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If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - -Title: Dictionnaire du patois du pays de Bray - -Author: Jean-Eugène Decorde - -Release Date: January 23, 2016 [EBook #51005] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DICTIONNAIRE DU PATOIS DE BRAY *** - - - - -Produced by Gill Martin, Rénald Lévesque, Hugo Voisard, -David T. Jones et l'équipe des correcteurs d'épreuves -(Canada) à http://www.pgdpcanada.net, à partir d'images -généreusement fournies par Google Book Search - - - - - - - - -Ce livre électronique a été créé par: -Gill Martin, Rénald Lévesque, Hugo Voisard, David T. Jones -et l'équipe des correcteurs d'épreuves (Canada) -à http://www.pgdpcanada.net, à partir d'images -généreusement fournies par Google Book Search - - - - - DICTIONNAIRE - - DU - - PATOIS DU PAYS DE BRAY - - PAR - - L'ABBÉ J.-E, DECORDE, - - CURÉ DE BURES, - - _Membre de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres - de Caen, de la Société des Antiquaires de Normandie, - de la Société des Antiquaires de Picardie et de - la Société d'Émulation d'Abbeville._ - - - - Bientôt les patois auront complètement disparu; - beaucoup de mots employés par les pères ne - sont déjà plus intelligibles pour les enfants, - et l'on doit se hâter de les recueillir, si l'on - porte quelque intérêt aux origines de la langue. - (M. E. De Meril, _Dictionnaire du patois - normand,_ Introduction, page XXXIV.) - - - Prix: 3 fr. - - - -A PARIS: -Chez | DERACHE, libraire, rue du Bouloi, 7. - | V. DIDRON, libraire, rue Hautefeuille, 13. - -A ROUEN: -Chez A. LEBRUMENT, libraire, quai Napoléon, 45. - -A NEUCHATEL: -Chez tous les Libraires de la ville. - -1852. - - - - -INTRODUCTION. - - -M. Edélestand du Méril termine la remarquable introduction de son savant -_Dictionnaire du Patois Normand_ par ces mots: «Nous prions toutes les -personnes qui portent quelque intérêt à l'histoire de notre province et -aux origines de la langue française de nous fournir les moyens d'élever -à la mémoire de nos ancêtres un monument qui, moins encore par son sujet -que par la multiplicité des auteurs, appartiendrait à la province -entière: nous ne réclamons pour nous que l'honneur de tenir la plume et -le plaisir de leur adresser nos remercîments.» - -Cet appel nous a été communiqué par un homme auquel nous avons voué la -plus grande estime et la plus vive reconnaissance, pour les conseils et -les encouragements qu'il nous a donnés en plus d'une circonstance. Pas -un de ceux qui connaissent M. Auguste Le Prevost ne nous accusera de -flatterie en traçant ces lignes; et, quand nous ajouterons que -l'illustre membre de l'Institut de France et de tant de Sociétés -savantes nous a conseillé de répondre à l'appel de M. du Méril, en ce -qui concerne le pays de Bray, on comprendra notre empressement à nous -mettre à l'oeuvre. Au reste, enfant du pays et ayant passé la plus grande -partie de notre vie au milieu de ses habitants, il nous était plus -facile qu'à beaucoup d'autres de faire connaître le langage, les -croyances et les habitudes de cette contrée. Si notre travail est -défectueux en certains points, il aura au moins le mérite de la vérité; -car nous ne rapporterons pas un seul mot que nous n'ayons entendu -prononcer, pas un seul usage dont nous n'ayons été témoin. - -Le mot BRAY est ordinairement considéré comme emprunté à la langue -celtique, et signifie _de la boue_. Mais, tout en reconnaissant que la -nature du terrain de cette contrée se prête merveilleusement à cette -étymologie, M. A. Le Prevost fait venir _Brai_ de _bracus_, mot employé -plusieurs fois dans la chronique de Fontenelle comme synonyme de -_vallée_[1]. - -[Note 1: _Anciennes divisions territoriales de la Normandie_, page 15.] - -On distingue dans cette contrée, qui s'étend depuis Bures jusqu'à -Frocourt et Auteuil, près de Beauvais, le _Bray normand_ et le _Bray -picard_: le premier fait partie de la Seine-Inférieure, le second dépend -de l'Oise. Nous nous occuperons seulement de la division qui se rattache -à la Normandie; et, comme il est pour ainsi dire impossible de fixer des -limites exactes à cette contrée si peu explorée, nous allons tirer une -grande ligne autour du champ dans lequel nous avons glané les mots dont -se compose notre glossaire: ce sera à peu près l'étendue de -l'arrondissement de Neufchâtel. En partant de Neuf-marché, nous -longerons l'Epte jusqu'à Gournay, où nous trouverons la route no 8 qui -nous conduira à Formerie: de là, nous irons à Hadancourt et nous -suivrons la Bresle jusqu'au petit village de l'Epinoy, en passant par -Aumale, le Vieux-Rouen, Senarpont et Blangy. Ensuite, nous redescendrons -par Grandcourt, Londinières, Bures, Saint-Saens, Buchy, Bosc-Edeline[2], -Bruquedalle et Morville. Puis, après avoir côtoyé la forêt de Lions, -nous nous retrouverons à Neuf-marché, notre point de départ. - -[Note 2: Quoique cette commune fasse partie de l'arrondissement de -Rouen, elle est désignée, dans un document relatif à la marquise de -Genlis, sous le nom de _Bocqueline-en-Bray_ (_Mémoires de la Société des -Antiquaires de Normandie_, XVIIIe vol., page 210).] - -Le langage est aussi ancien que le monde: en créant les premiers membres -de la grande famille humaine, Dieu a dû leur donner une manière de se -communiquer leurs pensées, leurs désirs, leurs volontés. Ce moyen, c'est -le langage. Mais quelle est la langue primitive communiquée à l'homme? -Perron se montre le patron zélé de la langue celtique; Webb plaide -chaudement la cause du chinois; plusieurs auteurs modernes se font les -champions de Goropius-Becanus qui proclame le flamand comme la langue du -paradis terrestre; à côté de ces prétentions, viennent les défenseurs -des langues semitiques; enfin l'hébreu réunit en sa faveur de nombreux -et puissants suffrages. Mais nous n'avons pas le moindre désir de nous -arrêter à cette question qui a tant occupé les savants. Nous laissons -les uns soutenir que le langage peut être une invention graduelle de -l'espèce humaine, les autres prétendre que c'est le résultat nécessaire -et spontané de l'organisation de l'homme. Nous passons à côté de Smith, -qui assure que l'invention du langage a commencé par les substantifs, et -de Herder, qui donne le pas aux interjections. Pour nous, nous voulons -seulement jeter un coup-d'oeil rapide sur les divers langages qui sont -venus tour à tour régner dans le petit coin de terre qui nous occupe, et -aboutir au patois actuel du pays de Bray; patois qui s'efface de jour en -jour, et dont on ne trouverait bientôt plus la moindre trace, si l'on ne -s'empressait de recueillir ce qui en reste: «Il est facile de le -prévoir, dit M. du Méril, bientôt les patois auront complètement -disparu; beaucoup de mots employés par les pères ne sont déjà plus -intelligibles pour les enfants, et l'on doit se hâter de les recueillir -si l'on porte quelque intérêt aux origines de la langue[3].» - -[Note 3: _Dictionnaire du Patois normand_, Introduction, page XXXIV.] - -Cependant, il ne faudrait pas croire que la différence qui existe entre -le langage du savant le patois du paysan soit uniquement une différence -d'origine; il faut aussi faire la part du progrès et du temps, «La -langue du savant et celle du vulgaire au fond sont identiques, à cette -simple différence près, que la langue parlée par le vulgaire à une -époque déterminée est toujours celle que parlait le savant à une époque -antérieure, et que la première n'a d'autre avantage sur la seconde que -d'être constamment avec elle de quelques siècles en retard; ainsi le -français de nos villages est aujourd'hui, sur beaucoup de points, le -français qui se parlait il y a trois ou quatre cents ans, à la cour même -de nos rois[4].» Nous aurons plus tard occasion de donner la preuve de -ce que dit ici le savant et laborieux autour auquel nous empruntons ces -paroles. - -[Note 4: _Essai sur le langage_, par M. A. Charma, page 171.] - -Les Gaulois sont les premiers habitants connus de notre contrée: mais, -comme ils ne nous ont point transmis de langue écrite, il est impossible -de rien conjecturer sur leur langage. Leurs doctrines religieuses, leurs -lois, leurs annales passaient d'âge en âge par tradition orale, et nous -ne saurions pénétrer des secrets qui reposent ensevelis avec eux sous le -tertre où dort leur dépouille mortelle, depuis deux mille ans[5]. - -[Note 5: On peut consulter, sur les habitudes et usages des Celtes ou -Gaulois, notre _Essai sur le canton de Londinières_, pag. 100-113.] - -L'an 51 avant J.-C, Jules César devint maître souverain des Gaules, -après une lutte qui avait duré dix ans. Il préleva de lourdes -contributions sur les Gaulois, fonda des écoles et déclara le latin la -seule langue officielle. Mais, comme le fait observer avec beaucoup de -vérité M. l'abbé Corblet, le peuple prouva à César qu'on n'obtient pas -aussi facilement l'adoption d'une langue qu'on improvise une victoire; -«il introduisit dans le latin des constructions de la langue maternelle; -il confondit arbitrairement tous les cas; il altéra les mots par des -constructions bizarres; des terminaisons latines s'allièrent à des -radicaux celtiques, des désinences celtiques s'imposèrent à des radicaux -latins, et l'emploi des auxiliaires vint bouleverser l'harmonie des lois -grammaticales[6].» Aussi Quintilien écrivait-il, vers la fin du premier -siècle de notre ère, qu'il y avait une grande différence entre parler -latin et parler grammaticalement, _aliud esse latinè, aliud grammaticè -loqui_[7]. Au rapport de saint Jérôme, la langue latine subissait encore -de grandes modifications au IVe siècle, _latinitas et regionibus -quotidiè mutabatur et tempore_[8]. Et saint Augustin nous apprend qu'au -Ve siècle, le latin pur perdait du terrain au profit de la langue -vulgaire qu'on regardait comme plus utile dans les relations habituelles -de la vie, _plerumque loquendi consuetudo vulgaris utilior est -significandis rebus, quàm integritas literata_[9]. - -[Note 6: _Glossaire du Patois picard_, page 65.] - -[Note 7: _De Institutione oratoriâ_, lib. I, cap. 6.] - -[Note 8: _Epistola ad Galatas_, lib. II, præf.] - -[Note 9: _Doctrina christiana_, lib. II.] - -Bientôt, à ces difficultés vinrent s'ajouter de nouveaux éléments -contraires à l'uniformité de langue: l'introduction des Francs[10] dans -la Gaule, qui tantôt en guerre, tantôt en paix avec les Romains, -finirent par devenir les maîtres, à la fin du Ve siècle. Alors la langue -tudesque apparaît; mais elle s'efface insensiblement, et bientôt se -forme la langue romane. «En reconnaissant que le latin a joué le -principal rôle dans la formation de cette langue, dit M. Ph. Le Bas, il -convient de distinguer la langue latine littéraire de la langue latine -usuelle.... C'est du latin parlé par les masses, que s'est formé le -roman[11].» - -[Note 10: _Frek_, _frak_, _frenk_, _franc_, _vrang_, selon les -différents dialectes germaniques, dit Frérel, répond au mot latin -_ferox_, dont il a tous les sens, favorables et défavorables: fier, -intrépide, orgueilleux, cruel.] - -[Note 11: _Univers pittoresque_, France, tome X, page 41.] - -Au milieu de ce mélange de langues, on comprend aisément que la pureté -du langage ne pouvait dominer: Alcuin nous apprend qu'il existait, au -VIIIe siècle, une langue lettrée qu'on pouvait écrire et une langue -illettrée qui ne pouvait être écrite, _literata quæ scribi potest, -illiterata quæ scribi non potest_[12]. - -Aussi, à partir de 813, voyons-nous plusieurs conciles prescrire aux -évêques de prêcher en langue vulgaire, afin de pouvoir se faire -comprendre du peuple[13]. Le plus ancien monument de cette langue -vulgaire ou romane d'où s'est formé insensiblement notre français, est -le serment prononcé, en 842, à Strasbourg, par Louis-le-Germanique, -frère de Charles-le-Chauve, commençant par ces mots: _Pro Deu amor et -pro Christian poblo et nostro commun salvament_, etc. «Pour l'amour de -Dieu et pour le peuple chrétien, et pour notre salut commun»[14]. - -[Note 12: _Opera_, tome II, page 268.] - -[Note 13: Le deuxième concile de Reims, canon 15.--Concile de Tours, -canon 17 (_Encyclopédie théologique_, tome XIV, pages 486 et 1035.)] - -[Note 14: _Un million de faits_, page 1203.] - -«En se décomposant, le latin a produit deux idiomes distincts, dit M. Ph. -Le Bas, deux gracieux dialectes dont les ressources sont grandes: la -langue d'OIL et la langue d'OC. On ramène à trois les principaux -dialectes, de la langue d'OIL, qui sont le _normand_, le _picard_ et le -bourguignon[15]. Les trouvères, poètes languedociens, s'exprimaient dans -la langue d'OIL; et les troubadours, poètes provençaux, se servaient de -la langue d'oc. La dénomination de ces deux langues vient de ce que -l'affirmation oui se prononçait oil au nord de la Loire et oc au midi de -ce fleuve[16]. M. A. Maury nous apprend qu'au XIIe siècle, ces deux -contrées étaient séparées par de vastes châtaigneraies qui formaient -comme une frontière végétale entre les deux langues[17]. Avant l'an -1000, les formes grammaticales de ces deux idiomes offraient peu de -différence: «mais, à partir de cette époque, dit M. l'abbé Corblet, les -nuances deviennent de plus en plus distinctes, jusqu'à ce que, vers le -XIIe siècle, les deux langues firent un divorce complet, en se -partageant la France[18].» Aussi Jean-Luc d'Achery nous dit-il qu'au -XIIe siècle, les moines d'un monastère du Boulonnais souffraient -impatiemment de leur dépendance d'une abbaye du Poitou, à cause de la -différence des langues, _propter linguarum dissonantiam_[19]. - -[Note 15: _Univers pittoresque_, France, tome VI, page 537.] - -[Note 16: _Un million de faits_, page 1203.] - -[Note 17: _Histoire des grandes forêts de la Gaule_, page 280.] - -[Note 18: _Glossaire du Patois picard_, page 68.] - -[Note 19: _Spicilegium_, tome IX, page 430.] - -Nos lecteurs ne seront peut-être pas fâchés de lire ici l'oraison -dominicale dans le langage de cette époque reculée: nous l'empruntons à -Charles Batteux, cité par l'abbé Pluche[20]. - - «Sire pere, qui es ès ciaus, sanctifiez soit li tuens noms, - avigne li tuens regnes, soit faite ta volanté, si comme ele - est faite el ciel, si soit ele faite en terre; nostre pain - de chascun jor nos done hui, et pardone nos meffais, si - comme nos pardonos à ços qui meffait nos ont; sire ne soffre - pas que nos soions tempté par mauvesse temptation, mais sire - delivre nos de mal.» - -[Note 20: _Spectacle de la nature_, tome VII, page 230.] - -Le XVe siècle vint opérer la transformation du français du moyen-âge en -français moderne; mais le langage ne s'épura qu'au siècle suivant et -n'atteignit la perfection que sous le règne de Louis XIV. Le XVIe siècle -semble être le moment d'enfantement du français actuel; nous en trouvons -la preuve dans les satyres de Vauquelin de la Fresnaye qui écrivait dans -la seconde moitié de ce siècle et qui, au milieu des incertitudes et des -fluctuations du langage, éprouvait un véritable embarras sur la manière -d'écrire correctement; - - Car, depuis quarante ans, desja quatre ou cinq fois, - La façon a changé de parler en françois. - -Cette irrésolution venait de tous les idiomes avec lesquels la nouvelle -langue s'était trouvée en contact; «créée par les rapports et le mélange -des patois, la langue commune participe de tous; elle prend à l'un ses -habitudes de prononciation, à l'autre ses tours de phrase; elle conserve -les idiotismes d'un troisième, et comble, en puisant indistinctement -dans tous, les lacunes qui existaient dans les différents -vocabulaires... Mais, malgré cette fusion à l'usage de la classe élevée -de la société, presque jamais les patois ne disparaissent entièrement; -le peuple auquel ils suffisent les conserve avec obstination, et les -savants sont obligés de les consulter pour connaître les éléments -constitutifs de la langue et remonter à la forme primitive des -mots[21].» En effet, comme en fait la remarque M. G. Brunnet, «les -patois renferment des mots qui remontent jusqu'au grec et qui furent -importés par des colonies hellénistes; ils en contiennent d'antres qui -restent comme des débris de la domination romaine; ils en présentent qui -sont évidemment le produit de la création populaire, mais le fond du -dialecte est tout latin[22].» - -[Note 21: _Dictionnaire du Patois normand_. Introduction, page III.] - -[Note 22: _Encyclopédie du_ XIXe _siècle_, tome XVIII, page 663.] - -Ceci nous ramène à notre patois du pays de Bray, dans lequel nous -retrouvons, malgré les nombreuses corruptions qui en masquent la forme -primitive, un assez grand nombre de mots qui se rattachent aux langues -des différentes nations qui ont parcouru ou habité cette contrée. -C'est ainsi que DIEPPE, ancien nom de la Béthune, est une corruption -de l'islandais _Diup_, profond;--ITOU, du latin _Ità_, aussi;--RAINE, -du celtique _Ran_, grenouille;--FREULER, du breton _Frel_, -fléau;--BISQUER, du saxon _Beiskiar_, rager;--SUPER, de l'anglais _To -sup_;--RIO, de l'espagnol _Rio_;--BRAIES ou BRAGUES, du grec _Brakos_; -etc. - - -«Pour remonter aux radicaux primitifs et saisir les lois qui ont dominé -les développements de la langue et lui ont donné de l'ensemble et de -l'harmonie, dirons-nous avec M. du Méril, il faut l'étudier à la source, -dans la bouche même du peuple... En effet, les patois, soumis dans -chaque localité à des influences diverses qu'aucune raison générale ne -neutralise, se grossissent au hasard d'importations étrangères et -d'imaginations individuelles; qui ne relèvent que du caprice.... Par -exemple, le moineau est appelé _Pisli_ à Avranches, _Pottin_ à -Coutances, _Friquet_ à Bayeux, _Quilleri_ dans l'Orne, et _Moisson_ dans -le pays de Bray[23].» - -[Note 23: _Dictionnaire du Patois normand_. Introduction, pages LVII, -LVIII et LIX.] - -Maintenant abordons notre travail principal, et tâchons de donner une -idée générale du patois brayon, avant d'en venir au glossaire des mots -que nous avons recueillis. Deux voies s'ouvrent devant nous: l'une que -suivent les savants, l'autre dans laquelle marchent les simples -travailleurs. Cette dernière voie sera la nôtre. Nous nous bornerons -donc à constater ce qui est, sans rechercher le _cûr_, _quomodò_, -_quandò_; c'est-à-dire que nous abandonnerons aux maîtres de la science -les observations scientifiques et les découvertes étymologiques, pour -nous occuper seulement à recueillir des matériaux sur lesquels ils -puissent exercer leur sagacité. Nous suivrons cette recommandation -pleine de vérité: «La science étymologique, dit M. Auguste Le Prevost, -est une arme à deux tranchants, qui ne doit pas être abandonnée à des -mains novices. On peut encore la comparer à ces flambeaux qui jettent de -la fumée et de l'obscurité sur leur passage, quand ils n'éclairent pas. -Elle demande non-seulement la connaissance approfondie et la comparaison -continuelle d'un grand nombre de langues, de dialectes, d'idiotismes, -une faculté d'observation et de rapprochement exquise, mais encore -beaucoup de sobriété, de loyauté, de circonspection dans l'exercice de -cette faculté; sans quoi on arrive par une pente très-rapide à faire -venir _affana d'equus_[24]; on se discrédite soi-même et l'on discrédite -l'une des recherches les plus piquantes et les plus utiles à la -satisfaction de la raison humaine, qui puisse occuper les loisirs d'un -érudit. Nous insistons d'autant plus sur la nécessité d'une grande -réserve à cet égard, que, débarrassé de cette grave responsabilité, le -travail que nous désirons voir entreprendre dans chaque arrondissement -n'offrira plus qu'une tâche facile à chacun de nos collaborateurs[25].» - -[Note 24: L'étymologie-monstre à laquelle l'auteur fait ici allusion a -donné lieu au quatrain suivant: - - _Affana_ vient _d'equus_ sans doute; - Mais il faut convenir aussi, - Qu'en venant de là jusqu'ici, - Il a bien changé sur la route.] - -[Note 25: Ce passage est extrait de la préface d'un ouvrage inédit de M. -A. Le Prevost, qui a bien voulu nous donner communication de son -manuscrit.] - -Quoiqu'on ne puisse pas dire, selon la rigueur de l'expression, qu'il -existe un code particulier au patois du pays de Bray, il n'en est pas -moins vrai que ce patois est soumis à certaines règles dont il s'écarte -peu. Pour plus de clarté, nous allons essayer d'indiquer ces règles -touchant les lettres, l'article, le nom, l'adjectif, le pronom et le -verbe. - -§ 1er.--DES LETTRES. Le _c_ doux se change assez fréquemment en _ch_: -Ex. Les _capuchins_ étaient comme _cha_. Il en est de même de la double -lettre _ss_; on dit _nourichon_ pour _nourrisson_. - -Le _ch_ est souvent remplacé par le _c_ dur, _qu_ ou _k_: Ex. Un _cat_, -un _quien_, un _kauche-pied_, etc. - -L'accent circonflexe se remplace en plusieurs circonstances par l'accent -aigu sur la lettre _e_: Ex. _Téte_, _féte_, _béte_, etc. - -Le _tr_ se prononce quelquefois _ter_, comme dans _truie_, qu'on -prononce _teruie_, et _teruite_ pour _truite_. - -§ II.--DE L'ARTICLE. Selon quelques auteurs, notre article masculin _le_ -serait tout simplement la dernière syllabe du mot latin _ille_, et notre -article féminin _la_, la dernière de _illa_. D'autres voient plus -particulièrement dans l'article une combinaison du pronom _ille_ et des -prépositions _de_ et _ad_. Quoi qu'il en soit, dans les commencements de -la langue française, nous trouvons presque toujours pour articles -simples ou composés les mots _el_, _del_, _al_; ces mots forment encore -la base de l'article dans le patois brayon. - -Le, _el_, _l'_. La, _el_. Les, _lés_, _l's_. -De, _d'_, _d'l'_. Du, _du_. De la, _del_, _d'l'_. Des, _dés_, _d's'_. -Au, _au_. A la, _al_. Aux, _à_, _à les_. - -On trouvera dans le Dictionnaire les différences qui existent entre ces -divers articles. - -§ III.--DU NOM. Certain nombre de noms en _eur_ et en oir changent leur -terminaison en _eux_: Ex. Menteur, tricheur, conteur, mouchoir, battoir, -couloir, etc., se prononcent _menteux_, _tricheux_, _conteux_, -_moucheux_, _batteux_, _couleux_. - -Quelques noms en _é_ font leur singulier en _ai_: Ex. Curiosité fait -_curiositai_, _été_ fait _étai_, etc. - -Les noms propres prennent le pluriel; ainsi on dit: les Duvals, les -Dumonts, etc., en parlant des membres de ces familles. - -On donne aussi le genre féminin aux noms de famille, en les faisant -précéder de l'article: ex. la durand_e_, la guerard_e_, la boquet_te_, -la cordièr_e_, la vasseu_se_, la brianchon_ne_, etc. mais, quand le nom -propre est précédé du prénom, il garde sa terminaison primitive: ex. -rose durand, marie guerard, etc. - -Dans le patois brayon, les noms n'ont pas toujours le même genre que -leurs correspondants français; en voici de nombreux exemples: - - - NOMS QUI CHANGENT DE GENRE DANS LE PATOIS BRAYON. - -AGE. Ex.: La jeunesse est _une belle_ âge. -AIR. Ex.: Cette chanson est sur _une vilaine_ air. -AMADOU. Ex.: Ce marchand ne fournit que de _mauvaise_ amadou. -ARGENT. Ex.: Je vous donne _de la belle_ argent. -AS. Ex.: Voilà _une vieille_ as qui m'a fait perdre. -AUGURE. Ex.: Cela n'est point d'_une bonne_ augure. -AUTEL. Ex.: Voilà _une riche_ autel. -BOL. Ex.: Mettez cette tisane dans _une petite_ bol. -BORNE. Ex.: _Quel gros_ borne! -CANTIQUE. Ex.: Je sais _une belle_ cantique. -CENTIME. Ex.: _Cette_ centime est _toute neuve_. -CIMETIÈRE. Ex.: Je ne passerais pas la nuit dans _la_ cimetière. -CLAIRE-VOIE. Ex.: Je ferai là _un beau_ claire-voie. -COUDRIER. Ex.: On fait des cercles avec _de la coudre_. -CRAVATE. Ex.: On m'a fait cadeau d'_un beau_ cravate. -EMPLATRE. Ex.: C'est _une_ emplâtre inutile. -ESCLANDRE. Ex.: Il y a eu _grande_ esclandre. -ÉVANGILE. Ex.: L'Évangile de dimanche est _longue_. -EXEMPLE. Ex.: Il nous a donné _une nouvelle_ exemple de douceur. -FROID. Ex.: _La_ froid est bien _gênante_. -GARDE-ROBE. Ex.: Avez-vous _un bon_ garde-robe? -HERBAGE. Ex.: Son herbage est _excellente_. -HIVER. Ex.: L'hiver de 1830 n'a pas été _douce_. -IMAGE. Ex.: Vendez-vous de _beaux_ images? -MANQUE. Ex.: C'est _une_ manque de réflexion. -MARNE. Ex.: Servez-vous de marne _sec_. -MERLE. Ex.: Entendez-vous siffler _la mêle_? -MEUBLES. Ex.: Voilà de _belles_ meubles. -ORAGE. Ex.: Nous allons avoir _une terrible_ orage. -ORGANE. Ex.: Votre frère a _une belle_ organe. -OUVRAGE. Ex.: Son ouvrage n'est jamais _faite_ en temps. -PARAFE. Ex.: Notre Instituteur fait de _belles_ parafes. -PATÈRE. Ex.: Placez votre chapeau _au_ patère. -POISON. Ex.: Vous m'apporterez _de la_ poison pour les rats. -RÉGLISSE. Ex.: Apportez-moi _du_ réglisse. -RHUME. Ex.: J'ai toujours _la_ rhume. -RISQUE. Ex.: A _toute_ risque. -SAULE. Ex.: _La sau_ est un mauvais bois. -TEMPE. Ex.: Il a reçu un coup de bâton _au_ tempe. -VIPÈRE. Ex.: J'ai été mordu d'_un_ vipère. - -§ IV.--DE L'ADJECTIF. Plusieurs adjectifs ne forment pas leur féminin -comme en français: Ex. Blanc, sec, vieil, fou, malin, frais, font -_blanque_, _sèque_, _vieuille_, _fôlle_, _malinne_, _fraique_. Presque -tous les adjectifs terminés en _i_ ont le féminin en _ite_: Ex. Pourri, -guéri, font _pourrite_, _guérite_. - -Les adjectifs possessifs se rendent ainsi: - -Mon, _man_, _min_, _m'n'_. Ma, _m'_. Mes, _més_, _m's'_. -Ton, _tan_, _t'n'_, _tin_, _t'n_. Ta, _t'_. Tes, _tés_, _t's'_. -Son, _san_, _s'n'_, _sin_, _s'n_. Sa, _s'_. Ses, _sés_, _s's'_. -Notre, _not'_. Notre, _not'_. Nos, _nos_. -Votre, _vot'_. Votre, _vot'_. Vos, _vos_. -Leur, _leu_, _leut_. Leur, _leu_, _leut'_. Leurs, _leus_. - -Les adjectifs démonstratifs sont: - -Ce, _çu_. Cet, _c't'_. Cette, _c't'_, _c'te_. Ces, _cés_, _chés_. - -§ V. DU PRONOM. Voici les différentes formes des pronoms personnels: - -Je, _j_', _ej'_. Moi, _mai_, _mi_. Me, _m'_. Nous, _j'_. -Tu, _tu_. Toi, _tai_. Te, _té_. Vous, _vos_, _os_. -Il, _y_, _il_. Elle, _al'_, _a_. Ils, _y_, _ils_. Elles, _al'_, _y_. -Lui, _li_. Leur, _leu_. Eux, _eux_. Se, _s'_, leus. Soi, _sai_. - -Les pronoms possessifs n'offrent d'autre différence avec le français que -la suivante: _l' est_ employé pour _le_, et l'on supprime l'accent -circonflexe sur _notre_, _votre_, _notres_, _votres_. - -Voici maintenant les pronoms démonstratifs: - -Celui, _le sien_. Celle, _la sienne_, _la celle_. Ceux, _les ceux_, _les -siens_. Celles, _les celles_, _les siennes_. - -Celui-ci, _c't'ichite_. Celle-ci, _c't'ichite_. Ceux-ci, _cheux-chite_, -_ceux-chite_. Celles-ci, _cheux-chite_, _ceux-chite_. - -Celui-là, _ç't'ila_. Celle-là, _ç't'éla_. Ceux-là, _cheux-la_. -Celles-là, _cheux-la_. - -Ce, _cha_. Ceci, _cha_. Cela, _cha_. - -Les pronoms relatifs se prononcent de la manière suivante: - -Qui, _qui_. Que, _qu'_, _que_. Lequel, _l'queul_. Laquelle, _l'queulle_, -_laqueulle_. Lesquels, _lèqueuls_. Lesquelles, _léqueulles_. - -Nous ajouterons les pronoms interrogatifs: qui, que, quoi; lesquels se -rendent ordinairement par _qué_. - -En parlant de l'interrogation, nous voulons faire une remarque qui ne -trouverait peut-être point place ailleurs. Dans le pays de Bray, et -généralement en Normandie, on répond à certaines questions par la -négation ou l'affirmation de la proposition opposée. Ainsi, à cette -question: _Fait-il froid aujourd'hui?_ on répondra: _Il ne fait pas -chaud_, ou _il fait assez chaud_, ou _il fait très-chaud_. - -§ VI.--DU VERBE. Afin de donner une idée du système des conjugaisons, -nous placerons ici quelques temps des verbes auxiliaires AVOIR et ÊTRE. - - AVER. ETE. - - INDICATIF PRÉSENT. - -J'ai. Ej'sis. -T'as. T'es. -Il a. Il est. -J'avons. J'sommes. -Os avez _ou_ vos avez. Os ètes _ou_ vos ètes. -Il ont. Y sont. - - IMPARFAIT. - -J'avais. J'étais _ou_ j'étois. -T'avais. T'étais _ou_ t'étois. -Il avait. Il était _ou_ il étoit. -J'avions. J'étions _ou_ os étions. -Os aviez. Os étiez _ou_ vos étiez. -Il avaient _ou_ aviont. Il étaient _ou_ étoient _ou_ étiont. - - SUBJONCTIF PRÉSENT. - -Que j'aie _ou_ que j'uche. Que j'sais _ou_ que j'suche. -Q't'aies _ou_ que tu uches. Que tu sais _ou_ que tu suches. -Qu'il ait _ou_ qu'il uche. Qu'il sait _ou_ qu'il suche. -Qu'j'avions _ou_ qu'j'uchions. Que j'sayions _ou_ que nous suchions - _ou_ qu'os soyomes. -Qu'os aviez _ou_ qu'os uchiez. Qu'os sayez _ou_ qu'os suchiez. -Qu'il aient _ou_ qu'il uchent. Qu'y saient _ou_ qu'ils suchent. - -Le patois du pays de Bray offre beaucoup d'irrégularité dans les -conjugaisons; nous en mentionnerons seulement quelques-unes. - -Généralement l'_u_ du pronom _tu_ s'ellipse à la seconde personne du -singulier, quand le verbe commence par une voyelle: Ex. _T'aimes_, -_t'avertis_, _t'as_, _t'entends_. - -Le _j'_ remplace ordinairement le pronom _nous_, à la première personne -du pluriel, quand le verbe commence par une voyelle: Ex. _J'aimons_, -_j'avertissons_, etc. Si le verbe commence par une consonne, le pronom -_nous_ est remplacé par le monosyllabe _ej_: Ex. _Ej trouvons_, _ej -prévenons_, etc. Il paraît que les courtisans de Henri III regardaient -comme de bon ton de dire: _J'avions_, _j'étions_, _j'allions_; c'était -alors une manière de parler recherchée dans la bonne compagnie, même à -la cour[26]. - -[Note 26: _Essai sur le langage_, page 302.--_Glossaire du patois -picard_, page 173.] - -Parmi les verbes de la première conjugaison qui sont irréguliers dans -plusieurs temps, nous mentionnerons le verbe _aller_ qui fait au présent -du subjonctif: _que j'ouaiche_, _que tu ouaiches_, _qui ouaiche_, _que -j'ouaichions_, _qu'os ouaichiez_, _qui ouaichent_. - -Les verbes terminés en _ier_ et _uer_ ont ordinairement le présent du -subjonctif en _che_: Ex. Charrier, ruer, etc., font: _que je carriche_, -_que je ruche_. - -Le _r_ terminal de l'infinitif ne se fait point sentir dans les verbes -de la seconde conjugaison; ainsi on dit: _mouri_, _parti_, _r'veni_, -etc., pour _mourir_, _partir_, _revenir_. Plusieurs de ces verbes -forment aussi leur participe passé tout-à-fait irrégulièrement; c'est -ainsi que _soutenir_ fait _soutint_ pour _soutenu_. - -Les verbes de la troisième conjugaison changent leur terminaison _oir_ -en _er_; par exemple: _Apercevoir, recevoir, émouvoir_, etc., font -_aperchever, r'chever, émouver_, et, au participe passé, _aperchu, -r'chu, émouvé_. - -Au nombre des verbes de la quatrième conjugaison qui s'éloignent du -français, nous mettrons le verbe _suivre_ qui fait _sieure, je sieus, -j'ai sieus_, etc. - -Une règle qui se rapporte à toutes les conjugaisons consiste dans -l'emploi de la troisième personne au lieu de la première et de la -seconde, comme dans les phrases suivantes: _C'est moi qui se trompe; -c'est toi qui ira; c'est nous qui a joui; c'est vous qui chantait_, etc. - -Nous pensons que ces courtes remarques suffisent pour indiquer à nos -lecteurs les ressemblances et différences du patois du pays de Bray avec -les patois des autres provinces, surtout de la Normandie et de la -Picardie. Il nous resterait à citer quelque fragment de cet idiome, afin -d'en faire mieux comprendre le mécanisme; mais nous ne connaissons aucun -monument écrit auquel nous puissions avoir recours. Sous ce rapport, -nous sommes aussi pauvres que la Picardie est riche. Là, des hommes -d'esprit s'amusent souvent a recueillir les reparties, les boutades, les -saillies populaires, pour en former de plaisants dialogues, de gais -refrains. Ici, rien de semblable; _Ch'est pat à dire que j'soyomes_ -(simus) _pus enchifrénés q'd'autes, mais j'manquons d'éditeux_, disait -dernièrement un de nos amis. C'est donc une bonne fortune pour nous que -la rencontre de l'article suivant que nous extrayons d'une récente -publication[27]. - -[Note 27: _Almanach du pays de Bray_, pour 1852, page 99 et suiv.] - - - - - LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ - - -_Jacques_.--Ah! Boujou, Mousieu _Esprit_... - -_Le citoyen Esprit_.--Ne m'appelle donc pas _Monsieur_; ce titre -aristocratique est aboli et remplacé par le mot égalitaire de _citoyen_. - -_Jacques_.--Ah! chest cha; j'comprends pas, mais chest tout d'même. - -_Le citoyen Esprit_.--Tu es si bête! - -Jacques.--Ah! par exemple, cha pourrait ben être vrai; car tout l'monde -me l'dit. Mais en attendant, j'voudrais ben saver qué qu'veulent dire -chés trois mots _Libertai, Égalitai, Fraternitai_, quo vait tout -partout; o dirait que l'zimprimeux n'peuvent plus rien écrire sans mette -chés mots-là. - -_Le citoyen Esprit_.--Tu ne comprends pas cela? - -_Jacques_.--Ma foi, non. - -_Le citoyen Esprit_.--Liberté!!! mot divin qui fait battre tous les -coeurs, quand on le prononce... - -_Jacques_.--Ah! bah! l'mien des coeurs n'bat pas du tout. - -_Le citoyen Esprit_.--C'est une manière de parler. - -_Jacques_.--Chest-à-dire qu'cha n'signifie rien. - -_Le citoyen Esprit_.--C'est-à-dire que tu es un imbécille. - -_Jacques_.--Os me l'avez déjà dit, _Mousieu citoyen_. - -_Le citoyen Esprit_.--Comment pourrais-tu en effet comprendre la -liberté, toi qui as été toute ta vie esclave et malheureux. - -_Jacques_.--Ma foi, pas core trop. - -_Le citoyen Esprit_.--Écoute, Jacques, et tâche de comprendre. - -_Jacques_.--J'vo z'écoute des yeux et des oreilles. - -_Le citoyen Esprit_.--Par le mot liberté, on entend que chacun est libre -de faire ce qui lui plaît. - -_Jacques_.--Tout c'qui li plaît? - -_Le citoyen Esprit_.--Tout! - -_Jacques_.--Absolument tout? - -_Le citoyen Esprit._--Oui. - -_Jacques._--Y a ti longtemps, cha? - -_Le citoyen Esprit._--Depuis le 24 février, l'an 59 de la liberté. - -_Jacques._--Et moi qui ne l'savait point core! Faut que j'sais rudement -béte! - -_Le citoyen Esprit._--Je ne dis pas non. - -_Jacques._--Mais, comment qu'man maîte n'me l'a pas dit? - -_Le citoyen Esprit._--Nigaud, est-ce qu'il n'est pas intéressé à te -laisser dans l'ignorance? - -_Jacques._--Chest vrai! ben asteu, chest ben fini; quand y m'dira -d'batte du blai, j'battrai d'l'aveine; quand y m'dira d'vaner de l'orge, -j'ferai des guerbées; quand y m'dira de monter l'grain au grenier, -j'irai m'mette à table; puis plutot j'li dirai que j'veux ête maîte -chacun note semaine... Asteu, j'voudrais bien saver quoique chest -qu'l'_égalitai_. - -_Le citoyen Esprit._--Cela signifie qu'il n'y a aucune différence entre -les hommes, et qu'ils sont tous égaux. - -_Jacques._--Mais chest pas vrai, cha. - -_Le citoyen Esprit._--Comment, ce n'est pas vrai? - -_Jacques._--Non! Est-ce que j'sis l'égal de man maîte? - -_Le citoyen Esprit._--Sans doute. - -_Jacques._--Ah! cha mais!... comment s'y prendre? Man maîte qu'a six -pouces plus qu'mai. - -_Le citoyen Esprit._--On le rognera. - -_Jacques._--Par queu bout? - -_Le citoyen Esprit._--Par la tête. - -_Jacques._--Diable! mais... puis, Nicolas, li qu'est trois pouces plus -p'tit qu'mai; est-ce qu'on me rognera itou par la tête? - -_Le citoyen Esprit._--Mon pauvre Jacques, tu ne comprends donc rien; -quand on dit que nous sommes égaux, on veut dire que nous avons tous les -mêmes droits et les mêmes avantages. - -_Jacques._--Chest-à-dire que j'pourrais mette l'zhabits de man maîte, -manger san dinner, monter sur san bidet? - -_Le citoyen Esprit._--Certes, tous les biens sont communs. - -_Jacques._--Mais les propriétaires? - -_Le citoyen Esprit._--Il n'y a plus de propriétaires: la propriété, -c'est le vol. - -_Jacques._--Tiens! je l'aurais jamais cru.... Man maîte qui passe pour -si honnête homme dans le pays! Mais y va me renvéyer, pétète, quand -j'l'y demanderai l'exécution d'l'_égalitai_. - -_Le citoyen Esprit._--Ne crains rien. - -_Jacques._--Pourquoi? - -_Le citoyen Esprit._--Parce qu'il ne saurait trouver un autre domestique -aussi bête que toi. - -_Jacques._--Chest ben possible... Puis c'té _fraternitai_, elle, qué -qu'chest? - -_Le citoyen Esprit._--Cela veut dire que nous sommes tous frères. - -_Jacques._--Ah! cha, du coup, chest une bêtise; car, quand ma mère, qui -n'vient plus d'pis qu'al est morte, venait m'ver, a m'embrachait toujou; -puis a disait: _Boujou, man fieu_! Mais a n'embrachait pas man maîte; au -contraire, a faisait une révérence, puis disait: _Boujou, maîte Pierre_! -mais a n'y disait jamais: _Boujou man fieu_, ni _boujou man frère_! Cha -fait ben ver qu'a n'était pas sa soeur et qu'il n'est pas man frère. - -_Le citoyen Esprit._--Il ne s'agit ici ni de père ni de mère. - -_Jacques._--Chest vrai, y sont morts tous deux. - -_Le citoyen Esprit._--Tu ne comprends pas. Il n'y a plus ni père ni mère -pour personne; nous sommes tous enfants de la nature. - -_Jacques._--De la nature? Connais pas! J'avais toujou cru qu'j'étais -l'fieu d'ma mère qu'est morte, pauve fame. - -_Le citoyen Esprit._--Pauvre Jacques! quel dommage qu'on ait paralysé -l'action des clubs! je t'aurais fait admettre pour t'initier aux grands -principes.... - -_Jacques._--Pardon! excuse! _Mousieu citoyen_, maîte Pierre m'crie pour -manger la soupe. - -_Le citoyen Esprit._--Mais j'aurais un petit service à te demander. - -_Jacques._--Jé pas l'temps; cha sera pour une aute fais. - -UN FLANEUR BRAYON. - - - - -Nous terminerons cette introduction par quelques proverbes et dictons -populaires, auxquels nous joindrons un court exposé des croyances et -usages du pays. - - PROVERBES ET DICTONS. - - -Amis comme chiens et chats. Ennemis. - -Adroit de sa main comme un cochon de sa queue. Maladroit. - -Se laisser manger la laine sur le dos. Trop bon. - -La semaine des trois jeudis. Jamais. - -Il vaux mieux tuer le diable que le diable vous tue. - -Caillou qui roule n'amasse pas mousse. - -_Mais que_ les poules pissent. Jamais. - -Engendré d'un coq et d'une oie. Sot et malin. - -Ouvrir les yeux comme un chat qui c... dans du son. Ouvrir de grands -yeux. - -Brouillard en mars, gelée en mai. - -Laid comme le diable. - -Toute la _pouquette_ sent le hareng. Toute la famille a les mêmes vices. - -En attendant les souliers d'un mort, on va longtemps nu-pieds. - -N'y voir que du brouillard. Ne rien comprendre à une chose. - -Un coup de langue est pire qu'un coup de lance. - -La première mouche qui le piquera sera un taon. La dernière faute paiera -pour les autres. - -Ne pas valoir les quatre fers d'un chien. N'avoir aucune valeur. - -N'entendre ni à _hu_, ni à _dia_. N'avoir aucune intelligence. - -Brebis qui bêle perd sa goulée. On ne peut parler et manger en même -temps. - -Au plus fort la _pouque_. En parlant de deux personnes qui se disputent -un objet. - -Qui demande un hiver avant Noël, en demande deux. - -Faire la _caloge_ du veau avant qu'il soit venu. Former de vains projets -sur un événement éventuel. - -Il ne faut pas tant de beurre pour faire un quarteron. Pas de paroles -inutiles. - -Aller ou venir pour des prunes. Pour rien. - -Si le soleil luit quand il pleut, on dit que le _diable bat sa femme_. - -Quand on se sent morveux, on se mouche. En parlant d'une personne qui -prend pour elle-même un blâme donné sans application particulière. - -Gratter quelqu'un par où il a _manjure_. Lui proposer une chose qui le -flatte. - -Faute de poisson, on mange des moules. Quand on n'a pas ce qu'on désire, -il faut se contenter de ce qu'on a. - -On n'est pas louis d'or. Ou ne plaît pas à tout le monde. - -Quand on quitte le maréchal, il faut payer les vieux fers. Lorsqu'on -change de fournisseur, il faut payer ce qu'on lui doit. - -Quitter brûler ce qui ne cuit pas pour soi. Ne s'occuper que de ce qui -profite. - -Quand il pleut sur l'un, il grêle sur l'autre. En parlant de deux -personnes qui ont les mêmes intérêts. - -Rebattre le _feurre_ de ses glanes. Perdre le fil de son discours et -faire des redites. - -Il a mis une cheville à son trou. Réponse ou repartie trouvée à propos. - -Malin comme Gribouille qui se jette à l'eau de peur de se mouiller. - -Être de la famille de Riquiqui. Être parent de tout le monde. - -S'il y a pondu, il n'y a pas couvé. Il n'a pas été longtemps parti. - -Vaut mieux faire envie que pitié. - -Février emplit les fossés, mars les vide. - -Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez. -Mieux vaut conserver un objet avec ses défauts que de le briser en -cherchant à le réparer. - -Ils sont comme saint Roch et son chien. Inséparables. - -Ton nez branle. Tu mens. Il paraît que ce dicton n'est pas neuf et qu'on -disait du temps d'Érasme: _Nasus tuus arguit mihi te mentiri_, votre nez -me dit que vous mentez. - -On ne peut guère manier de beurre, sans qu'il en reste dans les doigts. -En parlant des régisseurs et autres qui ne rendent pas fidèle compte de -leur administration. - -Chaque grain a sa paille. Chacun a ses défauts. - -Manger son pain chaud, boire son cidre doux, brûler son bois vert, c'est -mettre la maison au désert. - -Ne point mettre une chose dans l'oreille d'un chat. Donner un avis qui -sera suivi. - -Chacun son métier, les moutons seront bien gardés. - -Faire de la bouillie pour les chats. Faire une chose inutile ou mal -exécutée. - -Les nourrices auront bon temps, les enfants se jouent. En parlant des -grandes personnes qui s'amusent à des jeux d'enfant. - -Heureux comme un coq en pâte. Nous pensons qu'il faudrait dire: _Comme -un coq empâté_. - -C'est comme à la maison du bon Dieu, l'on n'y boit, n'y mange. Allusion -aux personnes qui n'offrent rien à ceux qui font visite; ce qui est rare -dans le pays de Bray. - -On a tiré à son baptême. Il n'a pas inventé la poudre. - -On ne tire pas de farine d'un sac à charbon. On n'espère pas de bonnes -actions de la part d'un méchant. - -C'est du bois à faire des vielles. Il se ploie de toutes façons. Par -allusion à ceux qui disent oui et non sur la même question, pour plaire -à l'un et ne pas déplaire à l'autre. - -Faire des contes à mourir debout. Impossibilités. - -Rien ne dure plus longtemps qu'un pot cassé. En parlant de personnes -souffrantes qui vont jusqu'à la vieillesse. - -Il n'y a pas moyen de _moyenner_. Il faut en convenir. - -On vous donne des noix à casser, quand on n'a plus de dents. Faire des -douceurs, quand on ne peut plus en profiter. - -C'est lui, en chair et en os, comme saint Amadou. Lui-même. - -Plus malin que lui n'est pas bête. - -Sourd comme une _boîse_. Très-sourd. - -Aller son petit bonhomme de chemin. Faire ses affaires, sans s'inquiéter -du _qu'en dira-t-on_. - -Ce n'est pas par là que le pot court. Ce n'est pas là que se trouve le -mal. - -Courir comme un poulain délicoté. - -Être du côté que le plat _pend_. Être bien placé. - -Sec comme du bois. - -Les paroles sont des femelles; les écrits sont des mâles. Les uns sont -plus sûrs que les autres: _Verba volant, scripta manent_. - -Les rouges (à cheveux roux) sont tout bons ou tout mauvais. - -Entêté comme une mule. - -Babiller comme une pie borgne. A tort et à travers. - -Ne pas plus bouger qu'un 0 en chiffre. - -Noir comme une taupe. - -Partir dans le royaume des taupes. Mourir. - -Aller à taupes-jouque. Mourir. - -Avoir la compagnie d'un pelé et trois tondus. Société sans -considération. - -Ne craindre ne Dieu, ne Vierge Marie. N'avoir aucune crainte. - -Bête comme un pot. Très-sot. - -Un _quien_ regarde bien un évêque. Un inférieur peut regarder son -supérieur. - -Père aux écus. Homme riche. - -Avoir les yeux plus grands que le ventre. Gourmand qui ne peut manger -tout ce qu'il a demandé. - - Les conseilleux - Ne sont pas les payeux. - - Faites du bien à un vilain, - Il vous c... dans la main. - - A la Saint-Romain, - On prend les mouches à la main. - - A la Saint-Denis, - Bécasse en tous pays. - - A la Saint-Denis, - Perdreaux sont perdrix. - - S'il fait beau, - Prends ton manteau; - S'il pleut, - Prends-le, si tu veux. - - Pluie du matin - N'arrête pas le pélerin. - - Jamais le mois d'avril - Ne s'en va sans épi, - Et le mois de mai - Sans épi de _blai_. - - Aujourd'hui saint Thomas, - Cuis ton pain, lave tes draps, - Dans trois jours Noël t'auras. - - A la Saint-Luc, - Ne sème plus, ou sème plus dru. - - A saint Luquet, - Sème toujours jusqu'à ce que tu aies fait. - - Brouillard en decours, - De la pluie sous trois jours. - - Brouillard en croissant, - C'est du beau temps. - - A la sainte Cateline, (25 nov.) - Tout bois prend racine. - - Petits enfants, - Petits tourments. - - Il ne faut qu'un coup - Pour tuer un loup. - - Vaut mieux aller au moulin - Qu'au médecin. - - Pour filer, - Faut mouiller. - - Avril le doux, - Quand il s'y met, c'est le pire de tous. - - Année de hennetons, - Année de grenaison. - - L'hiver n'est pas bâtard, - Quand il ne vient pas d'_heure_, il vient tard. - - A la Chandeleur (2 fév.), - L'hiver finit ou prend vigueur. - - Un essaim du mois de mai - Vaut une vache du pays de Bray. - - - - - USAGES ET CROYANCES. - - -ABEILLES. - -Sur le deuil des abeilles, voyez _Mouches à miel_, dans le Dictionnaire. -Les abeilles offrent bien assez d'intérêt à l'observateur, sans leur -prêter un instinct dont elles ne jouissent point. - -On dit que les abeilles qui essaiment le jour du Saint-Sacrement -forment, dans la ruche, un travail en forme d'ostensoir, c'est-à-dire -que les rayons aboutissent au centre de la ruche, au lieu d'être -transversaux. Nous ne nions pas ce genre de travail; mais, jusqu'à -preuve contraire, nous croyons que tous les essaims qui sortent en ce -jour ne travaillent pas de la même manière, et qu'on peut observer ce -genre de travail dans les ruches d'essaims sortis en d'autres jours. - - -CARREAU. - -Dans la campagne, les bonnes femmes désignent sous ce nom tout embarras -gastrique, toute maladie chronique, toute affection maladive dont la -guérison se fait attendre. Dans leur pensée, aucun âge n'en est exempt; -nous nous rappelons avoir entendu dire d'une personne octogénaire, -qu'elle était _morte du carriau, parce qu'on ne l'avait pas fait -toucher_. Voyez, dans le Dictionnaire, le mot _Carriau_. - - -CHARDON (_Jeu du_). - -Parfois les moissonneurs laissent un gros chardon debout; ils placent -quelques petits rubans dans ses feuilles; et, au moment de faire scier -la _dernière poignée_, ils présentent au maître de maison une faucille -dont le manche est orné de _lisets_, en le priant de commencer le jeu, -c'est-à-dire de se placer à une distance convenable et de lancer la -faucille sur le chardon pour le couper. Ordinairement le cultivateur -place une pièce d'argent au pied du chardon; c'est le prix de la -victoire. - - -CHEVAUX. - -Lorsqu'on conduit les chevaux à l'eau, on a l'habitude de siffler pour -les engager à boire. Par un contraste assez singulier, il est aussi -d'usage de siffler pour les engager à p...... - - -CHOUETTES. - -Le cri de la chouette, aux environs d'une habitation, est considéré -comme un signe de mortalité. - - -CIERGES. - -Si les cierges placés à l'autel brûlent mal, quand on fait célébrer la -messe pour un malade, on est persuadé qu'il ne guérira pas. - - -DERNIÈRE POIGNÉE (_La_). - -Dans les communes où l'on n'offre pas de _glane_ au commencement de la -moisson (voir plus bas), les moissonneurs font scier la _dernière -poignée_. Voyez ce mot dans le Dictionnaire. - - -EAU BÉNITE. - -Le Samedi saint, en certaines communes, l'instituteur se présente à -chaque maison de la paroisse, il trempe une branche de buis dans un -petit vase plein d'eau bénite, qu'il porte avec lui, et il asperge -l'habitation. Ensuite, il offre du pain à chanter qu'il a fait bénir, et -reçoit des oeufs qu'il vend à son profit. (Voir notre _Essai sur le -canton de Neufchâtel_, page 114.) - -Quand il pleut le dimanche avant l'eau bénite, on est persuadé que c'est -signe qu'il pleuvra pendant toute la semaine. - -On prétend que l'enfant qui _étrenne_ les fonts, c'est-à-dire celui qui -est baptisé le premier après la bénédiction des fonts, meurt dans -l'année. - - -FLANS (_Les_). - -C'est ainsi qu'on désigne encore, en certaines communes, le jour de la -fête patronale. Ainsi, on dit: _Les Flans de Bures_, pour indiquer la -fête de Saint-Agnan, patron de cette paroisse. Cette habitude vient de -l'ancien usage, encore en vigueur, de préparer des _flans_ ou tartes -pour ce jour. - - -GLANE (_La_). - -Le premier jour de la moisson, on forme une glane d'épis choisis, -artistement disposés et ornés de fleurs et de rubans de soie. Les -moissonneurs se réunissent en corps pour aller offrir cette glane à la -maîtresse de maison; celui ou celle qui la présente débite un petit -compliment; après quoi on arrose la fête avec quelques pots de gros -cidre. - - -NOEL (_Les douze jours de_). - -On prétend que la température des _douze jours de Noël_, c'est-à-dire -des jours qui se trouvent à partir du 25 décembre jusqu'au 5 janvier, -indique le temps de chacun des douze mois de l'année suivante. Ainsi, le -temps du 25 décembre indique le temps qu'il fera en janvier; le temps du -26, celui du mois de février, etc. - - -RAMEAUX. - -Bien des gens sont convaincus que les blés dépériront pendant quarante -jours, s'il pleut le jour des Rameaux. - - -ROIS. - -La veille des Rois, les enfants parcourent les rues avec des lanternes -de papier de diverses couleurs, attachées au bout d'un bâton, et crient -de toute leur force: - - _Boujou_ les Rois, - Jusqu'à douze mois! - _Boujou_ la Reine, - Jusqu'à six s'maines! - _Boujou_ l'_crapou_, - Jusqu'au mois d'août! - -Le lendemain, jour des Rois, ils recommencent la même procession et les -mêmes chants, en remplaçant le mot _boujou_ par celui d'_adieu_. - - -SAINT-JEAN (_Feux de_). - -En certaines communes, on fait un feu de joie la veille de la fête de -saint Jean-Baptiste. Chaque habitant apporte un bâton pour l'entretien -du feu; des danses ont lieu pendant une partie de la nuit, et l'on -n'oublie jamais d'emporter avec soi quelques charbons comme préservatifs -de la foudre et de l'incendie (Voir notre _Essai sur le canton de -Londinières_, page 242). Il nous semble voir là clairement un souvenir -des feux qui signalaient, chez les anciens Slaves, la fête du dieu -Koupalo (24 juin), et autour desquels dansaient hommes, femmes, enfants -et vieillards (_Encyclopédie du_ XIXe _siècle_, vol. XXIV, p. -559). Koupalo était le dieu des productions de la terre. Avant la -révolution de 1793, ces sortes de feux avaient lieu même à Paris: «La -veille de Saint-Jean, les échevins faisaient élever, sur la place de -l'Hôtel-de-Ville, un immense bûcher auquel le roi mettait solennellement -le feu. En 1471, Louis XI, à l'exemple de ses prédécesseurs, communiqua -lui-même la flamme à cet amas de matières combustibles dont l'incendie -éclairait toute la ville. Les chroniques contemporaines nous ont -conservé les détails de cette cérémonie. - -«Au milieu de la place de Grève s'élevait un arbre de 90 pieds de -hauteur, hérissé de traverses auxquelles on attachait 800 bourrées et -300 cotrets; 15 voies de bois et une immense quantité de bottes de -paille en formaient la base. Le tout était surmonté d'un tonneau et -d'une roue. Des guirlandes de fleurs décoraient ce colossal appareil, -dans lequel il faut voir l'idée première de nos feux d'artifice -officiels. Des bouquets volumineux étaient distribués au roi, aux -personnes de sa suite, aux magistrats et aux notables. Une compagnie -d'archers de la ville, composée de 200 hommes d'armes, maintenaient -l'ordre conjointement avec 100 arbalétriers et 100 arquebusiers. Avant -de mettre le feu, on plaçait dans le bûcher les célèbres doubles pétards -dits de la Saint-Jean, les grosses fusées et tous les produits -pyrotechniques connus à cette époque; on suspendait ensuite à l'arbre un -grand panier renfermant deux douzaines de chats et un renard. - -«Les registres de comptabilité de l'Hôtel-de-Ville contiennent, au sujet -de ce dernier article, la mention suivante: - -_A Lucas Pommereux, l'un des commissaires des quais de la ville, cent -sous parisis pour avoir fourni, durant trois années, tous les chats -qu'il fallait audit feu, comme de coutume; mêmement pour avoir fourni, -il y a un an, où le roi assista, un renard, pour donner plaisir à Sa -Majesté, et pour avoir fourni un grand sac de toile où étaient lesdits -chats._ - -«Lorsque le feu était apaisé, le roi montait à l'Hôtel-de-Ville, où -l'attendait une somptueuse collation. La foule se précipitait sur les -débris du bûcher et se disputait les tisons, dont la possession était un -gage de bonheur et de réussite en toutes choses pendant une année -entière. - -«Louis XIV n'assista qu'une seule fois à cette cérémonie, et Louis XV -refusa de s'y montrer. Le feu de la Saint-Jean ne fut plus alors -considéré que comme une tradition populaire, et les vestiges en furent -effacés par l'orage de la Révolution.» (_Journal de Rouen, 18 février -1852._) - - -SAINT-BENOIT. - -Quand il pleut le jour de saint Benoit (11 juillet), on est convaincu -que la pluie durera quarante jours. Il faut peut-être voir l'explication -de cette croyance dans la légende du saint. Un jour, étant allé visiter -sa soeur, sainte Scholastique, celle-ci voulut le retenir au moment de -partir; mais, comme il se refusait à rester, elle pria Dieu qui suscita -_une si grande tempeste de tonnerre, d'esclairs et de pluye_, que saint -Benoit ne put sortir de la maison (_Fleurs des vies des Saints_, par -Ribadeneira, tome I, page 493, édit. in-4º). - - -SAINT-MARC. - -S'il pleut le jour de saint Marc, c'est signe qu'il n'y aura point de -merises. Voici ce qui a pu donner lieu à ce dicton: A cette époque, 25 -avril, les merisiers sont en fleurs, et la pluie, si elle se -prolongeait, pourrait les empêcher de nouer. - - -SAINTE-MONIQUE. - -La pluie, le jour de sainte Monique, 4 mai, présage qu'il n'y aura point -de pommes. C'est l'époque de la fleuraison des pommiers. - - -SAINT-PIERRE (_Feu de_). - -On fait aussi des feux la veille de la fête de saint Pierre. Vers le -coucher du soleil, le clergé de la paroisse se rend en procession au -lieu où le bois a été disposé, le prêtre y met le feu et prononce une -bénédiction; après quoi la procession retourne à l'église. Les habitants -se partagent ensuite les tisons qu'ils conservent dans l'espoir d'être -préservés des accidents de l'incendie (Voir notre _Essai sur le canton -de Neufchâtel_, page 148). Nous trouvons encore, dans cet usage, une -trace des feux nocturnes que les Romains allumaient pour célébrer -certains anniversaires, tels que les Palilies, fête fort ancienne à -laquelle Romulus rattacha la célébration annuelle de la mémoire de la -fondation de Rome. Cette fête, instituée en l'honneur de la déesse -Pales, se célébrait le 23 avril (_Encyclopédie théologique_, tome XXVIe, -3me des Religions, page 1056). - - -SAINT-SAUVEUR (_Pélérinage de_). - -Les pélerinages de saint Sauveur ont lieu le jour de la Trinité et -pendant l'octave, et se font à l'intention des animaux malades, surtout -des chevaux. Assez souvent, on _touche_ un morceau de pain à la statue -du Sauveur, et l'on réserve ce pain pour le donner aux bestiaux pendant -leurs maladies. (Voir notre _Essai sur le canton de Blangy_, page 164 et -suiv.) - - -TABLIER. - -Si, en sortant de chez soi, la première personne qu'on rencontre est une -femme _sans tablier_, on est persuadé qu'on éprouvera quelque -désagrément dans la journée. Au reste, les femmes du pays de Bray -sortent rarement sans cette partie de leur toilette. - - -TARTE (_La_). - -Quand les moissonneurs finissant à couper le blé, ils se réunissent et -crient à tue-tête: A la tarte! à la tarte! à la tarte! Cet usage vient -de ce que, antérieurement, on avait l'habitude de manger des tartes à -pareil jour. Aujourd'hui on se contente de vider quelques bouteilles à -large panse, et la tarte se mange à la _parcie_ (Voyez ce mot dans le -Dictionnaire). - - -TERRE-SAINTE. - -Si l'on remue la terre sainte, c'est-à-dire si l'on creuse une tombe le -dimanche, on prétend qu'il mourra une personne pendant la semaine. - - -TREIZE (_Le nombre_). - -Le nombre 13 est généralement considéré comme néfaste. Par exemple, si -treize enfants font leur première communion le même jour, on assure -qu'il en mourra un dans la même année. Il est plus d'une personne qui ne -voudrait pas être treizième à table. Mais, en tous cas, ce qui est le -plus à redouter pour celui qui se trouve le treizième en cette -circonstance, c'est, avons lu quelque part, lorsqu'il n'y a à diner que -pour douze. - - -TRIGLYDOTE (_Le_). - -C'est le petit oiseau qu'on appelle improprement _roitelet_; le peuple -le nomme _petite poulette au bon Dieu_, et ne veut pas qu'on le tue. On -prétend que chaque nichée se réunit dans le nid, la veille des Rois, -avec les père et mère; aussi se garde-t-on bien de détruire ce petit -nid, ordinairement placé au bas des couvertures en paille. - - -VACHERS (_Chanson des_). - -Les petits vachers ont l'habitude de s'adresser de loin des espèces de -dialogues, qu'ils chantent et terminent toujours par ces mots: _Lariala! -lariala! lariala! lalonlariala!_ Il nous semble reconnaître dans ces -paroles une invitation adressée aux autres gardeurs de vaches: _Là! ris -il y a là!... Là! allons là! ris il y a là!_ En effet, ces paroles sont -ordinairement le prélude d'une réunion dans laquelle on mange des poires -et des pommes; après quoi on fait la partie de bilboquet, au milieu des -_ris_ et joyeux discours. - -VENDREDI. - -On considère généralement le vendredi comme un jour néfaste, et beaucoup -de personnes ne voudraient pas entreprendre un travail en ce jour. -Serait-ce qu'on regarde ce jour comme malheureux, en mémoire de la mort -de Jésus-Christ? - - -VENT (_Fiançailles et mariage du_). - -On dit que le vent _se fiance_ le jour de saint Denis (9 octobre), et -_se marie_ le jour de la Toussaint. On ajoute que, pendant l'hiver -suivant, il souffle souvent du point où il se trouvait le jour de ses -_fiançailles_ et de son _mariage_. - - - - - DICTIONNAIRE - DU - PATOIS DU PAYS DE BRAY. - -REMARQUES. - - -Nos lecteurs ne trouveront point dans cette publication les mots devenus -d'un usage général; et, quoique l'Académie ne leur accorde pas le droit -de naturalisation dans son Dictionnaire, nous avons pensé qu'il -suffisait qu'ils fussent admis par les bons lexicographes pour être -autorisé à ne point les classer parmi les mots du patois brayon. - -Nous avons cru devoir insérer quelques locutions vicieuses en usage -non-seulement dans le pays de Bray, mais encore dans toute la Normandie. - -En rédigeant notre travail, nous avons surtout consulté _le Dictionnaire -du patois normand_, par MM. Édélstand et Alfred Duméril, Caen, 1849; le -_Glossaire du patois picard_, par M. l'abbé Jules Corblet, Amiens, 1851, -et le précieux manuscrit de M. Auguste Le Prevost, qui a recueilli les -mots du patois des environs de Rouen et de Bernay. Les mots du patois -brayon usités en Basse-Normandie sont indiqués par les initiales B.-N.; -nous indiquons ceux qui sont employés en Picardie par un P, et ceux de -la Haute-Normandie par les lettres H.-N. - -Enfin, nous avons, autant que possible, écrit le patois brayon comme on -le prononce; mais il existe un grand nombre d'expressions dont la -prononciation ne saurait être rendue sans altérer profondément le sens -des mots. - - - - - DICTIONNAIRE - DU - PATOIS DU PAYS DE BRAY. - - - A - -A, elle, s'emploie assez généralement devant une consonne. Ex.: A m'a -dit de partir. P. - -A, aux. Ex.: Dites _à_ charretiers de dételer. - -ABAVENT, contrevent, qui _abat_ le vent. B.-N. - -ABITER, toucher. Ex.: N'_abitez_ pas là. H.-N. - -ABLO, somme qu'il fallait ajouter aux anciennes pièces de monnaie pour -compléter leur valeur diminuée par la circulation. Aux pièces de _six -sous_, on ajoutait un sou; aux pièces de _douze sous_, deux sous; aux -pièces de _vingt-quatre sous_, quatre sous; aux écus de _trois livres_, -cinq sous; aux écus de _six livres_, quatre sous; aux louis de -_vingt-quatre livres_, treize sous, etc. - -ABOIRE, aboyer. - -ABOLI, abattu, triste. P. - -ABOULER, pousser comme une boule, Ex.: _Aboule-moi_ ton argent. P. - -ABRE, arbre. - -ABRIAS, grand paillasson dont se servent les moissonneurs, et à l'ombre -duquel ils prennent leurs repas. - -ABRIER, abriter. Les uns font venir ce mot du vieil allemand -_ad-bi-rihan_, les autres du latin arbor. Nous ferons dériver tout -simplement ce mot de _abri_, comme le verbe _abriter_. B.-N., H.-N., P. - -ABRUVER, abreuver. P. - -ABYMER, gâter, salir, déchirer un objet. H.-N., P. - -ACANT, ACANTÉ, en compagnie, à côté de. Ex.: J'irai au marché _acant_ ou -_acanté_ vous. B.-N. - -ACANTER, incliner, pencher un vase. - -ACCIPER, prendre, recevoir; du latin _accipere_. - -ACCORDS, conventions qui précèdent le mariage. Ex.: On fait demain les -_accords_ de Paul et de Julie. B.-N. - -ACHEVALER (s'), se mettre à califourchon sur. P. - -ACHOPÉ, entêté. H.-N. - -ACHOPER (s'), s'entêter à une chose. P. - -ACONNAITRE (se faire). Se faire connaître à une personne. H.-N. - -ACONDUIRE (se faire), se faire conduire à. H.-N. - -ACCOUTUMANCHE, ACCOUTUMANCE, habitude. P. - -ACTIONNER, presser. Se dit particulièrement du ministère d'un huissier -qui assigne une personne à comparaître devant un juge, un tribunal. P. - -ACRE. L'acre se compose de 160 perches, à l'exception de celui de Blangy -qui n'en a que 147. Mais l'on distingue différentes espèces de perches; -ce qui donne une grande différence dans la contenance des divers acres. -Voici ceux qui sont en usage dans le pays de Bray. Saint-Saens: perche -de 18 pieds 4 pouces et de 20 pieds 2 pouces, ce qui donne deux sortes -d'acres dans le même canton, l'un de 56 ares 73 centiares, et l'autre de -68-66. Gournay: perche de 20 pieds 2 pouces, comme Saint-Saens _en -partie_. Londinières: perche de 21 pieds 1 pouce, de 21 p. 6 p. 1/2 et -de 22 pieds, formant trois sortes d'acres: 1º 75 ares 05 centiares; 2º -78-35; 3º 81-72. Cette dernière mesure est la plus générale; elle est en -usage à Argueil, Aumale, La Feuillie, La Ferté, Gaillefontaine, -Neufchâtel, etc. Bazinval et quelques communes voisines; perche de 23 -pieds, donnant à l'acre une mesure de 89 ares 31 centiares. (_Manuel -métrique_, par P. Périaux, pag. 110 et suiv.) - -ACULER, égarer. H.-N. - -ADIRER, égarer. - -ADIRER (s'), aller à un lieu voulant aller vers un autre; du latin -_adire_, aller à. - -ADLAISI, inoccupé. Ex.: Voilà trois jours qu'il est _adlaisi_. C'est le -_at leisure_ des Anglais, à loisir. - -ADOUCHIR, adoucir. P. - -AD PATRES (envoyer), donner la mort. P. - -ADRÈCHE, adresse. P. - -ADRET, adroit. - -ADVINER, deviner. P. - -AFFIQUETS, parures de femme. P. - -AFFAIRE de (avoir une bonne), avoir une grande quantité de. - -AFFAIRE (être à son), connaître son commerce, le faire avantageusement. -H.-N. - -AFFAITEMENT, assaisonnement. H.-N. - -AFFAITER, assaisonner. Ex.: Voulez-vous _affaiter_ la salade. H.-N. - -AFFLATER, flatter, caresser avec la main. P. - -AFFLIGÉ, contrefait, estropié. P. - -AFFRIOLER, affriander. P. - -AFFOURÉE, fourrage destiné à un repas des vaches ou des moutons. Ex.: -Allez donner une _affourée_ aux vaches. B.-N. - -AFFOURER, donner une _affourée_. Ne se dit pas en parlant des chevaux. -B.-N. - -AFFUBER, envelopper. Ex.: Cette liqueur m'_affube_ le coeur. - -AFFULER (s'), mettre son bonnet. P. - -AFFULURE, coiffure de femme. P. - -AFFUTIAUX, parures. P. Objets divers nécessaires pour former un tout ou -travailler à un objet. B.-N. - -AGA! tiens! vois donc. Selon M. du Méril, vient du saxon _agarder_. -B.-N. - -AGACHE, pie. P. - -AGACHER, agacer, irriter. Se dit aussi du cri des oiseaux au moment -qu'on enlève leur couvée. - -AGALÊTRER, exciter, irriter, Ex.: Si tu _agalêtres_ le chien, tu te -feras mordre. - -AGE (en), majeur. P. - -AGE (homme d'), homme âgé. P. - -AGERS, distribution, places. Ex.: Je connais les _agers_ de la maison. -En Picardie, on dit _eziers_. - -AGONIR DE SOTTISES, accabler d'injures. P. B.-N. H.-N. - -AGRAPPINS, espèce de grappins qu'on s'ajuste aux jambes pour monter aux -arbres et les ébrancher. - -AGRIPPER, prendre en secret. H.-N. - -AGRIPPER (s'), s'accrocher. Ex.: En tombant, il s'est _agrippé_ à une -branche. H.-N. - -AGUIGNETTES, étrennes du premier jour de l'an. On regarde assez -généralement ce mot comme une corruption du cri: _au gui l'an neuf!_ que -poussent les enfants, en certaines contrées, pour annoncer le nouvel an -et demander des étrennes. On croit reconnaître dans cet usage un -souvenir de l'ancienne coutume des Bardes qui annonçaient la nouvelle -année en distribuant le gui sacré coupé par les druïdes (Voir notre -_Essai sur le canton de Londinières_, page 107). - -AHI! Expression qui sert à exciter les animaux à avancer ou à reculer. -B.-N. - -AHOQUER, accrocher. B.-N. - -AHURI, stupéfait, abasourdi. P. H.-N. - -AHURIR, frapper d'étonnement. P. - -AIAUX, narcisses des prés. P. - -AIN, AINE, un, une. - -AIR (avoir l'), ressembler. Ex.: Cet homme _a l'air_ de ton père. H.-N. - -AIR (faux), ressemblance légère. Ex.: Il a un _faux air_ de ton oncle. -H.-N. - -AJET, achat. - -AJUSTER. Employé comme synonyme de _joindre_, _rassembler_. P. - -AL'. Employé pour _à la_. Ex.: Il ira _al_ saint Jean. P. - -AL', elle, elles. - -ALENCONTRE, contre. P. - -ALLER (s'en), se dit d'un liquide qui s'échappe d'un vase en bouillant. -B.-N. - -A LES, aux. - -ALLEZ! Exclamation d'indifférence. Ex.: Vous pouvez vous moquer de moi, -_allez!_ je ne me fâcherai pas. - -ALLONGE, pièce de bois qui unit les deux trains d'un chariot. P. - -ALLURE (cheval d'), amble. B.-N. - -ALLURES, démarches suspectes. - -ALOSER, donner trop d'éloges à une personne ou à une chose. Ce mot, qui -était usité dès le XIe siècle, viendrait-il de _laus_, louange? - -ALUMÈTE, ALLUMELLE, lame de couteau sans manche. - -AM', à ma. Ex.: Je chante _am'_ manière. Devant une voyelle, on -mettrait: - -AM'N', à ma, à mon. Ex.: Pensez _am'n'_affaire. - -A-MAIN (en), outil dont il est aisé de se servir. Ex.: Cette faucille -est bien _en a-main_. - -AMELETTE, omelette. P. H.-N. - -A MÊME (être), occupé à faire une chose. Ex.: Je suis à même de faire ma -barbe. H.-N. - -A MÊME (prendre), prendre une portion de quelque chose. Ex.: Prends des -pois _à même_ du plat... Bois _à même_ de la bouteille. H.-N. - -AMÈRE, espèce de pommes à cidre. - -AMÈTRER, mettre les cailloux par monceaux d'un mètre cube. - -A-MI, parmi, au milieu de. Ex.: Il est _à-mi_ les champs. - -AMI (bon), amant. - -AMIGNARDER, caresser. - -AMIGNOTER, amadouer, caresser. P. - -A-MITAN, à moitié. - -AMITOUFLER (s'), s'envelopper la tête et la figure pour se préserver du -froid, Vient probablement du latin _amictus_, couvert. P. - -AMITIEUX, caressant. - -AMONT, au haut de: Ex.: _Amont_ la côte. - -AMONT (vent d'), vent d'en haut, qui élève ou _amonte_ les nuages. H.-N. - -AMONTER, monter, gravir une côte. H.-N. - -AMOUCHELER, amonceler. - -AMOUILLANTE (vache), vache dont la mamelle commence à s'emplir de lait, -et qui ne tardera pas à vêler. B.-N. - -AMOUROUQUES, camomille des champs. En Picardie et aux environs de -Bayeux, on dit _amourette_; près de Bernay, c'est _amourioques_. H.-N. - -AMUNITION (fusil, pain d'), de munition. H.-N. - -AMUSER (s'). Se dit d'un homme qui a des relations coupables avec une -femme. H.-N. - -ANDIER, chenet orné d'une hampe et d'un crochet mobile, qui sert à -placer la broche pour faire rôtir les volailles ou autres pièces. - -ANE (oreilles d'), centaurée noire. On appelait aussi de ce nom un -bonnet de papier, orné de longues oreilles, que les anciens maîtres -d'école plaçaient sur la tête des écoliers rebelles. - -ANGE, espèce. Ex.: Donnez-moi de l'_ange_ de vos petits pois. - -ANGER DE, fournir. Ex.: _Angez-moi_ d'un bon couteau. - -ANGOLAT (chat), angora. - -ANICROCHES, entraves. - -ANNE, aune. - -ANTENOIS (moutons), âgés de moins d'un an. - -ANTOMI, engourdi. Se dit aussi substantivement d'un squelette humain. - -ANNELÉE. On désigne sous ce nom chaque volée qu'on sonne pour les -défunts. - -ANNELER, agneler. - -ANUIT, aujourd'hui. Mot conservé de l'ancien usage des Celtes qui -comptaient par nuits et non par jours (Voir notre _Essai sur le canton -de Londinières_, p. 106). Les Anglais se servent encore de l'expression -_fortnight_ (contraction de _fourteen nights_, quatorze nuits) pour -signifier quinze jours; ils disent aussi _sennight_ pour indiquer une -semaine ou huit jours. P. H.-N. B.-N. - -ANUITER (s'), s'attarder, se laisser surprendre en voyage par la nuit. -P. - -APATELLE, nourriture que les oiseaux portent à leurs petits. P. - -APATELER, porter l'_apâtelle_. P. - -APPOIYAS, longues fourches de bois qui servent à soutenir les branches -des pommiers trop chargés de fruits. - -APOIYER, appuyer. - -A POINT (venir), arriver au moment convenable pour être utile. P. - -APOS (faire), s'ennuyer, regretter. Ex.: Il me fait _apôs_ de mon fils -depuis qu'il est au collége. - -APOTUME, apostème. P. - -APOTUMER, abcéder. - -APPAREILLER, mettre par couple. P. - -APPOLON, sorte de camisole de femme. P. - -APPOLER, appuyer, pousser, presser contre. - -APPRINS (mal), mal élevé. - -A QUAND? Locution interrogative. Ex.: _A quand_ notre réunion? - -ARABE (terre), arable. P. - -ARCAIL (fil d'), fil d'archal. - -ARÉ! voyez! B.-N. - -ARÊQUE, arête de poisson. - -ARÊQUE DU DOS, épine dorsale. - -ARGOT, ergot. - -ARIAS, contrariétés. Ex.: Il y a eu des _arias_ pour son mariage. - -ARIÈRE (en), en cachette. P. - -ARMANA, almanach. - -AROUSER, arroser. P. - -ARRANGEMENT (personne d'), avec laquelle il est aisé de s'arranger. - -ARRASER, passer près de. Ex.: Sa voiture a _arrasé_ le mur. - -ARSOUILLE, fille qui a des habitudes de débauche et de malpropreté. P. -B.-N. - -ARTER, arrêter. P. - -ARUER, lancer, jeter vers quelqu'un. Ex.: _Arue_-moi ton couteau. - -AS', à sa. Ex.: J'ai mangé _as'_ table; mais devant une voyelle, c'est: - -AS'N', à sa, à son. Ex.: Il est parti _as'n'_ ouvrage. - -AS-COURANTE, as-courant, jeu de cartes. - -ASSASSIN, assassinat. B.-N. - -ASSASSINEUX, assassin. P. - -ASSAVOIR (faire), faire savoir. P. - -ASSIÉTER (s'), s'asseoir. - -ASSIR (s'), s'asseoir. P. - -ASSOMILLER (s'), s'endormir. - -ASSOTER (s'), s'éprendre d'amour pour une personne qui ne le mérite pas. -P. - -ASSOUFFI, rassasié. P. - -ASTEURE, à présent, à cette heure. P. - -ASTICOTER, taquiner, chicaner. P. B.-N. - -ASTIQUER. On dit _astiquer_ à une porte pour signifier la secouer -longtemps, chercher à l'ouvrir sans pouvoir réussir. M. E. du Méril fait -venir ce mot de _staga_, mot islandais qui signifie revenir trop souvent -à la charge. B.-N. - -AT', à ta, devant une consonne. Ex.: Il est parti _at'_ maison; devant -une voyelle, on se sert de: - -AT'N', à ta, à ton. Ex.: Il a été _at'n'_ école. P. - -ATAME, entamure, premier morceau d'un pain. - -ATOUT, coup, blessure. P. H.-N. B.-N. - -ATTAQUE, attache. P. - -ATTAQUER, attacher. P. Un Picard devait être pendu, quand on lui proposa -sa grâce, à condition d'épouser une femme de mauvaise vie qu'on lui -présenta. Il allait s'y décider, quand il s'aperçut qu'elle boitait: -_Elle cloke_, dit-il au bourreau, _attake! attake!_ (_Glossaire du -patois picard_, par M. l'abbé Corblet, page 329). - -ATTELÉE, temps pendant lequel les chevaux travaillent sans rentrer à -l'écurie. P. - -ATTELURE, certain nombre de chevaux de trait qui travaillent ensemble. -Ex.: J'ai une belle _attelure_ de six chevaux. - -ATTENTIONNÉ, qui a des attentions pour plaire à une personne. - -ATTISÉE (bonne), grande quantité de bois mise au feu. P. - -ATTOUCHER, toucher. Ex.: N'_attouchez_ pas là. H.-N. - -ATTRAPER (s'), se blesser contre un objet quelconque. H.-N. - -ATTRAVER, apporter. Ne se dit que des choses qu'on apporte en certaine -quantité et qui exigent plusieurs courses. Ex.: Vous aurez soin -d'_attraver_ de l'eau pour les moutons et du fourrage pour les chevaux. - -ATTUIRE, tutoyer. P. - -AUBÉ, aubier. - -AUCUNS (d'), quelques-uns. - -AUMONDE, aumône. Voici la formule la plus ordinaire des mendiants: _Un' -p'tit' aumonde, si vo plaît, pour l'amour du bon Dieu et de la sainte -Vierge._ - -AUTEUX, aouteron, qui travaille à recueillir la moisson. - -AUTE, autre. - -AUTOUR DE (être), être occupé à. - -AVA, AVAL (veut d'), vent qui rapproche les nuages de la terre, les -précipite _ad vallem_, et annonce la pluie. H.-N. - -AVALLON, gorgée de boisson. P. - -AVANT, profond. P. - -AVANTAGER (s'), se donner des éloges. - -AVANTEUR, profondeur. - -AVEINDRE, atteindre, tirer une chose d'un lieu. P. - -AVEINE, avoine. - -AVEINERI, champ où l'on a récolté de l'avoine. - -AVENANT, poli, qui a de bonnes manières. - -AVENANT (à l'), en proportion. - -AVENIR, convenir. Ex.: Il ne lui _avient_ guère de faire le monsieur. -H.-N. - -AVENTS (les), les quatre semaines qui précèdent la fête de Noël. - -AVER, avoir. - -AVEU, avec. P. - -AVISER, regarder. Pourquoi me regardez-vous ainsi, disait un jour un -monsieur à un paysan?--Eh! repartit celui-ci, un chien _avise_ bien un -évêque. P. - -AVOCAT-SOUS-L'ORME, chicaneur, homme qui aime à donner son avis dans les -contestations et les procès. Cette dénomination vient de ce que les -plaids seigneuriaux se tenaient autrefois sous de grands ormes. M. -Léopold Delisle en cite plusieurs exemples, pour le XIIIe et le XIVe -siècle, dans son intéressant ouvrage sur l'état de l'agriculture en -Normandie, au moyen-âge (_Etudes sur la condition de la classe -agricole_, p. 357 et 738). - -AVOUER, user. Ex.: Elle m'a avoué deux morceaux de savon. H.-N. - -AVRONE, aurone. - -AYOU? où. H.-N. - - - B - -BABET, Élisabeth. - -BABINES, lèvres. Ex.: Essuie-toi les _babines_. H.-N. - -BABOUIN. V. _Babines_. H.-N. - -BACHIN, bassin. P. - -BACHINET, bassinet, espèce de renoncule. - -BACHINET (cracher au), donner de l'argent en plusieurs fols pour la -réussite d'une affaire ou d'une dépense. - -BACHINER, bassiner. _P._ - -BACHINOIRE, bassinoire. - -BACU, petite volée à laquelle on attache les traits de chaque cheval et -qui lui _bac_ le derrière quand il marche. - -BADRÉE, espèce de bouillie qu'on place sur une pâtisserie commune. Voy. -_Tarte._ P. - -BAGAROT, petit garçon de ferme chargé de menus ouvrages, tels que tirer -la boisson à chaque repas, nettoyer les étables, apporter la nourriture -des bestiaux, etc. - -BAGNOLE, petite charrette en mauvais état. H.-N. - -BAGNER, baigner, mouiller. P. - -BAGOU, affluence de paroles inutiles, bavardage. P. - -BAGUENAUDER, s'amuser à des riens. P. - -BAJOUES, chair qui se trouve à côté des mâchoires du porc. Se dit aussi, -en mauvaise part, des personnes qui ont les joues grosses et pendantes. - -BAILLER, donner. P. - -BALANDER (se), se balancer. - -BALER, être chargé de, pencher. Ex.: Les pommiers _balent_ de pommes. P. - -BALIER, balayer. - -BALIETTE, petit balai. P. - -BALIURES, balayures. - -BALLOTER, ne point offrir d'une marchandise le prix qu'elle vaut -réellement. - -BALLOTEUX, qui _ballote_. - -BAMBOCHEUX, ivrogne. - -BANCAR, fléau servant à peser. - -BANNETTE, berceau en osier pour les enfants nouveaux nés. - -BANS (commander des), faire à l'église des publications de bans. - -BARAGOIN, langage étranger. - -BABBOT, place de peu d'étendue, où il y a de l'eau et de la boue. - -BARBOTÉ (enfant), qui a la figure sale. - -BARBOTER, parler entre ses dents. Se dit aussi d'un enfant qui joue dans -un _barbot_. P. - -BARBOUQUET, bouton aux lèvres. H.-N. - -BARBOUQUET (faire un), remplacer la bride d'un cheval au moyen de sa -longe qu'on lui passe dans la bouche, et dont on lui entoure la mâchoire -inférieure. - -BARE, barrière. - -BARETTE, petite barrière. - -BARRAGE, clôture faite au moyen de pieux et de longues pièces de bois. - -BARRURE. Voy. _Barrage_. - -BAS D'ESTAMIER, fabricant de bas. On appelait autrefois _bas d'estame_ -de gros bas de laine tricotés. H.-N. - -BASENCULÉ (homme), de petite taille. H.-N. - -BASSET (homme), de petite taille. P. - -BASSIÈRES, cidre qui reste avec la lie au fond des tonneaux. H.-N. - -BASSURE, vallée. P. - -BATACLAN (emporter son), c'est-à-dire ce qu'on possède. S'entend -ordinairement de celui qui a peu de meubles. - -BASTANT, E, personne agile et vigoureuse. Ce mot viendrait-il de _benè -astare_? - -BATE! bah! tant pis! - -BATISTÈRE, acte de baptême extrait des registres. - -BATTE, seconde pièce du fléau qui sert à battre le blé. Voy. -_Maintient_. - -BATTEMARE, bergeronnette, oiseau qu'on nomme aussi _hoch-queue_ ou -_hoche-cul_, à cause du mouvement continuel de sa queue. - -BATTEUX, battoir de _lessiveuse_, batteur de blé. - -BATTIÈRE, aire de grange où l'on bat le grain. - -BAVERESSE, bavarde. H.-N. - -BAVERETTE, pièce carrée qui se trouvait au haut du tablier et -s'attachait sur la poitrine avec des épingles. Elle n'est plus en usage. -H.-N. B.-N. - -BAVOLETS, rubans et autres enjolivements de la coiffure des femmes. -B.-N. - -BAYER, regarder niaisement. - -BAYETTE, baguette. H.-N. - -BAYOTTE (vache), rouge et blanche. - -BÉBAIS, moutons (terme enfantin). - -BÉBÊTE, animal, bête (terme enfantin). - -BEC (donner un), baiser. - -BÉCACHE, bécasse. P. - -BÉCAR, pou. - -BÉCOT, baiser. - -BÉCOTER, donner des baisers. - -BECVÉCHER, faire des gerbes en mettant des épis des deux bouts, quand -les grains sont courts. En parlant de la miséricorde d'une stalle sur -laquelle deux hommes sont représentés la tête de l'un aux pieds de -l'autre. H. Langlois dit qu'ils sont groupés _à béchevet_. (_Stalles de -la cathédrale de Rouen_, page 144). - -BÉDAN (pommes de), espèce tardive de pommes à cidre. H.-N. - -BEDIÈRE, mauvais lit; de l'anglais _bed_. B.-N. - -BEDON, bédaine, ventre. H.-N. - -BEDONNÉE (s'en donner une), manger avec excès. - -BÉGAS, imbécile. - -BÉGUER, bégayer. P. - -BÉGU, BÉGUE, personne dont la mâchoire inférieure s'avance plus que la -supérieure. - -BÉ HASARD, probablement, peut-être. - -BÈKE! expression dont on se sert pour détourner les enfants de toucher à -une chose sale. P. - -BEL ET BIEN, sérieusement. - -BELLE HEURE (à), très-tard. P. - -BELLENÉE, contenu d'un banneau. - -BELLOT, BELLOTTE, gentil, gentille. P. - -BELZAMINE, balsamine. - -BENAIS, homme simple. - -BÉNIAU, banneau. - -BENELÉE, ce que contient un banneau. Ex.: Une _benelée_ de fumier. - -BER, berceau. - -BERBIS, brebis. P. - -BERCAILLES, moutons maigres et de mauvaise qualité. - -BERDAILLER, crier fort et sans raison. - -BERDELLES, bretelles. H.-N. - -BERLAFE, coupure. - -BERLAN, brelan. - -BERLANDER, flâner, négliger son travail pour courir par les rues. - -BERLINGUER, vaciller en parlant de la vue. - -BERLUQUE, petit objet, atome, petit fragment. P. - -BERNEUX, petit enfant qui ne connaît pas encore les règles de la -propreté. - -BERNIQUE! interjection négative. P. Un curé annonçait ainsi à ses -paroissiens la clôture de la pâque: «Mes frères, dimanche prochain nous -chanterons le Te Deum pour ceux qui ont _pâqué_; pour ceux qui n'ont -point _pâqué_, ça fera _bernique_.» - -BÉROUETTE, brouette. - -BERQUERIE, bergerie. - -BERQUIER, berger. - -BERS, ridelles d'un chariot. - -BÉSER, se dit des vaches qui courent quand les mouches les importunent -trop. - -BÉSOT, petit oiseau qui éclot le dernier de la nichée; il est -ordinairement plus petit que les autres. Se dit aussi du dernier enfant -d'une famille. - -BÉ SUR, certainement. - -BÉTAS, sot. - -BÉTE (mettre des harengs tête), placer la tête des uns sur la queue des -autres. - -BÉTISES, obscénités. - -BÉTON, bête; jeune veau. - -BÉTONNER, dire des _bétises_. - -BÉTOT, bientôt. - -BIAU, beau. P. - -BIAUTÉ, beauté. P. - -BIBERON, bec d'un vase. P. - -BIBI, petite plate, égratignure, bouton à la peau. - -BIDET, BIDETTE, cheval ou jument de selle. - -BIÈVRE, harle. P. - -BIGNE, petite bosse à la tête par suite d'un coup ou d'une chute. H.-N. - -BILAUDES, gros et longs bâtons de bois servant à divers usages, tels que -cercles, _barrages_, etc. - -BILLARD, boiteux, qui marche la pointe des pieds en dedans. - -BISC-EN-COIN (de), de biais, d'un coin à l'autre. B.-N. - -BISQUE, mauvaise jument. - -BISQUER, être contrarié. - -BISSON, buisson. - -BISSOSNIÈRE (faire l'école), se cacher dans les buissons pour se jouer -et ne point aller à l'école. - -BITAMBOUT (tout de), d'un bout à l'autre. - -BITER, toucher. - -BLAGUE, hâblerie. - -BLAGUER, hâbler. - -BLAGUEUX, qui _blague_. - -BLAI, blé. - -BLAI (bis), méteil. - -BLAIRER, regarder. - -BLAIRI, champ où l'on a récolté du blé. - -BLANCS (six), deux sous et demi. Le _blanc_ valait cinq deniers. Ce fut -sous Henri II qu'on fit des pièces de six blancs nommés _gros de Nesle_. - -BLANC-BEC, jeune homme qui n'a pas encore de barbe. - -BLASER, panser une plaie avec un liquide quelconque. - -BLÈQUE (pomme en poire), blette, fruit trop mur, à demi-pourri. - -BLIN, mouton mâle non châtré. On appelait autrefois les agneaux des -belins. B.-N. - -BLINDER, action de jeter des palets pour voir lequel des joueurs sera le -plus près du but et jouera le premier. - -BLINGUER. Voy. _Blinder_. - -BLO, pièce de bois qu'on place sous une autre pour l'éloigner de terre. - -BLOQUER, mettre une maçonnerie sous les poutres principales d'une -nouvelle construction en bois, en attendant qu'on fasse le reste. - -BLOUGUE, boucle. - -BLOUGER, boucler. - -BLOUSER (se), se tromper ou se mettre dans l'embarras. P. - -BLUQUE, Voy. _Berluque_. - -BOBOS, sabots (terme enfantin). - -BOCHE, bosse. P. - -BOCHE (s'en donner une), manger avec excès. - -BOCHU, bossu. P. - -BOIRE (à), cidre. Ex.: Veux-tu du vin, de la bière, etc.?--Non, je veux -_à boire_. - -BOIS (couteau de), eustache. - -BOISE, gros morceau de bois, poutre. H.-N. P. - -BOISETTES, menues branches que les pauvres gens ramassent dans les bois -et forets. On dit en parlant d'un petit feu: C'est un feu d'_prête_, un -tison et deux _boisettes_. - -BOISSON, cidre auquel on à ajouté de l'eau. H.-N. - -BON-JOUR, communion pascale. Ex.: Il fera demain son _bon-jour_. P. - -BONNEMENT? est-ce vrai? - -BOQUET, pommier qui n'a pas été greffé. P. - -BOQUILLON, bûcheron. P. - -BORDILLER, être près de. Ex.: Il doit _bordiller_ 60 ans, c'est-à-dire -avoir près de 60 ans. - -BOS, bois. P. - -BOSCO, bossu (mot injurieux). P. B.-N. - -BOSSIAU, boisseau, mesure pour les grains. On appelle boisseau rez celui -qu'on emplit jusqu'au bord, et boisseau comble, celui dans lequel on -verse autant de grain qu'il en peut contenir. Cette distinction était -connue au moyen-âge. Voici les anciens boisseaux en usage dans le pays -de Bray, en prenant pour base le pot d'Arques, qui vaut en litre 1,824; -Argueil, 18 pots 1/25; Aumale, 11¾; Blangy et Gaillefontaine, 12; -Foucarmont, 11¼; Gournay et Saint-Saens, 18; Grandcourt, 11; -Neufchâtel, 12¼. - -BOTTER. On dit de la boue et surtout de la neige, qu'elle _botte_, quand -elle s'attache à la semelle des chaussures. H.-N. - -BOUCAN, bruit, dispute. P. - -BOUCAN (chercher, engendrer), susciter une querelle. - -BOUCANE, maison de chétive apparence. Ce mot vient de _boucan_, bordel. -C'est à cause de la mauvaise acception de ce dernier mot qu'un cordelier -de Dijon, nommé _Boucan_, changea son nom et se fit appeler Beauchamp. - -BOUCANER, quereller. Se dit aussi d'un fumeur qui aspire beaucoup de -fumée à la fois. - -BOUCAR, bocal, carafe à mettre du cidre ou des fruits à l'eau-de-vie, -tels que cerises, cacis, etc. - -BOUCHE (être sur sa), être porté à la gourmandise. - -BOUCHEROT, boucher qui vend de la viande de mauvaise qualité. - -BOUCHIE, bouchée. - -BOUCHIE (manger une), prendre un léger repas. - -BOUDINÉE, totalité de boudin provenant d'un porc. - -BOUFFÉE, accès de rage ou de colère. - -BOUFFER, bouder. - -BOUFFI (hareng), hareng qui a séjourné peu de temps dans la saumure. P. - -BOUFRE! juron. H.-N. - -BOUGONNER, gronder entre ses dents. - -BOUGRE! juron fréquent parmi les gens de la campagne qui ajoutent -souvent le mot sacré. Cette expression vient peut-être de _bulgarus_, en -conservant à l'_u_ sa prononciation. - -BOUGRE (bon, mauvais), comme on dit: Bon diable, bon enfant. - -BOUILLON, pluie. - -BOUIS (dimanche du), dimanche des Rameaux; ainsi nommé, parce qu'on -porte à la main du _bouis_ bénit. - -BOUJOU! bonjour! On emploie aussi ce mot substantivement pour désigner -la visière d'une casquette. - -BOULE, pâte renfermant des pommes ou des poires cuites au four. - -BOULE (perdre la), radoter, devenir fou. - -BOULOCHE. Voy. _Boule_. - -BOUQUER. En parlant des abeilles qui se groupent à la _bouque_ de la -ruche, avant d'essaimer. - -BOUQUETS, nom générique par lequel on désigne toute espèce de fleurs -cultivées dans un jardin. - -BOUQUET-D'HIVER, bouquet de fausses fleurs. H.-N. - -BOURBE, boue. - -BOURE, femelle du canard. H.-N. B.-N. - -BOURIQUE, âne. H.-N. - -BOURILLER, faire des bourées. - -BOUROTER (se), marcher lentement comme une _boure_. H.-N. - -BOURSICOT, bourse. P. - -BOUSA, BOUSE, BOUSÉE, Excréments de la vache. - -BOUSIN, grand bruit, tapage. P. - -BOUSTIFAILLE, bonne chère. P. - -BOUT DE CHAMP (à tout bout de), a chaque instant. P. - -BOUT D'HOMME, petit homme. P. - -BOUT EN BOUT (tout de), entièrement. P. - -BOUT-RABATTU, croupe, toit qui se prolonge au-delà du bâtiment, sans -support partant du sol. H.-N. - -BOUTER, mettre, B.-N. P. - -BOYERS, boues des rues. - -BRACHE, brasse. P. - -BRACHIE, brassée. Comme on le voit, le mot patois se rapproche davantage -de son origine, _brachium_. - -BRADER, vendre à trop bas prix. P. - -BRAIES, culottes. P. B.-N. - -BRAILLER, s'habiller avec prétention, porter des vêtements au-dessus de -son état de fortune. - -BRANDI (tout), tout entier. - -BRANDILLER, remuer de côté et d'autre. - -BRANLER, remuer. H.-N. - -BRANNER, branler, remuer. - -BRANQUE, branche. P. - -BRAQUE (personne), vive et irréfléchie. P. B.-N. - -BRASSER, faire, agir. Se prend souvent en mauvaise part. P. - -BRAVE, bon, probe. S'emploie aussi comme synonyme de _endimanché_. - -BRÊLÉE, mélange d'orge et d'avoine qu'en sème au printemps. P. - -BRÊLES, Voy. _Braies_. - -BRÈQUE, ouverture. P. - -BRÈQUE-DENTS, personne à laquelle il manque des dents. B.-N. - -BREUILLES, intestins d'animal. H.-N. - -BRICOLE, espèce de licou qu'on met aux vaches pour les empêcher de -brouter les arbres. - -BRICOLER, aller de côté et d'autre; entreprendre plusieurs ouvrages et -n'en finir aucun. - -BRIÈRES, bruyères, H.-N. - -BRIMBALLER, sonner les cloches sans goût et sans mesure. - -BRIMBORIONS, bagatelles, petits morceaux du rubans, soieries, etc. - -BRIN, pas du tout. Ex.: Il n'a _brin_ d'esprit. - -BRINCHE, brins de bouleau dont on fait des balais. - -BRINGAND, brigand. - -BRINOTER, manger peu et sans faim. - -BRIOCHE (manger de la), vendre à des conditions moins avantageuses que -celles qu'on avait d'abord refusées. H.-N. - -BRIT, bruit. - -BRONGNES, tétins de truie. - -BROQUE-A-Z'YEUX (ne voir), être dans une obscurité complète. H.-N. - -BROSQUINS, brodequins. - -BROSSE (ça fait), c'est une espérance déçue. B.-N. P. - -BROSSEE, rossée. - -BROSSER, donner une _brossée_. P. - -BROU, guy. H.-N. - -BROUACHINAGE, bruine, pluie fine. - -BROUACHINER, bruiner. - -BROUAS (enfant), qui a la figure sale. - -BROUEE, écume, mousse. - -BROUER, mousser. - -BROUET, épidémie. Ex.: Les enfants sont malades; _c'est un brouet qui -court_. - -BROUILLARDER, bruiner. - -BROUIR, aller trop vite. H.-N. - -BROUSTILLES, menu bois qu'on recueille dans les forêts. Un acte de 1330 -parle d'une terre _où il croist des bissons et brostilles_ (_Études sur -la condition, etc._, par M. L. Delisle, page 278). - -BRU, nouvelle mariée. - -BRUCHER, broncher. H.-N. - -BRULE-FER, mauvais forgeron. - -BRULE-GUEULE, pipe dont le chalumeau est très-court. - -BRUMAN, nouveau marié, homme de la bru. B.-N. En anglais, _man_, -signifie homme. - -BU (homme), ivre. B.-N. P. - -BUÉE, vapeur qui s'échappe d'un liquide en ébullition. - -BUETTE, petite ouverture dans une muraille on une couverture. - -BUHOT, corne de boeuf que les faucheurs placent à leur ceinture et dans -laquelle ils mettent du grès écrasé, de l'eau et la pierre à affiler. Il -n'est plus guère en usage. - -BUQUER, frapper. Un jour deux enfants répondaient à une basse messe. -Après le _Domine, non sum dignus_, au moment où les servants -présentaient déjà chacun sa burette au célébrant, une personne se -présente pour communier. L'un des enfants donne le voile de communion, -et l'autre prend une burette de chaque main et se met à dire le -_Confiteor_. Mais, arrivé au _meâ culpâ_, un embarras se présente: -comment se frapper la poitrine? Alors, ouvrant les bras et avançant le -ventre vers son camarade: _Buque su m'panche!_ lui dit-il, _buque su -m'panche!_ - -BUQUETTE, courte-paille. P. - -BUTIN, mobilier de peu d'importance. H.-N. - -BUTTE, bouchon qui sert à un jeu qu'on appelle _la butte_. Ou dit aussi -_jouer au bouchon_. - -BUTTÉE, argent placé sur la _butte_. - -BUVABLE, potable. - - - C - -CABAS, meuble grossier et de grande dimension. Ex.: Que ferez-vous de ce -_cabas_ de buffet? B.-N. - -CABEUIL, crasse produite par la graisse et l'huile qu'on met entre -l'essieu et la roue d'une voiture. - -CABOCHARD, entêté. H.-N. - -CABOCHE, tête dure. H.-N. P. - -CABROUET, espèce de petite charrette sans ridelles. - -CACA (faire), du latin _cacare_. - -CACHARD (cheval), paresseux. B.-N. - -CACHE, CHASSE, bout de ficelle qu'on met à l'extrémité du fouet et qui -sert à le faire claquer. - -CACHE (vache en), vache en chaleur. - -CACHE-MONNÉE, garçon meunier qui parcourt les villages pour recueillir -les _monnées_. - -CACHE-MOUTE. V. _Cache-monnée_. - -CACHER, CHASSER, faire marcher un animal devant soi, à coups de fouet ou -de bâton. - -CACHES (n'être pas au bout de ses), avoir encore beaucoup à faire ou à -souffrir. P. - -CACHEUX, chasseur. _Cache-moute._ - -CACHOIRE (coup de), dernier verre de liqueur qu'on offre à ses convives -au moment où ils partent. - -CADESSIME, catéchisme. - -CADET, homme sans gène et sans peur. - -CADRER, s'entendre bien avec une personne, être en rapport comme le -cadre et la gravure. Ex.: Ces deux hommes _cadrent_ bien ensemble. - -CAFIGNONS, corne qui termine les pieds des vaches, chèvres, porcs, etc. - -CAFOURET, petit appartement sale, dans un grenier ou ailleurs. H.-N. - -CAFUTER, éloigner, renvoyer, chasser un animal. - -CAGE (mettre en), mettre en prison. - -CAGNE (vache), de couleur gris-clair. - -CAGNOLE, tête; espèce de _carcan_ pour les jeunes porcs. - -CAHOTS, secousses que les voitures éprouvent dans les chemins raboteux. - -CAHOTTEMENT, cahotage. - -CAHOUETTE, petite corneille. - -CAHUTTE, mauvais logement, taudis. P. - -CAILLARD, caille trop jeune pour être tuée. - -CAILLE (vache). V. _Cagne_. - -CAINE, chaîne. P. - -CAIRE, chaise. - -CALBOTER (faire), laisser bouillir le lait jusqu'à ce qu'il soit caillé. - -CALÉ (bien), habillé richement et avec goût. B.-N. - -CALÉE, portée d'une chienne, d'une chatte, etc. - -CALEMANDE, ancienne étoffe qui servait à faire des jupes; la chaîne -était de laine et la trame de fil. H.-N. - -CALENGER, marchander. B.-N. P. - -CALER. Se dit d'une chatte qui fait ses petits; on le dit aussi des -lapins, des chiens, etc. D'après M. A. de Poilly, ce mot viendrait du -grec _kalià_, un nid. P. - -CALER BAS, céder, fuir. P. - -CALEUSER, se livrer à la paresse. - -CALEUSETÉ, paresse. - -CALEUX, paresseux. Selon M. A. Le Prevost, ce mot provient de ce que les -personnes indolentes étant sédentaires, finissent par avoir les fesses -caleuses comme les singes. H. N. - -CALIBERDAS (faire un), tomber avec grand bruit. - -CALIÈVRE, genevrier. - -CALIMACHON, limace. - -CALIMACHON-A-HOTTE, limaçon à coquille. - -CALIN, lieu où les vaches _calinent_. - -CALINE, chaleur étouffante à l'approche de l'orage. - -CALINER. Se dit des animaux qui se reposent à l'ombre dans les grandes -chaleurs; vient de _calor_. - -CALIPETTE, petit bonnet rond que les femmes mettent le matin et la nuit. -P. - -CALIT, mauvais lit qui se place dans les écuries et les étables pour les -domestiques. Ce mot nous paraît signifier _lit à cats_, en ce sens que -les chats vont souvent s'y coucher pendant le jour. P. - -CALOGE, loge à chien. - -CALOTTE, soufflet. - -CALOTTES (donner une paire de), souffleter sur les deux joues. - -CAMAILLER (se). Se dit des enfants qui se culbutent en jouant. - -CAMPAGNE, plaine. - -CAMPÉE (personne bien), d'une belle taille et qui se tient bien. H.-N. - -CAMPS, champs. - -CANCHELER, chanceler. P. - -CANCHON, chanson, espèce de pâtisserie; pâte qui renferme des pommes -hachées. - -CANEÇON, caleçon. P. - -CANEVIS, chenevis. - -CANICHE. Voy. _Caloge_. - -CANNE, cruche dans laquelle on tire du cidre pour le repas. En anglais, -_can_. - -CANNÉE, ce que peut contenir une _canne_. B.-N. - -CANNER, pleurer fort. Vient peut-être de ce que l'enfant, en pleurant -ainsi, imite un peu le cri du canard ou celui du chien, _canis_, qui -hurle. - -CANNETTE, petite _canne_. - -CANT (de), de coté, incliné. Voy. _Acanté_. B.-N. - -CANTINETTE, criocère; espèce de caléoptère qu'on trouve fréquemment sur -les feuilles du lis, auquel les savants ont donné l'épithète -_merdigera_, afin d'indiquer que ce petit chanteur, qui amuse tant les -enfants, fut d'abord un vers enveloppé de ses excréments; précaution de -la nature, sans laquelle la larve du pauvre insecte fût devenue la proie -des oiseaux. Ce mot semble venir de _cantitare_, chanter souvent, ou de -_cantilena_, chansonnette. - -CANVERSER, renverser en partie. Ex.: Prends garde de faire _canverser_ -le plat. H.-N. - -CANVRE, chanvre. - -CAPET, chapeau. Dernièrement un bon paysan prenait place dans un des -wagons du chemin de fer de Dieppe à Rouen. Au moment où la locomotive -commençait à s'ébranler, notre homme mit la tête à la portière pour dire -un dernier adieu à la personne qui l'avait accompagné. _Hais! -charretier! charretier! arrêtez donc!_ s'écria-t-il tout-à-coup; _man -capet, man capet que l'vent vient d'm'enlever.... Et b.... n'arrêtera -pas, va!_ En effet, le charretier n'arrêta pas, et le paysan dut -continuer son voyage sans _capet_. - -CAPITAINE-J'ORDONNE. Sobriquet qu'on donne à un maître ou contre-maître -qui s'enorgueillit de son autorité. Le premier qui le porta fut le -vice-amiral Lhermite, de Caen, au moment où il commandait la frégate de -l'amiral Villarez-Joyeuse, à la mémorable action connue dans la marine -sous le nom de _Grand-Combat_, et livrée le 1er juin 1793. Différentes -circonstances ayant rapport aux ordres qu'il fut obligé de transmettre, -lui valurent le surnom assez burlesque de _Capitaine-j'Ordonne_ (_Revue -de Rouen_, t. IV, p. 92). - -CAPOT ou CAPOTE, espèce de mante de camelot, à l'usage des femmes. On ne -la porte presque plus. - -CAPUCHIN, capucin. P. - -CAPPE, cuiret qui retient la _batte_ et le _maintient_ du _flais_. Jean -de Garlande mentionne ainsi les parties du fléau: _Flagellorum partes -sunt manutentum, virga et cappa_ (_Dictionnaire_, no xlvj, p. 598). - -CARAS, bergers. Ainsi dénommés parce qu'ils ont longtemps conservé la -réputation de sorciers, _caragi_. B.-N. - -CARBON, charbon; du latin _carbo_. P. - -CARBONNIER, charbonnier. P. - -CARCAILLOT, appeau pour appeler les cailles. - -CARCAN, appareil en bois qu'on met au cou des cochons pour les empêcher -de passer à travers les haies. - -CARDON, chardon. Ce mot se rapproche plus que le mot français de son -origine, _cardo_. P. - -CARÉE, charrée. P. - -CARÉSI, poires à brasser. - -CARRETTE, charrette. - -CARIAGE, charrol. - -CARNAGE, charogne. Ce mot s'emploie aussi en mauvaise part. Ex.: -Va-t-en, vieux _carnage_! - -CARON, charron. - -CARONGNE. V. _Carnage_. P. - -CARPENTER, charpenter. P. - -CARPENTIER, charpentier. - -CARPIE, charpie. P. - -CARPLEUSE, chenille. Vient du latin _carnis pilosa_, chair velue; en -anglais, _caterpilar_. B.-N. - -CARRE, coin, angle saillant d'une table ou autre meuble. Ce mot devrait -peut-être s'écrire quarre, pour _quarne_, de _quaternus_; c'est l'un des -quatre angles d'une carré qu'on appelle en français _carne_. - -CARRIAGE (chemin de), chemin où l'on passe en voiture. - -CARRIAU, carreau de vitre; espace carre où l'on plante des légumes; -maladie des enfants, dont quelques personnes prétendent guérir le malade -en lui posant la main sur l'estomac. Ceux qui se livrent à cette -pratique, dans le pays de Bray, se disent descendre de la famille de -saint Martin. Aussi, chaque fois qu'on fait _toucher_ un enfant, ne -manque-t-on jamais de faire dire à son intention une messe en l'honneur -de saint Martin, de Tours (Voir notre _Essai sur le canton de -Neufchâtel_, page 7). - -CARTRIE. Voy. _Chartrie_. - -CARIER, charrier. - -CARIER, grosse toile sur laquelle on place les cendres pour la lessive. - -CARTI, corps d'un chariot ou d'une charrette sans ridelles. P. - -CARTIER (faire), diriger les chevaux de manière à ce que les roues de la -voiture ne suivent pas les ornières. - -CARTRIE, lieu où l'on rentre les charrettes et autres voitures pour les -mettre à l'abri de la pluie. P. - -CARUE, charrue. P. - -CAS, chaud, chaleur. - -CAS QUE (en), au cas que, si. - -CASAQUIN, camisole sans manches. - -CASSE, espèce de caisse dans laquelle les domestiques placent leur linge -et leurs vêtements. - -CASSENOIX, nom généralement donné à la sistelle. - -CASSETTE, ustensile en bois qui sert à retenir la crême dans les -terrines, tandis qu'on laisse écouler le petit lait. - -CASSINE, petite maison ancienne et incommode. P. - -CASSIS, fossé pratiqué pour l'écoulement des eaux pluviales. - -CASSISSIER, arbrisseau qui produit le cacis. - -CASTEROLLE, casserole. H.-N. P. - -CASTILLE, querelle, dispute. B.-N. P. - -CAT, chat. Ce nom s'écrit ainsi dans plusieurs langues. P. - -CATAIGNE, châtaigne. P. - -CATAINIER, châtaignier. - -CATAPLASSE, cataplasme. H.-N. - -CATAU, fille de mauvaise vie. - -CATÉCHISSE, catéchisme. - -CATET (aller au), aller à Neufchâtel. - -CAT-HOUANT, chat-huant. - -CATOUILLER, chatouiller. - -CATREUX, mauvais couteau, homme qui châtre les porcs. - -CAUCHE-PIED, chausse-pied. - -CAUCHER, chausser. P. - -CAUCHES, chausses, bas. P. - -CAUCHONS, chaussons. P. - -CAUCHURES, chaussures. P. - -CAUD, chaud. P. - -CAUDET, un peu chaud, tiède. - -CAUDIER, Voy. _Lessive_. - -CAUDIÈRE, chaudière. P. - -CAUDRON (jeu de), Collin-Maillard. - -CAUDRONNÉE, ce que peut contenir une chaudière. - -CAUFFER, chauffer. P. - -CAUFOURNIER, chaufournier. - -CAUSETTE, causerie familière. P. H.-N. - -CAVÉE, chemin creux. P. H.-N. - -CAYEU, moules. Ainsi nommées, parce qu'on en tire de très-bonnes du pays -qui porte ce nom (Somme). - -CÉLÉBRALE (fièvre), fièvre cérébrale. - -CELLE FIN (à), afin que. - -CELLES (les), celles. - -CENSÉMENT, pour ainsi dire. - -CENTAURE (voix de), voix de Stentor. - -CENTINE, centime. - -CERNE, cercle. Ce mot est surtout employé pour indiquer le cercle formé -autour de la lune dans les temps brumeux. H.-N. - -CERTAIN (un), assez grand. Ex.: C'est un homme d'_un certain_ âge. H.-N. - -CERTIFIS, salsifis. H.-N. - -CÉS, ces. - -CEUX (les), ceux. - -CEUX-CHITE, ceux-ci, celles-ci. - -CHA, ça, ce, ceci, cela. - -CHABOT, sabot. P. - -CHABOTER, faire du bruit en marchant comme si l'on avait des sabots. P. - -CHABOTIER, sabotier. - -CHABOULER, pousser rudement. H.-N. - -CHACHAS, merle lytorne. - -CHACUN (un), chacun. - -CHA DÉPEND, peut-être. - -CHAIRCUITIER, charcutier. Le mot patois se rapproche plus de la -signification étymologique: marchand de _chair cuite_. - -CHAMBE, chambre. - -CHAMPART (blé), froment mêlé d'un peu de seigle. - -CHAMPIGNON, pomme à cidre, tardive, très-bonne. Lui aurait-on donné ce -nom parce qu'elle donne un excellent cidre, mousseux comme le vin de -Champagne? - -CHANGLE, sangle. - -CHANGLÉ (être), perdre beaucoup au jeu. - -CHANPLEURE et CHANPLURE, robinet, et non chantepleure, dans le sens -attaché à ce mot. - -CHANTIAU, chanteau, morceau de pain bénit qu'on offre à celui qui doit -le rendre à sa paroisse le dimanche suivant. En Picardie, on nomme -_cantieu_ un morceau de gâteau qu'une nouvelle mariée envoie à celle des -jeunes filles du village qu'elle croit devoir se marier la première -après elle (_Glos__saire du patios picard_, par M. l'abbé Corblet). - -CHAPIAU, chapeau. - -CHARLOT, Charles. - -CHARTRIE, lieu où l'on place les charrettes et autres instruments -aratoires. - -CHATIAU, château. - -CHAUFETTE, chaufferette. - -CHAVATE, savate. P. - -CHAVETIER, savetier. P. - -CHÉ, chair. - -CHEIGNEUX, tablier de femme. Du latin _cingere_, ceindre. - -CHÉLER, celer, cacher. P. - -CHÉLIER, cellier. - -CHENELLES, fruits de l'épine blanche. H.-N. Les dictionnaires donnent le -nom de _cenelle_ au fruit du houx. - -CHENU (du), quelque chose de très-bon ou très-beau. P. - -CHERCHER SON PAIN, mendier. H.-N. - -CHERFEUIL, cerfeuil. P. - -CHERFOUIR, cerfouir. - -CHERVIAU, cerveau. - -CHÉS, ces. - -CH'EST, c'est. - -CH'EST SELON, peut-être, ce n'est pas certain. - -CHEUX, chez, ceux. P. - -CHEUX-CHITE, ceux-ci, celles-ci. - -CHEUX-LÀ, ceux-là, celles-là. - -CHEVILLE, mesure de 12 pouces cubes, qui sert pour les bols de -charpente. V. _Marque_. - -CHIBOT, ognon dont les tiges sont encore vertes. - -CHIBOULER, marcher sans précaution et renverser ce qu'on trouve sur son -passage. En parlant d'un homme ivre, on dit aussi de sa démarche qu'il -se _chiboule_. - -CHICON, gros morceau de pain. P. - -CHICOTER, marchander, importuner. - -CHICOTIN, blague ou petit sac de peau, en forme de valise, dans lequel -les fumeurs placent leur tabac. - -CHIEN DE TERRE, larve du hanneton. - -CHIFFONNER L'ESPRIT, inquiéter, contrarier. - -CHIGNOLE, dévidoir. - -CHIGNON, cheveux naturels et souvent postiches que les femmes font -bouffer entre les deux ailes de leur _pierrot_. - -CHIMETIÈRE, cimetière. - -CHINGE, singe. - -CHINQ, cinq. P. - -CHINQUANTE, cinquante. - -CHION, petite branche dont on se sert pour faire avancer les animaux ou -corriger les enfants. P. - -CHIONNER, frapper avec un _chion_. P. - -CHIPOTER, chicaner en marchandant. P. - -CHIPOTEUX, qui _chipote_. P. - -CHIPOTIER, Voyez _Chipoteux_. P. - -CHIPPER, pousser en cépée. - -CHIQUE, gros morceau de pain ou de viande. - -CHIQUER, manger beaucoup. - -CHIQUET. Voy. _Chique_. Ces deux mots ont un grand rapport avec le verbe -_déchiqueter_, faire des _chiquets_. - -CHIRE, cire. P. - -CHIRE-POIX, _poix_ qui sert aux cordonniers à cirer leur fil. - -CHIROT, sirop. - -CHIROTER (faire), faire bouillir jusqu'à consistance de sirop. - -CHIROTEUX, liquide épais comme du sirop. - -CHITE, ici. - -CHITRON, citron. P. - -CHITROUILLE, citrouille. P. - -CHIVIÈRE, civière. P. - -CHOCHONNER. Se dit de deux petits cultivateurs qui réunissent leurs -chevaux pour cultiver leurs terres. H.-N. - -CHOMER, manquer de. H.-N. - -CHOPEINE, chopine, mesure qui contient un peu moins d'un litre. P. V. -_Pot_ et _Velte_. - -CHOPER, heurter un caillou ou autre obstacle en marchant. - -CHOQUER, trinquer, heurter les verres. B.-N. - -CHORBER, broncher. Voy. _Choper_. - -CHOU! CHOU! cri par lequel on chasse les poules et autres volailles. - -CHOULE, fête populaire qui se tient, pendant le carême, dans les -communes rurales; on y vend des noix, des gâteaux, du pain d'épice, etc. -Ce nom vient d'un ancien jeu auquel on se livrait le jour du mardi-gras, -et qui consistait à s'emparer d'une balle, _la choule_, pour l'emporter -à un endroit convenu (_Dictionnaire du patois normand_, par M. M. du -Méril, au mot Soule). Le jeu de la _choule_, qu'on appelle aussi -_chole_, _cheole_, _sole_, _soule_, etc., est encore en usage dans -quelques localités de la Somme et du Pas-de-Calais. «C'est, dit M. -l'abbé Corblet, une espèce de ballon rempli de son qu'on place sur la -limite de deux villages, et que les habitants des deux communes poussent -à coups de pied. La victoire appartient à ceux qui parviennent à le -garder sur leur territoire (_Glossaire du patois picard_, au mot -Chole).» Ce jeu était fort en vogue au XIIIe siècle et se terminait -ordinairement par un banquet. Mais, comme ce banquet était assez souvent -la cause de graves accidents, il fut interdit, en 1369, par Charles V. -Selon les uns, le mot _choule_ ou _soule_ dériverait du celtique -_hehaul_, soleil; selon les autres, il viendrait de l'islandais _sull_, -mêlée. Comme à Valogne, on donne à ce jeu le nom de _savatte_, parce -qu'on joue avec le pied; nous croyons, avec M. Corblet, qu'il pourrait -avoir de grands rapports avec le mot latin _solea_, sandales, ou -_solum_, plante du pied. - -CHOULER, remuer, faire avancer. Ex.: Je ne puis _choûler_ ce mauvais -cheval. - -CHOUQUE, souche, extrémité inférieure d'un arbre. B.-N. - -CHOUQUET, bloc de bois sur lequel on coupe du bois, de la viande, etc. - -CHU, ce. P. - -CHUCRE, sucre. - -CHUINTER, suinter. - -CH'VA, cheval. - -CIBOT, Voy. _Chibot_. - -CIDE, cidre. - -CIERGE DORMANT, gros cierge qu'on porte aux enterrements et que l'on -place, à l'église, auprès du banc du défunt, après l'inhumation. - -CISIAU, ciseau. - -CISIAUX, ciseaux. - -CITADELLE, grosse poire qu'on mange cuite ou en confitures. - -CLAIRAUD, clairet. H.-N. - -CLAIRE-VOIE, espèce de grille ou de balustrade. - -CLAIRONNER, reluire. - -CLAIRTÉ, clarté, H.-N. - -CLAMPIN, qui marche difficilement; poltron. H.-N. P. - -CLAPER, branler dans le manche. On dit aussi d'un homme maigre ou -malade: Il _clape_ dans ses habits. - -CLAPOT, petite lessive que les pauvres gens font chaque semaine. H.-N. - -CLAPOTER, faire un _clapot_. Se dit aussi des enfants qui se salissent, -en se jouant dans un _varpot_. - -CLAQUE-DENTS (trembler à), grelotter de froid. - -CLAQUES, espèce de chaussures de femme. - -CLAQUET, digitale pourprée. On lui a sans doute donné ce nom parce que -les enfants s'amusent à faire _claquer_ les fleurs en frappant dessus, -après les avoir remplies d'air. H.-N. - -CLATRI, couché, caché dans l'herbe. - -CLATRIR (se). En parlant d'un lièvre ou autre animal qui se couche dans -l'herbe, de manière à s'effacer. - -CLAVETTE, mauvaise langue. On dit en parlant d'une femme bavarde: Quelle -_clavette_! - -CLÉ (avoir perdu la), avoir la diarrhée. - -CLÉ DES CHAMPS (prendre la), s'enfuir. - -CLERGEAU, petit clerc, enfant de choeur. - -CLICHER, frapper rudement une personne ou un animal. - -CLIGNER, fermer un oeil. H.-N - -CLIMUCHETTE, cligne-musette. B.-N. - -CLINCAILLER, quincaillier. H.-N. - -CLIPSI, sauce trop claire. - -CLIQUETER, agiter les _cliquettes_ ou la _cliquette_. - -CLIQUETTE, clenche. En congédiant une personne à laquelle on défend de -revenir, on lui dit: Tu peux baiser la _cliquette_ de la porte. - -CLIQUETTES, clochettes des frères de charité. Ce nom est très-commun -dans les chartes des XVIe et XVIIe siècles. - -CLONGNE, quenouille à filer. D'après quelques étymologistes, ce mot -serait dérivé de _colonne_. - -CLOPINER, boiter. - -CLOPIN-CLOPANT, tant bien que mal. - -CLOQUE, cloche. - -CLOQUETEUX, celui qui marche en tête de la procession, en agitant les -_cloquettes_. - -CLOQUETTES, clochettes. On donne aussi ce nom à la plupart des fleurs -campaniformes. - -CLOU, furoncle. - -CLOUPPER, glousser; cri de la poule qui demande à couver ou qui appelle -ses poussins. - -C'MENT, comment. - -CO, chat; coq. P. - -COCAR, oeuf (terme enfantin.) - -COCASSE, plaisant et ridicule. P. - -COCHON, cloporte. - -COCHONNAILLE, chair de porc, charcuterie. P. - -COCHONNER, mettre bas; en parlant de la truie. - -COCHONNER (se), s'enivrer au point de se vautrer dans la boue comme un -_cochon_. - -COCO, chaussure; oeuf; expression enfantine. Autrefois les marchands -d'oeufs se nommaient _coconniers_. B.-N. - -CODAQUER. Se dit du cri de la poule quand elle vient de pondre ou quand -elle est effrayée. En Picardie, on le dit du coq qui chante. P. - -CO-D'INNE, coq d'Inde, dindon. - -COEUR JEUN (à), à jeun. H. N. - -COEUR DE JOUR (à), continuellement, du matin au soir. H.-N. - -COEURU, courageux. B.-N. - -COFFIN, cornet de papier. Vient peut-être du latin _cophinus_, -corbeille. B.-N. P. - -COGNER, frapper fort. P. - -COLAS, Nicolas. - -COLÉREUX, colérique, porté à la colère. - -COLIDOR, corridor. - -COLLE, mensonge. En vieil anglais, _coll_ signifiait _trompeur_. B.-N. -P. - -COLLETER (se), se prendre au collet pour éprouver ses forces. H.-N. - -COMBLE, longue corde dont on se sert pour maintenir les gerbes chargées -sur une voiture. - -COMME-CHI, COMME-CHA, ni bien, ni mal. - -C'MENT, comme. Ex.: Il est bon _c'ment_ son père. - -COMME TOUT, beaucoup, extrêmement. P. B.-N. - -COMPAS DANS L'OEIL (avoir le), avoir le coup-d'oeil juste. - -COMPTES (rendre ses), vomir. - -CONDOS, accident de terrein entre deux pièces de terre; ce qui forme une -petite élévation en forme de rideau. - -CONFESSEUX, confesseur. Mot qui, soit dit en passant, semblerait mieux -convenir au pénitent qu'à celui qui entend sa confession. - -CONSÉQUENT, adjectif employé, même par des personnes qui ont reçu de -l'instruction, comme synonyme de considérable, tandis qu'on ne devrait -s'en servir que pour marquer une induction tirée d'un principe. Ainsi, -au lieu de dire: Cet homme fait des affaires conséquentes, il faut dire -_considérables_. L'adjectif _conséquent_ ne peut être mis en usage que -dans des phrases semblables à celle qui suit: Le philosophe doit être -conséquent avec ses principes. - -CONSOMMÉ, consumé, Ex.: Tout a été _consommé_ dans l'incendie. - -CONTEPET, rapporteur de nouvelles, babillard qui raconte les choses de -la moindre importance pour faire punir ses compagnons. - -CONTRAIRE (bien du), bien au contraire. - -CONTRE (tout), tout près. B.-N. P. - -COPIN, dindon. On a dit que l'origine de ce nom venait de ce que le père -Copin, jésuite, avait importé le premier dindon d'Amérique en France, -vers 1670. - -COPIN (grand), terme de mépris. - -COPINIER, celui qui garde les _copins_ dans les champs. - -COQ, coquelicot. H.-N. - -COQ, menthe des jardins. - -COQ (chanter le). Se dit d'une poule qui imite le chant du coq; alors -elle ne pond plus et on la tue. H.-N. - -COQUENNE, espèce de viorne qu'on cultive dans les jardins sous le nom de -boule-de-neige. On se sert des rejetons pour en faire des colliers qui, -dit-on, préservent les jeunes chiens de la maladie. Selon M. L. Delisle, -l'érable aurait été quelquefois appelé _coquêne_ (_Etudes sur la -condition de la classe agricole_, page 353). - -COQUERON, petit _coquet_. - -COQUET, petite veillote; petit coq. - -CORAPRENANT, crêpes. Se dit pour _carême-prenant_ parce qu'on en fait -beaucoup à l'approche du carême. - -CORDE, mesure de bois à brûler formant à peu près deux stères. - -CORDER, mettre en corde. - -CORDES EN BRANLENT (les), pour dire qu'une chose va arriver. Ex.: Il -n'est pas encore deux heures, mais _les cordes en branlent_. H.-N. - -CORE, encore. P. - -CORET, encrier de corne. - -CORNAILLES, pommes à cidre, précoces, de mauvaise qualité. - -CORNAILLES, nom par lequel on désigne toute espèce de corneilles et de -corbeaux. - -CORNICHON, espèce de pomme de terre qui a la forme des petits concombres -qu'on fait confire dans le vinaigre. On emploie aussi ce mot, en -mauvaise part, en parlant d'une personne. Ex.: C'est un _cornichon_. - -CORNOITE, espèce d'échaudé formé d'une pâte tressée et très-légère. - -CORPORANCE, corpulence. - -CORSELET, corset. H.-N. - -CORSET, jupe. H.-N. - -COS, cou. - -COS (n'être pas lourd à), être souffrant et chétif. - -COS (tirer du), vomir. - -COSSART, colza. H.-N. - -COSSU, homme riche, opulent. P. - -COTENT, content. H.-N. - -COTRET (huile de), coups de bâton. Ex.: Donnez-lui de l'_huile de -cotret_, s'il va mal. - -COUANNE, couenne. H.-N. - -COUCHETTES, langes. - -COUCOU, expression employée quand on éteint une chandelle ou une lampe. - -COUCOU (bran de), gomme qui découle du merisier. Les enfants s'imaginent -que c'est l'excrément du coucou. - -COUDRE, coudrier. - -COUINCHE, homme rusé, qui manque de franchise. - -COULAGE, détournements, soustractions, dissipations qui se font dans une -maison, par défaut de soin et de surveillance. H.-N. - -COULANT D'EAU, fossé servant à l'écoulement des eaux. H.-N. - -COULAS, Nicolas. - -COULEUX, filtre en crin ou en toile claire qui sert à passer le lait -quand on vient de le traire. - -COUP (à), en temps opportun. B.-N. - -COUP (donner un), causer une surprise pénible. H.-N. - -COUP-D'A-CHEVAL, verre d'eau-de-vie qu'on prend au moment de monter à -cheval. - -COUPLET, cime d'un arbre, faîte d'un édifice. B.-N. P. - -COUR, enclos dans lequel se trouvent les bâtiments et les bestiaux d'une -ferme. H.-N. - -COURAIE, intestins d'un animal; ce qui comprend le coeur, le foie, les -poumons, etc. - -COUREUX, porc qui vit en liberté en attendant qu'on l'engraisse pour la -boucherie. H.-N. - -COURIACHE, coriace, fort, vigoureux. P. - -COURIAS, Voy. _Couriache_. - -COURIETTE, lanière de cuir qui sert de cordon aux souliers ou qui se -trouve à la poignée d'un bâton de voyage. - -COURIR. Se dit d'un vase qui laisse échapper le liquide. H.-N. - -COURS DE VENTRE, diarrhée. - -COURTE BOTTE, petit homme. Guillaume-le-Conquérant avait donné lui-même -ce sobriquet à son fils Robert. H.-N. - -COUTEAU (pommes à), pommes de dessert. - -COUTE QUI COUTE, coûte que coûte. - -COUTET, couteau. - -COUTEUX, dispendieux; irritable, d'une humeur difficile. H.-N. - -COUTIAU, couteau, P. - -COUTIAUX, rayons de cire et de miel formés par les abeilles. - -COUTRE, bedeau. - -COUTURIER, tailleur. H.-N. - -CRACHE, crasse, graisse. P. - -CRACHÉ (tout), d'une parfaite ressemblance. En parlant d'un portrait -bien exécuté, on dira du sujet qu'il représente: _C'est lui tout -craché_. - -CRACHINAGE, pluie fine. B.-N. - -CRACHINER. Se dit d'une pluie fine qui tombe avec peu d'abondance. - -CRACHOTTER, cracher fréquemment. - -CRAIRE, croire. - -CRAMILLIE, crémaillière. - -CRAN, entaille. - -CRANE, bon, beau. Ex.: Voilà de _crâne_ bière. - -CRANE, fier. B.-N. - -CRANE (faire son), faire l'important. - -CRANQUE, crampe. - -CRAPE, salissure. - -CRAPEUX, sale. P. - -CRAPOUD, crapaud. - -CRAPU (homme), trapu. - -CRAQUER, mentir. B.-N. - -CRAQUEUR, menteur. - -CRASSETTE, pomme à cidre. P. - -CRAVACHONNIER, prunier non greffé. - -CRAVACHONS, prunes sauvages. - -CRÉMILLIE, crémaillière. - -CRÉMILLIE (pendre la), donner à dîner à ses amis quand on habite une -nouvelle maison. - -CREMILLON, petite _crémillie_. - -CRÉPETTES, pâte très-délayée, composée de farine, d'oeufs et de lait, -qu'on fait cuire dans une poêle, à l'époque des Rois et du mardi-gras. - -CRÈQUES, fruits de l'épine noire. - -CRESSANE (poires de), poires de crassane. - -CRÊTELER. Se dit d'une femme qui parle haut et crie comme une poule. - -CRÉTIR, frissonner. H.-N. - -CRÉTON, résidu du suif quand il est fondu et pressé; c'est une -excellente nourriture pour les chiens. - -CRÉVÉ, fatigué, épuisé par le travail. S'emploie encore comme synonyme -de _mort_, en parlant des animaux. On s'en sert aussi, en mauvaise part, -en parlant des personnes. Ex.: Il est _crévé_ comme un chien. - -CRÉVER, mourir. - -CRÉVON, chevron. H.-N. - -CRI, chercher, quérir. Ex.: Allez _cri_ du pain. - -CRIGNIACHE, chevelure mal soignée. B.-N. - -CRIGNES, mauvaises herbes qui s'accrochent aux dents des herses. - -CRIQUET, grillon. - -CRISTÈRE, clystère. - -CROCHE, crosse. - -CROCHER (se), se donner le bras en promenade. - -CROCHUIRE, rendre une chose crochue. H.-N. - -CROCS. On désigne sous ce nom les dents des chiens, chats, loups, -renards, etc. - -CROTE, croûte. - -CRUCHE, croissance, en parlant d'un enfant. Ex.: Il a fait sa _cruche_ -trop vite. - -CRUE. Voy. _Cruche_. - -C'T', cet, cette, devant une voyelle. - -C'TE, cette, devant une consonne. - -C'T'ÉLA, celle-là. - -C'T'ILA, celui-là. - -C'T'ICHITE, celui-ci, celle-ci. - -ÇU, ce. - -CUIROT, morceau de cuir qui supporte le battant des cloches. - -CULAS, bâtiments où l'on engrange les gerbes de blé, d'avoine, etc. Ce -mot se trouve dans un acte de 1395 (_Notes sur les communes de l'Eure_, -par M. A. Le Prevost, p. 97). - -CULEUVRE, couleuvre. H.-N. - -CULOT, cul d'un enfant; ce qui reste de tabac au fond de la pipe. - -CULOTTE (faire une), gagner sans interruption trois parties de domino, -de cartes. - -CULOTTE (avoir, se donner une), se soûler. - -CULOTTES (mes), ma culotte, quand il ne s'agit que d'une seule. - -CURAI, curé. - -CURAI (monsieur le), nom qu'on donne à tout ecclésiastique revêtu d'une -soutane. - -CURIOSITAI, curiosité. - - - D - -D', de. P. - -DADA, cheval; expression enfantine. - -DALE, évier, lien où on lave la vaisselle et d'où l'eau s'écoule par un -trou pratiqué dans la muraille. P. B.-N. - -DALOT, petit conduit pour l'écoulement des eaux. H.-N. - -DAMAGE (c'est), c'est fâcheux. - -DAME, femme de qualité ou qui affecte des manières hautaines. Ex.: Elle -fait la _dame_. - -DAN-DAN (aller au). Se dit aux petits enfants pour signifier: Aller aux -offices de l'Eglise. C'est une onomatopée formée par allusion au son des -cloches. - -DANSPAROU, ou, à quel point, à quelle place. Ex.: _Dansparou_ as-tu -fauché? - -DARDILLON, aiguillon d'une boucle. - -DAUBÉE, volée de coups de bâton. B.-N. - -DAUBER, donner une _daubée_. - -DAUDINER (se), se dandiner. - -DÉBAGOULER, vomir. H.-N. - -DÉBALLER (se), se décourager. - -DÉBARRAS, cessation d'embarras. Ex.: Il est parti, c'est un bon -_débarras_ pour moi. H.-N. P. - -DÉBAUCHER (se), se décourager. H.-N. - -DÉBATISER (se), se donner beaucoup de peine pour faire croire ou -comprendre une chose. - -DÉBERNÊQUER, démonter, renverser, tirer d'un mauvais pas. B.-N. - -DÉBILLER, déshabiller. P. - -DÉBISTRAC, en mauvais état. - -DÉBINE (être dans la), être à moitié ruiné. P. B.-N. - -DÉBITER DU BOIS, le scier, le préparer pour la charpente, la menuiserie, -etc. H.-N. - -DÉBLAI (bon). Voy. _Débarras_. P. - -DÉBLOUGUER, déboucler. - -DÉBOULER, quitter son gîte. Ex.: Il m'a _déboulé_ un lièvre aux pieds. -B.-N. - -DÉBRICOLER, ôter la bricole d'une vache. H.-N. - -DÉBUQUER, partir, sortir. - -DÉCAINER, déchaîner. P. - -DÉCALIFOTER, ôter une noix ou autre fruit de son enveloppe. - -DÉCANILLER, décamper, fuir comme un chien. B.-N. P. - -DÉCARCANER, ôter le _carcan_ d'un cochon. H.-N. - -DÉCARÊMER (se), prendre un bon repas après le carême. P. - -DÉCARPILLER, séparer, démêler. P. - -DÉCAUCHER, déchausser. Se dit aussi des chevaux qui perdent leurs dents -de lait. - -DÉCESSER (ne pas), ne pas cesser. Ex.: Il ne _décesse_ de pleurer. P. -H.-N. - -DÉCLAQUER, tomber rudement; parler sans ménagement. P. - -DÉCOCTION, maladie. H.-N. - -DÉCOMMANDER, contremander. - -DÉCOMPOTER, changer le temps de l'engrais des terres et le mode des -semences. P. - -DÉCONFORTER (se), s'affliger outre mesure. P. - -DÉCRAMPIR (se), se délasser. P. - -DÉCRAPÉ, nettoyé. Se dit aussi d'un enfant malheureux qui prend des -habitudes de propreté. - -DÉCRAPER, nettoyer. P. - -DÉCROUER, tomber ou faire tomber de haut. B.-N. - -DÉDRAGUER, délayer, réduire en marmelade. - -DÉCULOTTER (se), se dit d'un homme qui se sépare de biens d'avec sa -femme pour éviter la poursuite des créanciers. L'épouse administre alors -en son nom, et les créanciers n'ont plus aucun recours. Souvent cette -formalité n'est pas exempte de fraude, et c'est ordinairement l'art -légal de ne point payer ses dettes. - -DÉFAIRES, habits qui ne servent plus et qu'on donne aux malheureux. -H.-N. - -DÉFAITE (animal de), facile à vendre. H.-N. - -DÉFECTIF (enfant ou animal), dissimulé, qui a des défauts. H.-N. - -DÉFICELER, délier ce qui est lié par une ficelle. - -DÉFILOQUÉ (vêtement), usé, éraillé, qui montre la corde ou le fil. H.-N. - -DÉFOURRURES, gerbées qui ont été épluchées par les moutons. - -DÉFRISÉ, contrarié. P. - -DÉFULER, décoiffer. H.-N. P. - -DÉFUNT, feu. Ex.: _Défunt_ son père. - -DEGAINE, tournure, manières. Se prend toujours en mauvaise part. P. - -DÉGANCER, tirer de l'argent de sa bourse. - -DÉGANER, se moquer de quelqu'un en imitant ses actes ou ses paroles. - -DÉGELÉE, rossée. P. - -DÉGUEULER, vomir. - -DÉGOBILLER, vomir, rendre les _gobes_ qu'on a prises. P. - -DÉGOISER, parler vite et longtemps. P. - -DÉGOMMÉ, destitué. - -DÉCOTER, voler. - -DÉGOULER, vomir. H.-N. - -DEGOUTINS, eau qui tombe d'une couverture. - -DÉGRIER, dégringoler, glisser. - -DÉGROULER, crouler, tomber. B.-N. H.-N. - -DÉGUISER (se), se masquer au temps du carnaval. - -DEHOQUER, décrocher. P. - -DÉHOUSILLER (se), sortir d'un lieu. - -DÉJEUNER-DINANT, déjeuner qui se fait tard et sert de dîner. - -DÉJOUQUER, déjucher. On l'emploie aussi comme synonyme de _faire lever_ -un paresseux qui est au lit. - -DÉKERPILLER. Voy. _Décarpiller_. - -DEL', de la. P. - -DÉLACHER, délacer. P. - -DÉLICOTÉ, débarrassé de son licou. P. H.-N. - -DÉLOQUETÉ, déguenillé. P. - -DÉLURÉ, vif, hardi. Ex.: C'est un enfant _déluré_ pour son âge. B.-N. P. - -DEMANDER APRÈS QUELQU'UN, demander quelqu'un. - -DÉMAQUER, vomir. P. - -DÉMARER, partir, sortir. B.-N. P. H.-N. - -DEMAUNE, demi-aune. - -DÉMENCE (tomber en), tomber en ruines. B.-N. - -DEMENTER DE (se), s'occuper de. H.-N. - -DÉMENTIBULER, démonter, casser. P. - -DÉMETTRE UN MEMBRE (se), se luxer. H.-N. - -DEMEURE, habitation sans dépendances, où il y a seulement une ou deux -pièces pour _demeurer_. - -DEMEURÉ, paralysé. H.-N. - -DEMIANNE, demi-aune. - -DEMIARD, quart de _chopine_. H.-N. - -DEMI-GROS, quatre muids. Les aubergistes de Dieppe ont l'habitude -d'acheter leur cidre au _demi-gros_; et, en dépit de toutes les lois sur -les nouvelles mesures, ils ne consentent à se livrer dans le pays de -Bray que dans des pièces frauduleuses qu'ils nomment _tierçons_. - -DEMI-HEURE, douze heures et demie. H.-N. - -DEMION, deux _demiards_. H.-N. - -DEMOISELLE, petite viellote de blé ou autres céréales. B.-N. - -DÉMONTER, impatienter. P. - -DÉMUCHER, découvrir. P. - -DÉNOQUER (se), se développer; en parlant des enfants qui grandissent. -H.-N. - -DÉPATICHER, défricher un _pâtis_ pour le mettre en culture. - -DÉPENDEUX D'ANDOUILLES (grand), homme mince et grand, se tenant mal. P. - -DÉPENSE, lieu où l'on serre le laitage. P. - -DÉPERSUADER, dissuader. - -DÉPIAUCER, écorcher. - -DÉPICHER, démonter, détruire, découdre. Ex.: _Dépichez_ cette redingote -pour en faire un habit-veste. H.-N. - -DÉPITER, défier. B.-N. - -DÉPORTER DE SA PAROLE (se), se dédire. P. - -DÉPOTER, tirer le cidre que contient un tonneau. P. H.-N. - -DÉPOTEUX, grosse _chanpleure_ en cuivre qui sert à tirer le cidre dans -des seaux. - -DÉPOTEYER, tirer du cidre d'un tonneau pour le mettre dans un autre. -Vient probablement de l'ancien usage de tirer le cidre ou le vin dans un -pot pour l'emporter. - -DÉRACHINER, déraciner. - -DÉRAIN, dernier. P. B.-N. - -DÉRAQUER, tirer d'un bourbier, d'un mauvais pas. H.-N. - -DERLINDER, agiter une clochette. - -DERRIÈRE (en), en cachette. P. - -DERRIÈRE (faire du), dépenser en secret, tromper ses maîtres. - -DÉRUNNÉ, atteint de diarrhée. - -DÉS, des. - -DÉSAILLÉS (habits), hardes usées. H.-N. - -DÉSARGENTÉ (être), n'avoir plus d'argent. P. - -DESCENTE, hernie. H.-N. - -DÉSHABILLER. Voy. _Dépiaucer_. - -DÉSIGNALEMENT, signalement. H.-N. - -DÉSORCELÉ, désensorcelé. - -DESSAISONNER, changer l'assolement d'une pièce de terre. H.-N. - -DESSAQUER, faire sortir d'un lieu. - -DESSAQUETER (se), quitter une place. P. - -DESSAQUETER, tirer d'un sac. - -DESSOLER. Voy. _Dessaisonner_. - -DESSOULER, cesser d'être soûl. H.-N. - -DESSOUS (personne en), dissimulée. - -DESSOUS (sens dessus), renversé, en désordre. - -DÉTEINDRE, éteindre. P. - -DÉTENTION D'URINE, rétention d'urine. H.-N. - -DÉTEURDRE, détordre. - -DÉTOMBIR (faire), mettre chauffer un liquide jusqu'à ce qu'il soit -tiède. - -DÉTOURBER, déranger, interrompre. Du latin _disturbare_. - -DÉTRIER, trier, choisir. P. Ce mot vient peut être du latin _trahere -de_, tirer de. - -DEUILER, souffrir, languir. H.-N. Du latin _dolere_. - -DEUSSE, deux. P. - -DEUX-SOU (un), pièce de dix centimes. - -DEVALLER, descendre. P. - -DEVANCHER, devancer. P. - -DEVANT QUE, avant que. P. - -DEVENIR (bien ou mal se), se développer. En parlant d'un enfant ou d'un -animal. B.-N. - -DÉVISAGER, regarder quelqu'un fixement, d'une manière importune. H.-N. - -D'HEURE, de bonne heure. Ex.: Il n'est pas d'_heure_, c'est-à-dire: Il -est tard. - -DIA, mot dont les charretiers se servent pour faire aller les chevaux à -gauche; c'est le contraire de _huot_. P. Un docteur a prétendu que -Balaam s'était servi du mot _dia_, pour faire avancer son ânesse qui -s'appelait _Logos_. Comme la pauvre bête se mit alors à parler à son -maître, qui la maltraitait, notre docteur a été assez heureux pour -trouver là l'étymologie du mot Dialogue, _discours à deux_. - -DIABLE (bon ou mauvais), bon ou mauvais garçon. - -DIABLE (bran de), _assa fetida_. Ainsi nommé à cause de sa mauvaise -odeur. - -DIANTRE! diable! - -DIEU PLAIT (si), s'il plaît à Dieu. - -DIGONNER, importuner, travailler lentement. P. H.-N. - -DIGUER, piquer. B.-N. - -DIGUET, bâton pointu, long de 50 à 60 centimètres, qui sert à ramasser -le blé pour l'engerber. - -DINDE (un), une dinde. - -DINDE (grande), femme de haute taille; terme de mépris. P. - -DINDOT, dindon. - -DIO, Voy. _Dia_. - -DIOT, idiot, simple. H.-N. - -DIOTISE, bêtise, simplicité. H.-N. - -DISCOMPTE, escompte. H.-N. - -DISCOMPTER, escompter. H.-N. - -DISCRÉDITÉ, décrédité. - -DISPUTER, gronder, être en colère. B.-N. - -DIZIAU, dizeau, réunion de dix gerbes. - -D'L', de, de la. - -DODO, lit. P. Espèce de camisole. - -DODO (faire), dormir. - -DOGUE, patience, plante. - -DOLER, équarrir, préparer le bois avec une hache ou autre instrument -tranchant. - -DORÉE, tartine couverte de beurre, de fromage, de confitures, etc. B.-N. - -DORER, étendre une pâte quelconque sur un objet. - -DORLOTER, traiter, élever un enfant avec soin. P. - -DORMEUSE, coiffure de femme. La _dormeuse_ se distingue du _pierrot_, en -ce qu'elle ne se prolonge point en arrière et qu'on la noue sous le -menton. - -DOSSES, premières planches de l'arbre où se trouve l'aubier et -quelquefois une portion d'écorce. - -DOUCHE, douce. - -DOUCHEUR, douceur. - -DOUCHINER, entourer de petits soins. H.-N. - -DOUILLE, rossée. P. - -DOUILLER, battre. P. - -DOULIANT, douloureux, sensible. - -DOUTANCE, doute. P. - -DOUX-LEVÉ (pain), dont la pâte n'a pas suffisamment levé et dont la -croûte forme des espèces de cloches. P. - -DRAGIE, mélange de vesce et d'avoine qu'on sème au printemps. - -DRAGIES, dragées. - -DRAME, prise; en anglais, le mot _dram_ signifie _petite quantité_. - -DRAMER, priser, aspirer par le nez. - -DRÉCHER, dresser. P. - -DRÈS, DRÈS QUE, dès, dès que. - -DRET, droit. P. - -DRET (tout), justement. - -DRET DE (au), vis-à-vis. H.-N. - -DRET-NOEUD, double noeud. B.-N. - -DRIAN, DRIEN, Adrien. - -DROGUE, mauvaise marchandise. - -DROGUER, attendre longtemps. P. B.-N. - -DROLESSE, femme hardie. H.-N. - -DROUILLE, boue, sauce trop claire. - -DRUIRE; en parlant des oiseaux qui commencent à avoir des plumes. - -D'S', des, devant une voyelle. - -DU DEPUIS, DU DEPUIS QUE, depuis, depuis que. H.-N. - -DUIRE, corriger, réformer; du latin _ducere_, conduire. P. - -DUMET, duvet. B.-N. - -DURANT QUE, pendant que. - - - E - -EAU (lâcher de l'), pisser. - -ÉBAQUER, effondrer. - -ÉBERDOUILLER, écraser entièrement. - -ÉBERLUCHER, élever. Ex.: Voilà ses enfants _éberluchés_. - -ÉBERNER, nettoyer les vêtements d'un enfant _berneux_. P. - -ÉBLAIRER, regarder avec une sotte curiosité ce que font les autres. - -ÉBLUER, éblouir. En parlant d'un enfant qui trouve moyen de s'échapper -sans être vu, on dira: Il a _éblué_ sa mère. - -ÉBOUILLI, très-échauffé. - -ÉBRANCAGES, branches coupées en _ébranquant_. - -ÉBRANQUER, ébrancher. - -ÉBREUILLER, écraser, faire sorter les _breuilles_. - -ÉBRITER, ébruiter, faire connaître. - -ÉBROUER, renvoyer, chasser, effrayer. - -ÉCABOCHER, donner un coup à la tête. P. - -ÉCAILLER, chasser, renvoyer. Ex.: _Écaillez_ donc ces gamins-là. - -ÉCALES, cosses de pois, de fèves, etc. - -ÉCALER, écosser, écorcher un bouton. P. - -ÉCALIFOTER, retirer des noisettes de l'enveloppe membraneuse qui les -recouvre en partie. - -ÉCALUER, ramasser les cailloux d'une pièce de terre. - -ÉCARBOUILLÉ, éveillé, vif. P. - -ÉCARBOUILLER, étendre la braise et les charbons de l'âtre pour mieux se -chauffer. - -ÉCARBOUILLER (s'). En parlant du temps qui devient moins mauvais, on dit -qu'il s'_écarbouille_. - -ÉCARDONNER, arracher les _cardons_ d'un champ. P. - -ÉCARDONNETTE, chardonneret. Ce mot semble tout-à-fait indiquer l'action -de cet oiseau lorsqu'il _écardonne_, c'est-à-dire lorsqu'il tire la -graine du chardon pour en faire sa nourriture. - -ÉCARPILLER, démêler, diviser des flocons de laine, de crin, etc. - -ÉCART (faux). On donne ce nom à diverses maladies des chevaux, notamment -à la tension des tendons. - -ÉCAUDER, échauder. - -ÉCAUFFER, échauffer. - -ÉCHANGER, laver le linge avant de le mettre à la lessive. H.-N. - -ÉCHARPE, écharde. - -ÉCHAUFFÉ (homme), gai; état voisin de l'ivresse. - -ÉCHENAILLER. Voy. _Chenailler_. - -ÉCHERTER, couper les rouces et les branches inutiles au pied d'une haie -ou dans un bois. Semble venir de _exarare_, défricher, piocher, -essarter. - -ÉCHETER, éparpiller. - -ÉCHIGNÉ, fatigué. - -ÉCHIGNER (s') s'exténuer. - -ÉCHIMER, essaimer. - -ÉCLAQUER A RIRE (s'), se prendre soudainement a rire très-fort. - -ÉCLATER DE RIRE, rire très-fort. H.-N. - -ÉCLÉYER (s'), se dit d'une cuve ou d'un tonneau dont les douves se -disjoignent par suite de la chaleur. P. - -ÉCLIPPER, éclabousser. B.-N. - -ÉCLOPPÉ, un peu malade. - -ÉCOEURÉ (bois), bois auquel on a enlevé l'aubier. - -ÉCOLAGE, rétribution due au maître d'école. P. - -ÉCONDIRE, nier ce que dit une personne; _dire contre_. - -ÉCORCHE, écorce. P. - -ÉCORCHEUX, écorcheur. P. - -ÉCORER, étayer. - -ÉCORER (s'), employer toutes ses forces à une chose. - -ÉCORNIFLEUX, écornifleur. - -ÉCOSSIN, demi-botte de foin ou de paille. En Bourgogne, on désigne sous -le nom d'_écoussei_ les batteurs en grange. - -ÉCOSSINS, bottes de paille formées des tiges de blé qui ne sont point -propres à faire des gerbées. - -ÉCOUCHER, briser le chanvre ou le lin. P. - -ÉCOUPLER, retrancher le _couplet_ d'un arbre. H.-N. - -ÉCOURTER, couper la queue. - -ÉCRABOUILLER, écraser. B.-N. - -ÉCRAMER, écrémer. P. - -ÉCRÉVICHE, écrevisse. P. - -ÉCUEILLIR (s'), prendre son élan pour sauter. H.-N. - -ED', de. P. - -EDPIS, depuis. P. - -EDSOUS, dessous. P. - -EFFONDRÉE, effrondrement. - -EFFOUQUER, effaroucher. H.-N. - -EFFOUTAILLER, chasser, effrayer. - -EFFRONTER, intimider une personne pour lui faire avouer la vérité. - -EFFROUER, émietter. P. - -ÉGALIR, unir, aplanir. P. - -ÉGASILLER (s'), écarter les jambes. - -EGNIME, énigme. - -ÉGOHIN, petite scie à l'usage des greffeurs. - -ÉGOSILLER (s'), s'user le gosier à force de crier. B.-N. - -ÉGRAFIGNER, égratigner. P. - -ÉGROULER, écrouler. H.-N. - -ÉGUEULER, casser le haut d'un vase. P. - -ÉHOUPPER, battre le bout des épis d'une gerbe sans la délier. P. Enlever -la _fleurette_ dès qu'elle est formée sur le lait. - -EJ', je. P. - -ÉKELLE, échelle. P. - -EL, le, la. P. - -ELÇON, leçon. - -ÉLINGOIRE, fronde. - -ÉLINGUÉ, élancé, grand, fluet. - -ÉLINGUER, lancer. P. Se dit surtout d'une pierre lancée avec une fronde -ou d'une pomme avec un bâton pointu. - -ÉLISA, Élisabeth. - -ÉLUGEMENT, tracas, bruit étourdissant. - -ÉLUGER, contrarier, ennuyer par ses paroles ou le bruit qu'on fait. - -EM', ma, me. P. - -ÉMAGLER, écraser un fruit. - -EMBAGUEMENT, action d'_embaguer_. - -EMBAGUER, faire les achats de bagues et autres joyaux pour une personne -avec laquelle on est sur le point de se marier. - -EMBARBOUILLER, barbouiller, salir; embrouiller. - -EMBARQUÉ, se dit d'un cheval ou autre animal qui a pris trop de -nourriture. - -EMBARRAS (faire ses), faire l'important. H.-N. - -EMBERLIFICOTER, habiller d'une manière incommode et ridicule. B.-N. -Séduire par des paroles trompeuses. P. - -EMBERNÉQUER, salir, encombrer, couvrir. - -EMBLAYER, embarrasser, emplir un vase ou un appartement. P. - -EMBOUCHÉ (mal), qui tient des propos grossiers. H.-N. - -EMBRACHER, embrasser. - -EMBRÊLER, mettre la _bricole_ à une vache. - -EMBRICOLER, Voy. _Embrêler_. - -ÉMEUCHER, épointer. - -ÉMILER, émier, rendre menu comme la graine de mil. - -EMN', mon, ma, devant une voyelle. P. Voy. _Man_. - -ÉMOUQUER, chasser les mouches. P. - -ÉMOUQUET, nom par lequel on désigne les petits oiseaux de proie, tels -que l'obereau, l'épervier, etc. - -ÉMOUSTILLER, rendre de bonne humeur. P. - -ÉMOUTURAGE, produit que le meunier retire des grains portés au moulin. - -ÉMOUTURER, se dit du grain que prend le meunier pour se payer en nature -des droits qui lui sont dus par ceux qui font moudre à son moulin. - -EMPALER, rendre noir. - -EMPATÉ (coq), auquel on donne la pâtée. - -EMPLIR, laisser pénétrer de l'eau dans ses chaussures en marchant dans -des chemins boueux. - -EMPOISONNER, puer. Ex.: Cette viande _empoisonne_. - -EMPUANTER, empuantir. - -EMPUNANTER, remplir de mauvaises herbes. Ex.: Ce champ est _empunanté_ -d'ivrate. - -ÉMUTION, émotion. H.-N. - -EMBOISSONNER (s'), s'enivrer habituellement. - -ENCAGNOLER, mettre une _cagnole_ airs porcs pour les empêcher de passer -à travers les haies. - -ENCARCANER, mettre un _carcan_. H.-N. - -ENCARVALLER, mettre à califourchon. - -ENCAUCHUMER, imprégner le blé d'eau de chaux avant de le semer. - -ENCHAULER, ENCHAUSUMER. Voy. _Encauchumer_. - -ENCHIFRENÉ (n'être pas), avoir de l'esprit, trouver de fines reparties. - -ENCLUMME, enclume. - -ENCONTRE, contre. B.-N. - -ENCONTRE (à l'), contre. - -ENCORSER, manger ou boire avec répugnance; se mettre _en corps_. Ex.: Il -n'a pu _encorser_ sa médecine. - -ENCRAPER, rendre crasseux. P. - -ENCROUER, mettre dessus. B.-N. - -EN DESSOUS (personne), sournoise. P. - -ENDÉVER (faire), contrarier, harceler. P. H.-N. - -ENDIGUER, percer un objet avec une aiguille, une alêne. - -ENDIMANCHÉ, vêtu de ses habits du dimanche. - -ENDIZELER, mettre en dizeau. P. - -ENDOS, terre labourée un peu en dos d'âne pour faciliter l'égoût de -l'eau dans les sillons qui se trouvent de chaque côté. - -ENDURANT, patient. H.-N. - -ENDURANT (mal), sans patience. - -ENFÉNOUILLÉ, enveloppé, enfoncé dans. Ex.: _Enfénouillez_ bien vos pieds -dans le foin pour ne point avoir froid. - -ENFÉRONNER, passer un _féron_ dans le nez des porcs pour les empêcher de -remuer la terre, avec leur grouin, dans les herbages. - -ENFILOQUER (s'), en parlant des céréales dont la tige pousse trop menue, -comme si l'on disait pousser en forme _de fil_. H.-N. - -ENFIQUER, ficher en terre. P. Dans un compte des dépenses faites pour -les vignes de l'archevêque de Rouen, en 1409-1410, on trouve une somme -pour _deffiquer_ et _fiquer_ les échalas (_Etudes sur la condition de la -classe agricole_, par M. L. Delisle, pag. 453 et 460). - -ENFIQUES, branches sèches propres a faire une haie. - -ENFISTOLER, habiller sans goût. - -ENGAGNE, contrariété, chagrin mêlé de haine. - -ENGAGNER, endêver. - -ENGAMBER, enjamber. P. - -ENGAVÉ, se dit d'une volaille dont la nourriture, prise en trop grande -quantité, ne digère point. - -ENGEOLER, tromper à l'aide de fausses promesses. P. H.-N. - -ENGUERBER, engerber, mettre en gerbe. - -ENGUEULER, dire des injures. P. - -ENGUEUSER, tromper par de belles paroles. H.-N. P. - -ENHAIR, toucher les oeufs, les petits, ou seulement le nid d'un oiseau, -de manière à en éloigner le père et la mère, et les porter à _haïr_ leur -nid, parce qu'il a été dérangé. - -ENHEULIER, administrer le sacrement de l'extrême-onction, oindre -d'_huile_ bénite. - -ENHOQUE, accroc. H.-N. - -ENHOQUER, accrocher. - -ENHUI, aujourd'hui. P. Voy. _Anuit_. - -ENLICOTER, mettre un licou. - -ENMITOUFFLER (s'). Voy. _Amitouffler_. P. - -ENNERSÉ, se dit du feu qui brûle bien. P. On le dit aussi d'un chien -irrité contre un animal: On l'a _ennersé_ contre cette vache. - -ENPAROLÉ (mal), qui dit de mauvaises paroles; _mal en paroles_. - -ENPÊQUÉ (cheval), pris dans ses traits. - -ENPRÈS (d'), auprès. H.-N. - -ENRAQUÉ, embourbé. P. - -ENRAYER, faire le premier sillon; placer une perche à une voiture, de -manière à empêcher la roue de tourner. On usait fréquemment de ce moyen, -il y a une trentaine d'années, dans les temps de gelée et dans les -descentes, pour empêcher les voitures de forcer les chevaux; mais, -depuis cette époque, on a inventé un mécanisme fort simple, beaucoup -plus propre à éviter les accidents. Voy. _Mécanique_. - -ENROUTER, mettre en chemin. - -ENSAYER, essayer. - -ENTAME, premier morceau d'un pain. - -ENTENONNER, fixer une pièce de bois à une autre au moyen d'un tenon ou -d'une mortaise. - -ENTENTE, jugement, intelligence. Ex.: Cet enfant a de l'_entente_. B.-N. - -ENTENTION, attention, prévenance. H.-N. - -ENTÊTER, donner le mal de tête. Ex.: L'odeur des fleurs m'_entête_. -H.-N. - -ENTINCHER, exciter, surtout par gestes, à jouer ou à plaisanter. - -ENTIQUE, manière, moyen de réussir. Ex.: Il ne pouvait d'abord ouvrir la -porte, mais il connaît maintenant l'_entique_. - -ENTIQUER, jeter dans, adresser. - -ENTOMBI, engourdi. - -ENTOMMI. Voy. _Entombi_. - -ENTONNER (s') en parlant du vent qui souffle par une avenue, une fenêtre -ou une porte ouverte. H.-N. - -ENTORTILLER. Voy. _Engeoler_. P. - -ENTOUR, autour. H.-N. - -ENTREBAYER, entr'ouvrir. - -ENTRE-DEUX (l'), l'espace qui sépare deux choses. - -ENVALOIRE, partie du harnais qui sert aux chevaux pour retenir la -voiture dans les descentes. - -ENVELIMER, envenimer. - -ENVIER, envoyer. B.-N. - -ENVOICHE (que je m'), que je m'en aille. P. - -ENVOLÉ, aventurier, étranger dont on ignore l'origine. - -ÉPALER, mettre à part le lait d'une vache pour savoir combien elle -produit de beurre chaque semaine. - -ÉPANDRE, éparpiller. Ce mot est très-ancien. - -ÉPANI, épanoui. P. - -ÉPARTILLER, éparpiller. - -ÉPARTIR, éparpiller. H.-N. On se servait anciennement du verbe ESPARTIR -pour signifier _partager_, _diviser_, etc. - -ÉPAULÉE, charge de bois qu'un homme peut porter sur son épaule. - -ÉPEQUE, épeiche. - -ÉPERSINGLER, frapper dans l'eau pour mouiller ceux qui en sont -rapprochés. - -ÉPEUTER, effrayer. P. - -ÉPINE, alépine; étoffe de laine et de soie ainsi nommée parce qu'on la -fabrique surtout à Alep. - -ÉPINGUET, petite branche au bout de laquelle se trouve une épingle -courbée pour atteindre les oiseaux qui nichent dans les creux d'arbre. - -ÉPLÉTANT (travail), qui se fait vite. H.-N. - -ÉPLÉTER, travailler vite. H.-N. - -ÉPLÉTEUX, espèce d'homme de paille qu'on plaçait, pendant la nuit, dans -le champ de blé des moissonneurs en retard. Cet usage existait encore il -y a une trentaine d'années. C'était un aide qu'on accordait aux -retardataires. - -ÉPLINGUER, éclabousser. - -ÉPLUQUER, éplucher. P. - -ÉPORTÉ (objet), qui n'est plus neuf, qui a _été porté_. - -ÉPOUFFÉ, essoufflé. H.-N. - -ÉPREVIER, épervier; sorte de filet qui sert à prendre le poisson. - -ÉPROUVEUX, qui fait des épreuves en agriculture ou autrement. - -ÉQUELETTES, espèce de grands crochets en bois que l'on place de chaque -côté d'un chenal pour y accrocher des bourrées dans les forêts. H.-N. - -ÉRAIGNE, gobe-mouche. Ainsi nommé, parce qu'il se sert de toiles -d'araignée pour faire son nid. - -ÉRÉGNIE, araignée. - -ÉREINTÉ (couteau), dont le ressort est cassé ou le clou principal -ébranlé. - -ERNÉ, éreinté, qui marche difficilement comme atteint d'une hernie. -B.-N. - -ERRHES, arrhes. P. - -ES', sa; devant une consonne. P. - -ESCALIERS. Voy. _Bers_. - -ESCARTS (faire des), en parlant d'un cheval difficile qui se cabre et -gambade. - -ESCLANDE, esclandre. - -ESCOFIER, tuer. B.-N. P. - -ESCOUDET (coup d'), coup de coude. H.-N. - -ESCOUER, secouer. - -ESCOUETTE, crins réunis autour d'une poignée, dont on se sert pour -chasser les mouches qui incommodent les chevaux, et pour faire partir la -poussière qui s'attache au poil. - -ESCOUSSE, secousse. - -ÉSEULÉ, isolé. H.-N. - -ESN', son, sa; devant une voyelle. P. - -ESPÉRER, attendre. Ex.: Allez faire votre commission, je vais vous -_espérer_. H.-N. P. - -ESQUELETTE, squelette. H.-N. - -ESSAVER, écorcher légèrement. B.-N. - -ESSI, essieu. - -ESSOMMELER, effrayer. - -ESSOUDRE, soulever. B.-N. - -ESTAFIER, homme maigre et de petite taille. Se prend toujours en -mauvaise part. - -ESTATUE, statue. H.-N. - -EST-CHE? est-ce? - -ESTOMAC (mettre dans son), en parlant d'une personne qui place quelque -chose entre sa chemise et sa poitrine. H.-N. - -ESTOMAQUER (s'), se donner beaucoup de peine pour chanter fort ou pour -faire comprendre une chose. H.-N. - -ESTRAMONTADE (perdre l'), perdre la tramontane. - -ET', ta; devant une consonne. P. - -ÉTABLIR (s'), se marier. H.-N. - -ÉTAMPER, mettre son nom ou ses initiales sur un meuble ou un animal, -avec un fer rouge ou du goudron. - -ÉTAMPI, couché, placé à terre. En Picardie, ce mot signifie: _Debout_, -_dressé_. - -ÉTANPER, égaler, rendre de même poids ou de même volume. Nous trouvons -cette expression dès le XIIIe siècle. L'architecte Villard de -Honnecourt, après avoir indiqué quatre sortes de plantes qui entrent -dans l'ordonnance d'un remède pour les blessures, ajoute: _Estanpès ces. -iiij. erbes, si qu'il n'i ait nient plus de l'une que de l'autre (Notice -sur l'album de Villard de Honnecourt_, par M. Jules Quicherat, page -57.--_Revue archéologique_, 6me année). - -ÉTAU, cépée ou arbre coupé à quelque distance de la terre. - -ÉTAUX, chaume qui reste quand les céréales sont sciées ou fauchées. -B.-N. - -ÈTE, être. - -ÉTELÈ, étoilé. - -ETN', ton, ta; devant une voyelle. P. - -ÉTERNIR, étendre la litière des bestiaux. Du latin _sternere_. - -ÊTES, êtres. - -ÉTÊTER. Voy. _Écoupler_. H.-N. - -ÉTIBO, esquisse de bois. H.-N. - -ÉTIMER, étamer. - -ÉTOC. Voy. _Etau_. Le mot _estoc_ était fréquemment employé au -moyen-âge. - -ÉTOFFÉ (vêtement), ample. H.-N. - -ÉTOQUER (s'). V. _S'écorer_. - -ÉTORER, fournir. Voy. _Anger_. - -ETOUPÉE, porte qui bouche l'entrée d'un four. H.-N. - -ETOURNIAU, étourneau. - -ETOUT, aussi; vient peut-être du latin etiam. P. - -ETRAMILLER, éparpiller. B.-N. - -ETREUNES, étrennes. - -ETRIQUER, se dit d'un vêtement trop serré, à travers lequel les os se -dessinent, _étriquent_. - -ETRONGNÉ (habit), trop court. B.-N. - -EUCHE, espèce de clé qui traverse le bout de l'essieu afin d'empêcher la -roue de se dépasser. Depuis les nouvelles lois sur la police du roulage, -l'_euche_ a été remplacée par un écrou. - -EVILLÉ, EVILLOTÉ (enfant), espiègle. H.-N. - -EVITER, épargner. Ex.: _Evitez_-moi la peine de sortir. - -EXCUSE (demander), demander pardon, faire ses excuses. - -EXEMPLE DE (imiter l'), suivre l'exemple de. On imite un exemple -d'écriture. - -EXTERMINER, rouer de coups. P. - - - F - -FABRIQUE (être de la), membre du conseil de fabrique d'une église. - -FACHON, façon. P. - -FACHONS ou FAÇONS (faire des), ne pas vouloir accepter ce que l'on offre -dans un repas, quoiqu'on ait besoin de manger ou de boire. - -FAGOTÉ (mal), habillé d'une manière disgracieuse. H.-N. - -FAGOTS (conter des), rapporter de fausses histoires. - -FAIGNANT, fainéant. P. H.-N. - -FAILLIR, manquer de courage; tomber de faiblesse. Ex.: Le coeur me -_faillit_. - -FAIN, foin. - -FAIS, fois; foie. - -FAISELLE, lieu où l'on presse les pommes pilées, pour obtenir le cidre. -H.-N. - -FAISELLIER, petite _faiselle_ sur laquelle on met le fromage en presse. - -FALBALAS, objets de toilette, tels que robes, bonnets, rubans, etc. A -proprement parler, ce mot est employé pour désigner l'ensemble d'une -toilette recherchée, et non pour indiquer le _falbala_ qu'on appelle -aujourd'hui _volant_. L'etymologie de _falbala_ a été l'objet de bien -des recherches. «On rapporte, dit Charles Nodier, qu'un prince fort -spirituel du XVIIIe siècle a inventé le nom de _falbala_...... Il -visitait une boutique de modes si bien assortie, qu'on ne pensait pas -qu'il y manquât rien de tous les éléments d'une toilette élégante. -Décidé à pousser à bout l'imperturbable assurance de la marchande, qui -était probablement jolie, il forgea dans sa tête le mot le plus bizarre -qu'il lui fut possible de trouver, et demanda des _falbalas_. Elle se -hâta de lui présenter cette garniture de robe qui a pris depuis le nom -de volant, à cause de sa légèreté, et qui se divisait alors par le bas -en pointes légères et flottantes» (_Notions de Linguistique_, chap. XI, -note J). Suivant le _Dictionnaire de Trévoux_, l'inventeur du mot serait -M. de Langlée qui aurait dit à la marchande que cela s'appelait ainsi à -la cour. A part ce petit conte, Leibnitz, Le Duchat et le président de -Brosse donnent pour origine au mot _falbala_ l'allemand _faldplat_, jupe -plissée. M. Hoffmann et M. Eloi Johanneau le dérivent de l'anglais -_furbelow_, mot composé qui signifie _fourrure en bas_. Boiste et -Napoléon Landais le font venir du latin _flabella_, éventails, festons, -etc. (Voir l'_Essai sur le langage_, par M. A. Charma, p. 209 et 306). - -FAMELOTTE, petite femme. - -FAMEUX, gros, important. Ex.: Voilà un _fameux_ fruit. - -FAMINNE, famine. - -FANCHON, Françoise. - -FANGES, fanes de pommes de terre et des autres plantes légumineuses. - -FAQUIN, élégant, habillé avec prétention. P. B.-N. - -FARAUD, élégant, qui aime à être bien mis. P. B.-N. - -FARCE, farceur. Ex.: C'est un homme _farce_. - -FARFOUILLER, chercher en remuant sans précaution. P. - -FAUCHILLE, faucille. - -FAS, faux, instrument pour faucher. - -FAUDE, lieu où se fait le charbon de bois. - -FAUQUER, faucher. - -FAUQUET (faire le), donner un croc-en-jambe. B.-N. - -FAUQUEUX, faucheur. - -FAUT (personne comme il), personne honnête. - -FAVAS, tiges de fèves dont on a retiré le grain. B.-N. - -FEMELLE, femme; souvent en mauvaise part. H.-N. - -FENER, faner. - -FENTE, terrain qui reste à labourer entre deux _endos_. - -FERDAINES, fredaines. - -FERLATÉ, frelaté. - -FERLÉE, gelée blanche, frimas. - -FERLOQUÉS (habits). Voy. _Désaillés_. - -FERLUQUET, freluquet. - -FERMILLE, fourmi. - -FÉRON, fil de laiton. - -FERTILLER, fretiller. - -FERTIN, fretin. - -FESSU (n'être pas bien), être souffrant et malade. - -FÉTE, faîte, toit. - -FEUILLU, garni de feuilles. P. - -FEUMIÈRE. On désigne sous ce nom la fumée qu'on voit sortir du _tuet_. - -FEUNNER, faner. - -FEURRE, paille. On dit une botte de _feurre_, comme on dit une botte de -foin. P. B.-N. - -FÈVES (grosses), fèves de marais. H.-N. - -FICHANT (c'est), c'est contrariant. P. B.-N. - -FICHELLE, ficelle. - -FICHER, donner. H.-N. P. - -FICHER (s'en), s'en moquer. P. - -FICHER LE CAMP, s'en aller. - -FICHU, perdu, condamné. B.-N. P. - -FICH'TRE! juron; exclamation de surprise. H.-N. - -FIEFFÉ (menteur, voleur), qui a l'habitude de mentir ou de voler. H.-N. - -FIENS, fumier, de _fiente_. Il est souvent question de _fiens_ dans les -conventions du moyen-âge. - -FIER, irascible, _fameux_. P. - -FIERCIR (se), se mettre en colère. - -FIÈREMENT, beaucoup. P. - -FIÉRIR (se), se mettre en colère. - -FIÉROT, un peu _fier_. P. H.-N. - -FIEUX, fils. - -FIÈVES (avoir, trembler les), avoir une fièvre intermittente. - -FIGNOLER, s'habiller avec recherche. H.-N. P. - -FIGNOLEUX, élégant. B.-N. - -FIL (avoir le), s'y bien prendre pour réussir. - -FILER, FILER DE BAS, s'échapper furtivement. P. - -FILLOLE, filleule. P. - -FILLOT, filleul. P. - -FIN. Mot explétif qui se met devant un adjectif ou un nom, pour lui -donner plus de force. Ex.: Il est tombé au _fin_ fond de l'eau.--Il est -_fin_ bête.--J'en veux tout _fin_ plein ma bouteille. H.-N. P. - -FIN (à celle), à cette fin. H.-N. - -FIN-FOND (au), tout au fond. - -FINI. Adjectif qui se joint à certains mots pour en renforcer le sens. -Ex.: C'est une canaille _finie_. H.-N. - -FINITE, finie. Ex.: Ma tâche est _finite_. - -FINOIN, poire à manger, excellente. - -FION (avoir le), s'y prendre adroitement pour réussir dans un jeu ou un -ouvrage des mains. B.-N. P. - -FION (donner le coup de), finir un ouvrage, le polir. B.-N. P. - -FISÉE, poire dont on fait des confitures. - -FISÉE, petits éclats de bois enduits d'argile, qu'on place en travers -sur les solives pour recevoir l'aire d'un grenier en terre. H.-N. - -FISQUER, fixer, regarder. B.-N. - -FISSIAU, bâton transversal du bas d'une chaise; de _fuseau_. - -FIXER QUELQU'UN, arrêter ses regards sur une personne. - -FLABIN. Voy. _Contepet_. H.-N. - -FLAINDRE, reculer, ne pas aller franchement. B.-N. - -FLAINDRE DU PIED, l'appuyer légèrement et avec précaution, de peur de se -blesser. - -FLAIR, mauvaise odeur. Ex.: Cette viande a du _flair_. P. - -FLAIS, fléau a battre le blé. - -FLAMBE, flamme. P. - -FLAMMER, ouvrir un abcès au moyen d'une flamme. H.-N. - -FLAMEUCHE, flammèche. - -FLANÉE, causerie familière. - -FLANIER, qui aime à aller chez les voisins pour apprendre les nouvelles. - -FLANQUET, portion du bas de la chemise qui est fendue de chaque côté. -H.-N. - -FLAQUET, petite flaque d'eau. H.-N. - -FLANQUETTE (à la bonne), sans cérémonie, tout bonnement. P. - -FLATTER, dénoncer pour faire reprendre ou punir. - -FLATTEUX, qui flatte. - -FLAUDRÉE, rossée. - -FLAUDRER, rosser. - -FLÉCHIR, dégeler légèrement. - -FLEUR-DE-MAI, pomme à couteau; précoce. - -FLEURS D'ORAGE, petits nuages agglomérés qui annoncent l'orage. - -FLEURETTE, crême excellente qu'on recueille après douze heures de séjour -du lait dans la terrine. H.-N. - -FLIGÉE (sauce), figée. On dit, en parlant d'une sauce claire et mal -faite: Celle-là ne _fligera_ pas sur le coeur. H.-N. - -FLIPE, punch au cidre; espèce de boisson composée de cidre, d'eau-de-vie -et de sucre, qu'on prend chaude; de l'anglais _flip_, cordial. B.-N. - -FLOBER. Voy. _Flaudrer_. P. - -FLORAISON, fleuraison. - -FLOTTE, espèce d'anneau plat qui se mettait entre la roue et l'_euche_, -avant que celle-ci fût remplacée par un écrou. - -FOIRE, faire. - -FOIRET, forêt. - -FOIREUX, qui a la foire. On dit aussi les _foireux_, en parlant de ceux -qui vont aux foires. - -FONÇU, objet creux et plus ou moins profond. H.-N. - -FONTANGE, large ruban de soie. - -FORBU (cheval), fourbu, qui ne peut continuer sa route, parce qu'on ne -lui a rien donné à manger, à un lieu où il a l'habitude de s'arrêter. On -dit aussi d'un homme qu'il a été _forbu_, quand on ne lui a rien offert -chez une personne où il s'attendait à dîner. - -FORCIR, se développer. Ex.: Cet arbre, ou cet enfant, _forcit_. H.-N. - -FORGES, forces qui servent à tondre les moutons. - -FORGIONS, habitants du canton de Forges. - -FORIÈRE, extrémité d'une pièce de terre sur laquelle les chevaux -tournent à chaque sillon, et qu'on laboure après coup. - -FORIÈRES, terres en friche le long des chemins, où les bergers mènent -paître les moutons. M. A. Le Prevost a trouvé ce mot dans une Charte de -HENRI II, en faveur de Bondeville. H.-N. On appelle aussi _forières_ les -chemins qui longent les herbages et les séparent des terres en labour. - -FORTUNÉ (homme), riche, qui a de la fortune. H.-N. - -FOUAILLER, fustiger. P. - -FOUÉE (faire une), mettre le feu à une brassée de bourrée. B.-N. - -FOULON, frelon. P. H.-N. - -FOURCÉE, portée d'un animal qui met bas; se dit surtout de la truie. - -FOURE, excrément, foire. B.-N. - -FOUREUX, qui a la _foure_. - -FOURQU, fourchu. - -FOURQUE, fourche, fourchet. Dans un acte de 1291, il est question d'une -_fourque à espandre_ le fumier. - -FOURQUEFILE, fourche à deux dents de fer, qui sert à donner les gerbes -au charretier qui charge une charrette ou un chariot. P. - -FOURQUET, entre-deux des jambes. On dit aussi le _fourque_. B.-N. - -FOURQUETTE, fourche de bois, à deux dents, qui sert pour faner. Dans un -acte de 1427, il est question de _service de fain, c'est assavoir le -tiers d'une_ FOURQUETE (_Etudes_, etc., par M. L. Delisle, p. 82). Il -s'agit probablement ici d'un _tiers de journée_ employé à faner. - -FOUTET (petit), petit garçon. P. - -FOUTINER, ne point avancer à son travail, s'amuser à des riens. - -FOUTINIER, qui s'agite beaucoup et fait peu de besogne. - -FOUTRE, donner. Ex.: Il m'a _foutu_ un coup de poing. Ce mot est regardé -comme grossier, ainsi que les trois suivants. - -FOUTRE! juron. - -FOUTRE LE CAMP, s'en aller. - -FOUTU, perdu sans ressource. - -FOYER (mouton), agneau d'un an, qui a été nourri dans les herbages. - -FRAIQUE, fraîche, mouillée. P. - -FRAIQUIR, fraîchir. - -FRAIS, mouillé par la pluie. P. - -FRAIS (suivre le), en parlant d'un chien qui suit la trace d'un lièvre -ou d'un autre animal, en respirant les miasmes qu'il a laissés sur son -passage. - -FRASE, fraise d'un animal. - -FRATRES, barbier. - -FRÊLER, fêler. - -FREMER, fermer. P. - -FRÉMIE, fourmi. H.-N. - -FRÉMILÈRE, fourmilière. - -FRÉMILLER, fourmiller. H.-N. - -FRÉMILLONS, petites fourmis. - -FRÉMIR. Commencer à bouillir. H.-N. - -FRÉREUX (cousin), cousin germain. H.-N. - -FREULÉE. V. _Flaudrée_. B.-N. - -FREULER, battre. B.-N. - -FRICHONNER, frissonner. - -FRICHONS, frissons. - -FRICOT, festin, et plus généralement toute espèce de met. Ex.: As-tu du -_fricot_ avec ton pain? P. - -FRICOTER, faire bombance. B.-N. P. - -FRIGOUSSE (faire), _fricoter_. - -FRIMOUSSE, visage. P. - -FRINNE, farine. - -FRIPPER (se), se frotter le dos dans ses habits quand on ressent quelque -démangeaison. - -FROMAGE MAU, fromage nouveau qu'on délaye dans la crème, tandis qu'il -est encore _mau_, mou. P. - -FROU-FROU (mamezelle). Nom qu'on donne à une fille qui _fait ses -embarras_. - -FU, feu. P. - -FUMELLE, femelle. H.-N. P. - -FUMER, être vexé. B.-N. - -FUNQUER (faire), mettre du bois sécher sur le feu, afin qu'il brûle -mieux. Se dit aussi d'une personne qu'on fait attendre. Ex.: Il m'a fait -_funquer_ sur le chemin, pendant une heure. - -FUNQUIÈRES, fougères. - -FURIEUSEMENT, beaucoup, extrêmement. P. - -FUROLE, feu follet qu'on aperçoit au commencement de l'hiver dans les -endroits marécageux. On assure que les _furoles_ se plaisent à égarer -les voyageurs; mais on dit qu'en mettant son couteau en terre, la pointe -en haut, la _furole_ vient danser dessus; et le voyageur a le temps de -reprendre son chemin. On ajoute que le couteau reste couvert du sang de -la _furole_. La foi aux absurdités débitées sur ces feux follets n'est -pas encore entièrement éteinte. En Picardie, on les appelle _fofu_, faux -feu. - -FUT, alla. Ex.: Il _fut_ trouver son ami. Il ne faut pas confondre les -temps du verbe ALLER avec ceux du verbe ÊTRE. Voici la remarque de M. -Lévi: «Dites _est allé_ toutes les fois que vous voulez exprimer -l'action de se transporter d'un lieu à un autre; dites _a été_ lorsque -votre intention est de marquer le séjour dans un lieu désigné. Il y a -entre ALLER et ÊTRE la même différence que entre le mouvement et le -repos.» (_Les Omnibus du langage_, 8me édit., page 5.) - -FUTEUX, fâcheux dans le boire et le manger. - - - G - -GABEGI, grabuge, désordre, perte. P. - -GABELOU, douanier; employé de la régie des contributions indirectes. P. - -GABILLER, gaspiller. - -GABRIET, Gabriel. - -GAFFÉE, morsure de chien. B.-N. - -GAFFER (faire), faire donner une _gaffée_. En espagnol, _gaffar_, -mordre. - -GAGNAGNE, gain, profit retiré de son travail. P. - -GAGNE-PAIN, celui qui soutient ses parents par son travail. P. On le dit -aussi du principal instrument d'un ouvrier. - -GAI, geai. P. - -GAI (porte du), porte du guet. On nomme ainsi une petite porte placée au -haut de la flèche des clochers. Au moyen-âge, les paysans suivaient -rarement leur seigneur à la guerre, mais ils étaient souvent requis pour -faire le guet, soit dans les châteaux-forts, soit dans les églises -transformées alors en forteresses. Les habitants des campagnes -commencèrent à se fortifier dans les églises en 1358 (_Etudes_, etc., -par M. L. Delisle, pages 101 et 643). Nous pensons voir là l'origine de -la dénomination de ces _portes du gai_, qui n'ont été conservées que -pour faciliter aux couvreurs le placement de leurs échelles, quand ils -travaillent à la réparation de la couverture des clochers. - -GAITER, regarder, guetter. - -GALAFRE, glouton. P. En espagnol, _golafre_. - -GALAPIAS, galopins. P. - -GALIBIER, polisson. P. Homme maigre et sans valeur. A la Guadeloupe, on -nomme _galibi_ les squelettes qu'on trouve dans le tuf calcaire. - -GALINÉE, ce que l'on peut porter de grain vanné dans les deux mains. - -GALLE, bouton sur la peau. H.-N. - -GALOP (donner un), réprimander fortement. H.-N. P. - -GAMBE, jambe. - -GAMBETTES, soutiens du linteau d'une cheminée. - -GAMBIER, traverse de bois suspendue à une corde, qui sert à accrocher -les animaux tués pour la boucherie, afin de les dépecer plus aisément. - -GANCIR (se). Se dit du bois resté trop longtemps à l'air et qui se -décompose par suite de l'humidité. - -GANDOLER (se), se balancer en marchant. - -GANNE, jaune. - -GANNET, renoncule âcre; à cause de sa fleur qui est _ganne_. - -GAQUÈRES, jachères. P. - -GARCHON, garçon. - -GARCHONNAILLES, réunion de garçons. - -GARCHONNIÈRE, fille de conduite équivoque, qui cherche la société des -garçons. P. - -GARDE-MESSIER, garde-champêtre, qui garde à la moisson; de _messis_. P. -Cette dénomination remonte au XIIIe siècle. - -GARDES, groseilles à grappes. - -GARDIER, groseiller. - -GARDIN, jardin; en anglais, _garden_. - -GARET, jarret. - -GARIR, guérir. P. - -GARSE. Ce mot, qui semblerait pouvoir être employé comme féminin de -_gars_, est toujours pris comme synonyme de fille de mauvaise vie. - -GAS, gars, garçon. Se prend ordinairement en mauvaise part. B.-N. - -GATE, jatte. P. - -GATÉE, contenu d'une jatte. P. - -GATELOT, petite jatte. P. - -GAUDAILLER, boire avec excès en disant des gaudrioles; du latin -_gaudere_, se réjouir. - -GAUDIAMUS, gaudrioles; de _gaudeamus_. - -GAU-GAU (à), a satiété. P. - -GAUGUES, grosses noix. P. - -GAUGUIER, noyer. P. - -GAVE. On désigne sous ce nom l'espèce de poche dans laquelle la -nourriture des oiseaux séjourne avant de passer dans l'estomac. P. - -GAVÉE (s'en donner une), prendre des aliments avec excès jusques à la -gorge. - -GAVELLE, javelle. On trouve le mot _gavella_ dans les actes du XIIIe -siècle. - -GAVELER (laisser), laisser longtemps en javelles. - -GENOUIL, genou; c'est le vieux mot français. - -GAVIAU, gosier des oiseaux. - -GÉANE, géante. - -GEIGNEUX, qui se plaint sans raison. - -GENTILHOMME, porc. En Picardie, on dit un _monsieur_; dans le Berry, -c'est un _noble_; les Normands disent un _vêtu-de-soie_; aux environs de -Cherbourg, on l'appelle un _monsieur de travail_. «C'est sans doute une -allusion satyrique, dit M. du Méril, faite par la classe des -travailleurs, à la vie oisive des gentilshommes et des habitants des -villes.» - -GERGON, jargon. P. - -GERGONER, quereller sans raison. - -GERNER, germer. - -GERNER (laisser), faire attendre longtemps après soi. Ex.: Il m'a laissé -_gerner_ une heure, en l'attendant. - -GERNOTTES, tubercules radicaux des raiponces, _bumium bulbocastanum_, -noix de terre. Quelques personnes les mangent, H.-N, B.-N. P. En -Bourgogne, cette plante est appelée _anote_ ou _arnote_. - -GEULU, gourmand. - -GIBLET, vrille. - -GIFFE. Voy. _Calotte_. P. - -GIFFLER, donner des _giffes_. P. - -GIGUES, longues jambes. - -GISIER, gésier. - -GLACHON, glaçon. - -GLACHANT (noeud), noeud coulant. - -GLAGEUX, glayeuls. - -GLANES (rebattre le _feurre_ de ses), répéter souvent la même chose; en -parlant d'un prédicateur, d'un avocat, etc., qui est obligé de faire des -redites pour ne point rester muet, semblable à celui qui donne de -nouveaux coups de fléau à ses glanes, afin de faire jaillir encore -quelques grains de froment. - -GLEUMER, en parlant du coucou qui mange les oeufs des autres oiseaux. On -le dit aussi des personnes qui mangent des oeufs crus, dans la pensée que -cela aide la voix et fait mieux chanter. - -GLINNES, excréments des poules; de _gallina_. En Picardie, les poules se -nomment _glaines_. Le lendemain d'une noce, en certains endroits, les -jeunes gens vont, munis d'une longue perche, chez les convives de la -veille et réclament des poules pour faire un second repas; ils appellent -cela _aller à glaines_. - -GLOU DE (être), être avare d'une chose; la donner difficilement. - -GLU, paille de seigle _gluée_ pour faire des liens. - -GLUAGE, action de _gluer_. - -GLUER, séparer les faibles tiges des gerbes de blé ou de seigle battu, -afin de réserver les plus fortes pour faire des liens ou des -couvertures. - -GLUIACHES, gerbées faites avec les _défourrures_. - -GNIAFE, savetier. P. - -GNOGNOTE (c'est de la), c'est une vétille, une menterie, etc. Le _gn_ se -prononce mouillé comme en espagnol. - -GOBE, grosse bouchée. - -GOBER. Fréquemment employé pour indiquer quelqu'un qui mange avec -avidité, surtout des fruits, tels que prunes, cerises, etc. - -GOBET, diminutif de _gobe_. - -GOBIER, sot. Ex.: Tais-toi, grand _gobier_. - -GOBITONS, petits morceaux d'étoffe, de pain, etc. H.-N. - -GOBLOT, gobelet. - -GOBLOTER, boire avec excès. - -GODARD, mari dont la femme est en couches. Selon M. Corblet, ce mot est -roman et signifie _un homme qui prend ses aises_. La signification qu'on -attache aujourd'hui à cette expression, viendrait alors de ce que, dans -plusieurs provinces, le mari d'une femme en couches se mettait au lit -pour recevoir les visites de ses parents, et prenait ainsi ses aises -pendant plusieurs jours. P. - -GODETS, cahots, secousses dans les ornières. - -GODICHE, ridicule, maladroit. B.-N. - -GOHÉE, éclat de rire. B.-N. - -GOINFRE, glouton. P. - -GORGETTE, ruban qui s'attachait de chaque côté du _pierrot_ et passait -sous le menton, afin de soutenir la coiffure. - -GOSILLOT, cartilage thyroïde. - -GOSSE, menterie pour rire. H.-N. P. - -GOSSER, mentir par plaisanterie. H.-N. P. - -GOSSEUX, qui _gosse_. P. - -GOT (entrer tout de), entrer brusquement, sans égard pour les personnes -au milieu desquelles on se présente. Il y a près de soixante-quinze ans, -le quai de l'Horloge, à Paris, fut élargi vers le pont. La chronique -cite, au sujet de ce travail, les rimes suivantes: - - Monsieur Turgot étant en charge, - Et trouvant ce quai trop peu large, - Y fit ajouter cette marge! - Passant qui passez _tout de got_, - Rendez grâce à monsieur Turgot. - - (_Journal de Rouen_, 4 mai 1852.) - -GOTON. Voy. _Margoton_. - -GOUAlLLER, railler, plaisanter. B.-N. P. - -GOUAILLEUX, qui _gouaille_. - -GOUGES (avoir les mains), engourdies par le froid, ineptes au travail. -Voy. _Gourdes_. - -GOUINNE, femme de mauvaise vie. - -GOULIAFRE. Voy. _Galafre_. P. - -GOULIAS. Voy. _Galafre_. P. - -GOULON, goulot. - -GOURDES (avoir les mains). Voy. _Gouges_. Vient du latin _gurdus_, -stupide; aussi dit-on quelquefois dans le même sens: J'ai les mains -_sottes_. H.-N. - -GOURER, tromper. B.-N. P. - -GOURGANNES, fèves de marais. H.-N. - -GOUTTE, petit verre d'eau-de-vie. On dit prendre, payer _la goutte_ ou -_une goutte_. - -GOUTTE (n'y voir), être privé de lumière; ne point trouver de solution à -une affaire. H.-N. - -GOUTTE MILITAIRE, verre à cidre à demi-plein d'eau-de-vie. - -GRABUGE, désordre dans l'administration d'une maison. H.-N. P. - -GRAFIGNER, gratter légèrement et sans cesse. P. - -GRAFOUILLER. Voy. _Grafigner_. - -GRAGEOIR, espèce de mortier en bois dans lequel on écrase le sel, au -moyen d'un pilon aussi en bois. - -GRAGEUX. Voy. _Grageoir_. - -GRANAISON, grain provenant des céréales; rendement des gerbes. - -GRANMENT, grandement, beaucoup, B.-N. P. - -GRANCHE, grange. On trouve le mot _granche_ dans un titre de 1400. - -GRAND, étendue. Ex.: Il y a _grand_ dans ce champ. P. - -GRAND (tenir sa maison dans le), à la manière des grands. - -GRAND'CHEMISE, blouse. - -GRANDIER, fier, hautain. P. - -GRAND'MÈRE, vieille femme. P. - -GRAND'PÈRE, vieillard. P. - -GRAS-BOUDIN, grande consoude. - -GRASSETS (les), repas qu'on donne pendant les dernières semaines qui -précèdent le carême. - -GRASSIER, grasseyer. - -GRAVÉ (homme), marqué de petite vérole. P. B.-N. - -GRAVOIS, gravier. - -GREC, sévère. - -GRÊLÉ. Voy. _Gravé_. On dit aussi de celui qui a perdu beaucoup au jeu: -Il a été _grêlé_. - -GRÉMIR (faire), faire frissonner d'appréhension. - -GRÉNADES. Voy. _Gardes_. - -GRÉNADIER. Voy. _Gardier_. - -GRÉNAISON, rendement en grains des céréales. - -GRÉSILLÉ, brûlé au soleil. - -GRÉVACHONS, prunes sauvages. - -GRIBLETTE, riblette, morceau mince de viande qu'on fait cuire sur le -gril. Nous citerons à ce sujet un extrait du _Trésor des Chartes_, -relatif à un dîner que les religieux de la Sainte-Trinité de Caen -donnaient chaque année, avant 1450, aux habitants de Vaulx: «Ilz lavent -leurs mains en une cuve plaine d'eaue, et apres se assient à terre et -ont chascun ung pain de vingt-une à vingt-deux onces, une toille -estendue devant eulx, sur laquelle ils ont une pièce de lart peleis -barbouilly de la grandeur de demy pié en quarré; apres ont chascun une -_ribelette_ de lart routy sur le greil, chascun une esculée de mortreux -fait de pain et de leit, et boire tant qu'ilz veullent, cidre ou -cervoïse, et sont assis trois on quatre heures» (Cité par M. L. Delisle, -_Etudes_, etc., page 90). - -GRIBOUILLER, griffonner. - -GRIBOUILLONNER. Voyez _Gribouiller_. - -GRIER, glisser. - -GRIGNARD, enfant qui pleure sans cesse. - -GRIGNER, faire mauvaise mine, pleurnicher. - -GRIGNON (enfant), chagrin et de mauvaise humeur. - -GRILLETTE A GRILLETTE, petit à petit. - -GRIMPLET, grimpereau. - -GRINGALET, homme petit et maigre. P. - -GRIPPER, voler. - -GROLLES, mauvais chevaux. - -GRONÉE, ce qu'un tablier peut contenir de fruits, de grains, etc. Ce mot -vient du picard _gron_, qui signifie tablier. B.-N. P. - -GROS (tirer du), tirer du gros cidre. - -GROSELLES, groseilles. - -GROSSIER, qui a de l'embonpoint. P. - -GROSSIER, botte de paille très-allongée dans laquelle on met le _halot_ -pour les chevaux. - -GROUÉE, pommes qui tombent, pendant la nuit, avant la saison de les -locher, et qu'on ramasse le matin. - -GROUIN, groin. - -GROULER, crouler, bouder. P. H.-N. - -GROUMOULER (se), grommeler. - -GRUMELOTS, grumeaux. - -GUÉDÉ, gonflé; qui a trop mangé. B.-N. - -GUÉNON, terme de mépris. - -GUERBE, gerbe. P. - -GUERBÉE, gerbée. P. - -GUERBIÈRE, espèce de niche pratiquée dans les _tas_, où se place une -personne pour recevoir les gerbes. - -GUERGEOLER. En parlant du ramage des oiseaux, on dit: ils _guergeolent_; -on le dit aussi des enfants qui commencent à parler. - -GUÉRITE, guérie. P. - -GUERNIER, grenier. P. - -GUERNOUILLES, grenouilles. P. - -GUERNU, grenu. P. - -GUÈTES, guêtres. - -GUÈTES (harengs), guais. - -GUEULARD, qui crie fort en parlant; se dit aussi du crieur public dans -les ventes aux enchères. B.-N. - -GUEULE (être de la), être gourmand. - -GUEUX, fripon. - -GUIAME, Guillaume. - -GUIAMET, petit Guillaume. - -GUIFFE, bouche. P. - -GUIGNER, regarder de travers, regarder indiscrètement. P. - -GUILEBAUDE (grande), femme haute et maigre, aux manières communes. - -GUILEBAUDES, très-longues jambes. - -GUILLE, diarrhée. - -GUISIER, gésier. - -G'VEU, cheveu. - - H - -HABILE! vite! P. Ce mot semble avoir beaucoup de rapport avec le verbe -_abire_, qui fait, à l'impératif, _abi!_ va! pars! - -HABITS (claper dans ses), s'y trouver trop au large, par suite de -dépérissement ou de maladie. - -HABIT-VESTE, vêtement à courtes basques, qui tient le milieu entre -l'habit et la veste. - -HABLEUX, hâbleur; de l'espagnol _hablar_. - -HAGER, hacher, couper menu. - -HAGUE, gros bâton de bois à brûler. - -HAGUER, hacher. On emploie aussi ce mot au figuré. Ex.: Il l'a _hagué_ -de sottises. - -HAGUETTES, petites _hagues_ mises en corde. - -HAGUIGNETTES. V. _Aguignettes_. - -HAGUIGNOLER, couper malproprement. H.-N. - -HAGUIGNONNER, couper maladroitement ou avec un mauvais couteau. - -HAHAHA! interjection plus ou moins répétée qui indique le rire. Un -astrologue italien a prétendu connaître le tempérament et les passions -de l'homme, à la manière dont il rit. Voici ce qu'il affirmait en 1662: -Quand un homme rit, s'il fait _ha, ha, ha_, il est flegmatique; s'il -fait _he, he, he_, il est colérique; s'il fait _hi, hi, hi_, il est -dissimulé; s'il fait _ho, ho, ho_, il est sanguin. L'abbé Damascène ne -nous dit point ce qu'il pense de l'homme qui rit en _hu, hu, hu_. - -HAIS? que dites-vous? On se sert aussi de cette interjection pour -appeler une personne éloignée. - -HALITRE, hâle. - -HALOT, grains de blé encore couverts de leur paille, qu'on amasse dans -le van, en _halotant_. - -HALOTER, agiter le blé ou autres grains horizontalement dans le van pour -réunir le _halot_. - -HAMES, mancherons de charrue. Mot qui est peut-être une corruption de -_hampes_. - -HANNE, mauvais cheval. - -HANSE, hampe à laquelle la faux est ajustée. - -HANTÉ (lieu), lieu où les bestiaux de la ferme viennent souvent. - -HANTER, fréquenter; se dit surtout d'un jeune homme qui visite souvent -une jeune personne, en vue de mariage. - -HANTIMENT, compagnie; se prend ordinairement en mauvaise part. - -HARDE, oeuf sans coquille, seulement recouvert d'une pellicule. - -HARDES, nom employé pour désigner les divers vêtements d'une personne. - -HARÈQUE DU DOS, épine dorsale. - -HARÈQUES, arètes de poisson. - -HARICOTER, se servir de mauvais chevaux, de haridelles et ne point -avancer dans son travail. - -HARICOTIER, qui _haricote_. - -HARLAND, qui _harlande_. - -HARLANDER, réussir mal dans son travail. On dit d'un cultivateur qu'il -_harlande_, quand il n'a pas assez de chevaux pour faire ses travaux en -bonne saison. - -HARNAS, pieds et intestins de mouton réunis et cuits dans l'eau. - -HARRACHES, civières dont on se sert pour porter les morts. - -HASTIQUER, travailler longtemps à une chose, sans pouvoir réussir. - -HATELET, carré de côtelettes de lard qu'on met ordinairement à la -broche. H.-N. B.-N. - -HATIGNOLE, boulette de viande hachée que vendent les charcutiers. Dans -son numéro du 11 mai dernier, l'_Abeille cauchoise_ servait le canard -suivant à ses lecteurs: An 701, passage du Juif-Errant à Yvetot; il -s'arrête à l'auberge de la _Truie-qui-File_; il fait la dépense: 1º d'un -pain mollet, 10c,; 2º d'un pot de cidre, 10c; 3º d'un atignol, 5c. Dans -le pays de Bray, nous faisons de _Hattignole_ un substantif féminin. - -HATILLE, rate de porc, à laquelle sont unies d'autres parties des -entrailles. H.-N. - -HAUCHER, hausser. - -HAUT-MAL, épilepsie. Ex.: Il tombe du _haut-mal_. P. B.-N. - -HAUVELER, mettre en _hauviau_. - -HAUVIAU, javelle d'orge, d'avoine, etc., qu'on réunit par petites -portions, en _hauviaux_, à l'aide d'un rateau, avant de les mettre en -gerbes. - -HAVET, petit crochet. On dit aussi en parlant des dents des chiens: -Quels _havets_! H.-N. - -HAVIR, exposer à un feu trop vif. Ex.: Ce gigot va être _havi_. - -HAYEUR, ouvrier qui fait et répare les haies. On disait autrefois -_hayer_, pour signifier le droit de prendre dans un bois les branches -nécessaires pour clore les _haies_. - -HAYON. Voyez _Abrias_. - -HAYURE, haie. P. - -HÉPÉE, dernier effort pour atteindre un but. Ex.: Courage! il n'y a plus -qu'une _hépée_ pour arriver. - -HÈQUE, petite barrière qu'on place à l'entrée des maisons pour empêcher -les volailles et autres animaux d'entrer quand la porte reste ouverte. - -HÈQUE! exclamation qui exprime le dégoût. P. - -HÉQUET, hoquet. - -HERBIERS, mauvaises herbes qui poussent dans les lieux incultes. H.-N. - -HERCAILLES, mauvaises brebis. - -HERCHE, herse. - -HERCHE-CUL (à), sur le derrière. Ex.: Il l'a traîné _à herche-cul_. - -HERCHELLE, branche de bois torse qui sert à lier les bourrées. P. - -HERCHER, herser. - -HÉRER, jouer des oies, des dindons, des morceaux de pore, etc., avec un -jeu de piquet. Ce jeu a beaucoup de rapport avec l'_as-courante_. - -HÉRICHON, hérisson. P. - -HERNU, tonnerre. Ex.; Il y aura du _hernu_, c'est-à-dire il tonnera. On -dit aussi, en parlant d'époux qui _disputent_ souvent, qu'il y a du -_hernu_ dans leur ménage. - -HERPER, mordre, saisir. Ex.: Fais-le _herper_ par ton chien. P. B.-N. - -HÉSET. Voyez _Abrias_. - -HÊTREAU, petit hêtre. - -HEURE (d'), de bonne heure. - -HEURE (pas d'), tard. Ex.: Il n'est pas d'_heure_. - -HEURÉ (bien), régulier dans les _heures_ du repas. P. - -HEURIBLE, précoce; qui mûrit de bonne heure. On dit aussi qu'un homme a -été _heurible_, quand il arrive de grand matin. H.-N. - -HIE! exclamation pour faire avancer ou chasser un animal. - -HIER-MATIN, hier au matin. - -HIER-SOIR, hier au soir. - -HISTOIRE DE, pour.: Ex.: Jouons, _histoire_ de passer le temps. H.-N. - -HIVE, ruche. C'est absolument le mot anglais prononcé à la manière -française. - -HIVERNACHÉ, vesce d'hiver. - -HOC (rester), perdre le fil de son discours; rester sans trouver de -réponse. - -HOCSONNER, ébranler une porte pour l'ouvrir. H.-N. - -HOMME, mari, Ex.: demandez à mon _homme_. H.-N. - -HONESTÉ, honnêteté, procédé gracieux. Un commissionnaire dira: -Donnez-moi selon votre _honesté_, c'est-à-dire ce que vous voudrez, -selon votre générosité. _H.-N._ - -HOQUER, accrocher, suspendre. P. - -HORS, malpropre. - -HORS-MONTEUX (pied), pied droit du cheval; du côté que l'_on ne monte -point_. - -HORZAIN, du dehors; homme étranger à la commune. P. B.-N. - -HOS! pour faire arrêter les chevaux. - -HOTONNER, ébranler en secouant. Voy. _Haloter_. P. - -HOTONS, Voy. _Grossier_. - -HOTTELÉE, ce que contient une hotte ou un _hottiau_. - -HOTTIAU, banneau. - -HOU! HOU! expression dont on se sert pour chasser ou faire avancer les -porcs. P. - -HOUBILLER, en parlant du vent, quand il souffle fort et soulève la -poussière en tournoyant. - -HOUBILLONNER. V. _Houbiller_. - -HOUCHE! Voy. _Hou_. - -HOUPER, appeler de loin en hèlant dans ses mains. - -HOURDER, prendre, saisir. Ex.: _Hourdez_-le au collet. - -HOUSÉ (mal), mal habillé. - -HOUSES, grandes guêtres dont on se sert pour monter à cheval. - -HOUSIAUX, grandes bottes qui montaient au-dessus du genou. Les -_housiaux_ ne sont plus en usage depuis une trentaine d'années. - -HOUSSER, mordre. Ce mot est surtout employé en parlant d'un chien enragé -qui en a mordu un autre. - -HOUSSINE, petite branche. - -HU! cri pour faire marcher les chevaux. On s'en sert aussi pour les -faire aller à droite. - -HUCHE, espèce de grand _hottiau_ qui sert à transporter les fumiers. Ce -mot sert aussi pour indiquer un chariot dont les _bers_ ont été -remplacés par des planches réunies, pour le transport des pommes. - -HUCHER, placer au haut. B.-N. - -HUHO! hurhaut. Mot au moyen duquel on fait aller les chevaux à droite. - -HULER. Voy. _Houper_. - -HUMMER, humer. - -HUPPE (sale comme une), très-sale. Cette expression vient de ce que la -huppe ou _coq-merdeux_ enduit d'excréments humains le creux d'arbre où -elle place son nid. - -HUQUER. Voy. _Houper_. - -HUREUX, heureux. H.-N. P. Ce mot s'écrivait quelquefois ainsi à la fin -du XVIIe siècle; nous en trouvons la preuve dans un ouvrage imprimé en -1698, où il est question de la mort du _bien-hureux_ Guillaume, premier -abbé dé Fécamp (_Le grand Calendrier du diocèse de Rouen_, p. 1re). - -HURLUPÉ, qui a les cheveux raides et mal peignés. - -HURU. Voy. _Hurlupé_. B.-N. - -HUYO! Voy. _Huho!_ - - - I - -I, s'emploie dans différentes interrogations. Ex.: Sont-i partis? -_Ch'est-i_ vous? pour: Sont-ils partis? Est-ce vous? - -I, il, ils; devant une consonne. P. - -IARD, liard. P. - -IAU, eau. P. - -ICHITE, ici; du latin _hic_. Sur les pierres tumulaires du XIIIe siècle, -on trouve _ichi_. - -IDÉE (une, une petite), extrêmement peu. H.-N. - -ILA, ici, là; du latin _illàc_. - -ILO, là. P. - -IMPOSER (en), employé pour _imposer_, commander le respect. En -_imposer_, signifie _tromper_. - -IMPOSSIBLE (en avoir l'), avoir en grande quantité. H.-N. - -IMPUNANTER, remplir. Ex.: Ce champ est _impunanté_ d'ivraie. - -INCAMO, intelligence. - -INDUQUER, élever; instruire. P. - -INNE, une. - -INFIQUER, ficher en terre. P. - -INNOCENT, jeune enfant; idiot. P. H.-N. - -INN' TOUT, non plus; pas davantage. H.-N. - -INSTANT (de), à l'instant. H.-N. - -INTERLOQUE, stupéfait, surpris. P. - -INTIAU, linteau de cheminée. - -INTRER, entrer. P. - -INVECTIVER UNE PERSONNE, invectiver contre. - -IOU? où? - -IRRASATIABLE, insatiable. - -ISQUE, prononciation de la lettre X. H.-N. - -ITOU, aussi. Suivant une remarque de M. l'abbé Corblet, ce mot, qui -semble venir du latin _ita_, _etiam_, dériverait du vieux français _et -tout_, qui signifiait _avec_. P. - - - J - -J', nous. Ex.: _J_'avons dîné, _j_'allons partir. - -JACQ, Jacques. H.-N. - -JAQUET, Jacques; en parlant d'un enfant. - -JAMBETTE, Voy. _Gambettes_. - -JAPE, babil, caquet. B.-N. P. - -JAPER, babiller sans réflexion; aboyer. P. B.-N. - -JAQUETTE, jupe de petit enfant. P. - -JAUNET, pièce de 20 francs. P. - -JAUNET, un peu jaune. Ce nom est aussi employé substantivement pour -désigner diverses espèces de renoncules. - -JEAN-CLAIR, poire à manger; tardive. - -JEAN-FOUTRE, mauvais drôle, homme peu stable. - -JEANNETON, Jeanne. - -JEANNETTE, Jeanne; en partent d'une jeune fille. - -JEANNOT, Jean. - -JEAN-QUIN, café auquel on ajoute un peu d'eau-de-vie et de sucre. Vers -1825, le nommé Jean-Quin, de Neslette, garde de M. de Richemont, passant -par Bettencourt, près de Blangy, entra au café du père Desmoulins, -surnommé _la Queue-Blanche_; il se fit servir pour un sou de café, un -sou d'eau-de-vie et un peu de sucre; il mêla le tout ensemble, et, comme -on lui demandait le nom de ce mélange, il répondit: Appelez-le comme -moi, _Jean-Quin_. A partir de là, le _Jean-Quin_ devint en renom, et -aujourd'hui il en est fait une grande consommation. Les cafetiers -assurent qu'il y a peu de profit pour eux à préparer cette liqueur, le -_Jean-Quin_ ne se vendant que dix centimes; mais nous pensons qu'ils se -dédommagent sur les libations qui viennent à la suite, sous le nom de -_goutte_, _petit-verre_, _rincette_, _rinçurette_, _coup-d'adieu_, -_coup-de-bout_, _coup-de-cachoir_, _coup-d'à-cheval_, _coup-d'étrier_, -etc. - -JEUNESSE (une), une jeune fille. P. - -JIFE, JIFFLE, soufflet. - -JIFFLER, donner des _jiffles_. - -JIGUER, ruer; en parlant des chevaux et des vaches. S'emploie aussi dans -le sens de _jougler_. - -JIONS, joncs. - -JOLI (bois), lauréole. - -JOLIMENT, beaucoup, très. Ex.: Il est _joliment_ laid. P. - -JOMARINS, ajoncs marins. - -JOUGLER, se dit d'un cheval reposé qui gambade et folâtre. - -JOUIR DE, être maître. Ex.: Je ne puis _jouir de_ cet enfant. On dit -aussi, en parlant des personnes maladives: _Jouir_ d'une mauvaise santé. -H.-N. - -JOUJOU, se dit d'une personne qui se joue comme un enfant. Ex.: Vous -n'êtes qu'un _joujou_. - -JOUJOUTE (faire), se jouer. - -JOUQUER, jucher. - -JOUR-FAILLI (à), au soir. - -JOURNAL, mesure agraire contenant à peu près ce qu'un charretier peut -labourer en un jour; environ une demi-acre. - -JOURNALIER, variable d'un jour a l'autre. Ex.: Il est _journalier_ pour -son adresse au travail. H.-N. - -JUDAS (bran de), taches furfuracées qui paraissent, surtout au -printemps, sur le visage de certaines personnes. - -JUSSE, juste. Ex.: C'est _jusse_. On dit aussi comme de _jusse_, -c'est-à-dire comme il est juste. P. - -JUTER, rendre du jus. B.-N. P. On se sert aussi de ce verbe comme -synonyme de _pleurer_. - -J'VA, cheval; au pluriel _j'vas_ ou _j'vaux_. - - - K - -KAFIGNONS, corne qui se trouve à l'extrémité du pied des animaux qui -l'ont fourchu, tels que la vache, le porc, le mouton, etc. - -KAINE, chaîne. - -KALIPÈTE, sorte de bonnet qui couvre les oreilles et une partie des -joues, dont les femmes se coiffent pour la nuit et qu'elles conservent -le matin. M. A. de Poilly fait venir ce mot du verbe _klùptô_, qui -désigne un ajustement de ce genre. - -KARAS, berger. - -KARUE, charrue. - -KERDER, carder. - -KERMINNE, charogne. P. - -KÉROIX, croix. - -KEVRON, chevron. P. - -KIEF, pièce de bois à laquelle on assujettit le soc de la charrue. Au -moyen-âge, on disait _cep_. - -KIEN, chien. P. - -KIGNE-EN-COIN (de), d'un coin à l'autre. - -K'MINAYE, cheminée. - -K'MINSE, chemise. - -K'VA, cheval. - -K'VILLE, cheville. Cette expression nous paraît offrir une de ces -bizarreries qu'on rencontre dans la prononciation de certains mots de la -langue française. Pourquoi mouille-t-on _ll_ dans _cheville_, tandis -qu'on ne le fait pas dans _ville_? C'est par suite de cette irrégularité -qu'un enfant, qui récitait naguère une leçon de grammaire latine, -disait: _Hostis urbem diripuit_, l'ennemi PILA (pilla) la ville. - - - L - -L', le. - -LACHET, lacet. - -LACHERON, laiteron. P. - -LAI, le. Ex.: Écoutez-_lai_. - -LAID (faire), faire la grimace à quelqu'un. H.-N. - -LAIQUER, lécher. - -LAIRER, laisser. On ne l'emploie qu'au futur et au conditionnel. Ex.: Tu -me _lairas_ bien parler à mon tour. - -LAISANDER, faire le _laisant_. - -LAISANT, paresseux; qui se promène le long des chemins sans travailler. -B.-N. - -LAISI, loisir. - -LAIT BATTU, lait de beurre. - -LAITRON, poulain qui tette encore. B.-N. - -LAMBIN, lent, nonchalant. - -LAMBINER, marcher ou travailler lentement. - -LANDIER, chenet. - -LANDON, paroles ennnyeuses. B.-N. - -LANDONNER, ennuyer par des propos inutiles. - -LANGREUX, chétif, valétudinaire. P. - -LANGUES DU MONDE, babils populaires. - -LANGUE (taire sa), garder le silence. H.-N. - -LANNER. Voy. _Landonner_. H.-N. - -LANTURLU (avoir), avoir cinq cartes de même espèce au jeu de _pamphile_. - -LA OU, là que. Ex.: C'est _là où_ je vais déjeuner. - -LAPIDER, tourmenter. Ex.: Cet enfant me _lapide_ du matin au soir. - -LAPIER, rucher. Ce mot devrait s'écrire _apier_, du latin _apiarium_, -lieu où l'on conserve les ruches. Il est probable que d'abord on disait -l'_apier_; et l'apostrophe aura fini par disparaitre. - -LAQUEULLE, laquelle. - -LARDER, donner une grande chaleur; en parlant du feu ou du soleil; du -latin _ardere_. - -LARMER, pleurer. H.-N. - -LARRIS, landes; terrein de mauvaise qualité abandonné pour le pâturage -des moutons. P. - -LAVE-MAINS, vase dans lequel les domestiques lavent leurs mains. - -LAVERIE, lieu où on lave la vaisselle. - -LAVETTE, linge qui sert à laver la vaisselle. - -LÉQUEULS, LÉQUEULLES, lesquels, lesquelles. - -LÉS, les; devant une consonne. - -LESSIVE (couler, _caudier_ la), faire la lessive. - -LESSIVE (battre la), frapper sur le linge avec un battoir pour faire -pénétrer le savon. - -LESSIVEUSE, lavandière. P. - -LEU, leur. - -LEU, loup. P. - -LEU (paure), pauvre diable. On dit aussi _paure lève_, en parlant d'une -femme. - -LEUS, leurs; se. - -LEUT', leur. - -LÈVE, louve. - -LEVÉ (mal), de mauvaise humeur. - -LÉZAND, paresseux; qui prend du _laisi_. - -LI, lui. Ex.: Donne-_li cha_. _Li_ est peut-être pour _illi_. P. - -LIACHE. Voy. _Comble_. - -LIAN, lien. Cette expression se trouve dans les actes du moyen-âge., - -LIAGE, action de lier la récolte. Ex.: Il n'y aura pas de _liage_ -aujourd'hui. - -LIÈGE (feuilles de), feuilles de lierre. - -LIETTE, cordon. Ex.: J'ai cassé la _liette_ de mon tablier. - -LIGNEU, ligneul. - -LIMONNIER, cheval qu'on met dans les _limons_. H.-N. - -LIMONS, brancards d'une voiture. - -LIMOUSINE, manteau limousin, de grosse laine grise à raies brunes, dont -se servent les charretiers. P. - -LINGARD (cheval), efflanqué. Se dit aussi des personnes grandes et -maigres. H.-N. - -LINGUE, langue. P. - -LIORNES, lianes. - -LIPPE, lèvre. - -LIPPU, qui a de grosses lèvres. P. - -LIQUEUREUX, liquoreux. - -LIRLAS, lilas. - -LIROTES! LIROTES! LIROTES! cri par lequel on appelle les jeunes canards. - -LISA. Voy. _Elisa_. - -LISET, petit ruban de soie. - -LIT (haut de), ciel de lit, baldaquin. - -LIU, lieu. P. - -LO, là. P. - -LOCHER, secouer un arbre pour faire tomber les fruits. H.-N. - -LOLO, veau; expression enfantine. On dit aussi, d'un grand garçon qui a -des manières enfantines: C'est un grand _lolo_. - -LONGIN, lambin. P. - -LONGUE, longe. - -LOPIN, petite quantité. P. - -LOQUENCE (avoir une bonne), avoir la voix forte. - -LOQUETS, petites portions de laine qui tombent à terre, à la tonte des -moutons. - -LORIOT (compère), orgelet, gros bouton en forme de grain d'orge, qui -vient sur les paupières. B.-N. - -LORS DE, au moment de: _Lors de_ mon passage. - -LOUCHE, cuiller à potage. C'est encore un de ces mots d'un usage général -qui, comme le fait observer M. Corblet, manque à la langue officielle de -l'Académie. P. - -LOUDIER, grosse couverture de laine piquée. P. - -LOUISOT, Louis. - -LOURE, espèce de flûte. - -LOURER, jouer de la _loure_. - -L'QUEUL, lequel, laquelle. - -L'S', les; devant une voyelle. - -LUBIN, lupin. - -LUGAN, boudeur, sournois. - -LUGANNER. Se dit des premières gouttes de pluie qui précèdent le mauvais -temps. Ce mot viendrait-il de _lugere_, verser des larmes? - -LUMÉRO, numéro. - -LUMINAIRE. Voy. _Cierge dormant_. - -LUQUER, loucher. - -LURON, homme gai et sans peur. - -L'Z, les. Ex.: Ils sont arrivés _l'z_ uns après _l'z_ autres. P. - - - M - -M', ma; devant une consonne. Ex.: Le tiroir de _m_'table. P. - -M', me. - -MA, mal. - -MACHACRE, maladroit, mauvais ouvrier. - -MACHACRER, massacrer. - -MACHIN, MACHINE, mot par lequel on désigne une personne ou un objet dont -on ne se rappelle pas le nom. B.-N. P. - -MACHON, maçon. - -MACHOQUER, bossuer; signifie _mal choquer_. P. - -MACRIAU, maquereau. En picard, c'est _macrieu_. Autrefois, quand il y -avait des maquereaux à la poissonnerie d'Amiens, on criait au coin des -rues: «_On vous foet assavoir qui vient d'arriver eine grande -déballation d'macrieux_; _i gn'o des macrieux à mosieu_, _des macrieux à -procureux_, _des macrieux à povers geins_» (_Glossaire du patois -picard_, page 523). - -MADAME, dame. P. - -MADELEINE, poire à manger; précoce. - -MADLON, Madeleine. - -MAGUE, bosse, ventre. - -MAGÜE (bouteille), qui a un gros ventre. B.-N. - -MAGUETTE, quatrième cavité de l'estomac des veaux, dont on extrait la -présure qui sert à faire cailler le lait avant de le transformer en -fromage. H.-N. - -MAHON, coquelicot. P. - -MAI, moi. - -MAIGRIER, maigre. - -MAILLARD, nom donné au canard mâle. P. Voy. _Bourre_. - -MAIN DE (être à), être en mesure de. H.-N. - -MAIN (être en à), outil d'un usage facile. Ex.: Cette faucille est _bien -en à main_. - -MAINOTTE, petite main. P. - -MAINTIENT, manche du fléau à battre le blé; la _main_ le _tient_. B.-N. - -MAISON. Ce mot est généralement employé pour désigner une cuisine. Ex.: -S'il n'est point dans la _maison_, il est dans la chambre. - -MAIS QUE, quand; avec le présent du subjonctif. Ex.: Je vous donnerai -quelque chose, _mais que_ j'aille à la ville. H.-N. - -MAITE, maître. - -MAITRE, titre qu'on donne aux cultivateurs en le faisant précéder de -leur nom de baptême. Ex.: _Maître_ Jean, _maître_ Pierre, etc. M. -Auguste. Le Prevost regarde cette locution comme devant avoir une -origine fort ancienne (Voy. notre _Essai sur Londinières_, p. 103). - -MAITRE-PIERRE, pomme à couteau, très-tardive, et se conservant fort -longtemps; nous en avons vu qui étaient récoltées depuis près de deux -ans. - -MALADIE (faire une), éprouver une maladie. - -MALAISE (à), à plus forte raison. - -MALANDRE, coup, blessure, ulcère. Comme on le voit, ce mot a beaucoup de -rapport avec _maladrerie_, lieu où l'on retenait les lépreux (Voir notre -_Essai sur Neufchâtel_, pag. 62 et suiv.). - -MALE, marne. Une charte de 1318 fait mention de terres _mallées de blanc -malle pris et champ meismes_, _x toises en parfont_ (_Etudes_, etc., par -M. L. Delisle, page 267). - -MALER, marner. On disait autrefois _mailler_. - -MAL-EN-TRAIN, souffrant. P. B.-N. - -MALFAVEUR (coup de), mauvais coup, coup de maladresse. - -MALGRÉ QUE, quoique. - -MALHU, malheur. - -MALHUREUX, malheureux. P. - -MALIÈRE, trou d'où l'on tire le _mâle_. - -MAL INCOMMODE, fort incommode. - -MALINE (fièvre), fièvre maligne; on l'appelle aujourd'hui fièvre -_ataxique_. - -MALON, morceau de marne. - -MAL-SAINT N.... (être tenu du), expression dont se servent les bonnes -femmes pour désigner diverses maladies, en conseillant d'aller en -pélerinage au saint dont le malade est _tint_, afin qu'il soit guéri. - -MAN, mon; devant une consonne. - -MANANT, misérable, homme sans délicatesse. - -MANCHONS, MANCHERONS. Voy. _Hames_; de _manica_, manche. H.-N. - -MANGE-TOUT (des), espèces de petites fèves dont on mange les cosses au -moment de la formation du grain. - -MANIQUET, selle de femme, couverte d'une peau de mouton. Les meuniers se -servent aussi de _maniquets_ pour leurs chevaux, mais ils sont -recouverts de peaux de veau et n'ont point de dossier. - -MANJURE, démangeaison. Ex.: J'ai _manjure_ à la tête. - -MANS, larves du hanneton. B.-N. - -MAQUE-ÉPAIS, gourmand. - -MAQUER, manger; en parlant des animaux. - -MAQUER, manger; nourriture des animaux. - -MARCHER, parcourir. Ex.: Avez-vous _marché_ les terres de la ferme? -H.-N. - -MARCOU, chat mâle. B.-N. - -MARETTE, petite mare. P. - -MARGANNER. V. _Déganer_. - -MARGAU, fille d'une conduite équivoque. - -MARGOTON, Marguerite. - -MARGOUILLER, mâcher, manger malproprement. - -MARGOULETTE, bouche d'enfant. B.-N. - -MARGUITE, Marguerite. - -MARICAUDER, noircir le visage ou les habits; de l'espagnol _mascarar_ ou -de l'italien _mascharare_. - -MARICHA, maréchal ferrant. - -MARJOLLES, chair rouge qui pend sous le bec des dindons et des coqs. Se -dit aussi des hommes très-gras, en parlant de leur _double_ ou _triple_ -menton. B.-N. - -MARMOUZETS, statues. - -MARONNER, MARMONNER, murmurer en secret. P. - -MAROTE, Marie. H.-N. - -MARQUE. Le bois de charpente se mesure à la _marque_. On en distingue de -deux sortes: 1º la grande _marque_, qui contient 300 _chevilles_, et la -petite _marque_, qui n'en renferme que 96. La grande _marque_ égale 0,71 -décistères, et la petite _marque_, 0,23. - -MARS (faire les), se livrer aux travaux agricoles du printemps. - -MARS EN CARÊME (arriver comme), arriver à propos; c'est une corruption -de _marée en carême_. - -MARTIAU, marteau. P. - -MASIÈRE, bord d'un bois, d'un fossé, etc. P. - -MASURE. On désigne ainsi tout herbage attenant à une habitation. Cette -expression est commune dans les actes des XIIe et XIIIe siècles. - -MASTOQUE, lourdaud. P. - -MATÉRAUX, matériaux. H.-N. - -MATIFAS, mortier fait de chaux, de sable et de bourre. - -MATIN, juron; mauvais drôle. - -MATINES, livre d'heures à l'usage des laïques. - -MATINEUX, matinal, qui se lève matin. - -MATTE, martre. - -MATTES, lait coagulé par suite de la chaleur de l'été. B.-N. - -MATTES (fond de). Ce qu'on désigne ainsi est en réalité le _dessus_ des -_mattes_, auxquelles se trouve mêlé un peu de _fleurette_. - -MATTONNÉ (temps), couvert de petits nuages arrondis. H.-N. - -MAU, mou. P. - -MAUCŒURANT, qui fait _mal au coeur_. P. - -MAUGRAI, malgré, P. C'est le vieux mot français _maugré_. - -MAUVAISETÉ, méchanceté. P. - -MAUVIAR, espèce de merle. - -MÉCANIQUE, appareil adapté aux voitures et destiné à ralentir leur -marche, dans les descentes, au moyen d'une vis. - -MÉCHANT, pauvre. Ex.: C'est un _méchant_ porte-balle. B.-N. - -MÉCREDI, mercredi. On le prononçait ainsi au XVIIe siècle. P. - -MÉDECHIN, médecin. - -MEIGLE, petit lait. - -MÊLE, merle. - -MÊLES, nèfles. B.-N. Cette dénomination est ancienne. - -MÊLIER, néflier. B.-N. - -MELLE, merle. B.-N. - -MÊLI-MÊLO, mic-mac. B.-N. - -MÊME CHOSE (la), de même, pareillement. Ex.: J'irai _la même chose_ -dimanche. - -MÉMÉRE, grand'mère, femme qui a de l'embonpoint. P. - -MÉNAGER, petit cultivateur. P. Meuble en bois où l'on dispose les plats -et les assiettes. - -MENDRE, faible. Ex.: Cet enfant est bien _mendre_. Peu important. Ex.: -On punit pour la _mendre_ faute. Vient de moindre, _minor_. - -MENON, chat. - -MENTIRIE, mensonge. P. - -MENTÊCHE (c')? comment est-ce? B.-N. - -MÈRE-MAQUETTE (baptême de la), _Angelus_ de midi, dont le son annonce -l'heure du dîner. - -MÉRIENNE, méridienne. - -MÉROTTE (petite), femme petite et replète. - -MERQUER, marquer, tacher. - -MÉS, mes; devant une consonne. - -MESANGLE et MÉSANGUE, mésange. - -MÊT, espèce d'auge en planches dans laquelle on pétrit le pain et où on -le serre, quand il est cuit. B.-N. P. - -MESURE (à), de temps en temps. P. - -MÉTIER DE (avoir), avoir besoin de. Ex.: J'aurais _métier_ de partir -demain. - -MEULE, amas de gerbes qu'on garnit d'une couverture, en attendant que -les bâtiments de la ferme soient libres pour recevoir les gerbes ainsi -amassées. - -MEURDRIR, meurtrir, H.-N. P. En 1408, on paya quatre sous deux deniers -au geôlier des prisons du Pont-de-l'Arche pour avoir nourri en prison, -pendant vingt-quatre jours, un porc qui avait _muldri_ et tué un petit -entant, et qui, en expiation de ce crime, fut pendu à un des poteaux de -la Justice du Vaudreuil (_Etudes_, etc., par M. L. Delisle, p. 107). - -MEURISON, maturité. P. - -MI, moi. P. - -MI-AOUT, quinze août. La manière dont on prononce généralement ce mot -rappelle cette réflexion de M. de Bellièvre: «Il me semble entendre -miauler des chats, disait-il, lorsqu'on prononce autour de moi la -MI-A-OU pour la MI-OU.» - -MIDI (sur les), vers midi. - -MIE, point. Ex.: On ne peut _mie_ siffler et bâiller en même temps. P. - -MIETTE (une), un peu. P. - -MIEUX (au), très-bien. - -MIGOT, provision. - -MIGOT (pommes de), pommes de dessert qu'on conserve pour l'hiver et le -printemps. - -MIGOTER (faire), faire bouillir un mets doucement; placer des fruits -dans la paille pour les faire mûrir, après qu'ils sont cueillis. - -MIGNARD, enfant gâté. - -MIGNARD (faire le). Se dit d'un enfant qui demande à être caressé. - -MILICE (être), être la dupe. - -MIN, mon. P. - -MINABLE, misérable, qui inspire la pitié. B.-N. - -MINETTE, lupuline. P. Chatte. - -MINNE (grande), mesure de pommes contenant huit boisseaux. La petite -_minne_ n'en contient que six. - -MINNUIT, minuit. H.-N. - -MINON, chat. - -MINUTE! dans un moment. - -MIOCHE, petit garçon. B.-N. - -MIONNER, manger avidement un morceau de pain. - -MIOT (un), un peu. B.-N. - -MIOTS, miettes. B.-N. - -MIOUT (la). La fête de l'Assomption de la sainte Vierge, _la mi-août_. - -MIREUX, miroir. H.-N. - -MISTIGRI, nom donné an valet de trèfle. - -MITAN, moitié, milieu. Les auteurs assignent diverses origines à ce mot. -M. André de Poilly le fait venir de deux mots grecs: ÊMI pour ÊMISU et -TAMUÔ, _diviser par moitié_. M. l'abbé Corblet croit qu'il vient du -tudesque MITTAN, milieu. M. Auguste Le Prevost le tire de MEDIETAS, _le -milieu_. Quoi qu'il en soit, Monet nous apprend que cette expression -était généralement admise en 1636. - -MITON, poire à manger, précoce. - -MITONNÉE (soupe), soupe dans laquelle le pain a bouilli. H.-N. - -MITONNER (faire), faire bouillir lentement. H.-N. - -MITOUCHE (singe), hypocrite. On a fait venir ce mot de -_saint-n'y-touche_. H.-N. - -MIYEU, meilleur. - -M'N, mon; devant une voyelle. P. «Nos paysans, dit M, Alfred Darcel, -dans ses notes sur la Chanson de Roland, poème du XIe siècle, disent _me -n'épée_ pour _ma n'épée_ avec l'n euphonique. Les lettrés disent et -écrivent _mon épée_ pour _mo n'épée_ avec cette lettre euphonique. Or, -lequel a raison? du paysan qui, sans changer le genre de l'adjectif, -arrive á l'euphonie en intercalant une lettre dont il indique la raison -d'être, ou du lettré qui en change le genre, sans garder par l'écriture -aucune trace de l'origine de ce changement. _M'est avis_ que c'est le -paysan (_Revue de Rouen_, année 1851, page 448).» - -MO, mon. - -MODEUSE, modiste. H.-N. - -MOIDOUX, moisson. - -MOIDOUX (être dans le), être entré dans le temps de la moisson; dans le -_mois d'août_. - -MOIDOUX (faire), travailler à la moisson. - -MOIE. Voy. _Meule_. P. - -MOGNON, moignon. - -MOIGNAU, moineau. - -MOISILLON. On désigne sous le nom de _moisillons_ les filles de la ville -qui portent robes et rubans, cherchant à prendre des airs de grandes -dames auprès des villageoises. - -MOISON, maison, de _mansis_. P. - -MOISSE, portion de lait que la vache donne en une seule fois. - -MOISSON, moineau. - -MOLACHE, faible, flexible. - -MOLLE, botte de cercles dont le nombre diminue en proportion que les -cercles sont plus grands. Cette expression était en usage dans le -moyen-âge. - -MOLLET (un petit), un peu. - -MOLLIR, baisser de prix. Ex.: Le blé a _molli_ à la halle. B.-N. - -MOLTON, étoffe de laine. - -MOMENT (du), en ce moment. H.-N. - -MONCORNE, mélange de pois, de vesce, d'orge et d'avoine qu'on sème au -printemps. L'usage de ce mélange de semences est ancien; il en est -question dans une charte de 1199, _duas acras de mancorn'_; il est aussi -question, dans le cartulaire de la Trinité de Caen, de 80 acres de -_mancor_. A défaut de renseignements, M. L. Delisle avait pensé qu'il -fallait peut-être entendre par _mancor_ le blé-méteil (_Etudes_, etc., -page 320). - -MON DIEU (être hors des), ni beau, ni laid. - -MONGNAN, chaudronnier ambulant. Ce mot vient peut-être, par quelque -chemin détourné, de l'italien _magnano_, serrurier. - -MONGNE, soufflet. Ex.: Donnez-lui une _mongne_, s'il pleure. - -MONGNER, donner des _mongnes_. - -MONNÉE, blé qu'on porte au moulin, ou farine qu'on en rapporte. B.-N. - -MONNIER, meunier. - -MONSIEU, monsieur. - -MONT, tas, monceau. P. - -MONTARDE, moutarde. Un professeur du collége des jésuites, à Dijon, mit -un jour l'énigme suivante au tableau: _Multùm tardat Divio rixam_. -L'inscription parut séditieuse, mais chaque mot expliqué calma les -jugements prématurés: _multùm_, moult (vieux mot français qui signifie -_beaucoup_), _tardat_, tarde, Divio, Dijon, _rixam_, noise; ce qui -donne: _Moutarde dijonnoise_ (_Glossaire des Noels bourguignons_, de -Bernard de la Monnoye, au mot Moutarde.) - -MONTEUX (pied), pied gauche du cheval, du côté qu'on _monte_. - -MONTON, mouton. - -MONTRER, enseigner. Ex.: Je lui _montrerai_ l'algèbre. - -MORCET, morceau. - -MORCIAU, morceau. - -MORDIENNE (à la bonne), simplement, sans façon. - -MORFILE (avoir du), se dit d'un couteau dont le taillant n'a pas été -adouci par la pierre, après avoir été aiguisé sur la meule. - -MORICAUD, noir. - -MORNIFLE, soufflet. - -MORZIEU! espèce de juron. - -MOUCHES A MIEL, abeilles. Lorsqu'il meurt une personne dans la maison de -celui qui possède des ruches, on a l'habitude de placer à chaque ruche -un morceau de tissu noir, afin de _faire faire le deuil_ aux abeilles, -sans quoi, dit-on, elles mourraient. Nous ignorons ce qui a pu donner -lieu à cette crédulité; mais nous pouvons assurer que nous avons eu la -preuve qu'elle ne reposait sur aucun fondement. - -MOUCHET, amas, monceau. B.-N. - -MOUCHEUX, mouchoir. - -MOUCHEUX-DE-COS, cravate. - -MOUCHIAU, monceau. - -MOUFFLES, gros gants de peau dont on se sert pour se préserver les mains -en coupant les épines et en réparant les haies. B.-N. - -MOUFLU. Se dit d'un pain ou d'un gâteau bien levé. P. - -MOUILLES, moules. - -MOULÉ. Imprimé. H.-N. - -MOULÉE, sciure de bois. - -MOUQUE, mouche. - -MOUQUE-A-MIET, _mouche à miel_, abeille. - -MOUQUER, moucher. Ex.: _Mouquez_ la chandelle. - -MOUQUERON, moucheron. - -MOURMAUD, morose. - -MOURON, salamandre terrestre. B.-N. - -MOUSIEU, monsieur. - -MOUSIEU (poire de), bonne à manger; précoce. - -MOUSSE (rose), rose moussue. - -MOUTARD, petit garçon. - -MOUTE, chatte. H.-N. - -MOUTON, poire à manger; assez précoce. - -MOUTURE, orge ou avoine moulus grossièrement pour donner dans l'étable -aux porcs ou autres bestiaux. D'après M. L. Delisle, on entendait, au -moyen-âge, par _mouture_, le blé de qualité moyenne (_Etudes_, etc., p. -520.) - -MOUVETTE, cuiller de bois qui sert à remuer les sauces. B.-N. - -MOUYEU, noyau de noix, de cerise, etc. - -MOYEN (être), être faible, malade. - -M' S', mes; devant une voyelle. - -MUCHER, cacher. P. Du vieux verbe _musser_. - -MUCHE-TAN-POT (à), en cachette. D'après M. Hécart, ce mot vient de ce -que certains marchands vendaient de la bière à meilleur marché que leurs -confrères; mais comme ils ne payaient pas de droit, il fallait -l'emporter en cachette, _mucher san pot_. P. - -MUCRE, humide. B.-N. - -MUID, tonneau contenant quarante-deux _veltes_. - -MULE. Voy. _Meule_. - -MULETTE, estomac intérieur. - -MULON. Voy. _Meule_. - -MULOT, pomme à cidre; précoce. - -MURES, fruits de la ronce. Nous croyons voir là un fait à l'appui de -l'opinion de M. L. Delisle qui, en donnant le détail des arbres et -arbustes de la Normandie, au moyen-âge, se demande si la ronce ne se -serait pas appelée mûrier (_Etudes_, etc., page 358). - -MURISON, maturité. P. - -MUSETTE, musaraigne; petit mammifère qu'on regarde à tort comme -dangereux. - -MUSOTTER, s'occuper à peu de chose. - -MUYEU, meilleur. - - - N - -NA! parbleu, certainement. B.-N. P. - -NABOT, de petite taille. P. - -NACHE (morceau de), morceau de fesse de boeuf ou de vache. Ce mot vient -du latin _nates_, et se trouve dans un acte de 1342, relatif à un -seigneur d'Auvilliers qui maltraita un clerc, «le despéçant avec ses -espérons par les _naches_ et par les gambes et par tout le corps» -(_Revue de Rouen_, 1840, 2me semestre, p. 91). - -NACTIEUX. Voy. _Futeux_. P. - -NANAN, chose excellente à boire ou à manger. P. - -NANETTE, Anne. - -NANÉS ou NANINS. Ce mot est souvent employé pour répondre à une personne -qui adresse une question indiscrète. Ex.: Que portes-tu, mon ami, dans -ton panier?--_Des nanins pour souffler au c... des demandeux._ Cette -réponse est pour ainsi dire stéréotypée, et s'adresse indistinctement à -toute demande faite sans discrétion. Cette expression aurait-elle -quelque rapport avec le mot espagnol _nenes_, petits enfants; ou plutôt, -n'est-elle pas la traduction du latin _neniæ_, bagatelles, contes dont -on amuse les enfants? - -NANON, Anne. - -NASIAUX, narines du cheval, de la vache, etc.; de _nasus_, nez. - -NAU, feuille de plomb ou de zinc qui se place à l'angle rentrant d'une -couverture en ardoises, pour servir de gouttière. - -NE, ni. Ex.: C'est un impie qui ne craint _ne_ Dieu, _ne_ vierge Marie. -P. Ce mot est ancien. - -NÊLE, nielle. P. - -NENTILLE. Voy. _Judas_. - -NENTILLES, lentilles. P. - -NEU, neuf. P. - -NEYER (se), se noyer. P. - -NIANT, homme simple; _néant_, en fait d'intelligence. - -NICHEUX, oeuf qu'on laisse dans le nid des poules pour les engager à -venir pondre. Parfois on taille un morceau de marne, en forme d'oeuf, -pour servir de _nicheux_. Les Picards disent un _nichouère_. - -NIÈVRE, mutin. - -NIFE, clair. Ex.: Ce cidre est bien _nife_. - -NIQUEDOIULLE, niais. B.-N. - -NITÉ (de), de naissance; _à nativitate_. Ex.: Il est sourd de _nité_. - -NIVELOTER, s'amuser à des riens. B.-N. - -NIXE! non pas! P. - -NO, notre, nous, nos, et quelquefois ma. Ex.: _No_ femme est malade. - -NOCER, faire bombance. P. - -NOCEUR, qui fait bombance. P. - -NOEUD-GABRIET, cartilage thyroïde; noeud de la gorge. On dit d'un homme -qui a trop mangé: Il en a jusqu'au _noeud-gabriet_. H.-N. - -NOIRET, tirant sur le noir. - -NOIROT. Voy. _Noiret_. - -NOIRQUIN (homme), dont le teint est un peu noir. - -NOM-DES-OS! juron. P. - -NON-FAIT, non, pas du tout. B.-N. Négation absolue. - -NONOSTANT, nonobstant. - -NOQUE, brèche à un taillant; légère entaille à un bâton comme font les -boulangers pour tenir note des pains qu'ils fournissent. - -NOROLLE, brioche, gâteau. Ce mot est assez ancien. - -NOS, nous; devant une voyelle. P. - -NOSTRUM (perdre le), ne plus savoir où l'on en est de ce qu'on fait. - -NOT, notre. Dans ses notes sur Vaugelas, Corneille fait remarquer que -l'_r_ ne se fait presque point sentir dans _notre_ et _votre_. - -NOUÉ (enfant), qui se devient mal. P. - -NOURTIER, veau qu'on achète pour l'engraisser. - -NOURTIER (bon), qui nourrit bien ses bestiaux. P. - -NOURTURE, nourriture. - -NOUVIAU, nouveau. P. - -NUNNE-PART, nulle part. P. - -NUNUS, riens, bagatelles, H.-N. P. De _neniæ_. - -NUROLE. Voy. _Norole_. - - - O - -O, on. Ex.: _O_ ne sait plus à qui se fier. _P._ - -O, où, Ex.: _O_ voulez-vous allez? - -O (il), il a. P. - -OBLIER, oublier. - -OBSERVER, faire observer. Ex.: Je vous _observe_ qu'il était soir. - -OCLE. Voy. _Noque_. - -OCORE, encore. - -ŒILLÈRE (dent), dent canine supérieure qui se trouve sous l'oeil. H.-N. - -OGNON, poire précoce. - -OIN, oui; dans un sens ironique. P. - -OIR, oie mâle. - -OIRESSE, oie femelle. - -OL', on le, Ex.: Est-ce vrai comme ol' dit? - -ONCHE, once. P. - -ONGUES, ongles. P. - -ONNI, uni. - -ONZIN, amas de gerbes au nombre de onze, sur lesquelles la onzième -servait, dit-on, à payer la dîme. Aujourd'hui on ne réunit les gerbes -que par lots de dix, sous le nom de _dizeau_. - -O Q'C'ET, quelque part; _où que c'est_. Ex. Je l'ai mis _o q'c'et_, mais -je ne le trouve pas. - -ORANGE (eau de fleur d'), eau de fleurs d'oranger. - -OREILLE, partie mobile de la petite charrue, qui se place auprès du soc -et se change de côté, à chaque raie, pour élargir le sillon. La grande -charrue a deux _oreilles_ qui sont immobiles et qu'on désigne sous le -nom de _petite_ et _grande oreille_. - -ORGERI, champ où l'on a récolté de l'orge. - -ORILLER, oreiller. - -ORMOIRE, armoire. P. - -ORTILLER, frotter avec des orties. - -ORTILLONS, doigts des pieds; diminutif d'_orteil_. - -ORVÈRE, orvet. H.-N. - -OS, vous. Ex.: _Os_ êtes bien curieux. P. - -OSCUR, obscur. P. - -OSIAU, oiseau. - -OSIÈRE, osier. - -OU, que. Ex.: C'est là _où_ je demeure. - -OUAICHE (que je), que j'aille. Ex.: Il faut que je _ouaiche_ au bois. - -OUÊTCHE? où est-ce? - -OUI (pour _cha_), oui; formule très-affirmative. H.-N. - -OUICHE! Exclamation dont on se sert pour témoigner qu'on a froid. - -OU Q'C'EST? où est-ce? - -OURDON, largeur de grain que le faucheur abat à chaque javelle. - -OUTARDES (aller aux), chasse aux oiseaux qui se fait de différentes -manières, pendant les nuits obscures de l'hiver, à l'aide d'une -lanterne. - -OUTEUX. Voy. _Auteux_. - -OUVRIER (jour), jour ouvrable. - - - P - -PAFFE! Exclamation de celui qui voit donner ou recevoir un soufflet. - -PAGIE, pan de muraille. B.-N. - -PAIE! Expression dont on se sert pour exciter un chien à manger ce qu'on -lui présente. Ex.: _Paie, Médor! Paie! Paie!_ - -PALER, parler. - -PALETTE, pelle à feu. - -PALIER, lieu ou l'on dépose les assiettes. Voy. _Ménager_. - -PAIN-M'NIT, pain bénit. - -PAMPHILE, espèce de jeu de cartes; nom qu'on donne au valet d'atout, à -ce jeu. - -PAN, pain. P. - -PANCHE, panse. P. - -PANCHÉE (s'en donner une), manger avec excès. - -PANCHU, qui a une grande _panche_. - -PANÉE, pan d'un habit. H.-N. - -PANTALONS (mes), mon pantalon; a moins qu'on ne parle de plusieurs. - -PAPIN, bouillie pour les enfants. P. Ce mot vient du latin _pappare_. - -PAQUE-FLEURIE, dimanche des Rameaux. Le nom de _Pâque-Fleurie_ est sans -doute un souvenir de l'usage où l'on était jadis de joncher de verdure -et de fleurs, en ce jour, les rues par lesquelles devait passer la -procession. - -PAQUER, faire ses pâques. - -PARAI, muraille; de _paries_. - -PAR-APRÈS, après, ensuite. B.-N. P. - -PARAPHE (une), un paraphe. - -PARCIE, repas qu'on donne aux moissonneurs après les travaux de la -moisson; ordinairement on y boit à _tire-larigo_. B.-N. - -PARDIÉ! espèce de juron; _par Die_, par Dieu. C'est le _por Dios_ des -Espagnols, et le _per Dio_ des Italiens. Les anciens Normands juraient -aussi par Dieu, en se servant de l'expression anglaise: _by God_ (_Revue -de Rouen_, 1839, page 14). - -PARÉ (cidre), bon à boire. - -PAR-ENSONS, par-dessus. Ex.: Jette-moi ton couteau _par-ensons_ la haie. - -PARER UNE POMME, peler une pomme ou un autre fruit. - -PARÉSINER, se dit de celui dont la main tremble. - -PARFINIR, donner la dernière main à un ouvrage. B.-N. - -PARINAGE. C'est ainsi qu'on appelle le parrain et la marraine qui -accompagnent l'enfant qu'on porte à l'église pour recevoir le baptême. -P. - -PARIURE, pari. - -PARLER (se). En parlant de jeunes gens qui se font la cour pour se -marier, on dit: _Ils se parlent_. H.-N. - -PARLER (se), parler avec affectation. H.-N. Les deux verbes suivants ont -la même signification. - -PARLOCHER (se). - -PARLORER (se). - -PARMI (le), le milieu. Ex.: Mets ta carte dans _le parmi_ du jeu. - -PARTAGEUX, qui demande le partage des biens. P. - -PAS? n'est-ce pas? - -PAS-DE-CAT, lierre terrestre. On lui a sans doute donné ce nom à cause -de la forme de ses feuilles. - -PAS-DE-CAT, espèce de gaffe à trois dents, attachée au bout d'une corde, -qui sert à retirer les seaux qui tombent dans un puits. - -PAS-MOINS, néanmoins. P. - -PASSAGE. Voy. _Passeux_. - -PASSAGÈRE (rue), passante. P. H.-N. B.-N. - -PASSÉ-DE-CHALEUR, très-échauffé. H.-N. - -PASSEUX, espèce de barrière immobile qui sépare les herbages, et qu'il -faut franchir quand on suit les sentiers qui traversent fréquemment les -prairies et bouveries du pays de Bray. - -PASSÉE-D'OUT. Voy. _Parcie_. H.-N. - -PASSE-POMME, espèce de pigeon d'été. - -PAS-VRAI? n'est-ce pas vrai? - -PATACLAS, grand bruit. On rapporte qu'un bon curé, voulant donner à ses -paroissiens une idée du bouleversement du dernier jour du monde, -commença ainsi: «Si tous les arbres étaient réunis en un seul arbre, ça -ferait un bien grand arbre; si toutes les mares ne formaient qu'une -mare, ça ferait une bien grande mare; si l'arbre tombait dans la mare, -quel _pataclas_, mes frères!...» - -PATALON, pantalon. - -PATAR, gros _deux sous_. Le _patar_ était une ancienne pièce de monnaie -qui fut frappée sous Louis XII; d'un côté, on voyait deux fleurs de lis -sur la même ligne, et au-dessous, un P et une croix; de l'autre côté, -une croix à branches égales, placée sur un P. On a voulu voir dans ces -P l'initiale du mot _patar_; mais ce doit être celle de _provincia_ -(_Univers pittoresque_, France, tome X, page 372). M. l'abbé Corblet -parle d'un _patar_ du Brabant, de la valeur de quinze deniers tournois, -qui offre la figure de saint Pierre sur une de ses faces. P. - -PATÈRE (un), une patère. - -PATIS. Voy. _Larris_. P. - -PATOUF (gros), gros lourdaud. - -PATRAQUES, paperasses. - -PATRÈS (envoyer _ad_), faire mourir. P. - -PATRON (faire son), tomber dans la neige ou dans la boue. - -PAURE, pauvre; employé adjectivement devant une consonne. P. Ex.: C'est -un _paure_ malheureux. - -PAUVERTE, pauvreté. P. - -PAUVRESSE, mendiante. - -PAYS, PAYSE, compatiote. P. - -PECUNE, argent, monnaie. P. - -PEDRIX, perdrix. - -PEINE DE VIVRE (prendre), en parlant de personnes qui travaillent et -sont économes. - -PEINTRE, espèce de limace qui se rencontre dans les caves et laisse sur -son passage une matière gluante qui _peint_ sa route. - -PELARD, bois de chêne dont on a enlevé l'écorce. H.-N. - -PÊLE, poêle à frire. - -PELÉE, ce qu'on peut porter sur une pelle. - -PELETTE, pelle à feu. - -PELLUCHE, pelle en fer. - -PÉLOT, palet. - -PENDRE QUE DE (ne), rester à faire. Ex.: La table est servie, il ne -_pend que de_ dîner. H.-N. - -PENSER, faillir. Ex.: Il a _pensé_ tomber. H.-N. - -PÉPÈRE, vieillard. P. - -PÉPIN-FAVART, pomme à couteau; espèce de calville. - -PÊQUE, pêche. - -PÉQUENCER, bavarder. - -PÉQUENCIER, PÉCANCIÈRE, qui _péquence_. - -PÊQUER, pêcher, aller à la pêche. - -PÊQUER, marcher sur, dans. - -PERCHER, percer. P. - -PERDU (sentir le), être sur le point de perdre. - -PÉRETTE, jeune fille folâtre. - -PÉRI, péril. - -PERQUE, perche. - -PERSIN, persil. P. - -PÉSACHIS, nom sous lequel on désigne les semailles et récoltes de pois, -vesce et lentilles. - -PÉSAS, tiges de pois ou de vesce liées en bottes après le battage. - -PÉSERI, champ où l'on a récolté des pois. - -PESOUT, homme grossier et sans intelligence. - -PESTER, être contrarié. - -PET! paix! pour imposer un silence absolu. - -PÉTIÈRE, ouverture qui se trouvait au haut de la culotte, par-derrière, -avant qu'on fit usage de bretelles; cette ouverture était plus on moins -serrée à l'aide d'un cordon ou d'une boucle. Nous n'oublierons jamais, -en entendant prononcer le mot de _pétière_, l'embarras et l'agitation -d'un brave homme que nous avons connu, dans la culotte duquel un mauvais -plaisant avait introduit une grenouille, par la _pétière_. - -PÉTIOT, PÉTIOTE, petit, petite. - -PETITS! PETITS! PETITS! cri pour appeler les poules. - -PÉTOCHER, en parlant des enfants qui font du bruit en marchant. - -PÉTONNIÈRE, bout de sureau dans lequel les enfants introduisent deux -balles de filasse, dont l'une chasse l'autre par la pression de l'air; -ce qui produit un bruit semblable à une légère détonation. - -PÉTOTS, petits pieds. - -PETRIR (auge à) V. _Mêt_. - -PEU (un petit), très-peu. - -PEU (un tant soit), excessivement peu, si peu que ce soit. - -PEUPLE, peuplier. H.-N. P. - -PHYSIQUE (beau), belle physionomie. - -PIAFFE, coquetterie. H.-N. - -PIAFFER, mettre de la recherche dans sa toilette. - -PIAFFEUX, PIAFFEUSE, coquet, coquette. H.-N. - -PIAI, pied. Dans un acte de 1356, il est question d'un _espasce de trois -piez à pié main_. Au siècle précédent, on rencontre encore cette mesure -sous le nom de _pedes manuales, pedes ad manum_. «Quoique cette -expression figure dans un assez grand nombre de textes, dit M. L. -Delisle, le sens n'en est pas encore déterminé avec certitude» -(_Etudes_, etc., p. 530). Nous croyons que le _pied-main_ est une mesure -approximative encore très en usage, parmi les ouvriers de la campagne, -quand il s'agit d'opérations qui ne demandent pas une grande exactitude -dans les appréciations. On prend un bâton de petite grosseur, plus ou -moins long, selon l'étendue de l'objet qu'on veut mesurer; on le place -horizontalement devant soi, en le tenant dans ses deux mains, les doigts -fermés en dessous; on éloigne ensuite les mains l'une de l'autre jusqu'à -ce que les deux pouces, allongés contre le bâton, se touchent par le -bout; alors on obtient le _pied-main_, c'est-à-dire que la longueur du -bâton renfermée dans les mains représente à peu près un pied. - -PIAN-PIAN, lentement. P. - -PIANE-PIANE (aller), marcher doucement; de l'italien _piano_. - -PIANT, PIANTE, personne malpropre, qui sent mauvais. - -PIARD (cheval), blanc et noir comme certaines vaches; couleur de la -_pie_. - -PIAU, peau. P. - -PIAUCER, écorcher, enlever la _piau_ d'un animal. On dit aussi: Faire -_piaucer_ un animal par un chien, pour signifier: le faire mordre, lui -faire arracher la peau. - -PIAULARD, pleurnicheur. P. - -PIAULER, pleurnicher. P. Se dit aussi du gloussement de la dinde. - -PIÈCHE, pièce. - -PIÈCHE, aucun. Ex.: Combien as-tu de chapeaux?--_Pièche_. - -PIEDSENTE, _sentier_ par lequel on passe à _pied_. - -PIERROT, coiffure de femme, dont le fond est très-élevé et chargé de -plis, ainsi que les deux espèces d'ailes qui se prolongent sur les -épaules. - -PIÉTAIN, tumeur qui se forme dans la bifurcation du pied des moutons. P. - -PIF, gros et long nez. B.-N. P. - -PIGEON, pomme a manger. - -PIGNÉ (bien, mal), bien ou mal ajusté, habillé. - -PIGNER, peigner. - -PIGNOCHE, cheville. B.-N. - -PILAGE, brassage. - -PILE (donner une), donner une rossée. B.-N. P. - -PILER, brasser les pommes. B.-N. - -PILER SUR, marcher sur. Ex.: Vous me _pilez sur_ le pied. H.-N. - -PILON. Voy. _Grageux_. - -PIMPERNELLE, pimprenelle. P. - -PINCHARD, pinson. - -PINCHER, pincer. - -PINCHES, PINCHETTES, pincettes. - -PINGEON, pigeon. P. - -PINGRE, avare. P. - -PIONE, pivoine. P. - -PIOS! PIOS! PIOS! cri pour appeler les porcs. - -PINOS! PINOS! PINOS! cri pour appeler les dindons. - -PIOT, PIOTE, enfant, petit, petite. P. - -PIPET, fétu à l'aide duquel on aspire un liquide. B.-N. - -PIPIE, pépie. - -PIPIE (avoir la), avoir soif. - -PIQUETS, mouillettes. - -PIRE (aussi), aussi mauvais. B.-N. - -PIRE (avoir du), être le plus faible dans une lutte. - -PIS, puits où l'on puise de l'eau. - -PIS, mamelle de vache, de cheval, etc. B.-N. - -PISSON, urine. - -PLACHE, place. P. - -PLACHER, placer. - -PLACHEUX, offrant des places où il n'y a rien. Ex.: Ce blé est -_placheux_. - -PLAIDEUX, plaideur. Ce mot est d'un usage fréquent dans le pays de Bray, -comme dans le reste de la Normandie. Cependant nous n'en sommes plus au -temps de Jacques de Camprond qui composa, en 1597, le _Psautier du -Plaideur_, dédié au Parlement de Rouen. Un vrai Normand ne mourait pas -en ce temps-là sans avoir eu un ou plusieurs procès, et le livre du curé -d'Avranches était le _Vade mecum_ de l'époque. Pour comprendre l'esprit -processif de nos bons aïeux, il suffit de se rappeler _le grand prochez -meu par un nid de pie_, sur lequel le Parlement de Normandie eut à se -prononcer en 1629. Pendant que les avocats déployaient leur inépuisable -faconde, les _petits piards_ faisaient défaut aux parties et les -mettaient d'accord, en abandonnant le nid. Aujourd'hui, on plaide moins -souvent qu'autrefois; cependant on assure qu'on rencontre encore çà et -là de vrais _plaideux_ aussi familiarisés avec le pétitoire, le -possessoire, le déclinatoire, le récursoire, etc., qu'un vieil huissier. -C'est peut-être par allusion à cet esprit de chicane qu'on a dit que: -_en Normandie_, _si l'on jette un nouveau-né contre une glace_, _il -trouvera moyen de s'y accrocher_. - -PLAISI (au), au revoir; au _plaisir_ de vous revoir. P. - -PLANCHE DU PIED, plante du pied. H.-N. - -PLANCHÉ (lieu), planchéié. - -PLANQUE, planche. P. - -PLANQUETTE, planche placée sur un petit ruisseau pour servir de pont. P. - -PLATÉE, ce que contient un plat. - -PLATE-FORME, sablière. H.-N. - -PLATINE, langue sans frein. Ex.: Quelle _platine!_ - -PLAUDE, BLAUDE, blouse. Il n'y a pas encore longtemps qu'on désignait -sous le nom de _plaude_, une espèce de longue redingote en toile grise -que portaient les vieillards peu aisés. Il doit exister beaucoup de -rapport entre ce vêtement et le _blialt_ du XIe siècle, dont il est -question dans la _chanson de Roland_. - -PLAUDER. Voy. _Piaucer_. - -PLEIN (tout), beaucoup. Ex.: Il a _tout plein_ de chagrin. P. B.-N. - -PLEU-PLEU, pie-vert; ainsi nommé par onomatopée. - -PLEUVER, pleuvoir. - -PLEUVERE. V. _Pleu-Pleu_. - -PLI, levée de cartes. P. - -PLION, pièce de bois qui sert à maintenir le coutre d'une charrue dans -la position nécessaire; on change le _plion_ de côté, à chaque sillon. -Ce mot est aussi très-usité dans le sens de _ployon_. - -PLOTER (se), se jouer ou se battre à coups de pelotes de neige. - -PLOUTRE, pêne d'une serrure. - -PLOYON, bâton pliant qui sert pour les couvertures en paille. P. Voy. -_Plion_. - -PLUCOTER, se dit des volailles qui cherchent, qui épluchent les grains -perdus devant les granges. - -POUAC! pouah! - -POCHER, espèce de jeu de pair ou non, où l'on gagne des noix et du pain -d'épice aux fêtes de villages, surtout aux _Choules_. - -POGNE (avoir une bonne), serrer fort avec la main; du latin _pugnus_, -poing. - -POGNIE, poignée. - -POIGNÉE (dernière). A la fin de la moisson, on réserve une poignée de -blé à laquelle on en ajoute une autre artistement tressée et un bouquet. -Alors les moissonneurs vont inviter la maîtresse de la ferme à venir les -aider _à finir à blé_; et, quand on est arrivé au lieu où la _dernière -poignée_ a été préparée, on danse une ronde et l'on vide une bouteille -de gros cidre, en mangeant une galette. Ensuite, on présente une -faucille enrubannée à la fermière, et, au moment où elle s'avance pour -scier la riche poignée, les moissonneurs s'arment de fusils qu'ils -avaient cachés sous les javelles, et une première décharge a lieu. Mais -parfois la dernière poignée n'est pas facile à couper, et chacun dit son -mot: _Voilà du blé qui est bien dur_.... _La faucille ne coupe pas_.... -_Madame ne sait pas son métier_.... _Le moidoux ne se ferait pas vite de -ce pas-là_.... _Il y a du sorcier_.... _Allons, courage!_ Enfin, la -maîtresse se redresse et paraît renoncer au succès, lorsqu'un vieux -grognard s'avance: _Pardon! la maîtresse_; _m'est avis qu'il a poussé là -quelque chose depuis tantôt_.... Et il retire une branche qu'il avait -fourrée au milieu de la poignée de blé. On danse une nouvelle ronde; on -vide une seconde bouteille; on fait encore une décharge, et l'on regagne -la ferme, où un bon dîner est préparé, ainsi qu'une récompense pour les -bonnes gens qui ont offert la _dernière poigneé_. Pendant le reste de la -journée, les moissonneurs n'ont d'autre occupation que de tirer des -coups de fusil, manger et surtout boire. Un jeune garçon, interrogé sur -le plaisir qu'il avait eu dans une des circonstances que nous venons de -décrire, répondit: _On a eu du bon temps, mais on était crévé pour -verser à boire._ - -POIRES DE TERRE, topinambours. H.-N. - -POIRIONS, verrues. - -POISON (vieille)! Terme injurieux. - -POLON, Napoléon. - -POLYTE, Hippolyte. - -POMMAGE (bon, mauvais), bonne ou mauvaise nature de pommes dans un -herbage. B.-N. - -POMMEROLES, primevères. B.-N. - -POMON, poumon. H.-N. - -POMONIQUE, pulmonique. - -PONCHET, coquelicot. - -PONNU, pondu. - -POPOT, POPOTE, petit garçon, petite fille, poupée. - -POR, pour. P. - -PORÉSINE, poix-résine. - -PORETTE, jeunes poireaux à repiquer. H.-N. - -PORIONS. Voy. _Poirions_. P. - -PORQUER, qui garde les porcs. - -PORTRAIT (tirer en), faire le portrait, peindre. H.-N. - -PORSUIRE, poursuivre. P. - -PORTE-COS, espèce de joug qui sert aux servantes de ferme a porter des -seaux. - -PORTEUX DE LETTRES, facteur rural de la poste. H.-N. - -POT, ancienne mesure qui contient deux _chopeines_. - -POT, pièce de charpente qui supporte les sommiers. H.-N. - -POTAYE, potée. - -POTICHE, cuisine de pauvres gens. H.-N. - -POTIN, bavardage inutile. - -POTINER, faire des remontrances à contre-temps. - -POTINIER, POTINIÈRE, qui _potine_. - -POTUIT, porte d'une cour, placée entre deux _pôts_ et surmontée d'une -petite couverture par laquelle on ne passe qu'à pied. - -POU, pour. - -POUANT, faiseur d'embarras. P. Malpropre. - -POUCHE, petit sac. - -POUCHINÉE, couvée d'une poule. - -POUCHINIÈRE (la), les pléiades. - -POUILLARD, vaurien. B.-N. Perdreau trop jeune pour être tué. - -POULAIN. On nomme ainsi ce qui s'échappe d'un oeuf cuit dans les cendres, -quand la chaleur fait crever la coque. - -POULE-D'INDE, dinde. - -POULET-D'INDE, dindon. - -POULIER, poulailler. - -POULINÉE, fiente des poules. H.-N. - -POULIOT, pièce de bois mobile placée à l'extrémité postérieure d'un -chariot ou d'une charrette, sur laquelle s'enroule la _liache_. - -POULOT, jeune enfant; de _pullus_. Dans le grec moderne, on emploie -encore, dans la forme patronymique, l'expression _poulo_, quand on veut -joindre le nom individuel du fils à celui du père. C'est comme _mac_, en -Écosse; _o_, en Irlande; _ap_, dans le pays de Galles; _fitz_, _son_, -_en_, en anglais; _vitch_, dans les langues russes; _ez_, en espagnol; -_oglou_, en turc, etc. (_Encyclopédie_ du XIXe siècle, vol. 33me, p. -230). B.-N. P. - -POUQUE. Voy. _Pouche_. - -POUQUETTE, poche, petite _pouche_. - -POUQUETTE (faire), mettre en cachette des fruits ou autre chose à sa -poche, quand on n'a plus faim. - -POURCACHER, en parlant des animaux qui poursuivent les autres pour les -empêcher de manger. - -POURLÉQUER (se), se lécher les lèvres après avoir mangé quelque chose de -bon. P. - -POURPE (le), suette militaire. - -POURVANE, ration d'avoine ou de son qu'on donne aux chevaux et aux -vaches. H.-N. - -POUSSE-POUSSE, jeu d'enfant. Les deux joueurs ont chacun une épingle -qu'ils poussent l'une contre l'autre, jusqu'à ce que l'une des deux -reste sur l'autre; alors celle du dessous devient la propriété du -gagnant. - -PRÊCHEUX, prédicateur. P. - -PREMIER QUE (au), jusqu'à ce que. - -PRÈS, près de, près du. Ex.: Il demeure _près_ l'église, _près_ le -boulevart, etc. - -PRESSEUX, pressoir; lieu où l'on _pile_ et où l'on presse les pommes. - -PRÈT (attraper son), lever un fardeau trop lourd et gagner une hernie. -En parlant d'une fille de conduite équivoque, qui se trouve enceinte. - -PRÈTE, prêtre. - -PRÉTINTAILLES, petits grelots qu'on attache au collier des chevaux des -rouliers et de ceux qui conduisent les diligences. - -PRINS, PRINSE, pris, prise. P. On dit qu'une fille est _prinse_, quand -elle est enceinte. - -PRINSE, prise de tabac. - -PRINSSEUX. Voy. _Presseux_. - -PRIVÉ, lieu d'aisance. - -PRIVÉ (animal), apprivoisé. P. - -PTIOT. Voy. _Piot_. P. - -PU, plus. - -PUCHE, puce. - -PUCHER, puiser. Ex.: _Puchez_ de l'eau dans le seau. P. - -PUCHOT, lieu où l'on puise de l'eau dans une mare. - -PUCHOT, altise; espèce de caléoptère qui vit sur le colza et les pois, -auxquels il cause un grand tort. H.-N. - -PUFINE, excrément humain. - -PUISSANT (homme), gros et gras. H.-N. P. - -PURE, peur. - -PURÉE (porter la), être grondé, pour un autre, sans l'avoir mérité. - -PURER, presser dans ses mains un linge mouillé pour le faire égoutter; -des groseilles pour en obtenir le jus. H.-N. - -PURGE, purgation. - -PUS, plus. - -PUTEAU, mare qui reçoit l'égoût du fumier. On dit aussi _putet_. - -PUTIER, homme débauché. - - - Q - -Q'MENCHER, commencer. - -Q'MIN, chemin. Le mot _quemin_ était très-usité au moyen-âge. - -Q'MINAYE, cheminée. - -QUANTES (toutes fois et), quand on voudra. H.-N. - -QUART-D'HEURE (pour le), pour le moment. H.-N. - -QUARTE, quart du boisseau. - -QUART-MOINS DE, quinze minutes avant l'heure. Ex.: Il est le -_quart-moins_ de dix heures, c'est-à-dire neuf heures quarante-cinq -minutes. H.-N. - -QUARTRON, le quart d'un cent, ou plutôt vingt-six, selon l'usage -consacré. Pour les fruits, le _quartron_ s'étend même jusqu'à -trente-deux. - -QUASIMENT, presque; du latin _quasi_. B.-N. P. - -QUATE, quatre. - -QUATRE FERS D'UN QUIEN (ne pas valoir les), ne valoir rien. Ex.: Il ne -vaut pas les _quatre fers d'un quien_. - -QUATRE-VINGT-DIX-NEUF COUPS (avoir fait les), avoir mené une vie -aventureuse et déréglée. - -QUÉ? qu'est-ce? Ex.: _Qué quo_ dites? - -QUENAILLE, canaille. H.-N. On emploie aussi cette expression en bonne -part, en parlant aux enfants. Ex.: Embrasse-moi, _quenaille_. - -QUÊNE, chêne. P. - -QUENOT, petit chien. - -QUÊNOT, petit chêne. - -QUENOTTER, mettre bas; en parlant d'une chienne. - -QUETOU, cochon. - -QUETOUS! QUETOUS! QUETOUS! cri pour appeler les porcs. H.-N. - -QUEUE DE LEU (à la), l'un derrière l'autre. - -QUEUQUE, quelque. - -QUEUQU'UN (un), quelqu'un. - -QUÈVRE, chèvre. - -QUÉVRON, chevron. - -QUI, qu'il, qu'ils. - -QUIACHE, excréments des oiseaux; scorie du charbon de terre. - -QUIARD. Voy. _Berneux_. - -QUIEN, chien. - -QUIEN DE FEU, chenet. - -QUIEN DE TERRE. Voyez _Mans_. - -QUIEU? quel, quelle? - -QUIOLE, diarrhée. - -QUIOT, QUIOTE. Voy. _Piot_. - -QUO, que vous. Ex.: Je crois _quo_ mentez. - -QUO. Employé dans les phrases interrogatives, pour suppléer à -l'inversion. Ex.: Où _quo_ z'allez? D'où quo venez? H.-N. - -Q'VA, Q'VAS, cheval, chevaux. - -Q'VEUX, cheveux. - -Q'VILLE, cheville. - - - R - -RABÊTIR, rendre stupide. P. - -RABIENNER, réconcilier. - -RABISTOQUER, raccommoder de vieux habits et de vieux meubles. P. - -RACACHER, ramener les bestiaux à l'étable. P. - -RACAILLE, mauvais bestiaux, mauvaises gens. Nous croyons voir un grand -rapprochement entre ce mot et le terme de mépris _raca_, dont il est -parlé dans l'Evangile, et qui était en usage du temps de J.-C. Le mot -_raca_, ou plutôt _reca_, vient de l'hébreu RIK, et signifie à peu près: -_tête légère_. Aussi le Sauveur déclare-t-il que celui qui adressera -cette injure à son frère, sera seulement cité devant le conseil, tandis -que celui qui lui dira: _Vous êtes fou_, méritera l'enfer. - -RACCOLER, entraîner quelqu'un avec soi. - -RACCROC (par), après coup. - -RACHINNE, racine. - -RACLÉE, volée de coups de bâton. P. - -RACOIN, recoin. - -RACCOURCHIR, rendre plus court. - -RACCROCHER. Voy. _Raccoler_. - -RACCROCHER (se), se dédommager d'une perte, en gagnant d'un autre côté. - -RADOUBLER, revenir sur ses pas. B.-N. - -RADRECHER, RADRESSER, recommencer, réussir dans une entreprise où l'on -avait échoué d'abord. H.-N. - -RAFISTOLER, raccommoder grossièrement. H.-N. P. - -RAFOURÉE, portion de fourrages qu'on donne aux bestiaux pour un repas. - -RAFOURER, donner à manger aux vaches et aux moutons dans l'étable. P. - -RAFULER, coiffer. P. Donner un soufflet. - -RAGACHE, qui parle sans cesse et veut toujours avoir raison. H.-N. - -RAGUISER, aiguiser. P. - -RAIE, sillon de charrue. - -RAILE DU DOS, épine dorsale. - -RAILER, rayer, faire des raies sur quelque chose. - -RAILETTE, milieu des cheveux sépares en natte sur le front. - -RAINCHÉE, rossée. - -RAINE, grenouille; de _rana_. B.-N. P. - -RAISONNER, répondre mal à une personne qui vous fait une remontrance ou -vous reprend. - -RAISONS (avoir des), être abondant en paroles. Avoir des altercations. - -R'ALLER, aller de nouveau. H.-N. Je _r'vais_, je _r'allais_, j'ai -_r'été_, je _r'irai_, etc. - -RALLONGE, allonge. - -RAMARRER, rejoindre par un noeud les deux bouts d'une corde. - -RAMBOURG, très-grosse pomme à couteau. Ces pommes ont commencé à être -connues à Rambures (Somme). Charles Etienne en a peut-être fait un éloge -un peu exagéré dans son _Seminarium_. - -RAMENDER, se vendre moins cher, aller mieux; en parlant d'un malade. -B.-N. - -RAMENDEVER, rappeler; même signification que le vieux verbe français -_ramentevoir_. - -RAMOUCHELER, mettre de nouveau en _mouchet_. - -RAMOUDRE, ramoner. Aiguiser un tranchant. - -RAMOULEUX, ramoneur. Émouleur. - -RAMUCRIR, rendre _mucre_. - -RAN, bélier, P. B.-N. - -RANCER, avoir la respiration gênée et bruyante. - -RANCANGNÉ; se dit d'une personne qui regarde en dessous et dont la -figure n'a rien d'attrayant. - -RANDIR, rôder, tourner autour. P. - -RANDON, babil ennuyeux, revenant sans cesse sur le même sujet. H.-N. - -RANDONNER, rôder, aller et venir dans un endroit. Bouillir trop -longtemps. B.-N. - -RANDONNAGE, action de _randonner_. P. - -RANDOUILLER; en parlant d'un mets qui reste trop longtemps sur le feu. - -RANQUEUX, animal de rebut, qui se devient mal. - -RAPARILLER, rappareiller. - -RAPENSER (se), se souvenir. - -RAPIAMUS (faire), enlever tout; du latin _rapere_, enlever. P. - -RAPINEUX, qui vit de rapines. P. - -RAPOUSSER, rendre ce que l'on avait reçu. - -RAPPORT A, à cause de. Le T ne se fait pas sentir. Ex.: Nous dinerons à -deux heures _rappor à_ vous. H.-N. - -RAPSAUDER, dire des rapsodies. P. - -RAPTI, tiges de colza, dont on a enlevé la graine. - -RAS-DE-TERRE (à), à rez-terre. - -RASEUX, rasoir. - -RASIÈRE, demi-hectolitre; mesure pour les pommes et les grains. B.-N. - -RASSIÈRE, rasseoir. - -RASSIR, rasseoir. P. - -RASSOTER, raffoler. P. - -RATATINÉ (homme), gros et de petite taille. - -RATATOUILLE, fricassée grossière. P. - -RAT-BAILLOT, lérol. - -RATELAGE, ce qu'on ramasse dans un champ ou une prairie, à l'aide d'un -rateau, quand la récolte est recueillie. - -RATELLE, grand rateau qui sert à recueillir les épis échappés aux -moissonneurs. - -RAT-LÉROT. Voyez _Rat-Baillot_. - -RATIER, qui fait métier de détruire les rats. - -RATIRER, attirer chez soi. - -RATISER, attiser. - -RATON. Voy. _Coraprenant_. M. l'abbé Corblet cite une étymologie bizarre -de ce nom, extraite d'un manuscrit de la bibliothèque de l'Arsenal: -«L'an 893, Dodilo, évêque, alla, accompagné des religieux de -Saint-Vaast, jusqu'à Beauvais où avait été transporté le corps de -Saint-Vaast, seize ans auparavant, pour le ravage des Normands, et fut -rapporté à Arras par l'evêque, avec affluence de peuple, lequel montra -grand signe d'allégresse et de dévotion, remerciant Dieu qui leur avait -rendu ce précieux trésor sain et entier. Ce fut alors que le peuple, en -réjouissance, inventa une espèce de pâte composée d'oeufs, de lait et de -pain dont ils se regalèrent, ce que depuis lors on a continué de faire -tous les ans, le jour de la fête du saint, dans ladite abbaye et dans la -plus grande partie du peuple, même jusqu'aujourd'hui, ce que l'on a -nommé _raton_, parce que le peuple, allant au-devant du saint, -s'écriait: _le raton? le raton?_ voulant dire: _l'a-t-on retrouvé_?» - -RATOURS, détours. P. - -RATTRAPER (se). Voy. _Se raccrocher_. H.-N. - -RATRUCHE, ratissoire. - -RATRUCHER, ratisser. - -RAVALEMENT, portion de muraille qui dépasse le plancher du grenier. -H.-N. - -RAVEINDRE, rejoindre. Retirer d'un trou, d'une rivière, d'un mauvais -pas, etc. P. - -RAVEUGLER TOUT, renverser tout, en cherchant dans une armoire ou -ailleurs. - -RAVIGOTER, restaurer, faire revivre. - -RAVISER, apercevoir. P. - -RAVISER (se), revenir sur une détermination. P. - -RAVOIR, posséder une seconde fois. H.-N. P. Ex.: Je _r'ai_, je -_r'avais_, j'ai _r'u_, je _r'érai_, etc. - -RAYER (se), tracer des lignes au crayon sur le papier, pour les suivre -en écrivant. - -R'COMMANCHER, recommencer. - -RECHEVEUX, grand cuvier qu'on place sous le canal de la _faiselle_, pour -recevoir le cidre nouvellement brassé. - -RE. Cette syllabe, au commencement des mots, se prononce ordinairement -comme _er_. Ex.: _Ervenir_ pour _revenir_, _erpos_ pour _repos_. P. - -RÉBABARATIF (air), air rébarbatif. - -REBIFFER (se), se révolter contre. P. - -REBLINDER, recommencer. - -REBOUQUER, reculer, renoncer à; le plus souvent, ne plus pouvoir manger. -H.-N. B.-N. - -REBOURS (à la), à rebours. - -REBOURS (cheval), cheval qu'on ne peut faire avancer, même à l'aide des -coups de fouet les mieux appliqués. - -REBOUTEUX, homme qui reboute les os fracturés et soigne les luxations. -H.-N. P. - -REBROQUER, réparer un mauvais vêtement ou une mauvaise couverture en -paille. P. - -RÉBROUER, renvoyer rudement. P. - -REBULET, produit du blé qui tient le milieu entre la farine et le son. - -REBUS (chemins), raffermis après la pluie. - -RÉCART (mettre au), mettre au rebut. - -RÉCAUFFER, réchauffer. P. - -RECAUSER DE, reparler de. H.-N. - -RÉCENT (homme), qui n'est pas ivre. P. H.-N. - -RECHINCHER, revendeur. - -RECHIPPER, pousser de nouveau en cépée. H.-N. - -RÉCONFORTER, donner des forces, du courage. - -RÉCOPILLE (tout). Voyez _Craché_ (tout). - -RECOUPES. Voy. _Rebulet_. - -RÉCOQUILLER, rendre la santé. - -RECOUVRIR LA SANTÉ, recouvrer. - -RECTA, exactement. P. - -RÉCURER, écurer. H.-N. - -RÈDE, vite. P. - -RÉDILLON, sentier escarpé. H.-N. - -REFAIRE, attraper, tromper. P. B.-N. - -RÉFORCHER, engager à manger. H.-N. - -REFOUIR, fouir une seconde fois. P. - -RÉGALER, payer la goutte. Ex.: _Régalez_-vous aujourd'hui? - -REGARDANT (homme), parcimonieux. H.-N. P. - -RÉGENCE, petit pain fait au levain de bière. H.-N. - -REGLER, avoir la respiration gênée et faire du bruit en respirant. - -RÉGLISSE (du), de la réglisse. - -RÉGNON (dire son), en parlant du léger bruit produit par le chat avant -de s'endormir. - -REGOURER. Voy. _Gourer_. - -RÉGUISER, aiguiser. - -REIDERIE, engouement pour certaines choses. P. - -REIDEUX, qui a des _reideries_. P. - -REJOINDRE, se venger. Ex.: Tu m'as nui, mais je te _rejoindrai_. P. - -RÉJOUI, gai. P. - -RELANNER, rosser; signifie peut-être frapper avec une _lanière_. - -RELEVÉE, après-midi. H.-N. - -RELEVER, faire ses relevailles. P. - -RELEVER UN ACTE, en prendre une expédition. B.-N. - -RELICHÉE, rossée. - -RELICHER, rosser. - -RELIÉE, rossée. - -RELIER, rosser. - -RELIPPER, boire la part d'un autre. - -RELUQUER, regarder longtemps ou plusieurs fois une personne avec -inconvenance, ou un objet pour le voler. - -REMBARER, riposter avec énergie. P. - -REMBRAILER, donner suite à une fête, le lendemain ou le jour de -l'octave; signifie peut-être remettre ses _braies_ de fête. - -REMBRAILER (se), remettre ses braies, ses pantalons. - -REMETTEUX. V. _Rebouteux_. - -RÉMINER, réfléchir, chercher dans son souvenir; du latin _reminiscere_. - -REMIRER, regarder avec attention. P. - -REMONTÉE, après-midi. P. - -REMONTER, reprendre son travail après midi. P. - -REMOTTER, former une motte de terre au pied de certaines plantes, telles -que la pomme de terre. - -RÉMOUDRE, aiguiser sur une meule. - -REMPIÉTER, refaire le pied d'un bas. P. - -REMPLUMER (se), se remettre bien dans ses affaires; regagner au jeu ce -qu'on avait perdu. P. - -REMUQUE (sentir le); se dit d'un vase ou d'un objet qui porte certaine -odeur désagréable, semblable à ce qu'on appelle _odeur de fût_, _de -tonneau_. - -RENAFLER, respirer bruyamment par le nez; s'emploie surtout en parlant -des chevaux qui sont effrayés. - -RENALLER, (se), s'en aller de nouveau. - -RENARÉ (être), trouvé plus rusé que soi. - -RENCHARGER, recommander. - -RENCHIN (faire un), faire un circuit et revenir à son point de départ. - -RENELLE, ruelle d'un lit. - -RENFILER, affiler. B.-N. - -RENFOURRÉE. V. _Rafourée_. - -RENFOURER. V. _Rafourer_. - -RENFRAICHIR, rafraîchir. H.-N. - -RAFRAICHISSEMENT, rafraichissement. H.-N. - -RENGAINER SON COMPLIMENT, être obligé de renoncer à un projet, à un -ouvrage qu'on allait entreprendre. - -RENHAITER, exciter, encourager. - -RENIFLER, aspirer par les narines; faire remonter l'humeur qui les -remplît, pour éviter de se moucher. H.-N. - -RENMESSER, faire dire une messe d'actions de grâces, le lendemain de son -mariage. - -RENOUVEAU (le), le printemps. P. - -RENOUVIAU (au), au printemps. - -RENTIQUÉES (avoir des), des répliques, des reparties. - -RENVOIS (avoir des), avoir des rapports. - -RÉPARER (se), en parlant du temps qui passe au beau après la pluie. - -REPASSEUX, émouleur. - -RÉPER, avoir des _répets_. P. - -RÉPET, rot. - -RÉPONNU, répondu. H.-N. - -REPIMPÉ, qui a fait toilette. - -RÉPRIMANDABLE, répréhensible. - -RÊQUE, d'un goût apre. - -RÊQUE (air), air revêche. - -RÊQUER, abattre les dernières pommes d'un arbre. - -RÊQUET, petite gaule qui sert à _rêquer_. - -RÉQUILLONS, restes. - -REQUINQUÉ, paré, en toilette. - -REQUIR, requérir. - -RESAQUER, tirer de nouveau une personne d'un mauvais pas, un objet du -lieu où on l'avait mis. - -RÉSIPÈLE, érysipèle. - -RESPECT (sauf, sous votre). Formule fréquemment employée quand on parle -des animaux ou de choses immondes à une personne au-dessus de soi. Ex.: -Je viens de vendre des cochons, _sauf votre respect_. H.-N. - -RESERRE, serre de jardin, lieu où l'on retire divers objets. - -RESSOURDRE, réveiller, activer, relever; du latin _resurgere_. B.-N. - -RESSUER, en parlant des murs quand ils se couvrent d'humidité. - -RESSUYÉS (chemins). Voy. _Rebus_. - -RESTER A, avoir son domicile. Ex.: Il _reste_ à Paris. - -RETAPÉ, en toilette. B.-N. - -RETAPER (se), faire toilette. P. - -RÉTOQUER (se), faire de nouveaux efforts pour soulever un poids. Se -montrer _rétoquet_. - -RÉTOQUET, petit homme qui parle beaucoup et n'aime céder à personne. P. - -R'ÊTRE, être de nouveau. Ex.: Il _r'est_ parti. H.-N. - -RETRUC (avoir du), avoir plus d'un expédient à son service. - -RÉTU, qui jouit d'une bonne santé. - -REUE, roue. P. - -REUE (faire l'), en parlant d'une vache, et surtout d'un taureau qui -menace de ses cornes en mugissant. - -REULIÈRE, ornière; trace profonde de la _reue_. - -RÉUNIR A, avec, et. Le verbe RÉUNIR ne doit jamais être suivi de A ni de -AVEC; ainsi il ne faut pas dire: _réunir la prudence_ A _la hardiesse_, -mais _réunir la prudence_ ET _la hardiesse_. - -REVENEZ-Y (goût de), mets ou boisson dont le goût flatte. - -REVERTÉRIS (avoir un), changer de résolution. - -REVOIN, regain. - -RHABILLER, habiller de nouveau. Parler mal de quelqu'un. P. Piquer la -meule d'un moulin. - -RHEUME, rhume. On a passablement disserté sur l'étymologie de ce mot. M. -Labourt le fait venir du celtique _rum_, qui signifie: réunion, -agglomération en général, en ce sens que le rhume provient d'un amas, -d'une aggrégation d'humeurs sur la poitrine. M. l'abbé Dartois repousse -cette origine, parce qu'elle repose sur une étymologie philosophique peu -en rapport avec l'habitude de procéder du peuple, qui juge ordinairement -par la cause et les effets, et jamais d'une manière insaisissable aux -sens. Pour le peuple, _la rheume_ est un _refroidissement_; et c'est, en -effet, par des mots qui ont cette signification que cette maladie est -désignée en hollandais, en anglais, etc. Puis, l'espagnol, le portugais, -le catalan, etc., ont une expression tout-à-fait en rapport avec le grec -_reûma_. D'où le savant chanoine de Besançon conclut, avec M. A. de -Poilly, que la racine de rheume vient du grec (Voir le _Glossaire du -patois picard_, par M. l'abbé Corblet, p. 598 et suiv.). P. - -RIBAMBELLE, multitude. H.-N. - -RIBLE. Voy. _Halitre_. - -RIDEAU. Voy. _Condos_. - -RIDIAUX, rideaux. - -RIFLE, morceau de bois qui se place au bout du _hanse_, et dont les -faucheurs se servent pour aiguiser leur faux. - -RIFLER, se servir du _rifle_. Effleurer. - -RIGOLET, rigole. - -RIGOLISSE, réglisse. - -RIKIKI (un coup de), un verre de liqueur. P. - -RIMÉE, gelée blanche; frimas. P. - -RIMER, geler _blanc_. - -RINCHÉE, volée de coups. P. - -RINCHER LA LESSIVE, laver, aigayer le linge, avant de le tordre. - -RINCHETTE, verre d'eau-de-vie qu'on prend après le café. - -RINCHURETTE, verre d'eau-de-vie qui vient après la _rinchette_. - -RINGOLISSE, réglisse. P. - -RIO, petite raie, poisson. - -RIO, petite rigole dans laquelle on plante des pois, des fèves, etc. P. - -RIOCHER, rire en se moquant. - -RIOCHEUX, qui _rioche_. - -RIOTEUX, instrument de jardinage qui sert à faire des _rios_. - -RIQUIQUI (famille de), composée d'un grand nombre de membres. - -RISQUE-A-LA-RISQUE, à tout hasard. Au moment de dire la messe, un prêtre -n'avait, pour lui répondre, qu'un enfant peu en mesure de le faire. Le -prêtre commence: Introibo ad altare Dei. Pas de réponse! Il recommence: -Introibo, etc.--_Risque-à-la-risque_, répond le serrant: ET CUM SPIRITU -TUO. - -RISQUEUX, douteux, périlleux. - -RISQUIPÈTE (oeufs à la), oeufs à la coque, cuits dans les cendres, _à la -risque qu'ils pettent_. - -RITELET, roitelet. - -ROBIN, taureau. H.-N. En Bourgogne, on donne ce nom aux béliers. - -ROBINIÈRE (vache), qui tourmente les autres et est impropre à la -reproduction. - -ROGATONS (marchand de), qui vend des objets de peu de valeur, des jouets -d'enfants. H.-N. - -ROGNONNEMENT, action de rognonner. - -ROGNONNER, murmurer entre ses dents. H.-N. - -ROGUE, réunion des oeufs du poisson. - -ROGUE (poisson), poisson femelle qui n'a pas encore frayé. P. - -ROMATIQUE, rhumatisme.--_Qué qu'ch'est que c'te plante-là_, demandait -dernièrement un enfant au curé de sa paroisse, eu lui montrant une -touffe d'hysope?--C'est une plante aromatique...--_Une plante à -romatiques? Ah! donnez-m'en unne branque pou papa qu'en souffre tant!_ - -RONCHAILLES, lieu où il y a beaucoup de ronces. - -RONCHES, ronces. - -RONDINS, bois à brûler qui n'est pas encore fendu. - -RONGE (revenir au), goût des aliments qui revient et se fait sentir -d'une manière incommode après le repas. - -ROQUES, mottes de terre qui se trouvent dans les terres labourées. P. - -ROQUET, pomme à cidre tardive; bonne espèce. - -ROS, roue. - -ROS (faire la). Voy. _Reue_ (faire la). - -ROSETTE, rose. On rapporte qu'un congénère de ce mot, _Roselle_, a donné -lieu à un des plus beaux vers de Malherbe, quand il adressa à un de ses -amis, qui venait de perdre sa jeune fille, le quatrain suivant, que tout -le monde connaît: - - Ta fille était du monde où les plus belles choses - Ont le pire destin, - Et Roselle à vécu ce que vivent les roses, - L'espace d'un matin. - -Lorsqu'on imprima ces vers, il paraît que le compositeur lut mal le -commencement du troisième, et fit tout simplement un chef-d'oeuvre, sans -s'en douter, en mettant le vers suivant, qu'on se garda bien de changer: - - Et Rose elle à vécu ce que vivent les roses. - -ROTEUX, lieu qui reçoit l'égoût du fumier. H.-N. - -ROUAN (cheval gris-), d'un gris tirant sur le roux. - -ROUELLES, roues de charrue. - -ROUGE, homme qui a les cheveux roux. H.-N. - -ROUGE-BRIÈRE, pomme à cidre, tardive; excellente espèce. H.-N. - -ROULÉE, rossée. P. - -ROULET, rouleau servant aux travaux des champs pour écraser les -_roques_. - -ROULET, ralement précurseur de la mort. - -ROULIÈRE, blouse dont se servent les rouliers et autres personnes. P. - -ROUPIEUX, honteux. P. - -ROUPILLER, faire le plus léger bruit, soit en parlant, soit en pleurant. -On dira à un enfant qui pleure: Si tu _roupilles_ encore, je te donne le -fouet. - -ROUQUELOUSE, espèce de houppelande. - -ROUSSI. Voy. _Roteux_. P. - -ROUSSI, légèrement atteint par le feu. - -ROUSSI (sentir le), porter l'odeur d'une étoffe qui brûle. - -ROUSSIR (se), brûler ses vêtements en les approchant trop du feu. - -ROUSSOLÉ, rissolé. - -ROUTER, vomir. - -ROUVIEU, maladie de la peau, particulière aux chiens. - -ROUVREUIL. Voy. _Rouvieu_. H.-N. - -ROUX-VENTS, vents qui, à l'époque de la _lune rousse_, avril et mai, -brûlent les jeunes pousses des plantes qui prennent une couleur -_rousse_. Noël a employé ce mot: «Les _roux-vents_, dit-il, décolorent -et transforment le bouton de la fleur en pointe de gérofle... et -trompent l'espérance du cultivateur» (_Premier Essai sur la -Seine-Inférieure_, p. 224). - -RUCHE (que je), subjonctif du verbe _ruer_. P. - -RUDE, grand, considérable, fort. - -RUDEMENT, extrêmement. P. - -RUETTE, petite rue. - -RUMINER. Voy. _Réminer_. H.-N. - -RUQUE, ruche. - -RUQUER, rucher. - - - S - -S', sa, se. - -SACLER, sarcler. - -SACRESTI, SACRISTI, juron. - -SAFRE, goulu; se dit surtout des chiens. H.-N. B.-N. - -SAGOIN, homme malpropre. H.-N. P. M. Corblet considère ce mot comme la -contraction de _sale grouin_. - -SAI, soif. - -SAI, soi. - -SALÉ (petit), lard salé. - -SALIGAUD. Voy. _Sagouin_. H.-N. - -SALIGOTER (se), se salir. H.-N. - -SALINNE, poisson ou viande salés. - -SALOPE, femme malpropre. - -SALOPIN, enfant malpropre. - -SAN, son; devant une consonne. - -SANG (tirer du), saigner. - -SANRIETTE, sarriette. Cette plante était cultivée dans les jardins dès -le commencement du XIVe siècle. - -SANS (être de), manquer de. Ex.: Avez-vous des épingles?--Non, je suis -_de sans_. - -SANS-CULOTTE, vêtement des petits garçons, qui comprend la veste et le -pantalon. - -SANSURE, sangsue. H.-N. - -SANVRE, sanve; espèce de senevé. H.-N. P. - -SAOUL (raide), tout-à-fait ivre jusqu'à la rigidité des membres. H.-N. - -SAOULARD, ivrogne de profession. - -SAPAS, malpropre. B.-N. - -SAQUER, extraire d'un sac, d'un trou, d'une mare, etc. H.-N. Ce mot se -rapproche d'une des acceptions de l'espagnol _sacar_. - -SAQUER (se), fuir promptement. H.-N. - -SAREAU, espèce de tablier à l'usage des petits enfants. - -SAS, ivre, rassasié. H.-N. Saule. - -SATANÉ, diabolique. H.-N. - -SAUX, saule. Au moyen-âge, le nom de cet arbuste s'écrivait constamment -_saux_, _saulx_. - -SAVENIAU, verveux; espèce de filet qui sert à prendra le poisson. - -SAVOIR, SAVER, savoir, pouvoir. Ex.: Il ne _saurait_ travailler -longtemps sans se reposer. - -SCIAU, seau. P. - -SCIO, petite scie. - -SEC, SÈCHE, SÈQUE. On confond ordinairement ces adjectifs pour le -masculin et le féminin. H.-N. - -SÉCRAN, maigre. B.-N. - -SEIGLERI, champ où l'on a récolté du seigle. - -SELLE A LESSIVE, espèce de traiteau sur lequel on bat et on laisse -égoûter le linge qui a été lessivé. - -SEMEUX. Ce mot désigne: 1º un homme qui sème; 2º l'espèce de nappe qu'il -passe en bandoulière pour porter la semence. - -SENS (se manger les), s'impatienter fortement. H.-N. - -SENTE, sentier. H.-N. P. - -SENTU, senti. - -SEOIR (se), s'asseoir. H.-N. - -SÉQUER, sécher; faire sécher. Ex.: Avez vous _séqué_ votre linge? H.-N. - -SECHER, chercher. - -SERCIES (lèvres), lèvres gercées. - -SÉRIE (faire), travailler le soir à la chandelle. P. - -SERRER, placer un objet en lieu sûr. H.-N. - -SERTE, temps de l'engagement d'un domestique ou d'une servante. - -SERUGIEN, chirurgien. H.-N. - -SERVIR, saillir. B.-N. - -SÈT, SÉS, sel. Ses; devant une consonne. - -SÉYANT, séant. B.-N. - -SIEN (le), celui. Ex.; _Le sien_ qui sortira le dernier, fermera la -porte. - -SIENNE (la), celle. - -SIENNES (les), celles. - -SIENS (les), ceux. - -SIEN A (le), celui de. Ex.: Mon chapeau est plus beau que _le sien à_ -ton frère. H.-N. - -SIÉTEZ-VOUS! asseyez-vous! - -SIEU, suif. H.-N. - -SI-FAIT, nouvelle affirmation contre une négation. Ex.: J'ai été à -Paris.--Non, vous n'y avez pas été.--_Si-fait._ P. - -SIN, son. - -SINER, signer. - -SINNE, signe. Signature. - -SI PEU QUE RIEN, en très-petite quantité. H.-N. - -SIROTEUX, qui a la consistance du sirop. H.-N. - -SISSITE (faire), s'asseoir; terme enfantin. P. - -S'N, son; devant une voyelle. P. - -SOEURETTE, petite soeur. P. - -SOIFFEUR, qui boit souvent, ivrogne. P. - -SOIRANTE (à la), vers le soir. B.-N. - -SOLAI, soleil. - -SOLDAR, soldat. Le vieux mot français était _soudart_. - -SOLE, pièce de bois qui, dans les maisons en charpente, repose sur la -maçonnerie de la base du bâtiment, et dans laquelle sont _entenonnés_ -les _pots_ et les colombes. H.-N. - -SOLINAGE, maçonnerie qui se trouve sous la _sole_. - -SOMMÉLER, effrayer. H.-N. - -SOMMIER, grosse pièce de bois posée horizontalement, sur laquelle sont -appuyées les solives. - -SONNER MOT (ne), ne rien dire. H.-N. - -SORCILÈGE, sortilège. H.-N. - -SORTIR DE, venir de. Ex.: Il _sort d'_être malade. - -SOTTES (avoir les mains), Voy. _Gourdes_. P. - -SOTTISIER, qui dit des paroles obscènes. - -SOUAIS (à vos), à vos souhaits! Paroles qu'on adresse aux personnes qui -éternuent. Nous pensons que cet usage remonte à une haute antiquité. - -SOUDRE (faire), faire partir, lever. Ex.: Il a fait _soudre_ un lièvre; -vient peut-être de _surgere_. - -SOUILLON, femme malpropre; semble venir de _suillus_. P. H.-N. - -SOULARD, ivrogne. P. - -SOUPLE, moite. - -SOURCIN, nom par lequel on désigne les souris, les mulots, les rats, -etc. - -SOURIS (cauque), chauve-souris. - -SOUS-CHEVRON, arbalêtier. L'Académie écrit _arbalétrier_, ce qui, -d'après Napoléon Landais, est un barbarisme, attendu que ce mot vient -d'_arbalête_. H.-N. On dit aussi _sous-quévron_. - -SOUTINT, soutenu. H.-N. - -SOUVENT, vite. Ex.: Il n'arrive pas _souvent_. - -S'S', ses, devant une voyelle. - -ST', ce, cette; devant une voyelle. - -STE, cette; devant une consonne. - -STICHITE, celui-ci. - -STILA, celui-là. - -STILO, celui-là. P. - -SU, ce. Sur. - -SUÉE (endurer une), avoir des souffrances aiguës; entendre ce qui est -capable de faire suer de peur. B.-N. - -SUERIE, action de suer. H.-N. - -SUFFISANCE (manger à sa), selon son appétit. H.-N. - -SUGRÉGEON, épautre. Il est souvent question, dans les chartes du -moyen-âge, d'une espèce de froment désigné sous le nom de gros blé, -_grossum bladum_ (_Etudes_, etc., par M. L. Delisle, p. 321). Ne -serait-il point question ici du _sugrégeon_ dont la culture était -autrefois assez étendue, à cause de sa rusticité et de sa faculté de -réussir dans les plus mauvais terrains? Son nom de _gros blé_ lui serait -peut-être venu surtout de la grosseur de son épi. La variété la plus -cultivée devait être le _triticum spelta_ de Linnée, le _froment grand -épautre_. - -SUI, suivi. P. - -SUIRE, suivre. P. - -SUMER, semer. H.-N. - -SUPER, boire peu à la fois et en aspirant, à la manière des animaux -ruminants, tels que la vache; en anglais, to sup. _B.-N._ - -SUPÉRIEUREMENT, très-bien. - -SUR (pour), certainement. - -SURCOUPER; se dit d'un animal qui mange la nourriture des autres. - -SURE, sureau. Le sureau était une des espèces de _mort-bois_ de la forêt -d'Eu; on le désignait autrefois sous le nom de _seur_ (Voir notre _Essai -sur Blangy_, p. 63). - -SURIAUX, aigreurs. - -SURIR, devenir aigre, Ex.: Ce cidre _surit_. H.-N. - -SURQUER; se dit d'un chat qui guette les souris pour les prendre. Selon -M. Corblet, ce mot serait une crase de _surguetter_. - -SURQUETTE, souricière. - -SURQUETTE (prendre une), marcher sur un terrain spongieux, de manière à -faire jaillir l'eau dans les chaussures. - -SURSIN. Voy. _Sourcin_. - -SURTAI, sûreté. - -SUSON, Susanne. - -SYNCOPÉ, stupéfait. H.-N. - - - T - -T, ton; devant une consonne. - -TAC, salamandre. - -TACHER QUE, faire en sorte que. - -TAGNE, teigne. Cuscute, plante parasite qui pousse dans les prairies -artificielles. - -TAI, toi. - -TAIS! TAIS! TAIS! cri pour appeler les chiens. - -TALEURE, tout-à-l'heure. P. - -TAMBRE, mince, Ex.: Cette planche est bien _tambre_. - -TAMIS (jeu de), jeu de paume. H.-N. - -TAMPONNER, frapper à coups de poing. - -TAN, ton; devant une consonne. - -TANCHER, gronder. - -TANDIS, pendant. Ex.: Il a été malade _tandis_ longtemps. - -TANNÉ, fatigué. - -TANNER, impatienter. P. - -TANNER (se), se fatiguer. M. André de Poilly fait dériver ce mot, qu'on -prononce _téné_ en Picardie, du grec _tieuomai_, je m'étends. C'est, -dit-il, l'effet pour la cause. (_Mémoires de la société d'émulation -d'Abbeville_, année 1844, p. 154). - -TANT QU'A CELA, quant à cela. - -TANTINET (un), un peu; du latin _tantillùm ou tantillulùm_. H.-N. P. - -TANT PIRE, tant pis. - -TANT PUS... TANT PUS, plus. Ex.: _Tant pus que_ vous le reprendrez, -_tant pus_ il fera mal. - -TANT QU'A' MI, A MAI, quant à moi. P. - -TANT SEULEMENT, seulement. P. - -TANTOUILLER, traîner dans l'eau, la boue, etc. B.-N. - -TAPÉE, grande quantité. P. B.-N. - -TAPOTER, frapper à petits coups continuellement. P. - -TARABUQUER, frapper fort et longtemps. - -TARDILLON, volaille éclose à l'arrière-saison; enfant né longtemps après -les autres. H.-N. - -TARELLE, tarière. - -TARINER, marchander, hésiter. - -TAS, lieu où l'on _tasse_ la récolte des gerbes de blé, d'orge, -d'avoine, etc. - -TASSERIE. Voy. _Tas_. - -TAUDION, taudis. P. - -TAURIAU, taureau. Les Bourguignons appellent _torie_ une jeune vache qui -n'a pas encore porté. - -TAURELLIÈRE (vache), qui prend les allures du taureau, tourmente les -autres vaches et finit par devenir inféconde. - -TAYON, aïeul. En Picardie, on dit aussi _théïon_, mot que M. de Poilly -fait dériver du grec _theios_, oncle. «En vain, dit-il, objecterait-on, -contre la légitimité de cette dérivation, la différence des degrés de -parenté, puisque la même différence existe entre le mot latin _nepos_, -_petit-fils_, et son dérivé français _nepveu_, qui n'est devenu neveu -qu'an XVIIe siècle» (_Mémoires de la Société d'émulation d'Abbeville_, -année 1844, page 155). - -TÉ, te. - -TEIGLER, tousser fréquemment. B.-N. - -TEIGUER, tousser, être oppressé. H.-N. - -TEMPLE, tempe. H.-N. - -TENDON DE VEAU, tendrons. - -TERGER, tarder; ordinairement employé avec une négation. Ex.: Il ne -_tergera_ pas à venir. P. - -TERLUIRE, briller; de _ter lucere_, luire trois fois. - -TÉROITE, truite. - -TÉROUIE, truie. - -TERQUE, brai; espèce de goudron. - -TERQUÉ, sali, crotté. - -TERQUER, faire une croix, avec du _terque_, sur la porte des étables, -dans la pensée de préserver les bestiaux des maladies contagieuses et -épidémiques. - -TERTOUS, tous; sans exceptions. B.-N. P. - -TÉS, tes; devant une consonne. - -TÈSI (être), avoir l'estomac plein. - -TÉTARD, arbre _étêté_. H.-N. - -TÈTE, téton. - -TÈTE D'ORILLER, taie d'oreiller. H.-N. - -TÉTE, tête. - -TÉTOS, tétons. - -TEURDRE, tordre. - -THÉRÈSE, espèce de capuchon que les femmes portent sur la tête, quand -elles assistent aux inhumations et pendant le temps que dure leur deuil. -Ce nom semble indiquer clairement son origine et doit signifier l'espèce -de voile dont les Carmélites déchaussées se couvrent la tête, à la -manière de sainte Thérèse, qui fit approuver cet ordre, dont elle fut la -fondatrice, en 1562. - -TI? particule interrogative ajoutée au verbe. Ex.: J'irai-_ti_? -Viendra-_ti_? - -TIA! TIA! TIA! pour appeler les cochons. H.-N. - -TIERSON, demi-partie du _demi-gros_. Le _tierson_ ne devrait contenir -que deux muids; mais, grâce à sa forme plate, il porte un grand -préjudice aux cultivateurs sur la mesure réelle. - -THIERS, pieu auquel on attache les chevaux et les vaches pour les faire -pâturer dans les champs. H.-N. - -TIGNACHE. Voy. _Crignache_. B.-N. - -TIGNEUX, teigneux. P. - -TIN, ton. P. - -TINCHER. Voy. _Tancher_. - -TINETTE, petit coffre dans lequel on met du sel on du lard salé. - -TINS, glas, coups de cloche isolés. Pour annoncer la mort d'un homme, on -sonne neuf ou treize _tins_; pour la mort d'une femme, on n'en sonne que -sept ou onze. - -TINT, tenu. Voy. _Mal saint_ N... - -TINTERELLE, petite cloche. B.-N. - -TIOT, TIOTE, petit, petite. P. - -TIPONNER, habiller un enfant avec soin. B.-N. - -TIQUER, avoir une toux sèche et brève. - -TIQUETÉ, marqué de petites taches. P. - -TIRANDER, tirailler. P. - -TIREUX, tiroir. - -TIRÉ (en avoir du premier), avoir les prémices de quelque chose. H.-N. - -TIRLARIGO (boire à), boire avec excès. Ce proverbe remonte au XIIIe -siècle. A cette époque, Eude Rigaud, archevêque de Rouen, fit don à sa -cathédrale d'une cloche qui était si difficile à mettre en branle, qu'il -dut s'engager à fournir à boire aux sonneurs. C'est de là que nous vient -le proverbe: _Boire à tire la Rigaud_ (Voir notre _Essai sur -Londinières_, page 237). - -TITI, enfant; terme enfantin. - -TITONNER. Voy. _Tiponner_. - -TIU! TIU! TIU! pour appeler les vaches. - -T'N, ton, ta; devant une voyelle. - -TOCSON, fille grossière et malpropre. B.-N. - -TOINE, TOINOT, Antoine. - -TOINETTE, Antoinette. - -TOLIR, enlever; du latin _tollere_. P. - -TOMBE (faire une), faire une chute. H.-N. - -TOMBER DU HAUT MAL, avoir des attaques d'épilepsie. B.-N. - -TOMBES (les). On entend par là les arbres fruitiers qui _tombent_ par -suite de coups de vent; on les laisse ordinairement au fermier, qui est -tenu de les remplacer par de bonnes _entes_. - -TONDELIER, tonnelier. H.-N. - -TONDRE, amadou. - -TOQUANT (homme), _entêté_. - -TOQUART, qui porte à la tête. Ex.: Ce cidre est _toquart_. - -TOQUER (se), se heurter la tête. B.-N. - -TOQUET, bonnet rond que les femmes mettent le matin. Voy. _Kalipète_. -B.-N. P. - -TORCHE. Voy. _Maniquet_. - -TORCHER, mettre la _torche_ sur le cheval. - -TORCHON (Marie), femme malpropre. P. - -TORQUE. Voy. _Torche_. Lien en foin qui se fait en tordant les liges de -l'herbe sur elles-mêmes. - -TORQUER. Voy. _Torcher_. Essuyer. - -TORQUETTE, petite branche à laquelle sont réunis, en assez grand nombre, -soit des cerises, soit des pois, soit d'autres fruits. - -TOTONNER, jouer des grosses noix, des oeufs rouges, du pain d'épice, au -moyen d'une boule polygone, sur chaque côté de laquelle se trouve un -numéro jusqu'au nombre 12. - -TOTOS. Voy. _Tétos_; terme enfantin. - -TOTTE, morceau de toile dans lequel on enveloppe du sucre et de la mie -de pain pour le donner à sucer aux petits enfants et les empêcher de -pleurer. - -TOUBAC, tabac. P. - -TOUFFLETTE, houppe. - -TOUILLER, mêler, remuer, délayer dans un vase. P. - -TOULAID, homme très-laid. - -TOUPINER, tourner à la même place et n'avancer à rien, comme une -_toupie_. - -TOURGNIOLE, mal au doigt; espèce de panaris. - -TOURNÉE, volée de coups. P. - -TOURNURE, mauvaise excuse. P. - -TOURTILLER, tortiller. H.-N. En parlant de quelqu'un qui mange beaucoup, -on dit aussi: Il _tourtille_ bien. - -TOUSSAILIER, tousser presque continuellement. - -TOUSSOTER, avoir une toux faible et fréquente. - -TOUT n', non plus; non. - -TOUT DRAIT, tout droit, sans se détourner. P. Justement. - -TOUT-PARTOUT, partout; de tous côtés. - -TOUT-PLEIN, beaucoup. P. On dit aussi: _Tout fin plein._ - -TOUZER, couper, tondre. Ex.: Demain, ou _tousera_ la haie et les -moutons. B.-N. Un titre de 1403 porte qu'on payait _ung denier pour -touser cinq brebiz_. - -TOUZERIE, tonte des montons. - -TOUZEUX, celui qui touze. - -TOUYAU, extrémité de la queue du chou, qui touche à la pomme. - -TRACER (se). V. _Rayer_ (se). - -TRACHER, chercher avec attention. P. - -TRACHER SA VIE, mendier. H.-N. - -TRACIER, espèce de _bacu_, dont les traits sont formés de petites -chaines de fer. - -TRAIL, cylindre sur lequel s'enroule une corde pour tirer de l'eau d'un -puits ou de la marne d'une marnière. Ce mot viendrait-il de _trahere_, -attirer? - -TRAIN (être en), être ivre. - -TRAIN DE (être en), être occupé à. Ex.: Il est _en train de_ faucher. - -TRAITE. V. _Moisse_. - -TRAN-TRAN. Voy. _Potin_. - -TRAS, trace. Voy. _Frais_. - -TRASQUER, traquer, marcher dans l'eau sans précaution. - -TRAYONS, _tettes_ de la vache, par lesquelles on _trait_ le lait. - -TRÈFLERI, terre sur laquelle on vient de récolter du trèfle. H.-N. - -TRÉMAIS, travaux des champs qui se font au printemps, tels que labour, -semence et hersage de l'avoine, de l'orge, des pois, etc. Ce mot vient -du latin _trimestria_ ou _trimestris_, semences qui viennent en trois -mois. - -TREMBLEMENT (un), une grande quantité. Ex.: Cette année, il y a _un -tremblement_ de noix. H.-N. - -TREMBLERIE, frisson. H.-N. - -TREMPETTE, pain que l'on fait tremper dans le cidre ou dans le vin. -H.-N. - -TREMPETTE DES MARIÉS. Il est encore assez d'usage, dans les campagnes, -de donner une trempette aux nouveaux mariés au moment de se coucher. Cet -usage a une origine religieuse, et on le trouve encore mentionné dans -les rituels du XVIIe siècle (_Manuale Ecclesiæ Rothomagensis_, édition -de 1640). Après la messe de mariage, on apportait au prêtre une coupe -remplie de vin et deux petits morceaux de pain; il bénissait le tout, -puis, trempant le pain dans le vin, il le distribuait aux époux. Le -soir, il se rendait au domicile des mariés pour la bénédiction du lit -nuptial; ensuite il bénissait encore du pain et du vin, comme le matin, -et le présentait aux nouveaux mariés, au moment de se mettre au lit -(_Journal de Neufchâtel_, année 1849, nº 50). A Beauvais, il existe -encore un usage tout-à-fait analogue, connu sous le nom de -_mouillettes_. Au repas de noce, on présente aux époux un vase de vin -dans lequel le marié trempe un morceau de pain dont il prend la première -bouchée et donne la seconde à sa femme. «Ils boivent ensuite dans la -même coupe, dit M. Tremblay, en signe de communauté de bien et de mal» -(_Notice sur Beauvais_; cité par M. l'abbé Corblet, _Glossaire du patois -picard_, page 542). - -TRÉSALLE. Se dit du linge que l'humidité couvre de petits points noirs -ou rougeâtres. H.-N. - -TRESSAUT, soubresaut. - -TRESSAUTER, faire un _tressaut_. B.-N. - -TRÉTINS, bottes de paille formées de petites tiges de blé produites par -le _gluage_. P. - -TRETOUS. Voy. _Tertous_. P. Maître Jehan Clopinel, qui écrivait vers la -fin du XIIIe siècle, dit, en parlant des hommes primitifs: - - _Trestous_ pareils estre souloient, - Ne rien propre avoir ne vouloient. - -TREU, trou. P. - -TREUER, trouer. P. - -TREULER, faire un vent en point d'orgue. - -TREULIER, qui _treule_ souvent. - -TRIBOUILLER, troubler. B.-N. - -TRIBOULER. Voy. _Chabouler_. B.-N. - -TRICON, brelan. - -TRICON (avoir), avoir trois cartes semblables; par exemple: trois dix, -trois valets, etc. - -TRIFOUILLER, remuer tout en cherchant une chose. P. Tromper au jeu. - -TRICOTER, donner des coups de bâton. - -TRIMBALLER, porter ou traîner un objet ça et là. H.-N. Sonner les -cloches sans mesure et sans règle. An XVIe siècle, le Parlement de Rouen -supprima toutes les tavernes; il fut seulement permis d'aller chercher -du vin pour le boire en famille. Voici ce que dit à ce sujet un petit -livre de l'époque: - - Si un voisin avec son familier - Se veut esbattre, ainsy que de raison, - Il est contraint de boire en sa maison - Et d'envoyer quérir du vin au pot. - Par ce moyen, en tout tems et saison, - Femme et enfant ont leur part à l'escot. - -Mais cet état de choses n'était guère commode pour les buveurs, et le -Parlement vint à leur secours en inventant une taverne ambulante qui -allait de porte en porte, d'atelier en atelier, _mais à très-courtes -stations_, colporter des rafraîchissements. «Jusqu'alors, dit C. Nodier, -le peuple était allé chercher le divertissement dans les tavernes.... -Les tavernes obtinrent permission d'aller chercher le peuple.» L'on -donna à ces cabarets ambulants le nom de _triballe_ ou _trimballe_ (Voir -le _Journal de Rouen_, 21 mai 1852). - -TRINGUE, tringle. - -TRIOLÉE, grand nombre. Ex.: Quelle _triolée_ de pauvres! - -TRIPAILLES, intestins d'un animal. - -TRIPÉE, entrailles d'un animal qui servent à préparer les _tripes_. - -TRIPETTE (ne pas valoir). Se dit d'une chose qui ne vaut rien. Ex.: Il -ne vaut pas _tripette_. - -TRIPOT, marché. Échange. B.-N. Ménage, cuisine. P. - -TRIPOTER, faire le ménage. P. - -TRIPOTIER, qui se mêle de petites intrigues, de petits marchés, etc. -H.-N. - -TRIQUE, gros bâton de voyage. - -TROIS-PIEDS, trépied. - -TROITE, truite. - -TROMPE, erreur. B.-N. - -TRONCHE, tronc d'arbre. P. - -TROQUE, échange. Ex. Faisons une _troque_. - -TROTTE, distance, course plus ou moins longue. Ex.: D'ici à Rouen, il y -a une bonne _trotte_. H.-N. - -TROTTERIE, place où l'on fait _trotter_ les chevaux, dans les foires, -avant de les vendre. - -TROTTINER, marcher à petits pas précipités. P. - -TROU (boire comme un), boire continuellement. H.-N. - -TROU (faire un), boire un petit verre d'eau-de-vie entre deux services. -H.-N. - -TROUIE, truie. - -TROVER, trouver. P. - -TRUC (avoir le), être habile, ingénieux, habitué à faire une chose. P. -B.-N. - -TRUPER (ne pas), ne pas demeurer longtemps au même lieu. Ex.: Il n'a pas -_trupé_ chez sa mère. - -T'S', tes; devant une voyelle. - -TU AUTEM (connaître le), être au courant d'une chose. Voici -l'explication de ce proverbe, donnée par Verville: Les leçons de -l'Église finissent toutes par les mots: _Tu autem_, _Domine_, _miserere -nostri_; et, comme dans les communautés ecclésiastiques, la coutume est -que le supérieur, à la fin du repas, frappe légèrement sur la table, en -disant: _Tu autem_, etc., pour avertir le lecteur qu'il est temps de -terminer,--si celui-ci finit immédiatement, on dit qu'il connaît le _Tu -autem_,--s'il continue encore sa lecture, on dit alors qu'il n'entend -pas le _Tu autem_ (_Moyen de parvenir_, chap. 60). - -TUER (se). Se dit du vin ou du cidre qui perd promptement sa couleur et -son goût, par suite de son contact avec l'air, quand il est tiré. H.-N. - -TUET, extrémité extérieure d'une cheminée. - -TUNBER, tomber. H.-N. - -TUNBES. Voy. _Tombes_. - -TURELURE! nenni! - -TURIAU. Voy. _Condos_. - -TURLUPINER, tourmenter, inquiéter. P. - -TURNE, taudis. Maison sale et peu solide. H.-N. - -TUTAYER, tutoyer. - -TUTER, aspirer un liquide par la bouche, à la manière des porcs, ou bien -au moyen d'une paille. H.-N. - -TUYOTER, disposer en tuyaux; expression de lingère. H.-N. - - - U - -UNI (homme tout), simple dans ses manières et sans cérémonie. P. - -UNNE, une. - -UROPE, Europe. On supprime généralement l'E dans les noms commençant par -la diphtongue EU; ainsi: _Eugène_, _Euphrasie_, etc., se prononcent: -_Ugène_, _Uphrasie_, etc. En approchant de la Picardie, il en est de -même quand cette diphtongue se trouve à la fin d'un mot. On dit: _Adiu_, -_fu_, _blu_, etc., pour: _Adieu_, _feu_, _bleu_, etc. - -USAI, usé. - -USAGE (avoir de l'), avoir l'usage du monde. - -USAGE (d'un bon), d'un bon user. - -USANCE, détérioration qui résulte de l'usage, pour les instruments -aratoires. Ex.: Cette ferme est bonne, mais il y a beaucoup d'_usance_. - -USURE. Voy. _Usance_. - - - V - -VA! Exclamation qu'on ajoute à la fin d'une phrase, en diverses -circonstances. Ex.: Iras-tu à la promenade?--Je ne sais pas, _va_! - -VACABOND, polisson; insolent. - -VAGAND, qui va de côté et d'autre et ne travaille pas. Paresseux. - -VAICHE (que je), subjonctif du verbe voir. - -VAIE, voie. Employé en parlant des dents d'une scie qu'on dispose de -manière à ouvrir une voie plus ou moins large dans le bois. H.-N. - -VAILLANT (homme), qui travaille avec courage. P. - -VALET-D'AOUT, domestique qu'on prend à son service, pendant un mois ou -deux, pour travailler à la moisson. - -VANNET, vanneau. - -VANTARD, homme qui se vante sans cesse. H.-N. - -VAPAIL, pièce de bois, en forme de volée, à laquelle on attache les -_baculs_ ou les _traciers_ des deux derniers chevaux d'un chariot. - -VAQUE, vache. P. - -VAQUER, vacher. - -VAQUETTE, petite vache. P. - -VAQUETTES (faire des), laisser de la boisson au fond de son verre, ce -qui répugne à certaines personnes, dans les fermes où plusieurs -domestiques boivent alternativement dans la même coupe. - -VAROQUE, gros bâton qui sert à enrouler la _hache_ d'un chariot ou d'une -charrette autour du _pouliot_, afin de serrer les gerbes sur la voiture. - -VAROQUER, serrer au moyen du _varoque_. - -VAROUILLER (se), se salir, se vautrer dans la boue comme un _vérou_. - -VARPOT, petit bourbier. - -VASTRIGUER, courir de côté et d'autre. - -VATE, boue; malpropreté. Ex.: Donnez de la litière aux porcs; ils sont -dans la _vate_. - -VATON. Voy. _Varoque_. B.-N. - -VATONNER. Voyez _Varoquer_. B.-N. - -VAUDOISE, trombe. - -VAUDRÉE, gros balai de branches de genet, dont on se sert pour balayer -le four, avant d'enfourner le pain. B.-N. - -VAULE, gaule; longue perche qui sert pour abattre les pommes. B.-N. P. - -VAULETTES, gaulettes qu'on attache sur les chevrons pour recevoir les -couvertures en paille. - -VAVITTE, diarrhée. B.-N. - -VESCHE, vesce. Dans un compte du 23 mars 1466, il est mention d'une -dépense de _viij sous_, _pour vj boisseaux de veche_. - -VEILLATIF (homme), vigilant. B.-N. - -VELTE, mesure de sept litres et demi; ce qui fait quatre _pots_. - -VENT (prendre), prendre haleine. P. - -VENT (perdre), perdre haleine. B.-N. - -VÊPRES, guêpes. - -VER, voir. - -VÉRARD, vérat. - -VERBIAGE, bavardage. H.-N. - -VERDIER, bruant jaune. - -VERDOT, gros fausset qui se met au bas des tonneaux. - -VÉRETTE (vache), noire et blanche. - -VERGÉE, quatrième partie de l'acre. - -VERGETTE, petite verge de fer. - -VER-GOUTTE (à), à tâtons. - -VERGUES (bouquet de), verges pour fesser les enfants. - -VERGUIE. Voy. _Vergée_. - -VERMINNE, rats et souris. B.-N. Terme injurieux. - -VERPOT. Voy. _Varpot_. - -VÉROLE, variole. H.-N. - -VÉROT, ver de terre. H.-N. - -VÉROU, vérat. - -VÉROUILLER, donner un léger labour. B.-N. Remuer la superficie de la -terre, comme un _vérou_ qui fouille. - -VERRE (un petit), un verre d'eau-de-vie. Ex.: Payez-vous _un petit -verre_, ce matin? - -VERRINE, verre de montre, d'horloge, de petite boîte, etc. B.-N. - -VERTES-BONNES, prunes de Reine-Claude. H.-N. - -VÉSÉE, force. Ex.: Il n'a pas plus de _vésée_ qu'un enfant. H.-N. - -VÉSILLANT, alerte, remuant. - -VÉSON, qui _vésonne_. - -VÉSONNER, se remuer beaucoup et faire peu de besogne. - -VESSARD, qui vesse. - -VESTON, petite veste. - -VÊTU-DE-SOIE. Voy. _Gentilhomme_. - -VEUCHE, vesce. - -VEULE, qui n'a pas de consistance; facile à remuer. Ex.: Ce fourrage est -_veule_. P. B.-N. - -VEUVE (homme), veuf. - -VIAGE, voyage. Fols. B.-N. - -VIAU, veau. P. - -VIENT (semaine, année qui), semaine, année prochaine. - -VIÉTOU! VIÉTOU! VIÉTOU! pour appeler les vaches: _viens tôt_. - -VIEUILLE, trombe de poussière. Vieille. - -VIÈVE, Geneviève. - -VILANNER, faire souffrir. Ex.: Mon soulier me _vilanne_. - -VILLOTE, veillote. H.-N. - -VINDICATION, vengeance; du latin _vindicare_. P. - -VINT, venu. H.-N. - -VIONDIR. Se dit du bruit produit par le vent, une toupie, une balle, -etc. - -VIPILLON, goupillon. B.-N. - -VIS-A-VIS DE, envers. Ex.: Il a eu bien des torts _vis-à-vis_ de ses -parents. - -VIS-A-VIS (au) en face. H.-N. - -V'LIN, venin. - -V'LO, voilà. P. - -V'LO! V'LO! V'LO! pour appeler les veaux. - -VO, vôtre. P. - -VOICHE (que je). Subjonctif des verbes voir et ALLER. - -VOIN, regain. B.-N. - -VOIRAI (je), je verrai; tu _voiras_, tu verras, etc. - -VOS, vous. - -VOT', votre. - -VOUDER, enrouler; mettre en peloton. Se dit aussi d'un gourmand qui -mange avec avidité. - -VOUI, oui. - -VOYONS-VOIR, voyons. - -VRAC (à), en masse. B.-N. - -VRAI-DA! très-vrai. - -VRÈPES, guêpes. - - - W - -WERTAGES. On désigne ainsi la récolte de la vesce et des pois mêlés. - -WOINGNARD, qui _woingne_. - -WOINGNER, pleurnicher; pleurer sans raison; crier. On a donné aux -habitants d'une partie de l'Alihermont le sobriquet de _woignons_, parce -que leurs barrières _woignent_, quand on les ouvre. Les mauvaises -langues prétendent que ces barrières _intelligentes_ annoncent ainsi -l'arrivée des visiteurs, afin qu'on ait le temps de mettre le verrou et -de se cacher, si les personnes ne plaisent point. - -WOUAIRAS, pois et vesce récoltés séparément. - - - Y - -Y, il, ils, elles. Ex.: Y s'aiment comme _quiens_ et _cats_. - -YIARD, liard. P. - - - Z - -Cette lettre sert souvent à former une liaison incorrecte entre deux -mots, dont l'une finit par une consonne, et l'autre commence par une -voyelle, ce qu'on appelle ordinairement un _velours_. Voici l'origine de -cette dénomination, qui nous donnera en même temps celle des cuirs: Un -jeune homme se trouvait au spectacle auprès de deux dames. Tout-à-coup, -il trouve un éventail sous sa main:--Cet éventail n'est-il pas à vous? -dit-il à la première dame.--Non, Monsieur; il n'est point-_z_-à -moi.--Alors, il est à vous? dit-il, en le présentant à la seconde -dame.--Il n'est pas-t-à moi.--Il n'est point-_z_-à vous... Il n'est -pas-_t_-à vous... Ma foi! je ne sais pas-_t_-à qu'est-ce. - -Cette plaisanterie a donné lieu au mot PAS-T-A QU'EST-CE, et l'on est -convenu d'appeler _velours_ les fausses liaisons formées par la lettre -Z, et de donner le nom de _cuirs_ à celles qui sont faites à l'aide de -la lettre T (_Les Omnibus du langage_, 8me édit., page 48). - -ZIUS, yeux. - - - - - TABLE - DES MATIÈRES. - - - Introduction. - Bray normand. - Origine du Langage. - Langue d'Oil et langue d'Oc. - Oraison dominicale au XIIe siècle. - Science étymologique. - Grammaire brayonne. - Dialogue brayon. - Proverbes et Dictons. - Usages et Croyances. - Remarques. - Glossaire. - Liste des Souscripteurs. - - - - -LISTE -DES -SOUSCRIPTEURS. - - - - MM. - -ANSELIN, instituteur à Bures. -AZAIS, président de la société archéologique, à Bèziers (Hérault). - -BEAURAIN, à Mesnières. -BLANGERMONT (Levaillant de), propriétaire à Bernapré, commune de -Romescamps (Oise). -BLANGERMONT (Levaillant de), propriétaire à Aumale. -BOCHET, notaire à Forges-les-Eaux. -BOISSAY, facteur de la poste aux lettres, à Londinières. -BOULANGER, cultivr aux Noyers. -BOULANGER, propriétaire à Saint-Lucien. -BOULANGER (madame), propriétaire à Neufchâtel. -BOUTRY-CREVEL, nég. à Aumale. -BOQUET, propr. à Bois-Héroult. -BRAQUET-DEVILLE, entrepositaire, quai du Mont-Riboudet, 48, à Rouen. -BREUIL (A.), membre de la société des Antiquaires de Picardie, à Amiens. -BRIANCHON (l'abbé), curé de Quiévrecourt. -BRIDOU, propriétaire, maire de la Chapelle-Saint-Ouen. -BROSSARD (de), propriétaire, maire de Monchaux-Soreng. -BROUTELLES (de), docteur en médecine à Foucarmont. - -CARON, instituteur a Osmoy. -CAUCHOIS, propriétaire à Bois-Guilbert. -CAUCHOIX (madame), propriétaire à Bures. -CAVÉ, médecin à Forges. -CELLIER, rentier à Bures. -CHAILLOU (l'abbé), au Saussay. -COCHET (l'abbé), inspecteur des monuments publies de la - Seine-Inférieure, membre de plusiers sociétés savantes, à Dieppe. -COLAS (l'abbé), membre de plusieurs sociétés savantes, à Rouen. -CORBLET (l'abbé), membre de plusieurs sociétés savantes, à l'abbaye des -Bénédictines de Solesmes. -CORNEILLE (de), inspecteur honoraire de l'Académie, maire de Maucomble. -CRITOT, huissier à Neufchâtel. - -DAMIENS (l'abbé), curé de Fresquienne. -DANIEL, propriétaire, maire de Chef-de-l'Eau. -DAVOUST (Dominique), cultivateur à Bouelle. -DEBOUTTEVILLE, notaire à Neufchâtel. -DEBOUTTEVILLE père, propriétaire à Neufchâtel. -DECAUX, propriétaire à Forges. -DECORDE, marchand à Beaubec. -DECORDE, adjoint à Bosc-Bordel. -DECORDE (madame), propriétaire à Forges. -DELCOURT (A.), chef de division à la préfecture de la Seine-Inférieure. -DERENTY, cultivateur à Londinières, hameau d'Épinay. -DESLANDES, couvreur à Neufchâtel. -DÉVILLE, marchand de cidre, au champ de foire, 17, à Rouen. -DEVIMEUX, membre de la société des Antiquaires de Picardie, avoué à - Beauvais. -DIEUDEGARD (l'abbé), curé de Pommeréval. -DOMART (l'abbé), curé de Bouvresse (Oise). -DUCLOS, huissier à Gamaches (Somme). -DUCLOS, propriétaire à Forges. -DUFEUILLY (Éloi), chez M. de Villers, à Villers-sur-Foucarmont. -DUNEZ, instituteur à Bosc-Bordel. -DUPIUS, avoué à Neufchâtel. -DURANVILLE (Léon de), membre de plusieurs sociétés savantes, à Rouen. - -FÉRAY (l'abbé), curé de Bouelle. -FEUILLETTE (l'abbé), curé d'Avremesnil. -FOURCIN, propriétaire à Bully. -FOURGON, propriétaire à Saumont. -FOURNIER, propriétaire à Bois-Guilbert. - -GIRANCOURT (A. de), membre du conseil général de la Seine-Inférieure, - aux Essarts-Varimpré. -GLANVILLE (Léonce de), membre de plusieurs sociétés savantes, à Rouen. -GOST, receveur principal et entreposeur des tabacs, à Neufchâtel. -GRAVILLE (l'abbé), curé d'Haucourt. -GROSSARD (madame), libraire à Neufchâtel. 3 _exemplaires_. -GROSSARD, rentier à Londinières. - -HAUSSEZ (baron d'), ancien ministre de la marine, à Saint-Saens. -HAVET (Paul), conseiller d'arrondissement, maire de - Saint-Valery-sous-Bures. -HAVET (Romain), cultivateur à Bures. -HÉBERT, propriétaire à Lignières-Châtelain (Somme). -HENNEGUIER (Ch.), membre de la société d'émulation d'Abbeville, - propriétaire à Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais). -HÉRICOURT (Achmet d'), membre de la société des Antiquaires de Picardie, - à Arras (Pas-de-Calais). -HOUEL, propriétaire, maire de Bose-Edeline. -HUBARD, juge à Neufchâtel. -HURPY, maire à Serqueux. - -JOLY (Martin), pharmacien de l'école de Paris, membre du jury médical de - la Seine-Inférieure, propriétaire à Mortemer-sur-Eaulne. -JOSSE, notaire à Bouttencourt (Somme). - -LANGLOIS, propriétaire à Bois-Héroult. -LANGLOIS (l'abbé), curé de Criquiers. -LEBLOND, à Neuville. -LE BRUMENT, membre de la société des Antiquaires de Normandie, libraire - à Rouen. 12 _exemplaires_. -LECOMTE (Baptiste), propriétaire, maire de Bois-Guilbert. -LECOMTE (Honoré), propriétaire, maire de Bois-Guilbert. -LECOMTE fils, propriétaire à la Hallotière. -LEFÈVRE, greffier à Forges. -LEFRANÇOIS, pharmacien à Londinières. -LEMASSON (l'abbé), curé du Bosc-Guerard. -LEROUX (Anselme), voyageur de commerce pour M. Braquet-Déville, à Rouen. -LEROUX, propriétaire à Bosc-Edeline. -LEROUX-DUMONT, commis-greffier au Tribunal civil à Neufchâtel. -LETELLIER, instituteur à Fresles. -LETELLIER, propriétaire et cultivateur à Fallencourt. -LEVILLAIN, docteur en médecine à Neufchâtel. -LEVASSEUR, propriétaire à Argueil. - -MALOT, aubergiste à Neufchâtel. -MARRE (l'abbé), curé de Flamets-Frétils. -MARSY (de), membre de la société des Antiquaires de Picardie, de la - société d'Émulation d'Abbeville, etc., procureur de la - République à Vervins (Aisne). -MATHON, correspondant du ministère de l'instruction publique pour les - travaux historiques, libraire à Neufchâtel. -MICHU, percepteur-surnuméraire à la recette particulière d'Yvetot. -MILHET, médecin à Bures. -MILLEVILLE (madame de), propriétaire à Neufchâtel. -MILLEVILLE (le comte Edmond de), propriétaire à Boissy-sur-Eaulne. -MONCHY (de), propriétaire, maire de Bosc-Bordel. -MONGNE (mademoiselle), à Beaubec. -MURPHY (John), professeur de langue anglaise au pensionnat de MM. - Girardin et Marais, à Montivilliers. - -NÉEL (l'abbé), curé de Mesnières. -NICHET, buraliste au Bois-Héroult. - -PANET, propriétaire, adjoint au maire de Fresles. -PAPILLON (Léandre), imprimeur à Vervins (Aisne). -PARISY-DUMANOIR, propriétaire à Foucarmont. -PASTOREL (A. de), à Paris. -PICARD, instituteur à Mesnières. -PIETTE (Edouard), membre de la société des Antiquaires de Picardie, - président du Tribunal de commerce à Vervins (Aisne). -PONTHIEU (de), clerc de notaire, à Aumale. -PONTAUMONT (Le Chanteur de), membre de plusieurs sociétés savantes, - commissaire de la marine à Cherbourg (Manche). -PRÉAUX (F.-E. des), docteur en droit à Cherbourg (Manche). -PRUDHOMME (O.). directeur du _Journal de Graville_, à Graville. - -QUILLET (madame M.-C.), membre de l'Académie des sciences, arts, et - belles-lettres de Caen, à Pont-l'Evêque (Calvados). - -RICHEBOURG (madame), directrice de la poste aux lettres à Londinières. -ROGER, inspecteur des écoles primaires de l'arrondissement de - Neufchâtel, à Neufchâtel. - -RUHAUT, menuisier à Neufchâtel. -SAINTE-BEUVE, substitut du procureur de la République, quai Napoléon, - 51, à Paris. -SAVALLE fils, maire de Saint-Martin-l'Hortier. -SCOLARD, avoué à Neufchâtel. -SEPTENVILLE (Léon de), membre de la société des Antiquaires de Picardie, - au château de Lignières-Châtelain (Somme). -SICOTIÈRE (Léon de la), ancien directeur de la société des Antiquaires - de Normandie, à Alençon (Orne). - -TERNISIEN, médecin à Foucarmont. -THIERRÉ, cultivateur à Saumont. -THIEULIN curé de Sigy. -TROUDE, président de la chambre des notaires, à Foucarmont. - -VALLOIS (l'abbé), curé des Ventes-Saint-Rémi. -VASSELIN (l'abbé), curé d'Osmoy. -VILLERS (le baron Martin de), membre de plusieurs sociétés savantes, à - Villers-sur-Foucarmont. -VOILLET DE SAINT-PHILBERT, à Paris. - - -__________________________________________________________ -NEUFCHATEL.--IMPRIMERIE DE ERNEST DUVAL, RUE DU TROT-MAROT. - - - - -[Fin du _Dictionnaire du patois du pays de Bray_ -par Jean-Eugène Decorde] - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Dictionnaire du patois du pays de Bray, by -Jean-Eugène Decorde - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DICTIONNAIRE DU PATOIS DE BRAY *** - -***** This file should be named 51005-0.txt or 51005-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/1/0/0/51005/ - -Produced by Gill Martin, Rénald Lévesque, Hugo Voisard, -David T. Jones et l'équipe des correcteurs d'épreuves -(Canada) à http://www.pgdpcanada.net, à partir d'images -généreusement fournies par Google Book Search - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. Special rules, set forth in the General Terms of Use part -of this license, apply to copying and distributing Project -Gutenberg-tm electronic works to protect the PROJECT GUTENBERG-tm -concept and trademark. Project Gutenberg is a registered trademark, -and may not be used if you charge for the eBooks, unless you receive -specific permission. If you do not charge anything for copies of this -eBook, complying with the rules is very easy. 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Decorde</title> - - -<style type="text/css"> - -body {margin-left: 10%; margin-right: 10%} - -h1,h2,h3,h4,h5,h6 {text-align: center;} -p {text-align: justify} -blockquote {text-align: justify} - -hr {width: 50%; text-align: center} -hr.full {width: 100%} -hr.short {width: 10%; text-align: center} - -.note {font-size: 0.8em; margin-left: 10%; margin-right: 10%} -.footnote {font-size: 0.8em; margin-left: 10%; margin-right: 10%} -.side {padding-left: 10px; font-weight: bold; font-size: 75%; - float: right; margin-left: 10px; border-left: thin dashed; - width: 25%; text-indent: 0px; font-style: italic; text-align: left} - -.sc {font-variant: small-caps} -.lef {float: left} -.mid {text-align: center} -.rig {float: right} -.sml {font-size: 10pt} - -span.pagenum {font-size: 70%; left: 91%; right: 1%; position: absolute} -span.linenum {font-size: 70%; right: 91%; left: 1%; position: absolute} - -.poem {margin-bottom: 1em; margin-left: 10%; margin-right: 10%; - text-align: left} -.poem .stanza {margin: 1em 0em} -.poem .stanza.i {margin: 1em 0em; font-style: italic;} -.poem p {padding-left: 3em; margin: 0px; text-indent: -3em} -.poem p.i2 {margin-left: 1em} -.poem p.i4 {margin-left: 2em} -.poem p.i6 {margin-left: 3em} -.poem p.i8 {margin-left: 4em} -.poem p.i10 {margin-left: 5em} -.poem p.i12 {margin-left: 6em} -.poem p.i14 {margin-left: 7em} -.poem p.i16 {margin-left: 8em} -.poem p.i18 {margin-left: 9em} -.poem p.i20 {margin-left: 10em} -.poem p.i30 {margin-left: 15em} - - -</style> -</head> -<body> - - -<pre> - -The Project Gutenberg EBook of Dictionnaire du patois du pays de Bray, by -Jean-Eugène Decorde - -This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most -other parts of the world at no cost and with almost no restrictions -whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of -the Project Gutenberg License included with this eBook or online at -www.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - -Title: Dictionnaire du patois du pays de Bray - -Author: Jean-Eugène Decorde - -Release Date: January 23, 2016 [EBook #51005] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DICTIONNAIRE DU PATOIS DE BRAY *** - - - - -Produced by Gill Martin, Rénald Lévesque, Hugo Voisard, -David T. Jones et l'équipe des correcteurs d'épreuves -(Canada) à http://www.pgdpcanada.net, à partir d'images -généreusement fournies par Google Book Search - - - - - - -</pre> - - -<br> -Ce livre électronique a été créé par: -Gill Martin, Rénald Lévesque, Hugo Voisard, David T. Jones -et l'équipe des correcteurs d'épreuves (Canada) -à http://www.pgdpcanada.net, à partir d'images -généreusement fournies par Google Book Search -<br> - -<br> -<br> -<br> -<br> - -<h2>DICTIONNAIRE</h2> - -<h5>DU</h5> - -<h1>PATOIS DU PAYS DE BRAY</h1> - -<h5>PAR</h5> - -<h3><span class="sc">L'Abbé</span> J.-E. DECORDE,</h3> - -<h4>CURÉ DE BURES,</h4> - -<p class="mid"><i>Membre de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres<br> -de Caen, de la Société des Antiquaires de Normandie,<br> -de la Société des Antiquaires de Picardie et de<br> -la Société d'Émulation d'Abbeville.</i></p><br><br> - -<p><span class="rig"> -Bientôt les patois auront complètement disparu;<br> -beaucoup de mots employés par les pères ne<br> -sont déjà plus intelligibles pour les enfants,<br> -et l'on doit se hâter de les recueillir, si l'on<br> -porte quelque intérêt aux origines de la langue.<br> -(M. E. De Meril, <i>Dictionnaire du patois<br> -normand,</i> Introduction, page xxxiv.)</span><br><br><br><br><br></p><br><br><br><br> - -<p class="mid">Prix: 3 fr.</p> - -<hr> -<pre> - A PARIS: - Chez | DERACHE, libraire, rue du Bouloi, 7. - | V. DIDRON, libraire, rue Hautefeuille, 13. - A ROUEN: - Chez A. LEBRUMENT, libraire, quai Napoléon, 45. - A NEUCHATEL: - Chez tous les Libraires de la ville. -</pre> - -<h5>1852.</h5> - -<a name="c1" id="c1"></a> -<br><br> - -<h3>INTRODUCTION.</h3> -<hr class="short"> - -<p>M. Edélestand du Méril termine la remarquable -introduction de son savant <i>Dictionnaire du Patois -Normand</i> par ces mots: «Nous prions toutes les personnes -qui portent quelque intérêt à l'histoire de notre -province et aux origines de la langue française de nous -fournir les moyens d'élever à la mémoire de nos ancêtres -un monument qui, moins encore par son sujet que par -la multiplicité des auteurs, appartiendrait à la province -entière: nous ne réclamons pour nous que l'honneur de -tenir la plume et le plaisir de leur adresser nos remercîments.»</p> - -<p>Cet appel nous a été communiqué par un homme -auquel nous avons voué la plus grande estime et la plus -vive reconnaissance, pour les conseils et les encouragements -qu'il nous a donnés en plus d'une circonstance. -Pas un de ceux qui connaissent M. Auguste Le Prevost -ne nous accusera de flatterie en traçant ces lignes; et, -quand nous ajouterons que l'illustre membre de l'Institut -de France et de tant de Sociétés savantes nous a conseillé -de répondre à l'appel de M. du Méril, en ce qui concerne -le pays de Bray, on comprendra notre empressement à -nous mettre à l'œuvre. Au reste, enfant du pays et ayant -passé la plus grande partie de notre vie au milieu de ses -habitants, il nous était plus facile qu'à beaucoup d'autres -de faire connaître le langage, les croyances et les habitudes -de cette contrée. Si notre travail est défectueux en -certains points, il aura au moins le mérite de la vérité; -car nous ne rapporterons pas un seul mot que nous -n'ayons entendu prononcer, pas un seul usage dont nous -n'ayons été témoin.</p> - -<a name="c2" id="c2"></a> -<p>Le mot <span class="sc">Bray</span> est ordinairement considéré comme emprunté -à la langue celtique, et signifie <i>de la boue</i>. Mais, -tout en reconnaissant que la nature du terrain de cette -contrée se prête merveilleusement à cette étymologie, -M. A. Le Prevost fait venir <i>Brai</i> de <i>bracus</i>, mot employé -plusieurs fois dans la chronique de Fontenelle comme -synonyme de <i>vallée</i><a id="footnotetag1" name="footnotetag1"></a> -<a href="#footnote1"><sup class="sml">1</sup></a>.</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote1" -name="footnote1"><b>Note 1: </b></a><a href="#footnotetag1"> -(retour) </a> <i>Anciennes divisions territoriales de la Normandie</i>, page 15.</blockquote> - -<p>On distingue dans cette contrée, qui s'étend depuis -Bures jusqu'à Frocourt et Auteuil, près de Beauvais, le -<i>Bray normand</i> et le <i>Bray picard</i>: le premier fait partie de -la Seine-Inférieure, le second dépend de l'Oise. Nous nous -occuperons seulement de la division qui se rattache à la -Normandie; et, comme il est pour ainsi dire impossible -de fixer des limites exactes à cette contrée si peu explorée, -nous allons tirer une grande ligne autour du champ -dans lequel nous avons glané les mots dont se compose -notre glossaire: ce sera à peu près l'étendue de -l'arrondissement de Neufchâtel. En partant de Neuf-marché, -nous longerons l'Epte jusqu'à Gournay, où -nous trouverons la route n<sup>o</sup> 8 qui nous conduira à Formerie: -de là, nous irons à Hadancourt et nous suivrons -la Bresle jusqu'au petit village de l'Epinoy, en passant -par Aumale, le Vieux-Rouen, Senarpont et Blangy. Ensuite, -nous redescendrons par Grandcourt, Londinières, -Bures, Saint-Saens, Buchy, Bosc-Edeline<a id="footnotetag2" name="footnotetag2"></a> -<a href="#footnote2"><sup class="sml">2</sup></a>, Bruquedalle -et Morville. Puis, après avoir côtoyé la forêt de -Lions, nous nous retrouverons à Neuf-marché, notre -point de départ.</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote2" -name="footnote2"><b>Note 2: </b></a><a href="#footnotetag2"> -(retour) </a> Quoique cette commune fasse partie de l'arrondissement de -Rouen, elle est désignée, dans un document relatif à la marquise de -Genlis, sous le nom de <i>Bocqueline-en-Bray</i> (<i>Mémoires de la Société -des Antiquaires de Normandie</i>, XVIII<sup>e </sup> vol., page 210).</blockquote> -<a name="c3" id="c3"></a> -<p>Le langage est aussi ancien que le monde: en créant -les premiers membres de la grande famille humaine, -Dieu a dû leur donner une manière de se communiquer -leurs pensées, leurs désirs, leurs volontés. Ce moyen, -c'est le langage. Mais quelle est la langue primitive -communiquée à l'homme? Perron se montre le patron -zélé de la langue celtique; Webb plaide chaudement la -cause du chinois; plusieurs auteurs modernes se font -les champions de Goropius-Becanus qui proclame le -flamand comme la langue du paradis terrestre; à côté -de ces prétentions, viennent les défenseurs des langues -semitiques; enfin l'hébreu réunit en sa faveur de nombreux -et puissants suffrages. Mais nous n'avons pas le -moindre désir de nous arrêter à cette question qui a tant -occupé les savants. Nous laissons les uns soutenir que -le langage peut être une invention graduelle de l'espèce -humaine, les autres prétendre que c'est le résultat nécessaire -et spontané de l'organisation de l'homme. Nous -passons à côté de Smith, qui assure que l'invention du -langage a commencé par les substantifs, et de Herder, -qui donne le pas aux interjections. Pour nous, nous -voulons seulement jeter un coup-d'œil rapide sur les -divers langages qui sont venus tour à tour régner dans -le petit coin de terre qui nous occupe, et aboutir au -patois actuel du pays de Bray; patois qui s'efface de -jour en jour, et dont on ne trouverait bientôt plus la -moindre trace, si l'on ne s'empressait de recueillir ce -qui en reste: «Il est facile de le prévoir, dit M. du Méril, -bientôt les patois auront complètement disparu; beaucoup -de mots employés par les pères ne sont déjà plus intelligibles -pour les enfants, et l'on doit se hâter de les recueillir -si l'on porte quelque intérêt aux origines de la -langue<a id="footnotetag3" name="footnotetag3"></a> -<a href="#footnote3"><sup class="sml">3</sup></a>.»</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote3" -name="footnote3"><b>Note 3: </b></a><a href="#footnotetag3"> -(retour) </a> <i>Dictionnaire du Patois normand</i>, Introduction, page <span class="sc">XXXIV</span>.</blockquote> - - -<p>Cependant, il ne faudrait pas croire que la différence -qui existe entre le langage du savant le patois du paysan -soit uniquement une différence d'origine; il faut aussi -faire la part du progrès et du temps, «La langue du -savant et celle du vulgaire au fond sont identiques, à -cette simple différence près, que la langue parlée par le -vulgaire à une époque déterminée est toujours celle que -parlait le savant à une époque antérieure, et que la -première n'a d'autre avantage sur la seconde que d'être -constamment avec elle de quelques siècles en retard; -ainsi le français de nos villages est aujourd'hui, sur -beaucoup de points, le français qui se parlait il y a trois -ou quatre cents ans, à la cour même de nos rois<a id="footnotetag4" name="footnotetag4"></a> -<a href="#footnote4"><sup class="sml">4</sup></a>.» -Nous aurons plus tard occasion de donner la preuve de -ce que dit ici le savant et laborieux autour auquel nous -empruntons ces paroles.</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote4" -name="footnote4"><b>Note 4: </b></a><a href="#footnotetag4"> -(retour) </a> <i>Essai sur le langage</i>, par M. A. Charma, page 171.</blockquote> - -<p>Les Gaulois sont les premiers habitants connus de -notre contrée: mais, comme ils ne nous ont point transmis -de langue écrite, il est impossible de rien conjecturer sur -leur langage. Leurs doctrines religieuses, leurs lois, leurs -annales passaient d'âge en âge par tradition orale, et -nous ne saurions pénétrer des secrets qui reposent ensevelis -avec eux sous le tertre où dort leur dépouille -mortelle, depuis deux mille ans<a id="footnotetag5" name="footnotetag5"></a> -<a href="#footnote5"><sup class="sml">5</sup></a>.</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote5" -name="footnote5"><b>Note 5: </b></a><a href="#footnotetag5"> -(retour) </a> On peut consulter, sur les habitudes et usages des Celtes ou -Gaulois, notre <i>Essai sur le canton de Londinières</i>, pag. 100-113.</blockquote> - -<p>L'an 51 avant J.-C, Jules César devint maître souverain -des Gaules, après une lutte qui avait duré dix ans. -Il préleva de lourdes contributions sur les Gaulois, fonda -des écoles et déclara le latin la seule langue officielle. -Mais, comme le fait observer avec beaucoup de vérité -M. l'abbé Corblet, le peuple prouva à César qu'on n'obtient -pas aussi facilement l'adoption d'une langue qu'on -improvise une victoire; «il introduisit dans le latin des -constructions de la langue maternelle; il confondit arbitrairement -tous les cas; il altéra les mots par des -constructions bizarres; des terminaisons latines s'allièrent -à des radicaux celtiques, des désinences celtiques s'imposèrent -à des radicaux latins, et l'emploi des auxiliaires -vint bouleverser l'harmonie des lois grammaticales<a id="footnotetag6" name="footnotetag6"></a> -<a href="#footnote6"><sup class="sml">6</sup></a>.» -Aussi Quintilien écrivait-il, vers la fin du premier siècle -de notre ère, qu'il y avait une grande différence entre parler -latin et parler grammaticalement, <i>aliud esse latinè, -aliud grammaticè loqui</i><a id="footnotetag7" name="footnotetag7"></a> -<a href="#footnote7"><sup class="sml">7</sup></a>. Au rapport de saint Jérôme, la -langue latine subissait encore de grandes modifications -au <span class="sc">IV</span><sup>e </sup> siècle, <i>latinitas et regionibus quotidiè mutabatur -et tempore</i><a id="footnotetag8" name="footnotetag8"></a> -<a href="#footnote8"><sup class="sml">8</sup></a>. Et saint Augustin nous apprend qu'au -<span class="sc">V</span><sup>e </sup> siècle, le latin pur perdait du terrain au profit de la -langue vulgaire qu'on regardait comme plus utile dans -les relations habituelles de la vie, <i>plerumque loquendi -consuetudo vulgaris utilior est significandis rebus, quàm -integritas literata</i><a id="footnotetag9" name="footnotetag9"></a> -<a href="#footnote9"><sup class="sml">9</sup></a>.</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote6" -name="footnote6"><b>Note 6: </b></a><a href="#footnotetag6"> -(retour) </a> <i>Glossaire du Patois picard</i>, page 65.</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote7" -name="footnote7"><b>Note 7: </b></a><a href="#footnotetag7"> -(retour) </a> <i>De Institutione oratoriâ</i>, lib. <span class="sc">I</span>, cap. 6.</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote8" -name="footnote8"><b>Note 8: </b></a><a href="#footnotetag8"> -(retour) </a> <i>Epistola ad Galatas</i>, lib. <span class="sc">II</span>, præf.</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote9" -name="footnote9"><b>Note 9: </b></a><a href="#footnotetag9"> -(retour) </a> <i>Doctrina christiana</i>, lib. <span class="sc">II</span>.</blockquote> - -<p>Bientôt, à ces difficultés vinrent s'ajouter de nouveaux -éléments contraires à l'uniformité de langue: l'introduction -des Francs<a id="footnotetag10" name="footnotetag10"></a> -<a href="#footnote10"><sup class="sml">10</sup></a> dans la Gaule, qui tantôt en guerre, -tantôt en paix avec les Romains, finirent par devenir les -maîtres, à la fin du <span class="sc">V</span><sup>e </sup> siècle. Alors la langue tudesque -apparaît; mais elle s'efface insensiblement, et bientôt se -forme la langue romane. «En reconnaissant que le latin -a joué le principal rôle dans la formation de cette langue, -dit M. Ph. Le Bas, il convient de distinguer la langue -latine littéraire de la langue latine usuelle.... C'est du -latin parlé par les masses, que s'est formé le roman<a id="footnotetag11" name="footnotetag11"></a> -<a href="#footnote11"><sup class="sml">11</sup></a>.»</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote10" -name="footnote10"><b>Note 10: </b></a><a href="#footnotetag10"> -(retour) </a> <i>Frek</i>, <i>frak</i>, <i>frenk</i>, <i>franc</i>, <i>vrang</i>, selon les différents dialectes -germaniques, dit Frérel, répond au mot latin <i>ferox</i>, dont il a tous les -sens, favorables et défavorables: fier, intrépide, orgueilleux, cruel.</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote11" -name="footnote11"><b>Note 11: </b></a><a href="#footnotetag11"> -(retour) </a> <i>Univers pittoresque</i>, France, tome X, page 41.</blockquote> - -<p>Au milieu de ce mélange de langues, on comprend -aisément que la pureté du langage ne pouvait dominer: -Alcuin nous apprend qu'il existait, au VIII<sup>e </sup> siècle, une -langue lettrée qu'on pouvait écrire et une langue illettrée -qui ne pouvait être écrite, <i>literata quæ scribi potest, illiterata -quæ scribi non potest</i><a id="footnotetag12" name="footnotetag12"></a> -<a href="#footnote12"><sup class="sml">12</sup></a>.</p> - -<p>Aussi, à partir de 813, voyons-nous plusieurs conciles -prescrire aux évêques de prêcher en langue vulgaire, -afin de pouvoir se faire comprendre du peuple<a id="footnotetag13" name="footnotetag13"></a> -<a href="#footnote13"><sup class="sml">13</sup></a>. Le -plus ancien monument de cette langue vulgaire ou romane -d'où s'est formé insensiblement notre français, -est le serment prononcé, en 842, à Strasbourg, par Louis-le-Germanique, -frère de Charles-le-Chauve, commençant -par ces mots: <i>Pro Deu amor et pro Christian poblo et -nostro commun salvament</i>, etc. «Pour l'amour de Dieu et -pour le peuple chrétien, et pour notre salut commun<a id="footnotetag14" name="footnotetag14"></a> -<a href="#footnote14"><sup class="sml">14</sup></a>.</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote12" -name="footnote12"><b>Note 12: </b></a><a href="#footnotetag12"> -(retour) </a> <i>Opera</i>, tome II, page 268.</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote13" -name="footnote13"><b>Note 13: </b></a><a href="#footnotetag13"> -(retour) </a> Le deuxième concile de Reims, canon 15.—Concile de Tours, -canon 17 (<i>Encyclopédie théologique</i>, tome XIV, pages 486 et 1035.)</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote14" -name="footnote14"><b>Note 14: </b></a><a href="#footnotetag14"> -(retour) </a> <i>Un million de faits</i>, page 1203.</blockquote> - -<a name="c4" id="c4"></a> - -<p>En se décomposant, le latin a produit deux idiomes -distincts, dit M. Ph. Le Bas, deux gracieux dialectes -dont les ressources sont grandes: la langue d'OIL et la -langue d'OC. On ramène à trois les principaux dialectes, -de la langue d'OIL, qui sont le <i>normand</i>, le <i>picard</i> et le -bourguignon<a id="footnotetag15" name="footnotetag15"></a> -<a href="#footnote15"><sup class="sml">15</sup></a>. Les trouvères, poètes languedociens, -s'exprimaient dans la langue d'OIL; et les troubadours, -poètes provençaux, se servaient de la langue d'oc. La -dénomination de ces deux langues vient de ce que l'affirmation -oui se prononçait oil au nord de la Loire et oc -au midi de ce fleuve<a id="footnotetag16" name="footnotetag16"></a> -<a href="#footnote16"><sup class="sml">16</sup></a>. M. A. Maury nous apprend -qu'au XII<sup>e </sup> siècle, ces deux contrées étaient séparées par -de vastes châtaigneraies qui formaient comme une frontière -végétale entre les deux langues<a id="footnotetag17" name="footnotetag17"></a> -<a href="#footnote17"><sup class="sml">17</sup></a>. Avant -l'an 1000, les formes grammaticales de ces deux idiomes -offraient peu de différence: «mais, à partir de cette -époque, dit M. l'abbé Corblet, les nuances deviennent -de plus en plus distinctes, jusqu'à ce que, vers le -XII<sup>e </sup> siècle, les deux langues firent un divorce complet, en -se partageant la France<a id="footnotetag18" name="footnotetag18"></a> -<a href="#footnote18"><sup class="sml">18</sup></a>.» Aussi Jean-Luc d'Achery -nous dit-il qu'au XII<sup>e </sup> siècle, les moines d'un monastère -du Boulonnais souffraient impatiemment de leur dépendance -d'une abbaye du Poitou, à cause de la différence -des langues, <i>propter linguarum dissonantiam</i><a id="footnotetag19" name="footnotetag19"></a> -<a href="#footnote19"><sup class="sml">19</sup></a>.</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote15" -name="footnote15"><b>Note 15: </b></a><a href="#footnotetag15"> -(retour) </a> <i>Univers pittoresque</i>, France, tome VI, page 537.</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote16" -name="footnote16"><b>Note 16: </b></a><a href="#footnotetag16"> -(retour) </a> <i>Un million de faits</i>, page 1203.</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote17" -name="footnote17"><b>Note 17: </b></a><a href="#footnotetag17"> -(retour) </a> <i>Histoire des grandes forêts de la Gaule</i>, page 280.</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote18" -name="footnote18"><b>Note 18: </b></a><a href="#footnotetag18"> -(retour) </a> <i>Glossaire du Patois picard</i>, page 68.</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote19" -name="footnote19"><b>Note 19: </b></a><a href="#footnotetag19"> -(retour) </a> <i>Spicilegium</i>, tome IX, page 430.</blockquote> - -<a name="c5" id="c5"></a> - -<p>Nos lecteurs ne seront peut-être pas fâchés de lire ici -l'oraison dominicale dans le langage de cette époque reculée: -nous l'empruntons à Charles Batteux, cité par -l'abbé Pluche<a id="footnotetag20" name="footnotetag20"></a> -<a href="#footnote20"><sup class="sml">20</sup></a>.</p> - -<blockquote> -«<b>Sire pere, qui es ès ciaus, sanctifiez soit li tuens -noms, avigne li tuens regnes, soit faite ta volanté, si -comme ele est faite el ciel, si soit ele faite en terre; -nostre pain de chascun jor nos done hui, et pardone -nos meffais, si comme nos pardonos à ços qui -meffait nos ont; sire ne soffre pas que nos soions -tempté par mauvesse temptation, mais sire delivre -nos de mal</b>.» -</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote20" -name="footnote20"><b>Note 20: </b></a><a href="#footnotetag20"> -(retour) </a> <i>Spectacle de la nature</i>, tome VII, page 230.</blockquote> - - -<a name="c6" id="c6"></a> -<p>Le XV<sup>e </sup> siècle vint opérer la transformation du français -du moyen-âge en français moderne; mais le langage ne -s'épura qu'au siècle suivant et n'atteignit la perfection -que sous le règne de Louis XIV. Le XVI<sup>e </sup> siècle semble -être le moment d'enfantement du français actuel; nous -en trouvons la preuve dans les satyres de Vauquelin de -la Fresnaye qui écrivait dans la seconde moitié de ce -siècle et qui, au milieu des incertitudes et des fluctuations -du langage, éprouvait un véritable embarras sur la manière -d'écrire correctement;</p> - -<div class="poem"><div class="stanza"> -<p class="i16"> Car, depuis quarante ans, desja quatre ou cinq fois,</p> -<p class="i16"> La façon a changé de parler en françois.</p> -</div></div> - -<p>Cette irrésolution venait de tous les idiomes avec -lesquels la nouvelle langue s'était trouvée en contact; -«créée par les rapports et le mélange des patois, la -langue commune participe de tous; elle prend à l'un ses -habitudes de prononciation, à l'autre ses tours de phrase; -elle conserve les idiotismes d'un troisième, et comble, en -puisant indistinctement dans tous, les lacunes qui existaient -dans les différents vocabulaires... Mais, malgré -cette fusion à l'usage de la classe élevée de la société, -presque jamais les patois ne disparaissent entièrement; -le peuple auquel ils suffisent les conserve avec obstination, -et les savants sont obligés de les consulter pour connaître -les éléments constitutifs de la langue et remonter à la forme -primitive des mots<a id="footnotetag21" name="footnotetag21"></a> -<a href="#footnote21"><sup class="sml">21</sup></a>.» En effet, comme en fait la remarque -M. G. Brunnet, «les patois renferment des mots -qui remontent jusqu'au grec et qui furent importés par -des colonies hellénistes; ils en contiennent d'antres qui -restent comme des débris de la domination romaine; ils -en présentent qui sont évidemment le produit de la -création populaire, mais le fond du dialecte est tout -latin<a id="footnotetag22" name="footnotetag22"></a> -<a href="#footnote22"><sup class="sml">22</sup></a>.»</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote21" -name="footnote21"><b>Note 21: </b></a><a href="#footnotetag21"> -(retour) </a> <i>Dictionnaire du Patois normand</i>. Introduction, page III.</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote22" -name="footnote22"><b>Note 22: </b></a><a href="#footnotetag22"> -(retour) </a> <i>Encyclopédie du</i> <span class="sc">XIX</span><sup>e</sup> <i>siècle</i>, tome <span class="sc">XVIII</span>, page 663.</blockquote> - -<p>Ceci nous ramène à notre patois du pays de Bray, -dans lequel nous retrouvons, malgré les nombreuses -corruptions qui en masquent la forme primitive, un assez -grand nombre de mots qui se rattachent aux langues des -différentes nations qui ont parcouru ou habité cette -contrée. C'est ainsi que <span class="sc">Dieppe</span>, ancien nom de la Béthune, -est une corruption de l'islandais <i>Diup</i>, profond;—<span class="sc">Itou</span>, -du latin <i>Ità</i>, aussi;—<span class="sc">Raine</span>, du celtique <i>Ran</i>, grenouille;—<span class="sc">Freuler</span>, -du breton <i>Frel</i>, fléau;—<span class="sc">Bisquer</span>, du saxon -<i>Beiskiar</i>, rager;—<span class="sc">Super</span>, de l'anglais <i>To sup</i>;—<span class="sc">Rio</span>, -de l'espagnol <i>Rio</i>;—<span class="sc">Braies</span> ou <span class="sc">Bragues</span>, du grec -<i>Brakos</i>; etc.</p> - -<p>«Pour remonter aux radicaux primitifs et saisir les -lois qui ont dominé les développements de la langue et -lui ont donné de l'ensemble et de l'harmonie, dirons-nous -avec M. du Méril, il faut l'étudier à la source, dans -la bouche même du peuple... En effet, les patois, soumis -dans chaque localité à des influences diverses qu'aucune -raison générale ne neutralise, se grossissent au hasard -d'importations étrangères et d'imaginations individuelles; -qui ne relèvent que du caprice.... Par exemple, le moineau -est appelé <i>Pisli</i> à Avranches, <i>Pottin</i> à Coutances, -<i>Friquet</i> à Bayeux, <i>Quilleri</i> dans l'Orne, et <i>Moisson</i> dans -le pays de Bray<a id="footnotetag23" name="footnotetag23"></a> -<a href="#footnote23"><sup class="sml">23</sup></a>.»</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote23" -name="footnote23"><b>Note 23: </b></a><a href="#footnotetag23"> -(retour) </a> <i>Dictionnaire du Patois normand</i>. Introduction, pages <span class="sc">LVII</span>, <span class="sc">LVIII</span> et -<span class="sc">LIX</span>.</blockquote> - -<p>Maintenant abordons notre travail principal, et tâchons -de donner une idée générale du patois brayon, avant d'en -venir au glossaire des mots que nous avons recueillis. -Deux voies s'ouvrent devant nous: l'une que suivent les -savants, l'autre dans laquelle marchent les simples travailleurs. -Cette dernière voie sera la nôtre. Nous nous -bornerons donc à constater ce qui est, sans rechercher -le <i>cûr</i>, <i>quomodò</i>, <i>quandò</i>; c'est-à-dire que nous abandonnerons -aux maîtres de la science les observations -scientifiques et les découvertes étymologiques, pour nous -occuper seulement à recueillir des matériaux sur lesquels -ils puissent exercer leur sagacité. Nous suivrons cette recommandation -pleine de vérité: «La science étymologique, -dit M. Auguste Le Prevost, est une arme à deux -tranchants, qui ne doit pas être abandonnée à des mains -novices. On peut encore la comparer à ces flambeaux -qui jettent de la fumée et de l'obscurité sur leur passage, -quand ils n'éclairent pas. Elle demande non-seulement -la connaissance approfondie et la comparaison continuelle -d'un grand nombre de langues, de dialectes, -d'idiotismes, une faculté d'observation et de rapprochement -exquise, mais encore beaucoup de sobriété, de -loyauté, de circonspection dans l'exercice de cette faculté; -sans quoi on arrive par une pente très-rapide à faire -venir <i>affana d'equus</i><a id="footnotetag24" name="footnotetag24"></a> -<a href="#footnote24"><sup class="sml">24</sup></a>; on se discrédite soi-même et -l'on discrédite l'une des recherches les plus piquantes -et les plus utiles à la satisfaction de la raison humaine, -qui puisse occuper les loisirs d'un érudit. Nous insistons -d'autant plus sur la nécessité d'une grande réserve à cet -égard, que, débarrassé de cette grave responsabilité, le -travail que nous désirons voir entreprendre dans chaque -arrondissement n'offrira plus qu'une tâche facile à -chacun de nos collaborateurs<a id="footnotetag25" name="footnotetag25"></a> -<a href="#footnote25"><sup class="sml">25</sup></a>.»</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote24" -name="footnote24"><b>Note 24: </b></a><a href="#footnotetag24"> -(retour) </a> L'étymologie-monstre à laquelle l'auteur fait ici allusion a donné -lieu au quatrain suivant: - -<div class="poem"><div class="stanza"> -<p class="i16"><i>Affana</i> vient <i>d'equus</i> sans doute;</p> -<p class="i16">Mais il faut convenir aussi,</p> -<p class="i16">Qu'en venant de là jusqu'ici,</p> -<p class="i16">Il a bien changé sur la route.</p> -</div></div> -</blockquote> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote25" -name="footnote25"><b>Note 25: </b></a><a href="#footnotetag25"> -(retour) </a> Ce passage est extrait de la préface d'un ouvrage inédit de -M. A. Le Prevost, qui a bien voulu nous donner communication de -son manuscrit.</blockquote> - -<a name="c7" id="c7"></a> - -<p>Quoiqu'on ne puisse pas dire, selon la rigueur de -l'expression, qu'il existe un code particulier au patois -du pays de Bray, il n'en est pas moins vrai que ce -patois est soumis à certaines règles dont il s'écarte peu. -Pour plus de clarté, nous allons essayer d'indiquer ces -règles touchant les lettres, l'article, le nom, l'adjectif, le -pronom et le verbe.</p> - -<p>§ I<sup>er</sup>.—<span class="sc">Des Lettres.</span> Le <i>c</i> doux se change assez fréquemment -en <i>ch</i>: Ex. Les <i>capuchins</i> étaient comme <i>cha</i>. -Il en est de même de la double lettre <i>ss</i>; on dit <i>nourichon</i> -pour <i>nourrisson</i>.</p> - -<p>Le <i>ch</i> est souvent remplacé par le <i>c</i> dur, <i>qu</i> ou <i>k</i>: -Ex. Un <i>cat</i>, un <i>quien</i>, un <i>kauche-pied</i>, etc.</p> - -<p>L'accent circonflexe se remplace en plusieurs circonstances -par l'accent aigu sur la lettre <i>e</i>: Ex. <i>Téte</i>, <i>féte</i>, -<i>béte</i>, etc.</p> - -<p>Le <i>tr</i> se prononce quelquefois <i>ter</i>, comme dans <i>truie</i>, -qu'on prononce <i>teruie</i>, et <i>teruite</i> pour <i>truite</i>.</p> - -<p>§ II.—<span class="sc">De l'Article.</span> Selon quelques auteurs, notre -article masculin <i>le</i> serait tout simplement la dernière -syllabe du mot latin <i>ille</i>, et notre article féminin <i>la</i>, la -dernière de <i>illa</i>. D'autres voient plus particulièrement -dans l'article une combinaison du pronom <i>ille</i> et des -prépositions <i>de</i> et <i>ad</i>. Quoi qu'il en soit, dans les commencements -de la langue française, nous trouvons presque -toujours pour articles simples ou composés les mots <i>el</i>, -<i>del</i>, <i>al</i>; ces mots forment encore la base de l'article dans -le patois brayon.</p> - -<p> -Le, <i>el</i>, <i>l'</i>. La, <i>el</i>. Les, <i>lés</i>, <i>l's</i>.<br> -De, <i>d'</i>, <i>d'l'</i>. Du, <i>du</i>. De la, <i>del</i>, <i>d'l'</i>. Des, <i>dés</i>, <i>d's'</i>.<br> -Au, <i>au</i>. A la, <i>al</i>. Aux, <i>à</i>, <i>à les</i>. -</p> - -<p>On trouvera dans le Dictionnaire les différences qui -existent entre ces divers articles.</p> - -<p>§ III.—<span class="sc">Du Nom.</span> Certain nombre de noms en <i>eur</i> et -en oir changent leur terminaison en <i>eux</i>: Ex. Menteur, -tricheur, conteur, mouchoir, battoir, couloir, etc., se -prononcent <i>menteux</i>, <i>tricheux</i>, <i>conteux</i>, <i>moucheux</i>, <i>batteux</i>, -<i>couleux</i>.</p> - -<p>Quelques noms en <i>é</i> font leur singulier en <i>ai</i>: Ex. Curiosité -fait <i>curiositai</i>, <i>été</i> fait <i>étai</i>, etc.</p> - -<p>Les noms propres prennent le pluriel; ainsi on dit: -les Duvals, les Dumonts, etc., en parlant des membres -de ces familles.</p> - -<p>On donne aussi le genre féminin aux noms de famille, -en les faisant précéder de l'article: Ex. La Durand<i>e</i>, la -Guerard<i>e</i>, la Boquet<i>te</i>, la Cordièr<i>e</i>, la Vasseu<i>se</i>, la Brianchon<i>ne</i>, -etc. Mais, quand le nom propre est précédé du -prénom, il garde sa terminaison primitive: Ex. Rose -Durand, Marie Guerard, etc.</p> - -<p>Dans le patois brayon, les noms n'ont pas toujours le -même genre que leurs correspondants français; en voici -de nombreux exemples:</p> - -<p class="mid">NOMS QUI CHANGENT DE GENRE DANS LE PATOIS BRAYON.</p> -<div class="poem"><div class="stanza"> -<p>AGE, Ex.: La jeunesse est <i>une belle</i> âge.</p> - -<p>AIR. Ex.: Cette chanson est sur <i>une vilaine</i> air.</p> - -<p>AMADOU. Ex.: Ce marchand ne fournit que de <i>mauvaise</i> -amadou.</p> - -<p>ARGENT. Ex.: Je vous donne <i>de la belle</i> argent.</p> - -<p>AS. Ex.: Voilà <i>une vieille</i> as qui m'a fait perdre.</p> - -<p>AUGURE. Ex.: Cela n'est point d'<i>une bonne</i> augure.</p> - -<p>AUTEL. Ex.: Voilà <i>une riche</i> autel.</p> - -<p>BOL. Ex.: Mettez cette tisane dans <i>une petite</i> bol.</p> - -<p>BORNE. Ex.: <i>Quel gros</i> borne!</p> - -<p>CANTIQUE. Ex.: Je sais <i>une belle</i> cantique.</p> - -<p>CENTIME. Ex.: <i>Cette</i> centime est <i>toute neuve</i>.</p> - -<p>CIMETIÈRE. Ex.: Je ne passerais pas la nuit dans <i>la</i> cimetière.</p> - -<p>CLAIRE-VOIE. Ex.: Je ferai là <i>un beau</i> claire-voie.</p> - -<p>COUDRIER. Ex.: On fait des cercles avec <i>de la coudre</i>.</p> - -<p>CRAVATE. Ex.: On m'a fait cadeau d'<i>un beau</i> cravate.</p> - -<p>EMPLATRE. Ex.: C'est <i>une</i> emplâtre inutile.</p> - -<p>ESCLANDRE. Ex.: Il y a eu <i>grande</i> esclandre.</p> - -<p>ÉVANGILE. Ex.: L'Évangile de dimanche est <i>longue</i>.</p> - -<p>EXEMPLE. Ex.: Il nous a donné <i>une nouvelle</i> exemple de -douceur.</p> - -<p>FROID. Ex.: <i>La</i> froid est bien <i>gênante</i>.</p> - -<p>GARDE-ROBE. Ex.: Avez-vous <i>un bon</i> garde-robe?</p> - -<p>HERBAGE. Ex.: Son herbage est <i>excellente</i>.</p> - -<p>HIVER. Ex.: L'hiver de 1830 n'a pas été <i>douce</i>.</p> - -<p>IMAGE. Ex.: Vendez-vous de <i>beaux</i> images?</p> - -<p>MANQUE. Ex.: C'est <i>une</i> manque de réflexion.</p> - -<p>MARNE. Ex.: Servez-vous de marne <i>sec</i>.</p> - -<p>MERLE. Ex.: Entendez-vous siffler <i>la mêle</i>?</p> - -<p>MEUBLES. Ex.: Voilà de <i>belles</i> meubles.</p> - -<p>ORAGE. Ex.: Nous allons avoir <i>une terrible</i> orage.</p> - -<p>ORGANE. Ex.: Votre frère a <i>une belle</i> organe.</p> - -<p>OUVRAGE. Ex.: Son ouvrage n'est jamais <i>faite</i> en temps.</p> - -<p>PARAFE. Ex.: Notre Instituteur fait de <i>belles</i> parafes.</p> - -<p>PATÈRE. Ex.: Placez votre chapeau <i>au</i> patère.</p> - -<p>POISON. Ex.: Vous m'apporterez <i>de la</i> poison pour les rats.</p> - -<p>RÉGLISSE. Ex.: Apportez-moi <i>du</i> réglisse.</p> - -<p>RHUME. Ex.: J'ai toujours <i>la</i> rhume.</p> - -<p>RISQUE. Ex.: A <i>toute</i> risque.</p> - -<p>SAULE. Ex.: <i>La sau</i> est un mauvais bois.</p> - -<p>TEMPE. Ex.: Il a reçu un coup de bâton <i>au</i> tempe.</p> - -<p>VIPÈRE, Ex.: J'ai été mordu d'<i>un</i> vipère.</p> -</div></div> - -<p>§ IV.—<span class="sc">De l'Adjectif.</span> Plusieurs adjectifs ne forment -pas leur féminin comme en français: Ex. Blanc, sec, -vieil, fou, malin, frais, font <i>blanque</i>, <i>sèque</i>, <i>vieuille</i>, <i>fôlle</i>, -<i>malinne</i>, <i>fraique</i>. Presque tous les adjectifs terminés en -<i>i</i> ont le féminin en <i>ite</i>: Ex. Pourri, guéri, font <i>pourrite</i>, -<i>guérite</i>.</p> - -<p>Les adjectifs possessifs se rendent ainsi:</p> - -<p> -Mon, <i>man</i>, <i>min</i>, <i>m'n'</i>. Ma, <i>m'</i>. Mes, <i>més</i>, <i>m's'</i>.<br> -Ton, <i>tan</i>, <i>t'n'</i>, <i>tin</i>, <i>t'n</i>. Ta, <i>t'</i>. Tes, <i>tés</i>, <i>t's'</i>.<br> -Son, <i>san</i>, <i>s'n'</i>, <i>sin</i>, <i>s'n</i>. Sa, <i>s'</i>. Ses, <i>sés</i>, <i>s's'</i>.<br> -Notre, <i>not'</i>. Notre, <i>not'</i>. Nos, <i>nos</i>.<br> -Votre, <i>vot'</i>. Votre, <i>vot'</i>. Vos, <i>vos</i>.<br> -Leur, <i>leu</i>, <i>leut</i>. Leur, <i>leu</i>, <i>leut'</i>. Leurs, <i>leus</i>. -</p> - -<p>Les adjectifs démonstratifs sont:</p> - -<p> -Ce, <i>çu</i>. Cet, <i>c't'</i>. Cette, <i>c't'</i>, <i>c'te</i>. Ces, <i>cés</i>, <i>chés</i>. -</p> - -<p>§ V. <span class="sc">Du Pronom.</span> Voici les différentes formes des pronoms -personnels:</p> - -<p> -Je, <i>j</i>', <i>ej'</i>. Moi, <i>mai</i>, <i>mi</i>. Me, <i>m'</i>. Nous. <i>j'</i>.</p> - -<p>Tu, <i>tu</i>. Toi, <i>tai</i>. Te, <i>té</i>. Vous, <i>vos</i>, <i>os</i>.</p> - -<p>Il, <i>y</i>, <i>il</i>. Elle, <i>al'</i>, <i>a</i>. Ils, <i>y</i>, <i>ils</i>. Elles, <i>al'</i>, <i>y</i>.</p> - -<p>Lui, <i>li</i>. Leur, <i>leu</i>. Eux, <i>eux</i>. Se, <i>s'</i>, leus. Soi, <i>sai</i>. -</p> - -<p>Les pronoms possessifs n'offrent d'autre différence avec -le français que la suivante: <i>l' est</i> employé pour <i>le</i>, et -l'on supprime l'accent circonflexe sur <i>notre</i>, <i>votre</i>, <i>notres</i>, -<i>votres</i>.</p> - -<p>Voici maintenant les pronoms démonstratifs:</p> - -<p>Celui, <i>le sien</i>. Celle, <i>la sienne</i>, <i>la celle</i>. Ceux, <i>les ceux</i>, -<i>les siens</i>. Celles, <i>les celles</i>, <i>les siennes</i>.</p> - -<p>Celui-ci, <i>c't'ichite</i>. Celle-ci, <i>c't'ichite</i>. Ceux-ci, <i>cheux-chite</i>, -<i>ceux-chite</i>. Celles-ci, <i>cheux-chite</i>, <i>ceux-chite</i>.</p> - -<p>Celui-là, <i>ç't'ila</i>. Celle-là, <i>ç't'éla</i>. Ceux-là, <i>cheux-la</i>. -Celles-là, <i>cheux-la</i>.</p> - -<p>Ce, <i>cha</i>. Ceci, <i>cha</i>. Cela, <i>cha</i>.</p> - -<p>Les pronoms relatifs se prononcent de la manière suivante:</p> - -<p>Qui, <i>qui</i>. Que, <i>qu'</i>, <i>que</i>. Lequel, <i>l'queul</i>. Laquelle, -<i>l'queulle</i>, <i>laqueulle</i>. Lesquels, <i>lèqueuls</i>. Lesquelles, <i>léqueulles</i>.</p> - -<p>Nous ajouterons les pronoms interrogatifs: qui, que, -quoi; lesquels se rendent ordinairement par <i>qué</i>.</p> - -<p>En parlant de l'interrogation, nous voulons faire une -remarque qui ne trouverait peut-être point place ailleurs. -Dans le pays de Bray, et généralement en Normandie, on -répond à certaines questions par la négation ou l'affirmation -de la proposition opposée. Ainsi, à cette question: -<i>Fait-il froid aujourd'hui?</i> on répondra: <i>Il ne fait pas -chaud</i>, ou <i>il fait assez chaud</i>, ou <i>il fait très-chaud</i>.</p> - -<p>§ VI.—<span class="sc">Du Verbe.</span> Afin de donner une idée du système -des conjugaisons, nous placerons ici quelques -temps des verbes auxiliaires <span class="sc">AVOIR</span> et <span class="sc">ÊTRE</span>.</p> - - -<table summary="verb headings" cellpadding="2" cellspacing="2" border="0" - style="text-align: left; width: 100%;"> - <tbody> - <tr> - <td style="vertical-align: top; width: 50%; text-align: center;">AVER<br> - </td> - <td style="vertical-align: top; width: 50%; text-align: center;">ETE<br> - </td> - </tr> - </tbody> -</table> - - -<p class="mid">INDICATIF PRÉSENT.</p> - -<table summary="indicative verb forms" cellpadding="2" cellspacing="2" border="0" - style="text-align: left; width: 100%;"> - <tbody> - <tr> - <td style="vertical-align: top; width: 50%; text-align: left;"> -J'ai.<br> -T'as.<br> -Il a.<br> -J'avons.<br> -Os avez <i>ou</i> vos avez.<br> -Il ont.<br> - </td> - <td style="vertical-align: top; width: 50%; text-align: left;"> -Ej'sis.<br> -T'es.<br> -Il est.<br> -J'sommes.<br> -Os ètes <i>ou</i> vos ètes.<br> -Y sont.<br> - </td> - </tr> - </tbody> -</table> - -<p class="mid">IMPARFAIT.</p> - -<table summary="imparfait verb forms" cellpadding="2" cellspacing="2" border="0" - style="text-align: left; width: 100%;"> - <tbody> - <tr> - <td style="vertical-align: top; width: 50%; text-align: left;"> -J'avais.<br> -T'avais.<br> -Il avait.<br> -J'avions.<br> -Os aviez.<br> -Il avaient <i>ou</i> aviont.<br> - </td> - <td style="vertical-align: top; width: 50%; text-align: left;"> -J'étais <i>ou</i> j'étois.<br> -T'étais <i>ou</i> t'étois.<br> -Il était <i>ou</i> il étoit.<br> -J'étions <i>ou</i> os étions.<br> -Os étiez <i>ou</i> vos étiez.<br> -Il étaient <i>ou</i> étoient <i>ou</i> étiont.<br> - </td> - </tr> - </tbody> -</table> - -<p class="mid">SUBJONCTIF PRÉSENT.</p> - -<table summary="subjonctif verb forms" cellpadding="2" cellspacing="2" border="0" - style="text-align: left; width: 100%;"> - <tbody> - <tr> - <td style="vertical-align: top; width: 50%; text-align: left;"> -Que j'aie <i>ou</i> que j'uche.<br> -Q't'aies <i>ou</i> que tu uches.<br> -Qu'il ait <i>ou</i> qu'il uche.<br> -Qu'j'avions <i>ou</i> qu'j'uchions.<br><br> -Qu'os aviez <i>ou</i> qu'os uchiez.<br> -Qu'il aient <i>ou</i> qu'il uchent.<br> - </td> - <td style="vertical-align: top; width: 50%; text-align: left;"> -Que j'sais <i>ou</i> que j'suche.<br> -Que tu sais <i>ou</i> que tu suches.<br> -Qu'il sait <i>ou</i> qu'il suche.<br> -Que j'sayions <i>ou</i> que nous suchions <i>ou</i><br>qu'os soyomes.<br> -Qu'os sayez <i>ou</i> qu'os suchiez.<br> -Qu'y saient <i>ou</i> qu'ils suchent.<br> - </td> - </tr> - </tbody> -</table> - -<p>Le patois du pays de Bray offre beaucoup d'irrégularité -dans les conjugaisons; nous en mentionnerons seulement -quelques-unes.</p> - -<p>Généralement l'<i>u</i> du pronom <i>tu</i> s'ellipse à la seconde -personne du singulier, quand le verbe commence par -une voyelle: Ex. <i>T'aimes</i>, <i>t'avertis</i>, <i>t'as</i>, <i>t'entends</i>.</p> - -<p>Le <i>j'</i> remplace ordinairement le pronom <i>nous</i>, à la -première personne du pluriel, quand le verbe commence -par une voyelle: Ex. <i>J'aimons</i>, <i>j'avertissons</i>, etc. Si le -verbe commence par une consonne, le pronom <i>nous</i> est -remplacé par le monosyllabe <i>ej</i>: Ex. <i>Ej trouvons</i>, <i>ej -prévenons</i>, etc. Il paraît que les courtisans de Henri III -regardaient comme de bon ton de dire: <i>J'avions</i>, <i>j'étions</i>, -<i>j'allions</i>; c'était alors une manière de parler recherchée -dans la bonne compagnie, même à la cour<a id="footnotetag26" name="footnotetag26"></a> -<a href="#footnote26"><sup class="sml">26</sup></a>.</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote26" -name="footnote26"><b>Note 26: </b></a><a href="#footnotetag26"> -(retour) </a> <i>Essai sur le langage</i>, page 302.—<i>Glossaire du patois picard</i>, -page 173.</blockquote> - -<p>Parmi les verbes de la première conjugaison qui sont -irréguliers dans plusieurs temps, nous mentionnerons le -verbe <i>aller</i> qui fait au présent du subjonctif: <i>que j'ouaiche</i>, -<i>que tu ouaiches</i>, <i>qui ouaiche</i>, <i>que j'ouaichions</i>, <i>qu'os -ouaichiez</i>, <i>qui ouaichent</i>.</p> - -<p>Les verbes terminés en <i>ier</i> et <i>uer</i> ont ordinairement -le présent du subjonctif en <i>che</i>: Ex. Charrier, ruer, etc., -font: <i>que je carriche</i>, <i>que je ruche</i>.</p> - -<p>Le <i>r</i> terminal de l'infinitif ne se fait point sentir dans -les verbes de la seconde conjugaison; ainsi on dit: -<i>mouri</i>, <i>parti</i>, <i>r'veni</i>, etc., pour <i>mourir</i>, <i>partir</i>, <i>revenir</i>. -Plusieurs de ces verbes forment aussi leur participe passé -tout-à-fait irrégulièrement; c'est ainsi que <i>soutenir</i> fait -<i>soutint</i> pour <i>soutenu</i>.</p> - -<p>Les verbes de la troisième conjugaison changent -leur terminaison <i>oir</i> en <i>er</i>; par exemple: <i>Apercevoir, -recevoir, émouvoir</i>, etc., font <i>aperchever, r'chever, -émouver</i>, et, au participe passé, <i>aperchu, r'chu, émouvé</i>.</p> - -<p>Au nombre des verbes de la quatrième conjugaison -qui s'éloignent du français, nous mettrons le verbe <i>suivre</i> -qui fait <i>sieure, je sieus, j'ai sieus</i>, etc.</p> - -<p>Une règle qui se rapporte à toutes les conjugaisons -consiste dans l'emploi de la troisième personne au lieu -de la première et de la seconde, comme dans les -phrases suivantes: <i>C'est moi qui se trompe; c'est toi qui -ira; c'est nous qui a joui; c'est vous qui chantait</i>, etc.</p> - -<p>Nous pensons que ces courtes remarques suffisent pour -indiquer à nos lecteurs les ressemblances et différences -du patois du pays de Bray avec les patois des autres provinces, -surtout de la Normandie et de la Picardie. Il nous -resterait à citer quelque fragment de cet idiome, afin d'en -faire mieux comprendre le mécanisme; mais nous ne -connaissons aucun monument écrit auquel nous puissions -avoir recours. Sous ce rapport, nous sommes aussi -pauvres que la Picardie est riche. Là, des hommes d'esprit -s'amusent souvent a recueillir les reparties, les boutades, -les saillies populaires, pour en former de plaisants -dialogues, de gais refrains. Ici, rien de semblable; <i>Ch'est -pat à dire que j'soyomes</i> (simus) <i>pus enchifrénés q'd'autes, -mais j'manquons d'éditeux</i>, disait dernièrement un de -nos amis. C'est donc une bonne fortune pour nous que -la rencontre de l'article suivant que nous extrayons d'une -récente publication<a id="footnotetag27" name="footnotetag27"></a> -<a href="#footnote27"><sup class="sml">27</sup></a>.</p> - -<blockquote class="footnote"><a id="footnote27" -name="footnote27"><b>Note 27: </b></a><a href="#footnotetag27"> -(retour) </a> <i>Almanach du pays de Bray</i>, pour 1852, page 99 et suiv.</blockquote> - - -<a name="c8" id="c8"></a> -<br><br> -<h3><span class="sc">Liberté, égalité, fraternité</span></h3> -<br> -<p><i>Jacques</i>.—Ah! Boujou, Mousieu <i>Esprit</i>...</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit</i>.—Ne m'appelle donc pas <i>Monsieur</i>; ce -titre aristocratique est aboli et remplacé par le mot égalitaire -de <i>citoyen</i>.</p> - -<p><i>Jacques</i>.—Ah! chest cha; j'comprends pas, mais chest -tout d'même.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit</i>.—Tu es si bête!</p> - -<p>Jacques.—Ah! par exemple, cha pourrait ben être vrai; -car tout l'monde me l'dit. Mais en attendant, j'voudrais ben -saver qué qu'veulent dire chés trois mots <i>Libertai, Égalitai, -Fraternitai</i>, quo vait tout partout; o dirait que l'zimprimeux -n'peuvent plus rien écrire sans mette chés mots-là.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit</i>.—Tu ne comprends pas cela?</p> - -<p><i>Jacques</i>.—Ma foi, non.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit</i>.—Liberté!!! mot divin qui fait battre -tous les cœurs, quand on le prononce...</p> - -<p><i>Jacques</i>.—Ah! bah! l'mien des cœurs n'bat pas du tout.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit</i>.—C'est une manière de parler.</p> - -<p><i>Jacques</i>.—Chest-à-dire qu'cha n'signifie rien.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit</i>.—C'est-à-dire que tu es un imbécille.</p> - -<p><i>Jacques</i>.—Os me l'avez déjà dit, <i>Mousieu citoyen</i>.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit</i>.—Comment pourrais-tu en effet comprendre -la liberté, toi qui as été toute ta vie esclave et malheureux.</p> - -<p><i>Jacques</i>.—Ma foi, pas core trop.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit</i>.—Écoute, Jacques, et tâche de comprendre.</p> - -<p><i>Jacques</i>.—J'vo z'écoute des yeux et des oreilles.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit</i>.—Par le mot liberté, on entend que -chacun est libre de faire ce qui lui plaît.</p> - -<p><i>Jacques</i>.—Tout c'qui li plaît?</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit</i>.—Tout!</p> - -<p><i>Jacques</i>.—Absolument tout?</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Oui.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Y a ti longtemps, cha?</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Depuis le 24 février, l'an 59 de la liberté.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Et moi qui ne l'savait point core! Faut que j'sais -rudement béte!</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Je ne dis pas non.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Mais, comment qu'man maîte n'me l'a pas dit?</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Nigaud, est-ce qu'il n'est pas intéressé -à te laisser dans l'ignorance?</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Chest vrai! ben asteu, chest ben fini; quand y -m'dira d'batte du blai, j'battrai d'l'aveine; quand y m'dira -d'vaner de l'orge, j'ferai des guerbées; quand y m'dira de -monter l'grain au grenier, j'irai m'mette à table; puis plutot -j'li dirai que j'veux ête maîte chacun note semaine... Asteu, -j'voudrais bien saver quoique chest qu'l'<i>égalitai</i>.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Cela signifie qu'il n'y a aucune différence -entre les hommes, et qu'ils sont tous égaux.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Mais chest pas vrai, cha.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Comment, ce n'est pas vrai?</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Non! Est-ce que j'sis l'égal de man maîte?</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Sans doute.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Ah! cha mais!... comment s'y prendre? Man -maîte qu'a six pouces plus qu'mai.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—On le rognera.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Par queu bout?</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Par la tête.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Diable! mais... puis, Nicolas, li qu'est trois pouces -plus p'tit qu'mai; est-ce qu'on me rognera itou par la tête?</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Mon pauvre Jacques, tu ne comprends -donc rien; quand on dit que nous sommes égaux, on veut dire -que nous avons tous les mêmes droits et les mêmes avantages.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Chest-à-dire que j'pourrais mette l'zhabits de -man maîte, manger san dinner, monter sur san bidet?</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Certes, tous les biens sont communs.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Mais les propriétaires?</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Il n'y a plus de propriétaires: la propriété, -c'est le vol.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Tiens! je l'aurais jamais cru.... Man maîte qui -passe pour si honnête homme dans le pays! Mais y va me renvéyer, -pétète, quand j'l'y demanderai l'exécution d'l'<i>égalitai</i>.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Ne crains rien.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Pourquoi?</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Parce qu'il ne saurait trouver un autre -domestique aussi bête que toi.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Chest ben possible... Puis c'té <i>fraternitai</i>, elle, -qué qu'chest?</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Cela veut dire que nous sommes tous -frères.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Ah! cha, du coup, chest une bêtise; car, quand -ma mère, qui n'vient plus d'pis qu'al est morte, venait m'ver, -a m'embrachait toujou; puis a disait: <i>Boujou, man fieu</i>! Mais -a n'embrachait pas man maîte; au contraire, a faisait une -révérence, puis disait: <i>Boujou, maîte Pierre</i>! mais a n'y disait -jamais: <i>Boujou man fieu</i>, ni <i>boujou man frère</i>! Cha fait -ben ver qu'a n'était pas sa sœur et qu'il n'est pas man frère.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Il ne s'agit ici ni de père ni de mère.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Chest vrai, y sont morts tous deux.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Tu ne comprends pas. Il n'y a plus -ni père ni mère pour personne; nous sommes tous enfants de -la nature.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—De la nature? Connais pas! J'avais toujou cru -qu'j'étais l'fieu d'ma mère qu'est morte, pauve fame.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Pauvre Jacques! quel dommage qu'on -ait paralysé l'action des clubs! je t'aurais fait admettre pour -t'initier aux grands principes....</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Pardon! excuse! <i>Mousieu citoyen</i>, maîte Pierre -m'crie pour manger la soupe.</p> - -<p><i>Le citoyen Esprit.</i>—Mais j'aurais un petit service à te demander.</p> - -<p><i>Jacques.</i>—Jé pas l'temps; cha sera pour une aute fais.</p> - -<p><span class="sc">Un Flaneur Brayon.</span></p> - -<p>Nous terminerons cette introduction par quelques proverbes -et dictons populaires, auxquels nous joindrons -un court exposé des croyances et usages du pays.</p> - -<a name="c9" id="c9"></a> -<br><br> - -<hr> -<h3>PROVERBES ET DICTONS.</h3> -<hr class="short"> -<br> -<p>Amis comme chiens et chats. Ennemis.</p> - -<p>Adroit de sa main comme un cochon de sa queue. -Maladroit.</p> - -<p>Se laisser manger la laine sur le dos. Trop bon.</p> - -<p>La semaine des trois jeudis. Jamais.</p> - -<p>Il vaux mieux tuer le diable que le diable vous tue.</p> - -<p>Caillou qui roule n'amasse pas mousse.</p> - -<p><i>Mais que</i> les poules pissent. Jamais.</p> - -<p>Engendré d'un coq et d'une oie. Sot et malin.</p> - -<p>Ouvrir les yeux comme un chat qui c... dans du son. -Ouvrir de grands yeux.</p> - -<p>Brouillard en mars, gelée en mai.</p> - -<p>Laid comme le diable.</p> - -<p>Toute la <i>pouquette</i> sent le hareng. Toute la famille a -les mêmes vices.</p> - -<p>En attendant les souliers d'un mort, on va longtemps -nu-pieds.</p> - -<p>N'y voir que du brouillard. Ne rien comprendre à une -chose.</p> - -<p>Un coup de langue est pire qu'un coup de lance.</p> - -<p>La première mouche qui le piquera sera un taon. La -dernière faute paiera pour les autres.</p> - -<p>Ne pas valoir les quatre fers d'un chien. N'avoir aucune -valeur.</p> - -<p>N'entendre ni à <i>hu</i>, ni à <i>dia</i>. N'avoir aucune intelligence.</p> - -<p>Brebis qui bêle perd sa goulée. On ne peut parler et -manger en même temps.</p> - -<p>Au plus fort la <i>pouque</i>. En parlant de deux personnes -qui se disputent un objet.</p> - -<p>Qui demande un hiver avant Noël, en demande deux.</p> - -<p>Faire la <i>caloge</i> du veau avant qu'il soit venu. Former -de vains projets sur un événement éventuel.</p> - -<p>Il ne faut pas tant de beurre pour faire un quarteron. -Pas de paroles inutiles.</p> - -<p>Aller ou venir pour des prunes. Pour rien.</p> - -<p>Si le soleil luit quand il pleut, on dit que le <i>diable bat -sa femme</i>.</p> - -<p>Quand on se sent morveux, on se mouche. En parlant -d'une personne qui prend pour elle-même un blâme -donné sans application particulière.</p> - -<p>Gratter quelqu'un par où il a <i>manjure</i>. Lui proposer -une chose qui le flatte.</p> - -<p>Faute de poisson, on mange des moules. Quand on -n'a pas ce qu'on désire, il faut se contenter de ce qu'on a.</p> - -<p>On n'est pas louis d'or. Ou ne plaît pas à tout le monde.</p> - -<p>Quand on quitte le maréchal, il faut payer les vieux -fers. Lorsqu'on change de fournisseur, il faut payer ce -qu'on lui doit.</p> - -<p>Quitter brûler ce qui ne cuit pas pour soi. Ne s'occuper -que de ce qui profite.</p> - -<p>Quand il pleut sur l'un, il grêle sur l'autre. En parlant -de deux personnes qui ont les mêmes intérêts.</p> - -<p>Rebattre le <i>feurre</i> de ses glanes. Perdre le fil de son -discours et faire des redites.</p> - -<p>Il a mis une cheville à son trou. Réponse ou repartie -trouvée à propos.</p> - -<p>Malin comme Gribouille qui se jette à l'eau de peur -de se mouiller.</p> - -<p>Être de la famille de Riquiqui. Être parent de tout le -monde.</p> - -<p>S'il y a pondu, il n'y a pas couvé. Il n'a pas été longtemps -parti.</p> - -<p>Vaut mieux faire envie que pitié.</p> - -<p>Février emplit les fossés, mars les vide.</p> - -<p>Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui -arracher le nez. Mieux vaut conserver un objet avec ses -défauts que de le briser en cherchant à le réparer.</p> - -<p>Ils sont comme saint Roch et son chien. Inséparables.</p> - -<p>Ton nez branle. Tu mens. Il paraît que ce dicton -n'est pas neuf et qu'on disait du temps d'Érasme: <i>Nasus -tuus arguit mihi te mentiri</i>, votre nez me dit que vous -mentez.</p> - -<p>On ne peut guère manier de beurre, sans qu'il en reste -dans les doigts. En parlant des régisseurs et autres qui -ne rendent pas fidèle compte de leur administration.</p> - -<p>Chaque grain a sa paille. Chacun a ses défauts.</p> - -<p>Manger son pain chaud, boire son cidre doux, brûler -son bois vert, c'est mettre la maison au désert.</p> - -<p>Ne point mettre une chose dans l'oreille d'un chat. -Donner un avis qui sera suivi.</p> - -<p>Chacun son métier, les moutons seront bien gardés.</p> - -<p>Faire de la bouillie pour les chats. Faire une chose -inutile ou mal exécutée.</p> - -<p>Les nourrices auront bon temps, les enfants se jouent. -En parlant des grandes personnes qui s'amusent à des -jeux d'enfant.</p> - -<p>Heureux comme un coq en pâte. Nous pensons qu'il -faudrait dire: <i>Comme un coq empâté</i>.</p> - -<p>C'est comme à la maison du bon Dieu, l'on n'y boit, -n'y mange. Allusion aux personnes qui n'offrent rien à -ceux qui font visite; ce qui est rare dans le pays de Bray.</p> - -<p>On a tiré à son baptême. Il n'a pas inventé la poudre.</p> - -<p>On ne tire pas de farine d'un sac à charbon. On -n'espère pas de bonnes actions de la part d'un méchant.</p> - -<p>C'est du bois à faire des vielles. Il se ploie de toutes -façons. Par allusion à ceux qui disent oui et non sur la -même question, pour plaire à l'un et ne pas déplaire à -l'autre.</p> - -<p>Faire des contes à mourir debout. Impossibilités.</p> - -<p>Rien ne dure plus longtemps qu'un pot cassé. En -parlant de personnes souffrantes qui vont jusqu'à la -vieillesse.</p> - -<p>Il n'y a pas moyen de <i>moyenner</i>. Il faut en convenir.</p> - -<p>On vous donne des noix à casser, quand on n'a plus -de dents. Faire des douceurs, quand on ne peut plus en -profiter.</p> - -<p>C'est lui, en chair et en os, comme saint Amadou. -Lui-même.</p> - -<p>Plus malin que lui n'est pas bête.</p> - -<p>Sourd comme une <i>boîse</i>. Très-sourd.</p> - -<p>Aller son petit bonhomme de chemin. Faire ses affaires, -sans s'inquiéter du <i>qu'en dira-t-on</i>.</p> - -<p>Ce n'est pas par là que le pot court. Ce n'est pas là -que se trouve le mal.</p> - -<p>Courir comme un poulain délicoté.</p> - -<p>Être du côté que le plat <i>pend</i>. Être bien placé.</p> - -<p>Sec comme du bois.</p> - -<p>Les paroles sont des femelles; les écrits sont des mâles. -Les uns sont plus sûrs que les autres: <i>Verba volant, -scripta manent</i>.</p> - -<p>Les rouges (à cheveux roux) sont tout bons ou tout -mauvais.</p> - -<p>Entêté comme une mule.</p> - -<p>Babiller comme une pie borgne. A tort et à travers.</p> - -<p>Ne pas plus bouger qu'un 0 en chiffre.</p> - -<p>Noir comme une taupe.</p> - -<p>Partir dans le royaume des taupes. Mourir.</p> - -<p>Aller à taupes-jouque. Mourir.</p> - -<p>Avoir la compagnie d'un pelé et trois tondus. Société -sans considération.</p> - -<p>Ne craindre ne Dieu, ne Vierge Marie. N'avoir aucune -crainte.</p> - -<p>Bête comme un pot. Très-sot.</p> - -<p>Un <i>quien</i> regarde bien un évêque. Un inférieur peut -regarder son supérieur.</p> - -<p>Père aux écus. Homme riche.</p> - -<p>Avoir les yeux plus grands que le ventre. Gourmand -qui ne peut manger tout ce qu'il a demandé.</p> - -<div class="poem"><div class="stanza"> -<p class="i10">Les conseilleux</p> -<p class="i10">Ne sont pas les payeux.</p> -<br> -<p class="i10">Faites du bien à un vilain,</p> -<p class="i10">Il vous c... dans la main.</p> -<br> -<p class="i10">A la Saint-Romain,</p> -<p class="i10">On prend les mouches à la main.</p> -<br> -<p class="i10">A la Saint-Denis,</p> -<p class="i10">Bécasse en tous pays.</p> -<br> -<p class="i10">A la Saint-Denis,</p> -<p class="i10">Perdreaux sont perdrix.</p> -<br> -<p class="i10">S'il fait beau,</p> -<p class="i10">Prends ton manteau;</p> -<p class="i10">S'il pleut,</p> -<p class="i10">Prends-le, si tu veux.</p> -<br> -<p class="i10">Pluie du matin</p> -<p class="i10">N'arrête pas le pélerin.</p> -<br> -<p class="i10">Jamais le mois d'avril</p> -<p class="i10">Ne s'en va sans épi,</p> -<p class="i10">Et le mois de mai</p> -<p class="i10">Sans épi de <i>blai</i>.</p> -<br> -<p class="i10">Aujourd'hui saint Thomas,</p> -<p class="i10">Cuis ton pain, lave tes draps,</p> -<p class="i10">Dans trois jours Noël t'auras.</p> -<br> -<p class="i10">A la Saint-Luc,</p> -<p class="i10">Ne sème plus, ou sème plus dru.</p> -<br> -<p class="i10">A saint Luquet,</p> -<p class="i10">Sème toujours jusqu'à ce que tu aies fait.</p> -<br> -<p class="i10">Brouillard en decours,</p> -<p class="i10">De la pluie sous trois jours.</p> -<br> -<p class="i10">Brouillard en croissant,</p> -<p class="i10">C'est du beau temps.</p> -<br> -<p class="i10">A la sainte Cateline, (25 nov.)</p> -<p class="i10">Tout bois prend racine.</p> -<br> -<p class="i10">Petits enfants,</p> -<p class="i10">Petits tourments.</p> -<br> -<p class="i10">Il ne faut qu'un coup</p> -<p class="i10">Pour tuer un loup.</p> -<br> -<p class="i10">Vaut mieux aller au moulin</p> -<p class="i10">Qu'au médecin.</p> -<br> -<p class="i10">Pour filer,</p> -<p class="i10">Faut mouiller.</p> -<br> -<p class="i10">Avril le doux,</p> -<p class="i10">Quand il s'y met, c'est le pire de tous.</p> -<br> -<p class="i10">Année de hennetons,</p> -<p class="i10">Année de grenaison.</p> -<br> -<p class="i10">L'hiver n'est pas bâtard,</p> -<p class="i10">Quand il ne vient pas d'<i>heure</i>, il vient tard.</p> -<br> -<p class="i10">A la Chandeleur (2 fév.),</p> -<p class="i10">L'hiver finit ou prend vigueur.</p> -<br> -<p class="i10">Un essaim du mois de mai</p> -<p class="i10">Vaut une vache du pays de Bray.</p> -</div></div> - -<a name="c10" id="c10"></a> -<br><br> -<hr> -<h3>USAGES ET CROYANCES.</h3> -<hr class="short"> -<p class="mid">ABEILLES.</p> - - -<p>Sur le deuil des abeilles, voyez <i>Mouches à miel</i>, dans -le Dictionnaire. Les abeilles offrent bien assez d'intérêt à -l'observateur, sans leur prêter un instinct dont elles ne -jouissent point.</p> - -<p>On dit que les abeilles qui essaiment le jour du Saint-Sacrement -forment, dans la ruche, un travail en forme -d'ostensoir, c'est-à-dire que les rayons aboutissent au -centre de la ruche, au lieu d'être transversaux. Nous ne -nions pas ce genre de travail; mais, jusqu'à preuve contraire, -nous croyons que tous les essaims qui sortent en -ce jour ne travaillent pas de la même manière, et qu'on -peut observer ce genre de travail dans les ruches d'essaims -sortis en d'autres jours.</p> - -<p class="mid">CARREAU.</p> - -<p>Dans la campagne, les bonnes femmes désignent sous -ce nom tout embarras gastrique, toute maladie chronique, -toute affection maladive dont la guérison se fait attendre. -Dans leur pensée, aucun âge n'en est exempt; nous -nous rappelons avoir entendu dire d'une personne octogénaire, -qu'elle était <i>morte du carriau, parce qu'on ne -l'avait pas fait toucher</i>. Voyez, dans le Dictionnaire, le -mot <i>Carriau</i>.</p> - -<p class="mid">CHARDON (<i>Jeu du</i>).</p> - -<p>Parfois les moissonneurs laissent un gros chardon debout; -ils placent quelques petits rubans dans ses feuilles; -et, au moment de faire scier la <i>dernière poignée</i>, ils -présentent au maître de maison une faucille dont le -manche est orné de <i>lisets</i>, en le priant de commencer le -jeu, c'est-à-dire de se placer à une distance convenable -et de lancer la faucille sur le chardon pour le couper. -Ordinairement le cultivateur place une pièce d'argent au -pied du chardon; c'est le prix de la victoire.</p> - -<p class="mid">CHEVAUX.</p> - -<p>Lorsqu'on conduit les chevaux à l'eau, on a l'habitude -de siffler pour les engager à boire. Par un contraste assez -singulier, il est aussi d'usage de siffler pour les engager -à p......</p> - -<p class="mid">CHOUETTES.</p> - -<p>Le cri de la chouette, aux environs d'une habitation, -est considéré comme un signe de mortalité.</p> - -<p class="mid">CIERGES.</p> - -<p>Si les cierges placés à l'autel brûlent mal, quand on -fait célébrer la messe pour un malade, on est persuadé -qu'il ne guérira pas.</p> - -<p class="mid">DERNIÈRE POIGNÉE (<i>La</i>).</p> - -<p>Dans les communes où l'on n'offre pas de <i>glane</i> au -commencement de la moisson (voir plus bas), les moissonneurs -font scier la <i>dernière poignée</i>. Voyez ce mot -dans le Dictionnaire.</p> - -<p class="mid">EAU BÉNITE.</p> - -<p>Le Samedi saint, en certaines communes, l'instituteur -se présente à chaque maison de la paroisse, il trempe -une branche de buis dans un petit vase plein d'eau -bénite, qu'il porte avec lui, et il asperge l'habitation. -Ensuite, il offre du pain à chanter qu'il a fait bénir, et -reçoit des œufs qu'il vend à son profit. (Voir notre <i>Essai -sur le canton de Neufchâtel</i>, page 114.)</p> - -<p>Quand il pleut le dimanche avant l'eau bénite, on est -persuadé que c'est signe qu'il pleuvra pendant toute la -semaine.</p> - -<p>On prétend que l'enfant qui <i>étrenne</i> les fonts, c'est-à-dire -celui qui est baptisé le premier après la bénédiction -des fonts, meurt dans l'année.</p> - -<p class="mid">FLANS (<i>Les</i>).</p> - -<p>C'est ainsi qu'on désigne encore, en certaines communes, -le jour de la fête patronale. Ainsi, on dit: <i>Les -Flans de Bures</i>, pour indiquer la fête de Saint-Agnan, -patron de cette paroisse. Cette habitude vient de l'ancien -usage, encore en vigueur, de préparer des <i>flans</i> ou tartes -pour ce jour.</p> - -<p class="mid">GLANE (<i>La</i>).</p> - -<p>Le premier jour de la moisson, on forme une glane -d'épis choisis, artistement disposés et ornés de fleurs et -de rubans de soie. Les moissonneurs se réunissent en -corps pour aller offrir cette glane à la maîtresse de maison; -celui ou celle qui la présente débite un petit compliment; -après quoi on arrose la fête avec quelques pots -de gros cidre.</p> - -<p class="mid">NOEL (<i>Les douze jours de</i>).</p> - -<p>On prétend que la température des <i>douze jours de -Noël</i>, c'est-à-dire des jours qui se trouvent à partir du -25 décembre jusqu'au 5 janvier, indique le temps de chacun -des douze mois de l'année suivante. Ainsi, le temps du -25 décembre indique le temps qu'il fera en janvier; le -temps du 26, celui du mois de février, etc.</p> - -<p class="mid">RAMEAUX.</p> - -<p>Bien des gens sont convaincus que les blés dépériront -pendant quarante jours, s'il pleut le jour des Rameaux.</p> - -<p class="mid">ROIS.</p> - -<p>La veille des Rois, les enfants parcourent les rues avec -des lanternes de papier de diverses couleurs, attachées -au bout d'un bâton, et crient de toute leur force:</p> - -<div class="poem"><div class="stanza"> -<p class="i16"><i>Boujou</i> les Rois,</p> -<p class="i16">Jusqu'à douze mois!</p> -<p class="i16"><i>Boujou</i> la Reine,</p> -<p class="i16">Jusqu'à six s'maines!</p> -<p class="i16"><i>Boujou</i> l'<i>crapou</i>,</p> -<p class="i16">Jusqu'au mois d'août!</p> -</div></div> - -<p>Le lendemain, jour des Rois, ils recommencent la -même procession et les mêmes chants, en remplaçant le -mot <i>boujou</i> par celui d'<i>adieu</i>.</p> - -<p class="mid">SAINT-JEAN (<i>Feux de</i>).</p> - -<p>En certaines communes, on fait un feu de joie la veille -de la fête de saint Jean-Baptiste. Chaque habitant apporte -un bâton pour l'entretien du feu; des danses ont lieu -pendant une partie de la nuit, et l'on n'oublie jamais -d'emporter avec soi quelques charbons comme préservatifs -de la foudre et de l'incendie (Voir notre <i>Essai sur le -canton de Londinières</i>, page 242). Il nous semble voir là -clairement un souvenir des feux qui signalaient, chez -les anciens Slaves, la fête du dieu Koupalo (24 juin), et -autour desquels dansaient hommes, femmes, enfants et -vieillards (<i>Encyclopédie du</i> <span class="sc">XIX</span><sup>e</sup> <i>siècle</i>, vol. XXIV, p. 559). -Koupalo était le dieu des productions de la terre. Avant -la révolution de 1793, ces sortes de feux avaient lieu -même à Paris: «La veille de Saint-Jean, les échevins -faisaient élever, sur la place de l'Hôtel-de-Ville, un immense -bûcher auquel le roi mettait solennellement le -feu. En 1471, Louis XI, à l'exemple de ses prédécesseurs, -communiqua lui-même la flamme à cet amas de matières -combustibles dont l'incendie éclairait toute la ville. Les -chroniques contemporaines nous ont conservé les détails -de cette cérémonie.</p> - -<p>«Au milieu de la place de Grève s'élevait un arbre -de 90 pieds de hauteur, hérissé de traverses auxquelles -on attachait 800 bourrées et 300 cotrets; 15 voies de -bois et une immense quantité de bottes de paille en formaient -la base. Le tout était surmonté d'un tonneau et -d'une roue. Des guirlandes de fleurs décoraient ce colossal -appareil, dans lequel il faut voir l'idée première -de nos feux d'artifice officiels. Des bouquets volumineux -étaient distribués au roi, aux personnes de sa suite, aux -magistrats et aux notables. Une compagnie d'archers -de la ville, composée de 200 hommes d'armes, maintenaient -l'ordre conjointement avec 100 arbalétriers et -100 arquebusiers. Avant de mettre le feu, on plaçait dans -le bûcher les célèbres doubles pétards dits de la Saint-Jean, -les grosses fusées et tous les produits pyrotechniques -connus à cette époque; on suspendait ensuite à l'arbre -un grand panier renfermant deux douzaines de chats et -un renard.</p> - -<p>«Les registres de comptabilité de l'Hôtel-de-Ville -contiennent, au sujet de ce dernier article, la mention -suivante:</p> - -<p><i>A Lucas Pommereux, l'un des commissaires des quais -de la ville, cent sous parisis pour avoir fourni, durant -trois années, tous les chats qu'il fallait audit feu, comme -de coutume; mêmement pour avoir fourni, il y a un an, -où le roi assista, un renard, pour donner plaisir à Sa -Majesté, et pour avoir fourni un grand sac de toile où -étaient lesdits chats.</i></p> - -<p>«Lorsque le feu était apaisé, le roi montait à l'Hôtel-de-Ville, -où l'attendait une somptueuse collation. La -foule se précipitait sur les débris du bûcher et se disputait -les tisons, dont la possession était un gage de -bonheur et de réussite en toutes choses pendant une année -entière.</p> - -<p>«Louis XIV n'assista qu'une seule fois à cette cérémonie, -et Louis XV refusa de s'y montrer. Le feu de la -Saint-Jean ne fut plus alors considéré que comme une -tradition populaire, et les vestiges en furent effacés -par l'orage de la Révolution.» (<i>Journal de Rouen, 18 février -1852.</i>)</p> - -<p class="mid">SAINT-BENOIT.</p> - -<p>Quand il pleut le jour de saint Benoit (11 juillet), on -est convaincu que la pluie durera quarante jours. Il -faut peut-être voir l'explication de cette croyance dans -la légende du saint. Un jour, étant allé visiter sa -sœur, sainte Scholastique, celle-ci voulut le retenir au -moment de partir; mais, comme il se refusait à rester, -elle pria Dieu qui suscita <i>une si grande tempeste de tonnerre, -d'esclairs et de pluye</i>, que saint Benoit ne put -sortir de la maison (<i>Fleurs des vies des Saints</i>, par Ribadeneira, -tome I, page 493, édit. in-4º.</p> - -<p class="mid">SAINT-MARC.</p> - -<p>S'il pleut le jour de saint Marc, c'est signe qu'il n'y -aura point de merises. Voici ce qui a pu donner lieu à ce -dicton: A cette époque, 25 avril, les merisiers sont en -fleurs, et la pluie, si elle se prolongeait, pourrait les empêcher -de nouer.</p> - -<p class="mid">SAINTE-MONIQUE.</p> - -<p>La pluie, le jour de sainte Monique, 4 mai, présage -qu'il n'y aura point de pommes. C'est l'époque de la -fleuraison des pommiers.</p> - -<p class="mid">SAINT-PIERRE (<i>Feu de</i>).</p> - -<p>On fait aussi des feux la veille de la fête de saint -Pierre. Vers le coucher du soleil, le clergé de la paroisse -se rend en procession au lieu où le bois a été disposé, -le prêtre y met le feu et prononce une bénédiction; après -quoi la procession retourne à l'église. Les habitants se partagent -ensuite les tisons qu'ils conservent dans l'espoir -d'être préservés des accidents de l'incendie (Voir notre -<i>Essai sur le canton de Neufchâtel</i>, page 148). Nous trouvons -encore, dans cet usage, une trace des feux nocturnes -que les Romains allumaient pour célébrer certains -anniversaires, tels que les Palilies, fête fort ancienne à -laquelle Romulus rattacha la célébration annuelle de la -mémoire de la fondation de Rome. Cette fête, instituée -en l'honneur de la déesse Pales, se célébrait le 23 avril -(<i>Encyclopédie théologique</i>, tome XXVI<sup>e</sup>, 3<sup>me</sup> des Religions, -page 1056).</p> - -<p class="mid">SAINT-SAUVEUR (<i>Pélérinage de</i>).</p> - -<p>Les pélerinages de saint Sauveur ont lieu le jour de -la Trinité et pendant l'octave, et se font à l'intention des -animaux malades, surtout des chevaux. Assez souvent, -on <i>touche</i> un morceau de pain à la statue du Sauveur, -et l'on réserve ce pain pour le donner aux bestiaux pendant -leurs maladies. (Voir notre <i>Essai sur le canton de -Blangy</i>, page 164 et suiv.)</p> - -<p class="mid">TABLIER.</p> - -<p>Si, en sortant de chez soi, la première personne qu'on -rencontre est une femme <i>sans tablier</i>, on est persuadé -qu'on éprouvera quelque désagrément dans la journée. -Au reste, les femmes du pays de Bray sortent rarement -sans cette partie de leur toilette.</p> - -<p class="mid">TARTE (<i>La</i>).</p> - -<p>Quand les moissonneurs finissant à couper le blé, ils -se réunissent et crient à tue-tête: A la tarte! à la tarte! -à la tarte! Cet usage vient de ce que, antérieurement, -on avait l'habitude de manger des tartes à pareil jour. -Aujourd'hui on se contente de vider quelques bouteilles -à large panse, et la tarte se mange à la <i>parcie</i> (Voyez -ce mot dans le Dictionnaire).</p> - -<p class="mid">TERRE-SAINTE.</p> - -<p>Si l'on remue la terre sainte, c'est-à-dire si l'on creuse -une tombe le dimanche, on prétend qu'il mourra une -personne pendant la semaine.</p> - -<p class="mid">TREIZE (<i>Le nombre</i>).</p> - -<p>Le nombre 13 est généralement considéré comme néfaste. -Par exemple, si treize enfants font leur première -communion le même jour, on assure qu'il en mourra -un dans la même année. Il est plus d'une personne qui -ne voudrait pas être treizième à table. Mais, en tous -cas, ce qui est le plus à redouter pour celui qui se -trouve le treizième en cette circonstance, c'est, avons lu -quelque part, lorsqu'il n'y a à diner que pour douze.</p> - -<p class="mid">TRIGLYDOTE (<i>Le</i>).</p> - -<p>C'est le petit oiseau qu'on appelle improprement <i>roitelet</i>; -le peuple le nomme <i>petite poulette au bon Dieu</i>, -et ne veut pas qu'on le tue. On prétend que chaque nichée -se réunit dans le nid, la veille des Rois, avec les -père et mère; aussi se garde-t-on bien de détruire ce -petit nid, ordinairement placé au bas des couvertures en -paille.</p> - -<p class="mid">VACHERS (<i>Chanson des</i>).</p> - -<p>Les petits vachers ont l'habitude de s'adresser de loin -des espèces de dialogues, qu'ils chantent et terminent -toujours par ces mots: <i>Lariala! lariala! lariala! lalonlariala!</i> -Il nous semble reconnaître dans ces paroles -une invitation adressée aux autres gardeurs de vaches: -<i>Là! ris il y a là!... Là! allons là! ris il y a là!</i> En effet, -ces paroles sont ordinairement le prélude d'une réunion -dans laquelle on mange des poires et des pommes; après -quoi on fait la partie de bilboquet, au milieu des <i>ris</i> et -joyeux discours.</p> - -<p class="mid">VENDREDI.</p> - -<p>On considère généralement le vendredi comme un jour -néfaste, et beaucoup de personnes ne voudraient pas entreprendre -un travail en ce jour. Serait-ce qu'on regarde -ce jour comme malheureux, en mémoire de la mort de -Jésus-Christ?</p> - -<p class="mid">VENT (<i>Fiançailles et mariage du</i>).</p> - -<p>On dit que le vent <i>se fiance</i> le jour de saint Denis -(9 octobre), et <i>se marie</i> le jour de la Toussaint. On ajoute -que, pendant l'hiver suivant, il souffle souvent du point -où il se trouvait le jour de ses <i>fiançailles</i> et de son <i>mariage</i>.</p> -<br> -<p class="mid"><img alt="" src="images/deco01.png"></p> -<br><br> - -<h2>DICTIONNAIRE</h2> - -<h5>DU</h5> - -<h1>PATOIS DU PAYS DE BRAY.</h1> -<a name="c11" id="c11"></a> -<br><br> - -<h3>REMARQUES.</h3> -<hr class="short"> -<p>Nos lecteurs ne trouveront point dans cette publication les mots -devenus d'un usage général; et, quoique l'Académie ne leur accorde -pas le droit de naturalisation dans son Dictionnaire, nous avons pensé -qu'il suffisait qu'ils fussent admis par les bons lexicographes pour être -autorisé à ne point les classer parmi les mots du patois brayon.</p> - -<p>Nous avons cru devoir insérer quelques locutions vicieuses en usage -non-seulement dans le pays de Bray, mais encore dans toute la Normandie.</p> - -<p>En rédigeant notre travail, nous avons surtout consulté <i>le Dictionnaire -du patois normand</i>, par MM. Édélstand et Alfred Duméril, Caen, -1849; le <i>Glossaire du patois picard</i>, par M. l'abbé Jules Corblet, -Amiens, 1851, et le précieux manuscrit de M. Auguste Le Prevost, -qui a recueilli les mots du patois des environs de Rouen et de -Bernay. Les mots du patois brayon usités en Basse-Normandie sont -indiqués par les initiales B.-N.; nous indiquons ceux qui sont employés -en Picardie par un P, et ceux de la Haute-Normandie par les -lettres H.-N.</p> - -<p>Enfin, nous avons, autant que possible, écrit le patois brayon -comme on le prononce; mais il existe un grand nombre d'expressions -dont la prononciation ne saurait être rendue sans altérer profondément -le sens des mots.</p> -<a name="c12" id="c12"></a> -<br> -<h3>DICTIONNAIRE</h3> - -<h5>DU</h5> - -<h2>PATOIS DU PAYS DE BRAY.</h2> - -<h2>A</h2> - -<p>A, elle, s'emploie assez généralement -devant une consonne. -Ex.: A m'a dit de partir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>A, aux. Ex.: Dites <i>à</i> charretiers -de dételer.</p> - -<p>ABAVENT, contrevent, qui -<i>abat</i> le vent. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ABITER, toucher. Ex.: N'<i>abitez</i> -pas là. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ABLO, somme qu'il fallait -ajouter aux anciennes pièces de -monnaie pour compléter leur -valeur diminuée par la circulation. -Aux pièces de <i>six sous</i>, on -ajoutait un sou; aux pièces de -<i>douze sous</i>, deux sous; aux -pièces de <i>vingt-quatre sous</i>, -quatre sous; aux écus de <i>trois -livres</i>, cinq sous; aux écus de -<i>six livres</i>, quatre sous; aux -louis de <i>vingt-quatre livres</i>, -treize sous, etc.</p> - -<p>ABOIRE, aboyer.</p> - -<p>ABOLI, abattu, triste. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ABOULER, pousser comme -une boule, Ex.: <i>Aboule-moi</i> ton -argent. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ABRE, arbre.</p> - -<p>ABRIAS, grand paillasson -dont se servent les moissonneurs, -et à l'ombre duquel ils -prennent leurs repas.</p> - -<p>ABRIER, abriter. Les uns font -venir ce mot du vieil allemand -<i>ad-bi-rihan</i>, les autres du latin -arbor. Nous ferons dériver tout -simplement ce mot de <i>abri</i>, -comme le verbe <i>abriter</i>. <span class="sc">B.-N., -H.-N., P.</span></p> - -<p>ABRUVER, abreuver. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ABYMER, gâter, salir, déchirer -un objet. <span class="sc">H.-N., P.</span></p> - -<p>ACANT, ACANTÉ, en compagnie, -à côté de. Ex.: J'irai au -marché <i>acant</i> ou <i>acanté</i> vous. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ACANTER, incliner, pencher -un vase.</p> - -<p>ACCIPER, prendre, recevoir; -du latin <i>accipere</i>.</p> - -<p>ACCORDS, conventions qui -précèdent le mariage. Ex.: On -fait demain les <i>accords</i> de Paul -et de Julie. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ACHEVALER (s'), se mettre -à califourchon sur. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ACHOPÉ, entêté. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ACHOPER (s'), s'entêter à -une chose. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ACONNAITRE (se faire). Se -faire connaître à une personne. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ACONDUIRE (se faire), se -faire conduire à. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ACCOUTUMANCHE, ACCOUTUMANCE, -habitude. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ACTIONNER, presser. Se -dit particulièrement du ministère -d'un huissier qui assigne -une personne à comparaître -devant un juge, un tribunal. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ACRE. L'acre se compose de -160 perches, à l'exception de -celui de Blangy qui n'en a que -147. Mais l'on distingue différentes -espèces de perches; ce -qui donne une grande différence -dans la contenance des -divers acres. Voici ceux qui -sont en usage dans le pays de -Bray. Saint-Saens: perche de -18 pieds 4 pouces et de 20 pieds -2 pouces, ce qui donne deux -sortes d'acres dans le même -canton, l'un de 56 ares 73 centiares, -et l'autre de 68-66. -Gournay: perche de 20 pieds -2 pouces, comme Saint-Saens -<i>en partie</i>. Londinières: perche -de 21 pieds 1 pouce, de 21 p. -6 p. 1/2 et de 22 pieds, formant -trois sortes d'acres: 1<sup>o</sup> 75 ares -05 centiares; 2<sup>o</sup> 78-35; 3<sup>o</sup> 81-72. -Cette dernière mesure est la -plus générale; elle est en usage -à Argueil, Aumale, La Feuillie, -La Ferté, Gaillefontaine, Neufchâtel, -etc. Bazinval et quelques -communes voisines; perche -de 23 pieds, donnant à l'acre -une mesure de 89 ares 31 centiares. -(<i>Manuel métrique</i>, par -P. Périaux, pag. 110 et suiv.)</p> - -<p>ACULER, égarer. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ADIRER, égarer.</p> - -<p>ADIRER (s'), aller à un lieu -voulant aller vers un autre; du -latin <i>adire</i>, aller à.</p> - -<p>ADLAISI, inoccupé. Ex.: Voilà -trois jours qu'il est <i>adlaisi</i>. -C'est le <i>at leisure</i> des Anglais, -à loisir.</p> - -<p>ADOUCHIR, adoucir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AD PATRES (envoyer), donner -la mort. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ADRÈCHE, adresse. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ADRET, adroit.</p> - -<p>ADVINER, deviner. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AFFIQUETS, parures de -femme. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AFFAIRE de (avoir une bonne), -avoir une grande quantité -de.</p> - -<p>AFFAIRE (être à son), connaître -son commerce, le faire -avantageusement. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AFFAITEMENT, assaisonnement. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AFFAITER, assaisonner. -Ex.: Voulez-vous <i>affaiter</i> la -salade. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AFFLATER, flatter, caresser -avec la main. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AFFLIGÉ, contrefait, estropié. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AFFRIOLER, affriander. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AFFOURÉE, fourrage destiné -à un repas des vaches ou -des moutons. Ex.: Allez donner -une <i>affourée</i> aux vaches. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>AFFOURER, donner une <i>affourée</i>. -Ne se dit pas en parlant -des chevaux. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>AFFUBER, envelopper. Ex.: -Cette liqueur m'<i>affube</i> le cœur.</p> - -<p>AFFULER (s'), mettre son -bonnet. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AFFULURE, coiffure de -femme. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AFFUTIAUX, parures. <span class="sc">P.</span> -Objets divers nécessaires pour -former un tout ou travailler -à un objet. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>AGA! tiens! vois donc. Selon -M. du Méril, vient du saxon -<i>agarder</i>. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>AGACHE, pie. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AGACHER, agacer, irriter. -Se dit aussi du cri des oiseaux -au moment qu'on enlève leur -couvée.</p> - -<p>AGALÊTRER, exciter, irriter, -Ex.: Si tu <i>agalêtres</i> le -chien, tu te feras mordre.</p> - -<p>AGE (en), majeur. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AGE (homme d'), homme âgé. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AGERS, distribution, places. -Ex.: Je connais les <i>agers</i> de la -maison. En Picardie, on dit -<i>eziers</i>.</p> - -<p>AGONIR DE SOTTISES, accabler -d'injures. <span class="sc">P. B.-N. H.-N.</span></p> - -<p>AGRAPPINS, espèce de grappins -qu'on s'ajuste aux jambes -pour monter aux arbres et les -ébrancher.</p> - -<p>AGRIPPER, prendre en secret. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AGRIPPER (s'), s'accrocher. -Ex.: En tombant, il s'est <i>agrippé</i> -à une branche. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AGUIGNETTES, étrennes du -premier jour de l'an. On regarde -assez généralement ce -mot comme une corruption du -cri: <i>au gui l'an neuf!</i> que poussent -les enfants, en certaines -contrées, pour annoncer le -nouvel an et demander des -étrennes. On croit reconnaître -dans cet usage un souvenir de -l'ancienne coutume des Bardes -qui annonçaient la nouvelle année -en distribuant le gui sacré -coupé par les druïdes (Voir -notre <i>Essai sur le canton de -Londinières</i>, page 107).</p> - -<p>AHI! Expression qui sert à -exciter les animaux à avancer -ou à reculer. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>AHOQUER, accrocher. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>AHURI, stupéfait, abasourdi. -<span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>AHURIR, frapper d'étonnement. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AIAUX, narcisses des prés. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AIN, AINE, un, une.</p> - -<p>AIR (avoir l'), ressembler. -Ex.: Cet homme <i>a l'air</i> de ton -père. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AIR (faux), ressemblance -légère. Ex.: Il a un <i>faux air</i> -de ton oncle. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AJET, achat.</p> - -<p>AJUSTER. Employé comme -synonyme de <i>joindre</i>, <i>rassembler</i>. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>AL'. Employé pour <i>à la</i>. Ex.: -Il ira <i>al</i> saint Jean. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AL', elle, elles.</p> - -<p>ALENCONTRE, contre. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ALLER (s'en), se dit d'un liquide -qui s'échappe d'un vase -en bouillant. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>A LES, aux.</p> - -<p>ALLEZ! Exclamation d'indifférence. -Ex.: Vous pouvez -vous moquer de moi, <i>allez!</i> je -ne me fâcherai pas.</p> - -<p>ALLONGE, pièce de bois qui -unit les deux trains d'un chariot. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ALLURE (cheval d'), amble. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ALLURES, démarches suspectes.</p> - -<p>ALOSER, donner trop d'éloges -à une personne ou à une -chose. Ce mot, qui était usité -dès le XI<sup>e</sup> siècle, viendrait-il -de <i>laus</i>, louange?</p> - -<p>ALUMÈTE, ALLUMELLE, -lame de couteau sans manche.</p> - -<p>AM', à ma. Ex.: Je chante <i>am'</i> -manière. Devant une voyelle, -on mettrait:</p> - -<p>AM'N', à ma, à mon. Ex.: -Pensez <i>am'n'</i>affaire.</p> - -<p>A-MAIN (en), outil dont il est -aisé de se servir. Ex.: Cette -faucille est bien <i>en a-main</i>.</p> - -<p>AMELETTE, omelette. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>A MÊME (être), occupé à faire -une chose. Ex.: Je suis à même -de faire ma barbe. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>A MÊME (prendre), prendre -une portion de quelque chose. -Ex.: Prends des pois <i>à même</i> -du plat... Bois <i>à même</i> de la -bouteille. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AMÈRE, espèce de pommes à cidre.</p> - -<p>AMÈTRER, mettre les cailloux -par monceaux d'un mètre -cube.</p> - -<p>A-MI, parmi, au milieu de. -Ex.: Il est <i>à-mi</i> les champs.</p> - -<p>AMI (bon), amant.</p> - -<p>AMIGNARDER, caresser.</p> - -<p>AMIGNOTER, amadouer, -caresser. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>A-MITAN, à moitié.</p> - -<p>AMITOUFLER (s'), s'envelopper -la tête et la figure pour -se préserver du froid, Vient -probablement du latin <i>amictus</i>, -couvert. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AMITIEUX, caressant.</p> - -<p>AMONT, au haut de: Ex.: -<i>Amont</i> la côte.</p> - -<p>AMONT (vent d'), vent d'en -haut, qui élève ou <i>amonte</i> les -nuages. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AMONTER, monter, gravir une côte. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AMOUCHELER, amonceler.</p> - -<p>AMOUILLANTE (vache), vache -dont la mamelle commence -à s'emplir de lait, et qui ne tardera -pas à vêler. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>AMOUROUQUES, camomille -des champs. En Picardie et aux -environs de Bayeux, on dit -<i>amourette</i>; près de Bernay, -c'est <i>amourioques</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AMUNITION (fusil, pain d'), -de munition. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AMUSER (s'). Se dit d'un -homme qui a des relations coupables -avec une femme. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ANDIER, chenet orné d'une -hampe et d'un crochet mobile, -qui sert à placer la broche pour -faire rôtir les volailles ou autres -pièces.</p> - -<p>ANE (oreilles d'), centaurée -noire. On appelait aussi de ce -nom un bonnet de papier, orné -de longues oreilles, que les -anciens maîtres d'école plaçaient -sur la tête des écoliers -rebelles.</p> - -<p>ANGE, espèce. Ex.: Donnez-moi -de l'<i>ange</i> de vos petits pois.</p> - -<p>ANGER DE, fournir. Ex.: -<i>Angez-moi</i> d'un bon couteau.</p> - -<p>ANGOLAT (chat), angora.</p> - -<p>ANICROCHES, entraves.</p> - -<p>ANNE, aune.</p> - -<p>ANTENOIS (moutons), âgés -de moins d'un an.</p> - -<p>ANTOMI, engourdi. Se dit -aussi substantivement d'un -squelette humain.</p> - -<p>ANNELÉE. On désigne sous -ce nom chaque volée qu'on -sonne pour les défunts.</p> - -<p>ANNELER, agneler.</p> - -<p>ANUIT, aujourd'hui. Mot conservé -de l'ancien usage des -Celtes qui comptaient par nuits -et non par jours (Voir notre -<i>Essai sur le canton de Londinières</i>, -p. 106). Les Anglais se -servent encore de l'expression -<i>fortnight</i> (contraction de <i>fourteen -nights</i>, quatorze nuits) -pour signifier quinze jours; ils -disent aussi <i>sennight</i> pour indiquer -une semaine ou huit -jours. <span class="sc">P. H.-N. B.-N.</span></p> - -<p>ANUITER (s'), s'attarder, se -laisser surprendre en voyage -par la nuit. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>APATELLE, nourriture que -les oiseaux portent à leurs petits. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>APATELER, porter l'<i>apâtelle</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>APPOIYAS, longues fourches -de bois qui servent à soutenir -les branches des pommiers -trop chargés de fruits.</p> - -<p>APOIYER, appuyer.</p> - -<p>A POINT (venir), arriver au -moment convenable pour être -utile. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>APOS (faire), s'ennuyer, regretter. -Ex.: Il me fait <i>apôs</i> de -mon fils depuis qu'il est au collége.</p> - -<p>APOTUME, apostème. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>APOTUMER, abcéder.</p> - -<p>APPAREILLER, mettre par -couple. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>APPOLON, sorte de camisole de femme. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>APPOLER, appuyer, pousser, -presser contre.</p> - -<p>APPRINS (mal), mal élevé.</p> - -<p>A QUAND? Locution interrogative. -Ex.: <i>A quand</i> notre -réunion?</p> - -<p>ARABE (terre), arable. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ARCAIL (fil d'), fil d'archal.</p> - -<p>ARÉ! voyez! <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ARÊQUE, arête de poisson.</p> - -<p>ARÊQUE DU DOS, épine dorsale.</p> - -<p>ARGOT, ergot.</p> - -<p>ARIAS, contrariétés. Ex.: Il y -a eu des <i>arias</i> pour son mariage.</p> - -<p>ARIÈRE (en), en cachette. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ARMANA, almanach.</p> - -<p>AROUSER, arroser. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ARRANGEMENT (personne -d'), avec laquelle il est aisé de -s'arranger.</p> - -<p>ARRASER, passer près de. -Ex.: Sa voiture a <i>arrasé</i> le mur.</p> - -<p>ARSOUILLE, fille qui a des -habitudes de débauche et de -malpropreté. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>ARTER, arrêter. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ARUER, lancer, jeter vers -quelqu'un. Ex.: <i>Arue</i>-moi ton -couteau.</p> - -<p>AS', à sa. Ex.: J'ai mangé <i>as'</i> -table; mais devant une voyelle, -c'est:</p> - -<p>AS'N', à sa, à son. Ex.: Il -est parti <i>as'n'</i> ouvrage.</p> - -<p>AS-COURANTE, as-courant, -jeu de cartes.</p> - -<p>ASSASSIN, assassinat. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ASSASSINEUX, assassin. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ASSAVOIR (faire), faire savoir. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>ASSIÉTER (s'), s'asseoir.</p> - -<p>ASSIR (s'), s'asseoir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ASSOMILLER (s'), s'endormir.</p> - -<p>ASSOTER (s'), s'éprendre -d'amour pour une personne -qui ne le mérite pas. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ASSOUFFI, rassasié. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ASTEURE, à présent, à cette -heure. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ASTICOTER, taquiner, chicaner. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>ASTIQUER. On dit <i>astiquer</i> -à une porte pour signifier la -secouer longtemps, chercher -à l'ouvrir sans pouvoir réussir. -M. E. du Méril fait venir -ce mot de <i>staga</i>, mot islandais -qui signifie revenir trop souvent -à la charge. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>AT', à ta, devant une consonne. -Ex.: Il est parti <i>at'</i> maison; -devant une voyelle, on se -sert de:</p> - -<p>AT'N', à ta, à ton. Ex.: Il a été <i>at'n'</i> école. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ATAME, entamure, premier -morceau d'un pain.</p> - -<p>ATOUT, coup, blessure. <span class="sc">P. H.-N. B.-N.</span></p> - -<p>ATTAQUE, attache. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ATTAQUER, attacher. <span class="sc">P.</span> Un -Picard devait être pendu, quand -on lui proposa sa grâce, à condition -d'épouser une femme de -mauvaise vie qu'on lui présenta. -Il allait s'y décider, quand -il s'aperçut qu'elle boitait: <i>Elle -cloke</i>, dit-il au bourreau, <i>attake! -attake!</i> (<i>Glossaire du patois -picard</i>, par M. l'abbé Corblet, -page 329).</p> - -<p>ATTELÉE, temps pendant -lequel les chevaux travaillent -sans rentrer à l'écurie. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ATTELURE, certain nombre -de chevaux de trait qui travaillent -ensemble. Ex.: J'ai une -belle <i>attelure</i> de six chevaux.</p> - -<p>ATTENTIONNÉ, qui a des -attentions pour plaire à une -personne.</p> - -<p>ATTISÉE (bonne), grande -quantité de bois mise au feu. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ATTOUCHER, toucher. Ex.: -N'<i>attouchez</i> pas là. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ATTRAPER (s'), se blesser -contre un objet quelconque. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ATTRAVER, apporter. Ne se -dit que des choses qu'on apporte -en certaine quantité et -qui exigent plusieurs courses. -Ex.: Vous aurez soin d'<i>attraver</i> -de l'eau pour les moutons et -du fourrage pour les chevaux.</p> - -<p>ATTUIRE, tutoyer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AUBÉ, aubier.</p> - -<p>AUCUNS (d'), quelques-uns.</p> - -<p>AUMONDE, aumône. Voici -la formule la plus ordinaire -des mendiants: <i>Un' p'tit' aumonde, -si vo plaît, pour l'amour -du bon Dieu et de la -sainte Vierge.</i></p> - -<p>AUTEUX, aouteron, qui -travaille à recueillir la moisson.</p> - -<p>AUTE, autre.</p> - -<p>AUTOUR DE (être), être occupé -à.</p> - -<p>AVA, AVAL (veut d'), vent -qui rapproche les nuages de la -terre, les précipite <i>ad vallem</i>, -et annonce la pluie. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AVALLON, gorgée de boisson. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AVANT, profond. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AVANTAGER (s'), se donner -des éloges.</p> - -<p>AVANTEUR, profondeur.</p> - -<p>AVEINDRE, atteindre, tirer -une chose d'un lieu. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AVEINE, avoine.</p> - -<p>AVEINERI, champ où l'on -a récolté de l'avoine.</p> - -<p>AVENANT, poli, qui a de -bonnes manières.</p> - -<p>AVENANT (à l'), en proportion.</p> - -<p>AVENIR, convenir. Ex.: Il -ne lui <i>avient</i> guère de faire le -monsieur. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AVENTS (les), les quatre semaines -qui précèdent la fête de Noël.</p> - -<p>AVER, avoir.</p> - -<p>AVEU, avec. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>AVISER, regarder. Pourquoi -me regardez-vous ainsi, disait -un jour un monsieur à un -paysan?—Eh! repartit celui-ci, -un chien <i>avise</i> bien un évêque. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>AVOCAT-SOUS-L'ORME, -chicaneur, homme qui aime à -donner son avis dans les contestations -et les procès. Cette -dénomination vient de ce que -les plaids seigneuriaux se tenaient -autrefois sous de grands -ormes. M. Léopold Delisle en -cite plusieurs exemples, pour -le XIII<sup>e</sup> et le XIV<sup>e</sup> siècle, dans -son intéressant ouvrage sur -l'état de l'agriculture en Normandie, -au moyen-âge (<i>Etudes -sur la condition de la classe -agricole</i>, p. 357 et 738).</p> - -<p>AVOUER, user. Ex.: Elle m'a -avoué deux morceaux de savon. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>AVRONE, aurone.</p> - -<p>AYOU? où. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<h2>B</h2> - -<p>BABET, Élisabeth.</p> - -<p>BABINES, lèvres. Ex.: Essuie-toi -les <i>babines</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BABOUIN. V. <i>Babines</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BACHIN, bassin. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BACHINET, bassinet, espèce -de renoncule.</p> - -<p>BACHINET (cracher au), -donner de l'argent en plusieurs -fols pour la réussite d'une affaire -ou d'une dépense.</p> - -<p>BACHINER, bassiner. <i>P.</i></p> - -<p>BACHINOIRE, bassinoire.</p> - -<p>BACU, petite volée à laquelle -on attache les traits de chaque -cheval et qui lui <i>bac</i> le derrière -quand il marche.</p> - -<p>BADRÉE, espèce de bouillie -qu'on place sur une pâtisserie -commune. Voy. <i>Tarte.</i> <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BAGAROT, petit garçon de -ferme chargé de menus ouvrages, -tels que tirer la boisson -à chaque repas, nettoyer les -étables, apporter la nourriture -des bestiaux, etc.</p> - -<p>BAGNOLE, petite charrette -en mauvais état. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BAGNER, baigner, mouiller. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BAGOU, affluence de paroles -inutiles, bavardage. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BAGUENAUDER, s'amuser à -des riens. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BAJOUES, chair qui se trouve -à côté des mâchoires du porc. -Se dit aussi, en mauvaise part, -des personnes qui ont les joues -grosses et pendantes.</p> - -<p>BAILLER, donner. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BALANDER (se), se balancer.</p> - -<p>BALER, être chargé de, pencher. -Ex.: Les pommiers <i>balent</i> -de pommes. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BALIER, balayer.</p> - -<p>BALIETTE, petit balai. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BALIURES, balayures.</p> - -<p>BALLOTER, ne point offrir -d'une marchandise le prix -qu'elle vaut réellement.</p> - -<p>BALLOTEUX, qui <i>ballote</i>.</p> - -<p>BAMBOCHEUX, ivrogne.</p> - -<p>BANCAR, fléau servant à -peser.</p> - -<p>BANNETTE, berceau en osier -pour les enfants nouveaux nés.</p> - -<p>BANS (commander des), faire -à l'église des publications de -bans.</p> - -<p>BARAGOIN, langage étranger.</p> - -<p>BABBOT, place de peu d'étendue, -où il y a de l'eau et de -la boue.</p> - -<p>BARBOTÉ (enfant), qui a la -figure sale.</p> - -<p>BARBOTER, parler entre ses -dents. Se dit aussi d'un enfant -qui joue dans un <i>barbot</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BARBOUQUET, bouton aux -lèvres. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BARBOUQUET (faire un), -remplacer la bride d'un cheval -au moyen de sa longe qu'on lui -passe dans la bouche, et dont -on lui entoure la mâchoire inférieure.</p> - -<p>BARE, barrière.</p> - -<p>BARETTE, petite barrière.</p> - -<p>BARRAGE, clôture faite au -moyen de pieux et de longues -pièces de bois.</p> - -<p>BARRURE. Voy. <i>Barrage</i>.</p> - -<p>BAS D'ESTAMIER, fabricant -de bas. On appelait autrefois -<i>bas d'estame</i> de gros bas de -laine tricotés. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BASENCULÉ (homme), de -petite taille. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BASSET (homme), de petite taille. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BASSIÈRES, cidre qui reste -avec la lie au fond des tonneaux. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BASSURE, vallée. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BATACLAN (emporter son), -c'est-à-dire ce qu'on possède. -S'entend ordinairement de celui -qui a peu de meubles.</p> - -<p>BASTANT, E, personne agile -et vigoureuse. Ce mot viendrait-il -de <i>benè astare</i>?</p> - -<p>BATE! bah! tant pis!</p> - -<p>BATISTÈRE, acte de baptême -extrait des registres.</p> - -<p>BATTE, seconde pièce du -fléau qui sert à battre le blé. -Voy. <i>Maintient</i>.</p> - -<p>BATTEMARE, bergeronnette, -oiseau qu'on nomme -aussi <i>hoch-queue</i> ou <i>hoche-cul</i>, -à cause du mouvement continuel -de sa queue.</p> - -<p>BATTEUX, battoir de <i>lessiveuse</i>, -batteur de blé.</p> - -<p>BATTIÈRE, aire de grange -où l'on bat le grain.</p> - -<p>BAVERESSE, bavarde. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BAVERETTE, pièce carrée -qui se trouvait au haut du tablier -et s'attachait sur la poitrine -avec des épingles. Elle -n'est plus en usage. <span class="sc">H.-N. B.-N.</span></p> - -<p>BAVOLETS, rubans et autres -enjolivements de la coiffure des -femmes. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>BAYER, regarder niaisement.</p> - -<p>BAYETTE, baguette. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BAYOTTE (vache), rouge et -blanche.</p> - -<p>BÉBAIS, moutons (terme -enfantin).</p> - -<p>BÉBÊTE, animal, bête (terme -enfantin).</p> - -<p>BEC (donner un), baiser.</p> - -<p>BÉCACHE, bécasse. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BÉCAR, pou.</p> - -<p>BÉCOT, baiser.</p> - -<p>BÉCOTER, donner des baisers.</p> - -<p>BECVÉCHER, faire des gerbes -en mettant des épis des -deux bouts, quand les grains -sont courts. En parlant de la -miséricorde d'une stalle sur -laquelle deux hommes sont -représentés la tête de l'un aux -pieds de l'autre. H. Langlois -dit qu'ils sont groupés <i>à béchevet</i>. -(<i>Stalles de la cathédrale -de Rouen</i>, page 144).</p> - -<p>BÉDAN (pommes de), espèce -tardive de pommes à cidre. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BEDIÈRE, mauvais lit; de -l'anglais <i>bed</i>. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>BEDON, bédaine, ventre. -H.-N.</p> - -<p>BEDONNÉE (s'en donner -une), manger avec excès.</p> - -<p>BÉGAS, imbécile.</p> - -<p>BÉGUER, bégayer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BÉGU, BÉGUE, personne -dont la mâchoire inférieure s'avance -plus que la supérieure.</p> - -<p>BÉ HASARD, probablement, -peut-être.</p> - -<p>BÈKE! expression dont on se -sert pour détourner les enfants -de toucher à une chose sale. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BEL ET BIEN, sérieusement.</p> - -<p>BELLE HEURE (à), très-tard. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>BELLENÉE, contenu d'un banneau.</p> - -<p>BELLOT, BELLOTTE, gentil, -gentille. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BELZAMINE, balsamine.</p> - -<p>BENAIS, homme simple.</p> - -<p>BÉNIAU, banneau.</p> - -<p>BENELÉE, ce que contient -un banneau. Ex.: Une <i>benelée</i> -de fumier.</p> - -<p>BER, berceau.</p> - -<p>BERBIS, brebis. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BERCAILLES, moutons maigres -et de mauvaise qualité.</p> - -<p>BERDAILLER, crier fort et -sans raison.</p> - -<p>BERDELLES, bretelles. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BERLAFE, coupure.</p> - -<p>BERLAN, brelan.</p> - -<p>BERLANDER, flâner, négliger -son travail pour courir par -les rues.</p> - -<p>BERLINGUER, vaciller en -parlant de la vue.</p> - -<p>BERLUQUE, petit objet, -atome, petit fragment. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BERNEUX, petit enfant qui -ne connaît pas encore les règles -de la propreté.</p> - -<p>BERNIQUE! interjection négative. -P. Un curé annonçait -ainsi à ses paroissiens la clôture -de la pâque: «Mes frères, -dimanche prochain nous chanterons -le <span class="sc">Te Deum</span> pour ceux -qui ont <i>pâqué</i>; pour ceux qui -n'ont point <i>pâqué</i>, ça fera <i>bernique</i>.</p> - -<p>BÉROUETTE, brouette.</p> - -<p>BERQUERIE, bergerie.</p> - -<p>BERQUIER, berger.</p> - -<p>BERS, ridelles d'un chariot.</p> - -<p>BÉSER, se dit des vaches -qui courent quand les mouches -les importunent trop.</p> - -<p>BÉSOT, petit oiseau qui éclot -le dernier de la nichée; il est -ordinairement plus petit que -les autres. Se dit aussi du dernier -enfant d'une famille.</p> - -<p>BÉ SUR, certainement.</p> - -<p>BÉTAS, sot.</p> - -<p>BÉTE (mettre des harengs -tête), placer la tête des uns -sur la queue des autres.</p> - -<p>BÉTISES, obscénités.</p> - -<p>BÉTON, bête; jeune veau.</p> - -<p>BÉTONNER, dire des <i>bétises</i>.</p> - -<p>BÉTOT, bientôt.</p> - -<p>BIAU, beau. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BIAUTÉ, beauté. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BIBERON, bec d'un vase. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BIBI, petite plate, égratignure, -bouton à la peau.</p> - -<p>BIDET, BIDETTE, cheval -ou jument de selle.</p> - -<p>BIÈVRE, harle. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BIGNE, petite bosse à la tête -par suite d'un coup ou d'une -chute. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BILAUDES, gros et longs -bâtons de bois servant à divers -usages, tels que cercles, <i>barrages</i>, -etc.</p> - -<p>BILLARD, boiteux, qui marche -la pointe des pieds en -dedans.</p> - -<p>BISC-EN-COIN (de), de biais, -d'un coin à l'autre. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>BISQUE, mauvaise jument.</p> - -<p>BISQUER, être contrarié.</p> - -<p>BISSON, buisson.</p> - -<p>BISSOSNIÈRE (faire l'école), -se cacher dans les buissons -pour se jouer et ne point aller -à l'école.</p> - -<p>BITAMBOUT (tout de), d'un -bout à l'autre.</p> - -<p>BITER, toucher.</p> - -<p>BLAGUE, hâblerie.</p> - -<p>BLAGUER, hâbler.</p> - -<p>BLAGUEUX, qui <i>blague</i>.</p> - -<p>BLAI, blé.</p> - -<p>BLAI (bis), méteil.</p> - -<p>BLAIRER, regarder.</p> - -<p>BLAIRI, champ où l'on a -récolté du blé.</p> - -<p>BLANCS (six), deux sous et -demi. Le <i>blanc</i> valait cinq deniers. -Ce fut sous Henri II -qu'on fit des pièces de six -blancs nommés <i>gros de Nesle</i>.</p> - -<p>BLANC-BEC, jeune homme -qui n'a pas encore de barbe.</p> - -<p>BLASER, panser une plaie -avec un liquide quelconque.</p> - -<p>BLÈQUE (pomme en poire), -blette, fruit trop mur, à demi-pourri.</p> - -<p>BLIN, mouton mâle non -châtré. On appelait autrefois -les agneaux des belins. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>BLINDER, action de jeter -des palets pour voir lequel -des joueurs sera le plus près -du but et jouera le premier.</p> - -<p>BLINGUER. Voy. <i>Blinder</i>.</p> - -<p>BLO, pièce de bois qu'on -place sous une autre pour l'éloigner -de terre.</p> - -<p>BLOQUER, mettre une maçonnerie -sous les poutres -principales d'une nouvelle construction -en bois, en attendant -qu'on fasse le reste.</p> - -<p>BLOUGUE, boucle.</p> - -<p>BLOUGER, boucler.</p> - -<p>BLOUSER (se), se tromper -ou se mettre dans l'embarras. P.</p> - -<p>BLUQUE, Voy. <i>Berluque</i>.</p> - -<p>BOBOS, sabots (terme enfantin).</p> - -<p>BOCHE, bosse. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BOCHE (s'en donner une), -manger avec excès.</p> - -<p>BOCHU, bossu. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BOIRE (à), cidre. Ex.: Veux-tu -du vin, de la bière, etc.?—Non, -je veux <i>à boire</i>.</p> - -<p>BOIS (couteau de), eustache.</p> - -<p>BOISE, gros morceau de bois, -poutre. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>BOISETTES, menues branches -que les pauvres gens ramassent -dans les bois et forets. -On dit en parlant d'un petit feu: -C'est un feu d'<i>prête</i>, un tison -et deux <i>boisettes</i>.</p> - -<p>BOISSON, cidre auquel on -à ajouté de l'eau. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BON-JOUR, communion pascale. -Ex.: Il fera demain son -<i>bon-jour</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BONNEMENT? est-ce vrai?</p> - -<p>BOQUET, pommier qui n'a -pas été greffé. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BOQUILLON, bûcheron. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BORDILLER, être près de. -Ex.: Il doit <i>bordiller</i> 60 ans, -c'est-à-dire avoir près de 60 ans.</p> - -<p>BOS, bois. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BOSCO, bossu (mot injurieux). -<span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>BOSSIAU, boisseau, mesure -pour les grains. On appelle -<span class="sc">boisseau rez</span> celui qu'on emplit -jusqu'au bord, et <span class="sc">boisseau -comble</span>, celui dans lequel on -verse autant de grain qu'il en -peut contenir. Cette distinction -était connue au moyen-âge. -Voici les anciens boisseaux en -usage dans le pays de Bray, en -prenant pour base le pot d'Arques, -qui vaut en litre 1,824; -Argueil, 18 pots 1/25; Aumale, -11 ¾; Blangy et Gaillefontaine, -12; Foucarmont, 11 ¼; -Gournay et Saint-Saens, 18; -Grandcourt, 11; Neufchâtel, -12 ¼.</p> - -<p>BOTTER. On dit de la boue -et surtout de la neige, qu'elle -<i>botte</i>, quand elle s'attache à la -semelle des chaussures. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BOUCAN, bruit, dispute. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BOUCAN (chercher, engendrer), -susciter une querelle.</p> - -<p>BOUCANE, maison de chétive -apparence. Ce mot vient de -<i>boucan</i>, bordel. C'est à cause -de la mauvaise acception de -ce dernier mot qu'un cordelier -de Dijon, nommé <i>Boucan</i>, -changea son nom et se fit appeler -Beauchamp.</p> - -<p>BOUCANER, quereller. Se -dit aussi d'un fumeur qui aspire -beaucoup de fumée à la -fois.</p> - -<p>BOUCAR, bocal, carafe à -mettre du cidre ou des fruits à -l'eau-de-vie, tels que cerises, -cacis, etc.</p> - -<p>BOUCHE (être sur sa), être -porté à la gourmandise.</p> - -<p>BOUCHEROT, boucher qui -vend de la viande de mauvaise -qualité.</p> - -<p>BOUCHIE, bouchée.</p> - -<p>BOUCHIE (manger une), -prendre un léger repas.</p> - -<p>BOUDINÉE, totalité de boudin -provenant d'un porc.</p> - -<p>BOUFFÉE, accès de rage ou -de colère.</p> - -<p>BOUFFER, bouder.</p> - -<p>BOUFFI (hareng), hareng -qui a séjourné peu de temps -dans la saumure. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BOUFRE! juron. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BOUGONNER, gronder entre -ses dents.</p> - -<p>BOUGRE! juron fréquent -parmi les gens de la campagne -qui ajoutent souvent le mot -sacré. Cette expression vient -peut-être de <i>bulgarus</i>, en conservant -à l'<i>u</i> sa prononciation.</p> - -<p>BOUGRE (bon, mauvais), -comme on dit: Bon diable, bon enfant.</p> - -<p>BOUILLON, pluie.</p> - -<p>BOUIS (dimanche du), dimanche -des Rameaux; ainsi -nommé, parce qu'on porte à la -main du <i>bouis</i> bénit.</p> - -<p>BOUJOU! bonjour! On emploie -aussi ce mot substantivement -pour désigner la visière -d'une casquette.</p> - -<p>BOULE, pâte renfermant des -pommes ou des poires cuites -au four.</p> - -<p>BOULE (perdre la), radoter, -devenir fou.</p> - -<p>BOULOCHE. Voy. <i>Boule</i>.</p> - -<p>BOUQUER. En parlant des -abeilles qui se groupent à la -<i>bouque</i> de la ruche, avant -d'essaimer.</p> - -<p>BOUQUETS, nom générique -par lequel on désigne toute -espèce de fleurs cultivées dans -un jardin.</p> - -<p>BOUQUET-D'HIVER, bouquet -de fausses fleurs. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BOURBE, boue.</p> - -<p>BOURE, femelle du canard. -<span class="sc">H.-N. B.-N.</span></p> - -<p>BOURIQUE, âne. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BOURILLER, faire des bourées.</p> - -<p>BOUROTER (se), marcher -lentement comme une <i>boure</i>. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BOURSICOT, bourse. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BOUSA, BOUSE, BOUSÉE, -Excréments de la vache.</p> - -<p>BOUSIN, grand bruit, tapage. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>BOUSTIFAILLE, bonne chère. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BOUT DE CHAMP (à tout -bout de), a chaque instant. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BOUT D'HOMME, petit -homme. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BOUT EN BOUT (tout de), -entièrement. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BOUT-RABATTU, croupe, -toit qui se prolonge au-delà -du bâtiment, sans support partant -du sol. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BOUTER, mettre, <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>BOYERS, boues des rues.</p> - -<p>BRACHE, brasse. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BRACHIE, brassée. Comme -on le voit, le mot patois se -rapproche davantage de son -origine, <i>brachium</i>.</p> - -<p>BRADER, vendre à trop bas -prix. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BRAIES, culottes. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>BRAILLER, s'habiller avec -prétention, porter des vêtements -au-dessus de son état -de fortune.</p> - -<p>BRANDI (tout), tout entier.</p> - -<p>BRANDILLER, remuer de -côté et d'autre.</p> - -<p>BRANLER, remuer. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BRANNER, branler, remuer.</p> - -<p>BRANQUE, branche. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BRAQUE (personne), vive et -irréfléchie. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>BRASSER, faire, agir. Se -prend souvent en mauvaise -part. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BRAVE, bon, probe. S'emploie -aussi comme synonyme -de <i>endimanché</i>.</p> - -<p>BRÊLÉE, mélange d'orge et -d'avoine qu'en sème au printemps. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>BRÊLES, Voy. <i>Braies</i>.</p> - -<p>BRÈQUE, ouverture. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BRÈQUE-DENTS, personne -à laquelle il manque des dents. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>BREUILLES, intestins d'animal. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BRICOLE, espèce de licou -qu'on met aux vaches pour -les empêcher de brouter les -arbres.</p> - -<p>BRICOLER, aller de côté et -d'autre; entreprendre plusieurs -ouvrages et n'en finir -aucun.</p> - -<p>BRIÈRES, bruyères, <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BRIMBALLER, sonner les -cloches sans goût et sans mesure.</p> - -<p>BRIMBORIONS, bagatelles, -petits morceaux du rubans, -soieries, etc.</p> - -<p>BRIN, pas du tout. Ex.: Il -n'a <i>brin</i> d'esprit.</p> - -<p>BRINCHE, brins de bouleau -dont on fait des balais.</p> - -<p>BRINGAND, brigand.</p> - -<p>BRINOTER, manger peu et -sans faim.</p> - -<p>BRIOCHE (manger de la), -vendre à des conditions moins -avantageuses que celles qu'on -avait d'abord refusées. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BRIT, bruit.</p> - -<p>BRONGNES, tétins de truie.</p> - -<p>BROQUE-A-Z'YEUX (ne -voir), être dans une obscurité -complète. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BROSQUINS, brodequins.</p> - -<p>BROSSE (ça fait), c'est une -espérance déçue. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>BROSSEE, rossée.</p> - -<p>BROSSER, donner une <i>brossée</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BROU, guy. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BROUACHINAGE, bruine, -pluie fine.</p> - -<p>BROUACHINER, bruiner.</p> - -<p>BROUAS (enfant), qui a la -figure sale.</p> - -<p>BROUEE, écume, mousse.</p> - -<p>BROUER, mousser.</p> - -<p>BROUET, épidémie. Ex.: -Les enfants sont malades; <i>c'est -un brouet qui court</i>.</p> - -<p>BROUILLARDER, bruiner.</p> - -<p>BROUIR, aller trop vite. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BROUSTILLES, menu bois -qu'on recueille dans les forêts. -Un acte de 1330 parle d'une -terre <i>où il croist des bissons et -brostilles</i> (<i>Études sur la condition, -etc.</i>, par M. L. Delisle, -page 278).</p> - -<p>BRU, nouvelle mariée.</p> - -<p>BRUCHER, broncher. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BRULE-FER, mauvais forgeron.</p> - -<p>BRULE-GUEULE, pipe dont -le chalumeau est très-court.</p> - -<p>BRUMAN, nouveau marié, -homme de la bru. <span class="sc">B.-N.</span> En anglais, -<i>man</i>, signifie homme.</p> - -<p>BU (homme), ivre. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>BUÉE, vapeur qui s'échappe -d'un liquide en ébullition.</p> - -<p>BUETTE, petite ouverture -dans une muraille on une couverture.</p> - -<p>BUHOT, corne de bœuf que -les faucheurs placent à leur -ceinture et dans laquelle ils -mettent du grès écrasé, de l'eau -et la pierre à affiler. Il n'est -plus guère en usage.</p> - -<p>BUQUER, frapper. Un jour -deux enfants répondaient à -une basse messe. Après le <i>Domine, -non sum dignus</i>, au -moment où les servants présentaient -déjà chacun sa burette -au célébrant, une personne -se présente pour communier. -L'un des enfants donne -le voile de communion, et -l'autre prend une burette de -chaque main et se met à dire le -<i>Confiteor</i>. Mais, arrivé au <i>meâ -culpâ</i>, un embarras se présente: -comment se frapper la -poitrine? Alors, ouvrant les -bras et avançant le ventre vers -son camarade: <i>Buque su -m'panche!</i> lui dit-il, <i>buque su -m'panche!</i></p> - -<p>BUQUETTE, courte-paille. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>BUTIN, mobilier de peu -d'importance. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>BUTTE, bouchon qui sert à -un jeu qu'on appelle <i>la butte</i>. -Ou dit aussi <i>jouer au bouchon</i>.</p> - -<p>BUTTÉE, argent placé sur -la <i>butte</i>.</p> - -<p>BUVABLE, potable.</p> - -<h2>C</h2> - -<p>CABAS, meuble grossier et -de grande dimension. Ex.: -Que ferez-vous de ce <i>cabas</i> de -buffet? <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CABEUIL, crasse produite -par la graisse et l'huile qu'on -met entre l'essieu et la roue -d'une voiture.</p> - -<p>CABOCHARD, entêté. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CABOCHE, tête dure. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>CABROUET, espèce de petite -charrette sans ridelles.</p> - -<p>CACA (faire), du latin <i>cacare</i>.</p> - -<p>CACHARD (cheval), paresseux. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CACHE, CHASSE, bout de -ficelle qu'on met à l'extrémité -du fouet et qui sert à le faire -claquer.</p> - -<p>CACHE (vache en), vache en chaleur.</p> - -<p>CACHE-MONNÉE, garçon -meunier qui parcourt les villages -pour recueillir les <i>monnées</i>.</p> - -<p>CACHE-MOUTE. V. <i>Cache-monnée</i>.</p> - -<p>CACHER, CHASSER, faire -marcher un animal devant soi, -à coups de fouet ou de bâton.</p> - -<p>CACHES (n'être pas au bout -de ses), avoir encore beaucoup -à faire ou à souffrir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CACHEUX, chasseur. <i>Cache-moute.</i></p> - -<p>CACHOIRE (coup de), dernier -verre de liqueur qu'on -offre à ses convives au moment -où ils partent.</p> - -<p>CADESSIME, catéchisme.</p> - -<p>CADET, homme sans gène -et sans peur.</p> - -<p>CADRER, s'entendre bien -avec une personne, être en -rapport comme le cadre et la -gravure. Ex.: Ces deux hommes -<i>cadrent</i> bien ensemble.</p> - -<p>CAFIGNONS, corne qui termine -les pieds des vaches, -chèvres, porcs, etc.</p> - -<p>CAFOURET, petit appartement -sale, dans un grenier ou -ailleurs. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CAFUTER, éloigner, renvoyer, -chasser un animal.</p> - -<p>CAGE (mettre en), mettre -en prison.</p> - -<p>CAGNE (vache), de couleur gris-clair.</p> - -<p>CAGNOLE, tête; espèce de -<i>carcan</i> pour les jeunes porcs.</p> - -<p>CAHOTS, secousses que -les voitures éprouvent dans -les chemins raboteux.</p> - -<p>CAHOTTEMENT, cahotage.</p> - -<p>CAHOUETTE, petite corneille.</p> - -<p>CAHUTTE, mauvais logement, -taudis. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CAILLARD, caille trop jeune -pour être tuée.</p> - -<p>CAILLE (vache). V. <i>Cagne</i>.</p> - -<p>CAINE, chaîne. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CAIRE, chaise.</p> - -<p>CALBOTER (faire), laisser -bouillir le lait jusqu'à ce qu'il -soit caillé.</p> - -<p>CALÉ (bien), habillé richement -et avec goût. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CALÉE, portée d'une chienne, -d'une chatte, etc.</p> - -<p>CALEMANDE, ancienne -étoffe qui servait à faire des -jupes; la chaîne était de laine -et la trame de fil. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CALENGER, marchander. -<span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>CALER. Se dit d'une chatte -qui fait ses petits; on le dit -aussi des lapins, des chiens, etc. -D'après M. A. de Poilly, ce mot -viendrait du grec <i>kalià</i>, un -nid. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CALER BAS, céder, fuir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CALEUSER, se livrer à la -paresse.</p> - -<p>CALEUSETÉ, paresse.</p> - -<p>CALEUX, paresseux. Selon -M. A. Le Prevost, ce mot provient -de ce que les personnes -indolentes étant sédentaires, -finissent par avoir les fesses caleuses -comme les singes. <span class="sc">H. N.</span></p> - -<p>CALIBERDAS (faire un), tomber -avec grand bruit.</p> - -<p>CALIÈVRE, genevrier.</p> - -<p>CALIMACHON, limace.</p> - -<p>CALIMACHON-A-HOTTE, -limaçon à coquille.</p> - -<p>CALIN, lieu où les vaches -<i>calinent</i>.</p> - -<p>CALINE, chaleur étouffante -à l'approche de l'orage.</p> - -<p>CALINER. Se dit des animaux -qui se reposent à l'ombre -dans les grandes chaleurs; -vient de <i>calor</i>.</p> - -<p>CALIPETTE, petit bonnet -rond que les femmes mettent le -matin et la nuit. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CALIT, mauvais lit qui se -place dans les écuries et les -étables pour les domestiques. -Ce mot nous paraît signifier -<i>lit à cats</i>, en ce sens que les -chats vont souvent s'y coucher -pendant le jour. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CALOGE, loge à chien.</p> - -<p>CALOTTE, soufflet.</p> - -<p>CALOTTES (donner une -paire de), souffleter sur les -deux joues.</p> - -<p>CAMAILLER (se). Se dit des -enfants qui se culbutent en -jouant.</p> - -<p>CAMPAGNE, plaine.</p> - -<p>CAMPÉE (personne bien), -d'une belle taille et qui se -tient bien. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CAMPS, champs.</p> - -<p>CANCHELER, chanceler. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CANCHON, chanson, espèce -de pâtisserie; pâte qui renferme -des pommes hachées.</p> - -<p>CANEÇON, caleçon. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CANEVIS, chenevis.</p> - -<p>CANICHE. Voy. <i>Caloge</i>.</p> - -<p>CANNE, cruche dans laquelle -on tire du cidre pour le repas. -En anglais, <i>can</i>.</p> - -<p>CANNÉE, ce que peut contenir -une <i>canne</i>. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CANNER, pleurer fort. Vient -peut-être de ce que l'enfant, -en pleurant ainsi, imite un peu -le cri du canard ou celui du -chien, <i>canis</i>, qui hurle.</p> - -<p>CANNETTE, petite <i>canne</i>.</p> - -<p>CANT (de), de coté, incliné. -Voy. <i>Acanté</i>. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CANTINETTE, criocère; espèce -de caléoptère qu'on trouve -fréquemment sur les feuilles -du lis, auquel les savants ont -donné l'épithète <i>merdigera</i>, -afin d'indiquer que ce petit -chanteur, qui amuse tant les -enfants, fut d'abord un vers -enveloppé de ses excréments; -précaution de la nature, sans -laquelle la larve du pauvre insecte -fût devenue la proie des -oiseaux. Ce mot semble venir -de <i>cantitare</i>, chanter souvent, -ou de <i>cantilena</i>, chansonnette.</p> - -<p>CANVERSER, renverser en -partie. Ex.: Prends garde de -faire <i>canverser</i> le plat. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CANVRE, chanvre.</p> - -<p>CAPET, chapeau. Dernièrement -un bon paysan prenait -place dans un des wagons du -chemin de fer de Dieppe à -Rouen. Au moment où la locomotive -commençait à s'ébranler, -notre homme mit la -tête à la portière pour dire un -dernier adieu à la personne -qui l'avait accompagné. <i>Hais! -charretier! charretier! arrêtez -donc!</i> s'écria-t-il tout-à-coup; -<i>man capet, man capet que -l'vent vient d'm'enlever.... Et -b.... n'arrêtera pas, va!</i> En -effet, le charretier n'arrêta -pas, et le paysan dut continuer -son voyage sans <i>capet</i>.</p> - -<p>CAPITAINE-J'ORDONNE. -Sobriquet qu'on donne à un -maître ou contre-maître qui -s'enorgueillit de son autorité. -Le premier qui le porta fut le -vice-amiral Lhermite, de Caen, -au moment où il commandait -la frégate de l'amiral Villarez-Joyeuse, -à la mémorable action -connue dans la marine -sous le nom de <i>Grand-Combat</i>, -et livrée le 1<sup>er</sup> juin 1793. Différentes -circonstances ayant -rapport aux ordres qu'il fut -obligé de transmettre, lui valurent -le surnom assez burlesque -de <i>Capitaine-j'Ordonne</i> -(<i>Revue de Rouen</i>, t. IV, p. 92).</p> - -<p>CAPOT ou CAPOTE, espèce -de mante de camelot, à l'usage -des femmes. On ne la porte -presque plus.</p> - -<p>CAPUCHIN, capucin. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CAPPE, cuiret qui retient la -<i>batte</i> et le <i>maintient</i> du <i>flais</i>. -Jean de Garlande mentionne -ainsi les parties du fléau: <i>Flagellorum -partes sunt manutentum, -virga et cappa</i> (<i>Dictionnaire</i>, -n<sup>o</sup> xlvj, p. 598).</p> - -<p>CARAS, bergers. Ainsi dénommés -parce qu'ils ont longtemps -conservé la réputation -de sorciers, <i>caragi</i>. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CARBON, charbon; du latin -<i>carbo</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CARBONNIER, charbonnier. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CARCAILLOT, appeau pour -appeler les cailles.</p> - -<p>CARCAN, appareil en bois -qu'on met au cou des cochons -pour les empêcher de passer -à travers les haies.</p> - -<p>CARDON, chardon. Ce mot -se rapproche plus que le mot -français de son origine, <i>cardo</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CARÉE, charrée. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CARÉSI, poires à brasser.</p> - -<p>CARRETTE, charrette.</p> - -<p>CARIAGE, charrol.</p> - -<p>CARNAGE, charogne. Ce -mot s'emploie aussi en mauvaise -part. Ex.: Va-t-en, vieux -<i>carnage</i>!</p> - -<p>CARON, charron.</p> - -<p>CARONGNE. V. <i>Carnage</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CARPENTER, charpenter. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CARPENTIER, charpentier.</p> - -<p>CARPIE, charpie. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CARPLEUSE, chenille. Vient -du latin <i>carnis pilosa</i>, chair -velue; en anglais, <i>caterpilar</i>. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CARRE, coin, angle saillant -d'une table ou autre meuble. -Ce mot devrait peut-être s'écrire -quarre, pour <i>quarne</i>, de -<i>quaternus</i>; c'est l'un des quatre -angles d'une carré qu'on appelle -en français <i>carne</i>.</p> - -<p>CARRIAGE (chemin de), -chemin où l'on passe en voiture.</p> - -<p>CARRIAU, carreau de vitre; -espace carre où l'on plante des -légumes; maladie des enfants, -dont quelques personnes prétendent -guérir le malade en lui -posant la main sur l'estomac. -Ceux qui se livrent à cette pratique, -dans le pays de Bray, se -disent descendre de la famille -de saint Martin. Aussi, chaque -fois qu'on fait <i>toucher</i> un enfant, -ne manque-t-on jamais de -faire dire à son intention une -messe en l'honneur de saint -Martin, de Tours (Voir notre -<i>Essai sur le canton de Neufchâtel</i>, -page 7).</p> - -<p>CARTRIE. Voy. <i>Chartrie</i>.</p> - -<p>CARIER, charrier.</p> - -<p>CARIER, grosse toile sur -laquelle on place les cendres -pour la lessive.</p> - -<p>CARTI, corps d'un chariot ou -d'une charrette sans ridelles. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CARTIER (faire), diriger les -chevaux de manière à ce que -les roues de la voiture ne suivent -pas les ornières.</p> - -<p>CARTRIE, lieu où l'on rentre -les charrettes et autres voitures -pour les mettre à l'abri -de la pluie. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CARUE, charrue. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CAS, chaud, chaleur.</p> - -<p>CAS QUE (en), au cas que, si.</p> - -<p>CASAQUIN, camisole sans -manches.</p> - -<p>CASSE, espèce de caisse dans -laquelle les domestiques placent -leur linge et leurs vêtements.</p> - -<p>CASSENOIX, nom généralement -donné à la sistelle.</p> - -<p>CASSETTE, ustensile en bois -qui sert à retenir la crême dans -les terrines, tandis qu'on laisse -écouler le petit lait.</p> - -<p>CASSINE, petite maison ancienne -et incommode. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CASSIS, fossé pratiqué pour -l'écoulement des eaux pluviales.</p> - -<p>CASSISSIER, arbrisseau qui -produit le cacis.</p> - -<p>CASTEROLLE, casserole. -<span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>CASTILLE, querelle, dispute. -<span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>CAT, chat. Ce nom s'écrit -ainsi dans plusieurs langues. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CATAIGNE, châtaigne. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CATAINIER, châtaignier.</p> - -<p>CATAPLASSE, cataplasme. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CATAU, fille de mauvaise vie.</p> - -<p>CATÉCHISSE, catéchisme.</p> - -<p>CATET (aller au), aller à -Neufchâtel.</p> - -<p>CAT-HOUANT, chat-huant.</p> - -<p>CATOUILLER, chatouiller.</p> - -<p>CATREUX, mauvais couteau, -homme qui châtre les porcs.</p> - -<p>CAUCHE-PIED, chausse-pied.</p> - -<p>CAUCHER, chausser. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CAUCHES, chausses, bas. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CAUCHONS, chaussons. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CAUCHURES, chaussures. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CAUD, chaud. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CAUDET, un peu chaud, tiède.</p> - -<p>CAUDIER, Voy. <i>Lessive</i>.</p> - -<p>CAUDIÈRE, chaudière. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CAUDRON (jeu de), Collin-Maillard.</p> - -<p>CAUDRONNÉE, ce que peut -contenir une chaudière.</p> - -<p>CAUFFER, chauffer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CAUFOURNIER, chaufournier.</p> - -<p>CAUSETTE, causerie familière. -<span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>CAVÉE, chemin creux. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>CAYEU, moules. Ainsi nommées, -parce qu'on en tire de -très-bonnes du pays qui porte -ce nom (Somme).</p> - -<p>CÉLÉBRALE (fièvre), fièvre -cérébrale.</p> - -<p>CELLE FIN (à), afin que.</p> - -<p>CELLES (les), celles.</p> - -<p>CENSÉMENT, pour ainsi dire.</p> - -<p>CENTAURE (voix de), voix -de Stentor.</p> - -<p>CENTINE, centime.</p> - -<p>CERNE, cercle. Ce mot est -surtout employé pour indiquer -le cercle formé autour de la -lune dans les temps brumeux. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CERTAIN (un), assez grand. -Ex.: C'est un homme d'<i>un -certain</i> âge. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CERTIFIS, salsifis. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CÉS, ces.</p> - -<p>CEUX (les), ceux.</p> - -<p>CEUX-CHITE, ceux-ci, celles-ci.</p> - -<p>CHA, ça, ce, ceci, cela.</p> - -<p>CHABOT, sabot. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHABOTER, faire du bruit -en marchant comme si l'on -avait des sabots. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHABOTIER, sabotier.</p> - -<p>CHABOULER, pousser rudement. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CHACHAS, merle lytorne.</p> - -<p>CHACUN (un), chacun.</p> - -<p>CHA DÉPEND, peut-être.</p> - -<p>CHAIRCUITIER, charcutier. -Le mot patois se rapproche plus -de la signification étymologique: -marchand de <i>chair cuite</i>.</p> - -<p>CHAMBE, chambre.</p> - -<p>CHAMPART (blé), froment -mêlé d'un peu de seigle.</p> - -<p>CHAMPIGNON, pomme à -cidre, tardive, très-bonne. Lui -aurait-on donné ce nom parce -qu'elle donne un excellent -cidre, mousseux comme le vin -de Champagne?</p> - -<p>CHANGLE, sangle.</p> - -<p>CHANGLÉ (être), perdre -beaucoup au jeu.</p> - -<p>CHANPLEURE et CHANPLURE, -robinet, et non chantepleure, -dans le sens attaché -à ce mot.</p> - -<p>CHANTIAU, chanteau, morceau -de pain bénit qu'on offre -à celui qui doit le rendre à sa -paroisse le dimanche suivant. -En Picardie, on nomme <i>cantieu</i> -un morceau de gâteau qu'une -nouvelle mariée envoie à celle -des jeunes filles du village -qu'elle croit devoir se marier -la première après elle (<i>Glos</i><i>saire -du patios picard</i>, par -M. l'abbé Corblet).</p> - -<p>CHAPIAU, chapeau.</p> - -<p>CHARLOT, Charles.</p> - -<p>CHARTRIE, lieu où l'on place -les charrettes et autres instruments -aratoires.</p> - -<p>CHATIAU, château.</p> - -<p>CHAUFETTE, chaufferette.</p> - -<p>CHAVATE, savate. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHAVETIER, savetier. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHÉ, chair.</p> - -<p>CHEIGNEUX, tablier de femme. -Du latin <i>cingere</i>, ceindre.</p> - -<p>CHÉLER, celer, cacher. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHÉLIER, cellier.</p> - -<p>CHENELLES, fruits de l'épine -blanche. <span class="sc">H.-N.</span> Les dictionnaires -donnent le nom de -<i>cenelle</i> au fruit du houx.</p> - -<p>CHENU (du), quelque chose -de très-bon ou très-beau. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHERCHER SON PAIN, -mendier. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CHERFEUIL, cerfeuil. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHERFOUIR, cerfouir.</p> - -<p>CHERVIAU, cerveau.</p> - -<p>CHÉS, ces.</p> - -<p>CH'EST, c'est.</p> - -<p>CH'EST SELON, peut-être, -ce n'est pas certain.</p> - -<p>CHEUX, chez, ceux. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHEUX-CHITE, ceux-ci, -celles-ci.</p> - -<p>CHEUX-LÀ, ceux-là, celles-là.</p> - -<p>CHEVILLE, mesure de 12 -pouces cubes, qui sert pour les -bols de charpente. V. <i>Marque</i>.</p> - -<p>CHIBOT, ognon dont les tiges -sont encore vertes.</p> - -<p>CHIBOULER, marcher sans -précaution et renverser ce -qu'on trouve sur son passage. -En parlant d'un homme ivre, -on dit aussi de sa démarche -qu'il se <i>chiboule</i>.</p> - -<p>CHICON, gros morceau de -pain. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHICOTER, marchander, -importuner.</p> - -<p>CHICOTIN, blague ou petit -sac de peau, en forme de valise, -dans lequel les fumeurs -placent leur tabac.</p> - -<p>CHIEN DE TERRE, larve -du hanneton.</p> - -<p>CHIFFONNER L'ESPRIT, -inquiéter, contrarier.</p> - -<p>CHIGNOLE, dévidoir.</p> - -<p>CHIGNON, cheveux naturels -et souvent postiches que les -femmes font bouffer entre les -deux ailes de leur <i>pierrot</i>.</p> - -<p>CHIMETIÈRE, cimetière.</p> - -<p>CHINGE, singe.</p> - -<p>CHINQ, cinq. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHINQUANTE, cinquante.</p> - -<p>CHION, petite branche dont -on se sert pour faire avancer -les animaux ou corriger les -enfants. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHIONNER, frapper avec un <i>chion</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHIPOTER, chicaner en -marchandant. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHIPOTEUX, qui <i>chipote</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHIPOTIER, Voyez <i>Chipoteux</i>. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHIPPER, pousser en cépée.</p> - -<p>CHIQUE, gros morceau de -pain ou de viande.</p> - -<p>CHIQUER, manger beaucoup.</p> - -<p>CHIQUET. Voy. <i>Chique</i>. Ces -deux mots ont un grand rapport -avec le verbe <i>déchiqueter</i>, faire -des <i>chiquets</i>.</p> - -<p>CHIRE, cire. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHIRE-POIX, <i>poix</i> qui sert -aux cordonniers à cirer leur -fil.</p> - -<p>CHIROT, sirop.</p> - -<p>CHIROTER (faire), faire -bouillir jusqu'à consistance -de sirop.</p> - -<p>CHIROTEUX, liquide épais -comme du sirop.</p> - -<p>CHITE, ici.</p> - -<p>CHITRON, citron. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHITROUILLE, citrouille. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHIVIÈRE, civière. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHOCHONNER. Se dit de -deux petits cultivateurs qui -réunissent leurs chevaux pour -cultiver leurs terres. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CHOMER, manquer de. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CHOPEINE, chopine, mesure -qui contient un peu moins -d'un litre. <span class="sc">P.</span> V. <i>Pot</i> et <i>Velte</i>.</p> - -<p>CHOPER, heurter un caillou -ou autre obstacle en marchant.</p> - -<p>CHOQUER, trinquer, heurter -les verres. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CHORBER, broncher. Voy. -<i>Choper</i>.</p> - -<p>CHOU! CHOU! cri par lequel -on chasse les poules et autres -volailles.</p> - -<p>CHOULE, fête populaire qui -se tient, pendant le carême, -dans les communes rurales; on -y vend des noix, des gâteaux, -du pain d'épice, etc. Ce nom -vient d'un ancien jeu auquel -on se livrait le jour du mardi-gras, -et qui consistait à s'emparer -d'une balle, <i>la choule</i>, -pour l'emporter à un endroit -convenu (<i>Dictionnaire du patois -normand</i>, par M. M. du -Méril, au mot <span class="sc">Soule</span>). Le jeu -de la <i>choule</i>, qu'on appelle -aussi <i>chole</i>, <i>cheole</i>, <i>sole</i>, <i>soule</i>, -etc., est encore en usage -dans quelques localités de la -Somme et du Pas-de-Calais. -«C'est, dit M. l'abbé Corblet, -une espèce de ballon rempli de -son qu'on place sur la limite -de deux villages, et que les -habitants des deux communes -poussent à coups de pied. La -victoire appartient à ceux qui -parviennent à le garder sur -leur territoire (<i>Glossaire du -patois picard</i>, au mot <span class="sc">Chole</span>).» -Ce jeu était fort en vogue au -XIII<sup>e</sup> siècle et se terminait ordinairement -par un banquet. -Mais, comme ce banquet était -assez souvent la cause de graves -accidents, il fut interdit, -en 1369, par Charles V. Selon -les uns, le mot <i>choule</i> ou <i>soule</i> -dériverait du celtique <i>hehaul</i>, -soleil; selon les autres, il viendrait -de l'islandais <i>sull</i>, mêlée. -Comme à Valogne, on donne -à ce jeu le nom de <i>savatte</i>, -parce qu'on joue avec le pied; -nous croyons, avec M. Corblet, -qu'il pourrait avoir de grands -rapports avec le mot latin -<i>solea</i>, sandales, ou <i>solum</i>, -plante du pied.</p> - -<p>CHOULER, remuer, faire -avancer. Ex.: Je ne puis <i>choûler</i> -ce mauvais cheval.</p> - -<p>CHOUQUE, souche, extrémité -inférieure d'un arbre. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CHOUQUET, bloc de bois -sur lequel on coupe du bois, -de la viande, etc.</p> - -<p>CHU, ce. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CHUCRE, sucre.</p> - -<p>CHUINTER, suinter.</p> - -<p>CH'VA, cheval.</p> - -<p>CIBOT, Voy. <i>Chibot</i>.</p> - -<p>CIDE, cidre.</p> - -<p>CIERGE DORMANT, gros -cierge qu'on porte aux enterrements -et que l'on place, à -l'église, auprès du banc du -défunt, après l'inhumation.</p> - -<p>CISIAU, ciseau.</p> - -<p>CISIAUX, ciseaux.</p> - -<p>CITADELLE, grosse poire -qu'on mange cuite ou en confitures.</p> - -<p>CLAIRAUD, clairet. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CLAIRE-VOIE, espèce de -grille ou de balustrade.</p> - -<p>CLAIRONNER, reluire.</p> - -<p>CLAIRTÉ, clarté, <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CLAMPIN, qui marche difficilement; -poltron. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>CLAPER, branler dans le -manche. On dit aussi d'un -homme maigre ou malade: Il -<i>clape</i> dans ses habits.</p> - -<p>CLAPOT, petite lessive que -les pauvres gens font chaque -semaine. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CLAPOTER, faire un <i>clapot</i>. -Se dit aussi des enfants qui se -salissent, en se jouant dans un -<i>varpot</i>.</p> - -<p>CLAQUE-DENTS (trembler -à), grelotter de froid.</p> - -<p>CLAQUES, espèce de chaussures -de femme.</p> - -<p>CLAQUET, digitale pourprée. -On lui a sans doute donné -ce nom parce que les enfants -s'amusent à faire <i>claquer</i> les -fleurs en frappant dessus, après -les avoir remplies d'air. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CLATRI, couché, caché dans -l'herbe.</p> - -<p>CLATRIR (se). En parlant -d'un lièvre ou autre animal -qui se couche dans l'herbe, de -manière à s'effacer.</p> - -<p>CLAVETTE, mauvaise langue. -On dit en parlant d'une femme -bavarde: Quelle <i>clavette</i>!</p> - -<p>CLÉ (avoir perdu la), avoir -la diarrhée.</p> - -<p>CLÉ DES CHAMPS (prendre -la), s'enfuir.</p> - -<p>CLERGEAU, petit clerc, enfant -de chœur.</p> - -<p>CLICHER, frapper rudement -une personne ou un animal.</p> - -<p>CLIGNER, fermer un œil. <span class="sc">H.-N</span></p> - -<p>CLIMUCHETTE, cligne-musette. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CLINCAILLER, quincaillier. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CLIPSI, sauce trop claire.</p> - -<p>CLIQUETER, agiter les <i>cliquettes</i> -ou la <i>cliquette</i>.</p> - -<p>CLIQUETTE, clenche. En -congédiant une personne à laquelle -on défend de revenir, -on lui dit: Tu peux baiser la -<i>cliquette</i> de la porte.</p> - -<p>CLIQUETTES, clochettes -des frères de charité. Ce nom -est très-commun dans les chartes -des XVI<sup>e</sup> et XVII<sup>e</sup> siècles.</p> - -<p>CLONGNE, quenouille à filer. -D'après quelques étymologistes, -ce mot serait dérivé de <i>colonne</i>.</p> - -<p>CLOPINER, boiter.</p> - -<p>CLOPIN-CLOPANT, tant -bien que mal.</p> - -<p>CLOQUE, cloche.</p> - -<p>CLOQUETEUX, celui qui -marche en tête de la procession, -en agitant les <i>cloquettes</i>.</p> - -<p>CLOQUETTES, clochettes. -On donne aussi ce nom à la -plupart des fleurs campaniformes.</p> - -<p>CLOU, furoncle.</p> - -<p>CLOUPPER, glousser; cri de -la poule qui demande à couver -ou qui appelle ses poussins.</p> - -<p>C'MENT, comment.</p> - -<p>CO, chat; coq. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>COCAR, œuf (terme enfantin.)</p> - -<p>COCASSE, plaisant et ridicule. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>COCHON, cloporte.</p> - -<p>COCHONNAILLE, chair de -porc, charcuterie. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>COCHONNER, mettre bas; -en parlant de la truie.</p> - -<p>COCHONNER (se), s'enivrer -au point de se vautrer dans la -boue comme un <i>cochon</i>.</p> - -<p>COCO, chaussure; œuf; expression -enfantine. Autrefois -les marchands d'œufs se nommaient -<i>coconniers</i>. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CODAQUER. Se dit du cri de -la poule quand elle vient de -pondre ou quand elle est effrayée. -En Picardie, on le dit -du coq qui chante. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CO-D'INNE, coq d'Inde, dindon.</p> - -<p>COEUR JEUN (à), à jeun. <span class="sc">H. N.</span></p> - -<p>COEUR DE JOUR (à), continuellement, -du matin au soir. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COEURU, courageux. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>COFFIN, cornet de papier. -Vient peut-être du latin <i>cophinus</i>, -corbeille. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>COGNER, frapper fort. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>COLAS, Nicolas.</p> - -<p>COLÉREUX, colérique, -porté à la colère.</p> - -<p>COLIDOR, corridor.</p> - -<p>COLLE, mensonge. En vieil -anglais, <i>coll</i> signifiait <i>trompeur</i>. -<span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>COLLETER (se), se prendre -au collet pour éprouver ses -forces. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COMBLE, longue corde dont -on se sert pour maintenir les -gerbes chargées sur une voiture.</p> - -<p>COMME-CHI, COMME-CHA, -ni bien, ni mal.</p> - -<p>C'MENT, comme. Ex.: Il est -bon <i>c'ment</i> son père.</p> - -<p>COMME TOUT, beaucoup, -extrêmement. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>COMPAS DANS L'OEIL (avoir -le), avoir le coup-d'œil juste.</p> - -<p>COMPTES (rendre ses), vomir.</p> - -<p>CONDOS, accident de terrein -entre deux pièces de terre; ce -qui forme une petite élévation -en forme de rideau.</p> - -<p>CONFESSEUX, confesseur. -Mot qui, soit dit en passant, -semblerait mieux convenir au -pénitent qu'à celui qui entend -sa confession.</p> - -<p>CONSÉQUENT, adjectif employé, -même par des personnes -qui ont reçu de l'instruction, -comme synonyme de considérable, -tandis qu'on ne devrait -s'en servir que pour marquer -une induction tirée d'un principe. -Ainsi, au lieu de dire: -Cet homme fait des affaires -conséquentes, il faut dire -<i>considérables</i>. L'adjectif <i>conséquent</i> -ne peut être mis en -usage que dans des phrases -semblables à celle qui suit: -Le philosophe doit être conséquent -avec ses principes.</p> - -<p>CONSOMMÉ, consumé, Ex.: -Tout a été <i>consommé</i> dans l'incendie.</p> - -<p>CONTEPET, rapporteur de -nouvelles, babillard qui raconte -les choses de la moindre -importance pour faire punir -ses compagnons.</p> - -<p>CONTRAIRE (bien du), bien -au contraire.</p> - -<p>CONTRE (tout), tout près. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>COPIN, dindon. On a dit que -l'origine de ce nom venait de -ce que le père Copin, jésuite, -avait importé le premier dindon -d'Amérique en France, -vers 1670.</p> - -<p>COPIN (grand), terme de mépris.</p> - -<p>COPINIER, celui qui garde -les <i>copins</i> dans les champs.</p> - -<p>COQ, coquelicot. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COQ, menthe des jardins.</p> - -<p>COQ (chanter le). Se dit d'une -poule qui imite le chant du -coq; alors elle ne pond plus -et on la tue. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COQUENNE, espèce de -viorne qu'on cultive dans les -jardins sous le nom de boule-de-neige. -On se sert des rejetons -pour en faire des colliers -qui, dit-on, préservent les jeunes -chiens de la maladie. Selon -M. L. Delisle, l'érable aurait -été quelquefois appelé <i>coquêne</i> -(<i>Etudes sur la condition de la -classe agricole</i>, page 353).</p> - -<p>COQUERON, petit <i>coquet</i>.</p> - -<p>COQUET, petite veillote; -petit coq.</p> - -<p>CORAPRENANT, crêpes. Se -dit pour <i>carême-prenant</i> parce -qu'on en fait beaucoup à l'approche -du carême.</p> - -<p>CORDE, mesure de bois à -brûler formant à peu près deux -stères.</p> - -<p>CORDER, mettre en corde.</p> - -<p>CORDES EN BRANLENT -(les), pour dire qu'une chose -va arriver. Ex.: Il n'est pas -encore deux heures, mais <i>les -cordes en branlent</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CORE, encore. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CORET, encrier de corne.</p> - -<p>CORNAILLES, pommes à -cidre, précoces, de mauvaise -qualité.</p> - -<p>CORNAILLES, nom par lequel -on désigne toute espèce -de corneilles et de corbeaux.</p> - -<p>CORNICHON, espèce de -pomme de terre qui a la forme -des petits concombres qu'on -fait confire dans le vinaigre. -On emploie aussi ce mot, en -mauvaise part, en parlant d'une -personne. Ex.: C'est un <i>cornichon</i>.</p> - -<p>CORNOITE, espèce d'échaudé -formé d'une pâte tressée -et très-légère.</p> - -<p>CORPORANCE, corpulence.</p> - -<p>CORSELET, corset. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CORSET, jupe. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COS, cou.</p> - -<p>COS (n'être pas lourd à), -être souffrant et chétif.</p> - -<p>COS (tirer du), vomir.</p> - -<p>COSSART, colza. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COSSU, homme riche, opulent. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>COTENT, content. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COTRET (huile de), coups -de bâton. Ex.: Donnez-lui de -l'<i>huile de cotret</i>, s'il va mal.</p> - -<p>COUANNE, couenne. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COUCHETTES, langes.</p> - -<p>COUCOU, expression employée -quand on éteint une -chandelle ou une lampe.</p> - -<p>COUCOU (bran de), gomme -qui découle du merisier. Les -enfants s'imaginent que c'est -l'excrément du coucou.</p> - -<p>COUDRE, coudrier.</p> - -<p>COUINCHE, homme rusé, -qui manque de franchise.</p> - -<p>COULAGE, détournements, -soustractions, dissipations qui -se font dans une maison, par -défaut de soin et de surveillance. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COULANT D'EAU, fossé servant -à l'écoulement des eaux. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COULAS, Nicolas.</p> - -<p>COULEUX, filtre en crin ou -en toile claire qui sert à passer -le lait quand on vient de le -traire.</p> - -<p>COUP (à), en temps opportun. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>COUP (donner un), causer -une surprise pénible. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COUP-D'A-CHEVAL, verre -d'eau-de-vie qu'on prend au -moment de monter à cheval.</p> - -<p>COUPLET, cime d'un arbre, -faîte d'un édifice. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>COUR, enclos dans lequel -se trouvent les bâtiments et -les bestiaux d'une ferme. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COURAIE, intestins d'un -animal; ce qui comprend le -cœur, le foie, les poumons, etc.</p> - -<p>COUREUX, porc qui vit en -liberté en attendant qu'on l'engraisse -pour la boucherie. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COURIACHE, coriace, fort, -vigoureux. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>COURIAS, Voy. <i>Couriache</i>.</p> - -<p>COURIETTE, lanière de cuir -qui sert de cordon aux souliers -ou qui se trouve à la poignée -d'un bâton de voyage.</p> - -<p>COURIR. Se dit d'un vase -qui laisse échapper le liquide. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COURS DE VENTRE, diarrhée.</p> - -<p>COURTE BOTTE, petit homme. -Guillaume-le-Conquérant -avait donné lui-même ce sobriquet -à son fils Robert. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COUTEAU (pommes à), pommes -de dessert.</p> - -<p>COUTE QUI COUTE, coûte -que coûte.</p> - -<p>COUTET, couteau.</p> - -<p>COUTEUX, dispendieux; irritable, -d'une humeur difficile. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>COUTIAU, couteau, <span class="sc">P.</span></p> - -<p>COUTIAUX, rayons de cire -et de miel formés par les -abeilles.</p> - -<p>COUTRE, bedeau.</p> - -<p>COUTURIER, tailleur. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CRACHE, crasse, graisse. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CRACHÉ (tout), d'une parfaite -ressemblance. En parlant -d'un portrait bien exécuté, on -dira du sujet qu'il représente: -<i>C'est lui tout craché</i>.</p> - -<p>CRACHINAGE, pluie fine. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CRACHINER. Se dit d'une -pluie fine qui tombe avec peu -d'abondance.</p> - -<p>CRACHOTTER, cracher fréquemment.</p> - -<p>CRAIRE, croire.</p> - -<p>CRAMILLIE, crémaillière.</p> - -<p>CRAN, entaille.</p> - -<p>CRANE, bon, beau. Ex.: -Voilà de <i>crâne</i> bière.</p> - -<p>CRANE, fier. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CRANE (faire son), faire l'important.</p> - -<p>CRANQUE, crampe.</p> - -<p>CRAPE, salissure.</p> - -<p>CRAPEUX, sale. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>CRAPOUD, crapaud.</p> - -<p>CRAPU (homme), trapu.</p> - -<p>CRAQUER, mentir. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CRAQUEUR, menteur.</p> - -<p>CRASSETTE, pomme à cidre. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>CRAVACHONNIER, prunier -non greffé.</p> - -<p>CRAVACHONS, prunes sauvages.</p> - -<p>CRÉMILLIE, crémaillière.</p> - -<p>CRÉMILLIE (pendre la), -donner à dîner à ses amis quand -on habite une nouvelle maison.</p> - -<p>CREMILLON, petite <i>crémillie</i>.</p> - -<p>CRÉPETTES, pâte très-délayée, -composée de farine, -d'œufs et de lait, qu'on fait -cuire dans une poêle, à l'époque -des Rois et du mardi-gras.</p> - -<p>CRÈQUES, fruits de l'épine -noire.</p> - -<p>CRESSANE (poires de), poires -de crassane.</p> - -<p>CRÊTELER. Se dit d'une -femme qui parle haut et crie -comme une poule.</p> - -<p>CRÉTIR, frissonner. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CRÉTON, résidu du suif -quand il est fondu et pressé; -c'est une excellente nourriture -pour les chiens.</p> - -<p>CRÉVÉ, fatigué, épuisé par -le travail. S'emploie encore -comme synonyme de <i>mort</i>, en -parlant des animaux. On s'en -sert aussi, en mauvaise part, -en parlant des personnes. Ex.: -Il est <i>crévé</i> comme un chien.</p> - -<p>CRÉVER, mourir.</p> - -<p>CRÉVON, chevron. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CRI, chercher, quérir. Ex.: -Allez <i>cri</i> du pain.</p> - -<p>CRIGNIACHE, chevelure -mal soignée. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>CRIGNES, mauvaises herbes -qui s'accrochent aux dents des -herses.</p> - -<p>CRIQUET, grillon.</p> - -<p>CRISTÈRE, clystère.</p> - -<p>CROCHE, crosse.</p> - -<p>CROCHER (se), se donner -le bras en promenade.</p> - -<p>CROCHUIRE, rendre une -chose crochue. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CROCS. On désigne sous ce -nom les dents des chiens, chats, -loups, renards, etc.</p> - -<p>CROTE, croûte.</p> - -<p>CRUCHE, croissance, en -parlant d'un enfant. Ex.: Il a -fait sa <i>cruche</i> trop vite.</p> - -<p>CRUE. Voy. <i>Cruche</i>.</p> - -<p>C'T', cet, cette, devant une -voyelle.</p> - -<p>C'TE, cette, devant une consonne.</p> - -<p>C'T'ÉLA, celle-là.</p> - -<p>C'T'ILA, celui-là.</p> - -<p>C'T'ICHITE, celui-ci, celle-ci.</p> - -<p>ÇU, ce.</p> - -<p>CUIROT, morceau de cuir -qui supporte le battant des -cloches.</p> - -<p>CULAS, bâtiments où l'on -engrange les gerbes de blé, -d'avoine, etc. Ce mot se trouve -dans un acte de 1395 (<i>Notes -sur les communes de l'Eure</i>, -par M. A. Le Prevost, p. 97).</p> - -<p>CULEUVRE, couleuvre. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>CULOT, cul d'un enfant; ce -qui reste de tabac au fond de -la pipe.</p> - -<p>CULOTTE (faire une), gagner -sans interruption trois -parties de domino, de cartes.</p> - -<p>CULOTTE (avoir, se donner -une), se soûler.</p> - -<p>CULOTTES (mes), ma culotte, -quand il ne s'agit que -d'une seule.</p> - -<p>CURAI, curé.</p> - -<p>CURAI (monsieur le), nom -qu'on donne à tout ecclésiastique -revêtu d'une soutane.</p> - -<p>CURIOSITAI, curiosité.</p> - -<h2>D</h2> - -<p>D', de. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DADA, cheval; expression enfantine.</p> - -<p>DALE, évier, lien où on lave -la vaisselle et d'où l'eau s'écoule -par un trou pratiqué dans -la muraille. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>DALOT, petit conduit pour -l'écoulement des eaux. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DAMAGE (c'est), c'est fâcheux.</p> - -<p>DAME, femme de qualité ou -qui affecte des manières hautaines. -Ex.: Elle fait la <i>dame</i>.</p> - -<p>DAN-DAN (aller au). Se dit -aux petits enfants pour signifier: -Aller aux offices de l'Eglise. -C'est une onomatopée -formée par allusion au son des -cloches.</p> - -<p>DANSPAROU, ou, à quel -point, à quelle place. Ex.: -<i>Dansparou</i> as-tu fauché?</p> - -<p>DARDILLON, aiguillon d'une -boucle.</p> - -<p>DAUBÉE, volée de coups de -bâton. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DAUBER, donner une <i>daubée</i>.</p> - -<p>DAUDINER (se), se dandiner.</p> - -<p>DÉBAGOULER, vomir. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉBALLER (se), se décourager.</p> - -<p>DÉBARRAS, cessation d'embarras. -Ex.: Il est parti, c'est -un bon <i>débarras</i> pour moi. -<span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>DÉBAUCHER (se), se décourager. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉBATISER (se), se donner -beaucoup de peine pour faire -croire ou comprendre une -chose.</p> - -<p>DÉBERNÊQUER, démonter, -renverser, tirer d'un mauvais -pas. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DÉBILLER, déshabiller. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉBISTRAC, en mauvais -état.</p> - -<p>DÉBINE (être dans la), être -à moitié ruiné. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>DÉBITER DU BOIS, le scier, -le préparer pour la charpente, -la menuiserie, etc. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉBLAI (bon). Voy. <i>Débarras</i>. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉBLOUGUER, déboucler.</p> - -<p>DÉBOULER, quitter son gîte. -Ex.: Il m'a <i>déboulé</i> un lièvre -aux pieds. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DÉBRICOLER, ôter la bricole -d'une vache. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉBUQUER, partir, sortir.</p> - -<p>DÉCAINER, déchaîner. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉCALIFOTER, ôter une -noix ou autre fruit de son enveloppe.</p> - -<p>DÉCANILLER, décamper, -fuir comme un chien. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>DÉCARCANER, ôter le <i>carcan</i> -d'un cochon. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉCARÊMER (se), prendre un -bon repas après le carême. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉCARPILLER, séparer, -démêler. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉCAUCHER, déchausser. -Se dit aussi des chevaux qui -perdent leurs dents de lait.</p> - -<p>DÉCESSER (ne pas), ne pas -cesser. Ex.: Il ne <i>décesse</i> de -pleurer. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>DÉCLAQUER, tomber rudement; -parler sans ménagement. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉCOCTION, maladie. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉCOMMANDER, contremander.</p> - -<p>DÉCOMPOTER, changer le -temps de l'engrais des terres -et le mode des semences. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉCONFORTER (se), s'affliger -outre mesure. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉCRAMPIR (se), se délasser. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉCRAPÉ, nettoyé. Se dit -aussi d'un enfant malheureux -qui prend des habitudes de -propreté.</p> - -<p>DÉCRAPER, nettoyer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉCROUER, tomber ou -faire tomber de haut. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DÉDRAGUER, délayer, réduire -en marmelade.</p> - -<p>DÉCULOTTER (se), se dit -d'un homme qui se sépare de -biens d'avec sa femme pour éviter -la poursuite des créanciers. -L'épouse administre alors en -son nom, et les créanciers -n'ont plus aucun recours. Souvent -cette formalité n'est pas -exempte de fraude, et c'est -ordinairement l'art légal de ne -point payer ses dettes.</p> - -<p>DÉFAIRES, habits qui ne -servent plus et qu'on donne -aux malheureux. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉFAITE (animal de), facile -à vendre. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉFECTIF (enfant ou animal), -dissimulé, qui a des défauts. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉFICELER, délier ce qui -est lié par une ficelle.</p> - -<p>DÉFILOQUÉ (vêtement), -usé, éraillé, qui montre la -corde ou le fil. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉFOURRURES, gerbées -qui ont été épluchées par les -moutons.</p> - -<p>DÉFRISÉ, contrarié. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉFULER, décoiffer. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>DÉFUNT, feu. Ex.: <i>Défunt</i> -son père.</p> - -<p>DEGAINE, tournure, manières. -Se prend toujours en -mauvaise part. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉGANCER, tirer de l'argent -de sa bourse.</p> - -<p>DÉGANER, se moquer de -quelqu'un en imitant ses actes -ou ses paroles.</p> - -<p>DÉGELÉE, rossée. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉGUEULER, vomir.</p> - -<p>DÉGOBILLER, vomir, rendre -les <i>gobes</i> qu'on a prises. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉGOISER, parler vite et -longtemps. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉGOMMÉ, destitué.</p> - -<p>DÉCOTER, voler.</p> - -<p>DÉGOULER, vomir. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DEGOUTINS, eau qui tombe -d'une couverture.</p> - -<p>DÉGRIER, dégringoler, glisser.</p> - -<p>DÉGROULER, crouler, tomber. -<span class="sc">B.-N. H.-N.</span></p> - -<p>DÉGUISER (se), se masquer -au temps du carnaval.</p> - -<p>DEHOQUER, décrocher. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉHOUSILLER (se), sortir -d'un lieu.</p> - -<p>DÉJEUNER-DINANT, déjeuner -qui se fait tard et sert de -dîner.</p> - -<p>DÉJOUQUER, déjucher. On -l'emploie aussi comme synonyme -de <i>faire lever</i> un paresseux -qui est au lit.</p> - -<p>DÉKERPILLER. Voy. <i>Décarpiller</i>.</p> - -<p>DEL', de la. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉLACHER, délacer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉLICOTÉ, débarrassé de -son licou. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>DÉLOQUETÉ, déguenillé. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉLURÉ, vif, hardi. Ex.: -C'est un enfant <i>déluré</i> pour -son âge. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>DEMANDER APRÈS QUELQU'UN, -demander quelqu'un.</p> - -<p>DÉMAQUER, vomir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉMARER, partir, sortir. -<span class="sc">B.-N. P. H.-N.</span></p> - -<p>DEMAUNE, demi-aune.</p> - -<p>DÉMENCE (tomber en), tomber -en ruines. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DEMENTER DE (se), s'occuper -de. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉMENTIBULER, démonter, -casser. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉMETTRE UN MEMBRE -(se), se luxer. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DEMEURE, habitation sans -dépendances, où il y a seulement -une ou deux pièces pour -<i>demeurer</i>.</p> - -<p>DEMEURÉ, paralysé. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DEMIANNE, demi-aune.</p> - -<p>DEMIARD, quart de <i>chopine</i>. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DEMI-GROS, quatre muids. -Les aubergistes de Dieppe ont -l'habitude d'acheter leur cidre -au <i>demi-gros</i>; et, en dépit de -toutes les lois sur les nouvelles -mesures, ils ne consentent à -se livrer dans le pays de Bray -que dans des pièces frauduleuses -qu'ils nomment <i>tierçons</i>.</p> - -<p>DEMI-HEURE, douze heures -et demie. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DEMION, deux <i>demiards</i>. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DEMOISELLE, petite viellote -de blé ou autres céréales. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DÉMONTER, impatienter. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉMUCHER, découvrir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉNOQUER (se), se développer; -en parlant des enfants -qui grandissent. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉPATICHER, défricher un -<i>pâtis</i> pour le mettre en culture.</p> - -<p>DÉPENDEUX D'ANDOUILLES -(grand), homme mince et -grand, se tenant mal. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉPENSE, lieu où l'on serre -le laitage. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉPERSUADER, dissuader.</p> - -<p>DÉPIAUCER, écorcher.</p> - -<p>DÉPICHER, démonter, détruire, -découdre. Ex.: <i>Dépichez</i> -cette redingote pour en -faire un habit-veste. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉPITER, défier. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DÉPORTER DE SA PAROLE -(se), se dédire. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉPOTER, tirer le cidre que -contient un tonneau. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>DÉPOTEUX, grosse <i>chanpleure</i> -en cuivre qui sert à tirer -le cidre dans des seaux.</p> - -<p>DÉPOTEYER, tirer du cidre -d'un tonneau pour le mettre -dans un autre. Vient probablement -de l'ancien usage de tirer -le cidre ou le vin dans un -pot pour l'emporter.</p> - -<p>DÉRACHINER, déraciner.</p> - -<p>DÉRAIN, dernier. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>DÉRAQUER, tirer d'un bourbier, -d'un mauvais pas. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DERLINDER, agiter une -clochette.</p> - -<p>DERRIÈRE (en), en cachette. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DERRIÈRE (faire du), dépenser -en secret, tromper ses -maîtres.</p> - -<p>DÉRUNNÉ, atteint de diarrhée.</p> - -<p>DÉS, des.</p> - -<p>DÉSAILLÉS (habits), hardes usées. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉSARGENTÉ (être), n'avoir -plus d'argent. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DESCENTE, hernie. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉSHABILLER. Voy. <i>Dépiaucer</i>.</p> - -<p>DÉSIGNALEMENT, signalement. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉSORCELÉ, désensorcelé.</p> - -<p>DESSAISONNER, changer -l'assolement d'une pièce de -terre. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DESSAQUER, faire sortir -d'un lieu.</p> - -<p>DESSAQUETER (se), quitter -une place. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DESSAQUETER, tirer d'un -sac.</p> - -<p>DESSOLER. Voy. <i>Dessaisonner</i>.</p> - -<p>DESSOULER, cesser d'être -soûl. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DESSOUS (personne en), -dissimulée.</p> - -<p>DESSOUS (sens dessus), renversé, -en désordre.</p> - -<p>DÉTEINDRE, éteindre. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DÉTENTION D'URINE, rétention -d'urine. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DÉTEURDRE, détordre.</p> - -<p>DÉTOMBIR (faire), mettre -chauffer un liquide jusqu'à ce -qu'il soit tiède.</p> - -<p>DÉTOURBER, déranger, -interrompre. Du latin <i>disturbare</i>.</p> - -<p>DÉTRIER, trier, choisir. <span class="sc">P.</span> -Ce mot vient peut être du latin -<i>trahere de</i>, tirer de.</p> - -<p>DEUILER, souffrir, languir. -<span class="sc">H.-N.</span> Du latin <i>dolere</i>.</p> - -<p>DEUSSE, deux. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DEUX-SOU (un), pièce de -dix centimes.</p> - -<p>DEVALLER, descendre. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DEVANCHER, devancer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DEVANT QUE, avant que. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DEVENIR (bien ou mal se), -se développer. En parlant d'un -enfant ou d'un animal. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DÉVISAGER, regarder quelqu'un -fixement, d'une manière -importune. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>D'HEURE, de bonne heure. -Ex.: Il n'est pas d'<i>heure</i>, c'est-à-dire: -Il est tard.</p> - -<p>DIA, mot dont les charretiers -se servent pour faire aller les -chevaux à gauche; c'est le -contraire de <i>huot</i>. <span class="sc">P.</span> Un docteur -a prétendu que Balaam -s'était servi du mot <i>dia</i>, pour -faire avancer son ânesse qui -s'appelait <i>Logos</i>. Comme la -pauvre bête se mit alors à parler -à son maître, qui la maltraitait, -notre docteur a été assez -heureux pour trouver là l'étymologie -du mot <span class="sc">Dialogue</span>, <i>discours -à deux</i>.</p> - -<p>DIABLE (bon ou mauvais), -bon ou mauvais garçon.</p> - -<p>DIABLE (bran de), <i>assa fetida</i>. -Ainsi nommé à cause de -sa mauvaise odeur.</p> - -<p>DIANTRE! diable!</p> - -<p>DIEU PLAIT (si), s'il plaît à Dieu.</p> - -<p>DIGONNER, importuner, -travailler lentement. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>DIGUER, piquer. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DIGUET, bâton pointu, long -de 50 à 60 centimètres, qui sert -à ramasser le blé pour l'engerber.</p> - -<p>DINDE (un), une dinde.</p> - -<p>DINDE (grande), femme de -haute taille; terme de mépris. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DINDOT, dindon.</p> - -<p>DIO, Voy. <i>Dia</i>.</p> - -<p>DIOT, idiot, simple. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DIOTISE, bêtise, simplicité. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DISCOMPTE, escompte. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DISCOMPTER, escompter. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DISCRÉDITÉ, décrédité.</p> - -<p>DISPUTER, gronder, être en -colère. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DIZIAU, dizeau, réunion de -dix gerbes.</p> - -<p>D'L', de, de la.</p> - -<p>DODO, lit. <span class="sc">P.</span> Espèce de camisole.</p> - -<p>DODO (faire), dormir.</p> - -<p>DOGUE, patience, plante.</p> - -<p>DOLER, équarrir, préparer -le bois avec une hache ou autre -instrument tranchant.</p> - -<p>DORÉE, tartine couverte de -beurre, de fromage, de confitures, -etc. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DORER, étendre une pâte -quelconque sur un objet.</p> - -<p>DORLOTER, traiter, élever -un enfant avec soin. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DORMEUSE, coiffure de -femme. La <i>dormeuse</i> se distingue -du <i>pierrot</i>, en ce qu'elle -ne se prolonge point en arrière -et qu'on la noue sous le menton.</p> - -<p>DOSSES, premières planches -de l'arbre où se trouve -l'aubier et quelquefois une portion -d'écorce.</p> - -<p>DOUCHE, douce.</p> - -<p>DOUCHEUR, douceur.</p> - -<p>DOUCHINER, entourer de -petits soins. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DOUILLE, rossée. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DOUILLER, battre. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DOULIANT, douloureux, -sensible.</p> - -<p>DOUTANCE, doute. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DOUX-LEVÉ (pain), dont la -pâte n'a pas suffisamment -levé et dont la croûte forme -des espèces de cloches. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DRAGIE, mélange de vesce -et d'avoine qu'on sème au -printemps.</p> - -<p>DRAGIES, dragées.</p> - -<p>DRAME, prise; en anglais, le -mot <i>dram</i> signifie <i>petite quantité</i>.</p> - -<p>DRAMER, priser, aspirer par le nez.</p> - -<p>DRÉCHER, dresser. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DRÈS, DRÈS QUE, dès, dès que.</p> - -<p>DRET, droit. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DRET (tout), justement.</p> - -<p>DRET DE (au), vis-à-vis. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DRET-NOEUD, double nœud. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DRIAN, DRIEN, Adrien.</p> - -<p>DROGUE, mauvaise marchandise.</p> - -<p>DROGUER, attendre longtemps. -<span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>DROLESSE, femme hardie. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DROUILLE, boue, sauce -trop claire.</p> - -<p>DRUIRE; en parlant des oiseaux -qui commencent à avoir -des plumes.</p> - -<p>D'S', des, devant une voyelle.</p> - -<p>DU DEPUIS, DU DEPUIS -QUE, depuis, depuis que. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>DUIRE, corriger, réformer; -du latin <i>ducere</i>, conduire. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>DUMET, duvet. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>DURANT QUE, pendant que.</p> - -<h2>E</h2> - -<p>EAU (lâcher de l'), pisser.</p> - -<p>ÉBAQUER, effondrer.</p> - -<p>ÉBERDOUILLER, écraser -entièrement.</p> - -<p>ÉBERLUCHER, élever. Ex.: -Voilà ses enfants <i>éberluchés</i>.</p> - -<p>ÉBERNER, nettoyer les vêtements -d'un enfant <i>berneux</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉBLAIRER, regarder avec -une sotte curiosité ce que font -les autres.</p> - -<p>ÉBLUER, éblouir. En parlant -d'un enfant qui trouve moyen -de s'échapper sans être vu, on -dira: Il a <i>éblué</i> sa mère.</p> - -<p>ÉBOUILLI, très-échauffé.</p> - -<p>ÉBRANCAGES, branches -coupées en <i>ébranquant</i>.</p> - -<p>ÉBRANQUER, ébrancher.</p> - -<p>ÉBREUILLER, écraser, faire -sorter les <i>breuilles</i>.</p> - -<p>ÉBRITER, ébruiter, faire -connaître.</p> - -<p>ÉBROUER, renvoyer, chasser, -effrayer.</p> - -<p>ÉCABOCHER, donner un -coup à la tête. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉCAILLER, chasser, renvoyer. -Ex.: <i>Écaillez</i> donc ces -gamins-là.</p> - -<p>ÉCALES, cosses de pois, de -fèves, etc.</p> - -<p>ÉCALER, écosser, écorcher -un bouton. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉCALIFOTER, retirer des -noisettes de l'enveloppe membraneuse -qui les recouvre en -partie.</p> - -<p>ÉCALUER, ramasser les cailloux -d'une pièce de terre.</p> - -<p>ÉCARBOUILLÉ, éveillé, -vif. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉCARBOUILLER, étendre la -braise et les charbons de l'âtre -pour mieux se chauffer.</p> - -<p>ÉCARBOUILLER (s'). En -parlant du temps qui devient -moins mauvais, on dit qu'il -s'<i>écarbouille</i>.</p> - -<p>ÉCARDONNER, arracher les -<i>cardons</i> d'un champ. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉCARDONNETTE, chardonneret. -Ce mot semble tout-à-fait -indiquer l'action de cet -oiseau lorsqu'il <i>écardonne</i>, -c'est-à-dire lorsqu'il tire la -graine du chardon pour en -faire sa nourriture.</p> - -<p>ÉCARPILLER, démêler, diviser -des flocons de laine, de -crin, etc.</p> - -<p>ÉCART (faux). On donne ce -nom à diverses maladies des -chevaux, notamment à la tension -des tendons.</p> - -<p>ÉCAUDER, échauder.</p> - -<p>ÉCAUFFER, échauffer.</p> - -<p>ÉCHANGER, laver le linge -avant de le mettre à la lessive. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ÉCHARPE, écharde.</p> - -<p>ÉCHAUFFÉ (homme), gai; -état voisin de l'ivresse.</p> - -<p>ÉCHENAILLER. Voy. <i>Chenailler</i>.</p> - -<p>ÉCHERTER, couper les -rouces et les branches inutiles -au pied d'une haie ou dans un -bois. Semble venir de <i>exarare</i>, -défricher, piocher, essarter.</p> - -<p>ÉCHETER, éparpiller.</p> - -<p>ÉCHIGNÉ, fatigué.</p> - -<p>ÉCHIGNER (s') s'exténuer.</p> - -<p>ÉCHIMER, essaimer.</p> - -<p>ÉCLAQUER A RIRE (s'), se -prendre soudainement a rire -très-fort.</p> - -<p>ÉCLATER DE RIRE, rire -très-fort. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ÉCLÉYER (s'), se dit d'une -cuve ou d'un tonneau dont les -douves se disjoignent par suite -de la chaleur. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉCLIPPER, éclabousser. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ÉCLOPPÉ, un peu malade.</p> - -<p>ÉCOEURÉ (bois), bois auquel -on a enlevé l'aubier.</p> - -<p>ÉCOLAGE, rétribution due -au maître d'école. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉCONDIRE, nier ce que dit -une personne; <i>dire contre</i>.</p> - -<p>ÉCORCHE, écorce. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉCORCHEUX, écorcheur. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉCORER, étayer.</p> - -<p>ÉCORER (s'), employer toutes -ses forces à une chose.</p> - -<p>ÉCORNIFLEUX, écornifleur.</p> - -<p>ÉCOSSIN, demi-botte de foin -ou de paille. En Bourgogne, -on désigne sous le nom d'<i>écoussei</i> -les batteurs en grange.</p> - -<p>ÉCOSSINS, bottes de paille -formées des tiges de blé qui -ne sont point propres à faire -des gerbées.</p> - -<p>ÉCOUCHER, briser le chanvre -ou le lin. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉCOUPLER, retrancher le -<i>couplet</i> d'un arbre. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ÉCOURTER, couper la queue.</p> - -<p>ÉCRABOUILLER, écraser. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ÉCRAMER, écrémer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉCRÉVICHE, écrevisse. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉCUEILLIR (s'), prendre son -élan pour sauter. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ED', de. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>EDPIS, depuis. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>EDSOUS, dessous. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>EFFONDRÉE, effrondrement.</p> - -<p>EFFOUQUER, effaroucher. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>EFFOUTAILLER, chasser, -effrayer.</p> - -<p>EFFRONTER, intimider une -personne pour lui faire avouer -la vérité.</p> - -<p>EFFROUER, émietter. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉGALIR, unir, aplanir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉGASILLER (s'), écarter les -jambes.</p> - -<p>EGNIME, énigme.</p> - -<p>ÉGOHIN, petite scie à l'usage -des greffeurs.</p> - -<p>ÉGOSILLER (s'), s'user le -gosier à force de crier. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ÉGRAFIGNER, égratigner. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉGROULER, écrouler. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ÉGUEULER, casser le haut -d'un vase. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉHOUPPER, battre le bout -des épis d'une gerbe sans la -délier. P. Enlever la <i>fleurette</i> -dès qu'elle est formée sur le -lait.</p> - -<p>EJ', je. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉKELLE, échelle. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>EL, le, la. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ELÇON, leçon.</p> - -<p>ÉLINGOIRE, fronde.</p> - -<p>ÉLINGUÉ, élancé, grand, -fluet.</p> - -<p>ÉLINGUER, lancer. <span class="sc">P.</span> Se dit -surtout d'une pierre lancée -avec une fronde ou d'une -pomme avec un bâton pointu.</p> - -<p>ÉLISA, Élisabeth.</p> - -<p>ÉLUGEMENT, tracas, bruit -étourdissant.</p> - -<p>ÉLUGER, contrarier, ennuyer -par ses paroles ou le -bruit qu'on fait.</p> - -<p>EM', ma, me. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉMAGLER, écraser un fruit.</p> - -<p>EMBAGUEMENT, action -d'<i>embaguer</i>.</p> - -<p>EMBAGUER, faire les achats -de bagues et autres joyaux -pour une personne avec laquelle -on est sur le point de -se marier.</p> - -<p>EMBARBOUILLER, barbouiller, -salir; embrouiller.</p> - -<p>EMBARQUÉ, se dit d'un -cheval ou autre animal qui a -pris trop de nourriture.</p> - -<p>EMBARRAS (faire ses), faire -l'important. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>EMBERLIFICOTER, habiller -d'une manière incommode et -ridicule. <span class="sc">B.-N.</span> Séduire par des -paroles trompeuses. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>EMBERNÉQUER, salir, encombrer, -couvrir.</p> - -<p>EMBLAYER, embarrasser, -emplir un vase ou un appartement. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>EMBOUCHÉ (mal), qui tient -des propos grossiers. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>EMBRACHER, embrasser.</p> - -<p>EMBRÊLER, mettre la <i>bricole</i> -à une vache.</p> - -<p>EMBRICOLER, Voy. <i>Embrêler</i>.</p> - -<p>ÉMEUCHER, épointer.</p> - -<p>ÉMILER, émier, rendre menu -comme la graine de mil.</p> - -<p>EMN', mon, ma, devant une -voyelle. <span class="sc">P.</span> Voy. <i>Man</i>.</p> - -<p>ÉMOUQUER, chasser les -mouches. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉMOUQUET, nom par lequel -on désigne les petits oiseaux -de proie, tels que l'obereau, -l'épervier, etc.</p> - -<p>ÉMOUSTILLER, rendre de -bonne humeur. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉMOUTURAGE, produit que -le meunier retire des grains -portés au moulin.</p> - -<p>ÉMOUTURER, se dit du grain -que prend le meunier pour se -payer en nature des droits qui -lui sont dus par ceux qui font -moudre à son moulin.</p> - -<p>EMPALER, rendre noir.</p> - -<p>EMPATÉ (coq), auquel on -donne la pâtée.</p> - -<p>EMPLIR, laisser pénétrer de -l'eau dans ses chaussures en -marchant dans des chemins -boueux.</p> - -<p>EMPOISONNER, puer. Ex.: -Cette viande <i>empoisonne</i>.</p> - -<p>EMPUANTER, empuantir.</p> - -<p>EMPUNANTER, remplir de -mauvaises herbes. Ex.: Ce -champ est <i>empunanté</i> d'ivrate.</p> - -<p>ÉMUTION, émotion. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>EMBOISSONNER (s'), s'enivrer -habituellement.</p> - -<p>ENCAGNOLER, mettre une -<i>cagnole</i> airs porcs pour les -empêcher de passer à travers -les haies.</p> - -<p>ENCARCANER, mettre un -<i>carcan</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ENCARVALLER, mettre à -califourchon.</p> - -<p>ENCAUCHUMER, imprégner -le blé d'eau de chaux -avant de le semer.</p> - -<p>ENCHAULER, ENCHAUSUMER. -Voy. <i>Encauchumer</i>.</p> - -<p>ENCHIFRENÉ (n'être pas), -avoir de l'esprit, trouver de -fines reparties.</p> - -<p>ENCLUMME, enclume.</p> - -<p>ENCONTRE, contre. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ENCONTRE (à l'), contre.</p> - -<p>ENCORSER, manger ou boire -avec répugnance; se mettre <i>en -corps</i>. Ex.: Il n'a pu <i>encorser</i> -sa médecine.</p> - -<p>ENCRAPER, rendre crasseux. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>ENCROUER, mettre dessus. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>EN DESSOUS (personne), -sournoise. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ENDÉVER (faire), contrarier, -harceler. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>ENDIGUER, percer un objet -avec une aiguille, une alêne.</p> - -<p>ENDIMANCHÉ, vêtu de ses -habits du dimanche.</p> - -<p>ENDIZELER, mettre en dizeau. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>ENDOS, terre labourée un -peu en dos d'âne pour faciliter -l'égoût de l'eau dans les sillons -qui se trouvent de chaque -côté.</p> - -<p>ENDURANT, patient. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ENDURANT (mal), sans patience.</p> - -<p>ENFÉNOUILLÉ, enveloppé, -enfoncé dans. Ex.: <i>Enfénouillez</i> -bien vos pieds dans le foin -pour ne point avoir froid.</p> - -<p>ENFÉRONNER, passer un -<i>féron</i> dans le nez des porcs -pour les empêcher de remuer -la terre, avec leur grouin, dans -les herbages.</p> - -<p>ENFILOQUER (s'), en parlant -des céréales dont la tige -pousse trop menue, comme si -l'on disait pousser en forme <i>de -fil</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ENFIQUER, ficher en terre. -<span class="sc">P.</span> Dans un compte des dépenses -faites pour les vignes -de l'archevêque de Rouen, en -1409-1410, on trouve une somme -pour <i>deffiquer</i> et <i>fiquer</i> les -échalas (<i>Etudes sur la condition -de la classe agricole</i>, par -M. L. Delisle, pag. 453 et 460).</p> - -<p>ENFIQUES, branches sèches -propres a faire une haie.</p> - -<p>ENFISTOLER, habiller sans -goût.</p> - -<p>ENGAGNE, contrariété, -chagrin mêlé de haine.</p> - -<p>ENGAGNER, endêver.</p> - -<p>ENGAMBER, enjamber. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ENGAVÉ, se dit d'une volaille -dont la nourriture, prise -en trop grande quantité, ne -digère point.</p> - -<p>ENGEOLER, tromper à l'aide -de fausses promesses. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>ENGUERBER, engerber, -mettre en gerbe.</p> - -<p>ENGUEULER, dire des injures. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>ENGUEUSER, tromper par -de belles paroles. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>ENHAIR, toucher les œufs, -les petits, ou seulement le nid -d'un oiseau, de manière à en -éloigner le père et la mère, et -les porter à <i>haïr</i> leur nid, -parce qu'il a été dérangé.</p> - -<p>ENHEULIER, administrer le -sacrement de l'extrême-onction, -oindre d'<i>huile</i> bénite.</p> - -<p>ENHOQUE, accroc. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ENHOQUER, accrocher.</p> - -<p>ENHUI, aujourd'hui. <span class="sc">P.</span> Voy. -<i>Anuit</i>.</p> - -<p>ENLICOTER, mettre un licou.</p> - -<p>ENMITOUFFLER (s'). Voy. -<i>Amitouffler</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ENNERSÉ, se dit du feu qui -brûle bien. <span class="sc">P.</span> On le dit aussi -d'un chien irrité contre un animal: -On l'a <i>ennersé</i> contre -cette vache.</p> - -<p>ENPAROLÉ (mal), qui dit de -mauvaises paroles; <i>mal en paroles</i>.</p> - -<p>ENPÊQUÉ (cheval), pris dans -ses traits.</p> - -<p>ENPRÈS (d'), auprès. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ENRAQUÉ, embourbé. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ENRAYER, faire le premier -sillon; placer une perche à -une voiture, de manière à empêcher -la roue de tourner. -On usait fréquemment de ce -moyen, il y a une trentaine -d'années, dans les temps de -gelée et dans les descentes, -pour empêcher les voitures -de forcer les chevaux; mais, -depuis cette époque, on a inventé -un mécanisme fort simple, -beaucoup plus propre à -éviter les accidents. Voy. <i>Mécanique</i>.</p> - -<p>ENROUTER, mettre en chemin.</p> - -<p>ENSAYER, essayer.</p> - -<p>ENTAME, premier morceau -d'un pain.</p> - -<p>ENTENONNER, fixer une -pièce de bois à une autre au -moyen d'un tenon ou d'une -mortaise.</p> - -<p>ENTENTE, jugement, intelligence. -Ex.: Cet enfant a de -l'<i>entente</i>. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ENTENTION, attention, prévenance. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ENTÊTER, donner le mal de -tête. Ex.: L'odeur des fleurs -m'<i>entête</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ENTINCHER, exciter, surtout -par gestes, à jouer ou à -plaisanter.</p> - -<p>ENTIQUE, manière, moyen -de réussir. Ex.: Il ne pouvait -d'abord ouvrir la porte, mais -il connaît maintenant l'<i>entique</i>.</p> - -<p>ENTIQUER, jeter dans, -adresser.</p> - -<p>ENTOMBI, engourdi.</p> - -<p>ENTOMMI. Voy. <i>Entombi</i>.</p> - -<p>ENTONNER (s') en parlant -du vent qui souffle par une -avenue, une fenêtre ou une -porte ouverte. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ENTORTILLER. Voy. <i>Engeoler</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ENTOUR, autour. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ENTREBAYER, entr'ouvrir.</p> - -<p>ENTRE-DEUX (l'), l'espace -qui sépare deux choses.</p> - -<p>ENVALOIRE, partie du harnais -qui sert aux chevaux pour -retenir la voiture dans les descentes.</p> - -<p>ENVELIMER, envenimer.</p> - -<p>ENVIER, envoyer. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ENVOICHE (que je m'), que -je m'en aille. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ENVOLÉ, aventurier, étranger -dont on ignore l'origine.</p> - -<p>ÉPALER, mettre à part le -lait d'une vache pour savoir -combien elle produit de beurre -chaque semaine.</p> - -<p>ÉPANDRE, éparpiller. Ce -mot est très-ancien.</p> - -<p>ÉPANI, épanoui. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉPARTILLER, éparpiller.</p> - -<p>ÉPARTIR, éparpiller. <span class="sc">H.-N.</span> -On se servait anciennement -du verbe <span class="sc">ESPARTIR</span> pour signifier -<i>partager</i>, <i>diviser</i>, etc.</p> - -<p>ÉPAULÉE, charge de bois -qu'un homme peut porter sur -son épaule.</p> - -<p>ÉPEQUE, épeiche.</p> - -<p>ÉPERSINGLER, frapper dans -l'eau pour mouiller ceux qui -en sont rapprochés.</p> - -<p>ÉPEUTER, effrayer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉPINE, alépine; étoffe de -laine et de soie ainsi nommée -parce qu'on la fabrique surtout -à Alep.</p> - -<p>ÉPINGUET, petite branche -au bout de laquelle se trouve -une épingle courbée pour atteindre -les oiseaux qui nichent -dans les creux d'arbre.</p> - -<p>ÉPLÉTANT (travail), qui se -fait vite. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ÉPLÉTER, travailler vite. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ÉPLÉTEUX, espèce d'homme -de paille qu'on plaçait, -pendant la nuit, dans le champ -de blé des moissonneurs en -retard. Cet usage existait encore -il y a une trentaine d'années. -C'était un aide qu'on accordait -aux retardataires.</p> - -<p>ÉPLINGUER, éclabousser.</p> - -<p>ÉPLUQUER, éplucher. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉPORTÉ (objet), qui n'est -plus neuf, qui a <i>été porté</i>.</p> - -<p>ÉPOUFFÉ, essoufflé. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ÉPREVIER, épervier; sorte -de filet qui sert à prendre le -poisson.</p> - -<p>ÉPROUVEUX, qui fait des -épreuves en agriculture ou -autrement.</p> - -<p>ÉQUELETTES, espèce de -grands crochets en bois que -l'on place de chaque côté d'un -chenal pour y accrocher des -bourrées dans les forêts. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ÉRAIGNE, gobe-mouche. -Ainsi nommé, parce qu'il se -sert de toiles d'araignée pour -faire son nid.</p> - -<p>ÉRÉGNIE, araignée.</p> - -<p>ÉREINTÉ (couteau), dont le -ressort est cassé ou le clou -principal ébranlé.</p> - -<p>ERNÉ, éreinté, qui marche -difficilement comme atteint -d'une hernie. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ERRHES, arrhes. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ES', sa; devant une consonne. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>ESCALIERS. Voy. <i>Bers</i>.</p> - -<p>ESCARTS (faire des), en -parlant d'un cheval difficile -qui se cabre et gambade.</p> - -<p>ESCLANDE, esclandre.</p> - -<p>ESCOFIER, tuer. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>ESCOUDET (coup d'), coup -de coude. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ESCOUER, secouer.</p> - -<p>ESCOUETTE, crins réunis -autour d'une poignée, dont on -se sert pour chasser les mouches -qui incommodent les chevaux, -et pour faire partir la -poussière qui s'attache au poil.</p> - -<p>ESCOUSSE, secousse.</p> - -<p>ÉSEULÉ, isolé. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ESN', son, sa; devant une -voyelle. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ESPÉRER, attendre. Ex.: -Allez faire votre commission, -je vais vous <i>espérer</i>. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>ESQUELETTE, squelette. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ESSAVER, écorcher légèrement. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ESSI, essieu.</p> - -<p>ESSOMMELER, effrayer.</p> - -<p>ESSOUDRE, soulever. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ESTAFIER, homme maigre -et de petite taille. Se prend -toujours en mauvaise part.</p> - -<p>ESTATUE, statue. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>EST-CHE? est-ce?</p> - -<p>ESTOMAC (mettre dans son), -en parlant d'une personne qui -place quelque chose entre sa -chemise et sa poitrine. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ESTOMAQUER (s'), se donner -beaucoup de peine pour -chanter fort ou pour faire comprendre -une chose. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ESTRAMONTADE (perdre -l'), perdre la tramontane.</p> - -<p>ET', ta; devant une consonne. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>ÉTABLIR (s'), se marier. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ÉTAMPER, mettre son nom -ou ses initiales sur un meuble -ou un animal, avec un fer rouge -ou du goudron.</p> - -<p>ÉTAMPI, couché, placé à -terre. En Picardie, ce mot signifie: -<i>Debout</i>, <i>dressé</i>.</p> - -<p>ÉTANPER, égaler, rendre de -même poids ou de même volume. -Nous trouvons cette expression -dès le XIII<sup>e</sup> siècle. -L'architecte Villard de Honnecourt, -après avoir indiqué -quatre sortes de plantes qui -entrent dans l'ordonnance d'un -remède pour les blessures, -ajoute: <i>Estanpès ces. iiij. erbes, -si qu'il n'i ait nient plus -de l'une que de l'autre (Notice -sur l'album de Villard de Honnecourt</i>, -par M. Jules Quicherat, -page 57.—<i>Revue archéologique</i>, -6<sup>me</sup> année).</p> - -<p>ÉTAU, cépée ou arbre coupé -à quelque distance de la terre.</p> - -<p>ÉTAUX, chaume qui reste -quand les céréales sont sciées -ou fauchées. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ÈTE, être.</p> - -<p>ÉTELÈ, étoilé.</p> - -<p>ETN', ton, ta; devant une -voyelle. <span class="sc">P</span>.</p> - -<p>ÉTERNIR, étendre la litière -des bestiaux. Du latin <i>sternere</i>.</p> - -<p>ÊTES, êtres.</p> - -<p>ÉTÊTER. Voy. <i>Écoupler</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ÉTIBO, esquisse de bois. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ÉTIMER, étamer.</p> - -<p>ÉTOC. Voy. <i>Etau</i>. Le mot -<i>estoc</i> était fréquemment employé -au moyen-âge.</p> - -<p>ÉTOFFÉ (vêtement), ample. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ÉTOQUER (s'). V. <i>S'écorer</i>.</p> - -<p>ÉTORER, fournir. Voy. <i>Anger</i>.</p> - -<p>ETOUPÉE, porte qui bouche -l'entrée d'un four. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ETOURNIAU, étourneau.</p> - -<p>ETOUT, aussi; vient peut-être -du latin etiam. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ETRAMILLER, éparpiller. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>ETREUNES, étrennes.</p> - -<p>ETRIQUER, se dit d'un vêtement -trop serré, à travers -lequel les os se dessinent, -<i>étriquent</i>.</p> - -<p>ETRONGNÉ (habit), trop court. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>EUCHE, espèce de clé qui -traverse le bout de l'essieu -afin d'empêcher la roue de se -dépasser. Depuis les nouvelles -lois sur la police du roulage, -l'<i>euche</i> a été remplacée par un -écrou.</p> - -<p>EVILLÉ, EVILLOTÉ (enfant), -espiègle. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>EVITER, épargner. Ex.: -<i>Evitez</i>-moi la peine de sortir.</p> - -<p>EXCUSE (demander), demander -pardon, faire ses excuses.</p> - -<p>EXEMPLE DE (imiter l'), -suivre l'exemple de. On imite -un exemple d'écriture.</p> - -<p>EXTERMINER, rouer de -coups. <span class="sc">P.</span></p> - -<h2>F</h2> - -<p>FABRIQUE (être de la), -membre du conseil de fabrique -d'une église.</p> - -<p>FACHON, façon. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FACHONS ou FAÇONS (faire -des), ne pas vouloir accepter -ce que l'on offre dans un repas, -quoiqu'on ait besoin de manger -ou de boire.</p> - -<p>FAGOTÉ (mal), habillé d'une -manière disgracieuse. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FAGOTS (conter des), rapporter -de fausses histoires.</p> - -<p>FAIGNANT, fainéant. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>FAILLIR, manquer de courage; -tomber de faiblesse. Ex.: -Le cœur me <i>faillit</i>.</p> - -<p>FAIN, foin.</p> - -<p>FAIS, fois; foie.</p> - -<p>FAISELLE, lieu où l'on presse -les pommes pilées, pour obtenir -le cidre. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FAISELLIER, petite <i>faiselle</i> -sur laquelle on met le fromage -en presse.</p> - -<p>FALBALAS, objets de toilette, -tels que robes, bonnets, rubans, -etc. A proprement parler, -ce mot est employé pour désigner -l'ensemble d'une toilette -recherchée, et non pour indiquer -le <i>falbala</i> qu'on appelle -aujourd'hui <i>volant</i>. L'etymologie -de <i>falbala</i> a été l'objet -de bien des recherches. «On -rapporte, dit Charles Nodier, -qu'un prince fort spirituel du -XVIII<sup>e</sup> siècle a inventé le nom -de <i>falbala</i>...... Il visitait une -boutique de modes si bien assortie, -qu'on ne pensait pas -qu'il y manquât rien de tous -les éléments d'une toilette élégante. -Décidé à pousser à bout -l'imperturbable assurance de la -marchande, qui était probablement -jolie, il forgea dans sa -tête le mot le plus bizarre qu'il -lui fut possible de trouver, et -demanda des <i>falbalas</i>. Elle se -hâta de lui présenter cette garniture -de robe qui a pris depuis -le nom de volant, à cause de -sa légèreté, et qui se divisait -alors par le bas en pointes légères -et flottantes» (<i>Notions de -Linguistique</i>, chap. XI, note J). -Suivant le <i>Dictionnaire de -Trévoux</i>, l'inventeur du mot -serait M. de Langlée qui aurait -dit à la marchande que cela -s'appelait ainsi à la cour. A -part ce petit conte, Leibnitz, -Le Duchat et le président de -Brosse donnent pour origine -au mot <i>falbala</i> l'allemand <i>faldplat</i>, -jupe plissée. M. Hoffmann -et M. Eloi Johanneau le -dérivent de l'anglais <i>furbelow</i>, -mot composé qui signifie <i>fourrure -en bas</i>. Boiste et Napoléon -Landais le font venir du latin -<i>flabella</i>, éventails, festons, etc. -(Voir l'<i>Essai sur le langage</i>, -par M. A. Charma, p. 209 et 306).</p> - -<p>FAMELOTTE, petite femme.</p> - -<p>FAMEUX, gros, important. -Ex.: Voilà un <i>fameux</i> fruit.</p> - -<p>FAMINNE, famine.</p> - -<p>FANCHON, Françoise.</p> - -<p>FANGES, fanes de pommes -de terre et des autres plantes -légumineuses.</p> - -<p>FAQUIN, élégant, habillé -avec prétention. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>FARAUD, élégant, qui aime -à être bien mis. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>FARCE, farceur. Ex.: C'est -un homme <i>farce</i>.</p> - -<p>FARFOUILLER, chercher -en remuant sans précaution. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FAUCHILLE, faucille.</p> - -<p>FAS, faux, instrument pour -faucher.</p> - -<p>FAUDE, lieu où se fait le -charbon de bois.</p> - -<p>FAUQUER, faucher.</p> - -<p>FAUQUET (faire le), donner -un croc-en-jambe. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>FAUQUEUX, faucheur.</p> - -<p>FAUT (personne comme il), -personne honnête.</p> - -<p>FAVAS, tiges de fèves dont -on a retiré le grain. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>FEMELLE, femme; souvent -en mauvaise part. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FENER, faner.</p> - -<p>FENTE, terrain qui reste à -labourer entre deux <i>endos</i>.</p> - -<p>FERDAINES, fredaines.</p> - -<p>FERLATÉ, frelaté.</p> - -<p>FERLÉE, gelée blanche, frimas.</p> - -<p>FERLOQUÉS (habits). Voy. -<i>Désaillés</i>.</p> - -<p>FERLUQUET, freluquet.</p> - -<p>FERMILLE, fourmi.</p> - -<p>FÉRON, fil de laiton.</p> - -<p>FERTILLER, fretiller.</p> - -<p>FERTIN, fretin.</p> - -<p>FESSU (n'être pas bien), -être souffrant et malade.</p> - -<p>FÉTE, faîte, toit.</p> - -<p>FEUILLU, garni de feuilles. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FEUMIÈRE. On désigne sous -ce nom la fumée qu'on voit sortir -du <i>tuet</i>.</p> - -<p>FEUNNER, faner.</p> - -<p>FEURRE, paille. On dit une -botte de <i>feurre</i>, comme on dit -une botte de foin. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>FÈVES (grosses), fèves de -marais. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FICHANT (c'est), c'est contrariant. -<span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>FICHELLE, ficelle.</p> - -<p>FICHER, donner. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>FICHER (s'en), s'en moquer. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>FICHER LE CAMP, s'en aller.</p> - -<p>FICHU, perdu, condamné. -<span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>FICH'TRE! juron; exclamation -de surprise. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FIEFFÉ (menteur, voleur), -qui a l'habitude de mentir ou -de voler. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FIENS, fumier, de <i>fiente</i>. Il -est souvent question de <i>fiens</i> -dans les conventions du moyen-âge.</p> - -<p>FIER, irascible, <i>fameux</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FIERCIR (se), se mettre en -colère.</p> - -<p>FIÈREMENT, beaucoup. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FIÉRIR (se), se mettre en -colère.</p> - -<p>FIÉROT, un peu <i>fier</i>. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>FIEUX, fils.</p> - -<p>FIÈVES (avoir, trembler les), -avoir une fièvre intermittente.</p> - -<p>FIGNOLER, s'habiller avec -recherche. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>FIGNOLEUX, élégant. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>FIL (avoir le), s'y bien prendre -pour réussir.</p> - -<p>FILER, FILER DE BAS, s'échapper -furtivement. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FILLOLE, filleule. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FILLOT, filleul. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FIN. Mot explétif qui se -met devant un adjectif ou un -nom, pour lui donner plus de -force. Ex.: Il est tombé au <i>fin</i> -fond de l'eau.—Il est <i>fin</i> bête.—J'en -veux tout <i>fin</i> plein ma -bouteille. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>FIN (à celle), à cette fin. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FIN-FOND (au), tout au fond.</p> - -<p>FINI. Adjectif qui se joint à -certains mots pour en renforcer -le sens. Ex.: C'est une canaille -<i>finie</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FINITE, finie. Ex.: Ma tâche -est <i>finite</i>.</p> - -<p>FINOIN, poire à manger, -excellente.</p> - -<p>FION (avoir le), s'y prendre -adroitement pour réussir dans -un jeu ou un ouvrage des -mains. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>FION (donner le coup de), -finir un ouvrage, le polir. -<span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>FISÉE, poire dont on fait -des confitures.</p> - -<p>FISÉE, petits éclats de bois -enduits d'argile, qu'on place -en travers sur les solives pour -recevoir l'aire d'un grenier en -terre. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FISQUER, fixer, regarder. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>FISSIAU, bâton transversal -du bas d'une chaise; de <i>fuseau</i>.</p> - -<p>FIXER QUELQU'UN, arrêter -ses regards sur une personne.</p> - -<p>FLABIN. Voy. <i>Contepet</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FLAINDRE, reculer, ne pas -aller franchement. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>FLAINDRE DU PIED, l'appuyer -légèrement et avec précaution, -de peur de se blesser.</p> - -<p>FLAIR, mauvaise odeur. -Ex.: Cette viande a du <i>flair</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FLAIS, fléau a battre le blé.</p> - -<p>FLAMBE, flamme. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FLAMMER, ouvrir un abcès -au moyen d'une flamme. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FLAMEUCHE, flammèche.</p> - -<p>FLANÉE, causerie familière.</p> - -<p>FLANIER, qui aime à aller -chez les voisins pour apprendre -les nouvelles.</p> - -<p>FLANQUET, portion du bas -de la chemise qui est fendue -de chaque côté. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FLAQUET, petite flaque -d'eau. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FLANQUETTE (à la bonne), -sans cérémonie, tout bonnement. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>FLATTER, dénoncer pour -faire reprendre ou punir.</p> - -<p>FLATTEUX, qui flatte.</p> - -<p>FLAUDRÉE, rossée.</p> - -<p>FLAUDRER, rosser.</p> - -<p>FLÉCHIR, dégeler légèrement.</p> - -<p>FLEUR-DE-MAI, pomme à -couteau; précoce.</p> - -<p>FLEURS D'ORAGE, petits -nuages agglomérés qui annoncent -l'orage.</p> - -<p>FLEURETTE, crême excellente -qu'on recueille après -douze heures de séjour du lait -dans la terrine. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FLIGÉE (sauce), figée. On -dit, en parlant d'une sauce -claire et mal faite: Celle-là ne -<i>fligera</i> pas sur le cœur. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FLIPE, punch au cidre; espèce -de boisson composée de -cidre, d'eau-de-vie et de sucre, -qu'on prend chaude; de l'anglais -<i>flip</i>, cordial. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>FLOBER. Voy. <i>Flaudrer</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FLORAISON, fleuraison.</p> - -<p>FLOTTE, espèce d'anneau -plat qui se mettait entre la -roue et l'<i>euche</i>, avant que celle-ci -fût remplacée par un écrou.</p> - -<p>FOIRE, faire.</p> - -<p>FOIRET, forêt.</p> - -<p>FOIREUX, qui a la foire. On -dit aussi les <i>foireux</i>, en parlant -de ceux qui vont aux foires.</p> - -<p>FONÇU, objet creux et plus -ou moins profond. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FONTANGE, large ruban de -soie.</p> - -<p>FORBU (cheval), fourbu, qui -ne peut continuer sa route, -parce qu'on ne lui a rien donné -à manger, à un lieu où il a -l'habitude de s'arrêter. On dit -aussi d'un homme qu'il a été -<i>forbu</i>, quand on ne lui a rien -offert chez une personne où il -s'attendait à dîner.</p> - -<p>FORCIR, se développer. -Ex.: Cet arbre, ou cet enfant, -<i>forcit</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FORGES, forces qui servent -à tondre les moutons.</p> - -<p>FORGIONS, habitants du -canton de Forges.</p> - -<p>FORIÈRE, extrémité d'une -pièce de terre sur laquelle les -chevaux tournent à chaque -sillon, et qu'on laboure après -coup.</p> - -<p>FORIÈRES, terres en friche -le long des chemins, où les bergers -mènent paître les moutons. -M. A. Le Prevost a trouvé -ce mot dans une Charte de -HENRI II, en faveur de Bondeville. -<span class="sc">H.-N.</span> On appelle aussi -<i>forières</i> les chemins qui longent -les herbages et les séparent -des terres en labour.</p> - -<p>FORTUNÉ (homme), riche, -qui a de la fortune. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FOUAILLER, fustiger. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FOUÉE (faire une), mettre -le feu à une brassée de bourrée. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>FOULON, frelon. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>FOURCÉE, portée d'un animal -qui met bas; se dit surtout -de la truie.</p> - -<p>FOURE, excrément, foire. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>FOUREUX, qui a la <i>foure</i>.</p> - -<p>FOURQU, fourchu.</p> - -<p>FOURQUE, fourche, fourchet. -Dans un acte de 1291, il -est question d'une <i>fourque à -espandre</i> le fumier.</p> - -<p>FOURQUEFILE, fourche à -deux dents de fer, qui sert à -donner les gerbes au charretier -qui charge une charrette -ou un chariot. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FOURQUET, entre-deux des -jambes. On dit aussi le <i>fourque</i>. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>FOURQUETTE, fourche de -bois, à deux dents, qui sert -pour faner. Dans un acte de -1427, il est question de <i>service -de fain, c'est assavoir le tiers -d'une</i> <span class="sc">FOURQUETE</span> (<i>Etudes</i>, etc., -par M. L. Delisle, p. 82). Il -s'agit probablement ici d'un -<i>tiers de journée</i> employé à -faner.</p> - -<p>FOUTET (petit), petit garçon. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>FOUTINER, ne point avancer -à son travail, s'amuser à -des riens.</p> - -<p>FOUTINIER, qui s'agite -beaucoup et fait peu de besogne.</p> - -<p>FOUTRE, donner. Ex.: Il -m'a <i>foutu</i> un coup de poing. -Ce mot est regardé comme -grossier, ainsi que les trois suivants.</p> - -<p>FOUTRE! juron.</p> - -<p>FOUTRE LE CAMP, s'en -aller.</p> - -<p>FOUTU, perdu sans ressource.</p> - -<p>FOYER (mouton), agneau -d'un an, qui a été nourri dans -les herbages.</p> - -<p>FRAIQUE, fraîche, mouillée. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FRAIQUIR, fraîchir.</p> - -<p>FRAIS, mouillé par la pluie. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FRAIS (suivre le), en parlant -d'un chien qui suit la trace -d'un lièvre ou d'un autre animal, -en respirant les miasmes -qu'il a laissés sur son passage.</p> - -<p>FRASE, fraise d'un animal.</p> - -<p>FRATRES, barbier.</p> - -<p>FRÊLER, fêler.</p> - -<p>FREMER, fermer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FRÉMIE, fourmi. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FRÉMILÈRE, fourmilière.</p> - -<p>FRÉMILLER, fourmiller. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FRÉMILLONS, petites fourmis.</p> - -<p>FRÉMIR. Commencer à -bouillir. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FRÉREUX (cousin), cousin -germain. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>FREULÉE. V. <i>Flaudrée</i>. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>FREULER, battre. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>FRICHONNER, frissonner.</p> - -<p>FRICHONS, frissons.</p> - -<p>FRICOT, festin, et plus généralement -toute espèce de -met. Ex.: As-tu du <i>fricot</i> avec -ton pain? <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FRICOTER, faire bombance. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>FRIGOUSSE (faire), <i>fricoter</i>.</p> - -<p>FRIMOUSSE, visage. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FRINNE, farine.</p> - -<p>FRIPPER (se), se frotter le dos -dans ses habits quand on ressent -quelque démangeaison.</p> - -<p>FROMAGE MAU, fromage -nouveau qu'on délaye dans la -crème, tandis qu'il est encore -<i>mau</i>, mou. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FROU-FROU (mamezelle). -Nom qu'on donne à une fille -qui <i>fait ses embarras</i>.</p> - -<p>FU, feu. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FUMELLE, femelle. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>FUMER, être vexé. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>FUNQUER (faire), mettre du -bois sécher sur le feu, afin -qu'il brûle mieux. Se dit aussi -d'une personne qu'on fait attendre. -Ex.: Il m'a fait <i>funquer</i> -sur le chemin, pendant -une heure.</p> - -<p>FUNQUIÈRES, fougères.</p> - -<p>FURIEUSEMENT, beaucoup, -extrêmement. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>FUROLE, feu follet qu'on -aperçoit au commencement -de l'hiver dans les endroits -marécageux. On assure que -les <i>furoles</i> se plaisent à égarer -les voyageurs; mais on dit -qu'en mettant son couteau en -terre, la pointe en haut, la -<i>furole</i> vient danser dessus; et -le voyageur a le temps de reprendre -son chemin. On ajoute -que le couteau reste couvert -du sang de la <i>furole</i>. La foi -aux absurdités débitées sur ces -feux follets n'est pas encore -entièrement éteinte. En Picardie, -on les appelle <i>fofu</i>, faux -feu.</p> - -<p>FUT, alla. Ex.: Il <i>fut</i> trouver -son ami. Il ne faut pas confondre -les temps du verbe <span class="sc">ALLER</span> -avec ceux du verbe <span class="sc">ÊTRE</span>. -Voici la remarque de M. Lévi: -«Dites <i>est allé</i> toutes les fois -que vous voulez exprimer -l'action de se transporter d'un -lieu à un autre; dites <i>a été</i> lorsque -votre intention est de -marquer le séjour dans un lieu -désigné. Il y a entre <span class="sc">ALLER</span> et -<span class="sc">ÊTRE</span> la même différence que -entre le mouvement et le repos.» -(<i>Les Omnibus du langage</i>, -8<sup>me</sup> édit., page 5.)</p> - -<p>FUTEUX, fâcheux dans le -boire et le manger.</p> - -<h2>G</h2> - -<p>GABEGI, grabuge, désordre, -perte. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GABELOU, douanier; employé -de la régie des contributions -indirectes. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GABILLER, gaspiller.</p> - -<p>GABRIET, Gabriel.</p> - -<p>GAFFÉE, morsure de chien. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>GAFFER (faire), faire donner -une <i>gaffée</i>. En espagnol, -<i>gaffar</i>, mordre.</p> - -<p>GAGNAGNE, gain, profit retiré -de son travail. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GAGNE-PAIN, celui qui soutient -ses parents par son travail. -<span class="sc">P.</span> On le dit aussi du principal -instrument d'un ouvrier.</p> - -<p>GAI, geai. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GAI (porte du), porte du -guet. On nomme ainsi une -petite porte placée au haut de -la flèche des clochers. Au -moyen-âge, les paysans suivaient -rarement leur seigneur -à la guerre, mais ils étaient -souvent requis pour faire le -guet, soit dans les châteaux-forts, -soit dans les églises transformées -alors en forteresses. -Les habitants des campagnes -commencèrent à se fortifier -dans les églises en 1358 (<i>Etudes</i>, -etc., par M. L. Delisle, -pages 101 et 643). Nous pensons -voir là l'origine de la dénomination -de ces <i>portes du -gai</i>, qui n'ont été conservées -que pour faciliter aux couvreurs -le placement de leurs -échelles, quand ils travaillent -à la réparation de la couverture -des clochers.</p> - -<p>GAITER, regarder, guetter.</p> - -<p>GALAFRE, glouton. <span class="sc">P.</span> En -espagnol, <i>golafre</i>.</p> - -<p>GALAPIAS, galopins. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GALIBIER, polisson. <span class="sc">P.</span> -Homme maigre et sans valeur. -A la Guadeloupe, on nomme -<i>galibi</i> les squelettes qu'on -trouve dans le tuf calcaire.</p> - -<p>GALINÉE, ce que l'on peut -porter de grain vanné dans les -deux mains.</p> - -<p>GALLE, bouton sur la peau. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>GALOP (donner un), réprimander -fortement. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>GAMBE, jambe.</p> - -<p>GAMBETTES, soutiens du -linteau d'une cheminée.</p> - -<p>GAMBIER, traverse de bois -suspendue à une corde, qui -sert à accrocher les animaux -tués pour la boucherie, afin de -les dépecer plus aisément.</p> - -<p>GANCIR (se). Se dit du bois -resté trop longtemps à l'air et -qui se décompose par suite de -l'humidité.</p> - -<p>GANDOLER (se), se balancer -en marchant.</p> - -<p>GANNE, jaune.</p> - -<p>GANNET, renoncule âcre; à -cause de sa fleur qui est <i>ganne</i>.</p> - -<p>GAQUÈRES, jachères. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GARCHON, garçon.</p> - -<p>GARCHONNAILLES, réunion -de garçons.</p> - -<p>GARCHONNIÈRE, fille de -conduite équivoque, qui cherche -la société des garçons. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GARDE-MESSIER, garde-champêtre, -qui garde à la -moisson; de <i>messis</i>. <span class="sc">P.</span> Cette -dénomination remonte au <span class="sc">XIII</span><sup>e</sup> -siècle.</p> - -<p>GARDES, groseilles à grappes.</p> - -<p>GARDIER, groseiller.</p> - -<p>GARDIN, jardin; en anglais, -<i>garden</i>.</p> - -<p>GARET, jarret.</p> - -<p>GARIR, guérir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GARSE. Ce mot, qui semblerait -pouvoir être employé -comme féminin de <i>gars</i>, est -toujours pris comme synonyme -de fille de mauvaise vie.</p> - -<p>GAS, gars, garçon. Se prend -ordinairement en mauvaise -part. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>GATE, jatte. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GATÉE, contenu d'une jatte. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GATELOT, petite jatte. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GAUDAILLER, boire avec -excès en disant des gaudrioles; -du latin <i>gaudere</i>, se réjouir.</p> - -<p>GAUDIAMUS, gaudrioles; de -<i>gaudeamus</i>.</p> - -<p>GAU-GAU (à), a satiété. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GAUGUES, grosses noix. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GAUGUIER, noyer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GAVE. On désigne sous ce -nom l'espèce de poche dans -laquelle la nourriture des oiseaux -séjourne avant de passer -dans l'estomac. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GAVÉE (s'en donner une), -prendre des aliments avec excès -jusques à la gorge.</p> - -<p>GAVELLE, javelle. On -trouve le mot <i>gavella</i> dans les -actes du <span class="sc">XIII</span><sup>e</sup> siècle.</p> - -<p>GAVELER (laisser), laisser -longtemps en javelles.</p> - -<p>GENOUIL, genou; c'est le -vieux mot français.</p> - -<p>GAVIAU, gosier des oiseaux.</p> - -<p>GÉANE, géante.</p> - -<p>GEIGNEUX, qui se plaint -sans raison.</p> - -<p>GENTILHOMME, porc. En -Picardie, on dit un <i>monsieur</i>; -dans le Berry, c'est un <i>noble</i>; -les Normands disent un <i>vêtu-de-soie</i>; -aux environs de Cherbourg, -on l'appelle un <i>monsieur -de travail</i>. «C'est sans -doute une allusion satyrique, -dit M. du Méril, faite par la -classe des travailleurs, à la vie -oisive des gentilshommes et -des habitants des villes.»</p> - -<p>GERGON, jargon. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GERGONER, quereller -sans raison.</p> - -<p>GERNER, germer.</p> - -<p>GERNER (laisser), faire attendre -longtemps après soi. -Ex.: Il m'a laissé <i>gerner</i> une -heure, en l'attendant.</p> - -<p>GERNOTTES, tubercules -radicaux des raiponces, <i>bumium -bulbocastanum</i>, noix de -terre. Quelques personnes les -mangent, <span class="sc">H.-N, B.-N. P.</span> En -Bourgogne, cette plante est -appelée <i>anote</i> ou <i>arnote</i>.</p> - -<p>GEULU, gourmand.</p> - -<p>GIBLET, vrille.</p> - -<p>GIFFE. Voy. <i>Calotte</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GIFFLER, donner des <i>giffes</i>. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>GIGUES, longues jambes.</p> - -<p>GISIER, gésier.</p> - -<p>GLACHON, glaçon.</p> - -<p>GLACHANT (nœud), nœud -coulant.</p> - -<p>GLAGEUX, glayeuls.</p> - -<p>GLANES (rebattre le <i>feurre</i> -de ses), répéter souvent la -même chose; en parlant d'un -prédicateur, d'un avocat, etc., -qui est obligé de faire des redites -pour ne point rester -muet, semblable à celui qui -donne de nouveaux coups de -fléau à ses glanes, afin de faire -jaillir encore quelques grains -de froment.</p> - -<p>GLEUMER, en parlant du -coucou qui mange les œufs -des autres oiseaux. On le dit -aussi des personnes qui mangent -des œufs crus, dans la -pensée que cela aide la voix -et fait mieux chanter.</p> - -<p>GLINNES, excréments des -poules; de <i>gallina</i>. En Picardie, -les poules se nomment -<i>glaines</i>. Le lendemain d'une -noce, en certains endroits, les -jeunes gens vont, munis d'une -longue perche, chez les convives -de la veille et réclament -des poules pour faire un second -repas; ils appellent cela -<i>aller à glaines</i>.</p> - -<p>GLOU DE (être), être avare -d'une chose; la donner difficilement.</p> - -<p>GLU, paille de seigle <i>gluée</i> -pour faire des liens.</p> - -<p>GLUAGE, action de <i>gluer</i>.</p> - -<p>GLUER, séparer les faibles -tiges des gerbes de blé ou de -seigle battu, afin de réserver -les plus fortes pour faire des -liens ou des couvertures.</p> - -<p>GLUIACHES, gerbées faites -avec les <i>défourrures</i>.</p> - -<p>GNIAFE, savetier. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GNOGNOTE (c'est de la), -c'est une vétille, une menterie, -etc. Le <i>gn</i> se prononce -mouillé comme en espagnol.</p> - -<p>GOBE, grosse bouchée.</p> - -<p>GOBER. Fréquemment employé -pour indiquer quelqu'un -qui mange avec avidité, surtout -des fruits, tels que prunes, -cerises, etc.</p> - -<p>GOBET, diminutif de <i>gobe</i>.</p> - -<p>GOBIER, sot. Ex.: Tais-toi, -grand <i>gobier</i>.</p> - -<p>GOBITONS, petits morceaux -d'étoffe, de pain, etc. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>GOBLOT, gobelet.</p> - -<p>GOBLOTER, boire avec -excès.</p> - -<p>GODARD, mari dont la femme -est en couches. Selon M. Corblet, -ce mot est roman et signifie -<i>un homme qui prend ses -aises</i>. La signification qu'on -attache aujourd'hui à cette -expression, viendrait alors de -ce que, dans plusieurs provinces, -le mari d'une femme -en couches se mettait au lit -pour recevoir les visites de -ses parents, et prenait ainsi -ses aises pendant plusieurs -jours. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GODETS, cahots, secousses -dans les ornières.</p> - -<p>GODICHE, ridicule, maladroit. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>GOHÉE, éclat de rire. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>GOINFRE, glouton. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GORGETTE, ruban qui s'attachait -de chaque côté du -<i>pierrot</i> et passait sous le menton, -afin de soutenir la coiffure.</p> - -<p>GOSILLOT, cartilage thyroïde.</p> - -<p>GOSSE, menterie pour rire. -<span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>GOSSER, mentir par plaisanterie. -<span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>GOSSEUX, qui <i>gosse</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GOT (entrer tout de), entrer -brusquement, sans égard pour -les personnes au milieu desquelles -on se présente. Il y a -près de soixante-quinze ans, -le quai de l'Horloge, à Paris, -fut élargi vers le pont. La -chronique cite, au sujet de ce -travail, les rimes suivantes:</p> - -<div class="poem"><div class="stanza"> -<p class="i16">Monsieur Turgot étant en charge,</p> -<p class="i16">Et trouvant ce quai trop peu large,</p> -<p class="i16">Y fit ajouter cette marge!</p> -<p class="i16">Passant qui passez <i>tout de got</i>,</p> -<p class="i16">Rendez grâce à monsieur Turgot.</p> -<br> -<p class="i16">(<i>Journal de Rouen</i>, 4 mai 1852.)</p> -</div></div> - -<p>GOTON. Voy. <i>Margoton</i>.</p> - -<p>GOUAlLLER, railler, plaisanter. -<span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>GOUAILLEUX, qui <i>gouaille</i>.</p> - -<p>GOUGES (avoir les mains), -engourdies par le froid, ineptes -au travail. Voy. <i>Gourdes</i>.</p> - -<p>GOUINNE, femme de mauvaise -vie.</p> - -<p>GOULIAFRE. Voy. <i>Galafre</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GOULIAS. Voy. <i>Galafre</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GOULON, goulot.</p> - -<p>GOURDES (avoir les mains). -Voy. <i>Gouges</i>. Vient du latin -<i>gurdus</i>, stupide; aussi dit-on -quelquefois dans le même -sens: J'ai les mains <i>sottes</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>GOURER, tromper. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>GOURGANNES, fèves de -marais. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>GOUTTE, petit verre d'eau-de-vie. -On dit prendre, payer -<i>la goutte</i> ou <i>une goutte</i>.</p> - -<p>GOUTTE (n'y voir), être -privé de lumière; ne point -trouver de solution à une -affaire. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>GOUTTE MILITAIRE, verre -à cidre à demi-plein d'eau-de-vie.</p> - -<p>GRABUGE, désordre dans -l'administration d'une maison. -<span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>GRAFIGNER, gratter légèrement -et sans cesse. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GRAFOUILLER. Voy. <i>Grafigner</i>.</p> - -<p>GRAGEOIR, espèce de mortier -en bois dans lequel on -écrase le sel, au moyen d'un -pilon aussi en bois.</p> - -<p>GRAGEUX. Voy. <i>Grageoir</i>.</p> - -<p>GRANAISON, grain provenant -des céréales; rendement -des gerbes.</p> - -<p>GRANMENT, grandement, -beaucoup, <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>GRANCHE, grange. On -trouve le mot <i>granche</i> dans un -titre de 1400.</p> - -<p>GRAND, étendue. Ex.: Il y -a <i>grand</i> dans ce champ. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GRAND (tenir sa maison dans -le), à la manière des grands.</p> - -<p>GRAND'CHEMISE, blouse.</p> - -<p>GRANDIER, fier, hautain. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GRAND'MÈRE, vieille femme. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>GRAND'PÈRE, vieillard. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GRAS-BOUDIN, grande consoude.</p> - -<p>GRASSETS (les), repas qu'on -donne pendant les dernières -semaines qui précèdent le carême.</p> - -<p>GRASSIER, grasseyer.</p> - -<p>GRAVÉ (homme), marqué -de petite vérole. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>GRAVOIS, gravier.</p> - -<p>GREC, sévère.</p> - -<p>GRÊLÉ. Voy. <i>Gravé</i>. On dit -aussi de celui qui a perdu -beaucoup au jeu: Il a été <i>grêlé</i>.</p> - -<p>GRÉMIR (faire), faire frissonner -d'appréhension.</p> - -<p>GRÉNADES. Voy. <i>Gardes</i>.</p> - -<p>GRÉNADIER. Voy. <i>Gardier</i>.</p> - -<p>GRÉNAISON, rendement -en grains des céréales.</p> - -<p>GRÉSILLÉ, brûlé au soleil.</p> - -<p>GRÉVACHONS, prunes sauvages.</p> - -<p>GRIBLETTE, riblette, morceau -mince de viande qu'on -fait cuire sur le gril. Nous citerons -à ce sujet un extrait du -<i>Trésor des Chartes</i>, relatif à -un dîner que les religieux de -la Sainte-Trinité de Caen donnaient -chaque année, avant -1450, aux habitants de Vaulx: -«Ilz lavent leurs mains en une -cuve plaine d'eaue, et apres -se assient à terre et ont chascun -ung pain de vingt-une à -vingt-deux onces, une toille -estendue devant eulx, sur laquelle -ils ont une pièce de -lart peleis barbouilly de la -grandeur de demy pié en -quarré; apres ont chascun -une <i>ribelette</i> de lart routy sur -le greil, chascun une esculée -de mortreux fait de pain et de -leit, et boire tant qu'ilz veullent, -cidre ou cervoïse, et sont -assis trois on quatre heures -(Cité par M. L. Delisle, <i>Etudes</i>, -etc., page 90).</p> - -<p>GRIBOUILLER, griffonner.</p> - -<p>GRIBOUILLONNER. Voyez -<i>Gribouiller</i>.</p> - -<p>GRIER, glisser.</p> - -<p>GRIGNARD, enfant qui -pleure sans cesse.</p> - -<p>GRIGNER, faire mauvaise -mine, pleurnicher.</p> - -<p>GRIGNON (enfant), chagrin -et de mauvaise humeur.</p> - -<p>GRILLETTE A GRILLETTE, -petit à petit.</p> - -<p>GRIMPLET, grimpereau.</p> - -<p>GRINGALET, homme petit -et maigre. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GRIPPER, voler.</p> - -<p>GROLLES, mauvais chevaux.</p> - -<p>GRONÉE, ce qu'un tablier -peut contenir de fruits, de -grains, etc. Ce mot vient du -picard <i>gron</i>, qui signifie tablier. -<span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>GROS (tirer du), tirer du gros cidre.</p> - -<p>GROSELLES, groseilles.</p> - -<p>GROSSIER, qui a de l'embonpoint. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>GROSSIER, botte de paille -très-allongée dans laquelle on -met le <i>halot</i> pour les chevaux.</p> - -<p>GROUÉE, pommes qui tombent, -pendant la nuit, avant la -saison de les locher, et qu'on -ramasse le matin.</p> - -<p>GROUIN, groin.</p> - -<p>GROULER, crouler, bouder. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>GROUMOULER (se), grommeler.</p> - -<p>GRUMELOTS, grumeaux.</p> - -<p>GUÉDÉ, gonflé; qui a trop -mangé. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>GUÉNON, terme de mépris.</p> - -<p>GUERBE, gerbe. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GUERBÉE, gerbée. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GUERBIÈRE, espèce de niche -pratiquée dans les <i>tas</i>, où -se place une personne pour -recevoir les gerbes.</p> - -<p>GUERGEOLER. En parlant -du ramage des oiseaux, on dit: -ils <i>guergeolent</i>; on le dit aussi -des enfants qui commencent -à parler.</p> - -<p>GUÉRITE, guérie. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GUERNIER, grenier. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GUERNOUILLES, grenouilles. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>GUERNU, grenu. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GUÈTES, guêtres.</p> - -<p>GUÈTES (harengs), guais.</p> - -<p>GUEULARD, qui crie fort en -parlant; se dit aussi du crieur -public dans les ventes aux enchères. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>GUEULE (être de la), être -gourmand.</p> - -<p>GUEUX, fripon.</p> - -<p>GUIAME, Guillaume.</p> - -<p>GUIAMET, petit Guillaume.</p> - -<p>GUIFFE, bouche. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>GUIGNER, regarder de travers, -regarder indiscrètement. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>GUILEBAUDE (grande), -femme haute et maigre, aux -manières communes.</p> - -<p>GUILEBAUDES, très-longues -jambes.</p> - -<p>GUILLE, diarrhée.</p> - -<p>GUISIER, gésier.</p> - -<p>G'VEU, cheveu.</p> - -<h2>H</h2> - -<p>HABILE! vite! <span class="sc">P.</span> Ce mot -semble avoir beaucoup de rapport -avec le verbe <i>abire</i>, qui -fait, à l'impératif, <i>abi!</i> va! pars!</p> - -<p>HABITS (claper dans ses), -s'y trouver trop au large, par -suite de dépérissement ou de -maladie.</p> - -<p>HABIT-VESTE, vêtement à -courtes basques, qui tient le -milieu entre l'habit et la veste.</p> - -<p>HABLEUX, hâbleur; de l'espagnol -<i>hablar</i>.</p> - -<p>HAGER, hacher, couper -menu.</p> - -<p>HAGUE, gros bâton de bois -à brûler.</p> - -<p>HAGUER, hacher. On emploie -aussi ce mot au figuré. -Ex.: Il l'a <i>hagué</i> de sottises.</p> - -<p>HAGUETTES, petites <i>hagues</i> -mises en corde.</p> - -<p>HAGUIGNETTES. V. <i>Aguignettes</i>.</p> - -<p>HAGUIGNOLER, couper malproprement. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>HAGUIGNONNER, couper -maladroitement ou avec un -mauvais couteau.</p> - -<p>HAHAHA! interjection plus -ou moins répétée qui indique -le rire. Un astrologue italien -a prétendu connaître le tempérament -et les passions de -l'homme, à la manière dont il -rit. Voici ce qu'il affirmait en -1662: Quand un homme rit, -s'il fait <i>ha, ha, ha</i>, il est flegmatique; -s'il fait <i>he, he, he</i>, il -est colérique; s'il fait <i>hi, hi, hi</i>, -il est dissimulé; s'il fait <i>ho, ho, -ho</i>, il est sanguin. L'abbé Damascène -ne nous dit point ce -qu'il pense de l'homme qui rit -en <i>hu, hu, hu</i>.</p> - -<p>HAIS? que dites-vous? On -se sert aussi de cette interjection -pour appeler une personne -éloignée.</p> - -<p>HALITRE, hâle.</p> - -<p>HALOT, grains de blé encore -couverts de leur paille, qu'on -amasse dans le van, en <i>halotant</i>.</p> - -<p>HALOTER, agiter le blé ou -autres grains horizontalement -dans le van pour réunir le <i>halot</i>.</p> - -<p>HAMES, mancherons de -charrue. Mot qui est peut-être -une corruption de <i>hampes</i>.</p> - -<p>HANNE, mauvais cheval.</p> - -<p>HANSE, hampe à laquelle la -faux est ajustée.</p> - -<p>HANTÉ (lieu), lieu où les -bestiaux de la ferme viennent -souvent.</p> - -<p>HANTER, fréquenter; se dit -surtout d'un jeune homme qui -visite souvent une jeune personne, -en vue de mariage.</p> - -<p>HANTIMENT, compagnie; -se prend ordinairement en -mauvaise part.</p> - -<p>HARDE, œuf sans coquille, -seulement recouvert d'une -pellicule.</p> - -<p>HARDES, nom employé pour -désigner les divers vêtements -d'une personne.</p> - -<p>HARÈQUE DU DOS, épine -dorsale.</p> - -<p>HARÈQUES, arètes de poisson.</p> - -<p>HARICOTER, se servir de -mauvais chevaux, de haridelles -et ne point avancer dans son -travail.</p> - -<p>HARICOTIER, qui <i>haricote</i>.</p> - -<p>HARLAND, qui <i>harlande</i>.</p> - -<p>HARLANDER, réussir mal -dans son travail. On dit d'un -cultivateur qu'il <i>harlande</i>, -quand il n'a pas assez de chevaux -pour faire ses travaux en -bonne saison.</p> - -<p>HARNAS, pieds et intestins -de mouton réunis et cuits -dans l'eau.</p> - -<p>HARRACHES, civières dont -on se sert pour porter les -morts.</p> - -<p>HASTIQUER, travailler longtemps -à une chose, sans pouvoir -réussir.</p> - -<p>HATELET, carré de côtelettes -de lard qu'on met ordinairement -à la broche. <span class="sc">H.-N. B.-N.</span></p> - -<p>HATIGNOLE, boulette de -viande hachée que vendent les -charcutiers. Dans son numéro -du 11 mai dernier, l'<i>Abeille -cauchoise</i> servait le canard -suivant à ses lecteurs: An 701, -passage du Juif-Errant à Yvetot; -il s'arrête à l'auberge de -la <i>Truie-qui-File</i>; il fait la -dépense: 1º d'un pain mollet, -10c,; 2º d'un pot de cidre, 10c; -3º d'un atignol, 5c. Dans le pays -de Bray, nous faisons de <i>Hattignole</i> -un substantif féminin.</p> - -<p>HATILLE, rate de porc, à -laquelle sont unies d'autres -parties des entrailles. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>HAUCHER, hausser.</p> - -<p>HAUT-MAL, épilepsie. Ex.: -Il tombe du <i>haut-mal</i>. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>HAUVELER, mettre en <i>hauviau</i>.</p> - -<p>HAUVIAU, javelle d'orge, -d'avoine, etc., qu'on réunit -par petites portions, en <i>hauviaux</i>, -à l'aide d'un rateau, -avant de les mettre en gerbes.</p> - -<p>HAVET, petit crochet. On -dit aussi en parlant des dents -des chiens: Quels <i>havets</i>! <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>HAVIR, exposer à un feu -trop vif. Ex.: Ce gigot va être -<i>havi</i>.</p> - -<p>HAYEUR, ouvrier qui fait -et répare les haies. On disait -autrefois <i>hayer</i>, pour signifier -le droit de prendre dans un -bois les branches nécessaires -pour clore les <i>haies</i>.</p> - -<p>HAYON. Voyez <i>Abrias</i>.</p> - -<p>HAYURE, haie. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>HÉPÉE, dernier effort pour -atteindre un but. Ex.: Courage! -il n'y a plus qu'une <i>hépée</i> pour -arriver.</p> - -<p>HÈQUE, petite barrière qu'on -place à l'entrée des maisons -pour empêcher les volailles et -autres animaux d'entrer quand -la porte reste ouverte.</p> - -<p>HÈQUE! exclamation qui -exprime le dégoût. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>HÉQUET, hoquet.</p> - -<p>HERBIERS, mauvaises herbes -qui poussent dans les lieux -incultes. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>HERCAILLES, mauvaises -brebis.</p> - -<p>HERCHE, herse.</p> - -<p>HERCHE-CUL (à), sur le -derrière. Ex.: Il l'a traîné <i>à -herche-cul</i>.</p> - -<p>HERCHELLE, branche de -bois torse qui sert à lier les -bourrées. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>HERCHER, herser.</p> - -<p>HÉRER, jouer des oies, des -dindons, des morceaux de -pore, etc., avec un jeu de piquet. -Ce jeu a beaucoup de -rapport avec l'<i>as-courante</i>.</p> - -<p>HÉRICHON, hérisson. P.</p> - -<p>HERNU, tonnerre. Ex.; Il y -aura du <i>hernu</i>, c'est-à-dire il -tonnera. On dit aussi, en parlant -d'époux qui <i>disputent</i> -souvent, qu'il y a du <i>hernu</i> -dans leur ménage.</p> - -<p>HERPER, mordre, saisir. -Ex.: Fais-le <i>herper</i> par ton -chien. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>HÉSET. Voyez <i>Abrias</i>.</p> - -<p>HÊTREAU, petit hêtre.</p> - -<p>HEURE (d'), de bonne heure.</p> - -<p>HEURE (pas d'), tard. Ex.: -Il n'est pas d'<i>heure</i>.</p> - -<p>HEURÉ (bien), régulier dans -les <i>heures</i> du repas. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>HEURIBLE, précoce; qui -mûrit de bonne heure. On dit -aussi qu'un homme a été <i>heurible</i>, -quand il arrive de grand -matin. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>HIE! exclamation pour faire -avancer ou chasser un animal.</p> - -<p>HIER-MATIN, hier au matin.</p> - -<p>HIER-SOIR, hier au soir.</p> - -<p>HISTOIRE DE, pour.: Ex.: -Jouons, <i>histoire</i> de passer le -temps. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>HIVE, ruche. C'est absolument -le mot anglais prononcé à -la manière française.</p> - -<p>HIVERNACHÉ, vesce d'hiver.</p> - -<p>HOC (rester), perdre le fil de -son discours; rester sans trouver -de réponse.</p> - -<p>HOCSONNER, ébranler une -porte pour l'ouvrir. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>HOMME, mari, Ex.: demandez -à mon <i>homme</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>HONESTÉ, honnêteté, procédé -gracieux. Un commissionnaire -dira: Donnez-moi -selon votre <i>honesté</i>, c'est-à-dire -ce que vous voudrez, -selon votre générosité. <i>H.-N.</i></p> - -<p>HOQUER, accrocher, suspendre. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>HORS, malpropre.</p> - -<p>HORS-MONTEUX (pied), -pied droit du cheval; du côté -que l'<i>on ne monte point</i>.</p> - -<p>HORZAIN, du dehors; homme -étranger à la commune. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>HOS! pour faire arrêter les -chevaux.</p> - -<p>HOTONNER, ébranler en -secouant. Voy. <i>Haloter</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>HOTONS, Voy. <i>Grossier</i>.</p> - -<p>HOTTELÉE, ce que contient -une hotte ou un <i>hottiau</i>.</p> - -<p>HOTTIAU, banneau.</p> - -<p>HOU! HOU! expression -dont on se sert pour chasser -ou faire avancer les porcs. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>HOUBILLER, en parlant du -vent, quand il souffle fort et -soulève la poussière en tournoyant.</p> - -<p>HOUBILLONNER. V. <i>Houbiller</i>.</p> - -<p>HOUCHE! Voy. <i>Hou</i>.</p> - -<p>HOUPER, appeler de loin -en hèlant dans ses mains.</p> - -<p>HOURDER, prendre, saisir. -Ex.: <i>Hourdez</i>-le au collet.</p> - -<p>HOUSÉ (mal), mal habillé.</p> - -<p>HOUSES, grandes guêtres -dont on se sert pour monter à -cheval.</p> - -<p>HOUSIAUX, grandes bottes -qui montaient au-dessus du -genou. Les <i>housiaux</i> ne sont -plus en usage depuis une trentaine -d'années.</p> - -<p>HOUSSER, mordre. Ce mot -est surtout employé en parlant -d'un chien enragé qui en a -mordu un autre.</p> - -<p>HOUSSINE, petite branche.</p> - -<p>HU! cri pour faire marcher -les chevaux. On s'en sert aussi -pour les faire aller à droite.</p> - -<p>HUCHE, espèce de grand -<i>hottiau</i> qui sert à transporter -les fumiers. Ce mot sert aussi -pour indiquer un chariot dont -les <i>bers</i> ont été remplacés par -des planches réunies, pour le -transport des pommes.</p> - -<p>HUCHER, placer au haut. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>HUHO! hurhaut. Mot au -moyen duquel on fait aller les -chevaux à droite.</p> - -<p>HULER. Voy. <i>Houper</i>.</p> - -<p>HUMMER, humer.</p> - -<p>HUPPE (sale comme une), -très-sale. Cette expression -vient de ce que la huppe ou -<i>coq-merdeux</i> enduit d'excréments -humains le creux d'arbre -où elle place son nid.</p> - -<p>HUQUER. Voy. <i>Houper</i>.</p> - -<p>HUREUX, heureux. <span class="sc">H.-N. P.</span> -Ce mot s'écrivait quelquefois -ainsi à la fin du <span class="sc">XVII</span><sup>e</sup> siècle; -nous en trouvons la preuve -dans un ouvrage imprimé en -1698, où il est question de la -mort du <i>bien-hureux</i> Guillaume, -premier abbé dé Fécamp -(<i>Le grand Calendrier du -diocèse de Rouen</i>, p. 1<sup>re</sup>).</p> - -<p>HURLUPÉ, qui a les cheveux -raides et mal peignés.</p> - -<p>HURU. Voy. <i>Hurlupé</i>. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>HUYO! Voy. <i>Huho!</i></p> - -<h2>I</h2> - -<p>I, s'emploie dans différentes -interrogations. Ex.: Sont-i -partis? <i>Ch'est-i</i> vous? pour: -Sont-ils partis? Est-ce vous?</p> - -<p>I, il, ils; devant une consonne. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>IARD, liard. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>IAU, eau. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ICHITE, ici; du latin <i>hic</i>. -Sur les pierres tumulaires du -XIII<sup>e</sup> siècle, on trouve <i>ichi</i>.</p> - -<p>IDÉE (une, une petite), extrêmement -peu. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ILA, ici, là; du latin <i>illàc</i>.</p> - -<p>ILO, là. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>IMPOSER (en), employé -pour <i>imposer</i>, commander le -respect. En <i>imposer</i>, signifie -<i>tromper</i>.</p> - -<p>IMPOSSIBLE (en avoir l'), -avoir en grande quantité. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>IMPUNANTER, remplir. Ex.: -Ce champ est <i>impunanté</i> d'ivraie.</p> - -<p>INCAMO, intelligence.</p> - -<p>INDUQUER, élever; instruire. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>INNE, une.</p> - -<p>INFIQUER, ficher en terre. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>INNOCENT, jeune enfant; -idiot. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>INN' TOUT, non plus; pas -davantage. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>INSTANT (de), à l'instant. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>INTERLOQUE, stupéfait, -surpris. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>INTIAU, linteau de cheminée.</p> - -<p>INTRER, entrer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>INVECTIVER UNE PERSONNE, -invectiver contre.</p> - -<p>IOU? où?</p> - -<p>IRRASATIABLE, insatiable.</p> - -<p>ISQUE, prononciation de la -lettre X. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ITOU, aussi. Suivant une -remarque de M. l'abbé Corblet, -ce mot, qui semble venir du -latin <i>ita</i>, <i>etiam</i>, dériverait du -vieux français <i>et tout</i>, qui signifiait -<i>avec</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<h2>J</h2> - -<p>J', nous. Ex.: <i>J</i>'avons dîné, -<i>j</i>'allons partir.</p> - -<p>JACQ, Jacques. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>JAQUET, Jacques; en parlant -d'un enfant.</p> - -<p>JAMBETTE, Voy. <i>Gambettes</i>.</p> - -<p>JAPE, babil, caquet. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>JAPER, babiller sans réflexion; -aboyer. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>JAQUETTE, jupe de petit -enfant. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>JAUNET, pièce de 20 francs. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>JAUNET, un peu jaune. Ce -nom est aussi employé substantivement -pour désigner diverses -espèces de renoncules.</p> - -<p>JEAN-CLAIR, poire à manger; -tardive.</p> - -<p>JEAN-FOUTRE, mauvais -drôle, homme peu stable.</p> - -<p>JEANNETON, Jeanne.</p> - -<p>JEANNETTE, Jeanne; en -partent d'une jeune fille.</p> - -<p>JEANNOT, Jean.</p> - -<p>JEAN-QUIN, café auquel on -ajoute un peu d'eau-de-vie et -de sucre. Vers 1825, le nommé -Jean-Quin, de Neslette, garde -de M. de Richemont, passant -par Bettencourt, près de -Blangy, entra au café du père -Desmoulins, surnommé <i>la -Queue-Blanche</i>; il se fit servir -pour un sou de café, un sou -d'eau-de-vie et un peu de -sucre; il mêla le tout ensemble, -et, comme on lui demandait -le nom de ce mélange, il -répondit: Appelez-le comme -moi, <i>Jean-Quin</i>. A partir de là, -le <i>Jean-Quin</i> devint en renom, -et aujourd'hui il en est fait -une grande consommation. -Les cafetiers assurent qu'il y -a peu de profit pour eux à préparer -cette liqueur, le <i>Jean-Quin</i> -ne se vendant que dix -centimes; mais nous pensons -qu'ils se dédommagent sur les -libations qui viennent à la suite, -sous le nom de <i>goutte</i>, <i>petit-verre</i>, -<i>rincette</i>, <i>rinçurette</i>, -<i>coup-d'adieu</i>, <i>coup-de-bout</i>, -<i>coup-de-cachoir</i>, <i>coup-d'à-cheval</i>, -<i>coup-d'étrier</i>, etc.</p> - -<p>JEUNESSE (une), une jeune -fille. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>JIFE, JIFFLE, soufflet.</p> - -<p>JIFFLER, donner des <i>jiffles</i>.</p> - -<p>JIGUER, ruer; en parlant -des chevaux et des vaches. -S'emploie aussi dans le sens -de <i>jougler</i>.</p> - -<p>JIONS, joncs.</p> - -<p>JOLI (bois), lauréole.</p> - -<p>JOLIMENT, beaucoup, très. -Ex.: Il est <i>joliment</i> laid. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>JOMARINS, ajoncs marins.</p> - -<p>JOUGLER, se dit d'un cheval -reposé qui gambade et folâtre.</p> - -<p>JOUIR DE, être maître. Ex.: -Je ne puis <i>jouir de</i> cet enfant. -On dit aussi, en parlant des -personnes maladives: <i>Jouir</i> -d'une mauvaise santé. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>JOUJOU, se dit d'une personne -qui se joue comme un -enfant. Ex.: Vous n'êtes qu'un -<i>joujou</i>.</p> - -<p>JOUJOUTE (faire), se jouer.</p> - -<p>JOUQUER, jucher.</p> - -<p>JOUR-FAILLI (à), au soir.</p> - -<p>JOURNAL, mesure agraire -contenant à peu près ce qu'un -charretier peut labourer en -un jour; environ une demi-acre.</p> - -<p>JOURNALIER, variable d'un -jour a l'autre. Ex.: Il est <i>journalier</i> -pour son adresse au travail. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>JUDAS (bran de), taches furfuracées -qui paraissent, surtout -au printemps, sur le visage -de certaines personnes.</p> - -<p>JUSSE, juste. Ex.: C'est -<i>jusse</i>. On dit aussi comme de -<i>jusse</i>, c'est-à-dire comme il -est juste. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>JUTER, rendre du jus. <span class="sc">B.-N. -P.</span> On se sert aussi de ce verbe -comme synonyme de <i>pleurer</i>.</p> - -<p>J'VA, cheval; au pluriel <i>j'vas</i> -ou <i>j'vaux</i>.</p> - -<h2>K</h2> - -<p>KAFIGNONS, corne qui se -trouve à l'extrémité du pied -des animaux qui l'ont fourchu, -tels que la vache, le porc, le -mouton, etc.</p> - -<p>KAINE, chaîne.</p> - -<p>KALIPÈTE, sorte de bonnet -qui couvre les oreilles et une -partie des joues, dont les femmes -se coiffent pour la nuit -et qu'elles conservent le matin. -M. A. de Poilly fait venir -ce mot du verbe <i>klùptô</i>, qui -désigne un ajustement de ce -genre.</p> - -<p>KARAS, berger.</p> - -<p>KARUE, charrue.</p> - -<p>KERDER, carder.</p> - -<p>KERMINNE, charogne. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>KÉROIX, croix.</p> - -<p>KEVRON, chevron. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>KIEF, pièce de bois à laquelle -on assujettit le soc de -la charrue. Au moyen-âge, on -disait <i>cep</i>.</p> - -<p>KIEN, chien. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>KIGNE-EN-COIN (de), d'un -coin à l'autre.</p> - -<p>K'MINAYE, cheminée.</p> - -<p>K'MINSE, chemise.</p> - -<p>K'VA, cheval.</p> - -<p>K'VILLE, cheville. Cette -expression nous paraît offrir -une de ces bizarreries qu'on -rencontre dans la prononciation -de certains mots de la -langue française. Pourquoi -mouille-t-on <i>ll</i> dans <i>cheville</i>, -tandis qu'on ne le fait pas dans -<i>ville</i>? C'est par suite de cette -irrégularité qu'un enfant, qui -récitait naguère une leçon de -grammaire latine, disait: <i>Hostis -urbem diripuit</i>, l'ennemi -<span class="sc">PILA</span> (pilla) la ville.</p> - -<h2>L</h2> - -<p>L', le.</p> - -<p>LACHET, lacet.</p> - -<p>LACHERON, laiteron. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>LAI, le. Ex.: Écoutez-<i>lai</i>.</p> - -<p>LAID (faire), faire la grimace -à quelqu'un. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>LAIQUER, lécher.</p> - -<p>LAIRER, laisser. On ne -l'emploie qu'au futur et au conditionnel. -Ex.: Tu me <i>lairas</i> -bien parler à mon tour.</p> - -<p>LAISANDER, faire le <i>laisant</i>.</p> - -<p>LAISANT, paresseux; qui se -promène le long des chemins -sans travailler. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>LAISI, loisir.</p> - -<p>LAIT BATTU, lait de beurre.</p> - -<p>LAITRON, poulain qui tette -encore. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>LAMBIN, lent, nonchalant.</p> - -<p>LAMBINER, marcher ou travailler -lentement.</p> - -<p>LANDIER, chenet.</p> - -<p>LANDON, paroles ennnyeuses. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>LANDONNER, ennuyer par -des propos inutiles.</p> - -<p>LANGREUX, chétif, valétudinaire. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>LANGUES DU MONDE, babils -populaires.</p> - -<p>LANGUE (taire sa), garder -le silence. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>LANNER. Voy. <i>Landonner</i>. H.-N.</p> - -<p>LANTURLU (avoir), avoir -cinq cartes de même espèce -au jeu de <i>pamphile</i>.</p> - -<p>LA OU, là que. Ex.: C'est -<i>là où</i> je vais déjeuner.</p> - -<p>LAPIDER, tourmenter. Ex.: -Cet enfant me <i>lapide</i> du matin -au soir.</p> - -<p>LAPIER, rucher. Ce mot -devrait s'écrire <i>apier</i>, du latin -<i>apiarium</i>, lieu où l'on conserve -les ruches. Il est probable -que d'abord on disait -l'<i>apier</i>; et l'apostrophe aura -fini par disparaitre.</p> - -<p>LAQUEULLE, laquelle.</p> - -<p>LARDER, donner une grande -chaleur; en parlant du feu ou -du soleil; du latin <i>ardere</i>.</p> - -<p>LARMER, pleurer. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>LARRIS, landes; terrein de -mauvaise qualité abandonné -pour le pâturage des moutons. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>LAVE-MAINS, vase dans lequel -les domestiques lavent -leurs mains.</p> - -<p>LAVERIE, lieu où on lave -la vaisselle.</p> - -<p>LAVETTE, linge qui sert à -laver la vaisselle.</p> - -<p>LÉQUEULS, LÉQUEULLES, -lesquels, lesquelles.</p> - -<p>LÉS, les; devant une consonne.</p> - -<p>LESSIVE (couler, <i>caudier</i> -la), faire la lessive.</p> - -<p>LESSIVE (battre la), frapper -sur le linge avec un battoir -pour faire pénétrer le savon.</p> - -<p>LESSIVEUSE, lavandière. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>LEU, leur.</p> - -<p>LEU, loup. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>LEU (paure), pauvre diable. -On dit aussi <i>paure lève</i>, en -parlant d'une femme.</p> - -<p>LEUS, leurs; se.</p> - -<p>LEUT', leur.</p> - -<p>LÈVE, louve.</p> - -<p>LEVÉ (mal), de mauvaise humeur.</p> - -<p>LÉZAND, paresseux; qui -prend du <i>laisi</i>.</p> - -<p>LI, lui. Ex.: Donne-<i>li cha</i>. -<i>Li</i> est peut-être pour <i>illi</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>LIACHE. Voy. <i>Comble</i>.</p> - -<p>LIAN, lien. Cette expression -se trouve dans les actes du -moyen-âge.,</p> - -<p>LIAGE, action de lier la récolte. -Ex.: Il n'y aura pas de -<i>liage</i> aujourd'hui.</p> - -<p>LIÈGE (feuilles de), feuilles -de lierre.</p> - -<p>LIETTE, cordon. Ex.: J'ai -cassé la <i>liette</i> de mon tablier.</p> - -<p>LIGNEU, ligneul.</p> - -<p>LIMONNIER, cheval qu'on -met dans les <i>limons</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>LIMONS, brancards d'une -voiture.</p> - -<p>LIMOUSINE, manteau limousin, -de grosse laine grise -à raies brunes, dont se servent -les charretiers. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>LINGARD (cheval), efflanqué. -Se dit aussi des personnes -grandes et maigres. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>LINGUE, langue. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>LIORNES, lianes.</p> - -<p>LIPPE, lèvre.</p> - -<p>LIPPU, qui a de grosses -lèvres. P.</p> - -<p>LIQUEUREUX, liquoreux.</p> - -<p>LIRLAS, lilas.</p> - -<p>LIROTES! LIROTES! LIROTES! -cri par lequel on -appelle les jeunes canards.</p> - -<p>LISA. Voy. <i>Elisa</i>.</p> - -<p>LISET, petit ruban de soie.</p> - -<p>LIT (haut de), ciel de lit, -baldaquin.</p> - -<p>LIU, lieu. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>LO, là. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>LOCHER, secouer un arbre -pour faire tomber les fruits. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>LOLO, veau; expression -enfantine. On dit aussi, d'un -grand garçon qui a des manières -enfantines: C'est un -grand <i>lolo</i>.</p> - -<p>LONGIN, lambin. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>LONGUE, longe.</p> - -<p>LOPIN, petite quantité. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>LOQUENCE (avoir une -bonne), avoir la voix forte.</p> - -<p>LOQUETS, petites portions -de laine qui tombent à terre, -à la tonte des moutons.</p> - -<p>LORIOT (compère), orgelet, -gros bouton en forme de grain -d'orge, qui vient sur les paupières. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>LORS DE, au moment de: -<i>Lors de</i> mon passage.</p> - -<p>LOUCHE, cuiller à potage. -C'est encore un de ces mots -d'un usage général qui, comme -le fait observer M. Corblet, -manque à la langue officielle -de l'Académie. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>LOUDIER, grosse couverture -de laine piquée. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>LOUISOT, Louis.</p> - -<p>LOURE, espèce de flûte.</p> - -<p>LOURER, jouer de la <i>loure</i>.</p> - -<p>L'QUEUL, lequel, laquelle.</p> - -<p>L'S', les; devant une voyelle.</p> - -<p>LUBIN, lupin.</p> - -<p>LUGAN, boudeur, sournois.</p> - -<p>LUGANNER. Se dit des premières -gouttes de pluie qui -précèdent le mauvais temps. -Ce mot viendrait-il de <i>lugere</i>, -verser des larmes?</p> - -<p>LUMÉRO, numéro.</p> - -<p>LUMINAIRE. Voy. <i>Cierge -dormant</i>.</p> - -<p>LUQUER, loucher.</p> - -<p>LURON, homme gai et sans peur.</p> - -<p>L'Z, les. Ex.: Ils sont arrivés -<i>l'z</i> uns après <i>l'z</i> autres. <span class="sc">P.</span></p> - -<h2>M</h2> - -<p>M', ma; devant une consonne. -Ex.: Le tiroir de <i>m</i>'table. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>M', me.</p> - -<p>MA, mal.</p> - -<p>MACHACRE, maladroit, -mauvais ouvrier.</p> - -<p>MACHACRER, massacrer.</p> - -<p>MACHIN, MACHINE, mot -par lequel on désigne une personne -ou un objet dont on ne -se rappelle pas le nom. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>MACHON, maçon.</p> - -<p>MACHOQUER, bossuer; signifie -<i>mal choquer</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MACRIAU, maquereau. En -picard, c'est <i>macrieu</i>. Autrefois, -quand il y avait des maquereaux -à la poissonnerie -d'Amiens, on criait au coin des -rues: «<i>On vous foet assavoir -qui vient d'arriver eine grande -déballation d'macrieux</i>; <i>i gn'o -des macrieux à mosieu</i>, <i>des -macrieux à procureux</i>, <i>des -macrieux à povers geins</i>» -(<i>Glossaire du patois picard</i>, -page 523).</p> - -<p>MADAME, dame. P.</p> - -<p>MADELEINE, poire à manger; -précoce.</p> - -<p>MADLON, Madeleine.</p> - -<p>MAGUE, bosse, ventre.</p> - -<p>MAGÜE (bouteille), qui a un -gros ventre. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MAGUETTE, quatrième cavité -de l'estomac des veaux, -dont on extrait la présure qui -sert à faire cailler le lait avant -de le transformer en fromage. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MAHON, coquelicot. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MAI, moi.</p> - -<p>MAIGRIER, maigre.</p> - -<p>MAILLARD, nom donné au -canard mâle. <span class="sc">P.</span> Voy. <i>Bourre</i>.</p> - -<p>MAIN DE (être à), être en -mesure de. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MAIN (être en à), outil d'un -usage facile. Ex.: Cette faucille -est <i>bien en à main</i>.</p> - -<p>MAINOTTE, petite main. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MAINTIENT, manche du -fléau à battre le blé; la <i>main</i> -le <i>tient</i>. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MAISON. Ce mot est généralement -employé pour désigner -une cuisine. Ex.: S'il -n'est point dans la <i>maison</i>, il -est dans la chambre.</p> - -<p>MAIS QUE, quand; avec le -présent du subjonctif. Ex.: Je -vous donnerai quelque chose, -<i>mais que</i> j'aille à la ville. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MAITE, maître.</p> - -<p>MAITRE, titre qu'on donne -aux cultivateurs en le faisant -précéder de leur nom de baptême. -Ex.: <i>Maître</i> Jean, <i>maître</i> -Pierre, etc. M. Auguste. Le -Prevost regarde cette locution -comme devant avoir une origine -fort ancienne (Voy. notre -<i>Essai sur Londinières</i>, p. 103).</p> - -<p>MAITRE-PIERRE, pomme à -couteau, très-tardive, et se -conservant fort longtemps; -nous en avons vu qui étaient -récoltées depuis près de deux -ans.</p> - -<p>MALADIE (faire une), éprouver -une maladie.</p> - -<p>MALAISE (à), à plus forte raison.</p> - -<p>MALANDRE, coup, blessure, -ulcère. Comme on le voit, ce -mot a beaucoup de rapport -avec <i>maladrerie</i>, lieu où l'on -retenait les lépreux (Voir notre -<i>Essai sur Neufchâtel</i>, pag. 62 -et suiv.).</p> - -<p>MALE, marne. Une charte -de 1318 fait mention de terres -<i>mallées de blanc malle pris et -champ meismes</i>, <i>x toises en -parfont</i> (<i>Etudes</i>, etc., par M. L. -Delisle, page 267).</p> - -<p>MALER, marner. On disait -autrefois <i>mailler</i>.</p> - -<p>MAL-EN-TRAIN, souffrant. -<span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>MALFAVEUR (coup de), -mauvais coup, coup de maladresse.</p> - -<p>MALGRÉ QUE, quoique.</p> - -<p>MALHU, malheur.</p> - -<p>MALHUREUX, malheureux. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MALIÈRE, trou d'où l'on tire -le <i>mâle</i>.</p> - -<p>MAL INCOMMODE, fort incommode.</p> - -<p>MALINE (fièvre), fièvre maligne; -on l'appelle aujourd'hui -fièvre <i>ataxique</i>.</p> - -<p>MALON, morceau de marne.</p> - -<p>MAL-SAINT N.... (être tenu -du), expression dont se servent -les bonnes femmes pour désigner -diverses maladies, en -conseillant d'aller en pélerinage -au saint dont le malade -est <i>tint</i>, afin qu'il soit guéri.</p> - -<p>MAN, mon; devant une consonne.</p> - -<p>MANANT, misérable, homme -sans délicatesse.</p> - -<p>MANCHONS, MANCHERONS. -Voy. <i>Hames</i>; de <i>manica</i>, manche. -H.-N.</p> - -<p>MANGE-TOUT (des), espèces -de petites fèves dont on -mange les cosses au moment -de la formation du grain.</p> - -<p>MANIQUET, selle de femme, -couverte d'une peau de mouton. -Les meuniers se servent -aussi de <i>maniquets</i> pour leurs -chevaux, mais ils sont recouverts -de peaux de veau et -n'ont point de dossier.</p> - -<p>MANJURE, démangeaison. -Ex.: J'ai <i>manjure</i> à la tête.</p> - -<p>MANS, larves du hanneton. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MAQUE-ÉPAIS, gourmand.</p> - -<p>MAQUER, manger; en parlant -des animaux.</p> - -<p>MAQUER, manger; nourriture -des animaux.</p> - -<p>MARCHER, parcourir. Ex.: -Avez-vous <i>marché</i> les terres -de la ferme? <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MARCOU, chat mâle. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MARETTE, petite mare. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MARGANNER. V. <i>Déganer</i>.</p> - -<p>MARGAU, fille d'une conduite -équivoque.</p> - -<p>MARGOTON, Marguerite.</p> - -<p>MARGOUILLER, mâcher, -manger malproprement.</p> - -<p>MARGOULETTE, bouche -d'enfant. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MARGUITE, Marguerite.</p> - -<p>MARICAUDER, noircir le -visage ou les habits; de l'espagnol -<i>mascarar</i> ou de l'italien -<i>mascharare</i>.</p> - -<p>MARICHA, maréchal ferrant.</p> - -<p>MARJOLLES, chair rouge -qui pend sous le bec des dindons -et des coqs. Se dit aussi -des hommes très-gras, en parlant -de leur <i>double</i> ou <i>triple</i> -menton. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MARMOUZETS, statues.</p> - -<p>MARONNER, MARMONNER, -murmurer en secret. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MAROTE, Marie. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MARQUE. Le bois de charpente -se mesure à la <i>marque</i>. -On en distingue de deux sortes: -1<sup>o</sup> la grande <i>marque</i>, qui contient -300 <i>chevilles</i>, et la petite -<i>marque</i>, qui n'en renferme -que 96. La grande <i>marque</i> -égale 0,71 décistères, et la -petite <i>marque</i>, 0,23.</p> - -<p>MARS (faire les), se livrer -aux travaux agricoles du printemps.</p> - -<p>MARS EN CARÊME (arriver -comme), arriver à propos; c'est -une corruption de <i>marée en -carême</i>.</p> - -<p>MARTIAU, marteau. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MASIÈRE, bord d'un bois, -d'un fossé, etc. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MASURE. On désigne ainsi -tout herbage attenant à une -habitation. Cette expression -est commune dans les actes -des <span class="sc">XII</span><sup>e</sup> et <span class="sc">XIII</span><sup>e</sup> siècles.</p> - -<p>MASTOQUE, lourdaud. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MATÉRAUX, matériaux. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MATIFAS, mortier fait de -chaux, de sable et de bourre.</p> - -<p>MATIN, juron; mauvais drôle.</p> - -<p>MATINES, livre d'heures à -l'usage des laïques.</p> - -<p>MATINEUX, matinal, qui se -lève matin.</p> - -<p>MATTE, martre.</p> - -<p>MATTES, lait coagulé par -suite de la chaleur de l'été. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MATTES (fond de). Ce qu'on -désigne ainsi est en réalité le -<i>dessus</i> des <i>mattes</i>, auxquelles -se trouve mêlé un peu de <i>fleurette</i>.</p> - -<p>MATTONNÉ (temps), couvert -de petits nuages arrondis. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MAU, mou. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MAUCŒURANT, qui fait -<i>mal au cœur</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MAUGRAI, malgré, <span class="sc">P.</span> C'est -le vieux mot français <i>maugré</i>.</p> - -<p>MAUVAISETÉ, méchanceté. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>MAUVIAR, espèce de merle.</p> - -<p>MÉCANIQUE, appareil adapté -aux voitures et destiné à -ralentir leur marche, dans les -descentes, au moyen d'une vis.</p> - -<p>MÉCHANT, pauvre. Ex.: -C'est un <i>méchant</i> porte-balle. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MÉCREDI, mercredi. On le -prononçait ainsi au <span class="sc">XVII</span><sup>e</sup> siècle. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>MÉDECHIN, médecin.</p> - -<p>MEIGLE, petit lait.</p> - -<p>MÊLE, merle.</p> - -<p>MÊLES, nèfles. <span class="sc">B.-N.</span> Cette -dénomination est ancienne.</p> - -<p>MÊLIER, néflier. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MELLE, merle. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MÊLI-MÊLO, mic-mac. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MÊME CHOSE (la), de même, -pareillement. Ex.: J'irai <i>la -même chose</i> dimanche.</p> - -<p>MÉMÉRE, grand'mère, femme -qui a de l'embonpoint. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MÉNAGER, petit cultivateur. -<span class="sc">P.</span> Meuble en bois où l'on -dispose les plats et les assiettes.</p> - -<p>MENDRE, faible. Ex.: Cet -enfant est bien <i>mendre</i>. Peu -important. Ex.: On punit pour -la <i>mendre</i> faute. Vient de moindre, -<i>minor</i>.</p> - -<p>MENON, chat.</p> - -<p>MENTIRIE, mensonge. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MENTÊCHE (c')? comment -est-ce? <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MÈRE-MAQUETTE (baptême -de la), <i>Angelus</i> de midi, dont le -son annonce l'heure du dîner.</p> - -<p>MÉRIENNE, méridienne.</p> - -<p>MÉROTTE (petite), femme -petite et replète.</p> - -<p>MERQUER, marquer, tacher.</p> - -<p>MÉS, mes; devant une consonne.</p> - -<p>MESANGLE et MÉSANGUE, -mésange.</p> - -<p>MÊT, espèce d'auge en planches -dans laquelle on pétrit le -pain et où on le serre, quand il -est cuit. <span class="sc">B.-N.</span> <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MESURE (à), de temps en -temps. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MÉTIER DE (avoir), avoir -besoin de. Ex.: J'aurais <i>métier</i> -de partir demain.</p> - -<p>MEULE, amas de gerbes -qu'on garnit d'une couverture, -en attendant que les bâtiments -de la ferme soient libres pour -recevoir les gerbes ainsi -amassées.</p> - -<p>MEURDRIR, meurtrir, <span class="sc">H.-N.</span> -P. En 1408, on paya quatre sous -deux deniers au geôlier des -prisons du Pont-de-l'Arche -pour avoir nourri en prison, -pendant vingt-quatre jours, -un porc qui avait <i>muldri</i> et tué -un petit entant, et qui, en expiation -de ce crime, fut pendu -à un des poteaux de la Justice -du Vaudreuil (<i>Etudes</i>, etc., par -M. L. Delisle, p. 107).</p> - -<p>MEURISON, maturité. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MI, moi. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MI-AOUT, quinze août. La -manière dont on prononce généralement -ce mot rappelle -cette réflexion de M. de Bellièvre: -«Il me semble entendre -miauler des chats, disait-il, -lorsqu'on prononce autour de -moi la <span class="sc">MI-A-OU</span> pour la <span class="sc">MI-OU</span>.»</p> - -<p>MIDI (sur les), vers midi.</p> - -<p>MIE, point. Ex.: On ne peut -<i>mie</i> siffler et bâiller en même -temps. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MIETTE (une), un peu. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MIEUX (au), très-bien.</p> - -<p>MIGOT, provision.</p> - -<p>MIGOT (pommes de), pommes -de dessert qu'on conserve -pour l'hiver et le printemps.</p> - -<p>MIGOTER (faire), faire bouillir -un mets doucement; placer -des fruits dans la paille pour les -faire mûrir, après qu'ils sont -cueillis.</p> - -<p>MIGNARD, enfant gâté.</p> - -<p>MIGNARD (faire le). Se dit -d'un enfant qui demande à être -caressé.</p> - -<p>MILICE (être), être la dupe.</p> - -<p>MIN, mon. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MINABLE, misérable, qui -inspire la pitié. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MINETTE, lupuline. <span class="sc">P.</span> Chatte.</p> - -<p>MINNE (grande), mesure de -pommes contenant huit boisseaux. -La petite <i>minne</i> n'en -contient que six.</p> - -<p>MINNUIT, minuit. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MINON, chat.</p> - -<p>MINUTE! dans un moment.</p> - -<p>MIOCHE, petit garçon. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MIONNER, manger avidement -un morceau de pain.</p> - -<p>MIOT (un), un peu. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MIOTS, miettes. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MIOUT (la). La fête de l'Assomption -de la sainte Vierge, -<i>la mi-août</i>.</p> - -<p>MIREUX, miroir. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MISTIGRI, nom donné an -valet de trèfle.</p> - -<p>MITAN, moitié, milieu. Les -auteurs assignent diverses origines -à ce mot. M. André de -Poilly le fait venir de deux -mots grecs: <span class="sc">ÊMI</span> pour <span class="sc">ÊMISU</span> -et <span class="sc">TAMUÔ</span>, <i>diviser par moitié</i>. -M. l'abbé Corblet croit qu'il -vient du tudesque <span class="sc">MITTAN</span>, milieu. -M. Auguste Le Prevost -le tire de <span class="sc">MEDIETAS</span>, <i>le milieu</i>. -Quoi qu'il en soit, Monet nous -apprend que cette expression -était généralement admise -en 1636.</p> - -<p>MITON, poire à manger, -précoce.</p> - -<p>MITONNÉE (soupe), soupe -dans laquelle le pain a bouilli. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MITONNER (faire), faire -bouillir lentement. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MITOUCHE (singe), hypocrite. -On a fait venir ce mot -de <i>saint-n'y-touche</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MIYEU, meilleur.</p> - -<p>M'N, mon; devant une -voyelle. <span class="sc">P.</span> «Nos paysans, dit -M, Alfred Darcel, dans ses -notes sur la <span class="sc">Chanson de Roland</span>, -poème du <span class="sc">XI</span><sup>e</sup> siècle, -disent <i>me n'épée</i> pour <i>ma n'épée</i> -avec l'n euphonique. Les lettrés -disent et écrivent <i>mon épée</i> -pour <i>mo n'épée</i> avec cette lettre -euphonique. Or, lequel a -raison? du paysan qui, sans -changer le genre de l'adjectif, -arrive á l'euphonie en intercalant -une lettre dont il indique -la raison d'être, ou du -lettré qui en change le genre, -sans garder par l'écriture aucune -trace de l'origine de ce -changement. <i>M'est avis</i> que -c'est le paysan (<i>Revue de Rouen</i>, -année 1851, page 448).»</p> - -<p>MO, mon.</p> - -<p>MODEUSE, modiste. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MOIDOUX, moisson.</p> - -<p>MOIDOUX (être dans le), -être entré dans le temps de la -moisson; dans le <i>mois d'août</i>.</p> - -<p>MOIDOUX (faire), travailler -à la moisson.</p> - -<p>MOIE. Voy. <i>Meule</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MOGNON, moignon.</p> - -<p>MOIGNAU, moineau.</p> - -<p>MOISILLON. On désigne -sous le nom de <i>moisillons</i> les -filles de la ville qui portent -robes et rubans, cherchant à -prendre des airs de grandes -dames auprès des villageoises.</p> - -<p>MOISON, maison, de <i>mansis</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MOISSE, portion de lait que -la vache donne en une seule -fois.</p> - -<p>MOISSON, moineau.</p> - -<p>MOLACHE, faible, flexible.</p> - -<p>MOLLE, botte de cercles -dont le nombre diminue en -proportion que les cercles -sont plus grands. Cette expression -était en usage dans le -moyen-âge.</p> - -<p>MOLLET (un petit), un peu.</p> - -<p>MOLLIR, baisser de prix. -Ex.: Le blé a <i>molli</i> à la halle. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MOLTON, étoffe de laine.</p> - -<p>MOMENT (du), en ce moment. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MONCORNE, mélange de -pois, de vesce, d'orge et d'avoine -qu'on sème au printemps. -L'usage de ce mélange de semences -est ancien; il en est -question dans une charte de -1199, <i>duas acras de mancorn'</i>; -il est aussi question, dans le -cartulaire de la Trinité de Caen, -de 80 acres de <i>mancor</i>. A défaut -de renseignements, M. L. -Delisle avait pensé qu'il fallait -peut-être entendre par <i>mancor</i> -le blé-méteil (<i>Etudes</i>, etc., -page 320).</p> - -<p>MON DIEU (être hors des), -ni beau, ni laid.</p> - -<p>MONGNAN, chaudronnier -ambulant. Ce mot vient peut-être, -par quelque chemin détourné, -de l'italien <i>magnano</i>, -serrurier.</p> - -<p>MONGNE, soufflet. Ex.: Donnez-lui -une <i>mongne</i>, s'il pleure.</p> - -<p>MONGNER, donner des <i>mongnes</i>.</p> - -<p>MONNÉE, blé qu'on porte -au moulin, ou farine qu'on en -rapporte. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MONNIER, meunier.</p> - -<p>MONSIEU, monsieur.</p> - -<p>MONT, tas, monceau. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MONTARDE, moutarde. Un -professeur du collége des jésuites, -à Dijon, mit un jour -l'énigme suivante au tableau: -<i>Multùm tardat Divio rixam</i>. -L'inscription parut séditieuse, -mais chaque mot expliqué -calma les jugements prématurés: -<i>multùm</i>, moult (vieux -mot français qui signifie <i>beaucoup</i>), -<i>tardat</i>, tarde, Divio, -Dijon, <i>rixam</i>, noise; ce qui -donne: <i>Moutarde dijonnoise</i> -(<i>Glossaire des Noels bourguignons</i>, -de Bernard de la Monnoye, -au mot <span class="sc">Moutarde</span>.)</p> - -<p>MONTEUX (pied), pied gauche -du cheval, du côté qu'on -<i>monte</i>.</p> - -<p>MONTON, mouton.</p> - -<p>MONTRER, enseigner. Ex.: -Je lui <i>montrerai</i> l'algèbre.</p> - -<p>MORCET, morceau.</p> - -<p>MORCIAU, morceau.</p> - -<p>MORDIENNE (à la bonne), -simplement, sans façon.</p> - -<p>MORFILE (avoir du), se dit -d'un couteau dont le taillant -n'a pas été adouci par la pierre, -après avoir été aiguisé sur la -meule.</p> - -<p>MORICAUD, noir.</p> - -<p>MORNIFLE, soufflet.</p> - -<p>MORZIEU! espèce de juron.</p> - -<p>MOUCHES A MIEL, abeilles. -Lorsqu'il meurt une personne -dans la maison de celui qui -possède des ruches, on a l'habitude -de placer à chaque -ruche un morceau de tissu -noir, afin de <i>faire faire le deuil</i> -aux abeilles, sans quoi, dit-on, -elles mourraient. Nous -ignorons ce qui a pu donner -lieu à cette crédulité; mais -nous pouvons assurer que nous -avons eu la preuve qu'elle ne -reposait sur aucun fondement.</p> - -<p>MOUCHET, amas, monceau. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MOUCHEUX, mouchoir.</p> - -<p>MOUCHEUX-DE-COS, cravate.</p> - -<p>MOUCHIAU, monceau.</p> - -<p>MOUFFLES, gros gants de -peau dont on se sert pour se -préserver les mains en coupant -les épines et en réparant -les haies. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MOUFLU. Se dit d'un pain -ou d'un gâteau bien levé. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MOUILLES, moules.</p> - -<p>MOULÉ. Imprimé. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MOULÉE, sciure de bois.</p> - -<p>MOUQUE, mouche.</p> - -<p>MOUQUE-A-MIET, <i>mouche -à miel</i>, abeille.</p> - -<p>MOUQUER, moucher. Ex.: -<i>Mouquez</i> la chandelle.</p> - -<p>MOUQUERON, moucheron.</p> - -<p>MOURMAUD, morose.</p> - -<p>MOURON, salamandre terrestre. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MOUSIEU, monsieur.</p> - -<p>MOUSIEU (poire de), bonne -à manger; précoce.</p> - -<p>MOUSSE (rose), rose moussue.</p> - -<p>MOUTARD, petit garçon.</p> - -<p>MOUTE, chatte. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>MOUTON, poire à manger; -assez précoce.</p> - -<p>MOUTURE, orge ou avoine -moulus grossièrement pour -donner dans l'étable aux porcs -ou autres bestiaux. D'après -M. L. Delisle, on entendait, au -moyen-âge, par <i>mouture</i>, le -blé de qualité moyenne (<i>Etudes</i>, -etc., p. 520.)</p> - -<p>MOUVETTE, cuiller de bois -qui sert à remuer les sauces. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MOUYEU, noyau de noix, -de cerise, etc.</p> - -<p>MOYEN (être), être faible, -malade.</p> - -<p>M' S', mes; devant une voyelle.</p> - -<p>MUCHER, cacher. <span class="sc">P.</span> Du -vieux verbe <i>musser</i>.</p> - -<p>MUCHE-TAN-POT (à), en -cachette. D'après M. Hécart, -ce mot vient de ce que certains -marchands vendaient de -la bière à meilleur marché -que leurs confrères; mais comme -ils ne payaient pas de droit, -il fallait l'emporter en cachette, -<i>mucher san pot</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MUCRE, humide. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>MUID, tonneau contenant -quarante-deux <i>veltes</i>.</p> - -<p>MULE. Voy. <i>Meule</i>.</p> - -<p>MULETTE, estomac intérieur.</p> - -<p>MULON. Voy. <i>Meule</i>.</p> - -<p>MULOT, pomme à cidre; -précoce.</p> - -<p>MURES, fruits de la ronce. -Nous croyons voir là un fait à -l'appui de l'opinion de M. L. -Delisle qui, en donnant le détail -des arbres et arbustes de -la Normandie, au moyen-âge, -se demande si la ronce ne se -serait pas appelée mûrier -(<i>Etudes</i>, etc., page 358).</p> - -<p>MURISON, maturité. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>MUSETTE, musaraigne; petit -mammifère qu'on regarde -à tort comme dangereux.</p> - -<p>MUSOTTER, s'occuper à peu -de chose.</p> - -<p>MUYEU, meilleur.</p> - -<h2>N</h2> - -<p>NA! parbleu, certainement. -<span class="sc">B.-N.</span> <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NABOT, de petite taille. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NACHE (morceau de), morceau -de fesse de bœuf ou de -vache. Ce mot vient du latin -<i>nates</i>, et se trouve dans un -acte de 1342, relatif à un seigneur -d'Auvilliers qui maltraita -un clerc, «le despéçant -avec ses espérons par les <i>naches</i> -et par les gambes et par -tout le corps» (<i>Revue de Rouen</i>, -1840, 2<sup>me</sup> semestre, p. 91).</p> - -<p>NACTIEUX. Voy. <i>Futeux</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NANAN, chose excellente à -boire ou à manger. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NANETTE, Anne.</p> - -<p>NANÉS ou NANINS. Ce mot -est souvent employé pour répondre -à une personne qui -adresse une question indiscrète. -Ex.: Que portes-tu, mon -ami, dans ton panier?—<i>Des -nanins pour souffler au c... des -demandeux.</i> Cette réponse est -pour ainsi dire stéréotypée, et -s'adresse indistinctement à -toute demande faite sans discrétion. -Cette expression aurait-elle -quelque rapport avec -le mot espagnol <i>nenes</i>, petits -enfants; ou plutôt, n'est-elle -pas la traduction du latin <i>neniæ</i>, -bagatelles, contes dont on -amuse les enfants?</p> - -<p>NANON, Anne.</p> - -<p>NASIAUX, narines du cheval, -de la vache, etc.; de <i>nasus</i>, -nez.</p> - -<p>NAU, feuille de plomb ou de -zinc qui se place à l'angle rentrant -d'une couverture en ardoises, -pour servir de gouttière.</p> - -<p>NE, ni. Ex.: C'est un impie -qui ne craint <i>ne</i> Dieu, <i>ne</i> vierge -Marie. <span class="sc">P.</span> Ce mot est ancien.</p> - -<p>NÊLE, nielle. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NENTILLE. Voy. <i>Judas</i>.</p> - -<p>NENTILLES, lentilles. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NEU, neuf. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NEYER (se), se noyer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NIANT, homme simple; -<i>néant</i>, en fait d'intelligence.</p> - -<p>NICHEUX, œuf qu'on laisse -dans le nid des poules pour les -engager à venir pondre. Parfois -on taille un morceau de -marne, en forme d'œuf, pour -servir de <i>nicheux</i>. Les Picards -disent un <i>nichouère</i>.</p> - -<p>NIÈVRE, mutin.</p> - -<p>NIFE, clair. Ex.: Ce cidre -est bien <i>nife</i>.</p> - -<p>NIQUEDOIULLE, niais. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>NITÉ (de), de naissance; <i>à -nativitate</i>. Ex.: Il est sourd -de <i>nité</i>.</p> - -<p>NIVELOTER, s'amuser à -des riens. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>NIXE! non pas! <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NO, notre, nous, nos, et -quelquefois ma. Ex.: <i>No</i> femme -est malade.</p> - -<p>NOCER, faire bombance. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NOCEUR, qui fait bombance. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>NOEUD-GABRIET, cartilage -thyroïde; nœud de la gorge. -On dit d'un homme qui a trop -mangé: Il en a jusqu'au <i>nœud-gabriet</i>. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>NOIRET, tirant sur le noir.</p> - -<p>NOIROT. Voy. <i>Noiret</i>.</p> - -<p>NOIRQUIN (homme), dont -le teint est un peu noir.</p> - -<p>NOM-DES-OS! juron. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NON-FAIT, non, pas du -tout. <span class="sc">B.-N.</span> Négation absolue.</p> - -<p>NONOSTANT, nonobstant.</p> - -<p>NOQUE, brèche à un taillant; -légère entaille à un bâton -comme font les boulangers -pour tenir note des pains qu'ils -fournissent.</p> - -<p>NOROLLE, brioche, gâteau. -Ce mot est assez ancien.</p> - -<p>NOS, nous; devant une -voyelle. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NOSTRUM (perdre le), ne -plus savoir où l'on en est de -ce qu'on fait.</p> - -<p>NOT, notre. Dans ses notes -sur Vaugelas, Corneille fait -remarquer que l'<i>r</i> ne se fait -presque point sentir dans <i>notre</i> -et <i>votre</i>.</p> - -<p>NOUÉ (enfant), qui se devient -mal. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NOURTIER, veau qu'on -achète pour l'engraisser.</p> - -<p>NOURTIER (bon), qui nourrit -bien ses bestiaux. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NOURTURE, nourriture.</p> - -<p>NOUVIAU, nouveau. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NUNNE-PART, nulle part. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>NUNUS, riens, bagatelles, -<span class="sc">H.-N.</span> <span class="sc">P.</span> De <i>neniæ</i>.</p> - -<p>NUROLE. Voy. <i>Norole</i>.</p> - -<h2>O</h2> - -<p>O, on. Ex.: <i>O</i> ne sait plus -à qui se fier. <i>P.</i></p> - -<p>O, où, Ex.: <i>O</i> voulez-vous -allez?</p> - -<p>O (il), il a. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>OBLIER, oublier.</p> - -<p>OBSERVER, faire observer. -Ex.: Je vous <i>observe</i> qu'il était -soir.</p> - -<p>OCLE. Voy. <i>Noque</i>.</p> - -<p>OCORE, encore.</p> - -<p>ŒILLÈRE (dent), dent canine -supérieure qui se trouve -sous l'œil. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>OGNON, poire précoce.</p> - -<p>OIN, oui; dans un sens ironique. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>OIR, oie mâle.</p> - -<p>OIRESSE, oie femelle.</p> - -<p>OL', on le, Ex.: Est-ce vrai -comme ol' dit?</p> - -<p>ONCHE, once. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ONGUES, ongles. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ONNI, uni.</p> - -<p>ONZIN, amas de gerbes au -nombre de onze, sur lesquelles -la onzième servait, dit-on, à -payer la dîme. Aujourd'hui on -ne réunit les gerbes que par -lots de dix, sous le nom de -<i>dizeau</i>.</p> - -<p>O Q'C'ET, quelque part; <i>où -que c'est</i>. Ex. Je l'ai mis <i>o -q'c'et</i>, mais je ne le trouve -pas.</p> - -<p>ORANGE (eau de fleur d'), -eau de fleurs d'oranger.</p> - -<p>OREILLE, partie mobile de -la petite charrue, qui se place -auprès du soc et se change de -côté, à chaque raie, pour élargir -le sillon. La grande charrue -a deux <i>oreilles</i> qui sont -immobiles et qu'on désigne -sous le nom de <i>petite</i> et <i>grande -oreille</i>.</p> - -<p>ORGERI, champ où l'on a -récolté de l'orge.</p> - -<p>ORILLER, oreiller.</p> - -<p>ORMOIRE, armoire. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ORTILLER, frotter avec des -orties.</p> - -<p>ORTILLONS, doigts des -pieds; diminutif d'<i>orteil</i>.</p> - -<p>ORVÈRE, orvet. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>OS, vous. Ex.: <i>Os</i> êtes bien -curieux. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>OSCUR, obscur. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>OSIAU, oiseau.</p> - -<p>OSIÈRE, osier.</p> - -<p>OU, que. Ex.: C'est là <i>où</i> je -demeure.</p> - -<p>OUAICHE (que je), que j'aille. -Ex.: Il faut que je <i>ouaiche</i> au -bois.</p> - -<p>OUÊTCHE? où est-ce?</p> - -<p>OUI (pour <i>cha</i>), oui; formule -très-affirmative. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>OUICHE! Exclamation dont -on se sert pour témoigner -qu'on a froid.</p> - -<p>OU Q'C'EST? où est-ce?</p> - -<p>OURDON, largeur de grain -que le faucheur abat à chaque -javelle.</p> - -<p>OUTARDES (aller aux), -chasse aux oiseaux qui se fait -de différentes manières, pendant -les nuits obscures de -l'hiver, à l'aide d'une lanterne.</p> - -<p>OUTEUX. Voy. <i>Auteux</i>.</p> - -<p>OUVRIER (jour), jour ouvrable.</p> - -<h2>P</h2> - -<p>PAFFE! Exclamation de -celui qui voit donner ou recevoir -un soufflet.</p> - -<p>PAGIE, pan de muraille. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>PAIE! Expression dont on -se sert pour exciter un chien -à manger ce qu'on lui présente. -Ex.: <i>Paie, Médor! Paie! -Paie!</i></p> - -<p>PALER, parler.</p> - -<p>PALETTE, pelle à feu.</p> - -<p>PALIER, lieu ou l'on dépose -les assiettes. Voy. <i>Ménager</i>.</p> - -<p>PAIN-M'NIT, pain bénit.</p> - -<p>PAMPHILE, espèce de jeu -de cartes; nom qu'on donne -au valet d'atout, à ce jeu.</p> - -<p>PAN, pain. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PANCHE, panse. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PANCHÉE (s'en donner une), -manger avec excès.</p> - -<p>PANCHU, qui a une grande -<i>panche</i>.</p> - -<p>PANÉE, pan d'un habit. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PANTALONS (mes), mon -pantalon; a moins qu'on ne -parle de plusieurs.</p> - -<p>PAPIN, bouillie pour les -enfants. <span class="sc">P.</span> Ce mot vient du -latin <i>pappare</i>.</p> - -<p>PAQUE-FLEURIE, dimanche -des Rameaux. Le nom de <i>Pâque-Fleurie</i> -est sans doute un -souvenir de l'usage où l'on -était jadis de joncher de verdure -et de fleurs, en ce jour, -les rues par lesquelles devait -passer la procession.</p> - -<p>PAQUER, faire ses pâques.</p> - -<p>PARAI, muraille; de <i>paries</i>.</p> - -<p>PAR-APRÈS, après, ensuite. -<span class="sc">B.-N.</span> <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PARAPHE (une), un paraphe.</p> - -<p>PARCIE, repas qu'on donne -aux moissonneurs après les -travaux de la moisson; ordinairement -on y boit à <i>tire-larigo</i>. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>PARDIÉ! espèce de juron; -<i>par Die</i>, par Dieu. C'est le <i>por -Dios</i> des Espagnols, et le <i>per -Dio</i> des Italiens. Les anciens -Normands juraient aussi par -Dieu, en se servant de l'expression -anglaise: <i>by God</i> (<i>Revue -de Rouen</i>, 1839, page 14).</p> - -<p>PARÉ (cidre), bon à boire.</p> - -<p>PAR-ENSONS, par-dessus. -Ex.: Jette-moi ton couteau -<i>par-ensons</i> la haie.</p> - -<p>PARER UNE POMME, peler -une pomme ou un autre fruit.</p> - -<p>PARÉSINER, se dit de celui -dont la main tremble.</p> - -<p>PARFINIR, donner la dernière -main à un ouvrage. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>PARINAGE. C'est ainsi qu'on -appelle le parrain et la marraine -qui accompagnent l'enfant -qu'on porte à l'église pour -recevoir le baptême. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PARIURE, pari.</p> - -<p>PARLER (se). En parlant de -jeunes gens qui se font la cour -pour se marier, on dit: <i>Ils se -parlent</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PARLER (se), parler avec -affectation. <span class="sc">H.-N.</span> Les deux -verbes suivants ont la même -signification.</p> - -<p>PARLOCHER (se).</p> - -<p>PARLORER (se).</p> - -<p>PARMI (le), le milieu. Ex.: -Mets ta carte dans <i>le parmi</i> du -jeu.</p> - -<p>PARTAGEUX, qui demande -le partage des biens. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PAS? n'est-ce pas?</p> - -<p>PAS-DE-CAT, lierre terrestre. -On lui a sans doute donné -ce nom à cause de la forme de -ses feuilles.</p> - -<p>PAS-DE-CAT, espèce de gaffe -à trois dents, attachée au bout -d'une corde, qui sert à retirer -les seaux qui tombent dans un -puits.</p> - -<p>PAS-MOINS, néanmoins. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PASSAGE. Voy. <i>Passeux</i>.</p> - -<p>PASSAGÈRE (rue), passante. -<span class="sc">P.</span> <span class="sc">H.-N.</span> <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>PASSÉ-DE-CHALEUR, très-échauffé. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PASSEUX, espèce de barrière -immobile qui sépare les -herbages, et qu'il faut franchir -quand on suit les sentiers -qui traversent fréquemment -les prairies et bouveries du -pays de Bray.</p> - -<p>PASSÉE-D'OUT. Voy. <i>Parcie</i>. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PASSE-POMME, espèce de -pigeon d'été.</p> - -<p>PAS-VRAI? n'est-ce pas vrai?</p> - -<p>PATACLAS, grand bruit. On -rapporte qu'un bon curé, voulant -donner à ses paroissiens -une idée du bouleversement -du dernier jour du monde, -commença ainsi: «Si tous les -arbres étaient réunis en un -seul arbre, ça ferait un bien -grand arbre; si toutes les mares -ne formaient qu'une mare, -ça ferait une bien grande mare; -si l'arbre tombait dans la -mare, quel <i>pataclas</i>, mes -frères!...»</p> - -<p>PATALON, pantalon.</p> - -<p>PATAR, gros <i>deux sous</i>. Le -<i>patar</i> était une ancienne pièce -de monnaie qui fut frappée -sous Louis XII; d'un côté, on -voyait deux fleurs de lis sur la -même ligne, et au-dessous, un P -et une croix; de l'autre côté, -une croix à branches égales, -placée sur un P. On a voulu -voir dans ces P l'initiale du -mot <i>patar</i>; mais ce doit être -celle de <i>provincia</i> (<i>Univers pittoresque</i>, -France, tome X, -page 372). M. l'abbé Corblet -parle d'un <i>patar</i> du Brabant, -de la valeur de quinze deniers -tournois, qui offre la figure de -saint Pierre sur une de ses -faces. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PATÈRE (un), une patère.</p> - -<p>PATIS. Voy. <i>Larris</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PATOUF (gros), gros lourdaud.</p> - -<p>PATRAQUES, paperasses.</p> - -<p>PATRÈS (envoyer <i>ad</i>), faire -mourir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PATRON (faire son), tomber -dans la neige ou dans la boue.</p> - -<p>PAURE, pauvre; employé -adjectivement devant une consonne. -<span class="sc">P.</span> Ex.: C'est un <i>paure</i> -malheureux.</p> - -<p>PAUVERTE, pauvreté. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PAUVRESSE, mendiante.</p> - -<p>PAYS, PAYSE, compatiote. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PECUNE, argent, monnaie. P.</p> - -<p>PEDRIX, perdrix.</p> - -<p>PEINE DE VIVRE (prendre), -en parlant de personnes qui -travaillent et sont économes.</p> - -<p>PEINTRE, espèce de limace -qui se rencontre dans les caves -et laisse sur son passage une -matière gluante qui <i>peint</i> sa -route.</p> - -<p>PELARD, bois de chêne dont -on a enlevé l'écorce. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PÊLE, poêle à frire.</p> - -<p>PELÉE, ce qu'on peut porter -sur une pelle.</p> - -<p>PELETTE, pelle à feu.</p> - -<p>PELLUCHE, pelle en fer.</p> - -<p>PÉLOT, palet.</p> - -<p>PENDRE QUE DE (ne), rester -à faire. Ex.: La table est -servie, il ne <i>pend que de</i> dîner. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PENSER, faillir. Ex.: Il a -<i>pensé</i> tomber. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PÉPÈRE, vieillard. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PÉPIN-FAVART, pomme à -couteau; espèce de calville.</p> - -<p>PÊQUE, pêche.</p> - -<p>PÉQUENCER, bavarder.</p> - -<p>PÉQUENCIER, PÉCANCIÈRE, -qui <i>péquence</i>.</p> - -<p>PÊQUER, pêcher, aller à la -pêche.</p> - -<p>PÊQUER, marcher sur, dans.</p> - -<p>PERCHER, percer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PERDU (sentir le), être sur -le point de perdre.</p> - -<p>PÉRETTE, jeune fille folâtre.</p> - -<p>PÉRI, péril.</p> - -<p>PERQUE, perche.</p> - -<p>PERSIN, persil. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PÉSACHIS, nom sous lequel -on désigne les semailles et -récoltes de pois, vesce et lentilles.</p> - -<p>PÉSAS, tiges de pois ou de -vesce liées en bottes après le -battage.</p> - -<p>PÉSERI, champ où l'on a -récolté des pois.</p> - -<p>PESOUT, homme grossier -et sans intelligence.</p> - -<p>PESTER, être contrarié.</p> - -<p>PET! paix! pour imposer un -silence absolu.</p> - -<p>PÉTIÈRE, ouverture qui se -trouvait au haut de la culotte, -par-derrière, avant qu'on fit -usage de bretelles; cette ouverture -était plus on moins -serrée à l'aide d'un cordon ou -d'une boucle. Nous n'oublierons -jamais, en entendant prononcer -le mot de <i>pétière</i>, l'embarras -et l'agitation d'un brave -homme que nous avons connu, -dans la culotte duquel un mauvais -plaisant avait introduit une -grenouille, par la <i>pétière</i>.</p> - -<p>PÉTIOT, PÉTIOTE, petit, -petite.</p> - -<p>PETITS! PETITS! PETITS! -cri pour appeler les poules.</p> - -<p>PÉTOCHER, en parlant des -enfants qui font du bruit en -marchant.</p> - -<p>PÉTONNIÈRE, bout de sureau -dans lequel les enfants -introduisent deux balles de -filasse, dont l'une chasse l'autre -par la pression de l'air; ce -qui produit un bruit semblable -à une légère détonation.</p> - -<p>PÉTOTS, petits pieds.</p> - -<p>PETRIR (auge à) V. <i>Mêt</i>.</p> - -<p>PEU (un petit), très-peu.</p> - -<p>PEU (un tant soit), excessivement -peu, si peu que ce soit.</p> - -<p>PEUPLE, peuplier. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>PHYSIQUE (beau), belle physionomie.</p> - -<p>PIAFFE, coquetterie. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PIAFFER, mettre de la recherche -dans sa toilette.</p> - -<p>PIAFFEUX, PIAFFEUSE, -coquet, coquette. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PIAI, pied. Dans un acte de -1356, il est question d'un <i>espasce -de trois piez à pié main</i>. Au -siècle précédent, on rencontre -encore cette mesure sous le -nom de <i>pedes manuales, pedes -ad manum</i>. «Quoique cette -expression figure dans un assez -grand nombre de textes, -dit M. L. Delisle, le sens n'en -est pas encore déterminé avec -certitude» (<i>Etudes</i>, etc., p. 530). -Nous croyons que le <i>pied-main</i> -est une mesure approximative -encore très en usage, parmi -les ouvriers de la campagne, -quand il s'agit d'opérations qui -ne demandent pas une grande -exactitude dans les appréciations. -On prend un bâton de -petite grosseur, plus ou moins -long, selon l'étendue de l'objet -qu'on veut mesurer; on le -place horizontalement devant -soi, en le tenant dans ses deux -mains, les doigts fermés en -dessous; on éloigne ensuite -les mains l'une de l'autre jusqu'à -ce que les deux pouces, -allongés contre le bâton, se -touchent par le bout; alors on -obtient le <i>pied-main</i>, c'est-à-dire -que la longueur du bâton -renfermée dans les mains représente -à peu près un pied.</p> - -<p>PIAN-PIAN, lentement. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PIANE-PIANE (aller), marcher -doucement; de l'italien -<i>piano</i>.</p> - -<p>PIANT, PIANTE, personne -malpropre, qui sent mauvais.</p> - -<p>PIARD (cheval), blanc et -noir comme certaines vaches; -couleur de la <i>pie</i>.</p> - -<p>PIAU, peau. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PIAUCER, écorcher, enlever -la <i>piau</i> d'un animal. On dit -aussi: Faire <i>piaucer</i> un animal -par un chien, pour signifier: le -faire mordre, lui faire arracher -la peau.</p> - -<p>PIAULARD, pleurnicheur. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PIAULER, pleurnicher. <span class="sc">P.</span> -Se dit aussi du gloussement de -la dinde.</p> - -<p>PIÈCHE, pièce.</p> - -<p>PIÈCHE, aucun. Ex.: Combien -as-tu de chapeaux?—<i>Pièche</i>.</p> - -<p>PIEDSENTE, <i>sentier</i> par lequel -on passe à <i>pied</i>.</p> - -<p>PIERROT, coiffure de femme, -dont le fond est très-élevé -et chargé de plis, ainsi que les -deux espèces d'ailes qui se prolongent -sur les épaules.</p> - -<p>PIÉTAIN, tumeur qui se -forme dans la bifurcation du -pied des moutons. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PIF, gros et long nez. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>PIGEON, pomme a manger.</p> - -<p>PIGNÉ (bien, mal), bien ou -mal ajusté, habillé.</p> - -<p>PIGNER, peigner.</p> - -<p>PIGNOCHE, cheville. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>PILAGE, brassage.</p> - -<p>PILE (donner une), donner -une rossée. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>PILER, brasser les pommes. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>PILER SUR, marcher sur. -Ex.: Vous me <i>pilez sur</i> le -pied. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PILON. Voy. <i>Grageux</i>.</p> - -<p>PIMPERNELLE, pimprenelle. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>PINCHARD, pinson.</p> - -<p>PINCHER, pincer.</p> - -<p>PINCHES, PINCHETTES, -pincettes.</p> - -<p>PINGEON, pigeon. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PINGRE, avare. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PIONE, pivoine. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PIOS! PIOS! PIOS! cri -pour appeler les porcs.</p> - -<p>PINOS! PINOS! PINOS! cri -pour appeler les dindons.</p> - -<p>PIOT, PIOTE, enfant, petit, -petite. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PIPET, fétu à l'aide duquel -on aspire un liquide. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>PIPIE, pépie.</p> - -<p>PIPIE (avoir la), avoir soif.</p> - -<p>PIQUETS, mouillettes.</p> - -<p>PIRE (aussi), aussi mauvais. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>PIRE (avoir du), être le plus -faible dans une lutte.</p> - -<p>PIS, puits où l'on puise de -l'eau.</p> - -<p>PIS, mamelle de vache, de -cheval, etc. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>PISSON, urine.</p> - -<p>PLACHE, place. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PLACHER, placer.</p> - -<p>PLACHEUX, offrant des -places où il n'y a rien. Ex.: Ce -blé est <i>placheux</i>.</p> - -<p>PLAIDEUX, plaideur. Ce -mot est d'un usage fréquent -dans le pays de Bray, comme -dans le reste de la Normandie. -Cependant nous n'en sommes -plus au temps de Jacques de -Camprond qui composa, en -1597, le <i>Psautier du Plaideur</i>, -dédié au Parlement de Rouen. -Un vrai Normand ne mourait -pas en ce temps-là sans avoir -eu un ou plusieurs procès, et -le livre du curé d'Avranches -était le <i>Vade mecum</i> de l'époque. -Pour comprendre l'esprit -processif de nos bons aïeux, -il suffit de se rappeler <i>le grand -prochez meu par un nid de pie</i>, -sur lequel le Parlement de -Normandie eut à se prononcer -en 1629. Pendant que les avocats -déployaient leur inépuisable -faconde, les <i>petits piards</i> -faisaient défaut aux parties et -les mettaient d'accord, en -abandonnant le nid. Aujourd'hui, -on plaide moins souvent -qu'autrefois; cependant on assure -qu'on rencontre encore çà -et là de vrais <i>plaideux</i> aussi familiarisés -avec le pétitoire, le -possessoire, le déclinatoire, le -récursoire, etc., qu'un vieil -huissier. C'est peut-être par -allusion à cet esprit de chicane -qu'on a dit que: <i>en Normandie</i>, -<i>si l'on jette un nouveau-né -contre une glace</i>, <i>il -trouvera moyen de s'y accrocher</i>.</p> - -<p>PLAISI (au), au revoir; au -<i>plaisir</i> de vous revoir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PLANCHE DU PIED, plante -du pied. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PLANCHÉ (lieu), planchéié.</p> - -<p>PLANQUE, planche. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PLANQUETTE, planche placée -sur un petit ruisseau pour -servir de pont. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PLATÉE, ce que contient un -plat.</p> - -<p>PLATE-FORME, sablière. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PLATINE, langue sans frein. -Ex.: Quelle <i>platine!</i></p> - -<p>PLAUDE, BLAUDE, blouse. -Il n'y a pas encore longtemps -qu'on désignait sous le nom de -<i>plaude</i>, une espèce de longue -redingote en toile grise que -portaient les vieillards peu -aisés. Il doit exister beaucoup -de rapport entre ce vêtement -et le <i>blialt</i> du XI<sup>e</sup> siècle, dont -il est question dans la <i>chanson -de Roland</i>.</p> - -<p>PLAUDER. Voy. <i>Piaucer</i>.</p> - -<p>PLEIN (tout), beaucoup. -Ex.: Il a <i>tout plein</i> de chagrin. -<span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>PLEU-PLEU, pie-vert; ainsi -nommé par onomatopée.</p> - -<p>PLEUVER, pleuvoir.</p> - -<p>PLEUVERE. V. <i>Pleu-Pleu</i>.</p> - -<p>PLI, levée de cartes. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PLION, pièce de bois qui -sert à maintenir le coutre d'une -charrue dans la position nécessaire; -on change le <i>plion</i> -de côté, à chaque sillon. Ce -mot est aussi très-usité dans le -sens de <i>ployon</i>.</p> - -<p>PLOTER (se), se jouer ou se -battre à coups de pelotes de -neige.</p> - -<p>PLOUTRE, pêne d'une serrure.</p> - -<p>PLOYON, bâton pliant qui -sert pour les couvertures en -paille. <span class="sc">P.</span> Voy. <i>Plion</i>.</p> - -<p>PLUCOTER, se dit des volailles -qui cherchent, qui épluchent -les grains perdus devant -les granges.</p> - -<p>POUAC! pouah!</p> - -<p>POCHER, espèce de jeu de -pair ou non, où l'on gagne des -noix et du pain d'épice aux -fêtes de villages, surtout aux -<i>Choules</i>.</p> - -<p>POGNE (avoir une bonne), -serrer fort avec la main; du -latin <i>pugnus</i>, poing.</p> - -<p>POGNIE, poignée.</p> - -<p>POIGNÉE (dernière). A la -fin de la moisson, on réserve -une poignée de blé à laquelle -on en ajoute une autre artistement -tressée et un bouquet. -Alors les moissonneurs vont -inviter la maîtresse de la ferme -à venir les aider <i>à finir à blé</i>; -et, quand on est arrivé au lieu -où la <i>dernière poignée</i> a été -préparée, on danse une ronde -et l'on vide une bouteille de -gros cidre, en mangeant une -galette. Ensuite, on présente -une faucille enrubannée à la -fermière, et, au moment où -elle s'avance pour scier la -riche poignée, les moissonneurs -s'arment de fusils qu'ils -avaient cachés sous les javelles, -et une première décharge -a lieu. Mais parfois la dernière -poignée n'est pas facile à couper, -et chacun dit son mot: -<i>Voilà du blé qui est bien dur</i>.... -<i>La faucille ne coupe pas</i>.... -<i>Madame ne sait pas son métier</i>.... -<i>Le moidoux ne se ferait -pas vite de ce pas-là</i>.... <i>Il y a -du sorcier</i>.... <i>Allons, courage!</i> -Enfin, la maîtresse se redresse -et paraît renoncer au succès, -lorsqu'un vieux grognard s'avance: -<i>Pardon! la maîtresse</i>; -<i>m'est avis qu'il a poussé là -quelque chose depuis tantôt</i>.... -Et il retire une branche qu'il -avait fourrée au milieu de la -poignée de blé. On danse une -nouvelle ronde; on vide une -seconde bouteille; on fait -encore une décharge, et -l'on regagne la ferme, où un -bon dîner est préparé, ainsi -qu'une récompense pour les -bonnes gens qui ont offert la -<i>dernière poigneé</i>. Pendant le -reste de la journée, les moissonneurs -n'ont d'autre occupation -que de tirer des coups -de fusil, manger et surtout -boire. Un jeune garçon, interrogé -sur le plaisir qu'il avait -eu dans une des circonstances -que nous venons de décrire, -répondit: <i>On a eu du bon -temps, mais on était crévé pour -verser à boire.</i></p> - -<p>POIRES DE TERRE, topinambours. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>POIRIONS, verrues.</p> - -<p>POISON (vieille)! Terme -injurieux.</p> - -<p>POLON, Napoléon.</p> - -<p>POLYTE, Hippolyte.</p> - -<p>POMMAGE (bon, mauvais), -bonne ou mauvaise nature de -pommes dans un herbage. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>POMMEROLES, primevères. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>POMON, poumon. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>POMONIQUE, pulmonique.</p> - -<p>PONCHET, coquelicot.</p> - -<p>PONNU, pondu.</p> - -<p>POPOT, POPOTE, petit -garçon, petite fille, poupée.</p> - -<p>POR, pour. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PORÉSINE, poix-résine.</p> - -<p>PORETTE, jeunes poireaux -à repiquer. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PORIONS. Voy. <i>Poirions</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PORQUER, qui garde les -porcs.</p> - -<p>PORTRAIT (tirer en), faire -le portrait, peindre. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PORSUIRE, poursuivre. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PORTE-COS, espèce de joug -qui sert aux servantes de ferme -a porter des seaux.</p> - -<p>PORTEUX DE LETTRES, -facteur rural de la poste. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>POT, ancienne mesure qui -contient deux <i>chopeines</i>.</p> - -<p>POT, pièce de charpente qui -supporte les sommiers. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>POTAYE, potée.</p> - -<p>POTICHE, cuisine de pauvres -gens. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>POTIN, bavardage inutile.</p> - -<p>POTINER, faire des remontrances -à contre-temps.</p> - -<p>POTINIER, POTINIÈRE, -qui <i>potine</i>.</p> - -<p>POTUIT, porte d'une cour, -placée entre deux <i>pôts</i> et surmontée -d'une petite couverture -par laquelle on ne passe -qu'à pied.</p> - -<p>POU, pour.</p> - -<p>POUANT, faiseur d'embarras. -P. Malpropre.</p> - -<p>POUCHE, petit sac.</p> - -<p>POUCHINÉE, couvée d'une -poule.</p> - -<p>POUCHINIÈRE (la), les pléiades.</p> - -<p>POUILLARD, vaurien. B.-N. -Perdreau trop jeune pour être -tué.</p> - -<p>POULAIN. On nomme ainsi -ce qui s'échappe d'un œuf cuit -dans les cendres, quand la -chaleur fait crever la coque.</p> - -<p>POULE-D'INDE, dinde.</p> - -<p>POULET-D'INDE, dindon.</p> - -<p>POULIER, poulailler.</p> - -<p>POULINÉE, fiente des poules. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>POULIOT, pièce de bois -mobile placée à l'extrémité -postérieure d'un chariot ou -d'une charrette, sur laquelle -s'enroule la <i>liache</i>.</p> - -<p>POULOT, jeune enfant; de -<i>pullus</i>. Dans le grec moderne, -on emploie encore, dans la -forme patronymique, l'expression -<i>poulo</i>, quand on veut -joindre le nom individuel du -fils à celui du père. C'est comme -<i>mac</i>, en Écosse; <i>o</i>, en Irlande; -<i>ap</i>, dans le pays de -Galles; <i>fitz</i>, <i>son</i>, <i>en</i>, en anglais; -<i>vitch</i>, dans les langues russes; -<i>ez</i>, en espagnol; <i>oglou</i>, en -turc. etc. (<i>Encyclopédie</i> du <span class="sc">XIX</span><sup>e</sup> -siècle, vol. 33<sup>me</sup>, p. 230). <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>POUQUE. Voy. <i>Pouche</i>.</p> - -<p>POUQUETTE, poche, petite -<i>pouche</i>.</p> - -<p>POUQUETTE (faire), mettre -en cachette des fruits ou autre -chose à sa poche, quand on -n'a plus faim.</p> - -<p>POURCACHER, en parlant -des animaux qui poursuivent -les autres pour les empêcher -de manger.</p> - -<p>POURLÉQUER (se), se lécher -les lèvres après avoir -mangé quelque chose de bon. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>POURPE (le), suette militaire.</p> - -<p>POURVANE, ration d'avoine -ou de son qu'on donne aux -chevaux et aux vaches. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>POUSSE-POUSSE, jeu d'enfant. -Les deux joueurs ont chacun -une épingle qu'ils poussent -l'une contre l'autre, jusqu'à ce -que l'une des deux reste sur -l'autre; alors celle du dessous -devient la propriété du gagnant.</p> - -<p>PRÊCHEUX, prédicateur. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PREMIER QUE (au), jusqu'à -ce que.</p> - -<p>PRÈS, près de, près du. Ex.: -Il demeure <i>près</i> l'église, <i>près</i> -le boulevart, etc.</p> - -<p>PRESSEUX, pressoir; lieu -où l'on <i>pile</i> et où l'on presse -les pommes.</p> - -<p>PRÈT (attraper son), lever -un fardeau trop lourd et gagner -une hernie. En parlant d'une -fille de conduite équivoque, qui -se trouve enceinte.</p> - -<p>PRÈTE, prêtre.</p> - -<p>PRÉTINTAILLES, petits grelots -qu'on attache au collier -des chevaux des rouliers et de -ceux qui conduisent les diligences.</p> - -<p>PRINS, PRINSE, pris, -prise. <span class="sc">P.</span> On dit qu'une fille -est <i>prinse</i>, quand elle est enceinte.</p> - -<p>PRINSE, prise de tabac.</p> - -<p>PRINSSEUX. Voy. <i>Presseux</i>.</p> - -<p>PRIVÉ, lieu d'aisance.</p> - -<p>PRIVÉ (animal), apprivoisé. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PTIOT. Voy. <i>Piot</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PU, plus.</p> - -<p>PUCHE, puce.</p> - -<p>PUCHER, puiser. Ex.: <i>Puchez</i> -de l'eau dans le seau. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>PUCHOT, lieu où l'on puise -de l'eau dans une mare.</p> - -<p>PUCHOT, altise; espèce de -caléoptère qui vit sur le colza -et les pois, auxquels il cause -un grand tort. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PUFINE, excrément humain.</p> - -<p>PUISSANT (homme), gros et -gras. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>PURE, peur.</p> - -<p>PURÉE (porter la), être -grondé, pour un autre, sans -l'avoir mérité.</p> - -<p>PURER, presser dans ses -mains un linge mouillé pour -le faire égoutter; des groseilles -pour en obtenir le jus. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>PURGE, purgation.</p> - -<p>PUS, plus.</p> - -<p>PUTEAU, mare qui reçoit -l'égoût du fumier. On dit aussi -<i>putet</i>.</p> - -<p>PUTIER, homme débauché.</p> - -<h2>Q</h2> - -<p>Q'MENCHER, commencer.</p> - -<p>Q'MIN, chemin. Le mot -<i>quemin</i> était très-usité au -moyen-âge.</p> - -<p>Q'MINAYE, cheminée.</p> - -<p>QUANTES (toutes fois et), -quand on voudra. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>QUART-D'HEURE (pour le), -pour le moment. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>QUARTE, quart du boisseau.</p> - -<p>QUART-MOINS DE, quinze -minutes avant l'heure. Ex.: Il -est le <i>quart-moins</i> de dix heures, -c'est-à-dire neuf heures -quarante-cinq minutes. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>QUARTRON, le quart d'un -cent, ou plutôt vingt-six, selon -l'usage consacré. Pour les -fruits, le <i>quartron</i> s'étend -même jusqu'à trente-deux.</p> - -<p>QUASIMENT, presque; du -latin <i>quasi</i>. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>QUATE, quatre.</p> - -<p>QUATRE FERS D'UN QUIEN -(ne pas valoir les), ne valoir -rien. Ex.: Il ne vaut pas les -<i>quatre fers d'un quien</i>.</p> - -<p>QUATRE-VINGT-DIX-NEUF -COUPS (avoir fait les), avoir -mené une vie aventureuse et -déréglée.</p> - -<p>QUÉ? qu'est-ce? Ex.: <i>Qué -quo</i> dites?</p> - -<p>QUENAILLE, canaille. <span class="sc">H.-N.</span> -On emploie aussi cette expression -en bonne part, en parlant -aux enfants. Ex.: Embrasse-moi, -<i>quenaille</i>.</p> - -<p>QUÊNE, chêne. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>QUENOT, petit chien.</p> - -<p>QUÊNOT, petit chêne.</p> - -<p>QUENOTTER, mettre bas; -en parlant d'une chienne.</p> - -<p>QUETOU, cochon.</p> - -<p>QUETOUS! QUETOUS! -QUETOUS! cri pour appeler -les porcs. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>QUEUE DE LEU (à la), l'un -derrière l'autre.</p> - -<p>QUEUQUE, quelque.</p> - -<p>QUEUQU'UN (un), quelqu'un.</p> - -<p>QUÈVRE, chèvre.</p> - -<p>QUÉVRON, chevron.</p> - -<p>QUI, qu'il, qu'ils.</p> - -<p>QUIACHE, excréments des -oiseaux; scorie du charbon de -terre.</p> - -<p>QUIARD. Voy. <i>Berneux</i>.</p> - -<p>QUIEN, chien.</p> - -<p>QUIEN DE FEU, chenet.</p> - -<p>QUIEN DE TERRE. Voyez -<i>Mans</i>.</p> - -<p>QUIEU? quel, quelle?</p> - -<p>QUIOLE, diarrhée.</p> - -<p>QUIOT, QUIOTE. Voy. <i>Piot</i>.</p> - -<p>QUO, que vous. Ex.: Je crois -<i>quo</i> mentez.</p> - -<p>QUO. Employé dans les -phrases interrogatives, pour -suppléer à l'inversion. Ex.: Où -<i>quo</i> z'allez? D'où quo venez? -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>Q'VA, Q'VAS, cheval, chevaux.</p> - -<p>Q'VEUX, cheveux.</p> - -<p>Q'VILLE, cheville.</p> - -<h2>R</h2> - -<p>RABÊTIR, rendre stupide. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RABIENNER, réconcilier.</p> - -<p>RABISTOQUER, raccommoder -de vieux habits et de vieux -meubles. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RACACHER, ramener les -bestiaux à l'étable. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RACAILLE, mauvais bestiaux, -mauvaises gens. Nous -croyons voir un grand rapprochement -entre ce mot et le -terme de mépris <i>raca</i>, dont il -est parlé dans l'Evangile, et -qui était en usage du temps -de J.-C. Le mot <i>raca</i>, ou plutôt -<i>reca</i>, vient de l'hébreu <span class="sc">RIK</span>, et -signifie à peu près: <i>tête légère</i>. -Aussi le Sauveur déclare-t-il -que celui qui adressera cette -injure à son frère, sera seulement -cité devant le conseil, -tandis que celui qui lui dira: -<i>Vous êtes fou</i>, méritera l'enfer.</p> - -<p>RACCOLER, entraîner quelqu'un -avec soi.</p> - -<p>RACCROC (par), après coup.</p> - -<p>RACHINNE, racine.</p> - -<p>RACLÉE, volée de coups de -bâton. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RACOIN, recoin.</p> - -<p>RACCOURCHIR, rendre plus -court.</p> - -<p>RACCROCHER. Voy. <i>Raccoler</i>.</p> - -<p>RACCROCHER (se), se dédommager -d'une perte, en gagnant -d'un autre côté.</p> - -<p>RADOUBLER, revenir sur -ses pas. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>RADRECHER, RADRESSER, -recommencer, réussir dans une -entreprise où l'on avait échoué -d'abord. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RAFISTOLER, raccommoder -grossièrement. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>RAFOURÉE, portion de fourrages -qu'on donne aux bestiaux -pour un repas.</p> - -<p>RAFOURER, donner à manger -aux vaches et aux moutons -dans l'étable. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RAFULER, coiffer. <span class="sc">P.</span> Donner -un soufflet.</p> - -<p>RAGACHE, qui parle sans -cesse et veut toujours avoir -raison. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RAGUISER, aiguiser. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RAIE, sillon de charrue.</p> - -<p>RAILE DU DOS, épine dorsale.</p> - -<p>RAILER, rayer, faire des -raies sur quelque chose.</p> - -<p>RAILETTE, milieu des cheveux -sépares en natte sur le -front.</p> - -<p>RAINCHÉE, rossée.</p> - -<p>RAINE, grenouille; de <i>rana</i>. -<span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>RAISONNER, répondre mal -à une personne qui vous fait -une remontrance ou vous reprend.</p> - -<p>RAISONS (avoir des), être -abondant en paroles. Avoir des -altercations.</p> - -<p>R'ALLER, aller de nouveau. -<span class="sc">H.-N.</span> Je <i>r'vais</i>, je <i>r'allais</i>, j'ai -<i>r'été</i>, je <i>r'irai</i>, etc.</p> - -<p>RALLONGE, allonge.</p> - -<p>RAMARRER, rejoindre par -un nœud les deux bouts d'une -corde.</p> - -<p>RAMBOURG, très-grosse -pomme à couteau. Ces pommes -ont commencé à être connues -à Rambures (Somme). Charles -Etienne en a peut-être fait un -éloge un peu exagéré dans son -<i>Seminarium</i>.</p> - -<p>RAMENDER, se vendre moins -cher, aller mieux; en parlant -d'un malade. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>RAMENDEVER, rappeler; -même signification que le vieux -verbe français <i>ramentevoir</i>.</p> - -<p>RAMOUCHELER, mettre de -nouveau en <i>mouchet</i>.</p> - -<p>RAMOUDRE, ramoner. Aiguiser -un tranchant.</p> - -<p>RAMOULEUX, ramoneur. -Émouleur.</p> - -<p>RAMUCRIR, rendre <i>mucre</i>.</p> - -<p>RAN, bélier, <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>RANCER, avoir la respiration -gênée et bruyante.</p> - -<p>RANCANGNÉ; se dit d'une -personne qui regarde en dessous -et dont la figure n'a rien -d'attrayant.</p> - -<p>RANDIR, rôder, tourner autour. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>RANDON, babil ennuyeux, -revenant sans cesse sur le -même sujet. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RANDONNER, rôder, aller -et venir dans un endroit. Bouillir -trop longtemps. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>RANDONNAGE, action de -<i>randonner</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RANDOUILLER; en parlant -d'un mets qui reste trop longtemps -sur le feu.</p> - -<p>RANQUEUX, animal de rebut, -qui se devient mal.</p> - -<p>RAPARILLER, rappareiller.</p> - -<p>RAPENSER (se), se souvenir.</p> - -<p>RAPIAMUS (faire), enlever -tout; du latin <i>rapere</i>, enlever. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RAPINEUX, qui vit de rapines. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>RAPOUSSER, rendre ce que -l'on avait reçu.</p> - -<p>RAPPORT A, à cause de. Le -T ne se fait pas sentir. Ex.: -Nous dinerons à deux heures -<i>rappor à</i> vous. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RAPSAUDER, dire des rapsodies. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>RAPTI, tiges de colza, dont -on a enlevé la graine.</p> - -<p>RAS-DE-TERRE (à), à rez-terre.</p> - -<p>RASEUX, rasoir.</p> - -<p>RASIÈRE, demi-hectolitre; -mesure pour les pommes et les -grains. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>RASSIÈRE, rasseoir.</p> - -<p>RASSIR, rasseoir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RASSOTER, raffoler. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RATATINÉ (homme), gros et -de petite taille.</p> - -<p>RATATOUILLE, fricassée -grossière. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RAT-BAILLOT, lérol.</p> - -<p>RATELAGE, ce qu'on ramasse -dans un champ ou une -prairie, à l'aide d'un rateau, -quand la récolte est recueillie.</p> - -<p>RATELLE, grand rateau qui -sert à recueillir les épis échappés -aux moissonneurs.</p> - -<p>RAT-LÉROT. Voyez <i>Rat-Baillot</i>.</p> - -<p>RATIER, qui fait métier de -détruire les rats.</p> - -<p>RATIRER, attirer chez soi.</p> - -<p>RATISER, attiser.</p> - -<p>RATON. Voy. <i>Coraprenant</i>. -M. l'abbé Corblet cite une étymologie -bizarre de ce nom, -extraite d'un manuscrit de la -bibliothèque de l'Arsenal: -«L'an 893, Dodilo, évêque, -alla, accompagné des religieux -de Saint-Vaast, jusqu'à Beauvais -où avait été transporté le -corps de Saint-Vaast, seize ans -auparavant, pour le ravage des -Normands, et fut rapporté à -Arras par l'evêque, avec affluence -de peuple, lequel montra -grand signe d'allégresse et -de dévotion, remerciant Dieu -qui leur avait rendu ce précieux -trésor sain et entier. Ce fut -alors que le peuple, en réjouissance, -inventa une espèce de -pâte composée d'œufs, de lait -et de pain dont ils se regalèrent, -ce que depuis lors on a -continué de faire tous les ans, -le jour de la fête du saint, dans -ladite abbaye et dans la plus -grande partie du peuple, même -jusqu'aujourd'hui, ce que l'on -a nommé <i>raton</i>, parce que le -peuple, allant au-devant du -saint, s'écriait: <i>le raton? le -raton?</i> voulant dire: <i>l'a-t-on -retrouvé</i>?»</p> - -<p>RATOURS, détours. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RATTRAPER (se). Voy. <i>Se -raccrocher</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RATRUCHE, ratissoire.</p> - -<p>RATRUCHER, ratisser.</p> - -<p>RAVALEMENT, portion de -muraille qui dépasse le plancher -du grenier. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RAVEINDRE, rejoindre. Retirer -d'un trou, d'une rivière, -d'un mauvais pas, etc. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RAVEUGLER TOUT, renverser -tout, en cherchant dans une -armoire ou ailleurs.</p> - -<p>RAVIGOTER, restaurer, faire -revivre.</p> - -<p>RAVISER, apercevoir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RAVISER (se), revenir sur -une détermination. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RAVOIR, posséder une seconde -fois. <span class="sc">H.-N. P.</span> Ex.: Je -<i>r'ai</i>, je <i>r'avais</i>, j'ai <i>r'u</i>, je -<i>r'érai</i>, etc.</p> - -<p>RAYER (se), tracer des lignes -au crayon sur le papier, -pour les suivre en écrivant.</p> - -<p>R'COMMANCHER, recommencer.</p> - -<p>RECHEVEUX, grand cuvier -qu'on place sous le canal de la -<i>faiselle</i>, pour recevoir le cidre -nouvellement brassé.</p> - -<p>RE. Cette syllabe, au commencement -des mots, se prononce -ordinairement comme -<i>er</i>. Ex.: <i>Ervenir</i> pour <i>revenir</i>, -<i>erpos</i> pour <i>repos</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RÉBABARATIF (air), air -rébarbatif.</p> - -<p>REBIFFER (se), se révolter -contre. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>REBLINDER, recommencer.</p> - -<p>REBOUQUER, reculer, renoncer -à; le plus souvent, ne -plus pouvoir manger. <span class="sc">H.-N. B.-N.</span></p> - -<p>REBOURS (à la), à rebours.</p> - -<p>REBOURS (cheval), cheval -qu'on ne peut faire avancer, -même à l'aide des coups de -fouet les mieux appliqués.</p> - -<p>REBOUTEUX, homme qui -reboute les os fracturés et -soigne les luxations. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>REBROQUER, réparer un -mauvais vêtement ou une mauvaise -couverture en paille. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RÉBROUER, renvoyer rudement. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>REBULET, produit du blé -qui tient le milieu entre la farine -et le son.</p> - -<p>REBUS (chemins), raffermis -après la pluie.</p> - -<p>RÉCART (mettre au), mettre -au rebut.</p> - -<p>RÉCAUFFER, réchauffer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RECAUSER DE, reparler -de. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RÉCENT (homme), qui n'est -pas ivre. <span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>RECHINCHER, revendeur.</p> - -<p>RECHIPPER, pousser de nouveau -en cépée. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RÉCONFORTER, donner des -forces, du courage.</p> - -<p>RÉCOPILLE (tout). Voyez -<i>Craché</i> (tout).</p> - -<p>RECOUPES. Voy. <i>Rebulet</i>.</p> - -<p>RÉCOQUILLER, rendre la -santé.</p> - -<p>RECOUVRIR LA SANTÉ, -recouvrer.</p> - -<p>RECTA, exactement. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RÉCURER, écurer. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RÈDE, vite. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RÉDILLON, sentier escarpé. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>REFAIRE, attraper, tromper. -<span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>RÉFORCHER, engager à -manger. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>REFOUIR, fouir une seconde -fois. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RÉGALER, payer la goutte. -Ex.: <i>Régalez</i>-vous aujourd'hui?</p> - -<p>REGARDANT (homme), parcimonieux. -<span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>RÉGENCE, petit pain fait au -levain de bière. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>REGLER, avoir la respiration -gênée et faire du bruit en -respirant.</p> - -<p>RÉGLISSE (du), de la réglisse.</p> - -<p>RÉGNON (dire son), en parlant -du léger bruit produit par -le chat avant de s'endormir.</p> - -<p>REGOURER. Voy. <i>Gourer</i>.</p> - -<p>RÉGUISER, aiguiser.</p> - -<p>REIDERIE, engouement -pour certaines choses. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>REIDEUX, qui a des <i>reideries</i>. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>REJOINDRE, se venger. Ex.: -Tu m'as nui, mais je te <i>rejoindrai</i>. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>RÉJOUI, gai. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RELANNER, rosser; signifie -peut-être frapper avec une <i>lanière</i>.</p> - -<p>RELEVÉE, après-midi. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RELEVER, faire ses relevailles. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RELEVER UN ACTE, en -prendre une expédition. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>RELICHÉE, rossée.</p> - -<p>RELICHER, rosser.</p> - -<p>RELIÉE, rossée.</p> - -<p>RELIER, rosser.</p> - -<p>RELIPPER, boire la part -d'un autre.</p> - -<p>RELUQUER, regarder longtemps -ou plusieurs fois une -personne avec inconvenance, -ou un objet pour le voler.</p> - -<p>REMBARER, riposter avec -énergie. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>REMBRAILER, donner suite -à une fête, le lendemain ou le -jour de l'octave; signifie peut-être -remettre ses <i>braies</i> de fête.</p> - -<p>REMBRAILER (se), remettre -ses braies, ses pantalons.</p> - -<p>REMETTEUX. V. <i>Rebouteux</i>.</p> - -<p>RÉMINER, réfléchir, chercher -dans son souvenir; du latin -<i>reminiscere</i>.</p> - -<p>REMIRER, regarder avec -attention. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>REMONTÉE, après-midi. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>REMONTER, reprendre son -travail après midi. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>REMOTTER, former une -motte de terre au pied de certaines -plantes, telles que la -pomme de terre.</p> - -<p>RÉMOUDRE, aiguiser sur -une meule.</p> - -<p>REMPIÉTER, refaire le pied -d'un bas. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>REMPLUMER (se), se remettre -bien dans ses affaires; regagner -au jeu ce qu'on avait -perdu. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>REMUQUE (sentir le); se dit -d'un vase ou d'un objet qui -porte certaine odeur désagréable, -semblable à ce qu'on -appelle <i>odeur de fût</i>, <i>de tonneau</i>.</p> - -<p>RENAFLER, respirer bruyamment -par le nez; s'emploie -surtout en parlant des chevaux -qui sont effrayés.</p> - -<p>RENALLER, (se), s'en aller -de nouveau.</p> - -<p>RENARÉ (être), trouvé plus -rusé que soi.</p> - -<p>RENCHARGER, recommander.</p> - -<p>RENCHIN (faire un), faire un -circuit et revenir à son point -de départ.</p> - -<p>RENELLE, ruelle d'un lit.</p> - -<p>RENFILER, affiler. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>RENFOURRÉE. V. <i>Rafourée</i>.</p> - -<p>RENFOURER. V. <i>Rafourer</i>.</p> - -<p>RENFRAICHIR, rafraîchir. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RAFRAICHISSEMENT, rafraichissement. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RENGAINER SON COMPLIMENT, -être obligé de renoncer -à un projet, à un ouvrage -qu'on allait entreprendre.</p> - -<p>RENHAITER, exciter, encourager.</p> - -<p>RENIFLER, aspirer par les -narines; faire remonter l'humeur -qui les remplît, pour éviter -de se moucher. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RENMESSER, faire dire une -messe d'actions de grâces, le -lendemain de son mariage.</p> - -<p>RENOUVEAU (le), le printemps. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>RENOUVIAU (au), au printemps.</p> - -<p>RENTIQUÉES (avoir des), -des répliques, des reparties.</p> - -<p>RENVOIS (avoir des), avoir -des rapports.</p> - -<p>RÉPARER (se), en parlant -du temps qui passe au beau -après la pluie.</p> - -<p>REPASSEUX, émouleur.</p> - -<p>RÉPER, avoir des <i>répets</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RÉPET, rot.</p> - -<p>RÉPONNU, répondu. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>REPIMPÉ, qui a fait toilette.</p> - -<p>RÉPRIMANDABLE, répréhensible.</p> - -<p>RÊQUE, d'un goût apre.</p> - -<p>RÊQUE (air), air revêche.</p> - -<p>RÊQUER, abattre les dernières -pommes d'un arbre.</p> - -<p>RÊQUET, petite gaule qui -sert à <i>rêquer</i>.</p> - -<p>RÉQUILLONS, restes.</p> - -<p>REQUINQUÉ, paré, en toilette.</p> - -<p>REQUIR, requérir.</p> - -<p>RESAQUER, tirer de nouveau -une personne d'un mauvais -pas, un objet du lieu où on -l'avait mis.</p> - -<p>RÉSIPÈLE, érysipèle.</p> - -<p>RESPECT (sauf, sous votre). -Formule fréquemment employée -quand on parle des animaux -ou de choses immondes -à une personne au-dessus de -soi. Ex.: Je viens de vendre -des cochons, <i>sauf votre respect</i>. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RESERRE, serre de jardin, -lieu où l'on retire divers objets.</p> - -<p>RESSOURDRE, réveiller, -activer, relever; du latin <i>resurgere</i>. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>RESSUER, en parlant des -murs quand ils se couvrent -d'humidité.</p> - -<p>RESSUYÉS (chemins). Voy. -<i>Rebus</i>.</p> - -<p>RESTER A, avoir son domicile. -Ex.: Il <i>reste</i> à Paris.</p> - -<p>RETAPÉ, en toilette. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>RETAPER (se), faire toilette. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>RÉTOQUER (se), faire de -nouveaux efforts pour soulever -un poids. Se montrer <i>rétoquet</i>.</p> - -<p>RÉTOQUET, petit homme -qui parle beaucoup et n'aime -céder à personne. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>R'ÊTRE, être de nouveau. -Ex.: Il <i>r'est</i> parti. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RETRUC (avoir du), avoir -plus d'un expédient à son service.</p> - -<p>RÉTU, qui jouit d'une bonne -santé.</p> - -<p>REUE, roue. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>REUE (faire l'), en parlant -d'une vache, et surtout d'un -taureau qui menace de ses -cornes en mugissant.</p> - -<p>REULIÈRE, ornière; trace -profonde de la <i>reue</i>.</p> - -<p>RÉUNIR A, avec, et. Le -verbe <span class="sc">RÉUNIR</span> ne doit jamais -être suivi de <span class="sc">A</span> ni de <span class="sc">AVEC</span>; -ainsi il ne faut pas dire: <i>réunir -la prudence</i> <span class="sc">A</span> <i>la hardiesse</i>, -mais <i>réunir la prudence</i> <span class="sc">ET</span> <i>la -hardiesse</i>.</p> - -<p>REVENEZ-Y (goût de), mets -ou boisson dont le goût flatte.</p> - -<p>REVERTÉRIS (avoir un), -changer de résolution.</p> - -<p>REVOIN, regain.</p> - -<p>RHABILLER, habiller de -nouveau. Parler mal de quelqu'un. -<span class="sc">P.</span> Piquer la meule d'un -moulin.</p> - -<p>RHEUME, rhume. On a passablement -disserté sur l'étymologie -de ce mot. M. Labourt -le fait venir du celtique <i>rum</i>, -qui signifie: <span class="sc">réunion</span>, <span class="sc">agglomération -en général</span>, en ce -sens que le rhume provient -d'un amas, d'une aggrégation -d'humeurs sur la poitrine. -M. l'abbé Dartois repousse -cette origine, parce qu'elle -repose sur une étymologie -philosophique peu en rapport -avec l'habitude de procéder -du peuple, qui juge ordinairement -par la cause et les effets, -et jamais d'une manière insaisissable -aux sens. Pour le -peuple, <i>la rheume</i> est un <i>refroidissement</i>; -et c'est, en effet, -par des mots qui ont cette signification -que cette maladie -est désignée en hollandais, en -anglais, etc. Puis, l'espagnol, -le portugais, le catalan, etc., -ont une expression tout-à-fait -en rapport avec le grec <i>reûma</i>. -D'où le savant chanoine de Besançon -conclut, avec M. A. de -Poilly, que la racine de rheume -vient du grec (Voir le <i>Glossaire -du patois picard</i>, par M. l'abbé -Corblet, p. 598 et suiv.). <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RIBAMBELLE, multitude. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RIBLE. Voy. <i>Halitre</i>.</p> - -<p>RIDEAU. Voy. <i>Condos</i>.</p> - -<p>RIDIAUX, rideaux.</p> - -<p>RIFLE, morceau de bois qui -se place au bout du <i>hanse</i>, et -dont les faucheurs se servent -pour aiguiser leur faux.</p> - -<p>RIFLER, se servir du <i>rifle</i>. -Effleurer.</p> - -<p>RIGOLET, rigole.</p> - -<p>RIGOLISSE, réglisse.</p> - -<p>RIKIKI (un coup de), un -verre de liqueur. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RIMÉE, gelée blanche; frimas. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>RIMER, geler <i>blanc</i>.</p> - -<p>RINCHÉE, volée de coups. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RINCHER LA LESSIVE, laver, -aigayer le linge, avant de -le tordre.</p> - -<p>RINCHETTE, verre d'eau-de-vie -qu'on prend après le -café.</p> - -<p>RINCHURETTE, verre d'eau-de-vie -qui vient après la <i>rinchette</i>.</p> - -<p>RINGOLISSE, réglisse. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RIO, petite raie, poisson.</p> - -<p>RIO, petite rigole dans laquelle -on plante des pois, des -fèves, etc. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RIOCHER, rire en se moquant.</p> - -<p>RIOCHEUX, qui <i>rioche</i>.</p> - -<p>RIOTEUX, instrument de -jardinage qui sert à faire des -<i>rios</i>.</p> - -<p>RIQUIQUI (famille de), composée -d'un grand nombre de -membres.</p> - -<p>RISQUE-A-LA-RISQUE, à -tout hasard. Au moment de -dire la messe, un prêtre n'avait, -pour lui répondre, qu'un -enfant peu en mesure de le -faire. Le prêtre commence: -<span class="sc">Introibo ad altare Dei</span>. Pas -de réponse! Il recommence: -<span class="sc">Introibo</span>, etc.—<i>Risque-à-la-risque</i>, -répond le serrant: <span class="sc">ET -CUM SPIRITU TUO</span>.</p> - -<p>RISQUEUX, douteux, périlleux.</p> - -<p>RISQUIPÈTE (œufs à la), -œufs à la coque, cuits dans les -cendres, <i>à la risque qu'ils -pettent</i>.</p> - -<p>RITELET, roitelet.</p> - -<p>ROBIN, taureau. <span class="sc">H.-N.</span> En -Bourgogne, on donne ce nom -aux béliers.</p> - -<p>ROBINIÈRE (vache), qui -tourmente les autres et est -impropre à la reproduction.</p> - -<p>ROGATONS (marchand de), -qui vend des objets de peu de -valeur, des jouets d'enfants. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ROGNONNEMENT, action de -rognonner.</p> - -<p>ROGNONNER, murmurer -entre ses dents. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ROGUE, réunion des œufs -du poisson.</p> - -<p>ROGUE (poisson), poisson -femelle qui n'a pas encore -frayé. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ROMATIQUE, rhumatisme.—<i>Qué -qu'ch'est que c'te plante-là</i>, -demandait dernièrement un -enfant au curé de sa paroisse, -eu lui montrant une touffe -d'hysope?—C'est une plante -aromatique...—<i>Une plante à -romatiques? Ah! donnez-m'en -unne branque pou papa -qu'en souffre tant!</i></p> - -<p>RONCHAILLES, lieu où il -y a beaucoup de ronces.</p> - -<p>RONCHES, ronces.</p> - -<p>RONDINS, bois à brûler qui -n'est pas encore fendu.</p> - -<p>RONGE (revenir au), goût -des aliments qui revient et se -fait sentir d'une manière incommode -après le repas.</p> - -<p>ROQUES, mottes de terre -qui se trouvent dans les terres -labourées. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ROQUET, pomme à cidre -tardive; bonne espèce.</p> - -<p>ROS, roue.</p> - -<p>ROS (faire la). Voy. <i>Reue</i> (faire la).</p> - -<p>ROSETTE, rose. On rapporte -qu'un congénère de ce mot, -<i>Roselle</i>, a donné lieu à un des -plus beaux vers de Malherbe, -quand il adressa à un de ses -amis, qui venait de perdre sa -jeune fille, le quatrain suivant, -que tout le monde connaît:</p> - -<div class="poem"><div class="stanza"> -<p class="i10">Ta fille était du monde où les plus belles choses</p> -<p class="i18"> Ont le pire destin,</p> -<p class="i10">Et Roselle à vécu ce que vivent les roses,</p> -<p class="i18"> L'espace d'un matin.</p> -</div></div> - -<p>Lorsqu'on imprima ces vers, -il paraît que le compositeur lut -mal le commencement du troisième, -et fit tout simplement -un chef-d'œuvre, sans s'en douter, -en mettant le vers suivant, -qu'on se garda bien de changer:</p> - -<div class="poem"><div class="stanza"> -<p class="i12">Et Rose elle à vécu ce que vivent les roses.</p> -</div></div> - -<p>ROTEUX, lieu qui reçoit l'égoût -du fumier. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ROUAN (cheval gris-), d'un -gris tirant sur le roux.</p> - -<p>ROUELLES, roues de charrue.</p> - -<p>ROUGE, homme qui a les -cheveux roux. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ROUGE-BRIÈRE, pomme à -cidre, tardive; excellente espèce. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ROULÉE, rossée. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ROULET, rouleau servant -aux travaux des champs pour -écraser les <i>roques</i>.</p> - -<p>ROULET, ralement précurseur -de la mort.</p> - -<p>ROULIÈRE, blouse dont se -servent les rouliers et autres -personnes. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ROUPIEUX, honteux. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ROUPILLER, faire le plus -léger bruit, soit en parlant, -soit en pleurant. On dira à un -enfant qui pleure: Si tu <i>roupilles</i> -encore, je te donne le -fouet.</p> - -<p>ROUQUELOUSE, espèce de -houppelande.</p> - -<p>ROUSSI. Voy. <i>Roteux</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>ROUSSI, légèrement atteint -par le feu.</p> - -<p>ROUSSI (sentir le), porter -l'odeur d'une étoffe qui brûle.</p> - -<p>ROUSSIR (se), brûler ses -vêtements en les approchant -trop du feu.</p> - -<p>ROUSSOLÉ, rissolé.</p> - -<p>ROUTER, vomir.</p> - -<p>ROUVIEU, maladie de la -peau, particulière aux chiens.</p> - -<p>ROUVREUIL. Voy. <i>Rouvieu</i>. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>ROUX-VENTS, vents qui, à -l'époque de la <i>lune rousse</i>, -avril et mai, brûlent les jeunes -pousses des plantes qui prennent -une couleur <i>rousse</i>. Noël -a employé ce mot: «Les <i>roux-vents</i>, -dit-il, décolorent et -transforment le bouton de la -fleur en pointe de gérofle... et -trompent l'espérance du cultivateur» -(<i>Premier Essai sur la -Seine-Inférieure</i>, p. 224).</p> - -<p>RUCHE (que je), subjonctif -du verbe <i>ruer</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>RUDE, grand, considérable, -fort.</p> - -<p>RUDEMENT, extrêmement. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>RUETTE, petite rue.</p> - -<p>RUMINER. Voy. <i>Réminer</i>. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>RUQUE, ruche.</p> - -<p>RUQUER, rucher.</p> - -<h2>S</h2> - -<p>S', sa, se.</p> - -<p>SACLER, sarcler.</p> - -<p>SACRESTI, SACRISTI, juron.</p> - -<p>SAFRE, goulu; se dit surtout -des chiens. <span class="sc">H.-N. B.-N.</span></p> - -<p>SAGOIN, homme malpropre. -<span class="sc">H.-N. P.</span> M. Corblet considère -ce mot comme la contraction -de <i>sale grouin</i>.</p> - -<p>SAI, soif.</p> - -<p>SAI, soi.</p> - -<p>SALÉ (petit), lard salé.</p> - -<p>SALIGAUD. Voy. <i>Sagouin</i>. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SALIGOTER (se), se salir. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SALINNE, poisson ou viande -salés.</p> - -<p>SALOPE, femme malpropre.</p> - -<p>SALOPIN, enfant malpropre.</p> - -<p>SAN, son; devant une consonne.</p> - -<p>SANG (tirer du), saigner.</p> - -<p>SANRIETTE, sarriette. Cette -plante était cultivée dans les -jardins dès le commencement -du <span class="sc">XIV</span><sup>e</sup> siècle.</p> - -<p>SANS (être de), manquer de. -Ex.: Avez-vous des épingles?—Non, -je suis <i>de sans</i>.</p> - -<p>SANS-CULOTTE, vêtement -des petits garçons, qui comprend -la veste et le pantalon.</p> - -<p>SANSURE, sangsue. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SANVRE, sanve; espèce de -senevé. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>SAOUL (raide), tout-à-fait -ivre jusqu'à la rigidité des -membres. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SAOULARD, ivrogne de profession.</p> - -<p>SAPAS, malpropre. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>SAQUER, extraire d'un sac, -d'un trou, d'une mare, etc. <span class="sc">H.-N.</span> -Ce mot se rapproche d'une des -acceptions de l'espagnol <i>sacar</i>.</p> - -<p>SAQUER (se), fuir promptement. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SAREAU, espèce de tablier -à l'usage des petits enfants.</p> - -<p>SAS, ivre, rassasié. <span class="sc">H.-N.</span> -Saule.</p> - -<p>SATANÉ, diabolique. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SAUX, saule. Au moyen-âge, -le nom de cet arbuste s'écrivait -constamment <i>saux</i>, <i>saulx</i>.</p> - -<p>SAVENIAU, verveux; espèce -de filet qui sert à prendra le -poisson.</p> - -<p>SAVOIR, SAVER, savoir, -pouvoir. Ex.: Il ne <i>saurait</i> -travailler longtemps sans se -reposer.</p> - -<p>SCIAU, seau. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>SCIO, petite scie.</p> - -<p>SEC, SÈCHE, SÈQUE. On -confond ordinairement ces adjectifs -pour le masculin et le -féminin. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SÉCRAN, maigre. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>SEIGLERI, champ où l'on a -récolté du seigle.</p> - -<p>SELLE A LESSIVE, espèce -de traiteau sur lequel on bat -et on laisse égoûter le linge -qui a été lessivé.</p> - -<p>SEMEUX. Ce mot désigne: -1º un homme qui sème; 2º l'espèce -de nappe qu'il passe en -bandoulière pour porter la semence.</p> - -<p>SENS (se manger les), s'impatienter -fortement. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SENTE, sentier. <span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>SENTU, senti.</p> - -<p>SEOIR (se), s'asseoir. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SÉQUER, sécher; faire sécher. -Ex.: Avez vous <i>séqué</i> -votre linge? <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SECHER, chercher.</p> - -<p>SERCIES (lèvres), lèvres -gercées.</p> - -<p>SÉRIE (faire), travailler le -soir à la chandelle. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>SERRER, placer un objet en -lieu sûr. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SERTE, temps de l'engagement -d'un domestique ou d'une -servante.</p> - -<p>SERUGIEN, chirurgien. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SERVIR, saillir. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>SÈT, SÉS, sel. Ses; devant -une consonne.</p> - -<p>SÉYANT, séant. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>SIEN (le), celui. Ex.; <i>Le sien</i> -qui sortira le dernier, fermera -la porte.</p> - -<p>SIENNE (la), celle.</p> - -<p>SIENNES (les), celles.</p> - -<p>SIENS (les), ceux.</p> - -<p>SIEN A (le), celui de. Ex.: -Mon chapeau est plus beau que -<i>le sien à</i> ton frère. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SIÉTEZ-VOUS! asseyez-vous!</p> - -<p>SIEU, suif. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SI-FAIT, nouvelle affirmation -contre une négation. Ex.: -J'ai été à Paris.—Non, vous -n'y avez pas été.—<i>Si-fait.</i> <span class="sc">P.</span></p> - -<p>SIN, son.</p> - -<p>SINER, signer.</p> - -<p>SINNE, signe. Signature.</p> - -<p>SI PEU QUE RIEN, en très-petite -quantité. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SIROTEUX, qui a la consistance -du sirop. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SISSITE (faire), s'asseoir; -terme enfantin. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>S'N, son; devant une voyelle. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>SOEURETTE, petite sœur. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>SOIFFEUR, qui boit souvent, -ivrogne. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>SOIRANTE (à la), vers le -soir. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>SOLAI, soleil.</p> - -<p>SOLDAR, soldat. Le vieux -mot français était <i>soudart</i>.</p> - -<p>SOLE, pièce de bois qui, -dans les maisons en charpente, -repose sur la maçonnerie de la -base du bâtiment, et dans laquelle -sont <i>entenonnés</i> les <i>pots</i> -et les colombes. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SOLINAGE, maçonnerie qui -se trouve sous la <i>sole</i>.</p> - -<p>SOMMÉLER, effrayer. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SOMMIER, grosse pièce de -bois posée horizontalement, -sur laquelle sont appuyées les -solives.</p> - -<p>SONNER MOT (ne), ne rien -dire. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SORCILÈGE, sortilège. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SORTIR DE, venir de. Ex.: -Il <i>sort d'</i>être malade.</p> - -<p>SOTTES (avoir les mains), -Voy. <i>Gourdes</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>SOTTISIER, qui dit des paroles -obscènes.</p> - -<p>SOUAIS (à vos), à vos souhaits! -Paroles qu'on adresse -aux personnes qui éternuent. -Nous pensons que cet usage -remonte à une haute antiquité.</p> - -<p>SOUDRE (faire), faire partir, -lever. Ex.: Il a fait <i>soudre</i> -un lièvre; vient peut-être de -<i>surgere</i>.</p> - -<p>SOUILLON, femme malpropre; -semble venir de <i>suillus</i>. -<span class="sc">P. H.-N.</span></p> - -<p>SOULARD, ivrogne. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>SOUPLE, moite.</p> - -<p>SOURCIN, nom par lequel -on désigne les souris, les mulots, -les rats, etc.</p> - -<p>SOURIS (cauque), chauve-souris.</p> - -<p>SOUS-CHEVRON, arbalêtier. -L'Académie écrit <i>arbalétrier</i>, -ce qui, d'après Napoléon Landais, -est un barbarisme, attendu -que ce mot vient d'<i>arbalête</i>. -<span class="sc">H.-N.</span> On dit aussi <i>sous-quévron</i>.</p> - -<p>SOUTINT, soutenu. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SOUVENT, vite. Ex.: Il n'arrive -pas <i>souvent</i>.</p> - -<p>S'S', ses, devant une voyelle.</p> - -<p>ST', ce, cette; devant une -voyelle.</p> - -<p>STE, cette; devant une consonne.</p> - -<p>STICHITE, celui-ci.</p> - -<p>STILA, celui-là.</p> - -<p>STILO, celui-là. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>SU, ce. Sur.</p> - -<p>SUÉE (endurer une), avoir -des souffrances aiguës; entendre -ce qui est capable de faire -suer de peur. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>SUERIE, action de suer. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SUFFISANCE (manger à sa), -selon son appétit. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SUGRÉGEON, épautre. Il est -souvent question, dans les -chartes du moyen-âge, d'une -espèce de froment désigné -sous le nom de gros blé, <i>grossum -bladum</i> (<i>Etudes</i>, etc., par -M. L. Delisle, p. 321). Ne serait-il -point question ici du <i>sugrégeon</i> -dont la culture était autrefois -assez étendue, à cause -de sa rusticité et de sa faculté -de réussir dans les plus mauvais -terrains? Son nom de <i>gros -blé</i> lui serait peut-être venu -surtout de la grosseur de son -épi. La variété la plus cultivée -devait être le <i>triticum spelta</i> -de Linnée, le <i>froment grand -épautre</i>.</p> - -<p>SUI, suivi. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>SUIRE, suivre. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>SUMER, semer. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SUPER, boire peu à la fois -et en aspirant, à la manière des -animaux ruminants, tels que la -vache; en anglais, <span class="sc">to sup</span>. <i>B.-N.</i></p> - -<p>SUPÉRIEUREMENT, très-bien.</p> - -<p>SUR (pour), certainement.</p> - -<p>SURCOUPER; se dit d'un -animal qui mange la nourriture -des autres.</p> - -<p>SURE, sureau. Le sureau -était une des espèces de <i>mort-bois</i> -de la forêt d'Eu; on le désignait -autrefois sous le nom -de <i>seur</i> (Voir notre <i>Essai sur -Blangy</i>, p. 63).</p> - -<p>SURIAUX, aigreurs.</p> - -<p>SURIR, devenir aigre, Ex.: -Ce cidre <i>surit</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>SURQUER; se dit d'un chat -qui guette les souris pour les -prendre. Selon M. Corblet, ce -mot serait une crase de <i>surguetter</i>.</p> - -<p>SURQUETTE, souricière.</p> - -<p>SURQUETTE (prendre une), -marcher sur un terrain spongieux, -de manière à faire jaillir -l'eau dans les chaussures.</p> - -<p>SURSIN. Voy. <i>Sourcin</i>.</p> - -<p>SURTAI, sûreté.</p> - -<p>SUSON, Susanne.</p> - -<p>SYNCOPÉ, stupéfait. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<h2>T</h2> - -<p>T, ton; devant une consonne.</p> - -<p>TAC, salamandre.</p> - -<p>TACHER QUE, faire en sorte -que.</p> - -<p>TAGNE, teigne. Cuscute, -plante parasite qui pousse dans -les prairies artificielles.</p> - -<p>TAI, toi.</p> - -<p>TAIS! TAIS! TAIS! cri pour -appeler les chiens.</p> - -<p>TALEURE, tout-à-l'heure. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TAMBRE, mince, Ex.: Cette -planche est bien <i>tambre</i>.</p> - -<p>TAMIS (jeu de), jeu de paume. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TAMPONNER, frapper à -coups de poing.</p> - -<p>TAN, ton; devant une consonne.</p> - -<p>TANCHER, gronder.</p> - -<p>TANDIS, pendant. Ex.: Il a -été malade <i>tandis</i> longtemps.</p> - -<p>TANNÉ, fatigué.</p> - -<p>TANNER, impatienter. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TANNER (se), se fatiguer. -M. André de Poilly fait dériver -ce mot, qu'on prononce <i>téné</i> -en Picardie, du grec <i>tieuomai</i>, -je m'étends. C'est, dit-il, l'effet -pour la cause. (<i>Mémoires de -la société d'émulation d'Abbeville</i>, -année 1844, p. 154).</p> - -<p>TANT QU'A CELA, quant à -cela.</p> - -<p>TANTINET (un), un peu; du -latin <i>tantillùm ou tantillulùm</i>. -<span class="sc">H.-N. P.</span></p> - -<p>TANT PIRE, tant pis.</p> - -<p>TANT PUS... TANT PUS, -plus. Ex.: <i>Tant pus que</i> vous -le reprendrez, <i>tant pus</i> il fera -mal.</p> - -<p>TANT QU'A' MI, A MAI, -quant à moi. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TANT SEULEMENT, seulement. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TANTOUILLER, traîner dans -l'eau, la boue, etc. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>TAPÉE, grande quantité. -<span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>TAPOTER, frapper à petits -coups continuellement. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TARABUQUER, frapper fort -et longtemps.</p> - -<p>TARDILLON, volaille éclose -à l'arrière-saison; enfant né -longtemps après les autres. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TARELLE, tarière.</p> - -<p>TARINER, marchander, hésiter.</p> - -<p>TAS, lieu où l'on <i>tasse</i> la -récolte des gerbes de blé, -d'orge, d'avoine, etc.</p> - -<p>TASSERIE. Voy. <i>Tas</i>.</p> - -<p>TAUDION, taudis. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TAURIAU, taureau. Les -Bourguignons appellent <i>torie</i> -une jeune vache qui n'a pas encore -porté.</p> - -<p>TAURELLIÈRE (vache), qui -prend les allures du taureau, -tourmente les autres vaches et -finit par devenir inféconde.</p> - -<p>TAYON, aïeul. En Picardie, -on dit aussi <i>théïon</i>, mot que -M. de Poilly fait dériver du -grec <i>theios</i>, oncle. «En vain, -dit-il, objecterait-on, contre la -légitimité de cette dérivation, -la différence des degrés de -parenté, puisque la même différence -existe entre le mot -latin <i>nepos</i>, <i>petit-fils</i>, et son -dérivé français <i>nepveu</i>, qui -n'est devenu neveu qu'an <span class="sc">XVII</span><sup>e</sup> -siècle» (<i>Mémoires de la Société -d'émulation d'Abbeville</i>, année -1844, page 155).</p> - -<p>TÉ, te.</p> - -<p>TEIGLER, tousser fréquemment. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>TEIGUER, tousser, être oppressé. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TEMPLE, tempe. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TENDON DE VEAU, tendrons.</p> - -<p>TERGER, tarder; ordinairement -employé avec une négation. -Ex.: Il ne <i>tergera</i> pas à -venir. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TERLUIRE, briller; de <i>ter -lucere</i>, luire trois fois.</p> - -<p>TÉROITE, truite.</p> - -<p>TÉROUIE, truie.</p> - -<p>TERQUE, brai; espèce de -goudron.</p> - -<p>TERQUÉ, sali, crotté.</p> - -<p>TERQUER, faire une croix, -avec du <i>terque</i>, sur la porte -des étables, dans la pensée de -préserver les bestiaux des maladies -contagieuses et épidémiques.</p> - -<p>TERTOUS, tous; sans exceptions. -<span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>TÉS, tes; devant une consonne.</p> - -<p>TÈSI (être), avoir l'estomac plein.</p> - -<p>TÉTARD, arbre <i>étêté</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TÈTE, téton.</p> - -<p>TÈTE D'ORILLER, taie d'oreiller. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TÉTE, tête.</p> - -<p>TÉTOS, tétons.</p> - -<p>TEURDRE, tordre.</p> - -<p>THÉRÈSE, espèce de capuchon -que les femmes portent -sur la tête, quand elles assistent -aux inhumations et pendant le -temps que dure leur deuil. Ce -nom semble indiquer clairement -son origine et doit signifier -l'espèce de voile dont les -Carmélites déchaussées se couvrent -la tête, à la manière de -sainte Thérèse, qui fit approuver -cet ordre, dont elle fut la -fondatrice, en 1562.</p> - -<p>TI? particule interrogative -ajoutée au verbe. Ex.: J'irai-<i>ti</i>? -Viendra-<i>ti</i>?</p> - -<p>TIA! TIA! TIA! pour appeler -les cochons. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TIERSON, demi-partie du -<i>demi-gros</i>. Le <i>tierson</i> ne devrait -contenir que deux muids; -mais, grâce à sa forme plate, -il porte un grand préjudice aux -cultivateurs sur la mesure -réelle.</p> - -<p>THIERS, pieu auquel on attache -les chevaux et les vaches -pour les faire pâturer dans les -champs. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TIGNACHE. Voy. <i>Crignache</i>. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>TIGNEUX, teigneux. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TIN, ton. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TINCHER. Voy. <i>Tancher</i>.</p> - -<p>TINETTE, petit coffre dans -lequel on met du sel on du lard -salé.</p> - -<p>TINS, glas, coups de cloche -isolés. Pour annoncer la mort -d'un homme, on sonne neuf ou -treize <i>tins</i>; pour la mort d'une -femme, on n'en sonne que sept -ou onze.</p> - -<p>TINT, tenu. Voy. <i>Mal saint</i> -N...</p> - -<p>TINTERELLE, petite cloche. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>TIOT, TIOTE, petit, petite. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TIPONNER, habiller un enfant -avec soin. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>TIQUER, avoir une toux -sèche et brève.</p> - -<p>TIQUETÉ, marqué de petites -taches. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TIRANDER, tirailler. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TIREUX, tiroir.</p> - -<p>TIRÉ (en avoir du premier), -avoir les prémices de quelque -chose. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TIRLARIGO (boire à), boire -avec excès. Ce proverbe remonte -au <span class="sc">XIII</span><sup>e</sup> siècle. A cette -époque, Eude Rigaud, archevêque -de Rouen, fit don à sa -cathédrale d'une cloche qui -était si difficile à mettre en -branle, qu'il dut s'engager à -fournir à boire aux sonneurs. -C'est de là que nous vient le -proverbe: <i>Boire à tire la Rigaud</i> -(Voir notre <i>Essai sur -Londinières</i>, page 237).</p> - -<p>TITI, enfant; terme enfantin.</p> - -<p>TITONNER. Voy. <i>Tiponner</i>.</p> - -<p>TIU! TIU! TIU! pour appeler -les vaches.</p> - -<p>T'N, ton, ta; devant une -voyelle.</p> - -<p>TOCSON, fille grossière et -malpropre. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>TOINE, TOINOT, Antoine.</p> - -<p>TOINETTE, Antoinette.</p> - -<p>TOLIR, enlever; du latin -<i>tollere</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TOMBE (faire une), faire une -chute. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TOMBER DU HAUT MAL, -avoir des attaques d'épilepsie. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>TOMBES (les). On entend -par là les arbres fruitiers qui -<i>tombent</i> par suite de coups de -vent; on les laisse ordinairement -au fermier, qui est tenu -de les remplacer par de bonnes -<i>entes</i>.</p> - -<p>TONDELIER, tonnelier. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TONDRE, amadou.</p> - -<p>TOQUANT (homme), <i>entêté</i>.</p> - -<p>TOQUART, qui porte à la -tête. Ex.: Ce cidre est <i>toquart</i>.</p> - -<p>TOQUER (se), se heurter la -tête. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>TOQUET, bonnet rond que -les femmes mettent le matin. -Voy. <i>Kalipète</i>. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>TORCHE. Voy. <i>Maniquet</i>.</p> - -<p>TORCHER, mettre la <i>torche</i> -sur le cheval.</p> - -<p>TORCHON (Marie), femme -malpropre. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TORQUE. Voy. <i>Torche</i>. Lien -en foin qui se fait en tordant -les liges de l'herbe sur elles-mêmes.</p> - -<p>TORQUER. Voy. <i>Torcher</i>. -Essuyer.</p> - -<p>TORQUETTE, petite branche -à laquelle sont réunis, en assez -grand nombre, soit des cerises, -soit des pois, soit d'autres fruits.</p> - -<p>TOTONNER, jouer des grosses -noix, des œufs rouges, du -pain d'épice, au moyen d'une -boule polygone, sur chaque -côté de laquelle se -trouve un numéro jusqu'au -nombre 12.</p> - -<p>TOTOS. Voy. <i>Tétos</i>; terme enfantin.</p> - -<p>TOTTE, morceau de toile -dans lequel on enveloppe du -sucre et de la mie de pain pour -le donner à sucer aux petits -enfants et les empêcher de -pleurer.</p> - -<p>TOUBAC, tabac. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TOUFFLETTE, houppe.</p> - -<p>TOUILLER, mêler, remuer, -délayer dans un vase. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TOULAID, homme très-laid.</p> - -<p>TOUPINER, tourner à la -même place et n'avancer à -rien, comme une <i>toupie</i>.</p> - -<p>TOURGNIOLE, mal au doigt; -espèce de panaris.</p> - -<p>TOURNÉE, volée de coups. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TOURNURE, mauvaise excuse. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>TOURTILLER, tortiller. <span class="sc">H.-N.</span> -En parlant de quelqu'un qui -mange beaucoup, on dit aussi: -Il <i>tourtille</i> bien.</p> - -<p>TOUSSAILIER, tousser -presque continuellement.</p> - -<p>TOUSSOTER, avoir une toux -faible et fréquente.</p> - -<p>TOUT n', non plus; non.</p> - -<p>TOUT DRAIT, tout droit, sans -se détourner. <span class="sc">P.</span> Justement.</p> - -<p>TOUT-PARTOUT, partout; -de tous côtés.</p> - -<p>TOUT-PLEIN, beaucoup. <span class="sc">P.</span> -On dit aussi: <i>Tout fin plein.</i></p> - -<p>TOUZER, couper, tondre. -Ex.: Demain, ou <i>tousera</i> la -haie et les moutons. <span class="sc">B.-N.</span> Un -titre de 1403 porte qu'on payait -<i>ung denier pour touser cinq -brebiz</i>.</p> - -<p>TOUZERIE, tonte des montons.</p> - -<p>TOUZEUX, celui qui touze.</p> - -<p>TOUYAU, extrémité de la -queue du chou, qui touche à la -pomme.</p> - -<p>TRACER (se). V. <i>Rayer</i> (se).</p> - -<p>TRACHER, chercher avec -attention. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TRACHER SA VIE, mendier. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TRACIER, espèce de <i>bacu</i>, -dont les traits sont formés de -petites chaines de fer.</p> - -<p>TRAIL, cylindre sur lequel -s'enroule une corde pour tirer -de l'eau d'un puits ou de la -marne d'une marnière. Ce mot -viendrait-il de <i>trahere</i>, attirer?</p> - -<p>TRAIN (être en), être ivre.</p> - -<p>TRAIN DE (être en), être occupé -à. Ex.: Il est <i>en train de</i> -faucher.</p> - -<p>TRAITE. V. <i>Moisse</i>.</p> - -<p>TRAN-TRAN. Voy. <i>Potin</i>.</p> - -<p>TRAS, trace. Voy. <i>Frais</i>.</p> - -<p>TRASQUER, traquer, marcher -dans l'eau sans précaution.</p> - -<p>TRAYONS, <i>tettes</i> de la vache, -par lesquelles on <i>trait</i> le lait.</p> - -<p>TRÈFLERI, terre sur laquelle -on vient de récolter du trèfle. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TRÉMAIS, travaux des -champs qui se font au printemps, -tels que labour, semence -et hersage de l'avoine, -de l'orge, des pois, etc. Ce -mot vient du latin <i>trimestria</i> -ou <i>trimestris</i>, semences qui -viennent en trois mois.</p> - -<p>TREMBLEMENT (un), une -grande quantité. Ex.: Cette -année, il y a <i>un tremblement</i> -de noix. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TREMBLERIE, frisson. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TREMPETTE, pain que l'on -fait tremper dans le cidre ou -dans le vin. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TREMPETTE DES MARIÉS. -Il est encore assez d'usage, dans -les campagnes, de donner une -trempette aux nouveaux mariés -au moment de se coucher. Cet -usage a une origine religieuse, -et on le trouve encore mentionné -dans les rituels du <span class="sc">XVII</span><sup>e</sup> -siècle (<i>Manuale Ecclesiæ Rothomagensis</i>, -édition de 1640). -Après la messe de mariage, on -apportait au prêtre une coupe -remplie de vin et deux petits -morceaux de pain; il bénissait -le tout, puis, trempant le pain -dans le vin, il le distribuait aux -époux. Le soir, il se rendait au -domicile des mariés pour la -bénédiction du lit nuptial; ensuite -il bénissait encore du -pain et du vin, comme le matin, -et le présentait aux nouveaux -mariés, au moment de -se mettre au lit (<i>Journal de -Neufchâtel</i>, année 1849, nº 50). -A Beauvais, il existe encore un -usage tout-à-fait analogue, -connu sous le nom de <i>mouillettes</i>. -Au repas de noce, on -présente aux époux un vase de -vin dans lequel le marié trempe -un morceau de pain dont il -prend la première bouchée et -donne la seconde à sa femme. -«Ils boivent ensuite dans la -même coupe, dit M. Tremblay, -en signe de communauté de -bien et de mal» (<i>Notice sur -Beauvais</i>; cité par M. l'abbé -Corblet, <i>Glossaire du patois -picard</i>, page 542).</p> - -<p>TRÉSALLE. Se dit du linge -que l'humidité couvre de petits -points noirs ou rougeâtres. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TRESSAUT, soubresaut.</p> - -<p>TRESSAUTER, faire un <i>tressaut</i>. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>TRÉTINS, bottes de paille -formées de petites tiges de blé -produites par le <i>gluage</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TRETOUS. Voy. <i>Tertous</i>. <span class="sc">P.</span> -Maître Jehan Clopinel, qui -écrivait vers la fin du <span class="sc">XIII</span><sup>e</sup> -siècle, dit, en parlant des hommes -primitifs:</p> - -<div class="poem"><div class="stanza"> -<p class="i16"><i>Trestous</i> pareils estre souloient,</p> -<p class="i16">Ne rien propre avoir ne vouloient.</p> -</div></div> - -<p>TREU, trou. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TREUER, trouer. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TREULER, faire un vent en -point d'orgue.</p> - -<p>TREULIER, qui <i>treule</i> souvent.</p> - -<p>TRIBOUILLER, troubler. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>TRIBOULER. Voy. <i>Chabouler</i>. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>TRICON, brelan.</p> - -<p>TRICON (avoir), avoir trois -cartes semblables; par exemple: -trois dix, trois valets, etc.</p> - -<p>TRIFOUILLER, remuer tout -en cherchant une chose. <span class="sc">P.</span> -Tromper au jeu.</p> - -<p>TRICOTER, donner des -coups de bâton.</p> - -<p>TRIMBALLER, porter ou -traîner un objet ça et là. <span class="sc">H.-N.</span> -Sonner les cloches sans mesure -et sans règle. An <span class="sc">XVI</span><sup>e</sup> siècle, -le Parlement de Rouen -supprima toutes les tavernes; -il fut seulement permis d'aller -chercher du vin pour le boire -en famille. Voici ce que dit à -ce sujet un petit livre de l'époque:</p> - -<div class="poem"><div class="stanza"> -<p class="i16">Si un voisin avec son familier</p> -<p class="i16">Se veut esbattre, ainsy que de raison,</p> -<p class="i16">Il est contraint de boire en sa maison</p> -<p class="i16">Et d'envoyer quérir du vin au pot.</p> -<p class="i16">Par ce moyen, en tout tems et saison,</p> -<p class="i16">Femme et enfant ont leur part à l'escot.</p> -</div></div> - -<p>Mais cet état de choses n'était -guère commode pour les -buveurs, et le Parlement vint -à leur secours en inventant une -taverne ambulante qui allait de -porte en porte, d'atelier en -atelier, <i>mais à très-courtes stations</i>, -colporter des rafraîchissements. -«Jusqu'alors, dit -C. Nodier, le peuple était allé -chercher le divertissement -dans les tavernes.... Les tavernes -obtinrent permission -d'aller chercher le peuple.» -L'on donna à ces cabarets ambulants -le nom de <i>triballe</i> ou -<i>trimballe</i> (Voir le <i>Journal de -Rouen</i>, 21 mai 1852).</p> - -<p>TRINGUE, tringle.</p> - -<p>TRIOLÉE, grand nombre. -Ex.: Quelle <i>triolée</i> de pauvres!</p> - -<p>TRIPAILLES, intestins d'un -animal.</p> - -<p>TRIPÉE, entrailles d'un animal -qui servent à préparer les -<i>tripes</i>.</p> - -<p>TRIPETTE (ne pas valoir). -Se dit d'une chose qui ne vaut -rien. Ex.: Il ne vaut pas <i>tripette</i>.</p> - -<p>TRIPOT, marché. Échange. -<span class="sc">B.-N.</span> Ménage, cuisine. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TRIPOTER, faire le ménage. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>TRIPOTIER, qui se mêle de -petites intrigues, de petits -marchés, etc. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TRIQUE, gros bâton de -voyage.</p> - -<p>TROIS-PIEDS, trépied.</p> - -<p>TROITE, truite.</p> - -<p>TROMPE, erreur. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>TRONCHE, tronc d'arbre. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TROQUE, échange. Ex. Faisons -une <i>troque</i>.</p> - -<p>TROTTE, distance, course -plus ou moins longue. Ex.: -D'ici à Rouen, il y a une bonne -<i>trotte</i>. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TROTTERIE, place où l'on -fait <i>trotter</i> les chevaux, dans -les foires, avant de les vendre.</p> - -<p>TROTTINER, marcher à petits -pas précipités. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TROU (boire comme un), -boire continuellement. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TROU (faire un), boire un -petit verre d'eau-de-vie entre -deux services. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TROUIE, truie.</p> - -<p>TROVER, trouver. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TRUC (avoir le), être habile, -ingénieux, habitué à faire une -chose. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>TRUPER (ne pas), ne pas demeurer -longtemps au même -lieu. Ex.: Il n'a pas <i>trupé</i> chez -sa mère.</p> - -<p>T'S', tes; devant une voyelle.</p> - -<p>TU AUTEM (connaître le), -être au courant d'une chose. -Voici l'explication de ce proverbe, -donnée par Verville: -Les leçons de l'Église finissent -toutes par les mots: <i>Tu -autem</i>, <i>Domine</i>, <i>miserere nostri</i>; -et, comme dans les communautés -ecclésiastiques, la -coutume est que le supérieur, -à la fin du repas, frappe légèrement -sur la table, en disant: -<i>Tu autem</i>, etc., pour avertir -le lecteur qu'il est temps de -terminer,—si celui-ci finit -immédiatement, on dit qu'il -connaît le <i>Tu autem</i>,—s'il -continue encore sa lecture, -on dit alors qu'il n'entend pas -le <i>Tu autem</i> (<i>Moyen de parvenir</i>, -chap. 60).</p> - -<p>TUER (se). Se dit du vin ou -du cidre qui perd promptement -sa couleur et son goût, par -suite de son contact avec l'air, -quand il est tiré. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TUET, extrémité extérieure -d'une cheminée.</p> - -<p>TUNBER, tomber. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TUNBES. Voy. <i>Tombes</i>.</p> - -<p>TURELURE! nenni!</p> - -<p>TURIAU. Voy. <i>Condos</i>.</p> - -<p>TURLUPINER, tourmenter, -inquiéter. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>TURNE, taudis. Maison sale -et peu solide. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TUTAYER, tutoyer.</p> - -<p>TUTER, aspirer un liquide -par la bouche, à la manière des -porcs, ou bien au moyen d'une -paille. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>TUYOTER, disposer en -tuyaux; expression de lingère. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<h2>U</h2> - -<p>UNI (homme tout), simple -dans ses manières et sans cérémonie. -<span class="sc">P.</span></p> - -<p>UNNE, une.</p> - -<p>UROPE, Europe. On supprime -généralement l'<span class="sc">E</span> dans -les noms commençant par la -diphtongue <span class="sc">EU</span>; ainsi: <i>Eugène</i>, -<i>Euphrasie</i>, etc., se prononcent: -<i>Ugène</i>, <i>Uphrasie</i>, etc. En -approchant de la Picardie, il -en est de même quand cette -diphtongue se trouve à la fin -d'un mot. On dit: <i>Adiu</i>, <i>fu</i>, -<i>blu</i>, etc., pour: <i>Adieu</i>, <i>feu</i>, -<i>bleu</i>, etc.</p> - -<p>USAI, usé.</p> - -<p>USAGE (avoir de l'), avoir -l'usage du monde.</p> - -<p>USAGE (d'un bon), d'un bon -user.</p> - -<p>USANCE, détérioration qui -résulte de l'usage, pour les -instruments aratoires. Ex.: -Cette ferme est bonne, mais il -y a beaucoup d'<i>usance</i>.</p> - -<p>USURE. Voy. <i>Usance</i>.</p> - -<h2>V</h2> - -<p>VA! Exclamation qu'on -ajoute à la fin d'une phrase, -en diverses circonstances. Ex.: -Iras-tu à la promenade?—Je -ne sais pas, <i>va</i>!</p> - -<p>VACABOND, polisson; insolent.</p> - -<p>VAGAND, qui va de côté et -d'autre et ne travaille pas. Paresseux.</p> - -<p>VAICHE (que je), subjonctif -du verbe voir.</p> - -<p>VAIE, voie. Employé en -parlant des dents d'une scie -qu'on dispose de manière à -ouvrir une voie plus ou moins -large dans le bois. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>VAILLANT (homme), qui -travaille avec courage. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>VALET-D'AOUT, domestique -qu'on prend à son service, pendant -un mois ou deux, pour -travailler à la moisson.</p> - -<p>VANNET, vanneau.</p> - -<p>VANTARD, homme qui se -vante sans cesse. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>VAPAIL, pièce de bois, en -forme de volée, à laquelle on -attache les <i>baculs</i> ou les <i>traciers</i> -des deux derniers chevaux -d'un chariot.</p> - -<p>VAQUE, vache. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>VAQUER, vacher.</p> - -<p>VAQUETTE, petite vache. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>VAQUETTES (faire des), -laisser de la boisson au fond -de son verre, ce qui répugne -à certaines personnes, dans -les fermes où plusieurs domestiques -boivent alternativement -dans la même coupe.</p> - -<p>VAROQUE, gros bâton qui -sert à enrouler la <i>hache</i> d'un -chariot ou d'une charrette autour -du <i>pouliot</i>, afin de serrer -les gerbes sur la voiture.</p> - -<p>VAROQUER, serrer au moyen -du <i>varoque</i>.</p> - -<p>VAROUILLER (se), se salir, -se vautrer dans la boue comme -un <i>vérou</i>.</p> - -<p>VARPOT, petit bourbier.</p> - -<p>VASTRIGUER, courir de -côté et d'autre.</p> - -<p>VATE, boue; malpropreté. -Ex.: Donnez de la litière aux -porcs; ils sont dans la <i>vate</i>.</p> - -<p>VATON. Voy. <i>Varoque</i>. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>VATONNER. Voyez <i>Varoquer</i>. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>VAUDOISE, trombe.</p> - -<p>VAUDRÉE, gros balai de -branches de genet, dont on se -sert pour balayer le four, avant -d'enfourner le pain. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>VAULE, gaule; longue perche -qui sert pour abattre les -pommes. <span class="sc">B.-N. P.</span></p> - -<p>VAULETTES, gaulettes qu'on -attache sur les chevrons pour -recevoir les couvertures en -paille.</p> - -<p>VAVITTE, diarrhée. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>VESCHE, vesce. Dans un -compte du 23 mars 1466, il est -mention d'une dépense de -<i>viij sous</i>, <i>pour vj boisseaux de -veche</i>.</p> - -<p>VEILLATIF (homme), vigilant. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>VELTE, mesure de sept litres -et demi; ce qui fait quatre -<i>pots</i>.</p> - -<p>VENT (prendre), prendre -haleine. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>VENT (perdre), perdre -haleine. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>VÊPRES, guêpes.</p> - -<p>VER, voir.</p> - -<p>VÉRARD, vérat.</p> - -<p>VERBIAGE, bavardage. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>VERDIER, bruant jaune.</p> - -<p>VERDOT, gros fausset qui -se met au bas des tonneaux.</p> - -<p>VÉRETTE (vache), noire et -blanche.</p> - -<p>VERGÉE, quatrième partie -de l'acre.</p> - -<p>VERGETTE, petite verge -de fer.</p> - -<p>VER-GOUTTE (à), à tâtons.</p> - -<p>VERGUES (bouquet de), verges -pour fesser les enfants.</p> - -<p>VERGUIE. Voy. <i>Vergée</i>.</p> - -<p>VERMINNE, rats et souris. -<span class="sc">B.-N.</span> Terme injurieux.</p> - -<p>VERPOT. Voy. <i>Varpot</i>.</p> - -<p>VÉROLE, variole. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>VÉROT, ver de terre. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>VÉROU, vérat.</p> - -<p>VÉROUILLER, donner un -léger labour. <span class="sc">B.-N.</span> Remuer la -superficie de la terre, comme -un <i>vérou</i> qui fouille.</p> - -<p>VERRE (un petit), un verre -d'eau-de-vie. Ex.: Payez-vous -<i>un petit verre</i>, ce matin?</p> - -<p>VERRINE, verre de montre, -d'horloge, de petite boîte, etc. -<span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>VERTES-BONNES, prunes -de Reine-Claude. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>VÉSÉE, force. Ex.: Il n'a -pas plus de <i>vésée</i> qu'un enfant. -<span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>VÉSILLANT, alerte, remuant.</p> - -<p>VÉSON, qui <i>vésonne</i>.</p> - -<p>VÉSONNER, se remuer -beaucoup et faire peu de besogne.</p> - -<p>VESSARD, qui vesse.</p> - -<p>VESTON, petite veste.</p> - -<p>VÊTU-DE-SOIE. Voy. <i>Gentilhomme</i>.</p> - -<p>VEUCHE, vesce.</p> - -<p>VEULE, qui n'a pas de consistance; -facile à remuer. Ex.: -Ce fourrage est <i>veule</i>. <span class="sc">P. B.-N.</span></p> - -<p>VEUVE (homme), veuf.</p> - -<p>VIAGE, voyage. Fols. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>VIAU, veau. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>VIENT (semaine, année qui), -semaine, année prochaine.</p> - -<p>VIÉTOU! VIÉTOU! VIÉTOU! -pour appeler les vaches: <i>viens -tôt</i>.</p> - -<p>VIEUILLE, trombe de poussière. -Vieille.</p> - -<p>VIÈVE, Geneviève.</p> - -<p>VILANNER, faire souffrir. -Ex.: Mon soulier me <i>vilanne</i>.</p> - -<p>VILLOTE, veillote. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>VINDICATION, vengeance; -du latin v<i>indicare</i>. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>VINT, venu. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>VIONDIR. Se dit du bruit -produit par le vent, une toupie, -une balle, etc.</p> - -<p>VIPILLON, goupillon. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>VIS-A-VIS DE, envers. Ex.: -Il a eu bien des torts <i>vis-à-vis</i> -de ses parents.</p> - -<p>VIS-A-VIS (au) en face. <span class="sc">H.-N.</span></p> - -<p>V'LIN, venin.</p> - -<p>V'LO, voilà. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>V'LO! V'LO! V'LO! pour -appeler les veaux.</p> - -<p>VO, vôtre. <span class="sc">P.</span></p> - -<p>VOICHE (que je). Subjonctif -des verbes voir et <span class="sc">ALLER</span>.</p> - -<p>VOIN, regain. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>VOIRAI (je), je verrai; tu -<i>voiras</i>, tu verras, etc.</p> - -<p>VOS, vous.</p> - -<p>VOT', votre.</p> - -<p>VOUDER, enrouler; mettre -en peloton. Se dit aussi d'un -gourmand qui mange avec -avidité.</p> - -<p>VOUI, oui.</p> - -<p>VOYONS-VOIR, voyons.</p> - -<p>VRAC (à), en masse. <span class="sc">B.-N.</span></p> - -<p>VRAI-DA! très-vrai.</p> - -<p>VRÈPES, guêpes.</p> - -<h2>W</h2> - -<p>WERTAGES. On désigne -ainsi la récolte de la vesce et -des pois mêlés.</p> - -<p>WOINGNARD, qui <i>woingne</i>.</p> - -<p>WOINGNER, pleurnicher; -pleurer sans raison; crier. On -a donné aux habitants d'une -partie de l'Alihermont le sobriquet -de <i>woignons</i>, parce -que leurs barrières <i>woignent</i>, -quand on les ouvre. Les mauvaises -langues prétendent que -ces barrières <i>intelligentes</i> annoncent -ainsi l'arrivée des visiteurs, -afin qu'on ait le temps -de mettre le verrou et de se -cacher, si les personnes ne -plaisent point.</p> - -<p>WOUAIRAS, pois et vesce -récoltés séparément.</p> - -<h2>Y</h2> - -<p>Y, il, ils, elles. Ex.: Y s'aiment -comme <i>quiens</i> et <i>cats</i>.</p> - -<p>YIARD, liard. <span class="sc">P.</span></p> - -<h2>Z</h2> - -<p>Cette lettre sert souvent à -former une liaison incorrecte -entre deux mots, dont l'une -finit par une consonne, et -l'autre commence par une -voyelle, ce qu'on appelle ordinairement -un <i>velours</i>. Voici -l'origine de cette dénomination, -qui nous donnera en -même temps celle des cuirs: -Un jeune homme se trouvait -au spectacle auprès de deux -dames. Tout-à-coup, il trouve -un éventail sous sa main:—Cet -éventail n'est-il pas à vous? -dit-il à la première dame.—Non, -Monsieur; il n'est point-<i>z</i>-à -moi.—Alors, il est à vous? -dit-il, en le présentant à la seconde -dame.—Il n'est pas-t-à -moi.—Il n'est point-<i>z</i>-à vous... -Il n'est pas-<i>t</i>-à vous... Ma foi! -je ne sais pas-<i>t</i>-à qu'est-ce.</p> - -<p>Cette plaisanterie a donné -lieu au mot <span class="sc">PAS-T-A QU'EST-CE</span>, -et l'on est convenu d'appeler -<i>velours</i> les fausses liaisons -formées par la lettre Z, et de -donner le nom de <i>cuirs</i> à celles -qui sont faites à l'aide de la -lettre T (<i>Les Omnibus du langage</i>, -8<sup>me</sup> édit., page 48).</p> - -<p>ZIUS, yeux.</p> - -<br> -<p class="mid"><img alt="" src="images/deco02.png"></p> -<br><br> -<h3>TABLE<br> -DES MATIÈRES.</h3> - -<div class="poem"><div class="stanza"> -<p><a href="#c1"><span class="sc">Introduction</span></a></p> - -<p><a href="#c2">Bray normand</a></p> - -<p><a href="#c3">Origine du Langage</a></p> - -<p><a href="#c4">Langue d'<span class="sc">Oil</span> et langue d'Oc</a></p> - -<p><a href="#c5">Oraison dominicale au <span class="sc">XII</span><sup>e</sup> siècle</a></p> - -<p><a href="#c6">Science étymologique</a></p> - -<p><a href="#c7">Grammaire brayonne</a></p> - -<p><a href="#c8">Dialogue brayon</a></p> - -<p><a href="#c9">Proverbes et Dictons</a></p> - -<p><a href="#c10">Usages et Croyances</a></p> - -<p><a href="#c11">Remarques</a></p> - -<p><a href="#c12"><span class="sc">Glossaire</span></a></p> - -<p><a href="#c13">Liste des Souscripteurs</a></p> -</div></div> -<br> -<p class="mid"><img alt="" src="images/deco03.png"></p> -<br><br> -<a name="c13" id="c13"></a> -<h3>LISTE<br> -DES<br> -SOUSCRIPTEURS.</h3> - - -<div class="poem"><div class="stanza"> -<p>MM.</p> - -<p>ANSELIN, instituteur à Bures.</p> - -<p>AZAIS, président de la société archéologique, - à Bèziers (Hérault).</p> - -<p>BEAURAIN, à Mesnières.</p> - -<p>BLANGERMONT (Levaillant de), - propriétaire à Bernapré, commune - de Romescamps (Oise).</p> - -<p>BLANGERMONT (Levaillant de), - propriétaire à Aumale.</p> - -<p>BOCHET, notaire à Forges-les-Eaux.</p> - -<p>BOISSAY, facteur de la poste aux - lettres, à Londinières.</p> - -<p>BOULANGER, cultiv<sup>r</sup> aux Noyers.</p> - -<p>BOULANGER, propriétaire à Saint-Lucien.</p> - -<p>BOULANGER (madame), propriétaire - à Neufchâtel.</p> - -<p>BOUTRY-CREVEL, nég. à Aumale.</p> - -<p>BOQUET, propr. à Bois-Héroult.</p> - -<p>BRAQUET-DEVILLE, entrepositaire, - quai du Mont-Riboudet, 48, - à Rouen.</p> - -<p>BREUIL (A.), membre de la société - des Antiquaires de Picardie, à - Amiens.</p> - -<p>BRIANCHON (l'abbé), curé de - Quiévrecourt.</p> - -<p>BRIDOU, propriétaire, maire de la - Chapelle-Saint-Ouen.</p> - -<p>BROSSARD (de), propriétaire, maire - de Monchaux-Soreng.</p> - -<p>BROUTELLES (de), docteur en médecine - à Foucarmont.</p> - -<p>CARON, instituteur a Osmoy.</p> - -<p>CAUCHOIS, propriétaire à Bois-Guilbert.</p> - -<p>CAUCHOIX (madame), propriétaire - à Bures.</p> - -<p>CAVÉ, médecin à Forges.</p> - -<p>CELLIER, rentier à Bures.</p> - -<p>CHAILLOU (l'abbé), au Saussay.</p> - -<p>COCHET (l'abbé), inspecteur des - monuments publies de la Seine-Inférieure, - membre de plusiers - sociétés savantes, à Dieppe.</p> - -<p>COLAS (l'abbé), membre de plusieurs - sociétés savantes, à Rouen.</p> - -<p>CORBLET (l'abbé), membre de - plusieurs sociétés savantes, à - l'abbaye des Bénédictines de Solesmes.</p> - -<p>CORNEILLE (de), inspecteur honoraire - de l'Académie, maire de - Maucomble.</p> - -<p>CRITOT, huissier à Neufchâtel.</p> - -<p>DAMIENS (l'abbé), curé de Fresquienne.</p> - -<p>DANIEL, propriétaire, maire de - Chef-de-l'Eau.</p> - -<p>DAVOUST (Dominique), cultivateur - à Bouelle.</p> - -<p>DEBOUTTEVILLE, notaire à Neufchâtel.</p> - -<p>DEBOUTTEVILLE père, propriétaire - à Neufchâtel.</p> - -<p>DECAUX, propriétaire à Forges.</p> - -<p>DECORDE, marchand à Beaubec.</p> - -<p>DECORDE, adjoint à Bosc-Bordel. - -<p>DECORDE (madame), propriétaire - à Forges.</p> - -<p>DELCOURT (A.), chef de division à - la préfecture de la Seine-Inférieure.</p> - -<p>DERENTY, cultivateur à Londinières, - hameau d'Épinay.</p> - -<p>DESLANDES, couvreur à Neufchâtel.</p> - -<p>DÉVILLE, marchand de cidre, au - champ de foire, 17, à Rouen.</p> - -<p>DEVIMEUX, membre de la société - des Antiquaires de Picardie, avoué - à Beauvais.</p> - -<p>DIEUDEGARD (l'abbé), curé de - Pommeréval.</p> - -<p>DOMART (l'abbé), curé de Bouvresse - (Oise).</p> - -<p>DUCLOS, huissier à Gamaches (Somme).</p> - -<p>DUCLOS, propriétaire à Forges.</p> - -<p>DUFEUILLY (Éloi), chez M. de Villers, - à Villers-sur-Foucarmont.</p> - -<p>DUNEZ, instituteur à Bosc-Bordel.</p> - -<p>DUPIUS, avoué à Neufchâtel.</p> - -<p>DURANVILLE (Léon de), membre - de plusieurs sociétés savantes, - à Rouen.</p> - -<p>FÉRAY (l'abbé), curé de Bouelle.</p> - -<p>FEUILLETTE (l'abbé), curé d'Avremesnil.</p> - -<p>FOURCIN, propriétaire à Bully.</p> - -<p>FOURGON, propriétaire à Saumont.</p> - -<p>FOURNIER, propriétaire à Bois-Guilbert.</p> - -<p>GIRANCOURT (A. de), membre du - conseil général de la Seine-Inférieure, - aux Essarts-Varimpré.</p> - -<p>GLANVILLE (Léonce de), membre - de plusieurs sociétés savantes, à - Rouen.</p> - -<p>GOST, receveur principal et entreposeur - des tabacs, à Neufchâtel.</p> - -<p>GRAVILLE (l'abbé), curé d'Haucourt.</p> - -<p>GROSSARD (madame), libraire à - Neufchâtel. 3 <i>exemplaires</i>.</p> - -<p>GROSSARD, rentier à Londinières.</p> - -<p>HAUSSEZ (baron d'), ancien ministre - de la marine, à Saint-Saens.</p> - -<p>HAVET (Paul), conseiller d'arrondissement, - maire de Saint-Valery-sous-Bures.</p> - -<p>HAVET (Romain), cultivateur à - Bures.</p> - -<p>HÉBERT, propriétaire à Lignières-Châtelain - (Somme).</p> - -<p>HENNEGUIER (Ch.), membre de la - société d'émulation d'Abbeville, - propriétaire à Montreuil-sur-Mer - (Pas-de-Calais).</p> - -<p>HÉRICOURT (Achmet d'), membre - de la société des Antiquaires de - Picardie, à Arras (Pas-de-Calais).</p> - -<p>HOUEL, propriétaire, maire de - Bose-Edeline.</p> - -<p>HUBARD, juge à Neufchâtel.</p> - -<p>HURPY, maire à Serqueux.</p> - -<p>JOLY (Martin), pharmacien de l'école - de Paris, membre du jury - médical de la Seine-Inférieure, - propriétaire à Mortemer-sur-Eaulne.</p> - -<p>JOSSE, notaire à Bouttencourt - (Somme).</p> - -<p>LANGLOIS, propriétaire à Bois-Héroult.</p> - -<p>LANGLOIS (l'abbé), curé de Criquiers.</p> - -<p>LEBLOND, à Neuville.</p> - -<p>LE BRUMENT, membre de la société - des Antiquaires de Normandie, - libraire à Rouen. 12 <i>exemplaires</i>.</p> - -<p>LECOMTE (Baptiste), propriétaire, - maire de Bois-Guilbert.</p> - -<p>LECOMTE (Honoré), propriétaire, - maire de Bois-Guilbert.</p> - -<p>LECOMTE fils, propriétaire à la - Hallotière.</p> - - -<p>LEFÈVRE, greffier à Forges.</p> - -<p>LEFRANÇOIS, pharmacien à Londinières.</p> - -<p>LEMASSON (l'abbé), curé du Bosc-Guerard.</p> - -<p>LEROUX (Anselme), voyageur de - commerce pour M. Braquet-Déville, - à Rouen.</p> - -<p>LEROUX, propriétaire à Bosc-Edeline.</p> - -<p>LEROUX-DUMONT, commis-greffier - au Tribunal civil à Neufchâtel.</p> - -<p>LETELLIER, instituteur à Fresles.</p> - -<p>LETELLIER, propriétaire et cultivateur - à Fallencourt.</p> - -<p>LEVILLAIN, docteur en médecine - à Neufchâtel.</p> - -<p>LEVASSEUR, propriétaire à Argueil.</p> - -<p>MALOT, aubergiste à Neufchâtel.</p> - -<p>MARRE (l'abbé), curé de Flamets-Frétils.</p> - -<p>MARSY (de), membre de la société - des Antiquaires de Picardie, de - la société d'Émulation d'Abbeville, - etc., procureur de la République - à Vervins (Aisne).</p> - -<p>MATHON, correspondant du ministère - de l'instruction publique - pour les travaux historiques, libraire - à Neufchâtel.</p> - -<p>MICHU, percepteur-surnuméraire à - la recette particulière d'Yvetot.</p> - -<p>MILHET, médecin à Bures.</p> - -<p>MILLEVILLE (madame de), propriétaire - à Neufchâtel.</p> - -<p>MILLEVILLE (le comte Edmond - de), propriétaire à Boissy-sur-Eaulne.</p> - -<p>MONCHY (de), propriétaire, maire - de Bosc-Bordel.</p> - -<p>MONGNE (mademoiselle), à Beaubec.</p> - -<p>MURPHY (John), professeur de - langue anglaise au pensionnat de - MM. Girardin et Marais, à Montivilliers.</p> - -<p>NÉEL (l'abbé), curé de Mesnières.</p> - -<p>NICHET, buraliste au Bois-Héroult.</p> - -<p>PANET, propriétaire, adjoint au - maire de Fresles.</p> - -<p>PAPILLON (Léandre), imprimeur - à Vervins (Aisne).</p> - -<p>PARISY-DUMANOIR, propriétaire - à Foucarmont.</p> - -<p>PASTOREL (A. de), à Paris.</p> - -<p>PICARD, instituteur à Mesnières.</p> - -<p>PIETTE (Edouard), membre de la - société des Antiquaires de Picardie, - président du Tribunal de - commerce à Vervins (Aisne).</p> - -<p>PONTHIEU (de), clerc de notaire, - à Aumale.</p> - -<p>PONTAUMONT (Le Chanteur de), - membre de plusieurs sociétés - savantes, commissaire de la marine - à Cherbourg (Manche).</p> - -<p>PRÉAUX (F.-E. des), docteur en - droit à Cherbourg (Manche).</p> - -<p>PRUDHOMME (O.). directeur du - <i>Journal de Graville</i>, à Graville.</p> - -<p>QUILLET (madame M.-C.), membre - de l'Académie des sciences, arts, - et belles-lettres de Caen, à Pont-l'Evêque - (Calvados).</p> - -<p>RICHEBOURG (madame), directrice - de la poste aux lettres à Londinières.</p> - -<p>ROGER, inspecteur des écoles primaires - de l'arrondissement de - Neufchâtel, à Neufchâtel.</p> - -<p>RUHAUT, menuisier à Neufchâtel.</p> - -<p>SAINTE-BEUVE, substitut du procureur - de la République, quai - Napoléon, 51, à Paris.</p> - -<p>SAVALLE fils, maire de Saint-Martin-l'Hortier.</p> - -<p>SCOLARD, avoué à Neufchâtel.</p> - -<p>SEPTENVILLE (Léon de), membre - de la société des Antiquaires de -Picardie, au château de Lignières-Châtelain - (Somme).</p> - -<p>SICOTIÈRE (Léon de la), ancien - directeur de la société des Antiquaires - de Normandie, à Alençon - (Orne).</p> - -<p>TERNISIEN, médecin à Foucarmont.</p> - -<p>THIERRÉ, cultivateur à Saumont.</p> - -<p>THIEULIN curé de Sigy.</p> - -<p>TROUDE, président de la chambre - des notaires, à Foucarmont.</p> - -<p>VALLOIS (l'abbé), curé des Ventes-Saint-Rémi.</p> - -<p>VASSELIN (l'abbé), curé d'Osmoy.</p> - -<p>VILLERS (le baron Martin de), - membre de plusieurs sociétés savantes, - à Villers-sur-Foucarmont.</p> - -<p>VOILLET DE SAINT-PHILBERT, - à Paris.</p> -</div></div> - -<br> -<br> -<p class="mid"><img alt="" src="images/deco04.png"></p> -<br><br> -<p class="mid">__________________________________________________________________<br> -NEUFCHATEL.—IMPRIMERIE DE ERNEST DUVAL, RUE DU TROT-MAROT.</p> - - - - - -<br><br> - -<p class="mid">[Fin du <i>Dictionnaire du patois du pays de Bray</i> -par Jean-Eugène Decorde]</p> - - - - - - - - -<pre> - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Dictionnaire du patois du pays de Bray, by -Jean-Eugène Decorde - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DICTIONNAIRE DU PATOIS DE BRAY *** - -***** This file should be named 51005-h.htm or 51005-h.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/1/0/0/51005/ - -Produced by Gill Martin, Rénald Lévesque, Hugo Voisard, -David T. 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Information about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by -U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is in Fairbanks, Alaska, with the -mailing address: PO Box 750175, Fairbanks, AK 99775, but its -volunteers and employees are scattered throughout numerous -locations. Its business office is located at 809 North 1500 West, Salt -Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email contact links and up to -date contact information can be found at the Foundation's web site and -official page at www.gutenberg.org/contact - -For additional contact information: - - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. To SEND -DONATIONS or determine the status of compliance for any particular -state visit www.gutenberg.org/donate - -While we cannot and do not solicit contributions from states where we -have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition -against accepting unsolicited donations from donors in such states who -approach us with offers to donate. - -International donations are gratefully accepted, but we cannot make -any statements concerning tax treatment of donations received from -outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. - -Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation -methods and addresses. Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. To -donate, please visit: www.gutenberg.org/donate - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic works. - -Professor Michael S. Hart was the originator of the Project -Gutenberg-tm concept of a library of electronic works that could be -freely shared with anyone. For forty years, he produced and -distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of -volunteer support. - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as not protected by copyright in -the U.S. unless a copyright notice is included. Thus, we do not -necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper -edition. - -Most people start at our Web site which has the main PG search -facility: www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - - - -</pre> - -</body> -</html> diff --git a/old/51005-h/images/deco01.png b/old/51005-h/images/deco01.png Binary files differdeleted file mode 100644 index dbabbb3..0000000 --- a/old/51005-h/images/deco01.png +++ /dev/null diff --git a/old/51005-h/images/deco02.png b/old/51005-h/images/deco02.png Binary files differdeleted file mode 100644 index 7eedd03..0000000 --- a/old/51005-h/images/deco02.png +++ /dev/null diff --git a/old/51005-h/images/deco03.png b/old/51005-h/images/deco03.png Binary files differdeleted file mode 100644 index 2dea096..0000000 --- a/old/51005-h/images/deco03.png +++ /dev/null diff --git a/old/51005-h/images/deco04.png b/old/51005-h/images/deco04.png Binary files differdeleted file mode 100644 index 67fd8fd..0000000 --- a/old/51005-h/images/deco04.png +++ /dev/null |
