embourbé. P.
-
-ENRAYER, faire le premier sillon; placer une perche à une voiture, de
-manière à empêcher la roue de tourner. On usait fréquemment de ce moyen,
-il y a une trentaine d'années, dans les temps de gelée et dans les
-descentes, pour empêcher les voitures de forcer les chevaux; mais,
-depuis cette époque, on a inventé un mécanisme fort simple, beaucoup
-plus propre à éviter les accidents. Voy. _Mécanique_.
-
-ENROUTER, mettre en chemin.
-
-ENSAYER, essayer.
-
-ENTAME, premier morceau d'un pain.
-
-ENTENONNER, fixer une pièce de bois à une autre au moyen d'un tenon ou
-d'une mortaise.
-
-ENTENTE, jugement, intelligence. Ex.: Cet enfant a de l'_entente_. B.-N.
-
-ENTENTION, attention, prévenance. H.-N.
-
-ENTÊTER, donner le mal de tête. Ex.: L'odeur des fleurs m'_entête_.
-H.-N.
-
-ENTINCHER, exciter, surtout par gestes, à jouer ou à plaisanter.
-
-ENTIQUE, manière, moyen de réussir. Ex.: Il ne pouvait d'abord ouvrir la
-porte, mais il connaît maintenant l'_entique_.
-
-ENTIQUER, jeter dans, adresser.
-
-ENTOMBI, engourdi.
-
-ENTOMMI. Voy. _Entombi_.
-
-ENTONNER (s') en parlant du vent qui souffle par une avenue, une fenêtre
-ou une porte ouverte. H.-N.
-
-ENTORTILLER. Voy. _Engeoler_. P.
-
-ENTOUR, autour. H.-N.
-
-ENTREBAYER, entr'ouvrir.
-
-ENTRE-DEUX (l'), l'espace qui sépare deux choses.
-
-ENVALOIRE, partie du harnais qui sert aux chevaux pour retenir la
-voiture dans les descentes.
-
-ENVELIMER, envenimer.
-
-ENVIER, envoyer. B.-N.
-
-ENVOICHE (que je m'), que je m'en aille. P.
-
-ENVOLÉ, aventurier, étranger dont on ignore l'origine.
-
-ÉPALER, mettre à part le lait d'une vache pour savoir combien elle
-produit de beurre chaque semaine.
-
-ÉPANDRE, éparpiller. Ce mot est très-ancien.
-
-ÉPANI, épanoui. P.
-
-ÉPARTILLER, éparpiller.
-
-ÉPARTIR, éparpiller. H.-N. On se servait anciennement du verbe ESPARTIR
-pour signifier _partager_, _diviser_, etc.
-
-ÉPAULÉE, charge de bois qu'un homme peut porter sur son épaule.
-
-ÉPEQUE, épeiche.
-
-ÉPERSINGLER, frapper dans l'eau pour mouiller ceux qui en sont
-rapprochés.
-
-ÉPEUTER, effrayer. P.
-
-ÉPINE, alépine; étoffe de laine et de soie ainsi nommée parce qu'on la
-fabrique surtout à Alep.
-
-ÉPINGUET, petite branche au bout de laquelle se trouve une épingle
-courbée pour atteindre les oiseaux qui nichent dans les creux d'arbre.
-
-ÉPLÉTANT (travail), qui se fait vite. H.-N.
-
-ÉPLÉTER, travailler vite. H.-N.
-
-ÉPLÉTEUX, espèce d'homme de paille qu'on plaçait, pendant la nuit, dans
-le champ de blé des moissonneurs en retard. Cet usage existait encore il
-y a une trentaine d'années. C'était un aide qu'on accordait aux
-retardataires.
-
-ÉPLINGUER, éclabousser.
-
-ÉPLUQUER, éplucher. P.
-
-ÉPORTÉ (objet), qui n'est plus neuf, qui a _été porté_.
-
-ÉPOUFFÉ, essoufflé. H.-N.
-
-ÉPREVIER, épervier; sorte de filet qui sert à prendre le poisson.
-
-ÉPROUVEUX, qui fait des épreuves en agriculture ou autrement.
-
-ÉQUELETTES, espèce de grands crochets en bois que l'on place de chaque
-côté d'un chenal pour y accrocher des bourrées dans les forêts. H.-N.
-
-ÉRAIGNE, gobe-mouche. Ainsi nommé, parce qu'il se sert de toiles
-d'araignée pour faire son nid.
-
-ÉRÉGNIE, araignée.
-
-ÉREINTÉ (couteau), dont le ressort est cassé ou le clou principal
-ébranlé.
-
-ERNÉ, éreinté, qui marche difficilement comme atteint d'une hernie.
-B.-N.
-
-ERRHES, arrhes. P.
-
-ES', sa; devant une consonne. P.
-
-ESCALIERS. Voy. _Bers_.
-
-ESCARTS (faire des), en parlant d'un cheval difficile qui se cabre et
-gambade.
-
-ESCLANDE, esclandre.
-
-ESCOFIER, tuer. B.-N. P.
-
-ESCOUDET (coup d'), coup de coude. H.-N.
-
-ESCOUER, secouer.
-
-ESCOUETTE, crins réunis autour d'une poignée, dont on se sert pour
-chasser les mouches qui incommodent les chevaux, et pour faire partir la
-poussière qui s'attache au poil.
-
-ESCOUSSE, secousse.
-
-ÉSEULÉ, isolé. H.-N.
-
-ESN', son, sa; devant une voyelle. P.
-
-ESPÉRER, attendre. Ex.: Allez faire votre commission, je vais vous
-_espérer_. H.-N. P.
-
-ESQUELETTE, squelette. H.-N.
-
-ESSAVER, écorcher légèrement. B.-N.
-
-ESSI, essieu.
-
-ESSOMMELER, effrayer.
-
-ESSOUDRE, soulever. B.-N.
-
-ESTAFIER, homme maigre et de petite taille. Se prend toujours en
-mauvaise part.
-
-ESTATUE, statue. H.-N.
-
-EST-CHE? est-ce?
-
-ESTOMAC (mettre dans son), en parlant d'une personne qui place quelque
-chose entre sa chemise et sa poitrine. H.-N.
-
-ESTOMAQUER (s'), se donner beaucoup de peine pour chanter fort ou pour
-faire comprendre une chose. H.-N.
-
-ESTRAMONTADE (perdre l'), perdre la tramontane.
-
-ET', ta; devant une consonne. P.
-
-ÉTABLIR (s'), se marier. H.-N.
-
-ÉTAMPER, mettre son nom ou ses initiales sur un meuble ou un animal,
-avec un fer rouge ou du goudron.
-
-ÉTAMPI, couché, placé à terre. En Picardie, ce mot signifie: _Debout_,
-_dressé_.
-
-ÉTANPER, égaler, rendre de même poids ou de même volume. Nous trouvons
-cette expression dès le XIIIe siècle. L'architecte Villard de
-Honnecourt, après avoir indiqué quatre sortes de plantes qui entrent
-dans l'ordonnance d'un remède pour les blessures, ajoute: _Estanpès ces.
-iiij. erbes, si qu'il n'i ait nient plus de l'une que de l'autre (Notice
-sur l'album de Villard de Honnecourt_, par M. Jules Quicherat, page
-57.--_Revue archéologique_, 6me année).
-
-ÉTAU, cépée ou arbre coupé à quelque distance de la terre.
-
-ÉTAUX, chaume qui reste quand les céréales sont sciées ou fauchées.
-B.-N.
-
-ÈTE, être.
-
-ÉTELÈ, étoilé.
-
-ETN', ton, ta; devant une voyelle. P.
-
-ÉTERNIR, étendre la litière des bestiaux. Du latin _sternere_.
-
-ÊTES, êtres.
-
-ÉTÊTER. Voy. _Écoupler_. H.-N.
-
-ÉTIBO, esquisse de bois. H.-N.
-
-ÉTIMER, étamer.
-
-ÉTOC. Voy. _Etau_. Le mot _estoc_ était fréquemment employé au
-moyen-âge.
-
-ÉTOFFÉ (vêtement), ample. H.-N.
-
-ÉTOQUER (s'). V. _S'écorer_.
-
-ÉTORER, fournir. Voy. _Anger_.
-
-ETOUPÉE, porte qui bouche l'entrée d'un four. H.-N.
-
-ETOURNIAU, étourneau.
-
-ETOUT, aussi; vient peut-être du latin etiam. P.
-
-ETRAMILLER, éparpiller. B.-N.
-
-ETREUNES, étrennes.
-
-ETRIQUER, se dit d'un vêtement trop serré, à travers lequel les os se
-dessinent, _étriquent_.
-
-ETRONGNÉ (habit), trop court. B.-N.
-
-EUCHE, espèce de clé qui traverse le bout de l'essieu afin d'empêcher la
-roue de se dépasser. Depuis les nouvelles lois sur la police du roulage,
-l'_euche_ a été remplacée par un écrou.
-
-EVILLÉ, EVILLOTÉ (enfant), espiègle. H.-N.
-
-EVITER, épargner. Ex.: _Evitez_-moi la peine de sortir.
-
-EXCUSE (demander), demander pardon, faire ses excuses.
-
-EXEMPLE DE (imiter l'), suivre l'exemple de. On imite un exemple
-d'écriture.
-
-EXTERMINER, rouer de coups. P.
-
-
- F
-
-FABRIQUE (être de la), membre du conseil de fabrique d'une église.
-
-FACHON, façon. P.
-
-FACHONS ou FAÇONS (faire des), ne pas vouloir accepter ce que l'on offre
-dans un repas, quoiqu'on ait besoin de manger ou de boire.
-
-FAGOTÉ (mal), habillé d'une manière disgracieuse. H.-N.
-
-FAGOTS (conter des), rapporter de fausses histoires.
-
-FAIGNANT, fainéant. P. H.-N.
-
-FAILLIR, manquer de courage; tomber de faiblesse. Ex.: Le coeur me
-_faillit_.
-
-FAIN, foin.
-
-FAIS, fois; foie.
-
-FAISELLE, lieu où l'on presse les pommes pilées, pour obtenir le cidre.
-H.-N.
-
-FAISELLIER, petite _faiselle_ sur laquelle on met le fromage en presse.
-
-FALBALAS, objets de toilette, tels que robes, bonnets, rubans, etc. A
-proprement parler, ce mot est employé pour désigner l'ensemble d'une
-toilette recherchée, et non pour indiquer le _falbala_ qu'on appelle
-aujourd'hui _volant_. L'etymologie de _falbala_ a été l'objet de bien
-des recherches. «On rapporte, dit Charles Nodier, qu'un prince fort
-spirituel du XVIIIe siècle a inventé le nom de _falbala_...... Il
-visitait une boutique de modes si bien assortie, qu'on ne pensait pas
-qu'il y manquât rien de tous les éléments d'une toilette élégante.
-Décidé à pousser à bout l'imperturbable assurance de la marchande, qui
-était probablement jolie, il forgea dans sa tête le mot le plus bizarre
-qu'il lui fut possible de trouver, et demanda des _falbalas_. Elle se
-hâta de lui présenter cette garniture de robe qui a pris depuis le nom
-de volant, à cause de sa légèreté, et qui se divisait alors par le bas
-en pointes légères et flottantes» (_Notions de Linguistique_, chap. XI,
-note J). Suivant le _Dictionnaire de Trévoux_, l'inventeur du mot serait
-M. de Langlée qui aurait dit à la marchande que cela s'appelait ainsi à
-la cour. A part ce petit conte, Leibnitz, Le Duchat et le président de
-Brosse donnent pour origine au mot _falbala_ l'allemand _faldplat_, jupe
-plissée. M. Hoffmann et M. Eloi Johanneau le dérivent de l'anglais
-_furbelow_, mot composé qui signifie _fourrure en bas_. Boiste et
-Napoléon Landais le font venir du latin _flabella_, éventails, festons,
-etc. (Voir l'_Essai sur le langage_, par M. A. Charma, p. 209 et 306).
-
-FAMELOTTE, petite femme.
-
-FAMEUX, gros, important. Ex.: Voilà un _fameux_ fruit.
-
-FAMINNE, famine.
-
-FANCHON, Françoise.
-
-FANGES, fanes de pommes de terre et des autres plantes légumineuses.
-
-FAQUIN, élégant, habillé avec prétention. P. B.-N.
-
-FARAUD, élégant, qui aime à être bien mis. P. B.-N.
-
-FARCE, farceur. Ex.: C'est un homme _farce_.
-
-FARFOUILLER, chercher en remuant sans précaution. P.
-
-FAUCHILLE, faucille.
-
-FAS, faux, instrument pour faucher.
-
-FAUDE, lieu où se fait le charbon de bois.
-
-FAUQUER, faucher.
-
-FAUQUET (faire le), donner un croc-en-jambe. B.-N.
-
-FAUQUEUX, faucheur.
-
-FAUT (personne comme il), personne honnête.
-
-FAVAS, tiges de fèves dont on a retiré le grain. B.-N.
-
-FEMELLE, femme; souvent en mauvaise part. H.-N.
-
-FENER, faner.
-
-FENTE, terrain qui reste à labourer entre deux _endos_.
-
-FERDAINES, fredaines.
-
-FERLATÉ, frelaté.
-
-FERLÉE, gelée blanche, frimas.
-
-FERLOQUÉS (habits). Voy. _Désaillés_.
-
-FERLUQUET, freluquet.
-
-FERMILLE, fourmi.
-
-FÉRON, fil de laiton.
-
-FERTILLER, fretiller.
-
-FERTIN, fretin.
-
-FESSU (n'être pas bien), être souffrant et malade.
-
-FÉTE, faîte, toit.
-
-FEUILLU, garni de feuilles. P.
-
-FEUMIÈRE. On désigne sous ce nom la fumée qu'on voit sortir du _tuet_.
-
-FEUNNER, faner.
-
-FEURRE, paille. On dit une botte de _feurre_, comme on dit une botte de
-foin. P. B.-N.
-
-FÈVES (grosses), fèves de marais. H.-N.
-
-FICHANT (c'est), c'est contrariant. P. B.-N.
-
-FICHELLE, ficelle.
-
-FICHER, donner. H.-N. P.
-
-FICHER (s'en), s'en moquer. P.
-
-FICHER LE CAMP, s'en aller.
-
-FICHU, perdu, condamné. B.-N. P.
-
-FICH'TRE! juron; exclamation de surprise. H.-N.
-
-FIEFFÉ (menteur, voleur), qui a l'habitude de mentir ou de voler. H.-N.
-
-FIENS, fumier, de _fiente_. Il est souvent question de _fiens_ dans les
-conventions du moyen-âge.
-
-FIER, irascible, _fameux_. P.
-
-FIERCIR (se), se mettre en colère.
-
-FIÈREMENT, beaucoup. P.
-
-FIÉRIR (se), se mettre en colère.
-
-FIÉROT, un peu _fier_. P. H.-N.
-
-FIEUX, fils.
-
-FIÈVES (avoir, trembler les), avoir une fièvre intermittente.
-
-FIGNOLER, s'habiller avec recherche. H.-N. P.
-
-FIGNOLEUX, élégant. B.-N.
-
-FIL (avoir le), s'y bien prendre pour réussir.
-
-FILER, FILER DE BAS, s'échapper furtivement. P.
-
-FILLOLE, filleule. P.
-
-FILLOT, filleul. P.
-
-FIN. Mot explétif qui se met devant un adjectif ou un nom, pour lui
-donner plus de force. Ex.: Il est tombé au _fin_ fond de l'eau.--Il est
-_fin_ bête.--J'en veux tout _fin_ plein ma bouteille. H.-N. P.
-
-FIN (à celle), à cette fin. H.-N.
-
-FIN-FOND (au), tout au fond.
-
-FINI. Adjectif qui se joint à certains mots pour en renforcer le sens.
-Ex.: C'est une canaille _finie_. H.-N.
-
-FINITE, finie. Ex.: Ma tâche est _finite_.
-
-FINOIN, poire à manger, excellente.
-
-FION (avoir le), s'y prendre adroitement pour réussir dans un jeu ou un
-ouvrage des mains. B.-N. P.
-
-FION (donner le coup de), finir un ouvrage, le polir. B.-N. P.
-
-FISÉE, poire dont on fait des confitures.
-
-FISÉE, petits éclats de bois enduits d'argile, qu'on place en travers
-sur les solives pour recevoir l'aire d'un grenier en terre. H.-N.
-
-FISQUER, fixer, regarder. B.-N.
-
-FISSIAU, bâton transversal du bas d'une chaise; de _fuseau_.
-
-FIXER QUELQU'UN, arrêter ses regards sur une personne.
-
-FLABIN. Voy. _Contepet_. H.-N.
-
-FLAINDRE, reculer, ne pas aller franchement. B.-N.
-
-FLAINDRE DU PIED, l'appuyer légèrement et avec précaution, de peur de se
-blesser.
-
-FLAIR, mauvaise odeur. Ex.: Cette viande a du _flair_. P.
-
-FLAIS, fléau a battre le blé.
-
-FLAMBE, flamme. P.
-
-FLAMMER, ouvrir un abcès au moyen d'une flamme. H.-N.
-
-FLAMEUCHE, flammèche.
-
-FLANÉE, causerie familière.
-
-FLANIER, qui aime à aller chez les voisins pour apprendre les nouvelles.
-
-FLANQUET, portion du bas de la chemise qui est fendue de chaque côté.
-H.-N.
-
-FLAQUET, petite flaque d'eau. H.-N.
-
-FLANQUETTE (à la bonne), sans cérémonie, tout bonnement. P.
-
-FLATTER, dénoncer pour faire reprendre ou punir.
-
-FLATTEUX, qui flatte.
-
-FLAUDRÉE, rossée.
-
-FLAUDRER, rosser.
-
-FLÉCHIR, dégeler légèrement.
-
-FLEUR-DE-MAI, pomme à couteau; précoce.
-
-FLEURS D'ORAGE, petits nuages agglomérés qui annoncent l'orage.
-
-FLEURETTE, crême excellente qu'on recueille après douze heures de séjour
-du lait dans la terrine. H.-N.
-
-FLIGÉE (sauce), figée. On dit, en parlant d'une sauce claire et mal
-faite: Celle-là ne _fligera_ pas sur le coeur. H.-N.
-
-FLIPE, punch au cidre; espèce de boisson composée de cidre, d'eau-de-vie
-et de sucre, qu'on prend chaude; de l'anglais _flip_, cordial. B.-N.
-
-FLOBER. Voy. _Flaudrer_. P.
-
-FLORAISON, fleuraison.
-
-FLOTTE, espèce d'anneau plat qui se mettait entre la roue et l'_euche_,
-avant que celle-ci fût remplacée par un écrou.
-
-FOIRE, faire.
-
-FOIRET, forêt.
-
-FOIREUX, qui a la foire. On dit aussi les _foireux_, en parlant de ceux
-qui vont aux foires.
-
-FONÇU, objet creux et plus ou moins profond. H.-N.
-
-FONTANGE, large ruban de soie.
-
-FORBU (cheval), fourbu, qui ne peut continuer sa route, parce qu'on ne
-lui a rien donné à manger, à un lieu où il a l'habitude de s'arrêter. On
-dit aussi d'un homme qu'il a été _forbu_, quand on ne lui a rien offert
-chez une personne où il s'attendait à dîner.
-
-FORCIR, se développer. Ex.: Cet arbre, ou cet enfant, _forcit_. H.-N.
-
-FORGES, forces qui servent à tondre les moutons.
-
-FORGIONS, habitants du canton de Forges.
-
-FORIÈRE, extrémité d'une pièce de terre sur laquelle les chevaux
-tournent à chaque sillon, et qu'on laboure après coup.
-
-FORIÈRES, terres en friche le long des chemins, où les bergers mènent
-paître les moutons. M. A. Le Prevost a trouvé ce mot dans une Charte de
-HENRI II, en faveur de Bondeville. H.-N. On appelle aussi _forières_ les
-chemins qui longent les herbages et les séparent des terres en labour.
-
-FORTUNÉ (homme), riche, qui a de la fortune. H.-N.
-
-FOUAILLER, fustiger. P.
-
-FOUÉE (faire une), mettre le feu à une brassée de bourrée. B.-N.
-
-FOULON, frelon. P. H.-N.
-
-FOURCÉE, portée d'un animal qui met bas; se dit surtout de la truie.
-
-FOURE, excrément, foire. B.-N.
-
-FOUREUX, qui a la _foure_.
-
-FOURQU, fourchu.
-
-FOURQUE, fourche, fourchet. Dans un acte de 1291, il est question d'une
-_fourque à espandre_ le fumier.
-
-FOURQUEFILE, fourche à deux dents de fer, qui sert à donner les gerbes
-au charretier qui charge une charrette ou un chariot. P.
-
-FOURQUET, entre-deux des jambes. On dit aussi le _fourque_. B.-N.
-
-FOURQUETTE, fourche de bois, à deux dents, qui sert pour faner. Dans un
-acte de 1427, il est question de _service de fain, c'est assavoir le
-tiers d'une_ FOURQUETE (_Etudes_, etc., par M. L. Delisle, p. 82). Il
-s'agit probablement ici d'un _tiers de journée_ employé à faner.
-
-FOUTET (petit), petit garçon. P.
-
-FOUTINER, ne point avancer à son travail, s'amuser à des riens.
-
-FOUTINIER, qui s'agite beaucoup et fait peu de besogne.
-
-FOUTRE, donner. Ex.: Il m'a _foutu_ un coup de poing. Ce mot est regardé
-comme grossier, ainsi que les trois suivants.
-
-FOUTRE! juron.
-
-FOUTRE LE CAMP, s'en aller.
-
-FOUTU, perdu sans ressource.
-
-FOYER (mouton), agneau d'un an, qui a été nourri dans les herbages.
-
-FRAIQUE, fraîche, mouillée. P.
-
-FRAIQUIR, fraîchir.
-
-FRAIS, mouillé par la pluie. P.
-
-FRAIS (suivre le), en parlant d'un chien qui suit la trace d'un lièvre
-ou d'un autre animal, en respirant les miasmes qu'il a laissés sur son
-passage.
-
-FRASE, fraise d'un animal.
-
-FRATRES, barbier.
-
-FRÊLER, fêler.
-
-FREMER, fermer. P.
-
-FRÉMIE, fourmi. H.-N.
-
-FRÉMILÈRE, fourmilière.
-
-FRÉMILLER, fourmiller. H.-N.
-
-FRÉMILLONS, petites fourmis.
-
-FRÉMIR. Commencer à bouillir. H.-N.
-
-FRÉREUX (cousin), cousin germain. H.-N.
-
-FREULÉE. V. _Flaudrée_. B.-N.
-
-FREULER, battre. B.-N.
-
-FRICHONNER, frissonner.
-
-FRICHONS, frissons.
-
-FRICOT, festin, et plus généralement toute espèce de met. Ex.: As-tu du
-_fricot_ avec ton pain? P.
-
-FRICOTER, faire bombance. B.-N. P.
-
-FRIGOUSSE (faire), _fricoter_.
-
-FRIMOUSSE, visage. P.
-
-FRINNE, farine.
-
-FRIPPER (se), se frotter le dos dans ses habits quand on ressent quelque
-démangeaison.
-
-FROMAGE MAU, fromage nouveau qu'on délaye dans la crème, tandis qu'il
-est encore _mau_, mou. P.
-
-FROU-FROU (mamezelle). Nom qu'on donne à une fille qui _fait ses
-embarras_.
-
-FU, feu. P.
-
-FUMELLE, femelle. H.-N. P.
-
-FUMER, être vexé. B.-N.
-
-FUNQUER (faire), mettre du bois sécher sur le feu, afin qu'il brûle
-mieux. Se dit aussi d'une personne qu'on fait attendre. Ex.: Il m'a fait
-_funquer_ sur le chemin, pendant une heure.
-
-FUNQUIÈRES, fougères.
-
-FURIEUSEMENT, beaucoup, extrêmement. P.
-
-FUROLE, feu follet qu'on aperçoit au commencement de l'hiver dans les
-endroits marécageux. On assure que les _furoles_ se plaisent à égarer
-les voyageurs; mais on dit qu'en mettant son couteau en terre, la pointe
-en haut, la _furole_ vient danser dessus; et le voyageur a le temps de
-reprendre son chemin. On ajoute que le couteau reste couvert du sang de
-la _furole_. La foi aux absurdités débitées sur ces feux follets n'est
-pas encore entièrement éteinte. En Picardie, on les appelle _fofu_, faux
-feu.
-
-FUT, alla. Ex.: Il _fut_ trouver son ami. Il ne faut pas confondre les
-temps du verbe ALLER avec ceux du verbe ÊTRE. Voici la remarque de M.
-Lévi: «Dites _est allé_ toutes les fois que vous voulez exprimer
-l'action de se transporter d'un lieu à un autre; dites _a été_ lorsque
-votre intention est de marquer le séjour dans un lieu désigné. Il y a
-entre ALLER et ÊTRE la même différence que entre le mouvement et le
-repos.» (_Les Omnibus du langage_, 8me édit., page 5.)
-
-FUTEUX, fâcheux dans le boire et le manger.
-
-
- G
-
-GABEGI, grabuge, désordre, perte. P.
-
-GABELOU, douanier; employé de la régie des contributions indirectes. P.
-
-GABILLER, gaspiller.
-
-GABRIET, Gabriel.
-
-GAFFÉE, morsure de chien. B.-N.
-
-GAFFER (faire), faire donner une _gaffée_. En espagnol, _gaffar_,
-mordre.
-
-GAGNAGNE, gain, profit retiré de son travail. P.
-
-GAGNE-PAIN, celui qui soutient ses parents par son travail. P. On le dit
-aussi du principal instrument d'un ouvrier.
-
-GAI, geai. P.
-
-GAI (porte du), porte du guet. On nomme ainsi une petite porte placée au
-haut de la flèche des clochers. Au moyen-âge, les paysans suivaient
-rarement leur seigneur à la guerre, mais ils étaient souvent requis pour
-faire le guet, soit dans les châteaux-forts, soit dans les églises
-transformées alors en forteresses. Les habitants des campagnes
-commencèrent à se fortifier dans les églises en 1358 (_Etudes_, etc.,
-par M. L. Delisle, pages 101 et 643). Nous pensons voir là l'origine de
-la dénomination de ces _portes du gai_, qui n'ont été conservées que
-pour faciliter aux couvreurs le placement de leurs échelles, quand ils
-travaillent à la réparation de la couverture des clochers.
-
-GAITER, regarder, guetter.
-
-GALAFRE, glouton. P. En espagnol, _golafre_.
-
-GALAPIAS, galopins. P.
-
-GALIBIER, polisson. P. Homme maigre et sans valeur. A la Guadeloupe, on
-nomme _galibi_ les squelettes qu'on trouve dans le tuf calcaire.
-
-GALINÉE, ce que l'on peut porter de grain vanné dans les deux mains.
-
-GALLE, bouton sur la peau. H.-N.
-
-GALOP (donner un), réprimander fortement. H.-N. P.
-
-GAMBE, jambe.
-
-GAMBETTES, soutiens du linteau d'une cheminée.
-
-GAMBIER, traverse de bois suspendue à une corde, qui sert à accrocher
-les animaux tués pour la boucherie, afin de les dépecer plus aisément.
-
-GANCIR (se). Se dit du bois resté trop longtemps à l'air et qui se
-décompose par suite de l'humidité.
-
-GANDOLER (se), se balancer en marchant.
-
-GANNE, jaune.
-
-GANNET, renoncule âcre; à cause de sa fleur qui est _ganne_.
-
-GAQUÈRES, jachères. P.
-
-GARCHON, garçon.
-
-GARCHONNAILLES, réunion de garçons.
-
-GARCHONNIÈRE, fille de conduite équivoque, qui cherche la société des
-garçons. P.
-
-GARDE-MESSIER, garde-champêtre, qui garde à la moisson; de _messis_. P.
-Cette dénomination remonte au XIIIe siècle.
-
-GARDES, groseilles à grappes.
-
-GARDIER, groseiller.
-
-GARDIN, jardin; en anglais, _garden_.
-
-GARET, jarret.
-
-GARIR, guérir. P.
-
-GARSE. Ce mot, qui semblerait pouvoir être employé comme féminin de
-_gars_, est toujours pris comme synonyme de fille de mauvaise vie.
-
-GAS, gars, garçon. Se prend ordinairement en mauvaise part. B.-N.
-
-GATE, jatte. P.
-
-GATÉE, contenu d'une jatte. P.
-
-GATELOT, petite jatte. P.
-
-GAUDAILLER, boire avec excès en disant des gaudrioles; du latin
-_gaudere_, se réjouir.
-
-GAUDIAMUS, gaudrioles; de _gaudeamus_.
-
-GAU-GAU (à), a satiété. P.
-
-GAUGUES, grosses noix. P.
-
-GAUGUIER, noyer. P.
-
-GAVE. On désigne sous ce nom l'espèce de poche dans laquelle la
-nourriture des oiseaux séjourne avant de passer dans l'estomac. P.
-
-GAVÉE (s'en donner une), prendre des aliments avec excès jusques à la
-gorge.
-
-GAVELLE, javelle. On trouve le mot _gavella_ dans les actes du XIIIe
-siècle.
-
-GAVELER (laisser), laisser longtemps en javelles.
-
-GENOUIL, genou; c'est le vieux mot français.
-
-GAVIAU, gosier des oiseaux.
-
-GÉANE, géante.
-
-GEIGNEUX, qui se plaint sans raison.
-
-GENTILHOMME, porc. En Picardie, on dit un _monsieur_; dans le Berry,
-c'est un _noble_; les Normands disent un _vêtu-de-soie_; aux environs de
-Cherbourg, on l'appelle un _monsieur de travail_. «C'est sans doute une
-allusion satyrique, dit M. du Méril, faite par la classe des
-travailleurs, à la vie oisive des gentilshommes et des habitants des
-villes.»
-
-GERGON, jargon. P.
-
-GERGONER, quereller sans raison.
-
-GERNER, germer.
-
-GERNER (laisser), faire attendre longtemps après soi. Ex.: Il m'a laissé
-_gerner_ une heure, en l'attendant.
-
-GERNOTTES, tubercules radicaux des raiponces, _bumium bulbocastanum_,
-noix de terre. Quelques personnes les mangent, H.-N, B.-N. P. En
-Bourgogne, cette plante est appelée _anote_ ou _arnote_.
-
-GEULU, gourmand.
-
-GIBLET, vrille.
-
-GIFFE. Voy. _Calotte_. P.
-
-GIFFLER, donner des _giffes_. P.
-
-GIGUES, longues jambes.
-
-GISIER, gésier.
-
-GLACHON, glaçon.
-
-GLACHANT (noeud), noeud coulant.
-
-GLAGEUX, glayeuls.
-
-GLANES (rebattre le _feurre_ de ses), répéter souvent la même chose; en
-parlant d'un prédicateur, d'un avocat, etc., qui est obligé de faire des
-redites pour ne point rester muet, semblable à celui qui donne de
-nouveaux coups de fléau à ses glanes, afin de faire jaillir encore
-quelques grains de froment.
-
-GLEUMER, en parlant du coucou qui mange les oeufs des autres oiseaux. On
-le dit aussi des personnes qui mangent des oeufs crus, dans la pensée que
-cela aide la voix et fait mieux chanter.
-
-GLINNES, excréments des poules; de _gallina_. En Picardie, les poules se
-nomment _glaines_. Le lendemain d'une noce, en certains endroits, les
-jeunes gens vont, munis d'une longue perche, chez les convives de la
-veille et réclament des poules pour faire un second repas; ils appellent
-cela _aller à glaines_.
-
-GLOU DE (être), être avare d'une chose; la donner difficilement.
-
-GLU, paille de seigle _gluée_ pour faire des liens.
-
-GLUAGE, action de _gluer_.
-
-GLUER, séparer les faibles tiges des gerbes de blé ou de seigle battu,
-afin de réserver les plus fortes pour faire des liens ou des
-couvertures.
-
-GLUIACHES, gerbées faites avec les _défourrures_.
-
-GNIAFE, savetier. P.
-
-GNOGNOTE (c'est de la), c'est une vétille, une menterie, etc. Le _gn_ se
-prononce mouillé comme en espagnol.
-
-GOBE, grosse bouchée.
-
-GOBER. Fréquemment employé pour indiquer quelqu'un qui mange avec
-avidité, surtout des fruits, tels que prunes, cerises, etc.
-
-GOBET, diminutif de _gobe_.
-
-GOBIER, sot. Ex.: Tais-toi, grand _gobier_.
-
-GOBITONS, petits morceaux d'étoffe, de pain, etc. H.-N.
-
-GOBLOT, gobelet.
-
-GOBLOTER, boire avec excès.
-
-GODARD, mari dont la femme est en couches. Selon M. Corblet, ce mot est
-roman et signifie _un homme qui prend ses aises_. La signification qu'on
-attache aujourd'hui à cette expression, viendrait alors de ce que, dans
-plusieurs provinces, le mari d'une femme en couches se mettait au lit
-pour recevoir les visites de ses parents, et prenait ainsi ses aises
-pendant plusieurs jours. P.
-
-GODETS, cahots, secousses dans les ornières.
-
-GODICHE, ridicule, maladroit. B.-N.
-
-GOHÉE, éclat de rire. B.-N.
-
-GOINFRE, glouton. P.
-
-GORGETTE, ruban qui s'attachait de chaque côté du _pierrot_ et passait
-sous le menton, afin de soutenir la coiffure.
-
-GOSILLOT, cartilage thyroïde.
-
-GOSSE, menterie pour rire. H.-N. P.
-
-GOSSER, mentir par plaisanterie. H.-N. P.
-
-GOSSEUX, qui _gosse_. P.
-
-GOT (entrer tout de), entrer brusquement, sans égard pour les personnes
-au milieu desquelles on se présente. Il y a près de soixante-quinze ans,
-le quai de l'Horloge, à Paris, fut élargi vers le pont. La chronique
-cite, au sujet de ce travail, les rimes suivantes:
-
- Monsieur Turgot étant en charge,
- Et trouvant ce quai trop peu large,
- Y fit ajouter cette marge!
- Passant qui passez _tout de got_,
- Rendez grâce à monsieur Turgot.
-
- (_Journal de Rouen_, 4 mai 1852.)
-
-GOTON. Voy. _Margoton_.
-
-GOUAlLLER, railler, plaisanter. B.-N. P.
-
-GOUAILLEUX, qui _gouaille_.
-
-GOUGES (avoir les mains), engourdies par le froid, ineptes au travail.
-Voy. _Gourdes_.
-
-GOUINNE, femme de mauvaise vie.
-
-GOULIAFRE. Voy. _Galafre_. P.
-
-GOULIAS. Voy. _Galafre_. P.
-
-GOULON, goulot.
-
-GOURDES (avoir les mains). Voy. _Gouges_. Vient du latin _gurdus_,
-stupide; aussi dit-on quelquefois dans le même sens: J'ai les mains
-_sottes_. H.-N.
-
-GOURER, tromper. B.-N. P.
-
-GOURGANNES, fèves de marais. H.-N.
-
-GOUTTE, petit verre d'eau-de-vie. On dit prendre, payer _la goutte_ ou
-_une goutte_.
-
-GOUTTE (n'y voir), être privé de lumière; ne point trouver de solution à
-une affaire. H.-N.
-
-GOUTTE MILITAIRE, verre à cidre à demi-plein d'eau-de-vie.
-
-GRABUGE, désordre dans l'administration d'une maison. H.-N. P.
-
-GRAFIGNER, gratter légèrement et sans cesse. P.
-
-GRAFOUILLER. Voy. _Grafigner_.
-
-GRAGEOIR, espèce de mortier en bois dans lequel on écrase le sel, au
-moyen d'un pilon aussi en bois.
-
-GRAGEUX. Voy. _Grageoir_.
-
-GRANAISON, grain provenant des céréales; rendement des gerbes.
-
-GRANMENT, grandement, beaucoup, B.-N. P.
-
-GRANCHE, grange. On trouve le mot _granche_ dans un titre de 1400.
-
-GRAND, étendue. Ex.: Il y a _grand_ dans ce champ. P.
-
-GRAND (tenir sa maison dans le), à la manière des grands.
-
-GRAND'CHEMISE, blouse.
-
-GRANDIER, fier, hautain. P.
-
-GRAND'MÈRE, vieille femme. P.
-
-GRAND'PÈRE, vieillard. P.
-
-GRAS-BOUDIN, grande consoude.
-
-GRASSETS (les), repas qu'on donne pendant les dernières semaines qui
-précèdent le carême.
-
-GRASSIER, grasseyer.
-
-GRAVÉ (homme), marqué de petite vérole. P. B.-N.
-
-GRAVOIS, gravier.
-
-GREC, sévère.
-
-GRÊLÉ. Voy. _Gravé_. On dit aussi de celui qui a perdu beaucoup au jeu:
-Il a été _grêlé_.
-
-GRÉMIR (faire), faire frissonner d'appréhension.
-
-GRÉNADES. Voy. _Gardes_.
-
-GRÉNADIER. Voy. _Gardier_.
-
-GRÉNAISON, rendement en grains des céréales.
-
-GRÉSILLÉ, brûlé au soleil.
-
-GRÉVACHONS, prunes sauvages.
-
-GRIBLETTE, riblette, morceau mince de viande qu'on fait cuire sur le
-gril. Nous citerons à ce sujet un extrait du _Trésor des Chartes_,
-relatif à un dîner que les religieux de la Sainte-Trinité de Caen
-donnaient chaque année, avant 1450, aux habitants de Vaulx: «Ilz lavent
-leurs mains en une cuve plaine d'eaue, et apres se assient à terre et
-ont chascun ung pain de vingt-une à vingt-deux onces, une toille
-estendue devant eulx, sur laquelle ils ont une pièce de lart peleis
-barbouilly de la grandeur de demy pié en quarré; apres ont chascun une
-_ribelette_ de lart routy sur le greil, chascun une esculée de mortreux
-fait de pain et de leit, et boire tant qu'ilz veullent, cidre ou
-cervoïse, et sont assis trois on quatre heures» (Cité par M. L. Delisle,
-_Etudes_, etc., page 90).
-
-GRIBOUILLER, griffonner.
-
-GRIBOUILLONNER. Voyez _Gribouiller_.
-
-GRIER, glisser.
-
-GRIGNARD, enfant qui pleure sans cesse.
-
-GRIGNER, faire mauvaise mine, pleurnicher.
-
-GRIGNON (enfant), chagrin et de mauvaise humeur.
-
-GRILLETTE A GRILLETTE, petit à petit.
-
-GRIMPLET, grimpereau.
-
-GRINGALET, homme petit et maigre. P.
-
-GRIPPER, voler.
-
-GROLLES, mauvais chevaux.
-
-GRONÉE, ce qu'un tablier peut contenir de fruits, de grains, etc. Ce mot
-vient du picard _gron_, qui signifie tablier. B.-N. P.
-
-GROS (tirer du), tirer du gros cidre.
-
-GROSELLES, groseilles.
-
-GROSSIER, qui a de l'embonpoint. P.
-
-GROSSIER, botte de paille très-allongée dans laquelle on met le _halot_
-pour les chevaux.
-
-GROUÉE, pommes qui tombent, pendant la nuit, avant la saison de les
-locher, et qu'on ramasse le matin.
-
-GROUIN, groin.
-
-GROULER, crouler, bouder. P. H.-N.
-
-GROUMOULER (se), grommeler.
-
-GRUMELOTS, grumeaux.
-
-GUÉDÉ, gonflé; qui a trop mangé. B.-N.
-
-GUÉNON, terme de mépris.
-
-GUERBE, gerbe. P.
-
-GUERBÉE, gerbée. P.
-
-GUERBIÈRE, espèce de niche pratiquée dans les _tas_, où se place une
-personne pour recevoir les gerbes.
-
-GUERGEOLER. En parlant du ramage des oiseaux, on dit: ils _guergeolent_;
-on le dit aussi des enfants qui commencent à parler.
-
-GUÉRITE, guérie. P.
-
-GUERNIER, grenier. P.
-
-GUERNOUILLES, grenouilles. P.
-
-GUERNU, grenu. P.
-
-GUÈTES, guêtres.
-
-GUÈTES (harengs), guais.
-
-GUEULARD, qui crie fort en parlant; se dit aussi du crieur public dans
-les ventes aux enchères. B.-N.
-
-GUEULE (être de la), être gourmand.
-
-GUEUX, fripon.
-
-GUIAME, Guillaume.
-
-GUIAMET, petit Guillaume.
-
-GUIFFE, bouche. P.
-
-GUIGNER, regarder de travers, regarder indiscrètement. P.
-
-GUILEBAUDE (grande), femme haute et maigre, aux manières communes.
-
-GUILEBAUDES, très-longues jambes.
-
-GUILLE, diarrhée.
-
-GUISIER, gésier.
-
-G'VEU, cheveu.
-
- H
-
-HABILE! vite! P. Ce mot semble avoir beaucoup de rapport avec le verbe
-_abire_, qui fait, à l'impératif, _abi!_ va! pars!
-
-HABITS (claper dans ses), s'y trouver trop au large, par suite de
-dépérissement ou de maladie.
-
-HABIT-VESTE, vêtement à courtes basques, qui tient le milieu entre
-l'habit et la veste.
-
-HABLEUX, hâbleur; de l'espagnol _hablar_.
-
-HAGER, hacher, couper menu.
-
-HAGUE, gros bâton de bois à brûler.
-
-HAGUER, hacher. On emploie aussi ce mot au figuré. Ex.: Il l'a _hagué_
-de sottises.
-
-HAGUETTES, petites _hagues_ mises en corde.
-
-HAGUIGNETTES. V. _Aguignettes_.
-
-HAGUIGNOLER, couper malproprement. H.-N.
-
-HAGUIGNONNER, couper maladroitement ou avec un mauvais couteau.
-
-HAHAHA! interjection plus ou moins répétée qui indique le rire. Un
-astrologue italien a prétendu connaître le tempérament et les passions
-de l'homme, à la manière dont il rit. Voici ce qu'il affirmait en 1662:
-Quand un homme rit, s'il fait _ha, ha, ha_, il est flegmatique; s'il
-fait _he, he, he_, il est colérique; s'il fait _hi, hi, hi_, il est
-dissimulé; s'il fait _ho, ho, ho_, il est sanguin. L'abbé Damascène ne
-nous dit point ce qu'il pense de l'homme qui rit en _hu, hu, hu_.
-
-HAIS? que dites-vous? On se sert aussi de cette interjection pour
-appeler une personne éloignée.
-
-HALITRE, hâle.
-
-HALOT, grains de blé encore couverts de leur paille, qu'on amasse dans
-le van, en _halotant_.
-
-HALOTER, agiter le blé ou autres grains horizontalement dans le van pour
-réunir le _halot_.
-
-HAMES, mancherons de charrue. Mot qui est peut-être une corruption de
-_hampes_.
-
-HANNE, mauvais cheval.
-
-HANSE, hampe à laquelle la faux est ajustée.
-
-HANTÉ (lieu), lieu où les bestiaux de la ferme viennent souvent.
-
-HANTER, fréquenter; se dit surtout d'un jeune homme qui visite souvent
-une jeune personne, en vue de mariage.
-
-HANTIMENT, compagnie; se prend ordinairement en mauvaise part.
-
-HARDE, oeuf sans coquille, seulement recouvert d'une pellicule.
-
-HARDES, nom employé pour désigner les divers vêtements d'une personne.
-
-HARÈQUE DU DOS, épine dorsale.
-
-HARÈQUES, arètes de poisson.
-
-HARICOTER, se servir de mauvais chevaux, de haridelles et ne point
-avancer dans son travail.
-
-HARICOTIER, qui _haricote_.
-
-HARLAND, qui _harlande_.
-
-HARLANDER, réussir mal dans son travail. On dit d'un cultivateur qu'il
-_harlande_, quand il n'a pas assez de chevaux pour faire ses travaux en
-bonne saison.
-
-HARNAS, pieds et intestins de mouton réunis et cuits dans l'eau.
-
-HARRACHES, civières dont on se sert pour porter les morts.
-
-HASTIQUER, travailler longtemps à une chose, sans pouvoir réussir.
-
-HATELET, carré de côtelettes de lard qu'on met ordinairement à la
-broche. H.-N. B.-N.
-
-HATIGNOLE, boulette de viande hachée que vendent les charcutiers. Dans
-son numéro du 11 mai dernier, l'_Abeille cauchoise_ servait le canard
-suivant à ses lecteurs: An 701, passage du Juif-Errant à Yvetot; il
-s'arrête à l'auberge de la _Truie-qui-File_; il fait la dépense: 1º d'un
-pain mollet, 10c,; 2º d'un pot de cidre, 10c; 3º d'un atignol, 5c. Dans
-le pays de Bray, nous faisons de _Hattignole_ un substantif féminin.
-
-HATILLE, rate de porc, à laquelle sont unies d'autres parties des
-entrailles. H.-N.
-
-HAUCHER, hausser.
-
-HAUT-MAL, épilepsie. Ex.: Il tombe du _haut-mal_. P. B.-N.
-
-HAUVELER, mettre en _hauviau_.
-
-HAUVIAU, javelle d'orge, d'avoine, etc., qu'on réunit par petites
-portions, en _hauviaux_, à l'aide d'un rateau, avant de les mettre en
-gerbes.
-
-HAVET, petit crochet. On dit aussi en parlant des dents des chiens:
-Quels _havets_! H.-N.
-
-HAVIR, exposer à un feu trop vif. Ex.: Ce gigot va être _havi_.
-
-HAYEUR, ouvrier qui fait et répare les haies. On disait autrefois
-_hayer_, pour signifier le droit de prendre dans un bois les branches
-nécessaires pour clore les _haies_.
-
-HAYON. Voyez _Abrias_.
-
-HAYURE, haie. P.
-
-HÉPÉE, dernier effort pour atteindre un but. Ex.: Courage! il n'y a plus
-qu'une _hépée_ pour arriver.
-
-HÈQUE, petite barrière qu'on place à l'entrée des maisons pour empêcher
-les volailles et autres animaux d'entrer quand la porte reste ouverte.
-
-HÈQUE! exclamation qui exprime le dégoût. P.
-
-HÉQUET, hoquet.
-
-HERBIERS, mauvaises herbes qui poussent dans les lieux incultes. H.-N.
-
-HERCAILLES, mauvaises brebis.
-
-HERCHE, herse.
-
-HERCHE-CUL (à), sur le derrière. Ex.: Il l'a traîné _à herche-cul_.
-
-HERCHELLE, branche de bois torse qui sert à lier les bourrées. P.
-
-HERCHER, herser.
-
-HÉRER, jouer des oies, des dindons, des morceaux de pore, etc., avec un
-jeu de piquet. Ce jeu a beaucoup de rapport avec l'_as-courante_.
-
-HÉRICHON, hérisson. P.
-
-HERNU, tonnerre. Ex.; Il y aura du _hernu_, c'est-à-dire il tonnera. On
-dit aussi, en parlant d'époux qui _disputent_ souvent, qu'il y a du
-_hernu_ dans leur ménage.
-
-HERPER, mordre, saisir. Ex.: Fais-le _herper_ par ton chien. P. B.-N.
-
-HÉSET. Voyez _Abrias_.
-
-HÊTREAU, petit hêtre.
-
-HEURE (d'), de bonne heure.
-
-HEURE (pas d'), tard. Ex.: Il n'est pas d'_heure_.
-
-HEURÉ (bien), régulier dans les _heures_ du repas. P.
-
-HEURIBLE, précoce; qui mûrit de bonne heure. On dit aussi qu'un homme a
-été _heurible_, quand il arrive de grand matin. H.-N.
-
-HIE! exclamation pour faire avancer ou chasser un animal.
-
-HIER-MATIN, hier au matin.
-
-HIER-SOIR, hier au soir.
-
-HISTOIRE DE, pour.: Ex.: Jouons, _histoire_ de passer le temps. H.-N.
-
-HIVE, ruche. C'est absolument le mot anglais prononcé à la manière
-française.
-
-HIVERNACHÉ, vesce d'hiver.
-
-HOC (rester), perdre le fil de son discours; rester sans trouver de
-réponse.
-
-HOCSONNER, ébranler une porte pour l'ouvrir. H.-N.
-
-HOMME, mari, Ex.: demandez à mon _homme_. H.-N.
-
-HONESTÉ, honnêteté, procédé gracieux. Un commissionnaire dira:
-Donnez-moi selon votre _honesté_, c'est-à-dire ce que vous voudrez,
-selon votre générosité. _H.-N._
-
-HOQUER, accrocher, suspendre. P.
-
-HORS, malpropre.
-
-HORS-MONTEUX (pied), pied droit du cheval; du côté que l'_on ne monte
-point_.
-
-HORZAIN, du dehors; homme étranger à la commune. P. B.-N.
-
-HOS! pour faire arrêter les chevaux.
-
-HOTONNER, ébranler en secouant. Voy. _Haloter_. P.
-
-HOTONS, Voy. _Grossier_.
-
-HOTTELÉE, ce que contient une hotte ou un _hottiau_.
-
-HOTTIAU, banneau.
-
-HOU! HOU! expression dont on se sert pour chasser ou faire avancer les
-porcs. P.
-
-HOUBILLER, en parlant du vent, quand il souffle fort et soulève la
-poussière en tournoyant.
-
-HOUBILLONNER. V. _Houbiller_.
-
-HOUCHE! Voy. _Hou_.
-
-HOUPER, appeler de loin en hèlant dans ses mains.
-
-HOURDER, prendre, saisir. Ex.: _Hourdez_-le au collet.
-
-HOUSÉ (mal), mal habillé.
-
-HOUSES, grandes guêtres dont on se sert pour monter à cheval.
-
-HOUSIAUX, grandes bottes qui montaient au-dessus du genou. Les
-_housiaux_ ne sont plus en usage depuis une trentaine d'années.
-
-HOUSSER, mordre. Ce mot est surtout employé en parlant d'un chien enragé
-qui en a mordu un autre.
-
-HOUSSINE, petite branche.
-
-HU! cri pour faire marcher les chevaux. On s'en sert aussi pour les
-faire aller à droite.
-
-HUCHE, espèce de grand _hottiau_ qui sert à transporter les fumiers. Ce
-mot sert aussi pour indiquer un chariot dont les _bers_ ont été
-remplacés par des planches réunies, pour le transport des pommes.
-
-HUCHER, placer au haut. B.-N.
-
-HUHO! hurhaut. Mot au moyen duquel on fait aller les chevaux à droite.
-
-HULER. Voy. _Houper_.
-
-HUMMER, humer.
-
-HUPPE (sale comme une), très-sale. Cette expression vient de ce que la
-huppe ou _coq-merdeux_ enduit d'excréments humains le creux d'arbre où
-elle place son nid.
-
-HUQUER. Voy. _Houper_.
-
-HUREUX, heureux. H.-N. P. Ce mot s'écrivait quelquefois ainsi à la fin
-du XVIIe siècle; nous en trouvons la preuve dans un ouvrage imprimé en
-1698, où il est question de la mort du _bien-hureux_ Guillaume, premier
-abbé dé Fécamp (_Le grand Calendrier du diocèse de Rouen_, p. 1re).
-
-HURLUPÉ, qui a les cheveux raides et mal peignés.
-
-HURU. Voy. _Hurlupé_. B.-N.
-
-HUYO! Voy. _Huho!_
-
-
- I
-
-I, s'emploie dans différentes interrogations. Ex.: Sont-i partis?
-_Ch'est-i_ vous? pour: Sont-ils partis? Est-ce vous?
-
-I, il, ils; devant une consonne. P.
-
-IARD, liard. P.
-
-IAU, eau. P.
-
-ICHITE, ici; du latin _hic_. Sur les pierres tumulaires du XIIIe siècle,
-on trouve _ichi_.
-
-IDÉE (une, une petite), extrêmement peu. H.-N.
-
-ILA, ici, là; du latin _illàc_.
-
-ILO, là. P.
-
-IMPOSER (en), employé pour _imposer_, commander le respect. En
-_imposer_, signifie _tromper_.
-
-IMPOSSIBLE (en avoir l'), avoir en grande quantité. H.-N.
-
-IMPUNANTER, remplir. Ex.: Ce champ est _impunanté_ d'ivraie.
-
-INCAMO, intelligence.
-
-INDUQUER, élever; instruire. P.
-
-INNE, une.
-
-INFIQUER, ficher en terre. P.
-
-INNOCENT, jeune enfant; idiot. P. H.-N.
-
-INN' TOUT, non plus; pas davantage. H.-N.
-
-INSTANT (de), à l'instant. H.-N.
-
-INTERLOQUE, stupéfait, surpris. P.
-
-INTIAU, linteau de cheminée.
-
-INTRER, entrer. P.
-
-INVECTIVER UNE PERSONNE, invectiver contre.
-
-IOU? où?
-
-IRRASATIABLE, insatiable.
-
-ISQUE, prononciation de la lettre X. H.-N.
-
-ITOU, aussi. Suivant une remarque de M. l'abbé Corblet, ce mot, qui
-semble venir du latin _ita_, _etiam_, dériverait du vieux français _et
-tout_, qui signifiait _avec_. P.
-
-
- J
-
-J', nous. Ex.: _J_'avons dîné, _j_'allons partir.
-
-JACQ, Jacques. H.-N.
-
-JAQUET, Jacques; en parlant d'un enfant.
-
-JAMBETTE, Voy. _Gambettes_.
-
-JAPE, babil, caquet. B.-N. P.
-
-JAPER, babiller sans réflexion; aboyer. P. B.-N.
-
-JAQUETTE, jupe de petit enfant. P.
-
-JAUNET, pièce de 20 francs. P.
-
-JAUNET, un peu jaune. Ce nom est aussi employé substantivement pour
-désigner diverses espèces de renoncules.
-
-JEAN-CLAIR, poire à manger; tardive.
-
-JEAN-FOUTRE, mauvais drôle, homme peu stable.
-
-JEANNETON, Jeanne.
-
-JEANNETTE, Jeanne; en partent d'une jeune fille.
-
-JEANNOT, Jean.
-
-JEAN-QUIN, café auquel on ajoute un peu d'eau-de-vie et de sucre. Vers
-1825, le nommé Jean-Quin, de Neslette, garde de M. de Richemont, passant
-par Bettencourt, près de Blangy, entra au café du père Desmoulins,
-surnommé _la Queue-Blanche_; il se fit servir pour un sou de café, un
-sou d'eau-de-vie et un peu de sucre; il mêla le tout ensemble, et, comme
-on lui demandait le nom de ce mélange, il répondit: Appelez-le comme
-moi, _Jean-Quin_. A partir de là, le _Jean-Quin_ devint en renom, et
-aujourd'hui il en est fait une grande consommation. Les cafetiers
-assurent qu'il y a peu de profit pour eux à préparer cette liqueur, le
-_Jean-Quin_ ne se vendant que dix centimes; mais nous pensons qu'ils se
-dédommagent sur les libations qui viennent à la suite, sous le nom de
-_goutte_, _petit-verre_, _rincette_, _rinçurette_, _coup-d'adieu_,
-_coup-de-bout_, _coup-de-cachoir_, _coup-d'à-cheval_, _coup-d'étrier_,
-etc.
-
-JEUNESSE (une), une jeune fille. P.
-
-JIFE, JIFFLE, soufflet.
-
-JIFFLER, donner des _jiffles_.
-
-JIGUER, ruer; en parlant des chevaux et des vaches. S'emploie aussi dans
-le sens de _jougler_.
-
-JIONS, joncs.
-
-JOLI (bois), lauréole.
-
-JOLIMENT, beaucoup, très. Ex.: Il est _joliment_ laid. P.
-
-JOMARINS, ajoncs marins.
-
-JOUGLER, se dit d'un cheval reposé qui gambade et folâtre.
-
-JOUIR DE, être maître. Ex.: Je ne puis _jouir de_ cet enfant. On dit
-aussi, en parlant des personnes maladives: _Jouir_ d'une mauvaise santé.
-H.-N.
-
-JOUJOU, se dit d'une personne qui se joue comme un enfant. Ex.: Vous
-n'êtes qu'un _joujou_.
-
-JOUJOUTE (faire), se jouer.
-
-JOUQUER, jucher.
-
-JOUR-FAILLI (à), au soir.
-
-JOURNAL, mesure agraire contenant à peu près ce qu'un charretier peut
-labourer en un jour; environ une demi-acre.
-
-JOURNALIER, variable d'un jour a l'autre. Ex.: Il est _journalier_ pour
-son adresse au travail. H.-N.
-
-JUDAS (bran de), taches furfuracées qui paraissent, surtout au
-printemps, sur le visage de certaines personnes.
-
-JUSSE, juste. Ex.: C'est _jusse_. On dit aussi comme de _jusse_,
-c'est-à-dire comme il est juste. P.
-
-JUTER, rendre du jus. B.-N. P. On se sert aussi de ce verbe comme
-synonyme de _pleurer_.
-
-J'VA, cheval; au pluriel _j'vas_ ou _j'vaux_.
-
-
- K
-
-KAFIGNONS, corne qui se trouve à l'extrémité du pied des animaux qui
-l'ont fourchu, tels que la vache, le porc, le mouton, etc.
-
-KAINE, chaîne.
-
-KALIPÈTE, sorte de bonnet qui couvre les oreilles et une partie des
-joues, dont les femmes se coiffent pour la nuit et qu'elles conservent
-le matin. M. A. de Poilly fait venir ce mot du verbe _klùptô_, qui
-désigne un ajustement de ce genre.
-
-KARAS, berger.
-
-KARUE, charrue.
-
-KERDER, carder.
-
-KERMINNE, charogne. P.
-
-KÉROIX, croix.
-
-KEVRON, chevron. P.
-
-KIEF, pièce de bois à laquelle on assujettit le soc de la charrue. Au
-moyen-âge, on disait _cep_.
-
-KIEN, chien. P.
-
-KIGNE-EN-COIN (de), d'un coin à l'autre.
-
-K'MINAYE, cheminée.
-
-K'MINSE, chemise.
-
-K'VA, cheval.
-
-K'VILLE, cheville. Cette expression nous paraît offrir une de ces
-bizarreries qu'on rencontre dans la prononciation de certains mots de la
-langue française. Pourquoi mouille-t-on _ll_ dans _cheville_, tandis
-qu'on ne le fait pas dans _ville_? C'est par suite de cette irrégularité
-qu'un enfant, qui récitait naguère une leçon de grammaire latine,
-disait: _Hostis urbem diripuit_, l'ennemi PILA (pilla) la ville.
-
-
- L
-
-L', le.
-
-LACHET, lacet.
-
-LACHERON, laiteron. P.
-
-LAI, le. Ex.: Écoutez-_lai_.
-
-LAID (faire), faire la grimace à quelqu'un. H.-N.
-
-LAIQUER, lécher.
-
-LAIRER, laisser. On ne l'emploie qu'au futur et au conditionnel. Ex.: Tu
-me _lairas_ bien parler à mon tour.
-
-LAISANDER, faire le _laisant_.
-
-LAISANT, paresseux; qui se promène le long des chemins sans travailler.
-B.-N.
-
-LAISI, loisir.
-
-LAIT BATTU, lait de beurre.
-
-LAITRON, poulain qui tette encore. B.-N.
-
-LAMBIN, lent, nonchalant.
-
-LAMBINER, marcher ou travailler lentement.
-
-LANDIER, chenet.
-
-LANDON, paroles ennnyeuses. B.-N.
-
-LANDONNER, ennuyer par des propos inutiles.
-
-LANGREUX, chétif, valétudinaire. P.
-
-LANGUES DU MONDE, babils populaires.
-
-LANGUE (taire sa), garder le silence. H.-N.
-
-LANNER. Voy. _Landonner_. H.-N.
-
-LANTURLU (avoir), avoir cinq cartes de même espèce au jeu de _pamphile_.
-
-LA OU, là que. Ex.: C'est _là où_ je vais déjeuner.
-
-LAPIDER, tourmenter. Ex.: Cet enfant me _lapide_ du matin au soir.
-
-LAPIER, rucher. Ce mot devrait s'écrire _apier_, du latin _apiarium_,
-lieu où l'on conserve les ruches. Il est probable que d'abord on disait
-l'_apier_; et l'apostrophe aura fini par disparaitre.
-
-LAQUEULLE, laquelle.
-
-LARDER, donner une grande chaleur; en parlant du feu ou du soleil; du
-latin _ardere_.
-
-LARMER, pleurer. H.-N.
-
-LARRIS, landes; terrein de mauvaise qualité abandonné pour le pâturage
-des moutons. P.
-
-LAVE-MAINS, vase dans lequel les domestiques lavent leurs mains.
-
-LAVERIE, lieu où on lave la vaisselle.
-
-LAVETTE, linge qui sert à laver la vaisselle.
-
-LÉQUEULS, LÉQUEULLES, lesquels, lesquelles.
-
-LÉS, les; devant une consonne.
-
-LESSIVE (couler, _caudier_ la), faire la lessive.
-
-LESSIVE (battre la), frapper sur le linge avec un battoir pour faire
-pénétrer le savon.
-
-LESSIVEUSE, lavandière. P.
-
-LEU, leur.
-
-LEU, loup. P.
-
-LEU (paure), pauvre diable. On dit aussi _paure lève_, en parlant d'une
-femme.
-
-LEUS, leurs; se.
-
-LEUT', leur.
-
-LÈVE, louve.
-
-LEVÉ (mal), de mauvaise humeur.
-
-LÉZAND, paresseux; qui prend du _laisi_.
-
-LI, lui. Ex.: Donne-_li cha_. _Li_ est peut-être pour _illi_. P.
-
-LIACHE. Voy. _Comble_.
-
-LIAN, lien. Cette expression se trouve dans les actes du moyen-âge.,
-
-LIAGE, action de lier la récolte. Ex.: Il n'y aura pas de _liage_
-aujourd'hui.
-
-LIÈGE (feuilles de), feuilles de lierre.
-
-LIETTE, cordon. Ex.: J'ai cassé la _liette_ de mon tablier.
-
-LIGNEU, ligneul.
-
-LIMONNIER, cheval qu'on met dans les _limons_. H.-N.
-
-LIMONS, brancards d'une voiture.
-
-LIMOUSINE, manteau limousin, de grosse laine grise à raies brunes, dont
-se servent les charretiers. P.
-
-LINGARD (cheval), efflanqué. Se dit aussi des personnes grandes et
-maigres. H.-N.
-
-LINGUE, langue. P.
-
-LIORNES, lianes.
-
-LIPPE, lèvre.
-
-LIPPU, qui a de grosses lèvres. P.
-
-LIQUEUREUX, liquoreux.
-
-LIRLAS, lilas.
-
-LIROTES! LIROTES! LIROTES! cri par lequel on appelle les jeunes canards.
-
-LISA. Voy. _Elisa_.
-
-LISET, petit ruban de soie.
-
-LIT (haut de), ciel de lit, baldaquin.
-
-LIU, lieu. P.
-
-LO, là. P.
-
-LOCHER, secouer un arbre pour faire tomber les fruits. H.-N.
-
-LOLO, veau; expression enfantine. On dit aussi, d'un grand garçon qui a
-des manières enfantines: C'est un grand _lolo_.
-
-LONGIN, lambin. P.
-
-LONGUE, longe.
-
-LOPIN, petite quantité. P.
-
-LOQUENCE (avoir une bonne), avoir la voix forte.
-
-LOQUETS, petites portions de laine qui tombent à terre, à la tonte des
-moutons.
-
-LORIOT (compère), orgelet, gros bouton en forme de grain d'orge, qui
-vient sur les paupières. B.-N.
-
-LORS DE, au moment de: _Lors de_ mon passage.
-
-LOUCHE, cuiller à potage. C'est encore un de ces mots d'un usage général
-qui, comme le fait observer M. Corblet, manque à la langue officielle de
-l'Académie. P.
-
-LOUDIER, grosse couverture de laine piquée. P.
-
-LOUISOT, Louis.
-
-LOURE, espèce de flûte.
-
-LOURER, jouer de la _loure_.
-
-L'QUEUL, lequel, laquelle.
-
-L'S', les; devant une voyelle.
-
-LUBIN, lupin.
-
-LUGAN, boudeur, sournois.
-
-LUGANNER. Se dit des premières gouttes de pluie qui précèdent le mauvais
-temps. Ce mot viendrait-il de _lugere_, verser des larmes?
-
-LUMÉRO, numéro.
-
-LUMINAIRE. Voy. _Cierge dormant_.
-
-LUQUER, loucher.
-
-LURON, homme gai et sans peur.
-
-L'Z, les. Ex.: Ils sont arrivés _l'z_ uns après _l'z_ autres. P.
-
-
- M
-
-M', ma; devant une consonne. Ex.: Le tiroir de _m_'table. P.
-
-M', me.
-
-MA, mal.
-
-MACHACRE, maladroit, mauvais ouvrier.
-
-MACHACRER, massacrer.
-
-MACHIN, MACHINE, mot par lequel on désigne une personne ou un objet dont
-on ne se rappelle pas le nom. B.-N. P.
-
-MACHON, maçon.
-
-MACHOQUER, bossuer; signifie _mal choquer_. P.
-
-MACRIAU, maquereau. En picard, c'est _macrieu_. Autrefois, quand il y
-avait des maquereaux à la poissonnerie d'Amiens, on criait au coin des
-rues: «_On vous foet assavoir qui vient d'arriver eine grande
-déballation d'macrieux_; _i gn'o des macrieux à mosieu_, _des macrieux à
-procureux_, _des macrieux à povers geins_» (_Glossaire du patois
-picard_, page 523).
-
-MADAME, dame. P.
-
-MADELEINE, poire à manger; précoce.
-
-MADLON, Madeleine.
-
-MAGUE, bosse, ventre.
-
-MAGÜE (bouteille), qui a un gros ventre. B.-N.
-
-MAGUETTE, quatrième cavité de l'estomac des veaux, dont on extrait la
-présure qui sert à faire cailler le lait avant de le transformer en
-fromage. H.-N.
-
-MAHON, coquelicot. P.
-
-MAI, moi.
-
-MAIGRIER, maigre.
-
-MAILLARD, nom donné au canard mâle. P. Voy. _Bourre_.
-
-MAIN DE (être à), être en mesure de. H.-N.
-
-MAIN (être en à), outil d'un usage facile. Ex.: Cette faucille est _bien
-en à main_.
-
-MAINOTTE, petite main. P.
-
-MAINTIENT, manche du fléau à battre le blé; la _main_ le _tient_. B.-N.
-
-MAISON. Ce mot est généralement employé pour désigner une cuisine. Ex.:
-S'il n'est point dans la _maison_, il est dans la chambre.
-
-MAIS QUE, quand; avec le présent du subjonctif. Ex.: Je vous donnerai
-quelque chose, _mais que_ j'aille à la ville. H.-N.
-
-MAITE, maître.
-
-MAITRE, titre qu'on donne aux cultivateurs en le faisant précéder de
-leur nom de baptême. Ex.: _Maître_ Jean, _maître_ Pierre, etc. M.
-Auguste. Le Prevost regarde cette locution comme devant avoir une
-origine fort ancienne (Voy. notre _Essai sur Londinières_, p. 103).
-
-MAITRE-PIERRE, pomme à couteau, très-tardive, et se conservant fort
-longtemps; nous en avons vu qui étaient récoltées depuis près de deux
-ans.
-
-MALADIE (faire une), éprouver une maladie.
-
-MALAISE (à), à plus forte raison.
-
-MALANDRE, coup, blessure, ulcère. Comme on le voit, ce mot a beaucoup de
-rapport avec _maladrerie_, lieu où l'on retenait les lépreux (Voir notre
-_Essai sur Neufchâtel_, pag. 62 et suiv.).
-
-MALE, marne. Une charte de 1318 fait mention de terres _mallées de blanc
-malle pris et champ meismes_, _x toises en parfont_ (_Etudes_, etc., par
-M. L. Delisle, page 267).
-
-MALER, marner. On disait autrefois _mailler_.
-
-MAL-EN-TRAIN, souffrant. P. B.-N.
-
-MALFAVEUR (coup de), mauvais coup, coup de maladresse.
-
-MALGRÉ QUE, quoique.
-
-MALHU, malheur.
-
-MALHUREUX, malheureux. P.
-
-MALIÈRE, trou d'où l'on tire le _mâle_.
-
-MAL INCOMMODE, fort incommode.
-
-MALINE (fièvre), fièvre maligne; on l'appelle aujourd'hui fièvre
-_ataxique_.
-
-MALON, morceau de marne.
-
-MAL-SAINT N.... (être tenu du), expression dont se servent les bonnes
-femmes pour désigner diverses maladies, en conseillant d'aller en
-pélerinage au saint dont le malade est _tint_, afin qu'il soit guéri.
-
-MAN, mon; devant une consonne.
-
-MANANT, misérable, homme sans délicatesse.
-
-MANCHONS, MANCHERONS. Voy. _Hames_; de _manica_, manche. H.-N.
-
-MANGE-TOUT (des), espèces de petites fèves dont on mange les cosses au
-moment de la formation du grain.
-
-MANIQUET, selle de femme, couverte d'une peau de mouton. Les meuniers se
-servent aussi de _maniquets_ pour leurs chevaux, mais ils sont
-recouverts de peaux de veau et n'ont point de dossier.
-
-MANJURE, démangeaison. Ex.: J'ai _manjure_ à la tête.
-
-MANS, larves du hanneton. B.-N.
-
-MAQUE-ÉPAIS, gourmand.
-
-MAQUER, manger; en parlant des animaux.
-
-MAQUER, manger; nourriture des animaux.
-
-MARCHER, parcourir. Ex.: Avez-vous _marché_ les terres de la ferme?
-H.-N.
-
-MARCOU, chat mâle. B.-N.
-
-MARETTE, petite mare. P.
-
-MARGANNER. V. _Déganer_.
-
-MARGAU, fille d'une conduite équivoque.
-
-MARGOTON, Marguerite.
-
-MARGOUILLER, mâcher, manger malproprement.
-
-MARGOULETTE, bouche d'enfant. B.-N.
-
-MARGUITE, Marguerite.
-
-MARICAUDER, noircir le visage ou les habits; de l'espagnol _mascarar_ ou
-de l'italien _mascharare_.
-
-MARICHA, maréchal ferrant.
-
-MARJOLLES, chair rouge qui pend sous le bec des dindons et des coqs. Se
-dit aussi des hommes très-gras, en parlant de leur _double_ ou _triple_
-menton. B.-N.
-
-MARMOUZETS, statues.
-
-MARONNER, MARMONNER, murmurer en secret. P.
-
-MAROTE, Marie. H.-N.
-
-MARQUE. Le bois de charpente se mesure à la _marque_. On en distingue de
-deux sortes: 1º la grande _marque_, qui contient 300 _chevilles_, et la
-petite _marque_, qui n'en renferme que 96. La grande _marque_ égale 0,71
-décistères, et la petite _marque_, 0,23.
-
-MARS (faire les), se livrer aux travaux agricoles du printemps.
-
-MARS EN CARÊME (arriver comme), arriver à propos; c'est une corruption
-de _marée en carême_.
-
-MARTIAU, marteau. P.
-
-MASIÈRE, bord d'un bois, d'un fossé, etc. P.
-
-MASURE. On désigne ainsi tout herbage attenant à une habitation. Cette
-expression est commune dans les actes des XIIe et XIIIe siècles.
-
-MASTOQUE, lourdaud. P.
-
-MATÉRAUX, matériaux. H.-N.
-
-MATIFAS, mortier fait de chaux, de sable et de bourre.
-
-MATIN, juron; mauvais drôle.
-
-MATINES, livre d'heures à l'usage des laïques.
-
-MATINEUX, matinal, qui se lève matin.
-
-MATTE, martre.
-
-MATTES, lait coagulé par suite de la chaleur de l'été. B.-N.
-
-MATTES (fond de). Ce qu'on désigne ainsi est en réalité le _dessus_ des
-_mattes_, auxquelles se trouve mêlé un peu de _fleurette_.
-
-MATTONNÉ (temps), couvert de petits nuages arrondis. H.-N.
-
-MAU, mou. P.
-
-MAUCŒURANT, qui fait _mal au coeur_. P.
-
-MAUGRAI, malgré, P. C'est le vieux mot français _maugré_.
-
-MAUVAISETÉ, méchanceté. P.
-
-MAUVIAR, espèce de merle.
-
-MÉCANIQUE, appareil adapté aux voitures et destiné à ralentir leur
-marche, dans les descentes, au moyen d'une vis.
-
-MÉCHANT, pauvre. Ex.: C'est un _méchant_ porte-balle. B.-N.
-
-MÉCREDI, mercredi. On le prononçait ainsi au XVIIe siècle. P.
-
-MÉDECHIN, médecin.
-
-MEIGLE, petit lait.
-
-MÊLE, merle.
-
-MÊLES, nèfles. B.-N. Cette dénomination est ancienne.
-
-MÊLIER, néflier. B.-N.
-
-MELLE, merle. B.-N.
-
-MÊLI-MÊLO, mic-mac. B.-N.
-
-MÊME CHOSE (la), de même, pareillement. Ex.: J'irai _la même chose_
-dimanche.
-
-MÉMÉRE, grand'mère, femme qui a de l'embonpoint. P.
-
-MÉNAGER, petit cultivateur. P. Meuble en bois où l'on dispose les plats
-et les assiettes.
-
-MENDRE, faible. Ex.: Cet enfant est bien _mendre_. Peu important. Ex.:
-On punit pour la _mendre_ faute. Vient de moindre, _minor_.
-
-MENON, chat.
-
-MENTIRIE, mensonge. P.
-
-MENTÊCHE (c')? comment est-ce? B.-N.
-
-MÈRE-MAQUETTE (baptême de la), _Angelus_ de midi, dont le son annonce
-l'heure du dîner.
-
-MÉRIENNE, méridienne.
-
-MÉROTTE (petite), femme petite et replète.
-
-MERQUER, marquer, tacher.
-
-MÉS, mes; devant une consonne.
-
-MESANGLE et MÉSANGUE, mésange.
-
-MÊT, espèce d'auge en planches dans laquelle on pétrit le pain et où on
-le serre, quand il est cuit. B.-N. P.
-
-MESURE (à), de temps en temps. P.
-
-MÉTIER DE (avoir), avoir besoin de. Ex.: J'aurais _métier_ de partir
-demain.
-
-MEULE, amas de gerbes qu'on garnit d'une couverture, en attendant que
-les bâtiments de la ferme soient libres pour recevoir les gerbes ainsi
-amassées.
-
-MEURDRIR, meurtrir, H.-N. P. En 1408, on paya quatre sous deux deniers
-au geôlier des prisons du Pont-de-l'Arche pour avoir nourri en prison,
-pendant vingt-quatre jours, un porc qui avait _muldri_ et tué un petit
-entant, et qui, en expiation de ce crime, fut pendu à un des poteaux de
-la Justice du Vaudreuil (_Etudes_, etc., par M. L. Delisle, p. 107).
-
-MEURISON, maturité. P.
-
-MI, moi. P.
-
-MI-AOUT, quinze août. La manière dont on prononce généralement ce mot
-rappelle cette réflexion de M. de Bellièvre: «Il me semble entendre
-miauler des chats, disait-il, lorsqu'on prononce autour de moi la
-MI-A-OU pour la MI-OU.»
-
-MIDI (sur les), vers midi.
-
-MIE, point. Ex.: On ne peut _mie_ siffler et bâiller en même temps. P.
-
-MIETTE (une), un peu. P.
-
-MIEUX (au), très-bien.
-
-MIGOT, provision.
-
-MIGOT (pommes de), pommes de dessert qu'on conserve pour l'hiver et le
-printemps.
-
-MIGOTER (faire), faire bouillir un mets doucement; placer des fruits
-dans la paille pour les faire mûrir, après qu'ils sont cueillis.
-
-MIGNARD, enfant gâté.
-
-MIGNARD (faire le). Se dit d'un enfant qui demande à être caressé.
-
-MILICE (être), être la dupe.
-
-MIN, mon. P.
-
-MINABLE, misérable, qui inspire la pitié. B.-N.
-
-MINETTE, lupuline. P. Chatte.
-
-MINNE (grande), mesure de pommes contenant huit boisseaux. La petite
-_minne_ n'en contient que six.
-
-MINNUIT, minuit. H.-N.
-
-MINON, chat.
-
-MINUTE! dans un moment.
-
-MIOCHE, petit garçon. B.-N.
-
-MIONNER, manger avidement un morceau de pain.
-
-MIOT (un), un peu. B.-N.
-
-MIOTS, miettes. B.-N.
-
-MIOUT (la). La fête de l'Assomption de la sainte Vierge, _la mi-août_.
-
-MIREUX, miroir. H.-N.
-
-MISTIGRI, nom donné an valet de trèfle.
-
-MITAN, moitié, milieu. Les auteurs assignent diverses origines à ce mot.
-M. André de Poilly le fait venir de deux mots grecs: ÊMI pour ÊMISU et
-TAMUÔ, _diviser par moitié_. M. l'abbé Corblet croit qu'il vient du
-tudesque MITTAN, milieu. M. Auguste Le Prevost le tire de MEDIETAS, _le
-milieu_. Quoi qu'il en soit, Monet nous apprend que cette expression
-était généralement admise en 1636.
-
-MITON, poire à manger, précoce.
-
-MITONNÉE (soupe), soupe dans laquelle le pain a bouilli. H.-N.
-
-MITONNER (faire), faire bouillir lentement. H.-N.
-
-MITOUCHE (singe), hypocrite. On a fait venir ce mot de
-_saint-n'y-touche_. H.-N.
-
-MIYEU, meilleur.
-
-M'N, mon; devant une voyelle. P. «Nos paysans, dit M, Alfred Darcel,
-dans ses notes sur la Chanson de Roland, poème du XIe siècle, disent _me
-n'épée_ pour _ma n'épée_ avec l'n euphonique. Les lettrés disent et
-écrivent _mon épée_ pour _mo n'épée_ avec cette lettre euphonique. Or,
-lequel a raison? du paysan qui, sans changer le genre de l'adjectif,
-arrive á l'euphonie en intercalant une lettre dont il indique la raison
-d'être, ou du lettré qui en change le genre, sans garder par l'écriture
-aucune trace de l'origine de ce changement. _M'est avis_ que c'est le
-paysan (_Revue de Rouen_, année 1851, page 448).»
-
-MO, mon.
-
-MODEUSE, modiste. H.-N.
-
-MOIDOUX, moisson.
-
-MOIDOUX (être dans le), être entré dans le temps de la moisson; dans le
-_mois d'août_.
-
-MOIDOUX (faire), travailler à la moisson.
-
-MOIE. Voy. _Meule_. P.
-
-MOGNON, moignon.
-
-MOIGNAU, moineau.
-
-MOISILLON. On désigne sous le nom de _moisillons_ les filles de la ville
-qui portent robes et rubans, cherchant à prendre des airs de grandes
-dames auprès des villageoises.
-
-MOISON, maison, de _mansis_. P.
-
-MOISSE, portion de lait que la vache donne en une seule fois.
-
-MOISSON, moineau.
-
-MOLACHE, faible, flexible.
-
-MOLLE, botte de cercles dont le nombre diminue en proportion que les
-cercles sont plus grands. Cette expression était en usage dans le
-moyen-âge.
-
-MOLLET (un petit), un peu.
-
-MOLLIR, baisser de prix. Ex.: Le blé a _molli_ à la halle. B.-N.
-
-MOLTON, étoffe de laine.
-
-MOMENT (du), en ce moment. H.-N.
-
-MONCORNE, mélange de pois, de vesce, d'orge et d'avoine qu'on sème au
-printemps. L'usage de ce mélange de semences est ancien; il en est
-question dans une charte de 1199, _duas acras de mancorn'_; il est aussi
-question, dans le cartulaire de la Trinité de Caen, de 80 acres de
-_mancor_. A défaut de renseignements, M. L. Delisle avait pensé qu'il
-fallait peut-être entendre par _mancor_ le blé-méteil (_Etudes_, etc.,
-page 320).
-
-MON DIEU (être hors des), ni beau, ni laid.
-
-MONGNAN, chaudronnier ambulant. Ce mot vient peut-être, par quelque
-chemin détourné, de l'italien _magnano_, serrurier.
-
-MONGNE, soufflet. Ex.: Donnez-lui une _mongne_, s'il pleure.
-
-MONGNER, donner des _mongnes_.
-
-MONNÉE, blé qu'on porte au moulin, ou farine qu'on en rapporte. B.-N.
-
-MONNIER, meunier.
-
-MONSIEU, monsieur.
-
-MONT, tas, monceau. P.
-
-MONTARDE, moutarde. Un professeur du collége des jésuites, à Dijon, mit
-un jour l'énigme suivante au tableau: _Multùm tardat Divio rixam_.
-L'inscription parut séditieuse, mais chaque mot expliqué calma les
-jugements prématurés: _multùm_, moult (vieux mot français qui signifie
-_beaucoup_), _tardat_, tarde, Divio, Dijon, _rixam_, noise; ce qui
-donne: _Moutarde dijonnoise_ (_Glossaire des Noels bourguignons_, de
-Bernard de la Monnoye, au mot Moutarde.)
-
-MONTEUX (pied), pied gauche du cheval, du côté qu'on _monte_.
-
-MONTON, mouton.
-
-MONTRER, enseigner. Ex.: Je lui _montrerai_ l'algèbre.
-
-MORCET, morceau.
-
-MORCIAU, morceau.
-
-MORDIENNE (à la bonne), simplement, sans façon.
-
-MORFILE (avoir du), se dit d'un couteau dont le taillant n'a pas été
-adouci par la pierre, après avoir été aiguisé sur la meule.
-
-MORICAUD, noir.
-
-MORNIFLE, soufflet.
-
-MORZIEU! espèce de juron.
-
-MOUCHES A MIEL, abeilles. Lorsqu'il meurt une personne dans la maison de
-celui qui possède des ruches, on a l'habitude de placer à chaque ruche
-un morceau de tissu noir, afin de _faire faire le deuil_ aux abeilles,
-sans quoi, dit-on, elles mourraient. Nous ignorons ce qui a pu donner
-lieu à cette crédulité; mais nous pouvons assurer que nous avons eu la
-preuve qu'elle ne reposait sur aucun fondement.
-
-MOUCHET, amas, monceau. B.-N.
-
-MOUCHEUX, mouchoir.
-
-MOUCHEUX-DE-COS, cravate.
-
-MOUCHIAU, monceau.
-
-MOUFFLES, gros gants de peau dont on se sert pour se préserver les mains
-en coupant les épines et en réparant les haies. B.-N.
-
-MOUFLU. Se dit d'un pain ou d'un gâteau bien levé. P.
-
-MOUILLES, moules.
-
-MOULÉ. Imprimé. H.-N.
-
-MOULÉE, sciure de bois.
-
-MOUQUE, mouche.
-
-MOUQUE-A-MIET, _mouche à miel_, abeille.
-
-MOUQUER, moucher. Ex.: _Mouquez_ la chandelle.
-
-MOUQUERON, moucheron.
-
-MOURMAUD, morose.
-
-MOURON, salamandre terrestre. B.-N.
-
-MOUSIEU, monsieur.
-
-MOUSIEU (poire de), bonne à manger; précoce.
-
-MOUSSE (rose), rose moussue.
-
-MOUTARD, petit garçon.
-
-MOUTE, chatte. H.-N.
-
-MOUTON, poire à manger; assez précoce.
-
-MOUTURE, orge ou avoine moulus grossièrement pour donner dans l'étable
-aux porcs ou autres bestiaux. D'après M. L. Delisle, on entendait, au
-moyen-âge, par _mouture_, le blé de qualité moyenne (_Etudes_, etc., p.
-520.)
-
-MOUVETTE, cuiller de bois qui sert à remuer les sauces. B.-N.
-
-MOUYEU, noyau de noix, de cerise, etc.
-
-MOYEN (être), être faible, malade.
-
-M' S', mes; devant une voyelle.
-
-MUCHER, cacher. P. Du vieux verbe _musser_.
-
-MUCHE-TAN-POT (à), en cachette. D'après M. Hécart, ce mot vient de ce
-que certains marchands vendaient de la bière à meilleur marché que leurs
-confrères; mais comme ils ne payaient pas de droit, il fallait
-l'emporter en cachette, _mucher san pot_. P.
-
-MUCRE, humide. B.-N.
-
-MUID, tonneau contenant quarante-deux _veltes_.
-
-MULE. Voy. _Meule_.
-
-MULETTE, estomac intérieur.
-
-MULON. Voy. _Meule_.
-
-MULOT, pomme à cidre; précoce.
-
-MURES, fruits de la ronce. Nous croyons voir là un fait à l'appui de
-l'opinion de M. L. Delisle qui, en donnant le détail des arbres et
-arbustes de la Normandie, au moyen-âge, se demande si la ronce ne se
-serait pas appelée mûrier (_Etudes_, etc., page 358).
-
-MURISON, maturité. P.
-
-MUSETTE, musaraigne; petit mammifère qu'on regarde à tort comme
-dangereux.
-
-MUSOTTER, s'occuper à peu de chose.
-
-MUYEU, meilleur.
-
-
- N
-
-NA! parbleu, certainement. B.-N. P.
-
-NABOT, de petite taille. P.
-
-NACHE (morceau de), morceau de fesse de boeuf ou de vache. Ce mot vient
-du latin _nates_, et se trouve dans un acte de 1342, relatif à un
-seigneur d'Auvilliers qui maltraita un clerc, «le despéçant avec ses
-espérons par les _naches_ et par les gambes et par tout le corps»
-(_Revue de Rouen_, 1840, 2me semestre, p. 91).
-
-NACTIEUX. Voy. _Futeux_. P.
-
-NANAN, chose excellente à boire ou à manger. P.
-
-NANETTE, Anne.
-
-NANÉS ou NANINS. Ce mot est souvent employé pour répondre à une personne
-qui adresse une question indiscrète. Ex.: Que portes-tu, mon ami, dans
-ton panier?--_Des nanins pour souffler au c... des demandeux._ Cette
-réponse est pour ainsi dire stéréotypée, et s'adresse indistinctement à
-toute demande faite sans discrétion. Cette expression aurait-elle
-quelque rapport avec le mot espagnol _nenes_, petits enfants; ou plutôt,
-n'est-elle pas la traduction du latin _neniæ_, bagatelles, contes dont
-on amuse les enfants?
-
-NANON, Anne.
-
-NASIAUX, narines du cheval, de la vache, etc.; de _nasus_, nez.
-
-NAU, feuille de plomb ou de zinc qui se place à l'angle rentrant d'une
-couverture en ardoises, pour servir de gouttière.
-
-NE, ni. Ex.: C'est un impie qui ne craint _ne_ Dieu, _ne_ vierge Marie.
-P. Ce mot est ancien.
-
-NÊLE, nielle. P.
-
-NENTILLE. Voy. _Judas_.
-
-NENTILLES, lentilles. P.
-
-NEU, neuf. P.
-
-NEYER (se), se noyer. P.
-
-NIANT, homme simple; _néant_, en fait d'intelligence.
-
-NICHEUX, oeuf qu'on laisse dans le nid des poules pour les engager à
-venir pondre. Parfois on taille un morceau de marne, en forme d'oeuf,
-pour servir de _nicheux_. Les Picards disent un _nichouère_.
-
-NIÈVRE, mutin.
-
-NIFE, clair. Ex.: Ce cidre est bien _nife_.
-
-NIQUEDOIULLE, niais. B.-N.
-
-NITÉ (de), de naissance; _à nativitate_. Ex.: Il est sourd de _nité_.
-
-NIVELOTER, s'amuser à des riens. B.-N.
-
-NIXE! non pas! P.
-
-NO, notre, nous, nos, et quelquefois ma. Ex.: _No_ femme est malade.
-
-NOCER, faire bombance. P.
-
-NOCEUR, qui fait bombance. P.
-
-NOEUD-GABRIET, cartilage thyroïde; noeud de la gorge. On dit d'un homme
-qui a trop mangé: Il en a jusqu'au _noeud-gabriet_. H.-N.
-
-NOIRET, tirant sur le noir.
-
-NOIROT. Voy. _Noiret_.
-
-NOIRQUIN (homme), dont le teint est un peu noir.
-
-NOM-DES-OS! juron. P.
-
-NON-FAIT, non, pas du tout. B.-N. Négation absolue.
-
-NONOSTANT, nonobstant.
-
-NOQUE, brèche à un taillant; légère entaille à un bâton comme font les
-boulangers pour tenir note des pains qu'ils fournissent.
-
-NOROLLE, brioche, gâteau. Ce mot est assez ancien.
-
-NOS, nous; devant une voyelle. P.
-
-NOSTRUM (perdre le), ne plus savoir où l'on en est de ce qu'on fait.
-
-NOT, notre. Dans ses notes sur Vaugelas, Corneille fait remarquer que
-l'_r_ ne se fait presque point sentir dans _notre_ et _votre_.
-
-NOUÉ (enfant), qui se devient mal. P.
-
-NOURTIER, veau qu'on achète pour l'engraisser.
-
-NOURTIER (bon), qui nourrit bien ses bestiaux. P.
-
-NOURTURE, nourriture.
-
-NOUVIAU, nouveau. P.
-
-NUNNE-PART, nulle part. P.
-
-NUNUS, riens, bagatelles, H.-N. P. De _neniæ_.
-
-NUROLE. Voy. _Norole_.
-
-
- O
-
-O, on. Ex.: _O_ ne sait plus à qui se fier. _P._
-
-O, où, Ex.: _O_ voulez-vous allez?
-
-O (il), il a. P.
-
-OBLIER, oublier.
-
-OBSERVER, faire observer. Ex.: Je vous _observe_ qu'il était soir.
-
-OCLE. Voy. _Noque_.
-
-OCORE, encore.
-
-ŒILLÈRE (dent), dent canine supérieure qui se trouve sous l'oeil. H.-N.
-
-OGNON, poire précoce.
-
-OIN, oui; dans un sens ironique. P.
-
-OIR, oie mâle.
-
-OIRESSE, oie femelle.
-
-OL', on le, Ex.: Est-ce vrai comme ol' dit?
-
-ONCHE, once. P.
-
-ONGUES, ongles. P.
-
-ONNI, uni.
-
-ONZIN, amas de gerbes au nombre de onze, sur lesquelles la onzième
-servait, dit-on, à payer la dîme. Aujourd'hui on ne réunit les gerbes
-que par lots de dix, sous le nom de _dizeau_.
-
-O Q'C'ET, quelque part; _où que c'est_. Ex. Je l'ai mis _o q'c'et_, mais
-je ne le trouve pas.
-
-ORANGE (eau de fleur d'), eau de fleurs d'oranger.
-
-OREILLE, partie mobile de la petite charrue, qui se place auprès du soc
-et se change de côté, à chaque raie, pour élargir le sillon. La grande
-charrue a deux _oreilles_ qui sont immobiles et qu'on désigne sous le
-nom de _petite_ et _grande oreille_.
-
-ORGERI, champ où l'on a récolté de l'orge.
-
-ORILLER, oreiller.
-
-ORMOIRE, armoire. P.
-
-ORTILLER, frotter avec des orties.
-
-ORTILLONS, doigts des pieds; diminutif d'_orteil_.
-
-ORVÈRE, orvet. H.-N.
-
-OS, vous. Ex.: _Os_ êtes bien curieux. P.
-
-OSCUR, obscur. P.
-
-OSIAU, oiseau.
-
-OSIÈRE, osier.
-
-OU, que. Ex.: C'est là _où_ je demeure.
-
-OUAICHE (que je), que j'aille. Ex.: Il faut que je _ouaiche_ au bois.
-
-OUÊTCHE? où est-ce?
-
-OUI (pour _cha_), oui; formule très-affirmative. H.-N.
-
-OUICHE! Exclamation dont on se sert pour témoigner qu'on a froid.
-
-OU Q'C'EST? où est-ce?
-
-OURDON, largeur de grain que le faucheur abat à chaque javelle.
-
-OUTARDES (aller aux), chasse aux oiseaux qui se fait de différentes
-manières, pendant les nuits obscures de l'hiver, à l'aide d'une
-lanterne.
-
-OUTEUX. Voy. _Auteux_.
-
-OUVRIER (jour), jour ouvrable.
-
-
- P
-
-PAFFE! Exclamation de celui qui voit donner ou recevoir un soufflet.
-
-PAGIE, pan de muraille. B.-N.
-
-PAIE! Expression dont on se sert pour exciter un chien à manger ce qu'on
-lui présente. Ex.: _Paie, Médor! Paie! Paie!_
-
-PALER, parler.
-
-PALETTE, pelle à feu.
-
-PALIER, lieu ou l'on dépose les assiettes. Voy. _Ménager_.
-
-PAIN-M'NIT, pain bénit.
-
-PAMPHILE, espèce de jeu de cartes; nom qu'on donne au valet d'atout, à
-ce jeu.
-
-PAN, pain. P.
-
-PANCHE, panse. P.
-
-PANCHÉE (s'en donner une), manger avec excès.
-
-PANCHU, qui a une grande _panche_.
-
-PANÉE, pan d'un habit. H.-N.
-
-PANTALONS (mes), mon pantalon; a moins qu'on ne parle de plusieurs.
-
-PAPIN, bouillie pour les enfants. P. Ce mot vient du latin _pappare_.
-
-PAQUE-FLEURIE, dimanche des Rameaux. Le nom de _Pâque-Fleurie_ est sans
-doute un souvenir de l'usage où l'on était jadis de joncher de verdure
-et de fleurs, en ce jour, les rues par lesquelles devait passer la
-procession.
-
-PAQUER, faire ses pâques.
-
-PARAI, muraille; de _paries_.
-
-PAR-APRÈS, après, ensuite. B.-N. P.
-
-PARAPHE (une), un paraphe.
-
-PARCIE, repas qu'on donne aux moissonneurs après les travaux de la
-moisson; ordinairement on y boit à _tire-larigo_. B.-N.
-
-PARDIÉ! espèce de juron; _par Die_, par Dieu. C'est le _por Dios_ des
-Espagnols, et le _per Dio_ des Italiens. Les anciens Normands juraient
-aussi par Dieu, en se servant de l'expression anglaise: _by God_ (_Revue
-de Rouen_, 1839, page 14).
-
-PARÉ (cidre), bon à boire.
-
-PAR-ENSONS, par-dessus. Ex.: Jette-moi ton couteau _par-ensons_ la haie.
-
-PARER UNE POMME, peler une pomme ou un autre fruit.
-
-PARÉSINER, se dit de celui dont la main tremble.
-
-PARFINIR, donner la dernière main à un ouvrage. B.-N.
-
-PARINAGE. C'est ainsi qu'on appelle le parrain et la marraine qui
-accompagnent l'enfant qu'on porte à l'église pour recevoir le baptême.
-P.
-
-PARIURE, pari.
-
-PARLER (se). En parlant de jeunes gens qui se font la cour pour se
-marier, on dit: _Ils se parlent_. H.-N.
-
-PARLER (se), parler avec affectation. H.-N. Les deux verbes suivants ont
-la même signification.
-
-PARLOCHER (se).
-
-PARLORER (se).
-
-PARMI (le), le milieu. Ex.: Mets ta carte dans _le parmi_ du jeu.
-
-PARTAGEUX, qui demande le partage des biens. P.
-
-PAS? n'est-ce pas?
-
-PAS-DE-CAT, lierre terrestre. On lui a sans doute donné ce nom à cause
-de la forme de ses feuilles.
-
-PAS-DE-CAT, espèce de gaffe à trois dents, attachée au bout d'une corde,
-qui sert à retirer les seaux qui tombent dans un puits.
-
-PAS-MOINS, néanmoins. P.
-
-PASSAGE. Voy. _Passeux_.
-
-PASSAGÈRE (rue), passante. P. H.-N. B.-N.
-
-PASSÉ-DE-CHALEUR, très-échauffé. H.-N.
-
-PASSEUX, espèce de barrière immobile qui sépare les herbages, et qu'il
-faut franchir quand on suit les sentiers qui traversent fréquemment les
-prairies et bouveries du pays de Bray.
-
-PASSÉE-D'OUT. Voy. _Parcie_. H.-N.
-
-PASSE-POMME, espèce de pigeon d'été.
-
-PAS-VRAI? n'est-ce pas vrai?
-
-PATACLAS, grand bruit. On rapporte qu'un bon curé, voulant donner à ses
-paroissiens une idée du bouleversement du dernier jour du monde,
-commença ainsi: «Si tous les arbres étaient réunis en un seul arbre, ça
-ferait un bien grand arbre; si toutes les mares ne formaient qu'une
-mare, ça ferait une bien grande mare; si l'arbre tombait dans la mare,
-quel _pataclas_, mes frères!...»
-
-PATALON, pantalon.
-
-PATAR, gros _deux sous_. Le _patar_ était une ancienne pièce de monnaie
-qui fut frappée sous Louis XII; d'un côté, on voyait deux fleurs de lis
-sur la même ligne, et au-dessous, un P et une croix; de l'autre côté,
-une croix à branches égales, placée sur un P. On a voulu voir dans ces
-P l'initiale du mot _patar_; mais ce doit être celle de _provincia_
-(_Univers pittoresque_, France, tome X, page 372). M. l'abbé Corblet
-parle d'un _patar_ du Brabant, de la valeur de quinze deniers tournois,
-qui offre la figure de saint Pierre sur une de ses faces. P.
-
-PATÈRE (un), une patère.
-
-PATIS. Voy. _Larris_. P.
-
-PATOUF (gros), gros lourdaud.
-
-PATRAQUES, paperasses.
-
-PATRÈS (envoyer _ad_), faire mourir. P.
-
-PATRON (faire son), tomber dans la neige ou dans la boue.
-
-PAURE, pauvre; employé adjectivement devant une consonne. P. Ex.: C'est
-un _paure_ malheureux.
-
-PAUVERTE, pauvreté. P.
-
-PAUVRESSE, mendiante.
-
-PAYS, PAYSE, compatiote. P.
-
-PECUNE, argent, monnaie. P.
-
-PEDRIX, perdrix.
-
-PEINE DE VIVRE (prendre), en parlant de personnes qui travaillent et
-sont économes.
-
-PEINTRE, espèce de limace qui se rencontre dans les caves et laisse sur
-son passage une matière gluante qui _peint_ sa route.
-
-PELARD, bois de chêne dont on a enlevé l'écorce. H.-N.
-
-PÊLE, poêle à frire.
-
-PELÉE, ce qu'on peut porter sur une pelle.
-
-PELETTE, pelle à feu.
-
-PELLUCHE, pelle en fer.
-
-PÉLOT, palet.
-
-PENDRE QUE DE (ne), rester à faire. Ex.: La table est servie, il ne
-_pend que de_ dîner. H.-N.
-
-PENSER, faillir. Ex.: Il a _pensé_ tomber. H.-N.
-
-PÉPÈRE, vieillard. P.
-
-PÉPIN-FAVART, pomme à couteau; espèce de calville.
-
-PÊQUE, pêche.
-
-PÉQUENCER, bavarder.
-
-PÉQUENCIER, PÉCANCIÈRE, qui _péquence_.
-
-PÊQUER, pêcher, aller à la pêche.
-
-PÊQUER, marcher sur, dans.
-
-PERCHER, percer. P.
-
-PERDU (sentir le), être sur le point de perdre.
-
-PÉRETTE, jeune fille folâtre.
-
-PÉRI, péril.
-
-PERQUE, perche.
-
-PERSIN, persil. P.
-
-PÉSACHIS, nom sous lequel on désigne les semailles et récoltes de pois,
-vesce et lentilles.
-
-PÉSAS, tiges de pois ou de vesce liées en bottes après le battage.
-
-PÉSERI, champ où l'on a récolté des pois.
-
-PESOUT, homme grossier et sans intelligence.
-
-PESTER, être contrarié.
-
-PET! paix! pour imposer un silence absolu.
-
-PÉTIÈRE, ouverture qui se trouvait au haut de la culotte, par-derrière,
-avant qu'on fit usage de bretelles; cette ouverture était plus on moins
-serrée à l'aide d'un cordon ou d'une boucle. Nous n'oublierons jamais,
-en entendant prononcer le mot de _pétière_, l'embarras et l'agitation
-d'un brave homme que nous avons connu, dans la culotte duquel un mauvais
-plaisant avait introduit une grenouille, par la _pétière_.
-
-PÉTIOT, PÉTIOTE, petit, petite.
-
-PETITS! PETITS! PETITS! cri pour appeler les poules.
-
-PÉTOCHER, en parlant des enfants qui font du bruit en marchant.
-
-PÉTONNIÈRE, bout de sureau dans lequel les enfants introduisent deux
-balles de filasse, dont l'une chasse l'autre par la pression de l'air;
-ce qui produit un bruit semblable à une légère détonation.
-
-PÉTOTS, petits pieds.
-
-PETRIR (auge à) V. _Mêt_.
-
-PEU (un petit), très-peu.
-
-PEU (un tant soit), excessivement peu, si peu que ce soit.
-
-PEUPLE, peuplier. H.-N. P.
-
-PHYSIQUE (beau), belle physionomie.
-
-PIAFFE, coquetterie. H.-N.
-
-PIAFFER, mettre de la recherche dans sa toilette.
-
-PIAFFEUX, PIAFFEUSE, coquet, coquette. H.-N.
-
-PIAI, pied. Dans un acte de 1356, il est question d'un _espasce de trois
-piez à pié main_. Au siècle précédent, on rencontre encore cette mesure
-sous le nom de _pedes manuales, pedes ad manum_. «Quoique cette
-expression figure dans un assez grand nombre de textes, dit M. L.
-Delisle, le sens n'en est pas encore déterminé avec certitude»
-(_Etudes_, etc., p. 530). Nous croyons que le _pied-main_ est une mesure
-approximative encore très en usage, parmi les ouvriers de la campagne,
-quand il s'agit d'opérations qui ne demandent pas une grande exactitude
-dans les appréciations. On prend un bâton de petite grosseur, plus ou
-moins long, selon l'étendue de l'objet qu'on veut mesurer; on le place
-horizontalement devant soi, en le tenant dans ses deux mains, les doigts
-fermés en dessous; on éloigne ensuite les mains l'une de l'autre jusqu'à
-ce que les deux pouces, allongés contre le bâton, se touchent par le
-bout; alors on obtient le _pied-main_, c'est-à-dire que la longueur du
-bâton renfermée dans les mains représente à peu près un pied.
-
-PIAN-PIAN, lentement. P.
-
-PIANE-PIANE (aller), marcher doucement; de l'italien _piano_.
-
-PIANT, PIANTE, personne malpropre, qui sent mauvais.
-
-PIARD (cheval), blanc et noir comme certaines vaches; couleur de la
-_pie_.
-
-PIAU, peau. P.
-
-PIAUCER, écorcher, enlever la _piau_ d'un animal. On dit aussi: Faire
-_piaucer_ un animal par un chien, pour signifier: le faire mordre, lui
-faire arracher la peau.
-
-PIAULARD, pleurnicheur. P.
-
-PIAULER, pleurnicher. P. Se dit aussi du gloussement de la dinde.
-
-PIÈCHE, pièce.
-
-PIÈCHE, aucun. Ex.: Combien as-tu de chapeaux?--_Pièche_.
-
-PIEDSENTE, _sentier_ par lequel on passe à _pied_.
-
-PIERROT, coiffure de femme, dont le fond est très-élevé et chargé de
-plis, ainsi que les deux espèces d'ailes qui se prolongent sur les
-épaules.
-
-PIÉTAIN, tumeur qui se forme dans la bifurcation du pied des moutons. P.
-
-PIF, gros et long nez. B.-N. P.
-
-PIGEON, pomme a manger.
-
-PIGNÉ (bien, mal), bien ou mal ajusté, habillé.
-
-PIGNER, peigner.
-
-PIGNOCHE, cheville. B.-N.
-
-PILAGE, brassage.
-
-PILE (donner une), donner une rossée. B.-N. P.
-
-PILER, brasser les pommes. B.-N.
-
-PILER SUR, marcher sur. Ex.: Vous me _pilez sur_ le pied. H.-N.
-
-PILON. Voy. _Grageux_.
-
-PIMPERNELLE, pimprenelle. P.
-
-PINCHARD, pinson.
-
-PINCHER, pincer.
-
-PINCHES, PINCHETTES, pincettes.
-
-PINGEON, pigeon. P.
-
-PINGRE, avare. P.
-
-PIONE, pivoine. P.
-
-PIOS! PIOS! PIOS! cri pour appeler les porcs.
-
-PINOS! PINOS! PINOS! cri pour appeler les dindons.
-
-PIOT, PIOTE, enfant, petit, petite. P.
-
-PIPET, fétu à l'aide duquel on aspire un liquide. B.-N.
-
-PIPIE, pépie.
-
-PIPIE (avoir la), avoir soif.
-
-PIQUETS, mouillettes.
-
-PIRE (aussi), aussi mauvais. B.-N.
-
-PIRE (avoir du), être le plus faible dans une lutte.
-
-PIS, puits où l'on puise de l'eau.
-
-PIS, mamelle de vache, de cheval, etc. B.-N.
-
-PISSON, urine.
-
-PLACHE, place. P.
-
-PLACHER, placer.
-
-PLACHEUX, offrant des places où il n'y a rien. Ex.: Ce blé est
-_placheux_.
-
-PLAIDEUX, plaideur. Ce mot est d'un usage fréquent dans le pays de Bray,
-comme dans le reste de la Normandie. Cependant nous n'en sommes plus au
-temps de Jacques de Camprond qui composa, en 1597, le _Psautier du
-Plaideur_, dédié au Parlement de Rouen. Un vrai Normand ne mourait pas
-en ce temps-là sans avoir eu un ou plusieurs procès, et le livre du curé
-d'Avranches était le _Vade mecum_ de l'époque. Pour comprendre l'esprit
-processif de nos bons aïeux, il suffit de se rappeler _le grand prochez
-meu par un nid de pie_, sur lequel le Parlement de Normandie eut à se
-prononcer en 1629. Pendant que les avocats déployaient leur inépuisable
-faconde, les _petits piards_ faisaient défaut aux parties et les
-mettaient d'accord, en abandonnant le nid. Aujourd'hui, on plaide moins
-souvent qu'autrefois; cependant on assure qu'on rencontre encore çà et
-là de vrais _plaideux_ aussi familiarisés avec le pétitoire, le
-possessoire, le déclinatoire, le récursoire, etc., qu'un vieil huissier.
-C'est peut-être par allusion à cet esprit de chicane qu'on a dit que:
-_en Normandie_, _si l'on jette un nouveau-né contre une glace_, _il
-trouvera moyen de s'y accrocher_.
-
-PLAISI (au), au revoir; au _plaisir_ de vous revoir. P.
-
-PLANCHE DU PIED, plante du pied. H.-N.
-
-PLANCHÉ (lieu), planchéié.
-
-PLANQUE, planche. P.
-
-PLANQUETTE, planche placée sur un petit ruisseau pour servir de pont. P.
-
-PLATÉE, ce que contient un plat.
-
-PLATE-FORME, sablière. H.-N.
-
-PLATINE, langue sans frein. Ex.: Quelle _platine!_
-
-PLAUDE, BLAUDE, blouse. Il n'y a pas encore longtemps qu'on désignait
-sous le nom de _plaude_, une espèce de longue redingote en toile grise
-que portaient les vieillards peu aisés. Il doit exister beaucoup de
-rapport entre ce vêtement et le _blialt_ du XIe siècle, dont il est
-question dans la _chanson de Roland_.
-
-PLAUDER. Voy. _Piaucer_.
-
-PLEIN (tout), beaucoup. Ex.: Il a _tout plein_ de chagrin. P. B.-N.
-
-PLEU-PLEU, pie-vert; ainsi nommé par onomatopée.
-
-PLEUVER, pleuvoir.
-
-PLEUVERE. V. _Pleu-Pleu_.
-
-PLI, levée de cartes. P.
-
-PLION, pièce de bois qui sert à maintenir le coutre d'une charrue dans
-la position nécessaire; on change le _plion_ de côté, à chaque sillon.
-Ce mot est aussi très-usité dans le sens de _ployon_.
-
-PLOTER (se), se jouer ou se battre à coups de pelotes de neige.
-
-PLOUTRE, pêne d'une serrure.
-
-PLOYON, bâton pliant qui sert pour les couvertures en paille. P. Voy.
-_Plion_.
-
-PLUCOTER, se dit des volailles qui cherchent, qui épluchent les grains
-perdus devant les granges.
-
-POUAC! pouah!
-
-POCHER, espèce de jeu de pair ou non, où l'on gagne des noix et du pain
-d'épice aux fêtes de villages, surtout aux _Choules_.
-
-POGNE (avoir une bonne), serrer fort avec la main; du latin _pugnus_,
-poing.
-
-POGNIE, poignée.
-
-POIGNÉE (dernière). A la fin de la moisson, on réserve une poignée de
-blé à laquelle on en ajoute une autre artistement tressée et un bouquet.
-Alors les moissonneurs vont inviter la maîtresse de la ferme à venir les
-aider _à finir à blé_; et, quand on est arrivé au lieu où la _dernière
-poignée_ a été préparée, on danse une ronde et l'on vide une bouteille
-de gros cidre, en mangeant une galette. Ensuite, on présente une
-faucille enrubannée à la fermière, et, au moment où elle s'avance pour
-scier la riche poignée, les moissonneurs s'arment de fusils qu'ils
-avaient cachés sous les javelles, et une première décharge a lieu. Mais
-parfois la dernière poignée n'est pas facile à couper, et chacun dit son
-mot: _Voilà du blé qui est bien dur_.... _La faucille ne coupe pas_....
-_Madame ne sait pas son métier_.... _Le moidoux ne se ferait pas vite de
-ce pas-là_.... _Il y a du sorcier_.... _Allons, courage!_ Enfin, la
-maîtresse se redresse et paraît renoncer au succès, lorsqu'un vieux
-grognard s'avance: _Pardon! la maîtresse_; _m'est avis qu'il a poussé là
-quelque chose depuis tantôt_.... Et il retire une branche qu'il avait
-fourrée au milieu de la poignée de blé. On danse une nouvelle ronde; on
-vide une seconde bouteille; on fait encore une décharge, et l'on regagne
-la ferme, où un bon dîner est préparé, ainsi qu'une récompense pour les
-bonnes gens qui ont offert la _dernière poigneé_. Pendant le reste de la
-journée, les moissonneurs n'ont d'autre occupation que de tirer des
-coups de fusil, manger et surtout boire. Un jeune garçon, interrogé sur
-le plaisir qu'il avait eu dans une des circonstances que nous venons de
-décrire, répondit: _On a eu du bon temps, mais on était crévé pour
-verser à boire._
-
-POIRES DE TERRE, topinambours. H.-N.
-
-POIRIONS, verrues.
-
-POISON (vieille)! Terme injurieux.
-
-POLON, Napoléon.
-
-POLYTE, Hippolyte.
-
-POMMAGE (bon, mauvais), bonne ou mauvaise nature de pommes dans un
-herbage. B.-N.
-
-POMMEROLES, primevères. B.-N.
-
-POMON, poumon. H.-N.
-
-POMONIQUE, pulmonique.
-
-PONCHET, coquelicot.
-
-PONNU, pondu.
-
-POPOT, POPOTE, petit garçon, petite fille, poupée.
-
-POR, pour. P.
-
-PORÉSINE, poix-résine.
-
-PORETTE, jeunes poireaux à repiquer. H.-N.
-
-PORIONS. Voy. _Poirions_. P.
-
-PORQUER, qui garde les porcs.
-
-PORTRAIT (tirer en), faire le portrait, peindre. H.-N.
-
-PORSUIRE, poursuivre. P.
-
-PORTE-COS, espèce de joug qui sert aux servantes de ferme a porter des
-seaux.
-
-PORTEUX DE LETTRES, facteur rural de la poste. H.-N.
-
-POT, ancienne mesure qui contient deux _chopeines_.
-
-POT, pièce de charpente qui supporte les sommiers. H.-N.
-
-POTAYE, potée.
-
-POTICHE, cuisine de pauvres gens. H.-N.
-
-POTIN, bavardage inutile.
-
-POTINER, faire des remontrances à contre-temps.
-
-POTINIER, POTINIÈRE, qui _potine_.
-
-POTUIT, porte d'une cour, placée entre deux _pôts_ et surmontée d'une
-petite couverture par laquelle on ne passe qu'à pied.
-
-POU, pour.
-
-POUANT, faiseur d'embarras. P. Malpropre.
-
-POUCHE, petit sac.
-
-POUCHINÉE, couvée d'une poule.
-
-POUCHINIÈRE (la), les pléiades.
-
-POUILLARD, vaurien. B.-N. Perdreau trop jeune pour être tué.
-
-POULAIN. On nomme ainsi ce qui s'échappe d'un oeuf cuit dans les cendres,
-quand la chaleur fait crever la coque.
-
-POULE-D'INDE, dinde.
-
-POULET-D'INDE, dindon.
-
-POULIER, poulailler.
-
-POULINÉE, fiente des poules. H.-N.
-
-POULIOT, pièce de bois mobile placée à l'extrémité postérieure d'un
-chariot ou d'une charrette, sur laquelle s'enroule la _liache_.
-
-POULOT, jeune enfant; de _pullus_. Dans le grec moderne, on emploie
-encore, dans la forme patronymique, l'expression _poulo_, quand on veut
-joindre le nom individuel du fils à celui du père. C'est comme _mac_, en
-Écosse; _o_, en Irlande; _ap_, dans le pays de Galles; _fitz_, _son_,
-_en_, en anglais; _vitch_, dans les langues russes; _ez_, en espagnol;
-_oglou_, en turc, etc. (_Encyclopédie_ du XIXe siècle, vol. 33me, p.
-230). B.-N. P.
-
-POUQUE. Voy. _Pouche_.
-
-POUQUETTE, poche, petite _pouche_.
-
-POUQUETTE (faire), mettre en cachette des fruits ou autre chose à sa
-poche, quand on n'a plus faim.
-
-POURCACHER, en parlant des animaux qui poursuivent les autres pour les
-empêcher de manger.
-
-POURLÉQUER (se), se lécher les lèvres après avoir mangé quelque chose de
-bon. P.
-
-POURPE (le), suette militaire.
-
-POURVANE, ration d'avoine ou de son qu'on donne aux chevaux et aux
-vaches. H.-N.
-
-POUSSE-POUSSE, jeu d'enfant. Les deux joueurs ont chacun une épingle
-qu'ils poussent l'une contre l'autre, jusqu'à ce que l'une des deux
-reste sur l'autre; alors celle du dessous devient la propriété du
-gagnant.
-
-PRÊCHEUX, prédicateur. P.
-
-PREMIER QUE (au), jusqu'à ce que.
-
-PRÈS, près de, près du. Ex.: Il demeure _près_ l'église, _près_ le
-boulevart, etc.
-
-PRESSEUX, pressoir; lieu où l'on _pile_ et où l'on presse les pommes.
-
-PRÈT (attraper son), lever un fardeau trop lourd et gagner une hernie.
-En parlant d'une fille de conduite équivoque, qui se trouve enceinte.
-
-PRÈTE, prêtre.
-
-PRÉTINTAILLES, petits grelots qu'on attache au collier des chevaux des
-rouliers et de ceux qui conduisent les diligences.
-
-PRINS, PRINSE, pris, prise. P. On dit qu'une fille est _prinse_, quand
-elle est enceinte.
-
-PRINSE, prise de tabac.
-
-PRINSSEUX. Voy. _Presseux_.
-
-PRIVÉ, lieu d'aisance.
-
-PRIVÉ (animal), apprivoisé. P.
-
-PTIOT. Voy. _Piot_. P.
-
-PU, plus.
-
-PUCHE, puce.
-
-PUCHER, puiser. Ex.: _Puchez_ de l'eau dans le seau. P.
-
-PUCHOT, lieu où l'on puise de l'eau dans une mare.
-
-PUCHOT, altise; espèce de caléoptère qui vit sur le colza et les pois,
-auxquels il cause un grand tort. H.-N.
-
-PUFINE, excrément humain.
-
-PUISSANT (homme), gros et gras. H.-N. P.
-
-PURE, peur.
-
-PURÉE (porter la), être grondé, pour un autre, sans l'avoir mérité.
-
-PURER, presser dans ses mains un linge mouillé pour le faire égoutter;
-des groseilles pour en obtenir le jus. H.-N.
-
-PURGE, purgation.
-
-PUS, plus.
-
-PUTEAU, mare qui reçoit l'égoût du fumier. On dit aussi _putet_.
-
-PUTIER, homme débauché.
-
-
- Q
-
-Q'MENCHER, commencer.
-
-Q'MIN, chemin. Le mot _quemin_ était très-usité au moyen-âge.
-
-Q'MINAYE, cheminée.
-
-QUANTES (toutes fois et), quand on voudra. H.-N.
-
-QUART-D'HEURE (pour le), pour le moment. H.-N.
-
-QUARTE, quart du boisseau.
-
-QUART-MOINS DE, quinze minutes avant l'heure. Ex.: Il est le
-_quart-moins_ de dix heures, c'est-à-dire neuf heures quarante-cinq
-minutes. H.-N.
-
-QUARTRON, le quart d'un cent, ou plutôt vingt-six, selon l'usage
-consacré. Pour les fruits, le _quartron_ s'étend même jusqu'à
-trente-deux.
-
-QUASIMENT, presque; du latin _quasi_. B.-N. P.
-
-QUATE, quatre.
-
-QUATRE FERS D'UN QUIEN (ne pas valoir les), ne valoir rien. Ex.: Il ne
-vaut pas les _quatre fers d'un quien_.
-
-QUATRE-VINGT-DIX-NEUF COUPS (avoir fait les), avoir mené une vie
-aventureuse et déréglée.
-
-QUÉ? qu'est-ce? Ex.: _Qué quo_ dites?
-
-QUENAILLE, canaille. H.-N. On emploie aussi cette expression en bonne
-part, en parlant aux enfants. Ex.: Embrasse-moi, _quenaille_.
-
-QUÊNE, chêne. P.
-
-QUENOT, petit chien.
-
-QUÊNOT, petit chêne.
-
-QUENOTTER, mettre bas; en parlant d'une chienne.
-
-QUETOU, cochon.
-
-QUETOUS! QUETOUS! QUETOUS! cri pour appeler les porcs. H.-N.
-
-QUEUE DE LEU (à la), l'un derrière l'autre.
-
-QUEUQUE, quelque.
-
-QUEUQU'UN (un), quelqu'un.
-
-QUÈVRE, chèvre.
-
-QUÉVRON, chevron.
-
-QUI, qu'il, qu'ils.
-
-QUIACHE, excréments des oiseaux; scorie du charbon de terre.
-
-QUIARD. Voy. _Berneux_.
-
-QUIEN, chien.
-
-QUIEN DE FEU, chenet.
-
-QUIEN DE TERRE. Voyez _Mans_.
-
-QUIEU? quel, quelle?
-
-QUIOLE, diarrhée.
-
-QUIOT, QUIOTE. Voy. _Piot_.
-
-QUO, que vous. Ex.: Je crois _quo_ mentez.
-
-QUO. Employé dans les phrases interrogatives, pour suppléer à
-l'inversion. Ex.: Où _quo_ z'allez? D'où quo venez? H.-N.
-
-Q'VA, Q'VAS, cheval, chevaux.
-
-Q'VEUX, cheveux.
-
-Q'VILLE, cheville.
-
-
- R
-
-RABÊTIR, rendre stupide. P.
-
-RABIENNER, réconcilier.
-
-RABISTOQUER, raccommoder de vieux habits et de vieux meubles. P.
-
-RACACHER, ramener les bestiaux à l'étable. P.
-
-RACAILLE, mauvais bestiaux, mauvaises gens. Nous croyons voir un grand
-rapprochement entre ce mot et le terme de mépris _raca_, dont il est
-parlé dans l'Evangile, et qui était en usage du temps de J.-C. Le mot
-_raca_, ou plutôt _reca_, vient de l'hébreu RIK, et signifie à peu près:
-_tête légère_. Aussi le Sauveur déclare-t-il que celui qui adressera
-cette injure à son frère, sera seulement cité devant le conseil, tandis
-que celui qui lui dira: _Vous êtes fou_, méritera l'enfer.
-
-RACCOLER, entraîner quelqu'un avec soi.
-
-RACCROC (par), après coup.
-
-RACHINNE, racine.
-
-RACLÉE, volée de coups de bâton. P.
-
-RACOIN, recoin.
-
-RACCOURCHIR, rendre plus court.
-
-RACCROCHER. Voy. _Raccoler_.
-
-RACCROCHER (se), se dédommager d'une perte, en gagnant d'un autre côté.
-
-RADOUBLER, revenir sur ses pas. B.-N.
-
-RADRECHER, RADRESSER, recommencer, réussir dans une entreprise où l'on
-avait échoué d'abord. H.-N.
-
-RAFISTOLER, raccommoder grossièrement. H.-N. P.
-
-RAFOURÉE, portion de fourrages qu'on donne aux bestiaux pour un repas.
-
-RAFOURER, donner à manger aux vaches et aux moutons dans l'étable. P.
-
-RAFULER, coiffer. P. Donner un soufflet.
-
-RAGACHE, qui parle sans cesse et veut toujours avoir raison. H.-N.
-
-RAGUISER, aiguiser. P.
-
-RAIE, sillon de charrue.
-
-RAILE DU DOS, épine dorsale.
-
-RAILER, rayer, faire des raies sur quelque chose.
-
-RAILETTE, milieu des cheveux sépares en natte sur le front.
-
-RAINCHÉE, rossée.
-
-RAINE, grenouille; de _rana_. B.-N. P.
-
-RAISONNER, répondre mal à une personne qui vous fait une remontrance ou
-vous reprend.
-
-RAISONS (avoir des), être abondant en paroles. Avoir des altercations.
-
-R'ALLER, aller de nouveau. H.-N. Je _r'vais_, je _r'allais_, j'ai
-_r'été_, je _r'irai_, etc.
-
-RALLONGE, allonge.
-
-RAMARRER, rejoindre par un noeud les deux bouts d'une corde.
-
-RAMBOURG, très-grosse pomme à couteau. Ces pommes ont commencé à être
-connues à Rambures (Somme). Charles Etienne en a peut-être fait un éloge
-un peu exagéré dans son _Seminarium_.
-
-RAMENDER, se vendre moins cher, aller mieux; en parlant d'un malade.
-B.-N.
-
-RAMENDEVER, rappeler; même signification que le vieux verbe français
-_ramentevoir_.
-
-RAMOUCHELER, mettre de nouveau en _mouchet_.
-
-RAMOUDRE, ramoner. Aiguiser un tranchant.
-
-RAMOULEUX, ramoneur. Émouleur.
-
-RAMUCRIR, rendre _mucre_.
-
-RAN, bélier, P. B.-N.
-
-RANCER, avoir la respiration gênée et bruyante.
-
-RANCANGNÉ; se dit d'une personne qui regarde en dessous et dont la
-figure n'a rien d'attrayant.
-
-RANDIR, rôder, tourner autour. P.
-
-RANDON, babil ennuyeux, revenant sans cesse sur le même sujet. H.-N.
-
-RANDONNER, rôder, aller et venir dans un endroit. Bouillir trop
-longtemps. B.-N.
-
-RANDONNAGE, action de _randonner_. P.
-
-RANDOUILLER; en parlant d'un mets qui reste trop longtemps sur le feu.
-
-RANQUEUX, animal de rebut, qui se devient mal.
-
-RAPARILLER, rappareiller.
-
-RAPENSER (se), se souvenir.
-
-RAPIAMUS (faire), enlever tout; du latin _rapere_, enlever. P.
-
-RAPINEUX, qui vit de rapines. P.
-
-RAPOUSSER, rendre ce que l'on avait reçu.
-
-RAPPORT A, à cause de. Le T ne se fait pas sentir. Ex.: Nous dinerons à
-deux heures _rappor à_ vous. H.-N.
-
-RAPSAUDER, dire des rapsodies. P.
-
-RAPTI, tiges de colza, dont on a enlevé la graine.
-
-RAS-DE-TERRE (à), à rez-terre.
-
-RASEUX, rasoir.
-
-RASIÈRE, demi-hectolitre; mesure pour les pommes et les grains. B.-N.
-
-RASSIÈRE, rasseoir.
-
-RASSIR, rasseoir. P.
-
-RASSOTER, raffoler. P.
-
-RATATINÉ (homme), gros et de petite taille.
-
-RATATOUILLE, fricassée grossière. P.
-
-RAT-BAILLOT, lérol.
-
-RATELAGE, ce qu'on ramasse dans un champ ou une prairie, à l'aide d'un
-rateau, quand la récolte est recueillie.
-
-RATELLE, grand rateau qui sert à recueillir les épis échappés aux
-moissonneurs.
-
-RAT-LÉROT. Voyez _Rat-Baillot_.
-
-RATIER, qui fait métier de détruire les rats.
-
-RATIRER, attirer chez soi.
-
-RATISER, attiser.
-
-RATON. Voy. _Coraprenant_. M. l'abbé Corblet cite une étymologie bizarre
-de ce nom, extraite d'un manuscrit de la bibliothèque de l'Arsenal:
-«L'an 893, Dodilo, évêque, alla, accompagné des religieux de
-Saint-Vaast, jusqu'à Beauvais où avait été transporté le corps de
-Saint-Vaast, seize ans auparavant, pour le ravage des Normands, et fut
-rapporté à Arras par l'evêque, avec affluence de peuple, lequel montra
-grand signe d'allégresse et de dévotion, remerciant Dieu qui leur avait
-rendu ce précieux trésor sain et entier. Ce fut alors que le peuple, en
-réjouissance, inventa une espèce de pâte composée d'oeufs, de lait et de
-pain dont ils se regalèrent, ce que depuis lors on a continué de faire
-tous les ans, le jour de la fête du saint, dans ladite abbaye et dans la
-plus grande partie du peuple, même jusqu'aujourd'hui, ce que l'on a
-nommé _raton_, parce que le peuple, allant au-devant du saint,
-s'écriait: _le raton? le raton?_ voulant dire: _l'a-t-on retrouvé_?»
-
-RATOURS, détours. P.
-
-RATTRAPER (se). Voy. _Se raccrocher_. H.-N.
-
-RATRUCHE, ratissoire.
-
-RATRUCHER, ratisser.
-
-RAVALEMENT, portion de muraille qui dépasse le plancher du grenier.
-H.-N.
-
-RAVEINDRE, rejoindre. Retirer d'un trou, d'une rivière, d'un mauvais
-pas, etc. P.
-
-RAVEUGLER TOUT, renverser tout, en cherchant dans une armoire ou
-ailleurs.
-
-RAVIGOTER, restaurer, faire revivre.
-
-RAVISER, apercevoir. P.
-
-RAVISER (se), revenir sur une détermination. P.
-
-RAVOIR, posséder une seconde fois. H.-N. P. Ex.: Je _r'ai_, je
-_r'avais_, j'ai _r'u_, je _r'érai_, etc.
-
-RAYER (se), tracer des lignes au crayon sur le papier, pour les suivre
-en écrivant.
-
-R'COMMANCHER, recommencer.
-
-RECHEVEUX, grand cuvier qu'on place sous le canal de la _faiselle_, pour
-recevoir le cidre nouvellement brassé.
-
-RE. Cette syllabe, au commencement des mots, se prononce ordinairement
-comme _er_. Ex.: _Ervenir_ pour _revenir_, _erpos_ pour _repos_. P.
-
-RÉBABARATIF (air), air rébarbatif.
-
-REBIFFER (se), se révolter contre. P.
-
-REBLINDER, recommencer.
-
-REBOUQUER, reculer, renoncer à; le plus souvent, ne plus pouvoir manger.
-H.-N. B.-N.
-
-REBOURS (à la), à rebours.
-
-REBOURS (cheval), cheval qu'on ne peut faire avancer, même à l'aide des
-coups de fouet les mieux appliqués.
-
-REBOUTEUX, homme qui reboute les os fracturés et soigne les luxations.
-H.-N. P.
-
-REBROQUER, réparer un mauvais vêtement ou une mauvaise couverture en
-paille. P.
-
-RÉBROUER, renvoyer rudement. P.
-
-REBULET, produit du blé qui tient le milieu entre la farine et le son.
-
-REBUS (chemins), raffermis après la pluie.
-
-RÉCART (mettre au), mettre au rebut.
-
-RÉCAUFFER, réchauffer. P.
-
-RECAUSER DE, reparler de. H.-N.
-
-RÉCENT (homme), qui n'est pas ivre. P. H.-N.
-
-RECHINCHER, revendeur.
-
-RECHIPPER, pousser de nouveau en cépée. H.-N.
-
-RÉCONFORTER, donner des forces, du courage.
-
-RÉCOPILLE (tout). Voyez _Craché_ (tout).
-
-RECOUPES. Voy. _Rebulet_.
-
-RÉCOQUILLER, rendre la santé.
-
-RECOUVRIR LA SANTÉ, recouvrer.
-
-RECTA, exactement. P.
-
-RÉCURER, écurer. H.-N.
-
-RÈDE, vite. P.
-
-RÉDILLON, sentier escarpé. H.-N.
-
-REFAIRE, attraper, tromper. P. B.-N.
-
-RÉFORCHER, engager à manger. H.-N.
-
-REFOUIR, fouir une seconde fois. P.
-
-RÉGALER, payer la goutte. Ex.: _Régalez_-vous aujourd'hui?
-
-REGARDANT (homme), parcimonieux. H.-N. P.
-
-RÉGENCE, petit pain fait au levain de bière. H.-N.
-
-REGLER, avoir la respiration gênée et faire du bruit en respirant.
-
-RÉGLISSE (du), de la réglisse.
-
-RÉGNON (dire son), en parlant du léger bruit produit par le chat avant
-de s'endormir.
-
-REGOURER. Voy. _Gourer_.
-
-RÉGUISER, aiguiser.
-
-REIDERIE, engouement pour certaines choses. P.
-
-REIDEUX, qui a des _reideries_. P.
-
-REJOINDRE, se venger. Ex.: Tu m'as nui, mais je te _rejoindrai_. P.
-
-RÉJOUI, gai. P.
-
-RELANNER, rosser; signifie peut-être frapper avec une _lanière_.
-
-RELEVÉE, après-midi. H.-N.
-
-RELEVER, faire ses relevailles. P.
-
-RELEVER UN ACTE, en prendre une expédition. B.-N.
-
-RELICHÉE, rossée.
-
-RELICHER, rosser.
-
-RELIÉE, rossée.
-
-RELIER, rosser.
-
-RELIPPER, boire la part d'un autre.
-
-RELUQUER, regarder longtemps ou plusieurs fois une personne avec
-inconvenance, ou un objet pour le voler.
-
-REMBARER, riposter avec énergie. P.
-
-REMBRAILER, donner suite à une fête, le lendemain ou le jour de
-l'octave; signifie peut-être remettre ses _braies_ de fête.
-
-REMBRAILER (se), remettre ses braies, ses pantalons.
-
-REMETTEUX. V. _Rebouteux_.
-
-RÉMINER, réfléchir, chercher dans son souvenir; du latin _reminiscere_.
-
-REMIRER, regarder avec attention. P.
-
-REMONTÉE, après-midi. P.
-
-REMONTER, reprendre son travail après midi. P.
-
-REMOTTER, former une motte de terre au pied de certaines plantes, telles
-que la pomme de terre.
-
-RÉMOUDRE, aiguiser sur une meule.
-
-REMPIÉTER, refaire le pied d'un bas. P.
-
-REMPLUMER (se), se remettre bien dans ses affaires; regagner au jeu ce
-qu'on avait perdu. P.
-
-REMUQUE (sentir le); se dit d'un vase ou d'un objet qui porte certaine
-odeur désagréable, semblable à ce qu'on appelle _odeur de fût_, _de
-tonneau_.
-
-RENAFLER, respirer bruyamment par le nez; s'emploie surtout en parlant
-des chevaux qui sont effrayés.
-
-RENALLER, (se), s'en aller de nouveau.
-
-RENARÉ (être), trouvé plus rusé que soi.
-
-RENCHARGER, recommander.
-
-RENCHIN (faire un), faire un circuit et revenir à son point de départ.
-
-RENELLE, ruelle d'un lit.
-
-RENFILER, affiler. B.-N.
-
-RENFOURRÉE. V. _Rafourée_.
-
-RENFOURER. V. _Rafourer_.
-
-RENFRAICHIR, rafraîchir. H.-N.
-
-RAFRAICHISSEMENT, rafraichissement. H.-N.
-
-RENGAINER SON COMPLIMENT, être obligé de renoncer à un projet, à un
-ouvrage qu'on allait entreprendre.
-
-RENHAITER, exciter, encourager.
-
-RENIFLER, aspirer par les narines; faire remonter l'humeur qui les
-remplît, pour éviter de se moucher. H.-N.
-
-RENMESSER, faire dire une messe d'actions de grâces, le lendemain de son
-mariage.
-
-RENOUVEAU (le), le printemps. P.
-
-RENOUVIAU (au), au printemps.
-
-RENTIQUÉES (avoir des), des répliques, des reparties.
-
-RENVOIS (avoir des), avoir des rapports.
-
-RÉPARER (se), en parlant du temps qui passe au beau après la pluie.
-
-REPASSEUX, émouleur.
-
-RÉPER, avoir des _répets_. P.
-
-RÉPET, rot.
-
-RÉPONNU, répondu. H.-N.
-
-REPIMPÉ, qui a fait toilette.
-
-RÉPRIMANDABLE, répréhensible.
-
-RÊQUE, d'un goût apre.
-
-RÊQUE (air), air revêche.
-
-RÊQUER, abattre les dernières pommes d'un arbre.
-
-RÊQUET, petite gaule qui sert à _rêquer_.
-
-RÉQUILLONS, restes.
-
-REQUINQUÉ, paré, en toilette.
-
-REQUIR, requérir.
-
-RESAQUER, tirer de nouveau une personne d'un mauvais pas, un objet du
-lieu où on l'avait mis.
-
-RÉSIPÈLE, érysipèle.
-
-RESPECT (sauf, sous votre). Formule fréquemment employée quand on parle
-des animaux ou de choses immondes à une personne au-dessus de soi. Ex.:
-Je viens de vendre des cochons, _sauf votre respect_. H.-N.
-
-RESERRE, serre de jardin, lieu où l'on retire divers objets.
-
-RESSOURDRE, réveiller, activer, relever; du latin _resurgere_. B.-N.
-
-RESSUER, en parlant des murs quand ils se couvrent d'humidité.
-
-RESSUYÉS (chemins). Voy. _Rebus_.
-
-RESTER A, avoir son domicile. Ex.: Il _reste_ à Paris.
-
-RETAPÉ, en toilette. B.-N.
-
-RETAPER (se), faire toilette. P.
-
-RÉTOQUER (se), faire de nouveaux efforts pour soulever un poids. Se
-montrer _rétoquet_.
-
-RÉTOQUET, petit homme qui parle beaucoup et n'aime céder à personne. P.
-
-R'ÊTRE, être de nouveau. Ex.: Il _r'est_ parti. H.-N.
-
-RETRUC (avoir du), avoir plus d'un expédient à son service.
-
-RÉTU, qui jouit d'une bonne santé.
-
-REUE, roue. P.
-
-REUE (faire l'), en parlant d'une vache, et surtout d'un taureau qui
-menace de ses cornes en mugissant.
-
-REULIÈRE, ornière; trace profonde de la _reue_.
-
-RÉUNIR A, avec, et. Le verbe RÉUNIR ne doit jamais être suivi de A ni de
-AVEC; ainsi il ne faut pas dire: _réunir la prudence_ A _la hardiesse_,
-mais _réunir la prudence_ ET _la hardiesse_.
-
-REVENEZ-Y (goût de), mets ou boisson dont le goût flatte.
-
-REVERTÉRIS (avoir un), changer de résolution.
-
-REVOIN, regain.
-
-RHABILLER, habiller de nouveau. Parler mal de quelqu'un. P. Piquer la
-meule d'un moulin.
-
-RHEUME, rhume. On a passablement disserté sur l'étymologie de ce mot. M.
-Labourt le fait venir du celtique _rum_, qui signifie: réunion,
-agglomération en général, en ce sens que le rhume provient d'un amas,
-d'une aggrégation d'humeurs sur la poitrine. M. l'abbé Dartois repousse
-cette origine, parce qu'elle repose sur une étymologie philosophique peu
-en rapport avec l'habitude de procéder du peuple, qui juge ordinairement
-par la cause et les effets, et jamais d'une manière insaisissable aux
-sens. Pour le peuple, _la rheume_ est un _refroidissement_; et c'est, en
-effet, par des mots qui ont cette signification que cette maladie est
-désignée en hollandais, en anglais, etc. Puis, l'espagnol, le portugais,
-le catalan, etc., ont une expression tout-à-fait en rapport avec le grec
-_reûma_. D'où le savant chanoine de Besançon conclut, avec M. A. de
-Poilly, que la racine de rheume vient du grec (Voir le _Glossaire du
-patois picard_, par M. l'abbé Corblet, p. 598 et suiv.). P.
-
-RIBAMBELLE, multitude. H.-N.
-
-RIBLE. Voy. _Halitre_.
-
-RIDEAU. Voy. _Condos_.
-
-RIDIAUX, rideaux.
-
-RIFLE, morceau de bois qui se place au bout du _hanse_, et dont les
-faucheurs se servent pour aiguiser leur faux.
-
-RIFLER, se servir du _rifle_. Effleurer.
-
-RIGOLET, rigole.
-
-RIGOLISSE, réglisse.
-
-RIKIKI (un coup de), un verre de liqueur. P.
-
-RIMÉE, gelée blanche; frimas. P.
-
-RIMER, geler _blanc_.
-
-RINCHÉE, volée de coups. P.
-
-RINCHER LA LESSIVE, laver, aigayer le linge, avant de le tordre.
-
-RINCHETTE, verre d'eau-de-vie qu'on prend après le café.
-
-RINCHURETTE, verre d'eau-de-vie qui vient après la _rinchette_.
-
-RINGOLISSE, réglisse. P.
-
-RIO, petite raie, poisson.
-
-RIO, petite rigole dans laquelle on plante des pois, des fèves, etc. P.
-
-RIOCHER, rire en se moquant.
-
-RIOCHEUX, qui _rioche_.
-
-RIOTEUX, instrument de jardinage qui sert à faire des _rios_.
-
-RIQUIQUI (famille de), composée d'un grand nombre de membres.
-
-RISQUE-A-LA-RISQUE, à tout hasard. Au moment de dire la messe, un prêtre
-n'avait, pour lui répondre, qu'un enfant peu en mesure de le faire. Le
-prêtre commence: Introibo ad altare Dei. Pas de réponse! Il recommence:
-Introibo, etc.--_Risque-à-la-risque_, répond le serrant: ET CUM SPIRITU
-TUO.
-
-RISQUEUX, douteux, périlleux.
-
-RISQUIPÈTE (oeufs à la), oeufs à la coque, cuits dans les cendres, _à la
-risque qu'ils pettent_.
-
-RITELET, roitelet.
-
-ROBIN, taureau. H.-N. En Bourgogne, on donne ce nom aux béliers.
-
-ROBINIÈRE (vache), qui tourmente les autres et est impropre à la
-reproduction.
-
-ROGATONS (marchand de), qui vend des objets de peu de valeur, des jouets
-d'enfants. H.-N.
-
-ROGNONNEMENT, action de rognonner.
-
-ROGNONNER, murmurer entre ses dents. H.-N.
-
-ROGUE, réunion des oeufs du poisson.
-
-ROGUE (poisson), poisson femelle qui n'a pas encore frayé. P.
-
-ROMATIQUE, rhumatisme.--_Qué qu'ch'est que c'te plante-là_, demandait
-dernièrement un enfant au curé de sa paroisse, eu lui montrant une
-touffe d'hysope?--C'est une plante aromatique...--_Une plante à
-romatiques? Ah! donnez-m'en unne branque pou papa qu'en souffre tant!_
-
-RONCHAILLES, lieu où il y a beaucoup de ronces.
-
-RONCHES, ronces.
-
-RONDINS, bois à brûler qui n'est pas encore fendu.
-
-RONGE (revenir au), goût des aliments qui revient et se fait sentir
-d'une manière incommode après le repas.
-
-ROQUES, mottes de terre qui se trouvent dans les terres labourées. P.
-
-ROQUET, pomme à cidre tardive; bonne espèce.
-
-ROS, roue.
-
-ROS (faire la). Voy. _Reue_ (faire la).
-
-ROSETTE, rose. On rapporte qu'un congénère de ce mot, _Roselle_, a donné
-lieu à un des plus beaux vers de Malherbe, quand il adressa à un de ses
-amis, qui venait de perdre sa jeune fille, le quatrain suivant, que tout
-le monde connaît:
-
- Ta fille était du monde où les plus belles choses
- Ont le pire destin,
- Et Roselle à vécu ce que vivent les roses,
- L'espace d'un matin.
-
-Lorsqu'on imprima ces vers, il paraît que le compositeur lut mal le
-commencement du troisième, et fit tout simplement un chef-d'oeuvre, sans
-s'en douter, en mettant le vers suivant, qu'on se garda bien de changer:
-
- Et Rose elle à vécu ce que vivent les roses.
-
-ROTEUX, lieu qui reçoit l'égoût du fumier. H.-N.
-
-ROUAN (cheval gris-), d'un gris tirant sur le roux.
-
-ROUELLES, roues de charrue.
-
-ROUGE, homme qui a les cheveux roux. H.-N.
-
-ROUGE-BRIÈRE, pomme à cidre, tardive; excellente espèce. H.-N.
-
-ROULÉE, rossée. P.
-
-ROULET, rouleau servant aux travaux des champs pour écraser les
-_roques_.
-
-ROULET, ralement précurseur de la mort.
-
-ROULIÈRE, blouse dont se servent les rouliers et autres personnes. P.
-
-ROUPIEUX, honteux. P.
-
-ROUPILLER, faire le plus léger bruit, soit en parlant, soit en pleurant.
-On dira à un enfant qui pleure: Si tu _roupilles_ encore, je te donne le
-fouet.
-
-ROUQUELOUSE, espèce de houppelande.
-
-ROUSSI. Voy. _Roteux_. P.
-
-ROUSSI, légèrement atteint par le feu.
-
-ROUSSI (sentir le), porter l'odeur d'une étoffe qui brûle.
-
-ROUSSIR (se), brûler ses vêtements en les approchant trop du feu.
-
-ROUSSOLÉ, rissolé.
-
-ROUTER, vomir.
-
-ROUVIEU, maladie de la peau, particulière aux chiens.
-
-ROUVREUIL. Voy. _Rouvieu_. H.-N.
-
-ROUX-VENTS, vents qui, à l'époque de la _lune rousse_, avril et mai,
-brûlent les jeunes pousses des plantes qui prennent une couleur
-_rousse_. Noël a employé ce mot: «Les _roux-vents_, dit-il, décolorent
-et transforment le bouton de la fleur en pointe de gérofle... et
-trompent l'espérance du cultivateur» (_Premier Essai sur la
-Seine-Inférieure_, p. 224).
-
-RUCHE (que je), subjonctif du verbe _ruer_. P.
-
-RUDE, grand, considérable, fort.
-
-RUDEMENT, extrêmement. P.
-
-RUETTE, petite rue.
-
-RUMINER. Voy. _Réminer_. H.-N.
-
-RUQUE, ruche.
-
-RUQUER, rucher.
-
-
- S
-
-S', sa, se.
-
-SACLER, sarcler.
-
-SACRESTI, SACRISTI, juron.
-
-SAFRE, goulu; se dit surtout des chiens. H.-N. B.-N.
-
-SAGOIN, homme malpropre. H.-N. P. M. Corblet considère ce mot comme la
-contraction de _sale grouin_.
-
-SAI, soif.
-
-SAI, soi.
-
-SALÉ (petit), lard salé.
-
-SALIGAUD. Voy. _Sagouin_. H.-N.
-
-SALIGOTER (se), se salir. H.-N.
-
-SALINNE, poisson ou viande salés.
-
-SALOPE, femme malpropre.
-
-SALOPIN, enfant malpropre.
-
-SAN, son; devant une consonne.
-
-SANG (tirer du), saigner.
-
-SANRIETTE, sarriette. Cette plante était cultivée dans les jardins dès
-le commencement du XIVe siècle.
-
-SANS (être de), manquer de. Ex.: Avez-vous des épingles?--Non, je suis
-_de sans_.
-
-SANS-CULOTTE, vêtement des petits garçons, qui comprend la veste et le
-pantalon.
-
-SANSURE, sangsue. H.-N.
-
-SANVRE, sanve; espèce de senevé. H.-N. P.
-
-SAOUL (raide), tout-à-fait ivre jusqu'à la rigidité des membres. H.-N.
-
-SAOULARD, ivrogne de profession.
-
-SAPAS, malpropre. B.-N.
-
-SAQUER, extraire d'un sac, d'un trou, d'une mare, etc. H.-N. Ce mot se
-rapproche d'une des acceptions de l'espagnol _sacar_.
-
-SAQUER (se), fuir promptement. H.-N.
-
-SAREAU, espèce de tablier à l'usage des petits enfants.
-
-SAS, ivre, rassasié. H.-N. Saule.
-
-SATANÉ, diabolique. H.-N.
-
-SAUX, saule. Au moyen-âge, le nom de cet arbuste s'écrivait constamment
-_saux_, _saulx_.
-
-SAVENIAU, verveux; espèce de filet qui sert à prendra le poisson.
-
-SAVOIR, SAVER, savoir, pouvoir. Ex.: Il ne _saurait_ travailler
-longtemps sans se reposer.
-
-SCIAU, seau. P.
-
-SCIO, petite scie.
-
-SEC, SÈCHE, SÈQUE. On confond ordinairement ces adjectifs pour le
-masculin et le féminin. H.-N.
-
-SÉCRAN, maigre. B.-N.
-
-SEIGLERI, champ où l'on a récolté du seigle.
-
-SELLE A LESSIVE, espèce de traiteau sur lequel on bat et on laisse
-égoûter le linge qui a été lessivé.
-
-SEMEUX. Ce mot désigne: 1º un homme qui sème; 2º l'espèce de nappe qu'il
-passe en bandoulière pour porter la semence.
-
-SENS (se manger les), s'impatienter fortement. H.-N.
-
-SENTE, sentier. H.-N. P.
-
-SENTU, senti.
-
-SEOIR (se), s'asseoir. H.-N.
-
-SÉQUER, sécher; faire sécher. Ex.: Avez vous _séqué_ votre linge? H.-N.
-
-SECHER, chercher.
-
-SERCIES (lèvres), lèvres gercées.
-
-SÉRIE (faire), travailler le soir à la chandelle. P.
-
-SERRER, placer un objet en lieu sûr. H.-N.
-
-SERTE, temps de l'engagement d'un domestique ou d'une servante.
-
-SERUGIEN, chirurgien. H.-N.
-
-SERVIR, saillir. B.-N.
-
-SÈT, SÉS, sel. Ses; devant une consonne.
-
-SÉYANT, séant. B.-N.
-
-SIEN (le), celui. Ex.; _Le sien_ qui sortira le dernier, fermera la
-porte.
-
-SIENNE (la), celle.
-
-SIENNES (les), celles.
-
-SIENS (les), ceux.
-
-SIEN A (le), celui de. Ex.: Mon chapeau est plus beau que _le sien à_
-ton frère. H.-N.
-
-SIÉTEZ-VOUS! asseyez-vous!
-
-SIEU, suif. H.-N.
-
-SI-FAIT, nouvelle affirmation contre une négation. Ex.: J'ai été à
-Paris.--Non, vous n'y avez pas été.--_Si-fait._ P.
-
-SIN, son.
-
-SINER, signer.
-
-SINNE, signe. Signature.
-
-SI PEU QUE RIEN, en très-petite quantité. H.-N.
-
-SIROTEUX, qui a la consistance du sirop. H.-N.
-
-SISSITE (faire), s'asseoir; terme enfantin. P.
-
-S'N, son; devant une voyelle. P.
-
-SOEURETTE, petite soeur. P.
-
-SOIFFEUR, qui boit souvent, ivrogne. P.
-
-SOIRANTE (à la), vers le soir. B.-N.
-
-SOLAI, soleil.
-
-SOLDAR, soldat. Le vieux mot français était _soudart_.
-
-SOLE, pièce de bois qui, dans les maisons en charpente, repose sur la
-maçonnerie de la base du bâtiment, et dans laquelle sont _entenonnés_
-les _pots_ et les colombes. H.-N.
-
-SOLINAGE, maçonnerie qui se trouve sous la _sole_.
-
-SOMMÉLER, effrayer. H.-N.
-
-SOMMIER, grosse pièce de bois posée horizontalement, sur laquelle sont
-appuyées les solives.
-
-SONNER MOT (ne), ne rien dire. H.-N.
-
-SORCILÈGE, sortilège. H.-N.
-
-SORTIR DE, venir de. Ex.: Il _sort d'_être malade.
-
-SOTTES (avoir les mains), Voy. _Gourdes_. P.
-
-SOTTISIER, qui dit des paroles obscènes.
-
-SOUAIS (à vos), à vos souhaits! Paroles qu'on adresse aux personnes qui
-éternuent. Nous pensons que cet usage remonte à une haute antiquité.
-
-SOUDRE (faire), faire partir, lever. Ex.: Il a fait _soudre_ un lièvre;
-vient peut-être de _surgere_.
-
-SOUILLON, femme malpropre; semble venir de _suillus_. P. H.-N.
-
-SOULARD, ivrogne. P.
-
-SOUPLE, moite.
-
-SOURCIN, nom par lequel on désigne les souris, les mulots, les rats,
-etc.
-
-SOURIS (cauque), chauve-souris.
-
-SOUS-CHEVRON, arbalêtier. L'Académie écrit _arbalétrier_, ce qui,
-d'après Napoléon Landais, est un barbarisme, attendu que ce mot vient
-d'_arbalête_. H.-N. On dit aussi _sous-quévron_.
-
-SOUTINT, soutenu. H.-N.
-
-SOUVENT, vite. Ex.: Il n'arrive pas _souvent_.
-
-S'S', ses, devant une voyelle.
-
-ST', ce, cette; devant une voyelle.
-
-STE, cette; devant une consonne.
-
-STICHITE, celui-ci.
-
-STILA, celui-là.
-
-STILO, celui-là. P.
-
-SU, ce. Sur.
-
-SUÉE (endurer une), avoir des souffrances aiguës; entendre ce qui est
-capable de faire suer de peur. B.-N.
-
-SUERIE, action de suer. H.-N.
-
-SUFFISANCE (manger à sa), selon son appétit. H.-N.
-
-SUGRÉGEON, épautre. Il est souvent question, dans les chartes du
-moyen-âge, d'une espèce de froment désigné sous le nom de gros blé,
-_grossum bladum_ (_Etudes_, etc., par M. L. Delisle, p. 321). Ne
-serait-il point question ici du _sugrégeon_ dont la culture était
-autrefois assez étendue, à cause de sa rusticité et de sa faculté de
-réussir dans les plus mauvais terrains? Son nom de _gros blé_ lui serait
-peut-être venu surtout de la grosseur de son épi. La variété la plus
-cultivée devait être le _triticum spelta_ de Linnée, le _froment grand
-épautre_.
-
-SUI, suivi. P.
-
-SUIRE, suivre. P.
-
-SUMER, semer. H.-N.
-
-SUPER, boire peu à la fois et en aspirant, à la manière des animaux
-ruminants, tels que la vache; en anglais, to sup. _B.-N._
-
-SUPÉRIEUREMENT, très-bien.
-
-SUR (pour), certainement.
-
-SURCOUPER; se dit d'un animal qui mange la nourriture des autres.
-
-SURE, sureau. Le sureau était une des espèces de _mort-bois_ de la forêt
-d'Eu; on le désignait autrefois sous le nom de _seur_ (Voir notre _Essai
-sur Blangy_, p. 63).
-
-SURIAUX, aigreurs.
-
-SURIR, devenir aigre, Ex.: Ce cidre _surit_. H.-N.
-
-SURQUER; se dit d'un chat qui guette les souris pour les prendre. Selon
-M. Corblet, ce mot serait une crase de _surguetter_.
-
-SURQUETTE, souricière.
-
-SURQUETTE (prendre une), marcher sur un terrain spongieux, de manière à
-faire jaillir l'eau dans les chaussures.
-
-SURSIN. Voy. _Sourcin_.
-
-SURTAI, sûreté.
-
-SUSON, Susanne.
-
-SYNCOPÉ, stupéfait. H.-N.
-
-
- T
-
-T, ton; devant une consonne.
-
-TAC, salamandre.
-
-TACHER QUE, faire en sorte que.
-
-TAGNE, teigne. Cuscute, plante parasite qui pousse dans les prairies
-artificielles.
-
-TAI, toi.
-
-TAIS! TAIS! TAIS! cri pour appeler les chiens.
-
-TALEURE, tout-à-l'heure. P.
-
-TAMBRE, mince, Ex.: Cette planche est bien _tambre_.
-
-TAMIS (jeu de), jeu de paume. H.-N.
-
-TAMPONNER, frapper à coups de poing.
-
-TAN, ton; devant une consonne.
-
-TANCHER, gronder.
-
-TANDIS, pendant. Ex.: Il a été malade _tandis_ longtemps.
-
-TANNÉ, fatigué.
-
-TANNER, impatienter. P.
-
-TANNER (se), se fatiguer. M. André de Poilly fait dériver ce mot, qu'on
-prononce _téné_ en Picardie, du grec _tieuomai_, je m'étends. C'est,
-dit-il, l'effet pour la cause. (_Mémoires de la société d'émulation
-d'Abbeville_, année 1844, p. 154).
-
-TANT QU'A CELA, quant à cela.
-
-TANTINET (un), un peu; du latin _tantillùm ou tantillulùm_. H.-N. P.
-
-TANT PIRE, tant pis.
-
-TANT PUS... TANT PUS, plus. Ex.: _Tant pus que_ vous le reprendrez,
-_tant pus_ il fera mal.
-
-TANT QU'A' MI, A MAI, quant à moi. P.
-
-TANT SEULEMENT, seulement. P.
-
-TANTOUILLER, traîner dans l'eau, la boue, etc. B.-N.
-
-TAPÉE, grande quantité. P. B.-N.
-
-TAPOTER, frapper à petits coups continuellement. P.
-
-TARABUQUER, frapper fort et longtemps.
-
-TARDILLON, volaille éclose à l'arrière-saison; enfant né longtemps après
-les autres. H.-N.
-
-TARELLE, tarière.
-
-TARINER, marchander, hésiter.
-
-TAS, lieu où l'on _tasse_ la récolte des gerbes de blé, d'orge,
-d'avoine, etc.
-
-TASSERIE. Voy. _Tas_.
-
-TAUDION, taudis. P.
-
-TAURIAU, taureau. Les Bourguignons appellent _torie_ une jeune vache qui
-n'a pas encore porté.
-
-TAURELLIÈRE (vache), qui prend les allures du taureau, tourmente les
-autres vaches et finit par devenir inféconde.
-
-TAYON, aïeul. En Picardie, on dit aussi _théïon_, mot que M. de Poilly
-fait dériver du grec _theios_, oncle. «En vain, dit-il, objecterait-on,
-contre la légitimité de cette dérivation, la différence des degrés de
-parenté, puisque la même différence existe entre le mot latin _nepos_,
-_petit-fils_, et son dérivé français _nepveu_, qui n'est devenu neveu
-qu'an XVIIe siècle» (_Mémoires de la Société d'émulation d'Abbeville_,
-année 1844, page 155).
-
-TÉ, te.
-
-TEIGLER, tousser fréquemment. B.-N.
-
-TEIGUER, tousser, être oppressé. H.-N.
-
-TEMPLE, tempe. H.-N.
-
-TENDON DE VEAU, tendrons.
-
-TERGER, tarder; ordinairement employé avec une négation. Ex.: Il ne
-_tergera_ pas à venir. P.
-
-TERLUIRE, briller; de _ter lucere_, luire trois fois.
-
-TÉROITE, truite.
-
-TÉROUIE, truie.
-
-TERQUE, brai; espèce de goudron.
-
-TERQUÉ, sali, crotté.
-
-TERQUER, faire une croix, avec du _terque_, sur la porte des étables,
-dans la pensée de préserver les bestiaux des maladies contagieuses et
-épidémiques.
-
-TERTOUS, tous; sans exceptions. B.-N. P.
-
-TÉS, tes; devant une consonne.
-
-TÈSI (être), avoir l'estomac plein.
-
-TÉTARD, arbre _étêté_. H.-N.
-
-TÈTE, téton.
-
-TÈTE D'ORILLER, taie d'oreiller. H.-N.
-
-TÉTE, tête.
-
-TÉTOS, tétons.
-
-TEURDRE, tordre.
-
-THÉRÈSE, espèce de capuchon que les femmes portent sur la tête, quand
-elles assistent aux inhumations et pendant le temps que dure leur deuil.
-Ce nom semble indiquer clairement son origine et doit signifier l'espèce
-de voile dont les Carmélites déchaussées se couvrent la tête, à la
-manière de sainte Thérèse, qui fit approuver cet ordre, dont elle fut la
-fondatrice, en 1562.
-
-TI? particule interrogative ajoutée au verbe. Ex.: J'irai-_ti_?
-Viendra-_ti_?
-
-TIA! TIA! TIA! pour appeler les cochons. H.-N.
-
-TIERSON, demi-partie du _demi-gros_. Le _tierson_ ne devrait contenir
-que deux muids; mais, grâce à sa forme plate, il porte un grand
-préjudice aux cultivateurs sur la mesure réelle.
-
-THIERS, pieu auquel on attache les chevaux et les vaches pour les faire
-pâturer dans les champs. H.-N.
-
-TIGNACHE. Voy. _Crignache_. B.-N.
-
-TIGNEUX, teigneux. P.
-
-TIN, ton. P.
-
-TINCHER. Voy. _Tancher_.
-
-TINETTE, petit coffre dans lequel on met du sel on du lard salé.
-
-TINS, glas, coups de cloche isolés. Pour annoncer la mort d'un homme, on
-sonne neuf ou treize _tins_; pour la mort d'une femme, on n'en sonne que
-sept ou onze.
-
-TINT, tenu. Voy. _Mal saint_ N...
-
-TINTERELLE, petite cloche. B.-N.
-
-TIOT, TIOTE, petit, petite. P.
-
-TIPONNER, habiller un enfant avec soin. B.-N.
-
-TIQUER, avoir une toux sèche et brève.
-
-TIQUETÉ, marqué de petites taches. P.
-
-TIRANDER, tirailler. P.
-
-TIREUX, tiroir.
-
-TIRÉ (en avoir du premier), avoir les prémices de quelque chose. H.-N.
-
-TIRLARIGO (boire à), boire avec excès. Ce proverbe remonte au XIIIe
-siècle. A cette époque, Eude Rigaud, archevêque de Rouen, fit don à sa
-cathédrale d'une cloche qui était si difficile à mettre en branle, qu'il
-dut s'engager à fournir à boire aux sonneurs. C'est de là que nous vient
-le proverbe: _Boire à tire la Rigaud_ (Voir notre _Essai sur
-Londinières_, page 237).
-
-TITI, enfant; terme enfantin.
-
-TITONNER. Voy. _Tiponner_.
-
-TIU! TIU! TIU! pour appeler les vaches.
-
-T'N, ton, ta; devant une voyelle.
-
-TOCSON, fille grossière et malpropre. B.-N.
-
-TOINE, TOINOT, Antoine.
-
-TOINETTE, Antoinette.
-
-TOLIR, enlever; du latin _tollere_. P.
-
-TOMBE (faire une), faire une chute. H.-N.
-
-TOMBER DU HAUT MAL, avoir des attaques d'épilepsie. B.-N.
-
-TOMBES (les). On entend par là les arbres fruitiers qui _tombent_ par
-suite de coups de vent; on les laisse ordinairement au fermier, qui est
-tenu de les remplacer par de bonnes _entes_.
-
-TONDELIER, tonnelier. H.-N.
-
-TONDRE, amadou.
-
-TOQUANT (homme), _entêté_.
-
-TOQUART, qui porte à la tête. Ex.: Ce cidre est _toquart_.
-
-TOQUER (se), se heurter la tête. B.-N.
-
-TOQUET, bonnet rond que les femmes mettent le matin. Voy. _Kalipète_.
-B.-N. P.
-
-TORCHE. Voy. _Maniquet_.
-
-TORCHER, mettre la _torche_ sur le cheval.
-
-TORCHON (Marie), femme malpropre. P.
-
-TORQUE. Voy. _Torche_. Lien en foin qui se fait en tordant les liges de
-l'herbe sur elles-mêmes.
-
-TORQUER. Voy. _Torcher_. Essuyer.
-
-TORQUETTE, petite branche à laquelle sont réunis, en assez grand nombre,
-soit des cerises, soit des pois, soit d'autres fruits.
-
-TOTONNER, jouer des grosses noix, des oeufs rouges, du pain d'épice, au
-moyen d'une boule polygone, sur chaque côté de laquelle se trouve un
-numéro jusqu'au nombre 12.
-
-TOTOS. Voy. _Tétos_; terme enfantin.
-
-TOTTE, morceau de toile dans lequel on enveloppe du sucre et de la mie
-de pain pour le donner à sucer aux petits enfants et les empêcher de
-pleurer.
-
-TOUBAC, tabac. P.
-
-TOUFFLETTE, houppe.
-
-TOUILLER, mêler, remuer, délayer dans un vase. P.
-
-TOULAID, homme très-laid.
-
-TOUPINER, tourner à la même place et n'avancer à rien, comme une
-_toupie_.
-
-TOURGNIOLE, mal au doigt; espèce de panaris.
-
-TOURNÉE, volée de coups. P.
-
-TOURNURE, mauvaise excuse. P.
-
-TOURTILLER, tortiller. H.-N. En parlant de quelqu'un qui mange beaucoup,
-on dit aussi: Il _tourtille_ bien.
-
-TOUSSAILIER, tousser presque continuellement.
-
-TOUSSOTER, avoir une toux faible et fréquente.
-
-TOUT n', non plus; non.
-
-TOUT DRAIT, tout droit, sans se détourner. P. Justement.
-
-TOUT-PARTOUT, partout; de tous côtés.
-
-TOUT-PLEIN, beaucoup. P. On dit aussi: _Tout fin plein._
-
-TOUZER, couper, tondre. Ex.: Demain, ou _tousera_ la haie et les
-moutons. B.-N. Un titre de 1403 porte qu'on payait _ung denier pour
-touser cinq brebiz_.
-
-TOUZERIE, tonte des montons.
-
-TOUZEUX, celui qui touze.
-
-TOUYAU, extrémité de la queue du chou, qui touche à la pomme.
-
-TRACER (se). V. _Rayer_ (se).
-
-TRACHER, chercher avec attention. P.
-
-TRACHER SA VIE, mendier. H.-N.
-
-TRACIER, espèce de _bacu_, dont les traits sont formés de petites
-chaines de fer.
-
-TRAIL, cylindre sur lequel s'enroule une corde pour tirer de l'eau d'un
-puits ou de la marne d'une marnière. Ce mot viendrait-il de _trahere_,
-attirer?
-
-TRAIN (être en), être ivre.
-
-TRAIN DE (être en), être occupé à. Ex.: Il est _en train de_ faucher.
-
-TRAITE. V. _Moisse_.
-
-TRAN-TRAN. Voy. _Potin_.
-
-TRAS, trace. Voy. _Frais_.
-
-TRASQUER, traquer, marcher dans l'eau sans précaution.
-
-TRAYONS, _tettes_ de la vache, par lesquelles on _trait_ le lait.
-
-TRÈFLERI, terre sur laquelle on vient de récolter du trèfle. H.-N.
-
-TRÉMAIS, travaux des champs qui se font au printemps, tels que labour,
-semence et hersage de l'avoine, de l'orge, des pois, etc. Ce mot vient
-du latin _trimestria_ ou _trimestris_, semences qui viennent en trois
-mois.
-
-TREMBLEMENT (un), une grande quantité. Ex.: Cette année, il y a _un
-tremblement_ de noix. H.-N.
-
-TREMBLERIE, frisson. H.-N.
-
-TREMPETTE, pain que l'on fait tremper dans le cidre ou dans le vin.
-H.-N.
-
-TREMPETTE DES MARIÉS. Il est encore assez d'usage, dans les campagnes,
-de donner une trempette aux nouveaux mariés au moment de se coucher. Cet
-usage a une origine religieuse, et on le trouve encore mentionné dans
-les rituels du XVIIe siècle (_Manuale Ecclesiæ Rothomagensis_, édition
-de 1640). Après la messe de mariage, on apportait au prêtre une coupe
-remplie de vin et deux petits morceaux de pain; il bénissait le tout,
-puis, trempant le pain dans le vin, il le distribuait aux époux. Le
-soir, il se rendait au domicile des mariés pour la bénédiction du lit
-nuptial; ensuite il bénissait encore du pain et du vin, comme le matin,
-et le présentait aux nouveaux mariés, au moment de se mettre au lit
-(_Journal de Neufchâtel_, année 1849, nº 50). A Beauvais, il existe
-encore un usage tout-à-fait analogue, connu sous le nom de
-_mouillettes_. Au repas de noce, on présente aux époux un vase de vin
-dans lequel le marié trempe un morceau de pain dont il prend la première
-bouchée et donne la seconde à sa femme. «Ils boivent ensuite dans la
-même coupe, dit M. Tremblay, en signe de communauté de bien et de mal»
-(_Notice sur Beauvais_; cité par M. l'abbé Corblet, _Glossaire du patois
-picard_, page 542).
-
-TRÉSALLE. Se dit du linge que l'humidité couvre de petits points noirs
-ou rougeâtres. H.-N.
-
-TRESSAUT, soubresaut.
-
-TRESSAUTER, faire un _tressaut_. B.-N.
-
-TRÉTINS, bottes de paille formées de petites tiges de blé produites par
-le _gluage_. P.
-
-TRETOUS. Voy. _Tertous_. P. Maître Jehan Clopinel, qui écrivait vers la
-fin du XIIIe siècle, dit, en parlant des hommes primitifs:
-
- _Trestous_ pareils estre souloient,
- Ne rien propre avoir ne vouloient.
-
-TREU, trou. P.
-
-TREUER, trouer. P.
-
-TREULER, faire un vent en point d'orgue.
-
-TREULIER, qui _treule_ souvent.
-
-TRIBOUILLER, troubler. B.-N.
-
-TRIBOULER. Voy. _Chabouler_. B.-N.
-
-TRICON, brelan.
-
-TRICON (avoir), avoir trois cartes semblables; par exemple: trois dix,
-trois valets, etc.
-
-TRIFOUILLER, remuer tout en cherchant une chose. P. Tromper au jeu.
-
-TRICOTER, donner des coups de bâton.
-
-TRIMBALLER, porter ou traîner un objet ça et là. H.-N. Sonner les
-cloches sans mesure et sans règle. An XVIe siècle, le Parlement de Rouen
-supprima toutes les tavernes; il fut seulement permis d'aller chercher
-du vin pour le boire en famille. Voici ce que dit à ce sujet un petit
-livre de l'époque:
-
- Si un voisin avec son familier
- Se veut esbattre, ainsy que de raison,
- Il est contraint de boire en sa maison
- Et d'envoyer quérir du vin au pot.
- Par ce moyen, en tout tems et saison,
- Femme et enfant ont leur part à l'escot.
-
-Mais cet état de choses n'était guère commode pour les buveurs, et le
-Parlement vint à leur secours en inventant une taverne ambulante qui
-allait de porte en porte, d'atelier en atelier, _mais à très-courtes
-stations_, colporter des rafraîchissements. «Jusqu'alors, dit C. Nodier,
-le peuple était allé chercher le divertissement dans les tavernes....
-Les tavernes obtinrent permission d'aller chercher le peuple.» L'on
-donna à ces cabarets ambulants le nom de _triballe_ ou _trimballe_ (Voir
-le _Journal de Rouen_, 21 mai 1852).
-
-TRINGUE, tringle.
-
-TRIOLÉE, grand nombre. Ex.: Quelle _triolée_ de pauvres!
-
-TRIPAILLES, intestins d'un animal.
-
-TRIPÉE, entrailles d'un animal qui servent à préparer les _tripes_.
-
-TRIPETTE (ne pas valoir). Se dit d'une chose qui ne vaut rien. Ex.: Il
-ne vaut pas _tripette_.
-
-TRIPOT, marché. Échange. B.-N. Ménage, cuisine. P.
-
-TRIPOTER, faire le ménage. P.
-
-TRIPOTIER, qui se mêle de petites intrigues, de petits marchés, etc.
-H.-N.
-
-TRIQUE, gros bâton de voyage.
-
-TROIS-PIEDS, trépied.
-
-TROITE, truite.
-
-TROMPE, erreur. B.-N.
-
-TRONCHE, tronc d'arbre. P.
-
-TROQUE, échange. Ex. Faisons une _troque_.
-
-TROTTE, distance, course plus ou moins longue. Ex.: D'ici à Rouen, il y
-a une bonne _trotte_. H.-N.
-
-TROTTERIE, place où l'on fait _trotter_ les chevaux, dans les foires,
-avant de les vendre.
-
-TROTTINER, marcher à petits pas précipités. P.
-
-TROU (boire comme un), boire continuellement. H.-N.
-
-TROU (faire un), boire un petit verre d'eau-de-vie entre deux services.
-H.-N.
-
-TROUIE, truie.
-
-TROVER, trouver. P.
-
-TRUC (avoir le), être habile, ingénieux, habitué à faire une chose. P.
-B.-N.
-
-TRUPER (ne pas), ne pas demeurer longtemps au même lieu. Ex.: Il n'a pas
-_trupé_ chez sa mère.
-
-T'S', tes; devant une voyelle.
-
-TU AUTEM (connaître le), être au courant d'une chose. Voici
-l'explication de ce proverbe, donnée par Verville: Les leçons de
-l'Église finissent toutes par les mots: _Tu autem_, _Domine_, _miserere
-nostri_; et, comme dans les communautés ecclésiastiques, la coutume est
-que le supérieur, à la fin du repas, frappe légèrement sur la table, en
-disant: _Tu autem_, etc., pour avertir le lecteur qu'il est temps de
-terminer,--si celui-ci finit immédiatement, on dit qu'il connaît le _Tu
-autem_,--s'il continue encore sa lecture, on dit alors qu'il n'entend
-pas le _Tu autem_ (_Moyen de parvenir_, chap. 60).
-
-TUER (se). Se dit du vin ou du cidre qui perd promptement sa couleur et
-son goût, par suite de son contact avec l'air, quand il est tiré. H.-N.
-
-TUET, extrémité extérieure d'une cheminée.
-
-TUNBER, tomber. H.-N.
-
-TUNBES. Voy. _Tombes_.
-
-TURELURE! nenni!
-
-TURIAU. Voy. _Condos_.
-
-TURLUPINER, tourmenter, inquiéter. P.
-
-TURNE, taudis. Maison sale et peu solide. H.-N.
-
-TUTAYER, tutoyer.
-
-TUTER, aspirer un liquide par la bouche, à la manière des porcs, ou bien
-au moyen d'une paille. H.-N.
-
-TUYOTER, disposer en tuyaux; expression de lingère. H.-N.
-
-
- U
-
-UNI (homme tout), simple dans ses manières et sans cérémonie. P.
-
-UNNE, une.
-
-UROPE, Europe. On supprime généralement l'E dans les noms commençant par
-la diphtongue EU; ainsi: _Eugène_, _Euphrasie_, etc., se prononcent:
-_Ugène_, _Uphrasie_, etc. En approchant de la Picardie, il en est de
-même quand cette diphtongue se trouve à la fin d'un mot. On dit: _Adiu_,
-_fu_, _blu_, etc., pour: _Adieu_, _feu_, _bleu_, etc.
-
-USAI, usé.
-
-USAGE (avoir de l'), avoir l'usage du monde.
-
-USAGE (d'un bon), d'un bon user.
-
-USANCE, détérioration qui résulte de l'usage, pour les instruments
-aratoires. Ex.: Cette ferme est bonne, mais il y a beaucoup d'_usance_.
-
-USURE. Voy. _Usance_.
-
-
- V
-
-VA! Exclamation qu'on ajoute à la fin d'une phrase, en diverses
-circonstances. Ex.: Iras-tu à la promenade?--Je ne sais pas, _va_!
-
-VACABOND, polisson; insolent.
-
-VAGAND, qui va de côté et d'autre et ne travaille pas. Paresseux.
-
-VAICHE (que je), subjonctif du verbe voir.
-
-VAIE, voie. Employé en parlant des dents d'une scie qu'on dispose de
-manière à ouvrir une voie plus ou moins large dans le bois. H.-N.
-
-VAILLANT (homme), qui travaille avec courage. P.
-
-VALET-D'AOUT, domestique qu'on prend à son service, pendant un mois ou
-deux, pour travailler à la moisson.
-
-VANNET, vanneau.
-
-VANTARD, homme qui se vante sans cesse. H.-N.
-
-VAPAIL, pièce de bois, en forme de volée, à laquelle on attache les
-_baculs_ ou les _traciers_ des deux derniers chevaux d'un chariot.
-
-VAQUE, vache. P.
-
-VAQUER, vacher.
-
-VAQUETTE, petite vache. P.
-
-VAQUETTES (faire des), laisser de la boisson au fond de son verre, ce
-qui répugne à certaines personnes, dans les fermes où plusieurs
-domestiques boivent alternativement dans la même coupe.
-
-VAROQUE, gros bâton qui sert à enrouler la _hache_ d'un chariot ou d'une
-charrette autour du _pouliot_, afin de serrer les gerbes sur la voiture.
-
-VAROQUER, serrer au moyen du _varoque_.
-
-VAROUILLER (se), se salir, se vautrer dans la boue comme un _vérou_.
-
-VARPOT, petit bourbier.
-
-VASTRIGUER, courir de côté et d'autre.
-
-VATE, boue; malpropreté. Ex.: Donnez de la litière aux porcs; ils sont
-dans la _vate_.
-
-VATON. Voy. _Varoque_. B.-N.
-
-VATONNER. Voyez _Varoquer_. B.-N.
-
-VAUDOISE, trombe.
-
-VAUDRÉE, gros balai de branches de genet, dont on se sert pour balayer
-le four, avant d'enfourner le pain. B.-N.
-
-VAULE, gaule; longue perche qui sert pour abattre les pommes. B.-N. P.
-
-VAULETTES, gaulettes qu'on attache sur les chevrons pour recevoir les
-couvertures en paille.
-
-VAVITTE, diarrhée. B.-N.
-
-VESCHE, vesce. Dans un compte du 23 mars 1466, il est mention d'une
-dépense de _viij sous_, _pour vj boisseaux de veche_.
-
-VEILLATIF (homme), vigilant. B.-N.
-
-VELTE, mesure de sept litres et demi; ce qui fait quatre _pots_.
-
-VENT (prendre), prendre haleine. P.
-
-VENT (perdre), perdre haleine. B.-N.
-
-VÊPRES, guêpes.
-
-VER, voir.
-
-VÉRARD, vérat.
-
-VERBIAGE, bavardage. H.-N.
-
-VERDIER, bruant jaune.
-
-VERDOT, gros fausset qui se met au bas des tonneaux.
-
-VÉRETTE (vache), noire et blanche.
-
-VERGÉE, quatrième partie de l'acre.
-
-VERGETTE, petite verge de fer.
-
-VER-GOUTTE (à), à tâtons.
-
-VERGUES (bouquet de), verges pour fesser les enfants.
-
-VERGUIE. Voy. _Vergée_.
-
-VERMINNE, rats et souris. B.-N. Terme injurieux.
-
-VERPOT. Voy. _Varpot_.
-
-VÉROLE, variole. H.-N.
-
-VÉROT, ver de terre. H.-N.
-
-VÉROU, vérat.
-
-VÉROUILLER, donner un léger labour. B.-N. Remuer la superficie de la
-terre, comme un _vérou_ qui fouille.
-
-VERRE (un petit), un verre d'eau-de-vie. Ex.: Payez-vous _un petit
-verre_, ce matin?
-
-VERRINE, verre de montre, d'horloge, de petite boîte, etc. B.-N.
-
-VERTES-BONNES, prunes de Reine-Claude. H.-N.
-
-VÉSÉE, force. Ex.: Il n'a pas plus de _vésée_ qu'un enfant. H.-N.
-
-VÉSILLANT, alerte, remuant.
-
-VÉSON, qui _vésonne_.
-
-VÉSONNER, se remuer beaucoup et faire peu de besogne.
-
-VESSARD, qui vesse.
-
-VESTON, petite veste.
-
-VÊTU-DE-SOIE. Voy. _Gentilhomme_.
-
-VEUCHE, vesce.
-
-VEULE, qui n'a pas de consistance; facile à remuer. Ex.: Ce fourrage est
-_veule_. P. B.-N.
-
-VEUVE (homme), veuf.
-
-VIAGE, voyage. Fols. B.-N.
-
-VIAU, veau. P.
-
-VIENT (semaine, année qui), semaine, année prochaine.
-
-VIÉTOU! VIÉTOU! VIÉTOU! pour appeler les vaches: _viens tôt_.
-
-VIEUILLE, trombe de poussière. Vieille.
-
-VIÈVE, Geneviève.
-
-VILANNER, faire souffrir. Ex.: Mon soulier me _vilanne_.
-
-VILLOTE, veillote. H.-N.
-
-VINDICATION, vengeance; du latin _vindicare_. P.
-
-VINT, venu. H.-N.
-
-VIONDIR. Se dit du bruit produit par le vent, une toupie, une balle,
-etc.
-
-VIPILLON, goupillon. B.-N.
-
-VIS-A-VIS DE, envers. Ex.: Il a eu bien des torts _vis-à-vis_ de ses
-parents.
-
-VIS-A-VIS (au) en face. H.-N.
-
-V'LIN, venin.
-
-V'LO, voilà. P.
-
-V'LO! V'LO! V'LO! pour appeler les veaux.
-
-VO, vôtre. P.
-
-VOICHE (que je). Subjonctif des verbes voir et ALLER.
-
-VOIN, regain. B.-N.
-
-VOIRAI (je), je verrai; tu _voiras_, tu verras, etc.
-
-VOS, vous.
-
-VOT', votre.
-
-VOUDER, enrouler; mettre en peloton. Se dit aussi d'un gourmand qui
-mange avec avidité.
-
-VOUI, oui.
-
-VOYONS-VOIR, voyons.
-
-VRAC (à), en masse. B.-N.
-
-VRAI-DA! très-vrai.
-
-VRÈPES, guêpes.
-
-
- W
-
-WERTAGES. On désigne ainsi la récolte de la vesce et des pois mêlés.
-
-WOINGNARD, qui _woingne_.
-
-WOINGNER, pleurnicher; pleurer sans raison; crier. On a donné aux
-habitants d'une partie de l'Alihermont le sobriquet de _woignons_, parce
-que leurs barrières _woignent_, quand on les ouvre. Les mauvaises
-langues prétendent que ces barrières _intelligentes_ annoncent ainsi
-l'arrivée des visiteurs, afin qu'on ait le temps de mettre le verrou et
-de se cacher, si les personnes ne plaisent point.
-
-WOUAIRAS, pois et vesce récoltés séparément.
-
-
- Y
-
-Y, il, ils, elles. Ex.: Y s'aiment comme _quiens_ et _cats_.
-
-YIARD, liard. P.
-
-
- Z
-
-Cette lettre sert souvent à former une liaison incorrecte entre deux
-mots, dont l'une finit par une consonne, et l'autre commence par une
-voyelle, ce qu'on appelle ordinairement un _velours_. Voici l'origine de
-cette dénomination, qui nous donnera en même temps celle des cuirs: Un
-jeune homme se trouvait au spectacle auprès de deux dames. Tout-à-coup,
-il trouve un éventail sous sa main:--Cet éventail n'est-il pas à vous?
-dit-il à la première dame.--Non, Monsieur; il n'est point-_z_-à
-moi.--Alors, il est à vous? dit-il, en le présentant à la seconde
-dame.--Il n'est pas-t-à moi.--Il n'est point-_z_-à vous... Il n'est
-pas-_t_-à vous... Ma foi! je ne sais pas-_t_-à qu'est-ce.
-
-Cette plaisanterie a donné lieu au mot PAS-T-A QU'EST-CE, et l'on est
-convenu d'appeler _velours_ les fausses liaisons formées par la lettre
-Z, et de donner le nom de _cuirs_ à celles qui sont faites à l'aide de
-la lettre T (_Les Omnibus du langage_, 8me édit., page 48).
-
-ZIUS, yeux.
-
-
-
-
- TABLE
- DES MATIÈRES.
-
-
- Introduction.
- Bray normand.
- Origine du Langage.
- Langue d'Oil et langue d'Oc.
- Oraison dominicale au XIIe siècle.
- Science étymologique.
- Grammaire brayonne.
- Dialogue brayon.
- Proverbes et Dictons.
- Usages et Croyances.
- Remarques.
- Glossaire.
- Liste des Souscripteurs.
-
-
-
-
-LISTE
-DES
-SOUSCRIPTEURS.
-
-
-
- MM.
-
-ANSELIN, instituteur à Bures.
-AZAIS, président de la société archéologique, à Bèziers (Hérault).
-
-BEAURAIN, à Mesnières.
-BLANGERMONT (Levaillant de), propriétaire à Bernapré, commune de
-Romescamps (Oise).
-BLANGERMONT (Levaillant de), propriétaire à Aumale.
-BOCHET, notaire à Forges-les-Eaux.
-BOISSAY, facteur de la poste aux lettres, à Londinières.
-BOULANGER, cultivr aux Noyers.
-BOULANGER, propriétaire à Saint-Lucien.
-BOULANGER (madame), propriétaire à Neufchâtel.
-BOUTRY-CREVEL, nég. à Aumale.
-BOQUET, propr. à Bois-Héroult.
-BRAQUET-DEVILLE, entrepositaire, quai du Mont-Riboudet, 48, à Rouen.
-BREUIL (A.), membre de la société des Antiquaires de Picardie, à Amiens.
-BRIANCHON (l'abbé), curé de Quiévrecourt.
-BRIDOU, propriétaire, maire de la Chapelle-Saint-Ouen.
-BROSSARD (de), propriétaire, maire de Monchaux-Soreng.
-BROUTELLES (de), docteur en médecine à Foucarmont.
-
-CARON, instituteur a Osmoy.
-CAUCHOIS, propriétaire à Bois-Guilbert.
-CAUCHOIX (madame), propriétaire à Bures.
-CAVÉ, médecin à Forges.
-CELLIER, rentier à Bures.
-CHAILLOU (l'abbé), au Saussay.
-COCHET (l'abbé), inspecteur des monuments publies de la
- Seine-Inférieure, membre de plusiers sociétés savantes, à Dieppe.
-COLAS (l'abbé), membre de plusieurs sociétés savantes, à Rouen.
-CORBLET (l'abbé), membre de plusieurs sociétés savantes, à l'abbaye des
-Bénédictines de Solesmes.
-CORNEILLE (de), inspecteur honoraire de l'Académie, maire de Maucomble.
-CRITOT, huissier à Neufchâtel.
-
-DAMIENS (l'abbé), curé de Fresquienne.
-DANIEL, propriétaire, maire de Chef-de-l'Eau.
-DAVOUST (Dominique), cultivateur à Bouelle.
-DEBOUTTEVILLE, notaire à Neufchâtel.
-DEBOUTTEVILLE père, propriétaire à Neufchâtel.
-DECAUX, propriétaire à Forges.
-DECORDE, marchand à Beaubec.
-DECORDE, adjoint à Bosc-Bordel.
-DECORDE (madame), propriétaire à Forges.
-DELCOURT (A.), chef de division à la préfecture de la Seine-Inférieure.
-DERENTY, cultivateur à Londinières, hameau d'Épinay.
-DESLANDES, couvreur à Neufchâtel.
-DÉVILLE, marchand de cidre, au champ de foire, 17, à Rouen.
-DEVIMEUX, membre de la société des Antiquaires de Picardie, avoué à
- Beauvais.
-DIEUDEGARD (l'abbé), curé de Pommeréval.
-DOMART (l'abbé), curé de Bouvresse (Oise).
-DUCLOS, huissier à Gamaches (Somme).
-DUCLOS, propriétaire à Forges.
-DUFEUILLY (Éloi), chez M. de Villers, à Villers-sur-Foucarmont.
-DUNEZ, instituteur à Bosc-Bordel.
-DUPIUS, avoué à Neufchâtel.
-DURANVILLE (Léon de), membre de plusieurs sociétés savantes, à Rouen.
-
-FÉRAY (l'abbé), curé de Bouelle.
-FEUILLETTE (l'abbé), curé d'Avremesnil.
-FOURCIN, propriétaire à Bully.
-FOURGON, propriétaire à Saumont.
-FOURNIER, propriétaire à Bois-Guilbert.
-
-GIRANCOURT (A. de), membre du conseil général de la Seine-Inférieure,
- aux Essarts-Varimpré.
-GLANVILLE (Léonce de), membre de plusieurs sociétés savantes, à Rouen.
-GOST, receveur principal et entreposeur des tabacs, à Neufchâtel.
-GRAVILLE (l'abbé), curé d'Haucourt.
-GROSSARD (madame), libraire à Neufchâtel. 3 _exemplaires_.
-GROSSARD, rentier à Londinières.
-
-HAUSSEZ (baron d'), ancien ministre de la marine, à Saint-Saens.
-HAVET (Paul), conseiller d'arrondissement, maire de
- Saint-Valery-sous-Bures.
-HAVET (Romain), cultivateur à Bures.
-HÉBERT, propriétaire à Lignières-Châtelain (Somme).
-HENNEGUIER (Ch.), membre de la société d'émulation d'Abbeville,
- propriétaire à Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais).
-HÉRICOURT (Achmet d'), membre de la société des Antiquaires de Picardie,
- à Arras (Pas-de-Calais).
-HOUEL, propriétaire, maire de Bose-Edeline.
-HUBARD, juge à Neufchâtel.
-HURPY, maire à Serqueux.
-
-JOLY (Martin), pharmacien de l'école de Paris, membre du jury médical de
- la Seine-Inférieure, propriétaire à Mortemer-sur-Eaulne.
-JOSSE, notaire à Bouttencourt (Somme).
-
-LANGLOIS, propriétaire à Bois-Héroult.
-LANGLOIS (l'abbé), curé de Criquiers.
-LEBLOND, à Neuville.
-LE BRUMENT, membre de la société des Antiquaires de Normandie, libraire
- à Rouen. 12 _exemplaires_.
-LECOMTE (Baptiste), propriétaire, maire de Bois-Guilbert.
-LECOMTE (Honoré), propriétaire, maire de Bois-Guilbert.
-LECOMTE fils, propriétaire à la Hallotière.
-LEFÈVRE, greffier à Forges.
-LEFRANÇOIS, pharmacien à Londinières.
-LEMASSON (l'abbé), curé du Bosc-Guerard.
-LEROUX (Anselme), voyageur de commerce pour M. Braquet-Déville, à Rouen.
-LEROUX, propriétaire à Bosc-Edeline.
-LEROUX-DUMONT, commis-greffier au Tribunal civil à Neufchâtel.
-LETELLIER, instituteur à Fresles.
-LETELLIER, propriétaire et cultivateur à Fallencourt.
-LEVILLAIN, docteur en médecine à Neufchâtel.
-LEVASSEUR, propriétaire à Argueil.
-
-MALOT, aubergiste à Neufchâtel.
-MARRE (l'abbé), curé de Flamets-Frétils.
-MARSY (de), membre de la société des Antiquaires de Picardie, de la
- société d'Émulation d'Abbeville, etc., procureur de la
- République à Vervins (Aisne).
-MATHON, correspondant du ministère de l'instruction publique pour les
- travaux historiques, libraire à Neufchâtel.
-MICHU, percepteur-surnuméraire à la recette particulière d'Yvetot.
-MILHET, médecin à Bures.
-MILLEVILLE (madame de), propriétaire à Neufchâtel.
-MILLEVILLE (le comte Edmond de), propriétaire à Boissy-sur-Eaulne.
-MONCHY (de), propriétaire, maire de Bosc-Bordel.
-MONGNE (mademoiselle), à Beaubec.
-MURPHY (John), professeur de langue anglaise au pensionnat de MM.
- Girardin et Marais, à Montivilliers.
-
-NÉEL (l'abbé), curé de Mesnières.
-NICHET, buraliste au Bois-Héroult.
-
-PANET, propriétaire, adjoint au maire de Fresles.
-PAPILLON (Léandre), imprimeur à Vervins (Aisne).
-PARISY-DUMANOIR, propriétaire à Foucarmont.
-PASTOREL (A. de), à Paris.
-PICARD, instituteur à Mesnières.
-PIETTE (Edouard), membre de la société des Antiquaires de Picardie,
- président du Tribunal de commerce à Vervins (Aisne).
-PONTHIEU (de), clerc de notaire, à Aumale.
-PONTAUMONT (Le Chanteur de), membre de plusieurs sociétés savantes,
- commissaire de la marine à Cherbourg (Manche).
-PRÉAUX (F.-E. des), docteur en droit à Cherbourg (Manche).
-PRUDHOMME (O.). directeur du _Journal de Graville_, à Graville.
-
-QUILLET (madame M.-C.), membre de l'Académie des sciences, arts, et
- belles-lettres de Caen, à Pont-l'Evêque (Calvados).
-
-RICHEBOURG (madame), directrice de la poste aux lettres à Londinières.
-ROGER, inspecteur des écoles primaires de l'arrondissement de
- Neufchâtel, à Neufchâtel.
-
-RUHAUT, menuisier à Neufchâtel.
-SAINTE-BEUVE, substitut du procureur de la République, quai Napoléon,
- 51, à Paris.
-SAVALLE fils, maire de Saint-Martin-l'Hortier.
-SCOLARD, avoué à Neufchâtel.
-SEPTENVILLE (Léon de), membre de la société des Antiquaires de Picardie,
- au château de Lignières-Châtelain (Somme).
-SICOTIÈRE (Léon de la), ancien directeur de la société des Antiquaires
- de Normandie, à Alençon (Orne).
-
-TERNISIEN, médecin à Foucarmont.
-THIERRÉ, cultivateur à Saumont.
-THIEULIN curé de Sigy.
-TROUDE, président de la chambre des notaires, à Foucarmont.
-
-VALLOIS (l'abbé), curé des Ventes-Saint-Rémi.
-VASSELIN (l'abbé), curé d'Osmoy.
-VILLERS (le baron Martin de), membre de plusieurs sociétés savantes, à
- Villers-sur-Foucarmont.
-VOILLET DE SAINT-PHILBERT, à Paris.
-
-
-__________________________________________________________
-NEUFCHATEL.--IMPRIMERIE DE ERNEST DUVAL, RUE DU TROT-MAROT.
-
-
-
-
-[Fin du _Dictionnaire du patois du pays de Bray_
-par Jean-Eugène Decorde]
-
-
-
-
-
-End of the Project Gutenberg EBook of Dictionnaire du patois du pays de Bray, by
-Jean-Eugène Decorde
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DICTIONNAIRE DU PATOIS DE BRAY ***
-
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-remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
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-Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
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