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-The Project Gutenberg EBook of Le ménagier de Paris (v. 1 & 2), by Anonymous
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org/license
-
-
-Title: Le ménagier de Paris (v. 1 & 2)
-
-Author: Anonymous
-
-Release Date: October 29, 2013 [EBook #44070]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE MÉNAGIER DE PARIS (V. 1 & 2) ***
-
-
-
-
-Produced by Chuck Greif and the Online Distributed
-Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was
-produced from images available at Bibliothèque nationale
-de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
-
-
-
-
-
-Notes de transcription: Les erreurs clairement introduites par le
-typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée et
-n'a pas été harmonisée.
-
-
-
-
- LE
-
- MÉNAGIER DE PARIS.
-
-
-
-
- LE
-
- MÉNAGIER DE PARIS,
-
- TRAITÉ
-
- DE MORALE ET D’ÉCONOMIE DOMESTIQUE
-
- COMPOSÉ VERS 1393,
-
- PAR UN BOURGEOIS PARISIEN,
-
- CONTENANT
-
- Des préceptes moraux, quelques faits historiques, des instructions
- sur l’art de diriger une maison, des renseignemens sur la consommation
-du Roi, des Princes et de la ville de Paris, à la fin du quatorzième siècle,
- des conseils sur le
-jardinage et sur le choix des chevaux; un traité de cuisine fort étendu,
- et un autre non moins complet sur la chasse à l’épervier.
-
- ENSEMBLE:
-
-L’histoire de Grisélidis, Mellibée et Prudence par Albertan de Brescia (1246),
-traduit par frère Renault de Louens; et le chemin de Povreté et de Richesse,
-poëme composé, en 1342, par Jean Bruyant, notaire au Châtelet de Paris;
-
- PUBLIÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS
-
- PAR LA SOCIÉTÉ DES BIBLIOPHILES FRANÇOIS.
-
- TOME PREMIER.
-
- [Illustration: colohpon LITTERIS PATRIÆQUE CARUS.]
-
- A PARIS,
- DE L’IMPRIMERIE DE CRAPELET,
- RUE DE VAUGIRARD, 9.
-
- M. D. CCC. XLVI.
-
-Le _Ménagier de Paris_ a été imprimé aux frais et par les soins de
-la Société des Bibliophiles françois. Il en a été tiré vingt-quatre
-exemplaires sur _grand papier impérial de Hollande_, de la fabrique de
-C. Honig, destinés aux membres résidens de la Société, plus trois cents
-exemplaires en petit papier. Et étoient membres de la Société quand cet
-ouvrage fut imprimé:
-
- M. BÉRARD, receveur général des finances à Bourges.
-
- M. le Comte ÉDOUARD DE CHABROL, ancien maître des
- requêtes au Conseil d’État.
-
- M. le Duc DE POIX[1], ancien ambassadeur de France en
- Russie.
-
- M. le Marquis DU ROURE, maréchal de camp, membre de la
- Chambre des députés.
-
- M. DE LA PORTE.
-
- M. le Comte DE LA BÉDOYÈRE, ancien colonel de cavalerie.
-
- M. le Comte DE SAINT-MAURIS, introducteur des
- ambassadeurs.
-
- M. COSTE, conseiller honoraire à la Cour royale de Lyon.
-
- M. JÉRÔME PICHON, _Président_.
-
- M. ARMAND CIGONGNE, ancien agent de change, _Trésorier_.
-
- M. YEMENIZ, négociant à Lyon.
-
- M. le Baron DU NOYER DE NOIRMONT, auditeur au Conseil
- d’État.
-
- M. LÉON TRIPIER, garde des Archives du domaine privé du
- Roi.
-
- M. le Marquis DE COISLIN.
-
- M. le Comte DE CHARPIN-FOUGEROLLES.
-
- M. le Comte LANJUINAIS, pair de France.
-
- M. ERNEST DE SERMIZELLES.
-
- M. LE ROUX DE LINCY, pensionnaire de l’Ecole des Chartes,
- secrétaire.
-
- M. BENJAMIN DELESSERT.
-
- MADAME la Vicomtesse DE NOAILLES.
-
- MADAME GABRIEL DELESSERT.
-
- M. le Baron ERNOUF.
-
- M. le Comte DE LABORDE, de l’Académie des inscriptions,
- membre de la Chambre des députés.
-
- M. PROSPER MÉRIMÉE, de l’Académie française, inspecteur
- des monuments historiques.
-
- M. AUGUSTE LE PRÉVOST, de l’Académie des inscriptions,
- membre de la Chambre des députés.
-
-
-MEMBRE HONORAIRE.
-
- M. le Marquis DE CHATEAUGIRON, consul de France à Nice.
-
-
-ASSOCIÉS ÉTRANGERS.
-
- M. le Prince ALEXANDRE LABANOFF, aide de camp de S. M.
- l’Empereur de Russie.
-
- M. le Baron DE REIFFEMBERG, professeur de l’Université de
- Louvain, etc.
-
- M. l’Abbé COSTANZO GAZZERA, membre de l’Académie de
- Turin.
-
-[Illustration]
-
-
-
-
-TABLE
-
-DES PIÈCES PRÉLIMINAIRES, DISTINCTIONS, ARTICLES ET CHAPITRES
-
-DU
-
-MÉNAGIER DE PARIS.
-
-
-TOME PREMIER.
-
-PRÉLIMINAIRES.
-
-LISTE DE LA SOCIÉTÉ DES BIBLIOPHILES.
-
-TABLE DES PIÈCES PRÉLIMINAIRES, DISTINCTIONS, etc.
-
-NOTICE SUR M. LE DUC DE POIX, par M. L. V. D. N., membre
-de la Société Page I
-
-INTRODUCTION au _Ménagier_ XVII
-
-INDICATION DÉTAILLÉE de quelques ouvrages ou documens
-manuscrits et imprimés cités en abrégé dans l’Introduction
-et les notes LXV
-
-CORRECTIONS ET ADDITIONS LXXVII
-
-TEXTE.
-
-PROLOGUE DE L’AUTEUR 1
-
-PREMIÈRE DISTINCTION.
-
-ARTICLE PREMIER.
-
-Saluer et regracier Dieu à son esveiller et à son lever, et
-s’atourner convenablement 9
-
-ARTICLE II.
-
-S’accompagner convenablement 15
-
-ARTICLE III.
-
-Aimer Dieu, le servir et se tenir en sa grâce Page 16
-
-De la messe, 17.--Contrition, 21.--Confession, 23.--Des
-péchés mortels, 28.--Des sept vertus, 53.
-
-ARTICLE IV.
-
-Garder continence et vivre chastement 62
-
-De Susanne, 64.--De Raymonde, 68.--De Lucrèce, 70.--Des
-reines de France, 75, 76.
-
-ARTICLE V.
-
-Être amoureuse de son mari 76
-
-D’Ève, 77.--De Sara, 78.--De Rachel, 84.--Du chien
-Maquaire, 92.--Du chien de Niort, 93.
-
-ARTICLE VI.
-
-Être humble et obéissante à son mari 96
-
-Histoire de Griselidis, 99.--Femme laissant noyer son mari,
-126.--D’Ève, 128.--De Lucifer, 129.--D’une bourgeoise,
-135.--Du bailly de Tournay, 139.--Des abbés et
-des mariés, 145.--De madame d’Andresel, 148.--Des
-maris de Bar-sur-Aube, 153.--D’une cousine de la femme
-de l’auteur, 156.--De la Romaine, 158.
-
-ARTICLE VII.
-
-Être curieuse et soigneuse de la personne de son mari 168
-
-Bons traitemens, 168.--Des puces, 171.--Des mouches, 173.
-
-ARTICLE VIII.
-
-Être discrète 177
-
-De Papirius, 179.--De la femme qui pond un œuf, 180.--Des
-mariés de Venise, 182.--D’un sage homme parisien
-trompé par sa femme, 183.--D’un notable avocat, 185.
-
-ARTICLE IX.
-
-Reprendre doucement son mari dans ses erreurs 185
-
-Histoire de Mellibée, 186.--De Jehanne la Quentine, 237.
-
-
-TOME II.
-
-SECONDE DISTINCTION.
-
-ARTICLE PREMIER.
-
-Avoir soin de son mesnage, diligence et persévérance 1
-
-LE CHEMIN DE PAUVRETÉ ET DE RICHESSE, par Jean Bruyant 4
-
-ARTICLE II.
-
-Du jardinage 43
-
-ARTICLE III.
-
-Choisir varlets, aides et chambrières, et les mettre en œuvre 53
-
-Jeune femme parlant grossièrement, 60.--Soins de la maison,
-61.--Vie à la campagne, 62.--Recettes diverses, 65.--Des
-domestiques, 70.--Des chevaux, 72.
-
-ARTICLE IV.
-
-Savoir ordonner dîner et soupers 80
-
-Le fait des bouchiers et poulaillers, _ib._--Termes généraux de
-cuisine, 87.--Dîners et soupers, 91.--Aucuns incidens servans
-à ce propos (repas de l’abbé de Lagny, noces, etc.), 103.
-
-ARTICLE V.
-
-Commander, deviser et faire faire toutes manières de potaiges,
-etc., et autres viandes 124
-
-Termes généraux de cuisine, _ib._--Potages communs sans
-espices et non lians, 134.--Potages qui sont à espices et non
-lians, 147.--Potages lians de char, 158.--Potages lians
-sans char, 171.--Rost de char, 177.--Pastés, 185.--Poisson
-d’eaue doulce, 187.--Poisson de mer ront, 194.--Poisson
-de mer plat, 201.--Œufs de divers appareils, 206.--Entremès,
-fritures et dorures, 210.--Autres entremès, 224.--Saulces
-non boulies, 229.--Saulces boulies, 232.--Buvrages
-pour malades, 237.--Potages pour malades, 241.--Autres
-menues choses qui ne sont de nécessité, 243.--Autres
-menues choses diverses qui ne désirent point de chappitre,
-262.
-
-APPENDICE A L’ARTICLE V 273
-
-Recettes d’Hotin, cuisinier de monseigneur de Roubais 275
-
-TROISIÈME DISTINCTION.
-
-ARTICLE II (ET UNIQUE).
-
-Savoir nourrir et faire voler l’esprevier 279
-
-Chiens espaignols, 281.--Éperviers niais, 285.--Plumage de
-l’épervier, 292.--Affaitement de l’épervier, 295.--Vol des
-champs, 301.--Chasse en août, 305.--Chasse en septembre,
-310.--Épervier en mue, 311.--Épervier branchier et mué
-de haie, 314.--Mué et hagart, 317.--Maladies de l’épervier,
-319.--De l’autour, 321.--Autres oiseaux de proie,
-323.--Maladies des oiseaux, 325.
-
-TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 327
-
-SUPPLÉMENT AUX CORRECTIONS 380
-
-
-
-
-NOTICE
-
-SUR
-
-M. JUSTE DE NOAILLES
-
-PRINCE-DUC DE POIX
-
-CHEVALIER DES ORDRES DU ROI, GRAND D’ESPAGNE DE PREMIÈRE CLASSE
-
-ANCIEN AMBASSADEUR DE FRANCE EN RUSSIE
-
-ANCIEN DÉPUTÉ, ETC.
-
-MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ DES BIBLIOPHILES FRANÇAIS
-
-
-
-
-NOTICE
-
-SUR
-
-M. LE DUC DE POIX[2].
-
- Multis ille quidem flebilis occidit,
- Nulli flebilior quam _mihi_.....
- Horat., od. XXIV, l. I.
-
-
-Il est des hommes que le monde ignore et qui passeraient inaperçus
-grâce à l’excès de leur modestie, si leur mérite ne se révélait à
-leur insu par l’utilité de leur vertu. Ces sortes de caractères ne se
-manifestent que malgré eux au grand jour, leur sagesse les retient
-dans la retraite, et beaucoup finissent, comme l’a dit quelque part
-Montesquieu, _sans avoir déballé_. Ceux que les liens du sang ou
-de l’amitié ont rapprochés d’eux, doivent au monde de les faire
-connaître; c’est à la fois un encouragement pour la jeunesse et une
-consolation pour l’âge avancé qu’un hommage rendu à ces existences à
-la fois élevées et modestes, placées ainsi à la portée de toutes les
-émulations. M. le duc de Poix était un modèle de ce genre de caractère.
-L’auteur de cette notice lui tenait par les liens du devoir et de
-l’affection: ayant eu le bonheur de jouir de son mérite dans l’intimité
-la plus resserrée, il ose espérer que cet avantage lui vaudra celui de
-le faire connaître avec plus de vérité que personne: c’est son seul
-titre à l’indulgence de ceux qui le liront.
-
-Juste-Antonin-Claude-Dominique de Noailles, prince-duc de Poix, naquit
-à Paris le 8 août 1777, de parents tendres et chéris dont il était le
-second fils. Son père le prince de Poix, fils aîné du vertueux maréchal
-duc de Mouchy, mort sur l’échafaud en 1794, avait épousé la fille du
-maréchal de Beauvau. Les vertus et les charmes de la princesse de Poix
-ont enchanté tous ceux qui l’ont rencontrée et laissé une sorte de
-culte dans les cœurs admis à son intimité. Elle s’occupa de l’éducation
-de son second fils d’une façon toute particulière, et l’influence de
-cette première partie de la vie du jeune Juste de Noailles s’étendit
-sur le reste de son existence de manière à le modifier fortement:
-elle le préserva de la gâterie presque inévitable à laquelle il était
-condamné par position. Il ouvrit les yeux au milieu des dernières
-prospérités de sa famille; lui et son frère, plus âgé que lui de six
-ans, semblaient alors destinés aux plus hautes situations du pays.
-Ces beaux jours durèrent peu: Juste de Noailles en connut pourtant
-assez pour garder de précieux souvenirs de ces derniers moments de la
-société française dont le salon de sa mère était peut-être le plus
-parfait modèle. La princesse de Poix rassemblait autour d’elle un petit
-cercle d’amis presque tous remarquables par des mérites divers, que sa
-supériorité avait distingués dès son entrée dans le monde; quelques
-femmes, ses amies de jeunesse, modèles d’esprit et de grâce, des hommes
-attachés à la cour ou mêlés aux affaires et à la littérature, tous
-réunis par le charme de son commerce, l’entouraient de soins que sa
-mauvaise santé rendait consolants pour elle et doux pour ses amis. Le
-prince de Poix, marié très-jeune et dans la plus haute faveur à la
-cour, n’était pas un mari aussi sédentaire que son vénérable père, mais
-il eut toujours le bon goût de préférer à tout la société de sa femme
-et de ses amis.
-
-Cette société, au début de notre terrible révolution, était de celles
-qui non-seulement ne s’en effrayaient pas, mais dont les vœux et
-les opinions favorisaient les premières manifestations du mouvement
-réformateur. M. de La Fayette et la brillante jeunesse qui l’avait
-suivi en Amérique, bien des grands seigneurs amis de Voltaire et
-enthousiastes de Rousseau, beaucoup de courtisans dévoués à M. Necker,
-tous ces esprits enflammés d’ardeur pour le bien, de désir des
-réformes utiles, animés des plus généreux sentiments, se livraient
-alors à de bien douces espérances et rêvaient la régénération de leur
-pays, dût-elle se réaliser aux dépens de ces priviléges dont ils furent
-les premiers à se dépouiller au profit de ceux qui devaient être leurs
-bourreaux.
-
-C’était là l’esprit du salon où le duc de Poix passa ces premières
-années de la vie qui en décident presque toujours la tendance. La
-princesse de Poix avait été nourrie par son père, le maréchal prince
-de Beauvau[3], homme aussi vertueux qu’éclairé, dans le goût de la
-littérature et les doctrines de la philanthrophie. Ses amis, MM. de
-Lally-Tollendal, de Montesquiou, de La Fayette, Mmes d’Hénin,
-de Tessé, de Lauzun prenaient comme elle le plus vif intérêt aux
-débats politiques du moment. Le prince de Poix était des plus chauds
-partisans de M. Necker; son frère le vicomte de Noailles prit une part
-célèbre aux généreuses imprudences du 4 août. Enfin le jeune Juste
-de Noailles fut entouré dès le berceau de sentiments et de principes
-dont l’impression ne s’effaça jamais chez lui. Il les conserva au
-travers de toutes les vicissitudes de nos cinquante dernières années;
-tous ceux qui l’ont connu peuvent se rappeler que les enivrements de
-l’empire, les illusions de la restauration et les agitations de 1830
-le trouvèrent le même, c’est-à-dire un ami impartial de l’ordre et de
-la liberté.
-
-Les horreurs de la révolution le saisirent dans sa première jeunesse;
-elles furent pour lui une précoce expérience et l’occasion de devoirs
-touchants. Son père ayant eu le courageux instinct de rester jusqu’au
-dernier moment près de son infortuné souverain, fut forcé après le 10
-août de se cacher et bientôt après de s’enfuir: sa tête était mise à
-prix. Le maréchal duc de Mouchy périt sur l’échafaud avec sa femme,
-sa belle-fille et la mère et la grand’mère de cette dernière; le
-reste de la famille avait réussi à quitter la France. La princesse
-de Poix infirme avant l’âge et n’ayant pas voulu émigrer, resta donc
-seule à Paris avec son fils cadet, dont la tendresse et les vertus
-surent lui adoucir tant de maux. Leur vie était affreuse. Chaque
-matin le journal leur annonçait la mort d’un parent ou d’un ami, et
-chaque jour tous deux se préparaient à de derniers adieux. Juste de
-Noailles, en présence de ces atrocités journalières, était soutenu
-par des sentiments religieux déjà puissants, et qui prirent depuis
-une teinte d’exaltation naturelle à son âge et dans sa situation. Un
-vertueux prêtre bien connu avant la révolution par ses bonnes œuvres,
-le respectable abbé de Fénélon, célébrait les saints mystères dans une
-cave pour la consolation de quelques âmes fidèles. Le jeune Juste de
-Noailles s’y rendit toujours exactement, plus d’une fois au péril de
-sa liberté et presque de sa vie, jusqu’à ce que son vénérable directeur
-eût payé ses vertus de sa tête. Au milieu de tant de maux, un goût
-qui se développa en lui et qui ne le quitta plus, fut, si on peut le
-dire, son délassement. C’était le goût des livres qui devint bientôt
-une passion. Pouvant à peine disposer de l’argent nécessaire à son
-entretien, il s’imposait de pénibles privations pour le satisfaire. Un
-estimable libraire resté son ami jusqu’à sa mort, aimait à raconter
-comment leur connaissance s’était faite en 1793, à une vente de livres
-précieux. M. de Bure (c’était son nom) remarqua avec surprise et
-intérêt un beau jeune homme de dix-sept ans, vêtu plus que modestement,
-qui montrait des connaissances et une ardeur pour les livres que sa
-situation ne lui permettait pas évidemment de satisfaire. Attiré par
-ces apparences et sans savoir le nom du jeune amateur, M. de Bure lui
-procura à un prix modéré les précieuses éditions qu’il désirait. Il
-s’ensuivit un échange de bons procédés qui les attacha à jamais l’un à
-l’autre. Mais comme les bonnes actions passaient pour M. de Poix avant
-les beaux livres, il vendit sa chère collection sous le Directoire pour
-payer une dette contractée par sa mère pendant la terreur.
-
-Lorsque peu après ces horribles temps la France commença à respirer, la
-jeunesse retrouva quelque mouvement et même de la gaieté, parce qu’elle
-ne saurait s’en passer. Juste de Noailles se livra comme les autres
-aux amusements qui réunissaient les lambeaux épars de la société dans
-des associations souvent bizarres, mais curieuses à observer. Du milieu
-de ce chaos sortaient quelques existences miraculeusement conservées,
-et qui commençaient déjà à se faire remarquer; Juste de Noailles eut
-le bonheur, dès cette première entrée dans le monde, de former des
-liens d’amitié qui ne varièrent plus. Le plus intime fut avec Adrien de
-Mun dont la famille de tout temps liée avec la sienne, s’y était plus
-étroitement attachée depuis la révolution. L’esprit délicat et cultivé
-de M. de Mun, son aimable caractère, ses mœurs élégantes l’eussent
-fait remarquer en tout temps, mais quel n’était pas son charme dans ce
-moment de désordre et de licence! Ces deux jeunes gens élevés dans des
-goûts et des sentiments proscrits comme leurs familles, se serrèrent
-étroitement l’un à l’autre, s’accordèrent une confiance sans bornes
-et se suivirent dans toutes les phases de leur existence pendant
-près de cinquante ans avec une persistance et une affection dont il
-y a bien peu d’exemple chez les hommes. Leurs caractères différaient
-tout juste assez pour les rendre le complément l’un de l’autre. M.
-de Mun, aussi sage, mais moins grave que son ami, savait allier au
-goût le plus délicat la plus folle gaieté. Un ami moins intime, mais
-toujours cher et précieux à Juste de Noailles, ce fut le comte Molé,
-dont la jeunesse à la fois aimable et sérieuse faisait prévoir son
-brillant avenir. Ce peu de Français émigrés à l’intérieur y vivaient
-modestement, contents seulement de ne plus souffrir, de pouvoir
-espérer et de s’amuser n’importe comment ni avec qui. Les échappés de
-la terreur se retrouvaient tout joyeux d’avoir survécu; les émigrés
-rentraient progressivement; chacun arrangeait l’avenir à son gré. Enfin
-le 18 brumaire vint absorber les espérances de tout le monde dans une
-admiration générale bientôt accompagnée d’une soumission craintive qui
-coupa court aux chimères, en réveillant les ambitions.
-
-La princesse de Poix restait et fut toute sa vie un centre pour les
-esprits distingués que le besoin de communication rassemble, quel que
-soit l’état du pays. Les opinions libérales de Mme de Poix s’étaient
-bien modifiées par la vue des crimes de la terreur; rien ne pouvait
-la consoler de ce qu’elle appelait ses erreurs. La pensée qu’elle
-avait pu applaudir aux premiers actes d’une révolution ensanglantée
-par tant d’horreurs, lui laissait sinon des remords, du moins un
-besoin d’ordre qui la soumettait plus aisément que ses autres amis au
-despotisme qui pesa bientôt sur le pays. Le prince de Poix, toujours
-dévoué au souvenir de ses rois, resta, comme son fils aîné, étranger
-au nouvel ordre de choses. Son second fils ayant fait, en 1804, un
-beau et noble mariage (il avait épousé Mélanie de Talleyrand-Périgord,
-nièce du célèbre prince de Talleyrand), désira, dans l’intérêt de
-sa descendance, rattacher son existence à celle d’un gouvernement
-dont le chef lui avait inspiré un vif enthousiasme. Il obtint de
-l’empereur la faculté de créer un majorat de comte; bientôt il fut
-nommé chambellan, et sa femme fut dame du palais de l’impératrice
-Marie-Louise. Ces diversités d’opinions n’altérèrent jamais l’union du
-comte de Noailles et de ses parents. Mme de Poix, fidèle aux mêmes
-sentiments que son époux et son fils aîné, mais avant tout mère sage
-et tendre, réunissait autour d’elle tous les objets de son affection
-dans les relations les plus douces. D’ailleurs les esprits justes
-et les bons cœurs s’entendent toujours dans le désir du bien, sous
-quelque forme qu’il se produise. La restauration eut les mêmes effets
-dans cet intérieur uni et éclairé. Le comte de Noailles, heureux de
-pouvoir servir à la fois son pays et les bienfaiteurs de sa famille,
-dut à la bonté de Louis XVIII l’ambassade de Saint-Pétersbourg. Il fut
-chevalier de l’ordre du Saint-Esprit, et la comtesse de Noailles dame
-d’atour de Mme la duchesse de Berry. Le comte de Noailles porta dans
-sa nouvelle carrière la droiture et la raison qui le caractérisaient.
-Mais son goût le rappelait vers la vie de famille, et il saisit la
-première occasion d’y rentrer, en se retirant des affaires presqu’en
-même temps que le duc de Richelieu, dont il représentait la couleur
-politique. Le roi permit alors au prince de Poix, élevé à la pairie
-en 1814, de faire passer à son fils cadet la grandesse d’Espagne.
-Depuis ce temps, l’éducation de ses enfants, le soin de ses affaires,
-ceux qu’il rendait à une mère adorable et de plus en plus infirme,
-remplirent presque exclusivement l’existence du comte de Noailles. Ses
-seules distractions étaient son goût pour les livres et les devoirs de
-la charité, seuls emplois qu’il se permît de son superflu. Il n’en fut
-distrait qu’en 1827, où le département de la Meurthe le choisit pour un
-de ses députés. Les sentiments qui l’avaient animé dès sa jeunesse le
-suivirent sur les bancs de la chambre. Il y porta cet amour d’une sage
-liberté, ce besoin de morale dans les institutions, qui caractérise
-les honnêtes gens et les esprits éclairés de notre temps, et qui eût
-soutenu tous les gouvernements qui se sont écroulés depuis cinquante
-ans, si ces gouvernements les eussent sincèrement consultés. Plus tard,
-la manière de voir du comte de Noailles le détourna de chercher une
-nouvelle élection. Dévoué par reconnaissance à la maison de Bourbon,
-mais se sentant en opposition avec la politique qu’elle adoptait, il en
-attendait avec anxiété le fatal résultat. Les grâces dont sa famille
-et lui-même avaient été comblés, lui firent un devoir de s’éloigner
-de la cour après la révolution de 1830. Il rentra dans la retraite
-en déplorant les malheurs de ses bienfaiteurs et en formant des vœux
-pour la prospérité de son pays. Depuis ce temps, consacré plus que
-jamais à ses liens intimes, il ne chercha plus de délassements que
-dans les épanchements de sa tendre amitié pour le marquis de Mun,
-et ses relations avec un petit cercle de connaissances anciennes,
-choisies avec ce goût délicat et sûr qui était un des attributs de
-son esprit. Ses livres devinrent plus que jamais sa jouissance et sa
-consolation. Sa bibliothèque, une des plus célèbres de France, s’était
-progressivement augmentée de précieuses acquisitions. Les heures qu’il
-y passait lui semblaient des moments. Peu de semaines s’écoulaient sans
-qu’il allât chez ses anciens amis, MM. de Bure, se tenir au courant des
-nouvelles de la librairie. La Société des Bibliophiles, dont il fit
-partie dès son origine, ne comptait pas de membre plus intéressé à ses
-travaux; ceux dont il était chargé se faisaient reconnaître à un goût
-aussi scrupuleux qu’éclairé.
-
-Le duc de Poix[4] eut en 1834 le malheur de perdre sa mère; ce fut
-un grand événement dans sa vie. Trouvant en elle, avec un sentiment
-passionné pour lui, un mérite et des agréments restés sans rivaux, il
-s’était livré, si on peut le dire, avec imprudence, à son affection
-pour elle. Cette mère chérie était son amie intime, l’objet de ses plus
-tendres soins, d’un goût qui tenait de l’admiration, et son conseil
-dans toutes les choses de la vie. Comme elle avait conservé jusqu’à
-son dernier jour ses facultés morales dans leur entier, elle trompait
-sur son âge tout ce qui l’entourait; on jouissait avec imprévoyance du
-charme de sa société, sans songer au vide profond que devaient laisser
-des communications si charmantes. Tous ceux qui l’ont approchée l’ont
-plus ou moins senti après elle. Qui dut en souffrir plus que ce fils
-chéri, le bien-aimé de son cœur, la source des plus douces jouissances
-de sa longue vie! La douleur du duc de Poix dura autant que son
-existence; le souvenir de sa mère resta un culte caché qu’il ne sépara
-plus d’aucune de ses impressions. Il voulut changer de vie après cette
-irréparable perte, et faire désormais à la campagne sa principale
-résidence. Ses beaux livres lui parurent alors une magnifique fantaisie
-dont la valeur serait mieux employée en travaux utiles. Il s’en
-défit en 1835. La vente eut lieu avec succès en Angleterre[5]. (Les
-amateurs français ont eu depuis ce temps la consolation de s’assurer
-que beaucoup des ouvrages rares qui s’y trouvaient sont rentrés dans
-notre pays.) M. de Poix aimait pourtant trop l’étude et la littérature
-pour se passer d’une bibliothèque. Il acquit celle de feu M. Duviquet
-et l’augmenta successivement d’acquisitions moins brillantes que par
-le passé, mais qui font cependant de cette seconde bibliothèque une
-collection excellente dans tous les genres[6].
-
-Tout faisait espérer à la famille et aux amis de M. le duc de Poix
-qu’il leur serait, ainsi que l’avait été sa mère, conservé au delà du
-terme ordinaire de la vie. Sa santé florissante, sa vie régulière,
-cette paix de l’âme que la piété entretient chez ceux qui l’associent à
-toutes leurs impressions, semblaient lui assurer une longue carrière.
-Dieu en décida autrement: une courte et pénible maladie l’enleva le
-1er août 1846, à l’âge de soixante-neuf ans. Ce fut une douleur et
-une surprise pour tous ceux qui l’aimaient. Le chagrin en fut épargné
-au marquis de Mun, mort deux ans avant son ami; sa famille resta seule
-à le pleurer. Elle perdait en lui un chef respectable dont les aimables
-qualités faisaient aimer la vertu. Malgré une modestie qui allait
-peut-être jusqu’à l’excès, le respect s’attachait à lui et se répandait
-sur ses entours, qu’il protégeait ainsi à son insu. Son influence
-les dirigeait du fond de sa retraite, comme le lest d’un navire en
-assure invisiblement la marche. Cette religieuse modestie était le
-trait dominant du caractère de M. de Poix. Il ne lui arrivait de la
-dominer que lorsque sa conscience lui faisait un devoir de professer
-des sentiments honorables ou des opinions utiles; alors on trouvait
-en lui la chaleur d’un homme de bien, sans respect humain comme sans
-préjugés. Mais habituellement son plaisir favori était l’étude et les
-communications qu’elle procure avec des esprits distingués. Nul ne
-rendait une justice plus aimable au mérite d’autrui que M. de Poix; son
-approbation flattait d’autant plus qu’il était doué d’un goût exquis,
-peut-être trop développé par l’éducation, car les raffinements du goût
-procurent plus de mécomptes que de jouissances; mais il ne dépend pas
-de certains esprits choisis de se contenter de la médiocrité en rien,
-et M. de Poix était de ceux qui cherchent sans relâche le mieux en
-toute chose. Il était ingénieux dans sa bienfaisance, délicat dans ses
-moindres attentions: ses manières à la fois douces et dignes étaient le
-modèle d’une noble et sage élégance. Ses confrères, les bibliophiles,
-n’en perdront pas plus le souvenir que des aimables procédés que tous
-ont rencontrés en lui, et ils joindront de sincères regrets à la juste
-douleur de sa famille et de ses amis.
-
-V. D. N.
-
-Membre de la Société des Bibliophiles français.
-
-[Illustration]
-
-
-
-
-LE MÉNAGIER DE PARIS.
-
-
-
-
-INTRODUCTION.
-
-
-Quand on étudie l’histoire de la régence et du règne de Charles V, de
-ce beau règne si tristement précédé et si tristement suivi, on ne sait
-lequel admirer davantage ou des succès politiques et militaires de ce
-grand prince, ou du mouvement imprimé aux lettres et aux arts par son
-intelligente et constante protection. Jeté au milieu d’un pays désuni
-et factieux, attaqué victorieusement par un ennemi formidable, sans
-argent, sans soldats, Charles s’entourant avec un discernement presque
-surnaturel des hommes les plus habiles dans toutes les branches de
-l’administration, se crée bientôt des ressources suffisantes; il trace
-lui-même aux chefs de ses armées un plan de campagne qui doit ranimer
-des troupes découragées et rendre impossibles à l’avenir les désastres
-de Crécy et de Poitiers. Il sait trouver partout des alliés pour la
-France et des ennemis pour l’Angleterre, et combat successivement et
-heureusement son redoutable adversaire sur tous les points où il a un
-intérêt ou un ami. Mais les combinaisons si variées et si complexes de
-sa politique ne suffisent pas à l’activité de ce puissant génie. Après
-avoir rendu à la France sa confiance en elle-même et son territoire, il
-veut encore lui donner la supériorité de l’intelligence et des lettres,
-et commence dans sa _librairie_ de la Tour du Louvre la réunion des
-meilleures productions historiques et littéraires. Là encore il veut
-être entouré d’esprits d’élite: il veut avoir Cicéron, Tite Live, saint
-Augustin dans sa bibliothèque, comme il a du Guesclin, Sancerre et
-Clisson dans ses armées, Bureau de La Rivière et Jean Le Mercier dans
-son conseil, Arnault de Corbie et Pierre d’Orgemont dans son parlement.
-Non content de recueillir les meilleurs ouvrages déjà connus, le Roi,
-par sa munificence et souvent même par ses ordres exprès, oblige à
-écrire tous ceux qui lui semblent capables de donner les meilleurs
-traités d’une science ou d’un art quelconque. Aucun sujet, si humble
-qu’il soit en apparence, n’échappe à son attention: sa sollicitude
-paternelle descend dans tous les détails. Pendant que le chancelier
-Pierre d’Orgemont écrit sous son inspiration une chronique modèle
-de fidélité et d’exactitude historique[7], Charles ne dédaigne pas
-d’engager lui-même le serviteur[8] d’un de ses maîtres des requêtes à
-consigner dans un ouvrage spécial le fruit de son expérience sur l’art
-d’élever et de diriger les troupeaux, et son _queux_ Taillevent[9],
-comblé de ses bienfaits, donne sur la cuisine un traité imprimé et
-consulté encore sous le règne de Henri IV.
-
-Le _Ménagier de Paris_ est évidemment un des résultats du mouvement
-littéraire du règne de Charles V et de la tendance qu’avoit alors
-éprouvée chacun, par suite des encouragemens du roi, à écrire sur le
-sujet qui lui plaisoit le plus et qu’il connoissoit le mieux. L’auteur
-avoit vu tout le règne de ce grand prince, puisqu’il étoit à Melun en
-1358[10], à Niort en 1373[11], et qu’il avoit connu Aubriot[12] dans sa
-puissance, mais il n’écrivit que plusieurs années après l’avènement
-de Charles VI. Il parle en effet du duc d’Orléans, qui ne peut être
-Philippe de France, frère du roi Jean: 1º parce que ce prince, mort en
-1372, ne seroit pas cité comme vivant dans un livre écrit après la
-prise de Niort; 2º parce que l’auteur qui nomme[13] les ducs de Berry,
-de Bourgogne et de Bourbon dans l’ordre de leur parenté avec le roi,
-n’auroit pas, s’il eût écrit sous le règne de Charles V, placé l’oncle
-du roi avant ses frères; 3º le duc d’Anjou, frère puîné de Charles V,
-mort en 1384, auroit sans doute été nommé comme ses frères dans cette
-énumération si elle eût été écrite avant l’année de sa mort; 4º il est
-fait allusion dans le livre à une sédition que je crois avoir prouvé
-être celle de 1382[14]. Si on admet donc (et il me semble impossible
-de le nier) que le duc d’Orléans dont il est parlé dans le _Ménagier_
-n’est pas Philippe frère du roi Jean, il ne peut être que Louis frère
-de Charles VI, et comme ce prince, d’abord duc de Touraine, n’eut le
-titre de duc d’Orléans que le 4 Juin 1392[15], il en résultera que le
-_Ménagier_ ne peut avoir été écrit avant Juin 1392. Mais il ne sauroit
-non plus être postérieur à Septembre 1394, car l’auteur parle des
-juifs _qui sont en France_[16]: or les juifs furent chassés par une
-ordonnance en date du 17 de ce mois qui fut promptement exécutée, mais
-à laquelle il eût certainement fait quelque allusion en cet endroit de
-son livre si elle eût même seulement été rendue lorsqu’il écrivoit.
-
-Le _Ménagier de Paris_ fut donc écrit entre Juin 1392 et Septembre
-1394, et rien dans le texte ne contredit cette date qui me semble
-établie d’ailleurs sur des bases certaines. Ainsi l’auteur parle de
-la maison de la reine et _des enfans_, et en effet Isabeau de Bavière
-avoit en 1392 trois enfans[17]; ainsi encore il pourroit résulter d’un
-passage du livre[18] que l’année où il fut écrit commençoit en Avril,
-et les années 1392, 1393 et 1394 commencèrent toutes trois en Avril.
-
-L’auteur étant assez âgé en 1358 pour avoir été admis dans la société
-du seigneur d’Andresel, et ayant écrit de 1392 à 1394, devoit alors
-toucher à la vieillesse. Il avoit cependant épousé depuis peu de temps
-une jeune femme de quinze ans qui étoit de meilleure maison que lui,
-d’une province différente et orpheline[19]. Elle lui avoit demandé
-peu de jours après son mariage de ne pas la reprendre publiquement de
-ses _décontenances et simplesses_, mais de réserver ses réprimandes
-pour le soir ou tout autre moment dans lequel ils seroient seuls[20].
-L’auteur, heureux des bonnes intentions de sa femme, pensa qu’il
-valoit mieux prévenir ses fautes que d’avoir à les lui reprocher, et
-fit à son usage un traité général des devoirs d’une femme mariée, avec
-l’idée que cet ouvrage pourrait aussi être utile à ses filles et à ses
-amies[21]. Il n’écrivit pas sans doute immédiatement après son mariage,
-mais cependant il étoit assez nouvellement marié pour parler à diverses
-reprises à sa femme de sa très-grande jeunesse[22] qui l’obligeoit
-encore à tenir auprès d’elle une sorte de duègne ou gouvernante chargée
-de l’aider et de la diriger dans l’administration de sa maison[23].
-
-Cette différence d’âge a pu donner à ses conseils ce caractère de
-tendresse paternelle et mélancolique qui s’y fait remarquer. Arrivé
-au déclin de la vie, prévoyant avec une sage résignation que sa femme
-doit lui survivre, et désirant qu’elle trouve après lui l’appui d’un
-second époux, il veut qu’elle apporte à son successeur toute la vertu,
-toute la douceur qu’il lui connoît, et aussi toute sa sensibilité,
-toute sa délicatesse de jeune fille. «Une femme sage, lui dit-il,
-doit avoir horreur du sang. Ne voyez jamais couler même celui d’un
-agneau ou d’un pigeon; défendez à vos suivantes de prononcer jamais
-devant vous les mots de _sang_ et de _sanglant_[24].» Il adopte avec
-une sorte d’empressement cette idée d’un second mariage de sa femme,
-parce que cette idée lui permet d’ôter à ses préceptes toute couleur de
-défiance ou d’égoïsme, et il lui parle en toute occasion de _son mari
-qui sera_. Quant à lui, il ne mérite que l’attention, que les égards
-les plus ordinaires[25]. Raconte-t-il cette histoire de Grisélidis,
-modèle touchant d’obéissance et de résignation excessive, il se hâte
-de dire que cette histoire est trop cruelle et ne peut être vraie;
-qu’il est loin de demander un dévouement, une abnégation qui ne sont
-dus qu’à Dieu: «Aussi bien, dit-il avec un bonheur d’expression qu’on
-remarque plus d’une fois dans son livre, _je ne suis pas marquis et
-je ne vous ai pas prise bergère_[26].» Ailleurs, il prévoit le cas où
-sa femme épouseroit après lui un homme dur et cruel, l’engage à ne
-pas se plaindre des mauvais traitements qu’elle en recevroit: «Allez
-en votre chambre, lui dit-il, pleurez à voix basse et plaignez-vous à
-Dieu![27].»
-
-De pareils sentimens font aimer l’auteur d’un livre, et on voudroit
-pouvoir nommer l’homme qui réunissoit de si nobles et de si aimables
-qualités. La profonde piété, l’extrême modestie de l’auteur du
-_Ménagier_ l’ont sans doute empêché de se faire connoître. Il a bien
-parlé de lui-même en plusieurs endroits de son livre, mais nous ne
-pouvons tirer d’inductions solides de ces passages qu’à l’égard de sa
-position: aucune n’est assez précise pour conduire à découvrir son nom.
-
-On ne trouve dans le _Ménagier_ aucun trait qui indique le gentilhomme,
-l’homme de guerre: on voit, au contraire, qu’il engage sa femme à ne
-pas fréquenter les grands seigneurs dont la société _n’est afférente
-ni convenable_ pour elle ni pour lui: ailleurs, il parle légèrement,
-et seulement en passant, d’un plat compliqué et dispendieux, parce
-que, dit-il, _ce n’est pas ouvrage pour le queux d’un bourgeois,
-non mie d’un chevalier simple_[28]. Il est donc évident qu’il
-appartenoit par sa naissance à la bourgeoisie, à cette bourgeoisie
-éclairée, intelligente et riche dans laquelle se recrutoient l’Église,
-le parlement et les finances; Charles V sut y trouver bien des
-magistrats savans et intègres, bien des administrateurs habiles élevés
-ultérieurement par lui à la noblesse et même à la dignité de chevalier:
-nous rencontrerions probablement l’auteur du _Ménagier_ parmi ces
-hommes éminens, si son nom ne nous étoit pas resté inconnu[29].
-
-Il me paroît en effet certain que notre auteur fut mêlé d’une manière
-active aux affaires politiques de son temps. Outre qu’il semble peu
-croyable qu’un simple bourgeois occupé seulement d’affaires de commerce
-ou de gestion de propriétés, ait pu avoir l’instruction littéraire
-que prouvent les citations de l’auteur et le nombre des volumes de
-sa bibliothèque[30], et qu’une sagesse reconnue de son temps[31],
-qu’un mérite signalé à chaque page de son livre par l’élévation et la
-justesse de ses idées, par la clarté et l’expression de son style,
-aient pu échapper à l’attention de Charles V, il seroit assez étonnant
-qu’un bourgeois étranger au gouvernement eût eu occasion de citer
-Bureau de la Rivière, et surtout si souvent le duc de Berry[32].
-Comment se seroit-il trouvé à Niort avec ce prince? Comment auroit-il
-eu sur la cour, et notamment sur l’étiquette intime imposée par
-d’importans scrupules aux reines de France, les renseignemens curieux,
-uniques, qu’il nous a transmis[33]?
-
-Mais à quelle partie du gouvernement l’auteur a-t-il pu appartenir?
-Il étoit évidemment Parisien et habitoit ordinairement Paris; c’est
-ce qui résulte de l’ensemble de son livre, et notamment des nombreux
-passages relatifs au commerce d’approvisionnement de la capitale.
-Enfin il parle de la punition de Paris en 1383, en homme qui avoit
-vu par lui-même ces tristes circonstances. D’un autre côté, il avoit
-voyagé; il avoit été en Beauce, en Picardie, à Niort, à Bar-sur-Aube,
-à Chaumont, en Gascogne, à Beziers, en Flandres, et probablement à
-Tournay qu’il cite plusieurs fois. On peut présumer de ces diverses
-indications qu’il avoit été employé, à une époque antérieure, dans
-les finances militaires (il me semble difficile qu’il se soit trouvé
-à Melun en 1358, et surtout à Niort, en 1373, avec un autre emploi),
-et qu’il avoit ensuite appartenu ou appartenoit encore lorsqu’il
-écrivoit, à un corps judiciaire résidant à Paris et mêlé à la police,
-au gouvernement de la ville, tel que le parlement et le Châtelet, dont
-les membres étoient fréquemment envoyés comme commissaires dans les
-provinces. Il me paroît d’ailleurs impossible d’attribuer à un homme
-étranger à la magistrature le récit du repas donné par l’abbé de Lagny,
-et surtout l’attention avec laquelle est remarquée l’étiquette qui y
-fut observée entre le président, le procureur général et les avocats
-du roi. Le chapitre si détaillé des noces de Jean Duchesne, procureur
-au Châtelet[34]: la recommandation de porter l’épervier aux _plaids_
-ou plaidoiries: le mélange de mots latins à certaines parties du
-texte françois, mélange fréquemment usité dans les réquisitoires et
-plaidoiries de ce temps: enfin les mots _et pour cause_ qui terminent
-souvent des délibérations[35] du parlement et qui se trouvent placés à
-la fin de quelques recettes du _Ménagier_, me semblent confirmer cette
-opinion et lui donner un degré de probabilité qui, à mes yeux du moins,
-approche de la certitude.
-
-J’ajouterai que ce style gracieux, précis et énergique, que quelques
-personnes pourraient regarder comme peu compatible avec la sécheresse
-de la pratique, seroit plutôt une sorte de nouvelle preuve de la
-profession que j’attribue à l’auteur. Les registres des plaidoiries
-du parlement faits par les greffiers sur les discours, probablement
-même sur des mémoires remis par les avocats, sont écrits, quand le
-sujet le permet, avec une clarté, une grâce et un esprit tout à fait
-remarquables[36] et qui me semblent rappeler le style du _Ménagier_
-bien mieux que certains ouvrages écrits à la même époque par des savans
-de profession. Ce doit être là le langage simple et expressif de la
-bonne société parisienne à l’époque où vivoit l’auteur; on y reconnoît
-déjà la précision et la clarté qui caractérisent notre langue. Ce style
-si doux dans la belle prière à la Vierge et quand l’auteur n’est animé
-que de sentimens tendres, si simple et si vrai lorsqu’il raconte des
-scènes de la vie commune, prend une teinte énergique et sombre quand
-il veut exprimer la douleur ou l’indignation. Tels sont les passages
-où il raconte l’histoire de la bourgeoise qui sauva son mari[37], et
-celui où il parle de ces exécuteurs testamentaires qui, choisis par les
-morts comme leurs meilleurs amis, _mordent en leur char comme tirans,
-et s’engraissent de leur sang et de leur substance_[38]; tel est dans
-un autre genre le récit de sa conversation avec une cousine de sa
-femme[39], et celui des récriminations des porte-faix[40]. Plusieurs
-fois sa pensée est si nettement, si heureusement exprimée, qu’on se
-demande si l’on auroit pu mieux dire, aux temps où notre langue avoit
-atteint toute sa perfection[41].
-
-Ce mérite de style qui existe aussi chez quelques autres écrivains
-du XIVe siècle (rarement peut-être au même degré) est un témoignage
-remarquable en faveur des lumières de cette époque, et c’est encore
-là une des indications historiques intéressantes que renferme le
-_Ménagier de Paris_. Ces indications n’y sont pas rares: on y trouve
-à chaque page de ces traits caractéristiques qui peignent le siècle
-et la nation; on y rencontre aussi fréquemment des renseignemens
-historiques directs ou anecdotiques. La mention des cartes à jouer, la
-plus ancienne que l’on connoisse avec celle du compte de l’argentier
-Poupart[42], l’histoire du chien de Niort, celles du mari parisien
-trompé, de la bourgeoise qui sauve son mari, du sire d’Andresel, de
-l’avocat, de Jeanne la Quentine: les renseignemens sur l’étiquette
-suivie par les reines, sur les occupations des femmes: l’article
-relatif aux domestiques, les documens statistiques sur les boucheries
-de Paris, documens dont je discuterai plus loin la valeur: les
-descriptions de repas et fêtes nuptiales, dans lesquelles se trouvent
-tant de détails sur les prix des objets nécessaires à la vie[43],
-répandent dans l’ouvrage autant d’intérêt que de variété.
-
-Cette diversité des sujets traités dans le _Ménagier_ semble même
-extraordinaire, et l’on a peine à concevoir qu’un même homme ait réuni
-des connoissances si différentes: mais s’il est certain que notre
-auteur connoissoit à fond toutes les matières dont il a parlé, il n’est
-pas moins vrai qu’il n’a pas écrit seul et sans le secours d’autres
-livres toutes les parties de son ouvrage. Plusieurs fois il en prévient
-le lecteur comme pour Grisélidis, l’histoire de Mellibée, le chemin
-de Pauvreté et de Richesse[44], mais d’autres fois aussi ces emprunts
-à des ouvrages étrangers se manifestent par des indications moins
-précises. Ainsi, il me paroît évident que les parties du _Ménagier_ où
-le texte est brusquement interrompu par une remarque critique, ne sont
-pas de l’auteur, et que ces remarques qu’on ne sauroit attribuer à des
-copistes attendu l’accord des trois manuscrits, se présentoient à son
-esprit pendant qu’il transcrivoit certains ouvrages utiles au but qu’il
-se proposoit. Telles sont sans doute plusieurs des recettes contenues
-dans les articles II et III de la seconde distinction relatives au
-jardinage, à l’enlèvement des taches[45] etc.
-
-Cette observation s’applique surtout à la partie culinaire ou
-_Viandier_ (articles IV et V de la seconde distinction), et il
-me paroît impossible d’attribuer à l’auteur la composition première
-du fond de ces articles. Assurément il connoissoit le sujet, et
-la multiplicité des objections qu’il fait à son texte prouve
-sa _compétence_, mais elle prouve en même temps sa position de
-transcripteur et d’annotateur[46].
-
-Quels sont les ouvrages ou les documens dont s’est servi l’auteur du
-_Ménagier_ pour écrire cette partie de son livre[47]? On ne s’étonnera
-pas que quelques-uns aient pu disparoître, mais il nous est permis
-d’en reconnoître deux qu’il a certainement mis à contribution. Le
-premier est le livre du célèbre Taillevent, écrit à une époque un
-peu antérieure, et qu’il a dû nécessairement connoître; outre les
-similitudes forcément existantes entre deux ouvrages écrits à la même
-époque et sur le même sujet, similitudes que j’ai tâché de ne pas
-confondre avec des emprunts et que je me suis dispensé de signaler,
-le traité de Taillevent contient quelques recettes évidemment copiées
-par l’auteur du _Ménagier_. Mais un beaucoup plus grand nombre de
-ses recettes a été emprunté à un ouvrage dont la plus ancienne
-édition connue, imprimée à Lyon en 1542, in-8º gothique, pour Olivier
-Arnoullet, est intitulée _le Livre fort excellent de cuisine_, et
-dont on connoît une réimpression faite à Paris pour la veuve de Jean
-Bonfons, sans date (mais après 1566 et avant 1574)[48], de format
-in-16, sous le titre de _Grand cuisinier de toutes cuisines_. C’est au
-reste à l’auteur de ce dernier volume qu’il faut attribuer la rédaction
-originale des recettes communes aux deux ouvrages, car on ne rencontre
-dans le _Grand Cuisinier_ aucune des remarques critiques du _Ménagier_,
-et l’ordre des recettes classées méthodiquement ici, n’est pas le même
-dans le _Grand Cuisinier_. Or on ne sauroit croire que le premier
-éditeur de cet ouvrage se soit donné la peine d’établir un système ou
-un ordre quelconque, bon ou mauvais, dans son édition. Il est visible
-qu’il imprimoit sans attention, sans soin, un manuscrit ancien tel
-qu’il l’avoit sous les yeux, et le reproduisoit sans modification, sauf
-les mots ou les phrases entières échappées à son incurie.
-
-Les reproches que je fais ici au _Grand Cuisinier_ ne surprendront pas
-les personnes versées dans la connoissance de nos anciens livres. Elles
-savent que les anciennes éditions des textes classiques et religieux,
-destinées aux hommes studieux et graves, étoient faites avec un soin
-extrême, tandis que les romans, les poésies et tous autres ouvrages
-françois moins sérieux (surtout ceux qu’on imprimoit après la mort
-de leurs auteurs), destinés aux gens du monde ou au public vulgaire,
-étoient édités avec une négligence excessive, au moins quant à la
-correction du texte. Cette négligence est poussée à l’extrême dans
-les éditions imprimées des deux ouvrages culinaires que je viens de
-citer; aussi, quoiqu’ils m’aient été fort utiles pour éditer cette
-partie du _Ménagier_, j’aurois bien désiré avoir à ma disposition un
-manuscrit du _Grand Cuisinier_ ou _Livre fort excellent de cuisine_,
-exempt des fautes de l’imprimé, mais il n’en existe pas, et je n’ai
-eu cette facilité qu’à l’égard du Taillevent[49] dont on connoît deux
-manuscrits, l’un à la Bibliothèque royale, l’autre à la Bibliothèque
-Mazarine, présentant entre eux de très-grandes différences et différant
-aussi tous deux, le second surtout, des imprimés.
-
-Malgré la futilité apparente du sujet, je regarde la partie culinaire
-du _Ménagier_ comme une des plus importantes du livre. La partie morale
-est, il est vrai, très-bien écrite et très-riche en renseignemens
-historiques, mais il existe quelques ouvrages analogues qu’on peut
-placer à côté d’elle (le plus important est assurément celui de
-Geoffroy de La Tour-Landry[50]). La partie matérielle du _Ménagier_ et
-notamment _le Viandier_, beaucoup plus étendu et plus détaillé que
-l’ouvrage de Taillevent, est absolument sans équivalent. Aussi ai-je
-cru devoir apporter les soins les plus scrupuleux au travail assez
-difficile et tout à fait nouveau qu’exigeoit de moi cette partie de
-l’ouvrage.
-
-La première impression qu’on éprouve en lisant _le Viandier_ est
-l’étonnement de voir presque tous les mets assaisonnés de quantité
-d’épices et d’herbes aromatiques. Une pareille complication
-d’assaisonnemens, si opposée à la simplicité primitive de la nourriture
-naturelle de l’homme, est-elle contemporaine de l’établissement des
-monarchies modernes, ou faut-il la faire remonter au moins à ces
-époques malheureuses où les Romains poussoient le luxe et la recherche
-de leurs tables jusqu’aux raffinemens décrits par Pétrone? La réponse
-à cette question n’est pas douteuse si l’ouvrage curieux qui porte le
-nom d’Apicius Cœlius a été en effet écrit peu d’années après le règne
-d’Héliogabale, comme le savant Lister me paroît l’avoir établi dans la
-dissertation placée en tête de son édition de cet ouvrage[51]. S’il
-en est ainsi, nous devons croire que la cuisine du moyen âge est la
-même que celle de l’empire romain. Les Francs l’auront trouvée en
-usage dans les Gaules devenues romaines de mœurs et d’habitudes, et
-ils l’auront adoptée comme ils adoptèrent tant d’autres coutumes de
-cette population soumise par eux, mais dans laquelle ils ne formoient
-qu’une foible minorité. Si Lister eût connu l’ouvrage de Taillevent ou
-la partie culinaire du _Ménagier_, il ne se seroit pas demandé comment
-la cuisine moderne (celle qu’il voyoit de son temps) étoit devenue
-si différente de l’antique, si simple en comparaison de celle-ci, et
-surtout il n’auroit pas conclu qu’elle avoit été ainsi simplifiée
-par suite de l’invasion des barbares qui auroient importé leurs
-habitudes domestiques dans les pays conquis par eux. Taillevent et _le
-Ménagier_ offrent tant de similitudes avec le traité d’Apicius en ce
-qui concerne l’emploi des épices, qu’on pourrait croire l’_Apicius_
-écrit au moyen âge, si des recettes de plats inconnus à nos ancêtres et
-indiqués (non décrits) dans d’autres auteurs anciens, si les noms des
-inventeurs de certains mets, qu’un faussaire n’eût pu, à l’époque où
-remontent les manuscrits d’Apicius, appliquer avec sagacité, si enfin
-l’opinion unanime des savans éditeurs de ce livre ne sembloient établir
-suffisamment son antiquité.
-
-L’usage immodéré des épices s’est prolongé jusqu’au règne de Henri
-IV, sans que le système de la cuisine françoise ait beaucoup
-varié[52]; c’est du moins ce qu’on peut conclure de la réimpression
-de Taillevent en 1602, d’où il résulte qu’alors ses recettes étoient
-encore employées. Mais la simplicité paroît s’être introduite dans
-la préparation des alimens sous le règne de Louis XIII[53]. Entre
-le Taillevent réimprimé en 1602, et le _Cuisinier françois_ de
-François Pierre dit la Varenne[54], imprimé en 1651, il n’y a aucune
-analogie[55]. Cette profonde modification ne peut-elle être attribuée
-en partie à la baisse du prix des épices, amenée par la multiplication
-des relations commerciales? Pour beaucoup d’hommes, le plus grand
-plaisir de la possession est d’avoir ce que les autres désirent
-inutilement. Quand les épices ont pu paroître sur toutes les tables, et
-quand leur emploi n’a plus été une preuve de luxe et de richesse, on a
-peut-être cessé de les estimer autant, et leur usage a été de plus en
-plus restreint.
-
-Outre l’intérêt général que la partie culinaire du _Ménagier_ a de
-commun avec l’Apicius et le Taillevent, cette partie présente en outre,
-sur l’ordre et le service des repas, des détails bien curieux, propres
-à éclaircir divers passages de nos historiens et aussi de quelques
-ouvrages littéraires[56]. Ces détails ont manqué à Legrand d’Aussy qui,
-faute de les connoître, a donné peu de renseignemens sur cette partie
-importante du sujet qu’il traitoit. On peut suppléer à cette omission
-et se figurer le cérémonial et l’ordre d’un grand repas en examinant
-et rapprochant entre eux certains passages de l’article IV (p. 114 et
-suiv.).
-
-L’auteur nous apprend d’abord que les différentes provisions
-nécessaires à l’alimentation, confiées habituellement à la surveillance
-des _écuyers de cuisine_, étoient choisies, marchandées et payées
-par un ou plusieurs de ces officiers assistés des _queux_ ou
-cuisiniers[57]. Les mets préparés par les queux étoient, en attendant
-le moment du service, posés par les aides des écuyers sur un dressoir
-placé dans la cuisine. C’est de là qu’ils étoient portés sur les tables.
-
-Représentons-nous maintenant une vaste salle tendue de tapisseries ou
-d’autres étoffes brillantes. Les tables sont recouvertes de nappes
-à franges, jonchées d’herbes (odoriférantes?); une d’entre elles,
-dite _grande table_, est destinée aux personnes les plus notables.
-Les convives sont conduits à leurs places par deux maîtres d’hôtel
-qui leur apportent à laver[58]. La grande table est garnie par un
-maître d’hôtel, de salières d’argent, de gobelets couverts dorés pour
-les plus grands personnages, de cuillers et de quartes[59] d’argent.
-Les convives mangent (au moins certains mets) sur des tranchoirs
-ou grandes tartines de gros pain[60] jetés ensuite dans des vases
-dits _couloueres_[61]. Pour les autres tables, le sel est placé dans
-des morceaux de pain[62] creusés à cet effet par des officiers dits
-_porte-chappes_[63]. Dans la salle est un dressoir garni de vaisselle
-et de différentes espèces de vins; deux écuyers placés auprès de ce
-dressoir donnent aux convives des cuillers propres, leur versent le
-vin qu’ils demandent, et retirent de la table la vaisselle salie;
-deux autres écuyers font porter les vins au dressoir de salle: un
-valet placé sous leurs ordres est uniquement occupé à tirer le vin
-des tonneaux[64]. Les plats formant trois, quatre, cinq ou même six
-services dits mets[65] ou assiettes, sont apportés par des valets et
-deux écuyers _des plus honnêtes_. (Dans certains repas de noces, le
-marié marchoit devant,[66] avec eux.) Les plats sont posés sur les
-tables par un _asséeur_[67] assisté de deux serviteurs. Ces derniers
-enlèvent les restes et les remettent aux écuyers de cuisine qui doivent
-les mettre à part et les conserver. Après les mets ou assiettes, les
-tables sont couvertes de nouvelles nappes, et l’entremets est alors
-apporté. Ce service, le plus brillant du repas[68], se compose de plats
-sucrés, de gelées de couleur avec armoiries, etc., puis d’un cigne, de
-paons ou de faisans revêtus de leurs plumes, ayant le bec et les pattes
-dorés, et placés au milieu de la table sur une sorte d’estrade[69]. A
-l’entremets qui ne figure pas dans tous les menus, et à son défaut,
-au dernier mets ou service, succède la _desserte_ (compotes, fruits,
-_dessert_[70]); _l’issue_[71] ou sortie de table, composée le plus
-souvent d’ypocras et d’une sorte d’oublie dite _mestier_, ou, en été,
-l’ypocras étant hors de saison à cause de sa force, de pommes, de
-fromages, et quelquefois encore d’autres pâtisseries et sucreries[72].
-Le _boute-hors_ (vin et épices) termine le repas; on se lave les
-mains, on dit les grâces, puis on passe dans la _chambre de parement_
-ou salon. Les domestiques succèdent alors aux maîtres et dînent après
-eux. On apporte ensuite aux convives du vin et les _épices de chambre_
-(dragées, sucre rosat, écorces d’oranges confites, etc. V. p. 122, 265
-et 274), et chacun se retire alors chez lui.
-
-Il existe encore dans cette partie du _Ménagier de Paris_ un passage
-dont l’importance seroit bien grande si l’on pouvoit être assuré
-de son exactitude. Je veux parler du commencement de l’article
-IV, dans lequel se trouve le relevé statistique de la consommation
-de Paris. Selon l’auteur, cette consommation, en y comprenant les
-animaux tués pour les maisons du roi et des princes, s’élevoit à
-l’époque où il écrivoit à 30,316 bœufs; 188,552 moutons; 30,794 porcs,
-et 19,604 veaux[73]. Ce passage sembleroit pouvoir fournir un nouvel
-élément propre à déterminer le chiffre de la population parisienne à
-la fin du XIVe siècle, mais les renseignemens donnés en cet endroit
-du _Ménagier_ sont-ils exacts? Je ne m’arrêterai pas à une première
-difficulté, celle que je remarque au sujet du nombre des bouchers de
-la grande boucherie que l’auteur fixe à dix-neuf. Quoiqu’un boucher
-pût tenir et tînt quelquefois, mais assez rarement, plusieurs étaux,
-il me paroît difficile que les 32 étaux de la grande boucherie fussent
-tenus par 19 bouchers seulement. Mais, en outre, est-il croyable que la
-boucherie de Saint-Germain, composée de 19 étaux (13 bouchers, suivant
-l’auteur), ne fournît par semaine à la consommation de Paris que 6
-bœufs, 2 veaux et 18 porcs de plus que la boucherie du Temple, composée
-de deux étaux seulement? On peut concevoir que l’auteur ne nomme
-pas la boucherie de Saint-Benoît, destinée peut-être exclusivement
-au chapitre[74]; mais comment ne cite-t-il pas celle de Saint-Éloi,
-établie en 1358, et qui approvisionnant le riche quartier Saint-Paul,
-devoit nécessairement avoir un important débit? Comment a-t-il négligé
-celle de Saint-Marcel, ou s’il l’a confondue à dessein avec celle de
-Sainte-Geneviève, pourquoi n’en prévient-il pas le lecteur[75]? Comment
-enfin, est-il en désaccord avec lui-même, à deux lignes de distance,
-sur la consommation du duc de Berry[76]? (_douze_ puis _seize_ bœufs,
-80 puis 160 moutons). Cette variation est d’autant plus surprenante
-qu’un doute, puis une vérification annoncés par l’auteur font compter
-le lecteur sur des chiffres exacts et certains.
-
-Je crois que les observations précédentes sont des présomptions graves
-contre la fidélité de ces renseignemens statistiques[77], mais il est
-encore des difficultés d’un autre genre qui s’opposeroient à ce qu’ils
-pussent être consultés sûrement pour la fixation du chiffre de la
-population parisienne. Il est certain qu’à la fin du xive siècle
-l’abstinence de viande aux jours maigres étoit plus généralement et
-plus strictement observée qu’aux époques où la population de Paris
-nous est connue, et qui pourroient servir de termes de comparaison.
-Nous ignorons si les bœufs amenés alors à Paris étoient plus ou
-moins pesans qu’aujourd’hui; nous ignorons en outre combien de
-livres de viande pouvoit consommer annuellement chaque habitant de
-Paris, car la consommation individuelle augmente ou diminue d’une
-manière très-sensible en raison inverse du prix des denrées[78],
-et le chiffre actuel de cette consommation, fort inférieur à celui
-qu’elle atteignoit en 1789, ne sauroit servir de base pour la fin
-du XIVe siècle[79]. Enfin l’extrait d’un arrêt du
-Parlement (t. II, p. 82 dans la note), dans lequel il
-est dit que Guillaume de Saint-Yon vendoit vers 1380 dans trois étaux
-pour 200 livres parisis de viande par semaine est loin de concorder
-avec les calculs de l’auteur, et réduiroit de beaucoup le nombre des
-animaux abattus par semaine à la grande boucherie, même en tenant
-compte du produit de la vente des peaux, du suif, etc.
-
-La partie culinaire du _Ménagier_ termine l’ouvrage dans les trois
-manuscrits qui nous sont connus. Cependant l’auteur avoit annoncé dans
-son prologue une troisième et dernière distinction devant contenir: 1º
-des demandes d’ébatement répondues par le sort des dés, par _rocs_ et
-par _rois_[80]; 2º un traité de la chasse à l’épervier; 3º des demandes
-subtiles à trouver ou à deviner, et fondées sur l’arithmétique. De ces
-trois articles nous n’avons que celui qui est relatif à la chasse,
-encore est-il placé dans la seconde distinction, à la fin de l’article
-III et après le traité des chevaux. Il semble étonnant que l’auteur qui
-dans tout son livre suit avec une exactitude scrupuleuse la division
-qu’il a annoncée dans son prologue, l’ait négligée aussi complétement
-pour cet article. Est-ce donc à lui qu’il faut attribuer cette sorte de
-transposition? Cet article est-il le seul de la troisième distinction
-qu’il ait écrit? Les événemens ou la mort ont pu l’interrompre dans
-son travail et l’empêcher d’écrire les deux autres articles de la
-IIIe distinction, et le traité de la chasse ainsi isolé a pu être
-placé par les personnes qui recueillirent le _Ménagier_ après le
-traité des chevaux auquel il se lioit assez naturellement. Il seroit
-encore possible que l’auteur eût renoncé, depuis qu’il avoit écrit son
-prologue, à traiter les deux autres articles comme moins utiles à son
-but, et qu’il eût lui-même interverti l’ordre annoncé, ou enfin que ces
-deux articles, terminés par lui comme le deuxième, eussent été perdus;
-j’avoue que ces deux dernières hypothèses me paroissent moins probables
-que la première. J’ai cru, à tout hasard, devoir suivre dans cette
-édition l’ordre annoncé dans le prologue, et j’ai renvoyé à la fin du
-livre cet article unique de la troisième distinction.
-
-Il est certain que les deux autres articles, relatifs à des sujets
-plus intimes et peu connus jusqu’ici, auroient été plus curieux pour
-nous que le traité de la chasse, mais on comprend que l’auteur ait
-pu s’occuper de préférence de ce dernier sujet. A l’époque où il
-écrivoit, la chasse à l’épervier (et même celle au faucon, quoique
-plus dispendieuse), n’exigeant pas la quantité d’hommes et de chevaux
-nécessaires à la vénerie, étoit un des divertissemens favoris de la
-société moyenne[81] et passoit pour être particulièrement convenable
-aux femmes. Cette chasse se faisoit souvent par une nombreuse société
-de chasseurs et de chasseresses rangés en ligne, et jouissant avec
-orgueil des succès de leurs oiseaux. L’auteur du _Roi Modus_ qui
-écrivoit vers 1360 parle à deux reprises avec enthousiasme des plaisirs
-que procuroit cette chasse. _C’est un déduit_, dit-il, _que chascun
-puet faire de soy avecques dames et damoiselles.... et doit avoir la
-dame aucun qui lui puisse baillier son esprevier quand il aura prins
-l’aloé ou la pertrix.... Dieux! comme c’est beau déduit, c’est plaisant
-déduit que de veoir prendre une aloé à l’estourse à bon esprevier!_[82]
-Gaces de La Bugne, premier chapelain des rois Philippe de Valois, Jean
-II, Charles V et Charles VI, que j’ai eu plus d’une fois occasion de
-citer dans ce livre[83], après avoir déterminé le train nécessaire à
-un _épreveteur_, l’engage à chercher un bon pays et des compagnons,
-car il auroit été regrettable, selon lui, de chasser seul. Il lui
-fait donc trouver belle et bonne compagnie de chevaliers et d’écuyers
-_qui n’ont pas à sommes deniers_ (qui ne sont pas très-riches), de
-dames et de damoiselles, et lui fait faire avec eux une chasse dont le
-détail a beaucoup de rapports avec certains endroits de cet article du
-_Ménagier_. Il regarde ce divertissement comme bien plus convenable
-pour les femmes que la vénerie. «Le déduit de chiens, s’écrie-t-il,
-peut-il donner de tels plaisirs aux dames qu’aussitôt on ne médise
-d’elles? Une grande dame qui voudroit conserver sa réputation ne
-piqueroit pas des éperons au travers des bois, des buissons et des
-haies, et n’iroit pas avec plaisir tuer cerfs, loups ou sangliers. Aux
-hommes appartiennent tels faits![84]»
-
-Au reste, à cette époque où la distinction des rangs très-marquée
-dans la législation et aussi, en général, dans les alliances de
-familles, l’étoit peut-être moins que de nos jours dans les relations
-de la vie privée, la chasse à l’épervier n’étoit pas la seule usitée
-par les bourgeois. La chasse à l’oiseau en général, fauconnerie ou
-autourserie, étoit une des occasions qui réunissoient le plus souvent
-des personnes de conditions différentes. Gaces de La Bugne en donne
-un exemple intéressant. Il raconte fort agréablement comment des gens
-qu’il appelle _de moyen état_, mais parmi lesquels il se compte lui,
-chapelain du roi, ainsi que des chevaliers (il y avoit en outre des
-chanoines, des écuyers ou simples gentilshommes et des bourgeois),
-firent ensemble une partie de chasse à l’oiseau qui dura une semaine.
-Ils avoient vingt oiseaux et voloient tous les jours au moins jusqu’à
-midi. Alors ils venoient dîner ensemble à une hôtellerie, et le repas
-se passoit joyeusement, sans médire du prochain et sans convoiter les
-richesses d’autrui. Après dîner, la chasse recommençoit jusqu’au souper
-qui étoit plantureusement servi[85].
-
-L’auteur du _Ménagier_ avoit sans doute sur la convenance et l’agrément
-de la chasse à l’épervier la même opinion que Gaces de La Bugne,
-et c’est là ce qui l’aura déterminé à parler avec détail de cette
-chasse. Son traité est très-complet et au moins égal en mérite à la
-partie du _Modus et Ratio_ relative au même sujet. Il ne me paroît pas
-s’être servi[86] de ce dernier livre, trop répandu cependant à la fin
-du XVIe siècle pour qu’il ne l’ait pas rencontré.
-Cependant les deux ouvrages étant presque contemporains et traitant
-le même sujet, plusieurs passages du _Modus_ m’ont été utiles pour
-éclaircir ou compléter cette partie du _Ménagier_. J’ai aussi mis
-à contribution, dans ce double but, les autres anciens ouvrages de
-fauconnerie, pensant que cet article, à cause de l’obscurité d’un art
-aujourd’hui si peu connu[87], demandoit à être éclairci avec plus de
-détail que les autres.
-
- * * * * *
-
-Quand on a lu le _Ménagier de Paris_, on se demande comment un pareil
-ouvrage a pu rester quatre cent cinquante ans sans avoir été connu, ou
-plutôt sans avoir été cité. Quant à moi, l’existence de ce précieux
-monument historique m’a été révélée seulement par la vente des livres
-de M. Huzard[88]. Un manuscrit sur papier du _Ménagier_ figuroit au nº
-662 de la première partie du catalogue de cette remarquable collection.
-L’examen rapide que j’en fis à l’exposition me fit pressentir le mérite
-du livre, et me donna un vif désir d’en devenir possesseur. Le volume
-m’ayant été adjugé, je me convainquis en le lisant de l’utilité qu’il
-y avoit à le publier. Je crus, à cet effet, nécessaire de rechercher
-s’il en existoit d’autres manuscrits. Je n’en trouvai de mentionnés
-que sur les catalogues des ducs de Bourgogne, publiés par M. Barrois
-dans sa _Bibliothèque protypographique_[89]. Les catalogues des
-Bibliothèques du Roi et de l’Arsenal ne portent aucune indication du
-_Ménagier_: je pensai donc que l’un des manuscrits de Bourgogne, sinon
-les deux, pouvoit se trouver à la Bibliothèque royale de Bruxelles,
-et je demandai à M. le baron de Reiffenberg, auteur de tant de
-savantes publications historiques et associé étranger de la Société
-des Bibliophiles françois, de vouloir bien m’éclairer sur ce point.
-Sa réponse, par suite de diverses circonstances, ne m’étant parvenue
-qu’après plusieurs mois, je crus pendant quelque temps qu’il falloit
-renoncer à l’espoir de découvrir un autre manuscrit du _Ménagier_, et
-quoique le mien présentât d’assez notables défectuosités, la Société
-des Bibliophiles décida sur ma proposition, dans sa séance du 14 mai
-1845, qu’elle donneroit une édition de ce livre, et me chargea de
-préparer cette édition sur mon manuscrit, le seul que nous pussions
-alors nous procurer. Mais quelques jours plus tard un de mes amis,
-connu par quantité de savans travaux historiques, me communiqua un
-manuscrit sur vélin du _Ménagier_, contenant 173 feuillets in-folio,
-paroissant écrit dans la première moitié du XVe siècle et orné au
-commencement d’une miniature reproduite dans cette édition[90]. Je
-reconnus bientôt que ce volume, qui ne porte pas les armoiries des
-ducs de Bourgogne étoit cependant, sans aucun doute, le premier des
-deux portés aux inventaires de 1467 et 1487, et indiqué sous les nos
-836 et 1758 de la _Bibliothèque protypographique_[91], et qu’il avoit
-certainement servi de modèle au copiste du mien. Ce manuscrit, le plus
-ancien des trois que j’ai eus à ma disposition, est désigné dans le
-cours de mon travail sous le nom de Ms. A.
-
-Peu de temps après, M. le baron de Reiffenberg m’écrivoit de son
-côté qu’un des manuscrits des ducs de Bourgogne existoit en effet à
-Bruxelles, et m’envoyoit en même temps un exemplaire de _l’Annuaire
-de la Bibliothèque royale de Belgique pour 1843_[92], dans lequel
-se trouve, p. 33, un excellent article de lui sur cet exemplaire
-du _Ménagier de Paris_. La Société des Bibliophiles fit alors des
-démarches actives pour obtenir la communication de ce précieux volume
-que M. de Theux, ministre de l’intérieur de Belgique, voulut bien lui
-accorder, sous la garantie de M. le marquis de Rumigny, ambassadeur de
-France à Bruxelles.
-
-Ce manuscrit sur vélin, que j’ai désigné sous la lettre B, paroît
-postérieur de quelques années au précédent. Le premier feuillet est
-orné d’un C initial en or et en couleur, au centre duquel on voit,
-comme dans la miniature du Ms. A, l’auteur donnant ses instructions
-à sa femme. Ce feuillet est entouré de trois côtés (en tête, au fond
-et en queue) d’une bordure d’arabesques en or et en couleur dans
-laquelle se trouve au bas de la page l’écusson de Philippe dit le
-Bon ou de Charles le Téméraire, ducs de Bourgogne. Il contient 193
-feuillets de format in-folio. La description donnée du second manuscrit
-de Bourgogne dans les inventaires de 1467 et 1487 établit que le
-manuscrit de Bruxelles est le même que celui porté aux nos 1202 et
-1759 de la _Bibliothèque protypographique_. Il a été fait avec soin
-par un écrivain intelligent mais peut-être trop disposé à corriger les
-endroits qui lui sembloient défectueux; plusieurs corrections ont en
-outre été faites après coup. Il n’a pas été copié sur le manuscrit A
-et en reproduit un autre: il fournit en effet trop de variantes pour
-qu’on puisse les attribuer seulement au copiste. Il a probablement
-été exécuté pour Philippe le Bon, mais le Ms. A qui ne porte pas
-d’armoiries a pu appartenir à d’autres propriétaires avant d’entrer
-dans la bibliothèque de Bruges.
-
-L’auteur du _Ménagier_ étoit trop connu du duc de Berry[93] pour avoir
-appartenu au parti bourguignon à Paris, et pour qu’on suppose qu’un
-des manuscrits de Bourgogne soit la copie de quelque autre plus ancien
-offert par l’auteur au duc Philippe le Hardi ou à son fils Jean sans
-Peur. Un semblable hommage auroit plutôt été fait au duc de Berry, mais
-on ne voit pas figurer _le Ménagier_ sur l’inventaire des livres et
-autres objets mobiliers de ce prince dressé après son décès. On peut
-raisonnablement croire qu’un exemplaire de cet ouvrage aura été trouvé
-chez un de ces bourgeois riches et considérés qui perdirent la vie ou
-au moins leurs biens lors de l’entrée des Bourguignons à Paris en 1418,
-et qu’il aura été apporté alors au duc de Bourgogne par un de ses agens
-ou partisans.
-
- * * * * *
-
-J’ai dit plus haut que le manuscrit de M. Huzard, qui m’appartient
-aujourd’hui et que j’ai désigné sous la lettre C, avoit été copié sur
-le Ms. A. Outre la conformité presque parfaite des deux textes, j’en
-ai une preuve bien manifeste. Il existe et il existoit évidemment
-dans le Ms. A avant qu’il eût été revêtu de sa reliure actuelle, une
-transposition de deux feuillets par suite de laquelle le traité de
-l’épervier et le passage relatif aux boucheries de Paris se trouvent
-mêlés l’un à l’autre et se coupent réciproquement. L’écrivain du Ms. C
-a copié ce qu’il avoit sous les yeux, sans voir quelle étoit la cause
-du désordre de son texte, et le même mélange existe dans sa copie,
-mais sans transposition, c’est-à-dire que le sens est interrompu au
-milieu de deux pages et non entre la fin d’un verso et le commencement
-d’un recto, comme dans le Ms. A. Pour rendre ce désordre un peu moins
-choquant, il a ajouté dans un endroit deux mots qui ne me semblent
-cependant pas atteindre ce résultat. Cet écrivain, évidemment Flamand,
-a en outre laissé dans sa copie de nombreuses traces du dialecte qu’il
-parloit, écrivant souvent _commenche_ pour _commence_, _cousant_ pour
-_couchant_, _franchois_ pour _françois_, _cheulx_ pour _ceulx_, etc. On
-peut aussi lui reprocher d’avoir oublié quelques membres de phrases; il
-a cependant fait au texte cinq ou six corrections assez heureuses et
-tout à fait nécessaires au sens.
-
-Le manuscrit C contient 280 feuillets de papier _in-folio parvo_
-assez négligemment mais lisiblement écrits, et semble remonter au
-commencement du règne de Louis XI. La première lettre renferme un
-écusson parti, au premier de gueules au chevron d’hermines, et au
-second d’hermines au chef de gueules; ces armoiries sont celles des
-maisons de Ghistelles[94] et de Roubais[95]. D’après les règles de
-l’art héraldique, les femmes doivent porter un écu parti, au premier
-des armes de leur mari, et au second des leurs[96]; cet écusson devroit
-donc être celui d’une demoiselle de Roubais mariée à un Ghistelles;
-mais malgré les recherches les plus attentives, je n’ai pas trouvé
-qu’une semblable alliance ait eu lieu à l’époque où mon manuscrit
-fut écrit, tandis que Pierre (ou Réné)[97] seigneur de Roubais,
-fils de Jean mort en 1449, et d’Agnès de Lannoy, né à Herzelles le
-1er août 1415 et mort le 7 juin 1498, avoit épousé Marguerite de
-Ghistelles, fille de Jean sieur de Bockède, Lauderburg, etc., et de
-Charyte de Gand-Vilain, née le 14 octobre 1415 et morte le 17 octobre
-1498[98]. Suivant le dossier de Roubais au Cabinet généalogique, ils
-n’eurent qu’une fille nommée Isabelle, dame de Roubais et d’Herzelles,
-femme de Jacques de Luxembourg, sieur de Richebourg[99], et morte
-en 1502. Si l’on admet que l’écrivain a pu commettre une erreur
-(erreur très-rare mais qui n’est cependant pas sans exemple[100]), et
-placer les premières celles de ces armoiries qu’il devoit mettre les
-secondes, l’attribution du volume à Marguerite de Ghistelles paroîtra
-bien fondée. M. de Roubais, fils d’un premier chambellan des ducs
-de Bourgogne, et attaché lui-même à leur service[101], avoit toute
-facilité pour faire copier un manuscrit de la bibliothèque de ces
-princes. Une autre circonstance vient encore ajouter à la probabilité
-de cette conjecture: dans une espèce d’appendice[102] qui est propre à
-mon manuscrit, on trouve des recettes qui sont dites avoir été envoyées
-par un certain Hotin, cuisinier _qui fut à Monseigneur de Roubais_.
-Ces mots indiquent des rapports intimes, à l’époque où ils ont été
-tracés, entre la famille de Roubais et le propriétaire de ce volume
-écrit d’ailleurs par un Flamand et d’après un manuscrit des ducs de
-Bourgogne; il ne me paroît donc pas possible d’attribuer l’écusson
-de la lettre initiale du Ms. C à d’autres familles qu’à celles de
-Ghistelles et de Roubais, et par suite, attendu les renseignemens
-fournis par les généalogies de ces deux familles, à une autre personne
-qu’à Marguerite de Ghistelles, dame de Roubais.
-
-Ce dernier exemplaire n’étant qu’une reproduction du Ms. A, n’a eu
-qu’une très-médiocre importance pour mon travail d’éditeur. J’ai pris
-les variantes qu’il offroit, seulement lorsque le sens les justifioit
-complétement, et j’ai toujours en ce cas indiqué en note leur origine;
-mais lorsque l’un des Mss. A et B, presque également beaux et soignés,
-contenoit une faute évidente corrigée dans l’autre, j’ai pris la
-meilleure leçon, et je n’ai en général donné la variante en note que
-quand la leçon adoptée pouvoit laisser quelque doute dans l’esprit
-du lecteur. Plus d’une fois j’ai trouvé dans ces deux manuscrits des
-fautes qui me sembloient faciles à reconnoître et même à corriger,
-mais ces deux volumes ayant été écrits hors de la présence et même
-sans doute après la mort de l’auteur, j’ai cru qu’un ou plusieurs
-mots propres à changer le sens apparent de la phrase pouvoient avoir
-été omis, et je n’ai fait que proposer en note la correction, sans
-l’insérer dans le texte. Au reste, la copie faite sur le Ms. C, a été
-collationnée sur les Mss. A et B, et les premières épreuves de chaque
-feuille l’ont été de nouveau sur le Ms. B comparé au Ms. A toutes les
-fois qu’il étoit en désaccord avec l’épreuve. J’ose donc espérer que le
-texte du _Ménagier_ contiendra peu de fautes graves et sera au moins
-sans omissions.
-
-Le lecteur remarquera sans doute que l’orthographe employée dans le
-_Ménagier_ varie; par exemple, qu’on y voit successivement _pongnée_ et
-_poignée_, _aultre_ et _autre_, _tartre_ et _tarte_, etc. Je le prie
-de ne pas attribuer ces différences à ma négligence. L’orthographe
-étant variable dans chacun des manuscrits que j’avois sous les yeux,
-je n’ai pas cru devoir la rendre uniforme et donner une régularité de
-mon fait à un livre qui pourra être consulté par quelques personnes
-sous le rapport linguistique. Quant à la ponctuation qui ne figure que
-d’une manière très-incomplète et souvent fautive (surtout quant aux
-barres représentant les virgules) dans les anciens manuscrits, j’en ai
-sobrement usé, dans la pensée qu’on lui ôte souvent de sa valeur et
-même toute signification en la multipliant à l’excès.
-
-Cet ouvrage ne devant pas être lu seulement par des personnes
-versées dans notre histoire et notre ancienne littérature, j’ai cru
-nécessaire de donner, à la suite de cette introduction, une indication
-détaillée des ouvrages ou documens cités en abrégé dans le cours
-de mes notes, avec une notice succincte de leur contenu quand ils
-étoient généralement peu ou mal connus. La table des matières qui
-termine l’ouvrage sera, je l’espère, d’une utilité plus générale. Je
-dois prévenir le lecteur que je ne l’ai pas faite aussi détaillée
-pour la partie morale du _Ménagier_ que pour la partie matérielle. Je
-l’ai surtout abrégée pour l’_Histoire de Mellibée_ et _le Chemin de
-pauvreté_, qui ne sont pas de l’auteur du livre et y figurent comme
-épisodes. _Le Viandier_ m’a fourni un très-grand nombre de mots; je
-n’ai cependant porté à la table les noms des animaux, des végétaux et
-des mets que lorsque l’endroit indiqué donnoit sur eux quelques détails
-susceptibles d’être consultés, ou offroit quelque intérêt. J’ai donné
-aussi dans cette table au moins deux fois chacun des plats cités dans
-les _menus_ parce qu’il pouvoit être utile de faire connoître à quel
-moment du repas se servoit tel ou tel mets, et aussi parce que certains
-plats ne sont nommés que là.
-
-Il me reste maintenant à remercier les personnes qui m’ont aidé de
-leurs conseils, et surtout par la communication ou l’indication
-des pièces utiles à consulter. Je dois d’abord citer M. Paris, de
-l’Académie des inscriptions, dont l’amitié m’est si précieuse, et M.
-Dessalles, des Archives du royaume. Je nommerai aussi M. Léon Tripier
-qui a collationné avec moi la plus grande partie du premier volume;
-M. d’Arcy que j’ai eu occasion de mentionner dans une de mes notes,
-et qui m’a en outre rendu le service de collationner _le Chemin de
-pauvreté_ sur le manuscrit du Roi nº 7201; je citerai encore M. Duclos,
-de la section judiciaire des Archives du royaume. Enfin, l’_Histoire de
-Mellibée_ a été collationnée par M. Borel d’Hauterive sur le manuscrit
-du Roi nº 7072^{3.3}.
-
-JÉRÔME PICHON.
-
-Paris, 27 mai 1847.
-
-
-INDICATION DÉTAILLÉE
-
-DE QUELQUES OUVRAGES OU DOCUMENS,
-
-MANUSCRITS OU IMPRIMÉS,
-
-Cités en abrégé dans l’Introduction et les notes du _Ménagier de
-Paris_[103].
-
-
-Albéric de Trois-Fontaines.
-
- Chronique attribuée à Albéric, moine de l’abbaye de
- Trois-Fontaines au XIIIe siècle, et imprimée
- dans les _Accessiones historicæ_ de Leibnitz. Leipsick, 1698, et
- Hanovre, 1700, in-4º. Voir sur cette chronique l’excellent article
- de la Bibliothèque historique de la France, T. II, nº 16,803.
-
-Anselme (le Père).
-
- C’est le premier auteur de l’Histoire généalogique des grands
- officiers de la couronne, revue et augmentée par les Pères Ange
- et Simplicien. Je cite la dernière et la plus complète édition de
- Paris, 1726, en 9 vol. in-folio.
-
-Arch. du Roy., reg. K. 220, 1.
-
- Registre déposé à la section historique des Archives du Royaume,
- contenant les comptes du duc de Berry pour les années 1370, 1373,
- etc.
-
-Arcussia (d’).
-
- La fauconnerie de Charles d’Arcussia de Capre, seigneur
- d’Esparron, divisée en dix parties. Paris, Jean Houzé, 1627,
- in-4º, fig.
-
- C’est la meilleure édition de cet excellent ouvrage.
-
- La _Fauconnerie du roi_ forme la VIe partie.
-
- La _Conférence des fauconniers_ en est la VIIe.
-
- Le _Discours de chasse_ (ou _Convy pour l’assemblée des
- fauconniers_), précédé d’un titre spécial daté de 1627, forme la
- VIIIe partie.
-
- La Xe et dernière partie se compose des _Lettres de Philoïerax
- à Philofalco_, avec titre daté de 1626.
-
- Ce livre, formé de parties imprimées en différentes années et
- souvent mal reliées, est difficile à collationner.
-
-Ayala (Pedro Lopez de).
-
- De la Caça de las Aves et de sus plumajes et dolencias et
- medecinamientos (por Pedro Lopez de Ayala). Ms.
-
- Ce Traité de fauconnerie, dédié à Gonzalo de Meña, évêque de
- Burgos, fut écrit vers 1386 par Pedro Lopez de Ayala, grand
- chancelier de Castille, alors prisonnier en Portugal par suite de
- la bataille d’Aljubarota. L’auteur avoit été en France; il parle
- de Charles V, du duc de Bourgogne, du comte de Tancarville, de
- Bureau de la Rivière; il cite aussi beaucoup de grands personnages
- espagnols.
-
- Je parlerai ailleurs avec plus de détail de ce Traité instructif
- et curieux. Il n’a jamais été imprimé: on en trouve d’assez
- copieuses citations (mais non textuelles) dans la _Caça
- d’Altaneria_ de Diogo Fernandez Ferreira; Lisboa, 1616, in-4º,
- volume écrit en portugais, qui n’est au reste guère plus facile à
- trouver que les manuscrits d’Ayala.
-
- Il y a à la Bibliothèque royale un manuscrit de l’ouvrage d’Ayala
- (nº 8166, in-4º), bien écrit, mais incomplet de la fin. Je possède
- celui qui étoit, en 1803, à la vente de Laserna-Santander, et, en
- 1843, à celle de M. Huzard. Il est complet et un peu plus ancien
- que celui du Roi.
-
-Bibliothèque des Théreuticographes, 1763.
-
- Cette _Bibliothèque_, qui n’est pas un ouvrage sans mérite, est
- des frères Lallemant, libraires de Rouen, et forme le premier
- volume de l’École de la chasse aux chiens courans de Le Verrier de
- la Conterie. Rouen, 1763, 2 vol. in-8º.
-
-Bouchet(G.).
-
- Recueil de tous les oiseaux de proye qui servent à la vollerie
- et fauconnerie, par G. B.; à Poitiers, par Eng. de Marnef et les
- Bouchetz frères.
-
- Ce Recueil est le dernier des trois ajoutés par de Marnef et les
- Bouchet à leur édition de 1567 de la Fauconnerie de Franchières.
- Guillaume Bouchet s’en avoue l’auteur dans une dédicace qui
- se lit en tête de quelques exemplaires de cette édition. Le
- plus grand nombre des exemplaires contient une dédicace toute
- différente, et signée d’Enguilbert de Marnef.
-
-Breuil (Du).
-
- Théâtre des antiquités de Paris. 1612, in-4º, fig.
-
- Le nom de l’auteur doit être écrit _du Breul_.
-
-Bruyère Champier.
-
- De Re cibaria libri XXII, Jo. Bruyerino Campegio Lugdun authore.
- Lugduni, 1560, in-8º.
-
-Calendrier des bergers.
-
- L’édition de ce livre curieux et bizarre que je cite, et dont je
- possède un exemplaire provenant de M. Huzard, est celle imprimée
- par Guiot Marchant le 18 avril 1493, qui est très-certainement la
- même que celle décrite dans le Manuel du libraire comme pouvant
- être du 18 avril 1488, et encore certainement la même que celle
- dont un magnifique exemplaire sur vélin existe à la Bibliothèque
- du Roi. J’en ai acquis la preuve en comparant mon exemplaire à
- celui de la Bibliothèque royale. La marque de Guiot Marchant a été
- recouverte par une miniature, et la souscription supprimée.
-
-Champollion, II, 254.
-
- Louis et Charles, ducs d’Orléans. Paris, 1844. 2 vol. in-8º.
-
-Chevaleureux, comte d’Artois.
-
- Le livre du très-chevalereux comte d’Artois et de sa femme. Paris,
- Techener, 1837, in-4º, figures.
-
-Chevalier de La Tour.
-
- Voy. l’introduction, et sur les éditions imprimées de ce livre, le
- Manuel du libraire, T. I, p. 649.
-
- J’ai cité cet ouvrage d’après une copie que j’ai fait faire du
- manuscrit du Roi nº 7403.
-
-Christine de Pisan.
-
- Le Livre des fais et bonnes meurs du sage roy Charles V.
-
- Imprimé dans les tomes I et II de la collection des Mémoires pour
- servir à l’histoire de France, par Michaud et Poujoulat.
-
-Chroniques de saint Denis, CXII.
-
- Les grandes chroniques de France, selon qu’elles sont conservées
- en l’église de Saint-Denis, publiées par M. Paulin Paris. Paris,
- Techener, 1838. 6 vol. in-12 ou 1 vol. in-fol. (CXII est
- le chiffre du chapitre.)
-
-Collect. Leber, XIX, 35.
-
- Collection des meilleures dissertations, notices, etc., relatifs
- à l’histoire de France, par MM. Leber, J.-B. Salgues et J. Cohen.
- Paris, 1826-42. 20 vol. in-8º.
-
-Corrozet, éd. de 1543.
-
- La Fleur des antiquités, singularitez et excellences de Paris.
- Paris, Pierre Sergent, 1543. in-16.
-
- J’ai publié l’année dernière, dans le Bulletin du bibliophile
- de Techener, une notice sur cette édition de Corrozet; elle est
- précieuse à cause d’une liste des rues de Paris par tenans et
- aboutissans qu’elle contient; on y a ajouté, en outre, presque
- tout l’opuscule intitulé _les Rues et Églises de Paris_.
-
-Crescens.
-
- _Le Livre des prouffits champestres_, par Pierre de Crescens, de
- Boulogne-la-Grasse, traduit du latin par ordre de Charles V. Je
- me suis servi de l’édition de Galliot du Pré, de 1533, et aussi
- d’un manuscrit sur papier que je possède de cet ouvrage, et qui
- appartenoit en 1486 à Jean Budé, audiencier de France.
-
-Dit des Pays.
-
- Voir le Manuel du libraire. J’ai consulté l’édition de cet ouvrage
- imprimée à la suite du _Dialogue du mondain et du célestin_.
- In-16, gothique.
-
-Duchesne Montmorency.
-
- Histoire généalogique de la maison de Montmorency et de Laval, par
- André Duchesne. Paris, 1624, in-fol.
-
- Pr. signifie _Preuves_.
-
-Entretiens de Colbert avec Bouin.
-
- Entretiens de M. Colbert avec Bouin, fameux partisan, sur
- plusieurs affaires curieuses. Cologne, 1701, 3 parties en un vol.
- in-12.
-
- Ouvrage de Sandras de Courtilz. Ce Bouin, dont le nom s’écrivoit
- _Bauyn_, étoit de la famille des Bauyn d’Angervilliers et de
- Pereuse.
-
-Félibien.
-
- Histoire de la ville de Paris, composée par D. Michel Félibien,
- reveue, augmentée, mise au jour par D. G. A. Lobineau. Paris,
- Desprez, 1725. 5 vol. in-fol.
-
-Frédéric II (l’empereur).
-
- Reliqua librorum Friderici II imperatoris de arte venandi cum
- avibus; annotationes addidit suas Jo. Gott. Schneider. Lipsiæ,
- 1788-9. 2 vol. in-4º, fig.
-
- Outre le manuscrit dont je vais parler, je me suis servi de cette
- édition, qui ne contient rien de plus, quant au texte, que celle
- de 1596, mais qui est préférable à cause des excellentes notes
- de Schneider. Il est fâcheux que ce savant n’ait pas pu donner
- le texte entier de l’ouvrage. On en connoît maintenant deux
- manuscrits complets, l’un donné à la Bibliothèque Mazarine par M.
- Leblond; l’autre (du XVe siècle), que j’ai fait
- venir d’Italie en 1837, m’appartient depuis cette époque.
-
- Ce Traité est le plus étendu et le plus curieux que nous ayions
- sur les oiseaux de proie. Il seroit à désirer qu’on en donnât une
- édition complète.
-
-G. C.
-
- Ces lettres désignent l’ouvrage intitulé: _le Grand Cuisinier de
- toutes cuisines_.
-
-Gaces de la Bugne.
-
- C’est le poëme connu sous le titre de _Livre des déduits_,
- commencé en 1359 à Redefort en Angleterre, et achevé à Paris
- entre 1373 et 1377 (après la promotion de Pierre d’Orgemont à
- la dignité de chancelier, et avant la mort du roi Édouard III
- d’Angleterre), par Gaces de la Bugne, premier chapelain des rois
- Philippe de Valois, Jean II, Charles V et Charles VI, trésorier
- de Saint-Francbourg de Senlis, et curé de Molissent, au diocèse
- de Chartres (où il ne résidoit pas). Il paroît être mort au
- commencement de 1384, d’après des renseignemens contenus dans les
- registres du parlement, et que je développerai ailleurs.
-
- Je le nomme _de la Bugne_, et non _de la Bigne_ ou _de la Vigne_,
- comme on le fait habituellement, parce que son nom est constamment
- écrit ainsi dans les registres du parlement où il figure six ou
- sept fois.
-
- Gaces de la Bugne est cité dans le Père Anselme (T. VIII, p. 227)
- sous le nom de _Gaces de Chantepie_; mais il n’a jamais été nommé
- ainsi. Il dit lui-même dans son poëme qu’il sortoit des familles
- de la Bugne, d’Aigneaux, de Clinchamp et de Buron, et ne fait
- aucune mention de celle de Chantepie.
-
- Le Père Anselme ou ses continuateurs auront cru sur parole la
- personne qui disoit _conserver_ son livre.
-
- J’ai travaillé sur l’édition de son ouvrage imprimée à Paris à la
- suite de Gaston Phébus, par Antoine Vérard, in-fol. gothique, sans
- date. Les lettres indiquent les cahiers ou feuilles d’impression,
- et les chiffres le rang que tient dans le cahier le feuillet cité.
-
-Godefroy (Denis).
-
- Histoire de Charles VI, roi de France, par Jean Juvénal des
- Ursins, archevesque de Rheims, augmentée de plusieurs mémoires,
- etc., par Denis Godefroy. Paris, de l’Imprimerie royale, 1653,
- in-fol.
-
-Grand cuisinier de toutes cuisines.
-
- Voy. l’Introduction, p. XXXIII.
-
-Hist. des grands officiers de la Couronne.
-
- Voy. Anselme (le P.).
-
-Inventaire de R. Picque, archevêque de Rheims en 1389. Reims, 1842,
-in-12.
-
- Ce curieux document fait partie des Mélanges publiés par la
- Société des Bibliophiles de Reims. Malheureusement il n’a pas été
- édité très-correctement.
-
-J. Reg. 147, 36 (ou autres chiffres).
-
- Registres du Trésor des Chartes. Le premier chiffre est celui du
- registre; le second celui de la pièce.
-
- La lettre J. avec un seul numéro (note sur le sire d’Andresel)
- indique un carton du Trésor des Chartes.
-
- Section historique des Archives du Royaume.
-
-Jugés, XXXII, 94.
-
- Arrêts rendus au civil par le parlement de Paris. Le chiffre
- romain indique le registre; le chiffre arabe est le numéro de
- l’arrêt dans l’année indiquée.
-
- Section judiciaire des Archives du royaume.
-
-Juv. des Ursins, in-fol.
-
- Voyez Godefroy (Denis).
-
-K. 52, 3.
-
- Registre ou plutôt cahier contenant des comptes de la maison du
- duc d’Anjou.
-
- Section historique des Archives du royaume.
-
-K. reg. 55.
-
- Comptes de la reine Marie d’Anjou, femme de Charles VII.
-
- Section historique des Archives du royaume.
-
-Lebeuf, X, 260.
-
- C’est l’Histoire du diocèse de Paris par ce savant abbé. Paris,
- 1754-8. 15 vol. in-12. Tome X, page 260.
-
-Legrand d’Aussy.
-
- Histoire de la vie privée des François; nouvelle édit., avec des
- notes par J.-B.-B. de Roquefort. Paris, 1815. 3 vol. in-8º.
-
-Maison réglée d’Audiger, 1692.
-
- La Maison réglée et l’Art de diriger la maison d’un grand seigneur
- et autres. Paris, Legras, 1692. In-12.
-
- Le sieur Audiger, auteur de cet ouvrage rare qui est resté
- inconnu à Legrand d’Aussy, avoit servi la comtesse de Soissons,
- le président de Maisons, Colbert, le duc de Saint-Aignan, etc.
- Son livre contient beaucoup de particularités curieuses, et on
- y trouve, entre autres choses, le détail des attributions des
- différens domestiques, et le relevé de la dépense annuelle d’une
- grande, puis d’une médiocre maison. Louis XIV est même en scène
- dans ce livre, et on ne voit pas sans étonnement la facilité avec
- laquelle on abordoit ce prince. Un des endroits les plus curieux
- de _la Maison réglée_ est celui où l’auteur raconte avec grands
- détails qu’il présenta au roi, le 18 janvier 1660, une caisse de
- petits pois.
-
-Matinées.
-
- Plaidoieries civiles prononcées aux audiences du matin du
- parlement de Paris. Le plus ancien registre est de l’année 1395.
-
- Section judiciaire des Archives du royaume.
-
-Modus.
-
- Le Livre du roy Modus et de la royne Racio. Nouvelle édition, avec
- une préface par Elzéar Blaze. Paris, 1839. Grand in-8, fig.
-
- J’ai cité cette édition, parce qu’elle est la meilleure de ce
- livre précieux. Elle laisse néanmoins beaucoup à désirer, attendu
- qu’elle est imprimée dans un caractère soi-disant gothique tout
- à fait de fantaisie et à peu près illisible, qu’elle contient
- beaucoup de fautes, et est absolument sans notes. Mais elle vaut
- encore mieux que les anciennes éditions si rares et si chères, et
- elle est d’ailleurs la seule qu’on puisse se procurer à un prix
- modéré.
-
- Il est fâcheux que l’éditeur n’ait pas donné en même temps _le
- Songe de Pestilence_, espèce de suite mystique du Modus, composée
- vers 1372, et imprimée très-incorrectement en 1506 sous le titre
- de _Modus et Ratio de divine contemplation_. J’ai cité le _Songe
- de Pestilence_ d’après une copie que j’en ai faite sur le beau
- manuscrit du Roi 632^{13}, lequel devra servir de base à toute
- nouvelle édition du Roi Modus.
-
-Morais.
-
- Le véritable Fauconnier, par messire C. de Morais, chevalier,
- seigneur de Fortille, cy-devant chef du héron de la grande
- fauconnerie. Paris, Quinet, 1683. In-12.
-
-Plaidoieries civiles;--Plaidoieries criminelles du parlement.
-
- Registres contenans les plaidoieries prononcées au civil (ou au
- criminel) devant le parlement.
-
- Les plus anciens remontent à 1364 pour les plaidoiries civiles, et
- à 1387 pour les plaidoiries criminelles.
-
- Section judiciaire des Archives du royaume.
-
-Plan de tapisserie.
-
- Plan en perspective de la ville de Paris (au commencement du
- XVIe siècle), gravé par Dheulland en 1756,
- d’après un autre gravé plus anciennement, qui appartenoit alors
- à l’abbaye de Saint-Victor. Ce dernier plan étoit le même qu’un
- autre représenté sur une tapisserie provenant de la maison de
- Guise, et acquise par la ville de Paris, sous la prévôté de M.
- Turgot.
-
-Plan de Turgot.
-
- Plan de Paris commencé l’année 1734, dessiné et gravé sous les
- ordres de messire Michel Étienne Turgot, prévôt des marchands,
- achevé en 1739, levé par L. Bretez, gravé par Cl. Lucas, et écrit
- par Aubin. 1 vol. in-folio-atlantico de 21 feuilles.
-
-Quadragésimal spirituel.
-
- Voir, sur les éditions de ce livre bizarre, le Manuel du libraire,
- T. III, p. 881. Je me suis servi de l’édition de Jehan Janot,
- in-4º gothique.
-
-R. 122 (ou 123).
-
- Je cite ainsi, dans ma note sur la punition de Paris en 1383,
- les registres du Trésor des Chartes portant les nos 122 et
- 123, etc., dont j’ai parlé au commencement de cette même note. Le
- second chiffre est celui de la pièce.
-
-Recueil manuscrit des épitaphes de Paris.
-
- Il y a plusieurs copies manuscrites de ce Recueil (fait
- au XVIIe siècle) dans les bibliothèques
- particulières. Le plus beau et le plus complet est à la
- Bibliothèque du Roi (Cabinet généalogique). Je me suis servi d’un
- exemplaire en 3 vol. in-4º, qui fait partie de mon cabinet. J’ai
- vu plusieurs exemplaires de ce Recueil où manquoient les épitaphes
- de l’église Saint-Séverin.
-
-Reg. du parlement, plaid. civ.
-
- Voy. _Plaidoieries civiles_.
-
-Rues et églises de Paris.
-
- Les rues et églises de Paris, avec la dépense qui se fait chacun
- jour, etc., In-4º gothique. Voy. _Corrozet_.
-
-Sainte-Aulaire.
-
- La fauconnerie de François de Saincte-Aulaire, sieur de La Renodie
- en Périgort, gentilhomme Lymosin. Paris, 1619. In-4º.
-
- L’auteur de ce livre très-rare dit que son ouvrage a été revu en
- manuscrit par le connétable de Luynes.
-
-Sauval.
-
- Antiquités de Paris. Paris, 1724. 3 vol. in-fol.
-
-Secousse.
-
- Mémoires pour servir à l’histoire de Charles II, roi de Navarre.
- Paris, Durand, 1758.--Recueil de pièces servant de preuves aux
- mémoires, etc. Paris, 1755. 2 vol. in-4º.
-
-Songe de Pestilence.
-
- Voy. _Modus_.
-
-Table des Mémoriaux de la chambre des comptes.
-
- Ces tables sont déposées aux Archives du royaume, et renvoient aux
- mémoriaux qui n’existent plus depuis les incendies du Palais. Il
- reste cependant quelques pièces recopiées sur des expéditions ou
- sur des copies _vidimées_ prêtées par des particuliers depuis les
- incendies, et aussi différens exemplaires d’extraits des mémoriaux
- faits à diverses époques pour des magistrats.
-
-Taillevent.
-
- Voir, sur les manuscrits connus de cet ouvrage, l’introduction, p.
- XXXV.
-
- Quand je cite le Taillevent imprimé, je parle de la première des
- éditions du XVe siècle décrite par M. Brunet,
- dont je possède le seul exemplaire connu (celui de MM. Baron et
- Huzard).
-
-Trésor de dom Villevieille.
-
- Extraits de chartes, cartulaires et autres documens historiques
- recueillis par dom Villevieille, et classés par noms de famille.
- Ce précieux recueil est aujourd’hui au Cabinet généalogique
- (partie de la Bibliothèque royale confiée à la surveillance si
- compétente et si éclairée de M. Léon Lacabane).
-
-Trésor de santé.
-
- Le Thrésor de Santé, ou Message de la vie humaine, divisé en
- dix livres, lesquels traictent de toutes sortes de viandes et
- breuvages; faict par un des plus célèbres et fameux médecins de ce
- siècle. Lyon, J. A. Huguetan, 1616, in-8º.
-
- Il doit exister des exemplaires de cette édition avec la date de
- 1607, car le dernier feuillet porte: _A Lyon, de l’imprimerie
- d’Estienne Servain_, 1607.
-
- Il résulte des termes de la dédicace de cet ouvrage, adressée
- par le libraire à M. de Villars, premier président au parlement
- de Dombes, que l’auteur avoit dans ces matières une longue
- expérience _qui l’avoit approché_ (comme médecin?) _de la première
- et plus chère personne de ce royaume_ (du roi?), et n’avoit
- pas voulu être nommé dans l’édition qu’il supposoit devoir
- être faite de son livre. Il semble qu’il étoit mort lorsque le
- libraire écrivoit sa dédicace, et je crois cet ouvrage composé au
- XVIe siècle. Il est curieux et rare, et n’a pas
- été connu de Legrand d’Aussy.
-
-Trésor des chartes, 90, 131.
-
- Ces mots signifient: Registre 90 du Trésor des Chartes, pièce 131.
-
-Trésor de Vénerie.
-
- Poëme écrit en 1394 par messire Hardouin de Fontaines, chevalier,
- seigneur de Fontaines-Guérin en Anjou. Je compte donner
- incessamment une édition avec notes très-détaillées de cet ouvrage
- intéressant pour l’histoire de la fin du XIVe
- siècle, et aussi pour la province d’Anjou.
-
- Plusieurs feuilles sont déjà imprimées.
-
-Variétés historiques.
-
- Variétés historiques, physiques et littéraires, ou recherches d’un
- savant, etc. Paris, Nyon, 1752. 6 parties en 3 tomes in-12.
-
- Recueil de dissertations déjà imprimées dans des journaux du
- temps, et qui ne sont pas toutes du même auteur, comme le titre
- précédent pourroit le faire croire, mais bien de Lebeuf, Boucher
- d’Argis et autres.
-
-Venette (le carme Jean de), continuateur de Nangis.
-
- M. Géraud, dans l’édition qu’il a donnée, pour la Société de
- l’Histoire de France, des _Chroniques de G. de Nangis et ses
- continuateurs jusqu’en 1368_, Paris, 1843-5, 2 vol. in-8º, me
- semble avoir bien prouvé que le carme Jean de Venette étoit
- l’auteur de la dernière continuation de Nangis.
-
-Viandier.
-
- Je cite sous ce nom les articles 4 et 5 de la troisième
- distinction, excepté quand je parle du _Viandier de Taillevent_;
- dans ce cas, c’est l’ouvrage de Guillaume Tirel. Voy. _Taillevent_
- dans cette liste, et l’Introduction, p. XXXII.
-
-
-
-
-CORRECTIONS ET ADDITIONS.
-
-
-Tome I, page 3, ligne 1, au lieu de _au tel_, lisez _autel_ (pareil).
-
-Page 4, note, au lieu de _dix-huit_, lisez _dix-sept_.
-
-Page 71, note sur les jeux.
-
- Suivant l’auteur d’un article fort intéressant et bien fait,
- inséré dans le _Magasin pittoresque_ de février 1847, p. 67, sur
- un volume très-rare (intitulé: _les trente-six Tableaux contenant
- tous les jeux qui se peurent jamais inventer..._ Paris, Nicolas
- Prévost, 1589, in-4º oblong, aujourd’hui en ma possession), le jeu
- de _pince-mérille_ étoit analogue à celui de _Je te pince sans
- rire_. On pinçoit le bras en disant: _Mérille_ ou _Morille_. La
- partie de l’estampe du volume original qui me paroît représenter
- le jeu de _pince-mérille_, est ainsi composée: trois jeunes filles
- sont assises: un garçon les regarde, et penché vers elles, a la
- main gauche sur leurs genoux ou au moins tout près. Sa main droite
- est étendue comme pour repousser ou éloigner quelqu’un. Il tourne
- le dos à un cinquième joueur placé à distance, qui, le poing
- gauche sur la hanche et la main droite en avant, montre un ou
- plusieurs doigts, comme pour indiquer un nombre aux jeunes filles.
-
-Tome I, page 76, _Item_ l’en dit aussi que les roynes.... jamais ne
-baiseront hommes.
-
- Cependant la noblesse, qui s’est en général toujours rapprochée
- le plus possible des mœurs de la cour, avoit des principes tout
- différens. En 1395, Jeanne de Champflory, femme de Pierre de
- Couveignon, écuyer, plaidant contre son mari, dont elle étoit
- séparée de fait, disoit qu’il étoit devenu jaloux d’elle, _pour
- ce que, par manière des nobles, elle baisoit ses parens_ (_Plaid.
- civiles_, X, 500 et 604, vº). Henri Estienne cite encore, dans son
- _Apologie pour Hérodote_ (1735, I, 81), un passage des sermons
- de Menot, relatif au même usage: «Si madamoiselle, dit-il, est
- en l’église, et arrive quelque gentillastre, il faut (_pour
- entretenir les coustumes de noblesse_), encore que ce soit à
- l’heure qu’on est en la plus grande dévotion, qu’elle se lève
- parmi tout le peuple, et qu’elle le baise bec à bec. _Ad omnes
- diabolos talis modus faciendi!_» Cette mode ne fut cependant pas
- toujours universelle. Sauval raconte (II, 465), qu’une dame de
- Blois, faisant hommage d’un fief, refusa de baiser son suzerain
- à la bouche, comme c’étoit la coutume entre le seigneur et le
- vassal. Il en résulta un procès que le suzerain perdit, et il fut
- décidé que l’hommage étoit valable.
-
-Tome I, page 131, ligne 1, au lieu de _serait_, lisez _seroit_.
-
-Page 137, note sur Gilles Labat.
-
- Gilles Labat est dit procureur _général_ au parlement dans les
- lettres de rémission qu’il obtint en 1383: j’ai remarqué, t. II,
- p. 104, qu’il ne pouvoit avoir eu cette qualité et qu’il n’étoit
- très-probablement alors que procureur au parlement, comme il
- l’étoit encore en 1385 (et en 1397). Je crois pouvoir expliquer
- maintenant comment Gilles Labat, qui n’étoit évidemment que
- _procureur_ au parlement, est qualifié de procureur _général_
- dans un acte émané de la chancellerie, et qu’il est difficile
- de supposer fautif. Autrefois le mot _procureur_ signifioit
- simplement _fondé de pouvoirs_, et on trouve à chaque instant
- des gens de toutes qualités comparoissant, signant, etc., comme
- _procureurs_ de leurs amis. La qualité de _général_ ajouté au
- mot procureur signifioit, dans certains cas, que le mandataire
- étoit chargé de toutes les affaires du mandant; mais elle
- pouvoit signifier aussi, quand elle s’appliquoit à un procureur
- au parlement ou au Châtelet, qu’il étoit par état et non par
- occasion procureur ou mandataire _en général_. Cette assertion me
- paroît justifiée par le passage suivant d’une plaidoirie de 1394,
- qui s’applique, il est vrai, aux procureurs au Châtelet, mais
- qui permet de supposer que les procureurs au parlement, placés
- dans une position supérieure, pouvoient bien aussi recevoir,
- dans quelques occasions, l’épithète de _général_. Leur nombre
- étant d’ailleurs illimité, on conçoit que cette épithète leur
- ait été encore plus utile qu’aux procureurs au Châtelet (limités
- à quarante), pour se distinguer des procureurs ou mandataires
- spéciaux:
-
- «Toutes les cours qui ressortissent (au Châtelet) se gouvernent
- selon le stille de chastelet, et pour ce les procureurs qui sont
- _procureurs générals_ léans, qui ne font que fait de procuration
- devant le prévost, sont advocas ès cours subjetes... En 1378
- ou environ, en Chastelet n’avoit point de nombre (_limité_) de
- procureurs, et pour ce que plusieurs inconvéniens s’ensuivoient
- pour la multiplication, par le roy fu ordené qu’il n’y aroit en
- Chastelet que quarante _procureurs généraulx_. Ce fit messire
- Hugues Aubriot, et a duré quinze ans.»
-
- Au reste, les procureurs au Châtelet et au Parlement étoient plus
- habituellement dits _procureurs_ que procureurs généraux (voir
- ci-après remarque sur la page 116, nº 3). Le procureur général est
- ordinairement nommé le _procureur général du Roi_, et, le plus
- souvent, le _procureur du Roi_.
-
-Page 140, note sur le bailli de Tournay, au lieu de _Il est assez
-difficile_, etc., lisez:
-
- Il me semble que le bailli de Tournay, dont parle ici l’auteur du
- _Ménagier_, doit être messire Tristan du Bos, personnage assez
- important au XIVe siècle, et premier bailli
- de Tournay. Il avoit d’abord été bailli de Lille, mais il fut
- rappelé lors du mariage du duc de Bourgogne, et fait bailli de
- Vermandois. En 1383, il fut envoyé par le Roi à Tournay avec le
- comte de Sancerre et autres réformateurs, et nommé alors bailli
- de cette ville. Il est dit dans une plaidoierie de novembre 1385
- que «le bailli de Tournay étoit du conseil du roi et _sages homs_,
- et avoit gouverné plusieurs bailliages,» ce qui s’applique bien
- à messire Tristan du Bos, bailli de Lille, puis de Vermandois,
- et mentionné plusieurs fois (le 6 novembre 1392, etc.) comme
- assistant aux séances du Parlement, où viennent les princes et
- le grand conseil. Je crois que c’est bien lui qui figure en
- qualité de maître des requêtes dans l’ordonnance de Vernon en date
- de février 1388-9 sur l’organisation de la maison du roi. Les
- requêtes de l’hôtel suivant partout le roi, il semble difficile
- qu’il ait pu cumuler l’emploi de maître des requêtes avec celui
- de bailli de Tournay, et il y a lieu de croire qu’il fut nommé
- maître des requêtes en même temps qu’Henry Le Mazier (voy. p. 140)
- fut nommé bailli de Tournay. Il paroît au reste avoir plus marqué
- comme magistrat que comme militaire, car les habitans de Tournay,
- pour prouver qu’ils pouvoient bien se défendre sans bailli royal,
- disoient en février 1394-5 que messire Tristan ayant voulu arrêter
- un certain Louis Despiés hors de Tournay, avoit vu massacrer
- les Tournisiens qui l’accompagnoient, et avoit été obligé de
- se réfugier dans le clocher de Wertaing. Dix mille habitans de
- Tournay avoient été, en armes, le tirer de là pour l’honneur
- du roi, puis arrêter Louis Despiés, et brûler la ville qui lui
- avoit donné asile. En 1395, il étoit prévôt de l’église d’Arras
- (_Plaid. civiles_, X, 483, 515). Messire Tristan du Bos ayant été
- longtemps bailli de Tournay et étant souvent venu à Paris, avoit
- nécessairement eu occasion de se rencontrer avec l’auteur du
- _Ménagier_, magistrat comme lui, ainsi que je crois l’avoir prouvé
- dans l’introduction. Il étoit encore maître des requêtes le 12
- novembre 1400 (_Matinées_ III), et plaidoit, en mars 1400-1, pour
- la terre de Beaucamp, mouvante du seigneur de Heilly, qu’il avoit
- achetée en 1398.
-
-Page 149, note sur le Sire d’Andresel.
-
- Des lettres de rémission, accordées en avril 1361 à Jean de Melun
- seigneur de la Borde le Vicomte, lettres qui se trouvent dans le
- registre LXXXIX du _Trésor des Chartes_ (pièce nº
- 755) et qui m’ont été signalées par M. Grésy, font connoître la
- nature de la rémission accordée à Jean d’Andresel, et donnent en
- même temps de nouveaux détails sur sa position et sa conduite en
- 1359. Il est dit dans ces lettres que Jean d’Andresel, capitaine
- général de Brie, avoit soudoyé un certain nombre de gens d’armes,
- pour résister aux Anglois et Navarrois; mais que la supériorité
- des forces ennemies, et les grands frais qu’entraînoit la réunion
- d’un corps aussi considérable l’avoient décidé à le dissoudre,
- et à renvoyer les gens d’armes dans leurs garnisons. Il avoit
- ordonné, du consentement des habitans du pays, que les gens
- d’armes seroient payés de leurs gages au moyen d’un subside levé
- par feu dans le pays de Brie, l’impôt payé par chaque localité
- étant spécialement et directement affecté au payement d’un corps
- désigné d’avance; chaque garnison devoit se tenir prête à marcher
- au premier ordre. On conçoit qu’un pareil arrangement ait donné
- lieu à plusieurs désordres, à plusieurs violences de la part des
- gens d’armes quand l’imposition ne leur étoit pas régulièrement
- payée; c’est ce qui étoit arrivé à Jean de Melun pour les
- troupes sous ses ordres, et il me paroît évident que la lettre
- de rémission accordée à Jean d’Andresel devoit avoir (comme je
- l’avois pressenti) un semblable motif.
-
- On trouve dans Rymer (éd. de 1830 T. III), plusieurs pièces
- intéressantes sur le séjour de Jean d’Andresel en Angleterre. Il
- promit d’abord, avec les autres otages, le 20 février 1361-2, sur
- son honneur et état de chevalerie, d’être loyal otage au roi
- d’Angleterre, de taire ses secrets, de demeurer dans une ville ou
- cité quelconque, et de n’en sortir qu’avec la permission du roi,
- sauf qu’il lui étoit permis d’en sortir le matin pour s’ébattre,
- et d’y rentrer au soleil couchant.
-
- Le 13 mai 1363, Jean d’Andresel, étant aux Jacobins de Londres,
- reçut licence et congé d’aller en France _pour aucunes grosses
- besognes touchant la paix_. Il promit à cette occasion de ne
- pas s’armer contre l’Angleterre pendant le séjour qu’il alloit
- faire en France, _et de remettre son corps en otage en la cité de
- Londres_ au plus tard le jour de la Toussaint. Ce fut au reste
- malgré le roi Jean qu’il obtint cette mission. Ce prince avoit
- écrit le 26 janvier au roi d’Angleterre, de Villeneuve-lès-Avignon
- où il étoit alors, qu’il avoit vu le traité fait entre
- l’Angleterre d’une part, et le duc d’Orléans, ses enfans et son
- conseil de l’autre, et qu’il le confirmoit, sauf qu’il désiroit
- voir délivrer Pierre d’Alençon, le comte Dauphin d’Auvergne
- et le sire de Coucy, au lieu du comte de Grantpré, du sire de
- Clere et du _sire d’Andresel_. Le roi d’Angleterre ayant refusé
- cet échange, le roi lui écrivoit encore, le 13 mars[104], qu’il
- confirmoit le traité malgré son refus, mais qu’il n’auroit pas cru
- _que de si petit de chose il lui dût faillir_.
-
- Froissart a dit que plusieurs des otages du roi Jean n’exécutèrent
- pas loyalement leurs promesses. Je ne sais si ce reproche est
- fondé pour quelques-uns, mais il ne sauroit, en tout cas,
- s’appliquer au sire d’Andresel. C’est ce que prouve la pièce
- suivante en date du 16 juin 1365, qui prononce la mise en liberté
- définitive de Jean d’Andresel dans des termes bien honorables pour
- sa loyauté:
-
- «Le Roy, au noble homme Johan sire d’Andresel, salutz. Par
- contemplation de nostre très-cher et très-amé frère le duc
- d’Orliens, veuilliantz faire à vous faveur, desport, et grace
- espécial, de nostre certeine science nous confessons que vous avez
- bien et loialment tenuz par devers nous hostage depuis le temps
- que vous nous estoiez baillée parmy la paix.
-
- «Et des ore nous vous délivrons pleinement dudit hostage, et vous
- quitons et absolvons par ces présentes lettres de toutes promesse,
- foits, seremens, obligations et convenances que fait nous avez à
- cause dudit hostage.
-
- «Et volons et consentons et nous pleist que vous soietz des ore en
- avant francs de vostre persone comme quites et délivres à plein
- dudit ostage.
-
- «Promettans par nostre foy et serement les choses dessusdites
- et chascune d’icelles tenir et garder, et noun venir encontre:
- toutes autres obligations, promesses, convenances... faites à
- nous et à nos heirs par ladite paix et quantque est compris ès
- lettres sur ceo faites demourants toutdis en leur effect, force et
- vertu; asqueles, quant as choses qui ne touchent vostre présente
- délivrance, nous ne volons que aucun préjudice se puisse faire en
- temps à venir à cause de cestes nos letres.
-
- «Qui furent faites et donnés à nostre chastel de Wyndesore, le
- 16e jour de juyn, l’an de grâce mil trois cent soixante et
- quint, et de nostre règne le trente neofisme.» (_Rymer_, _éd.
- 1830_, t. III, p. 604, 685, 694, 700 et 774.)
-
-Tome I, page 171. Supprimez la note 1.
-
- Voir sur les tranchoirs les nombreux passages indiqués à la table.
-
-Tome I, pages 173 et 174, note sur les verrières.
-
- Quoique le verre fût relativement d’un assez haut prix à la fin du
- XIVe siècle, il me paroît étonnant que l’auteur
- du _Ménagier_, évidemment riche, n’ait pas eu de fenêtres vitrées.
- M. Champollion a cité dans ses _d’Orléans_ (IIIe partie, p.
- 13), divers documens desquels il résulte qu’un panneau de verre
- neuf coûtoit 4 sols le pied (quarré?) quand il étoit peint
- simplement (portant une devise), et 3 sols 6 deniers quand il
- étoit sans aucun ornement. En tenant compte de la dépréciation de
- l’argent, 3 sols six deniers ne peuvent pas représenter plus de 7
- francs de notre monnoie. Il semble donc que c’étoit une dépense
- abordable pour les fortunes moyennes. En 1395, Idete des Marès,
- femme en premières noces de maître Jean de Fontaines (voir T. II,
- p. 119), et, en secondes, de Jean Thomas, et fille du célèbre
- Jean des Marès décapité en 1383, louoit 20 francs par an une
- maison dans laquelle il y avoit des fenêtres vitrées (voir mon
- _Mémoire sur les Maillotins_). Comment donc l’auteur du _Ménagier_
- se contentoit-il de parchemin?
-
-Tome I, page 174, ligne 1, Table dréciées.
-
- Les tables étoient donc alors seulement posées sur des tréteaux.
-
-Tome I, page 221, note 1re, sans doute l’auteur du _Liber de amore_.
-
- Je n’ai cependant pas trouvé ces passages dans le _Livre d’amours
- auquel est relatée la grant amour et façon par laquelle Pamphille
- peut jouyr de Galathée, et le moyen qu’en fist la maquerelle_.
- Paris, Vérard, 1494, in-fol.--Les passages cités dans le
- _Ménagier_ doivent donc être tirés d’un des autres auteurs cités
- dans le Manuel du Libraire au mot _Pamphile_.
-
-Tome II, page 32, vers 1, Et de ceulx qui vestent les rois.
-
- On lit dans Christine de Pisan, p. 93 de l’édition Poujoulat:
-
- «Il rencontra un de ces ribaulz _vestus d’une roiz_ qui par chemin
- souloyent aler.»
-
- L’auteur de la traduction qui est au bas de la page a rendu ce mot
- par _blouse_. Je ne sais sur quoi il a fondé cette interprétation.
-
-Tome II, page 38, colonne 1, vers 22,.... en el.
-
- Dans ce lieu, là dedans.
-
-Tome II, page 59, ligne 20,.... de males sanglantes fièvres.
-
- L’épithète de sanglant étoit fréquemment employée dans les
- invectives, sans qu’on puisse bien s’en expliquer le motif.
- C’est ainsi qu’on voit dans le récit d’une querelle de Pierre de
- Lesclat, célèbre conseiller au parlement et confident du duc de
- Berry, avec Raoul Drobille, procureur au parlement, ce dernier
- dire à Pierre: _Je ne doubte toy ne ton povoir! un sanglant é....
- en ta gorge!_ Je crois que c’est de là qu’est restée l’expression
- d’_injure sanglante_.
-
-Tome II, page 64, ligne 12, Par engins d’aisselles.
-
- Ce doit être sans doute le piége connu sous le nom de
- _quatre-de-chiffre_.
-
-Tome II, page 73, ligne 6, Ne bube ne malen.
-
- Peut-être faut-il lire _mal en_ (mal dedans, _malum intùs_).
-
-Tome II, page 89, ligne 7, D’autre part, de l’eaue.
-
- Mettez deux points après _l’eaue_.
-
-Tome II, page 90, ligne 21, La saison des truites commence en....
-
- Suppléez _mars ou mai_, suivant ce qui est dit p. 190.
-
-Tome II, pages 94 et 97.
-
- Les menus VI et XII sont les mêmes, à quelques variantes près.
-
-Tome II, page 96, menu X.
-
- C’est un dîner de poisson et non de chair, et ce menu est, à
- très-peu de chose près, le même que le XXIVe.
-
-Tome II, page 99, menu XV, Brouet lardé.
-
- Peut-être est-ce une faute pour _bouli lardé_.
-
-_Ib._ Cine (cygne).
-
- Ce pourroit être civé.
-
-Tome II, page 100, menu XVI, Drois au persil.
-
- On appeloit _droits_, en fait de venaison, certains morceaux
- recherchés qu’on mettoit à part pour le seigneur ou maître
- d’équipage quand on défaisoit le cerf.
-
-Tome II, page 103, n. 1.
-
- Au lieu de _gros poisson salé_, lisez: marsouin, dit encore en
- anglois _purpoise_. Voy. p. 198.
-
-Tome II, pages 104 et 105, note sur l’abbé de Lagny.
-
- J’ai encore vu un abbé de Lagny assistant à l’ouverture du
- parlement le 2 janvier 1387-8.
-
- L’abbé nommé dans le _Ménagier_ ne peut être le second (Pierre
- II) cité dans la _Gallia christiana_. Il est parlé en effet,
- dans une plaidoierie du 18 mai 1391, du prieur de Saint-Thibaut,
- _à présent_ abbé de Lagny. Ces mots indiquent que ce prieur étoit
- devenu abbé en 1390 ou 91. L’abbé de Lagny vivant en 1379 n’étoit
- donc plus à la tête de cette abbaye en 1396.
-
-Tome II, page 113, note sur la Pierre-au-Lait.
-
- La position que j’ai assignée à ce lieu est confirmée par deux
- passages des comptes de la prévôté de Paris donnés par Sauval
- (III, 279 et 348), dans lesquels cet emplacement est dit tenir à
- la ruelle Jean Lecomte (rue Trognon, comme l’a dit Jaillot,--voir
- Corrozet, 1543,--et non rue d’Avignon, comme l’a cru M. Géraud),
- et faire face à la ruelle du porche Saint-Jacques. Remarquons
- encore que cette position est encore la même que celle indiquée
- par Jaillot pour la fin du XVIIIe siècle (Voy.
- Paris sous Philippe le Bel, p. 257).
-
- Il est parlé à plusieurs reprises de la Pierre-au-Lait dans les
- contes d’Eutrapel. Noël du Fail, auteur de ce curieux ouvrage,
- dit que c’étoit de son temps un lieu mal hanté et habité par des
- escrocs (fº 42 de l’éd. de 1585). Il appelle aussi échevins de la
- _Pierre-au-Lait_ des gens habiles à tricher au jeu.
-
-Tome II, page 116, hôtel de Beauvais.
-
- Sauval a dit, t. II, p. 109, qu’il ignoroit où étoit l’hôtel des
- évêques de Beauvais. Il paroît qu’il le découvrit depuis, car
- on lit au tome III de ses _Antiquités de Paris_, p. 260, dans
- les comptes de la prévôté de Paris que cet hôtel étoit rue du
- _Meurier_ (du franc mûrier). Cette rue étant parallèle et à peu de
- distance de celle des Billettes, il y a lieu de croire que l’hôtel
- de Beauvais avoit des portes sur chacune de ces rues.
-
-Tome II, page 116, note 3.
-
- Ce Jean Duchesne est qualifié procureur général (et ailleurs
- _procureur_; voy. p. LXXVIII) au Châtelet, dans un
- arrêt du 5 février 1400-1, qui confirma une sentence du prévôt
- de Paris dont il avoit appelé. Il avoit demandé à rembourser,
- moyennant 42 florins à l’écu, 60 sous ou 3 livres de rente qu’il
- payoit annuellement à Louis Blanchet, seigneur de la Queue en Brie
- et premier secrétaire du roi, sur une maison avec dépendances
- qu’il avoit à Romainville.
-
-Tome II, p. 118, note 3.
-
- Ajoutez: Le Ms. du roi, fonds latin, 4641 B, contient la
- bénédiction et le formulaire du cérémonial usités en cette
- occasion; je les donne ici, quoiqu’ils puissent se trouver dans
- d’anciens ouvrages liturgiques.
-
- «_Bénédictio thalami ad nuptias et als._ (aliàs?)
-
- «Benedic, Domine, thalamum hunc et omnes habitantes in eo, ut
- in tua voluntate permaneant, requiescant et multiplicentur in
- longitudinem dierum. Per Christum, etc.
-
- «_Tunc thurificet thalamum in matrimonio, postea sponsum et
- sponsam sedentes vel jacentes in lecto suo. Benedicentur dicendo_:
-
- «Benedic, Domine, adolescentulos istos; sicut benedixisti Thobiam
- et Sarram filiam Raguelis, ita benedicere eos digneris, Domine,
- ut in nomine tuî vivant et senescant, et multiplicentur in
- longitudinem dierum. Per Christum, etc.
-
- «Benedictio Dei omnipotentis, Patris et Filii et Spiritus sancti
- descendat super vos et maneat semper vobiscum. In nomine Patris,
- etc.»
-
-Tome II, p. 119, l. 20, Maître Jean de Fontaines.
-
- C’est sans doute le gendre du célèbre Jean des Marès. (Voir
- ci-dessus remarque sur la page 173 du tome I.)
-
-Tome II, p. 129, l. 10.
-
- Supprimez la virgule après _Nota_.
-
-Tome II, page 134, note 1.
-
- _Élire_ ne peut signifier ici _écosser_, puisqu’il s’agit de vieux
- pois, mais bien _choisir_, _éplucher_.
-
-Tome II, page 139, ligne 9, L’en connoît les fèves des marais.... et
-les fèves des champs, etc.
-
- Je pense que les fèves des champs sont les _haricots_
- d’aujourd’hui, désignés encore quelquefois sous le nom de _fèves_.
-
-Tome II, p. 154, note 3.
-
- Lisez _feuillet_ d IV vº, au lieu de _feuille_, etc.
-
-Tome II, p. 181, l. 26, le Saupiquet.
-
- Il y avoit en 1401, à Melun, une prison dite _Saupiquet_, (sans
- doute par une allusion facétieuse à cette sauce) _dans laquelle on
- ne se pouvoit tourner_ (Matinées III, 68).
-
-Tome II, page 181, note 2.
-
- Ajoutez: Ou jaunie par la cuisson? L’acception la plus ordinaire
- du mot tanné est celle de _couleur de tan_ (feuille morte).
-
-Tome II, p. 202, note 3, sur le mot _auques_, au lieu de _presque_
-lisez _aussi_.
-
-Tome II, page 251, n. 5, Et des poales à Villedieu.
-
- Ce bourg de Normandie est encore nommé sur les cartes
- _Villèdieu-les-poëles_. Il y a à la Bibliothèque royale
- (Manuscrits) d’anciens statuts des poëliers de Villedieu.
-
-Tome II, p. 253, n. 5, Dans une curieuse chanson....
-
- Voici le dernier couplet qui paroît avoir été omis par une méprise
- de l’imprimeur dans les _Chroniques de Saint-Denis_:
-
- L’an mil CCC IIIxx,
- La veille de la Chandeleur,
- Par les clers et maistres divins
- Fus emprisonnés à douleur.
- Je croy souvent mues couleur
- Quant ne pues aler çà ne là;
- _Envis muert qui apris ne l’a_.
-
- On trouve à la suite de cette pièce deux rondeaux relatifs à
- l’infortuné prévôt.
-
- _Rondel à responce H. Aubriot._
-
- Cent mil fois je vous mercy
- De vostre vraie escripture.
- Semblant me monstrez d’amer, cy:
- Cent mil, etc.
- Mais je ne puis trouver mercy,
- L’université m’est trop dure:
- Cent mil, etc.
-
- _Autre Rondel._
-
- Je croy bien que c’est par mon vice
- Que Dieu cy durement m’acule.
- Oncques-mais d’homme ne vy ce;
- Je crois bien, etc.
- Car je ressemble à l’escrevisse:
- Quand je cuide aler je recule.
- Je crois bien, etc.
-
-Tome II, page 318, note 4, ligne 9, Suivoient en volant les chiens
-pendant la quête.
-
- Cette remarque ne s’applique qu’au vol des champs, ou chasse de la
- perdrix, car, pour d’autres chasses, celles au héron ou au milan
- par exemple, cela se passoit différemment. On en peut voir le
- détail dans d’Arcussia.
-
-Tome II, page 322, note 4.
-
- Ajoutez: Ou peut-être comme on l’a expliqué au commencement de ce
- traité.
-
-Tome II, TABLE.
-
- A l’article: _Additions faites au_, etc., ajoutez: _b_, 245.--Aux
- articles AUBRIOT, _Sa maison_ et AYALA,
- ajoutez: _b_, 380.--Ajoutez: _b_, 381, aux articles BOS
- (Tristan du), _Flandres_ et FROISSART, et _b_, 382, à
- _Estampes et à Gingembre_.--Après BOILEAU, etc., ajoutez:
- BONAMY, cité, _b_, 380.
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-(Voir page 380 du tome II, un _supplément aux corrections_).
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-[Illustration]
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-LE MÉNAGIER DE PARIS.
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-PROLOGUE.
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-Chère seur, pour ce que vous estant en l’aage de quinze ans et
-la sepmaine que vous et moy feusmes espousés, me priastes que je
-espargnasse à vostre jeunesse et à vostre petit et ygnorant service
-jusques à ce que vous eussiez plus veu et apris; à laquelle appresure
-vous me promectiez de entendre songneusement et mectre toute vostre
-cure et diligence pour ma paix et amour garder, si comme vous disiez
-bien saigement par plus sage conseil, ce croy-je bien, que le vostre,
-en moy priant humblement en nostre lit, comme en suis recors, que pour
-l’amour de Dieu je ne vous voulsisse mie laidement corrigier devant
-la gent estrange ne devant nostre gent aussy, mais vous corrigasse
-chascune nuit ou de jour en jour en nostre chambre et vous ramentéusse
-les descontenances ou simplesses de la journée ou journées passées et
-vous chastiasse se il me plaisoit, et lors vous ne fauldriez point à
-vous amender selon ma doctrine et correction et feriez tout vostre
-povoir selon ma voulenté, si comme vous disiez. Si ay tenu à grant
-bien et vous loe et sçay bon gré de ce que vous m’en avez dit et m’en
-est depuis souventes fois souvenu. Et sachez sur ce, chère seur,
-que tout quanques je sçay que vous aiez fait puis que nous fusmes
-mariés jusques cy et tout quanques vous ferez en bonne intention m’a
-esté et est bon et me plaist et m’a bien pleu et plaira. Car vostre
-jeunesse vous excuse d’estre bien saige et vous excusera encores en
-toutes choses que vous ferez en intention de faire bien et sans mon
-desplaisir. Et sachiez que je ne pren pas desplaisir, mais plaisir,
-en ce que vous aurez à labourer rosiers, à garder violettes, faire
-chappeaulx, et aussi en vostre dancer et en vostre chanter et vueil
-bien que le continuez entre nos amis et nos pareilz et n’est que bien
-et onnesteté de ainsi passer l’aage de vostre adolescence féminine,
-toutesvoies sans désirer ne vous offrir à repairier en festes ne dances
-de trop grans seigneurs, car ce ne vous est mie convenable, ne afférant
-à vostre estat, ne au mien. Et quant au service que vous dictes que
-vous me feriez voulentiers plus grant que vous ne faictes se vous le
-sceussiez faire et que je le vous apreigne, sachez, chère seur, qu’il
-me souffist bien que vous me faciez au tel service comme vos bonnes
-voisines font à leurs mariz qui sont pareilz à nous et de nostre estat
-et comme vos parentes font à leurs mariz de pareil estat que nous
-sommes. Si vous en conseillez privéement à elles et après leur conseil
-si en faictes ou plus ou moins selon vostre vouloir. Car je ne suis
-point si oultrecuidé à ce que je sens de vous et de vostre bien que
-ce que vous en ferez ne me souffise assez et de tous autres services
-aussi, mais que il n’y ait barat, mesprisement ou desdaing, mais de ce
-vous gaittiez. Car jasoit-ce, belle seur, que je congnoisse bien que
-vous soiez de greigneur lignaige que je ne suis, toutesvoies ce ne vous
-garantiroit mie, car, par Dieu, les femmes de vostre lignaige sont si
-bonnes que sans moy et par elles mesmes seriez-vous asprement corrigée
-se elles le savoient par moi ou autrement; mais en vous ne fais-je
-point de doubte; je suis tout asseuré de vostre bien. Et toutesvoies,
-jasoit-ce, comme j’ay dit, que à moy ne appartiengne fors un petit de
-service, si vouldroie-je bien que vous sceussiez du bien et de l’onneur
-et de service à grant planté et foison et plus que à moy n’appartient,
-ou pour servir autre mary se vous l’avez après moy, ou pour donner
-plus grant doctrine à vos filles, amies ou autres, se il vous plaist
-et en ont besoing. Et tant plus saurez, tant plus d’onneur y aurez et
-plus loés en seront vos parens et moy aussi et autres entour qui vous
-aurez esté nourrie. Et pour vostre onneur et amour, et non mie pour
-moy servir, (car à moy ne convient mie service fors le commun, encores
-sur le moins) ayant piteuse et charitable compassion de vous qui
-n’avez, de long temps a, père ne mère, ne icy aucunes de vos parentes
-près de vous, ne à qui de vos privées nécessités vous puissiez avoir
-conseil ne recours fors à moy seul pour qui vous avez esté traicte de
-vostre parenté et du païs de vostre nativité, ay pensé plusieurs fois
-et intervalles se je peusse ou sceusse trouver de moy mesmes aucune
-généralle introduction légière pour vous aprendre et par laquelle,
-sans moy donner telle charge comme dessus est dit, par vous mesmes
-vous peussiez introduire parmy vostre paine et labour. Et à la fin me
-semble que se vostre affection y est telle comme vous m’avez monstré le
-semblant par vos bonnes paroles, il se peut acomplir en ceste manière,
-c’est assavoir que une leçon générale vous sera par moy escripte, et à
-vous baillée sur trois distinctions contenans dix-neuf[105] articles
-principalment.
-
-
-LA PREMIÈRE DISTINCTION.
-
-La première distinction d’icelles trois est nécessaire pour acquérir
-l’amour de Dieu et la salvacion de vostre âme et aussi nécessaire pour
-acquérir l’amour de vostre mary et donner à vous en ce monde la paix
-que l’en doit avoir en mariaige. Et pour ce que ces deux choses, c’est
-assavoir la salvacion de l’âme et la paix du mary, sont les deux choses
-plus principalment nécessaires qui soient, pour ce sont-elles mises cy
-premièrement. Et contient icelle première distinction neuf articles.
-
-Le premier article parle de saluer et regracier Nostre Seigneur et sa
-benoite mère à vostre esveillier et à vostre lever et de vous atourner
-convenablement.
-
-Le second article est de vous accompaigner convenablement, aler à
-l’église, eslire place, vous saigement contenir, oïr messe et vous
-confesser.
-
-Le tiers article est que vous amez Dieu et sa benoite mère et
-continuellement les servez et vous mectez et tenez en leur grâce.
-
-Le quart article est que vous gardez continence et vivez chastement à
-l’exemple Susanne, Lucresse et autres.
-
-Le quint article que vous soiez amoureuse de vostre mary (soit moy ou
-autre) à l’exemple de Sarre, Rébecque, Rachel.
-
-Le sixiesme article que vous soiez à lui humble et obéissant à
-l’exemple de Grisilidis, de celle qui ne voult rescourre son mary de
-noyer, et la mère Dieu qui respondit _fiat_, etc., de Lucifer, du
-puys, du bailly de Tournay, des religieux et des mariés, de madame
-d’Andresel, de Chaumont, de la Romaine.
-
-Le septiesme que vous soiez curieuse et songneuse de sa personne.
-
-Le huitiesme que vous soiez taisant pour celer ses secrets à l’exemple
-de Papire, de celle qui pont huit eufz, de celle de Venise, de celle
-qui revint de Saint Jaques et de l’advocat.
-
-Le neuviesme et derrenier article est que se vostre mary s’essoie
-de foloyer ou foloye, que sans rigueur mais doulcement, saigement
-et humblement vous l’en retrayez comme Mellibée et dame Jehanne la
-Quintine.
-
-
-LA SECONDE DISTINCTION.
-
-La seconde distinction est nécessaire pour le prouffit du mesnage
-acroistre, acquérir amis et sauver le sien; pour secourir soy et aider
-contre les males fortunes de la vieillesse à venir, et contient six
-articles.
-
-Le premier article est que vous aiez soing de vostre mesnaige,
-diligence et persévérance et regard au labour: mectez peine à y prendre
-plaisir et je feray ainsi d’autre part afin d’advenir au chastel dont
-il est parlé.
-
-Le second article est que au moins vous prenez vostre esbatement et
-vous sachiez aucun peu congnoistre en curtilliage et jardinaige, enter
-en la saison et garder roses l’iver.
-
-Le tiers article est que vous sachiez choisir varlets, portefais,
-aides ou autres fortes gens pour faire les dures besongnes qui d’eure
-en autre se pevent achever et aussi laboureurs, etc. Et en oultre
-cousturiers, cordouaniers, boulengiers, pasticiers, etc. Et par
-espécial varlets et chambrières d’ostel embesongner à grains tribler
-et remuer, robes nectier, éventer et essorer, commander à vos gens de
-penser des brebis, des chevaulx: garder et garir vins.
-
-Le quart article est que vous, comme souverain maistre de vostre
-hostel, sachiez ordonner disners, soupers, mès et assietes, congnoistre
-le fait du bouchier, du poullaillier et savoir congnoistre les espices.
-
-Le quint article que vous sachiez commander, ordonner, deviser et faire
-faire toutes manières de potaiges, civés, saulses et toutes autres
-viandes; idem pour malades.
-
-
-LA TROISIÈME DISTINCTION.
-
-La troisiesme distinction est de jeux et esbatemens aucunement plaisans
-pour avoir contenance et manière de parler et tenir compaignie à gens
-et contient trois articles.
-
-Le premier article est tout de demandes d’esbatemens qui par le sort
-des dez, par rocs et par roys sont avérées et respondues par estrange
-manière.
-
-Le deuxiesme article est de savoir nourrir et faire voler l’esprivier.
-
-Le tiers article est d’aucunes autres demandes qui regardent compte et
-nombre et sont subtilz à trouver ou à deviner[106].
-
-[Illustration]
-
-
-
-
-LE MÉNAGIER DE PARIS.
-
-
-
-
-PREMIÈRE DISTINCTION.
-
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-
-
-ARTICLE PREMIER.
-
-
-Le commencement et premier article de la première distinction parle de
-adourer et du lever; lequel vostre lever doit estre entendu matin. Et
-matin, en l’entendement que l’en peut prendre selon la matière dont
-nous avons à traictier, est dit de matines. Car ainsi comme entre nous
-gens ruraulx disons le jour depuis l’aube du jour jusques à la nuit, ou
-du soleil levant jusques à soleil couchant, les clercs qui prennent
-plus subtillement dient que c’est le jour artificiel; mais le jour
-naturel qui tousjours a vint quatre heures se commence à mienuit et
-fine à la mienuit ensuivant. Et pour ce que j’ay dit que matin est dit
-de matines, je l’entens avoir dit pour ce que adonc sonnent les matines
-pour faire relever les religieux pour dire matines et loenges à Dieu,
-et non mie pour ce que je vueille dire que vous, belle seur, ne les
-femmes qui sont mariées, vous doiez lever à celle heure. Mais je le
-vueille bien avoir dit pour ce que se à ycelle heure vous oez sonner
-matines vous louez adont et saluez Nostre Seigneur d’aucun salut,
-prière ou oroison avant ce que vous vous rendormez; car à ce propos
-sont cy après propres oroisons ou prières. Car, soit à celle heure de
-matin ou au matin du jour, j’ay cy escript deux oroisons pour vous
-à dire à Nostre Seigneur, et deux autres à Nostre Dame propres pour
-esveiller ou lever. Et premier s’ensuit celle de mienuit par laquelle,
-en ycelle disant, vous regraciez Nostre Seigneur de ce que de sa grâce
-il vous a donné venir jusques à celle heure. Et direz ainsi:
-
- Gracias ago tibi, Domine, etc.
-
-C’est à dire en françois: Beau sire Dieu tout puissant qui es un seul
-en Trinité, qui estois, es et seras en toutes choses Dieu benoist par
-les siècles, je te rens grâce de ce que tu m’as daigné trespasser
-dès le commencement de ceste nuit jusques aux heures matinaulx, et
-maintenant je te requiers que tu me daignes, par ta sainte miséricorde,
-ce jour trespasser sans peschié, tellement que au vespre je te puisse
-comme à mon Dieu et à mon Seigneur regracier, adourer et donner salut.
-
-Item s’ensuit l’autre oroison à Nostre Seigneur en disant:
-
- Domine, sancte pater, etc.
-
-C’est à dire en françois: Beau sire Dieu tout puissant et père
-pardurable qui m’as donné parvenir au commencement de ceste journée par
-ta saincte vertu, garde moy d’encourir en aucun péril, si que je ne
-puisse décliner à aucun mortel péchié, et que par ton doulx atrempement
-ma pensée soit adrécée à ta saincte justice et voulenté faire.
-
-Item s’ensuit les deux oroisons à Nostre Dame, et premièrement:
-
- Sancta Maria, mater Domini, etc.
-
-C’est à dire en françois: Marie, sainte mère de Nostre Seigneur
-Jhesu-Crist, ès mains de ton benoit filz et de toy commandé-je huy et
-tout temps mon âme, mon corps et mon sens. Sire, garde moy de tous
-vices, de tous péchiés et de toute temptacion d’ennemy et me délivre
-de tous périlz. Sire doulx Jhesu-Crist, aide moy et me donne santé
-d’âme et de corps, donne moy voulenté de bien faire, en ce siècle
-vivre justement et bien persévérer. Octroie moy rémission de tous mes
-péchiés. Sire, sauve moy en veillant, garde moy en dormant afin que je
-dorme en paix et veille en toy en la gloire de paradis.
-
-Item s’ensuit l’autre oroison à Nostre Dame qui est toute en françois:
-
-O très certaine espérance, dame deffenderesse de tous ceulx qui s’y
-attendent! Glorieuse vierge Marie, je te prie maintenant, que en icelle
-heure que mes yeulx seront si aggravés de l’obscureté de la mort que
-je ne pourray veoir la clarté de ce siècle, ne me pourray mouvoir la
-langue pour toy prier ne pour toy appeller et que mon chiétif cuer qui
-est si foible tremblera pour la paour des ennemis d’enfer et sera si
-angoisseusement esbahis que tous les membres de mon corps defondront en
-sueur pour la peine de l’angoisse de la mort, lors, dame très doulce et
-très piteuse, me daignes regarder en pitié et moy aidier à voir avec
-toy la compaignie des anges et aussi la chevalerie de paradis, et que
-les ennemis troublés et espoventés de ton secours ne puissent avoir
-aucun regart, présumpcion ou souspeçon de mal à l’encontre de moy,
-ne aucune espérance ou puissance de moy traire ou mettre hors de ta
-compaignie. Mais, très débonnaire dame, te plaise lors à souvenir de
-la prière que je te fais orendroit, et reçoy m’âme en ta benoite foy,
-en ta garde et en ta deffense, et la présente à ton glorieux filz pour
-estre vestue de la robe de gloire et accompaignée à la joieuse feste
-des anges et de tous les sains. O dame des anges! O porte de paradis!
-O dame des patriarches, des prophètes, des apostres, des martirs, des
-confesseurs, des vierges et de tous les sains et sainctes! O estoille
-de matin plus resplendissant que le soleil et plus blanche que la noif!
-Je joing mes mains et eslieve mes yeulx et fléchis mes genoulz devant
-toy! Dame très débonnaire, pour icelle joie que tu eus quant ta sainte
-âme se parti de ton corps sans doubte et sans paour et fut portée
-présens les anges et archanges et en chantant présentée à ton glorieux
-filz et receue et hébergée en la joie pardurable, je te prie que tu
-me secoures et me viengnes au devant en icelle heure qui tant fait à
-doubter. Quant la mort me sera si près, dame, soies à m’âme confort
-et refuge et entens curieusement à la garder, si que les ennemis très
-crueux d’enfer qui tant sont horribles à veoir ne me puissent mettre
-au devant les péchiés que j’ay fais, mais iceulx soient premièrement à
-ta prière à moy pardonnés et effaciés par ton benoit enfant, et soit
-mon âme par toy, très doulce dame, présentée à ton benoit fils et à
-ta prière mise à la possession du repos pardurable et de la joie qui
-jamais ne fauldra! Amen.
-
-Ces oroisons povez-vous dire à matines, ou à vostre esveillier du
-matin, ou à l’un et à l’autre, en vous levant et vestant, et après
-vostre vestir, tout est bien, et que ce soit à jeun et avant toute
-autre besongne. Mais pour ce que j’ay dit en vous vestant, je vueil
-en cest endroit un petit parler de vestemens. Sur quoy, chère
-seur, sachiez que se vous voulez ouvrer de mon conseil, vous aurez
-grant regard et grant advis aux facultés et puissances de vous et
-de moy selon l’estat de vos parens et des miens entour qui vous
-aurez à fréquenter et repairier chascun jour. Gardez que vous soiez
-honnestement vestue, sans induire nouvelles devises et sans trop ou pou
-de bouban. Et avant que vous partiez de vostre chambre ou ostel aiez
-paravant avisé que le colet de vostre chemise, de vostre blanchet ou
-de vostre coste ou surcot[107] ne saillent l’un sur l’autre, comme il
-est d’aucunes yvrongnes, foles ou non sachans qui ne tiennent compte de
-leur honneur ne de l’onnesteté de leur estat ne de leurs maris, et vont
-les yeulx ouvers, la teste espoventablement levée comme un lyon, leurs
-cheveulx saillans hors de leurs coiffes, et les colez de leurs chemises
-et cottes l’un sur l’autre et marchent hommassement et se maintiennent
-laidement devant la gent sans en avoir honte. Et quant l’en leur en
-parle, elles s’excusent sur diligence et humilité et dient qu’ils
-sont si diligens, labourieuses et si humaines qu’elles ne tiennent
-compte d’elles, mais elles mentent: elles tiennent bien si grant
-compte d’elles que s’elles estoient en une compaignie d’onneur, elles
-ne vouldroient mie estre moins servies que les sages leurs pareilles
-en lignaige, ne avoir moins des salutacions, des inclinacions, des
-réverences et du hault parler que les autres, mais plus, et si n’en
-sont pas dignes quant elles ne scevent garder l’onnesteté de l’estat,
-non mie seulement d’elles, mais au moins de leurs maris et de leur
-lignaige à qui elles font vergongne. Gardez donc, belle seur, que vos
-cheveulx, vostre coiffe, vostre cueuvrechief et vostre chapperon[108]
-et le surplus de vos atours soient bien arengéement et simplement
-ordenés et telement que aucuns de ceulx qui vous verront ne s’en
-puissent rire ne moquer, mais doit-l’en faire de vous exemple de bon
-arroy, de simplesse et de honnesteté à toutes les autres; et ce vous
-doit souffire quant à ce premier article.
-
-
-
-
-LE SECOND ARTICLE.
-
-
-Le second article dit que à l’aler en ville ou au moustier vous
-accompaigniez convenablement selon vostre estat et par espécial avec
-preudes femmes et fuiez compaignie souspeçonneuse et jamais femme
-souspeçonneuse ne approchiez, ne ne souffrez en vostre compaignie; et
-en alant ayant la teste droite, les paupières basses et arrestées et
-la veue droit devant vous quatre toises et bas à terre, sans regarder
-ou espandre vostre regard à homme ne à femme qui soit à destre ou à
-senestre, ne regarder hault, ne vostre regard changer en divers lieux
-muablement, ne rire, ne arrester à parler à aucun sur les rues. Et
-se vous estes venue à l’église, eslisez un lieu secret et solitaire
-devant un bel autel ou bel ymaige, et illec prenez place et vous y
-arrestez sans changer divers lieux, ne aler çà ne là[109], et aiez la
-teste droite et les bolièvres tousjours mouvans en disant oroisons ou
-prières. Aiez aussi continuellement vostre regart sur vostre livre ou
-au visaige de l’imaige sans regarder homme ne femme, peinture ne autre
-chose, et sans papelardie ou fiction, ayez le cuer au ciel et aourez
-de tout vostre cuer; et en faisant ainsi oyez messe chascun jour et
-vous confessez souvent; et s’ainsi le faites et persévérez, honneur
-vous sourdra et tout bien vous vendra. Et ce que dit est dessus doit
-souffire quant à ce commencement, car les bonnes preudes femmes entour
-qui vous repairerez, les bons exemples que vous prendrez à elles tant
-par leurs fais comme par leur doctrine, les bons vieulz prestres saiges
-et preudomes à qui vous vous confesserez et le bon sens naturel que
-Dieu vous a donné vous attraira et donra le remenant quant à ce second
-article.
-
-
-
-
-LE TIERS ARTICLE.
-
-
-Le tiers article dit que vous devez amer Dieu et vous tenir en sa
-grâce. Sur quoy je vous conseille que incontinent et toutes oeuvres
-laissées, vous vous désistez de boire ou mangier à nuit ou vespre, se
-très petit non, et vous ostez de toutes pensées terriennes et mondaines
-et vous mettez et tenez alant et venant en un lieu secret, solitaire
-et loing de gens et ne pensez à riens fors à demain bien matin oïr
-vostre messe, et après ce rendre compte à vostre confesseur de tous vos
-péchiés par bonne, meure et attrempée confession. Et pour ce que ces
-deux choses d’oïr messe et de confession sont aucunement différans,
-nous parlerons premièrement de la messe et secondement de la confession.
-
-Et quant est de la messe, chère seur, sachiez que la messe a plusieurs
-dignités en drois estas ou degrés dont il nous convient parler et vous
-esclarcir. Et premièrement, après ce que le prestre est revestu et
-dit son _Confiteor_ et mis en bon estat, il commence sa messe: et ce
-appelle-l’en _l’Introite_ de la messe; c’est le commencement ou entrée
-de la messe, ouquel endroit doit lors chascun homs et chascune femme
-refraindre ses pensées endroit lui et qu’il ne pense à chose mondaine
-qu’il ait oncques mais veue ne oye, car quant li homs ou la femme est
-au moustier pour oïr le service divin, son cuer ne doit mie estre en
-sa maison ne ès champs, ne ès autres choses mondaines et si ne doit
-mie penser ès choses temporelles, mais à Dieu proprement, seulement
-et nuement, et à lui prier dévotement. Après _l’Introïte_ chantée ou
-dicte, l’en dit par neuf fois: _Kirie eleison, Christe eleison_, en
-signifiance qu’il y a en paradis neuf paires d’anges que l’en dit
-_gérarchies_, et de chascune paire ou gérarchie viennent à celle messe
-une quantité et non mie toute l’ordre, mais de chascune une partie. Si
-doit chascun prier à ces sains anges qu’ils prient pour lui à Nostre
-Seigneur, en disant: O vous, sains anges, qui descendez de la gloire
-au Sauveur, pour lui ministrer et servir en terre, priez lui qu’il nous
-pardonne nos péchiés et nous envoie sa grâce.
-
-Après, dit-on _Gloria in excelsis Deo_; lors doit-on louer doulcement
-Nostre Seigneur en disant: Très doulx Dieu, glorieux et honnourés
-soiez-vous, loés soiez-vous, benoit soiez-vous, adourés soiez-vous,
-etc. Après dit-on les oroisons des Sains et de Nostre Dame. Si doit-on
-prier à la très doulce mère Dieu et aux Sains qu’ils prient pour
-nous, en disant: Très glorieuse mère Dieu qui estes moienne entre
-vostre doulz fils et les pécheurs repentans, priez pour moy à vostre
-enfant, et vous, benois Sains de qui on fait mémoire, aidiez moy et
-priez avec la dame des anges que Dieu par sa grâce me pardoint mes
-forfais et enlumine mon cuer de sa grâce. Après ce, dit-on l’_Épitre_
-qui est ainsi comme donner remembrance que un messaige vient qui
-apporte lettres faisans mencion que le sire de tout le monde viendra
-prouchainement. Après ce chante-l’en le _grée_[110] ou l’_alléluye_
-ou le _traict_ en karesme et dit-on la _séquence_: c’est démonstrance
-que ce sont les ménestriers qui viennent devant et monstrent que le
-Seigneur est jà sur le chemin, et qui cornent pour resjoïr les cuers de
-ceulx qui attendent et ont espérance en la venue du souverain Seigneur.
-Après lit-on l’_Euvangille_; c’est adonc la plus vraie et prouchaine
-messaigerie: car ce sont les bannières, les pannons et l’estendart qui
-monstrent certainement que adoncques le Seigneur est près, et lors
-se doit chascun taire et soy tenir droit, mettre s’entente à oïr et
-retenir ce que l’Euvangille dit, car ce sont les propres paroles que
-Nostre Seigneur dist de sa bouche et lesquelles paroles nous enseignent
-à vivre, se nous voulons estre de la mesnie à icellui souverain
-Seigneur. Et pour ce doit estre chascun curieux et ententif à oïr
-icelles paroles de l’Euvangille et à icelles retenir. Après fait-on
-l’offrande en laquelle on doit offrir en la main du prestre aucune
-chose en signifiance que l’en offre son cuer à Dieu, en disant: Sainte
-Trinité, recevez mon cuer que je vous offre: si le faites riche de
-vostre grâce. Et en ce disant doit-l’en bailler son offrande. Après ce,
-quant le prestre se retourne de l’autel il dit que l’en prie pour lui:
-si en doit-l’en diligemment prier, car il entre en nos besongnes et
-fait oroisons pour nous.
-
-Après ce, dit le prestre: _Per omnia secula seculorum_: Et puis:
-_Sursum corda_. C’est à dire: levez vos cuers à Dieu. Et le clerc et
-les autres respondent: _Habemus ad Dominum_: nous les avons à Nostre
-Seigneur. Dont doit-l’en appareillier et avoir son oeil au prestre.
-Après ce, chante-l’en la louenge des anges, c’est assavoir: _Sanctus,
-sanctus, sanctus_. Dont descendent les anges pour appareillier,
-avironner et garder la table sur laquelle Dieu descendra et par
-son seul regard repaistra ses amis et adonc entend-l’en à veoir
-sa venue et se doit-l’en appareillier ainsi comme bons amoureux
-subgiez s’appareillent quant le Roy entre en sa cité, et le doit-l’en
-amoureusement et en grant joie de cuer regarder et recevoir, et en le
-regardant regracier sa venue et luy donner louenges et salus, et en
-pensée et à basse voix lui faire ses requestes pour obtenir rémissions
-et pardons des meffais passés; car il vient çà bas pour trois choses:
-l’une, pour tout pardonner, se nous en sommes dignes; la deuxiesme pour
-nous donner sa grâce, se nous le savons requérir; la tierce pour nous
-retraire du chemin d’enfer.
-
-Après est la _Paternostre_ qui nous enseigne que nous le devons
-appeller père et lui prier qu’il nous pardonne nos meffais ainsi comme
-nous pardonnons à nos malfaiteurs les leurs, et aussi lui prions qu’il
-ne nous laisse point péchier ne estre temptés, mais nous délivre de
-mal; _amen_. Après on dit _Agnus Dei_ par trois fois et prie-l’en à
-Dieu qu’il ait mercy de nous et qu’il nous donne paix; qui peut estre
-entendu paix entre le corps et l’âme, que le corps soit obéissant à
-l’âme: ou paix entre nous et nos adversaires; et pour ce prent-l’en
-la paix. Après chante-l’en le _post-communion_ et alors on doit dire
-et déprier Nostre Seigneur qu’il ne se vueille mie retraire de nous,
-ne nous laissier comme orphelins et sans père. Après dit-l’en les
-derrenières oroisons et adonc se doit-on retraire et recommander à
-la benoite vierge Marie et à elle requerre qu’elle vueille déprier
-son benoit chier enfant qu’il vueille demourer avec nous. Et quant
-tout est dit et achevé et le prestre dévestu, adonc doit-l’en icellui
-Seigneur remercier de ce qu’il nous a donné sens et entendement d’avoir
-oy sa benoite messe et veu son benoit sacrement qui donne remembrance
-de sa benoite nativité et de sa benoite passion et de sa benoite
-résurrection, et luy requérir qu’en persévérant au surplus, il nous
-doint vraye et parfaicte rémission. Et adoncques, chère seur, vous
-mettez toute seule, les yeux enclins à la terre, le cuer au ciel,
-pensez de tout vostre cuer très ententivement et cordialment à tous
-vos péchiés pour vous en deschargier et délivrer à celle heure. Mais
-pour vous adviser dès maintenant comment ce sera fait adonc, je vous en
-traicteray un petit selon se que j’en sçay et croy.
-
-Chère seur, veulliez de par moy sur ce savoir que quiconques soit
-homme ou femme qui vueille à droit ses péchiés confesser au sauvement
-de l’âme de lui ou d’elle, il doit savoir que trois choses lui sont
-nécessaires; c’est assavoir, contriction, confession et satisfacion;
-et doit-il ou elle savoir que contriction requiert douleur de cuer en
-grans gémissemens et repentances et convient que en grant contriction
-et très humblement le pécheur requière pardon et mercy et déprie
-très affectueusement nostre créateur et souverain Seigneur qu’il lui
-vueille pardonner ce en quoy il l’a peu courroucier et offendre. Et
-sache le pécheur que sans contriction sa prière ne vault riens, puis
-qu’il ait sa pensée et son cuer ailleurs. Et, chère seur, vous en povez
-prendre exemple par un à qui l’en promist donner un cheval pour dire
-une _paternostre_, mais qu’il ne pensast autre part, et en disant la
-_paternostre_, il se pensa se cellui qui lui donnoit le cheval lui
-laisseroit la selle, et ainsi le maleureux perdit tout. Ainsi est-il
-de celui qui déprie Nostre Seigneur et ne pense point à sa prière ne à
-cellui qu’il déprie, et si a jà, par aventure, fait telle chose dont il
-a desservi à estre pendu au gibet d’enfer et si s’endort en ce péchié
-et n’en tient compte, et s’il estoit jugié en ce chétif monde par un
-petit prévost à estre pendu au gibet de fust ou de pierre, ou à paier
-une grosse amende qui est moins, et il cuidoit reschapper pour avoir
-contriction, pour plourer et pour prier le prévost ou juge, comment
-il le prieroit de bon cuer, en grans pleurs, en gémissemens et grans
-contrictions de cuer sans penser autre part, et il ne peut mie plourer
-ne prier du cuer le grant seigneur, son souverain et son créateur qui
-des haultes fenestres de sa pourvéance où il est lassus voit toute
-l’affection du cuer d’icellui pécheur! Et si scet bien le pécheur que
-icellui Seigneur est si piteux et si miséricors que pour très petite
-prière, mais qu’elle fust de cuer contrict et repentant, il aroit
-tout pardonné; voire mesmes se la sentence estoit jà donnée contre le
-pécheur, et fust ores icellui pécheur condempné à mort, or puet icellui
-souverain tout rappeller et quicter, et il n’est prévost ne juge par
-deçà qui pour plourer ne pour prière que le condempné sceust faire,
-peust rappeller le jugement qu’il auroit fait contre lui. Or regardez
-doncques, belle seur, quelle comparoison est cy! Et encores est-ce pis,
-car quant un homs est condempné à mort par le souverain juge, puis
-qu’il ne rappelle sa sentence, c’est à entendre que la peine de sa
-mort est perpétuelle et pardurable, et quant il est condempné par un
-prévost, la peine de sa mort ne dure que un moment; dont, belle seur,
-n’est-il point de comparoison ne entre la puissance des juges, ne entre
-la peine des jugemens. Et pour ce vault-il mieulx, belle seur, plourer
-et avoir contriction et adrécier sa prière à cellui qui a puissance
-souveraine et absolue que à cellui qui n’a puissance fors que ordonnée
-et sur certaine forme qu’il ne peut passer. Car icellui juge souverain
-est cellui qui à la fin nous examinera et jugera. Et adonc, belle seur,
-quel compte lui rendrons-nous des biens de fortune et de nature qu’il
-nous a bailliés en garde et nous avons tout folement despendu et mis à
-nostre usaige et à nostre délit, sans en avoir riens baillié ne aumosné
-à lui ne aux souffreteux honteux et paciens qui pour l’amour et ou nom
-de lui nous en ont demandé? Se en ce cas il nous argue de larrecin, que
-nous l’avons en ce desrobé, que respondrons-nous? Item de nostre âme
-sa fille qu’il nous bailla saine et nette, sans tache et sans ordure,
-laquelle nous avons empoisonnée par les buvraiges du péché mortel, se
-il nous argue de murtre, en disant que nous avons tué sa fille que il
-nous avoit baillié en garde, quelle deffence arons-nous? Item de nostre
-cuer, nostre corps qui est le chastel dont il nous avoit baillié la
-garde et nous l’avons livré à son ennemy, c’est le Déable d’enfer,
-quelle excusacion arons-nous? Certes, belle seur, je ne voy mie que,
-se la benoite vierge Marie sa mère ne nous sequeurt comme advocate,
-que par le bon jugement d’icelui souverain juge nous ne soions pugnis
-et enchaînés au gibet d’enfer pardurablement comme larrons, comme
-murtriers et comme traictres, se les chaudes larmes de la contriction
-de nostre cuer ne chassent l’ennemy hors de nous en nostre présente
-vie; mais ce se puet ainsi légièrement faire comme l’eaue chaude chasse
-le chien de la cuisine.
-
-Après la contriction vient la confession qui a six condicions, ou
-elle ne vault riens. La première condicion de confession est que
-la confession soit faicte sagement: c’est à dire sagement en deux
-manières, qui est à entendre que le pécheur ou pécheresse eslise
-confesseur saige et preudomme. Et donc le pécheur doit avoir exemple
-et regart à ce que toute créature malade convoite sa santé, et pour sa
-santé recouvrer et avoir, désire plus à trouver le meilleur phisicien
-que le moins bon. Et doit icellui pécheur avoir regard que, puis que
-créature doit désirer la santé du corps qui est estour lourgable[111]
-et trespassable, par plus forte raison doit-il curer[112] de la noble
-âme qui est ordonnée à recevoir le bien perpétuel ou le mal pardurable.
-Et pour ce doit eslire très bon, très saige et très excellent phisicien
-pour recouvrer tantost la santé de l’âme qui est bléciée et malade,
-car s’il en prent un à l’aventure qui ne lui sache donner le remède de
-sa garison, il s’ensuit mort. Et vous le véez par exemple, car quant
-un aveugle maine l’autre, ce n’est pas de merveille se ils chéent tous
-deux en une fosse; dont doit le pécheur ou pécheresse faire pourvéance
-d’un très saige et très clervoyant conseillier qui de tous ses péchiés
-lui sache donner remède et conseil et qui sache discerner entre l’un
-péchié et l’autre pour remède donner et que icellui confesseur ait
-toute sa pensée et son entente à oyr et concevoir ce que le pécheur
-lui dira, et aussi qu’il ait puissance d’absoldre. Et lors doit
-icellui pécheur estre avisé et avoir pensé par avant longuement et
-ententivement à tous ses péchiés, comme j’ay devant dit, pour savoir
-les tous dire et compter par ordre, et par membres et par poins les
-deviser à son confesseur et conseillier, et doit avoir douleur au cuer
-de ce qu’il fist le péchié et grant paour de la vengence de Nostre
-Seigneur, grant honte et grant repentence d’iceulx péchiés et avoir
-ferme espérance et voulenté certaine de soy amender et de jamais au
-péchié non retourner, mais les haïr comme venin, et avoir désir de
-voulentiers recevoir pour sa garison et santé recouvrer et faire
-joyeusement la pénitence que le confesseur lui vouldra enchargier.
-
-La seconde condicion de confession est que si tost que l’en est cheu
-en péchié l’en s’en doit hastivement et tost confesser. Car tu ne scez
-quant Dieu te touldra la parole et la santé, et pour ce est-il bon que
-on s’en confesse souvent. Les truans le preuvent assez qui de jour en
-jour et de heure en heure monstrent leurs plaies aux bonnes gens pour
-avoir nouvelle aumosne; les bléciés monstrent de jour en jour leurs
-navreures aux mires pour avoir chascun jour hastif et nouveau remède
-de garison; aussi doit le pécheur tantost monstrer et descouvrir son
-péchié pour avoir nouveau remède et plus plénière miséricorde.
-
-La tierce condicion de confession est que on se doit du tout
-entièrement confesser et tout descouvrir à une fois et convient
-monstrer et ouvrir au mire toute la plaie; il convient tout dire en
-très grant humilité et repentence et n’en riens oublier ne laissier
-derrière, et quelque gros morcel qui y soit, il convient qu’il passe
-oultre le neu de la gorge. Et se l’orgueilleux cuer du pécheur ne le
-veult endurer, face le signe de la croix devant sa bouche afin que
-l’ennemy qui lui estoupe les conduis de la parolle s’en aille; et
-adonc le pécheur se contraigne à dire l’ort péchié qui tue son âme,
-car s’il atent plus, il l’oubliera par son attente, et ainsi ne s’en
-confessera jamais et par ce demourra en tel péril que pour cause de ce
-péchié où il sera demouré et dont il ne luy aura souvenu il ne fera
-jamais bien qui ne lui soit estaint vers Dieu, s’il n’y met sa grâce.
-Regardez doncques quel pardon il pourra jamais impétrer par jeûnes, par
-aumosnes, ne par travail de pèlerinaiges qu’il face, quand il n’est
-confès entièrement? Regardez comment il qui n’est vray confès, comment
-osera-il recevoir son créateur, et s’il ne le reçoit, comment il se
-déçoit et en quel péril il se met? Par aventure il cele à celle fois
-icellui péchié cuidant s’en confesser une autre fois bien brief, et
-il ne regarde mie qu’il est en la puissance de Dieu de lui tollir la
-parole quant il lui plaira, ou de le faire morir soudainement quant il
-vouldra. Ores s’ainsi est, il sera dampné par sa négligence et au jour
-du jugement il ne sara sur ce que respondre.
-
-La quarte condicion de confession est que l’en se doit ordonnéement
-confesser et dire ses péchiés par ordre et selon ce que la théologie
-les met, et doivent estre mis l’un après l’autre sans trehoigner[113]
-ne entreveschier[114], ne mettre le derrière devant, sans riens polir
-ne farder, sans lui deffendre et sans autruy accuser. Et doit le
-pécheur dire la condicion du péchié, comment il le pensa, quelle fut la
-cause et le mouvement de son penser, comment depuis il a pourchacié,
-fait, dit, ou fait faire, le temps, le lieu, pourquoy et comment il le
-fist: se le péchié qu’il fist est selon nature ou s’il est fait contre
-nature, s’il le fist sachamment ou ygnorament, et doit icellui pécheur
-dire tout ce qui par icellui, les circonstances et dépendances peut
-grever son âme.
-
-La quinte condicion est que on doit confesser tous ses péchiés à une
-fois, et à un confesseur et non pas à plusieurs confesseurs. L’en ne
-doit pas partir ses péchiés en deux parties pour dire l’une partie à
-un confesseur et l’autre partie à un autre, car la confession ainsi
-malicieusement faite ne seroit pas valable, mais seriez plus grant
-pécheur en tant comme vous mectriez paine de enginier vostre confesseur
-qui représente la personne de Nostre Seigneur Jhesu-Crist.
-
-La sixiesme condicion est que on se doit confesser dévotement, et
-très humblement avoir les yeulx vers la terre en signe de honte et
-de vergongne que l’en a de son péchié, et la pensée et le regart du
-cuer au ciel, car vous devez penser que vous parlez à Dieu et devez
-adrécier vostre cuer et vos parolles à lui, et à lui requérir pardon et
-miséricorde. Car c’est cellui qui voit tout le parfont de la voulenté
-de vostre cuer, ne le prestre n’y a fors que l’oreille.
-
-Or avez-vous oy, chère seur, comment on se doit confesser; mais sachiez
-qu’il y a cinq choses qui empeschent confession; c’est assavoir: honte
-de confesser le péchié, mauvaise paour de faire grant pénitance,
-espérance de longuement vivre, et despérance de ce que l’en a si grant
-plaisir au péchié qu’on ne s’en puet partir ne repentir, et se pense-on
-que pour riens se confesseroit-on pour tantost rencheoir; et de ce
-c’est la mort.
-
-Après la confession vient satisfacion que on doit faire selon
-l’arbitrage et le conseil du sage confesseur, qui se fait en trois
-manières; c’est assavoir en jeûne, en aumosne ou en oroison selon ce
-que vous orrez cy après.
-
-Je avoie ci-devant dit que à vous confesser vous estoient nécessaires
-trois choses: c’est assavoir contriction, confession et satisfaction,
-ores vous ay-je monstré et enseigné de mon povoir qu’est contricion,
-et en après qu’est confession et comment elle se doit faire, et vous
-ay un petit touchié des cinq choses qui l’empeschent moult, auxquelles
-vous aurez regart et en aurez souvenance s’il vous plaist, quant temps
-et lieu sera; et au derrain vous ay monstré qu’est satisfacion. Or
-vous monstreray-je pour prendre vostre advis[115] en quoy vous povez
-avoir péchié; et prendrons premièrement les noms et les condicions
-des sept péchiés mortels qui sont telement mauvais que auques[116]
-tous les péchiés qui sont s’en dépendent, et les appelle-l’en mortels
-pour la mort à quoy l’âme est traicte quant l’ennemi peut le cuer
-embesongnier à l’ouvraige d’iceulx. Et aussi, pour vous d’ores-en-avant
-contregarder d’iceulx péchiés, vous monstreray et enseigneray les noms
-et la puissance des sept vertus qui sont contraires aux sept péchiés
-dessusdis et sont propres médicine et remède contre iceulx péchiés
-quant le péchié est jà advenu, et si contraires à iceulx péchiés que
-tantost que la vertu vient, le péchié s’enfuit du tout.
-
-Et premièrement s’ensuivent les noms des vices desquels vous vous povez
-confesser se vous y avez erré, et les noms des vertus sont après, pour
-icelles vertus continuer par vous d’ores-en-avant:
-
- Orgueil est le péchié, la vertu contraire est Humilité.
- Envie est le péchié, la vertu contraire est Amitié.
- Ire est le péchié, la vertu contraire est Débonnaireté.
- Paresse est le péchié, la vertu contraire est Diligence.
- Avarice est le péchié, la vertu contraire est Largesse.
- Gloutonnie est le péchié, la vertu contraire est Sobriété.
- Luxure est le péchié, la vertu contraire est Chasteté[117].
-
-Or avez-vous oy cydessus les noms des sept péchiés mortels et aussi des
-sept vertus qui donnent remède, or orrez-vous la condicion d’iceulx
-péchiés de l’un après l’autre et premièrement des sept péchiés, et à la
-fin d’iceulx trouverez les vertus qui aux péchiés sont contraires et
-les condicions d’icelles vertus.
-
-Orgueil est la racine et commencement de tous autres péchiés. Le péchié
-d’orgueil a cinq branches. C’est assavoir: inobédience, jactence,
-ypocrisie, discorde et singularité.
-
-Inobédience est la première branche, et par celle la personne pert
-Dieu et laisse ses commandemens et en désobéissant à Dieu elle fait la
-voulenté de la char, et acomplist ce que son cuer désire contre Dieu et
-contre raison; et tout ce vient d’orgueil.
-
-La seconde branche qui vient d’orgueil est jactence; c’est quant la
-personne est haulsée et eslevée par orgueil ou des biens ou des maulx
-qu’elle a fais ou fait ou pourroit faire. Mais bien et mal, ces deux
-choses ne viennent pas de nous. Car le bien que créature fait vient
-de Dieu qui est bon et de sa grâce, et le mal vient de la mauvaise
-condicion de créature et de sa mauvaise nature, pour ce que elle se
-trait à la condicion de l’ennemy qui est mauvais. Et certes quant
-personne fait bien, pour ce qu’il vient de la bonne pourvéance de Dieu
-qui est bon, il en doit avoir l’onneur et la gloire, et la personne
-faisant bien en doit avoir le prouffit; et du mal nous devons haïr
-l’ennemy qui nous attrait et maine à ce par orgueil.
-
-La tierce branche qui vient d’orgueil est ypocrisie; ypocrisie est
-quant la personne fait semblant par dehors qu’elle est pleine de vertus
-par dedens et qu’elle fait et dit plus de biens qu’elle ne fait. Et
-quant elle voit que l’en cuide qu’elle soit bonne, elle y prent grant
-plaisir et vaine gloire. Vaine gloire est le denier au Déable dont il
-achète toutes les belles denrées en la foire de ce monde et les denrées
-sont les biens que Dieu a donné à homme et à femme, c’est assavoir
-les biens de nature, les biens de fortune et les biens de grâce. Les
-biens de nature viennent du corps et sont beauté, bonté, bon langaige,
-bon sens pour entendre, bon engin pour retenir. Les biens de fortune
-sont richesses, haultesses, honneurs et prospérités; et les biens de
-grâce sont vertus et bonnes oeuvres. Tous ces biens vend l’orgueilleux
-au Déable pour le faulx denier de vaine gloire. Tous ces biens abat
-le vent de vaine gloire. Et dois savoir que en ces biens de grâce qui
-sont vertus et bonnes oeuvres, comme dit est, est l’omme ou femme par
-le Déable tempté en trois manières. L’une quant la créature s’esjoïst
-des biens qu’elle fait; l’autre quant la créature aime à estre loée
-de ses oeuvres, et la tierce quant la créature fait les biens en
-intencion d’avoir le los et d’estre tenu pour preudomme. Et teles
-personnes ypocrites ressemblent l’ort fumier lait et puant que l’en
-cuevre de drap d’or et de soie pour ressembler estre plus honnoré et
-mieulx prisié. Ainsi se cuevrent tels ypocrites qui mettent la bonne
-couverture dehors en intencion d’acquérir amis pour avoir plus grant
-bien ou plus grant office qu’ils n’ont et dont ils ne sont dignes, et
-tel bien que autruy posside qui plus en est digne que eulx. Et de ce
-advient souvent qu’ils désirent et pourchassent la mort de cellui qui
-tient l’office à quoy ils béent et ainsi deviennent mauvais murtriers.
-Quant il advient qu’ils vivent longuement en telle espérance et n’en
-pevent venir à chief, ains meurent en celle folle bée[118] où ils
-frisent[119] et ardent tous en tel convoiteux espoir, ils chéent tout
-droit ou font de la paelle[120] ou le Déable fait les fritures d’enfer.
-Ainsi leur bienfait est perdu et ne leur vault pour ce qu’ils le font
-en male intencion. Hélas! faulse monnoie dont vient ceste[121] Et ceste
-troisième branche d’ipocrisie vient d’orgueil.
-
-La quarte branche qui vient d’orgueil si est discorde ou contencion.
-C’est à dire quant une personne ne se veult acorder au fait et au dit
-des autres personnes et si veult que ce qu’il dit ou fait soit tenu
-pour ferme et vray, soit voir[122] ou mensonge, et ce que autre et plus
-sage de luy dira soit de nulle value; et tout ce fait vient d’orgueil.
-
-La quinte branche qui vient d’orgueil si est singularité; c’est à
-dire quant la personne fait ou dit ce que nul autre ne saroit dire
-ou faire et veult surmonter et estre singulier en dis et en fais
-excellentement en tout, dont il se fait haïr et pour ce dit-l’en que
-orgueilleux ne sera jà sans plait[123], et non est-il. Et tout ce vient
-d’orgueil, c’est assavoir inobédience, jactence, ypocrisie, discorde,
-et singularité.
-
-Le pécheur ou pécheresse doit commencer sa confession en ceste manière:
-Sire qui estes vicaire et lieutenant de Dieu, je me confesse à Dieu
-le tout puissant et à la benoite vierge Marie et à tous les Sains de
-paradis, et à vous, chier père, de tous mes péchiés lesquels j’ay fais
-en moult de manières. Premièrement d’orgueil: j’ay esté orgueilleux ou
-orgueilleuse et ay eu vaine gloire de ma beauté, de ma force, de ma
-louenge, de mon excellent aournement, et de l’abilité de mes membres
-et en ay donné matière et exemple de péchier à moult de hommes et de
-femmes qui me regardoient si orgueilleusement et quant je véoie que on
-me regardoit je considéroie la puissance que mes successeurs auroient
-en leur temps, et aussi ma puissance, ma richesse, mon estat, mes amis
-et mon lignaige, et comme il me sembloit que nul ne povoit à moy de
-toutes ces choses que j’ay cy devant dictes[124], et par ce péchié
-d’orgueil je suis cheu ou cheue ès branches[125].
-
-La première branche d’orgueil si est inobédience; car par orgueil
-j’ay désobéy à Dieu et ne luy ay pas porté honneur ne révérence comme
-à mon créateur qui m’a fait ou faicte et ma donné les biens de grâce
-de nature et de fortune dont j’ay méserré[126] et mal usé et les ay
-mis et despendus en mauvais usaiges comme en vanités et honneurs du
-monde, sans lui recongnoistre ou mercier, ne pour luy aux povres riens
-donner, ains les ay eu en desdaing et en despit et pour ce qu’ils me
-sembloient tous deffigurés et tous puans je ne les laissoie aprouchier
-de moy, ains me tournoie de l’autre part, afin que je ne les véisse.
-Je n’ay pas porté honneur ne révérence à mes amis qui sont de mon sang
-et de ma char, espécialment à mes père et mère et les prédécesseurs
-dont je suis venu, à mes frères et seurs naturels, à mon mary et autres
-bienfaicteurs et souverains, ne à mes autres frères et seurs d’Ève
-et d’Adam, car je n’ay nul autre prisié fors moy tant seulement. Et
-quant on m’a voulu monstrer mon bien et corrigier de mon mal quant je
-l’ay eu fait, je ne l’ay voulu souffrir, ains ay eu en indignacion et
-en despit ceulx qui m’ont ce monstré et leur ay esté pire après et
-plus fel que devant, et leur en ay mis sus blasme et vilenie grande en
-derrière d’eulx; j’ay sur eulx parlé vilainement, et tout ce m’est venu
-d’orgueil et de sa branche de inobédience.
-
-Par jactence, qui est la seconde branche d’orgueil, j’ay diligemment
-escouté le maldire d’autruy et si l’ay creu et voulentiers raconté
-ou plus vilain entendement[127]. Et aucune fois, pour vengence ou
-pour mal, ay-je dit sur autruy ce dont je ne sçavoie riens. Je me
-suis eslevé ou eslevée et vanté de mes maulx que j’avoie fais et dis
-et y prenoie grant gloire. Et se on disoit aucune chose de moy qui
-appartenist à sens, à bon los, ou beauté et on le deist en ma présence
-et à mon ouie et que ce ne fust à moy, je ne me excusoie pas, qu’il ne
-feust en moy, ains me taisoie pour moy accorder et m’y délictoie et
-prenoie grant plaisance. Je me suis eslevé ou eslevée et ay eu orgueil
-des grans despens que j’ay aucune fois fais et des grans oultraiges et
-superfluités, comme de viandes grandes et oultrageuses, comme à donner
-grans mengiers et belles chambres, assembler grans compaignies, donner
-joyaulx aux dames et aux seigneurs et à leurs officiers ou ménestriers
-pour estre alosé[128] d’eulx et pour dire de moy que je fusse noble et
-vaillant et large; certes de povres créatures ne me chaloit-il[129]
-rien. Certes, Sire, j’ay affermé aucunes choses estre vrayes de quoy je
-n’estoie mie certain et ce faisoie-je pour plaire aux gens présens qui
-devant moy estoient et en parloient et tout ce ay-je fait par jactence.
-
-Par ypocrisie, je me suis faint le saint home ou sainte femme et
-monstré grant semblant de l’estre et mis grant peine de en acquérir le
-nom devant les gens, et toutesvoies ne me suis-je point tenu de péchier
-et d’en faire assez quant j’ay veu que je l’ay peu faire couvertement
-et en repostaille[130], et certes aussy ay-je fait du bien aux povres
-et des pénitences devant les gens plus pour en avoir leur nom[131] et
-leur louenge que pour la grâce de Dieu. Et aussi par plusieurs fois
-monstroie-je par dehors d’estre en voulenté de tel bien faire dont mon
-cuer n’avoit voulenté, et ce faisoie-je pour avoir le nom du peuple,
-jasoit-ce que je sceusse bien que c’estoit fait au desplaisir de mon
-créateur. Et aussi me suis-je offert à moult de gens de faire telle
-chose pour eulx dont je n’avoie nul talent ne nul corage, et oultre je
-tenoie[132] de moy mesmes moult de biens qui n’y estoient mie, et se
-aucun peu en y avoit, il ne me souvenoit ne me vouloit souvenir qu’il
-venist de Dieu, si comme j’ay dit devant, ne à Dieu n’en savoie-je nul
-gré; et tout ce faisoie-je par ypocrisie avec grant orgueil.
-
-J’ay esté ferme en discorde et en contencion, qui est la quarte branche
-d’orgueil. Car se je commençasse à soustenir aucune chose ou le fait
-d’aucune personne, pour soustenir son bien ou pour destruire un autre,
-où je me mectoie en grant peine de la défendre ou confondre, feust
-droit ou tort, j’ay en injuriant autruy raconté aucune fois aucunes
-choses mensongières et les ay affermées estre vraies pour faire à
-aucunes gens leur gré et leur faire plaisir; j’ay par despit esmeu
-aucunes fois aucunes personnes à ire, à courroux et à discorde dont
-moult de maulx venoient aucunes fois depuis; et d’autres ay-je fait
-jurer, parjurer et fait mentir, et par les discordes que j’ay mues et
-les mensongières paroles que j’ay dictes estre vraies et affermées et
-fait jurer et affermer, j’en ay plusieurs personnes moult scandalisées
-et courroucées par ma désordonnance. Quant je me suis aucune fois
-confessé, en ma confession je me suis excusé et mectoie mon excusation
-premièrement, et après coulouroie en ma faveur la cause de mon péchié,
-ou je mectoie ma deffaulte sur une autre personne et disoie qu’elle
-avoit fait la faulte de laquelle j’estoie le plus coulpable, ne je
-ne m’encusoie pas, ains disoie: _tel me le fist faire et je ne m’en
-donnoie garde_, et en celle manière disoie-je pour moy excuser de mes
-péchiés lesquels me sembloient trop griefs, et oultre je laissoie
-et taisoie les grans et orribles péchiés, et encores des petis et
-des légiers que je disoie ne disoie-je mie les circonstances qui
-estoient appartenans à iceulx péchiés, si comme les personnes, le
-temps et le lieu, etc. J’ay longuement demouré en mon péchié et par
-longue demeure je suis cheue ès autres mortels péchiés. A l’un de mes
-confesseurs[133], et à l’autre qui par aventure me plaisoit mieulx, je
-disoie les autres plus grans péchiés en intencion d’estre de luy moins
-corrigié et avoir maindre pénitence pour la familiarité que j’avoie
-avec luy ou qu’il povoit avoir en moy. J’ay désiré vaine gloire en
-quérant les honneurs et estre pareil aux plus grans ès vestemens, ès
-autres choses aussi, et ay eu gloire d’estre des haultes personnes
-honnoré, d’avoir leur grâce, estre haultement saluée et que honneur et
-grant révérence me fust portée pour ma beauté, pour ma richesse, pour
-ma noblesse, pour mon lignaige, pour estre joliement acesmée[134], pour
-moult bien chanter, dancer et doulcement rire, jouer et parler. J’ay
-voulu et souffert estre la plus honnorée partout: j’ai esté preste
-à oïr divers instrumens et mélodies, enchantemens, as parties[135]
-et autres plusieurs jeux qui sont gouliardois[136], désordonnés et
-lesquels n’estoient pas de Dieu ne de raison, car je rioie et me tenoie
-moult orgueilleusement et en grant esbatement. J’ay voulu avoir et
-user de vengence et avoir punicion de ceulx que j’ay seulement pensé
-qu’ils m’avoient voulu mal ou mal fait et en ay voulu avoir haultement
-et estroitement mon désir acompli, feust tort ou droit, sans les
-espargner, ne avoir d’eulx aucune mercy, et ce, chier père, ay-je fait
-par mon orgueil et m’en repens; si vous en requier pardon et pénitence.
-
-Après s’ensuit le péchié d’envie, lequel descent d’orgueil. En envie
-a cinq branches. C’est assavoir: haine, machinacion, murmuracion,
-détraction et estre lié[137] du mal d’autruy et courroucié du bien
-d’autruy. Envie est née du péchié d’orgueil, car quant une personne
-est orgueilleuse elle ne veult avoir nul pareil semblable à lui, ains
-a envie se aucun autre est le plus hault ou aussi hault que lui en
-aucune chose, ou en aucuns biens, ou grâces, ou en sciences, ou qu’elle
-vaille mieulx que lui, et pour ce elle l’a en grant haine et la het et
-s’efforce tousjours de impétrer[138] la louenge et le bien d’autruy
-par sa parole et par son blasme: et c’est la première branche d’envie.
-
-La seconde branche d’envie si est machinacion: c’est à dire quant une
-personne porte mauvaises paroles d’aucunes personnes par envie et
-recorde mal de l’une personne à l’autre par mauvaises acoustumances en
-apetissant le bien d’autruy et en accroissant le mal.
-
-La tierce branche est murmuracion: c’est à dire que le cuer murmure de
-ce que plus grant maistre de lui lui commande, ou que on ne lui dit ou
-de ce que on ne lui fait pas ainsi comme aux autres, ou elle n’en ose
-parler.
-
-La quarte branche d’envie si est détraction: c’est à dire quant une
-personne dit mal et parle en derrière et dit ce qu’il scet de lui et ce
-qu’il ne scet pas, et qu’il contreuve et pense comment il pourra dire
-chose par quoy il pourra nuire et grever celluy de qui il parle, et
-quant il oit mal dire de cellui, il aide à son povoir de le accroistre
-et exaulcer, et de ce parle moult griefment quant il voit son point,
-pour ce qu’il scet qu’il ne le peut en nulle manière plus dommagier et
-scet qu’il ne lui peut restituer sa bonne renommée qu’il luy oste, et
-ainsi lui mesmes se met à mort.
-
-La quinte branche si est d’avoir joie du mal d’autruy ou de son
-empeschement et destruire à son povoir le bien quand il scet qu’il doit
-venir à autruy, et de ce bien il est triste et dolent. Et de toutes
-ces choses tu dois dire en ta confession: Sire, en toutes ces choses
-que j’ay cy devant nommées j’ay moult grandement péchié; car, de mon
-cuer je l’ay pensé, et de mon mauvais couraige je l’ay fait, et de ma
-faulse bouche je l’ay dit et semé partout où j’ai peu, et se je ay bien
-dit de lui ou d’un autre, je l’ay dit faintement et par faintise, et
-toutesvoies m’en suis-je mocqué; voire et de ceulx de qui je deusse le
-bien et l’onneur garder et le peusse bien avoir fait se je voulsisse,
-je l’ay trestourné et converti à mal; et, quant je véoie qui mal en
-disoit je me mectoie et aloie avec, et me consentoie au mal dire et
-affermer à mon povoir du cuer, de la bouche et du corps. Et tout, chier
-père, ay-je fait par mon envie et m’en repens, si vous en requier
-pardon.
-
-Après envie vient le péchié d’ire qui descent d’envie. Ou péchié d’ire
-a cinq branches, c’est assavoir: haine, contencion, présumpcion,
-indignacion et juracion. Haine est quant aucune personne ne puet mectre
-autruy en sa subjection ou qu’elle ne puet commander et suppéditer
-cellui qu’elle vouldroit bien comme plus grant de lui et en vouldroit
-avoir la seignourie et la subjection, elle en est dolente et courroucée
-et en a le cuer enflé. C’est la première branche d’ire. La seconde
-branche d’ire si est quant en parlant la personne a le cuer enflé à
-mal faire et dire et quant elle parle laidement et désordonnéement
-par ire contre aucun autre. La tierce branche de ire si est quant
-par parler meslées et batailles viennent et dissencions, et lors
-la personne doit penser se aucuns de son costé ou d’autre ont esté
-grevés de chevance ou de corps par ses paroles; car en ce cas seroit
-la personne cause de tout le mal qui seroit advenu. La quarte branche
-de ire si est quant par ton ire tu as esmeu Dieu par jurer. La quinte
-branche de ire si est quant par ton ire tu as esmeu et fait esmouvoir
-les autres à courroux, et de ce tu te dois confesser ainsi: Sire, j’ay
-le nom de Dieu parjuré par mon ire, et de Dieu mauvaisement parlé et
-de la benoite vierge Marie sa doulce mère et de tous les Sains de
-paradis; j’ay eu indignacion contre autres personnes, et par mon ire
-leur ay véé[139] ma parole; monseigneur mon père et madame ma mère ay
-par mon ire courrouciés et despiteusement à eulx parlé et par ire les
-ay mal regardés et désiré la fin de leurs jours; aux povres ay moult
-despiteusement parlé et par mon ire les ay appellé truans. Sire, j’ay
-par mon ire esmeu plusieurs à jurer moult vilainement et de moult
-vilains sermens; mes serviteurs et moult d’autres ay-je fait esmouvoir
-à courroux et les ay esmeus à mal faire. Et ay moult de fois pensé à
-moy vengier de ceulx que je hayoie et voulentiers les meisse à mal
-quant je les avoie à contrecuer se je peusse. Grant pièce et long temps
-ay-je esté en haine, dont je me repens, et pour ce, chier père, je vous
-en requier pardon et pénitence.
-
-Après si est le péchié de paresse qui est le quart péchié mortel duquel
-si naist et descent oysiveté qui est lait blasme et laide tache en
-personne qui vueille estre bonne. Car il est dit en l’Euvangille que au
-jour du jugement toute personne oyseuse aura à rendre compte du temps
-qu’elle aura perdu par son oysiveté. Or est grant merveille quelle
-défense les oyseux auront, quant devant Dieu ils seront accusés. En un
-autre lieu en L’Euvangille il est dit que la vie du corps oyseux est
-ennemi mortel à l’âme et monseigneur saint Jérosme dit ceste auctorité:
-fay toujours aucune chose afin que l’ennemy ne te treuve oyseux; car il
-est coustumier de ceulx qui sont oyseux mectre en ses euvres et en ses
-besongnes. Et monseigneur saint Augustin dit ou livre de l’Euvre des
-moines que nulle personne puissant de labourer ne doit estre oyseux.
-Ce seroit trop longue chose de réciter les dis de tous les saiges
-hommes qui blasment oysiveté et paresse.
-
-Le péchié de paresse a six branches. La première branche si est
-négligence, la seconde rancune, la tierce charnalité, la quarte vanité
-en cuer, la quinte branche désespéracion, la sixiesme est présumpcion.
-
-Négligence c’est quand l’en aime et craint si peu Dieu et en souvient
-si peu que parce que on n’en tient ainsi comme nul compte, l’en ne fait
-nul bien pour lui ne pour son amour, et de ce faire est-l’en paresseux
-et négligent et l’en n’est mie paresseux de quérir son plaisir et ses
-aises. Certes c’est grant péchié que d’estre paresseux de bien faire.
-Car il est trouvé en l’Escripture que se une personne n’avoit onques
-péchié, ne jamais ne péchast, et elle ne feist aucun bien mais laissast
-ainsi passer le temps, elle pourroit aller en enfer; et ceste première
-branche de négligence naist de paresse.
-
-La seconde branche si est quant une personne a rancune en son cuer
-contre un autre, et pour la mauvaise voulenté qu’elle a à luy,
-s’applique à vengence et en ce s’endort et crout[140], et en délaisse à
-faire ses pénitences, ses aumosnes et autres biens. Car tousjours ceste
-personne rancuneuse pense à grever celluy qu’elle het, et de jour et
-de nuit y met toute sa pensée; ainsi délaisse à faire le bien qu’elle
-doit, et c’est la seconde branche qui est en paresse.
-
-La tierce branche de paresse si est charnalité. Charnalité si est quant
-l’en quiert le désir de la char, comme dormir en bons lits, reposer
-longuement, gésir grandes matinées, et au matin quant l’en est bien
-aise en son lit et l’en oit sonner la messe, l’en n’en tient compte et
-se tourne-l’en de l’autre costé pour rendormir, et telles gens lâches
-et vaines ont plus chier perdre quatre messes que une sueur ou un
-somme; et c’est la tierce branche de paresse.
-
-La quarte branche de paresse si est vanité: c’est à dire quant une
-personne scet bien qu’elle est en péchié et elle est de si vain cuer
-qu’elle ne se peut ou ne vuelt ou ne daigne retourner à Dieu par
-confession et par dévocion, ains pense et promet tousjours à lui-mesme
-de amender sa vie de jour en autre, et si ne se corrige point, ains est
-paresseux et négligent de soi retourner et ainsi ne lui chault de faire
-aucun bien et les commandemens de Dieu, si comme bonne personne le doit
-faire et garder; et c’est la quarte branche de paresse.
-
-La quinte branche si est désespéracion; c’est une manière de péchié que
-Dieu het moult et quiconques est pris en ce péchié il est dampné si
-comme Judas qui en désespérance se pendit, car il cuidoit tant avoir
-fourfait envers Dieu que jamais ne peust impétrer de lui miséricorde,
-et quiconques meurt en ce péchié et n’a point d’espérance de la
-miséricorde de Dieu il pèche contre le Saint Esperit et contre la bonté
-de Dieu; et pour ce en nulle manière on ne doit cheoir en ce péchié
-de désespérance ne y demourer. Car se tu chiez et fais un très grand
-péchié comme d’ardre maisons et ardre les biens de saincte église par
-force qui est sacrilége, tu fais pis que tous les sept péchiés mortels,
-mais encores dis-je que la miséricorde de Dieu est plus grande à
-pardonner. Toutesvoies, se tu te veulx confesser et faire pénitence et
-à Dieu retourner, voire se tu avoies fait plus de maulx que langue ne
-pourroit dire, ne cuidier, ne cuer penser, si trouveroies-tu en lui
-miséricorde; et c’est la quinte branche de paresse.
-
-La sixiesme branche si est présumpcion: c’est quant une personne est
-si oultrecuidiée et si orgueilleuse qu’elle croit que pour péchié
-qu’elle eust fait, ne pourroit faire, elle ne pourroit estre dampnée;
-et telles gens sont d’opinion telle qu’ils dient que Dieu ne les a
-pas fais pour estre dampnés. Et ils doivent savoir que Dieu ne seroit
-pas juste s’il donnoit paradis aussi bien à ceulx qui ne l’aroient
-point desservi que à ceulx qui l’aroient desservi. Ce ne seroit pas
-justement jugié que autant en emportast l’un que l’autre, car s’il
-estoit ainsi, l’en ne feroit jamais bien, puisque autel guerdon auroit
-cellui qui ne serviroit point Nostre Seigneur, comme cellui qui le
-serviroit. Certes ceulx qui ainsi le croient pechent contre la bonne
-justice de Dieu, contre sa bénignité et sa doulceur. Car combien qu’il
-soit plain de miséricorde, si comme j’ay dit devant, si est-il juste
-justicier, et chacun si est fait pour servir icelluy créateur et pour
-faire sa voulenté, et ainsi peut-l’en avoir et desservir le royaume de
-paradis et autrement non, car qui de son service faire est négligent et
-paresseux, il peche. Et pour ce, tu qui es paresseux te dois confesser
-des branches de paresse et dire ainsi. Sire, j’ay aussi erré en toutes
-les branches de paresse; par ma négligence ou service de Dieu ay esté
-lent, paresseux et négligent en la foy et curieusement pensé de l’aise
-de ma charongne, et ce que j’ay ouy de l’Escripture je ne l’ay pas
-retenu ne mis à oeuvre par ma paresse. Après, je n’ay pas rendu grâce
-à Dieu, si comme je deusse, des biens espirituels et temporels qu’il
-ma donnés et envoiés, et oultre je n’ay pas servi Dieu si comme je
-deusse, selon les grâces et les vertus qu’il m’a données. Je n’ay pas
-dit ne fait les biens que je peusse avoir dit ou fait et ay esté lent
-et paresseux ou service de Nostre Seigneur et ay servi et ay esté
-curieux ou service mondain, et aussi j’ay plus servi à moi et à ma char
-et y ay mis plus grant entente que ou service de mon doulx créateur.
-J’ay esté moult oyseux longuement, dont moult de maulx et mauvaises
-pensées et cogitacions me sont venues.
-
-Après tu dois dire en toi confessant que quant on chantoit la messe,
-ou aucune heure, ou quant tu estoies en dévocion, ou en disant tes
-heures, tu estoies en vaine cogitacion et mauvaises pensées lesquelles
-ne te povoient proufiter, ains te nuisoient à ton sauvement. Et pour
-ce tu dois dire ainsi: Sire, et quand je apercevoie ces choses, je
-ne retournoie pas à Dieu ne me rapaisoie à lui si comme je deusse.
-Et oultre, Sire, quant l’en disoit et faisoit le service de Dieu je
-jengloie et disoie paroles oyseuses et de telles qui n’appartenoient
-pas de parler à l’église. Sire, j’ay dormi en l’église quant les autres
-prioient Dieu. Sire, aucune fois je ne me suis pas confessé quant ma
-conscience me remordoit et ramentevoit mon mal, et mesmement quant
-j’avois lieu et espace et temps convenable je ne me disposoie pas à
-ce, ains disoie en mon couraige, par ma paresse, tu le feras bien
-une autre fois ou une autre sepmaine, ou une autre journée, et par
-telles attentes et négligences je oublioie moult de péchiés; après
-par négligence et par paresse ay-je oublié à faire mes pénitences
-enjointes. Je n’ay pas monstré bon exemple à mes gens. Car par ma
-très déshonneste conversacion à qui ils prenoient garde pour ce que
-j’estoie leur souverain, je les mectoie en cause de péchier. Sire, et
-quand j’ay ouy mes gens jurer vilainement, je ne les ay pas reprins ne
-corrigiés, ains les ay escoutés et l’ay laissié passer par ma paresse.
-Après, Sire, quant je venoie à confesse je ne m’estoie point par avant
-advisée de mes péchiés que je devoie dire, ne n’y avoie point pensé;
-ains quant je me départoie de ma confession je me trouvoie plus plaine
-de péchiés que devant et de plus grans, et n’avoie point de diligence
-de retourner à mon confesseur, ains passoie ainsi le temps; et tout ce
-me faisoit paresse en quoy j’ay demouré et m’y suis tenu dont je me
-repens; et pour ce, chier père, je vous en requier pardon et pénitence.
-
-Après le péchié de paresse est avarice. Avarice est soi estroitement
-tenir, escharcement despendre, avec volenté désordonnée et ardeur de
-acquérir les biens de ce monde à tort ou à droit, ne peut chaloir
-comment, et toutesvoies la raison de la personne scet bien se l’en fait
-ou bien ou mal. Certes avarice a moult d’escoliers, comme exécuteurs de
-testamens qui enrichissent et retiennent les biens des mors qui telle
-amour leur monstrèrent à leur fin qu’ils les esleurent comme les plus
-espéciaulx pour avoir la cure du remède de leur salut, et après leur
-mort ils mordent en leur char comme tirans et s’engraissent de leur
-sang et de leur substance: tels gens sont escoliers d’avarice. Aussi
-en sont mauvais seigneurs qui par grosses amendes tolent la substance
-de leurs povres subjets; hosteliers et marchans qui vendent leurs
-choses oultre le juste pris et ont faulx pois et faulses mesures; faulx
-plaideurs qui par plait et par barat font dégaster aux gens simples le
-leur et les tourmentent ès cours des grans seigneurs tellement et si
-longuement qu’ils ont d’eulx leur désir comment qu’il soit. Avarice,
-comme dit est, est née de paresse; quant une personne est paresseuse et
-négligente de faire ou ouvrer ce qui est de nécessité pour son corps
-soustenir et ce qui lui est proufitable et par icelle paresse il laisse
-et pert à acquérir sa substance, pour refournir sa faculté[141] lui
-vient convoitise de rapine et voulenté de retenir l’autruy injustement
-et sans raison. Se tu es riche et puissant et tu as assez et largement
-et te doubtes que ton avoir ne te doie faillir et pour ce tu ne donnes
-quant il est temps et nécessité aux povres, ou quant tu ne rens ce que
-tu as de l’autruy, soit par emprunt ou autrement, mauvaisement acquis,
-tu peches en avarice.
-
-Avarice a sept branches: la première si est larrecin, la seconde
-rapine, la tierce fraude, la quarte décepcion, la quinte usure, la
-sixiesme hazart et la septiesme simonie.
-
-Larrecin est quant une personne injustement et de nuit prent aucune
-chose sans le sceu et contre la voulenté de cellui à qui la chose est;
-et c’est la première branche d’avarice.
-
-La seconde branche d’avarice si est rapine; c’est quant une personne
-ravit aucune chose de l’autruy, et quant il l’a, il ne la veult rendre
-ou envoier à cellui à qui elle doit estre, ains par avarice le retient
-et recelle pour ce qu’elle lui plaist, et s’il l’oït demander par
-aventure, si ne la veult-il enseignier, ains la recelle et la muce que
-nul ne la puisse trouver.
-
-La tierce branche d’avarice si est fraude: c’est quant une personne,
-par décepcion, par barat ou frauduleusement en l’achat ou vente d’une
-chose dit mensonges à la personne de qui elle veult acheter ou vendre,
-en lui faisant faulx entendre et que la chose vaille mieulx ou plus
-qu’elle ne fait.
-
-La quarte branche d’avarice si est décepcion: c’est à dire quant une
-personne monstre par dehors à aucun chose de belle apparence et le mal
-n’appert mie et il le laisse et ne le dit mie et dit et afferme et jure
-que la chose est bonne et vraie, et il scet bien qu’il n’est pas ainsi.
-Et ainsi font faulx marchans qui mectent le plus bel et le meilleur
-dessus et le pire dessoubs et jurent que tout est bon et loyal, et
-ainsi est décepcion, car ils déçoivent les gens et font faulx seremens.
-
-La quinte branche d’avarice si est usure: c’est à dire quant une
-personne preste son argent pour en avoir plus grant somme pour la
-longue tenue, ou vent son blé ou son vin plus chier par ce qu’il donne
-long terme, et ainsi de toutes autres marchandises desquelles je me
-passe quant à présent, car c’est moult longue chose que de usure et
-moult mauvaise.
-
-La sixiesme branche d’avarice si est le hazart: si est quant on joue
-aux dés pour gaigner l’argent d’autruy et y a moult de barat, de
-convoitise, d’avarice et de décepcion, si comme faulsement compter et
-d’argent prester pour gaigner, comme prester douze deniers pour treize;
-et en tels jeux sont fais moult de seremens et de mauvais comme de
-jurer Dieu et Nostre Dame et tous les Sains de paradis, et sont fais et
-dis moult de maulx: pour ce s’en doit-l’en garder.
-
-La septiesme branche d’avarice si est simonie: c’est à dire quant les
-sacremens de sainte église sont vendus ou achetés ou les prébendes
-des églises, et tels péchiés viennent de clercs et de religieux et
-viennent aussi de mal païer les dismes et de pénitences mal faictes et
-mal garder les commandemens de sainte église et de mal distribuer ce
-qui doit estre donné pour Dieu.
-
-Le Déable fait six commandemens à l’avaricieux: le premier, que il
-garde très bien le sien; le second, qu’il ne le preste sans acquest,
-ne n’en face bien devant sa mort; le tiers, qu’il mengeusse tout seul,
-ne ne face courtoisie ne aumosne; le quart, qu’il restraigne sa mesnie
-de boire et de mengier; le quint, qu’il ne face miectes ne relief; le
-sixiesme, qu’il entende diligemment à acquérir pour ses hoirs.
-
-De toutes ces choses de quoi ta conscience te juge tu t’en dois
-confesser, et de tout ce dont tu te sens coulpable et qui regarde le
-péchié d’avarice, et dire l’un après l’autre par l’ordonnance que
-dessus, et à la fin, dois dire: Sire, chier père, de tout ce que je
-vous ay dit que j’ay péchié ou péchié d’avarice, je m’en repens très
-grandement et vous en requier pardon et pénitence.
-
-Après le péchié d’avarice vient le péchié de gloutonnie qui est
-parti en deux manières: l’une est quant l’en prent des viandes trop
-habondamment, et l’autre de parler gouliardeusement et oultrageusement.
-Le péchié de trop boire et de trop mengier est le plaisir au Déable.
-On treuve en l’Euvangille que Dieu donna povoir au Déable d’entrer ou
-ventre des pourceaulx pour leur gloutonnie et le Déable y entra et les
-mena en la mer et les fist noïer; ainsi entre-il ou corps des gloutons
-qui mainent vie déshonneste, et les boute en la mer d’enfer. Dieu
-commande à jeuner, et la gloute dit: _Je mengeray_. Dieu commande à
-aler au moustier et matin lever, et la gloute dit: _Il me fault dormir;
-je fus hier yvre. Le moustier n’est pas lièvre, il me attendra bien._
-Quant elle est à quelque peine levée, savez-vous quelles sont ses
-heures? Ses matines sont: _Ha! de quoi burons-nous? Y a-il rien d’hier
-soir?_ Après dit ses laudes ainsi: _Ha! nous beumes hier bon vin!_
-Après dit ses oroisons ainsi: _La teste me deult; je ne seray mais
-aise jusques j’aye beu_. Certes telle gloutonnie met femme à honte,
-car elle en devient ribaude, gouliarde et larronnesse. La taverne si
-est le moustier au Déable où ses disciples vont pour le servir et où
-il fait ses miracles[142]; car quant les personnes y vont, ils vont
-drois et bien parlans, saiges et bien atrempés et advisés, et quant ils
-reviennent ils ne se pevent soustenir et ne pevent parler: ils sont
-tous fols et tous enragiés et reviennent jurant, battant et desmentant
-l’un l’autre.
-
-L’autre partie du péchié de la bouche est folement parler en moult
-de manières, dire paroles oyseuses, vantance, louenge, parjuremens,
-contens, murmuracion, rébellion, blasmes. Tu ne auras jà dicte si
-petite parole dont il ne te conviengne rendre compte devant Dieu.
-Hélas! que tu en dis à prime[143] dont il ne te souvient à tierce.
-Parlers oyseux sont comme les bates du molin qui ne se pevent taire;
-les venteres et les pestrins ne parlent que de soy.
-
-Ce péchié de gloutonnie qui, comme dit est, est parti en deux parties,
-a cinq branches. La première branche si est quant une personne mengue
-avant qu’elle ne doit, c’est à dire trop matin, ou avant qu’elle ait
-dit ses heures, ou avant qu’elle ait esté au moustier et qu’elle ait oy
-la parole de Dieu et ses commandemens; car créature doit avoir sens et
-discrécion qu’elle ne doit pas mengier avant l’eure de tierce, se ce
-n’est pour cause de maladie ou de foiblesse ou pour aucune nécessité
-qui à ce le contraigne.
-
-La seconde branche de gloutonnie si est quant une personne mengue plus
-souvent qu’elle ne doit et sans nécessité. Car, si comme l’Escripture
-dit: Mengier une fois le jour est vie d’ange, et mengier deux fois le
-jour est vie humaine, et trois fois ou quatre ou plusieurs est vie de
-beste et non pas de créature humaine.
-
-La tierce branche de gloutonnie si est quant une personne boit et
-mengue tant le jour qu’il luy en est de pis, par quoy elle est yvre et
-prent une maladie dont il lui convient aler couchier au lit et est très
-griefve.
-
-La quarte branche de gloutonnie si est quant une personne mengue si
-gloutement d’une viande qu’elle ne la mache point, ains l’engloutit
-ainsi comme toute entière et plus tost qu’elle ne doit, si comme dit
-l’Escripture de Esaü qui fut le premier né de tous ses frères qui se
-hasta si de mengier que peu s’en failli qu’il ne se estrangla.
-
-La quinte branche de gloutonnie si est quant une personne quiert viande
-délicieuse tant soit chière[144], et se peut bien faire à moins et
-soy restraindre pour plus aidier à un povre ou à deux ou à plusieurs.
-Et c’est un péchié de quoy nous trouvons en l’Euvangille du mauvais
-riche qui estoit vestu de pourpre, lequel riche mengeoit chascun jour
-si largement des viandes et nul bien n’en vouloit faire au povre
-ladre, et de luy trouvons qu’il fut dampné pour ce qu’il vesquit trop
-délicieusement et n’en donna point pour Dieu si comme il devoit. Et
-de ces choses cy devant dictes tu te dois ainsi confesser: Sire, de
-toutes ces choses et de moult d’autres manifestement et souventes fois
-j’ay péchié et fait moult d’autres péchier et fait par ma cause faire à
-autres. J’ay maintes fois beu sans soif, par quoy mon corps en estoit
-péris et pis ordonné et mal disposé, et par ce j’estoie abandonnée à
-parler plus largement et plus désordonnéement et faisoie les autres
-péchier qui prenoient par moy et avec moy plus largement des biens
-qu’ils ne faisoient se je ne feusse; de viandes aussy ay-je mengié
-sans faim et sans nécessité et maintes fois que je m’en peusse bien
-passer à moins, et tant en prenoie que mon corps en estoit aucunes fois
-grevé et nature en estoit en moy plus endormie, plus foible et plus
-lasche à bien faire et à bien ouir, et tout ce venoit par le péchié de
-gloutonnie ou quel j’ay péchié comme j’ay dit, et pour ce, chier père,
-je m’en repens et vous en demande pardon et pénitence.
-
-Après est le péchié de luxure qui est né de gloutonnie, car quant la
-meschant personne a bien beu et mengié et plus qu’elle ne doit, les
-membres qui sont voisins et près du ventre sont esmeus à ce péchié
-et eschauffés, et puis viennent désordonnées pensées et cogitacions
-mauvaises, et puis du penser vient-on au fait. Et ce péchié de luxure
-si a six branches.
-
-La première si est quant un homme pense à une femme ou la femme à
-l’homme, et la personne a en celle pensée grant plaisance et s’y
-délicte grandement et y demeure longuement, et par longue demeure la
-char s’esmeut à délectation; non pourtant elle ne pécheroit point
-pour le premier esmouvement qui vient soudainement, se la personne
-contraignoit son couraige à y obvier et remédier, mais quant la
-personne n’y résiste ne contrarie si tost qu’elle devroit ou pouroit,
-ne elle n’a pas en voulenté ne en pensée de tourner son couraige
-autre part, ne de y résister, ains s’y délicte et demeure, elle peche
-mortelment.
-
-La seconde branche de luxure si est quant la personne se consent à
-faire le péchié, et si ne demeure pas en lui, et fait tout son povoir
-et quiert le temps et heure et le lieu où elle le pourra faire, et lors
-elle ne le puet faire ne accomplir, et non pourquant[145] il lui plaist
-moult en son cuer. Combien que charnellement elle ne fait pas le fait,
-Dieu dit, et l’Escripture: Ce que tu veulx faire et tu ne peus est
-réputé pour fait. Et en autre lieu dit l’Escripture: La voulenté sera
-réputée pour fait advenu, soit bien ou mal. Et ceste seconde branche
-et aussi la première sont appellées _luxure de cuer_. Car il est deux
-espèces de luxure: c’est assavoir, luxure de fait et luxure de cuer. Et
-sont les devant dictes; et luxure de corps est quant le fait y est.
-
-La tierce branche de luxure si est quant une personne n’a point de
-femme espousée ou femme n’a point espousé d’homme et l’un peche avec
-l’autre, comme d’avoir à faire à femme qui n’est en rien liée, ne à
-homme qui n’est point lié; lors est le péchié appellé fornication.
-
-La quarte branche de luxure si est quant une personne a femme espousée,
-ou femme a homme espousé, et ils brisent leurs fois que ils doivent et
-ont promis à garder l’un à l’autre et l’un et l’autre pechent, et qui
-pis est, pevent faire faulx héritiers qui succéderoient; et tel péchié
-est appellé avoultire.
-
-La quinte branche de luxure si est quant homme ou femme a affaire
-charnelment à sa cousine ou qu’elle soit de son lignaige, soit loing
-ou près, ou à sa mère, ou à celle qui est du lignaige de sa femme, ou
-la femme a affaire à celluy du lignaige de son mary; et à femme de
-religion benoite ou non, ou en vigille de festes, en temps de jeûnes
-ou de festes, ou le jour que on doit garder, que homme marié ne doit
-pas aler à sa propre femme ne à autre, car ce seroit moult grief péchié
-lequel Dieu deffent en la loy; ou quant un homme est avec sa femme ou
-avec autres contre droit et autrement que honnestement, et ainsi comme
-raison l’enseigne en mariaige. Car tout homme peut moult grandement et
-en moult de manières péchier avec sa femme espousée. Et, pour ce, dit
-Ysaac en l’Escripture que qui est désordonnéement avec sa femme, c’est
-à dire pour la convoitise de la char, ou pour son seul délit, sans
-espérance de engendrer lignée, ou en lieu saint, que c’est péchié de
-fornication, et pour ce estrangla le Déable les sept maris de Sarra.
-
-La sixiesme branche de luxure si est un péchié qui est contre
-nature, comme soy corrumpre par sodomie, duquel péchié nous lisons
-en l’Escripture que pour cellui péchié Dieu en print telle vengence
-que cinq citez en Sodome et en Gomorre furent destruites et arses par
-pluie de feu et de souffre puant, duquel péchié il n’est pas bon
-tenir longues parolles pour l’orreur d’icellui péchié, car le Déable
-mesmes qui pourchasse icellui péchié en a honte quant on l’a fait. Et
-aussi quant une personne se corrompt par lui tout seul en veillant,
-et scet bien que c’est contre nature, ou déshonnestement en faisant
-atouchemens mauvais par quoy personne soit esmeue et en aucunes autres
-manières qui ne sont honnestes à dire, fors en confession. Car chascun
-scet bonnement et doit savoir que quant ils font tels péchiés, leurs
-cuers et leurs pensées leur dient bien que c’est contre Dieu et contre
-nature. Et pour ce, de toutes ces choses la créature pécheresse doit
-ses péchiés humblement dire à son confesseur et demander pardon et
-dire: J’ay péchié en ces péchiés et en grant jour de festes et en
-vigilles et peut-estre ès vigilles de Nostre Dame, ès festes, ou en
-karesme, ou en lieu saint comme au moustier, et doit dire une fois ou
-deux ou plusieurs et ès quels il peche plus que ès autres. Et à la fin,
-doit dire: Chier père, j’ay mespris et péchié comme j’ay dit ou péchié
-de luxure, et vraiement je m’en repens: si vous en requier pardon et
-pénitence.
-
- * * * * *
-
-Cy après s’ensuivent les noms et les condicions des sept vertus par
-lesquelles vertus l’en se puet garder de mortelment péchier, et
-premièrement:
-
-Humilité est contre orgueil; car ainsi comme orgueil naist de mauvais
-cuer orgueilleux et despit, et fait despire, perdre et mectre à mort
-le corps et l’âme, aussi humilité naist de cuer piteux et fait en ce
-siècle honnourer le corps, et l’âme mectre en joie pardurable, et pour
-ce est humilité comparée à la vierge Marie. Ainsi comme orgueil est
-comparé à folie, en mal respondre, en forcenerie, en peu souffrir,
-desloyaulté ou foiblesse de bien faire, voulenté ou pensée de mal
-jugier par arrogance contre autruy et plusieurs autres mauvaises
-branches que tu peus avoir oy cy dessus sur le péchié d’orgueil, ainsi
-attrempance pour tout bien escouter, force de cuer de tout doulcement
-souffrir, justice pour tout le plaisir de Dieu acomplir sans mal faire
-à autruy, ne à ses fais, véés cy quatre pensées par quoy humilité
-entre et demeure au corps d’omme et deffent que orgueil ne s’y mecte.
-Premièrement, tu dois penser la vilité et l’ordure dont tu es engendré
-en péchié. Secondement, comment tu fus en si grant povreté sans âme
-jusques à tant que Dieu par sa grâce te resveilla. Tiercement, comment
-tu fus en si grant peine nourris et comment tu mourras, ne scez
-l’heure. Quartement, pense souvent quelle joye et quel bien tu auras de
-bien faire et quelle peine et quel dommaige tu auras de mal faire. Car
-de bien faire tu aras en ce siècle louenge et honneur, et après la mort
-joie perpétuelle sans tristesse, richesse sans povreté et santé sans
-langueur; pour mal faire à quoy tu mes grant peine et te couste moult à
-faire, tu seras en ce siècle mesprisié, en l’autre auras tristesse et
-peine périlleuse sans joie, povreté sans confort, maladie sans garison.
-Pense comment tu dois d’ores à jà[146] morir, ne scez quant, ne où
-l’âme ira: voy comment la nuit et le jour se gaste le temps, et garde
-comment tu as ton temps oublié, dont il conviendra que de chascune
-heure tu rendes compte d’ores à jà; regarde comment tu as le temps
-gasté en moult de vils péchiés et de mauvais; regarde que tu n’as fait
-nul bien, et se par aventure tu en as fait aucun, si l’as-tu fait en
-péchié mortel et ne te prouffite ne te prouffitera néant.
-
-Amitié est contre le péchié d’envie: car ainsi comme le péchié envenime
-et art le cuer de l’envieux, si comme tu as oy dessus, ainsi la sainte
-vertu d’amitié qui est le don du Saint Esperit fait le cuer humble et
-doubteux; et pour ce l’appelle-on: _don de paour_. La vertu d’amitié
-est une doulceur, une rousée et un triacle[147] contre envie: car ainsi
-comme envieux est tousjours triste et courroucié du bien d’autruy,
-ainsi le bon cuer plain d’amitié est tousjours lié des biens de son
-proïsme[148] et est courroucié et a compassion de ses adversaires.
-La vertu d’amitié oste toute envie de cuer et fait l’omme content de
-ce qu’il a. Jamais tu n’auroies envie du bien de ton bon amy se tu
-l’amoies bien. La vertu d’amitié si se monstre en sept manières ainsi
-comme on congnoist l’amour des membres du corps en sept manières.
-Premièrement, l’un des membres contregarde l’autre qu’il ne luy
-mefface: ce commandement est escript que tu ne faces à autruy ce que
-tu ne vouldroies qu’il te feist. Après, l’un membre souffre l’autre
-doulcement, car se l’une des mains fait mal à l’autre, elle ne se
-revenchera pas: à ce appert la grant amour et débonnaireté que les
-membres du corps ont l’un vers l’autre, car ils ne se courroucent de
-riens que l’un face à l’autre, ne ils ne tiennent pas ne ont envie de
-riens que l’autre ait ou face; l’un secourt et aide à l’autre à son
-besoin sans requerre. Tous les membres aident à leur souverain, c’est
-assavoir au cuer: c’est parfaicte amitié sans envie, c’est droite
-obéissance et charité. Dont tu dois avoir telle pure amitié à ton
-proïsme qui est ton membre, car nous sommes tous membres de Dieu, et
-il est le corps. Dieu en l’Euvangille donne aux povres le ciel, et aux
-amiables et débonnaires la terre: or regarde dont où seront les envieux
-et les félons, fors ou tourment d’enfer?
-
-Débonnaireté est contre ire. La saincte vertu débonnaireté ou
-attrempance veult tousjours paix, équité et justice, sans faire tort à
-aucun, sans nullui courroucier, ne avoir haine à aucun, ne nullui ne
-het ne desprise. Ainsi comme ire est le feu qui gaste tous les biens
-de la maison du cuer félon, ainsi débonnaireté est le précieux triacle
-qui met partout paix et veult équité et justice. Equité a huit degrés
-moult bons à compter par quoy le preudomme paisible voit les las et
-les engins du Déable qui nous voit et nous ne le véons pas et nous
-espreuve griefment en plus de mille manières. Le Déable est philosophe,
-il scet l’estat et la manière d’omme et sa complexion et en quel vice
-il est plus enclin ou par nature ou par accoustumance, et d’icelle
-partie il l’assault plus fort; le colérique de ire et de discorde,
-le sanguin de joliveté et de luxure, le fleumatique de gloutonnie et
-de paresse, le mélencolieux d’envie et de tristesse. Pour ce se doit
-chascun défendre de ceste part où il scet que son chasteau est plus
-foible, pour soy combattre contre cellui vice que il voit dont il est
-plus assailli. Le débonnaire mect partout paix. Paix vaint toute malice
-et toute ire. Sans paix nul ne peut avoir victoire. Saint Pol dit que
-avec paix toutes autres vertus courent, mais paix court le mieulx,
-car elle gaigne l’espée. Toutes vertus se combattent, mais paix a la
-victoire, l’onneur et la couronne: toutes servent, mais ceste emporte
-le loyer. Justice est l’armeure de paix qui toutes les vaint, comme
-dit est. Jasoit-ce que le chevalier soit armé de paix et justice, si
-lui convient-il repentence de cuer, vraie confession de bouche et
-amende souffisant, et se l’une de ces trois choses y fault, l’armeure
-est faulsée et cellui qui la porte est vaincu et desconfit, et pert le
-loyer de paradis.
-
-Prouesse qui vault autant comme diligence est une sainte vertu contre
-le péchié de accide[149] et de paresse: car ainsi comme le bourgois
-veille pour acquérir richesses à lui et à ses enfans, le chevalier et
-le noble veille pour acquerre pris et los ou monde; chascun selon son
-estat en ce siècle veille pour les choses mondaines acquerre. Hélas!
-qu’il y en a peu qui veillent pour acquerre les biens espirituels!
-Les bons sans vaine gloire à qui le monde ennuie et qui veillent pour
-venir devant Dieu sont sages de despire le monde pour les périls et
-pour les peines dont il est plain: c’est une forest plaine de lyons,
-une montaigne plaine de serpens et de ours, une bataille plaine
-d’ennemis traistres, une valée ténébreuse plaine de pleurs, et n’y a
-riens estable; nul n’y a paix de cuer ne de conscience, se il veult
-croire le monde et amer. Les bons à qui le monde ennuie tendent droit
-leur cuer à Dieu où ils pensent à venir et desprisent tous les biens
-du monde; mais c’est si grant chose que peu y a de ceulx qui facent
-ceste entreprinse[150].... de la persévérance. De ceste vertu, dit
-Jhésu-Crist, toutes les autres vertus se combatent: ceste a gaigné la
-victoire; toutes labeurent: mais ceste emporte le loyer au vespre.
-
-Miséricorde ou charité est contre avarice, car miséricorde est ainsi
-comme de avoir dueil et compassion du mal, de la nécessité ou de la
-povreté d’autruy, et de lui aidier, conseillier et conforter à son
-povoir. Ainsi comme le Déable fait ses commandemens à l’aver[151] tels
-comme tu as oy, ainsi le Saint Esperit fait à celui qui a miséricorde
-ou charité en lui ses commandemens qu’il desprise les biens temporels,
-qu’il en face aumosnes, qu’il en veste les nus, qu’il en donne à boire
-à ceulx qui ont soif, à mengier à ceulx qui ont faim, qu’il visite les
-malades. Ainsi comme l’aver est fils du Déable et lui ressemble, ainsi
-le charitable ressemble à Dieu son père. Ainsi comme avarice pense de
-nuit et de jour à acquester et amasser à tort et à droit, ainsi charité
-et miséricorde pensent à accomplir les sept œuvres de miséricorde.
-Hélas! qu’il y fait bon penser et les accomplir de fait, ou de voulenté
-et compassion qui faire ne le peut de fait! Car nostre grant juge les
-nous reprouchera en ses grans jours, et c’est chose qui moult nous doit
-mouvoir à charité que la paour de la sentence du jour du jugement où
-Dieu dira aux avers: Alez-vous-en avec le Déable vostre père! et aux
-charitables: Mes fils, demourez avec moy. Hélas! quant il les partira
-de sa compaignie com grant douleur[152]!
-
-Miséricorde a sept branches: la première est donner à boire et à
-mengier aux povres; la seconde est de vestir les nus; la tierce est
-prester aux povres quant ils en ont besoing et leur pardonner la debte;
-la quarte visiter les malades; la quinte, hébergier les povres; la
-sixiesme, visiter ceux qui sont en chartre de maladie; et la septiesme
-ensevelir les mors. Et toutes ces choses devez-vous faire en charité
-et compassion, pour l’amour de Dieu seulement et sans vaine gloire.
-Vous devez faire aumosne de vostre loyal acquest liement, hastivement,
-secrètement, dévotement et humblement sans despire les povres en
-pensée ne en fait. Cellui fait bien qui leur donne tost quant ils lui
-demandent, mais encore fait-il mieulx qui leur donne sans demander.
-
-Sobriété est contre gloutonnie: car ainsi comme la sainte vertu de
-sobriété est droite mesure contre le péchié mortel de gloutonnie,
-ainsi c’est la vertu que le don de sapience donne et plante au cuer
-du glouton contre oultrage. Sobriété est un arbre moult précieux, car
-il garde la vie du corps et de l’âme; car par trop boire et par trop
-mengier meurt-on, et par trop mal parler deult la teste et fait-on
-tuer corps et âme. Par sobriété vit le corps en ce siècle longuement
-en paix, et en a l’âme la vie pardurable. Ceste vertu doit-on garder
-sur toutes les autres pour les biens qu’elle fait. Premièrement,
-sobriété garde raison, entendement et sens, et l’omme sans sens est
-beste. Cellui qui est yvre et si rempli de vin qu’il en pert raison
-et entendement il cuide boire le vin et le vin le boit. Le second est
-que sobriété délivre homme glouton du servaige du ventre à qui il est
-serf. Saint Pol dit que moult s’avile qui pert sa franchise pour estre
-serf à un seigneur, mais plus s’avile cellui qui se fait serf à son
-ventre dont il ne peut yssir que ordure. Sobriété garde l’omme en sa
-seignourie, car l’esperit et le sens doivent estre seigneurs du corps
-et le corps doit pourveoir à l’esperit. Le glouton par son yvresse et
-gloutonnie pert le sens et l’esperit, si qu’il ne scet gouverner le
-corps. Le tiers est qu’elle garde bien la porte du chastel afin que
-le Déable par péchié mortel n’entre ou corps de l’homme; la bouche
-est la porte par où le Déable entre ou chastel pour soy combatre aux
-bonnes vertus et y entre par les faulx traistres seigneurs Gloutonnie
-et Male-langue qui laissent la porte de la bouche ouverte au Déable.
-Ceste vertu a la seigneurie du corps, car par sobriété on maistrie le
-corps si comme le cheval par le frain. Sobriété a la première bataille
-de l’ost et garde les autres vertus. Le Déable tempte l’omme par la
-bouche, si comme il fist Nostre Seigneur quant il lui dist qu’il feist
-de pierre pain et Adam quant il lui fist mengier le fruit. Entre les
-autres créatures l’omme a la bouche plus petite selon le corps; homme
-a les autres membres doubles: deux oreilles et deux narines et deux
-yeulx, mais il n’a que une bouche, et ce nous monstre que l’omme doit
-sobrement mengier et boire et sobrement parler. Sobriété n’est autre
-chose que droite mesure qui est moyenne entre trop et peu; sur toutes
-choses doit avoir l’omme mesure en son cuer, et en son sens qui est
-ainsi comme l’oisel qui se justice par les yeulx de sobriété[153], il
-s’envole et chiet souventesfois ès las de l’oiseleur: c’est du Déable
-qui souvent chasse à prendre tel oisel.
-
-Chasteté est contre luxure, et est sainte vertu de chasteté, c’est
-assavoir la conscience toute pure de mauvais pensemens, les membres
-purs de tous atouchemens. Et ainsi que les créatures plaines du vil
-péchié de luxure ont la conscience plaine et trouble de mauvais
-pensemens, le corps et les membres ors et vils de mauvais atouchemens
-et sont à Dieu lais et obscurs comme déables, ainsi les chastes ont
-le cuer et la conscience clers, nets et luisans et ont clarté et
-lumière de Dieu. A chastes convient, comme tu as oy, necte conscience
-avoir; à avoir necte conscience convient trois choses: la première
-est voulentiers oïr parler de Dieu; la seconde lui bien et souvent
-confesser; la tierce avoir remembrance de la passion Jhésu-Crist et
-remembrer pour quoy il mourut, et que tu mourras, que jà n’en seras
-délivre; et c’est le premier degré de chasteté. Le second degré de
-chasteté est que on se garde de vilainement parler, car vilaines
-paroles courroussent les bonnes meurs. Le tiers degré est de bien
-garder les cinq sens corporels: les yeulx de folement regarder, les
-oreilles de folement escouter, les narines de soy en souefves choses
-trop délicter et odourer, les mains de folement touchier, les piez de
-aler en mauvais lieux; ce sont les cinq portes et les cinq fenestres
-par où le Déable vient rober la chasteté du chastel de l’âme et du
-chétif corps. Le quart degré est jeuner et avoir tousjours remembrance
-de la mort qui te puet soudainement happer et prendre d’ores à jà, se
-tu ne t’en gardes. Le quint degré est fuir mauvaise compaignie, comme
-fist Joseph qui s’enfouist quant la dame le voult faire péchier. Le
-sixiesme degré est d’estre embesognié de bonnes oeuvres; car quant
-le Déable treuve la personne oyseuse, il la mort voulentiers en ses
-besoignes. Le septiesme degré est de vraye oroison; à oroison sont
-nécessaires trois choses: bonne foy, espérance d’avoir ce que on
-requiert, dévocion de cuer sans penser ailleurs. Oroison sans dévocion
-est messaigier sans lettres. Dieu regarde en prière cuer humble et
-dévost et n’a cure de paremens, ne de haulte manière, comme font ces
-foles hardies qui vont baudement, le col estendu comme cerf en lande
-et regardent de travers comme cheval desréé[154].
-
-Et atant, chère seur, vous souffise de cette matière, car le sens
-naturel que Dieu vous a donné, la voulenté que vous avez d’estre dévote
-et bonne vers Dieu et l’église, les prédications et sermons que vous
-orrez en vostre parroisse et ailleurs, la Bible, la Légende dorée[155],
-l’Apocalipse, la Vie des Pères[156] et autres plusieurs bons livres en
-françois que j’ay dont vous estes maistresse pour en prendre à vostre
-plaisir, vous donra et attraira parfondément le remenant au bon plaisir
-de Dieu qui à ce vous vueille conduire et entalenter[157].
-
-
-
-
-LE QUART ARTICLE.
-
-
-Le quart article de la première distincion dit que vous devez garder
-continence et vivre chastement.
-
-Je suis certain que si ferez-vous, je n’en suis mie en doubte, mais
-pour ce que je sçay que après vous et moy ce livre cherra ès mains de
-nos enfans ou autres nos amis, je y mects voulentiers tout ce que je
-sçay, et dy que aussi devez-vous endoctriner vos amies et par espécial
-vos filles, et leur dictes, belle seur, pour tout certain que tous
-biens sont reculés en fille ou femme en laquelle virginité, continence
-et chasteté défaillent; ne richesse, ne beauté, ne sens, ne hault
-lignaige, ne nul autre bien ne peut jamais effacer la renommée du vice
-contraire, se en femme espécialment il est une seule fois commis,
-voire seulement souspeçonné, et pour ce maintes preudes femmes se sont
-gardées non mie seulement du fait, mais du souspeçon, espécialment
-pour acquérir le nom de virginité: pour lequel nom les saintes
-escriptures de monseigneur saint Augustin et de monseigneur saint
-Grégoire et moult d’autres dient et tesmoingnent que les preudes femmes
-qui ont esté sont et seront, de quelque estat qu’elles soient ou aient
-esté, pevent estre dictes et appellées vierges. Et monseigneur saint
-Pol le conferme en l’onziesme chappitre de ses épistres qu’il fait
-secondement à ceulx de Corinte où il dit ainsi: _Despondi enim vos_,
-etc. Je vueil, dit-il, que vous sachiez que une femme qui est espousée
-à un homme, puis qu’elle vive chastement sans penser à avoir affaire
-à autre homme, peut estre dicte vierge et présentée à Notre Seigneur
-Jhésu-Crist. De chascune bonne preude femme Jhésu-Crist ou treiziesme
-chappitre de l’euvangille de saint Mathieu en une parabole dit ainsi:
-_Simile est regnum cœlorum thesauro abscondito in agro_, etc. Le règne
-du ciel, dit-il, est semblable au trésor qui est repos dedans un champ
-de terre, lequel trésor quant aucun homme qui laboure en fouyant le
-descuevre, il le remuce; de la grant joye qu’il en a, il s’en va et
-vent tout quanque il a et achète le champ. En ce chappitre mesmes dit
-Nostre Seigneur ceste parabole: Le royaulme des cieulx est semblable
-à l’omme marchant qui quiert bonnes pierres précieuses, et quant il
-en a trouvé une bonne et précieuse, il va et vent tout quanque il a
-et l’achète. Par le trésor trouvé ou champ de terre et par la pierre
-précieuse nous povons entendre chascune bonne preude femme; car en
-quelque estat qu’elle soit, pucelle, mariée ou vefve, elle peut estre
-comparée au trésor et à la pierre précieuse; car elle est si bonne, si
-pure, si necte qu’elle plaist à Dieu et l’aime comme sainte vierge en
-quelque estat qu’elle soit, mariée, vefve ou pucelle. Et pour certain,
-homme en quelque estat qu’il soit, noble ou non noble, ne peut avoir
-meilleur trésor que de preude femme et saige. Et ce puet-on bien savoir
-et prouver qui veult regarder aux fais et aux bonnes meurs et aux
-bonnes oeuvres des glorieuses dames qui furent du temps de la vieille
-loy, si comme Sarre, Rébecque, Lye et Rachel qui furent moulliers aux
-sains patriarches Abraham, Ysaac et Jacob qui est appelé Ysraël, qui
-toutes furent chastes et vesquirent chastement et virginalement.
-
-Item, à ce propos nous trouvons escript ou treiziesme chappitre ou
-livre fait de Daniel que après la transmigracion de Babilonne, c’est
-à dire après ce que Jéchonias[158] le roi de Jhérusalem et le peuple
-de Ysraël furent menés en prison et chétiveté[159] en Babilonne, et
-que la cité de Jhérusalem fut destruite par le roy Nabugodonosor, il
-ot en Babilonne un Juif preudomme et riche lequel fut nommé Joachin,
-et Joachin prist une femme fille d’un autre Juif lequel ot nom
-Belchias[160], et la pucelle Susanne, laquelle estoit très belle et
-crémant Dieu; car son père et sa mère qui estoient justes et bonnes
-gens l’avoient moult bien aprise et endoctrinée en chasteté selon la
-loy Moyse. Ce Joachin, mary de Susanne, estoit moult riche et avoit un
-moult bel jardin plain d’arbres portant fruis. Là venoient communément
-esbatre les Juifs pour ce que le lieu estoit plus honnourable de tous
-les autres; Susanne mesmes aloit souvent esbatre en ce jardin. Or
-advint que deux anciens prestres d’icelle loy furent du peuple establis
-juges pour un an, lesquels juges virent Susanne très belle et tant
-qu’ils furent espris et alumés de fole amour. Si parlèrent ensemble
-et regardèrent comment ils la pourroient décevoir, et se accordèrent
-qu’ils la guetteroient ou jardin dessusdit et parleroient à elle se ils
-la trouvoient seule.
-
-Un jour advint que après l’eure de midy ils se mussèrent en un anglet
-de ce jardin: Susanne vint ou dit jardin pour soy laver, selon ce
-que leur loy l’ordonnoit, et mena avecques soy deux de ses pucelles
-lesquelles elle renvoya en sa maison pour lui rapporter oeille[161] et
-oingnemens pour soy enoindre. Et quant les deux vieillars la virent
-seule, ils coururent à elle et lui dirent: Coyement[162] seufre ce
-que nous voulons faire de toy, et se tu ne le fais, nous porterons
-tesmoingnage encontre toy et dirons que nous t’avons trouvée en
-advoultaire. Et quant Susanne vit et sceut la mauvaistié des juges,
-elle proposa en soy mesmes et dist en ceste manière: _Angustie michi
-sunt undique_, etc., Dieux! dit-elle, angoisses sont à moy de toutes
-pars, car se je fais ceste chose, morte suis comme à Dieu, et se je ne
-le fay, je ne pourray eschapper de leurs mains que je ne soie tormentée
-et lapidée; mais mieulx me vault sans meffaire cheoir en leur dangier
-que faire péchié devant Dieu. Lors elle cria à haulte voix: les deux
-vieillars crièrent aussi, tellement que les serviteurs de la maison y
-acoururent, et les juges dirent qu’ils l’avoient trouvée en présent
-meffait avec un jouvencel lequel estoit fort et viguereux; si leur
-eschappa et ne sceurent ne ne peurent congnoistre qui il estoit. De ce
-furent les sergens[163] merveilleusement vergongneux et esbahis, car
-oncques mais ils n’avoient oy dite telle parole de leur dame, ne veu
-mal en elle; toutesfois elle fut emprisonnée.
-
-Et l’endemain que les juges furent assis en jugement, tout le peuple
-devant eulx assemblé pour veoir la merveille, Susanne fut amenée en
-jugement; ses parens et amis la regardoient, moult tendrement plourans.
-Susanne avoit son chief couvert, de honte et de vergongne qu’elle
-avoit. Les juges lui firent descouvrir son viaire[164] par grant honte
-et despit. Adonc elle plourant leva ses yeulx au ciel, car elle avoit
-fiance en nostre Seigneur et ou bien de son ignorance. Adonc les deux
-prestres racontèrent devant le peuple comment eulx alans esbatans
-dedans le jardin avoient veu Susanne entrer en icellui, avec elle deux
-de ses pucelles lesquelles elle renvoya et serra l’uis après elles; et
-disoient que lors estoit venu un jeune homme lequel ils avoient veu
-charnellement habiter à elle, et pour ce ils estoient là courus, et
-le jeune homme s’en estoit fouy par l’uis, et n’avoient peu arrester
-ne prendre fors icelle Susanne qui n’avoit icellui jeune homme voulu
-nommer; et de ce meffait nous deux sommes tesmoings, et pour ce meffait
-nous la jugeons à mort. Susanne adonc s’escria et dist en ceste
-manière: Dieu pardurable, tu es congnoissant des choses répostes[165]
-et scez toutes choses ains qu’elles soient faictes, et scez bien que
-contre moy ils portent faulx tesmoingnaige; souviengne-t’en et aies
-mercy de moy!
-
-Après ce on la mena à son torment, et en passant par une rue, nostre
-Seigneur évertua l’esperit d’un jeune et petit enfant appelé Daniel
-lequel commença à crier à haulte voix: O peuple d’Israel, ceste femme
-est jugée faulcement, retournez au jugement, retournez, car les
-jugemens sont faulx! Adonc le peuple s’escria et firent retourner
-Susanne au lieu où le jugement avoit esté donné et amenèrent les
-jugeurs et l’enfant appelé Daniel lequel dist tels mots: Séparez moy
-ces jugeurs et les menez l’un çà, l’autre là. Quant ce fut fait, il
-vint à l’un et lui demanda soubs quel arbre ce avoit esté fait et qu’il
-avoit vu l’omme et Susanne faisans leur péchié; et icellui jugeur
-respondi: soubs un chesne[166]. Après, icellui Daniel vint à l’autre
-jugeur et lui demanda soubs quel arbre il avoit veu Susanne soubs le
-jeune homme; et il respondi: soubs un arbre appelé _Lentiscus_[167].
-Lentiscus est un arbre qui rent huille et la racine est une espice
-appellée _macis_. Ainsi fut attainte leur mençonge, et fut Susanne
-délivrée, comme pure et necte, sans tache de mauvais atouchemens. Et
-est bien prouvé qu’elle estoit bien remplie de la vertu de chasteté
-quant elle dist ceste parole aux faulx jugeurs: J’aime mieulx cheoir en
-vos mains comme ès mains de mes ennemis, et mourir sans faire péchié
-que faire péchié devant Dieu nostre Seigneur. O femme pleine de foy
-et de grant loyaulté qui crémoit tant Dieu et le péchié de mariage
-enfraindre qu’elle voulloit mieulx mourir que son corps vilainement
-atoucher! Et certes il est tout certain que les Juifs et les Juifves
-qui sont à présent en ce royaume ont si abbominable ce péchié, et est
-telle leur loy, que se une femme estoit trouvée en adultère, elle
-seroit lapidée et tourmentée de pierres jusques à la mort selon leur
-loy. Mesmes les mauvais tiennent cette loy, et nous la devons bien
-tenir, car c’est bonne loy[168].
-
-Autre exemple y a, si comme met Cerxès[169] le philosophe en son livre
-nommé des _Eschez_, ou chappitre _de la Royne_, et dit que la Royne
-doit sur toutes choses sa chasteté garder et endoctriner à ses filles,
-car, dist-il, nous lisons de moult de filles qui pour leur virginité
-ou pucellaige garder ont esté roynes. Pol istoriographe des Lombars
-raconte que en Ytalie avoit une duchesse qui avoit nom Raymonde, et
-avoit un fils et deux filles. Advint que le roy de Hongrie appelé
-Cantamus eut débat à icelle Raymonde et vint devant une sienne ville
-et y mist le siége. Elle et ses enfans estoient dedens le chastel, et
-si regarda une fois ses ennemis qui faisoient une escarmouche contre
-les gens de sa ville qui fort se deffendoient, et entre les ennemis
-vit un chevalier qui estoit forment bel. Elle fu tant embrasée de
-s’amour qu’elle lui manda que secrètement et parmy son chastel elle luy
-rendroit sa ville, se il la vouloit prendre à femme. Et le chevalier
-dist oyl[170], et après ce, elle luy ouvri les portes du chastel, et
-il et ses gens y entrèrent. Quant ils furent au chastel, ses gens
-entrèrent par là en la ville et prindrent hommes et femmes et tout ce
-qu’ils peurent; et les fils d’elle orent si grant honte et douleur de
-sa traïson qu’ils la laissèrent et s’en alèrent, et depuis furent si
-bons que l’un d’iceulx enfans qui avoit nom Grimault, c’est assavoir le
-plus petit, fut duc des Bienventens[171] et depuis roy de Lombardie. Et
-les filles qui ne sceurent fouir doubtèrent estre violées des Hongres;
-si tuèrent pigons et les mussèrent dessoubs leurs mamelles, si que
-par l’eschauffement de leurs mamelles la char des pigons puoit, et
-quant les Hongres les vouldrent approuchier, si sentirent la puantise,
-et s’en refroidirent et desmeurent[172] et les laissèrent tantost,
-et disoient l’un à l’autre: Fy que ces Lombardes puent! Et à la fin
-icelles filles s’enfouirent par mer pour garder leur virginité, et
-toutesvoies, pour ce bien et leurs autres vertus, l’une fut depuis
-royne de France et l’autre fut royne d’Alemaigne. Icellui chevalier
-print icelle duchesse et jeut avec elle une nuit pour son serement
-saulver et l’endemain la fist à tous les Hongres commune. Le jour après
-lui fist ficher un pel dès parmy la nature au long du corps jusques
-à la gorge, disant: Tel mary doit avoir telle lécheresse qui par sa
-luxure a trahy sa cité et ses gens baillés et mis ès mains de leurs
-ennemis. Et aussi ces paroles fist-il escripre en plusieurs lieux
-parmy sa robe, et toute morte la fist attacher et lier aux barrières de
-dehors et devant la porte de sa cité afin que chascun la veist, et la
-laissa[173].
-
-Encores met-il[174] là un autre exemple de garder son mariage et sa
-chasteté, et dit que saint Augustin ou livre de la _Cité de Dieu_ dit
-(et aussi l’ay-je veu en Titus Livius) que à Romme estoit une dame
-moult bonne et de grant et vertueux couraige appellée Lucresse qui
-estoit femme d’un Rommain appellé Collatin qui convoya et semmoni[175]
-une fois à disner avec lui l’empereur Tarquin l’orguilleux et Sexte
-son fils; lesquels y disnèrent et furent festiés et après disner se
-esbatirent, et Sexte advisa la contenance de toutes les dames qui là
-estoient; et entre toutes et pardessus toutes les autres, la manière
-Lucresse lui pleut et sa beauté. Par aucune espace de temps après, les
-gens d’un chastel qui estoit à quatre lieues d’illec, emprès Romme,
-firent rébellion contre l’empereur qui ala mettre le siége devant,
-et avec lui fut et ala Sexte son fils avec lequel estoient et de sa
-compaignie furent plusieurs des jeunes hommes de Romme, entre lesquels
-estoit Collatin le mary Lucresse. Long temps furent illec les Rommains
-à siège, et un jour qu’il faisoit bel et seryn, estoient assemblés
-après disner à boire ensemble Sexte le fils l’empereur et plusieurs
-d’iceulx jeunes hommes romains entre lesquels estoit Collatin, et
-prindrent complot ensemble de soupper tantost, et après alèrent
-hastivement à Romme en l’hostel de chascun d’iceulx jeunes hommes
-veoir la manière et contenance de chascune de leurs femmes et leur
-gouvernement, par tel[176] que cellui duquel sa femme seroit trouvée
-en meilleur convine[177] auroit l’honneur de logier Sexte le fils
-l’empereur en son hostel. Ainsi fu accordé, et vindrent à Romme et
-trouvèrent les unes devisans[178], les autres jouans au _bric_, les
-autres à _qui féry?_ les autres à _pince-merille_, les autres jouans
-aux _cartes_ et aux autres jeux d’esbatemens avecques leurs voisines;
-les autres qui avoient souppé ensemble, disoient des chançons, des
-fables, des contes, des jeux-partis; les autres estoient en la rue
-avecques leurs voisines jouans au _tiers_ et au _bric_, et ainsi
-semblablement de plusieurs jeux, excepté Lucresse qui dedens et ou plus
-parfont de son hostel, en une grant chambre loing de la rue, avoit
-ouvriers de laine, et là, toute seule, assise loingnet[179] de ses
-ouvriers et à part, tenoit son livre dévotement et à basse chière[180]
-disoit ses heures moult humblement; et fut trouvé que lors, ne
-autresfois que son mary Collatin estoit hors, et en quelque compaignie
-ou feste qu’elle feust, il n’estoit nul ne nulle qui la feist dancer
-ne chanter, se ce n’estoit seulement le jour qu’elle avoit lettres de
-luy ou qu’il retournast la veoir; et lors chantoit et dançoit avec les
-autres, se feste y avoit. Et pour ce Collatin eust l’honneur de la
-venue et loga en son hostel Sexte le fils l’empereur lequel fut servi
-de tous les autres et de leurs femmes et apparentés, et l’endemain
-bien matin fut des dames esveillié, vestu, et oy messe, et le veirent
-monter et mettre à chemin. Et à ce voyage fut Sexte moult fort espris
-de l’amour de Lucresse et tellement qu’il pensa qu’il revenroit devers
-elle acompaignié d’autres gens que des amis d’elle ou de son mary.
-Ainsi fut fait et vint au soir en l’hostel Lucresse laquelle le receut
-moult honnourablement, et quant le temps vint d’aler couchier, l’en
-ordonna le lit à Sexte comme à fils d’empereur, et ce mauvais fils
-d’empereur espia où Lucresse gisoit, et après ce que tous léans furent
-couchiés et endormis, Sexte vint à elle, l’une main mise à la poitrine
-et l’autre à l’espée, et lui dist: Lucresse, tais toy! Je suis Sexte le
-fils à l’empereur Tarquin, se tu dis mot tu es morte! Et de paour elle
-s’escria, dont la commença Sexte à prier. Rien n’y vault. Et après ce,
-à luy offrir et promettre dons et services. Riens n’y vault. Et puis, à
-menacier qu’elle se voulsist à luy accorder ou qu’il destruiroit elle
-et sa lignée. Rien n’y vault. Quant il vit que tout ce rien n’y valoit,
-si lui dist ainsi: Lucresse, se tu ne fais ma voulenté, je te tueray et
-si tueray aussi un de tes varlès, et puis diray que je vous aray tous
-deux trouvés couchiés ensemble et pour vostre ribauldie vous ay tués.
-Et celle qui doubta plus la honte du monde que la mort, si se consenti
-se jouer.
-
-Et tantost après que Sexte s’en fu alé, la dame manda par lettres son
-mari qui estoit en l’ost, et aussi manda son père, ses frères et tous
-ses amis et un homme qui avoit nom Brut et nepveu Collatin son mary. Et
-quant ils furent venus, elle leur dist moult espouventablement: Sexte
-le fils à l’empereur entra hier comme hoste en cest hostel, mais il ne
-s’en est pas départi comme hoste, mais comme ennemy de toy, Collatin!
-et saiches qu’il a ton lit deshonnouré. Toutesvoies se mon corps est
-deshonnouré, se n’est pas le cuer, et pour tant me absols-je du péchié,
-mais non pas de la peine. Adonc Collatin son mary vit qu’elle estoit
-toute pâle et descoulorée et sa face blanche et toute esplourée, car
-la trasse des larmes estoit apparant en son viaire des yeulx jusques
-aux baulièvres, et avoit les yeulx gros et enflés, les paupières mortes
-et perses[181] et dedans vermaulx par le décourement des larmes,
-et regardoit et parloit effroyeusement. Si commença à la conforter
-moult doulcement et à luy pardonner, et lui monstra moult de belles
-raisons, que le corps n’avoit pas péchié puisque le cuer n’y avoit
-donné consentement ne pris délit, et se prist à alléguer exemples et
-auctorités. Tout ce ne luy pleut; elle luy rompi sa parole en disant
-moult asprement: Ho! ho, nennil, nennil! c’est trop tart, tout ce ne
-vault riens, car je ne suis jamais digne de vivre; et celluy qui m’a ce
-fait, l’a fait à sa grant male meschéance se vous valez riens, et pour
-ce que nulle ribauldie ne règne à l’exemple de Lucresse, qui vouldra
-prendre exemple au péchié et au forfait, si prengne aussi exemple à
-l’amende. Et tantost d’une espée qu’elle tenoit soubs sa robe se féri
-parmy le corps et morut devant eulx tous.
-
-Adonc Brut le conseiller et Collatin le mary d’icelle Lucresse et tous
-ses amis plourans et dolens prindrent celle espée qui estoit sanglante,
-et sur le sang jurèrent par le sang Lucresse que jamais ne fineroient
-jusques à tant qu’ils auroient Tarquin et son fils destruit, et le
-poursuivroient à feu et à sang, et toute sa lignée bouteroient hors,
-si que jamais nul n’en vendra à dignité. Et tout ce fut tantost fait,
-car ils la portèrent emmy la ville de Romme et esmeurent tellement le
-peuple que chascun jura la destruction de l’empereur Tarquin et de son
-fils, et à feu et à sang. Et adonc fermèrent les portes afin que nul
-n’issist pour aler adviser l’empereur de leur emprise, et s’armèrent
-et yssirent dehors alant vers l’ost de l’empereur comme tous forcenés.
-Et quant ils approchèrent de l’empereur, et il ouy le bruit et tumulte
-et vit les gens pouldrés[182], et fumées des chevaulx, avec ce que
-l’en luy dit, il et son fils s’enfouirent en désers, chétifs et
-desconfortés. Sur quoy le Rommant de la Rose dit ainsi:
-
- N’onc puis Rommains, pour ce desroy,
- Ne vouldrent faire à Romme roy.
-
-Ainsi avez-vous deux exemples, l’un de garder honnestement son
-vefvaige, ou sa virginité ou pucellaige; l’autre de garder son mariaige
-ou chasteté. Et sachiez que richesse, beaulté de corps et de viaire,
-lignaige et toutes les autres vertus sont péries et anichillées
-en femme qui a tache ou souspeçon contre l’une d’icelles vertus.
-Certes en ce cas tout est péri et effacié, tout est cheu sans jamais
-relever, puis que une seule fois femme est souspeçonnée ou renommée
-au contraire; et encores, supposé que la renommée soit à tort, si
-ne peut jamais[183] icelle renommée estre effaciée. Or véez en quel
-péril perpétuel une femme met son honneur et l’honneur du lignaige de
-son mary et de ses enfans quant elle n’eschieve[184] le parler de tel
-blasme, ce qui est légier à faire. Et est à noter sur ce, si comme
-j’ay oy dire, que puis que les Roynes de France sont mariées, elles ne
-lisent jamais seules lettres closes, se elles ne sont escriptes de la
-propre main de leur mary, si comme l’en dit, et celles lisent-elles
-toutes seules, et aux autres elles appellent compaignie et les font
-lire par autres devant elles, et dient souvent qu’elles ne sçevent mie
-bien lire autre lettre ou escripture que de leur mary; et leur vient de
-bonne doctrine et de très grant bien, pour oster seulement les paroles
-et le souspeçon, car du fait n’est-il point de doubte[185]. Et puisque
-si haultes dames et si honnourées le font, les petites qui ont aussi
-grant besoing de l’amour de leurs maris et de bonne renommée le doivent
-bien faire.
-
-Si vous conseille que les lettres amoureuses et secrètes de vostre
-mary, vous recevez en grant joye et révérence, et secrètement toute
-seule les lisez tout à part-vous, et toute seule lui rescripvez
-de vostre main se vous savez, ou par la main d’autre bien secrète
-personne; et lui rescripvez bonnes paroles amoureuses et vos joyes et
-esbatemens, et nulles autres lettres ne recevez, ne ne lisez, ne ne
-rescripvez à autre personne, fors par estrange main et devant chascun,
-et en publique les faictes lire.
-
-Item dit-l’en aussi que les Roynes depuis qu’elles sont mariées, jamais
-elles ne baiseront homme, ne père, ne frère, ne parent, fors que le
-Roy, tant comme il vivra; pour quoi elles s’en abstiennent, ne se c’est
-vray, je ne sçay. Ces choses, chère seur, souffisent assez à vous
-bailler pour cest article; et vous sont baillées plus pour raconte que
-pour doctrine. Il ne vous convient jà endoctriner sur ce cas, car Dieu
-mercy de ce péril et souspeçon estes-vous bien gardée et serez.
-
-
-
-
-LE QUINT ARTICLE.
-
-
-Le quint article de la première distinction dit que vous devez estre
-très amoureuse et très privée de vostre mary par dessus toutes autres
-créatures vivans, moiennement amoureuse et privée de vos bons et
-prochains parens charnels et parens de vostre mary, très estrangement
-privée de tous autres hommes, et du tout en tout estrange des
-oultrecuidés et oyseux jeunes hommes et qui sont de trop grant despence
-selon leur revenue, et qui, sans terre ou grans lignaiges, deviennent
-danceurs; et aussi des gens de court, de trop grans seigneurs, et en
-oultre de ceulx et celles qui sont renommés et renommées d’estre de vie
-jolie, amoureuse ou dissolue.
-
-A ce que j’ay dit très amoureuse de vostre mary, il est bien voir que
-tout homme doit amer et chérir sa femme et que toute femme doit amer et
-servir son homme, car il est son commencement et je le preuve. Car il
-est trouvé ou deuxiesme chappitre du premier livre de la Bible que l’en
-appelle Genesy, que quant Dieu eust créé ciel et terre, mer et air,
-et toutes les choses et créatures à leur aournement et perfection, il
-admena à Adam toutes les créatures qui eurent vie et il nomma chascune
-ainsi qu’il luy pleut et qu’elles sont encores appellées. Mais il n’y
-ot créature semblable à Adam, ne convenable pour lui faire aide et
-compaignie. Et pour ce dist Dieu adonc: _Non est bonum hominem esse
-solum; faciamus ei adjutorium simile ei_. Bonne chose, dist Dieu, n’est
-pas que l’omme soit seul; faisons-lui aide qui lui soit semblable.
-Donc meist Dieu sommeil en Adam, et adonc osta une des costes de Adam
-et rempli le lieu où il la prist de chair, si comme dit Moyses ou
-second chappitre de Genesy. Cellui qui fait Histoire sur Bible[186]
-dit que Dieu prist de la char aussi avecques la coste, aussi dit
-Josephus[187], et nostre Seigneur édifia la coste qu’il en avoit ostée
-en une femme; voire, ce dist l’Historieur, il lui édifia char de la
-char qu’il prist avecques la coste, et os de la coste, et quant il lui
-ot donné vie, il l’admena à Adam pour ce qu’il luy meist nom. Et quant
-Adam la regarda, il dit ainsi: _Hoc nunc os ex ossibus meis et caro
-de carne mea: hec vocabitur virago quoniam de viro sumpta est_. Ceste
-chose, dist-il, est os de mes os et char de ma char, elle sera appellée
-_virago_, c’est à dire faicte d’omme. Elle ot nom ainsi premièrement,
-et après ce qu’ils orent péchié, elle ot nom _Eva_ qui vault autant
-que _vita_. Car toutes les créatures humaines qui puis ont eu vie
-et auront, sont venues d’elle. Encores adjousta Adam et dist ainsi:
-_Propter hoc relinquet homo_, etc. Pour ceste chose laissera homme son
-père et sa mère et se aherdera[188] à sa moullier, et seront deux en
-une chair; c’est à dire que du sang des deux, voire de l’omme et de la
-femme, sera faicte une char ès enfans qui d’eulx naistront. Là fist
-donc Dieu et establi premièrement mariaige, si comme dit l’Historieur,
-car il dist au conjoindre: _Crescite et multiplicamini_, etc. Croissez,
-dist-il, et multipliez et remplez la terre.
-
-Je di adonc, par les raisons dictes et prises en Bible, que femme doit
-moult amer son mary, quant de la coste de l’omme elle fut faicte.
-
-Item on lit en l’onziesme chappitre de Genesy que un patriarche appellé
-Abraham prist à moullier en la cité ou ville de Caldée une moult bonne
-et sainte dame appellée Sarre laquelle fut depuis princesse souveraine
-et première des bonnes et vaillans dames desquelles Moyses fait mention
-en ses cinq livres qui sont les premiers de la Bible. On lit illec que
-Sarre vesqui moult saintement et fut très loyalle et de bonne foy à
-son mary Abraham, et obéissant à ses commandemens. Et lit-on illecques
-que quant Abraham fut parti de Damas pour la grant famine qui estoit
-en icelle terre et il deust entrer en Egipte, il dist à Sarre sa
-moullier: Je sçay, dist-il, que les hommes de ceste terre sont chaulx
-et luxurieux, et tu es moult belle femme; pour quoy je doubte moult,
-se ils scevent que tu soies ma moullier, que ils ne me occisent pour
-toy avoir; et pour ce, je te prie que tu vueilles dire que tu es ma
-seur et non pas ma moullier, et je le diray aussi, par quoy je y puisse
-vivre paisiblement, entre eulx et mes gens et ma mesgniée[189]. A ce
-conseil et commandement obéi Sarre, non pas voulentiers, mais pour
-sauver la vie à son seigneur et à sa gent, et quant les hommes et le
-prince d’icelle contrée virent Sarre tant belle, ils la prindrent et
-la menèrent au roy Pharaon qui en ot moult grant joye et la retint,
-mais oncques, ne lors ne depuis, en quelconque heure, le roy Pharaon
-ne peust venir vers elle qu’il ne la trouvast toujours plourant du
-regret qu’elle avoit à son mary, et pour ce, quant le roy Pharaon la
-véoit en icelluy estat, la voulenté et le désir qu’il avoit d’elle se
-tresalloit et changeoit, et ainsi la laissoit. Et pour ce, peut-l’en
-dire que pour sa bonté et la loiaulté que Dieu savoit en elle, laquelle
-estoit triste et courrouciée de ce que on l’avoit ostée à son mary, il
-la garda et défendi par telle manière que Pharaon ne pot habiter à
-elle et fut moult tourmenté, et tous ceulx de sa mesgniée, pour Sarre
-qu’ils avoient ostée à Abraham. L’Historieur dit sur ce chappitre que
-tant que Pharaon tint Sarre, il n’ot povoir de habiter à femme, ne tous
-ses hommes aussi ne povoient engendrer; et pour ce, les prestres de sa
-loy sacrifièrent à leurs dieux et il leur fut respondu que c’estoit
-pour Sarre la moullier à Abraham que le roy Pharaon lui avoit tolue. Et
-quant le Roy le sceut, il manda Abraham qui vivoit bien paisiblement
-en sa terre et lui dist: Pourquoi m’as-tu deceu et fait grant mal?
-Tu disoies que Sarre estoit ta seur, et c’est ta femme! Prens-la et
-l’emmaine hors de ma terre. Lors commanda-il à ses hommes qu’ils le
-menassent hors de la terre d’Egipte paisiblement et sans perdre nulle
-de ses choses.
-
-On lit ou sixiesme chappitre de Genesy que quant Abraham fut party
-d’Egipte, il ala demourer en la terre de Canaen de coste[190] Bétel.
-Donc regarda Sarre qu’elle estoit brehaigne[191] et ne povoit avoir
-enfant, dont elle estoit moult dolente; lors s’advisa qu’elle
-bailleroit Agar sa chamberière qu’elle avoit admenée d’Egipte, à
-Abraham son mary, pour savoir s’elle en pourroit avoir enfant, car elle
-doubtoit moult qu’il ne morust sans hoir, et ce dist-elle à Abraham qui
-se consenti à faire sa voulenté. Et elle lui bailla Agar sa meschine
-laquelle conceut tantost un fils dont Sarre ot moult grant joye. Mais
-quant Agar la meschine vit et sceut qu’elle avoit conceu de Abraham,
-elle despita sa dame et se portoit grossement contre elle. Et quant
-elle vit ce, Sarre dist à Abraham: Tu fais mauvaisement encontre moy,
-je te baillay ma meschine pour ce que je ne puis avoir enfans de toy,
-et je désiroie que je peusse avoir fils d’elle et de toy lesquels je
-peusse nourrir et garder, à la fin que tu ne morusses pas sans laisser
-lignée de toy: pour ce que ma meschine Agar voit qu’elle a conceu de
-toy, elle m’a en despit et ne me prise rien; Dieu vueille jugier entre
-moy et toy, car tu as tort qui sueuffres qu’elle me despite.
-
-Or véons la grant bonté et la grant loyaulté de ceste bonne dame et
-sainte femme Sarre. Elle amoit si très loyaulment Abraham son mary, et
-bien savoit qu’il estoit si saint homme et vaillant patriarche, que
-il lui sembloit que ce feust doleur et grant dommaige s’il mouroit
-sans hoir et avoir fils de son sang, et si véoit bien qu’elle estoit
-brehaigne et ne povoit concevoir, et pour le grant désir qu’elle avoit
-d’avoir fils de son mary lesquels elle peust nourrir et garder, elle
-bailla sa meschine et la fist couchier en son propre lit, et s’en voult
-déporter. Quantes dames ou femmes trouveroit-on qui ainsi feissent?
-Je croy qu’on en trouveroit peu, et pour ce est Sarre tenue à la
-plus loyale à son mary qui fust dès Adam le premier homme jusques à
-la loy qui fut donnée à Moyse. Mais Agar sa meschine à tort l’eut en
-despit quant elle sceut qu’elle eust conceu de Abraham, mais on dit
-communément que qui essauce[192] son serf il en fait son ennemy. Mais
-Abraham le bon patriarche vit bien et sceut que Agar la meschine avoit
-tort, et pour ce il dist à Sarre: Vécy Agar ta meschine, je la mets en
-ta main, si en fais ta voulenté.
-
-Lors la commença Sarre à approuchier, et la tint vile jusques à tant
-qu’elle mesmes, par le commandement de l’ange, se humilia et à sa dame
-cria mercy; et Sarre la garda tant qu’elle ot enfanté son fils qui
-ot nom Ysmaël, dont Sarre ot grant joye et le garda et fist garder
-moult bien. Après ce, nostre Seigneur visita Sarre et s’apparut aussi
-à Abraham ou val de Mambré, devant son tabernacle, et lui dist qu’il
-auroit un fils de Sarre sa franche moullier, et auroit nom Ysaac, et
-ce fils vivroit et sa lignée il multiplieroit ainsi comme les estoiles
-du ciel et la gravelle de la mer ou la pouldre de la terre. Encores
-dist-il à Abraham: en ta lignée ou semence toutes gens seront beneurés.
-Et quant Sarre qui estoit derrière l’uis du tabernacle oy quelle
-concevroit, si commença à rire et dist à soy mesmes: je suis vieille
-et ancienne, et Abraham aussi; comment pourray-je avoir enfant? Et
-merveilles ne fut pas de ce quelle rit et dit ainsi, qu’elle avoit jà
-plus de quatre-vingts ans, et Abraham en avoit plus de cent. Et Dieu
-qui la vit bien rire dist à Abraham: Pourquoy a ris Sarre ta moullier?
-Et Sarre qui ot paour respondi qu’elle n’avoit pas ris, et Dieu lui
-dist: Je te vis bien rire derrière ton huis; ne sont pas toutes choses
-légières à Dieu quant il les veult faire? Après ce, Sarre conceut quant
-il pleust à Dieu et enfanta un fils lequel Abraham appella Ysaac, et
-le circonci au jour vingtième qu’il fut né. Lors dist Sarre par moult
-grant joie: Dieu m’a fait rire, et tous ceulx et celles qui orront dire
-que j’ay enfanté riront aussi avec moy. Qui creroit, dist-elle, Abraham
-se il disoit que Sarre alaitast un enfant qu’elle luy aroit enfanté
-en sa vieillesse? Et pour certain toutes gens qui oient de ce parler
-pevent bien croire et penser que Dieu ama moult Abraham et Sarre aussi
-quant il leur fist si belle grâce. Mais Abraham estoit si saint et si
-bon patriarche que Dieu parla à lui par moult de fois et lui promist
-que il mesmes se donroit à sa lignée[193], et aussi ama-il moult Sarre
-pour sa grant loyauté et sa grant bonté.
-
-Moult bien nourri Sarre son fils Ysaac, et quant il fut si grant
-qu’elle le sevra et qu’il deust mengier à la table son père Abraham,
-elle appella ses amis et fist grant mengier et grant feste pour son
-fils. Et quant Sarre vit Ysmaël le fils Agar l’Egipcienne jouer à Ysaac
-son fils, elle dist à Abraham: Chasse hors la meschine et son fils; le
-fils de la meschine ne sera pas hoir avecques mon fils Ysaac. Il est
-dit en Genesy ou XXIe chappitre: Ceste parole fut moult dure à Abraham,
-mais Dieu lui dist ainsi: Ne te semble pas aspre chose de bouter hors
-la meschine et son fils; oy la parolle de Sarre et fay tout ce qu’elle
-te dira, car en Ysaac ta semence sera appellée. (C’est à dire que de
-Ysaac devoit venir la lignée que Dieu avoit promise à Abraham.) Et pour
-ce, dit Dieu, que le fils de la meschine est de ta semence, je le feray
-croistre en moult grant gent. Donc se leva Abraham au matin et bailla
-à Agar la meschine du pain et un bouchel[194] d’eaue et luy mist sur
-ses espaules, puis lui fist prendre Ysmaël son fils; si lui commanda
-qu’elle s’en alast quelle part qu’il luy pleust, et si fist-elle.
-
-Or pourroient, par adventure, penser aucunes personnes que Sarre eust
-par mal et par envie enchassé Agar sa meschine et Ysmaël son fils: mais
-qui veult bien considérer la cause, elle n’ot pas tort; Histoire sur
-Bible dist ainsi: Sarre vit bien que Ysmaël en son jeu faisoit félonnie
-à Ysaac son fils; et aussi que, de par esperit de prophécie, elle sceut
-et apperceut que Ysmaël avoit ymagetes faictes de terre auxquelles il
-aouroit comme Dieu et vouloit contraindre Ysaac à ce que les aourast
-aussi. Encores considéroit-elle et savoit assez que se Ysmaël demouroit
-tant avecques eulx que Abraham morust, il vouldroit déshériter Ysaac et
-avoir sa seignourie par sa force, et pour ce elle fist moult bien de
-enchasser la mère et son fils. Et jasoit-ce que j’aye mise l’istoire
-tout au long et ne l’aye voulu desmembrer ne descoupler pour ce que la
-matière est belle et s’entretient, toutesvoies par icelle peut estre
-recueilli à mon propos seulement que Sarre fut très amoureuse privée et
-obéissant à son mary en tant qu’elle laissa ses parens et sa terre pour
-aler seule de sa lignée avec son mary en estrange terre et de différent
-langage, et avec ce, elle délaissa à la prière et pour l’amour de son
-mary le nom de moullier ou femme qui est le plus prouchain en affinité,
-en amour et dilection, et, à la demande de son mary, prist le nom de
-seur; et en oultre que tant comme elle fut hors d’avecques son mary,
-tout jour et toute nuit plouroit pour l’amour de son mary; et de
-rechief que pour avoir lignée et représentacion de son mary après la
-mort d’icelluy, elle en laissa son lit et le soulas de son mary, et
-lui bailla Agar sa chambrière et la fist dame, et elle très humblement
-devint serviteresse et humble servant, sans les autres débonnairetés et
-humilités cy dessus escriptes et lesquelles je laisse pour ce qu’il me
-semble que ce seroit trop longue récitation.
-
-Item il est trouvé escript ou XXIXe chappitre de
-Genesy qui est le premier livre de la Bible, que quant Jacob fut party
-de Ysaac son père et de Rébecque sa mère, de Briseyda[195] leur cité il
-ala tant qu’il vint en Mésopotamie, près de la cité de Aram qui estoit
-à Laban son oncle. Là resta-il de coste un puis auquel les pasteurs
-de la terre abreuvoient les bestes, lequel puis estoit couvert d’une
-grant pierre plate. Ainsi comme les pasteurs furent assemblés entour
-le puis, Jacob leur demanda se ils congnoissoient Laban le fils Batuel
-qui fut fils Naccor. Les pasteurs respondirent: Oyl, moult bien. Il
-leur demanda se il estoit sain et en bon point; ils respondirent: Oyl.
-Vois çà, dirent-ils, Rachel sa fille qui vient abreuver ses bestes à ce
-puis. Jacob leur dist: Seigneurs, abreuvez vos bestes, si les ramenez
-en la pasture, car il est encores grant heure et n’est pas temps
-encores de les mener aux estables. Si comme il disoit ainsi, Rachel
-vint au puis, et Jacob leva la pierre du puis: si luy fist abreuver ses
-bestes. Lors parla-il à elle et la baisa; si luy dist qu’il estoist
-son cousin germain, fils de Ysaac et de Rébecque la seur de Laban son
-père. Et quant Rachel l’ot entendu, elle s’en courust en son hostel et
-dist à Laban son père comment elle ot trouvé Jacob son nepveu. Et quant
-Laban l’oy, il eust moult grant joie et lui demanda la cause de sa
-voye[196] et pour quoy il estoit là venu. Jacob luy dist que c’estoit
-pour la paour de Esaü son frère qui le vouloit occire pour ce que il
-avoit receu la bénéisson son père, mais ce luy ot fait faire sa mère
-Rébecque. Lors respondi Laban: Tu es os de mes os et char de ma char,
-et pour ce tu pues demourer avecques moy.
-
-Quant Jacob ot demouré avec Laban son oncle par l’espace de un mois,
-Laban lui dist: Comment que tu soies mon nepveu, ne vueil-je pas que tu
-me serves pour néant; dy moy que tu vouldras avoir pour ton service.
-Or avoit Laban deux filles: l’ainsnée ot nom Lye, celle ot les yeulx
-plourans par enfermeté; et la plus jeune ot nom Rachel, celle estoit
-moult belle et gente de viaire et de corps, et Jacob l’amoit moult. Et
-pour ce il dist à Laban: Je serviray à toy sept ans pour Rachel la plus
-jeune. Laban respondi: Mieulx vault que je la te donne que à un autre
-homme, or demeure doncques avecques moy. Jacob demoura avecques Laban
-et le servi sept ans pour avoir sa fille Rachel, et lui sembla que le
-terme fut moult brief pour la grant amour qu’il avoit à elle.
-
-Sur ceste chose dit l’Histoire: le terme de sept ans ne luy sembla pas
-brief pour la grant amour, mais moult long. Car quant une personne aime
-et désire aucune chose, il luy semble que les termes que il la doit
-avoir tardent trop merveilleusement. Mais ce que la Bible dit que les
-jours semblèrent briefs à Jacob, on peut entendre en ceste manière: il
-amoit tant Rachel et luy sembloit tant belle, que s’il deust servir
-encores autant pour l’avoir comme il avoit servi, ne lui sembloit-il
-pas que il l’eust bien desservie.
-
-A la fin des sept ans, il dit à Laban: Donne moy ma moullier, il est
-bien temps que je l’aye. Lors appella Laban tous ses amis et voisins et
-fist grans nopces; et quant la nuit fut venue, il mena à Jacob Lye sa
-fille l’ainsnée et lui bailla une meschine qui ot nom Zelphan pour luy
-servir. Et quant Jacob ot jeu[197] à Lye et il la regarda à la matinée,
-il dist à Laban: Que est-ce que tu as voulu faire à moy? N’ay-je pas
-servi à toi sept ans pour Rachel? Pourquoy m’as-tu baillé Lye? Laban
-respondi: Nous n’avons pas de coustume en ceste contrée de bailler aux
-nopces la plus jeune devant les ainsnées; attens tant que la sepmaine
-des nopces soit passée et puis je te donray l’autre, en telle manière
-que tu me serviras encores sept ans pour elle. Lors accorda Jacob ce
-que Laban ot dit, et quant la sepmaine fut passée, il prist ainsi à
-moullier Rachel à laquelle son père avoit donné une meschine laquelle
-ot nom Balam.
-
-Aucuns veullent dire que puis que Jacob ot prins la fille ainsnée
-de Laban, il servi autres sept ans pour Rachel avant qu’il l’eust à
-moullier, mais ils dient mal. On treuve en Histoire que saint Jérosme
-dit: Tantost après la sepmaine des nopces faictes pour Lye, Jacob prist
-Rachel, et pour la grant joye qu’il en ot, il servi voulentiers les
-sept ans ensuivans.
-
-Il est dit en Genesy ou XXIXe chappitre que Jacob ama
-moult plus Rachel pour ce que elle estoit plus belle et gracieuse que
-Lye qui n’estoit pas si belle, mais pour ce que Dieu ne vouloit pas
-qu’il l’eust trop en despit, il la fist concevoir un fils dont elle
-ot moult grant joye et l’appela Ruben, et dit ainsi: Dieu a veu mon
-humilité, d’ores-en-avant m’en aymera mon mary. De rechief elle conceut
-et enfanta un autre fils et l’appela Siméon, en disant ainsi: Pour
-ce que Dieu m’a oye, il m’a donné encores ce fils. Tiercement, elle
-conceut et enfanta un autre fils et dist ainsi: Mon mary se complaira
-en moy pour ce que je luy ay enfanté trois fils; et pour ce, elle
-nomma l’enfant Levy. Quartement, conceut et enfanta un fils et dist:
-Orendroit je me confesseray à nostre Seigneur; et pour ce, l’enfant ot
-nom Judas et vault autant à dire que confession. Lors cessa Lye qu’elle
-n’ot plus enfans jusques grant temps après.
-
-Il est escript ou XXXe chappitre de Genesy que Rachel
-ot grant envie contre Lye sa seur pour ce qu’elle ot enfanté, et elle
-se trouvoit brehaigne et ne povoit concevoir. Et pour ce elle dist à
-Jacob son mary: Donne moy des enfans, et se tu ne le fais je mourray.
-Jacob qui yrié estoit respondi: Je ne suis pas Dieu, je t’apreisse
-d’avoir enfans de ton ventre. Rachel respondi: J’ay Balan ma meschine,
-couche avec elle à ce qu’elle enfante et que je puisse avoir fils
-d’elle et de toy. Jacob fist ce que Rachel voult, et Balan conceut et
-enfanta un fils. Lors dit Rachel: Dieu a jugié pour moy, si a ma voix
-essaucée et m’a donné un fils. Pour ce, elle appela l’enfant Dan. De
-rechief, Balan ot un fils pour lequel Rachel dist: Nostre Seigneur m’a
-comparée à Lye, et de ce, le fils ot nom Neptalim.
-
-Or véons grant merveille et signe de grant amour. Rachel avoit si grant
-désir qu’elle eust enfans de Jacob que pour ce qu’elle vit quelle ne
-povoit concevoir elle luy bailla sa meschine, et les fils qu’elle en ot
-elle ama aussi que s’ils feussent siens propres. Pour ce que Lye vit
-qu’elle ne concevoit mais, elle bailla à Jacob Zelphan sa meschine. Le
-premier fils qu’elle en ot, Lye le receut à joye et dit: Il me vient
-eureusement, et de ce, le fils ot nom Gad. Et quant Zelphan ot l’autre
-fils Lye dist: C’est pour ma bonne eureté et pour ce toutes femmes me
-diront bieneureuse; et ce fils ot nom Aser.
-
-Ou temps de messon Ruben apporta à Lye sa mère mandagores que il ot
-trouvées en leur champ, et quant Rachel les vit, si les désira moult et
-dist à Lye sa sœur: Donne moy partie des mandagores. Lye respondi: Ne
-te souffist-il pas que tu me ostes mon mary, se tu ne me veulx encores
-oster mes mandagores? Rachel dist: Je veuil qu’il dorme en ceste nuit
-avecques toy pour les mandagores que ton fils a apporté. Lye les luy
-donna, et au soir quant Jacob revint des champs, elle ala encontre luy
-et luy dist: Tu vendras en ceste nuit coucher avecques moy, car je t’ay
-acheté par les mandagores que ton fils m’ot donné.
-
-De ces mandagores met l’Histoire sur Bible moult d’oppinions. Les
-aucuns dient que ce sont arbres qui portent fruit souef flairant
-autel que pommes. Les autres dient que ce sont racines en terre, en
-manière d’erbe, portans feuilles vers, et ont ces racines figure et
-façon d’ommes et de femmes, de tous membres et de chevellure[198].
-_Catholicon_[199] dit: Ce m’est advis que bien pevent estre herbes
-et racines, et que le fruit vault à femmes brehaignes pour aidier à
-concevoir, mais que les femmes ne soient pas trop anciennes.
-
-Celle nuit dormit Jacob avecques Lye, et elle conceut un fils, et
-quant elle l’ot enfanté, elle dist: Dieu m’a enrichie de ce que j’ay
-donné à mon mary ma meschine; et pour ce elle appella son fils le
-cinquiesme Ysacar. Puis ot-elle le sixiesme fils; quant elle l’ot
-enfanté, elle dist: Dieu m’a enrichie de bon douaire à ceste fois, et
-encores sera mon mary avecques moy; et pour ce elle appella son fils
-Zabulon. Encores ot-elle une fille laquelle ot nom Dinam. Après ce,
-nostre Seigneur se recorda de Rachel et essauça sa prière; si lui fist
-concevoir et enfanter un fils dont elle ot moult grant joye et dist:
-Nostre Seigneur a ostée ma reprouche. Si appella son fils Joseph, et
-dist: Dieu m’en doint encores un autre. Après toutes ces choses dessus
-dictes, Jacob appella Laban son oncle et lui dist: Donne moy mes
-moulliers pour lesquelles j’ay servy à toy quatorze ans, et mes enfans;
-si m’en iray en la terre dont je fus né. Laban lui respondi: Je te prie
-que tu demeures encore avec moy, car je sçay bien que par toy Dieu m’a
-bénéy et multiplié mes biens. Jacob respondi: Il me convient pourveoir
-substance pour moy, pour mes enfans, pour mes femmes et ma famille.
-
-Ores du surplus de l’histoire je me tais, car il ne touche point à
-ma matière. Mais par ce que dit est dessus peut estre recueilli la
-grant bonté des dessus dictes Lye et Rachel qui toutes deux et en un
-mesmes temps, elles estans ensemble en un mesme hostel et mesnage,
-servoient et servirent Jacob leur mary en bonne paix et en bon amour,
-sans jalousie, sans tençon et sans envie, et en oultre elles avoient
-laissié leur pays, leur nativité, leur père, leur mère et leur langage
-pour icelluy mary et pour le servir en estrange terre. Et est moult à
-considérer la grant amour et l’ardeur que Rachel avoit d’avoir lignée
-et remembrance de Jacob auquel elle bailla Balan sa chamberière.
-
-Quantes dames est-il maintenant qui le féissent, ne qui vesquissent
-si paisiblement que quant l’une l’aroit, l’autre n’en rechignast
-et murmurast, mais encores pis? Car, par Dieu, je cuide qu’elles
-batteroient l’une l’autre. O Dieu! quelles bonnes femmes et sainctes
-elles furent! Pour néant n’est pas en la bénéisson des espousailles
-ramenteue ceste parole: _Sis amabilis ut Rachel viro, prudens ut Sarra,
-sapiens ut Rebecca_.
-
-Item nous véons en _Thobie_ Xe que Raguel et Anne sa
-femme, quant ils mirent hors de leur hostel Thobie le jeune et Sarre
-leur fille qui estoit femme d’icelluy jeune Thobie, ils baisièrent
-icelle leur fille et l’admonestèrent qu’elle amast cordialment son
-mary et honnourast ses parens, et si fist-elle. Et à ce propos, il est
-trouvé _Machabeorum_, XIº que quant Alixandre oy dire que le roy d’Égipte
-qui avoit espousé sa seur le venoit veoir, il manda par toutes les
-universités à son peuple qu’ils ississent de leurs cités et alassent
-au devant d’icelluy roy d’Égipte pour luy honnorer, et ainsi faisoit
-honneur à ses parens quant il honnouroit le mary de sa seur.
-
-Et pour que l’en ne die mie que je ne vueille aussi bien dire des
-devoirs des hommes comme des femmes, je di aussi qu’il est escript
-_Ad Ephesios_ Vº que les maris doivent amer leurs femmes comme leur
-propre corps, ce n’est mie à dire par fiction, ne par parole, c’est
-léalment, de cuer, avecques ce que dit est dessus. Encores, pour
-monstrer ce que j’ay dit que vous devez estre très privée et très
-amoureuse de vostre mary, je mets un exemple rural que mesmes les
-oiseaulx ramages[200] et les bestes privées et sauvaiges, voire les
-bestes ravissables, ont le sens et industrie de ceste pratique, car
-les oiseaulx femelles suivent et se tiennent prouchaines de leurs
-masles et non d’autres, et les suivent et volent après eulx et non
-après autres. Se les masles s’arrestent, aussi font les femelles et
-s’assieent près de leurs masles: quant leurs masles s’envolent, et
-elles après joingnant à joingnant. Et mesmes les oiseaulx sauvaiges qui
-sont nourris par personnes qui leur sont estranges au commencement,
-puis que iceulx oiseaulx ont prins nourriture d’icelles personnes
-estranges, soient corbeaux, corneilles, choues[201], voire lez oiseaulx
-de proye, comme espriviers, faucons, tiercelez[202], ostours et les
-semblables, si les aiment-ils plus que les autres. Ce mesmes est-il des
-bestes sauvaiges, des dommeschés[203], voire des bestes champestres.
-Des dommeschés, vous véez que un lévrier, ou mastin, ou chiennet, soit
-en alant par le chemin, ou à table, ou en lit, tousjours se tient-il
-au plus près de celluy avecques qui il prent sa nourriture, et laisse
-et est estrange et farouche de tous les autres; et se le chien en est
-loing, tousjours a-il le cuer et l’ueil à son maistre; mesmes se son
-maistre le bat et luy rue pierres après luy, si le suit-il balant
-la queue, et en soy couchant devant son maistre le rapaise, et par
-rivières, par bois, par larronnières et par batailles le suit.
-
-Autre exemple peut estre prins du chien Maquaire[204], qui vit tuer
-son maistre dedens un bois, et depuis qu’il fut mort, ne le laissa,
-mais couchoit ou bois emprès luy qui estoit mort, et aloit de jour
-querre son vivre loing et l’apportoit en sa gueule, et illec retournoit
-sans mengier, mais couchoit, buvoit et mengoit emprès le corps et
-gardoit icelluy corps de son maistre, au bois, tout mort. Depuis,
-icelluy chien se combati et assailli plusieurs fois celluy qui son
-maistre avoit tué, et toutes fois qu’il le trouvoit l’assailloit et
-se combatoit; et en la parfin le desconfi ou champs en l’Isle Nostre
-Dame[205] à Paris, et encore y sont les traces des lices qui furent
-faictes pour le chien et pour le champ.
-
-Par Dieu, je vy à Nyort un chien vieil qui gisoit sur la fosse où son
-maistre avoit esté enterré qui avoit esté tué des Anglois, et y fut
-mené monseigneur de Berry et grant nombre de chevaliers pour veoir la
-merveille de la loyaulté et de l’amour du chien qui jour et nuit ne
-se partoit de dessus la fosse où estoit son maistre que les Anglois
-avoient tué. Et luy fist monseigneur de Berry donner dix frans qui
-furent baillés à un voisin pour lui quérir à mengier toute sa vie[206].
-
-Ce mesmes est-il des bestes champestres; vous le véez d’un mouton, d’un
-aignel, qui suivent et sont privés de leurs maistres et maistresses
-et les suivent et sont privés d’eulx et non d’autres; et autel est-il
-des bestes sauvaiges, comme d’un sanglier, un cerf, une biche, qui
-ont nature sauvage, suivent et se tiennent joingnans et près de leurs
-maistres et maistresses et laissent tous autres. Item, autel est-il des
-bestes mesmes sauvaiges qui sont dévourans et ravissables, comme loups,
-lyons, léopars et les semblables, qui sont bestes farouches, fières,
-cruelles, dévourans et ravissables; si suivent-ils, servent et sont
-privés de ceulx avecques qui ils prennent leur nourriture et qui les
-aiment, et sont estranges des autres.
-
-Ores avez-vous veu moult de divers et estranges exemples dont les
-derrains sont vrais et visibles à l’ueil par lesquels exemples vous
-véez que les oiseaulx du ciel et les bestes privées et sauvages et
-mesmes les bestes ravissables ont ce sens de parfaictement amer et
-estre privées de leurs patrons et bienfaisans et estranges des autres;
-doncques, par meilleure et plus forte raison, les femmes à qui Dieu a
-donné sens naturel, et sont raisonnables, doivent avoir à leurs maris
-parfaicte et solemnelle amour, et pour ce je vous prye que vous soyez
-très amoureuse et très privée de vostre mary qui sera.
-
-
-
-
-LE SIXIÈME ARTICLE.
-
-
-Le sixiesme article de la première distinction dit que vous soiez
-humble et obéissant à celluy qui sera vostre mary, lequel article
-contient en soy quatre membres.
-
-Le premier membre dit que vous soiez obéissant: qui est entendu à lui,
-et à ses commandemens quels qu’ils soient, supposé que les commandemens
-soient fais à certes[207] ou par jeu, ou que les commandemens soient
-fais d’aucunes choses estranges à faire, ou que les commandemens soient
-fais sur choses de petit pris ou de grant pris; car toutes choses vous
-doivent estre de grant pris, puis que cellui qui sera vostre mary le
-vous aura commandé. Le deuxiesme membre ou particularité est à entendre
-que se vous avez aucunes besongnes à faire dont vous n’ayez point parlé
-à celluy qui sera vostre mary, ne il ne s’en est point advisé, et pour
-ce il n’en a riens commandé ne deffendu, se la besongne est hastive
-et qu’il la conviengne faire avant que celluy qui sera vostre mary
-le sache, se vous avez plaisir de la faire en aucune manière, et vous
-sentez que celluy qui sera vostre mary eust plaisir de la faire en une
-autre manière, faictes avant[208] au plaisir de celluy qui sera vostre
-mary que au vostre, car son plaisir doit précéder le vostre.
-
-La troisiesme particularité est à entendre que se celluy qui sera
-vostre mary vous deffendra aucune chose, supposé que sa deffense soit
-faicte à jeu ou à certes, ou que sa deffense soit faicte sur chose de
-petit pris ou de grant value, gardez que aucunement vous ne faciez
-contre sa deffense.
-
-La quarte particularité est que vous ne soyez arrogant ne répliquant
-contre celluy qui sera vostre mary ne contre ses dis, et ne dictes
-contre sa parole, mesmement[209] devant les gens.
-
-En reprenant le premier point des quatre particularités qui dit que
-vous soyez humble à vostre mary et à luy obéissant, etc., l’Escripture
-le commande _Ad Ephesios_ Vº où il est dit: _Mulieres viris suis subdite
-sint sicut domino, quoniam vir caput est mulieris, sicut Christus caput
-est Ecclesie_. C’est à dire que le commandement de Dieu est que les
-femmes soient subjectes à leurs maris comme à seigneurs, car le mary
-est aussi bien chief de la femme comme nostre Seigneur Jhésu-Crist est
-chief de l’Église. Doncques il s’ensuit que ainsi comme l’Église est
-subjecte et obéissant aux commandemens grans et petis de Jhésu-Crist,
-comme à son chief, tout ainsi les femmes doivent estre subjectes à
-leurs maris comme à leur chief et obéir à eulx et à leurs commandemens
-grans et petis. Et ainsi le commanda nostre Seigneur, si comme dit
-saint Jhérosme, et aussi le dit le Décret[210], XXXIIIe _Questione,
-quinto capitulo: Cum caput_. Et pour ce dit l’apostre quant il escript
-aux Hébrieux, ou XIIIe chappitre: _Obedite prepositis vestris et
-subjacete eis, etc._ C’est à dire obéissez à vos souverains et soyez en
-bonne subjection vers eulx. Encores vous est-il assez monstré que c’est
-sentence de nostre Seigneur par ce que dit est par avant, que femme
-doit estre subjecte à homme. Car il est dit que quant au commencement
-du monde Adam fut fait, nostre Seigneur par sa bouche et parole dist:
-Faisons-luy aide. Et lors de la coste de Adam fist la femme comme aide
-et subjecte et ainsi en use-l’en, et c’est raison. Et pour ce, se doit
-bien femme adviser de quelle condition est cellui qu’elle prendra,
-avant qu’elle le preigne. Car, ainsi comme dit un povre homs Rommain
-qui sans son sceu ou pourchas fut par les Rommains esleu à estre
-empereur, quant l’en luy apporta le faudesteul[211] et la couronne
-il fut tout esbahy; l’une de ses premières paroles fut qu’il dist au
-peuple: Prenez vous tous garde que vous faictes ou avez fait, car s’il
-est ainsi que vous m’ayez esleu et je soye demouré empereur, sachez de
-certain que de là en avant mes paroles seront tranchans comme rasouers
-de nouvel esmolus. C’estoit à dire que quiconques n’obéiroit à ses
-défenses ou commandemens, puis qu’il seroit ou estoit fait empereur,
-c’estoit sur peine de perdre la teste.
-
-Ainsi, garde soy une femme comment ne à qui elle sera mariée, car
-quiconques, povre ou petit qu’il ait esté par avant, toutesvoies pour
-le temps à venir depuis le mariage, doit-il estre et est souverain et
-qui peut tout multiplier ou tout descroistre. Et pour ce vous devez
-plus en mary penser à la condition que à l’avoir[212], car vous ne
-le pourrez après changer, et quant vous l’aurez prins, si le tenez à
-amour et amez et obéissez humblement, comme fist Sarre dont il est
-parlé en l’article précédent. Car plusieurs femmes ont gaignié par leur
-obéissance et sont venues à grant honneur, et autres femmes par leur
-désobéissance ont esté reculées et désavancées.
-
-A ce propos d’obéissance, et dont il vient bien à la femme qui est
-obéissant à son mary, puis-je traire un exemple qui fut jà pieçà
-translaté par maistre François Pétrac[213] qui à Romme fut couronné
-poëte, lequel histoire dit ainsi:
-
-Aux confines de Pimont en Lombardie, ainsi comme au pié de la montaigne
-qui devise France et Ytalie, qui est appellée ou païs Mont Vésée[214],
-a une contrée longue et lée, qui est habitée de chasteaulx et villes
-et aournée de bois, de prés, de rivières, de vignes, de foings et
-de terres labourables: et celle terre est appellée la terre de
-Saluces laquelle d’ancienneté seignourist les contrées voisines, et
-d’ancienneté a esté gouvernée jusques aujourd’uy par aucuns nobles et
-puissans princes appellés marquis de Saluces, desquels l’un des plus
-nobles et plus puissans fut appellé Gautier auquel tous les autres de
-celle région, comme barons, chevaliers, escuiers, bourgois, marchans
-et laboureurs obéissoient. Icelluy Gautier marquis de Saluces estoit
-bel de corps, fort et légier, noble de sang, riche d’avoir et de
-grant seignourie, plein de toutes bonnes meurs et parfaitement garni
-de précieux dons de nature. Un vice estoit en lui, car il amoit fort
-solitude et n’acontoit[215] riens au temps à venir, ne en nulle manière
-ne vouloit pour lui mariage. Toute sa joye et plaisance estoit en
-rivières, en bois, en chiens et en oyseaulx, et peu s’entremettoit
-du gouvernement de sa seignourie; pour laquelle chose ses barons le
-mouvoient et admonestoient de marier, et son peuple estoit en très
-grant tristesse et par espécial de ce qu’il ne vouloit entendre à
-mariage. Une journée s’assemblèrent en grant nombre, et les plus
-souffisans vindrent à lui et par la bouche de l’un luy dirent telles
-paroles: O tu, marquis nostre seigneur, l’amour que nous avons en
-toy nous donne hardement de parler féablement. Comme il soit ainsi
-que toy et toutes les choses qui sont en toy nous plaisent et ont
-tousjours pleu, et nous réputons bieneureux d’avoir tel seigneur, une
-chose défault en toy, laquelle se tu la nous veulx octroier, nous nous
-réputons estre mieulx fortunés que tous nos voisins: c’est assavoir
-qu’il te plaise encliner ton courage au lien de mariage, et que ta
-liberté passée soit un peu réfrénée et mise au droit des mariés. Tu
-scez, Sire, que les jours passent en volant sans jamais retourner.
-Et combien que tu soies de jeune aage, toutesvoies de jour en jour
-t’assault la mort et s’approche, laquelle n’espargne à nul aage, et de
-ce nul n’a privilège. Il les convient tous morir, mais l’en ne scet
-quant, ne comment, ne le jour, ne la fin. Tes hommes doncques qui tes
-commandemens jamais ne refuseroient, te prient très humblement qu’ils
-aient liberté de querre pour toy une dame de convenable lignée, noble
-de sang, belle de corps, de bonté et de sens aournée, laquelle il te
-plaira à prendre par mariage, et par laquelle nous espérons avoir de
-toy lignée et seigneur venant de toy à successeur. Sire, fay ceste
-grâce à tes loyaulx subjects, afin que, se de ta haulte et noble
-personne avenoit aucune chose, et que tu t’en alasses de ce siècle, ce
-ne fust mie sans hoir et successeur, et que tes subjects tristes et
-dolans ne demourassent mie sans seigneur.
-
-Ces paroles finées, le marquis meu de pitié et d’amour envers ses
-subjects leur respondi moult doulcement et dist: Mes amis, vous me
-contraignez à ce qui en mon courage ne peut oncquesmais estre; car
-je me délitoie en liberté et en franchise de voulenté laquelle est
-peu trouvée en mariage, ce scevent bien ceulx qui l’ont esprouvé.
-Toutesvoies, pour vostre amour, je me soubsmets à vostre voulenté. Vray
-est que mariage est une chose doubteuse, et maintes fois les enfans
-ne ressemblent pas au père. Toutesfois s’aucun bien vient au père, il
-ne doit mie pour ce dire qu’il luy soit deu de droit, mais vient de
-Dieu de lassus; à lui je recommande le sort de mon mariage, espérant
-en sa doulce bonté qu’il me octroie telle avecques laquelle je puisse
-vivre en paix et en repos expédient à mon salut. Je vous octroye de
-prendre femme, mes amis, et le vous promects; mais je la vueil moy
-mesmes eslire et choisir, et de vous je vueil une chose que vous me
-promectez et gardez: c’est asseurément que celle que je prendray par
-mon élection, quelle qu’elle soit, fille de Prince des Rommains, femme
-de poste[216], ou autre, vous la doiez amer entièrement et honnourer,
-et qu’il n’y ait aucun de vous qui après l’élection du mariage doie
-estre d’elle mal content, ne contre elle groncier ne murmurer.
-
-Lors tous les barons et subjects du marquis furent liés de ce qu’ils
-avoient ce qu’ils demandoient, de laquelle chose ils avoient esté
-maintes fois désespérés. A une voix remercièrent le marquis leur
-seigneur et promirent de bon cuer la révérence et obéissance qu’il leur
-avoit demandé. Grant joie fut ou palais de Saluces, et par le marquis
-fut le jour assigné de ses nopces auquel il devoit prendre femme, et
-commanda faire un grant appareil, trop plus grant que par autre marquis
-n’avoit autresfois esté fait, et que les parens et amis, voisins, et
-les dames du païs ensement[217], fussent semoncés à la dicte journée;
-laquelle chose fut solemnéement acomplie, et entretant que l’appareil
-se faisoit, le marquis de Saluces comme il avoit acoustumé aloit en son
-déduit chacier et vouler[218].
-
-Assez près du chastel de Saluces avoit une petite villette en laquelle
-demouroient un peu de laboureurs, par laquelle villette le marquis
-passoit souventesfois, et entre les dessusdis laboureurs avoit
-un vieil homme et povre qui ne se povoit aidier et estoit appellé
-Jehannicola. A cellui povre homme estoit demourée une fille appellée
-Grisilidis, assez belle de corps, mais trop plus belle de vie et
-de bonnes meurs: nourrie avoit esté de petite vie, comme du labour
-de son père; oncques à sa congnoissance n’estoient venues viandes
-délicieuses ne choses délicatives. Un courage vertueux plein de toute
-meurté en son pis virginal doulcement habitoit; la vieillesse de son
-père, en très grant humilité, doulcement supportoit et soustenoit,
-et icelluy nourrissoit; et un peu de brebis que son père avoit,
-diligemment gardoit et avecques icelles aux champs sa quenoille filoit
-continuelment. Et quant Grisilidis au vespre revenoit et ramenoit ses
-bestes à l’hostel de son père, elle les affouragoit, et appareilloit
-à son père et à elle les viandes que Dieu leur donnoit. Et briefment
-toutes les curialités et services qu’elle povoit faire à son père
-doulcement faisoit.
-
-Le marquis assez informé par commune renommée de la vertu et grant
-bonté d’icelle Grisilidis, en alant à son déduit souventesfois la
-regardoit, et en son cuer la belle manière d’icelle et sa grant vertu
-fichoit et atachoit. Et en la fin détermina en son cuer que Grisilidis
-seroit eslevée par lui à estre sa femme marquise de Saluces, et que
-autre n’aroit, et fist admonester ses barons de venir à ses nopces au
-jour qui estoit déterminé. Icellui jour approucha, et les barons non
-sachans de la fille que le marquis avoit advisé de prendre, furent
-moult esbahis. Toutesvoies, savoient-ils bien que le marquis avoit
-et faisoit appareiller riches robes, ceintures, fermaulx, anneaulx
-et joiaulx à la forme d’une pucelle qui de corps ressembloit à
-Grisilidis. Or advint que le jour des nopces fut venu, et que tout
-le palais de Saluces fut peuplé grandement de barons, de chevaliers,
-de dames et de damoiselles, de bourgois et d’autres gens, mais nulle
-nouvelle n’estoit de l’espousée leur seigneur, laquelle chose n’estoit
-pas sans grant merveille; et qui plus est, l’eure s’approuchoit du
-disner, et tous les officiers estoient prets chascun de faire son
-office. Lors le marquis de Saluces, ainsi comme s’il voulsist aler
-encontre son espousée, se parti de son palais, et les chevaliers et
-dames à grans routes[219], ménestrels et héraulx suivoient.
-
-Mais la pucelle Grisilidis de tout ce riens ne savoit, car ce matin
-mesmes elle appareilloit, nettoioit et ordonnoit l’hostel de son père
-pour aler avecques les autres pucelles voisines veoir l’espousée de
-leur seigneur. A celle heure que le marquis approuchoit, Grisilidis
-apportoit sur sa teste une cruche pleine d’eaue à l’hostel de son père,
-et le marquis à celle heure, ainsi acompaignié comme il estoit, appella
-la pucelle par son nom et lui demanda où son père estoit. Grisilidis
-mist sa cruche à terre et à genoulx, humblement, à grant révérence,
-respondi: Monseigneur, il est à l’hostel.--Va à luy, dist le marquis,
-et luy di qu’il viengne parler à moy. Et elle y ala. Et donc le povre
-homme Jehannicola yssi de son hostel. Le marquis le tira par la main
-et le traït à part et puis secrètement lui dist: Jehannicola, je sçay
-assez que tu m’as amé tousjours et aimes encores, et ce qui me plaist
-à toy doit plaire. Je vueil de toy une chose: c’est assavoir que tu
-me donnes ta fille pour espouse.--Le povre homme n’osa dire mot, et
-un petit après respondit à genoulx, moult humblement: Monseigneur,
-je ne doy vouloir aucune chose ou non vouloir fors ce qui te plaist,
-car tu es mon seigneur. Le marquis lui dist lors: Entre en ta maison
-tout seul, toy et ta fille, car je lui vueil demander aucune chose.
-Le marquis entra en la maison du povre homme Jehannicola comme dit
-est, et tout le peuple demoura dehors forment esmerveillié; et la
-pucelle se mist emprès son père, paoureuse, honteuse et vergongneuse
-de la soudaine survenue de son seigneur et de sa grant et noble
-compaignie, car elle n’avoit pas apris de veoir souvent un tel hoste
-en leur maison. Le marquis adreça ses paroles à elle et si lui dist:
-Grisilidis, à ton père et à moy plaist que tu soies m’espouse, et je
-pense bien que tu ne me refuseras pas, mais je t’ay à demander une
-chose devant ton père; c’est assavoir que ou cas que je te prendray à
-femme, laquelle chose sera de présent, je vueil savoir se tu voudras
-encliner ton couraige entièrement à toute ma voulenté, en telle manière
-que je puisse faire de toy et de ce qui touchera à toy, à ma volenté,
-sans résonance ne contredit par toy, en fait ne en dit, en signe ne en
-pensée. Lors Grisilidis, non sans merveille de si grant fait esbahie,
-respondi: Monseigneur, je congnoy bien que je ne suis pas digne, non
-tant seulement de estre appellée t’espouse, mais d’estre appellée ton
-ancelle; mais s’il te plaist et fortune le me présente, jamais je ne
-sauray faire chose, ne ne feray, ne ne penseray, que je puisse sentir
-qui soit encontre ta voulenté, ne tu ne feras jamais riens envers moy
-que je contredie.--Il souffist, dit le marquis qui prist la pucelle par
-la main et la mena hors de la maison ou milieu de ses barons et de son
-peuple et dist ainsi: Mes amis véez cy ma femme, vostre dame, ceste
-amez, doubtez et honnourez, et se vous m’amez, ceste très chièrement
-amez. Et à ce que Grisilidis n’apportast avecques soy aucunes reliques
-de la vile fortune de povreté, le marquis commanda que par les dames et
-matrones la pucelle fust despouilliée toute nue, dès les piés jusques à
-la teste, et tantost revestue de riches draps et paremens de nopces.
-
-On veist lors les dames embesongnées: les unes la vestoient, et les
-autres la chaussoient, et les autres la ceignoient: les autres lui
-mettoient les fermaulx et cousoient sur ly les perles et pierres
-précieuses: les autres pignoient leur dame et appareilloient son chief
-et lui mettoient une riche couronne par dessus qu’elle n’avoit pas
-apris, et ce n’estoit pas merveille s’elle estoit esbahie. Qui veist
-lors une povre vierge tainte du soleil et ainsi maigre de povreté si
-noblement parée et si richement couronnée et soudainement transformée
-par telle manière que à peine le peuple la recongnoissoit, bien se
-povoit-on de ce merveillier.
-
-Lors les barons prindrent leur dame et à grant joie la menèrent à
-l’église, et là le marquis lui mist l’annel ou doy et l’espousa selon
-l’ordonnance de saincte Eglise et usage du païs. Et acompli le divin
-office, la dame Grisilidis fut assise sur un blanc destrier et de tous
-acompaigniée et menée au palais qui retentissoit de toutes manières
-d’instrumens. Et furent les nopces célébrées, et icellui jour fut
-trespassé en très grant joie et consolation du marquis et de tous
-ses amis et subjects. Et fut la dame avecques son seigneur et mary
-tellement inspirée de sens et de beau maintien, de la divine grâce
-resplendist icelle povre dame Grisilidis en telle manière, que chascun
-disoit que non tant seulement en la maison d’un pastour ou laboureur,
-mais en palais royal ou impérial elle avoit esté enseignée et nourrie.
-Et fut tant amée, chérie et honnourée de tous ceulx qui de s’enfance la
-congnoissoient que à peine povoient croire que elle fust fille du povre
-homme Jehannicola.
-
-La belle estoit de si belle vie et bonne et de si doulces paroles que
-le courage de toutes personnes elle attrayoit à elle amer, et non
-pas tant seulement les subjects du marquis et les voisins, mais des
-provinces d’environ; et les barons et dames pour sa bonne renommée la
-venoient visiter, et tous se partirent de lui joyeux et consolés. Et
-ainsi le marquis et Grisilidis vivoient joyeusement ou palais en paix
-et en repos, à la grâce de Dieu, et dehors à la grâce des hommes, et
-s’esmerveilloient plusieurs comment si grant vertu estoit repousée en
-personne nourrie en si grant povreté; et oultre plus icelle marquise
-s’entremettoit sagement et diligemment du gouvernement et de ce qui
-appartenoit aux dames, et aux commandemens et en la présence de son
-seigneur, de la chose publique sagement et diligemment s’entremettoit.
-Mais quant le cas li offroit des débas et discors des nobles, par ses
-doulces paroles, par si bon jugement et si bonne équité les appaisoit,
-que tous à une voix disoient que pour le salut de la chose publique
-ceste dame leur avoit esté envoiée par provision célestielle.
-
-Un peu de temps après, la marquise Grisilidis fut ençainte et puis
-se délivra d’une belle fille, dont le marquis et tous ceux du pays,
-combien qu’ils amassent mieulx qu’elle eust eu un fils, toutesfois
-ils en eurent grant joye et furent réconfortés. Passé le temps, les
-jours passèrent que la fille du marquis fut sevrée. Lors le marquis qui
-tant amoit s’espouse pour les grans vertus qu’il véoit tous les jours
-croistre en elle, pensa de elle esprouver et de la fort tempter. Il
-entra en sa chambre monstrant face troublée et ainsi comme couroucié
-lui dist ces paroles: O tu, Grisilidis, combien que tu soies à présent
-eslevée en ceste plaisant fortune, je pense bien que tu n’as pas oublié
-ton estat du temps passé, et comment et en quelle manière tu entras en
-cestui palais; tu y as esté bien honnourée, et es encores de moy chérie
-et amée; mais il n’est pas ainsi du courage de mes vassaulx comme tu
-cuides, et par espécial depuis que tu eus lignée. Car ils ont grant
-desdaing d’estre subjects à dame yssue de petis parens et de basse
-lignée, et à moy qui désire, comme sire, avoir paix avecques eux, me
-convient obtempérer aux jugemens et consentir[220] d’aucuns et pas aux
-miens, et faire de ta fille telle chose que nulle ne me pourroit estre
-plus douloureuse au cuer, laquelle chose je ne vueil pas faire que
-tu ne le saches. Si vueil que à ce faire tu t’acordes et prestes ta
-franche voulenté et ayes patience de ce qui se fera, et telle patience
-que tu me promis au commencement de nostre mariage.
-
-Finées les paroles du marquis qui le cuer de la marquise naturelment
-devoient transpercier, icelle marquise, sans muer couleur ne monstrer
-signe de tristesse, à son seigneur humblement respondi: Tu es mon
-seigneur, et moy et ceste petite fille sommes tiennes: de tes choses
-fay ce qu’il te plaist! Nulle chose ne te peut plaire qui aussi ne
-doie plaire à moy, et ce ay-je si fichié au millieu de mon cuer que
-par l’espace d’aucun temps, ne pour mort, il ne sera effacé, et toutes
-autres choses se pourroient faire avant que j’eusse mué mon courage.
-Le marquis lors, oiant la responce de s’espouse, voiant sa constance
-et son humilité, eust en son cuer grant joye laquelle il dissimula, et
-comme triste et doloureux se parti de s’espouse.
-
-Aucuns jours après ce trespassés, le marquis appella un sien subject
-loyal et secret ouquel il se fioit plainement, et tout ce qu’il avoit
-ordonné estre fait de sa fille le commist au sergent, et l’envoia à
-la marquise. Le sergent vint devant sa dame et sagement dist telles
-paroles: Madame, je te prie que tu me vueilles pardonner et que tu ne
-vueilles imputer à moy ce dont je suis contraint de faire. Tu es sage
-dame et scez bien quelle chose est d’estre soubs les seigneurs ausquels
-nulles fois, ne par force, ne par engin, l’en ne peut résister. Madame,
-je suis contraint à prendre ceste fille et acomplir ce qui m’est
-commandé. Lors la marquise en son cuer remembrant des paroles que son
-seigneur lui avoit dictes, par les paroles du sergent entendi bien
-et souspeçonna que sa fille devoit mourir. Elle print en elle cuer
-vertueux et se reconforta, vainquant nature, pour sa promesse et soy
-acquictier et à son seigneur obéissance païer. Et sans soupirer, ne
-autre douleur monstrer en elle, prist sa fille et longuement la regarda
-et doulcement la baisa et si empraint sur elle le signe de la croix;
-si la bailla au sergent et luy dist ainsi: Tout ce que monseigneur t’a
-commandé pense de faire et acomplir entièrement; mais je te vueil prier
-que le tendre corps de ceste pucelle ne soit mengié des oiseaulx ou
-des bestes sauvages, se le contraire ne t’est commandé.
-
-Le sergent se parti de la marquise, emportant sa fille, et secrètement
-vint au marquis et lui monstra sa fille, en faisant relation de
-ce qu’il avoit trouvé la marquise femme de grant courage et sans
-contradition obéissant à lui. Le marquis considéra la grant vertu de sa
-femme et regarda sa fille et à lui prist une paternelle compassion, et
-la rigueur de son propos il ne voult pas muer, mais commanda au sergent
-ouquel il se fioit qu’il envelopast sa fille ainsi qu’il appartenoit à
-l’aise d’elle, et la mist en un panier sur une mule souef portant[221],
-et sans nulle demeure la portast secrètement à Boulongne la Grasse à sa
-seur germaine qui estoit femme du conte de Péruse, et dist à sa dicte
-seur que, sur l’amour qu’elle avoit à luy, elle la feist nourrir et
-endoctriner en toutes bonnes meurs, et que si secrètement fust nourrie
-que son mary le conte ne personne vivant ne le peust jamais savoir.
-
-Lequel sergent tantost et de nuit se parti et porta la fille à
-Boulongne la Grasse et fist son messaige bien diligemment, ainsi comme
-il lui estoit commandé. Et la contesse receut sa niepce à très grant
-joie et fist très sagement tout ce que le marquis son frère luy avoit
-mandé.
-
-Passée paciemment ceste tempeste trespersant les entrailles de
-Grisilidis laquelle fermement et en son cuer tenoit que sa fille fust
-morte et occise, le marquis comme ès temps passés se traïst devers
-s’espouse sans lui dire mot de sa fille, et souvent regardoit la face
-de la marquise, sa manière et sa contenance, pour appercevoir et
-esprouver soubtillement s’il pourroit veoir en son espouse aucun signe
-de douleur, mais nulle mutation de courage ne peut en lui comprendre
-ne veoir, mais pareille liesse et pareil service, une mesme amour, un
-mesme courage; pareille comme devant estoit tousjours la dame envers
-son seigneur, nulle tristesse ne démonstroit, nulle mention ne faisoit
-de sa fille, ne en présence du marquis, ne en son absence.
-
-Et ainsi passèrent quatre ans ensemble le marquis et la marquise en
-grant amour et menant vie amoureuse et paisible. Et au chief de quatre
-ans, la marquise Grisilidis eust un fils de merveilleuse beauté, dont
-le marquis eust parfaite joie et ses amis et ses subjects et tous
-ceulx du païs. Quant l’enfant fut sevré de sa nourrice et il ot deux
-ans, croissant en grant beaulté, le marquis lors resmeu de nouvel de
-sa merveilleuse et périlleuse espreuve, vint à la marquise et lui dit:
-Tu scez et oys jà pieçà comment mon peuple estoit très mal content
-de nostre mariage, et par espécial depuis qu’ils virent que en toy
-avoit fécondité et portoies enfans. Toutesvoies oncquesmais ne furent
-si mal contens mes barons et mon peuple comme ils sont à présent par
-espécial, pour ce que tu as enfanté un enfant masle, et dient souvent,
-et à mes oreilles ay oy leur murmuracion, disans en remposnes: faisons
-Gautier mourir, et le bon homme Jehannicola sera nostre seigneur, et
-si noble pays à tel seigneur sera subject! Telles sentences chascun
-jour machinent; pour lesquelles paroles et doubtes, je qui désire vivre
-en paix avec mes subjects, et néantmoins pour la très grant doubte de
-mon corps, suis contraint et esmeu de faire et ordonner de cestui
-enfant comme je feis de sa seur, laquelle chose je te dis afin que une
-soudaine douleur ne doie perturber ton cuer.
-
-O quelles douloureuses admiracions peut avoit ceste dame en son cuer,
-en recordant la vilaine mort de sa fille, et que de son seul fils de
-l’aage de deux ans la mort pareille estoit déterminée! Qui est cellui,
-je ne dy pas femmes qui de leurs natures sont tendres et à leurs enfans
-amoureuses, mais le plus fort homme de courage qui se pourroit trouver,
-qui de son seul fils telle sentence peust dissimuler? Entendez-cy,
-roynes, princesses et marquises et toutes autres femmes, que la dame
-à son seigneur respondi et y prenez exemple. Monseigneur, dit-elle,
-je t’ay autresfois dit et encores je le répète, que nulle chose je ne
-vueil, ne ne desvueil fors ce que je sçay qu’il te plaist. De moy et
-des enfans tu es seigneur! En tes choses doncques use de ton droit sans
-demander mon consentement. Quant je entray premièrement en ton palais,
-à l’entrée je me dévestis de mes povres robes et de ma propre voulenté
-et affection et vestis les tiennes, pour laquelle cause tout ce que
-tu veulx je vueil. Certainement s’il estoit possible que je feusse
-enformée de tes pensées et vouloirs avant que tu les deisses, quelles
-qu’elles feussent je les acompliroie à mon povoir, car il n’est chose
-en ce monde, ne parens, ne amis, ne ma propre vie, qui à vostre amour
-se puisse comparer.
-
-Le marquis de Saluces oyant la response de sa femme, et en son cuer
-merveillant et pensant si grant vertu et constance non pareille et la
-vraie amour qu’elle avoit à luy, ne respondi riens, mais ainsi comme
-s’il fust troublé de ce que faire se devoit de son fils, s’en ala la
-chière basse, et assez tost après, ainsi comme autresfois avoit fait,
-envoia un sergent loyal secrètement à la marquise. Lequel sergent après
-maintes excusations et démonstrant doulcement qu’il estoit nécessaire à
-lui de obéir à son seigneur, très humblement et piteusement demandoit
-pardon à sa dame se autresfois il lui avoit fait chose qui lui
-despleust, et se encores luy convenoit faire, qu’elle luy pardonnast
-sa grant cruaulté, et demanda l’enfant. La dame, sans arrest et sans
-nul signe de douleur, prist son beau fils entre ses bras et sans gecter
-larmes ne soupirs longuement le regarda, et comme elle avoit fait de
-sa fille, elle le signa du signe de la croix et le béneist en baisant
-doulcement et le bailla au sergent en disant: Tien, mon amy, fais ce
-qui t’est commandé, d’une chose[222] comme autresfois, ainçois je te
-prie, se faire se peut, que les tendres membres de cestui enfant tu
-vueilles garder de la vexation et dévoration des oyseaulx et des bestes
-sauvaiges.
-
-Le sergent print l’enfant et porta secrètement à son seigneur et lui
-raconta tout ce qu’il avoit oy de sa dame, dont le marquis trop plus
-que devant se merveilla du grant et constant courage de sa femme, et
-s’il n’eust bien congneu la grant amour qu’elle avoit à ses enfans,
-il peust penser que tel courage ne procédoit pas d’umanité, mais de
-cruaulté bestiale, et veoit bien clèrement que icelle espouse n’amoit
-riens soubs le ciel par dessus son mary.
-
-Le marquis envoia son fils à Boulongne secrètement à sa seur, par la
-manière qu’il avoit fait sa fille. Et sa seur la contesse de Péruse,
-selon la voulenté son frère le marquis, nourrist sa fille et le fils
-si sagement que onques l’on ne peust savoir de qui lesdis enfans
-estoient, jusques à tant que le marquis l’ordonna comme cy après
-apperra.
-
-Bien peust au marquis de Saluces ainsi crueulx et très rigoreux mary
-souffire la preuve non pareille qu’il avoit faicte de sa femme sans
-luy plus essaïer ne donner autre torment. Mais ils sont aucuns qui en
-fait de souspeçon, quant ils ont commencé, ne scevent prendre fin ne
-appaisier leur courage.
-
-Toutes ces choses passées, le marquis conversant avec la marquise la
-regardoit souventesfois pour veoir s’elle monstroit envers luy aucun
-semblant des choses trespassées, mais oncques il n’apperceust en elle
-mutation ne changement de couraige. De jour en jour la trouvoit joyeuse
-et amoureuse et plus obéissant, par telle manière que nul ne povoit
-appercevoir que en icelles deux personnes eust que un courage, lequel
-courage et voulenté principalment estoit du mary, car ceste espouse,
-comme dit est dessus, ne vouloit pour elle ne par elle aucune propre
-affection, mais remettoit tout à la voulenté de son seigneur.
-
-Le marquis ainsi amoureusement vivant avec sa femme en grant repos et
-en grant joie, sceust qu’il estoit sur ce une renommée, c’est assavoir
-que pour ce que le marquis non advisant le grant lignage dont il estoit
-yssus, honteux de ce qu’il s’étoit conjoint par mariage à la fille
-Jehannicola très povre homme, vergongneux de ce qu’il avoit eu deux
-enfans, il les avoit fait mourir et gecter en tel lieu que nuls ne
-savoient qu’ils estoient devenus. Et combien qu’ils l’amassent bien par
-avant comme leur naturel seigneur, toutesvoies pour ceste cause ils le
-prenoient en haine laquelle il sentoit bien. Et néantmoins ne voit-il
-fleschir ne amolier son courage rigoreux, mais pensa encores par plus
-fort argument et ennuyeuse manière prouver et tempter son espouse, par
-prendre autre femme.
-
-Douze ans estoient jà passés que la fille avoit esté née; le marquis
-manda secrètement à Romme au saint père le Pape et fist impétrer unes
-bulles saintifiées par lesquelles la renommée ala à son peuple que le
-marquis avoit congié du Pape de Romme que pour la paix et repos de luy
-et de ses subjects, son premier mariage délaissé et dégecté, il peust
-prendre à mariage légitime une autre femme. Laquelle chose fust assez
-créable au peuple rude qui estoit indigné contre son seigneur. Ces
-froides nouvelles de ceste bulle, que le marquis devoit prendre une
-autre femme, vindrent aux oreilles de Grisilidis fille de Jehannicola,
-et se raisonnablement fut troublée en son courage nul n’en doit avoir
-merveille. Mais elle qui une fois d’elle mesmes et des siens s’estoit
-soubsmise à la voulenté de son seigneur, de son fait franchement
-délibérée et conseillée, prist cuer en soy, et comme toute reconfortée
-conclut qu’elle attendroit tout ce que cellui ouquel elle s’estoit
-toute soubsmise en vouldroit ordonner.
-
-Lors manda et escript à Boulongne le marquis au conte de Péruse et à sa
-seur qu’ils lui amenassent ses enfans, sans dire de qui ils estoient,
-et sa seur rescript que ainsi le feroit-elle. Ceste venue fust tantost
-publiée, et fut la renommée de courir par tout le païs qu’il venoit
-belle vierge extraicte de grant lignaige qui devoit estre espouse du
-marquis de Saluces.
-
-Le conte de Péruse acompaignié de grans chevaliers et de dames se
-départi de Boulongne et amena avecques luy le fils et la fille du
-marquis. Et estoit le fils de l’aage de huit ans et la fille de l’aage
-de douze ans laquelle estoit très belle de corps et de visaige et
-preste à marier, et estoit parée de riches draps, de vestemens et de
-joyaulx, et à certain jour ordonné devoit estre à Saluces.
-
-Entretant que le conte de Péruse et les enfans estoient au chemin,
-le marquis de Saluces appella Grisilidis s’espouse en la présence
-d’aucuns de ses barons et lui dist telles paroles: Ès temps passés,
-je me délictoie assez de ta compaignie par mariage, tes bonnes meurs
-considérant et non pas ton lignaige, mais à présent, si comme je voy,
-grant fortune chiet sur moy et suis en un grant servaige, ne il ne
-m’est pas consentu que un povre homme laboureur dont tu es venue ait si
-grant seigneurie sur mes vassaulx. Mes hommes me contraignent, et le
-Pape le consent, que je prengne une autre femme que toy laquelle est ou
-chemin et sera tantost icy. Soies doncques de fort courage, Grisilidis,
-et laisse ton lieu à l’autre qui vient. Prens ton douaire et appaise
-ton couraige. Va-t’en en la maison ton père; nulle riens qui soit à
-l’omme ou à la femme en ce monde ne peut estre perpétuel.
-
-Lors respondi Grisilidis et dist ainsi: Monseigneur, je créoie bien,
-ou au moins le pensoie-je, que entre ta magnificence et ma povreté
-ne povoit avoir aucune proportion ne températion, ne oncques je ne
-me réputay estre digne d’estre non tant seulement ton espouse, mais
-d’estre ta meschine, et en ce palais cy ouquel tu m’as fait porter
-et maintenir comme dame, je prens Dieu en tesmoingnage que je me
-suis toujours réputée et démenée comme ancelle, et de tout le temps
-que j’ay demouré avec toy je te rens grâces, et de présent je suis
-appareilliée de retourner en la maison mon père en laquelle je useray
-ma vieillesse et vueil mourir comme une bieneureuse et honnorable
-vefve, qui d’un tel seigneur ay esté espouse. Je laisse mon lieu à
-Dieu qui vueille que très bonne vierge viengne en ce lieu ouquel j’ay
-très joyeusement demouré, et puisque ainsi te plaist, je, sans mal et
-sans rigueur, me pars. Et quant est à mon douaire que tu m’as commandé
-que je doie emporter, quel il est je le voy. Tu scez bien, quant tu
-me prins, à l’issue de l’hostel de mon père Jehannicola, tu me feis
-despouillier toute nue et vestir de tes robes avec lesquelles je vins
-à toy, ne oncques avecques toy je n’apportay autres biens ou douaire
-fors que foy, loyauté, révérence et povreté. Vecy doncques ceste robe
-dont je me despouille, et si te restitue l’annel dout tu me espousas;
-les autres anneaulx, joyaulx, vestemens et aournemens par lesquels
-j’estoie aournée et enrichie sont en ta chambre. Toute nue de la
-maison mon père je yssis, et toute nue je y retourneray, sauf que ce
-me sembleroit chose indigne que ce ventre ouquel furent les enfans que
-tu as engendrés deust apparoir tout nu devant le peuple, pour quoy,
-s’il te plaist et non autrement, je te prie que pour la récompensation
-de ma virginité que je apportay en ton palais et laquelle je n’en
-rapporte pas, il te plaise à commander que une chemise me soit laissée,
-de laquelle je couvriray le ventre de ta femme, jadis marquise, et que
-pour ton honneur je me parte au vespre.
-
-Lors, ne se pot plus le marquis tenir de plourer de la pitié qu’il eust
-de sa très loyale espouse. Il tourna sa face et larmoiant commanda
-que au vespre une seule chemise luy fust baillée. Ainsi fut fait; au
-vespre elle se despouilla de tous ses draps et deschaussa et osta les
-aournemens de son chief, et de sa seule chemise que son seigneur lui
-avoit fait bailler humblement se vesti, et de ce fut contente, et se
-parti du palais nus piés, le chief descouvert, acompaignée de barons et
-de chevaliers, de dames et de damoiselles qui plouroient et regardoient
-ses grans vertus, loyaulté et merveilleuse bonté et patience. Chascun
-plouroit, mais elle n’en gecta une seule larme; mais honnestement et
-tout simplement, les yeulx baissiés, vint vers l’hostel de son père
-Jehannicola, lequel oy le bruit de la venue de si grant compaignie. Et
-pour ce que cellui Jehannicola qui estoit vieil et sage avoit tousjours
-tenu en son cuer les nopces de sa fille pour souspeçonneuses, créant
-que quant son seigneur seroit saoul du petit mariage d’une si povre
-créature, de légier, luy qui estoit si grant seigneur, lui donroit
-congié, fut adoncques tout effréé et soudainement vint à l’uis et vit
-que c’estoit sa fille toute nue, et lors prist hastivement la povre et
-dessirée robe qu’elle avoit pieçà laisiée, et tout larmoyant acourut
-à l’encontre de sa fille laquelle il baisa et revesti et couvri de
-sa dicte vieille robe. Et quant Grisilidis fut venue sur le seuil de
-l’uis de l’hostel de son père, elle, sans monstrer aucun semblant de
-desdaing ne de courroux, se retourna devers les chevaliers, dames et
-damoiselles qui l’avoient acompaignée, et de leur compaignie et convoy
-les mercia doulcement et humblement, et leur dist et monstra par belles
-et doulces paroles que pour Dieu elles ne voulsissent ne dire, ne
-penser, ne croire que son seigneur le marquis eust aucunement tort vers
-elle, qu’il n’estoit mie ainsi, mais avoit bonne cause de faire tout
-ce qu’il luy plaisoit d’elle qui bien estoit tenue de le souffrir et
-endurer. Et aussi véoient-elles bien que à elle n’en desplaisoit point,
-en elles admonestant que, pour l’amour de Dieu, elles voulsissent amer
-léalment leurs maris et très cordieusement et de toute leur puissance
-les servir et honnourer, et que plus grant bien et greigneur renommée
-ne meilleure louenge ne povoient-elles en la parfin acquérir, et leur
-dist adieu. Et ainsi entra en l’hostel de son père, et les seigneurs
-et dames qui l’avoient convoiée s’en retournèrent plourans et fort
-gémissans et souspirans, tellement qu’ils ne povoient regarder l’un
-l’autre ne parler l’un à l’autre.
-
-Grisilidis du tout en tout fut contente; oublieuse et nonchalant des
-grans aises et des grans richesses qu’elle avoit eues et des grans
-services, révérences et obéissances que l’en lui avoit faictes, se
-tint avec son père à petite vie, comme devant, povre d’esperit et en
-très grant humilité vers ses povres amies et anciennes voisines de son
-père, et vesquit de moult humble conversation. Or peut-l’en penser
-quelle douleur et desconfort avoit le povre Jehannicola qui estoit en
-sa vieillesse voyant sa fille en un si povre et si petit estat comme
-elle estoit, après si grans et si haultes honneurs et richesses; mais
-c’estoit un merveilleux bien de veoir comment bénignement, humblement
-et sagement, elle le servoit, et quant elle le véoit pensif, comment
-sagement elle le reconfortoit, et après le mettoit en parole d’autre
-matière.
-
-Moult de jours passés comme dist est, le conte de Péruse et sa noble
-compaignie approuchèrent, et toutes les gens du païs murmuroient des
-nopces du marquis. Le conte de Péruse, frère du marquis, envoia
-plusieurs chevaliers devant pour certifier à son frère le marquis de
-Saluces le jour de sa venue, et qu’il amenoit avec luy la vierge que
-le marquis devoit espouser; car en vérité icellui conte de Péruse ne
-savoit riens que les enfans que la contesse sa femme avoit nourris
-fussent enfans d’icelluy marquis, car celle contesse de Péruse avoit
-la chose tenue secrète vers son mary en nourrissant sa niepce et son
-nepveu, et par les paroles de la contesse pensoit le conte que ce
-fussent enfans d’estrange païs, si comme par leur belle manière les
-enfans le monstroient. Et avoit le conte espérance que puis que la
-fille seroit mariée au marquis, et les nouvelles en iroient par le
-monde, l’en saroit tantost qui seroit le père.
-
-Lors le marquis de Saluces manda querre Grisilidis, et que tantost elle
-venist en son palais; laquelle, sans contradiction vint. Et le marquis
-lui dist: Grisilidis, la pucelle que je doy espouser sera demain cy au
-disner, et pour ce que je désire qu’elle et le conte mon frère et les
-autres seigneurs de leur compaignie soient honnourablement receus, et
-en telle manière que à un chascun soit fait honneur selon son estat, et
-par espécial pour l’amour de la vierge qui vient à moy, et je n’ay en
-mon palais femme ne meschine qui si bien le sache faire à ma voulenté
-comme toy, (car tu congnois mes meurs et comment l’en doit recevoir
-tels gens, et si scez de tout mon palais les chambres, les lieux et les
-ordonnances;) pour ce vueil-je que tu n’aies regart ou temps passé et
-n’aies honte de ta povre robe, et que nonobstant ton petit habit, tu
-preignes la cure de tout mon fait, et tous les officiers de mon hostel
-obéiront à toy. Grisilidis respondit liement: Monseigneur, non tant
-seulement voulentiers, mais de très bon cuer, tout ce que je pourray à
-ton plaisir feray, ne n’en seray jamais lasse ne traveillée, et ne m’en
-feindray, tant que les reliques de mon povre esperit demourront en mon
-corps.
-
-Lors Grisilidis comme une povre ancelle prist les vils instrumens et
-les bailla aux mesgnies, et commanda aux uns à nettoier le palais et
-aux autres les estables, enorter les officiers et meschines de bien
-faire chascun en son endroit la besongne espéciale, et elle emprist à
-drécier et à ordonner les lits et les chambres, tendre les tappis de
-haulte lice et toutes choses de broderie et devises qui appartenoient
-aux paremens du palais, comme pour recevoir l’espouse de son seigneur.
-Et combien que Grisilidis fust en povre estat et en l’abit d’une povre
-ancelle, si sembloit-il bien à tous ceulx qui la véoient qu’elle fust
-une femme de très grant honneur et de merveilleuse prudence. Ceste
-vertu, ce bien et ceste obéissance est assez grant pour toutes les
-dames esmerveillier.
-
-L’endemain, heure de tierce, le conte, avecques luy la pucelle et son
-frère et toute la compaignie, entrèrent en Saluces. Et de la beaulté
-de la vierge et de son frère et de leur belle manière chascun se
-esmerveilloit, et aucuns en y eust qui dirent: Gaultier le marquis
-change sagement son mariage, car ceste espouse est plus tendre et plus
-noble que n’est la fille Jehannicola.
-
-Ainsi entrèrent et descendirent au palais à grant joie. Grisilidis
-qui à toutes ces choses estoit présente et qui se démonstroit toute
-reconfortée d’un si grant cas à elle si près touchant, et de sa povre
-robe non vergongneuse, à lie face, vint de loing à l’encontre de la
-pucelle et de loing humblement la salua à genoulx, disant: Bien soiez
-venue, madame, et puis au fils, et puis au conte, et humblement les
-salua aussi en disant: Bien viengnez-vous avec ma dame. Et mena chascun
-en sa chambre qui estoient richement appareillées. Et quant ils eurent
-veu et advisé les fais et les manières de Grisilidis, à la parfin tous
-se esmerveillèrent comment tant de si bonnes meurs povoient estre en si
-povre habit.
-
-Grisilidis, après ces choses, se traït devers la pucelle et devers
-l’enfant, ne de avec eulx ne se povoit partir. Une heure regardoit à
-la beaulté de la fille, et puis du jeune fils la gracieuse manière,
-et ne se povoit saouler de les fort louer. L’heure approucha que l’en
-devoit aler à la table. Le marquis lors devant tous appella Grisilidis
-et à haulte voix lui dist: Que te semble, Grisilidis, de ceste moie
-espouse? N’est-elle pas assez belle et honneste? Grisilidis, haultement
-et sagement, à genoulx, respondi: Certainement, monseigneur, c’est
-la plus belle et la plus honneste à mon gré que je veisse oncques.
-Monseigneur, avec ceste pourrez-vous mener joyeuse vie et honneste,
-laquelle chose en bonne foy je désire, mais, monseigneur, je vous vueil
-prier et admonester que vous ne vueilliez pas molester ceste nouvelle
-espouse d’estranges admonestemens, car, monseigneur, vous povez penser
-que ceste est jeune et de grant lieu venue, doulcement nourrie, et ne
-les pourroit pas souffrir comme l’autre a souffert, si comme je pense.
-
-Lors le marquis oyant les doulces et sages paroles de Grisilidis et
-considérant la bonne chière et grant constance qu’elle monstroit et
-avoit tousjours monstré, eust en son cuer une piteuse compassion et
-ne se peut plus tenir de monstrer sa voulenté, et en la présence de
-tous à haulte voix dist ainsi: O Grisilidis! Grisilidis! je vois et
-congnois, et me souffist assez ta vraie foy et loyaulté; et l’amour
-que tu as vers moy, ta constant obédience et vraie humilité sont par
-moy esprouvées et très bien congneues et me contraignent de dire que
-je croy qu’il n’y a homme dessoubs le ciel qui s’espouse ait tant
-esprouvée comme j’ay toy. Et lors Grisilidis mua couleur, à tout le
-chief enclin[223] par honneste vergongne, pour les grans louenges dont
-elle estoit devant tant de peuple louée du marquis son seigneur. Lequel
-adoncques larmoyant l’embrassa en la baisant et luy dist: Tu seule es
-mon espouse, ne autre espouse jamais je n’aray. Celle que tu pensoies
-estre ma nouvelle espouse est ta fille, et cestui enfant est ton fils:
-lesquels deux enfans estoient perdus par l’opinion de nos subjects.
-Sachent donc tous ceulx qui le contraire pensoient que j’ay voulu
-ceste ma loyale espouse curieusement et rigoreusement esprouver, et
-non pas pour la contemner ou despire, et ses enfans ay-je fait nourrir
-secrètement par ma seur à Boulongne, et non pas occire ne tuer.
-
-La marquise Grisilidis lors oyant les paroles de son mary cheist
-devant lui toute pasmée à terre, de joie de veoir ses enfans. Elle fut
-tantost relevée et quant elle fut relevée elle prist ses deux enfans et
-doulcement les acola et baisa, tellement qu’elle les couvrist tous de
-larmes, ne l’en ne les povoit oster d’entre ses bras, dont c’estoit
-grant pitié à veoir. Les dames et damoiselles joyeusement plourans
-prirent leur dame Grisilidis et tantost l’enmenèrent en une chambre
-et lui dévestirent ses povres robes et vestemens et la revestirent
-des autres et la receurent à marquise comme il appartenoit. Léans eut
-une telle solemnité et telle joie de ce que les enfans du marquis
-estoient retournés à inestimable consolation de la mère, du marquis et
-de ses amis et subjects, que par tout le pays la grant joie en fust
-respandue, et ce jour ou palais de Saluces eut de pitié maintes larmes
-respandues, ne ne se povoient saouler de léalment recorder les grans
-vertus non pareilles de Grisilidis qui mieulx sembloit estre fille
-d’un empereur par contenance, ou de Salemon par prudence, que fille
-du povre Jehannicola. La feste fut trop plus grande et plus joyeuse
-qu’elle n’avoit esté de leurs nopces, et vesquirent depuis ensemble
-le marquis et la marquise l’espace de vingt ans en grant amour, paix
-et concorde. Et quant est de Jehannicola père de Grisilidis duquel le
-marquis n’avoit fait compte ès temps passés pour esprouver sa fille,
-icellui marquis le fist translater ou palais de Saluces et là le tint
-le marquis à grant honneur tous les jours de sa vie. Sa fille aussi
-maria icellui marquis haultement et puissamment, et aussi, quant son
-fils fut en aage, il le maria et ot enfans lesquels il vit; et après sa
-fin gracieuse il laissa son fils hoir et successeur de Saluces, à grant
-consolation de tous ses amis et subjects.
-
-Chère seur, ceste histoire fut translatée par maistre François Pétrac
-poëte couronné à Romme, non mie pour mouvoir les bonnes dames à avoir
-patience ès tribulations que leur font leurs maris pour l’amour
-d’iceulx maris tant seulement, mais fut translatée pour monstrer que
-puisque ainsi est que Dieu, l’Église et raison veullent qu’elles soient
-obéissans, et que leurs maris veullent qu’elles aient tant à souffrir,
-et que pour pis eschever il leur est nécessité de eulx soubsmettre du
-tout à la voulenté de leurs maris et endurer patiemment ce que iceux
-maris veulent, et que encores et néantmoins icelles bonnes dames les
-doient celer et taire et nonobstant ce les rappaisier, rappeller, et
-elles retraire et raprouchier tousjours joyeusement à la grâce et
-amour d’iceulx maris qui sont mortels, par plus forte raison doivent
-hommes et femmes souffrir patiemment les tribulations que Dieu qui est
-immortel, éternel et pardurable leur envoie, et nonobstant mortalité
-d’amis, perte de biens, d’enfans, ne de lignage, desconfiture par
-ennemis, prises, occisions, pertes, feu, tempestes, orage de temps,
-ravine d’eaue ou autres tribulations soudaines, tousjours le doit-on
-souffrir patiemment et retourner joindre et rappeller amoureusement et
-attraiement[224] à l’amour du souverain immortel, éternel et pardurable
-seigneur, par l’exemple de ceste povre femme née en povreté, de menues
-gens sans honneur et science, qui tant souffri pour son mortel ami.
-
-Et je qui seulement pour vous endoctriner l’ay mise cy, ne l’y ay pas
-mise pour l’applicquer à vous, ne pour ce que je vueille de vous telle
-obéissance, car je n’en suis mie digne, et aussi je ne suis mie marquis
-ne ne vous ay prise bergière, ne je ne suis si fol, si oultrecuidié,
-ne si jeune de sens, que je ne doie bien savoir que ce n’appartient
-pas à moy de vous faire tels assaulx, ne essais ou semblables. Dieu
-me gart de vous, par ceste manière ne par autres, soubs couleur de
-faulses simulations, vous en essaier! Ne autrement en quelque manière
-ne vous vueil-je point essaier, car à moy souffist bien l’espreuve jà
-faicte par la bonne renommée de vos prédécesseurs et de vous, avecques
-ce que je sens et voy à l’ueil et congnois par vraie expérience. Et me
-excuse se l’histoire parle de trop grant cruaulté, à mon advis, plus
-que de raison. Et croy que ce ne fust oncques vray, mais l’histoire est
-telle et ne la doy pas corriger ne faire autre, car plus sage de moy la
-compila et intitula. Et désire bien que puisque autres l’ont veue, que
-aussi vous la véez et sachiez de tout parler comme les autres.
-
-Ainsi, chère seur, comme j’ay dit devant que vous devez estre obéissant
-à cellui qui sera vostre mary, et que par bonne obéissance une
-preudefemme acquiert l’amour de son mary, et en la fin a de lui ce
-qu’elle désire: ainsi puis-je dire que par deffault d’obéissance, ou
-par haultesse se vous l’emprenez, vous destruisez vous et vostre mary
-et vostre mesnaige. Et j’en tray à exemple un raconte qui dit ainsi:
-Il advint que deux mariés eurent contention l’un contre l’autre, c’est
-assavoir la femme contre le mary; car chascun d’eulx se disoit estre
-le plus sage, le plus noble de lignée et le plus digne, et allégoient
-comme fols plusieurs raisons l’un contre l’autre, et si aigrement garda
-la femme sa rigueur contre le mary qui au commencement, par aventure,
-ne l’avoit pas doctrinée doulcement, que pour eschever dommageux
-esclandre il convint que amis s’en entremissent. Plusieurs assemblées
-d’amis en furent faictes, plusieurs reprouches entregectés, et nul
-remède n’y povoit estre trouvé que la femme par son orgueil ne voulsist
-avoir ses drois tous esclarcis par poins, et que les obéissances et
-services que les amis disoient qu’elle devoit faire à son mary lui
-fussent mis et escripts par articles d’une part, et autant et autel à
-son mary pour elle d’autre part; et à tant devoient demourer ensemble,
-se non en amour, ou mains en paix. Ainsi fut fait et demourèrent depuis
-par aucun temps que la femme gardoit et garda estroitement son droit
-par sa cédule contre son mary, ouquel mary, pour pis eschever, il
-convenoit avoir ou faindre patience en despit qu’il en eust, car il
-avoit pris trop tart à l’amender.
-
-Un jour aloient en pélerinage et leur convint passer un fossé pardessus
-une estroite planche. Le mary passa le premier, puis se retourna et
-vist que sa femme estoit paoureuse et n’osoit passer après luy; si
-doubta le mary que s’elle passoit, la paour mesmes ne la feist cheoir,
-et retourna charitablement à elle et la print et tint par la main; et
-en la menant du long de la planche, la tenoit, et en parlant à elle
-l’asseuroit qu’elle n’eust point paour, et tousjours parloit à elle et
-aloit le bons homs à reculons; si chéy en l’eaue qui estoit parfonde
-et se combatist fort en l’eaue pour eschever le péril de noyer, si
-s’arresta et se tint à une vieille planche qui de grant temps passé y
-estoit cheute et qui là flotoit, et dist à sa femme que à l’aide de son
-bourdon qu’elle portoit, elle tirast la planche au bort de l’eaue pour
-lui sauver. Elle luy respondi: Nennil, nennil, dist-elle, je regarderay
-premièrement en ma cédule s’il y est escript que je le doie faire, et
-s’il y est, je le feray: et autrement, non. Elle y regarda, et pour
-ce que sa cédule n’en faisoit point mention, elle luy respondi qu’elle
-n’en feroit rien, et le laissa et s’en ala. Le mary fut en l’eaue lonc
-temps et tant qu’il fut sur le point de morir. Le seigneur du pays et
-ses gens passèrent par illecques et le virent et le rescouirent qu’il
-estoit près de mort. Ils le feirent chaufer et aisier, et quant la
-parole lui fut revenue, l’en lui demanda le cas: il le raconta comme
-dessus; le seigneur fist suivir et prendre la femme et la fist ardoir.
-Or véez quelle fin son orgueil lui donna, qui par sa grant inobédience
-vouloit si estroitement garder sa raison contre son mary.
-
-Et, par Dieu, il n’est pas tousjours saison de dire à son souverain:
-Je n’en feray riens, ce n’est pas raison; plus de bien vient d’obéir,
-et pour ce je tray à exemple la parole de la benoite vierge Marie,
-quant l’ange Gabriel luy apporta la nouvelle que nostre Seigneur
-s’enumbreroit en elle. Elle ne respondi pas: ce n’est pas raison, je
-suis pucelle et vierge, je n’en souffreray rien, je seroie diffamée;
-mais elle obéissamment respondi: _Fiat michi secundum verbum tuum_,
-qui vault autant à dire comme: ce qui luy plaist soit fait. Ainsi
-elle fut vraie humble et obéissant, et par son humilité et obéissance
-grant bien nous est venu, et par inobédience et orgueil grant mal et
-mauvaise conclusion vient, comme il est dit dessus de celle qui fut
-arse, et comme on lit en la Bible de Ève, par la désobéissance et
-orgueil de laquelle elle et toutes celles qui après elle sont venues
-et vendront, furent et ont esté par la bouche de Dieu mauldictes. Car,
-si comme dit l’Historieur, pour ce que Ève pécha doublement elle eust
-deux maléditions. Premièrement, quand elle s’éleva par orgueil et
-que elle voult estre semblable à Dieu: pour ce fut-elle abaissiée et
-humiliée en la première malédition où Dieu dist ainsi: _Multiplicabo
-ærumnas tuas et sub potestate viri eris, et ipse dominabitur tibi_.
-C’est à dire: Je multiplieray tes peines, tu seras soubs la puissance
-d’homme, et il aura seignourie sur toy. L’Histoire dit que avant
-qu’elle péchast, elle estoit bien aucunement subjecte à homme pour ce
-qu’elle avoit esté faicte d’homme et de la coste d’icellui, mais icelle
-subjection estoit moult doulce et attrempée et naissoit de droicte
-obéissance et fine[225] voulenté, mais après ceste malédition, elle fut
-de tout en tout subjecte par nécessité et voulsist ou non, et toutes
-les autres qui d’elle vindrent et vendront ont eu et auront à souffrir
-et obéir à ce que leurs maris vouldront faire, et seront tenues de
-entériner[226] leurs commandemens. La seconde malédition fut telle:
-_Multiplicabo conceptus tuos; in dolore paries filios tuos_. Dist Dieu:
-Je multiplieray tes concevemens, c’est à dire: tu concevras plusieurs
-enfans en douleur, et en travail enfanteras tes fils. L’Histoire dit
-que la malédition ne fut pas pour l’enfant, mais de la douleur que
-femmes ont à l’enfanter.
-
-Aussi véez-vous la malédition que nostre Seigneur voult donner pour
-la désobéissance[227] de Lucifer. Car jadis Lucifer fut le plus
-solemnel ange, et le mieulx amé et le plus prouchain de Dieu qui fust
-adoncques en paradis, et pour ce estoit-il de tous appellé Lucifer,
-c’est _quasi lucem ferens_, qui est à dire portant lumière, car au
-regart des autres toute clarté et toute joie estoit où il venoit pour
-ce qu’il représentoit et donnoit souvenance d’icellui souverain
-Seigneur qui tant l’amoit et dont il venoit et duquel il estoit si
-prouchain. Et si tost que icelluy Lucifer laissa humilité et en orgueil
-haussa son courage, le mist nostre Seigneur plus loing de luy, car
-il le fist trébuchier plus bas que nul autre, c’est assavoir ou plus
-parfont d’enfer où il est le plus ort, le pire et le plus meschant des
-meschans. Aussi pareillement sachiez que vous serez si prouchaine de
-vostre mary que partout où il vendra il portera mémoire, souvenance et
-remembrance de vous. Et vous le véez de tous mariés, car tantost que
-l’en voit le mary, l’en lui demande: comment le fait[228] vostre femme?
-Et aussi, quant l’en voit la femme, l’en luy demande: comment le fait
-vostre mary? Tant est la femme jointe avecques le mary.
-
-Doncques véez-vous, tant par les jugemens de Dieu mesmes que par les
-exemples dessus allégués, que se vous n’estes obéissant en toutes
-choses grandes et petites à vostre mary qui sera, vous serez plus à
-blasmer et punir de vostre dit mary que un autre qui luy désobéiroit,
-en tant que vous estes plus prouchaine de lui. Se vous estiez moins
-obéissant, et vostre chamberière luy feist par amours[229] et service
-ou autrement, obéissance tellement que en vous délaissant il convenist
-à elle commettre les espéciaulx besongnes qu’il vous devroit commettre,
-et il ne vous commeist riens et vous laissast derrière, que diroient
-vos amis? Que présumeroit vostre cuer quant il s’en apparcevroit?
-Et puis que il auroit traîné[230] son plaisir illecques, comment le
-pourriez-vous depuis retraire? Certes, il ne serait mie en vostre
-puissance.
-
-Et, pour Dieu, gardez-vous que ce meschief n’aviengne, que une seule
-fois il prengne autruy service que le vostre. Et doncques vous
-soient ses commandemens, mesmement les petis qui de prime face vous
-sembleroient estre de nulle valeur ou estranges, tellement attachés
-au cuer que de vos plaisirs ne vous chaille fors que des siens, et
-gardez que par vostre main et par vous mesmes et en vostre personne
-les siens soient achevés; et quant à lui ne à ses affaires qui vous
-appartendront, ne souffrez aucun approucher, ne nul n’y mette la main
-que vous, et les vostres affaires soient par vous commandés et commis à
-vos enfans et à vos privés mesgnies qui sont dessoubs vous, à chascun
-selon son endroit, et s’ils ne le font, si les en punissez.
-
-Et pour ce que je vous ay dit que vous soiez obéissant à vostre mary
-qui sera, c’est assavoir plus que à nul autre et pardessus toute
-autre créature vivant, peut ceste parole d’obédience estre entendue
-et à vous déclairée; c’est assavoir que en tous cas, en tous termes,
-en tous lieux et en toutes saisons, vous faictes et acomplissiez
-sans redargution tous ses commandemens quelconques. Car sachiez que
-puis qu’il soit homme raisonnable et de bon sens naturel, il ne vous
-commandera riens sans cause, ne ne vous laissera riens faire contre
-raison. Jasoit-ce qu’ils sont aucunes femmes qui pardessus la raison
-et sens de leurs maris veulent gloser et esplucher, et encores pour
-faire les sages et les maistresses, font-elles plus devant les gens que
-autrement, qui est le pis. Car jasoit-ce que je ne vueille mie dire
-qu’elles ne doivent tout savoir et que leurs maris ne leur doivent
-tout dire, toutesvoies ce doit estre dit et fait à part, et doit
-venir du vouloir et de la courtoisie du mary, non mie de l’auctorité,
-maistrise et seignourie de la femme qui le doie, par manière de
-domination, interroguer devant la gent. Car devant la gent, pour
-monstrer son obéissance et pour son honneur garder, n’en doit-elle
-sonner mot, pour ce qu’il sembleroit à la gent qui ce orroient que le
-mary eust accoustumé à rendre compte de ses vouloirs à sa femme, ce que
-femme ne doit pas vouloir que l’en apparçoive, car en tel cas elles se
-démonstreroient comme maistresses et dames, et à elles-mesmes feroient
-grant blasme, et grant vilenie à leurs maris.
-
-De rechief, aucunes sont à qui leurs maris commandent faire aucunes
-choses qui à elles semblent petites et de petite valeur, et elles
-n’ont pas regard à l’encontre de celluy de qui le commandement vient,
-ne à l’obéissance qu’elles luy doivent, mais à la valeur de la chose
-seulement, laquelle valeur elles jugent selon leur sens et non mie
-aucunes fois selon la vérité, car elles ne la scevent pas, puisque
-l’en ne leur a dicte. Exemple qui peut avenir: Un homme nommé Robert
-qui me doit deux cens frans me vient dire adieu et dit qu’il s’en va
-oultre mer et me dit telles paroles: Sire, fait-il, je vous doy deux
-cens frans lesquels j’ay bailliés à ma femme qui ne vous congnoist,
-mais je lui ay dit qu’elle les baille à celluy qui lui portera son nom
-par escript de ma main, et véez-le-cy. Et à tant se part, et tantost
-qu’il s’est party de moy, sans dire le cas, je le commande à garder à
-ma femme à qui je me fie, laquelle ma femme le fait lire à un autre,
-et quant elle voit que c’est le nom d’une femme, elle en pensant à mal
-le gecte ou feu, et par courroux me vient dire qu’elle ne daigneroit
-estre ma maquerelle. Cy a belle obéissance! Item, je lui bailleray
-un festu ou un viés clou ou un caillou qui m’ont esté baillés pour
-aucunes enseignes[231] d’aucuns grans cas, ou un fil ou une vergette
-de bois pour mesure d’aucune grosse besongne dont, par oubliance ou
-par autre adventure, je ne diray riens à ma femme du cas ne de la
-matière, mais je luy bailleray pour garder espécialment; celle n’aura
-regard fors à la valeur du fil ou de la vergette et autre compte ne
-tendra de mon commandement, en despit de ce que je ne luy auray porté
-honneur et révérence de lui dire le cas au long. Et communément telles
-femmes rebelles, haultaines et couvertes[232], quant pour monstrer leur
-maistrise elles ont tout honni[233], elles cuident, en elles excusant,
-faire croire à leurs maris qu’elles cuidoient que ce fust un néant et
-pour ce n’ont point fait leur commandement; mais se leurs maris sont
-saiges, ils voient bien que c’est par desdaing et despit de ce qu’ils
-ne leur avoient pas porté telle honneur que de leur dire le cas tantost
-et sans délay, et par aventure ont le commandement en nonchalance par
-leur fierté, ne ne leur chault en riens du desplaisir de leurs maris,
-mais que[234] seulement elles ayent achoison d’elles excuser et dire:
-ce n’estoit riens, mais se ce eust esté grant chose, je l’eusse fait.
-Et pour tant, ce leur semble, seront excusées, mais il leur semble
-mal, car jasoit-ce que lors le mari n’en die rien adonc, toutesvoies
-elles perdent tousjours le nom de la vertu d’obéissance, et la tache
-de la désobéissance demeure long temps après dedens le cuer du mary si
-attachée qu’à une autre fois il en souviendra au mary quant la femme
-cuidera que la paix soit faicte et que le mary l’ait oublié. Or escheve
-donc femme ce dangereux péril, et prengne garde à ce que dit l’apostre
-_Ad Hebreos_ XIIIº: _Obedite_, etc.
-
-Or dit encores cest article que la femme doit obéir à son mary et
-faire ses commandemens quelconques grans et petis, et mesmes les très
-petis; ne il ne convient point que vostre mary vous die la cause de son
-commandement, ne qui le meut, car ce sembleroit un signe de le vouloir
-ou non vouloir faire selon ce que la cause vous sembleroit ou bonne ou
-autre, ce qui ne doit pas cheoir en vous ne en vostre jugement, car
-à lui appartient de le savoir tout seul, et à vous n’appartient pas
-de luy demander, se ce n’est après, à vous deux seulement et à privé.
-Car pardessus son commandement vous ne devez avoir en quelque chose
-reculement, reffus, retardement ou délay, ne pardessus sa deffence
-rien faire, corrigier, acroistre, apeticier, eslargir ou estrecier en
-quelque manière; car en tout et partout, soit bien, soit mal que vous
-ayez fait, vous estes quictes et délivres en disant: mon mary le m’a
-commandé. Encores, se mal vient par vostre ouvrage, si dit-l’en d’une
-femme mariée: elle fist bien puis que son mary luy commanda, car en ce
-faisant elle fist son devoir. Et ainsi, au pis venir, vous en seriez
-non mie seulement excusée, mais bien louée.
-
-Et à ce propos je vous diray une piteuse merveille et que je plain
-bien[235]. Je sçay une femme de très grant nom en bourgeoisie qui est
-mariée à une bonne personne, et sont deux bonnes créatures, jeunes
-gens paisibles, et qui ont de beaux petis enfans. La femme est blasmée
-d’avoir receu la compaignie d’un grant seigneur, mais, par Dieu,
-quant l’on en parle, les autres femmes et hommes qui scevent le cas,
-et mesmement ceux qui héent ce péchié, dient que la femme n’en doit
-point estre blasmée, car son mary luy commanda. Le cas est tel qu’ils
-demeurent en une des plus grans cités de ce royaume. Son mary et
-plusieurs autres bourgois furent de par le Roy emprisonnés pour une
-rébellion que le commun avoit faicte. Chascun jour l’en en coppoit les
-testes à trois ou à quatre d’iceulx. Elle et les autres femmes d’iceulx
-prisonniers estoient chascun jour devers les seigneurs, plourans et
-agenoillans, et les mains joinctes requérans que l’en eust pitié et
-miséricorde et entendist-l’en à la délivrance de leurs maris. L’un
-des seigneurs qui estoit entour le Roy, comme non crémant Dieu ne sa
-justice, mais comme cruel et félon tirant, fist dire à icelle bourgoise
-que s’elle vouloit faire sa voulenté, sans faulte il feroit délivrer
-son mary. Elle ne respondi riens sur ce, mais dist au messaige que
-pour l’amour de Dieu il feist par devers ceulx qui gardoient son mary
-en la prison qu’elle veist son mary et qu’elle parlast à luy. Et ainsi
-fut fait, car elle fut mise en prison avec son mary, et toute plourant
-luy dist ce qu’elle véoit ou povoit apparcevoir des autres, et aussi
-de l’estat de sa délivrance, et la vilaine requeste que l’en lui avoit
-faicte. Son mary luy commanda que comment qu’il fust elle feist tant
-qu’il eschappast sans mort, et qu’elle n’y espargnast ne son corps,
-ne son honneur, ne autre chose, pour le sauver et rescourre sa vie. A
-tant se partirent l’un de l’autre, tous deux plourans. Plusieurs des
-autres prisonniers bourgois furent décapités, son mary fut délivré. Si
-l’excuse-l’en d’un si grant cas que, supposé encores qu’il soit vray,
-si n’y a-elle ne péchié ne coulpe, ne n’y commist délit ne mauvaistié
-quant son mary luy commanda, mais le fist, pour sauver son mary,
-sagement et comme bonne femme. Mais toutesvoies, je laisse le cas
-qui est vilain à raconter et trop grant, (maudit soit le tirant qui
-ce fist!) et revien à mon propos que l’en doit obéir à son mary, et
-laisseray les grans cas et prendray les petis cas d’esbatement.
-
-Par Dieu, je croy que quant deux bonnes preudes gens sont mariés,
-toutes autres amours sont reculées, annichilées et oubliées, fors
-d’eulx deux, et me semble que quant ils sont présens et l’un devant
-l’autre, ils s’entre-regardent plus que autres, ils s’entre-pincent,
-ils s’entre-hurtent, et ne font signe ne ne parlent voulentiers, fors
-l’un à l’autre. Et quant ils s’entr’éloignent, si pensent-ils l’un
-à l’autre, et dient en leur cuer: quant je le verray, je luy feray
-ainsi, je luy diray ainsi, je le prieray de tel chose. Et tous leurs
-plaisirs espéciaulx, leurs principaulx désirs et leurs parfaictes joies
-sont de faire les plaisirs et obéissances l’un de l’autre, et s’ils
-s’entre-aiment, il ne leur chault de obéissance ne de révérence, fors
-le commun qui est trop petite entre plusieurs.
-
-Et à ce propos de jeux et esbatemens entre les maris et les femmes,
-par Dieu, j’ay ouy dire au bailli de Tournay[236] qu’il a esté en
-plusieurs compaignies et disners avecques hommes qui estoient de long
-temps mariés, et avecques iceulx a fait plusieurs bourgages[237] et
-gaigeures de païer le disner qu’ils auroient fait et plusieurs escos et
-disners à païer sur condition que d’illecques tous les compaignons de
-l’escot iroient ensemble en l’hostel de tous iceulx mariés, l’un après
-l’autre, et celluy de l’assemblée qui aroit femme si obéissant qu’il
-la peust arrangéement et sans faillir faire compter jusques à quatre,
-sans arrest, contradition, mocquerie ou réplication, seroit quicte de
-l’escot, et cellui ou ceulx de qui les femmes seroient rebelles et
-répliqueroient, mocqueroient ou desdiroient, icelluy escot rendroient,
-ou chascun autant. Et quant ainsi estoit accordé, l’en aloit adoncques
-par droit esbatement et par droit jeu en l’hostel Robin qui appelloit
-Marie sa femme qui bien faisoit la gorgue[238], et devant tous le mary
-luy disoit: Marie, dictes après moy ce que je diray. Voulentiers,
-sire.--Marie dictes: empreu[239],--empreu--et deux--et deux--et
-trois... Adonc, Marie un peu fièrement disoit: et sept, et douze, et
-quatorze! Esgar[240]! vous mocquez-vous de moy? Ainsi le mary Marie
-perdoit. Après ce, l’en aloit en l’hostel Jehan qui appelloit Agnesot
-sa femme qui bien savoit faire la dame, et luy disoit: dictes après moy
-ce que je diray--Empreu.--Agnesot disoit par desdain: et deux. Adonc
-perdoit. Tassin disoit à dame Tassine: Empreu.--Tassine par orgueil
-disoit en hault: C’est de nouvel! Ou disoit: Je ne suis mie enfant pour
-aprendre à compter. Ou disoit: or çà, de par Dieu, esgar, estes-vous
-devenu ménestrier? Et les semblables. Et ainsi perdoit; et tous ceulx
-qui avoient espousées les jeunes bien aprises et bien endoctrinées
-gaignoient et estoient joyeux.
-
-Regardez mesmes que Dieu qui est sage sur toute sagesse fist pour
-ce que Adam, désobéissant et mesprisant le commandement de Dieu ou
-deffense, menga la pomme (qui estoit peu de chose à luy que une pomme),
-et comment il en fut courroucié; il ne se courrouça pas pour la pomme,
-mais pour la désobéissance et le petit compte qu’il tenoit de luy.
-Regardez comment il ama la vierge Marie pour son obéissance. Regardez
-des obéissances et fais d’Abraham, dont il est parlé cy dessus à deux
-feuillets près, qui par simple mandement fist si grans et terribles
-choses sans demander la cause. Regardez de Grisilidis, quels fais elle
-supporta et endura en son cuer sans demander cause pour quoy, et si
-n’y povoit estre apparceu ne considéré cause aucune, ne couleur de
-cause, proufit à venir, ne nécessité de faire, fors que seule voulenté
-terrible et espoventable, et si n’en demandoit ne n’en disoit mot, et
-dont elle acquist telle louenge que maintenant que sommes cinq cens ans
-après sa mort, il est lecture de son bien.
-
-Et n’est mie maintenant commencement de faire doctrine de l’obéissance
-des femmes envers leurs maris. Il est trouvé en Genesy, ou XXIXe
-chappitre, que Loth et sa femme se partirent d’une cité; Loth deffendit
-à sa femme qu’elle ne regardast point derrière ly. Elle s’en tint une
-pièce, et après mesprisa le commandement et y regarda. Incontinent,
-Dieu la converti en une pierre de sel, et la demoura, et encores est
-telle et sera. C’est propre texte de la Bible et le nous convient
-croire par nécessité, ou autrement nous ne serions pas bons chrestiens.
-Or véez-vous, se Dieu essayoit adoncques ses amis et ses serviteurs en
-bien petites choses, comme pour une pomme l’un, pour regarder derrière
-luy l’autre, aussi n’est-ce pas merveille se les maris qui par leur
-bonté ont mis tout leur cuer, toutes leurs joies et esbatemens en leurs
-femmes et arrière mises toutes autres amours, preignent plaisir en leur
-obéissance, et par amoureux esbatement et à autruy non nuisibles les
-essayer.
-
-Et pour ce, en reprenant ce que dessus, comment les maris essaient
-l’obéissance des femmes, jasoit-ce que ce ne soit que jeu, toutesvoies
-à tous qui estoient désobéis et qui par ce perdoient, le cuer leur
-douloit de la mocquerie et de la perte, et quelque semblant qu’ils
-en feissent, ils en estoient tous honteux et moins amoureux de leurs
-femmes qui leur estoient peu humbles, craintives et obéissans, ce
-qu’elles ne devoient pas estre en tant soit petite chose, toutesvoies
-s’il n’y avoit grant cause, laquelle cause elle luy devroit dire en
-secret et à part. Et sont aucunes fois les jeunes et fols maris si
-meschans que sans raison que par petites et inutiles achoisons[241]
-dont les commencemens sont venus par jeu et de néant, et par
-continuelles désobéissances de leurs preudefemmes, ils amassent et
-amoncellent un secret et couvert courroux en leurs cuers dont pis
-vient à tous les deux, et aucunes fois se acointent de meschans et
-deshonnestes femmes qui les obéissent en toutes choses et honnorent
-plus qu’ils ne sont honnorés de leurs preudefemmes; adonc, iceulx
-mariés comme fols se assotent[242] d’icelles méchans femmes qui
-scevent garder leur paix et iceulx honnorer et obéir à tous propos et
-faire leurs plaisirs. Car, ne doubtez, il n’est nul si meschant mary
-qui ne vueille estre obéy et esjoy de sa femme, et quant les maris
-se treuvent mieulx obéis autre part que devant n’estoient en leurs
-hostels, si laissent comme fols à nonchalance[243] leurs espouses
-pour les haultesses et désobéissances d’icelles, lesquelles en sont
-depuis courroucées après, quant icelles mariées voient que en toutes
-compaignies elles ne sont mie si honnourées comme celles qui sont
-accompaigniées de leurs maris qui[244] jà, comme fols, sont si fort
-par le cuer enlassiés que l’en ne les peut descharner[245]. Et l’en ne
-peut mie si légièrement reprendre son oisel quant il est eschappé de la
-cage comme de garder qu’il ne s’envole: aussi ne pevent-elles retraire
-les cuers de leurs maris, quant iceulx maris ont essayé et trouvé
-meilleure obéissance ailleurs, et icelles en donnent à leurs maris la
-coulpe qui est à elles mesmes.
-
-Chère seur, vous véez que comme il est dit des hommes et femmes, l’en
-peut dire des bestes sauvaiges, et encores non mie seulement des bestes
-sauvaiges, mais des bestes qui ont acoustumé à ravir et à dévorer,
-comme ours, loups et lyons: car icelles bestes aprivoise-l’en et
-attrait-l’en par leur faire leurs plaisirs, et vont après et suivent
-ceulx qui les servent, acompaignent et aiment; et fait-l’en les ours
-chevauchier, les singes et autres bestes saillir, dancer, tumber et
-obéir à tout ce que le maistre veult; et aussi par ceste raison vous
-puis-je monstrer que vostre mary vous chérira, aimera et gardera se
-vous pensez à luy faire le sien plaisir. Et pour ce que j’ay dit, et
-j’ay dit voir, que les bestes ravissables sont apprivoisées etc., je
-dy par le contraire, et vous le trouverez, que non mie seulement vos
-maris, mais vos pères et mères, vos seurs, vous estrangeront se vous
-leur estes farouche et ne leur soiez débonnaire et obéissant.
-
-Or savez-vous bien que vostre principal manoir, vostre principal labour
-et amour et vostre principal compaignie est de vostre mary, pour
-l’amour et compaignie duquel vous estes riche et honnorée, et se il se
-desfuit, retrait ou eslonge de vous par vostre inobédience ou autre
-quelque cause que ce soit, à tort ou à droit, vous demourrez seule et
-despariée, et si vous en sera donné le blasme et en serez moins prisée,
-et se une seule fois il ait ce mal de vous, à paine le pourriez-vous
-jamais rappaisier que la tache du maltalent ne luy demeure en son
-cuer pourtraicte et escripte tellement que jasoit-ce qu’il n’en
-monstre rien, ne ne die, elle ne pourra estre de long temps planée ou
-effaciée. Et se la seconde désobéissance revient, gardez-vous de la
-vengence de laquelle il sera parlé cy après en ce mesmes chappitre
-et article, ou § _Mais encores_ etc.[246] Et pour ce, je vous prie,
-aimez, servez et obéissez vos maris, mesmes ès très petites choses
-d’esbatement, car aucunes fois essaie-l’en en très petites choses, bien
-petites, d’esbatement, et qui semblent de nulle valeur pour ce que la
-désobéissance d’icelles porte petit dommaige, pour essayer, et par
-ce scet-l’en comment l’en se doit attendre d’estre obéy ès grans ou
-désobéy; voire mesmement ès choses bien estranges et sauvaiges et dont
-vostre mary vous fera commandement soit par jeu ou à certes, si di-je
-que vous devez incontinent obéir.
-
-Et à ce propos je tray un raconte qui dit: Trois abbés et trois mariés
-estoient en une compaignie, et entre eulx mut une question en disant
-lesquels estoient plus obéissans, ou les femmes à leurs maris, ou les
-religieux à leur abbé; et sur ce eurent moult de paroles, d’argumens
-et exemples racontés d’une part et d’autre. Se les exemples estoient
-vrais, je ne sçay: mais en conclusion ils demourèrent contraires et
-ordonnèrent que une preuve s’en feroit loyaument, et secrètement
-jurée entre eulx par foy et par serement, c’est assavoir que chascun
-des abbés commanderoit à chascun de ses moines que sans le sceu des
-autres il laissast la nuit sa chambre ouverte et unes verges soubs son
-chevet, en attendant la discipline que son abbé luy vouldroit donner;
-et chascun des maris commanderoit secrètement à sa femme, à leur
-couchier, et sans ce que aucun de leur mesgnie en sceussent rien, ne
-aucun fors eulx deux, qu’elle meist et laissast toute nuit un balay
-derrière l’uis de leur chambre; et dedens huit jours rassembleroient
-illecques les abbés et les mariés, et jureroient lors d’avoir exécuté
-leur essay et de rapporter justement et loyaument, sans fraude, ce
-qui en seroit ensuivi; et ceulx ou des abbés ou des mariés à qui l’en
-auroit moins obéy paieroient un escot de dix frans. Ainsi fut acordé
-et exécuté. Le rapport de chascun des abbés fut tel que, sur l’âme
-d’eulx, ils et chascun d’eulx avoient fait le commandement à chascun
-de leurs moines, et à mienuit chascun avoit reviseté chascune chambre
-et avoient trouvé leur commandement acompli. Les mariés firent après
-leur rappors l’un après l’autre. Le premier dit qu’il fist, avant
-couchier, secrètement le commandement à sa femme qui luy demanda moult
-fort à quoy c’estoit bon et que ce vauldroit. Il ne le voult dire.
-Elle refusoit adonc à le faire, et il adonc fist semblant de soy
-courroucier, et pour ce elle luy promist qu’elle le feroit. Le soir ils
-se couchèrent et envoièrent leurs gens qui emportèrent la clarté[247].
-Il fist adoncques lever sa femme et oy bien qu’elle mist le balay.
-Il lui en sceut bon gré et s’endormi un petit, et tantost après se
-resveilla et senti bien que sa femme dormoit; si se leva tout bellement
-et ala à l’uis et ne trouva point de balay, et se recoucha secrètement
-et esveilla sa femme et lui demanda se le balay estoit derrière l’uis;
-elle luy dist: oil. Il dit que non estoit et qu’il y avoit esté. Et
-lors elle luy dit: par Dieu, pour[248] perdre la meilleur robe que
-j’aye, je ne l’y eusse laissié, car quant vous fustes endormy, les
-cheveulx me commencèrent à hérisser, et commençay à tressuer et n’eusse
-peu dormir tant qu’il eust esté en ceste chambre; si l’ay gecté en
-la rue par les fenestres. L’autre dit que depuis ce qu’ils estoient
-couchiés il avoit fait relever sa femme, et en grant desplaisance
-elle toute courroucée avoit mis le balay derrière l’uis, mais elle
-s’estoit revestue incontinent, et parti de la chambre en disant
-qu’elle ne coucheroit jà en chambre où il fust, et que voirement ils
-pussent les ennemis d’enfer venir; et ala couchier toute vestue avec
-sa chamberière. L’autre dit que sa femme lui avoit respondu qu’elle
-n’estoit venue ne yssue d’enchanteurs ne de sorciers, et qu’elle ne
-savoit jouer des basteaulx[249] de nuit, ne des balais[250], et pour
-mourir elle ne le feroit, ne ne consentiroit, ne jamais en l’hostel ne
-gerroit s’il estoit fait.
-
-Ainsi les moines furent obéissans en plus grant chose et à leur abbé
-qui est plus estrange: mais c’est raison, car ils sont hommes; et les
-femmes mariées furent moins obéissans et en mendre chose et à leurs
-propres maris qui leur doivent estre plus espéciaulx, car c’est leur
-nature, car elles sont femmes; et par elles perdirent leurs maris dix
-frans et furent déceus de leur oultrageuse vantance, qui se estoient
-vantés de l’obéissance de leurs femmes. Mais je vous pry, belle seur,
-ne soiez pas de celles, mais plus obéissant à vostre mary qui sera,
-et en petite choses, et en estranges, soit à certes, par jeu, par
-esbatement, ou autrement: car tout est bon.
-
-Par Dieu, je veis à Meleun[251] une chose aussi bien estrange, un
-jour que le sire d’Andresel estoit capitaine de la ville; car en
-plusieurs lieux les Anglois estoient logiés à l’environ: les Navarrois
-estoient logiés dedens le chastel. Et un après-disner le dit sire
-d’Andresel[252] estoit à la porte et luy ennuyoit et se démenoit
-qu’il ne savoit où aler esbatre pour passer le jour; un escuier luy
-dit: Sire, voulez-vous aler veoir une damoiselle demourant en ceste
-ville qui fait quanque son mary luy commande? Le sire d’Andresel
-lui respondi: oyl, alons. Lors il se prirent à aler, et en alant
-fut monstré au sire d’Andresel un escuier duquel l’en luy dit que
-c’estoit le mary d’icelle demoiselle. Le sire d’Andresel l’appella et
-lui demanda se sa femme faisoit ce qu’il lui commandoit. Et icellui
-escuier luy dit: par Dieu, Sire, oy, s’il n’y a villenie grant. Et
-le sire d’Andresel luy dit: Je mettray à vous pour un disner, que je
-vous conseilleray à luy faire faire telle chose où il n’y aura point
-de villenie et si ne le fera pas. L’escuier respondi: Certes, Sire,
-elle le feroit et gaigneroie; et par autres plusieurs manières puis-je
-gaignier plus honnourablement avecques vous, et par ceste aray-je plus
-d’onneur à perdre et païer le disner; si vous prie que vous gaigez
-qu’elle le fera et je gaigerai que non. Le sire d’Andresel dit: Je
-vous commande que vous gaigiez ainsi que j’ay dit. Adonc l’escuier
-obéist et accepta la gaigeure. Le sire d’Andresel vouloit estre présent
-et tous ceulx qui là estoient; l’escuier dist qu’il le vouloit bien.
-Adoncques le sire d’Andresel qui tenoit un baston lui dit: Je vueil que
-si tost que nous serons arrivés, et sans dire autre chose, que devant
-nous tous vous direz à vostre femme qu’elle saille pardessus ce baston
-devant nous trestous, et que ce soit fait sans froncier ou guigner ou
-faire aucun signe. Ainsi fut fait, car tous entrèrent en l’hostel de
-l’escuier ensemble. Et incontinent la damoiselle leur vint au devant.
-L’escuier mist et tint à terre le baston et dit: Damoiselle, saillez
-par cy dessus! Elle saillit tantost. Il lui dist: Resaillez! Elle
-resaillit encores. Saillez! Elle sailli trois fois sans dire un seul
-mot fors que voulentiers. Le sire d’Andresel fut tout esbahi et dit
-qu’il devoit et paieroit le disner l’endemain en son hostel d’Andresel.
-Et tantost se partirent tous pour aler là; et tantost qu’il fut entré
-en la porte d’Andresel, la dame d’Andresel vint au devant et s’enclina.
-Tantost que le sire d’Andresel fut descendu, il qui tenoit encores
-le baston pardessus lequel la damoiselle avoit sailli à Meleun, mist
-icellui baston à terre et cuida pardessus icelluy faire saillir la dame
-d’Andresel qui de ce faire fut refusant; dont le sire d’Andresel fut
-parfaictement courroucié. Et du surplus je me tais, et pour cause: mais
-tant en puis-je bien dire, et le sçay bien, que s’elle eust acompli le
-commandement de son mary, lequel il faisoit plus pour jeu et pour essay
-que pour prouffit, elle eust mieulx gardé son honneur et mieux lui en
-eust pris; mais à aucunes ne vient pas tousjours bien et à aucunes si
-fait.
-
-Et encores à ce propos je puis bien dire une chose bien aussi estrange,
-que une fois, ès jours d’esté, je venoie de devers Chaumont en Bassigny
-à Paris, et à une heure de vespres me arrestay pour logier en la ville
-de Bar sur Aube. Plusieurs des jeunes hommes de la ville mariés en
-icelle, desquels aucuns avoient à moy aucune congnoissance, vindrent
-à moy prier de soupper avecques eulx, si comme ils disoient, et
-disoient leur cas estre tel: ils estoient plusieurs hommes jeunes et
-assez nouvellement mariés et à jeunes femmes, et s’estoient trouvés en
-une compaignie sans autres gens sages, si avoient enquis de l’estat
-l’un de l’autre et trouvèrent par les dis d’un chascun que chascun
-d’eulx cuidoit avoit la meilleur et la plus obéissant femme de toutes
-obéissances, commandemens et défenses, petites ou grans. Si avoient
-pour ce prins complot, si comme ils disoient, d’aler tous ensemble en
-chascun hostel de chascun d’eulx, et là le seigneur demanderoit à sa
-femme une esguille, ou une espingle, ou unes forcettes[253], ou la
-clef de leur coffre, ou aucune chose semblable; et se la femme disoit:
-_à quoy faire?_ ou: _qu’en ferez-vous?_ ou: _est-ce à certes?_ ou:
-_vous mocquez-vous de moy?_ ou: _je n’en ay point_, ou elle ait autre
-réplication ou retardement, le mary paieroit un franc pour le soupper;
-et se sans rédargution ou délaier elle bailloit tantost à son mary ce
-qu’il demandoit, le mary estoit tenus pour bien eureux d’avoir si saige
-femme et obéissant, et pour sage homme de la maintenir et garder en
-icelle obéissance et estoit assis au plus hault et ne paieroit riens.
-
-Et jasoit-ce qu’ils soient aucunes femmes qui à telles menues
-estranges choses ne se sauroient ou daigneroient fléchir, mais les
-desdaigneroient et mespriseroient et tous ceulx et celles qui ainsi en
-useroient, toutesvoies, belle seur, povez-vous bien savoir qu’il est
-nécessité que d’aucune chose nature se resjoïsse; mesmes les povres,
-les impotens, les maladifs ou enlangourés et ceulx qui sont au lit
-de la mort preignent et quièrent plaisir et joye, et par plus forte
-raison les sains. Des uns tout leur déduit est de chasser ou vouler:
-des autres de jouer d’instrumens: des autres noer[254], ou dancer, ou
-chanter, ou jouster: chascun selon sa condition prent son plaisir;
-mesmes le vostre quérez-vous diversement en quelques choses diverses;
-doncques, se vostre mary qui sera a telle imagination qu’il vueille
-prendre son plaisir ou en vostre service ou en vostre obéissance telle
-que dessus, si l’en servez et saoulez, et sachiez que Dieu vous aura
-fait plus grant grâce que vostre mary prengne plaisir plus en vous
-que en une autre chose; car se vous estes la clef de son plaisir, il
-vous servira, suivra et aimera pour ce, et s’il a plaisir à autre
-chose, il la suivra et serez derrière. Si vous conseille et admonneste
-de faire son plaisir en très petites choses et très estranges et en
-toutes, et se ainsi le faictes-vous, ses enfans et vous mesmes serez
-son ménestrier et ses joyes et plaisirs, et ne prendra pas ses joyes
-ailleurs, et sera un grant bien et une grant paix et honneur pour vous.
-
-Et s’il advient que d’aucune besongne il n’ait point souvenu à vostre
-mary quant il s’est parti de vous, et pour ce ne vous en ait parlé,
-ne commandé, ne deffendu, toutesvoies devez-vous faire à son plaisir,
-quelque plaisir que vous ayez autre, et devez délaisser vostre plaisir
-et mettre derrière et tousjours son plaisir mettre devant; mais se la
-besongne estoit pesant et de telle attendue que vous peussiez luy faire
-savoir, rescrivez luy comment vous créez que sa voulenté soit de faire
-ainsi etc. et pour ce vous aiez vouloir de faire à son plaisir, mais
-pour ce que en ce faisant tel inconvénient s’en peut ensuir, et telle
-perte et tel dommage aussi, et qu’il vous semble qu’il seroit mieulx et
-plus honnourable ainsi et ainsi etc., laquelle chose vous n’osez faire
-sans son congié, qu’il lui plaise vous mander son vouloir sur ce, et
-son mandement vous acomplirez de très bon cuer, de tout vostre povoir
-etc.
-
-Toutes ne font pas ainsi, dont il leur mesvient à la fin, et puis
-quant elles sont moins prisées et elles voient les bonnes obéissans
-qui sont bieneurées, acompaignées et aimées de leurs maris, icelles
-meschans qui ne sont ainsi en guerroient sus à fortune et dient que ce
-a fait fortune qui leur a couru sus, et la mauvaistié de leurs maris
-qui ne se fient mie tant en elles; mais elles mentent, ce n’a pas fait
-fortune: ce a fait leur inobédience et irrévérence qu’elles ont envers
-leurs maris qui après ce qu’ils ont moult de fois défailly vers elles
-qui leur ont désobéy et irrévéré, ne s’y osent plus fier, et ont quis
-iceulx maris et trouvé obéissance ailleurs où ils se fient.
-
-Et me souvient, par Dieu, que je vis une de vos cousines qui bien aime
-vous et moy, et si fait son mary, et vint à moy disant ainsi: Cousin,
-nous avons telle besongne à faire, et me semble qu’elle seroit bien
-faicte ainsi et ainsi, et me plairoit bien; que vous en semble? Et
-je luy dis: Le premier point est de savoir le conseil de vostre mary
-et son plaisir; luy en avez-vous point parlé? Et elle me respondi:
-par Dieu, cousin, nennil; car par divers moyens et estranges parlers,
-j’ay sentu qu’il vouldroit ainsi et ainsi, et non pas comme je dy,
-et j’aroie trop chier de la faire comme j’ay dit. Et vous savez,
-cousin, qu’il est maindre blasme de faire aucune chose sans le congié
-de son souverain que après sa deffense, et je suis certaine qu’il
-le me deffendroit et suis certaine qu’il vous aime et tient bonne
-personne, et se j’avoie ainsi fait comme je dy, par vostre conseil,
-quelque chose qu’il en advenist, puis que je me excuseroie de vostre
-conseil, il seroit de légier appaisié, tant vous aime. Et je luy dis:
-puis qu’il m’aime, je le doy amer et faire son plaisir, et pour ce
-je vous conseille que vous ouvrez selon son plaisir et mettez lei
-vostre plaisir au néant. Et autre chose ne peut avoir et s’en parti
-toute courroucée de ce que je ne lui aidie à achever sa voulenté qui
-estoit toute contraire à la voulenté de son mary; et du courroux de
-son mary ne luy chaloit puis qu’elle eust esté oye à dire: _Vous ne
-le m’avez point autrement commandé etc. vostre cousin le me conseilla
-ainsi à faire_. Or véez-vous son courage et comment la femme est bien
-entalentée de faire un grant plaisir à son mary et quelle obéissance
-elle luy donne!
-
-Chère seur, aucunes autres femmes sont, qui quant elles ont désir de
-faire une chose en une manière, mais icelle doubte que son mary ne le
-vueille pas ainsi, si n’en dure ou pose, et frétille et frémie, et
-quant elle apperçoit que son mary et elle sont à seul et parlent de
-leurs besongnes, affaires et esbatemens, et la femme par aucuns parlers
-prouchains à aucune matière enquiert soubtillement et sent de icelle
-besongne que son mary entend à faire et poursuivre par autre voie
-qu’elle ne voulsist, adonc la femme met son mary en autre propos, afin
-que d’icelluy il ne luy die mie oultréement: _de celle besongne faictes
-ainsi_; et cautement se passe et met son mary en autres termes et
-concluent sur autre besongne loingtaine à celle. Et tantost que icelle
-femme voit son point, elle fait faire icelle première besongne à son
-plaisir et ne luy chault du plaisir de son mary duquel elle ne tient
-compte et s’atend à soy excuser pour dire: _vous ne m’en avez riens
-dit_, car à elle ne chault du courroux ne du desplaisir de son mary,
-mais que le sien passe et que sa voulenté soit faicte. Et me semble
-que c’est mal fait d’ainsi barater, décevoir et essaier son mary; mais
-plusieurs sont, qui tels essais et plusieurs autres font, dont c’est
-mal fait, car l’on doit tousjours tendre à faire le plaisir de son
-mary quant il est sage et raisonnable; et quant l’en essaie son mary
-couvertement et cautement, soubs couverture malicieuse et estrange,
-supposé que ce soit pour mieux exploictier, si est-ce mal fait, car
-avec son mary l’en ne doit mie besongnier par aguet ou malice, mais
-plainement et rondement, cuer à cuer.
-
-Mais encores est-ce pis quant la femme a mary preudomme et débonnaire
-et elle le laisse pour espérance d’avoir pardon ou excusation de mal
-faire, si comme il est trouvé ou livre des Sept Sages de Romme[255] que
-en la cité avoit un sage vefve, ancien de grant aage, et moult riche
-de terre et de bonne renommée qui jadis avoit eu deux femmes espousées
-qui estoient trespassées. Ses amis lui dirent que encores il prist
-femme. Il leur dist que ils la luy quéissent et que il la prendroit
-voulentiers. Ils la luy quirent belle et jeune et advenant de corps,
-car à peine verrez-vous jà si vieil homme qui ne prengne voulentiers
-jeune femme. Il ot espousé: la dame fut avecques lui un an que point
-ne luy feist ce que vous savez. Or avoit icelle dame une mère; un jour
-elle estoit au moustier emprès sa mère, si luy dist tout bas qu’elle
-n’avoit nul soulas de son seigneur et pour ce elle vouloit amer. Fille,
-dist la mère, se tu le faisoies, il t’en mesprendroit trop asprement,
-car certes il n’est nulle si grant vengence que de vieil homme, et
-pour ce, se tu me crois, ce ne feras-tu mie, car tu ne pourroies jamais
-rapaisier ton mary. La fille respondi que si feroit. La mère luy dist:
-quant autrement ne peut estre, je vueil que tu essaies, avant, ton
-mary. Voulentiers, dist la fille, je le essaieray ainsi: il a en son
-vergier une ante[256] qui est tant belle et qu’il aime plus que tous
-autres arbres, je la coupperay: si verray se je le pourray rapaisier. A
-cest accord demourèrent et à tant se partirent hors du moustier.
-
-La jeune dame s’en vint à son hostel et trouva que son seigneur estoit
-alé esbatre aux champs. Si prent une coignée, vient à l’ante, et y
-commence à férir à dextre et à sénestre tant qu’elle la couppa, et
-la fist tronçonner par un varlet et apporter au feu. Et ainsi que
-celluy l’apportoit, le seigneur entra en son hostel et voit celluy
-qui apportoit les tronçons de l’ante en sa main; le seigneur demanda:
-dont vient ceste buche? La dame luy respondi: Je viens oresendroit du
-moustier et l’en me dist que vous estiez alés aux champs: si doubtay,
-pour ce qu’il avoit pleu, que vous ne retournissiez moullié et que
-vous eussiez froit, si alay en ce vergier et couppay ceste ante: car
-céans n’avoit point de buche. Dame, dit le seigneur, c’est ma bonne
-ante! Certes, sire, fait la dame, je ne sçay. Le seigneur s’en vint en
-son vergier et vit la souche de l’ante qu’il amoit tant, si fut iriés
-assez plus que il ne monstroit le semblant et s’en revint et treuve
-la dame qui de l’ante faisoit le feu et sembloit qu’elle le feist en
-bonne pensée pour luy chauffer. Quant le seigneur fust venus, si dist
-tels mots: Ores, dame, ce est ma bonne ante que vous avez couppée!
-Sire, dit la dame, je ne m’en prins garde, car certes je le fis pour
-ce que je savoie bien que vous venriez tout moullié et tout empluyé,
-si doubtay que vous n’eussiez froit et que le froit ne vous feist mal.
-Dame, dit le seigneur, je lairay ce ester[257] pour ce que vous dictes
-que vous le feistes pour moy.
-
-L’endemain la dame revint au moustier et trouva sa mère à laquelle
-dit: J’ay mon seigneur essayé et couppé l’ante, mais il ne me fist
-nul semblant qu’il fust moult iriés et pour ce sachiez, mère, que
-j’aimeray.--Non feras, belle fille, dit la mère, laisse ester.--Certes,
-dist la fille, si feray; je ne m’en pourroie plus tenir.--Belle fille,
-dist la mère, puis qu’ainsi est que tu dis que tu ne t’en pourroies
-tenir, essaie donc encores ton mary. Dist la fille: voulentiers, je
-l’essaieray encores ainsi: il a une levrière que il aime à merveilles,
-ne il n’en prendroit nul denier, tant est bonne, ne ne souffreroit pas
-que nul de ses varlès la chassast hors du feu, ne que nul luy donnast à
-mengier sinon luy: et je la tueray devant luy.
-
-A tant s’en départirent. La fille s’en revint en son hostel; il fut
-tart et fit froit, le feu fut beau et cler et les lis furent bien parés
-et couvers de belles coustes-pointes[258] et de tapis, et la dame fut
-vestue d’une pelice toute neufve. Le seigneur vint des champs. La dame
-se leva encontre luy; si luy osta le mantel et puis luy voult oster les
-esperons, mais le seigneur ne le voult pas souffrir, ains les fit oster
-à un de ses varlès; moult s’offry la dame à luy servir: elle court,
-si luy apporte un mantel de deux draps[259] et si luy met sur les
-espaules et appareille une chaire[260] et met un quarrel[261] dessus,
-et le fait seoir au feu et luy dit ainsi: Sire, certainement vous estes
-tout pâle de froit, chauffez-vous et aisiez très bien! Ainsi qu’elle ot
-ce dit, si se assit emprès luy et plus bas que luy sur une selle[262]
-et estendi la robe[263] de sa pelice, regardant tousjours son mary.
-Quant la levrière vit le beau feu, elle vint par sa mésaventure, si
-se couche tantost sur le pan de la robe et de la pelice de la dame,
-et la dame advise emprès elle un varlet qui avoit un grant coustel,
-si le sache et en fiert parmy le corps d’icelle levrière qui commença
-illecques à pestiller[264] et mourut devant le mary. Dame, fait-il,
-comment avez-vous esté si osée comme de tuer, en ma présence, ma
-levrière que j’amoie tant?--Sire, fait la dame, ne véez-vous chascun
-jour comme il nous attournent? Il ne sera nuls deux jours qu’il ne
-conviengne faire buée[265] céans pour vos chiens! Or regardez de ma
-pelice que je n’avoie onquesmais vestue, quelle elle est attournée!
-Cuidiez-vous que je n’en soye iriée? L’ancien sage respondi: Par Dieu!
-c’est mal fait et vous en sçay très mauvais gré, mais maintenant je
-n’en parleray plus. La dame dit: Sire, vous povez faire de moy vostre
-plaisir, car je suis vostre et si sachiez bien que je me repens de ce
-que en ay fait, car je sçay bien que vous l’aimiez moult; si me poise
-de ce que je vous ay courroucié. Quant elle ot ce dit, si fist moult
-grant semblant de plourer. Quant le seigneur vit ce, si ce laissa ester.
-
-Et quant vint à l’endemain qu’elle fust alée au moustier, si trouva sa
-mère à laquelle elle dit comment luy estoit advenu et que vraiement,
-puisque ainsi bien luy estoit advenu et que ainsi bien lui en eschéoit,
-qu’elle aimeroit. Ha! belle fille, dit la mère, non feras, tu t’en
-pourras bien tenir.--Certes, dame, non feray. Alors dit la mère: Belle
-fille, je me suis toute ma vie bien tenue à ton père, oncques telle
-folie ne fis, ne n’en eus talent.--Ha! dame, respondi la fille, il
-n’est mie ainsi de moy comme il est de vous, car vous assemblastes
-entre vous et mon père jeunes gens; si avez eues vos joies ensemble,
-mais je n’ay du mien joie ne soulas: si me convient à pourchasser.--Or,
-belle fille, et se amer te convient, qui aimeras-tu?--Mère, dit la
-fille, j’aimeray le chappellain de ceste ville, car prestres et
-religieux craingnent honte et sont plus secrets. Je ne vouldroie
-jamais amer un chevalier, car il se vanteroit plus tost et gaberoit de
-moy et me demanderoit mes gages[266] à engager.--Ores, belle fille,
-fais encores à mon conseil et essaye encores ton seigneur. Dist la
-fille: Essaier tant et tant, et encores et encores, ainsi ne fineroie
-jamais!--Par mon chief! fait la mère, tu l’essaieras encores par mon
-los[267], car tu ne verras jà si male vengence ne si cruelle comme de
-vieil homme.--Or, dame, fit la fille, voulentiers feray encores vostre
-commandement, et l’essaieray ainsi: il sera jeudi le jour de Noël, si
-tendra mon seigneur grant tinel[268] de ses parens et autres amis, car
-tous les vavasseurs de ceste ville y seront, et je me seray assise au
-chief de la table en une chaire; si tost comme le premier mès[269] sera
-assis, je aray mes clefs meslées ès franges de la nappe, et quant je
-auray ce fait, je me leveray à coup et tireray tout à moy et feray tout
-espandre et verser quanque il y aura sur la table, et puis appaiseray
-tout. Ainsi auray essaié mon seigneur par trois fois de trois grans
-essais, et légièrement rappaisié, et à ce savez-vous bien que ainsi
-légièrement le rappaiseray-je des cas plus obscurs et couvers et ès
-quels ne pourra déposer[270] que par souspeçon.--Ores belle fille, dist
-la mère, Dieu te doint bien faire!
-
-Adonc se partirent; chascune vint en son hostel. La fille servit
-cordieusement, par semblant, et moult attraiement et bien son seigneur,
-et moult bel, tant que le jour de Noël vint. Les vavasseurs de Romme
-et les damoiselles furent venues, les tables furent drécées et les
-nappes mises, et tous s’assirent, et la dame fist la gouverneresse et
-l’embesongnée et s’assist au chief de la table en une chaire, et les
-serviteurs apportèrent le premier mès et brouets sur table. Ainsi comme
-les varlès tranchans orent commencié à tranchier, la dame entortille
-ses clefs ès franges de la fin de la nappe et quant elle sceut qu’elles
-y furent bien entortillées, elle se liève à un coup et fait un grant
-pas arrière, ainsi comme se elle eust chancelé en levant; si tire la
-nappe, et escuelles plaines de brouet, et hanaps plains de vin, et
-sausses versent et espandent tout quanque il y avoit sur la table.
-Quant le seigneur vit ce, si ot honte et fu moult courroucié et luy
-remembra des choses précédens. Aussitost la dame osta ses clefs qui
-estoient entortillées en la nappe.--Dame, fit le seigneur, mal avez
-exploictié!--Sire, fait la dame, je n’en puis mais, je aloie querre
-vos cousteaulx à tranchier qui n’estoient mie sur table, si m’en
-pesoit.--Dame, fit le seigneur, or nous apportez autres nappes. La dame
-fit apporter autres nappes, et autres mès recommencent à venir. Ils
-mengièrent liement, ne le seigneur n’en fit nul semblant d’ire ne de
-courroux, et quant ils orent assez mengié et le seigneur les ot moult
-honnourés, si s’en départirent.
-
-Le seigneur souffri celle nuit tant qu’il vint à l’endemain. Lors luy
-dit: Dame, vous m’avez fait trois grans desplaisirs et courroux, se je
-puis vous ne me ferez mie le quart; et je sçay bien que ce vous a fait
-faire mauvais sang: il vous convient saignier. Il mande le barbier et
-fait faire le feu. La dame luy dit: Sire, que voulez-vous faire? Je ne
-fus onques saignée.--Tant vault pis, fait le seigneur, encommencier le
-vous convient: les trois mauvaises emprises que vous m’avez faictes, ce
-vous a fait faire mauvais sang.
-
-Lors luy fait eschauffer le bras destre au feu, et quant il fut
-eschauffé, si la fist saignier; tant saigna que le gros et vermeil sang
-vint. Lors la fist le seigneur estanchier, et puis luy fait l’autre
-bras traire hors de la robe. La dame commence à crier mercy. Riens ne
-luy vault, car il la fit eschauffer et saignier de ce second bras; et
-commença à saignier: tant la tint qu’elle s’esvanoui, et perdi la
-parolle et devint toute de morte couleur. Quant le seigneur vit ce,
-si la fist estanchier et porter en son lit en sa chambre. Quant elle
-revint de pamoison, si commença à crier et plourer et manda sa mère qui
-tantost vint; et quant elle fut devant ly, tous vuidèrent la chambre
-et les laissèrent ambedeux seul à seul. Quant la dame vit sa mère, si
-luy dist: Ha! mère, je suis morte; mon seigneur m’a fait tant saignier
-que je cuide bien que je ne jouiray jamais de mon corps.--Or, fille,
-je pensoie bien que mauvais sang te démengoit: or me di, ma fille,
-as-tu plus talent d’amer?--Certes, dame, nennil.--Fille, ne te di-je
-bien que jà ne verroies si cruel vengence comme de vieil homme?--Dame,
-oïl; mais, pour Dieu, aidiez-moi à relever et secourir à ma santé, et
-par m’âme, mère, je n’aimeray jamais.--Belle fille, fait la mère, tu
-feras que sage. Ton seigneur est bon preudomme et sage, aime-le et
-sers, et croy qu’il ne t’en peut venir que bien et honneur.--Certes,
-mère, je sçay ores bien que vous me donnastes et donnez bon conseil
-et je le croiray d’ores-en-avant et honnoureray mon mary et jamais ne
-l’essaieray ne ne courrouceray.
-
-Chère seur, assez souffist quant à ce point, qui a la voulenté de
-retenir et de bien obéir, car sur ceste matière d’obéissance, nous
-avons cy dessus parlé de ce qui est à faire quant le mary commande
-petites choses par jeu, à certes ou autrement, et puis de ce qui est à
-faire quant le mary n’a commandé ne deffendu pour ce que à luy n’en est
-souvenu, et tiercement des excès que les femmes font pour acomplir leur
-vouloir oultre et pardessus le vouloir de leurs maris. Et maintenant
-à ce derrière nous parlerons que l’en ne face pas contre la défense
-d’iceulx, soit en petit cas ou en grant, car du faire c’est trop mal
-fait. Et je commence ès petis cas ès quels on doit obéir aussi bien;
-je le monstre mesmes par les jugemens de Dieu, car vous savez, chère
-seur, que par la désobéissance de Adam qui pardessus la défense de
-Dieu menga une pomme qui est pou de chose, tout le monde fut mis en
-servaige. Et pour ce je vous conseille que les très petites choses et
-de très petite valeur et ne fust fors d’un festu que vostre mary qui
-sera après moy vous commandera à garder, que vous, sans enquerre pour
-quoy ne à quelle fin, puis que la parole sera telle yssue de la bouche
-de vostre mary qui sera, vous fectes et gardez très soingneusement et
-très diligemment, car vous ne savez, ne ne devez adonc enquérir, si
-ne le vous dist de son mouvement, qui à ce le meut ou a meu: se il a
-cause, ou se il le fait pour vous essaier. Car, s’il a cause, donc
-estes-vous bien tenue de le garder, et s’il n’y a point de cause,
-mais le fait pour vous essaier, donc devez-vous bien vouloir qu’il
-vous treuve obéissant et diligent à ses commandemens, et mesmement
-devez penser que puisque sur un néant il vous treuvera obéissant à son
-vouloir et que vous en tenrez grant compte, croira-il que sur un gros
-cas vous trouveroit-il encores en cent doubles plus obéissant. Et vous
-véez que nostre Seigneur commist à Adam de luy garder pou de chose,
-c’est assavoir un seul pommier, et povez penser que nostre Seigneur ne
-se courrouça pas à Adam pour une seule pomme, car à si grant seigneur
-c’estoit bien pou de chose que une pomme, mais luy despleut pour
-la mesprenture de Adam qui si pou avoit prisié son commandement ou
-défense quant pour si pou d’avantage luy désobéissoit. Et aussi véez
-et considérez que de tant que Adam estoit plus près de nostre Seigneur
-qui l’avoit fait de sa propre main et le tenoit son famillier et garde
-de son jardin, de tant fut nostre Seigneur pour pou de chose plus
-aigrement meu contre luy; et puis la désobéissance ne voult sanctifier:
-et par semblable raison, de tant que vous estes plus prouchaine et près
-de vostre mary, seroit-il contre vous plus tost et pour mendre chose
-plus aigrement courroucié, comme nostre Seigneur se courrouça à Lucifer
-qui estoit plus prouchain de luy.
-
-Mais aucunes femmes sont, qui cuident trop soubtillement eschapper,
-car quant leur mary leur a deffendu aucune chose qui leur pleust
-à faire et voulsissent bien faire, elles délayent et attendent et
-passent temps jusques à ce que la deffense soit entr’oubliée par le
-mary, ou qu’il s’en soit alé, ou qu’il est chargié d’autres si gros
-fait que d’icelluy ne luy souvient. Et après, tantost, incontinent et
-hastivement, la femme fait icelle besongne à son plaisir et contre la
-voulenté et deffense du mary, ou la fait faire par ses gens disant:
-faictes hardiement! Monseigneur ne s’en apparcevra jà, il n’en saura
-riens. Or véez-vous que par ce, ceste est, en son courage et voulenté,
-pure rebelle et désobéissant, et sa malice et mauvaistié qui riens ne
-vallent empirent son cas et démonstrent plainement son mauvais courage.
-Et sachiez qu’il n’est riens qui à la parfin ne soit sceu, et quant
-le mary le saura, et apparcevra que celle sépare l’union de leurs
-voulentés qui doivent estre tout un, comme dit est devant, icelluy mary
-s’en taira par adventure comme fit le sage de Romme dont il est parlé
-cy devant en l’article, mais son cuer en sera si parfondément navré que
-jamais n’en garira, mais toutes fois qu’il lui en souvendra naistra
-nouvelle douleur.
-
-Si vous pry, chère seur, que de tels essais et entreprinses à faire à
-autre mary que à moy, se vous l’avez, vous vous gaittiez et gardez très
-espécialement, mais vostre courage et le sien soient tout un, comme
-vous et moy sommes à présent; et ce souffist quant à cest article.
-
-
-
-
-SEPTIÈME ARTICLE.
-
-
-Le septiesme article de la première distinction doit monstrer que vous
-devez estre curieuse et songneuse de la personne de vostre mary. Sur
-quoy, belle seur, se vous avez autre mary après moy, sachiez que vous
-devez moult penser de sa personne, car puis que une femme a perdu
-son premier mary et mariage, communément à paine treuve-elle, selon
-son estat, le second à son advenant, ains demeure toute esgarée et
-desconseillée long temps; et par plus grant raison quant elle pert le
-second. Et pour ce aimez la personne de vostre mary songneusement, et
-vous pry que vous le tenez nettement de linge, car en vous en est, et
-pour ce que aux hommes est la cure et soing des besongnes de dehors, et
-en doivent les maris soignier, aler, venir et recourir de çà et de là,
-par pluies, par vens, par neges, par gresles, une fois moullié, autre
-fois sec, une fois suant, autre fois tremblant, mal peu, mal herbergié,
-mal chauffé, mal couchié. Et tout ne luy fait mal pour ce qu’il est
-reconforté de l’espérance qu’il a aux cures que la femme prendra de
-luy à son retour, aux aises, aux joies et aux plaisirs qu’elle luy
-fera ou fera faire devant elle; d’estre deschaux à bon feu, d’estre
-lavé les piés, avoir chausses[271] et soulers frais, bien peu, bien
-abeuvré, bien servi, bien seignouri, bien couchié en blans draps, et
-cueuvrechiefs[272] blans, bien couvert de bonnes fourrures, et assouvi
-des autres joies et esbatemens, privetés, amours et secrets dont je me
-tais. Et l’endemain, robes-linges[273] et vestemens nouveaulx.
-
-Certes, belle seur, tels services font amer et désirer à homme le
-retour de son hostel et veoir sa preudefemme et estre estrange des
-autres. Et pour ce je vous conseille à reconforter ainsi vostre autre
-mary à toutes ses venues et demeures, et y persévérez; et aussi à luy
-tenir bonne paix, et vous souviengne du proverbe rural qui dit que
-trois choses sont qui chassent le preudomme hors de sa maison, c’est
-assavoir maison descouverte, cheminée fumeuse et femme rioteuse. Et
-pour ce, chère seur, je vous prie que pour vous tenir en l’amour
-et grâce de vostre mary, soyez luy doulce amiable et débonnaire.
-Faictes-luy ce que les bonnes simples femmes de nostre païs dient que
-l’en a fait à leurs fils quant ils sont enamourés autre part et elles
-n’en pevent chevir. Il est certain que quant les pères ou les mères
-sont morts, et les parrastres et marrastres qui ont fillastres les
-arguent, tencent et estrangent, et ne pensent de leur couchier, de leur
-boire ou mengier, de leur chausses, chemises, ne autres nécessités
-ou affaires, et iceulx enfans trouvent ailleurs aucun bon retrait
-et conseil d’aucune autre femme qui les recueille avecques elle et
-laquelle pense de leur chauffer à aucun povre tison avec elles, de leur
-couchier, de les tenir nettement, à faire rappareiller leurs chausses,
-brayes[274], chemises et autres vestemens, iceulx enfans les suivent et
-désirent leur compaignie et estre couchiés et eschauffés entre leurs
-mamelles, et du tout en tout s’estrangent de leurs mères ou pères qui
-par avant n’en tenoient compte, et maintenant les voulsissent retraire
-et ravoir, mais ce ne peut estre, car iceulx enfans ont plus cher la
-compagnie des plus estranges qui de eux pensent et aient soing que de
-leurs plus prouchains qui d’eulx ne tiennent compte. Et puis brayent
-et crient, et dient que icelles femmes ont leurs enfans ensorcellés,
-et sont enchantés, et ne les pevent laissier, ne ne sont aises se
-ils ne sont avecques elles. Mais, quoy que l’en die, ce n’est point
-ensorcellement, c’est pour les amours, les curialités, les privetés,
-joies et plaisirs qu’elles leur font en toutes manières, et par m’âme,
-il n’est autre ensorcellement. Car qui à un ours, un lou ou un lyon
-feroit tous ses plaisirs, icelluy ours, lou ou lyon feroit et suivroit
-ceulx qui ce luy feroient, et par pareille parole pourroient dire les
-autres bestes, se elles parloient, que icelles qui ainsi seroient
-aprivoisées serroient ensorcellées. Et, par m’âme, je ne croy mie qu’il
-soit autre ensorcellement que de bien faire, ne l’en ne peut mieulx
-ensorceller un homme que de luy faire son plaisir[275].
-
-Et pour ce, chère seur, je vous pry que le mary que vous arez vous
-le vueillez ainsi ensorceller et rensorceller et le gardez de maison
-maucouverte et de cheminée fumeuse et ne luy soyez pas rioteuse, mais
-doulce, amiable et paisible. Gardez en yver qu’il ait bon feu sans
-fumée, et entre vos mamelles bien couchié, bien couvert, et illec
-l’ensorcellez. Et en esté gardez que en vostre chambre ne en vostre
-lit n’ait nulles puces, ce que vous povez faire en six manières, si
-comme j’ay oy dire. Car, j’ay entendu par aucuns, qui sème sa chambre
-de fueilles d’aune, les puces s’y prennent. Item, j’ay oy dire que qui
-aroit de nuit un ou plusieurs tranchouers[276] qui feussent pardessus
-oins de glus ou de trébentine et mis parmy la chambre, ou millieu de
-chascun tranchouer une chandelle ardant, elles s’y venroient engluer
-et prendre. L’autre que j’ay essayé et est vray: prenez un drap
-estru[277] et le estendez parmy vostre chambre et sur vostre lit, et
-toutes les puces qui s’y pourront bouter s’y prendront, tellement que
-vous les pourrez porter avec le drap où vous vouldrez. Item des peaulx
-de mouton. Item, j’ai veu mettre des blanchets[278] sur le feurre[279]
-et sur le lit, et quant les puces qui noires estoient s’y estoient
-boutées, l’en les trouvoit plus tost parmy le blanc et les tuoit-l’en.
-Mais le plus fort est de soy gaittier de celles qui sont ès
-couvertures et ès pennes[280], ès draps des robes dont l’en se cueuvre.
-Car sachiez que j’ay essaié que quant les couvertures, pennes ou robes
-où il a puces sont enclos et enfermés serréement, comme en male bien
-liée estroictement de courroies, ou en sac bien lié et pressé, ou
-autrement mis et compressé que icelles puces soient sans jour et sans
-air et tenues à destroit, ainsi périront et mourront sur heure. Item,
-j’ay veu aucunes fois en plusieurs chambres que quant l’en estoit
-couchié, l’en se trouvoit tout plain de cincenelles[281] qui à la fumée
-de l’alaine se venoient asseoir sur le visage de ceulx qui dormoient
-et les poingnoient si fort qu’il se convenoit lever et alumer du foing
-pour faire fumée pour laquelle il les convenoit fuir ou mourir, et
-aussi bien le pourroit-l’en faire de jour qui s’en doubteroit, et aussi
-bien par un cincenellier[282], qui l’a, s’en peut-l’en garantir.
-
-Et se vous avez chambre ou estage où il ait très grant repaire de
-mouches, prenez petis floqueaux de feuchière[283] et les liez à
-filets[284] comme filopes[285] et les tendez, et toutes les mouches
-s’y logeront au vespre: puis destendez les filopes et les gectez
-hors. Item, fermez très bien vostre chambre au vespre, mais qu’il y
-ait seulement un petit pertuis ou mur devers Orient, et si tost que
-l’aube esclarcira, toutes les mouches s’en yront par ce pertuis, puis
-soit estoupé. Item, prenez une escuelle de lait et l’amer[286] d’un
-lièvre et meslez l’un parmy l’autre, et puis mettez-en deux ou trois
-escuelles ès lieux là où les mouches repairent, et toutes celles qui
-en tasteront, mourront. Item, autrement, ayez une chausse de toille
-liée au fons d’un pot qui ait le cul percié, et mettez icelluy pot ou
-lieu où les mouches repairent et oingnez-le par dedens de miel, ou
-de pommes, ou de poires; quant il sera bien garny de mouches, mettez
-un tranchouer sur la gueule, et puis hochez[287]. Item, autrement,
-prenez des ongnons rouges crus et les broiez et espraignez le jus en
-une escuelle et le mettez où les mouches repairent, et toutes celles
-qui en tasteront, mourront. Item, ayez des palettes pour les tuer à
-la main. Item, aiez des vergettes[288] gluées sur un bacin d’eaue.
-Item, aiez vos fenestres closes bien justement de toille cirée ou
-autre, ou de parchemin ou autre chose[289] si justement que nulle
-mouche y puisse entrer, et les mouches qui seront dedens soient tuées
-à la palette ou autrement comme dessus, et les autres n’y entreront
-plus. Item, ayez un cordon pendant et moullié en miel, les mouches y
-vendront asseoir, et au soir soient prinses en un sac. En somme, il me
-semble que les mouches ne se arresteront point en chambre où il n’ait
-tables dréciées, fourmes[290], dreçouers, ou autres choses sur quoy
-ils se puissent descendre et reposer, car se ils ne se pevent aherdre
-ou arrester fors aux parois qui sont droites, ils ne s’y arresteront
-point, ne aussi en lieu ombragé et moicte. Et pour ce me semble que se
-la chambre est bien arrousée et bien close et bien fermée, et qu’il n’y
-ait rien gisant sur le plat[291], jà mouche ne s’y arrestera.
-
-Et ainsi le[292] garantissez et gardez de toutes mésaises et lui donnez
-toutes les aises que vous pourrez penser et le servez et faictes
-servir en vostre hostel, et vous attendez à luy des choses de dehors,
-car s’il est bon, il en prendra plus de peine et travail que vous ne
-vouldriez, et par faisant ce que dit est, il aura tousjours son regret
-et son cuer à vous et à vostre amoureux service et guerpira tous autres
-hostels, toutes autres femmes, tous autres services et mesnages: tout
-ne lui sera que terre au regard de vous qui en penserez comme dit est
-et que faire le devez par l’exemple mesmes que vous véez des gens
-chevauchans parmy le monde, que vous véez que si tost qu’ils sont en
-leur hostel revenus d’aucun voyage, ils font à leurs chevaulx blanche
-lictière jusques au ventre, iceulx chevaulx sont defferrés et mis au
-bas, ils sont emmiellés[293], ils ont foing trié, et avoine criblée,
-et leur fait-l’en en leur hostel plus de bien à leur retour que en nul
-autre lieu. Et par plus forte raison, se les chevaulx sont aisiés, les
-personnes, mesmement les souverains[294], à leurs despens le soient à
-leur retour. Aux chiens qui viennent des bois et de la chasse fait-l’en
-lictière devant leur maistre, et luy mesmes leur fait lictière blanche
-devant son feu; l’en leur oint de sain doulx leurs piés au feu, l’en
-leur fait souppes, et sont aisiés par pitié de leur travail; et par
-semblable, se les femmes font ainsi à leurs maris que font les gens
-à leurs chevaulx, chiens, asnes, mulles et autres bestes, certes
-les autres hostels où ils ont esté servis ne leur sembleroient que
-prisons obscures et lieux estranges envers le leur qui leur sera donc
-un paradis de repos. Et ainsi sur le chemin les maris auront regard
-à leurs femmes, ne nulle peine ne leur sera griefve pour espérance
-et amour qu’ils auront à leurs femmes auxquelles reveoir ils auront
-aussi grant regret comme les povres hermites, les penanciers[295] et
-les religieux abstinens ont de veoir la face Jhésu-Crist; ne iceulx
-maris ainsi servis n’auront jamais voulenté d’autre repaire ne d’autre
-compaignie, mais en seront gardés, reculés et retardés: tout le
-remenant ne leur semblera que lit de pierres envers leur hostel; mais
-que ce soit continué, et de bon cuer, sans faintise.
-
-Mais aucunes vieilles sont, qui sont rusées et font les sages et
-faignent grant amour par démonstrance de grant service de leur cuer,
-sans autre chose; et sachez, belle seur, que les maris sont petit
-sages se ils ne s’en apparçoivent; et quant ils s’en apparçoivent, et
-le mary et la femme s’en taisent et dissimulent l’un contre l’autre,
-c’est mauvais commencement et s’ensuit pire fin. Et aucunes femmes
-sont, qui au commencement font trop bien leur service vers leurs maris,
-et leur semble bien que leurs maris lesquels elles voient bien adonc
-estre amoureux d’elles et vers elles débonnaires tellement, se leur
-semble, que à peine se oseroient-ils courroucier à elles se elles en
-faisoient moins, si se laschent et essaient petit à petit à moins
-faire de révérence, de service et d’obéissance, mais, qui plus est,
-entreprennent auctorité, commandement et seigneurie, une fois sur
-un petit fait, après sur un plus grant, après un petit un jour, un
-autre petit en un autre. Ainsi essaient et s’avancent et montent, se
-leur semble, et cuident que leurs maris qui par débonnaireté, ou, par
-adventure, par aguet s’en taisent, n’y voient goutte pour ce qu’ils le
-seuffrent ainsi. Et certes ce n’est pas bien pensé ne servi, car quant
-les maris voient qu’elles discontinuent leur service et montent en
-domination et qu’elles en font trop et que du souffrir mal en pourroit
-bien venir, elles sont à un coup, par la voulenté du droit de leurs
-maris, trébuchées comme fut Lucifer qui estoit souverain des anges
-de paradis, et lequel nostre Seigneur aima tant qu’il tollera et lui
-souffri faire moult de ses voulentés, et il s’enorguilli et monta en
-oultrecuidance. Tant fist et entreprist d’autres qu’il en fist trop,
-et en despleut à nostre Seigneur qui longuement avoit dissimullé et
-souffert sans dire mot, et lors à un coup tout luy vint à souvenance.
-Si le trébucha ou plus parfont d’enfer pour ce qu’il ne continua
-son service à quoy il estoit ordonné et pour lequel il avoit au
-commencement acquis l’amour de nostre Seigneur qu’il avoit si grande.
-Et pour ce devez-vous estre obéissant au commencement et tousjours
-persévérer à cest exemple.
-
-
-
-
-HUITIÈME ARTICLE.
-
-
-Le huitiesme article de la première distinction dit que vous soiés
-taisant ou au moins attrempéement parlant, et sage pour garder et
-céler les secrets de vostre mary. Sur quoy, belle seur, sachiez que
-toute personne qui s’eschauffe en sa parole n’est mie bien attrempé en
-son sens, et pour ce sachez que savoir mettre frain en sa langue est
-souveraine vertu, et moult de périls sont venus de trop parler, et par
-espécial quant l’en prent paroles à gens arrogans, ou de grant courage,
-ou gens de court de seigneurs. Et par espécial gardez-vous en tous
-vos fais de prendre paroles à telles gens; et se par adventure telles
-gens se addressent à vous, si les eschevez et laissiez sagement et
-courtoisement, et ce sera souverainement grant sens à vous, et sachez
-que d’ainsi faire il vous est pure nécessité; et jasoit-ce que le cuer
-en face mal, toutesvoies le convient-il aucunes fois mestrier[296],
-et n’est pas sage qui ne le puet faire, car il est trouvé un proverbe
-rural qui dit que aucun n’est digne d’avoir seignourie ou maistrise sur
-autruy qui ne peut estre maistre de luy mesmes.
-
-Et pour ce, en ce cas et en tous autres, devez-vous si estre maistre de
-vostre cuer et de vostre langue qu’elle soit subjecte à vostre raison,
-et advisez toudis devant qui et à qui vous parlerez; et vous prie et
-admoneste que soit en compaignie, soit à table, gardez-vous de trop
-habondamment parler, car en habondance de paroles ne peut estre qu’il
-n’en y ait aucune fois de mal assises aucunes, et dit-l’en aucunes
-fois, par esbatement et par jeu, paroles de revel[297] qui depuis
-sont prinses et recordées à part en grant dérision et mocquerie de
-ceulx qui les ont dictes. Et pour ce gardez devant qui et de quoy vous
-parlerez, ne à quel propos, et ce que vous direz, dictes à trait[298]
-et simplement: et en parlant pensez que riens ne ysse qui ne doie yssir
-et que la bride soit devant les dens pour refraindre le trop. Et soyez
-bon secrétaire et aiez tousjours souvenance de garder les secrets de
-vostre mary qui sera; premier[299] ses meffais, vices ou péchiés, se
-vous en savez aucuns, célez-les et couvrez, mesmes sans son sceu,
-afin qu’il ne s’en hontie, car à peine trouverez-vous aucun que s’il
-a aucun amy qui apparçoive son péchié, jà puis ne le verra de si bon
-cuer que devant et aura honte de luy et l’aura en regard. Et ainsi
-vous conseille-je que ce que vostre mary vous dira en conseil, vous
-ne le revélez point à quelque personne tant soit privée de vous, et
-vainquez en ce la nature des femmes qui est telle, si comme l’en dit,
-qu’elles ne pevent riens céler, c’est à dire les mauvaises et meschans.
-Dont un philosophe appellé Macrobe raconte, et est trouvé ou livre du
-Songe Scipion, qu’il estoit à Romme un enfant, jeune fils, qui avoit
-nom Papire, qui une fois avec son père lequel estoit sénateur de Romme
-s’en ala en la chambre des sénateurs, en laquelle chambre les sénateurs
-rommains tenoient leur conseil. Et illecques firent serement que leur
-conseil nul n’oseroit révéler sur paine de perdre la teste. Et quant
-ils orent tenu conseil et l’enfant retourna à l’hostel, sa mère luy
-demanda dont il venoit, et il respondi du conseil du Sénatoire avec
-son père. La mère luy demanda quel conseil c’estoit; il dist qu’il ne
-l’oseroit dire sur paine de mort. Adonc fut la mère plus en grant désir
-de le savoir, et commença maintenant à flater, et en après à menacier
-son fils qu’il luy dist. Et quant l’enfant vit qu’il ne povoit durer
-à sa mère, si luy fist premièrement promettre qu’elle ne le diroit à
-nulluy et elle luy promist. Après il luy dist ceste mençonge, c’est
-assavoir que les sénateurs avoient eu en leur conseil entre eulx, ou
-que un mary eust deux femmes, ou une femme deux maris. Quant la mère oy
-ce, si luy deffendi qu’il ne le dist à nul autre, et puis s’en ala à
-ses commères et leur dist le conseil en secret, et l’autre à l’autre,
-et ainsi sceurent toutes ce conseil, chascune en son secret.
-
-Si advint un pou après que toutes les femmes de Romme vindrent au
-Sénatoire où les sénateurs estoient assemblés, et par moult de fois
-crièrent à haulte voix qu’elles aimoient mieulx que une femme eust deux
-maris que un homme deux femmes. Les sénateurs estoient tous esbahis et
-ne savoient que ce vouloit dire, et se taisoient et regardoient l’un
-l’autre en demandant dont ce venoit, jusques à tant que l’enfant Papire
-leur compta tout le fait. Et quant les sénateurs oyrent ce, si en
-furent tous courroucés et le firent sénateur et establirent que jamais
-d’ores-en-avant nul enfant ne fust en leur compaignie.
-
-Ainsi appert par ceste exemple que l’enfant masle qui estoit jeune
-sceut céler et taire et évada, et la femme qui avoit aage convenable
-pour avoir sens et discrétion ne sceut taire ne céler ce qu’elle avoit
-juré et promis sur son serement, et mesmes le secret qui touchoit
-l’honneur de son mary et de son fils.
-
-Et encores est-ce le pis que quant femmes racontent aucune chose
-l’une à l’autre, tousjours la derrenière y adjouste plus et accroist
-la bourde et y met du sien, et l’autre encores plus. Et à ce propos
-raconte-l’en un conte rural d’une bonne dame qui avoit acoustumé à soy
-lever matin. Un jour ne se leva mie si matin qu’elle avoit acoustumé;
-sa commère se doubta qu’elle ne feust malade, si l’ala veoir en son lit
-et luy demanda moult qu’elle avoit. La bonne dame qui eut honte d’avoir
-tant jeu, ne sceut que dire fors qu’elle estoit moult pesante et malade
-et tellement qu’elle ne le sceut dire. La commère la pressa et pria
-par amours qu’elle luy dist, et elle luy jura, promist, et fiança que
-jamais ce qu’elle luy diroit ne seroit révélé pour rien de ce monde à
-nulle créature vivant, père, mère, seur, frère, mary, ne confesseur, ne
-autre. Après celle promesse et serement la bonne dame qui ne savoit que
-dire, par adventure, luy dist que elle avoit un œuf ponnu. La commère
-en fut moult esbahie et monstra semblant d’en estre bien courroucée,
-et jura plus fort que devant que jamais parole n’en seroit révélée.
-
-Assez tost après icelle commère se parti et en s’en retournant encontra
-une autre commère qui luy emprist à dire dont elle venoit, et celle
-tantost luy dist qu’elle venoit de veoir la bonne dame qui estoit
-malade et avoit ponnu deux œufs, et luy pria et aussi l’autre luy
-promist que ce seroit secret. L’autre encontra une autre et en secret
-luy dist que la bonne dame avoit ponnu quatre œufs: l’autre encontra
-une autre et luy dist huit œufs, et ainsi de plus en plus multiplia
-le nombre. La bonne dame se leva et sceut que par toute la ville l’en
-disoit qu’elle avoit ponnu une pannerée d’œufs. Ainsi s’apparceut
-comment femmes sont mal secrètes, et qui pis est le racontent tousjours
-en pire endroit.
-
-Et pour ce, belle seur, sachiez vos secrets céler a tous, vostre
-mary excepté, et ce sera grant sens, car ne créez pas que une autre
-personne cèle pour vous ce que vous mesmes n’arez peu ou sceu céler;
-et pour ce soyez secrète et célant à tous fors à vostre mary, car à
-celluy ne devez-vous riens céler, mais tout dire, et luy à vous aussi
-ensemble. Et il est dit _Ad Ephesios_ Vº: _Sic viri debent diligere
-uxores scilicet ut corpora sua_. Ideo ibidem dicitur: _Viri diligite
-uxores vestras_; et _Unusquisque uxorem suam diligat sicut se ipsum_,
-c’est à dire quel’homme doit amer sa femme comme son propre corps, et
-pour ce, vous deux, c’est assavoir l’homme et la femme, devez estre
-tout un, et en tout et partout l’un de l’autre conseil ouvrer, et ainsi
-font et doivent faire les bonnes et sages gens. Et vueil bien que les
-maris sachent que aussi doivent-ils céler et couvrir les simplesses
-jà faictes par leurs femmes, et doulcement pourveoir aux simplesses à
-venir. Et ainsi le voult faire un bon preudome de Venise.
-
-A Venise furent deux mariés qui orent trois enfans en mariage. Après,
-la femme fu gisant au lit de la mort et se confessa, entre les autres
-choses, de ce que l’un des enfans n’estoit pas de son mary. Le
-confesseur à la parfin luy dist qu’il auroit advis quel conseil il luy
-donroit et retourneroit à elle. Icelluy confesseur vint au phisicien
-qui la gouvernoit et luy demanda l’estat de la maladie d’elle. Le
-phisicien dist qu’elle n’en pourroit eschapper. Adonc le confesseur
-vint à elle et luy dist comment il s’estoit conseillié de son cas et
-ne véoit mie que Dieu luy donnast santé, se elle ne crioit mercy à son
-mary du tort qu’elle luy avoit fait. Elle manda son mary et fist tous
-vuidier hors de la chambre excepté sa mère et son confesseur qui la
-mirent et soustindrent dedens son lit à genoulx, et les mains joinctes
-devant son mary, luy pria humblement mercy de ce qu’elle avoit péchié
-en la loy de son mariage et avoit eu l’un de ses enfans d’autre que de
-luy: et disoit oultre, mais son mary l’escria en disant: Ho! ho! ho!
-n’en dictes plus! Sur ce la baisa et luy pardonna en disant: Jamais
-plus ne le dictes, ne nommez à moy ne à autre lequel c’est de vos
-enfans, car je les vueil aimer autant l’un comme l’autre si également
-que en vostre vie ne après vostre mort vous ne soïez blasmée, car
-en vostre blasme aroie-je honte, et vos enfans mesmes et autres par
-eulx, c’est assavoir nos parens, en recevroient vilain et perpétuel
-reprouche. Si vous en taisiez: je n’en vueil plus savoir afin que l’en
-ne die mie que je face tort aux autres deux. Qui que cestuy soit, je
-luy donne en pur don, dès maintenant, à mon vivant, ce que le droit de
-nos successions luy monteroit.
-
-Belle seur, ainsi véez-vous que le sage homme fleschi son courage pour
-saulver l’onneur de sa femme qui redondoit à luy et à ses enfans, et
-par ce vous appert que les sages hommes et les sages femmes doivent
-faire l’un pour l’autre pour sauver son honneur. Et à ce propos peut
-estre trait autre exemple.
-
-Il fut un grant sage homme que sa femme laissa pour aler avec un autre
-homme jeune en Avignon, lequel quant il en fut saoul la laissa, comme
-il est acoustumé que tels jeunes hommes font souvent. Elle fut povre
-et desconfortée; si se mist au commun pour ce qu’elle ne sceut de quoi
-vivre. Son mary le sceut depuis et en fut moult courroucié et mist le
-remède qui s’ensuit. Il mist à cheval deux des frères de la femme et
-leur donna de l’argent et leur dist qu’ils alassent querre leur seur
-qui estoit ainsi comme toute commune en Avignon, et qu’elle feust
-vestue de housse et chargiée de coquilles, à l’usage de pelerins venant
-de Saint Jaques, et montée souffisament, et quant elle seroit à une
-journée près de Paris, qu’ils le luy mandassent. A tant se partirent.
-Le sage homme publia et dist partout à un et à autre qu’il estoit bien
-joyeulx de ce que sa femme retournoit en bon point, Dieu mercy, de là
-où il l’avoit envoyée, et quant on luy demandoit où il l’avoit envoyée,
-il disoit qu’il l’avoit pieçà envoyée à Saint Jaques en Galice pour
-faire pour luy un pélérinage que son père à son trespassement luy avoit
-enchargié. Chascun estoit tout esbahy de ce qu’il disoit, considéré
-ce que l’en avoit par avant dit d’icelle. Quant sa femme fut venue à
-une journée près de Paris, il fist parer son hostel et mettre du may
-et de l’erbe vert[300] et assembla ses amis pour aler au devant de sa
-femme. Il fut au devant et s’entre-baisièrent, puis commencèrent l’un
-et l’autre à plourer, et puis firent très grant joye. Il fist dire
-à sa femme que à tous elle parlast esbatéement[301], haultement et
-hardiement, et à luy mesmes, et mesmement devant la gent, et qu’elle
-venue à Paris alast sur toutes ses voisines l’une après l’autre et ne
-fist nul semblant de rien que de joye. Et ainsi le bon homme retourna
-et garda l’onneur de sa femme.
-
-Et, par Dieu, se un homme garde l’onneur de sa femme et une femme
-blasme son mary ou seuffre qu’il soit blasmé, ne couvertement, ne en
-appert, elle mesmes en est blasmée, et non sans cause; car, ou il
-est blasmé à tort, ou il est blasmé à droit: s’il est blasmé à tort,
-donc le doit-elle aigrement revenchier; s’il est blasmé à droit, donc
-le doit-elle gracieusement couvrir et doulcement défendre, car il
-est certain que se le blasme demouroit sans estre effacié, de tant
-comme auroit plus meschant mary, seroit elle réputée pour meschant et
-partiroit à son blasme pour ce qu’elle se seroit mariée à si meschant.
-Car, tout ainsi comme celluy qui joue aux eschez tient longuement en sa
-main son eschec avant qu’il l’assiée pour adviser de le mettre en lieu
-seur, tout ainsi la femme se doit tenir pour advisier et choisir et se
-mettre en bon lieu. Et s’elle ne le fait, si luy soit reprouchié, et
-doit partir au blasme de son mary; et se il est en rien taché, elle le
-doit couvrir et céler de tout son povoir. Et autel doit faire le mary
-de sa femme, comme dit est dessus et dit sera cy après.
-
-Je sceus un bien notable advocat en Parlement, lequel advocat avoit
-eu une fille qu’il avoit engendrée en une povre femme, qui la mist
-à nourrisse: et par deffault de paiement, ou de visitation, ou des
-courtoisies que les hommes ne scevent pas faire aux nourrisses en tels
-cas, fu de ce telles paroles que la femme de l’advocat le sceut, et
-sceut aussi que je faisoie les paiemens de ceste nouriture et pour
-couvrir l’honneur du seigneur à qui j’estoie et suis bien tenu, Dieu
-le gart! Et pour ce la femme d’icelluy advocat vint à moy et me dist
-que je faisoie grant péchié que son seigneur fust esclandry et diffamé,
-et qu’elle estoit mieulx tenue à souffrir le danger[302] de ceste
-nouriture que moy, et que je la menasse où l’enfant estoit[303].... la
-mist en garde avec une cousturière et luy fist aprendre son mestier et
-puis la maria, ne oncques un maltalent ne un seul courroux ou laide
-parole son mary n’en apparceut. Et ainsi font les bonnes femmes vers
-leurs maris et les bons maris vers leurs femmes quant elles faillent.
-
-
-
-
-NEUVIÈME ARTICLE.
-
-
-Le neuviesme article doit monstrer que vous soyez sage à ce que se
-vostre mary folloie comme jeunes gens ou simples gens font souvent,
-que doulcement et sagement vous le retrayez de ses folies. Primo, s’il
-veult soy courroucier ou mal exploitier contre vous, gardez que par
-bonne patience et par la doulceur de vos paroles vous occiez l’orgueil
-de sa cruaulté, et se ainsi le savez faire, vous l’arez vaincu
-tellement qu’il ne vous pourra faire mal néant plus que s’il fust
-mort, et si luy souvendra depuis tellement de vostre bien, jasoit-ce
-qu’il n’en die mot devant vous, que vous l’aurez du tout attrait à
-vous. Et se vous ne le povez desmouvoir qu’il ne vous courrousse,
-gardez que vous ne vous en plaigniez à vos amis ne autres dont il se
-puisse apparcevoir, car il en tendroit moins de bien de vous et luy en
-souvendroit autre fois, mais alez en vostre chambre plourer bellement
-et coyement, à basse voix, et vous en plaignez à Dieu; et ainsi le font
-les sages dames. Et s’il est ainsi qu’il se vueille esmouvoir contre
-autre personne plus estrange, si le refrenez sagement; et, à ce propos,
-est une histoire ou traictié qui dit ainsi[304]:
-
-Un jouvencel appellé Mellibée, puissant et riche, ot une femme nommée
-Prudence, et de celle femme ot une fille. Advint un jour qu’il s’ala
-esbatre et jouer et laissa en son hostel sa femme et sa fille et
-les portes closes. Trois de ses anciens ennemis approuchièrent et
-appoièrent escheles aux murs de sa maison, et par les fenestres
-entrèrent dedans, et batirent sa femme [forment], et navrèrent
-sa fille de cinq plaies mortels en cinq lieux de son corps c’est
-assavoir ès piés, ès oreilles, ou nez, en la bouche et ès mains, et la
-laissièrent presque morte, puis s’en alèrent.
-
-Quant Mellibée retourna à son hostel et vit cest meschief, si commença
-et prist à plaindre et à plourer et à soy batre, et en manière de
-forcené sa robe dessirer. Lors Prudence sa femme le prist à admonester
-qu’il se souffrist[305]; et il tousjours plus fort crioit. Adonc
-Prudence se appensa de la sentence Ovide, ou livre _des Remèdes
-d’amours_, qui dit que cellui est fol qui s’efforce d’empeschier la
-mère de plorer la mort de son enfant, jusques à tant qu’elle se soit
-bien vuidée de larmes et saoulée de plorer. Lors il est temps de la
-conforter et attremper sa douleur par doulces paroles.
-
-Pour ce Prudence se souffri un pou de temps, et puis quant elle vit son
-temps, si lui dist: Sire, dist-elle, pourquoy vous faites-vous sembler
-fol? Il n’appartient pas à sage homme de démener si grant dueil. Vostre
-fille eschappera se Dieu plaist: se elle estoit ores morte, vous ne
-vous devriez pas pour luy destruire, car Sénèque dit que li sages ne
-doit point prendre grant desconfort de [la mort de] ses enfans, ains
-doit souffrir leur mort aussi légièrement comme il attend la sienne
-propre. Mellibée respondi: qui est celluy qui se pourroit tenir de
-plorer en si grant cause de douleur? Nostre Seigneur Jhésu-Crist mesmes
-plora de la mort du ladre son amy.--Certes, dist Prudence, pleurs ne
-sont mie deffendus à celluy qui est triste ou entre les tristes,
-mais leur est ottroié, car, selon ce que dit saint Pol l’apostre en
-l’epistre aux Rommains, on doit mener joye avec ceulx qui ont joye et
-mainnent, et doit-on plourer avec ceulx qui pleurent. Mais jasoit-ce
-que plourer atrempéement soit permis, toutesvoies plorer desmesuréement
-est deffendu, et pour ce l’on doit garder la mesure que Sénèque met.
-Quant tu auras, dit-il, perdu ton amy, ton œil ne soit ne trop sec ne
-trop moistes, car jasoit-ce que la larme viengne à l’œil, elle n’en
-doit pas issir; et quant tu auras perdu ton ami, pense et efforce-toy
-d’un autre recouvrer, car il te vault mieulx un autre ami recouvrer
-que l’ami perdu plorer. Se tu veulx vivre sagement, oste tristesse de
-ton cuer, car Sénèque dit: le cuer lié et joyeux maintient la personne
-en la fleur de son aage, mais l’esperit triste luy fait séchier les
-os[306]; et dist aussi que tristesse occist moult de gens[307]. Et
-Salemon dit que tout ainsi comme la tigne ou l’artuison[308] nuit à la
-robe et le petit ver au bois, tout ainsi griève tristesse au cuer. Et
-pour ce nous devons porter [patiemment] en la perte de nos enfans et de
-nos autres biens temporels ainsi comme Job [lequel,] quant il ot perdu
-ses enfans et toute sa substance et eut receu moult de tribulations en
-son corps, il dist: nostre Seigneur le m’a donné, nostre Seigneur le
-m’a tolu: ainsi comme il le m’a voulu faire, il l’a fait; benoist soit
-le nom nostre Seigneur!
-
-Mellibée respondi à Prudence sa femme ainsi: toutes les choses que tu
-dis sont vrayes et profitables, mais mon esperit est si troublé que
-je ne sçay que je doie faire. Lors Prudence lui dist: appelle tous tes
-loyaulx amis, tes affins[309] et tes parens, et leur demande conseil
-de ceste chose, et te gouverne selon le conseil qu’ils te donront, car
-Salemon dit: tous tes fais par conseil feras, ainsi ne t’en repentiras.
-
-Adonc Mellibée appella moult de gens, c’est assavoir cirurgiens,
-phisiciens vieillars et jeunes, et aucuns de ses anciens ennemis qui
-estoient réconciliés [par semblance], et retournés en sa grâce et
-en son amour, et aucuns de ses voisins qui lui portèrent révérence
-plus par doubtance que par amour, et avec ce vindrent plusieurs de
-losengeurs et moult de sages clers et bons advocas. Quant ceulx
-furent ensemble, il leur recompta et monstra bien par la manière de
-son parler qu’il estoit moult courroucié, et qu’il avoit moult grant
-désir de soy vengier tantost et faire guerre incontinent: toutesvoies
-il demanda sur ce leur conseil. Lors un cirurgien par le conseil des
-autres cirurgiens se leva disant: Sire, il appartient à un cirurgien
-que il porte à un chascun prouffit et à nul dommage, dont il advient
-aucunes fois que quant deux hommes par malice se sont combatus ensemble
-et navrés l’un l’autre, un mesme cirurgien garist l’un et l’autre; et
-pour ce il n’appartient point à nous de esmouvoir ou nourrir guerre
-ne supporter partie[310], mais à ta fille garir. Jasoit-ce qu’elle
-soit navrée malement, nous mettrons toute nostre cure de jour et de
-nuit, et, à l’aide de nostre Seigneur, nous te la rendrons toute
-saine. Presques en ceste manière respondirent les phisiciens, et
-oultre adjoustèrent avec ce aucuns que tout ainsi comme selon l’art
-de médicine les maladies se doivent garir par contraires, ainsi
-doit-l’en garir guerre par vengence. Les voisins envieux, les ennemis
-réconciliés par semblant, les losengeurs, firent semblant de plorer
-et commencèrent le fait moult à aggraver en loant moult Mellibée en
-puissance d’avoir et d’amis, et en vitupérant la puissance de ses
-adversaires, et dirent que tout oultre il se devoit tantost vengier et
-incontinent commencier la guerre. Adonc un sage advocat de la voulenté
-des autres se leva et dist: Beaulx seigneurs, la besongne pour quoy
-nous sommes cy assemblés est moult haulte et pesante pour cause de
-l’injure et du maléfice qui est moult grant, et pour raison des grans
-maulx qui s’en pevent ensuivre ou temps advenir, et pour la force des
-richesses et des puissances des parties; pour laquelle chose il seroit
-grant péril errer en ceste besongne. Pour ce, Mellibée, dès maintenant
-nous te conseillons que sur toutes choses tu aies diligence de garder
-ta personne, et euvres en telle manière que tu soies bien pourveu
-d’espies[311] et guettes[312] pour toy garder. Et après tu mettras en
-ta maison bonne garnison et fort pour toy et ta maison défendre. Mais
-de mouvoir guerre et de toy vengier tantost, nous n’en povons pas bien
-jugier en si pou de temps lequel vault mieulx. Si demandons [espace]
-d’avoir délibération, car l’on dit communément: qui tost juge, tost se
-repent; et dit-on aussi que le juge est bon qui tost entent et tart
-juge. Car jasoit-ce que toute demeure soit ennuyeuse, toutesvoies elle
-ne fait pas à reprendre en jugement et en vengence quant elle est
-souffisant et raisonnable. Et ce nous monstre nostre Seigneur par
-exemple, quant la femme qui estoit prinse en adultère lui fut admenée
-pour jugier d’icelle ce que on en devoit faire. Car jasoit-ce qu’il
-sceust bien qu’il devoit respondre, toutesvoies il ne respondi pas
-tantost, mais voult avoir délibération et escript deux fois en terre.
-Pour ces raisons, nous demandons délibération, laquelle eue, nous te
-conseillerons, à l’aide de Dieu, chose qui sera à ton proufit.
-
-Lors les jeunes gens et la plus grant partie de tous les autres
-mocquèrent[313] ce sage et firent grant bruit, et dirent que tout ainsi
-comme l’en doit batre le fer tant comme il est chault, ainsi l’en doit
-vengier l’injure tant comme elle est fresche, et se escrièrent à haulte
-voix: _guerre! guerre! guerre!_
-
-Adonques se leva un des anciens et estendit la main et cria que l’en
-feist silence et dist ainsi: moult de gens crient _guerre!_ haultement,
-qui ne scevent que guerre se monte. Guerre en son commencement est si
-large et a si grant entrée que un chascun y puet entrer et la puet
-trouver légièrement, mais à très grant peine puet-l’en savoir à quelle
-fin l’en en puet venir. Car quant la guerre commence, moult de gens ne
-sont encores nés, qui pour cause de la guerre mourront jeunes, ou en
-vivront en douleur et en misère et fineront leur vie en chétiveté. Et
-pour ce, avant que l’en mueve guerre, l’en doit avoir grant conseil et
-grant délibération.
-
-Quant icelluy ancien cuida confermer son dit par raisons, ils se
-levèrent presque tous encontre luy et entrerompirent son dit souvent,
-et lui dirent qu’il abrégeast ses paroles, car la narration de cellui
-qui presche à ceulx qui ne le veulent oïr, est ennuyeuse; c’est à dire
-que autant vault parler devant cellui à qui il ennuye comme chanter
-devant cellui qui pleure. Quant ce sage ancien vit qu’il ne povoit
-avoir audience, ne se efforça plus de parler. Si dit: je vois bien
-maintenant que le proverbe commun est vray: lors fault le bon conseil,
-quant le grant besoing est[314]. Et ce dit, il s’assist comme tout
-honteulx.
-
-Encores avoit en conseil Mellibée moult de gens qui lui conseilloient
-autre chose en l’oreille et autre chose en appert. Quant Mellibée eust
-oy son conseil, il conceut et advisa que trop plus grant partie se
-accordoit et conseilloit que l’en feist guerre; si se arresta en leur
-sentence et la conferma. Lors dame Prudence, quant elle vit son mary
-qui se appareilloit de soy vengier et de faire guerre, si lui vint au
-devant et lui dist moult doulcement: Sire, je vous pry que vous ne
-vous hastez et que vous pour tous dons me donnez espace de parler,
-car Pierre Alphons[315] dit: qui te fera bien ou mal, ne te haste du
-rendre, car ainsi comme plus long temps te attendra ton amy, ainsi
-plus long temps te doubtera ton ennemi. Mellibée respondi à Prudence
-sa femme: je ne propose point de user de ton conseil et pour moult de
-raisons. Premièrement, car chascun me tendroit pour fol, se je par ton
-conseil et par ton consentement changeoie ce qui est ordonné par moult
-de bonnes gens: après car toutes femmes sont mauvaises, et une seule
-n’est bonne, selon le dit de Salemon: en mil hommes, dit-il, j’ay bien
-trouvé un preudomme, mais de toutes les femmes je n’en treuve nulle
-bonne. Après est la tierce raison, car se je me gouvernoie de ton
-conseil, il sembleroit que je te donnasse sur moy seignorie, laquelle
-chose ne doit pas estre. Car Jhésu-Sirac[316] dit: se la femme a la
-seignorie, elle est contraire à son mary. Et Salemon dit: à ton fils,
-à ta femme, à ton frère, à ton amy ne donne puissance sur toy en toute
-ta vie, car il te vault mieulx que tes enfans te requièrent ce que
-mestier sera pour eulx que toy regarder ès mains de tes enfans. Après,
-se je vouloye user de ton conseil, il conviendroit aucunes fois que le
-conseil fust secret jusques à tant qu’il fust temps de le révéler, et
-ce ne se pourroit faire, car il est escript: la jenglerie des femmes ne
-puet riens céler fors ce qu’elle ne scet. Après, le philosophe dit: en
-mauvais conseil les femmes vainquent les hommes. Pour ces raisons je ne
-doy point user de ton conseil.
-
-Dame Prudence, après ce qu’elle ot oy débonnairement et en grant
-patience toutes les choses que son mary voult avant traire, si demanda
-licence de parler et puis dist: Sire, à la première raison que vous
-m’avez avant mise, puet-on respondre légièrement. Car je dy qu’il n’est
-pas folie de changer son conseil quant la chose se change ou quant la
-chose appert autrement que devant. Après, je dy encores plus, car se tu
-avoies promis et juré de faire ton emprise et tu la laissoies à faire
-pour juste cause, l’en ne devroit pas dire que tu fusses mensongier
-ne parjure, car il est escript: le sage ne ment mie quant il mue son
-courage[317] en mieulx. Et jasoit-ce que ton emprise soit estable
-et ordonnée par grant multitude de gens, pour ce ne la convient pas
-accomplir, car la vérité des choses et le prouffit sont mieulx trouvés
-par pou de gens sages et parlans par raison que par multitude de gens
-où chascun brait et crie à sa voulenté: et telle multitude n’est point
-honneste.
-
-A la seconde raison, quant vous dittes que toutes femmes sont mauvaises
-et nulles bonnes, sauf vostre grâce, [vous parlez trop généraulment
-quant] vous les desprisez ainsi toutes, car il est escript: qui
-tout desprise, à tout desplait; et Sénèque dit que cellui qui veult
-acquerre sapience ne doit nul desprisier, mais ce qu’il scet, il le
-doit enseigner sans présumption, et ce qu’il ne scet, il ne doit pas
-avoir honte de demander à maindre de luy. Et que moult de femmes soient
-bonnes, l’en le puet prouver légièrement. Premièrement, car nostre
-Seigneur Jhésu-Crist ne se fust oncques daigné descendre en femme se
-elles fussent toutes mauvaises ainsi comme tu le dis. Après, pour la
-bonté des femmes, nostre Seigneur Jhésu-Crist, quant il fut ressuscité
-de mort à vie, il apparut premier[318] à Marie Magdalaine que aux
-apostres; et quant Salemon dist que de toutes femmes il n’en a trouvé
-nulle bonne, pour ce ne s’ensuit pas que nulle ne soit bonne. Car
-jasoit-ce qu’il ne l’ait trouvée, moult des autres en ont bien trouvé
-plusieurs bonnes et loyaulx; ou, par adventure, quant Salemon dit qu’il
-n’a point trouvé de bonne femme, il entend de la bonté souveraine de
-laquelle nul n’est bon fors Dieu seulement, selon ce que lui mesmes
-le dit en l’Euvangile, car nulle créature n’est tant bonne, à qui ne
-faille aucune chose, sans comparoison à la perfection de son Créateur.
-
-La tierce chose si est comme tu dis se tu te gouvernoies par mon
-conseil, il sembleroit que tu me donnasses par dessus toy seignorie.
-Sauve ta grâce, il n’est pas ainsi: car selon ce, nul ne prendroit
-conseil fors à cellui à qui il vouldroit sur lui puissance, et ce
-n’est pas vray, car cellui qui demande conseil a franchise et libérale
-voulenté de faire ce que l’en luy conseille, ou de le laissier.
-
-Quant à la quarte raison, où tu dis que la jenglerie des femmes ne
-puet céler fors ce qu’elles ne scevent pas, ceste parole doit estre
-entendue d’aucunes femmes jengleresses desquelles on dit: trois choses
-sont qui gettent homme hors de sa maison, c’est assavoir la fumée[319],
-la goutière et la femme mauvaise. Et de telles femmes parle Salemon
-quant il dit: il vauldroit mieulx habiter en terre déserte que avec
-femme rioteuse et courrouceuse. Or scez-tu bien que tu ne m’as pas
-trouvée telle, ains as souvent esprouvé ma grant silence et ma grant
-souffrance, et comme j’ai gardé et célé les choses que l’en devoit
-céler et tenir secrètes.
-
-Quant à la quinte raison, où tu dis que en mauvais conseil les femmes
-vainquent les hommes, ceste raison n’a point cy son lieu, car tu ne
-demandes pas conseil de mal faire, et se tu vouloies user de mauvais
-conseil et mal faire, et ta femme t’en povoit retraire et vaincre, ce
-ne seroit pas à reprendre, mais à loer. Et ainsi l’en doit entendre
-le dit du philosophe: en mauvais conseil vainquent les femmes les
-hommes, car aucunes fois quant les hommes veullent ouvrer de mauvais
-conseil, les femmes les en retraient et les vainquent. Et quant vous
-blasmez tant les femmes et leur conseil, je vous monstreray par moult
-de raisons que moult de femmes ont esté bonnes et leur conseil bon et
-proufitable. Premièrement, l’en a acoustumé de dire: conseil de femme,
-ou il est très chier, ou il est très vil. Car jasoit-ce que moult de
-femmes soient très mauvaises et leur conseil vil, toutesvoies l’en
-en treuve assez de bonnes et qui très bon conseil et très chier ont
-donné. Jacob par le bon conseil de Rébeca sa mère gaigna la bénéiçon
-de Isaac son père et la seignorie sur tous ses frères. Judith par son
-bon conseil délivra la cité de Buthulie où elle demouroit, des mains
-de Holofernes qui l’avoit assiégée et la vouloit destruire. Abigaïl
-délivra Nagal son mari de David qui le vouloit occire et appaisa le
-roy par son sens et par son conseil. Hester par son conseil esleva
-moult son peuple ou royaume de Assuere le roy: et, ainsi puet-l’en
-dire de plusieurs autres. Après, quant nostre Seigneur ot créé Adam le
-premier homme, il dist: Il n’est pas bon estre [l’homme] tout seul.
-Faisons-lui aide semblable [à lui]. Se elles doncques n’estoient bonnes
-et leur conseil [bon], nostre Seigneur ne les eust pas appellées[320]
-adjutoires de hommes, car elles ne fussent pas adjutoires de l’homme,
-mais en dommage et en nuisance. Après, un maistre fist deux vers ès
-quels il demande et respont et dit ainsi: [quelle chose vault mieux
-que l’or? Jaspe. Quelle chose vaut plus que jaspe? Sens.] Quelle chose
-vault mieulx que sens? Femme. Quelle chose vault mieulx que femme?
-Riens. Par ces raisons et par moult d’autres pues-tu veoir que moult
-de femmes sont bonnes et leur conseil bon et proufitable. Se tu veulx
-doncques maintenant croire mon conseil, je te rendray ta fille toute
-saine, et feray tant que tu auras honneur en ce fait.
-
-Quant Mellibée ot oy Prudence, si dist: je voy bien que la parole
-Salemon est vraye, qui dit: broches de miel sont bonnes paroles bien
-ordonnées, car elles donnent doulceur à l’âme et santé au corps. Car
-pour tes paroles très doulces, et pour ce aussi que j’ay esprouvé ta
-grant sapience et ta grant loyaulté, je me vueil du tout gouverner par
-ton conseil.
-
-Puis, dist Prudence, que tu te veulx gouverner par mon conseil, je
-te vueil enseignier comment tu te dois avoir en conseil prendre.
-Premièrement, en toutes tes euvres et devant tous autres conseils, tu
-dois amer et prendre le conseil de Dieu et le demander, et te dois
-mettre en tel lieu et en tel estat qu’il te daigne conseillier et
-conforter. Pour ce dist Thobie à son fils: en tout temps bénéis Dieu
-et lui prie qu’il t’adrece tes voies, et tous tes conseils soient en
-lui tout temps. Saint Jaques si a dit: se aucun de nous a mestier de
-sapience, si la demande à Dieu. Après, tu dois prendre conseil en toy
-et entrer en ta pensée et examiner ce que mieulx te vault. Et lors
-dois-tu oster trois choses de toy qui sont contrarieuses à conseil,
-c’est assavoir: ire, convoitise et hastiveté. Premièrement donques,
-cellui qui demande conseil à soy mesmes doit estre sans yre par moult
-de raisons. La première est car cellui qui est courreciés cuide
-tousjours plus povoir faire qu’il ne puet, et pour ce, son conseil[321]
-surmonte tousjours sa force: l’autre car cellui qui est courroucié,
-selon ce que dit Sénèque, ne puet parler fors que choses crimineuses,
-et par ceste manière il esmeut les autres à courroux et à yre; l’autre
-car cellui qui est courcié ne puet bien juger et par conséquent bien
-conseiller. Après, tu dois oster de toy convoitise, car, selon ce que
-dit l’apostre, convoitise est racine de tous maulx, et le convoiteux ne
-puet riens juger fors que en la fin sa convoitise soit acomplie, qui
-acomplir ne se puet, car tant com plus a li convoiteux, plus désire.
-
-Après tu dois oster de toy hastiveté, car tu ne dois pas juger pour
-le meilleur ce que tantost te vendra au devant, ains y dois penser
-souvent, car, selon ce que tu as oy dessus, l’en dist communément:
-qui tost juge, tost se repent. Tu n’es pas toutes heures en une
-disposition, ains trouveras que ce qui aucune fois te semblera bon de
-faire, l’autre fois te semblera mauvais. Et quant tu auras pris conseil
-à toy mesme et auras jugié à grant délibération ce qui mieulx te vault,
-tien le secret et te garde de révéler à nulle personne, se tu ne cuides
-que en révélant tu faces ta condition meilleur et que le révéler te
-portera prouffit. Car Jhésu-Sirac[322] dit: à ton ami ne à ton ennemi
-ne raconte ton secret ne ta folie, car ils te orront et te regarderont
-et te supporteront en ta présence, et par derrière se moqueront de toy.
-Et un autre dit: à peine trouveras-tu un, tant seulement, qui puisse
-bien céler secret. Et Pierre Alphons dit: tant comme ton secret est
-en ton cuer, tu le tiens en ta prison, et quant tu le révèles à autruy
-il le tient en la sienne; et pour ce il te vault mieulx taire et ton
-secret céler que prier cellui à qui tu le révèles qu’il le cèle, car
-Sénèque dit: se tu ne te pues taire et ton secret céler, comment ose-tu
-prier un autre qu’il le vueille céler?
-
-Se tu cuides que révéler ton secret à autre et avoir son conseil face
-ta condition meilleur, lors le quiers, et maintien-toy en telle guise:
-premièrement, tu ne dois pas faire semblant [à ton conseil][323] quelle
-partie tu veulx tenir ne monstrer ta voulenté, car communément tous
-conseillers sont losengeurs, espécialment ceulx qui sont du conseil
-des grans seigneurs, car ils s’efforcent plus de dire chose plaisant
-que proufitable, et pour ce, riche homme n’aura jà bon conseil se
-il ne l’a de soy mesmes. Après tu dois considérer tes amis et tes
-ennemis. Entre tes amis tu dois considérer le plus loial et le plus
-sage, le plus ancien et le plus esprouvé en conseil, et à ceulx tu
-dois conseil demander. Premièrement doncques, tu dois appeller à ton
-conseil tes bons et tes loyaulx amis, car Salemon dit ainsi: comme
-le cuer se délite en bonne odeur, conseil de bons amis fait à l’âme
-doulceur; et dit encores: à l’amy loyal nulle chose ne se compare,
-car ne or ne argent ne sont tant dignes comme la voulenté du loyal
-amy. Et dit oultre: amy loyal est une forte défense: qui le trouve, il
-treuve un grant trésor. Après tu dois regarder que les loyaulx amis que
-tu appelles à ton conseil soient sages, car il est escript: requier
-tousjours le conseil du sage. Par ceste mesme raison tu dois appeller
-les anciens qui assez ont veu et assez ont esprouvé, car il est escript
-en Job: ès anciens est la sapience, et en moult de temps est prudence.
-Et Tulles dit: les grans besongnes ne se font pas par force ne par
-légièreté de corps, mais par bon conseil et par auctorité de personne
-et par science: lesquelles trois choses ne affoiblissent pas en
-vieillesse, mais enforcent et croissent tous les jours. Après, en ton
-conseil tu dois garder ceste règle car au commencement tu dois appeller
-pou de gens des plus espéciaulx, car Salemon dit: efforce-toy d’avoir
-pluseurs amis, mais entre mil eslis-en un pour ton conseiller. Quant
-tu auras en ton conseil pou de gens, si le peus révéler, se mestier
-est, à plusieurs. Toutesvoies les trois conditions dessus dictes si
-doivent estre ès conseillers tousjours gardées, et ne te souffise pas
-un conseillier tant seulement, mais en fais plusieurs, car Salemon dit:
-sainement est la chose où plusieurs conseillers sont.
-
-Après ce que je t’ay monstré à qui tu dois prendre conseil, je te
-vueil monstrer lequel conseil tu dois fuir; [premièrement tu dois] le
-conseil des fols eschiver, car Salemon dit: à fol ne vueil prendre
-conseil, car il ne te saura conseiller fors ce qu’il aime et qui luy
-plaist; et il est escript: en la propriété du fol est que il croit
-légièrement tous maulx d’autruy et tous biens de luy. Après, tu dois
-fuir le conseil des faintifs et losengeurs qui s’efforcent plus de
-loer ta personne et à toy plaire que de dire vérité. Et Tulles dit:
-entre toutes les pestilences qui en amitié sont, la plus grant est
-losengerie. Et pour ce tu dois plus doubter et fuir les doulces paroles
-[de celui qui te loera] que [les aigres paroles de] celui qui vérité te
-dira, car Salemon dit: homme qui dit paroles de losengerie est un las
-pour prendre les innocens; et dit aussi autre part: homme qui parle à
-son amy paroles doulces et souefves, luy met devant les piés la rais
-pour le prendre. Pour ce dit Tulles: garde que ne enclines point tes
-oreilles aux losengeurs et ne reçoy point en ton conseil paroles de
-losengerie. Et Caton dit ainsi: advise-toy d’eschever paroles doulces
-et souefves.
-
-Après, tu dois eschever le conseil de tes anciens ennemis qui sont
-réconciliés, car il est escript: nul ne retourne seurement en la grâce
-de son ennemy. Et Ysope dit: ne vous fiez point en ceulx à qui vous
-avez eu guerre ou inimitié anciennement et ne leur révélez point vos
-consaulx ou secrets; et la raison rent Sénèque et dit ainsi: il ne peut
-estre que là où le feu a esté longuement, qu’il n’y demeure tousjours
-aucune vapeur. Pour ce dit Salemon: en ton ancien ennemy ne te vueilles
-nul temps fier, et encores s’il est réconcilié, se humilité est en luy
-par semblant, et encline sa teste devant toy, ne le croy néant, car il
-le fait plus [pour son proffit que] pour l’amour de toy, afin qu’il
-puisse avoir victoire de toy en soy humiliant envers toy, laquelle
-victoire il ne peut avoir en toy poursuiant. Et Pierre Alphons dit: ne
-t’acompaigne pas à tes anciens ennemis, car ce que tu feras de bien,
-ils le pervertiront ou amenuiseront.
-
-Après tu dois fuir le conseil de ceulx qui te servent et portent
-révérence, car ils le font plus par doubtance que par amour. Car un
-philosophe dit: nul n’est bien loyal à celui que il trop doubte; et
-Tulles dit: nulle puissance d’empire n’est si grant que elle puisse
-durer longuement se elle n’a plus l’amour du peuple que la paour.
-Après, tu dois fuir le conseil de ceulx qui sont souvent yvres, car
-ils ne scevent riens céler, et dit Salemon: nul secret n’est là où
-règne yvresse. Après tu dois avoir le conseil suspect de ceulx qui
-conseillent une chose en secret, et puis autre dient en appert.
-Car Cassiodores dit: une manière de grever son ami est de monstrer
-en appert ce dont l’en veult le contraire. Après, tu dois avoir en
-suspect le conseil des mauvais hommes, car il est escript: les conseils
-des mauvais hommes sont tousjours plains de fraude; et David dit:
-bieneureux est l’homme qui n’a point esté ès consaulx des mauvais!
-Après, tu dois fuir le conseil des jeunes gens, car le sens des jeunes
-gens n’est pas encores meur. De quoy Salemon dit: dolente est la terre
-qui a enfant à seigneur[324]! Et le philosophe dit que nous n’eslisons
-pas les jeunes en princes, car communément ils n’ont point de prudence;
-et dit encores Salemon: dolente est la terre de quoy le prince ne se
-liève matin!
-
-Puis que je t’ay monstré à qui tu dois prendre conseil et de qui
-conseil tu dois eschever et fuir, je te vueil apprendre comment tu dois
-conseil examiner. En examinant doncques ton conseil, selon ce que dit
-Tulles et enseigne, tu dois considérer plusieurs choses. Premièrement,
-tu dois considérer que en ce que tu proposes et sur quoy tu veulx avoir
-conseil, vérité soit gardée et dicte, car l’en ne puet bien conseillier
-à cellui qui ne dit vérité. Après tu dois considérer toutes les choses
-qui s’accordent à ce que tu proposes faire selon ton conseil: se raison
-s’y accorde et si ta puissance s’y accorde, si plusieurs et meilleurs
-s’y accordent que discordent, ou non. Après, tu dois considérer au
-conseil ce qui s’ensuit: se c’est haine ou amour, paix ou guerre,
-prouffit ou dommage, et aussi de moult d’autres choses; et en toutes
-ces choses tu dois tousjours eslire ce qui est ton prouffit, toutes
-autres choses reffusées et rabatues. Après, tu dois considérer de
-quelle racine est engendrée la matière de ton conseil et quel prouffit
-elle puet concevoir et engendrer, et dois encores considérer toutes les
-causes dont elle est venue.
-
-Quant tu auras examiné ton conseil en la manière dicte, et trouvé
-laquelle partie est meilleur et plus prouffitable et esprouvée de
-plusieurs sages et anciens, tu dois considérer se tu le pouras mener à
-fin, car nul ne doit commencer chose s’il n’a povoir de la parfaire,
-et ne doit prendre charge qu’il ne puisse porter. L’en dit en un
-proverbe: qui trop embrasse, pou estraint; et Caton dit: essaye-toy
-de faire ce que tu as povoir de faire, pour ce que la charge ne te
-presse tant qu’il te faille laissier ce que tu as commencié à faire,
-et s’il est doubte se tu le pourras mener à fin ou non, eslis plus
-tost le délaissier que le commencier. Car Pierre Alphons dit: se tu as
-povoir de faire une chose dont il te conviengne repentir, il te vault
-mieulx souffrir que encommencier. Bien disent ceulx qui deffendent à un
-chascun chose faire [dont il duelt et doubte se elle est de faire] ou
-non. En la fin, quant tu auras examiné ton conseil en la manière dessus
-dicte et auras trouvé que tu le pourras mener à fin, lors le retien et
-le conferme.
-
-Or est raison que je te monstre quant et pourquoy on doit changier son
-conseil sans répréhension. L’en peut changier son conseil et son propos
-quant la cause cesse ou quant nouvelle cause survient. Car la loy dit:
-les choses qui de nouvel surviennent ont mestier de nouvel conseil. Et
-Sénèque dit: se ton conseil est venu à la congnoissance de ton ennemy,
-lors change ton conseil. Après, l’en peut changier son conseil quant
-l’en treuve après que par erreur ou par autre cause mal ou dommage en
-puet venir; après, quant le conseil est déshonneste ou vient de cause
-déshonneste, car les lois dient que toutes promesses déshonnestes sont
-de nulle valeur; après, quant il est impossible ou ne se puet garder
-bonnement; et en moult d’autres manières. Après ce, tu dois tenir pour
-règle générale que ton conseil est mauvais quant il est si ferme que
-l’en ne le puet changier pour condition qui surviengne.
-
-Quant Mellibée ot oy ces enseignemens de dame Prudence, si respondi:
-Prudence, jusques à l’eure de maintenant vous m’avez assez enseignié
-comment en général je me doy porter en conseil prendre ou retenir, or
-vouldroie-je bien que vous descendissiez en espécial et me deissiez ce
-que vous semble du conseil que nous avons eu en ceste propre besongne.
-
-Lors respondi dame Prudence: Sire, dist-elle, je te prie que tu ne
-rappelles point en ton courage se je dy chose qui te desplaise, car
-tout ce que je te dy, je l’entens dire à ton honneur et à ton prouffit,
-et ay espérance que tu le prendras en patience. Et pour ce je te fais
-assavoir que ton conseil, à parler proprement, ne doit estre appellé
-conseil, mais un fol esmouvement sans discrétion ouquel tu as erré en
-moult de manières.
-
-Premièrement, tu as erré en assemblant ton conseil, car au
-commencement tu deusses avoir appellé moult peu de gens, et puis après
-plusieurs, se besoing fust; mais tantost tu as appellé une multitude
-de gent chargeuse et ennuyeuse. Après tu as erré, car tu deusses avoir
-appellé tant seulement tes loyaulx amis, sages et anciens; mais avec
-ceulx tu as appellé gens estranges, jouvenceaulx, fols, losengeurs,
-ennemis réconciliés et gens qui te portent révérence sans amour. Après
-tu as erré quant tu es venu à conseil, car tu avoies avec toy ensemble
-ire, convoitise et hastiveté, lesquelles trois choses sont contraires
-à conseil, et ne les as pas abaissées en toy ne en ton conseil ainsi
-comme tu deusses. Après tu as erré, car tu as démonstré à ton conseil
-ta voulenté et la grant affection que tu avoies de faire guerre
-incontinent et de prendre vengence, et pour ce ils ont plus suivy ta
-voulenté que ton prouffit. Après tu as erré, car tu as esté content
-d’un conseil tant seulement, et toutesvoies en si grant besongne et
-si haulte estoient bien nécessaires plusieurs conseils. Après tu as
-erré, car [quant tu as fait la division entre ceulx de ton conseil,]
-tu n’as pas suivy la voulenté de tes loyaulx amis sages et anciens,
-mais as regardé seulement le plus grant nombre. Et tu scez bien que les
-fols sont tousjours en plus grant nombre que les sages, et pour ce le
-conseil des chappitres et des grans multitudes de gens où l’on regarde
-plus le nombre que les mérites des personnes erre souvent, car en tel
-conseil les fols ont toujours gaignié par multitude.
-
-Mellibée adonc respondi: je confesse bien que j’ay erré, mais pour ce
-que tu m’as dit dessus que cellui ne fait pas à reprendre, qui change
-son conseil en moult de cas, je suis appareillié à le changier à ta
-voulenté, car péchier est euvre d’omme, mais persévérer en péchié est
-euvre de déable; et pour ce je ne vueil plus en ce persévérer.
-
-Lors dit Prudence: examinons tout ton conseil [et véons lesquels ont
-parlé plus raisonnablement et donné meilleur conseil,] et pour ce
-que l’examination soit mieulx faicte, commençons aux cirurgiens et
-aux phisiciens qui premièrement parlèrent. Je dy, dist-elle, que les
-cirurgiens et les phisiciens dirent ou conseil ce qu’ils devoient
-dire et parlèrent sagement, car à leur office appartient à un chascun
-prouffiter et à nul nuire, et selon leur art ils doivent avoir grant
-diligence de la cure de ceulx qu’ils ont en leur gouvernement, ainsi
-comme ils ont dit et respondu sagement; et pour ce je conseille qu’ils
-soient haultement guerdonnés, en telle manière qu’ils entendent
-plus liement à la cure de ta fille. Car jasoit-ce qu’ils soient tes
-amis, toutesvoies tu ne dois pas souffrir qu’ils te servent pour
-néant, mais les dois plus largement païer et guerdonner. Mais quant
-à la proposition que les phisiciens adjoustèrent, que ès maladies
-un contraire se garit par autre contraire, je vouldroie bien savoir
-comment tu l’entens.
-
-Certes, dist Mellibée, je l’entens ainsi: car comme ils m’ont fait un
-contraire, que je leur en face un autre, et pour ce qu’ils se sont
-vengiés de moy et m’ont fait injure, je me vengeray d’eulx et leur
-feray injure et lors auray gary un contraire par autre.
-
-Or véez, dist Prudence, comment un chascun croit légièrement ce
-qu’il veut et désire! Certes, dist-elle, la parole des phisiciens ne
-doit pas estre ainsi entendue, car mal n’est pas contraire à mal, ne
-vengence à vengence, ne injure à injure, mais sont semblables. Et
-pour ce, vengence par vengence, ne injure par injure n’est pas curé,
-mais accroist l’une l’autre. Mais la parole doit estre ainsi entendue:
-ainsi que mal et bien, sont contraires paix et guerre, vengence et
-souffrance, discorde et concorde, et ainsi de moult d’autres; mais mal
-se doit gairir par bien, discorde par accord, guerre par paix, et ainsi
-de tous les autres; et à ce s’accorde saint Pol l’appostre en plusieurs
-lieux: ne rendez, dit-il, mal pour mal, ne mesdit pour mesdit, mais
-faites bien à cellui qui mal vous fera, et bénéissez cellui qui vous
-maudira. Et en moult d’autres lieux de ses épistres il admoneste à paix
-et à concorde.
-
-Or convient parler du conseil que donnèrent les advocas, les sages
-et les anciens, qui furent tous d’un accord et dirent que devant
-toutes choses tu dois mettre diligence en garder ta personne et en
-garnir ta maison, et dirent aussi que en ceste besongne l’en doit aler
-adviséement et à grant délibération. Quant au premier point qui touche
-la garde de ta personne, tu dois savoir que cellui qui a guerre doit
-tous les jours, devant toutes choses, humblement et dévotement demander
-la garde et l’aide de Dieu, [car en cest monde nul ne se puet garder
-souffisamment sans la garde de nostre Seigneur.] Pour ce dit David le
-prophète: se Dieu de la cité n’est garde, pour néant veille qui la
-garde. Après, en la garde de ta personne tu dois mettre tes loyaux amis
-esprouvés et congneus et à eulx dois demander aide pour toy garder, car
-Caton dit: se tu as besoing d’aide, demande-le à tes amis, car il n’est
-si bon phisicien comme le loyal amy. Après, tu te dois garder de toutes
-gens estranges et mescongneus et avoir leur compaignie suspecte, car
-Pierre Alphons dit: ne t’acompaigne en voye à nulle personne se tu ne
-la congnois devant, et s’aucune personne s’acompaigne avec toy sans ta
-voulenté et enquière de ta vie et de ta voie, fains que tu veulx aler
-plus loing que tu n’as proposé; et se il porte lance, si te tieng à sa
-dextre: se il porte espée, si te tieng à sa senestre.
-
-Après, garde-toy sagement de tous ceulx[325] que je t’ay dit, car
-tu dois leur conseil eschever et fuir. Après, garde-toy en telle
-manière que pour la présumption de ta force tu ne desprises point
-ton adversaire tant que[326] laisses tes gardes, car sage homme
-doit tousjours doubter, espécialment ses ennemis. Et Salemon dit:
-beneuré est cellui qui tousjours se doubte, car à cellui qui par
-la dureté de son cuer a trop grant présumption, mal lui vendra. Tu
-dois doncques doubter tous agais et toutes espies. Car, selon ce que
-dit Sénèque[327], qui toutes choses doubte, en nulle ne cherra; et
-encores dit-il: sage est celluy qui doubte, et eschiève tous maulx. Et
-jasoit-ce qu’il te soit semblant estre bien asseur et en seur lieu,
-toutesvoies tu dois avoir tousjours diligence de toy garder, car
-Sénèque dit: qui seur se garde n’a doubte de nuls périls. Après tu te
-dois garder non pas tant seulement de ton grant et fort ennemi, mais
-de tout le plus petit, car Sénèque dit: il appartient à homme bien
-enseignié qu’il doubte son petit ennemi. Et Ovide, ou livre du _Remède
-d’amours_, dit: la petite vivre[328] occist le grant torel, et le chien
-qui n’est pas moult grant relient bien le sanglier. Toutesvoies, tu ne
-dois pas estre tant doubteux que tu doubtes là où riens n’a à doubter,
-car il est escript: aucunes gens ont enseignié leur décevoir mais ils
-ont trop doubté que l’en les déceust[329]. Après, tu te dois garder de
-venin et de compaignie de moqueurs, car il est escript: avecques le
-moqueur n’aies compaignie, mais la fuy et ses paroles comme le venin.
-
-Quant au second point, c’est assavoir ouquel dirent les sages que tu
-dois garnir ta maison à grant diligence, je vouldroie bien savoir
-comment tu entens ceste garnison.
-
-Dist Mellibée: Je l’entens ainsi que je doy garnir ma maison de tours,
-de chasteaulx[330], d’eschifes[331] et autres édifices par lesquels
-je me puisse garder et deffendre, et pour cause desquels les ennemis
-doubteront à approuchier ma maison.
-
-Lors Prudence respondi: La garnison de tours haultes et des grans
-édifices appartient aucunes fois à orgueil. L’en fait les tours et les
-grans édifices à grant travail et à grans despens, et quant elles sont
-faites, elles ne vallent riens se elles ne sont deffendues par sages et
-par bons amis loyaux, et à grans missions[332]. Et pour ce sachiez que
-la plus grant garnison et la plus fort que un riche homme puisse avoir
-à garder son corps et ses biens, c’est qu’il soit amé de ses subjects
-et de ses voisins, car Tulles dit: une garnison que l’en ne puet
-vaincre ne desconfire, c’est l’amour des citoyens.
-
-Quant au tiers point, où les sages et anciens dirent que l’en ne
-doit point aler en ceste besongne soudainement ne hastivement, mais
-se doit-on pourveoir et appareillier à grant diligence et à grant
-délibération, je croy qu’ils parlèrent bien et sagement, car Tulles
-dit: en toutes besongnes, devant ce que l’en les commence, on se doit
-appareillier à grant diligence. En vengence doncques, en guerre, en
-bataille et en garnison faire, devant ce que l’en commence, l’en
-doit faire son appareil à grant délibération, car Tulles dit: long
-appareillement de batailles fait brief victoire; et Cassiodores[333]
-dit: la garnison est plus puissant quant elle est plus long temps
-pensée.
-
-Or convient aler au conseil que te donnèrent tes voisins qui te portent
-révérence sans amour, tes ennemis réconciliés, les losengeurs, ceux
-qui te conseillièrent une chose en secret et autre disoient en appert,
-les jeunes gens, qui tous te conseillèrent vengier tantost et faire
-guerre incontinent. Et certes, ainsi comme je t’ay dit dessus, tu erras
-moult en appelant telles gens à ton conseil, et ce conseil est assez
-réprouvé pour les choses dessus dictes. Toutesvoies, puis qu’elles sont
-dictes en général, nous descendrons en espécial. Or véons doncques
-premièrement, selon ce que dit Tulles, de la vérité de ce conseil. Et
-certes de la vérité de ceste besongne ne convient pas moult enquerre,
-car l’en scet bien qui sont ceulx qui te ont fait ceste injure, et
-quans[334] ils sont, et comment, et quant, et quelle injure ils te ont
-faite. Examinons doncques la seconde condition que Tulles met, qu’il
-appelle consentement, c’est à dire qui sont ceulx et quans ils sont qui
-se consentent à tel conseil et à ta voulenté, et considérons aussi qui
-sont ceulx et quans qui se consentent à tes adversaires.
-
-Quant au premier, l’en scet bien quels gens se consentent à ta
-voulenté, car tous ceulx que j’ay dessus nommés conseillent que tu
-faces guerre tantost. Or véons doncques qui tu es et qui sont ceulx que
-tu tiens tant à ennemis. Quant à ta personne, jasoit-ce que tu soies
-riche et puissant, tu es tout seul et n’as nul enfant masle; tu n’as
-fors une seule fille tant seulement: tu n’as frères ne cousins germains
-ne nuls autres bien prouchains parens, pour paour desquels tes ennemis
-se cessassent de toy poursuivre et destruire; et ta personne destruite,
-tu scez bien que tes richesses se diviseront en diverses parties,
-et quant chascun aura sa partie, ils ne seront forcés de vengier ta
-mort. Mais tes ennemis sont trois et ont moult d’enfans, de frères et
-d’autres bien prouchains amis et parens, desquels quant tu en auras
-occis deux ou trois, encores en demourra assez qui pourront vengier
-leur mort et te pourront occire. Et jasoit-ce que tes amis soient trop
-plus que les amis de tes adversaires, ils t’appartiennent de moult
-loing, et les amis de tes adversaires leur sont moult plus prouchains,
-et en ce leur condition est meilleur que la tienne.
-
-Après, voyons encores se le conseil que l’en te donna de la vengence
-tantost prendre, se consent à raison. Et certes tu scez que non, car,
-selon droit, nul ne doit faire vengence [d’autrui, fors le juge qui
-a la jurisdiction sur lui, jasoit-ce que vengence soit] ottroyée ou
-permise à aucun quant on la fait incontinent et attrempéement, selon ce
-que droit le commande. Après, encores sur ce mot consentement, tu dois
-regarder se ton povoir se consent à ta voulenté et à ton conseil. Et
-certes tu pues dire que non, car à parler proprement, nous ne povons
-riens fors ce que nous povons faire deuement et selon droit; et pour
-ce que selon droit tu ne dois prendre vengence de ta propre auctorité,
-l’en puet dire que ton povoir ne se consent point à ta voulenté.
-
-Or convient examiner le tiers point que Tulles appelle conséquent. Tu
-dois doncques savoir que à vengence que tu veulx faire, est conséquent
-et s’ensuit autre vengence, périls, guerres et d’autres maulx sans
-nombre et moult de dommages lesquels l’en ne voit maintenant.
-
-Quant au quart point que Tulles appelle engendrement, tu dois savoir
-que injure est engendrée de haine, acquisition[335] d’ennemis
-enflamblés de vengence; de haine et contens guerres naissent, et
-dégastement de tous biens.
-
-Quant aux causes, qui est le derrenier point que Tulles y met, tu dois
-savoir que en l’injure qui t’a esté faite a deux causes ouvrières et
-efficiens: la loingtaine et la prouchaine; la loingtaine est Dieu qui
-est cause de toutes causes: la prouchaine sont tes trois ennemis. La
-cause accidentelle fut hayne; la cause matériel sont les cinq plaies
-de ta fille; la cause formal fut la manière de faire l’injure, c’est
-assavoir qu’ils appoièrent eschelles contremont les murs et entrèrent
-par les fenestres; la cause final fut que ils vouldrent occire ta
-fille, et par eulx ne demoura. Mais la cause final loingtaine, à quel
-fin ils avendront de ceste besongne, nous ne la povons pas bien savoir,
-fors par conjectures et par présumptions, car nous devons présumer
-qu’ils avendront à male fin par la raison du Décret qui dit: à grant
-peine sont menées à bonne fin les choses qui sont mal commencées.
-Qui me demanderoit pourquoy Dieu a voulu et souffert qu’ils t’aient
-fait telle injure, je n’en sauroie pas bien respondre pour certain,
-car, selon ce que dit l’appostre, la science et jugement nostre
-Seigneur sont si parfont que nuls ne le puet comprendre ne encerchier
-souffisamment. Toutesvoies, par aucunes présumptions je tien que Dieu
-qui est juste et droiturier a souffert que ce soit advenu pour cause
-juste et raisonnable; car tu qui as nom Mellibée qui vault autant comme
-_cellui qui boit le miel_, [le miel as tant voulu boire,] c’est à dire
-la doulceur des biens temporels, des richesses, des délices et des
-honneurs de ce monde, que tu en as esté tout yvres et as oublié Dieu
-ton créateur, ne ne lui as pas porté honneur ne révérence ainsi comme
-tu deusses. Tu n’as pas retenu en ta mémoire la parole Ovide[336] qui
-dit: dessoubs le miel de la doulceur des biens du corps, est abscondu
-le venin qui occit l’âme. Et Salemon dit: se tu as trouvé le miel, si
-en mengue à souffisance, car se tu en mengues oultre mesure, il te
-convendra vomir. Pour ce, par adventure, Dieu en despit de toy a tourné
-sa face et les oreilles de sa miséricorde [autre part], et a souffert
-que tu as [esté prins en la manière que tu as] péchié contre lui. Tu
-as péchié contre nostre Seigneur, car les trois ennemis de l’umain
-lignage, qui sont le monde, la char et le Déable, tu as laissié entrer
-en ton cuer tout franchement par les fenestres du corps, sans toy
-deffendre souffisamment contre leur assault et leurs temptacions, en
-telle manière qu’ils ont navrée sa fille, c’est assavoir l’âme de toy,
-de cinq plaies: c’est à dire de tous les péchiés mortels qui entrèrent
-ou cuer parmy chascun des cinq sens naturels. Par ceste semblance
-nostre Seigneur a voulu et souffert que ces trois ennemis sont entrés
-en ta maison par les fenestres et ont navrée ta fille en la manière
-dessus dicte.
-
-Certes, dist Mellibée, je voy bien que vous vous efforciez moult par
-doulces paroles de moy encliner à ce que je ne me venge point de mes
-ennemis, et m’avez monstré moult sagement les périls et les maulx qui
-pourroient advenir de ceste vengence. Mais qui vouldroit considérer
-en toutes vengences tous les périls qui s’en pourroient ensuir, l’en
-ne feroit jamais vengence, et ce seroit moult grant dommage, car par
-vengence les mauvais sont ostés d’entre les bons, et ceulx qui ont cuer
-de mal faire se retraient[337] quant ils voient que l’en punist les
-malfaiteurs.
-
-A ce respond dame Prudence: certes, dist-elle, je vous octroie que de
-vengence vient moult de biens, mais faire vengence n’appartient pas à
-un chascun, fors seulement aux juges et à ceulx qui ont la jurisdiction
-sur les malfaiteurs, et dy oultre que ainsi que une personne singulière
-pécheroit en faisant vengence, [ainsi pécheroit le juge en laissant
-faire[338] vengence,] car Sénèque dit: cellui nuist aux bons, qui
-espargne les mauvais; et, selon ce que dist Cassiodores, l’en doubte
-faire les oultrages, quant on scet qu’il desplairoit aux juges et aux
-souverains. Et un autre dit: le juge qui doubte faire les drois[339],
-fait les gens mauvais; et saint Pol l’appostre dist en l’épistre aux
-Rommains que le juge ne porte pas le glaive sans cause, mais le porte
-pour punir les mauvais [et pour deffendre les] preudomes. Se tu veulx
-doncques avoir ta vengence de tes ennemis, tu recourras au juge qui
-a la jurisdiction sur eulx, et il les punira selon droit, et encores
-s’ils l’ont desservi, en leur avoir[340] en telle manière que ils
-demourront povres et vivront à honte.
-
-Hé! dist Mellibée, ceste vengence ne me plaist point: je regarde que
-fortune m’a nourry dès mon enfance et m’a aidié à passer moult de fors
-pas. Je la vueil maintenant essayer, et croy que à l’aide de Dieu elle
-m’aidera à vengier [ma honte].
-
-Certes, dit Prudence, se tu veulx ouvrer de mon conseil, tu ne
-essaieras point fortune ne ne t’appoieras à elle, car, selon ce que
-dit Sénèque, les choses se font folement, qui se font à l’espérance de
-fortune. Car fortune est comme une verrière qui de tant comme elle est
-plus clere et plus resplendissant, de tant est-elle plus tost brisée;
-et pour ce, ne t’y fie point, car elle n’est point estable, et là où
-tu cuideras estre plus seur de son aide, elle te fauldra. Et pour ce
-que tu dis que fortune t’a nourry dès ton enfance, je te dy que de
-tant tu te dois moins fier en elle et en ton sens, car Sénèque dit que
-cellui que fortune nourrist trop, elle le fait fol. Puis doncques que
-tu demandes vengence, et la vengence qui se fait selon l’ordre de droit
-et devant le juge ne te plaist, et la vengence qui se fait en espérance
-de fortune est mauvaise et périlleuse et si n’est point certaine,
-tu n’as remède de recours fors au souverain et vray juge qui venge
-toutes villenies et injures, et il te vengera, selon ce que lui mesmes
-tesmoingne: à moy, dit-il, laisse la vengence et je la feray.
-
-Mellibée respondi: Se je, dit-il, ne me venge de la villenie que l’en
-m’a faite, je semondray ceulx qui l’a m’ont faicte et tous autres
-mauvais à moy faire une nouvelle villenie, car il est escript: se tu
-sueffres sans vengier la vieille villenie, tu semons à la nouvelle. Et
-ainsi, par souffrir l’en me feroit tant de villenies de toutes pars
-que je ne le pourroie souffrir ne porter, ains seroie au bas du tout
-en tout, car il est escript: en moult souffrant, t’avendront assez de
-choses que souffrir ne pourras.
-
-Certes, dit Prudence, je te ottroie que trop grant souffrance n’est
-pas bonne, mais pour ce ne s’ensuit-il pas que chascune personne à qui
-l’en fait injure prengne la vengence, car ce appartient aux juges tant
-seulement, qui ne doivent pas souffrir que les villenies et injures ne
-soient vengées. Et pour ce, les deux auctorités que tu as avant traites
-sont entendues tant seulement des juges que quant ils seuffrent trop
-faire les injures et villenies sans punition, ils ne semonnent pas tant
-seulement faire les injures, mais les commandent. Ainsi le dit un sage.
-Le juge, dit-il, qui ne corrige le pécheur, luy commande à péchier; et
-pourroient bien tant souffrir les juges et les souverains [de maulx]
-en leur terre, que les malfaiteurs les getteroient hors de leur terre,
-et leur convendroit perdre leur seignorie à la parfin. Mais or posons
-que tu aies licence de toy vengier, je dy que tu n’as pas la puissance
-quant à présent, car se tu veulx faire comparoison de ta puissance à
-la puissance de tes adversaires, tu trouveras trop de choses, selon ce
-que je t’ay monstré dessus, par quoy leur condition est meilleur que la
-tienne, et pour ce je te dy qu’il est bon, quant à maintenant, de toy
-souffrir et avoir patience.
-
-Après, tu scez que l’en dit communément que contendre à plus fort,
-c’est enragerie: contendre à esgal, c’est péril: contendre à moindre,
-c’est honte. Et pour ce, l’en doit fuir toute contention tant comme
-l’en puet, car Salemon dit que c’est grant honneur à homme quant il se
-scet guetter de brigue et de contens. Et se plus fort de toy te griève,
-estudie-toy plus à le appaisier que à toy vengier, car Sénèque dit que
-cellui se met en grant péril, qui se courrouce à plus fort de lui; et
-Caton dit: se plus grant que toy te griefve, sueffre-toy: car cellui
-qui t’a une fois grevé, te pourra une autre fois aidier.
-
-Or posons que tu aies licence et puissance de toy vengier, je dy
-encores que moult de choses sont, qui te doivent retraire et te doivent
-encliner à toy souffrir et avoir patience en l’injure qui t’a esté
-faicte et aux autres tribulations de ce monde.
-
-Premièrement [se tu veulx considérer les deffaulx qui sont en] toy,
-pour lesquels Dieu a voulu souffrir que ceste tribulation te soit
-advenue, selon ce que j’ay dit dessus, car le poëte dit que nous
-devons porter en patience les tribulations qui nous viennent, quant
-nous pensons que nous les avons desservies. Et saint Grégoire dit que
-quant un chascun considère le grant nombre de ses défaulx et de ses
-péchiés, les peines et les tribulations qu’il sueffre lui en appairent
-plus petites; et de tant comme[341] son péchié monte, lui semble la
-peine plus légière. Après, moult te doit encliner à patience, la
-patience nostre Seigneur Jhésu-Crist, selon ce que dit saint Pierre en
-ses épistres. Jhésu-Crist, dit-il, a souffert [pour nous] et a donné
-exemple à un chascun de lui ensuivre, car il ne fist oncques péchié,
-ne onques de sa bouche n’yssi une villenie. Quant on le maudissoit,
-il ne maudissoit point: quant on le batoit, il ne menaçoit point.
-Après, moult te doit encliner à patience, la grant patience des Sains
-de paradis qui ont eu si grant patience ès tribulations qu’ils ont
-souffertes sans leur coulpe. Après, moult te doit encliner à patience
-que les tribulations de ce monde durent très petit de temps et sont
-tantost passées, et la gloire que l’en acquiert pour avoir patience ès
-tribulations est pardurable, selon ce que dit l’épistre seconde à ceulx
-de Corinthe.
-
-Après, tien fermement que cellui n’est pas bien enseigné qui ne scet
-avoir patience, car Salemon dit que la doctrine de l’omme est congneue
-par patience, et nostre Seigneur dit que patience vaint; et encores dit
-que en nostre patience nous possiderons nos âmes. Et autre part dit
-Salemon que cellui est patient qui se gouverne par grant prudence; et
-cellui mesmes dit que l’omme courrouceux fait les noises, et le patient
-les attrempe. Aussi dit-il que mieulx vault estre bien patient que
-bien fort, et plus fait à prisier cellui qui puet avoir la seignourie
-de son cuer que cellui qui par grant force prent les grans cités; et
-pour ce dit saint Jaques en ses épistres que patience est euvre de
-perfection.
-
-Certes, dit Mellibée, je vous ottroye, dame Prudence, que patience
-est une grant vertu, mais chascun ne puet pas avoir la perfection que
-vous alez quérant. Je ne suis pas du nombre des bien parfais, et pour
-ce mon cuer ne puet estre en paix jusques à tant que je soye vengié.
-Et jasoit-ce que en ceste vengence eust grant péril, je regarde que
-aussi [avoit-il grant péril à faire la villenie qui m’a esté faite,
-et toutesvoies] mes adversaires n’ont pas regardé le péril, mais ont
-hardiement acompli leur voulenté, et pour ce il me semble que l’en ne
-me doit pas reprendre se je me met en un pou de péril pour moy vengier
-et se je fais un grant excès, car on dit que excès n’est corrigé
-que par excès, c’est à dire que oultrage ne se corrige fors que par
-oultrage.
-
-Hé! dit dame Prudence, vous dictes vostre voulenté, mais en nul cas
-du monde l’en ne doit faire oultrage ne excès pour soy venger ne
-autrement, car Cassiodores dit que autant de mal fait cellui qui se
-venge par oultrage comme cellui qui a fait oultrage. Et pour ce, vous
-vous devez vengier selon l’ordre de droit, non pas par excès ne par
-oultrage, car ainsi que vous savez que vos adversaires ont péchié
-encontre vous par leur oultrage, [aussi péchiez-vous se vous vous
-voulez venger] autrement que droit ne l’a commandé; et pour ce dit
-Sénèque que l’en ne doit nulle fois vengier mauvaistié. Et se vous
-dictes que droit octroie que l’en deffende violence par violence
-et barat par barat, certes c’est vérité quant la deffense se fait
-incontinent et sans intervalle et pour soy deffendre, non pas pour soy
-venger, et s’y convient mettre telle diligence[342] et deffense que
-l’en ne puisse reprendre cellui qui se deffent d’excès ne d’oultrage,
-car autrement ce seroit contre droit et contre raison. Or vois-tu
-bien que tu ne fais pas incontinent deffense, ne pour toy deffendre,
-mais pour toy vengier, et si n’as pas voulenté de faire ton fait
-attrempéement; et pour ce il me semble encores que la patience est
-bonne, car Salemon dit que cellui qui n’est pas patient aura dommage.
-
-Certes, dit Mellibée, je vous octroye que quant un homme est impatient
-et courroucié de ce qui ne le touche et ne lui appartient, se dommage
-lui vient n’est pas merveille. Car la règle de droit dit que cellui est
-coupable qui s’entremet de ce qui ne lui appartient point; et Salemon
-dit ès Proverbes que cellui qui s’entremet des noises d’autruy est
-semblable à cellui qui prent le chien par les oreilles. Et aussi comme
-cellui qui tient le chien estrange qu’il ne congnoist est aucune fois
-mors du chien, aussi est-il raison que dommage viengne à cellui qui
-par impatience et par courroux se mesle de la noise d’autruy qui riens
-ne lui appartient. Mais vous savez bien que ce fait me touche moult de
-près, et pour ce j’en suis courroucié et impatient, et ce n’est pas
-merveille; et si ne vois mie, sauve vostre grâce, que grant dommage me
-puisse venir de moy vengier, car je suis plus riche et plus puissant
-que ne sont mes adversaires et vous savez bien que par argent se
-gouvernent et font les choses et le fait de ce monde, et Salemon dit
-que toutes choses obéissent à pécune.
-
-Prudence, quant elle oy son mary vanter de sa richesse et de sa
-puissance et soy esjouir, et despriser la povreté de ses adversaires,
-parla en ceste manière: je vous octroie que vous estes riche et
-puissant et que les richesses sont bonnes à ceulx qui les ont bien
-acquises et bien en usent, car ainsi comme le corps ne puet vivre sans
-[l’âme, ainsi ne puet-il vivre sans] les biens temporels, et par les
-richesses l’en puet acquerre les grans lignages et les amis. Et pour
-ce dit Pamphile[343]: se la fille d’un bouvier est riche, elle puet
-eslire de mil hommes lequel qu’elle veult pour son mary, car nul ne
-la refusera pas; et dit encores: se tu es, dit-il, bien euré, c’est
-à dire riche, tu trouveras grant nombre de compaignons et d’amis, et
-se ta fortune se change et que tu soies povre, tu demoureras tout
-seul. Et oultre dit Pamphile que par richesses sont nobles ceulx qui
-sont villains par lignage; et ainsi comme de grans richesses vient
-moult de biens, ainsi de grant povreté viennent moult de maulx, car
-grant povreté contraint la personne à moult de maulx faire, et pour ce
-[l’appelle Cassiodores mère de crimes, et dit aussi] Pierre Alphons:
-une des grans adversités de ce siècle, si est quant un homme franc par
-nature est contraint par povreté mendier l’aumosne de son ennemy; et
-la raison de ce rent Innocent[344] en un sien livre, disant: dolente
-et meschant est la condition des povres mendians, car se ils ne
-demandent, ils meurent de fain, et se ils demandent, ils meurent de
-honte; et toutesvoies nécessité les contraint à demander. Et pour ce
-dit Salemon que mieulx vault mourir que avoir telle povreté, car, selon
-ce qu’il dit autre part, mieulx vault la mort amère que telle vie.
-
-Par les raisons que je t’ay dictes et moult d’autres que dire je te
-pourroie, je t’ottroie que bonnes sont les richesses à ceulx qui
-bien les acquièrent et qui bien en usent; et pour ce, je te vueil
-monstrer comment tu te dois avoir en amassant les richesses et en
-usant d’icelles. Premièrement, tu les dois acquerre non mie ardemment,
-mais à loisir et attrempéement et par mesure, car l’homme qui est trop
-ardent d’acquerre richesses se abandonne légièrement à tous vices et
-à tous autres maulx; et pour ce dit Salemon: qui trop se haste de soy
-enrichir, il ne sera pas innocent; et dit aussi autre part que la
-richesse hastivement venue, hastivement s’en va, mais celle qui est
-venue petit à petit se croist tousjours et se multiplie. Après, tu dois
-acquerre les richesses par ton sens et par ton travail, à ton prouffit
-et sans dommage d’autruy, car la loy dit que nul ne se face riche au
-dommage d’autruy, et Tulles dit que douleur, ne peine, ne mort, ne
-autre chose qui puisse advenir à homme, n’est tant contraire à homme
-ne contre nature, comme accroistre ses richesses au dommage d’autruy;
-et Cassiodores dit que vouloir accroistre sa richesse de ce petit que
-le mendiant a, surmonte toute cruaulté. Et pour ce que tu les puisses
-acquerre plus loyaulment, tu ne dois pas estre oiseux ne paresseux de
-faire ton prouffit, mais dois fuir toute oisiveté, car Salemon dit que
-oisiveté enseigne moult de maulx à faire; et dit autre part que cellui
-qui travaille et cultive sa terre mengera du pain, mais cellui qui est
-oiseux cherra en povreté et mourra de fain. Cellui qui est oiseux ne
-treuve nul temps convenable à faire son prouffit, car, selon ce que dit
-un versifieur, il s’excuse en yver de ce qu’il fait trop froit, et en
-esté de ce qu’il fait trop chault. Pour ces causes dit Caton: veille
-souvent et ne t’abandonne à trop dormir, car trop grant repos est le
-nourissement des vices. Et pour ce dit saint Jhérome: fay tousjours
-aucunes bonnes euvres pour ce que l’ennemi ne te treuve oiseux, car
-l’ennemi ne trait pas légièrement en son euvre celluy qui est occupé
-en bonnes euvres. En acquérant doncques les richesses, tu dois fuir
-oisiveté.
-
-Après, des richesses que tu auras acquises par ton sens et par ton
-travail et deuement, tu dois user en telle manière, c’est assavoir
-que tu ne sois tenu pour trop eschars ne pour fol larges, car ainsi
-comme fait à blasmer avarice, ainsi fait à blasmer et reprendre folle
-largesse. Et pour ce dit Caton: use des choses acquises par telle
-manière que l’en ne t’appelle pas povre ne chétif, car grant honte est
-à homme qui a le cuer povre et la bourse riche. Aussi dist-il: use
-des biens que tu auras acquis, sagement, sans mésuser, car ceulx qui
-folement desgastent ce qu’ils ont, quant ils n’ont plus riens, ils se
-abandonnent légièrement à prendre l’autrui. Je dy doncques que tu dois
-fuir avarice en usant des richesses acquises, en telle manière que l’en
-ne die pas que tes richesses soient ensevelies, mais que tu les as en
-ta puissance; car un sage reprent l’omme aver et dit ainsi en deux
-vers: pourquoy homme qui est cendre et qui mourir convient, ensevelit
-son avoir par si grant avarice? Pourquoy se joinct-il tant à son avoir
-que l’en ne puet l’en déssevrer? Car quant il mourra, il ne l’emportera
-pas avec soy. Et pour ce dit saint Augustin: l’omme aver est semblable
-à enfer, car plus dévoure, et plus veult dévourer. Et ainsi comme tu
-dois d’avoir user en manière que l’en ne te clame aver et chétif, ainsi
-tu te dois garder que l’en ne te clame pour un fol large. Pour ce dit
-Tulles: les biens de ton hostel ne doivent pas estre tant enclos que
-pitié ne débonnaireté ne les puissent ouvrir, et aussi ne doivent-ils
-pas tant estre ouvers qu’ils soient abandonnés à un chascun.
-
-Après, en acquérant les richesses et en usant d’icelles, tu dois
-tousjours avoir trois choses en ton cuer, c’est assavoir Dieu,
-conscience et bonne fame et renommée. Tu dois doncques avoir Dieu en
-ton cuer, car pour nulle richesse tu ne dois faire chose qui desplaise
-à Dieu ton créateur, car, selon le dit Salemon, mieulx vault petit
-avoir et de Dieu la paour que grant trésor acquerre et perdre son
-seigneur. Et le philosophe dit que mieulx vault estre preudome et petit
-avoir que estre mauvais et avoir grans richesses. Après, je dy que tu
-dois acquerre et user des richesses, sauve tousjours ta conscience,
-car l’appostre dit que la chose dont nous devons avoir plus grant
-gloire, si est quant nostre conscience nous porte bon tesmoignage; et
-le sage dit: bonne est la substance dont l’acquérir ne nuit point à la
-conscience.
-
-Après, en acquérant les richesses et en usant d’icelles, tu dois
-avoir grant cure et grant diligence comment ta bonne fame et renommée
-soit tousjours gardée, car il est escrit: le gaing doit estre appellé
-perte, qui sa bonne fame ne garde; et Salemon dit: mieulx vault la
-bonne renommée que les grans richesses; et pour ce, il dit autre part:
-aies grant diligence de garder ton bon renom et ta bonne fame, car
-ce te demourra plus que nul trésor grant et précieux. Et certes il
-ne doit pas estre dit gentils homs, qui toutes autres choses arrière
-mises après Dieu et conscience, n’a grant diligence de garder sa
-bonne renommée. Pour ce dit Cassiodores: il est signe de gentil cuer,
-quant il affecte et désire bon nom et bonne fame; et pour ce dit
-saint Augustin: deux choses te sont nécessaires, c’est assavoir bonne
-conscience pour toy, bonne fame pour ton prouchain: et cellui qui tant
-se fie en sa bonne conscience qu’il néglige sa bonne renommée et ne
-fait force de la garder, il est cruel et villain.
-
-Or t’ay-je monstré comment tu te dois porter en acquérant les richesses
-et usant d’icelles; et pour ce que vous vous fiez tant en vos richesses
-que pour la fiance que vous y avez vous voulez mouvoir guerre [et faire
-bataille, je vous conseille que vous ne commencez point guerre, car la
-grant] fiance de vos richesses ne souffit point à guerre maintenir.
-Pour ce dit un philosophe: homme qui guerre vuelt avoir, n’aura jà à
-souffisance avoir, car de tant comme l’omme est plus riche, de tant lui
-convient faire plus grans mises se il veut avoir honneur et victoire;
-car Salemon dit: où plus a de richesses, plus a de despendu. Après,
-très chier seigneur, jasoit-ce que par vos richesses moult de gens vous
-puissiez avoir, toutesvoies pour ce ne vous convient pas commencier
-guerre là où vous povez avoir autrement paix à vostre honneur et à
-vostre proffit, car la victoire des batailles de ce monde ne gist pas
-ou grant nombre de gens ne en la vertu des hommes, mais en la main
-et en la voulenté de Dieu. Et pour ce, Judas Machabeus qui estoit
-chevalier de Dieu, quant il se deut combattre contre son adversaire
-qui avoit plus grant nombre de gens qu’il n’avoit, il reconforta sa
-petite compaignie et dit: aussi légièrement puet donner Dieu victoire à
-pou de gens comme à moult, car la victoire des batailles ne vient pas
-du grant nombre de gens, mais vient du ciel. Et pour ce, très chier
-seigneur, que nul n’est certain s’il est digne que Dieu lui doint
-victoire ne plus que il est certain se il est digne de l’amour de Dieu
-ou non, selon ce que dit Salemon, un chascun doit avoir grant paour de
-faire guerre, et pour ce que ès batailles a moult de périls, et advient
-aucunes fois que aussi tost occist-l’en le grant comme le petit.
-Car, selon ce qu’il est escript ou second livre des Rois, les fais
-des batailles sont adventureux et ne sont pas certains[345], ainçois
-également occist maintenant l’un, maintenant l’autre; et pour ce que
-péril y a, tout homme sage doit fuir les guerres tant comme il puet
-bonnement, car Salemon dit: qui aime le péril, il cherra en péril.
-
-Après ce que dame Prudence ot parlé, Mellibée respondi: je voy bien,
-dist-il, dame Prudence, par vos belles parolles et par les raisons que
-vous mettez avant, que la guerre ne vous plaist point, mais je n’ay pas
-encore oy vostre conseil comment je me doy porter en ceste besongne.
-
-Certes, dist-elle, je vous conseille que vous accordiez[346] à vos
-adversaires et que vous ayez paix avec eulx, car Sénèque dit en ses
-escrips que par concorde les richesses petites deviennent grandes, et
-par discorde les grandes deviennent petites et vont à déclin et se
-fondent tousjours; et vous savez que un des grans biens de ce monde ce
-est paix. Pour ce dit Jhésu-Crist à ses appostres: bieneurés sont ceulx
-qui aiment et pourchassent la paix, car ils sont appellés enfans de
-Dieu.
-
-Hé! dist Mellibée, or voy-je bien que vous n’aimez pas mon honneur.
-Vous savez que mes adversaires ont commencié la riote et la brigue
-par leur oultrage, et voiez qu’ils ne requièrent point la paix et ne
-demandent pas la réconciliation; vous voulez doncques que je me voise
-humilier et crier mercy? Certes, ce ne seroit pas mon honneur, car
-ainsi comme l’on dit que trop grant familiarité engendre mesprisement,
-aussi fait trop grant humilité.
-
-Lors, dame Prudence fit semblant d’estre courrouciée et dist: Sire!
-Sire! sauve vostre grâce, j’aime vostre honneur et vostre prouffit
-comme le mien propre, et l’ay tousjours aimé, et vous ne autre ne
-veistes oncques le contraire. Et se je vous avoie dit que vous deviez
-pourchasser la paix et la réconciliation, je n’auroie pas tant mespris
-comme il vous semble, car un sage dit: la dissension tousjours commence
-par autre et la paix par toy; et le prophète dit: fuy le mal et
-fay le bien, quier la paix et la pourchasse tant comme tu pourras.
-Toutesvoies, je ne vous ay pas dit que vous requérez la paix premier
-que vos adversaires, car je vous sçay bien de si dur cuer que vous ne
-feriez à pièce[347] tant pour moy, et toutesvoies Salemon dit que mal
-vendra en la fin à cellui qui a le cuer trop dur.
-
-Quant Mellibée oy dame Prudence faire semblant de courroux, si dist:
-Dame, je vous prie qu’il ne vous desplaise chose que je vous die, car
-vous savez que je suis courroucié, et n’est mie merveille, et ceulx qui
-sont courrouciés ne scevent pas bien qu’ils font ne qu’ils dient; pour
-ce, dit le philosophe que les troublés ne sont pas bien cler-voyans.
-Mais dictes et conseilliez ce qu’il vous plaira, et je suis appareillié
-du faire; et se vous me reprenez de ma folie, je vous en doy plus
-prisier et amer, car Salemon dit que cellui qui durement reprent cellui
-qui fait folie, il doit trouver plus grant grâce envers lui que cellui
-qui le déçoit par doulces paroles.
-
-Je, dit Prudence, ne fay semblant d’estre yrée et courroucée fors
-pour vostre grant prouffit, car Salemon dit: mieulx vault cellui qui
-le fol reprent et qui lui monstre semblant d’ire, que le loer quant
-il mesprent, et de ses grans folies rire; et dit après que par la
-tristesse du visage corrige le fol son courage.
-
-Adoncques dit Mellibée: Dame je ne sauroie respondre à tant de belles
-raisons que vous mettez avant: dictes-moy briefment vostre voulenté et
-vostre conseil, et je suis appareillié de l’acomplir.
-
-Lors, dame Prudence descouvrit toute sa voulenté et dist ainsi: Je
-conseille que devant toutes choses vous faciez paix à Dieu et vous
-réconciliez à lui, car, selon ce que je vous ay dit autres fois, il
-vous a souffert advenir ceste tribulation par vos péchiés, et se
-vous faites ce, je vous promects de par lui que il vous amènera vos
-adversaires [à vos piés et appareillés de faire toute vostre voulenté,
-car] Salemon dit: quant les voies des hommes plaisent à Dieu, il leur
-convertit leurs ennemis et les contraint de requérir paix. Après, je
-vous prie qu’il vous plaise que je parle à secret à vos ennemis et
-adversaires, sans faire semblant que ce viengne de vostre consentement:
-et lors, quant je sauray leur voulenté, je vous pourray conseiller plus
-seurement.
-
-Faites, dit Mellibée, toute vostre voulenté, car je met tout mon fait
-en vostre disposition.
-
-Lors dame Prudence, quant elle vit la bonne voulenté de son mary, si
-ot délibération en soy mesmes et pensa comment elle pourroit mener
-ceste besongne à bonne fin. Et quant elle vit que temps fut, elle manda
-les adversaires en secret lieu, et leur proposa sagement les grans
-biens qui sont en paix et les grans périls qui sont en guerre, et leur
-enseigna moult doulcement comment ils se devoient repentir de l’injure
-qu’ils avoient faite à Mellibée son seigneur, à elle et à sa fille.
-
-Quant ceulx oïrent les doulces paroles de dame Prudence, ils furent si
-surprins et orent si grant joie que nul ne le pourroit extimer. Hé!
-dame, dirent-ils, vous nous avez dénoncié en la bénéisson de doulceur
-selon ce que dit David le prophète, car la réconciliation dont nous
-ne sommes pas dignes et que nous vous deussions requerre à grant
-dévotion et à grant humilité, vous, par vostre grant doulceur, la nous
-avez présentée. Or véons-nous bien que la sentence Salemon est vraie,
-qui dit que doulce parole multiplie les amis et fait débonnaires les
-ennemis. Certes, dirent-ils, nous mettons nostre fait en vostre bonne
-voulenté, et sommes appareilliés en tout et par tout obéir au dit et
-au commandement de monseigneur Mellibée; et pour ce, très chère dame
-et bénigne, nous vous requérons et prions tant humblement comme nous
-povons plus, que il vous plaise acomplir par fait vos douces paroles.
-Toutesvoies, très chère dame, nous considérons et congnoissons que
-nous avons offendu monseigneur Mellibée oultre mesure et plus que ne
-pourrions amender, et pour ce nous obligons nous et nos amis à faire
-toute sa voulenté et son commandement; mais, par aventure, il, comme
-courroucié, nous donnera telle peine que nous ne pourrons acomplir ne
-porter. Et pour ce, plaise vous avoir en ce fait tel advisement que
-nous et nos amis ne soions mie déshérités et perdus par nostre folie.
-
-Certes, dit Prudence, il est dure chose et périlleuse que un homme se
-commette du tout en l’arbitrage et en la puissance de ses ennemis,
-car Salemon dit: oiez-moy, dit-il, tous peuples et toutes gens et
-gouverneurs de l’Église: à ton fils, à ta femme, à ton frère et à ton
-ami ne donne puissance sur toy, en toute ta vie. Se il a doncques
-deffendu que l’en ne donne puissance sur soy à frère ne ami, par plus
-fort raison il deffend que l’en ne la donne à son ennemi. Toutesvoies,
-je vous conseille que vous ne vous deffiez point de mon seigneur: je
-le congnois et sçay qu’il est debonnaire, large et courtois, et n’est
-point convoiteux d’avoir; il ne désire en ce monde fors honneur tant
-seulement. Après, je sçay bien que en ceste besongne il ne fera riens
-sans mon conseil, et je feray, se Dieu plaist, que ceste chose vendra à
-bonne fin, en telle manière que vous vous devrez loer de moy.
-
-Adonc, dirent-ils: nous mettons nous et nos biens, en tout et partout,
-en vostre ordonnance et disposition, et sommes appareilliés de venir
-au jour que vous nous vouldrez donner, et faire obligation si forte
-comme il vous plaira, que nous acomplirons la voulenté de monseigneur
-Mellibée et la vostre.
-
-Dame Prudence, quant elle oy la responce d’iceulx, si leur commanda
-retourner en leurs lieux secrètement; elle d’autre part s’en retourna
-vers son seigneur Mellibée, et lui conta comment elle avoit trouvé ses
-adversaires repentans et recongnoissans leurs péchiés, et appareilliés
-à souffrir toutes peines, et requérans sa pitié et sa miséricorde.
-
-Lors Mellibée respondi: Icellui est digne de pardon, qui ne excuse
-point son péchié, mais le recongnoist et s’en repent et demande
-indulgence; car Sénèque dit: là est rémission où est confession, car
-confession est prouchaine à innocence; et dit autre part: cellui est
-presque innocent qui a honte de son péchié et le recongnoist. Et pour
-ce je me accorde à paix, mais il est bon que nous la facions de la
-voulenté et du consentement de nos amis.
-
-Lors Prudence fist une chière lie et joieuse et dist: Certes, vous avez
-trop bien parlé, car tout ainsi comme par le conseil et aide de vos
-amis vous avez eu en propos de vous vengier et de faire guerre, aussi
-sans demander leur conseil vous ne devez accorder ne faire paix, car la
-loy dit que nulle chose n’est tant selon nature comme la chose deslier
-par ce dont elle a esté liée.
-
-Lors incontinent dame Prudence envoia messagiers et manda querre leurs
-parens et leurs anciens amis loyaulx et sages, et leur raconta le
-fait en la présence de Mellibée tout par ordre et en la guise que il
-est devisé par dessus, et leur demanda quel conseil ils donroient
-sur ce. Lors les amis Mellibée, toutes choses considérées et icelles
-dessusdictes mesmes délibérées et examinées à grant diligence,
-donnèrent conseil de paix faire et que l’en les receust à miséricorde
-et à mercy. Quant dame Prudence ot oy le consentement de son seigneur
-et le conseil de ses amis à son entention, si fut moult joyeuse de
-cuer. L’en dist, fist-elle, ès Proverbes: le bien que tu peus faire au
-matin, n’attens pas le soir ne l’endemain, et pour ce je te conseille
-que tantost messagiers sages et advisés tu envoies à iceulx gens pour
-leur dire que se ils veullent traictier de paix et d’accord ainsi comme
-ils se sont présentés, que ils se traient vers nous incontinent et sans
-dilation, ensemble leurs fiances[348] loyaulx et convenables.
-
-Ainsi comme dame Prudence le conseilla, ainsi fut-il fait. Quant iceulx
-trois malfaicteurs et repentans de leurs folies oïrent les messagiers,
-ils furent liés et joyeux et respondirent, en rendant grâces à
-monseigneur Mellibée et à toute sa compaignie, qu’ils estoient prests
-et appareilliés d’aler vers eulx sans dilation et de obéir en tout et
-partout à leur commandement. Et tantost après, ils se mirent à la voie
-d’aler à la court monseigneur Mellibée, ensemble leurs femmes et aucuns
-de leurs amis loyaulx.
-
-Quant Mellibée les ot en sa présence, si dist: Il est vérité que vous,
-sans cause et sans raison, avez fait injure à moy, à ma femme Prudence
-et à ma fille, en entrant en ma maison à violence et en faisant tel
-oultrage comme chascun scet, pour laquelle cause vous avez mort
-desservie; et pour ce je vueil savoir de vous se vous vous voulez
-mettre du tout à la punition et à la vengence de cest oultrage à ma
-voulenté et à la voulenté de ma femme.
-
-Lors l’ainsné et le plus sage de ces trois respondi pour tous. Sire,
-dit-il, nous ne sommes pas dignes de venir à la court de si noble,
-ne de tel homme comme vous estes, car nous avons tant meffait que
-en vérité nous sommes dignes de mort, non pas de vie. Toutesvoies,
-nous nous confions en vostre doulceur et en la debonnaireté dont
-vous estes renommé par tout le monde et pour ce nous nous offrons et
-sommes appareilliés de obéir à tous vos commandemens, et vous prions à
-genoulx et à larmes que vous ayez pitié et miséricorde de nous. Lors
-Mellibée [les releva] bénignement [et] receut leurs obligations par
-leur serement et par leurs pleiges[349], et leur assigna journée de
-retourner à sa court et de eulx offrir à sa personne pour oïr sentence
-à sa voulenté[350].
-
-Ces choses ainsi ordonnées, et un chascun d’une part et d’autre départi
-de ensemble, dame Prudence parla premièrement à son seigneur Mellibée
-et lui demanda quelle vengence il entendoit prendre de ses adversaires.
-Certes, dit Mellibée, je entens à les déshériter de tout ce qu’ils ont
-et eulx envoïer oultre mer, sans demourer plus en ce païs ne retourner.
-
-Certes, dit Prudence, ceste sentence seroit moult félonneuse et contre
-raison, car tu es trop riches et n’as pas besoing de l’autruy richesse
-ne de l’autrui argent, et pourroies estre par raison notés et repris
-de convoitise qui est un grant vice et racine de tous maulx. Et, selon
-ce que dit l’appostre, il te vauldroit mieulx tout [perdre du tien
-que prendre le leur; par ceste manière mieulx vault] perdre à honneur
-que tout gaignier à honte; et autre part aussi: le gaing doit estre
-appellé perte, qui la bone fame ne garde; et dit oultre que l’en ne se
-doit pas seulement garder de faire chose par quoy l’en perde sa bonne
-fame, mais se doit-on tousjours efforcier de faire chose aucune pour
-acquérir nouvelle et meilleur fame, car il est escript: la vieille fame
-est tost alée quant elle n’est renouvellée. Après, quant à ce que tu
-dis que tu les veulx envoïer oultre la mer sans jamais retourner, il me
-semble que ce seroit mésuser de la puissance que ils t’ont donnée sur
-eulx pour faire à toi honneur et révérence, et le droit dit que cellui
-est digne de perdre son prévilège qui mésuse de la puissance qui lui
-a esté donnée. Et dis plus, car supposé que tu leur puisses enjoindre
-telle peine selon droit, laquelle chose je ne octroie mie, je dis que
-tu ne la pourroies pas mener de fait à exécution, ains, par aventure,
-convendroit retourner à guerre comme devant. Et pour ce, se tu veulx
-que l’en obéisse à toy, il te convient sentencier plus courtoisement,
-car il est escript: à cellui qui plus doulcement commande, obéist-l’en
-le mieulx; et pour ce je te prie que, en ceste besongne te plaise
-vaincre ton cuer, car Sénèque dit: deux fois vaint, qui son cuer vaint;
-et Tulles aussi dit: riens ne fait tant à loer en grant homme que quant
-il est debonnaire et s’appaise légièrement. Et pour ce je te prie
-qu’il te plaise toy porter en telle manière en ceste vengence que ta
-bonne fame soit gardée et que tu soies loé de pitié et de doulceur, et
-qu’il ne te conviengne pas repentir de chose que tu faces, car Sénèque
-dit: mal vaint qui se repent de sa victoire. Pour ces choses je te prie
-que tu adjoustes à ton jugement miséricorde, à celle fin que Dieu ait
-de toy miséricorde en son derrain jugement, car saint Jacques dit en
-son épistre: jugement sans miséricorde sera fait à cellui qui ne fera
-miséricorde, car justice sans miséricorde est tirannie.
-
-Quant Mellibée ot oy toutes les paroles dame Prudence et ses sages
-enseignemens, si fut en grant paix de cuer et loua Dieu qui lui avoit
-donné si sage compaigne, et quant la journée vint que ses adversaires
-comparurent en sa présence, il parla à eulx moult doulcement et dit:
-Jasoit-ce que vous vous soiez portés envers nous moult orguilleusement,
-et de grant présumption vous soit advenu, toutesvoies la grant humilité
-que je voy en vous me contraint à vous faire grâce, et pour ce nous
-vous recevons en nostre amitié et en nostre bonne grâce, et vous
-pardonnons toutes injures et tous vos meffais encontre nous, à celle
-fin que Dieu au point de la mort nous vueille pardonner les nostres.
-
- * * * * *
-
-Belle seur, ainsi povez-vous veoir comment sagement ceste bonne preude
-femme Prudence refraigni et couvri la grant douleur qu’elle mesmes
-avoit en son cuer, qui estoit si triste et si dolente pour l’injure
-qu’elle et sa fille avoient soufferte en leur propre corps, dont
-elle ne disoit un seul mot pour ce qu’il sembloit et vray estoit que
-Mellibée s’en fust plus désespéréement esmeu que devant; et ainsi
-monstroit bien qu’elle l’aimoit, et sagement le rapaisoit; ne icelle
-bonne dame ne se démonstroit estre courrouciée fors que par le courroux
-que son mary prenoit tant seulement, et le sien courroux céloit et
-tapissoit en son cuer, sans en faire quelconque démonstrance. Vous
-povez aussi par ce que dit est en l’istoire veoir comment sagement
-et subtillement, par bonne meurté et humblement, elle admonnestoit
-son mary à tolérer et dissimuler son injure et luy preschoit patience
-sur si grant cas, et devez considérer les grans et cordiales pensées
-que luy en convenoit avoir jour et nuit à trouver si fors argumens
-et si vives raisons pour oster la rigueur de l’emprise à quoy son
-mary tendoit. A ce monstroit-elle bien qu’elle l’amoit et pensoit
-à le retraire de sa fole voulenté, et povez veoir comment sagement
-en la parfin elle amolia le courage d’icellui, et comment la bonne
-dame, sans cesser, pourchassa par divers intervalles et exploita tant
-qu’elle l’appaisa du tout. Et pour ce je vous di que ainsi sagement,
-subtillement, cautement et doulcement doivent les bonnes dames
-conseillier et retraire leurs maris des folies et simplesses dont elles
-les voyent embrasés et entéchiés, et non mie cuidier les retourner par
-maistrise, par hault parler, par crier à leurs voisins ou par les rues,
-ou par les blasmer, par elles plaindre à leurs amis et parens, ne par
-autres voies de maistrise. Car tout ce ne vault fors engaignement[351]
-et renforcement de mal en pis, car cuer d’homme envis[352] se corrige
-par domination ou seignourie de femme, et sachiez qu’il n’est si povre
-homme ne de si petite valeur, puis qu’il soit marié, qui ne vueille
-seignourir[353].
-
-Encores ne me vueil-je pas taire d’un exemple servant au propos de
-retraire son mary par debonnaireté, lequel exemple je oys pieçà compter
-à feu mon père dont Dieux ait l’âme, qui disoit que il y avoit une
-bourgoise demeurant à Paris, appelée dame Jehanne la Quentine qui
-estoit femme de Thomas Quentin. Elle sceut que le dit Thomas son mary
-simplement et nicement foloioit et repairoit et aucunefois gisoit
-avec une povre fille qui estoit filleresse de laine au rouet, et
-longuement, sans en monstrer semblant ou dire un seul mot, le tolléra
-icelle dame Jehanne et le souffri moult patiemment; et en la parfin
-enquist où icelle povre fille demouroit et tant en enquist qu’elle le
-sceut. Et vint en l’hostel et trouva la povre fille qui n’avoit aucune
-garnison[354] quelconque, ne de busche, ne de lart, ne de chandelle, ne
-de huille, ne de charbon, ne de rien, fors un lit et une couverture,
-son touret[355] et bien pou d’autre mesnage. Si luy dist tels mots:
-Ma mie, je suis tenue de garder mon mary de blasme, et pour ce que je
-sçay qu’il prent plaisir en vous et vous aime et qu’il repaire céans,
-je vous prie que de luy vous parliez en compaignie le moins que vous
-pourrez, pour eschever son blasme, le mien et de nos enfans, et que
-vous le céliez de vostre part, et je vous jure que vous et luy serez
-bien célés de la moye part, car puisqu’ainsi est qu’il vous aime, mon
-intention est de vous amer, secourir et aidier de tout ce dont vous
-aurez à faire, et vous l’apparcevrez bien; mais je vous prie du cuer
-que son péchié ne soit révélé ne publié. Et pour ce que je sçay qu’il
-est de bonnes gens[356], qu’il a esté tendrement nouri, bien peu, bien
-chauffé, bien couchié et bien couvert à mon povoir, et que je voy que
-de luy bien aisier vous avez pou de quoy, j’ai plus chier que vous et
-moy le gardions en santé que je seule le gardasse malade. Si vous prie
-que vous l’amez et gardez et servez tellement que par vous il soit
-refraint et contregardé de viloter ailleurs en divers périls; et sans
-ce qu’il en sache riens, je vous envoieray une grant paelle pour luy
-souvent laver les piés, garnison de busche pour le chauffer, un bon lit
-de duvet, draps et couverture selon son estat, cuevrechiefs, orilliers,
-chausses et robelinges nettes; et quant je vous envoieray des nettes,
-si m’envoiez les sales, et que de tout ce qui sera entre vous et moy
-qu’il n’en sache rien, qu’il ne se hontoie; pour Dieu faictes avec luy
-si sagement et secrètement qu’il n’apparçoive de nostre secret. Ainsi
-fu promis et juré: Jehanne la Quentine s’en parti et sagement envoya ce
-qu’elle avoit promis.
-
-Quant Thomas vint au vespre à l’hostel de la jeune fille, il ot ses
-piés lavés et fut très bien couchié en lit de duvet, en grans draps
-déliés pendans d’une part et d’autre[357], très bien couvert, mieulx
-qu’il n’avoit accoustumé, et l’endemain eust robelinge blanche,
-chausses nettes et beaulx souliers[358] tous frais. Il se donna grant
-merveille de ceste nouvelleté et fut moult pensif, et ala oïr messe
-comme il avoit accoustumé, et retourna à la fille et lui mist sus que
-ces choses venoient de mauvais lieu, et moult aigrement l’accusa de
-mauvaistié afin qu’elle en sa deffense luy dist dont ce luy estoit
-venu. Or savoit-il bien qu’il l’avoit laissée povre deux ou trois jours
-devant, et que en si pou de temps ne povoit-elle pas estre de tant
-enrichie. Quant elle se vit ainsi accusée et qu’il la convint respondre
-pour soy deffendre, elle sceut bien tant de la conscience d’icellui
-Thomas que de ce qu’elle luy dirait il l’en croirait, si n’ot loy de
-mentir et lui dist la vérité de tout ce que dessus est dit.
-
-Lors vint ledit Thomas tout honteux en son hostel et plus pensif que
-devant, mais un seul mot ne dist à ladicte Jehanne sa femme, ne elle
-à luy, mais le servi très joyeusement, et très doulcement dormirent
-luy et sa femme la nuit ensemble sans en dire l’un à l’autre un seul
-mot. L’endemain ledit Thomas de son seul mouvement ala oïr messe et
-se confessa de ses péchiés, et tantost après retourna à la fille et
-luy donna ce qu’elle avoit du sien, et voua continence et de soy
-abstenir de toutes femmes excepté de sa femme, tant comme il vivroit.
-Et ainsi le retrahi sa femme par subtilleté et moult humblement, et
-cordieusement l’aima depuis. Et ainsi sagement, non pas par maistrise
-ne par haultesse, doivent les bonnes dames conseiller et retraire
-leurs maris par humilité; ce que les mauvaises ne scevent, ne leur
-cuer ne le puet endurer, dont leurs besongnes vont souvent pis que
-devant. Et jasoit-ce que plusieurs autres exemples on y pourroit donner
-qui seraient longs à escripre, toutesvoies ce vous doit assez souffire
-quant à cest article, car de ce derrenier cas n’avez-vous garde, et
-aussi en savez-vous bien oster le péril[359].
-
-FIN DE LA PREMIÈRE DISTINCTION ET DU TOME PREMIER.
-
-
-
-
- LE
-
- MÉNAGIER DE PARIS.
-
-
-
-
- LE
-
- MÉNAGIER DE PARIS.
-
- TRAITÉ
-
- DE MORALE ET D’ÉCONOMIE DOMESTIQUE.
-
- COMPOSÉ VERS 1393.
-
- PAR UN BOURGEOIS PARISIEN.
-
- CONTENANT
-
- Des préceptes moraux, quelques faits historiques, des instructions
- sur l’art de diriger une maison, des renseignemens sur la consommation
-du Roi, des Princes et de la ville de Paris, à la fin du quatorzième siècle,
- des conseils sur le
-jardinage et sur le choix des chevaux; un traité de cuisine fort étendu,
- et un autre non moins complet sur la chasse à l’épervier.
-
- ENSEMBLE:
-
-L’histoire de Grisélidis, Mellibée et Prudence par Albertan de Brescia (1246),
-traduit par frère Renault de Louens; et le chemin de Povreté et de Richesse,
-poëme composé, en 1342, par Jean Bruyant, notaire au Châtelet de Paris;
-
- PUBLIÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS
-
- PAR LA SOCIÉTÉ DES BIBLIOPHILES FRANÇOIS.
-
- TOME SECOND.
-
- [Illustration: colohpon LITTERIS PATRIÆQUE CARUS.]
-
- A PARIS,
- DE L’IMPRIMERIE DE CRAPELET,
- RUE DE VAUGIRARD, 9.
-
- M.D.CCC.XLVI.
-
-[Illustration]
-
-
-
-
-LE MÉNAGIER DE PARIS.
-
-
-
-
-LE PREMIER ARTICLE
-
-DE LA SECONDE DISTINCTION,
-
-LEQUEL DOIT PARLER D’AVOIR SOIN DE SON MESNAGE.
-
-
-Belle seur, sachiez que je suis en grant mélancolie ou de cy finer
-mon livre ou d’en faire plus, pour ce que je doubte que je ne vous
-ennuye, car je vous pourroie bien tant chargier que vous auriez cause
-de moy tenir pour oultrageux et que mon conseil vous donroit charge en
-si grant nombre de faix et si gréveux que vous désespéreriez de trop
-grant fardel pour ce qu’il vous sembleroit que vous ne le pourriez
-tout porter ne acomplir, dont je seroie honteux et courroucié. Et pour
-ce je vueil ycy penser et adviser que je ne vous charge trop et que
-je ne vous conseille à entreprendre fors les choses très neccessaires
-et honnorables, et encores sur le moins que je pourray, afin que vous
-soiez en icelles choses nécessaires plus fondée et mieulx faisant et
-par conséquent plus honnorée en vos dis et en vos fais, car je sçay que
-vous ne povez ne que une autre femme, et pour icelle cause je vueil
-premièrement adviser combien je vous ay chargée, et se c’est du plus
-nécessaire, et se je vous doy plus chargier, et de combien. Et se plus
-y a à faire que vous ne pourriez, je vous vueil donner aide; et sur ce
-je recueil mes commencemens.
-
-Premièrement, je vous ay admonnestée à louer Dieu à vostre esveillier
-et à vostre lever, et à vostre aler au moustier vous contenir, illec
-oïr messe, vous confesser et vous mettre et tenir en l’amour et
-grâce de Dieu. Par m’âme, il est nécessaire à vous, ne nul autre que
-vostre personne n’y peut estre commise[360]. Et après ce, je vous ay
-conseillié que vous soiez continent et chaste, aimer vostre mary,
-luy obéir, penser de garder ses secrets, le savoir retraire se il
-folie ou veult folier; et certes encores est cecy neccessaire et très
-honnourable pour vous et à vous seule appartient et n’est point trop
-chargé; vous le povez bien faire moyennant la doctrine dessus dicte qui
-vous fera grant avantage: les autres femmes ne l’eurent oncques tel.
-
-Or est-il certain aussi que après ce que dit est vous avez à penser
-de vous, vos enfans et vostre chevance, mais à ces trois choses et
-à chascune povez-vous bien avoir aide; si vous convient dire comment
-vous vous y entendrez, quelles aides et quelles gens vous prendrez et
-comment vous les embesongnerez, car de ce ne vueil-je que vous aiez
-fors le commandement, la visitation et la diligence de le faire faire
-par autres et aux despens de vostre mary.
-
-Or véez-vous bien, chière seur, que vous ne vous devez pas plaindre et
-que vous n’estes guères chargée, et n’avez charge fors celle qu’autre
-ne puet faire que vous et de chose qui vous doit estre bien plaisant,
-comme de servir Dieu et penser du corps de vostre mary, et en somme
-c’est tout.
-
-Or continuons doncques nostre matière, et commençons à ce premier
-article, lequel article je fais savoir à tous qu’il ne vient mie de
-mon sens, ne ne l’ay mie mis en la forme qu’il est, ne à moy n’en
-attribue la louenge, car je n’y ay riens mis du mien, ne n’en doy mie
-avoir l’onneur, mais le doit avoir un bon preudomme et subtil appellé
-feu Jehan Bruyant qui jadis fut notaire du Roy ou Chastellet de Paris,
-qui fist le traictié qui s’ensuit et lequel je met cy après seulement
-pour moy aidier de la diligence et persévérance que son livre monstre
-que un nouvel marié doit avoir. Et pour ce que je ne vueil mie son
-livre estrippeller, ne en oster un coippel[361], ne le départir du
-remenant[362], et mesmement que tout est bon ensemble, je m’aide de
-tout pour obtenir au point ou article que seulement je désire, et pour
-le premier article je prens tout le livre qui en rime dit ainsi:
-
-
-LE CHEMIN
-
-DE POVRETÉ ET DE RICHESSE,
-
-PAR JEAN BRUYANT[363],
-
-NOTAIRE DU ROY AU CHASTELET DE PARIS.
-
-M. CCC XLII.
-
- On dit souvent en reprochier
- Un proverbe que j’ay moult chier,
- Car véritable est, bien le say,
- Que _mettez un fol à part soy,
- Il pensera de soy chevir_[364].
- Par moi meismes le puis plevir[365]:
- Tout aie-je ma chevissance[366]
- Petitement, mais souffisance,
- Si comme l’Escripture adresce,
- Au monde est parfaicte richesce.
- Quant à or de ce me tairay
- Et cy après vous retrairay
- Une advision qui m’avint
- A dix huit jours ou a vint.
- Après que je fus mariés,
- Que passés furent les foiriez[367]
- De mes nopces et de ma feste,
- Et qu’il fut temps d’avoir moleste,
- Un soir me couchay en mon lit
- Où je eus moult peu de délit,
- Et ma femme dormoit lez moy,
- Qui n’estoit pas en grant esmoy;
- Et si m’avint, tout en veillant,
- Ce dont je m’alay merveillant,
- Car à moi vindrent, ce me semble,
- Un homme et trois femmes ensemble
- Qui bien sembloient estre ireux,
- Mornes, pensifs et désireux,
- Desconfortés, triste et las;
- En eulx n’ot joye ne soulas,
- N’il ne leur tenoit d’eulx esbatre.
- Bien furent d’un semblant tous quatre,
- Car mieulx estoient à tencier
- Taillés, qu’à feste commencier.
- L’omme si ot a nom Besoing:
- Plains iert de tristesse et de soing.
- L’ainsnée femme, en vérité,
- Nommée estoit Neccessité.
- La seconde femme Souffrete
- Ot nom, et la tierce Disette.
- Tous quatre estoient suers et frères,
- Et Povreté si fut leur mère,
- Et les engendra Méséur[368]
- En grant tristesse et en péur
- Par grant aïr vers moy s’en vindrent
- Et fort à manier me prindrent
- Sans menacier et sans jangler,
- Com s’il me deussent estrangler,
- Besoing tout premier m’assailly,
- A moy prandre point ne failly;
- De ses bras si fort me destraint
- Que j’en eu le corps si estraint
- Qu’à poi le cuer ne me party.
- Nécessité lors s’apparti[369]
- Moult angoisseuse et plaine d’ire,
- Par le col me print sans mot dire,
- De fort estraindre se pena;
- Là lourdement me demena.
- Souffrette et Disette à costé
- Me r’orent[370] de chascun costé;
- L’une sacha[371], l’autre bouta[372],
- Chascune à moy se desgleta[373].
- Ainsy ces quatre m’atrapèrent
- Et me batirent et frapèrent:
- Là me mistrent en tel destresse
- Qu’exempt fu de toute léesse.
- Adonc s’en vint à moy errant[374]
- Une grant vieille à poil ferrant[375]
- Qui estoit hideuse et flestrie
- Et moult ressembloit bien estrie[376]
- Aiant félonnie en pensée:
- On l’appelloit par nom Pensée.
- Ceste vieille me fist moult pis
- Que les autres, car sur mon pis[377]
- Se mist l’orde vieille puant:
- Tout le corps me fist tressuant.
- L’âme de lui au Deable soit!
- Car tant sur le pis me pesoit
- Que mon cuer mettoit à malaise
- De grant destresce et de mésaise.
- Trop fort me print à margoillier[378];
- Lors commençay à ventroullier,
- Et entray en si fort penser
- Que nul ne le sçauroit penser,
- Ne bouche raconter ne dire.
- Si com j’estoie en tel martire
- Que Pensée m’avoit baillié,
- Or voy un villain mautaillié,
- Let, froncié, hideux et bossu,
- Rechigué, crasseux et moussu,
- Les yeulx chacieux, plains d’ordure;
- Moult estoit de laide figure,
- Tout rongneux estoit et pelés;
- Soussy fu par nom appellés.
- Se mal m’orent les autres fait,
- Encor m’a cestui plus meffait.
- Las! je n’en avoie mestier!
- Tant me donna de son mestier,
- Et me mist à si grant meschief
- Que je n’eus ne membre, ne chief,
- Qu’il ne me convenist faillir.
- Trembler me fist et tressaillir,
- Pâlir et le sang remuer,
- Et de mésaise tressuer,
- Et me faisoit la char frémir,
- Moy dementer[379], plaindre et gémir,
- D’un costé sur autre tourner;
- Briefment, tel m’ala atourner
- Soussi, tant me fu fel et aigre,
- Que j’en devins chétif et maigre
- Et aussi sec comme une boise[380].
- Quant m’en souvient, pas ne m’envoise[381],
- Ains suis si blaffart et si fade
- Qu’il semble qu’aie esté malade.
- Hélas! certes, si l’ay-je esté
- De trop plus male enfermeté
- Que fièvre tierce ne quartaine,
- Car qui de Soussy a la paine,
- En lui a santé maladive
- Et a la maladie santive[382].
- C’est diablie[383] que de Soussy,
- Quant m’en souvient trop m’en soussy,
- Car en soy a trop dure rage
- Et merveille est que cil n’enrage
- Que Soussy tient en son demaine,
- Car trestout ainsi le demaine
- Com fait le sain en la paelle,
- Qui par force de feu sautelle,
- Et le fait-on séchier et frire:
- Ainsi fait Soussy gens défrire,
- Et les tient si fort en ses las
- Qu’il leur fait souvent dire: Hélas!
- Et les fait vivre en tel doleur
- Qu’en eulx n’a gresse ne couleur.
- Soussy est si mal amiable,
- Si hideux, si espoventable,
- Et si abhominable à cuer
- Que ne l’ameroit à nul fuer[384]
- Nullui qui l’eust essaié.
- Soussy a maint cuer esmayé[385],
- Et encor tous les jours esmaie;
- Nul ne le scet qui ne l’essaye
- Ainsi com j’ay fait maugré moi,
- En paine, en travail et esmoy.
- Quant je vis celle compaignie,
- Qu’avec moy ert à compaignie:
- C’est assavoir Besoing, Souffrete,
- Nécessité avec Disette,
- Pensée la vieille et Soussy,
- La teste levay et toussy.
- Adonc vint à moy, sans demeure,
- Un grant villain plus noir que meure
- Qui avoit à non Desconfort.
- A manier me print moult fort
- Et me fist ma peine doubler.
- Lors me print le sens à troubler,
- Car tant avoie esté pené
- Qu’à poy n’estoie forcené.
- Moult fort me print à dementer
- Et à moi mesmes tourmenter,
- Et dire: Chétif! que feras?
- Tes debtes comment paieras?
- Tu n’as riens et si dois assez.
- Que fusses-tu or trespassé!
- Tu es tout nouvel mesnagier
- Et si n’as gaige à engaigier
- Se tu ne veulx ta robe vendre.
- Las! chétif, quel tour pourras prendre?
- Ne sçay où tu pourras aler.
- Si com j’estoie en ce parler,
- A moy s’en vint grant aléure,
- Une femme qui pou séure
- Et enragée sembloit estre
- A son semblant et à son estre.
- Have estoit et eschevellée,
- Désespérance ert appellée,
- Fille Desconfort le hideux.
- Moult me vint peine et annuy d’eux,
- Par eulx perdi discrétion,
- Sens, mémoire, et entention.
- Les dens commençay à estraindre
- Et la couleur pâlir et taindre,
- Et disoie: Las! que feray?
- Tout au désespéré mettray,
- Mauvais seray, où que je viengne,
- Il ne me chault qu’il en aviengne,
- Soit en pluye ou soit en bise;
- Qui ne pourra ploier, si brise!
- Sèche qui ne pourra florir!
- N’ay que d’une mort à mourir.
- Et j’ay pieça oy parler
- Que qui au Deable veult aler,
- Riens ne vault longuement attendre:
- Noyer ne puet, cil qui doit pendre[386].
- Honny soit qui jamais vourra
- Faire fors du pis qu’il pourra,
- Quant par moy ne puet estre attaint
- Le manoir où Richesse maint!
- Car elle demeure si loing
- Que trop de travail et de soing,
- Avant qu’on la puist attaindre,
- Moult fait les gens pâlir et taindre.
- Avant qu’ils puissent estre à ly,
- Mains beaux visaiges a pâli
- A qui oncques n’en fu de mieulx,
- Car se on attent qu’on soit vieulx,
- Que l’en ne puisse mais errer[387],
- En ce pourroit-on méserrer[388];
- Qui ce feroit, son temps perdroit.
- Quant je ne puis avoir par droit
- Ne possession, ne avoir,
- J’en vouldroie donc à tort avoir;
- Mieulx vault estre en tort cras et aise
- Qu’en droit chétif et à malaise.
- Ainsi com en ce point estoie
- Et que je tout au pis mettoie
- Sans viser comment tout aloit,
- Et que de rien ne me challoit
- Fors d’acomplir ma voulenté,
- Car moult m’avoit entalenté
- Désespérance de mal faire
- Et m’avoit par son put[389] afaire
- Presque fait perdre corps et âme,
- Ès-vous une très noble dame
- Gente, droite, plaisant et belle:
- Ne sembloit pas estre rebelle,
- Mais doulce et humble à toute gent:
- Moult ot le corps et bel et gent
- Et paré de si noble arroy
- Qu’elle sembloit bien fille à roy;
- Et si ert-elle, en vérité,
- Fille du Roy de magesté
- Vers qui nul n’a comparoison;
- On l’appelle par nom: Raison.
- Moult estoit sage et advisée;
- Droit à moi a pris sa visée
- Et s’en vint de lez moi seoir,
- Mais si tost com la pot veoir
- Désesperance la hideuse,
- Elle s’en fouy moult doubteuse
- Tant com piés la porent porter;
- Car ne se pourroit déporter[390]
- En nul lieu où Raison surviengne
- Que tost fouir ne la conviengne;
- Car plus la het Raison, sans fin,
- Que triacle ne fait venin.
- Raison si fu moult esjoye
- Quant d’avec moy s’en fut foye
- Désespérance sa contraire.
- Lors se prist près de moy à traire;
- Raison dit: Amy, Dieu te gard!
- Tu as eu très mauvais regard,
- Mauvais sens et mauvais advis,
- Car nagaires t’estoit advis
- Que pour toy est tout bien failli;
- Mais onc nul à mal ne failli
- Qui voulsist entendre à bien faire
- Et vivre selon mon affaire
- Et selon mon enseignement
- Qui donne aux âmes sauvement;
- Lequel, se tu le veulx entendre,
- Je te vueil cy dire et aprendre.
- Premièrement, tu dois amer
- Mon père, de cuer, sans amer,
- Et la doulce vierge prisiée
- Sans vanité n’ypocrisie,
- Et aourer sainctes et sains,
- Soies malades ou soies sains,
- C’est à dire en prospérité
- Aussy bien qu’en adversité;
- Et, par contraire, en meschéance
- Aussi bien com en habundance,
- Car tel est humbles en tristesse
- Qui est despiteux en liesse;
- Et tel est en léesse doulx
- Qui en tristesse est moult escoux[391]
- Ce vient de male acoustumance
- Qu’on acoustume dès s’enfance,
- Car qui aprent une coustume,
- Moult à envis s’en descoustume;
- Si fait bon tel coustume aprendre
- Où l’en puist honneur et preu[392] prendre.
- Donc s’avoir veulx coustume bonne,
- Garde que ton cuer ne s’adonne
- A nul des sept mortels péchiés,
- Et que ne soies entéchiés
- D’aucunes de leurs circonstances,
- Car moult t’en vendroit de nuisances,
- Mais fay tant que ton cuer s’accorde
- Aux sept chiefs de miséricorde
- Qui sont aux sept vices contraires;
- Cestes te seront nécessaires
- A acquérir l’amour mon père
- Et de sa glorieuse mère.
- Ces sept vices dont parlé t’ay
- Déclaration t’en feray
- Et des branches qui en descendent,
- Qui à toy décevoir entendent.
- Et tu, en voyes et sentiers,
- Entens à eulx moult voulentiers,
- Tes maistres sont, à eulx es serfs,
- Car nuit et jour de cuer les sers
- En deservant un tel loier
- Où nul ne se puet apoier[393].
- Ainsi en leur subjection
- Vivras, à ta dampnacion,
- S’a eulx n’aprens à estriver
- Par guerre pour eulx eschiver.
- Car bien t’aprendray la manière
- De les traire de toy arrière,
- Et d’avoir franc povoir sur eulx
- Contre les fais aventureux
- Qui par eulx venir te pourront
- Quant ils assaillir te vendront
- Pour clamer dessus toy haussage[394].
- Se tu me veulx croire pour sage,
- Si bien te sauras d’eulx garder
- Qu’ils ne t’oseront regarder
- Pour la doubte des sept vertus
- Qui là te seront bons escus
- Encontre les sept ennemis
- Qui souvent se sont entremis
- De toy mettre à perdition;
- Mais que par bonne entention
- Leur vueilles, sans plus, déprier
- Qu’à toy se vueillent alier.
- Et se tu le fais de cuer fin,
- Ils te mettront ta guerre à fin
- Sans en prendre aucun paiement,
- Fors que ton prier seulement;
- Ce n’est pas oultrageux loier,
- Car il est aisié à paier,
- Si ne s’en puet nuls excuser
- Se il ne vouloit abuser.
- Quant tu verras venir Orgueil
- Regardant en travers de l’ueil,
- Avecque lui Desrision,
- Desdaing, Despit, Présumption,
- Supediter, Fierté, Bobance,
- Desprisier, et Oultrecuidance,
- Et tous ses autres compaignons
- Qui cueurs ont pires que gaignons[395],
- Vers toi, banière desployé,
- Si pren tantost de ton aye[396]
- Humilité, Dévotion,
- Franchise, Contemplation,
- Paour de Dieu, Doulceur, et Pitié,
- Justice, Simplesse, Équité,
- Et moult d’autres qu’à eulx vendront
- Qui pour toi secourre acourront;
- Et s’y vendra chascun offrir,
- Mais que tu les vueilles souffrir.
- Et se contre Orgueil te combas,
- Ils le mettront du tout au bas
- Et le feront fouir le cours
- Et tous les siens, sans nul recours.
- Quant auras par Humilité
- Orgueil et les siens surmonté,
- Garde toy, d’illec en avant,
- Que s’il te venoit audevant
- Pour toy tourner de sa partie,
- Que ne se soit pas départie
- D’avecques toy Humilité,
- Ne les aultres de sa mité[397],
- Car d’Orgueil bien te garderont,
- Tant comme avecques toi seront.
- D’un autre assault te fault garder
- Qui périlleux est à garder
- Entre tous ceulx qui sont en vie,
- Le chevetain[398] en est Envie
- Qui moult est de mauvais convine;
- Avec lui est tousjours Hayne,
- Fauseté, Murtre et Trayson,
- Faulx-semblant et Détraction,
- Ennemitié et Male-bouche
- Qui n’aime que mauvais reprouche.
- S’il te veulent assault livrer,
- Tantost t’en pourras délivrer,
- Mais que de trop près ne t’aprochent,
- Si que de leurs dars ne te brochent,
- Et pour leur péril contrester,
- T’encueur[399] tantost, sans arrester,
- Prier Foy qu’elle te sequeure,
- Et Loiaulté, et eus en l’eure,
- Sans plus parler, te secourront,
- Et ceulx qu’avec eulx amenront:
- C’est assavoir Paix et Concorde,
- Vraie-amitié, Miséricorde,
- Bénivolence, Vérité,
- Conscience avec Unité,
- A tout leur congrégation
- Dont je ne fais pas mention.
- Ceulx ci feront Envie fuire,
- Si qu’elle ne te pourra nuire.
- D’un assault qui moult fait à craindre
- Te refault défendre sans faindre,
- C’est d’Ire le mauvais tirant
- Qui va tousjours en empirant;
- En toute mauvaistié habonde,
- C’est le plus fel qui soit au monde.
- Et quant assaillir te vendra,
- Forte deffense y convendra,
- Car cil se scet desmesurer
- Que nul ne peut à lui durer;
- Et tous ceulx de sa compaignie[400]
- Sont de sa mauvaise manière:
- Cruaulté porte sa banière,
- Perversité, Forcenerie,
- Félonnie et Esragerie,
- Desverie et autres félons
- Lui vont tousjours près des talons.
- Quant ceste gent verras venir,
- Gart toy que ne te puist tenir
- Nuls d’eulx qu’il ne t’ait arresté;
- Tray toi vers Débonnaireté,
- Qui tost bon conseil te donra
- Et contre Yre te secourra
- Avecques ceulx de son lignage
- Qui moult sont de souef courage:
- C’est assavoir Doulceur, Souffrance[401],
- Estableté[402] et Attrempance,
- Patience, Discrétion,
- Refrainte[403] avec Correction.
- Ceulx cy et ceulx de leur banière
- Trairont Yre de toy arrière,
- Et toute sa gent forcenée
- Qu’avec lui aura amenée.
- Ainsi seras d’Ire délivre
- Se Débonnaireté veulx suivre
- Qui est franche, courtoise et douce:
- C’est celle qui nul temps ne grouce[404]
- De riens qui lui puist advenir;
- Bon la fait avec soy tenir
- Et fuire Ire le mal tirant
- Qui de pou se va ayrant.
- Ire doit-on craindre et doubter
- Et hors d’avecques soy bouter
- Et le tenir pour ennemi
- Sans l’acointer jour ne demi.
- C’est un mauvais ennemi qu’Ire,
- Car si tost com un cuer s’aïre,
- De félonnie si s’enflamme
- Qu’il en puet perdre corps et âme.
- Quant en ire se desmesure
- Et se de soy ne s’amesure[405],
- Masvei[406] mesure en lui se met
- Et de le dampner s’entremet.
- Elle est de tel condition
- Que qui en soy correction
- Ne met amesuréement,
- Elle s’y met si lourdement
- Qu’elle honnist tout à un cop.
- Et vraiement elle het trop
- Gens où il fault qu’elle se mette,
- Et pour ce tout au brouvet[407] gecte
- Sans querre y terme ne respit,
- Si tost comme on lui fait despit.
- Gart donc qu’à toi ne se courrouce,
- Aies en toi manière doulce,
- Soies courtois et débonnaire
- Comme uns homs estrait de bonne aire[408].
- Nuls ne se devroit courroucier
- De rien qu’il voie, ne groucier,
- Mais faire tousjours bone chière
- Et mettre tout courroux arrière.
- Laisse le vice et pren vertu,
- Ainsi te pourras sauver tu.
- Eschièves couroux et tristesse
- Et pren en toi joie et léesse,
- Voire par bonne entention,
- Non pas par dissolution,
- Car joye qui est dissolue
- N’est pas à l’âme de value.
- Contre un autre assault périlleux
- Te fault estre moult artilleux[409]
- Afin que tu surpris ne soies
- En ton hostel, n’enmy les voies,
- Car c’est un assault moult doubtable,
- Moult dommageux, moult décevable,
- Car les pluseurs en sont déceus
- Ains qu’avis aient de ce eu.
- De cest assault est chief Paresse
- Qui sans menacier fiert et blesse
- En tapinage, en couardie[410];
- S’enseigne porte Fétardie,
- Faintise, Oiseuse, Lâcheté,
- Négligence avec Niceté,
- Nonchaloir avec Cuer-failly
- Vont après; moult est mal bailli[411]
- Cellui qu’ils pevent entraper
- Et dessoubs leur trappe atrapper.
- Tant[412] ne soient-ils pas hardis,
- Mais lasches et reffétardis[413],
- Ainçois simples, à mate chière:
- Mais couart est de tel manière
- Que quant il se voit audessus,
- Il est de trop mauvais dessus.
- Le cuer a fier comme lyon
- Et aspre comme champion;
- Lors fiert et frappe, bat et tue,
- Quant il voit qu’on ne se remue
- Encontre lui pour soy vengier.
- Donc fait-il bon soy esloignier
- De Paresce et de sa famille
- Qui n’est qu’en son dessus soubtille,
- Et les doit-on mettre au dessoubs
- Si qu’estre n’en puissent ressous[414].
- Et s’au dessoubs mettre les veulx,
- Amaine avecques toy contre eulx
- Diligence et Apperteté,
- Bon-cuer et Bonne-voulenté,
- Talent-de-bien-faire avec Cure,
- Et Soing qui voulentiers procure
- Contre Paresse avoir victoire,
- S’ainsi est qu’on le vueille croire.
- Se ceulx ci avec toi retiens
- Et du cuer à amour les tiens,
- Garde n’aras, n’en doubte mie,
- De Paresce leur annemie,
- Ne de tous ceulx de sa banière,
- Mais se trairont de toi arrière,
- Car l’assault n’osent entreprendre,
- Fors à qui tantost se veult rendre.
- Après, gart toy du quint assault
- Car si soubtivement assault
- Cil qui en est droit capitaine
- Qu’à ses subgez donne grant peine
- Quant il les tient en son service;
- Ce capitaine est Avarice
- Qui moult est de décevant guise.
- S’enseigne porte Convoitise:
- Rapine, Usure et Faulx-traictié
- Le suivent tousjours pié à pié;
- Malice avecques Tricherie
- Murtre, Larrecin, Roberie,
- Engignement, Déception,
- Fraude avec Cavilation[415],
- Et les autres de leur banière.
- Quant tu verras ceste gent fière
- Qui te vouldront assault livrer,
- Se tu t’en veulx tost délivrer,
- Fay de Charité connestable
- Qui tant est piteuse et traitable;
- Et toute sa connestablie
- Q’avecques lui est establie,
- (Que, selon Dieu, poursuit[416] richesse,)
- C’est Souffisance avec Largesse,
- Aumosne faicte en cuer dévost,
- Ce que Dieu plus au monde volt.
- Se ceste conestablie as
- Avecques toi, acompliras
- Ceste bataille à ton vouloir
- Contre Avarice et son povoir.
- Avarice est de put affaire,
- Car il mains maulx machine à faire[417]
- Par le conseil de Convoitise
- Qui les gens à tolir atise.
- Si te garde donc de rien prendre
- De l’autrui, se ne le veulx rendre,
- Par quelque voie que ce soit;
- Car Convoitise gens déçoit,
- De jour en jour, par leur foleur,
- Dont aucuns meurent à douleur;
- Et par ce nature blasmée
- En est souvent et diffamée
- Sans cause, car elle n’y a coulpe;
- Se fait péchié qui l’en encoulpe,
- Car elle en est la plus dolente
- Et qui plus en sueffre et tormente.
- Donc qui de bien faire n’a cure
- Il ne lui vient pas de nature,
- Ainçois lui vient par accident;
- Chascun le voit tout évident.
- S’aucun en soy a mauvais vice
- Qui porter lui peut préjudice,
- S’on dit que Nature lui face
- Par force qu’il soit enclin à ce,
- Les gens ne le doivent pas croire,
- Car ce n’est mie chose voire,
- Ains est par la male doctrine
- Dont nourriture[418] le doctrine.
- Du sixième assault bien te gardes,
- Contre cestuy fay bonnes gardes.
- Gloutonnie en est conduiseur,
- Qui de tous biens est destruiseur,
- Car enclins est à tous délices,
- Et engendre tous mauvais vices.
- Nul temps ne puet estre assouvis,
- Mais tousjours semble estre allouvis[419]
- Et si est-il plus qu’il ne pert[420],
- Nul temps sa voulenté ne pert
- Qui est sur toute riens mauvaise,
- Car sans oultrage n’iert jà aise.
- Gloutonnie est soubtil guerrier:
- Assault-il devant et derrier,
- Car il part en deux sa bataille
- Toudis et avant qu’il assaille;
- Gourmandie l’une conduit:
- Avec lui sont en son conduit
- Friandise, Lopinerie,
- Yvresse, Oultrage, Lécherie,
- Et pluseurs autres de tel sorte
- Que Gloutonnie à soi enhorte.
- Ceste bataille ainsi partie
- Livre assault de une partie,
- Et si donne assez à entendre
- A ceulx qui la veulent attendre.
- L’autre bataille est Male-bouche
- Qui n’aime que mauvais reprouche,
- Mesdit, Surdit[421], Maugréerie,
- Hastiveté, Pautonnerie[422]
- Et des autres à grant planté
- Qui sont de telle voulenté.
- Ceste bataille se tient fort
- Et livre assault à grant effort
- De l’autre costé, pour surprendre,
- Si que l’en ne s’y puist deffendre.
- Gloutonnie point et repoint
- De l’un à l’autre, et leur enjoint
- Que si se tiengnent sans recroire[423]
- Que partout aient la victoire.
- Or fault, se tu te veulx garder
- Des deux assaulx, bien regarder
- De tous costés à ce qui fault
- Pour contrester à leur assault.
- S’il t’assaillent, met toy à deffense
- Et pren avec toy Abstinence
- Et Sobriété sa compaigne
- Avecques ceulx de leur enseigne,
- Car s’avecques toy as ces deulx,
- Assez en vendra avec eulx,
- Et te garderont bien, sans faille,
- Encontre celle gloutonnaille.
- Sur toute rien gart toy d’Ivresse,
- Que sa bataille à toi n’adresse;
- Car cil qu’à Yvresse se livre
- N’a povoir de longuement vivre,
- Et s’il vit, si est ce à meschief,
- Car il n’a ne membre ne chief
- Qui par yvresce ne lui dueille.
- Les mains lui tremblent comme fueille
- Et s’en chiet plus tost en vieillesse,
- En maladie ou en foiblesse.
- Qui s’enyvre, il se desnourrist,
- Car tout le foie se pourrist;
- Ainsi est de soy homicide,
- Dont c’est grant doleur et grant hide[424].
- Du septisme assault dont Luxure
- Est capitaine par nature,
- Te fault gaittier et traire arrière,
- Si qu’elle et ceulx de sa banière
- En leur chemin pas ne te truissent
- Si que suppéditer te puissent.
- Se Fol-regard le fort archier
- Trayoit à toy pour toy blécier,
- Soies sages et te retray,
- Vistement hors du trayt te tray;
- Et quant hors seras de leurs mettes,
- Garde toy bien que ne te mettes
- En la voye de souvenir
- Si près qu’à toy puist avenir,
- Car s’avec lui t’avoit attrait,
- Il te remenroit droit au trait,
- Si que la flesche de Pensée
- Te seroit tost ou corps boutée,
- Et celle de Fole-plaisance
- Qui ne tendroit qu’à décevance
- Te mectroit, tout à son plaisir,
- Ou trait de garrot[425] de Désir
- Qui si fort au cuer te ferroit
- Que jà mire ne te guerroit;
- Là languiroies en tel peine
- Que tu n’auroies cuer ne vaine
- Qui voulsist entendre à rien faire
- Qu’à maintenir le fol afaire
- Qui de folle amour se dépent
- Dont chascun en fin se repent.
- Là t’auroit si suppédité
- Folle amour par fragilité
- Qu’il te faudroit pour vaincu rendre.
- Mais se tu te veulx bien deffendre
- Contre les archiers amoureux,
- Jà ne seras surprins par eulx.
- Pren la targe de Chasteté
- Et la lance de Fermeté:
- La targe met devant tes yeulx,
- Tu ne te pues deffendre mieulx;
- Grant mestier as qu’elle te gart
- Encontre les trais de Regart.
- Se tu ce pas[426] pues bien garder
- Contre Folement-regarder,
- Jà Fole-cogitation
- Ne t’ara en subjection.
- Et quant ces deux ne te ferront
- Jà les autres ne s’y verront.
- Ainsi ces deux pevent tout faire,
- Aussi pevent-ils tout deffaire.
- Regart si est trop perçant chose;
- Toute plaisance y est enclose,
- Aussi y est tout le contraire,
- Si soubtillement scet-il traire,
- Car tous ceulx que Regart attaint,
- Soit pour bien ou pour mal, à teint
- Souvent leur fait muer couleur,
- Soit par joye ou par douleur.
- Pour ce est voir ce qu’on dire seult:
- _De ce qu’œil ne voit, cuer ne deult._
- Si sont aucuns qui se vouldroient
- Excuser qu’ils ne se pourroient
- Du fort trait de regart garder
- Et qu’il leur convient regarder
- Ly un l’autre quant sont ensemble;
- Tout Saincte Église ce assemble
- Selon l’ordre de mariage,
- A tels excusans respondray je
- Briefement, sans prolongation,
- Ce n’est mie m’entention
- De deffendre à nul, bon regart,
- Mais que de Fol-regart se gart
- Qui les fols fait ymaginer
- Et par Fol-cuidier deviner[427],
- Dont est née Fole-plaisance
- Qui convoite du corps l’aisance,
- Et de ce vient Ardent-désir
- Qui art tout, s’il n’a son plaisir;
- Lors fait tant qu’à son gré avient,
- Et tout ce de fol regart vient.
- Ce n’est pas regart convenable
- Quant à Dieu, mais quant au Déable:
- Regart fait pour charnel délit
- Au Déable moult abélist[428]
- Et autant desplaît-il à Dieu
- Si n’est pas fait en temps et lieu.
- Gens qui en mariage sont,
- Qui tousjours leurs courages ont
- A délit charnel maintenir,
- Voulans s’y soir et main[429] tenir,
- Pechent ensemble, sans doubtance,
- Par l’engin de Fole-plaisance
- Qui souvent les tient en ses las;
- Mais ne le cuident pas les las,
- Car à vertu tiennent ce vice
- Dont ils font que fols et que nices;
- Car conjoins ne devroient jà voir[430]
- L’un à l’autre affaire avoir
- Par charnele conjunction,
- Se ce n’estoit en entention
- De lignée multiplier;
- Pour ce les fais-je marier,
- Si que, par le gré de nature,
- Facent ensemble engendréure,
- Quant temps en est, et point, et lieu,
- Et tout ainsi l’ordonna Dieu,
- Non mie pour soy déliter
- A l’un avec l’autre habiter.
- Fols est qui l’un à l’autre habite
- Sans l’entention dessus dicte,
- Car quant Nature en tels gens euvre
- Selon les estas de son euvre,
- Sans moy ne Mesure appeller,
- Et que son fait nous fait celer
- Afin qu’Atrempance n’y viengne
- Qui en subjection la tiengne,
- Iceste copulation
- Faicte sans génération
- Et sans droicte nécessité,
- Par fresle superfluité,
- Est péchié mortel, nul n’en doubte,
- Qui par Fol-désir les y boute
- Pour acomplir leur volenté
- Charnele dont ils sont tempté,
- Où nature est tousjours encline.
- Nul temps qu’elle puist n’y décline,
- Ains queurt tousjours de randonnée
- Fresle, fole et abandonnée,
- Ne se scet, pour grief, espargnier
- Tant com riens a en son grenier.
- Ainsi de soy s’occist Nature
- Se ne la gouverne Mesure
- Ma suer[431] qui tant est bien ruillée[432]
- Qu’elle en nul temps n’est desruillée[433],
- Ains fait faire tout si à point
- Que où elle est, d’excès n’a point.
- Croy donc Mesure en tous tes fais
- Et tu n’y seras jà meffais
- En nul temps, je t’en asséur,
- Car qui la croit, il vit asseur.
- Cy lairay du septime assault
- Dont Luxure les gens assault
- Et revendray à ma matière
- Que j’ay entreprise première.
- Soies tous temps vray en ta foy,
- Aimes ton proesme comme toy,
- Dieu mon père le veult ainsi;
- Et fay à chascun tout ainsi
- Comme qu’il te feist vouldroies.
- Et se tu vas parmy les voies,
- Soies enclin à saluer;
- Et si ne dois nul temps ruer
- De ta bouche male parole:
- Saiges est cil qui pou parole,
- Et qui aime et désire paix
- Oyt tousjours, voit et se tait.
- Et se tu es en compaignie
- Parlant de sens ou de folie,
- Parle au plus tart[434] que tu pourras,
- Escoute ce que tu orras,
- Si que tu en saches parler
- Quant ce vendra au paraler[435],
- Et que ce soit par brief langaige;
- Ainsi seras tenu pour sage.
- Et ne le fusses ores mie,
- Là fault-il jouer d’escrémie[436]
- Assez mieux qu’au jeu du bocler[437],
- Car on apparçoit tost, moult cler,
- Qui veult à parler entreprendre[438],
- S’il ne se garde de mesprendre,
- Ou cler sens, ou clère folie.
- Et pour ce clèrement folie
- Cil qui de tost parler se haste.
- Qui parle ne doit avoir haste,
- Ains se doit trois fois adviser
- Avant qu’il doie deviser:
- La chose dont il veult parler,
- Et à quel fin il puet aler,
- Et ce qu’il en puet avenir;
- Ainsi n’en puet nul mal venir.
- Soies courtois et amiables
- Envers tous et humiliables;
- Par toy soient grans et menus
- Tous temps amés et chier tenus,
- Suy les bons et fuy les mauvais,
- Aimes tous temps douceur et paix;
- Et se tu ois tencions ne noises,
- Garde toy bien que tu n’y voises,
- Car nul ne se puet avancier
- D’amer noises, ne de tencier.
- Amis, se tu veulx advenir
- Au manoir Richesse et venir
- Dont je t’ay si fort oï plaindre
- Que nuls homs ne le puet attaindre
- Se n’est par paine et par doleur,
- Laisses ester telle foleur
- Et telle cogitation,
- Et pren en toy discrétion.
- Pren des deux voies la meilleur,
- Laisses le bren[439] et pren la fleur[440]:
- Se ne le fais, feras foleur;
- Qui est à chois, le mieux doit prendre.
- Et se tu veulx la voie aprendre
- Que tu dis que tu ne scez pas,
- Pour ce qu’il y a mal trespas,
- Si comme tu dis, à passer
- Par quoi on s’y puet trop lasser,
- (C’est au beau manoir de Richesse,)
- Je t’en aprendray bien l’adresse
- Et ce qu’il en puet avenir;
- Ainsi n’en puet nul mal venir
- Qui[441] t’y saura bien convoier,
- Sans toy feindre ne forvoier.]
- Pren le chemin droit à main destre
- Et laisse cellui à senestre,
- Car le destre toutes gens maine
- Droit à Richesse, en son demaine,
- Mais que on ne se traie hors voie;
- En cellui nul ne se forvoie,
- Ainçois va tout à sa devise.
- Or est droit que je te devise
- Comme cil chemin est nommé
- Qui tant est bel et renommé,
- Et qui fait ceulx qui le vont, estre
- Tous temps en très gracieux estre.
- Cil chemin a nom Diligence,
- Pavés[442] est de Persévérance.
- S’en ce chemin te veulx tenir,
- Tu pues à richesse venir
- Et le chemin tost achever
- Aiséement, sans toy grever,
- Et avec Richesse manoir[443]
- En son très gracieux manoir.
- Car qui n’y va, ne tient qu’à lui,
- Quant le cuer a si achailly
- Qu’il het le bel destre chemin
- Pour estre a l’ort senestre enclin.
- Qui ce senestre veult aler,
- Meschéans est au paraler,
- Ni n’en puet eschapper n’estordre[444],
- Ains lui convient telle hart[445] tordre
- En paine, en meschief, en angoisse.
- Cil chemins moult de gens angoisse
- Et les fait vivre en grant destresse:
- Laie[446] gent l’appellent paresse
- Et li clerc l’appellent accide;
- On n’y treuve confort, n’aïde,
- Ne conseil, n’espoir, ne chevance,
- Fors peine, ennuy et meschéance;
- C’est un chemin moult destravé[447].
- Plein de boullons[448], tout encavé;
- N’il ne fera jà si beau temps
- Qu’y puist tost errer qui est ens[449].
- Là le tiennent en couardie,
- Les grans boullons de fétardie,
- D’ignorance et de niceté.
- C’est le chemin de Povrété,
- Une dame qui n’est prisée,
- En ce monde, n’auctorisée
- Ne qu’un viel chien, en vérité.
- De lui vient toute adversité,
- Meschief, peine, ennuy et contraire,
- Arrière se fait donc bon traire
- Du chemin qui à lui adresse,
- Et prendre la plaisant adresse.
- Du beau chemin de Diligence,
- Car chascun puet veoir en ce
- Qui est à chois et puet eslire,
- Il ne doit pas prendre le pire;
- Et s’il le prent et puis s’en veut
- Repentir, quant il ne le peut
- Recouvrer, c’est trop grant foleur.
- Car qui bien laisse et prent doleur
- Et se forvoie à escient,
- Ne puet chaloir s’il en mesvient,
- Car quant un cuer s’est forvoyés,
- N’est pas de légier ravoiés.
- S’il est ou chemin de Paresse,
- Il tourne le cul à Richesse
- Et va à Povreté tout droit,
- Dont je t’ay parlé orendroit,
- Qui fait si mal gens atourner;
- Et quant il cuide retourner
- Et s’apperçoit de sa folie,
- Lors entre en grant mérencolie
- Qui moult le travaille et le peine,
- En pensée, en soussy, en peine,
- En desconfort, en désespoir,
- Dont il devient larron espoir[450],
- Et tolt et emble aux gens le leur,
- Dont en la fin muert à doleur.
- Or sont aucuns qui veullent dire
- Que destinée à ce les tire
- Et les fait ensement aler.
- Folie font d’ainsi parler,
- Car ils ne scevent que ils dient:
- Et les maléureux s’y fient
- Qui dient souvent et menu,
- Quant meschief leur est advenu,
- Qu’ainsi leur devoit avenir,
- Et le veulent pour vrai tenir
- Et prennent en leur meschéance,
- Par ce parler, glorifiance,
- Et s’excusent de leur meffait,
- Disans qu’ils ne l’orent mie fait
- Par leur gré, mais par destinée
- Qui au naistre leur fu donnée.
- Ceulx qui le croient se deçoivent,
- Ne croient pas si comme il doivent,
- Car à nullui n’est destiné
- Qu’il soit pendu ne traïné,
- Ne qu’il meure de mort vilaine,
- S’il ne met au desservir peine.
- Meschief contrester chacun puet
- Qui entendre à bien faire veult,
- N’il n’est pas de nécessité
- Qu’à nul aviengne adversité,
- Mais advient par cas d’aventure,
- Quant folement on s’aventure.
- Destinée ne puet contraindre
- Nul, si qu’il ne se puist refraindre,
- Mais qu’il ait bonne voulenté;
- Et s’il est à la fois tempté
- D’aler faire aucune aatie[451],
- S’avec lui suy[452], je le chastie
- Et lui oste celle pensée
- Qui en son cuer estoit entrée,
- Et lui donne advis et mémoire
- Decontrester, s’il me veult croire,
- A mauvaise temptation,
- Dont il vient à salvation.
- Ainsi peus veoir clèrement
- Que destinée nullement
- N’a nul povoir de chose faire
- Que je ne puisse tost deffaire,
- Au mains s’elle ne m’est célée
- Si qu’au fait ne soie appellée;
- Car nul fait qui sans moy est fet
- Ne puet venir à bon effet,
- Mais communément en meschiet,
- Et par ce meschief il eschiest
- Que destinée y pren le nom
- D’estre vertu et grant renom,
- Car pluseurs dient et soustiennent
- Que bien et mal par elle viennent
- Et que nul contrester ne puet
- A ce que destinée veult;
- Mais tous ceulx en sont décéu,
- Qui ont ceste créance eu,
- Car s’il estoit au Dieu vouloir
- Que destinée éust povoir
- Dessus les gens si comme on dit,
- Que vauldroit bon fait ne bon dit,
- Ne soy à bonnes euvres traire?
- Nul n’aroit mestier de bien faire
- Quant bien fait ne le secourroit,
- Ainçois villainement mourroit,
- Et s’ensuiroit, quoy que nuls die,
- Que s’uns homs à mal s’estudie,
- Et emble, et tue, et fiert, et bat,
- Quant il n’y puet mettre débat
- Pour destinée qui l’enforce
- A tous maulx faire par sa force,
- Que monstré n’en doit estre au doit
- Puisqu’il ne fait que ce qu’il doit:
- Et Dïeu mesmes qui scet tout
- N’en doit avoir vers lui courroux,
- Puisque ce n’a-il mie fait,
- Mais Destinée tout ce fait.
- Certes mais il est autrement,
- Et quiconques maintient il ment
- Que[453] destinée vertus soit,
- Et qui le croit il se déçoit.
- Fay donc ce que je t’ay apris,
- Se tu veulx avenir à pris;
- Laisse le mal et pren le bien,
- Quant avoir le pues aussi bien,
- Et plus légièrement assez,
- Car on est cent fois moins lassé
- Ou beau chemin dessus nommé
- Que Diligence t’ay nommé
- Qui toutes gens à honneur maine,
- Et cent fois y a moins de paine
- Qu’ou hideux chemin de paresse
- Plain de douleur et de tristesse
- Où nul ne pourroit estre à aise,
- Ne faire chose qui lui plaise,
- N’estre en estat, ne bien nourry;
- Car le chemin est si pourry
- Qu’on y entre jusques au ventre,
- Maleureux est cil qui y entre!
- C’est un chemin ou nuls ne court,
- Mais, sans faille, il est assez court
- Tant soit-il ort et desrivé[454],
- Car on est tantost arrivé,
- Sans y quérir autre adresse,
- Droit au manoir où il s’adresse,
- C’est assavoir chez Povreté
- Où l’en vient tout desbareté[455],
- Nu, deschaux, et de froit tremblant
- Et de très-douloureux semblant,
- Le corps courbé, acrampely[456],
- Affin qu’on ait pitié de ly.
- Mais de tels gens, en vérité,
- Doit-on avoir peu de pitié
- Quant il sont en si bas dégré:
- Puisqu’ils se mettent tout de gré
- En si doloreuse aventure,
- Que mésaise aient c’est droicture.
- Se tu crois doncques mon conseil
- Que je, pour ton preu, te conseil,
- Cest ort chemin hideux hairas,
- Ne jamais jouir ne t’y verras.
- Remenbre toy des meschéans
- Que tu es chascun jour véans
- Qui si maleureux deviennent
- Quant en ce chemin se tiennent.
- Beau chastiement met en lui
- Qui se chastie par autrui.
- Se uns homs entre en mauvais pas
- De gré, ou qu’il ne saiche pas,
- (Si comme assez souvent eschiet,)
- Et en ce mau pas lui meschiet,
- Cellui d’après qui le regarde
- Ne le suit pas, ainçois se garde
- D’aler après, qu’il ne se blesse,
- Et s’en va querre une autre adresse
- Qu’à droit port le fait arriver.
- Tout ainsi dois-tu eschiver
- Tous temps le chemin et la voie
- Que tu scez et vois qui avoie[457]
- Toutes gens à chétiveté,
- A angoisse et à povreté,
- Et que chascun jour pues véoir
- Qui ne leur fait que meschéoir[458],
- N’en ce chemin bien n’orent oncques.
- Eschive le erraument doncques,
- Et met les pans[459] à la sainture,
- Et si t’en cours grant aléure,
- Et à main destre pren t’adresse
- Au beau chemin qui tost adresse
- Tous ceulx qui y vont, et agence
- En tout honneur: c’est Diligence
- Le beau chemin plain de noblesse,
- Nuls n’y puet avoir fors léesse
- Par la planté des biens qui viennent
- A tous ceulx qui ce chemin tiennent.
- Il est lonc merveilleusement,
- Mais il n’ennuye nullement
- A ceulx qui veullent avenir
- Au manoir Richesse et venir,
- Ainçois errent et jour et nuit
- Sans ce que goute leur ennuit.
- Chascun a désir qu’il se voie
- En ce chemin. Droit en my-voie
- A deux sentes dont l’une à destre
- S’en va droit, et l’autre à senestre.
- De la destre te vueil parler:
- Par celle fait-il bon aler,
- Car tant est vertueuse adresse
- Qu’il maine à parfaicte richesse;
- C’est Souffisance la séure
- Qui ceulx qui là vont asséure
- Et les fait vivre en bon espoir
- Sans penser à nul désespoir,
- Car tout ce qu’ils ont leur souffist.
- Soit à dommage ou à prouffit,
- Dieu loent sans estre lassés
- Aussi tost d’un pou com d’assez.
- Cils sont riche parfaictement,
- Et nuls n’est riches autrement
- S’il ne va parmy Souffisance,
- Et fut-il ores roy de France.
- De l’autre sente te diray,
- La vérité n’en mentiray:
- Elle va à senestre partie,
- Mais c’est bien chose mi-partie[460]
- Envers celle qui va à destre,
- Car nul n’y puet assouvis estre.
- Celle sente a nom Convoitise
- Qui les cuers enflambe et atise
- D’estre convoiteux sur avoir;
- Qui plus en a, plus veult avoir,
- Tousjours de plus en plus convoite,
- D’aler avant si fort les coite[461]!
- Et quant ils viennent au chastel
- De Richesse qui tant est bel,
- Avis leur est que riens fait n’ont
- S’encores plus avant ne vont.
- D’aler oultre est bien leur entente,
- Tant com leur durra celle sente,
- A quelque peine que ce soit;
- Mais certes elle les déçoit.
- Mal en virent oncques l’entrée,
- Car quant personne y est entrée,
- Ne se peut d’avoir saouler,
- Ains vouldroit bien tout engouler;
- Ne se daignent là arrester,
- Mais vont tousjours, sans contrester,
- Querre meilleur pain que froment,
- Dont, puis, se repentent souvent;
- Car quant bien hault se sont juchiés,
- A un seul coup sont trébuchiés,
- De Fortune qui ne voit goute,
- Qui de sa roe si les boute
- Qu’en la boe les fait chéoir:
- On le puet chascun jour véoir.
- Quant ils se voient décéus
- Et du hault au bas chéus
- Où fortune les a flatis[462],
- Lors ont les cuers si amatis[463]
- Et si vains que du tout leur faillent,
- Et ne scevent quel part ils aillent,
- Tant sont honteux et esbahis,
- Et se tiennent pour fols naïs[464],
- Chétis, las, courbés, sans léesse,
- Entrans ou chemin de Paresse,
- Et s’en vont droit à Povreté,
- Desconfit et desbareté,
- Ne jà puis jour ne seront aise,
- Ainçois languiront en mésaise,
- Et en tel estat se mourront,
- Et, par aventure, pourront
- Faire aucun vilain maléfice
- Dont il seront mis à justice.
- Donc pues-tu véoir et entendre
- Qu’il fait très mauvais entreprendre
- Sente qui est si périlleuse,
- Si forvoiant, si fortuneuse
- Comme est celle de Convoitise,
- Car nul n’y a s’entente mise
- Qui en la fin ne s’en repente.
- Eschieve doncques ceste sente
- Et pren celle de Souffisance,
- Et tu auras tousjours chevance
- Et assez tant com tu vivras;
- Assez as-tu quant ton vivre as,
- Entre les gens, honnestement,
- Et as souffisant vestement
- Et à l’avenant le surplus:
- Fol es se tu demandes plus.
- Puis que tu l’as par loyauté,
- Tu as plus qu’une royaulté
- Sans souffisance ne vauldroit,
- Se tu regardes bien au droit.
- Et s’il advient que servir doies
- Je te deffent que tu ne soies
- Envers ton maistre courageux,
- Orguilleux, fel, ne oultrageux.
- Tousjours lui fay obéissance,
- Et enclines à sa plaisance,
- En tous estas[465], sans rebeller,
- Et ne te dois nul temps mêler
- D’argüer ne de contredire
- Chose que tu lui oies dire:
- S’il parle à toi, si lui respons
- Doulcement, sans vilain respons,
- Sans rebrichier[466] et sans groucier,
- Craindre le dois à courroucier.
- Et si ne dois en nul temps faire
- Chose qui lui doie desplaire
- Pour enseignement que tu truisses[467]
- Au moins puis qu’amander le puisses,
- Tu le dois amer de vray cuer,
- Sans lui estre faulx à nul fuer,
- Et se tu l’aimes, tu feras
- Son vouloir et le doubteras
- En tous estas, j’en sui certaine,
- Car amours est si souveraine
- Que toutes vertus lui enclinent
- Et de lui obéir ne finent.
- C’est moult puissant vertus qu’amour!
- Met-la donc en toy sans demour,
- Car qui aime de cuer, il craint:
- Bonne amour à ce le contraint
- Qui le met en obéissance
- Par sa vertueuse puissance,
- Et le tient en subjection
- Sans user de déception[468].
- Mais s’aucun craint, ne s’ensuit mie
- Qu’il ait en lui d’amour demie[469]:
- Amour n’obéist pas à crainte,
- Ne nullui n’aime par contrainte,
- Car on craint bient ce que l’en het,
- Que ce soit voir, chascun le scet;
- Mais qui bien aime, craint et doubte:
- De ce ne doit nuls avoir doubte.
- Aimes donc ton maistre et le sers
- Loyaument, et s’amour dessers[470];
- Et quant ton bien aparcevra,
- Vers toy fera ce qu’il devra,
- Ne jà ne saura estre avers.
- Et se tu le sers au travers,
- Sans lui amer et chier tenir,
- Nul bien ne t’en poura venir,
- Ains perdras avec luy ton temps
- Et si auras à lui contemps,
- Ou vilment congié te donra
- Et si diffamer te pourra
- En pluseurs lieux, par aventure,
- Que nullui n’aura de toy cure.
- Ainsi en tous estas perdroies,
- Se par amour ne le servoies.
- Quiconques sert il doit amer
- Son maistre de cuer, sans amer[471],
- Et de si loial cuer servir
- Que s’amour puisse desservir.
- Prendre doit trois conditions
- De trois significations
- Que briefment je te nommeray,
- Et puis si les exposeray.
- Premier, dos d’asne doit avoir
- Se bien veult faire son devoir;
- Secondement, comment qu’il voit[472],
- Oreilles de vache avoir doit;
- Et tiercement doit avoir groing
- De pourcel, sans aucun desdaing.
- Ces trois conditions estranges,
- Se tu sers, pas de toy n’estranges,
- Mais mect tousjours paine et estude
- D’avoir les par similitude,
- Quant sauras l’exposition
- De leur signification
- Que je te veuil dire et aprendre.
- Par dos d’asne tu pues entendre
- Qu’avoir dois le fais et la charge
- De ce que ton maistre te charge,
- Et que de toutes ses besoignes,
- Sans faire obliance, tu soignes;
- Tu en dois la somme porter
- Pour mieulx ton maistre déporter;
- Et pour bien faire ton devoir,
- Lui dois souvent ramentevoir
- Et avoir chier sur toute rien
- Le sien prouffit comme le tien.
- Après, par oreille de vache
- Pues-tu entendre, sans falache[473],
- Que tu dois ton maistre doubter,
- Et s’il te laidenge[474], escouter
- Sans ce que contre lui t’orgueilles;
- Faire lui dois grandes oreilles,
- Et faire semblant toutesvoies
- Que tu n’ois adonc, ne ne vois.
- Quant le verras de tencier chault,
- Tais-toy tout coy et ne t’en chault,
- N’à tort, n’à droit, ne respons point
- Tant comme il est en ycel point,
- Car trop s’en pourroit engaignier;
- Autre chose ne puet gaignier
- Servant qui respont à son maistre,
- Soit chevalier, bourgois ou prestre.
- Qui se tait et point ne rebelle,
- C’est une vertu bonne et belle:
- Ceste-cy, se tu me veulx croire,
- Aras-tu tousjours en mémoire.
- Par groing de pourcel ensement
- Peus-tu entendre clèrement
- Qu’en toy ne doit avoir danger
- Ne de boire, ne de menger,
- De grant disner, ne de petit:
- Tous dois prendre par appétit
- Et en bon gré, se tu es sage,
- Sans mener despit ne haussage,
- Orgueil, ramposnes, ne desdaing,
- Et fay tout ainsi com le groing
- Du pourcel qui partout se boute;
- Tout prent en gré, riens ne déboute,
- Ainçois se vit de ce qu’il treuve
- Liement, sans faire repreuve[475],
- Tout treuve bon et savoureux,
- De nulle rien n’est dangereux[476].
- Par semblable, ne dois-tu estre[477]
- Quant tu es à l’ostel ton maistre,
- Ains te doit tout plaire et souffire,
- Sans rien refuser ne despire.
- A tant se tut Raison la sage;
- Lors tournay un pou mon visage,
- Et pour penser mieulx m’acosté;
- Donc s’en vint de lez mon costé,
- Uns homs saiges et plain d’avis,
- Ainsi comme il me fu avis
- Et il en est bien renommés,
- Entendement estoit nommés.
- Beaux amis, dist-il, or entens:
- Se tu veux emploier ton temps
- A faire ce que Raison dit,
- Tu feras que sage, à mon dit.
- Elle t’a cy moult sermoné,
- Moult bonne exemple t’a donné:
- Se tu l’as scéu retenir,
- Tu en pues à grant bien venir
- Selon Dieu et selon le monde;
- Croy la, et j’octroy qu’on me tonde,
- (Se de ce qu’elle a dit t’apens[478];)
- Se tu jà nul jour t’en repens:
- Et tu l’apparcevras à l’ueil;
- Quant à or, plus dire n’en vueil,
- Car on doit mettre son assent[479]
- Autant à un mot comme à cent.
- Quant j’oy un pou après pensé,
- Repensé et contrepensé
- A ce que Raison apris m’ot,
- Et bien recordé mot à mot
- Par le conseil d’Entendement,
- Et que j’estoie en grant dément
- De tout en mon cuer retenir,
- Ès-vous un homme à moi venir
- Qui bien sembloit estre advocas
- Qui parler scéust en tous cas:
- Moult sembloit estre sages hom
- Selon droit et selon raison;
- Coiffe et habit fourré portoit,
- Et richement se déportoit:
- Preudoms sembloit, et sans riot,
- Clerc et varlet avec lui ot.
- Le maistre fu Barat[480] nommés,
- De ce ne fu pas mesnommés:
- Son clerc avoit nom Tricherie,
- Et son varlet Hoquelerie[481].
- Barat s’est de lez moy assis,
- Et commença par mos rassis
- A parler attrempéement
- Aussi comme par chastiement.
- Auras-tu huy assez pensé?
- Di, chaitif, qu’as-tu empensé?
- Veulx-tu croire Raison la fole
- Qui ceulx qui la croient affole?
- Se tu la crois, chaitif seras
- Tant com de son sens useras;
- Nuls ne puet à estat venir
- Qui se veult à Raison tenir,
- Mais à grant paine se chevit
- Et tousjours en souffreté vit
- Sans avoir nulle chevissance.
- Or est fols qui a souffisance
- Quant au cuer a tant de doleur;
- Je le tendroie à grant foleur
- Qui selon raison ouverroit:
- Jamais riche ne se verroit,
- Ains seroit tousjours en un point
- Sans ce que il enrichist point.
- Tousjours seroit com povre et chiche,
- Dolent, subjet et serf au riche
- Dont souvent s’oroit laidengier:
- Ainsi vivroit en grant dangier.
- Qui a le cuer pur, net et monde,
- Povre est et n’a loy[482] en cest monde,
- Ne ne puet venir à estat;
- Met doncques Raison en restat[483]
- Et me crois, si feras que sage,
- Car s’user veux de mon usage,
- Tu seras tantost surhaucié,
- Riche, puissant et essaucié;
- Servis et honneurés seras,
- Et tout à ton plaisir feras.
- Tu ne feras que commander,
- Chascun vendra à ton mander:
- Tous temps vivras en tel conroy
- Com se tu fusses duc ou roy,
- Car tous auras tes aisemens.
- Se tu fais mes enseignemens
- Que je te vueil dire et aprendre,
- Moult bon exemple y pourras prendre.
- Flateur soies premièrement,
- Car c’est le droit commencement
- Par quoi on puet à bien venir
- Et à grant estat avenir:
- S’avenir y veulx, sans deffault,
- De _Placebo_ jouer te fault.
- Soies en tous lieux décevant
- Où tu seras, et par devant
- A toutes gens fais beau semblant,
- Si leur iras le cuer emblant,
- Et faing que tu soies loyaulx,
- Vrais en cuer et espéciaulx[484];
- Aquier des amis, sauf le tien[485],
- Serré par devers toy le tien.
- Ne soies pas larges, mais chiches;
- Ainsi seras tu tantost riches.
- Quel compaignie que tu truisses,
- Là ne despens riens que tu puisses[486],
- Aies le cuer bault[487], et te truffes,
- Et dy des gorgées et des truffes
- Quant tu verras qu’il sera point,
- Et met paine à le faire à point;
- Par ce seras tu bien venus
- En compaignie, et chiers tenus.
- Après, ne te doit ennuyer
- De voulentiers gens conchier[488]
- En tous estas, et mettre en voie
- Que tu aies de leur monnoie,
- Ou soit à droit, ou soit à tort,
- Ou par contrainte, ou par accort;
- Et se bien me veulx apaier[489],
- Acrois[490] partout sans riens payer,
- Et voulentiers par tout mescompte[491],
- Ne jà du péchié ne fais compte;
- Ceulx qui te doivent fay contraindre,
- De les mengier ne te dois faindre,
- Et les mener à povreté
- Sans avoir d’eulx nulle pitié:
- Ne te chault s’ils perdent chevance,
- Mais que tu aies leur substance;
- Soies tousjours tout prest de prendre,
- Mais garde-toi bien de riens rendre.
- Je te deffens que tu ne paies
- A âme chose que tu doies,
- Et s’aucun te faisoit semondre[492]
- A qui il te faulsist respondre,
- Ou soit à bel, ou soit à let,
- Moy et mon clerc et mon varlet
- Tous ensemble t’irons aidier
- Ou cas qu’il te fauldra plaidier.
- Se tu nous crois, tu materas
- Tous ceulx à qui tu plaideras,
- Sans faillir en nulle saison,
- Soit droit, soit tort, maugré raison,
- Tousjours à ton besoing vendrons
- Et bien près de toi nous tendrons
- Et te feron tost achever
- Tes causes et en hault lever
- Ton estat, habonder et croistre,
- Tant que bien te pourras acroistre.
- Après, te vueil encor aprendre
- Trois choses qu’il te fault emprendre
- Se tu veulx tost monter en pris
- Et si sont d’assez moien pris.
- La première est que tu te vestes
- De bonnes robes et honnestes
- Fourrées à leur avenant[493]:
- Si en seras plus avenant[494],
- Plus honnourés et mieulx prisiés
- Et entre gens auctorisiés
- Et tenus pour sage de tous,
- Et fusses tu fols et estous.
- La seconde chose est mentir
- Soubtivement, sans alentir,
- Par beaux mos polis, plains de lobe,[495]
- Ce siet bien sur la bonne robe:
- Par ce pourras tu faire acroire
- Que mençonge soit chose voire
- Et que vérité soit mençonge,
- Ne qu’on y croie ne qu’en songe.
- La tierce chose est vraiement
- Que tu faces hardiement
- Quanque tu auras empensé,
- Soit bien pensé ou mal pensé;
- Tu dois hardiement ouvrer
- Se grant avoir veulx recovrer,
- Car cil qui hardiement ne euvre
- Et est honteux, riens ne recoeuvre,
- Mais est povre et las en ce monde,
- Et li hardi tousjours habonde
- Puis que beau langage a en main.
- Partout et à soir et à main
- Les trois derreniers poins tiens
- Et principalment les retiens
- Et tu auras tousjours chevance
- Combien que tout soit décevance,
- Car nul ne puet chevance avoir
- S’il ne met paine à décevoir
- Et s’il n’est bien malicieux,
- Viseux[496] et caut et engineux,
- Semblant doulx et courtois vers tous,
- Et en cuer faulx, rude et estous:
- Et que tousjours rie sa bouche
- Combien qu’au cuer point ne lui touche,
- Car combien que beau semblant moustre,
- Le ris ne doit point passer oultre
- Le neu de la gorge, à nul fuer;
- Des dens doit rire et non du cuer.
- Il doit estre blaffart[497] toudis,
- Et en tous fais et en tous dis
- Les puissans doit aplanier[498]
- Par souples mos et festier,
- Et leur porter grant révérence,
- Car on puet moult acquester en ce;
- Des povres ne puet il chaloir,
- Car ils ne pevent riens valoir:
- Ceulx là fait bon bouter arrière,
- Sans leur faire semblant ne chière,
- Et du tout en tout soy retraire,
- Car on ne puet d’eulx denier traire.
- Or m’as tu oy raconter
- Comment on puet à pris monter:
- Se tu crois mon enseignement,
- Riche seras parfaictement,
- Et auras, tout à ton vouloir,
- Tout ce que tu sauras vouloir;
- Et se tu veulx croire Raison,
- Tu seras en toute saison
- Chaitif, mendiant, povre et las,
- Car si te tendra en ses las
- Que monter plus hault ne pourras.
- Or fay lequel que tu vouldras
- Et y pense tout à loisir:
- Quant à chois es, tu pues choisir.
- Se tu veulx estre povres hom,
- Si me laisse et croy Raison;
- Et se tu veulx riche homs estre,
- Si me tien pour seigneur et maistre,
- Tant com tu vivras, et me croy,
- Et de Raison croire recroy.
- A ce mot s’est Barat téu,
- Car assez m’ot ramentéu
- Ses affaires et sa doctrine
- Et enseignié tout son convine;
- A tant de moy se départi.
- Lors pensay moult au jeu-parti
- Que Barat et Raison fait m’orent
- Et enchargié tant comme ils porent,
- Mais le jeu si parti avoie
- Que lequel croire ne savoie,
- Ou Raison qu’ot à moy parlé,
- Ou Barat le bien enparlé;
- Mais bien croi qu’au derrain créusse
- Barat, s’autre conseil n’éusse,
- Car si bel m’avoit flajolé
- Que tout sus m’avoit affolé.
- Lors vint à moy Entendement
- Pour moi donner enseignement
- Auquel des deux je me donnasse
- Et cuer et corps habandonnasse.
- Fol, dist-il, es-tu rassoté
- Qui ce que Raison t’a noté
- Veulx laissier pour estre trichierres
- Faulx et mauvais et décevierres,
- Et croire Barat le lobeur
- Qui pires est que desrobeur?
- Bien es fol et oultrecuidés
- Et de sens naturel vidés,
- Et bien pert que tu ne vois goute
- Qui veulx mettre entente toute
- A toy envers Barat plaissier,
- Pour Raison la sage laissier,
- Car oncques nuls ne la laissa,
- Ne vers Barat ne se plessa
- A qui n’en meschéist après,
- Sans faillir, à loing ou à près.
- De ton temps véoir l’as péu
- Que maint grant maistre décéu
- En ont esté, et mis à honte
- Pourcequ’il ne tenoient compte
- De Raison ne ses fais ensuire,
- Mais se penoient de la fuire,
- Et adnichilloient droiture,
- Contre Dieu, Raison et Mesure.
- Et combien qu’avec eulx féusse,
- Jà d’eux audience n’eusse
- A desdire leur voulenté,
- Tant ièrent espris et tempté
- Par Fol-cuidier le pou séur,
- Qu’estre cuidoient asséur,
- Et tousjours Barat surmontoient
- Pour ce que par lui hault montoient,
- Et amassèrent les trésors
- Qui erent très-vils et très-ors;
- Car de ce qui par Barat vient,
- En la fin nul bien n’en avient.
- Il n’est pas bon logicien:
- Belle entrée a et beau moyen,
- Mais tousjours fait conclusion
- A honte et à confusion;
- Car tout quanque Barat aüne[499],
- En vingt ans, anientist fortune
- En une seule heure de jour,
- Ne nuls n’y puet mettre séjour.
- Ainsi ne puet Barat durer,
- Car ne le pourroit endurer
- Droit qui tout adresse et aligne
- Et qui ne fait riens fors à ligne,
- Mais est enclin à son affaire
- A tout ce que Raison veult faire.
- Croi doncques Raison et la sers,
- Car vraiement tu seras sers
- D’une mauvaise servitude
- Se tu mes en Barat t’estude.
- Pluseurs par ses las sont passés,
- Plus sages que tu n’es d’assez,
- A qui mal en est advenu,
- Tu le vois souvent et menu.
- Plus sages que tu n’es? Vraiement,
- Par le mien mesmes jugement
- Plus saiges voir ne sont-ils mie,
- Car en eulx n’a de sens demie,
- Combien qu’ils aient de sens le nom
- Par grant abit et par renom,
- Car tels est saiges qui est fols
- En ce monde, bien dire l’os,
- Tel y est fol qui est bien sage,
- Ce voit on par commun usage;
- Car selon le dit de ce monde,
- Ly homs qui de richesse habonde
- Et a assez or et argent
- Pour sage est tenu de la gent
- Et est prisié en tous pays
- Combien qu’il soit uns fols naïs;
- Donc il est sage et fol ensemble
- Par ce que j’ay dit[500], ce me semble:
- Voire sage pour son avoir,
- Et fol naïs pour pou savoir.
- Et li povre, par opposite
- De l’exemplaire que j’ay dicte,
- Tant soit-il sage à grant devise,
- Nul ne l’aime, honnoure ne prise,
- Ains le tient-on pour fol et nice
- Et est tenu son sens pour vice,
- Car quant il dit sage parole,
- Si la tiennent la gent pour fole,
- Ne de riens ne puet avoir los,
- Dont il est sage, et si est fols:
- Fols, pour ce qu’il est povres hom:
- Sage, pour ce qu’il a raison,
- Et sens en soy de lui retraire
- De mal faire, et à bien atraire.
- Or vois-tu bien que je te preuve
- Tout clèrement par une preuve
- Qu’il n’a fors pure vérité
- En ceste contrariété
- Que je t’ay voulu cy espondre[501],
- Ne nuls n’y sauroit que respondre
- Pour le contraire soustenir
- S’il se veult à raison tenir.
- Soies sages et me croi doncques,
- Tu ne féis si bon sens oncques.
- Croy Raison et à luy te tiens
- Et ses enseignemens retiens,
- Et tu en vendras à grant bien.
- Tu le verras ains dix ans bien,
- Faillir n’y pues par nulles voies
- Se par Barat ne te desvoies.
- A tant se tut Entendement;
- Lors commençay parfondément
- A penser à la vérité
- Que devant m’avoit récité;
- Adonc apparceu-je de voir
- Que voir m’ot dit, sans décevoir,
- Entendement le sages hom
- Que trop mieulx vault croire Raison
- Que Barat; si m’y assenti,
- Car onc nuls ne s’en repenti.
- Lors vint Raison, sans demourée,
- Blanche, vermeille, colourée,
- Faisant grant joie et bonne chière
- Com celle qui n’a riens tant chière
- En ce monde, comme personne
- Qui de bon cuer à lui se donne.
- Ami, Dieux te gart, dist Raison,
- Or est-il bien temps et saison
- Que tu faces ma volenté,
- Quant je t’en voi entalenté;
- Tout maintenant jurer te fault
- Que par toi n’y aura default,
- Et que de cuer me serviras,
- Ne contre mon vouloir n’iras
- Jamais, quoy que Barat te die,
- Ne nul de ceulx de sa mesnie,
- Par leur beau parler décevable.
- Aies le cuer ferme et estable
- A mes œuvres continuer
- Sans ton courage point muer
- En pensée, n’en fait, n’en dit,
- Comme autrefois je le t’ay dit
- Et monstré pour prendre chastoy,
- Quant je fus cy parler à toy;
- Mais si tost com je m’entourné,
- Par Barat fus tantost tourné
- Et par la force de son vent,
- Tout ainsi que l’en voit souvent,
- Quelque part que le vent s’atourne,
- Le cochet d’un clochier se tourne.
- Prens doncques en toy fermeté,
- Vertu, force et estableté
- A bien tenir les convenances,
- Que je vueil que m’enconvenances
- Pour avoir de toy séurté
- Que tu me tendras loyaulté
- Et que tous mes commans tendras
- En quelque lieu que tu vendras.
- Et saches bien que mon service
- Est au monde droicte franchise;
- Qui me sert, puet partout aler
- Et devant toutes gens parler
- Baudement, sans baissier la chière
- Et sans traire le cul arrière:
- Paour ne doit avoir ne honte
- Devant pape, roy, duc, ne conte,
- Ne devant autre justicier
- Ordonné pour gens justicier,
- Non voir devant homme qui vive,
- Car mon sergent à nul n’estrive,
- Ne sa pensée en nul endroit
- Ne vouldroit mettre, fors en droit
- Et en vérité maintenir,
- Et s’y veult soir et main tenir.
- Pour ce, vueil-je que tu deviengnes
- Mon sergent, et qu’à moy te tiengnes,
- Sans t’en départir à nul fuer,
- Et espécialment ton cuer;
- Et je aussi en ton cuer seray,
- Ne jà ne m’en départiray
- Jusques à la mort, ne t’en doubtes,
- Se maugré moy hors ne m’en boutes.
- Se tu m’aimes, bien te suivra,
- Et se ce non, il te fuira.
- Se tu n’as l’entendement trouble,
- Tu vois que mon salaire est double;
- Que ce soit voir, je le te preuve
- Par preuve où n’a point de repreuve.
- En moi servant, premièrement,
- Pues-tu vivre tout seurement,
- Sans nul doubter fors Dieu mon père:
- Qui ce ne croit, il le compère.
- Après, quant tu trespasseras
- De ceste vie, tu seras
- Avecques mon père en sa gloire,
- Ceste sentence est toute voire,
- Et là vivras-tu finement
- Sans jamais avoir finement,
- Car tu dois créance avoir ferme
- Que quant personne vient au terme
- Qu’elle en ce monde doit mourir,
- Adonc commence-elle à flourir
- Et prent commencement de vie
- Tout aussi tost qu’elle dévie,
- Car elle ist de vie muable
- Et entre en vie pardurable.
- Tout donc pues tu veoir clèrement
- (S’en toy a point d’entendement)
- Que mon loyer se double bien
- Quant on en reçoit double bien,
- C’est assavoir honneur parfait
- Au monde, par œuvre et par fait,
- Et paradis en la parfin
- Qui durera tousjours sans fin.
- N’il n’est nul autre bien, sans faille,
- Qui le mendre de ces deux vaille;
- Or te gard donc de les perdre
- Et te veuilles du tout aherdre
- A mes euvres si bien ensuivre
- Que tu les aies à délivre,
- Et laisse Barat et ses euvres,
- Car saches que se tu en euvres
- Et en son service remains,
- Tu perdras le plus pour le mains.
- Car ces deux biens dessus nommés
- Qui tant sont beaulx et renommés
- Par son service auras perdus
- Et tu mesmes seras pendus
- Corporelment, par aventure,
- A grant angoisse et à laidure.
- Tu y perdras, bien dire l’os,
- Se tu le sers, corps, âme et los
- Qui sont trois très souverains biens,
- Et si ne te puet donner riens
- Fors plaisance d’acquerre avoir
- Sans point de conscience avoir,
- Car tousjours son servant atise
- D’avoir sur l’autrui convoitise,
- Et quant son servant a assez
- D’avoir et trésors amassés
- Et il cuide vivre asséur,
- Lors lui vient aucun méséur
- Qui tout met ce dessus dessoubs:
- Par nuls n’en puet estre ressoubs,
- Ne nul de son meschief ne pleure,
- Mais chascun, de fait, lui queurt seure,
- Et tel, espoir, ne le vit oncques
- Qui en dit moult de mal adoncques
- Et en a le cuer esjoy
- Pour le mal qu’il en a oy,
- Et n’en fait fors chanter et rire,
- Et souvent par ramposne[502] dire:
- Trop estoit riche devenu,
- Tout estoit du deable venu
- Et au deable tout s’en ira
- Tout ainsi chascun s’en rira
- Et n’aura nuls de lui pité,
- Ains sera vilment despité
- Et de Dieu et du monde ensemble.
- Donc pues tu voir, ce me semble,
- Que Barat fait mauvais servir
- Puisque l’en ne puet desservir
- Fors que honte, angoisse et doleur,
- Et que qui le sert fait foleur.
- Met le doncques en non chaloir,
- Et m’aimes qui te puis valoir
- En tous cas, vers Dieu et le monde,
- Et aies le cuer pur et monde.
- Aies en toy humilité,
- Loyaulté, foy et vérité,
- Et se humble es de contenance,
- Gardes qu’il n’y ait décevance,
- De cuer le soies et de fait,
- Car tel humble et loyal se fait
- Devant la gent, qui ne l’est mie
- Ne n’a d’humilité demie,
- Mais sa chiere humble et encline
- Fait acroire à ceulx qu’il encline
- Qu’il est preudoms, par son semblant.
- Ainsi leur va leurs cuers emblant
- Par sa simple papelardie
- Qui est pleine de renardie
- Et de faulseté, car soubs l’ombre
- De la simplesse où il s’aombre,
- Deçoit tous ceulx qui le regardent
- Qui du faulx semblant ne se gardent;
- Si avuglés les a sans doubte
- Que nulluy de luy ne se doubte,
- Mais jurroit chascun fermement
- Qu’il est preudoms parfaictement,
- Combien qu’en faulseté habonde.
- Tout ainsi deçoit-il le monde,
- Mais Dieu ne puet-il decevoir:
- Cellui en scet bien tout le voir,
- Car il voit tout à descouvert
- Le mal qu’en son cuer a couvert;
- Jà si ne le saura répondre[503]:
- Devant lui l’en fauldra respondre
- Quant il son jugement tendra
- Que sentence à chascun rendra
- Par rigueur, selon le forfait
- Qu’il aura au monde forfait.
- Ou milieu du trosne sera,
- Les plaies à chascun monstrera,
- Les cloux, la couronne et la lance:
- Lors sera chascun en balance,
- Là n’aura roy ne empereour
- Qui n’ait en son cuer grant paour.
- Là tendra-on aussi grant compte
- D’un savettier comme d’un conte,
- Et de ceulx qui vestent les rois[504]
- Comme des prelas et des rois,
- Mais que loyaulx aient esté,
- Prenans en gré leur povreté,
- Et la seurté de Souffisance,
- Et qu’ils aient éu créance
- En Dieu, telle qu’il appartient
- Et comme Crestienté tient.
- Là ne pourra nuls pour avoir
- Vers mon père sa paix avoir
- Qu’il n’ait ce qu’aura deservi
- Selon ce qu’il aura servi:
- Tuit cil qui seront d’Adam nés
- Auront paour d’estre dampnés,
- Jà si justes ne sauront estre.
- Mais Dieu fera aler à destre
- Mes gens que il congnoistra bien,
- Qui n’ont entendu fors à bien
- Au monde, et selon moy vescu;
- Là leur seray-je bon escu,
- Car Dieu tretous les béneira.
- Ainsi mes gens départira
- D’avec les gens Barat, sans doubte,
- Qui seront tous en une route
- Dolens à senestre partie;
- Là iert la chose mi-partie,
- Car mes gens qu’à destre seront
- Tons ensemble joye feront
- Et auront parfaite léesse
- Exemps de dueil et de tristesse.
- Et les gens Barat, d’autre part,
- Dont mon père aura fait depart
- D’avec les miens, par leur foleur,
- Grant pleur, grant cri et grant doleur
- Adonc tous ensemble menront
- Quant ils condempnés se verront
- Et tournés à perdition
- Sans espérer rédemption.
- Or ne te fay pas donc hessier[505]
- De moi prendre et Barat laissier,
- Rens toy à moy tout en ceste heure,
- Sans querre y terme ne demeure,
- Fay moy tost hommage mains joinctes,
- Et selon mes œuvres t’apointes
- Si com je t’ay cy-devant trait,
- Et persévères sans retrait,
- Car qui aujourd’uy bien feroit
- Et demain ne perséverroit,
- Tout ce ne vauldroit un festu.
- Lors me dit Raison: Que fais-tu?
- Il me semble que tu n’oies goute.
- Dame, dis-je, je vous escoute,
- Car tant me plaist à vous oïr
- Que tout me faites resjoïr
- Des grans biens que vous m’aprenez,
- Et pour ce à tort me reprenez,
- Car vous m’avez dit et apris
- Que qui veult avenir à pris,
- Il doit oïr et bien entendre
- Avant qu’il doie response rendre,
- Et qu’à parler si à point preigne
- Et par avis, qu’il ne mespreigne:
- Et que de parler ne se haste,
- Ne que nuls n’en doit avoir haste
- Qu’avant n’y ait trois fois avis;
- Et pour ce, dame, il m’est avis
- Se je vous ay laissié parler
- Sans reprendre vostre parler
- Que je n’ay fait cy nullement
- Fors selon vostre enseignement
- Auquel faire je sui tenu.
- C’est voir, tu l’as bien retenu,
- Ce dit Raison, et à cuer mis:
- Si en seras à honneur mis
- S’ainsi le veulx continuer
- Sans ton courage point muer.
- Puisqu’estre veulx de mes complices,
- Garde bien que tu acomplisses
- Mes commandemens, sans retraire,
- Que tu m’as oy cy retraire.
- Je respondi: Voulentiers, dame,
- Tout sui vostre de corps et d’âme;
- En vous ay mis tout mon courage,
- Tenez et je vous fay hommage
- Et me rent jointes mains à vous,
- Comme le vostre, à nus genouls;
- Et si vous ay enconvenant
- Que bien vous tendray convenant
- En tous les lieux où je seray,
- Ne jamais chose ne feray,
- Que je puisse, qui vous desplaise.
- Lors Raison se baisse et me baise
- Et en baisant s’esvanouy.
- Plus parler ne la vis, n’oy,
- Mais bien dedens moy la senti,
- N’oncques puis je ne m’assenti
- De faire à nulluy desraison
- N’autre chose contre raison,
- A tout le mains que je péusse
- Ne que congnoissance en éusse.
- Quant dedens moi senti ainsi
- Raison la sage que j’aim si
- Que tousjours en mon cuer demeure,
- Lors vindrent à moy, sans demeure,
- Un moult simples homs et sa femme;
- Bien sembloient gens sans diffame
- Et sans estre de mal tempté:
- Bon-cuer et Bonne-voulenté
- Se faisoient-ils appeller.
- (Tels noms n’affierent à céler.)
- Chascun moult bel se maintenoit;
- Bonne-voulenté si menoit
- Un enfant bel et doulx et gent
- Et gracieux à toute gent,
- (En tous cas ert de bon affaire,)
- Nommé fut Talent-de-bien-faire;
- Bon-cuer le preudom fut son père
- Et Bonne-voulenté sa mère.
- Tous trois de lez moy s’arrestèrent
- Et moult bel semblant me monstrèrent;
- Bon-cuer premier m’araisonna
- Et moult bel salut me donna
- Par doulx parler, com simples hom:
- Amis, dist-il, puisque Raison
- As avec toy acompaignie,
- Tu m’auras en ta compaignie
- Tous temps, et avec toi seray,
- Ne jamais jour ne te lairay;
- Ma femme et mon fils que vois cy
- Ne te lairont jamais aussi;
- Nous trois te conduirons ensemble
- A la voie, se bon te semble,
- Que Raison t’a dit et apris
- Qui fait gens avenir à pris;
- Et se tu nous veulx croire et suire,
- Tous prets sommes de toy conduire
- Et d’aprouver en vérité
- Ce que Raison t’a endité;
- Et sans nous trois ne pues-tu faire
- Chose qui puist à Raison plaire,
- Car ne saroies assener[506]
- Au chemin qui te doit mener
- Au noble chastel de Richesse
- Qui tant parest plain de noblesse.
- Qui sans nous y vouldroit aler
- Il ne feroit que reculer
- Jusqu’à tant qu’il se fust bouté
- Droit au chemin de Povreté
- Qui tant parest boueux et ort.
- Lors lui dis: Sire, je m’acort
- A vous trois, et si vous requier
- Que vous me vueilliez convoïer
- Ou chemin que je tant désir,
- Si m’acomplirez mon désir:
- C’est au chemin de Diligence
- Que je ne say où l’en commence
- A y entrer, qu’onques n’y fuy,
- Dont dolent et courroucié suy.
- Tu y entreras tout en l’eure,
- Dist Bon-cuer, or tost, sans demeure,
- Lieves sus et si t’apareilles;
- Il fauldra bien que tu t’esveilles
- Tel fois que tu dormisses bien,
- Se tu veulx avenir à bien:
- En ce chemin faut traveillier,
- Pou dormir et souvent veillier.
- Par trop dormir pues-tu bien perdre,
- Nuls ne s’en scet à quoi aherdre[507]
- Se n’est à robe dessirée
- Qui n’est pas chose désirée
- De personne qui honte craint;
- Pour ce est saige qui se contraint
- A souffrir un pou d’abstinence
- Dont on vient à telle excellence
- Que on a des biens a planté.
- Lors parla Bonne-volenté:
- Beaux fils, dist-elle, à moi entens,
- Il te fault employer ton temps
- Tout autrement que tu n’as fait,
- Et si bien maintenir ton fait
- Que tu puisses acquerre avoir
- Sans chose de l’autrui avoir;
- Et me croy moi et mon seigneur,
- Si en vendras à grant honneur.
- Tu n’y verras jà le contraire,
- Amis, dist Talent-de-bien-faire,
- Croy ma mère que tu os cy,
- Et mon père Bon-cuer aussi;
- En leur conseil met tout assens
- Et les aimes, si feras sens:
- Lieves sus tost, sans plus d’atente,
- Si te menrons droit à la sente
- Du beau chemin de Diligence;
- Et ne met point de débat en ce,
- Car tu en pues venir à pris,
- Si comme Raison t’a apris.
- A ce mot respondi en l’eure:
- Sire, voulentiers, sans demeure;
- Jà par moy n’y aura débat;
- Vostre conseil pas ne débat,
- Ains le vueil du tout acomplir.
- Lors me commençay à vestir
- Et me chaussay appertement,
- Puis dis: C’est fait, alons nous en,
- Véez moy cy tout apresté.
- Lors ala Bonne-voulenté
- Tantost alumer la chandelle,
- Car moult estoit le cuer chault d’elle
- Que fusse entré en Diligence
- Le beau chemin plain d’excellence;
- Puis dist doulcement, sans hault braire,
- A son fils Talent-de-bien-faire:
- Tien, dist-elle, mon enfant doulx,
- Ceste chandelle devant nous
- Porte, si que plus cler voyons
- Tant qu’en Diligence soions;
- Or tost, n’y ait plus séjourné.
- Dame, véez me ci attourné,
- Dist Talent-de-bien-faire adoncques.
- Désobéissant n’en fut oncques,
- A la voie se mist devant,
- Pié à pié l’alasmes suivant.
- Tous quatre ensemble tant errasmes
- Que nous en Diligence entrasmes,
- Où je onquesmais entré n’avoie
- Pour ce que aler n’y savoie.
- En ce chemin grant et ferré
- N’éusmes pas grantment erré
- Que nous trouvasmes un chastel,
- Onques personne ne vit tel
- Se ce ne fust cellui meismes;
- Et quant à la porte venismes
- Et nous cuidasmes ens entrer,
- Adonc nous vint à l’encontrer
- Cellui qui la porte gardoit,
- Qui moult fellement regardoit
- Et moult estoit mal engroigné
- Et, par semblant, embesoigné.
- Moult lourdement me print à dire:
- Qu’est-ce que voulez-vous, beau sire?
- Voulez-vous entrer sans congié
- Si tost que vous l’avez songié?
- Nul n’entre ou chastel de céans,
- S’il n’est à moy obédiens
- Et à ma femme que veez cy.
- Ay! sire, pour Dieu mercy!
- Ce dist lors Talent-de-bien-faire,
- Ne vous vueille à tous deux desplaire,
- Il n’y vueil pas, sans vous entrer.
- Lors a prins Bon-cuer à parler:
- Sire, dist-il, il est bien digne
- D’entrer léans sans long termine,
- Car je le sçay pour vérité.
- C’est mon, dist Bonne-voulenté,
- Sire, n’en soie en doubtance,
- Car je sçay bien qu’il a béance,
- Grant voulenté et grant désir
- D’acomplir tout vostre plaisir
- Et de la dame de vos biens,
- Car sans ce ne vauldroit-il riens;
- Dictes que voulez-vous qu’il face,
- Et il le fera sans fallace.
- Lors dist le portier doulcement:
- Puisque de son assentement
- L’avez jusques ci amené,
- Il sera moult bien assené
- Ne il ne le pourroit mieulx estre.
- Adonc me prist par la main destre
- Et me commença à preschier
- En disant: Mon amy très chier,
- Puisque tu es céans venu,
- Tu seras désormais tenu
- De moy et ma femme obéir,
- Se tu veulx Richesse véir,
- Qui demeure assez près de cy
- En son bel chastel seignoury.
- A elle ne puet nuls aler
- Sans à ceulx de céans parler
- Et toute leur voulenté faire
- Et persévérer sans retraire;
- A moy fault parler tout premier
- Qui suis de ce chastel portier,
- Qu’on clame chastel de Labour[508],
- Où l’en besongne nuit et jour;
- On m’appelle par mon nom Soing
- Qui maine les gens par le poing,
- Entre moy et Cure ma femme,
- A monseigneur et à madame
- Qui de céans ont le demaine,
- Qu’on appelle Travail et Peine:
- Si que, beaux amis, se tu veulx,
- Nous te menrons tout droit à eulx,
- Mais moult t’y fauldra endurer
- On tu n’y pourras jà durer,
- Car on te feroit hors chacier,
- En l’eure, sans toy menacier,
- Se n’y faisoies ton devoir.
- Je ne te vueil pas décevoir,
- Demourer pues, ou retourner;
- On dit souvent qu’à l’enfourner
- Font li fournier les pains cornus[509].
- Sire, dis-je, n’en parle nuls,
- De retourner n’est pas m’entente
- Pour nulle durté que je y sente:
- Jà ne m’en verrez remuer
- Pour froit, pour chaut, ne pour suer;
- Bon-cuer et Bonne-voulenté
- Le vous ont assez créanté,
- Et Talent-de-bien-faire aussi,
- Qu’amené m’ont avec eulx cy,
- Et se defaillir m’en véez,
- Jamais, nul jour, ne me créez.
- Lors me menèrent Soing et Cure
- Ens ou chastel grant aléure.
- Là avoit bien plus de cent mille
- Ouvriers ouvrans par la ville,
- Dont chascun faisoit son mestier
- Si comme il lui estoit mestier;
- Là n’ot homme ne femme oiseux.
- Tant estoit ce chastel noiseux
- De férir et de marteller[510]
- Qu’on n’y oïst pas Dieu tonner;
- Qui de trois jours n’eust sommeillé
- Si fust-il là tout esveillé.
- Quant les ouvriers vy et oy,
- J’en eu le cuer tout esjoy
- Et me fut tart que je m’y veisse
- Et que je aussi comme eulx feisse.
- Soing et Cure me regardèrent
- Talentif[511], si me demandèrent
- Se je vouloie demourer
- En Labour et y labourer:
- Oïl, dis-je, pour Dieu mercy!
- Moult me plaist à demourer cy;
- Au chastellain bien parleray
- Et à sa femme, quant j’aray
- Icy esté jusques au soir.
- Dist Soing et Cure: Tu dis voir,
- Or commence donc, de par Dieu.
- Adonc prins ma place et mon lieu
- Et m’alay tost mettre en conroy.
- Ma chandelle mis devant moy
- Sur la table, en un chandelier,
- Pour mieulx véoir à besongnier.
- Et comme je m’apareilloie
- Et que je commencier vouloie,
- Es-vous venir la chastellaine
- De ce chastel, à grant alaine,
- Peine qui aloit visitant
- Tous les ouvriers dont je vy tant.
- Les pans avoit à sa ceinture
- Et moult aloit grant aléure;
- De telle ardeur se remuoit
- Qu’a pou que le sang ne suoit;
- Nulle fois surcot ne vestoit,
- Mais en sa povre cote estoit
- Et aucune fois en chemise,
- Quant elle l’avoit blanche mise.
- En passant Peine m’apparçut,
- Et pour ce que ne me congnut,
- Demanda à Soing le portier:
- Qui est, dist-elle, cel ouvrier
- Que je voy là tout seul séoir?
- Ne l’ay point apris à véoir,
- Il est venu tout nouvel huy,
- Je vueil aler parler à luy
- Savoir s’il croire me voulra
- Et s’à mon plaisir labourra.
- Dame, dist Soing, vueilliez savoir
- Qu’il a grant fain de vous véoir;
- Tesmoingnié nous a bien esté:
- Bon-cuer et Bonne-voulenté
- Et aussi Talent-de-bien-faire
- Dient qu’il est de bon affaire
- Et qu’il d’estre oiseux n’a cure.
- Lors parla moult haultement Cure
- Et dist: Vraiement, se n’a mon[512],
- Et pour ce nous du cuer l’amon
- Entre moy et mon mari Soing,
- Avec lui serons près et loing:
- Prests sommes de le vous plégier
- Et de nous en bien obligier.
- Lors respondi la chastellaine:
- Puisqu’il est, dist-elle, en tel vaine,
- Je le vueil aler essaier
- Si me pourra si appaier
- Comme vous dictes, or y parra;
- S’ainsi le fait, il acquerra
- Pour l’amour de moy moult d’avoir
- Que nuls ne puet sans moy avoir.
- Peine se trait lors près de moy:
- Amis, ne soies en esmoy,
- Dist-elle, mais fay liement
- Ta besoigne, et appertement
- A ta main entens sans muser
- Et ne t’entens pas à ruser,
- Mais si l’ouvrage continues
- Que par force d’ouvrer tressues,
- Car nuls ne doit céans oser
- Soy alaschir ne repouser,
- Car tantost seroit bouté hors.
- Je respondi humblement lors:
- Dame, dis-je, j’ay grant désir
- De faire tout vostre plaisir,
- Ne jà jour ne vous pourrez plaindre
- De moy que m’aiez véu faindre,
- Ne que vous face mesprenture,
- En tesmoing de Soing et de Cure.
- Amis, dist Peine, c’est bien dit,
- Fay que le fait s’accorde au dit,
- Ou tout ce ne vauldroit un ail,
- Si que quant mon mari Travail
- Vendra au soir, puist parcevoir
- Que bien aies fait ton devoir.
- Je visite nos gens au main,
- Et il les visite au serain:
- Or fay tant qu’il ne se courrouce,
- Carde pou parle, tence et grouce.
- A tant se tut la chastellaine
- Qui moult estoit d’angoisse plaine;
- A besognier commençay lors,
- Entente y mis, et cuer et corps.
- Ainsi besongnay sans séjour
- Jusqu’à tant que je vy le jour
- Par les fenestres pairoir cler:
- Lors ma chandelle alay souffler,
- Puis entendi à ma besoigne,
- Sans querre y terme ne essoigne,
- Jusqu’à heure de desjuner
- Qui vault desjuner et disner
- A la coustume des ouvriers.
- De ceulx illec vis-je premiers
- La manière et la contenance[513],
- Qui vivoient en abstinence.
- N’y ot si grant ne si petit
- Qui ne préist grant appétit
- En pain sec, en aux et en sel,
- Ne il ne mengoit riens en el
- Mouton, buef, oye ne poucin;
- Et puis prenoient le bacin,
- A deux mains, plain d’eaue et buvoient
- A plain musel, tant qu’ils povoient.
- Quant je regarday cel afaire,
- Grant talent me print d’ainsi faire
- Combien que pas ne l’eusse apris;
- Mais aux ouvriers exemple pris,
- Qui mengoient, si me prist fain:
- Lors fis tant que j’êus du pain
- De Corbueil[514], du sel et des aulx,
- Et si prins du vin aux chevaulx[515],
- Puis mengay par si grant saveur
- Qu’oncques ne mengay par greigneur,
- Car moult me vint à gré cel ordre.
- Qui me véist en mon pain mordre,
- Ma manière et mon contenir,
- Grant appétit l’en peust venir.
- Et tout adès en besongnant
- Alay illec mon pain mengant
- Et beu de l’ieaue à plain musel;
- Vin ne prisoie un viel fusel.
- Et quant j’éu mengié et beu,
- Aussi bien me sentis-je peu
- Comme s’à feste éusse été
- Ou j’éusse eu à grant planté
- Mouton, buef, poulaille et paons,
- Pastés et tartes et flaons,
- Pain de bouche[516] et estrange vin
- Bourgouing, Gascoing et Angevin[517],
- Beaune, Rochelle, Saint-Pourçain[518]
- Que l’en met en son sein pour sain.
- Lors me pris fort à besongnier,
- Je ne m’en fis pas essoignier,
- Car là furent, lez mon costé,
- Bon-cuer et Bonne-voulenté
- Et aussi Talent-de-bien-faire
- Qui regardoient mon affaire;
- Soing et Cure aussi y estoient
- Qui tout adès m’admonnestoient
- Que j’ouvrasse à col estendu
- Et que bien me seroit rendu,
- Car j’en auroie bon loier.
- Ainsi ouvray sans délayer
- Jusqu’à la nuit noire et obscure;
- Adonc alèrent Soing et Cure
- Tost la chandelle appareillier
- Pour jusqu’à cueuvre-feu veillier,
- Car d’iver estoit la saison
- Qu’on ne souppe pas, par raison,
- Jusqu’à tant qu’on l’oie sonner.
- Lors m’alay tost habandonner
- A l’euvre, de cul et de pointe,
- Je n’en fis oncques le mescointe,
- Et tant besoignay que j’oy
- Cueuvre-feu, si m’en esjoy,
- Car lassés et vaincus estoie
- De besongner, et si sentoie
- Un appétit qu’on clame fain.
- A ce point vint le chastellain
- Travail qui me dit: Doulx amis
- Bien doy amer qui cy t’a mis,
- Car bien y as fait ton devoir;
- Je m’en sçay bien apparcevoir.
- Bien voy que tu as sans faintise
- Huy en labour t’entente mise,
- Et pour ce te vueil pourvéoir
- Que tu puisses Repos véoir.
- C’est cil qui les gens de céans
- Qui en labour sont paciens
- Fait aaisier à leur plaisir,
- Boire, mengier, dormir, gésir
- Et prendre consolation
- Après la tribulation
- Que ma femme leur fait souffrir
- Quant à lui se veullent offrir.
- Et pour ce qu’à lui t’es offert
- Et grant ahan as huy souffert,
- Congié te doing, en guerredon,
- D’aler à Repos le preudon
- Qui te fera ton corps aisier,
- Ta char et ton sang appaisier
- Que tu as huy moult esméu
- Pour l’enhan que tu as éu.
- Sire, dis-je, je m’y accort
- Puisque ce vient de vostre accort:
- A Repos m’en vois orendroit.
- Lors me mis à voie tout droit
- Vers la porte, par un sentier:
- Là requis à Soing le portier
- Et à Cure que par amour
- Hors me méissent sans demour.
- Adonc respondi li portiers:
- Beaulx amis, dist-il, voulentiers,
- Car tu es vains et endormis.
- Lors m’ont Soing et Cure hors mis,
- Qui virent que temps en estoit,
- Mais trop forment m’admonnestoit
- Chascun d’eulx deux de moi lever
- Dès matines, pour achever
- L’euvre que commencié avoie
- Pour plus tost achever ma voie
- D’aler ou chastel de Richesse
- Où l’en ne va pas par paresse,
- Non fait-on pas par diligence
- Se il n’y a persévérance.
- Raison me dist, (bien m’en souvient)
- Que persévérance convient
- En bien faire, c’est ce qui fait
- L’ouvrier louer de son bienfait.
- Amis, dist Soing, à Repos vas:
- Plus décevable ne trouvas
- Puis que tu fus de mère nés;
- Repos a maintes gens menés
- Ou hideux chemin de Paresse
- Qui tourne le cul à Richesse:
- Repos a tous ceulx décéu
- Qui contre Raison l’ont créu,
- Et si est prest de décevoir
- Tous les jours ceulx qui recevoir
- Veulent ce qu’il leur veult donner;
- Tous ses biens veult habandonner
- A tous ceulx qui prendre les veulent,
- Mais vraiement tous ceulx se deulent,
- En la fin, qui contre raison
- Les prennent hors heure et saison
- Sans cogente nécessité.
- Bien est raison et vérité,
- Sans Repos ne puet vivre nuls,
- De quelque estat, gros ne menus,
- Mais ceulx qui Repos croient trop
- Povres en la fin sont com Job.
- Or ne le vueilles mie croire,
- Mais aies tousjours en mémoire
- Ce que je te dy et enseigne
- Et le retien en cest ensaingne.
- Adonc me tira Soing l’oreille;
- Cure, d’autre part, s’appareille
- A moi enseigner et aprendre
- Comme je doy par raison prendre
- Les biens que Repos scet donner
- Quant il se veult habandonner.
- Amis, dist Cure, ne crois pas
- Repos, se ce n’est un trespas[519]
- Quant en auras nécessité,
- Car, si comme Soing t’a dicté,
- Nuls ne pourroit sans Repos vivre[520]
- S’il n’est ou hors du sens ou yvre.
- Mais qui Repos croit à oultrage,
- Il pert du tout son bon courage
- Qu’il avoit, par devant, d’ouvrer
- Et ne le puet pas recouvrer
- Aucune fois à son vouloir,
- Dont en la fin le fait douloir.
- Garde donc bien qu’il ne te tiengne
- Que par raison, et te souviengne
- De moy à ces enseignes-cy.
- Lors me tira l’oreille aussi
- Comme Soing ot fait par devant
- En moy mon preu ramentevant.
- A tant du portier prins congié
- Et de sa femme, et eslongnié
- Le lieu au plus tost que je pos
- Et m’en alay droit à Repos
- Qui m’attendoit en ma maison,
- Car il en estoit bien saison.
- Ens entray, si trouvay ma femme
- Qui ne pensoit à nul diffame,
- Mais m’appareilloit à mengier
- A lie chière et sans dangier.
- Mes mains lavay et puis m’assis,
- Et souspasmes à sang rassis,
- Moy et ma femme, bec à bec,
- Du pain et du potage avec,
- Et de ce que Dieu mis y ot.
- Quant soupé eusmes sans riot
- Et la nappe si fu ostée,
- Près de moy se fu acostée
- Ma femme; lors luy comptay brief
- Mon affaire de chief en chief:
- Dame, dis-je, ne savez mie
- Comme j’ay eu forte nuitie
- Quant vous de lez moy dormiez
- Et vostre repos preniez.
- Vous n’avez pas véu à-nuit
- La male gent qui tant m’a nuit
- Et fait si grant adversité:
- Besoing avec Nécessité,
- Souffreté, Disette autressy,
- Pensée la vieille et Soussy,
- Desconfort et Désespérance.
- Et tant m’ont fait de meschéance,
- Sachié, bouté et tourmenté,
- Qu’à poi qu’ils ne m’ont craventé;
- Mais Raison la bonne et la sage
- M’a apris la voie et l’usage
- D’eschever toute adversité
- Et de vivre en prospérité.
- Entendement, com mes amis,
- En la voie aussi m’en a mis,
- Et m’ont fait de Barat retraire
- Qui se penoit de moy attraire
- Pour moy faire à mal habonder
- Et moy honnir et vergonder,
- Et aussi son clerc Tricherie
- Et son varlet Hoquelerie.
- Tant m’a donné Entendement
- Et Raison bon enseignement,
- Que je sui en foy et hommage
- De Raison la bonne et la sage,
- Et tousjours en moy demourra
- Ne jamais jour n’en partira,
- Ainsi comme elle m’a promis;
- A lui faire hommage ay trop mis.
- Si m’y ont moult bien aïdé
- Bon-cuer et Bonne-voulenté,
- Talent-de-bien-faire leur fils.
- Quant à moy vindrent, je leur fis
- Tout ce que il me commandèrent
- Et alay où ils me menèrent.
- Au chastel de Labour alasmes,
- Où nous Soing et Cure trouvasmes
- Qui sont de ce chastel portiers:
- Ceulx me reçurent moult volentiers
- Et me menèrent droit à Peine
- Qui de Labour est chastellaine;
- Peine me reçut sans séjour:
- O moy a esté toute jour;
- Travail ores, puis l’anuitier,
- Vint à moy non pas pour luitier,
- Mais pour dire et ramentevoir
- Qu’avoie bien fait mon devoir
- Et que temps estoit de venir
- Mon corps aisier et soustenir.
- Mais trop m’ont hasté Soing et Cure
- Qui de long aisement n’ont cure,
- De moy, dès matines, lever
- Pour tost ma besoigne achever.
- Or vous ay compté sans mençonge
- Ma vision qui n’est pas songe.
- Lors respondi ma femme ainsi:
- Qu’est-ce que vous me dictes cy?
- Vous estes, je croy, hors du sens,
- Car ne me congnois en nul sens
- En ce que vous m’alez disant
- Et toute nuit cy devisant,
- Car ce n’est tout que fantasie
- Que vous dictes par frenaisie.
- Quant ma femme ramposné m’ot,
- Je me teus et ne sonnay mot,
- Car s’à lui me feusse engaignié,
- Certes riens ne eusse gaignié
- Et j’ay pieça du sage apris
- Que nuls ne devroit prendre à pris
- Nulle chose que femme die.
- Soit bien, soit mal, tence ou mesdie,
- Tousjours veult femme estre loée,
- Et de ce que dit advoée:
- De riens ne veult estre reprise,
- Ains veult que l’en la loe et prise
- Aussi bien du mal com du bien:
- Ceste coustume say-je bien,
- Et pour ce que je bien le sçay,
- De la ramposne me passay,
- Car contre femme se fault taire
- Et toute leur voulenté faire:
- Ainsi le conseil à tous ceulx
- Qui ont femmes avecques eulx;
- Combien que ce soit folletés
- De leur faire leurs voulentés,
- Encore est-ce plus grant foleur,
- Selon raison, de faire leur
- Nulle chose qui leur desplaise,
- Car jà femme ne sera aise
- Se son mary lui fait despit,
- Jusqu’à tant, sans aucun respit,
- Que rendu lui ait doublement,
- Ou nature de femme ment.
- Dont doit-on, qui bien veult eslire,
- De deux maulx prendre le moins pire;
- Bon se fait près d’un péril traire
- Pour de greigneur péril retraire.
- Lors m’appareillay pour couchier
- Et mis en coste moy l’eschier[521],
- Pour tost alumer ma chandelle
- Sans moy bougier, dessus ma selle.
- De Soing me souvint et de Cure
- Qui de fétardie n’ont cure,
- Car moult estoie entalenté
- De bien faire leur voulenté,
- Et ferai d’ores-en-avant,
- Et Dieu, par sa grâce, m’amand
- De si bien vivre en Diligence
- Et en bonne Persévérance,
- Au gré de Travail et de Peine,
- Que véoir me puisse ou demaine
- De Richesse la haute Dame,
- Au sauvement de corps et d’âme.
- Et se je ne puis advenir
- A la grant Richesse, et venir,
- Qui est la mendre selon Dieu,
- Je pry la Vierge de cuer pieu,
- Qui le benoit fils Dieu porta,
- En quoy les pécheurs conforta,
- Qu’avenir puisse à Souffisance,
- Car j’ay en ce ferme créance
- Que qui à Souffisance adresse,
- En lui a parfaicte richesse,
- Ne jà ne croiray le contraire.
- Icy vueil mon livre à fin traire
- Appellé la _Voie et l’adresse
- De Povreté et de Richesse_.
-
-Chière seur, par ce que dit est vous povez veoir qu’est diligence et
-qu’est persévérance, et ainsi, chière seur, est le premier article
-démonstré.
-
-
-
-
-LE SECOND ARTICLE
-
-DE LA SECONDE DISTINCTION,
-
-LEQUEL ARTICLE DOIT PARLER DE COURTILLAGE.
-
-
-_Primo_, est à noter que tout ce que l’on sème, plante ou ente, l’en
-le doit semer, planter ou enter par temps moite et au soir ou au bien
-matin, avant l’ardeur du soleil et en décours[522], et doit-l’en
-arroser le pié et la terre et non la fueille.
-
-_Item_, par l’ardeur du soleil l’en ne doit mie arroser, mais au soir
-et au matin; ne coper choux, percil[523], ne autres telles verdures qui
-regettent, car la chaleur du soleil cuiroit la coupeure et l’ardroit,
-et ainsi ne regetteroit jamais par iceluy endroit de la coupeure.
-
-_Nota_ que en temps pluieux fait bon planter, mais non mie semer, car
-la graine se retient au ratel.
-
-Dès la Toussains sont fèves des marais, mais afin que icelles ne
-gellent, on en plante vers Noël et en Janvier et Février et au
-commencement de Mars; et les plante-l’en ainsi à diverses fois afin que
-se les unes sont gelées, les autres ne le soient pas. Et quant elles se
-lièvent hors de terre, si tost qu’elles poignent l’en les doit harser
-et rompre le premier germe: et si tost qu’elles ont six fueilles l’en
-les doit seurfouir[524]. Et de toutes icelles, les premières venues
-sont les plus chières et doivent estre mengées le jour qu’elles sont
-escossées, ou autrement elles deviennent noires et aigres.
-
-_Nota_ que marjolaine et violettes que l’en veult garder en yver contre
-la froidure, l’en ne les doit mie mettre soudainement de froit à
-chault, ne de moite à froit, car qui longuement les garde l’iver en un
-célier moite et soudainement les met au sec, il les pert; _et sic de
-contrariis similibus_.
-
-En yver l’en doit oster les branches du sauger qui sont mortes. Encores
-en Janvier et Février, sauge, lavende, coq[525], mente, toutebonne[526]
-soient plantés jusques à Juing.--Panoit[527] soit semé large à
-large.--Oseille soit semée ou décours et jusques à Mars et plus.
-
-_Nota_ que l’iver de Décembre et de Janvier fait mourir les porées,
-c’est assavoir ce qui est hors terre, mais en Février les racines
-regettent nouvelle et tendre porée, c’est assavoir si tost comme la
-gelée cesse, et quinze jours après viennent les espinars.
-
-Février.--Sarriette et marjolaine sont comme d’une saveur à mengier,
-et sont semés ou décours et ne sont que huit jours en terre.--_Item_,
-sarriette ne dure fors jusques à la Saint-Jehan.--_Item_, en
-décours doit-l’en planter arbres ou vignes et semer choux blans et
-pommés.--_Nota_ que les marquets chevelus portent dès l’année qu’ils
-sont plantés chevelus.
-
-Espinars sont en Février et ont longue fueille et crenelée comme
-fueille de chesne, et croissent par touffes comme porées, et les
-convient esverder[528] et bien cuire après.--Bettes viennent après.
-
-_Nota_ que framboisiers et aussi framboises sont bonnes à planter.
-
-Mars.--Ou décours doit l’en enter: jombarde[529] planter de Mars
-jusques à la Saint-Jehan.--Violettes, giroflée semée en Mars ou plantée
-à la Saint-Remy.--_Item_, soit l’une, soit l’autre, quant les gelées
-approuchent, l’en la doit en aucun décours replanter en pos pour mettre
-à couvert et garder en cave ou en célier pour le froit, et de jour
-mettre à l’air ou au soleil et arroser de telle heure que l’eau soit
-beue et la terre sèche avant que l’en la mette à couvert, car nullement
-l’en ne la doit au vespre estuier[530] mouillée.--Fèves planter et
-rompre le premier tuiau au herser comme dit est dessus.--_Nota_ que le
-percil qui est semé la veille de la Nostre-Dame en Mars, yst hors de
-terre à neuf jours.
-
-Fenoul et marjolaine plantez ou décours de Mars ou en Avril; et
-_nota_ que marjolaine veult plus grasse terre que violettes[531], et
-s’elle a trop ombre elle devient jaune.--_Item_, quant elle est bien
-reprise, adonc la dois arrachier par touffes et replanter à large en
-pots.--_Item_, les branches couppées, fichées en terré et arrousées
-prennent racines et croissent.--_Item_, terre engressée par fiens de
-vaches et brebis est meilleur que de fiens de cheval.
-
-Violette de karesme et violette d’Arménie[532] ne veullent ne couver
-ne mucier; et _nota_ que violette d’Arménie ne porte fleur jusques
-au deuxième an, mais les jardiniers qui l’ont eue un an en terre, la
-vendent et replantent ailleurs, et lors elle porte.
-
-Ozeille, bazeillecoq[533] soient semées en Janvier et Février
-ou décours et jusques à Mars, et se tu veulx replanter ozeille
-surannée[534], il te la convient replanter à toute sa terre qui est
-entour la racine. _Item_, à la queillir a maistrise[535], car l’en
-doit tousjours queillir les grans fueilles et laissier croistre les
-petites fueilles qui sont dessus icelles grans; et se tout estoit par
-aventure cueilli, il convient coupper le tuyau rez à rez de terre, et
-il regettera nouvelle ozeille.
-
-Percil sème, sarcle, oste les pierrettes; et celuy qui est semé en
-Aoust est le meilleur, car il n’espie[536] point et se tient en vertu
-toute l’année.
-
-Laictues doivent estre semées, et _nota_ qu’elles n’arrestent point en
-terre et reviennent bien drues: et pour ce les arrache-l’en çà et là à
-toute la racine pour donner espace aux autres et oster espoisseur. Et
-_nota_ que la semence des laictues de France est noire, et la semence
-des laictues d’Avignon est plus blanche, et en fit apporter Monseigneur
-de La Rivière[537], et sont les laictues trop meilleurs et plus
-tendres assez que celles de France; et ne se queult la semence fors
-bouton après autre, ainsi comme chascun bouton s’avance de getter sa
-bourre.--_Nota_ que laictues ne se plantent point, et mesmement quant
-l’en les veult mengier, si arrache-l’en racine et tout.
-
-Courges. Les pepins sont la semence et les convient tremper deux jours,
-puis semer, et sans les moullier laisser croistre jusques à ce qu’elles
-appairent dehors, et lors mouillier le pié seulement et la terre sans
-moullier les feuilles, et en Avril les arrouser courtoisement et les
-planter d’un lieu en autre un dour[538] ou demy pié en terre, et à
-demy-pié l’une courge de l’autre, et moullier le pié continuelment et
-pendre à un eschalat un pot percié, un festu et de l’eaue etc., ou une
-lesche de drap neuf ou pot[539].
-
-Bettes semez en Mars, et quant elles sont bonnes à mengier, soient
-coupées près de la racine, car tousjours rejettent et recroissent et
-deviennent porées.
-
-Bourraches, arraches[540] comme dessus.
-
-Choulx blans et choulx cabus est tout un; et sont semés ou décours
-de Mars, et quant ils ont cinq fueilles, adonc l’en les arrache
-courtoisement et les plante-l’en à demy-pié loing l’un de l’autre, et
-les convient mettre en terre jusques à l’œil et arrouser le pié; et les
-mengue-l’en en Juing et en Juillet.--Pommes de chou sont semées en Mars
-et replantées en May.--Choulx Romains sont de la nature de pommés et
-de auques[541] pareille semence, car l’une et l’autre semence croist
-sur un tronc, et de la semence qui vient par le tuyau du milieu et qui
-est au bout d’en haut croist la pomme, et de la semence qui vient d’en
-bas viennent les choulx Romains.--Minces en karesme est le regaing du
-chou, et durent jusques en Mars, et lors sont icelles minces en Mars de
-plus fort saveur à mengier, et pour ce les convient plus parboulir, et
-en iceluy temps l’en arrache les troncs hors de terre.--_Nota_ que en
-Juillet, quant il pleut, l’en doit planter des choulx.
-
-_Nota_ que se fromis habondent en un jardin, et l’en gette en leur
-repaire de la scieure d’ais de chesne, ils mourront ou vuideront à la
-première pluie qui cherra, car les scieures retiennent la moiteur.
-
-_Nota_ que en Avril et Mai, tout le mois, sème-l’en les porées qui
-sont mangées en Juing et en Juillet.--Les porées d’esté doivent estre
-soyées, et laissées les racines en terre, et après yver les racines
-gettent, et les convient surfouir et lever la terre à l’environ et
-illecques semer les nouvelles qui venront et cueillir le gecton
-des vieilles.--_Nota_ que depuis Avril jusques à la Magdelaine
-fait bon semer porées, et les porées de karesme sont semées en
-Juillet et jusques à la Magdelaine et non plus, elles appelle-l’en
-bettes.--_Item_, espinars.--_Item_ icelles bettes, quant elles sont
-levées de terre, sont replantées par ordre.--_Item_, en Avril et May
-convient planter choulx blans et pommes de chou qui furent semés en
-Février et Mars.--En May treuve-l’en fèves nouvelles, navez, raves.
-
-_Nota_ que en Juing, la végille St.-Jehan, doit-l’en semer percil, et
-aussi la veille de la mi-Aoust.
-
-Aoust et my-Aoust.--Ysope semez. Choulx pasquerés[542] soient semés ou
-décours; percil aussy, car celui n’espie point.
-
-_Nota_ que la porée qui est en terre regette nouvelle porée cinq ou six
-fois comme percil, et la peut-l’en coupper audessus du troignon jusques
-la my-septembre, et d’illec en avant non mie coupper, car le troignon
-pourriroit, mais esbranchier à la main les fueilles d’entour, et non le
-milieu.
-
-En icelluy temps convient esbranchier[543] toutes semences de
-porées, car les semences ne pevent meurir pour la froidure du temps,
-mais la semence esbranchée et gettée, le troignon regette nouvelle
-porée.--_Item_, en ce temps ne convient point couper le percil, mais
-effueiller.
-
-Après la septembresse[544], pivoine, serpentine, oignons de lis,
-rosiers, groselliers soient plantés.
-
-Octobre.--Pois, fèves, un doit[545] parfont en terre, et loing l’un de
-l’autre un dour, et que ce soient grosses fèves des plus grosses, car
-quant elles sont nouvelles, elles se démonstrent plus grosses que les
-petites ne font, et n’en doit-l’en planter que un petit, et à chascun
-décours après, un petit, afin se l’une partie gelle que l’autre non.
-
-Se tu veulx semer ou planter poix perciés, sème les par temps sec
-et bel et non pluyeux, car se l’eaue de la pluie entroit dedens les
-pertuis du pois, il se fendroit et partiroit en deux et ne germeroit
-point.
-
-Jusques à la Toussains peut-l’en tousjours replanter choulx: et quant
-ils sont trop mengiés de chenilles, qu’il n’y a point de fueille
-fors les arrestes, s’ils sont replantés, tout revient minces: et
-convient oster les feuilles d’en bas et les replanter jusques à l’euil
-d’en hault. Les troncs qui sont tous défueillés ne convient-il plus
-replanter, mais laissier en terre, car ils getteront minces.
-
-_Nota_ que se tu replantes en esté en temps sec, tu dois getter de
-l’eaue en la fosse; en temps moiste, non.
-
-_Nota_ que se les chenilles menguent tes choulx, quant il plouvera sème
-de la cendre par dessus les choulx et les chenilles mourront.--_Item_,
-tu peus regarder par dessoubs les fueilles des choulx et là trouveras
-grant assemblée de mittes blanches en un tas, et saches que c’est dont
-les chenilles naissent, et pour ce l’en doit coupper la place où est
-celle graine et getter loing.
-
-Poreaux soient semés en la saison, puis replantés en Octobre et
-Novembre.
-
-Se vous voulez avoir roisins sans pépins, prenez en croissant[546] ou
-temps que l’en plante la vigne, c’est assavoir en Février, une plante
-de vigne avecques la racine et fendez le cep moitié par moitié tout au
-long jusques à la racine, et ostez la mouelle d’une part et d’autre.
-Puis rongnez le cep et liez tout au long de fil noir, puis plantez le
-cep et fumez de bonne fumeure et estoupez de terre le trou d’en hault
-de la jointure du cep.
-
-Se vous voulez enter un cerisier ou un prunier sur et dedans un cep de
-vigne, tailliez la vigne, puis en Mars la fendez à quatre dois près du
-bout et ostez la mouelle d’une part et d’autre, et là faictes la place
-de l’amande d’un noyau de cerise, et la mettez et encloez dedens celle
-fente et liez de fil le cep joinct comme devant.
-
-Se vous voulez enter un cep de vigne dedans un cerisier, faictes
-tailler le cep de vigne qui sera planté et de long temps enraciné
-emprès le cerisier, et en Mars, environ Nostre-Dame[547], perciez
-icelluy cerisier d’une tarière du gros[548] d’icelluy cep, et parmy
-le trou dudit cerisier boutez icelluy cep, qu’il passe tout oultre
-un pié de long, puis estoupez le tout aux deux costés du cerisier,
-c’est assavoir de terre glaze, de mousse, et entortillez de drappeaulx
-tellement que aucune pluie ne puisse atouchier au pertuis. _Item_, le
-cep de vigne doit estre escorchié et l’escorce d’icelluy cep pelée et
-ostée jusques au vert, en tant seulement comme touche ce qui est dedans
-le corps du cerisier, car s’ainsi est fait et que l’escorce soit pelée
-et ostée, le vif du cep qui joindra au vif du cerisier se consolidera
-l’un à l’autre, ce qui seroit empeschié par l’escorce du cep se elle y
-demouroit. Ce fait laissiez les ensemble deux ans, et après coupperez
-le cep par derrière, et audessoubs de la jointure du cerisier.
-
-_Item_, sur un tronc ou souche de chesne, povez enter dix ou douze
-arbres, c’est assavoir que ou mois de Mars, environ la Nostre-Dame,
-vous soiez garnis de tant de greffes et de divers fruis que vous
-vouldrez avoir pour enter, et ferez scier au travers le chesne ou
-arbre sur lequel vous vouldrez enter; et aiez aguisés vos greffes
-d’un costé tant seulement à manière d’un coin borgne si comme il est
-cy: [Illustration: un picot] et tellement que l’escorce d’icelluy
-greffe soit toute entière de l’un des costés et sans estre escorchée
-ou entamée, puis fichiez vos greffes entre l’escorce du chesne et la
-char, ou[549] le vif du greffe devers le bois ou le vif du chesne.
-Puis estoupez et couvrez de terre glase, de mousse et de drappeaulx
-tellement[550] que pluie, neige ou gelée ne y puisse férir.
-
-Se vous voulez garder roses en yver[551], prenez sur le rosier petis
-boutons qui ne soient point espanis et les laissiez les queues longues,
-et entassez en un petit tonnelet de bois comme un tonnellet à composte
-et sans eaue. Faictes bien enfoncer le tonnellet et qu’il soit
-serréement relié qu’il n’y puisse riens entrer ne yssir, et aux deux
-bouts d’icelluy tonnellet liez deux grosses pierres pesans et mettez
-icelluy tonnellet en une rivière courant.
-
-Romarin. Les jardiniers dient que la semence de romarin ne vient
-point en la terre de France, mais qui d’un romarin arracheroit et
-desmembreroit, en dévalant, aucunes petites branchettes et les tendroit
-par le bout et les plantast, ils revendroient; et qui les vouldroit
-envoïer loing, il convendroit icelles branches envelopper en toile
-cirée et coudre, et puis oindre par dehors de miel, et puis poudrez de
-fleur de fourment et l’envoïez où vous vouldrez.
-
-J’ay oy dire à Monseigneur de Berry que en Auvergne a trop plus grosses
-cerises que en France pour ce qu’ils provignent leurs cerisiers.
-
-
-
-
-DE LA SECONDE DISTINCTION
-
-LE TROISIÈME ARTICLE
-
-QUI DOIT PARLER DE CHOISIR VARLETS, AIDES ET CHAMBERIÈRES, ETC.
-
-
-Sur quoy, chière seur, ou cas que vous vouldriez entreprendre à
-estre mesnagière, ou introduire une autre vostre amie, sachiez que
-serviteurs sont de trois manières. Les uns qui sont prins comme
-aides pour certaine heure, à un besoing hastif, comme porteurs à
-l’enfeutreure[552], brouetiers, lieurs de fardeaulx et les semblables;
-ou pour un jour ou deux, une sepmaine ou une saison, en un cas
-nécessaire ou pénible ou de fort labour, comme soieurs, faucheurs,
-bateurs en granche ou vendangeurs, hottiers, fouleurs, tonneliers et
-les semblables. Les autres à temps et pour certain mistère, comme
-cousturiers, fourreurs, boulengiers, bouchiers, cordoenniers et les
-semblables qui euvrent à la pièce ou en tâche pour certain euvre. Et
-les autres sont pris pour estre serviteurs domestiques pour servir à
-l’année et demourer à l’ostel. Et de tous les dessusdis aucun n’est qui
-voulentiers ne quière besongne et maistre.
-
-Quant est des premiers, ils sont neccessaires pour descharger et
-porter fardeaulx et faire grosses et pesans besongnes; et ceulx sont
-communément ennuyeux, rudes et de diverses responses: arrogans,
-haultains, fors à paier, près de dire injures et reprouches se l’en
-ne les paie à leur gré quant la besongne est faicte. Si vous pry,
-chière seur, que quant vous en aurez à faire, dictes à maistre Jehan le
-despensier[553] ou autres de vos gens qu’ils quièrent et choisissent
-et prennent ou facent choisir et prendre les paisibles; et tousjours
-faictes marchander à eulx avant ce qu’ils mettent la main à la besoigne
-afin qu’il n’y ait débat après, jasoit-ce que le plus souvent il ne
-veulent marchander, mais se veulent bouter en la besoigne sans marchié
-faire, et si doulcement dient: «_Monseigneur, ce n’est riens, il n’y
-a que faire: vous me paierez bien, et de ce que vous vouldrez je
-seray content._»--Et se ainsi maistre Jehan les prent, quant ce sera
-fait ils diront: _Sire, il y avoit plus à faire que je ne cuidoie;
-il y avait à faire et cecy et cela, et d’amont et d’aval_; et ne se
-vouldront païer et crieront laides parolles et villaines. Si dictes à
-maistre Jehan qu’il ne les embesoigne point, ne seuffre embesoigner,
-sans marchander avant, car ceulx qui ont voulenté de gaigner sont vos
-subjects avant que la besoigne soit commencée, et pour le besoing
-qu’ils ont de gaigner, craignent que un autre ne l’entrepreigne par
-devant eulx pour doubte de perdre le marchié et que autre n’ait ce
-gaing: et pour ce ils se mettent à plus grant raison. Et se maistre
-Jehan estoit si crédule à eulx et à leurs douces paroles ès quelles
-il se fiast trop, et il advenoit que il souffrist que sans marchander
-ils entrassent en la besoigne, ils scevent bien que après la besoigne
-par eulx commencée, nul autre, pour honte, n’y mettra pardessus eulx
-la main, et ainsi seriez en leur subjection après et en demanderoient
-plus; et se lors ils ne sont païés à leur voulenté, ils crieront et
-brairont vilain blasme et oultrageux, et ne sont honteux de rien et
-publient male renommée, qui est le pis. Et pour ce est-il meilleur de
-faire marchander à eulx plainement et entendiblement avant le coup
-pour oster toutes paroles de débat. Et très à certes vous prie que
-se le cas ou la besoinge le désire, vous faictes enquerre de quelle
-condition sont et ont esté vers autres, ceulx que vous vouldrez faire
-embesongner, et aussi que à gens repliquans, arrogans, haultains,
-raffardeurs[554] ou de laides responses ne aiez riens à faire, quelque
-prouffit que vous y véez ou quelque advantage, ne quelque bon marchié
-qu’ils vous facent, mais gracieusement et paisiblement les esloingnez
-de vous et de vos besongnes, car se ils s’y boutent, vous n’en
-eschapperez jà sans esclandre ou débat. Et pour ce faictes par vos gens
-prendre des serviteurs et aides paisibles et debonnaires et leur donnez
-plus, car c’est tout repos et paix que d’avoir à faire à bonnes gens;
-pour ce est-il dit que _qui a à faire à bonnes gens, il se repose_: et
-par semblable peut-l’en dire que qui a à faire à hargneux, douleur luy
-croist.
-
-_Item_, des autres comme vignerons, bateurs en granche, laboureurs et
-les semblables, ou autres comme cousturiers, drapiers, cordoenniers,
-boulengiers, mareschaulx, chandeliers de suif[555], espiciers, fèvres,
-charrons, vignerons et les semblables autres, chière seur, je vous
-conseille et pry que vous aiez tousjours en mémoire de dire à vos gens
-qu’ils aient à besongner à gens paisibles, et marchandent tousjours
-avant le fait, et comptent et paient souvent sans attendre longue
-créance sur taille ne sur papier, jasoit-ce que encores vault-il
-mieulx taille ou escripture que soy attendre du tout à sa mémoire, car
-les créditeurs cuident tousjours plus et les debteurs moins, et de
-ce naissent débas, haines et lais reprouches; et vos bons créanciers
-faictes païer voulentiers et souvent de ce que vous leur devrez et les
-tenez en amour afin qu’ils ne vous changent, car l’en n’en recueuvre
-mie bien tousjours de bien paisibles.
-
-_Item_, quant aux chamberières et varlets d’ostel que l’en dit
-domestiques[556], chière seur, sachiez que afin qu’elles vous
-obéissent mieulx et qu’elles vous doubtent et craignent plus à
-courroucier, je vous laisse la seignorie et auctorité de les faire
-choisir par dame Agnès la béguine[557] ou autre de vos filles qui vous
-plaira, à recevoir en nostre service, de les louer à vostre gré et de
-les païer et tenir en nostre service tant comme il vous plaira et leur
-donner congié quant vous vouldrez. Toutesvoies de ce devez-vous à part
-secrètement parler à moy et faire par mon conseil pour ce que vous
-estes trop jeune et y pourriez bien estre déceue par vos gens mesmes.
-Et sachiez que d’icelles chamberières qui n’ont service, pluseurs sont
-qui se offrent et ramentoivent et quierent à grant besoing maistres et
-maistresses, et de celles ne prenez aucunes que vous ne sachiez avant
-où elles ont demouré, et y envoiez de vos gens pour enquérir de leurs
-conditions sur le trop parler, sur le trop boire: combien de temps
-elles ont demouré: quel service elles faisoient et scevent faire: se
-elles ont chambres ou acointances en ville: de quel païs et gens elles
-sont: combien elles y demourèrent et pourquoy elles s’en partirent;
-et par le service du temps passé, enquérez quelle créance ou espérance
-l’en peut avoir de leur service pour le temps à venir. Et sachiez que
-communément telles femmes d’estrange pays ont esté blasmées d’aucun
-vice en leur pays, car c’est la cause qui les amaine à servir hors de
-leur lieu. Car s’elles fussent sans tache, elles fussent maistresses
-et non serviteresses; et di des hommes autel. Et se vous trouvez par
-le rapport de leurs maistres ou maistresses, voisins ou autres, que
-ce soit vostre besoigne, sachiez par elles, et devant elles faictes
-par maistre Jehan le despensier enregistrer en son papier de la
-despense[558] le jour que vous la retendrez, son nom et de son père et
-de sa mère et d’aucuns de ses parens: le lieu de leur demourance et le
-lieu de sa nativité et ses pleiges[559]; car elles en craindront plus
-à faillir pour ce qu’elles considéreront bien que vous enregistrez
-ces choses pour ce que s’elles se deffuioient de vous sans congié, ou
-qu’elles feissent aucune offense, que vous en plaindriez ou rescririez
-à la justice de leur pays ou à iceulx leurs amis. Et nonobstant tout,
-aiez en mémoire le dit du philosophe lequel s’appelle Bertran le vieil,
-qui dit que se vous prenez chamberière ou varlet de haultes responses
-et fières, sachiez que au départir, s’elle peut, elle vous fera injure;
-et se elle n’est mie telle, mais flateresse et use de blandices, ne
-vous y fiez point, car elle bée en aucune autre partie à vous trichier;
-mais se elle rougist et est taisant et vergongneuse quant vous la
-corrigerez, amez la comme vostre fille.
-
-Après, chière seur, sachiez que sur elles, après vostre mary, vous
-devez estre maistresse de l’ostel, commandeur, visiteur, gouverneur et
-souverain administrateur, et à vous appartient de les tenir en vostre
-subjection et obéissance, les endoctriner, corrigier et chastier; et
-pour ce, deffendez leur à faire excès ne gloutonnie de vie tellement
-qu’elles en vaillent pis. Aussi deffendez les de rioter[560] l’une
-à l’autre ne à vos voisins; deffendez leur de mesdire d’autruy,
-fors seulement à vous et en secret, et en tant comme le meffait
-toucheroit vostre prouffit seulement, et pour eschever vostre dommaige
-et non plus; deffendez leur le mentir: le jouer à jeux illicites:
-de laidement jurer et de dire parolles qui sentent villenies ne
-parolles déshonnestes ne gouliardeuses, comme aucunes mescheans ou
-mal endoctrinées qui maudient _de males sanglantes fièvres, de male
-sanglante sepmaine, de male sanglante journée_. Il semble qu’elles
-sachent bien qu’est sanglante journée, sanglante sepmaine etc., et
-non font-elles, ne doivent point savoir qu’est sanglante chose, car
-preudefemmes ne le scevent point, car elles sont toutes abhominables
-de veoir seulement le sang d’un aignel ou d’un pigon quant on le tue
-devant elles. Et certes, femmes ne doivent parler de nulle laidure, non
-mie seulement... des secrès membres de nature, car c’est déshonneste
-chose à femme d’en parler.
-
-J’oy une fois raconter d’une jeune preudefemme qui estoit assise
-en une presse de ses autres amis et amies, et par adventure, elle
-dist par esbatement aux autres: Vous me pressez si fort que....[561]
-Et jasoit-ce qu’elle l’eust dit par jeu et entre ses amis, cuidant
-faire la galoise[562], toutesvoies les autres saiges preudefemmes ses
-parentes l’en blasmèrent à part. _Item_, telles femmes gouliardoises
-dient aucunes fois de femme qu’elle est p..... ou qu’elle est ribaude,
-et par ce disant il semble qu’elles sachent qu’est p..... ou ribaude,
-et preudefemmes ne scevent que ce est de ce; et pour ce deffendez leur
-tel langaige, car elles ne scevent que c’est. Deffendez leur vengence,
-et endoctrinez en toute patience à l’exemple de Melibée dont il est
-cy-dessus parlé, et vous mesmes, belle seur, soiez telle en toutes
-choses que par vos fais elles puissent en vous prendre exemple de tout
-bien.
-
-Or nous convient parler d’embesongner vos gens et serviteurs aux heures
-propres à besongner, et aux heures convenables leur donner repos.--Sur
-quoy, chière seur, sachiez que selon les besongnes que vous avez à
-faire et que vos gens sont propres plus à une besongne que à l’autre,
-vous et dame Agnès la béguine qui avec vous est pour vous aprendre
-contenance sage et meure et vous servir et endoctriner, et à laquelle
-principalment je donne la charge de ceste besongne, la devez diviser
-et crier, et commander l’une besongne à l’un, et l’autre besongne à
-l’autre. Et se vous leur commandez maintenant à faire aucune chose,
-et iceulx vos serviteurs respondent: _il est assez à temps, il sera
-jà bien fait_, ou _il sera fait demain bien matin_, tenez le pour
-oublié: c’est à recommencier, c’est tout néant. Et aussi de ce que vous
-commanderez généralment à tous, sachiez que l’un s’atend à l’autre:
-c’est comme devant.
-
-Si soiez advertie, et dictes à dame Agnès la béguine qu’elle voie
-commencier devant elle ce que vous aurez à cuer estre tost fait; et
-premièrement qu’elle commande aux chamberières que bien matin les
-entrées de vostre hostel, c’est assavoir la salle et les autres lieux
-par où les gens entrent et s’arrestent en l’ostel pour parler, soient
-au bien matin balléyés et tenus nettement, et les marchepiés[563],
-banquiers et fourmiers qui illecques sont sur les fourmes, despoudrés
-et escoués; et subséquemment les autres chambres pareillement nettoiées
-et ordonnées pour ce jour, et de jour en jour, ainsi comme il
-appartient à nostre estat.
-
-_Item_, que par la dicte dame Agnès vous faciez principalment et
-songneusement et diligemment penser de vos bestes de chambre comme
-petis chiennés, oiselets de chambre[564]: et aussi la béguine et vous
-pensez des autres oiseaulx domeschés, car ils ne pevent parler, et pour
-ce vous devez parler et penser pour eulx, se vous en avez.
-
-Et aussi dy-je à dame Agnès la béguine que des autres bestes, quant
-vous serez au village, elle commande à ceulx à qui il appartient à en
-penser: comme à Robin le bergier, qu’il pense de ses moutons, brebis et
-aigneaulx; à Josson le bouvier, des beufs et des toreaulx; à Arnoul le
-vachier et Jehanneton la laictière, qu’ils pensent des vaches, genices
-et veaulx, truies, cochons et pourceaulx; à Eudeline femme du mettoier
-qu’elle pense des oés, oisons, coqs, gelines, poucins, coulons, pigons;
-au charretier ou mettoier, qu’il pense de nos chevaulx, jumens et les
-semblables. Et doit la dicte béguine et aussi vous devez faire semblant
-devant vos gens qu’il vous en souviengne, que vous y congnoissiez et
-que vous l’avez à cuer, car par ce en seront-ils plus diligens. Et
-faictes faire, s’il vous en souvient, par vos gens penser du vivre
-d’icelles bestes et oiseaulx, et y doit la dite dame Agnès embesongner
-ceulx et celles qui y sont propres. Et sur ce est à noter que à vous
-appartient bien à faire savoir par la dicte dame Agnès la béguine le
-conte de vos moutons, brebis et aigneaulx, et les faire reviseter, et
-enquérir de leur accroissement et descroissement, ne comment ne par qui
-elles sont gouvernées, et elle le doit rapporter à vous, et entre vous
-deux le devez faire enregistrer.
-
-Et se vous este en païs ou il y ait repaire de loups, je vous
-enseigneray maistre Jehan vostre maistre d’ostel ou vos bergiers et
-gens de les tuer sans cop férir par la recepte qui s’ensuit.--_Recepte
-de pouldre pour tuer loups et renars._--R.[565] la racine de l’ectoire
-de canarade (c’est l’ectoire qui fait fleur de couleur blanche[566]),
-et faictes séchier icelle racine meurement et sans soleil, et gectez
-hors la terre: et adonc face-en pouldre en un mortier, et avec celle
-poudre mettez la quinte partie de voirre bien moulu et la quarte partie
-de la feuille de lis, et tout soit meslé et pilé ensemble, et tellement
-qu’il se puisse passer ou cribler. _Item_, ait miel et sain[567] frès
-autant de l’un comme de l’autre et mesle parmy de la poudre dessusdite,
-et face paste qui soit dure et fort, et gros morceaulx rons du gros
-d’un œuf de poule, et cuevre iceulx morceaulx de sain frès et les mette
-sur les pierres ou tuillettes ès lieux qu’il saura que loups et renars
-repaireront. Et se il veult faire amorse[568] de une vielle beste
-morte, faire le peut deux ou trois jours devant. _Item_, sans faire
-morceaulx, peut-il la poudre jetter sur la charongne.
-
-Ainsi vous et la béguine embesongnez les unes de vos gens aux choses
-et besongnes qui leur sont propres, et aussi dictes à maistre Jehan
-le despensier qu’il envoie ou face envoier les autres reviseter vos
-greniers, remuer et essorer[569] vos grains et autres garnisons[570];
-et se vos mesgnies vous rapportent que les ras dommagent vos blés,
-lars, fromages et autres garnisons, dictes à maistre Jehan qu’il les
-puet destruire en six manières: 1º Par avoir garnison de bons chats.
-2º Par ratières et soricières. 3º Par engins d’aiselles[571] appuiées
-sur buchettes que les bons serviteurs font. 4º Par faire tourtellés de
-paste et fromage frit ensemble et poudre de riagal[572], et mettre en
-leur repaire où ils n’aient que boire. 5º Se vous ne les povez garder
-qu’ils ne treuvent à boire, il convient faire de l’espurge[573] par
-morcellés, et lors s’ils les avallent, plus tost buveront et plus tost
-enfleront et mourront. 6º Prenez une once de riagal: deux onces fin
-arcenic: un quarteron gresse de porc: une livre fleur de farine de
-fourment et quatre œufs, et de ce faites pain et cuisiez au four et
-tailliez par lesches et les clouez à un clou.
-
-Or revien encores à ma matière de faire embesongner vos gens, vous et
-la béguine, en temps convenable, par vos femmes essorer, esventer
-et reviseter vos draps, couvertures, robes et fourreures, pennes et
-autres telles choses.--Sur quoy sachiez et dictes à vos femmes que
-pour conserver et garder vos pennes et draps, il les convient essorer
-souvent pour eschever les dommages que les vers y pevent faire; et
-pour ce que telle vermine se congrée par le ramolissement du temps
-d’automne et de yver et naissent sur l’esté, en iceulx temps convient
-les pennes et les draps mettre à bon soleil et beau temps et sec; et se
-il survient une nuée noire et moicte qui s’assiée sur vos robes et en
-tel estat vous les ploiez, cest air envelopé et ployé dedans vos robes
-couvera et engendrera pire vermine que devant. Et pour ce, choisissiez
-bel air qui soit continué et bien sec, et tantost que vous verrez autre
-gros air survenir, avant qu’il soit venu vers vous, faictes mettre vos
-robes à couvert et escourre pour oster la grosse pouldre[574], puis
-nettoier à unes verges sèches[575]. Et la béguine scet bien et le vous
-le dira que s’il y a aucune tache d’uille ou autre gresse, le remède
-est tel: Ayez pis..t et le chauffez comme tiède, et mettez la tache
-tremper dedans par deux jours, et puis espraignez le drap où est la
-tache sans le tordre, et se la tache ne s’en est alée, si le face dame
-Agnès la béguine, mettre en un autre pis..t et battre un fiel de beuf
-avec, et face-l’en comme devant. Ou vous faictes ainsi: faites prendre
-de la terre de robes[576] et tremper en lessive, puis mettre sur la
-tache et laissiez sécher, et puis frotez; et se la terre ne s’en va
-légièrement, si faictes mouillier en lessive, et laissiez encores
-séchier et frotez tant qu’elle s’en soit alée; ou se vous n’avez
-terre de robes, faictes mettre cendres tremper en lessive, et icelles
-cendres bien trempées mettez sur la tache; ou vous faictes prendre de
-bien nettes plumes de poucins et moulliez en eaue bien chaude pour là
-laissier la gresse qu’elles auront prise, et remoulliez en eaue necte
-bien chaude: bien refrottez aussi et tout s’en yra.
-
-S’il y a sur robe de pers[577] aucune tache ou destaincture de couleur,
-faictes prendre une espurge et la moulliez en necte et clère lessive,
-puis espraigniez et traynnez sur la robe en frotant la tache, et la
-couleur y revendra. Et se sur quelsconques autres couleurs de drap y
-a tache de destainture de couleur, faictes prendre de la lessive bien
-nette et qui point n’ait coullé sur drappeaulx, et mettre avec la
-cendre sur la tache, et laissiez sécher, puis faictes frotter, et la
-première couleur revendra.
-
-Pour oster tache de robe de soie, satin, camelot, drap de Damas ou
-autre, trempez et lavez la tache en vertjus et la tache s’en yra, et
-mesmes se la robe est destainte, si revendra-elle en sa couleur (_ce
-que je ne croy pas_)[578].
-
-VERTJUS. Nota que ou temps que le vertjus nouvel se fait, l’en
-en doit prendre, sans sel, une fiole et la garder, car ce vault pour
-oster tache de robe et la remettre en sa couleur, et est tousjours bon,
-et nouvel et vieil.
-
-_Item_, et se aucunes de vos pennes ou fourreures ont esté moulliées
-et se soient endurcies, faictes deffourrer le garnement[579], et
-arrouser de vin la penne qui est dure, et soit arrousée à la bouche
-ainsi comme un cousturier arrouse d’eaue le pan d’une robe qui veult
-retraire, et sur icelluy arrousement faictes gecter de la fleur[580] et
-laissiez sécher un jour; puis frottez très bien icelle penne[581]... en
-son premier estat.
-
-Or revien au propos que devant, et dy que vostre maistre d’ostel
-doit savoir qu’il doit chascune sepmaine faire reviseter et boire
-de vos vins, vertjus et vinaigres; veoir les grains, huilles, noix,
-pois, fèves et autres garnisons. Et quant aux vins, sachiez que s’ils
-deviennent malades, il les convient garir de maladies par la manière
-qui s’ensuit:
-
-Premièrement se le vin est pourri, il doit mettre la queue[582], en
-yver, emmi une court sur deux tréteaulx afin que la gelée y frappe, et
-il garira.
-
-_Item_, se le vin est trop vert, il doit prendre plain pennier de
-morillons[583] bien meurs, et gecte dedens la queue, par le bondonnail,
-tous entiers, et il amendra.
-
-_Item_, se le vin sent l’esventé[584], il doit prendre une once de
-seurmontain[585] en pouldre et autant en graine de paradis[586] en
-pouldre et mettre chascune desdictes pouldres en un sachet et le
-pertuisier d’une greffe[587], et puis pendez tous les deux sachets
-dedens la queue à cordelettes et estoupez bien le bondonnail.
-
-_Item_, se le vin est gras, preigne douze œufs et mette boullir en eaue
-tant qu’ils soient durs, et puis gecte hors le jaune et laisse le blanc
-et les coquilles ensemble, et puis frire en paelle de fer et mettre
-tout chault dedens un sachet et pertuisé d’une greffe comme dessus,
-et pendre dedans la queue à une cordelette. _Item_, preigne un grant
-pot neuf et le mette dessus un trepié vuit[588], et quant il sera bien
-cuit, despièce le par pièces et le gecte dedans la queue, et il garira
-de la gresse.
-
-_Item_, pour desroussir le vin blanc, preigne plain pennier de feuilles
-de houx et gecte dedens la queue par le bondonnail.
-
-_Item_, se le vin est aigri, preigne une cruche d’eaue et gecte dedans
-pour départir le vin de devers la lie, et puis preigne plain plat de
-fourment et mettez tremper en eaue, et puis gectez l’eaue, et mettez
-boullir en autre eaue, et faciez bien boullir en autre eaue tant qu’il
-se vueille crever, et puis l’ostez; et s’il en y a des grains tous
-crevés, si les gecte, et après gecte le froment tout chault dedens la
-queue. Et se pour ce le vin ne veult esclarcir, preigne plain pennier
-de sablon bien lavé en Saine et puis gecte dedens la queue par le
-bondonnail et il esclarcira.
-
-_Item_, pour faire ès vendenges un vin fort, n’emple pas la queue que
-il s’en faille deux sextiers[589] de vin, et frotte tout entour le
-bondonnail, et lors il ne pourra gecter et en sera plus fort.
-
-_Item_, pour traire une queue de vin sans luy donner vent, face un
-petit pertuis d’un foret emprès le bondonnail, et puis ait un petit
-plastreau[590] d’estouppes du large d’un blanc et puis mette dessus,
-et preigne deux petites bûchettes et mette en croix dessus le dit
-plastreau, et mette un autre plastreau sur les dictes bûchettes.
-Et pour esclarcir vin troublé, se c’est une queue, vuide-l’en deux
-quartes[591], puis le remue-l’en à un baston ou autrement, tellement
-que lie et tout soit bien meslé, puis preigne-l’en un quarteron d’œufs,
-et soient batus moult longuement les moyeulx et les blans tant que tout
-soit fin cler comme eaue, et tantost gectez après un quarteron d’alun
-batu et incontinent une quarte d’eaue clère et l’estoupez, ou autrement
-il se vuideroit par le bondonnail.
-
-Et après ce et avec ce que dit est, belle seur, faictes commander par
-maistre Jehan le despensier à Richart de la cuisine escurer, laver,
-nettoier et tout ce que appartient à cuisine, et véez comme dame Agnès
-la béguine quant aux femmes, et maistre Jehan le despensier quant aux
-hommes, mettront vos gens en œuvre de toutes pars: l’un à-mont, l’autre
-à-val, l’un aux champs, l’autre en la ville, l’un en chambre, l’autre
-en solier[592] ou en cuisine et envoieront l’un ça, l’autre là, un
-chascun selon son endroit et science, et tant que iceulx serviteurs
-gaignent leur salaire chascun et chascune en ce qu’il saura et devra
-faire; et s’ils le font, ils feront bien, car sachez que paresse et
-oisiveté engendrent tous maulx.
-
-Toutesvoies, belle seur, aux heures pertinentes faictes les seoir à
-la table, et les faites repaistre d’une espèce de viande largement et
-seulement, et non pas de plusieurs, ne délitables ou délicatives, et
-leur ordonnez un seul buvrage nourrissant et non entestant, soit vin ou
-autre et non de plusieurs; et les admonestez de mengier fort et boire
-bien et largement, car c’est raison qu’ils mengeussent d’une tire,
-sans seoir à oultrage[593], et à une alaine, sans reposer sur leur
-viande ou arrester ou acouster[594] sur la table. Et si tost qu’ils
-commenceront à compter des comptes ou des raisons, ou à eulx reposer
-sur leurs coustes[595], commandez la béguine qu’on les face lever et
-oster leur table, car les communes gens dient: _Quant varlet presche à
-table et cheval paist en gué, il est tems qu’on l’en oste, que assez y
-a esté_. Deffendez leur yvresse, et que personne yvrongne ne vous serve
-ne approuche, car c’est péril, et après leur reffection prise à midy,
-quant temps sera, les laissiez par vos gens remettre à besongner. Et
-après leur second labour et aux jours de feste aient autre repas, et
-après ce, c’est assavoir au vespre, soient repus habondamment comme
-devant et largement, et se la saison le requiert soient chauffés et
-aaisiés.
-
-Et après ce, soit par maistre Jehan le despencier ou la béguine vostre
-hostel clos et fermé, et ait l’un d’eux les clefs par devers luy,
-afin que nuls sans congié n’y entre ne ysse. Et chascun soir et avant
-vostre coucher, faictes par dame Agnès la béguine ou maistre Jehan le
-despensier faire reviseter à la clarté de la chandelle les fons de vos
-vins, vertjus, ou vinaigre, que nul ne s’en voit[596], et facent par
-vostre closier ou fermier savoir par ses gens que vos bestes soient
-bien affouragées pour la nuit. Et quant vous aurez sceu par dame Agnès
-la béguine ou maistre Jehan le despencier que le feu des cheminées sera
-couvert partout, donnez à vos gens, pour leurs membres, temps et espace
-de repos. Et ayez fait adviser par avant, qu’ils aient chascun loing
-de son lit chandelier à platine[597] pour mettre sa chandelle, et les
-aiez fait introduire[598] sagement de l’estaindre à la bouche ou à la
-main avant qu’ils entrent en leur lit, et non mie à la chemise[599]. Et
-aussi les aiez fait admonnester et introduire, chascun endroit soy, de
-ce qu’il devra commencier l’endemain, et de soy lever l’endemain matin,
-et recommencier chascun endroit soy son service, et de ce soit chascun
-advisié. Et toutesvoies de deux choses vous advise: l’une que se vous
-avez vos filles ou chamberières de quinze à vint ans, pour ce que en
-tel aage elles sont sottes et n’ont guères veu du siècle, que vous les
-faciez coucher près de vous en garderobe ou chambre où il n’ait lucarne
-ne fenestre basse, ne sur rue, et se couchent et lièvent à vostre
-heure, et vous mesmes qui avant ce temps serez sage se Dieu plaist, les
-gardez de près; l’autre si est que se l’un de vos serviteurs chiet en
-maladie, toutes choses communes mises arrière, vous mesmes pensez de
-luy très amoureusement et charitablement et le revisetez et pensez de
-lui ou d’elle très curieusement en avançant sa garison, et ainsi aurez
-acompli cest article.
-
- * * * * *
-
-Or vueil-je, en cest endroit, vous laissier reposer ou jouer et non
-plus parler à vous:[600] vous esbatrez ailleurs, je parleray à maistre
-Jehan le despencier qui nos biens gouverne, afin que se aucun de nos
-chevaulx tant de charrue comme à chevauchier est en essoine[601], ou
-qu’il conviengne acheter ou eschanger, qu’il s’y congnoisse un petit.
-
-Sachiez donc, maistre Jehan, que cheval doit avoir seize[602]
-conditions, c’est assavoir:
-
-Trois des conditions du renart: c’est courtes oreilles droictes, bon
-poil et fort et roide, queue bien pelue.
-
-Du lièvre quatre: c’est maigre teste, bien esveillé, de légier mouvant,
-viste et tost alant.
-
-Du beuf quatre, c’est assavoir: la harpe[603] large, grosse et ouverte,
-gros bouel, gros yeulx et saillans hors de la teste, et bas enjointé.
-
-De l’asne trois: bon pié, forte eschine, et soit débonnaire.
-
-De la pucelle quatre, c’est assavoir: beaulx crins, belle poitrine,
-beaulx rains et grosses fesses.
-
-Maistre Jehan, mon ami, qui veult acheter un cheval, il le doit
-premièrement veoir en l’estable, car là voit-l’en s’il est en main
-d’affaiteur ou non, et s’il est bien ou mal gardé; s’il abonne
-cocte[604], et comment il siet sur le fien[605]. Après ce, à l’issir
-de l’estable, s’il a courtes et droites oreilles, maigre ou grasse
-teste, bonne veue et saine, et bons yeulx, gros, saillans dehors
-la teste; et puis taster dessoubs les gencives qu’il y ait grant
-entre-deux et bonne ouverture et large, et qu’il n’y ait gourme, bube
-ne malen[606], et que l’entrée du gavion ne soit en riens empeschée.
-
-Et puis, mon ami maistre Jehan, tu te dois congnoistre à l’aage;
-dont il est à savoir que quant un cheval a deux ans, il a ses dens
-nouvelles, blanches, déliées et pareilles. Au troisième an, les trois
-dens de devant luy muent, et dedens icelluy troisième an deviennent
-plus grosses assez et plus brunes que les autres. Au quatrième an, les
-deux dens qui sont aux deux costés d’iceulx trois dens muées, luy muent
-et deviennent pareilles aux trois dont dessus est parlé. Au cinquième
-an, les autres muent. Au sixième an, viennent les crochés dont le fons
-est creux, et est la fève ou fons du creux. Au septième an les hors du
-creux des crochés si usent, et n’y a mais point de creux ne de fève, et
-devient tout plat et tout aouni[607] et de là en avant on n’y congnoist
-aage.
-
-Après ce, maistre Jehan, tu dois aviser se le cheval a bonne encontre
-et bonne herpe et ouverte: qu’il ne soit courbé ne fuiselé[608]; et
-s’il est durié[609] c’est bon signe. Et par entre les deux jambes de
-devant, regardes aux jambes de derrière qu’il n’y ait esparvain ou
-courbe. Esparvain dedens le plat de la cuisse de derrière est, et
-s’apperçoit mieulx par entre les deux jambes de devant. Courbe est à
-icelluy endroit que devant, et plus sur le derrière, car elle tient
-au bout du gerret derrière, sur le bout de la jointe de la queue en
-dévalant; et est au commencement une petite bossette qui agrandist et
-est longuette, et gist au long et dessoubs le pli du gerret. Et quant
-on veult gracieusement parler devant marchans, on dit ainsi: _Véez-cy
-un bon cheval, il est long et esgarretté_. Et lors on entent que c’est
-à dire qu’il est corbeux.
-
-Après ce, maistre Jehan mon amy, tu dois aler au costé et regarder s’il
-est point grevé soubs la selle, car en cheval qui ait tendre dos ne
-vous fiez; gardez aussi qu’il ne soit blécié au jarret[610]. _Item_,
-qu’il ait bon bouel; s’il est point batu d’esperons, qu’il n’ait
-grosses c......, qu’il ait long corps, car on dit un cheval plat quant
-il n’est pas ront ne bien esquartellé. Véez aussi quelle chière il fait
-par l’apparence de ses oreilles et de ses yeulx et par l’esmouvement
-de sa teste et le remuement de ses piés, et gardez bien qu’il n’ait
-malandres, [malandre est dedans le garret derrière; gardez aussi qu’il
-n’ait][611] molettes ne suros; ne soit crapeux, ne ne s’entretaille de
-la jambe de l’autre lez[612], car d’illec le peut-l’en bien veoir.
-
-Après ce que dit est, doit-l’en adviser que le cheval ait maigres
-jambes, larges et plates, et qu’il n’ait pas les genoulx couronnés, et
-que les joinctes[613] de dessus les couronnelles ne boutent mie devant.
-Et regardez s’il a piés gras et combles, piés fendus, faulx quartiers,
-piés avalés, crapaudines ou fourme. Fourme sur couronnelle est quant au
-travers sur le coup-du-pié a une soubaudreure[614] qui se hausse, et en
-huit jours est formée aussi derrière comme devant, et durant ce qu’elle
-est entière, l’en l’appelle fourme et fait piés avalés, mais quant
-elle est crevée, l’en dist crapaudine et ne garist-l’en puis, et est
-sur le bout de la couronnelle du pié[615].
-
-Après, va par derrière et garde qu’il ait les fesses escartelées et
-bien secourcées[616], belle queue et bien pelue et serrant aux fesses
-que on ne la puisse sourdre[617], car c’est bon signe quant le cheval a
-bon et fort quoier, saines c....... Et encores de rechief, advise qu’il
-ne s’entretaille, ne ne soit crapeux ne rongneux, ne qu’il n’ait javart
-et rongne, et par entredeux icelles jambes de derrière qu’elles ne
-soient arçonnées parmy le milieu comme un arc, et audessoubs qu’il n’y
-ait esparvain, molette, suros dedens la jambe ou dehors, ou malandre,
-et qu’il ne s’entretaille ne n’ait crape[618] ne rape, ne derrière ne
-devant. Après, le convient veoir trotter bellement de rechief en sa
-droicte aleure commune, et adviser adonc s’il liève ses piés ouniement
-et égaulment, d’un hault[619] et d’une légièreté; s’il plie bien ses
-jambes devant et qu’elles ne soient mie roides; s’il escout sa teste,
-s’il soufle du nez et ouvre ses narines, et s’il est long en la main,
-car toutes ces choses sont de bon signe. Après, le dois faire trotter
-fort, et prendre garde s’il trotte bel et qu’il ne s’entretaille ne
-ataigne. Puis faire courre et aler les galos, et lors regarder à certes
-s’il a grosse alaine; s’il soufle et qu’il ait grant et grosse alaine
-par la bouche, se les flancs luy haletent ou qu’il soit poucis; et ce
-puet aussi estre veu dessoubs la queue. Puis le veoir l’endemain à
-froit, et savoir en l’estable comment il se tient sur le sien, puis
-trotter et aler les galos et reveoir s’il est poucis, et ce peut estre
-veu dessous la queue, puis le veoir et savoir de rechief aux champs et
-ailleurs s’il est bon aux esperons.
-
-_Nota_, maistre Jehan, que ès festes de Flandres, se vous avez
-barguaignié[620] et sceu le pris d’un cheval, et vous demandez à le
-veoir courre, _eo ipso_ vous vous départez de tous les autres vices,
-tellement que s’il est bon à l’esperon et qu’il queure, il est vostre,
-quelque autre tache qu’il ait.
-
-Maistre Jehan, s’aucun cheval est qui ait passé aage, et soit trouvé
-sans suros, malandre, courbe, entretaille, molettes _et similia_, c’est
-adonc à entendre qu’il est affermé[621], et que puis qu’il a passé sa
-jeunesse sans tache, jamais n’en aura aucune.
-
-_Item_, tant est un cheval plus court, maistre Jehan, tant a plus fort
-eschine.--_Item_, tant plus dur trotte, maistre Jehan, tant plus est
-fort.--_Item_, maistre Jehan, s’il est délié sur la poincte d’en bas,
-c’est mauvais signe.
-
-Maistre Jehan, se vous voulez engresser, pour vendre, un de nos
-chevaulx, _primo_ soit estrillé, lavé et tenu nettement, et fresche
-lectière.--_Item_, s’il ne fut pieçà seigné, si le faictes seigner
-des costés, c’est du ventre, car icelle seignée des costés est propre
-pour leur donner bon bouel. Puis luy emplissiez son ratellier de très
-bon foing d’une part, et de feurre d’avoine d’autre part; puis prenez
-quatre boisseaulx de bien nette paille de fourment, deux boisseaulx
-de bran[622], un boissel de fèves menues et un boissel d’avoine, et
-meslez tout ensemble et luy en donnez quatre fois le jour, avant
-boire. _Item_ après, boire de l’eaue de rivière chauffée au soleil ou
-sur le fumier, ou en yver chauffée sur le feu, et y ait du son dedens
-une toille, car sans toille le cheval toussiroit comme s’il eust mengié
-plume; puis mengeusse du foing. Puis pour prou vendre[623], comme
-dessus, ou se c’est cheval de petit pris, il ait avant boire, trois
-fois orge boulu, et après boire, fèves et bran et bien pou d’avoine.
-
-OINGNEMENT POUR LES PIÉS DES CHEVAULX.--Prenez un quarteron
-de suif de bouc, un quarteron de cire, un quarteron de terbentine, un
-quarteron de poix rasine et boulez tout ensemble, et oignez les piés
-des chevaulx.--_Item_, aiez un drappel moullié en viez oint et mettez
-ou fons du pié et de la fiente avec.
-
-Pour garir de rape, crape, rongne et javart, lavez d’uille de chennevis
-avec eaue batue ensemble, et s’il n’en garist, il le convient seigner
-de la pointe du pié.
-
-_Item_, est à noter que quant un cheval est seigné du col, l’en le
-doit tenir lié hault, et faire petitement mengier et hault, car le
-débatement des mandibules et du col le pourroient faire escrever.
-_Item_, le convient abuvrer le plus loing de la seignée que l’en puet
-et lier hault, pour ce que le baisser la teste le fait escrever.
-_Item_, se le cheval est de grant pris, si soit veillé de nuit.
-
-Malandre veult estre lavé deux fois le jour de chault pis..t ou
-chaude eaue. _Item_, _idem_, grosses jambes derrière[624]; et se
-ainsi l’en ne peut garir, que l’en face restrainctif, c’est assavoir
-de sang-de-dragon[625], d’aubun d’œufs[626], ou plastre bien sassé
-et aubun d’œufs[627], et liez par bandeaulx entour la jambe, et puis
-seicher à un tison de feu par derrière.
-
-Quant cheval pert la veue, faictes mouldre du saing[628] de voirre
-vieil, et luy gette-l’en dedens l’ueil à un tuel[629].
-
-Quant cheval a tranchoisons, faictes-le mettre par terre et puis luy
-faictes mettre à un cornet un quarteron de quelque huille dedens le
-c.l, et puis le faites chevauchier tant qu’il sue, et il garira.
-
-Quant cheval a vives[630], il luy convient dire ces trois mos, avec
-trois patenostres: ✝ _abgla_, ✝ _abgly_, ✝ _alphara_, ✝ _asy_, ✝ _pater
-noster_ etc.
-
-Contre farcin, te convient ce couver[631] par neuf jours, et chascun
-jour en jeun dire par trois fois, et chascune fois dire trois
-patenostres et toucher le mal ✝ _In nomine Patris_ ✝ _et Filii_ ✝ _et
-Spiritus Sancti_ ✝ _amen_ ✝ _Je te conjure, mal félon de par Dieu
-omnipotent et de par le Père et de par le Fils et de par le Saint
-Esperit, et de par tous les sains et de par tous les anges de nostre
-Seigneur Jhésu Crist. et par toutes les vertus que Dieu donna à paroles
-ne en voix, par les vertus que Dieu fist de faire le ladre guérir de sa
-maladie: et que tu, mal félon, n’ailles plus avant, et que ne doubles
-ne ne enfles, n’en fenestres, n’en fistules, néant plus que firent les
-cinq plaies nostre Seigneur Jhésu Crist, et aussi le monde sauva, et
-pour ce se firent les cinq plaies de nostre Seigneur, Jhésu Crist. In
-nomine Patris_ ✝ _et Filii_ ✝ _et Spiritus Sancti_ ✝ _Amen_.
-
-S’aucun cheval est morfondu, il le convient tantost faire seigner
-des jambes devant au plus bas, et au hault du plat des cuisses, et
-recueillir le sang, et d’icelluy oindre les piés, puis torchier de
-foing moullié et pourmener sans boire et sans mengier, et dedens quatre
-heures ou environ, mettre un restraintif sur les couronnelles afin
-qu’il ne face pié neuf; et le convient pourmener sans arrest trente-six
-heures, et luy donner à la main du foing s’il en veult mengier: et ne
-boive point d’un jour naturel; et après vint-quatre heures depuis la
-seignée, boive de l’eaue chaude avec du bran. Et pendant le dit temps
-et tantost après ce qu’il sera seigné, soit couvert de trois linceuls
-moulliés tout à une fois, et au bout de trente-six heures ou plus,
-c’est assavoir quant il se prendra à mengier du bran et faire bonne
-chière et qu’il aura fienté, luy face-l’en bonne lictière et blanche,
-et le face-l’en reposer, puis pourmener, et quant il yra de bon cuer,
-si luy oste-l’en un jour un drap, l’autre jour l’autre, et le tiers
-l’autre, et ne luy donne-l’en fors brennée à boire et à mengier jusques
-à ce qu’il face bonne chière. Aucuns leur donnent du buvrage de pommes
-à un cornet. Et de tout le mareschal puet avoir franc et demi[632].
-
-
-
-
-DE LA DEUXIÈME DISTINCTION
-
-LE QUART ARTICLE[633]
-
- QUI VOUS DOIT APRENDRE QUE VOUS, COMME SOUVERAIN MAISTRE DE VOSTRE
- HOSTEL, SACHIEZ COMMANDER ET DEVISER A MAISTRE JEHAN DISNERS ET
- SOUPPERS, ET DEVISER MÈS ET ASSIETES.
-
-
-Et à ce commencement je vous mettray aucuns termes servans aucun pou,
-et qui vous donront commencement ou au moins esbatement.
-
-_Primo_, pour ce qu’il convient que vous envoiez maistre Jehan ès
-boucheries, cy-après s’ensuivent les noms de toutes les boucheries de
-Paris et leur délivrance de char.
-
-A la Porte-de-Paris[634] a dix-neuf bouchiers qui par estimation
-commune vendent, pour sepmaine, eulx tous, l’un temps parmi l’autre, et
-la forte saison portant la foible, dix neuf cens moutons, quatre cens
-beufs, quatre cens pourceaulx, et deux cens veaulx.
-
-Saincte-Geneviefve: cinq cens moutons, seize beufs, seize porcs, et
-six[635] veaulx[636].
-
-Le Parvis: quatre-vint moutons, dix beufs, dix veaulx, huit porcs.
-
-A Saint-Germain a treize bouchiers; deux cens moutons, trente beufs,
-trente veaulx, cinquante porcs.
-
-Le Temple, deux bouchiers; deux cens moutons, vint-quatre beufs,
-vint-huit[637] veaulx, trente-deux porcs.
-
-Saint-Martin: deux cent cinquante moutons, trente-deux beufs,
-trente-deux veaulx, vint-deux[638] porcs.
-
-Somme des boucheries de Paris, pour sepmaine, sans le fait du Roy et de
-la Royne et des autres nos seigneurs de France, trois mille quatre-vint
-moutons, cinq cent quatorze beufs, trois cent six veaulx, six cens
-porcs[639]. Et au vendredi absolut[640], sont vendus de deux mille à
-trois mille lars[641].
-
-Pour ce qu’il a cy-devant esté parlé du fait du bouchier et
-poullaillier, le fait de l’ostel du Roy en office de boucherie monte
-bien, pour sepmaine, six-vints moutons, seize beufs, seize veaulx,
-douze porcs: et par an deux cens lars.
-
-Le fait du poullaillier: par jour, six cens poullailles, deux cens
-paires de pigons, cinquante chevriaux, cinquante oisons.
-
-La Royne et les enfans. Boucherie, pour sepmaine, quatre-vins moutons,
-douze veaulx, douze beufs, douze porcs: et par an six-vins lars.--Le
-fait du poullaillier: pour jour, trois cens poullailles, trente-six
-chevreaulx, cent cinquante paires de pigons, trente-six oisons.
-
-Orléans[642] aussi.
-
-Berry aussi.
-
-Les gens de Monseigneur de Berry dient que aux dimenches et grans
-festes, il leur convient trois beufs, trente moutons, huit-vins
-douzaines de perdris, et connins à l’avenant, mais j’en doubte.--Avéré
-depuis.--Et est certain que[643] plusieurs grans festes, dimenches
-et jeudis, mais le plus commun des autres jours est à deux beufs
-et vingt moutons.--_Nota_ encores que à la court de Monseigneur de
-Berry on fait livrée à pages et à varlets des joes de beuf, et est le
-museau du beuf taillié à travers, et les mandibules demeurent pour la
-livrée, comme dit est.--_Item_, l’en fait du col du beuf livrée ausdis
-varlets.--_Item_, et ce qui vient après le col est le meilleur de tout
-le beuf, car ce d’entre les jambes de devant, c’est la poitrine, et ce
-dessus, c’est le noyau[644].
-
-Bourgoingne, de parisis à tournois du Roy[645].
-
-Bourbon, la moitié du fait de la Royne.
-
-_Item_, et sans espandre ou baillier vostre argent chascun jour,
-vous pourrez envoïer maistre Jehan au bouchier, et prendre char sur
-taille[646], considérant ce qui s’ensuit:
-
-En la moitié de la poitrine de beuf a quatre pièces, dont la première
-pièce a nom le grumel[647]; et toute celle moitié couste dix blans[648]
-ou trois sols. En la longe a six pièces, et couste six sols huit
-deniers ou six sols. La surlonge trois sols. Ou giste[649] a huit
-pièces et est la plus grosse char, mais elle fait la meilleure
-eaue[650] après la joe; et couste le giste, huit sols.
-
-Le quartier de mouton a quatre pièces ou trois pièces et l’espaule, et
-couste huit blans ou trois sols.
-
-Le quartier de veel, huit sols. Porc[651]....
-
-Et _nota_ que ce que l’en dit la poictrine d’un beuf, l’en dit le
-brichet d’un mouton: et quant l’en parle d’un cerf, l’os d’icelle
-poictrine est nommé la hampe.
-
-De la poictrine d’un beuf, la première pièce qui part d’emprès le colet
-est appellée le grumel, et est la meilleur. D’un mouton, le flanchet
-est ce qui demeure du quartier de devant quant l’espaule en est
-levée.--_Item_, l’en dit le couart[652] d’un cerf.--_Item_, les dentés
-sont les c......ns.
-
-La surlonge trois sols. La longe six sols. La char d’un mouton dix sols.
-
- * * * * *
-
-Après ces choses, convient dire et parler d’aucuns termes généraulx qui
-regardent fait de queurie[653] en aucune qualité, et après sera monstré
-à congnoistre et choisir les viandes desquelles l’en doit ouvrer comme
-il s’ensuit:
-
-_Primo_, que en toutes sausses et potages lians en quoy l’en broie
-espices et pain, l’en doit premièrement broïer les espices et oster
-du mortier, car le pain que l’en broie après, requeut ce qui des
-espices est demouré; ainsi on ne pert rien ce qu’on perdroit qui feroit
-autrement.
-
-_Item_, des espices et lieures[654] mises en potages, l’en ne doit
-riens couler[655], combien que sausses si fait, afin que les sausses
-soient plus clères et aussi plus plaisans.
-
-_Item_, sachiez que pou advient que pois ou fèves ou autres potages
-s’aoursent[656], se les tisons ardans ne touchent au cul du pot quant
-il est sur le feu.--_Item_, avant que ton potage s’aourse, et afin
-qu’il ne s’aourse, remue-le souvent au cul du pot et appuie ta cuillier
-au fons, afin que le potage ne se preigne là. Et _nota_ que si tost que
-tu apparceveras que ton potage s’aoursera, si ne le remue point, mais
-l’oste tantost de dessus le feu et le mets en un autre pot.
-
-_Item_, _nota_ que communément tous potages qui sont sur le feu
-surondent et s’en vont sur le dit feu jusques à ce que l’en ait mis au
-pot sel et gresse, et depuis, non.
-
-_Item_, _nota_ que le meilleur chaudeau qui soit, c’est de la joe de
-beuf lavée en eaue deux fois ou trois, puis boullir et bien escumer.
-
-_Item_, l’en scet se un connin est gras, à luy taster un nerf ou col
-entre les deux espaules, car là scet-l’en s’il a grosse gresse par le
-gros nerf; et s’il est tendre, l’en le scet à luy rompre une des jambes
-de derrière.
-
-_Item_, _nota_ qu’il y a différence entre les queux, entre boutonner et
-larder, car boutonner est de giroffle et larder est de lart.
-
-_Item_, des brochets, le laictié vault mieulx que l’ouvé, se ce n’est
-quant l’en veult faire rissolles, pour ce que des œuvés l’en fait
-rissolles, _ut patet in tabula_. Des brochets, l’en dit lancerel,
-brochet, quarrel, lux et luceau[657].
-
-_Item_, aloze franche entre en Mars en saison.
-
-_Item_, carpe doit estre très cuite, ou autrement c’est péril de la
-mangier.
-
-_Item_, plais[658] sont doulces à applanier à la main, et lymandes au
-contraire.
-
-_Item_, à Paris, les oyers[659] engressent leurs oies de farine, non
-mie la fleur ne le son, mais ce qui est entre deux, que l’en appelle
-les gruyaux ou recoppes: et autant comme ils prennent de ces gruyaux
-ou recoppes, autant mettent-ils d’avoine avec, et meslent tout avec
-un petit d’eaue, et ce demeure ensemble espais comme paste, et ceste
-viande mettent en une goutière[660] sur quatre piés, et d’autre part,
-de l’eaue et lictière nouvelle chascun jour, et en quinze jours sont
-gras. Et _nota_ que la lictière leur fait tenir leurs plumes nettes.
-
-_Item_, pour faisander chapons et gélines, il les convient saignier par
-la gueule et incontinent les mettre et faire morir en un scel d’eaue
-très froide, et il sera faisandé ce jour mesmes comme de deux jours tué.
-
-_Item_, l’en congnoist les jeunes malars[661] des viels, quant ils
-sont aussi grans les uns comme les autres, aux tuyaux des esles qui
-sont plus tendres des jeunes que des vieulx.--_Item_, l’en congnoist
-ceulx de rivière à ce qu’ils ont les ongles fins, noirs, et aussi ont
-les piés rouges, et ceulx de paillier[662] les ont jaunes. _Item_,
-ont la creste[663] du bec, c’est assavoir le dessus, vert tout au
-long, et aucunes fois les masles ont au travers du col, endroit le
-hasterel[664], une tache blanche, et sont tous d’un plumage et ont la
-plume de dessus la teste très ondoiant.
-
-_Item_, coulons ramiers sont bons en yver, et congnoist-l’en les vieulx
-à ce que les venneaulx[665] de leurs esles sont tout d’une couleur
-noire, et les jeunes d’un an ont les venneaulx cendrés et le surplus
-noir.
-
-_Item_, l’en congnoist l’aage d’un lièvre au nombre des pertuis qui
-sont dessoubs la queue, car pour tant de pertuis, tant d’ans.
-
-_Item_, les perdris qui ont les plumes bien serrées et bien joinctes
-à la char, et sont arrangéement et bien joinctes et sont comme les
-plumes sont sur un esprivier, sont fresches tuées: et celles dont les
-plumes se haussent contremont et laissent la char et se desrangent de
-leur siége et vont sans ordre çà et là, sont vieilles tuées.--_Item_, à
-tirer les plumes du braier[666], le sent-l’en.
-
-_Item_, la carpe qui a l’escaille blanche et non mie jaune ne rousse,
-est de bonne eaue. Celle qui a gros yeulx et saillans hors de la teste,
-et le palais et langue mols et ouny, est grasse. Et _nota_, se vous
-voulez porter une carpe vive par tout un jour, entortilliez-la en foing
-moullié et la portez le ventre dessus, et la portez sans luy donner
-air, c’est assavoir en bouges ou en sac.
-
-La saison des truites commence en[667]..... et dure jusques à
-Septembre. Les blanches sont bonnes en yver, et les vermeilles[668] en
-esté. Le meilleur de la truite est la queue, et de la carpe c’est la
-teste.
-
-_Item_, l’anguille qui a menue teste, becque délié, cuir reluisant,
-ondoiant et estincelant, petis yeulx, gros corps et blanc ventre, est
-la franche. L’autre est à grosse teste, sor[669] ventre, et cuir gros
-et brun.
-
- * * * * *
-
-Cy-après s’ensuivent aucuns disners et soupers de grans seigneurs et
-autres, et notes sur lesquels vous pourrez choisir, reconqueillir[670]
-et aprendre des quels mets qu’il vous plaira, selon les saisons et les
-viandes qui seront ès païs où vous serez, quant vous aurez à donner à
-disner ou à soupper.
-
-
-I. DISNER A JOUR DE CHAR, SERVI DE TRENTE ET UN MÈS A SIX
-ASSIETTES.
-
-Première assiette. Garnache[671] et tostées[672], pastés de veel,
-pastés de pinparneaux, boudins et saucisses.
-
-Seconde assiette. Civé de lièvres et les costellettes, pois coulés,
-saleure et grosse char, une soringue d’anguilles (12)[673] et autre
-poisson.
-
-Tierce assiette. Rost: connins, perdris, chappons, etc., lux, bars,
-carpes, et un potage escartelé (35, 36, 37).
-
-Quarte assiette. Oiseaulx de rivière à la dodine, ris engoulé (37),
-bourrée à la sausse chaude et anguilles renversées (26).
-
-Quinte assiette. Pastés d’aloés, ruissolles, lait lardé (41), flaonnés
-succrés.
-
-Sixième assiette. Poires et dragées, neffles et nois pelées. Ypocras et
-le mestier[674].
-
-
-II. AUTRE DISNER DE CHAR DE VINT-QUATRE METS A SIX ASSIETTES.
-
-Première assiette. Pastés de veel menu déhaché à gresse et mouelle de
-beuf, pastés de pinparneaux, boudins, saucisses, pipefarce, et pastés
-norrois _de quibus_ (41).
-
-Seconde assiette. Civé de lièvre (16) et brouet d’anguille (17); fèves
-coulées, saleures, grosse char, s.[675] beuf et mouton.
-
-Tiers mets. Rost: chappons, connins, veel et perdris, poisson d’eaue
-doulce et de mer, aucun taillis (36) avec doreures (39).
-
-Quart mets. Mallars de rivière à la dodine, tanches aux soupes et
-bourrées à la sausse chaude[676] (26), pastés de chappons de haulte
-gresse à la souppe de la gresse et du persil.
-
-Quint mets. Un boulli lardé, ris engoulé, anguilles renversées, aucun
-rost de poisson de mer ou d’eaue doulce, roissolles (41), crespes et
-vielz sucre (41).
-
-La sixième assiette et derrenière pour yssue. Flanciaux succrés et lait
-lardé, neffles, noix pellées, poires cuites et la dragée. Ypocras et le
-mestier.
-
-
-III. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mès. Pastés de beuf et roissoles, poirée noire, lamproies à
-froide sauge, un brouet d’Alemaigne de char, une sausse blanche de
-poisson et une arbolastre, et grosse char de beuf et mouton.
-
-Second mès. Rost de char, poissons d’eaue doulce, poissons de mer, une
-cretonnée de char, raniolles[677], un rosé de lapereaulx et de bourrées
-à la sausse chaude,[678] d’oiselets tourtes Pisaines (_id est_ de Pise
-en Lombardie, et dit-l’en tourtes Lombardes, et y a des oiselets parmi
-la farce, et en plusieurs lieux cy-après dit tourtes Lombardes).
-
-Tiers mès. Tenches aux souppes, blanc mengier paré, lait lardé,
-crottes, queue de sanglier à la sausse chaude, chappons à la dodine,
-pastés de bresmes et de saumon, pleis en l’eaue et leschefrite et
-darioles.
-
-Quart mès. Fromentée, venoison, rost de poissons, froide sauge,
-anguilles renversées, gelées de poisson, pastés de chappons à là soupe
-courte.
-
-
-IV. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mès. Pastés norrois (40), un brouet camelin de char, bignés de
-mouelle de beuf, soringue d’anguilles, loche en eaue et froide sauge,
-grosse char et poisson de mer.
-
-Second mès. Rost le meilleur que on peut et poisson doulx, un bouli
-lardé, un tieule[679] de char, pastés de chappons et crespes, pastés de
-bresmes, d’anguilles, et blanc mengier.
-
-Tiers mets. Froumentée, venoison, lamproie à la sausse chaude (26),
-leschefrites, bresmes en rost et darioles, esturgon et gelée.
-
-
-V. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets et assiette. Pastés de beuf et de mouelle, civé de lièvre,
-grosse char, un brouet blanc de connins, chappons et venoison aux
-souppes, porée blanche, navés, oés salées et eschinées.
-
-Second mets. Rost le meilleur etc., un rosé d’aloés, un blanc mengier,
-nomblès et queue de sanglier à la sausse chaude (26), pastés de
-chappons gras, frittures et pastés norroix.
-
-Tierce assiette. Fromentée, venoison, dorures de pluseurs manières,
-oés et chappons gras à la dodine, darioles de cresme et leschefrites
-sucrées, bourrées à la galentine chaude (26), gelée de chappons,
-connins, poucins[680], lapereaux et cochons.
-
-Quarte assiette. Ypocras et le mestier pour issue.
-
-
-VI. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Fèves frasées, un brouet de cannelle (13), un civé de
-lièvre noir (16), un brouet vert d’anguilles (17), harenc sor, grosse
-char, navès, tanches aux souppes, oés et eschinées salées, roissolles
-de mouelle de beuf (4) et hastelés de beuf _ut pa_[681].
-
-Second mets. Rost le meilleur que on puet, poisson doulx, poisson de
-mer, plais en l’eaue, bourrées à la sausse chaude _ut_[682] lamproions
-(26), un gravé d’aloés g. i. g.[683], de fleur de peschier, blanc
-mengier parti, tourtes Lombardes, pastés de venoison et d’oiselets,
-cretonnée d’Espaigne, harenc frais.
-
-Tiers mès. Froumentée, venoison, dorures, gelées de poisson, chappons
-gras à la dodine, rost de poisson, leschefrites et darioles, anguilles
-renversées, escrevices, crespes et pipefarces.
-
-
-VII. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Poirée blanche, hastelés de beuf, grosse char, civé de
-veel, du brouet houssé.
-
-Second mets. Rost de char, poisson de mer et d’eaue doulce, ranioles
-Lombardes, une cretonnée d’Espaigne.
-
-Tiers mets. Lamproies, alause[684], un rosé, lait lardé et croutes de
-lait, tourtes Pisaines _id est_ Lombardes, darioles de cresme.
-
-Quart mets. Froumentée, venoison, doreures, pastés de bresmes et de
-gornaux, anguilles renversées, chappons gras à la dodine.
-
-Yssue est ypocras et le mestier.--Boute-hors; vin et espices.
-
-
-VIII. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Grosse char, pastés norrois, bignés de mouelle de beuf,
-brouet camelin de char, soringue d’anguilles, loches en eaue, poisson
-de mer et froide sauge.
-
-Second mets. Rost le meilleur qu’on pourra, poisson doulx, un tieule de
-char, un bouli lardé de chevrel, pastés de chapons, crespes, pastés de
-bresmes et d’anguilles et blanc mengier.
-
-Tiers mets. Froumentée, venoison, doreures, lamproies à la sausse
-chaude, leschefrites et darioles, bresmes en rost, boulis au verjus,
-esturgon et gelée.
-
-
-IX. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Poreaux blans, pastés de beuf, oyes et eschinées, civé de
-lièvre et de connins, un geneste d’aloés, grosse char.
-
-Second mets. Rost: queue de sanglier à la sausse chaude (26), blanc
-mengier parti, dodines d’oés, lait lardé et croutes, venoison,
-doreures, gelées, croutes au lait à la dodine, pastés de chapons,
-froide sauge, pastés de vache et talemouse.
-
-
-X. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Pois coulés, harenc, anguilles salées, civé
-d’oestres[685] noir, un brouet d’amandes, tieule, un bouli de brochets
-et d’anguilles, une cretonnée, un brouet vert d’anguilles, pastés
-d’argent.
-
-Second mets. Poisson de mer, poisson doulx, pastés de bresme et de
-saumon, anguilles renversées, une arboulastre brune, tanches à un bouli
-lardé, un blanc mengier, crespes, lettues, losenges, orillettes et
-pastés norrois, lux et saumons farcis.
-
-Tiers mets. Fromentée, venoison, doreures de pommeaulx et de pès
-d’Espaigne et de chastellier, rost de poisson, gelée, lamproies,
-congres et turbos à la sausse vert, bresmes au vert jus, leschefrites,
-darioles et l’entremès grant.
-
-
-XI. AUTRE DISNER.
-
-Premier mets. Pastés de beuf et roissoles, porée noire, un gravé de
-lamproies, un brouet d’Alemaigne de char, un brouet georgié de char,
-une sausse blanche de poisson, une arboulastre.
-
-Second mets. Rost de char, poisson de mer, poisson doulx, une cretonnée
-de char, ranioles, un rosé de lapereaulx et d’oiselets, bourrées à la
-sausse chaude (26), tourtes Pisaines.
-
-Tiers mets. Tanches aux souppes, blanc mengier parti, lait lardé et
-croittes[686], queues de sanglier à la sausse chaude (26), chapons
-à la dodine, pastés de bresmes et de saumon, plais en l’eaue,
-leschefrictes[687] et darioles.
-
-Quart mets. Fromentée, venoison, doreures, rost de poisson, froide
-sauge, anguilles renversées, gelée de poisson, pastés de chappons.
-
-
-XII. AUTRE DISNER.
-
-Premier mets. Fèves frasées, un brouet de canelle, un civé de lièvre
-noir ou brouet d’anguilles vert, harens sors, grosse char, navets,
-tanches aux souppes, oés et eschinées salées, roissolles de mouelle de
-beuf.
-
-Second mets. Rost le meilleur qu’on peut, poisson d’eaue doulce,
-poisson de mer, plais en l’eaue, bourrées à la sausse chaude, un gravé
-d’aloués en couleur de fleur de peschier, blanc mengier parti, tourtes
-Lombardes, pastés de venoison et d’oiselés, cretonnée d’Espaigne,
-harens frais.
-
-Tiers mets. Froumentée, venoison, doreures, gelée de poissons, chappons
-gras à la dodine, rost de poisson, leschefrictes et darioles, anguilles
-renversées, escrevices, crespes et pipefarces.
-
-
-XIII. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Un brouet d’Alemaingne, choulx cabus, une soringue
-d’anguilles, navez, pastés de beuf, grosse char.
-
-Second mets. Rost le meilleur qu’on pourra avoir, oés grasses à la
-dodine, poisson d’eaue doulce, blanc mengier, une arboulastre, pastés
-norrois, crespes, lait lardé, tourtes de lait.
-
-Tiers mets. Pastés de chapon à la doudine, ris engoulé, queue de
-sanglier à la sausse chaude, leschefrictes et darioles succrées.
-
-Quart mets. Fromentée, venoison, doreures, anguilles renversées, rost
-de bresmes.
-
-La teste de sanglier à l’entremès.
-
-
-XIV. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Poreaulx blancs à chappons, oé à l’eschinée et à
-l’andoulle rostie, pièces de beuf et de mouton, un brouet gorgé[688] de
-lièvres, de veel, de connins.
-
-Second mets. Chappons, perdris, connins, plouviers, cochons farcis,
-faisans pour les seigneurs[689], gelée de char et de poisson.
-
-L’entremets. Lux et carpes.
-
-L’entremets eslevé[690]. Cine, paons, butors, hérons et autres choses.
-
-L’issue. Venoison, ris engoulé, pastés de chappons, flaons de cresme,
-darioles, anguilles renversées, fruit, oublées[691], estrées[692] et le
-claré[693].
-
-
-XV. AUTRE DISNER DE VINT QUATRE METS[694] A TROIS
-ASSIÈTES.
-
-Premier mets. Pois coulés, anguilles salées et harenc, poireaux aux
-amandes, grosse char, un brouet jaunet, une salemine, poisson de mer,
-civé d’oïtres.
-
-Second mets. Rost, poisson doulx, poisson de mer, un brouet de Savoie,
-un brouet lardé d’anguilles renversées.
-
-Tiers mets. Rost de bresmes, galentine, cine, chapons pelerins, gelée,
-blanc mengier parti, plais en l’eaue, turbos à la soucie, darioles de
-cresme, lamproies à la sausse chaude, doreures, ris engoulé, etc.
-
-
-SOUPERS.
-
-XVI. SOUPER DE CHAR A QUATRE ASSIÈTES.
-
-Première assiète. Seymé, poules aux herbes, brouet de vertjus et de
-poullaille, une espinbesche de un bouly lardé, brochereaulx et loche en
-eaue, rougé et chastelongnes salées.
-
-Second mets. Rost le meilleur que on peut de char et poisson, et drois
-au persil et au vinaigre, poisson à la galantine, une sausse blanche
-sur poisson, et fraze de char.
-
-Tiers mets. Pastés de chapons, bécuit de brochets et d’anguilles,
-laittues, tubesches et une arboulastre, poisson, crespes et pipefarces.
-
-Quart mets. Gelée, escrevices, plais en l’eaue, ables et froide sauge,
-nomblès à la sausse chaude, pastés de vache et talemouses.--Potage pour
-faire yssue, appellé gelée.
-
-
-XVII. AUTRE SOUPER DE CHAR.
-
-Première assiète. Chapons aux herbes, une comminée, poix daguenets,
-loches au jaunel, venoison aux souppes.
-
-Second mets. Rost le meilleur qu’on peut avoir, gelée, blanc mengier
-parti, flanceaulx de cresme bien succrés.
-
-Tiers mets. Pastés de chapons, froides sauges, espaules de mouton
-farcies, brochetons à un rebouly, venoison à la queue de sanglier,
-escrevices.
-
-
-XVIII. AUTRE SOUPER DE CHAR.
-
-Premier mets. Trois manières de potages, chapons entiers en un blanc
-brouet, une chaudumée de beschets, venoison aux souppes, loches et
-anguilles tronsonnées dessus.
-
-Second mets. Rost, chapons, connins, perdris, plouviers, mesles[695],
-oiselets, chevriaulx, un blanc mengier sus, etc., lux carpes et bars,
-etc., anguilles renversées.--Faisans et cines pour entremets.
-
-Tiers mets. Venoison à la froumentée, pastés de turtres et d’alouettes,
-tartes, escrevices, harens frais, fruit, claré, nieulles[696], neffles,
-poires, noix pelées.
-
-
-XIX. DISNERS DE POISSON POUR CARESME.
-
-Premier mets et assiète. Pommes cuites, grosses figues de Prouvence
-rosties et fueilles de lorier par-dessus, le cresson et le soret au
-vinaigre, poix coulés, anguilles salées, harens blans, gravé sur
-friture de mer et d’eaue doulce.
-
-Second mets. Carpes, lux, soles, rougés, saumons, anguilles.
-
-
-XX. AUTRE DISNER DE POISSON POUR CARESME.
-
-Premier mets. Pommes cuites, etc., comme dessus.
-
-Second mets. Carpes, lux, soles, rougés, saumon, anguilles renversées à
-la boe et une arboulastre.
-
-Tiers mets. Pinperneaulx rostis, merlans fris, marsouin poudré à l’eaue
-et fromentée, crespes et pastés norrois. Yssue: figues et roisins,
-ypocras et le mestier, comme dessus est dit.
-
-
-XXI. AUTRE DISNER DE POISSON.
-
-Premier mets. Pois coulés, purée, civé d’oïstres, une sausse blanche de
-brochets et de perches, porée de cresson, harens, graspoix, anguilles
-salées, loches en l’eaue.
-
-Second mets. Poisson d’eaue doulce et de mer, turbot à la soucie,
-taillis, un bécuit, anguilles en galentine.
-
-Tiers mets. Rost le plus bel et le meilleur qu’on pourra avoir, blans
-pastés, larras, loche au waymel, escrevices, perches au percil et au
-vinaigre, tanches aux souppes, gelée.
-
-
-XXII. AUTRE DISNER DE POISSON.
-
-Premier mets. Pois coulés, harens, porée, anguilles salées, oïstres,
-une salaminée de brochets et de carpes.
-
-Second mets. Poisson d’eaue doulce, une soringue d’anguilles, pastés
-norrois et blanc mengier parti, une arboulastre, pastés, bignés.
-
-Tiers mets. Rost le meilleur, etc., ris engoulé, tartres, leschefrayes
-et darioles, pastés de saumon et de bresme, une chaudumée.
-
-Quart mets. Taillis, crespes, pipefarces, escherois, loche frite[697],
-doreures, congres et turbos au soucié[698], tourtes Lombardes,
-anguilles renversées.
-
-
-XXIII. AUTRE DISNER DE POISSON.
-
-Premier mets. Pommes cuites, figues grasses, Garnache, cresson et
-poulés, pois coulés, aloze, anguille salée, harens et craspois, brouet
-blanc sur perches, et sèches à un gravé sur friture.
-
-Second mets. Poisson doulx le meilleur qu’on peut et poisson de mer,
-anguilles renversées, bourrées à la sausse chaude, tenches aux souppes,
-escrevices, pastés de bresmes et plais en l’eaue.
-
-Tiers mets. Fromentée au marsouin, pastés norrois et maquereaulx
-rostis, pinperneaulx en rost et crespes, oïttres, sèches frites avec un
-bescuit de brochereaulx.
-
-
-XXIV. AUTRE DISNER DE POISSON.
-
-Premier mets. Pois coulés, harenc, anguilles salées, civé d’oïttres
-noir, un brouet d’amandes, tieule, un bouly de brochets et d’anguilles,
-une cretonnée, un brouet vert d’anguilles, pastés d’argent.
-
-Second mets. Poisson de mer, poisson doulx, pastés de bresmes et de
-saumon, anguilles renversées, une arboulastre brune, tanches à un bouly
-lardé, un blanc mengier, crespes, lettues, losenges, orillettes et
-pastés norrois, lux et saumon farcis.
-
-Tiers mets. Fromentée au pourpois[699], doreures de pommeaulx et de
-pets d’Espaigne et de chastellier, rost de poisson, gelée, lamproies,
-congres et turbot à la sausse vert, bresmes au vert jus, leschefroies,
-darioles et l’entremès: puis Desserte, l’Issue et le Boutehors.
-
-
-CY APRÈS S’ENSUIVENT AUCUNS INCIDENS SERVANS AUQUES[700] A
-CE PROPOS.
-
-_Primo_, L’appareil que fist faire M. de Laigny[701] pour un disner
-qu’il fist à Monseigneur de Paris, le président, procureur et advocas
-du Roy et son autre conseil[702], montans à huit escuelles[703].
-
-_Primo_, appareil de draps à tendre, vaisselle de sale et de cuisine,
-may, herbe vert à mettre sur table, aiguières et hanaps à pié, deux
-dragouers, salières d’argent, pain de deux jours pour chappeler et pour
-tranchouers. Pour cuisine: deux grans paelles, deux cuviers à eaue et
-deux balais.
-
-_Nota_ que Monsr. de Paris ot trois escuiers de ses gens pour luy
-servir, et fut servi seul et à couvert[704]. Et Monsr. le Président,
-un escuier, et fut servi seul et non couvert. _Item_, par le dit de
-Monsr. le président, le procureur du Roy fut audessus de l’advocat
-du Roy.
-
-Les assietes et mès s’ensuivent: Garnache deux quartes, c’est à deux
-personnes une chopine[705], mais c’est sur le trop, car il souffist
-à trois une chopine et que les seconds en aient. Eschaudés chaulx,
-pommes de rouvel rosties et dragée blanche dessus, un quarteron: figues
-grasses rosties, cinq quarterons: soret et cresson, rommarin.
-
-Potages, c’est assavoir salemine de six becquets et six tanches, poirée
-vert, et harenc blanc, un quarteron: six anguilles d’eaue doulce salées
-d’un jour devant et trois mellus trempés d’une nuit devant.
-
-Pour les potages: amandes, six livres; pouldre de gingembre, demie
-livre; saffren, demie once; menues espices, deux onces; pouldre de
-canelle, un quarteron; dragée, demie livre.
-
-Poisson de mer: soles, gournaulx, congres, turbot, saumon. Poisson
-d’eaue doulce: lux faudis[706], deux carpes de Marne[707] faudisses,
-bresme.
-
-Entremès: plays, lemproie à la boe. Rost: et convient autres touailles
-et seize[708] pommes d’orenge, marsouin à sa sausse, maquereaux, soles,
-bresmes, aloses à la cameline ou au vertjus, ris et amandes frictes
-dessus; succre pour ris et pour pommes, une livre; petites serviettes.
-
-Pour desserte: composte, et dragée blanche et vermeille mise
-par-dessus: rissoles, flaonnés, figues, dates, raisins, avelaines.
-
-Ypocras et le mestier sont l’issue. Ypocras deux quartes, et est le
-surplus comme dit est dessus de Garnache[709], oublies deux cens et les
-supplications[710]. Et _nota_, pour chascune escuelle l’en prent huit
-oublies et quatre supplications et quatre estriers, et est largement;
-et coustent huit deniers pour escuelle.
-
-Vin et espices sont le Boute-hors. Au laver, grâces et aler en la
-chambre de parement; et lors les servans disnent, et assez tost après
-vin et espices[711]; et puis congié.
-
- * * * * *
-
-L’ordenance des nopces que fera maistre Helye en May, à un mardy;
-disner seulement pour vint escuelles.
-
-Assiette: beurre, rien, pour ce qu’il est jour de char. _Item_,
-cerises, rien, pour ce que nulles n’en estoient trouvées; et pour ce
-assiette nulle.
-
-Potages: chapons au blanc mengier, grenade et dragée vermeille
-par-dessus.
-
-Rost: en chascun plat un quartier de chevrel: quartier de chevrel est
-meilleur que aignel; un oison, deux poucins et sausses à ce; orenges,
-cameline, vertjus, et à ce fraîches touailles ou serviettes.
-
-Entremès: gelée d’escrevices, de loches, lapereaux et cochon. Desserte:
-froumentée et venoison. Yssue: ypocras et le mestier. Boute-hors: vin
-et espices.
-
-L’ordonnance du souper que fera ce jour est telle pour dix escuelles.
-
-Froide sauge de moitiés de poucins, de petites oés, et vinaigrette
-de ce mesmes mets pour icelluy soupper en un plat. Un pasté de deux
-lappereaulx et deux flaons (jasoit-ce que aucuns dient que à nopces
-franches convient darrioles), et en l’autre plat la frase de chevreaulx
-et les demies testes dorées.
-
-Entremets: gelée comme dessus. Issue: pommes et fromage sans ypocras,
-car il est hors de saison[712].
-
-Dancer, chanter, vin et espices et torches à alumer.
-
-Or convient[713] la quantité des choses dessus dictes et leurs
-appartenances et le pris d’icelles, et qui les pourverra[714] et
-marchandera.
-
-Au boulengier, dix douzaines de blanc pain plat cuit d’un jour devant
-et de un denier pièce[715].
-
-Pain de tranchouers, trois douzaines de demi pié d’ample et quatre dois
-de large de haut, cuit de quatre jours devant et sera brun, ou qu’il
-soit pris ès halles pain de Corbueil[716].
-
-Eschançonnerie: trois paires de vins.
-
-Au bouchier, demy mouton pour faire la souppe aux compaignons et un
-quartier de lart pour larder; le maistre os d’un trumeau de beuf pour
-cuire avecques les chapons pour avoir le chaudeau à faire le blanc
-mengier; un quartier de veel devant pour servir au blanc mengier. Les
-seconds[717], un trumel de veel derrière ou des piés de veel, pour
-avoir l’eaue pour la gelée. Venoison[718], un pié en quarreure.
-
-A l’oubloier convient ordonner: _primo_, pour le service de la pucelle,
-douzaine et demie de gauffres fourrées[719], trois sols; douzaine et
-demie de gros bastons, six sols; douzaine et demie de portes[720],
-dix-huit deniers; douzaine et demie d’estriers, dix-huit deniers; un
-cent de galettes succrées, huit deniers.
-
-_Item_, fut marchandé à luy pour vint escuelles, pour le jour des
-nopces au disner, et six escuelles pour les serviteurs, qu’il aura six
-deniers pour escuelle, et servira chascune escuelle de huit oublies,
-quatre supplications et quatre estriers.
-
-Au poullaillier, vint chappons, deux sols parisis la pièce; cinq
-chevriaulx, quatre sols parisis; vint oisons, trois sols parisis
-pièce; cincquante poucins, douze deniers parisis pièce; c’est assavoir
-quarante rostis pour le disner, cinq pour la gelée et cinq au souper
-pour froide sauge. Cincquante lappereaux, c’est assavoir quarante pour
-le disner, lesquels seront en rost, et dix pour la gelée, et cousteront
-douze deniers parisis chascun. Un maigre cochon, pour la gelée, quatre
-sols parisis; douze paires de pigons pour le soupper, dix deniers
-parisis la paire.--A luy convient enquérir de la venoison.
-
-Es halles, pain pour tranchouers, trois douzaines. Pommes grenades pour
-blanc mengier, trois qui cousteront.... Pommes d’orenges, cincquante
-qui cousteront[721].... Six frommages nouveaulx et un vieil, et trois
-cens œufs.
-
-Est assavoir que chascun fromage doit fournir six tartelettes, et
-aussi pour chascun fromage convient trois œufs.
-
-Ozeille pour faire vertjus pour les poucins, sauge et percil pour faire
-la froide sauge, deux cens pommes de blandureau.
-
-Deux balais et une pele pour la cuisine, et du sel[722].
-
-Au saussier, trois chopines de cameline pour disner et souper et une
-quarte de vertjus d’ozeille.
-
-A l’espicier: dix livres d’amande, quatorze deniers la livre.--Trois
-livres fourment mondé[723], huit deniers la livre.--Une livre pouldre
-de gingembre-coulombin, onze sols.--Un quarteron gingembre-mesche,
-cinq sols[724].--Demie livre canelle batue, cinq sols.--Deux livres
-ris batus, deux sols.--Deux livres succre en pierre, seize sols.--Une
-once de saffren, trois sols.--Un quarteron clou[725] et graine entre,
-six sols.--Demi quarteron poivre long, quatre sols.--Demi quarteron
-garingal[726], cinq sols.--Demi quarteron macis[727], trois sols quatre
-deniers.--Demi quarteron feuille lorier vert, six deniers.--Deux livres
-bougie grosse et menue, trois sols quatre deniers la livre, valent six
-sols huit deniers.--Torches de trois livres la pièce, six; flambeaux de
-une livre la pièce, six; c’est assavoir trois sols la livre à l’achat,
-et la reprise six deniers moins pour la livre[728].
-
-A luy espices de chambre[729], c’est assavoir orengat, une livre, dix
-sols.--Chitron[730], une livre, douze sols.--Anis vermeil, une livre,
-huit sols.--Succre rosat[731], une livre, dix sols.--Dragée blanche,
-trois livres, dix sols la livre.--A luy hypocras, trois quartes, dix
-sols la quarte, et querra tout.
-
-Somme que ceste espicerie monta à douze francs, à compter ce qui fut
-ars des torches[732], et petit demoura d’espices; ainsi peut estre pris
-demi franc pour escuelle[733].
-
-A la Pierre-au-Lait[734], un sextier de bon lait non esburré et sans
-eaue, pour faire la froumentée.
-
-En Grève[735], un cent de costerez de Bourgongne, treize sols; deux
-sacs de charbon, dix sols.
-
-A la Porte-de-Paris[736]: may, herbe vert, violette, chappeaulx, un
-quart de sel blanc, un quart de sel gros, un cent d’escrevices, une
-chopine de loche, deux pots de terre, l’un d’un sextier pour la gelée,
-et l’autre de deux quartes pour la cameline.
-
-Or avons _primo_ le service en général, et secondement où les matières
-seront trouvées: or convient, tiercement, trouver sur ce administreurs
-et officiers.
-
-_Primo_, convient un clerc ou varlet qui fera finance d’erbe vert,
-violette, chapeaulx, lait, fromages, œufs, busche, charbon, sel, cuves
-et cuviers tant pour sale que pour garde-mengiers, vertjus, vinaigre,
-ozeille, sauge, percil, aulx nouveaulx, deux balais, une pesle et
-telles menues choses.
-
-_Item_, un queux et ses varlets qui cousteront deux francs de loyer,
-sans les autres drois, mais le queux paiera varlets et portages, et
-dient: _à plus d’escuelles, plus de loyer_.
-
-_Item_, deux porte-chappes[737], dont l’un chappelera pain et fera
-tranchouers et sallieres de pain, et porteront et le sel et le pain
-et tranchouers aux tables, et fineront pour la sale de deux ou trois
-couloueres pour gecter le gros relief[738] comme souppes, pain trenché
-ou brisié, tranchouers, chars et telles choses: et deux seaulx pour
-gecter et recueillir brouets, sausses et choses coulans[739].
-
-_Item_, convient un ou deux porteurs d’eaue. _Item_, sergens grans et
-fors à garder l’uis.
-
-_Item_, deux escuiers de cuisine et deux aides avec eulx pour le
-dressouer de cuisine, desquels l’un ira marchander de l’office de
-cuisine, de paticerie et du linge pour six tables; ausquelles convient
-deux grans pos de cuivre pour vint escuelles, deux chaudières, quatre
-couloueres, un mortier et un pestail[740], six grosses nappes pour
-cuisine, trois grans pos de terre à vin, un grant pot de terre pour
-potage, quatre jattes et quatre cuillers de bois, une paelle de fer,
-quatre grans paelles à ance, deux trépiers et une cuillier de fer.
-Et aussi marchandera de la vaisselle d’estain: c’est assavoir dix
-douzaines d’escuelles, six douzaines de petits plas, deux douzaines et
-demie de grans plas, huit quartes, deux douzaines de pintes, deux pos à
-aumosne[741].
-
-_Item_, que[742] l’ostel; sur quoy est assavoir que l’ostel de
-Beauvais[743] cousta à Jehan du Chesne[744] quatre francs; tables,
-tresteaulx, fourmes _et similia_, cinq francs; et la chappellerie luy
-cousta quinze francs.
-
-Et l’autre escuier de cuisine ou son aide ira avecques le queux vers le
-bouchier, vers le poullaillier, l’espicier, etc., marchander, choisir
-et faire apporter, et paier portages; et auront une huche fermant à
-clef où seront les espices, etc., et tout distribueront par raison et
-mesure. Et après ce, eulx ou leurs aides retrairont et mettront en
-garde le surplus en corbeillons et corbeilles,[745] en huche fermant
-pour eschever le gast et excès des mesnies.
-
-Deux autres escuiers convient pour le dressouer de sale, qui livreront
-cuilliers et les recouvreront: livreront hanaps, et verseront tel
-vin comme chascun leur demandera pour ceulx qui seront à table, et
-recouvreront la vaisselle[746].
-
-Deux autres escuiers pour l’eschançonnerie, lesquels livreront vin pour
-porter au dressouer, aux tables et ailleurs; et auront un varlet qui
-traiera le vin.
-
-Deux des plus honnestes et mieulx savans[747], qui compaigneront
-tousjours le marié et avec luy yront devant les mets.
-
-Deux maistres d’ostel pour faire lever[748] et ordener l’assiette des
-personnes[749], un asséeur et deux serviteurs pour chascune table,
-qui serviront et desserviront: getteront le relief ès corbeilles, les
-sausses et brouets ès seilles ou cuviers, et retrairont et apporteront
-la desserte des mets aux escuiers de cuisine ou autres qui seront
-ordonnés à la sauver, et ne porteront riens ailleurs.
-
-L’office du maistre d’ostel est de pourveoir des salières pour la
-grant table; hanaps, quatre douzaines; gobelets couvers dorés, quatre;
-aiguières, six; cuilliers d’argent, quatre douzaines; quartes d’argent,
-quatre; pos à aumosne, deux; dragouers, deux.
-
-Une chappelière[750] qui livrera chappeaulx le jour du regard[751] et
-le jour des nopces.
-
-L’office des femmes est de faire provision de tapisseries, de ordonner
-à les tendre, et par espécial la chambre parer et le lit qui sera
-benoist[752].
-
-Lavendière pour tressier[753].
-
-Et _nota_ que se le lit est couvert de drap, il convient penne de menu
-vair: mais s’il est couvert de sarge, de broderie, ou couste-pointe de
-cendail, non.
-
- * * * * *
-
-L’ordonnance pour les nopces Hautecourt[754], pour vint escuelles, ou
-mois de Septembre:
-
-Assiette: roisins et pesches ou petis pastés.
-
-Potages: civé, quatre lièvres et veau; ou pour blanc mengier vint
-chappons, deux sols quatre deniers pièce, ou poules.
-
-Rost: cinq cochons, vint hétoudeaux, deux sols quatre deniers pièce;
-quarante perdriaux, deux sols quatre deniers pièce. Mortereul
-ou[755]...
-
-Gelée: dix poucins, douze deniers; dix lappereaulx, un cochon;
-escrevices, un cent et demy.
-
-Fromentée, venoison, poires et noix. _Nota_ que pour la fromentée
-convendra trois cens œufs.
-
-Tartelettes et autres choses, ypocras et le mestier, vin et espices.
-
-Souper.--Gravé de douze douzaines d’oiselets ou de dix canets, ou
-bouly lardé de venoison fresche. Pastés de quarante lappereaulx, vint
-poucins, quarante pigons; quarante darioles ou soixante tartelettes.
-
-_Nota_ que trois oiselets en une escuelle, c’est assez; toutesvoies
-quant l’en a jugiers[756] de chappons _vel similia_, l’en met trois
-oiselès et demi jugier avec, en l’escuelle.
-
-
-LA QUANTITÉ DES CHOSES DESSUS-DICTES.
-
-Au boulengier, _ut supra_ ès autres nopces précédens.
-
-Au pasticier, _ut supra_.
-
-Eschançonnerie, _ut supra_.
-
-Au bouchier, trois quartiers de mouton pour faire les souppes aux
-compaignons, un quartier de lart pour larder, un quartier de veel de
-devant pour le blanc mengier; pour les servans, venoison.
-
-A l’oubloier, douzaine et demie de gauffres fourrées faites, c’est
-assavoir de fleur de farine pettrie aux œufs et des leches de frommage
-mises dedens, et dix-huit autres gauffres pettries aux œufs et sans
-fromage. _Item_, douzaine et demie de gros bastons, c’est assavoir
-farine pettrie aux œufs et pouldre de gingembre batue ensemble et mis
-en la fourme, et aussi gros comme une andoulle: et lors mettre entre
-deux fers sur le feu. _Item_, douzaine et demie d’autres bastons et
-autant de portes.
-
-_Item_, convient au dit regard envoier (oultre le fait dudit oubloier)
-cinquante pommes de blandureau, les chappeaulx et les ménestriers.
-
-_Item_, audit oubloier, le service du jour des nopces _ut supra_ ès
-nopces précédens.
-
-Au poullaillier, les rots et la volaille et venoison _ut supra_.
-
-Ès halles et à la Porte-de-Paris, les choses appartenans _ut supra_.
-
-Au saussier, une quarte de cameline pour le disner, et à soupper deux
-quartes de moustarde.
-
-A l’espicier, espices de chambre: dragée, succre rosat, noisettes
-confites, chitron et _manus-christi_[757], quatre livres pour tout.
-_Item_, ypocras. Espices de cuisine: poudre blanche, une livre; poudre
-fine, demie livre; poudre de canelle, demie livre pour blanc mengier.
-Menues espices, deux onces. Succre en pierre, trois livres; trois
-pommes grenades; dragée blanche et vermeille, demie livre; amandes, six
-livres; fleur de ris, une livre; un quart de froment mondé.
-
-Au cirier furent prinses torches et flambeaux à trois sols la livre,
-et à deux sols six deniers de reprinse.
-
-_Item_, pour louage de linge, c’est assavoir pour six tables, trois
-grans pos de cuivre, pour seize douzaines d’escuelles, deux chaudières,
-deux[758] couloueres, un mortier, un pestail, six grosses nappes pour
-cuisine, trois grans pos de terre à vin, un grant pot de terre pour
-potage, quatre jattes, quatre cuilliers de bois, une paelle de fer,
-quatre grans paelles à ance, deux trépiés et une cuillier de fer
-percée; pour ce, cinquante-six sols parisis.
-
-Vaisselle d’estain: dix douzaines d’escuelles, six douzaines de petis
-plas, deux douzaines et demie de grans plas, huit quartes, deux
-douzaines de pintes, deux pos à aumosne; pour tout ce, seize sols.
-
-En Grève, _ut supra_ ès autres nopces.
-
-_Nota_ que pour ce qu’ils[759] estoient vefves, ils espousèrent bien
-matin en leurs robes noires et puis se vestirent d’autres.
-
-_Nota_ des mises extraordinaires pour les nopces Jehan du Chesne. Au
-queux quatre francs et demi, et aides et portages, un franc: pour
-tout, cinq francs et demi. Au concierge de Beauvais, quatre francs:
-pour tables tréteaulx _et similia_, cinq francs. A la chappellière,
-quinze frans. Eaue, vint sols. Menestrels huit francs, sans les
-cuillers et autres courtoisies[760]; et feront le regart[761] et les
-acrebades[762]. Sergens deux frans. Herbe vert, huit sols. Flambeaux et
-torches, dix frans. Vaisselle de cuisine, nappes, touailles et voirres,
-sept frans. Pots d’estain, quatre frans.
-
-
-
-
-DE LA DEUXIÈME DISTINCTION
-
-LE QUINT ARTICLE
-
- QUI PARLE DE COMMANDER, DEVISER ET FAIRE FAIRE TOUTES MANIÈRES DE
- POTAIGES, CIVÉS, SAULSES ET TOUTES AUTRES VIANDES.
-
-
-Or convient maintenant monstrer des appareils des viandes dessus
-nommées, mais, _primo_, te convient savoir aucuns termes généraulx
-lesquels tu pourras recueillir plus largement par aucunes additions qui
-sont çà et là parmi ce livre, c’est assavoir des lieures des potages,
-comme de pain, d’œufs, d’amidon, de fleur[763], etc., et par tous les
-potages lians.
-
-_Item_, pour garder que ton potage ne s’aourse, tu le dois remuer ou
-fons du pot et regarder que les tisons ne touchent au fons, et s’il est
-jà commencé à aourser, tu le dois tantost changier en un autre pot[764].
-
-_Item_, de lait garder de tourner.
-
-_Item_, que le pot ne s’envoise de dessus le feu.
-
-Ès potaiges, l’en doit mettre les espices très bien broiées et non
-coulées, et au plus tart. Ès sausses et en gelée _secus_[765].
-
-Congnoistre espices, comme devant le quint article[766].
-
-_Item_, POUR PORS TUER.--L’en dit que l’en doit tuer les
-masles ès mois de Novembre, et les fumelles en Décembre; et ainsi est
-leur saison, à l’exemple que l’en dit: _géline de Février_.
-
-_Item_, pour faire boudins, aiez le sang du porc recueilli en un bel
-bacin ou paelle, et quant vous aurez entendu à vostre pourcel veoir
-deffaire, et fait laver très bien et mis cuire vostre froissure, et
-tandis qu’elle cuira, ostez du fons du bacin les coles du sang et
-gettez hors; et après, aiez oignons pelés et mincés jusques à la
-montance de la moitié du sang, avec la montance de la moitié de la
-gresse qui est entre les boyaulx, que l’on appelle l’entrecerelle[767]
-des boyaulx, mincée menue comme dés, ensemble un petit de sel broyé, et
-gettez ou sang. Puis, aiez gingembre, clou, et pou de poivre, et broiez
-tout ensemble. Puis, aiez les menus boyaulx bien lavés, renversés et
-essangés[768] en rivière courant, et pour oster la freschumée[769],
-aiez-les mis en une paelle sur le feu, et remuez; puis, mettez sel
-avec; et faites seconde fois, et encores troisième fois: et puis lavez,
-et après renversez et les lavez, puis mettez essuier sur une touaille;
-et les pousser et estraindre[770] pour seicher. (L’en dit l’entrecerele
-et sont les gras boiaulx qui ont gresse dedens que l’en arrache à
-un coustel). Après ce que vous aurez mis et adjousté par esgales
-portions et quantités, pour autant de sang moitié d’oignons, et pour
-autant de sang, au quart de gresse, et puis quant vos boudins seront
-de ce emplis, faites-les cuire en une paelle en l’eaue de froissure,
-et picquiez d’une espingle quant ils s’enflent, ou autrement ils
-crèveroient.
-
-_Nota_ que le sang se garde bien deux jours, voire trois, puis que les
-espices sont dedens. Et aucuns pour espices, ont poulieul[771], grant
-sarriette, ysope, marjolaine, queullis[772] quant ils sont en fleur et
-puis séchés, pilés, pour espices. Et quant à la froissure, mettez-la en
-un pot de cuivre pour cuire au feu, tout entière et sans sel, et mettez
-le long de la gorge dehors le pot, car par la froissure s’escumera; et
-quant elle sera cuite, si l’ostez et pour faire le potage la regardez.
-
-Pour faire boudins de foie, prenez deux morceaulx de foie, deux
-morceaulx de mol, un morcel de gresse, et mettez en un bouel[773]
-avecques du sang: et au surplus comme dessus.
-
-_Nota_ que l’en fait bien boudins du sang d’une oé[774], mais qu’elle
-soit maigre, car de la maigre les boyaulx sont plus larges que de la
-grasse.
-
-_Quæritur_[775] comment les boyaulx seront renversés pour laver;
-_responsio_: à un fil de lin et un fil d’archal long comme la verge
-d’un jaugeur.
-
-_Nota_ que aucuns pendent en Pasquerés[776] leurs pourceaulx, et
-l’air les jaunist; et pour ce les vault mieulx tenir ou salouer comme
-ils font en Picardie, combien que la char n’en soit pas si ferme, ce
-semble; toutesvoies est-ce trop plus bel service du lart qui est bel et
-blanc que du jaune, car quelque bonté qu’il ait ou jaune, il est trop
-reprouchié et donne descouragement quant l’en le voit[777].
-
-Pour faire andoulles.--_Nota_ que les andoulles sont faictes du boiau
-culier et autres boyaulx gros, lesquels gros sont remplis des autres
-pour faire saucisses; et iceulx boyaulx menus, quant l’en les veult
-mettre ès andoulles, sont fendus au long en quatre parties. _Item_,
-de la pance qui est fendue par lesches, fait-l’en andoulles; _item_,
-de la char qui est dessoubs les costelettes; _item_ des fagoés et
-autres choses qui sont entour la haste-menue, quant l’en ne veult
-point retenir celle haste-menue entière.--Mais premièrement, iceulx
-boyaulx sont deffreschumés en la paelle avec du sel, deux ou trois
-fois, comme dessus est dit des boyaulx pour boudins. Et les autres
-choses dessus-dictes, dont le dit boyau culier et autres dont l’en
-fait andouilles doivent estre remplis, seront premièrement plungiés et
-pouldrés de la pouldre de poivre demie once, et du fanoil un sixain,
-broiés avec un petit de sel et attrempéement mis, tout broié menu,
-avec les espices; et quant icelles andoulles sont ainsi ensachées et
-emplies, l’en les porte saler avec le lart et dessus le lart.
-
-Costelettes de fresche saleure, rosties sur le gril.
-
-Eschinées et jambons salés de trois jours naturels, aux pois.
-
-_Nota_ que se un jambon est salé de longue saleure comme d’un mois,
-il convient dès le soir devant le mettre tremper en eaue froide, et
-l’endemain rere[778] et laver en eaue chaude pour mettre cuire, ou
-mettre cuire _primo_ en eaue et en vin, et gecter ceste première
-boulure, et puis cuire en autre eaue.
-
-Cy après s’ensuivent tous les noms particuliers qui sont ès yssues d’un
-porc, qui sont vendues à la tripperie sept blans.
-
-_Primo_, quant le porc est décoré[779], le sang et les coles yssent
-premièrement, et en fait-l’en boudins qui veult. _Item_ et en la
-froissure sont et appartiennent 1º en sain; 2º la haste-menue; 3º le
-chaudun[780].
-
-Le sain est le sain qui est entre les boyaulx et la haste-menue.
-La froisseure, c’est le foie, le mol, le cuer et la langue. La
-haste-menue, c’est la rate: et à icelle tient bien la moitié du foie
-et les rongnons; et l’autre moitié du foie tient à la froissure,
-entre le mol et le cuer. Le chaudun, ce sont les boyaulx que l’en dit
-l’entrecerele des boyaulx, et aussi sont-ce les boyaulx menus dont l’en
-fait boudins et saucisses, et aussi en est la pance.
-
-Ès yssues du mouton a la froissure à laquelle sont la panse et
-la caillette, les quatre piés et la teste; et couste tout, deux
-parisis[781] à la tripperie.
-
-Les yssues du veel coustent à la triperie, deux blans, c’est assavoir
-la froissure, et y a la teste et la fraze et la pance et les quatre
-piés.
-
-_Nota_, la fraze[782] c’est la caillette, la pance et les boyaulx,
-lesquels les tripiers vendent tous nettoiés, lavés et appareillés,
-trempans en belle eaue nette; mais ceulx qui les achettent ne
-s’attendent pas aux tripiers de leur appareil, mais les lavent en deux
-ou en trois paires d’eaues chaudes, et les eschaudument de nouvel avec
-du sel; et puis mettre cuire en eaue sans sel, tant que toute icelle
-soit beue, puis nourrir d’eaue de mouton, et mettre des herbes, de
-l’eaue, et du saffran en un plat avecques la fraze, et mengier comme
-trippes, au sel et au vertjus.
-
-_Nota_, cy grant diversité de langage, car ce que l’en dit du porc
-la fressure, c’est le foie, le mol et le cuer; et ce que l’en dit la
-fressure de mouton, c’est la teste, la pance, la caillette et les
-quatre piés; et ce que l’en dit la fressure d’un veel, c’est la teste,
-la fraze, la pance et les quatre piés; et ce que l’en dit la fressure
-d’un beuf, c’est la pance, le psaultier, la franche-mule, la rate, le
-mol et le foie et les quatre piés; et de venoison, autrement et par
-autres noms. (_Quæritur_[783] la cause de ceste diversité sur ce seul
-mot fressure.)
-
-VENOISON DE CERF OU AUTRE.--Qui la veult saler en esté, la
-convient saler en cuvier ou baignoire[784], gros sel broié, et après
-séchier au soleil. Seimier[785] _id est_ le coyer, qui est salé, l’en
-le doit cuire en la première eaue et vin pour le premier boullon pour
-oster son sel: et puis getter eaue et vin, et après mettre parcuire en
-boullon de char et des navès, et servir par lesches avec de l’eaue en
-un plat et venoison.
-
-_Item_, qui a navès jeunes et petis, l’en la doit cuire en eaue et sans
-vin pour le premier boullon, puis getter l’eaue, et puis parcuire en
-eaue et vin et des chateingnes dedens, ou qui n’a chateingnes, de la
-sauge: puis servir comme dessus.
-
-En Juin et en Juillet, beuf et mouton salé par pièces est bien cuit à
-l’eaue et aux ciboulles; salé du matin au vespre ou d’un jour au plus.
-
- * * * * *
-
-Les bouchiers de Paris[786] tiennent que en un beuf, selon leur stile
-et leur parler, n’a que quatre membres principaulx: c’est assavoir les
-deux espaules, les deux cuisses, et le corps de devant tout au long,
-et le corps de derrière tout au long. Car les espaules et les cuisses
-levées, l’en fent le beuf par les deux costés et fait-l’en du devant
-une pièce, et du derrière une autre; et ainsi est apporté le corps du
-beuf à l’estal, se le beuf est petit ou moïen: mais s’il est grant, la
-pièce de devant est fendue depuis en deux tout au long, et la pièce
-de derrière aussi, pour apporter plus aisiéement. Ainsi avons-nous
-maintenant du beuf six pièces, dont les deux poictrines sont levées
-au premier, et puis les deux souppis qui là tiennent qui sont bien de
-trois piés de long et demy-pié de large, eu venant par en bas et non
-pas par en hault. Et puis couppe-l’en le flanchet: et puis si a la
-surlonge qui n’est mie grantment plus espais de trois dois[787] ou
-de deux. Puis, si a la longe qui est au plus près de l’eschine, qui
-est espoisse d’une grosse poignée; puis si a le filet que l’en appelle
-le nomblet, qui est bien d’un pié de long et non plus; et tient l’un
-bout au col et l’autre au rongnon, et est du droit de celluy qui tient
-les piés des beufs à l’escorcher, et le vent à un petit estal qui est
-au-dessous[788] de la grant Boucherie; et est de petite valeur.
-
-_Item_, selon ce que les beufs sont grans, l’en fait et vent à la
-Porte[789] plus de pièces de l’un des membres devisés que de l’autre.
-Si ne sçay comment la taille des bourgois[790] se peut proportionner
-en compte justement avec les bouchiers, car le bon beuf couste vingt
-livres où l’autre ne couste que douze[791].
-
-_Item_, les yssues du beuf coustent à la triperie huit sous: c’est
-assavoir la fressure en laquelle sont la pance, le saultier[792], la
-franche mule[793], la rate, le mol[794], le foie et les quatre piés.
-
-_Item_, à Besiers, depuis la Saint-Andry[795] qui est devant Noël, l’en
-sale les moutons par quartiers, par bien frotter de sel et refrotter,
-et tant et tant, et puis mettre les quartiers l’un sur l’autre huit
-jours, et puis mettre à la cheminée.
-
-Se tu veulx saler char de beuf ou de mouton en yver, aies de gros sel
-et le sèche en la paelle très-bien, puis le broies bien menu, et sales.
-
-Et _nota_ que en Juin et Juillet mouton veult estre trempé, puis salé.
-
-LANGUE DE BEUF SALÉE. En la saison qu’il fait bon saler,
-prenez des langues de beuf une quantité et les parboulez un petit, puis
-les réez et pelez, puis les salez l’une sur l’autre, et les laissiez
-en sel huit ou dix jours, puis les pendez à la cheminée, le remenant
-de l’iver: puis les pendez en un lieu sec, un an ou deux ou trois ou
-quatre.
-
-OÉ doit estre salée de trois jours naturels.
-
-FOUQUES salées de deux jours sont bonnes aux choux.
-
-COULONS RAMIERS aussi; _nota_ que ils viennent de trois ans en
-trois ans.
-
-Se un lièvre est pris quinze jours ou trois sepmaines devant Pasques,
-ou en autre temps que l’en le vueille garder, effondrez-le et lui ostez
-les entrailles, puis luy fendez la pel[796] de la teste et luy rompez
-et cassez, et faictes une ouverture ou test et ostez la cervelle et
-emplez le creux de sel et recousez la pel; il se gardera un mois s’il
-est pendu par les oreilles.
-
-_Nota_ que un des meilleurs morceaulx ou pièces de dessus le beuf, soit
-à rostir ou cuire en l’eaue, c’est le noyau du beuf; et _nota_ que
-le noyau du beuf est la pièce après le col et les espaules. Et aussi
-icelle pièce est souverainement bonne tranchée par lesches, mise en
-pasté; et quant le pasté est cuit, gettez dedens sausse de lamproye.
-
-ANGUILLE. Faictes-la mourir en sel et la laissiez illec trois
-jours naturels toute entière, puis soit eschaudée, osté le limon,
-tranchée par tronçons, cuite en l’eaue et aux ciboules. Et se vous
-la voulez saler du vespre au matin, estuviez-la et effondrez, puis
-tranchiez par tronçons, et salez et frottez très-bien chascun tronçon
-en fort sel; et se vous la voulez plus avancer, broyez du sel et
-frottez chascune couppure de tronçon et la hochez en sel entre deux
-escuelles. Cuite comme dessus et mengée à la moustarde.
-
-HARENC QUAQUE soit mis en eaue fresche et laissié trois jours
-et trois nuis tremper en foison d’icelle eaue, et au bout de trois
-jours soit lavé et mis en autre eaue fresche deux jours tremper, et
-chascun jour changier son eaue deux fois. Et toutesvoies le menu et
-petit harenc veult moins tremper, et aussi est d’aucun harenc qui de sa
-nature veult moins tremper l’un que l’autre.
-
-HARENC SOR. L’en congnoist le bon à ce qu’il est meigre et a
-le dos espois, ront et vert; et l’autre est gras et jaune ou a le dos
-plat et sec.
-
-
-POTAGES COMMUNS SANS ESPICES ET NON LIANS.
-
-Et primò POTAGE DE POIS VIELZ.--Convient eslire[797], et
-savoir aux gens du lieu la nature des pois d’icelluy lieu, (car
-communément les pois ne cuisent pas bien d’eaue de puis: et en aucuns
-lieux ils cuisent bien d’eaue de fontaine et d’eaue de rivière,
-comme à Paris, et en autres lieux, ils ne cuisent point d’eaue de
-fontaine[798], comme à Bésiers) et ce sceu, il les convient laver en
-une paelle avec de l’eaue tiède, puis mettre en un pot et de l’eaue
-tiède avec au feu, et faire boulir tant qu’ils soient bayens[799]. Puis
-purer[800] la purée et la mettre à part, puis emplir le pot aux pois
-d’eaue tiède et mettre au feu et les repurer secondement, qui veult
-avoir plus largement purée: et puis remettre sans eaue, car ils en
-gecteront assez et bouldront en icelle; et ne convient point mettre la
-cuillier dedens le pot puis qu’ils sont purés, mais hocher le pot et
-les pois ensemble, et petit à petit les paistre de l’eaue tiède ou plus
-chaude que tiède et non de la froide, et faire boulir et cuire du tout
-avant que tu y mettes quelque chose que eaue chaude soit de la char ou
-autre: ne n’y met sel, ne lart, ne affaitement quelsconques jusques à
-ce qu’ils soient tous cuis. De l’eaue du lart y pues tu bien mettre et
-de l’eaue de la char, mais l’en n’y doit point mettre de sel, non mie
-bouter la cuillier, jusques à ce qu’ils soient bien cuis; toutesvoies,
-l’en les peut bien remuer à tout le pot.
-
-A jour de char, l’en doit, après ce qu’ils sont purés, paistre de
-l’eau du lart et de la char, et quant ils seront presque cuis, l’en
-peut mettre le lart dedens; et quant l’en trait le lart d’iceulx pois,
-l’en le doit laver de l’eaue de la char, afin qu’il en soit plus bel à
-mettre par lesches sur la char, et qu’il n’appere point crotté de pois.
-
-A jour de poisson, quant les pois sont cuis, l’en doit avoir oignons
-qui aient autant cuit comme les pois en un pot et le lart en autre
-pot[801], et[802] que de l’eaue du lart l’en paist et sert les pois,
-tout ainsi, à jour de poisson, quant l’en a mis ses pois au feu en
-un pot, l’en doit mettre à part ses ongnons mincés[803] en un autre
-pot, et de l’eaue des oignons servir et mettre dedens les pois en
-paissant; et quant tout ce est cuit, frire les oignons et en mettre la
-moictié ès pois, et l’autre en la purée dont il sera parlé cy-après,
-et lors mettre du sel. Et se à ce jour de poisson ou en karesme il y a
-craspois[804], l’en doit faire des craspois comme de lart en jour de
-char.
-
-Quant est de pois nouveaulx, aucunes fois ils sont cuis à jour de char
-et à l’eaue de char et du percil broié, pour faire potage vert, et
-c’est à jour de char; et à jour de poisson, l’en les cuit au lait, du
-gingembre et du saffran dedens; et aucunes fois à la cretonnée dont il
-sera parlé cy-après.
-
-De tous iceulx pois, soient viels, soient nouveaulx, l’en en peut faire
-de coulés en un buletel[805], estamine[806] ou sacs[807]; mais les
-vielz pois, l’en les doit jaunir de saffran broyé dont l’eaue soit mise
-boulir avec les pois et le saffran avec la purée.
-
-Autres pois y a qui sont en cosse avec du lart dedans.
-
-_Item_, cretonnée de pois nouveaulx, trouverez vous ou chappitre
-ensuivant.
-
-De purée à jour de char l’en ne tient compte. A jour de poisson et en
-karesme, l’en frit les oignons dont cy-dessus ou chappitre précédent
-est parlé, et puis l’uille en quoy les oignons sont fris et iceulx
-oignons l’en met dedans[808] avec chappeleures de pain, gingembre, clo
-et graine broiés: et deffait de vinaigre et vin, et y met-l’en un petit
-de saffren, puis dressiez souppes[809] en l’escuelle.
-
-_Item_, de purée fait l’en civé[810] à jour de poisson. Si ne le remue
-point et l’oste tantost de dessus le feu, etc.[811]
-
-_Item_, de purée aliez[812] vostre porée de bettes et sera très-bon
-potage, mais que vous n’y mettez point d’autre eaue; et est pour porée
-de karesme[813].
-
-_Nota_ que si tost que tu apparcevras que ton potage s’aoursera, si
-le fay plus cler, car il s’aourse d’estre trop espois; et le remue
-tousjours ou fons du pot qui aura esté aoursé, avant que tu y mettes
-riens plus.
-
-Véez-cy comment l’en cuit les oignons: en l’eaue longuement avant les
-pois, et tant que l’eaue soit toute dégastée au cuire; puis y met-l’en
-de la purée pour les parcuire et oster la saveur de l’eaue.
-
-Aussy les oïttres sont _primo_ lavées en eaue chaude, puis parboulies,
-puis doivent estre parcuites en la purée afin que la saveur d’icelles
-demeure en la purée, et non point escumées, puis oster les oïttres et
-frire qui veult, et en mettre une partie ès escuelles, et de l’autre
-partie font mès.
-
-FÈVES vieilles qui sont pour cuire à toute l’escorce doivent
-estre trempées et mises au feu en un pot dès le soir devant et toute
-la nuit; puis getter celle eaue, et mettre cuire en une autre eaue,
-puis les purer comme pois, pour oster celle première forte saveur, et
-puis cuire à l’eaue de la char et au lart comme dit est devant à l’eaue
-des pois, ou à jour de poisson à l’eaue doulce, et puis après mettre
-de l’uile: ou à l’eaue des oignons et aux oignons. Et qui en veult de
-coulés, fasse comme des pois.
-
-_Item_, les fèves seront frasées en Pasquerés en ceste manière, c’est
-assavoir qui en vouldra de frasées, il les convient eslire, laver, et
-sans tremper mettre les fèves à toute l’escorce en un pot au feu en
-eaue frémiant, et laissiez boulir jusques à ce que l’escorce soit ridée
-et grédelié; et puis tiré arrière du feu, et puisié à une cuillier,
-et les escorcher et fraser en leur chaleur, l’une cuillerée après
-l’autre, et getter en eaue froide. Après ce, les convient laver en eaue
-tiède comme les pois, puis les mettre cuire en eaue froide, et quant
-elles seront boulies comme bayennes, les purer: et getter la purée, et
-remplir de boullon de char se c’est à jour de char, ou d’autre eaue se
-c’est à jour de poisson; à affaitier à l’uille et à l’oignon bien cuit,
-puis frit: ou affaitié au beurre. Et pevent estre reverdies de fueilles
-de fèves nouvelles broyées, deffaites d’eaue chaude et coulées; puis
-faire comme des autres, soit à jour de char au lart, ou à jour de
-poisson.
-
-_Item_, cretonnée de fèves nouvelles se fait comme vous trouverez ou
-chappitre ensuivant.
-
-_Item_, qui veult en tous les mois de l’an mengier fèves sentans et
-ayans saveur de fèves nouvelles, aiez et plantez chascun mois des
-fèves, et de ce qui sera le plus tendre qui croistra dehors terre
-prenez ainsi comme une pongnée, et broyez et mettez en vos fèves, et
-vos fèves blanchiront et aront couleur et saveur de fèves nouvelles.
-
-_Item_, fèves nouvelles doivent premièrement estre cuites jusques à
-bayennes[814], puis purer, et après boulir dedens la purée grosses
-souppes de deux dois d’espois et de pain brun, puis mettre en un
-chascun[815] des fèves deux d’icelles souppes et du sel par-dessus.
-
-_Item_, quant elles sont baiennes et purées, l’en les peut frire à
-la gresse de la ribelette[816] puis mettre un petit de pouldre[817]
-par-dessus.
-
-L’en congnoist les fèves des marais à ce qu’elles sont plates, et
-les fèves des champs sont rondes.--_Item_, à la dent l’en les treuve
-doulces et l’escorce tendre, et les autres au contraire.
-
-_Item_, qui veult fraser fèves nouvelles, il les convient premièrement
-fendre au long au coustel, et quant tout est fendu, les peler à la main.
-
-_Nota_ que en Aoust commence-l’en à mengier fèves et pois coulés à la
-char salée; et _nota_ que un jambon de porc doit estre salé de trois
-jours naturels, et lors est fin bon.
-
-_Nota_ encores de fèves et de pois, que cretonnée de fèves et de pois
-est ou chappitre des _Potages lians_.
-
-PORÉE. Trois manières de porées sont selon le dit des queux
-qui les nomment, l’une porée blanche, l’autre porée vert, l’autre porée
-noire.
-
-Porée blanche est dicte ainsi pour ce qu’elle est faite du blanc des
-poireaux, à l’eschinée, à l’andoulle et au jambon, ès saisons d’automne
-et d’iver, à jour de char; et sachez que nulle autre gresse que le porc
-n’y est bonne. Et premièrement l’en eslit, lave, mince et esverde les
-poreaux, c’est assavoir en esté, quant iceulx poreaux sont jeunes: mais
-en yver, quant iceulx poreaux sont plus viels et plus durs, il les
-convient pourboulir en lieu d’esverder, et se c’est à jour de poisson,
-après ce que dit est, il les convient mettre en un pot avec de l’eaue
-chaude et ainsi cuire, et aussi cuire des oignons mincés, puis frire
-les oignons, et après frire iceulx poreaux avec les oignons qui jà sont
-fris; puis mettre tout cuire en un pot et du lait de vache, se c’est en
-charnage[818] et à jour de poisson; et se c’est en karesme, l’en y met
-lait d’amandes. Et se c’est à jour de char, quant iceulx poreaux d’esté
-sont esverdés, ou les poreaux d’iver pourboulis comme dit est, l’en
-les met en un pot cuire en l’eaue des saleures, ou du porc et du lart
-dedans.
-
-_Nota_ que aucunesfois à poreaux, l’en fait lioison de pain.
-
-_Item_, porée blanche de bettes se fait comme dessus en eaue de mouton
-et beuf ensemble, mais non point de porc; et à jour de poisson, au lait
-ou d’amandes ou de vache.
-
-_Item_, DE CRESSON EN KARESME AU LAIT D’AMANDES. Prenez
-votre cresson et le mettez pourboulir et une pongnée de bettes avec
-des hachées, et les friolez en huille, puis la mettez boulir en lait
-d’amandes; et en charnage, friolez au lart et au beurre tant qu’il
-soit cuit[819], puis destrempez de l’eaue de la char; ou au frommage
-et dressiez tantost, car il roussiroit. Toutesvoies, se l’en y met
-percil, il ne doit point estre esverdé.
-
-Une espèce de porée[820] que l’en dit espinars et ont plus longues
-feuilles, plus gresles et plus vers que porée commune, et aussi l’en
-appelle espinoches, et se menguent au commencement de karesme.
-
-Nouvelle et première porée[821]. Eslisiez-le, et à eslire ostez les
-grosses costes comme l’en fait des choulx, puis les mettez en eaue
-frémiant sans mincer, et aiez en un pot eaue clere, ou purée, et du
-sel, et mettez la porée dedens icelluy pot cuire, et puis dréciez et
-mettez huille d’olive ou vertjus en l’escuelle, et n’y ait point de
-percil.
-
-Aucunes fois et le plus souvent l’en frit les espinars tous crus, et
-quant ils sont bien fris, l’en met de l’eaue un petit, comme l’en fait
-souppe à l’uille.
-
-_Aliter_, porée de bettes nouvelles soit esverdée en esté quant elle
-est jeune, ou pourboulie en yver quant elle est droite porée vieille,
-selon la considération de sa vieillesse.
-
-Porée de bettes qui est lavée, puis mincée et pourboulie, se tient plus
-vert que celle qui premièrement est pourboulie et puis hachée. Mais
-encores est plus verte et meilleur celle qui est esleue, puis lavée
-et puis mincée bien menu, puis esverdée en eaue froide, puis changer
-l’eaue et laissier tremper en autre eaue, puis espraindre par pelottes
-et mettre au pot boulir ou boullon avec le lart et de l’eaue de mouton;
-et quant elle a un petit bouli et l’en le veult drécier, que l’en mette
-dedens du percil esleu, lavé et haché, et un petit de fanoul jeune, et
-boulir un boullon seulement.
-
-Tout considéré, la porée moins boulue et non pourboulie est la plus
-vert, et le percil ne doit point estre boulu, se très-petit non, car en
-boulant il pert sa saveur.
-
-Porée verte à jour de poisson. Soit eslite, mincée, puis lavée en eaue
-froide sans pourboulir, puis cuite au vertjus et pou d’eaue, et mettre
-du sel, et soit drécée toute boulant bien espoisse sans cler, puis l’en
-mettra dedens, au fons de l’escuelle, dessoubs la porée, du beurre salé
-ou frais qui veult, ou frommage ou frommagée ou vertjus viel.
-
-Porée de minces[822] est en saison, de Janvier jusques à Pasques, et
-encore après.
-
-Et _nota_ que à faire porée au lait d’amandes, le lait ne doit point
-estre coulé par l’estamine; en aucuns autres potages ou à boire, si
-fait.
-
-Porée noire est celle qui est faite à la ribelette de lart; c’est
-assavoir que la porée est esleue, lavée, puis mincée et esverdée en
-eaue boulant, puis fritte en la gresse des lardons; et puis alaier[823]
-d’eaue chaude frémiant (et dient aucuns, qui la laveroit d’eaue froide,
-qu’elle seroit plus laide et noire), puis convient mettre sur chascune
-escuelle deux lardons.
-
-CHOULX sont de cinq manières: les meilleurs sont ceulx qui ont
-esté férus de la gelée, et sont tendres et tost cuis; et en temps de
-gelée ne les convient point pourboulir, et en temps pluyeux, si. (Et
-commence à iceulx pour ce que ce sont de celle année les premiers crus,
-_scilicet_ puis Avril[824], et puis va en descendant vers vendenges,
-Nouel et Pasques.)
-
-Choulx blanc sont en la fin d’Aoust.
-
-Pommes de chou, sur la fin de vendenges. Et quant la pomme d’icelluy
-chou, laquelle est ou milieu, est ostée, l’en arrache et replante en
-terre nouvelle le tronc de ce chou, et en yssent larges feuilles qui
-s’espandent: et tient un chou grant place, et l’en appelle iceulx
-choulx nommés[825] choulx Rommains, et sont mengiés en yver; et des
-troncs, se ils sont replantés, yssent de petits choulx que l’en appelle
-minces, que l’en mengue avec les herbes crues en vinaigre; et qui en a
-foison, ils sont bons esleus, lavés en eaue chaude, et tous entiers mis
-cuire avec un petit d’eaue: et puis quant ils sont cuis, mettre du sel
-et de l’uile, et dréciés bien espois sans eaue, et mettre de l’uille
-d’olive dessus en karesme. Puis y a autres choulx que l’en appelle
-choulx pasquerés pour ce que l’en les mengue en Pasquerez[826], mais
-ils sont semés dès Aoust; et quant après la semence ils sont percreus
-demy-pié de hault, l’en les arrache et plante-l’en ailleurs, et sont
-souvent arrousés.
-
-Aussi tous les choulx dessusdis sont premièrement semés, puis quant ils
-sont creus à demy-pié de hault, sont ostés et replantés.
-
-Et premièrement des pommes, est assavoir que quant icelles pommes sont
-effeuillées, eslites et mincées, il les convient très-bien pourboulir,
-et longuement plus que les autres choulx, car les choulx Rommains
-se veullent le vert des feuilles dessirer par pesches[827], et le
-jaune, c’est assavoir les arrestes ou veines[828], escachées[829] ou
-mortier, puis tout ensemble esverder en eaue chaude, puis espraindre
-et mettre en un pot et de l’eaue tiède, qui n’a assez eaue de char: et
-puis servir du plus gras et[830] de l’eaue de la char, et plusieurs y
-broient du pain.
-
-Et sachez que choulx veulent estre mis au feu dès bien matin, et cuire
-très-longuement et plus longuement que nul autre potage, et à bon feu
-et fort, et doivent tremper en gresse de beuf et non autre, soient
-pommes ou choulx ou quels qu’ils soient, excepté minces. Sachez aussi
-que eaue grasse de beuf et de mouton y est propre, mais non mie de
-porc; celle de porc n’est pas bonne fors pour poreaux.
-
-Après, l’en fait choulx, à jour de poisson, après ce qu’ils sont
-pourboulis, cuire en eaue tiède: et mettre de l’uille et du sel.
-
-_Item_, avec ce, aucuns y mettent du gruyau[831]. _Item_, en lieu
-d’uille, aucuns y mettent beurre.
-
-A jour de char[832], l’en y met pigons, saussisses et lièvre,
-fourques[833] et foison lart.
-
-NAVETS sont durs et mal cuisans jusques à ce qu’ils aient esté
-au froit et à la gelée; l’en leur oste la teste, la queue et autres
-barbillons ou racines, puis sont rés, puis lavés en deux ou en trois
-paires d’eaues chaudes, bien chaudes, puis cuire en chaude eaue de
-char, soit porc, beuf, ou mouton.
-
-_Item_, en Beausse, puis qu’ils sont cuis, l’en les tronçonne et frit
-en la paelle, et gecte l’en pouldre par dessus.
-
-MENUS DE PIÉS. Prenez jugiers[834] et foies et faites cuire
-en vin et en eaue, premièrement les jugiers et au derrenier les
-foies, puis les mettez en un plat et du percil mincié et du vinaigre
-par-dessus. _Item_, de pié de beuf et de mouton et de chevrel.
-
-GRAMOSE[835] est faite[836] de la char froide du giste qui est
-demourée du disner et de l’eaue d’icelle char demourée comme dessus, en
-la manière qui s’ensuit: _primo_, il convient batre quatre ou six œufs,
-c’est assavoir moyeul et blanc, et batre, batre, et tant qu’ils soient
-dégoutans comme eaue, car autrement ils se tourneroient; et mettre
-autant de vertjus comme les œufs montent, et faire boulir avec l’eaue
-de la char; et d’autre part faire la char par lesches, et mettre deux
-pièces en l’escuelle, et le brouet par-dessus.
-
-SOUPPE DESPOURVEUE. Aiez du percil et frisiez en beurre, puis
-gettez de l’eaue boulant dessus et faites boulir: et mettre du sel, et
-dréciez vos souppes comme en purée[837].
-
-_Aliter_, se vous avez du beuf froit, si le trenchiez bien menu, puis
-broiez un pou de pain allayé de vertjus et coulez par l’estamine; mise
-en un plat et de la pouldre dessus. Chauffez sur le charbon. C’est bon
-pour trois personnes.
-
-_Aliter_, à jour de poisson, prenez de l’eaue et mettez frémir et des
-amandes dedans; puis escorchez les amandes et les broyez et allaiez
-d’eaue tiède, coulez et mettez boulir avec pouldre de gingembre et
-saffran, et dréciez par escuelles; et en chascune escuelle, une pièce
-de poisson frit.
-
-_Aliter_, à jour de char, prenez du chaudeau de la char, et aiez
-pain trempé ou maigre[838] de l’eaue de la char, puis broyez, et six
-œufs: puis coulez et mettez en un pot avec de l’eaue grasse, espices,
-vertjus, vinaigre et saffran; faictes boulir un bouillon, puis dréciez
-par escuelles.
-
-_Item_, et qui en une hostellerie, en haste, treuve eaue de char et il
-en veult faire potage, il peut gecter ens des espices et faire boulir,
-puis, au derrenier, filer des œufs et drécier.
-
-_Aliter_, à jour de poisson, broyez du pain, et destrempez d’eaue, de
-vertjus et du vinaigre, et mettez sur le feu; et quand il frémira,
-mettez jus[839], et mettez les moyeux dedans; puis mettez sur le feu
-et faites à petit feu tant chauffer qu’il bouille, et mettez pouldres
-d’espices et faites vostre souppe.
-
-_Aliter_, faites boulir ou pot un petit de lart, et quant il sera la
-moitié cuit, aiez un maquerel frais, et découpez par tronçons et le
-mettez cuire avec, et puis ostez tout, et mettez du percil hachié
-boulir une onde[840] et dréciez.
-
-POUR CONGNOISTRE BON FROMMAGE. Bon frommage a six conditions.
-_Non Argus, nec Helena, nec Maria Magdalena, sed Lazarus et Martinus,
-respondens pontifici._[841]
-
- Non mie blanc comme Hélaine,
- Non mie plourant com Magdalaine,
- Non Argus, mais du tout avugle,
- Et aussi pesant comme un bugle[842]:
- Contre le poulce soit rebelle,
- Et qu’il ait tigneuse cotelle[843].
- Sans yeulx, sans plourer, non pas blanc,
- Tigneulx, rebelle, bien pesant.
-
-En Juillet, jambon de porc frais cuit à l’eaue jaune et au vertjus de
-grain, un petit de gingembre et de pain: à la sausse rapée.
-
-_Item_, au soupper, char salée du matin cuite à l’eaue et aux ciboules,
-soit beuf ou mouton.
-
-En pois nouveaulx cuis pour mengier en la cosse, l’en doit mettre
-du lart à jour de char: et à jour de poisson, quant ils sont cuis,
-l’en pure l’eaue, et l’en met dessoubs du beurre salé fondre, et puis
-hochier.
-
-
-AUTRES POTAGES QUI SONT A ESPICES ET NOS LIANS.
-
-_Primo_, _nota_ que toutes espices qui doivent estre mises en potages
-doivent estre bien broyées et non coulées, excepté pour gelée; et en
-tous potages, l’en doit mettre les espices le plus tart que l’en puet,
-car tant plus perdent de leur saveur comme plus tost sont mises: et
-doit-l’en couler le pain broyé.
-
-Potage à jour de poisson, _vide[844] pagina proxima præcedente_.
-
-_Aliter_, prenez amandes, eschaudez et pelez et broiez: deffaites
-d’eaue tiède; faites boulir avec pouldre fine et saffran, et en
-chascune escuelle soit mise une moitié de sole frite et du potage
-dessus.
-
-COURGES. Soit pelée l’escorce, car c’est le meilleur: et
-toutesvoies qui vouldra mettre ce[845] dedans, soient ostés les grains,
-jàsoit-ce que l’escorce seule vault mieulx, puis convient tranchier
-l’escorce pelée par morceaux, puis pourboulir, puis hacher longuement,
-puis mettre cuire en gresse de beuf: à la parfin jaunir de saffren ou
-getter dessus du saffren par filés, l’un çà, l’autre là; ce que les
-queux dient _frangié de saffran_.
-
-HERICOT DE MOUTON. Despeciez-le par petites pièces, puis le
-mettez pourboulir une onde, puis le frisiez en sain de lart, et frisiez
-avec des oignons menus minciés et cuis, et deffaites du boullon de
-beuf, et mettez avec macis, percil, ysope et sauge, et faites boulir
-ensemble[846].
-
-_Item_, PASTÉ EN POT DE MOUTON. Prenez de la cuisse[847],
-et gresse ou mouelle de beuf ou de veel haché menu et oignons menus
-hachiés, et faictes boulir et cuire en un pot bien couvert à bien petit
-de boullon de char ou autre eaue, puis mettez boulir dedens espices, et
-un petit de vinaigre pour aguisier, et dréciez en un plat.
-
-_Item_, qui veult saler mouton en temps chault, il le convient tremper
-avant, et puis pouldrer de gros sel broyé.
-
-MOUTON AUSOERRE[848]. Despeciez le mouton par pièces, puis
-lavez et mettez cuire en eaue, puis broyez foison percil et pain, et
-coulez, et mettez ou pot avec espices.
-
-MOUTON AU JAUNET. Despeciez le tout cru, et soit du flanchet;
-et le cuisiez en eaue, puis y broyez une cloche de gingembre et du
-saffran, et allaiez de vertjus, de vin et de vinaigre[849].
-
-TRIPPES AU JAUNET. Qui veult cuire trippes, il n’y convient
-point mettre de sel au cuire, car elles noirciroient.--_Item_, les
-piés, la queue et la caillette qui sont noires, doivent cuire à part,
-et la pance et autres choses blanches, d’autre part[850].
-
-TRUMEL DE BEUF[851] AU JAUNET.✝ Soit cuit longuement; et qui veult,
-de la poullaille tuée de deux jours ou d’un jour devant soit boulie
-longuement avec, et des herbes, et puis mis du saffran dedans[852].
-
-POTAGE D’UNE PETITE OÉ. Cuisiez très bien vostre petite oé et
-frisiez: puis broiez gingembre, clou, graine et poivre long, du percil
-et un petit de sauge, destrampez de l’eaue de la char ou de la petite
-oé, et mettez du fromage gratuisié[853], et servez en chascune escuelle
-trois pièces de petite oé[854].
-
-BROUET DE CHAPONS. Cuisiez vos chapons en eaue et en vin,
-puis si les despeciez par membres et frisiez en sain, puis broiez les
-braons[855] de vos chapons et les foies et amandes, et deffaites
-de vostre boullon et faites boulir, puis prenez gingembre, canelle,
-girofle, garingal, poivre long et graine de paradis, et deffaites de
-vinaigre et faites boulir; et au dressier, mettez vostre grain[856] par
-escuelles, et dressiez le potage sus.
-
-CHAPONS AUX HERBES.--VEEL AUX HERBES. En yver chapons tués,
-mouillés et puis mis six jours à la gelée, et en esté mors de deux
-jours (sans soleil) ou estouffés soubs une couste; mettez cuire en eaue
-et du lart avec pour donner appétit, et mettez percil, sauge, coq et
-ysope, un petit de vertjus pour aiguisier, et du gingembre bien petit,
-et saffran pour donner couleur. C’est potage propre s’il fait froit,
-mais s’il fait chault, il ne convient n’en l’un n’en l’autre[857] fors
-lart et saffran[858].
-
-GRAVÉ D’OISELETS OU D’AUTRE CHAR. Soient plumés à sec[859],
-puis aiez du gras du lart décoppé comme par morceaulx quarrés, et
-mettez au fer de la paelle[860] et en traiez la graisse et là les
-frisiez; puis mettez cuire ou boullon de la char, puis prenez pain
-hallé sur le gril ou chappelleures de pain trempées ou boullon de
-la char et un petit de vin; puis prenez gingembre, girofle, graine
-et fleur de canelle et les foies, et les broyez; et puis coulez
-vostre pain et boullon par l’estamine et les espices broyées à fin
-et sans couler; et mettre boulir avec vos oiselets et un petit de
-vertjus.--_Item_, qui n’a boullon, si mette purée de pois.--_Item_, ne
-doit point estre trop lyant, mais claret; doncques ne convient-il que
-le pain ou les foies pour lier[861].
-
-GRAVÉ OU SEYMÉ[862] est potage d’iver. Pelez oignons et les
-cuisiez tous hachiés, puis les frisiez en un pot; or convient avoir
-vostre poullaille fendue sur le dos et hallée sur le gril au feu de
-charbon, ou se c’est veel, aussi; et qu’ils soient mis par morceaulx
-soit veel, ou par quartiers se c’est poulaille, et les mettez avec
-les oignons dedans le pot; puis avoir pain blanc harlé sur le gril et
-trempé au boullon d’autre char: et puis broyez gingembre, clou, graine
-et poivre long, deffaire de vertjus et de vin, sans couler, mettre
-d’une part: puis broyer le pain et couler par l’estamine et mettre au
-brouet, et tout couler ensemble et boulir; puis drécier.
-
-_Nota_ que l’en dit _seurfrire_ pour ce que c’est en un pot, et se
-c’estoit en une paelle de fer, l’en diroit _frire_.
-
-GRAVÉ D’ESCREVICES. Mettez boulir vos escrevices, et quant
-elles seront cuites, soient eslites comme qui les vouldroit mengier, et
-ostez le mauvais de dedans, puis aiez des amandes pelées et broyées,
-deffaites[863] de purée de pois coulée par l’estamine, et du pain
-harlé ou des chappeleures trempées en purée, broyées et coulées par
-l’estamine, puis aiez gingembre, canelle, graine et clou: broyez,
-et tout mis en un pot, et un petit de vinaigre et boulu ensemble,
-puis drécié par escuelles, et soit mis dedens chascune escuelle les
-escrevisses frictes en huille et de l’autre poisson frit.
-
-_Item_, qui veult faire _tuille d’escrevisses_, ainsi se peut-il faire,
-mais forment les escailles des escrevisses[864].
-
-Et qui au brayer[865] veult trouver grant avantaige, face les coquilles
-des escrevisses seicher en un four dedens un pot ou en une paelle de
-terre, puis broier en un mortier à espicier, et puis couler à leur plus
-délié sasses, puis de rechief séchier au four, puis broyer et sasser,
-et après mettre ou potage; et croy que ce serre.
-
-BOUSSAC DE CONNINS. Premièrement, les connins de garenne
-sont congneus à ce qu’ils ont le hasterel[866], c’est assavoir depuis
-les oreilles jusques vers les espaules, de couleur entre tanné[867]
-et jaune, et sont tous blans soubs les ventres, et tous les quatre
-membres par dedans jusques au pié, et ne doivent avoir nulle autre
-tache blanche parmi le corps.--_Item_, l’en congnoist qu’ils sont
-dedans leur premier an, à ce qu’ils ont en la jointe des jambes de
-devant un petit osselet emprès le pié, et est agu. Et quant ils sont
-surannés, la jointe est toute ounie; et aussi est-il des lièvres et
-des chiens.--_Item_, l’en congnoist qu’ils sont de fresche prise à
-ce qu’ils n’ont pas les yeulx enfoncés: l’en ne leur peut ouvrir les
-dens; ils se tiennent droit sur leurs piés; et quant il est cuit, le
-ventre luy demeure entier. Et s’il est de vieille prise, il a les yeulx
-enfoncés: l’en luy euvre de légier la gueule: l’en ne le peut tenir
-droit; et quant il est cuit, il a le ventre despecié. En yver, connins
-pris de huit jours sont bons, et en esté, de quatre jours, mais qu’ils
-n’aient sentu le soleil.
-
-Et quant ils sont bien choisis et escorchiés, puis les despeciez par
-pièces quarrées, et les mettez parboulir, puis reffaire en eaue froide:
-puis en chascune pièce, de chascun costé, trois lardons; puis les
-mettez boulir en eaue et du vin après. Adonc broyez gingembre, graine,
-clo de giroffle, et destrempez ou boullon de beuf ou du leur[868], et
-d’un petit de vertjus, et mettez dedens le pot et faites boulir jusques
-au cuire.
-
-_Item_, ainsi se fait un seymé, mais l’en y met oignons fris, et
-un petit de pain ou chappelleures pour lier. (_Et doncques c’est
-civé[869]._)
-
-_Item_, ainsi est fait un bouly lardé de veau, de chevrel ou cerf.
-
-BOUSSAC DE LIÈVRE. _Nota_ que du lièvre freschement pris et
-tantost mengié, la char est plus tendre que de lièvre gardé.
-
-_Item_, lièvre pris de quinze jours vault mieulx, mais que le soleil ne
-l’ait atouchié; c’est assavoir quinze jours ou fort de l’iver: en esté,
-six jours ou huit au plus et sans soleil.
-
-_Item_, sachiez que se le lièvre est mengié frais prins, la char en est
-plus tendre, et ne le convient point laver, mais harler ou rostir avec
-son sang.
-
-Boussac de lièvre ou de connin se fait ainsi: harlez le lièvre en la
-broche ou sur le gril, puis le découpez par membres, et mettez frire
-en sain ou en lart: puis aiez pain brûlé ou chappelleures deffais de
-boullon de beuf et de vin, et coulez, et faites boulir ensemble; puis
-prenez gingembre, clo de giroffle et graine; deffait de vertjus et soit
-brun-noir et non trop lyant.--_Nota_ que les espices doivent estre
-broyées avant que[870] le pain.
-
-De connin se fait-il ainsi, sauf tant[871] que le connin est parbouli,
-puis refait en eaue froide, et puis lardé, etc.[872]
-
-ROSÉ DE LAPPEREAUX, d’allouettes, de menus oiseaux ou de
-poucins. Lappereaulx soient escorchiés, découppés, pourboulis,
-reffais en eaue froide et lardés: les poucins soient eschaudés pour
-plumer[873], puis reffais, découppés et lardés, et les allouettes ou
-oiselets soient plumés seulement pour pourboulir en eaue de char; puis
-avoir du gras du lart découppé comme par morceaulx quarrés, et mettez
-au fer de la paelle, et en traiant les chaons[874], et laissiez la
-gresse: et là frire vostre grain[875], ou mettre vostre grain boulir
-sur le charbon et souvent tourner en un pot avec du sain[876]. Et en
-ce faisant, aiez des amandes pelées, et deffaites du boullon de beuf
-et coulez par l’estamine, puis aiez gingembre, clo de giroffle, cèdre
-autrement dit _alixandre_[877], deffaites du boullon et coulez, et le
-grain cuit et trestout soit mis dedans un pot et bouly ensemble et du
-sucre largement; puis dréciez par escuelles et des espices dorées par
-dessus.
-
-Cèdre vermeil est un fust[878] que l’en vent sur les espiciers, et est
-dit _cèdre dont l’en fait manches à cousteaulx_.
-
-VENOISON DE CERF. Pour ce que la char en est plus dure que
-de bichot[879] ne de chevrel, soit pourboulie et lardée au long: et au
-cuire, soit mis du vin grant foison, et au parcuire, du macis broié; et
-soit mengié à la cameline.--_Item_, en pasté, soit pourboulie, lardée
-au long, et mengiée froide à la cameline.
-
-Et qui la veult saler en esté, il convient mettre gros sel fondre en
-eaue, puis y tremper la venoison, et après seicher au soleil[880].
-
-Et se vous voulez faire une pièce de beuf sembler venoison de cerf ou
-d’ours, se vous estes en pays d’ours, prenez du nomblet de beuf ou du
-giste, puis le parboulez et lardez, embrochiez et rostissiez; et soit
-mengié à la queue de sanglier[881]. Soit le beuf pourbouly, puis lardé
-au long après ce qu’il sera trenchié par loppins, et puis mettre la
-queue de sanglier bien chaude en plat pardessus vostre beuf qui _primo_
-soit rosty ou bouté en eaue boulant et retiré tantost, pour ce qu’il
-est plus tendre que cerf.
-
-BEUF COMME VENOISON D’OURS. Du giste de bœuf. Fait-l’en sausse
-noire de gingembre, clo de giroffle, poivre long, graine, etc. Et
-met-l’en en chascune escuelle, deux escuelles[882], et le mengue-l’en à
-saveur d’ours[883].
-
-CHEVREL SAUVAGE[884] au boussac claret et non lyant: soit
-escorchié, puis bouté en eaue boulant et retiré tantost pour ce qu’il
-est plus tendre que cerf, et lardé au long, puis mis cuire en meigre
-eaue de char qui l’a, ou autre: du vin, espices broyées en gros, et
-dréciez vostre grain dedens[885].--_Item_, chevrel sauvaige, ainsi
-comme il est dit de chevrel ou chappitre cy-dessus.
-
-SANGLIER FRAIS soit cuit en eaue avec du vin et mengié au
-poivre chault, et le salé cuit comme dessus et mengié à la moustarde;
-c’est ou fort de l’iver, mais au commencement, il se mengut aux espices
-et aux souppes.
-
-A la Nostre-Dame en Mars[886], commencent les appareils des cervoisons,
-et dit-l’en _à la my-May, my-teste_[887], pour ce que lors le cerf a
-boulu la moitié de sa teste, mais le droit cuer des cervoisons commence
-à la Saincte-Croix en May[888], et de là croist le cerf en venoison
-jusques à la Magdalaine, et peut estre chacié le cerf jusques à la
-Saincte-Croix en Septembre; et lors se passe sa saison.
-
-_Item_, au deffaire, l’en luy oste premièrement les deytiés[889], ce
-sont les c......ns, avec lesquels sont les neux[890], le jargeau[891],
-le franc-boyau, etc. Et sont ses deytiés pourboulis, puis cuis, mengiés
-à la sausse chaude.
-
-_Item_, en un cerf sont les espaules, la hampe, les cuisses, le foie,
-les nomblès, les lardés, la queue scilicet le semier, les deux costés,
-et c’est tout.
-
-_Item_, la char par pièces fresche, il semble que sans pourboulir l’en
-la doit mettre en eaue boulant, et tantost retirer et larder au long,
-et est boulie et lardée au long, puis boulie en eaue, et appelle-l’en
-le potage _bouly lardé aux espices et aux souppes_.
-
-_Item_, les nomblets[892] sont rostis à la sausse chaude.
-
-_Item_, les lardés c’est ce qui est entre les costés et l’eschine; et
-sont meilleurs en pasté que autrement.
-
-_Item_, aussi d’un cerf frais, l’en le mengue à la sausse chaude quant
-il est mis en rost.
-
-_Item_, l’en fait présent de la teste et du pié aux seigneurs, et cela
-n’est point mengaille: ce n’est fors pour savoir quel et de quel aage
-le cerf estoit; mais de mengaille, l’en fait présent du seymier, de la
-hampe et des deux costés.
-
-_Item_, la queue est dicte le seymier: et qui la veult saler, il
-convient oster tous les os ce que l’en puet, car il contient une grant
-partie du dos.
-
-_Item_, la hampe c’est la poictrine, et est bonne salée; et sale-l’en
-la venoison du cerf tout ainsi comme la char de beuf.
-
-_Item_, toute la brouaille, excepté le foie, est pour la cuirié des
-chiens, et l’appelle-l’en le _hu_[893].
-
-En Septembre l’en commence à chacier les bestes noires jusques à la
-Saint-Martin d’iver.--_Item_, tous les quatre membres sont appellés
-jambons, comme d’un porc. _Item_, d’un sanglier a la hure, les costés,
-l’eschinée, les nomblès, les quatre jambons; c’est tout. _Item_, des
-yssues l’en ne retient fors le foie qui semble qu’il soit propre pour
-faire soutil brouet d’Angleterre.
-
-_Item_, la char fresche est cuite et appareilliée en eaue et aux
-espices comme le cerf.
-
-Du bourbelier, c’est le nomblet. (_Combien que en cest endroit, l’en
-dit bien nomblets d’une part, et bourbelier de l’autre._)
-
-_Item_, le sanglier salé se mengue à la fourmentée. La teste se cuit
-entière, et moitié vin, moitié eaue. Les joes en sont bonnes par
-lesches sur le gril.
-
-BICHOT SAUVAGE au boussac claret et non liant: soit
-escorchiés, puis boulis ou boutés en eaue boulant et retiré tantost,
-pour ce qu’il est plus tendre[894] que cerf; et lardés au long; puis
-mis cuire en maigre eaue de char qui l’a, ou en autre, avec du vin,
-espices broiées; et dréciez vostre grain dedans[895].
-
-
-AUTRES POTAGES LIANS DE CHAR.
-
-BROUET DE FRESSURE DE POURCEL. Broiez du gingembre, clo,
-graine, etc., puis deffaites de vinaigre et vin, puis aiez pain rosti
-et trempé en vinaigre, broiez et coulez: et mettre tout ensemble; et
-ayez vostre fressure cuite, couppée par plusieurs morceaulx et frite
-en sain doulx. Puis mettez du chaudeau des boudins, ou du chaudeau du
-chaudun en un pot, avec vostre pain broié après vos espices broyées, et
-faites boulir; puis gettez dedans vostre pot les morceaulx de vostre
-friture et faites boulir un boullon, et dréciez.
-
-FÈVES NOUVELLES. Faites-les boulir plus que bayennes, puis
-prenez foison percil et petit de sauge et d’isope, et broiez très bien,
-et après ce broiez du pain, et une pongnée d’icelles mesmes fèves qui
-soient pelées broiez avec pour lier, puis couler par l’estamine: puis
-friolez le remanant de vos fèves en lart, se c’est à jour de char, ou
-en huille ou beurre, se c’est à jour de poisson; puis mettez vos fèves
-en eaue de char, se c’est à jour de char, ou en l’eaue des fèves, se
-c’est à jour de poisson.
-
-CRETONNÉE DE POIS NOUVEAULX ou fèves nouvelles. Cuisiez-les
-jusques au purer[896], et les purez[897], puis prenez lait de vache
-bien frais, et dictes à celle qui le vous vendra qu’elle ne le vous
-baille point s’elle y a mis eaue, car moult souvent elles agrandissent
-leur lait[898], et s’il n’est bien frais ou qu’il y ait eaue, il
-tournera. Et icelluy lait boulez premièrement et avant que vous y
-mettez riens, car encores tourneroit-il: puis broiez premièrement
-gingembre pour donner appétit, et saffran pour jaunir: jàsoit-ce
-que qui le veult faire lyant de moieulx d’œufs filés[899] dedans,
-iceulx moieulx d’œufs jaunissent assez et si font lioison, mais le
-lait se tourne plus tost de moyeulx d’œufs que de lioison de pain et
-du saffran pour coulourer. Et pour ce, qui veult lier de pain, il
-convient que ce soit pain non levé et blanc, et sera mis tremper en
-une escuelle avec du lait ou avec du boullon de la char, puis broyé et
-coulé par l’estamine; et quant vostre pain est coulé et vos espices
-non coulées, mettez tout boulir avec vos pois; et quant tout sera
-cuit, mettez adonc vostre lait et du saffren. Encores povez-vous faire
-autre lioison, c’est assavoir des pois mesmes ou des fèves broyées,
-puis coulées; si prenez laquelle lioison que mieulx vous plaira. Car
-quant est de lioison de moieulx d’œufs, il les convient batre, couler
-par l’estamine, et filer dedens le lait, après ce qu’il a bien boulu
-et qu’il est trait arrière du feu avec les pois nouveaulx ou fèves
-nouvelles et les espices. Le plus seur est que l’en preigne un petit du
-lait, et destremper les œufs en l’escuelle, et puis encores autant, et
-encores, tant que les moieux soient bien destrempés à la cuillier avec
-foison de lait, puis mettre ou pot qui est hors du feu, et le potage ne
-se tournera point. Et se le potage est espois, allayez-le de l’eaue de
-la char. Ce fait, il vous convient avoir poucins escartelés, veel, ou
-petite oé cuit, puis frit, et en chascune escuelle mis deux ou trois
-morceaulx et du potage pardessus.
-
-CRETONNÉE à jour de poisson; soit la friture faite de tanches,
-brochets, soles ou limandes frites.
-
-CHAUDUN DE POURCEAU, _scilicet_ les boyaulx, doivent estre
-vuidés à la rivière, puis lavés en eaue tiède par deux fois, et mettre
-en une paelle d’arain et froter très bien en sel et eaue, puis relaver
-en eaue tiède. Aucuns les lavent en sel et en vinaigre, et quant ils
-sont très bien lavés soit par vinaigre ou sans vinaigre qui veult, l’en
-les trenche par tronçons, et sont embrochiés par hastelets et rostis
-sur le gril et mengiés au vertjus de grain. Et qui en veult faire
-potage, il le reconvient mettre cuire tout entier en un pot de terre et
-puis mettre esgouter en un plat, puis découpper par menus morceaulx,
-et frisiés en sain de lart; puis broiez pain premièrement, puis macis,
-garingal, saffran, gingembre, clo, graine, canelle: destrempé de
-bouillon et mis d’une part; puis broiez pain brulé ou chappeleures, et
-soient allaiés du chaudeau et coulés par l’estamine et mis en eaue
-de char ou de chaudeau de lui mesmes, ou moitié d’un moitié d’autre,
-et boulu tout ensemble avec vin vermeil, vertjus et vinaigre. En yver
-doit estre brun et drécié comme dessus, et en esté soit plus cler et
-jaunet; et aiez du vertjus de grain cuit en eaue dedens un drappel, ou
-des groiselles, et quant vous drécerez vos escuelles, mettez six ou
-huit morceaulx du chaudun, puis du potage dessus, et par dessus six ou
-huit grains de vertjus, ou groiselles par dessus en chascune escuelle.
-Et aucuns font le potage des espices et lait comme cy-dessus est dit de
-cretonnée.
-
-_Nota_ que le sel et vinaigre ostent la freschumée. Et ce que dit est
-en ceste addition est du chaudun que l’en mengue en Juillet, et les
-autres hastelets qui sont fais en Décembre, sont fais de toutes pièces
-comme de foie, de mol et des autres pièces du chaudun, et est ce que
-ces povres cuisent en bacins à laver parmy ces rues[900].
-
-COMMINÉE DE POULAILLE. Mettez-la par morceaulx cuire en l’eaue
-et un petit de vin, puis la frisiez en sain, puis prenez un petit de
-pain, trempez en vostre boullon, et _primo_ prenez du gingembre et
-du commin[901], deffait de vertjus, broyez et coulez et mettez tout
-ensemble avec du boullon de char ou de poulaille, et puis lui donnez
-couleur ou de saffran ou d’œufs ou des moyeux coulés par l’estamine
-et filés ou potage après ce qu’il sera trait hors du feu. _Item_, le
-meilleur est de le faire de lait tel comme dit est, puis broyer vostre
-pain après vos espices, mais il convient que le lait soit premièrement
-bouly afin qu’il ne s’aourse; et après ce que le potage sera tout fait,
-le lait soit mis dedans vin (_Il me semble qu’il n’y sert de rien_) et
-la frisiez. Plusieurs ne la frisent point, jàsoit-ce que c’est le plus
-friant.
-
-(_Pain est lioison, et il dit après œufs qui est autre lioison, et
-il doit souffire de l’une, si comme il est dit ou chappitre de la
-cretonnée._)
-
-(_Vertjus et vin.--Qui veult faire son potage de lait, il n’y convient
-ne vin ne vertjus._)[902]
-
-COMMINÉE A JOUR DE POISSON. Frisiez vostre poisson, puis pelez
-amandes et broyez, et deffaites de purée ou de boullon de poisson et
-faites lait[903], mais lait de vache est plus appétissant, jàsoit-ce
-qu’il n’est mie si sain pour malades; et au surplus faites comme
-dessus. _Item_, à jour de char, qui ne treuve lait de vache, se peut
-faire de lait d’amandes, et la char comme dessus.
-
-HARDOUIL[904] DE CHAPONS.✝ Despeciez-les par membres ou quartiers, puis
-les cuisiez en eaue, puis friolez en sain de lart: et tandis, broyez
-gingembre, canelle, giroffle et graine, et deffaites de vertjus, et ne
-soit point coulé, mais sorissiez[905] pain sur le gril, broyez après
-les espices, et destrempez de vertjus, puis passez le dit pain par
-l’estamine et faites tout boulir. Et au drécier, mettez vostre grain
-par escuelles et le potage tout chault dessus[906].
-
-HOCHEPOT DE VOLAILLE est fait ainsi et soit non claret. L’en
-les doit despecier par morceaulx; ainsi fait-l’en d’oé quant elle
-est dure et maigre, car les grasses sont rosties.--_Item_, des viels
-coulons. Ainsi est fait _rouillée de beuf_[907].
-
-BROUET DE CANELLE. Despeciez vostre poulaille ou autre char,
-puis la cuisiez en eaue et mettez du vin avec, et friolez: puis prenez
-des amandes crues et séchées à toute l’escorce et sans peler, et
-canelle grant foison, et si broyez très bien, et deffaites de vostre
-boullon ou de boullon de beuf, et faites boulir avec vostre grain: puis
-broyez gingembre, giroffle et graine, etc., et soit liant[908] et sor.
-
-BROUET GEORGÉ[909], BROUET HOUSSIÉ.✝ Prenez poulaille despecée par
-quartiers, veau ou telle char comme vous vouldrez despeciés par pièces,
-et faites boulir avec du lart: et d’autre part aiez en un pot, avec du
-sain, oignons menus minciés qui y cuiront et friront. Aiez aussi du
-pain harlé sur le greil[910], puis le mettez tremper avec du boullon de
-vostre char et du vin dedans, puis broyez gingembre, canelle, poivre
-long, saffren, giroffle et graine et les foies, et les broyez si bien
-qu’il n’y convengne point couler: et destrempez de vertjus, vin et
-vinaigre. Et quant les espices seront ostées du mortier, broyez vostre
-pain, et si le deffaites de ce en quoy il a trempé, et coulez par
-l’estamine, et mettez espices et du percil effeullié qui veult, tout
-boulir avec le sain et des oignons, et adonc frisiez vostre grain. Et
-doit ce potage estre brun de sain et liant comme soringue.
-
-_Nota_ que tousjours l’en doit broyer les espices le premier; et en
-potages, l’en ne coule point les espices, et après l’en broie et coule
-le pain.
-
-(_Je croy qu’il n’y convient vin ne vinaigre._)
-
-_Nota_ que pour le percil seulement est-il dit brouet _houssié_,
-car ainsi comme l’en dit ailleurs _frangié_ de saffran[911], aussi
-peut-l’en dire _houssié_ ce qui est de percil; et c’est la manière de
-parler des queux.
-
-BROUET ROUSSET est fait comme brouet georgé cy dessus, sauf
-tant que l’en n’y met point de saffran, de vin, ne de vinaigre, et
-l’en y met plus plantureusement canelle, et les oignons couppés par
-rouelles[912].
-
-UNE VINAIGRETTE. Prenez la menue-haste d’un porc, laquelle
-soit bien lavée et eschaudée, puis rostie comme à demy sur le greil:
-puis minciez par morceaux, puis les mettez en un pot de terre, du sain
-et des oignons couppés par rouelles, et mettez le pot sur le charbon,
-et hochiez souvent. Et quant tout sera bien frit ou cuit, si y mettez
-du boullon de beuf, et faites tout boulir, puis broiez pain halé[913],
-gingembre, graine, saffran, etc., et deffaites de vin et de vinaigre,
-et faites tout boulir, et doit estre brune. (_Brune. Comment sera-elle
-brune, s’il n’y a du pain hallé?_--Item, _je croy qu’elle doit estre
-liant, car je la treuve ou chapitre des potages lians, cy-devant; et
-par ces deux raisons, je croy qu’il y convient du pain harlé pour lier
-et tenir brune_.)
-
-BROUET BLANC. Prenez chapons, poulets ou poucins tués par
-avant de temps convenable, ou tous entiers ou par moitié ou par
-quartiers, et du veel par pièces, et les cuisiez avec du lart en
-l’eaue et au vin: et quant ils seront cuis, si les traiez, puis prenez
-des amandes, si les pelez et broiez et deffaites de l’eaue de vostre
-poulaille, c’est assavoir de la plus clere, sans fondrille ou trouble
-aucun, et puis les coulez par l’estamine; puis prenez gingembre blanc
-paré ou pelé, avec graine de paradis, allayé comme dessus, et coulez à
-une bien déliée estamine, et meslez avec le lait d’amandes. Et si n’est
-assez espois, si coulez de la fleur d’amidon ou ris qui soit boulis, et
-luy donnez goust de vertjus, et y mettez du succre blanc grant foison.
-Et quant l’en aura drécié, si pouldrez par-dessus une espice que l’en
-appelle coriandre vermeille et des grains de la pomme de grenade avec
-dragée et amandes friolées, piquées en chascune escuelle sur le bout.
-Soit veu cy-après à ce propos, de blanc mengier.
-
-BLANC MENGIER de chapons pour malades. Cuisiez-le en eaue tant
-qu’il soit bien cuit, puis broiez amandes grant foison et du braon[914]
-du chapon, et soit bien broyé et deffait de vostre boullon, et passé
-parmy l’estamine: puis mettez bien boulir, tant qu’il soit bien liant
-et espais; puis broyez gingembre blanc paré et les autres espices
-contenues cy-dessus ou brouet blanc.
-
-BROUET D’ALEMAIGNE. Prenez char de connins, de poullaille ou
-de veel, et despeciez par pièces: puis cuis en l’eaue comme à moitié,
-puis friolés au sain de lart; puis aiez de l’oignon menu mincié en
-un pot, sur le charbon, et du sain dedans le pot, et hochez le pot
-souvent: puis broyez gingembre, canelle, graine de paradis, noix
-muguettes, des foies rostis en une brochette sur le gril, et du saffren
-deffait de vertjus, et soit sur le jaune et liant. Et _primo_ pain
-sori sur le gril, broyé et passé par l’estamine: et soit tout avec des
-fueilles de percil mis boulir ensemble ou dit pot et du sucre dedans;
-et au drécier, mettez trois ou quatre morceaulx de vostre grain en
-l’escuelle et du brouet dessus, et du sucre par-dessus le brouet.
-
-(Nota _qu’il fault; car aucuns queux dient que brouet d’Alemaigne
-ne doit point estre jaune, et cestuy dit que si fait[915]. Et
-doncques, s’il doit estre jaune, ne doit mie le saffran estre passé
-par l’estamine, mais doit estre bien broyé et allayé et mis ainsi ou
-potage; car cellui qui est passé, c’est pour donner couleur: celluy qui
-est mis par-dessus, est dit frangié._)
-
-SOUBTIL BROUET D’ANGLETERRE. Prenez chastaignes cuites pelées,
-et autant ou plus de moyeux d’œufs durs et du foye de porc: broyez tout
-ensemble, destrempez d’eaue tiède, puis coulez par l’estamine; puis
-broyez gingembre, canelle, girofle, graine, poivre long, garingal et
-saffran pour donner couleur et faites boulir ensemble[916].
-
-BROUET DE SAVOIE. Prenez chapons ou poulés et faites boulir
-avec du lart bien maigre et les foyes: et quant ce sera demi cuit,
-traiez-les, puis mettez de la mie de pain tremper ou boullon, puis
-broyez gingembre, canelle, saffran, et les ostez; puis broyez les foyes
-et du percil foison, puis coulez, et après broyez et coulez le pain,
-puis boulez tout ensemble[917].
-
-(_Et_ nota _que le saffran fait le brouet jaune, et le percil le fait
-vert: ainsi semble que ce soit mauvaise couleur. Mais il semble que
-la couleur seroit plus certaine se de pain estoit noirci, car le pain
-noirci et saffren font vert, et percil aussi fait vert._)
-
-BROUET DE VERTJUS ET DE POULAILLE. (C’est en esté.) Mettez
-cuire par quartiers vostre poulaille ou du veel ou poucins, en boullon
-ou autre eaue avec du lart, vin et vertjus, et que le goust de vertjus
-passe: puis frisiez vostre grain en bon sain doulx, et aiez moyeux
-d’œufs et pouldre fine batue ensemble et coulez par l’estamine; puis
-filez vos œufs dedans le pot à vostre boullon et à petit fil[918], et
-remuez fort à la cuillier, et que le pot soit arrière du feu: puis aiez
-percil effueillié et vertjus de grain bouly ou boullon de la char,
-dedans la cuillier, et que le pot soit arrière du feu, ou autrement
-bouli en un autre petit pot en eaue clere pour oster la première
-verdeur; puis drécez vostre grain[919], et gettez du potage par-dessus,
-et par-dessus tout mettez vostre percil et vertjus de grain bouly[920].
-
-BROUET VERGAY. Cuisiez telle char comme vous vouldrez en eaue,
-ou un pou de vin, ou en boullon de char, vin et lart pour donner goust,
-puis friolez vostre char, puis broiez gingembre, saffran, percil et un
-petit de sauge, qui veult, et des moyeux d’œufs filez par une cuillier
-pertuisée, tous crus, pour lier, ou pain broyé allayé du boullon, et
-mettre boulir ensemble et du vertjus; et aucuns y mettent du fromage,
-et c’est raison[921].
-
-RAPPÉ. Mettez vostre char cuire, puis la friolez en sain, puis
-broyez graine, gingembre, etc., et deffaites de vertjus: puis aiez pain
-trempé ou boullon de la char, broyé et passé par l’estamine, et mettez
-espices, pain et chaudeau tout boulu ensemble; puis aiez vertjus de
-grain ou groiseilles qui soient boulies une onde en la paelle percée,
-ou en autre eaue ou drapel[922], estamine, ou autrement, c’est assavoir
-pour oster la première verdeur, puis dréciez vostre grain par escuelles
-et du potage dessus, et par-dessus, vostre vertjus de grain.
-
-GENESTE est dit _geneste_ pour ce qu’il est jaune comme fleur
-de geneste, et est jauni de moyeux d’œufs et de saffran, et se fait en
-esté en lieu de civé et est frit[923] comme dit sera cy après, fors
-tant qu’il n’y a nuls oignons.
-
-CIVÉ DE VEEL. Non lavé, non pourbouli, demy cuit en la broche
-ou sur le gril, puis le despeciez par pièces et friolez en sain avec
-grant quantité d’oignons par avant cuis: puis prenez pain roussi
-seulement, ou chappelleures de pain non brûlé, pour ce qu’il seroit
-trop noir pour civé de veel; (jàsoit-ce que icelluy pain roussi seroit
-bon[924] civé de lièvre.) Et soit icelluy pain trempé ou boullon
-de beuf et un petit de vin ou de purée de pois, et en le trempant,
-broyez gingembre, canelle, giroffle, graine de paradis, et du saffran
-largement pour jaunir et pour lui donner couleur, et destrempez de
-vertjus, vin et vinaigre, puis broyez vostre pain et coulez par
-l’estamine: et mettez vos espices, le pain coulé, ou chaudeau, et
-faites tout boulir ensemble; et soit plus sur le jaune que sur le brun,
-agu de vinaigre, et attrempé d’espices.--Et _nota_ qu’il y convient
-largement saffran, et eschever à y mettre noix muguettes ne canelle,
-pour ce qu’ils roussissent.
-
-CIVÉ DE LIÈVRE. Premièrement, fendez le lièvre par la
-poictrine: et s’il est de fresche prise, comme d’un ou de deux jours,
-ne le lavez point, mais le mettez harler sur le greil, _id est_ roidir
-sur bon feu de charbon ou en la broche; puis aiez des oignons cuis et
-du sain en un pot, et mettez vos oignons avec le sain et vostre lièvre
-par morceaulx, et les friolez au feu en hochant le pot très souvent,
-ou le friolez au fer de la paelle. Puis harlez et brûlez du pain et
-trempez en l’eaue de la char avec vinaigre et vin: et aiez avant broyé
-gingembre, graine, giroffle, poivre long, noix muguettes et canelle, et
-soient broyés et destrempés de vertjus et vinaigre ou boullon de char;
-requeilliez, et mettez d’une part. Puis broyez vostre pain, deffaites
-du boullon, et coulez le pain et non les espices par l’estamine, et
-mettez le boullon, les oignons et sain, espices et pain brûlé, tout
-cuire ensemble, et le lièvre aussi; et gardez que le civé soit brun,
-aguisé de vinaigre, attrempé de sel et d’espices.
-
-_Nota._ Vous cognoistrez l’aage d’un lièvre aux trous qui sont dessoubs
-la queue, car pour tant de pertuis tant d’ans.
-
-CIVÉ DE CONNINS comme dessus.
-
-TUILLE DE CHAR. Prenez escrevices cuites, et en ostez la char
-des queues: et le surplus, c’est assavoir coquilles et charquois[925],
-broyez très longuement; et après, ayez amandes sans peler, et soient
-eslites et lavées en eaue chaude comme pois, et avec l’escorce soient
-broyées avec ce que dit est, et avec ce broyez mie de pain sori sur
-le gril. Or devez-vous avoir cuit en eaue en vin et en sel, chapons,
-poucins et poulés despeciés tous crus par quartiers, ou veel despecié
-par morceaulx, et de l’eaue d’icelle cuiture devez destremper et
-deffaire ce que vous avez broyé, puis couler par l’estamine; puis
-rebroyez les relais[926] et coulez arrière: puis gingembre, canelle,
-clou et poivre long destrempé de vertjus sans vinaigre, puis boulez
-tout ensemble. Or soit vostre grain cuit en sain de porc par morceaulx
-ou quartiers, et dréciez vostre grain par escuelles et mettez du potage
-par dessus, et sur le potage, en chascune escuelle, quatre ou cinq
-queues d’escrevices et du sucre par dessus pouldré.
-
-HOUSSEBARRE[927] DE CHAR✝ est fait en haste à un soupper quant gens
-surviennent despourveuement. Pour dix escuelles, prenez vint lesches de
-la char froide de disner et du giste de beuf; et soient les lesches
-petites comme lesches de lart, et les frisiez en sain au fer de la
-paelle. _Item_, ayez de six œufs les moyeux et un petit de vin blanc,
-et soit tout batu ensemble tant comme à ennuy, puis mis avec de l’eaue
-de la char et du vertjus viel et non nouvel, car il tourneroit: et tout
-bouly sans la char; et après dréciez par escuelles, et en chascune
-escuelle deux lesches de char. Aucuns drecent le brouet par escuelles,
-et en un plat, devant quatre personnes, cinq lesches de char et du
-brouet avec; et c’est quant il y a plus de gens et mains de char[928].
-
-HOUSSEBARRE DE POISSON. Aiez des carrelets appareillés et
-lavés, puis séchiés, essuiés entre deux touailles et fris et mis en un
-plat et deux en un autre: qui font deux plats. _Item_, aiez deux onces
-de coriandre et de cercuis non confis, dont l’une[929] couste un blanc,
-et soit broyé et destrempé de vin et vertjus, puis bouli et getté sur
-les deux plats.
-
-POTAGE DE LOMBARS. Quant la char est cuite, si la traiez et
-mettez l’eaue de la char en un autre pot, mais gardez bien que il
-n’y coule ne fondrilles, ne osselets; puis aiez moyeux d’œufs batus
-longuement avec du vertjus et pouldre, et filez dedans le pot en filant
-et en remuant, puis faites vos souppes[930].
-
-
-AUTRES POTAGES LIANS SANS CHAIR.
-
-BROUET VERGAY D’ANGUILLES, escorchiez _i_.[931] estauvez[932]
-ou eschaudez les anguilles et les mettez cuire en l’eaue avec du vin
-par très bien menus morceaulx, puis broyez percil et pain ars, et
-coulez par l’estamine: et aiez avant broyé gingembre paré et saffren,
-et faictes tout boulir ensemble, et à la parfin mettez morceaulx de
-fromage comme dés quarrés[933].
-
-BROUET SARRASINOIS. Escorchiez l’anguille et découppez par
-bien menus tronçons, puis pouldrez de sel et frisiez en huile; puis
-broyez gingembre, canelle, giroffle, graine, garingal, poivre long
-et saffran pour donner couleur, et[934] de vertjus, et boulir tout
-ensemble avec les anguilles qui d’elles mêmes font lioison.
-
-BROUET VERT D’ŒUFS ET DE FROMAGE. Prenez percil et un pou de
-frommage et de sauge et bien pou de saffren, pain trempé, et deffaites
-de purée de pois ou d’eaue boulie, broyez et coulez: et aiez broyé
-gingembre deffait de vin, et mettez boulir; puis mettez du frommage
-dedens et des œufs pochés en eaue, et soit vert gay.--_Item_, aucuns
-n’y mettent point de pain, mais en lieu de pain convient lart.
-
-BROUET D’ALEMAIGNE D’ŒUFS POCHÉS EN HUILLE,[935] puis prenez
-amandes et les pelez, broyez et coulez: mincez oignons par rouelles, et
-soient cuis en eaue, puis fris en huille, et faites tout boulir; puis
-broyez gingembre, canelle, giroffle et un pou de saffran deffait de
-vertjus, et au derrain[936] mettez vos espices ou potage, et boulir un
-boullon, et soit bien liant et non trop jaune.
-
-BROUET BLANC se peut faire des lus, des carpes et des bars,
-comme il est dit cy-dessus de la poulaille.
-
-SORINGUE D’ANGUILLES. Estauvez ou escorchiez, puis tronçonnez
-vos anguilles: puis aiez oignons cuis par rouelles et percil effueillé,
-et mettez tout frire en huille; puis broyez gingembre, canelle,
-giroffle, graine et saffren, et deffaites de vertjus, et ostez du
-mortier. Puis aiez pain harlé broyé et deffait de purée, et coulez
-par l’estamine, puis mettez dedans la purée, et faites boulir tout
-ensemble, et l’assavourez de vin, de vertjus et vinaigre; et soit
-claret[937].
-
-GRAVÉ OU SEYMÉ (car c’est tout un) de loche ou autre poisson
-froit ou chault, soit perche ou autre de ceste nature. Frisiez sans
-farine en huille, puis la tenez devant le feu: mais avant ce, aiez pain
-harlé broyé et deffait d’un petit de vin, d’eaue boulie ou purée, et
-passez par l’estamine, et mettez en un pot; puis affinez gingembre,
-canelle, giroffle, graine et saffren pour donner couleur, deffait de
-vinaigre, et aiez des oignons minciés cuis, et les frisiez[938] en
-huille, puis mettez tout boulir ensemble en un pot avec la purée ou
-eaue boulie, excepté la loche frite de laquelle vous mettez six ou huit
-en l’escuelle ou plus, et du brouet par dessus; et ne soit pas jaune,
-mais roux.
-
-CHAUDUMÉE D’UN BROCHET. _Primo_, à appareillier un brochet,
-luy convient tirer les boyaux par l’oreille, et oste-l’en l’amer, et
-puis reboute-l’en les boyaux dedans, et après l’en les[939] rostit sur
-le greil. Se le brochet est petit, soit rosti tout entier: et s’il est
-plus grandelet, soit encisé en plusieurs lieux au travers, et ainsi
-rosti. Puis aiez saffren largement, poivre long, giroffle et graine, et
-soit tout bien broyé et deffait de vertjus, vin, et vinaigre très-petit
-comme néant, broyé et osté du mortier; puis aiez pain harlé trempé en
-purée de pois ou en eaue de poisson, ou moitié vin moitié vertjus, et
-soit broyé, puis coulé par l’estamine, et tout mis ensemble soit bouly
-et mis en plats sur le brocherel, et soit jaune.
-
-Ainsi se peut faire _galentine de poisson froit_, sauf tant que l’en
-n’y met point de purée, car pour ce[940] ne se garde pas longuement,
-mais y met-l’en de la gresse du poisson.
-
-CIVÉ D’OÏTTRES. Eschaudez et lavez très bien les oïttres,
-les cuisiez pour[941] un seul boullon, et les mettez esgouter, et les
-friolez avec de l’oignon cuit en huille; puis prenez pain harlé ou
-chappelleures grant foison, et mettez tremper en purée de pois ou en
-l’eaue boulie des oïttres et du vin plain[942], et coulez: puis prenez
-canelle, giroffle, poivre long, graine et saffran pour donner couleur,
-broyez et destrempez de vertjus et vinaigre et mettez d’une part; puis
-broyez vostre pain harlé ou chappeleures avec la purée ou eaue des
-oïttres et aussi les oïttres puis qu’elles ne seroient assez cuites.
-
-CIVÉS D’ŒUFS[943]. Pochez œufs à l’uille, puis aiez oignons
-par rouelles cuis, et les friolez à l’uille, puis mettez boulir en vin,
-vertjus et vinaigre, et faites boulir tout ensemble; puis mettez en
-chascune escuelle trois ou quatre œufs, et gettez vostre brouet dessus,
-et soit non liant.
-
-SOUPPE EN MOUSTARDE. Prenez de l’uille en quoy vous avez
-pochés vos œufs, du vin, de l’eaue, et tout boulir en une paelle de
-fer: puis prenez les croustes du pain et les mettez harler sur le gril,
-puis en faittes souppes quarrées, et mettez boulir; puis retraiez
-vostre souppe, et mettez en un plat ressuier: et dedans le boullon
-mettez de la moustarde, et faites boulir. Puis mettez vos souppes par
-escuelles, et versez vostre boullon dessus.
-
-LAIT DE VACHE LIÉ. Soit pris le lait à eslite[944], comme dit
-est cy-devant ou chappitre des potages[945], et soit bouly une onde,
-puis mis hors du feu: puis y filez par l’estamine grant foison de
-moieux d’œufs et ostez le germe, et puis broyez une cloche de gingembre
-et saffren, et mettez dedans, et tenez chaudement emprès le feu; puis
-ayez des œufs pochés en eaue et mettez deux ou trois œufs pochés en
-l’escuelle, et le lait dessus.
-
-ESPIMBÈCHE DE ROUGETS. Espaulez[946], pourboulez et rosticiez
-vos rougets: puis aiez vertjus et pouldre, cameline et percil: tout
-bouly ensemble, et gettez sus.
-
-POTAGE JAUNET OU SAUSSE JAUNETTE sur poisson froit ou chault.
-Frisiez en huille, sans point de farine, loche, perche pelée ou autre
-de ceste nature, puis broyez amandes, et deffaites le plus de vin et de
-vertjus et coulez, et mettez au feu: puis broyez gingembre, giroffle,
-graine et saffren, et deffaites de vostre boullon, et quant le potage
-aura bouly, mettez vos espices; et au drécier mettez du sucre, et soit
-liant.
-
-MILLET. Lavez-le en trois paires d’eaue et puis le mettez en
-une paelle de fer sécher sur le feu, et hochiez bien, qu’il n’arde;
-et puis le mettez en lait de vache frémiant, et n’y mettez point la
-cuillier jusques à tant qu’il ait bien bouly, et puis le mettez jus de
-dessus le feu[947], et le batez du dos de la cuillier[948] tant qu’il
-soit bien espois.
-
-La nature du lait est telle que se le lait est trait et mis en un très
-bel et net vaissel de terre ou de bois ou d’estain et non mie d’arain
-ne de cuivre, et en iceulx vaiseaulx le tenir en repos sans remuer ou
-changier en divers vaisseaulx, ne transporter çà ne là, il se garde
-bien jour et demi ou deux jours, et ne se tourne point au boulir, mais
-que l’en le remue quant il s’esmeut au boulir; et n’y convient point
-mettre de sel jusques au descendre du feu, ou au moins quant l’en y
-veult mettre les souppes, et y puet-on mettre des souppes de pain levé
-ou autre, que jà ne se tournera puis que le lait sera ainsi gouverné
-comme dit est.--_Item_, et se le lait n’est frais ou que tu aies doubte
-qu’il ne tourne en la paelle, si y met un petit de fleur[949] et le
-mouveras très bien, et jà ne se tournera. Et se tu en veulx faire
-boulie, si desmelle _primo_ ta fleur et ton lait et du sel, puis met
-boulir et le muef[950] très bien. Et se tu en veulx faire potage,
-si y met pour chascune pinte de lait les moyeux de demy quarteron
-d’œufs, les germes ostés, très bien batus ensemble à part eulx, et
-puis rebattus avec du lait; et puis tout filé en la paelle, et puis
-très bien remué le lait qui bout: puis faire souppes. Et qui veult une
-cloche de gingembre et du saffran, _fiat_.
-
-
-ROST DE CHAR.
-
-LANGUE DE BEUF fresche soit parboulie, pelée, lardée et
-rostie, et mengée à la cameline.
-
-_Item_, est assavoir que la langue du vieil vault mieulx que la langue
-du jeune beuf, si comme aucuns dient; autres dient le contraire.
-
-En Gascongne, quant il commence à faire froit, ils achètent des
-langues, les parboullissent et pelent, et puis les salent l’une sur
-l’autre en un salouer et laissent huit jours, puis les pendent à la
-cheminée tout l’iver, et en esté, hault, à sec; et ainsi se gardent
-bien dix ans. Et puis sont cuites en eaue et vin qui veult, et mengées
-à la moustarde.
-
-_Aliter_, langue de beuf vieil soit parboulie, pelée et nettoiée: puis
-embrochée, boutonnée de clous de giroffle, rostie, et mengée à la
-cameline.
-
-ALLOUYAUX DE BEUF. Faictes lesches de la char du trumel, et
-enveloppez dedens mouelle et gresse de beuf: embrochiez, rostissiez et
-mengiez au sel.
-
-MOUTON ROSTI au sel menu ou au vertjus et vinaigre. L’espaule
-soit première embrochée et tournée devant le feu jusques à ce qu’elle
-ait getté sa gresse, puis soit lardée de percil[951]: et non plus tost
-pour deux causes, l’une car adonc elle est meilleur à larder, l’autre
-car qui plus tost la larderoit, le percil s’ardroit avant que l’espaule
-fust rostie.
-
-Porc eschaudé, rosty en la broche: et mettre du sain doulx en la
-paelle, et au bout d’un baston avoir des plumes, et oindre l’escorce
-ou couanne du porc afin qu’elle ne s’arde et endurcisse ou larder. Et
-autel convient-il faire à un cochon[952], ou le larder; et est mengié
-au vertjus de grain ou vertjus vieil et ciboule.
-
-POURCELET FARCI. Le pourcelet tué et acouré[953] par la gorge
-soit eschaudé en eaue boulant, puis pelé: puis prenez de la char meigre
-de porc, et ostez le gras et les issues du pourcelet et mettez cuire en
-l’eaue, et prenez vint œufs et les cuisiez durs, et des chastaingnes
-cuites en l’eaue et pelées: puis prenez les moyeux des œufs,
-chastaingnes, fin fromage vieil, et char d’un cuissot de porc cuit, et
-en hachez, puis broyez avec du saffran et pouldre de gingembre grant
-foison entremellée parmy la char; et se vostre char revient trop dure,
-si l’alaiez de moyeux d’œufs. Et ne fendez pas vostre cochon parmy le
-ventre, mais parmy le cousté le plus petit trou que vous pourrez: puis
-le mettez en broche, et après boutez vostre farce dedans, et recousez
-à une grosse aguille; et soit mengié ou au poivre jaunet se c’est en
-yver, ou à la cameline se c’est en esté.
-
-_Nota_ que j’ay bien veu pourcelet lardé, et est très bon. Et ainsi le
-fait-l’en maintenant et des pigons aussi.
-
-CONNINS pourboulis, lardés, en rost, à la cameline.
-
-L’en scet bien se un connin est gras etc.[954]
-
-VEEL ROSTY. Soit harlé au feu en la broche et sans laver, puis
-lardé, rosti, et mengié à la cameline. Aucuns le pourboulent, lardent,
-puis embrochent. Ainsi le souloit[955]-l’en faire.
-
-CHEVREAULX, AGNEAULX. Boutez en eaue boullant et tirez
-hors tantost, et harlez en la broche; puis rostis et mengiés à la
-cameline[956].
-
-BOURBELIER DE SANGLIER[957]. _Primo_ le convient mettre en
-eaue boulant, et bien tost retraire et boutonner de giroffle; mettre
-rostir, et baciner[958] de sausse faicte d’espices, c’est assavoir
-gingembre, canelle, giroffle, graine, poivre long et noix muguettes,
-destrempé de vertjus, vin et vinaigre, et sans boulir l’en baciner;
-et quant il sera rosti, si boulez tout ensemble. Et ceste sausse est
-appellée _queue de sanglier_[959], et la trouverez cy-après (_et là il
-la fait liant de pain: et cy, non_).
-
-POUR CONTREFAIRE D’UNE PIÈCE DE BEUF, VENOISON D’OURS. Prenez
-de là pièce d’emprès le flanchet, et soit tronçonnée par gros tronçons
-comme bouly lardé, puis pourbouli, lardé et rosti: et puis boulez une
-queue de sanglier[960] et mettez vostre grain[961] peu boulir, et
-gettez sausse et tout en un plat.
-
-Toute venoison fresche sans baciner se mengue à la cameline.
-
-OÉS rosties à l’aillet blanc en yver, ou à la jance.
-
-Et _nota_ que en Aoust et Septembre, quant les oisons sont aussi grans
-comme père et mère, l’en congnoist les jeunes à ce que quant l’en
-appuie son poulce sur leur becq, il fond soubs le poulce, et aux autres
-non.
-
-_Item_, _nota_ que oisons mis en mue, se ils sont bien petis, ils
-engressent jusques au neuvième jour, et après amaigrissent: mais les
-oés engressent toujours sans défrire[962]; et soit l’un, soit l’autre,
-il les convient tenir seichement et garder de mouillier leurs piés, ne
-estre sur lictière moitte, mais finement seiche, et garder de baigner
-ne mengier verdure, et ne voient point de clarté, et soient peus de
-fourment cuit, et abeuvrés de lait meigre ou de l’eaue en quoy le
-fourment aura cuit, et ne leur convient donner autre buvrage, et soient
-peus de bonne avoine.
-
-A Paris, les oiers engressent leurs oisons de farine etc.[963]
-
-CHAPONS, GÉLINES, faisandés de deux ou de trois jours,
-embrochiés, flambés, et rostis, mettez au vertjus avec leur gresse;
-bouly, à la poictevine ou à la jance.
-
-POUCINS gros comme hétoudeaux[964] en Juillet, tués deux
-jours devant, et rostis, flambés, mengiés au moust qui se fait en tout
-temps de vin, vertjus et foison sucre.
-
-Pour les faisander, il les convient saigner, et incontinent les mettre
-et faire morir en un seel d’eaue froide, et tantost remettre en un
-aultre seel d’eaue très froide, et il sera faisandé ce matin mesmes
-comme de deux jours tué[965].
-
-MENUS OISEAULX. Plumez à sec et laissiez les piés, et
-embrochiez parmy le corps: et entre deux mettre une pièce de lart gras
-tanné[966] comme une fueille.
-
-MALARS DE RIVIÈRE. En yver, quant les jeunes etc.[967]
-
-_Item_, malars de rivière plumez à sec, puis mettre sur la flambe:
-ostez la teste et la gettez, et laissiez les piés; puis mettez en
-broche et une leschefrite dessoubs pour requeillir la gresse, et mettre
-des oignons dedans qui se frisent en la gresse. Et quant l’oisel est
-cuit, mettez du lart et du percil en la leschefrite, et boulez tout
-ensemble, et des tostées dedans, et l’oisel par pièces; ou soit mengié
-au sel menu.
-
-_Item_, autrement se peut faire. Mettez en la leschefrite des oignons
-comme dit est, et quant l’oisel sera cuit, si mettez en la leschefrite
-un petit de vertjus et moitié vin, moitié vinaigre, et tout bouli
-ensemble, et après mis la tostée. Et ceste derrenière sausse est
-appellée _le Saupiquet_.
-
-PAON, _Faisans_, _Cigoignes_, _Héron_, _Outardes_, _Grues_,
-_Gentes_, _Butor_, _Cormorant_, soient plumés à sec ou saignés comme le
-cigne, et laissez à ceulx à qui il appartient les testes et queues, et
-aux autres testes et piés[968]: et du surplus comme du cigne.
-
-_Item_, au faisant à qui l’en oste la queue, l’en luy reboute deux ou
-trois plumes quant il est rosty, mais atourné[969].
-
-COULONS RAMIERS sont bons en yver; et congnoist-l’en les viels
-à ce qu’ils ont les venneaux des esles tout d’une couleur noire, et
-les jeunes qui sont de celluy an ont le bout des venneaux cendrés et
-le surplus noir comme les autres[970]; et sont bons en pasté, à la
-cameline frois, ou tous chaulx à la sausse d’oiseaulx de rivière, ou
-rostis longuement comme beuf et mengiés au sel, ou à la dodine, par
-pièces, en un plat, comme oiseaulx de rivière.
-
-_Nota_ que à Bésiers, l’en vent de deux paires[971] de coulons ramiers,
-les uns petis, et ceulx ne sont pas les meilleurs, car les grans
-sont de meilleur saveur et menguent le glan au bois comme font les
-pourceaulx; et les mengue-l’en au boussac comme un connin, et mis par
-quartiers: et aucunes fois à la sausse des halebrans, et en rost à la
-dodine; ou qui en veult garder, soient mis en pasté lardés. Et sont en
-saison de la Saint-Andry jusques en karesme, et ne viennent fors de
-trois ans en trois ans.
-
-PLOUVIERS ET VIDECOQS. Plumer à sec, bruler et laissier les
-piés; rostir et mengier au sel.
-
-Et _nota_ que trois paires d’oiseaulx sont, que les aucuns queux
-rostissent sans effondrer; _scilicet_ aloés, turtres et plouviers,
-pour ce que leurs bouyaulx sont gras et sans ordure, car aloés ne
-menguent fors pierettes et sablon: turtres, graine de genèvre et herbes
-souef-flairans: et plouviers vent[972].
-
-Perdrix s’adouent vers la my Février, et adonc s’envolent deux et deux:
-et en Pasqueret se doivent cuire en l’eaue, avec char de beuf, un
-boullon largement; puis les tirer et rostir.
-
-_Item_, les perdris qui ont les plumes etc[973].
-
-_Item_, perdrix se doivent plumer à sec, et copper les ongles et la
-teste, reffaire en eaue boulant, puis boutonner de venoison qui en a,
-ou lart, et mengier au sel menu, ou à l’eaue froide et eaue rose et un
-petit de vin, ou en eaue rose les trois pars, jus de pomme d’orenge et
-vin, le quart[974].
-
-CIGNE. Plumez comme un poucin ou une oé, eschaudez, ou
-reffait; embrochiez, arçonnez[975] en quatre lieux, et rostissiez à
-tout les piés et bec tout entier, et la teste sans plumer; et mengié au
-poivre jaunet.
-
-_Item_, qui veult, l’en le dore.
-
-_Item_, au tuer, soit fendu de la teste jusques aux espaules.
-
-_Item_, sont aucune fois escorchiés et revestus.
-
-CIGNE REVESTU en sa pel à toute la plume. Prenez-la et
-l’enflez par entre les espaules, et le fendez au long du ventre: puis
-ostez la pel à tout le col couppé emprès les espaules, tenant au corps
-les piés; puis mettre en broche, et l’arçonnez et dorez. Et quant il
-sera cuit, soit revestu en sa pel, et que le col soit bien droit ou
-plat; et soit mengié au poivre jaunet[976].
-
-
-PASTÉS.
-
-POUCINS soient mis en pasté, le dos dessoubs et la poictrine
-dessus, et larges lesches de lart sur la poictrine; et puis couvers.
-
-_Item_, à la mode Lombarde, quant les poucins sont plumés et
-appareillés, aiez œufs batus, c’est assavoir moyeux et aubuns[977],
-avec vertjus et pouldre, et mouillez vos poucins dedans: puis mettez en
-pasté[978] et des lesches de lart comme dessus.
-
-CHAMPIGNONS d’une nuit sont les meilleurs, et sont petits et
-vermeils dedans, clos dessus: et les convient peler, puis laver en
-eaue chaude et pourboulir; qui en veult mettre en pasté, si y mette de
-l’uille, du frommage et de la pouldre.
-
-_Item_, mettez-les entre deux plats sur charbons, et mettez un petit de
-sel, du frommage et de la pouldre. L’en les treuve en la fin de May et
-en Juin.
-
-ESCHEROYS[979]. Lavez-les en deux ou en trois paires d’eaues
-chaudes, puis les enfarinez et frisiez en huille.
-
-_Item_, après ce, aucuns les mettent en pasté avec grant foison
-d’oignons et tronçons de harenc ou d’anguille et pouldre.
-
-_Nota._ Pastés doivent estre au large et la viande à large dedans.
-
-PASTÉS DE VENOISON FRESCHE. Il convient à venoison pourboulir
-et escumer, puis larder et faire pastés: et ainsi se font pastés de
-toute venoison fresche; et se doit tailler à grans lopins comme billes,
-et pour ce dit-l’en _pasté de bouly lardé_.
-
-PASTÉS DE BEUF. Aiez bon beuf et jeune et en ostez toute la
-gresse, et le meigre soit mis par morceaulx cuire un boullon, et après
-porté sur[980] le pastissier hachier: et la gresse avec mouelle de beuf.
-
-La char d’une joe de beuf trenchée par lesches et mise en pasté;
-et puis quant le pasté est cuit, convient getter de la sausse d’un
-halebran dedans.
-
-PASTÉS DE MOUTON. Bien hachiés menus avec des ciboules.
-
-PASTÉS DE VEAU. Prenez de la rouelle de la cuisse, et convient
-mettre avec, près d’autant de gresse de beuf; et de ce fait-l’en six
-bons pastés d’assiette[981].
-
-
-POISSON D’EAUE DOULCE.
-
-A cuire poisson convient premièrement mettre l’eaue frémir et du sel,
-et puis mettre les testes boulir un petit, puis les queues, et boulir
-ensemble, et puis le remenant.
-
-Tout poisson freschement mort est ferme sur le poulce et dur, et a
-l’oreille vermeille; et s’il est vieil mort, _secus_.
-
-BAR soit en eaue cuit, et mengié à la sausse vert.
-
-BARBELET[982] en esté soit cuit en eaue et le tiers vin,
-foison percil et oseille, et cuire longuement: et il sera ferme.
-
-BARBILLONS rostis au vertjus, les petis en yver au potage ou à
-la jance fris; _item_, en yver, au poivre aigret ou jaunet, car c’est
-tout un.
-
-PERCHE soit sans escharder[983] cuite en eaue, et puis soit
-pelée: au vinaigre et au percil soit mise; la frite soit mise au
-gravé[984].
-
-TANCHE eschaudée, et osté le limon comme d’une anguille,
-puis soit cuite en eaue: mengée à la sausse vert. La frite en potage;
-la renversée, rostie et pouldrée de pouldre de canelle, et puis soit
-plungée en vinaigre et huille tandis que l’en la rostira, et mengée à
-la cameline. Et notez que à la renverser, il la convient fendre au long
-du dos, teste et tout, puis renverser, et mettre une essaule[985] entre
-les deux couannes, puis lier de fil et rostir.
-
-BRESME soit cuite en eaue, mengée à la sausse vert: et la
-rostie au vertjus[986].
-
-LUS[987] se doit cuire en eaue frémiant et un petit de vin,
-et mettre la teste premièrement et puis la queue, et faire boulir une
-onde: puis mettre le remenant. Lus se mengue à la sausse vert quant il
-est cuit en eaue. Aucunes fois l’en en fait potage, et est frit aucunes
-fois; le frit est mengié à la jance.
-
-D’un lus on en peut mengier la moitié cuite en eaue, et l’autre moitié
-salée d’un jour ou de deux jours, voire de huit jours, mais en ce cas
-l’en le doit mettre tremper pour dessaller, puis pourboulir et après
-esgouter, puis frire et mengier à la jance. Quant du lus frais est
-demouré de disner, au souper l’en en fait charpie.
-
-BROCHET est bon au chaudumé.
-
-Des brochets le laitié vault mieux que l’ouvé, se ce n’est quant l’en
-veult faire roissolles, car de l’ouvé broyé l’en fait roissoles.
-
-ALOZE salée, cuite en l’eaue et mengée à la moustarde ou
-au vin et à la ciboule. La fresche[988] entre en saison en Mars. La
-convient appareillier par l’oreille, escharder, cuire en eaue, et
-mengier à la cameline; et celle qui sera en pasté, convient premier
-escharder, puis mettre en pasté et de la cameline bien clère dedans le
-pasté quant il est presque cuit, et icelle sausse faire boulir. _Item_,
-aloze appareilliée comme dessus, sans escharder, puis rostir au four
-avec percil et moitié vertjus, l’autre moitié vin et vinaigre[989]; et
-est en saison depuis Février jusques en Juin.
-
-FUITES[990] comme alozes.
-
-CARPES. Aucuns aiment mieulx la laictié que l’ouvée, _et e
-contrario_. Et _nota_ que la brehaigne[991] vault mieulx que nulle des
-deux autres.
-
-La carpe qui a l’escaille blanche etc.[992]
-
-_Item_, à l’appareillier, ostez-luy l’amer qui est droitement ou
-gouttron[993] de la gorge, et ce fait, l’en peut mettre cuire la teste
-toute entière, et elle se cuira tout nettement; et se l’amer n’en
-estoit osté, la teste demourroit tousjours sanglante et amère. Et pour
-ce, quant l’amer n’est osté entier et sans crever, l’en doit tantost
-laver la place et frotter de sel, et se l’amer est osté entier, l’en
-ne doit point laver la teste ne autre chose, mais convient mettre
-premièrement boulir la teste et assez tost après la queue, et puis
-après le remenant, et tout à petit feu.[994] La carpe cuite se mengue à
-la sausse vert, et se demourant en y a, l’en en met en galentine.
-
-_Item_, CARPE A L’ESTOUFFÉE. _Primo_, mettez des oignons
-minciés en un pot cuire avec de l’eaue, et quant les oignons seront
-bien cuis, gettez la teste et assez tost après la queue dedans, et
-assez tost après les tronçons, et couvrez fort sans ce qu’il en ysse
-point d’alaine[995]. Et quant elle sera cuite, si aiez fait vostre
-affaitement de gingembre, canelle et saffran, allayé de vin et un petit
-de vertjus, c’est assavoir le tiers, et faites tout boulir ensemble, et
-bien couvert; et puis dréciez par escuelles[996].
-
-_Nota_ que les Alemans dient des François qu’ils se mettent en grant
-péril de mengier leurs carpes si pou cuites. Et a-l’en veu que se
-François et Alemans ont un queux François qui leur cuise carpes,
-icelles carpes cuites à la guise de France, les Alemans prendront leur
-part et la feront recuire plus assez que devant, et les François non.
-
-TRUITTES. Leur saison commence en May. (_Item, leur saison est
-de Mars jusques en Septembre._) Les blanches etc.[997] La truitte qui
-ou palais a deux petites veines noires, est vermeille.
-
-Truitte soit cuite en eaue et foison vin vermeil, doit estre mengiée à
-la cameline et doit estre mise cuire par tronçons de deux dois. A jour
-de char, en pasté, l’en les doit couvrir de larges lardons[998].
-
-ANGUILLES. Celle qui a la menue teste, becque etc.[999]
-
-Anguillettes fresches estauvées et tronçonnées, cuites en eaue avec
-foison de percil, puis mettre du frommage lesche: puis traiez les
-tronçons, et faites souppes, et en chascune escuelle quatre tronçons;
-ou cuire des oignons, puis cuites en celle eaue, et un petit d’espices
-et saffran[1000] et oignons en un pot, et faire la souppe.
-
-Grosse anguille cuite en l’eaue et au percil se mengue aux aillets
-blans; en pasté, du frommage et de la pouldre fine. La grosse,
-renversée[1001], à la sausse chaude comme une lamproie.
-
-Se vous voulez garder anguille, faites-la mourir en sel, et la laissiez
-trois jours naturels toute entière: puis soit eschaudée, osté le
-limon, trenchée par tronçons, cuite en l’eaue et la ciboule, et en la
-parfin mettez du vin. Et se vous la voulez saler du matin au soir,
-appareilliez-la et la tronçonnez, et mettez les tronçons en gros sel;
-et se vous la voulez plus avancier, broyez sel noir[1002] et frottez
-chascune coppure du tronçon, et avec ce, la hochiez en sel entre deux
-escuelles[1003].
-
-ANGUILLE RENVERSÉE. Prenez une grosse anguille et l’estauvez,
-puis la fendez par le dos au long de l’areste d’un costé et d’autre,
-en telle manière que vous ostiez d’une part l’areste, queue et teste
-tout ensemble, puis lavez et ploiez icelle à l’envers, c’est assavoir
-la char par dehors, et soit liée loing à loing: et la mettez cuire
-en vin vermeil, puis la traiez et couppez le fil à un coustel ou
-forcettes[1004], et mettez reffroidier sur une touaille; puis aiez
-gingembre, canelle, clo de giroffle, fleur de canelle, graine, noix
-muguettes[1005], et broyez et mettez d’une part: puis aiez pain brulé
-et broyez très bien, et ne soit point coulé, mais deffaites du vin
-où l’anguille aura cuit, et boulez tout en une paelle de fer, et y
-mettez du vertjus, du vin[1006], et du vinaigre[1007], et gettez sur
-l’anguille[1008].
-
-PINPERNAUX ont luisant et deliée pel et ne sont point
-limonneux comme sont anguilles. L’en les doit eschauder et rostir sans
-effondrer, _scilicet_ les frais, et les salés qui sont séchés, rostir
-et mengier au vertjus[1009].
-
-LOCHE cuite en eaue au percil et au bon frommage, mengée à la
-moustarde. La frite, en potage et à l’aillet vert. La cuite en l’eaue,
-à la moustarde soit mengée: et au frire soit effleurée[1010] celle qui
-sera frite.
-
-GAYMEAU cuit en l’eaue, mengié à la moustarde: ou qui veult, à
-l’aillet vert.
-
-LAMPROYONS rostis verdelets, mengiés à la sausse chaude comme
-cy dessoubs sera dit à la lamproye; et se ils sont cuis en eaue, soient
-mengiés à la moustarde: et se ils sont cuis en pasté, gettez la sausse
-chaude dessus les pastés, et faites boulir[1011].
-
-LAMPROIES. Il est assavoir que les aucuns saignent la lamproie
-avant ce que ils les estauvent, et aucuns les estauvent avant ce qu’ils
-les saignent ne eschaudent. Pour la saigner, premièrement lavez très
-bien vos mains, puis fendez-lui la gueule parmy le menton, _id est_
-joignant du baulièvre, et boutez vostre doit dedens et arrachez la
-langue, et faites la lemproie saignier en un plat, et lui boutez une
-petite brochette dedans la gueule pour la faire mieulx saigner. Et se
-vos dois ou vos mains sont touilliés de sang, si les lavez, et la plaie
-aussi, de vinaigre, et faites couler dedans le plat, et gardez ce sang,
-car c’est la gresse.
-
-Quant à l’estauver, aiez de l’eaue chauffée, sur le feu, frémiant,
-et l’estauvez comme une anguille: d’un coustel non pointu luy pelez
-et ratissiez la gueulle par dedens, et gettez hors les riffleures,
-puis l’embrochiez et faites rostir verdelette. Et pour faire la
-boe[1012], prenez gingembre, canelle, poivre long, graine et une
-noix muguette, et broyez et mettez d’une part: puis aiez du pain
-brulé tant qu’il soit noir, et le broyez et deffaites de vinaigre et
-le coulez par l’estamine; puis mettez boulir le sang, vos espices et
-le pain, tout ensemble, un boullon tant seulement, et se le vinaigre
-est trop fort, si le attrempez de vin ou de vertjus; et adonc c’est
-boue: et est noire, espoisse à point et non pas trop, et le vinaigre
-un pou passant[1013], et salé un petit; puis versez tout chault sur la
-lamproye, et laissiez suer[1014].
-
-_Item_, l’en peut faire autre sausse plus briefve. Prenez le sang et du
-vinaigre et du sel, et quant la lamproie sera rostie verdelette, boulez
-icelle sausse un bouillon seulement et gettez sur vostre lamproye, et
-laissiez suer entre deux plats.
-
-_Item_, LAMPROIE BOULIE. Saignez-la comme devant est dit, et
-gardez le sang: puis la mettez cuire en vinaigre et en vin plain[1015]
-et un pou d’eaue, et quant elle sera cuite verdelette, si la traiez
-hors du feu et la mettez reffroidier sur une nappe; puis prenez pain
-brulé et deffaites de vostre boullon et coulez parmi une estamine, et
-puis mettez boulir le sang avec, et mouvez bien qu’il n’arde: et quant
-il sera bouly, si versez en un mortier ou en une jatte nette, et mouvez
-tousjours jusques à tant qu’il soit reffroidié; puis broyez gingembre,
-canelle, fleur de canelle, giroffle, graine de paradis, noix muguettes
-et poivre long, et deffaites de vostre boullon, et mettez dedans un
-plat comme dit est devant; et doit estre noir[1016].
-
-_Item_, LAMPROIE A L’ESTOUFFÉE. Ostez le sang de la lamproye
-comme dessus, puis l’estauvez en eaue bien chaude. Après ce, ayez
-vostre sausse preste de boulir, et soit clere, et mettez vostre
-lamproye en un pot et vostre sausse dessus, et faites très bien couvrir
-d’un couvescle bien joignant et juste, et faites boulir; puis retournez
-une fois la lamproie ce dessus dessoubs[1017] ou pot, et faites cuire
-verdelette. Et s’elle ne moulle toute en sausse, il n’y a pas péril,
-mais que le pot soit bien couvert; puis la mettez toute entière en un
-plat sur la table[1018].
-
-ESCREVICES cuites en l’eaue et en vin, mengées au vinaigre.
-
-ABLES cuites en l’eaue et au percil, mengées à la moustarde.
-
-GARDONS ET ROSSES[1019]. C’est friture, et les convient
-effonder, puis enfleurer, puis frire; mengier à la sausse vert[1020].
-
-VENDOISES comme dessus, ou rosties sans escharder[1021],
-et mengier au vertjus d’ozeille; et est assavoir que vendoises sont
-assez plus grans que ables, et sont rondes plus que gardons[1022], car
-gardons sont plas.
-
-
-POISSON DE MER RONT.
-
-Poisson de mer ront en yver, et le plat en esté.
-
-_Nota_ que nulle marée n’est bonne quant elle est chassée par temps
-pluyeulx ou moicte.
-
-BRETTE[1023] affaitié comme un rouget, cuite comme une raye,
-et ainsi pelée: mengée aux aulx camelins. Et est la brette aussi comme
-chien de mer, mais brette est plus petite et plus doulce et meilleure,
-et dit-l’en que c’est la femelle du chien: et est brune sur le dos, et
-le chien est roux.
-
-CHIEN DE MER comme la brette. Et _nota_ que de l’un et de
-l’autre le foie est bon à mettre en pasté, et de la pouldre fine parmy;
-et aucuns y mettent du frommage, et est bon.
-
-MULET est dit _migon_[1024] en Languedoc, et est eschardé
-comme une carpe, puis effondré au long du ventre, cuit en l’eaue, et du
-percil dessus, puis reffroidié en son eaue; et puis mengié à la sausse
-vert, et meilleur à l’orenge. _Item_, il est bon en pasté.
-
-MORUE n’est point dicte à Tournay s’elle n’est salée, car la
-fresche est dicte _cableaux_[1025], et, se mengue et est cuite comme
-dit sera cy-après de morue.
-
-_Item_, quant icelle morue est prise ès marches de la mer, et l’en
-veult icelle garder dix ou douze ans, l’en l’effondre, et luy oste-l’en
-la teste, et est seichée à l’air et au soleil, et non mie au feu ou à
-la fumée; et ce fait, elle est nommée _stofix_[1026]. Et quant l’en
-l’a tant gardée et l’en la veult mengier, il la convient batre d’un
-maillet de bois bien une heure, et puis mettre tremper en eaue tiède
-bien douze heures ou plus, puis cuire et escumer très bien comme beuf;
-puis mengier à la moustarde ou mengier trempée au beurre. Et se rien
-en demeure au soir, soit par pièces petites comme charpie frit, et mis
-pouldre dessus.
-
-Aussi de morue fresche, s’aucune partie en demeure pour le soir ou
-pour l’endemain[1027], faictes-en de la charpie et le frisez à pou de
-beurre, et puis ostez de la paelle, et puis vuidiez tout le beurre que
-riens n’y demeure, et la refrisiez à sec, et filez pardessus des œufs
-batus: puis mettez en plateaux ou escuelles et pouldre fine pardessus.
-Et s’il n’y a œufs, si se fait-il bien[1028].
-
-Morue fresche, appareillée et cuite comme gournaut et du vin blanc au
-cuire, et mengée à la jance; et la salée, mengée au beurre ou mengée
-à la moustarde. La salée, pou trempée, sent trop le sel, et la trop
-trempée n’est pas bonne; et pour ce, qui l’achaitte, doit essaier à la
-dent et en mengier un petit[1029].
-
-MAQUEREL frais entre en saison en Juin, jàsoit-ce que l’en en
-treuve dès le mois de Mars. Affaitiez par l’oreille, puis l’essuiez
-d’un net torchon, et sans laver aucunement soit mis rostir, puis mengié
-à la cameline ou à sel menu; et salé, au vin et à l’eschaloigne[1030].
-Et si en met-on en pasté, et pouldre dessus[1031].
-
-Ton est un poisson qui est trouvé en la mer ou estans marinaulx des
-parties de Languedoc, et n’a aucunes arestes fors l’eschine, et a dure
-pel, et se doit cuire en eaue et se mengue au poivre jaunet[1032].
-
-LANGOUSTES sont grans escrevices, et sont bonnes cuites en
-l’eaue, et leur convient estouper d’estoupes la queue par où l’en l’a
-vuidée et aussi la gueule et les piés qui sont rompus, et tous les
-autres lieux par lesquels aucune liqueur puisse yssir de son corps, et
-puis cuire en l’eaue ou en four, et mengié au vinaigre. Toutesvoies,
-qui la veult rostir au four, il ne la convient jà estouper, mais
-souffit qu’elle soit mise cuire enverse[1033].
-
-CONGRE. Eschaudez-le et estauvez comme une anguille, puis
-mis en la paelle et salé comme le rouget, et le cuisiez longuement
-comme beuf; et en la parfin mettre boulir avec du percil, puis le
-laissiez[1034] refaire en son eaue, puis dréciez et mengiez à la sausse
-vert. Aucuns le mettent roussir sur le gril[1035].
-
-TUMBE[1036], ROUGET, GOURNAUT,
-GRIMONDIN, soient affaitiés par le ventre et lavés très bien,
-puis soient mis en la paelle et du sel pardessus, et puis l’eaue
-froide; (et ainsi est-il du poisson de mer, jàsoit-ce que poisson
-d’eaue doulce il convient premièrement que l’eaue soit frémiant),
-puis soient cuis à petit feu, et mis hors de dessus le feu; laissiez
-reffaire en leur eaue et mengiez à la cameline. Toutesvoies, les
-grimondins, en esté, fendus sont au long du dos par les espaules,
-rostis sur le greil[1037] et arrousés de beurre et mengiés au
-vertjus. _Nota_ que tumbe est le plus grant, et sont prises en la mer
-d’Angleterre. Gournaut est le plus grant après, et sont toutes ces
-deux espèces de couleur tannée[1038]. Le rouget est le plus petit et
-le plus rouge, et le grimondin est le mendre de tous et est tanné,
-tavellé[1039], et de diverses couleurs; et tous sont comme d’une nature
-et d’une saveur.
-
-_Item_, rougets sont bons au chaudumé de vertjus de pouldre et de
-saffran.
-
-SAUMON frais soit baconné[1040], et gardez l’eschine pour
-rostir; puis despeciez par dales cuites en eaue, et du vin et du sel au
-cuire; mengié au poivre jaunet ou à la cameline et en pasté, qui veult,
-pouldré[1041] d’espices; et se le saumon est salé, soit mengié au vin
-et à la ciboule par rouelles[1042].
-
-AIGREFIN appareillié comme le rouget, et le convient un pou
-laissier froidir en son eaue, et soit mengié à la jance[1043].
-
-ORFIN affaitié par l’oreille, cuit en l’eaue, mengié à la
-cameline: ou mis par tronçons, et sur les tronçons mettre pouldre fine
-et huille d’olive[1044].
-
-PORC DE MER, MARSOUIN, POURPOIS[1045] est
-tout un, et le poisson entier doit estre fendu par le ventre comme un
-pourcel; et du foye et fressure l’en fait brouet et potage comme d’un
-porc. _Item_, l’en le despièce et fend comme un porc, par le dos, et
-aucunes fois est rosti en la broche à toute sa couanne, et puis mengié
-à la sausse chaude comme brulis[1046] en yver. Autrement, est cuit en
-eaue et mis du vin avec, puis de la pouldre et du saffran, et mis en un
-plat dedans son eaue comme venoison; puis broyez gingembre, canelle,
-giroffle, graine, poivre long et saffran, et deffaites de vostre
-boullon, et mettez hors du mortier d’une part; _item_, broyez pain
-harlé, deffait de l’eaue de vostre poisson et coulé par l’estamine,
-et faictes boulir tout ensemble, et soit claret; puis dréciez comme
-venoison. Ou faites poivre noir, et soit vostre poisson, sans laver,
-cuit moitié eaue moitié vin, et mis en plas: et gettez vostre sausse
-dessus comme galentine, et dréciez. Et quant vous en vouldrez mengier,
-prenez un petit de la sauce qui est froide, et mettez ou eaue de char,
-ou de celle mesmes, ou vinaigre _et similia_, et mettez sur le feu en
-une escuelle chauffer[1047].
-
-MERLUS doit estre despecié par morceaux quarrés comme
-eschiquier, puis tremper une nuit seulement, puis le oster hors de
-l’eaue, et après mettez séchier sur une touaille; puis mettez vostre
-huille boulir, puis frisiez à pou d’huille vos pièces de merlus, et
-mengiez à la moustarde ou à jance d’aulx. Merlus est fait, ce semble,
-de morue[1048].
-
-ESTURGON. Eschaudez, ostez le limon, couppez la teste et
-la fendez en deux. Et premièrement le fendez au long par le ventre
-comme l’en fait un pourcel, puis soit vuidié, tronçonné, et mis cuire
-en vin et en eaue et que le vin passe; et que à la mesure qu’il se
-esboudra[1049] que l’en y mette tousjours vin. Et congnoist-l’en qu’il
-est cuit, quant la couanne se liève de légier; et ce que l’en mengue
-chaut, l’en y met de l’eaue du bouly et espices comme se ce feust
-venoison: et ce que l’en veult garder doit estre mis refroidier, et
-mengier au percil et au vinaigre[1050].
-
-ESTURGON CONTREFAIT DE VEEL pour six escuelles. Prenez le soir
-devant, ou le bien matin, six testes de veel sans escorcher, et les
-plumez en eaue chaude comme un cochon, et les cuisiez en vin, et mettez
-une chopine de vinaigre et du sel dedans, et faites boulir tant qu’il
-soit tout pourry de cuire; puis laissiez les testes refroidier et ostez
-les os. Puis prenez un quartier de bonne grosse toile, et mettez tout
-dedans, c’est assavoir l’une sur l’autre en la mendre place que vous
-pourrez, puis cousez de bon fort fil, comme un oreillier quarré, puis
-le mettez entre deux belles ais et le chargiez très fort, et laissiez
-la nuit en la cave; et puis le tailliez par lesches, la couenne dehors
-comme venoison, et mettez du percil et du vinaigre, et ne mettez que
-deux lesches en chascun plat. _Item_, qui ne trouveroit assez testes,
-l’en le peut faire d’un veel entrepelé[1051].
-
-CRASPOIS[1052]. C’est balaine salée, et doit estre par
-lesches tout cru, et cuit en eaue comme lart; et servir avec vos pois.
-
-MERLANT SALÉ est bon quant sa noe[1053] est entière, et son
-ventre blanc et entier; et est bon au chaudumé de beurre, de vertjus et
-de moustarde; et le frais, frit, à la jance.
-
-VIVE a trois lieux périlleux à touchier, c’est assavoir les
-arestes qui sont sur le dos près de la teste, les deux oreilles; et
-à ce ne convient touchier fors au coustel, et tout ce getter hors,
-et tirer la brouaille par l’oreille, et puis enciser au travers en
-pluseurs lieux, la rostir, et mengier au vertjus et beurre, ou vertjus
-et pouldre.
-
-_Aliter_, cuisiez-la en l’eaue un petit, puis la frisiez en beurre,
-puis boulez du vertjus avec le remenant du beurre, et getter sus.
-
-
-POISSON DE MER PLAT.
-
-RAYE affaitié par endroit le nombril, et gardez le foye, et la
-despeciez par pièces, puis la mettez cuire comme plays, puis la pelez
-et la mengiez aux aulx camelins.
-
-Raye est bonne en Septembre, et meilleur en Octobre, car lors elle
-mengue les harens frais. Celle qui n’a que une queue est _notrée_,
-et les autres qui ont pluseurs queues, non. Et encores est-il autre
-poisson pareil à raye qui a nom _Tire_, mais il n’a nul aguillon sur le
-dos; et si est plus grant et plus tavellé de noir[1054].
-
-GALENTINE POUR RAIE en esté. Broyez amandes et deffaites
-d’eaue boulie, et coulez par l’estamine; puis broyez gingembre et aulx,
-et deffaites d’icelluy lait d’amandes et passez par l’estamine, et
-boulez tout ensemble et mettez sur les pièces de la raye.
-
-Raye qui une fois a esté cuite, s’elle est frite sans farine en huille
-et mengée chaude à la cameline, elle est bonne et meilleur que en
-galentine froide.
-
-Raye doit estre lavée en plusieurs eaues, puis cuire en petit boullon
-et par quartiers, puis peler et laissier refroidier: mais aucuns la
-pourboulent en eaue sans sel, puis la tirent, la pellent et nettoient
-très bien, et mettent sur beau feurre; puis mettent en une paelle, sur
-le feu, de l’eaue et du sel frémier, puis cuire la raye à petit feu.
-Et qui veult, l’en en frit une partie de celle qui est pourboulye, et
-ceste raye se garde bien huit jours[1055].
-
-PLAYS[1056] ET QUARRELET sont aucques[1057] d’une
-nature. La plus grant est nommée _plays_, et la petite _quarrelet_, et
-est tavellée de rouge sur le dos; et sont bons du flo[1058] de Mars,
-et meilleurs du flo d’Avril. Affaitiez par devers le dos audessoubs de
-l’oreille: bien lavée, et mise en la paelle et du sel dessus, et cuite
-en l’eaue comme un rouget; et mengiez au vin et au sel.
-
-_Item_, quarrelets sont bons fris à la fleur[1059] et mengiés à la
-sausse vert[1060].
-
-LIMANDES sont tavellées de jaune ou roux par le dos, et ont
-l’oreille devers le blanc[1061]; soient fris à la fleur et mengiés à la
-sausse vert, ou fris par moitié et mengiés au civé ou au gravé[1062].
-
-POLES[1063], SOLES sont d’une nature; et sont les
-poles tavellées par le dos. Il les convient escharder et affaitier
-comme la plays, laver et mettre en la paelle, et du sel dessus et
-de l’eaue, puis faire cuire, et à la parfin mettre du percil avec;
-puis laissier reffaire en leur eaue, et mengier à la sausse vert ou
-au beurre avec de leur eaue chaude, ou au chaudumé de vertjus vieil,
-moustarde et beurre chauffé ensemble.
-
-_Item_, l’en les rostit sur le greil[1064] et du feurre moullié entre
-deux; et celles ne doivent point estre eschardées et sont mengées au
-vertjus d’oseille.
-
-_Item_, aussi sont eschaudées celles que l’en doit frire, et doivent
-estre enfleurées, puis frites, mengées à la sausse vert[1065], et mises
-au civé ou gravé.
-
-TURBOT est dit _Ront_ à Bésiers. Soit eschardé, appareillié
-comme dessus et mengié à la sausse vert, ou mis au soucié[1066]; et
-vault mieulx froit de deux jours.
-
-BARBUE eschardée, appareilliée comme dessus, cuite et mengée,
-car tout est d’une espèce et d’une saveur, fors tant que la barbue est
-plus petite[1067], et le turbot greigneur et meilleur.
-
-BRESME, BAITTE[1068] eschardée, cuite en eaue, mengée
-à la cameline ou mise en pasté à la pouldre[1069].
-
-TANTE[1070] cuite en eaue ou rostie, mengée au vertjus.
-
-DORÉE appareilliée par le costé au long, cuite en eaue, ou en
-rost, mengée au vertjus.
-
-ALES rosties en filopant[1071], mengées à la moustarde; ou
-pelées, puis cuites en l’eaue un très petit, puis enfarinées, frites à
-l’uille, et mengées à la jance ou aux aillets.
-
-FLAYS[1072]. De ce ne convient faire nul compte, car ils
-ne sont en saison fors quant le quarrel[1073] font soubs le pié. Ce
-poisson n’est point tavelé de rouge sur le dos comme sont quarrelets,
-et si ont le dos bien noir.
-
-HANONS[1074]. _Nota_ que les hanons qui sont ensemble
-amoncelés et se entretiennent à une masse sans esparpillier ou
-départir, et sont vermeils et de vive couleur, sont frais: et ceulx qui
-ne s’entretiennent et sont esparpilliés et de fade ou morte couleur,
-sont de vieille prise. Soient esleus, puis lavez très bien et eschaudez
-en deux ou trois eaues bien chaudes, et puis refais en eaue froide,
-puis seicher sur une touaille bien petit au feu, et soient fris en
-huille avec oignons cuis, et après poudrés d’espices et mengiés aux
-aillets vers clarets, reverdis de blé ou d’ozeille[1075] ou de feuille
-de sanemonde ou de barbarin.
-
-MOULES[1076] soient cuites en grant feu et hastivement, en
-très petit d’eaue et de vin sans sel, mengées au vinaigre. _Item_,
-quant elles sont cuites avec vertjus vieil et percil, puis mettez
-beurre frais, c’est très bon potage.
-
-Moules sont les meilleurs ou commencement du nouvel temps de Mars.
-Moule de Quayeu[1077] est rousse, ronde au travers et longuette, et la
-moule de Normandie est noire.
-
-ESCREVICES. Cuisiez-les en eaue et vin plus que d’eaue, et
-escumez, puis mettez un petit de sel (jàsoit-ce que aucuns dient que
-non, pour ce que le sel noircist[1078]).
-
-ESCREVICES DE MER doivent estre cuites en four, et dit-l’en
-_lengoustes_, et convient estouper tous les pertuis à la guise du
-fournier, et mengier trenchiée au vinaigre et à la ciboule.
-
-SEICHE CONRÉE[1079] soit pelée, puis despeciée par morceaulx,
-puis la mettez en une paelle sur le feu et du sel avec, et remuez
-souvent, et qu’elle soit bien séchée; puis la mettez en une nappe, et
-l’espraignez bien et seichez çà et là par la nappe; puis l’enfarinez
-en farine, et frisiez en foison d’uille ou à oignons ou sans oignons,
-puis pouldrez d’espices dessus, et mengiez aux aillets reverdis de blé.
-
-_Item_, aucuns après ce qu’elle est pelée et mise par morceaulx, la
-tiennent et remuent longuement en la paelle pour getter son humeur et
-sa liqueur laquelle l’en doit souvent getter et purer. Et quant elle
-ne gette plus rien, l’en l’essuye comme dessus, et puis la frit-l’en
-en foison d’uille longuement, tant qu’elle devient grédelié[1080] et
-recroquillée comme chaons[1081] de lart, et adonc est mise en un plat
-et de la pouldre fine dessus, et ainsi mengée. Et en la paelle où est
-demourée l’uille toute chaude sur le feu, laquelle huille a receu la
-freschumée de la sèche, dont elle vault pis, l’en doit getter du vin
-froit qui par fumée fait yssir la freschumée; et ainsi l’uille demeure
-bonne pour potages, et meilleur que autres qui ne sont mie cuites.
-
-_Item_, qui n’auroit autre viande que sèche, et elle fust frite aux
-oignons comme dessus, puis mise en deux plats et avoir bonne jance aux
-aulx boulie et gettée dessus, ce seroit appétit assez passable[1082].
-
-Sèche fresche soit lavée très bien, puis mise en une paelle ou four
-avec de l’eaue, du vertjus, de l’uille et des ciboules nouvelles, et
-cuite; mais _primo_ soient ostés l’os et l’amer.
-
-
-ŒUFS DE DIVERS APPAREILS.
-
-UNE ARBOULASTRE ou deux d’œufs. Prenez du coq deux fueilles
-seulement, et de rue moins la moitié ou néant[1083], car sachez qu’il
-est fort et amer: de l’ache, ténoisie[1084], mente et sauge, de chascun
-au regart de quatre fueilles ou moins, car chascun est fort: marjolaine
-un petit plus, fenoul plus, et percil encores plus; mais de porée,
-bettes, feuilles de violettes, espinars et laitues, orvale, autant
-de l’un comme de l’autre, tant que de tout vous aiez deux poignées
-largement: eslisez et lavez en eaue froide, puis les espraignez et
-ostez toute l’eaue, et broyez deux cloches de gingembre; puis mettez
-ou mortier à deux ou à trois fois vos herbes avec le dit gingembre
-broyé, et broyez l’un avec l’autre. Et puis aiez seize œufs bien
-batus ensemble, moyeux et aubuns, et broyez et meslez ou mortier avec
-ce que dit est, puis partez en deux, et faites deux alumelles[1085]
-espesses qui seront frites par la manière qui s’ensuit: premièrement
-vous chaufferez très bien vostre paelle à huille, beurre ou autre telle
-gresse que vous vouldrez, et quant elle sera bien chaude de toutes
-pars, et par espécial devers la queue, meslez et espandez vos œufs
-parmy la paelle et tournez à une palette souvent ce dessus dessoubs,
-puis gettez de bon frommage gratuisé[1086] pardessus; et sachez que ce
-est ainsi fait pour ce[1087] qui brayeroit[1088] le frommage avec les
-herbes et œufs, quant l’en cuideroit frire son alumelle, le frommage
-qui seroit dessoubs se tendroit à la paelle; et ainsi fait-il d’une
-allumelle d’œufs, qui mesle les œufs avec le frommage. Et pour ce l’en
-doit premièrement mettre les œufs en la paelle, et mettre le frommage
-dessus, et puis couvrir des bors des œufs: et autrement se prendroient
-à la paelle. Et quant vos herbes seront frites en la paelle, si donnez
-forme quarrée ou ronde à vostre arboulastre et la mengiez ne trop
-chaude ne trop froide.
-
-ŒUFS PERDUS. Rompez l’escaille et gettez moieulx et aubuns sur
-charbons ou sur brèse bien chaude, et après les nettoyez et mengiez.
-
-ŒUFS HEAUMÉS. Cassez le bout et vuidiez l’aubun, et le moyeu
-estant en la coquille, mettez et asséez icelle coquille sur une tuille,
-le trou de la coquille dessoubs.
-
-ALUMELLE[1089] FRITE AU SUCRE.✝ Ostez tous les aubuns et batez les
-moyeux, puis mettez du sucre en la paelle et il se fondra, et après ce
-frisiez dedans vos aubuns, puis mettez en un plat, et du sucre dessus.
-
-ŒUFS PERDUS. Prenez quatre moyeux d’œufs et les batez, et du
-sucre en pierre batu et en pouldre, et soit tout batu ensemble très
-bien, puis coulé en l’estamine, puis frit au fer de la paelle et après
-trenchié par losenges; puis avecques aultre allumelle d’œufs pochés,
-soient icelles losenges mises ou plat et fine pouldre par-dessus[1090].
-
-POUR FAIRE BELLE ALLUMELLE D’ŒUFS. Prenez sept œufs et
-des[1091] deux ostez les aubuns et les mettez en une escuelle, et tous
-les autres cassez sur[1092] moyeux, et batez tout ensemble, et frisiez;
-et ils seront jaunes.
-
-_Aliter_, prenez dix ou douze œufs et ostez les aubuns et batez les
-moyeux, puis les frisiez en huille, et soient bien espandus en la
-paelle et couppés par losenges, et chascune losenge retournée à la
-palette ce dessoubs dessus, puis mettre en un plat demye allumelle
-d’œufs fris communément et quatre losenges de ces moyeux, et du succre
-fris communément.
-
-ARBOULASTRE EN TARTRE FAICTE EN LA PAELLE. Aiez vos œufs et
-herbes et une cloche de gingembre batues, meslées et broyées comme
-devant est dit, puis aiez de la paste pestrie ainsi comme pour le fons
-d’une tartre, et chauffez vostre paelle à huille ou autre gresse: puis
-mettez vostre paste pestrie dedans le fons de la paelle, puis mettez la
-farce de vostre tartre avec frommage gratuisié meslé parmi à souffisant
-planté. Et pour ce que le dessoubs, c’est assavoir la paste qui fait
-le fons de la tartre, seroit cuit avant que le dessus feust guères
-eschauffé, il convient avoir une autre paelle dont le fons soit bien
-eschauffé, torché et nettoyé, et soit icelle paelle plaine de charbon
-ardant, et la mettez par dedans l’autre paelle, près et joignant de
-la farce, pour icelle eschauffer et cuire à l’essuyé[1093] et aussi à
-ouni[1094] comme la paste.
-
-ŒUFS A LA TENOISIE[1095]. Broyez un petit de gingembre et de
-la tenoisie, et allaiez de vinaigre, coulez et mettez en un plat et des
-œufs durs pelés tous entiers.
-
-_Nota_ DE LA NATURE DES ŒUFS. Mettez-les cuire en eaue boulant
-et le moyeu ne sera point dur, toutesvoies se vous ne les avez
-moulliés en eaue froide premièrement: mais se vous les y avez moulliés
-et incontinent vous les mettez en potage boullant, ils durciront bien.
-_Item_, se vous les mettez en eaue frémiant et les laissiez sur le feu,
-ils seront tantost durs. _Item_, soient mols, soient durs[1096], si
-tost qu’ils sont cuis, vous les mettez en eaue froide, ils seront plus
-aisiés à peler.
-
-
-ENTREMÈS, FRITURES ET DORURES.
-
-FROUMENTÉE[1097]. Premièrement, vous convient monder vostre
-froument ainsi comme l’en fait orge mondé, puis sachiez que pour dix
-escuelles convient une livre de froument mondé, lequel on treuve
-aucunes fois sur les espiciers tout mondé pour un blanc[1098] la livre.
-Eslisiez-le et le cuisiez en eaue dès le soir, et le laissiez toute
-nuit couvert emprès le feu en eaue comme tiède, puis le trayez et
-eslisez. Puis boulez du lait en une paelle et ne le mouvez point, car
-il tourneroit: et incontinent, sans attendre, le mettez en un pot qu’il
-ne sente l’arain; et aussi, quant il est froit, si ostez la cresme de
-dessus afin que icelle cresme ne face tourner la fourmentée, et de
-rechief faites boulir le lait et un petit de froument avec, mais qu’il
-n’y ait guères de froument; puis prenez moyeux d’œufs et les coulez,
-c’est assavoir pour chascun sextier de lait un cent d’œufs, puis prenez
-le lait boulant, et batre les œufs avec le lait, puis reculer le pot
-et getter les œufs, et reculer; et se l’en veoit qu’il se voulsist
-tourner, mettre le pot en plaine paelle d’eaue. A jour de poisson,
-l’en prend lait: à jour de char, du boullon de la char; et convient
-mettre saffran se les œufs ne jaunissent assez: _item_, demie cloche de
-gingembre[1099].
-
-FAULX GRENON. Cuisiez en eaue et en vin des foies et des
-jugiers[1100] de poulaille, ou de char de veel, ou d’une cuisse de porc
-ou de mouton, puis la hachiez bien menuement et friolez au saing de
-lart: puis broyez gingembre, canelle, giroffle, graine, vin, vertjus,
-boullon de beuf ou de celluy mesmes, et des moyeux grant foison, et
-coulez dessus vostre char, et faites bien boulir ensemble. Aucuns y
-mettent du saffran, car il doit estre sur jaune couleur, et aucuns y
-mettent pain harlé, broyé et coulé, car il doit estre liant et d’œufs
-et de pain, et si doit estre aigre de vertjus. Et au drécier, sur
-chascune escuelle, pouldrez pouldre de canelle[1101].
-
-MORTEREUL est fait comme faulx grenon, sauf tant que la char
-est broyée ou mortier avec espices de canelle: et n’y a point de pain,
-mais pouldre de canelle pardessus.
-
-TAILLIS à servir comme en karesme. Prenez fins roisins, lait
-d’amandes bouli, eschaudés, galettes et croutes de pain blanc et pommes
-couppées par menus morceaulx quarrés, et faites boulir vostre lait, et
-saffren pour lui donner couleur, et du succre, et puis mettez tout
-ensemble tant qu’il soit bien liant pour tailler[1102]. L’en en sert en
-karesme en lieu de riz.
-
-POUCINS FARCIS. Il convient souffler un poucin quant il est
-tout vif, et est soufflé par le col; puis liez le col et laissiez
-mourir: puis eschaudé, plumé, effondré, reffait et farcy.
-
-_Item_, autrement, quant il est du tout appareillié pour mettre en
-broche, par endroit le pertuis là où l’en l’a effondré, l’en luy
-dessevre[1103] au doit la pel de la char, puis l’en le farcist au bout
-du doit, et recoust-l’en à sourget[1104], endroit le trou, la pel avec
-la char, et met-l’en en broche.
-
-Et _nota_ que la farce est faite de percil et un petit de sauge avec
-œufs durs et beurre, tout hachié ensemble, et mettre parmi pouldre fine
-avec. A chascun poucin convient trois œufs, blanc et tout.
-
-POUR ENGRESSER POUCINS, mettez-les en orbe[1105] lieu, et leur
-nettoiez leur auget ou abeuvrouer neuf fois ou dix le jour, et leur
-donnez à chascune fois nouvelle paisson, et fresche et nouvelle eaue;
-c’est assavoir pour paisson, avoine batue que l’en doit dire _gruyau
-d’avoine_, destrempé en lait ou matons[1106] de lait un petit; et aient
-le pié sec jusques à neuf jours.
-
-POUR ENGRESSER UNE OÉ EN TROIS JOURS, paissez-la de mie de
-pain chault trempé en matons ou lait maigre[1107].
-
-POUR FAIRE PERDRIAULX DE POUCINS, il convient avoir petites
-poulettes, et les tuer un ou deux jours devant, puis appareillier, et
-copper les jambes et les cols, oster les charcois[1108] et getter hors,
-rompre la granche[1109], et pousser les cuisses pour faire la char plus
-courte, puis boutonner et rostir, et mengier au sel comme perdriaulx.
-
-POULAILLE FARCÉE AUTREMENT[1110]. Prenez vos poulles et
-leur couppez le gavion, puis les eschaudez et plumez, et gardez que
-au plumer la peau ne soit dessirée; puis les reffaites en eaue, puis
-prenez un tuel et le boutez entre cuir et char, et le[1111] soufflez:
-puis le[1111] fendez entre deux espaules et n’y faictes pas trop grant
-trou, et en tirez hors les charcois, et le[1112] laissiez à sa peau les
-cuisses, les esles, le cul[1113] à tout la teste et piés. Et pour faire
-la farce, prenez char de mouton, de veel et de porc et du braon[1114]
-des poulles; hachiez tout ensemble tout cru, puis le broyez en un
-mortier, et des œufs tous crus avec et de bon fromage de gain[1115] et
-de bonne pouldre d’espices et bien pou de saffren, et saler à point.
-Puis emplez vos poulles et ce trou soit recousu[1116], et du remenant
-de vostre farce faites-en pommes ainsi comme pasteaulx de guède[1117],
-et mettez cuire en boullon de beuf ou en belle eaue[1118] boulant, et
-du saffran grant foison, et qu’il ne boulle pas trop fort qu’ils ne se
-despiècent; puis les enhastez en une broche bien déliée. Et pour les
-dorer, prenez grant foison de moieux d’œufs et les batez bien en un pou
-de saffren broyé avec, et les en dorer; et qui veult dorer vert, si
-broye la verdure et puis des moyeux d’œufs grant foison bien batus et
-passés par l’estamine pour la verdure, et en dorer poulaille quant elle
-sera cuite et vos pommes. Et dréciez vostre broche ou vaissel où vostre
-doreure sera, et gettez tout au long vostre doreure, et remettez au feu
-par deux fois ou par trois, afin que vostre doreure se preingne; et
-gardez que vostre doreure n’ait pas trop grant[1119] feu afin qu’elle
-ne arde.
-
-RIS ENGOULÉ à jour de mengier char. Eslisez-le et le lavez en
-deux ou en trois paires d’eaues chaudes, et mettez ressuer sur le feu,
-puis le mettez en lait de vache frémiant, et broyez du saffran pour
-le jaunir: deffait de vostre lait, et puis mettez dedans du gras du
-boullon de beuf[1120].
-
-_Aliter_, RIS. Eslisez-le et le lavez en deux ou trois paires
-d’eaues chaudes tant que l’eaue reviengne toute clère, puis le faites
-ainsi comme demy cuire, puis le purez et mettez sur tranchouers en
-plas pour esgouter et séchier devant le feu: puis cuisiez bien espois
-avec l’eaue de la gresse de la char de beuf et avec du saffran, se
-c’est à jour de char: et se c’est à jour de poisson, n’y mettez pas
-eaue de char, mais en ce lieu mettez amandes bien forment broyées et
-sans couler; puis succrer et sans saffren.
-
-POUR FAIRE UNE FROIDE SAUGE, prenez vostre poulaille et mettez
-par quartiers, et la mettez cuire en eaue avec du sel, puis la mettez
-reffroidier: puis broyez gingembre, fleur de canelle, graine, giroffle,
-et broyez bien sans couler; puis broyez du pain trempé en l’eaue des
-poucins, percil le plus, sauge et un pou de saffren en la verdure pour
-estre vertgay, et les coulez par l’estamine, (et aucuns y coulent[1121]
-des moyeux d’œufs durs) et deffaites de bon vinaigre: et icelles
-deffaites, mettez sur vostre poulaille, et avec et pardessus icelle
-poulaille mettez des œufs durs par quartiers et gettez vostre sausse
-pardessus tout.
-
-_Aliter_, prenez le poucin et le plumez, puis le mettez boulir et du
-sel tant qu’il soit cuit, puis l’ostez et le mettez par quartiers
-reffroidier: puis mettez cuire des œufs durs en l’eaue, et mettez du
-pain tremper en vin et vertjus ou vinaigre, et autant de l’un comme de
-l’autre; puis prenez du percil et de la sauge, puis broyez gingembre,
-graine, et coulez par l’estamine, et coulez les moyeux d’œufs et mettez
-des œufs durs par quartiers dessus les poucins, et puis mettez vostre
-sausse pardessus.
-
-SOUS DE POURCELET se fait ainsi comme d’une froide sauge,
-sans y mettre nuls œufs et point de sauge ne de pain. Il est fait du
-groing, des oreilles, de la queue, des jarrets cours[1122], et des
-quatre trotignons[1123] bien cuis et très bien plumés, puis mis en
-sausse de percil broyé, vinaigre et espices.
-
-POTAGE PARTI OU[1124] FAULX GRENON.✝ Prenez une cuisse de mouton ou
-foies et jugiers de poulailles, et les mettez cuire très bien en eaue
-et en vin, et les tranchez comme quarrés: puis broyez gingembre,
-canelle, giroffle et un pou de saffren et graine de paradis, et
-deffaites de vin et de vertjus, du bouillon de char, (de celluy mesmes
-ou de la char à cuire[1125],) et puis ostez du mortier; puis aiez pain
-hazé[1126] trempé en vin et vertjus, broyez très bien, et après ce le
-passez par l’estamine, et faictes tout boulir ensemble, puis prenez la
-char et la frisiez au lart et la gettez dedans, et prenez dedens[1127]
-moieux d’œufs passés par l’estamine, et gettez dedans pour lier. Et
-après dréciez par escuelles, et gettez dessus pouldre de canelle et
-sucre: c’est assavoir gettez sur la moitié de l’escuelle et non sur
-l’autre; et l’apelle-l’en _Potage parti_[1128].
-
-FLAONS EN KARESME. Affaitiez et estauvez anguilles:
-cuisiez-les après en si chaude eaue que vous en puissiez oster la char
-sans les arestes, et laissiez aussi la teste et la queue, et ne prenez
-que la char; et broyez du saffren ou mortier, puis broyez dessus
-la char de l’anguille, destrempez de vin blanc, et de ce faites vos
-flaons; et succrez pardessus.
-
-_Item_, flaons ont saveur de frommage quant l’en les fait de laittences
-de lus, de carpes, amandes ou amidon broyés, et du saffren destrempé de
-vin et de sucre foison dessus.
-
-_Item_, se font de char de tanches, lus, carpes, et amidon, saffran,
-deffait de vin blanc et succre dessus.
-
-TARTE JACOBINE. Prenez des anguilles et les eschaudez et
-tronçonnez par petis tronçons qui n’aient que demy doit d’espois, et
-prenez de la cloche[1129], du frommage de gain[1130] esmié, et puis
-cela soit porté au four et que l’en face une tarte, et que l’en pouldre
-du frommage au fons, et puis que l’en mette l’anguille debout, et puis
-du frommage un lit, et puis un lit de cols[1131] d’escrevices, et
-tousjours, tant comme chascun durera, un lit d’un et un lit d’autre. Et
-puis boulez du lait, et puis boulez[1132] du saffran et du gingembre,
-graine, giroffle, et puis destrampez du lait, et puis mettez dedans la
-tartre quant elle aura esté un pou au four, et mettez du sel dedans le
-lait, et qu’elle ne soit point couverte; et pongnez[1133] les piés des
-escrevices, et faites un joly couvescle à par soy[1134], pour mettre
-dessus quant elle sera cuite.
-
-AUTRE TARTRE. _Nota_ que de la farcissure d’un cochon
-peut-l’en faire une tartre couverte, et que la farce soit bien faite.
-
-POUR FAIRE UNE TOURTE, prenez quatre pongnées de bettes, deux
-poignées de percil, une pongnée de cerfueil, un brain de fanoil et deux
-pongnées d’espinoches[1135], et les eslisez et lavez en eaue froide,
-puis hachiez bien menu: puis broyez de deux paires de frommages, c’est
-assavoir du mol et du moïen, et puis mettez des œufs avec ce, moyeu et
-aubun, et les broyez parmi le frommage; puis mettez les herbes dedans
-le mortier et broyez tout ensemble, et aussi mettez-y de la pouldre
-fine. Ou en lieu de ce aiez premièrement broyé ou mortier deux cloches
-de gingembre, et sur ce broyez vos frommages, œufs et herbes, et puis
-gettez du vieil frommage de presse[1136] ou autre gratuisé[1137] dessus
-celles herbes, et portez au four, et puis faites faire une tartre et la
-mengez chaude.
-
-POUR FAIRE QUATRE PLATS DE GELÉE DE CHAR, prenez un cochon et
-quatre piés de veau et faites plumer deux poucins et deux lappereaulx
-tous meigres, et fault oster la gresse, et seront fendus tout au long
-tous crus, excepté le cochon qui est par morceaulx: et puis mettez en
-une paelle trois quartes de vin blanc ou claret, une pinte de vinaigre,
-une chopine de vertjus, faictes boulir et escumer fort; puis mettez
-dedans en un petit drapelet délié le quart d’une once de saffran
-pour donner couleur ambrine, et faictes boulir char et tout ensemble
-avec un pou de sel; puis prenez dix ou douze cloches de gingembre
-blanc[1138] ou cinq ou six cloches de garingal, demie once de graine de
-paradis, trois ou quatre pièces de folium de macis, pour deux blans,
-citoual[1139]: cubebbes[1140], espic[1141] pour trois blans: fueilles
-de lorier, six nois muguettes; puis les escachiez en un mortier et
-mettez en un sachet et mettez boulir avec la char tant qu’elle soit
-cuite, puis la traiez et mettez sécher sur une nappe blanche, puis
-prenez pour le meilleur plat les piés, le groin et les oreilles: et
-du remenant aux autres. Puis prenez une belle touaille[1142] sur deux
-tresteaux, et versez tout vostre chaudeau dedans, excepté les espices
-que vous osterez, et mettez couler pour potage, et ne la remuez point
-afin qu’elle reviengne plus clère. Mais s’elle ne couloit bien, si
-faites feu d’une part et d’autre pour la tenir chaude pour mieulx
-couler, et la coulez avant deux ou trois fois qu’elle ne soit bien
-clère[1143], ou parmi une nappe en trois doubles. Puis prenez vos plas
-et dréciez vostre char dedans, et aiez des escrevices cuites, dont vous
-mettrez dessus votre char des cuisses et la queue; de vostre gelée,
-laquelle sera réchauffée, versez tant dessus la char que la char baigne
-et soit couverte dedans, car il n’y doit avoir que un petit de char,
-puis mettre une nuit refroidier en la cave, et au matin poigniez dedans
-clos de giroffle et fueilles de lorier et fleur de canelle, et semez
-anis vermeil. _Nota_ que pour la faire prendre en deux heures, il
-convient avoir graine de coings, philicon[1144] et gomme de cerisier,
-et tout ce faire conquasser et mettre en un sac de toile boulir avec
-la char.
-
-_Item_, à jour de poisson, l’en fait gelée comme dessus, de lus, de
-tanches, de bresmes, d’anguilles, d’escrevices et de loche. Et quant
-le poisson est cuit, l’en le met essuier et sécher sur une belle nappe
-blanche, et le peler et nettoier très bien, et getter les peleures ou
-bouillon.
-
-_Item_, POUR FAIRE GELÉE BLEUE, prenez dudit boullon, soit
-poisson ou char, et mettez en une belle paelle et faites boulir encores
-sur le feu, et prenez sus un espicier deux onces de tournesot[1145] et
-le mettez boulir avec tant qu’il ait bonne couleur, puis l’espraingnez
-et ostez: et puis prenez une pinte de loche[1146] et le cuisiez autre
-part, et eschaudez la loche en vos plats, et laissiez couler le boullon
-comme dessus, et laissiez refroidier. _Item_, de ce mesmes se fait un
-bleu. Et se vous voulez faire armoirie dessus la gelée, prenez or ou
-argent, lequel que mieulx vous plaira, et de l’aubun d’un œuf tracez à
-une plumette, et mettez de l’or dessus à une pincette.
-
-_Aliter_, POUR VINT PLAS DE GELÉE convient dix lappereaulx
-meigres, dix poucins meigres, une chopine de loche qui peut valoir
-trois sols: un cent d’escrevices qui ne soient pas de Marne, six sols:
-un cochon meigre, trois sols huit deniers; (et combien qu’il soit
-meigre, encores convient-il oster la gresse d’entre la couenne et
-la char, et faire petis morceaulx quarrés,) trois espaules de veau,
-quatre sols: huit quartes de vin pour cuire le veau tout en vin, deux
-quartes de vinaigre: demie aulne de toile de lin, deux sols. _Item_, il
-convient cuire le veel tout en vin et vinaigre, et escumer et mettre
-du sel dedans, puis traire[1147], et cuire les lappereaulx et poucins,
-et escumer, et mettre la moitié du lorier et mettre du saffren en une
-toile ou sachet pour cuire avec: aussi mettre les espices bien petit
-moulues ou mortier de pierre; et quant tout est cuit, si le faictes
-couler parmy l’estamine et toile, et regetter tant qu’il soit bien
-cler; puis cuisiez la loche d’une part et les escrevisses d’autre, et
-prenez les queues des escrevisses, et faites vos plats chascun de demy
-lappereau, demy poucin, six loches et quatre[1148] queues d’escrevices;
-et les mettez en la cave ou celier, et asséez vos plats bien drois, et
-gettez vostre gelée dessus et l’emplez bien. Et le lendemain[1149],
-mettez sur chascun plat violette blanche, grenade et dragée vermeille
-et quatre fueilles de lorier.
-
-UNE ANDOUILLE D’ESTÉ. Prenez une fressure d’aignel ou chevrel
-et ostez la taye, et le remenant cuisiez en eaue et un petit de sel:
-et quant elle sera cuite, si la hachez bien menu ou broyez, puis ayez
-six moyeux d’œufs et pouldre fine, une cuillier d’argent, et hatez tout
-ensemble en une escuelle; puis mettez et meslez vostre fressure avec
-vos moyeux d’œufs et pouldre, puis estendez tout sur la coiffe ou taye,
-et entortilliez en guise d’andouille, puis liez de fil laschement du
-long, et puis au travers bien dru; et puis rostir sur le greil, puis
-ostez le fil et servir. _Vel sic_: faites-en pommettes, c’est assavoir
-de la taye mesmes, et icelles pommettes frisiez en sain de porc doulx.
-
-POMMEAULX. Prenez d’un cuissot de mouton le meigre tout cru,
-et autant de la cuisse de porc meigre: soit tout ensemble hachié bien
-menu, puis broyez ou mortier gingembre, graine, giroffle, et mettez en
-pouldre sur vostre char hachée, et puis destrempez d’aubun et non pas
-du moyeu; puis paumoyez[1150] aux mains les espices et la char toute
-crue en luy donnant forme de pomme, puis quant la forme est bien faite,
-l’en les met cuire en l’eaue avec du sel, puis les ostez, et ayez de
-broches de couldre[1151] et les embrochiez et mettez rostir; et quant
-ils se roussiront, ayez percil broyé et passé par l’estamine et de la
-fleur[1152] meslée ensemble, ne trop cler ne trop espois, et ostez vos
-pommeaulx de dessus le feu et mettez un plat dessoubs, et en tournant
-la broche sur le plat, oingnez vos pommeaulx, puis mettez au feu tant
-de fois que les pommeaulx deviennent[1153] bien vers.
-
-RENOULLES[1154]. Pour les prendre, aiez une ligne et un ameçon
-avec esche[1155] de char ou d’un drap vermeil, et icelles renoulles
-prises, couppez-les à travers parmi le corps emprès les cuisses et
-vuidiez ce qu’il y sera emprès le cul, et prenez desdictes renoulles
-les deux cuisses, coupez les piés, et lesdites cuisses pelez toutes
-crues, puis aiez eaue froide et les lavez; et se les cuisses demeurent
-une nuit en eaue froide, de tant sont-elles meilleurs et plus tendres.
-Et ainsi trempées, soient lavées en eaue tiède, puis mises et essuites
-en une touaille; lesdictes cuisses, ainsi lavées et essuites, soient
-en farine touillées, _id est_ enfarinées, et puis frites en huille,
-sain ou autre liqueur, et soient mises en une escuelle et de la pouldre
-dessus[1156].
-
-LIMASSONS que l’en dit _escargols_, convient prendre à matin.
-Prenez les limassons jeunes, petis, et qui ont coquilles noires, des
-vignes ou des seurs[1157], puis les lavez en tant d’eaue qu’ils ne
-gettent plus d’escume: puis les lavez une fois en sel et vinaigre et
-mettez cuire en eaue. Puis il vous convient traire iceulx limassons de
-la coquerette au bout d’une espingle ou aguille, et puis leur devez
-oster leur queue, qui est noire, car c’est leur m..de; et puis laver,
-mettre cuire et boulir en eaue, et puis les traire et mettre en un
-plat ou escuelle, à mengier au pain. Et aussi dient aucuns qu’ils sont
-meilleurs fris en huille et oignon ou autre liqueur après ce qu’ils
-sont ainsi cuis que dit est dessus, et sont mengiés à la pouldre, et
-sont pour riches gens[1158].
-
-PASTÉS NORROIS sont fais de foie de morue et aucunes fois
-du poisson hachié avec. Et fault premièrement un petit pourboulir,
-puis hacher, et mis en petis pastés de trois deniers pièce et de la
-pouldre fine pardessus. Et quant le pasticier les apporte non cuis ou
-four, sont fris tous entiers en huille et c’est à jour de poisson; et
-à jour de char, l’en les fait de mouelle de beuf qui est reffaite,
-c’est à dire que l’en met icelle mouelle dedans une cuillier percée,
-et met-l’en icelle cuillier percée avec la mouelle dedans le bouillon
-du pot à la char, et l’y laisse-l’en autant comme l’en laisseroit un
-poucin plumé en l’eaue chaude pour reffaire; et puis la met-l’en en
-eaue froide, puis couppe-l’en la mouelle et arrondist-l’en comme gros
-jabets[1159] ou petites boulettes, puis porte-l’en au pasticier qui les
-met quatre et quatre ou trois en un pasté et de la pouldre fine dessus.
-Et sans cuire ou four sont cuis en sain.
-
-Et qui en veult faire _buignets de mouelle_, convient la reffaire en la
-manière[1160], puis prendre de la fleur et des moyeux d’œufs et faire
-le[1161] paste, prendre chascun morcel de mouelle et frire au sain. Des
-buignets quérez le remenant.
-
-
-AUTRES ENTREMÈS.
-
-LAIT LARDÉ. Prenez lait de vache ou de brebis et mettez
-fremier sur le feu, et gettez des lardons et du saffran: et aiez œufs,
-_scilicet_ blanc et moyeux, bien batus, et gettez à ung coup, sans
-mouvoir, et faites boulir tout ensemble, et après l’ostez hors du feu
-et laissiez tourner; ou, sans œufs, le fait-l’en tourner de vertjus.
-Et quant il est refroidié, l’en le lie bien fort en une pièce de toile
-ou estamine et luy donne-l’en quelque forme que l’en veult, ou plate
-ou longue et chargié d’une grosse pierre laissiez reffroidier sur un
-dréçouer toute nuit, et l’endemain lachié et frit au fer de la paelle,
-et se frit de luy mesmes sans autre gresse[1162], ou à gresse qui
-veult; et est mis en plas ou escuelles comme lesche de lart, et lardé
-de giroffle et de pignolat. Et qui le veult faire vert, si preigne du
-tournesol.
-
-RISSOLLES A JOUR DE POISSON. Cuisiez chastaingnes à petit feu
-et les pelez, et aiez durs œufs et du frommage pelé et hachez tout bien
-menu; puis les arrousez d’aubuns d’œufs, et meslez parmy pouldre et
-bien petit de sel délié, et faites vos rissoles, puis les frisiez en
-grant foison d’uille et succrez.
-
-Et _nota_, en karesme, en lieu d’œufs et frommage, mettez merlus et
-escheroys cuis, bien menu hachiés, ou char de brocherès ou d’anguilles,
-figues et dates hachées.
-
-_Item_, au commun[1163], l’en les fait de figues, roisins, pommes
-hastées et noix pelées pour contrefaire le pignolat, et pouldre
-d’espices: et soit la paste très bien ensaffrenée, puis soient frites
-en huille. S’il y convient lieure[1164], amidon lie et ris aussi.
-_Item_, char de langouste de mer y est bonne en lieu de char.
-
-RISSOLLES EN JOUR DE CHAR sont en saison depuis la Saint
-Remy[1165]. Prenez un cuissot de porc, et ostez toute la gresse qu’il
-n’y en demeure point, puis mettez le meigre cuire en un pot et du sel
-largement: et quant elle sera presque cuite, si la traiez et aiez œufs
-durs cuis, et hachiez aubun et moyeu, et d’autre part hachiez vostre
-grain bien menu, puis meslez œufs et char tout ensemble, et mettez
-pouldre dessus, puis mettez en paste et frisiez au sain de luy mesmes.
-Et _nota_ que c’est propre farce pour cochon; et aucunes fois les queux
-l’achetent des oubloiers[1166] pour farcir cochons: mais toutesvoies,
-à farcir cochon, il est bon de y mettre bon vieil frommage.
-
-_Item_, à la court des seigneurs comme Monseigneur de Berry, quant l’en
-y tue un beuf, de la mouelle l’en fait rissolles[1167].
-
-CRESPES. Prenez de la fleur et destrempez d’œufs tant moyeux
-comme aubuns, osté le germe, et le deffaites d’eaue, et y mettez du sel
-et du vin, et batez longuement ensemble: puis mettez du sain sur le
-feu en une petite paelle de fer, ou moitié sain ou[1168] moitié beurre
-frais, et faites[1169] fremier; et adonc aiez une escuelle percée d’un
-pertuis gros comme vostre petit doit, et adonc mettez de celle boulie
-dedans l’escuelle en commençant ou milieu, et laissiez filer tout
-autour de la paelle; puis mettez en un plat, et de la pouldre de succre
-dessus[1170]. Et que la paelle dessusdite de fer ou d’arain tiengne
-trois choppines, et ait le bort demy doy de hault, et soit aussi large
-ou dessus comme en bas, ne plus ne moins; et pour cause.
-
-CRESPES A LA GUISE DE TOURNAY. _Primo_, il vous convient avoir
-fait provision d’une paelle d’arain tenant une quarte, dont la gueule
-ne soit point plus large que le fons, se très petit non, et soient les
-bors de hauteur quatre doie ou trois doie et demye largement. _Item_,
-convient estre garni de beurre salé, et fondre, escumer et nettoier,
-et puis verser en une autre paelle, et laissier tout le sel et de
-sain frais bien net autant de l’un comme de l’autre. Puis prenez des
-œufs et les frisiez, et de la moitié d’iceulx ostez les aubuns, et
-le remenant d’iceulx soient batus avec tous les aubuns et moieux,
-puis prenez le tiers ou le quart de vin blanc tiède, et meslez tout
-ensemble: puis prenez la plus belle fleur de fourment que vous pourrez
-avoir, et puis batez ensemble tant et tant, comme à l’ennuy d’une ou
-de deux personnes, et ne soit vostre paste ne clère ne espoisse, mais
-telle qu’elle se puisse légièrement couler parmi un pertuis aussi
-gros comme un petit doy; puis mettez vostre beurre et vostre sain sur
-le feu ensemble, autant d’un comme d’autre, tant qu’il bouille, puis
-prenez vostre paste et emplez une escuelle ou une grant cuillier de
-bois percée, et filez dedans vostre gresse, premièrement ou milieu
-de la paelle, puis en tournyant jusques à ce que vostre paelle soit
-plaine; et que l’en bate tousjours vostre paste sans cesser pour faire
-des autres crespes. Et icelle crespe qui est en la paelle convient
-soubslever à une brochette ou fuisel[1171], et tourner ce dessus
-dessoubs pour cuire, puis oster, mettre en un plat, et commencier à
-l’autre; et que l’en ait tousjours meu et batu la paste sans cesser.
-
-PIPEFARCES. Prenez des moyeux d’œufs et de la fleur et du
-sel, et un pou de vin, et batez fort ensemble, et du frommage tranchié
-par lesches, et puis toulliez[1172] les lesches de frommage dedans la
-paste, et puis la frisiez dedans une paelle de fer et du sain dedens.
-Aussi en fait-l’en de mouelle de beuf.
-
-UNE ARBOULASTE[1173] DE CHAR POUR QUATRE PERSONNES.✝ Se vous avez fait
-tuer un chevrel, vous povez faire assiette[1174] de la pance, mulette
-ou caillette, saultier, etc., au jaunet avec du lart et du foie, mol,
-fressure et autres trippes. Cuisez-les très bien en eaue, puis les
-hachiez à deux cousteaulx comme porée, et[1175] faites hachier au
-pasticier très bien menus, ou broyez ou mortier avec sauge ou mente,
-etc., comme dessus.
-
-_Nota_ que du chevrel les boyaulx ne sont point laissiés avec la
-fressure comme ils sont laissiés avec la fressure du porc; la raison
-est car les boyaulx du porc sont larges et se pevent laver, retourner
-et renverser à la rivière, et les boyaulx de chevrel, non; mais toutes
-les autres choses y sont laissiées comme au porc, _scilicet_ la teste,
-le gosier et le col, le foie, le mol ou pomon, car c’est tout un, la
-rate menue et le cuer. Et tout ensemble est appellé fressure: et autel
-de porc[1176].
-
-_Item_, quant l’en parle des hastelets de chaudun[1177] de porc que
-l’en mengue en Juillet, qui sont lavés en sel et en vinaigre, ce sont
-les boyaulx qui sont gras, qui sont tranchés par lopins de quatre doie
-de long, et mengiés au vertjus nouvel.
-
-ESCHEROYS[1178] les plus nouveaulx mis hors de terre et frais
-tirés, cueillis en Janvier, Février, etc., sont les meilleurs; et sont
-les plus frais congneus à ce que au plaier ils se rompent, et les
-viels tirés hors de terre se ployent. Il les convient rere et oster le
-mauvais au coustel comme on fait les navets, puis les convient laver
-très bien en eaue tiède, puis pourboulir un petit, puis les mettre
-essuier sur une touaille, puis enfleurer[1179], puis frire, puis
-drécier par petis platelets arrangéement, et mettre du succre dessus.
-
-_Item_, qui en veult faire pastés, il les convient faire comme dessus
-jusques au frire, et lors les mettre en pasté, rompus en deux les trop
-longs, et au lieu du succre dont dessus est parlé, convient mettre
-figues couppées par menus morceaulx et des roisins avec.
-
-BUIGNETS D’ŒUVES[1180] DE LUS.✝ Il convient mettre les œuves en eaue
-et avec du sel, et bien cuire: laissier refroidier, puis mettre par
-morceaulx et envelopper en paste et œufs, et frire à l’uille.
-
-
-SAULCES NON BOULIES.
-
-MOUSTARDE. Se vous voulez faire provision de moustarde pour
-garder longuement, faites-la en vendenges de moulx doulx. Et aucuns
-dient que le moust soit bouly. _Item_, se vous voulez faire moustarde
-en un village à haste, broyez du senevé en un mortier et deffaites de
-vinaigre, et coulez par l’estamine; et se vous la voulez tantost faire
-parer[1181], mettez-la en un pot devant le feu. _Item_, et se vous la
-voulez faire bonne et à loisir, mettez le senevé tremper par une nuit
-en bon vinaigre, puis le faites bien broyer au moulin, et bien petit à
-petit destremper de vinaigre: et se vous avez des espices qui soient de
-remenant de gelée, de claré, d’ypocras on de saulces, si soient broyées
-avec, et après la laissier parer.
-
-VERTJUS D’OZEILLE. Broyez l’ozeille très bien sans les
-bastons, et deffaites de vertjus vieil blanc, et ne coulez point
-l’ozeille, mais soit bien broyée; _vel sic_: broyez percil et ozeille
-ou la feuille du blé. _Item_ du bourgon de vigne, c’est assavoir jeune
-bourgon et tendre, sans point de tuyau.
-
-CAMELINE. _Nota_ que à Tournay, pour faire cameline, l’en
-broyé gingembre, canelle et saffren et demye noix muguette: destrempé
-de vin, puis osté du mortier; puis aiez mie de pain blanc, sans bruler,
-trempé en eaue froide et broyez au mortier, destrempez de vin et
-coulez, puis boulez tout, et mettez au derrain du succre roux: et ce
-est cameline d’yver. Et en esté la font autelle, mais elle n’est point
-boulie.
-
-Et à vérité, à mon goust, celle d’iver est bonne, mais en[1182] est
-trop meilleure celle qui s’ensuit: broyez un pou de gingembre et foison
-canelle, puis ostez, et aiez pain hazé[1183] trempé ou chappeleures
-foison en vinaigre broyées et coulées.
-
-_Nota_ que trois différences sont entre gingembre de mesche et
-gingembre coulombin. Car le gingembre de mesche a l’escorce plus brune,
-et si est le plus mol à trenchier au coustel et plus blanc dedans que
-l’autre; _item_, meilleur et tousjours plus cher[1184].
-
-Le garingal qui est le plus vermeil violet en la taille, est le
-meilleur[1185].
-
-Des noix muguettes les plus pesans sont les meilleurs et les plus
-fermes en la taille. Et aussi le garingal pesant et ferme en la taille,
-car il y en a de heudry[1186], pourry et légier comme mort bois; celluy
-n’est pas bon, mais celluy qui est pesant et ferme contre le coustel
-comme le noyer[1187], celluy est bon.
-
-AULX CAMELINS POUR RAYE. Broyez gingembre, aulx et croustes
-de pain blanc trempées en vinaigre, ou pain ars, et deffaites de
-vinaigre; et se vous y mettez du foye il en vauldroit mieulx.
-
-SAULCE D’AULX BLANCHE OU VERTE POUR OISONS OU BEUF. Broyez
-une doulce[1188] d’aulx et de la mie de pain blanc sans bruler, et
-destrempez de vertjus blanc; et qui la veult verte pour poisson, si
-broye du percil et de l’ozeille ou de l’un d’iceulx ou rommarin[1189].
-
-AULX MOUSSUS A HARENS FRAIS. Broyez les aulx sans peler, et
-soient pou broyés et deffais de moust, et dréciez à toutes les peleures.
-
-SAULCE VERT D’ESPICES. Broyez très bien gingembre, clo,
-graine, et ostez du mortier: puis broyez percil ou salemonde[1190],
-ozeille, marjolaine, ou l’un ou les deux des quatre, et de la mie de
-pain blanc trempé en vertjus, et coulez et rebroyez très bien, puis
-recoulez et mettez tout ensemble et assavourez de vinaigre.
-
-_Nota_ que c’est bon _soucié_, mais qu’il n’y ait pain.
-
-_Nota_ que pour toutes espices, pluseurs n’y mettent fors des fueilles
-de rommarin.
-
-UN SOUCIÉ VERGAY A GARDER POISSON DE MER. Prenez percil,
-sauge, sanemonde, vinaigre, et coulez; mais avant aiez broyé coq,
-ysope, ozeille, toute[1191], marjolaine, gingembre, fleur de canelle,
-poivre long, giroffle, graine, et osté hors du mortier, et mettez
-dessus vostre poisson quant tout sera passé; et soit vergay. Et aucuns
-y mettent sanemonde à toute la racine.
-
-_Nota_ que le mot _soucié_[1192] est dit de _soux_ pour ce qu’il est
-fait comme soux de pourcel.
-
-Pour poisson d’eaue doulce ainsi se fait chaudumé, fors tant que l’en
-n’y met nulles herbes, et en lieu d’herbes, l’en y met saffren et noix
-muguettes et vertjus, et doit estre fin jaune et bouly, et mis tout
-chault sur le poisson froit.
-
-Au brochier, taillez au travers et rostis sur le greil.
-
-La saulce d’un chappon rosti est de le despescier par membres, et
-mettre sur les jointes du sel et du vertjus, et le tiers vin blanc ou
-vermeil; et poucer[1193] fort comme un poucin.
-
-_Item_, en esté, la saulce d’un poucin rostis est moitié vinaigre,
-moitié eaue rose, et froissié, etc. _Item_, le jus d’orenge y est bon.
-
-
-SAULCES BOULIES.
-
-_Nota_, que en Juillet le vertjus vieil est bien foible et le verjus
-nouvel est trop vert: et pour[1194] ce, en vendenges, le vertjus
-entremellé moitié vieil moitié nouvel est le meilleur. _Item_, en
-potage, l’en deffoiblist de purée, mais en Janvier, Février, etc., le
-nouvel est le meilleur.
-
-CAMELINE A LA GUISE DE TOURNAY, quérez ou chappitre
-précédent[1195].
-
-POIVRE JAUNET OU AIGRET. Prenez gingembre, saffren, puis
-preingne-l’en pain rosty deffait d’eaue de char, (et encores vault
-mieux la meigre eaue[1196] de choulx,) puis boulir, et au boulir mettre
-le vinaigre.
-
-POIVRE NOIR[1197]. Prenez clou de giroffle et un pou de
-poivre, gingembre, et broyez très bien: puis broyez pain ars destrempé
-en meigre eaue de char ou en meigre eaue de choulx qui mieulx vault,
-puis soit bouly en une paelle de fer, et au boulir soit mis du
-vinaigre; puis mettez en un pot au feu pour tenir chault. _Item_,
-pluseurs y mettent de la canelle.
-
-GALENTINE POUR CARPE. Broyez saffren, gingembre, giroffle,
-graine, poivre long et noix muguettes, et deffaictes de la grasse eaue
-en quoy la carpe aura cuit, et y mettez vertjus, vin et vinaigre;
-et soit lié d’un petit de[1198] pain hazé très bien broyé, et sans
-couler, (jàsoit-ce que le pain coulé fait plus belle saulce,) et soit
-tout bouly et getté sur le poisson cuit, puis mis en plats. Et est
-bon reschauffé ou plat sur le gril, meilleur que tout froit. _Nota_
-qu’elle est bonne et belle sans saffren; et _nota_ qu’il souffist que
-en chascun plat ait deux tronçons de carpe et quatre gougons fris.
-
-LE SAUPIQUET POUR CONNIN OU POUR OISEAU DE RIVIÈRE OU COULON
-RAMIER. Frisiez oignons en bon sain, ou vous les mincez et mettez
-cuire en la leschefrite avec eaue de beuf, et n’y mettez vertjus ne
-vinaigre jusques au boulir: et lors mettez moitié vertjus moitié vin et
-un petit de vinaigre, et que les espices passent. Puis prenez moitié
-vin moitié vertjus et un petit de vinaigre, et mettez tout en la
-leschefrite dessoubs le connin, coulon ou oisel de rivière; et quant
-ils seront cuis, si boulez la saulce, et aiez des tostées[1199] et
-mettez dedens avec l’oisel.
-
-CALIMAFRÉE OU SAULCE PARESSEUSE. Prenez de la moustarde et de
-la pouldre de gingembre et un petit de vinaigre, et la gresse et l’eaue
-de la carpe, et boulez ensemble: et se vous voulez faire ceste saulce
-pour un chappon, ou lieu que l’en met la gresse et l’eaue de la carpe,
-mettez vertjus, vinaigre et la gresse du chappon.
-
-JANCE DE LAIT DE VACHE. Broyez gingembre, moyeux d’œufs sans
-le germe, et soient crus passés par l’estamine avec lait de vache: ou
-pour paour de tourner, soient les moyeux d’œufs cuis, puis broyés et
-passés par l’estamine; deffaictes de lait de vache, et faites bien
-boulir[1200].
-
-JANCE A AULX. Broyez gingembre, aulx, amandes, et deffaites de
-bon vertjus et puis boulez; et aucuns y mettent le tiers de vin blanc.
-
-JANCE se fait en ceste manière: prenez amandes, mettez en eaue
-chaude, pelez, broyez, et du gingembre deux cloches aussi; ou y mettez
-de la pouldre, un pou d’aulx, et du pain blanc, pou plus que d’amandes,
-qui ne soit point brûlé, destrempé de vertjus blanc et le quart de vin
-blanc: couler, puis faire très bien boulir, et drécier par escuelles.
-Et en doit-l’en plus drécier que d’autre saulce[1201].
-
-UNE POITEVINE. Broyez gingembre, giroffle, graine et des
-foies, puis ostez du mortier: puis broyez pain brûlé, vin et vertjus et
-eaue, de chascun le tiers, et faictes boulir, et de la gresse du rost
-dedans, puis versez sur vostre rost ou par escuelles[1202].
-
-MOUST POUR HÉTOUDEAUX. Prenez roisins nouveaulx et noirs, et
-les escachiez[1203] ou mortier, et boulez un bouillon, puis coulez par
-une estamine: et lors gettez dessus pouldre, petit de gingembre et plus
-de canelle, ou de canelle seulement _quia melior_, et meslez un petit
-à une cuillier d’argent, et gettez croustes ou pain broyé ou œufs ou
-chastaignes, pour lier, dedans: du succre roux, et dréciez.
-
-(_Item_, à ce propos, sachiez que _Arquenet_[1204] est espice qui rent
-rouge couleur et est aussi comme garingal; et la convient tremper en
-vin et en l’eaue de la char, puis broyer.)
-
-_Item_, et qui veult faire ce moust dès la Saint Jehan et avant que
-l’en treuve aucuns roisins, faire le convient de cerises, merises,
-guines, vin de meures, avec pouldre de canelle, sans gingembre, se
-petit non, boulir comme dessus, puis mettre du succre dessus[1205].
-
-_Item_, et après ce que l’en ne treuve nuls roisins, _scilicet_ en
-Novembre, l’en fait le moust de prunelles de haye, ostés les noiaux,
-puis broyées ou escachées ou mortier, faire boulir avec les escorces,
-puis passer par l’estamine, mettre la pouldre, et tout comme dessus.
-
-SAULCE BRIEFVE POUR CHAPPON. Ayez de belle eaue nette, et
-mettez en la leschefrite dessoubs le chappon quant il rostist, et
-arrousez tousdis[1206] le chappon, puis broyez une doulce[1207] d’ail
-et destrempez d’icelle eaue et boulez, puis dréciez. Comme _jance_
-elle est bonne, qui mieulx n’a.
-
-SAULCE A METTRE BOULIR EN PASTÉS DE HALEBRANS, CANETS, LAPPEREAULX
-OU CONNINS DE GARENNE. Prenez foison de bonne canelle, gingembre,
-giroffle, graine, demie noix muguette et macis, garingal, et broyez
-très bien, et deffaites de vertjus moitié et vinaigre moitié, et soit
-la saulce clère. Et quant le pasté sera ainsi comme cuit, soit icelle
-saulce gettée dedans et remis au four boulir un seul bouillon.
-
-(_Nota_ que _Halebrans_ sont les petis canets qui ne pevent voler
-jusques à tant qu’ils ont eu de la pluye d’Aoust.)
-
-Et _nota_ que en yver l’en y met plus gingembre pour estre plus forte
-d’espices, car en yver toutes saulces doivent estre plus fortes que en
-esté.
-
-UNE QUEUE DE SANGLIER. Prenez nomblets de porc, lièvres
-et[1208] oiseaulx de rivière, et les mettez en la broche, et une
-leschefrite dessoubs, et du vin franc[1209] et du vinaigre. Et puis
-prenez graine, gingembre, giroffle, noix muguettes et du poivre long
-et canelle, et broyez et ostez du mortier: puis broyez pain brûlé et
-trempé en vin franc, et le coulez par l’estamine; et puis coulez tout
-ce qui est en la leschefrite et les espices et le pain en une paelle de
-fer ou en un pot avec eaue de la char, et y mettez le rost de quoy vous
-le ferez, et l’ayez avant boutonné de doux de giroffle.
-
-Ainsi convient faire à un _Bourberel[1210] de sanglier_.
-
-_Nota_ que les noix muguettes, macis et garingal font douloir la teste.
-
-SAULCE RAPPÉE. Eschaudez trois ou quatre grappes de vertjus,
-puis en broyez une partie et ostez le marc d’icelluy vertjus: et puis
-broyez du gingembre et allaiez d’icellui vertjus et mettez en une
-escuelle; puis broyez les escorces du vertjus autrefois broyé, et
-destrempez de vertjus blanc et coulez; et mettez tout en icelle[1211]
-escuelle et meslez tout ensemble, puis dréciez et mettez des grains
-dessus. _Nota_, en Juillet, quant le vertjus engrossist, est au jambon
-ou pié de porc[1212].
-
-SAULCE POUR UN CHAPPON OU POULE. Mettez tremper un très petit
-de mie de pain blanc en vertjus et du saffran, puis soit broyé: puis
-le mettez en la leschefrite, et les quatre parties de vertjus et la
-cinquième partie de la gresse de la poule ou chappon et non plus, car
-le plus seroit trop, et faites boulir en la leschefrite, et dréciez par
-escuelles.
-
-SAULCE POUR OEUFS POCHIÉS EN HUILE. Aiez des oignons cuis
-et pourboulis moult longuement comme choulx, puis les frisiez: après
-vuidiez la paelle où vous avez frit vos œufs que rien n’y demeure, et
-en icelle mettez l’eaue et oignons et le quart de vinaigre, c’est à
-dire que le vinaigre face le quart de tout, et boulez, et gettez sur
-vos œufs.
-
-
-BUVRAGES POUR MALADES.
-
-TIZANNE DOULCE. Prenez de l’eaue et faites boulir, puis mettez
-pour chascun sextier[1213] d’eaue une escuelle d’orge largement, et ne
-chault s’elle est à toute l’escorce, et pour deux parisis[1214] de
-réglisse, _item_, des figues, et soit tant bouly que l’orge crève; puis
-soit coulée en deux ou trois toiles, et mis en chascun gobelet grant
-foison de succre en roche. Puis est bonne icelle orge[1215] à donner à
-mengier à la poulaille pour engressier.
-
-_Nota_ que la bonne réglisse est la plus nouvelle, et est en la taille
-de vive couleur vergaie, et la vieille est de plus fade et morte, et
-sèche.
-
-BOUILLON. Pour faire quatre sextiers de bouillon, il convient
-avoir la moitié d’un pain brun d’un denier, de levain, levé de trois
-jours[1216]: _item_, de son, le quart largement d’un boissel, et mettre
-cinq sextiers d’eaue en une paelle, et quant elle fremiera, mettre le
-son en l’eaue et tant boulir que tout s’appetice du cinquième ou plus;
-puis oster de dessus le feu et laissier refroidier jusques à tiède,
-puis couler par une estamine ou sas, ou[1217] destremper le levain en
-eaue et mettre ou tonnel, et laissier deux ou trois jours parer[1218];
-puis encaver et laissier esclarcir, et puis boire.
-
-_Item_, qui le veult faire meilleur, il y convient mettre une pinte de
-miel bien bouly et bien escumé.
-
-BOCHET. Pour faire six sextiers de bochet, prenez six pintes
-de miel bien doulx, et le mettez en une chaudière sur le feu et le
-faites boulir, et remuez si longuement que il laisse à soy croistre,
-et que vous véez qu’il gette bouillon aussi comme petites orines[1219]
-qui se creveront, et au crever getteront un petit de fumée aussi
-comme notre: et lors faites-le mouvoir, et lors mettez sept sextiers
-d’eaue et les faites tant boulir qu’ils reviengnent à six sextiers,
-et tousjours mouvoir. Et lors le mettez en un cuvier pour refroidier
-jusques à tant qu’il soit ainsi comme tiède; et lors le coulez en un
-sas, et après[1220] le mettez en un tonnel et y mettez une choppine de
-leveçon[1221] de cervoise, car c’est ce qui le fait piquant, (et qui y
-mettroit levain de pain, autant vauldroit pour saveur, mais la couleur
-en seroit plus fade,) et couvrez bien et chaudement pour parer. Et se
-vous le voulez faire très bon, si y mettez une once de gingembre, de
-poivre long, graine de paradis et cloux de giroffle autant de l’un que
-de l’autre, excepté des cloux de giroffle dont il y aura le moins, et
-les mettez en un sachet de toile et gettez dedans. Et quant il y aura
-esté deux ou trois jours et le bochet sentira assez les espices et
-il piquera assez, si ostez le sachet et l’espraignez et le mettez en
-l’autre baril que vous ferez. Et ainsi vous servira bien celle pouldre
-jusques à trois ou quatre fois.
-
-_Item._ AUTRE BOCHET DE QUATRE ANS DE GARDE, _et peut-l’en
-faire une queue ou plus ou moins à une fois qui veult_. Mettez les
-trois pars d’eaue et la quatrième de miel, faites boulir et escumer
-tant qu’il déchée du dixième, et puis gettez en un vaissel: puis
-remplez vostre chaudière et faictes comme devant, tant que vous en aiez
-assez; puis laissiez refroidier et puis remplez vostre queue: adonc,
-vostre bochet gettera comme moust qui se pare. Si le vous convient
-tousjours tenir plain afin qu’il gette, et après six sepmaines ou un
-mois l’en doit traire tout le bochet jusques à la lye et le mettre en
-cuve ou en autre vaissel, puis deffoncier le vaissel où il estoit,
-oster la lye, eschauder, laver, renfoncer, et remplir de ce qui est
-demouré, et garder; et ne chault s’il est en vuidenge. Et adonc aiez
-quatre onces et demie de pouldre fine de fine canelle et une once et
-demie de clou de giroffle et une de graine batus et mis en un sachet de
-toile et pendus à une cordelette au bondonnail.
-
-_Nota_ que de l’escume qui en est ostée, prenez pour chascun pot
-d’icelle douze pos d’eaue, et boulez ensemble, et ce sera bon bochet
-pour les mesgnies[1222]. _Item_, d’autre miel que d’escume se fait à
-autele portion[1223].
-
-BEUVRAGE D’EAUE ROUSSE D’UN CHAPPON. Mettez vostre chappon ou
-poule en un pot bien net et qui soit tout neuf plommé[1224] et bien
-couvert, que rien n’en puisse yssir, et mettez vostre pot dedans une
-paelle plaine d’eaue et faites boulir tant que le chappon ou poule soit
-cuit dedans le pot; puis ostez le chappon ou poule, et de l’eaue qu’il
-aura faicte dedans le pot donnez au malade à[1225] boire.
-
-BUVRAGE DE NOISETTES. Pourboulez et pelez, puis mettez en eaue
-froide, puis les broyez et allaiez d’eaue boulie et coulez: broyez et
-coulez deux fois, puis mettez reffroidier en la cave; et vault mieulx
-assez que tizanne.
-
-BUVRAGE DE LAIT D’AMANDES. Comme dessus.
-
-
-POTAGES POUR MALADES.
-
-CHAUDEAU FLAMENT. Mettez un pou d’eaue boulir, puis pour
-chascune escuelle quatre moyeux d’œufs batus avec vin blanc[1226], et
-versez à fil[1227] en vostre eaue et remuez très bien, et du sel y
-mettez bien à point; et quant il aura bien boulu, tirez-le arrière du
-feu.
-
-_Nota._ Qui n’en fait fors une escuelle pour un malade, l’en y met cinq
-moyeux.
-
-ORGE MONDÉ[1228] OU GRUIAU D’ORGE. Mettez l’orge
-tremper en un bacin ainsi comme demie heure, puis la purez et mettez
-en un mortier de cuivre et pilez d’une pilette de bois, puis la mettez
-séchier: et quant elle sera sèche, si la vennez. Et quant vous en
-vouldrez faire potage, mettez-la cuire en un petit pot avec de l’eaue,
-et quant elle sera ainsi comme baienne[1229], purez-la et la mettez
-avec du lait d’amandes boulir; et aucuns le coulent. _Item_, l’en y met
-du succre foison.
-
-LAIT D’AMANDES. Pourboulez et pelez vos amandes, puis les
-mettez en eaue froide, puis les broyez et destrempez de l’eaue où
-les oignons auront cuit et coulez par une estamine: puis frisiez les
-oignons, et mettez dedans un petit de sel, et faites boulir sur le
-feu, puis mettez les souppes. Et se vous faites lait d’amandes pour
-malades, n’y mettez aucuns oignons, et ou lieu de l’eaue d’oignons
-pour destremper les amandes et dont dessus est parlé, mettez-y et les
-destrempez d’eaue tiède nette et faites boulir, et n’y mettez point de
-sel, mais succre foison. Et se vous en voulez faire pour boire, si le
-coulez à l’estamine ou par deux toiles, et succre foison au boire.
-
-COULIS D’UN POULET. Cuisiez le poulet tant qu’il soit tout
-pourry de cuire, et le broyez et tous les os en un mortier, puis
-deffaites de son boullon, coulez, et mettez du succre[1230].
-
-_Nota_ que les os doivent estre boulis les premiers: puis ostez du
-mortier, coulez, et nettoiez le mortier; puis broyez la char[1231] et
-grant foison succre.
-
-UN COULIS DE PERCHE, OU DE TANCHE, OU DE SOLE, OU
-D’ESCREVICES. Cuisiez-la en eaue et gardez le boullon, puis broyez
-amandes et de la perche avec, et deffaites de vostre boullon, et coulez
-et mettez tout boulir; puis dréciez vostre perche et mettez du succre
-dessus. Et soit claret, et foison succre[1232].
-
-Le meilleur coulis qui soit à jour de char, ce sont les cols des
-poulets et poucins. Et doit-l’en broyer cols, testes et os, puis broyer
-à fort, et deffaire d’eaue de joe de beuf ou de giste de beuf, et
-couler.
-
-_Nota_ que après les grans chaleurs de Juing, potages d’espices
-viennent en saison, et après la Saint Remy, civé de veel, de lièvre,
-d’oïttres, etc.
-
-GRUYAU convient cuire comme boyen[1233], puis purer et mettre
-cuire avec le lait d’amandes comme dit est prouchainement cy-dessus
-d’orge mondé, et foison succre.
-
-RIS. Eslisez-le et lavez, etc.[1234]
-
-
-AUTRES MENUES CHOSES QUI NE SONT DE NECCESSITÉ.
-
-C’EST LA MANIÈRE DE FAIRE COMPOSTE[1235]. _Nota_ qu’il fault
-commencier à la Sainct Jehan qui est vingt-quatrième jour de Juing.
-
-Premièrement, vous prendrez cinq cens de noix nouvelles environ la
-Sainct Jehan, et gardez que l’escorce ne le noyau ne soient encores
-formés et que l’escorce ne soit encores trop dure ne trop tendre,
-et les pelez tout entour, et puis les perciez en trois lieux tout
-oultre ou en croix. Et puis les mettez tremper en eaue de Saine ou
-de fontaine, et la changez chascun jour: et les fault tremper de
-dix à douze jours et lesquelles[1236] deviennent comme noires, et
-que au macher vous n’y puissiez assavourer aucune amertume; et puis
-les mettre boulir une onde en eaue doulce par l’espace de dire une
-_miserelle_[1237], et[1238] tant comme vous verrez qu’il appartiendra à
-ce qu’elles ne soient trop dures ne trop moles. Après vuidiez l’eaue,
-et après les mettez esgouter sur un sac[1239], et puis fondez du miel
-un sextier ou tant qu’elles puissent toutes tremper, et qu’il soit
-coulé et escumé: et quant il sera reffroidié ainsi comme tiède, si
-y mettez vos noix et les laissiez deux ou trois jours, et puis si
-les mettez esgouter, et prenez tant de vostre miel qu’elles puissent
-tremper dedans, et mettez sur le feu le miel et le faites très bien
-boulir un boullon seulement et l’escumez, et ostez de dessus le feu: et
-mettez en chascun pertuis de vos noix un clou de giroffle d’un costé,
-et un petit de gingembre coupé de l’autre, et après les mettez en miel
-quant il sera tiède. Et si les tournez deux ou trois[1240] fois le
-jour, et au bout de trois[1241] jours si les ostez: et recuisiez[1242]
-miel, et s’il n’en y a assez, si en mettez et le boulez et escumez
-et boulez, puis mettez vos noix dedans; et ainsi chascune sepmaine
-jusques à un mois. Et puis les laissiez en un pot de terre ou en un
-poinçon[1243], et retournez chascune sepmaine une fois.
-
-Prendrez, environ la Toussains, des gros navets, et les pelez et fendez
-en quatre quartiers, et puis mettez cuire en eaue: et quant ils seront
-un petit cuis, si les ostez et mettez en eaue froide pour attendrir,
-et puis les mettez esgouter; et prenez du miel et fondez ainsi comme
-cellui des noix, et gardez que vous ne cuisiez trop vos navets.
-
-_Item_, à la Toussains, vous prendrez des garroittes[1244] tant que
-vous y vouldrez mettre, et qu’elles soient bien raclées et décopées
-par morceaux, et qu’elles soient cuites comme les navets. (Garroites
-sont racines rouges que l’en vent ès Halles par pongnées, et chascune
-pongnée un blanc.)
-
-_Item_, prenez des poires d’angoisse et les fendez en quatre quartiers,
-et les cuisiez ainsi comme les navets, et ne les pelez point; et les
-faites ne plus ne moins comme les navets.
-
-_Item_, quant les courges sont en saison, si en prenez ne des plus
-dures ne des plus tendres, et les pelez et ostez le cuer de dedans et
-mettez en quartiers, et faites tout ainsi comme des navets.
-
-_Item_, quant les pesches sont en saison, si en prenez des plus dures
-et les pelez et fendez.
-
-_Item_, environ la Saint Andry[1245], prenez des racines de percil
-et de fanoil, et les resez[1246] pardessus, et en mettez par petites
-pièces, et fendez le fanoil parmi et ostez le dureillon du dedans, et
-n’ostez pas celluy du percil, et les gouvernez tout ainsi comme les
-choses dessusdictes, ne plus ne moins.
-
-Et quant toutes vos confitures seront prestes, vous pourrez faire ce
-qui appartient, dont la recepte s’ensuit.
-
-Premièrement, pour cinq cens de noix, prenez une livre de sennevé et
-demie livre d’anis, un quarteron et demi fanoil, un quarteron et demi
-coriande, un quarteron et demi karvy[1247], c’est assavoir une semence
-que l’en mengue en dragée, et mettez toutes ces choses en pouldre: et
-puis faites toutes ces choses broyer en un moulin à moustarde et le
-destrempez bien espois et de très bon vinaigre, et mettez en un pot
-de terre. Et puis prenez demie livre de raffle[1248], c’est assavoir
-une racine que l’en vent sur les herbiers[1249], et la raclez très
-bien et la décopez le plus menuement que vous pourrez et la faictes
-mouldre à un moulin à moustarde, et le destrempez de vinaigre. _Item_,
-prenez demi quarteron de fust de giroffle dit _baston de giroffle_,
-demi quarteron de canelle, demi quarteron de poivre, demi quarteron
-de mesche[1250], demi quarteron de noix muguettes, demi quarteron de
-graine de paradis, et faites de toutes ces choses pouldre. _Item_,
-prenez demi once de saffran d’Ort[1251] séché et batu et une once
-de ceudre vermeille, c’est assavoir un fust que l’en vent sur les
-espiciers[1252] et est dit _cèdre dont l’en fait manches à cousteaulx_.
-Et puis prenez douze livres[1253] de bon miel dur et blanc et le faites
-fondre sur le feu, et quant il sera bien cuit et escumé, si le laissiez
-rasseoir, puis le coulez, et le cuisiez encores: et s’il rent escume,
-encores le convient couler, sinon le convient laissier reffroidier;
-puis destrempez vostre moustarde de bon vin vermeil et vinaigre par
-moitié et mettez dedans le miel. Vous destrempez vos pouldres de vin
-et vinaigre et mettez ou miel, et en vin chault boulez un petit vos
-cèdres, et après mettez le saffran avec les autres choses, et une autre
-pongnée de sel gros. _Item_, et après ces choses, prenez deux livres
-de roisins que l’en dit roisins de Digne, c’est assavoir qui sont
-petis et n’ont aucuns noyaux dedans ne pepins quelxconques, et soient
-nouveaulx, et les pilez très bien en un mortier et les destrempez de
-bon vinaigre, puis les coulez parmi une estamine, et mettez avec les
-autres choses. _Item_, se vous y mettez quatre ou cinq pintes de moust
-ou de vin cuit, la saulce en vauldroit mieulx.
-
-POUR FAIRE CONDOIGNAC[1254], prenez des coings et les pelez,
-puis fendez par quartiers, et ostez l’ueil[1255] et les pepins, puis
-les cuisiez en bon vin rouge et puis soient coulés parmi une estamine:
-puis prenez du miel et le faites longuement boulir et escumer, et après
-mettez vos coings dedans et remuez très bien, et le faites tant boulir
-que le miel se reviengne à moins la moitié; puis gettez dedans pouldre
-d’ypocras, et remuez tant qu’il soit tout froit, puis taillez par
-morceaulx et les gardez.
-
-POULDRE FINE. Prenez gingembre blanc 1º [Illustration: un
-symbol] (une once et une drachme?) canelle triée [Illustration: un
-symbol][3] (un quarteron?) giroffle et graine de chascun demi quart
-d’once, et de succre en pierre [Illustration: un symbol][1256] (un
-quarteron?) et faictes pouldre.
-
-CONFITURE DE NOIX. Prenez, avant la Saint Jehan, noix
-nouvelles et les pelez et perciez, et mettez en eaue fresche tremper
-par neuf jours, et chascun jour renouvellez l’eaue: puis les laissiez
-sécher, et emplez les pertuis de clous de giroffle et de gingembre, et
-mettez boulir en miel, et illec les laissiez en conserve.
-
-POUR FAIRE EAUE A LAVER MAINS SUR TABLE. Mettez boulir de la
-sauge, puis coulez l’eaue, et faites refroidier jusques à plus que
-tiède. Ou vous mettez comme dessus[1257] camomille ou marjolaine, ou
-vous mettez du rommarin: et cuire avec l’escorce d’orenge. Et aussi
-fueilles de lorier y sont bonnes.
-
-YPOCRAS. Pour faire pouldre d’ypocras, prenez un quarteron de
-très fine canelle triée à la dent[1258], et demy quarteron de fleur
-de canelle fine, une once de gingembre de mesche trié fin blanc et
-une once de graine de paradis, un sizain[1259] de noix muguettes et
-de garingal ensemble, et faites tout battre ensemble. Et quant vous
-vouldrez faire l’ypocras, prenez demye once largement et sur le plus de
-ceste pouldre et deux quarterons de succre, et les meslez ensemble, et
-une quarte de vin à la mesure de Paris.
-
-Et _nota_ que la pouldre et le succre meslés ensemble, font _pouldre de
-duc_.
-
-Pour une quarte ou quarteron[1260] d’ypocras à la mesure de Bésiers,
-Carcassonne, ou Montpellier, prenez cinq drames de canelle fine triée
-et mondée, gingembre blanc trié et paré, trois drames: de giroffle,
-graine, macis, garingal, noix muguettes, espic nardy[1261], de tout
-ensemble une drame et un quart: du premier le plus et des autres en
-dévalant moins et moins[1262]. Soit faicte pouldre, et avec ce soit mis
-une livre et demi quarteron, au gros poix[1263], de succre en roche
-broyé, et meslé parmi les autres devant dictes espices et mis; et soit
-du vin et le succre mis et fondu en un plat sur le feu, et mis la
-pouldre, et meslez avec: puis mis en la chausse, et coulé tant de fois
-qu’il rechée tout cler vermeil.
-
-_Nota_ que le sucre et la canelle doivent passer comme maistres[1264].
-
-SAUGE. Pour faire un poinçon[1265] de sauge, prenez deux
-livres de sauge et rongnez les bastons[1266], puis mettez les feuilles
-dedans le poinçon. _Item_, aiez demie once de giroffle mis en un sachet
-de toile et pendu dedans le poinçon à une cordelette; _item_, l’en
-peut mettre demie once de lorier dedans: _item_, demy quarteron de
-gingembre de mesche, demi quarteron de poivre long et demi quarteron de
-lorier. Et qui veult faire la[1267] sauge sur table en yver, ait en une
-aiguière de l’eaue de sauge, et verse sur son vin blanc en un hanap.
-
-POUR FAIRE SUR TABLE VIN BLANC DEVENIR VERMEIL, prenez en esté
-des fleurs vermeilles qui croissent ès blefs, que l’en appelle perceau
-ou neelle ou passe-rose, et les laissiez séchier tant qu’elles puissent
-estre mises en pouldre, et en gettez secrètement ou voirre avec le vin,
-et il devenra vermeil.
-
-SE VOUS VOULEZ AVOIR VERTJUS[1268] A NOEL SUR LA
-TREILLE, quant vous verrez que la grappe à son commencement se
-descouvrera, et avant qu’elle soit en fleur, coppez la grappe par la
-queue, et la tierce fois laissiez-la revenir jusques à Noél.
-
-Maistre Jehan de Hautecourt[1269] dit que l’en doit coupper le cep
-audessoubs de la grappe, et l’autre bourgon de dessoubs getteroit
-grappe nouvelle.
-
-SE VOUS VOULEZ EN NOVEMBRE ET EN DÉCEMBRE FAIRE AVOIR A POIRES
-D’ANGOISSE VERMEILLE COULEUR, mettez du foing au cuire, et couvrez
-le pot tellement qu’il n’en isse point de fumée. _Nota_ qu’il convient
-mettre sur les poires de la graine de fanoil qui est bolue en vin
-nouvel et puis séchée, ou dragée[1270].
-
-POUR FAIRE SEL BLANC, prenez du gros sel une pinte et trois
-pintes d’eaue, et mettez sur le feu tant que tout soit fondu ensemble,
-puis coulez parmi une nappe, touaille ou estamine, puis mettez sur
-le feu et faictes très bien boulir et escumer: et qu’il bouille si
-longuement qu’il soit ainsi comme tout sec, et que les petis boullons
-qui auront getté eaue deviennent tous secs; puis ostez le sel de la
-paelle et estandez sur une nappe au soleil pour sécher.
-
-POUR ESCRIPRE SUR LE PAPIER LETTRE QUE NUL NE VERRA SE LE PAPIER
-N’EST CHAUFFÉ, prenez sel armoniac ou salmoniac et mettez tremper
-et fondre avec eaue: puis escripvez de ce et laissiez seicher. Et ce
-durera environ huit jours.
-
-POUR FAIRE GLUS, il convient peler le houx quant il est en
-sa séve, (et est communément ou mois de May jusques à Aoust,) et puis
-boulir l’escorce en eaue tant que la taie de dessus se sépare: puis
-pelez, et quant la taye sera pelée, enveloppez le demourant de fueilles
-d’yèbles, de seun[1271], ou autres larges feuilles, et soit mis en
-lieu froit comme en cave, ou dedans terre ou en un fumier froit, par
-l’espace de neuf jours ou plus, tant qu’il soit pourry. Et puis la
-convient piler comme porée de choulx et mettre par tourteaux comme
-guède[1272], et puis aler laver les tourteaux l’un après l’autre et
-despecier comme cire; et ne soit pas trop lavée en la première eaue ne
-trop roide[1273] eaue. Et après l’en peut tout ensemble despecier et
-paumaier[1274] en eaue bien courant, et mettre en un pot et conserver
-bien couvert.
-
-Et qui veult faire glus pour eaue, il convient eschauffer un petit
-d’uille, et là destremper sa glus: et puis gluer sa ligne.
-
-_Item_, l’en fait autre glus de fromment.
-
-SE VOUS VOULEZ GARDER ROSES VERMEILLES, prenez des boutons
-une douzaine, et les assemblez ainsi comme en une pelotte, et puis les
-enveloppez de lin et liez de fil ainsi comme une pelotte, et faites
-pelottes tant comme vous vouldrez garder de roses; et puis les mettez
-en une cruche de terre de Beauvais[1275] et non mie d’autre terre, et
-l’emplez de vertjus: et à la mesure que le vertjus se dégastera[1276],
-si le remplez, mais que le vertjus soit très bien paré[1277]. Et quant
-vous les vouldrez très bien espanir, si les ostez des estouppes et les
-mettez en eaue tiède, et les laissiez un petit tremper.
-
-_Item_, pour garder roses en une autre manière, prenez des boutons
-tant comme vous vouldrez, et les boutez en une bouteille de terre de
-Beauvais, tant comme il en y pourra entrer. Après prenez du plus délié
-sablon que vous pourrez, et mettez dedens la boutaille tant comme vous
-y pourrez mettre, et puis l’estoupez très bien que rien n’y puisse
-yssir ne entrer, et mettez la boutaille dedans une eaue courant; et là
-se gardera la rose toute l’année.
-
-POUR FAIRE EAUE ROSE SANS CHAPPELLE[1278], prenez un bacin à
-barbier, et liez d’un cueuvrechief tout estendu sur la gueule à guise
-de tabour, et puis mettez vos roses sur le cueuvrechief, et dessus vos
-roses asséez le cul d’un autre bacin où il ait cendres chaudes et du
-charbon vif.
-
-POUR FAIRE EAUE ROSE SANS CHAPPELLE ET SANS FEU, prenez
-deux bacins de voirre, et en faictes comme dit est au blanc de ceste
-cédule[1279], et en lieu de cendres et charbon, mettez tout au soleil:
-et à la chaleur d’icelluy l’eau se fera.
-
-Les roses de Prouvins sont les meilleures à mettre en robes, mais il
-les convient sécher, et à la my-Aoust sasser par un crible afin que les
-vers chéent parmi les pertuis du crible, et après ce espandre sur les
-robes.
-
-POUR FAIRE EAUE ROSE DE DAMAS, mettez sur les pasteaulx de
-roses, du rosé batu[1280]. _Vel sic_: gettez l’eau distillée du premier
-lit sur le second et sur le tiers et sur le quart; et elle, ainsi
-remise par quatre fois, devendra rouge[1281].
-
-POUR FAIRE EAUE ROSE VERMEILLE. Prenez une fiole de voirre et
-l’emplez à moitié de bonne eaue rose et l’autre moitié emplez de roses
-vermeilles, c’est assavoir des pampes[1282] de jeunes roses dont le
-bout de la pampe qui est blanc sera couppé, et la laissiez neuf jours
-au soleil et les nuis aussi, et puis coulez.
-
-POUR FAIRE PONDRE, COUVER ET NOURRIR OISEAULX EN UNE CAGE.
-_Nota_ que en la cage de Hesdin[1283], qui est la plus grant de ce
-royaulme, ne en la cage du Roy à Saint-Pol[1284], ne en la cage
-Messire Hugues Aubriot[1285], ne porent oncques estre couvés et après
-parnourris petis oiseaulx, et en la cage Charlot[1286] si font[1287],
-_scilicet_ pons, couvés, nourris et parnourris. Ou premier cas[1288],
-le deffault vient parceque les petis oiseaulx sont peus[1289] de
-chenevis qui est chault et sec, et n’ont que boire[1290]. Et ou second
-cas[1291], l’en leur donne mouron ou lasseron, chardons de champs
-trampans en eaue souvent renouvellée et tousjours fresche, rafreschie
-trois fois le jour, et en vaisseaulx de plont qui est frais, et là
-dedans avec le lasseron et le mouron tout vert, tout de chardons
-des champs dont le pié trempe en eaue bien avant[1292], du chenevis
-escachié et trié et osté les coquilles, moullié et trempé en eaue.
-_Item_, que l’en leur mette en la cage de la laine cardée et des plumes
-pour faire leur ny. Et ainsi ay-je en cages veu nourrir turtres[1293],
-linottes, chardonnerels[1294], pondre et parnourrir. _Item_, et
-aussi doit-l’en donner des chenilles, verets, mouchettes, yraignes,
-sautereaux, papillons, channevis nouvel en herbe et moullié et trempé.
-_Item_, yraignes, chenilles et telles choses qui sont molles au bec de
-l’oiselet qui est tendre.
-
-(Et de telles choses les paons nourissent[1295] leurs poucins, car l’en
-a bien veu à une geline couver les œufs d’une paonne avec les œufs
-d’une geline, et se escloent les œufs en un mesmes temps, mais les
-petis paons ne povoient mie vivre longuement pour ce qu’ils ont le becq
-trop tendre, et la geline ne leur quéroit mie choses moles[1296] selon
-leur nature, et les poucins vivoient bien de blé ou paste molle, ce
-qui n’est pas si propre nourreçon aux paons.--Encores véez-vous que qui
-bailleroit à une geline le plus bel froument et mieulx criblé du monde,
-si le gatteroit[1297]-elle pour trouver verets ou mouchettes.)
-
-_Item_, en la fin d’Avril convient aler au bois quérir des branchettes
-fourchées de trois fourchons, et clouer contre le mur et couvrir
-d’autre verdure, et là dedans ce fourchon font leur ny.
-
-POUR GARIR DES DENS. Prenez un pot de terre à couvercle ou un
-pot sans couvercle qui aura un tranchouer dessus, et l’emplez d’eaue
-et mettez boulir: puis vous despouillez, couchiez, et soit vostre
-chief très bien couvert, puis aiez le pot à couvercle, et soit bien
-arsillié[1298] entour et un trou ou millieu, ou il[1299] soit couvert
-d’un tranchouer percié ou millieu. Et sur le pertuis vous adentez[1300]
-gueulle bée pour aspirer la fumée de l’eaue qui passera par le pertuis,
-et soient mises de sauge ou autres herbes dedans, et se tenir bien
-couvert.
-
-POUR FAIRE SABLON A METTRE A ORLOGES[1301]. Prenez le limon
-qui se chiet du siage de marbre quant l’en sie ces grans tumbes de
-marbre noir, puis le boulez très bien en vin comme une pièce de char et
-l’escumez, et puis le mettez seicher au soleil, puis le mettez boulir,
-escumer, et puis séchier par neuf fois: et ainsi sera bon.
-
-POISONS POUR TUER CERF OU SANGLIER[1302]. Prenez la racine de
-l’herbe d’électoire qui fait fleur de couleur d’azur, et broyez en un
-mortier et mettez en un sac ou drappel et l’espraignez pour avoir le
-jus: et mettez icelluy jus en un bacin au soleil, et la nuit soit mis à
-couvert à sec que eaue ne autre liqueur moite ne l’attouche, et tant la
-mettez et remettez à la chaleur du soleil qu’elle se tienne conglutinée
-et prise comme cire gommée, et la mettez en une boiste bien close. Et
-quant en vouldrez traire[1303], si en mettez entre les barbillons[1304]
-et la douille du fer afin que quant la beste sera ferue, cela fiere
-et attouche à la char, car qui autrement le feroit, c’est assavoir
-qui oindroit autrement le fer, quant il entreroit dedans le cuir de la
-beste, l’ointure demourroit dedans[1305], et le coup ne vauldroit.
-
-MÉDECINE POUR GARIR DE MORSURE DE CHIEN OU AUTRE BESTE ARRAGÉE. Prenez
-une crouste de pain et escripvez ce qui s’ensuit: ✝ _Bestera_ ✝
-_bestie_[1306] ✝ _nay_ [un croix] _brigonay_ ✝ dictera ✝ _sagragan_ ✝
-_es_ ✝ _domina_ ✝ _fiat_ ✝ _fiat_ ✝ _fiat_ ✝.
-
-POUR FAIRE D’UN VER[1307] BON SANGLIER. Prenez un
-ver de deux ans ou environ, et ou mois de May ou de Juing le faites
-chastrer, et en la saison de porchoisons[1308] le faictes chasser,
-fouaillier[1309] et deffaire comme un sanglier. _Vel sic_: prenez d’un
-porc privé qui soit brulé, et le cuisiez en moitié eaue moitié vin, et
-servez en un plat d’icelluy chaudeau, des[1310] navets et chastaingnes
-et la venoison. _Sic_ 3º.....[1311]
-
-_Nota_ que chandelle mise en bran[1312] se garde souverainement. _Nota_
-qui veut faire chandelle, l’en doit avant faire sécher au feu très bien
-le limignon[1313].
-
-POUR OSTER EAUE DE VIN. Mettez eaue et vin en une tasse, et
-aiez du fil de coton et plungez l’un bout au fons de la tasse, et
-l’autre bout soit pendant sur le bort et audessoubs et dehors de la
-tasse, et vous verrez que par icellui bout l’eaue dégoutera comme
-blanche. Et quant l’eaue sera toute dégoutée, vous verrez le vin
-vermeil dégouter. (_Il semble que pareillement d’une queue de vin se
-peut faire._)
-
-POUR FAIRE VIN CUIT, prenez de la cuve ou tonne la mère
-goute, c’est à dire la fleur du vin[1314], soit blanc ou vermeil,
-tant comme vous en vouldrez, et le mettez en un vaissel de terre, et
-le faites boulir à petit et attrempé bouillon et à feu de très sèche
-buche et cler feu, sans tant soit petit de fumée, et ostez l’escume à
-une palette de fust percée et non de fer. Et soit tant bouly, se la
-vendenge est verde pour celle année, que le vin reviengne au tiers,
-et s’elle est meure, que le vin reviengne au quart[1315]. Et après
-le mettez reffroidier en un cuvier ou autre net vaissel de bois, et
-icellui refroidié, le mettez au poinçon; et le tiers ou quart an
-vauldra mieulx que le premier an. Et gardez en lieu moyen, ne chault
-ne froit, et aiez retenu en un petit vaissel d’icelluy vin boulu, pour
-remplir tousjours le tonnellet, car vous savez que le vin se veult
-tousjours tenir plain.
-
-A SERVIR DE TRIPPES AU JAUNET. Ou vous les prendrez crues,
-ou cuites. Si crues, mettez-les cuire en un pot en eaue et sans sel,
-et d’autre part mettez cuire une pièce de giste de beuf ou de la
-joe sans sel. Et quant les deux pots bouldront, paissiez le pot de
-trippes de l’eaue du beuf et faites plus cuire les trippes que le beuf;
-et quant les trippes seront presque cuites, si y mettez du lart, et
-faites boulir et cuire avec: et sur le point que l’en doit tirer hors
-les trippes du pot, mettez du saffran, et quant le saffran aura assez
-jauni, traiez les trippes, et mettez du sel en l’eaue se vous voulez.
-Si cuites[1316], si les mettez plus parcuire en l’eaue du giste et sans
-sel; et du remenant comme dessus.
-
-Qui veult cuire trippes, etc.[1317]
-
-HERIÇON soit coupé par la gorge, escorché et effondré,
-puis refait comme un poucin, puis pressié en une touaille et illec
-très bien essuié; et après ce rosti et mengé à la cameline, ou en
-pasté à la sausse de hallebran. _Nota_ que se le heriçon ne se veult
-destortillier, l’en le doit mettre en l’eaue chaude, et lors il
-s’estendra.
-
-ESCURIEUX soient escorchiés, effondrés, reffais comme connins,
-rostis, ou en pasté: mengiés à la cameline ou à la sausse de hallebrans
-en pasté.
-
-TURTRES sont bonnes en rost et en pasté, et en Septembre sont
-en saison, voire dès Aoust. Toutesvoies en rost elles serrent[1318]
-merveilleusement; et qui en a foison et il les veult nourrir et garder,
-il leur convient tondre ou plumer le cul, car autrement leur fiente les
-estouperoit, et par ce mourroient.
-
-GAUFFRES sont faites par quatre manières. L’une que l’en bat
-des œufs en une jatte, et puis du sel et du vin, et gette-l’en de la
-fleur, et destremper l’un avec l’autre, et puis mettre en deux fers
-petit à petit, à chascune fois autant de paste comme une lesche de
-frommage est grande, et estraindre entre deux fers, et cuire d’une part
-et d’autre; et se le fer ne se délivre bien de la paste, l’en l’oint
-avant d’un petit drappelet mouillé en huille ou en sain.--La deuxième
-manière est comme la première, mais l’en y met du frommage, c’est
-assavoir que l’en estend la paste comme pour faire tartre ou pasté,
-puis met-l’en le frommage par lesches ou milieu et recueuvre-l’en les
-deux bors; ainsi demeure le frommage entre deux pastes et ainsi est mis
-entre deux fers.--La tierce manière, si est de gauffres _couléisses_,
-et sont dictes _couléisses_ pour ce seulement que la paste est plus
-clère et est comme boulie clère, faicte comme dessus; et gecte-l’en
-avec, du fin frommage esmié à la gratuise[1319]; et tout mesler
-ensemble.--La quarte manière est de fleur pestrie à l’eaue, sel et vin,
-sans œufs ne frommage.
-
-_Item_, les gauffriers font un autre service que l’en dit _gros
-bastons_ qui sont fais de farine pestrie aux œufs et pouldre de
-gingembre batus ensemble, et puis aussi gros et ainsi fais comme
-andouilles; mis entre deux fers.
-
-
-AUTRES MENUES CHOSES DIVERSES QUI NE DÉSIRENT POINT DE CHAPPITRE.
-
-POUR DESSALLER TOUS POTAGES SANS Y METTRE NE OSTER, Prenez une
-nappe bien blanche et mettez sur vostre pot, et le retournez souvent;
-et convient le pot estre loing du feu[1320].
-
-POUR OSTER L’ARSURE D’UN POTAGE, prenez un pot nouvel et
-mettez vostre potage dedans, puis prenez un pou de levain et le liez
-dedans un drappel blanc, et gettez dedans vostre pot, et ne luy
-laissiez guères demourer.
-
-POUR FAIRE LIQUEUR POUR SEIGNER[1321] LINGE. Prenez
-camboïs, c’est le limon noir qui est aux deux bouts de l’essieul de
-la charette, et mettez de l’arrement[1322], et allaiez d’uille et de
-vinaigre et boulez tout ensemble, et puis chauffez vostre merque[1323]
-et moulliez dedans, et asséez dessus vostre linge.
-
-SE TU VEULX FAIRE BONNE ESCHE[1324] pour alumer du feu au
-fusil, pren de l’escume[1325] de noyer qui sont surannées, et puis
-la[1326] met en un pot plain de lessive bien forte, toute entière, ou
-par pièces du large de deux dois, lequel que tu vouldras, et la fais
-boulir tousjours par l’espace de deux jours et une nuit du moins. Et se
-tu n’as de la lessive, si prens de bonnes cendres et met avec de l’eaue
-et fais comme charrée[1327], puis mets ton escume boulir dedans par
-l’espace dessusdit, et la fournis tousjours tant comme elle bouldra.
-Se tu la fais boulir en lessive, fournis-la de lessive; se tu la
-bouls en la charrée, si la fournis d’eaue; et toutes voies en quoy que
-tu la boules, se tu povoies finer de pis..t pour la fournir, elle en
-vauldroit mieulx. Et quant elle sera ainsy boulie, si la pures[1328],
-et puis la lave en belle eaue nette pour la ressuier, puis la met au
-soleil seicher ou en la cheminée, loing du feu, qu’elle ne s’arde, car
-il la convient sécher attrempéement et à loisir; et quant elle sera
-seiche et on s’en vouldra aidier, si la fault batre d’un maillet ou
-d’un baston, tant quelle deviengne ainsi comme espurge[1329]. Et quant
-on veult alumer du feu, si en fault prendre ainsi comme le gros d’un
-pois et mettre sur son caillou, et on a tantost du feu; si ne fault
-que des mesches ensouffrées, et alumer la chandeille. Et la doit-l’en
-garder nettement et sèchement.
-
-FOUQUES[1330] doivent estre très bien rosties, et sont
-meilleurs cuites en potage que en rost, car en rost elles sont trop
-sèches, et veulent estre arrousées de leur gresse, et avoir le feu
-devant.--_Item_, elle sont très bonnes fresches aux choulx.--_Item_,
-mettez de l’eaue et des oignons en un petit pot et la fouque, puis
-laissiez boulir comme une pièce de beuf, puis broyez des menues
-espices, et allaiez les deux pars vertjus et la troisième vinaigre,
-et vous aurez bon potage.--_Item_, fouques salées de deux jours sont
-bonnes au potage.
-
-_Nota_ que le seymier d’un cerf, c’est le quoier et[1331] la queue; et
-quant il est frais, il est cuit à l’eaue et au vin, aux espices et
-saffran et soupes en esté: et en yver au poivre[1332]; et ainsi est-il
-du sanglier frais.
-
-POUR FAIRE TROIS PINTES D’ENCRE, prenez des galles[1333] et de
-gomme[1334] de chascun deux onces, couperose trois onces; et soient les
-galles cassées et mises tremper trois jours, puis mises boulir en trois
-quartes d’eaue de pluye ou de mare coye[1335]. Et quant ils auront
-assez boulu et tant que l’eau sera esboulie près de la moitié, c’est
-assavoir qu’il n’y ait mais que trois pintes, lors le convient oster du
-feu, et mettre la couperose et gomme, et remuer tant qu’il soit froit,
-et lors mettre en lieu froit et moite. Et _nota_ que quant elle passe
-trois sepmaines, elle empire.
-
-POUR FAIRE ORENGAT, mettez en cinq quartiers les peleures
-d’une orenge et raclez à un coustel la mousse qui est dedans, puis les
-mettez tremper en bonne eaue doulce par neuf jours, et changez l’eaue
-chascun jour: puis les boulez en eaue doulce une seule onde, et ce
-fait, les faictes estendre sur une nappe et les laissiez essuier très
-bien, puis les mettez en un pot et du miel tant qu’ils soient tous
-couvers, et faites boulir à petit feu et escumer, et quant vous croirez
-que le miel soit cuit, (pour essaier s’il est cuit, ayez de l’eaue en
-une escuelle, et faites dégouter en icelle eaue une goutte d’icelluy
-miel, et s’il s’espant, il n’est pas cuit: et se icelle goute de miel
-se tient en l’eau sans espandre, il est cuit;) et lors devez traire
-vos peleures d’orenge, et d’icelles faites par ordre un lit, et gettez
-pouldre de gingembre dessus, puis un autre, et getter etc., _usque in
-infinitum_; et laissier un mois ou plus, puis mengier.
-
-POUR FAIRE SAULSISSES. Quant vous aurez tué vostre pourcel,
-prenez de la char des costelettes, premièrement de l’endroit que l’en
-appelle le filet[1336], et après de l’autre endroit des costelettes
-et de la plus belle gresse, autant de l’un comme de l’autre, en telle
-quantité que vouldrez faire de saulsisses; et faictes très menuement
-mincer et détranchier par un pasticier. Puis broyez du fenoul et
-un petit de sel menu, et après ce requeillez vostre fenoul broyé,
-et meslez très bien parmi le quart d’autant de pouldre fine; puis
-entremeslez très bien vostre char, vos espices et vostre fenoul, et
-après emplez les boyaulx, c’est assavoir les menus. (Et sachiez que les
-boyaulx d’un vielz porc sont meilleurs à ce, que d’un jeune, pour ce
-qu’ils sont plus gros.) Et après ce, les mettez quatre jours à la fumée
-ou plus, et quant vous les vouldrez mengier, si les mettez en eaue
-chaude et boulir une onde, et puis mettre sur le greil.
-
-POUR DESSALLER BEURRE, mettez-le en une escuelle sur le feu
-pour fondre, et le sel dévalera ou fons de l’escuelle, lequel sel ainsi
-dévalé est bon ou potage, et le remenant du beurre demeure doulx.
-Aultrement, mettez vostre beurre salé en eaue doulce fresche, et le
-pestrissiez et paumoiez dedens, et le sel demourra en l’eaue.
-
-(_Item_, _nota_ que les mouches ne queurent point sus à un cheval qui
-est oint de beurre ou de vielz oint salé.)
-
-BOURBOTTE[1337] est de pareille fourme à un chavessot, mais
-il est plus grant assez: et est cuite en eaue, puis peler comme une
-perche, puis faire boulir cameline ou galentine et getter sus; ou rosty
-et mis en pasté avec de la pouldre.
-
-POIRES à leur commencement, _scilicet_ en Octobre et Novembre,
-et qu’elles sont de nouvel queillies, sont dures et fortes, et lors
-l’en les doit cuire en l’eaue: et quant ce sont poires d’angoisse,
-pour leur faire avoir belle couleur, l’en doit mettre du foing dedans
-le pot où elles cuisent, et après sont rosties; mais après ce, quant
-elles sont plus fannées et ramoities pour la moiteur du temps, l’en ne
-les met point cuire en eaue, mais en la brese seulement; _scilicet_ en
-Février et en Mars.
-
-PIES, CORNILLAS[1338], CHOÉS[1339]. L’en
-les tue aux matelas[1340] qui sont[1341] grosse pilette[1342], et de
-foibles arbalestres peut-l’en traire à iceulx cornillas[1343] qui sont
-sur les branches, mais à ceulx qui sont ès nys convient traire de plus
-fors bastons pour abatre nit et tout. Il les convient escorcher, puis
-pourboulir avec du lart, puis découpper par morceaulx, et frioler avec
-des œufs comme charpie.
-
-TESTE DE MOUTON soit très cuite, puis ostez les os, et hachez
-le demourant bien menu, et gettez pouldre fine dessus.
-
-Se vous voulez faire provision de vinaigre, vuidiez le tonnellet de
-vostre vielz vinaigre, puis lavez le tonnellet très bien de très bon
-vinaigre et non mie d’eaue chaude ne froide: après, mettez les laveures
-en un vaisseau de bois ou de terre et non mie d’arain ou de fer, et
-illec laissiez reposer et rasseoir vos rainsseures: puis vuidiez le
-cler et le coulez, et mettre de rechief ou tonnellet, et l’emplez
-d’aultre bon vinaigre, et mettez au soleil et au chault, le fons percié
-en six lieux et destoupé de jour, et de nuit et par brouillas[1344]
-estoupez tout; et quant le soleil revient, destoupez comme devant.
-
-LE RIQUE-MENGER. Prenez deux pommes aussi grosses que deux
-œufs ou pou plus, et les pelez, et ostez les pepins, puis les découppez
-par menus morceaulx, puis les mettez pourboulir en une paelle de fer,
-puis purez l’eaue, et mettez seicher le rique-menger: puis mettre
-beurre pour frioler, et en friolant filez deux œufs dessus en remuant;
-et quant tout sera friolé, gettez pouldre fine dessus, et soit
-frangé[1345] de saffran, et mengiez au pain ou mois de Septembre.
-
-LIÈVRE ROSTY. J’ai vu rostir lièvre enveloppé en la toile de
-la fressure d’un porc que l’en dit la crespine et couste trois blans,
-et par ce le lièvre n’est autrement lardé. _Item_, je l’ay veu larder.
-
-LA CHAR D’UNE JOE DE BEUF, etc.[1346]
-
-En la HASTE-MENUE d’un pourcel n’a aucun appareil à faire,
-fors la laver et embrocher et envelopper de sa taye et cuire longuement.
-
-POULES FARCIES COULOURÉES OU DORÉES. Elles sont _primo_
-soufflées, et toute la char dedans ostée, puis remplies d’autre char,
-puis coulourées ou dorées comme dessus[1347]: mais il y a trop à faire,
-et n’est pas ouvrage pour le queux d’un bourgois, non mie[1348] d’un
-chevalier simple; et pour ce, je le laisse.
-
-_Item_, DES ESPAULES DE MOUTON, _quia nichil est nisi pena et
-labor_.
-
-_Item_, LES HÉRIÇONS sont fais de caillettes de mouton et est
-grant frais et grant labour et pou d’onneur et de prouffit, et pour ce
-_nichil hic_.
-
-AMIGDALA _recentia recipe, et ab eis cum gladio remove etiam
-subtiliter primum corticem, et postea perforetur quodlibet amigdalum
-uno foramine in medio. Et iis peractis dicta amigdala ponentur in aqua
-dulci, in qua stent per quinque vel sex dies, sed qualibet die fiat
-mutatio aque semel in die. Deinde lapsis quinque vel sex diebus, dicta
-amigdala extrahentur a dicta aqua et ponentur in aliqua aqua[1349]
-ubi stent per unum diem naturalem ad exsicandum et removendum vaporem
-dicte aque; postea habeatur sufficiens quantitas boni et optimi mellis
-respectu quantitatis dictarum amigdalarum, et illud mel buliatur
-et decoquatur bene et sufficienter, et decoquendo purgetur. Et cum
-decoctum fuerit et refrigeratum, ponatur in quolibet foramine dicti
-amigdali unum gariofilum: et repositis omnibus dictis amigdalis
-in aliquo bono vase terreo, ponatur desuper (item fiat de nucibus
-conficiendis, sed ille habent[1350] stare in aqua per novem dies,
-qualibet die mutanda;) dictum mel bene decoctum et dispositum pro
-mensura debita coperiente dicta amigdala, et elapsis duobus mensibus,
-postea comedantur_[1351].
-
-TETINES DE VACHE. Cuites avec la char et mangées comme la
-char.--_Item_, salée à la moustarde.--_Item_, aucunes fois trenchée par
-lesches, et rosties sur le greil, toute fresche cuite.
-
-ESTOURNEAUX. Soient plumés à sec[1352], effondrés[1353],
-puis couppez les cols et les piés, puis reffais, mis en pasté et deux
-lesches de lart audessus: ou découppez les membres par morceaulx comme
-un oison, et mis à la charpie, c’est à dire que de la cuisse l’en face
-trois pièces, et laisse-l’en en chascune pièce les os: des esles aussi
-et du résidu semblablement, et puis frire aux œufs en la paelle comme
-charpie. Il semble qu’il les convient _primo_ cuire à demi avant que
-frire.
-
-ALLOUETTES EN ROST. Plumez à sec, puis couppez les cols et
-ne les effondrez pas. Soient reffaites, et n’aient point les jambes
-couppées, et les embrochiez au travers et entre deux tesmoings[1354]
-de lart. _Item_, en pasté, l’en coupe jambes et testes, et les
-effondre-l’en, et dedans le trou l’en boute fin frommage, et les
-mengue-l’en au sel.
-
-LIÈVRE pourbouly, puis lardé, mis en pasté et de la pouldre,
-et mengié à la cameline; et est viande d’esté.
-
-CONNIN en esté.
-
-PORC EN PASTÉ. Mis en pasté et du vertjus de grain[1355]
-dessus.
-
-OÉS, POULES, CHAPPONS despeciez par pièces,
-et mis en pasté, excepté les chappons de haulte gresse qui ne se
-despiecent point; et de chascune oé l’en fait trois pastés.
-
-OISEAULX DE RIVIÈRE. En pasté, et de la saulce cameline ou
-meilleur mise dedans le pasté quant il est cuit; la teste, les jambes
-et piés sont hors.
-
-PIGONS en pasté, cols et testes et les piés couppés, et deux
-lesches de lart dessus: ou en rost, et soient lardés.
-
-MONDER ORGE OU FROMMENT POUR FAIRE FROUMENTÉE. Il convient
-eaue très chaude, et mettre le fromment ou orge dedans icelle eaue
-chaude, et laver et paulmoïer[1356] très bien et longuement: puis
-getter et purer toute l’eau, et laissier essuier le fourment ou orge
-et puis le piler à un pestail[1357] de bois, puis vanner à un bacin à
-laver.
-
-BUVRAGES DE AVELINES. Eschaudez-les et pelez et mettez en eaue
-froide, puis soient très bien broyées et deffaites d’eaue boulue, puis
-coulées à l’estamine.
-
-SARDINES, effondrées, cuites en eaue, et mengées à la
-moustarde.
-
-HARENC NOUVELLET commence en Avril et dure jusques à la Saint
-Remy que les harens frais commencent; et est cuit en eaue, et après
-l’en y fait les bonnes souppes grosses que l’en mengue au vertjus
-vieil, mais avant, et si tost qu’il est cuit et trait de la paelle,
-l’en le doit mettre en belle eaue fresche, et le convient nettoier et
-oster les escailles, teste et queue.
-
-
-HIC FINIT[1358].
-
-
-
-
-APPENDICE A L’ARTICLE V
-
-DE LA DEUXIÈME DISTINCTION.
-
-
-_Pour faire ung lot de bon ypocras_ prenés une onches de cinamonde
-nommée longue canelle en pippe, avec unes cloche de gingembre et autant
-de garingal, bien estampé[1359] ensemble, et puis prenés ung livre de
-bon çuquere[1360]: et tout cela broyés ensamble et destrempés avec ung
-lot du milleur vin de Beaune que pourés finer et le laissir tremper
-ungne heure ou deux. Et puis le coullés parmy ung chause[1361] par
-pluiseurs fois tant qui soit bien cler.
-
-_Pour avoir des caordes et pompons_[1362] fault planter en bonne terre
-et crasse deux ou trois pans[1363] de parfont, et quattre grains au
-cop[1364] ensamble par longhes rengues[1365], et trois piés largement
-de plache[1366] de tous costés. Et quant y seront crut de la haulteur
-de deux paumes, les fault racourchir desus deux dois de lonc, et les
-arouser deux fois la sepmaine tant qui soient grant; et les fault
-planter environ le quatre Mars ou à l’entrée d’Averil. Mais pour
-che[1367] que nostre pays est froit, fault aviser plache hors des frois
-vens et en bon solleil; et dient les gardineus de Portigal[1368] que
-fiens de cheval bien court et bien pourit, et oussy les fientes des
-bestes que on tuue, il est très bon: et affin qui ne faillent, tout
-est neceschitez que on en plante depuis le my Mars jusques à la fin
-d’Averil, par toutes les quinsainnes, affin que on garde les plus biaus
-et que on deffeuche[1369] cheux qui porroient enpeschier les aultres à
-croistre, car comme desus est dyt, y fault à quatre grains trois piés
-de large tout entour.
-
-_Item, pour lappreux rosti_ etc.[1370]
-
-_Item, pour faire de sukere[1371] rosart_ en plate, il fault pour
-une livere de sukere ung pinte et demie[1372] de bonne eaue rose,
-et faire boilier ensamble, et tant qu’il fache le fillet entre deux
-doés[1373]; mais ensois que on maeste[1374] boilier, il fault mettre
-le glerre d’un ouf[1375] à chascun livere de sukere, et le fault bien
-batre tout en escume: et puis laissir rassir en yauve[1376] et estamper
-ledit sukere tout en pouvre, et tout meller ensamble, et puis boillier
-comme dessus; et puis avoir del fluer[1377] de amidon, et mettre en
-ung délié drappelet ousy[1378] gros que ung estuet[1379] ou deux,
-et prendre ung plat bachin, et tapper sur le cuel dudit bachin le
-fluer à tout le drappelet, tant que le fluer se espaert[1380] dessus
-bien temmené[1381], et puis jettés vostre rossart[1382] dessus ledit
-bachin quant il fait le fillet, et puis laissir couler l’espesseur
-du hule[1383] d’un coutel ou plus espès. Et puis quant il est ung
-peu réfroidié, royés[1384] à tout ung coutel et ung rieughelet[1385]
-des pettites losenghe dessus de deux doés[1386] de grant ou environ.
-Et quant ledit sukere rossart sera réfroidié sur le bachin, rostelle
-jus[1387] et le rompez par losenghe, et le mettés en ung laye de
-dragié. Et est boen pour mengier pour conforter l’estomac.
-
-_Pour fere encquere[1388] sans boullier._ Pour deux pintes d’yauvve de
-plue[1389] ou de mares, il fault prendre deux onzes de noies de galle,
-deux onzes de copperot[1390] et deux onzes ·_S_·[1391] de gomme arrabe
-cler comme or; et fault rompre le nois de galle bien menu, et mettre
-temprer trois jours dedens une pintte d’yauwe dessusdite, et batre sept
-ou huit fois le jour environ le demy sept psalmen[1392] les trois jours
-durant, et puis rompre le copperot bien menu et mettre avecque les nois
-de galle, et battre encore trois jours comme devant; se sont six jours
-acomply largement. Et fault prendre l’aultre pintte d’yauwe et mettre
-le gomme dedens quant on met les nois temprer; et les six jours passé,
-il fault mettre ledit yauwe de gomme quant il est fonduee avec l’yauwe
-des nois et de copperot, et les mouvoir tout trois ensamble ung jour ou
-deux comme dessus. Et dedens ung mois ou six septimaines r’oter l’encre
-hors de le mattere[1393] et le mettre en ung aultre pot de piere.
-
-_Item_, et sus le mattere dessus dicte puelt-on mettre pintte ·_S_·
-d’yauwe de plue ou de mares, et mettre avecques le quart des nois,
-copperot, et gomme dessusdite, avecque le mattere de l’encre qui a esté
-fecte devant, et le battre cinq ou six jours comme dessus; et est bon
-commung encre.
-
-_Item_, pour escripre sur papier, il ne fault point mettre de vin ne
-de vinergre, mès quant on veult escripre sur parchemin, pour ung lot
-d’yauwe, on peult prendre une my-pintte de vin ou de vinergre.
-
- * * * * *
-
-CHI APRÈS S’ENSIEUT QUE HOTIN LE QUISENIER QUI FU A MONSEIGNEUR DE
-ROUBAIS A ENVOYÉ PAR ESCRIPT POUR FAIRE AULCUNS BROUÈS QUI SERVENT A
-APPOINTIER VIANDES SUR CAR ET SUR POISSON.
-
-_Item, pour lapreaulx roti_, pour la sauche à mettre sus, prenés ung
-pau de pain roti, et le mettés tremper en boullon et du vin et vergus,
-et le mains la moitié de vinesgre, et mettés tremprer le pain dedens;
-et prenés canelle le plus, et gingembre et ung peu de povre[1394], de
-claus[1395], ou de nois musscade, et coulés tout ensamble, et au boulir
-du sucre dedens; et au servir de la dragié pardesus.
-
-Et pour jouvenes oisons paraillement.
-
-_Item, pigons au sucre._ Rotisiés vous pigons: rotisiés du pain,
-canelle, gingembre et menus espèces[1396] le mains, vin et vinesgre au
-couler et du lart fondu dedens et faittes boullir; et quant il bout,
-mettez les pigons dedens et du sucre au pot.
-
-_Pouchins_, _perdris_ à l’eauwe benitte d’yauwe roze ou d’orengue ou à
-l’ongnon.
-
-_Item, perdris ou perdrisieux._ Faicte-les rostir, et les mettés en
-pot ou en telle[1397] de l’iauwe roze et du vinesgre, et mettés
-boullir tout ensamble, et du sel; et le couvres bien, tant que vous
-vorés servir.
-
-Et pour _l’orengue de pouchins, ou de perdris ou de pigons_, prenés les
-orenges et les copés en vergus blanc et vin blanc, et mettés boullir:
-et du gingembre au boullir, et mettés vous chozes[1398] dedens boullir.
-
-_Pour pouchins roti à l’eauwe benitte d’ongnons_, prenés ongnons par
-roelles, et frisiez en sain de lart et vergus, et pau de vinesgre et
-gingembre, et boulés en pot ou en telle et mettés vous pouchins dedens
-jusque au servir.
-
-
-POUR POTAGES.
-
-_Item, brouès d’Allemaigne._ Prenés amandes et les broiés, et peu de
-blanc pain avecques, et au couller vergus et vin blanc et boullon dous,
-et gingembre et du safren, et tout boulli ensamble, et du sucre dedens;
-et mettés vous brouès sur chappons rotis ou boullis, oisons ou jouvenes
-connins, et mettés au boullir ung peu d’ongnons fris en sain de lart
-dedens bien menus.
-
-_Item, brouès de fleur de peschier._[1399] Prenés amandes broiés et
-blanc pain avecques, et tremper en boulon dous: vergus, gingembre au
-couler. Et quant il bout, prenés du tornissot[1400] trempré en vin
-bien chault, et ly bailliés couleur de fleur de pieuquier[1401]; pour
-chappons rotis, ou oisons, ou jouvenes connins rotis, ou sur chappons
-boullis.
-
-_Item, pour faire Aragondis_, prenés cresme douche et le faittes
-boullir en ung pot de terre, et prenés moieux d’œus et fleur et le
-coulés, et de le cresme avecques pour mieux passer, et mettés du burre
-doulx largement dedens le pot, et filés les eux[1402] dedens le pot,
-et du sucre dedens le pot, et le mettés arière du fu[1403] que il
-n’aerde[1404].
-
-_Pour brouet d’Engeltaire._ Prenés poisons de mer ou d’eauwe douche,
-ch’est à sçavoir[1405] œus cuit en l’eaue durs et frisiés au burre, ou
-eurs[1406] pausiés[1407] au burre qui n’a du poison. _Item_, pour le
-brouet à mettre sus, prenés pain blanc trempré en purée, et moieux
-d’oeux et du gingembre et canelle le plus et vergus, et coulés tout
-ensamble, et au boullir largement du persin, izope, et peu de safren,
-et largement burre dedens le brouet.
-
-_Pour brochès au romarin_, mettés-les bien rôtir sur le gri, qui soient
-tout cuit. _Item_, pour le brouet à mettre sus: vin vermel, vergus,
-ung bien peu de vinesgre et du gingembre et du romarin, et mettés tout
-boullir ensamble en telle de terre: et quant les brochès sont cuit,
-mettés-les dedens.
-
-_Item, sivé d’oïtres ou de moule ou d’oeus fris._ Prenés pain roti sur
-le gri, et mettés tremprer en pourée, et prenés le pain, vinesgre et
-le mains de vergus et du vin, canelle le plus et gingembre, et peu de
-menus especes, et coulés tout ensamble: et au boulir ongnons fris et du
-safren et le faites bien boulir; et quant il est cuit, mette-le en ung
-pot de terre, et frisiés les oïtres ou les moules, et mettés-les boulir
-avecque le brouet. Et pour les oeus fris, mettés en plas et le brouet
-pardessus.
-
-_Pour petis patés de poison_, prenés tourbot ung peu boulir et
-hasiés[1408] bien menus gingembre et safren, et du burre dous dedens,
-et bien hasiet ensamble; et faites vous patés en fachon de la court et
-ne les laisiés point chéquier[1409] au four.
-
-
-FIN DE L’APPENDICE A L’ARTICLE V.
-
-[Illustration: CHASSE A L’ÉPERVIER EN 1379 (_Mss. du Roi Suppt.
-Fr 632^{12}_)]
-
-[Illustration]
-
-
-
-
-LE MÉNAGIER
-
-DE PARIS.
-
-
-
-
-LE DEUXIÈME ARTICLE[1410]
-
-DE LA TROISIÈME DISTINCTION,
-
-LEQUEL EST DE SAVOIR NOURRIR ET FAIRE VOLER L’ESPREVIER.
-
-
-En acomplissant ce que je vous ay promis cy dessus, chière seur, je
-met cy-après ce que je sçay d’espreveterie, afin que en la saison
-vous y esbatiez se vostre plaisir y est. Et sur ce, au commencement,
-vous devez savoir que l’en tient communément que un bon espreveteur,
-en la saison, recroist[1411] d’espreveterie neuf chiens et trois
-chevaulx se il veult bien continuer et faire son devoir au mestier. Et
-aussi tient-l’en que le droit cuer de la saison d’espreveterie bonne
-ne dure que environ six sepmaines que il convient voler aux cailles,
-c’est assavoir depuis le mois de Juillet que l’en treuve les volées
-des premiers perdriaux, jusques en Aoust qu’ils deviennent fors,
-qu’il convient voler aux cailles. Et lors se affoiblie le déduit, car
-depuis que les perdriaulx sont faillis et que l’en ne treuve que les
-pères et les mères qui sont fors, l’en ne les peut prendre fors au
-_voulon_[1412] c’est assavoir au sourdre[1413], et de ce sera parlé
-cy-après, quant l’en parlera du voler, mais à ce commencement il sera
-premièrement parlé des chiens, et après du cheval: et en oultre de la
-nourreture et duisson[1414] de l’esprevier prins ou ny, et en oultre
-sera parlé du _branchier_, et en oultre du _muier_.
-
-Premièrement, qui veult avoir bon déduit de l’esprevier, il est
-neccessité que assez tost après Pasques l’espreveteur se garnisse
-d’espaignols[1415] et qu’il les maine souvent aux champs quérir les
-cailles et les perdris, et dès lors les duise et chastie, et tant face
-que au moins en Juing il en soit pourveu de trois bons, duis pour le
-mestier, qui congnoissent les oiseaulx: et que dès lors il les mette
-au lien et les garde bien, car en celle saison ceulx qui en sont
-despourveus les emblent voulentiers. Et les doit-l’en attacher et faire
-leurs gistes et leur lit dessoubs ou en coste[1416] la perche où son
-esprevier sera perchié quant il[1417] l’aura, afin que lors l’esprevier
-les voie continuelment et les congnoisse, et aussi qu’ils congnoissent
-l’esprevier.
-
-Et est assavoir que tous espaignols qui sont bons pour la chace du
-lièvre ne sont pas bons pour le déduit de l’esprevier, car ceulx qui
-sont bons pour le lièvre queurent après et le chassent, et quant ils
-l’ataignent, le mordent, arrestent et tuent, se à ce sont duis: et
-autel pourroient-ils faire à l’esprevier. Et pour ce, ceulx qui scevent
-bien trouver les perdris et la caille et ne queurent point après
-l’esprevier, ou s’ils y vont, si sont-ils si duis que tantost qu’ils
-voient que l’esprevier a liée[1418] et abatue la perdris ou autre oisel
-et la tient soubs lui, s’arrestent et ne s’approuchent point, iceulx
-espaignols sont bons, et les autres non. _Item_, ceulx qui sont jeunes
-et fors et roides et qui sont trop hastifs, trop loingtains[1419], ne
-sont pas bons pour ce qu’ils queurent trop devant et trop loing de
-l’esprevier, et quant ils treuvent la perdris ou autre oisel et ils
-la font lever, l’esprevier qui est loing ne puet venir à temps et se
-lasse de voler après, et en la fin n’y peut attaindre et demeure lassé
-et blasmé, et si n’est point sa faulte, car il a bien volé, mais est
-la faulte de l’espreveteur qui n’a par avant mis ses chiens en si
-grant subjection qu’ils s’arrestassent à son escry[1420]. Et qui pis
-est, se l’esprevier est ainsi deux fois foulé[1421], il craindra à y
-plus voler et ne s’embatera[1422] plus, car l’esprevier se resjoïst
-et enhardist quant il est tousjours audessus et met à mercy tout ce à
-qui il vole, et au contraire se effroidist et attardist quant il est
-foulé ou grévé par les oiseaulx. Et par ce me semble qu’il convient que
-l’espreveteur soit sage d’avoir duit ses chiens pour quérir près de
-lui, et de donner le vol à point: et pour ce je croy que les espaignols
-aagiés qui queurent ainsi comme deux ou trois toises devant l’esprevier
-sont bons. Et puisqu’ainsi est que l’en ne scet au commencement quels
-ils seront, celuy qui a entention de les mettre en besoingne en la
-saison d’espreveterie, les doit devant le temps affaitier et tenir
-liés et en subjection de verges ou de fouet, afin qu’ils le craignent
-et que quant il les menra aux champs et il les escriera ou appellera:
-_Arrière! arrière!_ qu’ils s’arrestent et l’attendent, et retournent
-à leur maistre s’ils voient qu’il tourne autre chemin. Et s’ils sont
-ainsi duis, ils ne feront nul mal à l’oisel quant l’en les escriera, et
-seront bons.
-
-_Item_, il est assavoir de la nature des jeunes chiens que tant plus
-les menrez aux champs souvent, de jour en jour et de heure en heure,
-et plus leur donrez de paine et de travail à querre ès champs depuis
-l’aube du jour jusques à la nuit, et l’endemain et chascun jour
-commencier, et plus les chastierez, puis qu’ils seront bien nourris et
-ensemble, plus vous craindront et aimeront et suivront voulentiers et
-seront bons. Mais soiez diligent que si tost que vous serez à l’ostel,
-que vous mesmes, ou vos gens devant vous, donnez très bien à mengier à
-vos chiens, puis à boire, en une paelle[1423], d’eaue bonne et nette:
-et puis soient couchiés sur belle lictière de feurre en quelque lieu
-chault, ou au feu s’ils sont moulliés ou crottés, et soient tousjours
-tenus à la subjection du fouet. Et se ainsi le faites, ils ne donront
-nul ennuy à la table ne au dressouer, ne ne coucheront sur les lis: et
-s’ainsi ne le faites, vous povez savoir que quant ils ont traveillié et
-ont fain, pour ce qu’il est nécessité qu’ils vivent, ils quierent soubs
-la table et happent sur le dressouer ou en la cuisine une pièce de
-char ou viande, et s’entremordent et font des ennuis pour pourchassier
-leur vie, et en ce faisant se traveillent et ne reposent point et si
-demeurent truans et diffamés, et c’est vostre faulte et non la leur. Et
-pour ce, se vous voulez estre tenu bon espreveteur, pensez premièrement
-à vostre esprevier et de vos chiens, et puis de vous.
-
-(_Item_, aucuns dient que à chiens qui abaient[1424] l’en leur doit
-donner à mengier du poulmon de mouton ou de brebis, et ils n’abaieront
-plus. Ce qu’il en est, je ne sçay.)
-
-_Item_, il convient estre pourveu et avoir un cheval basset et aisié
-pour monter et descendre souvent, qui soit paisible au chevauchier,
-sans fretillier ne tournoier, ne tirer la bride, ne regiber, ne faire
-autres empeschemens qui doient empescher à l’esprevier quant il sera
-réclamé[1425]: et qu’il se tiengne tout coy et tout arresté, attende
-son maistre quant il sera descendu, et aussy se tiengne bien coy et
-bien paisible au remonter.
-
-Et pour ce que je vous ay devant dit qu’il est neccessité d’avoir
-des premiers espreviers, sachiez que les espreviers commencent à
-couver, c’est assavoir les premiers, à la Saint-George qui est le
-vint-troisième jour d’Avril, et couvent six sepmaines. Et pour ce, dès
-le temps dessus dit jusques au commencement de Juing, l’en doit espier
-les aires des espreviers, lesquels l’en peut trouver et aparcevoir
-tant par leurs aires comme par leurs charniers, car communément leur
-charnier est fait sur un arbre qui a regart à leur aire et est aussi
-comme au trait d’un arc de leur dit aire; et sur icelluy hault arbre
-les espreviers descharnent[1426] les coulons ramiers et autres oiseaulx
-qu’ils ont prins, et laissent cheoir les os à terre, et détrenchent à
-leur becq et despiècent la char qu’ils portent en leur aire à leurs
-faons qui lors ont le becq trop tendre: et par les ossellez peut-l’en
-apparcevoir le charnier, et par le charnier peut-l’en trouver l’aire.
-
-Et est à noter que en la fin du mois de May ou au commencement du mois
-de Juing les premiers espreviers d’icelle saison escloent. Si convient
-lors entendre de soy pourveoir d’iceulx premiers espreviers, car les
-premiers espreviers sont plus tost avanciés et près de voler. Et pour
-ce que chascun désire avoir des premiers espreviers, et pour les avoir
-tous bons espreveteurs sont tousjours traitres et larrons l’un à
-l’autre, tellement que l’un frère les voulroit embler à l’autre, pour
-laquelle chose, qui veult avoir des premiers espreviers, il doit faire
-tant enquerre et encerchier qu’il sache aucun aire des premiers[1427],
-et les prendre ou ny avant que[1428] nul autre.
-
-(Et est assavoir que les meilleurs et plus fors espreviers sont ceulx
-qui se paissent de coulons ramiers ou autres gros oiseaulx, et ceulx
-font leurs aires sur bas arbres pour ce qu’ils ne pevent porter hault
-si gros oiseaulx.)
-
-Or convient-il donc savoir comment ils seront nourris se ils sont
-pris si jeunes que ils n’aient que deux jours. Et sachiez sur ce
-au commencement il[1429] est bon qu’ils soient nourris plusieurs
-espreviers ensemble, ou esprevier et mouchez[1430], on esprevier et
-poucins, afin qu’ils s’entrejoingnent et gardent la chaleur naturelle
-l’un à l’autre; et ceste chaleur naturelle est leur souveraine
-nourreture, car se ils seuffrent tant soit petit de pluie ne de
-froidure, ils sont en adventure de mourir, et pour ce est-il bon d’en
-mettre pluseurs ensemble pour ce qu’ils se joindront et garderont la
-chaleur naturelle l’un de l’autre. Et si est bon qu’ils soient en un
-petit clotet[1431], par manière de ny, fait de foin délié bien batu, de
-plume, de coton, d’estoupes ou de telles molles choses, et mis en une
-cage à poucins, en une cuve ou en un cuvier ou en un autre vaissel de
-bois qui soit long et large tellement qu’ils puissent esmeutir[1432]
-loing d’eulx; et se leur ny n’est bien molet, l’en peut mettre soubs
-eulx un drap linge[1433] bien délié pour garder leurs ongles. Et
-espécialment soient gardés et maintenus en bonne chaleur naturelle,
-comme aucunes fois du feu de charbon entour eulx, et soient sur deux
-tresteaulx hault en leur cage, ou aucune fois au soleil: aucune fois,
-s’il fait froit de nuit, soient couvers d’une robe, et d’une rais[1434]
-pour les chas, et qu’ils aient air largement. Et soit souvent regardé
-qu’ils n’aient ne trop froit ne trop chault; et mesmement[1435] de
-nuit les convient-il ainsi garder, et de jour les convient-il paistre
-tant de fois le jour comme ils auront enduit[1436], et commencier dès
-le bien matin à souleil levant ou avant, car les espreviers qui sont
-bien peus en leur jeunesse ne crient point quant ils sont sur le poing,
-et les autres si font; et les convient paistre de bonne char chaulde,
-nouvel tuée, d’oiselets escorchiés dont la chair, sans aucune gresse,
-soit bien menue haschée, jusques à ce qu’ils aient le becq fort pour
-tirer cuers de volaille, des cuers de mouton dont vous recouvrerez
-aux bouchiers, et qui mieulx ne peut, de pigons: jàsoit-ce que ce
-soit trop grosse char et trop orgueilleuse, qui[1437] peut recouvrer
-d’autre char; _item_, le filet[1438] de porc qui est dedens la cuisse
-est meilleur que cuer de mouton: mais à l’esprevier qui vole, l’en ne
-doit pas donner deux gorgées[1439] l’une après l’autre, pour ce qu’il
-est trop délié, trop laxatif et trop courant et coulant. Et de quoy que
-vous paissiez vostre esprevier, gardez que vous ne luy donniez deux
-gorgées l’une sur l’autre, c’est à dire que vous ne le paissiez mie la
-seconde fois jusques à ce qu’il ait enduit la première; et puis soit
-peu afin qu’il n’ait nulle fain, car autrement[1440], s’il n’est très
-bien nourry en sa jeunesse, il ne volera jà bien, ne ne sera fort en
-la saison d’espreveterie. Et aussi se vostre esprevier avoit aucune
-fain, les bons espreveteurs l’appercevroient à l’areste des plumes où
-il auroit raies de travers, et tant de roies qu’il y auroit et tant
-de fains jugeroit-l’en que l’esprevier auroit eues[1441]; si vous en
-mocqueroit-l’en de non avoir bien gouverné vostre esprevier.
-
-Et _nota_ que à trois choses congnoist-l’en en jeunesse l’esprevier
-du mouschet: _item_, que le mouschet a la teste et le becq sur[1442]
-le rond, et l’esprevier sur le long: _item_, le mouchet a la
-jambette greslette et plus courte que l’esprevier: _item_, au cry le
-congnoissent aucuns.
-
-_Item_, en leur très grant jeunesse, l’en les doit tenir très
-nettement et paistre souvent[1443], et très seichement de blancs
-drappellez souvent remués dessoubs leurs piés, et du foing, et changier
-souvent, et laver et sécher leurs drappellets. Et soient en un pennier,
-et soit ledit pennier couvert de beaulx drappeaulx; et soient tenus
-chaudement par feu ou par soleil, et de nuit soit mis l’esprevier[1444]
-entre deux draps au lit, couchié avec une personne pour garder chaleur
-naturelle, et l’endemain au feu ou au soleil. Et ainsi, jusques à ce
-qu’il soit temps de les mettre en la ferme[1445].
-
-_Item_, se vous povez, faites que les costés du vaissel ou ferme où
-vostre esprevier sera, ne soit mie clos d’ais, mais de trailles[1446]
-ou de filé, afin que l’esmeut de l’esprevier saille dehors, car quant
-l’esmeut demeure dedans le vaissel, il put.
-
-_Item_, tant comme l’esprevier plus s’efforcera[1447], il se
-souldra[1448] sur les jointes[1449]; et lors, quant il s’estera[1450],
-le peut-l’en mettre en la ferme qui sera faite de cinq piés de long
-et de trois piés de lé[1451] et de trois piés de hault. Et a[1452]
-besoing d’une cuve ou d’un cuvier souvent nectoié ou changié, couvert
-d’une rais, ouquel cuvier ou cuve il ait du foing au fons et un viel
-drappel linge dessus pour luy garder ses ongles sains comme dessus,
-et illec s’enforcera et sera plus fort sur ses piés. Et ainsi comme
-plus croistra, l’en ne le paistra pas si souvent, que quatre fois le
-jour; et après, quant il sera plus fort et qu’il volletera, l’en lui
-doit mettre en la ferme ou cuvier un petit bloc[1453] de trois dois de
-hault, couvert pour ses ongles comme dit est. Et quant il commencera
-à soy perchier sur icelluy bloc, l’en luy fera autre travers dedans
-la ferme deux perchettes de demi pié de hault[1454], sur lesquelles
-perchettes il, de sa propre nature, volera de l’une à l’autre et
-passera par-dessoubs, et sa nature luy enseignera à duire ses eles et
-son vol; et lors ne sera peu[1455] que trois fois le jour. Et est bon
-que lors et par avant sa ferme soit mise à terre une fois le jour, en
-une place où les chiens repairent entour luy, et qu’ils le voient et
-congnoissent, et luy eulx, et soit peu devant eulx, afin que quant il
-volera et aura prins et tendra sa proie aux champs et ils surviennent,
-qu’il ne s’esbaïsse mie pour eulx, ne que eulx ne le descongnoissent.
-Et dès lors en avant convendra soy prendre garde quant il aura deux
-mercqs[1456] frans, car lors le conviendra-il mettre ès gets[1457] et
-paistre sur le poing, et puis le perchier et tenir paisiblement sur
-son poing tant qu’il ait enduit et avalé sa gorgée. Et le doit-l’en à
-ce commencement tenir si court que au reget de son débat[1458] il ne
-mefface à son balay[1459].
-
-Et depuis que vostre esprevier sera premier mis sur le poing, gardez
-que par vous ne par autre il n’ait aucun desplaisir; et sachiez, chière
-seur, que toutes choses qui vers luy survendroient[1460] soudainement,
-hastivement ou tempestivement[1461], soit personne, beste, pierre,
-estueil[1462], baston, ou autre chose, lui font desplaisir et le
-tourmentent fort. _Item_, chière seur, sachiez que se vostre esprevier
-vous lie et estraint fort, sachiez que c’est signe qu’il a fain, et
-sinon[1463], car quant il a fain il estraint, et quant il[1464] gorge,
-non. Et toutesvoies s’il vous lie ou estraint, ne vous courrouciez de
-riens ne lui aussi, mais le descharnez tout bellement, sans vous ne lui
-courroucier, quelque douleur qu’il vous face sentir, car se vous le
-courroucez une seule fois, jà puis ne vous aimera.
-
-_Item_, il vous convient continuer à le tenir souvent sur le poing
-et entre gent tant et si longuement que vous pourrez. Et se tandis
-que vous disnerez, dormirez ou pour autre chose, laisserez vostre
-esprevier, si soit perchié à grant air, hors de la moiteur de la pluie
-et de l’ardeur du soleil, et qu’il ne voie nuls poucins, pigons ne
-aultre volaille, ne ne soit en péril de chas, et que rien soudain ne
-puisse venir sur luy.
-
-Et sachiez, chière seur, que s’il est perchié tantost après ce qu’il
-sera peu, il se tendra bien paisible jusques à ce qu’il ait enduit,
-mais après ce, se il bat à la perche, c’est signe qu’il a fain ou
-qu’il veult estre sur le poing: et pour ce est bon qu’il ait tousjours
-gens devant luy, afin que s’il se batoit et se pendist[1465], qu’il
-fust tantost secourus et relevés. Sachiez aussi que quant il a esté
-longuement sur le poing et qu’il a tous ses sept mercqs (jàsoit-ce que
-j’aye bien veu tel qui en avoit huit), et aussi quant le troisième noir
-mercq[1466] du balay passe le bout dès eles, il est adonc tenu pour
-fourmé, et doit-l’en penser de le baignier, qui le fait avancier pour
-oindre[1467], desrouillier et mettre à point ses plumes, et mieulx
-voler: et de la manière du baignier sera dit cy-après.
-
-_Item_, et au bout des longes doit avoir un petit bâtonnet, afin que
-se l’esprevier s’entreprenoit, que au bout du bâtonnet, sans mettre la
-main, l’en luy mette ses plumes à point: ou l’en doit remuer et tourner
-son poing, afin qu’il se débate autre fois, car au rebat[1468] les
-plumes reviennent à leur point. Et tousjours, tantost qu’il est peu,
-l’en le doit tenir si souef et en place si propre et si paisible qu’il
-n’ait cause de soy débatre sur sa gorge, car s’il se débatoit sur sa
-gorge qu’il auroit lors prinse, il seroit en adventure de la getter; et
-qui n’a loisir de le tenir en place paisible, l’en le doit perchier. Et
-sachiez en cest endroit que les bons espreveteurs dient un tel proverbe:
-
- Au lier et au deslier,
- Te tien saisy de l’esprevier.
-
-Si povez maintenant adviser sur le poing et sur la perche se vostre
-esprevier peut rien valoir. Premièrement, les aucuns espreviers se
-perchent tout droit et sont moult esveilliés et regardent fièrement et
-espoventeusement[1469] quant ils veillent, et quant ils dorment, si
-se tiennent-ils bien droit sur un pié et ont l’autre en leur plume,
-et ainsi dorment, et c’est signe de bon esprevier et sain. Les autres
-espreviers se couchent sur le ventre au travers de la perche, ainsi
-comme un chappon, et ainsi se reposent en dormant et en veillant: et
-n’est ne trop bon ne trop mauvais signe, car il leur vient de nature.
-Et les autres sont tousjours raemplis et endormis et ont un pié en leur
-plume, et c’est signe de fétardie[1470] ou de maladie.
-
-_Item_, quant est à congnoistre l’esprevier par son plumage, il
-est assavoir que les uns[1471] espreviers sont de plumage blanc et
-délié.....[1472], à travers de péris.....[1472], tendres ou roux
-assis en leur poictrine ainsi comme par ordre et à droite ligne, et
-sont bien merlés ou goutés[1473] ou brueil[1474], c’est assavoir entre
-les cuisses et le balay, et ont bonnes[1475] les plumes qui sont à
-l’endroit des costés sur les cuisses. Et iceulx espreviers dit-l’en que
-ils sont bons pour dames, car ils sont tost réclamés et rendent tost
-leur proie et viennent voulentiers au sifflet et aiment leur maistre,
-et sont paisibles et peu hardis. Les autres sont de plus gros, plus dur
-et plus aspre plumage, et ont plus grosses mailles, et sont les tuyaux
-de leurs plumes plus durs d’autant comme les plumes d’une vielle géline
-ou d’un viel coq sont plus aspres et plus dures que d’un jeune chappon,
-ou comme un laboureur des champs a plus dure coanne que le fils d’un
-roy: et sont cueuretés de cueres[1476] entre-changablement[1477] assis
-çà et là, sans ligne et sans ordre, et ont une petite teste et uns
-gros yeulx estincelans comme un serpent, et sont moult esveilliés; et
-ceulx sont aspres, roides et hardis, et sont plus fors à réclamer, plus
-glouts et plus despis à paistre, et plus félons en toutes choses; et
-mettent leur proie entre leurs eles, et la défendent aux ongles et au
-becq. Et mesmes, quant on les paist, ils estrainguent et saillent au
-visage et mordent: et convient avoir un gant en la main destre, dont
-les dois du gant soient couppés, pour doubte des esgratineures: et
-portent voulentiers au couvert[1478]; mais se ils sont bien nourris et
-bien réclamés, un bon espreveteur s’en aide mieulx que des devant dis,
-car ils sont plus hardis, plus sages, et plus fors assez.
-
-_Item_, les uns ont jambes et piés rouges, et dit-l’en que ceulx sont
-de aire de jeune mouchet: et les aultres qui ont jambes et piés jaunes,
-dit-l’en qu’ils sont de aire de vieilz mouchet. Les aucuns ont jambes
-rondes et les autres sur le plat, _scilicet_ sur le demi ront; de
-ceulx ne sçay-je quel signe c’est: mais en somme, l’esprevier qui est
-de grant corsage, qui a teste de serpent, c’est assavoir menue teste
-sèche, qui est bien chappé[1479], gros yeulx saillans et esveilliés,
-gros par les espaules, plumage dur et roide, mailletté de grosses
-mailles aspres et dures: qui ait bons serceaulx, bons cousteaulx,
-bonnes longues plumes, bons venneaulx[1480], bonnes....[1481], sans
-balay a sain, grant ouverture endroit le bouel, courtes jambes
-grossettes, ses ongles entiers, c’est assavoir du pessouer[1482] et du
-charnier et de la grant et petite sangle, et que le remenant de son
-corps et de ses piés soit tenu entier: qui soit bien esveillié et se
-perche bel: tel esprevier est d’eslite.
-
-Toutesvoies quel qu’il soit, puis que vous le vouldrez nourrir pour
-vous, au commencement qui[1483] sera mis sur le poing, si luy bailliez
-beaulx gects, surlonges que l’en dit petites longes, touret[1484] et
-grans longes, et les acoustumez de petit à petit et de plus loing en
-plus loing à voler à vous, sur vostre poing, quérir sa proie pour soy
-paistre.
-
-Or est temps, chière seur, que je vous parle de congnoistre l’ésmeut
-de l’esprevier. Si sachiez, chière seur, que quant l’esprevier si a
-esmeuti, par l’esmeut l’en peut jugier s’il est sain ou non: car s’il
-esmeut loing, et l’esmeut est fin, blanc, liant et bien moulu, il est
-bon. Et s’il est pers[1485], vert, ou roulx comme lessive, ou cler
-comme eaue, ou qu’il ait un neu noir en l’es-meut, à ce voit-l’en que
-l’esprevier n’est pas sain, et lors le fault curer, et donner plume
-par la manière que dit sera cy-après quant l’en parlera du réclamer
-et affaitier pour voler, car jusques à ce que l’en le réclame sans
-commande[1486], n’est-il jà trop grant besoing de lui donner plume ne
-trop souvent curer, fors par une fois la sepmaine.
-
-Mais en cest endroit d’espreveterie, le convient plus que devant
-tenir sur le poing et le porter aux plais[1487] et entre les gens
-aux églises[1488] et ès autres assamblées, et emmy les rues, et le
-tenir jour et nuit le plus continuelment que l’en pourra, et aucune
-fois le perchier emmi les rues pour veoir gens, chevaulx, charettes,
-chiens, et toutes choses congnoistre; et soit en l’ombre, et qu’il
-n’y ait nuls pigons, poucins ne autre volaille qu’il voie comme dit
-est. Et aucunes fois à l’ostel soit perchié sur les chiens, et que
-les chiens le voient, et il eulx. Ce fait, le convient réclamer en
-un secret lieu, petit à petit et de plus loing en plus loing, tant
-qu’il reviengne du long de ses longes; puis le convient réclamer à
-la commande ou recréance: et puis en pluseurs lieux et en espécial
-aux champs et ès prés à recréance: et puis sans recréance, à pié à
-pluseurs fois, présens les chiens; et puis à cheval le convient-il
-réclamer, et de dessus les arbres, tant qu’il congnoisse le cheval.
-Et adonc est neccessité que vous prenez bien garde, comme dit est
-dessus, à son esmeut qu’il soit net: et comme dit est dessus, le noir
-donne enseignement qu’il est ort par dedans. Et s’ainsi est qu’il y
-ait trop de noir, si lui donnez au vespre char de poucin ou cuer de
-mouton trempés et bien lavés en eaue un petit chaudette et espraint;
-et se vous n’avez eaue tiède, fors froide, si y trempez vostre char,
-puis l’espraingnez fort et eschauffez par force d’espraindre entre
-deux esseules[1489], puis en paissiez vostre esprevier comme dessus,
-car char lavée l’amaigrist. Et à ce donner ne doit-on point son oisel
-appeller ne réclamer, mais prendre sur la perche sans siffler ou
-réclamer, et paistre sans dire mot, car la char ne luy est mie bien
-savoureuse, et pour ce, qui à ce donner le réclameroit, quant l’en le
-réclameroit après et depuis, il cuideroit que ce fust autele viande
-comme devant: si seroit plus lent et tardif à y venir.
-
-_Item_, avec ce que dit est, quant il sera gorgié souffisamment, l’en
-luy doit donner, en lieu de plume, aussi gros de coton comme une fève
-enveloppé en char, à deux fois: ou faire tirer les plumes de l’aleron
-d’une perdris, et s’il en avale, c’est bonne plume[1490]; et aussi
-coton moullié en eaue: et dit-l’en que petite plume est la meilleur; et
-ne luy doit-l’en donner viande par-dessus sa plume, car ce que l’en
-donroit par dessus ne pourroit passer les mailles de l’estomac[1491]
-pour la plume qui seroit au devant. Et sachiez que quant l’esprevier
-vole et se paist de son vol, il ne luy convient point donner d’autre
-plume, car il en prent assez des oiseaulx dont il se paist; et la plume
-de l’aleron de l’ele est bonne plume. Et doit-l’en[1492] le soir que
-l’en luy a donné plume, nettoier la place dessoubs l’esprevier pour
-trouver l’endemain sa plume. Et l’endemain, quant vous serez levée,
-regardez à son esmeut s’il est plus net que devant; et se l’esprevier a
-esmeuti loing, c’est signe qu’il est fort: s’il a esmeuti près, c’est
-au contraire; se son esmeut est fin blanc, pâteux et bien molu, c’est
-signe qu’il est sain: se l’esmeut est vert, ou qu’il y ait trop de
-noir, c’est signe qu’il n’est pas sain. Et aussi gardez s’il a gecté
-sa plume orde ou necte. Et se vous avez apparceu par deux ou par trois
-fois que l’esprevier soit lent de gecter sa plume, si lui donnez avec
-le coton un ou deux grains de fourment, car ce l’avancera de la gecter;
-et quant icelle sera par luy gectée au matin, si le paissiez de bonne
-viande et chaude, et au soir luy redonnez plume comme devant: et ainsi
-de soir en soir jusques à ce qu’il soit net.
-
-Et soiez adverti que depuis ce, comme dit est dessus, que vostre
-esprevier commencera à voler, _item_ ainsi le convient deux fois la
-sepmaine nettoyer, et aussi baignier deux fois la sepmaine, à certain
-jour, entre tierce et midi, en un jardin ou préel[1493], au soleil,
-et en si large bacin que ses eles ne se batent aux bors, et le tenir à
-la commande ou recréance, afin que sans congié il ne s’en voit[1494]
-essorer[1495]; et au commencement doit-l’en rebondir et ressatir[1496]
-l’eaue sur la teste et le col, à une vergette[1497], pour le moullier:
-et puis qu’il sera baignié, le convient-il essuyer au soleil de midi.
-Toutesvoies, aucuns lui donnent plume chascun soir, et baignent
-chascun jour quant il a enduit, et en soy baignant ou quant il est
-baignié le réclament: et pendant le temps que vous baignerez vostre
-esprevier, se le soleil se convertissoit en pluie, ou se en cheminant
-il plouvoit sur vostre oisel, il le convient essuyer à très bon feu sur
-un trestel[1498] ou au soleil. Mais gardez-vous bien que jamais vous ne
-le mettez sur perche moulliée, car si tost qu’il a le pié moullié, il
-devient enrumé et malade: si gardez tousjours qu’il ait le pié sec et
-chault. Et après ce qu’il sera ainsi séchié, il voulera de très bonne
-ele.
-
-En cest endroit d’espreveterie, devez-vous congnoistre savoir-mon[1499]
-s’il est trop maigre ou trop gras: car s’il est trop maigre, il est
-foible, et s’il est trop gras, il est lent et pesant; et sachiez
-que quant il se tient acrempeli[1500] ou bossu, et a les yeulx plus
-vers et jaunes entour, et démonstre chière pesant, et ne se tient
-droit, esveillé, sur le poing et à la perche, il est malade: et c’est
-parcequ’il est maigre; et le convient paistre un jour ou deux d’un
-nomblet de porc pour revenir. Et s’il se tient droit et esveillié, et
-les yeulx luy saillent, il est sain; mais qu’il ne soit trop gras. Et
-se vous apparcevez qu’il le soit trop, pour mettre à raison il le
-convient paistre de char lavée ou de beuf.
-
-Et quant il est réclamé à pié à la commande et qu’il congnoist les
-chiens et il n’est trop maigre ne trop gras, et curé et net, il le
-convient enoiseler et luy baillier à vouler des petis poucins aux
-champs, premièrement à pié, et puis à cheval. Et quant il les aura
-volés, liés et abatus, si descendez et alez à luy tout bellement, et de
-loing vous agenoilliez, puis doulcement aussi comme à quatre piés[1501]
-petit à petit, et mettez vostre main vers les piés de vostre esprevier
-et prenez sa proie en souslevant les piés de l’esprevier, et faites
-paistre sur sa proie. Et se vous le voulez afaictier pour la pie,
-si le faites voler aux champs à poucins ou pigons vérés[1502] blans
-et tavellés[1503] de noir comme la pie est; et aucunes fois, quant
-l’en en peut finer, il convient avoir des jeunes pias[1504], et les y
-faire voler aux champs, et estre garny d’unes petites turquoises[1505]
-propres à ce, afin que si tost que l’esprevier aura lié le piat, l’en
-luy rompe les jambes et le becq afin que l’esprevier en soit tousjours
-audessus et ait l’avantaige du piat sans estre blécié. Et se l’en ne
-peut finer de piat, mais seulement de forte pie, il convient que l’en
-luy couppe ou rompe le becq et les ongles et deux ou trois des maistres
-plumes de chascune ele; et l’esprevier ainsi duit volera aux pies en la
-saison, et toutesvoies sa nature l’enseigne plus que estrange doctrine.
-
-_Item_, l’en dit que la personne, les chiens et le cheval qu’il a
-acointié et acoustumé à veoir ne lui doivent point estre changiés,
-c’est assavoir que se un esprevier avoit esté gouverné par un
-homme[1506] blanc chevauchant un cheval noir, et l’en le bailloit ès
-mains d’un moine noir chevauchant un cheval blanc, ou d’un escuier,
-chevalier ou bourgois, ou d’une femme, ou d’autre personne vestue
-d’autre habit, ou en autres mains que ès mains de cellui qu’il
-auroit apris, l’esprevier qui auroit mescongnoissance d’icelluy
-nouvel maistre, ne seroit si réclamé à luy comme à son maistre qu’il
-congnoissoit et qui l’avoit nourry. Et pour ce, cellui ne le devroit
-laissier tenir ne paistre à autre fors à luy.
-
-Chière seur, avant que vous commenciez à voler à droit essient[1507],
-il vous convient et est neccessité d’avoir cerchié et enquis aux
-compaignons du païs où sont les volées des perdris; et sachiez que
-en païs estrange et ou repaire[1508], la souveraine queste que bon
-espreveteur puisse faire, si est d’enquérir aux bergiers et vachiers et
-autres gens d’aval les champs, s’ils ont veues aucunes perdrix et où
-est leur commun repaire, et puis aler celle part. Mais sur toute rien
-gardez-vous que chiens de bergiers ne autres chiens estranges que vous
-ne congnoissez et qui ne congnoissent vos oiseaulx, et espécialment
-mastins, ne vous suivent, car vostre esprevier ne voleroit pas si
-voulentiers ne si hardiement, et s’il avoit abatu ou lié un oisel, si
-seroit en aventure d’estre par eulx tué; et moult de fois en est ainsi
-advenu.
-
-_Item_, chière seur, en cest endroit d’espreveterie, aux jours que vous
-ne vouldrez voler, vous convient acoustumer à paistre vostre esprevier
-dès le bien matin, afin que à celle heure quant vous volerez, il ait
-tousjours fain; si volera mieulx, car les bons espreveteurs se lièvent
-dès l’aube du jour, et dès lors vont voler, mais toutesvoies que leur
-esprevier ait gecté sa plume, et aussi qu’il ne pleuve ne face grant
-vent, car se vous volez par grant vent, le vent emportera vostre
-esprevier qu’il n’en pourra mais, et se moquera-l’en de vous.
-
-_Item_, ne volez pas près de bois, ne de haie, ne de vigne, ou de
-fossés ou autre empeschement d’eaues.
-
-_Item_, ne volez pas aux petits oiseaulx, car ils sont trop roides et
-scevent les tours des buissons où ils ont acoustumé à repairier, et
-pour ce l’esprevier fault; si se travaille fort pour ce que iceulx
-menus oiseaulx sont fors, et si n’emportent mie si grant honneur pour
-l’espreveteur ne pour l’esprevier comme perdris qui volent foiblement
-et sont plus tost prinses; et aussi quant les menus oiseaulx se boutent
-ès buissons, l’esprevier qui vole après se lasse et descourage; pour
-sa hardiesse et faire son devoir se ront souvent sa queue et ses eles
-telement que en la fin il en demeure tout diffamé, et n’en peut mais.
-Toutesvoies, se vostre esprevier y vole, et vous véez que pour ce faire
-vostre esprevier ait la teste d’aucunes de ses plumes quassées, si la
-moulliez tantost de vostre salive endroit la quasseure, et quant vous
-viendrez à l’ostel, d’eaue non mie chaude, mais moins que tiède, et
-elle se raffermera: sinon[1509] elle se rompra. Et s’il a son balay
-rompu, il n’en vauldra pas pis pour voler aux cailles, à perdris et à
-gros oiseaulx qui volent droit à terre[1510], mais il en est plus lait,
-et si ne suit mie si bien petis oiseaulx qui se plient, comme l’aloé
-qui gauchist[1511] comme à esquierre, et si ne peut monter après l’aloé.
-
-_Item_, s’il advenoit que vostre esprevier ait l’une des parties de
-sa queue rompue, l’en doit rongner aux forces[1512] l’autre partie,
-afin qu’il vole justement. Et jàsoit-ce que l’esprevier qui a la queue
-rompue en soit plus lait, toutesvoies il n’en vault de riens pis pour
-voler au gros, mais pour voler aux menus, si fait.
-
-L’aloé de gibier, c’est l’aloé de cest an qui a courte queue, sans
-blancheur, toute rousse de rousseur cendrée, et ne chante point au
-sourdre[1513], et vole droit et se rassiet près. Et la vieille aloé à
-longue queue, dont aucunes des pennes sont fines blanches[1514] et au
-sourdre pipe et dit: _Andrieu_, et vole par ondées et plie son vol par
-esquierres, puis à destre, puis à senestre, et se assiet loing, celle
-n’est pas de gibier, ne n’y doit-l’en point voler ès mois d’Aoust et de
-Septembre: mais en Septembre, quant elle mue, la queue luy chiet, et
-est de gibier pour ce qu’elle est foible.
-
-_Item_, il est dit dessus et il est vray que tout bon espreveteur doit
-garder qu’il ne vole à menus oyseaulx roides, comme à l’aloé vieille,
-moissons[1515] vielz et autres qui sont près des buissons, pour ce
-que incontinent qu’ils voient l’esprevier, ils s’y boutent, et fault
-l’esprevier à les lier, et ront sa queue et despièce ses eles ou
-buisson, et par ce se lasse et descourage de voler; mais le pis est que
-aucunes fois l’esprevier qui est ainsi lassé ne revient point à son
-maistre, mais s’envole et se repose sur un grant arbre. Et est certain
-que les espreviers ainsi lassés sont plus tardis et plus lens à
-revenir de dessus un grant arbre, maison ou autre hault lieu que dessus
-un bas, se grant fain ne les y muet; et à ce besoing convient avoir ou
-poucins ou autre oisel vif pour voleter devant eulx, en les réclamant
-sans monstrer le visaige.
-
-Ces choses veues et faites, vous povez aler voler; et le premier jour
-que vous volerez, soiez garni de poucin ou autre oysel vif pour y
-faire voler vostre esprevier se vous ne trouvez autre oisel, et au
-premier oisel que vostre esprevier prendra aux champs, si tost qu’il
-l’aura abatu et le tendra entre ses piés, il convient descendre et
-aler à luy à long trait, et se garde-l’en de toute hastiveté, et que
-l’espreveteur s’agenoille bellement et loing, et bellement estende ses
-bras, et doulcement preigne et liève sa proie et l’oisel dessus, puis
-rompe la teste à l’oisel et du cervel paisse son esprevier[1516]. Et se
-l’esprevier vous lie des ongles, si vous descharnez ongle après l’autre
-tout bellement, sans tirer ne le courroucier.
-
-_Item_, quant vostre esprevier est gorgé, vous le povez tenir sur la
-main nue et sans gant, car lors il ne vous estraindra point; mais avant
-qu’il soit peu, s’il a fain, si ne vous y fiez point, car lors il
-estraint fort et tant que sang en fait saillir. Et à ce jugent aucuns
-se l’esprevier est fort ou non, car quant ils sentent parmi le gant
-que l’esprevier estraint fort, ils jugent qu’il est fort: sinon, non.
-_Item_, tenez-le adonc en place si paisiblement qu’il n’ait cause de
-soy débatre sur sa gorgée, car il seroit en aventure de la gecter, ou
-se vous n’avez loisir de le tenir sur le poing en place convenable et
-paisible, si le perchiez en lieu paisible où il voie gens, chiens et
-chevaulx etc., et ne voie point pigons ne autre poulaille[1517].
-
-Et la deuxième fois que vous volerez, laissez vostre esprevier[1518]
-deux vols ou trois le jour et non plus, et le paissiez comme dessus: et
-la troisième fois, deux ou trois vols et non plus; et puis aux autres
-jours vole tant comme il pourra, à tant d’oiseaulx comme vous trouverez.
-
-_Item_, et se vous apparcevez qu’il porte au couvert, si
-l’embraellez[1519] et laissiez prendre[1520] deux ou trois fois, et
-ne le gectez plus sur arbre quant vous le vouldrez paistre, et il se
-chastiera d’illec en avant.
-
-_Item_, commenciez à aler voler chascun jour au matin dès le bien
-matin et volez jusques à tierce[1521], et lors mettez vostre esprevier
-en un pré ou champ, et s’il ne porte au couvert, sur un pré[1522]
-ou arbre, et le réclamez d’illec et paissiez, et puis le perchiez
-et[1523] reposez et laissiez passer le chault, et après volez au
-serain[1524]. Car qui ou mois de Juillet et dès lors, voleroit, jusques
-à la my-Aoust, par trop chault, l’esprevier si s’efforceroit hault et
-loing, et à la première rivière ou eaue qu’il verroit d’en hault, s’en
-yroit baignier, puis se ressuieroit sur un arbre, et là se pouroindroit
-telement et si à grant loisir qu’il n’auroit plume sur lui qu’il ne
-remuast au becq l’une après l’autre, tout à loisir, et sans trop
-grant diligence ne pourroit estre trouvé; et s’il estoit retrouvé, si
-ne pourroit-il estre reprins sans trop grant attendue. Mais après la
-my-Aoust il ne s’efforcera[1525] mie si voulentiers; et toutesvoies,
-ainsi comme il est dit dessus, soiez tousjours garni de vif poucin
-rousset, semblant à perdris, afin que se vous ne trouvez autres foibles
-oiseaulx, que vous volez aux champs de ce poucin que vous aurez porté,
-et luy donnez de la cervelle et du surplus ses drois, et l’en paissiez;
-puis ostez la gorge et les boyaulx du poucin, si s’en gardera mieulx,
-et l’en pourrez paistre à l’une fois des eles, l’autre fois des
-cuisses, puis au derrenier du charquois[1526]. Et se vous n’avez trouvé
-poucin, si soiez pourveu de pigon, jàsoit-ce que ce soit chaude viande
-et trop aigre à l’esprevier qui vole, car la saveur luy en demeure
-longuement et le soustient sans fain plus que autre viande; et[1527] en
-reffuse le poing, et[1528] tient l’esprevier orguilleux.
-
-_Item_, vous prenez bien garde que dès ce que vous commencerez à
-voler, dès lors vous ne courrouciez vostre esprevier, et que rien
-ne l’approuche soudainement, effondréement ne tempesteusement, soit
-personne, chien, cheval ou autre chose, et mesmement par derrière, car
-de ce qui luy survient par derrière est-il plus tourmenté et s’effroie
-plus.
-
-_Item_, quant vous serez en queste, si aiez tousjours l’œil à vostre
-esprevier et à vos espaignols, et quant vous verrez qu’ils mouveront
-la queue à desvuidier[1529] une place, si férez tantost de l’esperon
-droit à eulx, afin que quant la perdris sourdra, vostre esprevier soit
-prouchain. Et se plusieurs perdris saillent, dont vostre esprevier
-suive, lie et abate l’une, entendez tousjours à vostre oisel, et
-criez à vos compaignons qu’ils remerquent les autres, et quant vostre
-esprevier aura eu son droit du cervel, si vous remettez en queste au
-remerc[1530], afin que vous aiez tous les autres oiseaulx l’un après
-l’autre.
-
-_Item_, l’en doit quérir les perdris ès grans chaumes et yèbles et
-bruières, et environ les gerbes qui sont demourées aux champs, car là
-se paissent les perdris et les perdriaux du grain d’icelles gerbes,
-et sont voulentiers ès lieux couvers et non mie ès jachières[1531] ne
-autres lieux descouvers, tant pour doubte de chault comme pour doubte
-que le faulx-perdriel[1532] et les oiseaulx de proie ne les voient. Et
-quant le chault est levé, icelles perdris et aussi les cailles sont ès
-grans genestes, ès vignes et ès vesses, ès poisières[1533] et ès blés
-qui sont sur le pié et qui donnent grant ombre, pour estre freschement.
-
-_Item_, en ce temps l’en ne pourroit pas faire queste ès vignes pour
-ce que l’en y feroit trop de dommage à ceulx à qui les vignes sont,
-et aussi les perdris y auroient trop d’avantage et l’esprevier trop
-d’encombrier pour les fueilles et eschallas, mais les bons espreveteurs
-qui[1534] les remerquent et[1534] puis se mettent en queste ou remercq par
-les champs ou buissons, et au voulon[1535] l’esprevier les prent.
-
-Se l’esprevier porte au couvert, et son maistre le réclame et siffle,
-il ne luy doit pas monstrer son visage[1536].
-
-_Item_, sachiez que depuis que l’esprevier aura commencié à voler, il
-ne doit vivre de nulle char de boucherie ne d’autres, fors que de sa
-proie, car de jour en jour, continuelment, sans cesser, il doit voler
-sans repos, car qui un jour le repose, il le recule pour trois jours.
-
-_Item_, sachiez que le[1537] déduit de perdriaulx dure jusques à la
-mi-Aoust, et adonc commence le déduit des cailles pour ce que alors
-deviennent fortes, et voulentiers se tiennent près des bois et des
-haies. En Aoust l’en treuve bien des perdris qui en cest an furent
-couvées au plus tart, et se adouèrent[1538] plus tart que les autres
-et n’estoient pas assez aagées quant la saison de chauchier[1539] fut,
-et ne sont pas toutes réparées[1540] ou mois d’Aoust et ont encores
-leurs plumes à saing[1541], et ou tuyau a un neu, et ne sont pas
-si fortes comme les pères et les mères qui ont esté muées[1542], et
-pour ce sont plus légières à prendre à l’esprevier que ne sont les
-pères et les mères, se ce n’est toutesvoies quant freschement et
-tantost après que iceulx pères et mères ont couvé et qu’ils nourissent
-et tiennent encores soubs eulx leurs perdriaulx, car lors sont-ils
-dévestus de leurs plumes et sont maigres et foibles et pevent bien
-estre arrestés par l’esprevier; mais quant ils sont revestus de leurs
-plumes et renforcées, il n’y fait nul voler fors au voulon, comme dit
-est, ou[1543] après leur premier vol par remercq, car au second vol
-sont-elles plus lassées qu’ils ne furent au premier. Et est grant péril
-de mettre son esprevier en essay de les prendre en plains champs du
-premier vol, car se l’esprevier se lasse à tirer après, ou se il lie la
-perdris et elle est si forte qu’elle l’emporte, ou qu’il soit autrement
-foulé soit par cest oisel ou par autre, jà puis n’y volera voulentiers.
-
-En la saison d’Aoust, l’en peult voler aux faisandeaulx[1544] aux
-oustardes, aux laperiaulx, aux levrats, aux raales des champs[1545]
-qui sont roux, et aux cailles, ou au moins en la my-Aoust; et en
-Septembre doit-l’en voler tout au long du jour sans retourner à l’ostel
-puis qu’il ne face ne trop grant chault ne trop grant pluie ne trop
-grant vent; et doit-l’en savoir que ou mois de Septembre il ne se
-essore[1546] mie si voulentiers comme en Aoust.
-
-_Item_, pour ce que les nuis sont en Septembre plus longues, il
-convient donner au soir, en la fin de Septembre, plus grosse gorgée,
-et petite au matin; mais tousjours[1547] aiez lors en mémoire que
-c’est mauvaise paisson que de caille et de pigon, car c’est char de
-dure digestion et demeure longuement en l’estomac. L’esprevier s’en
-enorguillist et reffuse le poing comme dit est dessus.
-
-_Item_, en la fin dudit mois de Septembre et après, quant le voler des
-cailles et perdris est failli, et mesmes en l’iver, l’en peut voler
-comme dit est aux pies, aux choés, aux cercelles qui sont en rivière ou
-autres qui sont tavelées et ont longues jambes et sont aux champs et
-courent à pié parmi le gravier d’eaue[1548], aux merles, aux mauvis,
-aux gois[1549], aux videcocqs et aux merles. Et à ce peut-l’en aler
-à pié et avoir l’arc et le boujon[1550], que[1551] quant le merle se
-boute en un buisson et ne se ose partir pour l’esprevier qui est dessus
-et l’espie, la dame ou damoiselle qui scet traire, le peut tuer[1552]
-du bougon[1553]. (Et ainsi de temps en temps peut-on avoir déduit de
-son esprevier, quant l’en le veult garder pour muer.) Et quant l’en
-ne treuve plus à le paistre de son voler, l’en luy donne congié. Et
-sachiez que dès la première nuit qu’il aura geu dehors, il est devenu
-sauvage se il se paist de luy mesmes, et pour ce le convient l’endemain
-recouvrer, à l’aube[1554].
-
-Et, belle seur, s’il est ainsi que vous le voulez muer[1555], pour
-ce que autant couste à muer un mauvais esprevier comme un bon, aiez
-premièrement regart se vostre esprevier a esté bel et bon et paisible,
-car icelluy doit-l’en muer; et s’il a esté autre, ne prenez plus de
-paine, car encores seroit-il pire après la mue. Toutesvoies, se muer
-le voulez, il le convient paistre de chaude viande, comme de gélines,
-soris, rats, et d’autres oiseaulx gaignés aux fillés et à l’arbaleste,
-jàsoit-ce que c’est le meilleur que l’esprevier vole tant comme l’en
-trouvera à voler, et par espécial tout le karesme, car à fort et
-souvent gecte-il plus naturelment ses plumes pour muer: et tousjours le
-convient-il, comme dit est devant, curer et donner plume.[1556] Quant à
-l’esprevier que l’en veult muer, aucuns donnent des estouppes hachées,
-et aussi dient aucuns que c’est bonne plume que des pastes de lièvre
-et de connins batues d’un bon martel sur une enclume et ostés les os.
-Et tousjours le convient baignier et tenir sur la perche, et tousjours
-paistre de bonne viande chaude et vive, qui peut, très diligemment,
-et garder mieulx que devant, et le paistre à tout le moins trois fois
-le jour jusques à la my-May; et lors luy convient arracher toutes ses
-plumes de la queue. Aucuns dient que le meilleur est au croissant de
-May, ou autrement la queue ne revient point (c’est au commencement du
-mois de Juing); et la convient arrachier ainsi qu’il s’ensuit: c’est
-assavoir que aucun tiengne l’esprevier entre ses mains, et l’autre
-luy compressera la char du bout de la queue, à laquelle char les
-tuyaulx des plumes de la queue se tiennent: et quant la char est ainsi
-tenue pour le sauver[1557], l’en doit arracher les plumes l’une après
-l’autre, tout en un jour. Et dit-l’en que d’autant que l’esprevier a
-la queue arrachée devant la Saint-Jehan, d’autant est-il prest plus
-tost devant la my-Aoust (et jàsoit-ce que aucuns dient qu’il convient
-avant baignier le[1558].... de l’esprevier en karesme, dont je ne tien
-compte); et ladicte queue arrachée, le convient mettre en une mue qui
-soit de quatre piés de long et quatre piés de large, de trois piés de
-hault, et soit couverte de bonne toile pour le vent, et y ait fenestre
-pour avoir air. Et en icelle mue ait une perche, laquelle perche
-sera de demi-pié de hault, et sera l’une des moitiés feutrée, et en
-l’autre moitié, du long, aura une chanlatte[1559] coulant en laquelle
-l’en luy donra sa viande sans touchier à luy. Et le convient lors
-très diligemment garder de trop chault et de trop froit, et mettre et
-tenir de jour au soleil et garder; et le gardez de courroux, d’effroy
-et d’aucun autre encombrier, et le paistre de très bonnes viandes et
-chaudes et hachées, tant qu’il soit remis sus; et aucunes fois luy
-convient donner et mettre en sa mue un oisel, et de ce il mesmes se
-paist, et ce en lui donne plume[1560]; et à luy sont bons rats et
-souris, cuer de mouton chault, nomblet de porc chault. Et sera bien de
-sept sepmaines à deux mois avant qu’il soit prest.
-
-La chose qui plus tost avance un esprevier, c’est ce que en la saison
-qu’il doit muer, l’en le paisse de deux jours en deux jours des glandes
-du col de mouton. Et toutesvoies dit-l’en que quant les plumes de la
-queue et des esles sont revenues, il souffist, car de son dos ne du
-surplus ne peut chaloir. Et lors il seroit plus grant dommage, qui le
-perdroit, quant l’en a eu tant de peine: et pour ce est-il le plus
-bel et le meilleur et le plus seur d’essaier sagement et cautement
-s’il se tendra paisible sur le poing, et le paistre dessus; sinon
-y remédier sagement, et le veillier[1561] et mettre au bas[1562].
-_Item_, est le plus seur de le réclamer à la commande, car toute chose
-désire sa franchise et retourne de légier à sa nature, et pour ce
-s’en convient contregarder. Et aussi comme ils donnent plus de paine,
-aussi valent-ils mieulx que les autres, car iceulx sont enoiselés et
-congnoissent leurs oiseaulx, les chiens, chevaulx, et sont plus fors.
-
-Puis que je vous ay parlé de la nature des espreviers que l’en dit
-nyais pour ce qu’ils furent pris ou ny, à présent je vueil parler de
-ceulx que l’en dit _branchiers_, _ramages_ ou _rameges_, qui est tout
-un: et en après, je parleray des _muiers_[1563] d’une ou de pluseurs
-mues.
-
-L’esprevier est dit branchier ou ramage[1564] pour ce que, quant il
-soit pris, il vole sur les rainceaux ou sur les branches. Et est
-certain qu’il convient que l’esprevier ramage soit enoisellé[1565] que
-l’en doie espérer qu’il descende à la muete des pans; toutesvoies,
-avant qu’il soit enoiselé, peut-l’en appareillier une belle place
-devant l’aire de l’esprevier, et quant il sera enoiselé tendre ses
-pans, et mettre en muette poucin ou pigon ou autre oisel à quoy il
-doie descendre. Et encores est il bon que près des guilles[1566] ait
-espreviers ou mouchets qui crient et volent, et par ce l’esprevier
-branchier descent plus tost à la muete. Et tantost qu’il est ou filé,
-il convient[1567] qu’il soit pris bien doulcement, et que l’un le
-tiengne par les esles du corps, et l’autre le prent par le becq et
-le cillera[1568]. Et incontinent lui convient mettre ses gets et
-sonnettes[1569], et le mettre et tenir sur le poing et remuer et garder
-qu’il ne dorme point, et luy offrir le vespre prouchain la char lavée
-en eaue tiède. Et se il se paist sur le poing, c’est le premier bon
-signe: et s’il ne se paist, il convient garder qu’il ne dorme et le
-veillier de nuit; et qui ne le peut toute nuit veiller, si le perche
-sur une perche branlant qui sera attachée à deux cordes par les deux
-boux, et tirera-l’en aucunes fois celle perche pour la faire branler,
-afin que l’esprevier ne dorme. Et quant il aura esté veillé une nuit
-ou deux et qu’il sera asseuré sur le poing et s’y paistra voulentiers,
-dès la deuxième fois qu’il sera peu le convient dessillier et le tenir
-entre gent, et garder qu’il ne dorme fors très petit. S’il est très
-bien asseuré, l’en le doit du tout asseurer[1570] et laisser à son
-aise, puis réclamer et gouverner comme dessus.
-
-Et se l’esprevier qui ainsi est pris aux pans est mué de haye[1571],
-il convient qu’il soit mis au bas par veiller, et affamé[1572] par la
-manière que dessus, jàsoit ce qu’il soit plus fort à affaitier et n’est
-mie de si bon retour[1573] comme l’esprevier _sor_, c’est assavoir
-cellui d’un an[1574].
-
-Toutesvoies, est-il bien aucuns espreviers qui dès l’année passée ont
-esté le plus tart couvés et ont esté si tardis que à paine ont-ils esté
-fors quant les premiers avoient jà fait leur saison, et ceulx sont
-_mués de haye_, et toutesvoies n’ont-ils point pont[1575] ne couvé
-en ceste année pour ce que leur jeunesse leur a tolu[1576], et sont
-pris aussi après leur mue. Et ceulx congnoist-l’en à ce que souvent
-advient que encores tiennent-ils du sor, c’est à dire de la plume de
-l’année précédent, et en ceulx peut-l’en avoir plus d’espérance que en
-ceulx qui sont plus vieils et ont plus volé ou sont de pluseurs mues,
-lesquels aucuns[1577] congnoissent bien et pour ce les refusent.
-
-_Item_, il est assavoir que l’esprevier mué garde mieulx sa queue pour
-ce qu’il n’entre point au buisson après sa proie, mais vole par dessus:
-et l’esprevier nyais y entre.
-
-_Item_, l’esprevier mué de haye a les yeulx rouges et les piés jaunes.
-
-Aucunefois, d’aventure, sont prins les espreviers à la glus, et lors
-les convient desgluer l’une plume après l’autre, à la main, et que
-les[1578] dois soient moulliés en lait.
-
-Or nous convient parler des _muiers_ qui sont de deux manières, c’est
-assavoir les uns qui sont mués en la ferme[1579] et les autres qui sont
-mués de haye. Les mués en la ferme sont bons à voler et sont les plus
-riches[1580]. Les mués de haye sont congneus à ce qu’ils ont les yeulx
-plus rouges et les piés plus jaunes. C’est assavoir que iceulx mués de
-haye sont plus doubteux à voler, car jàsoit ce que ils aient esté bien
-silliés, bien veilliés et très bien réclamés à commande ou à recréance,
-qui est tout un, toutesvoies, quant l’en les fait voler, communément
-ils se essorent fort[1581] et adonc une bouffée de vent les emporte
-maulgré eulx, et tantost qu’ils ont perdu leur maistre, et mesmement si
-tost que d’eulx mesmes ils se sont peus une fois, ils sont retournés à
-leur première nature, ne puis ne veulent revenir au réclamer.
-
-Esprevier hagart[1582] est celluy qui est de mue de haye: et s’il est
-d’un an, il tient du sor aucunement, car s’il ne tient du sor c’est
-signe qu’il tient de deux mues[1583]. _Item_, le mué a yeulx bien
-rouges, et bien jaunes les piés, et plus fortes et roides plumes et
-autrement coulourées; et voit l’en bien les plumes sorées[1584] parmi
-les autres, car elles sont noires par dessus, et les autres sont mieulx
-coulourées.
-
-_Item_, de l’esprevier, le mouchet est le masle: et du lannier le
-lanneret est le masle; et des autres comme l’austour, le faucon, etc.,
-l’en dit le masle _tiercelet_.
-
-Chière amie, sachiez que des autres oiseaulx de proie, l’en dit
-tiercelet d’ostour celluy qui est masle, et est le plus petit; le
-ostour est la fumelle et est plus grant. _Item_, tiercelet de faucon
-est le masle, et est le plus petit, et n’est pas bon pour povre
-homme, car l’en ne le peut arrester[1585]; le faucon est la fumelle,
-et communément l’en l’appelle _faucon gentil_. _Item_, tiercelet
-d’esmerillon est le masle, et l’esmerillon est dit le fourme[1586] et
-est la fumelle, et volent ensemble, et sont réclamés au loirre[1587].
-_Item_, tiercelet de hobe[1588] est masle: le fourmé est la fumelle.
-_Item_, le lanneret est le masle et est plus fort et vault mieulx; le
-lannier est la fumelle.
-
-_Se un esprevier a la jaunisse, comment garira-il?_--_Recipe_: Où
-il n’a point de maladie, il ne convient point de garison: et il est
-certain que la jaunisse leur vient d’aise et de santé et pour les
-bonnes et chaudes viandes qu’il mengue, et pour ce ne sont point
-malades.
-
-Se un esprevier a ruine, monstrez luy rue[1589]. _Item_, faites le
-tenir longuement au feu, à vespre. _Item_, faites luy tirer[1590] de la
-queue d’un pourcelet ou d’un pourcel où il n’ait point de char. _Item_,
-aiez boiste ou autre vaissel où il ait encens et du feu, et faites que
-la fumée lui adresse au becq: et lors il toussira et esternuera, et
-hochera la teste et gettera la rume; et soit sa perche feutrée, et luy
-tenu chaudement. _Item_, le faites tirer à l’aleron d’un poucin, et en
-la main en laquelle vous tendrez l’aleron, tenez, avec, une branche de
-rue, afin qu’il en ait l’oudeur en tirant. Et, soit sur le poing, soit
-sur la perche, gardez qu’il ait penne[1591] ou feutre bien sec et bien
-chault soubs le pié, et nuit et jour soit devant le feu ou près du feu
-ou en lieu chault; et aiez tousjours en vostre sein penne ou feutre ou
-autre chose chaude pour luy changer souvent[1592] et lui baillier le
-chault.
-
-Se un esprevier est malade tellement qu’il regette sa viande quant il a
-esté peu, ouvrez luy à deux mains le becq et luy boutez dedans la gorge
-aussi gros comme une fève de beurre frais, et une heure ou deux après
-si le paissiez de bonne char vive.
-
-_Item_, l’en congnoist espreviers qui sont trop gras à taster
-par dessoubs l’esle comme une géline. Et aussi quant il a la
-fourcelle[1593] my-partie et pourfilée et il baille; adonc l’en luy
-doit donner à boire de l’eaue fresche pour refroider dedans le corps,
-et petit paistre, pour amaigrir.
-
-L’esprevier qui a sourcils blans est le meilleur par raison.
-
-_Item_, espreviers nyais ou ramages ne sont mie si bons comme ceulx qui
-sont pris à la rais ou à la crecerelle[1594].
-
-Des autres maladies d’esprevier, véez en la page ensuivant les remèdes
-des maladies des faucons, et ouvrez selon ce.
-
-Des oyseaulx de proye affaitiés, l’aigle[1595], le griffon et
-l’ottour[1596] volent au chevrel sauvage, aux lièvres, aux oustardes,
-mais que on ait un levrier affaitié pour eulx.
-
-Le tiercelet d’ostour vole aux lièvres, aux perdris, aux connins, aux
-malars[1597] et aux plouviers.
-
-L’en ne paist l’ottour que une fois le jour en yver: en esté, deux; un
-cuer de mouton est assez à paistre l’ottour une fois, et le tient en
-estat. _Item_, d’une rouelle de mouton; _item_, d’un pigon, perdris,
-etc. Un cuer de porc engraisse, et dit-l’en: _hausse_; un cuer de
-chièvre ou de bouc _abaisse_, _id est_ amaigrit; un pié de mouton est
-pour tirer.
-
-Quant l’en le baigne, l’en luy oste les longes, et il se baigne au bort
-de la rivière et se pouroint[1598] et puis vient.
-
-Pour un ottour, une géline est à trois jours; l’en le paist un jour
-du foie, du jugier et du col à toute la plume, la teste et le cervel;
-l’autre jour, d’une esle et puis la cuisse; et l’autre jour autant.
-
-_Item_, en karesme il se mue et est bien trois ou quatre mois avec du
-foing ou de la rame[1599] et trois perches pour percher; et le paistre
-adonc de chaude viande comme turtres, coulons, perdris, poucins tous
-vifs. _Item_, quant ils sont mués, les convient veillier bien quatre,
-six ou huit nuys, puis réclamer petit à petit à la commande comme au
-commencement[1600].
-
-_Nota_ que le faucon lannier doit estre perchié à un pié et demi de
-terre pour le duire à voler bas à la perdris; et le gentil se perche
-hault.
-
-_Item._ _Nota_ que jàsoit-ce que l’esprevier et l’ostour soient peus
-entre le pouce et le doit démonstratif, toutesvoies les autres oiseaulx
-sont peus à plain poing.
-
-La char lavée en eaue tiède est donnée pour abaissier et amaigrir.
-
-Quant l’esmeut est blanc et cler et que un petit de noir est au bout,
-_scilicet_ premier yssu du ventre, il est bon: autrement, non. Et quant
-ou millieu de l’esmeut a aucune chose rousse et grosse ou millieu, il
-signifie que l’oisel soit bas. Si le convient baissier[1601].
-
-Le faucon lannier est dit _villain_[1602] pour ce qu’il se paist de
-toutes chars, comme beuf, mouton, chièvre. Et _nota_ que chièvre
-abaisse[1603].
-
-L’esmeut qui est gecté loing est bon.
-
-Le dit lannier est de gros maillé[1604], et est plus gros que le
-lanneret qui est de plus déliée maille, et vole plus hault et avec les
-faucons gentils: et ce ne fait point le lannier.
-
-Autres faucons y a qui sont de Flandres et sont dis faucons _Sacres_,
-et sont d’un petit moins déliée maille, et ont les piés jaunes[1605]
-et sont comme entre le gentil et le villain, et sont bons, comme l’en
-dit communément, réclamés au loirre, ou d’omme quant ils reviennent
-bien au loirre.
-
-Le faucon gentils est de plus déliée maille que nul et a les piés
-jaunes, et est peu de cuer de mouton le moins, mais le plus de pigons
-et de poulaille.
-
-Autres faucons y a que l’en appelle _harrottes_[1606] et viennent de
-Grenade et sont moult petis et très bons pour le héron, la grue et
-l’oustarde: et sont icelles harrottes ainsi que tercelés qui sont les
-masles des faucons de pardeçà.
-
-Faucons pèlerins[1607] sont ceulx qui sont pris au filé et se sont peus
-et ont volé aux champs, et sont _gentis_ nommés.
-
-_Item_, le lannier ne vole fors aux perdris et aucunes fois au connin
-et au lièvre, et non plus. Et les autres volent à l’oisel de rivière,
-au héron, à la grue, à l’oustarde etc.
-
-L’ottour vole à tout, mais non pas le tiercelet d’ottour.
-
-Des faucons villains, la fumelle est dit lannier ou le fourmé, et le
-masle est dit tiercelet[1608].
-
-Le faucon gentil est noir. Et le faucon lannier est le plus tendre.
-Et le faucon pèlerin est le meilleur qui soit et est le plus gros et
-plus formé de membres que tous. Et à celluy qui les veult gouverner ne
-convient mengier aulx, oignons, poireaux.
-
-_Item_, quant aucun oisel de proye baille par trois fois de renc[1609]
-et fait mate chière[1610], c’est signe qu’il est malade d’une maladie
-que les fauconniers appellent _le fils_, et est un ver qui les point.
-Et à les garir convient les paistre de char en laquelle sera enveloppé
-du saffren, et les vers en meurent.
-
-Et se un faucon a la pépie, il convient avoir un des brocherons d’une
-espine blanche et lui passer par trois jours, trois fois chascun jour,
-dedens la narine, et par trois jours lui mettre sur la langue des
-figues vertes, prises sur l’arbre.--_Item_, vous sarez qu’il a la pépie
-quant il fait mate chière et ne se veult ou peut paistre et aucunesfois
-baille.
-
-Se vostre oisel est pouilleux, vous le verrez au soleil, car sur toute
-sa teste verrez-vous les poux bougier; et lors convient avoir de
-l’orpiment[1611], du meilleur, et est la fueille meilleur, et soit
-très bien broyé et finement, et très déliément sassé; et convient
-estre trois personnes: l’un qui tendra l’oisel, l’autre qui tendra
-l’orpiment, et l’autre qui l’orpimentera. Et puis convient getter de
-l’eaue dessus comme un cousturier fait, à la bouche, puis le paistre
-d’une poulle chaude, puis perchier, et luy oster le gant qui est
-chargié d’orpiment, car l’orpiment est trop fort: et puis l’endemain
-voler.
-
-_Nota_ que en May le faucon commence à muer, et le convient paistre de
-chaude viande; et sachiez que rats est propre viande pour luy.
-
-_Item_, l’en le mue bien sur le poing.
-
-
-FIN.
-
-
-
-
-TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
-
-_N. B._ La lettre _a_ indique le premier volume: la lettre _b_ le
-second.
-
-
-A
-
-_A_ (Manuscrit), _a_, LIV.
-
-_Abaisser_, expliqué, _b_, 322.
-
-_Abattis._ V. _Issues_.
-
-_Abbés et mariés_ (Histoire des), _a_, 145.
-
-_Abbés_ assistans au parlement, _b_, 104.
-
-_Ables_, _b_, 100, 194.
-
-ABRAHAM, _a_, 78.
-
-_Abstinence_ de viande, _a_, XLV.
-
-ACAROT, _a_, XLVII.
-
-_Accessiones historicæ_, cité _a_, LXV.
-
-_Accide_, _b_, 17.
-
-_Acouré_, expl., _b_, 178.
-
-_Acrebades_, _b_, 124.
-
-_Acrobates_, _b_, 124.
-
-_Actéa_, _b_, 258.
-
-ADAM, _a_, 77, 98, 166.
-
-_Additions_ faites au livre de cuisine, _a_, XXXII et _b_, 124, 161.
-
-_Additions et corrections_, _a_, LXXVII.
-
-_Adenter_ (S’), _b_, 257.
-
-_Adouer_ (S’), expl. _b_, 308.
-
-_Adultère_, _a_, 52.
- --(Loi des juifs c. l’), _a_, 67.
- --pardonné, _a_, 182, 183, 237.
- V. _Avocat_.
-
-_Afeutrement_, expliqué, _b_, 53.
-
-_Affaires_ du dehors confiées au mari, _a_, 168.
-
-_Affaitement_ de l’épervier, _b_, 295.
-
-AGAR, _a_, 80.
-
-_Agneau_, _b_, 221.
- --roti, _b_, 179.
-
-AGNÈS la béguine (Dame), intendante de l’auteur, _b_, 57, 61 et suiv., 70.
-
-_Aides_ des écuyers de cuisine, _b_, 115, 117.
-
-_Aigles_ dressés, _b_, 321.
-
-AIGNEAUX, _a_, LXX.
-
-_Aigrefin_, _b_, 198.
-
-_Aiguières_, _b_, 106, 118.
-
-_Ailes_ des oiseaux. De quoi composées, _b_, 89.
-
-_Aires_ des éperviers, _b_, 284.
-
-_Alause._ V. _Aloze_.
-
-ALBÉRIC de Trois-Fontaines, _a_, LXV, 92; _b_, 124.
-
-ALBERTAN, _a_, 186.
-
-ALENÇON (Pierre d’), _a_, LXXXI.
-
-_Ales_, (poisson), _b_, 204.
-
-_Alixandre_, (espèce de cèdre), _b_, 154, 246.
-
-_Aljubarota_ (Bataille d’), _a_, LXVI.
-
-_Allayer_, expl. _b_, 142.
-
-_Allemagne_ (Brouet d’), _b_, 165, 172, 276.
- --(Oiseaux de proie en), _b_, 323.
-
-_Allemans_, aiment la carpe très-cuite, _b_, 189.
-
-_Alloges_, _b_, 257.
-
-_Aloé._ V. _Alouette_, _Geneste_, _Gravé_, _Rosé_, _Pasté_.
-
-_Alouettes_, _b_, 101, 183.
- --en pasté, _ib._
- --en rosé, _b_, 154.
- --en rost, _b_, 270.
- --(Espèces d’) _b_, 303.
- --prises à l’estourse, _a_, XLIX.
-
-_Aloze_, _b_, 88, 95, 102, 188.
- --à la cameline, _b_, 107.
-
-_Alumelle_ (aumelette), _b_, 207.
- --belle, _b_, 208.
- --frite au sucre, _ib._
-
-_Alun_, _b_, 68.
-
-_Amadou_ (Sorte d’), _b_, 263.
-
-_Amandes_, _b_, 107, 122.
- --(Buvrage d’), _b_, 241.
- --confites, _b_, 269.
- --(Lait d’), 241.
- --leur prix, 110.
-
-_Ambassadeurs_ Vénitiens, cités, _b_, 116.
-
-_Ambrine_ (Couleur), _b_, 218.
-
-_Amende_ honorable, _b_, 119, 120.
-
-_Amis._ Quels sont les meilleurs, _a_, 199.
-
-_Amitié_, _a_, 55.
-
-_Anchois_, _b_, 204.
-
-_Andouilles_, _b_, 127.
- --d’esté, _b_, 221.
-
-ANDRESEL (Aubert d’), _a_, 150.
- --Guillaume, _ib._
- --(Jehan, sire d’), _a_, LXXX et suiv., 148 et suiv.
- --(Jehanne d’), _a_, 150.
-
-_Andresel_ (Château d’), _a_, 153.
-
-_Andrieu_, (cri de l’alouette), _b_, 303.
-
-_Ane_ (Conditions de l’), _b_, 72.
- --Son dos nécessaire au serviteur, _b_, 23.
-
-_Anges_ (Des), _a_, 17.
-
-_Angleterre_ (Brouet d’), _b_, 157, 166, 276.
- --(Mer d’), _b_, 197.
- --(Oiseaux de proie en), _b_, 323.
- --(Otages en), _a_, LXXX.
-
-_Anglois_, _a_., 93, 95.
- --à Melun, _a_, LXXX, 149.
-
-_Anguille_, _b_, 190, 216, 217.
- --à la boe, _b_, 101.
- --aux aillets blancs, _b_, 190.
- --Comment la tuer, l’estuver et la cuire, _b_, 134.
- --conservée, _b_, 191.
- --en galentine, _b_, 102.
- --franche, _b_, 90.
- --renversée, _b_, 91, 92, etc., et 191.
- --salée, _b_, 96, 99, etc., et 107.
- --V. _Brouet_ et _Soringue_.
-
-_Anguillettes_ fraîches, _b_, 190.
-
-ANGUILLIER (Dame de l’), _a_, 240.
-
-_Anis._ Son prix, _b_, 112.
-
-ANJOU (Louis duc d’), _a_, XXII, XLI; _b_, 147.
- --Sa consommation de fleurs, _b_, 52.
- --(Marie d’), _a_, 174.
-
-_Anjou_ (Vin d’), _b_, 38.
-
-_Annuaire de la Bibliothèque royale de Belgique._ Cité, _a_, LV.
-
-ANSELME (le père), _a_, LXV, LXX, 149; _b_, 116.
-
-_Ante_ coupée, _a_, 159.
-
-_Août_ (Chasse en), _b_, 305, 309.
-
-APICIUS (Cœlius), ouvrage curieux et peu lu, _a_, XXXVI.
- --Détails sur ce livre, _a_, XXXVII.
- --(Marcus), _ib._
-
-_Apocalypse_, _a_, 62.
-
-_Appareil_ des festins, _b_, 103.
-
-_Appendice_ à l’art. V de la deuxième distinction, _b_, 273.
-
-_Appointemens_ du procureur-général en 1384, _b_, 104.
-
-_Aragondis_, _b_, 276.
-
-_Arbalestre_, _b_, 311.
- --(Chasse des pies à l’), _b_, 267.
-
-_Arboulastre_, _b_, 93, 97, etc.
- --brune, _b_, 96, 103.
- --de char, _b_, 227.
- --d’œufs, _b_, 206.
- --en tartre, _b_, 209.
-
-_Arc_ (Chasse à l’), _b_, 258 et 311.
-
-_Arc-à-jalet_, _b_, 311.
-
-_Archevéché_ de Paris (Censive de l’), 254.
-
-_Archives_ de Saint-Lô, _a_, XXXV.
-
-_Arcilié_, expl., _b_, 257.
-
-_Arçonner_, expl., _b_, 183.
-
-ARCQ (M. Douët d’), _a_, LXII, 174.
-
-ARCUSSIA (Ch. d’) cité, _a_, LXV, LXXXVIII, _b_, 90, 280,
- 281, 288, 291, 294, 295, 298, 307, 308, 310, 311, 317,
- 319, 321, 323, 324.
-
-_Argent._ Sa dépréciation, _a_, XXXI, LXXXII.
- --Son prix au XIVe siècle, _b_, 86.
-
-_Argenterie_, _a_, XL, XLI.
-
-_Arménie_, (Violette d’), _b_, 45.
-
-_Armoirie_ sur gelée, _b_, 220.
-
-ARNOULLET (Olivier), _a_, XXXIII.
-
-_Arquenet_, _b_, 235.
-
-_Arquinetta_, _b_, 230, 235.
-
-ARRABLAY (Jeanne d’), dame d’Andresel, _a_, 149, 150, 151.
-
-_Arras_ (Prévot de l’église d’), _a_, LXXX.
-
-_Arrement_, Quid? _b_, 263.
-
-_Arroche_, _b_, 47.
-
-_Arrogans_ à éviter, _a_, 177.
-
-_Arrogante_ femme, _a_, 97.
-
-_Arroser_ (Comment), _b_, 43.
-
-_Arsenic_, _b_, 64, 325.
-
-_Arsilié_, expl., _b_, 257.
-
-_Arsin_, _b_, 198.
-
-ARTOIS (Chevalereux comte d’), _a_, LXVII, _b_, 118.
-
-_Asséeur_, expl., _a_, XLII, _b_, 117.
-
-_Assiettes_ creuses pour chaque convive, quand usitées, _b_, 105.
- --de métal étoient-elles connues? _b_, 115.
-
-_Assiette_ des personnes, _b_, 117.
- --Les ordonner, _b_, 80.
- --(Pastés d’), _b_, 186.
- --synonyme de _service_, _a_, XLI; _b_, 91, 92, 94, 101, 108, 118, 227.
-
-AUBIN, _a_, LXXIII.
-
-AUBRI DE MONTDIDIER, _a_, 92.
-
-AUBRIOT, (Hugues), _b_, 104.
- --Chanson sur lui, _a_, LXXXVII; _b_, 253
- --Récit de sa fuite, _a_, XIX.
- --Rondeaux sur lui, _a_, LXXXVII.
- --Sa maison, _a_, XXI; _b_, 253.
- --Ses oiseaux, _b_, 253.
-
-AUDIGER, cité, _a_, XLIII.
-
-_Auffémont_, _b_, 249.
- V. OFFÉMONT.
-
-AUGUSTIN (Saint), cité, _a_, 39, 63, 70.
-
-_Aulx_ camelins, _b_, 230.
- --moussus, _b_, 231.
-
-_Aumelette_, _b_, 207, 208.
- V. _Alumelle_.
-
-_Aumône._ V. _Corbeille_ et _Pot_.
-
-_Aune_ (Feuilles d’), _a_, 171.
-
-_Auques_, expliqué, _a_, LXXXVII, _b_, 103.
-
-_Auteur_ du Ménagier, a pu connoître Tristan du Bos, _a_, LXXX.
- --a pu consulter un traité de chasse italien, LI.
- --craint d’ennuyer sa femme, _b_, 1.
- --Il étoit Parisien, _a_, XXVII.
- --incrédule sur des recettes qu’il transcrit, _b_, 66.
- --n’a pas été du parti bourguignon, LVI.
- --n’a pas terminé la troisième distinction, _a_, XLVII.
- --obligé par un avocat, _a_, 185.
- --peu au fait des enfans, _a_, 185.
- --Pour qui il écrit, _a_, XXIII.
- --respecte l’ouvrage de Bruyant, _b_, 3.
- --Sa bibliothèque, _a_, XXVI.
- --Sa délicatesse, _a_, XXIV.
- --Sa modestie, XXIV.
- --Ses emprunts, _a_, XXXI, XXXV.
- --se sert d’expressions _crues_, _b_, 60.
- --Ses fenêtres non vitrées, _a_, LXXXII, et 174.
- --Ses variations, _a_, XLIV.
- --Son âge, _a_, XXIII.
- --Son état et sa position, _a_, XXV, XXVI, etc.; _b_, 269.
- --Son nom inconnu, XXV.
- --Son père, _a_, 327, 240.
- --Son style, _a_, XXIX.
- (V. _Remarques_, et _Femme de l’auteur_.)
-
-_Auteurs_ cités (Liste des), _a_, LXV.
- --pourquoi donnée, _a_, LXI.
-
-_Autour_, a trois serceaux, _b_, 90.
- --A quoi il vole, 310, 321, 322, 324.
- --Comment nourri, 322.
- --baigné, _ib._
- --mué, _ib._
- --pû, _ib._
- --réclamé et veillé, _ib._
-
-_Autourserie_, _b_, 319.
-
-_Auvergne_, _b_, 53.
-
-AUVERGNE (Le comte-dauphin d’), _a_, LXXXI.
-
-_Auxerre_, _b_, 296.
-
-_Avarice_, _a_, 44; _b_, 12.
-
-_Avelaines_ ou _avelines_, _b_, 107.
- --(Breuvage d’), _b_, 271.
-
-_Avillon_, _b_, 294.
-
-_Avignon_, _a_, XXI, LXXXI, 183; _b_, 46.
- --(Laitues d’), _b_, 46.
-
-_Avives_, _b_, 78.
-
-_Avocat_ notable, adultère _a_, 185.
- --du roi, _b_, 104.
- --Sa place à table, _b_, 106.
-
-AYALA (Pedro Lopez de), cité, _b_, 323, 324.
- --Détails sur lui, _a_, LXVI.
-
-_Azincourt_ (Regnault d’), _a_, XXIX.
-
-
-B
-
-_B_ (Manuscrit), _a_, LV.
-
-_Baciner_, expliqué, _b_, 179.
-
-_Baconner_, _b_, 198.
-
-_Baguette_ pliée en faisant amende, _b_, 120.
-
-_Baignoire_, _b_, 129.
-
-_Baillemens_ de l’oiseau, _b_, 325.
-
-_Bailly_ de Tournay, _a_, LXXIX, 139.
-
-_Bain_ de l’autour, _b_, 322.
- --de l’épervier, _b_, 298.
-
-_Baisers_ (Usage de donner des), _a_, LXXVII.
-
-_Baisser_, expl., _b_, 323.
-
-_Baitte_ (poisson), _b_, 203.
-
-_Balai_, _b_, 106, 111.
- --derrière une porte, _a_, 146.
- --Effet qu’il produit aux femmes, 147.
- --V. _Balay_.
-
-BALAM, _a_, 87, 88.
-
-_Balay_ (queue), _b_, 290, 294.
- --A quoi sert, _b_, 302.
- --(Mercqs du), _b_, 291.
- --rompu, _b_, 303.
- V. _Queue_.
-
-_Balayer_ la maison, _b_, 61.
-
-BALBI (Jean), _a_, 89.
-
-_Baleine_, _b_, 200.
-
-BALSAC (Pierre de), _b_, 255.
-
-_Bancs_ des églises, _a_, 15.
-
-_Banquiers_ (housses), _b_, 61.
-
-_Bar_ (poisson), _b_, 91, 101, 187.
-
-_Bar-sur-Aube_, _a_, 153.
-
-_Barat_ (Description de), _b_, 24.
-
-_Barbarin_, _b_, 204.
-
-_Barbelet_, _b_, 187.
-
-BARBIER (Colin, le), _b_, 119, 120.
-
-_Barbillons_, _b_, 187.
-
-_Barbillons_ de flèche, _b_, 258.
-
-_Barbotte_, _b_, 267.
-
-_Barbue_, _b_, 203.
-
-_Barguaigné_ (Cheval), acheté dans quel cas, _b_, 76.
-
-BARON (M.), _a_, LXXIV.
-
-BARROIS (M.), _a_, LII.
-
-_Barte_, _b_, 203.
-
-_Bas_ (Mettre au), _b_, 314.
-
-_Baseillecoq_, _b_, 46.
-
-_Basilic_, _b_, 46.
-
-BASTIN DE BREBAN, _a_, 237.
-
-_Bateaux_, expliqué, _a_, 147.
-
-_Batterie_ de cuisine, _a_, XLI; _b_, 115.
-
-_Batteurs_ en grange, _b_, 54, 56.
-
-BAUX (Guillaume des), _a_, XLI.
-
-BAUYN, _a_, LXIX.
-
-_Bavards_, _a_, 178.
- --comparés aux pétrins et aux battes d’un moulin, _a_, 48.
-
-_Bayens_, expliqué, _b_, 135, 139.
-
-_Beaucamp_, _a_, LXXX.
-
-_Beauce_, _b_, 144.
-
-_Beaune_ (Vin de), _b_, 38, 273.
-
-_Beauté_ (Concierge de), _a_, 174.
-
-_Beauvais_ (Hôtel de), où situé, _a_, LXXXV; _b_, 116, 123.
-
-_Beauvais_ (Terre de), _b_, 251, 252.
-
-_Bécasse._ V. _Videcoq_.
-
-_Bécuit_, _b_, 102.
- --de brochereaux, _b_, 103.
- --de brochets et d’anguilles, _b_, 190.
-
-_Béguines_ (Sur les), _b_, 57.
-
-_Beignets._ V. _Bignés_ et _Buignets_.
-
-BELLAY (Agnès du), _a_, 151.
-
-BELON, cité, _b_, 194, 195, 197, 198, 200, 203, 204, 205, 206.
-
-_Bénédiction_ du lit nuptial, _a_, LXXXVI; _b_, 118.
-
-BENOISTON DE CHATEAUNEUF, cité, _a_, XLVI.
-
-_Berger_ de l’auteur (Robin le), _b_, 62.
-
-_Bergers_ savent où est le gibier, _b_, 301.
- V. _Calendrier_.
-
-BERNARD DE MONTLHÉRY, _b_, 119, 120.
-
-BERRY (le duc de), cité, _a_, LXXXIII, 93, 94, 95, 173; _b_, 46, 53, 254.
- --Rissoles faites chez lui, _b_, 226.
- --Sa consommation, _a_, XLV, _b_, 85.
- --Sa dépense en 1373, _a_, LXV (la duchesse en payoit sa part, _ib._).
- --Sa position à Paris, _a_, LVI.
-
-BERTRAN le vieil (Le philosophe), cité, _b_, 58.
-
-BESCHIR (L’émir). Ses oiseaux, _a_, LI.
-
-_Bésiers_, cité, _b_, 132, 182, 203, 248.
- --(Eau de) _b_, 135.
-
-_Besogne_ à diviser entre les domestiques, _b_, 61.
-
-_Bêtes_ affouragées la nuit, _b_, 71.
- --noires, quand chassées, _b_, 157.
- V. _Sangliers_.
- --sauvages s’apprivoisent, _a_, 95, 144.
-
-_Bettes_, _b_, 44, 49, 137, 140.
-
-_Beurre._ Comment le déssaller, _b_, 266.
- --salé chasse les mouches des chevaux, _b_, 266.
-
-_Beuvrage_ d’eau rousse d’un chapon, _b_, 240.
- V. _Buvrage_.
-
-_Beyrouth_, _a_, LI.
-
-BEZU-LE-LONG (Armes de), _a_, LVIII.
-
-_Bible._ L’auteur l’avoit et la faisoit lire à sa femme, _a_, 62.
-
-_Bibliophiles._ V. _Société_.
-
-_Bibliothèque_ de Charles V, _a_, XVIII.
- --de l’auteur du _Ménagier_, _a_, XXVI.
-
-_Bibliothèque des théreuticographes_, _a_, LXVI.
- --_historique de la France_, _a_, LXV.
- --_protypographique_, _a_, LII.
-
-_Bicêtre_ (Château de), _a_, 173.
-
-_Bichot_, _b_, 155.
- --sauvage, _b_, 158.
-
-_Bierre_ (Levure de), _b_, 239.
-
-BIGNE (Gaces de la). V. _Bugne_.
-
-_Bignés_, _b_, 102.
- --de mouelle de bœuf, _b_, 93, 95.
-
-_Blanc_, (monnoie), _b_, 69, 86, 128.
-
-_Blanc-mengier_, _b_, 165.
- --(Chaudeau à faire le), _b_, 109.
- --(Épices pour le), _b_, 122.
- --paré, _b_, 93.
- --parti, _b_, 95, 96.
- --(Veau pour le), _b_, 121.
- --(Volaille pour le), _b_, 119.
-
-BLANCHE DE NAVARRE, reine de France, _a_, 148.
-
-BLANCHET (Louis), _a_, LXXXV.
-
-_Blanchets_, _a_, 13, 171.
-
-BLAZE (M. Elzear), _a_, LXXII.
-
-_Blé_, par qui acheté pour le roi, _b_, 114.
- --(Prix du), _a_, XXXI.
- Vertjus de blé vert, _b_, 229.
-
-_Bloc_, expl., _b_, 289.
-
-_Blois_ (Dame de) très-pudique, _a_, LXXVIII.
-
-_Bloqueaux_, _a_, 172.
-
-BOCCACE, _a_, 99.
-
-_Bochet_ (tisanne), _b_, 238.
- --de quatre ans de garde, _b_, 239.
- --pour les domestiques, _b_, 240.
-
-_Bockede_, _a_, LVIII.
-
-_Bœuf_, _b_, 62.
- --(Allouyaux de), _b_, 177.
- --amenés de Savoie à Paris, _a_, XLVI.
- --mangé comme ours, _b_, 155, 179.
- --(Conditions du), _b_, 72.
- --consommés à Paris, _a_, XLIII, XLVI; _b_, 82, 83, 84, 85.
- --(Cuir de), _b_, 82.
- --(Division du) par les bouchers, _b_, 86, 87, 130, 131, etc.
- --(Langues de), _b_, 133, 177.
- --(Mouelle de), en pasté, _b_, 223.
- --(Noyau de), _b_, 133, en pasté, _b_, 186.
- --(Prix du), _b_, 132.
- --(Rouillée de), _b_, 163.
- --salé, _b_, 130, 133.
- --(Saulce pour le), _b_, 131.
- --(Trumel de), _b_, 231.
-
-BOILEAU, _a_, XXXVIII.
-
-_Bonbons_ (épices de chambre), _b_, 122.
-
-_Bondonnail_, _b_, 68.
-
-BONFONS (Jean). Quand lui et sa veuve imprimèrent, _a_, XXXIII.
- --Nicolas, _ib._
-
-_Bonne-dame_, _b_, 47.
-
-BONNEFONS (Nic. de), cité, _b_, 105.
-
-_Bonnes gens_ (Qui a affaire à), il se repose, (proverbe) _b_, 56.
-
-_Borde-le-Vicomte_ (La), _a_, LXXX.
-
-BOREL D’HAUTERIVE (M.), _a_, LXIII.
-
-BOS (Tristan du), _a_, LXXIX.
-
-_Bouche_, porte du corps, _a_, 60.
- --Pourquoi nous n’en avons qu’une, _ib._
-
-BOUCHER d’Argis, _a_, LXXVI.
-
-_Bouchers_, _a_, 54.
- --à Paris, _b_, 80.
- --Ce qu’ils fournissent à un repas de noces, _b_, 109, 121.
- --Comment défont un bœuf, _b_, 130.
- --Comment ils exerçoient leur profession, _b_, 82.
- --Leurs richesses, _b_, 82.
-
-_Bouchère_ (Luxe d’une riche), _b_, 82.
-
-_Boucheries_ de Paris. Remarques sur elles, _a_, XLIV; _b_, 80.
- --de Saint-Benoît, _a_, XLIV.
- --de Saint-Éloy, _a_, XLIV et _b_, 84.
- --du Roi, _b_, 85.
- (La grande), _a_, XLVI; _b_, 80.
-
-BOUCHET (Guill.), _a_, LXVI.
- --cité, _b_, 307, 321.
-
-BOUCICAUT, _a_, 148.
-
-_Boudins_, _b_, 91, 92, 125, 128.
- --de foie, 126.
- --d’oie, _ib._
-
-_Boueil_, _b_, 293.
- V. _Brayer_.
-
-_Bougie._ Son prix, _b_, 112.
-
-_Bougon_, expl., _b_, 311.
-
-_Bouilli lardé_, _b_, 92, 93, etc. et 153.
- --au verjus, _b_, 96.
- --aux espices et aux soupes, _b_, 156.
- --de brochets et d’anguilles, _b_, 96, 103.
- --de chevrel, _b_, 96.
- --de venoison fraîche, _b_, 121.
-
-_Bouillie_ (Recette pour la), _b_, 176.
-
-_Bouillon._ Quel est le meilleur, _b_, 86, 88.
- --(tisanne), _b_, 238.
- V. _Chaudeau_ et _Eau_.
-
-_Boujon_, _b_, 311.
-
-_Boulanger_, _b_, 54, 56, 109.
- --de Montmorency, _a_, 161.
-
-_Boulogne_, _a_, LXXXI.
-
-_Boulogne_ la Grasse, _a_, 110, 113.
-
-_Bourbelier_ de sanglier, _b_, 157, 179, 236.
-
-_Bourberel_ de sanglier, _b_, 236.
-
-BOURBON (Louis duc de). Sa consommation, _b_, 86.
- V. CHARLES.
-
-_Bourbotte_ (poisson), _b_, 267.
-
-_Bourgage_, expliqué, _a_, 140.
-
-_Bourgeois_ avoient droit de chasse et chassoient à
- l’oiseau, _a_, XLVIII et suiv.
- --de Paris, arrêtés, _a_, 136.
- --(Queux d’un), _b_, 269.
-
-_Bourgeoise_ de Paris sauve son mari, _a_, 135.
-
-_Bourgeoisie_ parisienne au XIVe siècle, _a_, XXV.
-
-_Bourges_, _a_, 94.
-
-BOURGOGNE (Le duc de), _a_, LXVI; _b_, 253, 254.
- --Sa consommation, _b_, 86.
- --(Marguerite de), _b_, 254.
-
-_Bourgogne_ (Vin de), _b_, 38.
-
-_Bourgon_ de vigne (Vertjus de), _b_, 229.
-
-_Bourguignon_ (Parti) à Paris, _a_, LVI, LVII.
-
-_Bourrache_, _b_, 47.
-
-_Bourrée_ à la galantine chaude, _b_, 94.
- --à la sausse chaude, _b_, 91, 92, 93, 97, etc.
- --faite avec des lamproies? _b_, 92, 95.
-
-_Boussac_ de connins, _b_, 152, 153.
- --de lièvre, _b_, 153.
-
-_Boutehors_, _a_, XLIII; _b_, 95, 103, 107, 108.
-
-_Bouteille_ en terre, _b_, 252.
-
-BOUTELIER (Jehan), _a_, 139.
-
-_Boutonner_, expliqué, _b_, 88.
-
-_Bouvier_ (Josson le), _b_, 62.
-
-_Boyaux_ de porc. Comment lavés, _b_, 126.
-
-BRABANT (Le duc de), _b_, 254.
-
-_Brabant_ (Oiseaux en), _b_, 323.
-
-BRAGELONGNE (Le ch. de), _b_, 83.
-
-_Bran_, _b_, 76.
-
-_Branchier_ (Épervier), _b_, 314.
-
-_Braons_, expl., _b_, 149, 165, 213.
-
-_Brayer_, _b_, 190, 293, 313.
- --(Avantage pour le), _b_, 152.
-
-_Brayeul_, _b_, 293.
-
-_Brennée_, _b_, 79.
-
-_Bresmes_, _b_, 187, 203.
- --au vertjus, _b_, 97.
- --en rost, _b_, 94, 98, etc.
-
-BRETEZ (L.), _a_, LXXIII.
-
-_Brette._ Ce que c’est et comment apprêtée, _b_, 194.
-
-BREUL (J. du), _a_, LXVII; _b_, 80.
-
-_Breuvage._ V. _Beuvrage_ et _Buvrage_.
-
-_Bric_, (jeu), _a_, 71, 72.
-
-_Brie_ en 1358, _a_, LXXX, 148, 149.
-
-_Brochereaux_, _b_, 100.
-
-_Brochets_, _b_, 160, 232.
- --au romarin, _b_, 277.
- --(Chaudumé d’un), _b_, 173.
- --laités et œuvés, _b_, 88, 188.
-
-_Brochetons_ à un rebouly, _b_, 100.
-
-_Brochier_ (brochet?), _b_, 232.
-
-_Broderie_, _b_, 118.
-
-BRONGNIART (M. Adolphe), _b_, 258.
-
-_Brouet_ blanc, _b_, 165, 173.
- --blanc de connins, _b_, 95.
- --blanc sur perches, _b_, 103.
- --camelin de chair, _b_, 93, 95.
- --d’Alemaigne, _b_, 93, 98, 165, 172, 276.
- --d’amandes, _b_, 96, 103.
- --d’Angleterre, _b_, 157, 166, 276.
- --d’anguilles, _b_, 92.
- --d’anguilles, verd, _b_, 94, 97.
- --de cannelle, _b_, 94, 97, 163.
- --de chapons, _b_, 149.
- --de fleur de pêcher, _b_, 276.
- --de fressure de porc, _b_, 158.
- --de Savoie, _b_, 99, 166.
- --de vertjus et de poulaille, _b_, 100, 167.
- --georgié, _b_, 97, 98, 163, 164.
- --houssié, _b_, 95, 163.
- --jaunet, _b_, 99.
- --larde d’anguilles renversces, _a_, LXXXIV, _b_, 99.
- --rousset, _b_, 165.
- --Sarrasinois, _b_, 172.
- --vergay, _b_, 167.
- --vergay d’anguilles, _b_, 171.
- --vert d’œufs et de fromage, _b_, 172.
-
-_Brouetiers_, _b_, 53.
-
-_Brueil_, expl., _b_, 293.
-
-_Bruges_ (Inventaire de), _a_, LIII.
- --(Oiseaux de proie à), _b_, 323.
-
-_Brulis_, _b_, 198.
-
-_Brulliau_, _b_, 198.
-
-BRUN (Anthoine), _a_, 137.
- --(Colin), _ib._
-
-BRUNET (M.), cité, _a_, LXXIV _et passim_.
-
-_Bruxelles_ (Inventaire de), _a_, LIII.
-
-BRUYANT (Jean), _b_, 3, 4.
-
-BRYANT (Jean), _b_, 3, 4.
-
-_Buche_ achetée, _b_, 114.
-
-BUCHON, _a_, 94.
-
-BUDÉ (Jean), _a_, LXVIII.
-
-BUFFON, _b_, 323.
-
-BUGNE (Gaces de la), _a_, LXIX.
- --cité, _a_, XLIX, L; _b_, 186, 280, 284, 296, 309, 321, 324.
-
-_Buignets_ de mouelle, _b_, 224.
- --d’œuves de lus, _b_, 229.
-
-_Buissons_ dangereux pour l’épervier, _b_, 302.
-
-_Buletel_, _b_, 136.
-
-BULLET, cité, _a_, 92.
-
-BUREAU (Pierre), _a_, 174.
-
-_Bureaux_ de placement, _b_, 58.
-
-_Burgos_, _a_, LXVI.
-
-BURON, _a_, LXX.
-
-_Butors_, _b_, 99.
- --rôtis, _b_, 181.
-
-_Buvrage_ d’avelines, _b_, 271.
- --de lait d’amandes, _b_, 241.
- --de noisettes, _b_, 240.
- --pour malades, _b_, 237.
-
-
-C
-
-_C_ (Manuscrit), _a_, LII, LVII.
-
-_Cabillau._ V. _Cableaux_.
-
-_Cabinet généalogique._ Ce que c’est, _a_, LXXV.
-
-_Cableaux_, _b_, 195.
-
-CABOCHE, _b_, 84.
-
-CACCON, _a_, 70.
-
-_Cages_ chez diverses personnes, _b_, 253.
-
-_Cailles_ (Chasse aux), _b_, 308, 310.
- --en pasté, _b_, 186.
- --(Vol aux), _b_, 280.
-
-_Caillette_ de mouton, _b_, 128 et 129.
- --de veau, _ib._
-
-_Calais_, _a_, 149.
-
-_Calendrier des bergers_, _a_, LXVII, 29; _b_, 223.
-
-_Calimafrée_, ou saulce paresseuse, _b_, 233.
-
-_Camboïs_, _b_, 263.
-
-_Cambray_ (Traité de), _a_, 139.
-
-_Camelot_, _b_, 66.
-
-_Campagne_ (Vie à la), _b_, 62.
-
-_Cameline_, _b_, 175, 177, 178, 179, 180.
- --achetée au saussier, _b_, 111, 122.
- --de Tournay, d’hiver et d’été, _b_, 230.
- V. _Aulx_.
-
-_Canards_, _b_, 89. V. _Mallars_.
-
-_Canets_, _b_, 236.
- --en gravé, _b_, 121.
-
-_Canelle_ battue, _b_, 111.
- --triée à la dent, _b_, 248.
-
-CANGE (Ch. du Fresne, sieur du). Objections à ce
- grand homme. V. _Coretum_, _Enfeutrure_, _Milion_.
- --cité, _passim_.
-
-CANTAMUS, roi de Hongrie (ou plutôt des Abares), _a_, 68.
-
-_Caordes_, _b_, 273.
-
-_Carcassonne_, _b_, 248.
-
-_Cardamomon_, _b_, 68, 111.
-
-_Carpe_, _b_, 88, 91, 99; _b_, 188, 189.
- --à l’estouffée, _b_, 189.
- --Comment l’apprêter, _b_, 189.
- --de Marne, _faudisse_, _b_, 107.
- --en galentine, _b_, 233.
- --plus cuite en Allemagne qu’en France, _b_, 189.
- --portée vive, _b_, 90.
- --Quelle est la bonne, _b_, 90.
- --Sa tête, _b_, 90.
-
-_Carrelets_, _b_, 171, 202, 204.
-
-_Carrottes._ V. _Garroites_.
-
-_Cartes_ à jouer, _a_, XXX, 71, 72.
-
-_Carvi_, _b_, 245.
-
-_Cassemuseaux_, _a_, XXXIX.
-
-CATAFAGO (M.), _a_, LI.
-
-_Catholicon_, _a_, 89.
-
-_Caution_ (Accusés élargis sous), 233.
-
-_Cayeux_, _b_, 205.
-
-_Cèdre_ alixandre ou vermeil, ou dont l’on fait
- manches à couteaux, _b_, 154, 246.
-
-_Cédule_, _b_, 252.
-
-_Celle_ (La), _a_, 149.
-
-_Cendail_, _b_, 118.
-
-_Cerceaux_ (plumes), _b_, 90. V. _Serceaux_.
-
-_Cercelles_, _b_, 311.
-
-_Cerf._ Chassé quand, _b_, 156.
- --(Cimier du), _b_, 87, 264.
- --Comment défait et mangé, _b_, 156, 157.
- --(Couart du), _b_, 87.
- --(Hampe du), _b_, 87.
- --(Menus droits de), _b_, 156.
- --(Poison pour le), _b_, 258.
- --(Quoier du), _b_, 87.
- --Sa tête et son pied donnés aux seigneurs, _b_, 157.
- --(Seymier de), _b_, 264.
- --(Venaison de), _b_, 154.
-
-_Cerises_, _b_, 53.
- --On n’en trouve pas en mai, _b_, 108.
-
-_Cerisier_ enté sur vigne, _b_, 51.
-
-_Cervaisons._ Quand commencent, _b_, 156.
-
-_Cervoise_ (Leveçon de), (levure de bierre), _b_, 239.
-
-CERXÈS (Le philosophe), _a_, 68.
-
-CESSOLES (J. de), _a_, 68.
-
-_Cet an._ Que signifie cette expression, _a_, XXXIII.
-
-CHABANNES, _a_, 151.
-
-_Chace dou cerf_, citée, _b_, 157.
-
-_Chair_ (Grosse), (bœuf et mouton), _b_, 91, 92, 93.
- --lavée, donnée à l’oiseau, _b_, 297, 323.
-
-_Chaleur_ (Effet de la) sur l’épervier, _b_, 305.
-
-_Chamberières._ Les veiller de près, _b_, 74.
- --Long article sur elles, _b_, 56.
- --peuvent supplanter la femme, _a_, 130.
-
-_Chambre_ arrosée, _a_, 174.
- --balayée, _b_, 61.
- --(Bètes de), _b_, 62.
- --démeublée n’a pas de mouches, _a_, 174.
- --de parement, _b_, 107.
-
-CHAMPAGNE (Armes de), _a_, LVIII.
-
-_Champagne_, _a_, 149.
-
-CHAMPIER (Bruyère), _a_, LXVII, _b_, 206.
-
-_Champignons_, _b_, 185.
-
-CHAMPFLORY (Jeanne de), _a_, LXXVII.
-
-CHAMPOLLION (M. Aimé), _a_, LXVII, LXXXII; _b_, 254.
-
-_Champs_ (Vol pour), _b_, 301.
-
-_Chandelier_ à platine, _b_, 71.
-
-_Chandeliers_ (marchands), _b_, 56.
-
-_Chandelle_ (Recette pour la), _b_, 56, 259.
- --Comment l’éteindre, _b_, 71.
-
-_Chanlatte_, expl., _b_, 313.
-
-_Chansons_, _a_, XXXIX, 72.
- --sur Aubriot, _a_, LXXXVII; _b_, 253.
-
-CHANTEPIE, _a_, LXX.
-
-_Chanter_, _b_, 108.
-
-_Chaons_, expl., _b_, 154, 206.
-
-_Chapeaux_ (de fleurs), _b_, 113, 114, 116, 118, 122.
-
-_Chapellerie_ (fleurs), _b_, 115.
-
-_Chapelière_ (marchande de fleurs), _b_, 118, 123.
-
-_Chaperon_, _a_, 14, 15.
-
-_Chapons_, _b_, 91, 92, 94 etc., 165.
- --à la calimafrée, _b_, 234.
- --à la dodine, _b_, 93, 94, etc.
- --à la saulce briefve, _b_, 235.
- --au blanc manger, _b_, 108.
- --aux herbes, _b_, 100, 150.
- --(Brouet de), _b_, 149.
- --Comment _poussés_, _b_, 232.
- --Comment tués et attendris, _b_, 89, 150.
- --(Consommé de), _b_, 240.
- --de haute graisse, _b_, 271.
- --entiers en un blanc brouet, _b_, 101.
- --faisandés, _b_, 89, 150.
- --(Hardouil de), _b_, 162.
- --(Jugiers de), _b_, 121.
- --pèlerins, _b_, 99.
- --(Prix des), _b_, 110, 119.
- --rosti, _b_, 180;
- à quelle sauce, _b_, 232.
- --(Saulce pour un), _b_, 237.
-
-_Chappé_, expl., _b_, 294.
-
-_Charbon_, _b_, 114.
- --Son prix, 113.
-
-_Charcois_, _b_, 170, 213, 306.
-
-_Chardonnerels_, _b_, 256.
-
-CHARLES V, cité, _a_, LXVI, LXVIII, 148; _b_, 84, 109, 324.
- --donne un hôtel à Aubriot, _b_, 254.
- --Remarques sur son règne, _a_, XVII.
-
-CHARLES VI, entre à Paris en 1383, _a_, 136.
- --Son ordonnance sur la chasse, _a_, XLVIII.
- --son séjour à Rouen, _a_, 135.
-
-CHARLES II, roi de Navarre, _a_, LXXIV.
-
-CHARLES, cardinal de Bourbon, _b_, 116.
-
-CHARLOT (Cage de), _b_, 255.
-
-_Charnage_, expl., _b_, 140.
-
-_Charnalité_, _a_, 40.
-
-_Charnier_ des éperviers, _b_, 284.
-
-_Charnier_ (ongle), _b_, 294.
-
-CHARNY (Jacqueline de), _a_, 14.
-
-_Charquois_, expl., _b_, 170, 213, 306.
-
-_Charrée_, _b_, 263.
-
-_Charrons_, _b_, 56.
-
-_Chartiers_, _b_, 57, 62.
-
-_Chasse_ (Ordonnance de 1397 sur la), _a_, XLVIII.
- V. _Août_, _Arbalestre_, _Arc_, _Cailles_, _Lièvre_,
- _Perdrix_, _Septembre_.
-
-_Chasse_ à l’épervier. Comment et par qui pratiquée au
- XIVe siècle, _a_, XLVIII, XLIX, L.
- --Sa durée, _b_, 280.
- --en Orient, _a_, LI; _b_, 321.
- --(Partie de), _a_, L.
- --(Traité de la), _b_, 279.
- V. _Esprevier_ et _Fauconnerie_.
-
-_Chastaignes_, _b_, 259.
- --avec venaison, _b_, 130.
- --en rissoles, _b_, 225.
-
-_Chasteau de labour_, _b_, 4, 36.
-
-_Chastelet_ ou _Chastelier_ en Brie, _a_, 149.
-
-_Chastelet_ (Place du), _b_, 80.
- --(Prisons du), _b_, 116.
-
-CHASTELLUX (Seigneurs de), _b_, 296.
-
-_Chastelongnes_ salées, _b_, 100.
-
-_Chasteté_, _a_, 60.
-
-_Chateingnes_, _b_, 130, 225, 259.
-
-_Chats_, dangereux pour l’épervier, _b_, 286, 291.
-
-_Chauchier_, expl. _b_, 308.
-
-_Chaudeau_ flament, _b_, 241. V. _Bouillon_.
-
-_Chaudières_, _b_, 115, 123.
-
-_Chaudumée_, _b_, 102, etc.
- --de beschets, _b_, 101.
- --d’un brochet, _b_, 173.
- --(Limats au), _a_, XXXIX.
- --pour poisson d’eau douce, _b_, 232.
-
-_Chaudun._ Ce que c’est, _b_, 128.
- --de pourceau, _b_, 160, 228.
- --vendu dans les rues, _b_, 161.
-
-_Chaumont-en-Bassigny_, _a_, 153.
-
-_Chausses_, _a_, 169, 238, 239.
-
-CHAUVERON (Audouin), _a_, 136; _b_, 104.
-
-_Chemin de pauvreté et de richesse_, _b_, 4.
-
-_Chemin_ ferré, _b_, 35.
-
-_Cheminée_ fumeuse équivaut à femme rioteuse, _a_, 169, 171.
-
-_Chemise_, _a_, 13, 14.
- --jetée sur la chandelle, _b_, 71.
-
-_Chêne._ V. _Chesne_.
-
-_Chenilles._ Comment tuées, _b_, 50.
-
-_Chère_ (apparence), du cheval, _b_, 74.
-
-_Chervis_, _b_, 228.
-
-CHESNE (Jean du), _a_, LXXXV; _b_, 116, 123.
- --Note sur lui, _b_, 116.
-
-_Chesne._ (Plusieurs arbres entés sur un), _b_, 51.
-
-_Cheval_, offert pour une patenostre dite sans distraction, _a_, 21.
- --paissant en gué (proverbe), _b_, 70. V. _Chevaux_.
-
-_Chevalereux_ comte d’ARTOIS, _a_, LXVII; _b_, 118.
-
-_Chevalier_ de la Tour, _a_, LXVII, 7, 240; _b_, 60.
-
-_Chevaliers_ peu riches chassent à l’épervier, _a_, XLIX.
- --avec des bourgeois, L.
- --Queux des simples chevaliers, _b_, 269.
-
-_Chevaux_, _b_, 62.
- --(Achat de), _b_, 72.
- --(Age des), _b_, 73.
- --Leurs conditions, _b_, 72.
- --L’épervier s’y habitue, _b_, 300.
- --de l’espreveteur, _b_, 280, 284.
- --frottés de graisse salée pour les mouches, _b_, 266.
- --(Maladies des), _b_, 73 et suiv.
- --Soins à eux donnés, _a_, 175.
-
-_Chevreaux_, _b_, 101, 108, 155, 221, 227.
- --consommés par le roi, etc., _b_, 85.
- --(Fressure de), _b_, 228.
- --Leur prix, _b_, 110.
- --rostis, _b_, 179.
-
-_Chevrel_. V. _Chevreau_.
-
-_Chevrel_ sauvage (chevreuil), au boussac, _b_, 155.
- --chassé à l’oiseau, _b_, 321.
-
-_Chien_. Aime son maître, _a_, 92.
- --Comment soigné, _a_, 175.
- --de Niort, _a_, 93.
- --enragé, _b_, 259.
- --étranges, dangereux pour l’oiseau, _b_, 301.
- --petits, _b_, 62.
-
-_Chiens espagnols_ (Choix et éducation des), _b_, 281, 282.
- --L’épervier s’y habitue, _b_, 300.
- --nécessaires à l’épreveteur, _b_, 280.
- --L’épervier se perche sur eux, _b_, 296.
- --placés près de l’oiseau, _b_, 289.
- --leur quête, _b_, 306, 307.
-
-_Chien_ de mer, _b_, 195. V. _Brette_.
- --(Foie de) en pâté, _ib._
-
-_Chinon_, _a_, 174.
-
-_Chisay_ (Combat de), _a_, 94.
-
-_Chitron_ (citron confit), _b_, 112, 122.
-
-_Choés_, _b_, 267.
- --(Volaux), _b_, 311.
-
-_Choses_ (Menues), qui ne désirent pas de chapitre, _b_, 262.
- --qui ne sont de nécessité, _b_, 243.
-
-_Choucas_, _b_, 267.
-
-_Choulx_, _b_, 44, 48, 50, 142.
- --avec lard, pigeons, etc., _b_, 144.
- --blancs, 48, 143.
- --cabus, 48, 98.
- --Comment cuits, _b_, 144.
- --Maistre Réné, _a_, XXXIX.
- --Les meilleurs, _b_, 142.
- --pasquerés, _b_, 49, 143.
- --(Plantation des), _b_, 143.
- --(Pommesde), _b_, 48, 49, 143.
- --romains, _b_, 48, 143.
-
-_Choysne_, _a_, XXXIX.
-
-CHRISTINE DE PISAN, _a_, LXVII, LXXXIII, 186; _b_, 147.
-
-_Chroniques_ de Saint-Denis, _a_, LXVII, LXXXI, 148; _b_, 253.
-
-_Cidre._ V. _Pommes_ (Breuvage de).
-
-_Cigne_, _a_, LXXXIV; _b_, 99, 101.
- --Comment tué, _b_, 184.
- --revestu, _b_, 184.
- --rosti, 183, 184.
- --servi en entremets, _a_, XLII; _b_, 184.
-
-_Cigoigne_ rostie, _b_, 181.
-
-CIGONGNE (M. A.), _a_, XXXIX.
-
-_Ciller_, expliqué, _b_, 315.
-
-_Cimier_ du cerf; _b_, 87, 129, 156, 157, 264.
-
-_Cincenelles_, _a_, 172.
-
-_Cincenellier_, _a_, 172.
-
-_Cine_, _a_, LXXXIV. V. _Cigne_.
-
-_Cire._ Son prix, _b_, 112, 122.
-
-_Cirier_, _b_, 122.
-
-_Citoual_, _b_, 112, 219.
-
-_Citron_, _b_, 112, 122.
-
-_Civé_, _a_, LXXXIV; _b_, 153.
- --de connins, _b_, 96, 169.
- --de lièvre, _b_, 91, 92, 94, etc., 119, 169.
- --de moules, _b_, 277.
- --de veel, 95, 119, 168.
- --d’oestres (huîtres) noir, _b_, 96, 103.
- --d’œufs, _b_, 174:
- fris, 277.
- --d’oïttres, _b_, 99, 102, 174, 277.
- --Saison des civés, _b_, 242.
-
-_Claré_ ou _Clairet_, _b_, 99, 101.
-
-_Clémence_ d’un mari, _a_, 182.
-
-_Clerc_ ou varlet chargé d’acheter certaines choses, _b_, 114.
- --marié, _b_, 119.
-
-CLERE (Le sire de), _a_, LXXXI.
-
-CLINCHAMP, _a_, LXX.
-
-CLISSON (Olivier de), _b_, 321.
-
-_Clotet_, _b_, 286.
-
-_Clou_ de girofle, _b_, 111.
-
-_Cochon_, _b_, 62.
- --en tarte, _b_, 217.
- --farci, _b_, 99, 225.
- --maigre, 110, 121.
- --pour la gelée, _b_, 220.
- --Son prix, _b_, 220.
- --rosti, _b_, 178. V. _Porc_.
-
-_Cœur_ (Maîtriser son), _a_, 177.
- --(Proverbe sur le), _b_, 15.
-
-_Cœurs_ dans le plumage de l’épervier, _b_, 293.
-
-_Coiffes_, _a_, 14, 15.
-
-_Coin_ borgne, _b_, 52.
-
-_Coings_ confits, _b_, 247.
-
-COLBERT (J. B.), _a_, LXVIII, LXXI.
-
-_Comin._ V. _Cumin_.
-
-_Commande_, expl., _b_, 295, 296, 299.
-
-_Commandemens_ du mari à suivre, _a_, 96, 131.
- --sans en demander la cause, 134.
-
-_Commère_ bavarde, _a_, 180.
-
-_Comminée_, _b_, 100.
- --de poulaille, _b_, 161.
- --de poisson, _b_, 162.
-
-_Compiègne_, _b_, 249.
-
-_Compostes_, _b_, 243.
- --avec dragées, _b_, 107.
-
-COMTE (Aymery), _b_, 119.
-
-_Concierges_ louoient les hôtels, _b_, 116.
- --de l’hôtel de Beauvais, _b_, 123.
-
-_Condoignac_, _b_, 247.
-
-_Confession_, _a_, 23, 31.
-
-_Confiegs_, _b_, 122.
-
-_Confitures_, _b_, 244, 245.
- --de noix, _b_, 247.
-
-_Congres_, _b_, 97, 102, 197.
-
-_Conjuration_ contre avives et farcin, _b_, 78.
- --c. la rage, _b_, 259.
-
-_Connins_ (Age des), _b_, 152.
- --(Boussac de), _b_, 152.
- --consommés par le duc de Berry, _b_, 85.
- --Les connoître, _b_, 88, 152.
- --gras et tendres, _b_, 88.
- --rostis, _b_, 91, 92, etc. 179.
- --(Saison des), _b_, 271.
- --(Sauce pour), _b_, 236.
- --(Saupiquet pour), _b_, 233.
- --volés par le lanier, _b_, 324.
-
-_Conseil_ de la boucherie, _b_, 81.
- --de Mellibée, _a_, 189.
- --du Roi, _b_, 104.
- --Quels sont les bons, _a_, 194, 199.
-
-_Conseillers_ des grands seigneurs, _a_, 199.
-
-_Consommation_ individuelle varie, _a_, XLVI.
- --a baissé depuis 1789, _ib._ V. _Paris_.
-
-_Contrition_, _a_, 21.
-
-_Convoitise_, _b_, 21.
-
-_Coraux_, _b_, 89.
-
-_Corbeil_ (Pain de), _b_, 38, 109.
-
-_Corbeille_ de l’aumône, _b_, 115.
-
-CORBIE (Arnault de), _b_, 104.
-
-_Corbeux_ (Cheval). Comment le dire aux marchands, _b_, 75.
-
-_Cordon_ bleu mis en parallèle avec la camisole rouge, _b_, 83.
-
-_Cordonniers_, _b_, 54, 56.
-
-_Coretum_, mot cru fautif, dans Du Cange, _b_, 295.
-
-_Coriandre_ sur des plats, _b_, 165, 171.
-
-_Cormorant_ rosti, _b_, 181.
-
-_Corneilles_, _b_, 267.
-
-_Cornillas_, _b_, 267.
-
-_Corps_ de derrière (du bœuf), _b_, 131.
- --de devant, _ib._
-
-_Corrections et additions_, _a_, LXXVII.
-
-CORROZET (G.), _a_, LXVIII, LXXXV; _b_, 80, 113.
-
-_Cost_, _b_, 44.
-
-_Costelettes_ de porc, _b_, 127.
-
-_Coterets_ de Bourgogne, _b_, 113.
-
-_Cotignac_, _b_, 247.
-
-_Coton_ donné à l’épervier, _b_, 297.
-
-_Cotte_, _a_, 13, 14.
-
-_Couart_ du cerf, _b_, 87.
-
-_Coucher_ des domestiques, _b_, 71.
-
-COUCY (Le Sire de), _a_, LXXXI.
-
-_Couleur._ Comment la faire revenir, _b_, 66.
-
-_Coulis_ d’écrevisses, perches, etc., _b_, 242.
- --d’un poulet, _b_, 242.
-
-_Coulombin_ (Gingembre), _b_, 230.
-
-_Coulons_ ramiers, _b_, 89, 133, 182.
- --Comment connaître leur âge et les manger, _b_, 182.
- --de deux espèces à Béziers, _ib._
- --(Saupiquet pour), _b_, 223.
- --vieux en hochepot, _b_, 163.
-
-_Couloueres_, _a_, XLI; _b_, 114, 115, 123.
-
-_Couper_ verdures (Quand), _b_, 43.
-
-_Courbes_ du cheval, _b_, 73.
-
-_Courges_, _b_, 47.
- --Comment cuites, _b_, 148.
- --confites, _b_, 245.
-
-COURMONT (M. de), _a_, XXI.
-
-_Couronné_ (Cheval), _b_, 74.
-
-_Couronnelles_ du cheval, _b_, 74.
-
-COURTENAY (Généalogie de), citée, _a_, 152.
-
-_Cousin_ (insecte), _a_, 172.
-
-_Cousine_ de la femme de l’auteur, peu obéissante à son mari, _a_, 156.
-
-_Cousteaulx_ (plumes), _b_, 89, 294.
-
-_Couste-pointe_, _a_, 160; _b_, 118.
-
-_Cousturier_, _b_, 54, 56.
- --arrose le drap, _b_, 67, 326.
-
-_Couteaux_ (Manches de), en cèdre, _b_, 154, 246. V. _Cousteaux_.
-
-COUVEIGNON (Pierre de), _a_, LXXVII.
-
-_Couvert_ de table au XIVe siècle, _a_, XL.
-
-_Couvert_ (Oiseau qui porte au), _b_, 294, 305, 308.
-
-_Couverte_ (Vol à la), _b_, 280.
-
-_Couvertoirs_, _b_, 61.
-
-_Couvrechef_, _a_, 14, 15, 169, 238; _b_, 252.
-
-_Couvrefeu_, heure du souper, _b_, 39.
-
-_Coyer_, _b_, 129.
-
-CRAON (J. de), sr de la Suze, _b_, 99.
-
-_Crapaudine_, _b_, 74.
-
-_Crape_ du cheval, 75, 77.
-
-_Crapeux_ (Cheval), _b_, 74.
-
-_Craspois_, _b_, 102, 103, 136, 200.
-
-_Créanciers_, _b_, 56.
-
-_Crecerelle_ (_quid?_) _b_, 320.
-
-_Crédit_ (Achats à), _b_, 25, 56.
-
-CRESCENS (Pierre de), _a_, LXVIII; _b_, 246.
-
-_Crespes_, _b_, 92, 94, 226.
- --à la guise de Tournay, _b_, 226.
-
-_Crespine_ de porc, _b_, 268.
-
-_Cresson_, _b_, 102, 106.
- --au vinaigre, _b_, 101.
- --(Porée de), _b_, 140.
-
-_Creteil_, _a_, 133.
-
-_Cretonnée_, à jour de poisson, _b_, 160.
- --de chair, _b_, 93, 97.
- --d’Espaigne, _b_, 95, 98, etc.
- --de pois et fèves, _b_, 159.
-
-_Crime_ impuni en appelle d’autres, _a_, 214, 216.
- --racheté, _a_, 215.
-
-_Crotet_, _b_, 286.
-
-_Crottes_, _b_, 93.
-
-_Croutes_ au lait à la dodine, _b_, 96.
- --de lait, _b_, 95, 96.
-
-_Cruches_ en terre de Beauvais, _b_, 251.
-
-_Cubèbe_, _b_, 112, 219.
-
-_Cueres_ sur l’épervier, _b_, 293.
-
-_Cuereté_ (Plumage), _b_, 293.
-
-_Cuevrechief._ V. _Couvrechef_.
-
-_Cuillers_, _b_, 105.
- --d’argent, _a_, XL; _b_, 118.
- --de bois, _b_, 115, 123.
- --de fer, _b_, 115.
- --de fer percée, _b_, 123, V. _Mouelle_.
- --données aux ménestrels, _b_, 123.
-
-_Cuisine_ du moyen âge comparée à la cuisine romaine, _a_, XXXVI.
- --(Idée erronée de Lister, sur la), XXXVII.
- --quand simplifiée, _ib._
- --modifiée au XVIe siècle, _a_, XXXVIII.
- --(Termes généraux de), _b_, 87, 124.
- --(Traité de), _b_, 124.
-
-_Cuisine_ nétoyée, _b_, 69.
- --(Objets nécessaires à la), _b_, 114.
- --(Richard de la), _b_, 69.
-
-_Cuisinier._ V. _Queux_.
-
-_Cuisinier françois_, cité, _a_, XXXVIII.
-
-_Cuisses_ de bœuf, _b_, 131.
-
-_Cuisson_ de la carpe, _b_, 88, 189.
-
-_Cumin_, _b_, 161. V. _Comminée_.
-
-_Curée_, _b_, 157.
-
-_Cures_. V. _Plumes_.
-
-CUVELIER, _a_, 94.
-
-_Cuviers_, _b_, 106.
-
-_Cygne._ V. _Cigne_.
-
-_Cyros_ (poisson), _b_, 201.
-
-
-D
-
-_Daintiers_, _b_, 87. V. _Deytiés_.
-
-_Damas_, _a_, LI.
- --(Drap de), _b_, 66.
- --(Eau rose de), _b_, 252.
-
-_Dames._ (Éperviers bons pour), _b_, 293.
-
-DAMPIERRE (Aubert de), _a_, 136.
-
-DANIEL (le prophète), _a_, 64, 66.
-
-_Danse_, _a_, 2, 72; _b_, 108.
-
-_Danseurs_, _a_, 77.
-
-_Darioles_, _b_, 93, 94 etc. 121.
- --de cresme, _b_, 94, 95.
- --necessaires à un repas de noces, _b_, 108.
-
-_Dattes_, _b_, 107, 112, 225.
-
-DAUVERGNE (Famille), _b_, 83.
-
-_Débat_ (Reget du) de l’oiseau, _b_, 290. V. _Rebat_.
-
-_Débats_, naissent de dettes, _b_, 56.
-
-_Débiteurs_, croient toujours devoir moins, _b_, 56.
-
-_Débonnaireté_, _a_, 56.
-
-_Déception_, _a_, 46.
-
-_Déchaussé_ (Mari), au feu, _a_, 168.
-
-_Décoré_, dans le sens de tuer, _b_, 128, 178.
-
-_Décours_ de la lune, _b_, 43.
-
-_Défaire_, expliq. _b_, 151.
-
-_Défenses_ du mari à suivre, _a_, 97.
-
-_Dégaster_, expl. _b_, 251.
-
-_Délices_ de la campagne, cités, _a_, XLII, XLIII; _b_, 88, 105, 130.
-
-_Délié_ sur la pointe (Cheval), _b_, 76.
-
-_Demandes_ d’ébatement par dés, par rocs et rois, _a_, 7.
- --subtiles, _ib._
-
-_Dentés_ (daintiers), _b_, 87, 156.
-
-_Dent_ (Canelle triée à la), _b_, 248.
- --du cheval, _b_, 73.
- --(Mal de), _b_, 257.
-
-_Dépense_, à écrire, _b_, 56. V. _Papier_.
-
-_Dés_ (Jeu des). Usures qui s’y faisoient, _a_, 46.
-
-_Désafeutré_, expliqué, _b_, 54.
-
-_Désespération_, _a_, 41.
-
-_Désespoir_, _a_, 41.
-
-DESMARÈS (Jean), _a_, 136, LXXXIII, LXXXVI, 136; _b_, 105.
- --(Idete), _a_, LXXXII.
-
-_Désobéissantes_ (Femmes), _a_, 156.
-
-_Despensier_ (Maistre Jehan le), _b_, 54, 58, 69, 70, 72, 76, 80, 86.
-
-DESPIÉS (Louis), _a_, LXXIX.
-
-DESSALLES (M.), _a_, LXII.
-
-_Desserte_, _b_, 103, 107, 108.
- --expliqué, _a_, XLII.
- --Par qui serrée, _b_, 117.
-
-_Dessevrer_, expl. _b_, 212.
-
-_Destinée_, _b_, 18.
-
-_Desvuidier_, expl. _b_, 307.
-
-_Détourné_ dans le sens de dressé? _a_, XLII.
-
-_Détraction_, _a_, 37.
-
-_Dettes_ (Ne pas payer ses), _b_, 26.
-
-_Deuil_ des reines, _b_, 123.
- --des veufs, _b_, 123.
-
-_Deytiés_ du cerf, _b_, 87.
- --Comment mangés, _b_, 156.
-
-DHEULLAND, _a_, LXXIII.
-
-_Diable._ Père de l’avare, 58.
- --philosophe, 56.
- --Ses commandements, 47.
- --Ses fritures, _a_, 31.
- --Son Église, 48.
- --Ses miracles, 48.
-
-_Dialecte_ flamand, _a_, LVIII.
-
-_Digne_ (Raisins de), _b_, 246.
-
-_Diligence_, chemin de richesse, _b_, 17.
-
-_Diligens_ (Comment rendre ses gens), _b_, 62.
-
-_Diners_ (Ordonner), _b_, 80.
- --de grands seigneurs, _b_, 91.
-
-_Discorde_, _a_, 31, 34.
-
-_Distinction_ première, _a_, 9.
- --deuxième, _b_, 1.
- --troisième, _b_, 279.
-
-_Dit_ des pays, _a_, LXVIII; _b_, 246.
-
-_Documens_ cités, _a_, LXV.
-
-_Dodine_, _b_, 91, 92.
- --d’oés, _b_, 96.
-
-_Domestiques_, _b_, 54, 56.
- --Les chauffer, _b_, 70.
- --Leur dîner, _a_, XLIII; _b_, 69, 107.
- --malades, _b_, 71.
- --Organiser leur service, _b_, 60, 69.
- --Leur tenue pendant le repas, _b_, 70. V.
- _Chamberières_, _Mesnies_, _Varlets_.
-
-_Domination_ d’une femme insupportable à un mari, _a_, 236.
-
-_Dorée_ (poisson), _b_, 204.
-
-_Dorée_ verte (Volaille), _b_, 214.
-
-DORMANS (Miles de), _b_, 116.
-
-_Dorures_, _b_, 92, 94.
- --(Chap. des), _b_, 210. V. _Pès d’Espagne_.
-
-_Dos_ (Tendre), du cheval dangereux, _b_, 74.
-
-_Dot_ d’une nièce de boucher, _b_, 82.
-
-DOUBLE (Martin), _b_, 116.
-
-_Doulce_ pour gousse, _b_, 231, 235.
-
-_Dour_, expliqué, _b_, 47.
-
-_Dragées_, _b_, 92 (bis), 122.
- --Leur prix, _b_, 112.
- --sur la gelée, _b_, 221.
- --sur les pommes cuites, _b_, 106.
- --vermeilles sur les chapons, _b_, 108.
-
-_Dragouers_, _b_, 106, 118.
-
-_Draps_ à tendre la salle de festin, _b_, 105.
- --de Damas, _b_, 66.
- --_estou_ ou _estru_, _a_, 171.
- --Les visiter, _b_, 65.
-
-_Drapiers_, _b_, 56.
-
-_Dressoir_ de cuisine, _a_, XL; _b_, 115, 117.
- --de salle, _a_, XLI; _b_, 117.
-
-DROBILLE (Raoul), _a_, LXXXIII; _b_, 119.
-
-_Drois_, _a_, LXXXIV.
- --au percil et au vinaigre, _b_, 100.
- --menus d’un cerf, _b_, 156.
-
-DUCHESNE (André), _a_, LXVIII.
- --Jehan, _a_, LXXXV; _b_, 116, 123.
-
-DUCLOS (M.), _a_, LXIII.
-
-DUREAU DE LA MALLE (M.), cité, _a_, XLVII.
-
-_Durié_ (cheval), _b_, 73.
-
-
-E
-
-_N. B._ Voir à _Es_ certains mots écrits
- aujourd’hui par _E_, comme _escrevices_,
-_espices_, etc.
-
-_Eau_ à laver mains sur table, _b_, 247.
- --bénite d’eau rose, 275.
- --bénite d’oignons, 276.
- --chaude donnée au cheval, 77, 79.
- --cuisant bien les pois, 134.
- --grasse de bœuf, 144.
- --ôtée du vin, 259.
- --Son prix, 123.
- --rose de Damas, 252.
- --rose en sausse, 183, 275.
- --rose faite sans chapelle et sans feu, 252.
- --rose vermeille, 253.
-
-_Échecs_ (Jeu des), _a_, 184.
-
-_Échevins de la Pierre au lait._ Ce que c’est, _a_, LXXXV.
-
-_Écorcheurs_, _b_, 81, 84.
-
-_Ectoire_, _b_, 258.
- --de canarade, _b_, 63.
-
-_Écussons_, accollés depuis quand, _a_, LVIII.
-
-EDDAOULEH (Choudjà et Seïf), _a_, LI.
-
-ÉDOUARD, roi d’Angleterre, _a_, LXXXI et suiv.
-
-_Effleurer_ dans le sens d’enfariner, _b_, 192.
-
-_Efforcer_ (S’), expliqué, _b_, 306.
-
-_Église_ (Bancs d’), _a_, 15.
- --(Éperviers portés à l’), _b_, 296.
- --n’est pas lièvre, _a_, 48.
- --(Tenue d’une femme à l’), _a_, 15, 16.
-
-_Électoire._ V. _Ectoire_.
-
-_Élire_, expl., _a_, LXXXVI; _b_, 134.
-
-_Ellébore_ noir, _b_, 258.
-
-_Empiéter_, expl. _b_, 281.
-
-_Encre._ Manière de la faire, _b_, 265;
- sans bouillir, _b_, 274.
- --pour papier et parchemin, _b_, 275.
-
-_Encyclopédie_, citée, _b_, 295.
-
-_Enfans_ abandonnés de leurs marastres s’enamourent ailleurs, _a_, 170.
- --adultérins, _a_, 182, 185.
- --mènent le bateau d’Aubriot, _a_, XXI.
-
-_Enfant_ trouvé seul dans une maison, _a_, 95.
-
-_Enfeutreure_, expliqué, _b_, 53.
-
-_Enfleurer_, _b_, 192, 194, etc.
-
-_Engins_ à détruire les rats, _a_, LXXXIV; _b_, 64.
-
-_Engraisser_ les oies, _b_, 88.
- --un cheval, _b_, 76, 77.
-
-_Enhaster_ p. _embrocher_, _b_, 214.
-
-_Ennemis_ réconciliés à fuir, _a_, 201.
-
-_Enseigne_ (témoignage), _a_, 133; _b_, 40.
-
-_Ensorcellement_, _a_, 170, 171.
-
-_Enter_, quand, _b_, 43, 44.
-
-_Entes_ curieuses, _b_, 50, 51. V. _Ante_.
-
-_Entrecercle_, _b_, 125, 128.
-
-_Entrecerelle_, _b_, 125, 128.
-
-_Entremès_, _a_, XLII; _b_, 99, 101, 107, 108.
- --(Tête de sanglier en), _b_, 98.
- --(Chapitre des), 6, 210, 224.
- --_élevé_, _a_, XLII; _b_, 99.
- --grand, _b_, 97.
-
-_Entretaille_ (Cheval qui s’), _b_, 74, 75.
-
-_Entretiens de Colbert avec Bouin_, _a_, LXVIII; _b_, 83.
-
-_Entreveschier_, _a_, 26.
-
-_Envie_, _a_, 36; _b_, 10.
-
-_Épagneuls_, V. _Chiens_.
-
-_Éperons_ (Essayer le cheval aux), _b_, 76.
-
-_Épervier_, V. _Esprevier_.
-
-_Épine-vinette_, _b_, 204.
-
-_Épitaphes_ de Paris, _a_, LXXIII.
-
-_Éponge_, _b_, 64, 66.
-
-_Epoux_ bénis dans leur lit, _a_, LXXXVI; _b_, 118.
- --peuvent pécher, _b_, 15.
- --solidaires l’un de l’autre, _a_, 184.
-
-_Escargols_, _b_, 223. V. _Limasson_.
-
-_Eschalat_, _b_, 47.
-
-_Eschaloigne_, _b_, 196.
-
-_Eschançonnerie_, _b_, 117.
-
-_Escharder_ (écailler?), _b_, 187.
-
-_Eschaudés_, _a_, XXXIX; _b_, 106.
-
-_Esche_ pour allumer du feu, _b_, 263.
- --(appât), _b_, 222.
-
-_Escheroys_, _b_, 102, 185, 225.
- --en pasté, 228.
- --expliqué, _ib._
-
-_Eschervis_, _b_, 228.
-
-_Eschier_ (briquet), _b_, 42.
-
-_Eschinées_, _b_, 94, 127.
- --salées, 97.
-
-_Escrevices_, _b_, 95, 98, etc.; 114, 121, 170, 194, 205.
- --(Coulis d’), 242.
- --de mer, 205.
- --en gravé, 151.
- --en tarte jacobine, 217
- --en tuille, 152.
- --non de Marne, 220.
- --(Prix des), 220.
-
-_Escrocs_ logés à la Pierre au Lait, _a_, LXXXV.
-
-_Escuelles (A plus d’), plus de loyer_, (proverbe), _b_, 114.
- --d’oiselets, 121.
- --d’oublies, 107, 110.
- --(Esturgon pour six), 200.
- --louées en grand nombre, 123.
- --(Quantité d’), _b_, 115: répondant au
- nombre des convives, 105, 108, 109, 113.
- --Signification de ce mot douteuse, _b_, 105.
-
-_Escuiers_ peu riches, chassent à l’épervier,
- _a_, XLIX, L.
-
-_Escuier_ de cuisine, _a_, XL, XLII; _b_, 115, 117.
- --de l’évêque de Paris, _b_, 106.
- --devant les mets, 117.
- --pour la salle et les vins, _a_, XLI; _b_, 117.
-
-_Escurieux_, _b_, 261.
-
-_Esmerillon_, _b_, 318.
-
-_Esmeut_ de l’épervier, _b_, 288, 295, 297,
- 298, 323.
-
-_Espagne_ (Oiseaux en), _b_, 323.
-
-_Espagnols_ (Chiens), _b_, 281, 282, 283.
-
-_Espaingnos_, _b_, 281.
-
-_Esparvain_, _b_, 73, 75.
-
-_Espaules_ de bœuf, _b_, 131.
- --de mouton, _b_, 100, 177, 269.
-
-_Espic_ (nard), _b_, 219.
-
-_Espices_, (Abus des), _a_, XXXVI, XXXVIII.
- --à mettre ès boudins, _b_, 125, 126.
- --Comment broyées et coulées, _b_, 87.
- --Comment mises en potages et sausses, 124, 147, 164.
- --de chambre, _a_, XLIII, _b_, 112, 122.
- --de cuisine, _b_, 122.
- --Douze francs d’épices dans un repas, _b_, 113.
- --menues, 122.
- --(Potages d’), 242.
- --pour les potages, 107.
- --(Saulce vert d’), 231.
- --serrées avec soin, 117,
- V. _Hiver_ et _Mal de tête_.
-
-_Espicier_, _b_, 56, 122.
- --Ce qu’il fournit, _b_, 111.
-
-_Espimbèche_ de rougets, _b_, 175.
- --d’un bouli lardé, _b_, 100.
-
-_Espinars_, _b_, 44, 49.
- --Comment cuits, 141.
-
-_Espinoches_, _b_, 141.
-
-_Espreveteur._ Comment il évite les obstacles, _b_, 308.
- --doit penser à son oiseau et à ses chiens avant tout, _b_, 283.
- --Il lui faut neuf chiens et trois chevaux, _b_, 280.
- --ne doit pas chasser seul, _a_, XLIX.
- --refuse les vieux éperviers, _b_, 316.
- --s’agenouille pour reprendre son oiseau, 304.
- --Ses gants, _b_, 293.
- --traître et larron à ses confrères, _b_, 285.
-
-_Esprevier_ (Traité de l’). Bien fait, LI, V. _Chasse_.
- --Où placé dans les manuscrits, _a_, XLVII; _b_, 79.
- --Seul article de la troisième distinction traité par l’auteur, _a_, XLVII.
-
-_Esprevier_, à sourcils blancs, _b_, 320.
- --Combien doit voler, _b_, 305, 310.
- --Comment repu, 322.
- --couve à la Saint-Georges, 284.
- --d’élite, 295.
- --devient sauvage dès qu’il s’est pu lui-même, 311.
- --Esclavon et Lombard, 310.
- --félon, saute au visage, _b_, 293.
- --foulé (lassé) se dégoûte, _b_, 281, 309.
- --pouilleux, 325.
- --pris à la glu, 317.
- --Proverbe sur lui, _b_, 292.
- --Quel est le plus fort, _b_, 285, 292, 294.
- --Quels oiseaux il peut prendre, 310.
- --Ses maladies, 319, 320.
- --Ses ongles, 294.
- --Son aire et charnier, 284.
- --Son esmeut, 295.
- --trop gras, 320.
- --vieux, à refuser, _b_, 316.
-
-_Esprevier branchier ou ramage_, _b_, 314.
- --Comment le prendre, _ib._
- --Le dompter et le dresser, 315.
- --ne vaut pas le mué, 320.
-
-_Esprevier en mue_, _b_, 311.
- --Chairs bonnes pour lui, 312, 313.
- --Sa mue ou cage, _b_, 313.
- --Soins qu’il exige, 313.
-
-_Esprevier hagart._ V. _Esprevier mué de haye_.
-
-_Esprevier mué_, n’entre point au buisson, _b_, 316.
- --plus fort que le niais, _b_, 314.
- --Quand il peut voler, _b_, 314.
-
-_Esprevier mué de haye._ Ce que c’est, _b_, 316.
- --difficile à dresser, 316, 317.
- --se laisse emporter, 317.
- --Ses yeux et piés, 316, 317.
- --Son plumage, 317.
- --tient du sor, _ib._
-
-_Esprevier mué en la ferme_ est le meilleur, _b_, 317.
-
-_Esprevier niais._ Bien repu, _b_, 286.
- --bon pour les dames, 293.
- --Combien de vols il peut faire par jour, 305, 310.
- --Comment déniché et nourri, _b_, 285.
- --Comment le baigner, 298.
- --Comment le faire voler la première fois, 304.
- --Comment l’enoiseler, 300.
- --Comment vole les vieilles perdrix, 309.
- --couché au lit, 288.
- --craint la surprise et le bruit, 306.
- --craint l’humidité, 299.
- --d’élite, 294, 295.
- --difficile à réclamer d’un arbre, _b_, 304.
- --Effet de la chaleur sur lui, 305.
- --entre aux buissons, 316.
- --Le repos lui nuit, 308.
- --Le traiter avec douceur, 290.
- --Le vent l’emporte, _b_, 302.
- --mange un poussin en trois fois, 306.
- --ne vaut pas le mué, 320.
- --Obstacles qu’il craint, 302, 303.
- --perché sur les chiens, 296.
- --Petits oiseaux, mauvais gibier pour lui, 302, 303.
- --porté en public, 296.
- --pour la pie, 300.
- --Quand le paistre, 301.
- --Quand lui donner chair lavée, _b_, 297.
- --Quel est le bon, 292, 294.
- --qui porte au couvert, 305.
- --Raffermir ses plumes cassées, 302.
- --s’accoutume à l’homme et au cheval, 300.
- --Sa nourriture, 308, 310.
- --serre fort son maître, 304.
- --Ses _faims_ marquées sur ses plumes, 287.
- --Ses jambes, 294.
- --Son esmeut, 295, 297, 298.
- --Son plumage, 292,
- --tenu chaudement, 286.
- --touché avec un petit bâton, 291.
- --toujours avec du monde, 291.
- --trop maigre ou trop gras, 299.
-
-_Esprevier sor_, _b_, 316.
-
-_Esprit_ (Le Saint), Ses commandemens, _a_, 58.
-
-_Espurge_, _b_, 64, 66, 264.
-
-_Essais._ N’en pas faire à l’égard de son mari, _a_, 168.
-
-_Esseules_, _b_, 297.
-
-_Essorer._ Diverses acceptions de ce mot, _b_, 299, 306, 310, 317.
-
-_Estain._ V. _Vaisselle_.
-
-_Estamine_, _b_, 136.
-
-ESTAMPES (Le comte d’), _a_, LIX.
-
-_Estans marinaux_, _b_, 196.
-
-_Estauver._ Ce que c’est, _b_, 171, 190, 191, 192, 193, 194, 197, 216.
-
-_Esteuf_, _b_, 290.
-
-ESTIENNE (Charles), _b_, 200.
- --(Henri), cité, _a_, XXXVIII, LXXVII, 79; _b_, 11.
-
-_Estourncaux_, _b_, 270.
-
-ESTOUTEVILLE (Jacques d’), _b_, 255.
- --(Jean d’), _ib._
- --(Robert d’), _ib._
-
-_Estrade_ sur la table, _a_, XLII.
-
-_Estrées_ (pâtisserie). V. _Estriers_.
-
-_Estriers_, _b_, 99, 107, 110.
-
-_Estueil_, _b_, 290.
-
-_Esturgon_, _b_, 94, 96, 199.
- --contrefait de veel, _b_, 200.
-
-_Esverder_, _b_, 44.
-
-ESVREUX (Jehan d’), _a_, 94.
-
-_Etaux_, _b_, 80, 82, 132.
- --(Combien d’), par boucher, _a_, XLIV;
- --des halles, _b_, 200.
-
-_Evangile_, cité _passim_.
-
-EVE, _a_, 78, 128.
-
-_Exagération_ des bavards, _a_, 180.
-
-_Exécuteurs_ de testamens, infidèles, _a_, 44.
-
-_Expressions_ crues au XIVe siècle, _b_, 60.
-
-
-F
-
-FAIL (Noël du), _a_, LXXXV.
-
-_Faims_ de l’épervier marquées sur ses plumes, _b_, 287.
-
-_Faisan_, _b_, 99, 101.
- --Comment servi sous Louis XIV, _a_, XLII.
- --en entremets, _ib._
- --rôti, _b_, 181, 182.
-
-_Faisandeaulx_ (Vol aux), _b_, 309.
-
-_Faisander_ (pour mortifier), _b_, 89, 180, 181, etc.
-
-_Familles_ de la boucherie, _b_, 80.
-
-_Fanoil_ (Graine de), sur des poires, _b_, 250.
- --(Racines de) confites, _b_, 245.
-
-_Farce_ achetée toute faite, _b_, 225.
-
-_Farcin_, _b_, 78.
-
-_Farine._ V. _Fleur_.
-
-_Fatalisme_ (Contre le), _b_, 18.
-
-_Faucheurs_, _b_, 54, 57.
-
-_Faucon_ (Divers noms du), _b_, 324.
- --_gentil_, 318, 324, 325.
- --_harrotte_, 324.
- --lanier, V. _Lanier_.
- --(Maladies du), 325.
- --Manière de l’orpimenter, _ib._
- --(Mue du), 326.
- --_pèlerin_, 324, 325.
- --sauvage volant l’outarde, 310.
- --_tagarote_, 324.
- --_vilain_, _a_, LI; _b_, 323.
-
-_Fauconnerie_ au XIVe siècle, _a_, XLVIII, L.
- --au XIXe siècle en Hollande et en Syrie, _a_, LI, LII.
- --(Sur la), _b_, 182, 319.
-
-_Fauconnerie_ d’Arcussia, _a_, LXV.
-
-_Fauconnier_ ne doit point manger d’oignons, _b_, 325.
-
-_Faudis._ Mot non expliqué, _b_, 107.
-
-_Faulx-Grenon_, _b_, 211.
- --ou potage parti, _b_, 216.
-
-_Faulx-perdriel_, _b_, 307.
-
-_Fautes_ des plumes de l’épervier, _b_, 287.
-
-_Faye-Montjeau_, _a_, XXXIX.
-
-FÉLIBIEN (D. M.), _a_, LXIX; _b_, 83, 84, 254.
-
-_Femme_ abandonnée de son amant, _a_, 183.
- --adultère demande pardon à son mari, _a_, 182.
- --brûlée vive, _a_, 128.
- --d’un procureur général ne sait pas lire, _b_, 104.
- --faisant élever l’enfant adultérin de son mari, _a_, 185.
- --indulgente pour son mari, _a_, 237.
- --laissant noyer son mari, _a_, 126.
- --obéissant sans répliquer, _a_, 152, 154.
- --pondant un œuf, _a_, 180.
- --pressée, s’exprime grossièrement, _b_, 60.
- --voulant aimer, _a_, 158, 162.
-
-_Femme de l’auteur_, chargée de surveiller et non de faire elle-même, _b_, 3.
- --chaste, _a_, 62.
- --consultoit son mari sur le choix de ses domestiques, _b_, 57.
- --de bonne et vertueuse famille, _a_, 3.
- --mariée à quinze ans, _a_, 1.
- --ne fréquentoit pas les grands seigneurs, _a_, 2.
- --orpheline, _a_, 4.
- --savoit s’attacher son mari, _a_, 240.
- --Ses bonnes dispositions, _a_, XXIII, 2.
- --Son âge, _a_, XXIII, 1.
- --tirée hors de sa parenté et de son pays, _a_, 4.
-
-_Femmes_ arrêtées par le Prévôt de Paris, _b_, 116.
- --baisant la bouche de leurs parens, _a_, LXXVII.
- --bavardes, _a_, 178.
- --Beaucoup sont bonnes, _a_, 194.
- --chassoient à l’oiseau, _a_, XLVIII, XLIX.
- --Comment portent leurs armoiries, _a_, LVIII.
- --dissimulées, _a_, 157, 176.
- --doivent avoir horreur du sang, _a_, XXIV; _b_, 59.
- --doivent être discrètes, _a_, 177;
- parler chastement, _b_, 59;
- tout dire à leurs maris, _a_, 181,
- et tout savoir, _a_, 132.
- --effrontées, _a_, 14, 61.
- --maîtresses de l’hôtel après leurs maris, _b_, 59.
- --moins obéissantes que les moines, _a_, 146.
- --ne font qu’un avec leurs maris, _a_, 130.
- --Ne pas discuter avec elles, _b_, 42.
- --orgueilleuses, _a_, 141.
- --rioteuses équivalent à cheminées fumeuses, _a_, 169, 171.
- --sages, comment se conduisent envers leurs maris, _a_, 185, 186.
-
-_Femmes célèbres de l’ancienne France._ Ouvrage de M. de Lincy, _b_, 62.
-
-_Fenêtres_ dangereuses pour les jeunes chambrières, _b_, 71.
- --vitrées, _a_, LXXXII, 173.
-
-_Fenouil_, _b_, 45, 245, 250. V. _Fanoil_.
-
-FERTÉ-CHAUDERON (Barons de la), _b_, 296.
-
-_Fer_ de la paelle (Frire au). Expliqué, _b_, 150, 224.
-
-_Fericy_, _a_, 149.
-
-_Ferme_ (cage), expliqué, _b_, 288.
-
-FERREIRA (Diog. Fern.), _a_, LXVI.
-
-_Fesses_ du cheval, _b_, 72, 75.
-
-_Festin_ de l’abbé de Lagny, _b_, 103.
-
-_Feu_ couvert le soir, _b_, 71.
-
-_Feuilles_ d’aune prennent les puces, _a_, 171.
-
-_Feurre_ dans les maisons, _a_, 171.
- --mouillé avec le poisson, _b_, 203.
-
-_Fèves_, _b_, 45, 49.
- --coulées, _b_, 92, 138.
- --des champs, _a_,LXXXVI; _b_, 139.
- --des marais, _a_, LXXXVI; _b_, 43, 139.
- --frasées, _b_, 94, 97, 138.
- --nouvelles, 139.
- --nouvelles en potage, 158.
- --nouvelles frasées, 139.
- --(Rectification sur les), _a_, LXXXVI.
- --vieilles, comment cuites, _b_, 137;
- comment rendues savoureuses, _b_, 138.
-
-_Fèvres_, _b_, 56.
-
-_Figues_, _b_, 101.
- --de Provence rôties, _b_, 101.
- --grasses, 102.
- --grasses rôties, 106.
-
-_Filet_ ou nomblet de bœuf, _b_, 131.
- --de porc, _b_, 266.
-
-_Fille_ pauvre. Son ménage, _a_, 237.
-
-FILLEUL (Jehan), _a_, 136.
-
-_Filoper_, _b_, 204.
-
-_Filopes_, _a_, 172.
-
-_Fils_, maladie d’oiseau, _b_, 325.
-
-_Firecy_, _a_, 149.
-
-_Flamand_ (Dialecte), _a_, LVIII.
-
-_Flambeaux_ (bougies). Leur prix, _b_, 122, 124.
-
-FLAMENT (Jeh. le), _a_, XXVI.
-
-_Flanchet_ de bœuf, _b_, 130, 131.
- --de mouton, 87.
-
-_Flanciaux_ de cresme bien sucrés, _b_, 100.
- --sucrés, _b_, 92. V. _Flaonnés et Flaons_.
-
-FLANDRE (Marie de), _a_, XXI.
-
-_Flandres_ (Fêtes ou foires de), _b_, 76.
- --(Retour de) en 1383, _a_, 135.
-
-_Flaonnés_ sucrés, _b_, 92, 107.
-
-_Flaons_, _b_, 108.
- --ayant saveur de fromage, 217.
- --de cresme, 99.
- --en caresme, 216. V. _Flanciaux_ et _Flaonnés_.
-
-_Flatteurs_ (Domestiques), dangereux, _b_, 59.
-
-_Flays_ (poisson), _b_, 204.
-
-_Flèches_ empoisonnées, _b_, 258.
-
-_Flet_, _b_, 204.
-
-_Fleur_ (de farine), _b_, 67, 202, etc.
- --de ris, 122.
-
-_Fleur des antiquités de Paris_, _a_, LXVIII.
- --_de toute cuisine_, _a_, XXXV.
-
-_Fleurs_ (Usage des), _b_, 52, 118, 253. V. _Chapelière_.
-
-FLEURY (Sire Jehan de), _a_, XXVI; _b_, 119, 120.
-
-_Flo_, expl., _b_, 202.
-
-_Floqueaux_, _a_, 172.
-
-_Foie_, _b_, 128, 129, 132, 145, 211, 216.
-
-_Fol_ pense à sa fortune, _b_, 4.
-
-_Follette_, _b_, 47.
-
-FOLLEVILLE (Jehan de), _b_, 119.
-
-FONTAINE (Jean de la), cité, _b_, 60.
-
-FONTAINES (Maistre Jehan de), _a_, LXXXII, LXXXVI; _b_, 119.
-
-FONTAINES-GUÉRIN (Hard. de), _a_, LXXV. V. _Trésor de Vénerie_.
-
-_Formé_ (femelle), _b_, 318, 325.
-
-_Formes_, _a_, 174; _b_, 61, 116.
-
-_Fornication_, _a_, 51.
-
-_Fort-Hu_, _b_, 157.
-
-_Fortille_, _a_, LXXII.
-
-_Fortune_ ou chevance. Y penser, _b_, 2.
-
-_Fouace_, _a_, XXXIX.
-
-_Fouaillier_, _b_, 259.
-
-_Fougère_, _a_, 172.
-
-_Fouldre_ (Vol au), _b_, 280.
-
-_Foule_ (Mot d’une femme dans la), _b_, 60.
-
-_Fouleurs_, _b_, 54.
-
-_Fouques_ aux choux, _b_, 144.
- --en potage et salées, 264.
- --salées, 133.
-
-_Four_ (Hotel du), à Yerre, _b_, 119.
-
-_Fourcelle_, _b_, 320.
-
-_Fourme_ sur couronelle, _b_, 74.
-
-_Fourmé_ (femelle), _b_, 318, 325.
-
-_Fourmes_, _a_, 174; _b_, 61, 116.
-
-_Fourmiers_ (housses), _b_, 61.
-
-_Fourmis._ Comment les détruire, _b_, 48.
-
-_Fourniers_ (Proverbe sur les), _b_, 36.
-
-_Fourques._ V. _Fouques_.
-
-_Fourreurs_, _b_, 54.
-
-_Fourrures_ à visiter, _b_, 65.--mouillées, 66.
-
-_Fraise._ V. _Fraze_.
-
-_Framboisiers_, _b_, 44.
-
-_Franc-boyau_ du cerf, _b_, 156.
-
-_Franche-mule_, _b_, 129, 132.
-
-FRANCHIÈRES, cité, _b_, 323.
-
-_François_, cuisent peu la carpe, _b_, 189.
-
-_Frangé_ de safran, expl., _b_, 148, 268.
-
-_Fraude_, _a_, 45.
-
-_Fraze_ de chair, _b_, 100.
- --de chevreaux, _b_, 108.
-
-FRÉDÉRIC II, _a_, LXIX; cité, _b_, 89, 289, 295, 321.
-
-_Freschumée_, expl., _b_, 125, 206.
-
-_Fressure_ de chevreau et de porc, _b_, 228.
- --Brouet de fressure de pourcel, 158. V. _Froissure_.
-
-_Frioul_, _a_, 70.
-
-_Frire_, en quoi diffère de seurfrire, _b_, 151.
-
-_Fritures_, _b_, 94.
- --(Chapitre des), 210.
-
-_Froide-sauge_, _b_, 215.
- --de moitiés de poucins, 108, 111. V. _Sauge_.
-
-FROISSART, cité, _a_, XLVI, LXXXI, 94, 148.
-
-_Froissure._ Ce que c’est, _b_, 128.
- --de chevreau, 228.
- --de mouton, _b_, 128.
- --de porc, comment cuite, _b_, 126, 158, 228.
- --Diverses significations de ce mot, _b_, 129.
- --d’un bœuf, _b_, 129, 132.
-
-_Fromage_ dans les gauffres, _b_, 121, 262.
- --de gain, 213.
- --de presse, 218.
- --mol, moyen, 218.
- --pour _Issue_, 108.
- --pour tartelettes, 110.
- --Quel est le bon, 146.
-
-_Froment_ (Grains de) donnés à l’épervier, _b_, 298.
- --mondé, 111, 122, 210, 271.
- --Son prix, _a_, XXXI; _b_, 109, 111, 238.
-
-_Fromentée_, _b_, 93, 94, etc., 210, 271.
- --au marsouin, _b_, 103.
- --au pourpois, _ib._
- --(Lait pour la), _b_, 113.
- --(Trois cents œufs pour la), _b_, 121. V. _Venoison_.
-
-_Fruit_, _b_, 99, 101.
-
-_Fuites_, _b_, 188.
-
-_Fusée_ du cheval, _b_, 73.
-
-_Fuselé_ (Cheval), _b_, 73.
-
-
-G
-
-_Gage_ plié, _b_, 120.
-
-_Galanga_, _b_, 112. V. _Garingal_.
-
-_Galentine_, _b_, 99, 100.
- --de poisson froid, 174.
- --pour carpe, 233.
- --pour raye, 202.
-
-_Gallettes_ sucrées, _b_, 110.
-
-_Galles_ pour encre, _b_, 265.
-
-_Galoise_, expl., _b_, 60.
-
-_Galop_ du cheval, _b_, 75.
-
-GAND-VILAIN (Charyte de), _a_, LVIII.
-
-_Gant_ de l’espreveteur, _b_, 294.
-
-_Garde-mangers_, _b_, 114.
-
-_Gardons_, _b_, 194.
-
-_Garingal_, _b_, 112.
- --Fait mal à la tête, 236.
- --Quel est le bon, 230.
-
-_Garnache_, _b_, 91, 102.
- --Quelle quantité il en falloit, _b_, 106.
-
-_Garnement_, expl., _b_, 67.
-
-_Garnison_, expl., _a_, 237; _b_, 64, 67.
-
-_Garroittes_ confites, _b_, 244.
- --Leur prix, _b_, 245.
-
-_Garrot_, _b_, 74.
-
-_Gascogne_, _b_, 177.
- --(Vin de), _b_, 38.
-
-GASTON-PHŒBUS, comte de Foix, _a_, LXX; _b_, 46.
-
-_Gauchières_, _b_, 307.
-
-_Gauffres._ Comment faites, _b_, 261.
- --couléisses, 262.
- --fourrées, 109, 121.
-
-_Gauffriers_, _b_, 262.
-
-GAUTIER, marquis de Saluces, _a_, 100.
-
-_Gaulois_, empoisonnoient leurs flèches, _b_, 258.
-
-_Gavion_ du cheval, _b_, 73.
-
-_Gaymeau_, _b_, 192.
-
-_Geais_, _b_, 311.
-
-_Gelée_, _b_, 94, etc.
- --bleue, 220.
- Ce qu’on sème dessus, 219.
- --Comment la faire, 218.
- --de chapons, 94.
- --de char, 218, 220.
- --d’écrevices, etc., 108.
- --de poisson, 93, 95, 220.
- --(potage), 100.
- --(Poucins, cochon, etc., pour la), 110, 121.
- --(Veau pour la), 109,
- --(Violette sur la), 221.
-
-_Géline_ couve des paons, _b_, 256.
- --de février, _b_, 125.
- --gratte toujours, 257.
- --mangée en trois jours par un autour, 322.
- --rôtie, 180.
- --V. _Poules_.
-
-_Geneste_, _b_, 168.
- --d’aloés, 96.
-
-_Gente_ rôtie, _b_, 181.
-
-_Georgé_ (Brouet), _b_, 97, 98, 163.
-
-GÉRARD, abbé de Saint-Germain des Prés, _b_, 84.
-
-GÉRAUD (M.), cité, _a_, XLVI, XLVII, LXXVI, LXXXV; _b_, 113.
-
-_Gerfaut_, _b_, 318.
-
-_Gésiers_, _b_, 145.
- --mal dit pour _gigier_, 211.
- --V. _Jugiers_.
-
-_Gets_, expliqué, _b_, 290.
-
-GHISTELLES (Jean de), _a_, LVIII.
- --(Marguerite de), propriétaire de mon manuscrit du
- _Ménagier_, _a_, LVIII et suivantes; _b_, 272.
-
-GIAC (Pierre de), _b_, 254.
-
-_Giesles_, _b_, 315.
-
-_Gigier_, mieux dit que _gésier_, _b_, 211.
-
-_Gingembre_ blanc, _b_, 218.
- --coulombin, 111.
- --dans les gauffres, 122.
- --de mesche, 111.
- --En quoi le _coulombin_ diffère du _g. de mesche_, 230.
- --verd, 230.
-
-_Giroffle_, _b_, 111. (Baston de), 246.
-
-_Giroflée_, _b_, 45.
-
-_Gisors_ (Vicomte de), _a_, 152.
-
-_Gîte_ de bœuf, _b_, 86.
-
-_Glandes_ de mouton bonnes à l’épervier, _b_, 313.
-
-_Gloutonnie_, _a_, 47; _b_, 13.
-
-_Glu_, _a_, 171, 173.
- --de froment, _b_, 251.
- --Manière de la faire, 250.
- --pour eau, 251.
-
-_Gobelets_ couverts, dorés, _a_, XL; _b_, 118.
-
-GODEFROY (Denis), _a_, LXX, 237.
-
-_Gois_, _b_, 311.
-
-_Gomme_ de cerisier, _b_, 219.
-
-_Goujons_, _b_, 233.
-
-_Gourdes_, _b_, 273.
-
-_Gourme_ du cheval, _b_, 73.
-
-_Gournaut_, _b_, 196, 197.
-
-GOUSSENCOURT, _a_, LVIII.
-
-_Goutière_ (mangeoire), _b_, 89.
-
-_Gouttron_, expl., _b_, 189.
-
-_Grâces_ (Dire les), _b_, 107.
-
-_Grain_, expl., _b_, 150, 154.
-
-_Graine_, _b_, 151. V. _Gravé_.
-
-_Graine de paradis_, _b_, 67, 111.
-
-_Grains_, à remuer, _b_, 64.
-
-_Graisse._ Son prix, _b_, 82.
-
-_Gramose_, _b_, 145.
-
-_Granche_ (estomac), _b_, 213.
-
-_Grand cuisinier_, cité, _a_, XXXIV, XLII; _b_, 171, 184, 211.
- --(Plats tirés du), 145 (2), 148 (2), 149 (4), 150 (2), 151,
- 154, 155, 163 (4), 164 (2), 166, 167 (2), 171, 172 (2), 174,
- 177, 179 (5), 180, 181, 183 (3), 185, 187 (6), 188, 189 (2),
- 190 (2), 191 (3), 192 (2), 193 (2), 194 (3), 195, 196 (3),
- 197 (3), 198 (3), 199 (3), 200, 201, 202 (3), 203 (4), 204,
- 208, 211, 212, 223 (2), 226, 234 (2), 241.
-
-_Grande-boucherie_ (Étal au-dessous de la), _b_, 132. V. _Boucherie_.
-
-GRANTPRÉ (Le comte de), _a_, LXXXI.
-
-_Graspois_, _b_, 102, 200. V. _Craspois_.
-
-GRATIEN, _a_, 98.
-
-_Gratuise_ (râpe?), _b_, 262.
-
-_Gratuisié_, expl., _b_, 149, 207.
-
-_Gravé_, _b_, 151, 173.
- --d’aloés, couleur de fleur de peschier, _b_, 95, 98, 276.
- --de canets, 121.
- --de lamproies, 97.
- --d’escrevices, 151.
- --d’oiselets, 121, 150.
- --sur friture, 101.
-
-GRAVILLE (L’amiral de), _b_, 255.
- --(Anne de), _b_, 255.
-
-_Grédelié_, expl., _b_, 206.
-
-_Greffe?_ _b_, 68.
-
-_Greffes_ curieuses, _b_, 50, 51. V. _Ente_ et _Enter_.
-
-GRÉGOIRE (Saint), cité, _a_, 63.
-
-_Grenache._ V. _Garnache_.
-
-_Grenade._
- --(Pommes de), _b_, 110, 122.
- --sur chapons, 108.
- --sur la gelée, 221.
-
-_Grenade_ (Faucon de), _b_, 324.
-
-_Greniers_ à visiter, _b_, 64.
-
-_Grenouilles._ V. _Renoulles_.
-
-GRÉSY (M. Eugène), cité, _a_, LIX, LXXX.
-
-_Grève_ (Place de), _b_, 113, 123.
-
-_Griffon_, _b_, 321.
-
-GRILLE (M.), _a_, 151.
-
-GRIMAULT (Grimoald), _a_, 69, 70.
-
-GRIMOALD, _a_, 69, 70.
-
-_Grimondin_, _b_, 197.
-
-GRINGORE (Pierre), a copié J. Bruyant, _b_, 4.
-
-GRISÉLIDIS (Hist. de), _a_, 99, 103 et suiv., 141.
-
-_Gros-bastons_ (oublies), _b_, 109.
- --(Recette des), 121, 262.
-
-_Gros-bout_ de poitrine, _b_, 86.
-
-_Groseillers_, _b_, 49.
-
-_Groseilles_ sur des plats, _b_, 161, 170.
-
-GROSIA (Martin), _b_, 146.
-
-_Gruau._ V. _Gruyau_.
-
-_Grue_ rostie, _b_, 181.
- --(Vol de la), _b_, 324.
-
-_Grumel_ de bœuf, _b_, 86, 87.
-
-_Gruyau_, _b_, 242.
- --d’avoine, expl., _b_, 212.
- --d’orge, 241.
-
-_Guède_ (Pasteaux ou Tourteaux de), _b_, 214, 251.
-
-_Guedes_, _b_, 315.
-
-GUESCLIN (Bertrand du), _a_, 94; _b_, 324.
-
-_Guides_, _b_, 315.
-
-_Guilles_, expl., _b_, 315.
-
-GUISE (Tapisserie à la maison de), _a_, LXXIII.
-
-
-H
-
-_Hacher_ à deux couteaux, _b_, 228.
-
-_Hadou_, _b_, 198.
-
-HAINAUT (Guillaume comte de), _b_, 254.
-
-_Haine_, _a_, 38.
-
-_Halebrans_, expliqué, _b_, 236.
-
-_Halles_ (Les), _b_, 122.
- --(Étaux des), 200.
- --(Pain vendu aux), 109, 110.
-
-_Hampe_ du cerf, _b_, 131, 156, 157.
-
-_Hanaps_, _b_, 106, 117, 118.
-
-_Hanons_ (coquillage), _b_, 204.
-
-_Harang._ V. _Harenc_.
-
-_Hardouil_ de chapons, _b_, 162.
-
-_Harenc_, _b_, 200.
- --blanc, 101.
- --frais, 95, 98. V. _Aulx moussus_.
- --nouvellet, 271.
- --quaque, 134.
- --sor, 94, 97, 134.
-
-HARGICOURT, _a_, LVIII.
-
-_Hargneux_ (Proverbe sur les), _b_, 56.
-
-_Haricot._ V. _Hericot_.
-
-_Haricots_ dits fèves, _a_, LXXXVI.
-
-_Harpayes_, _b_, 307.
-
-_Harpe_ du cheval, _b_, 72.
-
-_Hastelets_, _b_, 161.
- --de bœuf, 94, 95.
- --de chaudun de porc, 228.
-
-_Haste-menue_, (ou rate), _b_, 128, 268.
- --de porc, 164.
-
-_Hasterel_, _b_, 89.
-
-_Hausser_, expl., _b_, 322.
-
-HAUTECOURT (Maître Jehan de), _b_, 118, 250, 382.
-
-_Haye-du-Puis_ (La), _a_, XXXV.
-
-_Hazé_, pour brûlé, _b_, 216.
-
-_Heilly_, _a_, LXXX.
-
-HELYE, (Maistre), _b_, 108.
-
-HEMERY (Jeanne), _a_, XXIX.
-
-_Herbe verte_, _b_, 106, 124.
- --dans les maisons, _a_, 184.
- --Où achetée, _b_, 113, 114.
-
-_Herbolata_, _b_, 207.
-
-_Heriçons_, _b_, 261.
- --factices, _b_, 269.
-
-_Hericot_ de mouton, _b_, 148.
-
-_Héron_, _b_, 99.
- --rôti, 181.
- --(Vol du), 324.
-
-_Hesdin_, _b_, 253.
-
-HESTOMESNIL, (Jehan de), _a_, XIX.
-
-_Hétoudeaux_, _b_, 180.
- --(Moust pour), 234.
- --(Prix des), 120.
-
-_Histoire de Bourgogne_, citée, _a_, LIX.
-
-_Histoire généalogique des grands officiers, etc._, _a_, XL, LVIII, LXV, 152.
-
-_Histoire sur Bible_, citée, _a_, 128, 129.
-
-_Historieur_, _a_, 128, 129.
-
-_Hiver_ (Épices plus usitées en), _b_, 236.
- --(Fleurs gardées en), 44.
-
-_Hobe_, _b_, 319.
-
-_Hobereau_, _b_, 318, 319.
-
-_Hochepot_ de volaille, _b_, 163.
-
-HOLLANDE (G. duc de), _b_, 254.
-
-_Hommage_ attaqué faute d’un baiser, _a_, LXXVIII.
-
-_Hommes_ à fuir, _a_, 77.
-
-HONCOURT (M. Guy de), _b_, 381.
-
-_Honneur_ d’une femme à garder, _a_, 184.
-
-_Horloges_, _b_, 257.
-
-_Hôtel_ mené par la femme, _b_, 59. V. _Maison_.
-
-_Hôtel_ d’Aubriot, _a_, XXI; _b_, 255, 380.
- --de Galeran de Montigny, 255.
- --des Tournelles, 254.
- --du _Porc-épic_, 254.
- --du Prévôt de Paris, 255.
- --Saint-Paul, 253.
-
-_Hotellerie_ (Potage à faire dans une), _b_, 146.
-
-_Hotels_ loués par les concierges, _b_, 116.
-
-HOTIN, cuisinier de M. de Roubais, _a_, LIX, LX; _b_, 275.
-
-_Hotteurs_, _b_, 54.
-
-_Houpelande_, _a_, 14.
-
-_Hourdouil_ de chapons, _b_, 162.
-
-_Houssebarre_ de chair, _b_, 170.
- --de poisson, 171.
-
-_Houssié_, expliqué, _b_, 164, V. _Brouet_.
-
-_Houx_, _b_, 250.
-
-_Hu_, expl., _b_, 157.
-
-HUBER, cité, _a_, LI; _b_, 280, 302, 307, 309, 319.
-
-_Huitres._ V. _Oïstres_, _oïttres_, _cive_, etc.
-
-_Hule_ d’un couteau, _b_, 274.
-
-_Humilité_, _a_, 53.
-
-HUZARD (M.), _a_, LII, LXVI, LXVII, LXXIV.
-
-_Hyères_ (L’abbesse d’), _b_, 118.
-
-_Hypocras._ V. _Ypocras_.
-
-_Hypocrisie_, _a_, 29, 34.
-
-
-I
-
-_Ierre_, _b_, 118.
-
-_Ile Nostre-Dame_, ou _Saint-Louis_, à Paris, _a_, 93.
-
-_Imprimeurs_ anciens négligeoient les livres non sérieux, _a_, XXXIV.
-
-_Improviste_ (Souper à l’), _b_, 170. V. _Hotellerie_.
-
-_Inconvenance_ dans les noms de certains mets, _b_, 60.
-
-_Inobédience_, _a_, 29, 32.
-
-_Inventaire_ de R. Picque, _a_, LXX; _b_, 115.
-
-_Ire_, _a_, 38; _b_, 10.
-
-ISAAC, _a_, 82.
-
-ISABEAU DE BAVIÈRE aimoit les animaux, _b_, 62.
- --Sa dépense de bouche, 85.
- --Ses enfans, _a_, XXII; _b_, 85.
-
-ISEBARRE (Augustin), _b_, 62.
-
-_Issue_ de table, _a_, XLIII; _b_, 92, 94, 95, 99, 100, 101, 103, 108.
-
-_Issues_ de bœuf et leur prix, _b_, 132.
- --de mouton et leur prix, 128.
- --de porc, 128.
- --de sanglier, 157.
- --de veau et leur prix, 128.
-
-_Ivresse_, _a_, 49.
- --Ses inconvéniens, _b_, 14, 70.
-
-
-J
-
-_Jabets_, expl., _b_, 224.
-
-JACOB, _a_, 85.
-
-_Jacobins_ de Londres, _a_, LXXXI.
-
-_Jactance_, _a_, 29, 33.
-
-JAILLOT, _a_, LXXXV.
-
-_Jalet_, _b_, 224.
-
-_Jambes_ de l’épervier, _b_, 294.
- --du cheval, 74.
- --enflées, 77.
-
-_Jambons_, _b_, 127, 237.
- --Comment dessalés, 127.
- --frais, 147.
- --salés de trois jours, 139.
-
-_Jance_, _b_, 234, 236.
- --à aulx, 234.
- --de lait de vache, 234.
-
-_Jardinage_, _b_, 43.
-
-_Jargeau_ du cerf, _b_, 156.
-
-_Jarrets_ courts, _b_, 216.
- --du cheval, 74.
-
-JASSAUD (Hôtel de), _a_, XXI.
- --(MM, de), _ib._
-
-_Jattes_, _b_, 115, 123.
-
-_Jaunet_, _b_, 149.
- --V. _Loche_, _Mouton_, _potage_, _sausse_, _tripes_, _trumel_.
-
-_Jaunisse_ de l’épervier, _b_, 319.
-
-_Javart_, _b_, 75, 77.
-
-_Javel_ (Bois de), _a_, 68.
-
-JEAN (Le roi), _a_, LXXXI.
-
-JEAN DE BRIE, _a_, XIX.
-
-_Jean le Blanc_ (oiseau), _b_, 307.
-
-JEAN LE DESPENSIER (Maistre), _b_, 54.
-
-JEAN SANS PEUR, _b_, 116.
-
-JEANNE, comtesse de Boulogne et d’Auvergne, _b_, 46.
-
-JEANNE D’ÉVREUX, _b_, 115.
-
-JEHANNICOLA, _a_, 103.
-
-JÉRÔME (Saint), cité, _a_, 39, 62.
-
-_Jets_, expl., _b_, 290.
-
-_Jeux_, _a_, XLVII, LXXVII, 7, 71.
- --illicites, _b_, 59.
-
-_Jeu des échecs moralisé_, _a_, 186.
-
-_Jombarde_, _b_, 44.
-
-JOSEPHE (L’historien), _a_, 78.
-
-_Joubarbe_, _b_, 44.
-
-_Joue_ de bœuf, _b_, 85, 86, 88.
-
-JOUVENEL (Jehan), _a_, XXVI. V. JUVENAL DES URSINS.
-
-_Joyaux_ d’une riche bouchère, _b_, 82.
-
-_Jugiers_, _b_, 121. V. _Gésiers_.
-
-_Juifs_ en France, _a_, XXII.
- --Comment punissent l’adultère, 67.
- --Quand chassés, 68.
-
-_Juive_ assommée, _a_, 68.
-
-_Jurer_, _a_, 38, 43, 46.
-
-_Jurés_ de la boucherie, _b_, 81.
-
-_Juridiction_ de la grande boucherie, _b_, 81.
-
-_Justice_, _a_, 57.
-
-JUVENAL DES URSINS (Jean), _a_, LXX, 173. V. JOUVENEL.
-
-
-K
-
-_Karvy_, _b_, 245.
-
-
-L
-
-LABAN, _a_, 85.
-
-LABAT (Gilles). Ce qu’il étoit, _a_, LXXVIII, 137; _b_, 104.
-
-LABORDE (Le comte de), cité, _b_, 106.
-
-_Labour (Chasteau de)_, _b_, 4, 36.
-
-_Laboureur_ a la coanne plus dure qu’un prince, 293.
-
-_Laboureurs_, _b_, 56, 57.
-
-LACABANE (M. Léon), _a_, LXXV.
-
-LADEHORS (Oudin de la), _b_, 80.
- --Famille de bouchers, _ib._ et 83.
-
-_Lagny_ (Abbé de), _a_, LXXXIV; _b_, 103, 104, 105.
-
-_Lait._ Comment l’empécher de tourner, _b_, 176.
- --de vache, lié, 175.
- --(Jance de), 234.
- --lardé, 92, 93, 95, etc., 224.
- --non écrémé ni mélangé, 113.
- --(Potage de), _b_, 176, 177.
- --souvent mélangé, 159.
-
-_Lait_ d’amandes, _b_, 241.
-
-_Laitances_ de carpes, _b_, 217.
-
-_Laitière_ (Jehanneton la), _b_, 62.
-
-_Laitues_, _b_, 46, 96.
-
-LALLEMANT (Nic. et Rich.), _a_, LXVI.
-
-LAMARRE, cité, _b_, 80, 84.
-
-_Lamproie_, _b_, 192.
- --à froide sauge, 93.
- --à la boue, 192.
- --à la sauce chaude, _a_, 94.
- --à l’estouffée, 193.
- --bouillie, 193.
- --(Sauce de), 133.
-
-_Lamproyons_, _b_, 192.
-
-_Lancerel_, _b_, 88.
-
-_Lancerons_, _b_, 88.
-
-_Landal_ (Château de), _a_, 149.
-
-_Laneret_, _b_, 318, 319, 323, 325.
-
-_Langoustes_, _b_, 196, 205, 225.
-
-_Langue_ à retenir, _a_, 177, 178.
-
-_Langue_ de bœuf, _b_, 177.
- --salée et fumée, 133, 177.
-
-_Languedoc_, _b_, 195, 196.
-
-_Lanier_, _b_, 318, 319, 325.
- --dit _faucon vilain_, XLI, 323.
- --perché bas, 322.
- --Quels oiseaux il prend, 324.
- --vole bas, 322, 323.
-
-LANNOY (Agnès de), _a_, LVIII.
-
-_Lapereaux_, _b_, 110, 121, 236.
- --en rosé, 154.
- --rôtis, 275.
- --(Vol aux), 309.
-
-_Lapins._ V. _Connins_.
-
-_Larcin_, _a_, 45.
-
-_Lard_ acheté au boucher, _b_, 121.
- --aux choux, 144.
- --de caresme, 200.
- --jaune, déplaît, 126.
- --Son prix, 85.
- --sur les pois, 135.
- --(Témoins de), 270.
-
-_Larder_, expliqué, _b_, 88.
- --de percil, 177.
-
-_Lardés_ du cerf, _b_, 156, 157.
-
-LARIVIÈRE (Armes de), _a_, LVIII. V. _Rivière_.
-
-_Larras_, _b_, 102.
-
-LASERNA-SANTANDER, _a_, LXVI.
-
-_Lauderburg_, _a_, LVIII.
-
-_Laurier_ (Feuilles de), _b_, 101, 112.
-
-LAVAL (Généalogie de), _a_, LXVIII.
- --LOUÉ (Madame de), 240.
-
-_Lavande_, _b_, 44.
-
-_Lavandière._ Son emploi le jour des noces, _b_, 118.
-
-_Laver_ les mains au sortir de table, _a_, XL; _b_, 107.
-
-LAZARUS, _b_, 146.
-
-LEBARBIER, (Colin), _b_, 119, 120.
-
-LEBER (M.), _a_, LXVIII, 174; _b_, 115.
-
-LEBEUF (Jean), _a_, LXXI, LXXVI, 133; _b_, 296.
-
-LEBLOND (M.), _a_, LXIX.
-
-LECZINSKA (Marie), _a_, LVIII.
-
-LEFÈVRE (Guill.), dit VERJUS, _a_, XL; _b_, 81.
-
-LE FLAMENT (Jehan), _a_, XXVI.
-
-_Légende dorée_, _a_, 62.
-
-LEGOIS, boucher, émeutier, _b_, 84.
-
-LEGRAND D’AUSSY, cité, _a_, XXXVIII, XXXIX, XLII, LXXI, LXXV;
- _b_, 38, 110, 200, 205.
-
-LEIBNITZ, _a_, LXV.
-
-LE MAZIER (Henri), _a_, 140.
-
-_Lendemain_ pour _l’endemain_, _b_, 196, 221.
-
-_Lengoustes_, _b_, 196, 205, 225.
-
-_Lentisque_, _a_, 67.
-
-_Leschefrayes_, _b_, 102, 103.
-
-_Leschefrites_, _b_, 93, 97, etc.
- --écrit _leschefrayes_, _b_, 102 et 103.
- --sucrées, _b_, 94, 98, etc.
-
-_Leschefroies_, _b_, 103.
-
-LESCLAT (Pierre de), _a_, LXXXIII.
-
-_Lettres_ des reines, _a_, 75.
- --que nul ne verra, _b_, 250.
- --qu’on doit ou qu’on ne doit pas lire, _a_, 76.
-
-_Lettues_, _b_, 46, 96.
-
-_Leurre_, décrit, _b_, 318.
- --(Oiseaux de), _ib._
-
-_Leurrer_, expl., _b_, 284, 318.
-
-_Levain_ de pain, _b_, 239.
-
-_Lève-cul_ (Vol à), _b_, 280.
-
-_Lever_ d’une femme, _a_, 9.
-
-_Levrats_ (Vol aux), _b_, 309.
-
-_Levreaux._ V. _Levrats_.
-
-_Levrière_ tuée, _a_, 161.
-
-_Liaisons_, _b_, 87.
-
-_Libre arbitre_, _b_, 19.
-
-LIE (Lia), _a_, 86.
-
-_Lier_, expl., _b_, 281.
-
-_Lieures._ V. _Liaisons_.
-
-_Lieurs_ de fardeaux, _b_, 53.
-
-_Lièvre_ (Age d’un), _b_, 90, 169.
- --aux choux, 144.
- --(Civé de), 91, 169.
- --Comment couru par les épagneuls, 281.
- --(Conditions du), 72.
- --en boussac, 153.
- --en civé, 91, 169.
- --conservé, 133.
- --pourbouli, 271.
- --Quand plus tendre, 153.
- --rôti, 268.
- --(Vol au), 321, 324.
- V. _Levrats_.
-
-_Lille_, _a_, LXXIX.
-
-_Limaçons_, _b_, 223.
- --mangés par les riches et les Lombards, _ib._
- V. _Limats_.
-
-_Limandes_, _b_, 88, 160, 202.
-
-_Limats_ au chaudumé, _a_, XXXIX.
-
-_Limoges_, _a_, 95.
-
-_Lin_ (Toile de). Son prix, _b_, 221.
-
-LINCY (M. de), _a_, XXIX; _b_, 36, 62, 83, 251, 255.
-
-_Linge._ Comment marqué, _b_, 263.
- --de table, 115. V. _Touailles_ et _Serviettes_.
- --Liqueur pour le marquer, 263.
- --loué à quel prix, 123.
- --pour _mince_, 286.
- --propre donné au mari, _a_, 168.
-
-_Linote_ en cage, _b_, 256.
- --vendue très-cher, _b_, 62.
-
-LIPPOMANO (Jérôme), _b_, 116.
-
-_Liqueur_ pour _seigner_ (marquer), le linge, _b_, 263.
-
-_Lis._ V. _Lys_.
-
-LISTER, cité, _a_, XXXVI, XXXVII.
-
-_Lit_ nuptial (Bénédiction du), _a_, LXXXVI; _b_, 118. V. _Lits_.
-
-_Litière_, à quoi sert aux oies, _b_, 89.
-
-_Lits_ au XIVe siècle, _a_, 160, 169, 172, 238, 239.
-
-_Livre d’amours_, _a_, LXXXIII.
-
-_Livre_ de dépense, _b_, 58.
-
-_Livre des déduits_, _a_, LXIX.
-
-_Livre fort excellent de cuisine_, _a_, XXXIII.
-
-_Livres_ anciens non sérieux, mal imprimés, _a_, XXXIV.
- --de l’auteur, _a_, XXVI, 62. V. _Ouvrages_.
-
-LOBINEAU (Dom G. A.), _a_, LXIX.
-
-_Loche_, _b_, 175, 191, 382.
- --au jaunel, 100.
- --au waymel, 102.
- --en eau, 93, etc.
- --et anguilles tronçonnées dessus, 101.
- --frite, 102.
- --Son prix, 220.
- --vendue à la mesure, 114, 220.
-
-_Loirre_ (leurre), _b_, 318.
-
-_Lombarde_ (Mode), en fait de pasté, _b_, 185.
-
-_Lombardie_ (Chasse en), _b_, 310.
-
-_Lombards_, mangeurs de limaçons, _b_, 223.
- --(Potage de), 171.
-
-_Londres_, _a_, LXXXI.
-
-_Longe_ (chair), _b_, 86, 87, 130, 132.
-
-_Longes_, _b_, 295, 297.
-
-LONGUEIL (J. de), _b_, 119, 120.
-
-LONGUEVILLE (F. d’Orléans, duc de), _a_, LIX.
-
-_Losenges_, _b_, 96, 103.
- --d’œufs, 209.
-
-LOTH et sa femme, _a_, 142.
-
-LOTRIAN (Alain), _a_, XXXV.
-
-LOTTIN DE CHARNY (Marie Aimée), _a_, XXI.
-
-LOTTIN (Erreur de), _a_, XXXIV.
-
-_Louens_, _a_, 186.
-
-LOUIS le Jeune, roi de France, _a_, 133.
- --Louis XIII, _b_, 307.
- --Louis XIV, 82.
- --abordé facilement, _a_, LXXII.
- --Petits pois à lui présentés, _ib._
-
-_Loups._ Comment les détruire, _b_, 63.
-
-_Lourgable_, _a_, 24.
-
-_Loyer_ au XIVe siècle, _a_, LXXXIII.
-
-LUCAS (Cl.), _a_, LXXIII.
-
-_Luceau_ (brochet), _b_, 88.
-
-LUCIFER (Désobéissance de), _a_, 129, 177.
-
-LUCRÈCE (Hist. de), _a_, 70.
-
-_Lus_ ou _Lux_, _b_, 88, 91, 96, 99 etc., 187.
- --faudis, 107,
- --(Œufs de), 229.
-
-LUXEMBOURG (Jacques de), _a_, LIX.
-
-_Luxure_, _a_, 50, _b_, 14.
- --de cœur, _a_, 51.
-
-LUYNES (Le connétable de), _a_, LXXIV.
-
-_Lys_, _b_, 49.
- --(Abbaye du), _a_, 148.
-
-
-M
-
-MACAIRE, _a_, 92.
-
-MACÉ (N.), _a_, XXI.
-
-_Machault_, _a_, 149.
-
-MACHAUT (Perrenelle de), _b_, 120.
-
-_Machès_, _b_, 186.
-
-_Machination_, _a_, 37.
-
-_Macis_ ou fleur de muscade, _a_, 67; _b_, 112.
- --fait mal à la tête, 237.
-
-_Mâcon_, _a_, XXI.
-
-MACROBE, cité, _a_, 179.
-
-_Madre_ (Coupes de), _b_, 82
-
-_Magasin pittoresque_, cité, _a_, LXXVII.
-
-MAIGNAC (Aymeri de), _b_, 104.
-
-_Mailles_ des plumes de l’oiseau, _b_, 293, 294, 323.
- --de son estomac, 298.
-
-_Maillotins_, _a_, XX, LXXXIII, 135.
-
-_Mains_ (Eau à laver les), _b_, 247.
-
-_Maire_ de la boucherie, _b_, 81.
-
-_Maison_ bien tenue, _b_, 61.
- --découverte chasse l’homme, _a_, 169, 171.
- --fermée au soir, _b_, 70.
- V. _Hotel_.
-
-_Maison réglée_, citée, _a_, XLIII, LXXI.
-
-_Maison rustique_, citée, _b_, 46, 180, 207, 214.
-
-MAISONS (N. de Longueil), _a_, LXXI. V. _Longueil_.
-
-_Maistre d’hostel_ de la Varenne, cité, _a_, XLII.
-
-_Maître_ (Aimer son), _b_, 23.
- --doit donner l’exemple, 60.
- --(L’épervier s’habitue à son), _b_, 301.
- --L’être de soi-même, _a_, 178.
-
-_Maître d’hôtel_, _a_, XL, XLII; _b_, 67.
- --Ses attributions, _b_, 117, 118.
-
-_Maître_ de la grande boucherie, _b_, 81.
-
-_Mal_ de tête causé par les épices, _b_, 236.
-
-_Mal_ se guérit par le bien, _a_, 207.
-
-_Malandre_, _b_, 74, 77.
-
-_Malars_, _b_, 89.
- --dde rivière à la dodine, 92
-
-_Malen_ (mal en?) _a_, LXXXIV, _b_, 73. dodine, 92.
- --rôtis, 181.
- V. _Canards_.
-
-_Mâles_ des oiseaux de proie; leurs noms, _b_, 318.
-
-MALIGNY (Jeanne de), dame d’Andresel, _a_, 150.
-
-_Mallars_, _b_, 89, 92, 181.
-
-_Malle_, _a_, 172.
-
-_Manche_ (Archives de la), _a_, XXXV.
-
-_Mandagores_, _a_, 89.
-
-_Manger_ combien de fois par jour, _a_, 49.
- --sans mâcher, _a_, 49.
-
-MANGEUR (Pierre le), cité, _a_, 77.
-
-_Manteaux_ de deux draps, _a_, 161.
- --d’une bouchère, _b_, 82.
-
-_Mantes_ (Fortifications de), _b_, 191.
-
-_Manus-Christi_, _b_, 122.
-
-_Manuscrits_ du _Ménagier_, _a_, LII et suivantes.
-
-_Maquereau._ V. _Maquerel_.
-
-_Maquerel_ en potage, _b_, 146.
- --frais, 196.
- --rôti, 103.
-
-_Maquerelles_, _a_, 133; _b_, 116.
-
-_Marchander_ toujours, _b_, 54. V. _Barguaigné_, 76.
-
-_Marchands_, _a_, 44, 46.
- --d’oiseaux, _b_, 62, 323.
-
-MARCHANT (Guiot), _a_, LXVII.
-
-_Marchepiés_, _b_, 61.
-
-_Marchiau_, _a_, 149.
-
-MARC-PAUL, _b_, 321.
-
-MARÉCHAL, cité, _a_, 16.
-
-_Maréchal_ ferrant, _b_, 56.
- --Son salaire, 79.
-
-_Marée_ mauvaise par temps pluyeux, _b_, 194.
-
-MARES (Herlin des), _b_, 119.
-
-MARÈS (Jean des). V. DESMARÈS.
-
-_Mari_ clément, _a_, 182, 183.
- --dérangé, comment le ramener, 185.
- --en voyage, pense au retour, 168.
- --sauvé de l’eau, 128.
- --(Second) difficile à trouver, 168.
- --Soins à lui donner, _ib._
- --souverain chez lui, 99.
- V. _Maris_.
-
-_Mariage_ (But du), _b_, 15.
- --en deuil, _b_, 123.
-
-MARIE d’Anjou, reine de France. Ses fenêtres, _a_, 174.
-
-_Marié_ servoit à table, _a_, XLI; _b_, 117.
-
-_Mariés_ divisés font un pacte, _a_, 126.
-
-_Maris_ aiment moins leurs femmes quand elles désobéissent, _a_, 142.
- --désirent la présence de leurs femmes, 175.
- --doivent tout leur dire, 132.
- --jeunes, prompts à changer, 143.
- --Leur heureuse vie, 139.
- --luxurieux pèchent, 52.
-
-_Marjolaine_, _b_, 43, 44, 45.
-
-MARNEF (Enguilb. de), _a_, LXVI.
-
-_Marouette_, _b_, 311.
-
-_Marques_ des plumes de l’épervier, _b_, 287. V. _Mercqs_.
-
-_Marquets_ chevelus, _b_, 44.
-
-_Marsouin_, _b_, 198.
- --à sa sauce, 107.
- --poudré à l’eau, 101.
-
-MARTINUS, _b_, 146.
-
-_Massepains_, _b_, 122.
-
-_Mastic_, ou encens de Perse, _a_, 67.
-
-_Matelas_ (flèche), _b_, 267.
-
-MATHIEU (Saint), cité, _a_, 63.
-
-_Matin._ Ce que c’est, _a_, 9.
-
-_Mâtins_ tuent les éperviers, _b_, 301.
-
-_Matons_ de lait, expl., _b_, 212.
-
-_Mauvis_ (Vol du), _b_, 311.
-
-_May_ (arbre coupé), _a_, 184; _b_, 106, 113, 114.
-
-MAZIER (Henri le), _a_, LXXIX.
-
-_Médecins_, _a_, 189.
-
-_Médisance_ permise aux chambrières, dans quel cas, _b_, 59.
-
-_Melle_, _a_, 94.
-
-MELLIBÉE (Histoire de), _a_, 186; _b_, 60.
-
-_Mello_, _b_, 249.
-
-_Mellus_, (_merlus_?) _b_, 107.
-
-_Melons_, _b_, 273.
-
-MELUN (Jehan de), _a_, LXXX.
-
-_Melun_, _a_, LXXXVII, 68.
- --(Siége de), 148.
- --(Vitrail à), LIX.
-
-_Membres_ s’aiment entre eux, _a_, 55.
- --secrets. Ne pas les nommer, _b_, 59.
-
-_Mémoires pour servir à l’histoire de France et de Bourgogne_, cités, _a_, XL.
-
-_Mémoriaux de la chambre des comptes_ (Note sur les), _a_, LXXIV.
-
-_Ménage_ (Avoir soin de son), _b_, 1.
-
-_Ménager de Paris._ Article de M. le baron de Reiffenberg sur
- ce livre, _a_, LV.
- --Comment connu de l’éditeur, LII.
- --Conjectures sur le sort du manuscrit original de ce livre, LVI.
- --écrit de 1392 à 1394, XXII.
- --La partie culinaire importante, XXXV.
- --longtemps inconnu, LII.
- --(Manuscrits du), LII et suiv.
- --signalé en 1843, LV.
- --Son orthographe varie, LXI.
- --Son texte revu soigneusement, LXI.
- --Système suivi dans l’édition de ce livre, LX et suiv.
-
-_Ménagière_, (Femme de l’auteur,) _b_, 53.
-
-_Ménestrels_, _b_, 123.
- --Ce qu’ils faisoient aux noces, _ib._ et 124.
-
-MENESTRIER (Le père), _a_, XXX.
-
-_Ménestriers_, _b_, 122, 123, 124.
-
-MENOT, cité, _a_, LXXVII.
-
-_Mensonge_ est utile, _b_, 26.
-
-_Menthe_, _b_, 44.
-
-_Menue-haste._ V. _Haste_.
-
-_Menues choses_, qui ne désirent point de chapitre, _b_, 262.
-
-_Menues espices_, _b_, 122.
-
-_Menus_, _b_, 91.
- --répétés, _a_, LXXXIV.
-
-_Menus_ de piés, _b_, 145.
- --droits du cerf, _a_, LXXXIV; _b_, 156.
-
-_Menus_ oiseaulx rôtis, _b_, 181.
-
-MENA (Gonz. de), _a_, LXVI.
-
-_Mer_ d’Angleterre, _b_, 197. V. _Chien_, _Porc_, etc.
-
-_Mercqs_ de l’épervier, _b_, 289 et 291, V. _Marques_.
-
-_Mercure de France_, _a_, 174; _b_, 296.
-
-_Mère-goutte_, _b_, 260.
-
-_Merlant_, _b_, 101.
- --salé, 201.
-
-_Merles_, _b_, 101.
- --(Chasse aux), 311.
-
-_Merluche_, _b_, 199.
-
-_Merlus_, _b_, 199. V. _Mellus_.
-
-_Mers_ ou _Merts_. V. _Mercqs_.
-
-_Mesche_ (Gingembre de), _b_, 230, 246.
-
-_Mesches_ ensouffrées, _b_, 264.
-
-_Mesnies_ (domestiques) abusent des épices, _b_, 117.
-
-_Messe_ (Explication des cérémonies de la), _a_, 17.
- --perdue par paresse, 41.
-
-_Mestier_ (oublie), _a_, XXXIX, XLIII; _b_, 92, 94, etc., 121.
-
-_Métayer_, _b_, 62.
- --(_Eudeline_ femme du), _ib._
-
-_Mets._ Diverses significations de ce mot, _a_, XLI.
- --inconvenans, _b_, 60.
- --pris dans le sens actuel, _b_, 91, 92, 99 (intitulé des menus, I, II, XV).
- --pris pour service, _b_, 92, 93.
- --Savoir les ordonner, 80.
-
-_Meute_ des pans, _b_, 314.
-
-_Miel_ (Boisson au). V. _Bochet_, _b_, 238.
-
-MIGNON (Denisette), _b_, 104.
-
-_Migon_, _b_, 195.
-
-_Milion_ (oiseau), _b_, 321.
-
-_Millet_, comment cuit, _b_, 176.
-
-_Minces._ Ce que c’est, _b_, 48, 143.
- --(Porée de), 143.
-
-_Miserelle_, expl., _b_, 243.
-
-_Miséricorde_, _a_, 58.
-
-_Modus et Ratio_, _a_, XLIX, LI, LXXII, 29, 48; _b_, 99,
- 157, 290, 293, 314, 315, 316, 325.
-
-_Modus et Ratio de divine contemplation_, _a_, LXXII.
-
-_Moëlle._ V. _Mouelle_.
-
-MOIGNE (Lucas le), _a_, XXXIX.
-
-_Moine de Saint-Denis_, cité, _a_, 135.
-
-_Moines_ plus obéissans que les femmes, _a_, 146.
-
-_Moissonneurs._ V. Soieurs, _b_, 54, 57.
-
-_Moissons_ (moineaux), _b_, 303.
-
-_Mol_ (mou) de porc, etc., _b_, 128, 129, 132.
-
-_Molettes_ du cheval, _b_, 74, 75.
-
-_Molissent_, _a_, LXIX.
-
-_Molle_, _b_, 203.
-
-_Mon_, expliqué, _b_, 37, 299.
-
-_Monde_, forêt pleine de lions, etc., _a_, 57.
-
-MONSTRELET, cité, _b_, 115.
-
-MONSTREUL (Tassart de), _a_, 139.
-
-MONTAIGU (Jean de), _b_, 254.
-
-_Montgeron_, _a_, XXVI.
-
-MONTGISON (Marie de), _a_, XXVI.
-
-MONTGLAT (M. et Mme de), _a_, 174.
-
-MONTIGNY (Galeran de), _b_, 255.
- --(Raoul de), _a_, 150.
-
-MONTMORENCY (Généalogie de), _a_, LXVIII.
-
-_Montpellier_, _b_, 248.
-
-MORAIS (C. de), _a_, LXXII; _b_, 319.
-
-MORANT (Colin), _b_, 119, 120.
-
-_Moret_, _a_, 149.
-
-_Morfondu_ (Cheval), _b_, 78.
-
-_Morillon_ (raisin), _b_, 67.
-
-MORIN (Dom Guillaume), _a_, 151.
-
-_Mortereul_, _b_, 211.
-
-_Mortier_, _b_, 115, 123.
-
-_Morue_ (Détails sur la), _b_, 195, 196.
- --Foie de morue en pasté, 223.
- --Manière de l’acheter, la preparer, etc., 195.
-
-_Mouches._ Comment s’en garantir, _a_, 172.
-
-_Mouchet_, _b_, 285.
- --Comment les distinguer, 287.
- --pour attirer les éperviers, 315, 318.
-
-_Mouelle_ (Buignets de), _b_, 224.
- --en rissoles, 226.
- --(Pastés norrois de), 223.
- --(Pipefarces de), 227.
-
-_Moules_, _b_, 204.
- --en civé, 277.
-
-_Moulin_ à moutarde, _b_, 245, 246.
-
-_Mourillon_, _b_, 67.
-
-MOUSSE (Guillaume de la), _a_, 95.
-
-_Moust._ Comment fait, _b_, 181.
- --pour hétoudeaux, 234.
-
-_Moustarde._ Comment faite, _b_, 229.
- --pour un dîner, 122.
- --(Soupe en), 175.
-
-_Moustiquière_, _a_, 172.
-
-_Mouton_ au jaunet, _b_, 149.
- --Ausoerre, 148.
- --(Brichet de), 87.
- --(Épaules de), 177.
- --(Ép. farcies de), 269.
- --(Flanchet de), 87.
- --(Glandes de), 313.
- --(Héricot de), 148.
- --(Pasté de), 148, 186.
- --(Poulmon de), 284.
- --(Prix du), 86, 87.
- --rôti, 177.
- --salé, 132, 133, 148.
- --(Tête de), 267.
- V. _Issue_ et _Pommeaux_.
-
-_Moutons_, _b_, 62, 63.
- --consommés à Paris, _a_, XLIII; _b_, 82, 83, 84, 85.
-
-_Moyen état_ (Gens de). Ce que c’est, _a_, L.
-
-_Mucé-en-Auxois_, _a_, XXI.
-
-_Mue_ de l’épervier, _b_, 311.
- --ou cage pour l’épervier, _b_, 313.
-
-_Muete_ des pans, _b_, 314.
-
-_Muge_ ou _Mugeon_, _b_, 195.
-
-_Mulet_ (Poisson), _b_, 195.
-
-_Mungon_, _b_, 195.
-
-_Municipalité_ parisienne en 1847 très-peu zélée pour
- l’histoire de Paris, _b_, 254.
-
-_Murmuration_, _a_, 37.
-
-_Muscade._ V. _Noix maguettes_.
-
-_Massy-la-Fosse_, _a_, XXI.
-
-_Mystère_ de Griselidis, _a_, 99.
-
-
-N
-
-NANGIS (Guillaume de), _a_, LXXVI.
-
-_Nappe_ (filet), _b_, 314.
-
-_Nappes_, _a_, XL.
- --à franges, 163.
- --changées pendant le repas, XLII.
- --de cuisine, _b_, 123.
- --différentes de touailles, 250.
- --dites indifféremment touailles ou nappes, 219.
- --grosses, 115.
-
-_Nard_, _b_, 112, 219.
-
-NASSAU (Comte de), _a_, 139.
-
-_Navarrois_ au château de Melun, _a_, 149.
-
-_Navets_, _b_, 49, 94, 97, etc.
- --avec venaison, 130.
- --Comment cuits, 144.
- --confits, 244.
-
-NEELLE (Jean de), _b_, 249.
-
-_Neelle_ fleur, _b_, 249.
-
-_Neffles_, _b_, 92 (bis), 101.
-
-_Négligence_, _a_, 40.
-
-_Neux_ du cerf, _b_, 156.
-
-_Nevers_, _b_, 296.
-
-NICOT, cité, _b_, 47 et ailleurs.
-
-_Nid_ des oiseaux captifs, comment fait, _b_, 256, 257. V. _Aire_.
-
-_Nieulles_, _b_, 101.
-
-_Niort_, _a_, 93, 94.
-
-_Nobles_ s’embrassoient, _a_, LXXVII.
-
-_Noces_ (Devis de), _b_, 108 et suiv.
-
-_Noe_ expliqué, _b_, 201.
-
-_Noël_, _b_, 43.
-
-_Noël_ du XVIe siècle rempli de termes culinaires, _a_, XXXIX.
-
-_Noisettes_ (Buvrage de), _b_, 240.
- --confites, 122. V. _Avelaines_.
-
-_Noix_, _b_, 121.
- --confites, 243, 247.
- --pelées, _b_, 92, 101.
-
-_Noix muguettes_ font douloir la tête, _b_, 236.
- --Quelles sont les bonnes, 230.
-
-_Nom_ écrit, donné en témoignage de stipulation, _a_, 132.
-
-_Nomblès_ ou _Nomblet_, _b_, 130, 131, 132.
- --à la sauce chaude, 100.
- --de cerf, 156.
- --de porc, 236; donné à l’épervier, 299.
- --de sanglier, 94, 157 (ou bourbelier).
-
-_Nombres_ qui renvoient à d’anciennes tables, _b_, 91.
-
-_Normandie_ (Moule de), _b_, 205.
-
-_Normands_ boivent beaucoup, _b_, 192.
-
-_Norwége_ (Sacres de), _b_, 323.
-
-_Notre-Dame_ de Mars, _b_, 156.
-
-_Notre-Dame_ de Paris, _a_, 16, 133.
-
-_Nourrices_, _b_, 58.
-
-_Nourriture_ du cheval, _b_, 76.
-
-_Nouvelliste de la Manche_, cité, _a_, XXXV.
-
-_Noyau_ de bœuf, _b_, 86, 133.
-
-_Noyer_ (Escume de), _b_, 263.
-
-
-O
-
-_Obéir_ à son mari, _a_, 96.
- --(Bien vient d’), 128.
- --comment, dans les cas douteux, 155.
-
-_Observations_ de l’auteur. V. _Remarques_.
-
-_Obstacles_ au vol de l’épervier, _b_, 302, 308.
-
-ODINET _de Sens_, _b_, 119.
-
-_Oé._ V. _Oies_.
-
-_Œil_ du cheval, _b_, 77.
- --d’un fruit, 247.
- --(Proverbe sur l’), 15.
-
-_Œuf_ pondu, _a_, 180.
-
-_Œufs_ (Arboulastre d’), 206.
- --à la ténoisie, 209.
- --(Alumelle d’), 208.
- --(Chapitre des), _b_, 206.
- --(Civé d’), 174, 277.
- --Comment les cuire, durcir, etc., 209.
- --heaumés, 208.
- --perdus, 208.
- --pochés en brouet, 172.
- --pour la fromentée, 121.
- --pour la pâtisserie, 110, 111.
-
-OFFÉMONT, _a_, LII; _b_, 249.
-
-_Officiers_ nécessaires à un grand repas, _b_, 114.
-
-_Offrande_, _a_, 19.
-
-_Oies_, _b_, 62, 94, 96, 271.
- --à l’eschinée et à l’andoulle rostie, 98.
- --(Boudin d’), 126.
- --Comment engraissées, 88; en trois jours, 212.
- --en potage, 149.
- --grasses à la dodine, 98.
- --petites, 160.
- --(Prix des), 110.
- --rôties, 180.
- --salées, 94, 97, 133. V. _Oisons_.
-
-_Oignons._ Comment cuits, _b_, 136, 137.
- --Leur odeur odieuse aux faucons, 325.
- --Tuent les mouches, _a_, 173.
-
-_Oiseau de paradis_, _b_, 183.
-
-_Oiseau saint Martin_, _b_, 307.
-
-_Oiseaux_ bons pour l’autour, _b_, 322.
- --comment servis, 182.
- --dans la pâte d’une tourte, 93.
- --de chambre ou en cage, _b_, 62, 253, 256.
- --(Marchand d’), 62.
- --petits sont un mauvais gibier pour l’épervier, 302, 303. V. _Oiselets_.
- --qu’on ne vide pas, 183.
- --rôtis, 181.
- --s’aiment et se suivent, _a_, 92.
-
-_Oiseaux de proie_, _a_, 92.
- --de leurre ou _rameurs_, de poing ou _voiliers_, _b_, 318, 319.
- --Leurs droits, 182.
- --Leurs maladies, 325.
- --Leurs noms, 318.
- --(Marchands d’), 323.
- --Quand ils suivoient les chiens, _a_, LXXVIII; _b_, 318.
-
-_Oiseaux de rivière_ à la dodine, _b_, 91.
- --en pâté, 271.
- --(Saupiquet pour), 233.
- --volés par le lanier, 324.
-
-_Oiselets._ Combien en une écuelle, _b_, 121.
- --en gravé, 121, 150.
- --en rosé, 154. V. _Oiseaux_.
-
-_Oisons._ Comment connoître leur âge, _b_, 180.
- --Comment les engraisser, 180.
- --consommés par le roi, etc., 85.
- --rôtis, 275.
- --(Saulce pour), 231. V. _Oies_.
-
-_Oïttres_, _b_, 102, 103.
- --(Civé d’), _b_, 174, 277.
- --Comment cuites, 137.
-
-_Ongles_ de l’épervier, _b_, 294.
-
-_Onglet_ de bœuf, _b_, 131.
-
-_Oraison._ Qualités qui lui sont nécessaires, _a_, 61. V. _Prières_.
-
-_Orangers_ bien connus en France au XIVe siècle, _b_, 110.
-
-_Oranges_, _b_, 108.
- --avec du poisson, 195.
- --de poucins, 276.
- --(Jus d’) sur perdrix, 183, et sur poucin, 232.
- --(Pommes d’), 107, 110.
-
-_Ordonnances_ de février 1349-50, et 3 mai 1351 sur les épices, _b_, 112.
- --de février 1350-1, _a_, 169; _b_, 57, 58.
- --de 1387 et 1388 sur la maison du roi, _a_, XL, 237; _b_, 114.
-
-_Ordre_ donné à tous n’est pas exécuté, _b_, 61.
-
-_Oreilles_ de cheval, _b_, 73.
- --d’homme tirées pour frapper la mémoire, _b_, 40.
-
-_Orengat_, _b_, 112, 265.
-
-_Orenge._ V. _Oranges_.
-
-_Orfin_, _b_, 198.
-
-_Orge_ en boisson et donnée à la poulaille, _b_, 238.
- --mondée, 241, 271.
-
-ORGEMONT (Pierre d’), _a_, XIX, 148.
-
-_Orgueil_, _a_, 29, 31; _b_, 9.
-
-_Orillettes_, _b_, 96, 103.
-
-_Orilliers_, _a_, 238.
-
-_Orine_, expl., _b_, 238.
-
-ORLÉANS (Le duc d’), cité dans le _Ménagier_, _a_, XXII, LXXXI; _b_, 380.
- --Sa consommation, _b_, 85.
- --Ses maisons, 254. V. _Longueville_.
-
-_Orloges_, _b_, 257.
-
-_Orphie_, _b_, 198.
-
-_Orpiment_, _b_, 325.
-
-_Orte_ (Saffran d’), _b_, 246.
-
-_Orthographe du Ménagier_, _a_, LXI.
-
-_Orvale_, _b_, 44.
-
-_Oscille_, _b_, 44, 46.
- --(Vertjus d’), 111, 229.
-
-_Otages_ en Angleterre, _a_, LXXXI, 149.
-
-_Ottour._ V. _Autour_.
-
-_Oublées._ V. _Oublies_.
-
-_Oublies_, _a_, XLIII; _b_, 99, 107, 109, 110, 121.
-
-_Oubloier_, _b_, 121, 122.
- --ce qu’il fournit pour une noce, 109.
-
-_Ours_ apprivoisés, _a_, 144.
- --(Venaison d’) contrefaite, _b_, 155, 179.
-
-_Outarde_ rostie, _b_, 181.
- --(Vol à l’), 309, 310, 321, 324.
-
-_Ouvrages_ cités, _a_, LXV.
- --consultés par l’auteur, _a_, XXXII et suiv. V. _Livres_.
-
-_Oyers_, _b_, 88.
-
-_Ozeille._ V. _Oseille_.
-
-
-P
-
-PACY (Jacques de), _b_, 253.
-
-_Paelle_ à anse, _b_, 115, 123.
- --à faire les crespes, 226.
- --à faire les fritures d’enfer, _a_, 31.
- --de cuisine, _b_, 106.
- --de fer, 115, 123.
-
-_Pages_ du duc de Berry. Leur nourriture, _b_, 85.
-
-_Parler_ folement, _a_, 48.
-
-_Paille_ dans les maisons, _a_, 171.
-
-_Paillier_ (Canards de), _b_, 89.
-
-_Pain_ blanc plat, _b_, 109.
- --brun, 236.
- --chapelé, 114.
- --Comment le broyer, 87.
- --cornu (proverbe), 36.
- --de bouche, 38.
- --de chapitre, _a_, XXXIX.
- --de Corbeil, 38, 109.
- --de tranchoirs, leur dimension, 109, 110.
- --meilleur que froment (proverbe), 21.
- --pour tranchoirs et pour chapeler, 106.
- --(Prix du), 109.
-
-_Paire_ d’eaux, _b_, 214.
-
-_Paisibles_ (Gens), à rechercher, _b_, 54, 56.
-
-_Paissonoir_, _b_, 294.
-
-_Paix_ (Éloge de la), _a_, 56.
-
-_Palettes_ pour tuer les mouches, _a_, 173.
-
-_Pampes_ de rose, _b_, 253.
-
-PAMPHILE, _a_, LXXXIII.
-
-_Panais_, _b_, 44.
-
-_Pance_ de mouton, porc, veau, etc., _b_, 128, 129.
-
-_Panoit_, _b_, 44.
-
-_Paons_, _b_, 99.
- --Comment nourris, _b_, 256.
- --en entremets, _a_, XLII.
- --rôtis, _b_, 181.
-
-_Papier_ (Dépenses écrites sur), _b_, 56, 58.
- --(Encre pour), 275.
- --huilé aux fenêtres, _a_, 174.
-
-PAPIRIUS (Histoire de), _a_, 179.
-
-_Parchemin_ aux fenêtres, _a_, 173.
- --(Encre pour le), _b_, 275.
-
-_Parement_ (Chambre de), _a_, XLIII; _b_, 107.
-
-_Parer_, expl., _b_, 238.
-
-_Paresse_, _a_, 39; _b_, 11, 17.
-
-_Paris_ (Consommation de), _a_, XLIII, XLV, XLVI; _b_, 80.
- --(Eaux de), _b_, 134.
- --Évêque de Paris à table, 104, 106.
- --maltraité en 1383, _a_, 135, 136.
- --(Oiseaux de proie vendus à), 323.
- --(Population de), _a_, XLIII, XLVI. V. _Boucheries_,
- _Épitaphes_, _Hôtels_, _Rues_, etc.
-
-_Paris sous Philippe le Bel_, cité, _a_, XLVI, XLVII, LXXXV.
-
-PARIS (M. Paulin), cité, _a_, XIX, LXII, LXVIII, 186; _b_, 4, 253.
-
-_Parisis_ (monnoie), _b_, 128.
-
-_Parlement_ (Registres du). Leur style, _a_, XXIX. V. _Plaidoieries_.
-
-_Parler_ peu, _a_, 178; _b_, 16.
-
-_Paroles_ abondantes ou plaisantes nuisent, _a_, 178.
- --déshonnêtes à défendre aux domestiques, _b_, 59.
-
-_Part de Dieu_, _b_, 115.
-
-_Partie_ de chasse au XIVe siècle, _a_, L.
-
-_Parvis_ (Boucherie du), _b_, 83, 84.
-
-_Pasquerés_, expliqué, _b_, 49, 126, 138, 143, 183.
-
-_Passage Charlemagne_, _b_, 255.
-
-_Passerose_, _b_, 249.
-
-_Pasteaux_ de guède, _b_, 214.
-
-_Pastés_ blancs, _b_, 102.
- --(Chapitre des), 185.
- --d’aloés, _b_, 92.
- --d’anguilles, 94.
- --d’argent, 96.
- --de bœuf, 93, 94, etc., 133, 186.
- --de bœuf et de mouelle, 94.
- --de bouli lardé, 186.
- --de bresmes et saumon, 93, 94, etc.
- --de chapons, 92, 93, 98.
- --d’escheroys, 185, 228.
- --de gibier, 186.
- --de gornaux, 95.
- --de lapereaux, 108, 121.
- --de maquerel, 196.
- --de mouton, 186.
- --de mulet, 195.
- --de pigons, 271.
- --de pinparneaux, 91, 92.
- --de porc, 271.
- --de potirons, _a_, XXXIX.
- --de poucins, _b_, 185.
- --de turtres et d’alouettes, 101.
- --de vache, 96, 100.
- --de veau ou veel, 91, 92, 186.
- --de venoison, 155, et d’oiselets, 95, 97, 185.
- --d’oés, poules, etc., 271.
- --d’oiseaux, 271.
- --en pot, de mouton, 148.
- --norrois, 92, 93, etc., 223.
- --(Petits), 118, 277.
- --(Sauce à mettre en), 236.
-
-PASTOUREL (Jean), _b_, 105.
-
-_Patenostre_ dite sans distraction, _a_, 21.
-
-_Patisseries_, _a_, XLIII; _b_, 115.
-
-_Paturon_, _b_, 74.
-
-PAUL (Saint), cité, _a_, 56, 59, 63.
-
-PAUL-DIACRE, cité, _a_, 68.
-
-_Paulmoïer_ ou _Paumoyer_, expl., _b_, 222, 271.
-
-_Pauvreté_, _b_, 18.
-
-_Pavot_, _b_, 44.
-
-_Pêches_, _b_, 118, 245.
-
-_Péchés_ mortels, _a_, 28.
-
-_Pele_ (poële), _b_, 111. V. _Paele_.
-
-_Pénanciers_, _a_, 175.
-
-_Penne_ sous le pied de l’oiseau enrhumé, _b_, 320. V. _Fourrure_.
-
-_Pépie_ des oiseaux, _b_, 325.
-
-_Perceau_, _b_, 249.
-
-_Perche_ branlant pour éveiller l’oiseau, _b_, 315.
- --de l’épervier, garnie, 313.
- --mouillée, dangereuse, 299.
-
-_Perche_ (mesure), _b_, 47.
-
-_Perche_, _b_, 175, 187.
- --au percil, 102.
- --(Coulis de), 242.
-
-_Percil._ V. _Persil_.
-
-_Perdriaulx_, _b_, 186.
- --à l’eau rose, 275.
- --à l’orange, 276.
- --(Chasse aux), _b_, 280, 308.
- --faits de poucins, 212.
- --mangés au sel, 213.
-
-_Perdrix_, _b_, 85, 91, 92, 98, 101.
- --à l’eau rose, 275.
- --à l’orange, 276.
- --(Chasse des), 307.
- --Comment mangées, 183.
- --jeunes, bonnes à chasser, 309.
- --Où les chercher, 301, 307.
- --Quand adouées, 183.
- --Quelles sont les fraîches, 90.
- --vieilles à prendre au voulon, 309.
- --volées par le lanier, 324.
-
-PERIERS (Bonavent. des), _b_, 380.
-
-_Péronne_, _a_, LIX; _b_, 381.
-
-_Pers_ (bleu). (Comment détacher les robes de), _b_, 66.
-
-_Perse_ (Princes de), chassent à l’oiseau, _a_, LI.
-
-_Persil_, _b_, 45, 46, 49.
- --Racines de persil confites, 245. V. _Houssié_ et _Larder_.
-
-_Pertes_ (village), _a_, 68.
-
-PÉRUSE (Comtesse de), _a_, 110, 113, etc.
-
-_Pès_ de Chastellier, _b_, 97, 103.
- --d’Espaigne, _ib._
-
-_Pesches_, _b_, 118.
- --confites, 245.
-
-_Pessouer_, _b_, 294.
-
-_Pestail_, _b_, 115, 123, 271.
-
-PETIT (Jean), _b_, 115.
-
-PÉTRARQUE, _a_, 99, 124.
-
-PHARAON, _a_, 79.
-
-_Philicon (quid?)_, _b_, 219.
-
-PHILIPPE AUGUSTE, _b_, 84.
-
-PHILIPPE DE VALOIS, _a_, 139, 149.
-
-PHILIPPE LE BEL. Compte de ce prince, _a_, 169.
-
-_Pias_, _b_, 300.
-
-_Picard_ (Dialecte), _a_, LVII.
-
-_Picardie_, _b_, 126.
-
-PICQUE (Richard), _a_, LXX; _b_, 61, 115.
-
-_Pieds_ de bœuf, _b_, 129, 132, 145.
- --de cheval, 74, 77.
- --de chevreau, 145.
- --de mouton, 129, 132, 145,
- --lavés, _a_, 169, 238.
-
-_Pierre-au-lait_, _a_, LXXXV; _b_, 113.
- --(Échevins de la), _a_, LXXXV.
-
-PIERRE (François), dit _La Varenne_, _a_, XXXVIII.
-
-_Pies_ (Dresser l’épervier aux), _b_, 300.
- --tuées à l’arbalète et mangées, 267.
- --(Vol aux), 311.
-
-_Pigeons_, _b_, 62, 110, 121.
- --à l’orange, 276.
- --au sucre, 275.
- --avec choux, 144.
- --consommés à la cour, 85.
- --en pasté, 271.
- --lardés, 178.
- --mauvaise nourriture pour l’épervier, 287, 306, 311.
- --sauvegarde singulière, _a_, 69. V. _Coulons_.
-
-_Pignolat_, _b_, 225.
- --contrefait, _ib._
-
-_Pigons_, V. _Pigeons_.
-
-_Pilette_ (flèche), _b_, 267.
-
-_Pince-mérille_ (jeu), _a_, LXXVII, 71.
-
-_Pinperneaux_ en pâté, 91, 92.
- --rôtis, _b_, 101, 103, 191.
-
-_Pintes_ (à boire), _b_, 115.
- --d’étain, 123.
-
-_Pipefarces_, _b_, 92, 95, etc., 227.
-
-PISAN (Chr. de), _a_, LXVII; _b_, 119.
-
-_Pise_, _b_, 93. V. _Tourtes_.
-
-_Pivoine_, _b_, 49.
-
-_Placebo_ (Jouer de), (flatter,) _b_, 25.
-
-_Plaideurs_, _a_, 44.
-
-_Plaidoieries_ du parlement, _a_, LXXII; _b_, 116 et
- _passim_. V. _Plais_ et _Parlement_.
-
-_Plain_ (Vin), _b_, 174.
- --expliqué, _b_, 193.
-
-_Plais_ (Épervier porté aux), _b_, 296.
-
-_Plais._ Voyez _Plies_.
-
-_Plaisir_ du mari le premier suivi, _a_, 97.
- --quel qu’il soit, 155.
-
-_Plan de tapisserie_, _a_, LXXIII; _b_, 255.
- --de Turgot, _a_, LXXIII; _b_, 80.
-
-PLANCHER (Dom), _a_, LIX.
-
-_Planter_ (Quand), _b_, 43, 44.
-
-_Plastreau_, expliqué, _b_, 68.
-
-_Plat_ (Cheval). Ce que c’est, _b_, 74.
-
-_Plats._ Comment servis, _a_, XLI, XLII.
- --couverts, _b_, 106.
- --grands, 115, 123.
- --petits en étain, 115; en grand nombre, 123.
-
-_Plays._ V. _Plies_.
-
-_Pleiges_ (répondans), des domestiques, _b_, 58. V. _Caution_.
-
-_Plies_, _b_, 88, 202.
- --en l’eau, 93, 95, 97, etc.
-
-_Plommé_, expl., _b_, 240.
-
-_Plouviers_, _b_, 98, 101.
- --mangent du vent, non vidés, 183.
-
-_Pluie_ mauvaise pour l’épervier, _b_, 299.
-
-_Plumage_ de l’épervier, _b_, 292.
- --des canards, 89.
-
-_Plumer_ à sec, _b_, 181.
-
-_Plumes_ cassées, comment les raffermir, _b_, 302.
- --de l’épervier marquées par les _faims_, 287.
- --des ailes des oiseaux, 89.
- --des perdrix, 90.
- --ou cures pour l’épervier, 297, 298, 312.
-
-_Pluviers._ V. _Plouviers_.
-
-_Poële._ V. _Paele_.
-
-_Poëliers_, _a_, LXXXVII.
-
-_Poids_ (Gros), expl., _b_, 248.
-
-_Poinçon_ (tonneau). Sa contenance, _b_, 244, 249, 260.
-
-_Poireaux._ V. _Poreaux_.
-
-_Poirée._ V. _Porée_.
-
-_Poires_, _b_, 92, 121.
- --confites, 245.
- --cuites, 92, 267.
- --d’angoisse, 267.
- --vermeilles en hiver, 250.
-
-_Pois_, _b_, 49.
- --au craspois, 136.
- --au lard, 135, 136.
- --coulés, 91, 96, etc., 136.
- --daguenets, 100.
- --Dans quelle eau cuisent, 134.
- --en cosse et au lard, 136.
- --nouveaux, 136.
- --percés, 50.
- --vieils en potage, 134.
- --vieils jaunis, 136.
-
-_Poisières_, _b_, 307.
-
-_Poisons_ pour cerf ou sanglier, _b_, 258.
-
-_Poisson_ d’eau douce, _b_, 92, 93; (Chapitre du), 187.
- --de mer, 92, 93.
- --de mer, plat (Chapitre du), 201.
- --de mer, rond (Chapitre du), 194.
- --froid au potage jaunet, 175.
- --en galentine, 174.
-
-_Poitevine_ (Sauce), _b_, 234.
-
-_Poitiers_, _a_, 94.
-
-_Poitou_ (Chevauchée de), _a_, XLV. V. _Niort_.
-
-POITRINE (Jeh.), _b_, 119, 120.
-
-_Poitrine_ de bœuf, _b_, 86, 87, 131.
-
-_Poivre_ aigret ou jaunet, _b_, 178, 232.
- --long, 112.
- --noir, 233.
-
-_Poles_, _b_, 203.
-
-_Pommeaux_, _b_, 97, 103, 222.
-
-_Pommes_ (Breuvage de), _b_, 79.
- --cuites, 101, etc.
- --de blandureau, 111, 122.
- --de rouvel rôties, 106.
- --en riquemenger, 268. V. _Oranges_ et _Grenades_.
-
-_Pommettes_ de fressure d’agneau, _b_, 222.
-
-_Pompons_, _b_, 273.
-
-_Ponctuation_, _a_, LXI.
-
-_Pont-sur-Yonne_, _a_, 68.
-
-_Pontife_ (Fromage comparé au), _b_, 146, 147.
-
-PONTONNIER (Jean le), _b_, 82.
-
-_Porcs_, _b_, 62, 266, 268.
- --(Boyaux de) comment lavés, 160, 228.
- --(Chaudun de), 160.
- --consommés à Paris, _a_, XLIII; _b_, 82, 83, 84, 85.
- --en pasté, _b_, 271.
- --en rissole, 225.
- --eschaudés et rostis, 178.
- --(Filet de cuisse de), 287.
- --(Fressure et boyaux de), 158, 228.
- --(Hastelets de chaudun de), 228.
- --(Issues de), 128.
- --jaunis à l’air, 126.
- --mis au saloir en Picardie, 126.
- --(Pieds de), 237.
- --Quand les tuer, 125. V. _Cochon_, _Pourceau_,
- _Pourcel_, _Pourcelet_, _Sous_, _Ver_, _Vinaigrette_.
-
-_Porc de mer_, _b_, 198.
- --en entremets, _a_, XLII.
-
-_Porc épic_ (Hôtel du), _b_, 254.
-
-_Poreaux_, _b_, 50.
- --à chapons, 98.
- --aux amandes, 99.
- --blancs, 96.
-
-_Porée_, _b_, 44, 47.
- --au lait d’amandes, 142.
- --blanche, 94, 95, 139.
- --blanche de bettes, 140.
- --de bettes, 137, 140.
- --de cresson, 102, au lait d’amandes, 140.
- --de minces, 142.
- --d’été, de caresme, etc., 48, 49.
- --noire, 93, 97, etc., 142.
- --nouvelle, 141.
- --verte, 107, 139, 141, 142.
- --vieille, 141.
-
-_Portages_ (ports), des provisions, _b_, 123.
-
-_Porte de Paris_, _b_, 80, 122, 132.
-
-_Portes_ (oublies?), _b_, 110, 122.
-
-_Portechappes_, _a_, XLI; _b_, 114.
-
-_Portefaix._ Leur caractère, _b_, 54.
-
-_Porteurs_ à l’enfeutrure, _b_, 53.
- --d’eau, 115.
-
-_Portugais_ à la cour de Bourgogne, _b_, 273.
-
-_Portugal_, _a_, LXVI.
- --(Jardiniers de), _b_, 273.
-
-Potage aoursé (brûlé), _b_, 87, 124, 137, 263.
- --de Lombards, 171.
- --de pois vieils, 134.
- --d’une petite oé, 149.
- --écartelé, 91, 216.
- --jaunet, 175.
- --maigre, 148.
- --parti, ou faux grenon, 216.
- --pour faire issue, appelé _Gelée_, 100.
-
-_Potages_ à épices non lians, _b_, 147.
- --communs sans épices, 134.
- --d’épices, leur saison, 242.
- --(Épices pour les), 107.
- --lians, 87.
- --lians de chair, 158.
- --Manière de les dessaler et d’en ôter l’arsure, 262, 263.
- --qui s’en vont sur le feu, 88.
-
-POTARD (Jean), _b_, 116.
-
-POTARDE (Perrette), _b_, 116.
-
-_Potirons_ (Pâté de), _a_, XXXIX.
-
-_Pots_, à aumône, _b_, 115, 118, 123.
- --Combien loués, 124.
- --de cuivre pour la vaisselle, 115, 122.
- --de diverses sortes, 115.
- --de terre, à vin, 123.
- --pour la gelée et la cameline, 114.
- --pour potages, 123.
-
-_Poucins_, _b_, 108, 160.
- --à la mode lombarde, 185.
- --à l’eau bénite, 275.
- --à l’eau b. d’oignons, 276.
- --à l’orange, 276.
- --à porter à la chasse, 300, 306.
- --Combien pour un dîner, 110.
- --Comment engraissés, 212.
- --Comment faisandés, 181.
- --en froide sauge, 215.
- --en pasté, 185.
- --en rosé, 154.
- --farcis, 212.
- --mangés en trois fois par l’épervier, 306.
- --nourris avec des éperviers, 285.
- --(Perdreaux faits de), 212.
- --(Prix des), 110, 121.
- --rôtis, 180, 232. V. _Poulets_.
-
-_Poudre_ blanche, _b_, 122.
- --de canelle, 122.
- --de duc, 248.
- --fine, 122, 247.
- --pour tuer les loups, 63.
-
-_Poulailles_, _b_, 85.
- --farcées, 213.
-
-_Poulaillier._ Ce qu’il fournit pour un repas de noces, _b_, 110, 122.
- --du roi, etc., 85.
-
-_Poules_, _b_, 62, 271.
- --aux herbes, 100.
- --farcies, 268.
-
-_Poulet_, _b_, 165.
- --(Coulis d’un), 242.
- --Cols de poulets en coulis, _ib._
-
-POUPART (Charles), argentier du roi, _a_, XXX.
-
-_Pourceau_, _b_, 62.
- --(Groin de), nécessaire au serviteur, 23.
- --jaunit à l’air, 126. V. _Porc_, _Pourcel_, _Pourcelet_, _Cochon_, etc.
-
-_Pourcel_ (Soux de), _b_, 231.
-
-_Pourcelet_ farci, _b_, 178.
- --lardé, 178.
- --(Sous de), 215.
-
-_Pourpois_, _a_, LXXXIV; _b_, 103, 198.
-
-_Poux_ des oiseaux, _b_, 325.
-
-_Précautions_ à prendre avec les hommes de peine, _b_, 54.
-
-_Président_ du parlement, _b_, 104.
- --Comment placé et servi à table, 106.
-
-_Présomption_, _a_, 42.
-
-_Presse._ V. _Foule_.
-
-_Prêter_ 12 pour 13, _a_, 46.
-
-_Prêtres_ discrets, _a_, 162.
-
-_Prévôts_ de Paris, _b_, 254, 255.
- --(Hôtel des), 255.
-
-_Prières_, _a_, 10, 11, 12. V. _Oraison_.
-
-_Prime_ (Heure de), _a_, 48.
-
-_Prix_, cités dans le _Ménagier_, comment les interpréter, _a_, XXXI.
- --de la bougie, _b_, 112.
- --de la canelle, 111.
- --de la chair, 128, 132.
- --de la cire, 112.
- --de la graisse, 82.
- --de la loche, 220.
- --de l’argent, 86.
- --de la vaisselle, 124.
- --de la volaille, 110, 119, 120, 121.
- --de l’eau, 123.
- --de l’herbe verte, 124.
- --de l’ypocras, 112.
- --des amandes, 111.
- --des bonbons, 112.
- --des carrotes, 245.
- --des cochons, 120, 220.
- --des cuirs de bœuf, 82.
- --des écrevisses, 220.
- --des épices, 111.
- --des flambeaux, 112, 124.
- --des fleurs, 116, 123.
- --des ménestrels, 123.
- --des morceaux de bœuf, 86, 87.
- --des moutons, 82.
- --des nappes, 124.
- --des oublies, 107, 109.
- --des perdreaux, 120.
- --des pots d’étain, 124.
- --des sergens, 124.
- --des tables, tréteaux, etc., 116, 123.
- --des torches, 112, 124.
- --des verres, 124.
- --du blé, 109, 111.
- --du bois à brûler, 113.
- --du charbon, 113.
- --du froment mondé, 111.
- --du galanga, 112.
- --du gingembre, 111.
- --du girofle, 111.
- --du macis, 112.
- --du mouton, 86, 87.
- --d’un cuisinier, 114, 123.
- --d’un hôtel pour une noce, 116, 123.
- --du pain, 109.
- --du poivre, 112.
- --du ris, 111.
- --du safran, 111.
- --du sucre, 111.
- --du veau, 86, 87, 221.
-
-_Procureur_ au chatelet et au parlement, _a_, LXXVIII, LXXXV.
-
-_Procureur du roi_, _b_, 104, et note.
- --Où placé à table, _b_, 106.
-
-_Procureur général._ Remarques sur ces mots, _a_,
- LXXVIII, LXXIX; _b_, 104, 106.
-
-_Prouesse_, _a_, 57.
-
-_Provence_ (Figues de), _b_, 101.
-
-_Proverbes_, _a_, LXXXVII, 169, 178; _b_, 4, 15,
- 21, 37, 56, 70, 114, 125, 156, 292.
-
-_Proverbiale_ (Façon de parler), _a_, XLVII.
-
-_Provins_ (Roses de), _b_, 252.
-
-_Provisions_, par qui achetées, _b_, 117.
-
-_Prudence_, femme de Mellibée, _a_, 186 et suiv.
-
-_Prunelles_ de haie, _b_, 235.
-
-_Prunier_ enté sur vigne, _b_, 51.
-
-_Psaultier_, _b_, 129, 132.
-
-_Pucelle_ (Conditions de la), _b_, 72.
-
-_Puces._ Comment les chasser, _a_, 171.
-
-_Purée_, _b_, 102.
- --expl., _b_, 135, 137.
- --A quoi elle sert, 136, 137.
-
-_Purer_, expliqué, _b_, 135.
-
-
-Q
-
-_Quadragésimal spirituel_, _a_, LXXIII; _b_, 45.
-
-_Quarrel_ fondant sous le pied, _b_, 204.
- --ou _Quarreau_ (brochet), 88.
-
-_Quarrelet_, _b_, 202.
-
-_Quartes._ Ce que c’est, _b_, 106.
- --d’argent, _a_, XL; _b_, 118.
- --d’étain, 115, 123.
-
-_Quatre-de-chiffre_, _a_, LXXXIV.
-
-_Quayeu_ (Moule de), _b_, 205.
-
-_Quelboe_, _b_, 204.
-
-_Quelrel_, _b_, 204.
-
-QUENTIN (Thomas), _a_, 237.
-
-QUENTINE (Jeanne la), _a_, 237.
-
-_Queue_ (tonneau), _b_, 67.
-
-_Queue_ de cheval, _b_, 72, 75.
- --de l’épervier, _b_, 312.
- --de sanglier, 155, 179.
- --de sanglier à la sauce chaude, 93, 96.
- --Sauce dite _Queue de sanglier_, 179, 236.
-
-_Queue._ V. _Balay_.
-
-_Queue-en-Brie_ (La), _a_, LXXXV.
-
-_Queurie._ V. _Cuisine_.
-
-_Queux_ (Grand), de France, _a_, XL.
-
-_Queux_ (Aides des), _b_, 123.
- --(Attributions d’un), _a_, XL; _b_, 117.
- --loué, 114.
- --(Salaire d’un), 123.
- --(Terme technique des), 164.
-
-_Qui féri_ (jeu), _a_, 71.
-
-
-R
-
-_Raales_ des champs, _b_, 310.
-
-RACHEL, _a_, 85.
-
-_Rafan_, _b_, 246.
-
-_Raffle_ racine, _b_, 246.
-
-_Rage_ (Conjuration contre la), _b_, 259.
-
-_Raie._ V. _Raye_.
-
-_Raifort_, _b_, 246.
-
-_Raisin._ V. _Roisins_.
-
-_Raison._ Avantages qu’elle procure, _b_, 29.
-
-_Ramage_ (Épervier), _b_, 314, 320.
-
-_Ramiers_ (Coulons), _b_, 89, 133.
-
-_Ramolles._ V. _Raniolles_.
-
-_Rancune_, _a_, 40.
-
-_Rangs_ peu marqués dans les relations sociales, _a_, L. V. _Bourgeois_.
-
-_Raniolles_, _b_, 93, 97.
- --lombardes, _b_, 95.
-
-_Rape_, _b_, 77.
-
-_Rapine_, _a_, 45.
-
-_Rappé_, _b_, 168.
-
-_Rate_, _b_, 132.
-
-_Ratières_, _b_, 64.
-
-_Rats_, bons pour les oiseaux, 312, 313, 326.
- --Comment les détruire, _b_, 64.
-
-_Raves_, _b_, 49.
-
-_Raye_, _b_, 201, 202.
- --(Aulx camelins pour), 201, 230.
- --bouclée, lisse, etc., 201.
- --(Galentine pour), 202.
- --notrée, 201.
-
-RAYMONDE, _a_, 68.
-
-_Rebat_, _b_, 291.
-
-REBECCA, _a_, 85.
-
-_Recettes_ dont l’auteur doute. V. _Remarques_.
- --empruntées, _a_, XXXIV.
-
-_Réclamer_, expl., _b_, 284, 296, 297, 299, etc., 314.
-
-_Recommanderesses_, _b_, 58.
-
-_Recoupes_, _b_, 89.
-
-_Recréance_, expl., _b_, 295, 296, 297, 299, etc.
-
-_Recueil de tous les oiseaux de proie_, etc., _a_, LXVI.
-
-_Redefort_, _a_, LXIX.
-
-_Regard_ (Joli passage sur le), _b_, 14.
-
-_Regard_ (Jour du), _b_, 118, 122, 124.
-
-_Réglisse_ (Quelle est la bonne), _b_, 238.
-
-REIFFENBERG (M. le baron de), _a_, LIII.
- --Son article sur le _Ménagier_, LV.
-
-_Reims_, _a_, LXX.
-
-_Reine_ (Dépense de la) et de ses enfans, _b_, 85.
-
-_Reine_ de Navarre, _a_, 240.
-
-_Reines_ blanches, _b_, 123.
- --de France ne lisent seules que les lettres autographes des rois, _a_, 75.
- --n’embrassent que le roi, 76, _b_, 381.
-
-_Réjouir_ (Tout le monde aime à se), _a_, 154.
-
-_Relations des ambassadeurs vénitiens_, citées, _a_, XLVII.
-
-_Religieux de Saint-Denis_, cité, _a_, 135, 136.
-
-_Remarques_ critiques[1612] de l’auteur sur des recettes, _a_, XXXI; _b_,
- 66, 85, 93, 106, 129, 153, 158, 161, 162,
- 164, 166, 167, 179, 190, 235, 236, 269.
-
-_Remèdes_ pour les chevaux, _b_, 77.
-
-_Remere_, expl. _b_, 307.
-
-_Renart_ (Conditions du), _b_, 72.
- --Recette pour les détruire, 63.
-
-RENAUD de Louens, _a_, 186.
-
-_Renodie_ (La). V. _Sainte-Aulaire_.
-
-_Renoulles_, _b_, 222.
-
-_Renseignemens_ à prendre sur les chambrières, _b_, 57.
-
-_Renverser_ une anguille, _b_, 191.
-
-_Repas_ des domestiques, _b_, 70.
- --(Ordre d’un), _a_, XL; _b_, 103 et suiv.
-
-_Repos_ trompe les gens, _b_, 40.
-
-_Reprise_ des torches par l’épicier, _b_, 123.
-
-_Requêtes_ de l’hôtel, _a_, LXXIX.
-
-_Ressatir_, _b_, 299.
-
-_Restes_ des tables, _b_, 117.
-
-_Restraintif_ pour les chevaux, _b_, 77, 79.
-
-_Retrait_ de la reine, _b_, 62.
-
-_Rets saillant_, _b_, 314.
-
-_Révolution_ a diminué la consommation de la viande, _a_, XLVI.
-
-_Rhombus_, _b_, 203.
-
-_Rhume_ de l’épervier, _b_, 319, 320.
-
-_Riagal_ (aconit), _b_, 64.
-
-_Ribaude._ Mauvais mot, _b_, 60.
-
-_Ribelette_, expl., _b_, 139, 142.
-
-_Richebourg_, _a_, LIX.
-
-RICHEMONT (Arthur de), _b_, 254.
-
-_Riches_ gens mangent des limaçons, _b_, 223.
-
-_Rique-menger_, _b_, 268.
-
-_Rire_ (Comment), _b_, 26.
-
-_Ris_, _b_, 214.
- --battu, 111.
- --engoulé, 91, 92, 98, etc.; 214, 243.
- --et amandes frites dessus, 107.
- --(Fleur de), 122.
-
-_Rissoles_, _b_, 88, 92, 93.
- --à jour de poisson, _b_, 225.
- --à jour de chair, _ib._
- --de brochet, 188.
-
- --de mouelle de bœuf, 84, 97, etc.; 226.
- --en carême, 225.
-
-RIVIÈRE (Bureau de la), _a_, LXVI; _b_, 46, 380.
-
-_Robe_, expl., _b_, 67.
-
-_Robes_ à visiter, _b_, 65.
- --Comment les détacher, nétoyer, etc., _b_, 65 et suiv.
- --d’une bouchère, 82.
-
-_Robeslinges_, _a_, 169, 238, 239.
-
-ROCHEFORT (Jean de), _a_, 150.
-
-_Rochelle_ (Vin de la), _b_, 38.
-
-_Rocs_ d’échiquier, _a_, XLVII, 7; _b_, 381.
-
-RODOALD, _a_, 70.
-
-_Rogne_ du cheval (gale), _b_, 75, 77.
-
-ROHAN (Vicomte de), _b_, 321.
-
-_Roi_ (Consommation du), _b_, 85.
- --(Étaux du), 200.
-
-_Roi-qui-ne-ment_ (Jeu du), _a_, 7.
-
-_Roi (Ne pour), ne pour roc_, _a_, XLVII; _b_, 380.
-
-_Rois._ Étoffe grossière, ou vêtement grossier, _a_, LXXXIII; _b_, 32.
-
-_Roisins_, _b_, 101, 118.
- --de Digne, sans pepins, 246.
- --sans pepins, 50. V. _Morillon_ et _Moust_.
-
-_Roissoles._ V. _Rissoles_.
-
-_Romain_ (Pauvre) fait empereur, _a_, 98.
-
-_Romaine_ (Histoire de la), _a_, 158.
-
-_Romaine_ (Laitue), _b_, 46.
-
-_Romainville_, _a_, LXXXV.
-
-_Roman de la Rose_, cité, _a_, 75.
-
-_Romarin_, _b_, 53, 106, 231.
- --Manière de l’envoyer loin, 53.
-
-_Roménie_ (Sacres de), _b_, 323.
-
-ROMILDE, duchesse de Frioul, _a_, 70.
-
-_Rondeaux_ sur Aubriot, _a_, LXXXVII.
-
-_Rongne_, _b_, 75, 77.
-
-_Ront_ (poisson), _b_, 203.
-
-ROQUEFORT (J. B. B. de), _a_, LXXI, etc.
-
-ROQUELAURE (G. J. B. duc de), _b_, 83.
-
-_Rosé_ (plat), _b_, 95.
- --d’alouettes, 94, 97, 154.
- --de lapereaux, 93, 97, 154.
- --de poucins, 154.
- --d’oiselets, 154.
-
-_Rosé_, (_quid_?), _b_, 252.
-
-_Roses_ de Prouvins, _b_, 252.
- --gardées en hiver, 52, 251, 252. V. _Fleurs_.
-
-_Rosiers_, _b_, 49.
-
-_Rosses_ (poisson), _b_, 194.
-
-_Rost_ de char (Chapitre du), _b_, 177.
- --Le meilleur qu’on peut, 93, 95, etc.
-
-_Rôtisseur._ V. _Oyers_.
-
-ROUBAIS (Isabelle de), _a_, LIX.
- --(Jean de), LVIII.
- --(Marguerite, dame de), LVIII et suiv.; _b_, 272.
- --(Pierre de), _a_, LVIII, LIX, LX; _b_, 275;
- prend Péronne en 1465, _a_, LIX.
-
-_Roubais_ (Église de), _a_, LIX.
-
-_Rouen_, _a_, 135.
-
-_Rouget_, _b_, 100, 101, 197.
- --(Espimbèche de), 175.
-
-_Rougir._ Bon signe chez une chambrière, _b_, 59.
-
-_Rouillée_ de bœuf, _b_, 163.
-
-ROUSSEAU (Guiot), _a_, 68.
-
-_Rousset_ (Brouet), _b_, 164.
-
-_Rue_ Charlemagne, _b_, 254.
- --Culture-Ste-Catherine, 254.
- --d’Avignon, _a_, LXXXV.
- --de Braque, _b_, 84.
- --de Galilée, 255.
- --de Jouy, _a_, XXI; _b_, 254.
- --de la Heaumerie, 113.
- --de la Pierre-au-Lait, _a_, LXXXV. V. _Pierre_.
- --de la Savonnerie, _b_, 113.
- --de la Verrerie, 116.
- --de la Vieille-Monnoie, 113.
- --de Lormerie, _ib._
- --des Arcis, 113.
- --des Billettes, _a_, LXXXV; _b_, 116.
- --des Écrivains, 113.
- --des Prêtres-Saint-Paul, 254, 255.
- --du Mûrier, _a_, LXXXV.
- --du Petit-Crucifix, _b_, 113.
- --du Porche-Saint-Jacques, _a_, LXXXV; _b_, 113.
- --Jean-Lecomte, _a_, LXXXV.
- --Percée, _a_, XXI; _b_, 254.
- --Saint-Antoine, _b_, 254, 255.
- --Saint-Jacques-la-Boucherie, 113.
- --Simon-le-Franc, 116.
- --Trognon, _a_, LXXXV. V. _Tenue_.
-
-_Rue_ (Plante), _b_, 319, 320.
-
-RUEL (Jeh. de), _b_, 120.
-
-_Rues_ (Éperviers portés dans les), _b_, 296.
- --Leurs noms constamment changés par la municipalité actuelle de Paris, 254.
-
-_Rues et églises de Paris_, _a_, LXXIV; _b_, 52.
-
-_Ruissoles._ V. _Rissoles_.
-
-RUMIGNY (M. le marquis de), _a_, LV.
-
-_Ruses innocentes_, citées, _b_, 314.
-
-_Russie_ (Sacres de), _b_, 323.
-
-RUTEBEUF, cité, _b_, 57.
-
-RYMER, cité, _a_, LXXX.
-
-
-S
-
-_Sablon_ pour horloges, _b_, 257.
-
-_Sacres_, _b_, 318, 323.
- --employés en Asie, _a_, LI.
- --ont les pieds bleus, _b_, 324.
- --originaires de Tartarie et du Turkestan, _a_, LI.
-
-_Saffran_ d’Ort, _b_, 246.
- --(Prix du), 111.
- --Remède pour les oiseaux, 325. V. _Frangié_.
-
-_Sage_ et fou. Qui l’est, _b_, 28.
-
-_Sage_ homme laissé par sa femme, _a_, 183.
-
-_Saïda_, _a_, LI.
-
-_Saignée_ (Détails sur la), _a_, 164.
- --du cheval, _b_, 76, 77, 79.
-
-_Sain_ de porc, _b_, 128.
-
-SAINT-AIGNAN (Le duc de), _a_, LXXI.
-
-_Saint-André-des-Ars_ (Église de), _a_, 16.
-
-_Saint-Benoît_ (Boucherie de), _a_, XLIV.
-
-_Saint-Denis-du-Chastel_, _a_, 95.
-
-_Saint-Éloi_ (Boucherie de), _a_, XLIV; _b_, 84.
-
-_Saint-Francbourg-de-Senlis_, _a_, LXIX.
-
-SAINT-GERMAIN (Guillaume de), _b_, 104.
-
-_Saint-Germain_ (Boucherie de), _b_, 83, 84.
-
-_Saint-Jacques_ (Pèlerins de), _a_, 183.
-
-_Saint-Jacques-la-Boucherie_, _b_, 113.
-
-_Saint-Lô_ (Archives de), _a_, XXXV.
-
-_Saint-Maixent_, _a_, 94.
-
-_Saint-Marcel_ (Boucherie de), _a_, XLIV; _b_, 83, 84.
-
-_Saint-Martin_ (Boucherie de), _b_, 84.
-
-_Saint-Nicolas_ (Boucherie de), _b_, 84.
-
-_Saint-Paul_ (Quartier), _a_, XLIV.
-
-_Saint-Pol_ (Cage du roi à l’hôtel), _b_, 253.
-
-_Saint-Severin_ (Église de), _a_, LXXIII.
-
-_Saint-Thibaut_ (Prieur de), _a_, LXXXV.
-
-_Saint-Victor_ (Abbaye de), _a_, LXXIII.
-
-SAINT-YON (Guillaume de), _a_, XLVI; _b_, 82, 83.
-
-SAINTE-AULAIRE (François de), sieur de La Renodie, _a_, LXXIV.
- --cité, _b_, 280, 287, 288, 289, 293, 317, 323.
-
-_Sainte-Geneviève_ (Boucherie de), _a_, XLIV; _b_, 83.
-
-SAINTE-PALAYE (La Curne de), _b_, 380.
-
-_Salaminée._ V. _Salemine_.
-
-_Salemine_, _b_, 99, 102.
- --de becquets et tanches, _b_, 107.
-
-_Saleure_ (Viande salée), _b_, 91, 92.
-
-_Salières_, _b_, 118.
- --d’argent, _a_, XL; _b_, 106.
- --de pain, _a_, XLI; _b_, 114.
-
-_Salle_ à manger, sa description, _a_, XL; _b_, 105.
- --où les gens entrent et s’arrêtent, _b_, 61.
-
-_Saloirs_ en Picardie, _b_, 126.
-
-_Saluces_, _a_, 99.
-
-_Samois_ (Pont de), _a_, 149.
-
-SANCERRE (Le comte de), _a_, LXXIX.
- --(Le maréchal de), _a_, 137.
-
-_Sandal_, _b_, 118.
-
-SANDRAS DE COURTILZ, _a_, LXVIII; _b_, 83.
-
-_Sang_ doit faire horreur aux femmes, _b_, 59.
-
-_Sanglant._ Mot de malédiction, _a_, LXXXIII; _b_, 59.
-
-_Sangle_ (ongle), _b_, 294, 295.
-
-_Sanglier_ (Bourbelier ou Bourberel de), _b_, 179, 236.
- --comment cuit, 158.
- --fait d’un ver, 259.
- --(Foie de), 157.
- --frais, comment mangé, 156, 265.
- --(Membres du), 157.
- --(Poison pour le), 258.
- --salé, 158.
- --(Tête et joues de), 158. V. _Bêtes noires_.
-
-SANSONET. Marchand d’oiseaux et voleur, _b_, 62.
-
-SARA, _a_, 79.
-
-_Sarcelles_, _b_, 311.
-
-_Sardines_, _b_, 271.
-
-_Sarge_ (serge), _b_, 118.
-
-_Sariette_, _b_, 44.
-
-_Sas_, _b_, 136.
-
-_Satin_, _b_, 66.
-
-_Satisfaction_ (De la), _a_, 27.
-
-_Sauce._ V. _Saulce_.
-
-_Saucisse._ V. _Saulsisse_.
-
-_Sauge_, _b_, 44, 249.
- --dans la venaison, 130.
- --(Froide), 93, 96, 215.
-
-SAUGETE (Jean), _a_, 15.
-
-_Saulce_ à mettre boulir en pasté de hallebrans, _b_, 236.
- --blanche de brochets et de perche, 102.
- --blanche de poisson, 93, 97.
- --briefve pour chapon, 235.
- --d’aulx blanche ou verte, 231.
- --de lamproie, 133.
- --jaunette, _b_, 175.
- --paresseuse, 233.
- --pour chapon ou poule, 237.
- --pour œufs pochés, 237.
- --râpée, 237.
- --vert d’espices, 231.
-
-_Saulces_ boulies (Chapitre des), _b_, 232.
- --liantes, 87.
- --non boulies (Chap. des), 229.
- --plus fortes en hiver, 236.
-
-_Saulsisses_, _b_, 91, 92.
- --Manière de les faire, 266.
-
-_Saultier._ V. _Psaultier_.
-
-_Saumons_, _b_, 101.
- --(Dalles de), 198.
- --farcis, 96, 103.
- --frais, 198.
-
-_Saupiquet_, _a_, LXXXVI; _b_, 181, 233.
-
-_Saussier_, _b_, 122.
- --Ce qu’il fournit, _b_, 111.
-
-_Saut_ de l’épervier, _b_, 280.
-
-SAUVAL, _a_, LXXIV, LXXVIII, LXXXV, 174; _b_, 80, 84, 116, 253, 254, 255.
-
-_Sauvegarde_ singulière pour une femme, _a_, 69.
-
-_Savoie_ (Bœufs de) amenés à Paris en 1422, _a_, XLVI.
- --(Brouet de), _b_, 166.
-
-SAVOIE (Agnès de), _a_, LIX.
-
-SCAPPI (Barth.), cité, _b_, 207.
-
-SCHEFER (M.), cité, _a_, LI.
-
-SCHNEIDER (Jo.-Gott.), _a_, LXIX.
-
-_Seaulx_ pour recueillir les restes, _b_, 114.
-
-_Sèche_ à un gravé, etc., _b_, 103.
- --conrée, 205.
- --(Étaux à), 200.
- --fraîche, 206.
- --frite, 103.
- --salée, consolation du carême, 206.
-
-_Seconds_, _b_, 106, 109.
-
-SECOUSSE (D. F.), _a_, LXXIV.
-
-_Secrets_ du mari à garder, _a_, 179.
-
-_Sedile_ (bloc), _b_, 289.
-
-_Seiche._ V. _Sèche_.
-
-_Seigneur_ abusant d’une bourgeoise, _a_, 139.
-
-_Seigneurs_ à fuir, _a_, 77.
- --(Gens de cour de) à éviter, 177.
- --(ou oncles du roi). Rissoles faites chez eux, _b_, 226.
-
-_Seimier_ de cerf, _b_, 87, 129, 156, 157, 264.
-
-_Seine_ (Eau de), _b_, 68, 243.
-
-_Sel_ armoniac, _b_, 250.
- --blanc, 113, 250.
- --gros, 113.
- --noir, 190.
-
-_Semer_ (Quand), _b_, 43.
-
-_Semier._ V. _Seimier_.
-
-SENDABAD, _a_, 158.
-
-_Senlis_, _a_, LXIX.
-
-_Sens_, _a_, 68.
-
-_Septembre_ (Chasse en), 310, 311.
-
-_Septembresse_, (_quid_?), _b_, 49.
-
-_Sept sages de Rome_, cités, _a_, 158.
-
-_Serceaux_ (plumes), _b_, 89, 294.
-
-_Serge_, _b_, 118.
-
-_Sergens_ pour garder les portes, _b_, 115, 124.
-
-_Serpentine_, _b_, 49.
-
-_Serres_ de l’épervier, _b_, 294.
-
-_Servans._ Leur dîner, _b_, 107.
-
-_Serviettes_, _b_, 108.
- --(Petites), _b_, 107.
-
-_Service_ des domestiques à organiser, _b_, 60.
-
-_Serviteurs._ Comment doivent être pour leurs maîtres, _b_, 22.
- --de trois espèces, 53.
-
-_Setier._ V. _Sextier_.
-
-_Seun_ (Feuille de), _b_, 251.
-
-_Seur_ (Feuille de), _b_, 223, 251.
-
-_Seurfrire_, expl., _b_, 151.
-
-_Seurmontain_, _b_, 67.
-
-_Sextier_, expl., _b_, 68, 237.
-
-_Seymé_, _b_, 100, 151, 173.
-
-_Seymier_ de cerf. V. _Seimier_.
-
-SICILE (Le roi de), duc d’Anjou, _a_, 174.
-
-_Siffler_ l’oiseau, _b_, 297, 308.
-
-_Signes_ douteux, _b_, 247.
-
-_Siller_, expl., _b_, 315.
-
-SILVESTRE (Israël), _a_, XX.
-
-_Simonie_, _a_, 46.
-
-_Simplicité_ de mœurs d’un procureur général en 1383, _b_, 104.
-
-_Singes_ apprivoisés, _a_, 144.
-
-_Singularité_, _a_, 31.
-
-_Sizain_, (_quid_?), _b_, 248.
-
-_Sobriété_, _a_, 59.
-
-_Société de l’histoire de France_, _a_, LXXVI.
-
-_Société des bibliophiles._ Sa composition,
- _a_, préliminaires; publie le _Ménagier_, _a_, LIV.
-
-_Société des bibliophiles de Reims_, _a_, LXX.
-
-_Sodomie_, _a_, 52.
-
-_Soie_ (Robe de), _b_, 66.
-
-_Soieurs_, _b_, 54, 57.
-
-_Soins d’une femme pour son mari_, _a_, 169.
-
-SOISSONS (Comtesse de), _a_, LXXI.
-
-_Soles_, _b_, 101, 160, 203.
- --(Coulis de), 242.
-
-_Solidarité_ de deux époux, _a_, 184.
-
-_Sommières_, _a_, XXI.
-
-_Son._ Comment donné aux chevaux, _b_, 77.
-
-_Songe de pestilence._ Ce que c’est, _a_, LXXII; cité, _a_, 29.
-
-_Sonnettes_, _b_, 315.
-
-_Sorcelleries._ Quelles sont les meilleures, _a_, 170, 171.
-
-_Sorées_ (Plumes), _b_, 316, 318.
-
-_Soret_, _b_, 106.
- --au vinaigre, _b_, 101.
-
-_Soringue_ d’anguilles, _b_, 91, 93, etc.; 173.
- --(Potage liant comme), 164.
-
-SOTTENGHIEN (Jehan de), _a_, 139.
-
-_Soubtil brouet d’Angleterre_, _b_, 166.
-
-_Soubuse_, _b_, 307.
-
-_Soucié_, _b_, 203, 231.
- --Étymologie de ce mot, 231.
- --vergay, à garder poisson de mer, 231.
-
-SOUDANT (Jean), _b_, 116.
-
-_Souliers_, _a_, 169, 239.
-
-_Soupe_ dans le sens actuel, _b_, 121.
- --dépourvue, 145, 146.
- --en moustarde, 175.
-
-_Souper_ en juillet, _b_, 147.
- --fait en hâte, 170.
- --(Heure du), 39.
-
-_Soupers_ (Devis de), _b_, 100.
- --de noces, 108.
-
-_Souppis_ de bœuf, _b_, 131.
-
-_Source_ (Vol à la), _b_, 280.
-
-_Souricières_, _b_, 64.
-
-_Sous_ de pourcelet, _b_, 215, 231.
-
-_Souterraine_ (La), _a_, 94.
-
-_Soux._ V. _Sous_.
-
-STADLER (M. de), _a_, 68.
-
-_Statistique_ du _Ménagier_ peu sûre, _a_, XLIII et suiv.
- --(Mauvaise) de l’ouvrage intitulé les _Rues et églises de Paris_, XLV.
-
-_Stipulation_ (Objets donnés en témoignage de), _a_, 132, 133.
-
-_Stockfisch_, _b_, 195.
-
-_Stofix_, _b_, 195.
-
-_Style_ de l’auteur et du XIVe siècle, _a_, XXIX et XXX.
-
-_Subtilité_ des femmes, _a_, 167.
-
-_Sucre_ en pierre, _b_, 122.
- --en roche, 238.
- --(Prix du), 111.
- --rosat, 112, 122, 274.
- --vieil, 92.
-
-_Sucreries_, _a_, XLIII.
-
-_Suffisance_ (contentement de peu), _b_, 21.
-
-_Supplément aux corrections_, _b_, 380.
-
-_Supplications_, _b_, 107, 110.
-
-_Sur_, pris pour chez, _b_, 154, 186, 220, 246.
-
-_Surcot_, _a_, 13, 14.
-
-_Surlonge_, _b_, 86, 87, 130, 131.
-
-_Surlonges_, _b_, 295.
-
-_Suros_ du cheval, _b_, 74, 75.
-
-SUSANNE (Histoire de), _a_, 64.
-
-_Suzerain_ qui veut être embrassé, _a_, LXXVIII.
-
-
-T
-
-_Table_ de ce livre (Remarques sur la), _a_, LXII.
-
-_Table_ (Détails sur le service de), _a_, XL, et suiv.; _b_, 118.
-
-_Tables_ au XIVe siècle, _a_, XL, LXXXIII; _b_, 116.
- --louées, _b_, 123.
-
-_Taches._ Comment les ôter, _b_, 65.
-
-_Taille_ (Créance ou crédit sur), _b_, 56, 86.
- --à la boucherie, 132.
-
-TAILLEVENT (Guill. Tirel dit), _a_, XIX, XXXIII, 237.
- --Édition et manuscrits de son ouvrage, _a_, XXXV, LXXIV.
- --encore réimprimé en 1602, XXXVIII.
- --figure à tort dans le P. Anselmé, XL.
- --rappelle l’ouvrage d’Apicius, XXXVII.
- --cité, _b_, 166, 168, 172, 211, 240, 241.
- --Plats analogues à ceux de Taillevent ou copiés,
- _b_, 148, 154, 163, 166, 173, 176, 183,
- 211, 212, 213, 214, 234, 242 (2), 262 (2).
-
-_Taillis_, _b_, 92, 102, etc., 211.
-
-_Talemouse_, _b_, 96.
-
-_Taloches_, _b_, 119.
-
-_Talon_ de collier, _b_, 86.
-
-TANCARVILLE (Comte de), _a_, LXVI.
-
-_Tanche_ de mer, _b_, 203.
-
-_Tanche_ (Coulis de), _b_, 242.
- --de mer, 203.
- --frite, 187.
- --renversée, 187.
-
-_Tanches_, _b_, 160.
- --à un bouli lardé, 96, 103.
- --aux soupes, 92, 93.
-
-_Tanné_, _a_, LXXXVII.
-
-_Tante_ (poisson), _b_, 203.
-
-_Tapisseries_, _b_, 118. V. _Guise_.
-
-TARDIF (Gme), cité, _b_, 316, 321.
-
-_Tartarie_, _a_, LI; _b_, 323.
-
-_Tarte_ de la farcissure d’un cochon, _b_, 217.
- --jacobine, _b_, 217.
-
-_Tartelettes_, _b_, 111, 121.
-
-_Tartes_, _b_, 101, 102.
-
-TASON, _a_, 70.
-
-_Taverne_ est l’église du diable, _a_, 48.
-
-_Temple_ (Boucherie du), _b_, 83, 4.
-
-_Temps_ pluvieux. A quoi bon, _b_, 43.
-
-_Tenoisie_, _b_, 207.
- --(Œufs à la), _b_, 209.
-
-_Tenue_ d’une femme dans la rue, _a_, 15.
-
-_Térébentine_, _a_, 171.
-
-_Termes_ de cuisine, _b_, 87, 125.
-
-_Terre_ à foulons, _b_, 65.
- --de Beauvais, 251, 252.
- --de robes, 65.
-
-_Tesmoings_ de lard, _b_, 270.
-
-_Teste_ de mouton, _b_, 267.
- --de sanglier, 98.
- --du cheval, 73.
-
-_Testes_ (Demies), dorées (de chevreaux?), _b_, 108.
- --d’oiseaux, données aux faucons, 182.
-
-_Tétines_ de vaches, _b_, 270.
-
-THEUX (M. de), _a_, LV.
-
-THIBERT (Louis), _b_, 82.
- --(Famille), _ib._ et 83.
-
-THOMAS (Jehan), _a_, LXXXII.
-
-_Tierce_ (Heure de), _a_, 48; _b_, 305.
-
-_Tiercelet_ d’autour et de faucon, etc., _b_, 318, 324, 325.
-
-_Tiers_ (jeu), _a_, 72.
-
-_Tieule._ V. _Tuile_, _b_, 94.
-
-_Tinel_, expliqué, _a_, 163.
-
-_Tire_ (poisson), _b_, 201.
-
-_Tire-d’aîle_ (Vol à), _b_, 309.
-
-TIREL (Gme). V. _Taillevent_.
-
-_Tirer_ (Faire) l’oiseau, _b_, 319, 320, 322.
-
-_Tiron_ (Censive de), à Paris, _b_, 253 et 254.
-
-TITE-LIVE, cité, _a_, 70.
-
-_Tizanne_ doulce, _b_, 237.
-
-TOBIE (Le jeune), _a_, 91.
-
-_Toile cirée_ aux fenêtres, _a_, 173.
-
-_Toise_ (Vol à la), _b_, 280.
-
-_Tombe_ (poisson), _b_, 197.
-
-_Tombes_ de marbre noir, _b_, 257.
-
-_Ton_, _b_, 196.
-
-_Tonnelet_ à compote, _b_, 52, 244, 260.
-
-_Tonnelliers_, _b_, 54.
-
-_Torches_ à allumer, _b_, 108, 124.
- --Leur prix, 112, 113, 122.
-
-_Tostées_, _b_, 91.
-
-_Touailles_ changées, _b_, 107, 108.
-
-_Tour_, prison d’Aubriot, _a_, XX.
-
-TOUR-LANDRY (Geoffroy de là). Son ouvrage, _a_, XXXV, LXVII, 240.
-
-_Touret_ (rouet), _a_, 237.
-
-_Touret_, expl., _b_, 295.
-
-_Tournay_, _b_, 195.
- --(Bailli de), _a_, LXXIX, 139; _b_, 381.
- --(Cameline de), _b_, 230.
- --(Crespes à la guise de), 227.
-
-_Tournesis_ (Bailli de). V. _Tournay_.
-
-_Tournesot_, _b_, 220, 225.
-
-_Tourny_ près Vernon, _b_, 191.
-
-_Tourte_, _b_, 218.
- --de lait, 98 (p. e. _Croutes_).
- --lombardes ou pisaines, 93, 95, etc.
-
-_Toussaint_ (La), _b_, 43.
-
-_Toutebonne_, _b_, 44.
-
-_Trailles_, expl., _b_, 288.
-
-_Tranchées_ du cheval, _b_, 78.
-
-_Tranchoirs_, _a_, XLI, LXXXII; _b_, 105, 114.
- --englués, _a_, 171.
-
-_Tranchoisons_ (tranchées), du cheval, _b_, 78.
-
-_Trehoigner_, _a_, 26.
-
-_Trente-six tableaux_ (Les), (livre sur les jeux), _a_, LXXVII.
-
-_Trépiers_, _b_, 115, 123.
-
-_Trésor_ de Dom Villevieille, _a_, LXXIV.
-
-_Trésor de Santé._ Note sur ce livre, _a_, LXXV.
- --cité, _a_, XLII; _b_, 108, 183, 203, 211, 219, 228.
-
-_Trésor de Vénerie_, _a_, LXXV; cité, _b_, 99, 129, 157, 211.
-
-_Tressier_ (mot difficile à expliquer), _b_, 118.
-
-_Tréteaux_ loués, _b_, 116, 123.
-
-TRINQUANT, _a_, 151.
-
-_Triperie_, _b_, 128.
-
-_Tripes_ au jaunet, _b_, 149, 260.
- --Comment vendues, 129, 161.
- --de chevreaux, 227.
-
-TRIPIER (M. Léon), _a_, LXII.
-
-_Trois-Fontaines_ (Albéric de), _a_, LXV; _b_, 124.
-
-_Trot_ du cheval, _b_, 75.
-
-_Trotignons_, (_quid_?), _b_, 216.
-
-_Truans_, _a_, 39.
- --montrent leurs plaies, _a_, 25.
-
-_Truites_ en pasté, 190.
- --Leur queue, meilleure partie, 190.
- --Leur saison, _a_, LXXXIV; _b_, 90, 190.
- --vermeilles, 190.
-
-_Trumeau_ de bœuf, _b_, 86, 109; au jaunet, 149.
- --de veau, 109.
-
-_Trumel._ V. _Trumeau_.
-
-_Tubesches_, _b_, 100.
-
-_Tuile_ de chair, _b_, 94, 96, etc., 170.
- --d’écrevisses, 152.
-
-_Tumbe_ (poisson), _b_, 197.
-
-_Tumbes_ de marbre, _b_, 257.
-
-_Turbos_, _b_, 203.
- --à la sauce verte, _b_, 97, 103.
- --à la soucie, _b_, 100, 102.
- --au soucié, _b_, 102.
-
-TURGOT (M. Et.). V. _Plan_.
-
-_Turkestan_, _a_, LI.
-
-_Turtres_, _b_, 256.
- --Comment les garder et les manger, _b_, 261
- --non vidées, 183.
-
-
-U
-
-_Ueil_ (œil), d’un fruit, expl., _b_, 247.
-
-_Université_ de Paris. Vers pour elle contre Aubriot, _a_, LXXXVII.
-
-_Usure_, _a_, 46.
-
-UXELLES (Le Mis d’), gourmet, _a_, XXXVIII.
-
-
-V
-
-_Vacher_, _b_, 57.
- --(Arnoul le), 62.
-
-_Vachers_ savent où est le gibier, _b_, 301.
-
-_Vaches_, _b_, 62.
- --(Oreilles de), nécessaires au serviteur, 23.
- --(Tétines de), 270.
-
-_Vaine_ gloire, _a_, 30.
-
-_Vair_ (Menu), _b_, 118.
-
-_Vaisselle_ de cuisine, combien louée, _b_, 124.
- --de cuisine, d’argent, _a_, XLI.
- --d’étain, louée, 115, 123.
- --Où placée, _a_, XL.
- --Par qui serrée, _b_, 117.
- --volée en 1406, 62.
-
-_Vanité_, _a_, 41.
-
-_Vanneaux_ (Plumes dites). Ce que c’est, _b_,
- 89, 294. V. _Couteaux et Serceaux_.
-
-VARENNE (La), _a_, XXXVIII.
-
-_Variétés historiques_, _a_, LXXV; _b_, 80.
-
-_Varlet_ pour tirer le vin, _b_, 117.
- --prêchant à table (proverbe), 70.
-
-_Varlets_ d’hôtel, _b_, 56.
- --du duc de Berry. Leur nourriture, 85.
- --tranchans, _a_, 163.
-
-_Veau_ (ainsi écrit), 186, 221. V. _Veel_.
-
-_Veaux_ consommés à Paris, _a_, XLIII; _b_, 82 et suiv.
-
-_Veel_, _b_, 92, 160, 168.
- --aux herbes, 150.
- --en gravé ou seymé, 151.
- --en manière d’esturgon, 200.
- --en pasté, 186.
- --entrepelé, 200.
- --(Fraise et issues de), 128.
- --(Prix du), 221.
- --rosti, 179.
-
-_Veiller_ l’oiseau, _b_, 314, 315; sans se fatiguer trop, 315.
-
-_Venaison._ V. _Venoison_.
-
-_Vendangeurs_, _b_, 54.
-
-_Vendoises_ (goujons?), _b_, 194.
-
-_Vendredi absolu_, _b_, 85.
-
-_Vénerie_ peu convenable aux femmes, _a_, XLIX.
-
-VENETTE (Jean de), _a_, LXXVI, 148; _b_, 380.
-
-_Vengeance_ défendue aux domestiques, _b_, 60.
-
-_Venise_ (Douceur d’un mari de), _a_, 182.
-
-_Venneaulx_ (plumes), _b_, 89, 294.
-
-_Venoison_, _b_, 93, 94, etc., 121.
- --à la queue de sanglier, 100.
- --à la froumentée, 101.
- --aux soupes, 94.
- --Comment apprêtée, 129, 130, 156.
- --de cerf, 154.
- --d’ours (en bœuf), 155, 179.
- --en pasté, 155, 185.
- --Par qui vendue, _b_, 109, 110.
- --rôtie, 180.
- --salée, 155, 157.
- --vendue au pied quarré, 109.
-
-_Vent_ emporte l’épervier, _b_, 302, 317.
- --nourriture du pluvier, 183.
-
-_Ver_ (vérat), mangé comme sanglier, _b_, 259.
-
-_Vérés_, expl., _b_, 300.
-
-_Verge_ d’un jaugeur, _b_, 126.
-
-_Verjus._ V. _Vertjus_.
-
-VERJUS (Gme Lefèvre, dit), _a_, XL; _b_, 81.
-
-_Vermandois_, _a_, LXXIX.
-
-_Vernon_, _a_, 149, 152.
-
-_Verre_ (Bassins de), _b_, 252.
- --moulu, jeté dans l’œil du cheval, 78.
- --(Prix du), _a_, LXXXII, 173, 174.
-
-VERRIER (Le), de la Conterie, _a_, LXVI.
-
-_Verrières._ V. _Verre_.
-
-_Vers._ D’où naissent, _b_, 65.
-
-_Vertjus_, _b_, 66, 67.
- --à Noël sur la treille, 249.
- --à visiter le soir, 71.
- --Comment mélangé, 232.
- --(Consommation énorme de), 249.
- --de blé, 229.
- --de bourgeon de vigne, 229.
- --d’oseille, 111, 229.
- --Grains de vertjus sur un potage, 161.
- --le meilleur, 232.
-
-_Vertus_ (Les sept), _a_, 28.
-
-_Vêtemens_, _a_, 13. (Voir les noms de chaque vêtement.)
-
-_Vétir_ (Se bien), _b_, 26.
-
-_Veufs_ mariés en deuil, _b_, 123.
-
-_Veuve._ Son triste état, _a_, 168.
-
-_Viande_ vendue au morceau, _b_, 132.
- --vendue par semaine dans un étal, _a_, XLVI.
- --Comment la choisir, _b_, 87.
-
-_Viandier._ Ce que c’est, _a_, LXXVI; _b_, 80.
- --Son importance, _a_, XXXV, XXXIX.
-
-_Viandier_ de Saint-Lô, cité, _a_, XXXV, XLII.
-
-_Vices_ de la femme à cacher, _a_, 181.
- --du mari aussi, 178.
-
-_Videcoqs_ (bécasses), _b_, 183, 311.
-
-_Vieil_ homme, vindicatif, _a_, 265.
-
-_Vielz-sucre_, _b_, 92.
-
-_Vierge_ (La sainte). Prière à elle adressée, _a_, 11.
- --Son obéissance, 128.
-
-_Vieux_ aiment les jeunes femmes, _a_, 158.
-
-_Vigne_ (Bourgeon de), en vertjus, _b_, 229.
- --entée sur cerisier, 51.
- --gêne la chasse, 308.
- --Quand plantée, 44.
-
-_Vignerons_, _b_, 56.
-
-VILAIN (L’abbé), cité, _b_, 113.
-
-_Village_ (Vie au), _b_, 62.
-
-VILLARS (M. de), _a_, LXXV.
-
-_Villedieu_, _a_, LXXXVII; _b_, 251.
-
-VILLEOILLE (M. A. de La), cité, _a_, XXXV.
-
-_Villeneuve-lès-Avignon_, _a_, LXXXI.
-
-VILLEVIELLE (Dom), _a_, LXXIV.
-
-_Vin_ aux chevaux (eau), _b_, 38.
- --à visiter le soir, 71.
- --blanc devenu vermeil, 249.
- --capary, _a_, XXXIX.
- --Comment conservé et servi, _a_, XLI; _b_, 117.
- --Comment séparé de l’eau, 259.
- --Comment soigné et guéri, 67.
- --cuit, 260.
- --de Beaune, 38, 273.
- --de divers lieux, 38.
- --des domestiques, 70.
- --(Espèces de), 109.
- --et épices, _a_, XLIII; _b_, 121, etc.
- --(Fleur du), 260.
- --franc, 236.
- --plain, 174, 193.
- --Pour le faire fort, 68.
- --Tirer le vin sans lui donner vent, 69.
-
-_Vinaigre_ (Provision de), _b_, 268.
-
-_Vinaigrette_, _b_, 108, 164.
-
-_Vincennes_, _a_, 135.
-
-VIOLE (Famille), _a_, 151.
-
-_Violette_, _b_, 43, 45, 113, 114.
- --mise sur de la gelée, _b_, 221.
-
-_Virginité._ Son prix, _a_, 75.
-
-_Visage_. Cacher son visage à l’oiseau, _b_, 308.
- --Épervier y sautant, 293.
-
-_Vitres._ V. _Verre_.
-
-VITRY (Michelle de), _a_, XXVI.
-
-_Vive_ (poisson), _b_, 201.
-
-_Vives_ (avives), maladie du cheval, _b_, 78.
-
-VIVONNE (Armes de), _a_, LVIII.
- --(Hughes de), 95.
-
-_Voirre._ V. _Verre_.
-
-_Vol_ de l’épervier (Obstacles au), _b_, 302,
- --pour champs, _a_, LXXXVIII.
- --premier de la perdrix, rapide, b, 309. V.
- _Faisan_, _Perdrix_, _Tire d’aîle_, _Vols_, _Voulon_, etc.
-
-_Volaille_, _b_, 167, 211, 215, 216.
- --en gravé ou seymé, 151.
- --(Hochepot de), 163. V. _Comminée_, _Poulaille_.
-
-_Voler_ pendant combien de temps en septembre, _b_, 310.
-
-_Voleurs_ de chiens, _b_, 281.
- --d’oiseaux, 285.
-
-_Vols_ de l’épervier. Lesquels sont possibles, _b_, 310. V. _Vol._
-
-_Voulon_, expl., _b_, 280, 309.
-
-
-W
-
-_Wertaing_, _a_, LXXX.
-
-_Windesore_, _a_, LXXXII.
-
-
-Y
-
-_Yenville_ en Beauce, _a_, 149.
-
-_Yeux_ de l’épervier, _b_, 293, 294, 299.
- --du cheval, 73.
-
-YOLENT le Pelletier, _b_, 52.
-
-_Ypocras_, _a_, XLIII; _b_, 92, 94, etc., 107, 121, 122, 273.
- --hors de saison en hiver, 108.
- --(Pouldre d’), 248 (_bis_).
- --(Prix de l’), 112.
-
-YSMAEL, _a_, 83, 84.
-
-_Ysope_, _b_, 49.
-
-_Yssue._ V. _Issue_.
-
-_Yvresse._ V. _Ivresse_.
-
-
-Z
-
-ZELPHAN, _a_, 86.
-
-
-FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.
-
-
-
-
-SUPPLÉMENT AUX CORRECTIONS.
-
-
-Tome I, p. VI, l. 13, au lieu de _philantrophie_, lisez
-_philanthropie_.
-
-Tome I, p. XXI, ligne 16 de la note, avant _J’ai
-appris_, ajoutez:
-
- Dans un mémoire très-curieux sur le meurtre du duc d’Orléans, lu à
- l’Académie des Inscriptions en 1748 (tome XXI, p.
- 519), le savant Bonamy a parlé en passant de cette maison et dit
- qu’on voyoit encore, lorsqu’il écrivoit, un grand corps de logis
- de l’hôtel d’Aubriot. Il est fâcheux qu’il n’ait pas donné plus de
- détails sur ce sujet.
-
-Tome I, p. XLVII, note 1, _Ne pour roi, ne pour roc._
-
- Cette expression se trouve encore dans les contes de Bonaventure
- des Périers (Conte 125. Des épitaphes de l’Arétin... et de son
- amie Madelaine)... _Étant du tout enclin à la médisance, il
- n’épargnoit (comme on dit en commun proverbe), ni roi ni roc._
-
-Tome I, p. LVI, ligne 4 de la note.
-
- Au lieu de: Après la mort de Charles V, lisez: Au commencement du
- XVe siècle, surtout.
-
-Tome I, p. LXVI, ligne 11, note sur Ayala. L’auteur
-avoit été en France, _ajoutez_:
-
- En 1378. Il conclut à Paris, comme plénipotentiaire du roi Jean
- de Castille, un traité avec la France, le 4 février 1378-9.
- (_Histoire de du Guesclin_, 1666, in-fº, p. 403.) Il est nommé
- dans cet acte messire Pierre Louppe d’Ayalla, chevalier et
- banicour (_vexillarius_) du roi de Castille, gouverneur de la
- province de Guipuscoa (_sui presidis in provincia Guispuque_).
- Bureau de la Rivière étoit un des plénipotentiaires françois.
-
-Tome I, p. LXXVI, l. 3, Venette..., _avant_ M. Géraud,
-_ajoutez_:
-
- La Curne de Sainte-Palaye, dans deux mémoires (Acad. des Inscr.,
- VIII, 570 et XIII, 520).
-
-Tome I, ligne 6, au lieu de _semble_, lisez _semblent_.
-
-Tome I, p. LXXVII et 76, passages relatifs aux reines de
-France.
-
- L’étiquette de la cour était bien changée à l’égard des reines au
- XVIe siècle. L’auteur d’un journal de l’année
- 1562, qui a été imprimé dans la _Revue rétrospective_ (1re
- série, tome V), raconte que le prince de Condé étant sur le point
- de traiter avec la cour au commencement de juillet 1562, l’amiral
- de Coligny et son frère d’Andelot demandèrent à se retirer hors de
- France jusqu’à la majorité du roi. La reine Catherine de Médicis
- eut, le 5, le 6 ou le 7 juillet, une entrevue avec l’amiral près
- d’Orléans, dans le but de changer cette détermination. L’auteur
- du journal, qui fréquentait la cour puisqu’il rapporte en deux
- endroits les paroles que lui adressèrent directement la reine mère
- et le roi de Navarre, raconte (p. 178) que l’amiral ayant mis pied
- à terre pour faire la révérence à la reine, cette princesse _le
- recueillit humainement et le baisa à la bouche comme les reines de
- France ont accoutumé de baiser les grands officiers du roi_.
-
-Tome I, p. LXXX, ajoutez à la note sur le bailly de
-Tournay:
-
- Messire Tristan du Bos fut, suivant Froissart (I, 374) et l’auteur
- de la chronique Mss du Roi 9656 et 10297, chargé de garder le
- roi de Navarre, Charles le Mauvais, dans la tour d’Arleux, en
- 1356. L’auteur de cette chronique dit que Tristan, qu’il qualifie
- de _chevalier de renom_, fut pris à Amiens par la bourgeoisie de
- la ville (en 1357) et forcé de délivrer Charles le Mauvais. Selon
- d’autres auteurs cette délivrance eut lieu à force ouverte et à
- main armée.
-
- Il fut bailli de Troyes et de Meaux en 1360 et 1362 et chargé
- de prendre possession des forteresses occupées par les Anglois
- en Champagne, Brie, etc., bailli de Vermandois en 1373, maître
- des requêtes et réformateur de la province de Reims en juin 1383
- (Titres de Clerambaut).
-
- Le même Tristan du Bos est encore cité dans Froissart à l’occasion
- de la position qu’il occupa à Tournay. Froissart raconte (éd. du
- Panthéon, II, 223), que le roi se préparant à aller en Flandre,
- envoya à Tournay, en octobre 1382, les évêques de Beauvais,
- d’Auxerre et de Laon, messire Guy de Honcourt et _messire Tristan
- du Bois_, comme commissaires pour traiter avec les Flamands et les
- empêcher de s’allier aux Anglois. On trouve dans cet historien
- le texte de la lettre écrite le 16 octobre par les commissaires
- à Philippe d’Artevelt, et la réponse de celui-ci en date du 20.
- Il ajoute que cette réponse fut communiquée par messire Tristan
- du Bois, _gouverneur de Tournay_, aux prévôts et jurés (_voy._ t.
- I, p. 139), et que les commissaires allèrent ensuite rejoindre la
- cour à Péronne.
-
- Tristan du Bos fut encore, en 1389, un des trois commissaires
- chargés d’instruire le procès d’Audoin Chauveron, prévôt de Paris
- (_Acad. des Inscr._, XX, 492). Il a du mourir fort âgé, s’il est,
- comme je pense, le même qui gardoit le roi de Navarre en 1356.
-
- Henri le Masier (_voy._ t. I, p. 140), nommé en 1388 bailli de
- Tournay, et qui est celui cité dans le _Ménagier_, si ce n’est
- pas Tristan du Bos, étoit, en 1399, chevalier, sire de Beausart,
- maître d’hôtel du roi et encore bailli de Tournay (Titres de
- Clerambaut).
-
-Tome II, p. 118, note sur Jean de Hautecourt, ajoutez:
-
- Je serois porté à croire que ce Hautecourt étoit avocat au
- parlement et que c’est lui qui est cité (malgré la différence des
- noms qui peut tenir à une écriture négligée) dans les registres du
- parlement (Matinées III, 66 vº, 4 février 1400-1), comme avocat,
- et ayant obtenu un congé de huit jours pour aller à Étampes. Son
- nom y est écrit Me Jehan de _Hanucourt_.
-
-Tome II, p. 217, note 1, au lieu de _du gingembre_, lisez:
-
- Peut-être de la cloche de gingembre, peut-être aussi de la loche
- (poisson).
-
-
-ACHEVÉ D’IMPRIMER, A PARIS, CHEZ CRAPELET ET LAHURE,
-LE XXVI NOVEMBRE MDCCCXLVII.
-
-
-NOTES:
-
-[1] Voir la Notice ci-après, page 1.
-
-[2] La Société des Bibliophiles ne publiant plus de volumes de mélanges
-dans lesquels les notices nécrologiques de ses membres prenaient
-naturellement place, a décidé que cette notice sur un de ses membres les
-plus illustres et les plus regrettés serait imprimée en tête de
-_Ménagier de Paris_, qui était déjà sous presse à l’époque de la mort de
-M. le duc de Poix. (_Note de la Société._)
-
-[3] Il était de l’Académie française, et particulièrement occupé de
-grammaire.
-
-[4] Il prit ce nom après la mort de son père et de son frère aîné, qui
-l’avaient porté.
-
-[5] Le 12 mai et jours suivants. Elle produisit en cinq vacations 3188
-livres sterling 14 sch. 6 d. Le catalogue, contenant 952 numéros et 72
-pages, est intitulé: _Catalogue of the splendid library (imported from
-Paris) of a distinguished collector; which will be sold by auction by
-Mr. Evans_. 1835, in-8º.
-
-[6] La seconde bibliothèque de M. le duc de Poix, formant un ensemble de
-plus de douze mille volumes, se trouve maintenant à Mouchy le Châtel
-chez Mme la vicomtesse de Noailles, M. le duc de Poix ayant disposé par
-testament de sa bibliothèque en faveur de son petit-fils, possesseur
-futur de Mouchy le Châtel.
-
-[7] C’est la partie des Chroniques de Saint-Denis qui traite des règnes
-de Jean II et de Charles V (tome VI de l’édition donnée par M. Paris).
-Voir, à se sujet, le mémoire de M. Lacabane, t. II, p. 57 de la
-bibliothèque de l’École des chartes.
-
-[8] Jean de Brie, natif de Villiers sur Rongnon, près Coulommiers, qui
-écrivit en 1379 le traité du _bon Bergier, que_, dit-il, _il n’eust
-voulu bailler et manifester à nul autre qu’au roy_ (éd. Ve Trepperel et
-J. Janot, s. d. fº A 8 vº). Il étoit alors au service de Jean de
-Hestomesnil, conseiller au parlement en 1373 et ensuite maître des
-requêtes, mort au commencement de mars 1380-1, qui a pu l’aider à écrire
-ce traité dont le style et les pensées sont remarquables. Au reste, Jean
-de Brie n’étoit plus berger quand il écrivit son livre.
-
-[9] Voy. ci-après, p. XXXV.
-
-[10] T. I, p. 148.
-
-[11] _Ibid._, p. 93.
-
-[12] On trouve dans tous les historiens la mention des services
-qu’Aubriot rendit à la ville de Paris pendant sa prévôté, ainsi que le
-récit de sa disgrâce. J’aurai cependant occasion de parler de lui avec
-détail dans mon mémoire sur les Maillotins (voir t. I, p. 136). Je
-préciserai et j’appuierai de faits inédits les causes de ses malheurs.
-En attendant, je crois devoir consigner dans cette note l’extrait d’un
-récit contemporain de sa délivrance, que j’ai rencontré dans mes
-recherches, et qui donne sur le procès, la fuite et le lieu de la
-résidence de cet homme éminent des renseignemens qui paroissent avoir
-été inconnus à tous les historiens. Voici ce curieux document: «.....Il
-a commis hérésie et en fu en procès devant l’évesque et devant le
-maistre des hérites. Avant la sentence il supplia à l’ecglise qu’il fust
-réintégrez, et y fu receus et fu absols: et fu déclaré qu’il avoit esté
-hérites, et pour pénitence on li assigna les prisons de l’évesque de
-Paris; et pour la grant repentance qu’il avoit, l’évesque et le maistre
-des hérites le relevèrent de ce qui (_qu’ils_) porent et se li
-réservèrent la miséricorde de sainte Ecglise, et li ordenèrent pour
-prison le plus biau lieu de la tour de la maison épiscopal.» (_C’est
-cette grande tour quarrée, crénelée, qu’on voit dans deux vues de
-l’église Notre Dame et de l’évêché, gravées par Israël Silvestre, et
-surtout dans la planche ayant quatre vers au bas: D’un costé, vous
-voyez, etc._) «Il ala voluntairement en prison pour faire sa pénitence
-et y demeura l’espace de dix mois. Le jour que les gens de ceste ville
-(_Paris_) furent esmeus il alèrent en la maison de l’évesque, et par
-force et violence rompirent les prisons. Et quant le giolier dist à
-messire Hugues que les gens de la ville l’estoient allé quérir, il dist
-que ne s’en iroit point, et li demanda une hache que tenoit; et le
-giolier li dist que ne li en bailleroit point, et que se il faisait
-semblant de soy mettre à défense, il les feroit tuer. Et finablement les
-gens de ceste ville le prindrent et mittrent sus un petit cheval et le
-menèrent en sa maison et disoient que le feroient leur capitaine. Après,
-il s’en volt retorner en prison, mais il fu conseillez par aucuns de ses
-amis qu’il s’en alast devers le pape.... Le suer (_soir_) il se parti de
-son hostel et se fist passer l’eaue par deux enfans», (_il est
-remarquable de voir secondé dans sa délivrance par deux enfans l’homme
-qui avoit rendu aux juifs les enfans que leur avoit enlevés le peuple de
-Paris_), «et à peines qu’il ne fu noiez. Il estoit malades et s’en ala
-par Bourgoigne, non pas par aucunes de ses maisons, et demoura malades
-seize jours à Mucé en Auxois» (_Mussy-la-Fosse, anciennement du
-bailliage de Semur-en-Auxois plutôt que Mussy situé à 7 lieues de
-Mâcon_), «et de là ala à Mascon, et illec aussin demoura malades et se
-fit mettre en l’eaue, et ala jusques à Avignon. Il ne pot pas parler ne
-si tost avoir assès (_accès_) au pape, mais il parla à un cardinal et li
-dist et exposa tout ce que dit est et se soubmist en l’ordenance du
-pape. Le pape et le collége li ordenèrent lieu où il seroit et fu bonne
-pièce à Sommières» (_petite ville entre Montpellier et Nîmes. Il y avoit
-aussi un lieu ainsi nommé près Saulx en Bourgogne_), «et a tousjours
-esté et est par l’ordenance du pape et du collége, etc.» Il est bon de
-savoir que ce récit présente la version d’Hugues Aubriot lui-même, et il
-semble permis de douter qu’il eût si grande envie de rester dans les
-prisons de l’évêque.
-
-J’ai parlé avec détail, t. II, p. 254, de la maison qu’Aubriot habita
-rue de Jouy, et j’ai donné la suite des propriétaires de cette maison
-(ultérieument rebâtie) de 1369 à 1573. J’ai appris depuis qu’elle avoit
-appartenu, à la fin du XVIIe siècle, à M. Nicolas de Jassaud, sieur de
-Lalande, conseiller d’État, et à Marie de Flandre, sa femme: puis à leur
-fils, M. Augustin Nicolas de Jassaud, marié en 1697 à Marie-Aimée Lottin
-de Charny. Une de ses filles, Angélique-Geneviève de Jassaud, la
-possédoit en 1772, qu’elle épousa M. Macé, secrétaire du roi. Cette dame
-mourut en 1776, et légua à ses deux nièces cette maison, connue encore
-dans le quartier sous le nom d’hôtel Jassaud. Elle appartient
-aujourd’hui à M. de Courmont, conseiller-maître à la cour des comptes,
-qui a bien voulu me la faire voir en détail. Il existe encore dans une
-pièce du rez-de-chaussée quelques restes d’ornemens paroissant remonter
-au règne de Louis XV. Les lettres A. N. D. J. entrelacées
-(Augustin-Nicolas de Jassaud) se font voir au plafond. Il y a sous la
-cour deux étages de caves. Cette maison été divisée au XVIIe ou au
-XVIIIe siècle; la partie qui fait le coin de la rue Percée paroît être
-depuis longtemps une propriété distincte.
-
-[13] T. II, p. 85 et 86.
-
-[14] T. I, p. 135.
-
-[15] Mémoriaux de la chambre des comptes.
-
-[16] Voir T. I, p. 67.
-
-[17] Charles, duc de Guyenne, né le 6 février 1391 (mort le 11 janvier
-1400); Isabelle, depuis reine d’Angleterre, née le 9 novembre 1389, et
-Jeanne, depuis duchesse de Bretagne, née le 24 janvier 1390. Elle eut
-encore une autre fille (Marie, religieuse à Poissy) le 24 août 1393.
-
-[18] T. II, p. 142. Voy. ci-après p. XXXII, note 3.
-
-[19] T. I, p. 3 et 4.
-
-[20] _Ibid._, p. 2.
-
-[21] T. I, p. 3, et t. II, p. 53.
-
-[22] T. II, p. 71, etc.
-
-[23] T. II, p. 61 et suivantes.
-
-[24] T. II, p. 59.
-
-[25] T. I, p. 3.
-
-[26] T. I, p. 125.
-
-[27] T. I, p. 186.
-
-[28] Poules farcies, t. II, p. 269.
-
-[29] J’aurois bien voulu trouver parmi les hommes notables appartenant à
-la haute bourgeoisie ou à la magistrature un personnage dont la vie
-reproduisît les circonstances qui nous sont connues dans la vie de
-l’auteur; plusieurs noms se sont présentés à mon esprit: malheureusement
-mes espérances soutenues plus d’une fois par la découverte d’une série
-de similitudes, ont toujours fini par être définitivement déçues.
-C’est-ainsi qu’après avoir cru longtemps pouvoir présenter une
-conjecture raisonnable en attribuant la composition du _Ménagier_ à Sire
-Jehan de Fleury dernier prévôt des marchands en 1383 et conseiller au
-parlement, j’ai été subitement arrêté par la découverte de la date de sa
-mort arrivée en 1389, avant l’époque où cet ouvrage a sûrement été
-écrit.--L’intimité dans laquelle le duc de Berry admettoit l’avocat Jean
-Jouvenel, père de l’historien, m’avoit donné aussi quelques doutes à son
-égard, mais, Jouvenel étant mort en 1431 ne peut guère s’être trouvé à
-Melun en 1358, et ce qui rend surtout impossible de lui attribuer le
-_Ménagier_, c’est que Michelle de Vitry, sa femme, avoit ses parens
-vivans à Paris en 1393, et n’étoit pas d’ailleurs de meilleure maison
-que lui.--La position de Jean le Flament, trésorier des guerres en 1371,
-et des aides pour la guerre de 1388 à 94, présente aussi plusieurs
-analogies avec celle de l’auteur du _Ménagier_, mais ou j’ignore le nom
-de sa femme, ou si c’est lui dont il est parlé comme alors décédé, dans
-les registres du parlement de Poitiers (plaidoy. du 30 juillet et arrêt
-du 17 août 1425), il avoit épousé Marie de Montgison (Montgiron dans
-l’arrêt), _damoiselle_. Or Montgison est Montgeron près de Paris, et je
-n’en vois pas d’autre existant dans le royaume (voir Expilly). Elle
-étoit donc aussi parisienne; ce qui ne concorde pas avec les paroles de
-l’auteur (t. I, p. 4).
-
-[30] Il avoit lu tous les ouvrages suivans et en possédoit une grande
-partie: la Bible, la Légende dorée, saint Jérôme (_la Vie des Pères_),
-saint Augustin, saint Grégoire, l’Histoire sur Bible (_de Pierre Le
-Mangeur_), Tite Live, le Roman de la Rose, l’historien Josèphe, le
-Catholicon, le Décret (_de Gratien_), l’histoire de Grisélidis par
-Pétrarque, les sept Sages de Rome, le Songe de Scipion (par Cicéron,
-commenté par Macrobe), le Jeu des échecs moralisé de J. de Cessoles, le
-Chemin de pauvreté et de richesse de J. Bruyant, Mellibée et Prudence.
-On trouve encore dans son livre la mention du philosophe Cerxès, de Paul
-Diacre et du philosophe Bertran le Viel; mais il les cite d’après
-d’autres auteurs. Le premier de ces ouvrages n’a peut-être jamais
-existé.
-
-[31] Au moins dans sa famille. Voir t. I, p. 156.
-
-[32] Voir surtout t. II, p. 53.
-
-[33] T. I, p. 75 et 76.
-
-[34] Je l’ai trouvé mentionné avec cette qualité depuis que j’ai fait la
-note sur lui, t. II, p. 116: Voir les _corrections et additions_.
-
-[35] Dans les registres du conseil surtout, quand la cour compensoit les
-dépens.
-
-[36] On en verra la preuve dans l’histoire de Jeanne Hemery et de
-Regnault d’Azincourt, publiée par M. de Lincy dans la bibliothèque de
-l’École des Chartes (2e S., t. III, p. 316). On en peut dire autant de
-certains accords; tel est celui de Jean de Hautecourt, donné t. II, p.
-119.
-
-[37] T. I, p. 135.
-
-[38] T. I, p. 44.
-
-[39] T. I, p. 156.
-
-[40] T. II, p. 54.
-
-[41] Que diroient vos amis, _que présumeroit votre cœur_, quant il s’en
-apercevroit? (T. I, p. 130.)--Avec son mari, l’en ne doit mie besongner
-par aguet ou malice, mais plainement et rondement, cœur à cœur (_ibid._,
-p. 158).
-
-[42] Ce compte, qui n’est plus connu que par la mention qu’en a
-consignée le père Menestrier, t. II, p. 175 de sa _Bibliothèque
-instructive_, ne commençoit qu’à février 1392-3. Le témoignage du
-_Ménagier_ composé entre juin 1392 et septembre 1394 (voy. p. XXII),
-pourroit donc être antérieur de quelques mois, et s’il est postérieur,
-il l’est de bien peu.
-
-[43] Il faut tenir compte, dans ces prix, non-seulement de la différence
-considérable de poids qui existoit entre les monnoies de la fin du XIVe
-siècle et celles du même nom employées depuis (le marc d’argent, qui
-valoit alors 6 livres, valant aujourd’hui 52 francs), mais encore de la
-dépréciation de l’argent. Un setier de blé (un hectolitre et demi
-environ), qui se vend aujourd’hui, dans les années ordinaires, environ
-30 francs, coûtant alors moyennement 16 sous, on peut multiplier par 35
-ou 40 les chiffres énoncés, pour avoir idée de ce qu’ils représentoient
-pour les contemporains.
-
-[44] J’aurois pu retrancher les deux derniers de ces épisodes sans nuire
-beaucoup à l’intérêt du livre, mais j’ai mieux aimé publier le
-_Ménagier_ tel que son auteur l’avoit conçu, et sans être _estrippellé_,
-comme lui-même aimoit à donner les ouvrages des autres. (Voy. t. II, p.
-3.)
-
-[45] On lit (t. II, p. 66), après une recette pour ôter les taches, ces
-mots que j’ai mis entre parenthèses: _ce que je ne croy pas_.
-
-[46] Voir t. II, p. 124, l’endroit où il est parlé des _additions_
-faites au livre: p. 129, le passage relatif à la signification du mot
-_fressure_; même volume, p. 93, sa remarque sur les _tourtes pisaines_,
-appelées ailleurs _tourtes lombardes_, et aussi les passages en
-italiques, p. 164, 166, 167, etc.
-
-[47] Un passage où il est parlé des choux, t. II, p. 142, dans lequel il
-est dit: _et commence à iceulx pour ce que ce sont de_ CELLE _année les
-premiers crus_, scilicet _puis avril, et puis_ VA _en descendant vers
-vendenges, Nouel et Pasques_, pourroit faire penser que l’auteur s’est
-servi, au moins pour une partie du _Viandier_, de notes faites exprès
-pour lui et l’année même où le _Ménagier_ a été écrit. En effet, le mot
-_va_ prouve que _commence_ n’est pas là à la première personne et que
-l’auteur ne parle pas pour lui. Donc, puisqu’il remarque que le
-rédacteur primitif de ce passage règcelle ale l’ordre de son discours
-d’après le mois où commençoit l’année actuelle (_celle année_), il en
-résulte que la note ou l’ouvrage consulté avoit été rédigée cette même
-année, et alors, à moins de supposer une coïncidence fortuite bien moins
-probable au XIVe siècle qu’elle ne pourroit l’être aujourd’hui, on
-seroit porté à conclure que les élémens de cette partie du travail de
-l’auteur lui auront été fournis par quelque queux ou écuyer de cuisine
-profondément instruit des détails de son art.--Je suis toutefois loin de
-rien affirmer à cet égard, et je remarque même que l’auteur ayant dit
-dans le _traité de l’Épervier_ (p. 303), l’_alouette de cest an_, pour
-l’alouette de l’année, il se pourroit que _celle année_ fût de même
-employé pour _l’année_ dans le passage qui donne lien à cette note, et
-qu’Avril eût été désigné de préférence, comme étant le mois le plus
-habituellement le premier de l’année, au moins le second, et en tout cas
-celui où ces choux commençoient à croître.
-
-[48] Jean Bonfons imprimoit, en 1566, _le Voyage de Charles IX_, et son
-fils, Nicolas Bonfons, imprimoit en 1574, les _Nouveaux Comptes
-moralisés_, à la même adresse que celle où avoient demeuré son père Jean
-Bonfons et sa mère, veuve de Jean. Lottin s’est trompé quand il fait
-vivre Jean Bonfons en 1606.
-
-[49] Voir sur Guillaume Tirel dit Taillevent, queux de Charles V en 1361
-et écuyer de cuisine de Charles VI en 1386, l’article que j’ai publié
-dans le _Bulletin_ du bibliophile de Techener, nº de juin 1843. M. de la
-Villegille, qui prépare une édition critique réellement la première de
-ce curieux ouvrage par la manière dont elle sera exécutée, a bien voulu
-me prêter pendant toute la durée de mon travail les copies faites par
-lui des deux manuscrits de Taillevent. Il existe dans les archives de la
-préfecture de la Manche à Saint-Lô un registre des recettes de la
-baronnie de la Haye du Puis pour 1454 à la fin duquel est un _Viandier_
-(voir le _Nouvelliste de la Manche_ du 3 février 1847) qui paroît être
-une leçon de Taillevent. Je n’en ai eu connoissance qu’après
-l’impression de la partie culinaire du _Ménagier_. Il existe encore sur
-le même sujet un volume que j’aurois bien voulu consulter, c’est la
-_Fleur de toute cuisine... revue et corrigée par Pierre Pidoux_. Paris,
-Al. Lotrian, 1543, in-16 goth., mais je n’ai pu le voir.
-
-[50] Ce seigneur qui florissoit en 1350, a écrit en 1372 pour
-l’éducation de ses filles un Traité assez célèbre dont les deux imprimés
-sont véritablement introuvables et de plus assez défectueux; je
-donnerai, soit pour la Société des bibliophiles, soit pour mon propre
-compte si les autres publications entreprises par la société ne lui
-permettoient pas de s’occuper de celle-ci, une édition nouvelle de ce
-livre sur le plan et dans la forme de la présente édition du _Ménagier
-de Paris_, et j’ai déjà recueilli quelques renseignemens sur l’auteur,
-sa famille et les personnages qu’il cite.
-
-[51] Amsterdam, 1709, in-8º. Il prouve que ce traité ne peut avoir été
-écrit par _Marcus Apicius_, fameux gourmand vivant sous Tibère et dont a
-parlé Athénée (ce qui n’a pas empêché plusieurs auteurs modernes
-d’attribuer à M. Apicius ce traité qu’ils n’ont sûrement pas ouvert); et
-d’après certaines expressions employées dans l’ouvrage, il pense qu’il
-doit avoir été écrit par un affranchi africain. Le nom d’Apicius
-_Cœlius_ peut, suivant lui, être un pseudonyme destiné à rappeler
-_Marcus_ Apicius.
-
-[52] Je ne prétends pas dire cependant qu’il n’y ait pas eu au XVIe
-siècle surtout quelques modifications au service, quelques introductions
-de plats nouveaux. On peut voir sur ce sujet Legrand d’Aussy et un
-passage de l’apologie pour Hérodote, d’Henri Estienne, non cité par
-Legrand, t. II, p. 16 de l’éd. de 1735. Au reste, Henri Estienne avance
-bien des choses démenties par le _Ménagier_. (Il dit par exemple qu’on
-jetoit autrefois les issues du veau et du mouton, et qu’on ne mangeoit
-pas de perdreaux.)
-
-[53] Boileau dans sa satyre III (1665), tourne en ridicule l’usage des
-épices.
-
-[54] Il avoit été pendant dix ans écuyer de cuisine de Louis Chaalon du
-Blé, marquis d’Uxelles, tué en 1658 au siége de Gravelines, père du
-maréchal, et ayant obtenu lui-même un brevet de maréchal de France. Il
-est dit dans la dédicace de ce livre, adressée à ce seigneur, que sa
-table avoit été _chérie_ à Paris et dans les armées par les princes, les
-maréchaux, etc.
-
-[55] Il faut au reste remarquer que Taillevent étoit réimprimé en 1602 à
-Lyon et non à Paris, et il se pourroit que Paris eût été plus _avancé_
-que Lyon en fait de cuisine.
-
-[56] On comprendroit bien mieux les ouvrages littéraires écrits au moyen
-âge si l’on pouvoit connoître tous les usages de la vie commune à cette
-époque, tous les noms techniques des objets qui frappoient journellement
-les regards des auteurs et de leurs contemporains. Penseroit-on qu’il
-pût être utile de consulter un _Viandier_ pour lire un Noël du XVIe
-siècle? Voici cependant un Noël tiré du recueil de _Lucas Le Moigne,
-curé de Notre-Dame du Puy la Garde en Poitou_ (volume unique appartenant
-à notre confrère M. Cigongne), dont la lecture est singulièrement
-éclaircie par celle du _Ménagier_. Ce Noël se chantoit sur l’air de
-l’hymne: _Conditor alme siderum_.
-
- _Conditor_ le jour de Nouel
- Fist ung bancquet le nompareil
- Que fut faict passé a longtemps
- Et si le fit à tous venans. Nouel.
-
- Il y avoit perdris, chappons,
- Oyseaulx saulvaiges, des hairons:
- Levraulx, congnilx, aussi faisans,
- Pour toutes manières de gens. Nouel.
-
- Une grant hure de sanglier,
- Ypocras, aussi le mestier,
- Vin Capary et faye Montjeau
- Pour enluminer leur musseau. Nouel.
-
- Biscuyt, pain d’orge et gasteaulx,
- Fouace, choysne, cassemuseaulx,
- pain de chappitre et eschauldez
- Mangerez si le demandez. Nouel.
-
- Aussi y avoit aulx, oignons,
- Et ung pasté de potirons
- Avec les choux-maistre-René
- Et des lymatz au chaudumé. Nouel.
-
- Il y vint ung bon bouteiller
- Qui ne cessa onc de verser,
- Tant que ung barault il aseicha
- _In sempiterna secula_.
-
- _Amen._ Nouel.
-
-
-[57] Il y a dans les _Mémoires pour servir à l’Histoire de France et de
-Bourgogne_, Paris, 1729, in-4º, IIe partie, p. 58, un article curieux
-sur le queux du duc de Bourgogne qui auroit été supérieur aux écuyers de
-cuisine; mais ce queux me paroît être un officier dans le genre du
-_grand queux de France_, non aussi important toutefois. Dans les
-ordonnances de 1386-7 et 1388-9 sur l’organisation de la maison du roi,
-les écuyers de cuisine sont nommés avant les simples queux. (Voir sur
-les grands queux de France l’_Histoire généalogique des grands officiers
-de la couronne_, t. VIII, p. 825, où se trouvent aussi des premiers
-queux et même de simples queux qui n’auroient pas dû y figurer, et entre
-autres Taillevent et Guillaume Lefèvre, dit Verjus. V. t. II, p. 81 du
-_Ménagier_.)
-
-[58] Je crois qu’il faut adopter la leçon du manuscrit B, II, 117, n. 4.
-
-[59] Vases contenant une quarte (deux pintes) de vin.
-
-[60] Voir cependant T. II, p. 114, n. 3.
-
-[61] Ici vases à _couler_, à _passer_, _passoires_, comme cela est bien
-expliqué dans du Cange à _Colum_, 3, et non _entonnoir_, comme cela est
-dit dans le même ouvrage à _Collum_ 3 et à _Coloeria_.
-
-[62] Il y avoit cependant alors un grand luxe d’argenterie. J’ai vu dans
-les registres du Parlement (_Matinées_, 9 avril 1396-7), que Guillaume
-des Baux, gentilhomme qui recevoit souvent le duc d’Anjou, avoit
-_vaisselle de cuisine_ d’argent. Sa fortune n’étoit cependant évaluée
-qu’à 6,000 liv., ce qui, en tenant compte de la diminution du poids et
-même de la dépréciation de la monnoie, ne peut représenter plus de
-240,000 fr. d’aujourd’hui.
-
-[63] V. T. II, p. 114, n. 1.
-
-[64] A cette époque le vin n’étoit pas mis en bouteilles: on prenoit
-directement au tonneau le vin nécessaire à la consommation journalière.
-
-[65] Ce mot a cependant quelquefois aussi la même signification
-qu’aujourd’hui (V. T. II, p. 99, n. 6), et il désigne une fois (T. II,
-p. 137) un mets solide, sec, par opposition à un mets liquide mis dans
-une écuelle.
-
-[66] Au XVIIe siècle c’étoit le maître d’hôtel qui remplissoit cet
-office, le chapeau sur la tête, le manteau sur le dos, la serviette sur
-l’épaule et l’épée au côté. Voir les _Délices de la campagne_, éd. de
-1673, figure de la page 145, et le _Maistre d’hostel_ de la Varenne, à
-la suite de son _Cuisinier françois_, éd. d’Amsterdam, Mortier, p. 318.
-
-[67] Placeur, poseur, d’_asseoir_, _poser_.
-
-[68] Ce mot désigne ordinairement dans les récits de festins princiers
-une espèce de représentation théâtrale. (Voir Legrand d’Aussy, t. III,
-p. 373, et les _Chroniques de Saint-Denis_, t. VI, p. 387), mais la
-signification que je lui donne ici résulte des menus X, XIII, XIV, et du
-chapitre des entremets du _Ménagier_. Dans le Ms. de Saint-Lô (V. p.
-XXXV, n. 1), il est dit que le _porc de mer_ doit être coupé par lesches
-et _détourné_ (_atourné_, dressé?) _par manière d’entremets sur un blanc
-doublier_ (nappe). Enfin la recette donnée dans le _Grand Cuisinier_
-pour dorer et orner un cigne (voir t. II, p. 184, note), est ainsi
-intitulée _Entremets d’un cigne doré_. L’usage de servir les paons,
-faisans, etc., avec cette recherche, paroît s’être prolongé jusque dans
-le XVIIe siècle. Le _Thrésor de santé_, imprimé en 1607, mais qui peut,
-il est vrai, avoir été écrit antérieurement, donne encore une recette de
-cigne doré. En France, sous la minorité de Louis XIV, le faisan étoit
-servi avec une aile non plumée, outre la tête et le col qu’on lui laisse
-encore aujourd’hui.
-
-[69] Je ne puis du moins comprendre autrement _l’entremets élevé_ dont
-il est parlé dans le Menu XIV.
-
-[70] On voit cependant T. II, p. 108, une _desserte_ composée de
-fromentée et de venaison, mais s’il n’y a pas erreur, c’est au moins une
-exception.
-
-[71] Ce mot se trouve encore dans l’_Instruction pour les festins_,
-insérée dans les _Délices de la campagne_, et avec la même signification
-de dessert supplémentaire. Il paroît s’être perdu peu de temps après,
-car il n’est plus employé dans la _Maison réglée_ d’Audiger, imprimée à
-Paris en 1692, in-12.
-
-[72] V. T. II, p. 99.
-
-[73] Cette consommation a été, en 1846, la population de Paris étant
-évaluée à un million d’habitans, de 104,329 bœufs, vaches ou taureaux,
-84,260 veaux, et 486,445 moutons. La consommation seroit donc à peu près
-triplée.
-
-[74] Je n’ai vu cette boucherie citée que dans une plaidoierie du
-Parlement de septembre 1388.
-
-[75] On pourroit cependant répondre qu’il considéroit Saint-Marcel comme
-un faubourg et non comme un quartier de Paris.
-
-[76] La dépense ordinaire de l’hôtel du duc de Berry, sans compter celle
-de sa garde-robe, des gages et pensions qu’il payoit, et surtout sans
-celle de ses bâtimens, s’éleva en juin 1373 à 1165 fr.; en juillet à
-1431 fr.; en août à 1535 fr.; en septembre à 1542 fr.; en octobre à 1430
-fr.; à 2054 fr. en novembre; à 1654 fr. en décembre. Il est dit dans le
-compte qui me fournit ces chiffres (Arch. du Roy. K. 250-1), que cette
-dépense comprenoit les gages _des gens de l’ostel qui ne s’étoient pas
-armés en la chevauchée de Poitou_. Ceux qui avoient fait l’expédition
-n’y étoient donc pas compris. La duchesse avoit sa maison à part et
-remboursoit au duc six francs par chaque jour qu’elle et ses gens
-vivoient à ses dépens. Il est probable que la dépense du duc de Berry
-s’augmenta quand, après la mort de Charles V, il put puiser largement
-dans le Trésor.
-
-[77] Ce seroit cependant faire tort à l’auteur que d’assimiler ses
-renseignemens à la ridicule statistique de Paris qui se trouve dans les
-_Rues et églises de Paris_. On lit dans cet ouvrage, imprimé au
-commencement du XVIe siècle, qu’on comptoit à Paris dès le règne de
-Charles VI, 872,000 _ménagers_ ou chefs de famille, sans les prêtres,
-écoliers et autres extravagans _qui sont sans nombre_. La consommation
-de cette multitude est fixée aux chiffres très-insuffisans de 73,000
-bœufs, 730,000 moutons, et 365,000 veaux.
-
-[78] Voir sur la diminution, depuis 1789, de la consommation de la
-viande par chaque individu, les _Recherches de Benoiston de
-Chasteauneuf_, 1821, in-8º, 1re partie, p. 67. Cette diminution
-relative, qui date de 1789, a toujours été en croissant depuis, et c’est
-là un fait bien remarquable et digne d’être médité.
-
-[79] Il falloit bien au reste que la consommation de Paris fût
-très-considérable. J’ai vu dans les registres du Parlement la preuve
-qu’en 1422 on amenoit même de Savoie des bœufs à Paris (14 juillet
-1422). Une ville pour laquelle des approvisionnemens arrivent de si loin
-est nécessairement très-peuplée. Au reste, il existe d’autres données
-qui permettent d’établir assez positivement le chiffre de la population
-parisienne à la fin du XIVe siècle. On peut, si l’on veut, négliger
-comme trop vague ce que dit Froissart (t. II, p. 259 de l’éd. du
-Panthéon) à l’occasion du retour de Flandres en 1383, de la partie de
-cette population capable de porter les armes, mais, comme Paris comptoit
-en 1328 61,098 feux que M. Géraud dans son _Paris sous Philippe le Bel_
-évalue par des calculs très-modérés, peut-être même trop modérés, à
-275,000 habitans, comme ce chiffre a dû s’élever pendant le règne de
-Charles V et les premières années de Charles VI, il semble qu’on ne peut
-guère évaluer la population de Paris à la fin du XIVe siècle à moins de
-3 ou 400,000 habitans. Voir pour plus de détails sur la population de la
-France au XIVe siècle, le mémoire de M. Dureau de La Malle (Acad. des
-inscr., T. XIV, 2e p. p. 36); pour Paris l’excellent travail de M.
-Géraud, p. 465 de _Paris sous Philippe le Bel_, et pour le XVIe siècle
-les _Relations des ambassadeurs vénitiens_.
-
-[80] T. I, p. 7. Ces demandes d’ébatement ou jeux semblent avoir donné
-lieu à une manière de parler proverbiale que je trouve consignée dans
-les plaidoieries civiles du Parlement à la date du 27 juin 1392. _Acarot
-dit que s’il s’en mesloit plus, qu’il lui trancheroit la teste, et dit
-que_ pour roy ne pour roc _il ne lairoit que il ne lui couppast la
-teste_.
-
-[81] L’ordonnance de Charles VI du 10 janvier 1396-7 ne défend la chasse
-qu’aux non-nobles laboureurs et autres non privilégiés, (les habitans
-d’un assez grand nombre de villages avoient droit de chasse) et non
-autorisés par des personnes ayant elles-mêmes droit de chasse. Cette
-ordonnance reconnoit de la manière la plus formelle le droit de chasse
-aux _bourgeois vivans de leurs possessions et rentes_.
-
-[82] _Modus_, feuillet 101.
-
-[83] Voir l’article sur lui, p. LXIX.
-
-[84] Ed. Vérard, feuillet X V.
-
-[85] _Ib._, feuillet X IV.
-
-[86] S’il a été aidé par quelque ouvrage antérieur, peut-être seroit-ce
-par un traité italien, attendu le nom de _faucon vilain_ qu’il donne au
-lanier, et qui lui étoit encore donné en Italie au XVIIe siècle. Voy.
-aussi T. II, p. 310, la note sur le vol du faisan par l’épervier.
-
-[87] La chasse à l’oiseau est encore actuellement pratiquée en Syrie.
-L’émir Beschir, prince des Druses, avoit des oiseaux dressés qui furent
-pillés en 1840, lorsque les événemens le contraignirent à quitter le
-pays, et rachetés depuis par M. Catafago, vice-consul d’Autriche à Saïda
-(près Beyrouth), qui les possède encore aujourd’hui. A Damas, Choudjà’
-Eddaouleh et Seïf Eddaouleh, neveux du schah actuel de Perse, retirés en
-Syrie, chassent aux perdrix avec des sacres (voy. T. II, p. 323). M.
-Schefer, second drogman du consulat général de Smyrne, a fait avec ces
-princes une chasse dans laquelle deux sacres prirent en une heure et
-demie quinze ou vingt perdrix. D’après le récit circonstancié qu’il a
-bien voulu me faire, ces oiseaux nommés _sacres_ dans le pays,
-originaires de Tartarie ou du Turkestan, certainement les _sacres_ de
-nos anciens fauconniers, et par conséquent oiseaux de haut vol
-(_rameurs_, selon Huber; voy. T. II, p. 318), sont cependant dressés
-comme l’étoient autrefois les oiseaux de poing (_voiliers_, selon
-Huber); ils partent du poing de leur maître quand le gibier se lève, et
-se perchent sur les buissons quand la perdrix s’y est remisée, pour la
-prendre plus facilement dès qu’elle en sort. C’est bien là la manière de
-l’autour et de l’épervier, mais l’identité d’origine septentrionale et
-de nom ne permet pas de douter que ces oiseaux ne soient bien nos
-sacres.
-
-M. d’Offémont, dont j’ai parlé dans une note de ma _Chace dou cerf_,
-1840, in-8º, comme ayant créé en 1838 une association destinée à faire
-renaître la fauconnerie (association dont le siége est en Hollande et
-qui continue à prospérer), frappé des difficultés qu’il a dû surmonter
-dans _l’affaitement_ des oiseaux, malgré les secours qu’il avoit
-rencontrés dans les anciens ouvrages de fauconnerie, a l’intention
-d’écrire sur ce sujet un traité assez détaillé pour suppléer aux
-omissions des anciens auteurs. Il m’a montré des notes et quelques
-dessins qui donnent l’idée la plus avantageuse de son travail.
-
-[88] Par suite de mon goût pour les livres de chasse, j’avois eu
-l’honneur de faire la connoissance de M. Huzard. Il m’a bien souvent
-admis avec une extrême complaisance dans sa précieuse bibliothèque, mais
-le hasard a fait qu’il ne m’avoit jamais montré son manuscrit du
-_Ménagier_. Son catalogue (Paris, 1842) forme 3 vol. in-8º. La vente a
-eu lieu en 1843.
-
-[89] Paris, 1830, in-4º. Voici les indications données par cet ouvrage:
-
-1º Inventaire de Bruges vers 1467.
-
-Nº 836. Ung autre livre en parchemin couvert d’ais jaunes, intitulé au
-dehors: _C’est le Mesnagier de Paris_; comançant au second feuillet,
-_Salvacion de l’âme_, et au dernier _n’est autrement_. (C’est le
-manuscrit A, voir ci-après p. LIV.)
-
-Nº 1202. Ung autre livre de cuir vermeille, appellé _le Mesnagier_, est
-escript partie en longue luigne et partie par deux coulombes;
-quemenchant ou second feuillet _Vous moismes_ et le dernier feuillet, _a
-dicta aqua_. (C’est le manuscrit B dans lequel se trouve le _Chemin de
-povreté_ en effet écrit à deux colonnes (coulombes). Voir ci-après p.
-LV.)
-
-2º Inventaire fait à Bruxelles le 15 novembre 1487.
-
-Nº 1758. Ung autre grant volume couvert de cuir, garni à tout deux
-cloans de léton, intitulé: _C’est le Mesnagier de Paris_; comenchant ou
-second feuillet, _Salvacion de l’âme_ et finissant ou derrenier, _et
-oster les entrailles, testes et qhues. Hic finit._ (A)
-
-Nº 1759. Ung autre grand volume couvert de cuir rouge, à tout deux
-cloans de léton, intitulé comme le dessus: _Le Mesnagier de Paris et
-autres choses de dévotion_; comenchant ou second feuillet, _Vous-mesmes
-vo_, et finissant ou derrenier, _et oster les entrailles, testes et
-qhues_. (B)
-
-[90] T. I, p. 9.
-
-[91] Les second et dernier feuillets commencent par les mêmes mots que
-ceux signalés comme initiaux de ces mêmes feuillets dans le manuscrit de
-Bourgogne. C’est ce même manuscrit qui est indiqué comme manquant
-ultérieurement dans les inventaires de Bruxelles. (Nº 2269 de la
-_Bibliothèque protypographique_.)
-
-[92] Cet article a donc paru peu de mois avant la vente de la première
-partie de la Bibliothèque Huzard. Il est singulier qu’un livre si
-longtemps inconnu soit remarqué et étudié, on pourroit dire exhumé, dans
-la même année, à Bruxelles et à Paris à la fois.
-
-[93] Si l’on entre dans le détail de l’histoire du règne de Charles VI,
-il semble (autant qu’on puisse en pareille matière déduire un principe
-général de faits particuliers même nombreux) qu’une partie notable de la
-haute bourgeoisie parisienne s’étoit attachée après la mort de Charles V
-au duc de Berry, prince toujours besogneux, et redoutable par ce motif
-aux provinces soumises à son autorité, mais affable et de mœurs faciles,
-qualités appréciées de tout temps et souvent au delà de leur valeur
-réelle par les classes moyennes et inférieures des villes. On verra
-encore que même dans les momens où les exigences de la politique
-amenoient ou forçoient le duc de Berry à se réunir aux Bourguignons, les
-bourgeois ou parlementaires ses conseillers et partisans, n’en étoient
-pas mieux vus du duc de Bourgogne à qui ils rendoient probablement les
-sentimens de défiance et de haine qu’ils lui inspiroient.
-
-[94] Les familles de Larivière en Guyenne, et de Bezu le Long, portent
-aussi de gueules au chevron d’hermines.
-
-[95] Champagne, Goussencourt, Hargicourt et Vivonne portent également
-d’hermines au chef de gueules.
-
-[96] Depuis le XVIe siècle, au lieu d’avoir ainsi un seul écusson parti
-(divisé en deux par une ligne verticale) les femmes portent deux écus
-dont le premier est celui de leurs maris. Les reines de France ont
-continué longtemps à partir leur écusson, et je crois que Marie
-Leczinska est la première qui ait porté deux écus accollés.
-
-[97] _L’Histoire généalogique des grands officiers de la couronne_, T.
-III, p. 726, l’appelle Jean, ce qui est une erreur.
-
-[98] Elle est enterrée dans l’église paroissiale de Roubais, chapelle de
-Sainte-Croix ou des Sept Douleurs. (Cabinet généalogique.)
-
-[99] Chambellan du roi de France, frère du connétable de Saint-Paul
-décapité en 1475: il mourut en 1487.
-
-[100] Mon ami M. Eugène Grésy qui s’occupe depuis longtemps de
-l’histoire et de la topographie de Melun, me signale un vitrail de la
-chapelle Saint-Antoine en l’église Saint-Aspais de Melun, dans lequel
-les armes d’Agnès de Savoie, femme, de 1466 à 1508, de François Ier
-d’Orléans, duc de Longueville, vicomte de Melun, sont placées dans un
-écusson parti, avant celles de son mari. Mais, je le répète, de telles
-erreurs sont très-rares, surtout à mesure qu’on s’éloigne des temps
-modernes. Si Isabelle de Roubais avoit épousé un Ghistelles en premières
-noces, je n’aurois pas hésité à voir en elle la propriétaire de mon
-manuscrit. Au reste, il est bien probable que ce manuscrit lui aura été
-donné par sa mère, et que les recettes de _Hotin_ auront été recueillies
-pour elle.
-
-[101] C’est lui qui prit par surprise, en 1465, la ville de Péronne et
-le comte d’Étampes qui s’y étoit renfermé, _Histoire de Bourgogne_, de
-dom Plancher, T. IV, p. 337.
-
-[102] Voy. T. II, p. 275.
-
-[103] Quand un ouvrage cité en abrégé dans un endroit du livre est
-indiqué ailleurs avec plus de détail, je ne l’ai pas compris dans cette
-liste. La table donnera le moyen de retrouver l’endroit où le titre est
-donné _in extenso_.
-
-[104] Rymer date ces pièces de 1363, mais c’est de 1363 nouveau style,
-c’est-à-dire en faisant commencer l’année au 1er janvier et non à
-Pâques. En effet, suivant la Chronique de Saint-Denis, dont l’exactitude
-chronologique est irrécusable, le roi Jean, qui étoit entré à Avignon le
-20 novembre 1362, s’embarqua à Boulogne le 3 janvier 1363 (1364 nouveau
-style) pour retourner en Angleterre, et y mourut le 8 avril suivant.
-
-[105] Il n’y en a que dix-huit.
-
-[106] Le second article relatif à la chasse de l’épervier est le seul
-qu’on trouve dans les trois manuscrits du _Ménagier_, encore est-il mal
-placé entre les troisième et quatrième articles de la seconde
-distinction. Cette circonstance pourroit faire croire que l’auteur n’a
-pas suivi jusqu’au bout de son livre le plan et la division établis
-ci-dessus, et qu’il a peut-être omis de traiter le sujet des premier et
-troisième articles de la troisième distinction.
-
-On comprend de quel genre pouvoient être les ébattemens du troisième
-article, et on a dans le _Dodechedron de fortune_ l’exemple de demandes
-_avérées et répondues par le sort des dés_. Mais que faut-il entendre
-par _rocs_ et par _rois_? On sait que le Roc a été remplacé par la Tour
-dans le jeu d’échecs, et n’existe plus que comme pièce héraldique dans
-les armoiries de quelques familles. Étoit-ce donc à l’aide des rocs et
-des rois d’échecs que ces demandes d’ébattemens étoient répondues?
-
-Il est parlé dans le _Chevalier de la Tour_ (chap. 124 du ms. du roi,
-7403) de chevaliers et dames jouant au _roy qui ne ment pour dire vérité
-du nom de s’amie_. C’est peut-être d’un jeu analogue que l’auteur du
-_Ménagier_ a parlé ou comptoit parler dans cet article.
-
-[107] _Chemise._ Ce mot avoit alors la même signification
-qu’aujourd’hui. Voir Du Cange au mot _Camisa_.--_Blanchet_, vêtement
-court, sorte de camisole de drap ou flanelle blanche qu’on mettoit
-par-dessus la chemise. Ce mot est encore cité dans cette acception par
-le dictionnaire de Trévoux. Blanchet signifioit par extension le drap
-blanc dont étoit fait le vêtement du même nom.--_Coste_, qui seroit
-mieux écrit cotte, comme au-dessous, signifie ici robe, voir Du Cange,
-citation de la Vie des Pères, à _Surcotium_.--_Surcot_, vêtement de
-dessus, mais en général moins chaud et plus habillé que la houppelande.
-J’ai vu dans les _Plaidoiries criminelles du parlement_ une bourgeoise
-_venant d’une noce pour laquelle elle avoit vestu un surcot_, à qui une
-de ses parentes dit _qu’il est tard_, qu’elle dépouille son surcot et
-que elle lui baillera _une houpelande et un chaperon_. (Avril 1404-5.)
-
-[108] La coiffe enveloppoit toute la tête et étoit placée immédiatement
-sur les cheveux. Le mot de _cueuvrechief_ paroît désigner ici une sorte
-de bonnet placé sous le chaperon. Les couvrechef et coiffes étoient
-d’étoffe légère. Un inventaire dressé en 1384 des biens meubles de
-Jacqueline de Charny, femme de Jehan Saugete, écuyer, mentionne _quinze
-quevrechiefs de soie et trois de lin pour atour et dix-neuf coiffes de
-soie jaune, de cendal et de toile ou fil_. (Reg. du P. Jugés XXXII. 94.)
-Quant au chaperon, dont la forme a varié, celui dont il s’agit ici me
-paroît devoir être la coiffure que porte la femme dans la planche de la
-page 9. L’auteur de la plaidoirie citée page 14 parle d’un amant qui
-coupa un morceau du chaperon de sa maîtresse pour avoir un souvenir
-d’elle. La forme du chaperon représenté dans la planche fait bien voir
-comment cela étoit possible.
-
-[109] Il sembleroit par ces mots qu’on n’avoit pas alors de bancs
-_réservés_ dans les églises. La mention la plus ancienne que j’aie vu de
-cette attribution individuelle des bancs aux paroissiens est dans une
-délibération du conseil de fabrique de Saint-André-des-Ars, en date du 2
-février 1577, qui parle des bancs affectés aux paroissiens, et de ceux
-qui d’_ancienneté_ ont coutume de s’y mettre. Les églises collégiales
-n’avoient de bancs qu’autant qu’elles étoient en même temps
-paroissiales, c’est-à-dire qu’il y avoit des fonts baptismaux, et qu’on
-y faisoit le prône. (_Traité des Droits honorifiques_, par Maréchal,
-1762, tom. I, p. 278 et 284). On m’a affirmé qu’avant la révolution il
-n’y avoit pas de bancs dans l’église cathédrale de Paris.
-
-[110] Var. B _Gréel_, Graduel.
-
-[111] _Estour_, secours, nourriture du corps, et généralement tout ce
-qui sert à la vie. (V. Du Cange, au mot _Estorium_); _lourgable_,
-susceptible d’être consommé, de _lurcare_, dévorer.
-
-[112] Avoir soin.
-
-[113] Je n’ai jamais vu ce mot: seroit-il ici pour _trahaigner_,
-traîner, tergiverser?
-
-[114] _Reverchier_ signifie retourner: je crois qu’_entreveschier_ veut
-dire _intervertir_.
-
-[115] Pour fixer votre idée, pour connoître.
-
-[116] Aussi, également.--Var. B _presque_.
-
-[117] Cette nomenclature des vices et des vertus contraires se retrouve
-dans plusieurs ouvrages du moyen âge. Elle est avec de grands
-développemens dans le _Calendrier des Bergers_, et elle a donné lieu à
-une sorte de roman allégorique curieux et bien écrit dans la suite
-mystique du Modus et Ratio, intitulée _le Songe de Pestilence_, et
-imprimée sous le titre de _Modus et Ratio de divine contemplacion_.
-
-[118] Vif désir.
-
-[119] Brûlent (de frire). V. ci-après _le Viandier_.
-
-[120] Poêle à frire.
-
-[121] Il paraît manquer quelque chose, comme _perte des âmes_.
-
-[122] Vrai.
-
-[123] Procès.
-
-[124] Manque _se comparer_.
-
-[125] _... d’icelui._
-
-[126] Mal erré, _male erravi_.
-
-[127] Sous son plus mauvais jour.
-
-[128] Loué.
-
-[129] Je ne me souciois pas.
-
-[130] En secret.
-
-[131] De la gloire auprès d’eux, pour qu’ils parlassent de moi.
-
-[132] Je pensois.
-
-[133] Il paroît manquer quelque chose comme: _Je disois mes péchés les
-moins grands_.
-
-[134] Parée.
-
-[135] Ce mot n’est que dans B. Faut-il lire _à parties_?
-
-[136] Gourmands et par extension débauchés.
-
-[137] Joyeux.
-
-[138] _Empêcher_ vaudroit mieux.
-
-[139] Défendu, refusé.
-
-[140] Croupit?
-
-[141] Sa fortune.
-
-[142] Antecrist fait les miracles en sa maison tout au contraire: sa
-maison est la taverne, et quant ceulx qui voyent bien clair y viennent,
-ils s’en partent tous aveugles.--_Modus et Racio_, édit. 1839, feuillet
-65 vº.
-
-[143] Chez les Romains, avant la première guerre punique, les jours se
-divisoient en quatre parties: 1º de 6 heures à 9 heures, c’était l’heure
-de _prime_; 2º de 9 heures à midi, c’est ce qu’on nommoit _tierce_; 3º
-de midi à trois heures, c’étoit l’heure de _sexte_; 4º _none_ commençoit
-à 3 heures et finissoit au coucher du soleil. Cette ancienne division du
-temps fut adoptée par la primitive église et les noms en sont restés aux
-offices.
-
-[144] Si chère qu’elle soit.
-
-[145] Pourtant, cependant.
-
-[146] De maintenant à un jour.
-
-[147] Thériaque: remède.
-
-[148] Prochain.
-
-[149] Ennui, désœuvrement. V. Du Cange aux mots _Accidia_, _Acedia_.
-
-[150] Manquent quelques mots, comme: _qui y mettent_.
-
-[151] L’avare.
-
-[152] Peut-être manque-t-il quelques mots comme _ils auront_, _etc._
-
-[153] Il semble que le sens de la phrase exigeroit _gloutonnie_.
-
-[154] En desroi, égaré.
-
-[155] C’est l’ouvrage de Jacques de Voragine, archevêque de Gênes.
-
-[156] De saint Jérôme.
-
-[157] Donner envie, goût.
-
-[158] C’était Sédécias.
-
-[159] Captivité.
-
-[160] Helcias.
-
-[161] Huile.
-
-[162] Doucement, paisiblement.
-
-[163] Serviteurs, _servientes_.
-
-[164] Visage.
-
-[165] Cachées.
-
-[166] La Vulgate dit _sub prino_, c’est le chêne _ilex_, l’yeuse.
-
-[167] _Sub schino_, c’est le lentisque d’où découle dans l’Archipel et
-en Perse non le macis, mais le mastic ou encens de Perse, sorte de gomme
-aromatique avec laquelle les Perses enduisoient leurs outres, suivant
-Strabon. Le _macis_ dont parle ici l’auteur est aussi appelé _fleur de
-muscade_; c’est la seconde écorce de la noix muscade. Nous verrons le
-macis employé dans _le Viandier_.
-
-[168] Les juifs furent chassés par ordonnance du 17 septembre 1394, et
-cette ordonnance fut ponctuellement et promptement exécutée. On en a la
-preuve dans des lettres de rémission accordées en janvier 1394(5), à un
-certain Guiot Rousseau de Pertes, près Melun, pour avoir assommé et
-volé, entre Pont-sur-Yonne et Sens, au bois de Javel, une vieille juive
-qu’il s’étoit chargé de conduire sur son cheval, de Melun à Sens, _ne
-croyant autant mesfaire que s’elle eust esté chrestienne et se recordant
-que par les juifs qui ont demouré ou temps passé à Meleun il avoit esté
-destruit presque de toute sa chevance_. Il est dit dans ces lettres, qui
-m’ont été communiquées par M. de Stadler, que cette juive _alloit
-rejoindre aucuns juifs qui pour certaine ordenance sur ce faicte se
-partoient hors du royaume_. (J. Reg. 147, 36.) Ce passage prouve bien
-positivement que _le Ménagier_ a été écrit avant septembre 1394.
-
-[169] Philosophe chaldéen qui, suivant Jacques de Cessoles, auteur du
-_Jeu des échecs moralisé_, auroit inventé le jeu d’échecs. L’auteur du
-_Ménagier_ cite ici l’ouvrage de J. de Cessoles, dans lequel on trouve,
-au chapitre de la Reine, les histoires de Romilde, de Lucrèce, de
-Papirius, qu’il va raconter aussi, mais en les développant.
-
-[170] Oui.
-
-[171] De Bénévent.
-
-[172] S’en détournèrent, de _desmouvoir_.
-
-[173] Cette duchesse est Romilde, veuve de Gisulfe, duc de Frioul, tué
-en 611, dans une bataille contre les Abares. Après la mort de son mari
-dont elle avoit eu quatre fils et quatre filles, elle fut assiégée par
-le khan des Abares dans Forojulium, aujourd’hui _Civita di Friuli_.
-Éprise de la figure du khan, elle lui offrit (et non à un de ses
-chevaliers) la place et sa main; son offre fut acceptée, mais le khan,
-maître de la place, fit empaler Romilde et emmena ses enfans et les
-principaux citoyens en captivité. Les quatre princes s’échappèrent sur
-la route. Les deux aînés, Tason et Caccon, furent ducs de Frioul, de 621
-à 635. Le troisième, Rodoald, fut duc de Bénévent, de 642 à 647, et le
-dernier, Grimoald, fut duc de Bénévent après son frère, et roi des
-Lombards en 662; il mourut en 671. On a assez peu de renseignemens sur
-l’origine de plusieurs de nos reines de la première race. Je n’ai pas
-trouvé qu’aucune d’elles ait été sœur de Grimoald. La même histoire est
-racontée avec quelques-unes des inexactitudes de l’auteur du _Ménagier_,
-dans le LVIIIe chapitre du _Compendion historial_; Paris, Ant. Vérard,
-1509.--Elle est tirée de Paul Diacre.
-
-[174] L’auteur du _Jeu des Échecs moralisé_.
-
-[175] Invita, de _semondre_.
-
-[176] Par telle convention.
-
-[177] État, disposition d’esprit.
-
-[178] Les occupations que l’auteur donne ici aux Romaines étoient sans
-aucun doute celles des femmes de son temps, et ce passage est
-certainement un des plus curieux de son livre. Le _bric_, qui me paroît
-la même chose que la _briche_ ou _bricque_, est déjà cité au XIIIe
-siècle dans les œuvres de Rutebeuf (_de Brichemer_), on y jouoit assis
-et à l’aide d’un petit bâton.--_Qui féry?_ me paroît évidemment notre
-_main chaude_.--Le jeu de _pince-merille_ est écrit _pince-morille_ dans
-les jeux de Gargantua (Rabelais, livre I, chapitre XXII), c’est tout ce
-que j’en connois.--Le _tiers_ étoit une sorte de colin-maillard dont il
-est parlé dans Rabelais, les Arrêts d’amour et des lettres de rémission
-de 1391, citées par Du Cange au mot _Tertium_.--La mention des cartes
-comme _jeu d’ébatement_, dans un ouvrage écrit sûrement en 1393, est
-fort importante, et nous paroît démontrer la réalité de la distinction
-établie par M. Duchesne entre les cartes jeux _d’ébatement_, jeux
-d’enfans, _naibi_, et les cartes devenues quelques années après jeu de
-hasard. En lisant ce passage du _Ménagier_ on comprend que les cartes
-aient pu être connues en 1369, et ne pas figurer cependant parmi les
-jeux de hasard défendus cette année par Charles V. (Voy. _Jeux de Cartes
-tarots_, publiés par la Société des Bibliophiles, 1844, in-folio, p. 4.)
-
-[179] Un peu loin, à une petite distance.
-
-[180] Le visage baissé.
-
-[181] Bleues, violettes.
-
-[182] Poudreux; ou faut-il lire _les gens, pouldres_ (poussière) _et
-fumées_, etc.?
-
-[183] Var. Br. _à peine_.
-
-[184] Evite, esquive.
-
-[185] Car le fait (l’adultère) n’est pas à craindre. Je n’ai vu ce
-curieux usage mentionné nulle part ailleurs.
-
-[186] Pierre le Mangeur, chancelier de l’Université de Paris, mort en
-1179. Voir les _Mss. françois_ de M. Paris, t. II, p. 2.
-
-[187] L’historien Flavius Josèphe.
-
-[188] S’attachera, _adhærebit_.
-
-[189] Prononciation parisienne du mot _mesnie_, suite, famille. Voir H.
-Estienne, _Précellence du Lang. françois_, p. 179.
-
-[190] Près, comme _Villers-Coste-Retz_.
-
-[191] Stérile. Encore employé pour les biches en terme de vénerie.
-
-[192] Élève.
-
-[193] Allusion à l’incarnation de N. S. J. C.
-
-[194] Outre ou petit baril, _boucellus_.
-
-[195] Bersabée.
-
-[196] Voyage.
-
-[197] Couché.
-
-[198] Voir sur cette plante et sur la _main de gloire_ les curieux
-articles du Dictionnaire de Trévoux.
-
-[199] Ouvrage qui est à la fois une grammaire, une rhétorique, et un
-dictionnaire, et qui fut écrit en 1286 par Jehan Balhi de Gênes,
-religieux dominicain.
-
-[200] Sauvages.
-
-[201] Sans doute _choucas_.
-
-[202] Var. A, _melles_, faute ou nom d’oiseau que je ne connois pas.
-Tiercelet, pris seul, est le nom du faucon mâle.
-
-[203] Domestiques.
-
-[204] Macaire étoit le nom de l’assassin. Aubri de Montdidier étoit le
-maître du chien. Bullet, dans une intéressante dissertation sur cette
-histoire (_Mythol. fr._, p. 64), remarque qu’elle figure pour la
-première fois dans la chronique romanesque d’Albéric de Trois-Fontaines,
-auteur du XIIIe siècle, qui la place à l’année 780. Il pense que cet
-auteur l’a prise dans quelqu’ancien roman ou chanson de geste.
-
-[205] C’est la portion de l’île Saint-Louis qui est entre la rue des
-Deux Ponts et le pont Louis-Philippe, et qui étoit séparée par un petit
-bras de la Seine ordinairement à sec en été, de l’autre portion appelée
-l’île aux Vaches. Quoique le chapitre de Paris eût des droits à la
-propriété de cette île et en fût en tout cas haut justicier, elle
-servoit de promenade et de lieu de réjouissance publique. Le 8 mars
-1400, le procureur du roi parlant pour les marchands de Paris et les
-droits de la navigation, contre le chapitre, et faisant peut-être
-allusion au prétendu combat de Macaire et du chien, disoit que _dès
-Charlemaine l’île dessus dite fut appliquée à la chose publique_ (Reg.
-du Parl., Plaid. civ.). Les lices qu’y voyoit à la fin du XIVe siècle
-l’auteur du _Ménagier_ pouvoient bien provenir de la grande fête
-(mystères, tournois d’enfans au-dessous de dix ans, etc.) qui y fut
-donnée à la Pentecôte de 1313, lorsque Philippe le Bel et ses trois
-fils, et le roi d’Angleterre prirent la croix (_Chron. métrique_ de God.
-de Paris, 1827, p. 188), ou peut-être aussi de quelque autre solennité
-plus récente.
-
-[206] Les ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon et le connétable du
-Guesclin conquirent presque tout le Poitou sur les Anglois, en 1372: ils
-revinrent à Paris le 11 décembre, et le lendemain le duc de Berry fit
-hommage au roi son frère du comté de Poitiers (Reg. du Parl., Plaid.
-civ.).
-
-Mais Niort et quelques autres places étoient restées au pouvoir des
-Anglois. Du Guesclin ayant défait à Chisay les garnisons angloises
-réunies sous le commandement de messire Jehan d’Esvreux, fit, suivant
-Cuvelier, mettre à ses soldats les cottes d’armes des Anglois, et prit
-ainsi Niort par surprise.
-
-Froissart (t. I, p. 665 de l’édition du _Panth. litt._ donnée par M.
-Buchon) dit que le combat de Chisay eut lieu le 21 mars 1372 (1373, n.
-st.), et cette date se trouve en effet confirmée par les comptes du duc
-de Berry dans lesquels on voit figurer, à la date du 30 mars, un
-messager envoyé par le duc à la duchesse pour lui annoncer que _messire
-Jehan d’Esvreux a esté déconfit_. La prise de Niort dut suivre presque
-immédiatement le combat de Chisay, surtout si le stratagème raconté par
-Cuvelier fut en effet mis en œuvre par du Guesclin. Niort étoit en tout
-cas pris au moins dès le 28 avril. Quoique l’occupation de cette ville
-ait eut lieu presque sans coup férir, c’est bien certainement en cette
-occasion qu’avoit péri le maître du chien dont parle notre auteur, soit
-que ce fût un soldat de l’armée françoise, soit qu’il fût un des hommes
-de la ville, bons François de cœur suivant tous les historiens.
-
-Le duc de Berry, qui après l’hommage du comté de Poitiers avoit été en
-Berry et en Auvergne réunir des hommes et de l’argent (il étoit, le 11
-janvier 1372-3, et encore le 22 mars, à Bourges), n’arriva en Poitou que
-dans les premiers jours d’avril. Il étoit les 28 et 30 mars et le 2
-avril à la Souterraine, petite ville de la Marche, sur la route de
-Clermont à Poitiers, attendant probablement ses troupes, et les 15, 18
-et 19 avril, à Poitiers. On voit bien dans ses comptes qu’il envoya un
-courrier de Niort le 28 avril, mais il partit aussi des courriers ce
-même jour de Poitiers, de Saint-Maixent et de Melle, et si le duc a été
-le même jour dans ces quatre villes, il a fait une journée de vingt-cinq
-lieues, ce qui, sans être impossible, est cependant difficile. Il étoit
-à Poitiers le 30 avril, et paroît y être resté tout mai, tout juin, et
-jusqu’au 11 ou 15 juillet, mais il étoit le 18 de ce mois à Niort et y
-séjourna au moins jusqu’au 23 (il y consomma six setiers de blé; fol.
-105 vº). Il étoit de retour à Poitiers le 26.
-
-Il me paroît bien probable que le fait raconté par notre auteur comme
-témoin oculaire, a dû se passer à Niort pendant le séjour que fit le duc
-dans cette ville _en juillet 1373_. On pourroit opposer qu’au 18 juillet
-il y avoit déjà plus de trois mois que Niort étoit pris et le maître du
-chien mort, mais cet animal pouvoit continuer depuis lors à vivre sur la
-tombe de son maître, et le fait n’en étoit que plus remarquable et plus
-digne d’être signalé au duc de Berry. Au reste, si le séjour de ce
-prince à Niort le 28 avril 1373 n’étoit pas douteux, il vaudroit
-certainement mieux reporter à cette date l’histoire qui a donné lieu à
-cette note.
-
-Guillaume de la Mousse, attaché à la maison du duc de Berry, étoit
-châtelain de Niort en novembre 1373, et Hugues de Vivonne, chevalier, en
-étoit capitaine le 25 juillet 1374.
-
-Le duc de Berry avoit certainement beaucoup de défauts, mais on ne peut
-lui refuser d’avoir été charitable. Les comptes qui nous restent de lui
-sont remplis de mentions d’aumônes. J’ai entre autres remarqué, à
-l’année 1370, beaucoup de dons faits à des chevaliers et écuyers pris
-par les Anglois à la belle défense de Limoges, et soixante sols donnés
-en août 1370 _à un povre enfant de village qui fu trouvés tout seul en
-l’oustel où mondit Sr. se lougha à Saint Denis du Chastel_ (Comptes du
-duc de Berry, Arch. du Roy., reg. K, 250, 1).
-
-[207] Sérieusement.
-
-[208] Plutôt.
-
-[209] Surtout.
-
-[210] Le Décret de Gratien, bénédictin du XIIe siècle.
-
-[211] Le trône, fauteuil.
-
-[212] A la fortune.
-
-[213] Écrite d’abord en italien par Boccace, la charmante histoire de
-Grisélidis fut ensuite paraphrasée et mise en latin par Pétrarque. Elle
-a été traduite plusieurs fois en françois, et même a fourni le sujet
-d’un Mystère composé en 1395 probablement par un Parisien, puisque
-l’auteur y parle du _beau gibet de Montfaucon_. Bibl. roy., Cangé, 7999,
-3. Il y a à la Bibl. Roy. plusieurs manuscrits de traductions anciennes
-de Grisélidis. J’en ai examiné quatre. La version du _Ménagier_, toute
-différente de celle du nº 7387, diffère légèrement de celles des nos
-7403 et 7568, mais est tout à fait la même que celle du nº 7999.
-
-[214] Le Mont Viso.
-
-[215] Comptoit, prisoit.
-
-[216] Volonté, pouvoir, de _potestas_; _femme de poste_, femme non
-libre, serve. V. DU CANGE, à _Posta_.
-
-[217] Pareillement.
-
-[218] Voler; chasser avec l’oiseau.
-
-[219] En grandes troupes.
-
-[220] A leur vouloir, à leurs volontés.
-
-[221] Portant doucement son cavalier, ayant le pas doux.
-
-[222] D’une même manière.
-
-[223] Avec la tête baissée.
-
-[224] Avec attrait.
-
-[225] Sincère, vraie.
-
-[226] Exécuter, accomplir.
-
-[227] Var. Mss. A, _quant est de celle de_.
-
-[228] Que fait.
-
-[229] Par bonne disposition, par zèle.
-
-[230] Transporté, placé.
-
-[231] Cette coutume de donner un objet quelconque en témoignage et comme
-preuve de stipulation remonte à une haute antiquité. Nos ancêtres
-l’avoient conservée des Romains. L’abbé Le Beuf raconte, d’après Étienne
-de Paris, un des plus curieux exemples de cet usage. Le roi Louis le
-Jeune ayant couché à Creteil qui appartenoit au chapitre de Paris, le
-chapitre lui ferma le lendemain les portes de l’église cathédrale: mais
-le roi consentit à payer la dépense qu’il avoit faite à Creteil et les
-portes lui furent ouvertes. Alors, pour marquer son intention par un
-acte extérieur, le roi mit de sa propre main une baguette sur l’autel,
-etc. (_Histoire du Diocèse de Paris_, XII, 12.) Voir aussi DU CANGE au
-mot _Signum_, 11.
-
-[232] Dissimulées.
-
-[233] Ici, _gâté_ plutôt que _méprisé_.
-
-[234] Pourvu que.
-
-[235] Il n’y a eu, ni sous la régence, ni sous le règne de Charles V, de
-révolte dont la punition ait présenté des circonstances semblables à
-celles qu’on remarque dans ce passage du _Ménagier de Paris_, mais il me
-paroît au contraire s’appliquer parfaitement aux exécutions qui eurent
-lieu en 1383, au retour de la campagne de Flandre, et je crois que par
-_une des plus grans cités de ce royaume_ il faut entendre Paris et non
-pas Rouen qui fut le théâtre de scènes analogues, mais non aussi
-sanglantes à beaucoup près. Cette expression aura été suggérée à
-l’auteur par sa prudence, afin de ne pas désigner trop clairement à ses
-contemporains les personnes dont il parloit.
-
-Suivant le Religieux de Saint-Denis (liv. III, chap. IV), Charles VI
-(encore presque enfant, et agissant sous l’influence de ses oncles)
-auroit _appris à Rouen_, où il auroit alors séjourné trois jours, la
-sédition des _maillotins_ de Paris. Il auroit à cette même époque,
-(qu’il faudroit placer dans les premiers jours de mars 1381-2, puisque
-la sédition des _maillotins_ commença le 1er de ce mois), puni de mort
-les chefs d’une sédition dite _la Harelle_ qui auroit eu lieu
-antérieurement à Rouen. Le Moine de Saint-Denis est dans l’erreur au
-moins quant à la date et à la durée du séjour de Charles VI dans cette
-ville. Il résulte de nombre de pièces du registre 120 du Trésor des
-Chartes, que le roi entra à Rouen pour la première fois depuis son sacre
-le 29 mars 1381-2 seulement, et qu’il y étoit encore au moins le 4
-avril. Il étoit le 1er mars à Vincennes. En tous cas ces exécutions
-paroissent avoir été trop peu nombreuses pour qu’on reconnoisse en elles
-celles dont parle notre auteur. (Le registre 120 ne contient la mention
-que de l’exécution d’un valet à Rouen.) Il en est de même des poursuites
-auxquelles donna lieu la même sédition, onze mois après, en mars 1382-3
-qui, suivant Farin (_Histoire de Rouen_, 1668, in-12, I, 527), ne
-coûtèrent la vie qu’à deux misérables. D’ailleurs le roi n’étoit pas
-présent, contrairement à ce que me semble indiquer le récit du
-_Ménagier_. Notre auteur paroît en outre avoir eu peu de relations avec
-Rouen qu’il ne nomme pas une fois dans son livre, et il résulte de son
-récit qu’il connoissoit la bourgeoise dont il parle. Il est donc plus
-naturel de supposer qu’elle étoit de la même ville que lui, c’est-à-dire
-de Paris.
-
-La sédition des _maillotins_ commença le 1er mars 1381-2. Le prévôt de
-Paris fit bien, peu de temps après, quelques exécutions, mais elles ne
-portèrent que sur des gens obscurs et furent peu nombreuses. Il n’en est
-pas de même de la sanglante punition que le roi infligea à la ville de
-Paris à son retour de Flandre à raison des mêmes événemens.
-
-Vainqueur à Rosebecque, le 27 novembre 1382, le roi entre à Paris le 11
-janvier 1382-3. Le 12 et les jours suivans trois cents riches bourgeois
-sont arrêtés: huit jours après on en conduit deux au supplice, et les
-exécutions se succèdent rapidement. On voit dans des lettres de
-rémission qu’Audouin Chauveron prévôt de Paris et des gens d’armes
-alloient nuit et jour prendre plusieurs bourgeois _dont des aucuns l’on
-faisoit hastives exécutions_, et que l’on _faisoit justice de jour en
-jour d’aucuns des habitans de Paris_. (Voir ci-après, p. 138. _Chascun
-jour._) Le 27 janvier, jour de la publication de l’ordonnance qui
-abolissoit la prévôté des marchands, douze notables habitans de Paris,
-parmi lesquels étoit le célèbre Jean Desmares, avocat général, victime
-innocente de la haine des ducs de Berry et de Bourgogne, périrent encore
-sur l’échafaud. Cent personnes furent ainsi exécutées du 19 ou 20 au 27
-ou 28 janvier: les autres prisonniers furent condamnés à des amendes
-pécuniaires souvent égales ou supérieures à la valeur de tous leurs
-biens.
-
-Il me paroît impossible de ne pas reconnoître dans ces événemens ceux
-auxquels fait allusion l’auteur du _Ménagier_, mais quel est ce seigneur
-et quelle est cette femme _de très grant nom en bourgeoisie_? Pour
-découvrir quelque trace de cette mystérieuse histoire, j’ai parcouru les
-registres 120 à 128 du Trésor des Chartes depuis mars 1381-2 jusqu’en
-avril 1385-6. Parmi les quarante-sept pièces relatives à ces événemens
-(sur lesquels je donnerai peut-être un jour un mémoire détaillé), j’ai
-remarqué trois et surtout deux lettres de rémission qui pourroient
-s’appliquer au mari dont notre auteur nous a transmis l’histoire.
-
-La première, en date d’août 1383, est accordée à Jehan Filleul, notaire
-au Châtelet, alors âgé de vingt-six ans, qui avouoit avoir pris part à
-toutes les délibérations hostiles au rétablissement des impôts, et avoir
-conseillé à Aubert de Dampierre, riche drapier, l’un des suppliciés, de
-faire soulever la ville pour empêcher son arrestation.
-
-Il n’est pas dit dans les lettres de rémission qu’il fut emprisonné mais
-qu’il s’enfuit de Paris. Cependant il est cité dans le Religieux de
-Saint-Denis (en qualité d’avocat au Châtelet, ce qui est une erreur)
-parmi les trois cents bourgeois arrêtés depuis le 12 janvier, et si,
-comme il y a lieu de le croire, cette assertion est exacte, pour qu’il
-ait pu s’absenter de Paris, il faut qu’il ait été relâché au moins
-provisoirement. Or, il eut besoin d’une bien forte protection pour
-échapper ainsi au châtiment que lui auroient certainement valu les faits
-dont il s’avouoit coupable. On mentionne dans la rémission qu’il avoit
-une _jeune femme_; son nom de famille n’est pas donné, mais la position
-du mari peut faire supposer qu’elle étoit d’une bonne famille
-bourgeoise. (R. 123, 83.)
-
-Colin Brun, drapier, étoit _jeunes homs, issu de bonnes gens et de bon
-lignage, fils d’Anthoine Brun homme ancien de l’aage de quatre-vingt
-seize ans lequel s’estoit bien porté envers les prédécesseurs du roi
-qu’il avoit servis en son mestier de draperie_. Il étoit marié depuis
-deux ans à une jeune femme qui en avril 1383 venoit d’accoucher de son
-premier enfant. Il avoit été condamné à deux mille francs d’amende et au
-bannissement. Le roi lui remit le bannissement et la moitié de l’amende.
-Il n’étoit coupable que d’avoir assisté aux réunions et aux prises
-d’armes. (R. 122, 217.)
-
-Giles Labat, procureur général au parlement, mari d’une femme de
-dix-huit ans, et père de deux enfans dont l’aîné n’avoit que trois ans,
-obtint, en juillet 1383, des lettres de rémission. Il étoit accusé
-d’avoir cherché dans les maisons, et fait conduire en prison, des hommes
-d’armes, et fut gracié à la requête du maréchal de Sancerre, mais je
-n’ai pas vu qu’il eût été emprisonné; il avoit pris la fuite lors du
-retour de Flandre, et de plus, le caractère du maréchal ne permet guère
-de lui attribuer cette aventure. (R. 123, 14.)
-
-J’ai bien encore vu des lettres de rémission accordées à des habitans de
-Paris mariés à de jeunes femmes, mais leur position ne m’a pas paru
-convenir au mari cité en cet endroit du _Ménagier_, et qui devoit
-appartenir à la haute bourgeoisie parisienne.
-
-Je suis au reste loin d’affirmer que le mari dont parle notre auteur
-soit un de trois Parisiens que je viens de nommer: je me borne seulement
-à signaler les rapports qui existent entre leur position (surtout celle
-de Jean Filleul) et la sienne.
-
-[236] On sait que cette ville, berceau de notre monarchie, cessa
-d’appartenir à la France seulement en 1521, qu’elle fut prise par le
-comte de Nassau général de Charles-Quint. Elle fut définitivement cédée
-à l’empereur par le traité de Cambray (1529). L’administration et la
-juridiction de Tournay ont souvent varié. En 1340, le roi Philippe de
-Valois avoit donné la justice aux prévôts et jurés, magistrats
-populaires, mais à la charge de ressortir du bailli de Vermandois. En
-1370 ils obtinrent le privilége de ressortir directement du parlement de
-Paris. Il y avoit alors un bailli de Tournesis officier royal, mais sans
-juridiction sur Tournay et sa banlieue. (Tassart de Monstreul l’étoit en
-1371, Jehan de Sottenghien en 1379 et Jehan Boutelier en 1380.) Mais, en
-1383, Charles VI institua un bailliage royal à Tournay. Les appels des
-prévôts et jurés étoient portés devant le bailli qui avoit la haute
-administration de la ville et du Tournesis. Tournay se soumit avec peine
-à cet état de choses, et les registres du parlement contiennent un grand
-nombre de difficultés suscitées au bailli par les prévôts et jurés dans
-l’exercice de sa juridiction. En 1389, les prévôts et jurés obtinrent de
-nouveau des lettres du roi portant que les appels de leurs jugemens
-seroient portés directement au parlement de Paris, mais le procureur du
-roi s’opposa formellement à l’entérinement de ces lettres qui n’étoient
-pas encore enregistrées en 1394. Toutefois ils avoient obtenu d’autres
-lettres du roi pour jouir provisoirement de ce privilége, malgré le
-défaut d’enregistrement.
-
-Il est assez difficile de savoir qui est le bailli de Tournay dont parle
-l’auteur du _Ménagier_: je ne pense pas qu’on puisse appliquer cette
-qualification à un des baillis de _Tournesis_; elle doit désigner un des
-baillis nommés de 1383 à 1393. Je n’ai trouvé que le nom de Henri Le
-Mazier qui fut reçu à la chambre des comptes comme bailli de Tournay, en
-1388. (Mém. E.--Voir sur le bailliage de Tournay, Reg. du Parl. Plaid.
-civiles, 25 nov. 1371.--20 nov. 1380.--17 janvier 1390-1.--7 déc. 1394.)
-
-[237] Dom Carpentier explique bourgage par _bienvenue_ (V. Gloss. de Du
-Cange au mot _Bourgagium_). Il sembleroit plutôt qu’on doive entendre
-par ce mot une partie de plaisir faite avec une somme composée de
-contributions individuelles, telle qu’une poule, par assimilation à
-l’impôt du même nom que payoient annuellement les bourgeois de quelques
-villes.
-
-[238] Glorieuse, qui se rengorge.
-
-[239] En premier, un.
-
-[240] D’esgarder, regarder; _voyons_.
-
-[241] Occasions.
-
-[242] S’engouent, raffolent.
-
-[243] Négligent. _Nonchalance_, indifférence, de _chaloir_, intéresser,
-soucier.
-
-[244] Ce _qui_ s’applique aux maris des femmes désobéissantes et
-négligées.
-
-[245] Retirer, contraire d’_acharner_.
-
-[246] Voy. ci-après, page 158.
-
-[247] La lumière.
-
-[248] Quand j’aurois dû.
-
-[249] Instrumens que je crois avoir été des petits vases, comme depuis
-les _gobelets_, dont les _bateleurs_ se servoient pour faire leurs
-tours, et dont ils ont pris leur nom. Voy. Du Cange aux mots _Bastaxius_
-et _Batus_.
-
-[250] Allusion à l’opinion suivant laquelle les sorcières alloient au
-sabat sur un balai.
-
-[251] Le château de Melun, et par suite la partie de la ville située du
-côté du Gâtinois, furent livrés aux Navarrois et Anglois par la reine
-Blanche le 4 août 1358, quatre jours après la mort d’Est. Marcel et la
-rentrée du Régent à Paris, mais la partie de la ville située en Brie
-resta françoise, et messire Jean d’Andresel étoit dès le même mois
-d’août capitaine pour le Régent (depuis Charles V) de Melun et de Brie
-(J. Reg. 86, 219.--Secousse, II, 89). Il paroît avoir d’abord partagé la
-défense de cette partie de la ville avec le premier maréchal Boucicaut
-qu’on voit (J. Reg. 86, 458) avoir fait abattre des maisons pour
-fortifier cette portion de Melun en août 1358. Il est probable que M.
-d’Andresel étoit sous ses ordres à cette époque.
-
-Les circonstances désastreuses où se trouvoit alors la France ne
-permirent pas au Régent d’assiéger, au moins immédiatement, le château
-de Melun, quoique sa garnison anglo-navarroise génât beaucoup
-l’approvisionnement de Paris. Jean d’Andresel dut se borner à garantir
-la partie de la ville restée françoise, et autant que possible le reste
-de la Brie, des attaques de cette garnison. En juin 1359, le régent
-ayant reçu des États assemblés à Paris les moyens de résister plus
-efficacement à l’ennemi, se rendit en personne à Melun (_Chron. de
-Saint-Denis_, CXII), et fit fortifier l’abbaye du Lys. C’est alors que,
-suivant le carme Jean de Venette continuateur de Nangis, Froissart,
-Cuvelier et Villani (cité par Secousse, I, 383), Melun auroit été
-assiégé dans les formes par le Régent. Le silence que garde sur ce
-_siége_ la Chronique de Saint-Denis rédigée pour cette époque par Pierre
-d’Orgemont avec une admirable précision, donne tout lieu de douter de
-l’exactitude du récit de Froissart, et surtout de la narration
-romanesque de Cuvelier. Il paroît bien probable que ce siége ne fut
-qu’une espèce de blocus levé peu de temps après, le Régent ayant quitté
-l’armée le 31 juillet par suite des propositions de paix du roi de
-Navarre, et le traité ayant été signé le 21 août. Au reste, malgré la
-conclusion de la paix, les Navarrois occupoient encore Melun en
-septembre 1359. Jean de Venette qui prétend que cette ville fut
-immédiatement évacuée ne peut balancer à cet égard le témoignage
-formellement contraire de Pierre d’Orgemont, mais on peut toujours
-induire de son assertion que cette prolongation d’occupation ne fut pas
-de longue durée.
-
-D’après ce qui précède, il faut placer la curieuse aventure racontée par
-l’auteur du _Ménagier_, entre août 1358 et septembre ou octobre 1359.
-Peut-être même pourroit-on remarquer qu’il est difficile de penser que
-le sire d’Andresel ait eu avant la cessation des hostilités le loisir ou
-le désœuvrement qu’on lui attribue dans ce récit, et ait pu sans crainte
-abandonner son commandement pour aller dîner chez lui à quatre lieues de
-Melun. Il sembleroit alors qu’on devroit placer cette aventure entre le
-départ de Charles V et l’évacuation de Melun, c’est-à-dire du 1er août
-1359 à septembre ou octobre suivant.
-
-[252] Jean sire d’Andresel, chevalier, étoit issu d’une ancienne et
-illustre maison alliée, au XIIe siècle, à celle de Garlande. Il étoit
-fils aîné de Jean d’Andresel, chambellan très-aimé du roi Philippe de
-Valois, et fut, à cause de cette similitude de prénom, dit _le Jeune_,
-jusqu’à la mort de son père, arrivée entre mars 1344-5 et février
-1346-7a. Il fut chambellan du Dauphin, puis du roi Jeana, et ensuite de
-Charles V. Compris dans la première promotion des chevaliers de
-l’Etoileb en janvier 1351-2, il étoit en 1353 capitaine de l’un des
-châteaux de Vernon, et reçut du roi en 1354 deux mille quatre cents écus
-d’or comme indemnité de ce qu’il avoit dépensé pour la garde du château
-de Landal en Bretagne que le roi lui avoit donné à titre d’héritage et
-lui avoit ensuite reprisa. Il avoit épousé, au moins dès 1346, Jeanne
-d’Arrablay, fille d’un maître d’hôtel du roi et nièce d’un chancelier de
-Francec. En août 1358 il étoit capitaine de Melun et de Bried, en août
-1359 capitaine général de cette dernière provincee. Cette même année le
-régent lui donna, probablement pour récompense de ses services en Brie,
-les paroisses du Chastelier (le Châtelet?), Marchiau (Machault?), Firecy
-(Féricy?), Champagne et la Celle (sous Moret?), situées dans cette
-provincef, et lui accorda des lettres de rémission dont on n’a conservé
-qu’une simple mentiong pour tout ce que lui et ses complices (sans doute
-les gens d’armes sous ses ordres) avoient fait en Brie, dans les
-châtellenies de Melun et de Moret et au pont de Samois. Après le traité
-de Bretigny il fut, avec plusieurs princes du sang et quelques seigneurs
-des plus illustres de cette époque, au nombre des otages du roi Jean que
-le roi d’Angleterre emmena avec lui de Calais le 31 octobre 1360h. Il
-étoit de retour en France au moins au commencement de 1366, car étant en
-personnei à Yenville en Beauce, il y passa le 1er avril 1365-6 le
-contrat d’un nouveau mariage avec Jeanne de Maligny veuve avec enfans de
-Jean seigneur de Rochefort et du Puiset (elle l’avoit épousé en 1347j).
-Il prend dans cet acte les qualités de chambellan du roi et de _premier
-grand chambellan d’Orlenois et de Valois_. Jean d’Andresel mourut au
-commencement de 1368 laissant une succession obérée, malgré ses
-nombreuses terres, ses fonctions éminentes et les dons des rois qu’il
-avoit servis. Le 7 mars 1367-8 Jeanne de Maligny sa veuve se présenta
-devant le Parlement, et jetant sa ceinture dans le parc (espace qui
-séparoit les avocats et la cour), déclara renoncer aux meubles et aux
-dettes de sa successionk. Elle fut obligée, pour obtenir son douaire
-(Tournenfuye, etc.), de recourir à la protection de Charles Vk et de
-plaider contre messire Aubert et Guillaume d’Andresel ses
-beaux-frèreslm. Elle se remaria ensuite en troisièmes noces à Raoul de
-Montigny, chevalier. Jean d’Andresel laissa deux filles, Marguerite et
-Jeanne, _nées de deux mères différentes_l, et mariées toutes deux dans
-la maison de Montmorency. Six mois après sa mort, sa seconde fille
-encore mineure n’avoit pas encore de tuteur, et ses exécuteurs
-testamentaires n’avoient pas encore accepté la charge qu’il leur avoit
-laisséem.
-
-Quoiqu’on ignore la date de la mort de Jeanne d’Arrablay, il faudroit
-lui attribuer l’aventure qui donne lieu à cette note, s’il étoit certain
-que Jean d’Andresel n’eût été marié que deux fois. (Nous avons vu en
-effet qu’il n’épousa Jeanne de Maligny qu’en 1366.) Mais il faut
-remarquer que dans les nombreuses pièces relatives au douaire de Jeanne
-de Maligny il n’est dit nulle part que Jeanne d’Andresel, fille encore
-mineure de Jean en 1368, ait eu cette dame pour mère, et cependant elle
-est citée (mais non nommée) comme _héritière mineure_ de Jean (quorum
-unus _aut una_ adhuc minor ætatis) dans l’arrêt du 21 juillet 1368 rendu
-au profit de Jeanne de Maligny, et comme fille mineure de Jean dans la
-plaidoirie du 5 juin 1368. Si elle eût été fille de Jeanne de Maligny
-n’est-il pas naturel de supposer qu’on l’auroit mentionné dans la
-plaidoirie et dans l’arrêt? Faut-il donc croire que le sire d’Andresel
-eut une seconde femme après Jeanne d’Arrablay et avant Jeanne de
-Maligny, et que cette seconde femme, mère de Jeanne d’Andresel, a pu
-être en 1359 dame d’Andresel et héroïne de cette aventure? Dom Guillaume
-Morin qui a donné dans son _Histoire du Gâtinois_, etc. (Paris, 1630,
-in-4º, 461) une généalogie ridicule de la famille Viole dans laquelle il
-fait de notre Jean d’Andresel (enté par lui dans cette famille contre
-toute preuve et toute raison) deux personnages nommés l’un Pierre et
-l’autre Jean, marie le premier à Agnès de Chabannes et le second à Anne
-du Bellay. Je me suis demandé à cause de cette assertion si Jean
-d’Andresel n’auroit pas été marié en secondes noces à une Chabannes ou à
-une du Bellay, mais on ne voit rien de semblable ni dans la généalogie
-de Chabannes donnée dans La Chenaye des Bois, ni dans la généalogie
-manuscrite de du Bellay par Trinquant, appartenant à la bibliothèque
-publique d’Angers et que M. Grille a bien voulu consulter pour moi
-exprès sur ce point. Les choses étant ainsi, je crois que jusqu’à ce
-qu’on ait une preuve ou au moins un indice plus positif d’un mariage
-intermédiaire de M. d’Andresel, il ne faut pas s’arrêter au silence des
-plaidoirie et arrêt de 1368, qui est en définitive plutôt une absence de
-preuve qu’un argument contraire; on peut donc raisonnablement croire que
-Jean d’Andresel fut marié deux fois seulement, que Jeanne sa seconde
-fille étoit fille de Jeanne de Maligny, et que Jeanne d’Arrablay est
-l’héroïne de l’histoire du _Ménagier_. J’ajouterai en passant que les
-expressions réservées dont se sert notre auteur (_du surplus je me tais
-et pour cause_) donnent lieu de craindre pour la mémoire de Jean
-d’Andresel que cette plaisanterie n’ait été l’occasion d’une scène
-violente, si ce n’est tragique.
-
-Il y a au Cabinet généalogique une lettre de ce seigneur qui me semble
-présenter tous les caractères d’un autographe. Je crois devoir la donner
-ici comme propre à faire connoître avantageusement son éducation et son
-style épistolaire. Elle se rapporte à une avance qui lui fut faite le
-1er mars 1353-4 par le vicomte de Gisors pour servir à réparer les
-fortifications de Vernon. La voici:
-
-«Vicomte, cher ami, je vous envoie un mandement du roy de la somme de
-cent livres par. que vous me baillastes et dont vous avez mes lettres
-soubs mon scel faisans mention desdites cent livres, car le mandement du
-roy fait bien mention comment je les ay mises ès réparations de la ville
-de Vernon et comment vous me rendez ma dicte lettre. Si faictes que en
-ce par vous n’ait deffaut et je vous en prie, et se vous voulez chose
-que je puisse faire, faites-le moi savoir et je le ferai voulentiers et
-de cuer. Nostre Sire vous gart. Escript à Paris le mardi au soir VIIIe
-jour d’avril (1354).
-
-«J. D’ANDESEL, chambell. le roy.»
-
-Sceau: un lion chargé d’une bande.
-
- aTitres originaux du Cabinet généalogique.--
- bDu Cange au mot _Stella_.--
- cHist. des gr. of. de la Cour. VI, 307-8.--
- dJ. Reg. 86, 219.--
- eJ. Reg. 90, 326.--
- fTrésor de dom Villevieille.--
- gTable des Mém. de la Ch. des comptes.--
- hChr. de S. Denis, CXXXIV.--
- iJ. 158, nos 25 et 26.--
- jGénéalogie de Courtenay, in-fol. Pr. 366.--
- kReg. du Parl., conseil et plaid. à la date citée.--
- lDuchesne, Montmorency, Pr. 379, 380.--
- mArrêt du 21 juillet 1368, Jugés, XX, 337.
-
-
-[253] Des ciseaux.
-
-[254] Nager.
-
-[255] Roman dont le premier auteur est l’Indien Sendabad, et qui fut
-successivement traduit dans presque toutes les langues. Notre auteur me
-paroît avoir ajouté au texte qu’il avoit lu bien des détails qui donnent
-des notions curieuses sur les usages de son temps. On peut s’en assurer
-en comparant ce passage du _Ménagier_ à l’endroit correspondant d’une
-version françoise du même ouvrage écrite en vers au XIIIe siècle, et
-imprimée assez incorrectement à Tubingen, 1836, in-8º (V. p. 97). Cette
-édition est précédée d’une longue et savante dissertation sur le Roman
-des Sept Sages.
-
-[256] Jeune arbre fruitier _enté_, greffé.
-
-[257] Être, exister, _stare_, _je laisserai cela_.
-
-[258] Aujourd’hui courte-pointes, couvre-pieds.
-
-[259] Manteau doublé, ou peut-être aussi manteau _parti_, de draps de
-deux couleurs.--En juillet 1401 l’évêque de Paris réclamant comme clerc
-un prisonnier que le procureur du roi soutenoit être en habit laïque
-citoit à l’appui de son dire un arrêt qui avoit reconnu comme clerc un
-boulanger de Montmorency lequel étoit marié et avoit chaperon à cornette
-double _de deux divers draps_. (Plaid. criminelles du Parl.) Ces mots
-indiquent certainement deux couleurs différentes dans les draps du
-chaperon, mais il semble qu’ici (outre qu’il n’y a pas le mot _divers_),
-dans l’état où se trouvoit le seigneur rentrant mouillé de la chasse, il
-est plus naturel de croire qu’il s’agit d’un manteau doublé.
-
-[260] Grande chaise à dossier.
-
-[261] Coussin, _carreau_.
-
-[262] Escabeau.
-
-[263] Var. B. _roe_.
-
-[264] Piétiner, remuer les pattes.
-
-[265] Lessive.
-
-[266] Peut-être faudroit-il _bagues_, effets, joyaux.
-
-[267] Conseil.
-
-[268] Grande salle à manger, et par extension grand festin, cour
-plénière.
-
-[269] Service.
-
-[270] Var. A. _disposer_.
-
-[271] Bas montant très-haut et s’attachant aux _braies_, sorte de
-culotte.
-
-[272] Ici, bonnets de nuit.
-
-[273] Sorte de chemise d’homme. On voit dans un compte de la chambre de
-Philippe le Bel, en 1307, _des toiles pour draps_ (de lit) _et
-robelinges, c’est chemises_ (sic). Il est dit dans la grande ordonnance
-des métiers de Paris, rendue par le roi Jean en février 1350-1, que la
-façon d’une _robe-linge à homme, d’œuvre commune_, devoit être payée 8
-deniers aux couturiers, celle d’une chemise à femme 4 deniers seulement.
-(Collect. Leber, XIX, 38, 316.)
-
-[274] Sorte de culotte ou caleçon.
-
-[275] Il est probable qu’au temps où notre auteur écrivoit il y avoit
-peu de gens assez éclairés pour avoir une pareille opinion sur les
-sorcelleries.
-
-[276] Morceaux de pain plats, _tartines_, qu’on mettoit au fond des
-plats et des assiettes de métal pour couper la viande sans les rayer.
-
-[277] Peut-être hérissé, frotté à rebrousse-poil, _estrusser_ signifiant
-frotter.--Var. A et C. _estou_.--Le drap _estru_ ou _estou_ me paroît
-devoir désigner en tout cas un drap à longs poils dans lesquels les
-puces pouvoient s’embarrasser. Les draps étoient d’abord faits à longs
-poils et ne devenoient ras qu’après avoir passé par les mains des
-_tondeurs de draps_. C’étoit un métier important et riche au moyen âge.
-
-[278] Voy. p. 13.
-
-[279] Paille, et je crois aussi feuillées ou herbes qu’on répandoit dans
-l’intérieur des maisons.
-
-[280] Fourrures; nous avons déjà vu p. 169 qu’on en mettoit sur les lits
-pour servir de couvertures. On portoit aussi beaucoup de vêtemens
-fourrés.
-
-[281] Petite mouche, _cousin_, moustique. On disoit aussi _cincenaude_.
-Var. B. _cincerelles_. Voy. DU CANGE à _Zinzala_.
-
-[282] Ou _cincenaudier_, _moustiquière_, grand rideau, sorte de cloche
-d’étoffe claire qui enveloppe exactement un lit et empêche les cousins
-ou moustiques d’approcher. Var. B. _cincenier_.
-
-[283] Petites touffes, _flocons_ de fougère. Var. A. _bloqueaulx de
-feuchelle_.
-
-[284] Fils, ficelles. Var. A. _et afilez_.
-
-[285] Franges, _effiloques_.
-
-[286] Le fiel.
-
-[287] Secouez.
-
-[288] Petites baguettes.
-
-[289] Quoique les vitres aient été connues dès le temps de Théodose le
-Grand, qui mourut en 395, elles furent bien longtemps réservées pour les
-églises et les palais des rois. Elles étoient ordinairement chargées de
-peintures. Les fenêtres vitrées que le duc de Berry fit mettre à son
-château de Bicêtre étoient d’assez haut prix pour que les Parisiens,
-avant de brûler ce bel édifice, en 1411, aient eu soin de les emporter
-_avec les beaux huis_ (peut-être au reste étoit-ce des vitraux
-peints.--Juv. des Ursins, in-fol., 230). On voit ici que l’auteur du
-_Ménagier_, quoique riche puisqu’il avoit, ainsi que nous le
-remarquerons plus tard, un train de maison considérable, n’avoit ses
-fenêtres fermées qu’à l’aide de toile ou de parchemin. J’ignore à quelle
-époque la fermeture des fenêtres par le moyen de vitres devint d’usage
-commun. Une dissertation sur ce sujet, insérée dans _le Mercure de
-France_ d’octobre 1738 et réimprimée dans la collection Leber (t. XVI,
-p. 410), avec notes et addition, ne traite que des vitres des églises et
-des palais, et ne dit rien de celles des particuliers. Le verre étoit
-encore d’un très-haut prix au XVe siècle. On voit dans un compte de la
-reine Marie d’Anjou de l’année 1454 la mention de deux mains de papier
-et _d’huille à l’oindre pour estre plus cler_, achetés pour garnir six
-châssis de bois que la reine avoit fait placer dans la chambre où logea
-le roi de Sicile à Chinon quand il vint l’y voir. (K. reg. 55, fol. 99
-et 102, indiqué par M. d’Arcq.) Sauval (III, 417) cite bien un compte du
-domaine de Paris pour 1474 où l’on remarque _deux panneaux de verre
-blanc neuf pour le comptouer_ de madame de Montglat (femme de Pierre
-Bureau, seigneur de Monglat, trésorier de France et concierge de
-Beauté), mais c’étoit une dépense faite aux frais de l’État et qui
-pouvoit être assez élevée.
-
-[290] Siéges sans dossier.
-
-[291] Sur le plancher.
-
-[292] Votre mari.
-
-[293] On leur donne du miel? (dans leur eau?) Je ne sais ce que veut
-dire ici _mis au bas_ (ordinairement _rabaissé_). Il paroîtroit par ce
-passage qu’on déferroit les chevaux quand ils revenoient de voyage.
-
-[294] Les maris, souverains (maîtres) de la maison.
-
-[295] Pénitenciers, ceux qui font pénitence.
-
-[296] Maîtriser, retenir.
-
-[297] Plaisanterie.
-
-[298] A propos? Var. B. _attrait_.
-
-[299] Premièrement.
-
-[300] Un mai à sa porte et de l’herbe verte dans les salles de sa
-maison.
-
-[301] Joyeusement. Var. B. _esclatéement_. C. _esbaudement_.
-
-[302] Difficulté.
-
-[303] Il manque le commencement de la phrase dont le sens devoit être:
-_Elle prit soin de la fille de son mari, puis quand elle fut en âge_,...
-
-[304] L’_Histoire de Mélibée et de Prudence_, écrite en latin en 1246,
-par Albertan, avocat de Brescia, a été traduite au moins trois fois en
-françois. (Voir les _Manuscrits français_ de M. Paris, t. V, p. 58.) La
-traduction donnée par l’auteur du _Ménagier_ est celle de frère Renaud
-de Louens à qui l’on doit une traduction de Boëce écrite en 1366. Ce
-passage du _Ménagier_ à été collationné sur le manuscrit du roi,
-7072^{3.3.}, qui donne une bonne leçon de _Mélibée et de Prudence_. J’ai
-mis entre crochets les passages qui, bien que paroissant devoir faire
-partie du texte, sont omis dans les trois manuscrits du _Ménagier_, et
-j’ai noté au bas des pages quelques variantes importantes.--L’_Histoire
-de Mélibée et de Prudence_ a eu un grand succès au moyen âge, et a été
-imprimée plusieurs fois (voy. le _Manuel du Libraire_, qui l’attribue à
-tort à Christine de Pisan, au mot _Mélibée_; elle se retrouve aussi à la
-suite du _Jeu des Échecs moralisés_, Paris, Michel Le Noir, 1505, in-4º.
-
-[305] Se contînt.
-
-[306] Var. M. du R. _selon ce que dit Jhésu-Syrac_. Cette sentence est
-dans les _Proverbes_, XV, 13, et non dans l’_Ecclésiastique_ ni dans
-Sénèque.
-
-[307] _Ecclesiast._ XXX, 25.
-
-[308] Vers, mites.
-
-[309] Alliés.
-
-[310] Soutenir une partie, un parti, contre son adversaire.
-
-[311] Espions.
-
-[312] Ordinairement _sentinelles_.
-
-[313] Var. _escharnirent_.
-
-[314] Le bon conseil (la bonne décision) manque quand on en a le plus
-besoin.
-
-[315] D’abord Rabbi Moïse Séphardi, né en 1062, à Huesca en Aragon, se
-fit chrétien en 1106. Il a composé la _Discipline de clergie_, publiée
-par la Société des Bibliophiles, en 1824, et à Berlin, en 1827, in-4.
-
-[316] Var. A. B. C. _Jhérémias_. Cette sentence est en effet dans
-l’Ecclésiastique (XXV, 30), livre de la Bible écrit par Jésus fils de
-Sirach.
-
-[317] Var. _propos_.
-
-[318] Le M. du Roi ajoute: _à femme que à homme, car il apparut
-premier_.
-
-[319] Var. _fumière_.
-
-[320] Var. M. du R. _A l’homme en adjutoire, mais en dommage et en
-nuisement_.
-
-[321] Avis, plan, projet.
-
-[322] Var. A. B. C. _Jhérémias_ (c’est l’Ecclésque, XIX, 8).
-
-[323] En parlant à ton conseiller.
-
-[324] Var. _Et de laquelle le prince se desjusne matin_. Le reste de
-cette phrase n’est pas dans le manuscrit 7072^{3.3}.
-
-[325] Var. _Lequel conseil je t’ay dit dessus que tu dois eschever et
-fuir_.
-
-[326] Var. _Tu l’aies essayé_.
-
-[327] _Le sage qui doubte eschiève tous maux._
-
-[328] Guivre, vipère. Variante mauvaise des manuscrits A. B. C. mure
-(souris).
-
-[329] A force de se défier des autres leur ont montré à les tromper.
-
-[330] Var. _d’eschaffaulx_.
-
-[331] Guérites, tourelles à mettre des sentinelles.
-
-[332] Frais.
-
-[333] C’est le secrétaire d’État de Théodoric, m. vers 562.
-
-[334] Combien.
-
-[335] Var. du M. du R.: _de tes ennemis; de la vengence se engendrera
-autre vengence, hayne, contens, guerre et dégustemens de tes biens_.
-
-[336] Var. (mauvaise) _David_.
-
-[337] Se retirent, se retiennent.
-
-[338] Négligeant de faire; en ne faisant pas.
-
-[339] Faire droit, rendre la justice.
-
-[340] Au moyen âge, quand les criminels n’étoient pas des gens de la
-basse classe, les juges se bornoient le plus souvent à les condamner à
-des amendes envers le roi et à des dommages et intérêts envers la partie
-lésée; mais ces amendes et dommages étoient souvent très-élevés et de
-nature à ruiner ceux à qui on les infligeoit. On voit dans les registres
-du Parlement et dans le _Trésor des Chartes_ de fréquens exemples de
-cette coutume, souvenir des anciennes lois barbares où l’on trouve le
-tarif et la taxe de chaque crime suivant la condition du criminel et
-celle de la victime.
-
-[341] Var. _ses péchiés lui semblent plus pesans, sa peine lui
-semble_....
-
-[342] Var. _attrempance_.
-
-[343] Sans doute l’auteur du _Liber de Amore_.
-
-[344] Le pape Innocent III, ou Innocent, moine anglois. L’un des deux
-est auteur de la _Moralisatio Scaccarii_, voy. Fabricius, 1754, in-4º,
-t. IV, p. 34.
-
-[345] Var. _assez légièrement fiert li glaives maintenant l’un, jà
-tantost l’autre_.
-
-[346] Transigiez, traitiez.
-
-[347] De longtemps.
-
-[348] Cautions.
-
-[349] Cautions.
-
-[350] C’étoit aussi l’usage le plus fréquent dans la jurisprudence du
-Parlement de Paris. On voit constamment dans les registres du Criminel,
-des accusés élargis sous caution, tantôt dans l’enceinte du Palais
-seulement, tantôt dans celle des bastides (portes) de Paris, à la charge
-de se représenter à une époque fixée, quelquefois en personne et
-quelquefois par procureur.
-
-[351] Irritation.
-
-[352] Difficilement.
-
-[353] Voy. ci-devant, p. 99.
-
-[354] Provision en général. Voy. Du Cange aux mots _Garnire_,
-_Garnisio_. L’ordonnance de l’hôtel du roi, faite au Louvre en janvier
-1386-7, défend que personne ne demande aucune chose _sur les garnisons
-faites pour la dépense de l’hostel, soit blés, avenes, foing, busche_,
-Taillevent (c’est Guill. Tirel, auteur du _Viandier_, et alors écuyer de
-cuisine du roi) est chargé par la même ordonnance de _gouverner les
-garnisons_ (Den. Godefroy, H. de Ch., VI, 712, 715). La reine avoit
-aussi un maître de ses garnisons. Bastin de Breban, revêtu de cet office
-en 1371, étoit alors poursuivi pour avoir pris, au nom de la reine (en
-vertu du droit de prise), des vins qu’il avoit payés à vil prix et
-vendus dans sa taverne à son profit (Plaid. civiles du Parlement, 4
-décembre 1371).
-
-[355] Rouet à filer.
-
-[356] D’une bonne famille.
-
-[357] Ce passage, joint à ceux des pages 160 et 169, nous fait bien
-connoître la manière dont on étoit couché au XIVe siècle.
-
-[358] Souliers.
-
-[359] L’histoire de Jeanne la Quentine a été reproduite dans les
-Nouvelles de la reine de Navarre qui l’attribue à une bourgeoise de
-Tours (38e Nouvelle ou 8e de la 4e journée). Mais l’auteur du _Ménagier_
-donnant les noms et disant qu’il la tenoit de son père, on ne peut
-douter qu’elle ne soit en effet arrivée à Paris. La reine de Navarre a
-pu entendre raconter cette histoire à quelqu’un qui l’avoit lue dans le
-_Ménagier_, et en placer la scène à Tours. Elle a donné également
-(Nouvelle 37e), en l’attribuant à une dame de Laval-Loué, et avec
-quelques variantes, un exemple analogue d’indulgence conjugale rapporté
-par le chevalier de La Tour comme positivement arrivé à la dame de
-L’Anguillier sa tante. Le chevalier de La Tour raconte (chap. XVII) que
-son oncle étoit «à merveilles luxurieux, tant qu’il en avoit tousjours
-une ou deux à son hostel, et bien souvent se levoit de delez sa femme et
-aloit à ses foles femmes; et quant il venoit de folie, il trouvoit la
-chandelle allumée, et l’eaue et le touaillon à laver ses mains: et elle
-lui prioit qu’il lavast ses mains; et il disoit qu’il venoit des
-chambres.--Et pour tant Monseigneur que vous venez des chambres,
-avez-vous plus grant besoin de vous laver.» C’est autant d’humilité que
-la bourgeoise, mais avec une délicatesse qui sent déjà la femme de
-qualité.
-
-J’avois espéré trouver le nom et par suite la profession de _Thomas
-Quentin_ dans le _Livre de la Taille_ en 1313 (Paris, 1827, in-8º), car
-le père de l’auteur du _Ménagier_ et Thomas Quentin qu’il connoissoit,
-ont pu vivre dès cette époque, mais son nom n’y figure pas. Je l’ai
-aussi cherché inutilement dans les comptes de la prévôté de Paris donnés
-par Sauval et dans le recueil manuscrit des _Épitaphes de Paris_.
-
-[360] Vous ne pouvez en cela être remplacée par personne.
-
-[361] Copeau, morceau.
-
-[362] Séparer du reste.
-
-[363] Var. Bryant.--C’est à l’auteur du _Ménagier_ que nous devons de
-connoître la profession de J. Bruyant, qui n’est indiquée dans aucun des
-deux manuscrits de son poëme qui sont à la Bibliothèque du Roi. Cette
-édition du _Chemin de Povreté_, outre qu’elle a été collationnée sur les
-trois manuscrits du _Ménagier_, a été revue sur le manuscrit du Roi, nº
-7201 (décrit T. VI, p. 240, des Manuscrits françois de M. Paris), qui a
-donné souvent d’utiles variantes. Il résulte de l’explicit du second
-manuscrit (S.-Victor, 275), cité par M. Paris, et que je n’ai pas pu
-voir, que ce poëme a été écrit en 1342.
-
-En 1500 le célèbre Pierre Gringore donna sous le titre de _Chasteau de
-Labour_ une imitation _paraphrasée_, mais une imitation très-positive de
-ce poëme. C’est le même plan, ce sont les mêmes personnages allégoriques
-et souvent les mêmes détails. Le _Chasteau de Labour_ vaut sans doute
-beaucoup mieux que le _Chemin de Povreté_, mais il est fâcheux que
-Gringore se soit approprié l’idée de Jean Bruyant sans faire part à ses
-lecteurs de l’obligation qu’il avoit au poëte de XIVe siècle.
-
-[364] Se garnir, assurer sa subsistance.
-
-[365] Garantir.
-
-[366] Fortune.
-
-[367] Féries, jours de fête.
-
-[368] Mauvais heur, malheur.
-
-[369] Se montra.
-
-[370] Reprirent, de r’avoir.
-
-[371] Tira.
-
-[372] Poussa.
-
-[373] S’attacha? Var. 7201, _destrouça_.
-
-[374] Vite.
-
-[375] Gris de fer. Plus ordinairement employé pour désigner la robe d’un
-cheval.
-
-[376] Sorcière.
-
-[377] Poitrine.
-
-[378] manier, pétrir?
-
-[379] Tourmenter.
-
-[380] Bûche.
-
-[381] Réjouit.
-
-[382] Sentive, du sens, maladie morale?
-
-[383] Diablerie.
-
-[384] A aucun prix, d’aucune manière.
-
-[385] Attristé, ému.
-
-[386] Qui doit être pendu ne sera pas noyé, il faut subir son sort.
-
-[387] Aller, marcher.
-
-[388] Faire mal, agir sottement.--Les richesses sont inutiles quand on
-les a seulement en sa vieillesse et qu’on n’en peut plus jouir.
-
-[389] Mauvaise, infâme.
-
-[390] Supporter.
-
-[391] Secoué, remué.
-
-[392] Profit.
-
-[393] En en recevant une récompense sur laquelle nul ne peut rien fonder
-de solide.
-
-[394] Domination.
-
-[395] Chiens mâtins.
-
-[396] A ton aide. Ce vers ne rime pas avec le précédent à moins qu’on ne
-prononce _ayé_.
-
-[397] Moitié, de son côté.
-
-[398] Capitaine.
-
-[399] Cours.
-
-[400] Il manque ici dans les manuscrits un vers qui cependant n’est pas
-nécessaire à l’intelligence de la phrase.
-
-[401] Tolérance.
-
-[402] Fermeté.
-
-[403] Retenue.
-
-[404] Murmure.
-
-[405] Mauvais vers mis là pour la rime, et dont le sens est _et de
-soi-même ne se modère_.
-
-[406] Mot auquel je ne connois pas de sens. Les manuscrits A, B, C,
-portent _ma seur mesure_, ce qui est un contre-sens; le sens exige
-_male_, mauvaise.
-
-[407] Les manuscrits A, B, C, portent _brouet_ (sauce). On trouve dans
-Roquefort, _brouvette_, tombereau dans lequel étoient conduits les
-criminels au supplice.
-
-[408] De bon nid, de bonne race, dont on a fait un seul mot,
-_débonnaire_. Voir Henry Estienne, _Précellence du langage françois_, p.
-93.
-
-[409] Fin, rusé.
-
-[410] Var. B, _en sa fiance est Couardie_.
-
-[411] Maltraité.
-
-[412] Pourtant.
-
-[413] Énervés; on disoit plus souvent _afétardis_.
-
-[414] Relevé.
-
-[415] Subtilité.
-
-[416] Suit.
-
-[417] Il fait faire mains maux.
-
-[418] L’éducation.
-
-[419] Affamé comme un loup.
-
-[420] Paroît.
-
-[421] Enchérissement sur la médisance.
-
-[422] Libertinage.
-
-[423] Se rebuter.
-
-[424] Horreur.
-
-[425] Gros trait d’arbalète.
-
-[426] Passage, position.
-
-[427] Var. 7201, _deuvier_ (dévier, périr?). En laissant _deviner_ il
-semble qu’on peut entendre ces deux vers ainsi: Regard qui fait rêver
-les amoureux insensés et dans lequel ils croient follement lire les
-sentiments qu’ils inspirent.
-
-[428] Plaît.
-
-[429] Matin.
-
-[430] Vraiment.
-
-[431] C’est la raison qui parle et qui appelle la mesure, la modération,
-sa sœur.
-
-[432] Réglée.
-
-[433] Var. B, _défeuillée_.
-
-[434] Var. B, C, _plus attrait_.
-
-[435] En poursuivant, dans la suite.
-
-[436] Escrime.
-
-[437] Bouclier.
-
-[438] Je crois que ce vers doit être écrit ainsi: _En qui veut à parler
-emprendre_.
-
-[439] Son.
-
-[440] Fleur de la farine.
-
-[441] Ce _qui_ se rapporte à _l’adresse_. Les vers entre crochets ne
-sont que dans 7201.
-
-[442] Var. A, B, C, _paré_.
-
-[443] Demeurer.
-
-[444] S’y soustraire.
-
-[445] Branche d’arbre tordue avec laquelle on lie les fagots.
-
-[446] Laïques.
-
-[447] Défait, en désordre. Var. 7201, _descarré_ (dérangé?) et
-_encarré_, au vers suivant.
-
-[448] Bourbiers.
-
-[449] Dedans.
-
-[450] Peut-être.
-
-[451] Acte nuisible.
-
-[452] C’est la raison qui parle.
-
-[453] Se rapporte à _maintient_ au vers précédent. _Il ment celui qui
-maintient que destinée, etc._
-
-[454] Détourné.
-
-[455] Déconfit.
-
-[456] Accroupi, retiré.
-
-[457] Conduit.
-
-[458] Var. 7201, _clèrement et apparcevoir_.
-
-[459] Les pans de ta robe.
-
-[460] Coupée en deux, différente. Var B. et 7201, _impartie_.
-
-[461] Excite.
-
-[462] Précipités.
-
-[463] Matés, lassés.
-
-[464] Naturels, naïfs.
-
-[465] En toute situation.
-
-[466] Critiquer.
-
-[467] Trouves.
-
-[468] Le Mes 7201 ajoute:
-
- La fait crainte à lui obéir:
- Tu le pues clèrement véir.
-
-
-[469] Moitié, portion.
-
-[470] Mérite son affection.
-
-[471] Fiel.
-
-[472] Aille, quoi qu’il en soit.
-
-[473] Tromperie.
-
-[474] Blâme.
-
-[475] Reproche.
-
-[476] Difficultueux.
-
-[477] De même, tu ne dois pas être difficile.
-
-[478] Si tu penses bien à ce qu’elle t’a dit.
-
-[479] Intelligence, compréhension.
-
-[480] Tromperie.
-
-[481] Chicane.
-
-[482] Droit, puissance.
-
-[483] En arrière: de rester.
-
-[484] Spécial, dévoué.
-
-[485] Sans dépenser ton avoir qu’il faut tenir serré.
-
-[486] Autant que tu le pourras.
-
-[487] Joyeux.
-
-[488] Tromper.
-
-[489] Satisfaire.
-
-[490] Prendre à crédit.
-
-[491] Compte mal (à ton avantage).
-
-[492] Assigner.
-
-[493] Convenablement.
-
-[494] Agréable.
-
-[495] Tromperie.
-
-[496] Observateur.
-
-[497] Mot dont j’ignore le sens ici.
-
-[498] Caresser.
-
-[499] Amasse.
-
-[500] Var. B. _je ment_.
-
-[501] Établir.
-
-[502] Moquerie.
-
-[503] Cacher.
-
-[504] Il me paroît impossible d’entendre par ces mots,
-très-distinctement écrits dans tous les manuscrits, _ceux qui habillent
-les rois_. Je crois que _rois_ doit désigner ici quelque étoffe
-grossière. L’auteur ne termine d’ailleurs que très-rarement deux vers de
-suite par le même mot pris dans la même acception.
-
-[505] Exciter, pousser.
-
-[506] Parvenir.
-
-[507] Prendre. (Cela n’est utile qu’à ceux dont la robe est déchirée,
-qui n’ont pas de quoi se vêtir?)
-
-[508] C’est le titre de l’ouvrage de Gringore; voy. la note 1, § 2, page
-4.
-
-[509] C’est le commencement qui décide de tout l’œuvre. Voir sur ce
-très-ancien proverbe, _Livre des proverbes français_ de M. Le Roux de
-Lincy, II, 148.
-
-[510] Vers omis dans 7201 qui ajoute après le suivant: _Et, ne
-finast-il, détonner_.
-
-[511] Désireux.
-
-[512] Expression usitée jusqu’au XVIIe siècle et dont il est bien
-difficile de déterminer le sens précis. Si on adopte l’opinion de
-Nicod, ce mot représente quelquefois le μὡν et d’autres fois le μεν des
-Grecs; dans le second cas, ce passage signifieroit: _Il n’a certes pas_
-(ce défaut).
-
-[513] Var. 7201.
-
- Lors regarday moult voulontiers
- De ces ouvriers la contenance.
-
-
-[514] C’étoit du gros pain qu’on apportoit de Corbeil à Paris, le plus
-ordinairement par la Seine. Voy. Le Grand d’Aussy, I, 105. Nous verrons
-dans le _Viandier_ qu’on s’en servoit pour faire des _tranchouers_.
-
-[515] De l’eau.
-
-[516] Petit pain fait pour une seule personne. Voy. Le Grand d’Aussy, I,
-116.
-
-[517] Var. B. _de Bourgongne et Angevin_.
-
-[518] Voir sur ce vin d’Auvergne si estimé au moyen âge, Le Grand
-d’Aussy, III, 5.
-
-[519] En passant.
-
-[520] Var. 7201:
-
- Ne qu’il pourroit sans autre vivre.
-
-
-[521] Briquet; _esca_, _esche_ signifiant l’amadou ou au moins une
-matière inflammable aux étincelles provenant du briquet.
-
-[522] De la lune.
-
-[523] Var. A. _Perrecin_.
-
-[524] Mettre de la terre par-dessus.
-
-[525] Cost, _costus_.
-
-[526] autrement _orvale_; _sclarea, horminum magnum_.
-
-[527] Panais? Var. B. _Pavot_.
-
-[528] C’est ce qu’on appelle _faire blanchir_ les épinards, les faire
-bouillir et changer l’eau.
-
-[529] Joubarbe.
-
-[530] Resserrer.
-
-[531] Var. B. _Violiers_.
-
-[532] La _Violette de caresme_ doit être la violette dite de _Mars_ dans
-la _Maison rustique_, etc., et dans le singulier livre intitulé le
-_Quadragésimal spirituel_, ch. VIII. C’est la violette commune. Quant à
-celle d’Arménie, je ne la vois citée que dans le _Ménagier_. Ce pourroit
-être la violette de Parme.
-
-[533] Basilic.
-
-[534] Semée l’année précédente.
-
-[535] Il y a de l’art à la cueillir.
-
-[536] Il ne monte pas.
-
-[537] C’est le fameux Bureau de La Rivière, favori de Charles V, mort le
-16 août 1400, et enterré dans l’abbaye de Saint-Denis. La laitue
-d’Avignon me paroît être sans doute la même que notre Romaine, seule
-espèce de laitue à graine blanche qu’on connût encore au XVIe siècle
-(voy. _Maison rustique_, 1570, ch. XIV). C’est donc à Bureau de La
-Rivière que nous devons cette salade devenue d’un usage si commun.
-Bureau de La Rivière a dû aller plusieurs fois à Avignon; mais il y
-passa notamment en mai 1389 avec Jeanne, comtesse de Boulogne et
-d’Auvergne, qu’il avoit été demander en mariage pour le duc de Berry à
-Gaston Phébus, comte de Foix, son tuteur. Cette princesse qui l’avoit
-prise en amitié, lui sauva la vie en 1392, quand ce grand homme faillit
-être sacrifié aux haines des oncles du roi. (Voir Froissart à l’année
-1392.) Est-ce donc ce voyage de 1389 qui nous a valu la Romaine?
-
-[538] C’est quatre pouces. La perche (mesure de longueur) des environs
-de Paris étoit de 18 pieds et le _dour_ ou quatre pouces. Je sais bien
-que Nicod donne au dour quatre doigts, ou la longueur d’un poing serré,
-ou enfin le _quart_ du pied-de-Roi, et le fait venir du grec δὡρον,
-et que Du Cange l’évalue aussi à _trois pouces_, mais la valeur de
-_quatre pouces_ est constamment attribuée au dour dans tous les anciens
-terriers des environs de Paris. Cette circonstance me semble devoir
-fixer la longueur du dour à quatre pouces. J’ajouterai que ce passage
-du _Ménagier_ me paroît confirmer cette évaluation, puisqu’il est
-plus naturel que l’auteur fasse varier la profondeur de la plantation
-de quatre à six pouces que de trois à six, ce qui constitueroit une
-différence de moitié.
-
-[539] Ou un morceau de drap (au lieu du fétu de paille) afin que l’eau
-en découle goutte à goutte sur le pied de la plante.
-
-[540] _Arroches_, plante potagère appelée aussi _Follete_ ou
-_Bonne-Dame_.
-
-[541] Aussi.
-
-[542] Du temps de Pâques (à manger à Pâques).
-
-[543] Couper les poirées montées à graine.
-
-[544] La Notre-Dame de septembre?
-
-[545] Var. B. _Dour_.
-
-[546] De la lune.
-
-[547] L’Annonciation, 25 mars.
-
-[548] De la grosseur.
-
-[549] Il semble qu’il faudroit _et_.
-
-[550] A. et C. ajoutent: _qu’elle soit si fort serrée_.
-
-[551] Nos ancêtres faisoient une grande consommation de roses et
-d’autres fleurs en général. Nous verrons tout à l’heure dans les menus
-de grands repas, l’acquisition de chapeaux ou couronnes de fleurs pour
-les convives. On voit dans les comptes du duc d’Anjou pour 1379, un don
-de dix francs fait par mandement de ce prince, en date du 8 juin, _à
-Yolent, jadis femme de feu Gillet Le Pelletier, en récompensation de ce
-que depuis que Monseigneur estoit venus en la ville de Paris_ (c’étoit
-en mai seulement) _elle l’avoit très-bien servi de roses et de flours_
-(K. 52, 3, fol. 93 vº et 101). L’auteur des _Rues et églises de Paris_,
-qui écrivoit tout au commencement du XVIe siècle, estimoit à quinze
-mille écus la dépense annuelle qui se faisoit à Paris, «en chapeau de
-fleurs, bouquets et may verds tant pour noces que confrairies, baptêmes,
-images des églises, audiences de Parlement.... le Trésor, Chastelet et
-aussi pour festins et banquets qui se font en l’Université en faisant
-les gradués et autrement.»
-
-[552] Ce doit être, sans aucun doute, une pièce de feutre ou un coussin
-bourré, que les porte-faix mettoient sur leur tête ou sur leur épaule
-afin que les fardeaux ne les blessassent pas. On disoit aussi _la
-feutreure_. Voy. Du Cange à _Feutrum_, où ce mot ne semble pas bien
-expliqué.--Il me paroît de même que dans les exemples cités dans Du
-Cange au mot _Feltrum_, _afeutrement_ signifie le coussin garnissant la
-selle, et qu’un cheval _désafeutré_, signifie un cheval privé de sa
-selle plutôt que de housse et de couverture. Il est parlé d’un _porteur
-d’afeutrure_ dans le mariage des quatre fils Aymon, t. I, pag. 369 des
-_Mystères du XVe siècle_, de M. Jubinal.
-
-[553] Maître-d’hôtel ou intendant: _Dispensator_; de là les Spencer en
-Angleterre. Froissart appelle toujours Hugues Spencer, _Hue le
-Despensier_.
-
-[554] Moqueurs.
-
-[555] Les trois manuscrits ajoutent ici la phrase suivante qui paroît
-singulièrement placée en cet endroit: _Et nota que qui veult faire
-chandelle de suif, il est neccessaire de très bien faire sécher son
-lumignon au feu_.
-
-[556] On trouve dans la grande ordonnance rendue par le roi Jean, en
-février 1350-1, pour remédier à l’augmentation de prix de toutes choses
-et surtout de la main-d’œuvre, produite par la peste de 1348 et la
-disette, le montant des salaires exigibles par quelques domestiques. On
-y voit que les chambrières des bourgeois de Paris gagnoient 30 sols par
-an et leurs chaussures; un vacher gardant trente vaches, 50 sols; les
-meilleurs chartiers sept livres; les soyeurs (scieurs, moissonneurs) de
-grain, 2 sols ½ par jour. Les laboureurs ne pouvoient prendre que 24
-s. pour la façon d’un arpent à 4 labours, et les faucheurs de prés que 4
-s. par arpent, etc. (Le marc d’argent valoit alors 6 fr.: aujourd’hui 52
-fr.)
-
-[557] Sorte d’ordre ou association religieuse, tenant le milieu entre la
-vie laïque et la vie monastique (voy. _Œuvres de Rutebeuf_, t. I, pag.
-160). Nous verrons plus loin (p. 61) que cette dame Agnès la béguine,
-quoique sous les ordres de la jeune femme de l’auteur, étoit cependant
-pour elle une sorte de duègne ou gouvernante. Il résulte de cet article
-que l’auteur du _Ménagier_ avoit un grand nombre de domestiques.
-
-[558] Livre de dépense.
-
-[559] Ses répondans. Il y avoit dès lors et sans doute antérieurement
-des _recommanderesses_ ou femmes tenant des espèces _de bureaux de
-placemens_. L’ordonnance de 1351, déjà citée p. 56, leur assigne 18
-deniers pour leur salaire d’avoir placé une chambrière, et 2 sols pour
-une nourrice, _à prendre tant d’une partie comme d’autre_, et leur
-défend, _sous peine de pilori_, de louer ou recommander la même
-chambrière ou nourrice plus d’une fois dans la même année.
-
-[560] Se quereller.
-
-[561] L’auteur, se sert, en cet endroit, d’expressions qu’il étoit
-difficile de reproduire, et manque lui-même au précepte qu’il vient de
-donner à sa femme quelques lignes plus haut. Néanmoins la délicatesse
-qu’il témoigne ici, _au moins en intention_, est remarquable pour son
-époque. On étoit alors si peu scrupuleux que ces expressions étoient
-employées pour désigner certains mets de figure fort inconvenante. Voy.
-Legrand d’Aussy, t. II, pages 304, 305.
-
-[562] La gentille, la galante. Voir au ch. CXXII du chevalier de La
-Tour, la curieuse histoire d’une association amoureuse dite des Galois
-et Galoises.
-
- Par ce point-là je n’entends, quant à moi,
- Tours ni porteaux, mais gentilles Galoises.
- LA FONTAINE, _les Rémois_.
-
-
-[563] Tabourets de toute la longueur des bancs. Les banquiers et les
-formiers étoient des housses placées sur les bancs et les formes
-(escabelles). Un _banquier à_ (orné de figures d’) _oiseaux_ est cité
-dans l’Inventaire de R. Picque, archevêque de Reims (1389) au ch. des
-_couvertoirs et tapis_. On voit dans la planche pag. 9 du t. I, l’auteur
-et sa femme assis sur un _banc_ recouvert d’un _banquier_; ils
-s’appuient sur des _coustes_ ou _oreillers_, et la femme a les pieds sur
-un _marchepié_ qui paroît à la droite de l’homme.
-
-[564] On verra dans les comptes d’Isabeau de Bavière pour les années
-1408 et 1409 (Archiv. du Roy. K., 268), dont notre collègue M. de Lincy
-donnera de longs et très-curieux extraits dans son appendice de la
-première partie des _Femmes célèbres de l’ancienne France_, actuellement
-sous presse, que cette princesse dépensoit des sommes considérables en
-_bêtes de chambre_, mais des gens de condition plus modeste mettoient
-aussi un assez haut prix à de certains oiseaux. En 1406, Augustin
-Isebarre, changeur de Paris, accusé d’avoir eu des acointances avec un
-certain Sansonet marchand d’oiseaux qui avoit, avec d’autres, volé pour
-4,000 liv. de vaisselle et joyaux dans le _retrait_ (cabinet) de la
-reine, disoit qu’il l’avoit connu parce qu’_un sien varlet lui dit que
-Sansonet avoit une très bonne linotte, et l’acheta 40 sols_. (La valeur
-de 2 ou 3 septiers de blé.) Nous verrons plus loin (à la fin du
-_Viandier_) l’auteur parler encore d’oiseaux, et notamment de ceux
-d’Hugues Aubriot.
-
-[565] _Recipe._
-
-[566] Voir l’art. V de cette distinction au chapitre des _Menues
-choses_.
-
-[567] Graisse. Var. A. _Sang_.
-
-[568] Mettre une bête morte là où il mettra ensuite son poison.
-
-[569] Mettre à l’air, sécher.
-
-[570] Provisions en général, voy. t. I, pag. 237.
-
-[571] Aisselles, petits ais, petites planches.
-
-[572] Aconit, en espagnol _rejagar_. (NICOT.)
-
-[573] L’auteur a voulu parler ici de l’_éponge_, car je ne vois pas que
-ce qu’il dit de l’_espurge_ puisse convenir en rien à l’herbe qui porte
-ce nom (_Cataputia._--Voy. Nicot et le _Grant herbier en françois_).
-Plus loin il emploie encore le mot _espurge_ évidemment pour désigner
-l’éponge.
-
-[574] La plus grande partie de la poussière.
-
-[575] Var. C. _vergettes_.
-
-[576] Sans doute _terre à foulons_, argile dont on se sert encore
-quelquefois pour enlever les taches de graisse, surtout sur le bois.
-
-[577] De couleur bleue.
-
-[578] Ces mots qui se trouvent dans les trois manuscrits me paroissent
-être une observation critique, un doute de l’auteur sur une recette
-qu’il transcrivoit. Nous trouverons encore de semblables remarques dans
-le cinquième article de cette distinction.
-
-[579] Le vêtement (auquel est joint la fourrure). On appelloit souvent
-_robe_ un habit complet, et _garnement_ chaque vêtement composant la
-_robe_; ainsi, dans ce cas, le surcot, le corset, la cotte, le manteau
-étoient dits _garnemens_. Voir la collection Le Ber, XIX, 156, 374, 383,
-etc.
-
-[580] Fleur de farine: nous verrons souvent dans le _Viandier_ le mot
-fleur employé seul dans ce sens.
-
-[581] Suppléez _tant qu’elle revienne_.
-
-[582] Gros tonneau qui contenoit, à la mesure de Paris, 54 setiers de 8
-pintes (la pinte 2 livres pesant d’eau, un peu plus qu’une bouteille
-ordinaire, 93 centilitres) ou 391 litres 76.
-
-[583] Nom parisien du raisin noir. Voir le Dict. de Nicot.--Var. B.
-_mourillons_.
-
-[584] Var. A. _la sente_.
-
-[585] _Sileos_ ou _siler montanum_ dans le _Grant herbier_.
-
-[586] _Cardamomon_, employé souvent dans le _Viandier_.
-
-[587] Var. B. _d’un_. Percer d’un greffoir ou d’un petit bâton aiguisé?
-
-[588] Vide.
-
-[589] Le setier contenoit 8 pintes.
-
-[590] Coussinet, emplâtre.--Les blancs frappés sous le règne de Charles
-VI, avoient 11 à 12 lignes de diamètre.
-
-[591] La quarte ou pot contenoit deux pintes.
-
-[592] Rez-de-chaussée.
-
-[593] Outre le temps convenable: trop longtemps.
-
-[594] S’accouder.
-
-[595] Coudes.
-
-[596] S’en voise, s’en aille, fuie.
-
-[597] Avec un large pied.
-
-[598] Instruire.
-
-[599] En jetant leur chemise dessus? On sait que nos pères couchoient
-sans aucun vêtement.
-
-[600] Suppléez: _et pendant que_.
-
-[601] En état d’empêchement.
-
-[602] Il y en a dix-huit. Ces conditions du bon cheval ont été souvent
-imprimées au XVIe siècle.
-
-[603] Les hanches. On appeloit en termes de vénerie un chien bien harpé
-celui qui avoit les hanches larges et grosses. Voy. Salnove.
-
-[604] Ou _coite_, de _quies_? S’il se tient bien en repos?
-
-[605] Fumier, litière.
-
-[606] Je n’ai pu trouver la signification de ce mot.
-
-[607] Uni.
-
-[608] Qu’il n’ait ni courbes ni fusées.
-
-[609] S’il a des durillons?
-
-[610] Il semble que ce doit être garrot.
-
-[611] Voir ci-après, p. 75, note 1.
-
-[612] De l’autre côté.
-
-[613] Le paturon.
-
-[614] Var. A. _subaudeure_, enflure?
-
-[615] Les manuscrits A et B, répètent ici textuellement ce qui précède
-depuis _tu dois aller au costé_ jusqu’à _Fourme sur couronnelle_; il n’y
-a de plus ici que les mots _malandre est_, etc., placés, p. 74, entre
-crochets.
-
-[616] Var. A. _stourcées_.
-
-[617] Sortir.
-
-[618] Grappe.
-
-[619] A la même hauteur.
-
-[620] Marchandé.
-
-[621] Assuré.
-
-[622] Son.
-
-[623] Pour vendre chèrement. Var. B. _prouvende_, ration.
-
-[624] Phrase obscure qui me paroît signifier que le remède des malandres
-sert aussi pour l’enflure des jambes de derrière.
-
-[625] Sorte de résine.
-
-[626] Blancs d’œufs.
-
-[627] Tamisé.
-
-[628] Var. A. _du seing de sain_. J’ignore ce que peut signifier ici le
-mot _saing_.
-
-[629] Tuyau, chalumeau.
-
-[630] Avives, glandes derrière la mâchoire.
-
-[631] Cacher?
-
-[632] La valeur de deux setiers de blé environ, donnée au maréchal pour
-le traitement assez compliqué de cette maladie.
-
-Les manuscrits donnent ensuite un Traité de l’épervier que l’auteur
-avoit annoncé devoir faire le 2e article de la 3e distinction. J’ai
-pensé devoir rétablir la division indiquée par l’auteur et suivie
-jusqu’ici par lui, et j’ai renvoyé à la fin du livre le Traité de la
-chasse à l’épervier.
-
-[633] Le Ms. C porte avant ces mots, _Cy commence le Viandier_. C’est
-pourquoi j’ai renvoyé au _Viandier_ dans diverses notes de cet ouvrage.
-
-[634] On appeloit ainsi l’espace placé entre les rues Saint-Denis,
-Pierre-à-Poisson et la Grande-Boucherie, devant laquelle il se
-prolongeoit jusqu’à la rue Pied-de-Bœuf. (Voir Corrozet, éd. 1543, le
-Plan de Turgot, etc.) Cet espace est aujourd’hui compris dans la place
-du Châtelet. Mais l’auteur désigne ici sous ce nom, la grande boucherie
-de la Porte-Paris, connue sous le seul titre de _Grande-Boucherie_, sur
-l’emplacement de laquelle la grande maison de la place du Châtelet qui
-fait face au pont au Change, me semble avoir été construite.
-
-On peut voir dans du Breuil (éd. 1612, p. 1053), mais mieux dans Sauval
-(I, 623), les _Variétés historiques_ (I, 170), et surtout dans le
-_Traité de la Police_ de Lamarre, des détails sur l’origine de cet
-établissement dont l’existence signalée dès le commencement du XIIe
-siècle remontoit peut-être aux-temps de la domination Romaine. La
-propriété des étaux de cette boucherie, au nombre de trente-deux au XVe
-siècle, et plus tard de vingt-neuf, et le droit d’être reçu maître
-boucher (à sept ans et un jour), appartenoient exclusivement aux
-rejetons mâles d’un petit nombre de familles. A leur joyeux avénement
-seulement les rois de France pouvoient faire un nouveau maître boucher
-comme ils faisoient au reste un nouveau maître de chaque profession.
-(C’est ainsi qu’en 1436, Oudin de Ladehors tige d’une de ces familles
-dont il est parlé ci-dessus, parvint à la maîtrise par cession de
-Guillaume Lefèvre dit _Verjus_ queux du roi Charles VII, que ce prince
-avoit créé maître boucher à son joyeux avénement et confirmé à son
-entrée dans Paris). Mais plus tard ce droit paroît être tombé en
-désuétude, s’il ne fut pas racheté par les bouchers.
-
-Depuis 1358 au moins, la grande boucherie étoit le siége d’une
-importante juridiction devant laquelle les bouchers pouvoient évoquer
-toutes leurs causes, et dont les appels se relevoient devant le
-parlement. Cette juridiction se composoit: 1º d’un _maire_ ordinairement
-membre du Châtelet (avocat du roi, conseiller ou avocat au Châtelet),
-qui me semble avoir dû être nommé par le roi ou le prévôt de Paris
-encore en 1430, car dans le registre de la boucherie pour cette année,
-son nom est placé avant celui du _maître_, ce qui n’auroit pas eu lieu,
-je crois, s’il n’eût tenu ses pouvoirs que de la communauté. En 1461, il
-étoit élu par le _maître_ en présence, et je pense par les suffrages des
-quatre jurés, du procureur et du receveur de la communauté, de deux
-écorcheurs jurés et des maîtres bouchers; 2º _d’un maître de la grande
-boucherie_ (un des bouchers les plus riches) nommé à vie par douze
-électeurs désignés eux-mêmes par tous les maîtres bouchers. Le maire, et
-le maître ne siégeoient pas ordinairement tous les deux à la fois, et il
-n’est pas facile de définir les différences existant entre leurs
-attributions. La puissance du maire me semble au reste avoir été
-successivement restreinte; ainsi, tandis qu’en 1431 il désigne le
-_maître_ pour _tenir ses plais_, ce qui semble placer le pouvoir
-judiciaire dans la personne du _maire_, on voit la communauté décider,
-en 1470, que _le maître sera nommé et intitulé aux lettres et actes qui
-se feront en la justice de la boucherie, excepté quand on besognera
-contre le maître, sera nommé et intitulé le maire_ (les actes et
-jugemens seront rendus en son nom); 3º d’un procureur (au Châtelet); 4º
-d’un tabellion qui étoit aussi ordinairement procureur au Châtelet. Les
-quatre jurés nommés annuellement, le vendredi d’après la Saint-Jacques
-(25 juillet), par quatre électeurs désignés par la communauté,
-remplissoient l’office de ministère public devant ce tribunal, et
-pouvoient provisoirement et par eux-mêmes saisir des viandes suspectes,
-et comme aussi le _maire_ et le _maître_, envoyer préventivement en
-prison les malfaiteurs. Cette juridiction avoit le plus souvent à juger
-les violences des garçons bouchers, des malversations commerciales, des
-réclamations de dettes contractées par des bouchers, etc. La boucherie
-avoit en outre un _conseil de parlement_ et un _conseil de Châtelet_;
-c’étoient deux membres de ces juridictions chargés des intérêts de la
-communauté et rétribués par elle.--La mairie de la grande boucherie dura
-jusqu’en 1673, que Louis XIV la réunit au Châtelet.
-
-Les rejetons mâles des familles propriétaires de cet établissement
-étoient tenus d’exercer par eux-mêmes ou au moins _de leurs deniers_ la
-profession de leurs pères. On voit dans Lamarre (t. II, p. 560), qu’au
-XVIe siècle, beaucoup de descendans de ces anciennes familles occupoient
-des positions assez élevées, et avoient abandonné le commerce de la
-boucherie; mais il ne faut pas croire qu’aux XIVe et XVe siècle ces
-riches bouchers s’occupassent par eux-mêmes des _détails_ de leur
-profession. Beaucoup avoient pour tailler et vendre leurs chairs, des
-valets répondans du produit de la vente, et se bornoient à les
-surveiller et à traiter en grand et par des facteurs le commerce des
-bestiaux destinés à l’approvisionnement de Paris.
-
-Un arrêt rendu en 1383 (7 mars) pour Jehan Le Pontonnier et Louis
-Thibert héritiers, à cause de leurs femmes, de Guillaume de Saint-Yon,
-contre la veuve de ce dernier, établit d’une manière aussi curieuse que
-certaine, l’étendue et la nature des richesses très-diverses que
-possédoit ce boucher, le plus riche de la Porte-Paris, et la nature de
-ses occupations commerciales. Il est dit qu’il étoit propriétaire de
-trois étaux: qu’_il y faisoit vendre_ chaque semaine des viandes pour
-200 livres parisis, sur quoi il bénéficioit de 20 ou 30 livres; il avoit
-une rente de 600 livres, quatre maisons de campagne près Paris, bien
-fournies de meubles et d’instrumens aratoires: de grandes coupes, des
-hanaps, des aiguières, des tasses d’argent de grand prix, des coupes de
-madre avec des pieds d’argent d’une valeur de 100 fr. et plus; sa femme
-avoit pour plus de 1 000 fr. de joyaux, ceintures, bourses, épingliers;
-des robes longues et courtes bien fourrées, 3 manteaux fourrés de gris:
-de très-beau linge. Il possédoit en outre 300 cuirs de bœuf valant bien
-24 s. la pièce, 800 mesures de graisse valant 3 s. et demi, et 800
-moutons de 10 s.; 5 ou 600 florins d’argent comptant. On évaluoit ses
-biens meubles à 12 000 florins. Son sceau étoit d’argent; il avoit donné
-2 000 florins de dot à ses deux nièces, et avoit dépensé 3 000 florins à
-rebâtir sa maison de Paris (Jugés, XXX, 198 vº). Après cette énumération
-de richesses énormes pour le temps, peut-on s’étonner de l’influence si
-puissante de ces maîtres bouchers, signalée dans tous les historiens du
-XVe siècle?
-
-La famille de ce Guillaume de Saint-Yon, que Du Breuil et l’abbé Lebeuf
-ont cru, mais sans preuve, être issue de celle des anciens seigneurs de
-Saint-Yon près Montlhéry (Lebeuf, X, 260), étoit la plus puissante de la
-grande boucherie. Elle y exerçoit, comme aussi celle Thibert, la
-profession de boucher au moins dès 1260 (Reg. de la Boucherie). Au XVIIe
-siècle, ces deux familles restées seules des vingt existantes en 1260,
-étoient avec celles de Ladehors et Dauvergne, en possession exclusive
-des vingt-neuf étaux de la grande boucherie; elles furent réduites à
-trois en 1660, par l’extinction des Dauvergne. Plusieurs de leurs
-membres étoient sans doute sortis du commerce de la boucherie pour
-occuper des emplois plus importans, et étoient seulement propriétaires
-d’étaux qu’ils louoient, mais d’autres étoient restés dans ce commerce,
-et c’est assurément à un descendant de l’ancienne famille Thibert qu’il
-faut attribuer l’histoire singulière du boucher de ce nom chez le
-chevalier de Bragelongne, vers 1680. Sandras de Courtilz rapporte dans
-les _entretiens de Colbert avec Bouin_ (Bauyn, I, 67), que ce boucher,
-qui étoit gros joueur, couroit chez le chevalier dès qu’il avoit vendu
-sa viande, et là, avec son tablier et sa camisole rouge, jouoit 3 ou 400
-pistoles à la fois. Le duc de Roquelaure (Gaston-Jean-Baptiste, mort en
-1683), qui connoissoit cependant Thibert, voulant un jour le plaisanter
-sur sa mise, s’écria: _Masse à la camisole rouge!_ en mettant une
-poignée de louis sur la table. Le boucher, sans s’émouvoir, accepta le
-défi en répondant aussitôt: _Top et tingue au cordon bleu!_ et ayant eu
-les dés et les rieurs pour lui, releva gaiement l’argent du duc.
-
-(J’ai consulté pour cette note les 106 premières pages, années 1430 à
-1483, de l’extrait du registre de la grande boucherie, nº 290 du Cabinet
-généalogique, dont mon ami M. de Lincy m’a signalé l’existence.)
-
-[635] Var. C. _seize_.
-
-[636] Cette boucherie, située sur la Montagne Sainte-Geneviève, existoit
-au moins dès 1245, selon Sauval. Elle avoit été fondée par une
-émigration des bouchers de Saint-Marcel.--Suivant une plaidoirie du 30
-avril 1377 (Félibien, t. IV, p. 532), ces deux boucheries, que l’auteur
-du _Ménagier_ a peut-être confondues à dessein à cause de leur
-communauté d’origine, existoient de toute antiquité; elles auroient
-compté anciennement cent vingt bouchers, mais n’en avoient plus alors
-que trente-cinq. Au temps de Sauval, il n’y avoit plus que quatorze
-étaux. Les Le Gois, chefs des émeutiers parisiens au XVe siècle, étoient
-bouchers de Sainte-Geneviève.
-
-On croit que la boucherie du Parvis était la plus ancienne de Paris.
-Lamarre dit que Philippe Auguste en fit don à l’évêque de Paris quand
-les bouchers l’eurent abandonnée pour se fixer à la Porte-Paris. Suivant
-Sauval, ce prince n’auroit fait que les confirmer dans une possession
-antérieure. Caboche étoit écorcheur dans cette boucherie en 1411.
-
-On ignore l’époque du premier établissement de la boucherie de
-Saint-Germain; peut-être étoit-elle aussi ancienne que l’abbaye. Elle
-n’avoit d’abord que trois étaux, mais en 1274 l’abbé Gérard en fit bâtir
-seize autres dans l’endroit où est aujourd’hui la rue des Boucheries.
-(Félibien, I, 429.)
-
-La boucherie du Temple fut établie par les Templiers. Ils transigèrent à
-ce sujet avec les bouchers de la Porte-Paris en 1182, selon Félibien,
-mais seulement en 1282 selon Lamarre que je crois avoir été mieux
-informé. Elle étoit rue de Braque et se composoit de deux étaux
-seulement.
-
-La boucherie de Saint-Martin me paroît devoir être la même que celle
-dite de Saint-Nicolas-des-Champs, et qui étoit située rue Saint-Martin,
-au coin de la rue Aumaire. Sauval qui est à ma connoissance le seul
-auteur qui en parle, ne cite rien de plus ancien à son sujet que la
-réparation faite en 1426 de la maison où elle étoit située.
-
-Il est étonnant que l’auteur du _Ménagier_ n’ait pas parlé ici de la
-boucherie de Saint-Éloi établie rue Saint-Paul par le prieur de
-Saint-Éloi, en vertu des lettres du régent (depuis Charles V) en date du
-30 novembre 1358. (Trés. de Chartres, 90, 131.)
-
-[637] Var. A. _trente-deux_.
-
-[638] Var. A. _trente-deux_.
-
-[639] Cela fait 3130 moutons, 512 bœufs, 528 porcs (538 suivant A), et
-306 veaux (310 suivant A et 320 suivant C). Voir dans l’Introduction mes
-observations sur ces renseignemens statistiques.
-
-[640] Vendredi saint. C’est encore l’époque _de la foire aux jambons_.
-
-[641] Porcs salés. Voy. Du Cange au mot _Lardum_.
-
-[642] Le duc d’Orléans.
-
-[643] Suppléez: _c’est ainsi_.
-
-[644] Aujourd’hui _talon de collier_, chair levée sur les trois
-dernières côtes.
-
-[645] C’est-à-dire comme 20 est à 25 ou un cinquième en moins que le
-Roi. Ce devoit donc être par semaine 96 moutons, 12 ou 13 bœufs, autant
-de veaux, 9 ou 10 porcs, 160 lards par an, et par jour 480 volailles,
-160 paires de pigeons, 40 chevreaux, 40 oisons.
-
-[646] En marquant sur une taille la quantité prise chaque fois, comme
-cela se fait encore pour le pain.
-
-[647] _Gros bout_ de poitrine. Voir sur la longe, etc., p. 130.
-
-[648] Les blancs valoient 10 deniers, mais l’auteur doit entendre ici
-par ce mot le petit blanc, monnoie de compte de 5 deniers. C’est comme
-s’il disoit que le prix de cette pièce varie de 4 sols 2 deniers à 3
-sols. Le marc d’argent (52 fr. de notre monnoie) valoit 6 l. 5 s.
-
-[649] Ou trumeau, partie de la cuisse et aussi de la jambe de devant.
-
-[650] Bouillon.
-
-[651] Ligne laissée en blanc dans les manuscrits.
-
-[652] Je n’ai pas vu ce mot dans les anciens auteurs de vénerie; ce doit
-être le quoier ou cimier (croupe) du cerf.
-
-[653] Cuisine.
-
-[654] Liaisons.
-
-[655] Passer au tamis.
-
-[656] S’attachent au fond du pot, brûlent.
-
-[657] Les petits sont appelés _lancerons_: les moyens, _brochets_: les
-plus gros, _quarreaux_ (_Délices de la campagne_, ch. XVIII).
-
-[658] Plies.
-
-[659] _Oyeurs_, rôtisseurs.
-
-[660] Petite mangeoire portative.
-
-[661] Canards mâles, et ici canards en général.
-
-[662] D’abord lieu où on resserroit _la paille_, et par extension
-_basse-cour_.
-
-[663] Var. B. _crouste_.
-
-[664] Nuque.
-
-[665] Suivant l’empereur Frédéric II, chapitre L, les ailes des oiseaux
-se composent de vingt-six plumes: 1º quatre plus près du corps dites
-_corales_ ou les _coraux_; 2º les douze suivantes, qui sont les
-_vanneaux_; 3º dix autres extérieures (_forinsecæ_), dites les
-_couteaux_, à l’exception de la dernière qu’on appelle le _cerceau_
-(_saxellus_); les fauconniers postérieurs parlent bien du _cerceau_
-(seul des oiseaux de proie, l’autour avoit trois plumes portant ce nom),
-des _couteaux_ et des _vanneaux_ (d’Arcussia, éd. 1627, p. 248, dit que
-ce sont les plumes adhérentes au second os de l’aile, et cette
-définition concorde bien avec celle de l’empereur Frédéric II), mais non
-des _coraux_ ou plumes corales.
-
-[666] Ventre.
-
-[667] Espace laissé en blanc dans les manuscrits.
-
-[668] Saumonnées.
-
-[669] Jaune.
-
-[670] Recueillir.
-
-[671] Vin de Grenache. Voy. Legrand d’Aussy, t. III, p. 48.
-
-[672] Rôties.--On trouvera, en recourant à la table, les endroits du
-_Ménagier_ où sont décrits la plupart des plats qui vont figurer dans
-ces menus. Je me dispenserai donc le donner ici des explications qui
-feroient presque toujours double emploi.
-
-[673] Ces nombres en chiffres arabes, placés ici entre parenthèses,
-devoient renvoyer à des feuillets d’un manuscrit ou à des numéros de
-chapitres, et ne se rapportent à rien dans les trois manuscrits que j’ai
-sous les yeux.
-
-[674] Sorte d’oublie plus mince que la gaufre, faite de farine, d’eau,
-de vin blanc et de sucre, et cuite entre deux fers.
-
-[675] _Scilicet_, savoir.
-
-[676] Ce plat ne se retrouve ni dans _le Ménagier_, ni dans _le Grand
-cuisinier_, ni dans Taillevent. Il me semble résulter du menu VI qu’il
-pouvoit se faire avec des lamproies.
-
-[677] Ce plat est ainsi écrit dans le Ms. B. Cependant, dans _le Grand
-cuisinier de toutes cuisines_, il est écrit _ramolle_.
-
-[678] La phrase comme je l’ai ponctuée ne paroît pas naturelle, mais on
-ne peut lire _à la sausse chaude d’oiselets_; peut-être manque-t-il un
-mot (_gravé_ ou _pasté_) avant _d’oiselets_.
-
-[679] Sans doute une _tuile de chair_. Voir à l’art. V.
-
-[680] Les mots qui suivent jusqu’à la fin de ce menu ne sont pas dans le
-Ms. B.
-
-[681] B. ajoute, après un espace laissé en blanc, _de porc ut pa_ (_ut
-proxima?_).
-
-[682] Comme.
-
-[683] J’ignore le sens de cette abréviation, mais comme on trouve plus
-loin _un gravé d’aloés en couleur de fleur de peschier_ (voir
-l’_Appendice_ à l’art. V), ce doit être ici le même plat.
-
-[684] Var. B. _à sausse_, ce qui me paroît défectueux, à moins qu’on ne
-lise _à la sausse chaude_.
-
-[685] D’huîtres.
-
-[686] Croûtes ou crottes au lait, plat sucré.
-
-[687] Var. B. _leschefroies_.
-
-[688] Georgé.
-
-[689] Je ne pense pas que l’auteur parle ici du faisan présenté
-solennellement (comme le paon) aux convives pour faire un vœu, car s’il
-en étoit ainsi, il n’en auroit pas parlé au pluriel. Il me paroît
-seulement indiquer par ces mots que le faisan étoit un gibier recherché,
-réservé aux seigneurs (et auquel ne touchoient pas les _servans_ ou ceux
-qui dînoient ensuite?). Il ne faudroit cependant pas croire que le
-faisan fût autrefois plus rare qu’aujourd’hui. On trouve dans le _Modus_
-un chapitre qui enseigne à prendre cet oiseau, et dans un grand nombre
-d’aveux rendus par des seigneurs Angevins aux XIVe et XVe siècles, on
-voit figurer des garennes à perdrix et _à faisans_. Voir la note sur
-Jean de Craon, sieur de La Suze, dans mon édition du _Trésor de
-Vénerie_.
-
-[690] Voir l’Introduction.
-
-[691] Oublies.
-
-[692] Estriers, sortes d’oublies.
-
-[693] Clairet, sorte d’hypocras fait avec du miel au lieu de sucre, et
-du vin blanc au lieu de rouge.
-
-[694] Quoique ce menu se termine par un etc., il me paroît impossible de
-croire qu’il ait pu s’appliquer à un repas de 24 _services_, et je crois
-que _mets_, dans cet intitulé, signifie _plat_, comme dans ceux des
-menus I et II ci-dessus.
-
-[695] Merles.
-
-[696] Pâtisserie légère, et peut-être sorte d’oublies.
-
-[697] N’est que dans B.
-
-[698] Var. A. C. _au sucre_.
-
-[699] Gros poisson salé.
-
-[700] Aussi.
-
-[701] L’abbé de Lagny.
-
-[702] Les autres membres du conseil du Roi.
-
-Il y avoit, en 1379, un abbé de Lagny qui assistoit au parlement, soit
-qu’il en fût membre, soit qu’il fût du grand conseil du Roi (il résulte
-en effet d’une ordonnance de Charles VI, adressée le 21 janvier 1388-9
-aux présidens du parlement, que les abbés et prieurs membres du conseil
-du Roi avoient seuls le droit d’assister aux délibérations du parlement
-(_Ord. antiquæ_, A. 119 vº), et il est bien à croire que c’est de lui
-qu’il s’agit ici. Je l’ai vu pour la première fois nommé comme assistant
-au parlement le 1er mars 1378-9 (_Plaid. civiles_). Il y avoit sans
-doute peu de temps qu’il avoit droit d’y venir; il se pourroit donc que
-le dîner dont notre auteur nous donne le menu, fût un dîner de bienvenue
-qui auroit eu lieu à cette époque. Pâques tombant le 10 avril 1379, on
-étoit alors en Carême, et en effet le dîner est maigre.
-
-Si j’ai rencontré vrai dans cette conjecture, et si ce dîner a en effet
-eu lieu en 1379, M. de Paris est Aymery de Maignac, évêque de Paris, le
-persécuteur d’Hugues Aubriot, le protecteur persévérant de tous les
-soi-disant clercs que le prévôt de Paris faisoit arrêter comme accusés
-d’assassinat, de vol, etc., qui, dès 1381 (_Plaid. civ._, juillet),
-pendant qu’Hugues Aubriot étoit encore dans ses prisons, lançoit des
-monitoires contre Audouin Chauveron son successeur, et faisoit dire au
-procureur du Roi que si on laissoit faire l’évêque, _il vaudroit mieux
-au prévost aller glaner qu’estre prévost_. Le président (sans doute le
-premier président) est Arnault de Corbie, depuis chancelier de France,
-un des hommes d’État les plus illustres et les plus honorables du XIVe
-siècle, mort en 1413 à un âge fort avancé. Le procureur du Roi est
-Guillaume de Saint-Germain, d’abord avocat célèbre ou _solennel_ au
-Châtelet, puis procureur général au parlement ou procureur du Roi (ce
-qui étoit la même chose), depuis 1365 jusqu’à sa mort arrivée en février
-1383-4. (Il est du moins affirmé dans la plaidoirie citée plus bas,
-qu’il occupa ces fonctions dix-huit ou dix-neuf ans.) Il avoit en cette
-qualité 100 fr. de gages fixes et 500 fr. de don annuel. Il étoit au
-reste fort simple, car suivant les plaidoiries de ses héritiers, _il
-n’estoit que lui cinquiesme en son hostel, et n’avoit cheval ne asne, et
-n’y chaloit de quels draps il fust vestus, mais qu’il fust de couleur_.
-Sa femme Denisette Mignon ne savoit ni lire ni écrire. (_Plaid. civiles
-du Parlement_, mai 1386.) J’ai dit, t. I, p. 137, que Giles Labat étoit
-procureur général au parlement en 1381, _parceque cette qualité lui est
-donnée dans les lettres de rémission que j’ai citées_, mais à moins
-qu’on ne suppose qu’il y a eu interruption dans les fonctions de
-Guillaume de Saint-Germain, ce qui me paroît peu probable d’après les
-termes de la plaidoirie, il se pourroit que Giles Labat n’eût été que
-_procureur_ au parlement, et que _général_ eût été ajouté par erreur par
-l’écrivain de la chancellerie. En tout cas, Giles Labat étoit simplement
-_procureur au parlement_ en 1385.) Des deux avocats du Roi, l’un peut
-être Jean Pastourel, qui exerçoit cet emploi en 1364 et 73, mais l’autre
-étoit certainement le célèbre Jean Des Mares ou Des Marès, mort si
-malheureusement en 1382. (Voir t. I, p. 136.--_Arch. jud._, tables de
-Lenain, t. III, IV, VI, VII.)
-
-J’ai vu avec étonnement que le nom de famille de cet abbé de Lagny et sa
-position dans le conseil du Roi, ont été inconnus aux auteurs de la
-_Gallia Christiana_. Ils se bornent à citer, dans leur liste des abbés
-de Lagny, un Jean IV, vivant en 1357 et 1367, et ensuite Pierre II du
-nom, vivant en 1396 (VII, 503). Le nôtre peut être l’un des deux.
-
-[703] Le mot écuelle signifie ordinairement une assiette creuse, mais il
-est évident qu’il y a ici et dans d’autres passages de cet ouvrage, un
-rapport certain et connu du temps de l’auteur entre le nombre des
-écuelles et celui des convives. On sait qu’on mangeoit sur des
-_tranchoirs_ ou morceaux de pain plats, mais cet usage qu’on comprend
-quand il s’agit de viandes solides, ne pouvoit s’appliquer aux sauces et
-potages qui devoient évidemment se prendre à l’aide de cuillers dans des
-vases creux. Voici un repas montant à _huit_ écuelles, et qui est servi
-à _seize_ convives (voir p. 106, n. 2, et p. 107, n. 3). On pourroit
-donc supposer qu’on servoit une écuelle par deux convives, (dans tout
-l’Orient on place encore au milieu de la table un grand plat
-ordinairement de pilau, etc., dans lequel chacun prend avec les doigts;
-puis _entre deux convives_, un petit plat creux contenant des mets
-liquides qu’ils prennent tous deux avec des cuillers) que deux personnes
-mangeoient ainsi ensemble les mets liquides, et que par suite, un repas
-d’un certain _nombre d’écuelles_ signifioit un repas d’un nombre double
-de convives. On seroit même d’autant plus porté à penser qu’une écuelle
-servoit à deux convives au moins, que l’usage des assiettes creuses
-_personnelles_ étoit encore nouveau et peu général sous la minorité de
-Louis XIV. On en a la preuve dans les _Délices de la campagne_, ouvrage
-de Nicolas de Bonnefons, valet de chambre du Roi dont de la 1re édition
-est, je crois, de 1653, et dans lequel on lit (p. 250 de la 5e éd. de
-1673, article de l’_Instruction pour les festins_): «Les assiettes des
-conviés seront creuses aussi afin que l’on puisse se présenter du potage
-et s’en servir à soi-même ce que chacun en désirera manger, _sans
-prendre cuillerée à cuillerée dans le plat, à cause du dégoust que l’on
-peut avoir les uns des autres de la cueilliere qui au sortir de la
-bouche puisera dans le plat sans l’essuïer auparavant_.» Il me paroît
-bien résulter de l’instruction donnée en cet endroit par l’auteur sur
-l’utilité des assiettes creuses, qu’alors cet usage étoit encore bien
-nouveau. (Voir pour plus de détails la note 374 du _Palais Mazarin_, par
-M. le comte de Laborde.) Cela étant, il n’est guère possible de supposer
-qu’au XIVe siècle on servît une écuelle ou assiette creuse à chaque
-convive personnellement. Cependant, nous verrons plus loin, (article du
-_Houssebarre de chair_) l’auteur conseiller de mettre ordinairement deux
-_lesches_ ou languettes de chair _dans chaque écuelle_, mais quand on a
-_plus de convives et moins de chair_, de servir le brouet seul dans des
-écuelles, et dans un plat _cinq lesches_ pour _quatre_ personnes. Il
-sembleroit positif, d’après ce passage, que deux lesches dans chaque
-écuelle étoient un service plus abondant que cinq _lesches_ pour quatre
-personnes, et que par conséquent une écuelle de deux lesches étoit pour
-une seule personne en temps ordinaire. (Voir en outre p. 114, n. 3.) Il
-m’est impossible de faire concorder ces deux passages du _Ménagier_, et
-je les livre à l’examen éclairé de mes lecteurs.
-
-[704] Dans des plats couverts, servis seulement pour lui, comme c’étoit
-l’usage pour le roi, les ducs, etc.
-
-[705] La quarte contenoit deux pintes et la pinte deux chopines; il y
-avoit donc seize convives. Voy. p. 107, note 3.
-
-[706] Mot que je ne comprends pas.
-
-[707] L’abbaye de Lagny avoit droit de pêche dans la Marne.
-
-[708] Une pour chaque convive?
-
-[709] L’auteur veut dire que c’est trop de deux quartes d’hypocras,
-comme il a dit plus haut que c’étoit trop de deux quartes de vin de
-Grenache.
-
-[710] Sorte d’oublies.
-
-[711] B. ajoute: _et le vin_.
-
-[712] L’auteur du _Trésor de santé_ conseille de n’en user qu’au fort de
-l’hiver.
-
-[713] S. e. _dire_ ou _déclarer_.
-
-[714] Var. A. C. _payera_.
-
-[715] Le prix du setier de blé, à l’époque où l’auteur écrivoit, varioit
-de 13 à 20 sols. En prenant 16 s. pour prix moyen, et en appliquant à ce
-prix le règlement du prix du pain fait par Charles V en 1372, il en
-résulte qu’un pain d’un denier de la meilleure qualité pesoit tout cuit
-six onces. Cette quantité de pain et de provisions paroît bien
-considérable pour un diner de vingt écuelles (quarante personnes?), et
-un souper de dix (vingt personnes?), mais on peut supposer qu’elle
-servoit aussi à un grand nombre de domestiques, de _compagnons_, etc.
-
-[716] C’étoit du gros pain, et probablement bis. Voir ci-dessus, page
-38, note 2.
-
-[717] Nous avons déjà vu plus haut, p. 106, _et que les seconds en
-aient_. Je ne sais s’il faut entendre par là les serviteurs ou peut-être
-aussi des gens d’une position moins élevée qui dînoient après les
-premiers convives.
-
-[718] Nous verrons, pages 110 et 122, que les poulaillers vendoient
-aussi de la venaison.
-
-[719] Avec du fromage dedans. Voy. p. 121.
-
-[720] Je ne trouve nulle part ce mot qui paroît désigner une espèce
-d’oublies.
-
-[721] L’auteur n’a pas mis de prix aux grenades et aux oranges, sans
-doute parce que leur prix varioit. Legrand d’Aussy, I, 250, cite un
-compte du dauphin Humbert, de 1333, où il est parlé d’orangers, et passe
-ensuite de là au règne de Louis XIV. On voit par ce passage du
-_Ménagier_, que les oranges étoient fréquemment servies sur les tables
-parisiennes au XIVe siècle.
-
-[722] Var. B. _du teil_. On trouve dans Roquefort _teille_, grande
-terrine de bois; nous verrons dans l’Appendice, ce mot désigner un vase
-de terre.
-
-[723] Plus loin (chapitre des _Entremets_, _Fromentée_), l’auteur dit
-que ce froment mondé coûtoit un _blanc_ la livre chez les épiciers. Je
-crois avoir eu de bonnes raisons pour fixer la valeur du blanc à 5
-deniers (voir p. 86, n. 4), et en effet la livre de froment mondé, au
-prix de 5 d., mettroit déjà le setier au prix de 100 sols, somme assez
-supérieure au prix moyen de 16 s. du setier de blé ordinaire au XIVe
-siècle (voir p. 109), pour représenter les frais de mondage, le profit
-du détaillant, etc. Le prix de 8 deniers donné ici mettroit le setier à
-160 s. Au reste, cette différence peut s’expliquer par la qualité du
-froment mondé dont on prenoit sans doute le plus beau pour un repas de
-noces, et par les variations du prix du blé.
-
-[724] L’auteur, au chapitre des _Sauces non bouillies_, nous apprend que
-le _gingembre de mesche_ avoit l’écorce plus brune, étoit plus mou au
-couteau, plus blanc, meilleur et plus cher que le _colombin_; et en
-effet, on voit ici qu’il coûtoit 20 s. la livre et le _colombin_ 11,
-mais je n’ai rien pu trouver sur les différences d’origine ou d’espèce
-qui causoient sans doute celle des noms de ces deux gingembres.
-
-[725] Girofle. Je crois que la _graine_ en est aussi, et que l’auteur ne
-veut pas parler ici de la graine de paradis, _cardamomon_, qui ne devoit
-pas être vendue mêlée au girofle. Nous verrons souvent la graine de
-paradis désignée sous le seul nom de _graine_.
-
-[726] Racine de _galanga_, plante des Indes orientales. L’auteur,
-chapitre des _Sauces non bouillies_, dit que le meilleur est le plus
-dur, le plus pesant, et celui dont la couleur violette est la plus vive.
-Ces mots prouvent qu’il parloit du petit _galanga_ qui vient des Indes,
-et qui est en effet rougeâtre, tandis que le grand, qui croît en Chine,
-est de couleur blanchâtre on cendrée.
-
-[727] Fleur de muscade, deuxième écorce de la noix muscade ou
-_muguette_, comme on l’appeloit au temps de l’auteur. Toutes ces épices
-figurent dans les ordonnances de février 1349(50) et 3 mai 1351,
-relatives à des droits supportés par certaines denrées à l’entrée de
-Paris. On y voit que le poivre, le sucre, le gingembre, la cannelle, le
-ris, l’anis, le safran et le girofle venoient à Paris par balles, et que
-le cubèbe (employé aussi quelquefois dans la cuisine), le macis, la
-graine de paradis, le poivre long, les noix muguettes, l’espic (nard),
-le garingal, le citonal, les dattes, les pignons, etc., venoient sans
-doute par plus petites quantités, puisqu’ils sont taxés par livre (4
-deniers en 1350, et 6 en 1351).
-
-[728] C’est-à-dire que l’épicier reprenoit les bouts à raison de 2 s. 6
-d. la livre. On ne perdoit donc que 6 deniers par livre pour la façon.
-
-[729] Épices, _bonbons_, servis dans le salon ou _chambre de parement_.
-
-[730] Citron confit?
-
-[731] Sucre blanc clarifié et cuit dans de l’eau de rose.
-
-[732] En comptant seulement ce qu’on brûla de cire, le reste étant rendu
-à l’épicier.
-
-[733] Je ne sais comment l’auteur établit son compte, puisqu’il y avoit
-vingt écuelles au dîner, dix au souper, et qu’il en compte encore six au
-dîner des _servans_.
-
-[734] La Pierre-au-Lait, place où l’on vendoit le lait, auroit été
-située devant le portail de Saint-Jacques la Boucherie, et dans la
-partie de la rue des Écrivains située entre celles du Petit-Crucifix et
-des Arcis, suivant M. Géraud (_Paris sous Philippe le Bel_, p. 256);
-mais l’abbé Vilain, auteur d’une très-bonne histoire de Saint-Jacques la
-Boucherie, tout en reconnaissant que la grande porte de Saint-Jacques
-s’appeloit _la porte de la Pierre-au-Lait_, croit devoir, suivant les
-titres qu’il avoit consultés, donner le nom de _Pierre-au-Lait_
-seulement à la partie de la rue dite depuis des Écrivains, comprise
-entre celle du Petit-Crucifix et celle de la Vieille-Monnoie (ce qui est
-nommé _Lormerie_ sur le plan de M. Géraud). Suivant le même abbé Vilain,
-la rue dite depuis de _Saint-Jacques la Boucherie_ auroit encore été
-dite de la Vannerie au XIVe siècle. Il faudroit en conclure que la rue
-Saint-Jacques, nommée dans le rôle de la taille de 1292 comme attenant à
-_la Pierre-au-Lait_, seroit la rue du Crucifix, dite autrefois et encore
-au XVIe siècle, rue du Porche. Voir l’abbé Vilain, pages 17, 19, 58, 74,
-251, 252. L’auteur d’une nomenclature des rues de Paris par tenans et
-aboutissans, insérée dans une édition de Corrozet de 1543, confirme
-complétement l’assertion de l’abbé Vilain en ce qui touche la position
-de _la Pierre-au-Lait_, au moins au XVIe siècle. En effet, suivant cet
-auteur, la Pierre-au-Lait touchoit aux rues des Écrivains, de la
-Vieille-Monnoie, de la Savonnerie et de la Haulmerie; enfin, entre la
-rue de la Vieille-Monnoie et celle de la Savonnerie, il met: _la
-Pierre-au-Lait ainsi qu’elle se comporte_.
-
-[735] La place de Grève.
-
-[736] Voir ci-devant, p. 80.
-
-[737] Dans l’ordonnance de 1388 sur l’organisation de la maison du Roi,
-on voit figurer à la panneterie, des officiers dits porte-chapes; une de
-leurs attributions étoit d’acheter les blés nécessaires à la
-consommation du Roi. Leur nom pouvait venir de ce qu’ils portoient le
-coffre où l’on enfermoit le pain du Roi, de _capa_, dans le sens de
-_capsa_. (Voy. Du Cange à _Capiger_.) Mais ce passage du _Ménagier_
-pourroit faire croire qu’il viendroit plutôt d’un instrument à chapeler
-le pain qui auroit été dit _chape_ ou _chaple_; _capellare_, _capulare_,
-signifiant couper.
-
-[738] Les restes solides.
-
-[739] Il résulte de ce passage que les convives pouvoient avoir aussi
-des restes _liquides_ à ôter de devant eux. Cela ne se conçoit guère
-avec des écuelles communes à deux personnes, et nécessairement
-renouvelées avec chaque mets. Les assiettes _personnelles_ de métal
-étoient-elles donc déjà en usage? (Voy. p. 105, n. 1.)
-
-[740] Var. B. _petueil_, pilon.
-
-[741] Vases placés sur la table ou sur un dressoir, et dans lesquels on
-faisoit remettre une portion des mets qu’on avoit devant soi pour être
-ensuite donnée aux pauvres. C’étoit la même pensée éminemment charitable
-et chrétienne qui faisoit donner aux pauvres la première part du gâteau
-des Rois, dite pour ce motif _la part de Dieu_. Les pots à aumône
-étoient de grande dimension, car on en voit un en argent de 12 marcs 2
-onces ½ prisé 40 fr. d’or dans le compte d’exécution de la reine
-Jeanne d’Évreux en 1372 (Coll. Leber, XIX, 143), et un aussi d’argent du
-poids de 11 marcs, et prisé 60 livres parisis dans l’inventaire de
-Richard Picque, archevêque de Reims, mort en 1389 (Reims, 1842, in-8º,
-p. 9). On voit encore dans ce même document (p. 63), _une grande
-escuelle à aumosne_, et enfin, p. 53, un dressoir pour mettre _la
-corbeille à l’aumosne_. Dans l’apologie du duc de Bourgogne par Jean
-Petit (Monstrelet, éd. du _Panthéon_, p. 84, c. I), il est aussi parlé
-d’une viande prétendue empoisonnée qui fut enlevée de la table du Roi et
-mise dans _la corbeille de l’aumône_. (Une telle aumône auroit été peu
-charitable, mais il est bien probable que cette histoire étoit tout
-entière de l’invention de Jean sans Peur ou de Jean Petit.)
-
-[742] Pour _de_?
-
-[743] C’est l’hôtel de l’évêque de Beauvais, soit celui que paroît avoir
-possédé personnellement rue de la Verrerie, le célèbre Miles de Dormans,
-évêque de Beauvais, mort en 1387 (Sauval, II, 109), soit plutôt l’hôtel
-des évêques de Beauvais, _rue des Billettes_, qui appartenoit à leur
-évêché, et que Charles, cardinal de Bourbon, vendit 30 000 livres en
-1572 (Père Anselme, II, 303). Sauval n’a pas su où étoit situé cet
-hôtel.--On lit dans la relation de l’ambassade de Jérôme Lippomano en
-France, en 1577, que les concierges des maisons de Paris les louoient au
-jour ou au mois pendant les absences de leurs maîtres (_Amb. vénitiens_,
-1838, in-4º, II, 609); c’étoit déjà l’usage au XIVe siècle, car il est
-dit plus loin que Jean Duchesne paya les 4 francs mentionnés ici au
-_concierge de l’hôtel de Beauvais_, qui lui loua aussi des tables,
-tréteaux, etc. _La chapellerie_ signifie ici les chapeaux ou couronnes
-de fleurs.
-
-[744] Il y avoit en 1385 un Jehan Duchesne attaché au Châtelet,
-peut-être en qualité d’audiencier, qui, suivant toute apparence, est le
-même dont l’auteur du _Ménagier_ nous raconte les noces. Il est cité
-dans les registres des plaidoiries civiles du parlement de février 1384
-(5). Il y est dit qu’il y avoit alors _plusieurs meschans femmes
-diffamées d’estre maq......es_, et que le prévôt de Paris avoit ordonné
-qu’elles fussent enfermées au Châtelet. Un jour, une femme nommée
-Perrette Potarde (femme de J. Potard, chevaucheur de la reine Blanche),
-_petitement renommée_, passoit par la rue Simon-le-Franc. Là étoient
-Martin Double, avocat du roi au Châtelet, Jehan du Chesne et plusieurs
-autres, qui affirmèrent à un sergent qu’elle étoit du métier proscrit
-par le prévôt. Quelque temps après, elle vint au Châtelet, _en bas en
-l’auditoire des audienciers_; Jehan du Chesne l’ayant aperçue, la montra
-du doigt à Jehan Soudant examinateur au Châtelet, _si comme il voulsist
-dire: C’est elle, prenez-la_. Soudant l’ayant fait arrêter par un
-sergent, on la conduisoit dans les prisons du Châtelet, lorsqu’en
-arrivant au guichet elle cria qu’elle en appeloit, mais Martin Double
-passant là, dit au sergent: _Boutez hardiment puisqu’elle est si près_.
-Perrette plaidoit contre Soudant et le sergent, et les accusoit de
-l’avoir sacrifiée aux haines de Jean du Chesne et autres; en effet,
-Soudant fut condamné à 40 liv. de dommages et 60 liv. d’amende.
-
-[745] S. e. _renfermées_.
-
-[746] Passage bien curieux pour l’histoire du service de table. Il y
-avoit, outre le dressoir de salle où étoit la vaisselle, le vin, etc.,
-un dressoir de cuisine où l’on dressoit les plats, et d’où ils étoient
-apportés sur la table. Voir sur ce second dressoir, la p. 115, et
-l’apologie du duc de Bourgogne déjà citée, p. 115, note 2.
-
-[747] Var. C. _servans_.
-
-[748] Var. B. _laver_.
-
-[749] Pour faire asseoir, pour placer les convives.
-
-[750] Marchande de couronnes de fleurs.
-
-[751] Repas ou fête donnée (quelquefois rendue par les parents des
-mariés) le lendemain des noces ou quelques jours après. On disoit en
-Normandie _Racroc de noces_ (Voy. du Cange au mot _Receptum_) et à
-Troyes _Regaust_. (Parl. Criminel, XI, 5 déc. 1384.) Voy. sur le
-_regard_, pages 122 et 123.
-
-[752] On sait qu’autrefois le lit nuptial étoit béni; on voit même dans
-une miniature du _Chevalereux comte d’Artois_, reproduite dans l’édition
-curieuse qu’a donnée M. Barrois de ce joli roman (p. 27), un prêtre
-bénissant le lit dans lequel le comte d’Artois et sa nouvelle épouse
-sont déjà couchés.
-
-[753] Tresser, natter. Mais que tressoit-on, et pourquoi est-ce une
-lavandière?
-
-[754] Nous verrons plus loin (chapitre des _Menues choses_) ce
-Hautecourt nommé _maistre Jehan de Hautecourt_. Il me paroît bien que
-c’est le même qui transigea, le 3 juin 1385, avec l’abbesse d’Hyères,
-sur un procès que l’abbesse lui avoit intenté (elle concluoit contre
-lui, en janvier 1384 (5), à 1 000 fr. d’amende pour elle et 2 000 pour
-le Roi, etc., _Plaid. civ._). Sire Jean de Fleury, dernier prévôt des
-marchands en 1382, le fameux trésorier Bernard de Montlhéry cité dans
-_Christine de Pisan_, et Jehan de Longueil, conseiller au parlement,
-étoient ses amis; il y a donc lieu de croire qu’il étoit dans une
-position assez élevée pour pouvoir faire une noce aussi dispendieuse que
-celle dont nous avons ici le menu. Quant à sa qualité de _clerc_ qui
-ressort de la pièce suivante (_Colin Morant pour ce qu’il est lay_),
-elle ne doit pas empêcher de croire qu’il ait pu se marier, rien n’étant
-à cette époque plus fréquent que de voir des gens mariés, exerçant toute
-espèce de profession, et revêtus cependant de la qualité religieuse de
-clerc, qui les mettait à l’abri de beaucoup d’éventualités fâcheuses.
-
-Il est dit dans cet accord que maître Jehan de Hautecourt et ses consors
-iront le jour de la fête saint Pierre et saint Paul (29 juin) en
-l’abbaye d’Hyères, vers madame l’abbesse ayant en sa compagnie autant de
-ses religieuses qu’elle voudra et M. de Folleville (conseiller au
-parlement, devenu en 1389 prévôt de Paris), maître Jean de Fontaines et
-maître Raoul Drobille (son procureur); alors, continue l’accord,
-«maistre Jehan et ses consors salueront et feront la révérence à ladite
-Madame l’abbesse si comme à son estat appartient, et oultre ledit
-maistre Jehan dira pour lui, Aymery Comte, Odinet de Sens, Herlin des
-Mares et Colin Morant, teles paroles:
-
-«Madame, vous avez fait proposer contre nous en parlement comment nous
-venismes en l’esglise de céans, armés et garnis d’espées, de taloches et
-de longs cousteaux, environ demie lieue de nuit, et entrasmes en l’ostel
-du Four, tenant nos bastons et espées toutes nues, et je, Jehan de
-Hautecourt, demandoie où estoient Colin le Barbier et Jehannin Poitrine
-qui avoient batu mon varlet, et que se je les trouvoie, jamais ils ne
-mengeroient de pain: et que je feroie pendre ledit Colin le Barbier, et
-que vous, Madame, ne teniez avec vous que larrons et murtriers: et
-cerchasmes ledit hostel du Four, et frappasmes nos espées et cousteaux
-dedans les liz pour savoir se lesdis Colin le Barbier et Jehan Poitrine
-y estoient muciés. _Item_, que par la court de céans et jusques à la
-chambre de vous, Madame, nous chassasmes lesdis Colin le Barbier et
-Jehan Poitrine, en criant après eulx: _A mort! à mort!_ Et que ledit
-Poitrine à moy, et par espécial Perrenelle de Machaut, pour cuider
-appaisier la noise en disant que lesdites dames, leurs familiers et
-esglise, estoient en la sauve-garde du Roy et que je me gardasse de
-meffaire à eulx, que je deubs respondre que aussi estoie-je en la
-sauve-garde du Roy, et que de vous, Madame, je ne tenoie compte, ne
-desdites dames, ne leurs amis, et que vous en feissiez du mieulx que
-vous pouriez, et que se je tenoie lesdis Colin et Poitrine, que je les
-tueroie. Et pour ce avez fait conclure contre nous en amende honnorable
-et prouffitable. Madame, nous créons bien que vous avez esté informée
-contre nous, et pour ce vous estes tenue à malcontente de nous. Et en
-vérité, Madame, onques jour de nos vies nous ne fusmes en l’esglise de
-céans pour vous ne vos gens injurier en fait ne en parole, ne ne
-vourrions faire en aucune manière, ainçois nous vourrions et avons
-tousjours voulu faire à nos povoirs service et plaisir, et se par aucune
-manière vous nous avez sceu aucun mal gré et par ce avons esté hors de
-vostre bonne grâce, nous vous supplions qu’il vous plaise à le nous
-pardonner.»
-
-«Et après ces choses ainsi dictes, ladicte Madame respondra teles
-paroles ou en substance:
-
-«Maistre Jehan, nous avons esté informé des choses dessusdictes
-souffisamment, si comme il nous a semblé, et pour ce les avons-nous fait
-proposer contre vous en parlement pour garder le droit de nous et de
-nostre Esglise, mais nonobstant ce, pour l’amour de sire Jehan de Ruel,
-sire Jehan de Fleury, Bernart de Montleheri et de maistre Jehan de
-Longueil, vos amis, qui nous en ont escript et requis, et pour ce aussi
-que vous vous en excusez à nous, nous le vous pardonnons.»
-
-«_Item_, cedit jour et heure, Colin Morant pour ce qu’il est lay, après
-ces choses, le chapperon avalé et un genoul à terre, dira à Madame en
-substance les paroles dessus dites en tant qu’il touche l’accusation de
-Madame l’abbesse et du procureur du Roy et aussi son excusation, et puis
-dira:
-
-«Madame, se en aucune manière je vous ai meffait ne mesdit ès choses
-dessus dictes, je le vous amende à vostre pure volenté.»
-
-«En ploiant son gaige (_celui qui faisoit amende honorable plioit une
-baguette que lui remettoit l’huissier_): laquelle amende elle recevra et
-puis dira:
-
-«Pour l’amour de sire Jehan de Rueil, sire Jehan de Fleury, Bernart de
-Montleheri et maistre Jehan de Longueil qui m’en ont escript et requis,
-je te quitte l’amende.»fu attains et féru d’un estoc ou costé à sang, et
-à plaie ouverte d’une espée. _Item_, pour ce que les dames de céans
-furent moult effréées et vindrent
-
-[755] Ligne laissée en blanc dans les manuscrits.
-
-[756] Var. B. _joziers_. _Jugier_ est meilleur.
-
-[757] Du Cange cite, au mot _Manus_, un compte de 1334 imprimé parmi les
-preuves de l’_Histoire de Nîmes_, dans lequel on voit deux massepains,
-l’un de _manu-christi_, et l’autre de _confiegs_. Il semble que ces mots
-doivent désigner un fruit ou une amande, mais je n’ai pu découvrir
-lequel.
-
-[758] Var. A. _quatre_.
-
-[759] Les deux nouveaux mariés.--Il est si bien probable qu’alors on
-gardoit toute sa vie le deuil de son conjoint.--Les reines portoient
-ainsi tout le reste de leur vie le deuil du roi auquel elles
-survivoient, et elles le portoient en blanc. On les appeloit alors, pour
-les distinguer de la nouvelle reine, _reines blanches_: de là tant de
-maisons dites _de la reine Blanche_.
-
-[760] Et autres présens qu’on leur faisoit pendant le repas.
-
-[761] Ce mot doit conserver ici la même signification que ci-dessus,
-pages 118 et 122; l’auteur veut sans doute dire que pour ce prix ils
-joueront aussi le jour du regard.
-
-[762] Si ce mot ne désigne pas nos _acrobates_ d’aujourd’hui (les
-ménétriers étoient aussi danseurs de corde; voir une citation d’Albéric
-de Trois-Fontaines à l’année 1237, dans Du Cange, au mot _Ministellus_),
-il signifie soit histrions, soit farces ou récits plaisans. Voy. Du
-Cange aux mots _Acroama_ et _Acroamata_.
-
-[763] Fleur de farine.
-
-[764] Voir ci-dessus, p. 88.
-
-[765] Au contraire.
-
-[766] Au IVe article, ci-dessus, p. 111, mais ce n’est qu’une
-nomenclature incomplète.
-
-[767] J’écris ainsi ce mot à causé des deux _l_. Peut-être _entrecercle_
-est-il le vrai nom.
-
-[768] Échanger le linge c’est le mettre dans l’eau et le tordre avant de
-le mettre à la lessive.
-
-[769] L’humidité.
-
-[770] Var. B. _estandre_.
-
-[771] Pouliot, herbe odoriférante.
-
-[772] Cueillis.
-
-[773] Boyau.
-
-[774] Oie.
-
-[775] On demande.
-
-[776] Temps de Pâques.
-
-[777] De là le proverbe: _vilain comme lard jaune_.
-
-[778] Ratisser, gratter.
-
-[779] Paré; mais plutôt faute, pour _décolé_.
-
-[780] Cette phrase est évidemment défectueuse. Il semble que l’auteur
-veuille dire qu’il y a _la fresure_, puis _le sain_, _la haste-menue_ et
-_le chaudun_.
-
-[781] Sans doute deux blancs parisis.--Il y a eu une monnoie d’argent
-dite _parisis_, mais, suivant Le Blanc, elle n’a été en usage que sous
-Philippe de Valois, et elle avoit d’ailleurs trop de valeur pour que les
-issues du mouton aient pu valoir deux de ces pièces.
-
-[782] Cependant l’auteur distingue plus haut la panse de la fraise.
-
-[783] _On demande_, mais l’auteur n’en savoit pas la raison.
-
-[784] Il paroît manquer ici quelque mots comme: _avec de l’eau et_....
-Cette recette est répétée plus loin (chap. des _potages à espices_).
-Voir sur ce sujet le _Trésor de Vénerie_, p. 62, et note 56.
-
-[785] Mieux _cimier_, c’est la croupe ou quoier (de queue) du cerf;
-l’auteur en parle encore plus loin.
-
-[786] On trouve dans les _Délices de la campagne_ (voir pag. 105),
-quelques détails sur les différentes parties des bœufs, mais l’auteur
-écrivant pour des lecteurs qui connoissoient les noms qu’il emploie, ne
-définit pas nettement ces noms, et on ne peut tirer de ses paroles que
-des inductions.
-
-La manière de distribuer la chair des bœufs est complétement changée
-aujourd’hui, et il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de
-donner exactement les noms actuels et la définition des diverses parties
-que nomme ici l’auteur du _Ménagier_. Voici cependant le très-foible
-résultat de renseignemens soigneusement recueillis sur ce sujet.
-
-On appelle aujourd’hui _flanchet_ la membrane qui retient les intestins,
-le bas-ventre, et il semble que ce mot n’a jamais pu désigner en effet
-qu’une partie située sur les flancs de l’animal. Cependant, plus haut,
-l’auteur place le flanchet au quartier de devant d’un mouton. Le
-Dictionnaire de Trévoux définit le flanchet _partie qu’on coupe au
-bas-bout du bœuf, vers les cuisses, et qui fait partie de la surlonge_.
-
-La _surlonge_, nécessairement différente de ce qui porte aujourd’hui ce
-nom (chair des dernières basses côtes qui se trouve sous l’épaule après
-qu’elle est levée), doit être l’extrémité de la longe, c’est-à-dire une
-partie de la culotte (_Délices de la campagne_, p. 193).
-
-La longe, valant le double de la surlonge (pages 86, 87), comprenoit les
-aloyaux et le filet. Les Anglois ont conservé le mot _loin_ pour
-désigner le filet.
-
-Dom Carpentier pense que nomblet, _numbile_, désigne la _longe_,
-_l’eschinée_. Mais ce passage du _Ménagier_ prouve que cette opinion est
-erronée, puisque l’auteur distingue le nomblet de la longe, et qu’on ne
-peut supposer qu’à aucune époque la partie du bœuf dite aujourd’hui le
-filet ait été le profit de l’écorcheur et _de petite valeur_. Faisant
-ensuite allusion à la définition des veneurs, Dom Carpentier exprime
-l’idée que le mot nomblet, s’il ne signifie pas la longe, pourroit venir
-d’_umbilicus_, nombril, à raison de l’endroit où le nomblès est levé.
-Des anciens veneurs, l’auteur anonyme du _Roi Modus_, qui a été copié en
-cet endroit par Phébus, est le plus explicite. Les nomblès sont, suivant
-lui, _une char et une gresse avec les rognons, qui est par dedens,
-endroit les longes, près des deux cuisses_. Cette définition, de même
-que les expressions de l’auteur du _Ménagier_, concordent avec la
-position et la nature du morceau dit aujourd’hui _onglet_, peut-être par
-corruption de _nomblet_, dans la boucherie de Paris: c’est un morceau de
-viande de douze à quinze pouces de long (l’auteur donne la dimension de
-la longueur du morceau de viande qui forme l’onglet, mais quand il dit
-qu’il touche d’un bout au _col_ et de l’autre au rognon, il joint
-évidemment à l’onglet la membrane dite la _hampe_, car il est
-physiquement impossible qu’il n’y ait qu’un pied de distance entre le
-cou et le rognon d’un bœuf) qui forme l’extrémité de la _hampe_ ou
-membrane qui sépare le foie et la rate d’avec la panse et les intestins.
-L’onglet touche en effet la graisse qui enveloppe le rognon, et la
-hampe, continuation nerveuse de l’onglet, va se rattacher, non pas au
-cou, mais à la poitrine. Les côtes de l’animal commencent à la hauteur
-de l’onglet.
-
-[787] Ce mot n’est que dans le Ms. C, mais est cependant nécessaire au
-sens.
-
-[788] Var. A et C, _au dessus_.
-
-[789] A la Porte-Paris, à la grande boucherie.
-
-[790] La taille sur laquelle chaque bourgeois faisoit marquer la viande
-qu’il prenoit, sans la payer chaque jour. Voy. ci-dessus, page 88. Je
-pense que c’est ainsi qu’on doit entendre ce passage, plutôt que de
-croire qu’il s’agit ici d’une taille (impôt) levée sur la viande.
-
-[791] A cause du plus grand nombre de pièces et de l’augmentation de
-leur volume résultant de la plus forte dimension de l’animal. Il semble
-résulter de ce passage qu’on vendoit la viande au morceau et non au
-poids.
-
-[792] L’estomac.
-
-[793] Second estomac.
-
-[794] Le poumon.
-
-[795] 30 novembre.
-
-[796] Peau.
-
-[797] Dans le courant de cet article, _élire_ signifie _éplucher_ (ici
-_écosser_) et non choisir. Nous verrons (chap. du _gravé d’écrevices_)
-l’auteur dire d’_élire_ des écrevices; _comme si l’on vouloit les
-manger_.
-
-[798] Les Mss. ajoutent _et d’eaue de fontaine_; peut-être faudroit-il
-lire _et d’eaue de rivière_.
-
-[799] Béans, crevés? Nous verrons plus loin les fèves _bayennes_.
-
-[800] Purer signifie, dans cette partie du _Ménagier_, égoutter, séparer
-le liquide du solide, et la purée est la partie liquide. (Voy. p. 137,
-n. 4, et p. 139.)
-
-[801] Cuis à part, comme le lard aux jours de chair.
-
-[802] Suppléez, _ainsi_.
-
-[803] Coupés par tranches (morceaux minces).
-
-[804] Baleine salée; voir le chapitre des _poissons de mer ronds_.
-
-[805] Bluteau, grand tamis long composé de plusieurs cercles.
-
-[806] Tamis d’étoffe claire.
-
-[807] Sas, tamis de crin.
-
-[808] Dans la purée.
-
-[809] Tartines de pain.
-
-[810] Voy. le _civé d’huitres_ au chapitre _des Potages lians sans
-chair_.
-
-[811] Cette phrase, qui se trouve déjà p. 88, l. 5, paroît placée ici
-par une erreur commune aux trois manuscrits.
-
-[812] Var. B. _alaiez_, délayez. La purée étoit évidemment très-claire
-et une sorte de bouillon de légumes.
-
-[813] Les manuscrits répètent ici les §§ 1 et 2, p. 88, et §7, p. 87.
-
-[814] Jusqu’à ce qu’elles soient crevées? (béantes). Voy. p. 135, n. 1.
-
-[815] Chaque plat?
-
-[816] On voit page 142 que l’auteur appelle ainsi la réunion de
-plusieurs lardons fondans dans la poële.
-
-[817] D’épices. Sans doute poudre fine.
-
-[818] Tout le temps de l’année qui n’est pas le carême.
-
-[819] Donné, avec quelques notables différences cependant, sous le titre
-de _Porée de cresson_, dans le manuscrit de Taillevent conservé à la
-Bibliothèque Mazarine.
-
-[820] Suppléez _est_.
-
-[821] Ces quatre mots pourroient s’appliquer aux épinards. Il faudroit,
-dans ce cas, supprimer l’alinéa.
-
-[822] Voy. pages 48 et 143.
-
-[823] Délayer.
-
-[824] On sait que l’année commençoit alors à Pâques. Les années 1392,
-1393 et 1394, dans lesquelles on peut fixer l’époque de la composition
-du _Ménagier_ (ainsi que je crois l’avoir démontré dans l’Introduction),
-commencèrent toutes trois en Avril.
-
-[825] Les trois manuscrits portent _nommés_; je crois qu’il faut lire
-_pommés_ ou _pommes_.
-
-[826] Temps de Pâques.
-
-[827] Déchirer par pièces.
-
-[828] Cotons.
-
-[829] Écrasés.
-
-[830] _Et_ paroît être de trop.
-
-[831] Gruau. Var. A, _grumiau_.
-
-[832] Ces mots ne sont que dans le Ms. C.
-
-[833] Foulque, oiseau de rivière.
-
-[834] Gésiers. Var. mauvaise de B. _josiers_.
-
-[835] On trouve la même recette (_gramouse_), sauf plusieurs mots omis,
-dans _le Grand cuisinier de toutes cuisines_, Paris, Ve Jn Bonfons,
-in-16, s. d., fº 28. (Voir l’Introduction.)
-
-[836] Var. B. _fait_.
-
-[837] _Gr. Cuis._, fº 28 vº, identique.
-
-[838] Peut-être dans la partie maigre du bouillon, dans _du bouillon
-dégraissé_, par opposition avec l’eau grasse dont l’auteur va parler.
-
-[839] A bas, hors du feu.
-
-[840] Var. A. C. _ondée_. (Jeter un bouillon.)
-
-[841] La traduction en vers explique suffisamment le commencement de cet
-aphorisme culinaire. _Lazarus_ (ladre) paroît répondre à _teigneux_;
-_Martinus_ signifie dur, obstiné (_rebelle_) par allusion à Martin
-Grosia, professeur de droit à Bologne au XIIe siècle, dont la dureté et
-l’entêtement étoient passés en proverbe au dire du cardinal Baronius,
-cité par Du Cange au mot _Martinus_. Il semble donc que _respondens
-pontifici_ soit traduit par _pesant_. Est-ce par allusion à la
-solennité, à la _gravité_ pontificale? Christine de Pisan a employé le
-mot _pontifical_ dans le sens de solennel en parlant du duc d’Anjou.
-(_Hault et pontifical en son maintien._ Voy. Du Cange à _Pontifex_.)
-
-[842] Bœuf.
-
-[843] Cotte, vêtement, ici _enveloppe_, extérieur.
-
-[844] Suppléez _in_.
-
-[845] Ainsi, pour le dedans (_ce qui est dedans_). L’auteur, d’après le
-même principe, dit plus loin (_lamproie à l’étouffée_): _ce_ dessus
-dessous.
-
-[846] _G. C._, 9 vº.--On trouve une recette presque identique dans le
-manuscrit de Taillevent conservé à la Bibliothèque royale. (Celles du
-Taillevent de la B. Maz. et l’imprimé diffèrent).
-
-[847] Suppléez: _de mouton_. _G. C._, 21.
-
-[848] A la mode d’Ausoerre (d’Auxerre)? ou faut-il lire _au soerre_, au
-soir (à souper)?
-
-[849] _G. C._, 31 vº.
-
-[850] _G. C._, _ib._, quelques différences.
-
-[851] Morceau de la cuisse.
-
-[852] _G. C._, 31 vº, quelques différences.
-
-[853] Râpé.
-
-[854] _G. C._, 5.
-
-[855] L’auteur du _Grand Cuisinier_ a remplacé ce mot (article du
-blanc-manger de chapon, feuillet 9 vº) par _foie_; et, en effet, cette
-interprétation pourroit convenir aux passages du _Ménagier_ où se
-rencontre le mot _braon_. Roquefort l’explique par _gras des fesses_,
-mais on voit que ce ne peut être la signification de ce mot. Dans
-l’exemple cité par Roquefort, il s’agit d’un cerf que les chiens
-tiennent aux nerfs et aux _braons_. Je crois que dans cet exemple
-_braon_ est synonyme de _daintiers_, et par suite que le mot _braon_
-signifie _intestins_ en général.
-
-[856] _Pain_ dans le _G. C._ qui donne cette recette (feuillet 1 vº);
-mais _grain_ est répété plusieurs fois dans le _Ménagier_ pour désigner
-la partie solide d’un mets composé de solide et de liquide.
-
-[857] Que ce soit chapon ou veau aux herbes, il n’y faut que lard et
-safran.
-
-[858] _G. C._, 11 vº.
-
-[859] Sans les mettre dans l’eau chaude, comme on faisoit le plus
-souvent et comme on le fait encore en Orient.
-
-[860] Dans la poêle encore vide, sans beurre ou autre graisse mise
-préalablement?
-
-[861] _G. C._, 28, dit _graine_ d’oiselés. Cependant j’écris gravé,
-parce que ce mot est ainsi dans le Ms. B où les _u_ (ou _v_) sont bien
-distincts des _n_ dans les mots écrits en gros caractères, et je mets un
-accent sur l’_e_ parce que ce mot étant du masculin (voy. les menus VI
-et XII, etc., où il est dit _un_ gravé), il semble qu’on devoit plutôt
-dire un grav_é_ qu’un grav_e_.
-
-[862] On devoit prononcer ainsi, car on lit _semée_ dans Taillevent
-imprimé.
-
-[863] Délayées, mouillées.
-
-[864] Je crois que cette phrase signifie que la tuille d’écrevisses se
-fait comme le gravé, sauf qu’on met dessus les écailles, ou sauf qu’elle
-est dressée de manière à représenter des écailles d’écrevisse.
-
-[865] Var. de B, que je crois mauvaise, _broyer_. Il me semble que c’est
-une recette aphrodisiaque.
-
-[866] Nuque.
-
-[867] Couleur feuille-morte.
-
-[868] Du bouillon des lapins.
-
-[869] Observation de l’auteur. Voy. p. 162.
-
-[870] Mot de trop.
-
-[871] Seulement.
-
-[872] _G. C._, 17 vº.--Presque pareil mais abrégé dans Taillevent
-imprimé, feuille D 4 vº.
-
-[873] Voy. ci-devant p. 150, note 4.
-
-[874] La partie du lard qui ne fond pas à la poêle et se grille: les
-_grésillons_. Var. A, _les champs_.
-
-[875] Partie solide du mets. Voy. 150, n. 1.
-
-[876] Var. B, _sang_.
-
-[877] Cèdre rouge.
-
-[878] Bois. C’est sans doute ce cèdre que l’auteur a appelé ci-dessus
-_alixandre_ et qui donnoit la couleur au _rosé_.
-
-[879] Faon, très-jeune cerf.
-
-[880] Voy. ci-devant, p. 129.
-
-[881] Sausse ainsi nommée.
-
-[882] Faute. Ce doit être deux lèches ou morceaux.
-
-[883] Et ainsi on le mange au goût d’ours. Voy. ci-après, p. 179.
-
-[884] Ce mot paroît être de trop d’après la fin de ce paragraphe.
-
-[885] _G. C._, 17 vº. Voy. p. 158, §4.
-
-[886] Le 25.
-
-[887] On disoit autrefois: _My-Mai, my-teste: my-Juin, my-graisse.--A la
-Magdeleine, venaison pleine._
-
-[888] 3 mai; c’est de ce jour que tous les anciens auteurs font
-commencer la saison de chasser le cerf.
-
-[889] Le nom étoit dès lors _daintiers_, et _deytiés_ a toujours été une
-faute.
-
-[890] Chair placée entre le cou et les épaules.
-
-[891] Veine du cœur.--Ces différentes parties du cerf constituoient les
-menus droits ou morceaux recherchés, réservés au seigneur qui les
-mangeoit souvent après la chasse même.
-
-[892] Voir ci-dessus, p. 131. Les _lardés_ sont la longe.
-
-[893] Après la curée, deux veneurs placés à une certaine distance, et
-ayant chacun une portion des entrailles du cerf, appeloient
-successivement les chiens en criant, en _huant_, et leur donnoient à
-manger ces entrailles. Cette opération, dite le _hu_ ou _fort-hu_, avoit
-pour but d’accoutumer les chiens à revenir promptement et en toute
-circonstance à la voix des veneurs. Voir sur le _hu_, l’art de défaire
-un cerf, les noms de ses différentes parties et les droits des veneurs
-aux XIIIe et XIVe siècles, _la chace dou cerf_, 1840, in-8º, p. 23, et
-le glossaire, _Modus et ratio_, 1839, in-8º, feuillet 22 et suiv.; et le
-_Tresor de Venerie_, p. 53 et suiv., et note 51.
-
-[894] Var. A, _tardis_.
-
-[895] Même recette que celle du _chevrel_, p. 155.
-
-[896] Jusqu’à ce qu’ils soient écrasés et réduits en pâte à force de
-cuire.
-
-[897] Otez-les de l’eau. Voy. p. 135, n. 2.
-
-[898] On voit que cet usage n’est pas nouveau.
-
-[899] Versés doucement et de haut, de manière à faire filer la liqueur
-versée comme on le voit du sirop, etc.
-
-[900] On voit dans Lamarre, t. II, art. _de la Triperie_, que toutes les
-tripes de la grande boucherie étoient achetées en gros par des tripiers
-(appartenant à six familles seulement), préparées par eux pendant la
-nuit, et vendues dès le matin à de pauvres femmes qui les colportoient
-dans les rues dans des bassins de cuivre jaune. On rencontre encore
-aujourd’hui, au marché des Innocens et ailleurs, des femmes qui vendent
-ainsi des tripes cuisant sur un fourneau qu’elles portent sur un
-éventaire.
-
-[901] Cumin, écrit encore _comin_ dans le dictionnaire de Nicot. C’est
-cette plante qui donnoit le nom de _cominée_ au plat.
-
-[902] Ces deux alinéas sont des observations critiques de l’auteur sur
-des recettes qu’il copioit.--Nous avons déjà vu et nous verrons encore
-souvent de semblables réflexions.
-
-[903] Des amandes broyées.
-
-[904] Var. B, _hourdouil_.
-
-[905] Griller, sécher, de _sor_.
-
-[906] _G. C._, 29.
-
-[907] Remplacé par _rouelle de beuf_ dans le _G. C._, f. 29, où cette
-recette se trouve, mais avec des fautes.
-
-[908] _G. C._, 1 vº., fautif.
-
-[909] Écrit Georget dans le _G. C._, f. 2 (incomplet), et Taillevent
-imprimé. Taillevent fait deux articles distincts de ces deux brouets.
-
-[910] Gril.
-
-[911] Voir ci-dessus, p. 148. Il est probable que ce potage était
-sursemé de persil, comme les courges l’étoient de safran.
-
-[912] _G. C._, 2.
-
-[913] Ces deux mots ne sont pas dans la même recette donnée par le _G.
-C._, f. 29, et, en effet, leur présence rend inutile l’observation qui
-suit: _Brune_, etc.
-
-[914] Voy. p. 149, n. 7. Var. A (ici seulement), _bracon_.
-
-[915] Taillevent manuscrit dit cependant aussi que ce brouet doit être
-_sur le jaune_, et l’imprimé ordonne le safran pour lui _donner couleur_
-(a. IV, vº).
-
-[916] _G. C._, f. 2 vº, presque identique à Taillevent manuscrit.
-
-[917] Le _G. C._, qui donne cette recette (f. 2 vº), la termine ainsi:
-Nota _le persil fait le brouet vert et le saffren le fait jaune, par
-quoy il est de mauvaise couleur_.
-
-[918] A petit jet, à petit filet.
-
-[919] Var. A, _puis ostez et le dréciez et gettez_, etc.
-
-[920] _G. C._, 3 (fautes).
-
-[921] Le Taillevent, manuscrit (Mazarine), qui donne aussi une recette
-pour ce brouet, dit de plus de _le passer par la verdure pour estre
-vergay_. Ce potage devoit donc son nom à sa couleur _verd-gaie_.
-
-[922] Dans un linge.
-
-[923] _Sic_ peut-être pour _fait_.
-
-[924] Sup. _pour_.
-
-[925] Du Cange explique _carcasium_, _carcosium_, par _cadaver_,
-_intestinum_. Ici le mot _carquois_ signifie évidemment le haut du corps
-de l’écrevisse, _la carcasse_. Nous le retrouverons encore deux fois
-dans le cours de cet ouvrage, comme signifiant sûrement une fois _la
-carcasse_, le corps du poulet, dont on a enlevé les membres et _la
-chair_, et une autre fois (_Traité de l’épervier_) le même corps séparé
-seulement des membres.
-
-[926] Ce qui est _laissé_, ce qui reste dans l’étamine.
-
-[927] Peut-être faudroit-il écrire et prononçoit-on Houss_é_barr_é_:
-brouet _houssé_ (voy. ci-devant p. 163), et _barré_, traversé par
-_lesches_ ou languettes de chair. Cependant il n’est pas parlé de persil
-dans la recette de ce plat, et l’auteur nous dit qu’on ne disoit
-_houssé_ que d’un plat sursemé de persil. (Voir p. 164.)
-
-[928] Voy. p. 106.
-
-[929] Une once.
-
-[930] _G. C._, 5.
-
-[931] _Id est?_ c’est-à-dire.
-
-[932] D’après les nombreux passages du _Viandier_, où ce mot est
-employé, et surtout d’après celui-ci, je crois qu’il signifie:
-dépouiller l’anguille de sa peau (peut-être en l’exposant à la vapeur de
-l’eau, en _l’étuvant_). L’éditeur du _Grand Cuisinier_, qui a reproduit
-plusieurs recettes où se trouve ce mot, ne paroît pas l’avoir compris:
-tantôt il le supprime, tantôt il le remplace par _échauder_ ou
-_entamer_. _Échauder_ remplace également _estauver_ dans la recette de
-la _soringue d’anguilles_, donnée par Taillevent. (Voir ci-après, p.
-173.) Cependant, d’après l’article des lamproies que nous verrons plus
-loin, il est impossible de croire que ce mot soit tout à fait synonyme
-d’échauder.
-
-[933] _G. C._, f. 51 vº.
-
-[934] Il manque peut-être ici: _et defaites de vin et_. Ces mots sont en
-cet endroit de la même recette donnée f. 51 vº du _G. C._
-
-[935] Il manque sans doute ici: _Pochez œufs en huile_.
-
-[936] En dernier lieu.
-
-[937] Taillevent manuscrit (Bibl. royale) donne une recette presque
-identique de ce plat.
-
-[938] Var. B, _refrisiez_.
-
-[939] Le?
-
-[940] Var. A, _purée_.
-
-[941] Var. B, _puis_.
-
-[942] Voy. p. 193, n. 3.
-
-[943] Peut-être faut-il transporter le point après _pochés_ et supposer
-que ce mot, qui paroît nécessaire à l’intitulé de la recette, étoit
-répété dans l’original. La recette du même plat (presque identique)
-commence ainsi dans le Taillevent manuscrit (Bib. Mazarine). L’éditeur
-du _Gr. Cuis._ qui donne cette même recette (f. 50 vº), l’intitule _Civé
-d’œufs pochés à l’huile_ et commence par ces mots: _Prens des œufs et
-les fris en bonne huile_.--Voir ci-après au chapitre des _sauces_
-bouillies.
-
-[944] Var. B, _eslire_.
-
-[945] _Lians de chair_, p. 159.
-
-[946] Je ne comprends pas ce mot.
-
-[947] Otez-le du feu.
-
-[948] Le Taillevent manuscrit (Bib. royale), qui donne cette recette,
-ajoute ici ces mots qui paroissent omis dans les manuscrits du
-_Ménagier_: _Puis le remettez sur le feu et un pou de saffran et mettez
-boullir tant_, etc.
-
-[949] S. e. de farine (voir ci-après chap. des _Crêpes_).
-
-[950] Remue.
-
-[951] Cette recette s’arrête ici dans le _G. C._, f. 15.
-
-[952] Jeune porc.
-
-[953] Redoublement du mot tuer qui précède, _acorer_ ou _acourer_
-signifiant percer ou ôter le cœur. Voy. Du Cange, au mot _Acorarius_. Le
-mot _décoré_ que j’ai cru (p. 128, n. 1) une faute pour _décolé_, doit
-avoir la même racine.
-
-[954] _G. C._, 16. Répétition du § 3 de la page 88.
-
-[955] Avoit coutume, _solebat_.--_G. C._, 15 vº.
-
-[956] _G. C_., 15 vº.
-
-[957] Voir ci-devant, p. 158.
-
-[958] Mariner?
-
-[959] Le _G. C._, qui donne cette recette, mais avec beaucoup de fautes,
-la termine en ajoutant après ces mots: _et le fait-on lyant de pain_.
-Voy. p. 155.
-
-[960] Il semble qu’il s’agit là d’une queue de sanglier véritable
-donnant au mets une saveur très-prononcée, et non plus de la sausse du
-même nom, comme j’avois cru devoir l’interpréter, p. 155, n. 3, à
-l’occasion d’une recette analogue de ce même plat.
-
-[961] Var., Ms. C, _char ou grain_. Voy. p. 150, n. 1.--_G. C._, 16.
-
-[962] Diminuer, perdre de leur graisse.
-
-[963] Ici l’auteur répète dans les mêmes termes ce qu’il a dit page 88,
-ligne dernière.
-
-[964] Ce mot se trouve dans tous les ouvrages de cuisine et d’économie
-rurale, mais il n’est nulle part clairement expliqué. Il signifie ou de
-très-jeunes chapons (Voir Nicot qui le traduit par _capus junior_), ou
-plutôt des poulets d’un an ou un peu plus, sur le point d’être chaponnés
-(_Maison rustique_, 1570, 28 vº). Le _G. C._ qui donne cette recette p.
-18, supprime les trois premiers mots: _Poucins gros comme_.
-
-[965] Voy. ci-devant p. 89--_G. C._, 18.
-
-[966] Amincie, réduite, comme le cuir se durcit et se condense par
-l’opération du tannage?
-
-[967] Répétition dans les mêmes termes du § 2 de la page 89.
-
-[968] Comme les oiseaux étoient souvent pris par le moyen de la
-fauconnerie, ils ne paroissoient sur la table que privés des portions
-qui constituoient les _droits_ de l’oiseau chasseur. La tête de la
-perdrix et du canard, la cuisse de la grue, etc., appartenoient à
-l’oiseau. Ce qui étoit d’abord le résultat des habitudes des fauconniers
-devint plus tard une règle d’étiquette culinaire. C’est pourquoi
-l’auteur dit: _Laissez à ceux_ (des oiseaux servis sur la table) _à qui
-il appartient_.--Ce qui précède est certain pour les têtes et les pieds,
-mais je ne me rappelle pas avoir vu que les queues des oiseaux pris à la
-chasse aient quelquefois été le sujet _d’un droit de fauconnerie_. Les
-seigneurs ont cependant pu se réserver la queue du héron ou d’autres
-oiseaux, mais peut-être aussi laissoit-on la queue simplement aux
-oiseaux dont les plumes étoient les plus brillantes et produisoient le
-meilleur effet sur la table.
-
-[969] Dressé.
-
-[970] Voy. ci-dessus, p. 89.
-
-[971] Deux sortes, deux espèces.
-
-[972] Je trouve ce même préjugé consigné dans le _Thrésor de santé_,
-Lyon, 1616, in-8º, p. 226. «On croit qu’il vit de l’air comme l’oiseau
-de paradis, en latin _manucodiata_, qu’on nous apporte des Moluques,
-parce qu’on ne luy treuve rien du monde dans le gisier. Il ne se doit
-éventrer.» _G. C._, 19.--Le premier alinéa est reproduit presque
-identiquement dans Taillevent manuscrit (Bibl. royale).
-
-[973] Voir ci-dessus, p. 90, lignes 6, 7, 8, 12, 13.
-
-[974] _G. C._, 14 vº.
-
-[975] Je crois que ce mot signifie ici attacher à la broche à l’aide de
-petites brochettes retenant le rôti comme les arçons d’une selle
-retiennent le cavalier. Le _G. C._ qui donne cette recette, f. 19, dit
-en effet: _Arçonnez de brochettes_.
-
-[976] Le _Grand Cuisinier_ donne (f. 27 vº) une recette bien plus
-détaillée d’un cygne ainsi apprêté. Je crois devoir la reproduire ici.
-
-«Prenez un cigne, et l’appareillez et le mettez rostir tant qu’il soit
-tout cuit, puis faictes de la paste aux œufs, aussi claire que papel, et
-la coulez dessus ledict cigne en tournant en la broche tant que la paste
-se puisse cuire dessus, et gardez qu’il n’y ait rien rompu ne aisles ne
-cuisses, et mettez le col du cigne ainsi comme s’il nageoit en eau, et
-pour le faire tenir en ce poinct, il faut mettre une brochette en la
-teste qui vienne respondre entre les deux aisles, passant tout outre,
-tant qu’elle tienne le col ferme, et une autre broche au dessouz des
-aisles, et une autre parmy les cuisses, et une autre au plus près des
-pates et à chacun pied trois pour estendre les pieds: et quant il sera
-bien cuit et bien doré de paste, tirez hors les broches, excepté celle
-du col, puis faictes une terrasse de paste bise, qui soit espoisse et
-forte, et qu’elle soit d’un poulce d’espaisseur, faicte à beaux carneaux
-tout autour, et qu’elle soit de deux pieds de long, et d’un pied et demy
-de large, ou un peu plus, puis la faictes cuire sans bouillir, et la
-faictes peindre en verd comme un pré herbu, et faictes dorer vostre
-cigne de peau d’argent, excepté environ deux doigts près du col, lequel
-faut dorer, et le bee et les pieds, puis ayez un manteau volant, qui
-soit de sandal vermeil par dedans, et dessus ledict manteau armoyez de
-telles armes que vous voudrez, et autour du cigne hait (_ait_ ou
-_huit?_) banières, les bastons de deux pieds et demy de long à banières
-de sandal, armoyez de telles armes que dessus, et mettez tout en plat de
-la façon de la terrasse, et le présentez à qui vous voudrez.»
-
-[977] Blancs d’œufs.
-
-[978] _G. C._, fº 22 vº.
-
-[979] Je n’ai pu trouver la signification de ce mot: il me semble devoir
-désigner une espèce de champignon. Il y a ci-après (_chapitre des
-entremets_) un article plus détaillé sur les _escheroys_.
-
-[980] Nous avons déjà vu, p. 154, que le cèdre ronge se vendoit _sur_
-(pour _chez_) les épiciers.
-
-[981] De service, à servir en grand repas?--Gaces de la Bugne, premier
-chapelain des rois Jean, Charles V et Charles VI, mort en 1383 ou 1384,
-a donné dans son _Livre des déduits_, commencé en 1359 et fini entre
-1373 et 1377, une recette de pâté assez détaillée pour figurer utilement
-ici.
-
- Si puis dire que grant profit
- Peut bien venir de tel déduit,
- Car on peut faire un tel pasté
- Qu’onques meilleur ne fut tasté;
- Et pour ce ne me vueil pas taire
- Qu’au jeune ne l’apreigne à faire.
- Trois perdriaulx gros et reffais
- Ou millieu du pasté me mets,
- Mais gardes bien que tu ne failles
- A moy prendre six grosses cailles
- De quoy tu les apuyeras:
- Et puis après tu me prendras
- Une douzaine d’alouetes
- Qu’environ les cailles me mettes.
- Et puis prendras de ces machès
- Et de ces petis oiselès:
- Selon ce que tu en auras,
- Le pasté m’en billeteras.
- Or te fault faire pourvéance
- D’un pou de lart, sans point de rance,
- Que tu tailleras comme dès:
- S’en sera le pasté pouldrés.
- Se tu le veulx de bonne guise,
- De verjus la grappe y soit mise,
- D’un bien poy de sel soit poudré,
- Si en sera plus sevouré.
- Se tu veulx que du pasté taste
- Fay mettre des œufs en la paste;
- Les croutes, un poi rudement,
- Faictes de flour de pur froument,
- Et se veulx faire comme saige,
- N’y met espices ne fromaige:
- Ou four bien à point chaut le met,
- Qui de cendre ait l’atre bien net;
- Et quant sera bien à point cuit
- Il n’est si bon mengier, ce cuit.
-
-
-[982] Barbeau, _G. C._, 56, ainsi que la précédente recette et la
-suivante.
-
-[983] Écailler?
-
-[984] _G. C._, 68.
-
-[985] Latte. Var. A, _essaugle_. _G. C._, 70 (très-fautif).
-
-[986] _G. C._, 56.
-
-[987] Brochet, Voy. p. 88.
-
-[988] _Franche_ (faute?), ci-dessus, p. 88.
-
-[989] _G. C._, 55 vº.
-
-[990] Var. A, _fenes_.
-
-[991] Stérile.
-
-[992] Répétition du § 3 de la p. 90.
-
-[993] C’est l’endroit où cesse le gosier et commence l’œsophage.
-
-[994] Ici seulement commence la recette du _G. C._, fº 58 vº.
-
-[995] De vapeur?
-
-[996] _G. C._, 58 vº.
-
-[997] Répétition de la fin du § 4 de la p. 90.
-
-[998] _G. C._, 70 (sauf le paragraphe _leur saison_ qui est omis).
-
-[999] Répétition du § 5 de la p. 90.
-
-[1000] _G. C._, f. 52, s’arrête là.
-
-[1001] Retournée, voy. ci-après, p. 191.
-
-[1002] Gros sel gris?
-
-[1003] _G. C._, 52.
-
-[1004] Ciseaux.
-
-[1005] Une main un peu postérieure à celle du corps du volume a ajouté
-ici dans le Ms. C: _Quatre onces et trois los de vin pour quatre grosses
-anguilles_.
-
-[1006] _Ib._, _une pinte_.
-
-[1007] _Ib._, 3 (demie-) _pinte_.
-
-[1008] _G. C._, 52 vº.
-
-[1009] _G. C._, 67.--Il me semble résulter de ce passage du _Ménagier_
-que ce poisson dit par erreur _poisson de mer_ dans le dictionnaire de
-Trévoux, est une espèce d’anguille. Il est souvent nommé avec l’anguille
-dans les exemples cités par Du Cange au mot _Piprenella_. Ce poisson est
-encore cité dans un arrêt du 31 janvier 1365-6, rendu au sujet de la
-mort d’un receveur de l’impôt levé pour les fortifications de Mantes,
-qu’on disoit avoir été tué par des habitans de Tourny, près Vernon, et
-qui paroît être seulement mort d’une indigestion de _pimpreneaux_. (_In
-quo quidem prandio, pimprenellos male decoctos comederant; et illuc per
-longum tempus steterant, ac vinum de tanto ac tali ad tantum et tale, et
-postmodum de poto ad potum, more Normannorum, biberant, etc._)
-
-[1010] Ce mot signifie ici poudré de fleur de farine, ailleurs
-_enfleurer_. Le _G. C._ qui donne cette recette f. 63, remplace ces mots
-par: _Avant que la frisez, treffeuillez-la de farine_.
-
-[1011] _G. C._, 63.
-
-[1012] Boue, sausse épaisse.
-
-[1013] Dominant.
-
-[1014] _G. C._, 63 vº.
-
-[1015] Vin _uni_ (_planus_), doux, (à boire), par opposition à
-_vin-aigre_?
-
-[1016] _G. C._, 64.
-
-[1017] Voy. p. 148, n. 1.
-
-[1018] _G. C._, 64.
-
-[1019] Poisson qui tient de la brême et du gardon suivant Belon (p. 319
-de la _Nature des poissons_, 1555, in-8º obl.).
-
-[1020] _G. C._, 62.
-
-[1021] Var. A, _eschauder_.
-
-[1022] _G.C._, 72 vº.
-
-[1023] Belon, qui cite plusieurs espèces de chiens de mer, ne dit rien
-de la brette.
-
-[1024] Var. A, _mungon_. Le _G. C._ qui supprime _en Languedoc_, écrit
-_mugeon_ (66 vº). Belon dit qu’on le nomme _muge_ à Marseille.
-
-[1025] Cabillau. Cette distinction existe aujourd’hui aussi à Paris.
-Belon ne l’a pas connue et se borne à dire qu’on connoît mieux la morue
-salée que fraîche (p. 122).
-
-[1026] Stockfisch (_bâton de poisson_ en hollandois.--_Trévoux_).
-
-[1027] Var. B, _le lendemain_ (ce doit être un des plus anciens exemples
-de cette locution devenue depuis d’usage général au lieu de
-_l’endemain_. Voy. plus loin à la recette des _vingt plats de gelée_).
-
-[1028] Suppléez _sans cela_.
-
-[1029] _G. C._, 65 (fautif).
-
-[1030] Échalotte.
-
-[1031] _G. C._, 65 vº.
-
-[1032] _G. C._, 70 vº.
-
-[1033] Renversée. _G. C._, 64 vº.
-
-[1034] Le Ms. C ajoute: _Refroidier et_...
-
-[1035] _G. C._, 60 (très-fautif.)
-
-[1036] Suivant Belon, _tumbe_ est le nom rouennais du gournault. Ce
-dernier est une espèce de rouget, mais il est plus grand, de couleur
-plus sombre, et a les ailes bleuâtres et non rouges.
-
-[1037] _G. C._, 60 vº (très-fautif).
-
-[1038] Couleur de tan, feuille-morte.
-
-[1039] Tacheté.
-
-[1040] Fumé. Voy. Du Cange au mot _Baco_.
-
-[1041] Peut-être faut-il lire _pouldre_ en sous-entendant _avec_.
-
-[1042] _G. C._, 69.
-
-[1043] _G. C._, 72 vº.--Suivant Belon, ce poisson, lorsqu’il étoit salé,
-s’appeloit du _hadou_, en anglois _hadoch_.
-
-[1044] _G. C._, 72 vº, _arsin_.--Sans doute l’_orphie_, sorte d’anguille
-de mer qu’on pêche sur les côtes de Normandie.
-
-[1045] L’auteur semble dire que ces trois noms désignent un même
-poisson. Belon fait des deux premiers deux espèces différentes et ne
-parle pas du _pourpois_.
-
-[1046] On trouve dans Roquefort _brulliau_, sorte de poisson.
-
-[1047] _G. C._, 67 vº.
-
-[1048] _G. C._, 65 vº.--La merluche est au moins de la famille des
-morues, _aselli_ en latin.
-
-[1049] Var. B, _esbolera_.--Réduira à force de bouillir.
-
-[1050] _G. C._, 61 vº.
-
-[1051] _G. C._, 61 vº.--J’ignore ce que signifie _entrepelé_.
-
-[1052] Il est parlé du _craspois_ ou _graspois_ dans bien des auteurs du
-moyen âge, mais il n’y a à ma connoissance que l’auteur du _Ménagier_
-qui fasse connoître ce que c’étoit. Un procès qui dura plusieurs années
-au parlement de Paris et qui étoit relatif à _sept étaux_, dont cinq à
-sèches et deux à craspois que le roi possédoit aux halles de Paris, nous
-apprend que le craspois ne venoit à Paris qu’en carême: c’étoit le _lard
-de carême_, le poisson des pauvres; quarante mille personnes vivoient
-pendant le carême de craspois, de sèches et de harans. Ces poissons
-étoient vendus par environ mille pauvres marchandes, à qu’il étoit
-seulement défendu de se tenir sous _le couvert_ des halles où étoient
-les grands étaux (_Plaid. civiles_, 7, 12, 14 et 19 mars 1380-1, 1er
-mars 1383-4; _Jugés_, XXXII, p. 93).
-
-Belon ne nomme pas le _craspois_, mais il confirme cependant
-l’explication du _Ménagier_. «Ce poisson, dit-il en parlant de la
-baleine, est couvert de cuir noir dur et espez sous lequel y a du _lard_
-environ l’esposseur d’un grand pied, _qui est ce que l’on vend en
-quaresme_.»
-
-Legrand d’Aussy qui a parlé avec détail de la baleine salée comme
-nourriture maigre des pauvres, d’après Charles Estienne (II, 83), a
-ignoré que le _craspois_ fût le nom de cet aliment. Au reste, l’auteur
-du _Trésor de santé_ dit que la baleine salée, quoique cuite pendant
-_vingt-quatre heures_, étoit toujours _fort dure et indigestible_.
-
-[1053] Nageoire.
-
-[1054] _G. C._, 68 vº, dit _Cyros_ au lieu de _Tire_, et _naturelle_
-pour _notrée_, mais ce doit être une faute. _Notrée_ semble devoir
-désigner une espèce de raie comme la raie _bouclée_, _lisse_, etc. Je ne
-vois au reste aucune espèce de raie qui ait plus d’une queue.
-
-[1055] _G. C._, 62.
-
-[1056] Plies.
-
-[1057] Presque.
-
-[1058] Flot, _marée_ de mars (la grande marée de l’équinoxe vers le 21
-mars).
-
-[1059] De farine.
-
-[1060] _G. C._, 68 (très-fautif).
-
-[1061] Tirant sur le blanc, pâle.
-
-[1062] _G. C._, 65.
-
-[1063] Belon dit que la seule manière de distinguer ces deux espèces est
-de les mettre à plat, regardant _contremont_ (en haut, en l’air): dans
-cette position la bouche de la pole sera à gauche et celle de la sole à
-droite.
-
-[1064] Gril.
-
-[1065] _G. C._, 66, dit _molles_ et _solles_; mais la _molle_ est
-différente de la _pole_. Voir _Trésor de santé_, pages 249 et 250, et
-surtout Belon.
-
-[1066] Var. A et _G. C._ (70 vº), _au succre_. Je crois qu’on disoit
-_une soucie_ et _un soucié_ (voy. _sauces non bouillies_). Ront vient de
-_rhombus_, nom latin du turbot, en italien _rombo_.
-
-[1067] _G. C._, 56.
-
-[1068] Var. A, _Barte_. Je ne vois rien sur ce poisson dans Belon, qui
-parle de la _brême de mer_.
-
-[1069] _G. C._, 58 vº.
-
-[1070] Peut-être faut-il lire _tance_ pour tanche (de mer).
-
-[1071] Seroit-ce coupées par lanières, par morceaux? Voir t. I, p. 172.
-J’ignore ce que c’est que l’_ale_, à moins qu’on ne suppose que c’est
-l’anchois, _halecula_ en latin.
-
-[1072] _Flez_ ou flet, espèce de plie.
-
-[1073] Var. A, _quelrel_. Var. C, _quelboe_. Peut-être le quarrelet;
-l’auteur auroit-il voulu dire ici: _Quand le carrelet (qui vaut mieux)
-est très-commun, se trouve à chaque pas_? Cependant _quarrel_ signifie
-en général carreau, _pavé_, mais en prenant ce mot dans son acception
-ordinaire, je ne vois plus de sens à la pensée de l’auteur.
-
-[1074] Suivant Belon, c’est le nom rouennais du coquillage dit
-_pétoncle_.
-
-[1075] _G. C._, 62 vº, finit en ajoutant après oseille: _ou d’autre
-verdure_. La sanemonde est connue; _barbarin_ pourroit être synonyme de
-_berberis_, épine-vinette.
-
-[1076] Var. B, _mooles_.
-
-[1077] Sans doute Cayeux, bourg de Picardie situé sur le bord de la mer,
-à deux lieues de Saint-Valery. Legrand d’Aussy (t. II, p. 82) dit qu’il
-y a un poisson de ce nom différent du coquillage, mais il ne donne pas
-le motif de son opinion à cet égard, et je ne vois ce poisson mentionné
-nulle part. Il faut d’ailleurs remarquer qu’ici les moules viennent
-après les _hanons_, sorte de coquillage.
-
-[1078] Var. B, _nourrist_. Si l’on adopte ce mot qui me paroît beaucoup
-moins bon que _noircit_, il faudroit fermer la parenthèse après _non_.
-
-[1079] Préparée (voy. Du Cange au mot _Conredium_), ce doit être la
-sèche _confite avec la saulce aigre_ (marinée), comme Belon dit (p. 340)
-qu’on l’apprêtoit de son temps _pour la rendre plus facile á manger et à
-digérer_. On voit que l’auteur distingue ici la sèche _conrée_ de la
-fraîche.
-
-[1080] Plissé, froncé, racorni par la chaleur du feu, _grediller_ dans
-Nicot qui le dit synonyme de _grésiller_.
-
-[1081] Voy. p. 154.
-
-[1082] On voit que l’auteur ne fait pas grand cas de ce poisson. Du
-temps de Belon comme au XIVe siècle (voy. p. 200, n. 2), il n’étoit
-guère mangé que par les pauvres. Bruyère-Champier préfère à la sèche
-fraîche la salée qui, dit-il, est la consolation du carême: _jejunia
-verna egregie solantur_.
-
-[1083] C’est-à-dire moins d’une feuille ou pas du tout.
-
-[1084] Plante dite _Ténaisie_ dans la _Maison rustique_.--Ce plat aura
-été nommé _arboulaste_ à cause des herbes qui entroient dans sa
-composition. Les Italiens avoient aussi au XVIe siècle un plat tout à
-fait analogue dit _Herbolata_ (Bart. Scappi, cuisinier du pape Paul V,
-1570, in-4º, f. 360 vº).
-
-[1085] Aumelette. Le mot _alumelle_, qui vient de _lamella_, diminutif
-de _lamina_, signifie ordinairement la lame, le tranchant d’une épée,
-d’une hache, etc. (voy. Du Cange à _Alemella_). C’est sans doute à cause
-de leur forme aplatie, _laminée_, que les œufs ainsi accommodés auront
-été dits _alumelle_, puis par corruption _alumette_ (p. 208, n. 1), et
-enfin _aumelette_.
-
-[1086] Râpé.
-
-[1087] Suppléez: _que_.
-
-[1088] Broyeroit.
-
-[1089] Var. A., _alumette_.
-
-[1090] _G. C._, 50 (_aumelette_ au lieu d’_allumelle_).
-
-[1091] _De_ vaudroit mieux, car le nombre de sept étant impair, je ne
-crois pas que l’auteur ait voulu dire d’ôter le blanc d’un œuf sur deux.
-
-[1092] Suppléez _les_ (sur les moyeux des deux œufs cassés d’abord).
-
-[1093] En faisant évaporer l’humidité, à l’étouffée?
-
-[1094] Uni, lisse.
-
-[1095] Voy. p. 207.
-
-[1096] Suppléez: _se_.
-
-[1097] Var. A, _Fourmentée_.
-
-[1098] Voy. p. 111, n. 2.
-
-[1099] On trouve des recettes de ce plat très-usité au moyen âge dans le
-Taillevent manuscrit et imprimé, dans le _Grand Cuisinier_ (ff. 41, 45),
-et dans le _Trésor de santé_, p. 24. Celle du _Ménagier_ est la plus
-complète. On mangeoit presque toujours la vénaison à la fromentée. On a
-pu le remarquer dans les _Menus_ qui précèdent (p. 93, etc.), et Hardoyn
-de Fontaines Guérin le dit positivement dans son _Trésor de vénerie_ (p.
-51 et note 56).
-
-[1100] Var. B, _jusiers_, plus conforme à _gésier_ qui a prévalu
-aujourd’hui quoique tout à fait dissemblable de _giger_, racine de ce
-mot employée par Festus et Lucilius. Le peuple dit _gigier_ avec
-beaucoup plus de raison.
-
-[1101] _G. C._, 30. Même recette que dans Taillevent imprimé et
-manuscrit.
-
-[1102] Épais à pouvoir le tailler (_à couper au couteau_). _G. C._, 74.
-La recette de Taillevent est presque la même.
-
-[1103] Sépare.
-
-[1104] Surjet.
-
-[1105] Obscur.
-
-[1106] Cailles, lait caillé. (_Brique de lait_, _maton_ signifiant
-proprement brique. Voy. Du Cange à _Matto_.)
-
-[1107] Lait de beurre.
-
-[1108] Les _carcasses_. Voy. p. 170, n. 1.
-
-[1109] Ce doit être l’estomac où est le grain mangé par l’animal:
-_granea_.
-
-[1110] Cette recette est dans Taillevent, imprimé et manuscrit, mais
-avec plusieurs différences dont l’une est que Taillevent défend de
-_refaire_ les volailles, contrairement à ce qui est dit ici.
-
-[1111] Il faudroit _les_ ou _la_ (la poule); Taillevent dit: _l’enflez,
-puis_ la _fendez_.
-
-[1112] Mot qui paroît de trop.
-
-[1113] Ce doit être le _col_ comme dans Taillevent.
-
-[1114] _Broyons_ dans Taillevent, manuscrit Bibl. Mazarine, et _blancs_
-dans le manuscrit de la Bibl. Royale.--Foies, intestins. Voy. p. 149, n.
-7.
-
-[1115] Je ne sais quel est ce fromage. Le dictionnaire de Trévoux cite
-bien un fromage dit d’_Anguin_, mais sa composition ne me paroît pas
-convenir à l’emploi fait ici du fromage de gain. Le Taillevent imprimé
-dit _fromage de guin_: le manuscrit de la Bibl. Royale, _de gain_, et le
-manuscrit de la Bibl. Mazarine, _fin fromage_.
-
-[1116] Ces deux mots ne sont que dans C.
-
-[1117] Il est dit dans la _Maison rustique_, éd. de 1570, p. 105, que
-quand on a exprimé au pressoir l’aquosité de la guède, on rédige le marc
-_par petites pastilles_ qu’on fait sécher au soleil, et que ces
-pastilles sont jetées dans les cuves où l’on met les laines à teindre.
-Ce sont ces _pastilles_ ou _pasteaux_, sans doute d’une grosseur fixée
-par l’usage et connue, que notre auteur prend ici pour terme de
-comparaison.--Cette phrase, depuis _soit recousu_ jusqu’à _et pour les
-dorer_, n’est pas dans Taillevent.
-
-[1118] Le manuscrit A ajoute _de bœuf_.
-
-[1119] Ce mot n’est que dans le Ms. C.
-
-[1120] C’est la même recette que celle de Taillevent. (Ms. Bibl.
-Royale.)
-
-[1121] Var. B, _pour couleur_, au lieu de _y coulent_.
-
-[1122] Le jarret de devant, ou la dernière, la plus courte articulation?
-
-[1123] Extrémité du pied?
-
-[1124] Ce mot n’est pas dans le manuscrit A.
-
-[1125] Var. C. _où la char aura cuit_.
-
-[1126] Ce mot doit être synonyme de _harlé_, hâlé, grillé.
-
-[1127] Mot qui est de trop, à moins qu’on ne lise _de deus_ (deux).
-
-[1128] Parce qu’il étoit ainsi divisé par une ligne verticale en deux
-portions de couleur différente, comme _un écusson parti_ en blason. Le
-potage écartelé dont il est question dans les _Menus_ devoit se faire
-d’une manière analogue, sauf qu’il étoit _écartelé_ (divisé en quatre
-portions par deux lignes en croix), au lieu d’être _parti_. Voy. p. 211
-un autre _faulx grenon_.
-
-[1129] Du gingembre.
-
-[1130] Voy. ci-dessus, p. 213.
-
-[1131] Sans doute queues.
-
-[1132] Ce doit être _boulez_, ou plutôt _broyez_.
-
-[1133] Piquez les pattes d’écrevisses dans la tarte.
-
-[1134] A part, séparément.
-
-[1135] Épinards. Voy. p. 141.
-
-[1136] Pressé?
-
-[1137] Râpé.
-
-[1138] Sans doute gingembre de mesche. Voy. p. 230.
-
-[1139] Racine d’arbre autrement dite _zedoaria_, suivant Jacques de
-Vitry cité par Du Cange au mot _Zedoaria_.
-
-[1140] C’est le poivre de cubèbe, employé aujourd’hui seulement dans la
-pharmacie.
-
-[1141] Le nard, _spica nardi_, dans le _Trésor de Santé_. Voy. aussi Du
-Cange à _Spicus_.
-
-[1142] Var. B, _toile_.
-
-[1143] Il semble qu’il faudroit _et la couler deux ou trois fois avant
-qu’elle_, etc.
-
-[1144] Peut-être ce mot désigne-t-il la _filicule_, plante astringente
-de l’espèce des fougères.
-
-[1145] Tournesol. Fruit de l’_heliotropium tricoccum_. Voy. Trévoux.
-
-[1146] Ce mot désigne ici le poisson du même nom qui semble avoir été
-ainsi vendu à la mesure, car nous allons voir (article des _vingt plats
-de gelée_) l’auteur parler d’une _chopine_ de loche qui, répartie entre
-vingt plats, donnoit six loches par plat. Si son calcul n’est pas erroné
-(comme celui qu’il fait des écrevisses), une chopine de loche auroit
-contenu cent vingt loches environ.
-
-[1147] Oter le veau.
-
-[1148] Il en faudroit cinq pour employer les cent écrevisses dans vingt
-plats.
-
-[1149] Ainsi dans les trois manuscrits. Voy. p. 196, n..
-
-[1150] Frappez, pressez de la paume de la main.--Var. fautive de A,
-_paronoyez_.
-
-[1151] Noisetier.
-
-[1152] Farine.
-
-[1153] Var. B, _demeurent_.
-
-[1154] Grenouilles.
-
-[1155] Appât, _esca_.
-
-[1156] _G. C._, 68 vº (tronqué).
-
-[1157] Sureaux, suivant Roquefort. (Voy. plus loin R. de la glux.) Le
-_G. C._, qui donne cette recette (f. 73 vº), dit _aux vignes et aux
-jardins_.
-
-[1158] On trouve a la fin du _Calendrier des Bergiers_ (Paris, 1493,
-in-fº, f. N vj) une pièce très-bizarre sur le limaçon, dans laquelle on
-lui dit: _Oncques Lombard ne te mangeat, A telle saulce que (nous)
-ferons, Si te mettront en ung grant plat, Au poyvre noir et aux
-ongnons_.
-
-[1159] Ainsi écrit dans les trois Manuscrits; mais ce doit être _jalet_,
-caillou rond (_galet_) ou balle de plomb qu’on lançoit avec une arbalète
-dite arc à jalet: de _jaculum_.
-
-[1160] Suppléez _que dessus_.
-
-[1161] Sans doute _la_ paste et non _le_ past_é_.
-
-[1162] Ce passage confirme l’explication donnée p. 150, n. 5.
-
-[1163] Pour les repas ordinaires?
-
-[1164] Liaison.
-
-[1165] 1er octobre.
-
-[1166] Ce doit être une faute pour _oyers_, rôtisseurs.
-
-[1167] Var. B, _roissoles_.
-
-[1168] Ce mot paroît de trop.
-
-[1169] Var. A, _mettez_.
-
-[1170] _G. C._, f. 74, s’arrête-là: un peu abrégé.
-
-[1171] Fuseau.
-
-[1172] Rouler, sausser. Var. A, _coulez_.
-
-[1173] Var. B, _arboulastre_.
-
-[1174] Service, mets.
-
-[1175] Sans doute faute pour _ou_.
-
-[1176] Voy. p. 129.
-
-[1177] Voy. p. 161.
-
-[1178] J’ai dit p. 185 que ce mot pouvoit signifier une sorte de
-champignons; mais je crois que ce sont plutôt les racines du _chervis_
-(_siser_) désignées et décrites sous le nom d’_eschervis_ dans le
-_Trésor de Santé_, p. 432.
-
-[1179] Enfariner.
-
-[1180] Œufs.
-
-[1181] Se préparer, se faire.
-
-[1182] Peut-être: _en esté_. Var. B, mais résultat d’une correction:
-_encores_.
-
-[1183] Rôti.
-
-[1184] Voy. p. 111. J’ai aussi vu du _gingembre vert_, mentionné dans
-les registres du parlement (_Plaid. civiles_, 29 avril 1392), à propos
-d’une affaire de droit maritime, et aussi dans Du Cange au mot
-_Arquinetta_.
-
-[1185] Voy. p. 112.
-
-[1186] Gâté.
-
-[1187] Var. A. C, _noir_. Je ne vois pas qu’il y ait eu du galanga noir.
-
-[1188] Gousse.
-
-[1189] B écrit ici: _raoulmarin_.
-
-[1190] Sans doute _sanemonde_.
-
-[1191] Toute-bonne? Voir ci-devant, p. 44, n. 2.
-
-[1192] Nous avons vu ci-dessus (_Menus_ 15 et 21) des turbots _à la_
-soucie. L’auteur faisant ici et ailleurs ce mot masculin, je pense qu’il
-faut lire en cet endroit _soucié_, et qu’on disoit _une soucie_ et _un
-soucié_, mais plus souvent le dernier.
-
-[1193] Sans doute _pousser_. Nous avons déjà vu, p. 213 (_pour faire
-perdriaulx de poucins_) qu’on _poussoit_ les cuisses du poucin _pour
-faire la char plus courte_.
-
-[1194] Var. A. C., _puis_.
-
-[1195] P. 230.
-
-[1196] Var. B, _le meigre d’eaue_.
-
-[1197] Voy. p. 223, n. 3.
-
-[1198] Ce mot n’est que dans C.
-
-[1199] Rôties.
-
-[1200] _G. C._, 74 vº.
-
-[1201] _Ib._, réuni avec la recette précédente en un seul article et
-fautif.--Cette recette paroît la même que la précédente, mais améliorée
-et complétée.
-
-[1202] Presque identique avec la recette de la _sauce poitevine_ dans le
-Taillevent manuscrit, défigurée dans l’imprimé.
-
-[1203] Écrasez.
-
-[1204] Cette épice est sans doute la même que l’_arquinetta_ citée dans
-des lettres du roi Richard II, en faveur de marchands de Gênes (1380);
-mais ce ne peut être un bois sudorifique comme le conjecture dom
-Carpentier (voir _Glossaire_ de Du Cange, au mot _Arquinetta_). Je ne
-vois pas au reste pourquoi l’auteur parle de cette épice à propos d’une
-recette où elle n’est pas employée.
-
-[1205] Var. B, _roux_, au lieu de _dessus_.
-
-[1206] Toujours.
-
-[1207] Gousse.
-
-[1208] Var. B, _ou_.
-
-[1209] Véritable (non aigri); comme nous avons vu p. 193, du vin
-_plain_?
-
-[1210] Bourbelier. Voy. p. 158 et 179.
-
-[1211] Var. B, _une_.
-
-[1212] L’auteur veut sans doute dire qu’alors cette sauce se sert avec
-du jambon, etc.
-
-[1213] Sans doute le setier de huit pintes plutôt que celui d’une
-demi-pinte (ou chopine).
-
-[1214] Il y avoit une petite monnoie d’argent de ce nom valant un denier
-un quart.
-
-[1215] Le manuscrit B fait orge masculin; mais c’est par suite de
-corrections un peu postérieures au corps du texte.
-
-[1216] En prenant les bases établies ci-dessus, p. 109, n. 2, un pain
-brun (ou _debrode_ ou _faitis_, bis,) d’un denier devoit peser tout cuit
-dix-huit onces.
-
-[1217] Var. B, _puis_.
-
-[1218] Se faire.
-
-[1219] Ordinairement _origine_ (_interdum urina_): mais ici, sans doute
-_globules_.
-
-[1220] A et B répètent _lors_.
-
-[1221] Sans doute levure de bière.
-
-[1222] Domestiques.
-
-[1223] Dans la même proportion.
-
-[1224] Plombé. Ce mot semble signifier ici étamé. Le Taillevent
-manuscrit qui donne une recette analogue de ce même plat, dit _plombé
-par dedans_. Il résulte de la recette de Taillevent qu’on mettoit dans
-ce pot la poule ou chapon sans eau.
-
-[1225] _A_ n’est que dans le manuscrit C.
-
-[1226] Le _G. C._, qui donne la même recette (f. 28 vº) mais avec
-quelques modifications, dit ici _avec du vin blanc les deux pars et le
-tiers d’eau_. Le vin est également mélangé d’eau dans la recette de
-Taillevent.
-
-[1227] En le faisant _filer_. Voy. p. 159, n. 4.
-
-[1228] Voy. p. 271.
-
-[1229] Crevée. Voy. p. 139.
-
-[1230] Le Taillevent manuscrit (Bibl. Roy.) donne cette recette avec
-cette différence qu’après _couler_ on lit: _Mettez boulir, et, qui
-veult, pouldre de succre pardessus et non pas trop liant_. Il est
-probable que ces mots ont été omis dans les manuscrits du _Ménagier_,
-car le manuscrit A termine ainsi cet alinéa: _coulez et mette_ (ici un
-espace vide) _et du succre_.
-
-[1231] Le manuscrit B ajoute _à fort_.
-
-[1232] Même recette que dans le Taillevent manuscrit.
-
-[1233] Bayen, crevé.
-
-[1234] Répétition du dernier paragraphe de la p. 214.
-
-[1235] Les trois manuscrits portent après cet intitulé: _Fault
-commencier à la Sainct Jehan_. Ces mots paroissent une répétition
-anticipée de ce qui suit.
-
-[1236] La phrase est obscure et probablement défectueuse. Peut-être
-faut-il lire _lez qu’elles_, en prenant l’adverbe _lez_ (_jaxta_,
-_secundum_, _ad_,) dans le sens de _jusque_; mais je ne l’ai jamais vu
-ainsi employé.
-
-[1237] Le psaume _Miserere_, comme l’auteur dit ailleurs, le temps de
-dire une patenôtre, etc.
-
-[1238] Var. B, _ou_.
-
-[1239] Sans doute _sas_.
-
-[1240] Var. B, _trois ou quatre_.
-
-[1241] Id. _quatre_.
-
-[1242] Suppl. _le_ (le miel d’où on a retiré les noix).
-
-[1243] Tonneau contenant une demi-queue. Mais peut-être ici est-ce un
-tonneau plus petit. Ce qui augmente mon doute, c’est que l’auteur dit
-plus loin, p. 249, qu’il faut deux livres de sauge pour faire un poinçon
-d’eau de sauge; il semble que cela ne suffiroit pas pour cent
-quatre-vingt-quinze litres d’eau. (_Tonnelet_ est donné comme synonyme
-de Poinçon, p. 260.)
-
-[1244] Carottes.
-
-[1245] 30 novembre.
-
-[1246] Ratissez.
-
-[1247] Graine du Carvi (_carvi officinarum_ ou _cuminum pratense_),
-plante originaire de la Carie en Asie Mineure.
-
-[1248] Peut-être est-ce le raifort, _raffanus_, _rafan_, dans Crescens
-qui dit qu’on _en use principalement à faire compote de navets_.
-
-[1249] Chez les herboristes.
-
-[1250] Gingembre de mesche. Voy. p. 111.
-
-[1251] Nom de lieu. On lit dans le _Dit des pays_ (impr. au XVIe
-siècle): _En Orte est le bon saffran_.
-
-[1252] Voir ci-devant, p. 154.
-
-[1253] Var. A, et C, _une livre_.
-
-[1254] Var. B (mais résultat d’une correction postérieure), _cotignac_:
-c’est le nom actuel.
-
-[1255] Sans doute le nœud qui est à l’extrémité du fruit, opposé à la
-queue.
-
-[1256] Je crois que ce signe, reproduit exactement ici d’après le Ms. B,
-est un 4. Il figure aussi dans les _Menus_ I, II, IV, VI. Voy. p. 91, n.
-5. Il est remplacé dans le Ms. A par [Illustration: un symbol] (un gros
-ou drachme). Voy. pour la _poudre de duc_, aussi estimée que celle-ci au
-XIVe siècle, p. 248.
-
-[1257] Au lieu de sauge.
-
-[1258] Goûtée, comme cela est dit p. 196, pour la morue?
-
-[1259] Un sixième d’once plutôt que six noix.
-
-[1260] Var. B, _quarton_.
-
-[1261] _Spicus nardi_, nard.
-
-[1262] En allant toujours en diminuant, c’est-à-dire qu’il y ait moins
-de graine de paradis que de girofle, moins de macis que de graine, etc.
-
-[1263] La livre en usage dans le Midi n’étoit que de treize onces;
-l’auteur ayant au commencement de ce paragraphe adopté la mesure de
-Béziers, prévient ici qu’il reprend les poids en usage à Paris.
-
-[1264] Dominer.
-
-[1265] Voy. p. 244, n. 4.
-
-[1266] Les cotons.
-
-[1267] Var. B, _le_ (saug_é_?)
-
-[1268] On voit par plusieurs passages du _Ménagier_ quelle consommation
-nos ancêtres faisoient de verjus. Cependant j’ai vu avec étonnement les
-paroles suivantes dans une plaidoirie du 9 avril 1385-6, prononcée pour
-Jean II de Neelle, seigneur d’Auffémont et de Mello qui plaidoit contre
-les religieux de Saint-Corneille de Compiègne pour conserver le droit de
-conduire, par eau et sans droits, de Mello à Auffémont, le vin
-nécessaire à sa consommation: _A Auffémont il ne croist pas chascun an
-huit queues de vin et n’y croist que pour avoir du vertjus pour l’ostel
-d’Auffémont_. L’avocat prétendoit-il donc qu’on usoit à l’hôtel
-d’Auffémont six ou sept queues de verjus par an (la queue de 391
-litres)? Quelque nombreuse maison qu’ait eue Jean de Neelle, très-grand
-seigneur à la vérité, il seroit difficile de croire à une semblable
-consommation de verjus.
-
-[1269] Voir la note sur lui, p. 118: et sur deux Hautecourt qui
-pouvoient être ses descendans vers 1500, Sauval, III, 605.
-
-[1270] Nous avons déjà vu plusieurs fois cet usage de semer des dragées,
-des grains de Grenade, etc. sur de certains mets.
-
-[1271] Je ne sais quelle est cette feuille; le manuscrit A dit _seur_,
-mais ce ne peut être la feuille de _sureau_ qui est petite.
-
-[1272] Voy. p. 214, n. 1.
-
-[1273] Dure, telle que l’eau de puits.
-
-[1274] Pétrir.
-
-[1275] M. de Lincy, t. I, p. 210 de ses _Proverbes françois_, cite le
-suivant: _On fait des godès à Beauvais et des poales à Villedieu_.
-J’ignore quelle étoit la qualité spéciale de la terre de Beauvais.
-
-[1276] Sera bu par les roses, disparoîtra.
-
-[1277] Bien fait, à point.
-
-[1278] Alambic de plomb.
-
-[1279] Au recto de ce feuillet, _schedula_ d’où nous avons fait
-_cédule_, (billet, petite feuille volante,) signifiant aussi feuillet.
-
-[1280] Teinture rose? Je n’ai rien trouvé sur ce mot.
-
-[1281] Var. A, _rousse_.
-
-[1282] Feuilles. Du Cange mentionne au mot _Pampa_ une redevance féodale
-en 1270, d’un _plain panier de penpes de roses à faire eaue-rose_. Voy.
-sur l’usage des roses et des fleurs la note 3 de la page 52, et Sauval,
-t. III, p. 517, 521, 526, 632.
-
-[1283] La volière du château d’Hesdin ville d’Artois où les ducs de
-Bourgogne de la dernière race résidoient souvent. La ville d’Hesdin,
-rasée en 1553 par Charles-Quint, est maintenant un bourg dit le
-_Vieil-Hesdin_ situé à une lieue environ du Hesdin actuel qui est
-l’ancien village du Mesnil agrandi et fortifié en 1554 par le duc de
-Savoie.
-
-[1284] L’hôtel Saint-Paul, rue Saint-Antoine, à Paris. Voy. sur les
-volières de cet hôtel et le goût de Charles V pour les oiseaux, Sauval,
-II, 282.
-
-[1285] C’est le célèbre prévôt de Paris. Il est fait allusion à son goût
-pour les oiseaux dans une curieuse chanson faite contre lui au moment de
-sa disgrâce et publiée pour la première fois dans l’édition des
-_Chroniques de Saint-Denis_, donnée par M. Paulin Paris (T. VI, p. 478).
-
- Courroucié es de tes oiseaux
- Qu’oïr ne pues chanter en caige,
- Mais bien pues faire les appeaulx
- Pour chanter en ton geolaige.
-
-Mais où étoit placée cette volière si remarquée au XIVe siècle? Étoit-ce
-dans cette maison de plaisir avec jardin qu’Aubriot auroit eue près des
-Célestins suivant Sauval? (II, 154.) Mais il semble peu probable,
-attendu l’extrême proximité des deux emplacemens, que ce jardin, dont
-Aubriot jouissoit en 1366 ou 1368 (S. III, 126) soit resté sa propriété
-en même temps que sa maison d’_habitation ordinaire_ aussi avec jardin.
-C’est là qu’étoit bien plutôt placée la volière dont parle l’auteur du
-_Ménagier_. Ce dernier hôtel est désigné seulement, dans les registres
-du Parlement, comme situé _près l’église Saint-Paul et dans la censive
-de l’abbé de Tiron_, et il y est dit qu’_Aubriot l’avoit acheté de
-Jacques de Pacy et ses frères_, mais c’est bien encore le même que celui
-dont il est parlé dans Félibien (T. I, p. 661), et qui est dit _avoir
-été donné à Aubriot par Charles V_. Aubriot l’acheta bien effectivement,
-mais le Roi le paya, on du moins donna en 1369 quinze cents francs d’or
-à son prévôt, afin qu’il l’achetât et vint demeurer plus près de lui
-(Sauval, II, 154). Cette apparente différence d’origine (je crois avoir
-démontré qu’elle n’est qu’apparente) ne pourroit en outre prévaloir
-contre la coïncidence des limites assignées à cet hôtel par Félibien
-(entre la rue de Jouy et la rue Percée) et celles de la censive de
-l’abbé de Tiron. En effet, parmi les localités soumises à cette censive,
-la plus rapprochée de l’église Saint-Paul étoit précisément placée entre
-la rue Percée, la rue de Jouy (dite postérieurement à 1543, des _Prêtres
-Saint-Paul_, et _Charlemagne_ depuis quelques mois, par suite de
-l’incompréhensible et odieuse persistance de l’édilité parisienne à
-anéantir les anciens noms des rues), diverses propriétés ayant leur
-façade sur la rue Saint-Antoine, et les anciens murs de Paris (_Atlas
-des plans de la censive de l’Archevêché_, f. 43.--Archives du roy.
-Seine, nº 64). Pierre de Giac, chancelier de France, grand accapareur de
-biens, se disposoit à acheter cet hôtel en février 1383-4, et se fit
-alors donner par le Roi, pour douze deniers de cens annuel, les anciens
-murs de Paris, avec les deux tours y comprises, auxquels joignoit le
-jardin. Giac le vendit en 1397 au duc d’Orléans pour 8,000 livres et
-deux autres maisons (Champollion, II, 11). Cet hôtel fut alors connu
-sous le nom du _Porc-Épic_, sans doute à cause de l’ordre de ce nom
-institué par le duc d’Orléans, et dont l’insigne devoit figurer sur la
-porte, les vitraux, etc. On peut voir dans les d’_Orléans_ de M. Aimé
-Champollion (II, 13) des détails bien curieux sur les vitraux de cette
-maison. En 1404, le duc de Berry l’ayant reçue du duc d’Orléans en
-échange de l’hôtel des Tournelles, la donna au célèbre et malheureux
-Jean de Montaigu (Sauval, II, 153). Après sa mort arrivée le 17 octobre
-1409, le roi (ou plutôt le duc de Bourgogne usant du pouvoir royal),
-donna l’hôtel du _Porc-Épic_ à Guillaume duc de Hollande et comte de
-Hainaut (Sauval, II, 81). Il en jouissoit en 1413 et 1417 (S. III, 281).
-En octobre 1418, après la surprise de Paris par les Bourguignons, une
-nouvelle donation en fut faite au duc et à la duchesse de Brabant,
-gendre et fille du duc Guillaume (J. reg. 170, n. 207). Je n’ai pas vu
-qu’il ait été rendu au fils de Jean de Montaigu comme le furent ses
-autres biens, mais il ne pouvoit appartenir au duc de Hollande en 1438,
-comme on pourroit le croire d’après un compte de cette année donné par
-Sauval (III, 655.--Le duc de Bourgogne étoit alors seul duc de
-Hollande). Cet hôtel appartint ensuite à l’illustre Arthur de Richemont
-connétable de France, dont la femme, Marguerite de Bourgogne, y mourut
-en 1441 (Sauval, II, 146). Il passa ensuite à Robert d’Estouteville,
-prévôt de Paris (mort en 1479), qui payoit les douze deniers de cens
-pour les murs en 1472 et 1476 (S. III, 403 et 425. Il avoit toutefois
-une autre maison _à sa vie_, rue de Galilée.--Ib., 338). C’est sans
-doute à cause de Robert d’Estouteville, et peut-être de son fils
-Jacques, prévôt de Paris après lui de 1479 à 1509, qui a pu posséder le
-même hôtel, que cet hôtel fut alors appelé et est désigné sur le plan de
-tapisserie (commencement du XVIe siècle), sous le titre d’_Hostel du
-Prévost de Paris_. Sauval dit bien qu’il appartenoit en 1533 à leur
-cousin Jean d’Estouteville, aussi prévôt de Paris, mais il n’en donne
-pas de preuve. Il n’en donne pas non plus au sujet de l’attribution
-qu’il fait (II, 152) de ce même hôtel à l’amiral de Graville, mais cela
-est très-probable. On sait en effet que l’amiral de Graville, petit-fils
-de la fille de Jean de Montaigu, jouit de tous ses biens, et l’on voit
-en outre dans Sauval (III, 629) que Pierre de Balsac son gendre, et Anne
-de Graville sa fille, cette femme célèbre comme poëte et comme
-bibliophile (voy. _les Femmes célèbres de l’ancienne France_, par M. de
-Lincy) avoient payé les douze deniers de cens pour les vieux murs de la
-ville, et par conséquent très-probablement possédé et habité cet hôtel.
-Ils en avoient transporté la jouissance à Guillaume le Gentilhomme,
-avocat en parlement, qui payoit le cens en 1573. Si Sauval ne s’est pas
-trompé quand il a dit (II, 152) que cet hôtel appartenoit en 1533 aux
-héritiers de l’amiral de Graville et à Jean d’Estouteville prévôt de
-Paris, il y auroit lieu de croire qu’il avoit alors été divisé.
-Aujourd’hui, si l’on entre dans le _Passage Charlemagne_ (rue
-Saint-Antoine, nº 102, et rue des Prêtres-Saint-Paul, nº 22), on arrive
-après avoir fait quelques pas dans une cour spacieuse, et l’on voit une
-belle maison bâtie (suivant toute apparence, par l’amiral de Graville)
-sur l’emplacement de l’hôtel du Porc-Épic. On y remarque une charmante
-tourelle, mais l’ensemble de cette élégante construction est défiguré
-par l’adjonction d’une quantité de replâtrages modernes. L’hôtel
-d’Aubriot, auquel succéda celui-ci, occupoit tout le coin de la rue des
-Prêtres Saint-Paul (depuis une poterne ouverte dans les vieux murs) et
-de la rue Percée, à peu près jusqu’à l’emplacement actuel du nº 8 de
-cette rue, où devoit finir la censive de Tiron (en 1418, jusqu’à l’hôtel
-de Galeran de Montigny, chevalier, de la maison du duc de Berry,
-massacré lors de l’entrée des Bourguignons). Son jardin, compris
-aujourd’hui en partie dans le collége Charlemagne (d’abord maison
-professe des jésuites), s’étendoit jusqu’aux anciens murs et les suivoit
-jusqu’à la rue Saint-Antoine, à la hauteur environ de la rue Culture
-Sainte-Catherine.
-
-[1286] C’est sans doute le nom d’un bourgeois de Paris, mais je ne
-connois rien sur ce nom.
-
-[1287] Var. B, _sont_.
-
-[1288] Dans le cas où les oiseaux ne couvent pas, comme cela étoit pour
-les volières du Roi et d’Aubriot.
-
-[1289] Nourris.
-
-[1290] Au moins de l’eau trop rarement renouvellée.
-
-[1291] Dans le cas où les oiseaux couvent, etc., comme cela avoit lieu
-dans la volière de Charlot.
-
-[1292] Var. A et B ajoutent ici _par le pié_, qui est une répétition.
-
-[1293] Tourterelles ou grives (_turdus_).
-
-[1294] Var. B, _chardonnereulx_.
-
-[1295] Ce mot nécessaire au sens n’est que dans le manuscrit C.
-
-[1296] Var. A, C, _tendres_.
-
-[1297] Sans doute: _gratteroit_. Var. B, mauvaise et résultant d’une
-correction: _laisseroit_.
-
-[1298] Je pense que ce mot doit signifier ici bouché, fermé (_arcile_,
-diminutif d’_arca_, signifie un coffret, voy. Du Cange), et seroit mieux
-écrit _arcilié_ qu’ar_s_ilié, ce qui sembleroit le faire dériver
-d’_arsé_, brûlé.
-
-[1299] Le pot sans couvercle.
-
-[1300] Mettez vos dents.
-
-[1301] Var. A, _à loges_; B, _alloges_. Il s’agit ici d’horloges à
-sablier, sans doute les seules que les particuliers pussent alors se
-procurer. Toutefois, on connoissoit les horloges à rouages avant
-l’époque où le _Ménagier_ a été écrit.
-
-[1302] L’usage d’empoisonner les flèches remonte aux Gaulois. Il en est
-parlé dans Pline et dans Aulugelle. Les Gaulois employoient à cet usage
-une plante dite _limeum_, autrement _thora_, que Linnée dit être la
-dixième espèce de renoncule (_ranunculus thora_) et aussi de l’ellébore.
-(Voy. la Bibl. des Théreuticographes, 1763, p. 168.) Les auteurs du
-dictionnaire de Trévoux disent qu’on se servoit encore, de leur temps,
-du _thora_, dans les Alpes, pour empoisonner les flèches.--On ne trouve
-de recettes semblables ni dans le _Modus_ ni dans _Phébus_; c’est une
-recette à l’usage des gens chassant _pour la cuisine_, pour le profit,
-et dénués d’équipages suffisans.
-
-La fleur du _thora_ est jaune, ce n’est donc pas de cette plante qu’il
-s’agit ici; mais ce peut être l’_aconitum napellus_, qui a la fleur d’un
-beau bleu. Quant à l’_ectoire de canarade_, cité p. 63 de ce volume, M.
-Adolphe Brongniart, mon cousin, pense que c’est l’_actea_ ou l’ellébore
-noire (vulgairement _Rose de Noël_, parce qu’elle fleurit à cette
-époque) qui a la fleur blanche et croît dans le midi de l’Europe, ou
-plutôt l’_actea spicata_, plus commune dans toute l’Europe, désignée
-aussi quelquefois sous le nom d’_ellébore noire_, et qui a de petites
-fleurs blanches. La racine de ces deux plantes est un poison violent;
-elle est de couleur noire.--Au reste, si les propriétés de ces plantes
-conviennent aux _ectoires_ ou _électoires_ (plantes à faire des
-électuaires?) dont parle l’auteur, il n’en est pas de même de leur nom,
-ce qui doit laisser des doutes sur leur identité avec celles citées dans
-le _Ménagier_.
-
-[1303] Tirer à l’arc.
-
-[1304] Les deux barbes ou arêtes du fer qui empêchent la flèche de
-sortir de la plaie.
-
-[1305] Dans le cuir.
-
-[1306] Var. B. _bestic_.
-
-[1307] Vérat, porc non coupé.
-
-[1308] Saison de chasser le sanglier qui succédoit aux _cervaisons_,
-c’est-à-dire qu’elle commençoit après le milieu de septembre et
-finissoit vers le printemps.
-
-[1309] Passer au feu.
-
-[1310] Var. A et C, _de navets, de chastaignes à la venaison_.
-
-[1311] Je pense que ces mots sont le commencement d’une troisième
-recette, _pour faire d’un ver bon sanglier_. J’avois d’abord cru qu’il
-falloit mettre un point après _chastaingnes_, et comprendre que la
-venaison véritable s’accommodoit de la même manière, mais alors le 3º
-n’a plus de sens. Avec la ponctuation que j’ai adoptée, venaison
-signifieroit ici la chair du prétendu sanglier.
-
-[1312] Son.
-
-[1313] Var. B, _limegnon_; C, _lumignon_. Voy. p. 56, note 1.
-
-[1314] Le Ms. B ajoute ici _foulé_ qui est mauvais, la mère goutte étant
-ce qui sort de la cuve avant que le raisin soit foulé. C’est le jus des
-raisins les plus mûrs qui s’écrasent en tombant dans la cuve.
-
-[1315] Il semble qu’il faudroit, au contraire, faire réduire plus le vin
-quand le raisin n’est pas bien mûr. Peut-être faut-il comprendre qu’on
-le fait revenir ou réduire d’_un tiers_ au lieu de _au tiers_, et d’_un
-quart_ au lieu de _au quart_.
-
-[1316] Si vous les achetez toutes cuites.
-
-[1317] Répétition du § 2 de la p. 149.
-
-[1318] Échauffent; c’est aussi le sens de ce mot, p. 152, ce qui ne
-contredit pas l’explication donnée en cet endroit du but de la recette.
-
-[1319] Râpe?
-
-[1320] Cette recette et la suivante sont dans le Taillevent manuscrit
-avec peu de différences.
-
-[1321] Marquer.
-
-[1322] Le mot _arramentum_ a dans la basse latinité plusieurs
-significations (_airain_, _arrangement_), mais dont aucune ne me paroît
-convenir au sens de cette phrase.
-
-[1323] Ainsi le linge se marquoit alors à l’aide d’une griffe ou d’un
-sceau.
-
-[1324] Matière inflammable sous les étincelles du briquet. Voy. p. 42 et
-Du Cange, au mot _Esca_.
-
-[1325] Écorce ou peut-être les fleurs du noyer. On ne voit pas pourquoi
-l’auteur ayant mis l’_écume_ au singulier, dit ensuite _qui sont
-surannées_ au pluriel. J’avois pensé que _noyer_ étoit une faute pour
-_noix_ et qu’il s’agissoit là de brou de noix; mais le brou de noix ne
-me paroît pas pouvoir se détacher entier, et il me semble difficile
-qu’on puisse le couper par _pièces de la largeur de deux_ doigts.
-
-[1326] Var. A, C, _les_.
-
-[1327] Mélange épais d’eau et de cendre qui reste au fond du cuvier
-quand on a coulé la lessive.
-
-[1328] Égouttes, presses.
-
-[1329] Éponge.
-
-[1330] Oiseau de rivière.
-
-[1331] Var. B, _i_ (_id est_); le cimier est la croupe du cerf. Voy. p.
-129.
-
-[1332] Ce mot et les huit précédens ne sont que dans le manuscrit B.
-
-[1333] C’est beaucoup mieux que _noix de galles_ comme on l’a dit
-depuis, puisque les galles ne sont pas un fruit mais une excroissance du
-chêne.
-
-[1334] Le Ms. C ajoute _arrabic_.
-
-[1335] Tranquille, stagnante, _quieta_.
-
-[1336] Ce seroit les premières côtes, les plus proches des hanches, si
-l’explication que j’ai donnée du filet ou nomblet est bonne.
-
-[1337] On ne trouve dans Belon ni la _bourbotte_ ni le _chavessot_;
-seulement cet auteur dit que la lote étoit dite barbotte à Paris. Mais
-il ne peut être question ici de la lote qui n’a pas d’écailles et ne
-pouvoit, par conséquent, se peler comme la perche.
-
-[1338] Corneilles.
-
-[1339] Plutôt choucas (corneille à dos gris) que chouette.
-
-[1340] Trait d’arbalète.
-
-[1341] Var. (que je crois mauvaise) des Mss. A et B, _ont_.
-
-[1342] Traits d’arbalète non aigus, avec lesquels on tiroit aux oiseaux.
-Voy. une citation de Wats dans Du Cange, au mot _Pilatus_.
-
-[1343] Var. B, _cornillaux_.
-
-[1344] Brouillards, temps humides.
-
-[1345] Voy. p. 166.
-
-[1346] Voy. p. 186, § 2.
-
-[1347] Voy. p. 213.
-
-[1348] Non pas, pas même. Ce passage est un de ceux qui établissent la
-position que l’auteur occupoit dans la société.
-
-[1349] Ce mot est fautif.
-
-[1350] _Debent._
-
-[1351] Prenez des amandes nouvelles et ôtez adroitement, au couteau,
-leur première écorce. Ensuite percez chaque amande d’un trou au milieu.
-Ce fait, lesdites amandes soient mises en eau douce et y restent cinq ou
-six jours, mais que l’eau soit changée une fois chaque jour. Ensuite,
-après cinq ou six jours, lesdites amandes soient tirées de l’eau et
-posées sur une (nappe?), où elles restent un jour naturel pour sécher et
-ôter l’humidité de l’eau. Ayez ensuite une quantité suffisante
-d’excellent miel, proportionnellement à celle desdites amandes;
-faites-le bouillir et cuire bien et suffisamment, et l’écumez, et, quant
-il sera cuit et réfroidi, mettez dans le trou de chaque amande un clou
-de girofle, et ayant replacé toutes les amandes dans un bon vase de
-terre, mettez dessus (_item_, pour confire des noix; mais elles doivent
-rester neuf jours dans de l’eau renouvelée chaque jour) ledit miel bien
-cuit et en quantité suffisante pour couvrir entièrement les amandes qui
-pourront être mangées après deux mois.
-
-[1352] Sans être mis dans l’eau chaude.
-
-[1353] Vidés.
-
-[1354] Ce sont évidemment des petites hardes de lard.
-
-[1355] En grain.
-
-[1356] Pétrir.
-
-[1357] Pilon.
-
-[1358] C’est ici que se terminent les deux manuscrits les plus anciens
-(A et B) du _Ménagier de Paris_. Cependant mon manuscrit (C) ajoute
-encore quelques recettes qui sont tellement analogues à celles qui
-précèdent, que je crois devoir les donner comme appendice. Elles
-paroissent avoir été écrites peu de temps après le corps du texte; elles
-sont dans le dialecte picard ou flamand, et ont évidemment été
-recueillies dans la maison de Madame de Roubais (Marguerite de
-Ghistelle). Voy. l’Introduction.
-
-[1359] Battu, écrasé.
-
-[1360] Sucre.
-
-[1361] Une chausse.
-
-[1362] Melons. Je ne sais ce que peut signifier _caordes_, peut-être
-est-ce _gourdes_, sorte de courge.
-
-[1363] Empans.
-
-[1364] D’un coup, à la fois.
-
-[1365] Rangs.
-
-[1366] Place.
-
-[1367] Ce.
-
-[1368] Jardiniers de Portugal. Il y avoit des Portugais à la cour de
-Bourgogne. Vasque Made de Villelobe, Portugais, traducteur du _Triomphe
-des Dames_ (imprimé à Paris, chez Pierre Sergent, in-4º, gothique),
-étoit écuyer d’écurie du duc de Bourgogne.
-
-[1369] Déface? arrache.
-
-[1370] Répétition presque textuelle, mais fautive, des §§ 4, 5, 6, 7, 8
-de la page 275 ci-après.
-
-[1371] Sucre rosat.
-
-[1372] _Et_ [Illustration: un symbol].
-
-[1373] Qu’il file entre deux doigts, si on en prend une goutte.
-
-[1374] Avant qu’on mette bouillir.
-
-[1375] Œuf.
-
-[1376] Laisser rasseoir en eau.
-
-[1377] De la fleur.
-
-[1378] Aussi.
-
-[1379] Esteuf, balle.
-
-[1380] Épande, répande?
-
-[1381] Démené, remué?
-
-[1382] Sucre fondu en eau-rose.
-
-[1383] _Hulle_ signifie en allemand enveloppe. Est-ce ici la gaine d’un
-couteau?
-
-[1384] Rayez.
-
-[1385] Une règle?
-
-[1386] Doigts.
-
-[1387] _Rostez-le._ Otez-le hors du bassin?
-
-[1388] Encre.
-
-[1389] Eau de pluie.
-
-[1390] Couperose.
-
-[1391] Et un scrupule?
-
-[1392] La moitié du temps nécessaire pour dire les sept psaumes de la
-pénitence, comme nous avons vu dans le _Ménagier_, un _Pater_, un
-_Miserere_, etc.
-
-[1393] Les matières qui ont servi à faire l’encre, le marc.
-
-[1394] Poivre.
-
-[1395] Clous de girofle.
-
-[1396] Menues-épices (_species_), moins (que de cannelle et gingembre).
-
-[1397] Teille, vase de terre. Suppl. _avec_.
-
-[1398] Vos poussins ou perdrix.
-
-[1399] Voy. p. 95.
-
-[1400] Tournesol. Voy. p. 220.
-
-[1401] Pêcher. Mettez assez de tournesol pour lui donner la couleur de
-fleur de pêcher.
-
-[1402] Œufs.
-
-[1403] Feu.
-
-[1404] Brûle.
-
-[1405] Il semble qu’il faudroit _ou_ puisque ce plat se faisoit avec du
-poisson, ou avec des œufs à défaut de poisson.
-
-[1406] Œufs?
-
-[1407] Pochés?
-
-[1408] Hachez.
-
-[1409] Sécher.
-
-[1410] Le seul que contiennent les manuscrits. Voir l’Introduction et T.
-I, p. 7, note 1; voir aussi T. II, p. 79, n. 1.
-
-[1411] Augmente sa maison, son train, plutôt que _fatigue_, _use_. Gaces
-de La Bugne borne le train de l’épreveteur à quatre chiens et deux
-chevaux (Ed. Verard, X 5).
-
-[1412] Cette manière de voler semble bien devoir être celle que
-d’Arcussia (Ve partie, ch. XVI, et Confér. 30) appelle voler à _la
-toise_ (et aussi Sainte-Aulaire, p. 103) ou _source_, à _lève-cul_ ou à
-_la couverte_. C’est quand on lâchoit l’oiseau de poing tout près de sa
-proie, au moment où elle s’enlevoit, et qu’il l’empiétoit avant qu’elle
-eût eu le temps de se mettre en aile. Les oiseaux de poing prenoient
-presque toujours leur gibier de cette manière, soit à son premier
-départ, soit _à la remise_, c’est-à-dire au second vol. Dans ce dernier
-cas ils attendoient souvent sur un arbre ou sur une haie que les chiens
-fissent repartir l’oiseau chassé. Huber, dans ses _Observations sur le
-vol des oiseaux de proie_ (1784, in-4º, p. 36), a très-bien expliqué
-cette manière de voler qu’il appelle _le saut_ et qui est propre aux
-oiseaux de poing. Il dit que le saut résulte d’un élancement qui part de
-la plante des pieds puis d’une forte et brusque contraction des ailes.
-Il distingue le saut montant, le saut de niveau (tous deux ne portent
-que 6 ou 7 toises) et le saut plongeant, qui est le plus puissant.
-
-[1413] Jaillir, s’élancer. Je ne sais si ce mot s’applique ici à
-l’épervier ou au brusque départ de l’oiseau chassé. C’est presque la
-même expression que celle de _vol à la source_ employée par d’Arcussia:
-Le Ms. A porte _fouldre_, mot qui ne seroit pas ici sans signification,
-car Huber dit que le départ _au saut_ est aussi prompt que _l’éclair_.
-
-[1414] Éducation, de _duire_, dresser.
-
-[1415] Var. A, _espaingnos_. Chiens d’Espagne dits aujourd’hui
-_épagneuls_.
-
-[1416] A côté.
-
-[1417] Il faudroit _l’en_.
-
-[1418] Lier, en terme de fauconnerie, c’est quand l’oiseau a enserré sa
-proie. D’Arcussia veut qu’on réserve ce mot pour les oiseaux de leurre
-et qu’on dise _empiéter_ pour ceux de poing (p. 177).
-
-[1419] Qui s’éloignent trop.
-
-[1420] Cri, appel.
-
-[1421] Lassé, vaincu.
-
-[1422] Se précipiter avec entraînement, fondre, d’_immittere_.
-
-[1423] Poêle, poêlon.
-
-[1424] Var. A, _abéent_.
-
-[1425] Réclamer l’oiseau c’est le faire revenir sur son poing. On a dit
-quelquefois par extension un oiseau _réclamé_ pour un oiseau _dressé_.
-Les oiseaux de leurre étoient rappelés à l’aide du leurre: aussi
-disoit-on pour eux _leurrer_ et non _réclamer_.
-
-[1426] Var. A, _déchairent_.
-
-[1427] Var. A, _d’espreviers_.
-
-[1428] _Que_ est de trop à moins qu’il ne manque la fin de la phrase
-comme: _ne l’ait découvert_.
-
-[1429] Il faudroit: _qu’il_.
-
-[1430] C’est le mâle de l’épervier, beaucoup plus petit que la femelle,
-et que l’on employoit beaucoup moins. Gaces de La Bugne dit qu’il
-servoit aux apprentis fauconniers à faire leur éducation (Ed. Vérard, L
-v).
-
-[1431] Enfoncement, creux, de _claustrum_. Var. B, _crotet_, petite
-grotte, trou, de _crypta_.
-
-[1432] Fienter.
-
-[1433] Mince, délicat.
-
-[1434] Filet.
-
-[1435] Surtout.
-
-[1436] Digéré.
-
-[1437] Pour qui.
-
-[1438] Var. A, _fielet_.
-
-[1439] Repas. Sous-entendez _de ce filet de porc_.
-
-[1440] Var. B, _certainement_.
-
-[1441] Sainte-Aulaire dit la même chose (p. 45); il ajoute que ces
-_fautes_ ou _marques_ placées en travers des plumes les font rompre
-facilement aux premiers efforts de l’oiseau.
-
-[1442] Tirant sur le rond, un peu rond.
-
-[1443] Ces trois mots interrompent le sens et seroient mieux placés
-avant _tenir nettement_.
-
-[1444] Var. B, _le pennier_.
-
-[1445] L’auteur entend par ce mot une cage ou caisse de bois dont il
-nous donne ci-après les dimensions. Le même mot a été employé par
-d’Arcussia, mais sans explication, et par Sainte-Aulaire (p. 180 à 186)
-qui paroit en faire un terme général pour désigner un lieu fermé comme
-une chambre, etc., et semble dire indifféremment: mettre les oiseaux à
-la ferme ou à la mue.
-
-[1446] Treillage, grillage.
-
-[1447] Prendre de la force.
-
-[1448] Se soulèvera.
-
-[1449] Jointures, jarrets.
-
-[1450] Se tiendra debout.
-
-[1451] Large.
-
-[1452] Il y a, il est.
-
-[1453] Billot de bois sur lequel on plaçoit l’oiseau. Sainte-Aulaire dit
-qu’il doit avoir deux pieds de haut. Il est vrai qu’il parle de celui à
-l’usage des oiseaux parvenus à leur taille (p. 66 et 106). L’empereur
-Frédéric II conseille de le faire en forme de cône renversé et ferré, de
-manière qu’on puisse l’enfoncer facilement en terre. Il l’appelle
-_sedile_. Il dit que le faucon cillé est mieux sur le bloc que sur la
-perche, et qu’on ne doit mettre sur le bloc qu’un seul faucon (voy. ch.
-L et LI du second livre).
-
-[1454] Phrase qui paroît défectueuse.
-
-[1455] Repu.
-
-[1456] Var. A, _merts_. Je crois que ce sont ces barres ou marques
-noires qui traversent les plumes de la queue de l’épervier
-(Sainte-Aulaire, p. 25), et dont il est aussi parlé sons le nom de _mers
-de la queue_ dans le Modus (feuillet 77 vº). L’auteur veut donc dire ici
-qu’il faut pour mettre les jets à l’oiseau, attendre qu’il soit parvenu
-au moment de sa croissance où sa queue est assez longue pour qu’on y
-voie déjà deux barres noires. Voir ci-après p. 291.
-
-[1457] Petites lanières de cuir qui s’attachoient aux jambes de l’oiseau
-et auxquelles on ajoutoit les vervelles, et quand l’oiseau étoit sur la
-perche, la longe et le touret.
-
-[1458] Quand après s’être débattu, jeté en avant de sa perche il y est
-retenu et rappelé par sa longe.
-
-[1459] Queue des oiseaux de poing. Le mot de queue étoit réservé aux
-oiseaux de leurre.
-
-[1460] Var. A, C, _sur luy surviennent_.
-
-[1461] Impétueusement, de _tempête_.
-
-[1462] Depuis _esteuf_, balle de jeu de paume.
-
-[1463] Suppléez _non_.
-
-[1464] Suppléez _a_.
-
-[1465] Si en se débattant il tomboit de la perche et y restoit suspendu
-par sa longe.
-
-[1466] Ce passage confirme l’explication donnée précédemment, mais je
-n’ai rien trouvé dans les auteurs qui puisse déterminer où sont placés
-les sept _merqs_ dont parle l’auteur. Je vois sur un épervier qui est
-sous mes yeux 1º 4 barres (ou _merqs_) noires (dont une un peu cachée
-par les petites plumes du croupion) _sur_ le balai, 2º 4 id. en dessous;
-et enfin 6, mais assez mal marquées sur le dessous des grandes plumes de
-l’aile. Mais on sait combien l’âge change le plumage des oiseaux de
-proîe, et j’ignore si l’oiseau que j’ai sous les yeux cet un _niais_ ou
-un _mué_.
-
-[1467] Graisser, mouiller de sa salive.
-
-[1468] La seconde secousse, le second effort de l’oiseau. Voir
-d’Arcussia, Ve partie, ch. IX.
-
-[1469] Var. B, _espoventablement_.
-
-[1470] Paresse.
-
-[1471] Var. A, C, _bas_.
-
-[1472] Espaces laissés vides dans les manuscrits. Peut-être y avoit-il
-_marqué à travers de petits cœurs brun tendres ou roux_. La différence
-avec l’autre genre de plumage dont il va être parlé auroit donc consisté
-dans la dimension et la disposition des marques en forme de cœur;
-l’auteur du Modus dit également: _Les uns sont de menues plumes
-traversaines et blanches; autres sont de grosses plumes traversaines et
-grosses nouées; autres sont de plumes que nous appelons mauvisées_ (mal
-disposées, mal semées).
-
-[1473] Semés.
-
-[1474] Var. A, _boueil_. C’est le brayer, le bas-ventre, dit _brayeul_
-dans le roi Modus.
-
-[1475] Le manuscrit B ajoute ·_S_· (_scilicet?_).
-
-[1476] _L’espervier a communément l’estomac blanc émaillé de marques
-noires faites la plupart en cœur. Le dessus noir ou gris fort obscur
-èsquelles y a certaines mailles ou plumes blanchâtres sur les reins_
-(Sainte-Aulaire, p. 25). L’auteur a fait le mot _cueureté_ pour dire
-semé de cœurs, comme on dit _fleur-de-lise_, _étoilé_, etc.
-
-[1477] En changeant d’ordre, muablement.
-
-[1478] Charrient au couvert, dans un buisson, etc., pour s’en paître,
-l’oiseau qu’ils ont pris.
-
-[1479] Je crois que c’est l’oiseau dont les ailes sont bien disposées;
-bien jointes au corps et croisant bien sur la queue.
-
-[1480] Voy. sur les vanneaux, couteaux et cerceaux, la note 6 de la page
-89.
-
-[1481] Espace laissé vide dans les manuscrits. _Sans_ doit être
-défectueux ainsi que _a_: le balay signifiant la queue. L’auteur a dû
-écrire quelque chose comme _bonnes pennes, puissans balay et sain_, etc.
-
-[1482] Var. B, _paissonoir_. Ces différens noms des ongles de l’épervier
-ne sont à ma connoissance donnés qu’ici. D’Arcussia les désigne
-simplement sous la dénomination de premier, second, et troisième, en
-commençant par celui du premier doigt de devant: celui de derrière
-auroit été dit _avillon_. Ici les _sangles_ pourroient être les serres
-du grand doigt du milieu et du doigt de derrière: le _paissoir_, l’ongle
-du pouce, et le _charnier_ celui du quatrième doigt.
-
-[1483] Qu’il.
-
-[1484] Instrument de cuivre, quelquefois d’argent, destiné à empêcher la
-longe de s’embarrasser. Ce sont deux demi-anneaux en forme d’étriers
-réunis par une goupille qui traverse les deux côtés plats, lesquels
-tournent l’un sur l’autre. D’Arcussia l’appelle _tournet_ (131), et
-l’empereur Frédéric II _tornetum_ (II, 40). Il est représenté dans les
-planches de _l’Encyclopédie_ (XII, fig. 2). C’est certainement au touret
-qu’est relatif le passage cité dans Du Cange à _Coretum_, et il faut
-sans doute y lire _Toretum_.
-
-[1485] Bleu.
-
-[1486] Plus loin _recréance_, filière, longue ficelle attachée aux
-longes.
-
-[1487] Aux plaidoiries, au palais.
-
-[1488] Gaces de La Bugne conseille également de porter l’épervier
-
- Là ou les gens sont amassés,
- Soit en l’église ou autre part.
- (S v, vº, c. 1.)
-
-On voit, d’après ces deux témoignages, qu’il étoit permis à tous les
-laïques d’entrer dans l’église avec un oiseau sur le poing. Il en
-résulte donc que quand on a remarqué que les barons de La
-Ferté-Chauderon et les seigneurs de Chastellux entroient dans le chœur
-des églises cathédrales de Nevers et d’Auxerre en costume moitié
-militaire, moitié ecclésiastique, et avec un oiseau sur le poing, ce
-fait n’étoit (au moins _au commencement du_ XVe _siècle_) une
-particularité qu’à cause de leur costume, de la qualité de chanoines
-héréditaires de ces églises possédée par ces seigneurs, et peut-être
-aussi à cause de la place qu’ils occupoient dans le chœur par suite de
-leur dignité. (Voy. à ce sujet les _Mercures_ de juin 1732, p. 1248, de
-mars et d’avril 1733, p. 472 et 730, et l’_Histoire d’Auxerre_ de
-Lebeuf, T. I, p. 809.) On voit encore, dans une pièce de 1464 citée par
-l’abbé Lebeuf (T. II, pièce 241), que les trésoriers des églises
-d’Auxerre et de Nevers avoient le droit d’assister aux offices en habit
-non ecclésiastique et avec un épervier sur le poing; mais ce droit étoit
-dès lors contesté ou au moins remarqué. Il faut donc en conclure ou que
-l’usage avoit dès lors changé, ou qu’il étoit borné aux laïques.
-
-[1489] Petits ais, petites planches, lattes.
-
-[1490] On appeloit _plume_, et plus souvent depuis _cure_, une petite
-boulette de filasse, de coton, ou de plumes qu’on faisoit avaler à
-l’oiseau pour faire passer les parties grossières de sa nourriture qui
-seroient restées dans son estomac.
-
-[1491] Probablement les filamens ou nerfs de cette poche que d’Arcussia
-appelle la gorge ou sachet supérieur. C’est la partie qui suit
-immédiatement le gosier, et qu’on dit vulgairement _la gave_. Voir
-d’Arcussia, chap. 1 de la IVe partie, p. 233.
-
-[1492] _L’en_ n’est que dans le Ms. C.
-
-[1493] Préau.
-
-[1494] Aille.
-
-[1495] Sécher.
-
-[1496] Faire jaillir, mais j’ignore la racine de ce mot. Var. B,
-_ressortir_.
-
-[1497] Baguette.
-
-[1498] Tréteau.
-
-[1499] Savoir: _utrum_.
-
-[1500] Retiré, accroupi. Voy. p. 20.
-
-[1501] Sup.: _avancez_. V. p. 394.
-
-[1502] Moucheté, de _varius_, comme la fourrure de _vair_ et le _vairé_
-du blason.
-
-[1503] Tachetés.
-
-[1504] Jeunes pies.
-
-[1505] Tenailles.
-
-[1506] Peut-être faute, pour _moine_.
-
-[1507] Véritablement, sérieusement.--Var. A, _ensient_.
-
-[1508] Dans le lieu de sa demeure?
-
-[1509] Sans cette précaution.
-
-[1510] L’auteur ne donnoit donc pas tout à fait dans l’opinion erronée,
-et cependant générale, suivant laquelle la queue (ou balai, voy. p. 290,
-n. 3) servoit de gouvernail à l’oiseau. On a reconnu depuis qu’elle ne
-lui sert qu’à monter et à descendre. Voy. Huber, _Observ. sur le vol des
-oiseaux de proie_, p. 13.
-
-[1511] Se détourne, fait des crochets.
-
-[1512] Ciseaux.
-
-[1513] Quand elle part. Voy. p. 280, n. 3.
-
-[1514] Entièrement, vraiment _blanches_, comme l’émeut _fin blanc_
-ci-dessus, p. 298.
-
-[1515] C’est le moineau suivant Nicot.
-
-[1516] Répétition avec variantes du § 1, p. 300.
-
-[1517] Ce paragraphe, qui paroît hors de propos au milieu des
-instructions relatives aux premiers vols de l’épervier, est en outre une
-répétition, mais non textuelle, de ce qu’on a déjà vu page 290.
-
-[1518] Il paroît manquer ici _faire_.
-
-[1519] Embrouillez (ses longes dans les branches du buisson où il aura
-charrié sa proie).
-
-[1520] Var. B, _pendre_.
-
-[1521] Neuf heures. Voy. t. I, p. 48.
-
-[1522] S. d. faute pour _buisson_.
-
-[1523] A et C ajoutent _vous_.
-
-[1524] Au soir.
-
-[1525] Var. bonne du Ms. B, mais résultat d’une correction postérieure
-au corps du texte: _s’essorera_. Au reste, _s’efforcer_ est bon, quoique
-je ne l’aie pas vu employé par les autres auteurs dans le sens de
-s’essorer, prendre, son _essor_, _s’emporter_.
-
-[1526] Corps, carcasse. Voy. p. 170, n. 1, et p. 213.
-
-[1527] S.-e. l’épervier.
-
-[1528] S.-e. la chair du pigeon.
-
-[1529] Dévider. Ce mot exprime très-bien l’action du chien qui suit une
-trace.
-
-[1530] Au lieu remarqué, où les autres perdrix se sont remisées.
-
-[1531] Var. A, _gauchières_.
-
-[1532] Oiseau de proie ignoble (non susceptible d’être dressé), grand
-destructeur de perdrix, classé par Huber (p. 16) dans la classe des
-harpayes, avec la _Soubuse_, le _Jean-le-Blanc_ et l’_oiseau
-Saint-Martin_. Huber semble croire que ces quatre noms désignent le même
-oiseau (peut-être à différens âges). G. Bouchet (_Recueil des oiseaux de
-proie_) a consacré au _faux-perdrieu_ un article étendu, et on voit dans
-d’Arcussia (_Fauconnerie du Roi_, p. 399) que Louis XIII voloit cet
-oiseau avec des faucons dressés à voler la corneille.
-
-[1533] Pièces de terre cultivées en pois. _Pisaria._
-
-[1534] _Qui_ ou _et_ sont de trop. Si l’on supprime _et_, il faudroit
-une virgule après _remerquent_.
-
-[1535] Au saut. Voy. p. 280.
-
-[1536] Voy. p. 304.
-
-[1537] B ajoute _premier_, qui me paroît inutile et peut être une
-correction de _se l’épervier_, qui est dans le Ms. A et est tout à fait
-fautif.
-
-[1538] S’accouplèrent. D’Arcussia (1627, p. 209, 220) emploie le même
-mot, et dit aussi _le temps de l’adouée_; c’est pourquoi j’aime mieux
-lire _adouèrent_ qu’_adonnèrent_, comme l’écrit le Ms. B (_adoñerent_).
-
-[1539] Pour _cochier_ je lis: cochier, cocher.
-
-[1540] En état, à leur taille.
-
-[1541] Tuyaux des plumes pleins de sang comme les jeunes oiseaux.
-
-[1542] Le Ms. B seul ajoute: _et ne sont pas les plumes de leurs eles si
-roides comme leurs pères et leurs mères qui ont esté muées_. Ces mots
-paroissent être une bonne variante et non la suite du membre de phrase
-précédent.
-
-[1543] Il semble qu’il faudroit lire _et_, de manière à restreindre la
-possibilité de prendre, même au _voulon_, la perdrix ainsi forte, au cas
-où elle est déjà lassée d’un premier vol. Mais on peut aussi comprendre
-que l’auteur, en défendant plus bas d’essayer de la prendre, en plein
-champ, du premier vol, a seulement entendu défendre de la faire voler _à
-tire-d’aile_ (en _tirant après_) par l’épervier. Cette manière de voler
-(mouvement répété des ailes) est employée par l’oiseau de poing en ligne
-horizontale ou de haut en bas. Dans le premier cas, il n’entreprend
-ainsi que le gibier le plus faible, et cette attaque lui réussit bien
-moins que le _saut_ (ou _voulon_), qui est son plus grand moyen. (Voy.
-Huber, p. 37.)
-
-[1544] Gaces de La Bugne dit aussi (X v) que l’épervier peut prendre le
-faisan; mais au XVIIe siècle qu’on peut cependant regarder comme celui
-où la fauconnerie atteignit sa plus grande perfection, en France, on ne
-faisoit plus voler l’épervier aux faisandeaux: c’est du moins ce qui me
-semble résulter d’un passage de d’Arcussia (Ve partie, chap. XXV), dans
-lequel il remarque, comme une chose notable, que cette chasse avoit lieu
-en Lombardie, où, dit-il, les éperviers sont en plus de réputation qu’en
-autre pays.
-
-Quant au vol de l’outarde par l’épervier, il est plus étonnant, et on
-seroit tenté de penser ou qu’il y a erreur dans le nom de l’oiseau
-chassé ou que l’auteur a entendu parler ici de la chasse de l’outarde
-faite avec l’autour, oiseau tout à fait semblable de conformation (sauf
-la grosseur), de mœurs et de vol à l’épervier, puisque tous les auteurs
-les confondent dans les préceptes qu’ils donnent sur la manière de les
-dresser. L’autour, beaucoup plus fort que l’épervier, prenoit l’outarde
-ou du moins la retenoit jusqu’à ce que les chiens vinssent le secourir
-et la tuer; mais ce fait même étoit regardé avec raison comme
-surprenant, attendu la faiblesse relative de l’autour (Voy. Gaces de La
-Bugne, f. X 2 vº), et le récit d’une chasse à l’outarde faite par un
-faucon sauvage dans d’Arcussia (_Fauconnerie_, p. 227 et aussi là même
-_Convy_, p. 52). L’épervier qui est un assez petit oiseau, pouvoit-il
-donc égaler l’autour et le faucon dans cette chasse? La même réflexion
-se présente à l’esprit pour le vol aux lapereaux et aux levrauts, que je
-n’ai vu indiqué dans aucun autre auteur. Remarquons toutefois qu’il y
-avoit, suivant d’Arcussia, une espèce d’éperviers venant d’Esclavonie,
-et tellement courageux qu’ils entreprenoient _tout ce qu’on leur
-montroit_.
-
-[1545] Auj. de genêt.
-
-[1546] Monter à une hauteur telle qu’il perde son maître.
-
-[1547] Var. B, _toutesvoies_.
-
-[1548] Peut-être la marouette.
-
-[1549] Geais.
-
-[1550] Ou _bougon_, flèche à grosse tête, à bout obtus, _sagitta
-capitata_, suivant Nicot.
-
-[1551] Afin que.
-
-[1552] Var. A, _tirer_.
-
-[1553] D’Arcussia (Ve partie,, ch. XXV) dit la même chose; seulement il
-est question, dans son livre, d’un arc à jalet (arbalète lançant des
-balles de plomb) et non d’un arc.
-
-[1554] Avant qu’il ait eu le temps de chasser et de se paître.
-
-[1555] Le garder pendant le temps qu’il est en mue.
-
-[1556] B ajoute: _laquelle plume_.
-
-[1557] Pour le garantir, l’empêcher de se débattre.
-
-[1558] Espace laissé en blanc dans les trois manuscrits: peut-être
-est-ce le croupion ou le _brayer_ (ventre), afin d’attendrir la peau où
-tiennent les plumes de la queue.
-
-[1559] Gouttière, petit canal (mangeoire avec coulisse dessous).
-
-[1560] Voy. p. 297.
-
-[1561] L’empêcher de dormir.
-
-[1562] L’abaisser, le dompter en le nourrissant peu.
-
-[1563] Muées.
-
-[1564] Les autres auteurs distinguent le _branchier_ du _ramage_. Ce
-dernier nom désignoit l’oiseau qui avoit été assez longtemps libre et
-vivant de sa chasse: il tenoit le milieu entre le _branchier_ et le
-_sor_.
-
-[1565] S.-e. _avant_. C’est seulement quand il sera assez âgé pour avoir
-déjà pris des oiseaux qu’il descendra à la _meute des pans_. On appeloit
-meute un bâton fourchu auquel étoit attaché un oiseau vivant que
-l’oiseleur faisoit remuer pour attirer dans les _pans_, dans les filets,
-celui ou ceux qu’il désiroit prendre. (Voy. _Modus_, f. 127.) Plus tard
-on appela ainsi l’oiseau attaché au piquet fourchu (_Ruses innocentes_,
-1695, in-8, p. 144). Le filet dont il est ici question est certainement
-le _rets-saillant_ ou _nappe_.
-
-[1566] _Giesles_, dans le Modus, et plus tard _guide_ ou _guede_. Ce
-sont les bâtons qui terminent les pans du rets-saillant et auxquels
-s’attachent les cordes qui fixent les extrémités des pans à des piquets
-enfoncés en terre. La corde que tire l’oiseleur pour faire rabattre les
-pans est aussi attachée aux deux _guilles_ placées de son côté. (Voir le
-_Modus_ de 1839, f. 126. Les cages représentées dans la figure indiquent
-bien l’endroit où devoient être placés les mouchets dont parle l’auteur
-du _Ménagier_.)
-
-[1567] Les manuscrits ajoutent: _comment qu’il soit_. Ces mots me
-paroissent une répétition fautive des trois précédens.
-
-[1568] Passer un fil dans la première paupière des deux yeux de
-l’oiseau, puis réunir et tordre les deux bouts du fil sur son bec.
-L’épervier devait être cillé de manière à voir un peu derrière lui. On
-obtenoit ce résultat en lui perçant la paupière plus près du bec que du
-milieu de l’œil. (Voy. _Modus_, f. 96, vº.)
-
-[1569] Grelots attachés aux jambes de l’oiseau.
-
-[1570] Peut-être faut-il lire _aasier_.
-
-[1571] On verra ci-après l’explication de ce terme. C’est sans doute ce
-que l’auteur du _Roi Modus_ appelle _mué du bois_ (f. 95, vº).
-
-[1572] Var. B, _affaitiés_.
-
-[1573] Il ne revient pas si facilement à son maître.
-
-[1574] L’oiseau de proie _sor_ est celui qui a atteint sa taille, mais
-n’a pas encore mué. Son nom lui vient de la couleur jaunâtre (ou
-_sorette_, comme dit Tardif, chap. XV) de ses plumes.
-
-[1575] Pondu.
-
-[1576] Les en a empêchés.
-
-[1577] Le Ms. C ajoute: _bons espreveteurs_.
-
-[1578] C. ajoute: _plumes et_.
-
-[1579] V. p. 288, n. 3.
-
-[1580] Les premiers, les meilleurs.
-
-[1581] Var. B, _hault_.
-
-[1582] D’Arcussia (p. 8 et 36) et Sainte-Aulaire (p. 12) disent aussi
-que le faucon _hagart_ (on mué des champs) est celui qui a déjà mué une
-fois. D’Arcussia fait dériver ce nom du mot hébreu _agar_, signifiant
-étranger. Il semble qu’il doit plutôt signifier _égaré_, _sauvage_, à
-moins qu’attendu l’explication qu’en donne ici notre auteur, on ne le
-fasse venir de _haga_, haie.
-
-[1583] Qu’il a deux ans.
-
-[1584] Var. B, _sores_.--Les plumes qui sont restées de son premier
-plumage, de son plumage sor.
-
-[1585] Peut-être l’auteur veut-il dire que cet oiseau se laissoit
-emporter par son ardeur et conduisoit le fauconnier à de trop grandes
-distances; mais cet inconvénient étoit propre à tous les oiseaux de
-haute volerie ou de leurre.
-
-[1586] On appelle _formé_, par opposition à _tiercelet_ (plus petit d’un
-tiers), la femelle des oiseaux de proie.
-
-[1587] Leurre, instrument en osier en forme de fer à cheval allongé
-qu’on recouvroit des ailes de l’oiseau ou de la peau du quadrupède
-(lièvre ou lapin), qu’on vouloit accoutumer l’oiseau de proie à voler.
-(Voy. les planches de l’_Encyclopédie_, pl. 12, fig. 4). On plaçoit la
-viande destinée à la nourriture de l’oiseau sur le leurre, et il s’y
-paissoit. Il en résultoit qu’il connoissoit le leurre et qu’il revenoit
-à son maître dès que celui-ci l’appeloit en tournant cet instrument:
-c’est ce qu’on appeloit _leurrer_. Les oiseaux, ainsi dressés (le
-faucon, le gerfaut, le lanier, le sacre, le hobereau et l’émerillon
-étoient seuls susceptibles d’être dressés au leurre), suivoient les
-chiens pendant la quete en volant et fondoient sur leur proie aussitôt
-qu’elle se levoit, à la différence des oiseaux de poing (autour et
-épervier), qui restoient sur le poing de leur maître jusqu’à ce que les
-chiens eussent fait lever le gibier. Les oiseaux de leurre ou de haute
-volerie étoient en outre seuls propres à certains vols, tels que ceux du
-héron, du milan, etc. Huber, dans son excellent ouvrage (malheureusement
-trop abrégé et sorte de prospectus d’un autre plus étendu qu’il comptoit
-composer) sur le vol des oiseaux de proie, a décrit d’une manière bien
-remarquable les différens moyens employés par ces deux espèces d’oiseaux
-en conséquence de la forme de leurs ailes, et partant de ce principe
-fondamental que les anciens fauconniers n’ont pas connu, il appelle les
-premiers _rameurs_ et les seconds _voiliers_. L’instruction de ces deux
-espèces d’oiseaux devoit donc différer, et en effet celle des premiers
-constituoit l’art de la fauconnerie et celle des autres l’autourserie;
-les langues de ces deux arts, comme leurs principes eux-mêmes,
-présentoient de notables différences qu’on peut voir dans d’Arcussia, p.
-176, et dans _le Veritable Fauconnier_ de Morais, p. 9 et 115. Une des
-principales étoit que les oiseaux de leurre étoient chaperonnés, tandis
-que ceux de poing ne l’étoient pas. Ces derniers mangeoient sur le poing
-de leurs maîtres, les premiers sur le leurre, etc.
-
-[1588] Hobereau.
-
-[1589] Plante bien connue, _ruta_.
-
-[1590] Tirailler, déchirer avec son bec. On donnoit ainsi à _tirer_ aux
-oiseaux des morceaux secs et nerveux, tels que pattes de lièvre ou de
-lapin et de volailles qu’on appeloit alors _tiroirs_.
-
-[1591] Étoffe ou fourrure. On se servoit ordinairement de peau de lièvre
-pour cet usage.
-
-[1592] Changer souvent l’étoffe ou feutre que l’oiseau a sous la patte
-et la remplacer par une autre échauffée dans son sein.
-
-[1593] La poitrine, le poitrail. Les oiseaux gras ont, en effet, la
-poitrine bombée et séparée au milieu par une petite fente.
-
-[1594] Nom d’un oiseau de proie ignoble (c’est-à-dire non susceptible
-d’être dressé); mais je n’ai pas vu qu’on se soit servi de cet oiseau
-comme du duc ou de la chouette pour attirer les oiseaux dans les filets;
-peut-être est-ce aussi le nom d’un filet ou autre engin, mais je ne le
-trouve nulle part avec cette signification.
-
-[1595] Il y a eu quelques exemples d’aigles dressés pour la chasse, mais
-on n’a jamais fait un emploi suivi de ces oiseaux. Gaces de La Bugne
-parle d’une espèce d’aigle qu’il appelle _milion_ (qui paroît être
-l’aigle fauve à marque blanche sur la tête), qui prenoit la grue et
-l’oie sauvage (f. X vj). Il dit que cet oiseau étoit rare en France, et
-le regardant comme une curiosité plutôt que comme un oiseau utile, il
-s’écrie que _ne desplaise au milion. Il n’est vol ne mès de faulcon_ (L.
-V). L’illustre connétable Olivier de Clisson avoit un _milion_ dressé
-qu’il légua au vicomte de Rohan, son gendre. (Voyez le mot _Milio_ dans
-Du Cange où ce mot est mal traduit par _milan_. Le milan n’a jamais pu
-être dressé et n’a jamais été redoutable aux faucons comme le dit
-l’empereur Frédéric II, l. II, ch. LXIX du _Milion_, associé par lui à
-l’aigle et au vautour.) Tardif qui compila un _Traité de fauconnerie_ à
-la fin du XVe siècle, s’est assez étendu sur le vol de l’aigle, mais on
-ne sauroit conclure de son ouvrage purement théorique et traduit en
-partie d’auteurs orientaux que l’aigle fût communément employé de son
-temps en France par les fauconniers. Guillaume Bouchet, qui écrivoit en
-1567, dit que le poids de l’aigle étoit cause que les fauconniers des
-princes en dressoient rarement, et d’Arcussia (_Convy_, p. 28 et XVe
-_lettre de Philoïerax_) raconte des essais faits de son temps pour
-dresser des aigles. L’aigle n’a donc jamais été employé habituellement
-dans la fauconnerie. Quant au _griffon_, ce mot désigne sans doute le
-_gerfaut_, ainsi nommé dans Marc-Paule et le plus gros des oiseaux de
-leurre; je serois au reste tenté de croire que l’auteur parle ici
-d’après des récits exagérés ou fabuleux de chasses faites en pays
-étrangers.
-
-[1596] Tardif est le seul écrivain qui dise que l’autour vole le
-chevreuil (_il fiert petit chevreul et l’empesche tant que les chiens le
-prennent plus faciment_), et je crois qu’il y a tout lieu de douter que
-cette chasse, qui s’est faite en Asie, ait jamais été pratiquée en
-France.
-
-[1597] Canards.
-
-[1598] Il graisse ses plumes.
-
-[1599] Petites branches d’arbre.
-
-[1600] Comme on a fait d’abord pour les dresser ou comme ci-dessus p.
-296.
-
-[1601] Baisser, abaisser signifient _maigrir_. Voy. p. 322.
-
-[1602] Baisser, abaisser signifient _maigrir_. Voy. p. 322.
-
-[1603] Cette qualification n’est pas donnée au lanier par les anciens
-fauconniers, et d’Arcussia nous apprend (_Conférence_, p. 7) que de son
-temps le lanier étoit appelé, seulement en Italie, _faucon vilain_, par
-opposition au _faucon gentil_. Au temps où Buffon écrivoit, on ne se
-servoit plus en France ni de laniers ni de sacres, et il n’a pu décrire
-ces deux espèces. Il est fâcheux qu’il n’ait pas consulté Sainte-Aulaire
-et d’Arcussia qui donnent de grands détails sur ces oiseaux (p. 16, 20,
-28, et d’A. 39, 48). Ces deux auteurs n’ont cependant pas su d’où le
-sacre était originaire. Franchières a dit (Liv. I, VI) qu’il venoit de
-Russie et de Tartarie, et Pedro Lopez de Ayala qui écrivoit à la fin du
-XIVe siècle un savant traité de fauconnerie resté inédit, confirme à peu
-près cette opinion, puisqu’il le dit originaire de Norwége. Il dit qu’il
-y a aussi des sacres en Roménie. Notre auteur dit que cet oiseau est
-originaire de Flandre, parce qu’il en voyoit sans doute apporter à Paris
-par les marchands venant de ce pays. Ayala nous apprend que ces
-marchands d’oiseaux parcouroient d’abord les cours d’Allemagne, puis
-venoient à Bruges; de là à Paris, puis en Brabant; de Brabant en
-Angleterre, et enfin en Espagne.
-
-[1604] Les mailles (Voy. p. 293) dessinées sur son plumage sont larges.
-
-[1605] C’est une erreur. Le sacre (comme le lanier et le gerfaut) a les
-jambes et les pieds bleus.
-
-[1606] C’est le faucon _tagarote_ des Espagnols (voy. d’Arcussia, p. 52)
-que du Guesclin rapporta d’Espagne à Charles V, comme on le voit dans
-Gaces de La Bugne (f. X iij). Cet auteur, ainsi qu’Ayala, le dit
-originaire d’Afrique.
-
-[1607] D’Arcussia s’est élevé le premier contre l’opinion suivant
-laquelle les différens noms du faucon (_gentil_, _pèlerin_, _passager_,
-etc.) constitueroient des espèces différentes. Il dit que le faucon
-_gentil_ est celui qu’on prend du 15 juin au 15 septembre, le _pèlerin_
-celui qui est pris du 15 septembre au mois de janvier, et que les
-variétés remarquées dans leur plumage proviennent des différences d’âge,
-de nourriture, etc. (Voy. p. 7 et 28.) Au reste notre auteur dit aussi
-que le faucon pèlerin est le même que le faucon gentil.
-
-[1608] Mais plutôt lanneret. C’est une répétition de ce que nous avons
-vu ci-dessus, p. 318 et 319.
-
-[1609] De suite.
-
-[1610] Mauvaise mine.
-
-[1611] Minéral qui se trouve dans les mines d’or et de cuivre et dont on
-tire l’arsenic. Le meilleur est celui qui se lève par écailles ou
-feuilles comme le talc. L’auteur veut parler de celui-là quand il dit
-plus bas que la feuille est meilleure, car il ne me paroît pas qu’il
-veuille désigner ici la plante dite _orpin_ ou _anacampseros_ vulgò
-_faba crassa_, suivant Bauhin, et _telephium_ ou _crassula major_, dans
-le dictionnaire de Nicot. L’auteur du _Roi Modus_ conseille de ne pas
-employer l’orpiment, comme trop dangereux (f. 92).
-
-[1612] Je n’ai noté que celles qui me paroissent certaines, mais il y a
-bien d’autres passages qui peuvent avoir été ajoutés par l’auteur.
-
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-The Project Gutenberg EBook of Le mnagier de Paris (v. 1 & 2), by Anonymous
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
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-
-
-Title: Le mnagier de Paris (v. 1 & 2)
-
-Author: Anonymous
-
-Release Date: October 29, 2013 [EBook #44070]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: ISO-8859-1
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE MNAGIER DE PARIS (V. 1 & 2) ***
-
-
-
-
-Produced by Chuck Greif and the Online Distributed
-Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was
-produced from images available at Bibliothque nationale
-de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
-
-
-
-
-
-
-Notes de transcription: Les erreurs clairement introduites par le
-typographe ont t corriges. L'orthographe d'origine a t conserve et
-n'a pas t harmonise.
-
-
-
-
- LE
-
- MNAGIER DE PARIS.
-
-
-
-
- LE
-
- MNAGIER DE PARIS,
-
- TRAIT
-
- DE MORALE ET D'CONOMIE DOMESTIQUE
-
- COMPOS VERS 1393,
-
- PAR UN BOURGEOIS PARISIEN,
-
- CONTENANT
-
- Des prceptes moraux, quelques faits historiques, des instructions
- sur l'art de diriger une maison, des renseignemens sur la consommation
-du Roi, des Princes et de la ville de Paris, la fin du quatorzime sicle,
- des conseils sur le
-jardinage et sur le choix des chevaux; un trait de cuisine fort tendu,
- et un autre non moins complet sur la chasse l'pervier.
-
- ENSEMBLE:
-
-L'histoire de Grislidis, Mellibe et Prudence par Albertan de Brescia (1246),
-traduit par frre Renault de Louens; et le chemin de Povret et de Richesse,
-pome compos, en 1342, par Jean Bruyant, notaire au Chtelet de Paris;
-
- PUBLI POUR LA PREMIRE FOIS
-
- PAR LA SOCIT DES BIBLIOPHILES FRANOIS.
-
- TOME PREMIER.
-
- [Illustration: colohpon LITTERIS PATRIQUE CARUS.]
-
- A PARIS,
- DE L'IMPRIMERIE DE CRAPELET,
- RUE DE VAUGIRARD, 9.
-
- M. D. CCC. XLVI.
-
-Le _Mnagier de Paris_ a t imprim aux frais et par les soins de
-la Socit des Bibliophiles franois. Il en a t tir vingt-quatre
-exemplaires sur _grand papier imprial de Hollande_, de la fabrique de
-C. Honig, destins aux membres rsidens de la Socit, plus trois cents
-exemplaires en petit papier. Et toient membres de la Socit quand cet
-ouvrage fut imprim:
-
- M. BRARD, receveur gnral des finances Bourges.
-
- M. le Comte DOUARD DE CHABROL, ancien matre des
- requtes au Conseil d'tat.
-
- M. le Duc DE POIX[1], ancien ambassadeur de France en
- Russie.
-
- M. le Marquis DU ROURE, marchal de camp, membre de la
- Chambre des dputs.
-
- M. DE LA PORTE.
-
- M. le Comte DE LA BDOYRE, ancien colonel de cavalerie.
-
- M. le Comte DE SAINT-MAURIS, introducteur des
- ambassadeurs.
-
- M. COSTE, conseiller honoraire la Cour royale de Lyon.
-
- M. JRME PICHON, _Prsident_.
-
- M. ARMAND CIGONGNE, ancien agent de change, _Trsorier_.
-
- M. YEMENIZ, ngociant Lyon.
-
- M. le Baron DU NOYER DE NOIRMONT, auditeur au Conseil
- d'tat.
-
- M. LON TRIPIER, garde des Archives du domaine priv du
- Roi.
-
- M. le Marquis DE COISLIN.
-
- M. le Comte DE CHARPIN-FOUGEROLLES.
-
- M. le Comte LANJUINAIS, pair de France.
-
- M. ERNEST DE SERMIZELLES.
-
- M. LE ROUX DE LINCY, pensionnaire de l'Ecole des Chartes,
- secrtaire.
-
- M. BENJAMIN DELESSERT.
-
- MADAME la Vicomtesse DE NOAILLES.
-
- MADAME GABRIEL DELESSERT.
-
- M. le Baron ERNOUF.
-
- M. le Comte DE LABORDE, de l'Acadmie des inscriptions,
- membre de la Chambre des dputs.
-
- M. PROSPER MRIME, de l'Acadmie franaise, inspecteur
- des monuments historiques.
-
- M. AUGUSTE LE PRVOST, de l'Acadmie des inscriptions,
- membre de la Chambre des dputs.
-
-
-MEMBRE HONORAIRE.
-
- M. le Marquis DE CHATEAUGIRON, consul de France Nice.
-
-
-ASSOCIS TRANGERS.
-
- M. le Prince ALEXANDRE LABANOFF, aide de camp de S. M.
- l'Empereur de Russie.
-
- M. le Baron DE REIFFEMBERG, professeur de l'Universit de
- Louvain, etc.
-
- M. l'Abb COSTANZO GAZZERA, membre de l'Acadmie de
- Turin.
-
-[Illustration]
-
-
-
-
-TABLE
-
-DES PICES PRLIMINAIRES, DISTINCTIONS, ARTICLES ET CHAPITRES
-
-DU
-
-MNAGIER DE PARIS.
-
-
-TOME PREMIER.
-
-PRLIMINAIRES.
-
-LISTE DE LA SOCIT DES BIBLIOPHILES.
-
-TABLE DES PICES PRLIMINAIRES, DISTINCTIONS, etc.
-
-NOTICE SUR M. LE DUC DE POIX, par M. L. V. D. N., membre
-de la Socit Page I
-
-INTRODUCTION au _Mnagier_ XVII
-
-INDICATION DTAILLE de quelques ouvrages ou documens
-manuscrits et imprims cits en abrg dans l'Introduction
-et les notes LXV
-
-CORRECTIONS ET ADDITIONS LXXVII
-
-TEXTE.
-
-PROLOGUE DE L'AUTEUR 1
-
-PREMIRE DISTINCTION.
-
-ARTICLE PREMIER.
-
-Saluer et regracier Dieu son esveiller et son lever, et
-s'atourner convenablement 9
-
-ARTICLE II.
-
-S'accompagner convenablement 15
-
-ARTICLE III.
-
-Aimer Dieu, le servir et se tenir en sa grce Page 16
-
-De la messe, 17.--Contrition, 21.--Confession, 23.--Des
-pchs mortels, 28.--Des sept vertus, 53.
-
-ARTICLE IV.
-
-Garder continence et vivre chastement 62
-
-De Susanne, 64.--De Raymonde, 68.--De Lucrce, 70.--Des
-reines de France, 75, 76.
-
-ARTICLE V.
-
-tre amoureuse de son mari 76
-
-D've, 77.--De Sara, 78.--De Rachel, 84.--Du chien
-Maquaire, 92.--Du chien de Niort, 93.
-
-ARTICLE VI.
-
-tre humble et obissante son mari 96
-
-Histoire de Griselidis, 99.--Femme laissant noyer son mari,
-126.--D've, 128.--De Lucifer, 129.--D'une bourgeoise,
-135.--Du bailly de Tournay, 139.--Des abbs et
-des maris, 145.--De madame d'Andresel, 148.--Des
-maris de Bar-sur-Aube, 153.--D'une cousine de la femme
-de l'auteur, 156.--De la Romaine, 158.
-
-ARTICLE VII.
-
-tre curieuse et soigneuse de la personne de son mari 168
-
-Bons traitemens, 168.--Des puces, 171.--Des mouches, 173.
-
-ARTICLE VIII.
-
-tre discrte 177
-
-De Papirius, 179.--De la femme qui pond un oeuf, 180.--Des
-maris de Venise, 182.--D'un sage homme parisien
-tromp par sa femme, 183.--D'un notable avocat, 185.
-
-ARTICLE IX.
-
-Reprendre doucement son mari dans ses erreurs 185
-
-Histoire de Mellibe, 186.--De Jehanne la Quentine, 237.
-
-
-TOME II.
-
-SECONDE DISTINCTION.
-
-ARTICLE PREMIER.
-
-Avoir soin de son mesnage, diligence et persvrance 1
-
-LE CHEMIN DE PAUVRET ET DE RICHESSE, par Jean Bruyant 4
-
-ARTICLE II.
-
-Du jardinage 43
-
-ARTICLE III.
-
-Choisir varlets, aides et chambrires, et les mettre en oeuvre 53
-
-Jeune femme parlant grossirement, 60.--Soins de la maison,
-61.--Vie la campagne, 62.--Recettes diverses, 65.--Des
-domestiques, 70.--Des chevaux, 72.
-
-ARTICLE IV.
-
-Savoir ordonner dner et soupers 80
-
-Le fait des bouchiers et poulaillers, _ib._--Termes gnraux de
-cuisine, 87.--Dners et soupers, 91.--Aucuns incidens servans
- ce propos (repas de l'abb de Lagny, noces, etc.), 103.
-
-ARTICLE V.
-
-Commander, deviser et faire faire toutes manires de potaiges,
-etc., et autres viandes 124
-
-Termes gnraux de cuisine, _ib._--Potages communs sans
-espices et non lians, 134.--Potages qui sont espices et non
-lians, 147.--Potages lians de char, 158.--Potages lians
-sans char, 171.--Rost de char, 177.--Pasts, 185.--Poisson
-d'eaue doulce, 187.--Poisson de mer ront, 194.--Poisson
-de mer plat, 201.--OEufs de divers appareils, 206.--Entrems,
-fritures et dorures, 210.--Autres entrems, 224.--Saulces
-non boulies, 229.--Saulces boulies, 232.--Buvrages
-pour malades, 237.--Potages pour malades, 241.--Autres
-menues choses qui ne sont de ncessit, 243.--Autres
-menues choses diverses qui ne dsirent point de chappitre,
-262.
-
-APPENDICE A L'ARTICLE V 273
-
-Recettes d'Hotin, cuisinier de monseigneur de Roubais 275
-
-TROISIME DISTINCTION.
-
-ARTICLE II (ET UNIQUE).
-
-Savoir nourrir et faire voler l'esprevier 279
-
-Chiens espaignols, 281.--perviers niais, 285.--Plumage de
-l'pervier, 292.--Affaitement de l'pervier, 295.--Vol des
-champs, 301.--Chasse en aot, 305.--Chasse en septembre,
-310.--pervier en mue, 311.--pervier branchier et mu
-de haie, 314.--Mu et hagart, 317.--Maladies de l'pervier,
-319.--De l'autour, 321.--Autres oiseaux de proie,
-323.--Maladies des oiseaux, 325.
-
-TABLE ALPHABTIQUE DES MATIRES 327
-
-SUPPLMENT AUX CORRECTIONS 380
-
-
-
-
-NOTICE
-
-SUR
-
-M. JUSTE DE NOAILLES
-
-PRINCE-DUC DE POIX
-
-CHEVALIER DES ORDRES DU ROI, GRAND D'ESPAGNE DE PREMIRE CLASSE
-
-ANCIEN AMBASSADEUR DE FRANCE EN RUSSIE
-
-ANCIEN DPUT, ETC.
-
-MEMBRE DE LA SOCIT DES BIBLIOPHILES FRANAIS
-
-
-
-
-NOTICE
-
-SUR
-
-M. LE DUC DE POIX[2].
-
- Multis ille quidem flebilis occidit,
- Nulli flebilior quam _mihi_.....
- Horat., od. XXIV, l. I.
-
-
-Il est des hommes que le monde ignore et qui passeraient inaperus
-grce l'excs de leur modestie, si leur mrite ne se rvlait
-leur insu par l'utilit de leur vertu. Ces sortes de caractres ne se
-manifestent que malgr eux au grand jour, leur sagesse les retient
-dans la retraite, et beaucoup finissent, comme l'a dit quelque part
-Montesquieu, _sans avoir dball_. Ceux que les liens du sang ou
-de l'amiti ont rapprochs d'eux, doivent au monde de les faire
-connatre; c'est la fois un encouragement pour la jeunesse et une
-consolation pour l'ge avanc qu'un hommage rendu ces existences
-la fois leves et modestes, places ainsi la porte de toutes les
-mulations. M. le duc de Poix tait un modle de ce genre de caractre.
-L'auteur de cette notice lui tenait par les liens du devoir et de
-l'affection: ayant eu le bonheur de jouir de son mrite dans l'intimit
-la plus resserre, il ose esprer que cet avantage lui vaudra celui de
-le faire connatre avec plus de vrit que personne: c'est son seul
-titre l'indulgence de ceux qui le liront.
-
-Juste-Antonin-Claude-Dominique de Noailles, prince-duc de Poix, naquit
- Paris le 8 aot 1777, de parents tendres et chris dont il tait le
-second fils. Son pre le prince de Poix, fils an du vertueux marchal
-duc de Mouchy, mort sur l'chafaud en 1794, avait pous la fille du
-marchal de Beauvau. Les vertus et les charmes de la princesse de Poix
-ont enchant tous ceux qui l'ont rencontre et laiss une sorte de
-culte dans les coeurs admis son intimit. Elle s'occupa de l'ducation
-de son second fils d'une faon toute particulire, et l'influence de
-cette premire partie de la vie du jeune Juste de Noailles s'tendit
-sur le reste de son existence de manire le modifier fortement:
-elle le prserva de la gterie presque invitable laquelle il tait
-condamn par position. Il ouvrit les yeux au milieu des dernires
-prosprits de sa famille; lui et son frre, plus g que lui de six
-ans, semblaient alors destins aux plus hautes situations du pays.
-Ces beaux jours durrent peu: Juste de Noailles en connut pourtant
-assez pour garder de prcieux souvenirs de ces derniers moments de la
-socit franaise dont le salon de sa mre tait peut-tre le plus
-parfait modle. La princesse de Poix rassemblait autour d'elle un petit
-cercle d'amis presque tous remarquables par des mrites divers, que sa
-supriorit avait distingus ds son entre dans le monde; quelques
-femmes, ses amies de jeunesse, modles d'esprit et de grce, des hommes
-attachs la cour ou mls aux affaires et la littrature, tous
-runis par le charme de son commerce, l'entouraient de soins que sa
-mauvaise sant rendait consolants pour elle et doux pour ses amis. Le
-prince de Poix, mari trs-jeune et dans la plus haute faveur la
-cour, n'tait pas un mari aussi sdentaire que son vnrable pre, mais
-il eut toujours le bon got de prfrer tout la socit de sa femme
-et de ses amis.
-
-Cette socit, au dbut de notre terrible rvolution, tait de celles
-qui non-seulement ne s'en effrayaient pas, mais dont les voeux et
-les opinions favorisaient les premires manifestations du mouvement
-rformateur. M. de La Fayette et la brillante jeunesse qui l'avait
-suivi en Amrique, bien des grands seigneurs amis de Voltaire et
-enthousiastes de Rousseau, beaucoup de courtisans dvous M. Necker,
-tous ces esprits enflamms d'ardeur pour le bien, de dsir des
-rformes utiles, anims des plus gnreux sentiments, se livraient
-alors de bien douces esprances et rvaient la rgnration de leur
-pays, dt-elle se raliser aux dpens de ces privilges dont ils furent
-les premiers se dpouiller au profit de ceux qui devaient tre leurs
-bourreaux.
-
-C'tait l l'esprit du salon o le duc de Poix passa ces premires
-annes de la vie qui en dcident presque toujours la tendance. La
-princesse de Poix avait t nourrie par son pre, le marchal prince
-de Beauvau[3], homme aussi vertueux qu'clair, dans le got de la
-littrature et les doctrines de la philanthrophie. Ses amis, MM. de
-Lally-Tollendal, de Montesquiou, de La Fayette, Mmes d'Hnin,
-de Tess, de Lauzun prenaient comme elle le plus vif intrt aux
-dbats politiques du moment. Le prince de Poix tait des plus chauds
-partisans de M. Necker; son frre le vicomte de Noailles prit une part
-clbre aux gnreuses imprudences du 4 aot. Enfin le jeune Juste
-de Noailles fut entour ds le berceau de sentiments et de principes
-dont l'impression ne s'effaa jamais chez lui. Il les conserva au
-travers de toutes les vicissitudes de nos cinquante dernires annes;
-tous ceux qui l'ont connu peuvent se rappeler que les enivrements de
-l'empire, les illusions de la restauration et les agitations de 1830
-le trouvrent le mme, c'est--dire un ami impartial de l'ordre et de
-la libert.
-
-Les horreurs de la rvolution le saisirent dans sa premire jeunesse;
-elles furent pour lui une prcoce exprience et l'occasion de devoirs
-touchants. Son pre ayant eu le courageux instinct de rester jusqu'au
-dernier moment prs de son infortun souverain, fut forc aprs le 10
-aot de se cacher et bientt aprs de s'enfuir: sa tte tait mise
-prix. Le marchal duc de Mouchy prit sur l'chafaud avec sa femme,
-sa belle-fille et la mre et la grand'mre de cette dernire; le
-reste de la famille avait russi quitter la France. La princesse
-de Poix infirme avant l'ge et n'ayant pas voulu migrer, resta donc
-seule Paris avec son fils cadet, dont la tendresse et les vertus
-surent lui adoucir tant de maux. Leur vie tait affreuse. Chaque
-matin le journal leur annonait la mort d'un parent ou d'un ami, et
-chaque jour tous deux se prparaient de derniers adieux. Juste de
-Noailles, en prsence de ces atrocits journalires, tait soutenu
-par des sentiments religieux dj puissants, et qui prirent depuis
-une teinte d'exaltation naturelle son ge et dans sa situation. Un
-vertueux prtre bien connu avant la rvolution par ses bonnes oeuvres,
-le respectable abb de Fnlon, clbrait les saints mystres dans une
-cave pour la consolation de quelques mes fidles. Le jeune Juste de
-Noailles s'y rendit toujours exactement, plus d'une fois au pril de
-sa libert et presque de sa vie, jusqu' ce que son vnrable directeur
-et pay ses vertus de sa tte. Au milieu de tant de maux, un got
-qui se dveloppa en lui et qui ne le quitta plus, fut, si on peut le
-dire, son dlassement. C'tait le got des livres qui devint bientt
-une passion. Pouvant peine disposer de l'argent ncessaire son
-entretien, il s'imposait de pnibles privations pour le satisfaire. Un
-estimable libraire rest son ami jusqu' sa mort, aimait raconter
-comment leur connaissance s'tait faite en 1793, une vente de livres
-prcieux. M. de Bure (c'tait son nom) remarqua avec surprise et
-intrt un beau jeune homme de dix-sept ans, vtu plus que modestement,
-qui montrait des connaissances et une ardeur pour les livres que sa
-situation ne lui permettait pas videmment de satisfaire. Attir par
-ces apparences et sans savoir le nom du jeune amateur, M. de Bure lui
-procura un prix modr les prcieuses ditions qu'il dsirait. Il
-s'ensuivit un change de bons procds qui les attacha jamais l'un
-l'autre. Mais comme les bonnes actions passaient pour M. de Poix avant
-les beaux livres, il vendit sa chre collection sous le Directoire pour
-payer une dette contracte par sa mre pendant la terreur.
-
-Lorsque peu aprs ces horribles temps la France commena respirer, la
-jeunesse retrouva quelque mouvement et mme de la gaiet, parce qu'elle
-ne saurait s'en passer. Juste de Noailles se livra comme les autres
-aux amusements qui runissaient les lambeaux pars de la socit dans
-des associations souvent bizarres, mais curieuses observer. Du milieu
-de ce chaos sortaient quelques existences miraculeusement conserves,
-et qui commenaient dj se faire remarquer; Juste de Noailles eut
-le bonheur, ds cette premire entre dans le monde, de former des
-liens d'amiti qui ne varirent plus. Le plus intime fut avec Adrien de
-Mun dont la famille de tout temps lie avec la sienne, s'y tait plus
-troitement attache depuis la rvolution. L'esprit dlicat et cultiv
-de M. de Mun, son aimable caractre, ses moeurs lgantes l'eussent
-fait remarquer en tout temps, mais quel n'tait pas son charme dans ce
-moment de dsordre et de licence! Ces deux jeunes gens levs dans des
-gots et des sentiments proscrits comme leurs familles, se serrrent
-troitement l'un l'autre, s'accordrent une confiance sans bornes
-et se suivirent dans toutes les phases de leur existence pendant
-prs de cinquante ans avec une persistance et une affection dont il
-y a bien peu d'exemple chez les hommes. Leurs caractres diffraient
-tout juste assez pour les rendre le complment l'un de l'autre. M.
-de Mun, aussi sage, mais moins grave que son ami, savait allier au
-got le plus dlicat la plus folle gaiet. Un ami moins intime, mais
-toujours cher et prcieux Juste de Noailles, ce fut le comte Mol,
-dont la jeunesse la fois aimable et srieuse faisait prvoir son
-brillant avenir. Ce peu de Franais migrs l'intrieur y vivaient
-modestement, contents seulement de ne plus souffrir, de pouvoir
-esprer et de s'amuser n'importe comment ni avec qui. Les chapps de
-la terreur se retrouvaient tout joyeux d'avoir survcu; les migrs
-rentraient progressivement; chacun arrangeait l'avenir son gr. Enfin
-le 18 brumaire vint absorber les esprances de tout le monde dans une
-admiration gnrale bientt accompagne d'une soumission craintive qui
-coupa court aux chimres, en rveillant les ambitions.
-
-La princesse de Poix restait et fut toute sa vie un centre pour les
-esprits distingus que le besoin de communication rassemble, quel que
-soit l'tat du pays. Les opinions librales de Mme de Poix s'taient
-bien modifies par la vue des crimes de la terreur; rien ne pouvait
-la consoler de ce qu'elle appelait ses erreurs. La pense qu'elle
-avait pu applaudir aux premiers actes d'une rvolution ensanglante
-par tant d'horreurs, lui laissait sinon des remords, du moins un
-besoin d'ordre qui la soumettait plus aisment que ses autres amis au
-despotisme qui pesa bientt sur le pays. Le prince de Poix, toujours
-dvou au souvenir de ses rois, resta, comme son fils an, tranger
-au nouvel ordre de choses. Son second fils ayant fait, en 1804, un
-beau et noble mariage (il avait pous Mlanie de Talleyrand-Prigord,
-nice du clbre prince de Talleyrand), dsira, dans l'intrt de
-sa descendance, rattacher son existence celle d'un gouvernement
-dont le chef lui avait inspir un vif enthousiasme. Il obtint de
-l'empereur la facult de crer un majorat de comte; bientt il fut
-nomm chambellan, et sa femme fut dame du palais de l'impratrice
-Marie-Louise. Ces diversits d'opinions n'altrrent jamais l'union du
-comte de Noailles et de ses parents. Mme de Poix, fidle aux mmes
-sentiments que son poux et son fils an, mais avant tout mre sage
-et tendre, runissait autour d'elle tous les objets de son affection
-dans les relations les plus douces. D'ailleurs les esprits justes
-et les bons coeurs s'entendent toujours dans le dsir du bien, sous
-quelque forme qu'il se produise. La restauration eut les mmes effets
-dans cet intrieur uni et clair. Le comte de Noailles, heureux de
-pouvoir servir la fois son pays et les bienfaiteurs de sa famille,
-dut la bont de Louis XVIII l'ambassade de Saint-Ptersbourg. Il fut
-chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, et la comtesse de Noailles dame
-d'atour de Mme la duchesse de Berry. Le comte de Noailles porta dans
-sa nouvelle carrire la droiture et la raison qui le caractrisaient.
-Mais son got le rappelait vers la vie de famille, et il saisit la
-premire occasion d'y rentrer, en se retirant des affaires presqu'en
-mme temps que le duc de Richelieu, dont il reprsentait la couleur
-politique. Le roi permit alors au prince de Poix, lev la pairie
-en 1814, de faire passer son fils cadet la grandesse d'Espagne.
-Depuis ce temps, l'ducation de ses enfants, le soin de ses affaires,
-ceux qu'il rendait une mre adorable et de plus en plus infirme,
-remplirent presque exclusivement l'existence du comte de Noailles. Ses
-seules distractions taient son got pour les livres et les devoirs de
-la charit, seuls emplois qu'il se permt de son superflu. Il n'en fut
-distrait qu'en 1827, o le dpartement de la Meurthe le choisit pour un
-de ses dputs. Les sentiments qui l'avaient anim ds sa jeunesse le
-suivirent sur les bancs de la chambre. Il y porta cet amour d'une sage
-libert, ce besoin de morale dans les institutions, qui caractrise
-les honntes gens et les esprits clairs de notre temps, et qui et
-soutenu tous les gouvernements qui se sont crouls depuis cinquante
-ans, si ces gouvernements les eussent sincrement consults. Plus tard,
-la manire de voir du comte de Noailles le dtourna de chercher une
-nouvelle lection. Dvou par reconnaissance la maison de Bourbon,
-mais se sentant en opposition avec la politique qu'elle adoptait, il en
-attendait avec anxit le fatal rsultat. Les grces dont sa famille
-et lui-mme avaient t combls, lui firent un devoir de s'loigner
-de la cour aprs la rvolution de 1830. Il rentra dans la retraite
-en dplorant les malheurs de ses bienfaiteurs et en formant des voeux
-pour la prosprit de son pays. Depuis ce temps, consacr plus que
-jamais ses liens intimes, il ne chercha plus de dlassements que
-dans les panchements de sa tendre amiti pour le marquis de Mun,
-et ses relations avec un petit cercle de connaissances anciennes,
-choisies avec ce got dlicat et sr qui tait un des attributs de
-son esprit. Ses livres devinrent plus que jamais sa jouissance et sa
-consolation. Sa bibliothque, une des plus clbres de France, s'tait
-progressivement augmente de prcieuses acquisitions. Les heures qu'il
-y passait lui semblaient des moments. Peu de semaines s'coulaient sans
-qu'il allt chez ses anciens amis, MM. de Bure, se tenir au courant des
-nouvelles de la librairie. La Socit des Bibliophiles, dont il fit
-partie ds son origine, ne comptait pas de membre plus intress ses
-travaux; ceux dont il tait charg se faisaient reconnatre un got
-aussi scrupuleux qu'clair.
-
-Le duc de Poix[4] eut en 1834 le malheur de perdre sa mre; ce fut
-un grand vnement dans sa vie. Trouvant en elle, avec un sentiment
-passionn pour lui, un mrite et des agrments rests sans rivaux, il
-s'tait livr, si on peut le dire, avec imprudence, son affection
-pour elle. Cette mre chrie tait son amie intime, l'objet de ses plus
-tendres soins, d'un got qui tenait de l'admiration, et son conseil
-dans toutes les choses de la vie. Comme elle avait conserv jusqu'
-son dernier jour ses facults morales dans leur entier, elle trompait
-sur son ge tout ce qui l'entourait; on jouissait avec imprvoyance du
-charme de sa socit, sans songer au vide profond que devaient laisser
-des communications si charmantes. Tous ceux qui l'ont approche l'ont
-plus ou moins senti aprs elle. Qui dut en souffrir plus que ce fils
-chri, le bien-aim de son coeur, la source des plus douces jouissances
-de sa longue vie! La douleur du duc de Poix dura autant que son
-existence; le souvenir de sa mre resta un culte cach qu'il ne spara
-plus d'aucune de ses impressions. Il voulut changer de vie aprs cette
-irrparable perte, et faire dsormais la campagne sa principale
-rsidence. Ses beaux livres lui parurent alors une magnifique fantaisie
-dont la valeur serait mieux employe en travaux utiles. Il s'en
-dfit en 1835. La vente eut lieu avec succs en Angleterre[5]. (Les
-amateurs franais ont eu depuis ce temps la consolation de s'assurer
-que beaucoup des ouvrages rares qui s'y trouvaient sont rentrs dans
-notre pays.) M. de Poix aimait pourtant trop l'tude et la littrature
-pour se passer d'une bibliothque. Il acquit celle de feu M. Duviquet
-et l'augmenta successivement d'acquisitions moins brillantes que par
-le pass, mais qui font cependant de cette seconde bibliothque une
-collection excellente dans tous les genres[6].
-
-Tout faisait esprer la famille et aux amis de M. le duc de Poix
-qu'il leur serait, ainsi que l'avait t sa mre, conserv au del du
-terme ordinaire de la vie. Sa sant florissante, sa vie rgulire,
-cette paix de l'me que la pit entretient chez ceux qui l'associent
-toutes leurs impressions, semblaient lui assurer une longue carrire.
-Dieu en dcida autrement: une courte et pnible maladie l'enleva le
-1er aot 1846, l'ge de soixante-neuf ans. Ce fut une douleur et
-une surprise pour tous ceux qui l'aimaient. Le chagrin en fut pargn
-au marquis de Mun, mort deux ans avant son ami; sa famille resta seule
- le pleurer. Elle perdait en lui un chef respectable dont les aimables
-qualits faisaient aimer la vertu. Malgr une modestie qui allait
-peut-tre jusqu' l'excs, le respect s'attachait lui et se rpandait
-sur ses entours, qu'il protgeait ainsi son insu. Son influence
-les dirigeait du fond de sa retraite, comme le lest d'un navire en
-assure invisiblement la marche. Cette religieuse modestie tait le
-trait dominant du caractre de M. de Poix. Il ne lui arrivait de la
-dominer que lorsque sa conscience lui faisait un devoir de professer
-des sentiments honorables ou des opinions utiles; alors on trouvait
-en lui la chaleur d'un homme de bien, sans respect humain comme sans
-prjugs. Mais habituellement son plaisir favori tait l'tude et les
-communications qu'elle procure avec des esprits distingus. Nul ne
-rendait une justice plus aimable au mrite d'autrui que M. de Poix; son
-approbation flattait d'autant plus qu'il tait dou d'un got exquis,
-peut-tre trop dvelopp par l'ducation, car les raffinements du got
-procurent plus de mcomptes que de jouissances; mais il ne dpend pas
-de certains esprits choisis de se contenter de la mdiocrit en rien,
-et M. de Poix tait de ceux qui cherchent sans relche le mieux en
-toute chose. Il tait ingnieux dans sa bienfaisance, dlicat dans ses
-moindres attentions: ses manires la fois douces et dignes taient le
-modle d'une noble et sage lgance. Ses confrres, les bibliophiles,
-n'en perdront pas plus le souvenir que des aimables procds que tous
-ont rencontrs en lui, et ils joindront de sincres regrets la juste
-douleur de sa famille et de ses amis.
-
-V. D. N.
-
-Membre de la Socit des Bibliophiles franais.
-
-[Illustration]
-
-
-
-
-LE MNAGIER DE PARIS.
-
-
-
-
-INTRODUCTION.
-
-
-Quand on tudie l'histoire de la rgence et du rgne de Charles V, de
-ce beau rgne si tristement prcd et si tristement suivi, on ne sait
-lequel admirer davantage ou des succs politiques et militaires de ce
-grand prince, ou du mouvement imprim aux lettres et aux arts par son
-intelligente et constante protection. Jet au milieu d'un pays dsuni
-et factieux, attaqu victorieusement par un ennemi formidable, sans
-argent, sans soldats, Charles s'entourant avec un discernement presque
-surnaturel des hommes les plus habiles dans toutes les branches de
-l'administration, se cre bientt des ressources suffisantes; il trace
-lui-mme aux chefs de ses armes un plan de campagne qui doit ranimer
-des troupes dcourages et rendre impossibles l'avenir les dsastres
-de Crcy et de Poitiers. Il sait trouver partout des allis pour la
-France et des ennemis pour l'Angleterre, et combat successivement et
-heureusement son redoutable adversaire sur tous les points o il a un
-intrt ou un ami. Mais les combinaisons si varies et si complexes de
-sa politique ne suffisent pas l'activit de ce puissant gnie. Aprs
-avoir rendu la France sa confiance en elle-mme et son territoire, il
-veut encore lui donner la supriorit de l'intelligence et des lettres,
-et commence dans sa _librairie_ de la Tour du Louvre la runion des
-meilleures productions historiques et littraires. L encore il veut
-tre entour d'esprits d'lite: il veut avoir Cicron, Tite Live, saint
-Augustin dans sa bibliothque, comme il a du Guesclin, Sancerre et
-Clisson dans ses armes, Bureau de La Rivire et Jean Le Mercier dans
-son conseil, Arnault de Corbie et Pierre d'Orgemont dans son parlement.
-Non content de recueillir les meilleurs ouvrages dj connus, le Roi,
-par sa munificence et souvent mme par ses ordres exprs, oblige
-crire tous ceux qui lui semblent capables de donner les meilleurs
-traits d'une science ou d'un art quelconque. Aucun sujet, si humble
-qu'il soit en apparence, n'chappe son attention: sa sollicitude
-paternelle descend dans tous les dtails. Pendant que le chancelier
-Pierre d'Orgemont crit sous son inspiration une chronique modle
-de fidlit et d'exactitude historique[7], Charles ne ddaigne pas
-d'engager lui-mme le serviteur[8] d'un de ses matres des requtes
-consigner dans un ouvrage spcial le fruit de son exprience sur l'art
-d'lever et de diriger les troupeaux, et son _queux_ Taillevent[9],
-combl de ses bienfaits, donne sur la cuisine un trait imprim et
-consult encore sous le rgne de Henri IV.
-
-Le _Mnagier de Paris_ est videmment un des rsultats du mouvement
-littraire du rgne de Charles V et de la tendance qu'avoit alors
-prouve chacun, par suite des encouragemens du roi, crire sur le
-sujet qui lui plaisoit le plus et qu'il connoissoit le mieux. L'auteur
-avoit vu tout le rgne de ce grand prince, puisqu'il toit Melun en
-1358[10], Niort en 1373[11], et qu'il avoit connu Aubriot[12] dans sa
-puissance, mais il n'crivit que plusieurs annes aprs l'avnement
-de Charles VI. Il parle en effet du duc d'Orlans, qui ne peut tre
-Philippe de France, frre du roi Jean: 1 parce que ce prince, mort en
-1372, ne seroit pas cit comme vivant dans un livre crit aprs la
-prise de Niort; 2 parce que l'auteur qui nomme[13] les ducs de Berry,
-de Bourgogne et de Bourbon dans l'ordre de leur parent avec le roi,
-n'auroit pas, s'il et crit sous le rgne de Charles V, plac l'oncle
-du roi avant ses frres; 3 le duc d'Anjou, frre pun de Charles V,
-mort en 1384, auroit sans doute t nomm comme ses frres dans cette
-numration si elle et t crite avant l'anne de sa mort; 4 il est
-fait allusion dans le livre une sdition que je crois avoir prouv
-tre celle de 1382[14]. Si on admet donc (et il me semble impossible
-de le nier) que le duc d'Orlans dont il est parl dans le _Mnagier_
-n'est pas Philippe frre du roi Jean, il ne peut tre que Louis frre
-de Charles VI, et comme ce prince, d'abord duc de Touraine, n'eut le
-titre de duc d'Orlans que le 4 Juin 1392[15], il en rsultera que le
-_Mnagier_ ne peut avoir t crit avant Juin 1392. Mais il ne sauroit
-non plus tre postrieur Septembre 1394, car l'auteur parle des
-juifs _qui sont en France_[16]: or les juifs furent chasss par une
-ordonnance en date du 17 de ce mois qui fut promptement excute, mais
- laquelle il et certainement fait quelque allusion en cet endroit de
-son livre si elle et mme seulement t rendue lorsqu'il crivoit.
-
-Le _Mnagier de Paris_ fut donc crit entre Juin 1392 et Septembre
-1394, et rien dans le texte ne contredit cette date qui me semble
-tablie d'ailleurs sur des bases certaines. Ainsi l'auteur parle de
-la maison de la reine et _des enfans_, et en effet Isabeau de Bavire
-avoit en 1392 trois enfans[17]; ainsi encore il pourroit rsulter d'un
-passage du livre[18] que l'anne o il fut crit commenoit en Avril,
-et les annes 1392, 1393 et 1394 commencrent toutes trois en Avril.
-
-L'auteur tant assez g en 1358 pour avoir t admis dans la socit
-du seigneur d'Andresel, et ayant crit de 1392 1394, devoit alors
-toucher la vieillesse. Il avoit cependant pous depuis peu de temps
-une jeune femme de quinze ans qui toit de meilleure maison que lui,
-d'une province diffrente et orpheline[19]. Elle lui avoit demand
-peu de jours aprs son mariage de ne pas la reprendre publiquement de
-ses _dcontenances et simplesses_, mais de rserver ses rprimandes
-pour le soir ou tout autre moment dans lequel ils seroient seuls[20].
-L'auteur, heureux des bonnes intentions de sa femme, pensa qu'il
-valoit mieux prvenir ses fautes que d'avoir les lui reprocher, et
-fit son usage un trait gnral des devoirs d'une femme marie, avec
-l'ide que cet ouvrage pourrait aussi tre utile ses filles et ses
-amies[21]. Il n'crivit pas sans doute immdiatement aprs son mariage,
-mais cependant il toit assez nouvellement mari pour parler diverses
-reprises sa femme de sa trs-grande jeunesse[22] qui l'obligeoit
-encore tenir auprs d'elle une sorte de dugne ou gouvernante charge
-de l'aider et de la diriger dans l'administration de sa maison[23].
-
-Cette diffrence d'ge a pu donner ses conseils ce caractre de
-tendresse paternelle et mlancolique qui s'y fait remarquer. Arriv
-au dclin de la vie, prvoyant avec une sage rsignation que sa femme
-doit lui survivre, et dsirant qu'elle trouve aprs lui l'appui d'un
-second poux, il veut qu'elle apporte son successeur toute la vertu,
-toute la douceur qu'il lui connot, et aussi toute sa sensibilit,
-toute sa dlicatesse de jeune fille. Une femme sage, lui dit-il,
-doit avoir horreur du sang. Ne voyez jamais couler mme celui d'un
-agneau ou d'un pigeon; dfendez vos suivantes de prononcer jamais
-devant vous les mots de _sang_ et de _sanglant_[24]. Il adopte avec
-une sorte d'empressement cette ide d'un second mariage de sa femme,
-parce que cette ide lui permet d'ter ses prceptes toute couleur de
-dfiance ou d'gosme, et il lui parle en toute occasion de _son mari
-qui sera_. Quant lui, il ne mrite que l'attention, que les gards
-les plus ordinaires[25]. Raconte-t-il cette histoire de Grislidis,
-modle touchant d'obissance et de rsignation excessive, il se hte
-de dire que cette histoire est trop cruelle et ne peut tre vraie;
-qu'il est loin de demander un dvouement, une abngation qui ne sont
-dus qu' Dieu: Aussi bien, dit-il avec un bonheur d'expression qu'on
-remarque plus d'une fois dans son livre, _je ne suis pas marquis et
-je ne vous ai pas prise bergre_[26]. Ailleurs, il prvoit le cas o
-sa femme pouseroit aprs lui un homme dur et cruel, l'engage ne
-pas se plaindre des mauvais traitements qu'elle en recevroit: Allez
-en votre chambre, lui dit-il, pleurez voix basse et plaignez-vous
-Dieu![27].
-
-De pareils sentimens font aimer l'auteur d'un livre, et on voudroit
-pouvoir nommer l'homme qui runissoit de si nobles et de si aimables
-qualits. La profonde pit, l'extrme modestie de l'auteur du
-_Mnagier_ l'ont sans doute empch de se faire connotre. Il a bien
-parl de lui-mme en plusieurs endroits de son livre, mais nous ne
-pouvons tirer d'inductions solides de ces passages qu' l'gard de sa
-position: aucune n'est assez prcise pour conduire dcouvrir son nom.
-
-On ne trouve dans le _Mnagier_ aucun trait qui indique le gentilhomme,
-l'homme de guerre: on voit, au contraire, qu'il engage sa femme ne
-pas frquenter les grands seigneurs dont la socit _n'est affrente
-ni convenable_ pour elle ni pour lui: ailleurs, il parle lgrement,
-et seulement en passant, d'un plat compliqu et dispendieux, parce
-que, dit-il, _ce n'est pas ouvrage pour le queux d'un bourgeois,
-non mie d'un chevalier simple_[28]. Il est donc vident qu'il
-appartenoit par sa naissance la bourgeoisie, cette bourgeoisie
-claire, intelligente et riche dans laquelle se recrutoient l'glise,
-le parlement et les finances; Charles V sut y trouver bien des
-magistrats savans et intgres, bien des administrateurs habiles levs
-ultrieurement par lui la noblesse et mme la dignit de chevalier:
-nous rencontrerions probablement l'auteur du _Mnagier_ parmi ces
-hommes minens, si son nom ne nous toit pas rest inconnu[29].
-
-Il me parot en effet certain que notre auteur fut ml d'une manire
-active aux affaires politiques de son temps. Outre qu'il semble peu
-croyable qu'un simple bourgeois occup seulement d'affaires de commerce
-ou de gestion de proprits, ait pu avoir l'instruction littraire
-que prouvent les citations de l'auteur et le nombre des volumes de
-sa bibliothque[30], et qu'une sagesse reconnue de son temps[31],
-qu'un mrite signal chaque page de son livre par l'lvation et la
-justesse de ses ides, par la clart et l'expression de son style,
-aient pu chapper l'attention de Charles V, il seroit assez tonnant
-qu'un bourgeois tranger au gouvernement et eu occasion de citer
-Bureau de la Rivire, et surtout si souvent le duc de Berry[32].
-Comment se seroit-il trouv Niort avec ce prince? Comment auroit-il
-eu sur la cour, et notamment sur l'tiquette intime impose par
-d'importans scrupules aux reines de France, les renseignemens curieux,
-uniques, qu'il nous a transmis[33]?
-
-Mais quelle partie du gouvernement l'auteur a-t-il pu appartenir?
-Il toit videmment Parisien et habitoit ordinairement Paris; c'est
-ce qui rsulte de l'ensemble de son livre, et notamment des nombreux
-passages relatifs au commerce d'approvisionnement de la capitale.
-Enfin il parle de la punition de Paris en 1383, en homme qui avoit
-vu par lui-mme ces tristes circonstances. D'un autre ct, il avoit
-voyag; il avoit t en Beauce, en Picardie, Niort, Bar-sur-Aube,
- Chaumont, en Gascogne, Beziers, en Flandres, et probablement
-Tournay qu'il cite plusieurs fois. On peut prsumer de ces diverses
-indications qu'il avoit t employ, une poque antrieure, dans
-les finances militaires (il me semble difficile qu'il se soit trouv
- Melun en 1358, et surtout Niort, en 1373, avec un autre emploi),
-et qu'il avoit ensuite appartenu ou appartenoit encore lorsqu'il
-crivoit, un corps judiciaire rsidant Paris et ml la police,
-au gouvernement de la ville, tel que le parlement et le Chtelet, dont
-les membres toient frquemment envoys comme commissaires dans les
-provinces. Il me parot d'ailleurs impossible d'attribuer un homme
-tranger la magistrature le rcit du repas donn par l'abb de Lagny,
-et surtout l'attention avec laquelle est remarque l'tiquette qui y
-fut observe entre le prsident, le procureur gnral et les avocats
-du roi. Le chapitre si dtaill des noces de Jean Duchesne, procureur
-au Chtelet[34]: la recommandation de porter l'pervier aux _plaids_
-ou plaidoiries: le mlange de mots latins certaines parties du
-texte franois, mlange frquemment usit dans les rquisitoires et
-plaidoiries de ce temps: enfin les mots _et pour cause_ qui terminent
-souvent des dlibrations[35] du parlement et qui se trouvent placs
-la fin de quelques recettes du _Mnagier_, me semblent confirmer cette
-opinion et lui donner un degr de probabilit qui, mes yeux du moins,
-approche de la certitude.
-
-J'ajouterai que ce style gracieux, prcis et nergique, que quelques
-personnes pourraient regarder comme peu compatible avec la scheresse
-de la pratique, seroit plutt une sorte de nouvelle preuve de la
-profession que j'attribue l'auteur. Les registres des plaidoiries
-du parlement faits par les greffiers sur les discours, probablement
-mme sur des mmoires remis par les avocats, sont crits, quand le
-sujet le permet, avec une clart, une grce et un esprit tout fait
-remarquables[36] et qui me semblent rappeler le style du _Mnagier_
-bien mieux que certains ouvrages crits la mme poque par des savans
-de profession. Ce doit tre l le langage simple et expressif de la
-bonne socit parisienne l'poque o vivoit l'auteur; on y reconnot
-dj la prcision et la clart qui caractrisent notre langue. Ce style
-si doux dans la belle prire la Vierge et quand l'auteur n'est anim
-que de sentimens tendres, si simple et si vrai lorsqu'il raconte des
-scnes de la vie commune, prend une teinte nergique et sombre quand
-il veut exprimer la douleur ou l'indignation. Tels sont les passages
-o il raconte l'histoire de la bourgeoise qui sauva son mari[37], et
-celui o il parle de ces excuteurs testamentaires qui, choisis par les
-morts comme leurs meilleurs amis, _mordent en leur char comme tirans,
-et s'engraissent de leur sang et de leur substance_[38]; tel est dans
-un autre genre le rcit de sa conversation avec une cousine de sa
-femme[39], et celui des rcriminations des porte-faix[40]. Plusieurs
-fois sa pense est si nettement, si heureusement exprime, qu'on se
-demande si l'on auroit pu mieux dire, aux temps o notre langue avoit
-atteint toute sa perfection[41].
-
-Ce mrite de style qui existe aussi chez quelques autres crivains
-du XIVe sicle (rarement peut-tre au mme degr) est un tmoignage
-remarquable en faveur des lumires de cette poque, et c'est encore
-l une des indications historiques intressantes que renferme le
-_Mnagier de Paris_. Ces indications n'y sont pas rares: on y trouve
- chaque page de ces traits caractristiques qui peignent le sicle
-et la nation; on y rencontre aussi frquemment des renseignemens
-historiques directs ou anecdotiques. La mention des cartes jouer, la
-plus ancienne que l'on connoisse avec celle du compte de l'argentier
-Poupart[42], l'histoire du chien de Niort, celles du mari parisien
-tromp, de la bourgeoise qui sauve son mari, du sire d'Andresel, de
-l'avocat, de Jeanne la Quentine: les renseignemens sur l'tiquette
-suivie par les reines, sur les occupations des femmes: l'article
-relatif aux domestiques, les documens statistiques sur les boucheries
-de Paris, documens dont je discuterai plus loin la valeur: les
-descriptions de repas et ftes nuptiales, dans lesquelles se trouvent
-tant de dtails sur les prix des objets ncessaires la vie[43],
-rpandent dans l'ouvrage autant d'intrt que de varit.
-
-Cette diversit des sujets traits dans le _Mnagier_ semble mme
-extraordinaire, et l'on a peine concevoir qu'un mme homme ait runi
-des connoissances si diffrentes: mais s'il est certain que notre
-auteur connoissoit fond toutes les matires dont il a parl, il n'est
-pas moins vrai qu'il n'a pas crit seul et sans le secours d'autres
-livres toutes les parties de son ouvrage. Plusieurs fois il en prvient
-le lecteur comme pour Grislidis, l'histoire de Mellibe, le chemin
-de Pauvret et de Richesse[44], mais d'autres fois aussi ces emprunts
- des ouvrages trangers se manifestent par des indications moins
-prcises. Ainsi, il me parot vident que les parties du _Mnagier_ o
-le texte est brusquement interrompu par une remarque critique, ne sont
-pas de l'auteur, et que ces remarques qu'on ne sauroit attribuer des
-copistes attendu l'accord des trois manuscrits, se prsentoient son
-esprit pendant qu'il transcrivoit certains ouvrages utiles au but qu'il
-se proposoit. Telles sont sans doute plusieurs des recettes contenues
-dans les articles II et III de la seconde distinction relatives au
-jardinage, l'enlvement des taches[45] etc.
-
-Cette observation s'applique surtout la partie culinaire ou
-_Viandier_ (articles IV et V de la seconde distinction), et il
-me parot impossible d'attribuer l'auteur la composition premire
-du fond de ces articles. Assurment il connoissoit le sujet, et
-la multiplicit des objections qu'il fait son texte prouve
-sa _comptence_, mais elle prouve en mme temps sa position de
-transcripteur et d'annotateur[46].
-
-Quels sont les ouvrages ou les documens dont s'est servi l'auteur du
-_Mnagier_ pour crire cette partie de son livre[47]? On ne s'tonnera
-pas que quelques-uns aient pu disparotre, mais il nous est permis
-d'en reconnotre deux qu'il a certainement mis contribution. Le
-premier est le livre du clbre Taillevent, crit une poque un
-peu antrieure, et qu'il a d ncessairement connotre; outre les
-similitudes forcment existantes entre deux ouvrages crits la mme
-poque et sur le mme sujet, similitudes que j'ai tch de ne pas
-confondre avec des emprunts et que je me suis dispens de signaler,
-le trait de Taillevent contient quelques recettes videmment copies
-par l'auteur du _Mnagier_. Mais un beaucoup plus grand nombre de
-ses recettes a t emprunt un ouvrage dont la plus ancienne
-dition connue, imprime Lyon en 1542, in-8 gothique, pour Olivier
-Arnoullet, est intitule _le Livre fort excellent de cuisine_, et
-dont on connot une rimpression faite Paris pour la veuve de Jean
-Bonfons, sans date (mais aprs 1566 et avant 1574)[48], de format
-in-16, sous le titre de _Grand cuisinier de toutes cuisines_. C'est au
-reste l'auteur de ce dernier volume qu'il faut attribuer la rdaction
-originale des recettes communes aux deux ouvrages, car on ne rencontre
-dans le _Grand Cuisinier_ aucune des remarques critiques du _Mnagier_,
-et l'ordre des recettes classes mthodiquement ici, n'est pas le mme
-dans le _Grand Cuisinier_. Or on ne sauroit croire que le premier
-diteur de cet ouvrage se soit donn la peine d'tablir un systme ou
-un ordre quelconque, bon ou mauvais, dans son dition. Il est visible
-qu'il imprimoit sans attention, sans soin, un manuscrit ancien tel
-qu'il l'avoit sous les yeux, et le reproduisoit sans modification, sauf
-les mots ou les phrases entires chappes son incurie.
-
-Les reproches que je fais ici au _Grand Cuisinier_ ne surprendront pas
-les personnes verses dans la connoissance de nos anciens livres. Elles
-savent que les anciennes ditions des textes classiques et religieux,
-destines aux hommes studieux et graves, toient faites avec un soin
-extrme, tandis que les romans, les posies et tous autres ouvrages
-franois moins srieux (surtout ceux qu'on imprimoit aprs la mort
-de leurs auteurs), destins aux gens du monde ou au public vulgaire,
-toient dits avec une ngligence excessive, au moins quant la
-correction du texte. Cette ngligence est pousse l'extrme dans
-les ditions imprimes des deux ouvrages culinaires que je viens de
-citer; aussi, quoiqu'ils m'aient t fort utiles pour diter cette
-partie du _Mnagier_, j'aurois bien dsir avoir ma disposition un
-manuscrit du _Grand Cuisinier_ ou _Livre fort excellent de cuisine_,
-exempt des fautes de l'imprim, mais il n'en existe pas, et je n'ai
-eu cette facilit qu' l'gard du Taillevent[49] dont on connot deux
-manuscrits, l'un la Bibliothque royale, l'autre la Bibliothque
-Mazarine, prsentant entre eux de trs-grandes diffrences et diffrant
-aussi tous deux, le second surtout, des imprims.
-
-Malgr la futilit apparente du sujet, je regarde la partie culinaire
-du _Mnagier_ comme une des plus importantes du livre. La partie morale
-est, il est vrai, trs-bien crite et trs-riche en renseignemens
-historiques, mais il existe quelques ouvrages analogues qu'on peut
-placer ct d'elle (le plus important est assurment celui de
-Geoffroy de La Tour-Landry[50]). La partie matrielle du _Mnagier_ et
-notamment _le Viandier_, beaucoup plus tendu et plus dtaill que
-l'ouvrage de Taillevent, est absolument sans quivalent. Aussi ai-je
-cru devoir apporter les soins les plus scrupuleux au travail assez
-difficile et tout fait nouveau qu'exigeoit de moi cette partie de
-l'ouvrage.
-
-La premire impression qu'on prouve en lisant _le Viandier_ est
-l'tonnement de voir presque tous les mets assaisonns de quantit
-d'pices et d'herbes aromatiques. Une pareille complication
-d'assaisonnemens, si oppose la simplicit primitive de la nourriture
-naturelle de l'homme, est-elle contemporaine de l'tablissement des
-monarchies modernes, ou faut-il la faire remonter au moins ces
-poques malheureuses o les Romains poussoient le luxe et la recherche
-de leurs tables jusqu'aux raffinemens dcrits par Ptrone? La rponse
- cette question n'est pas douteuse si l'ouvrage curieux qui porte le
-nom d'Apicius Coelius a t en effet crit peu d'annes aprs le rgne
-d'Hliogabale, comme le savant Lister me parot l'avoir tabli dans la
-dissertation place en tte de son dition de cet ouvrage[51]. S'il
-en est ainsi, nous devons croire que la cuisine du moyen ge est la
-mme que celle de l'empire romain. Les Francs l'auront trouve en
-usage dans les Gaules devenues romaines de moeurs et d'habitudes, et
-ils l'auront adopte comme ils adoptrent tant d'autres coutumes de
-cette population soumise par eux, mais dans laquelle ils ne formoient
-qu'une foible minorit. Si Lister et connu l'ouvrage de Taillevent ou
-la partie culinaire du _Mnagier_, il ne se seroit pas demand comment
-la cuisine moderne (celle qu'il voyoit de son temps) toit devenue
-si diffrente de l'antique, si simple en comparaison de celle-ci, et
-surtout il n'auroit pas conclu qu'elle avoit t ainsi simplifie
-par suite de l'invasion des barbares qui auroient import leurs
-habitudes domestiques dans les pays conquis par eux. Taillevent et _le
-Mnagier_ offrent tant de similitudes avec le trait d'Apicius en ce
-qui concerne l'emploi des pices, qu'on pourrait croire l'_Apicius_
-crit au moyen ge, si des recettes de plats inconnus nos anctres et
-indiqus (non dcrits) dans d'autres auteurs anciens, si les noms des
-inventeurs de certains mets, qu'un faussaire n'et pu, l'poque o
-remontent les manuscrits d'Apicius, appliquer avec sagacit, si enfin
-l'opinion unanime des savans diteurs de ce livre ne sembloient tablir
-suffisamment son antiquit.
-
-L'usage immodr des pices s'est prolong jusqu'au rgne de Henri
-IV, sans que le systme de la cuisine franoise ait beaucoup
-vari[52]; c'est du moins ce qu'on peut conclure de la rimpression
-de Taillevent en 1602, d'o il rsulte qu'alors ses recettes toient
-encore employes. Mais la simplicit parot s'tre introduite dans
-la prparation des alimens sous le rgne de Louis XIII[53]. Entre
-le Taillevent rimprim en 1602, et le _Cuisinier franois_ de
-Franois Pierre dit la Varenne[54], imprim en 1651, il n'y a aucune
-analogie[55]. Cette profonde modification ne peut-elle tre attribue
-en partie la baisse du prix des pices, amene par la multiplication
-des relations commerciales? Pour beaucoup d'hommes, le plus grand
-plaisir de la possession est d'avoir ce que les autres dsirent
-inutilement. Quand les pices ont pu parotre sur toutes les tables, et
-quand leur emploi n'a plus t une preuve de luxe et de richesse, on a
-peut-tre cess de les estimer autant, et leur usage a t de plus en
-plus restreint.
-
-Outre l'intrt gnral que la partie culinaire du _Mnagier_ a de
-commun avec l'Apicius et le Taillevent, cette partie prsente en outre,
-sur l'ordre et le service des repas, des dtails bien curieux, propres
- claircir divers passages de nos historiens et aussi de quelques
-ouvrages littraires[56]. Ces dtails ont manqu Legrand d'Aussy qui,
-faute de les connotre, a donn peu de renseignemens sur cette partie
-importante du sujet qu'il traitoit. On peut suppler cette omission
-et se figurer le crmonial et l'ordre d'un grand repas en examinant
-et rapprochant entre eux certains passages de l'article IV (p. 114 et
-suiv.).
-
-L'auteur nous apprend d'abord que les diffrentes provisions
-ncessaires l'alimentation, confies habituellement la surveillance
-des _cuyers de cuisine_, toient choisies, marchandes et payes
-par un ou plusieurs de ces officiers assists des _queux_ ou
-cuisiniers[57]. Les mets prpars par les queux toient, en attendant
-le moment du service, poss par les aides des cuyers sur un dressoir
-plac dans la cuisine. C'est de l qu'ils toient ports sur les tables.
-
-Reprsentons-nous maintenant une vaste salle tendue de tapisseries ou
-d'autres toffes brillantes. Les tables sont recouvertes de nappes
- franges, jonches d'herbes (odorifrantes?); une d'entre elles,
-dite _grande table_, est destine aux personnes les plus notables.
-Les convives sont conduits leurs places par deux matres d'htel
-qui leur apportent laver[58]. La grande table est garnie par un
-matre d'htel, de salires d'argent, de gobelets couverts dors pour
-les plus grands personnages, de cuillers et de quartes[59] d'argent.
-Les convives mangent (au moins certains mets) sur des tranchoirs
-ou grandes tartines de gros pain[60] jets ensuite dans des vases
-dits _couloueres_[61]. Pour les autres tables, le sel est plac dans
-des morceaux de pain[62] creuss cet effet par des officiers dits
-_porte-chappes_[63]. Dans la salle est un dressoir garni de vaisselle
-et de diffrentes espces de vins; deux cuyers placs auprs de ce
-dressoir donnent aux convives des cuillers propres, leur versent le
-vin qu'ils demandent, et retirent de la table la vaisselle salie;
-deux autres cuyers font porter les vins au dressoir de salle: un
-valet plac sous leurs ordres est uniquement occup tirer le vin
-des tonneaux[64]. Les plats formant trois, quatre, cinq ou mme six
-services dits mets[65] ou assiettes, sont apports par des valets et
-deux cuyers _des plus honntes_. (Dans certains repas de noces, le
-mari marchoit devant,[66] avec eux.) Les plats sont poss sur les
-tables par un _asseur_[67] assist de deux serviteurs. Ces derniers
-enlvent les restes et les remettent aux cuyers de cuisine qui doivent
-les mettre part et les conserver. Aprs les mets ou assiettes, les
-tables sont couvertes de nouvelles nappes, et l'entremets est alors
-apport. Ce service, le plus brillant du repas[68], se compose de plats
-sucrs, de geles de couleur avec armoiries, etc., puis d'un cigne, de
-paons ou de faisans revtus de leurs plumes, ayant le bec et les pattes
-dors, et placs au milieu de la table sur une sorte d'estrade[69]. A
-l'entremets qui ne figure pas dans tous les menus, et son dfaut,
-au dernier mets ou service, succde la _desserte_ (compotes, fruits,
-_dessert_[70]); _l'issue_[71] ou sortie de table, compose le plus
-souvent d'ypocras et d'une sorte d'oublie dite _mestier_, ou, en t,
-l'ypocras tant hors de saison cause de sa force, de pommes, de
-fromages, et quelquefois encore d'autres ptisseries et sucreries[72].
-Le _boute-hors_ (vin et pices) termine le repas; on se lave les
-mains, on dit les grces, puis on passe dans la _chambre de parement_
-ou salon. Les domestiques succdent alors aux matres et dnent aprs
-eux. On apporte ensuite aux convives du vin et les _pices de chambre_
-(drages, sucre rosat, corces d'oranges confites, etc. V. p. 122, 265
-et 274), et chacun se retire alors chez lui.
-
-Il existe encore dans cette partie du _Mnagier de Paris_ un passage
-dont l'importance seroit bien grande si l'on pouvoit tre assur
-de son exactitude. Je veux parler du commencement de l'article
-IV, dans lequel se trouve le relev statistique de la consommation
-de Paris. Selon l'auteur, cette consommation, en y comprenant les
-animaux tus pour les maisons du roi et des princes, s'levoit
-l'poque o il crivoit 30,316 boeufs; 188,552 moutons; 30,794 porcs,
-et 19,604 veaux[73]. Ce passage sembleroit pouvoir fournir un nouvel
-lment propre dterminer le chiffre de la population parisienne
-la fin du XIVe sicle, mais les renseignemens donns en cet endroit
-du _Mnagier_ sont-ils exacts? Je ne m'arrterai pas une premire
-difficult, celle que je remarque au sujet du nombre des bouchers de
-la grande boucherie que l'auteur fixe dix-neuf. Quoiqu'un boucher
-pt tenir et tnt quelquefois, mais assez rarement, plusieurs taux,
-il me parot difficile que les 32 taux de la grande boucherie fussent
-tenus par 19 bouchers seulement. Mais, en outre, est-il croyable que la
-boucherie de Saint-Germain, compose de 19 taux (13 bouchers, suivant
-l'auteur), ne fournt par semaine la consommation de Paris que 6
-boeufs, 2 veaux et 18 porcs de plus que la boucherie du Temple, compose
-de deux taux seulement? On peut concevoir que l'auteur ne nomme
-pas la boucherie de Saint-Benot, destine peut-tre exclusivement
-au chapitre[74]; mais comment ne cite-t-il pas celle de Saint-loi,
-tablie en 1358, et qui approvisionnant le riche quartier Saint-Paul,
-devoit ncessairement avoir un important dbit? Comment a-t-il nglig
-celle de Saint-Marcel, ou s'il l'a confondue dessein avec celle de
-Sainte-Genevive, pourquoi n'en prvient-il pas le lecteur[75]? Comment
-enfin, est-il en dsaccord avec lui-mme, deux lignes de distance,
-sur la consommation du duc de Berry[76]? (_douze_ puis _seize_ boeufs,
-80 puis 160 moutons). Cette variation est d'autant plus surprenante
-qu'un doute, puis une vrification annoncs par l'auteur font compter
-le lecteur sur des chiffres exacts et certains.
-
-Je crois que les observations prcdentes sont des prsomptions graves
-contre la fidlit de ces renseignemens statistiques[77], mais il est
-encore des difficults d'un autre genre qui s'opposeroient ce qu'ils
-pussent tre consults srement pour la fixation du chiffre de la
-population parisienne. Il est certain qu' la fin du xive sicle
-l'abstinence de viande aux jours maigres toit plus gnralement et
-plus strictement observe qu'aux poques o la population de Paris
-nous est connue, et qui pourroient servir de termes de comparaison.
-Nous ignorons si les boeufs amens alors Paris toient plus ou
-moins pesans qu'aujourd'hui; nous ignorons en outre combien de
-livres de viande pouvoit consommer annuellement chaque habitant de
-Paris, car la consommation individuelle augmente ou diminue d'une
-manire trs-sensible en raison inverse du prix des denres[78],
-et le chiffre actuel de cette consommation, fort infrieur celui
-qu'elle atteignoit en 1789, ne sauroit servir de base pour la fin
-du XIVe sicle[79]. Enfin l'extrait d'un arrt du
-Parlement (t. II, p. 82 dans la note), dans lequel il
-est dit que Guillaume de Saint-Yon vendoit vers 1380 dans trois taux
-pour 200 livres parisis de viande par semaine est loin de concorder
-avec les calculs de l'auteur, et rduiroit de beaucoup le nombre des
-animaux abattus par semaine la grande boucherie, mme en tenant
-compte du produit de la vente des peaux, du suif, etc.
-
-La partie culinaire du _Mnagier_ termine l'ouvrage dans les trois
-manuscrits qui nous sont connus. Cependant l'auteur avoit annonc dans
-son prologue une troisime et dernire distinction devant contenir: 1
-des demandes d'batement rpondues par le sort des ds, par _rocs_ et
-par _rois_[80]; 2 un trait de la chasse l'pervier; 3 des demandes
-subtiles trouver ou deviner, et fondes sur l'arithmtique. De ces
-trois articles nous n'avons que celui qui est relatif la chasse,
-encore est-il plac dans la seconde distinction, la fin de l'article
-III et aprs le trait des chevaux. Il semble tonnant que l'auteur qui
-dans tout son livre suit avec une exactitude scrupuleuse la division
-qu'il a annonce dans son prologue, l'ait nglige aussi compltement
-pour cet article. Est-ce donc lui qu'il faut attribuer cette sorte de
-transposition? Cet article est-il le seul de la troisime distinction
-qu'il ait crit? Les vnemens ou la mort ont pu l'interrompre dans
-son travail et l'empcher d'crire les deux autres articles de la
-IIIe distinction, et le trait de la chasse ainsi isol a pu tre
-plac par les personnes qui recueillirent le _Mnagier_ aprs le
-trait des chevaux auquel il se lioit assez naturellement. Il seroit
-encore possible que l'auteur et renonc, depuis qu'il avoit crit son
-prologue, traiter les deux autres articles comme moins utiles son
-but, et qu'il et lui-mme interverti l'ordre annonc, ou enfin que ces
-deux articles, termins par lui comme le deuxime, eussent t perdus;
-j'avoue que ces deux dernires hypothses me paroissent moins probables
-que la premire. J'ai cru, tout hasard, devoir suivre dans cette
-dition l'ordre annonc dans le prologue, et j'ai renvoy la fin du
-livre cet article unique de la troisime distinction.
-
-Il est certain que les deux autres articles, relatifs des sujets
-plus intimes et peu connus jusqu'ici, auroient t plus curieux pour
-nous que le trait de la chasse, mais on comprend que l'auteur ait
-pu s'occuper de prfrence de ce dernier sujet. A l'poque o il
-crivoit, la chasse l'pervier (et mme celle au faucon, quoique
-plus dispendieuse), n'exigeant pas la quantit d'hommes et de chevaux
-ncessaires la vnerie, toit un des divertissemens favoris de la
-socit moyenne[81] et passoit pour tre particulirement convenable
-aux femmes. Cette chasse se faisoit souvent par une nombreuse socit
-de chasseurs et de chasseresses rangs en ligne, et jouissant avec
-orgueil des succs de leurs oiseaux. L'auteur du _Roi Modus_ qui
-crivoit vers 1360 parle deux reprises avec enthousiasme des plaisirs
-que procuroit cette chasse. _C'est un dduit_, dit-il, _que chascun
-puet faire de soy avecques dames et damoiselles.... et doit avoir la
-dame aucun qui lui puisse baillier son esprevier quand il aura prins
-l'alo ou la pertrix.... Dieux! comme c'est beau dduit, c'est plaisant
-dduit que de veoir prendre une alo l'estourse bon esprevier!_[82]
-Gaces de La Bugne, premier chapelain des rois Philippe de Valois, Jean
-II, Charles V et Charles VI, que j'ai eu plus d'une fois occasion de
-citer dans ce livre[83], aprs avoir dtermin le train ncessaire
-un _preveteur_, l'engage chercher un bon pays et des compagnons,
-car il auroit t regrettable, selon lui, de chasser seul. Il lui
-fait donc trouver belle et bonne compagnie de chevaliers et d'cuyers
-_qui n'ont pas sommes deniers_ (qui ne sont pas trs-riches), de
-dames et de damoiselles, et lui fait faire avec eux une chasse dont le
-dtail a beaucoup de rapports avec certains endroits de cet article du
-_Mnagier_. Il regarde ce divertissement comme bien plus convenable
-pour les femmes que la vnerie. Le dduit de chiens, s'crie-t-il,
-peut-il donner de tels plaisirs aux dames qu'aussitt on ne mdise
-d'elles? Une grande dame qui voudroit conserver sa rputation ne
-piqueroit pas des perons au travers des bois, des buissons et des
-haies, et n'iroit pas avec plaisir tuer cerfs, loups ou sangliers. Aux
-hommes appartiennent tels faits![84]
-
-Au reste, cette poque o la distinction des rangs trs-marque
-dans la lgislation et aussi, en gnral, dans les alliances de
-familles, l'toit peut-tre moins que de nos jours dans les relations
-de la vie prive, la chasse l'pervier n'toit pas la seule usite
-par les bourgeois. La chasse l'oiseau en gnral, fauconnerie ou
-autourserie, toit une des occasions qui runissoient le plus souvent
-des personnes de conditions diffrentes. Gaces de La Bugne en donne
-un exemple intressant. Il raconte fort agrablement comment des gens
-qu'il appelle _de moyen tat_, mais parmi lesquels il se compte lui,
-chapelain du roi, ainsi que des chevaliers (il y avoit en outre des
-chanoines, des cuyers ou simples gentilshommes et des bourgeois),
-firent ensemble une partie de chasse l'oiseau qui dura une semaine.
-Ils avoient vingt oiseaux et voloient tous les jours au moins jusqu'
-midi. Alors ils venoient dner ensemble une htellerie, et le repas
-se passoit joyeusement, sans mdire du prochain et sans convoiter les
-richesses d'autrui. Aprs dner, la chasse recommenoit jusqu'au souper
-qui toit plantureusement servi[85].
-
-L'auteur du _Mnagier_ avoit sans doute sur la convenance et l'agrment
-de la chasse l'pervier la mme opinion que Gaces de La Bugne,
-et c'est l ce qui l'aura dtermin parler avec dtail de cette
-chasse. Son trait est trs-complet et au moins gal en mrite la
-partie du _Modus et Ratio_ relative au mme sujet. Il ne me parot pas
-s'tre servi[86] de ce dernier livre, trop rpandu cependant la fin
-du XVIe sicle pour qu'il ne l'ait pas rencontr.
-Cependant les deux ouvrages tant presque contemporains et traitant
-le mme sujet, plusieurs passages du _Modus_ m'ont t utiles pour
-claircir ou complter cette partie du _Mnagier_. J'ai aussi mis
- contribution, dans ce double but, les autres anciens ouvrages de
-fauconnerie, pensant que cet article, cause de l'obscurit d'un art
-aujourd'hui si peu connu[87], demandoit tre clairci avec plus de
-dtail que les autres.
-
- * * * * *
-
-Quand on a lu le _Mnagier de Paris_, on se demande comment un pareil
-ouvrage a pu rester quatre cent cinquante ans sans avoir t connu, ou
-plutt sans avoir t cit. Quant moi, l'existence de ce prcieux
-monument historique m'a t rvle seulement par la vente des livres
-de M. Huzard[88]. Un manuscrit sur papier du _Mnagier_ figuroit au n
-662 de la premire partie du catalogue de cette remarquable collection.
-L'examen rapide que j'en fis l'exposition me fit pressentir le mrite
-du livre, et me donna un vif dsir d'en devenir possesseur. Le volume
-m'ayant t adjug, je me convainquis en le lisant de l'utilit qu'il
-y avoit le publier. Je crus, cet effet, ncessaire de rechercher
-s'il en existoit d'autres manuscrits. Je n'en trouvai de mentionns
-que sur les catalogues des ducs de Bourgogne, publis par M. Barrois
-dans sa _Bibliothque protypographique_[89]. Les catalogues des
-Bibliothques du Roi et de l'Arsenal ne portent aucune indication du
-_Mnagier_: je pensai donc que l'un des manuscrits de Bourgogne, sinon
-les deux, pouvoit se trouver la Bibliothque royale de Bruxelles,
-et je demandai M. le baron de Reiffenberg, auteur de tant de
-savantes publications historiques et associ tranger de la Socit
-des Bibliophiles franois, de vouloir bien m'clairer sur ce point.
-Sa rponse, par suite de diverses circonstances, ne m'tant parvenue
-qu'aprs plusieurs mois, je crus pendant quelque temps qu'il falloit
-renoncer l'espoir de dcouvrir un autre manuscrit du _Mnagier_, et
-quoique le mien prsentt d'assez notables dfectuosits, la Socit
-des Bibliophiles dcida sur ma proposition, dans sa sance du 14 mai
-1845, qu'elle donneroit une dition de ce livre, et me chargea de
-prparer cette dition sur mon manuscrit, le seul que nous pussions
-alors nous procurer. Mais quelques jours plus tard un de mes amis,
-connu par quantit de savans travaux historiques, me communiqua un
-manuscrit sur vlin du _Mnagier_, contenant 173 feuillets in-folio,
-paroissant crit dans la premire moiti du XVe sicle et orn au
-commencement d'une miniature reproduite dans cette dition[90]. Je
-reconnus bientt que ce volume, qui ne porte pas les armoiries des
-ducs de Bourgogne toit cependant, sans aucun doute, le premier des
-deux ports aux inventaires de 1467 et 1487, et indiqu sous les nos
-836 et 1758 de la _Bibliothque protypographique_[91], et qu'il avoit
-certainement servi de modle au copiste du mien. Ce manuscrit, le plus
-ancien des trois que j'ai eus ma disposition, est dsign dans le
-cours de mon travail sous le nom de Ms. A.
-
-Peu de temps aprs, M. le baron de Reiffenberg m'crivoit de son
-ct qu'un des manuscrits des ducs de Bourgogne existoit en effet
-Bruxelles, et m'envoyoit en mme temps un exemplaire de _l'Annuaire
-de la Bibliothque royale de Belgique pour 1843_[92], dans lequel
-se trouve, p. 33, un excellent article de lui sur cet exemplaire
-du _Mnagier de Paris_. La Socit des Bibliophiles fit alors des
-dmarches actives pour obtenir la communication de ce prcieux volume
-que M. de Theux, ministre de l'intrieur de Belgique, voulut bien lui
-accorder, sous la garantie de M. le marquis de Rumigny, ambassadeur de
-France Bruxelles.
-
-Ce manuscrit sur vlin, que j'ai dsign sous la lettre B, parot
-postrieur de quelques annes au prcdent. Le premier feuillet est
-orn d'un C initial en or et en couleur, au centre duquel on voit,
-comme dans la miniature du Ms. A, l'auteur donnant ses instructions
- sa femme. Ce feuillet est entour de trois cts (en tte, au fond
-et en queue) d'une bordure d'arabesques en or et en couleur dans
-laquelle se trouve au bas de la page l'cusson de Philippe dit le
-Bon ou de Charles le Tmraire, ducs de Bourgogne. Il contient 193
-feuillets de format in-folio. La description donne du second manuscrit
-de Bourgogne dans les inventaires de 1467 et 1487 tablit que le
-manuscrit de Bruxelles est le mme que celui port aux nos 1202 et
-1759 de la _Bibliothque protypographique_. Il a t fait avec soin
-par un crivain intelligent mais peut-tre trop dispos corriger les
-endroits qui lui sembloient dfectueux; plusieurs corrections ont en
-outre t faites aprs coup. Il n'a pas t copi sur le manuscrit A
-et en reproduit un autre: il fournit en effet trop de variantes pour
-qu'on puisse les attribuer seulement au copiste. Il a probablement
-t excut pour Philippe le Bon, mais le Ms. A qui ne porte pas
-d'armoiries a pu appartenir d'autres propritaires avant d'entrer
-dans la bibliothque de Bruges.
-
-L'auteur du _Mnagier_ toit trop connu du duc de Berry[93] pour avoir
-appartenu au parti bourguignon Paris, et pour qu'on suppose qu'un
-des manuscrits de Bourgogne soit la copie de quelque autre plus ancien
-offert par l'auteur au duc Philippe le Hardi ou son fils Jean sans
-Peur. Un semblable hommage auroit plutt t fait au duc de Berry, mais
-on ne voit pas figurer _le Mnagier_ sur l'inventaire des livres et
-autres objets mobiliers de ce prince dress aprs son dcs. On peut
-raisonnablement croire qu'un exemplaire de cet ouvrage aura t trouv
-chez un de ces bourgeois riches et considrs qui perdirent la vie ou
-au moins leurs biens lors de l'entre des Bourguignons Paris en 1418,
-et qu'il aura t apport alors au duc de Bourgogne par un de ses agens
-ou partisans.
-
- * * * * *
-
-J'ai dit plus haut que le manuscrit de M. Huzard, qui m'appartient
-aujourd'hui et que j'ai dsign sous la lettre C, avoit t copi sur
-le Ms. A. Outre la conformit presque parfaite des deux textes, j'en
-ai une preuve bien manifeste. Il existe et il existoit videmment
-dans le Ms. A avant qu'il et t revtu de sa reliure actuelle, une
-transposition de deux feuillets par suite de laquelle le trait de
-l'pervier et le passage relatif aux boucheries de Paris se trouvent
-mls l'un l'autre et se coupent rciproquement. L'crivain du Ms. C
-a copi ce qu'il avoit sous les yeux, sans voir quelle toit la cause
-du dsordre de son texte, et le mme mlange existe dans sa copie,
-mais sans transposition, c'est--dire que le sens est interrompu au
-milieu de deux pages et non entre la fin d'un verso et le commencement
-d'un recto, comme dans le Ms. A. Pour rendre ce dsordre un peu moins
-choquant, il a ajout dans un endroit deux mots qui ne me semblent
-cependant pas atteindre ce rsultat. Cet crivain, videmment Flamand,
-a en outre laiss dans sa copie de nombreuses traces du dialecte qu'il
-parloit, crivant souvent _commenche_ pour _commence_, _cousant_ pour
-_couchant_, _franchois_ pour _franois_, _cheulx_ pour _ceulx_, etc. On
-peut aussi lui reprocher d'avoir oubli quelques membres de phrases; il
-a cependant fait au texte cinq ou six corrections assez heureuses et
-tout fait ncessaires au sens.
-
-Le manuscrit C contient 280 feuillets de papier _in-folio parvo_
-assez ngligemment mais lisiblement crits, et semble remonter au
-commencement du rgne de Louis XI. La premire lettre renferme un
-cusson parti, au premier de gueules au chevron d'hermines, et au
-second d'hermines au chef de gueules; ces armoiries sont celles des
-maisons de Ghistelles[94] et de Roubais[95]. D'aprs les rgles de
-l'art hraldique, les femmes doivent porter un cu parti, au premier
-des armes de leur mari, et au second des leurs[96]; cet cusson devroit
-donc tre celui d'une demoiselle de Roubais marie un Ghistelles;
-mais malgr les recherches les plus attentives, je n'ai pas trouv
-qu'une semblable alliance ait eu lieu l'poque o mon manuscrit
-fut crit, tandis que Pierre (ou Rn)[97] seigneur de Roubais,
-fils de Jean mort en 1449, et d'Agns de Lannoy, n Herzelles le
-1er aot 1415 et mort le 7 juin 1498, avoit pous Marguerite de
-Ghistelles, fille de Jean sieur de Bockde, Lauderburg, etc., et de
-Charyte de Gand-Vilain, ne le 14 octobre 1415 et morte le 17 octobre
-1498[98]. Suivant le dossier de Roubais au Cabinet gnalogique, ils
-n'eurent qu'une fille nomme Isabelle, dame de Roubais et d'Herzelles,
-femme de Jacques de Luxembourg, sieur de Richebourg[99], et morte
-en 1502. Si l'on admet que l'crivain a pu commettre une erreur
-(erreur trs-rare mais qui n'est cependant pas sans exemple[100]), et
-placer les premires celles de ces armoiries qu'il devoit mettre les
-secondes, l'attribution du volume Marguerite de Ghistelles parotra
-bien fonde. M. de Roubais, fils d'un premier chambellan des ducs
-de Bourgogne, et attach lui-mme leur service[101], avoit toute
-facilit pour faire copier un manuscrit de la bibliothque de ces
-princes. Une autre circonstance vient encore ajouter la probabilit
-de cette conjecture: dans une espce d'appendice[102] qui est propre
-mon manuscrit, on trouve des recettes qui sont dites avoir t envoyes
-par un certain Hotin, cuisinier _qui fut Monseigneur de Roubais_.
-Ces mots indiquent des rapports intimes, l'poque o ils ont t
-tracs, entre la famille de Roubais et le propritaire de ce volume
-crit d'ailleurs par un Flamand et d'aprs un manuscrit des ducs de
-Bourgogne; il ne me parot donc pas possible d'attribuer l'cusson
-de la lettre initiale du Ms. C d'autres familles qu' celles de
-Ghistelles et de Roubais, et par suite, attendu les renseignemens
-fournis par les gnalogies de ces deux familles, une autre personne
-qu' Marguerite de Ghistelles, dame de Roubais.
-
-Ce dernier exemplaire n'tant qu'une reproduction du Ms. A, n'a eu
-qu'une trs-mdiocre importance pour mon travail d'diteur. J'ai pris
-les variantes qu'il offroit, seulement lorsque le sens les justifioit
-compltement, et j'ai toujours en ce cas indiqu en note leur origine;
-mais lorsque l'un des Mss. A et B, presque galement beaux et soigns,
-contenoit une faute vidente corrige dans l'autre, j'ai pris la
-meilleure leon, et je n'ai en gnral donn la variante en note que
-quand la leon adopte pouvoit laisser quelque doute dans l'esprit
-du lecteur. Plus d'une fois j'ai trouv dans ces deux manuscrits des
-fautes qui me sembloient faciles reconnotre et mme corriger,
-mais ces deux volumes ayant t crits hors de la prsence et mme
-sans doute aprs la mort de l'auteur, j'ai cru qu'un ou plusieurs
-mots propres changer le sens apparent de la phrase pouvoient avoir
-t omis, et je n'ai fait que proposer en note la correction, sans
-l'insrer dans le texte. Au reste, la copie faite sur le Ms. C, a t
-collationne sur les Mss. A et B, et les premires preuves de chaque
-feuille l'ont t de nouveau sur le Ms. B compar au Ms. A toutes les
-fois qu'il toit en dsaccord avec l'preuve. J'ose donc esprer que le
-texte du _Mnagier_ contiendra peu de fautes graves et sera au moins
-sans omissions.
-
-Le lecteur remarquera sans doute que l'orthographe employe dans le
-_Mnagier_ varie; par exemple, qu'on y voit successivement _pongne_ et
-_poigne_, _aultre_ et _autre_, _tartre_ et _tarte_, etc. Je le prie
-de ne pas attribuer ces diffrences ma ngligence. L'orthographe
-tant variable dans chacun des manuscrits que j'avois sous les yeux,
-je n'ai pas cru devoir la rendre uniforme et donner une rgularit de
-mon fait un livre qui pourra tre consult par quelques personnes
-sous le rapport linguistique. Quant la ponctuation qui ne figure que
-d'une manire trs-incomplte et souvent fautive (surtout quant aux
-barres reprsentant les virgules) dans les anciens manuscrits, j'en ai
-sobrement us, dans la pense qu'on lui te souvent de sa valeur et
-mme toute signification en la multipliant l'excs.
-
-Cet ouvrage ne devant pas tre lu seulement par des personnes
-verses dans notre histoire et notre ancienne littrature, j'ai cru
-ncessaire de donner, la suite de cette introduction, une indication
-dtaille des ouvrages ou documens cits en abrg dans le cours
-de mes notes, avec une notice succincte de leur contenu quand ils
-toient gnralement peu ou mal connus. La table des matires qui
-termine l'ouvrage sera, je l'espre, d'une utilit plus gnrale. Je
-dois prvenir le lecteur que je ne l'ai pas faite aussi dtaille
-pour la partie morale du _Mnagier_ que pour la partie matrielle. Je
-l'ai surtout abrge pour l'_Histoire de Mellibe_ et _le Chemin de
-pauvret_, qui ne sont pas de l'auteur du livre et y figurent comme
-pisodes. _Le Viandier_ m'a fourni un trs-grand nombre de mots; je
-n'ai cependant port la table les noms des animaux, des vgtaux et
-des mets que lorsque l'endroit indiqu donnoit sur eux quelques dtails
-susceptibles d'tre consults, ou offroit quelque intrt. J'ai donn
-aussi dans cette table au moins deux fois chacun des plats cits dans
-les _menus_ parce qu'il pouvoit tre utile de faire connotre quel
-moment du repas se servoit tel ou tel mets, et aussi parce que certains
-plats ne sont nomms que l.
-
-Il me reste maintenant remercier les personnes qui m'ont aid de
-leurs conseils, et surtout par la communication ou l'indication
-des pices utiles consulter. Je dois d'abord citer M. Paris, de
-l'Acadmie des inscriptions, dont l'amiti m'est si prcieuse, et M.
-Dessalles, des Archives du royaume. Je nommerai aussi M. Lon Tripier
-qui a collationn avec moi la plus grande partie du premier volume;
-M. d'Arcy que j'ai eu occasion de mentionner dans une de mes notes,
-et qui m'a en outre rendu le service de collationner _le Chemin de
-pauvret_ sur le manuscrit du Roi n 7201; je citerai encore M. Duclos,
-de la section judiciaire des Archives du royaume. Enfin, l'_Histoire de
-Mellibe_ a t collationne par M. Borel d'Hauterive sur le manuscrit
-du Roi n 7072^{3.3}.
-
-JRME PICHON.
-
-Paris, 27 mai 1847.
-
-
-INDICATION DTAILLE
-
-DE QUELQUES OUVRAGES OU DOCUMENS,
-
-MANUSCRITS OU IMPRIMS,
-
-Cits en abrg dans l'Introduction et les notes du _Mnagier de
-Paris_[103].
-
-
-Albric de Trois-Fontaines.
-
- Chronique attribue Albric, moine de l'abbaye de
- Trois-Fontaines au XIIIe sicle, et imprime
- dans les _Accessiones historic_ de Leibnitz. Leipsick, 1698, et
- Hanovre, 1700, in-4. Voir sur cette chronique l'excellent article
- de la Bibliothque historique de la France, T. II, n 16,803.
-
-Anselme (le Pre).
-
- C'est le premier auteur de l'Histoire gnalogique des grands
- officiers de la couronne, revue et augmente par les Pres Ange
- et Simplicien. Je cite la dernire et la plus complte dition de
- Paris, 1726, en 9 vol. in-folio.
-
-Arch. du Roy., reg. K. 220, 1.
-
- Registre dpos la section historique des Archives du Royaume,
- contenant les comptes du duc de Berry pour les annes 1370, 1373,
- etc.
-
-Arcussia (d').
-
- La fauconnerie de Charles d'Arcussia de Capre, seigneur
- d'Esparron, divise en dix parties. Paris, Jean Houz, 1627,
- in-4, fig.
-
- C'est la meilleure dition de cet excellent ouvrage.
-
- La _Fauconnerie du roi_ forme la VIe partie.
-
- La _Confrence des fauconniers_ en est la VIIe.
-
- Le _Discours de chasse_ (ou _Convy pour l'assemble des
- fauconniers_), prcd d'un titre spcial dat de 1627, forme la
- VIIIe partie.
-
- La Xe et dernire partie se compose des _Lettres de Philoerax
- Philofalco_, avec titre dat de 1626.
-
- Ce livre, form de parties imprimes en diffrentes annes et
- souvent mal relies, est difficile collationner.
-
-Ayala (Pedro Lopez de).
-
- De la Caa de las Aves et de sus plumajes et dolencias et
- medecinamientos (por Pedro Lopez de Ayala). Ms.
-
- Ce Trait de fauconnerie, ddi Gonzalo de Mea, vque de
- Burgos, fut crit vers 1386 par Pedro Lopez de Ayala, grand
- chancelier de Castille, alors prisonnier en Portugal par suite de
- la bataille d'Aljubarota. L'auteur avoit t en France; il parle
- de Charles V, du duc de Bourgogne, du comte de Tancarville, de
- Bureau de la Rivire; il cite aussi beaucoup de grands personnages
- espagnols.
-
- Je parlerai ailleurs avec plus de dtail de ce Trait instructif
- et curieux. Il n'a jamais t imprim: on en trouve d'assez
- copieuses citations (mais non textuelles) dans la _Caa
- d'Altaneria_ de Diogo Fernandez Ferreira; Lisboa, 1616, in-4,
- volume crit en portugais, qui n'est au reste gure plus facile
- trouver que les manuscrits d'Ayala.
-
- Il y a la Bibliothque royale un manuscrit de l'ouvrage d'Ayala
- (n 8166, in-4), bien crit, mais incomplet de la fin. Je possde
- celui qui toit, en 1803, la vente de Laserna-Santander, et, en
- 1843, celle de M. Huzard. Il est complet et un peu plus ancien
- que celui du Roi.
-
-Bibliothque des Threuticographes, 1763.
-
- Cette _Bibliothque_, qui n'est pas un ouvrage sans mrite, est
- des frres Lallemant, libraires de Rouen, et forme le premier
- volume de l'cole de la chasse aux chiens courans de Le Verrier de
- la Conterie. Rouen, 1763, 2 vol. in-8.
-
-Bouchet(G.).
-
- Recueil de tous les oiseaux de proye qui servent la vollerie
- et fauconnerie, par G. B.; Poitiers, par Eng. de Marnef et les
- Bouchetz frres.
-
- Ce Recueil est le dernier des trois ajouts par de Marnef et les
- Bouchet leur dition de 1567 de la Fauconnerie de Franchires.
- Guillaume Bouchet s'en avoue l'auteur dans une ddicace qui
- se lit en tte de quelques exemplaires de cette dition. Le
- plus grand nombre des exemplaires contient une ddicace toute
- diffrente, et signe d'Enguilbert de Marnef.
-
-Breuil (Du).
-
- Thtre des antiquits de Paris. 1612, in-4, fig.
-
- Le nom de l'auteur doit tre crit _du Breul_.
-
-Bruyre Champier.
-
- De Re cibaria libri XXII, Jo. Bruyerino Campegio Lugdun authore.
- Lugduni, 1560, in-8.
-
-Calendrier des bergers.
-
- L'dition de ce livre curieux et bizarre que je cite, et dont je
- possde un exemplaire provenant de M. Huzard, est celle imprime
- par Guiot Marchant le 18 avril 1493, qui est trs-certainement la
- mme que celle dcrite dans le Manuel du libraire comme pouvant
- tre du 18 avril 1488, et encore certainement la mme que celle
- dont un magnifique exemplaire sur vlin existe la Bibliothque
- du Roi. J'en ai acquis la preuve en comparant mon exemplaire
- celui de la Bibliothque royale. La marque de Guiot Marchant a t
- recouverte par une miniature, et la souscription supprime.
-
-Champollion, II, 254.
-
- Louis et Charles, ducs d'Orlans. Paris, 1844. 2 vol. in-8.
-
-Chevaleureux, comte d'Artois.
-
- Le livre du trs-chevalereux comte d'Artois et de sa femme. Paris,
- Techener, 1837, in-4, figures.
-
-Chevalier de La Tour.
-
- Voy. l'introduction, et sur les ditions imprimes de ce livre, le
- Manuel du libraire, T. I, p. 649.
-
- J'ai cit cet ouvrage d'aprs une copie que j'ai fait faire du
- manuscrit du Roi n 7403.
-
-Christine de Pisan.
-
- Le Livre des fais et bonnes meurs du sage roy Charles V.
-
- Imprim dans les tomes I et II de la collection des Mmoires pour
- servir l'histoire de France, par Michaud et Poujoulat.
-
-Chroniques de saint Denis, CXII.
-
- Les grandes chroniques de France, selon qu'elles sont conserves
- en l'glise de Saint-Denis, publies par M. Paulin Paris. Paris,
- Techener, 1838. 6 vol. in-12 ou 1 vol. in-fol. (CXII est
- le chiffre du chapitre.)
-
-Collect. Leber, XIX, 35.
-
- Collection des meilleures dissertations, notices, etc., relatifs
- l'histoire de France, par MM. Leber, J.-B. Salgues et J. Cohen.
- Paris, 1826-42. 20 vol. in-8.
-
-Corrozet, d. de 1543.
-
- La Fleur des antiquits, singularitez et excellences de Paris.
- Paris, Pierre Sergent, 1543. in-16.
-
- J'ai publi l'anne dernire, dans le Bulletin du bibliophile
- de Techener, une notice sur cette dition de Corrozet; elle est
- prcieuse cause d'une liste des rues de Paris par tenans et
- aboutissans qu'elle contient; on y a ajout, en outre, presque
- tout l'opuscule intitul _les Rues et glises de Paris_.
-
-Crescens.
-
- _Le Livre des prouffits champestres_, par Pierre de Crescens, de
- Boulogne-la-Grasse, traduit du latin par ordre de Charles V. Je
- me suis servi de l'dition de Galliot du Pr, de 1533, et aussi
- d'un manuscrit sur papier que je possde de cet ouvrage, et qui
- appartenoit en 1486 Jean Bud, audiencier de France.
-
-Dit des Pays.
-
- Voir le Manuel du libraire. J'ai consult l'dition de cet ouvrage
- imprime la suite du _Dialogue du mondain et du clestin_.
- In-16, gothique.
-
-Duchesne Montmorency.
-
- Histoire gnalogique de la maison de Montmorency et de Laval, par
- Andr Duchesne. Paris, 1624, in-fol.
-
- Pr. signifie _Preuves_.
-
-Entretiens de Colbert avec Bouin.
-
- Entretiens de M. Colbert avec Bouin, fameux partisan, sur
- plusieurs affaires curieuses. Cologne, 1701, 3 parties en un vol.
- in-12.
-
- Ouvrage de Sandras de Courtilz. Ce Bouin, dont le nom s'crivoit
- _Bauyn_, toit de la famille des Bauyn d'Angervilliers et de
- Pereuse.
-
-Flibien.
-
- Histoire de la ville de Paris, compose par D. Michel Flibien,
- reveue, augmente, mise au jour par D. G. A. Lobineau. Paris,
- Desprez, 1725. 5 vol. in-fol.
-
-Frdric II (l'empereur).
-
- Reliqua librorum Friderici II imperatoris de arte venandi cum
- avibus; annotationes addidit suas Jo. Gott. Schneider. Lipsi,
- 1788-9. 2 vol. in-4, fig.
-
- Outre le manuscrit dont je vais parler, je me suis servi de cette
- dition, qui ne contient rien de plus, quant au texte, que celle
- de 1596, mais qui est prfrable cause des excellentes notes
- de Schneider. Il est fcheux que ce savant n'ait pas pu donner
- le texte entier de l'ouvrage. On en connot maintenant deux
- manuscrits complets, l'un donn la Bibliothque Mazarine par M.
- Leblond; l'autre (du XVe sicle), que j'ai fait
- venir d'Italie en 1837, m'appartient depuis cette poque.
-
- Ce Trait est le plus tendu et le plus curieux que nous ayions
- sur les oiseaux de proie. Il seroit dsirer qu'on en donnt une
- dition complte.
-
-G. C.
-
- Ces lettres dsignent l'ouvrage intitul: _le Grand Cuisinier de
- toutes cuisines_.
-
-Gaces de la Bugne.
-
- C'est le pome connu sous le titre de _Livre des dduits_,
- commenc en 1359 Redefort en Angleterre, et achev Paris
- entre 1373 et 1377 (aprs la promotion de Pierre d'Orgemont
- la dignit de chancelier, et avant la mort du roi douard III
- d'Angleterre), par Gaces de la Bugne, premier chapelain des rois
- Philippe de Valois, Jean II, Charles V et Charles VI, trsorier
- de Saint-Francbourg de Senlis, et cur de Molissent, au diocse
- de Chartres (o il ne rsidoit pas). Il parot tre mort au
- commencement de 1384, d'aprs des renseignemens contenus dans les
- registres du parlement, et que je dvelopperai ailleurs.
-
- Je le nomme _de la Bugne_, et non _de la Bigne_ ou _de la Vigne_,
- comme on le fait habituellement, parce que son nom est constamment
- crit ainsi dans les registres du parlement o il figure six ou
- sept fois.
-
- Gaces de la Bugne est cit dans le Pre Anselme (T. VIII, p. 227)
- sous le nom de _Gaces de Chantepie_; mais il n'a jamais t nomm
- ainsi. Il dit lui-mme dans son pome qu'il sortoit des familles
- de la Bugne, d'Aigneaux, de Clinchamp et de Buron, et ne fait
- aucune mention de celle de Chantepie.
-
- Le Pre Anselme ou ses continuateurs auront cru sur parole la
- personne qui disoit _conserver_ son livre.
-
- J'ai travaill sur l'dition de son ouvrage imprime Paris la
- suite de Gaston Phbus, par Antoine Vrard, in-fol. gothique, sans
- date. Les lettres indiquent les cahiers ou feuilles d'impression,
- et les chiffres le rang que tient dans le cahier le feuillet cit.
-
-Godefroy (Denis).
-
- Histoire de Charles VI, roi de France, par Jean Juvnal des
- Ursins, archevesque de Rheims, augmente de plusieurs mmoires,
- etc., par Denis Godefroy. Paris, de l'Imprimerie royale, 1653,
- in-fol.
-
-Grand cuisinier de toutes cuisines.
-
- Voy. l'Introduction, p. XXXIII.
-
-Hist. des grands officiers de la Couronne.
-
- Voy. Anselme (le P.).
-
-Inventaire de R. Picque, archevque de Rheims en 1389. Reims, 1842,
-in-12.
-
- Ce curieux document fait partie des Mlanges publis par la
- Socit des Bibliophiles de Reims. Malheureusement il n'a pas t
- dit trs-correctement.
-
-J. Reg. 147, 36 (ou autres chiffres).
-
- Registres du Trsor des Chartes. Le premier chiffre est celui du
- registre; le second celui de la pice.
-
- La lettre J. avec un seul numro (note sur le sire d'Andresel)
- indique un carton du Trsor des Chartes.
-
- Section historique des Archives du Royaume.
-
-Jugs, XXXII, 94.
-
- Arrts rendus au civil par le parlement de Paris. Le chiffre
- romain indique le registre; le chiffre arabe est le numro de
- l'arrt dans l'anne indique.
-
- Section judiciaire des Archives du royaume.
-
-Juv. des Ursins, in-fol.
-
- Voyez Godefroy (Denis).
-
-K. 52, 3.
-
- Registre ou plutt cahier contenant des comptes de la maison du
- duc d'Anjou.
-
- Section historique des Archives du royaume.
-
-K. reg. 55.
-
- Comptes de la reine Marie d'Anjou, femme de Charles VII.
-
- Section historique des Archives du royaume.
-
-Lebeuf, X, 260.
-
- C'est l'Histoire du diocse de Paris par ce savant abb. Paris,
- 1754-8. 15 vol. in-12. Tome X, page 260.
-
-Legrand d'Aussy.
-
- Histoire de la vie prive des Franois; nouvelle dit., avec des
- notes par J.-B.-B. de Roquefort. Paris, 1815. 3 vol. in-8.
-
-Maison rgle d'Audiger, 1692.
-
- La Maison rgle et l'Art de diriger la maison d'un grand seigneur
- et autres. Paris, Legras, 1692. In-12.
-
- Le sieur Audiger, auteur de cet ouvrage rare qui est rest
- inconnu Legrand d'Aussy, avoit servi la comtesse de Soissons,
- le prsident de Maisons, Colbert, le duc de Saint-Aignan, etc.
- Son livre contient beaucoup de particularits curieuses, et on
- y trouve, entre autres choses, le dtail des attributions des
- diffrens domestiques, et le relev de la dpense annuelle d'une
- grande, puis d'une mdiocre maison. Louis XIV est mme en scne
- dans ce livre, et on ne voit pas sans tonnement la facilit avec
- laquelle on abordoit ce prince. Un des endroits les plus curieux
- de _la Maison rgle_ est celui o l'auteur raconte avec grands
- dtails qu'il prsenta au roi, le 18 janvier 1660, une caisse de
- petits pois.
-
-Matines.
-
- Plaidoieries civiles prononces aux audiences du matin du
- parlement de Paris. Le plus ancien registre est de l'anne 1395.
-
- Section judiciaire des Archives du royaume.
-
-Modus.
-
- Le Livre du roy Modus et de la royne Racio. Nouvelle dition, avec
- une prface par Elzar Blaze. Paris, 1839. Grand in-8, fig.
-
- J'ai cit cette dition, parce qu'elle est la meilleure de ce
- livre prcieux. Elle laisse nanmoins beaucoup dsirer, attendu
- qu'elle est imprime dans un caractre soi-disant gothique tout
- fait de fantaisie et peu prs illisible, qu'elle contient
- beaucoup de fautes, et est absolument sans notes. Mais elle vaut
- encore mieux que les anciennes ditions si rares et si chres, et
- elle est d'ailleurs la seule qu'on puisse se procurer un prix
- modr.
-
- Il est fcheux que l'diteur n'ait pas donn en mme temps _le
- Songe de Pestilence_, espce de suite mystique du Modus, compose
- vers 1372, et imprime trs-incorrectement en 1506 sous le titre
- de _Modus et Ratio de divine contemplation_. J'ai cit le _Songe
- de Pestilence_ d'aprs une copie que j'en ai faite sur le beau
- manuscrit du Roi 632^{13}, lequel devra servir de base toute
- nouvelle dition du Roi Modus.
-
-Morais.
-
- Le vritable Fauconnier, par messire C. de Morais, chevalier,
- seigneur de Fortille, cy-devant chef du hron de la grande
- fauconnerie. Paris, Quinet, 1683. In-12.
-
-Plaidoieries civiles;--Plaidoieries criminelles du parlement.
-
- Registres contenans les plaidoieries prononces au civil (ou au
- criminel) devant le parlement.
-
- Les plus anciens remontent 1364 pour les plaidoiries civiles, et
- 1387 pour les plaidoiries criminelles.
-
- Section judiciaire des Archives du royaume.
-
-Plan de tapisserie.
-
- Plan en perspective de la ville de Paris (au commencement du
- XVIe sicle), grav par Dheulland en 1756,
- d'aprs un autre grav plus anciennement, qui appartenoit alors
- l'abbaye de Saint-Victor. Ce dernier plan toit le mme qu'un
- autre reprsent sur une tapisserie provenant de la maison de
- Guise, et acquise par la ville de Paris, sous la prvt de M.
- Turgot.
-
-Plan de Turgot.
-
- Plan de Paris commenc l'anne 1734, dessin et grav sous les
- ordres de messire Michel tienne Turgot, prvt des marchands,
- achev en 1739, lev par L. Bretez, grav par Cl. Lucas, et crit
- par Aubin. 1 vol. in-folio-atlantico de 21 feuilles.
-
-Quadragsimal spirituel.
-
- Voir, sur les ditions de ce livre bizarre, le Manuel du libraire,
- T. III, p. 881. Je me suis servi de l'dition de Jehan Janot,
- in-4 gothique.
-
-R. 122 (ou 123).
-
- Je cite ainsi, dans ma note sur la punition de Paris en 1383,
- les registres du Trsor des Chartes portant les nos 122 et
- 123, etc., dont j'ai parl au commencement de cette mme note. Le
- second chiffre est celui de la pice.
-
-Recueil manuscrit des pitaphes de Paris.
-
- Il y a plusieurs copies manuscrites de ce Recueil (fait
- au XVIIe sicle) dans les bibliothques
- particulires. Le plus beau et le plus complet est la
- Bibliothque du Roi (Cabinet gnalogique). Je me suis servi d'un
- exemplaire en 3 vol. in-4, qui fait partie de mon cabinet. J'ai
- vu plusieurs exemplaires de ce Recueil o manquoient les pitaphes
- de l'glise Saint-Sverin.
-
-Reg. du parlement, plaid. civ.
-
- Voy. _Plaidoieries civiles_.
-
-Rues et glises de Paris.
-
- Les rues et glises de Paris, avec la dpense qui se fait chacun
- jour, etc., In-4 gothique. Voy. _Corrozet_.
-
-Sainte-Aulaire.
-
- La fauconnerie de Franois de Saincte-Aulaire, sieur de La Renodie
- en Prigort, gentilhomme Lymosin. Paris, 1619. In-4.
-
- L'auteur de ce livre trs-rare dit que son ouvrage a t revu en
- manuscrit par le conntable de Luynes.
-
-Sauval.
-
- Antiquits de Paris. Paris, 1724. 3 vol. in-fol.
-
-Secousse.
-
- Mmoires pour servir l'histoire de Charles II, roi de Navarre.
- Paris, Durand, 1758.--Recueil de pices servant de preuves aux
- mmoires, etc. Paris, 1755. 2 vol. in-4.
-
-Songe de Pestilence.
-
- Voy. _Modus_.
-
-Table des Mmoriaux de la chambre des comptes.
-
- Ces tables sont dposes aux Archives du royaume, et renvoient aux
- mmoriaux qui n'existent plus depuis les incendies du Palais. Il
- reste cependant quelques pices recopies sur des expditions ou
- sur des copies _vidimes_ prtes par des particuliers depuis les
- incendies, et aussi diffrens exemplaires d'extraits des mmoriaux
- faits diverses poques pour des magistrats.
-
-Taillevent.
-
- Voir, sur les manuscrits connus de cet ouvrage, l'introduction, p.
- XXXV.
-
- Quand je cite le Taillevent imprim, je parle de la premire des
- ditions du XVe sicle dcrite par M. Brunet,
- dont je possde le seul exemplaire connu (celui de MM. Baron et
- Huzard).
-
-Trsor de dom Villevieille.
-
- Extraits de chartes, cartulaires et autres documens historiques
- recueillis par dom Villevieille, et classs par noms de famille.
- Ce prcieux recueil est aujourd'hui au Cabinet gnalogique
- (partie de la Bibliothque royale confie la surveillance si
- comptente et si claire de M. Lon Lacabane).
-
-Trsor de sant.
-
- Le Thrsor de Sant, ou Message de la vie humaine, divis en
- dix livres, lesquels traictent de toutes sortes de viandes et
- breuvages; faict par un des plus clbres et fameux mdecins de ce
- sicle. Lyon, J. A. Huguetan, 1616, in-8.
-
- Il doit exister des exemplaires de cette dition avec la date de
- 1607, car le dernier feuillet porte: _A Lyon, de l'imprimerie
- d'Estienne Servain_, 1607.
-
- Il rsulte des termes de la ddicace de cet ouvrage, adresse
- par le libraire M. de Villars, premier prsident au parlement
- de Dombes, que l'auteur avoit dans ces matires une longue
- exprience _qui l'avoit approch_ (comme mdecin?) _de la premire
- et plus chre personne de ce royaume_ (du roi?), et n'avoit
- pas voulu tre nomm dans l'dition qu'il supposoit devoir
- tre faite de son livre. Il semble qu'il toit mort lorsque le
- libraire crivoit sa ddicace, et je crois cet ouvrage compos au
- XVIe sicle. Il est curieux et rare, et n'a pas
- t connu de Legrand d'Aussy.
-
-Trsor des chartes, 90, 131.
-
- Ces mots signifient: Registre 90 du Trsor des Chartes, pice 131.
-
-Trsor de Vnerie.
-
- Pome crit en 1394 par messire Hardouin de Fontaines, chevalier,
- seigneur de Fontaines-Gurin en Anjou. Je compte donner
- incessamment une dition avec notes trs-dtailles de cet ouvrage
- intressant pour l'histoire de la fin du XIVe
- sicle, et aussi pour la province d'Anjou.
-
- Plusieurs feuilles sont dj imprimes.
-
-Varits historiques.
-
- Varits historiques, physiques et littraires, ou recherches d'un
- savant, etc. Paris, Nyon, 1752. 6 parties en 3 tomes in-12.
-
- Recueil de dissertations dj imprimes dans des journaux du
- temps, et qui ne sont pas toutes du mme auteur, comme le titre
- prcdent pourroit le faire croire, mais bien de Lebeuf, Boucher
- d'Argis et autres.
-
-Venette (le carme Jean de), continuateur de Nangis.
-
- M. Graud, dans l'dition qu'il a donne, pour la Socit de
- l'Histoire de France, des _Chroniques de G. de Nangis et ses
- continuateurs jusqu'en 1368_, Paris, 1843-5, 2 vol. in-8, me
- semble avoir bien prouv que le carme Jean de Venette toit
- l'auteur de la dernire continuation de Nangis.
-
-Viandier.
-
- Je cite sous ce nom les articles 4 et 5 de la troisime
- distinction, except quand je parle du _Viandier de Taillevent_;
- dans ce cas, c'est l'ouvrage de Guillaume Tirel. Voy. _Taillevent_
- dans cette liste, et l'Introduction, p. XXXII.
-
-
-
-
-CORRECTIONS ET ADDITIONS.
-
-
-Tome I, page 3, ligne 1, au lieu de _au tel_, lisez _autel_ (pareil).
-
-Page 4, note, au lieu de _dix-huit_, lisez _dix-sept_.
-
-Page 71, note sur les jeux.
-
- Suivant l'auteur d'un article fort intressant et bien fait,
- insr dans le _Magasin pittoresque_ de fvrier 1847, p. 67, sur
- un volume trs-rare (intitul: _les trente-six Tableaux contenant
- tous les jeux qui se peurent jamais inventer..._ Paris, Nicolas
- Prvost, 1589, in-4 oblong, aujourd'hui en ma possession), le jeu
- de _pince-mrille_ toit analogue celui de _Je te pince sans
- rire_. On pinoit le bras en disant: _Mrille_ ou _Morille_. La
- partie de l'estampe du volume original qui me parot reprsenter
- le jeu de _pince-mrille_, est ainsi compose: trois jeunes filles
- sont assises: un garon les regarde, et pench vers elles, a la
- main gauche sur leurs genoux ou au moins tout prs. Sa main droite
- est tendue comme pour repousser ou loigner quelqu'un. Il tourne
- le dos un cinquime joueur plac distance, qui, le poing
- gauche sur la hanche et la main droite en avant, montre un ou
- plusieurs doigts, comme pour indiquer un nombre aux jeunes filles.
-
-Tome I, page 76, _Item_ l'en dit aussi que les roynes.... jamais ne
-baiseront hommes.
-
- Cependant la noblesse, qui s'est en gnral toujours rapproche
- le plus possible des moeurs de la cour, avoit des principes tout
- diffrens. En 1395, Jeanne de Champflory, femme de Pierre de
- Couveignon, cuyer, plaidant contre son mari, dont elle toit
- spare de fait, disoit qu'il toit devenu jaloux d'elle, _pour
- ce que, par manire des nobles, elle baisoit ses parens_ (_Plaid.
- civiles_, X, 500 et 604, v). Henri Estienne cite encore, dans son
- _Apologie pour Hrodote_ (1735, I, 81), un passage des sermons
- de Menot, relatif au mme usage: Si madamoiselle, dit-il, est
- en l'glise, et arrive quelque gentillastre, il faut (_pour
- entretenir les coustumes de noblesse_), encore que ce soit
- l'heure qu'on est en la plus grande dvotion, qu'elle se lve
- parmi tout le peuple, et qu'elle le baise bec bec. _Ad omnes
- diabolos talis modus faciendi!_ Cette mode ne fut cependant pas
- toujours universelle. Sauval raconte (II, 465), qu'une dame de
- Blois, faisant hommage d'un fief, refusa de baiser son suzerain
- la bouche, comme c'toit la coutume entre le seigneur et le
- vassal. Il en rsulta un procs que le suzerain perdit, et il fut
- dcid que l'hommage toit valable.
-
-Tome I, page 131, ligne 1, au lieu de _serait_, lisez _seroit_.
-
-Page 137, note sur Gilles Labat.
-
- Gilles Labat est dit procureur _gnral_ au parlement dans les
- lettres de rmission qu'il obtint en 1383: j'ai remarqu, t. II,
- p. 104, qu'il ne pouvoit avoir eu cette qualit et qu'il n'toit
- trs-probablement alors que procureur au parlement, comme il
- l'toit encore en 1385 (et en 1397). Je crois pouvoir expliquer
- maintenant comment Gilles Labat, qui n'toit videmment que
- _procureur_ au parlement, est qualifi de procureur _gnral_
- dans un acte man de la chancellerie, et qu'il est difficile
- de supposer fautif. Autrefois le mot _procureur_ signifioit
- simplement _fond de pouvoirs_, et on trouve chaque instant
- des gens de toutes qualits comparoissant, signant, etc., comme
- _procureurs_ de leurs amis. La qualit de _gnral_ ajout au
- mot procureur signifioit, dans certains cas, que le mandataire
- toit charg de toutes les affaires du mandant; mais elle
- pouvoit signifier aussi, quand elle s'appliquoit un procureur
- au parlement ou au Chtelet, qu'il toit par tat et non par
- occasion procureur ou mandataire _en gnral_. Cette assertion me
- parot justifie par le passage suivant d'une plaidoirie de 1394,
- qui s'applique, il est vrai, aux procureurs au Chtelet, mais
- qui permet de supposer que les procureurs au parlement, placs
- dans une position suprieure, pouvoient bien aussi recevoir,
- dans quelques occasions, l'pithte de _gnral_. Leur nombre
- tant d'ailleurs illimit, on conoit que cette pithte leur
- ait t encore plus utile qu'aux procureurs au Chtelet (limits
- quarante), pour se distinguer des procureurs ou mandataires
- spciaux:
-
- Toutes les cours qui ressortissent (au Chtelet) se gouvernent
- selon le stille de chastelet, et pour ce les procureurs qui sont
- _procureurs gnrals_ lans, qui ne font que fait de procuration
- devant le prvost, sont advocas s cours subjetes... En 1378
- ou environ, en Chastelet n'avoit point de nombre (_limit_) de
- procureurs, et pour ce que plusieurs inconvniens s'ensuivoient
- pour la multiplication, par le roy fu orden qu'il n'y aroit en
- Chastelet que quarante _procureurs gnraulx_. Ce fit messire
- Hugues Aubriot, et a dur quinze ans.
-
- Au reste, les procureurs au Chtelet et au Parlement toient plus
- habituellement dits _procureurs_ que procureurs gnraux (voir
- ci-aprs remarque sur la page 116, n 3). Le procureur gnral est
- ordinairement nomm le _procureur gnral du Roi_, et, le plus
- souvent, le _procureur du Roi_.
-
-Page 140, note sur le bailli de Tournay, au lieu de _Il est assez
-difficile_, etc., lisez:
-
- Il me semble que le bailli de Tournay, dont parle ici l'auteur du
- _Mnagier_, doit tre messire Tristan du Bos, personnage assez
- important au XIVe sicle, et premier bailli
- de Tournay. Il avoit d'abord t bailli de Lille, mais il fut
- rappel lors du mariage du duc de Bourgogne, et fait bailli de
- Vermandois. En 1383, il fut envoy par le Roi Tournay avec le
- comte de Sancerre et autres rformateurs, et nomm alors bailli
- de cette ville. Il est dit dans une plaidoierie de novembre 1385
- que le bailli de Tournay toit du conseil du roi et _sages homs_,
- et avoit gouvern plusieurs bailliages, ce qui s'applique bien
- messire Tristan du Bos, bailli de Lille, puis de Vermandois,
- et mentionn plusieurs fois (le 6 novembre 1392, etc.) comme
- assistant aux sances du Parlement, o viennent les princes et
- le grand conseil. Je crois que c'est bien lui qui figure en
- qualit de matre des requtes dans l'ordonnance de Vernon en date
- de fvrier 1388-9 sur l'organisation de la maison du roi. Les
- requtes de l'htel suivant partout le roi, il semble difficile
- qu'il ait pu cumuler l'emploi de matre des requtes avec celui
- de bailli de Tournay, et il y a lieu de croire qu'il fut nomm
- matre des requtes en mme temps qu'Henry Le Mazier (voy. p. 140)
- fut nomm bailli de Tournay. Il parot au reste avoir plus marqu
- comme magistrat que comme militaire, car les habitans de Tournay,
- pour prouver qu'ils pouvoient bien se dfendre sans bailli royal,
- disoient en fvrier 1394-5 que messire Tristan ayant voulu arrter
- un certain Louis Despis hors de Tournay, avoit vu massacrer
- les Tournisiens qui l'accompagnoient, et avoit t oblig de
- se rfugier dans le clocher de Wertaing. Dix mille habitans de
- Tournay avoient t, en armes, le tirer de l pour l'honneur
- du roi, puis arrter Louis Despis, et brler la ville qui lui
- avoit donn asile. En 1395, il toit prvt de l'glise d'Arras
- (_Plaid. civiles_, X, 483, 515). Messire Tristan du Bos ayant t
- longtemps bailli de Tournay et tant souvent venu Paris, avoit
- ncessairement eu occasion de se rencontrer avec l'auteur du
- _Mnagier_, magistrat comme lui, ainsi que je crois l'avoir prouv
- dans l'introduction. Il toit encore matre des requtes le 12
- novembre 1400 (_Matines_ III), et plaidoit, en mars 1400-1, pour
- la terre de Beaucamp, mouvante du seigneur de Heilly, qu'il avoit
- achete en 1398.
-
-Page 149, note sur le Sire d'Andresel.
-
- Des lettres de rmission, accordes en avril 1361 Jean de Melun
- seigneur de la Borde le Vicomte, lettres qui se trouvent dans le
- registre LXXXIX du _Trsor des Chartes_ (pice n
- 755) et qui m'ont t signales par M. Grsy, font connotre la
- nature de la rmission accorde Jean d'Andresel, et donnent en
- mme temps de nouveaux dtails sur sa position et sa conduite en
- 1359. Il est dit dans ces lettres que Jean d'Andresel, capitaine
- gnral de Brie, avoit soudoy un certain nombre de gens d'armes,
- pour rsister aux Anglois et Navarrois; mais que la supriorit
- des forces ennemies, et les grands frais qu'entranoit la runion
- d'un corps aussi considrable l'avoient dcid le dissoudre,
- et renvoyer les gens d'armes dans leurs garnisons. Il avoit
- ordonn, du consentement des habitans du pays, que les gens
- d'armes seroient pays de leurs gages au moyen d'un subside lev
- par feu dans le pays de Brie, l'impt pay par chaque localit
- tant spcialement et directement affect au payement d'un corps
- dsign d'avance; chaque garnison devoit se tenir prte marcher
- au premier ordre. On conoit qu'un pareil arrangement ait donn
- lieu plusieurs dsordres, plusieurs violences de la part des
- gens d'armes quand l'imposition ne leur toit pas rgulirement
- paye; c'est ce qui toit arriv Jean de Melun pour les
- troupes sous ses ordres, et il me parot vident que la lettre
- de rmission accorde Jean d'Andresel devoit avoir (comme je
- l'avois pressenti) un semblable motif.
-
- On trouve dans Rymer (d. de 1830 T. III), plusieurs pices
- intressantes sur le sjour de Jean d'Andresel en Angleterre. Il
- promit d'abord, avec les autres otages, le 20 fvrier 1361-2, sur
- son honneur et tat de chevalerie, d'tre loyal otage au roi
- d'Angleterre, de taire ses secrets, de demeurer dans une ville ou
- cit quelconque, et de n'en sortir qu'avec la permission du roi,
- sauf qu'il lui toit permis d'en sortir le matin pour s'battre,
- et d'y rentrer au soleil couchant.
-
- Le 13 mai 1363, Jean d'Andresel, tant aux Jacobins de Londres,
- reut licence et cong d'aller en France _pour aucunes grosses
- besognes touchant la paix_. Il promit cette occasion de ne
- pas s'armer contre l'Angleterre pendant le sjour qu'il alloit
- faire en France, _et de remettre son corps en otage en la cit de
- Londres_ au plus tard le jour de la Toussaint. Ce fut au reste
- malgr le roi Jean qu'il obtint cette mission. Ce prince avoit
- crit le 26 janvier au roi d'Angleterre, de Villeneuve-ls-Avignon
- o il toit alors, qu'il avoit vu le trait fait entre
- l'Angleterre d'une part, et le duc d'Orlans, ses enfans et son
- conseil de l'autre, et qu'il le confirmoit, sauf qu'il dsiroit
- voir dlivrer Pierre d'Alenon, le comte Dauphin d'Auvergne
- et le sire de Coucy, au lieu du comte de Grantpr, du sire de
- Clere et du _sire d'Andresel_. Le roi d'Angleterre ayant refus
- cet change, le roi lui crivoit encore, le 13 mars[104], qu'il
- confirmoit le trait malgr son refus, mais qu'il n'auroit pas cru
- _que de si petit de chose il lui dt faillir_.
-
- Froissart a dit que plusieurs des otages du roi Jean n'excutrent
- pas loyalement leurs promesses. Je ne sais si ce reproche est
- fond pour quelques-uns, mais il ne sauroit, en tout cas,
- s'appliquer au sire d'Andresel. C'est ce que prouve la pice
- suivante en date du 16 juin 1365, qui prononce la mise en libert
- dfinitive de Jean d'Andresel dans des termes bien honorables pour
- sa loyaut:
-
- Le Roy, au noble homme Johan sire d'Andresel, salutz. Par
- contemplation de nostre trs-cher et trs-am frre le duc
- d'Orliens, veuilliantz faire vous faveur, desport, et grace
- espcial, de nostre certeine science nous confessons que vous avez
- bien et loialment tenuz par devers nous hostage depuis le temps
- que vous nous estoiez baille parmy la paix.
-
- Et des ore nous vous dlivrons pleinement dudit hostage, et vous
- quitons et absolvons par ces prsentes lettres de toutes promesse,
- foits, seremens, obligations et convenances que fait nous avez
- cause dudit hostage.
-
- Et volons et consentons et nous pleist que vous soietz des ore en
- avant francs de vostre persone comme quites et dlivres plein
- dudit ostage.
-
- Promettans par nostre foy et serement les choses dessusdites
- et chascune d'icelles tenir et garder, et noun venir encontre:
- toutes autres obligations, promesses, convenances... faites
- nous et nos heirs par ladite paix et quantque est compris s
- lettres sur ceo faites demourants toutdis en leur effect, force et
- vertu; asqueles, quant as choses qui ne touchent vostre prsente
- dlivrance, nous ne volons que aucun prjudice se puisse faire en
- temps venir cause de cestes nos letres.
-
- Qui furent faites et donns nostre chastel de Wyndesore, le
- 16e jour de juyn, l'an de grce mil trois cent soixante et
- quint, et de nostre rgne le trente neofisme. (_Rymer_, _d.
- 1830_, t. III, p. 604, 685, 694, 700 et 774.)
-
-Tome I, page 171. Supprimez la note 1.
-
- Voir sur les tranchoirs les nombreux passages indiqus la table.
-
-Tome I, pages 173 et 174, note sur les verrires.
-
- Quoique le verre ft relativement d'un assez haut prix la fin du
- XIVe sicle, il me parot tonnant que l'auteur
- du _Mnagier_, videmment riche, n'ait pas eu de fentres vitres.
- M. Champollion a cit dans ses _d'Orlans_ (IIIe partie, p.
- 13), divers documens desquels il rsulte qu'un panneau de verre
- neuf cotoit 4 sols le pied (quarr?) quand il toit peint
- simplement (portant une devise), et 3 sols 6 deniers quand il
- toit sans aucun ornement. En tenant compte de la dprciation de
- l'argent, 3 sols six deniers ne peuvent pas reprsenter plus de 7
- francs de notre monnoie. Il semble donc que c'toit une dpense
- abordable pour les fortunes moyennes. En 1395, Idete des Mars,
- femme en premires noces de matre Jean de Fontaines (voir T. II,
- p. 119), et, en secondes, de Jean Thomas, et fille du clbre
- Jean des Mars dcapit en 1383, louoit 20 francs par an une
- maison dans laquelle il y avoit des fentres vitres (voir mon
- _Mmoire sur les Maillotins_). Comment donc l'auteur du _Mnagier_
- se contentoit-il de parchemin?
-
-Tome I, page 174, ligne 1, Table drcies.
-
- Les tables toient donc alors seulement poses sur des trteaux.
-
-Tome I, page 221, note 1re, sans doute l'auteur du _Liber de amore_.
-
- Je n'ai cependant pas trouv ces passages dans le _Livre d'amours
- auquel est relate la grant amour et faon par laquelle Pamphille
- peut jouyr de Galathe, et le moyen qu'en fist la maquerelle_.
- Paris, Vrard, 1494, in-fol.--Les passages cits dans le
- _Mnagier_ doivent donc tre tirs d'un des autres auteurs cits
- dans le Manuel du Libraire au mot _Pamphile_.
-
-Tome II, page 32, vers 1, Et de ceulx qui vestent les rois.
-
- On lit dans Christine de Pisan, p. 93 de l'dition Poujoulat:
-
- Il rencontra un de ces ribaulz _vestus d'une roiz_ qui par chemin
- souloyent aler.
-
- L'auteur de la traduction qui est au bas de la page a rendu ce mot
- par _blouse_. Je ne sais sur quoi il a fond cette interprtation.
-
-Tome II, page 38, colonne 1, vers 22,.... en el.
-
- Dans ce lieu, l dedans.
-
-Tome II, page 59, ligne 20,.... de males sanglantes fivres.
-
- L'pithte de sanglant toit frquemment employe dans les
- invectives, sans qu'on puisse bien s'en expliquer le motif.
- C'est ainsi qu'on voit dans le rcit d'une querelle de Pierre de
- Lesclat, clbre conseiller au parlement et confident du duc de
- Berry, avec Raoul Drobille, procureur au parlement, ce dernier
- dire Pierre: _Je ne doubte toy ne ton povoir! un sanglant ....
- en ta gorge!_ Je crois que c'est de l qu'est reste l'expression
- d'_injure sanglante_.
-
-Tome II, page 64, ligne 12, Par engins d'aisselles.
-
- Ce doit tre sans doute le pige connu sous le nom de
- _quatre-de-chiffre_.
-
-Tome II, page 73, ligne 6, Ne bube ne malen.
-
- Peut-tre faut-il lire _mal en_ (mal dedans, _malum ints_).
-
-Tome II, page 89, ligne 7, D'autre part, de l'eaue.
-
- Mettez deux points aprs _l'eaue_.
-
-Tome II, page 90, ligne 21, La saison des truites commence en....
-
- Supplez _mars ou mai_, suivant ce qui est dit p. 190.
-
-Tome II, pages 94 et 97.
-
- Les menus VI et XII sont les mmes, quelques variantes prs.
-
-Tome II, page 96, menu X.
-
- C'est un dner de poisson et non de chair, et ce menu est,
- trs-peu de chose prs, le mme que le XXIVe.
-
-Tome II, page 99, menu XV, Brouet lard.
-
- Peut-tre est-ce une faute pour _bouli lard_.
-
-_Ib._ Cine (cygne).
-
- Ce pourroit tre civ.
-
-Tome II, page 100, menu XVI, Drois au persil.
-
- On appeloit _droits_, en fait de venaison, certains morceaux
- recherchs qu'on mettoit part pour le seigneur ou matre
- d'quipage quand on dfaisoit le cerf.
-
-Tome II, page 103, n. 1.
-
- Au lieu de _gros poisson sal_, lisez: marsouin, dit encore en
- anglois _purpoise_. Voy. p. 198.
-
-Tome II, pages 104 et 105, note sur l'abb de Lagny.
-
- J'ai encore vu un abb de Lagny assistant l'ouverture du
- parlement le 2 janvier 1387-8.
-
- L'abb nomm dans le _Mnagier_ ne peut tre le second (Pierre
- II) cit dans la _Gallia christiana_. Il est parl en effet,
- dans une plaidoierie du 18 mai 1391, du prieur de Saint-Thibaut,
- _ prsent_ abb de Lagny. Ces mots indiquent que ce prieur toit
- devenu abb en 1390 ou 91. L'abb de Lagny vivant en 1379 n'toit
- donc plus la tte de cette abbaye en 1396.
-
-Tome II, page 113, note sur la Pierre-au-Lait.
-
- La position que j'ai assigne ce lieu est confirme par deux
- passages des comptes de la prvt de Paris donns par Sauval
- (III, 279 et 348), dans lesquels cet emplacement est dit tenir
- la ruelle Jean Lecomte (rue Trognon, comme l'a dit Jaillot,--voir
- Corrozet, 1543,--et non rue d'Avignon, comme l'a cru M. Graud),
- et faire face la ruelle du porche Saint-Jacques. Remarquons
- encore que cette position est encore la mme que celle indique
- par Jaillot pour la fin du XVIIIe sicle (Voy.
- Paris sous Philippe le Bel, p. 257).
-
- Il est parl plusieurs reprises de la Pierre-au-Lait dans les
- contes d'Eutrapel. Nol du Fail, auteur de ce curieux ouvrage,
- dit que c'toit de son temps un lieu mal hant et habit par des
- escrocs (f 42 de l'd. de 1585). Il appelle aussi chevins de la
- _Pierre-au-Lait_ des gens habiles tricher au jeu.
-
-Tome II, page 116, htel de Beauvais.
-
- Sauval a dit, t. II, p. 109, qu'il ignoroit o toit l'htel des
- vques de Beauvais. Il parot qu'il le dcouvrit depuis, car
- on lit au tome III de ses _Antiquits de Paris_, p. 260, dans
- les comptes de la prvt de Paris que cet htel toit rue du
- _Meurier_ (du franc mrier). Cette rue tant parallle et peu de
- distance de celle des Billettes, il y a lieu de croire que l'htel
- de Beauvais avoit des portes sur chacune de ces rues.
-
-Tome II, page 116, note 3.
-
- Ce Jean Duchesne est qualifi procureur gnral (et ailleurs
- _procureur_; voy. p. LXXVIII) au Chtelet, dans un
- arrt du 5 fvrier 1400-1, qui confirma une sentence du prvt
- de Paris dont il avoit appel. Il avoit demand rembourser,
- moyennant 42 florins l'cu, 60 sous ou 3 livres de rente qu'il
- payoit annuellement Louis Blanchet, seigneur de la Queue en Brie
- et premier secrtaire du roi, sur une maison avec dpendances
- qu'il avoit Romainville.
-
-Tome II, p. 118, note 3.
-
- Ajoutez: Le Ms. du roi, fonds latin, 4641 B, contient la
- bndiction et le formulaire du crmonial usits en cette
- occasion; je les donne ici, quoiqu'ils puissent se trouver dans
- d'anciens ouvrages liturgiques.
-
- _Bndictio thalami ad nuptias et als._ (alis?)
-
- Benedic, Domine, thalamum hunc et omnes habitantes in eo, ut
- in tua voluntate permaneant, requiescant et multiplicentur in
- longitudinem dierum. Per Christum, etc.
-
- _Tunc thurificet thalamum in matrimonio, postea sponsum et
- sponsam sedentes vel jacentes in lecto suo. Benedicentur dicendo_:
-
- Benedic, Domine, adolescentulos istos; sicut benedixisti Thobiam
- et Sarram filiam Raguelis, ita benedicere eos digneris, Domine,
- ut in nomine tu vivant et senescant, et multiplicentur in
- longitudinem dierum. Per Christum, etc.
-
- Benedictio Dei omnipotentis, Patris et Filii et Spiritus sancti
- descendat super vos et maneat semper vobiscum. In nomine Patris,
- etc.
-
-Tome II, p. 119, l. 20, Matre Jean de Fontaines.
-
- C'est sans doute le gendre du clbre Jean des Mars. (Voir
- ci-dessus remarque sur la page 173 du tome I.)
-
-Tome II, p. 129, l. 10.
-
- Supprimez la virgule aprs _Nota_.
-
-Tome II, page 134, note 1.
-
- _lire_ ne peut signifier ici _cosser_, puisqu'il s'agit de vieux
- pois, mais bien _choisir_, _plucher_.
-
-Tome II, page 139, ligne 9, L'en connot les fves des marais.... et
-les fves des champs, etc.
-
- Je pense que les fves des champs sont les _haricots_
- d'aujourd'hui, dsigns encore quelquefois sous le nom de _fves_.
-
-Tome II, p. 154, note 3.
-
- Lisez _feuillet_ d IV v, au lieu de _feuille_, etc.
-
-Tome II, p. 181, l. 26, le Saupiquet.
-
- Il y avoit en 1401, Melun, une prison dite _Saupiquet_, (sans
- doute par une allusion factieuse cette sauce) _dans laquelle on
- ne se pouvoit tourner_ (Matines III, 68).
-
-Tome II, page 181, note 2.
-
- Ajoutez: Ou jaunie par la cuisson? L'acception la plus ordinaire
- du mot tann est celle de _couleur de tan_ (feuille morte).
-
-Tome II, p. 202, note 3, sur le mot _auques_, au lieu de _presque_
-lisez _aussi_.
-
-Tome II, page 251, n. 5, Et des poales Villedieu.
-
- Ce bourg de Normandie est encore nomm sur les cartes
- _Villdieu-les-poles_. Il y a la Bibliothque royale
- (Manuscrits) d'anciens statuts des poliers de Villedieu.
-
-Tome II, p. 253, n. 5, Dans une curieuse chanson....
-
- Voici le dernier couplet qui parot avoir t omis par une mprise
- de l'imprimeur dans les _Chroniques de Saint-Denis_:
-
- L'an mil CCC IIIxx,
- La veille de la Chandeleur,
- Par les clers et maistres divins
- Fus emprisonns douleur.
- Je croy souvent mues couleur
- Quant ne pues aler ne l;
- _Envis muert qui apris ne l'a_.
-
- On trouve la suite de cette pice deux rondeaux relatifs
- l'infortun prvt.
-
- _Rondel responce H. Aubriot._
-
- Cent mil fois je vous mercy
- De vostre vraie escripture.
- Semblant me monstrez d'amer, cy:
- Cent mil, etc.
- Mais je ne puis trouver mercy,
- L'universit m'est trop dure:
- Cent mil, etc.
-
- _Autre Rondel._
-
- Je croy bien que c'est par mon vice
- Que Dieu cy durement m'acule.
- Oncques-mais d'homme ne vy ce;
- Je crois bien, etc.
- Car je ressemble l'escrevisse:
- Quand je cuide aler je recule.
- Je crois bien, etc.
-
-Tome II, page 318, note 4, ligne 9, Suivoient en volant les chiens
-pendant la qute.
-
- Cette remarque ne s'applique qu'au vol des champs, ou chasse de la
- perdrix, car, pour d'autres chasses, celles au hron ou au milan
- par exemple, cela se passoit diffremment. On en peut voir le
- dtail dans d'Arcussia.
-
-Tome II, page 322, note 4.
-
- Ajoutez: Ou peut-tre comme on l'a expliqu au commencement de ce
- trait.
-
-Tome II, TABLE.
-
- A l'article: _Additions faites au_, etc., ajoutez: _b_, 245.--Aux
- articles AUBRIOT, _Sa maison_ et AYALA,
- ajoutez: _b_, 380.--Ajoutez: _b_, 381, aux articles BOS
- (Tristan du), _Flandres_ et FROISSART, et _b_, 382,
- _Estampes et Gingembre_.--Aprs BOILEAU, etc., ajoutez:
- BONAMY, cit, _b_, 380.
-
-
-(Voir page 380 du tome II, un _supplment aux corrections_).
-
-[Illustration]
-
-
-
-
-LE MNAGIER DE PARIS.
-
-
-
-
-PROLOGUE.
-
-
-Chre seur, pour ce que vous estant en l'aage de quinze ans et
-la sepmaine que vous et moy feusmes espouss, me priastes que je
-espargnasse vostre jeunesse et vostre petit et ygnorant service
-jusques ce que vous eussiez plus veu et apris; laquelle appresure
-vous me promectiez de entendre songneusement et mectre toute vostre
-cure et diligence pour ma paix et amour garder, si comme vous disiez
-bien saigement par plus sage conseil, ce croy-je bien, que le vostre,
-en moy priant humblement en nostre lit, comme en suis recors, que pour
-l'amour de Dieu je ne vous voulsisse mie laidement corrigier devant
-la gent estrange ne devant nostre gent aussy, mais vous corrigasse
-chascune nuit ou de jour en jour en nostre chambre et vous ramentusse
-les descontenances ou simplesses de la journe ou journes passes et
-vous chastiasse se il me plaisoit, et lors vous ne fauldriez point
-vous amender selon ma doctrine et correction et feriez tout vostre
-povoir selon ma voulent, si comme vous disiez. Si ay tenu grant
-bien et vous loe et say bon gr de ce que vous m'en avez dit et m'en
-est depuis souventes fois souvenu. Et sachez sur ce, chre seur,
-que tout quanques je say que vous aiez fait puis que nous fusmes
-maris jusques cy et tout quanques vous ferez en bonne intention m'a
-est et est bon et me plaist et m'a bien pleu et plaira. Car vostre
-jeunesse vous excuse d'estre bien saige et vous excusera encores en
-toutes choses que vous ferez en intention de faire bien et sans mon
-desplaisir. Et sachiez que je ne pren pas desplaisir, mais plaisir,
-en ce que vous aurez labourer rosiers, garder violettes, faire
-chappeaulx, et aussi en vostre dancer et en vostre chanter et vueil
-bien que le continuez entre nos amis et nos pareilz et n'est que bien
-et onnestet de ainsi passer l'aage de vostre adolescence fminine,
-toutesvoies sans dsirer ne vous offrir repairier en festes ne dances
-de trop grans seigneurs, car ce ne vous est mie convenable, ne affrant
- vostre estat, ne au mien. Et quant au service que vous dictes que
-vous me feriez voulentiers plus grant que vous ne faictes se vous le
-sceussiez faire et que je le vous apreigne, sachez, chre seur, qu'il
-me souffist bien que vous me faciez au tel service comme vos bonnes
-voisines font leurs mariz qui sont pareilz nous et de nostre estat
-et comme vos parentes font leurs mariz de pareil estat que nous
-sommes. Si vous en conseillez privement elles et aprs leur conseil
-si en faictes ou plus ou moins selon vostre vouloir. Car je ne suis
-point si oultrecuid ce que je sens de vous et de vostre bien que
-ce que vous en ferez ne me souffise assez et de tous autres services
-aussi, mais que il n'y ait barat, mesprisement ou desdaing, mais de ce
-vous gaittiez. Car jasoit-ce, belle seur, que je congnoisse bien que
-vous soiez de greigneur lignaige que je ne suis, toutesvoies ce ne vous
-garantiroit mie, car, par Dieu, les femmes de vostre lignaige sont si
-bonnes que sans moy et par elles mesmes seriez-vous asprement corrige
-se elles le savoient par moi ou autrement; mais en vous ne fais-je
-point de doubte; je suis tout asseur de vostre bien. Et toutesvoies,
-jasoit-ce, comme j'ay dit, que moy ne appartiengne fors un petit de
-service, si vouldroie-je bien que vous sceussiez du bien et de l'onneur
-et de service grant plant et foison et plus que moy n'appartient,
-ou pour servir autre mary se vous l'avez aprs moy, ou pour donner
-plus grant doctrine vos filles, amies ou autres, se il vous plaist
-et en ont besoing. Et tant plus saurez, tant plus d'onneur y aurez et
-plus los en seront vos parens et moy aussi et autres entour qui vous
-aurez est nourrie. Et pour vostre onneur et amour, et non mie pour
-moy servir, (car moy ne convient mie service fors le commun, encores
-sur le moins) ayant piteuse et charitable compassion de vous qui
-n'avez, de long temps a, pre ne mre, ne icy aucunes de vos parentes
-prs de vous, ne qui de vos prives ncessits vous puissiez avoir
-conseil ne recours fors moy seul pour qui vous avez est traicte de
-vostre parent et du pas de vostre nativit, ay pens plusieurs fois
-et intervalles se je peusse ou sceusse trouver de moy mesmes aucune
-gnralle introduction lgire pour vous aprendre et par laquelle,
-sans moy donner telle charge comme dessus est dit, par vous mesmes
-vous peussiez introduire parmy vostre paine et labour. Et la fin me
-semble que se vostre affection y est telle comme vous m'avez monstr le
-semblant par vos bonnes paroles, il se peut acomplir en ceste manire,
-c'est assavoir que une leon gnrale vous sera par moy escripte, et
-vous baille sur trois distinctions contenans dix-neuf[105] articles
-principalment.
-
-
-LA PREMIRE DISTINCTION.
-
-La premire distinction d'icelles trois est ncessaire pour acqurir
-l'amour de Dieu et la salvacion de vostre me et aussi ncessaire pour
-acqurir l'amour de vostre mary et donner vous en ce monde la paix
-que l'en doit avoir en mariaige. Et pour ce que ces deux choses, c'est
-assavoir la salvacion de l'me et la paix du mary, sont les deux choses
-plus principalment ncessaires qui soient, pour ce sont-elles mises cy
-premirement. Et contient icelle premire distinction neuf articles.
-
-Le premier article parle de saluer et regracier Nostre Seigneur et sa
-benoite mre vostre esveillier et vostre lever et de vous atourner
-convenablement.
-
-Le second article est de vous accompaigner convenablement, aler
-l'glise, eslire place, vous saigement contenir, or messe et vous
-confesser.
-
-Le tiers article est que vous amez Dieu et sa benoite mre et
-continuellement les servez et vous mectez et tenez en leur grce.
-
-Le quart article est que vous gardez continence et vivez chastement
-l'exemple Susanne, Lucresse et autres.
-
-Le quint article que vous soiez amoureuse de vostre mary (soit moy ou
-autre) l'exemple de Sarre, Rbecque, Rachel.
-
-Le sixiesme article que vous soiez lui humble et obissant
-l'exemple de Grisilidis, de celle qui ne voult rescourre son mary de
-noyer, et la mre Dieu qui respondit _fiat_, etc., de Lucifer, du
-puys, du bailly de Tournay, des religieux et des maris, de madame
-d'Andresel, de Chaumont, de la Romaine.
-
-Le septiesme que vous soiez curieuse et songneuse de sa personne.
-
-Le huitiesme que vous soiez taisant pour celer ses secrets l'exemple
-de Papire, de celle qui pont huit eufz, de celle de Venise, de celle
-qui revint de Saint Jaques et de l'advocat.
-
-Le neuviesme et derrenier article est que se vostre mary s'essoie
-de foloyer ou foloye, que sans rigueur mais doulcement, saigement
-et humblement vous l'en retrayez comme Mellibe et dame Jehanne la
-Quintine.
-
-
-LA SECONDE DISTINCTION.
-
-La seconde distinction est ncessaire pour le prouffit du mesnage
-acroistre, acqurir amis et sauver le sien; pour secourir soy et aider
-contre les males fortunes de la vieillesse venir, et contient six
-articles.
-
-Le premier article est que vous aiez soing de vostre mesnaige,
-diligence et persvrance et regard au labour: mectez peine y prendre
-plaisir et je feray ainsi d'autre part afin d'advenir au chastel dont
-il est parl.
-
-Le second article est que au moins vous prenez vostre esbatement et
-vous sachiez aucun peu congnoistre en curtilliage et jardinaige, enter
-en la saison et garder roses l'iver.
-
-Le tiers article est que vous sachiez choisir varlets, portefais,
-aides ou autres fortes gens pour faire les dures besongnes qui d'eure
-en autre se pevent achever et aussi laboureurs, etc. Et en oultre
-cousturiers, cordouaniers, boulengiers, pasticiers, etc. Et par
-espcial varlets et chambrires d'ostel embesongner grains tribler
-et remuer, robes nectier, venter et essorer, commander vos gens de
-penser des brebis, des chevaulx: garder et garir vins.
-
-Le quart article est que vous, comme souverain maistre de vostre
-hostel, sachiez ordonner disners, soupers, ms et assietes, congnoistre
-le fait du bouchier, du poullaillier et savoir congnoistre les espices.
-
-Le quint article que vous sachiez commander, ordonner, deviser et faire
-faire toutes manires de potaiges, civs, saulses et toutes autres
-viandes; idem pour malades.
-
-
-LA TROISIME DISTINCTION.
-
-La troisiesme distinction est de jeux et esbatemens aucunement plaisans
-pour avoir contenance et manire de parler et tenir compaignie gens
-et contient trois articles.
-
-Le premier article est tout de demandes d'esbatemens qui par le sort
-des dez, par rocs et par roys sont avres et respondues par estrange
-manire.
-
-Le deuxiesme article est de savoir nourrir et faire voler l'esprivier.
-
-Le tiers article est d'aucunes autres demandes qui regardent compte et
-nombre et sont subtilz trouver ou deviner[106].
-
-[Illustration]
-
-
-
-
-LE MNAGIER DE PARIS.
-
-
-
-
-PREMIRE DISTINCTION.
-
-
-
-
-ARTICLE PREMIER.
-
-
-Le commencement et premier article de la premire distinction parle de
-adourer et du lever; lequel vostre lever doit estre entendu matin. Et
-matin, en l'entendement que l'en peut prendre selon la matire dont
-nous avons traictier, est dit de matines. Car ainsi comme entre nous
-gens ruraulx disons le jour depuis l'aube du jour jusques la nuit, ou
-du soleil levant jusques soleil couchant, les clercs qui prennent
-plus subtillement dient que c'est le jour artificiel; mais le jour
-naturel qui tousjours a vint quatre heures se commence mienuit et
-fine la mienuit ensuivant. Et pour ce que j'ay dit que matin est dit
-de matines, je l'entens avoir dit pour ce que adonc sonnent les matines
-pour faire relever les religieux pour dire matines et loenges Dieu,
-et non mie pour ce que je vueille dire que vous, belle seur, ne les
-femmes qui sont maries, vous doiez lever celle heure. Mais je le
-vueille bien avoir dit pour ce que se ycelle heure vous oez sonner
-matines vous louez adont et saluez Nostre Seigneur d'aucun salut,
-prire ou oroison avant ce que vous vous rendormez; car ce propos
-sont cy aprs propres oroisons ou prires. Car, soit celle heure de
-matin ou au matin du jour, j'ay cy escript deux oroisons pour vous
- dire Nostre Seigneur, et deux autres Nostre Dame propres pour
-esveiller ou lever. Et premier s'ensuit celle de mienuit par laquelle,
-en ycelle disant, vous regraciez Nostre Seigneur de ce que de sa grce
-il vous a donn venir jusques celle heure. Et direz ainsi:
-
- Gracias ago tibi, Domine, etc.
-
-C'est dire en franois: Beau sire Dieu tout puissant qui es un seul
-en Trinit, qui estois, es et seras en toutes choses Dieu benoist par
-les sicles, je te rens grce de ce que tu m'as daign trespasser
-ds le commencement de ceste nuit jusques aux heures matinaulx, et
-maintenant je te requiers que tu me daignes, par ta sainte misricorde,
-ce jour trespasser sans peschi, tellement que au vespre je te puisse
-comme mon Dieu et mon Seigneur regracier, adourer et donner salut.
-
-Item s'ensuit l'autre oroison Nostre Seigneur en disant:
-
- Domine, sancte pater, etc.
-
-C'est dire en franois: Beau sire Dieu tout puissant et pre
-pardurable qui m'as donn parvenir au commencement de ceste journe par
-ta saincte vertu, garde moy d'encourir en aucun pril, si que je ne
-puisse dcliner aucun mortel pchi, et que par ton doulx atrempement
-ma pense soit adrce ta saincte justice et voulent faire.
-
-Item s'ensuit les deux oroisons Nostre Dame, et premirement:
-
- Sancta Maria, mater Domini, etc.
-
-C'est dire en franois: Marie, sainte mre de Nostre Seigneur
-Jhesu-Crist, s mains de ton benoit filz et de toy command-je huy et
-tout temps mon me, mon corps et mon sens. Sire, garde moy de tous
-vices, de tous pchis et de toute temptacion d'ennemy et me dlivre
-de tous prilz. Sire doulx Jhesu-Crist, aide moy et me donne sant
-d'me et de corps, donne moy voulent de bien faire, en ce sicle
-vivre justement et bien persvrer. Octroie moy rmission de tous mes
-pchis. Sire, sauve moy en veillant, garde moy en dormant afin que je
-dorme en paix et veille en toy en la gloire de paradis.
-
-Item s'ensuit l'autre oroison Nostre Dame qui est toute en franois:
-
-O trs certaine esprance, dame deffenderesse de tous ceulx qui s'y
-attendent! Glorieuse vierge Marie, je te prie maintenant, que en icelle
-heure que mes yeulx seront si aggravs de l'obscuret de la mort que
-je ne pourray veoir la clart de ce sicle, ne me pourray mouvoir la
-langue pour toy prier ne pour toy appeller et que mon chitif cuer qui
-est si foible tremblera pour la paour des ennemis d'enfer et sera si
-angoisseusement esbahis que tous les membres de mon corps defondront en
-sueur pour la peine de l'angoisse de la mort, lors, dame trs doulce et
-trs piteuse, me daignes regarder en piti et moy aidier voir avec
-toy la compaignie des anges et aussi la chevalerie de paradis, et que
-les ennemis troubls et espovents de ton secours ne puissent avoir
-aucun regart, prsumpcion ou souspeon de mal l'encontre de moy,
-ne aucune esprance ou puissance de moy traire ou mettre hors de ta
-compaignie. Mais, trs dbonnaire dame, te plaise lors souvenir de
-la prire que je te fais orendroit, et reoy m'me en ta benoite foy,
-en ta garde et en ta deffense, et la prsente ton glorieux filz pour
-estre vestue de la robe de gloire et accompaigne la joieuse feste
-des anges et de tous les sains. O dame des anges! O porte de paradis!
-O dame des patriarches, des prophtes, des apostres, des martirs, des
-confesseurs, des vierges et de tous les sains et sainctes! O estoille
-de matin plus resplendissant que le soleil et plus blanche que la noif!
-Je joing mes mains et eslieve mes yeulx et flchis mes genoulz devant
-toy! Dame trs dbonnaire, pour icelle joie que tu eus quant ta sainte
-me se parti de ton corps sans doubte et sans paour et fut porte
-prsens les anges et archanges et en chantant prsente ton glorieux
-filz et receue et hberge en la joie pardurable, je te prie que tu
-me secoures et me viengnes au devant en icelle heure qui tant fait
-doubter. Quant la mort me sera si prs, dame, soies m'me confort
-et refuge et entens curieusement la garder, si que les ennemis trs
-crueux d'enfer qui tant sont horribles veoir ne me puissent mettre
-au devant les pchis que j'ay fais, mais iceulx soient premirement
-ta prire moy pardonns et effacis par ton benoit enfant, et soit
-mon me par toy, trs doulce dame, prsente ton benoit fils et
-ta prire mise la possession du repos pardurable et de la joie qui
-jamais ne fauldra! Amen.
-
-Ces oroisons povez-vous dire matines, ou vostre esveillier du
-matin, ou l'un et l'autre, en vous levant et vestant, et aprs
-vostre vestir, tout est bien, et que ce soit jeun et avant toute
-autre besongne. Mais pour ce que j'ay dit en vous vestant, je vueil
-en cest endroit un petit parler de vestemens. Sur quoy, chre
-seur, sachiez que se vous voulez ouvrer de mon conseil, vous aurez
-grant regard et grant advis aux facults et puissances de vous et
-de moy selon l'estat de vos parens et des miens entour qui vous
-aurez frquenter et repairier chascun jour. Gardez que vous soiez
-honnestement vestue, sans induire nouvelles devises et sans trop ou pou
-de bouban. Et avant que vous partiez de vostre chambre ou ostel aiez
-paravant avis que le colet de vostre chemise, de vostre blanchet ou
-de vostre coste ou surcot[107] ne saillent l'un sur l'autre, comme il
-est d'aucunes yvrongnes, foles ou non sachans qui ne tiennent compte de
-leur honneur ne de l'onnestet de leur estat ne de leurs maris, et vont
-les yeulx ouvers, la teste espoventablement leve comme un lyon, leurs
-cheveulx saillans hors de leurs coiffes, et les colez de leurs chemises
-et cottes l'un sur l'autre et marchent hommassement et se maintiennent
-laidement devant la gent sans en avoir honte. Et quant l'en leur en
-parle, elles s'excusent sur diligence et humilit et dient qu'ils
-sont si diligens, labourieuses et si humaines qu'elles ne tiennent
-compte d'elles, mais elles mentent: elles tiennent bien si grant
-compte d'elles que s'elles estoient en une compaignie d'onneur, elles
-ne vouldroient mie estre moins servies que les sages leurs pareilles
-en lignaige, ne avoir moins des salutacions, des inclinacions, des
-rverences et du hault parler que les autres, mais plus, et si n'en
-sont pas dignes quant elles ne scevent garder l'onnestet de l'estat,
-non mie seulement d'elles, mais au moins de leurs maris et de leur
-lignaige qui elles font vergongne. Gardez donc, belle seur, que vos
-cheveulx, vostre coiffe, vostre cueuvrechief et vostre chapperon[108]
-et le surplus de vos atours soient bien arengement et simplement
-ordens et telement que aucuns de ceulx qui vous verront ne s'en
-puissent rire ne moquer, mais doit-l'en faire de vous exemple de bon
-arroy, de simplesse et de honnestet toutes les autres; et ce vous
-doit souffire quant ce premier article.
-
-
-
-
-LE SECOND ARTICLE.
-
-
-Le second article dit que l'aler en ville ou au moustier vous
-accompaigniez convenablement selon vostre estat et par espcial avec
-preudes femmes et fuiez compaignie souspeonneuse et jamais femme
-souspeonneuse ne approchiez, ne ne souffrez en vostre compaignie; et
-en alant ayant la teste droite, les paupires basses et arrestes et
-la veue droit devant vous quatre toises et bas terre, sans regarder
-ou espandre vostre regard homme ne femme qui soit destre ou
-senestre, ne regarder hault, ne vostre regard changer en divers lieux
-muablement, ne rire, ne arrester parler aucun sur les rues. Et
-se vous estes venue l'glise, eslisez un lieu secret et solitaire
-devant un bel autel ou bel ymaige, et illec prenez place et vous y
-arrestez sans changer divers lieux, ne aler ne l[109], et aiez la
-teste droite et les bolivres tousjours mouvans en disant oroisons ou
-prires. Aiez aussi continuellement vostre regart sur vostre livre ou
-au visaige de l'imaige sans regarder homme ne femme, peinture ne autre
-chose, et sans papelardie ou fiction, ayez le cuer au ciel et aourez
-de tout vostre cuer; et en faisant ainsi oyez messe chascun jour et
-vous confessez souvent; et s'ainsi le faites et persvrez, honneur
-vous sourdra et tout bien vous vendra. Et ce que dit est dessus doit
-souffire quant ce commencement, car les bonnes preudes femmes entour
-qui vous repairerez, les bons exemples que vous prendrez elles tant
-par leurs fais comme par leur doctrine, les bons vieulz prestres saiges
-et preudomes qui vous vous confesserez et le bon sens naturel que
-Dieu vous a donn vous attraira et donra le remenant quant ce second
-article.
-
-
-
-
-LE TIERS ARTICLE.
-
-
-Le tiers article dit que vous devez amer Dieu et vous tenir en sa
-grce. Sur quoy je vous conseille que incontinent et toutes oeuvres
-laisses, vous vous dsistez de boire ou mangier nuit ou vespre, se
-trs petit non, et vous ostez de toutes penses terriennes et mondaines
-et vous mettez et tenez alant et venant en un lieu secret, solitaire
-et loing de gens et ne pensez riens fors demain bien matin or
-vostre messe, et aprs ce rendre compte vostre confesseur de tous vos
-pchis par bonne, meure et attrempe confession. Et pour ce que ces
-deux choses d'or messe et de confession sont aucunement diffrans,
-nous parlerons premirement de la messe et secondement de la confession.
-
-Et quant est de la messe, chre seur, sachiez que la messe a plusieurs
-dignits en drois estas ou degrs dont il nous convient parler et vous
-esclarcir. Et premirement, aprs ce que le prestre est revestu et
-dit son _Confiteor_ et mis en bon estat, il commence sa messe: et ce
-appelle-l'en _l'Introite_ de la messe; c'est le commencement ou entre
-de la messe, ouquel endroit doit lors chascun homs et chascune femme
-refraindre ses penses endroit lui et qu'il ne pense chose mondaine
-qu'il ait oncques mais veue ne oye, car quant li homs ou la femme est
-au moustier pour or le service divin, son cuer ne doit mie estre en
-sa maison ne s champs, ne s autres choses mondaines et si ne doit
-mie penser s choses temporelles, mais Dieu proprement, seulement
-et nuement, et lui prier dvotement. Aprs _l'Introte_ chante ou
-dicte, l'en dit par neuf fois: _Kirie eleison, Christe eleison_, en
-signifiance qu'il y a en paradis neuf paires d'anges que l'en dit
-_grarchies_, et de chascune paire ou grarchie viennent celle messe
-une quantit et non mie toute l'ordre, mais de chascune une partie. Si
-doit chascun prier ces sains anges qu'ils prient pour lui Nostre
-Seigneur, en disant: O vous, sains anges, qui descendez de la gloire
-au Sauveur, pour lui ministrer et servir en terre, priez lui qu'il nous
-pardonne nos pchis et nous envoie sa grce.
-
-Aprs, dit-on _Gloria in excelsis Deo_; lors doit-on louer doulcement
-Nostre Seigneur en disant: Trs doulx Dieu, glorieux et honnours
-soiez-vous, los soiez-vous, benoit soiez-vous, adours soiez-vous,
-etc. Aprs dit-on les oroisons des Sains et de Nostre Dame. Si doit-on
-prier la trs doulce mre Dieu et aux Sains qu'ils prient pour
-nous, en disant: Trs glorieuse mre Dieu qui estes moienne entre
-vostre doulz fils et les pcheurs repentans, priez pour moy vostre
-enfant, et vous, benois Sains de qui on fait mmoire, aidiez moy et
-priez avec la dame des anges que Dieu par sa grce me pardoint mes
-forfais et enlumine mon cuer de sa grce. Aprs ce, dit-on l'_pitre_
-qui est ainsi comme donner remembrance que un messaige vient qui
-apporte lettres faisans mencion que le sire de tout le monde viendra
-prouchainement. Aprs ce chante-l'en le _gre_[110] ou l'_allluye_
-ou le _traict_ en karesme et dit-on la _squence_: c'est dmonstrance
-que ce sont les mnestriers qui viennent devant et monstrent que le
-Seigneur est j sur le chemin, et qui cornent pour resjor les cuers de
-ceulx qui attendent et ont esprance en la venue du souverain Seigneur.
-Aprs lit-on l'_Euvangille_; c'est adonc la plus vraie et prouchaine
-messaigerie: car ce sont les bannires, les pannons et l'estendart qui
-monstrent certainement que adoncques le Seigneur est prs, et lors
-se doit chascun taire et soy tenir droit, mettre s'entente or et
-retenir ce que l'Euvangille dit, car ce sont les propres paroles que
-Nostre Seigneur dist de sa bouche et lesquelles paroles nous enseignent
- vivre, se nous voulons estre de la mesnie icellui souverain
-Seigneur. Et pour ce doit estre chascun curieux et ententif or
-icelles paroles de l'Euvangille et icelles retenir. Aprs fait-on
-l'offrande en laquelle on doit offrir en la main du prestre aucune
-chose en signifiance que l'en offre son cuer Dieu, en disant: Sainte
-Trinit, recevez mon cuer que je vous offre: si le faites riche de
-vostre grce. Et en ce disant doit-l'en bailler son offrande. Aprs ce,
-quant le prestre se retourne de l'autel il dit que l'en prie pour lui:
-si en doit-l'en diligemment prier, car il entre en nos besongnes et
-fait oroisons pour nous.
-
-Aprs ce, dit le prestre: _Per omnia secula seculorum_: Et puis:
-_Sursum corda_. C'est dire: levez vos cuers Dieu. Et le clerc et
-les autres respondent: _Habemus ad Dominum_: nous les avons Nostre
-Seigneur. Dont doit-l'en appareillier et avoir son oeil au prestre.
-Aprs ce, chante-l'en la louenge des anges, c'est assavoir: _Sanctus,
-sanctus, sanctus_. Dont descendent les anges pour appareillier,
-avironner et garder la table sur laquelle Dieu descendra et par
-son seul regard repaistra ses amis et adonc entend-l'en veoir
-sa venue et se doit-l'en appareillier ainsi comme bons amoureux
-subgiez s'appareillent quant le Roy entre en sa cit, et le doit-l'en
-amoureusement et en grant joie de cuer regarder et recevoir, et en le
-regardant regracier sa venue et luy donner louenges et salus, et en
-pense et basse voix lui faire ses requestes pour obtenir rmissions
-et pardons des meffais passs; car il vient bas pour trois choses:
-l'une, pour tout pardonner, se nous en sommes dignes; la deuxiesme pour
-nous donner sa grce, se nous le savons requrir; la tierce pour nous
-retraire du chemin d'enfer.
-
-Aprs est la _Paternostre_ qui nous enseigne que nous le devons
-appeller pre et lui prier qu'il nous pardonne nos meffais ainsi comme
-nous pardonnons nos malfaiteurs les leurs, et aussi lui prions qu'il
-ne nous laisse point pchier ne estre tempts, mais nous dlivre de
-mal; _amen_. Aprs on dit _Agnus Dei_ par trois fois et prie-l'en
-Dieu qu'il ait mercy de nous et qu'il nous donne paix; qui peut estre
-entendu paix entre le corps et l'me, que le corps soit obissant
-l'me: ou paix entre nous et nos adversaires; et pour ce prent-l'en
-la paix. Aprs chante-l'en le _post-communion_ et alors on doit dire
-et dprier Nostre Seigneur qu'il ne se vueille mie retraire de nous,
-ne nous laissier comme orphelins et sans pre. Aprs dit-l'en les
-derrenires oroisons et adonc se doit-on retraire et recommander
-la benoite vierge Marie et elle requerre qu'elle vueille dprier
-son benoit chier enfant qu'il vueille demourer avec nous. Et quant
-tout est dit et achev et le prestre dvestu, adonc doit-l'en icellui
-Seigneur remercier de ce qu'il nous a donn sens et entendement d'avoir
-oy sa benoite messe et veu son benoit sacrement qui donne remembrance
-de sa benoite nativit et de sa benoite passion et de sa benoite
-rsurrection, et luy requrir qu'en persvrant au surplus, il nous
-doint vraye et parfaicte rmission. Et adoncques, chre seur, vous
-mettez toute seule, les yeux enclins la terre, le cuer au ciel,
-pensez de tout vostre cuer trs ententivement et cordialment tous
-vos pchis pour vous en deschargier et dlivrer celle heure. Mais
-pour vous adviser ds maintenant comment ce sera fait adonc, je vous en
-traicteray un petit selon se que j'en say et croy.
-
-Chre seur, veulliez de par moy sur ce savoir que quiconques soit
-homme ou femme qui vueille droit ses pchis confesser au sauvement
-de l'me de lui ou d'elle, il doit savoir que trois choses lui sont
-ncessaires; c'est assavoir, contriction, confession et satisfacion;
-et doit-il ou elle savoir que contriction requiert douleur de cuer en
-grans gmissemens et repentances et convient que en grant contriction
-et trs humblement le pcheur require pardon et mercy et dprie
-trs affectueusement nostre crateur et souverain Seigneur qu'il lui
-vueille pardonner ce en quoy il l'a peu courroucier et offendre. Et
-sache le pcheur que sans contriction sa prire ne vault riens, puis
-qu'il ait sa pense et son cuer ailleurs. Et, chre seur, vous en povez
-prendre exemple par un qui l'en promist donner un cheval pour dire
-une _paternostre_, mais qu'il ne pensast autre part, et en disant la
-_paternostre_, il se pensa se cellui qui lui donnoit le cheval lui
-laisseroit la selle, et ainsi le maleureux perdit tout. Ainsi est-il
-de celui qui dprie Nostre Seigneur et ne pense point sa prire ne
-cellui qu'il dprie, et si a j, par aventure, fait telle chose dont il
-a desservi estre pendu au gibet d'enfer et si s'endort en ce pchi
-et n'en tient compte, et s'il estoit jugi en ce chtif monde par un
-petit prvost estre pendu au gibet de fust ou de pierre, ou paier
-une grosse amende qui est moins, et il cuidoit reschapper pour avoir
-contriction, pour plourer et pour prier le prvost ou juge, comment
-il le prieroit de bon cuer, en grans pleurs, en gmissemens et grans
-contrictions de cuer sans penser autre part, et il ne peut mie plourer
-ne prier du cuer le grant seigneur, son souverain et son crateur qui
-des haultes fenestres de sa pourvance o il est lassus voit toute
-l'affection du cuer d'icellui pcheur! Et si scet bien le pcheur que
-icellui Seigneur est si piteux et si misricors que pour trs petite
-prire, mais qu'elle fust de cuer contrict et repentant, il aroit
-tout pardonn; voire mesmes se la sentence estoit j donne contre le
-pcheur, et fust ores icellui pcheur condempn mort, or puet icellui
-souverain tout rappeller et quicter, et il n'est prvost ne juge par
-de qui pour plourer ne pour prire que le condempn sceust faire,
-peust rappeller le jugement qu'il auroit fait contre lui. Or regardez
-doncques, belle seur, quelle comparoison est cy! Et encores est-ce pis,
-car quant un homs est condempn mort par le souverain juge, puis
-qu'il ne rappelle sa sentence, c'est entendre que la peine de sa
-mort est perptuelle et pardurable, et quant il est condempn par un
-prvost, la peine de sa mort ne dure que un moment; dont, belle seur,
-n'est-il point de comparoison ne entre la puissance des juges, ne entre
-la peine des jugemens. Et pour ce vault-il mieulx, belle seur, plourer
-et avoir contriction et adrcier sa prire cellui qui a puissance
-souveraine et absolue que cellui qui n'a puissance fors que ordonne
-et sur certaine forme qu'il ne peut passer. Car icellui juge souverain
-est cellui qui la fin nous examinera et jugera. Et adonc, belle seur,
-quel compte lui rendrons-nous des biens de fortune et de nature qu'il
-nous a baillis en garde et nous avons tout folement despendu et mis
-nostre usaige et nostre dlit, sans en avoir riens bailli ne aumosn
- lui ne aux souffreteux honteux et paciens qui pour l'amour et ou nom
-de lui nous en ont demand? Se en ce cas il nous argue de larrecin, que
-nous l'avons en ce desrob, que respondrons-nous? Item de nostre me
-sa fille qu'il nous bailla saine et nette, sans tache et sans ordure,
-laquelle nous avons empoisonne par les buvraiges du pch mortel, se
-il nous argue de murtre, en disant que nous avons tu sa fille que il
-nous avoit bailli en garde, quelle deffence arons-nous? Item de nostre
-cuer, nostre corps qui est le chastel dont il nous avoit bailli la
-garde et nous l'avons livr son ennemy, c'est le Dable d'enfer,
-quelle excusacion arons-nous? Certes, belle seur, je ne voy mie que,
-se la benoite vierge Marie sa mre ne nous sequeurt comme advocate,
-que par le bon jugement d'icelui souverain juge nous ne soions pugnis
-et enchans au gibet d'enfer pardurablement comme larrons, comme
-murtriers et comme traictres, se les chaudes larmes de la contriction
-de nostre cuer ne chassent l'ennemy hors de nous en nostre prsente
-vie; mais ce se puet ainsi lgirement faire comme l'eaue chaude chasse
-le chien de la cuisine.
-
-Aprs la contriction vient la confession qui a six condicions, ou
-elle ne vault riens. La premire condicion de confession est que
-la confession soit faicte sagement: c'est dire sagement en deux
-manires, qui est entendre que le pcheur ou pcheresse eslise
-confesseur saige et preudomme. Et donc le pcheur doit avoir exemple
-et regart ce que toute crature malade convoite sa sant, et pour sa
-sant recouvrer et avoir, dsire plus trouver le meilleur phisicien
-que le moins bon. Et doit icellui pcheur avoir regard que, puis que
-crature doit dsirer la sant du corps qui est estour lourgable[111]
-et trespassable, par plus forte raison doit-il curer[112] de la noble
-me qui est ordonne recevoir le bien perptuel ou le mal pardurable.
-Et pour ce doit eslire trs bon, trs saige et trs excellent phisicien
-pour recouvrer tantost la sant de l'me qui est blcie et malade,
-car s'il en prent un l'aventure qui ne lui sache donner le remde de
-sa garison, il s'ensuit mort. Et vous le vez par exemple, car quant
-un aveugle maine l'autre, ce n'est pas de merveille se ils chent tous
-deux en une fosse; dont doit le pcheur ou pcheresse faire pourvance
-d'un trs saige et trs clervoyant conseillier qui de tous ses pchis
-lui sache donner remde et conseil et qui sache discerner entre l'un
-pchi et l'autre pour remde donner et que icellui confesseur ait
-toute sa pense et son entente oyr et concevoir ce que le pcheur
-lui dira, et aussi qu'il ait puissance d'absoldre. Et lors doit
-icellui pcheur estre avis et avoir pens par avant longuement et
-ententivement tous ses pchis, comme j'ay devant dit, pour savoir
-les tous dire et compter par ordre, et par membres et par poins les
-deviser son confesseur et conseillier, et doit avoir douleur au cuer
-de ce qu'il fist le pchi et grant paour de la vengence de Nostre
-Seigneur, grant honte et grant repentence d'iceulx pchis et avoir
-ferme esprance et voulent certaine de soy amender et de jamais au
-pchi non retourner, mais les har comme venin, et avoir dsir de
-voulentiers recevoir pour sa garison et sant recouvrer et faire
-joyeusement la pnitence que le confesseur lui vouldra enchargier.
-
-La seconde condicion de confession est que si tost que l'en est cheu
-en pchi l'en s'en doit hastivement et tost confesser. Car tu ne scez
-quant Dieu te touldra la parole et la sant, et pour ce est-il bon que
-on s'en confesse souvent. Les truans le preuvent assez qui de jour en
-jour et de heure en heure monstrent leurs plaies aux bonnes gens pour
-avoir nouvelle aumosne; les blcis monstrent de jour en jour leurs
-navreures aux mires pour avoir chascun jour hastif et nouveau remde
-de garison; aussi doit le pcheur tantost monstrer et descouvrir son
-pchi pour avoir nouveau remde et plus plnire misricorde.
-
-La tierce condicion de confession est que on se doit du tout
-entirement confesser et tout descouvrir une fois et convient
-monstrer et ouvrir au mire toute la plaie; il convient tout dire en
-trs grant humilit et repentence et n'en riens oublier ne laissier
-derrire, et quelque gros morcel qui y soit, il convient qu'il passe
-oultre le neu de la gorge. Et se l'orgueilleux cuer du pcheur ne le
-veult endurer, face le signe de la croix devant sa bouche afin que
-l'ennemy qui lui estoupe les conduis de la parolle s'en aille; et
-adonc le pcheur se contraigne dire l'ort pchi qui tue son me,
-car s'il atent plus, il l'oubliera par son attente, et ainsi ne s'en
-confessera jamais et par ce demourra en tel pril que pour cause de ce
-pchi o il sera demour et dont il ne luy aura souvenu il ne fera
-jamais bien qui ne lui soit estaint vers Dieu, s'il n'y met sa grce.
-Regardez doncques quel pardon il pourra jamais imptrer par jenes, par
-aumosnes, ne par travail de plerinaiges qu'il face, quand il n'est
-confs entirement? Regardez comment il qui n'est vray confs, comment
-osera-il recevoir son crateur, et s'il ne le reoit, comment il se
-doit et en quel pril il se met? Par aventure il cele celle fois
-icellui pchi cuidant s'en confesser une autre fois bien brief, et
-il ne regarde mie qu'il est en la puissance de Dieu de lui tollir la
-parole quant il lui plaira, ou de le faire morir soudainement quant il
-vouldra. Ores s'ainsi est, il sera dampn par sa ngligence et au jour
-du jugement il ne sara sur ce que respondre.
-
-La quarte condicion de confession est que l'en se doit ordonnement
-confesser et dire ses pchis par ordre et selon ce que la thologie
-les met, et doivent estre mis l'un aprs l'autre sans trehoigner[113]
-ne entreveschier[114], ne mettre le derrire devant, sans riens polir
-ne farder, sans lui deffendre et sans autruy accuser. Et doit le
-pcheur dire la condicion du pchi, comment il le pensa, quelle fut la
-cause et le mouvement de son penser, comment depuis il a pourchaci,
-fait, dit, ou fait faire, le temps, le lieu, pourquoy et comment il le
-fist: se le pchi qu'il fist est selon nature ou s'il est fait contre
-nature, s'il le fist sachamment ou ygnorament, et doit icellui pcheur
-dire tout ce qui par icellui, les circonstances et dpendances peut
-grever son me.
-
-La quinte condicion est que on doit confesser tous ses pchis une
-fois, et un confesseur et non pas plusieurs confesseurs. L'en ne
-doit pas partir ses pchis en deux parties pour dire l'une partie
-un confesseur et l'autre partie un autre, car la confession ainsi
-malicieusement faite ne seroit pas valable, mais seriez plus grant
-pcheur en tant comme vous mectriez paine de enginier vostre confesseur
-qui reprsente la personne de Nostre Seigneur Jhesu-Crist.
-
-La sixiesme condicion est que on se doit confesser dvotement, et
-trs humblement avoir les yeulx vers la terre en signe de honte et
-de vergongne que l'en a de son pchi, et la pense et le regart du
-cuer au ciel, car vous devez penser que vous parlez Dieu et devez
-adrcier vostre cuer et vos parolles lui, et lui requrir pardon et
-misricorde. Car c'est cellui qui voit tout le parfont de la voulent
-de vostre cuer, ne le prestre n'y a fors que l'oreille.
-
-Or avez-vous oy, chre seur, comment on se doit confesser; mais sachiez
-qu'il y a cinq choses qui empeschent confession; c'est assavoir: honte
-de confesser le pchi, mauvaise paour de faire grant pnitance,
-esprance de longuement vivre, et desprance de ce que l'en a si grant
-plaisir au pchi qu'on ne s'en puet partir ne repentir, et se pense-on
-que pour riens se confesseroit-on pour tantost rencheoir; et de ce
-c'est la mort.
-
-Aprs la confession vient satisfacion que on doit faire selon
-l'arbitrage et le conseil du sage confesseur, qui se fait en trois
-manires; c'est assavoir en jene, en aumosne ou en oroison selon ce
-que vous orrez cy aprs.
-
-Je avoie ci-devant dit que vous confesser vous estoient ncessaires
-trois choses: c'est assavoir contriction, confession et satisfaction,
-ores vous ay-je monstr et enseign de mon povoir qu'est contricion,
-et en aprs qu'est confession et comment elle se doit faire, et vous
-ay un petit touchi des cinq choses qui l'empeschent moult, auxquelles
-vous aurez regart et en aurez souvenance s'il vous plaist, quant temps
-et lieu sera; et au derrain vous ay monstr qu'est satisfacion. Or
-vous monstreray-je pour prendre vostre advis[115] en quoy vous povez
-avoir pchi; et prendrons premirement les noms et les condicions
-des sept pchis mortels qui sont telement mauvais que auques[116]
-tous les pchis qui sont s'en dpendent, et les appelle-l'en mortels
-pour la mort quoy l'me est traicte quant l'ennemi peut le cuer
-embesongnier l'ouvraige d'iceulx. Et aussi, pour vous d'ores-en-avant
-contregarder d'iceulx pchis, vous monstreray et enseigneray les noms
-et la puissance des sept vertus qui sont contraires aux sept pchis
-dessusdis et sont propres mdicine et remde contre iceulx pchis
-quant le pchi est j advenu, et si contraires iceulx pchis que
-tantost que la vertu vient, le pchi s'enfuit du tout.
-
-Et premirement s'ensuivent les noms des vices desquels vous vous povez
-confesser se vous y avez err, et les noms des vertus sont aprs, pour
-icelles vertus continuer par vous d'ores-en-avant:
-
- Orgueil est le pchi, la vertu contraire est Humilit.
- Envie est le pchi, la vertu contraire est Amiti.
- Ire est le pchi, la vertu contraire est Dbonnairet.
- Paresse est le pchi, la vertu contraire est Diligence.
- Avarice est le pchi, la vertu contraire est Largesse.
- Gloutonnie est le pchi, la vertu contraire est Sobrit.
- Luxure est le pchi, la vertu contraire est Chastet[117].
-
-Or avez-vous oy cydessus les noms des sept pchis mortels et aussi des
-sept vertus qui donnent remde, or orrez-vous la condicion d'iceulx
-pchis de l'un aprs l'autre et premirement des sept pchis, et la
-fin d'iceulx trouverez les vertus qui aux pchis sont contraires et
-les condicions d'icelles vertus.
-
-Orgueil est la racine et commencement de tous autres pchis. Le pchi
-d'orgueil a cinq branches. C'est assavoir: inobdience, jactence,
-ypocrisie, discorde et singularit.
-
-Inobdience est la premire branche, et par celle la personne pert
-Dieu et laisse ses commandemens et en dsobissant Dieu elle fait la
-voulent de la char, et acomplist ce que son cuer dsire contre Dieu et
-contre raison; et tout ce vient d'orgueil.
-
-La seconde branche qui vient d'orgueil est jactence; c'est quant la
-personne est haulse et esleve par orgueil ou des biens ou des maulx
-qu'elle a fais ou fait ou pourroit faire. Mais bien et mal, ces deux
-choses ne viennent pas de nous. Car le bien que crature fait vient
-de Dieu qui est bon et de sa grce, et le mal vient de la mauvaise
-condicion de crature et de sa mauvaise nature, pour ce que elle se
-trait la condicion de l'ennemy qui est mauvais. Et certes quant
-personne fait bien, pour ce qu'il vient de la bonne pourvance de Dieu
-qui est bon, il en doit avoir l'onneur et la gloire, et la personne
-faisant bien en doit avoir le prouffit; et du mal nous devons har
-l'ennemy qui nous attrait et maine ce par orgueil.
-
-La tierce branche qui vient d'orgueil est ypocrisie; ypocrisie est
-quant la personne fait semblant par dehors qu'elle est pleine de vertus
-par dedens et qu'elle fait et dit plus de biens qu'elle ne fait. Et
-quant elle voit que l'en cuide qu'elle soit bonne, elle y prent grant
-plaisir et vaine gloire. Vaine gloire est le denier au Dable dont il
-achte toutes les belles denres en la foire de ce monde et les denres
-sont les biens que Dieu a donn homme et femme, c'est assavoir
-les biens de nature, les biens de fortune et les biens de grce. Les
-biens de nature viennent du corps et sont beaut, bont, bon langaige,
-bon sens pour entendre, bon engin pour retenir. Les biens de fortune
-sont richesses, haultesses, honneurs et prosprits; et les biens de
-grce sont vertus et bonnes oeuvres. Tous ces biens vend l'orgueilleux
-au Dable pour le faulx denier de vaine gloire. Tous ces biens abat
-le vent de vaine gloire. Et dois savoir que en ces biens de grce qui
-sont vertus et bonnes oeuvres, comme dit est, est l'omme ou femme par
-le Dable tempt en trois manires. L'une quant la crature s'esjost
-des biens qu'elle fait; l'autre quant la crature aime estre loe
-de ses oeuvres, et la tierce quant la crature fait les biens en
-intencion d'avoir le los et d'estre tenu pour preudomme. Et teles
-personnes ypocrites ressemblent l'ort fumier lait et puant que l'en
-cuevre de drap d'or et de soie pour ressembler estre plus honnor et
-mieulx prisi. Ainsi se cuevrent tels ypocrites qui mettent la bonne
-couverture dehors en intencion d'acqurir amis pour avoir plus grant
-bien ou plus grant office qu'ils n'ont et dont ils ne sont dignes, et
-tel bien que autruy posside qui plus en est digne que eulx. Et de ce
-advient souvent qu'ils dsirent et pourchassent la mort de cellui qui
-tient l'office quoy ils bent et ainsi deviennent mauvais murtriers.
-Quant il advient qu'ils vivent longuement en telle esprance et n'en
-pevent venir chief, ains meurent en celle folle be[118] o ils
-frisent[119] et ardent tous en tel convoiteux espoir, ils chent tout
-droit ou font de la paelle[120] ou le Dable fait les fritures d'enfer.
-Ainsi leur bienfait est perdu et ne leur vault pour ce qu'ils le font
-en male intencion. Hlas! faulse monnoie dont vient ceste[121] Et ceste
-troisime branche d'ipocrisie vient d'orgueil.
-
-La quarte branche qui vient d'orgueil si est discorde ou contencion.
-C'est dire quant une personne ne se veult acorder au fait et au dit
-des autres personnes et si veult que ce qu'il dit ou fait soit tenu
-pour ferme et vray, soit voir[122] ou mensonge, et ce que autre et plus
-sage de luy dira soit de nulle value; et tout ce fait vient d'orgueil.
-
-La quinte branche qui vient d'orgueil si est singularit; c'est
-dire quant la personne fait ou dit ce que nul autre ne saroit dire
-ou faire et veult surmonter et estre singulier en dis et en fais
-excellentement en tout, dont il se fait har et pour ce dit-l'en que
-orgueilleux ne sera j sans plait[123], et non est-il. Et tout ce vient
-d'orgueil, c'est assavoir inobdience, jactence, ypocrisie, discorde,
-et singularit.
-
-Le pcheur ou pcheresse doit commencer sa confession en ceste manire:
-Sire qui estes vicaire et lieutenant de Dieu, je me confesse Dieu
-le tout puissant et la benoite vierge Marie et tous les Sains de
-paradis, et vous, chier pre, de tous mes pchis lesquels j'ay fais
-en moult de manires. Premirement d'orgueil: j'ay est orgueilleux ou
-orgueilleuse et ay eu vaine gloire de ma beaut, de ma force, de ma
-louenge, de mon excellent aournement, et de l'abilit de mes membres
-et en ay donn matire et exemple de pchier moult de hommes et de
-femmes qui me regardoient si orgueilleusement et quant je voie que on
-me regardoit je considroie la puissance que mes successeurs auroient
-en leur temps, et aussi ma puissance, ma richesse, mon estat, mes amis
-et mon lignaige, et comme il me sembloit que nul ne povoit moy de
-toutes ces choses que j'ay cy devant dictes[124], et par ce pchi
-d'orgueil je suis cheu ou cheue s branches[125].
-
-La premire branche d'orgueil si est inobdience; car par orgueil
-j'ay dsoby Dieu et ne luy ay pas port honneur ne rvrence comme
- mon crateur qui m'a fait ou faicte et ma donn les biens de grce
-de nature et de fortune dont j'ay mserr[126] et mal us et les ay
-mis et despendus en mauvais usaiges comme en vanits et honneurs du
-monde, sans lui recongnoistre ou mercier, ne pour luy aux povres riens
-donner, ains les ay eu en desdaing et en despit et pour ce qu'ils me
-sembloient tous deffigurs et tous puans je ne les laissoie aprouchier
-de moy, ains me tournoie de l'autre part, afin que je ne les visse.
-Je n'ay pas port honneur ne rvrence mes amis qui sont de mon sang
-et de ma char, espcialment mes pre et mre et les prdcesseurs
-dont je suis venu, mes frres et seurs naturels, mon mary et autres
-bienfaicteurs et souverains, ne mes autres frres et seurs d've
-et d'Adam, car je n'ay nul autre prisi fors moy tant seulement. Et
-quant on m'a voulu monstrer mon bien et corrigier de mon mal quant je
-l'ay eu fait, je ne l'ay voulu souffrir, ains ay eu en indignacion et
-en despit ceulx qui m'ont ce monstr et leur ay est pire aprs et
-plus fel que devant, et leur en ay mis sus blasme et vilenie grande en
-derrire d'eulx; j'ay sur eulx parl vilainement, et tout ce m'est venu
-d'orgueil et de sa branche de inobdience.
-
-Par jactence, qui est la seconde branche d'orgueil, j'ay diligemment
-escout le maldire d'autruy et si l'ay creu et voulentiers racont
-ou plus vilain entendement[127]. Et aucune fois, pour vengence ou
-pour mal, ay-je dit sur autruy ce dont je ne savoie riens. Je me
-suis eslev ou esleve et vant de mes maulx que j'avoie fais et dis
-et y prenoie grant gloire. Et se on disoit aucune chose de moy qui
-appartenist sens, bon los, ou beaut et on le deist en ma prsence
-et mon ouie et que ce ne fust moy, je ne me excusoie pas, qu'il ne
-feust en moy, ains me taisoie pour moy accorder et m'y dlictoie et
-prenoie grant plaisance. Je me suis eslev ou esleve et ay eu orgueil
-des grans despens que j'ay aucune fois fais et des grans oultraiges et
-superfluits, comme de viandes grandes et oultrageuses, comme donner
-grans mengiers et belles chambres, assembler grans compaignies, donner
-joyaulx aux dames et aux seigneurs et leurs officiers ou mnestriers
-pour estre alos[128] d'eulx et pour dire de moy que je fusse noble et
-vaillant et large; certes de povres cratures ne me chaloit-il[129]
-rien. Certes, Sire, j'ay afferm aucunes choses estre vrayes de quoy je
-n'estoie mie certain et ce faisoie-je pour plaire aux gens prsens qui
-devant moy estoient et en parloient et tout ce ay-je fait par jactence.
-
-Par ypocrisie, je me suis faint le saint home ou sainte femme et
-monstr grant semblant de l'estre et mis grant peine de en acqurir le
-nom devant les gens, et toutesvoies ne me suis-je point tenu de pchier
-et d'en faire assez quant j'ay veu que je l'ay peu faire couvertement
-et en repostaille[130], et certes aussy ay-je fait du bien aux povres
-et des pnitences devant les gens plus pour en avoir leur nom[131] et
-leur louenge que pour la grce de Dieu. Et aussi par plusieurs fois
-monstroie-je par dehors d'estre en voulent de tel bien faire dont mon
-cuer n'avoit voulent, et ce faisoie-je pour avoir le nom du peuple,
-jasoit-ce que je sceusse bien que c'estoit fait au desplaisir de mon
-crateur. Et aussi me suis-je offert moult de gens de faire telle
-chose pour eulx dont je n'avoie nul talent ne nul corage, et oultre je
-tenoie[132] de moy mesmes moult de biens qui n'y estoient mie, et se
-aucun peu en y avoit, il ne me souvenoit ne me vouloit souvenir qu'il
-venist de Dieu, si comme j'ay dit devant, ne Dieu n'en savoie-je nul
-gr; et tout ce faisoie-je par ypocrisie avec grant orgueil.
-
-J'ay est ferme en discorde et en contencion, qui est la quarte branche
-d'orgueil. Car se je commenasse soustenir aucune chose ou le fait
-d'aucune personne, pour soustenir son bien ou pour destruire un autre,
-o je me mectoie en grant peine de la dfendre ou confondre, feust
-droit ou tort, j'ay en injuriant autruy racont aucune fois aucunes
-choses mensongires et les ay affermes estre vraies pour faire
-aucunes gens leur gr et leur faire plaisir; j'ay par despit esmeu
-aucunes fois aucunes personnes ire, courroux et discorde dont
-moult de maulx venoient aucunes fois depuis; et d'autres ay-je fait
-jurer, parjurer et fait mentir, et par les discordes que j'ay mues et
-les mensongires paroles que j'ay dictes estre vraies et affermes et
-fait jurer et affermer, j'en ay plusieurs personnes moult scandalises
-et courrouces par ma dsordonnance. Quant je me suis aucune fois
-confess, en ma confession je me suis excus et mectoie mon excusation
-premirement, et aprs coulouroie en ma faveur la cause de mon pchi,
-ou je mectoie ma deffaulte sur une autre personne et disoie qu'elle
-avoit fait la faulte de laquelle j'estoie le plus coulpable, ne je
-ne m'encusoie pas, ains disoie: _tel me le fist faire et je ne m'en
-donnoie garde_, et en celle manire disoie-je pour moy excuser de mes
-pchis lesquels me sembloient trop griefs, et oultre je laissoie
-et taisoie les grans et orribles pchis, et encores des petis et
-des lgiers que je disoie ne disoie-je mie les circonstances qui
-estoient appartenans iceulx pchis, si comme les personnes, le
-temps et le lieu, etc. J'ay longuement demour en mon pchi et par
-longue demeure je suis cheue s autres mortels pchis. A l'un de mes
-confesseurs[133], et l'autre qui par aventure me plaisoit mieulx, je
-disoie les autres plus grans pchis en intencion d'estre de luy moins
-corrigi et avoir maindre pnitence pour la familiarit que j'avoie
-avec luy ou qu'il povoit avoir en moy. J'ay dsir vaine gloire en
-qurant les honneurs et estre pareil aux plus grans s vestemens, s
-autres choses aussi, et ay eu gloire d'estre des haultes personnes
-honnor, d'avoir leur grce, estre haultement salue et que honneur et
-grant rvrence me fust porte pour ma beaut, pour ma richesse, pour
-ma noblesse, pour mon lignaige, pour estre joliement acesme[134], pour
-moult bien chanter, dancer et doulcement rire, jouer et parler. J'ay
-voulu et souffert estre la plus honnore partout: j'ai est preste
- or divers instrumens et mlodies, enchantemens, as parties[135]
-et autres plusieurs jeux qui sont gouliardois[136], dsordonns et
-lesquels n'estoient pas de Dieu ne de raison, car je rioie et me tenoie
-moult orgueilleusement et en grant esbatement. J'ay voulu avoir et
-user de vengence et avoir punicion de ceulx que j'ay seulement pens
-qu'ils m'avoient voulu mal ou mal fait et en ay voulu avoir haultement
-et estroitement mon dsir acompli, feust tort ou droit, sans les
-espargner, ne avoir d'eulx aucune mercy, et ce, chier pre, ay-je fait
-par mon orgueil et m'en repens; si vous en requier pardon et pnitence.
-
-Aprs s'ensuit le pchi d'envie, lequel descent d'orgueil. En envie
-a cinq branches. C'est assavoir: haine, machinacion, murmuracion,
-dtraction et estre li[137] du mal d'autruy et courrouci du bien
-d'autruy. Envie est ne du pchi d'orgueil, car quant une personne
-est orgueilleuse elle ne veult avoir nul pareil semblable lui, ains
-a envie se aucun autre est le plus hault ou aussi hault que lui en
-aucune chose, ou en aucuns biens, ou grces, ou en sciences, ou qu'elle
-vaille mieulx que lui, et pour ce elle l'a en grant haine et la het et
-s'efforce tousjours de imptrer[138] la louenge et le bien d'autruy
-par sa parole et par son blasme: et c'est la premire branche d'envie.
-
-La seconde branche d'envie si est machinacion: c'est dire quant une
-personne porte mauvaises paroles d'aucunes personnes par envie et
-recorde mal de l'une personne l'autre par mauvaises acoustumances en
-apetissant le bien d'autruy et en accroissant le mal.
-
-La tierce branche est murmuracion: c'est dire que le cuer murmure de
-ce que plus grant maistre de lui lui commande, ou que on ne lui dit ou
-de ce que on ne lui fait pas ainsi comme aux autres, ou elle n'en ose
-parler.
-
-La quarte branche d'envie si est dtraction: c'est dire quant une
-personne dit mal et parle en derrire et dit ce qu'il scet de lui et ce
-qu'il ne scet pas, et qu'il contreuve et pense comment il pourra dire
-chose par quoy il pourra nuire et grever celluy de qui il parle, et
-quant il oit mal dire de cellui, il aide son povoir de le accroistre
-et exaulcer, et de ce parle moult griefment quant il voit son point,
-pour ce qu'il scet qu'il ne le peut en nulle manire plus dommagier et
-scet qu'il ne lui peut restituer sa bonne renomme qu'il luy oste, et
-ainsi lui mesmes se met mort.
-
-La quinte branche si est d'avoir joie du mal d'autruy ou de son
-empeschement et destruire son povoir le bien quand il scet qu'il doit
-venir autruy, et de ce bien il est triste et dolent. Et de toutes
-ces choses tu dois dire en ta confession: Sire, en toutes ces choses
-que j'ay cy devant nommes j'ay moult grandement pchi; car, de mon
-cuer je l'ay pens, et de mon mauvais couraige je l'ay fait, et de ma
-faulse bouche je l'ay dit et sem partout o j'ai peu, et se je ay bien
-dit de lui ou d'un autre, je l'ay dit faintement et par faintise, et
-toutesvoies m'en suis-je mocqu; voire et de ceulx de qui je deusse le
-bien et l'onneur garder et le peusse bien avoir fait se je voulsisse,
-je l'ay trestourn et converti mal; et, quant je voie qui mal en
-disoit je me mectoie et aloie avec, et me consentoie au mal dire et
-affermer mon povoir du cuer, de la bouche et du corps. Et tout, chier
-pre, ay-je fait par mon envie et m'en repens, si vous en requier
-pardon.
-
-Aprs envie vient le pchi d'ire qui descent d'envie. Ou pchi d'ire
-a cinq branches, c'est assavoir: haine, contencion, prsumpcion,
-indignacion et juracion. Haine est quant aucune personne ne puet mectre
-autruy en sa subjection ou qu'elle ne puet commander et suppditer
-cellui qu'elle vouldroit bien comme plus grant de lui et en vouldroit
-avoir la seignourie et la subjection, elle en est dolente et courrouce
-et en a le cuer enfl. C'est la premire branche d'ire. La seconde
-branche d'ire si est quant en parlant la personne a le cuer enfl
-mal faire et dire et quant elle parle laidement et dsordonnement
-par ire contre aucun autre. La tierce branche de ire si est quant
-par parler mesles et batailles viennent et dissencions, et lors
-la personne doit penser se aucuns de son cost ou d'autre ont est
-grevs de chevance ou de corps par ses paroles; car en ce cas seroit
-la personne cause de tout le mal qui seroit advenu. La quarte branche
-de ire si est quant par ton ire tu as esmeu Dieu par jurer. La quinte
-branche de ire si est quant par ton ire tu as esmeu et fait esmouvoir
-les autres courroux, et de ce tu te dois confesser ainsi: Sire, j'ay
-le nom de Dieu parjur par mon ire, et de Dieu mauvaisement parl et
-de la benoite vierge Marie sa doulce mre et de tous les Sains de
-paradis; j'ay eu indignacion contre autres personnes, et par mon ire
-leur ay v[139] ma parole; monseigneur mon pre et madame ma mre ay
-par mon ire courroucis et despiteusement eulx parl et par ire les
-ay mal regards et dsir la fin de leurs jours; aux povres ay moult
-despiteusement parl et par mon ire les ay appell truans. Sire, j'ay
-par mon ire esmeu plusieurs jurer moult vilainement et de moult
-vilains sermens; mes serviteurs et moult d'autres ay-je fait esmouvoir
- courroux et les ay esmeus mal faire. Et ay moult de fois pens
-moy vengier de ceulx que je hayoie et voulentiers les meisse mal
-quant je les avoie contrecuer se je peusse. Grant pice et long temps
-ay-je est en haine, dont je me repens, et pour ce, chier pre, je vous
-en requier pardon et pnitence.
-
-Aprs si est le pchi de paresse qui est le quart pchi mortel duquel
-si naist et descent oysivet qui est lait blasme et laide tache en
-personne qui vueille estre bonne. Car il est dit en l'Euvangille que au
-jour du jugement toute personne oyseuse aura rendre compte du temps
-qu'elle aura perdu par son oysivet. Or est grant merveille quelle
-dfense les oyseux auront, quant devant Dieu ils seront accuss. En un
-autre lieu en L'Euvangille il est dit que la vie du corps oyseux est
-ennemi mortel l'me et monseigneur saint Jrosme dit ceste auctorit:
-fay toujours aucune chose afin que l'ennemy ne te treuve oyseux; car il
-est coustumier de ceulx qui sont oyseux mectre en ses euvres et en ses
-besongnes. Et monseigneur saint Augustin dit ou livre de l'Euvre des
-moines que nulle personne puissant de labourer ne doit estre oyseux.
-Ce seroit trop longue chose de rciter les dis de tous les saiges
-hommes qui blasment oysivet et paresse.
-
-Le pchi de paresse a six branches. La premire branche si est
-ngligence, la seconde rancune, la tierce charnalit, la quarte vanit
-en cuer, la quinte branche dsespracion, la sixiesme est prsumpcion.
-
-Ngligence c'est quand l'en aime et craint si peu Dieu et en souvient
-si peu que parce que on n'en tient ainsi comme nul compte, l'en ne fait
-nul bien pour lui ne pour son amour, et de ce faire est-l'en paresseux
-et ngligent et l'en n'est mie paresseux de qurir son plaisir et ses
-aises. Certes c'est grant pchi que d'estre paresseux de bien faire.
-Car il est trouv en l'Escripture que se une personne n'avoit onques
-pchi, ne jamais ne pchast, et elle ne feist aucun bien mais laissast
-ainsi passer le temps, elle pourroit aller en enfer; et ceste premire
-branche de ngligence naist de paresse.
-
-La seconde branche si est quant une personne a rancune en son cuer
-contre un autre, et pour la mauvaise voulent qu'elle a luy,
-s'applique vengence et en ce s'endort et crout[140], et en dlaisse
-faire ses pnitences, ses aumosnes et autres biens. Car tousjours ceste
-personne rancuneuse pense grever celluy qu'elle het, et de jour et
-de nuit y met toute sa pense; ainsi dlaisse faire le bien qu'elle
-doit, et c'est la seconde branche qui est en paresse.
-
-La tierce branche de paresse si est charnalit. Charnalit si est quant
-l'en quiert le dsir de la char, comme dormir en bons lits, reposer
-longuement, gsir grandes matines, et au matin quant l'en est bien
-aise en son lit et l'en oit sonner la messe, l'en n'en tient compte et
-se tourne-l'en de l'autre cost pour rendormir, et telles gens lches
-et vaines ont plus chier perdre quatre messes que une sueur ou un
-somme; et c'est la tierce branche de paresse.
-
-La quarte branche de paresse si est vanit: c'est dire quant une
-personne scet bien qu'elle est en pchi et elle est de si vain cuer
-qu'elle ne se peut ou ne vuelt ou ne daigne retourner Dieu par
-confession et par dvocion, ains pense et promet tousjours lui-mesme
-de amender sa vie de jour en autre, et si ne se corrige point, ains est
-paresseux et ngligent de soi retourner et ainsi ne lui chault de faire
-aucun bien et les commandemens de Dieu, si comme bonne personne le doit
-faire et garder; et c'est la quarte branche de paresse.
-
-La quinte branche si est dsespracion; c'est une manire de pchi que
-Dieu het moult et quiconques est pris en ce pchi il est dampn si
-comme Judas qui en dsesprance se pendit, car il cuidoit tant avoir
-fourfait envers Dieu que jamais ne peust imptrer de lui misricorde,
-et quiconques meurt en ce pchi et n'a point d'esprance de la
-misricorde de Dieu il pche contre le Saint Esperit et contre la bont
-de Dieu; et pour ce en nulle manire on ne doit cheoir en ce pchi
-de dsesprance ne y demourer. Car se tu chiez et fais un trs grand
-pchi comme d'ardre maisons et ardre les biens de saincte glise par
-force qui est sacrilge, tu fais pis que tous les sept pchis mortels,
-mais encores dis-je que la misricorde de Dieu est plus grande
-pardonner. Toutesvoies, se tu te veulx confesser et faire pnitence et
- Dieu retourner, voire se tu avoies fait plus de maulx que langue ne
-pourroit dire, ne cuidier, ne cuer penser, si trouveroies-tu en lui
-misricorde; et c'est la quinte branche de paresse.
-
-La sixiesme branche si est prsumpcion: c'est quant une personne est
-si oultrecuidie et si orgueilleuse qu'elle croit que pour pchi
-qu'elle eust fait, ne pourroit faire, elle ne pourroit estre dampne;
-et telles gens sont d'opinion telle qu'ils dient que Dieu ne les a
-pas fais pour estre dampns. Et ils doivent savoir que Dieu ne seroit
-pas juste s'il donnoit paradis aussi bien ceulx qui ne l'aroient
-point desservi que ceulx qui l'aroient desservi. Ce ne seroit pas
-justement jugi que autant en emportast l'un que l'autre, car s'il
-estoit ainsi, l'en ne feroit jamais bien, puisque autel guerdon auroit
-cellui qui ne serviroit point Nostre Seigneur, comme cellui qui le
-serviroit. Certes ceulx qui ainsi le croient pechent contre la bonne
-justice de Dieu, contre sa bnignit et sa doulceur. Car combien qu'il
-soit plain de misricorde, si comme j'ay dit devant, si est-il juste
-justicier, et chacun si est fait pour servir icelluy crateur et pour
-faire sa voulent, et ainsi peut-l'en avoir et desservir le royaume de
-paradis et autrement non, car qui de son service faire est ngligent et
-paresseux, il peche. Et pour ce, tu qui es paresseux te dois confesser
-des branches de paresse et dire ainsi. Sire, j'ay aussi err en toutes
-les branches de paresse; par ma ngligence ou service de Dieu ay est
-lent, paresseux et ngligent en la foy et curieusement pens de l'aise
-de ma charongne, et ce que j'ay ouy de l'Escripture je ne l'ay pas
-retenu ne mis oeuvre par ma paresse. Aprs, je n'ay pas rendu grce
- Dieu, si comme je deusse, des biens espirituels et temporels qu'il
-ma donns et envois, et oultre je n'ay pas servi Dieu si comme je
-deusse, selon les grces et les vertus qu'il m'a donnes. Je n'ay pas
-dit ne fait les biens que je peusse avoir dit ou fait et ay est lent
-et paresseux ou service de Nostre Seigneur et ay servi et ay est
-curieux ou service mondain, et aussi j'ay plus servi moi et ma char
-et y ay mis plus grant entente que ou service de mon doulx crateur.
-J'ay est moult oyseux longuement, dont moult de maulx et mauvaises
-penses et cogitacions me sont venues.
-
-Aprs tu dois dire en toi confessant que quant on chantoit la messe,
-ou aucune heure, ou quant tu estoies en dvocion, ou en disant tes
-heures, tu estoies en vaine cogitacion et mauvaises penses lesquelles
-ne te povoient proufiter, ains te nuisoient ton sauvement. Et pour
-ce tu dois dire ainsi: Sire, et quand je apercevoie ces choses, je
-ne retournoie pas Dieu ne me rapaisoie lui si comme je deusse.
-Et oultre, Sire, quant l'en disoit et faisoit le service de Dieu je
-jengloie et disoie paroles oyseuses et de telles qui n'appartenoient
-pas de parler l'glise. Sire, j'ay dormi en l'glise quant les autres
-prioient Dieu. Sire, aucune fois je ne me suis pas confess quant ma
-conscience me remordoit et ramentevoit mon mal, et mesmement quant
-j'avois lieu et espace et temps convenable je ne me disposoie pas
-ce, ains disoie en mon couraige, par ma paresse, tu le feras bien
-une autre fois ou une autre sepmaine, ou une autre journe, et par
-telles attentes et ngligences je oublioie moult de pchis; aprs
-par ngligence et par paresse ay-je oubli faire mes pnitences
-enjointes. Je n'ay pas monstr bon exemple mes gens. Car par ma
-trs dshonneste conversacion qui ils prenoient garde pour ce que
-j'estoie leur souverain, je les mectoie en cause de pchier. Sire, et
-quand j'ay ouy mes gens jurer vilainement, je ne les ay pas reprins ne
-corrigis, ains les ay escouts et l'ay laissi passer par ma paresse.
-Aprs, Sire, quant je venoie confesse je ne m'estoie point par avant
-advise de mes pchis que je devoie dire, ne n'y avoie point pens;
-ains quant je me dpartoie de ma confession je me trouvoie plus plaine
-de pchis que devant et de plus grans, et n'avoie point de diligence
-de retourner mon confesseur, ains passoie ainsi le temps; et tout ce
-me faisoit paresse en quoy j'ay demour et m'y suis tenu dont je me
-repens; et pour ce, chier pre, je vous en requier pardon et pnitence.
-
-Aprs le pchi de paresse est avarice. Avarice est soi estroitement
-tenir, escharcement despendre, avec volent dsordonne et ardeur de
-acqurir les biens de ce monde tort ou droit, ne peut chaloir
-comment, et toutesvoies la raison de la personne scet bien se l'en fait
-ou bien ou mal. Certes avarice a moult d'escoliers, comme excuteurs de
-testamens qui enrichissent et retiennent les biens des mors qui telle
-amour leur monstrrent leur fin qu'ils les esleurent comme les plus
-espciaulx pour avoir la cure du remde de leur salut, et aprs leur
-mort ils mordent en leur char comme tirans et s'engraissent de leur
-sang et de leur substance: tels gens sont escoliers d'avarice. Aussi
-en sont mauvais seigneurs qui par grosses amendes tolent la substance
-de leurs povres subjets; hosteliers et marchans qui vendent leurs
-choses oultre le juste pris et ont faulx pois et faulses mesures; faulx
-plaideurs qui par plait et par barat font dgaster aux gens simples le
-leur et les tourmentent s cours des grans seigneurs tellement et si
-longuement qu'ils ont d'eulx leur dsir comment qu'il soit. Avarice,
-comme dit est, est ne de paresse; quant une personne est paresseuse et
-ngligente de faire ou ouvrer ce qui est de ncessit pour son corps
-soustenir et ce qui lui est proufitable et par icelle paresse il laisse
-et pert acqurir sa substance, pour refournir sa facult[141] lui
-vient convoitise de rapine et voulent de retenir l'autruy injustement
-et sans raison. Se tu es riche et puissant et tu as assez et largement
-et te doubtes que ton avoir ne te doie faillir et pour ce tu ne donnes
-quant il est temps et ncessit aux povres, ou quant tu ne rens ce que
-tu as de l'autruy, soit par emprunt ou autrement, mauvaisement acquis,
-tu peches en avarice.
-
-Avarice a sept branches: la premire si est larrecin, la seconde
-rapine, la tierce fraude, la quarte dcepcion, la quinte usure, la
-sixiesme hazart et la septiesme simonie.
-
-Larrecin est quant une personne injustement et de nuit prent aucune
-chose sans le sceu et contre la voulent de cellui qui la chose est;
-et c'est la premire branche d'avarice.
-
-La seconde branche d'avarice si est rapine; c'est quant une personne
-ravit aucune chose de l'autruy, et quant il l'a, il ne la veult rendre
-ou envoier cellui qui elle doit estre, ains par avarice le retient
-et recelle pour ce qu'elle lui plaist, et s'il l'ot demander par
-aventure, si ne la veult-il enseignier, ains la recelle et la muce que
-nul ne la puisse trouver.
-
-La tierce branche d'avarice si est fraude: c'est quant une personne,
-par dcepcion, par barat ou frauduleusement en l'achat ou vente d'une
-chose dit mensonges la personne de qui elle veult acheter ou vendre,
-en lui faisant faulx entendre et que la chose vaille mieulx ou plus
-qu'elle ne fait.
-
-La quarte branche d'avarice si est dcepcion: c'est dire quant une
-personne monstre par dehors aucun chose de belle apparence et le mal
-n'appert mie et il le laisse et ne le dit mie et dit et afferme et jure
-que la chose est bonne et vraie, et il scet bien qu'il n'est pas ainsi.
-Et ainsi font faulx marchans qui mectent le plus bel et le meilleur
-dessus et le pire dessoubs et jurent que tout est bon et loyal, et
-ainsi est dcepcion, car ils doivent les gens et font faulx seremens.
-
-La quinte branche d'avarice si est usure: c'est dire quant une
-personne preste son argent pour en avoir plus grant somme pour la
-longue tenue, ou vent son bl ou son vin plus chier par ce qu'il donne
-long terme, et ainsi de toutes autres marchandises desquelles je me
-passe quant prsent, car c'est moult longue chose que de usure et
-moult mauvaise.
-
-La sixiesme branche d'avarice si est le hazart: si est quant on joue
-aux ds pour gaigner l'argent d'autruy et y a moult de barat, de
-convoitise, d'avarice et de dcepcion, si comme faulsement compter et
-d'argent prester pour gaigner, comme prester douze deniers pour treize;
-et en tels jeux sont fais moult de seremens et de mauvais comme de
-jurer Dieu et Nostre Dame et tous les Sains de paradis, et sont fais et
-dis moult de maulx: pour ce s'en doit-l'en garder.
-
-La septiesme branche d'avarice si est simonie: c'est dire quant les
-sacremens de sainte glise sont vendus ou achets ou les prbendes
-des glises, et tels pchis viennent de clercs et de religieux et
-viennent aussi de mal paer les dismes et de pnitences mal faictes et
-mal garder les commandemens de sainte glise et de mal distribuer ce
-qui doit estre donn pour Dieu.
-
-Le Dable fait six commandemens l'avaricieux: le premier, que il
-garde trs bien le sien; le second, qu'il ne le preste sans acquest,
-ne n'en face bien devant sa mort; le tiers, qu'il mengeusse tout seul,
-ne ne face courtoisie ne aumosne; le quart, qu'il restraigne sa mesnie
-de boire et de mengier; le quint, qu'il ne face miectes ne relief; le
-sixiesme, qu'il entende diligemment acqurir pour ses hoirs.
-
-De toutes ces choses de quoi ta conscience te juge tu t'en dois
-confesser, et de tout ce dont tu te sens coulpable et qui regarde le
-pchi d'avarice, et dire l'un aprs l'autre par l'ordonnance que
-dessus, et la fin, dois dire: Sire, chier pre, de tout ce que je
-vous ay dit que j'ay pchi ou pchi d'avarice, je m'en repens trs
-grandement et vous en requier pardon et pnitence.
-
-Aprs le pchi d'avarice vient le pchi de gloutonnie qui est
-parti en deux manires: l'une est quant l'en prent des viandes trop
-habondamment, et l'autre de parler gouliardeusement et oultrageusement.
-Le pchi de trop boire et de trop mengier est le plaisir au Dable.
-On treuve en l'Euvangille que Dieu donna povoir au Dable d'entrer ou
-ventre des pourceaulx pour leur gloutonnie et le Dable y entra et les
-mena en la mer et les fist noer; ainsi entre-il ou corps des gloutons
-qui mainent vie dshonneste, et les boute en la mer d'enfer. Dieu
-commande jeuner, et la gloute dit: _Je mengeray_. Dieu commande
-aler au moustier et matin lever, et la gloute dit: _Il me fault dormir;
-je fus hier yvre. Le moustier n'est pas livre, il me attendra bien._
-Quant elle est quelque peine leve, savez-vous quelles sont ses
-heures? Ses matines sont: _Ha! de quoi burons-nous? Y a-il rien d'hier
-soir?_ Aprs dit ses laudes ainsi: _Ha! nous beumes hier bon vin!_
-Aprs dit ses oroisons ainsi: _La teste me deult; je ne seray mais
-aise jusques j'aye beu_. Certes telle gloutonnie met femme honte,
-car elle en devient ribaude, gouliarde et larronnesse. La taverne si
-est le moustier au Dable o ses disciples vont pour le servir et o
-il fait ses miracles[142]; car quant les personnes y vont, ils vont
-drois et bien parlans, saiges et bien atremps et adviss, et quant ils
-reviennent ils ne se pevent soustenir et ne pevent parler: ils sont
-tous fols et tous enragis et reviennent jurant, battant et desmentant
-l'un l'autre.
-
-L'autre partie du pchi de la bouche est folement parler en moult
-de manires, dire paroles oyseuses, vantance, louenge, parjuremens,
-contens, murmuracion, rbellion, blasmes. Tu ne auras j dicte si
-petite parole dont il ne te conviengne rendre compte devant Dieu.
-Hlas! que tu en dis prime[143] dont il ne te souvient tierce.
-Parlers oyseux sont comme les bates du molin qui ne se pevent taire;
-les venteres et les pestrins ne parlent que de soy.
-
-Ce pchi de gloutonnie qui, comme dit est, est parti en deux parties,
-a cinq branches. La premire branche si est quant une personne mengue
-avant qu'elle ne doit, c'est dire trop matin, ou avant qu'elle ait
-dit ses heures, ou avant qu'elle ait est au moustier et qu'elle ait oy
-la parole de Dieu et ses commandemens; car crature doit avoir sens et
-discrcion qu'elle ne doit pas mengier avant l'eure de tierce, se ce
-n'est pour cause de maladie ou de foiblesse ou pour aucune ncessit
-qui ce le contraigne.
-
-La seconde branche de gloutonnie si est quant une personne mengue plus
-souvent qu'elle ne doit et sans ncessit. Car, si comme l'Escripture
-dit: Mengier une fois le jour est vie d'ange, et mengier deux fois le
-jour est vie humaine, et trois fois ou quatre ou plusieurs est vie de
-beste et non pas de crature humaine.
-
-La tierce branche de gloutonnie si est quant une personne boit et
-mengue tant le jour qu'il luy en est de pis, par quoy elle est yvre et
-prent une maladie dont il lui convient aler couchier au lit et est trs
-griefve.
-
-La quarte branche de gloutonnie si est quant une personne mengue si
-gloutement d'une viande qu'elle ne la mache point, ains l'engloutit
-ainsi comme toute entire et plus tost qu'elle ne doit, si comme dit
-l'Escripture de Esa qui fut le premier n de tous ses frres qui se
-hasta si de mengier que peu s'en failli qu'il ne se estrangla.
-
-La quinte branche de gloutonnie si est quant une personne quiert viande
-dlicieuse tant soit chire[144], et se peut bien faire moins et
-soy restraindre pour plus aidier un povre ou deux ou plusieurs.
-Et c'est un pchi de quoy nous trouvons en l'Euvangille du mauvais
-riche qui estoit vestu de pourpre, lequel riche mengeoit chascun jour
-si largement des viandes et nul bien n'en vouloit faire au povre
-ladre, et de luy trouvons qu'il fut dampn pour ce qu'il vesquit trop
-dlicieusement et n'en donna point pour Dieu si comme il devoit. Et
-de ces choses cy devant dictes tu te dois ainsi confesser: Sire, de
-toutes ces choses et de moult d'autres manifestement et souventes fois
-j'ay pchi et fait moult d'autres pchier et fait par ma cause faire
-autres. J'ay maintes fois beu sans soif, par quoy mon corps en estoit
-pris et pis ordonn et mal dispos, et par ce j'estoie abandonne
-parler plus largement et plus dsordonnement et faisoie les autres
-pchier qui prenoient par moy et avec moy plus largement des biens
-qu'ils ne faisoient se je ne feusse; de viandes aussy ay-je mengi
-sans faim et sans ncessit et maintes fois que je m'en peusse bien
-passer moins, et tant en prenoie que mon corps en estoit aucunes fois
-grev et nature en estoit en moy plus endormie, plus foible et plus
-lasche bien faire et bien ouir, et tout ce venoit par le pchi de
-gloutonnie ou quel j'ay pchi comme j'ay dit, et pour ce, chier pre,
-je m'en repens et vous en demande pardon et pnitence.
-
-Aprs est le pchi de luxure qui est n de gloutonnie, car quant la
-meschant personne a bien beu et mengi et plus qu'elle ne doit, les
-membres qui sont voisins et prs du ventre sont esmeus ce pchi
-et eschauffs, et puis viennent dsordonnes penses et cogitacions
-mauvaises, et puis du penser vient-on au fait. Et ce pchi de luxure
-si a six branches.
-
-La premire si est quant un homme pense une femme ou la femme
-l'homme, et la personne a en celle pense grant plaisance et s'y
-dlicte grandement et y demeure longuement, et par longue demeure la
-char s'esmeut dlectation; non pourtant elle ne pcheroit point
-pour le premier esmouvement qui vient soudainement, se la personne
-contraignoit son couraige y obvier et remdier, mais quant la
-personne n'y rsiste ne contrarie si tost qu'elle devroit ou pouroit,
-ne elle n'a pas en voulent ne en pense de tourner son couraige
-autre part, ne de y rsister, ains s'y dlicte et demeure, elle peche
-mortelment.
-
-La seconde branche de luxure si est quant la personne se consent
-faire le pchi, et si ne demeure pas en lui, et fait tout son povoir
-et quiert le temps et heure et le lieu o elle le pourra faire, et lors
-elle ne le puet faire ne accomplir, et non pourquant[145] il lui plaist
-moult en son cuer. Combien que charnellement elle ne fait pas le fait,
-Dieu dit, et l'Escripture: Ce que tu veulx faire et tu ne peus est
-rput pour fait. Et en autre lieu dit l'Escripture: La voulent sera
-rpute pour fait advenu, soit bien ou mal. Et ceste seconde branche
-et aussi la premire sont appelles _luxure de cuer_. Car il est deux
-espces de luxure: c'est assavoir, luxure de fait et luxure de cuer. Et
-sont les devant dictes; et luxure de corps est quant le fait y est.
-
-La tierce branche de luxure si est quant une personne n'a point de
-femme espouse ou femme n'a point espous d'homme et l'un peche avec
-l'autre, comme d'avoir faire femme qui n'est en rien lie, ne
-homme qui n'est point li; lors est le pchi appell fornication.
-
-La quarte branche de luxure si est quant une personne a femme espouse,
-ou femme a homme espous, et ils brisent leurs fois que ils doivent et
-ont promis garder l'un l'autre et l'un et l'autre pechent, et qui
-pis est, pevent faire faulx hritiers qui succderoient; et tel pchi
-est appell avoultire.
-
-La quinte branche de luxure si est quant homme ou femme a affaire
-charnelment sa cousine ou qu'elle soit de son lignaige, soit loing
-ou prs, ou sa mre, ou celle qui est du lignaige de sa femme, ou
-la femme a affaire celluy du lignaige de son mary; et femme de
-religion benoite ou non, ou en vigille de festes, en temps de jenes
-ou de festes, ou le jour que on doit garder, que homme mari ne doit
-pas aler sa propre femme ne autre, car ce seroit moult grief pchi
-lequel Dieu deffent en la loy; ou quant un homme est avec sa femme ou
-avec autres contre droit et autrement que honnestement, et ainsi comme
-raison l'enseigne en mariaige. Car tout homme peut moult grandement et
-en moult de manires pchier avec sa femme espouse. Et, pour ce, dit
-Ysaac en l'Escripture que qui est dsordonnement avec sa femme, c'est
- dire pour la convoitise de la char, ou pour son seul dlit, sans
-esprance de engendrer ligne, ou en lieu saint, que c'est pchi de
-fornication, et pour ce estrangla le Dable les sept maris de Sarra.
-
-La sixiesme branche de luxure si est un pchi qui est contre
-nature, comme soy corrumpre par sodomie, duquel pchi nous lisons
-en l'Escripture que pour cellui pchi Dieu en print telle vengence
-que cinq citez en Sodome et en Gomorre furent destruites et arses par
-pluie de feu et de souffre puant, duquel pchi il n'est pas bon
-tenir longues parolles pour l'orreur d'icellui pchi, car le Dable
-mesmes qui pourchasse icellui pchi en a honte quant on l'a fait. Et
-aussi quant une personne se corrompt par lui tout seul en veillant,
-et scet bien que c'est contre nature, ou dshonnestement en faisant
-atouchemens mauvais par quoy personne soit esmeue et en aucunes autres
-manires qui ne sont honnestes dire, fors en confession. Car chascun
-scet bonnement et doit savoir que quant ils font tels pchis, leurs
-cuers et leurs penses leur dient bien que c'est contre Dieu et contre
-nature. Et pour ce, de toutes ces choses la crature pcheresse doit
-ses pchis humblement dire son confesseur et demander pardon et
-dire: J'ay pchi en ces pchis et en grant jour de festes et en
-vigilles et peut-estre s vigilles de Nostre Dame, s festes, ou en
-karesme, ou en lieu saint comme au moustier, et doit dire une fois ou
-deux ou plusieurs et s quels il peche plus que s autres. Et la fin,
-doit dire: Chier pre, j'ay mespris et pchi comme j'ay dit ou pchi
-de luxure, et vraiement je m'en repens: si vous en requier pardon et
-pnitence.
-
- * * * * *
-
-Cy aprs s'ensuivent les noms et les condicions des sept vertus par
-lesquelles vertus l'en se puet garder de mortelment pchier, et
-premirement:
-
-Humilit est contre orgueil; car ainsi comme orgueil naist de mauvais
-cuer orgueilleux et despit, et fait despire, perdre et mectre mort
-le corps et l'me, aussi humilit naist de cuer piteux et fait en ce
-sicle honnourer le corps, et l'me mectre en joie pardurable, et pour
-ce est humilit compare la vierge Marie. Ainsi comme orgueil est
-compar folie, en mal respondre, en forcenerie, en peu souffrir,
-desloyault ou foiblesse de bien faire, voulent ou pense de mal
-jugier par arrogance contre autruy et plusieurs autres mauvaises
-branches que tu peus avoir oy cy dessus sur le pchi d'orgueil, ainsi
-attrempance pour tout bien escouter, force de cuer de tout doulcement
-souffrir, justice pour tout le plaisir de Dieu acomplir sans mal faire
- autruy, ne ses fais, vs cy quatre penses par quoy humilit
-entre et demeure au corps d'omme et deffent que orgueil ne s'y mecte.
-Premirement, tu dois penser la vilit et l'ordure dont tu es engendr
-en pchi. Secondement, comment tu fus en si grant povret sans me
-jusques tant que Dieu par sa grce te resveilla. Tiercement, comment
-tu fus en si grant peine nourris et comment tu mourras, ne scez
-l'heure. Quartement, pense souvent quelle joye et quel bien tu auras de
-bien faire et quelle peine et quel dommaige tu auras de mal faire. Car
-de bien faire tu aras en ce sicle louenge et honneur, et aprs la mort
-joie perptuelle sans tristesse, richesse sans povret et sant sans
-langueur; pour mal faire quoy tu mes grant peine et te couste moult
-faire, tu seras en ce sicle mesprisi, en l'autre auras tristesse et
-peine prilleuse sans joie, povret sans confort, maladie sans garison.
-Pense comment tu dois d'ores j[146] morir, ne scez quant, ne o
-l'me ira: voy comment la nuit et le jour se gaste le temps, et garde
-comment tu as ton temps oubli, dont il conviendra que de chascune
-heure tu rendes compte d'ores j; regarde comment tu as le temps
-gast en moult de vils pchis et de mauvais; regarde que tu n'as fait
-nul bien, et se par aventure tu en as fait aucun, si l'as-tu fait en
-pchi mortel et ne te prouffite ne te prouffitera nant.
-
-Amiti est contre le pchi d'envie: car ainsi comme le pchi envenime
-et art le cuer de l'envieux, si comme tu as oy dessus, ainsi la sainte
-vertu d'amiti qui est le don du Saint Esperit fait le cuer humble et
-doubteux; et pour ce l'appelle-on: _don de paour_. La vertu d'amiti
-est une doulceur, une rouse et un triacle[147] contre envie: car ainsi
-comme envieux est tousjours triste et courrouci du bien d'autruy,
-ainsi le bon cuer plain d'amiti est tousjours li des biens de son
-prosme[148] et est courrouci et a compassion de ses adversaires.
-La vertu d'amiti oste toute envie de cuer et fait l'omme content de
-ce qu'il a. Jamais tu n'auroies envie du bien de ton bon amy se tu
-l'amoies bien. La vertu d'amiti si se monstre en sept manires ainsi
-comme on congnoist l'amour des membres du corps en sept manires.
-Premirement, l'un des membres contregarde l'autre qu'il ne luy
-mefface: ce commandement est escript que tu ne faces autruy ce que
-tu ne vouldroies qu'il te feist. Aprs, l'un membre souffre l'autre
-doulcement, car se l'une des mains fait mal l'autre, elle ne se
-revenchera pas: ce appert la grant amour et dbonnairet que les
-membres du corps ont l'un vers l'autre, car ils ne se courroucent de
-riens que l'un face l'autre, ne ils ne tiennent pas ne ont envie de
-riens que l'autre ait ou face; l'un secourt et aide l'autre son
-besoin sans requerre. Tous les membres aident leur souverain, c'est
-assavoir au cuer: c'est parfaicte amiti sans envie, c'est droite
-obissance et charit. Dont tu dois avoir telle pure amiti ton
-prosme qui est ton membre, car nous sommes tous membres de Dieu, et
-il est le corps. Dieu en l'Euvangille donne aux povres le ciel, et aux
-amiables et dbonnaires la terre: or regarde dont o seront les envieux
-et les flons, fors ou tourment d'enfer?
-
-Dbonnairet est contre ire. La saincte vertu dbonnairet ou
-attrempance veult tousjours paix, quit et justice, sans faire tort
-aucun, sans nullui courroucier, ne avoir haine aucun, ne nullui ne
-het ne desprise. Ainsi comme ire est le feu qui gaste tous les biens
-de la maison du cuer flon, ainsi dbonnairet est le prcieux triacle
-qui met partout paix et veult quit et justice. Equit a huit degrs
-moult bons compter par quoy le preudomme paisible voit les las et
-les engins du Dable qui nous voit et nous ne le vons pas et nous
-espreuve griefment en plus de mille manires. Le Dable est philosophe,
-il scet l'estat et la manire d'omme et sa complexion et en quel vice
-il est plus enclin ou par nature ou par accoustumance, et d'icelle
-partie il l'assault plus fort; le colrique de ire et de discorde,
-le sanguin de jolivet et de luxure, le fleumatique de gloutonnie et
-de paresse, le mlencolieux d'envie et de tristesse. Pour ce se doit
-chascun dfendre de ceste part o il scet que son chasteau est plus
-foible, pour soy combattre contre cellui vice que il voit dont il est
-plus assailli. Le dbonnaire mect partout paix. Paix vaint toute malice
-et toute ire. Sans paix nul ne peut avoir victoire. Saint Pol dit que
-avec paix toutes autres vertus courent, mais paix court le mieulx,
-car elle gaigne l'espe. Toutes vertus se combattent, mais paix a la
-victoire, l'onneur et la couronne: toutes servent, mais ceste emporte
-le loyer. Justice est l'armeure de paix qui toutes les vaint, comme
-dit est. Jasoit-ce que le chevalier soit arm de paix et justice, si
-lui convient-il repentence de cuer, vraie confession de bouche et
-amende souffisant, et se l'une de ces trois choses y fault, l'armeure
-est faulse et cellui qui la porte est vaincu et desconfit, et pert le
-loyer de paradis.
-
-Prouesse qui vault autant comme diligence est une sainte vertu contre
-le pchi de accide[149] et de paresse: car ainsi comme le bourgois
-veille pour acqurir richesses lui et ses enfans, le chevalier et
-le noble veille pour acquerre pris et los ou monde; chascun selon son
-estat en ce sicle veille pour les choses mondaines acquerre. Hlas!
-qu'il y en a peu qui veillent pour acquerre les biens espirituels!
-Les bons sans vaine gloire qui le monde ennuie et qui veillent pour
-venir devant Dieu sont sages de despire le monde pour les prils et
-pour les peines dont il est plain: c'est une forest plaine de lyons,
-une montaigne plaine de serpens et de ours, une bataille plaine
-d'ennemis traistres, une vale tnbreuse plaine de pleurs, et n'y a
-riens estable; nul n'y a paix de cuer ne de conscience, se il veult
-croire le monde et amer. Les bons qui le monde ennuie tendent droit
-leur cuer Dieu o ils pensent venir et desprisent tous les biens
-du monde; mais c'est si grant chose que peu y a de ceulx qui facent
-ceste entreprinse[150].... de la persvrance. De ceste vertu, dit
-Jhsu-Crist, toutes les autres vertus se combatent: ceste a gaign la
-victoire; toutes labeurent: mais ceste emporte le loyer au vespre.
-
-Misricorde ou charit est contre avarice, car misricorde est ainsi
-comme de avoir dueil et compassion du mal, de la ncessit ou de la
-povret d'autruy, et de lui aidier, conseillier et conforter son
-povoir. Ainsi comme le Dable fait ses commandemens l'aver[151] tels
-comme tu as oy, ainsi le Saint Esperit fait celui qui a misricorde
-ou charit en lui ses commandemens qu'il desprise les biens temporels,
-qu'il en face aumosnes, qu'il en veste les nus, qu'il en donne boire
- ceulx qui ont soif, mengier ceulx qui ont faim, qu'il visite les
-malades. Ainsi comme l'aver est fils du Dable et lui ressemble, ainsi
-le charitable ressemble Dieu son pre. Ainsi comme avarice pense de
-nuit et de jour acquester et amasser tort et droit, ainsi charit
-et misricorde pensent accomplir les sept oeuvres de misricorde.
-Hlas! qu'il y fait bon penser et les accomplir de fait, ou de voulent
-et compassion qui faire ne le peut de fait! Car nostre grant juge les
-nous reprouchera en ses grans jours, et c'est chose qui moult nous doit
-mouvoir charit que la paour de la sentence du jour du jugement o
-Dieu dira aux avers: Alez-vous-en avec le Dable vostre pre! et aux
-charitables: Mes fils, demourez avec moy. Hlas! quant il les partira
-de sa compaignie com grant douleur[152]!
-
-Misricorde a sept branches: la premire est donner boire et
-mengier aux povres; la seconde est de vestir les nus; la tierce est
-prester aux povres quant ils en ont besoing et leur pardonner la debte;
-la quarte visiter les malades; la quinte, hbergier les povres; la
-sixiesme, visiter ceux qui sont en chartre de maladie; et la septiesme
-ensevelir les mors. Et toutes ces choses devez-vous faire en charit
-et compassion, pour l'amour de Dieu seulement et sans vaine gloire.
-Vous devez faire aumosne de vostre loyal acquest liement, hastivement,
-secrtement, dvotement et humblement sans despire les povres en
-pense ne en fait. Cellui fait bien qui leur donne tost quant ils lui
-demandent, mais encore fait-il mieulx qui leur donne sans demander.
-
-Sobrit est contre gloutonnie: car ainsi comme la sainte vertu de
-sobrit est droite mesure contre le pchi mortel de gloutonnie,
-ainsi c'est la vertu que le don de sapience donne et plante au cuer
-du glouton contre oultrage. Sobrit est un arbre moult prcieux, car
-il garde la vie du corps et de l'me; car par trop boire et par trop
-mengier meurt-on, et par trop mal parler deult la teste et fait-on
-tuer corps et me. Par sobrit vit le corps en ce sicle longuement
-en paix, et en a l'me la vie pardurable. Ceste vertu doit-on garder
-sur toutes les autres pour les biens qu'elle fait. Premirement,
-sobrit garde raison, entendement et sens, et l'omme sans sens est
-beste. Cellui qui est yvre et si rempli de vin qu'il en pert raison
-et entendement il cuide boire le vin et le vin le boit. Le second est
-que sobrit dlivre homme glouton du servaige du ventre qui il est
-serf. Saint Pol dit que moult s'avile qui pert sa franchise pour estre
-serf un seigneur, mais plus s'avile cellui qui se fait serf son
-ventre dont il ne peut yssir que ordure. Sobrit garde l'omme en sa
-seignourie, car l'esperit et le sens doivent estre seigneurs du corps
-et le corps doit pourveoir l'esperit. Le glouton par son yvresse et
-gloutonnie pert le sens et l'esperit, si qu'il ne scet gouverner le
-corps. Le tiers est qu'elle garde bien la porte du chastel afin que
-le Dable par pchi mortel n'entre ou corps de l'homme; la bouche
-est la porte par o le Dable entre ou chastel pour soy combatre aux
-bonnes vertus et y entre par les faulx traistres seigneurs Gloutonnie
-et Male-langue qui laissent la porte de la bouche ouverte au Dable.
-Ceste vertu a la seigneurie du corps, car par sobrit on maistrie le
-corps si comme le cheval par le frain. Sobrit a la premire bataille
-de l'ost et garde les autres vertus. Le Dable tempte l'omme par la
-bouche, si comme il fist Nostre Seigneur quant il lui dist qu'il feist
-de pierre pain et Adam quant il lui fist mengier le fruit. Entre les
-autres cratures l'omme a la bouche plus petite selon le corps; homme
-a les autres membres doubles: deux oreilles et deux narines et deux
-yeulx, mais il n'a que une bouche, et ce nous monstre que l'omme doit
-sobrement mengier et boire et sobrement parler. Sobrit n'est autre
-chose que droite mesure qui est moyenne entre trop et peu; sur toutes
-choses doit avoir l'omme mesure en son cuer, et en son sens qui est
-ainsi comme l'oisel qui se justice par les yeulx de sobrit[153], il
-s'envole et chiet souventesfois s las de l'oiseleur: c'est du Dable
-qui souvent chasse prendre tel oisel.
-
-Chastet est contre luxure, et est sainte vertu de chastet, c'est
-assavoir la conscience toute pure de mauvais pensemens, les membres
-purs de tous atouchemens. Et ainsi que les cratures plaines du vil
-pchi de luxure ont la conscience plaine et trouble de mauvais
-pensemens, le corps et les membres ors et vils de mauvais atouchemens
-et sont Dieu lais et obscurs comme dables, ainsi les chastes ont
-le cuer et la conscience clers, nets et luisans et ont clart et
-lumire de Dieu. A chastes convient, comme tu as oy, necte conscience
-avoir; avoir necte conscience convient trois choses: la premire
-est voulentiers or parler de Dieu; la seconde lui bien et souvent
-confesser; la tierce avoir remembrance de la passion Jhsu-Crist et
-remembrer pour quoy il mourut, et que tu mourras, que j n'en seras
-dlivre; et c'est le premier degr de chastet. Le second degr de
-chastet est que on se garde de vilainement parler, car vilaines
-paroles courroussent les bonnes meurs. Le tiers degr est de bien
-garder les cinq sens corporels: les yeulx de folement regarder, les
-oreilles de folement escouter, les narines de soy en souefves choses
-trop dlicter et odourer, les mains de folement touchier, les piez de
-aler en mauvais lieux; ce sont les cinq portes et les cinq fenestres
-par o le Dable vient rober la chastet du chastel de l'me et du
-chtif corps. Le quart degr est jeuner et avoir tousjours remembrance
-de la mort qui te puet soudainement happer et prendre d'ores j, se
-tu ne t'en gardes. Le quint degr est fuir mauvaise compaignie, comme
-fist Joseph qui s'enfouist quant la dame le voult faire pchier. Le
-sixiesme degr est d'estre embesogni de bonnes oeuvres; car quant
-le Dable treuve la personne oyseuse, il la mort voulentiers en ses
-besoignes. Le septiesme degr est de vraye oroison; oroison sont
-ncessaires trois choses: bonne foy, esprance d'avoir ce que on
-requiert, dvocion de cuer sans penser ailleurs. Oroison sans dvocion
-est messaigier sans lettres. Dieu regarde en prire cuer humble et
-dvost et n'a cure de paremens, ne de haulte manire, comme font ces
-foles hardies qui vont baudement, le col estendu comme cerf en lande
-et regardent de travers comme cheval desr[154].
-
-Et atant, chre seur, vous souffise de cette matire, car le sens
-naturel que Dieu vous a donn, la voulent que vous avez d'estre dvote
-et bonne vers Dieu et l'glise, les prdications et sermons que vous
-orrez en vostre parroisse et ailleurs, la Bible, la Lgende dore[155],
-l'Apocalipse, la Vie des Pres[156] et autres plusieurs bons livres en
-franois que j'ay dont vous estes maistresse pour en prendre vostre
-plaisir, vous donra et attraira parfondment le remenant au bon plaisir
-de Dieu qui ce vous vueille conduire et entalenter[157].
-
-
-
-
-LE QUART ARTICLE.
-
-
-Le quart article de la premire distincion dit que vous devez garder
-continence et vivre chastement.
-
-Je suis certain que si ferez-vous, je n'en suis mie en doubte, mais
-pour ce que je say que aprs vous et moy ce livre cherra s mains de
-nos enfans ou autres nos amis, je y mects voulentiers tout ce que je
-say, et dy que aussi devez-vous endoctriner vos amies et par espcial
-vos filles, et leur dictes, belle seur, pour tout certain que tous
-biens sont reculs en fille ou femme en laquelle virginit, continence
-et chastet dfaillent; ne richesse, ne beaut, ne sens, ne hault
-lignaige, ne nul autre bien ne peut jamais effacer la renomme du vice
-contraire, se en femme espcialment il est une seule fois commis,
-voire seulement souspeonn, et pour ce maintes preudes femmes se sont
-gardes non mie seulement du fait, mais du souspeon, espcialment
-pour acqurir le nom de virginit: pour lequel nom les saintes
-escriptures de monseigneur saint Augustin et de monseigneur saint
-Grgoire et moult d'autres dient et tesmoingnent que les preudes femmes
-qui ont est sont et seront, de quelque estat qu'elles soient ou aient
-est, pevent estre dictes et appelles vierges. Et monseigneur saint
-Pol le conferme en l'onziesme chappitre de ses pistres qu'il fait
-secondement ceulx de Corinte o il dit ainsi: _Despondi enim vos_,
-etc. Je vueil, dit-il, que vous sachiez que une femme qui est espouse
- un homme, puis qu'elle vive chastement sans penser avoir affaire
- autre homme, peut estre dicte vierge et prsente Notre Seigneur
-Jhsu-Crist. De chascune bonne preude femme Jhsu-Crist ou treiziesme
-chappitre de l'euvangille de saint Mathieu en une parabole dit ainsi:
-_Simile est regnum coelorum thesauro abscondito in agro_, etc. Le rgne
-du ciel, dit-il, est semblable au trsor qui est repos dedans un champ
-de terre, lequel trsor quant aucun homme qui laboure en fouyant le
-descuevre, il le remuce; de la grant joye qu'il en a, il s'en va et
-vent tout quanque il a et achte le champ. En ce chappitre mesmes dit
-Nostre Seigneur ceste parabole: Le royaulme des cieulx est semblable
- l'omme marchant qui quiert bonnes pierres prcieuses, et quant il
-en a trouv une bonne et prcieuse, il va et vent tout quanque il a
-et l'achte. Par le trsor trouv ou champ de terre et par la pierre
-prcieuse nous povons entendre chascune bonne preude femme; car en
-quelque estat qu'elle soit, pucelle, marie ou vefve, elle peut estre
-compare au trsor et la pierre prcieuse; car elle est si bonne, si
-pure, si necte qu'elle plaist Dieu et l'aime comme sainte vierge en
-quelque estat qu'elle soit, marie, vefve ou pucelle. Et pour certain,
-homme en quelque estat qu'il soit, noble ou non noble, ne peut avoir
-meilleur trsor que de preude femme et saige. Et ce puet-on bien savoir
-et prouver qui veult regarder aux fais et aux bonnes meurs et aux
-bonnes oeuvres des glorieuses dames qui furent du temps de la vieille
-loy, si comme Sarre, Rbecque, Lye et Rachel qui furent moulliers aux
-sains patriarches Abraham, Ysaac et Jacob qui est appel Ysral, qui
-toutes furent chastes et vesquirent chastement et virginalement.
-
-Item, ce propos nous trouvons escript ou treiziesme chappitre ou
-livre fait de Daniel que aprs la transmigracion de Babilonne, c'est
- dire aprs ce que Jchonias[158] le roi de Jhrusalem et le peuple
-de Ysral furent mens en prison et chtivet[159] en Babilonne, et
-que la cit de Jhrusalem fut destruite par le roy Nabugodonosor, il
-ot en Babilonne un Juif preudomme et riche lequel fut nomm Joachin,
-et Joachin prist une femme fille d'un autre Juif lequel ot nom
-Belchias[160], et la pucelle Susanne, laquelle estoit trs belle et
-crmant Dieu; car son pre et sa mre qui estoient justes et bonnes
-gens l'avoient moult bien aprise et endoctrine en chastet selon la
-loy Moyse. Ce Joachin, mary de Susanne, estoit moult riche et avoit un
-moult bel jardin plain d'arbres portant fruis. L venoient communment
-esbatre les Juifs pour ce que le lieu estoit plus honnourable de tous
-les autres; Susanne mesmes aloit souvent esbatre en ce jardin. Or
-advint que deux anciens prestres d'icelle loy furent du peuple establis
-juges pour un an, lesquels juges virent Susanne trs belle et tant
-qu'ils furent espris et alums de fole amour. Si parlrent ensemble
-et regardrent comment ils la pourroient dcevoir, et se accordrent
-qu'ils la guetteroient ou jardin dessusdit et parleroient elle se ils
-la trouvoient seule.
-
-Un jour advint que aprs l'eure de midy ils se mussrent en un anglet
-de ce jardin: Susanne vint ou dit jardin pour soy laver, selon ce
-que leur loy l'ordonnoit, et mena avecques soy deux de ses pucelles
-lesquelles elle renvoya en sa maison pour lui rapporter oeille[161] et
-oingnemens pour soy enoindre. Et quant les deux vieillars la virent
-seule, ils coururent elle et lui dirent: Coyement[162] seufre ce
-que nous voulons faire de toy, et se tu ne le fais, nous porterons
-tesmoingnage encontre toy et dirons que nous t'avons trouve en
-advoultaire. Et quant Susanne vit et sceut la mauvaisti des juges,
-elle proposa en soy mesmes et dist en ceste manire: _Angustie michi
-sunt undique_, etc., Dieux! dit-elle, angoisses sont moy de toutes
-pars, car se je fais ceste chose, morte suis comme Dieu, et se je ne
-le fay, je ne pourray eschapper de leurs mains que je ne soie tormente
-et lapide; mais mieulx me vault sans meffaire cheoir en leur dangier
-que faire pchi devant Dieu. Lors elle cria haulte voix: les deux
-vieillars crirent aussi, tellement que les serviteurs de la maison y
-acoururent, et les juges dirent qu'ils l'avoient trouve en prsent
-meffait avec un jouvencel lequel estoit fort et viguereux; si leur
-eschappa et ne sceurent ne ne peurent congnoistre qui il estoit. De ce
-furent les sergens[163] merveilleusement vergongneux et esbahis, car
-oncques mais ils n'avoient oy dite telle parole de leur dame, ne veu
-mal en elle; toutesfois elle fut emprisonne.
-
-Et l'endemain que les juges furent assis en jugement, tout le peuple
-devant eulx assembl pour veoir la merveille, Susanne fut amene en
-jugement; ses parens et amis la regardoient, moult tendrement plourans.
-Susanne avoit son chief couvert, de honte et de vergongne qu'elle
-avoit. Les juges lui firent descouvrir son viaire[164] par grant honte
-et despit. Adonc elle plourant leva ses yeulx au ciel, car elle avoit
-fiance en nostre Seigneur et ou bien de son ignorance. Adonc les deux
-prestres racontrent devant le peuple comment eulx alans esbatans
-dedans le jardin avoient veu Susanne entrer en icellui, avec elle deux
-de ses pucelles lesquelles elle renvoya et serra l'uis aprs elles; et
-disoient que lors estoit venu un jeune homme lequel ils avoient veu
-charnellement habiter elle, et pour ce ils estoient l courus, et
-le jeune homme s'en estoit fouy par l'uis, et n'avoient peu arrester
-ne prendre fors icelle Susanne qui n'avoit icellui jeune homme voulu
-nommer; et de ce meffait nous deux sommes tesmoings, et pour ce meffait
-nous la jugeons mort. Susanne adonc s'escria et dist en ceste
-manire: Dieu pardurable, tu es congnoissant des choses rpostes[165]
-et scez toutes choses ains qu'elles soient faictes, et scez bien que
-contre moy ils portent faulx tesmoingnaige; souviengne-t'en et aies
-mercy de moy!
-
-Aprs ce on la mena son torment, et en passant par une rue, nostre
-Seigneur vertua l'esperit d'un jeune et petit enfant appel Daniel
-lequel commena crier haulte voix: O peuple d'Israel, ceste femme
-est juge faulcement, retournez au jugement, retournez, car les
-jugemens sont faulx! Adonc le peuple s'escria et firent retourner
-Susanne au lieu o le jugement avoit est donn et amenrent les
-jugeurs et l'enfant appel Daniel lequel dist tels mots: Sparez moy
-ces jugeurs et les menez l'un , l'autre l. Quant ce fut fait, il
-vint l'un et lui demanda soubs quel arbre ce avoit est fait et qu'il
-avoit vu l'omme et Susanne faisans leur pchi; et icellui jugeur
-respondi: soubs un chesne[166]. Aprs, icellui Daniel vint l'autre
-jugeur et lui demanda soubs quel arbre il avoit veu Susanne soubs le
-jeune homme; et il respondi: soubs un arbre appel _Lentiscus_[167].
-Lentiscus est un arbre qui rent huille et la racine est une espice
-appelle _macis_. Ainsi fut attainte leur menonge, et fut Susanne
-dlivre, comme pure et necte, sans tache de mauvais atouchemens. Et
-est bien prouv qu'elle estoit bien remplie de la vertu de chastet
-quant elle dist ceste parole aux faulx jugeurs: J'aime mieulx cheoir en
-vos mains comme s mains de mes ennemis, et mourir sans faire pchi
-que faire pchi devant Dieu nostre Seigneur. O femme pleine de foy
-et de grant loyault qui crmoit tant Dieu et le pchi de mariage
-enfraindre qu'elle voulloit mieulx mourir que son corps vilainement
-atoucher! Et certes il est tout certain que les Juifs et les Juifves
-qui sont prsent en ce royaume ont si abbominable ce pchi, et est
-telle leur loy, que se une femme estoit trouve en adultre, elle
-seroit lapide et tourmente de pierres jusques la mort selon leur
-loy. Mesmes les mauvais tiennent cette loy, et nous la devons bien
-tenir, car c'est bonne loy[168].
-
-Autre exemple y a, si comme met Cerxs[169] le philosophe en son livre
-nomm des _Eschez_, ou chappitre _de la Royne_, et dit que la Royne
-doit sur toutes choses sa chastet garder et endoctriner ses filles,
-car, dist-il, nous lisons de moult de filles qui pour leur virginit
-ou pucellaige garder ont est roynes. Pol istoriographe des Lombars
-raconte que en Ytalie avoit une duchesse qui avoit nom Raymonde, et
-avoit un fils et deux filles. Advint que le roy de Hongrie appel
-Cantamus eut dbat icelle Raymonde et vint devant une sienne ville
-et y mist le sige. Elle et ses enfans estoient dedens le chastel, et
-si regarda une fois ses ennemis qui faisoient une escarmouche contre
-les gens de sa ville qui fort se deffendoient, et entre les ennemis
-vit un chevalier qui estoit forment bel. Elle fu tant embrase de
-s'amour qu'elle lui manda que secrtement et parmy son chastel elle luy
-rendroit sa ville, se il la vouloit prendre femme. Et le chevalier
-dist oyl[170], et aprs ce, elle luy ouvri les portes du chastel, et
-il et ses gens y entrrent. Quant ils furent au chastel, ses gens
-entrrent par l en la ville et prindrent hommes et femmes et tout ce
-qu'ils peurent; et les fils d'elle orent si grant honte et douleur de
-sa trason qu'ils la laissrent et s'en alrent, et depuis furent si
-bons que l'un d'iceulx enfans qui avoit nom Grimault, c'est assavoir le
-plus petit, fut duc des Bienventens[171] et depuis roy de Lombardie. Et
-les filles qui ne sceurent fouir doubtrent estre violes des Hongres;
-si turent pigons et les mussrent dessoubs leurs mamelles, si que
-par l'eschauffement de leurs mamelles la char des pigons puoit, et
-quant les Hongres les vouldrent approuchier, si sentirent la puantise,
-et s'en refroidirent et desmeurent[172] et les laissrent tantost,
-et disoient l'un l'autre: Fy que ces Lombardes puent! Et la fin
-icelles filles s'enfouirent par mer pour garder leur virginit, et
-toutesvoies, pour ce bien et leurs autres vertus, l'une fut depuis
-royne de France et l'autre fut royne d'Alemaigne. Icellui chevalier
-print icelle duchesse et jeut avec elle une nuit pour son serement
-saulver et l'endemain la fist tous les Hongres commune. Le jour aprs
-lui fist ficher un pel ds parmy la nature au long du corps jusques
- la gorge, disant: Tel mary doit avoir telle lcheresse qui par sa
-luxure a trahy sa cit et ses gens baills et mis s mains de leurs
-ennemis. Et aussi ces paroles fist-il escripre en plusieurs lieux
-parmy sa robe, et toute morte la fist attacher et lier aux barrires de
-dehors et devant la porte de sa cit afin que chascun la veist, et la
-laissa[173].
-
-Encores met-il[174] l un autre exemple de garder son mariage et sa
-chastet, et dit que saint Augustin ou livre de la _Cit de Dieu_ dit
-(et aussi l'ay-je veu en Titus Livius) que Romme estoit une dame
-moult bonne et de grant et vertueux couraige appelle Lucresse qui
-estoit femme d'un Rommain appell Collatin qui convoya et semmoni[175]
-une fois disner avec lui l'empereur Tarquin l'orguilleux et Sexte
-son fils; lesquels y disnrent et furent festis et aprs disner se
-esbatirent, et Sexte advisa la contenance de toutes les dames qui l
-estoient; et entre toutes et pardessus toutes les autres, la manire
-Lucresse lui pleut et sa beaut. Par aucune espace de temps aprs, les
-gens d'un chastel qui estoit quatre lieues d'illec, emprs Romme,
-firent rbellion contre l'empereur qui ala mettre le sige devant,
-et avec lui fut et ala Sexte son fils avec lequel estoient et de sa
-compaignie furent plusieurs des jeunes hommes de Romme, entre lesquels
-estoit Collatin le mary Lucresse. Long temps furent illec les Rommains
- sige, et un jour qu'il faisoit bel et seryn, estoient assembls
-aprs disner boire ensemble Sexte le fils l'empereur et plusieurs
-d'iceulx jeunes hommes romains entre lesquels estoit Collatin, et
-prindrent complot ensemble de soupper tantost, et aprs alrent
-hastivement Romme en l'hostel de chascun d'iceulx jeunes hommes
-veoir la manire et contenance de chascune de leurs femmes et leur
-gouvernement, par tel[176] que cellui duquel sa femme seroit trouve
-en meilleur convine[177] auroit l'honneur de logier Sexte le fils
-l'empereur en son hostel. Ainsi fu accord, et vindrent Romme et
-trouvrent les unes devisans[178], les autres jouans au _bric_, les
-autres _qui fry?_ les autres _pince-merille_, les autres jouans
-aux _cartes_ et aux autres jeux d'esbatemens avecques leurs voisines;
-les autres qui avoient soupp ensemble, disoient des chanons, des
-fables, des contes, des jeux-partis; les autres estoient en la rue
-avecques leurs voisines jouans au _tiers_ et au _bric_, et ainsi
-semblablement de plusieurs jeux, except Lucresse qui dedens et ou plus
-parfont de son hostel, en une grant chambre loing de la rue, avoit
-ouvriers de laine, et l, toute seule, assise loingnet[179] de ses
-ouvriers et part, tenoit son livre dvotement et basse chire[180]
-disoit ses heures moult humblement; et fut trouv que lors, ne
-autresfois que son mary Collatin estoit hors, et en quelque compaignie
-ou feste qu'elle feust, il n'estoit nul ne nulle qui la feist dancer
-ne chanter, se ce n'estoit seulement le jour qu'elle avoit lettres de
-luy ou qu'il retournast la veoir; et lors chantoit et danoit avec les
-autres, se feste y avoit. Et pour ce Collatin eust l'honneur de la
-venue et loga en son hostel Sexte le fils l'empereur lequel fut servi
-de tous les autres et de leurs femmes et apparents, et l'endemain
-bien matin fut des dames esveilli, vestu, et oy messe, et le veirent
-monter et mettre chemin. Et ce voyage fut Sexte moult fort espris
-de l'amour de Lucresse et tellement qu'il pensa qu'il revenroit devers
-elle acompaigni d'autres gens que des amis d'elle ou de son mary.
-Ainsi fut fait et vint au soir en l'hostel Lucresse laquelle le receut
-moult honnourablement, et quant le temps vint d'aler couchier, l'en
-ordonna le lit Sexte comme fils d'empereur, et ce mauvais fils
-d'empereur espia o Lucresse gisoit, et aprs ce que tous lans furent
-couchis et endormis, Sexte vint elle, l'une main mise la poitrine
-et l'autre l'espe, et lui dist: Lucresse, tais toy! Je suis Sexte le
-fils l'empereur Tarquin, se tu dis mot tu es morte! Et de paour elle
-s'escria, dont la commena Sexte prier. Rien n'y vault. Et aprs ce,
- luy offrir et promettre dons et services. Riens n'y vault. Et puis,
-menacier qu'elle se voulsist luy accorder ou qu'il destruiroit elle
-et sa ligne. Rien n'y vault. Quant il vit que tout ce rien n'y valoit,
-si lui dist ainsi: Lucresse, se tu ne fais ma voulent, je te tueray et
-si tueray aussi un de tes varls, et puis diray que je vous aray tous
-deux trouvs couchis ensemble et pour vostre ribauldie vous ay tus.
-Et celle qui doubta plus la honte du monde que la mort, si se consenti
-se jouer.
-
-Et tantost aprs que Sexte s'en fu al, la dame manda par lettres son
-mari qui estoit en l'ost, et aussi manda son pre, ses frres et tous
-ses amis et un homme qui avoit nom Brut et nepveu Collatin son mary. Et
-quant ils furent venus, elle leur dist moult espouventablement: Sexte
-le fils l'empereur entra hier comme hoste en cest hostel, mais il ne
-s'en est pas dparti comme hoste, mais comme ennemy de toy, Collatin!
-et saiches qu'il a ton lit deshonnour. Toutesvoies se mon corps est
-deshonnour, se n'est pas le cuer, et pour tant me absols-je du pchi,
-mais non pas de la peine. Adonc Collatin son mary vit qu'elle estoit
-toute ple et descoulore et sa face blanche et toute esploure, car
-la trasse des larmes estoit apparant en son viaire des yeulx jusques
-aux baulivres, et avoit les yeulx gros et enfls, les paupires mortes
-et perses[181] et dedans vermaulx par le dcourement des larmes,
-et regardoit et parloit effroyeusement. Si commena la conforter
-moult doulcement et luy pardonner, et lui monstra moult de belles
-raisons, que le corps n'avoit pas pchi puisque le cuer n'y avoit
-donn consentement ne pris dlit, et se prist allguer exemples et
-auctorits. Tout ce ne luy pleut; elle luy rompi sa parole en disant
-moult asprement: Ho! ho, nennil, nennil! c'est trop tart, tout ce ne
-vault riens, car je ne suis jamais digne de vivre; et celluy qui m'a ce
-fait, l'a fait sa grant male meschance se vous valez riens, et pour
-ce que nulle ribauldie ne rgne l'exemple de Lucresse, qui vouldra
-prendre exemple au pchi et au forfait, si prengne aussi exemple
-l'amende. Et tantost d'une espe qu'elle tenoit soubs sa robe se fri
-parmy le corps et morut devant eulx tous.
-
-Adonc Brut le conseiller et Collatin le mary d'icelle Lucresse et tous
-ses amis plourans et dolens prindrent celle espe qui estoit sanglante,
-et sur le sang jurrent par le sang Lucresse que jamais ne fineroient
-jusques tant qu'ils auroient Tarquin et son fils destruit, et le
-poursuivroient feu et sang, et toute sa ligne bouteroient hors,
-si que jamais nul n'en vendra dignit. Et tout ce fut tantost fait,
-car ils la portrent emmy la ville de Romme et esmeurent tellement le
-peuple que chascun jura la destruction de l'empereur Tarquin et de son
-fils, et feu et sang. Et adonc fermrent les portes afin que nul
-n'issist pour aler adviser l'empereur de leur emprise, et s'armrent
-et yssirent dehors alant vers l'ost de l'empereur comme tous forcens.
-Et quant ils approchrent de l'empereur, et il ouy le bruit et tumulte
-et vit les gens pouldrs[182], et fumes des chevaulx, avec ce que
-l'en luy dit, il et son fils s'enfouirent en dsers, chtifs et
-desconforts. Sur quoy le Rommant de la Rose dit ainsi:
-
- N'onc puis Rommains, pour ce desroy,
- Ne vouldrent faire Romme roy.
-
-Ainsi avez-vous deux exemples, l'un de garder honnestement son
-vefvaige, ou sa virginit ou pucellaige; l'autre de garder son mariaige
-ou chastet. Et sachiez que richesse, beault de corps et de viaire,
-lignaige et toutes les autres vertus sont pries et anichilles
-en femme qui a tache ou souspeon contre l'une d'icelles vertus.
-Certes en ce cas tout est pri et effaci, tout est cheu sans jamais
-relever, puis que une seule fois femme est souspeonne ou renomme
-au contraire; et encores, suppos que la renomme soit tort, si
-ne peut jamais[183] icelle renomme estre effacie. Or vez en quel
-pril perptuel une femme met son honneur et l'honneur du lignaige de
-son mary et de ses enfans quant elle n'eschieve[184] le parler de tel
-blasme, ce qui est lgier faire. Et est noter sur ce, si comme
-j'ay oy dire, que puis que les Roynes de France sont maries, elles ne
-lisent jamais seules lettres closes, se elles ne sont escriptes de la
-propre main de leur mary, si comme l'en dit, et celles lisent-elles
-toutes seules, et aux autres elles appellent compaignie et les font
-lire par autres devant elles, et dient souvent qu'elles ne sevent mie
-bien lire autre lettre ou escripture que de leur mary; et leur vient de
-bonne doctrine et de trs grant bien, pour oster seulement les paroles
-et le souspeon, car du fait n'est-il point de doubte[185]. Et puisque
-si haultes dames et si honnoures le font, les petites qui ont aussi
-grant besoing de l'amour de leurs maris et de bonne renomme le doivent
-bien faire.
-
-Si vous conseille que les lettres amoureuses et secrtes de vostre
-mary, vous recevez en grant joye et rvrence, et secrtement toute
-seule les lisez tout part-vous, et toute seule lui rescripvez
-de vostre main se vous savez, ou par la main d'autre bien secrte
-personne; et lui rescripvez bonnes paroles amoureuses et vos joyes et
-esbatemens, et nulles autres lettres ne recevez, ne ne lisez, ne ne
-rescripvez autre personne, fors par estrange main et devant chascun,
-et en publique les faictes lire.
-
-Item dit-l'en aussi que les Roynes depuis qu'elles sont maries, jamais
-elles ne baiseront homme, ne pre, ne frre, ne parent, fors que le
-Roy, tant comme il vivra; pour quoi elles s'en abstiennent, ne se c'est
-vray, je ne say. Ces choses, chre seur, souffisent assez vous
-bailler pour cest article; et vous sont bailles plus pour raconte que
-pour doctrine. Il ne vous convient j endoctriner sur ce cas, car Dieu
-mercy de ce pril et souspeon estes-vous bien garde et serez.
-
-
-
-
-LE QUINT ARTICLE.
-
-
-Le quint article de la premire distinction dit que vous devez estre
-trs amoureuse et trs prive de vostre mary par dessus toutes autres
-cratures vivans, moiennement amoureuse et prive de vos bons et
-prochains parens charnels et parens de vostre mary, trs estrangement
-prive de tous autres hommes, et du tout en tout estrange des
-oultrecuids et oyseux jeunes hommes et qui sont de trop grant despence
-selon leur revenue, et qui, sans terre ou grans lignaiges, deviennent
-danceurs; et aussi des gens de court, de trop grans seigneurs, et en
-oultre de ceulx et celles qui sont renomms et renommes d'estre de vie
-jolie, amoureuse ou dissolue.
-
-A ce que j'ay dit trs amoureuse de vostre mary, il est bien voir que
-tout homme doit amer et chrir sa femme et que toute femme doit amer et
-servir son homme, car il est son commencement et je le preuve. Car il
-est trouv ou deuxiesme chappitre du premier livre de la Bible que l'en
-appelle Genesy, que quant Dieu eust cr ciel et terre, mer et air,
-et toutes les choses et cratures leur aournement et perfection, il
-admena Adam toutes les cratures qui eurent vie et il nomma chascune
-ainsi qu'il luy pleut et qu'elles sont encores appelles. Mais il n'y
-ot crature semblable Adam, ne convenable pour lui faire aide et
-compaignie. Et pour ce dist Dieu adonc: _Non est bonum hominem esse
-solum; faciamus ei adjutorium simile ei_. Bonne chose, dist Dieu, n'est
-pas que l'omme soit seul; faisons-lui aide qui lui soit semblable.
-Donc meist Dieu sommeil en Adam, et adonc osta une des costes de Adam
-et rempli le lieu o il la prist de chair, si comme dit Moyses ou
-second chappitre de Genesy. Cellui qui fait Histoire sur Bible[186]
-dit que Dieu prist de la char aussi avecques la coste, aussi dit
-Josephus[187], et nostre Seigneur difia la coste qu'il en avoit oste
-en une femme; voire, ce dist l'Historieur, il lui difia char de la
-char qu'il prist avecques la coste, et os de la coste, et quant il lui
-ot donn vie, il l'admena Adam pour ce qu'il luy meist nom. Et quant
-Adam la regarda, il dit ainsi: _Hoc nunc os ex ossibus meis et caro
-de carne mea: hec vocabitur virago quoniam de viro sumpta est_. Ceste
-chose, dist-il, est os de mes os et char de ma char, elle sera appelle
-_virago_, c'est dire faicte d'omme. Elle ot nom ainsi premirement,
-et aprs ce qu'ils orent pchi, elle ot nom _Eva_ qui vault autant
-que _vita_. Car toutes les cratures humaines qui puis ont eu vie
-et auront, sont venues d'elle. Encores adjousta Adam et dist ainsi:
-_Propter hoc relinquet homo_, etc. Pour ceste chose laissera homme son
-pre et sa mre et se aherdera[188] sa moullier, et seront deux en
-une chair; c'est dire que du sang des deux, voire de l'omme et de la
-femme, sera faicte une char s enfans qui d'eulx naistront. L fist
-donc Dieu et establi premirement mariaige, si comme dit l'Historieur,
-car il dist au conjoindre: _Crescite et multiplicamini_, etc. Croissez,
-dist-il, et multipliez et remplez la terre.
-
-Je di adonc, par les raisons dictes et prises en Bible, que femme doit
-moult amer son mary, quant de la coste de l'omme elle fut faicte.
-
-Item on lit en l'onziesme chappitre de Genesy que un patriarche appell
-Abraham prist moullier en la cit ou ville de Calde une moult bonne
-et sainte dame appelle Sarre laquelle fut depuis princesse souveraine
-et premire des bonnes et vaillans dames desquelles Moyses fait mention
-en ses cinq livres qui sont les premiers de la Bible. On lit illec que
-Sarre vesqui moult saintement et fut trs loyalle et de bonne foy
-son mary Abraham, et obissant ses commandemens. Et lit-on illecques
-que quant Abraham fut parti de Damas pour la grant famine qui estoit
-en icelle terre et il deust entrer en Egipte, il dist Sarre sa
-moullier: Je say, dist-il, que les hommes de ceste terre sont chaulx
-et luxurieux, et tu es moult belle femme; pour quoy je doubte moult,
-se ils scevent que tu soies ma moullier, que ils ne me occisent pour
-toy avoir; et pour ce, je te prie que tu vueilles dire que tu es ma
-seur et non pas ma moullier, et je le diray aussi, par quoy je y puisse
-vivre paisiblement, entre eulx et mes gens et ma mesgnie[189]. A ce
-conseil et commandement obi Sarre, non pas voulentiers, mais pour
-sauver la vie son seigneur et sa gent, et quant les hommes et le
-prince d'icelle contre virent Sarre tant belle, ils la prindrent et
-la menrent au roy Pharaon qui en ot moult grant joye et la retint,
-mais oncques, ne lors ne depuis, en quelconque heure, le roy Pharaon
-ne peust venir vers elle qu'il ne la trouvast toujours plourant du
-regret qu'elle avoit son mary, et pour ce, quant le roy Pharaon la
-voit en icelluy estat, la voulent et le dsir qu'il avoit d'elle se
-tresalloit et changeoit, et ainsi la laissoit. Et pour ce, peut-l'en
-dire que pour sa bont et la loiault que Dieu savoit en elle, laquelle
-estoit triste et courroucie de ce que on l'avoit oste son mary, il
-la garda et dfendi par telle manire que Pharaon ne pot habiter
-elle et fut moult tourment, et tous ceulx de sa mesgnie, pour Sarre
-qu'ils avoient oste Abraham. L'Historieur dit sur ce chappitre que
-tant que Pharaon tint Sarre, il n'ot povoir de habiter femme, ne tous
-ses hommes aussi ne povoient engendrer; et pour ce, les prestres de sa
-loy sacrifirent leurs dieux et il leur fut respondu que c'estoit
-pour Sarre la moullier Abraham que le roy Pharaon lui avoit tolue. Et
-quant le Roy le sceut, il manda Abraham qui vivoit bien paisiblement
-en sa terre et lui dist: Pourquoi m'as-tu deceu et fait grant mal?
-Tu disoies que Sarre estoit ta seur, et c'est ta femme! Prens-la et
-l'emmaine hors de ma terre. Lors commanda-il ses hommes qu'ils le
-menassent hors de la terre d'Egipte paisiblement et sans perdre nulle
-de ses choses.
-
-On lit ou sixiesme chappitre de Genesy que quant Abraham fut party
-d'Egipte, il ala demourer en la terre de Canaen de coste[190] Btel.
-Donc regarda Sarre qu'elle estoit brehaigne[191] et ne povoit avoir
-enfant, dont elle estoit moult dolente; lors s'advisa qu'elle
-bailleroit Agar sa chamberire qu'elle avoit admene d'Egipte,
-Abraham son mary, pour savoir s'elle en pourroit avoir enfant, car elle
-doubtoit moult qu'il ne morust sans hoir, et ce dist-elle Abraham qui
-se consenti faire sa voulent. Et elle lui bailla Agar sa meschine
-laquelle conceut tantost un fils dont Sarre ot moult grant joye. Mais
-quant Agar la meschine vit et sceut qu'elle avoit conceu de Abraham,
-elle despita sa dame et se portoit grossement contre elle. Et quant
-elle vit ce, Sarre dist Abraham: Tu fais mauvaisement encontre moy,
-je te baillay ma meschine pour ce que je ne puis avoir enfans de toy,
-et je dsiroie que je peusse avoir fils d'elle et de toy lesquels je
-peusse nourrir et garder, la fin que tu ne morusses pas sans laisser
-ligne de toy: pour ce que ma meschine Agar voit qu'elle a conceu de
-toy, elle m'a en despit et ne me prise rien; Dieu vueille jugier entre
-moy et toy, car tu as tort qui sueuffres qu'elle me despite.
-
-Or vons la grant bont et la grant loyault de ceste bonne dame et
-sainte femme Sarre. Elle amoit si trs loyaulment Abraham son mary, et
-bien savoit qu'il estoit si saint homme et vaillant patriarche, que
-il lui sembloit que ce feust doleur et grant dommaige s'il mouroit
-sans hoir et avoir fils de son sang, et si voit bien qu'elle estoit
-brehaigne et ne povoit concevoir, et pour le grant dsir qu'elle avoit
-d'avoir fils de son mary lesquels elle peust nourrir et garder, elle
-bailla sa meschine et la fist couchier en son propre lit, et s'en voult
-dporter. Quantes dames ou femmes trouveroit-on qui ainsi feissent?
-Je croy qu'on en trouveroit peu, et pour ce est Sarre tenue la
-plus loyale son mary qui fust ds Adam le premier homme jusques
-la loy qui fut donne Moyse. Mais Agar sa meschine tort l'eut en
-despit quant elle sceut qu'elle eust conceu de Abraham, mais on dit
-communment que qui essauce[192] son serf il en fait son ennemy. Mais
-Abraham le bon patriarche vit bien et sceut que Agar la meschine avoit
-tort, et pour ce il dist Sarre: Vcy Agar ta meschine, je la mets en
-ta main, si en fais ta voulent.
-
-Lors la commena Sarre approuchier, et la tint vile jusques tant
-qu'elle mesmes, par le commandement de l'ange, se humilia et sa dame
-cria mercy; et Sarre la garda tant qu'elle ot enfant son fils qui
-ot nom Ysmal, dont Sarre ot grant joye et le garda et fist garder
-moult bien. Aprs ce, nostre Seigneur visita Sarre et s'apparut aussi
- Abraham ou val de Mambr, devant son tabernacle, et lui dist qu'il
-auroit un fils de Sarre sa franche moullier, et auroit nom Ysaac, et
-ce fils vivroit et sa ligne il multiplieroit ainsi comme les estoiles
-du ciel et la gravelle de la mer ou la pouldre de la terre. Encores
-dist-il Abraham: en ta ligne ou semence toutes gens seront beneurs.
-Et quant Sarre qui estoit derrire l'uis du tabernacle oy quelle
-concevroit, si commena rire et dist soy mesmes: je suis vieille
-et ancienne, et Abraham aussi; comment pourray-je avoir enfant? Et
-merveilles ne fut pas de ce quelle rit et dit ainsi, qu'elle avoit j
-plus de quatre-vingts ans, et Abraham en avoit plus de cent. Et Dieu
-qui la vit bien rire dist Abraham: Pourquoy a ris Sarre ta moullier?
-Et Sarre qui ot paour respondi qu'elle n'avoit pas ris, et Dieu lui
-dist: Je te vis bien rire derrire ton huis; ne sont pas toutes choses
-lgires Dieu quant il les veult faire? Aprs ce, Sarre conceut quant
-il pleust Dieu et enfanta un fils lequel Abraham appella Ysaac, et
-le circonci au jour vingtime qu'il fut n. Lors dist Sarre par moult
-grant joie: Dieu m'a fait rire, et tous ceulx et celles qui orront dire
-que j'ay enfant riront aussi avec moy. Qui creroit, dist-elle, Abraham
-se il disoit que Sarre alaitast un enfant qu'elle luy aroit enfant
-en sa vieillesse? Et pour certain toutes gens qui oient de ce parler
-pevent bien croire et penser que Dieu ama moult Abraham et Sarre aussi
-quant il leur fist si belle grce. Mais Abraham estoit si saint et si
-bon patriarche que Dieu parla lui par moult de fois et lui promist
-que il mesmes se donroit sa ligne[193], et aussi ama-il moult Sarre
-pour sa grant loyaut et sa grant bont.
-
-Moult bien nourri Sarre son fils Ysaac, et quant il fut si grant
-qu'elle le sevra et qu'il deust mengier la table son pre Abraham,
-elle appella ses amis et fist grant mengier et grant feste pour son
-fils. Et quant Sarre vit Ysmal le fils Agar l'Egipcienne jouer Ysaac
-son fils, elle dist Abraham: Chasse hors la meschine et son fils; le
-fils de la meschine ne sera pas hoir avecques mon fils Ysaac. Il est
-dit en Genesy ou XXIe chappitre: Ceste parole fut moult dure Abraham,
-mais Dieu lui dist ainsi: Ne te semble pas aspre chose de bouter hors
-la meschine et son fils; oy la parolle de Sarre et fay tout ce qu'elle
-te dira, car en Ysaac ta semence sera appelle. (C'est dire que de
-Ysaac devoit venir la ligne que Dieu avoit promise Abraham.) Et pour
-ce, dit Dieu, que le fils de la meschine est de ta semence, je le feray
-croistre en moult grant gent. Donc se leva Abraham au matin et bailla
- Agar la meschine du pain et un bouchel[194] d'eaue et luy mist sur
-ses espaules, puis lui fist prendre Ysmal son fils; si lui commanda
-qu'elle s'en alast quelle part qu'il luy pleust, et si fist-elle.
-
-Or pourroient, par adventure, penser aucunes personnes que Sarre eust
-par mal et par envie enchass Agar sa meschine et Ysmal son fils: mais
-qui veult bien considrer la cause, elle n'ot pas tort; Histoire sur
-Bible dist ainsi: Sarre vit bien que Ysmal en son jeu faisoit flonnie
- Ysaac son fils; et aussi que, de par esperit de prophcie, elle sceut
-et apperceut que Ysmal avoit ymagetes faictes de terre auxquelles il
-aouroit comme Dieu et vouloit contraindre Ysaac ce que les aourast
-aussi. Encores considroit-elle et savoit assez que se Ysmal demouroit
-tant avecques eulx que Abraham morust, il vouldroit dshriter Ysaac et
-avoir sa seignourie par sa force, et pour ce elle fist moult bien de
-enchasser la mre et son fils. Et jasoit-ce que j'aye mise l'istoire
-tout au long et ne l'aye voulu desmembrer ne descoupler pour ce que la
-matire est belle et s'entretient, toutesvoies par icelle peut estre
-recueilli mon propos seulement que Sarre fut trs amoureuse prive et
-obissant son mary en tant qu'elle laissa ses parens et sa terre pour
-aler seule de sa ligne avec son mary en estrange terre et de diffrent
-langage, et avec ce, elle dlaissa la prire et pour l'amour de son
-mary le nom de moullier ou femme qui est le plus prouchain en affinit,
-en amour et dilection, et, la demande de son mary, prist le nom de
-seur; et en oultre que tant comme elle fut hors d'avecques son mary,
-tout jour et toute nuit plouroit pour l'amour de son mary; et de
-rechief que pour avoir ligne et reprsentacion de son mary aprs la
-mort d'icelluy, elle en laissa son lit et le soulas de son mary, et
-lui bailla Agar sa chambrire et la fist dame, et elle trs humblement
-devint serviteresse et humble servant, sans les autres dbonnairets et
-humilits cy dessus escriptes et lesquelles je laisse pour ce qu'il me
-semble que ce seroit trop longue rcitation.
-
-Item il est trouv escript ou XXIXe chappitre de
-Genesy qui est le premier livre de la Bible, que quant Jacob fut party
-de Ysaac son pre et de Rbecque sa mre, de Briseyda[195] leur cit il
-ala tant qu'il vint en Msopotamie, prs de la cit de Aram qui estoit
- Laban son oncle. L resta-il de coste un puis auquel les pasteurs
-de la terre abreuvoient les bestes, lequel puis estoit couvert d'une
-grant pierre plate. Ainsi comme les pasteurs furent assembls entour
-le puis, Jacob leur demanda se ils congnoissoient Laban le fils Batuel
-qui fut fils Naccor. Les pasteurs respondirent: Oyl, moult bien. Il
-leur demanda se il estoit sain et en bon point; ils respondirent: Oyl.
-Vois , dirent-ils, Rachel sa fille qui vient abreuver ses bestes ce
-puis. Jacob leur dist: Seigneurs, abreuvez vos bestes, si les ramenez
-en la pasture, car il est encores grant heure et n'est pas temps
-encores de les mener aux estables. Si comme il disoit ainsi, Rachel
-vint au puis, et Jacob leva la pierre du puis: si luy fist abreuver ses
-bestes. Lors parla-il elle et la baisa; si luy dist qu'il estoist
-son cousin germain, fils de Ysaac et de Rbecque la seur de Laban son
-pre. Et quant Rachel l'ot entendu, elle s'en courust en son hostel et
-dist Laban son pre comment elle ot trouv Jacob son nepveu. Et quant
-Laban l'oy, il eust moult grant joie et lui demanda la cause de sa
-voye[196] et pour quoy il estoit l venu. Jacob luy dist que c'estoit
-pour la paour de Esa son frre qui le vouloit occire pour ce que il
-avoit receu la bnisson son pre, mais ce luy ot fait faire sa mre
-Rbecque. Lors respondi Laban: Tu es os de mes os et char de ma char,
-et pour ce tu pues demourer avecques moy.
-
-Quant Jacob ot demour avec Laban son oncle par l'espace de un mois,
-Laban lui dist: Comment que tu soies mon nepveu, ne vueil-je pas que tu
-me serves pour nant; dy moy que tu vouldras avoir pour ton service.
-Or avoit Laban deux filles: l'ainsne ot nom Lye, celle ot les yeulx
-plourans par enfermet; et la plus jeune ot nom Rachel, celle estoit
-moult belle et gente de viaire et de corps, et Jacob l'amoit moult. Et
-pour ce il dist Laban: Je serviray toy sept ans pour Rachel la plus
-jeune. Laban respondi: Mieulx vault que je la te donne que un autre
-homme, or demeure doncques avecques moy. Jacob demoura avecques Laban
-et le servi sept ans pour avoir sa fille Rachel, et lui sembla que le
-terme fut moult brief pour la grant amour qu'il avoit elle.
-
-Sur ceste chose dit l'Histoire: le terme de sept ans ne luy sembla pas
-brief pour la grant amour, mais moult long. Car quant une personne aime
-et dsire aucune chose, il luy semble que les termes que il la doit
-avoir tardent trop merveilleusement. Mais ce que la Bible dit que les
-jours semblrent briefs Jacob, on peut entendre en ceste manire: il
-amoit tant Rachel et luy sembloit tant belle, que s'il deust servir
-encores autant pour l'avoir comme il avoit servi, ne lui sembloit-il
-pas que il l'eust bien desservie.
-
-A la fin des sept ans, il dit Laban: Donne moy ma moullier, il est
-bien temps que je l'aye. Lors appella Laban tous ses amis et voisins et
-fist grans nopces; et quant la nuit fut venue, il mena Jacob Lye sa
-fille l'ainsne et lui bailla une meschine qui ot nom Zelphan pour luy
-servir. Et quant Jacob ot jeu[197] Lye et il la regarda la matine,
-il dist Laban: Que est-ce que tu as voulu faire moy? N'ay-je pas
-servi toi sept ans pour Rachel? Pourquoy m'as-tu baill Lye? Laban
-respondi: Nous n'avons pas de coustume en ceste contre de bailler aux
-nopces la plus jeune devant les ainsnes; attens tant que la sepmaine
-des nopces soit passe et puis je te donray l'autre, en telle manire
-que tu me serviras encores sept ans pour elle. Lors accorda Jacob ce
-que Laban ot dit, et quant la sepmaine fut passe, il prist ainsi
-moullier Rachel laquelle son pre avoit donn une meschine laquelle
-ot nom Balam.
-
-Aucuns veullent dire que puis que Jacob ot prins la fille ainsne
-de Laban, il servi autres sept ans pour Rachel avant qu'il l'eust
-moullier, mais ils dient mal. On treuve en Histoire que saint Jrosme
-dit: Tantost aprs la sepmaine des nopces faictes pour Lye, Jacob prist
-Rachel, et pour la grant joye qu'il en ot, il servi voulentiers les
-sept ans ensuivans.
-
-Il est dit en Genesy ou XXIXe chappitre que Jacob ama
-moult plus Rachel pour ce que elle estoit plus belle et gracieuse que
-Lye qui n'estoit pas si belle, mais pour ce que Dieu ne vouloit pas
-qu'il l'eust trop en despit, il la fist concevoir un fils dont elle
-ot moult grant joye et l'appela Ruben, et dit ainsi: Dieu a veu mon
-humilit, d'ores-en-avant m'en aymera mon mary. De rechief elle conceut
-et enfanta un autre fils et l'appela Simon, en disant ainsi: Pour
-ce que Dieu m'a oye, il m'a donn encores ce fils. Tiercement, elle
-conceut et enfanta un autre fils et dist ainsi: Mon mary se complaira
-en moy pour ce que je luy ay enfant trois fils; et pour ce, elle
-nomma l'enfant Levy. Quartement, conceut et enfanta un fils et dist:
-Orendroit je me confesseray nostre Seigneur; et pour ce, l'enfant ot
-nom Judas et vault autant dire que confession. Lors cessa Lye qu'elle
-n'ot plus enfans jusques grant temps aprs.
-
-Il est escript ou XXXe chappitre de Genesy que Rachel
-ot grant envie contre Lye sa seur pour ce qu'elle ot enfant, et elle
-se trouvoit brehaigne et ne povoit concevoir. Et pour ce elle dist
-Jacob son mary: Donne moy des enfans, et se tu ne le fais je mourray.
-Jacob qui yri estoit respondi: Je ne suis pas Dieu, je t'apreisse
-d'avoir enfans de ton ventre. Rachel respondi: J'ay Balan ma meschine,
-couche avec elle ce qu'elle enfante et que je puisse avoir fils
-d'elle et de toy. Jacob fist ce que Rachel voult, et Balan conceut et
-enfanta un fils. Lors dit Rachel: Dieu a jugi pour moy, si a ma voix
-essauce et m'a donn un fils. Pour ce, elle appela l'enfant Dan. De
-rechief, Balan ot un fils pour lequel Rachel dist: Nostre Seigneur m'a
-compare Lye, et de ce, le fils ot nom Neptalim.
-
-Or vons grant merveille et signe de grant amour. Rachel avoit si grant
-dsir qu'elle eust enfans de Jacob que pour ce qu'elle vit quelle ne
-povoit concevoir elle luy bailla sa meschine, et les fils qu'elle en ot
-elle ama aussi que s'ils feussent siens propres. Pour ce que Lye vit
-qu'elle ne concevoit mais, elle bailla Jacob Zelphan sa meschine. Le
-premier fils qu'elle en ot, Lye le receut joye et dit: Il me vient
-eureusement, et de ce, le fils ot nom Gad. Et quant Zelphan ot l'autre
-fils Lye dist: C'est pour ma bonne euret et pour ce toutes femmes me
-diront bieneureuse; et ce fils ot nom Aser.
-
-Ou temps de messon Ruben apporta Lye sa mre mandagores que il ot
-trouves en leur champ, et quant Rachel les vit, si les dsira moult et
-dist Lye sa soeur: Donne moy partie des mandagores. Lye respondi: Ne
-te souffist-il pas que tu me ostes mon mary, se tu ne me veulx encores
-oster mes mandagores? Rachel dist: Je veuil qu'il dorme en ceste nuit
-avecques toy pour les mandagores que ton fils a apport. Lye les luy
-donna, et au soir quant Jacob revint des champs, elle ala encontre luy
-et luy dist: Tu vendras en ceste nuit coucher avecques moy, car je t'ay
-achet par les mandagores que ton fils m'ot donn.
-
-De ces mandagores met l'Histoire sur Bible moult d'oppinions. Les
-aucuns dient que ce sont arbres qui portent fruit souef flairant
-autel que pommes. Les autres dient que ce sont racines en terre, en
-manire d'erbe, portans feuilles vers, et ont ces racines figure et
-faon d'ommes et de femmes, de tous membres et de chevellure[198].
-_Catholicon_[199] dit: Ce m'est advis que bien pevent estre herbes
-et racines, et que le fruit vault femmes brehaignes pour aidier
-concevoir, mais que les femmes ne soient pas trop anciennes.
-
-Celle nuit dormit Jacob avecques Lye, et elle conceut un fils, et
-quant elle l'ot enfant, elle dist: Dieu m'a enrichie de ce que j'ay
-donn mon mary ma meschine; et pour ce elle appella son fils le
-cinquiesme Ysacar. Puis ot-elle le sixiesme fils; quant elle l'ot
-enfant, elle dist: Dieu m'a enrichie de bon douaire ceste fois, et
-encores sera mon mary avecques moy; et pour ce elle appella son fils
-Zabulon. Encores ot-elle une fille laquelle ot nom Dinam. Aprs ce,
-nostre Seigneur se recorda de Rachel et essaua sa prire; si lui fist
-concevoir et enfanter un fils dont elle ot moult grant joye et dist:
-Nostre Seigneur a oste ma reprouche. Si appella son fils Joseph, et
-dist: Dieu m'en doint encores un autre. Aprs toutes ces choses dessus
-dictes, Jacob appella Laban son oncle et lui dist: Donne moy mes
-moulliers pour lesquelles j'ay servy toy quatorze ans, et mes enfans;
-si m'en iray en la terre dont je fus n. Laban lui respondi: Je te prie
-que tu demeures encore avec moy, car je say bien que par toy Dieu m'a
-bny et multipli mes biens. Jacob respondi: Il me convient pourveoir
-substance pour moy, pour mes enfans, pour mes femmes et ma famille.
-
-Ores du surplus de l'histoire je me tais, car il ne touche point
-ma matire. Mais par ce que dit est dessus peut estre recueilli la
-grant bont des dessus dictes Lye et Rachel qui toutes deux et en un
-mesmes temps, elles estans ensemble en un mesme hostel et mesnage,
-servoient et servirent Jacob leur mary en bonne paix et en bon amour,
-sans jalousie, sans tenon et sans envie, et en oultre elles avoient
-laissi leur pays, leur nativit, leur pre, leur mre et leur langage
-pour icelluy mary et pour le servir en estrange terre. Et est moult
-considrer la grant amour et l'ardeur que Rachel avoit d'avoir ligne
-et remembrance de Jacob auquel elle bailla Balan sa chamberire.
-
-Quantes dames est-il maintenant qui le fissent, ne qui vesquissent
-si paisiblement que quant l'une l'aroit, l'autre n'en rechignast
-et murmurast, mais encores pis? Car, par Dieu, je cuide qu'elles
-batteroient l'une l'autre. O Dieu! quelles bonnes femmes et sainctes
-elles furent! Pour nant n'est pas en la bnisson des espousailles
-ramenteue ceste parole: _Sis amabilis ut Rachel viro, prudens ut Sarra,
-sapiens ut Rebecca_.
-
-Item nous vons en _Thobie_ Xe que Raguel et Anne sa
-femme, quant ils mirent hors de leur hostel Thobie le jeune et Sarre
-leur fille qui estoit femme d'icelluy jeune Thobie, ils baisirent
-icelle leur fille et l'admonestrent qu'elle amast cordialment son
-mary et honnourast ses parens, et si fist-elle. Et ce propos, il est
-trouv _Machabeorum_, XI que quant Alixandre oy dire que le roy d'gipte
-qui avoit espous sa seur le venoit veoir, il manda par toutes les
-universits son peuple qu'ils ississent de leurs cits et alassent
-au devant d'icelluy roy d'gipte pour luy honnorer, et ainsi faisoit
-honneur ses parens quant il honnouroit le mary de sa seur.
-
-Et pour que l'en ne die mie que je ne vueille aussi bien dire des
-devoirs des hommes comme des femmes, je di aussi qu'il est escript
-_Ad Ephesios_ V que les maris doivent amer leurs femmes comme leur
-propre corps, ce n'est mie dire par fiction, ne par parole, c'est
-lalment, de cuer, avecques ce que dit est dessus. Encores, pour
-monstrer ce que j'ay dit que vous devez estre trs prive et trs
-amoureuse de vostre mary, je mets un exemple rural que mesmes les
-oiseaulx ramages[200] et les bestes prives et sauvaiges, voire les
-bestes ravissables, ont le sens et industrie de ceste pratique, car
-les oiseaulx femelles suivent et se tiennent prouchaines de leurs
-masles et non d'autres, et les suivent et volent aprs eulx et non
-aprs autres. Se les masles s'arrestent, aussi font les femelles et
-s'assieent prs de leurs masles: quant leurs masles s'envolent, et
-elles aprs joingnant joingnant. Et mesmes les oiseaulx sauvaiges qui
-sont nourris par personnes qui leur sont estranges au commencement,
-puis que iceulx oiseaulx ont prins nourriture d'icelles personnes
-estranges, soient corbeaux, corneilles, choues[201], voire lez oiseaulx
-de proye, comme espriviers, faucons, tiercelez[202], ostours et les
-semblables, si les aiment-ils plus que les autres. Ce mesmes est-il des
-bestes sauvaiges, des dommeschs[203], voire des bestes champestres.
-Des dommeschs, vous vez que un lvrier, ou mastin, ou chiennet, soit
-en alant par le chemin, ou table, ou en lit, tousjours se tient-il
-au plus prs de celluy avecques qui il prent sa nourriture, et laisse
-et est estrange et farouche de tous les autres; et se le chien en est
-loing, tousjours a-il le cuer et l'ueil son maistre; mesmes se son
-maistre le bat et luy rue pierres aprs luy, si le suit-il balant
-la queue, et en soy couchant devant son maistre le rapaise, et par
-rivires, par bois, par larronnires et par batailles le suit.
-
-Autre exemple peut estre prins du chien Maquaire[204], qui vit tuer
-son maistre dedens un bois, et depuis qu'il fut mort, ne le laissa,
-mais couchoit ou bois emprs luy qui estoit mort, et aloit de jour
-querre son vivre loing et l'apportoit en sa gueule, et illec retournoit
-sans mengier, mais couchoit, buvoit et mengoit emprs le corps et
-gardoit icelluy corps de son maistre, au bois, tout mort. Depuis,
-icelluy chien se combati et assailli plusieurs fois celluy qui son
-maistre avoit tu, et toutes fois qu'il le trouvoit l'assailloit et
-se combatoit; et en la parfin le desconfi ou champs en l'Isle Nostre
-Dame[205] Paris, et encore y sont les traces des lices qui furent
-faictes pour le chien et pour le champ.
-
-Par Dieu, je vy Nyort un chien vieil qui gisoit sur la fosse o son
-maistre avoit est enterr qui avoit est tu des Anglois, et y fut
-men monseigneur de Berry et grant nombre de chevaliers pour veoir la
-merveille de la loyault et de l'amour du chien qui jour et nuit ne
-se partoit de dessus la fosse o estoit son maistre que les Anglois
-avoient tu. Et luy fist monseigneur de Berry donner dix frans qui
-furent baills un voisin pour lui qurir mengier toute sa vie[206].
-
-Ce mesmes est-il des bestes champestres; vous le vez d'un mouton, d'un
-aignel, qui suivent et sont privs de leurs maistres et maistresses
-et les suivent et sont privs d'eulx et non d'autres; et autel est-il
-des bestes sauvaiges, comme d'un sanglier, un cerf, une biche, qui
-ont nature sauvage, suivent et se tiennent joingnans et prs de leurs
-maistres et maistresses et laissent tous autres. Item, autel est-il des
-bestes mesmes sauvaiges qui sont dvourans et ravissables, comme loups,
-lyons, lopars et les semblables, qui sont bestes farouches, fires,
-cruelles, dvourans et ravissables; si suivent-ils, servent et sont
-privs de ceulx avecques qui ils prennent leur nourriture et qui les
-aiment, et sont estranges des autres.
-
-Ores avez-vous veu moult de divers et estranges exemples dont les
-derrains sont vrais et visibles l'ueil par lesquels exemples vous
-vez que les oiseaulx du ciel et les bestes prives et sauvages et
-mesmes les bestes ravissables ont ce sens de parfaictement amer et
-estre prives de leurs patrons et bienfaisans et estranges des autres;
-doncques, par meilleure et plus forte raison, les femmes qui Dieu a
-donn sens naturel, et sont raisonnables, doivent avoir leurs maris
-parfaicte et solemnelle amour, et pour ce je vous prye que vous soyez
-trs amoureuse et trs prive de vostre mary qui sera.
-
-
-
-
-LE SIXIME ARTICLE.
-
-
-Le sixiesme article de la premire distinction dit que vous soiez
-humble et obissant celluy qui sera vostre mary, lequel article
-contient en soy quatre membres.
-
-Le premier membre dit que vous soiez obissant: qui est entendu lui,
-et ses commandemens quels qu'ils soient, suppos que les commandemens
-soient fais certes[207] ou par jeu, ou que les commandemens soient
-fais d'aucunes choses estranges faire, ou que les commandemens soient
-fais sur choses de petit pris ou de grant pris; car toutes choses vous
-doivent estre de grant pris, puis que cellui qui sera vostre mary le
-vous aura command. Le deuxiesme membre ou particularit est entendre
-que se vous avez aucunes besongnes faire dont vous n'ayez point parl
- celluy qui sera vostre mary, ne il ne s'en est point advis, et pour
-ce il n'en a riens command ne deffendu, se la besongne est hastive
-et qu'il la conviengne faire avant que celluy qui sera vostre mary
-le sache, se vous avez plaisir de la faire en aucune manire, et vous
-sentez que celluy qui sera vostre mary eust plaisir de la faire en une
-autre manire, faictes avant[208] au plaisir de celluy qui sera vostre
-mary que au vostre, car son plaisir doit prcder le vostre.
-
-La troisiesme particularit est entendre que se celluy qui sera
-vostre mary vous deffendra aucune chose, suppos que sa deffense soit
-faicte jeu ou certes, ou que sa deffense soit faicte sur chose de
-petit pris ou de grant value, gardez que aucunement vous ne faciez
-contre sa deffense.
-
-La quarte particularit est que vous ne soyez arrogant ne rpliquant
-contre celluy qui sera vostre mary ne contre ses dis, et ne dictes
-contre sa parole, mesmement[209] devant les gens.
-
-En reprenant le premier point des quatre particularits qui dit que
-vous soyez humble vostre mary et luy obissant, etc., l'Escripture
-le commande _Ad Ephesios_ V o il est dit: _Mulieres viris suis subdite
-sint sicut domino, quoniam vir caput est mulieris, sicut Christus caput
-est Ecclesie_. C'est dire que le commandement de Dieu est que les
-femmes soient subjectes leurs maris comme seigneurs, car le mary
-est aussi bien chief de la femme comme nostre Seigneur Jhsu-Crist est
-chief de l'glise. Doncques il s'ensuit que ainsi comme l'glise est
-subjecte et obissant aux commandemens grans et petis de Jhsu-Crist,
-comme son chief, tout ainsi les femmes doivent estre subjectes
-leurs maris comme leur chief et obir eulx et leurs commandemens
-grans et petis. Et ainsi le commanda nostre Seigneur, si comme dit
-saint Jhrosme, et aussi le dit le Dcret[210], XXXIIIe _Questione,
-quinto capitulo: Cum caput_. Et pour ce dit l'apostre quant il escript
-aux Hbrieux, ou XIIIe chappitre: _Obedite prepositis vestris et
-subjacete eis, etc._ C'est dire obissez vos souverains et soyez en
-bonne subjection vers eulx. Encores vous est-il assez monstr que c'est
-sentence de nostre Seigneur par ce que dit est par avant, que femme
-doit estre subjecte homme. Car il est dit que quant au commencement
-du monde Adam fut fait, nostre Seigneur par sa bouche et parole dist:
-Faisons-luy aide. Et lors de la coste de Adam fist la femme comme aide
-et subjecte et ainsi en use-l'en, et c'est raison. Et pour ce, se doit
-bien femme adviser de quelle condition est cellui qu'elle prendra,
-avant qu'elle le preigne. Car, ainsi comme dit un povre homs Rommain
-qui sans son sceu ou pourchas fut par les Rommains esleu estre
-empereur, quant l'en luy apporta le faudesteul[211] et la couronne
-il fut tout esbahy; l'une de ses premires paroles fut qu'il dist au
-peuple: Prenez vous tous garde que vous faictes ou avez fait, car s'il
-est ainsi que vous m'ayez esleu et je soye demour empereur, sachez de
-certain que de l en avant mes paroles seront tranchans comme rasouers
-de nouvel esmolus. C'estoit dire que quiconques n'obiroit ses
-dfenses ou commandemens, puis qu'il seroit ou estoit fait empereur,
-c'estoit sur peine de perdre la teste.
-
-Ainsi, garde soy une femme comment ne qui elle sera marie, car
-quiconques, povre ou petit qu'il ait est par avant, toutesvoies pour
-le temps venir depuis le mariage, doit-il estre et est souverain et
-qui peut tout multiplier ou tout descroistre. Et pour ce vous devez
-plus en mary penser la condition que l'avoir[212], car vous ne
-le pourrez aprs changer, et quant vous l'aurez prins, si le tenez
-amour et amez et obissez humblement, comme fist Sarre dont il est
-parl en l'article prcdent. Car plusieurs femmes ont gaigni par leur
-obissance et sont venues grant honneur, et autres femmes par leur
-dsobissance ont est recules et dsavances.
-
-A ce propos d'obissance, et dont il vient bien la femme qui est
-obissant son mary, puis-je traire un exemple qui fut j pie
-translat par maistre Franois Ptrac[213] qui Romme fut couronn
-pote, lequel histoire dit ainsi:
-
-Aux confines de Pimont en Lombardie, ainsi comme au pi de la montaigne
-qui devise France et Ytalie, qui est appelle ou pas Mont Vse[214],
-a une contre longue et le, qui est habite de chasteaulx et villes
-et aourne de bois, de prs, de rivires, de vignes, de foings et
-de terres labourables: et celle terre est appelle la terre de
-Saluces laquelle d'anciennet seignourist les contres voisines, et
-d'anciennet a est gouverne jusques aujourd'uy par aucuns nobles et
-puissans princes appells marquis de Saluces, desquels l'un des plus
-nobles et plus puissans fut appell Gautier auquel tous les autres de
-celle rgion, comme barons, chevaliers, escuiers, bourgois, marchans
-et laboureurs obissoient. Icelluy Gautier marquis de Saluces estoit
-bel de corps, fort et lgier, noble de sang, riche d'avoir et de
-grant seignourie, plein de toutes bonnes meurs et parfaitement garni
-de prcieux dons de nature. Un vice estoit en lui, car il amoit fort
-solitude et n'acontoit[215] riens au temps venir, ne en nulle manire
-ne vouloit pour lui mariage. Toute sa joye et plaisance estoit en
-rivires, en bois, en chiens et en oyseaulx, et peu s'entremettoit
-du gouvernement de sa seignourie; pour laquelle chose ses barons le
-mouvoient et admonestoient de marier, et son peuple estoit en trs
-grant tristesse et par espcial de ce qu'il ne vouloit entendre
-mariage. Une journe s'assemblrent en grant nombre, et les plus
-souffisans vindrent lui et par la bouche de l'un luy dirent telles
-paroles: O tu, marquis nostre seigneur, l'amour que nous avons en
-toy nous donne hardement de parler fablement. Comme il soit ainsi
-que toy et toutes les choses qui sont en toy nous plaisent et ont
-tousjours pleu, et nous rputons bieneureux d'avoir tel seigneur, une
-chose dfault en toy, laquelle se tu la nous veulx octroier, nous nous
-rputons estre mieulx fortuns que tous nos voisins: c'est assavoir
-qu'il te plaise encliner ton courage au lien de mariage, et que ta
-libert passe soit un peu rfrne et mise au droit des maris. Tu
-scez, Sire, que les jours passent en volant sans jamais retourner.
-Et combien que tu soies de jeune aage, toutesvoies de jour en jour
-t'assault la mort et s'approche, laquelle n'espargne nul aage, et de
-ce nul n'a privilge. Il les convient tous morir, mais l'en ne scet
-quant, ne comment, ne le jour, ne la fin. Tes hommes doncques qui tes
-commandemens jamais ne refuseroient, te prient trs humblement qu'ils
-aient libert de querre pour toy une dame de convenable ligne, noble
-de sang, belle de corps, de bont et de sens aourne, laquelle il te
-plaira prendre par mariage, et par laquelle nous esprons avoir de
-toy ligne et seigneur venant de toy successeur. Sire, fay ceste
-grce tes loyaulx subjects, afin que, se de ta haulte et noble
-personne avenoit aucune chose, et que tu t'en alasses de ce sicle, ce
-ne fust mie sans hoir et successeur, et que tes subjects tristes et
-dolans ne demourassent mie sans seigneur.
-
-Ces paroles fines, le marquis meu de piti et d'amour envers ses
-subjects leur respondi moult doulcement et dist: Mes amis, vous me
-contraignez ce qui en mon courage ne peut oncquesmais estre; car
-je me dlitoie en libert et en franchise de voulent laquelle est
-peu trouve en mariage, ce scevent bien ceulx qui l'ont esprouv.
-Toutesvoies, pour vostre amour, je me soubsmets vostre voulent. Vray
-est que mariage est une chose doubteuse, et maintes fois les enfans
-ne ressemblent pas au pre. Toutesfois s'aucun bien vient au pre, il
-ne doit mie pour ce dire qu'il luy soit deu de droit, mais vient de
-Dieu de lassus; lui je recommande le sort de mon mariage, esprant
-en sa doulce bont qu'il me octroie telle avecques laquelle je puisse
-vivre en paix et en repos expdient mon salut. Je vous octroye de
-prendre femme, mes amis, et le vous promects; mais je la vueil moy
-mesmes eslire et choisir, et de vous je vueil une chose que vous me
-promectez et gardez: c'est asseurment que celle que je prendray par
-mon lection, quelle qu'elle soit, fille de Prince des Rommains, femme
-de poste[216], ou autre, vous la doiez amer entirement et honnourer,
-et qu'il n'y ait aucun de vous qui aprs l'lection du mariage doie
-estre d'elle mal content, ne contre elle groncier ne murmurer.
-
-Lors tous les barons et subjects du marquis furent lis de ce qu'ils
-avoient ce qu'ils demandoient, de laquelle chose ils avoient est
-maintes fois dsesprs. A une voix remercirent le marquis leur
-seigneur et promirent de bon cuer la rvrence et obissance qu'il leur
-avoit demand. Grant joie fut ou palais de Saluces, et par le marquis
-fut le jour assign de ses nopces auquel il devoit prendre femme, et
-commanda faire un grant appareil, trop plus grant que par autre marquis
-n'avoit autresfois est fait, et que les parens et amis, voisins, et
-les dames du pas ensement[217], fussent semoncs la dicte journe;
-laquelle chose fut solemnement acomplie, et entretant que l'appareil
-se faisoit, le marquis de Saluces comme il avoit acoustum aloit en son
-dduit chacier et vouler[218].
-
-Assez prs du chastel de Saluces avoit une petite villette en laquelle
-demouroient un peu de laboureurs, par laquelle villette le marquis
-passoit souventesfois, et entre les dessusdis laboureurs avoit
-un vieil homme et povre qui ne se povoit aidier et estoit appell
-Jehannicola. A cellui povre homme estoit demoure une fille appelle
-Grisilidis, assez belle de corps, mais trop plus belle de vie et
-de bonnes meurs: nourrie avoit est de petite vie, comme du labour
-de son pre; oncques sa congnoissance n'estoient venues viandes
-dlicieuses ne choses dlicatives. Un courage vertueux plein de toute
-meurt en son pis virginal doulcement habitoit; la vieillesse de son
-pre, en trs grant humilit, doulcement supportoit et soustenoit,
-et icelluy nourrissoit; et un peu de brebis que son pre avoit,
-diligemment gardoit et avecques icelles aux champs sa quenoille filoit
-continuelment. Et quant Grisilidis au vespre revenoit et ramenoit ses
-bestes l'hostel de son pre, elle les affouragoit, et appareilloit
- son pre et elle les viandes que Dieu leur donnoit. Et briefment
-toutes les curialits et services qu'elle povoit faire son pre
-doulcement faisoit.
-
-Le marquis assez inform par commune renomme de la vertu et grant
-bont d'icelle Grisilidis, en alant son dduit souventesfois la
-regardoit, et en son cuer la belle manire d'icelle et sa grant vertu
-fichoit et atachoit. Et en la fin dtermina en son cuer que Grisilidis
-seroit esleve par lui estre sa femme marquise de Saluces, et que
-autre n'aroit, et fist admonester ses barons de venir ses nopces au
-jour qui estoit dtermin. Icellui jour approucha, et les barons non
-sachans de la fille que le marquis avoit advis de prendre, furent
-moult esbahis. Toutesvoies, savoient-ils bien que le marquis avoit
-et faisoit appareiller riches robes, ceintures, fermaulx, anneaulx
-et joiaulx la forme d'une pucelle qui de corps ressembloit
-Grisilidis. Or advint que le jour des nopces fut venu, et que tout
-le palais de Saluces fut peupl grandement de barons, de chevaliers,
-de dames et de damoiselles, de bourgois et d'autres gens, mais nulle
-nouvelle n'estoit de l'espouse leur seigneur, laquelle chose n'estoit
-pas sans grant merveille; et qui plus est, l'eure s'approuchoit du
-disner, et tous les officiers estoient prets chascun de faire son
-office. Lors le marquis de Saluces, ainsi comme s'il voulsist aler
-encontre son espouse, se parti de son palais, et les chevaliers et
-dames grans routes[219], mnestrels et hraulx suivoient.
-
-Mais la pucelle Grisilidis de tout ce riens ne savoit, car ce matin
-mesmes elle appareilloit, nettoioit et ordonnoit l'hostel de son pre
-pour aler avecques les autres pucelles voisines veoir l'espouse de
-leur seigneur. A celle heure que le marquis approuchoit, Grisilidis
-apportoit sur sa teste une cruche pleine d'eaue l'hostel de son pre,
-et le marquis celle heure, ainsi acompaigni comme il estoit, appella
-la pucelle par son nom et lui demanda o son pre estoit. Grisilidis
-mist sa cruche terre et genoulx, humblement, grant rvrence,
-respondi: Monseigneur, il est l'hostel.--Va luy, dist le marquis,
-et luy di qu'il viengne parler moy. Et elle y ala. Et donc le povre
-homme Jehannicola yssi de son hostel. Le marquis le tira par la main
-et le trat part et puis secrtement lui dist: Jehannicola, je say
-assez que tu m'as am tousjours et aimes encores, et ce qui me plaist
- toy doit plaire. Je vueil de toy une chose: c'est assavoir que tu
-me donnes ta fille pour espouse.--Le povre homme n'osa dire mot, et
-un petit aprs respondit genoulx, moult humblement: Monseigneur,
-je ne doy vouloir aucune chose ou non vouloir fors ce qui te plaist,
-car tu es mon seigneur. Le marquis lui dist lors: Entre en ta maison
-tout seul, toy et ta fille, car je lui vueil demander aucune chose.
-Le marquis entra en la maison du povre homme Jehannicola comme dit
-est, et tout le peuple demoura dehors forment esmerveilli; et la
-pucelle se mist emprs son pre, paoureuse, honteuse et vergongneuse
-de la soudaine survenue de son seigneur et de sa grant et noble
-compaignie, car elle n'avoit pas apris de veoir souvent un tel hoste
-en leur maison. Le marquis adrea ses paroles elle et si lui dist:
-Grisilidis, ton pre et moy plaist que tu soies m'espouse, et je
-pense bien que tu ne me refuseras pas, mais je t'ay demander une
-chose devant ton pre; c'est assavoir que ou cas que je te prendray
-femme, laquelle chose sera de prsent, je vueil savoir se tu voudras
-encliner ton couraige entirement toute ma voulent, en telle manire
-que je puisse faire de toy et de ce qui touchera toy, ma volent,
-sans rsonance ne contredit par toy, en fait ne en dit, en signe ne en
-pense. Lors Grisilidis, non sans merveille de si grant fait esbahie,
-respondi: Monseigneur, je congnoy bien que je ne suis pas digne, non
-tant seulement de estre appelle t'espouse, mais d'estre appelle ton
-ancelle; mais s'il te plaist et fortune le me prsente, jamais je ne
-sauray faire chose, ne ne feray, ne ne penseray, que je puisse sentir
-qui soit encontre ta voulent, ne tu ne feras jamais riens envers moy
-que je contredie.--Il souffist, dit le marquis qui prist la pucelle par
-la main et la mena hors de la maison ou milieu de ses barons et de son
-peuple et dist ainsi: Mes amis vez cy ma femme, vostre dame, ceste
-amez, doubtez et honnourez, et se vous m'amez, ceste trs chirement
-amez. Et ce que Grisilidis n'apportast avecques soy aucunes reliques
-de la vile fortune de povret, le marquis commanda que par les dames et
-matrones la pucelle fust despouillie toute nue, ds les pis jusques
-la teste, et tantost revestue de riches draps et paremens de nopces.
-
-On veist lors les dames embesongnes: les unes la vestoient, et les
-autres la chaussoient, et les autres la ceignoient: les autres lui
-mettoient les fermaulx et cousoient sur ly les perles et pierres
-prcieuses: les autres pignoient leur dame et appareilloient son chief
-et lui mettoient une riche couronne par dessus qu'elle n'avoit pas
-apris, et ce n'estoit pas merveille s'elle estoit esbahie. Qui veist
-lors une povre vierge tainte du soleil et ainsi maigre de povret si
-noblement pare et si richement couronne et soudainement transforme
-par telle manire que peine le peuple la recongnoissoit, bien se
-povoit-on de ce merveillier.
-
-Lors les barons prindrent leur dame et grant joie la menrent
-l'glise, et l le marquis lui mist l'annel ou doy et l'espousa selon
-l'ordonnance de saincte Eglise et usage du pas. Et acompli le divin
-office, la dame Grisilidis fut assise sur un blanc destrier et de tous
-acompaignie et mene au palais qui retentissoit de toutes manires
-d'instrumens. Et furent les nopces clbres, et icellui jour fut
-trespass en trs grant joie et consolation du marquis et de tous
-ses amis et subjects. Et fut la dame avecques son seigneur et mary
-tellement inspire de sens et de beau maintien, de la divine grce
-resplendist icelle povre dame Grisilidis en telle manire, que chascun
-disoit que non tant seulement en la maison d'un pastour ou laboureur,
-mais en palais royal ou imprial elle avoit est enseigne et nourrie.
-Et fut tant ame, chrie et honnoure de tous ceulx qui de s'enfance la
-congnoissoient que peine povoient croire que elle fust fille du povre
-homme Jehannicola.
-
-La belle estoit de si belle vie et bonne et de si doulces paroles que
-le courage de toutes personnes elle attrayoit elle amer, et non
-pas tant seulement les subjects du marquis et les voisins, mais des
-provinces d'environ; et les barons et dames pour sa bonne renomme la
-venoient visiter, et tous se partirent de lui joyeux et consols. Et
-ainsi le marquis et Grisilidis vivoient joyeusement ou palais en paix
-et en repos, la grce de Dieu, et dehors la grce des hommes, et
-s'esmerveilloient plusieurs comment si grant vertu estoit repouse en
-personne nourrie en si grant povret; et oultre plus icelle marquise
-s'entremettoit sagement et diligemment du gouvernement et de ce qui
-appartenoit aux dames, et aux commandemens et en la prsence de son
-seigneur, de la chose publique sagement et diligemment s'entremettoit.
-Mais quant le cas li offroit des dbas et discors des nobles, par ses
-doulces paroles, par si bon jugement et si bonne quit les appaisoit,
-que tous une voix disoient que pour le salut de la chose publique
-ceste dame leur avoit est envoie par provision clestielle.
-
-Un peu de temps aprs, la marquise Grisilidis fut enainte et puis
-se dlivra d'une belle fille, dont le marquis et tous ceux du pays,
-combien qu'ils amassent mieulx qu'elle eust eu un fils, toutesfois
-ils en eurent grant joye et furent rconforts. Pass le temps, les
-jours passrent que la fille du marquis fut sevre. Lors le marquis qui
-tant amoit s'espouse pour les grans vertus qu'il voit tous les jours
-croistre en elle, pensa de elle esprouver et de la fort tempter. Il
-entra en sa chambre monstrant face trouble et ainsi comme courouci
-lui dist ces paroles: O tu, Grisilidis, combien que tu soies prsent
-esleve en ceste plaisant fortune, je pense bien que tu n'as pas oubli
-ton estat du temps pass, et comment et en quelle manire tu entras en
-cestui palais; tu y as est bien honnoure, et es encores de moy chrie
-et ame; mais il n'est pas ainsi du courage de mes vassaulx comme tu
-cuides, et par espcial depuis que tu eus ligne. Car ils ont grant
-desdaing d'estre subjects dame yssue de petis parens et de basse
-ligne, et moy qui dsire, comme sire, avoir paix avecques eux, me
-convient obtemprer aux jugemens et consentir[220] d'aucuns et pas aux
-miens, et faire de ta fille telle chose que nulle ne me pourroit estre
-plus douloureuse au cuer, laquelle chose je ne vueil pas faire que
-tu ne le saches. Si vueil que ce faire tu t'acordes et prestes ta
-franche voulent et ayes patience de ce qui se fera, et telle patience
-que tu me promis au commencement de nostre mariage.
-
-Fines les paroles du marquis qui le cuer de la marquise naturelment
-devoient transpercier, icelle marquise, sans muer couleur ne monstrer
-signe de tristesse, son seigneur humblement respondi: Tu es mon
-seigneur, et moy et ceste petite fille sommes tiennes: de tes choses
-fay ce qu'il te plaist! Nulle chose ne te peut plaire qui aussi ne
-doie plaire moy, et ce ay-je si fichi au millieu de mon cuer que
-par l'espace d'aucun temps, ne pour mort, il ne sera effac, et toutes
-autres choses se pourroient faire avant que j'eusse mu mon courage.
-Le marquis lors, oiant la responce de s'espouse, voiant sa constance
-et son humilit, eust en son cuer grant joye laquelle il dissimula, et
-comme triste et doloureux se parti de s'espouse.
-
-Aucuns jours aprs ce trespasss, le marquis appella un sien subject
-loyal et secret ouquel il se fioit plainement, et tout ce qu'il avoit
-ordonn estre fait de sa fille le commist au sergent, et l'envoia
-la marquise. Le sergent vint devant sa dame et sagement dist telles
-paroles: Madame, je te prie que tu me vueilles pardonner et que tu ne
-vueilles imputer moy ce dont je suis contraint de faire. Tu es sage
-dame et scez bien quelle chose est d'estre soubs les seigneurs ausquels
-nulles fois, ne par force, ne par engin, l'en ne peut rsister. Madame,
-je suis contraint prendre ceste fille et acomplir ce qui m'est
-command. Lors la marquise en son cuer remembrant des paroles que son
-seigneur lui avoit dictes, par les paroles du sergent entendi bien
-et souspeonna que sa fille devoit mourir. Elle print en elle cuer
-vertueux et se reconforta, vainquant nature, pour sa promesse et soy
-acquictier et son seigneur obissance paer. Et sans soupirer, ne
-autre douleur monstrer en elle, prist sa fille et longuement la regarda
-et doulcement la baisa et si empraint sur elle le signe de la croix;
-si la bailla au sergent et luy dist ainsi: Tout ce que monseigneur t'a
-command pense de faire et acomplir entirement; mais je te vueil prier
-que le tendre corps de ceste pucelle ne soit mengi des oiseaulx ou
-des bestes sauvages, se le contraire ne t'est command.
-
-Le sergent se parti de la marquise, emportant sa fille, et secrtement
-vint au marquis et lui monstra sa fille, en faisant relation de
-ce qu'il avoit trouv la marquise femme de grant courage et sans
-contradition obissant lui. Le marquis considra la grant vertu de sa
-femme et regarda sa fille et lui prist une paternelle compassion, et
-la rigueur de son propos il ne voult pas muer, mais commanda au sergent
-ouquel il se fioit qu'il envelopast sa fille ainsi qu'il appartenoit
-l'aise d'elle, et la mist en un panier sur une mule souef portant[221],
-et sans nulle demeure la portast secrtement Boulongne la Grasse sa
-seur germaine qui estoit femme du conte de Pruse, et dist sa dicte
-seur que, sur l'amour qu'elle avoit luy, elle la feist nourrir et
-endoctriner en toutes bonnes meurs, et que si secrtement fust nourrie
-que son mary le conte ne personne vivant ne le peust jamais savoir.
-
-Lequel sergent tantost et de nuit se parti et porta la fille
-Boulongne la Grasse et fist son messaige bien diligemment, ainsi comme
-il lui estoit command. Et la contesse receut sa niepce trs grant
-joie et fist trs sagement tout ce que le marquis son frre luy avoit
-mand.
-
-Passe paciemment ceste tempeste trespersant les entrailles de
-Grisilidis laquelle fermement et en son cuer tenoit que sa fille fust
-morte et occise, le marquis comme s temps passs se trast devers
-s'espouse sans lui dire mot de sa fille, et souvent regardoit la face
-de la marquise, sa manire et sa contenance, pour appercevoir et
-esprouver soubtillement s'il pourroit veoir en son espouse aucun signe
-de douleur, mais nulle mutation de courage ne peut en lui comprendre
-ne veoir, mais pareille liesse et pareil service, une mesme amour, un
-mesme courage; pareille comme devant estoit tousjours la dame envers
-son seigneur, nulle tristesse ne dmonstroit, nulle mention ne faisoit
-de sa fille, ne en prsence du marquis, ne en son absence.
-
-Et ainsi passrent quatre ans ensemble le marquis et la marquise en
-grant amour et menant vie amoureuse et paisible. Et au chief de quatre
-ans, la marquise Grisilidis eust un fils de merveilleuse beaut, dont
-le marquis eust parfaite joie et ses amis et ses subjects et tous
-ceulx du pas. Quant l'enfant fut sevr de sa nourrice et il ot deux
-ans, croissant en grant beault, le marquis lors resmeu de nouvel de
-sa merveilleuse et prilleuse espreuve, vint la marquise et lui dit:
-Tu scez et oys j pie comment mon peuple estoit trs mal content
-de nostre mariage, et par espcial depuis qu'ils virent que en toy
-avoit fcondit et portoies enfans. Toutesvoies oncquesmais ne furent
-si mal contens mes barons et mon peuple comme ils sont prsent par
-espcial, pour ce que tu as enfant un enfant masle, et dient souvent,
-et mes oreilles ay oy leur murmuracion, disans en remposnes: faisons
-Gautier mourir, et le bon homme Jehannicola sera nostre seigneur, et
-si noble pays tel seigneur sera subject! Telles sentences chascun
-jour machinent; pour lesquelles paroles et doubtes, je qui dsire vivre
-en paix avec mes subjects, et nantmoins pour la trs grant doubte de
-mon corps, suis contraint et esmeu de faire et ordonner de cestui
-enfant comme je feis de sa seur, laquelle chose je te dis afin que une
-soudaine douleur ne doie perturber ton cuer.
-
-O quelles douloureuses admiracions peut avoit ceste dame en son cuer,
-en recordant la vilaine mort de sa fille, et que de son seul fils de
-l'aage de deux ans la mort pareille estoit dtermine! Qui est cellui,
-je ne dy pas femmes qui de leurs natures sont tendres et leurs enfans
-amoureuses, mais le plus fort homme de courage qui se pourroit trouver,
-qui de son seul fils telle sentence peust dissimuler? Entendez-cy,
-roynes, princesses et marquises et toutes autres femmes, que la dame
- son seigneur respondi et y prenez exemple. Monseigneur, dit-elle,
-je t'ay autresfois dit et encores je le rpte, que nulle chose je ne
-vueil, ne ne desvueil fors ce que je say qu'il te plaist. De moy et
-des enfans tu es seigneur! En tes choses doncques use de ton droit sans
-demander mon consentement. Quant je entray premirement en ton palais,
- l'entre je me dvestis de mes povres robes et de ma propre voulent
-et affection et vestis les tiennes, pour laquelle cause tout ce que
-tu veulx je vueil. Certainement s'il estoit possible que je feusse
-enforme de tes penses et vouloirs avant que tu les deisses, quelles
-qu'elles feussent je les acompliroie mon povoir, car il n'est chose
-en ce monde, ne parens, ne amis, ne ma propre vie, qui vostre amour
-se puisse comparer.
-
-Le marquis de Saluces oyant la response de sa femme, et en son cuer
-merveillant et pensant si grant vertu et constance non pareille et la
-vraie amour qu'elle avoit luy, ne respondi riens, mais ainsi comme
-s'il fust troubl de ce que faire se devoit de son fils, s'en ala la
-chire basse, et assez tost aprs, ainsi comme autresfois avoit fait,
-envoia un sergent loyal secrtement la marquise. Lequel sergent aprs
-maintes excusations et dmonstrant doulcement qu'il estoit ncessaire
-lui de obir son seigneur, trs humblement et piteusement demandoit
-pardon sa dame se autresfois il lui avoit fait chose qui lui
-despleust, et se encores luy convenoit faire, qu'elle luy pardonnast
-sa grant cruault, et demanda l'enfant. La dame, sans arrest et sans
-nul signe de douleur, prist son beau fils entre ses bras et sans gecter
-larmes ne soupirs longuement le regarda, et comme elle avoit fait de
-sa fille, elle le signa du signe de la croix et le bneist en baisant
-doulcement et le bailla au sergent en disant: Tien, mon amy, fais ce
-qui t'est command, d'une chose[222] comme autresfois, ainois je te
-prie, se faire se peut, que les tendres membres de cestui enfant tu
-vueilles garder de la vexation et dvoration des oyseaulx et des bestes
-sauvaiges.
-
-Le sergent print l'enfant et porta secrtement son seigneur et lui
-raconta tout ce qu'il avoit oy de sa dame, dont le marquis trop plus
-que devant se merveilla du grant et constant courage de sa femme, et
-s'il n'eust bien congneu la grant amour qu'elle avoit ses enfans,
-il peust penser que tel courage ne procdoit pas d'umanit, mais de
-cruault bestiale, et veoit bien clrement que icelle espouse n'amoit
-riens soubs le ciel par dessus son mary.
-
-Le marquis envoia son fils Boulongne secrtement sa seur, par la
-manire qu'il avoit fait sa fille. Et sa seur la contesse de Pruse,
-selon la voulent son frre le marquis, nourrist sa fille et le fils
-si sagement que onques l'on ne peust savoir de qui lesdis enfans
-estoient, jusques tant que le marquis l'ordonna comme cy aprs
-apperra.
-
-Bien peust au marquis de Saluces ainsi crueulx et trs rigoreux mary
-souffire la preuve non pareille qu'il avoit faicte de sa femme sans
-luy plus essaer ne donner autre torment. Mais ils sont aucuns qui en
-fait de souspeon, quant ils ont commenc, ne scevent prendre fin ne
-appaisier leur courage.
-
-Toutes ces choses passes, le marquis conversant avec la marquise la
-regardoit souventesfois pour veoir s'elle monstroit envers luy aucun
-semblant des choses trespasses, mais oncques il n'apperceust en elle
-mutation ne changement de couraige. De jour en jour la trouvoit joyeuse
-et amoureuse et plus obissant, par telle manire que nul ne povoit
-appercevoir que en icelles deux personnes eust que un courage, lequel
-courage et voulent principalment estoit du mary, car ceste espouse,
-comme dit est dessus, ne vouloit pour elle ne par elle aucune propre
-affection, mais remettoit tout la voulent de son seigneur.
-
-Le marquis ainsi amoureusement vivant avec sa femme en grant repos et
-en grant joie, sceust qu'il estoit sur ce une renomme, c'est assavoir
-que pour ce que le marquis non advisant le grant lignage dont il estoit
-yssus, honteux de ce qu'il s'toit conjoint par mariage la fille
-Jehannicola trs povre homme, vergongneux de ce qu'il avoit eu deux
-enfans, il les avoit fait mourir et gecter en tel lieu que nuls ne
-savoient qu'ils estoient devenus. Et combien qu'ils l'amassent bien par
-avant comme leur naturel seigneur, toutesvoies pour ceste cause ils le
-prenoient en haine laquelle il sentoit bien. Et nantmoins ne voit-il
-fleschir ne amolier son courage rigoreux, mais pensa encores par plus
-fort argument et ennuyeuse manire prouver et tempter son espouse, par
-prendre autre femme.
-
-Douze ans estoient j passs que la fille avoit est ne; le marquis
-manda secrtement Romme au saint pre le Pape et fist imptrer unes
-bulles saintifies par lesquelles la renomme ala son peuple que le
-marquis avoit congi du Pape de Romme que pour la paix et repos de luy
-et de ses subjects, son premier mariage dlaiss et dgect, il peust
-prendre mariage lgitime une autre femme. Laquelle chose fust assez
-crable au peuple rude qui estoit indign contre son seigneur. Ces
-froides nouvelles de ceste bulle, que le marquis devoit prendre une
-autre femme, vindrent aux oreilles de Grisilidis fille de Jehannicola,
-et se raisonnablement fut trouble en son courage nul n'en doit avoir
-merveille. Mais elle qui une fois d'elle mesmes et des siens s'estoit
-soubsmise la voulent de son seigneur, de son fait franchement
-dlibre et conseille, prist cuer en soy, et comme toute reconforte
-conclut qu'elle attendroit tout ce que cellui ouquel elle s'estoit
-toute soubsmise en vouldroit ordonner.
-
-Lors manda et escript Boulongne le marquis au conte de Pruse et sa
-seur qu'ils lui amenassent ses enfans, sans dire de qui ils estoient,
-et sa seur rescript que ainsi le feroit-elle. Ceste venue fust tantost
-publie, et fut la renomme de courir par tout le pas qu'il venoit
-belle vierge extraicte de grant lignaige qui devoit estre espouse du
-marquis de Saluces.
-
-Le conte de Pruse acompaigni de grans chevaliers et de dames se
-dparti de Boulongne et amena avecques luy le fils et la fille du
-marquis. Et estoit le fils de l'aage de huit ans et la fille de l'aage
-de douze ans laquelle estoit trs belle de corps et de visaige et
-preste marier, et estoit pare de riches draps, de vestemens et de
-joyaulx, et certain jour ordonn devoit estre Saluces.
-
-Entretant que le conte de Pruse et les enfans estoient au chemin,
-le marquis de Saluces appella Grisilidis s'espouse en la prsence
-d'aucuns de ses barons et lui dist telles paroles: s temps passs,
-je me dlictoie assez de ta compaignie par mariage, tes bonnes meurs
-considrant et non pas ton lignaige, mais prsent, si comme je voy,
-grant fortune chiet sur moy et suis en un grant servaige, ne il ne
-m'est pas consentu que un povre homme laboureur dont tu es venue ait si
-grant seigneurie sur mes vassaulx. Mes hommes me contraignent, et le
-Pape le consent, que je prengne une autre femme que toy laquelle est ou
-chemin et sera tantost icy. Soies doncques de fort courage, Grisilidis,
-et laisse ton lieu l'autre qui vient. Prens ton douaire et appaise
-ton couraige. Va-t'en en la maison ton pre; nulle riens qui soit
-l'omme ou la femme en ce monde ne peut estre perptuel.
-
-Lors respondi Grisilidis et dist ainsi: Monseigneur, je croie bien,
-ou au moins le pensoie-je, que entre ta magnificence et ma povret
-ne povoit avoir aucune proportion ne tempration, ne oncques je ne
-me rputay estre digne d'estre non tant seulement ton espouse, mais
-d'estre ta meschine, et en ce palais cy ouquel tu m'as fait porter
-et maintenir comme dame, je prens Dieu en tesmoingnage que je me
-suis toujours rpute et dmene comme ancelle, et de tout le temps
-que j'ay demour avec toy je te rens grces, et de prsent je suis
-appareillie de retourner en la maison mon pre en laquelle je useray
-ma vieillesse et vueil mourir comme une bieneureuse et honnorable
-vefve, qui d'un tel seigneur ay est espouse. Je laisse mon lieu
-Dieu qui vueille que trs bonne vierge viengne en ce lieu ouquel j'ay
-trs joyeusement demour, et puisque ainsi te plaist, je, sans mal et
-sans rigueur, me pars. Et quant est mon douaire que tu m'as command
-que je doie emporter, quel il est je le voy. Tu scez bien, quant tu
-me prins, l'issue de l'hostel de mon pre Jehannicola, tu me feis
-despouillier toute nue et vestir de tes robes avec lesquelles je vins
- toy, ne oncques avecques toy je n'apportay autres biens ou douaire
-fors que foy, loyaut, rvrence et povret. Vecy doncques ceste robe
-dont je me despouille, et si te restitue l'annel dout tu me espousas;
-les autres anneaulx, joyaulx, vestemens et aournemens par lesquels
-j'estoie aourne et enrichie sont en ta chambre. Toute nue de la
-maison mon pre je yssis, et toute nue je y retourneray, sauf que ce
-me sembleroit chose indigne que ce ventre ouquel furent les enfans que
-tu as engendrs deust apparoir tout nu devant le peuple, pour quoy,
-s'il te plaist et non autrement, je te prie que pour la rcompensation
-de ma virginit que je apportay en ton palais et laquelle je n'en
-rapporte pas, il te plaise commander que une chemise me soit laisse,
-de laquelle je couvriray le ventre de ta femme, jadis marquise, et que
-pour ton honneur je me parte au vespre.
-
-Lors, ne se pot plus le marquis tenir de plourer de la piti qu'il eust
-de sa trs loyale espouse. Il tourna sa face et larmoiant commanda
-que au vespre une seule chemise luy fust baille. Ainsi fut fait; au
-vespre elle se despouilla de tous ses draps et deschaussa et osta les
-aournemens de son chief, et de sa seule chemise que son seigneur lui
-avoit fait bailler humblement se vesti, et de ce fut contente, et se
-parti du palais nus pis, le chief descouvert, acompaigne de barons et
-de chevaliers, de dames et de damoiselles qui plouroient et regardoient
-ses grans vertus, loyault et merveilleuse bont et patience. Chascun
-plouroit, mais elle n'en gecta une seule larme; mais honnestement et
-tout simplement, les yeulx baissis, vint vers l'hostel de son pre
-Jehannicola, lequel oy le bruit de la venue de si grant compaignie. Et
-pour ce que cellui Jehannicola qui estoit vieil et sage avoit tousjours
-tenu en son cuer les nopces de sa fille pour souspeonneuses, crant
-que quant son seigneur seroit saoul du petit mariage d'une si povre
-crature, de lgier, luy qui estoit si grant seigneur, lui donroit
-congi, fut adoncques tout effr et soudainement vint l'uis et vit
-que c'estoit sa fille toute nue, et lors prist hastivement la povre et
-dessire robe qu'elle avoit pie laisie, et tout larmoyant acourut
- l'encontre de sa fille laquelle il baisa et revesti et couvri de
-sa dicte vieille robe. Et quant Grisilidis fut venue sur le seuil de
-l'uis de l'hostel de son pre, elle, sans monstrer aucun semblant de
-desdaing ne de courroux, se retourna devers les chevaliers, dames et
-damoiselles qui l'avoient acompaigne, et de leur compaignie et convoy
-les mercia doulcement et humblement, et leur dist et monstra par belles
-et doulces paroles que pour Dieu elles ne voulsissent ne dire, ne
-penser, ne croire que son seigneur le marquis eust aucunement tort vers
-elle, qu'il n'estoit mie ainsi, mais avoit bonne cause de faire tout
-ce qu'il luy plaisoit d'elle qui bien estoit tenue de le souffrir et
-endurer. Et aussi voient-elles bien que elle n'en desplaisoit point,
-en elles admonestant que, pour l'amour de Dieu, elles voulsissent amer
-lalment leurs maris et trs cordieusement et de toute leur puissance
-les servir et honnourer, et que plus grant bien et greigneur renomme
-ne meilleure louenge ne povoient-elles en la parfin acqurir, et leur
-dist adieu. Et ainsi entra en l'hostel de son pre, et les seigneurs
-et dames qui l'avoient convoie s'en retournrent plourans et fort
-gmissans et souspirans, tellement qu'ils ne povoient regarder l'un
-l'autre ne parler l'un l'autre.
-
-Grisilidis du tout en tout fut contente; oublieuse et nonchalant des
-grans aises et des grans richesses qu'elle avoit eues et des grans
-services, rvrences et obissances que l'en lui avoit faictes, se
-tint avec son pre petite vie, comme devant, povre d'esperit et en
-trs grant humilit vers ses povres amies et anciennes voisines de son
-pre, et vesquit de moult humble conversation. Or peut-l'en penser
-quelle douleur et desconfort avoit le povre Jehannicola qui estoit en
-sa vieillesse voyant sa fille en un si povre et si petit estat comme
-elle estoit, aprs si grans et si haultes honneurs et richesses; mais
-c'estoit un merveilleux bien de veoir comment bnignement, humblement
-et sagement, elle le servoit, et quant elle le voit pensif, comment
-sagement elle le reconfortoit, et aprs le mettoit en parole d'autre
-matire.
-
-Moult de jours passs comme dist est, le conte de Pruse et sa noble
-compaignie approuchrent, et toutes les gens du pas murmuroient des
-nopces du marquis. Le conte de Pruse, frre du marquis, envoia
-plusieurs chevaliers devant pour certifier son frre le marquis de
-Saluces le jour de sa venue, et qu'il amenoit avec luy la vierge que
-le marquis devoit espouser; car en vrit icellui conte de Pruse ne
-savoit riens que les enfans que la contesse sa femme avoit nourris
-fussent enfans d'icelluy marquis, car celle contesse de Pruse avoit
-la chose tenue secrte vers son mary en nourrissant sa niepce et son
-nepveu, et par les paroles de la contesse pensoit le conte que ce
-fussent enfans d'estrange pas, si comme par leur belle manire les
-enfans le monstroient. Et avoit le conte esprance que puis que la
-fille seroit marie au marquis, et les nouvelles en iroient par le
-monde, l'en saroit tantost qui seroit le pre.
-
-Lors le marquis de Saluces manda querre Grisilidis, et que tantost elle
-venist en son palais; laquelle, sans contradiction vint. Et le marquis
-lui dist: Grisilidis, la pucelle que je doy espouser sera demain cy au
-disner, et pour ce que je dsire qu'elle et le conte mon frre et les
-autres seigneurs de leur compaignie soient honnourablement receus, et
-en telle manire que un chascun soit fait honneur selon son estat, et
-par espcial pour l'amour de la vierge qui vient moy, et je n'ay en
-mon palais femme ne meschine qui si bien le sache faire ma voulent
-comme toy, (car tu congnois mes meurs et comment l'en doit recevoir
-tels gens, et si scez de tout mon palais les chambres, les lieux et les
-ordonnances;) pour ce vueil-je que tu n'aies regart ou temps pass et
-n'aies honte de ta povre robe, et que nonobstant ton petit habit, tu
-preignes la cure de tout mon fait, et tous les officiers de mon hostel
-obiront toy. Grisilidis respondit liement: Monseigneur, non tant
-seulement voulentiers, mais de trs bon cuer, tout ce que je pourray
-ton plaisir feray, ne n'en seray jamais lasse ne traveille, et ne m'en
-feindray, tant que les reliques de mon povre esperit demourront en mon
-corps.
-
-Lors Grisilidis comme une povre ancelle prist les vils instrumens et
-les bailla aux mesgnies, et commanda aux uns nettoier le palais et
-aux autres les estables, enorter les officiers et meschines de bien
-faire chascun en son endroit la besongne espciale, et elle emprist
-drcier et ordonner les lits et les chambres, tendre les tappis de
-haulte lice et toutes choses de broderie et devises qui appartenoient
-aux paremens du palais, comme pour recevoir l'espouse de son seigneur.
-Et combien que Grisilidis fust en povre estat et en l'abit d'une povre
-ancelle, si sembloit-il bien tous ceulx qui la voient qu'elle fust
-une femme de trs grant honneur et de merveilleuse prudence. Ceste
-vertu, ce bien et ceste obissance est assez grant pour toutes les
-dames esmerveillier.
-
-L'endemain, heure de tierce, le conte, avecques luy la pucelle et son
-frre et toute la compaignie, entrrent en Saluces. Et de la beault
-de la vierge et de son frre et de leur belle manire chascun se
-esmerveilloit, et aucuns en y eust qui dirent: Gaultier le marquis
-change sagement son mariage, car ceste espouse est plus tendre et plus
-noble que n'est la fille Jehannicola.
-
-Ainsi entrrent et descendirent au palais grant joie. Grisilidis
-qui toutes ces choses estoit prsente et qui se dmonstroit toute
-reconforte d'un si grant cas elle si prs touchant, et de sa povre
-robe non vergongneuse, lie face, vint de loing l'encontre de la
-pucelle et de loing humblement la salua genoulx, disant: Bien soiez
-venue, madame, et puis au fils, et puis au conte, et humblement les
-salua aussi en disant: Bien viengnez-vous avec ma dame. Et mena chascun
-en sa chambre qui estoient richement appareilles. Et quant ils eurent
-veu et advis les fais et les manires de Grisilidis, la parfin tous
-se esmerveillrent comment tant de si bonnes meurs povoient estre en si
-povre habit.
-
-Grisilidis, aprs ces choses, se trat devers la pucelle et devers
-l'enfant, ne de avec eulx ne se povoit partir. Une heure regardoit
-la beault de la fille, et puis du jeune fils la gracieuse manire,
-et ne se povoit saouler de les fort louer. L'heure approucha que l'en
-devoit aler la table. Le marquis lors devant tous appella Grisilidis
-et haulte voix lui dist: Que te semble, Grisilidis, de ceste moie
-espouse? N'est-elle pas assez belle et honneste? Grisilidis, haultement
-et sagement, genoulx, respondi: Certainement, monseigneur, c'est
-la plus belle et la plus honneste mon gr que je veisse oncques.
-Monseigneur, avec ceste pourrez-vous mener joyeuse vie et honneste,
-laquelle chose en bonne foy je dsire, mais, monseigneur, je vous vueil
-prier et admonester que vous ne vueilliez pas molester ceste nouvelle
-espouse d'estranges admonestemens, car, monseigneur, vous povez penser
-que ceste est jeune et de grant lieu venue, doulcement nourrie, et ne
-les pourroit pas souffrir comme l'autre a souffert, si comme je pense.
-
-Lors le marquis oyant les doulces et sages paroles de Grisilidis et
-considrant la bonne chire et grant constance qu'elle monstroit et
-avoit tousjours monstr, eust en son cuer une piteuse compassion et
-ne se peut plus tenir de monstrer sa voulent, et en la prsence de
-tous haulte voix dist ainsi: O Grisilidis! Grisilidis! je vois et
-congnois, et me souffist assez ta vraie foy et loyault; et l'amour
-que tu as vers moy, ta constant obdience et vraie humilit sont par
-moy esprouves et trs bien congneues et me contraignent de dire que
-je croy qu'il n'y a homme dessoubs le ciel qui s'espouse ait tant
-esprouve comme j'ay toy. Et lors Grisilidis mua couleur, tout le
-chief enclin[223] par honneste vergongne, pour les grans louenges dont
-elle estoit devant tant de peuple loue du marquis son seigneur. Lequel
-adoncques larmoyant l'embrassa en la baisant et luy dist: Tu seule es
-mon espouse, ne autre espouse jamais je n'aray. Celle que tu pensoies
-estre ma nouvelle espouse est ta fille, et cestui enfant est ton fils:
-lesquels deux enfans estoient perdus par l'opinion de nos subjects.
-Sachent donc tous ceulx qui le contraire pensoient que j'ay voulu
-ceste ma loyale espouse curieusement et rigoreusement esprouver, et
-non pas pour la contemner ou despire, et ses enfans ay-je fait nourrir
-secrtement par ma seur Boulongne, et non pas occire ne tuer.
-
-La marquise Grisilidis lors oyant les paroles de son mary cheist
-devant lui toute pasme terre, de joie de veoir ses enfans. Elle fut
-tantost releve et quant elle fut releve elle prist ses deux enfans et
-doulcement les acola et baisa, tellement qu'elle les couvrist tous de
-larmes, ne l'en ne les povoit oster d'entre ses bras, dont c'estoit
-grant piti veoir. Les dames et damoiselles joyeusement plourans
-prirent leur dame Grisilidis et tantost l'enmenrent en une chambre
-et lui dvestirent ses povres robes et vestemens et la revestirent
-des autres et la receurent marquise comme il appartenoit. Lans eut
-une telle solemnit et telle joie de ce que les enfans du marquis
-estoient retourns inestimable consolation de la mre, du marquis et
-de ses amis et subjects, que par tout le pays la grant joie en fust
-respandue, et ce jour ou palais de Saluces eut de piti maintes larmes
-respandues, ne ne se povoient saouler de lalment recorder les grans
-vertus non pareilles de Grisilidis qui mieulx sembloit estre fille
-d'un empereur par contenance, ou de Salemon par prudence, que fille
-du povre Jehannicola. La feste fut trop plus grande et plus joyeuse
-qu'elle n'avoit est de leurs nopces, et vesquirent depuis ensemble
-le marquis et la marquise l'espace de vingt ans en grant amour, paix
-et concorde. Et quant est de Jehannicola pre de Grisilidis duquel le
-marquis n'avoit fait compte s temps passs pour esprouver sa fille,
-icellui marquis le fist translater ou palais de Saluces et l le tint
-le marquis grant honneur tous les jours de sa vie. Sa fille aussi
-maria icellui marquis haultement et puissamment, et aussi, quant son
-fils fut en aage, il le maria et ot enfans lesquels il vit; et aprs sa
-fin gracieuse il laissa son fils hoir et successeur de Saluces, grant
-consolation de tous ses amis et subjects.
-
-Chre seur, ceste histoire fut translate par maistre Franois Ptrac
-pote couronn Romme, non mie pour mouvoir les bonnes dames avoir
-patience s tribulations que leur font leurs maris pour l'amour
-d'iceulx maris tant seulement, mais fut translate pour monstrer que
-puisque ainsi est que Dieu, l'glise et raison veullent qu'elles soient
-obissans, et que leurs maris veullent qu'elles aient tant souffrir,
-et que pour pis eschever il leur est ncessit de eulx soubsmettre du
-tout la voulent de leurs maris et endurer patiemment ce que iceux
-maris veulent, et que encores et nantmoins icelles bonnes dames les
-doient celer et taire et nonobstant ce les rappaisier, rappeller, et
-elles retraire et raprouchier tousjours joyeusement la grce et
-amour d'iceulx maris qui sont mortels, par plus forte raison doivent
-hommes et femmes souffrir patiemment les tribulations que Dieu qui est
-immortel, ternel et pardurable leur envoie, et nonobstant mortalit
-d'amis, perte de biens, d'enfans, ne de lignage, desconfiture par
-ennemis, prises, occisions, pertes, feu, tempestes, orage de temps,
-ravine d'eaue ou autres tribulations soudaines, tousjours le doit-on
-souffrir patiemment et retourner joindre et rappeller amoureusement et
-attraiement[224] l'amour du souverain immortel, ternel et pardurable
-seigneur, par l'exemple de ceste povre femme ne en povret, de menues
-gens sans honneur et science, qui tant souffri pour son mortel ami.
-
-Et je qui seulement pour vous endoctriner l'ay mise cy, ne l'y ay pas
-mise pour l'applicquer vous, ne pour ce que je vueille de vous telle
-obissance, car je n'en suis mie digne, et aussi je ne suis mie marquis
-ne ne vous ay prise bergire, ne je ne suis si fol, si oultrecuidi,
-ne si jeune de sens, que je ne doie bien savoir que ce n'appartient
-pas moy de vous faire tels assaulx, ne essais ou semblables. Dieu
-me gart de vous, par ceste manire ne par autres, soubs couleur de
-faulses simulations, vous en essaier! Ne autrement en quelque manire
-ne vous vueil-je point essaier, car moy souffist bien l'espreuve j
-faicte par la bonne renomme de vos prdcesseurs et de vous, avecques
-ce que je sens et voy l'ueil et congnois par vraie exprience. Et me
-excuse se l'histoire parle de trop grant cruault, mon advis, plus
-que de raison. Et croy que ce ne fust oncques vray, mais l'histoire est
-telle et ne la doy pas corriger ne faire autre, car plus sage de moy la
-compila et intitula. Et dsire bien que puisque autres l'ont veue, que
-aussi vous la vez et sachiez de tout parler comme les autres.
-
-Ainsi, chre seur, comme j'ay dit devant que vous devez estre obissant
- cellui qui sera vostre mary, et que par bonne obissance une
-preudefemme acquiert l'amour de son mary, et en la fin a de lui ce
-qu'elle dsire: ainsi puis-je dire que par deffault d'obissance, ou
-par haultesse se vous l'emprenez, vous destruisez vous et vostre mary
-et vostre mesnaige. Et j'en tray exemple un raconte qui dit ainsi:
-Il advint que deux maris eurent contention l'un contre l'autre, c'est
-assavoir la femme contre le mary; car chascun d'eulx se disoit estre
-le plus sage, le plus noble de ligne et le plus digne, et allgoient
-comme fols plusieurs raisons l'un contre l'autre, et si aigrement garda
-la femme sa rigueur contre le mary qui au commencement, par aventure,
-ne l'avoit pas doctrine doulcement, que pour eschever dommageux
-esclandre il convint que amis s'en entremissent. Plusieurs assembles
-d'amis en furent faictes, plusieurs reprouches entregects, et nul
-remde n'y povoit estre trouv que la femme par son orgueil ne voulsist
-avoir ses drois tous esclarcis par poins, et que les obissances et
-services que les amis disoient qu'elle devoit faire son mary lui
-fussent mis et escripts par articles d'une part, et autant et autel
-son mary pour elle d'autre part; et tant devoient demourer ensemble,
-se non en amour, ou mains en paix. Ainsi fut fait et demourrent depuis
-par aucun temps que la femme gardoit et garda estroitement son droit
-par sa cdule contre son mary, ouquel mary, pour pis eschever, il
-convenoit avoir ou faindre patience en despit qu'il en eust, car il
-avoit pris trop tart l'amender.
-
-Un jour aloient en plerinage et leur convint passer un foss pardessus
-une estroite planche. Le mary passa le premier, puis se retourna et
-vist que sa femme estoit paoureuse et n'osoit passer aprs luy; si
-doubta le mary que s'elle passoit, la paour mesmes ne la feist cheoir,
-et retourna charitablement elle et la print et tint par la main; et
-en la menant du long de la planche, la tenoit, et en parlant elle
-l'asseuroit qu'elle n'eust point paour, et tousjours parloit elle et
-aloit le bons homs reculons; si chy en l'eaue qui estoit parfonde
-et se combatist fort en l'eaue pour eschever le pril de noyer, si
-s'arresta et se tint une vieille planche qui de grant temps pass y
-estoit cheute et qui l flotoit, et dist sa femme que l'aide de son
-bourdon qu'elle portoit, elle tirast la planche au bort de l'eaue pour
-lui sauver. Elle luy respondi: Nennil, nennil, dist-elle, je regarderay
-premirement en ma cdule s'il y est escript que je le doie faire, et
-s'il y est, je le feray: et autrement, non. Elle y regarda, et pour
-ce que sa cdule n'en faisoit point mention, elle luy respondi qu'elle
-n'en feroit rien, et le laissa et s'en ala. Le mary fut en l'eaue lonc
-temps et tant qu'il fut sur le point de morir. Le seigneur du pays et
-ses gens passrent par illecques et le virent et le rescouirent qu'il
-estoit prs de mort. Ils le feirent chaufer et aisier, et quant la
-parole lui fut revenue, l'en lui demanda le cas: il le raconta comme
-dessus; le seigneur fist suivir et prendre la femme et la fist ardoir.
-Or vez quelle fin son orgueil lui donna, qui par sa grant inobdience
-vouloit si estroitement garder sa raison contre son mary.
-
-Et, par Dieu, il n'est pas tousjours saison de dire son souverain:
-Je n'en feray riens, ce n'est pas raison; plus de bien vient d'obir,
-et pour ce je tray exemple la parole de la benoite vierge Marie,
-quant l'ange Gabriel luy apporta la nouvelle que nostre Seigneur
-s'enumbreroit en elle. Elle ne respondi pas: ce n'est pas raison, je
-suis pucelle et vierge, je n'en souffreray rien, je seroie diffame;
-mais elle obissamment respondi: _Fiat michi secundum verbum tuum_,
-qui vault autant dire comme: ce qui luy plaist soit fait. Ainsi
-elle fut vraie humble et obissant, et par son humilit et obissance
-grant bien nous est venu, et par inobdience et orgueil grant mal et
-mauvaise conclusion vient, comme il est dit dessus de celle qui fut
-arse, et comme on lit en la Bible de ve, par la dsobissance et
-orgueil de laquelle elle et toutes celles qui aprs elle sont venues
-et vendront, furent et ont est par la bouche de Dieu mauldictes. Car,
-si comme dit l'Historieur, pour ce que ve pcha doublement elle eust
-deux malditions. Premirement, quand elle s'leva par orgueil et
-que elle voult estre semblable Dieu: pour ce fut-elle abaissie et
-humilie en la premire maldition o Dieu dist ainsi: _Multiplicabo
-rumnas tuas et sub potestate viri eris, et ipse dominabitur tibi_.
-C'est dire: Je multiplieray tes peines, tu seras soubs la puissance
-d'homme, et il aura seignourie sur toy. L'Histoire dit que avant
-qu'elle pchast, elle estoit bien aucunement subjecte homme pour ce
-qu'elle avoit est faicte d'homme et de la coste d'icellui, mais icelle
-subjection estoit moult doulce et attrempe et naissoit de droicte
-obissance et fine[225] voulent, mais aprs ceste maldition, elle fut
-de tout en tout subjecte par ncessit et voulsist ou non, et toutes
-les autres qui d'elle vindrent et vendront ont eu et auront souffrir
-et obir ce que leurs maris vouldront faire, et seront tenues de
-entriner[226] leurs commandemens. La seconde maldition fut telle:
-_Multiplicabo conceptus tuos; in dolore paries filios tuos_. Dist Dieu:
-Je multiplieray tes concevemens, c'est dire: tu concevras plusieurs
-enfans en douleur, et en travail enfanteras tes fils. L'Histoire dit
-que la maldition ne fut pas pour l'enfant, mais de la douleur que
-femmes ont l'enfanter.
-
-Aussi vez-vous la maldition que nostre Seigneur voult donner pour
-la dsobissance[227] de Lucifer. Car jadis Lucifer fut le plus
-solemnel ange, et le mieulx am et le plus prouchain de Dieu qui fust
-adoncques en paradis, et pour ce estoit-il de tous appell Lucifer,
-c'est _quasi lucem ferens_, qui est dire portant lumire, car au
-regart des autres toute clart et toute joie estoit o il venoit pour
-ce qu'il reprsentoit et donnoit souvenance d'icellui souverain
-Seigneur qui tant l'amoit et dont il venoit et duquel il estoit si
-prouchain. Et si tost que icelluy Lucifer laissa humilit et en orgueil
-haussa son courage, le mist nostre Seigneur plus loing de luy, car
-il le fist trbuchier plus bas que nul autre, c'est assavoir ou plus
-parfont d'enfer o il est le plus ort, le pire et le plus meschant des
-meschans. Aussi pareillement sachiez que vous serez si prouchaine de
-vostre mary que partout o il vendra il portera mmoire, souvenance et
-remembrance de vous. Et vous le vez de tous maris, car tantost que
-l'en voit le mary, l'en lui demande: comment le fait[228] vostre femme?
-Et aussi, quant l'en voit la femme, l'en luy demande: comment le fait
-vostre mary? Tant est la femme jointe avecques le mary.
-
-Doncques vez-vous, tant par les jugemens de Dieu mesmes que par les
-exemples dessus allgus, que se vous n'estes obissant en toutes
-choses grandes et petites vostre mary qui sera, vous serez plus
-blasmer et punir de vostre dit mary que un autre qui luy dsobiroit,
-en tant que vous estes plus prouchaine de lui. Se vous estiez moins
-obissant, et vostre chamberire luy feist par amours[229] et service
-ou autrement, obissance tellement que en vous dlaissant il convenist
- elle commettre les espciaulx besongnes qu'il vous devroit commettre,
-et il ne vous commeist riens et vous laissast derrire, que diroient
-vos amis? Que prsumeroit vostre cuer quant il s'en apparcevroit?
-Et puis que il auroit tran[230] son plaisir illecques, comment le
-pourriez-vous depuis retraire? Certes, il ne serait mie en vostre
-puissance.
-
-Et, pour Dieu, gardez-vous que ce meschief n'aviengne, que une seule
-fois il prengne autruy service que le vostre. Et doncques vous
-soient ses commandemens, mesmement les petis qui de prime face vous
-sembleroient estre de nulle valeur ou estranges, tellement attachs
-au cuer que de vos plaisirs ne vous chaille fors que des siens, et
-gardez que par vostre main et par vous mesmes et en vostre personne
-les siens soient achevs; et quant lui ne ses affaires qui vous
-appartendront, ne souffrez aucun approucher, ne nul n'y mette la main
-que vous, et les vostres affaires soient par vous commands et commis
-vos enfans et vos privs mesgnies qui sont dessoubs vous, chascun
-selon son endroit, et s'ils ne le font, si les en punissez.
-
-Et pour ce que je vous ay dit que vous soiez obissant vostre mary
-qui sera, c'est assavoir plus que nul autre et pardessus toute
-autre crature vivant, peut ceste parole d'obdience estre entendue
-et vous dclaire; c'est assavoir que en tous cas, en tous termes,
-en tous lieux et en toutes saisons, vous faictes et acomplissiez
-sans redargution tous ses commandemens quelconques. Car sachiez que
-puis qu'il soit homme raisonnable et de bon sens naturel, il ne vous
-commandera riens sans cause, ne ne vous laissera riens faire contre
-raison. Jasoit-ce qu'ils sont aucunes femmes qui pardessus la raison
-et sens de leurs maris veulent gloser et esplucher, et encores pour
-faire les sages et les maistresses, font-elles plus devant les gens que
-autrement, qui est le pis. Car jasoit-ce que je ne vueille mie dire
-qu'elles ne doivent tout savoir et que leurs maris ne leur doivent
-tout dire, toutesvoies ce doit estre dit et fait part, et doit
-venir du vouloir et de la courtoisie du mary, non mie de l'auctorit,
-maistrise et seignourie de la femme qui le doie, par manire de
-domination, interroguer devant la gent. Car devant la gent, pour
-monstrer son obissance et pour son honneur garder, n'en doit-elle
-sonner mot, pour ce qu'il sembleroit la gent qui ce orroient que le
-mary eust accoustum rendre compte de ses vouloirs sa femme, ce que
-femme ne doit pas vouloir que l'en apparoive, car en tel cas elles se
-dmonstreroient comme maistresses et dames, et elles-mesmes feroient
-grant blasme, et grant vilenie leurs maris.
-
-De rechief, aucunes sont qui leurs maris commandent faire aucunes
-choses qui elles semblent petites et de petite valeur, et elles
-n'ont pas regard l'encontre de celluy de qui le commandement vient,
-ne l'obissance qu'elles luy doivent, mais la valeur de la chose
-seulement, laquelle valeur elles jugent selon leur sens et non mie
-aucunes fois selon la vrit, car elles ne la scevent pas, puisque
-l'en ne leur a dicte. Exemple qui peut avenir: Un homme nomm Robert
-qui me doit deux cens frans me vient dire adieu et dit qu'il s'en va
-oultre mer et me dit telles paroles: Sire, fait-il, je vous doy deux
-cens frans lesquels j'ay baillis ma femme qui ne vous congnoist,
-mais je lui ay dit qu'elle les baille celluy qui lui portera son nom
-par escript de ma main, et vez-le-cy. Et tant se part, et tantost
-qu'il s'est party de moy, sans dire le cas, je le commande garder
-ma femme qui je me fie, laquelle ma femme le fait lire un autre,
-et quant elle voit que c'est le nom d'une femme, elle en pensant mal
-le gecte ou feu, et par courroux me vient dire qu'elle ne daigneroit
-estre ma maquerelle. Cy a belle obissance! Item, je lui bailleray
-un festu ou un vis clou ou un caillou qui m'ont est baills pour
-aucunes enseignes[231] d'aucuns grans cas, ou un fil ou une vergette
-de bois pour mesure d'aucune grosse besongne dont, par oubliance ou
-par autre adventure, je ne diray riens ma femme du cas ne de la
-matire, mais je luy bailleray pour garder espcialment; celle n'aura
-regard fors la valeur du fil ou de la vergette et autre compte ne
-tendra de mon commandement, en despit de ce que je ne luy auray port
-honneur et rvrence de lui dire le cas au long. Et communment telles
-femmes rebelles, haultaines et couvertes[232], quant pour monstrer leur
-maistrise elles ont tout honni[233], elles cuident, en elles excusant,
-faire croire leurs maris qu'elles cuidoient que ce fust un nant et
-pour ce n'ont point fait leur commandement; mais se leurs maris sont
-saiges, ils voient bien que c'est par desdaing et despit de ce qu'ils
-ne leur avoient pas port telle honneur que de leur dire le cas tantost
-et sans dlay, et par aventure ont le commandement en nonchalance par
-leur fiert, ne ne leur chault en riens du desplaisir de leurs maris,
-mais que[234] seulement elles ayent achoison d'elles excuser et dire:
-ce n'estoit riens, mais se ce eust est grant chose, je l'eusse fait.
-Et pour tant, ce leur semble, seront excuses, mais il leur semble
-mal, car jasoit-ce que lors le mari n'en die rien adonc, toutesvoies
-elles perdent tousjours le nom de la vertu d'obissance, et la tache
-de la dsobissance demeure long temps aprs dedens le cuer du mary si
-attache qu' une autre fois il en souviendra au mary quant la femme
-cuidera que la paix soit faicte et que le mary l'ait oubli. Or escheve
-donc femme ce dangereux pril, et prengne garde ce que dit l'apostre
-_Ad Hebreos_ XIII: _Obedite_, etc.
-
-Or dit encores cest article que la femme doit obir son mary et
-faire ses commandemens quelconques grans et petis, et mesmes les trs
-petis; ne il ne convient point que vostre mary vous die la cause de son
-commandement, ne qui le meut, car ce sembleroit un signe de le vouloir
-ou non vouloir faire selon ce que la cause vous sembleroit ou bonne ou
-autre, ce qui ne doit pas cheoir en vous ne en vostre jugement, car
- lui appartient de le savoir tout seul, et vous n'appartient pas
-de luy demander, se ce n'est aprs, vous deux seulement et priv.
-Car pardessus son commandement vous ne devez avoir en quelque chose
-reculement, reffus, retardement ou dlay, ne pardessus sa deffence
-rien faire, corrigier, acroistre, apeticier, eslargir ou estrecier en
-quelque manire; car en tout et partout, soit bien, soit mal que vous
-ayez fait, vous estes quictes et dlivres en disant: mon mary le m'a
-command. Encores, se mal vient par vostre ouvrage, si dit-l'en d'une
-femme marie: elle fist bien puis que son mary luy commanda, car en ce
-faisant elle fist son devoir. Et ainsi, au pis venir, vous en seriez
-non mie seulement excuse, mais bien loue.
-
-Et ce propos je vous diray une piteuse merveille et que je plain
-bien[235]. Je say une femme de trs grant nom en bourgeoisie qui est
-marie une bonne personne, et sont deux bonnes cratures, jeunes
-gens paisibles, et qui ont de beaux petis enfans. La femme est blasme
-d'avoir receu la compaignie d'un grant seigneur, mais, par Dieu,
-quant l'on en parle, les autres femmes et hommes qui scevent le cas,
-et mesmement ceux qui hent ce pchi, dient que la femme n'en doit
-point estre blasme, car son mary luy commanda. Le cas est tel qu'ils
-demeurent en une des plus grans cits de ce royaume. Son mary et
-plusieurs autres bourgois furent de par le Roy emprisonns pour une
-rbellion que le commun avoit faicte. Chascun jour l'en en coppoit les
-testes trois ou quatre d'iceulx. Elle et les autres femmes d'iceulx
-prisonniers estoient chascun jour devers les seigneurs, plourans et
-agenoillans, et les mains joinctes requrans que l'en eust piti et
-misricorde et entendist-l'en la dlivrance de leurs maris. L'un
-des seigneurs qui estoit entour le Roy, comme non crmant Dieu ne sa
-justice, mais comme cruel et flon tirant, fist dire icelle bourgoise
-que s'elle vouloit faire sa voulent, sans faulte il feroit dlivrer
-son mary. Elle ne respondi riens sur ce, mais dist au messaige que
-pour l'amour de Dieu il feist par devers ceulx qui gardoient son mary
-en la prison qu'elle veist son mary et qu'elle parlast luy. Et ainsi
-fut fait, car elle fut mise en prison avec son mary, et toute plourant
-luy dist ce qu'elle voit ou povoit apparcevoir des autres, et aussi
-de l'estat de sa dlivrance, et la vilaine requeste que l'en lui avoit
-faicte. Son mary luy commanda que comment qu'il fust elle feist tant
-qu'il eschappast sans mort, et qu'elle n'y espargnast ne son corps,
-ne son honneur, ne autre chose, pour le sauver et rescourre sa vie. A
-tant se partirent l'un de l'autre, tous deux plourans. Plusieurs des
-autres prisonniers bourgois furent dcapits, son mary fut dlivr. Si
-l'excuse-l'en d'un si grant cas que, suppos encores qu'il soit vray,
-si n'y a-elle ne pchi ne coulpe, ne n'y commist dlit ne mauvaisti
-quant son mary luy commanda, mais le fist, pour sauver son mary,
-sagement et comme bonne femme. Mais toutesvoies, je laisse le cas
-qui est vilain raconter et trop grant, (maudit soit le tirant qui
-ce fist!) et revien mon propos que l'en doit obir son mary, et
-laisseray les grans cas et prendray les petis cas d'esbatement.
-
-Par Dieu, je croy que quant deux bonnes preudes gens sont maris,
-toutes autres amours sont recules, annichiles et oublies, fors
-d'eulx deux, et me semble que quant ils sont prsens et l'un devant
-l'autre, ils s'entre-regardent plus que autres, ils s'entre-pincent,
-ils s'entre-hurtent, et ne font signe ne ne parlent voulentiers, fors
-l'un l'autre. Et quant ils s'entr'loignent, si pensent-ils l'un
- l'autre, et dient en leur cuer: quant je le verray, je luy feray
-ainsi, je luy diray ainsi, je le prieray de tel chose. Et tous leurs
-plaisirs espciaulx, leurs principaulx dsirs et leurs parfaictes joies
-sont de faire les plaisirs et obissances l'un de l'autre, et s'ils
-s'entre-aiment, il ne leur chault de obissance ne de rvrence, fors
-le commun qui est trop petite entre plusieurs.
-
-Et ce propos de jeux et esbatemens entre les maris et les femmes,
-par Dieu, j'ay ouy dire au bailli de Tournay[236] qu'il a est en
-plusieurs compaignies et disners avecques hommes qui estoient de long
-temps maris, et avecques iceulx a fait plusieurs bourgages[237] et
-gaigeures de paer le disner qu'ils auroient fait et plusieurs escos et
-disners paer sur condition que d'illecques tous les compaignons de
-l'escot iroient ensemble en l'hostel de tous iceulx maris, l'un aprs
-l'autre, et celluy de l'assemble qui aroit femme si obissant qu'il
-la peust arrangement et sans faillir faire compter jusques quatre,
-sans arrest, contradition, mocquerie ou rplication, seroit quicte de
-l'escot, et cellui ou ceulx de qui les femmes seroient rebelles et
-rpliqueroient, mocqueroient ou desdiroient, icelluy escot rendroient,
-ou chascun autant. Et quant ainsi estoit accord, l'en aloit adoncques
-par droit esbatement et par droit jeu en l'hostel Robin qui appelloit
-Marie sa femme qui bien faisoit la gorgue[238], et devant tous le mary
-luy disoit: Marie, dictes aprs moy ce que je diray. Voulentiers,
-sire.--Marie dictes: empreu[239],--empreu--et deux--et deux--et
-trois... Adonc, Marie un peu firement disoit: et sept, et douze, et
-quatorze! Esgar[240]! vous mocquez-vous de moy? Ainsi le mary Marie
-perdoit. Aprs ce, l'en aloit en l'hostel Jehan qui appelloit Agnesot
-sa femme qui bien savoit faire la dame, et luy disoit: dictes aprs moy
-ce que je diray--Empreu.--Agnesot disoit par desdain: et deux. Adonc
-perdoit. Tassin disoit dame Tassine: Empreu.--Tassine par orgueil
-disoit en hault: C'est de nouvel! Ou disoit: Je ne suis mie enfant pour
-aprendre compter. Ou disoit: or , de par Dieu, esgar, estes-vous
-devenu mnestrier? Et les semblables. Et ainsi perdoit; et tous ceulx
-qui avoient espouses les jeunes bien aprises et bien endoctrines
-gaignoient et estoient joyeux.
-
-Regardez mesmes que Dieu qui est sage sur toute sagesse fist pour
-ce que Adam, dsobissant et mesprisant le commandement de Dieu ou
-deffense, menga la pomme (qui estoit peu de chose luy que une pomme),
-et comment il en fut courrouci; il ne se courroua pas pour la pomme,
-mais pour la dsobissance et le petit compte qu'il tenoit de luy.
-Regardez comment il ama la vierge Marie pour son obissance. Regardez
-des obissances et fais d'Abraham, dont il est parl cy dessus deux
-feuillets prs, qui par simple mandement fist si grans et terribles
-choses sans demander la cause. Regardez de Grisilidis, quels fais elle
-supporta et endura en son cuer sans demander cause pour quoy, et si
-n'y povoit estre apparceu ne considr cause aucune, ne couleur de
-cause, proufit venir, ne ncessit de faire, fors que seule voulent
-terrible et espoventable, et si n'en demandoit ne n'en disoit mot, et
-dont elle acquist telle louenge que maintenant que sommes cinq cens ans
-aprs sa mort, il est lecture de son bien.
-
-Et n'est mie maintenant commencement de faire doctrine de l'obissance
-des femmes envers leurs maris. Il est trouv en Genesy, ou XXIXe
-chappitre, que Loth et sa femme se partirent d'une cit; Loth deffendit
- sa femme qu'elle ne regardast point derrire ly. Elle s'en tint une
-pice, et aprs mesprisa le commandement et y regarda. Incontinent,
-Dieu la converti en une pierre de sel, et la demoura, et encores est
-telle et sera. C'est propre texte de la Bible et le nous convient
-croire par ncessit, ou autrement nous ne serions pas bons chrestiens.
-Or vez-vous, se Dieu essayoit adoncques ses amis et ses serviteurs en
-bien petites choses, comme pour une pomme l'un, pour regarder derrire
-luy l'autre, aussi n'est-ce pas merveille se les maris qui par leur
-bont ont mis tout leur cuer, toutes leurs joies et esbatemens en leurs
-femmes et arrire mises toutes autres amours, preignent plaisir en leur
-obissance, et par amoureux esbatement et autruy non nuisibles les
-essayer.
-
-Et pour ce, en reprenant ce que dessus, comment les maris essaient
-l'obissance des femmes, jasoit-ce que ce ne soit que jeu, toutesvoies
- tous qui estoient dsobis et qui par ce perdoient, le cuer leur
-douloit de la mocquerie et de la perte, et quelque semblant qu'ils
-en feissent, ils en estoient tous honteux et moins amoureux de leurs
-femmes qui leur estoient peu humbles, craintives et obissans, ce
-qu'elles ne devoient pas estre en tant soit petite chose, toutesvoies
-s'il n'y avoit grant cause, laquelle cause elle luy devroit dire en
-secret et part. Et sont aucunes fois les jeunes et fols maris si
-meschans que sans raison que par petites et inutiles achoisons[241]
-dont les commencemens sont venus par jeu et de nant, et par
-continuelles dsobissances de leurs preudefemmes, ils amassent et
-amoncellent un secret et couvert courroux en leurs cuers dont pis
-vient tous les deux, et aucunes fois se acointent de meschans et
-deshonnestes femmes qui les obissent en toutes choses et honnorent
-plus qu'ils ne sont honnors de leurs preudefemmes; adonc, iceulx
-maris comme fols se assotent[242] d'icelles mchans femmes qui
-scevent garder leur paix et iceulx honnorer et obir tous propos et
-faire leurs plaisirs. Car, ne doubtez, il n'est nul si meschant mary
-qui ne vueille estre oby et esjoy de sa femme, et quant les maris
-se treuvent mieulx obis autre part que devant n'estoient en leurs
-hostels, si laissent comme fols nonchalance[243] leurs espouses
-pour les haultesses et dsobissances d'icelles, lesquelles en sont
-depuis courrouces aprs, quant icelles maries voient que en toutes
-compaignies elles ne sont mie si honnoures comme celles qui sont
-accompaignies de leurs maris qui[244] j, comme fols, sont si fort
-par le cuer enlassis que l'en ne les peut descharner[245]. Et l'en ne
-peut mie si lgirement reprendre son oisel quant il est eschapp de la
-cage comme de garder qu'il ne s'envole: aussi ne pevent-elles retraire
-les cuers de leurs maris, quant iceulx maris ont essay et trouv
-meilleure obissance ailleurs, et icelles en donnent leurs maris la
-coulpe qui est elles mesmes.
-
-Chre seur, vous vez que comme il est dit des hommes et femmes, l'en
-peut dire des bestes sauvaiges, et encores non mie seulement des bestes
-sauvaiges, mais des bestes qui ont acoustum ravir et dvorer,
-comme ours, loups et lyons: car icelles bestes aprivoise-l'en et
-attrait-l'en par leur faire leurs plaisirs, et vont aprs et suivent
-ceulx qui les servent, acompaignent et aiment; et fait-l'en les ours
-chevauchier, les singes et autres bestes saillir, dancer, tumber et
-obir tout ce que le maistre veult; et aussi par ceste raison vous
-puis-je monstrer que vostre mary vous chrira, aimera et gardera se
-vous pensez luy faire le sien plaisir. Et pour ce que j'ay dit, et
-j'ay dit voir, que les bestes ravissables sont apprivoises etc., je
-dy par le contraire, et vous le trouverez, que non mie seulement vos
-maris, mais vos pres et mres, vos seurs, vous estrangeront se vous
-leur estes farouche et ne leur soiez dbonnaire et obissant.
-
-Or savez-vous bien que vostre principal manoir, vostre principal labour
-et amour et vostre principal compaignie est de vostre mary, pour
-l'amour et compaignie duquel vous estes riche et honnore, et se il se
-desfuit, retrait ou eslonge de vous par vostre inobdience ou autre
-quelque cause que ce soit, tort ou droit, vous demourrez seule et
-desparie, et si vous en sera donn le blasme et en serez moins prise,
-et se une seule fois il ait ce mal de vous, paine le pourriez-vous
-jamais rappaisier que la tache du maltalent ne luy demeure en son
-cuer pourtraicte et escripte tellement que jasoit-ce qu'il n'en
-monstre rien, ne ne die, elle ne pourra estre de long temps plane ou
-effacie. Et se la seconde dsobissance revient, gardez-vous de la
-vengence de laquelle il sera parl cy aprs en ce mesmes chappitre
-et article, ou _Mais encores_ etc.[246] Et pour ce, je vous prie,
-aimez, servez et obissez vos maris, mesmes s trs petites choses
-d'esbatement, car aucunes fois essaie-l'en en trs petites choses, bien
-petites, d'esbatement, et qui semblent de nulle valeur pour ce que la
-dsobissance d'icelles porte petit dommaige, pour essayer, et par
-ce scet-l'en comment l'en se doit attendre d'estre oby s grans ou
-dsoby; voire mesmement s choses bien estranges et sauvaiges et dont
-vostre mary vous fera commandement soit par jeu ou certes, si di-je
-que vous devez incontinent obir.
-
-Et ce propos je tray un raconte qui dit: Trois abbs et trois maris
-estoient en une compaignie, et entre eulx mut une question en disant
-lesquels estoient plus obissans, ou les femmes leurs maris, ou les
-religieux leur abb; et sur ce eurent moult de paroles, d'argumens
-et exemples raconts d'une part et d'autre. Se les exemples estoient
-vrais, je ne say: mais en conclusion ils demourrent contraires et
-ordonnrent que une preuve s'en feroit loyaument, et secrtement
-jure entre eulx par foy et par serement, c'est assavoir que chascun
-des abbs commanderoit chascun de ses moines que sans le sceu des
-autres il laissast la nuit sa chambre ouverte et unes verges soubs son
-chevet, en attendant la discipline que son abb luy vouldroit donner;
-et chascun des maris commanderoit secrtement sa femme, leur
-couchier, et sans ce que aucun de leur mesgnie en sceussent rien, ne
-aucun fors eulx deux, qu'elle meist et laissast toute nuit un balay
-derrire l'uis de leur chambre; et dedens huit jours rassembleroient
-illecques les abbs et les maris, et jureroient lors d'avoir excut
-leur essay et de rapporter justement et loyaument, sans fraude, ce
-qui en seroit ensuivi; et ceulx ou des abbs ou des maris qui l'en
-auroit moins oby paieroient un escot de dix frans. Ainsi fut acord
-et excut. Le rapport de chascun des abbs fut tel que, sur l'me
-d'eulx, ils et chascun d'eulx avoient fait le commandement chascun
-de leurs moines, et mienuit chascun avoit reviset chascune chambre
-et avoient trouv leur commandement acompli. Les maris firent aprs
-leur rappors l'un aprs l'autre. Le premier dit qu'il fist, avant
-couchier, secrtement le commandement sa femme qui luy demanda moult
-fort quoy c'estoit bon et que ce vauldroit. Il ne le voult dire.
-Elle refusoit adonc le faire, et il adonc fist semblant de soy
-courroucier, et pour ce elle luy promist qu'elle le feroit. Le soir ils
-se couchrent et envoirent leurs gens qui emportrent la clart[247].
-Il fist adoncques lever sa femme et oy bien qu'elle mist le balay.
-Il lui en sceut bon gr et s'endormi un petit, et tantost aprs se
-resveilla et senti bien que sa femme dormoit; si se leva tout bellement
-et ala l'uis et ne trouva point de balay, et se recoucha secrtement
-et esveilla sa femme et lui demanda se le balay estoit derrire l'uis;
-elle luy dist: oil. Il dit que non estoit et qu'il y avoit est. Et
-lors elle luy dit: par Dieu, pour[248] perdre la meilleur robe que
-j'aye, je ne l'y eusse laissi, car quant vous fustes endormy, les
-cheveulx me commencrent hrisser, et commenay tressuer et n'eusse
-peu dormir tant qu'il eust est en ceste chambre; si l'ay gect en
-la rue par les fenestres. L'autre dit que depuis ce qu'ils estoient
-couchis il avoit fait relever sa femme, et en grant desplaisance
-elle toute courrouce avoit mis le balay derrire l'uis, mais elle
-s'estoit revestue incontinent, et parti de la chambre en disant
-qu'elle ne coucheroit j en chambre o il fust, et que voirement ils
-pussent les ennemis d'enfer venir; et ala couchier toute vestue avec
-sa chamberire. L'autre dit que sa femme lui avoit respondu qu'elle
-n'estoit venue ne yssue d'enchanteurs ne de sorciers, et qu'elle ne
-savoit jouer des basteaulx[249] de nuit, ne des balais[250], et pour
-mourir elle ne le feroit, ne ne consentiroit, ne jamais en l'hostel ne
-gerroit s'il estoit fait.
-
-Ainsi les moines furent obissans en plus grant chose et leur abb
-qui est plus estrange: mais c'est raison, car ils sont hommes; et les
-femmes maries furent moins obissans et en mendre chose et leurs
-propres maris qui leur doivent estre plus espciaulx, car c'est leur
-nature, car elles sont femmes; et par elles perdirent leurs maris dix
-frans et furent dceus de leur oultrageuse vantance, qui se estoient
-vants de l'obissance de leurs femmes. Mais je vous pry, belle seur,
-ne soiez pas de celles, mais plus obissant vostre mary qui sera,
-et en petite choses, et en estranges, soit certes, par jeu, par
-esbatement, ou autrement: car tout est bon.
-
-Par Dieu, je veis Meleun[251] une chose aussi bien estrange, un
-jour que le sire d'Andresel estoit capitaine de la ville; car en
-plusieurs lieux les Anglois estoient logis l'environ: les Navarrois
-estoient logis dedens le chastel. Et un aprs-disner le dit sire
-d'Andresel[252] estoit la porte et luy ennuyoit et se dmenoit
-qu'il ne savoit o aler esbatre pour passer le jour; un escuier luy
-dit: Sire, voulez-vous aler veoir une damoiselle demourant en ceste
-ville qui fait quanque son mary luy commande? Le sire d'Andresel
-lui respondi: oyl, alons. Lors il se prirent aler, et en alant
-fut monstr au sire d'Andresel un escuier duquel l'en luy dit que
-c'estoit le mary d'icelle demoiselle. Le sire d'Andresel l'appella et
-lui demanda se sa femme faisoit ce qu'il lui commandoit. Et icellui
-escuier luy dit: par Dieu, Sire, oy, s'il n'y a villenie grant. Et
-le sire d'Andresel luy dit: Je mettray vous pour un disner, que je
-vous conseilleray luy faire faire telle chose o il n'y aura point
-de villenie et si ne le fera pas. L'escuier respondi: Certes, Sire,
-elle le feroit et gaigneroie; et par autres plusieurs manires puis-je
-gaignier plus honnourablement avecques vous, et par ceste aray-je plus
-d'onneur perdre et paer le disner; si vous prie que vous gaigez
-qu'elle le fera et je gaigerai que non. Le sire d'Andresel dit: Je
-vous commande que vous gaigiez ainsi que j'ay dit. Adonc l'escuier
-obist et accepta la gaigeure. Le sire d'Andresel vouloit estre prsent
-et tous ceulx qui l estoient; l'escuier dist qu'il le vouloit bien.
-Adoncques le sire d'Andresel qui tenoit un baston lui dit: Je vueil que
-si tost que nous serons arrivs, et sans dire autre chose, que devant
-nous tous vous direz vostre femme qu'elle saille pardessus ce baston
-devant nous trestous, et que ce soit fait sans froncier ou guigner ou
-faire aucun signe. Ainsi fut fait, car tous entrrent en l'hostel de
-l'escuier ensemble. Et incontinent la damoiselle leur vint au devant.
-L'escuier mist et tint terre le baston et dit: Damoiselle, saillez
-par cy dessus! Elle saillit tantost. Il lui dist: Resaillez! Elle
-resaillit encores. Saillez! Elle sailli trois fois sans dire un seul
-mot fors que voulentiers. Le sire d'Andresel fut tout esbahi et dit
-qu'il devoit et paieroit le disner l'endemain en son hostel d'Andresel.
-Et tantost se partirent tous pour aler l; et tantost qu'il fut entr
-en la porte d'Andresel, la dame d'Andresel vint au devant et s'enclina.
-Tantost que le sire d'Andresel fut descendu, il qui tenoit encores
-le baston pardessus lequel la damoiselle avoit sailli Meleun, mist
-icellui baston terre et cuida pardessus icelluy faire saillir la dame
-d'Andresel qui de ce faire fut refusant; dont le sire d'Andresel fut
-parfaictement courrouci. Et du surplus je me tais, et pour cause: mais
-tant en puis-je bien dire, et le say bien, que s'elle eust acompli le
-commandement de son mary, lequel il faisoit plus pour jeu et pour essay
-que pour prouffit, elle eust mieulx gard son honneur et mieux lui en
-eust pris; mais aucunes ne vient pas tousjours bien et aucunes si
-fait.
-
-Et encores ce propos je puis bien dire une chose bien aussi estrange,
-que une fois, s jours d'est, je venoie de devers Chaumont en Bassigny
- Paris, et une heure de vespres me arrestay pour logier en la ville
-de Bar sur Aube. Plusieurs des jeunes hommes de la ville maris en
-icelle, desquels aucuns avoient moy aucune congnoissance, vindrent
- moy prier de soupper avecques eulx, si comme ils disoient, et
-disoient leur cas estre tel: ils estoient plusieurs hommes jeunes et
-assez nouvellement maris et jeunes femmes, et s'estoient trouvs en
-une compaignie sans autres gens sages, si avoient enquis de l'estat
-l'un de l'autre et trouvrent par les dis d'un chascun que chascun
-d'eulx cuidoit avoit la meilleur et la plus obissant femme de toutes
-obissances, commandemens et dfenses, petites ou grans. Si avoient
-pour ce prins complot, si comme ils disoient, d'aler tous ensemble en
-chascun hostel de chascun d'eulx, et l le seigneur demanderoit sa
-femme une esguille, ou une espingle, ou unes forcettes[253], ou la
-clef de leur coffre, ou aucune chose semblable; et se la femme disoit:
-_ quoy faire?_ ou: _qu'en ferez-vous?_ ou: _est-ce certes?_ ou:
-_vous mocquez-vous de moy?_ ou: _je n'en ay point_, ou elle ait autre
-rplication ou retardement, le mary paieroit un franc pour le soupper;
-et se sans rdargution ou dlaier elle bailloit tantost son mary ce
-qu'il demandoit, le mary estoit tenus pour bien eureux d'avoir si saige
-femme et obissant, et pour sage homme de la maintenir et garder en
-icelle obissance et estoit assis au plus hault et ne paieroit riens.
-
-Et jasoit-ce qu'ils soient aucunes femmes qui telles menues
-estranges choses ne se sauroient ou daigneroient flchir, mais les
-desdaigneroient et mespriseroient et tous ceulx et celles qui ainsi en
-useroient, toutesvoies, belle seur, povez-vous bien savoir qu'il est
-ncessit que d'aucune chose nature se resjosse; mesmes les povres,
-les impotens, les maladifs ou enlangours et ceulx qui sont au lit
-de la mort preignent et quirent plaisir et joye, et par plus forte
-raison les sains. Des uns tout leur dduit est de chasser ou vouler:
-des autres de jouer d'instrumens: des autres noer[254], ou dancer, ou
-chanter, ou jouster: chascun selon sa condition prent son plaisir;
-mesmes le vostre qurez-vous diversement en quelques choses diverses;
-doncques, se vostre mary qui sera a telle imagination qu'il vueille
-prendre son plaisir ou en vostre service ou en vostre obissance telle
-que dessus, si l'en servez et saoulez, et sachiez que Dieu vous aura
-fait plus grant grce que vostre mary prengne plaisir plus en vous
-que en une autre chose; car se vous estes la clef de son plaisir, il
-vous servira, suivra et aimera pour ce, et s'il a plaisir autre
-chose, il la suivra et serez derrire. Si vous conseille et admonneste
-de faire son plaisir en trs petites choses et trs estranges et en
-toutes, et se ainsi le faictes-vous, ses enfans et vous mesmes serez
-son mnestrier et ses joyes et plaisirs, et ne prendra pas ses joyes
-ailleurs, et sera un grant bien et une grant paix et honneur pour vous.
-
-Et s'il advient que d'aucune besongne il n'ait point souvenu vostre
-mary quant il s'est parti de vous, et pour ce ne vous en ait parl,
-ne command, ne deffendu, toutesvoies devez-vous faire son plaisir,
-quelque plaisir que vous ayez autre, et devez dlaisser vostre plaisir
-et mettre derrire et tousjours son plaisir mettre devant; mais se la
-besongne estoit pesant et de telle attendue que vous peussiez luy faire
-savoir, rescrivez luy comment vous crez que sa voulent soit de faire
-ainsi etc. et pour ce vous aiez vouloir de faire son plaisir, mais
-pour ce que en ce faisant tel inconvnient s'en peut ensuir, et telle
-perte et tel dommage aussi, et qu'il vous semble qu'il seroit mieulx et
-plus honnourable ainsi et ainsi etc., laquelle chose vous n'osez faire
-sans son congi, qu'il lui plaise vous mander son vouloir sur ce, et
-son mandement vous acomplirez de trs bon cuer, de tout vostre povoir
-etc.
-
-Toutes ne font pas ainsi, dont il leur mesvient la fin, et puis
-quant elles sont moins prises et elles voient les bonnes obissans
-qui sont bieneures, acompaignes et aimes de leurs maris, icelles
-meschans qui ne sont ainsi en guerroient sus fortune et dient que ce
-a fait fortune qui leur a couru sus, et la mauvaisti de leurs maris
-qui ne se fient mie tant en elles; mais elles mentent, ce n'a pas fait
-fortune: ce a fait leur inobdience et irrvrence qu'elles ont envers
-leurs maris qui aprs ce qu'ils ont moult de fois dfailly vers elles
-qui leur ont dsoby et irrvr, ne s'y osent plus fier, et ont quis
-iceulx maris et trouv obissance ailleurs o ils se fient.
-
-Et me souvient, par Dieu, que je vis une de vos cousines qui bien aime
-vous et moy, et si fait son mary, et vint moy disant ainsi: Cousin,
-nous avons telle besongne faire, et me semble qu'elle seroit bien
-faicte ainsi et ainsi, et me plairoit bien; que vous en semble? Et
-je luy dis: Le premier point est de savoir le conseil de vostre mary
-et son plaisir; luy en avez-vous point parl? Et elle me respondi:
-par Dieu, cousin, nennil; car par divers moyens et estranges parlers,
-j'ay sentu qu'il vouldroit ainsi et ainsi, et non pas comme je dy,
-et j'aroie trop chier de la faire comme j'ay dit. Et vous savez,
-cousin, qu'il est maindre blasme de faire aucune chose sans le congi
-de son souverain que aprs sa deffense, et je suis certaine qu'il
-le me deffendroit et suis certaine qu'il vous aime et tient bonne
-personne, et se j'avoie ainsi fait comme je dy, par vostre conseil,
-quelque chose qu'il en advenist, puis que je me excuseroie de vostre
-conseil, il seroit de lgier appaisi, tant vous aime. Et je luy dis:
-puis qu'il m'aime, je le doy amer et faire son plaisir, et pour ce
-je vous conseille que vous ouvrez selon son plaisir et mettez lei
-vostre plaisir au nant. Et autre chose ne peut avoir et s'en parti
-toute courrouce de ce que je ne lui aidie achever sa voulent qui
-estoit toute contraire la voulent de son mary; et du courroux de
-son mary ne luy chaloit puis qu'elle eust est oye dire: _Vous ne
-le m'avez point autrement command etc. vostre cousin le me conseilla
-ainsi faire_. Or vez-vous son courage et comment la femme est bien
-entalente de faire un grant plaisir son mary et quelle obissance
-elle luy donne!
-
-Chre seur, aucunes autres femmes sont, qui quant elles ont dsir de
-faire une chose en une manire, mais icelle doubte que son mary ne le
-vueille pas ainsi, si n'en dure ou pose, et frtille et frmie, et
-quant elle apperoit que son mary et elle sont seul et parlent de
-leurs besongnes, affaires et esbatemens, et la femme par aucuns parlers
-prouchains aucune matire enquiert soubtillement et sent de icelle
-besongne que son mary entend faire et poursuivre par autre voie
-qu'elle ne voulsist, adonc la femme met son mary en autre propos, afin
-que d'icelluy il ne luy die mie oultrement: _de celle besongne faictes
-ainsi_; et cautement se passe et met son mary en autres termes et
-concluent sur autre besongne loingtaine celle. Et tantost que icelle
-femme voit son point, elle fait faire icelle premire besongne son
-plaisir et ne luy chault du plaisir de son mary duquel elle ne tient
-compte et s'atend soy excuser pour dire: _vous ne m'en avez riens
-dit_, car elle ne chault du courroux ne du desplaisir de son mary,
-mais que le sien passe et que sa voulent soit faicte. Et me semble
-que c'est mal fait d'ainsi barater, dcevoir et essaier son mary; mais
-plusieurs sont, qui tels essais et plusieurs autres font, dont c'est
-mal fait, car l'on doit tousjours tendre faire le plaisir de son
-mary quant il est sage et raisonnable; et quant l'en essaie son mary
-couvertement et cautement, soubs couverture malicieuse et estrange,
-suppos que ce soit pour mieux exploictier, si est-ce mal fait, car
-avec son mary l'en ne doit mie besongnier par aguet ou malice, mais
-plainement et rondement, cuer cuer.
-
-Mais encores est-ce pis quant la femme a mary preudomme et dbonnaire
-et elle le laisse pour esprance d'avoir pardon ou excusation de mal
-faire, si comme il est trouv ou livre des Sept Sages de Romme[255] que
-en la cit avoit un sage vefve, ancien de grant aage, et moult riche
-de terre et de bonne renomme qui jadis avoit eu deux femmes espouses
-qui estoient trespasses. Ses amis lui dirent que encores il prist
-femme. Il leur dist que ils la luy quissent et que il la prendroit
-voulentiers. Ils la luy quirent belle et jeune et advenant de corps,
-car peine verrez-vous j si vieil homme qui ne prengne voulentiers
-jeune femme. Il ot espous: la dame fut avecques lui un an que point
-ne luy feist ce que vous savez. Or avoit icelle dame une mre; un jour
-elle estoit au moustier emprs sa mre, si luy dist tout bas qu'elle
-n'avoit nul soulas de son seigneur et pour ce elle vouloit amer. Fille,
-dist la mre, se tu le faisoies, il t'en mesprendroit trop asprement,
-car certes il n'est nulle si grant vengence que de vieil homme, et
-pour ce, se tu me crois, ce ne feras-tu mie, car tu ne pourroies jamais
-rapaisier ton mary. La fille respondi que si feroit. La mre luy dist:
-quant autrement ne peut estre, je vueil que tu essaies, avant, ton
-mary. Voulentiers, dist la fille, je le essaieray ainsi: il a en son
-vergier une ante[256] qui est tant belle et qu'il aime plus que tous
-autres arbres, je la coupperay: si verray se je le pourray rapaisier. A
-cest accord demourrent et tant se partirent hors du moustier.
-
-La jeune dame s'en vint son hostel et trouva que son seigneur estoit
-al esbatre aux champs. Si prent une coigne, vient l'ante, et y
-commence frir dextre et snestre tant qu'elle la couppa, et
-la fist trononner par un varlet et apporter au feu. Et ainsi que
-celluy l'apportoit, le seigneur entra en son hostel et voit celluy
-qui apportoit les tronons de l'ante en sa main; le seigneur demanda:
-dont vient ceste buche? La dame luy respondi: Je viens oresendroit du
-moustier et l'en me dist que vous estiez als aux champs: si doubtay,
-pour ce qu'il avoit pleu, que vous ne retournissiez moulli et que
-vous eussiez froit, si alay en ce vergier et couppay ceste ante: car
-cans n'avoit point de buche. Dame, dit le seigneur, c'est ma bonne
-ante! Certes, sire, fait la dame, je ne say. Le seigneur s'en vint en
-son vergier et vit la souche de l'ante qu'il amoit tant, si fut iris
-assez plus que il ne monstroit le semblant et s'en revint et treuve
-la dame qui de l'ante faisoit le feu et sembloit qu'elle le feist en
-bonne pense pour luy chauffer. Quant le seigneur fust venus, si dist
-tels mots: Ores, dame, ce est ma bonne ante que vous avez couppe!
-Sire, dit la dame, je ne m'en prins garde, car certes je le fis pour
-ce que je savoie bien que vous venriez tout moulli et tout empluy,
-si doubtay que vous n'eussiez froit et que le froit ne vous feist mal.
-Dame, dit le seigneur, je lairay ce ester[257] pour ce que vous dictes
-que vous le feistes pour moy.
-
-L'endemain la dame revint au moustier et trouva sa mre laquelle
-dit: J'ay mon seigneur essay et coupp l'ante, mais il ne me fist
-nul semblant qu'il fust moult iris et pour ce sachiez, mre, que
-j'aimeray.--Non feras, belle fille, dit la mre, laisse ester.--Certes,
-dist la fille, si feray; je ne m'en pourroie plus tenir.--Belle fille,
-dist la mre, puis qu'ainsi est que tu dis que tu ne t'en pourroies
-tenir, essaie donc encores ton mary. Dist la fille: voulentiers, je
-l'essaieray encores ainsi: il a une levrire que il aime merveilles,
-ne il n'en prendroit nul denier, tant est bonne, ne ne souffreroit pas
-que nul de ses varls la chassast hors du feu, ne que nul luy donnast
-mengier sinon luy: et je la tueray devant luy.
-
-A tant s'en dpartirent. La fille s'en revint en son hostel; il fut
-tart et fit froit, le feu fut beau et cler et les lis furent bien pars
-et couvers de belles coustes-pointes[258] et de tapis, et la dame fut
-vestue d'une pelice toute neufve. Le seigneur vint des champs. La dame
-se leva encontre luy; si luy osta le mantel et puis luy voult oster les
-esperons, mais le seigneur ne le voult pas souffrir, ains les fit oster
- un de ses varls; moult s'offry la dame luy servir: elle court,
-si luy apporte un mantel de deux draps[259] et si luy met sur les
-espaules et appareille une chaire[260] et met un quarrel[261] dessus,
-et le fait seoir au feu et luy dit ainsi: Sire, certainement vous estes
-tout ple de froit, chauffez-vous et aisiez trs bien! Ainsi qu'elle ot
-ce dit, si se assit emprs luy et plus bas que luy sur une selle[262]
-et estendi la robe[263] de sa pelice, regardant tousjours son mary.
-Quant la levrire vit le beau feu, elle vint par sa msaventure, si
-se couche tantost sur le pan de la robe et de la pelice de la dame,
-et la dame advise emprs elle un varlet qui avoit un grant coustel,
-si le sache et en fiert parmy le corps d'icelle levrire qui commena
-illecques pestiller[264] et mourut devant le mary. Dame, fait-il,
-comment avez-vous est si ose comme de tuer, en ma prsence, ma
-levrire que j'amoie tant?--Sire, fait la dame, ne vez-vous chascun
-jour comme il nous attournent? Il ne sera nuls deux jours qu'il ne
-conviengne faire bue[265] cans pour vos chiens! Or regardez de ma
-pelice que je n'avoie onquesmais vestue, quelle elle est attourne!
-Cuidiez-vous que je n'en soye irie? L'ancien sage respondi: Par Dieu!
-c'est mal fait et vous en say trs mauvais gr, mais maintenant je
-n'en parleray plus. La dame dit: Sire, vous povez faire de moy vostre
-plaisir, car je suis vostre et si sachiez bien que je me repens de ce
-que en ay fait, car je say bien que vous l'aimiez moult; si me poise
-de ce que je vous ay courrouci. Quant elle ot ce dit, si fist moult
-grant semblant de plourer. Quant le seigneur vit ce, si ce laissa ester.
-
-Et quant vint l'endemain qu'elle fust ale au moustier, si trouva sa
-mre laquelle elle dit comment luy estoit advenu et que vraiement,
-puisque ainsi bien luy estoit advenu et que ainsi bien lui en eschoit,
-qu'elle aimeroit. Ha! belle fille, dit la mre, non feras, tu t'en
-pourras bien tenir.--Certes, dame, non feray. Alors dit la mre: Belle
-fille, je me suis toute ma vie bien tenue ton pre, oncques telle
-folie ne fis, ne n'en eus talent.--Ha! dame, respondi la fille, il
-n'est mie ainsi de moy comme il est de vous, car vous assemblastes
-entre vous et mon pre jeunes gens; si avez eues vos joies ensemble,
-mais je n'ay du mien joie ne soulas: si me convient pourchasser.--Or,
-belle fille, et se amer te convient, qui aimeras-tu?--Mre, dit la
-fille, j'aimeray le chappellain de ceste ville, car prestres et
-religieux craingnent honte et sont plus secrets. Je ne vouldroie
-jamais amer un chevalier, car il se vanteroit plus tost et gaberoit de
-moy et me demanderoit mes gages[266] engager.--Ores, belle fille,
-fais encores mon conseil et essaye encores ton seigneur. Dist la
-fille: Essaier tant et tant, et encores et encores, ainsi ne fineroie
-jamais!--Par mon chief! fait la mre, tu l'essaieras encores par mon
-los[267], car tu ne verras j si male vengence ne si cruelle comme de
-vieil homme.--Or, dame, fit la fille, voulentiers feray encores vostre
-commandement, et l'essaieray ainsi: il sera jeudi le jour de Nol, si
-tendra mon seigneur grant tinel[268] de ses parens et autres amis, car
-tous les vavasseurs de ceste ville y seront, et je me seray assise au
-chief de la table en une chaire; si tost comme le premier ms[269] sera
-assis, je aray mes clefs mesles s franges de la nappe, et quant je
-auray ce fait, je me leveray coup et tireray tout moy et feray tout
-espandre et verser quanque il y aura sur la table, et puis appaiseray
-tout. Ainsi auray essai mon seigneur par trois fois de trois grans
-essais, et lgirement rappaisi, et ce savez-vous bien que ainsi
-lgirement le rappaiseray-je des cas plus obscurs et couvers et s
-quels ne pourra dposer[270] que par souspeon.--Ores belle fille, dist
-la mre, Dieu te doint bien faire!
-
-Adonc se partirent; chascune vint en son hostel. La fille servit
-cordieusement, par semblant, et moult attraiement et bien son seigneur,
-et moult bel, tant que le jour de Nol vint. Les vavasseurs de Romme
-et les damoiselles furent venues, les tables furent drces et les
-nappes mises, et tous s'assirent, et la dame fist la gouverneresse et
-l'embesongne et s'assist au chief de la table en une chaire, et les
-serviteurs apportrent le premier ms et brouets sur table. Ainsi comme
-les varls tranchans orent commenci tranchier, la dame entortille
-ses clefs s franges de la fin de la nappe et quant elle sceut qu'elles
-y furent bien entortilles, elle se live un coup et fait un grant
-pas arrire, ainsi comme se elle eust chancel en levant; si tire la
-nappe, et escuelles plaines de brouet, et hanaps plains de vin, et
-sausses versent et espandent tout quanque il y avoit sur la table.
-Quant le seigneur vit ce, si ot honte et fu moult courrouci et luy
-remembra des choses prcdens. Aussitost la dame osta ses clefs qui
-estoient entortilles en la nappe.--Dame, fit le seigneur, mal avez
-exploicti!--Sire, fait la dame, je n'en puis mais, je aloie querre
-vos cousteaulx tranchier qui n'estoient mie sur table, si m'en
-pesoit.--Dame, fit le seigneur, or nous apportez autres nappes. La dame
-fit apporter autres nappes, et autres ms recommencent venir. Ils
-mengirent liement, ne le seigneur n'en fit nul semblant d'ire ne de
-courroux, et quant ils orent assez mengi et le seigneur les ot moult
-honnours, si s'en dpartirent.
-
-Le seigneur souffri celle nuit tant qu'il vint l'endemain. Lors luy
-dit: Dame, vous m'avez fait trois grans desplaisirs et courroux, se je
-puis vous ne me ferez mie le quart; et je say bien que ce vous a fait
-faire mauvais sang: il vous convient saignier. Il mande le barbier et
-fait faire le feu. La dame luy dit: Sire, que voulez-vous faire? Je ne
-fus onques saigne.--Tant vault pis, fait le seigneur, encommencier le
-vous convient: les trois mauvaises emprises que vous m'avez faictes, ce
-vous a fait faire mauvais sang.
-
-Lors luy fait eschauffer le bras destre au feu, et quant il fut
-eschauff, si la fist saignier; tant saigna que le gros et vermeil sang
-vint. Lors la fist le seigneur estanchier, et puis luy fait l'autre
-bras traire hors de la robe. La dame commence crier mercy. Riens ne
-luy vault, car il la fit eschauffer et saignier de ce second bras; et
-commena saignier: tant la tint qu'elle s'esvanoui, et perdi la
-parolle et devint toute de morte couleur. Quant le seigneur vit ce,
-si la fist estanchier et porter en son lit en sa chambre. Quant elle
-revint de pamoison, si commena crier et plourer et manda sa mre qui
-tantost vint; et quant elle fut devant ly, tous vuidrent la chambre
-et les laissrent ambedeux seul seul. Quant la dame vit sa mre, si
-luy dist: Ha! mre, je suis morte; mon seigneur m'a fait tant saignier
-que je cuide bien que je ne jouiray jamais de mon corps.--Or, fille,
-je pensoie bien que mauvais sang te dmengoit: or me di, ma fille,
-as-tu plus talent d'amer?--Certes, dame, nennil.--Fille, ne te di-je
-bien que j ne verroies si cruel vengence comme de vieil homme?--Dame,
-ol; mais, pour Dieu, aidiez-moi relever et secourir ma sant, et
-par m'me, mre, je n'aimeray jamais.--Belle fille, fait la mre, tu
-feras que sage. Ton seigneur est bon preudomme et sage, aime-le et
-sers, et croy qu'il ne t'en peut venir que bien et honneur.--Certes,
-mre, je say ores bien que vous me donnastes et donnez bon conseil
-et je le croiray d'ores-en-avant et honnoureray mon mary et jamais ne
-l'essaieray ne ne courrouceray.
-
-Chre seur, assez souffist quant ce point, qui a la voulent de
-retenir et de bien obir, car sur ceste matire d'obissance, nous
-avons cy dessus parl de ce qui est faire quant le mary commande
-petites choses par jeu, certes ou autrement, et puis de ce qui est
-faire quant le mary n'a command ne deffendu pour ce que luy n'en est
-souvenu, et tiercement des excs que les femmes font pour acomplir leur
-vouloir oultre et pardessus le vouloir de leurs maris. Et maintenant
- ce derrire nous parlerons que l'en ne face pas contre la dfense
-d'iceulx, soit en petit cas ou en grant, car du faire c'est trop mal
-fait. Et je commence s petis cas s quels on doit obir aussi bien;
-je le monstre mesmes par les jugemens de Dieu, car vous savez, chre
-seur, que par la dsobissance de Adam qui pardessus la dfense de
-Dieu menga une pomme qui est pou de chose, tout le monde fut mis en
-servaige. Et pour ce je vous conseille que les trs petites choses et
-de trs petite valeur et ne fust fors d'un festu que vostre mary qui
-sera aprs moy vous commandera garder, que vous, sans enquerre pour
-quoy ne quelle fin, puis que la parole sera telle yssue de la bouche
-de vostre mary qui sera, vous fectes et gardez trs soingneusement et
-trs diligemment, car vous ne savez, ne ne devez adonc enqurir, si
-ne le vous dist de son mouvement, qui ce le meut ou a meu: se il a
-cause, ou se il le fait pour vous essaier. Car, s'il a cause, donc
-estes-vous bien tenue de le garder, et s'il n'y a point de cause,
-mais le fait pour vous essaier, donc devez-vous bien vouloir qu'il
-vous treuve obissant et diligent ses commandemens, et mesmement
-devez penser que puisque sur un nant il vous treuvera obissant son
-vouloir et que vous en tenrez grant compte, croira-il que sur un gros
-cas vous trouveroit-il encores en cent doubles plus obissant. Et vous
-vez que nostre Seigneur commist Adam de luy garder pou de chose,
-c'est assavoir un seul pommier, et povez penser que nostre Seigneur ne
-se courroua pas Adam pour une seule pomme, car si grant seigneur
-c'estoit bien pou de chose que une pomme, mais luy despleut pour
-la mesprenture de Adam qui si pou avoit prisi son commandement ou
-dfense quant pour si pou d'avantage luy dsobissoit. Et aussi vez
-et considrez que de tant que Adam estoit plus prs de nostre Seigneur
-qui l'avoit fait de sa propre main et le tenoit son famillier et garde
-de son jardin, de tant fut nostre Seigneur pour pou de chose plus
-aigrement meu contre luy; et puis la dsobissance ne voult sanctifier:
-et par semblable raison, de tant que vous estes plus prouchaine et prs
-de vostre mary, seroit-il contre vous plus tost et pour mendre chose
-plus aigrement courrouci, comme nostre Seigneur se courroua Lucifer
-qui estoit plus prouchain de luy.
-
-Mais aucunes femmes sont, qui cuident trop soubtillement eschapper,
-car quant leur mary leur a deffendu aucune chose qui leur pleust
- faire et voulsissent bien faire, elles dlayent et attendent et
-passent temps jusques ce que la deffense soit entr'oublie par le
-mary, ou qu'il s'en soit al, ou qu'il est chargi d'autres si gros
-fait que d'icelluy ne luy souvient. Et aprs, tantost, incontinent et
-hastivement, la femme fait icelle besongne son plaisir et contre la
-voulent et deffense du mary, ou la fait faire par ses gens disant:
-faictes hardiement! Monseigneur ne s'en apparcevra j, il n'en saura
-riens. Or vez-vous que par ce, ceste est, en son courage et voulent,
-pure rebelle et dsobissant, et sa malice et mauvaisti qui riens ne
-vallent empirent son cas et dmonstrent plainement son mauvais courage.
-Et sachiez qu'il n'est riens qui la parfin ne soit sceu, et quant
-le mary le saura, et apparcevra que celle spare l'union de leurs
-voulents qui doivent estre tout un, comme dit est devant, icelluy mary
-s'en taira par adventure comme fit le sage de Romme dont il est parl
-cy devant en l'article, mais son cuer en sera si parfondment navr que
-jamais n'en garira, mais toutes fois qu'il lui en souvendra naistra
-nouvelle douleur.
-
-Si vous pry, chre seur, que de tels essais et entreprinses faire
-autre mary que moy, se vous l'avez, vous vous gaittiez et gardez trs
-espcialement, mais vostre courage et le sien soient tout un, comme
-vous et moy sommes prsent; et ce souffist quant cest article.
-
-
-
-
-SEPTIME ARTICLE.
-
-
-Le septiesme article de la premire distinction doit monstrer que vous
-devez estre curieuse et songneuse de la personne de vostre mary. Sur
-quoy, belle seur, se vous avez autre mary aprs moy, sachiez que vous
-devez moult penser de sa personne, car puis que une femme a perdu
-son premier mary et mariage, communment paine treuve-elle, selon
-son estat, le second son advenant, ains demeure toute esgare et
-desconseille long temps; et par plus grant raison quant elle pert le
-second. Et pour ce aimez la personne de vostre mary songneusement, et
-vous pry que vous le tenez nettement de linge, car en vous en est, et
-pour ce que aux hommes est la cure et soing des besongnes de dehors, et
-en doivent les maris soignier, aler, venir et recourir de et de l,
-par pluies, par vens, par neges, par gresles, une fois moulli, autre
-fois sec, une fois suant, autre fois tremblant, mal peu, mal herbergi,
-mal chauff, mal couchi. Et tout ne luy fait mal pour ce qu'il est
-reconfort de l'esprance qu'il a aux cures que la femme prendra de
-luy son retour, aux aises, aux joies et aux plaisirs qu'elle luy
-fera ou fera faire devant elle; d'estre deschaux bon feu, d'estre
-lav les pis, avoir chausses[271] et soulers frais, bien peu, bien
-abeuvr, bien servi, bien seignouri, bien couchi en blans draps, et
-cueuvrechiefs[272] blans, bien couvert de bonnes fourrures, et assouvi
-des autres joies et esbatemens, privets, amours et secrets dont je me
-tais. Et l'endemain, robes-linges[273] et vestemens nouveaulx.
-
-Certes, belle seur, tels services font amer et dsirer homme le
-retour de son hostel et veoir sa preudefemme et estre estrange des
-autres. Et pour ce je vous conseille reconforter ainsi vostre autre
-mary toutes ses venues et demeures, et y persvrez; et aussi luy
-tenir bonne paix, et vous souviengne du proverbe rural qui dit que
-trois choses sont qui chassent le preudomme hors de sa maison, c'est
-assavoir maison descouverte, chemine fumeuse et femme rioteuse. Et
-pour ce, chre seur, je vous prie que pour vous tenir en l'amour
-et grce de vostre mary, soyez luy doulce amiable et dbonnaire.
-Faictes-luy ce que les bonnes simples femmes de nostre pas dient que
-l'en a fait leurs fils quant ils sont enamours autre part et elles
-n'en pevent chevir. Il est certain que quant les pres ou les mres
-sont morts, et les parrastres et marrastres qui ont fillastres les
-arguent, tencent et estrangent, et ne pensent de leur couchier, de leur
-boire ou mengier, de leur chausses, chemises, ne autres ncessits
-ou affaires, et iceulx enfans trouvent ailleurs aucun bon retrait
-et conseil d'aucune autre femme qui les recueille avecques elle et
-laquelle pense de leur chauffer aucun povre tison avec elles, de leur
-couchier, de les tenir nettement, faire rappareiller leurs chausses,
-brayes[274], chemises et autres vestemens, iceulx enfans les suivent et
-dsirent leur compaignie et estre couchis et eschauffs entre leurs
-mamelles, et du tout en tout s'estrangent de leurs mres ou pres qui
-par avant n'en tenoient compte, et maintenant les voulsissent retraire
-et ravoir, mais ce ne peut estre, car iceulx enfans ont plus cher la
-compagnie des plus estranges qui de eux pensent et aient soing que de
-leurs plus prouchains qui d'eulx ne tiennent compte. Et puis brayent
-et crient, et dient que icelles femmes ont leurs enfans ensorcells,
-et sont enchants, et ne les pevent laissier, ne ne sont aises se
-ils ne sont avecques elles. Mais, quoy que l'en die, ce n'est point
-ensorcellement, c'est pour les amours, les curialits, les privets,
-joies et plaisirs qu'elles leur font en toutes manires, et par m'me,
-il n'est autre ensorcellement. Car qui un ours, un lou ou un lyon
-feroit tous ses plaisirs, icelluy ours, lou ou lyon feroit et suivroit
-ceulx qui ce luy feroient, et par pareille parole pourroient dire les
-autres bestes, se elles parloient, que icelles qui ainsi seroient
-aprivoises serroient ensorcelles. Et, par m'me, je ne croy mie qu'il
-soit autre ensorcellement que de bien faire, ne l'en ne peut mieulx
-ensorceller un homme que de luy faire son plaisir[275].
-
-Et pour ce, chre seur, je vous pry que le mary que vous arez vous
-le vueillez ainsi ensorceller et rensorceller et le gardez de maison
-maucouverte et de chemine fumeuse et ne luy soyez pas rioteuse, mais
-doulce, amiable et paisible. Gardez en yver qu'il ait bon feu sans
-fume, et entre vos mamelles bien couchi, bien couvert, et illec
-l'ensorcellez. Et en est gardez que en vostre chambre ne en vostre
-lit n'ait nulles puces, ce que vous povez faire en six manires, si
-comme j'ay oy dire. Car, j'ay entendu par aucuns, qui sme sa chambre
-de fueilles d'aune, les puces s'y prennent. Item, j'ay oy dire que qui
-aroit de nuit un ou plusieurs tranchouers[276] qui feussent pardessus
-oins de glus ou de trbentine et mis parmy la chambre, ou millieu de
-chascun tranchouer une chandelle ardant, elles s'y venroient engluer
-et prendre. L'autre que j'ay essay et est vray: prenez un drap
-estru[277] et le estendez parmy vostre chambre et sur vostre lit, et
-toutes les puces qui s'y pourront bouter s'y prendront, tellement que
-vous les pourrez porter avec le drap o vous vouldrez. Item des peaulx
-de mouton. Item, j'ai veu mettre des blanchets[278] sur le feurre[279]
-et sur le lit, et quant les puces qui noires estoient s'y estoient
-boutes, l'en les trouvoit plus tost parmy le blanc et les tuoit-l'en.
-Mais le plus fort est de soy gaittier de celles qui sont s
-couvertures et s pennes[280], s draps des robes dont l'en se cueuvre.
-Car sachiez que j'ay essai que quant les couvertures, pennes ou robes
-o il a puces sont enclos et enferms serrement, comme en male bien
-lie estroictement de courroies, ou en sac bien li et press, ou
-autrement mis et compress que icelles puces soient sans jour et sans
-air et tenues destroit, ainsi priront et mourront sur heure. Item,
-j'ay veu aucunes fois en plusieurs chambres que quant l'en estoit
-couchi, l'en se trouvoit tout plain de cincenelles[281] qui la fume
-de l'alaine se venoient asseoir sur le visage de ceulx qui dormoient
-et les poingnoient si fort qu'il se convenoit lever et alumer du foing
-pour faire fume pour laquelle il les convenoit fuir ou mourir, et
-aussi bien le pourroit-l'en faire de jour qui s'en doubteroit, et aussi
-bien par un cincenellier[282], qui l'a, s'en peut-l'en garantir.
-
-Et se vous avez chambre ou estage o il ait trs grant repaire de
-mouches, prenez petis floqueaux de feuchire[283] et les liez
-filets[284] comme filopes[285] et les tendez, et toutes les mouches
-s'y logeront au vespre: puis destendez les filopes et les gectez
-hors. Item, fermez trs bien vostre chambre au vespre, mais qu'il y
-ait seulement un petit pertuis ou mur devers Orient, et si tost que
-l'aube esclarcira, toutes les mouches s'en yront par ce pertuis, puis
-soit estoup. Item, prenez une escuelle de lait et l'amer[286] d'un
-livre et meslez l'un parmy l'autre, et puis mettez-en deux ou trois
-escuelles s lieux l o les mouches repairent, et toutes celles qui
-en tasteront, mourront. Item, autrement, ayez une chausse de toille
-lie au fons d'un pot qui ait le cul perci, et mettez icelluy pot ou
-lieu o les mouches repairent et oingnez-le par dedens de miel, ou
-de pommes, ou de poires; quant il sera bien garny de mouches, mettez
-un tranchouer sur la gueule, et puis hochez[287]. Item, autrement,
-prenez des ongnons rouges crus et les broiez et espraignez le jus en
-une escuelle et le mettez o les mouches repairent, et toutes celles
-qui en tasteront, mourront. Item, ayez des palettes pour les tuer
-la main. Item, aiez des vergettes[288] glues sur un bacin d'eaue.
-Item, aiez vos fenestres closes bien justement de toille cire ou
-autre, ou de parchemin ou autre chose[289] si justement que nulle
-mouche y puisse entrer, et les mouches qui seront dedens soient tues
- la palette ou autrement comme dessus, et les autres n'y entreront
-plus. Item, ayez un cordon pendant et moulli en miel, les mouches y
-vendront asseoir, et au soir soient prinses en un sac. En somme, il me
-semble que les mouches ne se arresteront point en chambre o il n'ait
-tables drcies, fourmes[290], dreouers, ou autres choses sur quoy
-ils se puissent descendre et reposer, car se ils ne se pevent aherdre
-ou arrester fors aux parois qui sont droites, ils ne s'y arresteront
-point, ne aussi en lieu ombrag et moicte. Et pour ce me semble que se
-la chambre est bien arrouse et bien close et bien ferme, et qu'il n'y
-ait rien gisant sur le plat[291], j mouche ne s'y arrestera.
-
-Et ainsi le[292] garantissez et gardez de toutes msaises et lui donnez
-toutes les aises que vous pourrez penser et le servez et faictes
-servir en vostre hostel, et vous attendez luy des choses de dehors,
-car s'il est bon, il en prendra plus de peine et travail que vous ne
-vouldriez, et par faisant ce que dit est, il aura tousjours son regret
-et son cuer vous et vostre amoureux service et guerpira tous autres
-hostels, toutes autres femmes, tous autres services et mesnages: tout
-ne lui sera que terre au regard de vous qui en penserez comme dit est
-et que faire le devez par l'exemple mesmes que vous vez des gens
-chevauchans parmy le monde, que vous vez que si tost qu'ils sont en
-leur hostel revenus d'aucun voyage, ils font leurs chevaulx blanche
-lictire jusques au ventre, iceulx chevaulx sont defferrs et mis au
-bas, ils sont emmiells[293], ils ont foing tri, et avoine crible,
-et leur fait-l'en en leur hostel plus de bien leur retour que en nul
-autre lieu. Et par plus forte raison, se les chevaulx sont aisis, les
-personnes, mesmement les souverains[294], leurs despens le soient
-leur retour. Aux chiens qui viennent des bois et de la chasse fait-l'en
-lictire devant leur maistre, et luy mesmes leur fait lictire blanche
-devant son feu; l'en leur oint de sain doulx leurs pis au feu, l'en
-leur fait souppes, et sont aisis par piti de leur travail; et par
-semblable, se les femmes font ainsi leurs maris que font les gens
- leurs chevaulx, chiens, asnes, mulles et autres bestes, certes
-les autres hostels o ils ont est servis ne leur sembleroient que
-prisons obscures et lieux estranges envers le leur qui leur sera donc
-un paradis de repos. Et ainsi sur le chemin les maris auront regard
- leurs femmes, ne nulle peine ne leur sera griefve pour esprance
-et amour qu'ils auront leurs femmes auxquelles reveoir ils auront
-aussi grant regret comme les povres hermites, les penanciers[295] et
-les religieux abstinens ont de veoir la face Jhsu-Crist; ne iceulx
-maris ainsi servis n'auront jamais voulent d'autre repaire ne d'autre
-compaignie, mais en seront gards, reculs et retards: tout le
-remenant ne leur semblera que lit de pierres envers leur hostel; mais
-que ce soit continu, et de bon cuer, sans faintise.
-
-Mais aucunes vieilles sont, qui sont ruses et font les sages et
-faignent grant amour par dmonstrance de grant service de leur cuer,
-sans autre chose; et sachez, belle seur, que les maris sont petit
-sages se ils ne s'en apparoivent; et quant ils s'en apparoivent, et
-le mary et la femme s'en taisent et dissimulent l'un contre l'autre,
-c'est mauvais commencement et s'ensuit pire fin. Et aucunes femmes
-sont, qui au commencement font trop bien leur service vers leurs maris,
-et leur semble bien que leurs maris lesquels elles voient bien adonc
-estre amoureux d'elles et vers elles dbonnaires tellement, se leur
-semble, que peine se oseroient-ils courroucier elles se elles en
-faisoient moins, si se laschent et essaient petit petit moins
-faire de rvrence, de service et d'obissance, mais, qui plus est,
-entreprennent auctorit, commandement et seigneurie, une fois sur
-un petit fait, aprs sur un plus grant, aprs un petit un jour, un
-autre petit en un autre. Ainsi essaient et s'avancent et montent, se
-leur semble, et cuident que leurs maris qui par dbonnairet, ou, par
-adventure, par aguet s'en taisent, n'y voient goutte pour ce qu'ils le
-seuffrent ainsi. Et certes ce n'est pas bien pens ne servi, car quant
-les maris voient qu'elles discontinuent leur service et montent en
-domination et qu'elles en font trop et que du souffrir mal en pourroit
-bien venir, elles sont un coup, par la voulent du droit de leurs
-maris, trbuches comme fut Lucifer qui estoit souverain des anges
-de paradis, et lequel nostre Seigneur aima tant qu'il tollera et lui
-souffri faire moult de ses voulents, et il s'enorguilli et monta en
-oultrecuidance. Tant fist et entreprist d'autres qu'il en fist trop,
-et en despleut nostre Seigneur qui longuement avoit dissimull et
-souffert sans dire mot, et lors un coup tout luy vint souvenance.
-Si le trbucha ou plus parfont d'enfer pour ce qu'il ne continua
-son service quoy il estoit ordonn et pour lequel il avoit au
-commencement acquis l'amour de nostre Seigneur qu'il avoit si grande.
-Et pour ce devez-vous estre obissant au commencement et tousjours
-persvrer cest exemple.
-
-
-
-
-HUITIME ARTICLE.
-
-
-Le huitiesme article de la premire distinction dit que vous sois
-taisant ou au moins attrempement parlant, et sage pour garder et
-cler les secrets de vostre mary. Sur quoy, belle seur, sachiez que
-toute personne qui s'eschauffe en sa parole n'est mie bien attremp en
-son sens, et pour ce sachez que savoir mettre frain en sa langue est
-souveraine vertu, et moult de prils sont venus de trop parler, et par
-espcial quant l'en prent paroles gens arrogans, ou de grant courage,
-ou gens de court de seigneurs. Et par espcial gardez-vous en tous
-vos fais de prendre paroles telles gens; et se par adventure telles
-gens se addressent vous, si les eschevez et laissiez sagement et
-courtoisement, et ce sera souverainement grant sens vous, et sachez
-que d'ainsi faire il vous est pure ncessit; et jasoit-ce que le cuer
-en face mal, toutesvoies le convient-il aucunes fois mestrier[296],
-et n'est pas sage qui ne le puet faire, car il est trouv un proverbe
-rural qui dit que aucun n'est digne d'avoir seignourie ou maistrise sur
-autruy qui ne peut estre maistre de luy mesmes.
-
-Et pour ce, en ce cas et en tous autres, devez-vous si estre maistre de
-vostre cuer et de vostre langue qu'elle soit subjecte vostre raison,
-et advisez toudis devant qui et qui vous parlerez; et vous prie et
-admoneste que soit en compaignie, soit table, gardez-vous de trop
-habondamment parler, car en habondance de paroles ne peut estre qu'il
-n'en y ait aucune fois de mal assises aucunes, et dit-l'en aucunes
-fois, par esbatement et par jeu, paroles de revel[297] qui depuis
-sont prinses et recordes part en grant drision et mocquerie de
-ceulx qui les ont dictes. Et pour ce gardez devant qui et de quoy vous
-parlerez, ne quel propos, et ce que vous direz, dictes trait[298]
-et simplement: et en parlant pensez que riens ne ysse qui ne doie yssir
-et que la bride soit devant les dens pour refraindre le trop. Et soyez
-bon secrtaire et aiez tousjours souvenance de garder les secrets de
-vostre mary qui sera; premier[299] ses meffais, vices ou pchis, se
-vous en savez aucuns, clez-les et couvrez, mesmes sans son sceu,
-afin qu'il ne s'en hontie, car peine trouverez-vous aucun que s'il
-a aucun amy qui apparoive son pchi, j puis ne le verra de si bon
-cuer que devant et aura honte de luy et l'aura en regard. Et ainsi
-vous conseille-je que ce que vostre mary vous dira en conseil, vous
-ne le revlez point quelque personne tant soit prive de vous, et
-vainquez en ce la nature des femmes qui est telle, si comme l'en dit,
-qu'elles ne pevent riens cler, c'est dire les mauvaises et meschans.
-Dont un philosophe appell Macrobe raconte, et est trouv ou livre du
-Songe Scipion, qu'il estoit Romme un enfant, jeune fils, qui avoit
-nom Papire, qui une fois avec son pre lequel estoit snateur de Romme
-s'en ala en la chambre des snateurs, en laquelle chambre les snateurs
-rommains tenoient leur conseil. Et illecques firent serement que leur
-conseil nul n'oseroit rvler sur paine de perdre la teste. Et quant
-ils orent tenu conseil et l'enfant retourna l'hostel, sa mre luy
-demanda dont il venoit, et il respondi du conseil du Snatoire avec
-son pre. La mre luy demanda quel conseil c'estoit; il dist qu'il ne
-l'oseroit dire sur paine de mort. Adonc fut la mre plus en grant dsir
-de le savoir, et commena maintenant flater, et en aprs menacier
-son fils qu'il luy dist. Et quant l'enfant vit qu'il ne povoit durer
- sa mre, si luy fist premirement promettre qu'elle ne le diroit
-nulluy et elle luy promist. Aprs il luy dist ceste menonge, c'est
-assavoir que les snateurs avoient eu en leur conseil entre eulx, ou
-que un mary eust deux femmes, ou une femme deux maris. Quant la mre oy
-ce, si luy deffendi qu'il ne le dist nul autre, et puis s'en ala
-ses commres et leur dist le conseil en secret, et l'autre l'autre,
-et ainsi sceurent toutes ce conseil, chascune en son secret.
-
-Si advint un pou aprs que toutes les femmes de Romme vindrent au
-Snatoire o les snateurs estoient assembls, et par moult de fois
-crirent haulte voix qu'elles aimoient mieulx que une femme eust deux
-maris que un homme deux femmes. Les snateurs estoient tous esbahis et
-ne savoient que ce vouloit dire, et se taisoient et regardoient l'un
-l'autre en demandant dont ce venoit, jusques tant que l'enfant Papire
-leur compta tout le fait. Et quant les snateurs oyrent ce, si en
-furent tous courroucs et le firent snateur et establirent que jamais
-d'ores-en-avant nul enfant ne fust en leur compaignie.
-
-Ainsi appert par ceste exemple que l'enfant masle qui estoit jeune
-sceut cler et taire et vada, et la femme qui avoit aage convenable
-pour avoir sens et discrtion ne sceut taire ne cler ce qu'elle avoit
-jur et promis sur son serement, et mesmes le secret qui touchoit
-l'honneur de son mary et de son fils.
-
-Et encores est-ce le pis que quant femmes racontent aucune chose
-l'une l'autre, tousjours la derrenire y adjouste plus et accroist
-la bourde et y met du sien, et l'autre encores plus. Et ce propos
-raconte-l'en un conte rural d'une bonne dame qui avoit acoustum soy
-lever matin. Un jour ne se leva mie si matin qu'elle avoit acoustum;
-sa commre se doubta qu'elle ne feust malade, si l'ala veoir en son lit
-et luy demanda moult qu'elle avoit. La bonne dame qui eut honte d'avoir
-tant jeu, ne sceut que dire fors qu'elle estoit moult pesante et malade
-et tellement qu'elle ne le sceut dire. La commre la pressa et pria
-par amours qu'elle luy dist, et elle luy jura, promist, et fiana que
-jamais ce qu'elle luy diroit ne seroit rvl pour rien de ce monde
-nulle crature vivant, pre, mre, seur, frre, mary, ne confesseur, ne
-autre. Aprs celle promesse et serement la bonne dame qui ne savoit que
-dire, par adventure, luy dist que elle avoit un oeuf ponnu. La commre
-en fut moult esbahie et monstra semblant d'en estre bien courrouce,
-et jura plus fort que devant que jamais parole n'en seroit rvle.
-
-Assez tost aprs icelle commre se parti et en s'en retournant encontra
-une autre commre qui luy emprist dire dont elle venoit, et celle
-tantost luy dist qu'elle venoit de veoir la bonne dame qui estoit
-malade et avoit ponnu deux oeufs, et luy pria et aussi l'autre luy
-promist que ce seroit secret. L'autre encontra une autre et en secret
-luy dist que la bonne dame avoit ponnu quatre oeufs: l'autre encontra
-une autre et luy dist huit oeufs, et ainsi de plus en plus multiplia
-le nombre. La bonne dame se leva et sceut que par toute la ville l'en
-disoit qu'elle avoit ponnu une pannere d'oeufs. Ainsi s'apparceut
-comment femmes sont mal secrtes, et qui pis est le racontent tousjours
-en pire endroit.
-
-Et pour ce, belle seur, sachiez vos secrets cler a tous, vostre
-mary except, et ce sera grant sens, car ne crez pas que une autre
-personne cle pour vous ce que vous mesmes n'arez peu ou sceu cler;
-et pour ce soyez secrte et clant tous fors vostre mary, car
-celluy ne devez-vous riens cler, mais tout dire, et luy vous aussi
-ensemble. Et il est dit _Ad Ephesios_ V: _Sic viri debent diligere
-uxores scilicet ut corpora sua_. Ideo ibidem dicitur: _Viri diligite
-uxores vestras_; et _Unusquisque uxorem suam diligat sicut se ipsum_,
-c'est dire quel'homme doit amer sa femme comme son propre corps, et
-pour ce, vous deux, c'est assavoir l'homme et la femme, devez estre
-tout un, et en tout et partout l'un de l'autre conseil ouvrer, et ainsi
-font et doivent faire les bonnes et sages gens. Et vueil bien que les
-maris sachent que aussi doivent-ils cler et couvrir les simplesses
-j faictes par leurs femmes, et doulcement pourveoir aux simplesses
-venir. Et ainsi le voult faire un bon preudome de Venise.
-
-A Venise furent deux maris qui orent trois enfans en mariage. Aprs,
-la femme fu gisant au lit de la mort et se confessa, entre les autres
-choses, de ce que l'un des enfans n'estoit pas de son mary. Le
-confesseur la parfin luy dist qu'il auroit advis quel conseil il luy
-donroit et retourneroit elle. Icelluy confesseur vint au phisicien
-qui la gouvernoit et luy demanda l'estat de la maladie d'elle. Le
-phisicien dist qu'elle n'en pourroit eschapper. Adonc le confesseur
-vint elle et luy dist comment il s'estoit conseilli de son cas et
-ne voit mie que Dieu luy donnast sant, se elle ne crioit mercy son
-mary du tort qu'elle luy avoit fait. Elle manda son mary et fist tous
-vuidier hors de la chambre except sa mre et son confesseur qui la
-mirent et soustindrent dedens son lit genoulx, et les mains joinctes
-devant son mary, luy pria humblement mercy de ce qu'elle avoit pchi
-en la loy de son mariage et avoit eu l'un de ses enfans d'autre que de
-luy: et disoit oultre, mais son mary l'escria en disant: Ho! ho! ho!
-n'en dictes plus! Sur ce la baisa et luy pardonna en disant: Jamais
-plus ne le dictes, ne nommez moy ne autre lequel c'est de vos
-enfans, car je les vueil aimer autant l'un comme l'autre si galement
-que en vostre vie ne aprs vostre mort vous ne soez blasme, car
-en vostre blasme aroie-je honte, et vos enfans mesmes et autres par
-eulx, c'est assavoir nos parens, en recevroient vilain et perptuel
-reprouche. Si vous en taisiez: je n'en vueil plus savoir afin que l'en
-ne die mie que je face tort aux autres deux. Qui que cestuy soit, je
-luy donne en pur don, ds maintenant, mon vivant, ce que le droit de
-nos successions luy monteroit.
-
-Belle seur, ainsi vez-vous que le sage homme fleschi son courage pour
-saulver l'onneur de sa femme qui redondoit luy et ses enfans, et
-par ce vous appert que les sages hommes et les sages femmes doivent
-faire l'un pour l'autre pour sauver son honneur. Et ce propos peut
-estre trait autre exemple.
-
-Il fut un grant sage homme que sa femme laissa pour aler avec un autre
-homme jeune en Avignon, lequel quant il en fut saoul la laissa, comme
-il est acoustum que tels jeunes hommes font souvent. Elle fut povre
-et desconforte; si se mist au commun pour ce qu'elle ne sceut de quoi
-vivre. Son mary le sceut depuis et en fut moult courrouci et mist le
-remde qui s'ensuit. Il mist cheval deux des frres de la femme et
-leur donna de l'argent et leur dist qu'ils alassent querre leur seur
-qui estoit ainsi comme toute commune en Avignon, et qu'elle feust
-vestue de housse et chargie de coquilles, l'usage de pelerins venant
-de Saint Jaques, et monte souffisament, et quant elle seroit une
-journe prs de Paris, qu'ils le luy mandassent. A tant se partirent.
-Le sage homme publia et dist partout un et autre qu'il estoit bien
-joyeulx de ce que sa femme retournoit en bon point, Dieu mercy, de l
-o il l'avoit envoye, et quant on luy demandoit o il l'avoit envoye,
-il disoit qu'il l'avoit pie envoye Saint Jaques en Galice pour
-faire pour luy un plrinage que son pre son trespassement luy avoit
-enchargi. Chascun estoit tout esbahy de ce qu'il disoit, considr
-ce que l'en avoit par avant dit d'icelle. Quant sa femme fut venue
-une journe prs de Paris, il fist parer son hostel et mettre du may
-et de l'erbe vert[300] et assembla ses amis pour aler au devant de sa
-femme. Il fut au devant et s'entre-baisirent, puis commencrent l'un
-et l'autre plourer, et puis firent trs grant joye. Il fist dire
- sa femme que tous elle parlast esbatement[301], haultement et
-hardiement, et luy mesmes, et mesmement devant la gent, et qu'elle
-venue Paris alast sur toutes ses voisines l'une aprs l'autre et ne
-fist nul semblant de rien que de joye. Et ainsi le bon homme retourna
-et garda l'onneur de sa femme.
-
-Et, par Dieu, se un homme garde l'onneur de sa femme et une femme
-blasme son mary ou seuffre qu'il soit blasm, ne couvertement, ne en
-appert, elle mesmes en est blasme, et non sans cause; car, ou il
-est blasm tort, ou il est blasm droit: s'il est blasm tort,
-donc le doit-elle aigrement revenchier; s'il est blasm droit, donc
-le doit-elle gracieusement couvrir et doulcement dfendre, car il
-est certain que se le blasme demouroit sans estre effaci, de tant
-comme auroit plus meschant mary, seroit elle rpute pour meschant et
-partiroit son blasme pour ce qu'elle se seroit marie si meschant.
-Car, tout ainsi comme celluy qui joue aux eschez tient longuement en sa
-main son eschec avant qu'il l'assie pour adviser de le mettre en lieu
-seur, tout ainsi la femme se doit tenir pour advisier et choisir et se
-mettre en bon lieu. Et s'elle ne le fait, si luy soit reprouchi, et
-doit partir au blasme de son mary; et se il est en rien tach, elle le
-doit couvrir et cler de tout son povoir. Et autel doit faire le mary
-de sa femme, comme dit est dessus et dit sera cy aprs.
-
-Je sceus un bien notable advocat en Parlement, lequel advocat avoit
-eu une fille qu'il avoit engendre en une povre femme, qui la mist
- nourrisse: et par deffault de paiement, ou de visitation, ou des
-courtoisies que les hommes ne scevent pas faire aux nourrisses en tels
-cas, fu de ce telles paroles que la femme de l'advocat le sceut, et
-sceut aussi que je faisoie les paiemens de ceste nouriture et pour
-couvrir l'honneur du seigneur qui j'estoie et suis bien tenu, Dieu
-le gart! Et pour ce la femme d'icelluy advocat vint moy et me dist
-que je faisoie grant pchi que son seigneur fust esclandry et diffam,
-et qu'elle estoit mieulx tenue souffrir le danger[302] de ceste
-nouriture que moy, et que je la menasse o l'enfant estoit[303].... la
-mist en garde avec une cousturire et luy fist aprendre son mestier et
-puis la maria, ne oncques un maltalent ne un seul courroux ou laide
-parole son mary n'en apparceut. Et ainsi font les bonnes femmes vers
-leurs maris et les bons maris vers leurs femmes quant elles faillent.
-
-
-
-
-NEUVIME ARTICLE.
-
-
-Le neuviesme article doit monstrer que vous soyez sage ce que se
-vostre mary folloie comme jeunes gens ou simples gens font souvent,
-que doulcement et sagement vous le retrayez de ses folies. Primo, s'il
-veult soy courroucier ou mal exploitier contre vous, gardez que par
-bonne patience et par la doulceur de vos paroles vous occiez l'orgueil
-de sa cruault, et se ainsi le savez faire, vous l'arez vaincu
-tellement qu'il ne vous pourra faire mal nant plus que s'il fust
-mort, et si luy souvendra depuis tellement de vostre bien, jasoit-ce
-qu'il n'en die mot devant vous, que vous l'aurez du tout attrait
-vous. Et se vous ne le povez desmouvoir qu'il ne vous courrousse,
-gardez que vous ne vous en plaigniez vos amis ne autres dont il se
-puisse apparcevoir, car il en tendroit moins de bien de vous et luy en
-souvendroit autre fois, mais alez en vostre chambre plourer bellement
-et coyement, basse voix, et vous en plaignez Dieu; et ainsi le font
-les sages dames. Et s'il est ainsi qu'il se vueille esmouvoir contre
-autre personne plus estrange, si le refrenez sagement; et, ce propos,
-est une histoire ou traicti qui dit ainsi[304]:
-
-Un jouvencel appell Mellibe, puissant et riche, ot une femme nomme
-Prudence, et de celle femme ot une fille. Advint un jour qu'il s'ala
-esbatre et jouer et laissa en son hostel sa femme et sa fille et
-les portes closes. Trois de ses anciens ennemis approuchirent et
-appoirent escheles aux murs de sa maison, et par les fenestres
-entrrent dedans, et batirent sa femme [forment], et navrrent
-sa fille de cinq plaies mortels en cinq lieux de son corps c'est
-assavoir s pis, s oreilles, ou nez, en la bouche et s mains, et la
-laissirent presque morte, puis s'en alrent.
-
-Quant Mellibe retourna son hostel et vit cest meschief, si commena
-et prist plaindre et plourer et soy batre, et en manire de
-forcen sa robe dessirer. Lors Prudence sa femme le prist admonester
-qu'il se souffrist[305]; et il tousjours plus fort crioit. Adonc
-Prudence se appensa de la sentence Ovide, ou livre _des Remdes
-d'amours_, qui dit que cellui est fol qui s'efforce d'empeschier la
-mre de plorer la mort de son enfant, jusques tant qu'elle se soit
-bien vuide de larmes et saoule de plorer. Lors il est temps de la
-conforter et attremper sa douleur par doulces paroles.
-
-Pour ce Prudence se souffri un pou de temps, et puis quant elle vit son
-temps, si lui dist: Sire, dist-elle, pourquoy vous faites-vous sembler
-fol? Il n'appartient pas sage homme de dmener si grant dueil. Vostre
-fille eschappera se Dieu plaist: se elle estoit ores morte, vous ne
-vous devriez pas pour luy destruire, car Snque dit que li sages ne
-doit point prendre grant desconfort de [la mort de] ses enfans, ains
-doit souffrir leur mort aussi lgirement comme il attend la sienne
-propre. Mellibe respondi: qui est celluy qui se pourroit tenir de
-plorer en si grant cause de douleur? Nostre Seigneur Jhsu-Crist mesmes
-plora de la mort du ladre son amy.--Certes, dist Prudence, pleurs ne
-sont mie deffendus celluy qui est triste ou entre les tristes,
-mais leur est ottroi, car, selon ce que dit saint Pol l'apostre en
-l'epistre aux Rommains, on doit mener joye avec ceulx qui ont joye et
-mainnent, et doit-on plourer avec ceulx qui pleurent. Mais jasoit-ce
-que plourer atrempement soit permis, toutesvoies plorer desmesurement
-est deffendu, et pour ce l'on doit garder la mesure que Snque met.
-Quant tu auras, dit-il, perdu ton amy, ton oeil ne soit ne trop sec ne
-trop moistes, car jasoit-ce que la larme viengne l'oeil, elle n'en
-doit pas issir; et quant tu auras perdu ton ami, pense et efforce-toy
-d'un autre recouvrer, car il te vault mieulx un autre ami recouvrer
-que l'ami perdu plorer. Se tu veulx vivre sagement, oste tristesse de
-ton cuer, car Snque dit: le cuer li et joyeux maintient la personne
-en la fleur de son aage, mais l'esperit triste luy fait schier les
-os[306]; et dist aussi que tristesse occist moult de gens[307]. Et
-Salemon dit que tout ainsi comme la tigne ou l'artuison[308] nuit la
-robe et le petit ver au bois, tout ainsi grive tristesse au cuer. Et
-pour ce nous devons porter [patiemment] en la perte de nos enfans et de
-nos autres biens temporels ainsi comme Job [lequel,] quant il ot perdu
-ses enfans et toute sa substance et eut receu moult de tribulations en
-son corps, il dist: nostre Seigneur le m'a donn, nostre Seigneur le
-m'a tolu: ainsi comme il le m'a voulu faire, il l'a fait; benoist soit
-le nom nostre Seigneur!
-
-Mellibe respondi Prudence sa femme ainsi: toutes les choses que tu
-dis sont vrayes et profitables, mais mon esperit est si troubl que
-je ne say que je doie faire. Lors Prudence lui dist: appelle tous tes
-loyaulx amis, tes affins[309] et tes parens, et leur demande conseil
-de ceste chose, et te gouverne selon le conseil qu'ils te donront, car
-Salemon dit: tous tes fais par conseil feras, ainsi ne t'en repentiras.
-
-Adonc Mellibe appella moult de gens, c'est assavoir cirurgiens,
-phisiciens vieillars et jeunes, et aucuns de ses anciens ennemis qui
-estoient rconcilis [par semblance], et retourns en sa grce et
-en son amour, et aucuns de ses voisins qui lui portrent rvrence
-plus par doubtance que par amour, et avec ce vindrent plusieurs de
-losengeurs et moult de sages clers et bons advocas. Quant ceulx
-furent ensemble, il leur recompta et monstra bien par la manire de
-son parler qu'il estoit moult courrouci, et qu'il avoit moult grant
-dsir de soy vengier tantost et faire guerre incontinent: toutesvoies
-il demanda sur ce leur conseil. Lors un cirurgien par le conseil des
-autres cirurgiens se leva disant: Sire, il appartient un cirurgien
-que il porte un chascun prouffit et nul dommage, dont il advient
-aucunes fois que quant deux hommes par malice se sont combatus ensemble
-et navrs l'un l'autre, un mesme cirurgien garist l'un et l'autre; et
-pour ce il n'appartient point nous de esmouvoir ou nourrir guerre
-ne supporter partie[310], mais ta fille garir. Jasoit-ce qu'elle
-soit navre malement, nous mettrons toute nostre cure de jour et de
-nuit, et, l'aide de nostre Seigneur, nous te la rendrons toute
-saine. Presques en ceste manire respondirent les phisiciens, et
-oultre adjoustrent avec ce aucuns que tout ainsi comme selon l'art
-de mdicine les maladies se doivent garir par contraires, ainsi
-doit-l'en garir guerre par vengence. Les voisins envieux, les ennemis
-rconcilis par semblant, les losengeurs, firent semblant de plorer
-et commencrent le fait moult aggraver en loant moult Mellibe en
-puissance d'avoir et d'amis, et en vituprant la puissance de ses
-adversaires, et dirent que tout oultre il se devoit tantost vengier et
-incontinent commencier la guerre. Adonc un sage advocat de la voulent
-des autres se leva et dist: Beaulx seigneurs, la besongne pour quoy
-nous sommes cy assembls est moult haulte et pesante pour cause de
-l'injure et du malfice qui est moult grant, et pour raison des grans
-maulx qui s'en pevent ensuivre ou temps advenir, et pour la force des
-richesses et des puissances des parties; pour laquelle chose il seroit
-grant pril errer en ceste besongne. Pour ce, Mellibe, ds maintenant
-nous te conseillons que sur toutes choses tu aies diligence de garder
-ta personne, et euvres en telle manire que tu soies bien pourveu
-d'espies[311] et guettes[312] pour toy garder. Et aprs tu mettras en
-ta maison bonne garnison et fort pour toy et ta maison dfendre. Mais
-de mouvoir guerre et de toy vengier tantost, nous n'en povons pas bien
-jugier en si pou de temps lequel vault mieulx. Si demandons [espace]
-d'avoir dlibration, car l'on dit communment: qui tost juge, tost se
-repent; et dit-on aussi que le juge est bon qui tost entent et tart
-juge. Car jasoit-ce que toute demeure soit ennuyeuse, toutesvoies elle
-ne fait pas reprendre en jugement et en vengence quant elle est
-souffisant et raisonnable. Et ce nous monstre nostre Seigneur par
-exemple, quant la femme qui estoit prinse en adultre lui fut admene
-pour jugier d'icelle ce que on en devoit faire. Car jasoit-ce qu'il
-sceust bien qu'il devoit respondre, toutesvoies il ne respondi pas
-tantost, mais voult avoir dlibration et escript deux fois en terre.
-Pour ces raisons, nous demandons dlibration, laquelle eue, nous te
-conseillerons, l'aide de Dieu, chose qui sera ton proufit.
-
-Lors les jeunes gens et la plus grant partie de tous les autres
-mocqurent[313] ce sage et firent grant bruit, et dirent que tout ainsi
-comme l'en doit batre le fer tant comme il est chault, ainsi l'en doit
-vengier l'injure tant comme elle est fresche, et se escrirent haulte
-voix: _guerre! guerre! guerre!_
-
-Adonques se leva un des anciens et estendit la main et cria que l'en
-feist silence et dist ainsi: moult de gens crient _guerre!_ haultement,
-qui ne scevent que guerre se monte. Guerre en son commencement est si
-large et a si grant entre que un chascun y puet entrer et la puet
-trouver lgirement, mais trs grant peine puet-l'en savoir quelle
-fin l'en en puet venir. Car quant la guerre commence, moult de gens ne
-sont encores ns, qui pour cause de la guerre mourront jeunes, ou en
-vivront en douleur et en misre et fineront leur vie en chtivet. Et
-pour ce, avant que l'en mueve guerre, l'en doit avoir grant conseil et
-grant dlibration.
-
-Quant icelluy ancien cuida confermer son dit par raisons, ils se
-levrent presque tous encontre luy et entrerompirent son dit souvent,
-et lui dirent qu'il abrgeast ses paroles, car la narration de cellui
-qui presche ceulx qui ne le veulent or, est ennuyeuse; c'est dire
-que autant vault parler devant cellui qui il ennuye comme chanter
-devant cellui qui pleure. Quant ce sage ancien vit qu'il ne povoit
-avoir audience, ne se effora plus de parler. Si dit: je vois bien
-maintenant que le proverbe commun est vray: lors fault le bon conseil,
-quant le grant besoing est[314]. Et ce dit, il s'assist comme tout
-honteulx.
-
-Encores avoit en conseil Mellibe moult de gens qui lui conseilloient
-autre chose en l'oreille et autre chose en appert. Quant Mellibe eust
-oy son conseil, il conceut et advisa que trop plus grant partie se
-accordoit et conseilloit que l'en feist guerre; si se arresta en leur
-sentence et la conferma. Lors dame Prudence, quant elle vit son mary
-qui se appareilloit de soy vengier et de faire guerre, si lui vint au
-devant et lui dist moult doulcement: Sire, je vous pry que vous ne
-vous hastez et que vous pour tous dons me donnez espace de parler,
-car Pierre Alphons[315] dit: qui te fera bien ou mal, ne te haste du
-rendre, car ainsi comme plus long temps te attendra ton amy, ainsi
-plus long temps te doubtera ton ennemi. Mellibe respondi Prudence
-sa femme: je ne propose point de user de ton conseil et pour moult de
-raisons. Premirement, car chascun me tendroit pour fol, se je par ton
-conseil et par ton consentement changeoie ce qui est ordonn par moult
-de bonnes gens: aprs car toutes femmes sont mauvaises, et une seule
-n'est bonne, selon le dit de Salemon: en mil hommes, dit-il, j'ay bien
-trouv un preudomme, mais de toutes les femmes je n'en treuve nulle
-bonne. Aprs est la tierce raison, car se je me gouvernoie de ton
-conseil, il sembleroit que je te donnasse sur moy seignorie, laquelle
-chose ne doit pas estre. Car Jhsu-Sirac[316] dit: se la femme a la
-seignorie, elle est contraire son mary. Et Salemon dit: ton fils,
- ta femme, ton frre, ton amy ne donne puissance sur toy en toute
-ta vie, car il te vault mieulx que tes enfans te requirent ce que
-mestier sera pour eulx que toy regarder s mains de tes enfans. Aprs,
-se je vouloye user de ton conseil, il conviendroit aucunes fois que le
-conseil fust secret jusques tant qu'il fust temps de le rvler, et
-ce ne se pourroit faire, car il est escript: la jenglerie des femmes ne
-puet riens cler fors ce qu'elle ne scet. Aprs, le philosophe dit: en
-mauvais conseil les femmes vainquent les hommes. Pour ces raisons je ne
-doy point user de ton conseil.
-
-Dame Prudence, aprs ce qu'elle ot oy dbonnairement et en grant
-patience toutes les choses que son mary voult avant traire, si demanda
-licence de parler et puis dist: Sire, la premire raison que vous
-m'avez avant mise, puet-on respondre lgirement. Car je dy qu'il n'est
-pas folie de changer son conseil quant la chose se change ou quant la
-chose appert autrement que devant. Aprs, je dy encores plus, car se tu
-avoies promis et jur de faire ton emprise et tu la laissoies faire
-pour juste cause, l'en ne devroit pas dire que tu fusses mensongier
-ne parjure, car il est escript: le sage ne ment mie quant il mue son
-courage[317] en mieulx. Et jasoit-ce que ton emprise soit estable
-et ordonne par grant multitude de gens, pour ce ne la convient pas
-accomplir, car la vrit des choses et le prouffit sont mieulx trouvs
-par pou de gens sages et parlans par raison que par multitude de gens
-o chascun brait et crie sa voulent: et telle multitude n'est point
-honneste.
-
-A la seconde raison, quant vous dittes que toutes femmes sont mauvaises
-et nulles bonnes, sauf vostre grce, [vous parlez trop gnraulment
-quant] vous les desprisez ainsi toutes, car il est escript: qui
-tout desprise, tout desplait; et Snque dit que cellui qui veult
-acquerre sapience ne doit nul desprisier, mais ce qu'il scet, il le
-doit enseigner sans prsumption, et ce qu'il ne scet, il ne doit pas
-avoir honte de demander maindre de luy. Et que moult de femmes soient
-bonnes, l'en le puet prouver lgirement. Premirement, car nostre
-Seigneur Jhsu-Crist ne se fust oncques daign descendre en femme se
-elles fussent toutes mauvaises ainsi comme tu le dis. Aprs, pour la
-bont des femmes, nostre Seigneur Jhsu-Crist, quant il fut ressuscit
-de mort vie, il apparut premier[318] Marie Magdalaine que aux
-apostres; et quant Salemon dist que de toutes femmes il n'en a trouv
-nulle bonne, pour ce ne s'ensuit pas que nulle ne soit bonne. Car
-jasoit-ce qu'il ne l'ait trouve, moult des autres en ont bien trouv
-plusieurs bonnes et loyaulx; ou, par adventure, quant Salemon dit qu'il
-n'a point trouv de bonne femme, il entend de la bont souveraine de
-laquelle nul n'est bon fors Dieu seulement, selon ce que lui mesmes
-le dit en l'Euvangile, car nulle crature n'est tant bonne, qui ne
-faille aucune chose, sans comparoison la perfection de son Crateur.
-
-La tierce chose si est comme tu dis se tu te gouvernoies par mon
-conseil, il sembleroit que tu me donnasses par dessus toy seignorie.
-Sauve ta grce, il n'est pas ainsi: car selon ce, nul ne prendroit
-conseil fors cellui qui il vouldroit sur lui puissance, et ce
-n'est pas vray, car cellui qui demande conseil a franchise et librale
-voulent de faire ce que l'en luy conseille, ou de le laissier.
-
-Quant la quarte raison, o tu dis que la jenglerie des femmes ne
-puet cler fors ce qu'elles ne scevent pas, ceste parole doit estre
-entendue d'aucunes femmes jengleresses desquelles on dit: trois choses
-sont qui gettent homme hors de sa maison, c'est assavoir la fume[319],
-la goutire et la femme mauvaise. Et de telles femmes parle Salemon
-quant il dit: il vauldroit mieulx habiter en terre dserte que avec
-femme rioteuse et courrouceuse. Or scez-tu bien que tu ne m'as pas
-trouve telle, ains as souvent esprouv ma grant silence et ma grant
-souffrance, et comme j'ai gard et cl les choses que l'en devoit
-cler et tenir secrtes.
-
-Quant la quinte raison, o tu dis que en mauvais conseil les femmes
-vainquent les hommes, ceste raison n'a point cy son lieu, car tu ne
-demandes pas conseil de mal faire, et se tu vouloies user de mauvais
-conseil et mal faire, et ta femme t'en povoit retraire et vaincre, ce
-ne seroit pas reprendre, mais loer. Et ainsi l'en doit entendre
-le dit du philosophe: en mauvais conseil vainquent les femmes les
-hommes, car aucunes fois quant les hommes veullent ouvrer de mauvais
-conseil, les femmes les en retraient et les vainquent. Et quant vous
-blasmez tant les femmes et leur conseil, je vous monstreray par moult
-de raisons que moult de femmes ont est bonnes et leur conseil bon et
-proufitable. Premirement, l'en a acoustum de dire: conseil de femme,
-ou il est trs chier, ou il est trs vil. Car jasoit-ce que moult de
-femmes soient trs mauvaises et leur conseil vil, toutesvoies l'en
-en treuve assez de bonnes et qui trs bon conseil et trs chier ont
-donn. Jacob par le bon conseil de Rbeca sa mre gaigna la bnion
-de Isaac son pre et la seignorie sur tous ses frres. Judith par son
-bon conseil dlivra la cit de Buthulie o elle demouroit, des mains
-de Holofernes qui l'avoit assige et la vouloit destruire. Abigal
-dlivra Nagal son mari de David qui le vouloit occire et appaisa le
-roy par son sens et par son conseil. Hester par son conseil esleva
-moult son peuple ou royaume de Assuere le roy: et, ainsi puet-l'en
-dire de plusieurs autres. Aprs, quant nostre Seigneur ot cr Adam le
-premier homme, il dist: Il n'est pas bon estre [l'homme] tout seul.
-Faisons-lui aide semblable [ lui]. Se elles doncques n'estoient bonnes
-et leur conseil [bon], nostre Seigneur ne les eust pas appelles[320]
-adjutoires de hommes, car elles ne fussent pas adjutoires de l'homme,
-mais en dommage et en nuisance. Aprs, un maistre fist deux vers s
-quels il demande et respont et dit ainsi: [quelle chose vault mieux
-que l'or? Jaspe. Quelle chose vaut plus que jaspe? Sens.] Quelle chose
-vault mieulx que sens? Femme. Quelle chose vault mieulx que femme?
-Riens. Par ces raisons et par moult d'autres pues-tu veoir que moult
-de femmes sont bonnes et leur conseil bon et proufitable. Se tu veulx
-doncques maintenant croire mon conseil, je te rendray ta fille toute
-saine, et feray tant que tu auras honneur en ce fait.
-
-Quant Mellibe ot oy Prudence, si dist: je voy bien que la parole
-Salemon est vraye, qui dit: broches de miel sont bonnes paroles bien
-ordonnes, car elles donnent doulceur l'me et sant au corps. Car
-pour tes paroles trs doulces, et pour ce aussi que j'ay esprouv ta
-grant sapience et ta grant loyault, je me vueil du tout gouverner par
-ton conseil.
-
-Puis, dist Prudence, que tu te veulx gouverner par mon conseil, je
-te vueil enseignier comment tu te dois avoir en conseil prendre.
-Premirement, en toutes tes euvres et devant tous autres conseils, tu
-dois amer et prendre le conseil de Dieu et le demander, et te dois
-mettre en tel lieu et en tel estat qu'il te daigne conseillier et
-conforter. Pour ce dist Thobie son fils: en tout temps bnis Dieu
-et lui prie qu'il t'adrece tes voies, et tous tes conseils soient en
-lui tout temps. Saint Jaques si a dit: se aucun de nous a mestier de
-sapience, si la demande Dieu. Aprs, tu dois prendre conseil en toy
-et entrer en ta pense et examiner ce que mieulx te vault. Et lors
-dois-tu oster trois choses de toy qui sont contrarieuses conseil,
-c'est assavoir: ire, convoitise et hastivet. Premirement donques,
-cellui qui demande conseil soy mesmes doit estre sans yre par moult
-de raisons. La premire est car cellui qui est courrecis cuide
-tousjours plus povoir faire qu'il ne puet, et pour ce, son conseil[321]
-surmonte tousjours sa force: l'autre car cellui qui est courrouci,
-selon ce que dit Snque, ne puet parler fors que choses crimineuses,
-et par ceste manire il esmeut les autres courroux et yre; l'autre
-car cellui qui est courci ne puet bien juger et par consquent bien
-conseiller. Aprs, tu dois oster de toy convoitise, car, selon ce que
-dit l'apostre, convoitise est racine de tous maulx, et le convoiteux ne
-puet riens juger fors que en la fin sa convoitise soit acomplie, qui
-acomplir ne se puet, car tant com plus a li convoiteux, plus dsire.
-
-Aprs tu dois oster de toy hastivet, car tu ne dois pas juger pour
-le meilleur ce que tantost te vendra au devant, ains y dois penser
-souvent, car, selon ce que tu as oy dessus, l'en dist communment:
-qui tost juge, tost se repent. Tu n'es pas toutes heures en une
-disposition, ains trouveras que ce qui aucune fois te semblera bon de
-faire, l'autre fois te semblera mauvais. Et quant tu auras pris conseil
- toy mesme et auras jugi grant dlibration ce qui mieulx te vault,
-tien le secret et te garde de rvler nulle personne, se tu ne cuides
-que en rvlant tu faces ta condition meilleur et que le rvler te
-portera prouffit. Car Jhsu-Sirac[322] dit: ton ami ne ton ennemi
-ne raconte ton secret ne ta folie, car ils te orront et te regarderont
-et te supporteront en ta prsence, et par derrire se moqueront de toy.
-Et un autre dit: peine trouveras-tu un, tant seulement, qui puisse
-bien cler secret. Et Pierre Alphons dit: tant comme ton secret est
-en ton cuer, tu le tiens en ta prison, et quant tu le rvles autruy
-il le tient en la sienne; et pour ce il te vault mieulx taire et ton
-secret cler que prier cellui qui tu le rvles qu'il le cle, car
-Snque dit: se tu ne te pues taire et ton secret cler, comment ose-tu
-prier un autre qu'il le vueille cler?
-
-Se tu cuides que rvler ton secret autre et avoir son conseil face
-ta condition meilleur, lors le quiers, et maintien-toy en telle guise:
-premirement, tu ne dois pas faire semblant [ ton conseil][323] quelle
-partie tu veulx tenir ne monstrer ta voulent, car communment tous
-conseillers sont losengeurs, espcialment ceulx qui sont du conseil
-des grans seigneurs, car ils s'efforcent plus de dire chose plaisant
-que proufitable, et pour ce, riche homme n'aura j bon conseil se
-il ne l'a de soy mesmes. Aprs tu dois considrer tes amis et tes
-ennemis. Entre tes amis tu dois considrer le plus loial et le plus
-sage, le plus ancien et le plus esprouv en conseil, et ceulx tu
-dois conseil demander. Premirement doncques, tu dois appeller ton
-conseil tes bons et tes loyaulx amis, car Salemon dit ainsi: comme
-le cuer se dlite en bonne odeur, conseil de bons amis fait l'me
-doulceur; et dit encores: l'amy loyal nulle chose ne se compare,
-car ne or ne argent ne sont tant dignes comme la voulent du loyal
-amy. Et dit oultre: amy loyal est une forte dfense: qui le trouve, il
-treuve un grant trsor. Aprs tu dois regarder que les loyaulx amis que
-tu appelles ton conseil soient sages, car il est escript: requier
-tousjours le conseil du sage. Par ceste mesme raison tu dois appeller
-les anciens qui assez ont veu et assez ont esprouv, car il est escript
-en Job: s anciens est la sapience, et en moult de temps est prudence.
-Et Tulles dit: les grans besongnes ne se font pas par force ne par
-lgiret de corps, mais par bon conseil et par auctorit de personne
-et par science: lesquelles trois choses ne affoiblissent pas en
-vieillesse, mais enforcent et croissent tous les jours. Aprs, en ton
-conseil tu dois garder ceste rgle car au commencement tu dois appeller
-pou de gens des plus espciaulx, car Salemon dit: efforce-toy d'avoir
-pluseurs amis, mais entre mil eslis-en un pour ton conseiller. Quant
-tu auras en ton conseil pou de gens, si le peus rvler, se mestier
-est, plusieurs. Toutesvoies les trois conditions dessus dictes si
-doivent estre s conseillers tousjours gardes, et ne te souffise pas
-un conseillier tant seulement, mais en fais plusieurs, car Salemon dit:
-sainement est la chose o plusieurs conseillers sont.
-
-Aprs ce que je t'ay monstr qui tu dois prendre conseil, je te
-vueil monstrer lequel conseil tu dois fuir; [premirement tu dois] le
-conseil des fols eschiver, car Salemon dit: fol ne vueil prendre
-conseil, car il ne te saura conseiller fors ce qu'il aime et qui luy
-plaist; et il est escript: en la proprit du fol est que il croit
-lgirement tous maulx d'autruy et tous biens de luy. Aprs, tu dois
-fuir le conseil des faintifs et losengeurs qui s'efforcent plus de
-loer ta personne et toy plaire que de dire vrit. Et Tulles dit:
-entre toutes les pestilences qui en amiti sont, la plus grant est
-losengerie. Et pour ce tu dois plus doubter et fuir les doulces paroles
-[de celui qui te loera] que [les aigres paroles de] celui qui vrit te
-dira, car Salemon dit: homme qui dit paroles de losengerie est un las
-pour prendre les innocens; et dit aussi autre part: homme qui parle
-son amy paroles doulces et souefves, luy met devant les pis la rais
-pour le prendre. Pour ce dit Tulles: garde que ne enclines point tes
-oreilles aux losengeurs et ne reoy point en ton conseil paroles de
-losengerie. Et Caton dit ainsi: advise-toy d'eschever paroles doulces
-et souefves.
-
-Aprs, tu dois eschever le conseil de tes anciens ennemis qui sont
-rconcilis, car il est escript: nul ne retourne seurement en la grce
-de son ennemy. Et Ysope dit: ne vous fiez point en ceulx qui vous
-avez eu guerre ou inimiti anciennement et ne leur rvlez point vos
-consaulx ou secrets; et la raison rent Snque et dit ainsi: il ne peut
-estre que l o le feu a est longuement, qu'il n'y demeure tousjours
-aucune vapeur. Pour ce dit Salemon: en ton ancien ennemy ne te vueilles
-nul temps fier, et encores s'il est rconcili, se humilit est en luy
-par semblant, et encline sa teste devant toy, ne le croy nant, car il
-le fait plus [pour son proffit que] pour l'amour de toy, afin qu'il
-puisse avoir victoire de toy en soy humiliant envers toy, laquelle
-victoire il ne peut avoir en toy poursuiant. Et Pierre Alphons dit: ne
-t'acompaigne pas tes anciens ennemis, car ce que tu feras de bien,
-ils le pervertiront ou amenuiseront.
-
-Aprs tu dois fuir le conseil de ceulx qui te servent et portent
-rvrence, car ils le font plus par doubtance que par amour. Car un
-philosophe dit: nul n'est bien loyal celui que il trop doubte; et
-Tulles dit: nulle puissance d'empire n'est si grant que elle puisse
-durer longuement se elle n'a plus l'amour du peuple que la paour.
-Aprs, tu dois fuir le conseil de ceulx qui sont souvent yvres, car
-ils ne scevent riens cler, et dit Salemon: nul secret n'est l o
-rgne yvresse. Aprs tu dois avoir le conseil suspect de ceulx qui
-conseillent une chose en secret, et puis autre dient en appert.
-Car Cassiodores dit: une manire de grever son ami est de monstrer
-en appert ce dont l'en veult le contraire. Aprs, tu dois avoir en
-suspect le conseil des mauvais hommes, car il est escript: les conseils
-des mauvais hommes sont tousjours plains de fraude; et David dit:
-bieneureux est l'homme qui n'a point est s consaulx des mauvais!
-Aprs, tu dois fuir le conseil des jeunes gens, car le sens des jeunes
-gens n'est pas encores meur. De quoy Salemon dit: dolente est la terre
-qui a enfant seigneur[324]! Et le philosophe dit que nous n'eslisons
-pas les jeunes en princes, car communment ils n'ont point de prudence;
-et dit encores Salemon: dolente est la terre de quoy le prince ne se
-live matin!
-
-Puis que je t'ay monstr qui tu dois prendre conseil et de qui
-conseil tu dois eschever et fuir, je te vueil apprendre comment tu dois
-conseil examiner. En examinant doncques ton conseil, selon ce que dit
-Tulles et enseigne, tu dois considrer plusieurs choses. Premirement,
-tu dois considrer que en ce que tu proposes et sur quoy tu veulx avoir
-conseil, vrit soit garde et dicte, car l'en ne puet bien conseillier
- cellui qui ne dit vrit. Aprs tu dois considrer toutes les choses
-qui s'accordent ce que tu proposes faire selon ton conseil: se raison
-s'y accorde et si ta puissance s'y accorde, si plusieurs et meilleurs
-s'y accordent que discordent, ou non. Aprs, tu dois considrer au
-conseil ce qui s'ensuit: se c'est haine ou amour, paix ou guerre,
-prouffit ou dommage, et aussi de moult d'autres choses; et en toutes
-ces choses tu dois tousjours eslire ce qui est ton prouffit, toutes
-autres choses reffuses et rabatues. Aprs, tu dois considrer de
-quelle racine est engendre la matire de ton conseil et quel prouffit
-elle puet concevoir et engendrer, et dois encores considrer toutes les
-causes dont elle est venue.
-
-Quant tu auras examin ton conseil en la manire dicte, et trouv
-laquelle partie est meilleur et plus prouffitable et esprouve de
-plusieurs sages et anciens, tu dois considrer se tu le pouras mener
-fin, car nul ne doit commencer chose s'il n'a povoir de la parfaire,
-et ne doit prendre charge qu'il ne puisse porter. L'en dit en un
-proverbe: qui trop embrasse, pou estraint; et Caton dit: essaye-toy
-de faire ce que tu as povoir de faire, pour ce que la charge ne te
-presse tant qu'il te faille laissier ce que tu as commenci faire,
-et s'il est doubte se tu le pourras mener fin ou non, eslis plus
-tost le dlaissier que le commencier. Car Pierre Alphons dit: se tu as
-povoir de faire une chose dont il te conviengne repentir, il te vault
-mieulx souffrir que encommencier. Bien disent ceulx qui deffendent un
-chascun chose faire [dont il duelt et doubte se elle est de faire] ou
-non. En la fin, quant tu auras examin ton conseil en la manire dessus
-dicte et auras trouv que tu le pourras mener fin, lors le retien et
-le conferme.
-
-Or est raison que je te monstre quant et pourquoy on doit changier son
-conseil sans rprhension. L'en peut changier son conseil et son propos
-quant la cause cesse ou quant nouvelle cause survient. Car la loy dit:
-les choses qui de nouvel surviennent ont mestier de nouvel conseil. Et
-Snque dit: se ton conseil est venu la congnoissance de ton ennemy,
-lors change ton conseil. Aprs, l'en peut changier son conseil quant
-l'en treuve aprs que par erreur ou par autre cause mal ou dommage en
-puet venir; aprs, quant le conseil est dshonneste ou vient de cause
-dshonneste, car les lois dient que toutes promesses dshonnestes sont
-de nulle valeur; aprs, quant il est impossible ou ne se puet garder
-bonnement; et en moult d'autres manires. Aprs ce, tu dois tenir pour
-rgle gnrale que ton conseil est mauvais quant il est si ferme que
-l'en ne le puet changier pour condition qui surviengne.
-
-Quant Mellibe ot oy ces enseignemens de dame Prudence, si respondi:
-Prudence, jusques l'eure de maintenant vous m'avez assez enseigni
-comment en gnral je me doy porter en conseil prendre ou retenir, or
-vouldroie-je bien que vous descendissiez en espcial et me deissiez ce
-que vous semble du conseil que nous avons eu en ceste propre besongne.
-
-Lors respondi dame Prudence: Sire, dist-elle, je te prie que tu ne
-rappelles point en ton courage se je dy chose qui te desplaise, car
-tout ce que je te dy, je l'entens dire ton honneur et ton prouffit,
-et ay esprance que tu le prendras en patience. Et pour ce je te fais
-assavoir que ton conseil, parler proprement, ne doit estre appell
-conseil, mais un fol esmouvement sans discrtion ouquel tu as err en
-moult de manires.
-
-Premirement, tu as err en assemblant ton conseil, car au
-commencement tu deusses avoir appell moult peu de gens, et puis aprs
-plusieurs, se besoing fust; mais tantost tu as appell une multitude
-de gent chargeuse et ennuyeuse. Aprs tu as err, car tu deusses avoir
-appell tant seulement tes loyaulx amis, sages et anciens; mais avec
-ceulx tu as appell gens estranges, jouvenceaulx, fols, losengeurs,
-ennemis rconcilis et gens qui te portent rvrence sans amour. Aprs
-tu as err quant tu es venu conseil, car tu avoies avec toy ensemble
-ire, convoitise et hastivet, lesquelles trois choses sont contraires
- conseil, et ne les as pas abaisses en toy ne en ton conseil ainsi
-comme tu deusses. Aprs tu as err, car tu as dmonstr ton conseil
-ta voulent et la grant affection que tu avoies de faire guerre
-incontinent et de prendre vengence, et pour ce ils ont plus suivy ta
-voulent que ton prouffit. Aprs tu as err, car tu as est content
-d'un conseil tant seulement, et toutesvoies en si grant besongne et
-si haulte estoient bien ncessaires plusieurs conseils. Aprs tu as
-err, car [quant tu as fait la division entre ceulx de ton conseil,]
-tu n'as pas suivy la voulent de tes loyaulx amis sages et anciens,
-mais as regard seulement le plus grant nombre. Et tu scez bien que les
-fols sont tousjours en plus grant nombre que les sages, et pour ce le
-conseil des chappitres et des grans multitudes de gens o l'on regarde
-plus le nombre que les mrites des personnes erre souvent, car en tel
-conseil les fols ont toujours gaigni par multitude.
-
-Mellibe adonc respondi: je confesse bien que j'ay err, mais pour ce
-que tu m'as dit dessus que cellui ne fait pas reprendre, qui change
-son conseil en moult de cas, je suis appareilli le changier ta
-voulent, car pchier est euvre d'omme, mais persvrer en pchi est
-euvre de dable; et pour ce je ne vueil plus en ce persvrer.
-
-Lors dit Prudence: examinons tout ton conseil [et vons lesquels ont
-parl plus raisonnablement et donn meilleur conseil,] et pour ce
-que l'examination soit mieulx faicte, commenons aux cirurgiens et
-aux phisiciens qui premirement parlrent. Je dy, dist-elle, que les
-cirurgiens et les phisiciens dirent ou conseil ce qu'ils devoient
-dire et parlrent sagement, car leur office appartient un chascun
-prouffiter et nul nuire, et selon leur art ils doivent avoir grant
-diligence de la cure de ceulx qu'ils ont en leur gouvernement, ainsi
-comme ils ont dit et respondu sagement; et pour ce je conseille qu'ils
-soient haultement guerdonns, en telle manire qu'ils entendent
-plus liement la cure de ta fille. Car jasoit-ce qu'ils soient tes
-amis, toutesvoies tu ne dois pas souffrir qu'ils te servent pour
-nant, mais les dois plus largement paer et guerdonner. Mais quant
- la proposition que les phisiciens adjoustrent, que s maladies
-un contraire se garit par autre contraire, je vouldroie bien savoir
-comment tu l'entens.
-
-Certes, dist Mellibe, je l'entens ainsi: car comme ils m'ont fait un
-contraire, que je leur en face un autre, et pour ce qu'ils se sont
-vengis de moy et m'ont fait injure, je me vengeray d'eulx et leur
-feray injure et lors auray gary un contraire par autre.
-
-Or vez, dist Prudence, comment un chascun croit lgirement ce
-qu'il veut et dsire! Certes, dist-elle, la parole des phisiciens ne
-doit pas estre ainsi entendue, car mal n'est pas contraire mal, ne
-vengence vengence, ne injure injure, mais sont semblables. Et
-pour ce, vengence par vengence, ne injure par injure n'est pas cur,
-mais accroist l'une l'autre. Mais la parole doit estre ainsi entendue:
-ainsi que mal et bien, sont contraires paix et guerre, vengence et
-souffrance, discorde et concorde, et ainsi de moult d'autres; mais mal
-se doit gairir par bien, discorde par accord, guerre par paix, et ainsi
-de tous les autres; et ce s'accorde saint Pol l'appostre en plusieurs
-lieux: ne rendez, dit-il, mal pour mal, ne mesdit pour mesdit, mais
-faites bien cellui qui mal vous fera, et bnissez cellui qui vous
-maudira. Et en moult d'autres lieux de ses pistres il admoneste paix
-et concorde.
-
-Or convient parler du conseil que donnrent les advocas, les sages
-et les anciens, qui furent tous d'un accord et dirent que devant
-toutes choses tu dois mettre diligence en garder ta personne et en
-garnir ta maison, et dirent aussi que en ceste besongne l'en doit aler
-advisement et grant dlibration. Quant au premier point qui touche
-la garde de ta personne, tu dois savoir que cellui qui a guerre doit
-tous les jours, devant toutes choses, humblement et dvotement demander
-la garde et l'aide de Dieu, [car en cest monde nul ne se puet garder
-souffisamment sans la garde de nostre Seigneur.] Pour ce dit David le
-prophte: se Dieu de la cit n'est garde, pour nant veille qui la
-garde. Aprs, en la garde de ta personne tu dois mettre tes loyaux amis
-esprouvs et congneus et eulx dois demander aide pour toy garder, car
-Caton dit: se tu as besoing d'aide, demande-le tes amis, car il n'est
-si bon phisicien comme le loyal amy. Aprs, tu te dois garder de toutes
-gens estranges et mescongneus et avoir leur compaignie suspecte, car
-Pierre Alphons dit: ne t'acompaigne en voye nulle personne se tu ne
-la congnois devant, et s'aucune personne s'acompaigne avec toy sans ta
-voulent et enquire de ta vie et de ta voie, fains que tu veulx aler
-plus loing que tu n'as propos; et se il porte lance, si te tieng sa
-dextre: se il porte espe, si te tieng sa senestre.
-
-Aprs, garde-toy sagement de tous ceulx[325] que je t'ay dit, car
-tu dois leur conseil eschever et fuir. Aprs, garde-toy en telle
-manire que pour la prsumption de ta force tu ne desprises point
-ton adversaire tant que[326] laisses tes gardes, car sage homme
-doit tousjours doubter, espcialment ses ennemis. Et Salemon dit:
-beneur est cellui qui tousjours se doubte, car cellui qui par
-la duret de son cuer a trop grant prsumption, mal lui vendra. Tu
-dois doncques doubter tous agais et toutes espies. Car, selon ce que
-dit Snque[327], qui toutes choses doubte, en nulle ne cherra; et
-encores dit-il: sage est celluy qui doubte, et eschive tous maulx. Et
-jasoit-ce qu'il te soit semblant estre bien asseur et en seur lieu,
-toutesvoies tu dois avoir tousjours diligence de toy garder, car
-Snque dit: qui seur se garde n'a doubte de nuls prils. Aprs tu te
-dois garder non pas tant seulement de ton grant et fort ennemi, mais
-de tout le plus petit, car Snque dit: il appartient homme bien
-enseigni qu'il doubte son petit ennemi. Et Ovide, ou livre du _Remde
-d'amours_, dit: la petite vivre[328] occist le grant torel, et le chien
-qui n'est pas moult grant relient bien le sanglier. Toutesvoies, tu ne
-dois pas estre tant doubteux que tu doubtes l o riens n'a doubter,
-car il est escript: aucunes gens ont enseigni leur dcevoir mais ils
-ont trop doubt que l'en les dceust[329]. Aprs, tu te dois garder de
-venin et de compaignie de moqueurs, car il est escript: avecques le
-moqueur n'aies compaignie, mais la fuy et ses paroles comme le venin.
-
-Quant au second point, c'est assavoir ouquel dirent les sages que tu
-dois garnir ta maison grant diligence, je vouldroie bien savoir
-comment tu entens ceste garnison.
-
-Dist Mellibe: Je l'entens ainsi que je doy garnir ma maison de tours,
-de chasteaulx[330], d'eschifes[331] et autres difices par lesquels
-je me puisse garder et deffendre, et pour cause desquels les ennemis
-doubteront approuchier ma maison.
-
-Lors Prudence respondi: La garnison de tours haultes et des grans
-difices appartient aucunes fois orgueil. L'en fait les tours et les
-grans difices grant travail et grans despens, et quant elles sont
-faites, elles ne vallent riens se elles ne sont deffendues par sages et
-par bons amis loyaux, et grans missions[332]. Et pour ce sachiez que
-la plus grant garnison et la plus fort que un riche homme puisse avoir
- garder son corps et ses biens, c'est qu'il soit am de ses subjects
-et de ses voisins, car Tulles dit: une garnison que l'en ne puet
-vaincre ne desconfire, c'est l'amour des citoyens.
-
-Quant au tiers point, o les sages et anciens dirent que l'en ne
-doit point aler en ceste besongne soudainement ne hastivement, mais
-se doit-on pourveoir et appareillier grant diligence et grant
-dlibration, je croy qu'ils parlrent bien et sagement, car Tulles
-dit: en toutes besongnes, devant ce que l'en les commence, on se doit
-appareillier grant diligence. En vengence doncques, en guerre, en
-bataille et en garnison faire, devant ce que l'en commence, l'en
-doit faire son appareil grant dlibration, car Tulles dit: long
-appareillement de batailles fait brief victoire; et Cassiodores[333]
-dit: la garnison est plus puissant quant elle est plus long temps
-pense.
-
-Or convient aler au conseil que te donnrent tes voisins qui te portent
-rvrence sans amour, tes ennemis rconcilis, les losengeurs, ceux
-qui te conseillirent une chose en secret et autre disoient en appert,
-les jeunes gens, qui tous te conseillrent vengier tantost et faire
-guerre incontinent. Et certes, ainsi comme je t'ay dit dessus, tu erras
-moult en appelant telles gens ton conseil, et ce conseil est assez
-rprouv pour les choses dessus dictes. Toutesvoies, puis qu'elles sont
-dictes en gnral, nous descendrons en espcial. Or vons doncques
-premirement, selon ce que dit Tulles, de la vrit de ce conseil. Et
-certes de la vrit de ceste besongne ne convient pas moult enquerre,
-car l'en scet bien qui sont ceulx qui te ont fait ceste injure, et
-quans[334] ils sont, et comment, et quant, et quelle injure ils te ont
-faite. Examinons doncques la seconde condition que Tulles met, qu'il
-appelle consentement, c'est dire qui sont ceulx et quans ils sont qui
-se consentent tel conseil et ta voulent, et considrons aussi qui
-sont ceulx et quans qui se consentent tes adversaires.
-
-Quant au premier, l'en scet bien quels gens se consentent ta
-voulent, car tous ceulx que j'ay dessus nomms conseillent que tu
-faces guerre tantost. Or vons doncques qui tu es et qui sont ceulx que
-tu tiens tant ennemis. Quant ta personne, jasoit-ce que tu soies
-riche et puissant, tu es tout seul et n'as nul enfant masle; tu n'as
-fors une seule fille tant seulement: tu n'as frres ne cousins germains
-ne nuls autres bien prouchains parens, pour paour desquels tes ennemis
-se cessassent de toy poursuivre et destruire; et ta personne destruite,
-tu scez bien que tes richesses se diviseront en diverses parties,
-et quant chascun aura sa partie, ils ne seront forcs de vengier ta
-mort. Mais tes ennemis sont trois et ont moult d'enfans, de frres et
-d'autres bien prouchains amis et parens, desquels quant tu en auras
-occis deux ou trois, encores en demourra assez qui pourront vengier
-leur mort et te pourront occire. Et jasoit-ce que tes amis soient trop
-plus que les amis de tes adversaires, ils t'appartiennent de moult
-loing, et les amis de tes adversaires leur sont moult plus prouchains,
-et en ce leur condition est meilleur que la tienne.
-
-Aprs, voyons encores se le conseil que l'en te donna de la vengence
-tantost prendre, se consent raison. Et certes tu scez que non, car,
-selon droit, nul ne doit faire vengence [d'autrui, fors le juge qui
-a la jurisdiction sur lui, jasoit-ce que vengence soit] ottroye ou
-permise aucun quant on la fait incontinent et attrempement, selon ce
-que droit le commande. Aprs, encores sur ce mot consentement, tu dois
-regarder se ton povoir se consent ta voulent et ton conseil. Et
-certes tu pues dire que non, car parler proprement, nous ne povons
-riens fors ce que nous povons faire deuement et selon droit; et pour
-ce que selon droit tu ne dois prendre vengence de ta propre auctorit,
-l'en puet dire que ton povoir ne se consent point ta voulent.
-
-Or convient examiner le tiers point que Tulles appelle consquent. Tu
-dois doncques savoir que vengence que tu veulx faire, est consquent
-et s'ensuit autre vengence, prils, guerres et d'autres maulx sans
-nombre et moult de dommages lesquels l'en ne voit maintenant.
-
-Quant au quart point que Tulles appelle engendrement, tu dois savoir
-que injure est engendre de haine, acquisition[335] d'ennemis
-enflambls de vengence; de haine et contens guerres naissent, et
-dgastement de tous biens.
-
-Quant aux causes, qui est le derrenier point que Tulles y met, tu dois
-savoir que en l'injure qui t'a est faite a deux causes ouvrires et
-efficiens: la loingtaine et la prouchaine; la loingtaine est Dieu qui
-est cause de toutes causes: la prouchaine sont tes trois ennemis. La
-cause accidentelle fut hayne; la cause matriel sont les cinq plaies
-de ta fille; la cause formal fut la manire de faire l'injure, c'est
-assavoir qu'ils appoirent eschelles contremont les murs et entrrent
-par les fenestres; la cause final fut que ils vouldrent occire ta
-fille, et par eulx ne demoura. Mais la cause final loingtaine, quel
-fin ils avendront de ceste besongne, nous ne la povons pas bien savoir,
-fors par conjectures et par prsumptions, car nous devons prsumer
-qu'ils avendront male fin par la raison du Dcret qui dit: grant
-peine sont menes bonne fin les choses qui sont mal commences.
-Qui me demanderoit pourquoy Dieu a voulu et souffert qu'ils t'aient
-fait telle injure, je n'en sauroie pas bien respondre pour certain,
-car, selon ce que dit l'appostre, la science et jugement nostre
-Seigneur sont si parfont que nuls ne le puet comprendre ne encerchier
-souffisamment. Toutesvoies, par aucunes prsumptions je tien que Dieu
-qui est juste et droiturier a souffert que ce soit advenu pour cause
-juste et raisonnable; car tu qui as nom Mellibe qui vault autant comme
-_cellui qui boit le miel_, [le miel as tant voulu boire,] c'est dire
-la doulceur des biens temporels, des richesses, des dlices et des
-honneurs de ce monde, que tu en as est tout yvres et as oubli Dieu
-ton crateur, ne ne lui as pas port honneur ne rvrence ainsi comme
-tu deusses. Tu n'as pas retenu en ta mmoire la parole Ovide[336] qui
-dit: dessoubs le miel de la doulceur des biens du corps, est abscondu
-le venin qui occit l'me. Et Salemon dit: se tu as trouv le miel, si
-en mengue souffisance, car se tu en mengues oultre mesure, il te
-convendra vomir. Pour ce, par adventure, Dieu en despit de toy a tourn
-sa face et les oreilles de sa misricorde [autre part], et a souffert
-que tu as [est prins en la manire que tu as] pchi contre lui. Tu
-as pchi contre nostre Seigneur, car les trois ennemis de l'umain
-lignage, qui sont le monde, la char et le Dable, tu as laissi entrer
-en ton cuer tout franchement par les fenestres du corps, sans toy
-deffendre souffisamment contre leur assault et leurs temptacions, en
-telle manire qu'ils ont navre sa fille, c'est assavoir l'me de toy,
-de cinq plaies: c'est dire de tous les pchis mortels qui entrrent
-ou cuer parmy chascun des cinq sens naturels. Par ceste semblance
-nostre Seigneur a voulu et souffert que ces trois ennemis sont entrs
-en ta maison par les fenestres et ont navre ta fille en la manire
-dessus dicte.
-
-Certes, dist Mellibe, je voy bien que vous vous efforciez moult par
-doulces paroles de moy encliner ce que je ne me venge point de mes
-ennemis, et m'avez monstr moult sagement les prils et les maulx qui
-pourroient advenir de ceste vengence. Mais qui vouldroit considrer
-en toutes vengences tous les prils qui s'en pourroient ensuir, l'en
-ne feroit jamais vengence, et ce seroit moult grant dommage, car par
-vengence les mauvais sont osts d'entre les bons, et ceulx qui ont cuer
-de mal faire se retraient[337] quant ils voient que l'en punist les
-malfaiteurs.
-
-A ce respond dame Prudence: certes, dist-elle, je vous octroie que de
-vengence vient moult de biens, mais faire vengence n'appartient pas
-un chascun, fors seulement aux juges et ceulx qui ont la jurisdiction
-sur les malfaiteurs, et dy oultre que ainsi que une personne singulire
-pcheroit en faisant vengence, [ainsi pcheroit le juge en laissant
-faire[338] vengence,] car Snque dit: cellui nuist aux bons, qui
-espargne les mauvais; et, selon ce que dist Cassiodores, l'en doubte
-faire les oultrages, quant on scet qu'il desplairoit aux juges et aux
-souverains. Et un autre dit: le juge qui doubte faire les drois[339],
-fait les gens mauvais; et saint Pol l'appostre dist en l'pistre aux
-Rommains que le juge ne porte pas le glaive sans cause, mais le porte
-pour punir les mauvais [et pour deffendre les] preudomes. Se tu veulx
-doncques avoir ta vengence de tes ennemis, tu recourras au juge qui
-a la jurisdiction sur eulx, et il les punira selon droit, et encores
-s'ils l'ont desservi, en leur avoir[340] en telle manire que ils
-demourront povres et vivront honte.
-
-H! dist Mellibe, ceste vengence ne me plaist point: je regarde que
-fortune m'a nourry ds mon enfance et m'a aidi passer moult de fors
-pas. Je la vueil maintenant essayer, et croy que l'aide de Dieu elle
-m'aidera vengier [ma honte].
-
-Certes, dit Prudence, se tu veulx ouvrer de mon conseil, tu ne
-essaieras point fortune ne ne t'appoieras elle, car, selon ce que
-dit Snque, les choses se font folement, qui se font l'esprance de
-fortune. Car fortune est comme une verrire qui de tant comme elle est
-plus clere et plus resplendissant, de tant est-elle plus tost brise;
-et pour ce, ne t'y fie point, car elle n'est point estable, et l o
-tu cuideras estre plus seur de son aide, elle te fauldra. Et pour ce
-que tu dis que fortune t'a nourry ds ton enfance, je te dy que de
-tant tu te dois moins fier en elle et en ton sens, car Snque dit que
-cellui que fortune nourrist trop, elle le fait fol. Puis doncques que
-tu demandes vengence, et la vengence qui se fait selon l'ordre de droit
-et devant le juge ne te plaist, et la vengence qui se fait en esprance
-de fortune est mauvaise et prilleuse et si n'est point certaine,
-tu n'as remde de recours fors au souverain et vray juge qui venge
-toutes villenies et injures, et il te vengera, selon ce que lui mesmes
-tesmoingne: moy, dit-il, laisse la vengence et je la feray.
-
-Mellibe respondi: Se je, dit-il, ne me venge de la villenie que l'en
-m'a faite, je semondray ceulx qui l'a m'ont faicte et tous autres
-mauvais moy faire une nouvelle villenie, car il est escript: se tu
-sueffres sans vengier la vieille villenie, tu semons la nouvelle. Et
-ainsi, par souffrir l'en me feroit tant de villenies de toutes pars
-que je ne le pourroie souffrir ne porter, ains seroie au bas du tout
-en tout, car il est escript: en moult souffrant, t'avendront assez de
-choses que souffrir ne pourras.
-
-Certes, dit Prudence, je te ottroie que trop grant souffrance n'est
-pas bonne, mais pour ce ne s'ensuit-il pas que chascune personne qui
-l'en fait injure prengne la vengence, car ce appartient aux juges tant
-seulement, qui ne doivent pas souffrir que les villenies et injures ne
-soient venges. Et pour ce, les deux auctorits que tu as avant traites
-sont entendues tant seulement des juges que quant ils seuffrent trop
-faire les injures et villenies sans punition, ils ne semonnent pas tant
-seulement faire les injures, mais les commandent. Ainsi le dit un sage.
-Le juge, dit-il, qui ne corrige le pcheur, luy commande pchier; et
-pourroient bien tant souffrir les juges et les souverains [de maulx]
-en leur terre, que les malfaiteurs les getteroient hors de leur terre,
-et leur convendroit perdre leur seignorie la parfin. Mais or posons
-que tu aies licence de toy vengier, je dy que tu n'as pas la puissance
-quant prsent, car se tu veulx faire comparoison de ta puissance
-la puissance de tes adversaires, tu trouveras trop de choses, selon ce
-que je t'ay monstr dessus, par quoy leur condition est meilleur que la
-tienne, et pour ce je te dy qu'il est bon, quant maintenant, de toy
-souffrir et avoir patience.
-
-Aprs, tu scez que l'en dit communment que contendre plus fort,
-c'est enragerie: contendre esgal, c'est pril: contendre moindre,
-c'est honte. Et pour ce, l'en doit fuir toute contention tant comme
-l'en puet, car Salemon dit que c'est grant honneur homme quant il se
-scet guetter de brigue et de contens. Et se plus fort de toy te grive,
-estudie-toy plus le appaisier que toy vengier, car Snque dit que
-cellui se met en grant pril, qui se courrouce plus fort de lui; et
-Caton dit: se plus grant que toy te griefve, sueffre-toy: car cellui
-qui t'a une fois grev, te pourra une autre fois aidier.
-
-Or posons que tu aies licence et puissance de toy vengier, je dy
-encores que moult de choses sont, qui te doivent retraire et te doivent
-encliner toy souffrir et avoir patience en l'injure qui t'a est
-faicte et aux autres tribulations de ce monde.
-
-Premirement [se tu veulx considrer les deffaulx qui sont en] toy,
-pour lesquels Dieu a voulu souffrir que ceste tribulation te soit
-advenue, selon ce que j'ay dit dessus, car le pote dit que nous
-devons porter en patience les tribulations qui nous viennent, quant
-nous pensons que nous les avons desservies. Et saint Grgoire dit que
-quant un chascun considre le grant nombre de ses dfaulx et de ses
-pchis, les peines et les tribulations qu'il sueffre lui en appairent
-plus petites; et de tant comme[341] son pchi monte, lui semble la
-peine plus lgire. Aprs, moult te doit encliner patience, la
-patience nostre Seigneur Jhsu-Crist, selon ce que dit saint Pierre en
-ses pistres. Jhsu-Crist, dit-il, a souffert [pour nous] et a donn
-exemple un chascun de lui ensuivre, car il ne fist oncques pchi,
-ne onques de sa bouche n'yssi une villenie. Quant on le maudissoit,
-il ne maudissoit point: quant on le batoit, il ne menaoit point.
-Aprs, moult te doit encliner patience, la grant patience des Sains
-de paradis qui ont eu si grant patience s tribulations qu'ils ont
-souffertes sans leur coulpe. Aprs, moult te doit encliner patience
-que les tribulations de ce monde durent trs petit de temps et sont
-tantost passes, et la gloire que l'en acquiert pour avoir patience s
-tribulations est pardurable, selon ce que dit l'pistre seconde ceulx
-de Corinthe.
-
-Aprs, tien fermement que cellui n'est pas bien enseign qui ne scet
-avoir patience, car Salemon dit que la doctrine de l'omme est congneue
-par patience, et nostre Seigneur dit que patience vaint; et encores dit
-que en nostre patience nous possiderons nos mes. Et autre part dit
-Salemon que cellui est patient qui se gouverne par grant prudence; et
-cellui mesmes dit que l'omme courrouceux fait les noises, et le patient
-les attrempe. Aussi dit-il que mieulx vault estre bien patient que
-bien fort, et plus fait prisier cellui qui puet avoir la seignourie
-de son cuer que cellui qui par grant force prent les grans cits; et
-pour ce dit saint Jaques en ses pistres que patience est euvre de
-perfection.
-
-Certes, dit Mellibe, je vous ottroye, dame Prudence, que patience
-est une grant vertu, mais chascun ne puet pas avoir la perfection que
-vous alez qurant. Je ne suis pas du nombre des bien parfais, et pour
-ce mon cuer ne puet estre en paix jusques tant que je soye vengi.
-Et jasoit-ce que en ceste vengence eust grant pril, je regarde que
-aussi [avoit-il grant pril faire la villenie qui m'a est faite,
-et toutesvoies] mes adversaires n'ont pas regard le pril, mais ont
-hardiement acompli leur voulent, et pour ce il me semble que l'en ne
-me doit pas reprendre se je me met en un pou de pril pour moy vengier
-et se je fais un grant excs, car on dit que excs n'est corrig
-que par excs, c'est dire que oultrage ne se corrige fors que par
-oultrage.
-
-H! dit dame Prudence, vous dictes vostre voulent, mais en nul cas
-du monde l'en ne doit faire oultrage ne excs pour soy venger ne
-autrement, car Cassiodores dit que autant de mal fait cellui qui se
-venge par oultrage comme cellui qui a fait oultrage. Et pour ce, vous
-vous devez vengier selon l'ordre de droit, non pas par excs ne par
-oultrage, car ainsi que vous savez que vos adversaires ont pchi
-encontre vous par leur oultrage, [aussi pchiez-vous se vous vous
-voulez venger] autrement que droit ne l'a command; et pour ce dit
-Snque que l'en ne doit nulle fois vengier mauvaisti. Et se vous
-dictes que droit octroie que l'en deffende violence par violence
-et barat par barat, certes c'est vrit quant la deffense se fait
-incontinent et sans intervalle et pour soy deffendre, non pas pour soy
-venger, et s'y convient mettre telle diligence[342] et deffense que
-l'en ne puisse reprendre cellui qui se deffent d'excs ne d'oultrage,
-car autrement ce seroit contre droit et contre raison. Or vois-tu
-bien que tu ne fais pas incontinent deffense, ne pour toy deffendre,
-mais pour toy vengier, et si n'as pas voulent de faire ton fait
-attrempement; et pour ce il me semble encores que la patience est
-bonne, car Salemon dit que cellui qui n'est pas patient aura dommage.
-
-Certes, dit Mellibe, je vous octroye que quant un homme est impatient
-et courrouci de ce qui ne le touche et ne lui appartient, se dommage
-lui vient n'est pas merveille. Car la rgle de droit dit que cellui est
-coupable qui s'entremet de ce qui ne lui appartient point; et Salemon
-dit s Proverbes que cellui qui s'entremet des noises d'autruy est
-semblable cellui qui prent le chien par les oreilles. Et aussi comme
-cellui qui tient le chien estrange qu'il ne congnoist est aucune fois
-mors du chien, aussi est-il raison que dommage viengne cellui qui
-par impatience et par courroux se mesle de la noise d'autruy qui riens
-ne lui appartient. Mais vous savez bien que ce fait me touche moult de
-prs, et pour ce j'en suis courrouci et impatient, et ce n'est pas
-merveille; et si ne vois mie, sauve vostre grce, que grant dommage me
-puisse venir de moy vengier, car je suis plus riche et plus puissant
-que ne sont mes adversaires et vous savez bien que par argent se
-gouvernent et font les choses et le fait de ce monde, et Salemon dit
-que toutes choses obissent pcune.
-
-Prudence, quant elle oy son mary vanter de sa richesse et de sa
-puissance et soy esjouir, et despriser la povret de ses adversaires,
-parla en ceste manire: je vous octroie que vous estes riche et
-puissant et que les richesses sont bonnes ceulx qui les ont bien
-acquises et bien en usent, car ainsi comme le corps ne puet vivre sans
-[l'me, ainsi ne puet-il vivre sans] les biens temporels, et par les
-richesses l'en puet acquerre les grans lignages et les amis. Et pour
-ce dit Pamphile[343]: se la fille d'un bouvier est riche, elle puet
-eslire de mil hommes lequel qu'elle veult pour son mary, car nul ne
-la refusera pas; et dit encores: se tu es, dit-il, bien eur, c'est
- dire riche, tu trouveras grant nombre de compaignons et d'amis, et
-se ta fortune se change et que tu soies povre, tu demoureras tout
-seul. Et oultre dit Pamphile que par richesses sont nobles ceulx qui
-sont villains par lignage; et ainsi comme de grans richesses vient
-moult de biens, ainsi de grant povret viennent moult de maulx, car
-grant povret contraint la personne moult de maulx faire, et pour ce
-[l'appelle Cassiodores mre de crimes, et dit aussi] Pierre Alphons:
-une des grans adversits de ce sicle, si est quant un homme franc par
-nature est contraint par povret mendier l'aumosne de son ennemy; et
-la raison de ce rent Innocent[344] en un sien livre, disant: dolente
-et meschant est la condition des povres mendians, car se ils ne
-demandent, ils meurent de fain, et se ils demandent, ils meurent de
-honte; et toutesvoies ncessit les contraint demander. Et pour ce
-dit Salemon que mieulx vault mourir que avoir telle povret, car, selon
-ce qu'il dit autre part, mieulx vault la mort amre que telle vie.
-
-Par les raisons que je t'ay dictes et moult d'autres que dire je te
-pourroie, je t'ottroie que bonnes sont les richesses ceulx qui
-bien les acquirent et qui bien en usent; et pour ce, je te vueil
-monstrer comment tu te dois avoir en amassant les richesses et en
-usant d'icelles. Premirement, tu les dois acquerre non mie ardemment,
-mais loisir et attrempement et par mesure, car l'homme qui est trop
-ardent d'acquerre richesses se abandonne lgirement tous vices et
- tous autres maulx; et pour ce dit Salemon: qui trop se haste de soy
-enrichir, il ne sera pas innocent; et dit aussi autre part que la
-richesse hastivement venue, hastivement s'en va, mais celle qui est
-venue petit petit se croist tousjours et se multiplie. Aprs, tu dois
-acquerre les richesses par ton sens et par ton travail, ton prouffit
-et sans dommage d'autruy, car la loy dit que nul ne se face riche au
-dommage d'autruy, et Tulles dit que douleur, ne peine, ne mort, ne
-autre chose qui puisse advenir homme, n'est tant contraire homme
-ne contre nature, comme accroistre ses richesses au dommage d'autruy;
-et Cassiodores dit que vouloir accroistre sa richesse de ce petit que
-le mendiant a, surmonte toute cruault. Et pour ce que tu les puisses
-acquerre plus loyaulment, tu ne dois pas estre oiseux ne paresseux de
-faire ton prouffit, mais dois fuir toute oisivet, car Salemon dit que
-oisivet enseigne moult de maulx faire; et dit autre part que cellui
-qui travaille et cultive sa terre mengera du pain, mais cellui qui est
-oiseux cherra en povret et mourra de fain. Cellui qui est oiseux ne
-treuve nul temps convenable faire son prouffit, car, selon ce que dit
-un versifieur, il s'excuse en yver de ce qu'il fait trop froit, et en
-est de ce qu'il fait trop chault. Pour ces causes dit Caton: veille
-souvent et ne t'abandonne trop dormir, car trop grant repos est le
-nourissement des vices. Et pour ce dit saint Jhrome: fay tousjours
-aucunes bonnes euvres pour ce que l'ennemi ne te treuve oiseux, car
-l'ennemi ne trait pas lgirement en son euvre celluy qui est occup
-en bonnes euvres. En acqurant doncques les richesses, tu dois fuir
-oisivet.
-
-Aprs, des richesses que tu auras acquises par ton sens et par ton
-travail et deuement, tu dois user en telle manire, c'est assavoir
-que tu ne sois tenu pour trop eschars ne pour fol larges, car ainsi
-comme fait blasmer avarice, ainsi fait blasmer et reprendre folle
-largesse. Et pour ce dit Caton: use des choses acquises par telle
-manire que l'en ne t'appelle pas povre ne chtif, car grant honte est
- homme qui a le cuer povre et la bourse riche. Aussi dist-il: use
-des biens que tu auras acquis, sagement, sans msuser, car ceulx qui
-folement desgastent ce qu'ils ont, quant ils n'ont plus riens, ils se
-abandonnent lgirement prendre l'autrui. Je dy doncques que tu dois
-fuir avarice en usant des richesses acquises, en telle manire que l'en
-ne die pas que tes richesses soient ensevelies, mais que tu les as en
-ta puissance; car un sage reprent l'omme aver et dit ainsi en deux
-vers: pourquoy homme qui est cendre et qui mourir convient, ensevelit
-son avoir par si grant avarice? Pourquoy se joinct-il tant son avoir
-que l'en ne puet l'en dssevrer? Car quant il mourra, il ne l'emportera
-pas avec soy. Et pour ce dit saint Augustin: l'omme aver est semblable
- enfer, car plus dvoure, et plus veult dvourer. Et ainsi comme tu
-dois d'avoir user en manire que l'en ne te clame aver et chtif, ainsi
-tu te dois garder que l'en ne te clame pour un fol large. Pour ce dit
-Tulles: les biens de ton hostel ne doivent pas estre tant enclos que
-piti ne dbonnairet ne les puissent ouvrir, et aussi ne doivent-ils
-pas tant estre ouvers qu'ils soient abandonns un chascun.
-
-Aprs, en acqurant les richesses et en usant d'icelles, tu dois
-tousjours avoir trois choses en ton cuer, c'est assavoir Dieu,
-conscience et bonne fame et renomme. Tu dois doncques avoir Dieu en
-ton cuer, car pour nulle richesse tu ne dois faire chose qui desplaise
- Dieu ton crateur, car, selon le dit Salemon, mieulx vault petit
-avoir et de Dieu la paour que grant trsor acquerre et perdre son
-seigneur. Et le philosophe dit que mieulx vault estre preudome et petit
-avoir que estre mauvais et avoir grans richesses. Aprs, je dy que tu
-dois acquerre et user des richesses, sauve tousjours ta conscience,
-car l'appostre dit que la chose dont nous devons avoir plus grant
-gloire, si est quant nostre conscience nous porte bon tesmoignage; et
-le sage dit: bonne est la substance dont l'acqurir ne nuit point la
-conscience.
-
-Aprs, en acqurant les richesses et en usant d'icelles, tu dois
-avoir grant cure et grant diligence comment ta bonne fame et renomme
-soit tousjours garde, car il est escrit: le gaing doit estre appell
-perte, qui sa bonne fame ne garde; et Salemon dit: mieulx vault la
-bonne renomme que les grans richesses; et pour ce, il dit autre part:
-aies grant diligence de garder ton bon renom et ta bonne fame, car
-ce te demourra plus que nul trsor grant et prcieux. Et certes il
-ne doit pas estre dit gentils homs, qui toutes autres choses arrire
-mises aprs Dieu et conscience, n'a grant diligence de garder sa
-bonne renomme. Pour ce dit Cassiodores: il est signe de gentil cuer,
-quant il affecte et dsire bon nom et bonne fame; et pour ce dit
-saint Augustin: deux choses te sont ncessaires, c'est assavoir bonne
-conscience pour toy, bonne fame pour ton prouchain: et cellui qui tant
-se fie en sa bonne conscience qu'il nglige sa bonne renomme et ne
-fait force de la garder, il est cruel et villain.
-
-Or t'ay-je monstr comment tu te dois porter en acqurant les richesses
-et usant d'icelles; et pour ce que vous vous fiez tant en vos richesses
-que pour la fiance que vous y avez vous voulez mouvoir guerre [et faire
-bataille, je vous conseille que vous ne commencez point guerre, car la
-grant] fiance de vos richesses ne souffit point guerre maintenir.
-Pour ce dit un philosophe: homme qui guerre vuelt avoir, n'aura j
-souffisance avoir, car de tant comme l'omme est plus riche, de tant lui
-convient faire plus grans mises se il veut avoir honneur et victoire;
-car Salemon dit: o plus a de richesses, plus a de despendu. Aprs,
-trs chier seigneur, jasoit-ce que par vos richesses moult de gens vous
-puissiez avoir, toutesvoies pour ce ne vous convient pas commencier
-guerre l o vous povez avoir autrement paix vostre honneur et
-vostre proffit, car la victoire des batailles de ce monde ne gist pas
-ou grant nombre de gens ne en la vertu des hommes, mais en la main
-et en la voulent de Dieu. Et pour ce, Judas Machabeus qui estoit
-chevalier de Dieu, quant il se deut combattre contre son adversaire
-qui avoit plus grant nombre de gens qu'il n'avoit, il reconforta sa
-petite compaignie et dit: aussi lgirement puet donner Dieu victoire
-pou de gens comme moult, car la victoire des batailles ne vient pas
-du grant nombre de gens, mais vient du ciel. Et pour ce, trs chier
-seigneur, que nul n'est certain s'il est digne que Dieu lui doint
-victoire ne plus que il est certain se il est digne de l'amour de Dieu
-ou non, selon ce que dit Salemon, un chascun doit avoir grant paour de
-faire guerre, et pour ce que s batailles a moult de prils, et advient
-aucunes fois que aussi tost occist-l'en le grant comme le petit.
-Car, selon ce qu'il est escript ou second livre des Rois, les fais
-des batailles sont adventureux et ne sont pas certains[345], ainois
-galement occist maintenant l'un, maintenant l'autre; et pour ce que
-pril y a, tout homme sage doit fuir les guerres tant comme il puet
-bonnement, car Salemon dit: qui aime le pril, il cherra en pril.
-
-Aprs ce que dame Prudence ot parl, Mellibe respondi: je voy bien,
-dist-il, dame Prudence, par vos belles parolles et par les raisons que
-vous mettez avant, que la guerre ne vous plaist point, mais je n'ay pas
-encore oy vostre conseil comment je me doy porter en ceste besongne.
-
-Certes, dist-elle, je vous conseille que vous accordiez[346] vos
-adversaires et que vous ayez paix avec eulx, car Snque dit en ses
-escrips que par concorde les richesses petites deviennent grandes, et
-par discorde les grandes deviennent petites et vont dclin et se
-fondent tousjours; et vous savez que un des grans biens de ce monde ce
-est paix. Pour ce dit Jhsu-Crist ses appostres: bieneurs sont ceulx
-qui aiment et pourchassent la paix, car ils sont appells enfans de
-Dieu.
-
-H! dist Mellibe, or voy-je bien que vous n'aimez pas mon honneur.
-Vous savez que mes adversaires ont commenci la riote et la brigue
-par leur oultrage, et voiez qu'ils ne requirent point la paix et ne
-demandent pas la rconciliation; vous voulez doncques que je me voise
-humilier et crier mercy? Certes, ce ne seroit pas mon honneur, car
-ainsi comme l'on dit que trop grant familiarit engendre mesprisement,
-aussi fait trop grant humilit.
-
-Lors, dame Prudence fit semblant d'estre courroucie et dist: Sire!
-Sire! sauve vostre grce, j'aime vostre honneur et vostre prouffit
-comme le mien propre, et l'ay tousjours aim, et vous ne autre ne
-veistes oncques le contraire. Et se je vous avoie dit que vous deviez
-pourchasser la paix et la rconciliation, je n'auroie pas tant mespris
-comme il vous semble, car un sage dit: la dissension tousjours commence
-par autre et la paix par toy; et le prophte dit: fuy le mal et
-fay le bien, quier la paix et la pourchasse tant comme tu pourras.
-Toutesvoies, je ne vous ay pas dit que vous requrez la paix premier
-que vos adversaires, car je vous say bien de si dur cuer que vous ne
-feriez pice[347] tant pour moy, et toutesvoies Salemon dit que mal
-vendra en la fin cellui qui a le cuer trop dur.
-
-Quant Mellibe oy dame Prudence faire semblant de courroux, si dist:
-Dame, je vous prie qu'il ne vous desplaise chose que je vous die, car
-vous savez que je suis courrouci, et n'est mie merveille, et ceulx qui
-sont courroucis ne scevent pas bien qu'ils font ne qu'ils dient; pour
-ce, dit le philosophe que les troubls ne sont pas bien cler-voyans.
-Mais dictes et conseilliez ce qu'il vous plaira, et je suis appareilli
-du faire; et se vous me reprenez de ma folie, je vous en doy plus
-prisier et amer, car Salemon dit que cellui qui durement reprent cellui
-qui fait folie, il doit trouver plus grant grce envers lui que cellui
-qui le doit par doulces paroles.
-
-Je, dit Prudence, ne fay semblant d'estre yre et courrouce fors
-pour vostre grant prouffit, car Salemon dit: mieulx vault cellui qui
-le fol reprent et qui lui monstre semblant d'ire, que le loer quant
-il mesprent, et de ses grans folies rire; et dit aprs que par la
-tristesse du visage corrige le fol son courage.
-
-Adoncques dit Mellibe: Dame je ne sauroie respondre tant de belles
-raisons que vous mettez avant: dictes-moy briefment vostre voulent et
-vostre conseil, et je suis appareilli de l'acomplir.
-
-Lors, dame Prudence descouvrit toute sa voulent et dist ainsi: Je
-conseille que devant toutes choses vous faciez paix Dieu et vous
-rconciliez lui, car, selon ce que je vous ay dit autres fois, il
-vous a souffert advenir ceste tribulation par vos pchis, et se
-vous faites ce, je vous promects de par lui que il vous amnera vos
-adversaires [ vos pis et appareills de faire toute vostre voulent,
-car] Salemon dit: quant les voies des hommes plaisent Dieu, il leur
-convertit leurs ennemis et les contraint de requrir paix. Aprs, je
-vous prie qu'il vous plaise que je parle secret vos ennemis et
-adversaires, sans faire semblant que ce viengne de vostre consentement:
-et lors, quant je sauray leur voulent, je vous pourray conseiller plus
-seurement.
-
-Faites, dit Mellibe, toute vostre voulent, car je met tout mon fait
-en vostre disposition.
-
-Lors dame Prudence, quant elle vit la bonne voulent de son mary, si
-ot dlibration en soy mesmes et pensa comment elle pourroit mener
-ceste besongne bonne fin. Et quant elle vit que temps fut, elle manda
-les adversaires en secret lieu, et leur proposa sagement les grans
-biens qui sont en paix et les grans prils qui sont en guerre, et leur
-enseigna moult doulcement comment ils se devoient repentir de l'injure
-qu'ils avoient faite Mellibe son seigneur, elle et sa fille.
-
-Quant ceulx orent les doulces paroles de dame Prudence, ils furent si
-surprins et orent si grant joie que nul ne le pourroit extimer. H!
-dame, dirent-ils, vous nous avez dnonci en la bnisson de doulceur
-selon ce que dit David le prophte, car la rconciliation dont nous
-ne sommes pas dignes et que nous vous deussions requerre grant
-dvotion et grant humilit, vous, par vostre grant doulceur, la nous
-avez prsente. Or vons-nous bien que la sentence Salemon est vraie,
-qui dit que doulce parole multiplie les amis et fait dbonnaires les
-ennemis. Certes, dirent-ils, nous mettons nostre fait en vostre bonne
-voulent, et sommes appareillis en tout et par tout obir au dit et
-au commandement de monseigneur Mellibe; et pour ce, trs chre dame
-et bnigne, nous vous requrons et prions tant humblement comme nous
-povons plus, que il vous plaise acomplir par fait vos douces paroles.
-Toutesvoies, trs chre dame, nous considrons et congnoissons que
-nous avons offendu monseigneur Mellibe oultre mesure et plus que ne
-pourrions amender, et pour ce nous obligons nous et nos amis faire
-toute sa voulent et son commandement; mais, par aventure, il, comme
-courrouci, nous donnera telle peine que nous ne pourrons acomplir ne
-porter. Et pour ce, plaise vous avoir en ce fait tel advisement que
-nous et nos amis ne soions mie dshrits et perdus par nostre folie.
-
-Certes, dit Prudence, il est dure chose et prilleuse que un homme se
-commette du tout en l'arbitrage et en la puissance de ses ennemis,
-car Salemon dit: oiez-moy, dit-il, tous peuples et toutes gens et
-gouverneurs de l'glise: ton fils, ta femme, ton frre et ton
-ami ne donne puissance sur toy, en toute ta vie. Se il a doncques
-deffendu que l'en ne donne puissance sur soy frre ne ami, par plus
-fort raison il deffend que l'en ne la donne son ennemi. Toutesvoies,
-je vous conseille que vous ne vous deffiez point de mon seigneur: je
-le congnois et say qu'il est debonnaire, large et courtois, et n'est
-point convoiteux d'avoir; il ne dsire en ce monde fors honneur tant
-seulement. Aprs, je say bien que en ceste besongne il ne fera riens
-sans mon conseil, et je feray, se Dieu plaist, que ceste chose vendra
-bonne fin, en telle manire que vous vous devrez loer de moy.
-
-Adonc, dirent-ils: nous mettons nous et nos biens, en tout et partout,
-en vostre ordonnance et disposition, et sommes appareillis de venir
-au jour que vous nous vouldrez donner, et faire obligation si forte
-comme il vous plaira, que nous acomplirons la voulent de monseigneur
-Mellibe et la vostre.
-
-Dame Prudence, quant elle oy la responce d'iceulx, si leur commanda
-retourner en leurs lieux secrtement; elle d'autre part s'en retourna
-vers son seigneur Mellibe, et lui conta comment elle avoit trouv ses
-adversaires repentans et recongnoissans leurs pchis, et appareillis
- souffrir toutes peines, et requrans sa piti et sa misricorde.
-
-Lors Mellibe respondi: Icellui est digne de pardon, qui ne excuse
-point son pchi, mais le recongnoist et s'en repent et demande
-indulgence; car Snque dit: l est rmission o est confession, car
-confession est prouchaine innocence; et dit autre part: cellui est
-presque innocent qui a honte de son pchi et le recongnoist. Et pour
-ce je me accorde paix, mais il est bon que nous la facions de la
-voulent et du consentement de nos amis.
-
-Lors Prudence fist une chire lie et joieuse et dist: Certes, vous avez
-trop bien parl, car tout ainsi comme par le conseil et aide de vos
-amis vous avez eu en propos de vous vengier et de faire guerre, aussi
-sans demander leur conseil vous ne devez accorder ne faire paix, car la
-loy dit que nulle chose n'est tant selon nature comme la chose deslier
-par ce dont elle a est lie.
-
-Lors incontinent dame Prudence envoia messagiers et manda querre leurs
-parens et leurs anciens amis loyaulx et sages, et leur raconta le
-fait en la prsence de Mellibe tout par ordre et en la guise que il
-est devis par dessus, et leur demanda quel conseil ils donroient
-sur ce. Lors les amis Mellibe, toutes choses considres et icelles
-dessusdictes mesmes dlibres et examines grant diligence,
-donnrent conseil de paix faire et que l'en les receust misricorde
-et mercy. Quant dame Prudence ot oy le consentement de son seigneur
-et le conseil de ses amis son entention, si fut moult joyeuse de
-cuer. L'en dist, fist-elle, s Proverbes: le bien que tu peus faire au
-matin, n'attens pas le soir ne l'endemain, et pour ce je te conseille
-que tantost messagiers sages et adviss tu envoies iceulx gens pour
-leur dire que se ils veullent traictier de paix et d'accord ainsi comme
-ils se sont prsents, que ils se traient vers nous incontinent et sans
-dilation, ensemble leurs fiances[348] loyaulx et convenables.
-
-Ainsi comme dame Prudence le conseilla, ainsi fut-il fait. Quant iceulx
-trois malfaicteurs et repentans de leurs folies orent les messagiers,
-ils furent lis et joyeux et respondirent, en rendant grces
-monseigneur Mellibe et toute sa compaignie, qu'ils estoient prests
-et appareillis d'aler vers eulx sans dilation et de obir en tout et
-partout leur commandement. Et tantost aprs, ils se mirent la voie
-d'aler la court monseigneur Mellibe, ensemble leurs femmes et aucuns
-de leurs amis loyaulx.
-
-Quant Mellibe les ot en sa prsence, si dist: Il est vrit que vous,
-sans cause et sans raison, avez fait injure moy, ma femme Prudence
-et ma fille, en entrant en ma maison violence et en faisant tel
-oultrage comme chascun scet, pour laquelle cause vous avez mort
-desservie; et pour ce je vueil savoir de vous se vous vous voulez
-mettre du tout la punition et la vengence de cest oultrage ma
-voulent et la voulent de ma femme.
-
-Lors l'ainsn et le plus sage de ces trois respondi pour tous. Sire,
-dit-il, nous ne sommes pas dignes de venir la court de si noble,
-ne de tel homme comme vous estes, car nous avons tant meffait que
-en vrit nous sommes dignes de mort, non pas de vie. Toutesvoies,
-nous nous confions en vostre doulceur et en la debonnairet dont
-vous estes renomm par tout le monde et pour ce nous nous offrons et
-sommes appareillis de obir tous vos commandemens, et vous prions
-genoulx et larmes que vous ayez piti et misricorde de nous. Lors
-Mellibe [les releva] bnignement [et] receut leurs obligations par
-leur serement et par leurs pleiges[349], et leur assigna journe de
-retourner sa court et de eulx offrir sa personne pour or sentence
- sa voulent[350].
-
-Ces choses ainsi ordonnes, et un chascun d'une part et d'autre dparti
-de ensemble, dame Prudence parla premirement son seigneur Mellibe
-et lui demanda quelle vengence il entendoit prendre de ses adversaires.
-Certes, dit Mellibe, je entens les dshriter de tout ce qu'ils ont
-et eulx envoer oultre mer, sans demourer plus en ce pas ne retourner.
-
-Certes, dit Prudence, ceste sentence seroit moult flonneuse et contre
-raison, car tu es trop riches et n'as pas besoing de l'autruy richesse
-ne de l'autrui argent, et pourroies estre par raison nots et repris
-de convoitise qui est un grant vice et racine de tous maulx. Et, selon
-ce que dit l'appostre, il te vauldroit mieulx tout [perdre du tien
-que prendre le leur; par ceste manire mieulx vault] perdre honneur
-que tout gaignier honte; et autre part aussi: le gaing doit estre
-appell perte, qui la bone fame ne garde; et dit oultre que l'en ne se
-doit pas seulement garder de faire chose par quoy l'en perde sa bonne
-fame, mais se doit-on tousjours efforcier de faire chose aucune pour
-acqurir nouvelle et meilleur fame, car il est escript: la vieille fame
-est tost ale quant elle n'est renouvelle. Aprs, quant ce que tu
-dis que tu les veulx envoer oultre la mer sans jamais retourner, il me
-semble que ce seroit msuser de la puissance que ils t'ont donne sur
-eulx pour faire toi honneur et rvrence, et le droit dit que cellui
-est digne de perdre son prvilge qui msuse de la puissance qui lui
-a est donne. Et dis plus, car suppos que tu leur puisses enjoindre
-telle peine selon droit, laquelle chose je ne octroie mie, je dis que
-tu ne la pourroies pas mener de fait excution, ains, par aventure,
-convendroit retourner guerre comme devant. Et pour ce, se tu veulx
-que l'en obisse toy, il te convient sentencier plus courtoisement,
-car il est escript: cellui qui plus doulcement commande, obist-l'en
-le mieulx; et pour ce je te prie que, en ceste besongne te plaise
-vaincre ton cuer, car Snque dit: deux fois vaint, qui son cuer vaint;
-et Tulles aussi dit: riens ne fait tant loer en grant homme que quant
-il est debonnaire et s'appaise lgirement. Et pour ce je te prie
-qu'il te plaise toy porter en telle manire en ceste vengence que ta
-bonne fame soit garde et que tu soies lo de piti et de doulceur, et
-qu'il ne te conviengne pas repentir de chose que tu faces, car Snque
-dit: mal vaint qui se repent de sa victoire. Pour ces choses je te prie
-que tu adjoustes ton jugement misricorde, celle fin que Dieu ait
-de toy misricorde en son derrain jugement, car saint Jacques dit en
-son pistre: jugement sans misricorde sera fait cellui qui ne fera
-misricorde, car justice sans misricorde est tirannie.
-
-Quant Mellibe ot oy toutes les paroles dame Prudence et ses sages
-enseignemens, si fut en grant paix de cuer et loua Dieu qui lui avoit
-donn si sage compaigne, et quant la journe vint que ses adversaires
-comparurent en sa prsence, il parla eulx moult doulcement et dit:
-Jasoit-ce que vous vous soiez ports envers nous moult orguilleusement,
-et de grant prsumption vous soit advenu, toutesvoies la grant humilit
-que je voy en vous me contraint vous faire grce, et pour ce nous
-vous recevons en nostre amiti et en nostre bonne grce, et vous
-pardonnons toutes injures et tous vos meffais encontre nous, celle
-fin que Dieu au point de la mort nous vueille pardonner les nostres.
-
- * * * * *
-
-Belle seur, ainsi povez-vous veoir comment sagement ceste bonne preude
-femme Prudence refraigni et couvri la grant douleur qu'elle mesmes
-avoit en son cuer, qui estoit si triste et si dolente pour l'injure
-qu'elle et sa fille avoient soufferte en leur propre corps, dont
-elle ne disoit un seul mot pour ce qu'il sembloit et vray estoit que
-Mellibe s'en fust plus dsesprement esmeu que devant; et ainsi
-monstroit bien qu'elle l'aimoit, et sagement le rapaisoit; ne icelle
-bonne dame ne se dmonstroit estre courroucie fors que par le courroux
-que son mary prenoit tant seulement, et le sien courroux cloit et
-tapissoit en son cuer, sans en faire quelconque dmonstrance. Vous
-povez aussi par ce que dit est en l'istoire veoir comment sagement
-et subtillement, par bonne meurt et humblement, elle admonnestoit
-son mary tolrer et dissimuler son injure et luy preschoit patience
-sur si grant cas, et devez considrer les grans et cordiales penses
-que luy en convenoit avoir jour et nuit trouver si fors argumens
-et si vives raisons pour oster la rigueur de l'emprise quoy son
-mary tendoit. A ce monstroit-elle bien qu'elle l'amoit et pensoit
- le retraire de sa fole voulent, et povez veoir comment sagement
-en la parfin elle amolia le courage d'icellui, et comment la bonne
-dame, sans cesser, pourchassa par divers intervalles et exploita tant
-qu'elle l'appaisa du tout. Et pour ce je vous di que ainsi sagement,
-subtillement, cautement et doulcement doivent les bonnes dames
-conseillier et retraire leurs maris des folies et simplesses dont elles
-les voyent embrass et entchis, et non mie cuidier les retourner par
-maistrise, par hault parler, par crier leurs voisins ou par les rues,
-ou par les blasmer, par elles plaindre leurs amis et parens, ne par
-autres voies de maistrise. Car tout ce ne vault fors engaignement[351]
-et renforcement de mal en pis, car cuer d'homme envis[352] se corrige
-par domination ou seignourie de femme, et sachiez qu'il n'est si povre
-homme ne de si petite valeur, puis qu'il soit mari, qui ne vueille
-seignourir[353].
-
-Encores ne me vueil-je pas taire d'un exemple servant au propos de
-retraire son mary par debonnairet, lequel exemple je oys pie compter
- feu mon pre dont Dieux ait l'me, qui disoit que il y avoit une
-bourgoise demeurant Paris, appele dame Jehanne la Quentine qui
-estoit femme de Thomas Quentin. Elle sceut que le dit Thomas son mary
-simplement et nicement foloioit et repairoit et aucunefois gisoit
-avec une povre fille qui estoit filleresse de laine au rouet, et
-longuement, sans en monstrer semblant ou dire un seul mot, le tollra
-icelle dame Jehanne et le souffri moult patiemment; et en la parfin
-enquist o icelle povre fille demouroit et tant en enquist qu'elle le
-sceut. Et vint en l'hostel et trouva la povre fille qui n'avoit aucune
-garnison[354] quelconque, ne de busche, ne de lart, ne de chandelle, ne
-de huille, ne de charbon, ne de rien, fors un lit et une couverture,
-son touret[355] et bien pou d'autre mesnage. Si luy dist tels mots:
-Ma mie, je suis tenue de garder mon mary de blasme, et pour ce que je
-say qu'il prent plaisir en vous et vous aime et qu'il repaire cans,
-je vous prie que de luy vous parliez en compaignie le moins que vous
-pourrez, pour eschever son blasme, le mien et de nos enfans, et que
-vous le cliez de vostre part, et je vous jure que vous et luy serez
-bien cls de la moye part, car puisqu'ainsi est qu'il vous aime, mon
-intention est de vous amer, secourir et aidier de tout ce dont vous
-aurez faire, et vous l'apparcevrez bien; mais je vous prie du cuer
-que son pchi ne soit rvl ne publi. Et pour ce que je say qu'il
-est de bonnes gens[356], qu'il a est tendrement nouri, bien peu, bien
-chauff, bien couchi et bien couvert mon povoir, et que je voy que
-de luy bien aisier vous avez pou de quoy, j'ai plus chier que vous et
-moy le gardions en sant que je seule le gardasse malade. Si vous prie
-que vous l'amez et gardez et servez tellement que par vous il soit
-refraint et contregard de viloter ailleurs en divers prils; et sans
-ce qu'il en sache riens, je vous envoieray une grant paelle pour luy
-souvent laver les pis, garnison de busche pour le chauffer, un bon lit
-de duvet, draps et couverture selon son estat, cuevrechiefs, orilliers,
-chausses et robelinges nettes; et quant je vous envoieray des nettes,
-si m'envoiez les sales, et que de tout ce qui sera entre vous et moy
-qu'il n'en sache rien, qu'il ne se hontoie; pour Dieu faictes avec luy
-si sagement et secrtement qu'il n'apparoive de nostre secret. Ainsi
-fu promis et jur: Jehanne la Quentine s'en parti et sagement envoya ce
-qu'elle avoit promis.
-
-Quant Thomas vint au vespre l'hostel de la jeune fille, il ot ses
-pis lavs et fut trs bien couchi en lit de duvet, en grans draps
-dlis pendans d'une part et d'autre[357], trs bien couvert, mieulx
-qu'il n'avoit accoustum, et l'endemain eust robelinge blanche,
-chausses nettes et beaulx souliers[358] tous frais. Il se donna grant
-merveille de ceste nouvellet et fut moult pensif, et ala or messe
-comme il avoit accoustum, et retourna la fille et lui mist sus que
-ces choses venoient de mauvais lieu, et moult aigrement l'accusa de
-mauvaisti afin qu'elle en sa deffense luy dist dont ce luy estoit
-venu. Or savoit-il bien qu'il l'avoit laisse povre deux ou trois jours
-devant, et que en si pou de temps ne povoit-elle pas estre de tant
-enrichie. Quant elle se vit ainsi accuse et qu'il la convint respondre
-pour soy deffendre, elle sceut bien tant de la conscience d'icellui
-Thomas que de ce qu'elle luy dirait il l'en croirait, si n'ot loy de
-mentir et lui dist la vrit de tout ce que dessus est dit.
-
-Lors vint ledit Thomas tout honteux en son hostel et plus pensif que
-devant, mais un seul mot ne dist ladicte Jehanne sa femme, ne elle
- luy, mais le servi trs joyeusement, et trs doulcement dormirent
-luy et sa femme la nuit ensemble sans en dire l'un l'autre un seul
-mot. L'endemain ledit Thomas de son seul mouvement ala or messe et
-se confessa de ses pchis, et tantost aprs retourna la fille et
-luy donna ce qu'elle avoit du sien, et voua continence et de soy
-abstenir de toutes femmes except de sa femme, tant comme il vivroit.
-Et ainsi le retrahi sa femme par subtillet et moult humblement, et
-cordieusement l'aima depuis. Et ainsi sagement, non pas par maistrise
-ne par haultesse, doivent les bonnes dames conseiller et retraire
-leurs maris par humilit; ce que les mauvaises ne scevent, ne leur
-cuer ne le puet endurer, dont leurs besongnes vont souvent pis que
-devant. Et jasoit-ce que plusieurs autres exemples on y pourroit donner
-qui seraient longs escripre, toutesvoies ce vous doit assez souffire
-quant cest article, car de ce derrenier cas n'avez-vous garde, et
-aussi en savez-vous bien oster le pril[359].
-
-FIN DE LA PREMIRE DISTINCTION ET DU TOME PREMIER.
-
-
-
-
- LE
-
- MNAGIER DE PARIS.
-
-
-
-
- LE
-
- MNAGIER DE PARIS.
-
- TRAIT
-
- DE MORALE ET D'CONOMIE DOMESTIQUE.
-
- COMPOS VERS 1393.
-
- PAR UN BOURGEOIS PARISIEN.
-
- CONTENANT
-
- Des prceptes moraux, quelques faits historiques, des instructions
- sur l'art de diriger une maison, des renseignemens sur la consommation
-du Roi, des Princes et de la ville de Paris, la fin du quatorzime sicle,
- des conseils sur le
-jardinage et sur le choix des chevaux; un trait de cuisine fort tendu,
- et un autre non moins complet sur la chasse l'pervier.
-
- ENSEMBLE:
-
-L'histoire de Grislidis, Mellibe et Prudence par Albertan de Brescia (1246),
-traduit par frre Renault de Louens; et le chemin de Povret et de Richesse,
-pome compos, en 1342, par Jean Bruyant, notaire au Chtelet de Paris;
-
- PUBLI POUR LA PREMIRE FOIS
-
- PAR LA SOCIT DES BIBLIOPHILES FRANOIS.
-
- TOME SECOND.
-
- [Illustration: colohpon LITTERIS PATRIQUE CARUS.]
-
- A PARIS,
- DE L'IMPRIMERIE DE CRAPELET,
- RUE DE VAUGIRARD, 9.
-
- M.D.CCC.XLVI.
-
-[Illustration]
-
-
-
-
-LE MNAGIER DE PARIS.
-
-
-
-
-LE PREMIER ARTICLE
-
-DE LA SECONDE DISTINCTION,
-
-LEQUEL DOIT PARLER D'AVOIR SOIN DE SON MESNAGE.
-
-
-Belle seur, sachiez que je suis en grant mlancolie ou de cy finer
-mon livre ou d'en faire plus, pour ce que je doubte que je ne vous
-ennuye, car je vous pourroie bien tant chargier que vous auriez cause
-de moy tenir pour oultrageux et que mon conseil vous donroit charge en
-si grant nombre de faix et si grveux que vous dsespreriez de trop
-grant fardel pour ce qu'il vous sembleroit que vous ne le pourriez
-tout porter ne acomplir, dont je seroie honteux et courrouci. Et pour
-ce je vueil ycy penser et adviser que je ne vous charge trop et que
-je ne vous conseille entreprendre fors les choses trs neccessaires
-et honnorables, et encores sur le moins que je pourray, afin que vous
-soiez en icelles choses ncessaires plus fonde et mieulx faisant et
-par consquent plus honnore en vos dis et en vos fais, car je say que
-vous ne povez ne que une autre femme, et pour icelle cause je vueil
-premirement adviser combien je vous ay charge, et se c'est du plus
-ncessaire, et se je vous doy plus chargier, et de combien. Et se plus
-y a faire que vous ne pourriez, je vous vueil donner aide; et sur ce
-je recueil mes commencemens.
-
-Premirement, je vous ay admonneste louer Dieu vostre esveillier
-et vostre lever, et vostre aler au moustier vous contenir, illec
-or messe, vous confesser et vous mettre et tenir en l'amour et
-grce de Dieu. Par m'me, il est ncessaire vous, ne nul autre que
-vostre personne n'y peut estre commise[360]. Et aprs ce, je vous ay
-conseilli que vous soiez continent et chaste, aimer vostre mary,
-luy obir, penser de garder ses secrets, le savoir retraire se il
-folie ou veult folier; et certes encores est cecy neccessaire et trs
-honnourable pour vous et vous seule appartient et n'est point trop
-charg; vous le povez bien faire moyennant la doctrine dessus dicte qui
-vous fera grant avantage: les autres femmes ne l'eurent oncques tel.
-
-Or est-il certain aussi que aprs ce que dit est vous avez penser
-de vous, vos enfans et vostre chevance, mais ces trois choses et
- chascune povez-vous bien avoir aide; si vous convient dire comment
-vous vous y entendrez, quelles aides et quelles gens vous prendrez et
-comment vous les embesongnerez, car de ce ne vueil-je que vous aiez
-fors le commandement, la visitation et la diligence de le faire faire
-par autres et aux despens de vostre mary.
-
-Or vez-vous bien, chire seur, que vous ne vous devez pas plaindre et
-que vous n'estes gures charge, et n'avez charge fors celle qu'autre
-ne puet faire que vous et de chose qui vous doit estre bien plaisant,
-comme de servir Dieu et penser du corps de vostre mary, et en somme
-c'est tout.
-
-Or continuons doncques nostre matire, et commenons ce premier
-article, lequel article je fais savoir tous qu'il ne vient mie de
-mon sens, ne ne l'ay mie mis en la forme qu'il est, ne moy n'en
-attribue la louenge, car je n'y ay riens mis du mien, ne n'en doy mie
-avoir l'onneur, mais le doit avoir un bon preudomme et subtil appell
-feu Jehan Bruyant qui jadis fut notaire du Roy ou Chastellet de Paris,
-qui fist le traicti qui s'ensuit et lequel je met cy aprs seulement
-pour moy aidier de la diligence et persvrance que son livre monstre
-que un nouvel mari doit avoir. Et pour ce que je ne vueil mie son
-livre estrippeller, ne en oster un coippel[361], ne le dpartir du
-remenant[362], et mesmement que tout est bon ensemble, je m'aide de
-tout pour obtenir au point ou article que seulement je dsire, et pour
-le premier article je prens tout le livre qui en rime dit ainsi:
-
-
-LE CHEMIN
-
-DE POVRET ET DE RICHESSE,
-
-PAR JEAN BRUYANT[363],
-
-NOTAIRE DU ROY AU CHASTELET DE PARIS.
-
-M. CCC XLII.
-
- On dit souvent en reprochier
- Un proverbe que j'ay moult chier,
- Car vritable est, bien le say,
- Que _mettez un fol part soy,
- Il pensera de soy chevir_[364].
- Par moi meismes le puis plevir[365]:
- Tout aie-je ma chevissance[366]
- Petitement, mais souffisance,
- Si comme l'Escripture adresce,
- Au monde est parfaicte richesce.
- Quant or de ce me tairay
- Et cy aprs vous retrairay
- Une advision qui m'avint
- A dix huit jours ou a vint.
- Aprs que je fus maris,
- Que passs furent les foiriez[367]
- De mes nopces et de ma feste,
- Et qu'il fut temps d'avoir moleste,
- Un soir me couchay en mon lit
- O je eus moult peu de dlit,
- Et ma femme dormoit lez moy,
- Qui n'estoit pas en grant esmoy;
- Et si m'avint, tout en veillant,
- Ce dont je m'alay merveillant,
- Car moi vindrent, ce me semble,
- Un homme et trois femmes ensemble
- Qui bien sembloient estre ireux,
- Mornes, pensifs et dsireux,
- Desconforts, triste et las;
- En eulx n'ot joye ne soulas,
- N'il ne leur tenoit d'eulx esbatre.
- Bien furent d'un semblant tous quatre,
- Car mieulx estoient tencier
- Taills, qu' feste commencier.
- L'omme si ot a nom Besoing:
- Plains iert de tristesse et de soing.
- L'ainsne femme, en vrit,
- Nomme estoit Neccessit.
- La seconde femme Souffrete
- Ot nom, et la tierce Disette.
- Tous quatre estoient suers et frres,
- Et Povret si fut leur mre,
- Et les engendra Msur[368]
- En grant tristesse et en pur
- Par grant ar vers moy s'en vindrent
- Et fort manier me prindrent
- Sans menacier et sans jangler,
- Com s'il me deussent estrangler,
- Besoing tout premier m'assailly,
- A moy prandre point ne failly;
- De ses bras si fort me destraint
- Que j'en eu le corps si estraint
- Qu' poi le cuer ne me party.
- Ncessit lors s'apparti[369]
- Moult angoisseuse et plaine d'ire,
- Par le col me print sans mot dire,
- De fort estraindre se pena;
- L lourdement me demena.
- Souffrette et Disette cost
- Me r'orent[370] de chascun cost;
- L'une sacha[371], l'autre bouta[372],
- Chascune moy se desgleta[373].
- Ainsy ces quatre m'atraprent
- Et me batirent et fraprent:
- L me mistrent en tel destresse
- Qu'exempt fu de toute lesse.
- Adonc s'en vint moy errant[374]
- Une grant vieille poil ferrant[375]
- Qui estoit hideuse et flestrie
- Et moult ressembloit bien estrie[376]
- Aiant flonnie en pense:
- On l'appelloit par nom Pense.
- Ceste vieille me fist moult pis
- Que les autres, car sur mon pis[377]
- Se mist l'orde vieille puant:
- Tout le corps me fist tressuant.
- L'me de lui au Deable soit!
- Car tant sur le pis me pesoit
- Que mon cuer mettoit malaise
- De grant destresce et de msaise.
- Trop fort me print margoillier[378];
- Lors commenay ventroullier,
- Et entray en si fort penser
- Que nul ne le sauroit penser,
- Ne bouche raconter ne dire.
- Si com j'estoie en tel martire
- Que Pense m'avoit bailli,
- Or voy un villain mautailli,
- Let, fronci, hideux et bossu,
- Rechigu, crasseux et moussu,
- Les yeulx chacieux, plains d'ordure;
- Moult estoit de laide figure,
- Tout rongneux estoit et pels;
- Soussy fu par nom appells.
- Se mal m'orent les autres fait,
- Encor m'a cestui plus meffait.
- Las! je n'en avoie mestier!
- Tant me donna de son mestier,
- Et me mist si grant meschief
- Que je n'eus ne membre, ne chief,
- Qu'il ne me convenist faillir.
- Trembler me fist et tressaillir,
- Plir et le sang remuer,
- Et de msaise tressuer,
- Et me faisoit la char frmir,
- Moy dementer[379], plaindre et gmir,
- D'un cost sur autre tourner;
- Briefment, tel m'ala atourner
- Soussi, tant me fu fel et aigre,
- Que j'en devins chtif et maigre
- Et aussi sec comme une boise[380].
- Quant m'en souvient, pas ne m'envoise[381],
- Ains suis si blaffart et si fade
- Qu'il semble qu'aie est malade.
- Hlas! certes, si l'ay-je est
- De trop plus male enfermet
- Que fivre tierce ne quartaine,
- Car qui de Soussy a la paine,
- En lui a sant maladive
- Et a la maladie santive[382].
- C'est diablie[383] que de Soussy,
- Quant m'en souvient trop m'en soussy,
- Car en soy a trop dure rage
- Et merveille est que cil n'enrage
- Que Soussy tient en son demaine,
- Car trestout ainsi le demaine
- Com fait le sain en la paelle,
- Qui par force de feu sautelle,
- Et le fait-on schier et frire:
- Ainsi fait Soussy gens dfrire,
- Et les tient si fort en ses las
- Qu'il leur fait souvent dire: Hlas!
- Et les fait vivre en tel doleur
- Qu'en eulx n'a gresse ne couleur.
- Soussy est si mal amiable,
- Si hideux, si espoventable,
- Et si abhominable cuer
- Que ne l'ameroit nul fuer[384]
- Nullui qui l'eust essai.
- Soussy a maint cuer esmay[385],
- Et encor tous les jours esmaie;
- Nul ne le scet qui ne l'essaye
- Ainsi com j'ay fait maugr moi,
- En paine, en travail et esmoy.
- Quant je vis celle compaignie,
- Qu'avec moy ert compaignie:
- C'est assavoir Besoing, Souffrete,
- Ncessit avec Disette,
- Pense la vieille et Soussy,
- La teste levay et toussy.
- Adonc vint moy, sans demeure,
- Un grant villain plus noir que meure
- Qui avoit non Desconfort.
- A manier me print moult fort
- Et me fist ma peine doubler.
- Lors me print le sens troubler,
- Car tant avoie est pen
- Qu' poy n'estoie forcen.
- Moult fort me print dementer
- Et moi mesmes tourmenter,
- Et dire: Chtif! que feras?
- Tes debtes comment paieras?
- Tu n'as riens et si dois assez.
- Que fusses-tu or trespass!
- Tu es tout nouvel mesnagier
- Et si n'as gaige engaigier
- Se tu ne veulx ta robe vendre.
- Las! chtif, quel tour pourras prendre?
- Ne say o tu pourras aler.
- Si com j'estoie en ce parler,
- A moy s'en vint grant alure,
- Une femme qui pou sure
- Et enrage sembloit estre
- A son semblant et son estre.
- Have estoit et eschevelle,
- Dsesprance ert appelle,
- Fille Desconfort le hideux.
- Moult me vint peine et annuy d'eux,
- Par eulx perdi discrtion,
- Sens, mmoire, et entention.
- Les dens commenay estraindre
- Et la couleur plir et taindre,
- Et disoie: Las! que feray?
- Tout au dsespr mettray,
- Mauvais seray, o que je viengne,
- Il ne me chault qu'il en aviengne,
- Soit en pluye ou soit en bise;
- Qui ne pourra ploier, si brise!
- Sche qui ne pourra florir!
- N'ay que d'une mort mourir.
- Et j'ay piea oy parler
- Que qui au Deable veult aler,
- Riens ne vault longuement attendre:
- Noyer ne puet, cil qui doit pendre[386].
- Honny soit qui jamais vourra
- Faire fors du pis qu'il pourra,
- Quant par moy ne puet estre attaint
- Le manoir o Richesse maint!
- Car elle demeure si loing
- Que trop de travail et de soing,
- Avant qu'on la puist attaindre,
- Moult fait les gens plir et taindre.
- Avant qu'ils puissent estre ly,
- Mains beaux visaiges a pli
- A qui oncques n'en fu de mieulx,
- Car se on attent qu'on soit vieulx,
- Que l'en ne puisse mais errer[387],
- En ce pourroit-on mserrer[388];
- Qui ce feroit, son temps perdroit.
- Quant je ne puis avoir par droit
- Ne possession, ne avoir,
- J'en vouldroie donc tort avoir;
- Mieulx vault estre en tort cras et aise
- Qu'en droit chtif et malaise.
- Ainsi com en ce point estoie
- Et que je tout au pis mettoie
- Sans viser comment tout aloit,
- Et que de rien ne me challoit
- Fors d'acomplir ma voulent,
- Car moult m'avoit entalent
- Dsesprance de mal faire
- Et m'avoit par son put[389] afaire
- Presque fait perdre corps et me,
- s-vous une trs noble dame
- Gente, droite, plaisant et belle:
- Ne sembloit pas estre rebelle,
- Mais doulce et humble toute gent:
- Moult ot le corps et bel et gent
- Et par de si noble arroy
- Qu'elle sembloit bien fille roy;
- Et si ert-elle, en vrit,
- Fille du Roy de magest
- Vers qui nul n'a comparoison;
- On l'appelle par nom: Raison.
- Moult estoit sage et advise;
- Droit moi a pris sa vise
- Et s'en vint de lez moi seoir,
- Mais si tost com la pot veoir
- Dsesperance la hideuse,
- Elle s'en fouy moult doubteuse
- Tant com pis la porent porter;
- Car ne se pourroit dporter[390]
- En nul lieu o Raison surviengne
- Que tost fouir ne la conviengne;
- Car plus la het Raison, sans fin,
- Que triacle ne fait venin.
- Raison si fu moult esjoye
- Quant d'avec moy s'en fut foye
- Dsesprance sa contraire.
- Lors se prist prs de moy traire;
- Raison dit: Amy, Dieu te gard!
- Tu as eu trs mauvais regard,
- Mauvais sens et mauvais advis,
- Car nagaires t'estoit advis
- Que pour toy est tout bien failli;
- Mais onc nul mal ne failli
- Qui voulsist entendre bien faire
- Et vivre selon mon affaire
- Et selon mon enseignement
- Qui donne aux mes sauvement;
- Lequel, se tu le veulx entendre,
- Je te vueil cy dire et aprendre.
- Premirement, tu dois amer
- Mon pre, de cuer, sans amer,
- Et la doulce vierge prisie
- Sans vanit n'ypocrisie,
- Et aourer sainctes et sains,
- Soies malades ou soies sains,
- C'est dire en prosprit
- Aussy bien qu'en adversit;
- Et, par contraire, en meschance
- Aussi bien com en habundance,
- Car tel est humbles en tristesse
- Qui est despiteux en liesse;
- Et tel est en lesse doulx
- Qui en tristesse est moult escoux[391]
- Ce vient de male acoustumance
- Qu'on acoustume ds s'enfance,
- Car qui aprent une coustume,
- Moult envis s'en descoustume;
- Si fait bon tel coustume aprendre
- O l'en puist honneur et preu[392] prendre.
- Donc s'avoir veulx coustume bonne,
- Garde que ton cuer ne s'adonne
- A nul des sept mortels pchis,
- Et que ne soies entchis
- D'aucunes de leurs circonstances,
- Car moult t'en vendroit de nuisances,
- Mais fay tant que ton cuer s'accorde
- Aux sept chiefs de misricorde
- Qui sont aux sept vices contraires;
- Cestes te seront ncessaires
- A acqurir l'amour mon pre
- Et de sa glorieuse mre.
- Ces sept vices dont parl t'ay
- Dclaration t'en feray
- Et des branches qui en descendent,
- Qui toy dcevoir entendent.
- Et tu, en voyes et sentiers,
- Entens eulx moult voulentiers,
- Tes maistres sont, eulx es serfs,
- Car nuit et jour de cuer les sers
- En deservant un tel loier
- O nul ne se puet apoier[393].
- Ainsi en leur subjection
- Vivras, ta dampnacion,
- S'a eulx n'aprens estriver
- Par guerre pour eulx eschiver.
- Car bien t'aprendray la manire
- De les traire de toy arrire,
- Et d'avoir franc povoir sur eulx
- Contre les fais aventureux
- Qui par eulx venir te pourront
- Quant ils assaillir te vendront
- Pour clamer dessus toy haussage[394].
- Se tu me veulx croire pour sage,
- Si bien te sauras d'eulx garder
- Qu'ils ne t'oseront regarder
- Pour la doubte des sept vertus
- Qui l te seront bons escus
- Encontre les sept ennemis
- Qui souvent se sont entremis
- De toy mettre perdition;
- Mais que par bonne entention
- Leur vueilles, sans plus, dprier
- Qu' toy se vueillent alier.
- Et se tu le fais de cuer fin,
- Ils te mettront ta guerre fin
- Sans en prendre aucun paiement,
- Fors que ton prier seulement;
- Ce n'est pas oultrageux loier,
- Car il est aisi paier,
- Si ne s'en puet nuls excuser
- Se il ne vouloit abuser.
- Quant tu verras venir Orgueil
- Regardant en travers de l'ueil,
- Avecque lui Desrision,
- Desdaing, Despit, Prsumption,
- Supediter, Fiert, Bobance,
- Desprisier, et Oultrecuidance,
- Et tous ses autres compaignons
- Qui cueurs ont pires que gaignons[395],
- Vers toi, banire desploy,
- Si pren tantost de ton aye[396]
- Humilit, Dvotion,
- Franchise, Contemplation,
- Paour de Dieu, Doulceur, et Piti,
- Justice, Simplesse, quit,
- Et moult d'autres qu' eulx vendront
- Qui pour toi secourre acourront;
- Et s'y vendra chascun offrir,
- Mais que tu les vueilles souffrir.
- Et se contre Orgueil te combas,
- Ils le mettront du tout au bas
- Et le feront fouir le cours
- Et tous les siens, sans nul recours.
- Quant auras par Humilit
- Orgueil et les siens surmont,
- Garde toy, d'illec en avant,
- Que s'il te venoit audevant
- Pour toy tourner de sa partie,
- Que ne se soit pas dpartie
- D'avecques toy Humilit,
- Ne les aultres de sa mit[397],
- Car d'Orgueil bien te garderont,
- Tant comme avecques toi seront.
- D'un autre assault te fault garder
- Qui prilleux est garder
- Entre tous ceulx qui sont en vie,
- Le chevetain[398] en est Envie
- Qui moult est de mauvais convine;
- Avec lui est tousjours Hayne,
- Fauset, Murtre et Trayson,
- Faulx-semblant et Dtraction,
- Ennemiti et Male-bouche
- Qui n'aime que mauvais reprouche.
- S'il te veulent assault livrer,
- Tantost t'en pourras dlivrer,
- Mais que de trop prs ne t'aprochent,
- Si que de leurs dars ne te brochent,
- Et pour leur pril contrester,
- T'encueur[399] tantost, sans arrester,
- Prier Foy qu'elle te sequeure,
- Et Loiault, et eus en l'eure,
- Sans plus parler, te secourront,
- Et ceulx qu'avec eulx amenront:
- C'est assavoir Paix et Concorde,
- Vraie-amiti, Misricorde,
- Bnivolence, Vrit,
- Conscience avec Unit,
- A tout leur congrgation
- Dont je ne fais pas mention.
- Ceulx ci feront Envie fuire,
- Si qu'elle ne te pourra nuire.
- D'un assault qui moult fait craindre
- Te refault dfendre sans faindre,
- C'est d'Ire le mauvais tirant
- Qui va tousjours en empirant;
- En toute mauvaisti habonde,
- C'est le plus fel qui soit au monde.
- Et quant assaillir te vendra,
- Forte deffense y convendra,
- Car cil se scet desmesurer
- Que nul ne peut lui durer;
- Et tous ceulx de sa compaignie[400]
- Sont de sa mauvaise manire:
- Cruault porte sa banire,
- Perversit, Forcenerie,
- Flonnie et Esragerie,
- Desverie et autres flons
- Lui vont tousjours prs des talons.
- Quant ceste gent verras venir,
- Gart toy que ne te puist tenir
- Nuls d'eulx qu'il ne t'ait arrest;
- Tray toi vers Dbonnairet,
- Qui tost bon conseil te donra
- Et contre Yre te secourra
- Avecques ceulx de son lignage
- Qui moult sont de souef courage:
- C'est assavoir Doulceur, Souffrance[401],
- Establet[402] et Attrempance,
- Patience, Discrtion,
- Refrainte[403] avec Correction.
- Ceulx cy et ceulx de leur banire
- Trairont Yre de toy arrire,
- Et toute sa gent forcene
- Qu'avec lui aura amene.
- Ainsi seras d'Ire dlivre
- Se Dbonnairet veulx suivre
- Qui est franche, courtoise et douce:
- C'est celle qui nul temps ne grouce[404]
- De riens qui lui puist advenir;
- Bon la fait avec soy tenir
- Et fuire Ire le mal tirant
- Qui de pou se va ayrant.
- Ire doit-on craindre et doubter
- Et hors d'avecques soy bouter
- Et le tenir pour ennemi
- Sans l'acointer jour ne demi.
- C'est un mauvais ennemi qu'Ire,
- Car si tost com un cuer s'are,
- De flonnie si s'enflamme
- Qu'il en puet perdre corps et me.
- Quant en ire se desmesure
- Et se de soy ne s'amesure[405],
- Masvei[406] mesure en lui se met
- Et de le dampner s'entremet.
- Elle est de tel condition
- Que qui en soy correction
- Ne met amesurement,
- Elle s'y met si lourdement
- Qu'elle honnist tout un cop.
- Et vraiement elle het trop
- Gens o il fault qu'elle se mette,
- Et pour ce tout au brouvet[407] gecte
- Sans querre y terme ne respit,
- Si tost comme on lui fait despit.
- Gart donc qu' toi ne se courrouce,
- Aies en toi manire doulce,
- Soies courtois et dbonnaire
- Comme uns homs estrait de bonne aire[408].
- Nuls ne se devroit courroucier
- De rien qu'il voie, ne groucier,
- Mais faire tousjours bone chire
- Et mettre tout courroux arrire.
- Laisse le vice et pren vertu,
- Ainsi te pourras sauver tu.
- Eschives couroux et tristesse
- Et pren en toi joie et lesse,
- Voire par bonne entention,
- Non pas par dissolution,
- Car joye qui est dissolue
- N'est pas l'me de value.
- Contre un autre assault prilleux
- Te fault estre moult artilleux[409]
- Afin que tu surpris ne soies
- En ton hostel, n'enmy les voies,
- Car c'est un assault moult doubtable,
- Moult dommageux, moult dcevable,
- Car les pluseurs en sont dceus
- Ains qu'avis aient de ce eu.
- De cest assault est chief Paresse
- Qui sans menacier fiert et blesse
- En tapinage, en couardie[410];
- S'enseigne porte Ftardie,
- Faintise, Oiseuse, Lchet,
- Ngligence avec Nicet,
- Nonchaloir avec Cuer-failly
- Vont aprs; moult est mal bailli[411]
- Cellui qu'ils pevent entraper
- Et dessoubs leur trappe atrapper.
- Tant[412] ne soient-ils pas hardis,
- Mais lasches et refftardis[413],
- Ainois simples, mate chire:
- Mais couart est de tel manire
- Que quant il se voit audessus,
- Il est de trop mauvais dessus.
- Le cuer a fier comme lyon
- Et aspre comme champion;
- Lors fiert et frappe, bat et tue,
- Quant il voit qu'on ne se remue
- Encontre lui pour soy vengier.
- Donc fait-il bon soy esloignier
- De Paresce et de sa famille
- Qui n'est qu'en son dessus soubtille,
- Et les doit-on mettre au dessoubs
- Si qu'estre n'en puissent ressous[414].
- Et s'au dessoubs mettre les veulx,
- Amaine avecques toy contre eulx
- Diligence et Appertet,
- Bon-cuer et Bonne-voulent,
- Talent-de-bien-faire avec Cure,
- Et Soing qui voulentiers procure
- Contre Paresse avoir victoire,
- S'ainsi est qu'on le vueille croire.
- Se ceulx ci avec toi retiens
- Et du cuer amour les tiens,
- Garde n'aras, n'en doubte mie,
- De Paresce leur annemie,
- Ne de tous ceulx de sa banire,
- Mais se trairont de toi arrire,
- Car l'assault n'osent entreprendre,
- Fors qui tantost se veult rendre.
- Aprs, gart toy du quint assault
- Car si soubtivement assault
- Cil qui en est droit capitaine
- Qu' ses subgez donne grant peine
- Quant il les tient en son service;
- Ce capitaine est Avarice
- Qui moult est de dcevant guise.
- S'enseigne porte Convoitise:
- Rapine, Usure et Faulx-traicti
- Le suivent tousjours pi pi;
- Malice avecques Tricherie
- Murtre, Larrecin, Roberie,
- Engignement, Dception,
- Fraude avec Cavilation[415],
- Et les autres de leur banire.
- Quant tu verras ceste gent fire
- Qui te vouldront assault livrer,
- Se tu t'en veulx tost dlivrer,
- Fay de Charit connestable
- Qui tant est piteuse et traitable;
- Et toute sa connestablie
- Q'avecques lui est establie,
- (Que, selon Dieu, poursuit[416] richesse,)
- C'est Souffisance avec Largesse,
- Aumosne faicte en cuer dvost,
- Ce que Dieu plus au monde volt.
- Se ceste conestablie as
- Avecques toi, acompliras
- Ceste bataille ton vouloir
- Contre Avarice et son povoir.
- Avarice est de put affaire,
- Car il mains maulx machine faire[417]
- Par le conseil de Convoitise
- Qui les gens tolir atise.
- Si te garde donc de rien prendre
- De l'autrui, se ne le veulx rendre,
- Par quelque voie que ce soit;
- Car Convoitise gens doit,
- De jour en jour, par leur foleur,
- Dont aucuns meurent douleur;
- Et par ce nature blasme
- En est souvent et diffame
- Sans cause, car elle n'y a coulpe;
- Se fait pchi qui l'en encoulpe,
- Car elle en est la plus dolente
- Et qui plus en sueffre et tormente.
- Donc qui de bien faire n'a cure
- Il ne lui vient pas de nature,
- Ainois lui vient par accident;
- Chascun le voit tout vident.
- S'aucun en soy a mauvais vice
- Qui porter lui peut prjudice,
- S'on dit que Nature lui face
- Par force qu'il soit enclin ce,
- Les gens ne le doivent pas croire,
- Car ce n'est mie chose voire,
- Ains est par la male doctrine
- Dont nourriture[418] le doctrine.
- Du sixime assault bien te gardes,
- Contre cestuy fay bonnes gardes.
- Gloutonnie en est conduiseur,
- Qui de tous biens est destruiseur,
- Car enclins est tous dlices,
- Et engendre tous mauvais vices.
- Nul temps ne puet estre assouvis,
- Mais tousjours semble estre allouvis[419]
- Et si est-il plus qu'il ne pert[420],
- Nul temps sa voulent ne pert
- Qui est sur toute riens mauvaise,
- Car sans oultrage n'iert j aise.
- Gloutonnie est soubtil guerrier:
- Assault-il devant et derrier,
- Car il part en deux sa bataille
- Toudis et avant qu'il assaille;
- Gourmandie l'une conduit:
- Avec lui sont en son conduit
- Friandise, Lopinerie,
- Yvresse, Oultrage, Lcherie,
- Et pluseurs autres de tel sorte
- Que Gloutonnie soi enhorte.
- Ceste bataille ainsi partie
- Livre assault de une partie,
- Et si donne assez entendre
- A ceulx qui la veulent attendre.
- L'autre bataille est Male-bouche
- Qui n'aime que mauvais reprouche,
- Mesdit, Surdit[421], Maugrerie,
- Hastivet, Pautonnerie[422]
- Et des autres grant plant
- Qui sont de telle voulent.
- Ceste bataille se tient fort
- Et livre assault grant effort
- De l'autre cost, pour surprendre,
- Si que l'en ne s'y puist deffendre.
- Gloutonnie point et repoint
- De l'un l'autre, et leur enjoint
- Que si se tiengnent sans recroire[423]
- Que partout aient la victoire.
- Or fault, se tu te veulx garder
- Des deux assaulx, bien regarder
- De tous costs ce qui fault
- Pour contrester leur assault.
- S'il t'assaillent, met toy deffense
- Et pren avec toy Abstinence
- Et Sobrit sa compaigne
- Avecques ceulx de leur enseigne,
- Car s'avecques toy as ces deulx,
- Assez en vendra avec eulx,
- Et te garderont bien, sans faille,
- Encontre celle gloutonnaille.
- Sur toute rien gart toy d'Ivresse,
- Que sa bataille toi n'adresse;
- Car cil qu' Yvresse se livre
- N'a povoir de longuement vivre,
- Et s'il vit, si est ce meschief,
- Car il n'a ne membre ne chief
- Qui par yvresce ne lui dueille.
- Les mains lui tremblent comme fueille
- Et s'en chiet plus tost en vieillesse,
- En maladie ou en foiblesse.
- Qui s'enyvre, il se desnourrist,
- Car tout le foie se pourrist;
- Ainsi est de soy homicide,
- Dont c'est grant doleur et grant hide[424].
- Du septisme assault dont Luxure
- Est capitaine par nature,
- Te fault gaittier et traire arrire,
- Si qu'elle et ceulx de sa banire
- En leur chemin pas ne te truissent
- Si que suppditer te puissent.
- Se Fol-regard le fort archier
- Trayoit toy pour toy blcier,
- Soies sages et te retray,
- Vistement hors du trayt te tray;
- Et quant hors seras de leurs mettes,
- Garde toy bien que ne te mettes
- En la voye de souvenir
- Si prs qu' toy puist avenir,
- Car s'avec lui t'avoit attrait,
- Il te remenroit droit au trait,
- Si que la flesche de Pense
- Te seroit tost ou corps boute,
- Et celle de Fole-plaisance
- Qui ne tendroit qu' dcevance
- Te mectroit, tout son plaisir,
- Ou trait de garrot[425] de Dsir
- Qui si fort au cuer te ferroit
- Que j mire ne te guerroit;
- L languiroies en tel peine
- Que tu n'auroies cuer ne vaine
- Qui voulsist entendre rien faire
- Qu' maintenir le fol afaire
- Qui de folle amour se dpent
- Dont chascun en fin se repent.
- L t'auroit si suppdit
- Folle amour par fragilit
- Qu'il te faudroit pour vaincu rendre.
- Mais se tu te veulx bien deffendre
- Contre les archiers amoureux,
- J ne seras surprins par eulx.
- Pren la targe de Chastet
- Et la lance de Fermet:
- La targe met devant tes yeulx,
- Tu ne te pues deffendre mieulx;
- Grant mestier as qu'elle te gart
- Encontre les trais de Regart.
- Se tu ce pas[426] pues bien garder
- Contre Folement-regarder,
- J Fole-cogitation
- Ne t'ara en subjection.
- Et quant ces deux ne te ferront
- J les autres ne s'y verront.
- Ainsi ces deux pevent tout faire,
- Aussi pevent-ils tout deffaire.
- Regart si est trop perant chose;
- Toute plaisance y est enclose,
- Aussi y est tout le contraire,
- Si soubtillement scet-il traire,
- Car tous ceulx que Regart attaint,
- Soit pour bien ou pour mal, teint
- Souvent leur fait muer couleur,
- Soit par joye ou par douleur.
- Pour ce est voir ce qu'on dire seult:
- _De ce qu'oeil ne voit, cuer ne deult._
- Si sont aucuns qui se vouldroient
- Excuser qu'ils ne se pourroient
- Du fort trait de regart garder
- Et qu'il leur convient regarder
- Ly un l'autre quant sont ensemble;
- Tout Saincte glise ce assemble
- Selon l'ordre de mariage,
- A tels excusans respondray je
- Briefement, sans prolongation,
- Ce n'est mie m'entention
- De deffendre nul, bon regart,
- Mais que de Fol-regart se gart
- Qui les fols fait ymaginer
- Et par Fol-cuidier deviner[427],
- Dont est ne Fole-plaisance
- Qui convoite du corps l'aisance,
- Et de ce vient Ardent-dsir
- Qui art tout, s'il n'a son plaisir;
- Lors fait tant qu' son gr avient,
- Et tout ce de fol regart vient.
- Ce n'est pas regart convenable
- Quant Dieu, mais quant au Dable:
- Regart fait pour charnel dlit
- Au Dable moult ablist[428]
- Et autant desplat-il Dieu
- Si n'est pas fait en temps et lieu.
- Gens qui en mariage sont,
- Qui tousjours leurs courages ont
- A dlit charnel maintenir,
- Voulans s'y soir et main[429] tenir,
- Pechent ensemble, sans doubtance,
- Par l'engin de Fole-plaisance
- Qui souvent les tient en ses las;
- Mais ne le cuident pas les las,
- Car vertu tiennent ce vice
- Dont ils font que fols et que nices;
- Car conjoins ne devroient j voir[430]
- L'un l'autre affaire avoir
- Par charnele conjunction,
- Se ce n'estoit en entention
- De ligne multiplier;
- Pour ce les fais-je marier,
- Si que, par le gr de nature,
- Facent ensemble engendrure,
- Quant temps en est, et point, et lieu,
- Et tout ainsi l'ordonna Dieu,
- Non mie pour soy dliter
- A l'un avec l'autre habiter.
- Fols est qui l'un l'autre habite
- Sans l'entention dessus dicte,
- Car quant Nature en tels gens euvre
- Selon les estas de son euvre,
- Sans moy ne Mesure appeller,
- Et que son fait nous fait celer
- Afin qu'Atrempance n'y viengne
- Qui en subjection la tiengne,
- Iceste copulation
- Faicte sans gnration
- Et sans droicte ncessit,
- Par fresle superfluit,
- Est pchi mortel, nul n'en doubte,
- Qui par Fol-dsir les y boute
- Pour acomplir leur volent
- Charnele dont ils sont tempt,
- O nature est tousjours encline.
- Nul temps qu'elle puist n'y dcline,
- Ains queurt tousjours de randonne
- Fresle, fole et abandonne,
- Ne se scet, pour grief, espargnier
- Tant com riens a en son grenier.
- Ainsi de soy s'occist Nature
- Se ne la gouverne Mesure
- Ma suer[431] qui tant est bien ruille[432]
- Qu'elle en nul temps n'est desruille[433],
- Ains fait faire tout si point
- Que o elle est, d'excs n'a point.
- Croy donc Mesure en tous tes fais
- Et tu n'y seras j meffais
- En nul temps, je t'en assur,
- Car qui la croit, il vit asseur.
- Cy lairay du septime assault
- Dont Luxure les gens assault
- Et revendray ma matire
- Que j'ay entreprise premire.
- Soies tous temps vray en ta foy,
- Aimes ton proesme comme toy,
- Dieu mon pre le veult ainsi;
- Et fay chascun tout ainsi
- Comme qu'il te feist vouldroies.
- Et se tu vas parmy les voies,
- Soies enclin saluer;
- Et si ne dois nul temps ruer
- De ta bouche male parole:
- Saiges est cil qui pou parole,
- Et qui aime et dsire paix
- Oyt tousjours, voit et se tait.
- Et se tu es en compaignie
- Parlant de sens ou de folie,
- Parle au plus tart[434] que tu pourras,
- Escoute ce que tu orras,
- Si que tu en saches parler
- Quant ce vendra au paraler[435],
- Et que ce soit par brief langaige;
- Ainsi seras tenu pour sage.
- Et ne le fusses ores mie,
- L fault-il jouer d'escrmie[436]
- Assez mieux qu'au jeu du bocler[437],
- Car on apparoit tost, moult cler,
- Qui veult parler entreprendre[438],
- S'il ne se garde de mesprendre,
- Ou cler sens, ou clre folie.
- Et pour ce clrement folie
- Cil qui de tost parler se haste.
- Qui parle ne doit avoir haste,
- Ains se doit trois fois adviser
- Avant qu'il doie deviser:
- La chose dont il veult parler,
- Et quel fin il puet aler,
- Et ce qu'il en puet avenir;
- Ainsi n'en puet nul mal venir.
- Soies courtois et amiables
- Envers tous et humiliables;
- Par toy soient grans et menus
- Tous temps ams et chier tenus,
- Suy les bons et fuy les mauvais,
- Aimes tous temps douceur et paix;
- Et se tu ois tencions ne noises,
- Garde toy bien que tu n'y voises,
- Car nul ne se puet avancier
- D'amer noises, ne de tencier.
- Amis, se tu veulx advenir
- Au manoir Richesse et venir
- Dont je t'ay si fort o plaindre
- Que nuls homs ne le puet attaindre
- Se n'est par paine et par doleur,
- Laisses ester telle foleur
- Et telle cogitation,
- Et pren en toy discrtion.
- Pren des deux voies la meilleur,
- Laisses le bren[439] et pren la fleur[440]:
- Se ne le fais, feras foleur;
- Qui est chois, le mieux doit prendre.
- Et se tu veulx la voie aprendre
- Que tu dis que tu ne scez pas,
- Pour ce qu'il y a mal trespas,
- Si comme tu dis, passer
- Par quoi on s'y puet trop lasser,
- (C'est au beau manoir de Richesse,)
- Je t'en aprendray bien l'adresse
- Et ce qu'il en puet avenir;
- Ainsi n'en puet nul mal venir
- Qui[441] t'y saura bien convoier,
- Sans toy feindre ne forvoier.]
- Pren le chemin droit main destre
- Et laisse cellui senestre,
- Car le destre toutes gens maine
- Droit Richesse, en son demaine,
- Mais que on ne se traie hors voie;
- En cellui nul ne se forvoie,
- Ainois va tout sa devise.
- Or est droit que je te devise
- Comme cil chemin est nomm
- Qui tant est bel et renomm,
- Et qui fait ceulx qui le vont, estre
- Tous temps en trs gracieux estre.
- Cil chemin a nom Diligence,
- Pavs[442] est de Persvrance.
- S'en ce chemin te veulx tenir,
- Tu pues richesse venir
- Et le chemin tost achever
- Aisement, sans toy grever,
- Et avec Richesse manoir[443]
- En son trs gracieux manoir.
- Car qui n'y va, ne tient qu' lui,
- Quant le cuer a si achailly
- Qu'il het le bel destre chemin
- Pour estre a l'ort senestre enclin.
- Qui ce senestre veult aler,
- Meschans est au paraler,
- Ni n'en puet eschapper n'estordre[444],
- Ains lui convient telle hart[445] tordre
- En paine, en meschief, en angoisse.
- Cil chemins moult de gens angoisse
- Et les fait vivre en grant destresse:
- Laie[446] gent l'appellent paresse
- Et li clerc l'appellent accide;
- On n'y treuve confort, n'ade,
- Ne conseil, n'espoir, ne chevance,
- Fors peine, ennuy et meschance;
- C'est un chemin moult destrav[447].
- Plein de boullons[448], tout encav;
- N'il ne fera j si beau temps
- Qu'y puist tost errer qui est ens[449].
- L le tiennent en couardie,
- Les grans boullons de ftardie,
- D'ignorance et de nicet.
- C'est le chemin de Povrt,
- Une dame qui n'est prise,
- En ce monde, n'auctorise
- Ne qu'un viel chien, en vrit.
- De lui vient toute adversit,
- Meschief, peine, ennuy et contraire,
- Arrire se fait donc bon traire
- Du chemin qui lui adresse,
- Et prendre la plaisant adresse.
- Du beau chemin de Diligence,
- Car chascun puet veoir en ce
- Qui est chois et puet eslire,
- Il ne doit pas prendre le pire;
- Et s'il le prent et puis s'en veut
- Repentir, quant il ne le peut
- Recouvrer, c'est trop grant foleur.
- Car qui bien laisse et prent doleur
- Et se forvoie escient,
- Ne puet chaloir s'il en mesvient,
- Car quant un cuer s'est forvoys,
- N'est pas de lgier ravois.
- S'il est ou chemin de Paresse,
- Il tourne le cul Richesse
- Et va Povret tout droit,
- Dont je t'ay parl orendroit,
- Qui fait si mal gens atourner;
- Et quant il cuide retourner
- Et s'apperoit de sa folie,
- Lors entre en grant mrencolie
- Qui moult le travaille et le peine,
- En pense, en soussy, en peine,
- En desconfort, en dsespoir,
- Dont il devient larron espoir[450],
- Et tolt et emble aux gens le leur,
- Dont en la fin muert doleur.
- Or sont aucuns qui veullent dire
- Que destine ce les tire
- Et les fait ensement aler.
- Folie font d'ainsi parler,
- Car ils ne scevent que ils dient:
- Et les malureux s'y fient
- Qui dient souvent et menu,
- Quant meschief leur est advenu,
- Qu'ainsi leur devoit avenir,
- Et le veulent pour vrai tenir
- Et prennent en leur meschance,
- Par ce parler, glorifiance,
- Et s'excusent de leur meffait,
- Disans qu'ils ne l'orent mie fait
- Par leur gr, mais par destine
- Qui au naistre leur fu donne.
- Ceulx qui le croient se deoivent,
- Ne croient pas si comme il doivent,
- Car nullui n'est destin
- Qu'il soit pendu ne tran,
- Ne qu'il meure de mort vilaine,
- S'il ne met au desservir peine.
- Meschief contrester chacun puet
- Qui entendre bien faire veult,
- N'il n'est pas de ncessit
- Qu' nul aviengne adversit,
- Mais advient par cas d'aventure,
- Quant folement on s'aventure.
- Destine ne puet contraindre
- Nul, si qu'il ne se puist refraindre,
- Mais qu'il ait bonne voulent;
- Et s'il est la fois tempt
- D'aler faire aucune aatie[451],
- S'avec lui suy[452], je le chastie
- Et lui oste celle pense
- Qui en son cuer estoit entre,
- Et lui donne advis et mmoire
- Decontrester, s'il me veult croire,
- A mauvaise temptation,
- Dont il vient salvation.
- Ainsi peus veoir clrement
- Que destine nullement
- N'a nul povoir de chose faire
- Que je ne puisse tost deffaire,
- Au mains s'elle ne m'est cle
- Si qu'au fait ne soie appelle;
- Car nul fait qui sans moy est fet
- Ne puet venir bon effet,
- Mais communment en meschiet,
- Et par ce meschief il eschiest
- Que destine y pren le nom
- D'estre vertu et grant renom,
- Car pluseurs dient et soustiennent
- Que bien et mal par elle viennent
- Et que nul contrester ne puet
- A ce que destine veult;
- Mais tous ceulx en sont dcu,
- Qui ont ceste crance eu,
- Car s'il estoit au Dieu vouloir
- Que destine ust povoir
- Dessus les gens si comme on dit,
- Que vauldroit bon fait ne bon dit,
- Ne soy bonnes euvres traire?
- Nul n'aroit mestier de bien faire
- Quant bien fait ne le secourroit,
- Ainois villainement mourroit,
- Et s'ensuiroit, quoy que nuls die,
- Que s'uns homs mal s'estudie,
- Et emble, et tue, et fiert, et bat,
- Quant il n'y puet mettre dbat
- Pour destine qui l'enforce
- A tous maulx faire par sa force,
- Que monstr n'en doit estre au doit
- Puisqu'il ne fait que ce qu'il doit:
- Et Deu mesmes qui scet tout
- N'en doit avoir vers lui courroux,
- Puisque ce n'a-il mie fait,
- Mais Destine tout ce fait.
- Certes mais il est autrement,
- Et quiconques maintient il ment
- Que[453] destine vertus soit,
- Et qui le croit il se doit.
- Fay donc ce que je t'ay apris,
- Se tu veulx avenir pris;
- Laisse le mal et pren le bien,
- Quant avoir le pues aussi bien,
- Et plus lgirement assez,
- Car on est cent fois moins lass
- Ou beau chemin dessus nomm
- Que Diligence t'ay nomm
- Qui toutes gens honneur maine,
- Et cent fois y a moins de paine
- Qu'ou hideux chemin de paresse
- Plain de douleur et de tristesse
- O nul ne pourroit estre aise,
- Ne faire chose qui lui plaise,
- N'estre en estat, ne bien nourry;
- Car le chemin est si pourry
- Qu'on y entre jusques au ventre,
- Maleureux est cil qui y entre!
- C'est un chemin ou nuls ne court,
- Mais, sans faille, il est assez court
- Tant soit-il ort et desriv[454],
- Car on est tantost arriv,
- Sans y qurir autre adresse,
- Droit au manoir o il s'adresse,
- C'est assavoir chez Povret
- O l'en vient tout desbaret[455],
- Nu, deschaux, et de froit tremblant
- Et de trs-douloureux semblant,
- Le corps courb, acrampely[456],
- Affin qu'on ait piti de ly.
- Mais de tels gens, en vrit,
- Doit-on avoir peu de piti
- Quant il sont en si bas dgr:
- Puisqu'ils se mettent tout de gr
- En si doloreuse aventure,
- Que msaise aient c'est droicture.
- Se tu crois doncques mon conseil
- Que je, pour ton preu, te conseil,
- Cest ort chemin hideux hairas,
- Ne jamais jouir ne t'y verras.
- Remenbre toy des meschans
- Que tu es chascun jour vans
- Qui si maleureux deviennent
- Quant en ce chemin se tiennent.
- Beau chastiement met en lui
- Qui se chastie par autrui.
- Se uns homs entre en mauvais pas
- De gr, ou qu'il ne saiche pas,
- (Si comme assez souvent eschiet,)
- Et en ce mau pas lui meschiet,
- Cellui d'aprs qui le regarde
- Ne le suit pas, ainois se garde
- D'aler aprs, qu'il ne se blesse,
- Et s'en va querre une autre adresse
- Qu' droit port le fait arriver.
- Tout ainsi dois-tu eschiver
- Tous temps le chemin et la voie
- Que tu scez et vois qui avoie[457]
- Toutes gens chtivet,
- A angoisse et povret,
- Et que chascun jour pues voir
- Qui ne leur fait que meschoir[458],
- N'en ce chemin bien n'orent oncques.
- Eschive le erraument doncques,
- Et met les pans[459] la sainture,
- Et si t'en cours grant alure,
- Et main destre pren t'adresse
- Au beau chemin qui tost adresse
- Tous ceulx qui y vont, et agence
- En tout honneur: c'est Diligence
- Le beau chemin plain de noblesse,
- Nuls n'y puet avoir fors lesse
- Par la plant des biens qui viennent
- A tous ceulx qui ce chemin tiennent.
- Il est lonc merveilleusement,
- Mais il n'ennuye nullement
- A ceulx qui veullent avenir
- Au manoir Richesse et venir,
- Ainois errent et jour et nuit
- Sans ce que goute leur ennuit.
- Chascun a dsir qu'il se voie
- En ce chemin. Droit en my-voie
- A deux sentes dont l'une destre
- S'en va droit, et l'autre senestre.
- De la destre te vueil parler:
- Par celle fait-il bon aler,
- Car tant est vertueuse adresse
- Qu'il maine parfaicte richesse;
- C'est Souffisance la sure
- Qui ceulx qui l vont assure
- Et les fait vivre en bon espoir
- Sans penser nul dsespoir,
- Car tout ce qu'ils ont leur souffist.
- Soit dommage ou prouffit,
- Dieu loent sans estre lasss
- Aussi tost d'un pou com d'assez.
- Cils sont riche parfaictement,
- Et nuls n'est riches autrement
- S'il ne va parmy Souffisance,
- Et fut-il ores roy de France.
- De l'autre sente te diray,
- La vrit n'en mentiray:
- Elle va senestre partie,
- Mais c'est bien chose mi-partie[460]
- Envers celle qui va destre,
- Car nul n'y puet assouvis estre.
- Celle sente a nom Convoitise
- Qui les cuers enflambe et atise
- D'estre convoiteux sur avoir;
- Qui plus en a, plus veult avoir,
- Tousjours de plus en plus convoite,
- D'aler avant si fort les coite[461]!
- Et quant ils viennent au chastel
- De Richesse qui tant est bel,
- Avis leur est que riens fait n'ont
- S'encores plus avant ne vont.
- D'aler oultre est bien leur entente,
- Tant com leur durra celle sente,
- A quelque peine que ce soit;
- Mais certes elle les doit.
- Mal en virent oncques l'entre,
- Car quant personne y est entre,
- Ne se peut d'avoir saouler,
- Ains vouldroit bien tout engouler;
- Ne se daignent l arrester,
- Mais vont tousjours, sans contrester,
- Querre meilleur pain que froment,
- Dont, puis, se repentent souvent;
- Car quant bien hault se sont juchis,
- A un seul coup sont trbuchis,
- De Fortune qui ne voit goute,
- Qui de sa roe si les boute
- Qu'en la boe les fait choir:
- On le puet chascun jour voir.
- Quant ils se voient dcus
- Et du hault au bas chus
- O fortune les a flatis[462],
- Lors ont les cuers si amatis[463]
- Et si vains que du tout leur faillent,
- Et ne scevent quel part ils aillent,
- Tant sont honteux et esbahis,
- Et se tiennent pour fols nas[464],
- Chtis, las, courbs, sans lesse,
- Entrans ou chemin de Paresse,
- Et s'en vont droit Povret,
- Desconfit et desbaret,
- Ne j puis jour ne seront aise,
- Ainois languiront en msaise,
- Et en tel estat se mourront,
- Et, par aventure, pourront
- Faire aucun vilain malfice
- Dont il seront mis justice.
- Donc pues-tu voir et entendre
- Qu'il fait trs mauvais entreprendre
- Sente qui est si prilleuse,
- Si forvoiant, si fortuneuse
- Comme est celle de Convoitise,
- Car nul n'y a s'entente mise
- Qui en la fin ne s'en repente.
- Eschieve doncques ceste sente
- Et pren celle de Souffisance,
- Et tu auras tousjours chevance
- Et assez tant com tu vivras;
- Assez as-tu quant ton vivre as,
- Entre les gens, honnestement,
- Et as souffisant vestement
- Et l'avenant le surplus:
- Fol es se tu demandes plus.
- Puis que tu l'as par loyaut,
- Tu as plus qu'une royault
- Sans souffisance ne vauldroit,
- Se tu regardes bien au droit.
- Et s'il advient que servir doies
- Je te deffent que tu ne soies
- Envers ton maistre courageux,
- Orguilleux, fel, ne oultrageux.
- Tousjours lui fay obissance,
- Et enclines sa plaisance,
- En tous estas[465], sans rebeller,
- Et ne te dois nul temps mler
- D'arger ne de contredire
- Chose que tu lui oies dire:
- S'il parle toi, si lui respons
- Doulcement, sans vilain respons,
- Sans rebrichier[466] et sans groucier,
- Craindre le dois courroucier.
- Et si ne dois en nul temps faire
- Chose qui lui doie desplaire
- Pour enseignement que tu truisses[467]
- Au moins puis qu'amander le puisses,
- Tu le dois amer de vray cuer,
- Sans lui estre faulx nul fuer,
- Et se tu l'aimes, tu feras
- Son vouloir et le doubteras
- En tous estas, j'en sui certaine,
- Car amours est si souveraine
- Que toutes vertus lui enclinent
- Et de lui obir ne finent.
- C'est moult puissant vertus qu'amour!
- Met-la donc en toy sans demour,
- Car qui aime de cuer, il craint:
- Bonne amour ce le contraint
- Qui le met en obissance
- Par sa vertueuse puissance,
- Et le tient en subjection
- Sans user de dception[468].
- Mais s'aucun craint, ne s'ensuit mie
- Qu'il ait en lui d'amour demie[469]:
- Amour n'obist pas crainte,
- Ne nullui n'aime par contrainte,
- Car on craint bient ce que l'en het,
- Que ce soit voir, chascun le scet;
- Mais qui bien aime, craint et doubte:
- De ce ne doit nuls avoir doubte.
- Aimes donc ton maistre et le sers
- Loyaument, et s'amour dessers[470];
- Et quant ton bien aparcevra,
- Vers toy fera ce qu'il devra,
- Ne j ne saura estre avers.
- Et se tu le sers au travers,
- Sans lui amer et chier tenir,
- Nul bien ne t'en poura venir,
- Ains perdras avec luy ton temps
- Et si auras lui contemps,
- Ou vilment congi te donra
- Et si diffamer te pourra
- En pluseurs lieux, par aventure,
- Que nullui n'aura de toy cure.
- Ainsi en tous estas perdroies,
- Se par amour ne le servoies.
- Quiconques sert il doit amer
- Son maistre de cuer, sans amer[471],
- Et de si loial cuer servir
- Que s'amour puisse desservir.
- Prendre doit trois conditions
- De trois significations
- Que briefment je te nommeray,
- Et puis si les exposeray.
- Premier, dos d'asne doit avoir
- Se bien veult faire son devoir;
- Secondement, comment qu'il voit[472],
- Oreilles de vache avoir doit;
- Et tiercement doit avoir groing
- De pourcel, sans aucun desdaing.
- Ces trois conditions estranges,
- Se tu sers, pas de toy n'estranges,
- Mais mect tousjours paine et estude
- D'avoir les par similitude,
- Quant sauras l'exposition
- De leur signification
- Que je te veuil dire et aprendre.
- Par dos d'asne tu pues entendre
- Qu'avoir dois le fais et la charge
- De ce que ton maistre te charge,
- Et que de toutes ses besoignes,
- Sans faire obliance, tu soignes;
- Tu en dois la somme porter
- Pour mieulx ton maistre dporter;
- Et pour bien faire ton devoir,
- Lui dois souvent ramentevoir
- Et avoir chier sur toute rien
- Le sien prouffit comme le tien.
- Aprs, par oreille de vache
- Pues-tu entendre, sans falache[473],
- Que tu dois ton maistre doubter,
- Et s'il te laidenge[474], escouter
- Sans ce que contre lui t'orgueilles;
- Faire lui dois grandes oreilles,
- Et faire semblant toutesvoies
- Que tu n'ois adonc, ne ne vois.
- Quant le verras de tencier chault,
- Tais-toy tout coy et ne t'en chault,
- N' tort, n' droit, ne respons point
- Tant comme il est en ycel point,
- Car trop s'en pourroit engaignier;
- Autre chose ne puet gaignier
- Servant qui respont son maistre,
- Soit chevalier, bourgois ou prestre.
- Qui se tait et point ne rebelle,
- C'est une vertu bonne et belle:
- Ceste-cy, se tu me veulx croire,
- Aras-tu tousjours en mmoire.
- Par groing de pourcel ensement
- Peus-tu entendre clrement
- Qu'en toy ne doit avoir danger
- Ne de boire, ne de menger,
- De grant disner, ne de petit:
- Tous dois prendre par apptit
- Et en bon gr, se tu es sage,
- Sans mener despit ne haussage,
- Orgueil, ramposnes, ne desdaing,
- Et fay tout ainsi com le groing
- Du pourcel qui partout se boute;
- Tout prent en gr, riens ne dboute,
- Ainois se vit de ce qu'il treuve
- Liement, sans faire repreuve[475],
- Tout treuve bon et savoureux,
- De nulle rien n'est dangereux[476].
- Par semblable, ne dois-tu estre[477]
- Quant tu es l'ostel ton maistre,
- Ains te doit tout plaire et souffire,
- Sans rien refuser ne despire.
- A tant se tut Raison la sage;
- Lors tournay un pou mon visage,
- Et pour penser mieulx m'acost;
- Donc s'en vint de lez mon cost,
- Uns homs saiges et plain d'avis,
- Ainsi comme il me fu avis
- Et il en est bien renomms,
- Entendement estoit nomms.
- Beaux amis, dist-il, or entens:
- Se tu veux emploier ton temps
- A faire ce que Raison dit,
- Tu feras que sage, mon dit.
- Elle t'a cy moult sermon,
- Moult bonne exemple t'a donn:
- Se tu l'as scu retenir,
- Tu en pues grant bien venir
- Selon Dieu et selon le monde;
- Croy la, et j'octroy qu'on me tonde,
- (Se de ce qu'elle a dit t'apens[478];)
- Se tu j nul jour t'en repens:
- Et tu l'apparcevras l'ueil;
- Quant or, plus dire n'en vueil,
- Car on doit mettre son assent[479]
- Autant un mot comme cent.
- Quant j'oy un pou aprs pens,
- Repens et contrepens
- A ce que Raison apris m'ot,
- Et bien record mot mot
- Par le conseil d'Entendement,
- Et que j'estoie en grant dment
- De tout en mon cuer retenir,
- s-vous un homme moi venir
- Qui bien sembloit estre advocas
- Qui parler scust en tous cas:
- Moult sembloit estre sages hom
- Selon droit et selon raison;
- Coiffe et habit fourr portoit,
- Et richement se dportoit:
- Preudoms sembloit, et sans riot,
- Clerc et varlet avec lui ot.
- Le maistre fu Barat[480] nomms,
- De ce ne fu pas mesnomms:
- Son clerc avoit nom Tricherie,
- Et son varlet Hoquelerie[481].
- Barat s'est de lez moy assis,
- Et commena par mos rassis
- A parler attrempement
- Aussi comme par chastiement.
- Auras-tu huy assez pens?
- Di, chaitif, qu'as-tu empens?
- Veulx-tu croire Raison la fole
- Qui ceulx qui la croient affole?
- Se tu la crois, chaitif seras
- Tant com de son sens useras;
- Nuls ne puet estat venir
- Qui se veult Raison tenir,
- Mais grant paine se chevit
- Et tousjours en souffret vit
- Sans avoir nulle chevissance.
- Or est fols qui a souffisance
- Quant au cuer a tant de doleur;
- Je le tendroie grant foleur
- Qui selon raison ouverroit:
- Jamais riche ne se verroit,
- Ains seroit tousjours en un point
- Sans ce que il enrichist point.
- Tousjours seroit com povre et chiche,
- Dolent, subjet et serf au riche
- Dont souvent s'oroit laidengier:
- Ainsi vivroit en grant dangier.
- Qui a le cuer pur, net et monde,
- Povre est et n'a loy[482] en cest monde,
- Ne ne puet venir estat;
- Met doncques Raison en restat[483]
- Et me crois, si feras que sage,
- Car s'user veux de mon usage,
- Tu seras tantost surhauci,
- Riche, puissant et essauci;
- Servis et honneurs seras,
- Et tout ton plaisir feras.
- Tu ne feras que commander,
- Chascun vendra ton mander:
- Tous temps vivras en tel conroy
- Com se tu fusses duc ou roy,
- Car tous auras tes aisemens.
- Se tu fais mes enseignemens
- Que je te vueil dire et aprendre,
- Moult bon exemple y pourras prendre.
- Flateur soies premirement,
- Car c'est le droit commencement
- Par quoi on puet bien venir
- Et grant estat avenir:
- S'avenir y veulx, sans deffault,
- De _Placebo_ jouer te fault.
- Soies en tous lieux dcevant
- O tu seras, et par devant
- A toutes gens fais beau semblant,
- Si leur iras le cuer emblant,
- Et faing que tu soies loyaulx,
- Vrais en cuer et espciaulx[484];
- Aquier des amis, sauf le tien[485],
- Serr par devers toy le tien.
- Ne soies pas larges, mais chiches;
- Ainsi seras tu tantost riches.
- Quel compaignie que tu truisses,
- L ne despens riens que tu puisses[486],
- Aies le cuer bault[487], et te truffes,
- Et dy des gorges et des truffes
- Quant tu verras qu'il sera point,
- Et met paine le faire point;
- Par ce seras tu bien venus
- En compaignie, et chiers tenus.
- Aprs, ne te doit ennuyer
- De voulentiers gens conchier[488]
- En tous estas, et mettre en voie
- Que tu aies de leur monnoie,
- Ou soit droit, ou soit tort,
- Ou par contrainte, ou par accort;
- Et se bien me veulx apaier[489],
- Acrois[490] partout sans riens payer,
- Et voulentiers par tout mescompte[491],
- Ne j du pchi ne fais compte;
- Ceulx qui te doivent fay contraindre,
- De les mengier ne te dois faindre,
- Et les mener povret
- Sans avoir d'eulx nulle piti:
- Ne te chault s'ils perdent chevance,
- Mais que tu aies leur substance;
- Soies tousjours tout prest de prendre,
- Mais garde-toi bien de riens rendre.
- Je te deffens que tu ne paies
- A me chose que tu doies,
- Et s'aucun te faisoit semondre[492]
- A qui il te faulsist respondre,
- Ou soit bel, ou soit let,
- Moy et mon clerc et mon varlet
- Tous ensemble t'irons aidier
- Ou cas qu'il te fauldra plaidier.
- Se tu nous crois, tu materas
- Tous ceulx qui tu plaideras,
- Sans faillir en nulle saison,
- Soit droit, soit tort, maugr raison,
- Tousjours ton besoing vendrons
- Et bien prs de toi nous tendrons
- Et te feron tost achever
- Tes causes et en hault lever
- Ton estat, habonder et croistre,
- Tant que bien te pourras acroistre.
- Aprs, te vueil encor aprendre
- Trois choses qu'il te fault emprendre
- Se tu veulx tost monter en pris
- Et si sont d'assez moien pris.
- La premire est que tu te vestes
- De bonnes robes et honnestes
- Fourres leur avenant[493]:
- Si en seras plus avenant[494],
- Plus honnours et mieulx prisis
- Et entre gens auctorisis
- Et tenus pour sage de tous,
- Et fusses tu fols et estous.
- La seconde chose est mentir
- Soubtivement, sans alentir,
- Par beaux mos polis, plains de lobe,[495]
- Ce siet bien sur la bonne robe:
- Par ce pourras tu faire acroire
- Que menonge soit chose voire
- Et que vrit soit menonge,
- Ne qu'on y croie ne qu'en songe.
- La tierce chose est vraiement
- Que tu faces hardiement
- Quanque tu auras empens,
- Soit bien pens ou mal pens;
- Tu dois hardiement ouvrer
- Se grant avoir veulx recovrer,
- Car cil qui hardiement ne euvre
- Et est honteux, riens ne recoeuvre,
- Mais est povre et las en ce monde,
- Et li hardi tousjours habonde
- Puis que beau langage a en main.
- Partout et soir et main
- Les trois derreniers poins tiens
- Et principalment les retiens
- Et tu auras tousjours chevance
- Combien que tout soit dcevance,
- Car nul ne puet chevance avoir
- S'il ne met paine dcevoir
- Et s'il n'est bien malicieux,
- Viseux[496] et caut et engineux,
- Semblant doulx et courtois vers tous,
- Et en cuer faulx, rude et estous:
- Et que tousjours rie sa bouche
- Combien qu'au cuer point ne lui touche,
- Car combien que beau semblant moustre,
- Le ris ne doit point passer oultre
- Le neu de la gorge, nul fuer;
- Des dens doit rire et non du cuer.
- Il doit estre blaffart[497] toudis,
- Et en tous fais et en tous dis
- Les puissans doit aplanier[498]
- Par souples mos et festier,
- Et leur porter grant rvrence,
- Car on puet moult acquester en ce;
- Des povres ne puet il chaloir,
- Car ils ne pevent riens valoir:
- Ceulx l fait bon bouter arrire,
- Sans leur faire semblant ne chire,
- Et du tout en tout soy retraire,
- Car on ne puet d'eulx denier traire.
- Or m'as tu oy raconter
- Comment on puet pris monter:
- Se tu crois mon enseignement,
- Riche seras parfaictement,
- Et auras, tout ton vouloir,
- Tout ce que tu sauras vouloir;
- Et se tu veulx croire Raison,
- Tu seras en toute saison
- Chaitif, mendiant, povre et las,
- Car si te tendra en ses las
- Que monter plus hault ne pourras.
- Or fay lequel que tu vouldras
- Et y pense tout loisir:
- Quant chois es, tu pues choisir.
- Se tu veulx estre povres hom,
- Si me laisse et croy Raison;
- Et se tu veulx riche homs estre,
- Si me tien pour seigneur et maistre,
- Tant com tu vivras, et me croy,
- Et de Raison croire recroy.
- A ce mot s'est Barat tu,
- Car assez m'ot ramentu
- Ses affaires et sa doctrine
- Et enseigni tout son convine;
- A tant de moy se dparti.
- Lors pensay moult au jeu-parti
- Que Barat et Raison fait m'orent
- Et enchargi tant comme ils porent,
- Mais le jeu si parti avoie
- Que lequel croire ne savoie,
- Ou Raison qu'ot moy parl,
- Ou Barat le bien enparl;
- Mais bien croi qu'au derrain crusse
- Barat, s'autre conseil n'usse,
- Car si bel m'avoit flajol
- Que tout sus m'avoit affol.
- Lors vint moy Entendement
- Pour moi donner enseignement
- Auquel des deux je me donnasse
- Et cuer et corps habandonnasse.
- Fol, dist-il, es-tu rassot
- Qui ce que Raison t'a not
- Veulx laissier pour estre trichierres
- Faulx et mauvais et dcevierres,
- Et croire Barat le lobeur
- Qui pires est que desrobeur?
- Bien es fol et oultrecuids
- Et de sens naturel vids,
- Et bien pert que tu ne vois goute
- Qui veulx mettre entente toute
- A toy envers Barat plaissier,
- Pour Raison la sage laissier,
- Car oncques nuls ne la laissa,
- Ne vers Barat ne se plessa
- A qui n'en meschist aprs,
- Sans faillir, loing ou prs.
- De ton temps voir l'as pu
- Que maint grant maistre dcu
- En ont est, et mis honte
- Pourcequ'il ne tenoient compte
- De Raison ne ses fais ensuire,
- Mais se penoient de la fuire,
- Et adnichilloient droiture,
- Contre Dieu, Raison et Mesure.
- Et combien qu'avec eulx fusse,
- J d'eux audience n'eusse
- A desdire leur voulent,
- Tant irent espris et tempt
- Par Fol-cuidier le pou sur,
- Qu'estre cuidoient assur,
- Et tousjours Barat surmontoient
- Pour ce que par lui hault montoient,
- Et amassrent les trsors
- Qui erent trs-vils et trs-ors;
- Car de ce qui par Barat vient,
- En la fin nul bien n'en avient.
- Il n'est pas bon logicien:
- Belle entre a et beau moyen,
- Mais tousjours fait conclusion
- A honte et confusion;
- Car tout quanque Barat ane[499],
- En vingt ans, anientist fortune
- En une seule heure de jour,
- Ne nuls n'y puet mettre sjour.
- Ainsi ne puet Barat durer,
- Car ne le pourroit endurer
- Droit qui tout adresse et aligne
- Et qui ne fait riens fors ligne,
- Mais est enclin son affaire
- A tout ce que Raison veult faire.
- Croi doncques Raison et la sers,
- Car vraiement tu seras sers
- D'une mauvaise servitude
- Se tu mes en Barat t'estude.
- Pluseurs par ses las sont passs,
- Plus sages que tu n'es d'assez,
- A qui mal en est advenu,
- Tu le vois souvent et menu.
- Plus sages que tu n'es? Vraiement,
- Par le mien mesmes jugement
- Plus saiges voir ne sont-ils mie,
- Car en eulx n'a de sens demie,
- Combien qu'ils aient de sens le nom
- Par grant abit et par renom,
- Car tels est saiges qui est fols
- En ce monde, bien dire l'os,
- Tel y est fol qui est bien sage,
- Ce voit on par commun usage;
- Car selon le dit de ce monde,
- Ly homs qui de richesse habonde
- Et a assez or et argent
- Pour sage est tenu de la gent
- Et est prisi en tous pays
- Combien qu'il soit uns fols nas;
- Donc il est sage et fol ensemble
- Par ce que j'ay dit[500], ce me semble:
- Voire sage pour son avoir,
- Et fol nas pour pou savoir.
- Et li povre, par opposite
- De l'exemplaire que j'ay dicte,
- Tant soit-il sage grant devise,
- Nul ne l'aime, honnoure ne prise,
- Ains le tient-on pour fol et nice
- Et est tenu son sens pour vice,
- Car quant il dit sage parole,
- Si la tiennent la gent pour fole,
- Ne de riens ne puet avoir los,
- Dont il est sage, et si est fols:
- Fols, pour ce qu'il est povres hom:
- Sage, pour ce qu'il a raison,
- Et sens en soy de lui retraire
- De mal faire, et bien atraire.
- Or vois-tu bien que je te preuve
- Tout clrement par une preuve
- Qu'il n'a fors pure vrit
- En ceste contrarit
- Que je t'ay voulu cy espondre[501],
- Ne nuls n'y sauroit que respondre
- Pour le contraire soustenir
- S'il se veult raison tenir.
- Soies sages et me croi doncques,
- Tu ne fis si bon sens oncques.
- Croy Raison et luy te tiens
- Et ses enseignemens retiens,
- Et tu en vendras grant bien.
- Tu le verras ains dix ans bien,
- Faillir n'y pues par nulles voies
- Se par Barat ne te desvoies.
- A tant se tut Entendement;
- Lors commenay parfondment
- A penser la vrit
- Que devant m'avoit rcit;
- Adonc apparceu-je de voir
- Que voir m'ot dit, sans dcevoir,
- Entendement le sages hom
- Que trop mieulx vault croire Raison
- Que Barat; si m'y assenti,
- Car onc nuls ne s'en repenti.
- Lors vint Raison, sans demoure,
- Blanche, vermeille, coloure,
- Faisant grant joie et bonne chire
- Com celle qui n'a riens tant chire
- En ce monde, comme personne
- Qui de bon cuer lui se donne.
- Ami, Dieux te gart, dist Raison,
- Or est-il bien temps et saison
- Que tu faces ma volent,
- Quant je t'en voi entalent;
- Tout maintenant jurer te fault
- Que par toi n'y aura default,
- Et que de cuer me serviras,
- Ne contre mon vouloir n'iras
- Jamais, quoy que Barat te die,
- Ne nul de ceulx de sa mesnie,
- Par leur beau parler dcevable.
- Aies le cuer ferme et estable
- A mes oeuvres continuer
- Sans ton courage point muer
- En pense, n'en fait, n'en dit,
- Comme autrefois je le t'ay dit
- Et monstr pour prendre chastoy,
- Quant je fus cy parler toy;
- Mais si tost com je m'entourn,
- Par Barat fus tantost tourn
- Et par la force de son vent,
- Tout ainsi que l'en voit souvent,
- Quelque part que le vent s'atourne,
- Le cochet d'un clochier se tourne.
- Prens doncques en toy fermet,
- Vertu, force et establet
- A bien tenir les convenances,
- Que je vueil que m'enconvenances
- Pour avoir de toy surt
- Que tu me tendras loyault
- Et que tous mes commans tendras
- En quelque lieu que tu vendras.
- Et saches bien que mon service
- Est au monde droicte franchise;
- Qui me sert, puet partout aler
- Et devant toutes gens parler
- Baudement, sans baissier la chire
- Et sans traire le cul arrire:
- Paour ne doit avoir ne honte
- Devant pape, roy, duc, ne conte,
- Ne devant autre justicier
- Ordonn pour gens justicier,
- Non voir devant homme qui vive,
- Car mon sergent nul n'estrive,
- Ne sa pense en nul endroit
- Ne vouldroit mettre, fors en droit
- Et en vrit maintenir,
- Et s'y veult soir et main tenir.
- Pour ce, vueil-je que tu deviengnes
- Mon sergent, et qu' moy te tiengnes,
- Sans t'en dpartir nul fuer,
- Et espcialment ton cuer;
- Et je aussi en ton cuer seray,
- Ne j ne m'en dpartiray
- Jusques la mort, ne t'en doubtes,
- Se maugr moy hors ne m'en boutes.
- Se tu m'aimes, bien te suivra,
- Et se ce non, il te fuira.
- Se tu n'as l'entendement trouble,
- Tu vois que mon salaire est double;
- Que ce soit voir, je le te preuve
- Par preuve o n'a point de repreuve.
- En moi servant, premirement,
- Pues-tu vivre tout seurement,
- Sans nul doubter fors Dieu mon pre:
- Qui ce ne croit, il le compre.
- Aprs, quant tu trespasseras
- De ceste vie, tu seras
- Avecques mon pre en sa gloire,
- Ceste sentence est toute voire,
- Et l vivras-tu finement
- Sans jamais avoir finement,
- Car tu dois crance avoir ferme
- Que quant personne vient au terme
- Qu'elle en ce monde doit mourir,
- Adonc commence-elle flourir
- Et prent commencement de vie
- Tout aussi tost qu'elle dvie,
- Car elle ist de vie muable
- Et entre en vie pardurable.
- Tout donc pues tu veoir clrement
- (S'en toy a point d'entendement)
- Que mon loyer se double bien
- Quant on en reoit double bien,
- C'est assavoir honneur parfait
- Au monde, par oeuvre et par fait,
- Et paradis en la parfin
- Qui durera tousjours sans fin.
- N'il n'est nul autre bien, sans faille,
- Qui le mendre de ces deux vaille;
- Or te gard donc de les perdre
- Et te veuilles du tout aherdre
- A mes euvres si bien ensuivre
- Que tu les aies dlivre,
- Et laisse Barat et ses euvres,
- Car saches que se tu en euvres
- Et en son service remains,
- Tu perdras le plus pour le mains.
- Car ces deux biens dessus nomms
- Qui tant sont beaulx et renomms
- Par son service auras perdus
- Et tu mesmes seras pendus
- Corporelment, par aventure,
- A grant angoisse et laidure.
- Tu y perdras, bien dire l'os,
- Se tu le sers, corps, me et los
- Qui sont trois trs souverains biens,
- Et si ne te puet donner riens
- Fors plaisance d'acquerre avoir
- Sans point de conscience avoir,
- Car tousjours son servant atise
- D'avoir sur l'autrui convoitise,
- Et quant son servant a assez
- D'avoir et trsors amasss
- Et il cuide vivre assur,
- Lors lui vient aucun msur
- Qui tout met ce dessus dessoubs:
- Par nuls n'en puet estre ressoubs,
- Ne nul de son meschief ne pleure,
- Mais chascun, de fait, lui queurt seure,
- Et tel, espoir, ne le vit oncques
- Qui en dit moult de mal adoncques
- Et en a le cuer esjoy
- Pour le mal qu'il en a oy,
- Et n'en fait fors chanter et rire,
- Et souvent par ramposne[502] dire:
- Trop estoit riche devenu,
- Tout estoit du deable venu
- Et au deable tout s'en ira
- Tout ainsi chascun s'en rira
- Et n'aura nuls de lui pit,
- Ains sera vilment despit
- Et de Dieu et du monde ensemble.
- Donc pues tu voir, ce me semble,
- Que Barat fait mauvais servir
- Puisque l'en ne puet desservir
- Fors que honte, angoisse et doleur,
- Et que qui le sert fait foleur.
- Met le doncques en non chaloir,
- Et m'aimes qui te puis valoir
- En tous cas, vers Dieu et le monde,
- Et aies le cuer pur et monde.
- Aies en toy humilit,
- Loyault, foy et vrit,
- Et se humble es de contenance,
- Gardes qu'il n'y ait dcevance,
- De cuer le soies et de fait,
- Car tel humble et loyal se fait
- Devant la gent, qui ne l'est mie
- Ne n'a d'humilit demie,
- Mais sa chiere humble et encline
- Fait acroire ceulx qu'il encline
- Qu'il est preudoms, par son semblant.
- Ainsi leur va leurs cuers emblant
- Par sa simple papelardie
- Qui est pleine de renardie
- Et de faulset, car soubs l'ombre
- De la simplesse o il s'aombre,
- Deoit tous ceulx qui le regardent
- Qui du faulx semblant ne se gardent;
- Si avugls les a sans doubte
- Que nulluy de luy ne se doubte,
- Mais jurroit chascun fermement
- Qu'il est preudoms parfaictement,
- Combien qu'en faulset habonde.
- Tout ainsi deoit-il le monde,
- Mais Dieu ne puet-il decevoir:
- Cellui en scet bien tout le voir,
- Car il voit tout descouvert
- Le mal qu'en son cuer a couvert;
- J si ne le saura rpondre[503]:
- Devant lui l'en fauldra respondre
- Quant il son jugement tendra
- Que sentence chascun rendra
- Par rigueur, selon le forfait
- Qu'il aura au monde forfait.
- Ou milieu du trosne sera,
- Les plaies chascun monstrera,
- Les cloux, la couronne et la lance:
- Lors sera chascun en balance,
- L n'aura roy ne empereour
- Qui n'ait en son cuer grant paour.
- L tendra-on aussi grant compte
- D'un savettier comme d'un conte,
- Et de ceulx qui vestent les rois[504]
- Comme des prelas et des rois,
- Mais que loyaulx aient est,
- Prenans en gr leur povret,
- Et la seurt de Souffisance,
- Et qu'ils aient u crance
- En Dieu, telle qu'il appartient
- Et comme Crestient tient.
- L ne pourra nuls pour avoir
- Vers mon pre sa paix avoir
- Qu'il n'ait ce qu'aura deservi
- Selon ce qu'il aura servi:
- Tuit cil qui seront d'Adam ns
- Auront paour d'estre dampns,
- J si justes ne sauront estre.
- Mais Dieu fera aler destre
- Mes gens que il congnoistra bien,
- Qui n'ont entendu fors bien
- Au monde, et selon moy vescu;
- L leur seray-je bon escu,
- Car Dieu tretous les bneira.
- Ainsi mes gens dpartira
- D'avec les gens Barat, sans doubte,
- Qui seront tous en une route
- Dolens senestre partie;
- L iert la chose mi-partie,
- Car mes gens qu' destre seront
- Tons ensemble joye feront
- Et auront parfaite lesse
- Exemps de dueil et de tristesse.
- Et les gens Barat, d'autre part,
- Dont mon pre aura fait depart
- D'avec les miens, par leur foleur,
- Grant pleur, grant cri et grant doleur
- Adonc tous ensemble menront
- Quant ils condempns se verront
- Et tourns perdition
- Sans esprer rdemption.
- Or ne te fay pas donc hessier[505]
- De moi prendre et Barat laissier,
- Rens toy moy tout en ceste heure,
- Sans querre y terme ne demeure,
- Fay moy tost hommage mains joinctes,
- Et selon mes oeuvres t'apointes
- Si com je t'ay cy-devant trait,
- Et persvres sans retrait,
- Car qui aujourd'uy bien feroit
- Et demain ne persverroit,
- Tout ce ne vauldroit un festu.
- Lors me dit Raison: Que fais-tu?
- Il me semble que tu n'oies goute.
- Dame, dis-je, je vous escoute,
- Car tant me plaist vous or
- Que tout me faites resjor
- Des grans biens que vous m'aprenez,
- Et pour ce tort me reprenez,
- Car vous m'avez dit et apris
- Que qui veult avenir pris,
- Il doit or et bien entendre
- Avant qu'il doie response rendre,
- Et qu' parler si point preigne
- Et par avis, qu'il ne mespreigne:
- Et que de parler ne se haste,
- Ne que nuls n'en doit avoir haste
- Qu'avant n'y ait trois fois avis;
- Et pour ce, dame, il m'est avis
- Se je vous ay laissi parler
- Sans reprendre vostre parler
- Que je n'ay fait cy nullement
- Fors selon vostre enseignement
- Auquel faire je sui tenu.
- C'est voir, tu l'as bien retenu,
- Ce dit Raison, et cuer mis:
- Si en seras honneur mis
- S'ainsi le veulx continuer
- Sans ton courage point muer.
- Puisqu'estre veulx de mes complices,
- Garde bien que tu acomplisses
- Mes commandemens, sans retraire,
- Que tu m'as oy cy retraire.
- Je respondi: Voulentiers, dame,
- Tout sui vostre de corps et d'me;
- En vous ay mis tout mon courage,
- Tenez et je vous fay hommage
- Et me rent jointes mains vous,
- Comme le vostre, nus genouls;
- Et si vous ay enconvenant
- Que bien vous tendray convenant
- En tous les lieux o je seray,
- Ne jamais chose ne feray,
- Que je puisse, qui vous desplaise.
- Lors Raison se baisse et me baise
- Et en baisant s'esvanouy.
- Plus parler ne la vis, n'oy,
- Mais bien dedens moy la senti,
- N'oncques puis je ne m'assenti
- De faire nulluy desraison
- N'autre chose contre raison,
- A tout le mains que je pusse
- Ne que congnoissance en usse.
- Quant dedens moi senti ainsi
- Raison la sage que j'aim si
- Que tousjours en mon cuer demeure,
- Lors vindrent moy, sans demeure,
- Un moult simples homs et sa femme;
- Bien sembloient gens sans diffame
- Et sans estre de mal tempt:
- Bon-cuer et Bonne-voulent
- Se faisoient-ils appeller.
- (Tels noms n'affierent cler.)
- Chascun moult bel se maintenoit;
- Bonne-voulent si menoit
- Un enfant bel et doulx et gent
- Et gracieux toute gent,
- (En tous cas ert de bon affaire,)
- Nomm fut Talent-de-bien-faire;
- Bon-cuer le preudom fut son pre
- Et Bonne-voulent sa mre.
- Tous trois de lez moy s'arrestrent
- Et moult bel semblant me monstrrent;
- Bon-cuer premier m'araisonna
- Et moult bel salut me donna
- Par doulx parler, com simples hom:
- Amis, dist-il, puisque Raison
- As avec toy acompaignie,
- Tu m'auras en ta compaignie
- Tous temps, et avec toi seray,
- Ne jamais jour ne te lairay;
- Ma femme et mon fils que vois cy
- Ne te lairont jamais aussi;
- Nous trois te conduirons ensemble
- A la voie, se bon te semble,
- Que Raison t'a dit et apris
- Qui fait gens avenir pris;
- Et se tu nous veulx croire et suire,
- Tous prets sommes de toy conduire
- Et d'aprouver en vrit
- Ce que Raison t'a endit;
- Et sans nous trois ne pues-tu faire
- Chose qui puist Raison plaire,
- Car ne saroies assener[506]
- Au chemin qui te doit mener
- Au noble chastel de Richesse
- Qui tant parest plain de noblesse.
- Qui sans nous y vouldroit aler
- Il ne feroit que reculer
- Jusqu' tant qu'il se fust bout
- Droit au chemin de Povret
- Qui tant parest boueux et ort.
- Lors lui dis: Sire, je m'acort
- A vous trois, et si vous requier
- Que vous me vueilliez convoer
- Ou chemin que je tant dsir,
- Si m'acomplirez mon dsir:
- C'est au chemin de Diligence
- Que je ne say o l'en commence
- A y entrer, qu'onques n'y fuy,
- Dont dolent et courrouci suy.
- Tu y entreras tout en l'eure,
- Dist Bon-cuer, or tost, sans demeure,
- Lieves sus et si t'apareilles;
- Il fauldra bien que tu t'esveilles
- Tel fois que tu dormisses bien,
- Se tu veulx avenir bien:
- En ce chemin faut traveillier,
- Pou dormir et souvent veillier.
- Par trop dormir pues-tu bien perdre,
- Nuls ne s'en scet quoi aherdre[507]
- Se n'est robe dessire
- Qui n'est pas chose dsire
- De personne qui honte craint;
- Pour ce est saige qui se contraint
- A souffrir un pou d'abstinence
- Dont on vient telle excellence
- Que on a des biens a plant.
- Lors parla Bonne-volent:
- Beaux fils, dist-elle, moi entens,
- Il te fault employer ton temps
- Tout autrement que tu n'as fait,
- Et si bien maintenir ton fait
- Que tu puisses acquerre avoir
- Sans chose de l'autrui avoir;
- Et me croy moi et mon seigneur,
- Si en vendras grant honneur.
- Tu n'y verras j le contraire,
- Amis, dist Talent-de-bien-faire,
- Croy ma mre que tu os cy,
- Et mon pre Bon-cuer aussi;
- En leur conseil met tout assens
- Et les aimes, si feras sens:
- Lieves sus tost, sans plus d'atente,
- Si te menrons droit la sente
- Du beau chemin de Diligence;
- Et ne met point de dbat en ce,
- Car tu en pues venir pris,
- Si comme Raison t'a apris.
- A ce mot respondi en l'eure:
- Sire, voulentiers, sans demeure;
- J par moy n'y aura dbat;
- Vostre conseil pas ne dbat,
- Ains le vueil du tout acomplir.
- Lors me commenay vestir
- Et me chaussay appertement,
- Puis dis: C'est fait, alons nous en,
- Vez moy cy tout aprest.
- Lors ala Bonne-voulent
- Tantost alumer la chandelle,
- Car moult estoit le cuer chault d'elle
- Que fusse entr en Diligence
- Le beau chemin plain d'excellence;
- Puis dist doulcement, sans hault braire,
- A son fils Talent-de-bien-faire:
- Tien, dist-elle, mon enfant doulx,
- Ceste chandelle devant nous
- Porte, si que plus cler voyons
- Tant qu'en Diligence soions;
- Or tost, n'y ait plus sjourn.
- Dame, vez me ci attourn,
- Dist Talent-de-bien-faire adoncques.
- Dsobissant n'en fut oncques,
- A la voie se mist devant,
- Pi pi l'alasmes suivant.
- Tous quatre ensemble tant errasmes
- Que nous en Diligence entrasmes,
- O je onquesmais entr n'avoie
- Pour ce que aler n'y savoie.
- En ce chemin grant et ferr
- N'usmes pas grantment err
- Que nous trouvasmes un chastel,
- Onques personne ne vit tel
- Se ce ne fust cellui meismes;
- Et quant la porte venismes
- Et nous cuidasmes ens entrer,
- Adonc nous vint l'encontrer
- Cellui qui la porte gardoit,
- Qui moult fellement regardoit
- Et moult estoit mal engroign
- Et, par semblant, embesoign.
- Moult lourdement me print dire:
- Qu'est-ce que voulez-vous, beau sire?
- Voulez-vous entrer sans congi
- Si tost que vous l'avez songi?
- Nul n'entre ou chastel de cans,
- S'il n'est moy obdiens
- Et ma femme que veez cy.
- Ay! sire, pour Dieu mercy!
- Ce dist lors Talent-de-bien-faire,
- Ne vous vueille tous deux desplaire,
- Il n'y vueil pas, sans vous entrer.
- Lors a prins Bon-cuer parler:
- Sire, dist-il, il est bien digne
- D'entrer lans sans long termine,
- Car je le say pour vrit.
- C'est mon, dist Bonne-voulent,
- Sire, n'en soie en doubtance,
- Car je say bien qu'il a bance,
- Grant voulent et grant dsir
- D'acomplir tout vostre plaisir
- Et de la dame de vos biens,
- Car sans ce ne vauldroit-il riens;
- Dictes que voulez-vous qu'il face,
- Et il le fera sans fallace.
- Lors dist le portier doulcement:
- Puisque de son assentement
- L'avez jusques ci amen,
- Il sera moult bien assen
- Ne il ne le pourroit mieulx estre.
- Adonc me prist par la main destre
- Et me commena preschier
- En disant: Mon amy trs chier,
- Puisque tu es cans venu,
- Tu seras dsormais tenu
- De moy et ma femme obir,
- Se tu veulx Richesse vir,
- Qui demeure assez prs de cy
- En son bel chastel seignoury.
- A elle ne puet nuls aler
- Sans ceulx de cans parler
- Et toute leur voulent faire
- Et persvrer sans retraire;
- A moy fault parler tout premier
- Qui suis de ce chastel portier,
- Qu'on clame chastel de Labour[508],
- O l'en besongne nuit et jour;
- On m'appelle par mon nom Soing
- Qui maine les gens par le poing,
- Entre moy et Cure ma femme,
- A monseigneur et madame
- Qui de cans ont le demaine,
- Qu'on appelle Travail et Peine:
- Si que, beaux amis, se tu veulx,
- Nous te menrons tout droit eulx,
- Mais moult t'y fauldra endurer
- On tu n'y pourras j durer,
- Car on te feroit hors chacier,
- En l'eure, sans toy menacier,
- Se n'y faisoies ton devoir.
- Je ne te vueil pas dcevoir,
- Demourer pues, ou retourner;
- On dit souvent qu' l'enfourner
- Font li fournier les pains cornus[509].
- Sire, dis-je, n'en parle nuls,
- De retourner n'est pas m'entente
- Pour nulle durt que je y sente:
- J ne m'en verrez remuer
- Pour froit, pour chaut, ne pour suer;
- Bon-cuer et Bonne-voulent
- Le vous ont assez crant,
- Et Talent-de-bien-faire aussi,
- Qu'amen m'ont avec eulx cy,
- Et se defaillir m'en vez,
- Jamais, nul jour, ne me crez.
- Lors me menrent Soing et Cure
- Ens ou chastel grant alure.
- L avoit bien plus de cent mille
- Ouvriers ouvrans par la ville,
- Dont chascun faisoit son mestier
- Si comme il lui estoit mestier;
- L n'ot homme ne femme oiseux.
- Tant estoit ce chastel noiseux
- De frir et de marteller[510]
- Qu'on n'y ost pas Dieu tonner;
- Qui de trois jours n'eust sommeill
- Si fust-il l tout esveill.
- Quant les ouvriers vy et oy,
- J'en eu le cuer tout esjoy
- Et me fut tart que je m'y veisse
- Et que je aussi comme eulx feisse.
- Soing et Cure me regardrent
- Talentif[511], si me demandrent
- Se je vouloie demourer
- En Labour et y labourer:
- Ol, dis-je, pour Dieu mercy!
- Moult me plaist demourer cy;
- Au chastellain bien parleray
- Et sa femme, quant j'aray
- Icy est jusques au soir.
- Dist Soing et Cure: Tu dis voir,
- Or commence donc, de par Dieu.
- Adonc prins ma place et mon lieu
- Et m'alay tost mettre en conroy.
- Ma chandelle mis devant moy
- Sur la table, en un chandelier,
- Pour mieulx voir besongnier.
- Et comme je m'apareilloie
- Et que je commencier vouloie,
- Es-vous venir la chastellaine
- De ce chastel, grant alaine,
- Peine qui aloit visitant
- Tous les ouvriers dont je vy tant.
- Les pans avoit sa ceinture
- Et moult aloit grant alure;
- De telle ardeur se remuoit
- Qu'a pou que le sang ne suoit;
- Nulle fois surcot ne vestoit,
- Mais en sa povre cote estoit
- Et aucune fois en chemise,
- Quant elle l'avoit blanche mise.
- En passant Peine m'apparut,
- Et pour ce que ne me congnut,
- Demanda Soing le portier:
- Qui est, dist-elle, cel ouvrier
- Que je voy l tout seul soir?
- Ne l'ay point apris voir,
- Il est venu tout nouvel huy,
- Je vueil aler parler luy
- Savoir s'il croire me voulra
- Et s' mon plaisir labourra.
- Dame, dist Soing, vueilliez savoir
- Qu'il a grant fain de vous voir;
- Tesmoingni nous a bien est:
- Bon-cuer et Bonne-voulent
- Et aussi Talent-de-bien-faire
- Dient qu'il est de bon affaire
- Et qu'il d'estre oiseux n'a cure.
- Lors parla moult haultement Cure
- Et dist: Vraiement, se n'a mon[512],
- Et pour ce nous du cuer l'amon
- Entre moy et mon mari Soing,
- Avec lui serons prs et loing:
- Prests sommes de le vous plgier
- Et de nous en bien obligier.
- Lors respondi la chastellaine:
- Puisqu'il est, dist-elle, en tel vaine,
- Je le vueil aler essaier
- Si me pourra si appaier
- Comme vous dictes, or y parra;
- S'ainsi le fait, il acquerra
- Pour l'amour de moy moult d'avoir
- Que nuls ne puet sans moy avoir.
- Peine se trait lors prs de moy:
- Amis, ne soies en esmoy,
- Dist-elle, mais fay liement
- Ta besoigne, et appertement
- A ta main entens sans muser
- Et ne t'entens pas ruser,
- Mais si l'ouvrage continues
- Que par force d'ouvrer tressues,
- Car nuls ne doit cans oser
- Soy alaschir ne repouser,
- Car tantost seroit bout hors.
- Je respondi humblement lors:
- Dame, dis-je, j'ay grant dsir
- De faire tout vostre plaisir,
- Ne j jour ne vous pourrez plaindre
- De moy que m'aiez vu faindre,
- Ne que vous face mesprenture,
- En tesmoing de Soing et de Cure.
- Amis, dist Peine, c'est bien dit,
- Fay que le fait s'accorde au dit,
- Ou tout ce ne vauldroit un ail,
- Si que quant mon mari Travail
- Vendra au soir, puist parcevoir
- Que bien aies fait ton devoir.
- Je visite nos gens au main,
- Et il les visite au serain:
- Or fay tant qu'il ne se courrouce,
- Carde pou parle, tence et grouce.
- A tant se tut la chastellaine
- Qui moult estoit d'angoisse plaine;
- A besognier commenay lors,
- Entente y mis, et cuer et corps.
- Ainsi besongnay sans sjour
- Jusqu' tant que je vy le jour
- Par les fenestres pairoir cler:
- Lors ma chandelle alay souffler,
- Puis entendi ma besoigne,
- Sans querre y terme ne essoigne,
- Jusqu' heure de desjuner
- Qui vault desjuner et disner
- A la coustume des ouvriers.
- De ceulx illec vis-je premiers
- La manire et la contenance[513],
- Qui vivoient en abstinence.
- N'y ot si grant ne si petit
- Qui ne prist grant apptit
- En pain sec, en aux et en sel,
- Ne il ne mengoit riens en el
- Mouton, buef, oye ne poucin;
- Et puis prenoient le bacin,
- A deux mains, plain d'eaue et buvoient
- A plain musel, tant qu'ils povoient.
- Quant je regarday cel afaire,
- Grant talent me print d'ainsi faire
- Combien que pas ne l'eusse apris;
- Mais aux ouvriers exemple pris,
- Qui mengoient, si me prist fain:
- Lors fis tant que j'us du pain
- De Corbueil[514], du sel et des aulx,
- Et si prins du vin aux chevaulx[515],
- Puis mengay par si grant saveur
- Qu'oncques ne mengay par greigneur,
- Car moult me vint gr cel ordre.
- Qui me vist en mon pain mordre,
- Ma manire et mon contenir,
- Grant apptit l'en peust venir.
- Et tout ads en besongnant
- Alay illec mon pain mengant
- Et beu de l'ieaue plain musel;
- Vin ne prisoie un viel fusel.
- Et quant j'u mengi et beu,
- Aussi bien me sentis-je peu
- Comme s' feste usse t
- Ou j'usse eu grant plant
- Mouton, buef, poulaille et paons,
- Pasts et tartes et flaons,
- Pain de bouche[516] et estrange vin
- Bourgouing, Gascoing et Angevin[517],
- Beaune, Rochelle, Saint-Pourain[518]
- Que l'en met en son sein pour sain.
- Lors me pris fort besongnier,
- Je ne m'en fis pas essoignier,
- Car l furent, lez mon cost,
- Bon-cuer et Bonne-voulent
- Et aussi Talent-de-bien-faire
- Qui regardoient mon affaire;
- Soing et Cure aussi y estoient
- Qui tout ads m'admonnestoient
- Que j'ouvrasse col estendu
- Et que bien me seroit rendu,
- Car j'en auroie bon loier.
- Ainsi ouvray sans dlayer
- Jusqu' la nuit noire et obscure;
- Adonc alrent Soing et Cure
- Tost la chandelle appareillier
- Pour jusqu' cueuvre-feu veillier,
- Car d'iver estoit la saison
- Qu'on ne souppe pas, par raison,
- Jusqu' tant qu'on l'oie sonner.
- Lors m'alay tost habandonner
- A l'euvre, de cul et de pointe,
- Je n'en fis oncques le mescointe,
- Et tant besoignay que j'oy
- Cueuvre-feu, si m'en esjoy,
- Car lasss et vaincus estoie
- De besongner, et si sentoie
- Un apptit qu'on clame fain.
- A ce point vint le chastellain
- Travail qui me dit: Doulx amis
- Bien doy amer qui cy t'a mis,
- Car bien y as fait ton devoir;
- Je m'en say bien apparcevoir.
- Bien voy que tu as sans faintise
- Huy en labour t'entente mise,
- Et pour ce te vueil pourvoir
- Que tu puisses Repos voir.
- C'est cil qui les gens de cans
- Qui en labour sont paciens
- Fait aaisier leur plaisir,
- Boire, mengier, dormir, gsir
- Et prendre consolation
- Aprs la tribulation
- Que ma femme leur fait souffrir
- Quant lui se veullent offrir.
- Et pour ce qu' lui t'es offert
- Et grant ahan as huy souffert,
- Congi te doing, en guerredon,
- D'aler Repos le preudon
- Qui te fera ton corps aisier,
- Ta char et ton sang appaisier
- Que tu as huy moult esmu
- Pour l'enhan que tu as u.
- Sire, dis-je, je m'y accort
- Puisque ce vient de vostre accort:
- A Repos m'en vois orendroit.
- Lors me mis voie tout droit
- Vers la porte, par un sentier:
- L requis Soing le portier
- Et Cure que par amour
- Hors me missent sans demour.
- Adonc respondi li portiers:
- Beaulx amis, dist-il, voulentiers,
- Car tu es vains et endormis.
- Lors m'ont Soing et Cure hors mis,
- Qui virent que temps en estoit,
- Mais trop forment m'admonnestoit
- Chascun d'eulx deux de moi lever
- Ds matines, pour achever
- L'euvre que commenci avoie
- Pour plus tost achever ma voie
- D'aler ou chastel de Richesse
- O l'en ne va pas par paresse,
- Non fait-on pas par diligence
- Se il n'y a persvrance.
- Raison me dist, (bien m'en souvient)
- Que persvrance convient
- En bien faire, c'est ce qui fait
- L'ouvrier louer de son bienfait.
- Amis, dist Soing, Repos vas:
- Plus dcevable ne trouvas
- Puis que tu fus de mre ns;
- Repos a maintes gens mens
- Ou hideux chemin de Paresse
- Qui tourne le cul Richesse:
- Repos a tous ceulx dcu
- Qui contre Raison l'ont cru,
- Et si est prest de dcevoir
- Tous les jours ceulx qui recevoir
- Veulent ce qu'il leur veult donner;
- Tous ses biens veult habandonner
- A tous ceulx qui prendre les veulent,
- Mais vraiement tous ceulx se deulent,
- En la fin, qui contre raison
- Les prennent hors heure et saison
- Sans cogente ncessit.
- Bien est raison et vrit,
- Sans Repos ne puet vivre nuls,
- De quelque estat, gros ne menus,
- Mais ceulx qui Repos croient trop
- Povres en la fin sont com Job.
- Or ne le vueilles mie croire,
- Mais aies tousjours en mmoire
- Ce que je te dy et enseigne
- Et le retien en cest ensaingne.
- Adonc me tira Soing l'oreille;
- Cure, d'autre part, s'appareille
- A moi enseigner et aprendre
- Comme je doy par raison prendre
- Les biens que Repos scet donner
- Quant il se veult habandonner.
- Amis, dist Cure, ne crois pas
- Repos, se ce n'est un trespas[519]
- Quant en auras ncessit,
- Car, si comme Soing t'a dict,
- Nuls ne pourroit sans Repos vivre[520]
- S'il n'est ou hors du sens ou yvre.
- Mais qui Repos croit oultrage,
- Il pert du tout son bon courage
- Qu'il avoit, par devant, d'ouvrer
- Et ne le puet pas recouvrer
- Aucune fois son vouloir,
- Dont en la fin le fait douloir.
- Garde donc bien qu'il ne te tiengne
- Que par raison, et te souviengne
- De moy ces enseignes-cy.
- Lors me tira l'oreille aussi
- Comme Soing ot fait par devant
- En moy mon preu ramentevant.
- A tant du portier prins congi
- Et de sa femme, et eslongni
- Le lieu au plus tost que je pos
- Et m'en alay droit Repos
- Qui m'attendoit en ma maison,
- Car il en estoit bien saison.
- Ens entray, si trouvay ma femme
- Qui ne pensoit nul diffame,
- Mais m'appareilloit mengier
- A lie chire et sans dangier.
- Mes mains lavay et puis m'assis,
- Et souspasmes sang rassis,
- Moy et ma femme, bec bec,
- Du pain et du potage avec,
- Et de ce que Dieu mis y ot.
- Quant soup eusmes sans riot
- Et la nappe si fu oste,
- Prs de moy se fu acoste
- Ma femme; lors luy comptay brief
- Mon affaire de chief en chief:
- Dame, dis-je, ne savez mie
- Comme j'ay eu forte nuitie
- Quant vous de lez moy dormiez
- Et vostre repos preniez.
- Vous n'avez pas vu -nuit
- La male gent qui tant m'a nuit
- Et fait si grant adversit:
- Besoing avec Ncessit,
- Souffret, Disette autressy,
- Pense la vieille et Soussy,
- Desconfort et Dsesprance.
- Et tant m'ont fait de meschance,
- Sachi, bout et tourment,
- Qu' poi qu'ils ne m'ont cravent;
- Mais Raison la bonne et la sage
- M'a apris la voie et l'usage
- D'eschever toute adversit
- Et de vivre en prosprit.
- Entendement, com mes amis,
- En la voie aussi m'en a mis,
- Et m'ont fait de Barat retraire
- Qui se penoit de moy attraire
- Pour moy faire mal habonder
- Et moy honnir et vergonder,
- Et aussi son clerc Tricherie
- Et son varlet Hoquelerie.
- Tant m'a donn Entendement
- Et Raison bon enseignement,
- Que je sui en foy et hommage
- De Raison la bonne et la sage,
- Et tousjours en moy demourra
- Ne jamais jour n'en partira,
- Ainsi comme elle m'a promis;
- A lui faire hommage ay trop mis.
- Si m'y ont moult bien ad
- Bon-cuer et Bonne-voulent,
- Talent-de-bien-faire leur fils.
- Quant moy vindrent, je leur fis
- Tout ce que il me commandrent
- Et alay o ils me menrent.
- Au chastel de Labour alasmes,
- O nous Soing et Cure trouvasmes
- Qui sont de ce chastel portiers:
- Ceulx me reurent moult volentiers
- Et me menrent droit Peine
- Qui de Labour est chastellaine;
- Peine me reut sans sjour:
- O moy a est toute jour;
- Travail ores, puis l'anuitier,
- Vint moy non pas pour luitier,
- Mais pour dire et ramentevoir
- Qu'avoie bien fait mon devoir
- Et que temps estoit de venir
- Mon corps aisier et soustenir.
- Mais trop m'ont hast Soing et Cure
- Qui de long aisement n'ont cure,
- De moy, ds matines, lever
- Pour tost ma besoigne achever.
- Or vous ay compt sans menonge
- Ma vision qui n'est pas songe.
- Lors respondi ma femme ainsi:
- Qu'est-ce que vous me dictes cy?
- Vous estes, je croy, hors du sens,
- Car ne me congnois en nul sens
- En ce que vous m'alez disant
- Et toute nuit cy devisant,
- Car ce n'est tout que fantasie
- Que vous dictes par frenaisie.
- Quant ma femme ramposn m'ot,
- Je me teus et ne sonnay mot,
- Car s' lui me feusse engaigni,
- Certes riens ne eusse gaigni
- Et j'ay piea du sage apris
- Que nuls ne devroit prendre pris
- Nulle chose que femme die.
- Soit bien, soit mal, tence ou mesdie,
- Tousjours veult femme estre loe,
- Et de ce que dit advoe:
- De riens ne veult estre reprise,
- Ains veult que l'en la loe et prise
- Aussi bien du mal com du bien:
- Ceste coustume say-je bien,
- Et pour ce que je bien le say,
- De la ramposne me passay,
- Car contre femme se fault taire
- Et toute leur voulent faire:
- Ainsi le conseil tous ceulx
- Qui ont femmes avecques eulx;
- Combien que ce soit follets
- De leur faire leurs voulents,
- Encore est-ce plus grant foleur,
- Selon raison, de faire leur
- Nulle chose qui leur desplaise,
- Car j femme ne sera aise
- Se son mary lui fait despit,
- Jusqu' tant, sans aucun respit,
- Que rendu lui ait doublement,
- Ou nature de femme ment.
- Dont doit-on, qui bien veult eslire,
- De deux maulx prendre le moins pire;
- Bon se fait prs d'un pril traire
- Pour de greigneur pril retraire.
- Lors m'appareillay pour couchier
- Et mis en coste moy l'eschier[521],
- Pour tost alumer ma chandelle
- Sans moy bougier, dessus ma selle.
- De Soing me souvint et de Cure
- Qui de ftardie n'ont cure,
- Car moult estoie entalent
- De bien faire leur voulent,
- Et ferai d'ores-en-avant,
- Et Dieu, par sa grce, m'amand
- De si bien vivre en Diligence
- Et en bonne Persvrance,
- Au gr de Travail et de Peine,
- Que voir me puisse ou demaine
- De Richesse la haute Dame,
- Au sauvement de corps et d'me.
- Et se je ne puis advenir
- A la grant Richesse, et venir,
- Qui est la mendre selon Dieu,
- Je pry la Vierge de cuer pieu,
- Qui le benoit fils Dieu porta,
- En quoy les pcheurs conforta,
- Qu'avenir puisse Souffisance,
- Car j'ay en ce ferme crance
- Que qui Souffisance adresse,
- En lui a parfaicte richesse,
- Ne j ne croiray le contraire.
- Icy vueil mon livre fin traire
- Appell la _Voie et l'adresse
- De Povret et de Richesse_.
-
-Chire seur, par ce que dit est vous povez veoir qu'est diligence et
-qu'est persvrance, et ainsi, chire seur, est le premier article
-dmonstr.
-
-
-
-
-LE SECOND ARTICLE
-
-DE LA SECONDE DISTINCTION,
-
-LEQUEL ARTICLE DOIT PARLER DE COURTILLAGE.
-
-
-_Primo_, est noter que tout ce que l'on sme, plante ou ente, l'en
-le doit semer, planter ou enter par temps moite et au soir ou au bien
-matin, avant l'ardeur du soleil et en dcours[522], et doit-l'en
-arroser le pi et la terre et non la fueille.
-
-_Item_, par l'ardeur du soleil l'en ne doit mie arroser, mais au soir
-et au matin; ne coper choux, percil[523], ne autres telles verdures qui
-regettent, car la chaleur du soleil cuiroit la coupeure et l'ardroit,
-et ainsi ne regetteroit jamais par iceluy endroit de la coupeure.
-
-_Nota_ que en temps pluieux fait bon planter, mais non mie semer, car
-la graine se retient au ratel.
-
-Ds la Toussains sont fves des marais, mais afin que icelles ne
-gellent, on en plante vers Nol et en Janvier et Fvrier et au
-commencement de Mars; et les plante-l'en ainsi diverses fois afin que
-se les unes sont geles, les autres ne le soient pas. Et quant elles se
-livent hors de terre, si tost qu'elles poignent l'en les doit harser
-et rompre le premier germe: et si tost qu'elles ont six fueilles l'en
-les doit seurfouir[524]. Et de toutes icelles, les premires venues
-sont les plus chires et doivent estre menges le jour qu'elles sont
-escosses, ou autrement elles deviennent noires et aigres.
-
-_Nota_ que marjolaine et violettes que l'en veult garder en yver contre
-la froidure, l'en ne les doit mie mettre soudainement de froit
-chault, ne de moite froit, car qui longuement les garde l'iver en un
-clier moite et soudainement les met au sec, il les pert; _et sic de
-contrariis similibus_.
-
-En yver l'en doit oster les branches du sauger qui sont mortes. Encores
-en Janvier et Fvrier, sauge, lavende, coq[525], mente, toutebonne[526]
-soient plants jusques Juing.--Panoit[527] soit sem large
-large.--Oseille soit seme ou dcours et jusques Mars et plus.
-
-_Nota_ que l'iver de Dcembre et de Janvier fait mourir les pores,
-c'est assavoir ce qui est hors terre, mais en Fvrier les racines
-regettent nouvelle et tendre pore, c'est assavoir si tost comme la
-gele cesse, et quinze jours aprs viennent les espinars.
-
-Fvrier.--Sarriette et marjolaine sont comme d'une saveur mengier,
-et sont sems ou dcours et ne sont que huit jours en terre.--_Item_,
-sarriette ne dure fors jusques la Saint-Jehan.--_Item_, en
-dcours doit-l'en planter arbres ou vignes et semer choux blans et
-pomms.--_Nota_ que les marquets chevelus portent ds l'anne qu'ils
-sont plants chevelus.
-
-Espinars sont en Fvrier et ont longue fueille et crenele comme
-fueille de chesne, et croissent par touffes comme pores, et les
-convient esverder[528] et bien cuire aprs.--Bettes viennent aprs.
-
-_Nota_ que framboisiers et aussi framboises sont bonnes planter.
-
-Mars.--Ou dcours doit l'en enter: jombarde[529] planter de Mars
-jusques la Saint-Jehan.--Violettes, girofle seme en Mars ou plante
- la Saint-Remy.--_Item_, soit l'une, soit l'autre, quant les geles
-approuchent, l'en la doit en aucun dcours replanter en pos pour mettre
- couvert et garder en cave ou en clier pour le froit, et de jour
-mettre l'air ou au soleil et arroser de telle heure que l'eau soit
-beue et la terre sche avant que l'en la mette couvert, car nullement
-l'en ne la doit au vespre estuier[530] mouille.--Fves planter et
-rompre le premier tuiau au herser comme dit est dessus.--_Nota_ que le
-percil qui est sem la veille de la Nostre-Dame en Mars, yst hors de
-terre neuf jours.
-
-Fenoul et marjolaine plantez ou dcours de Mars ou en Avril; et
-_nota_ que marjolaine veult plus grasse terre que violettes[531], et
-s'elle a trop ombre elle devient jaune.--_Item_, quant elle est bien
-reprise, adonc la dois arrachier par touffes et replanter large en
-pots.--_Item_, les branches couppes, fiches en terr et arrouses
-prennent racines et croissent.--_Item_, terre engresse par fiens de
-vaches et brebis est meilleur que de fiens de cheval.
-
-Violette de karesme et violette d'Armnie[532] ne veullent ne couver
-ne mucier; et _nota_ que violette d'Armnie ne porte fleur jusques
-au deuxime an, mais les jardiniers qui l'ont eue un an en terre, la
-vendent et replantent ailleurs, et lors elle porte.
-
-Ozeille, bazeillecoq[533] soient semes en Janvier et Fvrier
-ou dcours et jusques Mars, et se tu veulx replanter ozeille
-suranne[534], il te la convient replanter toute sa terre qui est
-entour la racine. _Item_, la queillir a maistrise[535], car l'en
-doit tousjours queillir les grans fueilles et laissier croistre les
-petites fueilles qui sont dessus icelles grans; et se tout estoit par
-aventure cueilli, il convient coupper le tuyau rez rez de terre, et
-il regettera nouvelle ozeille.
-
-Percil sme, sarcle, oste les pierrettes; et celuy qui est sem en
-Aoust est le meilleur, car il n'espie[536] point et se tient en vertu
-toute l'anne.
-
-Laictues doivent estre semes, et _nota_ qu'elles n'arrestent point en
-terre et reviennent bien drues: et pour ce les arrache-l'en et l
-toute la racine pour donner espace aux autres et oster espoisseur. Et
-_nota_ que la semence des laictues de France est noire, et la semence
-des laictues d'Avignon est plus blanche, et en fit apporter Monseigneur
-de La Rivire[537], et sont les laictues trop meilleurs et plus
-tendres assez que celles de France; et ne se queult la semence fors
-bouton aprs autre, ainsi comme chascun bouton s'avance de getter sa
-bourre.--_Nota_ que laictues ne se plantent point, et mesmement quant
-l'en les veult mengier, si arrache-l'en racine et tout.
-
-Courges. Les pepins sont la semence et les convient tremper deux jours,
-puis semer, et sans les moullier laisser croistre jusques ce qu'elles
-appairent dehors, et lors mouillier le pi seulement et la terre sans
-moullier les feuilles, et en Avril les arrouser courtoisement et les
-planter d'un lieu en autre un dour[538] ou demy pi en terre, et
-demy-pi l'une courge de l'autre, et moullier le pi continuelment et
-pendre un eschalat un pot perci, un festu et de l'eaue etc., ou une
-lesche de drap neuf ou pot[539].
-
-Bettes semez en Mars, et quant elles sont bonnes mengier, soient
-coupes prs de la racine, car tousjours rejettent et recroissent et
-deviennent pores.
-
-Bourraches, arraches[540] comme dessus.
-
-Choulx blans et choulx cabus est tout un; et sont sems ou dcours
-de Mars, et quant ils ont cinq fueilles, adonc l'en les arrache
-courtoisement et les plante-l'en demy-pi loing l'un de l'autre, et
-les convient mettre en terre jusques l'oeil et arrouser le pi; et les
-mengue-l'en en Juing et en Juillet.--Pommes de chou sont semes en Mars
-et replantes en May.--Choulx Romains sont de la nature de pomms et
-de auques[541] pareille semence, car l'une et l'autre semence croist
-sur un tronc, et de la semence qui vient par le tuyau du milieu et qui
-est au bout d'en haut croist la pomme, et de la semence qui vient d'en
-bas viennent les choulx Romains.--Minces en karesme est le regaing du
-chou, et durent jusques en Mars, et lors sont icelles minces en Mars de
-plus fort saveur mengier, et pour ce les convient plus parboulir, et
-en iceluy temps l'en arrache les troncs hors de terre.--_Nota_ que en
-Juillet, quant il pleut, l'en doit planter des choulx.
-
-_Nota_ que se fromis habondent en un jardin, et l'en gette en leur
-repaire de la scieure d'ais de chesne, ils mourront ou vuideront la
-premire pluie qui cherra, car les scieures retiennent la moiteur.
-
-_Nota_ que en Avril et Mai, tout le mois, sme-l'en les pores qui
-sont manges en Juing et en Juillet.--Les pores d'est doivent estre
-soyes, et laisses les racines en terre, et aprs yver les racines
-gettent, et les convient surfouir et lever la terre l'environ et
-illecques semer les nouvelles qui venront et cueillir le gecton
-des vieilles.--_Nota_ que depuis Avril jusques la Magdelaine
-fait bon semer pores, et les pores de karesme sont semes en
-Juillet et jusques la Magdelaine et non plus, elles appelle-l'en
-bettes.--_Item_, espinars.--_Item_ icelles bettes, quant elles sont
-leves de terre, sont replantes par ordre.--_Item_, en Avril et May
-convient planter choulx blans et pommes de chou qui furent sems en
-Fvrier et Mars.--En May treuve-l'en fves nouvelles, navez, raves.
-
-_Nota_ que en Juing, la vgille St.-Jehan, doit-l'en semer percil, et
-aussi la veille de la mi-Aoust.
-
-Aoust et my-Aoust.--Ysope semez. Choulx pasquers[542] soient sems ou
-dcours; percil aussy, car celui n'espie point.
-
-_Nota_ que la pore qui est en terre regette nouvelle pore cinq ou six
-fois comme percil, et la peut-l'en coupper audessus du troignon jusques
-la my-septembre, et d'illec en avant non mie coupper, car le troignon
-pourriroit, mais esbranchier la main les fueilles d'entour, et non le
-milieu.
-
-En icelluy temps convient esbranchier[543] toutes semences de
-pores, car les semences ne pevent meurir pour la froidure du temps,
-mais la semence esbranche et gette, le troignon regette nouvelle
-pore.--_Item_, en ce temps ne convient point couper le percil, mais
-effueiller.
-
-Aprs la septembresse[544], pivoine, serpentine, oignons de lis,
-rosiers, groselliers soient plants.
-
-Octobre.--Pois, fves, un doit[545] parfont en terre, et loing l'un de
-l'autre un dour, et que ce soient grosses fves des plus grosses, car
-quant elles sont nouvelles, elles se dmonstrent plus grosses que les
-petites ne font, et n'en doit-l'en planter que un petit, et chascun
-dcours aprs, un petit, afin se l'une partie gelle que l'autre non.
-
-Se tu veulx semer ou planter poix percis, sme les par temps sec
-et bel et non pluyeux, car se l'eaue de la pluie entroit dedens les
-pertuis du pois, il se fendroit et partiroit en deux et ne germeroit
-point.
-
-Jusques la Toussains peut-l'en tousjours replanter choulx: et quant
-ils sont trop mengis de chenilles, qu'il n'y a point de fueille
-fors les arrestes, s'ils sont replants, tout revient minces: et
-convient oster les feuilles d'en bas et les replanter jusques l'euil
-d'en hault. Les troncs qui sont tous dfueills ne convient-il plus
-replanter, mais laissier en terre, car ils getteront minces.
-
-_Nota_ que se tu replantes en est en temps sec, tu dois getter de
-l'eaue en la fosse; en temps moiste, non.
-
-_Nota_ que se les chenilles menguent tes choulx, quant il plouvera sme
-de la cendre par dessus les choulx et les chenilles mourront.--_Item_,
-tu peus regarder par dessoubs les fueilles des choulx et l trouveras
-grant assemble de mittes blanches en un tas, et saches que c'est dont
-les chenilles naissent, et pour ce l'en doit coupper la place o est
-celle graine et getter loing.
-
-Poreaux soient sems en la saison, puis replants en Octobre et
-Novembre.
-
-Se vous voulez avoir roisins sans ppins, prenez en croissant[546] ou
-temps que l'en plante la vigne, c'est assavoir en Fvrier, une plante
-de vigne avecques la racine et fendez le cep moiti par moiti tout au
-long jusques la racine, et ostez la mouelle d'une part et d'autre.
-Puis rongnez le cep et liez tout au long de fil noir, puis plantez le
-cep et fumez de bonne fumeure et estoupez de terre le trou d'en hault
-de la jointure du cep.
-
-Se vous voulez enter un cerisier ou un prunier sur et dedans un cep de
-vigne, tailliez la vigne, puis en Mars la fendez quatre dois prs du
-bout et ostez la mouelle d'une part et d'autre, et l faictes la place
-de l'amande d'un noyau de cerise, et la mettez et encloez dedens celle
-fente et liez de fil le cep joinct comme devant.
-
-Se vous voulez enter un cep de vigne dedans un cerisier, faictes
-tailler le cep de vigne qui sera plant et de long temps enracin
-emprs le cerisier, et en Mars, environ Nostre-Dame[547], perciez
-icelluy cerisier d'une tarire du gros[548] d'icelluy cep, et parmy
-le trou dudit cerisier boutez icelluy cep, qu'il passe tout oultre
-un pi de long, puis estoupez le tout aux deux costs du cerisier,
-c'est assavoir de terre glaze, de mousse, et entortillez de drappeaulx
-tellement que aucune pluie ne puisse atouchier au pertuis. _Item_, le
-cep de vigne doit estre escorchi et l'escorce d'icelluy cep pele et
-oste jusques au vert, en tant seulement comme touche ce qui est dedans
-le corps du cerisier, car s'ainsi est fait et que l'escorce soit pele
-et oste, le vif du cep qui joindra au vif du cerisier se consolidera
-l'un l'autre, ce qui seroit empeschi par l'escorce du cep se elle y
-demouroit. Ce fait laissiez les ensemble deux ans, et aprs coupperez
-le cep par derrire, et audessoubs de la jointure du cerisier.
-
-_Item_, sur un tronc ou souche de chesne, povez enter dix ou douze
-arbres, c'est assavoir que ou mois de Mars, environ la Nostre-Dame,
-vous soiez garnis de tant de greffes et de divers fruis que vous
-vouldrez avoir pour enter, et ferez scier au travers le chesne ou
-arbre sur lequel vous vouldrez enter; et aiez aguiss vos greffes
-d'un cost tant seulement manire d'un coin borgne si comme il est
-cy: [Illustration: un picot] et tellement que l'escorce d'icelluy
-greffe soit toute entire de l'un des costs et sans estre escorche
-ou entame, puis fichiez vos greffes entre l'escorce du chesne et la
-char, ou[549] le vif du greffe devers le bois ou le vif du chesne.
-Puis estoupez et couvrez de terre glase, de mousse et de drappeaulx
-tellement[550] que pluie, neige ou gele ne y puisse frir.
-
-Se vous voulez garder roses en yver[551], prenez sur le rosier petis
-boutons qui ne soient point espanis et les laissiez les queues longues,
-et entassez en un petit tonnelet de bois comme un tonnellet composte
-et sans eaue. Faictes bien enfoncer le tonnellet et qu'il soit
-serrement reli qu'il n'y puisse riens entrer ne yssir, et aux deux
-bouts d'icelluy tonnellet liez deux grosses pierres pesans et mettez
-icelluy tonnellet en une rivire courant.
-
-Romarin. Les jardiniers dient que la semence de romarin ne vient
-point en la terre de France, mais qui d'un romarin arracheroit et
-desmembreroit, en dvalant, aucunes petites branchettes et les tendroit
-par le bout et les plantast, ils revendroient; et qui les vouldroit
-envoer loing, il convendroit icelles branches envelopper en toile
-cire et coudre, et puis oindre par dehors de miel, et puis poudrez de
-fleur de fourment et l'envoez o vous vouldrez.
-
-J'ay oy dire Monseigneur de Berry que en Auvergne a trop plus grosses
-cerises que en France pour ce qu'ils provignent leurs cerisiers.
-
-
-
-
-DE LA SECONDE DISTINCTION
-
-LE TROISIME ARTICLE
-
-QUI DOIT PARLER DE CHOISIR VARLETS, AIDES ET CHAMBERIRES, ETC.
-
-
-Sur quoy, chire seur, ou cas que vous vouldriez entreprendre
-estre mesnagire, ou introduire une autre vostre amie, sachiez que
-serviteurs sont de trois manires. Les uns qui sont prins comme
-aides pour certaine heure, un besoing hastif, comme porteurs
-l'enfeutreure[552], brouetiers, lieurs de fardeaulx et les semblables;
-ou pour un jour ou deux, une sepmaine ou une saison, en un cas
-ncessaire ou pnible ou de fort labour, comme soieurs, faucheurs,
-bateurs en granche ou vendangeurs, hottiers, fouleurs, tonneliers et
-les semblables. Les autres temps et pour certain mistre, comme
-cousturiers, fourreurs, boulengiers, bouchiers, cordoenniers et les
-semblables qui euvrent la pice ou en tche pour certain euvre. Et
-les autres sont pris pour estre serviteurs domestiques pour servir
-l'anne et demourer l'ostel. Et de tous les dessusdis aucun n'est qui
-voulentiers ne quire besongne et maistre.
-
-Quant est des premiers, ils sont neccessaires pour descharger et
-porter fardeaulx et faire grosses et pesans besongnes; et ceulx sont
-communment ennuyeux, rudes et de diverses responses: arrogans,
-haultains, fors paier, prs de dire injures et reprouches se l'en
-ne les paie leur gr quant la besongne est faicte. Si vous pry,
-chire seur, que quant vous en aurez faire, dictes maistre Jehan le
-despensier[553] ou autres de vos gens qu'ils quirent et choisissent
-et prennent ou facent choisir et prendre les paisibles; et tousjours
-faictes marchander eulx avant ce qu'ils mettent la main la besoigne
-afin qu'il n'y ait dbat aprs, jasoit-ce que le plus souvent il ne
-veulent marchander, mais se veulent bouter en la besoigne sans marchi
-faire, et si doulcement dient: _Monseigneur, ce n'est riens, il n'y
-a que faire: vous me paierez bien, et de ce que vous vouldrez je
-seray content._--Et se ainsi maistre Jehan les prent, quant ce sera
-fait ils diront: _Sire, il y avoit plus faire que je ne cuidoie;
-il y avait faire et cecy et cela, et d'amont et d'aval_; et ne se
-vouldront paer et crieront laides parolles et villaines. Si dictes
-maistre Jehan qu'il ne les embesoigne point, ne seuffre embesoigner,
-sans marchander avant, car ceulx qui ont voulent de gaigner sont vos
-subjects avant que la besoigne soit commence, et pour le besoing
-qu'ils ont de gaigner, craignent que un autre ne l'entrepreigne par
-devant eulx pour doubte de perdre le marchi et que autre n'ait ce
-gaing: et pour ce ils se mettent plus grant raison. Et se maistre
-Jehan estoit si crdule eulx et leurs douces paroles s quelles
-il se fiast trop, et il advenoit que il souffrist que sans marchander
-ils entrassent en la besoigne, ils scevent bien que aprs la besoigne
-par eulx commence, nul autre, pour honte, n'y mettra pardessus eulx
-la main, et ainsi seriez en leur subjection aprs et en demanderoient
-plus; et se lors ils ne sont pas leur voulent, ils crieront et
-brairont vilain blasme et oultrageux, et ne sont honteux de rien et
-publient male renomme, qui est le pis. Et pour ce est-il meilleur de
-faire marchander eulx plainement et entendiblement avant le coup
-pour oster toutes paroles de dbat. Et trs certes vous prie que
-se le cas ou la besoinge le dsire, vous faictes enquerre de quelle
-condition sont et ont est vers autres, ceulx que vous vouldrez faire
-embesongner, et aussi que gens repliquans, arrogans, haultains,
-raffardeurs[554] ou de laides responses ne aiez riens faire, quelque
-prouffit que vous y vez ou quelque advantage, ne quelque bon marchi
-qu'ils vous facent, mais gracieusement et paisiblement les esloingnez
-de vous et de vos besongnes, car se ils s'y boutent, vous n'en
-eschapperez j sans esclandre ou dbat. Et pour ce faictes par vos gens
-prendre des serviteurs et aides paisibles et debonnaires et leur donnez
-plus, car c'est tout repos et paix que d'avoir faire bonnes gens;
-pour ce est-il dit que _qui a faire bonnes gens, il se repose_: et
-par semblable peut-l'en dire que qui a faire hargneux, douleur luy
-croist.
-
-_Item_, des autres comme vignerons, bateurs en granche, laboureurs et
-les semblables, ou autres comme cousturiers, drapiers, cordoenniers,
-boulengiers, mareschaulx, chandeliers de suif[555], espiciers, fvres,
-charrons, vignerons et les semblables autres, chire seur, je vous
-conseille et pry que vous aiez tousjours en mmoire de dire vos gens
-qu'ils aient besongner gens paisibles, et marchandent tousjours
-avant le fait, et comptent et paient souvent sans attendre longue
-crance sur taille ne sur papier, jasoit-ce que encores vault-il
-mieulx taille ou escripture que soy attendre du tout sa mmoire, car
-les crditeurs cuident tousjours plus et les debteurs moins, et de
-ce naissent dbas, haines et lais reprouches; et vos bons cranciers
-faictes paer voulentiers et souvent de ce que vous leur devrez et les
-tenez en amour afin qu'ils ne vous changent, car l'en n'en recueuvre
-mie bien tousjours de bien paisibles.
-
-_Item_, quant aux chamberires et varlets d'ostel que l'en dit
-domestiques[556], chire seur, sachiez que afin qu'elles vous
-obissent mieulx et qu'elles vous doubtent et craignent plus
-courroucier, je vous laisse la seignorie et auctorit de les faire
-choisir par dame Agns la bguine[557] ou autre de vos filles qui vous
-plaira, recevoir en nostre service, de les louer vostre gr et de
-les paer et tenir en nostre service tant comme il vous plaira et leur
-donner congi quant vous vouldrez. Toutesvoies de ce devez-vous part
-secrtement parler moy et faire par mon conseil pour ce que vous
-estes trop jeune et y pourriez bien estre dceue par vos gens mesmes.
-Et sachiez que d'icelles chamberires qui n'ont service, pluseurs sont
-qui se offrent et ramentoivent et quierent grant besoing maistres et
-maistresses, et de celles ne prenez aucunes que vous ne sachiez avant
-o elles ont demour, et y envoiez de vos gens pour enqurir de leurs
-conditions sur le trop parler, sur le trop boire: combien de temps
-elles ont demour: quel service elles faisoient et scevent faire: se
-elles ont chambres ou acointances en ville: de quel pas et gens elles
-sont: combien elles y demourrent et pourquoy elles s'en partirent;
-et par le service du temps pass, enqurez quelle crance ou esprance
-l'en peut avoir de leur service pour le temps venir. Et sachiez que
-communment telles femmes d'estrange pays ont est blasmes d'aucun
-vice en leur pays, car c'est la cause qui les amaine servir hors de
-leur lieu. Car s'elles fussent sans tache, elles fussent maistresses
-et non serviteresses; et di des hommes autel. Et se vous trouvez par
-le rapport de leurs maistres ou maistresses, voisins ou autres, que
-ce soit vostre besoigne, sachiez par elles, et devant elles faictes
-par maistre Jehan le despensier enregistrer en son papier de la
-despense[558] le jour que vous la retendrez, son nom et de son pre et
-de sa mre et d'aucuns de ses parens: le lieu de leur demourance et le
-lieu de sa nativit et ses pleiges[559]; car elles en craindront plus
- faillir pour ce qu'elles considreront bien que vous enregistrez
-ces choses pour ce que s'elles se deffuioient de vous sans congi, ou
-qu'elles feissent aucune offense, que vous en plaindriez ou rescririez
- la justice de leur pays ou iceulx leurs amis. Et nonobstant tout,
-aiez en mmoire le dit du philosophe lequel s'appelle Bertran le vieil,
-qui dit que se vous prenez chamberire ou varlet de haultes responses
-et fires, sachiez que au dpartir, s'elle peut, elle vous fera injure;
-et se elle n'est mie telle, mais flateresse et use de blandices, ne
-vous y fiez point, car elle be en aucune autre partie vous trichier;
-mais se elle rougist et est taisant et vergongneuse quant vous la
-corrigerez, amez la comme vostre fille.
-
-Aprs, chire seur, sachiez que sur elles, aprs vostre mary, vous
-devez estre maistresse de l'ostel, commandeur, visiteur, gouverneur et
-souverain administrateur, et vous appartient de les tenir en vostre
-subjection et obissance, les endoctriner, corrigier et chastier; et
-pour ce, deffendez leur faire excs ne gloutonnie de vie tellement
-qu'elles en vaillent pis. Aussi deffendez les de rioter[560] l'une
- l'autre ne vos voisins; deffendez leur de mesdire d'autruy,
-fors seulement vous et en secret, et en tant comme le meffait
-toucheroit vostre prouffit seulement, et pour eschever vostre dommaige
-et non plus; deffendez leur le mentir: le jouer jeux illicites:
-de laidement jurer et de dire parolles qui sentent villenies ne
-parolles dshonnestes ne gouliardeuses, comme aucunes mescheans ou
-mal endoctrines qui maudient _de males sanglantes fivres, de male
-sanglante sepmaine, de male sanglante journe_. Il semble qu'elles
-sachent bien qu'est sanglante journe, sanglante sepmaine etc., et
-non font-elles, ne doivent point savoir qu'est sanglante chose, car
-preudefemmes ne le scevent point, car elles sont toutes abhominables
-de veoir seulement le sang d'un aignel ou d'un pigon quant on le tue
-devant elles. Et certes, femmes ne doivent parler de nulle laidure, non
-mie seulement... des secrs membres de nature, car c'est dshonneste
-chose femme d'en parler.
-
-J'oy une fois raconter d'une jeune preudefemme qui estoit assise
-en une presse de ses autres amis et amies, et par adventure, elle
-dist par esbatement aux autres: Vous me pressez si fort que....[561]
-Et jasoit-ce qu'elle l'eust dit par jeu et entre ses amis, cuidant
-faire la galoise[562], toutesvoies les autres saiges preudefemmes ses
-parentes l'en blasmrent part. _Item_, telles femmes gouliardoises
-dient aucunes fois de femme qu'elle est p..... ou qu'elle est ribaude,
-et par ce disant il semble qu'elles sachent qu'est p..... ou ribaude,
-et preudefemmes ne scevent que ce est de ce; et pour ce deffendez leur
-tel langaige, car elles ne scevent que c'est. Deffendez leur vengence,
-et endoctrinez en toute patience l'exemple de Melibe dont il est
-cy-dessus parl, et vous mesmes, belle seur, soiez telle en toutes
-choses que par vos fais elles puissent en vous prendre exemple de tout
-bien.
-
-Or nous convient parler d'embesongner vos gens et serviteurs aux heures
-propres besongner, et aux heures convenables leur donner repos.--Sur
-quoy, chire seur, sachiez que selon les besongnes que vous avez
-faire et que vos gens sont propres plus une besongne que l'autre,
-vous et dame Agns la bguine qui avec vous est pour vous aprendre
-contenance sage et meure et vous servir et endoctriner, et laquelle
-principalment je donne la charge de ceste besongne, la devez diviser
-et crier, et commander l'une besongne l'un, et l'autre besongne
-l'autre. Et se vous leur commandez maintenant faire aucune chose,
-et iceulx vos serviteurs respondent: _il est assez temps, il sera
-j bien fait_, ou _il sera fait demain bien matin_, tenez le pour
-oubli: c'est recommencier, c'est tout nant. Et aussi de ce que vous
-commanderez gnralment tous, sachiez que l'un s'atend l'autre:
-c'est comme devant.
-
-Si soiez advertie, et dictes dame Agns la bguine qu'elle voie
-commencier devant elle ce que vous aurez cuer estre tost fait; et
-premirement qu'elle commande aux chamberires que bien matin les
-entres de vostre hostel, c'est assavoir la salle et les autres lieux
-par o les gens entrent et s'arrestent en l'ostel pour parler, soient
-au bien matin ballys et tenus nettement, et les marchepis[563],
-banquiers et fourmiers qui illecques sont sur les fourmes, despoudrs
-et escous; et subsquemment les autres chambres pareillement nettoies
-et ordonnes pour ce jour, et de jour en jour, ainsi comme il
-appartient nostre estat.
-
-_Item_, que par la dicte dame Agns vous faciez principalment et
-songneusement et diligemment penser de vos bestes de chambre comme
-petis chienns, oiselets de chambre[564]: et aussi la bguine et vous
-pensez des autres oiseaulx domeschs, car ils ne pevent parler, et pour
-ce vous devez parler et penser pour eulx, se vous en avez.
-
-Et aussi dy-je dame Agns la bguine que des autres bestes, quant
-vous serez au village, elle commande ceulx qui il appartient en
-penser: comme Robin le bergier, qu'il pense de ses moutons, brebis et
-aigneaulx; Josson le bouvier, des beufs et des toreaulx; Arnoul le
-vachier et Jehanneton la laictire, qu'ils pensent des vaches, genices
-et veaulx, truies, cochons et pourceaulx; Eudeline femme du mettoier
-qu'elle pense des os, oisons, coqs, gelines, poucins, coulons, pigons;
-au charretier ou mettoier, qu'il pense de nos chevaulx, jumens et les
-semblables. Et doit la dicte bguine et aussi vous devez faire semblant
-devant vos gens qu'il vous en souviengne, que vous y congnoissiez et
-que vous l'avez cuer, car par ce en seront-ils plus diligens. Et
-faictes faire, s'il vous en souvient, par vos gens penser du vivre
-d'icelles bestes et oiseaulx, et y doit la dite dame Agns embesongner
-ceulx et celles qui y sont propres. Et sur ce est noter que vous
-appartient bien faire savoir par la dicte dame Agns la bguine le
-conte de vos moutons, brebis et aigneaulx, et les faire reviseter, et
-enqurir de leur accroissement et descroissement, ne comment ne par qui
-elles sont gouvernes, et elle le doit rapporter vous, et entre vous
-deux le devez faire enregistrer.
-
-Et se vous este en pas ou il y ait repaire de loups, je vous
-enseigneray maistre Jehan vostre maistre d'ostel ou vos bergiers et
-gens de les tuer sans cop frir par la recepte qui s'ensuit.--_Recepte
-de pouldre pour tuer loups et renars._--R.[565] la racine de l'ectoire
-de canarade (c'est l'ectoire qui fait fleur de couleur blanche[566]),
-et faictes schier icelle racine meurement et sans soleil, et gectez
-hors la terre: et adonc face-en pouldre en un mortier, et avec celle
-poudre mettez la quinte partie de voirre bien moulu et la quarte partie
-de la feuille de lis, et tout soit mesl et pil ensemble, et tellement
-qu'il se puisse passer ou cribler. _Item_, ait miel et sain[567] frs
-autant de l'un comme de l'autre et mesle parmy de la poudre dessusdite,
-et face paste qui soit dure et fort, et gros morceaulx rons du gros
-d'un oeuf de poule, et cuevre iceulx morceaulx de sain frs et les mette
-sur les pierres ou tuillettes s lieux qu'il saura que loups et renars
-repaireront. Et se il veult faire amorse[568] de une vielle beste
-morte, faire le peut deux ou trois jours devant. _Item_, sans faire
-morceaulx, peut-il la poudre jetter sur la charongne.
-
-Ainsi vous et la bguine embesongnez les unes de vos gens aux choses
-et besongnes qui leur sont propres, et aussi dictes maistre Jehan
-le despensier qu'il envoie ou face envoier les autres reviseter vos
-greniers, remuer et essorer[569] vos grains et autres garnisons[570];
-et se vos mesgnies vous rapportent que les ras dommagent vos bls,
-lars, fromages et autres garnisons, dictes maistre Jehan qu'il les
-puet destruire en six manires: 1 Par avoir garnison de bons chats.
-2 Par ratires et soricires. 3 Par engins d'aiselles[571] appuies
-sur buchettes que les bons serviteurs font. 4 Par faire tourtells de
-paste et fromage frit ensemble et poudre de riagal[572], et mettre en
-leur repaire o ils n'aient que boire. 5 Se vous ne les povez garder
-qu'ils ne treuvent boire, il convient faire de l'espurge[573] par
-morcells, et lors s'ils les avallent, plus tost buveront et plus tost
-enfleront et mourront. 6 Prenez une once de riagal: deux onces fin
-arcenic: un quarteron gresse de porc: une livre fleur de farine de
-fourment et quatre oeufs, et de ce faites pain et cuisiez au four et
-tailliez par lesches et les clouez un clou.
-
-Or revien encores ma matire de faire embesongner vos gens, vous et
-la bguine, en temps convenable, par vos femmes essorer, esventer
-et reviseter vos draps, couvertures, robes et fourreures, pennes et
-autres telles choses.--Sur quoy sachiez et dictes vos femmes que
-pour conserver et garder vos pennes et draps, il les convient essorer
-souvent pour eschever les dommages que les vers y pevent faire; et
-pour ce que telle vermine se congre par le ramolissement du temps
-d'automne et de yver et naissent sur l'est, en iceulx temps convient
-les pennes et les draps mettre bon soleil et beau temps et sec; et se
-il survient une nue noire et moicte qui s'assie sur vos robes et en
-tel estat vous les ploiez, cest air envelop et ploy dedans vos robes
-couvera et engendrera pire vermine que devant. Et pour ce, choisissiez
-bel air qui soit continu et bien sec, et tantost que vous verrez autre
-gros air survenir, avant qu'il soit venu vers vous, faictes mettre vos
-robes couvert et escourre pour oster la grosse pouldre[574], puis
-nettoier unes verges sches[575]. Et la bguine scet bien et le vous
-le dira que s'il y a aucune tache d'uille ou autre gresse, le remde
-est tel: Ayez pis..t et le chauffez comme tide, et mettez la tache
-tremper dedans par deux jours, et puis espraignez le drap o est la
-tache sans le tordre, et se la tache ne s'en est ale, si le face dame
-Agns la bguine, mettre en un autre pis..t et battre un fiel de beuf
-avec, et face-l'en comme devant. Ou vous faictes ainsi: faites prendre
-de la terre de robes[576] et tremper en lessive, puis mettre sur la
-tache et laissiez scher, et puis frotez; et se la terre ne s'en va
-lgirement, si faictes mouillier en lessive, et laissiez encores
-schier et frotez tant qu'elle s'en soit ale; ou se vous n'avez
-terre de robes, faictes mettre cendres tremper en lessive, et icelles
-cendres bien trempes mettez sur la tache; ou vous faictes prendre de
-bien nettes plumes de poucins et moulliez en eaue bien chaude pour l
-laissier la gresse qu'elles auront prise, et remoulliez en eaue necte
-bien chaude: bien refrottez aussi et tout s'en yra.
-
-S'il y a sur robe de pers[577] aucune tache ou destaincture de couleur,
-faictes prendre une espurge et la moulliez en necte et clre lessive,
-puis espraigniez et traynnez sur la robe en frotant la tache, et la
-couleur y revendra. Et se sur quelsconques autres couleurs de drap y
-a tache de destainture de couleur, faictes prendre de la lessive bien
-nette et qui point n'ait coull sur drappeaulx, et mettre avec la
-cendre sur la tache, et laissiez scher, puis faictes frotter, et la
-premire couleur revendra.
-
-Pour oster tache de robe de soie, satin, camelot, drap de Damas ou
-autre, trempez et lavez la tache en vertjus et la tache s'en yra, et
-mesmes se la robe est destainte, si revendra-elle en sa couleur (_ce
-que je ne croy pas_)[578].
-
-VERTJUS. Nota que ou temps que le vertjus nouvel se fait, l'en
-en doit prendre, sans sel, une fiole et la garder, car ce vault pour
-oster tache de robe et la remettre en sa couleur, et est tousjours bon,
-et nouvel et vieil.
-
-_Item_, et se aucunes de vos pennes ou fourreures ont est moullies
-et se soient endurcies, faictes deffourrer le garnement[579], et
-arrouser de vin la penne qui est dure, et soit arrouse la bouche
-ainsi comme un cousturier arrouse d'eaue le pan d'une robe qui veult
-retraire, et sur icelluy arrousement faictes gecter de la fleur[580] et
-laissiez scher un jour; puis frottez trs bien icelle penne[581]... en
-son premier estat.
-
-Or revien au propos que devant, et dy que vostre maistre d'ostel
-doit savoir qu'il doit chascune sepmaine faire reviseter et boire
-de vos vins, vertjus et vinaigres; veoir les grains, huilles, noix,
-pois, fves et autres garnisons. Et quant aux vins, sachiez que s'ils
-deviennent malades, il les convient garir de maladies par la manire
-qui s'ensuit:
-
-Premirement se le vin est pourri, il doit mettre la queue[582], en
-yver, emmi une court sur deux trteaulx afin que la gele y frappe, et
-il garira.
-
-_Item_, se le vin est trop vert, il doit prendre plain pennier de
-morillons[583] bien meurs, et gecte dedens la queue, par le bondonnail,
-tous entiers, et il amendra.
-
-_Item_, se le vin sent l'esvent[584], il doit prendre une once de
-seurmontain[585] en pouldre et autant en graine de paradis[586] en
-pouldre et mettre chascune desdictes pouldres en un sachet et le
-pertuisier d'une greffe[587], et puis pendez tous les deux sachets
-dedens la queue cordelettes et estoupez bien le bondonnail.
-
-_Item_, se le vin est gras, preigne douze oeufs et mette boullir en eaue
-tant qu'ils soient durs, et puis gecte hors le jaune et laisse le blanc
-et les coquilles ensemble, et puis frire en paelle de fer et mettre
-tout chault dedens un sachet et pertuis d'une greffe comme dessus,
-et pendre dedans la queue une cordelette. _Item_, preigne un grant
-pot neuf et le mette dessus un trepi vuit[588], et quant il sera bien
-cuit, despice le par pices et le gecte dedans la queue, et il garira
-de la gresse.
-
-_Item_, pour desroussir le vin blanc, preigne plain pennier de feuilles
-de houx et gecte dedens la queue par le bondonnail.
-
-_Item_, se le vin est aigri, preigne une cruche d'eaue et gecte dedans
-pour dpartir le vin de devers la lie, et puis preigne plain plat de
-fourment et mettez tremper en eaue, et puis gectez l'eaue, et mettez
-boullir en autre eaue, et faciez bien boullir en autre eaue tant qu'il
-se vueille crever, et puis l'ostez; et s'il en y a des grains tous
-crevs, si les gecte, et aprs gecte le froment tout chault dedens la
-queue. Et se pour ce le vin ne veult esclarcir, preigne plain pennier
-de sablon bien lav en Saine et puis gecte dedens la queue par le
-bondonnail et il esclarcira.
-
-_Item_, pour faire s vendenges un vin fort, n'emple pas la queue que
-il s'en faille deux sextiers[589] de vin, et frotte tout entour le
-bondonnail, et lors il ne pourra gecter et en sera plus fort.
-
-_Item_, pour traire une queue de vin sans luy donner vent, face un
-petit pertuis d'un foret emprs le bondonnail, et puis ait un petit
-plastreau[590] d'estouppes du large d'un blanc et puis mette dessus,
-et preigne deux petites bchettes et mette en croix dessus le dit
-plastreau, et mette un autre plastreau sur les dictes bchettes.
-Et pour esclarcir vin troubl, se c'est une queue, vuide-l'en deux
-quartes[591], puis le remue-l'en un baston ou autrement, tellement
-que lie et tout soit bien mesl, puis preigne-l'en un quarteron d'oeufs,
-et soient batus moult longuement les moyeulx et les blans tant que tout
-soit fin cler comme eaue, et tantost gectez aprs un quarteron d'alun
-batu et incontinent une quarte d'eaue clre et l'estoupez, ou autrement
-il se vuideroit par le bondonnail.
-
-Et aprs ce et avec ce que dit est, belle seur, faictes commander par
-maistre Jehan le despensier Richart de la cuisine escurer, laver,
-nettoier et tout ce que appartient cuisine, et vez comme dame Agns
-la bguine quant aux femmes, et maistre Jehan le despensier quant aux
-hommes, mettront vos gens en oeuvre de toutes pars: l'un -mont, l'autre
--val, l'un aux champs, l'autre en la ville, l'un en chambre, l'autre
-en solier[592] ou en cuisine et envoieront l'un a, l'autre l, un
-chascun selon son endroit et science, et tant que iceulx serviteurs
-gaignent leur salaire chascun et chascune en ce qu'il saura et devra
-faire; et s'ils le font, ils feront bien, car sachez que paresse et
-oisivet engendrent tous maulx.
-
-Toutesvoies, belle seur, aux heures pertinentes faictes les seoir
-la table, et les faites repaistre d'une espce de viande largement et
-seulement, et non pas de plusieurs, ne dlitables ou dlicatives, et
-leur ordonnez un seul buvrage nourrissant et non entestant, soit vin ou
-autre et non de plusieurs; et les admonestez de mengier fort et boire
-bien et largement, car c'est raison qu'ils mengeussent d'une tire,
-sans seoir oultrage[593], et une alaine, sans reposer sur leur
-viande ou arrester ou acouster[594] sur la table. Et si tost qu'ils
-commenceront compter des comptes ou des raisons, ou eulx reposer
-sur leurs coustes[595], commandez la bguine qu'on les face lever et
-oster leur table, car les communes gens dient: _Quant varlet presche
-table et cheval paist en gu, il est tems qu'on l'en oste, que assez y
-a est_. Deffendez leur yvresse, et que personne yvrongne ne vous serve
-ne approuche, car c'est pril, et aprs leur reffection prise midy,
-quant temps sera, les laissiez par vos gens remettre besongner. Et
-aprs leur second labour et aux jours de feste aient autre repas, et
-aprs ce, c'est assavoir au vespre, soient repus habondamment comme
-devant et largement, et se la saison le requiert soient chauffs et
-aaisis.
-
-Et aprs ce, soit par maistre Jehan le despencier ou la bguine vostre
-hostel clos et ferm, et ait l'un d'eux les clefs par devers luy,
-afin que nuls sans congi n'y entre ne ysse. Et chascun soir et avant
-vostre coucher, faictes par dame Agns la bguine ou maistre Jehan le
-despensier faire reviseter la clart de la chandelle les fons de vos
-vins, vertjus, ou vinaigre, que nul ne s'en voit[596], et facent par
-vostre closier ou fermier savoir par ses gens que vos bestes soient
-bien affourages pour la nuit. Et quant vous aurez sceu par dame Agns
-la bguine ou maistre Jehan le despencier que le feu des chemines sera
-couvert partout, donnez vos gens, pour leurs membres, temps et espace
-de repos. Et ayez fait adviser par avant, qu'ils aient chascun loing
-de son lit chandelier platine[597] pour mettre sa chandelle, et les
-aiez fait introduire[598] sagement de l'estaindre la bouche ou la
-main avant qu'ils entrent en leur lit, et non mie la chemise[599]. Et
-aussi les aiez fait admonnester et introduire, chascun endroit soy, de
-ce qu'il devra commencier l'endemain, et de soy lever l'endemain matin,
-et recommencier chascun endroit soy son service, et de ce soit chascun
-advisi. Et toutesvoies de deux choses vous advise: l'une que se vous
-avez vos filles ou chamberires de quinze vint ans, pour ce que en
-tel aage elles sont sottes et n'ont gures veu du sicle, que vous les
-faciez coucher prs de vous en garderobe ou chambre o il n'ait lucarne
-ne fenestre basse, ne sur rue, et se couchent et livent vostre
-heure, et vous mesmes qui avant ce temps serez sage se Dieu plaist, les
-gardez de prs; l'autre si est que se l'un de vos serviteurs chiet en
-maladie, toutes choses communes mises arrire, vous mesmes pensez de
-luy trs amoureusement et charitablement et le revisetez et pensez de
-lui ou d'elle trs curieusement en avanant sa garison, et ainsi aurez
-acompli cest article.
-
- * * * * *
-
-Or vueil-je, en cest endroit, vous laissier reposer ou jouer et non
-plus parler vous:[600] vous esbatrez ailleurs, je parleray maistre
-Jehan le despencier qui nos biens gouverne, afin que se aucun de nos
-chevaulx tant de charrue comme chevauchier est en essoine[601], ou
-qu'il conviengne acheter ou eschanger, qu'il s'y congnoisse un petit.
-
-Sachiez donc, maistre Jehan, que cheval doit avoir seize[602]
-conditions, c'est assavoir:
-
-Trois des conditions du renart: c'est courtes oreilles droictes, bon
-poil et fort et roide, queue bien pelue.
-
-Du livre quatre: c'est maigre teste, bien esveill, de lgier mouvant,
-viste et tost alant.
-
-Du beuf quatre, c'est assavoir: la harpe[603] large, grosse et ouverte,
-gros bouel, gros yeulx et saillans hors de la teste, et bas enjoint.
-
-De l'asne trois: bon pi, forte eschine, et soit dbonnaire.
-
-De la pucelle quatre, c'est assavoir: beaulx crins, belle poitrine,
-beaulx rains et grosses fesses.
-
-Maistre Jehan, mon ami, qui veult acheter un cheval, il le doit
-premirement veoir en l'estable, car l voit-l'en s'il est en main
-d'affaiteur ou non, et s'il est bien ou mal gard; s'il abonne
-cocte[604], et comment il siet sur le fien[605]. Aprs ce, l'issir
-de l'estable, s'il a courtes et droites oreilles, maigre ou grasse
-teste, bonne veue et saine, et bons yeulx, gros, saillans dehors
-la teste; et puis taster dessoubs les gencives qu'il y ait grant
-entre-deux et bonne ouverture et large, et qu'il n'y ait gourme, bube
-ne malen[606], et que l'entre du gavion ne soit en riens empesche.
-
-Et puis, mon ami maistre Jehan, tu te dois congnoistre l'aage;
-dont il est savoir que quant un cheval a deux ans, il a ses dens
-nouvelles, blanches, dlies et pareilles. Au troisime an, les trois
-dens de devant luy muent, et dedens icelluy troisime an deviennent
-plus grosses assez et plus brunes que les autres. Au quatrime an, les
-deux dens qui sont aux deux costs d'iceulx trois dens mues, luy muent
-et deviennent pareilles aux trois dont dessus est parl. Au cinquime
-an, les autres muent. Au sixime an, viennent les crochs dont le fons
-est creux, et est la fve ou fons du creux. Au septime an les hors du
-creux des crochs si usent, et n'y a mais point de creux ne de fve, et
-devient tout plat et tout aouni[607] et de l en avant on n'y congnoist
-aage.
-
-Aprs ce, maistre Jehan, tu dois aviser se le cheval a bonne encontre
-et bonne herpe et ouverte: qu'il ne soit courb ne fuisel[608]; et
-s'il est duri[609] c'est bon signe. Et par entre les deux jambes de
-devant, regardes aux jambes de derrire qu'il n'y ait esparvain ou
-courbe. Esparvain dedens le plat de la cuisse de derrire est, et
-s'apperoit mieulx par entre les deux jambes de devant. Courbe est
-icelluy endroit que devant, et plus sur le derrire, car elle tient
-au bout du gerret derrire, sur le bout de la jointe de la queue en
-dvalant; et est au commencement une petite bossette qui agrandist et
-est longuette, et gist au long et dessoubs le pli du gerret. Et quant
-on veult gracieusement parler devant marchans, on dit ainsi: _Vez-cy
-un bon cheval, il est long et esgarrett_. Et lors on entent que c'est
- dire qu'il est corbeux.
-
-Aprs ce, maistre Jehan mon amy, tu dois aler au cost et regarder s'il
-est point grev soubs la selle, car en cheval qui ait tendre dos ne
-vous fiez; gardez aussi qu'il ne soit blci au jarret[610]. _Item_,
-qu'il ait bon bouel; s'il est point batu d'esperons, qu'il n'ait
-grosses c......, qu'il ait long corps, car on dit un cheval plat quant
-il n'est pas ront ne bien esquartell. Vez aussi quelle chire il fait
-par l'apparence de ses oreilles et de ses yeulx et par l'esmouvement
-de sa teste et le remuement de ses pis, et gardez bien qu'il n'ait
-malandres, [malandre est dedans le garret derrire; gardez aussi qu'il
-n'ait][611] molettes ne suros; ne soit crapeux, ne ne s'entretaille de
-la jambe de l'autre lez[612], car d'illec le peut-l'en bien veoir.
-
-Aprs ce que dit est, doit-l'en adviser que le cheval ait maigres
-jambes, larges et plates, et qu'il n'ait pas les genoulx couronns, et
-que les joinctes[613] de dessus les couronnelles ne boutent mie devant.
-Et regardez s'il a pis gras et combles, pis fendus, faulx quartiers,
-pis avals, crapaudines ou fourme. Fourme sur couronnelle est quant au
-travers sur le coup-du-pi a une soubaudreure[614] qui se hausse, et en
-huit jours est forme aussi derrire comme devant, et durant ce qu'elle
-est entire, l'en l'appelle fourme et fait pis avals, mais quant
-elle est creve, l'en dist crapaudine et ne garist-l'en puis, et est
-sur le bout de la couronnelle du pi[615].
-
-Aprs, va par derrire et garde qu'il ait les fesses escarteles et
-bien secources[616], belle queue et bien pelue et serrant aux fesses
-que on ne la puisse sourdre[617], car c'est bon signe quant le cheval a
-bon et fort quoier, saines c....... Et encores de rechief, advise qu'il
-ne s'entretaille, ne ne soit crapeux ne rongneux, ne qu'il n'ait javart
-et rongne, et par entredeux icelles jambes de derrire qu'elles ne
-soient aronnes parmy le milieu comme un arc, et audessoubs qu'il n'y
-ait esparvain, molette, suros dedens la jambe ou dehors, ou malandre,
-et qu'il ne s'entretaille ne n'ait crape[618] ne rape, ne derrire ne
-devant. Aprs, le convient veoir trotter bellement de rechief en sa
-droicte aleure commune, et adviser adonc s'il live ses pis ouniement
-et gaulment, d'un hault[619] et d'une lgiret; s'il plie bien ses
-jambes devant et qu'elles ne soient mie roides; s'il escout sa teste,
-s'il soufle du nez et ouvre ses narines, et s'il est long en la main,
-car toutes ces choses sont de bon signe. Aprs, le dois faire trotter
-fort, et prendre garde s'il trotte bel et qu'il ne s'entretaille ne
-ataigne. Puis faire courre et aler les galos, et lors regarder certes
-s'il a grosse alaine; s'il soufle et qu'il ait grant et grosse alaine
-par la bouche, se les flancs luy haletent ou qu'il soit poucis; et ce
-puet aussi estre veu dessoubs la queue. Puis le veoir l'endemain
-froit, et savoir en l'estable comment il se tient sur le sien, puis
-trotter et aler les galos et reveoir s'il est poucis, et ce peut estre
-veu dessous la queue, puis le veoir et savoir de rechief aux champs et
-ailleurs s'il est bon aux esperons.
-
-_Nota_, maistre Jehan, que s festes de Flandres, se vous avez
-barguaigni[620] et sceu le pris d'un cheval, et vous demandez le
-veoir courre, _eo ipso_ vous vous dpartez de tous les autres vices,
-tellement que s'il est bon l'esperon et qu'il queure, il est vostre,
-quelque autre tache qu'il ait.
-
-Maistre Jehan, s'aucun cheval est qui ait pass aage, et soit trouv
-sans suros, malandre, courbe, entretaille, molettes _et similia_, c'est
-adonc entendre qu'il est afferm[621], et que puis qu'il a pass sa
-jeunesse sans tache, jamais n'en aura aucune.
-
-_Item_, tant est un cheval plus court, maistre Jehan, tant a plus fort
-eschine.--_Item_, tant plus dur trotte, maistre Jehan, tant plus est
-fort.--_Item_, maistre Jehan, s'il est dli sur la poincte d'en bas,
-c'est mauvais signe.
-
-Maistre Jehan, se vous voulez engresser, pour vendre, un de nos
-chevaulx, _primo_ soit estrill, lav et tenu nettement, et fresche
-lectire.--_Item_, s'il ne fut pie seign, si le faictes seigner
-des costs, c'est du ventre, car icelle seigne des costs est propre
-pour leur donner bon bouel. Puis luy emplissiez son ratellier de trs
-bon foing d'une part, et de feurre d'avoine d'autre part; puis prenez
-quatre boisseaulx de bien nette paille de fourment, deux boisseaulx
-de bran[622], un boissel de fves menues et un boissel d'avoine, et
-meslez tout ensemble et luy en donnez quatre fois le jour, avant
-boire. _Item_ aprs, boire de l'eaue de rivire chauffe au soleil ou
-sur le fumier, ou en yver chauffe sur le feu, et y ait du son dedens
-une toille, car sans toille le cheval toussiroit comme s'il eust mengi
-plume; puis mengeusse du foing. Puis pour prou vendre[623], comme
-dessus, ou se c'est cheval de petit pris, il ait avant boire, trois
-fois orge boulu, et aprs boire, fves et bran et bien pou d'avoine.
-
-OINGNEMENT POUR LES PIS DES CHEVAULX.--Prenez un quarteron
-de suif de bouc, un quarteron de cire, un quarteron de terbentine, un
-quarteron de poix rasine et boulez tout ensemble, et oignez les pis
-des chevaulx.--_Item_, aiez un drappel moulli en viez oint et mettez
-ou fons du pi et de la fiente avec.
-
-Pour garir de rape, crape, rongne et javart, lavez d'uille de chennevis
-avec eaue batue ensemble, et s'il n'en garist, il le convient seigner
-de la pointe du pi.
-
-_Item_, est noter que quant un cheval est seign du col, l'en le
-doit tenir li hault, et faire petitement mengier et hault, car le
-dbatement des mandibules et du col le pourroient faire escrever.
-_Item_, le convient abuvrer le plus loing de la seigne que l'en puet
-et lier hault, pour ce que le baisser la teste le fait escrever.
-_Item_, se le cheval est de grant pris, si soit veill de nuit.
-
-Malandre veult estre lav deux fois le jour de chault pis..t ou
-chaude eaue. _Item_, _idem_, grosses jambes derrire[624]; et se
-ainsi l'en ne peut garir, que l'en face restrainctif, c'est assavoir
-de sang-de-dragon[625], d'aubun d'oeufs[626], ou plastre bien sass
-et aubun d'oeufs[627], et liez par bandeaulx entour la jambe, et puis
-seicher un tison de feu par derrire.
-
-Quant cheval pert la veue, faictes mouldre du saing[628] de voirre
-vieil, et luy gette-l'en dedens l'ueil un tuel[629].
-
-Quant cheval a tranchoisons, faictes-le mettre par terre et puis luy
-faictes mettre un cornet un quarteron de quelque huille dedens le
-c.l, et puis le faites chevauchier tant qu'il sue, et il garira.
-
-Quant cheval a vives[630], il luy convient dire ces trois mos, avec
-trois patenostres: [un croix] _abgla_, [un croix] _abgly_, [un croix]
-_alphara_, [un croix] _asy_, [un croix] _pater noster_ etc.
-
-Contre farcin, te convient ce couver[631] par neuf jours, et chascun
-jour en jeun dire par trois fois, et chascune fois dire trois
-patenostres et toucher le mal [un croix] _In nomine Patris_ [un croix]
-_et Filii_ [un croix] _et Spiritus Sancti_ [un croix] _amen_ [un croix]
-_Je te conjure, mal flon de par Dieu omnipotent et de par le Pre et
-de par le Fils et de par le Saint Esperit, et de par tous les sains et
-de par tous les anges de nostre Seigneur Jhsu Crist. et par toutes les
-vertus que Dieu donna paroles ne en voix, par les vertus que Dieu
-fist de faire le ladre gurir de sa maladie: et que tu, mal flon,
-n'ailles plus avant, et que ne doubles ne ne enfles, n'en fenestres,
-n'en fistules, nant plus que firent les cinq plaies nostre Seigneur
-Jhsu Crist, et aussi le monde sauva, et pour ce se firent les cinq
-plaies de nostre Seigneur, Jhsu Crist. In nomine Patris_ [un croix]
-_et Filii_ [un croix] _et Spiritus Sancti_ [un croix] _Amen_.
-
-S'aucun cheval est morfondu, il le convient tantost faire seigner
-des jambes devant au plus bas, et au hault du plat des cuisses, et
-recueillir le sang, et d'icelluy oindre les pis, puis torchier de
-foing moulli et pourmener sans boire et sans mengier, et dedens quatre
-heures ou environ, mettre un restraintif sur les couronnelles afin
-qu'il ne face pi neuf; et le convient pourmener sans arrest trente-six
-heures, et luy donner la main du foing s'il en veult mengier: et ne
-boive point d'un jour naturel; et aprs vint-quatre heures depuis la
-seigne, boive de l'eaue chaude avec du bran. Et pendant le dit temps
-et tantost aprs ce qu'il sera seign, soit couvert de trois linceuls
-moullis tout une fois, et au bout de trente-six heures ou plus,
-c'est assavoir quant il se prendra mengier du bran et faire bonne
-chire et qu'il aura fient, luy face-l'en bonne lictire et blanche,
-et le face-l'en reposer, puis pourmener, et quant il yra de bon cuer,
-si luy oste-l'en un jour un drap, l'autre jour l'autre, et le tiers
-l'autre, et ne luy donne-l'en fors brenne boire et mengier jusques
- ce qu'il face bonne chire. Aucuns leur donnent du buvrage de pommes
- un cornet. Et de tout le mareschal puet avoir franc et demi[632].
-
-
-
-
-DE LA DEUXIME DISTINCTION
-
-LE QUART ARTICLE[633]
-
- QUI VOUS DOIT APRENDRE QUE VOUS, COMME SOUVERAIN MAISTRE DE VOSTRE
- HOSTEL, SACHIEZ COMMANDER ET DEVISER A MAISTRE JEHAN DISNERS ET
- SOUPPERS, ET DEVISER MS ET ASSIETES.
-
-
-Et ce commencement je vous mettray aucuns termes servans aucun pou,
-et qui vous donront commencement ou au moins esbatement.
-
-_Primo_, pour ce qu'il convient que vous envoiez maistre Jehan s
-boucheries, cy-aprs s'ensuivent les noms de toutes les boucheries de
-Paris et leur dlivrance de char.
-
-A la Porte-de-Paris[634] a dix-neuf bouchiers qui par estimation
-commune vendent, pour sepmaine, eulx tous, l'un temps parmi l'autre, et
-la forte saison portant la foible, dix neuf cens moutons, quatre cens
-beufs, quatre cens pourceaulx, et deux cens veaulx.
-
-Saincte-Geneviefve: cinq cens moutons, seize beufs, seize porcs, et
-six[635] veaulx[636].
-
-Le Parvis: quatre-vint moutons, dix beufs, dix veaulx, huit porcs.
-
-A Saint-Germain a treize bouchiers; deux cens moutons, trente beufs,
-trente veaulx, cinquante porcs.
-
-Le Temple, deux bouchiers; deux cens moutons, vint-quatre beufs,
-vint-huit[637] veaulx, trente-deux porcs.
-
-Saint-Martin: deux cent cinquante moutons, trente-deux beufs,
-trente-deux veaulx, vint-deux[638] porcs.
-
-Somme des boucheries de Paris, pour sepmaine, sans le fait du Roy et de
-la Royne et des autres nos seigneurs de France, trois mille quatre-vint
-moutons, cinq cent quatorze beufs, trois cent six veaulx, six cens
-porcs[639]. Et au vendredi absolut[640], sont vendus de deux mille
-trois mille lars[641].
-
-Pour ce qu'il a cy-devant est parl du fait du bouchier et
-poullaillier, le fait de l'ostel du Roy en office de boucherie monte
-bien, pour sepmaine, six-vints moutons, seize beufs, seize veaulx,
-douze porcs: et par an deux cens lars.
-
-Le fait du poullaillier: par jour, six cens poullailles, deux cens
-paires de pigons, cinquante chevriaux, cinquante oisons.
-
-La Royne et les enfans. Boucherie, pour sepmaine, quatre-vins moutons,
-douze veaulx, douze beufs, douze porcs: et par an six-vins lars.--Le
-fait du poullaillier: pour jour, trois cens poullailles, trente-six
-chevreaulx, cent cinquante paires de pigons, trente-six oisons.
-
-Orlans[642] aussi.
-
-Berry aussi.
-
-Les gens de Monseigneur de Berry dient que aux dimenches et grans
-festes, il leur convient trois beufs, trente moutons, huit-vins
-douzaines de perdris, et connins l'avenant, mais j'en doubte.--Avr
-depuis.--Et est certain que[643] plusieurs grans festes, dimenches
-et jeudis, mais le plus commun des autres jours est deux beufs
-et vingt moutons.--_Nota_ encores que la court de Monseigneur de
-Berry on fait livre pages et varlets des joes de beuf, et est le
-museau du beuf tailli travers, et les mandibules demeurent pour la
-livre, comme dit est.--_Item_, l'en fait du col du beuf livre ausdis
-varlets.--_Item_, et ce qui vient aprs le col est le meilleur de tout
-le beuf, car ce d'entre les jambes de devant, c'est la poitrine, et ce
-dessus, c'est le noyau[644].
-
-Bourgoingne, de parisis tournois du Roy[645].
-
-Bourbon, la moiti du fait de la Royne.
-
-_Item_, et sans espandre ou baillier vostre argent chascun jour,
-vous pourrez envoer maistre Jehan au bouchier, et prendre char sur
-taille[646], considrant ce qui s'ensuit:
-
-En la moiti de la poitrine de beuf a quatre pices, dont la premire
-pice a nom le grumel[647]; et toute celle moiti couste dix blans[648]
-ou trois sols. En la longe a six pices, et couste six sols huit
-deniers ou six sols. La surlonge trois sols. Ou giste[649] a huit
-pices et est la plus grosse char, mais elle fait la meilleure
-eaue[650] aprs la joe; et couste le giste, huit sols.
-
-Le quartier de mouton a quatre pices ou trois pices et l'espaule, et
-couste huit blans ou trois sols.
-
-Le quartier de veel, huit sols. Porc[651]....
-
-Et _nota_ que ce que l'en dit la poictrine d'un beuf, l'en dit le
-brichet d'un mouton: et quant l'en parle d'un cerf, l'os d'icelle
-poictrine est nomm la hampe.
-
-De la poictrine d'un beuf, la premire pice qui part d'emprs le colet
-est appelle le grumel, et est la meilleur. D'un mouton, le flanchet
-est ce qui demeure du quartier de devant quant l'espaule en est
-leve.--_Item_, l'en dit le couart[652] d'un cerf.--_Item_, les dents
-sont les c......ns.
-
-La surlonge trois sols. La longe six sols. La char d'un mouton dix sols.
-
- * * * * *
-
-Aprs ces choses, convient dire et parler d'aucuns termes gnraulx qui
-regardent fait de queurie[653] en aucune qualit, et aprs sera monstr
- congnoistre et choisir les viandes desquelles l'en doit ouvrer comme
-il s'ensuit:
-
-_Primo_, que en toutes sausses et potages lians en quoy l'en broie
-espices et pain, l'en doit premirement broer les espices et oster
-du mortier, car le pain que l'en broie aprs, requeut ce qui des
-espices est demour; ainsi on ne pert rien ce qu'on perdroit qui feroit
-autrement.
-
-_Item_, des espices et lieures[654] mises en potages, l'en ne doit
-riens couler[655], combien que sausses si fait, afin que les sausses
-soient plus clres et aussi plus plaisans.
-
-_Item_, sachiez que pou advient que pois ou fves ou autres potages
-s'aoursent[656], se les tisons ardans ne touchent au cul du pot quant
-il est sur le feu.--_Item_, avant que ton potage s'aourse, et afin
-qu'il ne s'aourse, remue-le souvent au cul du pot et appuie ta cuillier
-au fons, afin que le potage ne se preigne l. Et _nota_ que si tost que
-tu apparceveras que ton potage s'aoursera, si ne le remue point, mais
-l'oste tantost de dessus le feu et le mets en un autre pot.
-
-_Item_, _nota_ que communment tous potages qui sont sur le feu
-surondent et s'en vont sur le dit feu jusques ce que l'en ait mis au
-pot sel et gresse, et depuis, non.
-
-_Item_, _nota_ que le meilleur chaudeau qui soit, c'est de la joe de
-beuf lave en eaue deux fois ou trois, puis boullir et bien escumer.
-
-_Item_, l'en scet se un connin est gras, luy taster un nerf ou col
-entre les deux espaules, car l scet-l'en s'il a grosse gresse par le
-gros nerf; et s'il est tendre, l'en le scet luy rompre une des jambes
-de derrire.
-
-_Item_, _nota_ qu'il y a diffrence entre les queux, entre boutonner et
-larder, car boutonner est de giroffle et larder est de lart.
-
-_Item_, des brochets, le laicti vault mieulx que l'ouv, se ce n'est
-quant l'en veult faire rissolles, pour ce que des oeuvs l'en fait
-rissolles, _ut patet in tabula_. Des brochets, l'en dit lancerel,
-brochet, quarrel, lux et luceau[657].
-
-_Item_, aloze franche entre en Mars en saison.
-
-_Item_, carpe doit estre trs cuite, ou autrement c'est pril de la
-mangier.
-
-_Item_, plais[658] sont doulces applanier la main, et lymandes au
-contraire.
-
-_Item_, Paris, les oyers[659] engressent leurs oies de farine, non
-mie la fleur ne le son, mais ce qui est entre deux, que l'en appelle
-les gruyaux ou recoppes: et autant comme ils prennent de ces gruyaux
-ou recoppes, autant mettent-ils d'avoine avec, et meslent tout avec
-un petit d'eaue, et ce demeure ensemble espais comme paste, et ceste
-viande mettent en une goutire[660] sur quatre pis, et d'autre part,
-de l'eaue et lictire nouvelle chascun jour, et en quinze jours sont
-gras. Et _nota_ que la lictire leur fait tenir leurs plumes nettes.
-
-_Item_, pour faisander chapons et glines, il les convient saignier par
-la gueule et incontinent les mettre et faire morir en un scel d'eaue
-trs froide, et il sera faisand ce jour mesmes comme de deux jours tu.
-
-_Item_, l'en congnoist les jeunes malars[661] des viels, quant ils
-sont aussi grans les uns comme les autres, aux tuyaux des esles qui
-sont plus tendres des jeunes que des vieulx.--_Item_, l'en congnoist
-ceulx de rivire ce qu'ils ont les ongles fins, noirs, et aussi ont
-les pis rouges, et ceulx de paillier[662] les ont jaunes. _Item_,
-ont la creste[663] du bec, c'est assavoir le dessus, vert tout au
-long, et aucunes fois les masles ont au travers du col, endroit le
-hasterel[664], une tache blanche, et sont tous d'un plumage et ont la
-plume de dessus la teste trs ondoiant.
-
-_Item_, coulons ramiers sont bons en yver, et congnoist-l'en les vieulx
- ce que les venneaulx[665] de leurs esles sont tout d'une couleur
-noire, et les jeunes d'un an ont les venneaulx cendrs et le surplus
-noir.
-
-_Item_, l'en congnoist l'aage d'un livre au nombre des pertuis qui
-sont dessoubs la queue, car pour tant de pertuis, tant d'ans.
-
-_Item_, les perdris qui ont les plumes bien serres et bien joinctes
- la char, et sont arrangement et bien joinctes et sont comme les
-plumes sont sur un esprivier, sont fresches tues: et celles dont les
-plumes se haussent contremont et laissent la char et se desrangent de
-leur sige et vont sans ordre et l, sont vieilles tues.--_Item_,
-tirer les plumes du braier[666], le sent-l'en.
-
-_Item_, la carpe qui a l'escaille blanche et non mie jaune ne rousse,
-est de bonne eaue. Celle qui a gros yeulx et saillans hors de la teste,
-et le palais et langue mols et ouny, est grasse. Et _nota_, se vous
-voulez porter une carpe vive par tout un jour, entortilliez-la en foing
-moulli et la portez le ventre dessus, et la portez sans luy donner
-air, c'est assavoir en bouges ou en sac.
-
-La saison des truites commence en[667]..... et dure jusques
-Septembre. Les blanches sont bonnes en yver, et les vermeilles[668] en
-est. Le meilleur de la truite est la queue, et de la carpe c'est la
-teste.
-
-_Item_, l'anguille qui a menue teste, becque dli, cuir reluisant,
-ondoiant et estincelant, petis yeulx, gros corps et blanc ventre, est
-la franche. L'autre est grosse teste, sor[669] ventre, et cuir gros
-et brun.
-
- * * * * *
-
-Cy-aprs s'ensuivent aucuns disners et soupers de grans seigneurs et
-autres, et notes sur lesquels vous pourrez choisir, reconqueillir[670]
-et aprendre des quels mets qu'il vous plaira, selon les saisons et les
-viandes qui seront s pas o vous serez, quant vous aurez donner
-disner ou soupper.
-
-
-I. DISNER A JOUR DE CHAR, SERVI DE TRENTE ET UN MS A SIX
-ASSIETTES.
-
-Premire assiette. Garnache[671] et tostes[672], pasts de veel,
-pasts de pinparneaux, boudins et saucisses.
-
-Seconde assiette. Civ de livres et les costellettes, pois couls,
-saleure et grosse char, une soringue d'anguilles (12)[673] et autre
-poisson.
-
-Tierce assiette. Rost: connins, perdris, chappons, etc., lux, bars,
-carpes, et un potage escartel (35, 36, 37).
-
-Quarte assiette. Oiseaulx de rivire la dodine, ris engoul (37),
-bourre la sausse chaude et anguilles renverses (26).
-
-Quinte assiette. Pasts d'alos, ruissolles, lait lard (41), flaonns
-succrs.
-
-Sixime assiette. Poires et drages, neffles et nois peles. Ypocras et
-le mestier[674].
-
-
-II. AUTRE DISNER DE CHAR DE VINT-QUATRE METS A SIX ASSIETTES.
-
-Premire assiette. Pasts de veel menu dhach gresse et mouelle de
-beuf, pasts de pinparneaux, boudins, saucisses, pipefarce, et pasts
-norrois _de quibus_ (41).
-
-Seconde assiette. Civ de livre (16) et brouet d'anguille (17); fves
-coules, saleures, grosse char, s.[675] beuf et mouton.
-
-Tiers mets. Rost: chappons, connins, veel et perdris, poisson d'eaue
-doulce et de mer, aucun taillis (36) avec doreures (39).
-
-Quart mets. Mallars de rivire la dodine, tanches aux soupes et
-bourres la sausse chaude[676] (26), pasts de chappons de haulte
-gresse la souppe de la gresse et du persil.
-
-Quint mets. Un boulli lard, ris engoul, anguilles renverses, aucun
-rost de poisson de mer ou d'eaue doulce, roissolles (41), crespes et
-vielz sucre (41).
-
-La sixime assiette et derrenire pour yssue. Flanciaux succrs et lait
-lard, neffles, noix pelles, poires cuites et la drage. Ypocras et le
-mestier.
-
-
-III. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier ms. Pasts de beuf et roissoles, poire noire, lamproies
-froide sauge, un brouet d'Alemaigne de char, une sausse blanche de
-poisson et une arbolastre, et grosse char de beuf et mouton.
-
-Second ms. Rost de char, poissons d'eaue doulce, poissons de mer, une
-cretonne de char, raniolles[677], un ros de lapereaulx et de bourres
- la sausse chaude,[678] d'oiselets tourtes Pisaines (_id est_ de Pise
-en Lombardie, et dit-l'en tourtes Lombardes, et y a des oiselets parmi
-la farce, et en plusieurs lieux cy-aprs dit tourtes Lombardes).
-
-Tiers ms. Tenches aux souppes, blanc mengier par, lait lard,
-crottes, queue de sanglier la sausse chaude, chappons la dodine,
-pasts de bresmes et de saumon, pleis en l'eaue et leschefrite et
-darioles.
-
-Quart ms. Fromente, venoison, rost de poissons, froide sauge,
-anguilles renverses, geles de poisson, pasts de chappons l soupe
-courte.
-
-
-IV. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier ms. Pasts norrois (40), un brouet camelin de char, bigns de
-mouelle de beuf, soringue d'anguilles, loche en eaue et froide sauge,
-grosse char et poisson de mer.
-
-Second ms. Rost le meilleur que on peut et poisson doulx, un bouli
-lard, un tieule[679] de char, pasts de chappons et crespes, pasts de
-bresmes, d'anguilles, et blanc mengier.
-
-Tiers mets. Froumente, venoison, lamproie la sausse chaude (26),
-leschefrites, bresmes en rost et darioles, esturgon et gele.
-
-
-V. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets et assiette. Pasts de beuf et de mouelle, civ de livre,
-grosse char, un brouet blanc de connins, chappons et venoison aux
-souppes, pore blanche, navs, os sales et eschines.
-
-Second mets. Rost le meilleur etc., un ros d'alos, un blanc mengier,
-nombls et queue de sanglier la sausse chaude (26), pasts de
-chappons gras, frittures et pasts norroix.
-
-Tierce assiette. Fromente, venoison, dorures de pluseurs manires,
-os et chappons gras la dodine, darioles de cresme et leschefrites
-sucres, bourres la galentine chaude (26), gele de chappons,
-connins, poucins[680], lapereaux et cochons.
-
-Quarte assiette. Ypocras et le mestier pour issue.
-
-
-VI. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Fves frases, un brouet de cannelle (13), un civ de
-livre noir (16), un brouet vert d'anguilles (17), harenc sor, grosse
-char, navs, tanches aux souppes, os et eschines sales, roissolles
-de mouelle de beuf (4) et hastels de beuf _ut pa_[681].
-
-Second mets. Rost le meilleur que on puet, poisson doulx, poisson de
-mer, plais en l'eaue, bourres la sausse chaude _ut_[682] lamproions
-(26), un grav d'alos g. i. g.[683], de fleur de peschier, blanc
-mengier parti, tourtes Lombardes, pasts de venoison et d'oiselets,
-cretonne d'Espaigne, harenc frais.
-
-Tiers ms. Froumente, venoison, dorures, geles de poisson, chappons
-gras la dodine, rost de poisson, leschefrites et darioles, anguilles
-renverses, escrevices, crespes et pipefarces.
-
-
-VII. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Poire blanche, hastels de beuf, grosse char, civ de
-veel, du brouet houss.
-
-Second mets. Rost de char, poisson de mer et d'eaue doulce, ranioles
-Lombardes, une cretonne d'Espaigne.
-
-Tiers mets. Lamproies, alause[684], un ros, lait lard et croutes de
-lait, tourtes Pisaines _id est_ Lombardes, darioles de cresme.
-
-Quart mets. Froumente, venoison, doreures, pasts de bresmes et de
-gornaux, anguilles renverses, chappons gras la dodine.
-
-Yssue est ypocras et le mestier.--Boute-hors; vin et espices.
-
-
-VIII. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Grosse char, pasts norrois, bigns de mouelle de beuf,
-brouet camelin de char, soringue d'anguilles, loches en eaue, poisson
-de mer et froide sauge.
-
-Second mets. Rost le meilleur qu'on pourra, poisson doulx, un tieule de
-char, un bouli lard de chevrel, pasts de chapons, crespes, pasts de
-bresmes et d'anguilles et blanc mengier.
-
-Tiers mets. Froumente, venoison, doreures, lamproies la sausse
-chaude, leschefrites et darioles, bresmes en rost, boulis au verjus,
-esturgon et gele.
-
-
-IX. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Poreaux blans, pasts de beuf, oyes et eschines, civ de
-livre et de connins, un geneste d'alos, grosse char.
-
-Second mets. Rost: queue de sanglier la sausse chaude (26), blanc
-mengier parti, dodines d'os, lait lard et croutes, venoison,
-doreures, geles, croutes au lait la dodine, pasts de chapons,
-froide sauge, pasts de vache et talemouse.
-
-
-X. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Pois couls, harenc, anguilles sales, civ
-d'oestres[685] noir, un brouet d'amandes, tieule, un bouli de brochets
-et d'anguilles, une cretonne, un brouet vert d'anguilles, pasts
-d'argent.
-
-Second mets. Poisson de mer, poisson doulx, pasts de bresme et de
-saumon, anguilles renverses, une arboulastre brune, tanches un bouli
-lard, un blanc mengier, crespes, lettues, losenges, orillettes et
-pasts norrois, lux et saumons farcis.
-
-Tiers mets. Fromente, venoison, doreures de pommeaulx et de ps
-d'Espaigne et de chastellier, rost de poisson, gele, lamproies,
-congres et turbos la sausse vert, bresmes au vert jus, leschefrites,
-darioles et l'entrems grant.
-
-
-XI. AUTRE DISNER.
-
-Premier mets. Pasts de beuf et roissoles, pore noire, un grav de
-lamproies, un brouet d'Alemaigne de char, un brouet georgi de char,
-une sausse blanche de poisson, une arboulastre.
-
-Second mets. Rost de char, poisson de mer, poisson doulx, une cretonne
-de char, ranioles, un ros de lapereaulx et d'oiselets, bourres la
-sausse chaude (26), tourtes Pisaines.
-
-Tiers mets. Tanches aux souppes, blanc mengier parti, lait lard et
-croittes[686], queues de sanglier la sausse chaude (26), chapons
- la dodine, pasts de bresmes et de saumon, plais en l'eaue,
-leschefrictes[687] et darioles.
-
-Quart mets. Fromente, venoison, doreures, rost de poisson, froide
-sauge, anguilles renverses, gele de poisson, pasts de chappons.
-
-
-XII. AUTRE DISNER.
-
-Premier mets. Fves frases, un brouet de canelle, un civ de livre
-noir ou brouet d'anguilles vert, harens sors, grosse char, navets,
-tanches aux souppes, os et eschines sales, roissolles de mouelle de
-beuf.
-
-Second mets. Rost le meilleur qu'on peut, poisson d'eaue doulce,
-poisson de mer, plais en l'eaue, bourres la sausse chaude, un grav
-d'alous en couleur de fleur de peschier, blanc mengier parti, tourtes
-Lombardes, pasts de venoison et d'oisels, cretonne d'Espaigne,
-harens frais.
-
-Tiers mets. Froumente, venoison, doreures, gele de poissons, chappons
-gras la dodine, rost de poisson, leschefrictes et darioles, anguilles
-renverses, escrevices, crespes et pipefarces.
-
-
-XIII. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Un brouet d'Alemaingne, choulx cabus, une soringue
-d'anguilles, navez, pasts de beuf, grosse char.
-
-Second mets. Rost le meilleur qu'on pourra avoir, os grasses la
-dodine, poisson d'eaue doulce, blanc mengier, une arboulastre, pasts
-norrois, crespes, lait lard, tourtes de lait.
-
-Tiers mets. Pasts de chapon la doudine, ris engoul, queue de
-sanglier la sausse chaude, leschefrictes et darioles succres.
-
-Quart mets. Fromente, venoison, doreures, anguilles renverses, rost
-de bresmes.
-
-La teste de sanglier l'entrems.
-
-
-XIV. AUTRE DISNER DE CHAR.
-
-Premier mets. Poreaulx blancs chappons, o l'eschine et
-l'andoulle rostie, pices de beuf et de mouton, un brouet gorg[688] de
-livres, de veel, de connins.
-
-Second mets. Chappons, perdris, connins, plouviers, cochons farcis,
-faisans pour les seigneurs[689], gele de char et de poisson.
-
-L'entremets. Lux et carpes.
-
-L'entremets eslev[690]. Cine, paons, butors, hrons et autres choses.
-
-L'issue. Venoison, ris engoul, pasts de chappons, flaons de cresme,
-darioles, anguilles renverses, fruit, oubles[691], estres[692] et le
-clar[693].
-
-
-XV. AUTRE DISNER DE VINT QUATRE METS[694] A TROIS
-ASSITES.
-
-Premier mets. Pois couls, anguilles sales et harenc, poireaux aux
-amandes, grosse char, un brouet jaunet, une salemine, poisson de mer,
-civ d'otres.
-
-Second mets. Rost, poisson doulx, poisson de mer, un brouet de Savoie,
-un brouet lard d'anguilles renverses.
-
-Tiers mets. Rost de bresmes, galentine, cine, chapons pelerins, gele,
-blanc mengier parti, plais en l'eaue, turbos la soucie, darioles de
-cresme, lamproies la sausse chaude, doreures, ris engoul, etc.
-
-
-SOUPERS.
-
-XVI. SOUPER DE CHAR A QUATRE ASSITES.
-
-Premire assite. Seym, poules aux herbes, brouet de vertjus et de
-poullaille, une espinbesche de un bouly lard, brochereaulx et loche en
-eaue, roug et chastelongnes sales.
-
-Second mets. Rost le meilleur que on peut de char et poisson, et drois
-au persil et au vinaigre, poisson la galantine, une sausse blanche
-sur poisson, et fraze de char.
-
-Tiers mets. Pasts de chapons, bcuit de brochets et d'anguilles,
-laittues, tubesches et une arboulastre, poisson, crespes et pipefarces.
-
-Quart mets. Gele, escrevices, plais en l'eaue, ables et froide sauge,
-nombls la sausse chaude, pasts de vache et talemouses.--Potage pour
-faire yssue, appell gele.
-
-
-XVII. AUTRE SOUPER DE CHAR.
-
-Premire assite. Chapons aux herbes, une commine, poix daguenets,
-loches au jaunel, venoison aux souppes.
-
-Second mets. Rost le meilleur qu'on peut avoir, gele, blanc mengier
-parti, flanceaulx de cresme bien succrs.
-
-Tiers mets. Pasts de chapons, froides sauges, espaules de mouton
-farcies, brochetons un rebouly, venoison la queue de sanglier,
-escrevices.
-
-
-XVIII. AUTRE SOUPER DE CHAR.
-
-Premier mets. Trois manires de potages, chapons entiers en un blanc
-brouet, une chaudume de beschets, venoison aux souppes, loches et
-anguilles tronsonnes dessus.
-
-Second mets. Rost, chapons, connins, perdris, plouviers, mesles[695],
-oiselets, chevriaulx, un blanc mengier sus, etc., lux carpes et bars,
-etc., anguilles renverses.--Faisans et cines pour entremets.
-
-Tiers mets. Venoison la froumente, pasts de turtres et d'alouettes,
-tartes, escrevices, harens frais, fruit, clar, nieulles[696], neffles,
-poires, noix peles.
-
-
-XIX. DISNERS DE POISSON POUR CARESME.
-
-Premier mets et assite. Pommes cuites, grosses figues de Prouvence
-rosties et fueilles de lorier par-dessus, le cresson et le soret au
-vinaigre, poix couls, anguilles sales, harens blans, grav sur
-friture de mer et d'eaue doulce.
-
-Second mets. Carpes, lux, soles, rougs, saumons, anguilles.
-
-
-XX. AUTRE DISNER DE POISSON POUR CARESME.
-
-Premier mets. Pommes cuites, etc., comme dessus.
-
-Second mets. Carpes, lux, soles, rougs, saumon, anguilles renverses
-la boe et une arboulastre.
-
-Tiers mets. Pinperneaulx rostis, merlans fris, marsouin poudr l'eaue
-et fromente, crespes et pasts norrois. Yssue: figues et roisins,
-ypocras et le mestier, comme dessus est dit.
-
-
-XXI. AUTRE DISNER DE POISSON.
-
-Premier mets. Pois couls, pure, civ d'ostres, une sausse blanche de
-brochets et de perches, pore de cresson, harens, graspoix, anguilles
-sales, loches en l'eaue.
-
-Second mets. Poisson d'eaue doulce et de mer, turbot la soucie,
-taillis, un bcuit, anguilles en galentine.
-
-Tiers mets. Rost le plus bel et le meilleur qu'on pourra avoir, blans
-pasts, larras, loche au waymel, escrevices, perches au percil et au
-vinaigre, tanches aux souppes, gele.
-
-
-XXII. AUTRE DISNER DE POISSON.
-
-Premier mets. Pois couls, harens, pore, anguilles sales, ostres,
-une salamine de brochets et de carpes.
-
-Second mets. Poisson d'eaue doulce, une soringue d'anguilles, pasts
-norrois et blanc mengier parti, une arboulastre, pasts, bigns.
-
-Tiers mets. Rost le meilleur, etc., ris engoul, tartres, leschefrayes
-et darioles, pasts de saumon et de bresme, une chaudume.
-
-Quart mets. Taillis, crespes, pipefarces, escherois, loche frite[697],
-doreures, congres et turbos au souci[698], tourtes Lombardes,
-anguilles renverses.
-
-
-XXIII. AUTRE DISNER DE POISSON.
-
-Premier mets. Pommes cuites, figues grasses, Garnache, cresson et
-pouls, pois couls, aloze, anguille sale, harens et craspois, brouet
-blanc sur perches, et sches un grav sur friture.
-
-Second mets. Poisson doulx le meilleur qu'on peut et poisson de mer,
-anguilles renverses, bourres la sausse chaude, tenches aux souppes,
-escrevices, pasts de bresmes et plais en l'eaue.
-
-Tiers mets. Fromente au marsouin, pasts norrois et maquereaulx
-rostis, pinperneaulx en rost et crespes, ottres, sches frites avec un
-bescuit de brochereaulx.
-
-
-XXIV. AUTRE DISNER DE POISSON.
-
-Premier mets. Pois couls, harenc, anguilles sales, civ d'ottres
-noir, un brouet d'amandes, tieule, un bouly de brochets et d'anguilles,
-une cretonne, un brouet vert d'anguilles, pasts d'argent.
-
-Second mets. Poisson de mer, poisson doulx, pasts de bresmes et de
-saumon, anguilles renverses, une arboulastre brune, tanches un bouly
-lard, un blanc mengier, crespes, lettues, losenges, orillettes et
-pasts norrois, lux et saumon farcis.
-
-Tiers mets. Fromente au pourpois[699], doreures de pommeaulx et de
-pets d'Espaigne et de chastellier, rost de poisson, gele, lamproies,
-congres et turbot la sausse vert, bresmes au vert jus, leschefroies,
-darioles et l'entrems: puis Desserte, l'Issue et le Boutehors.
-
-
-CY APRS S'ENSUIVENT AUCUNS INCIDENS SERVANS AUQUES[700] A
-CE PROPOS.
-
-_Primo_, L'appareil que fist faire M. de Laigny[701] pour un disner
-qu'il fist Monseigneur de Paris, le prsident, procureur et advocas
-du Roy et son autre conseil[702], montans huit escuelles[703].
-
-_Primo_, appareil de draps tendre, vaisselle de sale et de cuisine,
-may, herbe vert mettre sur table, aiguires et hanaps pi, deux
-dragouers, salires d'argent, pain de deux jours pour chappeler et pour
-tranchouers. Pour cuisine: deux grans paelles, deux cuviers eaue et
-deux balais.
-
-_Nota_ que Monsr. de Paris ot trois escuiers de ses gens pour luy
-servir, et fut servi seul et couvert[704]. Et Monsr. le Prsident,
-un escuier, et fut servi seul et non couvert. _Item_, par le dit de
-Monsr. le prsident, le procureur du Roy fut audessus de l'advocat
-du Roy.
-
-Les assietes et ms s'ensuivent: Garnache deux quartes, c'est deux
-personnes une chopine[705], mais c'est sur le trop, car il souffist
- trois une chopine et que les seconds en aient. Eschauds chaulx,
-pommes de rouvel rosties et drage blanche dessus, un quarteron: figues
-grasses rosties, cinq quarterons: soret et cresson, rommarin.
-
-Potages, c'est assavoir salemine de six becquets et six tanches, poire
-vert, et harenc blanc, un quarteron: six anguilles d'eaue doulce sales
-d'un jour devant et trois mellus tremps d'une nuit devant.
-
-Pour les potages: amandes, six livres; pouldre de gingembre, demie
-livre; saffren, demie once; menues espices, deux onces; pouldre de
-canelle, un quarteron; drage, demie livre.
-
-Poisson de mer: soles, gournaulx, congres, turbot, saumon. Poisson
-d'eaue doulce: lux faudis[706], deux carpes de Marne[707] faudisses,
-bresme.
-
-Entrems: plays, lemproie la boe. Rost: et convient autres touailles
-et seize[708] pommes d'orenge, marsouin sa sausse, maquereaux, soles,
-bresmes, aloses la cameline ou au vertjus, ris et amandes frictes
-dessus; succre pour ris et pour pommes, une livre; petites serviettes.
-
-Pour desserte: composte, et drage blanche et vermeille mise
-par-dessus: rissoles, flaonns, figues, dates, raisins, avelaines.
-
-Ypocras et le mestier sont l'issue. Ypocras deux quartes, et est le
-surplus comme dit est dessus de Garnache[709], oublies deux cens et les
-supplications[710]. Et _nota_, pour chascune escuelle l'en prent huit
-oublies et quatre supplications et quatre estriers, et est largement;
-et coustent huit deniers pour escuelle.
-
-Vin et espices sont le Boute-hors. Au laver, grces et aler en la
-chambre de parement; et lors les servans disnent, et assez tost aprs
-vin et espices[711]; et puis congi.
-
- * * * * *
-
-L'ordenance des nopces que fera maistre Helye en May, un mardy;
-disner seulement pour vint escuelles.
-
-Assiette: beurre, rien, pour ce qu'il est jour de char. _Item_,
-cerises, rien, pour ce que nulles n'en estoient trouves; et pour ce
-assiette nulle.
-
-Potages: chapons au blanc mengier, grenade et drage vermeille
-par-dessus.
-
-Rost: en chascun plat un quartier de chevrel: quartier de chevrel est
-meilleur que aignel; un oison, deux poucins et sausses ce; orenges,
-cameline, vertjus, et ce fraches touailles ou serviettes.
-
-Entrems: gele d'escrevices, de loches, lapereaux et cochon. Desserte:
-froumente et venoison. Yssue: ypocras et le mestier. Boute-hors: vin
-et espices.
-
-L'ordonnance du souper que fera ce jour est telle pour dix escuelles.
-
-Froide sauge de moitis de poucins, de petites os, et vinaigrette
-de ce mesmes mets pour icelluy soupper en un plat. Un past de deux
-lappereaulx et deux flaons (jasoit-ce que aucuns dient que nopces
-franches convient darrioles), et en l'autre plat la frase de chevreaulx
-et les demies testes dores.
-
-Entremets: gele comme dessus. Issue: pommes et fromage sans ypocras,
-car il est hors de saison[712].
-
-Dancer, chanter, vin et espices et torches alumer.
-
-Or convient[713] la quantit des choses dessus dictes et leurs
-appartenances et le pris d'icelles, et qui les pourverra[714] et
-marchandera.
-
-Au boulengier, dix douzaines de blanc pain plat cuit d'un jour devant
-et de un denier pice[715].
-
-Pain de tranchouers, trois douzaines de demi pi d'ample et quatre dois
-de large de haut, cuit de quatre jours devant et sera brun, ou qu'il
-soit pris s halles pain de Corbueil[716].
-
-Eschanonnerie: trois paires de vins.
-
-Au bouchier, demy mouton pour faire la souppe aux compaignons et un
-quartier de lart pour larder; le maistre os d'un trumeau de beuf pour
-cuire avecques les chapons pour avoir le chaudeau faire le blanc
-mengier; un quartier de veel devant pour servir au blanc mengier. Les
-seconds[717], un trumel de veel derrire ou des pis de veel, pour
-avoir l'eaue pour la gele. Venoison[718], un pi en quarreure.
-
-A l'oubloier convient ordonner: _primo_, pour le service de la pucelle,
-douzaine et demie de gauffres fourres[719], trois sols; douzaine et
-demie de gros bastons, six sols; douzaine et demie de portes[720],
-dix-huit deniers; douzaine et demie d'estriers, dix-huit deniers; un
-cent de galettes succres, huit deniers.
-
-_Item_, fut marchand luy pour vint escuelles, pour le jour des
-nopces au disner, et six escuelles pour les serviteurs, qu'il aura six
-deniers pour escuelle, et servira chascune escuelle de huit oublies,
-quatre supplications et quatre estriers.
-
-Au poullaillier, vint chappons, deux sols parisis la pice; cinq
-chevriaulx, quatre sols parisis; vint oisons, trois sols parisis
-pice; cincquante poucins, douze deniers parisis pice; c'est assavoir
-quarante rostis pour le disner, cinq pour la gele et cinq au souper
-pour froide sauge. Cincquante lappereaux, c'est assavoir quarante pour
-le disner, lesquels seront en rost, et dix pour la gele, et cousteront
-douze deniers parisis chascun. Un maigre cochon, pour la gele, quatre
-sols parisis; douze paires de pigons pour le soupper, dix deniers
-parisis la paire.--A luy convient enqurir de la venoison.
-
-Es halles, pain pour tranchouers, trois douzaines. Pommes grenades pour
-blanc mengier, trois qui cousteront.... Pommes d'orenges, cincquante
-qui cousteront[721].... Six frommages nouveaulx et un vieil, et trois
-cens oeufs.
-
-Est assavoir que chascun fromage doit fournir six tartelettes, et
-aussi pour chascun fromage convient trois oeufs.
-
-Ozeille pour faire vertjus pour les poucins, sauge et percil pour faire
-la froide sauge, deux cens pommes de blandureau.
-
-Deux balais et une pele pour la cuisine, et du sel[722].
-
-Au saussier, trois chopines de cameline pour disner et souper et une
-quarte de vertjus d'ozeille.
-
-A l'espicier: dix livres d'amande, quatorze deniers la livre.--Trois
-livres fourment mond[723], huit deniers la livre.--Une livre pouldre
-de gingembre-coulombin, onze sols.--Un quarteron gingembre-mesche,
-cinq sols[724].--Demie livre canelle batue, cinq sols.--Deux livres
-ris batus, deux sols.--Deux livres succre en pierre, seize sols.--Une
-once de saffren, trois sols.--Un quarteron clou[725] et graine entre,
-six sols.--Demi quarteron poivre long, quatre sols.--Demi quarteron
-garingal[726], cinq sols.--Demi quarteron macis[727], trois sols quatre
-deniers.--Demi quarteron feuille lorier vert, six deniers.--Deux livres
-bougie grosse et menue, trois sols quatre deniers la livre, valent six
-sols huit deniers.--Torches de trois livres la pice, six; flambeaux de
-une livre la pice, six; c'est assavoir trois sols la livre l'achat,
-et la reprise six deniers moins pour la livre[728].
-
-A luy espices de chambre[729], c'est assavoir orengat, une livre, dix
-sols.--Chitron[730], une livre, douze sols.--Anis vermeil, une livre,
-huit sols.--Succre rosat[731], une livre, dix sols.--Drage blanche,
-trois livres, dix sols la livre.--A luy hypocras, trois quartes, dix
-sols la quarte, et querra tout.
-
-Somme que ceste espicerie monta douze francs, compter ce qui fut
-ars des torches[732], et petit demoura d'espices; ainsi peut estre pris
-demi franc pour escuelle[733].
-
-A la Pierre-au-Lait[734], un sextier de bon lait non esburr et sans
-eaue, pour faire la froumente.
-
-En Grve[735], un cent de costerez de Bourgongne, treize sols; deux
-sacs de charbon, dix sols.
-
-A la Porte-de-Paris[736]: may, herbe vert, violette, chappeaulx, un
-quart de sel blanc, un quart de sel gros, un cent d'escrevices, une
-chopine de loche, deux pots de terre, l'un d'un sextier pour la gele,
-et l'autre de deux quartes pour la cameline.
-
-Or avons _primo_ le service en gnral, et secondement o les matires
-seront trouves: or convient, tiercement, trouver sur ce administreurs
-et officiers.
-
-_Primo_, convient un clerc ou varlet qui fera finance d'erbe vert,
-violette, chapeaulx, lait, fromages, oeufs, busche, charbon, sel, cuves
-et cuviers tant pour sale que pour garde-mengiers, vertjus, vinaigre,
-ozeille, sauge, percil, aulx nouveaulx, deux balais, une pesle et
-telles menues choses.
-
-_Item_, un queux et ses varlets qui cousteront deux francs de loyer,
-sans les autres drois, mais le queux paiera varlets et portages, et
-dient: _ plus d'escuelles, plus de loyer_.
-
-_Item_, deux porte-chappes[737], dont l'un chappelera pain et fera
-tranchouers et sallieres de pain, et porteront et le sel et le pain
-et tranchouers aux tables, et fineront pour la sale de deux ou trois
-couloueres pour gecter le gros relief[738] comme souppes, pain trench
-ou brisi, tranchouers, chars et telles choses: et deux seaulx pour
-gecter et recueillir brouets, sausses et choses coulans[739].
-
-_Item_, convient un ou deux porteurs d'eaue. _Item_, sergens grans et
-fors garder l'uis.
-
-_Item_, deux escuiers de cuisine et deux aides avec eulx pour le
-dressouer de cuisine, desquels l'un ira marchander de l'office de
-cuisine, de paticerie et du linge pour six tables; ausquelles convient
-deux grans pos de cuivre pour vint escuelles, deux chaudires, quatre
-couloueres, un mortier et un pestail[740], six grosses nappes pour
-cuisine, trois grans pos de terre vin, un grant pot de terre pour
-potage, quatre jattes et quatre cuillers de bois, une paelle de fer,
-quatre grans paelles ance, deux trpiers et une cuillier de fer.
-Et aussi marchandera de la vaisselle d'estain: c'est assavoir dix
-douzaines d'escuelles, six douzaines de petits plas, deux douzaines et
-demie de grans plas, huit quartes, deux douzaines de pintes, deux pos
-aumosne[741].
-
-_Item_, que[742] l'ostel; sur quoy est assavoir que l'ostel de
-Beauvais[743] cousta Jehan du Chesne[744] quatre francs; tables,
-tresteaulx, fourmes _et similia_, cinq francs; et la chappellerie luy
-cousta quinze francs.
-
-Et l'autre escuier de cuisine ou son aide ira avecques le queux vers le
-bouchier, vers le poullaillier, l'espicier, etc., marchander, choisir
-et faire apporter, et paier portages; et auront une huche fermant
-clef o seront les espices, etc., et tout distribueront par raison et
-mesure. Et aprs ce, eulx ou leurs aides retrairont et mettront en
-garde le surplus en corbeillons et corbeilles,[745] en huche fermant
-pour eschever le gast et excs des mesnies.
-
-Deux autres escuiers convient pour le dressouer de sale, qui livreront
-cuilliers et les recouvreront: livreront hanaps, et verseront tel
-vin comme chascun leur demandera pour ceulx qui seront table, et
-recouvreront la vaisselle[746].
-
-Deux autres escuiers pour l'eschanonnerie, lesquels livreront vin pour
-porter au dressouer, aux tables et ailleurs; et auront un varlet qui
-traiera le vin.
-
-Deux des plus honnestes et mieulx savans[747], qui compaigneront
-tousjours le mari et avec luy yront devant les mets.
-
-Deux maistres d'ostel pour faire lever[748] et ordener l'assiette des
-personnes[749], un asseur et deux serviteurs pour chascune table,
-qui serviront et desserviront: getteront le relief s corbeilles, les
-sausses et brouets s seilles ou cuviers, et retrairont et apporteront
-la desserte des mets aux escuiers de cuisine ou autres qui seront
-ordonns la sauver, et ne porteront riens ailleurs.
-
-L'office du maistre d'ostel est de pourveoir des salires pour la
-grant table; hanaps, quatre douzaines; gobelets couvers dors, quatre;
-aiguires, six; cuilliers d'argent, quatre douzaines; quartes d'argent,
-quatre; pos aumosne, deux; dragouers, deux.
-
-Une chappelire[750] qui livrera chappeaulx le jour du regard[751] et
-le jour des nopces.
-
-L'office des femmes est de faire provision de tapisseries, de ordonner
- les tendre, et par espcial la chambre parer et le lit qui sera
-benoist[752].
-
-Lavendire pour tressier[753].
-
-Et _nota_ que se le lit est couvert de drap, il convient penne de menu
-vair: mais s'il est couvert de sarge, de broderie, ou couste-pointe de
-cendail, non.
-
- * * * * *
-
-L'ordonnance pour les nopces Hautecourt[754], pour vint escuelles, ou
-mois de Septembre:
-
-Assiette: roisins et pesches ou petis pasts.
-
-Potages: civ, quatre livres et veau; ou pour blanc mengier vint
-chappons, deux sols quatre deniers pice, ou poules.
-
-Rost: cinq cochons, vint htoudeaux, deux sols quatre deniers pice;
-quarante perdriaux, deux sols quatre deniers pice. Mortereul
-ou[755]...
-
-Gele: dix poucins, douze deniers; dix lappereaulx, un cochon;
-escrevices, un cent et demy.
-
-Fromente, venoison, poires et noix. _Nota_ que pour la fromente
-convendra trois cens oeufs.
-
-Tartelettes et autres choses, ypocras et le mestier, vin et espices.
-
-Souper.--Grav de douze douzaines d'oiselets ou de dix canets, ou
-bouly lard de venoison fresche. Pasts de quarante lappereaulx, vint
-poucins, quarante pigons; quarante darioles ou soixante tartelettes.
-
-_Nota_ que trois oiselets en une escuelle, c'est assez; toutesvoies
-quant l'en a jugiers[756] de chappons _vel similia_, l'en met trois
-oisels et demi jugier avec, en l'escuelle.
-
-
-LA QUANTIT DES CHOSES DESSUS-DICTES.
-
-Au boulengier, _ut supra_ s autres nopces prcdens.
-
-Au pasticier, _ut supra_.
-
-Eschanonnerie, _ut supra_.
-
-Au bouchier, trois quartiers de mouton pour faire les souppes aux
-compaignons, un quartier de lart pour larder, un quartier de veel de
-devant pour le blanc mengier; pour les servans, venoison.
-
-A l'oubloier, douzaine et demie de gauffres fourres faites, c'est
-assavoir de fleur de farine pettrie aux oeufs et des leches de frommage
-mises dedens, et dix-huit autres gauffres pettries aux oeufs et sans
-fromage. _Item_, douzaine et demie de gros bastons, c'est assavoir
-farine pettrie aux oeufs et pouldre de gingembre batue ensemble et mis
-en la fourme, et aussi gros comme une andoulle: et lors mettre entre
-deux fers sur le feu. _Item_, douzaine et demie d'autres bastons et
-autant de portes.
-
-_Item_, convient au dit regard envoier (oultre le fait dudit oubloier)
-cinquante pommes de blandureau, les chappeaulx et les mnestriers.
-
-_Item_, audit oubloier, le service du jour des nopces _ut supra_ s
-nopces prcdens.
-
-Au poullaillier, les rots et la volaille et venoison _ut supra_.
-
-s halles et la Porte-de-Paris, les choses appartenans _ut supra_.
-
-Au saussier, une quarte de cameline pour le disner, et soupper deux
-quartes de moustarde.
-
-A l'espicier, espices de chambre: drage, succre rosat, noisettes
-confites, chitron et _manus-christi_[757], quatre livres pour tout.
-_Item_, ypocras. Espices de cuisine: poudre blanche, une livre; poudre
-fine, demie livre; poudre de canelle, demie livre pour blanc mengier.
-Menues espices, deux onces. Succre en pierre, trois livres; trois
-pommes grenades; drage blanche et vermeille, demie livre; amandes, six
-livres; fleur de ris, une livre; un quart de froment mond.
-
-Au cirier furent prinses torches et flambeaux trois sols la livre,
-et deux sols six deniers de reprinse.
-
-_Item_, pour louage de linge, c'est assavoir pour six tables, trois
-grans pos de cuivre, pour seize douzaines d'escuelles, deux chaudires,
-deux[758] couloueres, un mortier, un pestail, six grosses nappes pour
-cuisine, trois grans pos de terre vin, un grant pot de terre pour
-potage, quatre jattes, quatre cuilliers de bois, une paelle de fer,
-quatre grans paelles ance, deux trpis et une cuillier de fer
-perce; pour ce, cinquante-six sols parisis.
-
-Vaisselle d'estain: dix douzaines d'escuelles, six douzaines de petis
-plas, deux douzaines et demie de grans plas, huit quartes, deux
-douzaines de pintes, deux pos aumosne; pour tout ce, seize sols.
-
-En Grve, _ut supra_ s autres nopces.
-
-_Nota_ que pour ce qu'ils[759] estoient vefves, ils espousrent bien
-matin en leurs robes noires et puis se vestirent d'autres.
-
-_Nota_ des mises extraordinaires pour les nopces Jehan du Chesne. Au
-queux quatre francs et demi, et aides et portages, un franc: pour
-tout, cinq francs et demi. Au concierge de Beauvais, quatre francs:
-pour tables trteaulx _et similia_, cinq francs. A la chappellire,
-quinze frans. Eaue, vint sols. Menestrels huit francs, sans les
-cuillers et autres courtoisies[760]; et feront le regart[761] et les
-acrebades[762]. Sergens deux frans. Herbe vert, huit sols. Flambeaux et
-torches, dix frans. Vaisselle de cuisine, nappes, touailles et voirres,
-sept frans. Pots d'estain, quatre frans.
-
-
-
-
-DE LA DEUXIME DISTINCTION
-
-LE QUINT ARTICLE
-
- QUI PARLE DE COMMANDER, DEVISER ET FAIRE FAIRE TOUTES MANIRES DE
- POTAIGES, CIVS, SAULSES ET TOUTES AUTRES VIANDES.
-
-
-Or convient maintenant monstrer des appareils des viandes dessus
-nommes, mais, _primo_, te convient savoir aucuns termes gnraulx
-lesquels tu pourras recueillir plus largement par aucunes additions qui
-sont et l parmi ce livre, c'est assavoir des lieures des potages,
-comme de pain, d'oeufs, d'amidon, de fleur[763], etc., et par tous les
-potages lians.
-
-_Item_, pour garder que ton potage ne s'aourse, tu le dois remuer ou
-fons du pot et regarder que les tisons ne touchent au fons, et s'il est
-j commenc aourser, tu le dois tantost changier en un autre pot[764].
-
-_Item_, de lait garder de tourner.
-
-_Item_, que le pot ne s'envoise de dessus le feu.
-
-s potaiges, l'en doit mettre les espices trs bien broies et non
-coules, et au plus tart. s sausses et en gele _secus_[765].
-
-Congnoistre espices, comme devant le quint article[766].
-
-_Item_, POUR PORS TUER.--L'en dit que l'en doit tuer les
-masles s mois de Novembre, et les fumelles en Dcembre; et ainsi est
-leur saison, l'exemple que l'en dit: _gline de Fvrier_.
-
-_Item_, pour faire boudins, aiez le sang du porc recueilli en un bel
-bacin ou paelle, et quant vous aurez entendu vostre pourcel veoir
-deffaire, et fait laver trs bien et mis cuire vostre froissure, et
-tandis qu'elle cuira, ostez du fons du bacin les coles du sang et
-gettez hors; et aprs, aiez oignons pels et mincs jusques la
-montance de la moiti du sang, avec la montance de la moiti de la
-gresse qui est entre les boyaulx, que l'on appelle l'entrecerelle[767]
-des boyaulx, mince menue comme ds, ensemble un petit de sel broy, et
-gettez ou sang. Puis, aiez gingembre, clou, et pou de poivre, et broiez
-tout ensemble. Puis, aiez les menus boyaulx bien lavs, renverss et
-essangs[768] en rivire courant, et pour oster la freschume[769],
-aiez-les mis en une paelle sur le feu, et remuez; puis, mettez sel
-avec; et faites seconde fois, et encores troisime fois: et puis lavez,
-et aprs renversez et les lavez, puis mettez essuier sur une touaille;
-et les pousser et estraindre[770] pour seicher. (L'en dit l'entrecerele
-et sont les gras boiaulx qui ont gresse dedens que l'en arrache
-un coustel). Aprs ce que vous aurez mis et adjoust par esgales
-portions et quantits, pour autant de sang moiti d'oignons, et pour
-autant de sang, au quart de gresse, et puis quant vos boudins seront
-de ce emplis, faites-les cuire en une paelle en l'eaue de froissure,
-et picquiez d'une espingle quant ils s'enflent, ou autrement ils
-crveroient.
-
-_Nota_ que le sang se garde bien deux jours, voire trois, puis que les
-espices sont dedens. Et aucuns pour espices, ont poulieul[771], grant
-sarriette, ysope, marjolaine, queullis[772] quant ils sont en fleur et
-puis schs, pils, pour espices. Et quant la froissure, mettez-la en
-un pot de cuivre pour cuire au feu, tout entire et sans sel, et mettez
-le long de la gorge dehors le pot, car par la froissure s'escumera; et
-quant elle sera cuite, si l'ostez et pour faire le potage la regardez.
-
-Pour faire boudins de foie, prenez deux morceaulx de foie, deux
-morceaulx de mol, un morcel de gresse, et mettez en un bouel[773]
-avecques du sang: et au surplus comme dessus.
-
-_Nota_ que l'en fait bien boudins du sang d'une o[774], mais qu'elle
-soit maigre, car de la maigre les boyaulx sont plus larges que de la
-grasse.
-
-_Quritur_[775] comment les boyaulx seront renverss pour laver;
-_responsio_: un fil de lin et un fil d'archal long comme la verge
-d'un jaugeur.
-
-_Nota_ que aucuns pendent en Pasquers[776] leurs pourceaulx, et
-l'air les jaunist; et pour ce les vault mieulx tenir ou salouer comme
-ils font en Picardie, combien que la char n'en soit pas si ferme, ce
-semble; toutesvoies est-ce trop plus bel service du lart qui est bel et
-blanc que du jaune, car quelque bont qu'il ait ou jaune, il est trop
-reprouchi et donne descouragement quant l'en le voit[777].
-
-Pour faire andoulles.--_Nota_ que les andoulles sont faictes du boiau
-culier et autres boyaulx gros, lesquels gros sont remplis des autres
-pour faire saucisses; et iceulx boyaulx menus, quant l'en les veult
-mettre s andoulles, sont fendus au long en quatre parties. _Item_,
-de la pance qui est fendue par lesches, fait-l'en andoulles; _item_,
-de la char qui est dessoubs les costelettes; _item_ des fagos et
-autres choses qui sont entour la haste-menue, quant l'en ne veult
-point retenir celle haste-menue entire.--Mais premirement, iceulx
-boyaulx sont deffreschums en la paelle avec du sel, deux ou trois
-fois, comme dessus est dit des boyaulx pour boudins. Et les autres
-choses dessus-dictes, dont le dit boyau culier et autres dont l'en
-fait andouilles doivent estre remplis, seront premirement plungis et
-pouldrs de la pouldre de poivre demie once, et du fanoil un sixain,
-brois avec un petit de sel et attrempement mis, tout broi menu,
-avec les espices; et quant icelles andoulles sont ainsi ensaches et
-emplies, l'en les porte saler avec le lart et dessus le lart.
-
-Costelettes de fresche saleure, rosties sur le gril.
-
-Eschines et jambons sals de trois jours naturels, aux pois.
-
-_Nota_ que se un jambon est sal de longue saleure comme d'un mois,
-il convient ds le soir devant le mettre tremper en eaue froide, et
-l'endemain rere[778] et laver en eaue chaude pour mettre cuire, ou
-mettre cuire _primo_ en eaue et en vin, et gecter ceste premire
-boulure, et puis cuire en autre eaue.
-
-Cy aprs s'ensuivent tous les noms particuliers qui sont s yssues d'un
-porc, qui sont vendues la tripperie sept blans.
-
-_Primo_, quant le porc est dcor[779], le sang et les coles yssent
-premirement, et en fait-l'en boudins qui veult. _Item_ et en la
-froissure sont et appartiennent 1 en sain; 2 la haste-menue; 3 le
-chaudun[780].
-
-Le sain est le sain qui est entre les boyaulx et la haste-menue.
-La froisseure, c'est le foie, le mol, le cuer et la langue. La
-haste-menue, c'est la rate: et icelle tient bien la moiti du foie
-et les rongnons; et l'autre moiti du foie tient la froissure,
-entre le mol et le cuer. Le chaudun, ce sont les boyaulx que l'en dit
-l'entrecerele des boyaulx, et aussi sont-ce les boyaulx menus dont l'en
-fait boudins et saucisses, et aussi en est la pance.
-
-s yssues du mouton a la froissure laquelle sont la panse et
-la caillette, les quatre pis et la teste; et couste tout, deux
-parisis[781] la tripperie.
-
-Les yssues du veel coustent la triperie, deux blans, c'est assavoir
-la froissure, et y a la teste et la fraze et la pance et les quatre
-pis.
-
-_Nota_, la fraze[782] c'est la caillette, la pance et les boyaulx,
-lesquels les tripiers vendent tous nettois, lavs et appareills,
-trempans en belle eaue nette; mais ceulx qui les achettent ne
-s'attendent pas aux tripiers de leur appareil, mais les lavent en deux
-ou en trois paires d'eaues chaudes, et les eschaudument de nouvel avec
-du sel; et puis mettre cuire en eaue sans sel, tant que toute icelle
-soit beue, puis nourrir d'eaue de mouton, et mettre des herbes, de
-l'eaue, et du saffran en un plat avecques la fraze, et mengier comme
-trippes, au sel et au vertjus.
-
-_Nota_, cy grant diversit de langage, car ce que l'en dit du porc
-la fressure, c'est le foie, le mol et le cuer; et ce que l'en dit la
-fressure de mouton, c'est la teste, la pance, la caillette et les
-quatre pis; et ce que l'en dit la fressure d'un veel, c'est la teste,
-la fraze, la pance et les quatre pis; et ce que l'en dit la fressure
-d'un beuf, c'est la pance, le psaultier, la franche-mule, la rate, le
-mol et le foie et les quatre pis; et de venoison, autrement et par
-autres noms. (_Quritur_[783] la cause de ceste diversit sur ce seul
-mot fressure.)
-
-VENOISON DE CERF OU AUTRE.--Qui la veult saler en est, la
-convient saler en cuvier ou baignoire[784], gros sel broi, et aprs
-schier au soleil. Seimier[785] _id est_ le coyer, qui est sal, l'en
-le doit cuire en la premire eaue et vin pour le premier boullon pour
-oster son sel: et puis getter eaue et vin, et aprs mettre parcuire en
-boullon de char et des navs, et servir par lesches avec de l'eaue en
-un plat et venoison.
-
-_Item_, qui a navs jeunes et petis, l'en la doit cuire en eaue et sans
-vin pour le premier boullon, puis getter l'eaue, et puis parcuire en
-eaue et vin et des chateingnes dedens, ou qui n'a chateingnes, de la
-sauge: puis servir comme dessus.
-
-En Juin et en Juillet, beuf et mouton sal par pices est bien cuit
-l'eaue et aux ciboulles; sal du matin au vespre ou d'un jour au plus.
-
- * * * * *
-
-Les bouchiers de Paris[786] tiennent que en un beuf, selon leur stile
-et leur parler, n'a que quatre membres principaulx: c'est assavoir les
-deux espaules, les deux cuisses, et le corps de devant tout au long,
-et le corps de derrire tout au long. Car les espaules et les cuisses
-leves, l'en fent le beuf par les deux costs et fait-l'en du devant
-une pice, et du derrire une autre; et ainsi est apport le corps du
-beuf l'estal, se le beuf est petit ou moen: mais s'il est grant, la
-pice de devant est fendue depuis en deux tout au long, et la pice
-de derrire aussi, pour apporter plus aisiement. Ainsi avons-nous
-maintenant du beuf six pices, dont les deux poictrines sont leves
-au premier, et puis les deux souppis qui l tiennent qui sont bien de
-trois pis de long et demy-pi de large, eu venant par en bas et non
-pas par en hault. Et puis couppe-l'en le flanchet: et puis si a la
-surlonge qui n'est mie grantment plus espais de trois dois[787] ou
-de deux. Puis, si a la longe qui est au plus prs de l'eschine, qui
-est espoisse d'une grosse poigne; puis si a le filet que l'en appelle
-le nomblet, qui est bien d'un pi de long et non plus; et tient l'un
-bout au col et l'autre au rongnon, et est du droit de celluy qui tient
-les pis des beufs l'escorcher, et le vent un petit estal qui est
-au-dessous[788] de la grant Boucherie; et est de petite valeur.
-
-_Item_, selon ce que les beufs sont grans, l'en fait et vent la
-Porte[789] plus de pices de l'un des membres deviss que de l'autre.
-Si ne say comment la taille des bourgois[790] se peut proportionner
-en compte justement avec les bouchiers, car le bon beuf couste vingt
-livres o l'autre ne couste que douze[791].
-
-_Item_, les yssues du beuf coustent la triperie huit sous: c'est
-assavoir la fressure en laquelle sont la pance, le saultier[792], la
-franche mule[793], la rate, le mol[794], le foie et les quatre pis.
-
-_Item_, Besiers, depuis la Saint-Andry[795] qui est devant Nol, l'en
-sale les moutons par quartiers, par bien frotter de sel et refrotter,
-et tant et tant, et puis mettre les quartiers l'un sur l'autre huit
-jours, et puis mettre la chemine.
-
-Se tu veulx saler char de beuf ou de mouton en yver, aies de gros sel
-et le sche en la paelle trs-bien, puis le broies bien menu, et sales.
-
-Et _nota_ que en Juin et Juillet mouton veult estre tremp, puis sal.
-
-LANGUE DE BEUF SALE. En la saison qu'il fait bon saler,
-prenez des langues de beuf une quantit et les parboulez un petit, puis
-les rez et pelez, puis les salez l'une sur l'autre, et les laissiez
-en sel huit ou dix jours, puis les pendez la chemine, le remenant
-de l'iver: puis les pendez en un lieu sec, un an ou deux ou trois ou
-quatre.
-
-O doit estre sale de trois jours naturels.
-
-FOUQUES sales de deux jours sont bonnes aux choux.
-
-COULONS RAMIERS aussi; _nota_ que ils viennent de trois ans en
-trois ans.
-
-Se un livre est pris quinze jours ou trois sepmaines devant Pasques,
-ou en autre temps que l'en le vueille garder, effondrez-le et lui ostez
-les entrailles, puis luy fendez la pel[796] de la teste et luy rompez
-et cassez, et faictes une ouverture ou test et ostez la cervelle et
-emplez le creux de sel et recousez la pel; il se gardera un mois s'il
-est pendu par les oreilles.
-
-_Nota_ que un des meilleurs morceaulx ou pices de dessus le beuf, soit
- rostir ou cuire en l'eaue, c'est le noyau du beuf; et _nota_ que
-le noyau du beuf est la pice aprs le col et les espaules. Et aussi
-icelle pice est souverainement bonne tranche par lesches, mise en
-past; et quant le past est cuit, gettez dedens sausse de lamproye.
-
-ANGUILLE. Faictes-la mourir en sel et la laissiez illec trois
-jours naturels toute entire, puis soit eschaude, ost le limon,
-tranche par tronons, cuite en l'eaue et aux ciboules. Et se vous
-la voulez saler du vespre au matin, estuviez-la et effondrez, puis
-tranchiez par tronons, et salez et frottez trs-bien chascun tronon
-en fort sel; et se vous la voulez plus avancer, broyez du sel et
-frottez chascune couppure de tronon et la hochez en sel entre deux
-escuelles. Cuite comme dessus et menge la moustarde.
-
-HARENC QUAQUE soit mis en eaue fresche et laissi trois jours
-et trois nuis tremper en foison d'icelle eaue, et au bout de trois
-jours soit lav et mis en autre eaue fresche deux jours tremper, et
-chascun jour changier son eaue deux fois. Et toutesvoies le menu et
-petit harenc veult moins tremper, et aussi est d'aucun harenc qui de sa
-nature veult moins tremper l'un que l'autre.
-
-HARENC SOR. L'en congnoist le bon ce qu'il est meigre et a
-le dos espois, ront et vert; et l'autre est gras et jaune ou a le dos
-plat et sec.
-
-
-POTAGES COMMUNS SANS ESPICES ET NON LIANS.
-
-Et prim POTAGE DE POIS VIELZ.--Convient eslire[797], et
-savoir aux gens du lieu la nature des pois d'icelluy lieu, (car
-communment les pois ne cuisent pas bien d'eaue de puis: et en aucuns
-lieux ils cuisent bien d'eaue de fontaine et d'eaue de rivire,
-comme Paris, et en autres lieux, ils ne cuisent point d'eaue de
-fontaine[798], comme Bsiers) et ce sceu, il les convient laver en
-une paelle avec de l'eaue tide, puis mettre en un pot et de l'eaue
-tide avec au feu, et faire boulir tant qu'ils soient bayens[799]. Puis
-purer[800] la pure et la mettre part, puis emplir le pot aux pois
-d'eaue tide et mettre au feu et les repurer secondement, qui veult
-avoir plus largement pure: et puis remettre sans eaue, car ils en
-gecteront assez et bouldront en icelle; et ne convient point mettre la
-cuillier dedens le pot puis qu'ils sont purs, mais hocher le pot et
-les pois ensemble, et petit petit les paistre de l'eaue tide ou plus
-chaude que tide et non de la froide, et faire boulir et cuire du tout
-avant que tu y mettes quelque chose que eaue chaude soit de la char ou
-autre: ne n'y met sel, ne lart, ne affaitement quelsconques jusques
-ce qu'ils soient tous cuis. De l'eaue du lart y pues tu bien mettre et
-de l'eaue de la char, mais l'en n'y doit point mettre de sel, non mie
-bouter la cuillier, jusques ce qu'ils soient bien cuis; toutesvoies,
-l'en les peut bien remuer tout le pot.
-
-A jour de char, l'en doit, aprs ce qu'ils sont purs, paistre de
-l'eau du lart et de la char, et quant ils seront presque cuis, l'en
-peut mettre le lart dedens; et quant l'en trait le lart d'iceulx pois,
-l'en le doit laver de l'eaue de la char, afin qu'il en soit plus bel
-mettre par lesches sur la char, et qu'il n'appere point crott de pois.
-
-A jour de poisson, quant les pois sont cuis, l'en doit avoir oignons
-qui aient autant cuit comme les pois en un pot et le lart en autre
-pot[801], et[802] que de l'eaue du lart l'en paist et sert les pois,
-tout ainsi, jour de poisson, quant l'en a mis ses pois au feu en
-un pot, l'en doit mettre part ses ongnons mincs[803] en un autre
-pot, et de l'eaue des oignons servir et mettre dedens les pois en
-paissant; et quant tout ce est cuit, frire les oignons et en mettre la
-moicti s pois, et l'autre en la pure dont il sera parl cy-aprs,
-et lors mettre du sel. Et se ce jour de poisson ou en karesme il y a
-craspois[804], l'en doit faire des craspois comme de lart en jour de
-char.
-
-Quant est de pois nouveaulx, aucunes fois ils sont cuis jour de char
-et l'eaue de char et du percil broi, pour faire potage vert, et
-c'est jour de char; et jour de poisson, l'en les cuit au lait, du
-gingembre et du saffran dedens; et aucunes fois la cretonne dont il
-sera parl cy-aprs.
-
-De tous iceulx pois, soient viels, soient nouveaulx, l'en en peut faire
-de couls en un buletel[805], estamine[806] ou sacs[807]; mais les
-vielz pois, l'en les doit jaunir de saffran broy dont l'eaue soit mise
-boulir avec les pois et le saffran avec la pure.
-
-Autres pois y a qui sont en cosse avec du lart dedans.
-
-_Item_, cretonne de pois nouveaulx, trouverez vous ou chappitre
-ensuivant.
-
-De pure jour de char l'en ne tient compte. A jour de poisson et en
-karesme, l'en frit les oignons dont cy-dessus ou chappitre prcdent
-est parl, et puis l'uille en quoy les oignons sont fris et iceulx
-oignons l'en met dedans[808] avec chappeleures de pain, gingembre, clo
-et graine brois: et deffait de vinaigre et vin, et y met-l'en un petit
-de saffren, puis dressiez souppes[809] en l'escuelle.
-
-_Item_, de pure fait l'en civ[810] jour de poisson. Si ne le remue
-point et l'oste tantost de dessus le feu, etc.[811]
-
-_Item_, de pure aliez[812] vostre pore de bettes et sera trs-bon
-potage, mais que vous n'y mettez point d'autre eaue; et est pour pore
-de karesme[813].
-
-_Nota_ que si tost que tu apparcevras que ton potage s'aoursera, si
-le fay plus cler, car il s'aourse d'estre trop espois; et le remue
-tousjours ou fons du pot qui aura est aours, avant que tu y mettes
-riens plus.
-
-Vez-cy comment l'en cuit les oignons: en l'eaue longuement avant les
-pois, et tant que l'eaue soit toute dgaste au cuire; puis y met-l'en
-de la pure pour les parcuire et oster la saveur de l'eaue.
-
-Aussy les ottres sont _primo_ laves en eaue chaude, puis parboulies,
-puis doivent estre parcuites en la pure afin que la saveur d'icelles
-demeure en la pure, et non point escumes, puis oster les ottres et
-frire qui veult, et en mettre une partie s escuelles, et de l'autre
-partie font ms.
-
-FVES vieilles qui sont pour cuire toute l'escorce doivent
-estre trempes et mises au feu en un pot ds le soir devant et toute
-la nuit; puis getter celle eaue, et mettre cuire en une autre eaue,
-puis les purer comme pois, pour oster celle premire forte saveur, et
-puis cuire l'eaue de la char et au lart comme dit est devant l'eaue
-des pois, ou jour de poisson l'eaue doulce, et puis aprs mettre
-de l'uile: ou l'eaue des oignons et aux oignons. Et qui en veult de
-couls, fasse comme des pois.
-
-_Item_, les fves seront frases en Pasquers en ceste manire, c'est
-assavoir qui en vouldra de frases, il les convient eslire, laver, et
-sans tremper mettre les fves toute l'escorce en un pot au feu en
-eaue frmiant, et laissiez boulir jusques ce que l'escorce soit ride
-et grdeli; et puis tir arrire du feu, et puisi une cuillier,
-et les escorcher et fraser en leur chaleur, l'une cuillere aprs
-l'autre, et getter en eaue froide. Aprs ce, les convient laver en eaue
-tide comme les pois, puis les mettre cuire en eaue froide, et quant
-elles seront boulies comme bayennes, les purer: et getter la pure, et
-remplir de boullon de char se c'est jour de char, ou d'autre eaue se
-c'est jour de poisson; affaitier l'uille et l'oignon bien cuit,
-puis frit: ou affaiti au beurre. Et pevent estre reverdies de fueilles
-de fves nouvelles broyes, deffaites d'eaue chaude et coules; puis
-faire comme des autres, soit jour de char au lart, ou jour de
-poisson.
-
-_Item_, cretonne de fves nouvelles se fait comme vous trouverez ou
-chappitre ensuivant.
-
-_Item_, qui veult en tous les mois de l'an mengier fves sentans et
-ayans saveur de fves nouvelles, aiez et plantez chascun mois des
-fves, et de ce qui sera le plus tendre qui croistra dehors terre
-prenez ainsi comme une pongne, et broyez et mettez en vos fves, et
-vos fves blanchiront et aront couleur et saveur de fves nouvelles.
-
-_Item_, fves nouvelles doivent premirement estre cuites jusques
-bayennes[814], puis purer, et aprs boulir dedens la pure grosses
-souppes de deux dois d'espois et de pain brun, puis mettre en un
-chascun[815] des fves deux d'icelles souppes et du sel par-dessus.
-
-_Item_, quant elles sont baiennes et pures, l'en les peut frire
-la gresse de la ribelette[816] puis mettre un petit de pouldre[817]
-par-dessus.
-
-L'en congnoist les fves des marais ce qu'elles sont plates, et
-les fves des champs sont rondes.--_Item_, la dent l'en les treuve
-doulces et l'escorce tendre, et les autres au contraire.
-
-_Item_, qui veult fraser fves nouvelles, il les convient premirement
-fendre au long au coustel, et quant tout est fendu, les peler la main.
-
-_Nota_ que en Aoust commence-l'en mengier fves et pois couls la
-char sale; et _nota_ que un jambon de porc doit estre sal de trois
-jours naturels, et lors est fin bon.
-
-_Nota_ encores de fves et de pois, que cretonne de fves et de pois
-est ou chappitre des _Potages lians_.
-
-PORE. Trois manires de pores sont selon le dit des queux
-qui les nomment, l'une pore blanche, l'autre pore vert, l'autre pore
-noire.
-
-Pore blanche est dicte ainsi pour ce qu'elle est faite du blanc des
-poireaux, l'eschine, l'andoulle et au jambon, s saisons d'automne
-et d'iver, jour de char; et sachez que nulle autre gresse que le porc
-n'y est bonne. Et premirement l'en eslit, lave, mince et esverde les
-poreaux, c'est assavoir en est, quant iceulx poreaux sont jeunes: mais
-en yver, quant iceulx poreaux sont plus viels et plus durs, il les
-convient pourboulir en lieu d'esverder, et se c'est jour de poisson,
-aprs ce que dit est, il les convient mettre en un pot avec de l'eaue
-chaude et ainsi cuire, et aussi cuire des oignons mincs, puis frire
-les oignons, et aprs frire iceulx poreaux avec les oignons qui j sont
-fris; puis mettre tout cuire en un pot et du lait de vache, se c'est en
-charnage[818] et jour de poisson; et se c'est en karesme, l'en y met
-lait d'amandes. Et se c'est jour de char, quant iceulx poreaux d'est
-sont esverds, ou les poreaux d'iver pourboulis comme dit est, l'en
-les met en un pot cuire en l'eaue des saleures, ou du porc et du lart
-dedans.
-
-_Nota_ que aucunesfois poreaux, l'en fait lioison de pain.
-
-_Item_, pore blanche de bettes se fait comme dessus en eaue de mouton
-et beuf ensemble, mais non point de porc; et jour de poisson, au lait
-ou d'amandes ou de vache.
-
-_Item_, DE CRESSON EN KARESME AU LAIT D'AMANDES. Prenez
-votre cresson et le mettez pourboulir et une pongne de bettes avec
-des haches, et les friolez en huille, puis la mettez boulir en lait
-d'amandes; et en charnage, friolez au lart et au beurre tant qu'il
-soit cuit[819], puis destrempez de l'eaue de la char; ou au frommage
-et dressiez tantost, car il roussiroit. Toutesvoies, se l'en y met
-percil, il ne doit point estre esverd.
-
-Une espce de pore[820] que l'en dit espinars et ont plus longues
-feuilles, plus gresles et plus vers que pore commune, et aussi l'en
-appelle espinoches, et se menguent au commencement de karesme.
-
-Nouvelle et premire pore[821]. Eslisiez-le, et eslire ostez les
-grosses costes comme l'en fait des choulx, puis les mettez en eaue
-frmiant sans mincer, et aiez en un pot eaue clere, ou pure, et du
-sel, et mettez la pore dedens icelluy pot cuire, et puis drciez et
-mettez huille d'olive ou vertjus en l'escuelle, et n'y ait point de
-percil.
-
-Aucunes fois et le plus souvent l'en frit les espinars tous crus, et
-quant ils sont bien fris, l'en met de l'eaue un petit, comme l'en fait
-souppe l'uille.
-
-_Aliter_, pore de bettes nouvelles soit esverde en est quant elle
-est jeune, ou pourboulie en yver quant elle est droite pore vieille,
-selon la considration de sa vieillesse.
-
-Pore de bettes qui est lave, puis mince et pourboulie, se tient plus
-vert que celle qui premirement est pourboulie et puis hache. Mais
-encores est plus verte et meilleur celle qui est esleue, puis lave
-et puis mince bien menu, puis esverde en eaue froide, puis changer
-l'eaue et laissier tremper en autre eaue, puis espraindre par pelottes
-et mettre au pot boulir ou boullon avec le lart et de l'eaue de mouton;
-et quant elle a un petit bouli et l'en le veult drcier, que l'en mette
-dedens du percil esleu, lav et hach, et un petit de fanoul jeune, et
-boulir un boullon seulement.
-
-Tout considr, la pore moins boulue et non pourboulie est la plus
-vert, et le percil ne doit point estre boulu, se trs-petit non, car en
-boulant il pert sa saveur.
-
-Pore verte jour de poisson. Soit eslite, mince, puis lave en eaue
-froide sans pourboulir, puis cuite au vertjus et pou d'eaue, et mettre
-du sel, et soit drce toute boulant bien espoisse sans cler, puis l'en
-mettra dedens, au fons de l'escuelle, dessoubs la pore, du beurre sal
-ou frais qui veult, ou frommage ou frommage ou vertjus viel.
-
-Pore de minces[822] est en saison, de Janvier jusques Pasques, et
-encore aprs.
-
-Et _nota_ que faire pore au lait d'amandes, le lait ne doit point
-estre coul par l'estamine; en aucuns autres potages ou boire, si
-fait.
-
-Pore noire est celle qui est faite la ribelette de lart; c'est
-assavoir que la pore est esleue, lave, puis mince et esverde en
-eaue boulant, puis fritte en la gresse des lardons; et puis alaier[823]
-d'eaue chaude frmiant (et dient aucuns, qui la laveroit d'eaue froide,
-qu'elle seroit plus laide et noire), puis convient mettre sur chascune
-escuelle deux lardons.
-
-CHOULX sont de cinq manires: les meilleurs sont ceulx qui ont
-est frus de la gele, et sont tendres et tost cuis; et en temps de
-gele ne les convient point pourboulir, et en temps pluyeux, si. (Et
-commence iceulx pour ce que ce sont de celle anne les premiers crus,
-_scilicet_ puis Avril[824], et puis va en descendant vers vendenges,
-Nouel et Pasques.)
-
-Choulx blanc sont en la fin d'Aoust.
-
-Pommes de chou, sur la fin de vendenges. Et quant la pomme d'icelluy
-chou, laquelle est ou milieu, est oste, l'en arrache et replante en
-terre nouvelle le tronc de ce chou, et en yssent larges feuilles qui
-s'espandent: et tient un chou grant place, et l'en appelle iceulx
-choulx nomms[825] choulx Rommains, et sont mengis en yver; et des
-troncs, se ils sont replants, yssent de petits choulx que l'en appelle
-minces, que l'en mengue avec les herbes crues en vinaigre; et qui en a
-foison, ils sont bons esleus, lavs en eaue chaude, et tous entiers mis
-cuire avec un petit d'eaue: et puis quant ils sont cuis, mettre du sel
-et de l'uile, et drcis bien espois sans eaue, et mettre de l'uille
-d'olive dessus en karesme. Puis y a autres choulx que l'en appelle
-choulx pasquers pour ce que l'en les mengue en Pasquerez[826], mais
-ils sont sems ds Aoust; et quant aprs la semence ils sont percreus
-demy-pi de hault, l'en les arrache et plante-l'en ailleurs, et sont
-souvent arrouss.
-
-Aussi tous les choulx dessusdis sont premirement sems, puis quant ils
-sont creus demy-pi de hault, sont osts et replants.
-
-Et premirement des pommes, est assavoir que quant icelles pommes sont
-effeuilles, eslites et minces, il les convient trs-bien pourboulir,
-et longuement plus que les autres choulx, car les choulx Rommains
-se veullent le vert des feuilles dessirer par pesches[827], et le
-jaune, c'est assavoir les arrestes ou veines[828], escaches[829] ou
-mortier, puis tout ensemble esverder en eaue chaude, puis espraindre
-et mettre en un pot et de l'eaue tide, qui n'a assez eaue de char: et
-puis servir du plus gras et[830] de l'eaue de la char, et plusieurs y
-broient du pain.
-
-Et sachez que choulx veulent estre mis au feu ds bien matin, et cuire
-trs-longuement et plus longuement que nul autre potage, et bon feu
-et fort, et doivent tremper en gresse de beuf et non autre, soient
-pommes ou choulx ou quels qu'ils soient, except minces. Sachez aussi
-que eaue grasse de beuf et de mouton y est propre, mais non mie de
-porc; celle de porc n'est pas bonne fors pour poreaux.
-
-Aprs, l'en fait choulx, jour de poisson, aprs ce qu'ils sont
-pourboulis, cuire en eaue tide: et mettre de l'uille et du sel.
-
-_Item_, avec ce, aucuns y mettent du gruyau[831]. _Item_, en lieu
-d'uille, aucuns y mettent beurre.
-
-A jour de char[832], l'en y met pigons, saussisses et livre,
-fourques[833] et foison lart.
-
-NAVETS sont durs et mal cuisans jusques ce qu'ils aient est
-au froit et la gele; l'en leur oste la teste, la queue et autres
-barbillons ou racines, puis sont rs, puis lavs en deux ou en trois
-paires d'eaues chaudes, bien chaudes, puis cuire en chaude eaue de
-char, soit porc, beuf, ou mouton.
-
-_Item_, en Beausse, puis qu'ils sont cuis, l'en les trononne et frit
-en la paelle, et gecte l'en pouldre par dessus.
-
-MENUS DE PIS. Prenez jugiers[834] et foies et faites cuire
-en vin et en eaue, premirement les jugiers et au derrenier les
-foies, puis les mettez en un plat et du percil minci et du vinaigre
-par-dessus. _Item_, de pi de beuf et de mouton et de chevrel.
-
-GRAMOSE[835] est faite[836] de la char froide du giste qui est
-demoure du disner et de l'eaue d'icelle char demoure comme dessus, en
-la manire qui s'ensuit: _primo_, il convient batre quatre ou six oeufs,
-c'est assavoir moyeul et blanc, et batre, batre, et tant qu'ils soient
-dgoutans comme eaue, car autrement ils se tourneroient; et mettre
-autant de vertjus comme les oeufs montent, et faire boulir avec l'eaue
-de la char; et d'autre part faire la char par lesches, et mettre deux
-pices en l'escuelle, et le brouet par-dessus.
-
-SOUPPE DESPOURVEUE. Aiez du percil et frisiez en beurre, puis
-gettez de l'eaue boulant dessus et faites boulir: et mettre du sel, et
-drciez vos souppes comme en pure[837].
-
-_Aliter_, se vous avez du beuf froit, si le trenchiez bien menu, puis
-broiez un pou de pain allay de vertjus et coulez par l'estamine; mise
-en un plat et de la pouldre dessus. Chauffez sur le charbon. C'est bon
-pour trois personnes.
-
-_Aliter_, jour de poisson, prenez de l'eaue et mettez frmir et des
-amandes dedans; puis escorchez les amandes et les broyez et allaiez
-d'eaue tide, coulez et mettez boulir avec pouldre de gingembre et
-saffran, et drciez par escuelles; et en chascune escuelle, une pice
-de poisson frit.
-
-_Aliter_, jour de char, prenez du chaudeau de la char, et aiez
-pain tremp ou maigre[838] de l'eaue de la char, puis broyez, et six
-oeufs: puis coulez et mettez en un pot avec de l'eaue grasse, espices,
-vertjus, vinaigre et saffran; faictes boulir un bouillon, puis drciez
-par escuelles.
-
-_Item_, et qui en une hostellerie, en haste, treuve eaue de char et il
-en veult faire potage, il peut gecter ens des espices et faire boulir,
-puis, au derrenier, filer des oeufs et drcier.
-
-_Aliter_, jour de poisson, broyez du pain, et destrempez d'eaue, de
-vertjus et du vinaigre, et mettez sur le feu; et quand il frmira,
-mettez jus[839], et mettez les moyeux dedans; puis mettez sur le feu
-et faites petit feu tant chauffer qu'il bouille, et mettez pouldres
-d'espices et faites vostre souppe.
-
-_Aliter_, faites boulir ou pot un petit de lart, et quant il sera la
-moiti cuit, aiez un maquerel frais, et dcoupez par tronons et le
-mettez cuire avec, et puis ostez tout, et mettez du percil hachi
-boulir une onde[840] et drciez.
-
-POUR CONGNOISTRE BON FROMMAGE. Bon frommage a six conditions.
-_Non Argus, nec Helena, nec Maria Magdalena, sed Lazarus et Martinus,
-respondens pontifici._[841]
-
- Non mie blanc comme Hlaine,
- Non mie plourant com Magdalaine,
- Non Argus, mais du tout avugle,
- Et aussi pesant comme un bugle[842]:
- Contre le poulce soit rebelle,
- Et qu'il ait tigneuse cotelle[843].
- Sans yeulx, sans plourer, non pas blanc,
- Tigneulx, rebelle, bien pesant.
-
-En Juillet, jambon de porc frais cuit l'eaue jaune et au vertjus de
-grain, un petit de gingembre et de pain: la sausse rape.
-
-_Item_, au soupper, char sale du matin cuite l'eaue et aux ciboules,
-soit beuf ou mouton.
-
-En pois nouveaulx cuis pour mengier en la cosse, l'en doit mettre
-du lart jour de char: et jour de poisson, quant ils sont cuis,
-l'en pure l'eaue, et l'en met dessoubs du beurre sal fondre, et puis
-hochier.
-
-
-AUTRES POTAGES QUI SONT A ESPICES ET NOS LIANS.
-
-_Primo_, _nota_ que toutes espices qui doivent estre mises en potages
-doivent estre bien broyes et non coules, except pour gele; et en
-tous potages, l'en doit mettre les espices le plus tart que l'en puet,
-car tant plus perdent de leur saveur comme plus tost sont mises: et
-doit-l'en couler le pain broy.
-
-Potage jour de poisson, _vide[844] pagina proxima prcedente_.
-
-_Aliter_, prenez amandes, eschaudez et pelez et broiez: deffaites
-d'eaue tide; faites boulir avec pouldre fine et saffran, et en
-chascune escuelle soit mise une moiti de sole frite et du potage
-dessus.
-
-COURGES. Soit pele l'escorce, car c'est le meilleur: et
-toutesvoies qui vouldra mettre ce[845] dedans, soient osts les grains,
-jsoit-ce que l'escorce seule vault mieulx, puis convient tranchier
-l'escorce pele par morceaux, puis pourboulir, puis hacher longuement,
-puis mettre cuire en gresse de beuf: la parfin jaunir de saffren ou
-getter dessus du saffren par fils, l'un , l'autre l; ce que les
-queux dient _frangi de saffran_.
-
-HERICOT DE MOUTON. Despeciez-le par petites pices, puis le
-mettez pourboulir une onde, puis le frisiez en sain de lart, et frisiez
-avec des oignons menus mincis et cuis, et deffaites du boullon de
-beuf, et mettez avec macis, percil, ysope et sauge, et faites boulir
-ensemble[846].
-
-_Item_, PAST EN POT DE MOUTON. Prenez de la cuisse[847],
-et gresse ou mouelle de beuf ou de veel hach menu et oignons menus
-hachis, et faictes boulir et cuire en un pot bien couvert bien petit
-de boullon de char ou autre eaue, puis mettez boulir dedens espices, et
-un petit de vinaigre pour aguisier, et drciez en un plat.
-
-_Item_, qui veult saler mouton en temps chault, il le convient tremper
-avant, et puis pouldrer de gros sel broy.
-
-MOUTON AUSOERRE[848]. Despeciez le mouton par pices, puis
-lavez et mettez cuire en eaue, puis broyez foison percil et pain, et
-coulez, et mettez ou pot avec espices.
-
-MOUTON AU JAUNET. Despeciez le tout cru, et soit du flanchet;
-et le cuisiez en eaue, puis y broyez une cloche de gingembre et du
-saffran, et allaiez de vertjus, de vin et de vinaigre[849].
-
-TRIPPES AU JAUNET. Qui veult cuire trippes, il n'y convient
-point mettre de sel au cuire, car elles noirciroient.--_Item_, les
-pis, la queue et la caillette qui sont noires, doivent cuire part,
-et la pance et autres choses blanches, d'autre part[850].
-
-TRUMEL DE BEUF[851] AU JAUNET.[un croix] Soit cuit
-longuement; et qui veult, de la poullaille tue de deux jours ou d'un
-jour devant soit boulie longuement avec, et des herbes, et puis mis du
-saffran dedans[852].
-
-POTAGE D'UNE PETITE O. Cuisiez trs bien vostre petite o et
-frisiez: puis broiez gingembre, clou, graine et poivre long, du percil
-et un petit de sauge, destrampez de l'eaue de la char ou de la petite
-o, et mettez du fromage gratuisi[853], et servez en chascune escuelle
-trois pices de petite o[854].
-
-BROUET DE CHAPONS. Cuisiez vos chapons en eaue et en vin,
-puis si les despeciez par membres et frisiez en sain, puis broiez les
-braons[855] de vos chapons et les foies et amandes, et deffaites
-de vostre boullon et faites boulir, puis prenez gingembre, canelle,
-girofle, garingal, poivre long et graine de paradis, et deffaites de
-vinaigre et faites boulir; et au dressier, mettez vostre grain[856] par
-escuelles, et dressiez le potage sus.
-
-CHAPONS AUX HERBES.--VEEL AUX HERBES. En yver chapons tus,
-mouills et puis mis six jours la gele, et en est mors de deux
-jours (sans soleil) ou estouffs soubs une couste; mettez cuire en eaue
-et du lart avec pour donner apptit, et mettez percil, sauge, coq et
-ysope, un petit de vertjus pour aiguisier, et du gingembre bien petit,
-et saffran pour donner couleur. C'est potage propre s'il fait froit,
-mais s'il fait chault, il ne convient n'en l'un n'en l'autre[857] fors
-lart et saffran[858].
-
-GRAV D'OISELETS OU D'AUTRE CHAR. Soient plums sec[859],
-puis aiez du gras du lart dcopp comme par morceaulx quarrs, et
-mettez au fer de la paelle[860] et en traiez la graisse et l les
-frisiez; puis mettez cuire ou boullon de la char, puis prenez pain
-hall sur le gril ou chappelleures de pain trempes ou boullon de
-la char et un petit de vin; puis prenez gingembre, girofle, graine
-et fleur de canelle et les foies, et les broyez; et puis coulez
-vostre pain et boullon par l'estamine et les espices broyes fin
-et sans couler; et mettre boulir avec vos oiselets et un petit de
-vertjus.--_Item_, qui n'a boullon, si mette pure de pois.--_Item_, ne
-doit point estre trop lyant, mais claret; doncques ne convient-il que
-le pain ou les foies pour lier[861].
-
-GRAV OU SEYM[862] est potage d'iver. Pelez oignons et les
-cuisiez tous hachis, puis les frisiez en un pot; or convient avoir
-vostre poullaille fendue sur le dos et halle sur le gril au feu de
-charbon, ou se c'est veel, aussi; et qu'ils soient mis par morceaulx
-soit veel, ou par quartiers se c'est poulaille, et les mettez avec
-les oignons dedans le pot; puis avoir pain blanc harl sur le gril et
-tremp au boullon d'autre char: et puis broyez gingembre, clou, graine
-et poivre long, deffaire de vertjus et de vin, sans couler, mettre
-d'une part: puis broyer le pain et couler par l'estamine et mettre au
-brouet, et tout couler ensemble et boulir; puis drcier.
-
-_Nota_ que l'en dit _seurfrire_ pour ce que c'est en un pot, et se
-c'estoit en une paelle de fer, l'en diroit _frire_.
-
-GRAV D'ESCREVICES. Mettez boulir vos escrevices, et quant
-elles seront cuites, soient eslites comme qui les vouldroit mengier, et
-ostez le mauvais de dedans, puis aiez des amandes peles et broyes,
-deffaites[863] de pure de pois coule par l'estamine, et du pain
-harl ou des chappeleures trempes en pure, broyes et coules par
-l'estamine, puis aiez gingembre, canelle, graine et clou: broyez,
-et tout mis en un pot, et un petit de vinaigre et boulu ensemble,
-puis drci par escuelles, et soit mis dedens chascune escuelle les
-escrevisses frictes en huille et de l'autre poisson frit.
-
-_Item_, qui veult faire _tuille d'escrevisses_, ainsi se peut-il faire,
-mais forment les escailles des escrevisses[864].
-
-Et qui au brayer[865] veult trouver grant avantaige, face les coquilles
-des escrevisses seicher en un four dedens un pot ou en une paelle de
-terre, puis broier en un mortier espicier, et puis couler leur plus
-dli sasses, puis de rechief schier au four, puis broyer et sasser,
-et aprs mettre ou potage; et croy que ce serre.
-
-BOUSSAC DE CONNINS. Premirement, les connins de garenne
-sont congneus ce qu'ils ont le hasterel[866], c'est assavoir depuis
-les oreilles jusques vers les espaules, de couleur entre tann[867]
-et jaune, et sont tous blans soubs les ventres, et tous les quatre
-membres par dedans jusques au pi, et ne doivent avoir nulle autre
-tache blanche parmi le corps.--_Item_, l'en congnoist qu'ils sont
-dedans leur premier an, ce qu'ils ont en la jointe des jambes de
-devant un petit osselet emprs le pi, et est agu. Et quant ils sont
-suranns, la jointe est toute ounie; et aussi est-il des livres et
-des chiens.--_Item_, l'en congnoist qu'ils sont de fresche prise
-ce qu'ils n'ont pas les yeulx enfoncs: l'en ne leur peut ouvrir les
-dens; ils se tiennent droit sur leurs pis; et quant il est cuit, le
-ventre luy demeure entier. Et s'il est de vieille prise, il a les yeulx
-enfoncs: l'en luy euvre de lgier la gueule: l'en ne le peut tenir
-droit; et quant il est cuit, il a le ventre despeci. En yver, connins
-pris de huit jours sont bons, et en est, de quatre jours, mais qu'ils
-n'aient sentu le soleil.
-
-Et quant ils sont bien choisis et escorchis, puis les despeciez par
-pices quarres, et les mettez parboulir, puis reffaire en eaue froide:
-puis en chascune pice, de chascun cost, trois lardons; puis les
-mettez boulir en eaue et du vin aprs. Adonc broyez gingembre, graine,
-clo de giroffle, et destrempez ou boullon de beuf ou du leur[868], et
-d'un petit de vertjus, et mettez dedens le pot et faites boulir jusques
-au cuire.
-
-_Item_, ainsi se fait un seym, mais l'en y met oignons fris, et
-un petit de pain ou chappelleures pour lier. (_Et doncques c'est
-civ[869]._)
-
-_Item_, ainsi est fait un bouly lard de veau, de chevrel ou cerf.
-
-BOUSSAC DE LIVRE. _Nota_ que du livre freschement pris et
-tantost mengi, la char est plus tendre que de livre gard.
-
-_Item_, livre pris de quinze jours vault mieulx, mais que le soleil ne
-l'ait atouchi; c'est assavoir quinze jours ou fort de l'iver: en est,
-six jours ou huit au plus et sans soleil.
-
-_Item_, sachiez que se le livre est mengi frais prins, la char en est
-plus tendre, et ne le convient point laver, mais harler ou rostir avec
-son sang.
-
-Boussac de livre ou de connin se fait ainsi: harlez le livre en la
-broche ou sur le gril, puis le dcoupez par membres, et mettez frire
-en sain ou en lart: puis aiez pain brl ou chappelleures deffais de
-boullon de beuf et de vin, et coulez, et faites boulir ensemble; puis
-prenez gingembre, clo de giroffle et graine; deffait de vertjus et soit
-brun-noir et non trop lyant.--_Nota_ que les espices doivent estre
-broyes avant que[870] le pain.
-
-De connin se fait-il ainsi, sauf tant[871] que le connin est parbouli,
-puis refait en eaue froide, et puis lard, etc.[872]
-
-ROS DE LAPPEREAUX, d'allouettes, de menus oiseaux ou de
-poucins. Lappereaulx soient escorchis, dcoupps, pourboulis,
-reffais en eaue froide et lards: les poucins soient eschauds pour
-plumer[873], puis reffais, dcoupps et lards, et les allouettes ou
-oiselets soient plums seulement pour pourboulir en eaue de char; puis
-avoir du gras du lart dcoupp comme par morceaulx quarrs, et mettez
-au fer de la paelle, et en traiant les chaons[874], et laissiez la
-gresse: et l frire vostre grain[875], ou mettre vostre grain boulir
-sur le charbon et souvent tourner en un pot avec du sain[876]. Et en
-ce faisant, aiez des amandes peles, et deffaites du boullon de beuf
-et coulez par l'estamine, puis aiez gingembre, clo de giroffle, cdre
-autrement dit _alixandre_[877], deffaites du boullon et coulez, et le
-grain cuit et trestout soit mis dedans un pot et bouly ensemble et du
-sucre largement; puis drciez par escuelles et des espices dores par
-dessus.
-
-Cdre vermeil est un fust[878] que l'en vent sur les espiciers, et est
-dit _cdre dont l'en fait manches cousteaulx_.
-
-VENOISON DE CERF. Pour ce que la char en est plus dure que
-de bichot[879] ne de chevrel, soit pourboulie et larde au long: et au
-cuire, soit mis du vin grant foison, et au parcuire, du macis broi; et
-soit mengi la cameline.--_Item_, en past, soit pourboulie, larde
-au long, et mengie froide la cameline.
-
-Et qui la veult saler en est, il convient mettre gros sel fondre en
-eaue, puis y tremper la venoison, et aprs seicher au soleil[880].
-
-Et se vous voulez faire une pice de beuf sembler venoison de cerf ou
-d'ours, se vous estes en pays d'ours, prenez du nomblet de beuf ou du
-giste, puis le parboulez et lardez, embrochiez et rostissiez; et soit
-mengi la queue de sanglier[881]. Soit le beuf pourbouly, puis lard
-au long aprs ce qu'il sera trenchi par loppins, et puis mettre la
-queue de sanglier bien chaude en plat pardessus vostre beuf qui _primo_
-soit rosty ou bout en eaue boulant et retir tantost, pour ce qu'il
-est plus tendre que cerf.
-
-BEUF COMME VENOISON D'OURS. Du giste de boeuf. Fait-l'en sausse
-noire de gingembre, clo de giroffle, poivre long, graine, etc. Et
-met-l'en en chascune escuelle, deux escuelles[882], et le mengue-l'en
-saveur d'ours[883].
-
-CHEVREL SAUVAGE[884] au boussac claret et non lyant: soit
-escorchi, puis bout en eaue boulant et retir tantost pour ce qu'il
-est plus tendre que cerf, et lard au long, puis mis cuire en meigre
-eaue de char qui l'a, ou autre: du vin, espices broyes en gros, et
-drciez vostre grain dedens[885].--_Item_, chevrel sauvaige, ainsi
-comme il est dit de chevrel ou chappitre cy-dessus.
-
-SANGLIER FRAIS soit cuit en eaue avec du vin et mengi au
-poivre chault, et le sal cuit comme dessus et mengi la moustarde;
-c'est ou fort de l'iver, mais au commencement, il se mengut aux espices
-et aux souppes.
-
-A la Nostre-Dame en Mars[886], commencent les appareils des cervoisons,
-et dit-l'en _ la my-May, my-teste_[887], pour ce que lors le cerf a
-boulu la moiti de sa teste, mais le droit cuer des cervoisons commence
- la Saincte-Croix en May[888], et de l croist le cerf en venoison
-jusques la Magdalaine, et peut estre chaci le cerf jusques la
-Saincte-Croix en Septembre; et lors se passe sa saison.
-
-_Item_, au deffaire, l'en luy oste premirement les deytis[889], ce
-sont les c......ns, avec lesquels sont les neux[890], le jargeau[891],
-le franc-boyau, etc. Et sont ses deytis pourboulis, puis cuis, mengis
- la sausse chaude.
-
-_Item_, en un cerf sont les espaules, la hampe, les cuisses, le foie,
-les nombls, les lards, la queue scilicet le semier, les deux costs,
-et c'est tout.
-
-_Item_, la char par pices fresche, il semble que sans pourboulir l'en
-la doit mettre en eaue boulant, et tantost retirer et larder au long,
-et est boulie et larde au long, puis boulie en eaue, et appelle-l'en
-le potage _bouly lard aux espices et aux souppes_.
-
-_Item_, les nomblets[892] sont rostis la sausse chaude.
-
-_Item_, les lards c'est ce qui est entre les costs et l'eschine; et
-sont meilleurs en past que autrement.
-
-_Item_, aussi d'un cerf frais, l'en le mengue la sausse chaude quant
-il est mis en rost.
-
-_Item_, l'en fait prsent de la teste et du pi aux seigneurs, et cela
-n'est point mengaille: ce n'est fors pour savoir quel et de quel aage
-le cerf estoit; mais de mengaille, l'en fait prsent du seymier, de la
-hampe et des deux costs.
-
-_Item_, la queue est dicte le seymier: et qui la veult saler, il
-convient oster tous les os ce que l'en puet, car il contient une grant
-partie du dos.
-
-_Item_, la hampe c'est la poictrine, et est bonne sale; et sale-l'en
-la venoison du cerf tout ainsi comme la char de beuf.
-
-_Item_, toute la brouaille, except le foie, est pour la cuiri des
-chiens, et l'appelle-l'en le _hu_[893].
-
-En Septembre l'en commence chacier les bestes noires jusques la
-Saint-Martin d'iver.--_Item_, tous les quatre membres sont appells
-jambons, comme d'un porc. _Item_, d'un sanglier a la hure, les costs,
-l'eschine, les nombls, les quatre jambons; c'est tout. _Item_, des
-yssues l'en ne retient fors le foie qui semble qu'il soit propre pour
-faire soutil brouet d'Angleterre.
-
-_Item_, la char fresche est cuite et appareillie en eaue et aux
-espices comme le cerf.
-
-Du bourbelier, c'est le nomblet. (_Combien que en cest endroit, l'en
-dit bien nomblets d'une part, et bourbelier de l'autre._)
-
-_Item_, le sanglier sal se mengue la fourmente. La teste se cuit
-entire, et moiti vin, moiti eaue. Les joes en sont bonnes par
-lesches sur le gril.
-
-BICHOT SAUVAGE au boussac claret et non liant: soit
-escorchis, puis boulis ou bouts en eaue boulant et retir tantost,
-pour ce qu'il est plus tendre[894] que cerf; et lards au long; puis
-mis cuire en maigre eaue de char qui l'a, ou en autre, avec du vin,
-espices broies; et drciez vostre grain dedans[895].
-
-
-AUTRES POTAGES LIANS DE CHAR.
-
-BROUET DE FRESSURE DE POURCEL. Broiez du gingembre, clo,
-graine, etc., puis deffaites de vinaigre et vin, puis aiez pain rosti
-et tremp en vinaigre, broiez et coulez: et mettre tout ensemble; et
-ayez vostre fressure cuite, couppe par plusieurs morceaulx et frite
-en sain doulx. Puis mettez du chaudeau des boudins, ou du chaudeau du
-chaudun en un pot, avec vostre pain broi aprs vos espices broyes, et
-faites boulir; puis gettez dedans vostre pot les morceaulx de vostre
-friture et faites boulir un boullon, et drciez.
-
-FVES NOUVELLES. Faites-les boulir plus que bayennes, puis
-prenez foison percil et petit de sauge et d'isope, et broiez trs bien,
-et aprs ce broiez du pain, et une pongne d'icelles mesmes fves qui
-soient peles broiez avec pour lier, puis couler par l'estamine: puis
-friolez le remanant de vos fves en lart, se c'est jour de char, ou
-en huille ou beurre, se c'est jour de poisson; puis mettez vos fves
-en eaue de char, se c'est jour de char, ou en l'eaue des fves, se
-c'est jour de poisson.
-
-CRETONNE DE POIS NOUVEAULX ou fves nouvelles. Cuisiez-les
-jusques au purer[896], et les purez[897], puis prenez lait de vache
-bien frais, et dictes celle qui le vous vendra qu'elle ne le vous
-baille point s'elle y a mis eaue, car moult souvent elles agrandissent
-leur lait[898], et s'il n'est bien frais ou qu'il y ait eaue, il
-tournera. Et icelluy lait boulez premirement et avant que vous y
-mettez riens, car encores tourneroit-il: puis broiez premirement
-gingembre pour donner apptit, et saffran pour jaunir: jsoit-ce
-que qui le veult faire lyant de moieulx d'oeufs fils[899] dedans,
-iceulx moieulx d'oeufs jaunissent assez et si font lioison, mais le
-lait se tourne plus tost de moyeulx d'oeufs que de lioison de pain et
-du saffran pour coulourer. Et pour ce, qui veult lier de pain, il
-convient que ce soit pain non lev et blanc, et sera mis tremper en
-une escuelle avec du lait ou avec du boullon de la char, puis broy et
-coul par l'estamine; et quant vostre pain est coul et vos espices
-non coules, mettez tout boulir avec vos pois; et quant tout sera
-cuit, mettez adonc vostre lait et du saffren. Encores povez-vous faire
-autre lioison, c'est assavoir des pois mesmes ou des fves broyes,
-puis coules; si prenez laquelle lioison que mieulx vous plaira. Car
-quant est de lioison de moieulx d'oeufs, il les convient batre, couler
-par l'estamine, et filer dedens le lait, aprs ce qu'il a bien boulu
-et qu'il est trait arrire du feu avec les pois nouveaulx ou fves
-nouvelles et les espices. Le plus seur est que l'en preigne un petit du
-lait, et destremper les oeufs en l'escuelle, et puis encores autant, et
-encores, tant que les moieux soient bien destremps la cuillier avec
-foison de lait, puis mettre ou pot qui est hors du feu, et le potage ne
-se tournera point. Et se le potage est espois, allayez-le de l'eaue de
-la char. Ce fait, il vous convient avoir poucins escartels, veel, ou
-petite o cuit, puis frit, et en chascune escuelle mis deux ou trois
-morceaulx et du potage pardessus.
-
-CRETONNE jour de poisson; soit la friture faite de tanches,
-brochets, soles ou limandes frites.
-
-CHAUDUN DE POURCEAU, _scilicet_ les boyaulx, doivent estre
-vuids la rivire, puis lavs en eaue tide par deux fois, et mettre
-en une paelle d'arain et froter trs bien en sel et eaue, puis relaver
-en eaue tide. Aucuns les lavent en sel et en vinaigre, et quant ils
-sont trs bien lavs soit par vinaigre ou sans vinaigre qui veult, l'en
-les trenche par tronons, et sont embrochis par hastelets et rostis
-sur le gril et mengis au vertjus de grain. Et qui en veult faire
-potage, il le reconvient mettre cuire tout entier en un pot de terre et
-puis mettre esgouter en un plat, puis dcoupper par menus morceaulx,
-et frisis en sain de lart; puis broiez pain premirement, puis macis,
-garingal, saffran, gingembre, clo, graine, canelle: destremp de
-bouillon et mis d'une part; puis broiez pain brul ou chappeleures, et
-soient allais du chaudeau et couls par l'estamine et mis en eaue
-de char ou de chaudeau de lui mesmes, ou moiti d'un moiti d'autre,
-et boulu tout ensemble avec vin vermeil, vertjus et vinaigre. En yver
-doit estre brun et drci comme dessus, et en est soit plus cler et
-jaunet; et aiez du vertjus de grain cuit en eaue dedens un drappel, ou
-des groiselles, et quant vous drcerez vos escuelles, mettez six ou
-huit morceaulx du chaudun, puis du potage dessus, et par dessus six ou
-huit grains de vertjus, ou groiselles par dessus en chascune escuelle.
-Et aucuns font le potage des espices et lait comme cy-dessus est dit de
-cretonne.
-
-_Nota_ que le sel et vinaigre ostent la freschume. Et ce que dit est
-en ceste addition est du chaudun que l'en mengue en Juillet, et les
-autres hastelets qui sont fais en Dcembre, sont fais de toutes pices
-comme de foie, de mol et des autres pices du chaudun, et est ce que
-ces povres cuisent en bacins laver parmy ces rues[900].
-
-COMMINE DE POULAILLE. Mettez-la par morceaulx cuire en l'eaue
-et un petit de vin, puis la frisiez en sain, puis prenez un petit de
-pain, trempez en vostre boullon, et _primo_ prenez du gingembre et
-du commin[901], deffait de vertjus, broyez et coulez et mettez tout
-ensemble avec du boullon de char ou de poulaille, et puis lui donnez
-couleur ou de saffran ou d'oeufs ou des moyeux couls par l'estamine
-et fils ou potage aprs ce qu'il sera trait hors du feu. _Item_, le
-meilleur est de le faire de lait tel comme dit est, puis broyer vostre
-pain aprs vos espices, mais il convient que le lait soit premirement
-bouly afin qu'il ne s'aourse; et aprs ce que le potage sera tout fait,
-le lait soit mis dedans vin (_Il me semble qu'il n'y sert de rien_) et
-la frisiez. Plusieurs ne la frisent point, jsoit-ce que c'est le plus
-friant.
-
-(_Pain est lioison, et il dit aprs oeufs qui est autre lioison, et
-il doit souffire de l'une, si comme il est dit ou chappitre de la
-cretonne._)
-
-(_Vertjus et vin.--Qui veult faire son potage de lait, il n'y convient
-ne vin ne vertjus._)[902]
-
-COMMINE A JOUR DE POISSON. Frisiez vostre poisson, puis pelez
-amandes et broyez, et deffaites de pure ou de boullon de poisson et
-faites lait[903], mais lait de vache est plus apptissant, jsoit-ce
-qu'il n'est mie si sain pour malades; et au surplus faites comme
-dessus. _Item_, jour de char, qui ne treuve lait de vache, se peut
-faire de lait d'amandes, et la char comme dessus.
-
-HARDOUIL[904] DE CHAPONS.[un croix] Despeciez-les
-par membres ou quartiers, puis les cuisiez en eaue, puis friolez en
-sain de lart: et tandis, broyez gingembre, canelle, giroffle et graine,
-et deffaites de vertjus, et ne soit point coul, mais sorissiez[905]
-pain sur le gril, broyez aprs les espices, et destrempez de vertjus,
-puis passez le dit pain par l'estamine et faites tout boulir. Et au
-drcier, mettez vostre grain par escuelles et le potage tout chault
-dessus[906].
-
-HOCHEPOT DE VOLAILLE est fait ainsi et soit non claret. L'en
-les doit despecier par morceaulx; ainsi fait-l'en d'o quant elle
-est dure et maigre, car les grasses sont rosties.--_Item_, des viels
-coulons. Ainsi est fait _rouille de beuf_[907].
-
-BROUET DE CANELLE. Despeciez vostre poulaille ou autre char,
-puis la cuisiez en eaue et mettez du vin avec, et friolez: puis prenez
-des amandes crues et sches toute l'escorce et sans peler, et
-canelle grant foison, et si broyez trs bien, et deffaites de vostre
-boullon ou de boullon de beuf, et faites boulir avec vostre grain: puis
-broyez gingembre, giroffle et graine, etc., et soit liant[908] et sor.
-
-BROUET GEORG[909], BROUET HOUSSI.[un croix]
-Prenez poulaille despece par quartiers, veau ou telle char comme
-vous vouldrez despecis par pices, et faites boulir avec du lart: et
-d'autre part aiez en un pot, avec du sain, oignons menus mincis qui y
-cuiront et friront. Aiez aussi du pain harl sur le greil[910], puis le
-mettez tremper avec du boullon de vostre char et du vin dedans, puis
-broyez gingembre, canelle, poivre long, saffren, giroffle et graine et
-les foies, et les broyez si bien qu'il n'y convengne point couler: et
-destrempez de vertjus, vin et vinaigre. Et quant les espices seront
-ostes du mortier, broyez vostre pain, et si le deffaites de ce en quoy
-il a tremp, et coulez par l'estamine, et mettez espices et du percil
-effeulli qui veult, tout boulir avec le sain et des oignons, et adonc
-frisiez vostre grain. Et doit ce potage estre brun de sain et liant
-comme soringue.
-
-_Nota_ que tousjours l'en doit broyer les espices le premier; et en
-potages, l'en ne coule point les espices, et aprs l'en broie et coule
-le pain.
-
-(_Je croy qu'il n'y convient vin ne vinaigre._)
-
-_Nota_ que pour le percil seulement est-il dit brouet _houssi_,
-car ainsi comme l'en dit ailleurs _frangi_ de saffran[911], aussi
-peut-l'en dire _houssi_ ce qui est de percil; et c'est la manire de
-parler des queux.
-
-BROUET ROUSSET est fait comme brouet georg cy dessus, sauf
-tant que l'en n'y met point de saffran, de vin, ne de vinaigre, et
-l'en y met plus plantureusement canelle, et les oignons coupps par
-rouelles[912].
-
-UNE VINAIGRETTE. Prenez la menue-haste d'un porc, laquelle
-soit bien lave et eschaude, puis rostie comme demy sur le greil:
-puis minciez par morceaux, puis les mettez en un pot de terre, du sain
-et des oignons coupps par rouelles, et mettez le pot sur le charbon,
-et hochiez souvent. Et quant tout sera bien frit ou cuit, si y mettez
-du boullon de beuf, et faites tout boulir, puis broiez pain hal[913],
-gingembre, graine, saffran, etc., et deffaites de vin et de vinaigre,
-et faites tout boulir, et doit estre brune. (_Brune. Comment sera-elle
-brune, s'il n'y a du pain hall?_--Item, _je croy qu'elle doit estre
-liant, car je la treuve ou chapitre des potages lians, cy-devant; et
-par ces deux raisons, je croy qu'il y convient du pain harl pour lier
-et tenir brune_.)
-
-BROUET BLANC. Prenez chapons, poulets ou poucins tus par
-avant de temps convenable, ou tous entiers ou par moiti ou par
-quartiers, et du veel par pices, et les cuisiez avec du lart en
-l'eaue et au vin: et quant ils seront cuis, si les traiez, puis prenez
-des amandes, si les pelez et broiez et deffaites de l'eaue de vostre
-poulaille, c'est assavoir de la plus clere, sans fondrille ou trouble
-aucun, et puis les coulez par l'estamine; puis prenez gingembre blanc
-par ou pel, avec graine de paradis, allay comme dessus, et coulez
-une bien dlie estamine, et meslez avec le lait d'amandes. Et si n'est
-assez espois, si coulez de la fleur d'amidon ou ris qui soit boulis, et
-luy donnez goust de vertjus, et y mettez du succre blanc grant foison.
-Et quant l'en aura drci, si pouldrez par-dessus une espice que l'en
-appelle coriandre vermeille et des grains de la pomme de grenade avec
-drage et amandes frioles, piques en chascune escuelle sur le bout.
-Soit veu cy-aprs ce propos, de blanc mengier.
-
-BLANC MENGIER de chapons pour malades. Cuisiez-le en eaue tant
-qu'il soit bien cuit, puis broiez amandes grant foison et du braon[914]
-du chapon, et soit bien broy et deffait de vostre boullon, et pass
-parmy l'estamine: puis mettez bien boulir, tant qu'il soit bien liant
-et espais; puis broyez gingembre blanc par et les autres espices
-contenues cy-dessus ou brouet blanc.
-
-BROUET D'ALEMAIGNE. Prenez char de connins, de poullaille ou
-de veel, et despeciez par pices: puis cuis en l'eaue comme moiti,
-puis friols au sain de lart; puis aiez de l'oignon menu minci en
-un pot, sur le charbon, et du sain dedans le pot, et hochez le pot
-souvent: puis broyez gingembre, canelle, graine de paradis, noix
-muguettes, des foies rostis en une brochette sur le gril, et du saffren
-deffait de vertjus, et soit sur le jaune et liant. Et _primo_ pain
-sori sur le gril, broy et pass par l'estamine: et soit tout avec des
-fueilles de percil mis boulir ensemble ou dit pot et du sucre dedans;
-et au drcier, mettez trois ou quatre morceaulx de vostre grain en
-l'escuelle et du brouet dessus, et du sucre par-dessus le brouet.
-
-(Nota _qu'il fault; car aucuns queux dient que brouet d'Alemaigne
-ne doit point estre jaune, et cestuy dit que si fait[915]. Et
-doncques, s'il doit estre jaune, ne doit mie le saffran estre pass
-par l'estamine, mais doit estre bien broy et allay et mis ainsi ou
-potage; car cellui qui est pass, c'est pour donner couleur: celluy qui
-est mis par-dessus, est dit frangi._)
-
-SOUBTIL BROUET D'ANGLETERRE. Prenez chastaignes cuites peles,
-et autant ou plus de moyeux d'oeufs durs et du foye de porc: broyez tout
-ensemble, destrempez d'eaue tide, puis coulez par l'estamine; puis
-broyez gingembre, canelle, girofle, graine, poivre long, garingal et
-saffran pour donner couleur et faites boulir ensemble[916].
-
-BROUET DE SAVOIE. Prenez chapons ou pouls et faites boulir
-avec du lart bien maigre et les foyes: et quant ce sera demi cuit,
-traiez-les, puis mettez de la mie de pain tremper ou boullon, puis
-broyez gingembre, canelle, saffran, et les ostez; puis broyez les foyes
-et du percil foison, puis coulez, et aprs broyez et coulez le pain,
-puis boulez tout ensemble[917].
-
-(_Et_ nota _que le saffran fait le brouet jaune, et le percil le fait
-vert: ainsi semble que ce soit mauvaise couleur. Mais il semble que
-la couleur seroit plus certaine se de pain estoit noirci, car le pain
-noirci et saffren font vert, et percil aussi fait vert._)
-
-BROUET DE VERTJUS ET DE POULAILLE. (C'est en est.) Mettez
-cuire par quartiers vostre poulaille ou du veel ou poucins, en boullon
-ou autre eaue avec du lart, vin et vertjus, et que le goust de vertjus
-passe: puis frisiez vostre grain en bon sain doulx, et aiez moyeux
-d'oeufs et pouldre fine batue ensemble et coulez par l'estamine; puis
-filez vos oeufs dedans le pot vostre boullon et petit fil[918], et
-remuez fort la cuillier, et que le pot soit arrire du feu: puis aiez
-percil effueilli et vertjus de grain bouly ou boullon de la char,
-dedans la cuillier, et que le pot soit arrire du feu, ou autrement
-bouli en un autre petit pot en eaue clere pour oster la premire
-verdeur; puis drcez vostre grain[919], et gettez du potage par-dessus,
-et par-dessus tout mettez vostre percil et vertjus de grain bouly[920].
-
-BROUET VERGAY. Cuisiez telle char comme vous vouldrez en eaue,
-ou un pou de vin, ou en boullon de char, vin et lart pour donner goust,
-puis friolez vostre char, puis broiez gingembre, saffran, percil et un
-petit de sauge, qui veult, et des moyeux d'oeufs filez par une cuillier
-pertuise, tous crus, pour lier, ou pain broy allay du boullon, et
-mettre boulir ensemble et du vertjus; et aucuns y mettent du fromage,
-et c'est raison[921].
-
-RAPP. Mettez vostre char cuire, puis la friolez en sain, puis
-broyez graine, gingembre, etc., et deffaites de vertjus: puis aiez pain
-tremp ou boullon de la char, broy et pass par l'estamine, et mettez
-espices, pain et chaudeau tout boulu ensemble; puis aiez vertjus de
-grain ou groiseilles qui soient boulies une onde en la paelle perce,
-ou en autre eaue ou drapel[922], estamine, ou autrement, c'est assavoir
-pour oster la premire verdeur, puis drciez vostre grain par escuelles
-et du potage dessus, et par-dessus, vostre vertjus de grain.
-
-GENESTE est dit _geneste_ pour ce qu'il est jaune comme fleur
-de geneste, et est jauni de moyeux d'oeufs et de saffran, et se fait en
-est en lieu de civ et est frit[923] comme dit sera cy aprs, fors
-tant qu'il n'y a nuls oignons.
-
-CIV DE VEEL. Non lav, non pourbouli, demy cuit en la broche
-ou sur le gril, puis le despeciez par pices et friolez en sain avec
-grant quantit d'oignons par avant cuis: puis prenez pain roussi
-seulement, ou chappelleures de pain non brl, pour ce qu'il seroit
-trop noir pour civ de veel; (jsoit-ce que icelluy pain roussi seroit
-bon[924] civ de livre.) Et soit icelluy pain tremp ou boullon
-de beuf et un petit de vin ou de pure de pois, et en le trempant,
-broyez gingembre, canelle, giroffle, graine de paradis, et du saffran
-largement pour jaunir et pour lui donner couleur, et destrempez de
-vertjus, vin et vinaigre, puis broyez vostre pain et coulez par
-l'estamine: et mettez vos espices, le pain coul, ou chaudeau, et
-faites tout boulir ensemble; et soit plus sur le jaune que sur le brun,
-agu de vinaigre, et attremp d'espices.--Et _nota_ qu'il y convient
-largement saffran, et eschever y mettre noix muguettes ne canelle,
-pour ce qu'ils roussissent.
-
-CIV DE LIVRE. Premirement, fendez le livre par la
-poictrine: et s'il est de fresche prise, comme d'un ou de deux jours,
-ne le lavez point, mais le mettez harler sur le greil, _id est_ roidir
-sur bon feu de charbon ou en la broche; puis aiez des oignons cuis et
-du sain en un pot, et mettez vos oignons avec le sain et vostre livre
-par morceaulx, et les friolez au feu en hochant le pot trs souvent,
-ou le friolez au fer de la paelle. Puis harlez et brlez du pain et
-trempez en l'eaue de la char avec vinaigre et vin: et aiez avant broy
-gingembre, graine, giroffle, poivre long, noix muguettes et canelle, et
-soient broys et destremps de vertjus et vinaigre ou boullon de char;
-requeilliez, et mettez d'une part. Puis broyez vostre pain, deffaites
-du boullon, et coulez le pain et non les espices par l'estamine, et
-mettez le boullon, les oignons et sain, espices et pain brl, tout
-cuire ensemble, et le livre aussi; et gardez que le civ soit brun,
-aguis de vinaigre, attremp de sel et d'espices.
-
-_Nota._ Vous cognoistrez l'aage d'un livre aux trous qui sont dessoubs
-la queue, car pour tant de pertuis tant d'ans.
-
-CIV DE CONNINS comme dessus.
-
-TUILLE DE CHAR. Prenez escrevices cuites, et en ostez la char
-des queues: et le surplus, c'est assavoir coquilles et charquois[925],
-broyez trs longuement; et aprs, ayez amandes sans peler, et soient
-eslites et laves en eaue chaude comme pois, et avec l'escorce soient
-broyes avec ce que dit est, et avec ce broyez mie de pain sori sur
-le gril. Or devez-vous avoir cuit en eaue en vin et en sel, chapons,
-poucins et pouls despecis tous crus par quartiers, ou veel despeci
-par morceaulx, et de l'eaue d'icelle cuiture devez destremper et
-deffaire ce que vous avez broy, puis couler par l'estamine; puis
-rebroyez les relais[926] et coulez arrire: puis gingembre, canelle,
-clou et poivre long destremp de vertjus sans vinaigre, puis boulez
-tout ensemble. Or soit vostre grain cuit en sain de porc par morceaulx
-ou quartiers, et drciez vostre grain par escuelles et mettez du potage
-par dessus, et sur le potage, en chascune escuelle, quatre ou cinq
-queues d'escrevices et du sucre par dessus pouldr.
-
-HOUSSEBARRE[927] DE CHAR[un croix] est fait en
-haste un soupper quant gens surviennent despourveuement. Pour dix
-escuelles, prenez vint lesches de la char froide de disner et du
-giste de beuf; et soient les lesches petites comme lesches de lart,
-et les frisiez en sain au fer de la paelle. _Item_, ayez de six oeufs
-les moyeux et un petit de vin blanc, et soit tout batu ensemble tant
-comme ennuy, puis mis avec de l'eaue de la char et du vertjus viel
-et non nouvel, car il tourneroit: et tout bouly sans la char; et aprs
-drciez par escuelles, et en chascune escuelle deux lesches de char.
-Aucuns drecent le brouet par escuelles, et en un plat, devant quatre
-personnes, cinq lesches de char et du brouet avec; et c'est quant il y
-a plus de gens et mains de char[928].
-
-HOUSSEBARRE DE POISSON. Aiez des carrelets appareills et
-lavs, puis schis, essuis entre deux touailles et fris et mis en un
-plat et deux en un autre: qui font deux plats. _Item_, aiez deux onces
-de coriandre et de cercuis non confis, dont l'une[929] couste un blanc,
-et soit broy et destremp de vin et vertjus, puis bouli et gett sur
-les deux plats.
-
-POTAGE DE LOMBARS. Quant la char est cuite, si la traiez et
-mettez l'eaue de la char en un autre pot, mais gardez bien que il
-n'y coule ne fondrilles, ne osselets; puis aiez moyeux d'oeufs batus
-longuement avec du vertjus et pouldre, et filez dedans le pot en filant
-et en remuant, puis faites vos souppes[930].
-
-
-AUTRES POTAGES LIANS SANS CHAIR.
-
-BROUET VERGAY D'ANGUILLES, escorchiez _i_.[931] estauvez[932]
-ou eschaudez les anguilles et les mettez cuire en l'eaue avec du vin
-par trs bien menus morceaulx, puis broyez percil et pain ars, et
-coulez par l'estamine: et aiez avant broy gingembre par et saffren,
-et faictes tout boulir ensemble, et la parfin mettez morceaulx de
-fromage comme ds quarrs[933].
-
-BROUET SARRASINOIS. Escorchiez l'anguille et dcouppez par
-bien menus tronons, puis pouldrez de sel et frisiez en huile; puis
-broyez gingembre, canelle, giroffle, graine, garingal, poivre long
-et saffran pour donner couleur, et[934] de vertjus, et boulir tout
-ensemble avec les anguilles qui d'elles mmes font lioison.
-
-BROUET VERT D'OEUFS ET DE FROMAGE. Prenez percil et un pou de
-frommage et de sauge et bien pou de saffren, pain tremp, et deffaites
-de pure de pois ou d'eaue boulie, broyez et coulez: et aiez broy
-gingembre deffait de vin, et mettez boulir; puis mettez du frommage
-dedens et des oeufs pochs en eaue, et soit vert gay.--_Item_, aucuns
-n'y mettent point de pain, mais en lieu de pain convient lart.
-
-BROUET D'ALEMAIGNE D'OEUFS POCHS EN HUILLE,[935] puis prenez
-amandes et les pelez, broyez et coulez: mincez oignons par rouelles, et
-soient cuis en eaue, puis fris en huille, et faites tout boulir; puis
-broyez gingembre, canelle, giroffle et un pou de saffran deffait de
-vertjus, et au derrain[936] mettez vos espices ou potage, et boulir un
-boullon, et soit bien liant et non trop jaune.
-
-BROUET BLANC se peut faire des lus, des carpes et des bars,
-comme il est dit cy-dessus de la poulaille.
-
-SORINGUE D'ANGUILLES. Estauvez ou escorchiez, puis trononnez
-vos anguilles: puis aiez oignons cuis par rouelles et percil effueill,
-et mettez tout frire en huille; puis broyez gingembre, canelle,
-giroffle, graine et saffren, et deffaites de vertjus, et ostez du
-mortier. Puis aiez pain harl broy et deffait de pure, et coulez
-par l'estamine, puis mettez dedans la pure, et faites boulir tout
-ensemble, et l'assavourez de vin, de vertjus et vinaigre; et soit
-claret[937].
-
-GRAV OU SEYM (car c'est tout un) de loche ou autre poisson
-froit ou chault, soit perche ou autre de ceste nature. Frisiez sans
-farine en huille, puis la tenez devant le feu: mais avant ce, aiez pain
-harl broy et deffait d'un petit de vin, d'eaue boulie ou pure, et
-passez par l'estamine, et mettez en un pot; puis affinez gingembre,
-canelle, giroffle, graine et saffren pour donner couleur, deffait de
-vinaigre, et aiez des oignons mincis cuis, et les frisiez[938] en
-huille, puis mettez tout boulir ensemble en un pot avec la pure ou
-eaue boulie, except la loche frite de laquelle vous mettez six ou huit
-en l'escuelle ou plus, et du brouet par dessus; et ne soit pas jaune,
-mais roux.
-
-CHAUDUME D'UN BROCHET. _Primo_, appareillier un brochet,
-luy convient tirer les boyaux par l'oreille, et oste-l'en l'amer, et
-puis reboute-l'en les boyaux dedans, et aprs l'en les[939] rostit sur
-le greil. Se le brochet est petit, soit rosti tout entier: et s'il est
-plus grandelet, soit encis en plusieurs lieux au travers, et ainsi
-rosti. Puis aiez saffren largement, poivre long, giroffle et graine, et
-soit tout bien broy et deffait de vertjus, vin, et vinaigre trs-petit
-comme nant, broy et ost du mortier; puis aiez pain harl tremp en
-pure de pois ou en eaue de poisson, ou moiti vin moiti vertjus, et
-soit broy, puis coul par l'estamine, et tout mis ensemble soit bouly
-et mis en plats sur le brocherel, et soit jaune.
-
-Ainsi se peut faire _galentine de poisson froit_, sauf tant que l'en
-n'y met point de pure, car pour ce[940] ne se garde pas longuement,
-mais y met-l'en de la gresse du poisson.
-
-CIV D'OTTRES. Eschaudez et lavez trs bien les ottres,
-les cuisiez pour[941] un seul boullon, et les mettez esgouter, et les
-friolez avec de l'oignon cuit en huille; puis prenez pain harl ou
-chappelleures grant foison, et mettez tremper en pure de pois ou en
-l'eaue boulie des ottres et du vin plain[942], et coulez: puis prenez
-canelle, giroffle, poivre long, graine et saffran pour donner couleur,
-broyez et destrempez de vertjus et vinaigre et mettez d'une part; puis
-broyez vostre pain harl ou chappeleures avec la pure ou eaue des
-ottres et aussi les ottres puis qu'elles ne seroient assez cuites.
-
-CIVS D'OEUFS[943]. Pochez oeufs l'uille, puis aiez oignons
-par rouelles cuis, et les friolez l'uille, puis mettez boulir en vin,
-vertjus et vinaigre, et faites boulir tout ensemble; puis mettez en
-chascune escuelle trois ou quatre oeufs, et gettez vostre brouet dessus,
-et soit non liant.
-
-SOUPPE EN MOUSTARDE. Prenez de l'uille en quoy vous avez
-pochs vos oeufs, du vin, de l'eaue, et tout boulir en une paelle de
-fer: puis prenez les croustes du pain et les mettez harler sur le gril,
-puis en faittes souppes quarres, et mettez boulir; puis retraiez
-vostre souppe, et mettez en un plat ressuier: et dedans le boullon
-mettez de la moustarde, et faites boulir. Puis mettez vos souppes par
-escuelles, et versez vostre boullon dessus.
-
-LAIT DE VACHE LI. Soit pris le lait eslite[944], comme dit
-est cy-devant ou chappitre des potages[945], et soit bouly une onde,
-puis mis hors du feu: puis y filez par l'estamine grant foison de
-moieux d'oeufs et ostez le germe, et puis broyez une cloche de gingembre
-et saffren, et mettez dedans, et tenez chaudement emprs le feu; puis
-ayez des oeufs pochs en eaue et mettez deux ou trois oeufs pochs en
-l'escuelle, et le lait dessus.
-
-ESPIMBCHE DE ROUGETS. Espaulez[946], pourboulez et rosticiez
-vos rougets: puis aiez vertjus et pouldre, cameline et percil: tout
-bouly ensemble, et gettez sus.
-
-POTAGE JAUNET OU SAUSSE JAUNETTE sur poisson froit ou chault.
-Frisiez en huille, sans point de farine, loche, perche pele ou autre
-de ceste nature, puis broyez amandes, et deffaites le plus de vin et de
-vertjus et coulez, et mettez au feu: puis broyez gingembre, giroffle,
-graine et saffren, et deffaites de vostre boullon, et quant le potage
-aura bouly, mettez vos espices; et au drcier mettez du sucre, et soit
-liant.
-
-MILLET. Lavez-le en trois paires d'eaue et puis le mettez en
-une paelle de fer scher sur le feu, et hochiez bien, qu'il n'arde;
-et puis le mettez en lait de vache frmiant, et n'y mettez point la
-cuillier jusques tant qu'il ait bien bouly, et puis le mettez jus de
-dessus le feu[947], et le batez du dos de la cuillier[948] tant qu'il
-soit bien espois.
-
-La nature du lait est telle que se le lait est trait et mis en un trs
-bel et net vaissel de terre ou de bois ou d'estain et non mie d'arain
-ne de cuivre, et en iceulx vaiseaulx le tenir en repos sans remuer ou
-changier en divers vaisseaulx, ne transporter ne l, il se garde
-bien jour et demi ou deux jours, et ne se tourne point au boulir, mais
-que l'en le remue quant il s'esmeut au boulir; et n'y convient point
-mettre de sel jusques au descendre du feu, ou au moins quant l'en y
-veult mettre les souppes, et y puet-on mettre des souppes de pain lev
-ou autre, que j ne se tournera puis que le lait sera ainsi gouvern
-comme dit est.--_Item_, et se le lait n'est frais ou que tu aies doubte
-qu'il ne tourne en la paelle, si y met un petit de fleur[949] et le
-mouveras trs bien, et j ne se tournera. Et se tu en veulx faire
-boulie, si desmelle _primo_ ta fleur et ton lait et du sel, puis met
-boulir et le muef[950] trs bien. Et se tu en veulx faire potage,
-si y met pour chascune pinte de lait les moyeux de demy quarteron
-d'oeufs, les germes osts, trs bien batus ensemble part eulx, et
-puis rebattus avec du lait; et puis tout fil en la paelle, et puis
-trs bien remu le lait qui bout: puis faire souppes. Et qui veult une
-cloche de gingembre et du saffran, _fiat_.
-
-
-ROST DE CHAR.
-
-LANGUE DE BEUF fresche soit parboulie, pele, larde et
-rostie, et menge la cameline.
-
-_Item_, est assavoir que la langue du vieil vault mieulx que la langue
-du jeune beuf, si comme aucuns dient; autres dient le contraire.
-
-En Gascongne, quant il commence faire froit, ils achtent des
-langues, les parboullissent et pelent, et puis les salent l'une sur
-l'autre en un salouer et laissent huit jours, puis les pendent la
-chemine tout l'iver, et en est, hault, sec; et ainsi se gardent
-bien dix ans. Et puis sont cuites en eaue et vin qui veult, et menges
- la moustarde.
-
-_Aliter_, langue de beuf vieil soit parboulie, pele et nettoie: puis
-embroche, boutonne de clous de giroffle, rostie, et menge la
-cameline.
-
-ALLOUYAUX DE BEUF. Faictes lesches de la char du trumel, et
-enveloppez dedens mouelle et gresse de beuf: embrochiez, rostissiez et
-mengiez au sel.
-
-MOUTON ROSTI au sel menu ou au vertjus et vinaigre. L'espaule
-soit premire embroche et tourne devant le feu jusques ce qu'elle
-ait gett sa gresse, puis soit larde de percil[951]: et non plus tost
-pour deux causes, l'une car adonc elle est meilleur larder, l'autre
-car qui plus tost la larderoit, le percil s'ardroit avant que l'espaule
-fust rostie.
-
-Porc eschaud, rosty en la broche: et mettre du sain doulx en la
-paelle, et au bout d'un baston avoir des plumes, et oindre l'escorce
-ou couanne du porc afin qu'elle ne s'arde et endurcisse ou larder. Et
-autel convient-il faire un cochon[952], ou le larder; et est mengi
-au vertjus de grain ou vertjus vieil et ciboule.
-
-POURCELET FARCI. Le pourcelet tu et acour[953] par la gorge
-soit eschaud en eaue boulant, puis pel: puis prenez de la char meigre
-de porc, et ostez le gras et les issues du pourcelet et mettez cuire en
-l'eaue, et prenez vint oeufs et les cuisiez durs, et des chastaingnes
-cuites en l'eaue et peles: puis prenez les moyeux des oeufs,
-chastaingnes, fin fromage vieil, et char d'un cuissot de porc cuit, et
-en hachez, puis broyez avec du saffran et pouldre de gingembre grant
-foison entremelle parmy la char; et se vostre char revient trop dure,
-si l'alaiez de moyeux d'oeufs. Et ne fendez pas vostre cochon parmy le
-ventre, mais parmy le coust le plus petit trou que vous pourrez: puis
-le mettez en broche, et aprs boutez vostre farce dedans, et recousez
- une grosse aguille; et soit mengi ou au poivre jaunet se c'est en
-yver, ou la cameline se c'est en est.
-
-_Nota_ que j'ay bien veu pourcelet lard, et est trs bon. Et ainsi le
-fait-l'en maintenant et des pigons aussi.
-
-CONNINS pourboulis, lards, en rost, la cameline.
-
-L'en scet bien se un connin est gras etc.[954]
-
-VEEL ROSTY. Soit harl au feu en la broche et sans laver, puis
-lard, rosti, et mengi la cameline. Aucuns le pourboulent, lardent,
-puis embrochent. Ainsi le souloit[955]-l'en faire.
-
-CHEVREAULX, AGNEAULX. Boutez en eaue boullant et tirez
-hors tantost, et harlez en la broche; puis rostis et mengis la
-cameline[956].
-
-BOURBELIER DE SANGLIER[957]. _Primo_ le convient mettre en
-eaue boulant, et bien tost retraire et boutonner de giroffle; mettre
-rostir, et baciner[958] de sausse faicte d'espices, c'est assavoir
-gingembre, canelle, giroffle, graine, poivre long et noix muguettes,
-destremp de vertjus, vin et vinaigre, et sans boulir l'en baciner;
-et quant il sera rosti, si boulez tout ensemble. Et ceste sausse est
-appelle _queue de sanglier_[959], et la trouverez cy-aprs (_et l il
-la fait liant de pain: et cy, non_).
-
-POUR CONTREFAIRE D'UNE PICE DE BEUF, VENOISON D'OURS. Prenez
-de l pice d'emprs le flanchet, et soit trononne par gros tronons
-comme bouly lard, puis pourbouli, lard et rosti: et puis boulez une
-queue de sanglier[960] et mettez vostre grain[961] peu boulir, et
-gettez sausse et tout en un plat.
-
-Toute venoison fresche sans baciner se mengue la cameline.
-
-OS rosties l'aillet blanc en yver, ou la jance.
-
-Et _nota_ que en Aoust et Septembre, quant les oisons sont aussi grans
-comme pre et mre, l'en congnoist les jeunes ce que quant l'en
-appuie son poulce sur leur becq, il fond soubs le poulce, et aux autres
-non.
-
-_Item_, _nota_ que oisons mis en mue, se ils sont bien petis, ils
-engressent jusques au neuvime jour, et aprs amaigrissent: mais les
-os engressent toujours sans dfrire[962]; et soit l'un, soit l'autre,
-il les convient tenir seichement et garder de mouillier leurs pis, ne
-estre sur lictire moitte, mais finement seiche, et garder de baigner
-ne mengier verdure, et ne voient point de clart, et soient peus de
-fourment cuit, et abeuvrs de lait meigre ou de l'eaue en quoy le
-fourment aura cuit, et ne leur convient donner autre buvrage, et soient
-peus de bonne avoine.
-
-A Paris, les oiers engressent leurs oisons de farine etc.[963]
-
-CHAPONS, GLINES, faisands de deux ou de trois jours,
-embrochis, flambs, et rostis, mettez au vertjus avec leur gresse;
-bouly, la poictevine ou la jance.
-
-POUCINS gros comme htoudeaux[964] en Juillet, tus deux
-jours devant, et rostis, flambs, mengis au moust qui se fait en tout
-temps de vin, vertjus et foison sucre.
-
-Pour les faisander, il les convient saigner, et incontinent les mettre
-et faire morir en un seel d'eaue froide, et tantost remettre en un
-aultre seel d'eaue trs froide, et il sera faisand ce matin mesmes
-comme de deux jours tu[965].
-
-MENUS OISEAULX. Plumez sec et laissiez les pis, et
-embrochiez parmy le corps: et entre deux mettre une pice de lart gras
-tann[966] comme une fueille.
-
-MALARS DE RIVIRE. En yver, quant les jeunes etc.[967]
-
-_Item_, malars de rivire plumez sec, puis mettre sur la flambe:
-ostez la teste et la gettez, et laissiez les pis; puis mettez en
-broche et une leschefrite dessoubs pour requeillir la gresse, et mettre
-des oignons dedans qui se frisent en la gresse. Et quant l'oisel est
-cuit, mettez du lart et du percil en la leschefrite, et boulez tout
-ensemble, et des tostes dedans, et l'oisel par pices; ou soit mengi
-au sel menu.
-
-_Item_, autrement se peut faire. Mettez en la leschefrite des oignons
-comme dit est, et quant l'oisel sera cuit, si mettez en la leschefrite
-un petit de vertjus et moiti vin, moiti vinaigre, et tout bouli
-ensemble, et aprs mis la toste. Et ceste derrenire sausse est
-appelle _le Saupiquet_.
-
-PAON, _Faisans_, _Cigoignes_, _Hron_, _Outardes_, _Grues_,
-_Gentes_, _Butor_, _Cormorant_, soient plums sec ou saigns comme le
-cigne, et laissez ceulx qui il appartient les testes et queues, et
-aux autres testes et pis[968]: et du surplus comme du cigne.
-
-_Item_, au faisant qui l'en oste la queue, l'en luy reboute deux ou
-trois plumes quant il est rosty, mais atourn[969].
-
-COULONS RAMIERS sont bons en yver; et congnoist-l'en les viels
- ce qu'ils ont les venneaux des esles tout d'une couleur noire, et
-les jeunes qui sont de celluy an ont le bout des venneaux cendrs et
-le surplus noir comme les autres[970]; et sont bons en past, la
-cameline frois, ou tous chaulx la sausse d'oiseaulx de rivire, ou
-rostis longuement comme beuf et mengis au sel, ou la dodine, par
-pices, en un plat, comme oiseaulx de rivire.
-
-_Nota_ que Bsiers, l'en vent de deux paires[971] de coulons ramiers,
-les uns petis, et ceulx ne sont pas les meilleurs, car les grans
-sont de meilleur saveur et menguent le glan au bois comme font les
-pourceaulx; et les mengue-l'en au boussac comme un connin, et mis par
-quartiers: et aucunes fois la sausse des halebrans, et en rost la
-dodine; ou qui en veult garder, soient mis en past lards. Et sont en
-saison de la Saint-Andry jusques en karesme, et ne viennent fors de
-trois ans en trois ans.
-
-PLOUVIERS ET VIDECOQS. Plumer sec, bruler et laissier les
-pis; rostir et mengier au sel.
-
-Et _nota_ que trois paires d'oiseaulx sont, que les aucuns queux
-rostissent sans effondrer; _scilicet_ alos, turtres et plouviers,
-pour ce que leurs bouyaulx sont gras et sans ordure, car alos ne
-menguent fors pierettes et sablon: turtres, graine de genvre et herbes
-souef-flairans: et plouviers vent[972].
-
-Perdrix s'adouent vers la my Fvrier, et adonc s'envolent deux et deux:
-et en Pasqueret se doivent cuire en l'eaue, avec char de beuf, un
-boullon largement; puis les tirer et rostir.
-
-_Item_, les perdris qui ont les plumes etc[973].
-
-_Item_, perdrix se doivent plumer sec, et copper les ongles et la
-teste, reffaire en eaue boulant, puis boutonner de venoison qui en a,
-ou lart, et mengier au sel menu, ou l'eaue froide et eaue rose et un
-petit de vin, ou en eaue rose les trois pars, jus de pomme d'orenge et
-vin, le quart[974].
-
-CIGNE. Plumez comme un poucin ou une o, eschaudez, ou
-reffait; embrochiez, aronnez[975] en quatre lieux, et rostissiez
-tout les pis et bec tout entier, et la teste sans plumer; et mengi au
-poivre jaunet.
-
-_Item_, qui veult, l'en le dore.
-
-_Item_, au tuer, soit fendu de la teste jusques aux espaules.
-
-_Item_, sont aucune fois escorchis et revestus.
-
-CIGNE REVESTU en sa pel toute la plume. Prenez-la et
-l'enflez par entre les espaules, et le fendez au long du ventre: puis
-ostez la pel tout le col coupp emprs les espaules, tenant au corps
-les pis; puis mettre en broche, et l'aronnez et dorez. Et quant il
-sera cuit, soit revestu en sa pel, et que le col soit bien droit ou
-plat; et soit mengi au poivre jaunet[976].
-
-
-PASTS.
-
-POUCINS soient mis en past, le dos dessoubs et la poictrine
-dessus, et larges lesches de lart sur la poictrine; et puis couvers.
-
-_Item_, la mode Lombarde, quant les poucins sont plums et
-appareills, aiez oeufs batus, c'est assavoir moyeux et aubuns[977],
-avec vertjus et pouldre, et mouillez vos poucins dedans: puis mettez en
-past[978] et des lesches de lart comme dessus.
-
-CHAMPIGNONS d'une nuit sont les meilleurs, et sont petits et
-vermeils dedans, clos dessus: et les convient peler, puis laver en
-eaue chaude et pourboulir; qui en veult mettre en past, si y mette de
-l'uille, du frommage et de la pouldre.
-
-_Item_, mettez-les entre deux plats sur charbons, et mettez un petit de
-sel, du frommage et de la pouldre. L'en les treuve en la fin de May et
-en Juin.
-
-ESCHEROYS[979]. Lavez-les en deux ou en trois paires d'eaues
-chaudes, puis les enfarinez et frisiez en huille.
-
-_Item_, aprs ce, aucuns les mettent en past avec grant foison
-d'oignons et tronons de harenc ou d'anguille et pouldre.
-
-_Nota._ Pasts doivent estre au large et la viande large dedans.
-
-PASTS DE VENOISON FRESCHE. Il convient venoison pourboulir
-et escumer, puis larder et faire pasts: et ainsi se font pasts de
-toute venoison fresche; et se doit tailler grans lopins comme billes,
-et pour ce dit-l'en _past de bouly lard_.
-
-PASTS DE BEUF. Aiez bon beuf et jeune et en ostez toute la
-gresse, et le meigre soit mis par morceaulx cuire un boullon, et aprs
-port sur[980] le pastissier hachier: et la gresse avec mouelle de beuf.
-
-La char d'une joe de beuf trenche par lesches et mise en past;
-et puis quant le past est cuit, convient getter de la sausse d'un
-halebran dedans.
-
-PASTS DE MOUTON. Bien hachis menus avec des ciboules.
-
-PASTS DE VEAU. Prenez de la rouelle de la cuisse, et convient
-mettre avec, prs d'autant de gresse de beuf; et de ce fait-l'en six
-bons pasts d'assiette[981].
-
-
-POISSON D'EAUE DOULCE.
-
-A cuire poisson convient premirement mettre l'eaue frmir et du sel,
-et puis mettre les testes boulir un petit, puis les queues, et boulir
-ensemble, et puis le remenant.
-
-Tout poisson freschement mort est ferme sur le poulce et dur, et a
-l'oreille vermeille; et s'il est vieil mort, _secus_.
-
-BAR soit en eaue cuit, et mengi la sausse vert.
-
-BARBELET[982] en est soit cuit en eaue et le tiers vin,
-foison percil et oseille, et cuire longuement: et il sera ferme.
-
-BARBILLONS rostis au vertjus, les petis en yver au potage ou
-la jance fris; _item_, en yver, au poivre aigret ou jaunet, car c'est
-tout un.
-
-PERCHE soit sans escharder[983] cuite en eaue, et puis soit
-pele: au vinaigre et au percil soit mise; la frite soit mise au
-grav[984].
-
-TANCHE eschaude, et ost le limon comme d'une anguille,
-puis soit cuite en eaue: menge la sausse vert. La frite en potage;
-la renverse, rostie et pouldre de pouldre de canelle, et puis soit
-plunge en vinaigre et huille tandis que l'en la rostira, et menge
-la cameline. Et notez que la renverser, il la convient fendre au long
-du dos, teste et tout, puis renverser, et mettre une essaule[985] entre
-les deux couannes, puis lier de fil et rostir.
-
-BRESME soit cuite en eaue, menge la sausse vert: et la
-rostie au vertjus[986].
-
-LUS[987] se doit cuire en eaue frmiant et un petit de vin,
-et mettre la teste premirement et puis la queue, et faire boulir une
-onde: puis mettre le remenant. Lus se mengue la sausse vert quant il
-est cuit en eaue. Aucunes fois l'en en fait potage, et est frit aucunes
-fois; le frit est mengi la jance.
-
-D'un lus on en peut mengier la moiti cuite en eaue, et l'autre moiti
-sale d'un jour ou de deux jours, voire de huit jours, mais en ce cas
-l'en le doit mettre tremper pour dessaller, puis pourboulir et aprs
-esgouter, puis frire et mengier la jance. Quant du lus frais est
-demour de disner, au souper l'en en fait charpie.
-
-BROCHET est bon au chaudum.
-
-Des brochets le laiti vault mieux que l'ouv, se ce n'est quant l'en
-veult faire roissolles, car de l'ouv broy l'en fait roissoles.
-
-ALOZE sale, cuite en l'eaue et menge la moustarde ou
-au vin et la ciboule. La fresche[988] entre en saison en Mars. La
-convient appareillier par l'oreille, escharder, cuire en eaue, et
-mengier la cameline; et celle qui sera en past, convient premier
-escharder, puis mettre en past et de la cameline bien clre dedans le
-past quant il est presque cuit, et icelle sausse faire boulir. _Item_,
-aloze appareillie comme dessus, sans escharder, puis rostir au four
-avec percil et moiti vertjus, l'autre moiti vin et vinaigre[989]; et
-est en saison depuis Fvrier jusques en Juin.
-
-FUITES[990] comme alozes.
-
-CARPES. Aucuns aiment mieulx la laicti que l'ouve, _et e
-contrario_. Et _nota_ que la brehaigne[991] vault mieulx que nulle des
-deux autres.
-
-La carpe qui a l'escaille blanche etc.[992]
-
-_Item_, l'appareillier, ostez-luy l'amer qui est droitement ou
-gouttron[993] de la gorge, et ce fait, l'en peut mettre cuire la teste
-toute entire, et elle se cuira tout nettement; et se l'amer n'en
-estoit ost, la teste demourroit tousjours sanglante et amre. Et pour
-ce, quant l'amer n'est ost entier et sans crever, l'en doit tantost
-laver la place et frotter de sel, et se l'amer est ost entier, l'en
-ne doit point laver la teste ne autre chose, mais convient mettre
-premirement boulir la teste et assez tost aprs la queue, et puis
-aprs le remenant, et tout petit feu.[994] La carpe cuite se mengue
-la sausse vert, et se demourant en y a, l'en en met en galentine.
-
-_Item_, CARPE A L'ESTOUFFE. _Primo_, mettez des oignons
-mincis en un pot cuire avec de l'eaue, et quant les oignons seront
-bien cuis, gettez la teste et assez tost aprs la queue dedans, et
-assez tost aprs les tronons, et couvrez fort sans ce qu'il en ysse
-point d'alaine[995]. Et quant elle sera cuite, si aiez fait vostre
-affaitement de gingembre, canelle et saffran, allay de vin et un petit
-de vertjus, c'est assavoir le tiers, et faites tout boulir ensemble, et
-bien couvert; et puis drciez par escuelles[996].
-
-_Nota_ que les Alemans dient des Franois qu'ils se mettent en grant
-pril de mengier leurs carpes si pou cuites. Et a-l'en veu que se
-Franois et Alemans ont un queux Franois qui leur cuise carpes,
-icelles carpes cuites la guise de France, les Alemans prendront leur
-part et la feront recuire plus assez que devant, et les Franois non.
-
-TRUITTES. Leur saison commence en May. (_Item, leur saison est
-de Mars jusques en Septembre._) Les blanches etc.[997] La truitte qui
-ou palais a deux petites veines noires, est vermeille.
-
-Truitte soit cuite en eaue et foison vin vermeil, doit estre mengie
-la cameline et doit estre mise cuire par tronons de deux dois. A jour
-de char, en past, l'en les doit couvrir de larges lardons[998].
-
-ANGUILLES. Celle qui a la menue teste, becque etc.[999]
-
-Anguillettes fresches estauves et trononnes, cuites en eaue avec
-foison de percil, puis mettre du frommage lesche: puis traiez les
-tronons, et faites souppes, et en chascune escuelle quatre tronons;
-ou cuire des oignons, puis cuites en celle eaue, et un petit d'espices
-et saffran[1000] et oignons en un pot, et faire la souppe.
-
-Grosse anguille cuite en l'eaue et au percil se mengue aux aillets
-blans; en past, du frommage et de la pouldre fine. La grosse,
-renverse[1001], la sausse chaude comme une lamproie.
-
-Se vous voulez garder anguille, faites-la mourir en sel, et la laissiez
-trois jours naturels toute entire: puis soit eschaude, ost le
-limon, trenche par tronons, cuite en l'eaue et la ciboule, et en la
-parfin mettez du vin. Et se vous la voulez saler du matin au soir,
-appareilliez-la et la trononnez, et mettez les tronons en gros sel;
-et se vous la voulez plus avancier, broyez sel noir[1002] et frottez
-chascune coppure du tronon, et avec ce, la hochiez en sel entre deux
-escuelles[1003].
-
-ANGUILLE RENVERSE. Prenez une grosse anguille et l'estauvez,
-puis la fendez par le dos au long de l'areste d'un cost et d'autre,
-en telle manire que vous ostiez d'une part l'areste, queue et teste
-tout ensemble, puis lavez et ploiez icelle l'envers, c'est assavoir
-la char par dehors, et soit lie loing loing: et la mettez cuire
-en vin vermeil, puis la traiez et couppez le fil un coustel ou
-forcettes[1004], et mettez reffroidier sur une touaille; puis aiez
-gingembre, canelle, clo de giroffle, fleur de canelle, graine, noix
-muguettes[1005], et broyez et mettez d'une part: puis aiez pain brul
-et broyez trs bien, et ne soit point coul, mais deffaites du vin
-o l'anguille aura cuit, et boulez tout en une paelle de fer, et y
-mettez du vertjus, du vin[1006], et du vinaigre[1007], et gettez sur
-l'anguille[1008].
-
-PINPERNAUX ont luisant et delie pel et ne sont point
-limonneux comme sont anguilles. L'en les doit eschauder et rostir sans
-effondrer, _scilicet_ les frais, et les sals qui sont schs, rostir
-et mengier au vertjus[1009].
-
-LOCHE cuite en eaue au percil et au bon frommage, menge la
-moustarde. La frite, en potage et l'aillet vert. La cuite en l'eaue,
- la moustarde soit menge: et au frire soit effleure[1010] celle qui
-sera frite.
-
-GAYMEAU cuit en l'eaue, mengi la moustarde: ou qui veult,
-l'aillet vert.
-
-LAMPROYONS rostis verdelets, mengis la sausse chaude comme
-cy dessoubs sera dit la lamproye; et se ils sont cuis en eaue, soient
-mengis la moustarde: et se ils sont cuis en past, gettez la sausse
-chaude dessus les pasts, et faites boulir[1011].
-
-LAMPROIES. Il est assavoir que les aucuns saignent la lamproie
-avant ce que ils les estauvent, et aucuns les estauvent avant ce qu'ils
-les saignent ne eschaudent. Pour la saigner, premirement lavez trs
-bien vos mains, puis fendez-lui la gueule parmy le menton, _id est_
-joignant du baulivre, et boutez vostre doit dedens et arrachez la
-langue, et faites la lemproie saignier en un plat, et lui boutez une
-petite brochette dedans la gueule pour la faire mieulx saigner. Et se
-vos dois ou vos mains sont touillis de sang, si les lavez, et la plaie
-aussi, de vinaigre, et faites couler dedans le plat, et gardez ce sang,
-car c'est la gresse.
-
-Quant l'estauver, aiez de l'eaue chauffe, sur le feu, frmiant,
-et l'estauvez comme une anguille: d'un coustel non pointu luy pelez
-et ratissiez la gueulle par dedens, et gettez hors les riffleures,
-puis l'embrochiez et faites rostir verdelette. Et pour faire la
-boe[1012], prenez gingembre, canelle, poivre long, graine et une
-noix muguette, et broyez et mettez d'une part: puis aiez du pain
-brul tant qu'il soit noir, et le broyez et deffaites de vinaigre et
-le coulez par l'estamine; puis mettez boulir le sang, vos espices et
-le pain, tout ensemble, un boullon tant seulement, et se le vinaigre
-est trop fort, si le attrempez de vin ou de vertjus; et adonc c'est
-boue: et est noire, espoisse point et non pas trop, et le vinaigre
-un pou passant[1013], et sal un petit; puis versez tout chault sur la
-lamproye, et laissiez suer[1014].
-
-_Item_, l'en peut faire autre sausse plus briefve. Prenez le sang et du
-vinaigre et du sel, et quant la lamproie sera rostie verdelette, boulez
-icelle sausse un bouillon seulement et gettez sur vostre lamproye, et
-laissiez suer entre deux plats.
-
-_Item_, LAMPROIE BOULIE. Saignez-la comme devant est dit, et
-gardez le sang: puis la mettez cuire en vinaigre et en vin plain[1015]
-et un pou d'eaue, et quant elle sera cuite verdelette, si la traiez
-hors du feu et la mettez reffroidier sur une nappe; puis prenez pain
-brul et deffaites de vostre boullon et coulez parmi une estamine, et
-puis mettez boulir le sang avec, et mouvez bien qu'il n'arde: et quant
-il sera bouly, si versez en un mortier ou en une jatte nette, et mouvez
-tousjours jusques tant qu'il soit reffroidi; puis broyez gingembre,
-canelle, fleur de canelle, giroffle, graine de paradis, noix muguettes
-et poivre long, et deffaites de vostre boullon, et mettez dedans un
-plat comme dit est devant; et doit estre noir[1016].
-
-_Item_, LAMPROIE A L'ESTOUFFE. Ostez le sang de la lamproye
-comme dessus, puis l'estauvez en eaue bien chaude. Aprs ce, ayez
-vostre sausse preste de boulir, et soit clere, et mettez vostre
-lamproye en un pot et vostre sausse dessus, et faites trs bien couvrir
-d'un couvescle bien joignant et juste, et faites boulir; puis retournez
-une fois la lamproie ce dessus dessoubs[1017] ou pot, et faites cuire
-verdelette. Et s'elle ne moulle toute en sausse, il n'y a pas pril,
-mais que le pot soit bien couvert; puis la mettez toute entire en un
-plat sur la table[1018].
-
-ESCREVICES cuites en l'eaue et en vin, menges au vinaigre.
-
-ABLES cuites en l'eaue et au percil, menges la moustarde.
-
-GARDONS ET ROSSES[1019]. C'est friture, et les convient
-effonder, puis enfleurer, puis frire; mengier la sausse vert[1020].
-
-VENDOISES comme dessus, ou rosties sans escharder[1021],
-et mengier au vertjus d'ozeille; et est assavoir que vendoises sont
-assez plus grans que ables, et sont rondes plus que gardons[1022], car
-gardons sont plas.
-
-
-POISSON DE MER RONT.
-
-Poisson de mer ront en yver, et le plat en est.
-
-_Nota_ que nulle mare n'est bonne quant elle est chasse par temps
-pluyeulx ou moicte.
-
-BRETTE[1023] affaiti comme un rouget, cuite comme une raye,
-et ainsi pele: menge aux aulx camelins. Et est la brette aussi comme
-chien de mer, mais brette est plus petite et plus doulce et meilleure,
-et dit-l'en que c'est la femelle du chien: et est brune sur le dos, et
-le chien est roux.
-
-CHIEN DE MER comme la brette. Et _nota_ que de l'un et de
-l'autre le foie est bon mettre en past, et de la pouldre fine parmy;
-et aucuns y mettent du frommage, et est bon.
-
-MULET est dit _migon_[1024] en Languedoc, et est eschard
-comme une carpe, puis effondr au long du ventre, cuit en l'eaue, et du
-percil dessus, puis reffroidi en son eaue; et puis mengi la sausse
-vert, et meilleur l'orenge. _Item_, il est bon en past.
-
-MORUE n'est point dicte Tournay s'elle n'est sale, car la
-fresche est dicte _cableaux_[1025], et, se mengue et est cuite comme
-dit sera cy-aprs de morue.
-
-_Item_, quant icelle morue est prise s marches de la mer, et l'en
-veult icelle garder dix ou douze ans, l'en l'effondre, et luy oste-l'en
-la teste, et est seiche l'air et au soleil, et non mie au feu ou
-la fume; et ce fait, elle est nomme _stofix_[1026]. Et quant l'en
-l'a tant garde et l'en la veult mengier, il la convient batre d'un
-maillet de bois bien une heure, et puis mettre tremper en eaue tide
-bien douze heures ou plus, puis cuire et escumer trs bien comme beuf;
-puis mengier la moustarde ou mengier trempe au beurre. Et se rien
-en demeure au soir, soit par pices petites comme charpie frit, et mis
-pouldre dessus.
-
-Aussi de morue fresche, s'aucune partie en demeure pour le soir ou
-pour l'endemain[1027], faictes-en de la charpie et le frisez pou de
-beurre, et puis ostez de la paelle, et puis vuidiez tout le beurre que
-riens n'y demeure, et la refrisiez sec, et filez pardessus des oeufs
-batus: puis mettez en plateaux ou escuelles et pouldre fine pardessus.
-Et s'il n'y a oeufs, si se fait-il bien[1028].
-
-Morue fresche, appareille et cuite comme gournaut et du vin blanc au
-cuire, et menge la jance; et la sale, menge au beurre ou menge
- la moustarde. La sale, pou trempe, sent trop le sel, et la trop
-trempe n'est pas bonne; et pour ce, qui l'achaitte, doit essaier la
-dent et en mengier un petit[1029].
-
-MAQUEREL frais entre en saison en Juin, jsoit-ce que l'en en
-treuve ds le mois de Mars. Affaitiez par l'oreille, puis l'essuiez
-d'un net torchon, et sans laver aucunement soit mis rostir, puis mengi
- la cameline ou sel menu; et sal, au vin et l'eschaloigne[1030].
-Et si en met-on en past, et pouldre dessus[1031].
-
-Ton est un poisson qui est trouv en la mer ou estans marinaulx des
-parties de Languedoc, et n'a aucunes arestes fors l'eschine, et a dure
-pel, et se doit cuire en eaue et se mengue au poivre jaunet[1032].
-
-LANGOUSTES sont grans escrevices, et sont bonnes cuites en
-l'eaue, et leur convient estouper d'estoupes la queue par o l'en l'a
-vuide et aussi la gueule et les pis qui sont rompus, et tous les
-autres lieux par lesquels aucune liqueur puisse yssir de son corps, et
-puis cuire en l'eaue ou en four, et mengi au vinaigre. Toutesvoies,
-qui la veult rostir au four, il ne la convient j estouper, mais
-souffit qu'elle soit mise cuire enverse[1033].
-
-CONGRE. Eschaudez-le et estauvez comme une anguille, puis
-mis en la paelle et sal comme le rouget, et le cuisiez longuement
-comme beuf; et en la parfin mettre boulir avec du percil, puis le
-laissiez[1034] refaire en son eaue, puis drciez et mengiez la sausse
-vert. Aucuns le mettent roussir sur le gril[1035].
-
-TUMBE[1036], ROUGET, GOURNAUT,
-GRIMONDIN, soient affaitis par le ventre et lavs trs bien,
-puis soient mis en la paelle et du sel pardessus, et puis l'eaue
-froide; (et ainsi est-il du poisson de mer, jsoit-ce que poisson
-d'eaue doulce il convient premirement que l'eaue soit frmiant),
-puis soient cuis petit feu, et mis hors de dessus le feu; laissiez
-reffaire en leur eaue et mengiez la cameline. Toutesvoies, les
-grimondins, en est, fendus sont au long du dos par les espaules,
-rostis sur le greil[1037] et arrouss de beurre et mengis au
-vertjus. _Nota_ que tumbe est le plus grant, et sont prises en la mer
-d'Angleterre. Gournaut est le plus grant aprs, et sont toutes ces
-deux espces de couleur tanne[1038]. Le rouget est le plus petit et
-le plus rouge, et le grimondin est le mendre de tous et est tann,
-tavell[1039], et de diverses couleurs; et tous sont comme d'une nature
-et d'une saveur.
-
-_Item_, rougets sont bons au chaudum de vertjus de pouldre et de
-saffran.
-
-SAUMON frais soit baconn[1040], et gardez l'eschine pour
-rostir; puis despeciez par dales cuites en eaue, et du vin et du sel au
-cuire; mengi au poivre jaunet ou la cameline et en past, qui veult,
-pouldr[1041] d'espices; et se le saumon est sal, soit mengi au vin
-et la ciboule par rouelles[1042].
-
-AIGREFIN appareilli comme le rouget, et le convient un pou
-laissier froidir en son eaue, et soit mengi la jance[1043].
-
-ORFIN affaiti par l'oreille, cuit en l'eaue, mengi la
-cameline: ou mis par tronons, et sur les tronons mettre pouldre fine
-et huille d'olive[1044].
-
-PORC DE MER, MARSOUIN, POURPOIS[1045] est
-tout un, et le poisson entier doit estre fendu par le ventre comme un
-pourcel; et du foye et fressure l'en fait brouet et potage comme d'un
-porc. _Item_, l'en le despice et fend comme un porc, par le dos, et
-aucunes fois est rosti en la broche toute sa couanne, et puis mengi
- la sausse chaude comme brulis[1046] en yver. Autrement, est cuit en
-eaue et mis du vin avec, puis de la pouldre et du saffran, et mis en un
-plat dedans son eaue comme venoison; puis broyez gingembre, canelle,
-giroffle, graine, poivre long et saffran, et deffaites de vostre
-boullon, et mettez hors du mortier d'une part; _item_, broyez pain
-harl, deffait de l'eaue de vostre poisson et coul par l'estamine,
-et faictes boulir tout ensemble, et soit claret; puis drciez comme
-venoison. Ou faites poivre noir, et soit vostre poisson, sans laver,
-cuit moiti eaue moiti vin, et mis en plas: et gettez vostre sausse
-dessus comme galentine, et drciez. Et quant vous en vouldrez mengier,
-prenez un petit de la sauce qui est froide, et mettez ou eaue de char,
-ou de celle mesmes, ou vinaigre _et similia_, et mettez sur le feu en
-une escuelle chauffer[1047].
-
-MERLUS doit estre despeci par morceaux quarrs comme
-eschiquier, puis tremper une nuit seulement, puis le oster hors de
-l'eaue, et aprs mettez schier sur une touaille; puis mettez vostre
-huille boulir, puis frisiez pou d'huille vos pices de merlus, et
-mengiez la moustarde ou jance d'aulx. Merlus est fait, ce semble,
-de morue[1048].
-
-ESTURGON. Eschaudez, ostez le limon, couppez la teste et
-la fendez en deux. Et premirement le fendez au long par le ventre
-comme l'en fait un pourcel, puis soit vuidi, trononn, et mis cuire
-en vin et en eaue et que le vin passe; et que la mesure qu'il se
-esboudra[1049] que l'en y mette tousjours vin. Et congnoist-l'en qu'il
-est cuit, quant la couanne se live de lgier; et ce que l'en mengue
-chaut, l'en y met de l'eaue du bouly et espices comme se ce feust
-venoison: et ce que l'en veult garder doit estre mis refroidier, et
-mengier au percil et au vinaigre[1050].
-
-ESTURGON CONTREFAIT DE VEEL pour six escuelles. Prenez le soir
-devant, ou le bien matin, six testes de veel sans escorcher, et les
-plumez en eaue chaude comme un cochon, et les cuisiez en vin, et mettez
-une chopine de vinaigre et du sel dedans, et faites boulir tant qu'il
-soit tout pourry de cuire; puis laissiez les testes refroidier et ostez
-les os. Puis prenez un quartier de bonne grosse toile, et mettez tout
-dedans, c'est assavoir l'une sur l'autre en la mendre place que vous
-pourrez, puis cousez de bon fort fil, comme un oreillier quarr, puis
-le mettez entre deux belles ais et le chargiez trs fort, et laissiez
-la nuit en la cave; et puis le tailliez par lesches, la couenne dehors
-comme venoison, et mettez du percil et du vinaigre, et ne mettez que
-deux lesches en chascun plat. _Item_, qui ne trouveroit assez testes,
-l'en le peut faire d'un veel entrepel[1051].
-
-CRASPOIS[1052]. C'est balaine sale, et doit estre par
-lesches tout cru, et cuit en eaue comme lart; et servir avec vos pois.
-
-MERLANT SAL est bon quant sa noe[1053] est entire, et son
-ventre blanc et entier; et est bon au chaudum de beurre, de vertjus et
-de moustarde; et le frais, frit, la jance.
-
-VIVE a trois lieux prilleux touchier, c'est assavoir les
-arestes qui sont sur le dos prs de la teste, les deux oreilles; et
- ce ne convient touchier fors au coustel, et tout ce getter hors,
-et tirer la brouaille par l'oreille, et puis enciser au travers en
-pluseurs lieux, la rostir, et mengier au vertjus et beurre, ou vertjus
-et pouldre.
-
-_Aliter_, cuisiez-la en l'eaue un petit, puis la frisiez en beurre,
-puis boulez du vertjus avec le remenant du beurre, et getter sus.
-
-
-POISSON DE MER PLAT.
-
-RAYE affaiti par endroit le nombril, et gardez le foye, et la
-despeciez par pices, puis la mettez cuire comme plays, puis la pelez
-et la mengiez aux aulx camelins.
-
-Raye est bonne en Septembre, et meilleur en Octobre, car lors elle
-mengue les harens frais. Celle qui n'a que une queue est _notre_,
-et les autres qui ont pluseurs queues, non. Et encores est-il autre
-poisson pareil raye qui a nom _Tire_, mais il n'a nul aguillon sur le
-dos; et si est plus grant et plus tavell de noir[1054].
-
-GALENTINE POUR RAIE en est. Broyez amandes et deffaites
-d'eaue boulie, et coulez par l'estamine; puis broyez gingembre et aulx,
-et deffaites d'icelluy lait d'amandes et passez par l'estamine, et
-boulez tout ensemble et mettez sur les pices de la raye.
-
-Raye qui une fois a est cuite, s'elle est frite sans farine en huille
-et menge chaude la cameline, elle est bonne et meilleur que en
-galentine froide.
-
-Raye doit estre lave en plusieurs eaues, puis cuire en petit boullon
-et par quartiers, puis peler et laissier refroidier: mais aucuns la
-pourboulent en eaue sans sel, puis la tirent, la pellent et nettoient
-trs bien, et mettent sur beau feurre; puis mettent en une paelle, sur
-le feu, de l'eaue et du sel frmier, puis cuire la raye petit feu.
-Et qui veult, l'en en frit une partie de celle qui est pourboulye, et
-ceste raye se garde bien huit jours[1055].
-
-PLAYS[1056] ET QUARRELET sont aucques[1057] d'une
-nature. La plus grant est nomme _plays_, et la petite _quarrelet_, et
-est tavelle de rouge sur le dos; et sont bons du flo[1058] de Mars,
-et meilleurs du flo d'Avril. Affaitiez par devers le dos audessoubs de
-l'oreille: bien lave, et mise en la paelle et du sel dessus, et cuite
-en l'eaue comme un rouget; et mengiez au vin et au sel.
-
-_Item_, quarrelets sont bons fris la fleur[1059] et mengis la
-sausse vert[1060].
-
-LIMANDES sont tavelles de jaune ou roux par le dos, et ont
-l'oreille devers le blanc[1061]; soient fris la fleur et mengis la
-sausse vert, ou fris par moiti et mengis au civ ou au grav[1062].
-
-POLES[1063], SOLES sont d'une nature; et sont les
-poles tavelles par le dos. Il les convient escharder et affaitier
-comme la plays, laver et mettre en la paelle, et du sel dessus et
-de l'eaue, puis faire cuire, et la parfin mettre du percil avec;
-puis laissier reffaire en leur eaue, et mengier la sausse vert ou
-au beurre avec de leur eaue chaude, ou au chaudum de vertjus vieil,
-moustarde et beurre chauff ensemble.
-
-_Item_, l'en les rostit sur le greil[1064] et du feurre moulli entre
-deux; et celles ne doivent point estre eschardes et sont menges au
-vertjus d'oseille.
-
-_Item_, aussi sont eschaudes celles que l'en doit frire, et doivent
-estre enfleures, puis frites, menges la sausse vert[1065], et mises
-au civ ou grav.
-
-TURBOT est dit _Ront_ Bsiers. Soit eschard, appareilli
-comme dessus et mengi la sausse vert, ou mis au souci[1066]; et
-vault mieulx froit de deux jours.
-
-BARBUE escharde, appareillie comme dessus, cuite et menge,
-car tout est d'une espce et d'une saveur, fors tant que la barbue est
-plus petite[1067], et le turbot greigneur et meilleur.
-
-BRESME, BAITTE[1068] escharde, cuite en eaue, menge
- la cameline ou mise en past la pouldre[1069].
-
-TANTE[1070] cuite en eaue ou rostie, menge au vertjus.
-
-DORE appareillie par le cost au long, cuite en eaue, ou en
-rost, menge au vertjus.
-
-ALES rosties en filopant[1071], menges la moustarde; ou
-peles, puis cuites en l'eaue un trs petit, puis enfarines, frites
-l'uille, et menges la jance ou aux aillets.
-
-FLAYS[1072]. De ce ne convient faire nul compte, car ils
-ne sont en saison fors quant le quarrel[1073] font soubs le pi. Ce
-poisson n'est point tavel de rouge sur le dos comme sont quarrelets,
-et si ont le dos bien noir.
-
-HANONS[1074]. _Nota_ que les hanons qui sont ensemble
-amoncels et se entretiennent une masse sans esparpillier ou
-dpartir, et sont vermeils et de vive couleur, sont frais: et ceulx qui
-ne s'entretiennent et sont esparpillis et de fade ou morte couleur,
-sont de vieille prise. Soient esleus, puis lavez trs bien et eschaudez
-en deux ou trois eaues bien chaudes, et puis refais en eaue froide,
-puis seicher sur une touaille bien petit au feu, et soient fris en
-huille avec oignons cuis, et aprs poudrs d'espices et mengis aux
-aillets vers clarets, reverdis de bl ou d'ozeille[1075] ou de feuille
-de sanemonde ou de barbarin.
-
-MOULES[1076] soient cuites en grant feu et hastivement, en
-trs petit d'eaue et de vin sans sel, menges au vinaigre. _Item_,
-quant elles sont cuites avec vertjus vieil et percil, puis mettez
-beurre frais, c'est trs bon potage.
-
-Moules sont les meilleurs ou commencement du nouvel temps de Mars.
-Moule de Quayeu[1077] est rousse, ronde au travers et longuette, et la
-moule de Normandie est noire.
-
-ESCREVICES. Cuisiez-les en eaue et vin plus que d'eaue, et
-escumez, puis mettez un petit de sel (jsoit-ce que aucuns dient que
-non, pour ce que le sel noircist[1078]).
-
-ESCREVICES DE MER doivent estre cuites en four, et dit-l'en
-_lengoustes_, et convient estouper tous les pertuis la guise du
-fournier, et mengier trenchie au vinaigre et la ciboule.
-
-SEICHE CONRE[1079] soit pele, puis despecie par morceaulx,
-puis la mettez en une paelle sur le feu et du sel avec, et remuez
-souvent, et qu'elle soit bien sche; puis la mettez en une nappe, et
-l'espraignez bien et seichez et l par la nappe; puis l'enfarinez
-en farine, et frisiez en foison d'uille ou oignons ou sans oignons,
-puis pouldrez d'espices dessus, et mengiez aux aillets reverdis de bl.
-
-_Item_, aucuns aprs ce qu'elle est pele et mise par morceaulx, la
-tiennent et remuent longuement en la paelle pour getter son humeur et
-sa liqueur laquelle l'en doit souvent getter et purer. Et quant elle
-ne gette plus rien, l'en l'essuye comme dessus, et puis la frit-l'en
-en foison d'uille longuement, tant qu'elle devient grdeli[1080] et
-recroquille comme chaons[1081] de lart, et adonc est mise en un plat
-et de la pouldre fine dessus, et ainsi menge. Et en la paelle o est
-demoure l'uille toute chaude sur le feu, laquelle huille a receu la
-freschume de la sche, dont elle vault pis, l'en doit getter du vin
-froit qui par fume fait yssir la freschume; et ainsi l'uille demeure
-bonne pour potages, et meilleur que autres qui ne sont mie cuites.
-
-_Item_, qui n'auroit autre viande que sche, et elle fust frite aux
-oignons comme dessus, puis mise en deux plats et avoir bonne jance aux
-aulx boulie et gette dessus, ce seroit apptit assez passable[1082].
-
-Sche fresche soit lave trs bien, puis mise en une paelle ou four
-avec de l'eaue, du vertjus, de l'uille et des ciboules nouvelles, et
-cuite; mais _primo_ soient osts l'os et l'amer.
-
-
-OEUFS DE DIVERS APPAREILS.
-
-UNE ARBOULASTRE ou deux d'oeufs. Prenez du coq deux fueilles
-seulement, et de rue moins la moiti ou nant[1083], car sachez qu'il
-est fort et amer: de l'ache, tnoisie[1084], mente et sauge, de chascun
-au regart de quatre fueilles ou moins, car chascun est fort: marjolaine
-un petit plus, fenoul plus, et percil encores plus; mais de pore,
-bettes, feuilles de violettes, espinars et laitues, orvale, autant
-de l'un comme de l'autre, tant que de tout vous aiez deux poignes
-largement: eslisez et lavez en eaue froide, puis les espraignez et
-ostez toute l'eaue, et broyez deux cloches de gingembre; puis mettez
-ou mortier deux ou trois fois vos herbes avec le dit gingembre
-broy, et broyez l'un avec l'autre. Et puis aiez seize oeufs bien
-batus ensemble, moyeux et aubuns, et broyez et meslez ou mortier avec
-ce que dit est, puis partez en deux, et faites deux alumelles[1085]
-espesses qui seront frites par la manire qui s'ensuit: premirement
-vous chaufferez trs bien vostre paelle huille, beurre ou autre telle
-gresse que vous vouldrez, et quant elle sera bien chaude de toutes
-pars, et par espcial devers la queue, meslez et espandez vos oeufs
-parmy la paelle et tournez une palette souvent ce dessus dessoubs,
-puis gettez de bon frommage gratuis[1086] pardessus; et sachez que ce
-est ainsi fait pour ce[1087] qui brayeroit[1088] le frommage avec les
-herbes et oeufs, quant l'en cuideroit frire son alumelle, le frommage
-qui seroit dessoubs se tendroit la paelle; et ainsi fait-il d'une
-allumelle d'oeufs, qui mesle les oeufs avec le frommage. Et pour ce l'en
-doit premirement mettre les oeufs en la paelle, et mettre le frommage
-dessus, et puis couvrir des bors des oeufs: et autrement se prendroient
- la paelle. Et quant vos herbes seront frites en la paelle, si donnez
-forme quarre ou ronde vostre arboulastre et la mengiez ne trop
-chaude ne trop froide.
-
-OEUFS PERDUS. Rompez l'escaille et gettez moieulx et aubuns sur
-charbons ou sur brse bien chaude, et aprs les nettoyez et mengiez.
-
-OEUFS HEAUMS. Cassez le bout et vuidiez l'aubun, et le moyeu
-estant en la coquille, mettez et assez icelle coquille sur une tuille,
-le trou de la coquille dessoubs.
-
-ALUMELLE[1089] FRITE AU SUCRE.[un croix] Ostez tous
-les aubuns et batez les moyeux, puis mettez du sucre en la paelle et
-il se fondra, et aprs ce frisiez dedans vos aubuns, puis mettez en un
-plat, et du sucre dessus.
-
-OEUFS PERDUS. Prenez quatre moyeux d'oeufs et les batez, et du
-sucre en pierre batu et en pouldre, et soit tout batu ensemble trs
-bien, puis coul en l'estamine, puis frit au fer de la paelle et aprs
-trenchi par losenges; puis avecques aultre allumelle d'oeufs pochs,
-soient icelles losenges mises ou plat et fine pouldre par-dessus[1090].
-
-POUR FAIRE BELLE ALLUMELLE D'OEUFS. Prenez sept oeufs et
-des[1091] deux ostez les aubuns et les mettez en une escuelle, et tous
-les autres cassez sur[1092] moyeux, et batez tout ensemble, et frisiez;
-et ils seront jaunes.
-
-_Aliter_, prenez dix ou douze oeufs et ostez les aubuns et batez les
-moyeux, puis les frisiez en huille, et soient bien espandus en la
-paelle et coupps par losenges, et chascune losenge retourne la
-palette ce dessoubs dessus, puis mettre en un plat demye allumelle
-d'oeufs fris communment et quatre losenges de ces moyeux, et du succre
-fris communment.
-
-ARBOULASTRE EN TARTRE FAICTE EN LA PAELLE. Aiez vos oeufs et
-herbes et une cloche de gingembre batues, mesles et broyes comme
-devant est dit, puis aiez de la paste pestrie ainsi comme pour le fons
-d'une tartre, et chauffez vostre paelle huille ou autre gresse: puis
-mettez vostre paste pestrie dedans le fons de la paelle, puis mettez la
-farce de vostre tartre avec frommage gratuisi mesl parmi souffisant
-plant. Et pour ce que le dessoubs, c'est assavoir la paste qui fait
-le fons de la tartre, seroit cuit avant que le dessus feust gures
-eschauff, il convient avoir une autre paelle dont le fons soit bien
-eschauff, torch et nettoy, et soit icelle paelle plaine de charbon
-ardant, et la mettez par dedans l'autre paelle, prs et joignant de
-la farce, pour icelle eschauffer et cuire l'essuy[1093] et aussi
-ouni[1094] comme la paste.
-
-OEUFS A LA TENOISIE[1095]. Broyez un petit de gingembre et de
-la tenoisie, et allaiez de vinaigre, coulez et mettez en un plat et des
-oeufs durs pels tous entiers.
-
-_Nota_ DE LA NATURE DES OEUFS. Mettez-les cuire en eaue boulant
-et le moyeu ne sera point dur, toutesvoies se vous ne les avez
-moullis en eaue froide premirement: mais se vous les y avez moullis
-et incontinent vous les mettez en potage boullant, ils durciront bien.
-_Item_, se vous les mettez en eaue frmiant et les laissiez sur le feu,
-ils seront tantost durs. _Item_, soient mols, soient durs[1096], si
-tost qu'ils sont cuis, vous les mettez en eaue froide, ils seront plus
-aisis peler.
-
-
-ENTREMS, FRITURES ET DORURES.
-
-FROUMENTE[1097]. Premirement, vous convient monder vostre
-froument ainsi comme l'en fait orge mond, puis sachiez que pour dix
-escuelles convient une livre de froument mond, lequel on treuve
-aucunes fois sur les espiciers tout mond pour un blanc[1098] la livre.
-Eslisiez-le et le cuisiez en eaue ds le soir, et le laissiez toute
-nuit couvert emprs le feu en eaue comme tide, puis le trayez et
-eslisez. Puis boulez du lait en une paelle et ne le mouvez point, car
-il tourneroit: et incontinent, sans attendre, le mettez en un pot qu'il
-ne sente l'arain; et aussi, quant il est froit, si ostez la cresme de
-dessus afin que icelle cresme ne face tourner la fourmente, et de
-rechief faites boulir le lait et un petit de froument avec, mais qu'il
-n'y ait gures de froument; puis prenez moyeux d'oeufs et les coulez,
-c'est assavoir pour chascun sextier de lait un cent d'oeufs, puis prenez
-le lait boulant, et batre les oeufs avec le lait, puis reculer le pot
-et getter les oeufs, et reculer; et se l'en veoit qu'il se voulsist
-tourner, mettre le pot en plaine paelle d'eaue. A jour de poisson,
-l'en prend lait: jour de char, du boullon de la char; et convient
-mettre saffran se les oeufs ne jaunissent assez: _item_, demie cloche de
-gingembre[1099].
-
-FAULX GRENON. Cuisiez en eaue et en vin des foies et des
-jugiers[1100] de poulaille, ou de char de veel, ou d'une cuisse de porc
-ou de mouton, puis la hachiez bien menuement et friolez au saing de
-lart: puis broyez gingembre, canelle, giroffle, graine, vin, vertjus,
-boullon de beuf ou de celluy mesmes, et des moyeux grant foison, et
-coulez dessus vostre char, et faites bien boulir ensemble. Aucuns y
-mettent du saffran, car il doit estre sur jaune couleur, et aucuns y
-mettent pain harl, broy et coul, car il doit estre liant et d'oeufs
-et de pain, et si doit estre aigre de vertjus. Et au drcier, sur
-chascune escuelle, pouldrez pouldre de canelle[1101].
-
-MORTEREUL est fait comme faulx grenon, sauf tant que la char
-est broye ou mortier avec espices de canelle: et n'y a point de pain,
-mais pouldre de canelle pardessus.
-
-TAILLIS servir comme en karesme. Prenez fins roisins, lait
-d'amandes bouli, eschauds, galettes et croutes de pain blanc et pommes
-couppes par menus morceaulx quarrs, et faites boulir vostre lait, et
-saffren pour lui donner couleur, et du succre, et puis mettez tout
-ensemble tant qu'il soit bien liant pour tailler[1102]. L'en en sert en
-karesme en lieu de riz.
-
-POUCINS FARCIS. Il convient souffler un poucin quant il est
-tout vif, et est souffl par le col; puis liez le col et laissiez
-mourir: puis eschaud, plum, effondr, reffait et farcy.
-
-_Item_, autrement, quant il est du tout appareilli pour mettre en
-broche, par endroit le pertuis l o l'en l'a effondr, l'en luy
-dessevre[1103] au doit la pel de la char, puis l'en le farcist au bout
-du doit, et recoust-l'en sourget[1104], endroit le trou, la pel avec
-la char, et met-l'en en broche.
-
-Et _nota_ que la farce est faite de percil et un petit de sauge avec
-oeufs durs et beurre, tout hachi ensemble, et mettre parmi pouldre fine
-avec. A chascun poucin convient trois oeufs, blanc et tout.
-
-POUR ENGRESSER POUCINS, mettez-les en orbe[1105] lieu, et leur
-nettoiez leur auget ou abeuvrouer neuf fois ou dix le jour, et leur
-donnez chascune fois nouvelle paisson, et fresche et nouvelle eaue;
-c'est assavoir pour paisson, avoine batue que l'en doit dire _gruyau
-d'avoine_, destremp en lait ou matons[1106] de lait un petit; et aient
-le pi sec jusques neuf jours.
-
-POUR ENGRESSER UNE O EN TROIS JOURS, paissez-la de mie de
-pain chault tremp en matons ou lait maigre[1107].
-
-POUR FAIRE PERDRIAULX DE POUCINS, il convient avoir petites
-poulettes, et les tuer un ou deux jours devant, puis appareillier, et
-copper les jambes et les cols, oster les charcois[1108] et getter hors,
-rompre la granche[1109], et pousser les cuisses pour faire la char plus
-courte, puis boutonner et rostir, et mengier au sel comme perdriaulx.
-
-POULAILLE FARCE AUTREMENT[1110]. Prenez vos poulles et
-leur couppez le gavion, puis les eschaudez et plumez, et gardez que
-au plumer la peau ne soit dessire; puis les reffaites en eaue, puis
-prenez un tuel et le boutez entre cuir et char, et le[1111] soufflez:
-puis le[1111] fendez entre deux espaules et n'y faictes pas trop grant
-trou, et en tirez hors les charcois, et le[1112] laissiez sa peau les
-cuisses, les esles, le cul[1113] tout la teste et pis. Et pour faire
-la farce, prenez char de mouton, de veel et de porc et du braon[1114]
-des poulles; hachiez tout ensemble tout cru, puis le broyez en un
-mortier, et des oeufs tous crus avec et de bon fromage de gain[1115] et
-de bonne pouldre d'espices et bien pou de saffren, et saler point.
-Puis emplez vos poulles et ce trou soit recousu[1116], et du remenant
-de vostre farce faites-en pommes ainsi comme pasteaulx de gude[1117],
-et mettez cuire en boullon de beuf ou en belle eaue[1118] boulant, et
-du saffran grant foison, et qu'il ne boulle pas trop fort qu'ils ne se
-despicent; puis les enhastez en une broche bien dlie. Et pour les
-dorer, prenez grant foison de moieux d'oeufs et les batez bien en un pou
-de saffren broy avec, et les en dorer; et qui veult dorer vert, si
-broye la verdure et puis des moyeux d'oeufs grant foison bien batus et
-passs par l'estamine pour la verdure, et en dorer poulaille quant elle
-sera cuite et vos pommes. Et drciez vostre broche ou vaissel o vostre
-doreure sera, et gettez tout au long vostre doreure, et remettez au feu
-par deux fois ou par trois, afin que vostre doreure se preingne; et
-gardez que vostre doreure n'ait pas trop grant[1119] feu afin qu'elle
-ne arde.
-
-RIS ENGOUL jour de mengier char. Eslisez-le et le lavez en
-deux ou en trois paires d'eaues chaudes, et mettez ressuer sur le feu,
-puis le mettez en lait de vache frmiant, et broyez du saffran pour
-le jaunir: deffait de vostre lait, et puis mettez dedans du gras du
-boullon de beuf[1120].
-
-_Aliter_, RIS. Eslisez-le et le lavez en deux ou trois paires
-d'eaues chaudes tant que l'eaue reviengne toute clre, puis le faites
-ainsi comme demy cuire, puis le purez et mettez sur tranchouers en
-plas pour esgouter et schier devant le feu: puis cuisiez bien espois
-avec l'eaue de la gresse de la char de beuf et avec du saffran, se
-c'est jour de char: et se c'est jour de poisson, n'y mettez pas
-eaue de char, mais en ce lieu mettez amandes bien forment broyes et
-sans couler; puis succrer et sans saffren.
-
-POUR FAIRE UNE FROIDE SAUGE, prenez vostre poulaille et mettez
-par quartiers, et la mettez cuire en eaue avec du sel, puis la mettez
-reffroidier: puis broyez gingembre, fleur de canelle, graine, giroffle,
-et broyez bien sans couler; puis broyez du pain tremp en l'eaue des
-poucins, percil le plus, sauge et un pou de saffren en la verdure pour
-estre vertgay, et les coulez par l'estamine, (et aucuns y coulent[1121]
-des moyeux d'oeufs durs) et deffaites de bon vinaigre: et icelles
-deffaites, mettez sur vostre poulaille, et avec et pardessus icelle
-poulaille mettez des oeufs durs par quartiers et gettez vostre sausse
-pardessus tout.
-
-_Aliter_, prenez le poucin et le plumez, puis le mettez boulir et du
-sel tant qu'il soit cuit, puis l'ostez et le mettez par quartiers
-reffroidier: puis mettez cuire des oeufs durs en l'eaue, et mettez du
-pain tremper en vin et vertjus ou vinaigre, et autant de l'un comme de
-l'autre; puis prenez du percil et de la sauge, puis broyez gingembre,
-graine, et coulez par l'estamine, et coulez les moyeux d'oeufs et mettez
-des oeufs durs par quartiers dessus les poucins, et puis mettez vostre
-sausse pardessus.
-
-SOUS DE POURCELET se fait ainsi comme d'une froide sauge,
-sans y mettre nuls oeufs et point de sauge ne de pain. Il est fait du
-groing, des oreilles, de la queue, des jarrets cours[1122], et des
-quatre trotignons[1123] bien cuis et trs bien plums, puis mis en
-sausse de percil broy, vinaigre et espices.
-
-POTAGE PARTI OU[1124] FAULX GRENON.[un croix] Prenez
-une cuisse de mouton ou foies et jugiers de poulailles, et les mettez
-cuire trs bien en eaue et en vin, et les tranchez comme quarrs: puis
-broyez gingembre, canelle, giroffle et un pou de saffren et graine de
-paradis, et deffaites de vin et de vertjus, du bouillon de char, (de
-celluy mesmes ou de la char cuire[1125],) et puis ostez du mortier;
-puis aiez pain haz[1126] tremp en vin et vertjus, broyez trs bien,
-et aprs ce le passez par l'estamine, et faictes tout boulir ensemble,
-puis prenez la char et la frisiez au lart et la gettez dedans, et
-prenez dedens[1127] moieux d'oeufs passs par l'estamine, et gettez
-dedans pour lier. Et aprs drciez par escuelles, et gettez dessus
-pouldre de canelle et sucre: c'est assavoir gettez sur la moiti de
-l'escuelle et non sur l'autre; et l'apelle-l'en _Potage parti_[1128].
-
-FLAONS EN KARESME. Affaitiez et estauvez anguilles:
-cuisiez-les aprs en si chaude eaue que vous en puissiez oster la char
-sans les arestes, et laissiez aussi la teste et la queue, et ne prenez
-que la char; et broyez du saffren ou mortier, puis broyez dessus
-la char de l'anguille, destrempez de vin blanc, et de ce faites vos
-flaons; et succrez pardessus.
-
-_Item_, flaons ont saveur de frommage quant l'en les fait de laittences
-de lus, de carpes, amandes ou amidon broys, et du saffren destremp de
-vin et de sucre foison dessus.
-
-_Item_, se font de char de tanches, lus, carpes, et amidon, saffran,
-deffait de vin blanc et succre dessus.
-
-TARTE JACOBINE. Prenez des anguilles et les eschaudez et
-trononnez par petis tronons qui n'aient que demy doit d'espois, et
-prenez de la cloche[1129], du frommage de gain[1130] esmi, et puis
-cela soit port au four et que l'en face une tarte, et que l'en pouldre
-du frommage au fons, et puis que l'en mette l'anguille debout, et puis
-du frommage un lit, et puis un lit de cols[1131] d'escrevices, et
-tousjours, tant comme chascun durera, un lit d'un et un lit d'autre. Et
-puis boulez du lait, et puis boulez[1132] du saffran et du gingembre,
-graine, giroffle, et puis destrampez du lait, et puis mettez dedans la
-tartre quant elle aura est un pou au four, et mettez du sel dedans le
-lait, et qu'elle ne soit point couverte; et pongnez[1133] les pis des
-escrevices, et faites un joly couvescle par soy[1134], pour mettre
-dessus quant elle sera cuite.
-
-AUTRE TARTRE. _Nota_ que de la farcissure d'un cochon
-peut-l'en faire une tartre couverte, et que la farce soit bien faite.
-
-POUR FAIRE UNE TOURTE, prenez quatre pongnes de bettes, deux
-poignes de percil, une pongne de cerfueil, un brain de fanoil et deux
-pongnes d'espinoches[1135], et les eslisez et lavez en eaue froide,
-puis hachiez bien menu: puis broyez de deux paires de frommages, c'est
-assavoir du mol et du moen, et puis mettez des oeufs avec ce, moyeu et
-aubun, et les broyez parmi le frommage; puis mettez les herbes dedans
-le mortier et broyez tout ensemble, et aussi mettez-y de la pouldre
-fine. Ou en lieu de ce aiez premirement broy ou mortier deux cloches
-de gingembre, et sur ce broyez vos frommages, oeufs et herbes, et puis
-gettez du vieil frommage de presse[1136] ou autre gratuis[1137] dessus
-celles herbes, et portez au four, et puis faites faire une tartre et la
-mengez chaude.
-
-POUR FAIRE QUATRE PLATS DE GELE DE CHAR, prenez un cochon et
-quatre pis de veau et faites plumer deux poucins et deux lappereaulx
-tous meigres, et fault oster la gresse, et seront fendus tout au long
-tous crus, except le cochon qui est par morceaulx: et puis mettez en
-une paelle trois quartes de vin blanc ou claret, une pinte de vinaigre,
-une chopine de vertjus, faictes boulir et escumer fort; puis mettez
-dedans en un petit drapelet dli le quart d'une once de saffran
-pour donner couleur ambrine, et faictes boulir char et tout ensemble
-avec un pou de sel; puis prenez dix ou douze cloches de gingembre
-blanc[1138] ou cinq ou six cloches de garingal, demie once de graine de
-paradis, trois ou quatre pices de folium de macis, pour deux blans,
-citoual[1139]: cubebbes[1140], espic[1141] pour trois blans: fueilles
-de lorier, six nois muguettes; puis les escachiez en un mortier et
-mettez en un sachet et mettez boulir avec la char tant qu'elle soit
-cuite, puis la traiez et mettez scher sur une nappe blanche, puis
-prenez pour le meilleur plat les pis, le groin et les oreilles: et
-du remenant aux autres. Puis prenez une belle touaille[1142] sur deux
-tresteaux, et versez tout vostre chaudeau dedans, except les espices
-que vous osterez, et mettez couler pour potage, et ne la remuez point
-afin qu'elle reviengne plus clre. Mais s'elle ne couloit bien, si
-faites feu d'une part et d'autre pour la tenir chaude pour mieulx
-couler, et la coulez avant deux ou trois fois qu'elle ne soit bien
-clre[1143], ou parmi une nappe en trois doubles. Puis prenez vos plas
-et drciez vostre char dedans, et aiez des escrevices cuites, dont vous
-mettrez dessus votre char des cuisses et la queue; de vostre gele,
-laquelle sera rchauffe, versez tant dessus la char que la char baigne
-et soit couverte dedans, car il n'y doit avoir que un petit de char,
-puis mettre une nuit refroidier en la cave, et au matin poigniez dedans
-clos de giroffle et fueilles de lorier et fleur de canelle, et semez
-anis vermeil. _Nota_ que pour la faire prendre en deux heures, il
-convient avoir graine de coings, philicon[1144] et gomme de cerisier,
-et tout ce faire conquasser et mettre en un sac de toile boulir avec
-la char.
-
-_Item_, jour de poisson, l'en fait gele comme dessus, de lus, de
-tanches, de bresmes, d'anguilles, d'escrevices et de loche. Et quant
-le poisson est cuit, l'en le met essuier et scher sur une belle nappe
-blanche, et le peler et nettoier trs bien, et getter les peleures ou
-bouillon.
-
-_Item_, POUR FAIRE GELE BLEUE, prenez dudit boullon, soit
-poisson ou char, et mettez en une belle paelle et faites boulir encores
-sur le feu, et prenez sus un espicier deux onces de tournesot[1145] et
-le mettez boulir avec tant qu'il ait bonne couleur, puis l'espraingnez
-et ostez: et puis prenez une pinte de loche[1146] et le cuisiez autre
-part, et eschaudez la loche en vos plats, et laissiez couler le boullon
-comme dessus, et laissiez refroidier. _Item_, de ce mesmes se fait un
-bleu. Et se vous voulez faire armoirie dessus la gele, prenez or ou
-argent, lequel que mieulx vous plaira, et de l'aubun d'un oeuf tracez
-une plumette, et mettez de l'or dessus une pincette.
-
-_Aliter_, POUR VINT PLAS DE GELE convient dix lappereaulx
-meigres, dix poucins meigres, une chopine de loche qui peut valoir
-trois sols: un cent d'escrevices qui ne soient pas de Marne, six sols:
-un cochon meigre, trois sols huit deniers; (et combien qu'il soit
-meigre, encores convient-il oster la gresse d'entre la couenne et
-la char, et faire petis morceaulx quarrs,) trois espaules de veau,
-quatre sols: huit quartes de vin pour cuire le veau tout en vin, deux
-quartes de vinaigre: demie aulne de toile de lin, deux sols. _Item_, il
-convient cuire le veel tout en vin et vinaigre, et escumer et mettre
-du sel dedans, puis traire[1147], et cuire les lappereaulx et poucins,
-et escumer, et mettre la moiti du lorier et mettre du saffren en une
-toile ou sachet pour cuire avec: aussi mettre les espices bien petit
-moulues ou mortier de pierre; et quant tout est cuit, si le faictes
-couler parmy l'estamine et toile, et regetter tant qu'il soit bien
-cler; puis cuisiez la loche d'une part et les escrevisses d'autre, et
-prenez les queues des escrevisses, et faites vos plats chascun de demy
-lappereau, demy poucin, six loches et quatre[1148] queues d'escrevices;
-et les mettez en la cave ou celier, et assez vos plats bien drois, et
-gettez vostre gele dessus et l'emplez bien. Et le lendemain[1149],
-mettez sur chascun plat violette blanche, grenade et drage vermeille
-et quatre fueilles de lorier.
-
-UNE ANDOUILLE D'EST. Prenez une fressure d'aignel ou chevrel
-et ostez la taye, et le remenant cuisiez en eaue et un petit de sel:
-et quant elle sera cuite, si la hachez bien menu ou broyez, puis ayez
-six moyeux d'oeufs et pouldre fine, une cuillier d'argent, et hatez tout
-ensemble en une escuelle; puis mettez et meslez vostre fressure avec
-vos moyeux d'oeufs et pouldre, puis estendez tout sur la coiffe ou taye,
-et entortilliez en guise d'andouille, puis liez de fil laschement du
-long, et puis au travers bien dru; et puis rostir sur le greil, puis
-ostez le fil et servir. _Vel sic_: faites-en pommettes, c'est assavoir
-de la taye mesmes, et icelles pommettes frisiez en sain de porc doulx.
-
-POMMEAULX. Prenez d'un cuissot de mouton le meigre tout cru,
-et autant de la cuisse de porc meigre: soit tout ensemble hachi bien
-menu, puis broyez ou mortier gingembre, graine, giroffle, et mettez en
-pouldre sur vostre char hache, et puis destrempez d'aubun et non pas
-du moyeu; puis paumoyez[1150] aux mains les espices et la char toute
-crue en luy donnant forme de pomme, puis quant la forme est bien faite,
-l'en les met cuire en l'eaue avec du sel, puis les ostez, et ayez de
-broches de couldre[1151] et les embrochiez et mettez rostir; et quant
-ils se roussiront, ayez percil broy et pass par l'estamine et de la
-fleur[1152] mesle ensemble, ne trop cler ne trop espois, et ostez vos
-pommeaulx de dessus le feu et mettez un plat dessoubs, et en tournant
-la broche sur le plat, oingnez vos pommeaulx, puis mettez au feu tant
-de fois que les pommeaulx deviennent[1153] bien vers.
-
-RENOULLES[1154]. Pour les prendre, aiez une ligne et un ameon
-avec esche[1155] de char ou d'un drap vermeil, et icelles renoulles
-prises, couppez-les travers parmi le corps emprs les cuisses et
-vuidiez ce qu'il y sera emprs le cul, et prenez desdictes renoulles
-les deux cuisses, coupez les pis, et lesdites cuisses pelez toutes
-crues, puis aiez eaue froide et les lavez; et se les cuisses demeurent
-une nuit en eaue froide, de tant sont-elles meilleurs et plus tendres.
-Et ainsi trempes, soient laves en eaue tide, puis mises et essuites
-en une touaille; lesdictes cuisses, ainsi laves et essuites, soient
-en farine touilles, _id est_ enfarines, et puis frites en huille,
-sain ou autre liqueur, et soient mises en une escuelle et de la pouldre
-dessus[1156].
-
-LIMASSONS que l'en dit _escargols_, convient prendre matin.
-Prenez les limassons jeunes, petis, et qui ont coquilles noires, des
-vignes ou des seurs[1157], puis les lavez en tant d'eaue qu'ils ne
-gettent plus d'escume: puis les lavez une fois en sel et vinaigre et
-mettez cuire en eaue. Puis il vous convient traire iceulx limassons de
-la coquerette au bout d'une espingle ou aguille, et puis leur devez
-oster leur queue, qui est noire, car c'est leur m..de; et puis laver,
-mettre cuire et boulir en eaue, et puis les traire et mettre en un
-plat ou escuelle, mengier au pain. Et aussi dient aucuns qu'ils sont
-meilleurs fris en huille et oignon ou autre liqueur aprs ce qu'ils
-sont ainsi cuis que dit est dessus, et sont mengis la pouldre, et
-sont pour riches gens[1158].
-
-PASTS NORROIS sont fais de foie de morue et aucunes fois
-du poisson hachi avec. Et fault premirement un petit pourboulir,
-puis hacher, et mis en petis pasts de trois deniers pice et de la
-pouldre fine pardessus. Et quant le pasticier les apporte non cuis ou
-four, sont fris tous entiers en huille et c'est jour de poisson; et
- jour de char, l'en les fait de mouelle de beuf qui est reffaite,
-c'est dire que l'en met icelle mouelle dedans une cuillier perce,
-et met-l'en icelle cuillier perce avec la mouelle dedans le bouillon
-du pot la char, et l'y laisse-l'en autant comme l'en laisseroit un
-poucin plum en l'eaue chaude pour reffaire; et puis la met-l'en en
-eaue froide, puis couppe-l'en la mouelle et arrondist-l'en comme gros
-jabets[1159] ou petites boulettes, puis porte-l'en au pasticier qui les
-met quatre et quatre ou trois en un past et de la pouldre fine dessus.
-Et sans cuire ou four sont cuis en sain.
-
-Et qui en veult faire _buignets de mouelle_, convient la reffaire en la
-manire[1160], puis prendre de la fleur et des moyeux d'oeufs et faire
-le[1161] paste, prendre chascun morcel de mouelle et frire au sain. Des
-buignets qurez le remenant.
-
-
-AUTRES ENTREMS.
-
-LAIT LARD. Prenez lait de vache ou de brebis et mettez
-fremier sur le feu, et gettez des lardons et du saffran: et aiez oeufs,
-_scilicet_ blanc et moyeux, bien batus, et gettez ung coup, sans
-mouvoir, et faites boulir tout ensemble, et aprs l'ostez hors du feu
-et laissiez tourner; ou, sans oeufs, le fait-l'en tourner de vertjus.
-Et quant il est refroidi, l'en le lie bien fort en une pice de toile
-ou estamine et luy donne-l'en quelque forme que l'en veult, ou plate
-ou longue et chargi d'une grosse pierre laissiez reffroidier sur un
-drouer toute nuit, et l'endemain lachi et frit au fer de la paelle,
-et se frit de luy mesmes sans autre gresse[1162], ou gresse qui
-veult; et est mis en plas ou escuelles comme lesche de lart, et lard
-de giroffle et de pignolat. Et qui le veult faire vert, si preigne du
-tournesol.
-
-RISSOLLES A JOUR DE POISSON. Cuisiez chastaingnes petit feu
-et les pelez, et aiez durs oeufs et du frommage pel et hachez tout bien
-menu; puis les arrousez d'aubuns d'oeufs, et meslez parmy pouldre et
-bien petit de sel dli, et faites vos rissoles, puis les frisiez en
-grant foison d'uille et succrez.
-
-Et _nota_, en karesme, en lieu d'oeufs et frommage, mettez merlus et
-escheroys cuis, bien menu hachis, ou char de brochers ou d'anguilles,
-figues et dates haches.
-
-_Item_, au commun[1163], l'en les fait de figues, roisins, pommes
-hastes et noix peles pour contrefaire le pignolat, et pouldre
-d'espices: et soit la paste trs bien ensaffrene, puis soient frites
-en huille. S'il y convient lieure[1164], amidon lie et ris aussi.
-_Item_, char de langouste de mer y est bonne en lieu de char.
-
-RISSOLLES EN JOUR DE CHAR sont en saison depuis la Saint
-Remy[1165]. Prenez un cuissot de porc, et ostez toute la gresse qu'il
-n'y en demeure point, puis mettez le meigre cuire en un pot et du sel
-largement: et quant elle sera presque cuite, si la traiez et aiez oeufs
-durs cuis, et hachiez aubun et moyeu, et d'autre part hachiez vostre
-grain bien menu, puis meslez oeufs et char tout ensemble, et mettez
-pouldre dessus, puis mettez en paste et frisiez au sain de luy mesmes.
-Et _nota_ que c'est propre farce pour cochon; et aucunes fois les queux
-l'achetent des oubloiers[1166] pour farcir cochons: mais toutesvoies,
- farcir cochon, il est bon de y mettre bon vieil frommage.
-
-_Item_, la court des seigneurs comme Monseigneur de Berry, quant l'en
-y tue un beuf, de la mouelle l'en fait rissolles[1167].
-
-CRESPES. Prenez de la fleur et destrempez d'oeufs tant moyeux
-comme aubuns, ost le germe, et le deffaites d'eaue, et y mettez du sel
-et du vin, et batez longuement ensemble: puis mettez du sain sur le
-feu en une petite paelle de fer, ou moiti sain ou[1168] moiti beurre
-frais, et faites[1169] fremier; et adonc aiez une escuelle perce d'un
-pertuis gros comme vostre petit doit, et adonc mettez de celle boulie
-dedans l'escuelle en commenant ou milieu, et laissiez filer tout
-autour de la paelle; puis mettez en un plat, et de la pouldre de succre
-dessus[1170]. Et que la paelle dessusdite de fer ou d'arain tiengne
-trois choppines, et ait le bort demy doy de hault, et soit aussi large
-ou dessus comme en bas, ne plus ne moins; et pour cause.
-
-CRESPES A LA GUISE DE TOURNAY. _Primo_, il vous convient avoir
-fait provision d'une paelle d'arain tenant une quarte, dont la gueule
-ne soit point plus large que le fons, se trs petit non, et soient les
-bors de hauteur quatre doie ou trois doie et demye largement. _Item_,
-convient estre garni de beurre sal, et fondre, escumer et nettoier,
-et puis verser en une autre paelle, et laissier tout le sel et de
-sain frais bien net autant de l'un comme de l'autre. Puis prenez des
-oeufs et les frisiez, et de la moiti d'iceulx ostez les aubuns, et
-le remenant d'iceulx soient batus avec tous les aubuns et moieux,
-puis prenez le tiers ou le quart de vin blanc tide, et meslez tout
-ensemble: puis prenez la plus belle fleur de fourment que vous pourrez
-avoir, et puis batez ensemble tant et tant, comme l'ennuy d'une ou
-de deux personnes, et ne soit vostre paste ne clre ne espoisse, mais
-telle qu'elle se puisse lgirement couler parmi un pertuis aussi
-gros comme un petit doy; puis mettez vostre beurre et vostre sain sur
-le feu ensemble, autant d'un comme d'autre, tant qu'il bouille, puis
-prenez vostre paste et emplez une escuelle ou une grant cuillier de
-bois perce, et filez dedans vostre gresse, premirement ou milieu
-de la paelle, puis en tournyant jusques ce que vostre paelle soit
-plaine; et que l'en bate tousjours vostre paste sans cesser pour faire
-des autres crespes. Et icelle crespe qui est en la paelle convient
-soubslever une brochette ou fuisel[1171], et tourner ce dessus
-dessoubs pour cuire, puis oster, mettre en un plat, et commencier
-l'autre; et que l'en ait tousjours meu et batu la paste sans cesser.
-
-PIPEFARCES. Prenez des moyeux d'oeufs et de la fleur et du
-sel, et un pou de vin, et batez fort ensemble, et du frommage tranchi
-par lesches, et puis toulliez[1172] les lesches de frommage dedans la
-paste, et puis la frisiez dedans une paelle de fer et du sain dedens.
-Aussi en fait-l'en de mouelle de beuf.
-
-UNE ARBOULASTE[1173] DE CHAR POUR QUATRE
-PERSONNES.[un croix] Se vous avez fait tuer un chevrel, vous povez
-faire assiette[1174] de la pance, mulette ou caillette, saultier, etc.,
-au jaunet avec du lart et du foie, mol, fressure et autres trippes.
-Cuisez-les trs bien en eaue, puis les hachiez deux cousteaulx comme
-pore, et[1175] faites hachier au pasticier trs bien menus, ou broyez
-ou mortier avec sauge ou mente, etc., comme dessus.
-
-_Nota_ que du chevrel les boyaulx ne sont point laissis avec la
-fressure comme ils sont laissis avec la fressure du porc; la raison
-est car les boyaulx du porc sont larges et se pevent laver, retourner
-et renverser la rivire, et les boyaulx de chevrel, non; mais toutes
-les autres choses y sont laissies comme au porc, _scilicet_ la teste,
-le gosier et le col, le foie, le mol ou pomon, car c'est tout un, la
-rate menue et le cuer. Et tout ensemble est appell fressure: et autel
-de porc[1176].
-
-_Item_, quant l'en parle des hastelets de chaudun[1177] de porc que
-l'en mengue en Juillet, qui sont lavs en sel et en vinaigre, ce sont
-les boyaulx qui sont gras, qui sont tranchs par lopins de quatre doie
-de long, et mengis au vertjus nouvel.
-
-ESCHEROYS[1178] les plus nouveaulx mis hors de terre et frais
-tirs, cueillis en Janvier, Fvrier, etc., sont les meilleurs; et sont
-les plus frais congneus ce que au plaier ils se rompent, et les
-viels tirs hors de terre se ployent. Il les convient rere et oster le
-mauvais au coustel comme on fait les navets, puis les convient laver
-trs bien en eaue tide, puis pourboulir un petit, puis les mettre
-essuier sur une touaille, puis enfleurer[1179], puis frire, puis
-drcier par petis platelets arrangement, et mettre du succre dessus.
-
-_Item_, qui en veult faire pasts, il les convient faire comme dessus
-jusques au frire, et lors les mettre en past, rompus en deux les trop
-longs, et au lieu du succre dont dessus est parl, convient mettre
-figues couppes par menus morceaulx et des roisins avec.
-
-BUIGNETS D'OEUVES[1180] DE LUS.[un croix] Il convient
-mettre les oeuves en eaue et avec du sel, et bien cuire: laissier
-refroidier, puis mettre par morceaulx et envelopper en paste et oeufs,
-et frire l'uille.
-
-
-SAULCES NON BOULIES.
-
-MOUSTARDE. Se vous voulez faire provision de moustarde pour
-garder longuement, faites-la en vendenges de moulx doulx. Et aucuns
-dient que le moust soit bouly. _Item_, se vous voulez faire moustarde
-en un village haste, broyez du senev en un mortier et deffaites de
-vinaigre, et coulez par l'estamine; et se vous la voulez tantost faire
-parer[1181], mettez-la en un pot devant le feu. _Item_, et se vous la
-voulez faire bonne et loisir, mettez le senev tremper par une nuit
-en bon vinaigre, puis le faites bien broyer au moulin, et bien petit
-petit destremper de vinaigre: et se vous avez des espices qui soient de
-remenant de gele, de clar, d'ypocras on de saulces, si soient broyes
-avec, et aprs la laissier parer.
-
-VERTJUS D'OZEILLE. Broyez l'ozeille trs bien sans les
-bastons, et deffaites de vertjus vieil blanc, et ne coulez point
-l'ozeille, mais soit bien broye; _vel sic_: broyez percil et ozeille
-ou la feuille du bl. _Item_ du bourgon de vigne, c'est assavoir jeune
-bourgon et tendre, sans point de tuyau.
-
-CAMELINE. _Nota_ que Tournay, pour faire cameline, l'en
-broy gingembre, canelle et saffren et demye noix muguette: destremp
-de vin, puis ost du mortier; puis aiez mie de pain blanc, sans bruler,
-tremp en eaue froide et broyez au mortier, destrempez de vin et
-coulez, puis boulez tout, et mettez au derrain du succre roux: et ce
-est cameline d'yver. Et en est la font autelle, mais elle n'est point
-boulie.
-
-Et vrit, mon goust, celle d'iver est bonne, mais en[1182] est
-trop meilleure celle qui s'ensuit: broyez un pou de gingembre et foison
-canelle, puis ostez, et aiez pain haz[1183] tremp ou chappeleures
-foison en vinaigre broyes et coules.
-
-_Nota_ que trois diffrences sont entre gingembre de mesche et
-gingembre coulombin. Car le gingembre de mesche a l'escorce plus brune,
-et si est le plus mol trenchier au coustel et plus blanc dedans que
-l'autre; _item_, meilleur et tousjours plus cher[1184].
-
-Le garingal qui est le plus vermeil violet en la taille, est le
-meilleur[1185].
-
-Des noix muguettes les plus pesans sont les meilleurs et les plus
-fermes en la taille. Et aussi le garingal pesant et ferme en la taille,
-car il y en a de heudry[1186], pourry et lgier comme mort bois; celluy
-n'est pas bon, mais celluy qui est pesant et ferme contre le coustel
-comme le noyer[1187], celluy est bon.
-
-AULX CAMELINS POUR RAYE. Broyez gingembre, aulx et croustes
-de pain blanc trempes en vinaigre, ou pain ars, et deffaites de
-vinaigre; et se vous y mettez du foye il en vauldroit mieulx.
-
-SAULCE D'AULX BLANCHE OU VERTE POUR OISONS OU BEUF. Broyez
-une doulce[1188] d'aulx et de la mie de pain blanc sans bruler, et
-destrempez de vertjus blanc; et qui la veult verte pour poisson, si
-broye du percil et de l'ozeille ou de l'un d'iceulx ou rommarin[1189].
-
-AULX MOUSSUS A HARENS FRAIS. Broyez les aulx sans peler, et
-soient pou broys et deffais de moust, et drciez toutes les peleures.
-
-SAULCE VERT D'ESPICES. Broyez trs bien gingembre, clo,
-graine, et ostez du mortier: puis broyez percil ou salemonde[1190],
-ozeille, marjolaine, ou l'un ou les deux des quatre, et de la mie de
-pain blanc tremp en vertjus, et coulez et rebroyez trs bien, puis
-recoulez et mettez tout ensemble et assavourez de vinaigre.
-
-_Nota_ que c'est bon _souci_, mais qu'il n'y ait pain.
-
-_Nota_ que pour toutes espices, pluseurs n'y mettent fors des fueilles
-de rommarin.
-
-UN SOUCI VERGAY A GARDER POISSON DE MER. Prenez percil,
-sauge, sanemonde, vinaigre, et coulez; mais avant aiez broy coq,
-ysope, ozeille, toute[1191], marjolaine, gingembre, fleur de canelle,
-poivre long, giroffle, graine, et ost hors du mortier, et mettez
-dessus vostre poisson quant tout sera pass; et soit vergay. Et aucuns
-y mettent sanemonde toute la racine.
-
-_Nota_ que le mot _souci_[1192] est dit de _soux_ pour ce qu'il est
-fait comme soux de pourcel.
-
-Pour poisson d'eaue doulce ainsi se fait chaudum, fors tant que l'en
-n'y met nulles herbes, et en lieu d'herbes, l'en y met saffren et noix
-muguettes et vertjus, et doit estre fin jaune et bouly, et mis tout
-chault sur le poisson froit.
-
-Au brochier, taillez au travers et rostis sur le greil.
-
-La saulce d'un chappon rosti est de le despescier par membres, et
-mettre sur les jointes du sel et du vertjus, et le tiers vin blanc ou
-vermeil; et poucer[1193] fort comme un poucin.
-
-_Item_, en est, la saulce d'un poucin rostis est moiti vinaigre,
-moiti eaue rose, et froissi, etc. _Item_, le jus d'orenge y est bon.
-
-
-SAULCES BOULIES.
-
-_Nota_, que en Juillet le vertjus vieil est bien foible et le verjus
-nouvel est trop vert: et pour[1194] ce, en vendenges, le vertjus
-entremell moiti vieil moiti nouvel est le meilleur. _Item_, en
-potage, l'en deffoiblist de pure, mais en Janvier, Fvrier, etc., le
-nouvel est le meilleur.
-
-CAMELINE A LA GUISE DE TOURNAY, qurez ou chappitre
-prcdent[1195].
-
-POIVRE JAUNET OU AIGRET. Prenez gingembre, saffren, puis
-preingne-l'en pain rosty deffait d'eaue de char, (et encores vault
-mieux la meigre eaue[1196] de choulx,) puis boulir, et au boulir mettre
-le vinaigre.
-
-POIVRE NOIR[1197]. Prenez clou de giroffle et un pou de
-poivre, gingembre, et broyez trs bien: puis broyez pain ars destremp
-en meigre eaue de char ou en meigre eaue de choulx qui mieulx vault,
-puis soit bouly en une paelle de fer, et au boulir soit mis du
-vinaigre; puis mettez en un pot au feu pour tenir chault. _Item_,
-pluseurs y mettent de la canelle.
-
-GALENTINE POUR CARPE. Broyez saffren, gingembre, giroffle,
-graine, poivre long et noix muguettes, et deffaictes de la grasse eaue
-en quoy la carpe aura cuit, et y mettez vertjus, vin et vinaigre;
-et soit li d'un petit de[1198] pain haz trs bien broy, et sans
-couler, (jsoit-ce que le pain coul fait plus belle saulce,) et soit
-tout bouly et gett sur le poisson cuit, puis mis en plats. Et est
-bon reschauff ou plat sur le gril, meilleur que tout froit. _Nota_
-qu'elle est bonne et belle sans saffren; et _nota_ qu'il souffist que
-en chascun plat ait deux tronons de carpe et quatre gougons fris.
-
-LE SAUPIQUET POUR CONNIN OU POUR OISEAU DE RIVIRE OU COULON
-RAMIER. Frisiez oignons en bon sain, ou vous les mincez et mettez
-cuire en la leschefrite avec eaue de beuf, et n'y mettez vertjus ne
-vinaigre jusques au boulir: et lors mettez moiti vertjus moiti vin et
-un petit de vinaigre, et que les espices passent. Puis prenez moiti
-vin moiti vertjus et un petit de vinaigre, et mettez tout en la
-leschefrite dessoubs le connin, coulon ou oisel de rivire; et quant
-ils seront cuis, si boulez la saulce, et aiez des tostes[1199] et
-mettez dedens avec l'oisel.
-
-CALIMAFRE OU SAULCE PARESSEUSE. Prenez de la moustarde et de
-la pouldre de gingembre et un petit de vinaigre, et la gresse et l'eaue
-de la carpe, et boulez ensemble: et se vous voulez faire ceste saulce
-pour un chappon, ou lieu que l'en met la gresse et l'eaue de la carpe,
-mettez vertjus, vinaigre et la gresse du chappon.
-
-JANCE DE LAIT DE VACHE. Broyez gingembre, moyeux d'oeufs sans
-le germe, et soient crus passs par l'estamine avec lait de vache: ou
-pour paour de tourner, soient les moyeux d'oeufs cuis, puis broys et
-passs par l'estamine; deffaictes de lait de vache, et faites bien
-boulir[1200].
-
-JANCE A AULX. Broyez gingembre, aulx, amandes, et deffaites de
-bon vertjus et puis boulez; et aucuns y mettent le tiers de vin blanc.
-
-JANCE se fait en ceste manire: prenez amandes, mettez en eaue
-chaude, pelez, broyez, et du gingembre deux cloches aussi; ou y mettez
-de la pouldre, un pou d'aulx, et du pain blanc, pou plus que d'amandes,
-qui ne soit point brl, destremp de vertjus blanc et le quart de vin
-blanc: couler, puis faire trs bien boulir, et drcier par escuelles.
-Et en doit-l'en plus drcier que d'autre saulce[1201].
-
-UNE POITEVINE. Broyez gingembre, giroffle, graine et des
-foies, puis ostez du mortier: puis broyez pain brl, vin et vertjus et
-eaue, de chascun le tiers, et faictes boulir, et de la gresse du rost
-dedans, puis versez sur vostre rost ou par escuelles[1202].
-
-MOUST POUR HTOUDEAUX. Prenez roisins nouveaulx et noirs, et
-les escachiez[1203] ou mortier, et boulez un bouillon, puis coulez par
-une estamine: et lors gettez dessus pouldre, petit de gingembre et plus
-de canelle, ou de canelle seulement _quia melior_, et meslez un petit
- une cuillier d'argent, et gettez croustes ou pain broy ou oeufs ou
-chastaignes, pour lier, dedans: du succre roux, et drciez.
-
-(_Item_, ce propos, sachiez que _Arquenet_[1204] est espice qui rent
-rouge couleur et est aussi comme garingal; et la convient tremper en
-vin et en l'eaue de la char, puis broyer.)
-
-_Item_, et qui veult faire ce moust ds la Saint Jehan et avant que
-l'en treuve aucuns roisins, faire le convient de cerises, merises,
-guines, vin de meures, avec pouldre de canelle, sans gingembre, se
-petit non, boulir comme dessus, puis mettre du succre dessus[1205].
-
-_Item_, et aprs ce que l'en ne treuve nuls roisins, _scilicet_ en
-Novembre, l'en fait le moust de prunelles de haye, osts les noiaux,
-puis broyes ou escaches ou mortier, faire boulir avec les escorces,
-puis passer par l'estamine, mettre la pouldre, et tout comme dessus.
-
-SAULCE BRIEFVE POUR CHAPPON. Ayez de belle eaue nette, et
-mettez en la leschefrite dessoubs le chappon quant il rostist, et
-arrousez tousdis[1206] le chappon, puis broyez une doulce[1207] d'ail
-et destrempez d'icelle eaue et boulez, puis drciez. Comme _jance_
-elle est bonne, qui mieulx n'a.
-
-SAULCE A METTRE BOULIR EN PASTS DE HALEBRANS, CANETS, LAPPEREAULX
-OU CONNINS DE GARENNE. Prenez foison de bonne canelle, gingembre,
-giroffle, graine, demie noix muguette et macis, garingal, et broyez
-trs bien, et deffaites de vertjus moiti et vinaigre moiti, et soit
-la saulce clre. Et quant le past sera ainsi comme cuit, soit icelle
-saulce gette dedans et remis au four boulir un seul bouillon.
-
-(_Nota_ que _Halebrans_ sont les petis canets qui ne pevent voler
-jusques tant qu'ils ont eu de la pluye d'Aoust.)
-
-Et _nota_ que en yver l'en y met plus gingembre pour estre plus forte
-d'espices, car en yver toutes saulces doivent estre plus fortes que en
-est.
-
-UNE QUEUE DE SANGLIER. Prenez nomblets de porc, livres
-et[1208] oiseaulx de rivire, et les mettez en la broche, et une
-leschefrite dessoubs, et du vin franc[1209] et du vinaigre. Et puis
-prenez graine, gingembre, giroffle, noix muguettes et du poivre long
-et canelle, et broyez et ostez du mortier: puis broyez pain brl et
-tremp en vin franc, et le coulez par l'estamine; et puis coulez tout
-ce qui est en la leschefrite et les espices et le pain en une paelle de
-fer ou en un pot avec eaue de la char, et y mettez le rost de quoy vous
-le ferez, et l'ayez avant boutonn de doux de giroffle.
-
-Ainsi convient faire un _Bourberel[1210] de sanglier_.
-
-_Nota_ que les noix muguettes, macis et garingal font douloir la teste.
-
-SAULCE RAPPE. Eschaudez trois ou quatre grappes de vertjus,
-puis en broyez une partie et ostez le marc d'icelluy vertjus: et puis
-broyez du gingembre et allaiez d'icellui vertjus et mettez en une
-escuelle; puis broyez les escorces du vertjus autrefois broy, et
-destrempez de vertjus blanc et coulez; et mettez tout en icelle[1211]
-escuelle et meslez tout ensemble, puis drciez et mettez des grains
-dessus. _Nota_, en Juillet, quant le vertjus engrossist, est au jambon
-ou pi de porc[1212].
-
-SAULCE POUR UN CHAPPON OU POULE. Mettez tremper un trs petit
-de mie de pain blanc en vertjus et du saffran, puis soit broy: puis
-le mettez en la leschefrite, et les quatre parties de vertjus et la
-cinquime partie de la gresse de la poule ou chappon et non plus, car
-le plus seroit trop, et faites boulir en la leschefrite, et drciez par
-escuelles.
-
-SAULCE POUR OEUFS POCHIS EN HUILE. Aiez des oignons cuis
-et pourboulis moult longuement comme choulx, puis les frisiez: aprs
-vuidiez la paelle o vous avez frit vos oeufs que rien n'y demeure, et
-en icelle mettez l'eaue et oignons et le quart de vinaigre, c'est
-dire que le vinaigre face le quart de tout, et boulez, et gettez sur
-vos oeufs.
-
-
-BUVRAGES POUR MALADES.
-
-TIZANNE DOULCE. Prenez de l'eaue et faites boulir, puis mettez
-pour chascun sextier[1213] d'eaue une escuelle d'orge largement, et ne
-chault s'elle est toute l'escorce, et pour deux parisis[1214] de
-rglisse, _item_, des figues, et soit tant bouly que l'orge crve; puis
-soit coule en deux ou trois toiles, et mis en chascun gobelet grant
-foison de succre en roche. Puis est bonne icelle orge[1215] donner
-mengier la poulaille pour engressier.
-
-_Nota_ que la bonne rglisse est la plus nouvelle, et est en la taille
-de vive couleur vergaie, et la vieille est de plus fade et morte, et
-sche.
-
-BOUILLON. Pour faire quatre sextiers de bouillon, il convient
-avoir la moiti d'un pain brun d'un denier, de levain, lev de trois
-jours[1216]: _item_, de son, le quart largement d'un boissel, et mettre
-cinq sextiers d'eaue en une paelle, et quant elle fremiera, mettre le
-son en l'eaue et tant boulir que tout s'appetice du cinquime ou plus;
-puis oster de dessus le feu et laissier refroidier jusques tide,
-puis couler par une estamine ou sas, ou[1217] destremper le levain en
-eaue et mettre ou tonnel, et laissier deux ou trois jours parer[1218];
-puis encaver et laissier esclarcir, et puis boire.
-
-_Item_, qui le veult faire meilleur, il y convient mettre une pinte de
-miel bien bouly et bien escum.
-
-BOCHET. Pour faire six sextiers de bochet, prenez six pintes
-de miel bien doulx, et le mettez en une chaudire sur le feu et le
-faites boulir, et remuez si longuement que il laisse soy croistre,
-et que vous vez qu'il gette bouillon aussi comme petites orines[1219]
-qui se creveront, et au crever getteront un petit de fume aussi
-comme notre: et lors faites-le mouvoir, et lors mettez sept sextiers
-d'eaue et les faites tant boulir qu'ils reviengnent six sextiers,
-et tousjours mouvoir. Et lors le mettez en un cuvier pour refroidier
-jusques tant qu'il soit ainsi comme tide; et lors le coulez en un
-sas, et aprs[1220] le mettez en un tonnel et y mettez une choppine de
-leveon[1221] de cervoise, car c'est ce qui le fait piquant, (et qui y
-mettroit levain de pain, autant vauldroit pour saveur, mais la couleur
-en seroit plus fade,) et couvrez bien et chaudement pour parer. Et se
-vous le voulez faire trs bon, si y mettez une once de gingembre, de
-poivre long, graine de paradis et cloux de giroffle autant de l'un que
-de l'autre, except des cloux de giroffle dont il y aura le moins, et
-les mettez en un sachet de toile et gettez dedans. Et quant il y aura
-est deux ou trois jours et le bochet sentira assez les espices et
-il piquera assez, si ostez le sachet et l'espraignez et le mettez en
-l'autre baril que vous ferez. Et ainsi vous servira bien celle pouldre
-jusques trois ou quatre fois.
-
-_Item._ AUTRE BOCHET DE QUATRE ANS DE GARDE, _et peut-l'en
-faire une queue ou plus ou moins une fois qui veult_. Mettez les
-trois pars d'eaue et la quatrime de miel, faites boulir et escumer
-tant qu'il dche du dixime, et puis gettez en un vaissel: puis
-remplez vostre chaudire et faictes comme devant, tant que vous en aiez
-assez; puis laissiez refroidier et puis remplez vostre queue: adonc,
-vostre bochet gettera comme moust qui se pare. Si le vous convient
-tousjours tenir plain afin qu'il gette, et aprs six sepmaines ou un
-mois l'en doit traire tout le bochet jusques la lye et le mettre en
-cuve ou en autre vaissel, puis deffoncier le vaissel o il estoit,
-oster la lye, eschauder, laver, renfoncer, et remplir de ce qui est
-demour, et garder; et ne chault s'il est en vuidenge. Et adonc aiez
-quatre onces et demie de pouldre fine de fine canelle et une once et
-demie de clou de giroffle et une de graine batus et mis en un sachet de
-toile et pendus une cordelette au bondonnail.
-
-_Nota_ que de l'escume qui en est oste, prenez pour chascun pot
-d'icelle douze pos d'eaue, et boulez ensemble, et ce sera bon bochet
-pour les mesgnies[1222]. _Item_, d'autre miel que d'escume se fait
-autele portion[1223].
-
-BEUVRAGE D'EAUE ROUSSE D'UN CHAPPON. Mettez vostre chappon ou
-poule en un pot bien net et qui soit tout neuf plomm[1224] et bien
-couvert, que rien n'en puisse yssir, et mettez vostre pot dedans une
-paelle plaine d'eaue et faites boulir tant que le chappon ou poule soit
-cuit dedans le pot; puis ostez le chappon ou poule, et de l'eaue qu'il
-aura faicte dedans le pot donnez au malade [1225] boire.
-
-BUVRAGE DE NOISETTES. Pourboulez et pelez, puis mettez en eaue
-froide, puis les broyez et allaiez d'eaue boulie et coulez: broyez et
-coulez deux fois, puis mettez reffroidier en la cave; et vault mieulx
-assez que tizanne.
-
-BUVRAGE DE LAIT D'AMANDES. Comme dessus.
-
-
-POTAGES POUR MALADES.
-
-CHAUDEAU FLAMENT. Mettez un pou d'eaue boulir, puis pour
-chascune escuelle quatre moyeux d'oeufs batus avec vin blanc[1226], et
-versez fil[1227] en vostre eaue et remuez trs bien, et du sel y
-mettez bien point; et quant il aura bien boulu, tirez-le arrire du
-feu.
-
-_Nota._ Qui n'en fait fors une escuelle pour un malade, l'en y met cinq
-moyeux.
-
-ORGE MOND[1228] OU GRUIAU D'ORGE. Mettez l'orge
-tremper en un bacin ainsi comme demie heure, puis la purez et mettez
-en un mortier de cuivre et pilez d'une pilette de bois, puis la mettez
-schier: et quant elle sera sche, si la vennez. Et quant vous en
-vouldrez faire potage, mettez-la cuire en un petit pot avec de l'eaue,
-et quant elle sera ainsi comme baienne[1229], purez-la et la mettez
-avec du lait d'amandes boulir; et aucuns le coulent. _Item_, l'en y met
-du succre foison.
-
-LAIT D'AMANDES. Pourboulez et pelez vos amandes, puis les
-mettez en eaue froide, puis les broyez et destrempez de l'eaue o
-les oignons auront cuit et coulez par une estamine: puis frisiez les
-oignons, et mettez dedans un petit de sel, et faites boulir sur le
-feu, puis mettez les souppes. Et se vous faites lait d'amandes pour
-malades, n'y mettez aucuns oignons, et ou lieu de l'eaue d'oignons
-pour destremper les amandes et dont dessus est parl, mettez-y et les
-destrempez d'eaue tide nette et faites boulir, et n'y mettez point de
-sel, mais succre foison. Et se vous en voulez faire pour boire, si le
-coulez l'estamine ou par deux toiles, et succre foison au boire.
-
-COULIS D'UN POULET. Cuisiez le poulet tant qu'il soit tout
-pourry de cuire, et le broyez et tous les os en un mortier, puis
-deffaites de son boullon, coulez, et mettez du succre[1230].
-
-_Nota_ que les os doivent estre boulis les premiers: puis ostez du
-mortier, coulez, et nettoiez le mortier; puis broyez la char[1231] et
-grant foison succre.
-
-UN COULIS DE PERCHE, OU DE TANCHE, OU DE SOLE, OU
-D'ESCREVICES. Cuisiez-la en eaue et gardez le boullon, puis broyez
-amandes et de la perche avec, et deffaites de vostre boullon, et coulez
-et mettez tout boulir; puis drciez vostre perche et mettez du succre
-dessus. Et soit claret, et foison succre[1232].
-
-Le meilleur coulis qui soit jour de char, ce sont les cols des
-poulets et poucins. Et doit-l'en broyer cols, testes et os, puis broyer
- fort, et deffaire d'eaue de joe de beuf ou de giste de beuf, et
-couler.
-
-_Nota_ que aprs les grans chaleurs de Juing, potages d'espices
-viennent en saison, et aprs la Saint Remy, civ de veel, de livre,
-d'ottres, etc.
-
-GRUYAU convient cuire comme boyen[1233], puis purer et mettre
-cuire avec le lait d'amandes comme dit est prouchainement cy-dessus
-d'orge mond, et foison succre.
-
-RIS. Eslisez-le et lavez, etc.[1234]
-
-
-AUTRES MENUES CHOSES QUI NE SONT DE NECCESSIT.
-
-C'EST LA MANIRE DE FAIRE COMPOSTE[1235]. _Nota_ qu'il fault
-commencier la Sainct Jehan qui est vingt-quatrime jour de Juing.
-
-Premirement, vous prendrez cinq cens de noix nouvelles environ la
-Sainct Jehan, et gardez que l'escorce ne le noyau ne soient encores
-forms et que l'escorce ne soit encores trop dure ne trop tendre,
-et les pelez tout entour, et puis les perciez en trois lieux tout
-oultre ou en croix. Et puis les mettez tremper en eaue de Saine ou
-de fontaine, et la changez chascun jour: et les fault tremper de
-dix douze jours et lesquelles[1236] deviennent comme noires, et
-que au macher vous n'y puissiez assavourer aucune amertume; et puis
-les mettre boulir une onde en eaue doulce par l'espace de dire une
-_miserelle_[1237], et[1238] tant comme vous verrez qu'il appartiendra
-ce qu'elles ne soient trop dures ne trop moles. Aprs vuidiez l'eaue,
-et aprs les mettez esgouter sur un sac[1239], et puis fondez du miel
-un sextier ou tant qu'elles puissent toutes tremper, et qu'il soit
-coul et escum: et quant il sera reffroidi ainsi comme tide, si
-y mettez vos noix et les laissiez deux ou trois jours, et puis si
-les mettez esgouter, et prenez tant de vostre miel qu'elles puissent
-tremper dedans, et mettez sur le feu le miel et le faites trs bien
-boulir un boullon seulement et l'escumez, et ostez de dessus le feu: et
-mettez en chascun pertuis de vos noix un clou de giroffle d'un cost,
-et un petit de gingembre coup de l'autre, et aprs les mettez en miel
-quant il sera tide. Et si les tournez deux ou trois[1240] fois le
-jour, et au bout de trois[1241] jours si les ostez: et recuisiez[1242]
-miel, et s'il n'en y a assez, si en mettez et le boulez et escumez
-et boulez, puis mettez vos noix dedans; et ainsi chascune sepmaine
-jusques un mois. Et puis les laissiez en un pot de terre ou en un
-poinon[1243], et retournez chascune sepmaine une fois.
-
-Prendrez, environ la Toussains, des gros navets, et les pelez et fendez
-en quatre quartiers, et puis mettez cuire en eaue: et quant ils seront
-un petit cuis, si les ostez et mettez en eaue froide pour attendrir,
-et puis les mettez esgouter; et prenez du miel et fondez ainsi comme
-cellui des noix, et gardez que vous ne cuisiez trop vos navets.
-
-_Item_, la Toussains, vous prendrez des garroittes[1244] tant que
-vous y vouldrez mettre, et qu'elles soient bien racles et dcopes
-par morceaux, et qu'elles soient cuites comme les navets. (Garroites
-sont racines rouges que l'en vent s Halles par pongnes, et chascune
-pongne un blanc.)
-
-_Item_, prenez des poires d'angoisse et les fendez en quatre quartiers,
-et les cuisiez ainsi comme les navets, et ne les pelez point; et les
-faites ne plus ne moins comme les navets.
-
-_Item_, quant les courges sont en saison, si en prenez ne des plus
-dures ne des plus tendres, et les pelez et ostez le cuer de dedans et
-mettez en quartiers, et faites tout ainsi comme des navets.
-
-_Item_, quant les pesches sont en saison, si en prenez des plus dures
-et les pelez et fendez.
-
-_Item_, environ la Saint Andry[1245], prenez des racines de percil
-et de fanoil, et les resez[1246] pardessus, et en mettez par petites
-pices, et fendez le fanoil parmi et ostez le dureillon du dedans, et
-n'ostez pas celluy du percil, et les gouvernez tout ainsi comme les
-choses dessusdictes, ne plus ne moins.
-
-Et quant toutes vos confitures seront prestes, vous pourrez faire ce
-qui appartient, dont la recepte s'ensuit.
-
-Premirement, pour cinq cens de noix, prenez une livre de sennev et
-demie livre d'anis, un quarteron et demi fanoil, un quarteron et demi
-coriande, un quarteron et demi karvy[1247], c'est assavoir une semence
-que l'en mengue en drage, et mettez toutes ces choses en pouldre: et
-puis faites toutes ces choses broyer en un moulin moustarde et le
-destrempez bien espois et de trs bon vinaigre, et mettez en un pot
-de terre. Et puis prenez demie livre de raffle[1248], c'est assavoir
-une racine que l'en vent sur les herbiers[1249], et la raclez trs
-bien et la dcopez le plus menuement que vous pourrez et la faictes
-mouldre un moulin moustarde, et le destrempez de vinaigre. _Item_,
-prenez demi quarteron de fust de giroffle dit _baston de giroffle_,
-demi quarteron de canelle, demi quarteron de poivre, demi quarteron
-de mesche[1250], demi quarteron de noix muguettes, demi quarteron de
-graine de paradis, et faites de toutes ces choses pouldre. _Item_,
-prenez demi once de saffran d'Ort[1251] sch et batu et une once
-de ceudre vermeille, c'est assavoir un fust que l'en vent sur les
-espiciers[1252] et est dit _cdre dont l'en fait manches cousteaulx_.
-Et puis prenez douze livres[1253] de bon miel dur et blanc et le faites
-fondre sur le feu, et quant il sera bien cuit et escum, si le laissiez
-rasseoir, puis le coulez, et le cuisiez encores: et s'il rent escume,
-encores le convient couler, sinon le convient laissier reffroidier;
-puis destrempez vostre moustarde de bon vin vermeil et vinaigre par
-moiti et mettez dedans le miel. Vous destrempez vos pouldres de vin
-et vinaigre et mettez ou miel, et en vin chault boulez un petit vos
-cdres, et aprs mettez le saffran avec les autres choses, et une autre
-pongne de sel gros. _Item_, et aprs ces choses, prenez deux livres
-de roisins que l'en dit roisins de Digne, c'est assavoir qui sont
-petis et n'ont aucuns noyaux dedans ne pepins quelxconques, et soient
-nouveaulx, et les pilez trs bien en un mortier et les destrempez de
-bon vinaigre, puis les coulez parmi une estamine, et mettez avec les
-autres choses. _Item_, se vous y mettez quatre ou cinq pintes de moust
-ou de vin cuit, la saulce en vauldroit mieulx.
-
-POUR FAIRE CONDOIGNAC[1254], prenez des coings et les pelez,
-puis fendez par quartiers, et ostez l'ueil[1255] et les pepins, puis
-les cuisiez en bon vin rouge et puis soient couls parmi une estamine:
-puis prenez du miel et le faites longuement boulir et escumer, et aprs
-mettez vos coings dedans et remuez trs bien, et le faites tant boulir
-que le miel se reviengne moins la moiti; puis gettez dedans pouldre
-d'ypocras, et remuez tant qu'il soit tout froit, puis taillez par
-morceaulx et les gardez.
-
-POULDRE FINE. Prenez gingembre blanc 1 [Illustration: un
-symbol] (une once et une drachme?) canelle trie [Illustration: un
-symbol][3] (un quarteron?) giroffle et graine de chascun demi quart
-d'once, et de succre en pierre [Illustration: un symbol][1256] (un
-quarteron?) et faictes pouldre.
-
-CONFITURE DE NOIX. Prenez, avant la Saint Jehan, noix
-nouvelles et les pelez et perciez, et mettez en eaue fresche tremper
-par neuf jours, et chascun jour renouvellez l'eaue: puis les laissiez
-scher, et emplez les pertuis de clous de giroffle et de gingembre, et
-mettez boulir en miel, et illec les laissiez en conserve.
-
-POUR FAIRE EAUE A LAVER MAINS SUR TABLE. Mettez boulir de la
-sauge, puis coulez l'eaue, et faites refroidier jusques plus que
-tide. Ou vous mettez comme dessus[1257] camomille ou marjolaine, ou
-vous mettez du rommarin: et cuire avec l'escorce d'orenge. Et aussi
-fueilles de lorier y sont bonnes.
-
-YPOCRAS. Pour faire pouldre d'ypocras, prenez un quarteron de
-trs fine canelle trie la dent[1258], et demy quarteron de fleur
-de canelle fine, une once de gingembre de mesche tri fin blanc et
-une once de graine de paradis, un sizain[1259] de noix muguettes et
-de garingal ensemble, et faites tout battre ensemble. Et quant vous
-vouldrez faire l'ypocras, prenez demye once largement et sur le plus de
-ceste pouldre et deux quarterons de succre, et les meslez ensemble, et
-une quarte de vin la mesure de Paris.
-
-Et _nota_ que la pouldre et le succre mesls ensemble, font _pouldre de
-duc_.
-
-Pour une quarte ou quarteron[1260] d'ypocras la mesure de Bsiers,
-Carcassonne, ou Montpellier, prenez cinq drames de canelle fine trie
-et monde, gingembre blanc tri et par, trois drames: de giroffle,
-graine, macis, garingal, noix muguettes, espic nardy[1261], de tout
-ensemble une drame et un quart: du premier le plus et des autres en
-dvalant moins et moins[1262]. Soit faicte pouldre, et avec ce soit mis
-une livre et demi quarteron, au gros poix[1263], de succre en roche
-broy, et mesl parmi les autres devant dictes espices et mis; et soit
-du vin et le succre mis et fondu en un plat sur le feu, et mis la
-pouldre, et meslez avec: puis mis en la chausse, et coul tant de fois
-qu'il reche tout cler vermeil.
-
-_Nota_ que le sucre et la canelle doivent passer comme maistres[1264].
-
-SAUGE. Pour faire un poinon[1265] de sauge, prenez deux
-livres de sauge et rongnez les bastons[1266], puis mettez les feuilles
-dedans le poinon. _Item_, aiez demie once de giroffle mis en un sachet
-de toile et pendu dedans le poinon une cordelette; _item_, l'en
-peut mettre demie once de lorier dedans: _item_, demy quarteron de
-gingembre de mesche, demi quarteron de poivre long et demi quarteron de
-lorier. Et qui veult faire la[1267] sauge sur table en yver, ait en une
-aiguire de l'eaue de sauge, et verse sur son vin blanc en un hanap.
-
-POUR FAIRE SUR TABLE VIN BLANC DEVENIR VERMEIL, prenez en est
-des fleurs vermeilles qui croissent s blefs, que l'en appelle perceau
-ou neelle ou passe-rose, et les laissiez schier tant qu'elles puissent
-estre mises en pouldre, et en gettez secrtement ou voirre avec le vin,
-et il devenra vermeil.
-
-SE VOUS VOULEZ AVOIR VERTJUS[1268] A NOEL SUR LA
-TREILLE, quant vous verrez que la grappe son commencement se
-descouvrera, et avant qu'elle soit en fleur, coppez la grappe par la
-queue, et la tierce fois laissiez-la revenir jusques Nol.
-
-Maistre Jehan de Hautecourt[1269] dit que l'en doit coupper le cep
-audessoubs de la grappe, et l'autre bourgon de dessoubs getteroit
-grappe nouvelle.
-
-SE VOUS VOULEZ EN NOVEMBRE ET EN DCEMBRE FAIRE AVOIR A POIRES
-D'ANGOISSE VERMEILLE COULEUR, mettez du foing au cuire, et couvrez
-le pot tellement qu'il n'en isse point de fume. _Nota_ qu'il convient
-mettre sur les poires de la graine de fanoil qui est bolue en vin
-nouvel et puis sche, ou drage[1270].
-
-POUR FAIRE SEL BLANC, prenez du gros sel une pinte et trois
-pintes d'eaue, et mettez sur le feu tant que tout soit fondu ensemble,
-puis coulez parmi une nappe, touaille ou estamine, puis mettez sur
-le feu et faictes trs bien boulir et escumer: et qu'il bouille si
-longuement qu'il soit ainsi comme tout sec, et que les petis boullons
-qui auront gett eaue deviennent tous secs; puis ostez le sel de la
-paelle et estandez sur une nappe au soleil pour scher.
-
-POUR ESCRIPRE SUR LE PAPIER LETTRE QUE NUL NE VERRA SE LE PAPIER
-N'EST CHAUFF, prenez sel armoniac ou salmoniac et mettez tremper
-et fondre avec eaue: puis escripvez de ce et laissiez seicher. Et ce
-durera environ huit jours.
-
-POUR FAIRE GLUS, il convient peler le houx quant il est en
-sa sve, (et est communment ou mois de May jusques Aoust,) et puis
-boulir l'escorce en eaue tant que la taie de dessus se spare: puis
-pelez, et quant la taye sera pele, enveloppez le demourant de fueilles
-d'ybles, de seun[1271], ou autres larges feuilles, et soit mis en
-lieu froit comme en cave, ou dedans terre ou en un fumier froit, par
-l'espace de neuf jours ou plus, tant qu'il soit pourry. Et puis la
-convient piler comme pore de choulx et mettre par tourteaux comme
-gude[1272], et puis aler laver les tourteaux l'un aprs l'autre et
-despecier comme cire; et ne soit pas trop lave en la premire eaue ne
-trop roide[1273] eaue. Et aprs l'en peut tout ensemble despecier et
-paumaier[1274] en eaue bien courant, et mettre en un pot et conserver
-bien couvert.
-
-Et qui veult faire glus pour eaue, il convient eschauffer un petit
-d'uille, et l destremper sa glus: et puis gluer sa ligne.
-
-_Item_, l'en fait autre glus de fromment.
-
-SE VOUS VOULEZ GARDER ROSES VERMEILLES, prenez des boutons
-une douzaine, et les assemblez ainsi comme en une pelotte, et puis les
-enveloppez de lin et liez de fil ainsi comme une pelotte, et faites
-pelottes tant comme vous vouldrez garder de roses; et puis les mettez
-en une cruche de terre de Beauvais[1275] et non mie d'autre terre, et
-l'emplez de vertjus: et la mesure que le vertjus se dgastera[1276],
-si le remplez, mais que le vertjus soit trs bien par[1277]. Et quant
-vous les vouldrez trs bien espanir, si les ostez des estouppes et les
-mettez en eaue tide, et les laissiez un petit tremper.
-
-_Item_, pour garder roses en une autre manire, prenez des boutons
-tant comme vous vouldrez, et les boutez en une bouteille de terre de
-Beauvais, tant comme il en y pourra entrer. Aprs prenez du plus dli
-sablon que vous pourrez, et mettez dedens la boutaille tant comme vous
-y pourrez mettre, et puis l'estoupez trs bien que rien n'y puisse
-yssir ne entrer, et mettez la boutaille dedans une eaue courant; et l
-se gardera la rose toute l'anne.
-
-POUR FAIRE EAUE ROSE SANS CHAPPELLE[1278], prenez un bacin
-barbier, et liez d'un cueuvrechief tout estendu sur la gueule guise
-de tabour, et puis mettez vos roses sur le cueuvrechief, et dessus vos
-roses assez le cul d'un autre bacin o il ait cendres chaudes et du
-charbon vif.
-
-POUR FAIRE EAUE ROSE SANS CHAPPELLE ET SANS FEU, prenez
-deux bacins de voirre, et en faictes comme dit est au blanc de ceste
-cdule[1279], et en lieu de cendres et charbon, mettez tout au soleil:
-et la chaleur d'icelluy l'eau se fera.
-
-Les roses de Prouvins sont les meilleures mettre en robes, mais il
-les convient scher, et la my-Aoust sasser par un crible afin que les
-vers chent parmi les pertuis du crible, et aprs ce espandre sur les
-robes.
-
-POUR FAIRE EAUE ROSE DE DAMAS, mettez sur les pasteaulx de
-roses, du ros batu[1280]. _Vel sic_: gettez l'eau distille du premier
-lit sur le second et sur le tiers et sur le quart; et elle, ainsi
-remise par quatre fois, devendra rouge[1281].
-
-POUR FAIRE EAUE ROSE VERMEILLE. Prenez une fiole de voirre et
-l'emplez moiti de bonne eaue rose et l'autre moiti emplez de roses
-vermeilles, c'est assavoir des pampes[1282] de jeunes roses dont le
-bout de la pampe qui est blanc sera coupp, et la laissiez neuf jours
-au soleil et les nuis aussi, et puis coulez.
-
-POUR FAIRE PONDRE, COUVER ET NOURRIR OISEAULX EN UNE CAGE.
-_Nota_ que en la cage de Hesdin[1283], qui est la plus grant de ce
-royaulme, ne en la cage du Roy Saint-Pol[1284], ne en la cage
-Messire Hugues Aubriot[1285], ne porent oncques estre couvs et aprs
-parnourris petis oiseaulx, et en la cage Charlot[1286] si font[1287],
-_scilicet_ pons, couvs, nourris et parnourris. Ou premier cas[1288],
-le deffault vient parceque les petis oiseaulx sont peus[1289] de
-chenevis qui est chault et sec, et n'ont que boire[1290]. Et ou second
-cas[1291], l'en leur donne mouron ou lasseron, chardons de champs
-trampans en eaue souvent renouvelle et tousjours fresche, rafreschie
-trois fois le jour, et en vaisseaulx de plont qui est frais, et l
-dedans avec le lasseron et le mouron tout vert, tout de chardons
-des champs dont le pi trempe en eaue bien avant[1292], du chenevis
-escachi et tri et ost les coquilles, moulli et tremp en eaue.
-_Item_, que l'en leur mette en la cage de la laine carde et des plumes
-pour faire leur ny. Et ainsi ay-je en cages veu nourrir turtres[1293],
-linottes, chardonnerels[1294], pondre et parnourrir. _Item_, et
-aussi doit-l'en donner des chenilles, verets, mouchettes, yraignes,
-sautereaux, papillons, channevis nouvel en herbe et moulli et tremp.
-_Item_, yraignes, chenilles et telles choses qui sont molles au bec de
-l'oiselet qui est tendre.
-
-(Et de telles choses les paons nourissent[1295] leurs poucins, car l'en
-a bien veu une geline couver les oeufs d'une paonne avec les oeufs
-d'une geline, et se escloent les oeufs en un mesmes temps, mais les
-petis paons ne povoient mie vivre longuement pour ce qu'ils ont le becq
-trop tendre, et la geline ne leur quroit mie choses moles[1296] selon
-leur nature, et les poucins vivoient bien de bl ou paste molle, ce
-qui n'est pas si propre nourreon aux paons.--Encores vez-vous que qui
-bailleroit une geline le plus bel froument et mieulx cribl du monde,
-si le gatteroit[1297]-elle pour trouver verets ou mouchettes.)
-
-_Item_, en la fin d'Avril convient aler au bois qurir des branchettes
-fourches de trois fourchons, et clouer contre le mur et couvrir
-d'autre verdure, et l dedans ce fourchon font leur ny.
-
-POUR GARIR DES DENS. Prenez un pot de terre couvercle ou un
-pot sans couvercle qui aura un tranchouer dessus, et l'emplez d'eaue
-et mettez boulir: puis vous despouillez, couchiez, et soit vostre
-chief trs bien couvert, puis aiez le pot couvercle, et soit bien
-arsilli[1298] entour et un trou ou millieu, ou il[1299] soit couvert
-d'un tranchouer perci ou millieu. Et sur le pertuis vous adentez[1300]
-gueulle be pour aspirer la fume de l'eaue qui passera par le pertuis,
-et soient mises de sauge ou autres herbes dedans, et se tenir bien
-couvert.
-
-POUR FAIRE SABLON A METTRE A ORLOGES[1301]. Prenez le limon
-qui se chiet du siage de marbre quant l'en sie ces grans tumbes de
-marbre noir, puis le boulez trs bien en vin comme une pice de char et
-l'escumez, et puis le mettez seicher au soleil, puis le mettez boulir,
-escumer, et puis schier par neuf fois: et ainsi sera bon.
-
-POISONS POUR TUER CERF OU SANGLIER[1302]. Prenez la racine de
-l'herbe d'lectoire qui fait fleur de couleur d'azur, et broyez en un
-mortier et mettez en un sac ou drappel et l'espraignez pour avoir le
-jus: et mettez icelluy jus en un bacin au soleil, et la nuit soit mis
-couvert sec que eaue ne autre liqueur moite ne l'attouche, et tant la
-mettez et remettez la chaleur du soleil qu'elle se tienne conglutine
-et prise comme cire gomme, et la mettez en une boiste bien close. Et
-quant en vouldrez traire[1303], si en mettez entre les barbillons[1304]
-et la douille du fer afin que quant la beste sera ferue, cela fiere
-et attouche la char, car qui autrement le feroit, c'est assavoir
-qui oindroit autrement le fer, quant il entreroit dedans le cuir de la
-beste, l'ointure demourroit dedans[1305], et le coup ne vauldroit.
-
-MDECINE POUR GARIR DE MORSURE DE CHIEN OU AUTRE BESTE
-ARRAGE. Prenez une crouste de pain et escripvez ce qui s'ensuit:
-[un croix] _Bestera_ [un croix] _bestie_[1306] [un croix] _nay_ [un
-croix] _brigonay_ [un croix] dictera [un croix] _sagragan_ [un croix]
-_es_ [un croix] _domina_ [un croix] _fiat_ [un croix] _fiat_ [un croix]
-_fiat_ [un croix].
-
-POUR FAIRE D'UN VER[1307] BON SANGLIER. Prenez un
-ver de deux ans ou environ, et ou mois de May ou de Juing le faites
-chastrer, et en la saison de porchoisons[1308] le faictes chasser,
-fouaillier[1309] et deffaire comme un sanglier. _Vel sic_: prenez d'un
-porc priv qui soit brul, et le cuisiez en moiti eaue moiti vin, et
-servez en un plat d'icelluy chaudeau, des[1310] navets et chastaingnes
-et la venoison. _Sic_ 3.....[1311]
-
-_Nota_ que chandelle mise en bran[1312] se garde souverainement. _Nota_
-qui veut faire chandelle, l'en doit avant faire scher au feu trs bien
-le limignon[1313].
-
-POUR OSTER EAUE DE VIN. Mettez eaue et vin en une tasse, et
-aiez du fil de coton et plungez l'un bout au fons de la tasse, et
-l'autre bout soit pendant sur le bort et audessoubs et dehors de la
-tasse, et vous verrez que par icellui bout l'eaue dgoutera comme
-blanche. Et quant l'eaue sera toute dgoute, vous verrez le vin
-vermeil dgouter. (_Il semble que pareillement d'une queue de vin se
-peut faire._)
-
-POUR FAIRE VIN CUIT, prenez de la cuve ou tonne la mre
-goute, c'est dire la fleur du vin[1314], soit blanc ou vermeil,
-tant comme vous en vouldrez, et le mettez en un vaissel de terre, et
-le faites boulir petit et attremp bouillon et feu de trs sche
-buche et cler feu, sans tant soit petit de fume, et ostez l'escume
-une palette de fust perce et non de fer. Et soit tant bouly, se la
-vendenge est verde pour celle anne, que le vin reviengne au tiers,
-et s'elle est meure, que le vin reviengne au quart[1315]. Et aprs
-le mettez reffroidier en un cuvier ou autre net vaissel de bois, et
-icellui refroidi, le mettez au poinon; et le tiers ou quart an
-vauldra mieulx que le premier an. Et gardez en lieu moyen, ne chault
-ne froit, et aiez retenu en un petit vaissel d'icelluy vin boulu, pour
-remplir tousjours le tonnellet, car vous savez que le vin se veult
-tousjours tenir plain.
-
-A SERVIR DE TRIPPES AU JAUNET. Ou vous les prendrez crues,
-ou cuites. Si crues, mettez-les cuire en un pot en eaue et sans sel,
-et d'autre part mettez cuire une pice de giste de beuf ou de la
-joe sans sel. Et quant les deux pots bouldront, paissiez le pot de
-trippes de l'eaue du beuf et faites plus cuire les trippes que le beuf;
-et quant les trippes seront presque cuites, si y mettez du lart, et
-faites boulir et cuire avec: et sur le point que l'en doit tirer hors
-les trippes du pot, mettez du saffran, et quant le saffran aura assez
-jauni, traiez les trippes, et mettez du sel en l'eaue se vous voulez.
-Si cuites[1316], si les mettez plus parcuire en l'eaue du giste et sans
-sel; et du remenant comme dessus.
-
-Qui veult cuire trippes, etc.[1317]
-
-HERION soit coup par la gorge, escorch et effondr,
-puis refait comme un poucin, puis pressi en une touaille et illec
-trs bien essui; et aprs ce rosti et meng la cameline, ou en
-past la sausse de hallebran. _Nota_ que se le herion ne se veult
-destortillier, l'en le doit mettre en l'eaue chaude, et lors il
-s'estendra.
-
-ESCURIEUX soient escorchis, effondrs, reffais comme connins,
-rostis, ou en past: mengis la cameline ou la sausse de hallebrans
-en past.
-
-TURTRES sont bonnes en rost et en past, et en Septembre sont
-en saison, voire ds Aoust. Toutesvoies en rost elles serrent[1318]
-merveilleusement; et qui en a foison et il les veult nourrir et garder,
-il leur convient tondre ou plumer le cul, car autrement leur fiente les
-estouperoit, et par ce mourroient.
-
-GAUFFRES sont faites par quatre manires. L'une que l'en bat
-des oeufs en une jatte, et puis du sel et du vin, et gette-l'en de la
-fleur, et destremper l'un avec l'autre, et puis mettre en deux fers
-petit petit, chascune fois autant de paste comme une lesche de
-frommage est grande, et estraindre entre deux fers, et cuire d'une part
-et d'autre; et se le fer ne se dlivre bien de la paste, l'en l'oint
-avant d'un petit drappelet mouill en huille ou en sain.--La deuxime
-manire est comme la premire, mais l'en y met du frommage, c'est
-assavoir que l'en estend la paste comme pour faire tartre ou past,
-puis met-l'en le frommage par lesches ou milieu et recueuvre-l'en les
-deux bors; ainsi demeure le frommage entre deux pastes et ainsi est mis
-entre deux fers.--La tierce manire, si est de gauffres _coulisses_,
-et sont dictes _coulisses_ pour ce seulement que la paste est plus
-clre et est comme boulie clre, faicte comme dessus; et gecte-l'en
-avec, du fin frommage esmi la gratuise[1319]; et tout mesler
-ensemble.--La quarte manire est de fleur pestrie l'eaue, sel et vin,
-sans oeufs ne frommage.
-
-_Item_, les gauffriers font un autre service que l'en dit _gros
-bastons_ qui sont fais de farine pestrie aux oeufs et pouldre de
-gingembre batus ensemble, et puis aussi gros et ainsi fais comme
-andouilles; mis entre deux fers.
-
-
-AUTRES MENUES CHOSES DIVERSES QUI NE DSIRENT POINT DE CHAPPITRE.
-
-POUR DESSALLER TOUS POTAGES SANS Y METTRE NE OSTER, Prenez une
-nappe bien blanche et mettez sur vostre pot, et le retournez souvent;
-et convient le pot estre loing du feu[1320].
-
-POUR OSTER L'ARSURE D'UN POTAGE, prenez un pot nouvel et
-mettez vostre potage dedans, puis prenez un pou de levain et le liez
-dedans un drappel blanc, et gettez dedans vostre pot, et ne luy
-laissiez gures demourer.
-
-POUR FAIRE LIQUEUR POUR SEIGNER[1321] LINGE. Prenez
-cambos, c'est le limon noir qui est aux deux bouts de l'essieul de
-la charette, et mettez de l'arrement[1322], et allaiez d'uille et de
-vinaigre et boulez tout ensemble, et puis chauffez vostre merque[1323]
-et moulliez dedans, et assez dessus vostre linge.
-
-SE TU VEULX FAIRE BONNE ESCHE[1324] pour alumer du feu au
-fusil, pren de l'escume[1325] de noyer qui sont surannes, et puis
-la[1326] met en un pot plain de lessive bien forte, toute entire, ou
-par pices du large de deux dois, lequel que tu vouldras, et la fais
-boulir tousjours par l'espace de deux jours et une nuit du moins. Et se
-tu n'as de la lessive, si prens de bonnes cendres et met avec de l'eaue
-et fais comme charre[1327], puis mets ton escume boulir dedans par
-l'espace dessusdit, et la fournis tousjours tant comme elle bouldra.
-Se tu la fais boulir en lessive, fournis-la de lessive; se tu la
-bouls en la charre, si la fournis d'eaue; et toutes voies en quoy que
-tu la boules, se tu povoies finer de pis..t pour la fournir, elle en
-vauldroit mieulx. Et quant elle sera ainsy boulie, si la pures[1328],
-et puis la lave en belle eaue nette pour la ressuier, puis la met au
-soleil seicher ou en la chemine, loing du feu, qu'elle ne s'arde, car
-il la convient scher attrempement et loisir; et quant elle sera
-seiche et on s'en vouldra aidier, si la fault batre d'un maillet ou
-d'un baston, tant quelle deviengne ainsi comme espurge[1329]. Et quant
-on veult alumer du feu, si en fault prendre ainsi comme le gros d'un
-pois et mettre sur son caillou, et on a tantost du feu; si ne fault
-que des mesches ensouffres, et alumer la chandeille. Et la doit-l'en
-garder nettement et schement.
-
-FOUQUES[1330] doivent estre trs bien rosties, et sont
-meilleurs cuites en potage que en rost, car en rost elles sont trop
-sches, et veulent estre arrouses de leur gresse, et avoir le feu
-devant.--_Item_, elle sont trs bonnes fresches aux choulx.--_Item_,
-mettez de l'eaue et des oignons en un petit pot et la fouque, puis
-laissiez boulir comme une pice de beuf, puis broyez des menues
-espices, et allaiez les deux pars vertjus et la troisime vinaigre,
-et vous aurez bon potage.--_Item_, fouques sales de deux jours sont
-bonnes au potage.
-
-_Nota_ que le seymier d'un cerf, c'est le quoier et[1331] la queue; et
-quant il est frais, il est cuit l'eaue et au vin, aux espices et
-saffran et soupes en est: et en yver au poivre[1332]; et ainsi est-il
-du sanglier frais.
-
-POUR FAIRE TROIS PINTES D'ENCRE, prenez des galles[1333] et de
-gomme[1334] de chascun deux onces, couperose trois onces; et soient les
-galles casses et mises tremper trois jours, puis mises boulir en trois
-quartes d'eaue de pluye ou de mare coye[1335]. Et quant ils auront
-assez boulu et tant que l'eau sera esboulie prs de la moiti, c'est
-assavoir qu'il n'y ait mais que trois pintes, lors le convient oster du
-feu, et mettre la couperose et gomme, et remuer tant qu'il soit froit,
-et lors mettre en lieu froit et moite. Et _nota_ que quant elle passe
-trois sepmaines, elle empire.
-
-POUR FAIRE ORENGAT, mettez en cinq quartiers les peleures
-d'une orenge et raclez un coustel la mousse qui est dedans, puis les
-mettez tremper en bonne eaue doulce par neuf jours, et changez l'eaue
-chascun jour: puis les boulez en eaue doulce une seule onde, et ce
-fait, les faictes estendre sur une nappe et les laissiez essuier trs
-bien, puis les mettez en un pot et du miel tant qu'ils soient tous
-couvers, et faites boulir petit feu et escumer, et quant vous croirez
-que le miel soit cuit, (pour essaier s'il est cuit, ayez de l'eaue en
-une escuelle, et faites dgouter en icelle eaue une goutte d'icelluy
-miel, et s'il s'espant, il n'est pas cuit: et se icelle goute de miel
-se tient en l'eau sans espandre, il est cuit;) et lors devez traire
-vos peleures d'orenge, et d'icelles faites par ordre un lit, et gettez
-pouldre de gingembre dessus, puis un autre, et getter etc., _usque in
-infinitum_; et laissier un mois ou plus, puis mengier.
-
-POUR FAIRE SAULSISSES. Quant vous aurez tu vostre pourcel,
-prenez de la char des costelettes, premirement de l'endroit que l'en
-appelle le filet[1336], et aprs de l'autre endroit des costelettes
-et de la plus belle gresse, autant de l'un comme de l'autre, en telle
-quantit que vouldrez faire de saulsisses; et faictes trs menuement
-mincer et dtranchier par un pasticier. Puis broyez du fenoul et
-un petit de sel menu, et aprs ce requeillez vostre fenoul broy,
-et meslez trs bien parmi le quart d'autant de pouldre fine; puis
-entremeslez trs bien vostre char, vos espices et vostre fenoul, et
-aprs emplez les boyaulx, c'est assavoir les menus. (Et sachiez que les
-boyaulx d'un vielz porc sont meilleurs ce, que d'un jeune, pour ce
-qu'ils sont plus gros.) Et aprs ce, les mettez quatre jours la fume
-ou plus, et quant vous les vouldrez mengier, si les mettez en eaue
-chaude et boulir une onde, et puis mettre sur le greil.
-
-POUR DESSALLER BEURRE, mettez-le en une escuelle sur le feu
-pour fondre, et le sel dvalera ou fons de l'escuelle, lequel sel ainsi
-dval est bon ou potage, et le remenant du beurre demeure doulx.
-Aultrement, mettez vostre beurre sal en eaue doulce fresche, et le
-pestrissiez et paumoiez dedens, et le sel demourra en l'eaue.
-
-(_Item_, _nota_ que les mouches ne queurent point sus un cheval qui
-est oint de beurre ou de vielz oint sal.)
-
-BOURBOTTE[1337] est de pareille fourme un chavessot, mais
-il est plus grant assez: et est cuite en eaue, puis peler comme une
-perche, puis faire boulir cameline ou galentine et getter sus; ou rosty
-et mis en past avec de la pouldre.
-
-POIRES leur commencement, _scilicet_ en Octobre et Novembre,
-et qu'elles sont de nouvel queillies, sont dures et fortes, et lors
-l'en les doit cuire en l'eaue: et quant ce sont poires d'angoisse,
-pour leur faire avoir belle couleur, l'en doit mettre du foing dedans
-le pot o elles cuisent, et aprs sont rosties; mais aprs ce, quant
-elles sont plus fannes et ramoities pour la moiteur du temps, l'en ne
-les met point cuire en eaue, mais en la brese seulement; _scilicet_ en
-Fvrier et en Mars.
-
-PIES, CORNILLAS[1338], CHOS[1339]. L'en
-les tue aux matelas[1340] qui sont[1341] grosse pilette[1342], et de
-foibles arbalestres peut-l'en traire iceulx cornillas[1343] qui sont
-sur les branches, mais ceulx qui sont s nys convient traire de plus
-fors bastons pour abatre nit et tout. Il les convient escorcher, puis
-pourboulir avec du lart, puis dcoupper par morceaulx, et frioler avec
-des oeufs comme charpie.
-
-TESTE DE MOUTON soit trs cuite, puis ostez les os, et hachez
-le demourant bien menu, et gettez pouldre fine dessus.
-
-Se vous voulez faire provision de vinaigre, vuidiez le tonnellet de
-vostre vielz vinaigre, puis lavez le tonnellet trs bien de trs bon
-vinaigre et non mie d'eaue chaude ne froide: aprs, mettez les laveures
-en un vaisseau de bois ou de terre et non mie d'arain ou de fer, et
-illec laissiez reposer et rasseoir vos rainsseures: puis vuidiez le
-cler et le coulez, et mettre de rechief ou tonnellet, et l'emplez
-d'aultre bon vinaigre, et mettez au soleil et au chault, le fons perci
-en six lieux et destoup de jour, et de nuit et par brouillas[1344]
-estoupez tout; et quant le soleil revient, destoupez comme devant.
-
-LE RIQUE-MENGER. Prenez deux pommes aussi grosses que deux
-oeufs ou pou plus, et les pelez, et ostez les pepins, puis les dcouppez
-par menus morceaulx, puis les mettez pourboulir en une paelle de fer,
-puis purez l'eaue, et mettez seicher le rique-menger: puis mettre
-beurre pour frioler, et en friolant filez deux oeufs dessus en remuant;
-et quant tout sera friol, gettez pouldre fine dessus, et soit
-frang[1345] de saffran, et mengiez au pain ou mois de Septembre.
-
-LIVRE ROSTY. J'ai vu rostir livre envelopp en la toile de
-la fressure d'un porc que l'en dit la crespine et couste trois blans,
-et par ce le livre n'est autrement lard. _Item_, je l'ay veu larder.
-
-LA CHAR D'UNE JOE DE BEUF, etc.[1346]
-
-En la HASTE-MENUE d'un pourcel n'a aucun appareil faire,
-fors la laver et embrocher et envelopper de sa taye et cuire longuement.
-
-POULES FARCIES COULOURES OU DORES. Elles sont _primo_
-souffles, et toute la char dedans oste, puis remplies d'autre char,
-puis couloures ou dores comme dessus[1347]: mais il y a trop faire,
-et n'est pas ouvrage pour le queux d'un bourgois, non mie[1348] d'un
-chevalier simple; et pour ce, je le laisse.
-
-_Item_, DES ESPAULES DE MOUTON, _quia nichil est nisi pena et
-labor_.
-
-_Item_, LES HRIONS sont fais de caillettes de mouton et est
-grant frais et grant labour et pou d'onneur et de prouffit, et pour ce
-_nichil hic_.
-
-AMIGDALA _recentia recipe, et ab eis cum gladio remove etiam
-subtiliter primum corticem, et postea perforetur quodlibet amigdalum
-uno foramine in medio. Et iis peractis dicta amigdala ponentur in aqua
-dulci, in qua stent per quinque vel sex dies, sed qualibet die fiat
-mutatio aque semel in die. Deinde lapsis quinque vel sex diebus, dicta
-amigdala extrahentur a dicta aqua et ponentur in aliqua aqua[1349]
-ubi stent per unum diem naturalem ad exsicandum et removendum vaporem
-dicte aque; postea habeatur sufficiens quantitas boni et optimi mellis
-respectu quantitatis dictarum amigdalarum, et illud mel buliatur
-et decoquatur bene et sufficienter, et decoquendo purgetur. Et cum
-decoctum fuerit et refrigeratum, ponatur in quolibet foramine dicti
-amigdali unum gariofilum: et repositis omnibus dictis amigdalis
-in aliquo bono vase terreo, ponatur desuper (item fiat de nucibus
-conficiendis, sed ille habent[1350] stare in aqua per novem dies,
-qualibet die mutanda;) dictum mel bene decoctum et dispositum pro
-mensura debita coperiente dicta amigdala, et elapsis duobus mensibus,
-postea comedantur_[1351].
-
-TETINES DE VACHE. Cuites avec la char et manges comme la
-char.--_Item_, sale la moustarde.--_Item_, aucunes fois trenche par
-lesches, et rosties sur le greil, toute fresche cuite.
-
-ESTOURNEAUX. Soient plums sec[1352], effondrs[1353],
-puis couppez les cols et les pis, puis reffais, mis en past et deux
-lesches de lart audessus: ou dcouppez les membres par morceaulx comme
-un oison, et mis la charpie, c'est dire que de la cuisse l'en face
-trois pices, et laisse-l'en en chascune pice les os: des esles aussi
-et du rsidu semblablement, et puis frire aux oeufs en la paelle comme
-charpie. Il semble qu'il les convient _primo_ cuire demi avant que
-frire.
-
-ALLOUETTES EN ROST. Plumez sec, puis couppez les cols et
-ne les effondrez pas. Soient reffaites, et n'aient point les jambes
-couppes, et les embrochiez au travers et entre deux tesmoings[1354]
-de lart. _Item_, en past, l'en coupe jambes et testes, et les
-effondre-l'en, et dedans le trou l'en boute fin frommage, et les
-mengue-l'en au sel.
-
-LIVRE pourbouly, puis lard, mis en past et de la pouldre,
-et mengi la cameline; et est viande d'est.
-
-CONNIN en est.
-
-PORC EN PAST. Mis en past et du vertjus de grain[1355]
-dessus.
-
-OS, POULES, CHAPPONS despeciez par pices,
-et mis en past, except les chappons de haulte gresse qui ne se
-despiecent point; et de chascune o l'en fait trois pasts.
-
-OISEAULX DE RIVIRE. En past, et de la saulce cameline ou
-meilleur mise dedans le past quant il est cuit; la teste, les jambes
-et pis sont hors.
-
-PIGONS en past, cols et testes et les pis coupps, et deux
-lesches de lart dessus: ou en rost, et soient lards.
-
-MONDER ORGE OU FROMMENT POUR FAIRE FROUMENTE. Il convient
-eaue trs chaude, et mettre le fromment ou orge dedans icelle eaue
-chaude, et laver et paulmoer[1356] trs bien et longuement: puis
-getter et purer toute l'eau, et laissier essuier le fourment ou orge
-et puis le piler un pestail[1357] de bois, puis vanner un bacin
-laver.
-
-BUVRAGES DE AVELINES. Eschaudez-les et pelez et mettez en eaue
-froide, puis soient trs bien broyes et deffaites d'eaue boulue, puis
-coules l'estamine.
-
-SARDINES, effondres, cuites en eaue, et menges la
-moustarde.
-
-HARENC NOUVELLET commence en Avril et dure jusques la Saint
-Remy que les harens frais commencent; et est cuit en eaue, et aprs
-l'en y fait les bonnes souppes grosses que l'en mengue au vertjus
-vieil, mais avant, et si tost qu'il est cuit et trait de la paelle,
-l'en le doit mettre en belle eaue fresche, et le convient nettoier et
-oster les escailles, teste et queue.
-
-
-HIC FINIT[1358].
-
-
-
-
-APPENDICE A L'ARTICLE V
-
-DE LA DEUXIME DISTINCTION.
-
-
-_Pour faire ung lot de bon ypocras_ prens une onches de cinamonde
-nomme longue canelle en pippe, avec unes cloche de gingembre et autant
-de garingal, bien estamp[1359] ensemble, et puis prens ung livre de
-bon uquere[1360]: et tout cela broys ensamble et destremps avec ung
-lot du milleur vin de Beaune que pours finer et le laissir tremper
-ungne heure ou deux. Et puis le coulls parmy ung chause[1361] par
-pluiseurs fois tant qui soit bien cler.
-
-_Pour avoir des caordes et pompons_[1362] fault planter en bonne terre
-et crasse deux ou trois pans[1363] de parfont, et quattre grains au
-cop[1364] ensamble par longhes rengues[1365], et trois pis largement
-de plache[1366] de tous costs. Et quant y seront crut de la haulteur
-de deux paumes, les fault racourchir desus deux dois de lonc, et les
-arouser deux fois la sepmaine tant qui soient grant; et les fault
-planter environ le quatre Mars ou l'entre d'Averil. Mais pour
-che[1367] que nostre pays est froit, fault aviser plache hors des frois
-vens et en bon solleil; et dient les gardineus de Portigal[1368] que
-fiens de cheval bien court et bien pourit, et oussy les fientes des
-bestes que on tuue, il est trs bon: et affin qui ne faillent, tout
-est neceschitez que on en plante depuis le my Mars jusques la fin
-d'Averil, par toutes les quinsainnes, affin que on garde les plus biaus
-et que on deffeuche[1369] cheux qui porroient enpeschier les aultres
-croistre, car comme desus est dyt, y fault quatre grains trois pis
-de large tout entour.
-
-_Item, pour lappreux rosti_ etc.[1370]
-
-_Item, pour faire de sukere[1371] rosart_ en plate, il fault pour
-une livere de sukere ung pinte et demie[1372] de bonne eaue rose,
-et faire boilier ensamble, et tant qu'il fache le fillet entre deux
-dos[1373]; mais ensois que on maeste[1374] boilier, il fault mettre
-le glerre d'un ouf[1375] chascun livere de sukere, et le fault bien
-batre tout en escume: et puis laissir rassir en yauve[1376] et estamper
-ledit sukere tout en pouvre, et tout meller ensamble, et puis boillier
-comme dessus; et puis avoir del fluer[1377] de amidon, et mettre en
-ung dli drappelet ousy[1378] gros que ung estuet[1379] ou deux,
-et prendre ung plat bachin, et tapper sur le cuel dudit bachin le
-fluer tout le drappelet, tant que le fluer se espaert[1380] dessus
-bien temmen[1381], et puis jetts vostre rossart[1382] dessus ledit
-bachin quant il fait le fillet, et puis laissir couler l'espesseur
-du hule[1383] d'un coutel ou plus esps. Et puis quant il est ung
-peu rfroidi, roys[1384] tout ung coutel et ung rieughelet[1385]
-des pettites losenghe dessus de deux dos[1386] de grant ou environ.
-Et quant ledit sukere rossart sera rfroidi sur le bachin, rostelle
-jus[1387] et le rompez par losenghe, et le metts en ung laye de
-dragi. Et est boen pour mengier pour conforter l'estomac.
-
-_Pour fere encquere[1388] sans boullier._ Pour deux pintes d'yauvve de
-plue[1389] ou de mares, il fault prendre deux onzes de noies de galle,
-deux onzes de copperot[1390] et deux onzes _S_[1391] de gomme arrabe
-cler comme or; et fault rompre le nois de galle bien menu, et mettre
-temprer trois jours dedens une pintte d'yauwe dessusdite, et batre sept
-ou huit fois le jour environ le demy sept psalmen[1392] les trois jours
-durant, et puis rompre le copperot bien menu et mettre avecque les nois
-de galle, et battre encore trois jours comme devant; se sont six jours
-acomply largement. Et fault prendre l'aultre pintte d'yauwe et mettre
-le gomme dedens quant on met les nois temprer; et les six jours pass,
-il fault mettre ledit yauwe de gomme quant il est fonduee avec l'yauwe
-des nois et de copperot, et les mouvoir tout trois ensamble ung jour ou
-deux comme dessus. Et dedens ung mois ou six septimaines r'oter l'encre
-hors de le mattere[1393] et le mettre en ung aultre pot de piere.
-
-_Item_, et sus le mattere dessus dicte puelt-on mettre pintte _S_
-d'yauwe de plue ou de mares, et mettre avecques le quart des nois,
-copperot, et gomme dessusdite, avecque le mattere de l'encre qui a est
-fecte devant, et le battre cinq ou six jours comme dessus; et est bon
-commung encre.
-
-_Item_, pour escripre sur papier, il ne fault point mettre de vin ne
-de vinergre, ms quant on veult escripre sur parchemin, pour ung lot
-d'yauwe, on peult prendre une my-pintte de vin ou de vinergre.
-
- * * * * *
-
-CHI APRS S'ENSIEUT QUE HOTIN LE QUISENIER QUI FU A MONSEIGNEUR DE
-ROUBAIS A ENVOY PAR ESCRIPT POUR FAIRE AULCUNS BROUS QUI SERVENT A
-APPOINTIER VIANDES SUR CAR ET SUR POISSON.
-
-_Item, pour lapreaulx roti_, pour la sauche mettre sus, prens ung
-pau de pain roti, et le metts tremper en boullon et du vin et vergus,
-et le mains la moiti de vinesgre, et metts tremprer le pain dedens;
-et prens canelle le plus, et gingembre et ung peu de povre[1394], de
-claus[1395], ou de nois musscade, et couls tout ensamble, et au boulir
-du sucre dedens; et au servir de la dragi pardesus.
-
-Et pour jouvenes oisons paraillement.
-
-_Item, pigons au sucre._ Rotisis vous pigons: rotisis du pain,
-canelle, gingembre et menus espces[1396] le mains, vin et vinesgre au
-couler et du lart fondu dedens et faittes boullir; et quant il bout,
-mettez les pigons dedens et du sucre au pot.
-
-_Pouchins_, _perdris_ l'eauwe benitte d'yauwe roze ou d'orengue ou
-l'ongnon.
-
-_Item, perdris ou perdrisieux._ Faicte-les rostir, et les metts en
-pot ou en telle[1397] de l'iauwe roze et du vinesgre, et metts
-boullir tout ensamble, et du sel; et le couvres bien, tant que vous
-vors servir.
-
-Et pour _l'orengue de pouchins, ou de perdris ou de pigons_, prens les
-orenges et les cops en vergus blanc et vin blanc, et metts boullir:
-et du gingembre au boullir, et metts vous chozes[1398] dedens boullir.
-
-_Pour pouchins roti l'eauwe benitte d'ongnons_, prens ongnons par
-roelles, et frisiez en sain de lart et vergus, et pau de vinesgre et
-gingembre, et bouls en pot ou en telle et metts vous pouchins dedens
-jusque au servir.
-
-
-POUR POTAGES.
-
-_Item, brous d'Allemaigne._ Prens amandes et les brois, et peu de
-blanc pain avecques, et au couller vergus et vin blanc et boullon dous,
-et gingembre et du safren, et tout boulli ensamble, et du sucre dedens;
-et metts vous brous sur chappons rotis ou boullis, oisons ou jouvenes
-connins, et metts au boullir ung peu d'ongnons fris en sain de lart
-dedens bien menus.
-
-_Item, brous de fleur de peschier._[1399] Prens amandes brois et
-blanc pain avecques, et tremper en boulon dous: vergus, gingembre au
-couler. Et quant il bout, prens du tornissot[1400] trempr en vin
-bien chault, et ly baillis couleur de fleur de pieuquier[1401]; pour
-chappons rotis, ou oisons, ou jouvenes connins rotis, ou sur chappons
-boullis.
-
-_Item, pour faire Aragondis_, prens cresme douche et le faittes
-boullir en ung pot de terre, et prens moieux d'oeus et fleur et le
-couls, et de le cresme avecques pour mieux passer, et metts du burre
-doulx largement dedens le pot, et fils les eux[1402] dedens le pot,
-et du sucre dedens le pot, et le metts arire du fu[1403] que il
-n'aerde[1404].
-
-_Pour brouet d'Engeltaire._ Prens poisons de mer ou d'eauwe douche,
-ch'est savoir[1405] oeus cuit en l'eaue durs et frisis au burre, ou
-eurs[1406] pausis[1407] au burre qui n'a du poison. _Item_, pour le
-brouet mettre sus, prens pain blanc trempr en pure, et moieux
-d'oeux et du gingembre et canelle le plus et vergus, et couls tout
-ensamble, et au boullir largement du persin, izope, et peu de safren,
-et largement burre dedens le brouet.
-
-_Pour brochs au romarin_, metts-les bien rtir sur le gri, qui soient
-tout cuit. _Item_, pour le brouet mettre sus: vin vermel, vergus,
-ung bien peu de vinesgre et du gingembre et du romarin, et metts tout
-boullir ensamble en telle de terre: et quant les brochs sont cuit,
-metts-les dedens.
-
-_Item, siv d'otres ou de moule ou d'oeus fris._ Prens pain roti sur
-le gri, et metts tremprer en poure, et prens le pain, vinesgre et
-le mains de vergus et du vin, canelle le plus et gingembre, et peu de
-menus especes, et couls tout ensamble: et au boulir ongnons fris et du
-safren et le faites bien boulir; et quant il est cuit, mette-le en ung
-pot de terre, et frisis les otres ou les moules, et metts-les boulir
-avecque le brouet. Et pour les oeus fris, metts en plas et le brouet
-pardessus.
-
-_Pour petis pats de poison_, prens tourbot ung peu boulir et
-hasis[1408] bien menus gingembre et safren, et du burre dous dedens,
-et bien hasiet ensamble; et faites vous pats en fachon de la court et
-ne les laisis point chquier[1409] au four.
-
-
-FIN DE L'APPENDICE A L'ARTICLE V.
-
-[Illustration: CHASSE A L'PERVIER EN 1379 (_Mss. du Roi Suppt.
-Fr 632^{12}_)]
-
-[Illustration]
-
-
-
-
-LE MNAGIER
-
-DE PARIS.
-
-
-
-
-LE DEUXIME ARTICLE[1410]
-
-DE LA TROISIME DISTINCTION,
-
-LEQUEL EST DE SAVOIR NOURRIR ET FAIRE VOLER L'ESPREVIER.
-
-
-En acomplissant ce que je vous ay promis cy dessus, chire seur, je
-met cy-aprs ce que je say d'espreveterie, afin que en la saison
-vous y esbatiez se vostre plaisir y est. Et sur ce, au commencement,
-vous devez savoir que l'en tient communment que un bon espreveteur,
-en la saison, recroist[1411] d'espreveterie neuf chiens et trois
-chevaulx se il veult bien continuer et faire son devoir au mestier. Et
-aussi tient-l'en que le droit cuer de la saison d'espreveterie bonne
-ne dure que environ six sepmaines que il convient voler aux cailles,
-c'est assavoir depuis le mois de Juillet que l'en treuve les voles
-des premiers perdriaux, jusques en Aoust qu'ils deviennent fors,
-qu'il convient voler aux cailles. Et lors se affoiblie le dduit, car
-depuis que les perdriaulx sont faillis et que l'en ne treuve que les
-pres et les mres qui sont fors, l'en ne les peut prendre fors au
-_voulon_[1412] c'est assavoir au sourdre[1413], et de ce sera parl
-cy-aprs, quant l'en parlera du voler, mais ce commencement il sera
-premirement parl des chiens, et aprs du cheval: et en oultre de la
-nourreture et duisson[1414] de l'esprevier prins ou ny, et en oultre
-sera parl du _branchier_, et en oultre du _muier_.
-
-Premirement, qui veult avoir bon dduit de l'esprevier, il est
-neccessit que assez tost aprs Pasques l'espreveteur se garnisse
-d'espaignols[1415] et qu'il les maine souvent aux champs qurir les
-cailles et les perdris, et ds lors les duise et chastie, et tant face
-que au moins en Juing il en soit pourveu de trois bons, duis pour le
-mestier, qui congnoissent les oiseaulx: et que ds lors il les mette
-au lien et les garde bien, car en celle saison ceulx qui en sont
-despourveus les emblent voulentiers. Et les doit-l'en attacher et faire
-leurs gistes et leur lit dessoubs ou en coste[1416] la perche o son
-esprevier sera perchi quant il[1417] l'aura, afin que lors l'esprevier
-les voie continuelment et les congnoisse, et aussi qu'ils congnoissent
-l'esprevier.
-
-Et est assavoir que tous espaignols qui sont bons pour la chace du
-livre ne sont pas bons pour le dduit de l'esprevier, car ceulx qui
-sont bons pour le livre queurent aprs et le chassent, et quant ils
-l'ataignent, le mordent, arrestent et tuent, se ce sont duis: et
-autel pourroient-ils faire l'esprevier. Et pour ce, ceulx qui scevent
-bien trouver les perdris et la caille et ne queurent point aprs
-l'esprevier, ou s'ils y vont, si sont-ils si duis que tantost qu'ils
-voient que l'esprevier a lie[1418] et abatue la perdris ou autre oisel
-et la tient soubs lui, s'arrestent et ne s'approuchent point, iceulx
-espaignols sont bons, et les autres non. _Item_, ceulx qui sont jeunes
-et fors et roides et qui sont trop hastifs, trop loingtains[1419], ne
-sont pas bons pour ce qu'ils queurent trop devant et trop loing de
-l'esprevier, et quant ils treuvent la perdris ou autre oisel et ils
-la font lever, l'esprevier qui est loing ne puet venir temps et se
-lasse de voler aprs, et en la fin n'y peut attaindre et demeure lass
-et blasm, et si n'est point sa faulte, car il a bien vol, mais est
-la faulte de l'espreveteur qui n'a par avant mis ses chiens en si
-grant subjection qu'ils s'arrestassent son escry[1420]. Et qui pis
-est, se l'esprevier est ainsi deux fois foul[1421], il craindra y
-plus voler et ne s'embatera[1422] plus, car l'esprevier se resjost
-et enhardist quant il est tousjours audessus et met mercy tout ce
-qui il vole, et au contraire se effroidist et attardist quant il est
-foul ou grv par les oiseaulx. Et par ce me semble qu'il convient que
-l'espreveteur soit sage d'avoir duit ses chiens pour qurir prs de
-lui, et de donner le vol point: et pour ce je croy que les espaignols
-aagis qui queurent ainsi comme deux ou trois toises devant l'esprevier
-sont bons. Et puisqu'ainsi est que l'en ne scet au commencement quels
-ils seront, celuy qui a entention de les mettre en besoingne en la
-saison d'espreveterie, les doit devant le temps affaitier et tenir
-lis et en subjection de verges ou de fouet, afin qu'ils le craignent
-et que quant il les menra aux champs et il les escriera ou appellera:
-_Arrire! arrire!_ qu'ils s'arrestent et l'attendent, et retournent
- leur maistre s'ils voient qu'il tourne autre chemin. Et s'ils sont
-ainsi duis, ils ne feront nul mal l'oisel quant l'en les escriera, et
-seront bons.
-
-_Item_, il est assavoir de la nature des jeunes chiens que tant plus
-les menrez aux champs souvent, de jour en jour et de heure en heure,
-et plus leur donrez de paine et de travail querre s champs depuis
-l'aube du jour jusques la nuit, et l'endemain et chascun jour
-commencier, et plus les chastierez, puis qu'ils seront bien nourris et
-ensemble, plus vous craindront et aimeront et suivront voulentiers et
-seront bons. Mais soiez diligent que si tost que vous serez l'ostel,
-que vous mesmes, ou vos gens devant vous, donnez trs bien mengier
-vos chiens, puis boire, en une paelle[1423], d'eaue bonne et nette:
-et puis soient couchis sur belle lictire de feurre en quelque lieu
-chault, ou au feu s'ils sont moullis ou crotts, et soient tousjours
-tenus la subjection du fouet. Et se ainsi le faites, ils ne donront
-nul ennuy la table ne au dressouer, ne ne coucheront sur les lis: et
-s'ainsi ne le faites, vous povez savoir que quant ils ont traveilli et
-ont fain, pour ce qu'il est ncessit qu'ils vivent, ils quierent soubs
-la table et happent sur le dressouer ou en la cuisine une pice de
-char ou viande, et s'entremordent et font des ennuis pour pourchassier
-leur vie, et en ce faisant se traveillent et ne reposent point et si
-demeurent truans et diffams, et c'est vostre faulte et non la leur. Et
-pour ce, se vous voulez estre tenu bon espreveteur, pensez premirement
- vostre esprevier et de vos chiens, et puis de vous.
-
-(_Item_, aucuns dient que chiens qui abaient[1424] l'en leur doit
-donner mengier du poulmon de mouton ou de brebis, et ils n'abaieront
-plus. Ce qu'il en est, je ne say.)
-
-_Item_, il convient estre pourveu et avoir un cheval basset et aisi
-pour monter et descendre souvent, qui soit paisible au chevauchier,
-sans fretillier ne tournoier, ne tirer la bride, ne regiber, ne faire
-autres empeschemens qui doient empescher l'esprevier quant il sera
-rclam[1425]: et qu'il se tiengne tout coy et tout arrest, attende
-son maistre quant il sera descendu, et aussy se tiengne bien coy et
-bien paisible au remonter.
-
-Et pour ce que je vous ay devant dit qu'il est neccessit d'avoir
-des premiers espreviers, sachiez que les espreviers commencent
-couver, c'est assavoir les premiers, la Saint-George qui est le
-vint-troisime jour d'Avril, et couvent six sepmaines. Et pour ce, ds
-le temps dessus dit jusques au commencement de Juing, l'en doit espier
-les aires des espreviers, lesquels l'en peut trouver et aparcevoir
-tant par leurs aires comme par leurs charniers, car communment leur
-charnier est fait sur un arbre qui a regart leur aire et est aussi
-comme au trait d'un arc de leur dit aire; et sur icelluy hault arbre
-les espreviers descharnent[1426] les coulons ramiers et autres oiseaulx
-qu'ils ont prins, et laissent cheoir les os terre, et dtrenchent
-leur becq et despicent la char qu'ils portent en leur aire leurs
-faons qui lors ont le becq trop tendre: et par les ossellez peut-l'en
-apparcevoir le charnier, et par le charnier peut-l'en trouver l'aire.
-
-Et est noter que en la fin du mois de May ou au commencement du mois
-de Juing les premiers espreviers d'icelle saison escloent. Si convient
-lors entendre de soy pourveoir d'iceulx premiers espreviers, car les
-premiers espreviers sont plus tost avancis et prs de voler. Et pour
-ce que chascun dsire avoir des premiers espreviers, et pour les avoir
-tous bons espreveteurs sont tousjours traitres et larrons l'un
-l'autre, tellement que l'un frre les voulroit embler l'autre, pour
-laquelle chose, qui veult avoir des premiers espreviers, il doit faire
-tant enquerre et encerchier qu'il sache aucun aire des premiers[1427],
-et les prendre ou ny avant que[1428] nul autre.
-
-(Et est assavoir que les meilleurs et plus fors espreviers sont ceulx
-qui se paissent de coulons ramiers ou autres gros oiseaulx, et ceulx
-font leurs aires sur bas arbres pour ce qu'ils ne pevent porter hault
-si gros oiseaulx.)
-
-Or convient-il donc savoir comment ils seront nourris se ils sont
-pris si jeunes que ils n'aient que deux jours. Et sachiez sur ce
-au commencement il[1429] est bon qu'ils soient nourris plusieurs
-espreviers ensemble, ou esprevier et mouchez[1430], on esprevier et
-poucins, afin qu'ils s'entrejoingnent et gardent la chaleur naturelle
-l'un l'autre; et ceste chaleur naturelle est leur souveraine
-nourreture, car se ils seuffrent tant soit petit de pluie ne de
-froidure, ils sont en adventure de mourir, et pour ce est-il bon d'en
-mettre pluseurs ensemble pour ce qu'ils se joindront et garderont la
-chaleur naturelle l'un de l'autre. Et si est bon qu'ils soient en un
-petit clotet[1431], par manire de ny, fait de foin dli bien batu, de
-plume, de coton, d'estoupes ou de telles molles choses, et mis en une
-cage poucins, en une cuve ou en un cuvier ou en un autre vaissel de
-bois qui soit long et large tellement qu'ils puissent esmeutir[1432]
-loing d'eulx; et se leur ny n'est bien molet, l'en peut mettre soubs
-eulx un drap linge[1433] bien dli pour garder leurs ongles. Et
-espcialment soient gards et maintenus en bonne chaleur naturelle,
-comme aucunes fois du feu de charbon entour eulx, et soient sur deux
-tresteaulx hault en leur cage, ou aucune fois au soleil: aucune fois,
-s'il fait froit de nuit, soient couvers d'une robe, et d'une rais[1434]
-pour les chas, et qu'ils aient air largement. Et soit souvent regard
-qu'ils n'aient ne trop froit ne trop chault; et mesmement[1435] de
-nuit les convient-il ainsi garder, et de jour les convient-il paistre
-tant de fois le jour comme ils auront enduit[1436], et commencier ds
-le bien matin souleil levant ou avant, car les espreviers qui sont
-bien peus en leur jeunesse ne crient point quant ils sont sur le poing,
-et les autres si font; et les convient paistre de bonne char chaulde,
-nouvel tue, d'oiselets escorchis dont la chair, sans aucune gresse,
-soit bien menue hasche, jusques ce qu'ils aient le becq fort pour
-tirer cuers de volaille, des cuers de mouton dont vous recouvrerez
-aux bouchiers, et qui mieulx ne peut, de pigons: jsoit-ce que ce
-soit trop grosse char et trop orgueilleuse, qui[1437] peut recouvrer
-d'autre char; _item_, le filet[1438] de porc qui est dedens la cuisse
-est meilleur que cuer de mouton: mais l'esprevier qui vole, l'en ne
-doit pas donner deux gorges[1439] l'une aprs l'autre, pour ce qu'il
-est trop dli, trop laxatif et trop courant et coulant. Et de quoy que
-vous paissiez vostre esprevier, gardez que vous ne luy donniez deux
-gorges l'une sur l'autre, c'est dire que vous ne le paissiez mie la
-seconde fois jusques ce qu'il ait enduit la premire; et puis soit
-peu afin qu'il n'ait nulle fain, car autrement[1440], s'il n'est trs
-bien nourry en sa jeunesse, il ne volera j bien, ne ne sera fort en
-la saison d'espreveterie. Et aussi se vostre esprevier avoit aucune
-fain, les bons espreveteurs l'appercevroient l'areste des plumes o
-il auroit raies de travers, et tant de roies qu'il y auroit et tant
-de fains jugeroit-l'en que l'esprevier auroit eues[1441]; si vous en
-mocqueroit-l'en de non avoir bien gouvern vostre esprevier.
-
-Et _nota_ que trois choses congnoist-l'en en jeunesse l'esprevier
-du mouschet: _item_, que le mouschet a la teste et le becq sur[1442]
-le rond, et l'esprevier sur le long: _item_, le mouchet a la
-jambette greslette et plus courte que l'esprevier: _item_, au cry le
-congnoissent aucuns.
-
-_Item_, en leur trs grant jeunesse, l'en les doit tenir trs
-nettement et paistre souvent[1443], et trs seichement de blancs
-drappellez souvent remus dessoubs leurs pis, et du foing, et changier
-souvent, et laver et scher leurs drappellets. Et soient en un pennier,
-et soit ledit pennier couvert de beaulx drappeaulx; et soient tenus
-chaudement par feu ou par soleil, et de nuit soit mis l'esprevier[1444]
-entre deux draps au lit, couchi avec une personne pour garder chaleur
-naturelle, et l'endemain au feu ou au soleil. Et ainsi, jusques ce
-qu'il soit temps de les mettre en la ferme[1445].
-
-_Item_, se vous povez, faites que les costs du vaissel ou ferme o
-vostre esprevier sera, ne soit mie clos d'ais, mais de trailles[1446]
-ou de fil, afin que l'esmeut de l'esprevier saille dehors, car quant
-l'esmeut demeure dedans le vaissel, il put.
-
-_Item_, tant comme l'esprevier plus s'efforcera[1447], il se
-souldra[1448] sur les jointes[1449]; et lors, quant il s'estera[1450],
-le peut-l'en mettre en la ferme qui sera faite de cinq pis de long
-et de trois pis de l[1451] et de trois pis de hault. Et a[1452]
-besoing d'une cuve ou d'un cuvier souvent nectoi ou changi, couvert
-d'une rais, ouquel cuvier ou cuve il ait du foing au fons et un viel
-drappel linge dessus pour luy garder ses ongles sains comme dessus,
-et illec s'enforcera et sera plus fort sur ses pis. Et ainsi comme
-plus croistra, l'en ne le paistra pas si souvent, que quatre fois le
-jour; et aprs, quant il sera plus fort et qu'il volletera, l'en lui
-doit mettre en la ferme ou cuvier un petit bloc[1453] de trois dois de
-hault, couvert pour ses ongles comme dit est. Et quant il commencera
- soy perchier sur icelluy bloc, l'en luy fera autre travers dedans
-la ferme deux perchettes de demi pi de hault[1454], sur lesquelles
-perchettes il, de sa propre nature, volera de l'une l'autre et
-passera par-dessoubs, et sa nature luy enseignera duire ses eles et
-son vol; et lors ne sera peu[1455] que trois fois le jour. Et est bon
-que lors et par avant sa ferme soit mise terre une fois le jour, en
-une place o les chiens repairent entour luy, et qu'ils le voient et
-congnoissent, et luy eulx, et soit peu devant eulx, afin que quant il
-volera et aura prins et tendra sa proie aux champs et ils surviennent,
-qu'il ne s'esbasse mie pour eulx, ne que eulx ne le descongnoissent.
-Et ds lors en avant convendra soy prendre garde quant il aura deux
-mercqs[1456] frans, car lors le conviendra-il mettre s gets[1457] et
-paistre sur le poing, et puis le perchier et tenir paisiblement sur
-son poing tant qu'il ait enduit et aval sa gorge. Et le doit-l'en
-ce commencement tenir si court que au reget de son dbat[1458] il ne
-mefface son balay[1459].
-
-Et depuis que vostre esprevier sera premier mis sur le poing, gardez
-que par vous ne par autre il n'ait aucun desplaisir; et sachiez, chire
-seur, que toutes choses qui vers luy survendroient[1460] soudainement,
-hastivement ou tempestivement[1461], soit personne, beste, pierre,
-estueil[1462], baston, ou autre chose, lui font desplaisir et le
-tourmentent fort. _Item_, chire seur, sachiez que se vostre esprevier
-vous lie et estraint fort, sachiez que c'est signe qu'il a fain, et
-sinon[1463], car quant il a fain il estraint, et quant il[1464] gorge,
-non. Et toutesvoies s'il vous lie ou estraint, ne vous courrouciez de
-riens ne lui aussi, mais le descharnez tout bellement, sans vous ne lui
-courroucier, quelque douleur qu'il vous face sentir, car se vous le
-courroucez une seule fois, j puis ne vous aimera.
-
-_Item_, il vous convient continuer le tenir souvent sur le poing
-et entre gent tant et si longuement que vous pourrez. Et se tandis
-que vous disnerez, dormirez ou pour autre chose, laisserez vostre
-esprevier, si soit perchi grant air, hors de la moiteur de la pluie
-et de l'ardeur du soleil, et qu'il ne voie nuls poucins, pigons ne
-aultre volaille, ne ne soit en pril de chas, et que rien soudain ne
-puisse venir sur luy.
-
-Et sachiez, chire seur, que s'il est perchi tantost aprs ce qu'il
-sera peu, il se tendra bien paisible jusques ce qu'il ait enduit,
-mais aprs ce, se il bat la perche, c'est signe qu'il a fain ou
-qu'il veult estre sur le poing: et pour ce est bon qu'il ait tousjours
-gens devant luy, afin que s'il se batoit et se pendist[1465], qu'il
-fust tantost secourus et relevs. Sachiez aussi que quant il a est
-longuement sur le poing et qu'il a tous ses sept mercqs (jsoit-ce que
-j'aye bien veu tel qui en avoit huit), et aussi quant le troisime noir
-mercq[1466] du balay passe le bout ds eles, il est adonc tenu pour
-fourm, et doit-l'en penser de le baignier, qui le fait avancier pour
-oindre[1467], desrouillier et mettre point ses plumes, et mieulx
-voler: et de la manire du baignier sera dit cy-aprs.
-
-_Item_, et au bout des longes doit avoir un petit btonnet, afin que
-se l'esprevier s'entreprenoit, que au bout du btonnet, sans mettre la
-main, l'en luy mette ses plumes point: ou l'en doit remuer et tourner
-son poing, afin qu'il se dbate autre fois, car au rebat[1468] les
-plumes reviennent leur point. Et tousjours, tantost qu'il est peu,
-l'en le doit tenir si souef et en place si propre et si paisible qu'il
-n'ait cause de soy dbatre sur sa gorge, car s'il se dbatoit sur sa
-gorge qu'il auroit lors prinse, il seroit en adventure de la getter; et
-qui n'a loisir de le tenir en place paisible, l'en le doit perchier. Et
-sachiez en cest endroit que les bons espreveteurs dient un tel proverbe:
-
- Au lier et au deslier,
- Te tien saisy de l'esprevier.
-
-Si povez maintenant adviser sur le poing et sur la perche se vostre
-esprevier peut rien valoir. Premirement, les aucuns espreviers se
-perchent tout droit et sont moult esveillis et regardent firement et
-espoventeusement[1469] quant ils veillent, et quant ils dorment, si
-se tiennent-ils bien droit sur un pi et ont l'autre en leur plume,
-et ainsi dorment, et c'est signe de bon esprevier et sain. Les autres
-espreviers se couchent sur le ventre au travers de la perche, ainsi
-comme un chappon, et ainsi se reposent en dormant et en veillant: et
-n'est ne trop bon ne trop mauvais signe, car il leur vient de nature.
-Et les autres sont tousjours raemplis et endormis et ont un pi en leur
-plume, et c'est signe de ftardie[1470] ou de maladie.
-
-_Item_, quant est congnoistre l'esprevier par son plumage, il
-est assavoir que les uns[1471] espreviers sont de plumage blanc et
-dli.....[1472], travers de pris.....[1472], tendres ou roux
-assis en leur poictrine ainsi comme par ordre et droite ligne, et
-sont bien merls ou gouts[1473] ou brueil[1474], c'est assavoir entre
-les cuisses et le balay, et ont bonnes[1475] les plumes qui sont
-l'endroit des costs sur les cuisses. Et iceulx espreviers dit-l'en que
-ils sont bons pour dames, car ils sont tost rclams et rendent tost
-leur proie et viennent voulentiers au sifflet et aiment leur maistre,
-et sont paisibles et peu hardis. Les autres sont de plus gros, plus dur
-et plus aspre plumage, et ont plus grosses mailles, et sont les tuyaux
-de leurs plumes plus durs d'autant comme les plumes d'une vielle gline
-ou d'un viel coq sont plus aspres et plus dures que d'un jeune chappon,
-ou comme un laboureur des champs a plus dure coanne que le fils d'un
-roy: et sont cueurets de cueres[1476] entre-changablement[1477] assis
- et l, sans ligne et sans ordre, et ont une petite teste et uns
-gros yeulx estincelans comme un serpent, et sont moult esveillis; et
-ceulx sont aspres, roides et hardis, et sont plus fors rclamer, plus
-glouts et plus despis paistre, et plus flons en toutes choses; et
-mettent leur proie entre leurs eles, et la dfendent aux ongles et au
-becq. Et mesmes, quant on les paist, ils estrainguent et saillent au
-visage et mordent: et convient avoir un gant en la main destre, dont
-les dois du gant soient coupps, pour doubte des esgratineures: et
-portent voulentiers au couvert[1478]; mais se ils sont bien nourris et
-bien rclams, un bon espreveteur s'en aide mieulx que des devant dis,
-car ils sont plus hardis, plus sages, et plus fors assez.
-
-_Item_, les uns ont jambes et pis rouges, et dit-l'en que ceulx sont
-de aire de jeune mouchet: et les aultres qui ont jambes et pis jaunes,
-dit-l'en qu'ils sont de aire de vieilz mouchet. Les aucuns ont jambes
-rondes et les autres sur le plat, _scilicet_ sur le demi ront; de
-ceulx ne say-je quel signe c'est: mais en somme, l'esprevier qui est
-de grant corsage, qui a teste de serpent, c'est assavoir menue teste
-sche, qui est bien chapp[1479], gros yeulx saillans et esveillis,
-gros par les espaules, plumage dur et roide, maillett de grosses
-mailles aspres et dures: qui ait bons serceaulx, bons cousteaulx,
-bonnes longues plumes, bons venneaulx[1480], bonnes....[1481], sans
-balay a sain, grant ouverture endroit le bouel, courtes jambes
-grossettes, ses ongles entiers, c'est assavoir du pessouer[1482] et du
-charnier et de la grant et petite sangle, et que le remenant de son
-corps et de ses pis soit tenu entier: qui soit bien esveilli et se
-perche bel: tel esprevier est d'eslite.
-
-Toutesvoies quel qu'il soit, puis que vous le vouldrez nourrir pour
-vous, au commencement qui[1483] sera mis sur le poing, si luy bailliez
-beaulx gects, surlonges que l'en dit petites longes, touret[1484] et
-grans longes, et les acoustumez de petit petit et de plus loing en
-plus loing voler vous, sur vostre poing, qurir sa proie pour soy
-paistre.
-
-Or est temps, chire seur, que je vous parle de congnoistre l'smeut
-de l'esprevier. Si sachiez, chire seur, que quant l'esprevier si a
-esmeuti, par l'esmeut l'en peut jugier s'il est sain ou non: car s'il
-esmeut loing, et l'esmeut est fin, blanc, liant et bien moulu, il est
-bon. Et s'il est pers[1485], vert, ou roulx comme lessive, ou cler
-comme eaue, ou qu'il ait un neu noir en l'es-meut, ce voit-l'en que
-l'esprevier n'est pas sain, et lors le fault curer, et donner plume
-par la manire que dit sera cy-aprs quant l'en parlera du rclamer
-et affaitier pour voler, car jusques ce que l'en le rclame sans
-commande[1486], n'est-il j trop grant besoing de lui donner plume ne
-trop souvent curer, fors par une fois la sepmaine.
-
-Mais en cest endroit d'espreveterie, le convient plus que devant
-tenir sur le poing et le porter aux plais[1487] et entre les gens
-aux glises[1488] et s autres assambles, et emmy les rues, et le
-tenir jour et nuit le plus continuelment que l'en pourra, et aucune
-fois le perchier emmi les rues pour veoir gens, chevaulx, charettes,
-chiens, et toutes choses congnoistre; et soit en l'ombre, et qu'il
-n'y ait nuls pigons, poucins ne autre volaille qu'il voie comme dit
-est. Et aucunes fois l'ostel soit perchi sur les chiens, et que
-les chiens le voient, et il eulx. Ce fait, le convient rclamer en
-un secret lieu, petit petit et de plus loing en plus loing, tant
-qu'il reviengne du long de ses longes; puis le convient rclamer
-la commande ou recrance: et puis en pluseurs lieux et en espcial
-aux champs et s prs recrance: et puis sans recrance, pi
-pluseurs fois, prsens les chiens; et puis cheval le convient-il
-rclamer, et de dessus les arbres, tant qu'il congnoisse le cheval.
-Et adonc est neccessit que vous prenez bien garde, comme dit est
-dessus, son esmeut qu'il soit net: et comme dit est dessus, le noir
-donne enseignement qu'il est ort par dedans. Et s'ainsi est qu'il y
-ait trop de noir, si lui donnez au vespre char de poucin ou cuer de
-mouton tremps et bien lavs en eaue un petit chaudette et espraint;
-et se vous n'avez eaue tide, fors froide, si y trempez vostre char,
-puis l'espraingnez fort et eschauffez par force d'espraindre entre
-deux esseules[1489], puis en paissiez vostre esprevier comme dessus,
-car char lave l'amaigrist. Et ce donner ne doit-on point son oisel
-appeller ne rclamer, mais prendre sur la perche sans siffler ou
-rclamer, et paistre sans dire mot, car la char ne luy est mie bien
-savoureuse, et pour ce, qui ce donner le rclameroit, quant l'en le
-rclameroit aprs et depuis, il cuideroit que ce fust autele viande
-comme devant: si seroit plus lent et tardif y venir.
-
-_Item_, avec ce que dit est, quant il sera gorgi souffisamment, l'en
-luy doit donner, en lieu de plume, aussi gros de coton comme une fve
-envelopp en char, deux fois: ou faire tirer les plumes de l'aleron
-d'une perdris, et s'il en avale, c'est bonne plume[1490]; et aussi
-coton moulli en eaue: et dit-l'en que petite plume est la meilleur; et
-ne luy doit-l'en donner viande par-dessus sa plume, car ce que l'en
-donroit par dessus ne pourroit passer les mailles de l'estomac[1491]
-pour la plume qui seroit au devant. Et sachiez que quant l'esprevier
-vole et se paist de son vol, il ne luy convient point donner d'autre
-plume, car il en prent assez des oiseaulx dont il se paist; et la plume
-de l'aleron de l'ele est bonne plume. Et doit-l'en[1492] le soir que
-l'en luy a donn plume, nettoier la place dessoubs l'esprevier pour
-trouver l'endemain sa plume. Et l'endemain, quant vous serez leve,
-regardez son esmeut s'il est plus net que devant; et se l'esprevier a
-esmeuti loing, c'est signe qu'il est fort: s'il a esmeuti prs, c'est
-au contraire; se son esmeut est fin blanc, pteux et bien molu, c'est
-signe qu'il est sain: se l'esmeut est vert, ou qu'il y ait trop de
-noir, c'est signe qu'il n'est pas sain. Et aussi gardez s'il a gect
-sa plume orde ou necte. Et se vous avez apparceu par deux ou par trois
-fois que l'esprevier soit lent de gecter sa plume, si lui donnez avec
-le coton un ou deux grains de fourment, car ce l'avancera de la gecter;
-et quant icelle sera par luy gecte au matin, si le paissiez de bonne
-viande et chaude, et au soir luy redonnez plume comme devant: et ainsi
-de soir en soir jusques ce qu'il soit net.
-
-Et soiez adverti que depuis ce, comme dit est dessus, que vostre
-esprevier commencera voler, _item_ ainsi le convient deux fois la
-sepmaine nettoyer, et aussi baignier deux fois la sepmaine, certain
-jour, entre tierce et midi, en un jardin ou prel[1493], au soleil,
-et en si large bacin que ses eles ne se batent aux bors, et le tenir
-la commande ou recrance, afin que sans congi il ne s'en voit[1494]
-essorer[1495]; et au commencement doit-l'en rebondir et ressatir[1496]
-l'eaue sur la teste et le col, une vergette[1497], pour le moullier:
-et puis qu'il sera baigni, le convient-il essuyer au soleil de midi.
-Toutesvoies, aucuns lui donnent plume chascun soir, et baignent
-chascun jour quant il a enduit, et en soy baignant ou quant il est
-baigni le rclament: et pendant le temps que vous baignerez vostre
-esprevier, se le soleil se convertissoit en pluie, ou se en cheminant
-il plouvoit sur vostre oisel, il le convient essuyer trs bon feu sur
-un trestel[1498] ou au soleil. Mais gardez-vous bien que jamais vous ne
-le mettez sur perche moullie, car si tost qu'il a le pi moulli, il
-devient enrum et malade: si gardez tousjours qu'il ait le pi sec et
-chault. Et aprs ce qu'il sera ainsi schi, il voulera de trs bonne
-ele.
-
-En cest endroit d'espreveterie, devez-vous congnoistre savoir-mon[1499]
-s'il est trop maigre ou trop gras: car s'il est trop maigre, il est
-foible, et s'il est trop gras, il est lent et pesant; et sachiez
-que quant il se tient acrempeli[1500] ou bossu, et a les yeulx plus
-vers et jaunes entour, et dmonstre chire pesant, et ne se tient
-droit, esveill, sur le poing et la perche, il est malade: et c'est
-parcequ'il est maigre; et le convient paistre un jour ou deux d'un
-nomblet de porc pour revenir. Et s'il se tient droit et esveilli, et
-les yeulx luy saillent, il est sain; mais qu'il ne soit trop gras. Et
-se vous apparcevez qu'il le soit trop, pour mettre raison il le
-convient paistre de char lave ou de beuf.
-
-Et quant il est rclam pi la commande et qu'il congnoist les
-chiens et il n'est trop maigre ne trop gras, et cur et net, il le
-convient enoiseler et luy baillier vouler des petis poucins aux
-champs, premirement pi, et puis cheval. Et quant il les aura
-vols, lis et abatus, si descendez et alez luy tout bellement, et de
-loing vous agenoilliez, puis doulcement aussi comme quatre pis[1501]
-petit petit, et mettez vostre main vers les pis de vostre esprevier
-et prenez sa proie en souslevant les pis de l'esprevier, et faites
-paistre sur sa proie. Et se vous le voulez afaictier pour la pie,
-si le faites voler aux champs poucins ou pigons vrs[1502] blans
-et tavells[1503] de noir comme la pie est; et aucunes fois, quant
-l'en en peut finer, il convient avoir des jeunes pias[1504], et les y
-faire voler aux champs, et estre garny d'unes petites turquoises[1505]
-propres ce, afin que si tost que l'esprevier aura li le piat, l'en
-luy rompe les jambes et le becq afin que l'esprevier en soit tousjours
-audessus et ait l'avantaige du piat sans estre blci. Et se l'en ne
-peut finer de piat, mais seulement de forte pie, il convient que l'en
-luy couppe ou rompe le becq et les ongles et deux ou trois des maistres
-plumes de chascune ele; et l'esprevier ainsi duit volera aux pies en la
-saison, et toutesvoies sa nature l'enseigne plus que estrange doctrine.
-
-_Item_, l'en dit que la personne, les chiens et le cheval qu'il a
-acointi et acoustum veoir ne lui doivent point estre changis,
-c'est assavoir que se un esprevier avoit est gouvern par un
-homme[1506] blanc chevauchant un cheval noir, et l'en le bailloit s
-mains d'un moine noir chevauchant un cheval blanc, ou d'un escuier,
-chevalier ou bourgois, ou d'une femme, ou d'autre personne vestue
-d'autre habit, ou en autres mains que s mains de cellui qu'il
-auroit apris, l'esprevier qui auroit mescongnoissance d'icelluy
-nouvel maistre, ne seroit si rclam luy comme son maistre qu'il
-congnoissoit et qui l'avoit nourry. Et pour ce, cellui ne le devroit
-laissier tenir ne paistre autre fors luy.
-
-Chire seur, avant que vous commenciez voler droit essient[1507],
-il vous convient et est neccessit d'avoir cerchi et enquis aux
-compaignons du pas o sont les voles des perdris; et sachiez que
-en pas estrange et ou repaire[1508], la souveraine queste que bon
-espreveteur puisse faire, si est d'enqurir aux bergiers et vachiers et
-autres gens d'aval les champs, s'ils ont veues aucunes perdrix et o
-est leur commun repaire, et puis aler celle part. Mais sur toute rien
-gardez-vous que chiens de bergiers ne autres chiens estranges que vous
-ne congnoissez et qui ne congnoissent vos oiseaulx, et espcialment
-mastins, ne vous suivent, car vostre esprevier ne voleroit pas si
-voulentiers ne si hardiement, et s'il avoit abatu ou li un oisel, si
-seroit en aventure d'estre par eulx tu; et moult de fois en est ainsi
-advenu.
-
-_Item_, chire seur, en cest endroit d'espreveterie, aux jours que vous
-ne vouldrez voler, vous convient acoustumer paistre vostre esprevier
-ds le bien matin, afin que celle heure quant vous volerez, il ait
-tousjours fain; si volera mieulx, car les bons espreveteurs se livent
-ds l'aube du jour, et ds lors vont voler, mais toutesvoies que leur
-esprevier ait gect sa plume, et aussi qu'il ne pleuve ne face grant
-vent, car se vous volez par grant vent, le vent emportera vostre
-esprevier qu'il n'en pourra mais, et se moquera-l'en de vous.
-
-_Item_, ne volez pas prs de bois, ne de haie, ne de vigne, ou de
-fosss ou autre empeschement d'eaues.
-
-_Item_, ne volez pas aux petits oiseaulx, car ils sont trop roides et
-scevent les tours des buissons o ils ont acoustum repairier, et
-pour ce l'esprevier fault; si se travaille fort pour ce que iceulx
-menus oiseaulx sont fors, et si n'emportent mie si grant honneur pour
-l'espreveteur ne pour l'esprevier comme perdris qui volent foiblement
-et sont plus tost prinses; et aussi quant les menus oiseaulx se boutent
-s buissons, l'esprevier qui vole aprs se lasse et descourage; pour
-sa hardiesse et faire son devoir se ront souvent sa queue et ses eles
-telement que en la fin il en demeure tout diffam, et n'en peut mais.
-Toutesvoies, se vostre esprevier y vole, et vous vez que pour ce faire
-vostre esprevier ait la teste d'aucunes de ses plumes quasses, si la
-moulliez tantost de vostre salive endroit la quasseure, et quant vous
-viendrez l'ostel, d'eaue non mie chaude, mais moins que tide, et
-elle se raffermera: sinon[1509] elle se rompra. Et s'il a son balay
-rompu, il n'en vauldra pas pis pour voler aux cailles, perdris et
-gros oiseaulx qui volent droit terre[1510], mais il en est plus lait,
-et si ne suit mie si bien petis oiseaulx qui se plient, comme l'alo
-qui gauchist[1511] comme esquierre, et si ne peut monter aprs l'alo.
-
-_Item_, s'il advenoit que vostre esprevier ait l'une des parties de
-sa queue rompue, l'en doit rongner aux forces[1512] l'autre partie,
-afin qu'il vole justement. Et jsoit-ce que l'esprevier qui a la queue
-rompue en soit plus lait, toutesvoies il n'en vault de riens pis pour
-voler au gros, mais pour voler aux menus, si fait.
-
-L'alo de gibier, c'est l'alo de cest an qui a courte queue, sans
-blancheur, toute rousse de rousseur cendre, et ne chante point au
-sourdre[1513], et vole droit et se rassiet prs. Et la vieille alo
-longue queue, dont aucunes des pennes sont fines blanches[1514] et au
-sourdre pipe et dit: _Andrieu_, et vole par ondes et plie son vol par
-esquierres, puis destre, puis senestre, et se assiet loing, celle
-n'est pas de gibier, ne n'y doit-l'en point voler s mois d'Aoust et de
-Septembre: mais en Septembre, quant elle mue, la queue luy chiet, et
-est de gibier pour ce qu'elle est foible.
-
-_Item_, il est dit dessus et il est vray que tout bon espreveteur doit
-garder qu'il ne vole menus oyseaulx roides, comme l'alo vieille,
-moissons[1515] vielz et autres qui sont prs des buissons, pour ce
-que incontinent qu'ils voient l'esprevier, ils s'y boutent, et fault
-l'esprevier les lier, et ront sa queue et despice ses eles ou
-buisson, et par ce se lasse et descourage de voler; mais le pis est que
-aucunes fois l'esprevier qui est ainsi lass ne revient point son
-maistre, mais s'envole et se repose sur un grant arbre. Et est certain
-que les espreviers ainsi lasss sont plus tardis et plus lens
-revenir de dessus un grant arbre, maison ou autre hault lieu que dessus
-un bas, se grant fain ne les y muet; et ce besoing convient avoir ou
-poucins ou autre oisel vif pour voleter devant eulx, en les rclamant
-sans monstrer le visaige.
-
-Ces choses veues et faites, vous povez aler voler; et le premier jour
-que vous volerez, soiez garni de poucin ou autre oysel vif pour y
-faire voler vostre esprevier se vous ne trouvez autre oisel, et au
-premier oisel que vostre esprevier prendra aux champs, si tost qu'il
-l'aura abatu et le tendra entre ses pis, il convient descendre et
-aler luy long trait, et se garde-l'en de toute hastivet, et que
-l'espreveteur s'agenoille bellement et loing, et bellement estende ses
-bras, et doulcement preigne et live sa proie et l'oisel dessus, puis
-rompe la teste l'oisel et du cervel paisse son esprevier[1516]. Et se
-l'esprevier vous lie des ongles, si vous descharnez ongle aprs l'autre
-tout bellement, sans tirer ne le courroucier.
-
-_Item_, quant vostre esprevier est gorg, vous le povez tenir sur la
-main nue et sans gant, car lors il ne vous estraindra point; mais avant
-qu'il soit peu, s'il a fain, si ne vous y fiez point, car lors il
-estraint fort et tant que sang en fait saillir. Et ce jugent aucuns
-se l'esprevier est fort ou non, car quant ils sentent parmi le gant
-que l'esprevier estraint fort, ils jugent qu'il est fort: sinon, non.
-_Item_, tenez-le adonc en place si paisiblement qu'il n'ait cause de
-soy dbatre sur sa gorge, car il seroit en aventure de la gecter, ou
-se vous n'avez loisir de le tenir sur le poing en place convenable et
-paisible, si le perchiez en lieu paisible o il voie gens, chiens et
-chevaulx etc., et ne voie point pigons ne autre poulaille[1517].
-
-Et la deuxime fois que vous volerez, laissez vostre esprevier[1518]
-deux vols ou trois le jour et non plus, et le paissiez comme dessus: et
-la troisime fois, deux ou trois vols et non plus; et puis aux autres
-jours vole tant comme il pourra, tant d'oiseaulx comme vous trouverez.
-
-_Item_, et se vous apparcevez qu'il porte au couvert, si
-l'embraellez[1519] et laissiez prendre[1520] deux ou trois fois, et
-ne le gectez plus sur arbre quant vous le vouldrez paistre, et il se
-chastiera d'illec en avant.
-
-_Item_, commenciez aler voler chascun jour au matin ds le bien
-matin et volez jusques tierce[1521], et lors mettez vostre esprevier
-en un pr ou champ, et s'il ne porte au couvert, sur un pr[1522]
-ou arbre, et le rclamez d'illec et paissiez, et puis le perchiez
-et[1523] reposez et laissiez passer le chault, et aprs volez au
-serain[1524]. Car qui ou mois de Juillet et ds lors, voleroit, jusques
- la my-Aoust, par trop chault, l'esprevier si s'efforceroit hault et
-loing, et la premire rivire ou eaue qu'il verroit d'en hault, s'en
-yroit baignier, puis se ressuieroit sur un arbre, et l se pouroindroit
-telement et si grant loisir qu'il n'auroit plume sur lui qu'il ne
-remuast au becq l'une aprs l'autre, tout loisir, et sans trop
-grant diligence ne pourroit estre trouv; et s'il estoit retrouv, si
-ne pourroit-il estre reprins sans trop grant attendue. Mais aprs la
-my-Aoust il ne s'efforcera[1525] mie si voulentiers; et toutesvoies,
-ainsi comme il est dit dessus, soiez tousjours garni de vif poucin
-rousset, semblant perdris, afin que se vous ne trouvez autres foibles
-oiseaulx, que vous volez aux champs de ce poucin que vous aurez port,
-et luy donnez de la cervelle et du surplus ses drois, et l'en paissiez;
-puis ostez la gorge et les boyaulx du poucin, si s'en gardera mieulx,
-et l'en pourrez paistre l'une fois des eles, l'autre fois des
-cuisses, puis au derrenier du charquois[1526]. Et se vous n'avez trouv
-poucin, si soiez pourveu de pigon, jsoit-ce que ce soit chaude viande
-et trop aigre l'esprevier qui vole, car la saveur luy en demeure
-longuement et le soustient sans fain plus que autre viande; et[1527] en
-reffuse le poing, et[1528] tient l'esprevier orguilleux.
-
-_Item_, vous prenez bien garde que ds ce que vous commencerez
-voler, ds lors vous ne courrouciez vostre esprevier, et que rien
-ne l'approuche soudainement, effondrement ne tempesteusement, soit
-personne, chien, cheval ou autre chose, et mesmement par derrire, car
-de ce qui luy survient par derrire est-il plus tourment et s'effroie
-plus.
-
-_Item_, quant vous serez en queste, si aiez tousjours l'oeil vostre
-esprevier et vos espaignols, et quant vous verrez qu'ils mouveront
-la queue desvuidier[1529] une place, si frez tantost de l'esperon
-droit eulx, afin que quant la perdris sourdra, vostre esprevier soit
-prouchain. Et se plusieurs perdris saillent, dont vostre esprevier
-suive, lie et abate l'une, entendez tousjours vostre oisel, et
-criez vos compaignons qu'ils remerquent les autres, et quant vostre
-esprevier aura eu son droit du cervel, si vous remettez en queste au
-remerc[1530], afin que vous aiez tous les autres oiseaulx l'un aprs
-l'autre.
-
-_Item_, l'en doit qurir les perdris s grans chaumes et ybles et
-bruires, et environ les gerbes qui sont demoures aux champs, car l
-se paissent les perdris et les perdriaux du grain d'icelles gerbes,
-et sont voulentiers s lieux couvers et non mie s jachires[1531] ne
-autres lieux descouvers, tant pour doubte de chault comme pour doubte
-que le faulx-perdriel[1532] et les oiseaulx de proie ne les voient. Et
-quant le chault est lev, icelles perdris et aussi les cailles sont s
-grans genestes, s vignes et s vesses, s poisires[1533] et s bls
-qui sont sur le pi et qui donnent grant ombre, pour estre freschement.
-
-_Item_, en ce temps l'en ne pourroit pas faire queste s vignes pour
-ce que l'en y feroit trop de dommage ceulx qui les vignes sont,
-et aussi les perdris y auroient trop d'avantage et l'esprevier trop
-d'encombrier pour les fueilles et eschallas, mais les bons espreveteurs
-qui[1534] les remerquent et[1534] puis se mettent en queste ou remercq par
-les champs ou buissons, et au voulon[1535] l'esprevier les prent.
-
-Se l'esprevier porte au couvert, et son maistre le rclame et siffle,
-il ne luy doit pas monstrer son visage[1536].
-
-_Item_, sachiez que depuis que l'esprevier aura commenci voler, il
-ne doit vivre de nulle char de boucherie ne d'autres, fors que de sa
-proie, car de jour en jour, continuelment, sans cesser, il doit voler
-sans repos, car qui un jour le repose, il le recule pour trois jours.
-
-_Item_, sachiez que le[1537] dduit de perdriaulx dure jusques la
-mi-Aoust, et adonc commence le dduit des cailles pour ce que alors
-deviennent fortes, et voulentiers se tiennent prs des bois et des
-haies. En Aoust l'en treuve bien des perdris qui en cest an furent
-couves au plus tart, et se adourent[1538] plus tart que les autres
-et n'estoient pas assez aages quant la saison de chauchier[1539] fut,
-et ne sont pas toutes rpares[1540] ou mois d'Aoust et ont encores
-leurs plumes saing[1541], et ou tuyau a un neu, et ne sont pas
-si fortes comme les pres et les mres qui ont est mues[1542], et
-pour ce sont plus lgires prendre l'esprevier que ne sont les
-pres et les mres, se ce n'est toutesvoies quant freschement et
-tantost aprs que iceulx pres et mres ont couv et qu'ils nourissent
-et tiennent encores soubs eulx leurs perdriaulx, car lors sont-ils
-dvestus de leurs plumes et sont maigres et foibles et pevent bien
-estre arrests par l'esprevier; mais quant ils sont revestus de leurs
-plumes et renforces, il n'y fait nul voler fors au voulon, comme dit
-est, ou[1543] aprs leur premier vol par remercq, car au second vol
-sont-elles plus lasses qu'ils ne furent au premier. Et est grant pril
-de mettre son esprevier en essay de les prendre en plains champs du
-premier vol, car se l'esprevier se lasse tirer aprs, ou se il lie la
-perdris et elle est si forte qu'elle l'emporte, ou qu'il soit autrement
-foul soit par cest oisel ou par autre, j puis n'y volera voulentiers.
-
-En la saison d'Aoust, l'en peult voler aux faisandeaulx[1544] aux
-oustardes, aux laperiaulx, aux levrats, aux raales des champs[1545]
-qui sont roux, et aux cailles, ou au moins en la my-Aoust; et en
-Septembre doit-l'en voler tout au long du jour sans retourner l'ostel
-puis qu'il ne face ne trop grant chault ne trop grant pluie ne trop
-grant vent; et doit-l'en savoir que ou mois de Septembre il ne se
-essore[1546] mie si voulentiers comme en Aoust.
-
-_Item_, pour ce que les nuis sont en Septembre plus longues, il
-convient donner au soir, en la fin de Septembre, plus grosse gorge,
-et petite au matin; mais tousjours[1547] aiez lors en mmoire que
-c'est mauvaise paisson que de caille et de pigon, car c'est char de
-dure digestion et demeure longuement en l'estomac. L'esprevier s'en
-enorguillist et reffuse le poing comme dit est dessus.
-
-_Item_, en la fin dudit mois de Septembre et aprs, quant le voler des
-cailles et perdris est failli, et mesmes en l'iver, l'en peut voler
-comme dit est aux pies, aux chos, aux cercelles qui sont en rivire ou
-autres qui sont taveles et ont longues jambes et sont aux champs et
-courent pi parmi le gravier d'eaue[1548], aux merles, aux mauvis,
-aux gois[1549], aux videcocqs et aux merles. Et ce peut-l'en aler
- pi et avoir l'arc et le boujon[1550], que[1551] quant le merle se
-boute en un buisson et ne se ose partir pour l'esprevier qui est dessus
-et l'espie, la dame ou damoiselle qui scet traire, le peut tuer[1552]
-du bougon[1553]. (Et ainsi de temps en temps peut-on avoir dduit de
-son esprevier, quant l'en le veult garder pour muer.) Et quant l'en
-ne treuve plus le paistre de son voler, l'en luy donne congi. Et
-sachiez que ds la premire nuit qu'il aura geu dehors, il est devenu
-sauvage se il se paist de luy mesmes, et pour ce le convient l'endemain
-recouvrer, l'aube[1554].
-
-Et, belle seur, s'il est ainsi que vous le voulez muer[1555], pour
-ce que autant couste muer un mauvais esprevier comme un bon, aiez
-premirement regart se vostre esprevier a est bel et bon et paisible,
-car icelluy doit-l'en muer; et s'il a est autre, ne prenez plus de
-paine, car encores seroit-il pire aprs la mue. Toutesvoies, se muer
-le voulez, il le convient paistre de chaude viande, comme de glines,
-soris, rats, et d'autres oiseaulx gaigns aux fills et l'arbaleste,
-jsoit-ce que c'est le meilleur que l'esprevier vole tant comme l'en
-trouvera voler, et par espcial tout le karesme, car fort et
-souvent gecte-il plus naturelment ses plumes pour muer: et tousjours le
-convient-il, comme dit est devant, curer et donner plume.[1556] Quant
-l'esprevier que l'en veult muer, aucuns donnent des estouppes haches,
-et aussi dient aucuns que c'est bonne plume que des pastes de livre
-et de connins batues d'un bon martel sur une enclume et osts les os.
-Et tousjours le convient baignier et tenir sur la perche, et tousjours
-paistre de bonne viande chaude et vive, qui peut, trs diligemment,
-et garder mieulx que devant, et le paistre tout le moins trois fois
-le jour jusques la my-May; et lors luy convient arracher toutes ses
-plumes de la queue. Aucuns dient que le meilleur est au croissant de
-May, ou autrement la queue ne revient point (c'est au commencement du
-mois de Juing); et la convient arrachier ainsi qu'il s'ensuit: c'est
-assavoir que aucun tiengne l'esprevier entre ses mains, et l'autre
-luy compressera la char du bout de la queue, laquelle char les
-tuyaulx des plumes de la queue se tiennent: et quant la char est ainsi
-tenue pour le sauver[1557], l'en doit arracher les plumes l'une aprs
-l'autre, tout en un jour. Et dit-l'en que d'autant que l'esprevier a
-la queue arrache devant la Saint-Jehan, d'autant est-il prest plus
-tost devant la my-Aoust (et jsoit-ce que aucuns dient qu'il convient
-avant baignier le[1558].... de l'esprevier en karesme, dont je ne tien
-compte); et ladicte queue arrache, le convient mettre en une mue qui
-soit de quatre pis de long et quatre pis de large, de trois pis de
-hault, et soit couverte de bonne toile pour le vent, et y ait fenestre
-pour avoir air. Et en icelle mue ait une perche, laquelle perche
-sera de demi-pi de hault, et sera l'une des moitis feutre, et en
-l'autre moiti, du long, aura une chanlatte[1559] coulant en laquelle
-l'en luy donra sa viande sans touchier luy. Et le convient lors
-trs diligemment garder de trop chault et de trop froit, et mettre et
-tenir de jour au soleil et garder; et le gardez de courroux, d'effroy
-et d'aucun autre encombrier, et le paistre de trs bonnes viandes et
-chaudes et haches, tant qu'il soit remis sus; et aucunes fois luy
-convient donner et mettre en sa mue un oisel, et de ce il mesmes se
-paist, et ce en lui donne plume[1560]; et luy sont bons rats et
-souris, cuer de mouton chault, nomblet de porc chault. Et sera bien de
-sept sepmaines deux mois avant qu'il soit prest.
-
-La chose qui plus tost avance un esprevier, c'est ce que en la saison
-qu'il doit muer, l'en le paisse de deux jours en deux jours des glandes
-du col de mouton. Et toutesvoies dit-l'en que quant les plumes de la
-queue et des esles sont revenues, il souffist, car de son dos ne du
-surplus ne peut chaloir. Et lors il seroit plus grant dommage, qui le
-perdroit, quant l'en a eu tant de peine: et pour ce est-il le plus
-bel et le meilleur et le plus seur d'essaier sagement et cautement
-s'il se tendra paisible sur le poing, et le paistre dessus; sinon
-y remdier sagement, et le veillier[1561] et mettre au bas[1562].
-_Item_, est le plus seur de le rclamer la commande, car toute chose
-dsire sa franchise et retourne de lgier sa nature, et pour ce
-s'en convient contregarder. Et aussi comme ils donnent plus de paine,
-aussi valent-ils mieulx que les autres, car iceulx sont enoisels et
-congnoissent leurs oiseaulx, les chiens, chevaulx, et sont plus fors.
-
-Puis que je vous ay parl de la nature des espreviers que l'en dit
-nyais pour ce qu'ils furent pris ou ny, prsent je vueil parler de
-ceulx que l'en dit _branchiers_, _ramages_ ou _rameges_, qui est tout
-un: et en aprs, je parleray des _muiers_[1563] d'une ou de pluseurs
-mues.
-
-L'esprevier est dit branchier ou ramage[1564] pour ce que, quant il
-soit pris, il vole sur les rainceaux ou sur les branches. Et est
-certain qu'il convient que l'esprevier ramage soit enoisell[1565] que
-l'en doie esprer qu'il descende la muete des pans; toutesvoies,
-avant qu'il soit enoisel, peut-l'en appareillier une belle place
-devant l'aire de l'esprevier, et quant il sera enoisel tendre ses
-pans, et mettre en muette poucin ou pigon ou autre oisel quoy il
-doie descendre. Et encores est il bon que prs des guilles[1566] ait
-espreviers ou mouchets qui crient et volent, et par ce l'esprevier
-branchier descent plus tost la muete. Et tantost qu'il est ou fil,
-il convient[1567] qu'il soit pris bien doulcement, et que l'un le
-tiengne par les esles du corps, et l'autre le prent par le becq et
-le cillera[1568]. Et incontinent lui convient mettre ses gets et
-sonnettes[1569], et le mettre et tenir sur le poing et remuer et garder
-qu'il ne dorme point, et luy offrir le vespre prouchain la char lave
-en eaue tide. Et se il se paist sur le poing, c'est le premier bon
-signe: et s'il ne se paist, il convient garder qu'il ne dorme et le
-veillier de nuit; et qui ne le peut toute nuit veiller, si le perche
-sur une perche branlant qui sera attache deux cordes par les deux
-boux, et tirera-l'en aucunes fois celle perche pour la faire branler,
-afin que l'esprevier ne dorme. Et quant il aura est veill une nuit
-ou deux et qu'il sera asseur sur le poing et s'y paistra voulentiers,
-ds la deuxime fois qu'il sera peu le convient dessillier et le tenir
-entre gent, et garder qu'il ne dorme fors trs petit. S'il est trs
-bien asseur, l'en le doit du tout asseurer[1570] et laisser son
-aise, puis rclamer et gouverner comme dessus.
-
-Et se l'esprevier qui ainsi est pris aux pans est mu de haye[1571],
-il convient qu'il soit mis au bas par veiller, et affam[1572] par la
-manire que dessus, jsoit ce qu'il soit plus fort affaitier et n'est
-mie de si bon retour[1573] comme l'esprevier _sor_, c'est assavoir
-cellui d'un an[1574].
-
-Toutesvoies, est-il bien aucuns espreviers qui ds l'anne passe ont
-est le plus tart couvs et ont est si tardis que paine ont-ils est
-fors quant les premiers avoient j fait leur saison, et ceulx sont
-_mus de haye_, et toutesvoies n'ont-ils point pont[1575] ne couv
-en ceste anne pour ce que leur jeunesse leur a tolu[1576], et sont
-pris aussi aprs leur mue. Et ceulx congnoist-l'en ce que souvent
-advient que encores tiennent-ils du sor, c'est dire de la plume de
-l'anne prcdent, et en ceulx peut-l'en avoir plus d'esprance que en
-ceulx qui sont plus vieils et ont plus vol ou sont de pluseurs mues,
-lesquels aucuns[1577] congnoissent bien et pour ce les refusent.
-
-_Item_, il est assavoir que l'esprevier mu garde mieulx sa queue pour
-ce qu'il n'entre point au buisson aprs sa proie, mais vole par dessus:
-et l'esprevier nyais y entre.
-
-_Item_, l'esprevier mu de haye a les yeulx rouges et les pis jaunes.
-
-Aucunefois, d'aventure, sont prins les espreviers la glus, et lors
-les convient desgluer l'une plume aprs l'autre, la main, et que
-les[1578] dois soient moullis en lait.
-
-Or nous convient parler des _muiers_ qui sont de deux manires, c'est
-assavoir les uns qui sont mus en la ferme[1579] et les autres qui sont
-mus de haye. Les mus en la ferme sont bons voler et sont les plus
-riches[1580]. Les mus de haye sont congneus ce qu'ils ont les yeulx
-plus rouges et les pis plus jaunes. C'est assavoir que iceulx mus de
-haye sont plus doubteux voler, car jsoit ce que ils aient est bien
-sillis, bien veillis et trs bien rclams commande ou recrance,
-qui est tout un, toutesvoies, quant l'en les fait voler, communment
-ils se essorent fort[1581] et adonc une bouffe de vent les emporte
-maulgr eulx, et tantost qu'ils ont perdu leur maistre, et mesmement si
-tost que d'eulx mesmes ils se sont peus une fois, ils sont retourns
-leur premire nature, ne puis ne veulent revenir au rclamer.
-
-Esprevier hagart[1582] est celluy qui est de mue de haye: et s'il est
-d'un an, il tient du sor aucunement, car s'il ne tient du sor c'est
-signe qu'il tient de deux mues[1583]. _Item_, le mu a yeulx bien
-rouges, et bien jaunes les pis, et plus fortes et roides plumes et
-autrement couloures; et voit l'en bien les plumes sores[1584] parmi
-les autres, car elles sont noires par dessus, et les autres sont mieulx
-couloures.
-
-_Item_, de l'esprevier, le mouchet est le masle: et du lannier le
-lanneret est le masle; et des autres comme l'austour, le faucon, etc.,
-l'en dit le masle _tiercelet_.
-
-Chire amie, sachiez que des autres oiseaulx de proie, l'en dit
-tiercelet d'ostour celluy qui est masle, et est le plus petit; le
-ostour est la fumelle et est plus grant. _Item_, tiercelet de faucon
-est le masle, et est le plus petit, et n'est pas bon pour povre
-homme, car l'en ne le peut arrester[1585]; le faucon est la fumelle,
-et communment l'en l'appelle _faucon gentil_. _Item_, tiercelet
-d'esmerillon est le masle, et l'esmerillon est dit le fourme[1586] et
-est la fumelle, et volent ensemble, et sont rclams au loirre[1587].
-_Item_, tiercelet de hobe[1588] est masle: le fourm est la fumelle.
-_Item_, le lanneret est le masle et est plus fort et vault mieulx; le
-lannier est la fumelle.
-
-_Se un esprevier a la jaunisse, comment garira-il?_--_Recipe_: O
-il n'a point de maladie, il ne convient point de garison: et il est
-certain que la jaunisse leur vient d'aise et de sant et pour les
-bonnes et chaudes viandes qu'il mengue, et pour ce ne sont point
-malades.
-
-Se un esprevier a ruine, monstrez luy rue[1589]. _Item_, faites le
-tenir longuement au feu, vespre. _Item_, faites luy tirer[1590] de la
-queue d'un pourcelet ou d'un pourcel o il n'ait point de char. _Item_,
-aiez boiste ou autre vaissel o il ait encens et du feu, et faites que
-la fume lui adresse au becq: et lors il toussira et esternuera, et
-hochera la teste et gettera la rume; et soit sa perche feutre, et luy
-tenu chaudement. _Item_, le faites tirer l'aleron d'un poucin, et en
-la main en laquelle vous tendrez l'aleron, tenez, avec, une branche de
-rue, afin qu'il en ait l'oudeur en tirant. Et, soit sur le poing, soit
-sur la perche, gardez qu'il ait penne[1591] ou feutre bien sec et bien
-chault soubs le pi, et nuit et jour soit devant le feu ou prs du feu
-ou en lieu chault; et aiez tousjours en vostre sein penne ou feutre ou
-autre chose chaude pour luy changer souvent[1592] et lui baillier le
-chault.
-
-Se un esprevier est malade tellement qu'il regette sa viande quant il a
-est peu, ouvrez luy deux mains le becq et luy boutez dedans la gorge
-aussi gros comme une fve de beurre frais, et une heure ou deux aprs
-si le paissiez de bonne char vive.
-
-_Item_, l'en congnoist espreviers qui sont trop gras taster
-par dessoubs l'esle comme une gline. Et aussi quant il a la
-fourcelle[1593] my-partie et pourfile et il baille; adonc l'en luy
-doit donner boire de l'eaue fresche pour refroider dedans le corps,
-et petit paistre, pour amaigrir.
-
-L'esprevier qui a sourcils blans est le meilleur par raison.
-
-_Item_, espreviers nyais ou ramages ne sont mie si bons comme ceulx qui
-sont pris la rais ou la crecerelle[1594].
-
-Des autres maladies d'esprevier, vez en la page ensuivant les remdes
-des maladies des faucons, et ouvrez selon ce.
-
-Des oyseaulx de proye affaitis, l'aigle[1595], le griffon et
-l'ottour[1596] volent au chevrel sauvage, aux livres, aux oustardes,
-mais que on ait un levrier affaiti pour eulx.
-
-Le tiercelet d'ostour vole aux livres, aux perdris, aux connins, aux
-malars[1597] et aux plouviers.
-
-L'en ne paist l'ottour que une fois le jour en yver: en est, deux; un
-cuer de mouton est assez paistre l'ottour une fois, et le tient en
-estat. _Item_, d'une rouelle de mouton; _item_, d'un pigon, perdris,
-etc. Un cuer de porc engraisse, et dit-l'en: _hausse_; un cuer de
-chivre ou de bouc _abaisse_, _id est_ amaigrit; un pi de mouton est
-pour tirer.
-
-Quant l'en le baigne, l'en luy oste les longes, et il se baigne au bort
-de la rivire et se pouroint[1598] et puis vient.
-
-Pour un ottour, une gline est trois jours; l'en le paist un jour
-du foie, du jugier et du col toute la plume, la teste et le cervel;
-l'autre jour, d'une esle et puis la cuisse; et l'autre jour autant.
-
-_Item_, en karesme il se mue et est bien trois ou quatre mois avec du
-foing ou de la rame[1599] et trois perches pour percher; et le paistre
-adonc de chaude viande comme turtres, coulons, perdris, poucins tous
-vifs. _Item_, quant ils sont mus, les convient veillier bien quatre,
-six ou huit nuys, puis rclamer petit petit la commande comme au
-commencement[1600].
-
-_Nota_ que le faucon lannier doit estre perchi un pi et demi de
-terre pour le duire voler bas la perdris; et le gentil se perche
-hault.
-
-_Item._ _Nota_ que jsoit-ce que l'esprevier et l'ostour soient peus
-entre le pouce et le doit dmonstratif, toutesvoies les autres oiseaulx
-sont peus plain poing.
-
-La char lave en eaue tide est donne pour abaissier et amaigrir.
-
-Quant l'esmeut est blanc et cler et que un petit de noir est au bout,
-_scilicet_ premier yssu du ventre, il est bon: autrement, non. Et quant
-ou millieu de l'esmeut a aucune chose rousse et grosse ou millieu, il
-signifie que l'oisel soit bas. Si le convient baissier[1601].
-
-Le faucon lannier est dit _villain_[1602] pour ce qu'il se paist de
-toutes chars, comme beuf, mouton, chivre. Et _nota_ que chivre
-abaisse[1603].
-
-L'esmeut qui est gect loing est bon.
-
-Le dit lannier est de gros maill[1604], et est plus gros que le
-lanneret qui est de plus dlie maille, et vole plus hault et avec les
-faucons gentils: et ce ne fait point le lannier.
-
-Autres faucons y a qui sont de Flandres et sont dis faucons _Sacres_,
-et sont d'un petit moins dlie maille, et ont les pis jaunes[1605]
-et sont comme entre le gentil et le villain, et sont bons, comme l'en
-dit communment, rclams au loirre, ou d'omme quant ils reviennent
-bien au loirre.
-
-Le faucon gentils est de plus dlie maille que nul et a les pis
-jaunes, et est peu de cuer de mouton le moins, mais le plus de pigons
-et de poulaille.
-
-Autres faucons y a que l'en appelle _harrottes_[1606] et viennent de
-Grenade et sont moult petis et trs bons pour le hron, la grue et
-l'oustarde: et sont icelles harrottes ainsi que tercels qui sont les
-masles des faucons de parde.
-
-Faucons plerins[1607] sont ceulx qui sont pris au fil et se sont peus
-et ont vol aux champs, et sont _gentis_ nomms.
-
-_Item_, le lannier ne vole fors aux perdris et aucunes fois au connin
-et au livre, et non plus. Et les autres volent l'oisel de rivire,
-au hron, la grue, l'oustarde etc.
-
-L'ottour vole tout, mais non pas le tiercelet d'ottour.
-
-Des faucons villains, la fumelle est dit lannier ou le fourm, et le
-masle est dit tiercelet[1608].
-
-Le faucon gentil est noir. Et le faucon lannier est le plus tendre.
-Et le faucon plerin est le meilleur qui soit et est le plus gros et
-plus form de membres que tous. Et celluy qui les veult gouverner ne
-convient mengier aulx, oignons, poireaux.
-
-_Item_, quant aucun oisel de proye baille par trois fois de renc[1609]
-et fait mate chire[1610], c'est signe qu'il est malade d'une maladie
-que les fauconniers appellent _le fils_, et est un ver qui les point.
-Et les garir convient les paistre de char en laquelle sera envelopp
-du saffren, et les vers en meurent.
-
-Et se un faucon a la ppie, il convient avoir un des brocherons d'une
-espine blanche et lui passer par trois jours, trois fois chascun jour,
-dedens la narine, et par trois jours lui mettre sur la langue des
-figues vertes, prises sur l'arbre.--_Item_, vous sarez qu'il a la ppie
-quant il fait mate chire et ne se veult ou peut paistre et aucunesfois
-baille.
-
-Se vostre oisel est pouilleux, vous le verrez au soleil, car sur toute
-sa teste verrez-vous les poux bougier; et lors convient avoir de
-l'orpiment[1611], du meilleur, et est la fueille meilleur, et soit
-trs bien broy et finement, et trs dliment sass; et convient
-estre trois personnes: l'un qui tendra l'oisel, l'autre qui tendra
-l'orpiment, et l'autre qui l'orpimentera. Et puis convient getter de
-l'eaue dessus comme un cousturier fait, la bouche, puis le paistre
-d'une poulle chaude, puis perchier, et luy oster le gant qui est
-chargi d'orpiment, car l'orpiment est trop fort: et puis l'endemain
-voler.
-
-_Nota_ que en May le faucon commence muer, et le convient paistre de
-chaude viande; et sachiez que rats est propre viande pour luy.
-
-_Item_, l'en le mue bien sur le poing.
-
-
-FIN.
-
-
-
-
-TABLE ALPHABTIQUE DES MATIRES.
-
-_N. B._ La lettre _a_ indique le premier volume: la lettre _b_ le
-second.
-
-
-A
-
-_A_ (Manuscrit), _a_, LIV.
-
-_Abaisser_, expliqu, _b_, 322.
-
-_Abattis._ V. _Issues_.
-
-_Abbs et maris_ (Histoire des), _a_, 145.
-
-_Abbs_ assistans au parlement, _b_, 104.
-
-_Ables_, _b_, 100, 194.
-
-ABRAHAM, _a_, 78.
-
-_Abstinence_ de viande, _a_, XLV.
-
-ACAROT, _a_, XLVII.
-
-_Accessiones historic_, cit _a_, LXV.
-
-_Accide_, _b_, 17.
-
-_Acour_, expl., _b_, 178.
-
-_Acrebades_, _b_, 124.
-
-_Acrobates_, _b_, 124.
-
-_Acta_, _b_, 258.
-
-ADAM, _a_, 77, 98, 166.
-
-_Additions_ faites au livre de cuisine, _a_, XXXII et _b_, 124, 161.
-
-_Additions et corrections_, _a_, LXXVII.
-
-_Adenter_ (S'), _b_, 257.
-
-_Adouer_ (S'), expl. _b_, 308.
-
-_Adultre_, _a_, 52.
- --(Loi des juifs c. l'), _a_, 67.
- --pardonn, _a_, 182, 183, 237.
- V. _Avocat_.
-
-_Afeutrement_, expliqu, _b_, 53.
-
-_Affaires_ du dehors confies au mari, _a_, 168.
-
-_Affaitement_ de l'pervier, _b_, 295.
-
-AGAR, _a_, 80.
-
-_Agneau_, _b_, 221.
- --roti, _b_, 179.
-
-AGNS la bguine (Dame), intendante de l'auteur, _b_, 57, 61 et suiv., 70.
-
-_Aides_ des cuyers de cuisine, _b_, 115, 117.
-
-_Aigles_ dresss, _b_, 321.
-
-AIGNEAUX, _a_, LXX.
-
-_Aigrefin_, _b_, 198.
-
-_Aiguires_, _b_, 106, 118.
-
-_Ailes_ des oiseaux. De quoi composes, _b_, 89.
-
-_Aires_ des perviers, _b_, 284.
-
-_Alause._ V. _Aloze_.
-
-ALBRIC de Trois-Fontaines, _a_, LXV, 92; _b_, 124.
-
-ALBERTAN, _a_, 186.
-
-ALENON (Pierre d'), _a_, LXXXI.
-
-_Ales_, (poisson), _b_, 204.
-
-_Alixandre_, (espce de cdre), _b_, 154, 246.
-
-_Aljubarota_ (Bataille d'), _a_, LXVI.
-
-_Allayer_, expl. _b_, 142.
-
-_Allemagne_ (Brouet d'), _b_, 165, 172, 276.
- --(Oiseaux de proie en), _b_, 323.
-
-_Allemans_, aiment la carpe trs-cuite, _b_, 189.
-
-_Alloges_, _b_, 257.
-
-_Alo._ V. _Alouette_, _Geneste_, _Grav_, _Ros_, _Past_.
-
-_Alouettes_, _b_, 101, 183.
- --en past, _ib._
- --en ros, _b_, 154.
- --en rost, _b_, 270.
- --(Espces d') _b_, 303.
- --prises l'estourse, _a_, XLIX.
-
-_Aloze_, _b_, 88, 95, 102, 188.
- -- la cameline, _b_, 107.
-
-_Alumelle_ (aumelette), _b_, 207.
- --belle, _b_, 208.
- --frite au sucre, _ib._
-
-_Alun_, _b_, 68.
-
-_Amadou_ (Sorte d'), _b_, 263.
-
-_Amandes_, _b_, 107, 122.
- --(Buvrage d'), _b_, 241.
- --confites, _b_, 269.
- --(Lait d'), 241.
- --leur prix, 110.
-
-_Ambassadeurs_ Vnitiens, cits, _b_, 116.
-
-_Ambrine_ (Couleur), _b_, 218.
-
-_Amende_ honorable, _b_, 119, 120.
-
-_Amis._ Quels sont les meilleurs, _a_, 199.
-
-_Amiti_, _a_, 55.
-
-_Anchois_, _b_, 204.
-
-_Andouilles_, _b_, 127.
- --d'est, _b_, 221.
-
-ANDRESEL (Aubert d'), _a_, 150.
- --Guillaume, _ib._
- --(Jehan, sire d'), _a_, LXXX et suiv., 148 et suiv.
- --(Jehanne d'), _a_, 150.
-
-_Andresel_ (Chteau d'), _a_, 153.
-
-_Andrieu_, (cri de l'alouette), _b_, 303.
-
-_Ane_ (Conditions de l'), _b_, 72.
- --Son dos ncessaire au serviteur, _b_, 23.
-
-_Anges_ (Des), _a_, 17.
-
-_Angleterre_ (Brouet d'), _b_, 157, 166, 276.
- --(Mer d'), _b_, 197.
- --(Oiseaux de proie en), _b_, 323.
- --(Otages en), _a_, LXXX.
-
-_Anglois_, _a_., 93, 95.
- -- Melun, _a_, LXXX, 149.
-
-_Anguille_, _b_, 190, 216, 217.
- -- la boe, _b_, 101.
- --aux aillets blancs, _b_, 190.
- --Comment la tuer, l'estuver et la cuire, _b_, 134.
- --conserve, _b_, 191.
- --en galentine, _b_, 102.
- --franche, _b_, 90.
- --renverse, _b_, 91, 92, etc., et 191.
- --sale, _b_, 96, 99, etc., et 107.
- --V. _Brouet_ et _Soringue_.
-
-_Anguillettes_ fraches, _b_, 190.
-
-ANGUILLIER (Dame de l'), _a_, 240.
-
-_Anis._ Son prix, _b_, 112.
-
-ANJOU (Louis duc d'), _a_, XXII, XLI; _b_, 147.
- --Sa consommation de fleurs, _b_, 52.
- --(Marie d'), _a_, 174.
-
-_Anjou_ (Vin d'), _b_, 38.
-
-_Annuaire de la Bibliothque royale de Belgique._ Cit, _a_, LV.
-
-ANSELME (le pre), _a_, LXV, LXX, 149; _b_, 116.
-
-_Ante_ coupe, _a_, 159.
-
-_Aot_ (Chasse en), _b_, 305, 309.
-
-APICIUS (Coelius), ouvrage curieux et peu lu, _a_, XXXVI.
- --Dtails sur ce livre, _a_, XXXVII.
- --(Marcus), _ib._
-
-_Apocalypse_, _a_, 62.
-
-_Appareil_ des festins, _b_, 103.
-
-_Appendice_ l'art. V de la deuxime distinction, _b_, 273.
-
-_Appointemens_ du procureur-gnral en 1384, _b_, 104.
-
-_Aragondis_, _b_, 276.
-
-_Arbalestre_, _b_, 311.
- --(Chasse des pies l'), _b_, 267.
-
-_Arboulastre_, _b_, 93, 97, etc.
- --brune, _b_, 96, 103.
- --de char, _b_, 227.
- --d'oeufs, _b_, 206.
- --en tartre, _b_, 209.
-
-_Arc_ (Chasse l'), _b_, 258 et 311.
-
-_Arc--jalet_, _b_, 311.
-
-_Archevch_ de Paris (Censive de l'), 254.
-
-_Archives_ de Saint-L, _a_, XXXV.
-
-_Arcili_, expl., _b_, 257.
-
-_Aronner_, expl., _b_, 183.
-
-ARCQ (M. Dout d'), _a_, LXII, 174.
-
-ARCUSSIA (Ch. d') cit, _a_, LXV, LXXXVIII, _b_, 90, 280,
- 281, 288, 291, 294, 295, 298, 307, 308, 310, 311, 317,
- 319, 321, 323, 324.
-
-_Argent._ Sa dprciation, _a_, XXXI, LXXXII.
- --Son prix au XIVe sicle, _b_, 86.
-
-_Argenterie_, _a_, XL, XLI.
-
-_Armnie_, (Violette d'), _b_, 45.
-
-_Armoirie_ sur gele, _b_, 220.
-
-ARNOULLET (Olivier), _a_, XXXIII.
-
-_Arquenet_, _b_, 235.
-
-_Arquinetta_, _b_, 230, 235.
-
-ARRABLAY (Jeanne d'), dame d'Andresel, _a_, 149, 150, 151.
-
-_Arras_ (Prvot de l'glise d'), _a_, LXXX.
-
-_Arrement_, Quid? _b_, 263.
-
-_Arroche_, _b_, 47.
-
-_Arrogans_ viter, _a_, 177.
-
-_Arrogante_ femme, _a_, 97.
-
-_Arroser_ (Comment), _b_, 43.
-
-_Arsenic_, _b_, 64, 325.
-
-_Arsili_, expl., _b_, 257.
-
-_Arsin_, _b_, 198.
-
-ARTOIS (Chevalereux comte d'), _a_, LXVII, _b_, 118.
-
-_Asseur_, expl., _a_, XLII, _b_, 117.
-
-_Assiettes_ creuses pour chaque convive, quand usites, _b_, 105.
- --de mtal toient-elles connues? _b_, 115.
-
-_Assiette_ des personnes, _b_, 117.
- --Les ordonner, _b_, 80.
- --(Pasts d'), _b_, 186.
- --synonyme de _service_, _a_, XLI; _b_, 91, 92, 94, 101, 108, 118, 227.
-
-AUBIN, _a_, LXXIII.
-
-AUBRI DE MONTDIDIER, _a_, 92.
-
-AUBRIOT, (Hugues), _b_, 104.
- --Chanson sur lui, _a_, LXXXVII; _b_, 253
- --Rcit de sa fuite, _a_, XIX.
- --Rondeaux sur lui, _a_, LXXXVII.
- --Sa maison, _a_, XXI; _b_, 253.
- --Ses oiseaux, _b_, 253.
-
-AUDIGER, cit, _a_, XLIII.
-
-_Auffmont_, _b_, 249.
- V. OFFMONT.
-
-AUGUSTIN (Saint), cit, _a_, 39, 63, 70.
-
-_Aulx_ camelins, _b_, 230.
- --moussus, _b_, 231.
-
-_Aumelette_, _b_, 207, 208.
- V. _Alumelle_.
-
-_Aumne._ V. _Corbeille_ et _Pot_.
-
-_Aune_ (Feuilles d'), _a_, 171.
-
-_Auques_, expliqu, _a_, LXXXVII, _b_, 103.
-
-_Auteur_ du Mnagier, a pu connotre Tristan du Bos, _a_, LXXX.
- --a pu consulter un trait de chasse italien, LI.
- --craint d'ennuyer sa femme, _b_, 1.
- --Il toit Parisien, _a_, XXVII.
- --incrdule sur des recettes qu'il transcrit, _b_, 66.
- --n'a pas t du parti bourguignon, LVI.
- --n'a pas termin la troisime distinction, _a_, XLVII.
- --oblig par un avocat, _a_, 185.
- --peu au fait des enfans, _a_, 185.
- --Pour qui il crit, _a_, XXIII.
- --respecte l'ouvrage de Bruyant, _b_, 3.
- --Sa bibliothque, _a_, XXVI.
- --Sa dlicatesse, _a_, XXIV.
- --Sa modestie, XXIV.
- --Ses emprunts, _a_, XXXI, XXXV.
- --se sert d'expressions _crues_, _b_, 60.
- --Ses fentres non vitres, _a_, LXXXII, et 174.
- --Ses variations, _a_, XLIV.
- --Son ge, _a_, XXIII.
- --Son tat et sa position, _a_, XXV, XXVI, etc.; _b_, 269.
- --Son nom inconnu, XXV.
- --Son pre, _a_, 327, 240.
- --Son style, _a_, XXIX.
- (V. _Remarques_, et _Femme de l'auteur_.)
-
-_Auteurs_ cits (Liste des), _a_, LXV.
- --pourquoi donne, _a_, LXI.
-
-_Autour_, a trois serceaux, _b_, 90.
- --A quoi il vole, 310, 321, 322, 324.
- --Comment nourri, 322.
- --baign, _ib._
- --mu, _ib._
- --p, _ib._
- --rclam et veill, _ib._
-
-_Autourserie_, _b_, 319.
-
-_Auvergne_, _b_, 53.
-
-AUVERGNE (Le comte-dauphin d'), _a_, LXXXI.
-
-_Auxerre_, _b_, 296.
-
-_Avarice_, _a_, 44; _b_, 12.
-
-_Avelaines_ ou _avelines_, _b_, 107.
- --(Breuvage d'), _b_, 271.
-
-_Avillon_, _b_, 294.
-
-_Avignon_, _a_, XXI, LXXXI, 183; _b_, 46.
- --(Laitues d'), _b_, 46.
-
-_Avives_, _b_, 78.
-
-_Avocat_ notable, adultre _a_, 185.
- --du roi, _b_, 104.
- --Sa place table, _b_, 106.
-
-AYALA (Pedro Lopez de), cit, _b_, 323, 324.
- --Dtails sur lui, _a_, LXVI.
-
-_Azincourt_ (Regnault d'), _a_, XXIX.
-
-
-B
-
-_B_ (Manuscrit), _a_, LV.
-
-_Baciner_, expliqu, _b_, 179.
-
-_Baconner_, _b_, 198.
-
-_Baguette_ plie en faisant amende, _b_, 120.
-
-_Baignoire_, _b_, 129.
-
-_Baillemens_ de l'oiseau, _b_, 325.
-
-_Bailly_ de Tournay, _a_, LXXIX, 139.
-
-_Bain_ de l'autour, _b_, 322.
- --de l'pervier, _b_, 298.
-
-_Baisers_ (Usage de donner des), _a_, LXXVII.
-
-_Baisser_, expl., _b_, 323.
-
-_Baitte_ (poisson), _b_, 203.
-
-_Balai_, _b_, 106, 111.
- --derrire une porte, _a_, 146.
- --Effet qu'il produit aux femmes, 147.
- --V. _Balay_.
-
-BALAM, _a_, 87, 88.
-
-_Balay_ (queue), _b_, 290, 294.
- --A quoi sert, _b_, 302.
- --(Mercqs du), _b_, 291.
- --rompu, _b_, 303.
- V. _Queue_.
-
-_Balayer_ la maison, _b_, 61.
-
-BALBI (Jean), _a_, 89.
-
-_Baleine_, _b_, 200.
-
-BALSAC (Pierre de), _b_, 255.
-
-_Bancs_ des glises, _a_, 15.
-
-_Banquiers_ (housses), _b_, 61.
-
-_Bar_ (poisson), _b_, 91, 101, 187.
-
-_Bar-sur-Aube_, _a_, 153.
-
-_Barat_ (Description de), _b_, 24.
-
-_Barbarin_, _b_, 204.
-
-_Barbelet_, _b_, 187.
-
-BARBIER (Colin, le), _b_, 119, 120.
-
-_Barbillons_, _b_, 187.
-
-_Barbillons_ de flche, _b_, 258.
-
-_Barbotte_, _b_, 267.
-
-_Barbue_, _b_, 203.
-
-_Barguaign_ (Cheval), achet dans quel cas, _b_, 76.
-
-BARON (M.), _a_, LXXIV.
-
-BARROIS (M.), _a_, LII.
-
-_Barte_, _b_, 203.
-
-_Bas_ (Mettre au), _b_, 314.
-
-_Baseillecoq_, _b_, 46.
-
-_Basilic_, _b_, 46.
-
-BASTIN DE BREBAN, _a_, 237.
-
-_Bateaux_, expliqu, _a_, 147.
-
-_Batterie_ de cuisine, _a_, XLI; _b_, 115.
-
-_Batteurs_ en grange, _b_, 54, 56.
-
-BAUX (Guillaume des), _a_, XLI.
-
-BAUYN, _a_, LXIX.
-
-_Bavards_, _a_, 178.
- --compars aux ptrins et aux battes d'un moulin, _a_, 48.
-
-_Bayens_, expliqu, _b_, 135, 139.
-
-_Beaucamp_, _a_, LXXX.
-
-_Beauce_, _b_, 144.
-
-_Beaune_ (Vin de), _b_, 38, 273.
-
-_Beaut_ (Concierge de), _a_, 174.
-
-_Beauvais_ (Htel de), o situ, _a_, LXXXV; _b_, 116, 123.
-
-_Beauvais_ (Terre de), _b_, 251, 252.
-
-_Bcasse._ V. _Videcoq_.
-
-_Bcuit_, _b_, 102.
- --de brochereaux, _b_, 103.
- --de brochets et d'anguilles, _b_, 190.
-
-_Bguines_ (Sur les), _b_, 57.
-
-_Beignets._ V. _Bigns_ et _Buignets_.
-
-BELLAY (Agns du), _a_, 151.
-
-BELON, cit, _b_, 194, 195, 197, 198, 200, 203, 204, 205, 206.
-
-_Bndiction_ du lit nuptial, _a_, LXXXVI; _b_, 118.
-
-BENOISTON DE CHATEAUNEUF, cit, _a_, XLVI.
-
-_Berger_ de l'auteur (Robin le), _b_, 62.
-
-_Bergers_ savent o est le gibier, _b_, 301.
- V. _Calendrier_.
-
-BERNARD DE MONTLHRY, _b_, 119, 120.
-
-BERRY (le duc de), cit, _a_, LXXXIII, 93, 94, 95, 173; _b_, 46, 53, 254.
- --Rissoles faites chez lui, _b_, 226.
- --Sa consommation, _a_, XLV, _b_, 85.
- --Sa dpense en 1373, _a_, LXV (la duchesse en payoit sa part, _ib._).
- --Sa position Paris, _a_, LVI.
-
-BERTRAN le vieil (Le philosophe), cit, _b_, 58.
-
-BESCHIR (L'mir). Ses oiseaux, _a_, LI.
-
-_Bsiers_, cit, _b_, 132, 182, 203, 248.
- --(Eau de) _b_, 135.
-
-_Besogne_ diviser entre les domestiques, _b_, 61.
-
-_Btes_ affourages la nuit, _b_, 71.
- --noires, quand chasses, _b_, 157.
- V. _Sangliers_.
- --sauvages s'apprivoisent, _a_, 95, 144.
-
-_Bettes_, _b_, 44, 49, 137, 140.
-
-_Beurre._ Comment le dssaller, _b_, 266.
- --sal chasse les mouches des chevaux, _b_, 266.
-
-_Beuvrage_ d'eau rousse d'un chapon, _b_, 240.
- V. _Buvrage_.
-
-_Beyrouth_, _a_, LI.
-
-BEZU-LE-LONG (Armes de), _a_, LVIII.
-
-_Bible._ L'auteur l'avoit et la faisoit lire sa femme, _a_, 62.
-
-_Bibliophiles._ V. _Socit_.
-
-_Bibliothque_ de Charles V, _a_, XVIII.
- --de l'auteur du _Mnagier_, _a_, XXVI.
-
-_Bibliothque des threuticographes_, _a_, LXVI.
- --_historique de la France_, _a_, LXV.
- --_protypographique_, _a_, LII.
-
-_Bictre_ (Chteau de), _a_, 173.
-
-_Bichot_, _b_, 155.
- --sauvage, _b_, 158.
-
-_Bierre_ (Levure de), _b_, 239.
-
-BIGNE (Gaces de la). V. _Bugne_.
-
-_Bigns_, _b_, 102.
- --de mouelle de boeuf, _b_, 93, 95.
-
-_Blanc_, (monnoie), _b_, 69, 86, 128.
-
-_Blanc-mengier_, _b_, 165.
- --(Chaudeau faire le), _b_, 109.
- --(pices pour le), _b_, 122.
- --par, _b_, 93.
- --parti, _b_, 95, 96.
- --(Veau pour le), _b_, 121.
- --(Volaille pour le), _b_, 119.
-
-BLANCHE DE NAVARRE, reine de France, _a_, 148.
-
-BLANCHET (Louis), _a_, LXXXV.
-
-_Blanchets_, _a_, 13, 171.
-
-BLAZE (M. Elzear), _a_, LXXII.
-
-_Bl_, par qui achet pour le roi, _b_, 114.
- --(Prix du), _a_, XXXI.
- Vertjus de bl vert, _b_, 229.
-
-_Bloc_, expl., _b_, 289.
-
-_Blois_ (Dame de) trs-pudique, _a_, LXXVIII.
-
-_Bloqueaux_, _a_, 172.
-
-BOCCACE, _a_, 99.
-
-_Bochet_ (tisanne), _b_, 238.
- --de quatre ans de garde, _b_, 239.
- --pour les domestiques, _b_, 240.
-
-_Bockede_, _a_, LVIII.
-
-_Boeuf_, _b_, 62.
- --(Allouyaux de), _b_, 177.
- --amens de Savoie Paris, _a_, XLVI.
- --mang comme ours, _b_, 155, 179.
- --(Conditions du), _b_, 72.
- --consomms Paris, _a_, XLIII, XLVI; _b_, 82, 83, 84, 85.
- --(Cuir de), _b_, 82.
- --(Division du) par les bouchers, _b_, 86, 87, 130, 131, etc.
- --(Langues de), _b_, 133, 177.
- --(Mouelle de), en past, _b_, 223.
- --(Noyau de), _b_, 133, en past, _b_, 186.
- --(Prix du), _b_, 132.
- --(Rouille de), _b_, 163.
- --sal, _b_, 130, 133.
- --(Saulce pour le), _b_, 131.
- --(Trumel de), _b_, 231.
-
-BOILEAU, _a_, XXXVIII.
-
-_Bonbons_ (pices de chambre), _b_, 122.
-
-_Bondonnail_, _b_, 68.
-
-BONFONS (Jean). Quand lui et sa veuve imprimrent, _a_, XXXIII.
- --Nicolas, _ib._
-
-_Bonne-dame_, _b_, 47.
-
-BONNEFONS (Nic. de), cit, _b_, 105.
-
-_Bonnes gens_ (Qui a affaire ), il se repose, (proverbe) _b_, 56.
-
-_Borde-le-Vicomte_ (La), _a_, LXXX.
-
-BOREL D'HAUTERIVE (M.), _a_, LXIII.
-
-BOS (Tristan du), _a_, LXXIX.
-
-_Bouche_, porte du corps, _a_, 60.
- --Pourquoi nous n'en avons qu'une, _ib._
-
-BOUCHER d'Argis, _a_, LXXVI.
-
-_Bouchers_, _a_, 54.
- -- Paris, _b_, 80.
- --Ce qu'ils fournissent un repas de noces, _b_, 109, 121.
- --Comment dfont un boeuf, _b_, 130.
- --Comment ils exeroient leur profession, _b_, 82.
- --Leurs richesses, _b_, 82.
-
-_Bouchre_ (Luxe d'une riche), _b_, 82.
-
-_Boucheries_ de Paris. Remarques sur elles, _a_, XLIV; _b_, 80.
- --de Saint-Benot, _a_, XLIV.
- --de Saint-loy, _a_, XLIV et _b_, 84.
- --du Roi, _b_, 85.
- (La grande), _a_, XLVI; _b_, 80.
-
-BOUCHET (Guill.), _a_, LXVI.
- --cit, _b_, 307, 321.
-
-BOUCICAUT, _a_, 148.
-
-_Boudins_, _b_, 91, 92, 125, 128.
- --de foie, 126.
- --d'oie, _ib._
-
-_Boueil_, _b_, 293.
- V. _Brayer_.
-
-_Bougie._ Son prix, _b_, 112.
-
-_Bougon_, expl., _b_, 311.
-
-_Bouilli lard_, _b_, 92, 93, etc. et 153.
- --au verjus, _b_, 96.
- --aux espices et aux soupes, _b_, 156.
- --de brochets et d'anguilles, _b_, 96, 103.
- --de chevrel, _b_, 96.
- --de venoison frache, _b_, 121.
-
-_Bouillie_ (Recette pour la), _b_, 176.
-
-_Bouillon._ Quel est le meilleur, _b_, 86, 88.
- --(tisanne), _b_, 238.
- V. _Chaudeau_ et _Eau_.
-
-_Boujon_, _b_, 311.
-
-_Boulanger_, _b_, 54, 56, 109.
- --de Montmorency, _a_, 161.
-
-_Boulogne_, _a_, LXXXI.
-
-_Boulogne_ la Grasse, _a_, 110, 113.
-
-_Bourbelier_ de sanglier, _b_, 157, 179, 236.
-
-_Bourberel_ de sanglier, _b_, 236.
-
-BOURBON (Louis duc de). Sa consommation, _b_, 86.
- V. CHARLES.
-
-_Bourbotte_ (poisson), _b_, 267.
-
-_Bourgage_, expliqu, _a_, 140.
-
-_Bourgeois_ avoient droit de chasse et chassoient
- l'oiseau, _a_, XLVIII et suiv.
- --de Paris, arrts, _a_, 136.
- --(Queux d'un), _b_, 269.
-
-_Bourgeoise_ de Paris sauve son mari, _a_, 135.
-
-_Bourgeoisie_ parisienne au XIVe sicle, _a_, XXV.
-
-_Bourges_, _a_, 94.
-
-BOURGOGNE (Le duc de), _a_, LXVI; _b_, 253, 254.
- --Sa consommation, _b_, 86.
- --(Marguerite de), _b_, 254.
-
-_Bourgogne_ (Vin de), _b_, 38.
-
-_Bourgon_ de vigne (Vertjus de), _b_, 229.
-
-_Bourguignon_ (Parti) Paris, _a_, LVI, LVII.
-
-_Bourrache_, _b_, 47.
-
-_Bourre_ la galantine chaude, _b_, 94.
- -- la sausse chaude, _b_, 91, 92, 93, 97, etc.
- --faite avec des lamproies? _b_, 92, 95.
-
-_Boussac_ de connins, _b_, 152, 153.
- --de livre, _b_, 153.
-
-_Boutehors_, _a_, XLIII; _b_, 95, 103, 107, 108.
-
-_Bouteille_ en terre, _b_, 252.
-
-BOUTELIER (Jehan), _a_, 139.
-
-_Boutonner_, expliqu, _b_, 88.
-
-_Bouvier_ (Josson le), _b_, 62.
-
-_Boyaux_ de porc. Comment lavs, _b_, 126.
-
-BRABANT (Le duc de), _b_, 254.
-
-_Brabant_ (Oiseaux en), _b_, 323.
-
-BRAGELONGNE (Le ch. de), _b_, 83.
-
-_Bran_, _b_, 76.
-
-_Branchier_ (pervier), _b_, 314.
-
-_Braons_, expl., _b_, 149, 165, 213.
-
-_Brayer_, _b_, 190, 293, 313.
- --(Avantage pour le), _b_, 152.
-
-_Brayeul_, _b_, 293.
-
-_Brenne_, _b_, 79.
-
-_Bresmes_, _b_, 187, 203.
- --au vertjus, _b_, 97.
- --en rost, _b_, 94, 98, etc.
-
-BRETEZ (L.), _a_, LXXIII.
-
-_Brette._ Ce que c'est et comment apprte, _b_, 194.
-
-BREUL (J. du), _a_, LXVII; _b_, 80.
-
-_Breuvage._ V. _Beuvrage_ et _Buvrage_.
-
-_Bric_, (jeu), _a_, 71, 72.
-
-_Brie_ en 1358, _a_, LXXX, 148, 149.
-
-_Brochereaux_, _b_, 100.
-
-_Brochets_, _b_, 160, 232.
- --au romarin, _b_, 277.
- --(Chaudum d'un), _b_, 173.
- --laits et oeuvs, _b_, 88, 188.
-
-_Brochetons_ un rebouly, _b_, 100.
-
-_Brochier_ (brochet?), _b_, 232.
-
-_Broderie_, _b_, 118.
-
-BRONGNIART (M. Adolphe), _b_, 258.
-
-_Brouet_ blanc, _b_, 165, 173.
- --blanc de connins, _b_, 95.
- --blanc sur perches, _b_, 103.
- --camelin de chair, _b_, 93, 95.
- --d'Alemaigne, _b_, 93, 98, 165, 172, 276.
- --d'amandes, _b_, 96, 103.
- --d'Angleterre, _b_, 157, 166, 276.
- --d'anguilles, _b_, 92.
- --d'anguilles, verd, _b_, 94, 97.
- --de cannelle, _b_, 94, 97, 163.
- --de chapons, _b_, 149.
- --de fleur de pcher, _b_, 276.
- --de fressure de porc, _b_, 158.
- --de Savoie, _b_, 99, 166.
- --de vertjus et de poulaille, _b_, 100, 167.
- --georgi, _b_, 97, 98, 163, 164.
- --houssi, _b_, 95, 163.
- --jaunet, _b_, 99.
- --larde d'anguilles renversces, _a_, LXXXIV, _b_, 99.
- --rousset, _b_, 165.
- --Sarrasinois, _b_, 172.
- --vergay, _b_, 167.
- --vergay d'anguilles, _b_, 171.
- --vert d'oeufs et de fromage, _b_, 172.
-
-_Brouetiers_, _b_, 53.
-
-_Brueil_, expl., _b_, 293.
-
-_Bruges_ (Inventaire de), _a_, LIII.
- --(Oiseaux de proie ), _b_, 323.
-
-_Brulis_, _b_, 198.
-
-_Brulliau_, _b_, 198.
-
-BRUN (Anthoine), _a_, 137.
- --(Colin), _ib._
-
-BRUNET (M.), cit, _a_, LXXIV _et passim_.
-
-_Bruxelles_ (Inventaire de), _a_, LIII.
-
-BRUYANT (Jean), _b_, 3, 4.
-
-BRYANT (Jean), _b_, 3, 4.
-
-_Buche_ achete, _b_, 114.
-
-BUCHON, _a_, 94.
-
-BUD (Jean), _a_, LXVIII.
-
-BUFFON, _b_, 323.
-
-BUGNE (Gaces de la), _a_, LXIX.
- --cit, _a_, XLIX, L; _b_, 186, 280, 284, 296, 309, 321, 324.
-
-_Buignets_ de mouelle, _b_, 224.
- --d'oeuves de lus, _b_, 229.
-
-_Buissons_ dangereux pour l'pervier, _b_, 302.
-
-_Buletel_, _b_, 136.
-
-BULLET, cit, _a_, 92.
-
-BUREAU (Pierre), _a_, 174.
-
-_Bureaux_ de placement, _b_, 58.
-
-_Burgos_, _a_, LXVI.
-
-BURON, _a_, LXX.
-
-_Butors_, _b_, 99.
- --rtis, _b_, 181.
-
-_Buvrage_ d'avelines, _b_, 271.
- --de lait d'amandes, _b_, 241.
- --de noisettes, _b_, 240.
- --pour malades, _b_, 237.
-
-
-C
-
-_C_ (Manuscrit), _a_, LII, LVII.
-
-_Cabillau._ V. _Cableaux_.
-
-_Cabinet gnalogique._ Ce que c'est, _a_, LXXV.
-
-_Cableaux_, _b_, 195.
-
-CABOCHE, _b_, 84.
-
-CACCON, _a_, 70.
-
-_Cages_ chez diverses personnes, _b_, 253.
-
-_Cailles_ (Chasse aux), _b_, 308, 310.
- --en past, _b_, 186.
- --(Vol aux), _b_, 280.
-
-_Caillette_ de mouton, _b_, 128 et 129.
- --de veau, _ib._
-
-_Calais_, _a_, 149.
-
-_Calendrier des bergers_, _a_, LXVII, 29; _b_, 223.
-
-_Calimafre_, ou saulce paresseuse, _b_, 233.
-
-_Cambos_, _b_, 263.
-
-_Cambray_ (Trait de), _a_, 139.
-
-_Camelot_, _b_, 66.
-
-_Campagne_ (Vie la), _b_, 62.
-
-_Cameline_, _b_, 175, 177, 178, 179, 180.
- --achete au saussier, _b_, 111, 122.
- --de Tournay, d'hiver et d't, _b_, 230.
- V. _Aulx_.
-
-_Canards_, _b_, 89. V. _Mallars_.
-
-_Canets_, _b_, 236.
- --en grav, _b_, 121.
-
-_Canelle_ battue, _b_, 111.
- --trie la dent, _b_, 248.
-
-CANGE (Ch. du Fresne, sieur du). Objections ce
- grand homme. V. _Coretum_, _Enfeutrure_, _Milion_.
- --cit, _passim_.
-
-CANTAMUS, roi de Hongrie (ou plutt des Abares), _a_, 68.
-
-_Caordes_, _b_, 273.
-
-_Carcassonne_, _b_, 248.
-
-_Cardamomon_, _b_, 68, 111.
-
-_Carpe_, _b_, 88, 91, 99; _b_, 188, 189.
- -- l'estouffe, _b_, 189.
- --Comment l'apprter, _b_, 189.
- --de Marne, _faudisse_, _b_, 107.
- --en galentine, _b_, 233.
- --plus cuite en Allemagne qu'en France, _b_, 189.
- --porte vive, _b_, 90.
- --Quelle est la bonne, _b_, 90.
- --Sa tte, _b_, 90.
-
-_Carrelets_, _b_, 171, 202, 204.
-
-_Carrottes._ V. _Garroites_.
-
-_Cartes_ jouer, _a_, XXX, 71, 72.
-
-_Carvi_, _b_, 245.
-
-_Cassemuseaux_, _a_, XXXIX.
-
-CATAFAGO (M.), _a_, LI.
-
-_Catholicon_, _a_, 89.
-
-_Caution_ (Accuss largis sous), 233.
-
-_Cayeux_, _b_, 205.
-
-_Cdre_ alixandre ou vermeil, ou dont l'on fait
- manches couteaux, _b_, 154, 246.
-
-_Cdule_, _b_, 252.
-
-_Celle_ (La), _a_, 149.
-
-_Cendail_, _b_, 118.
-
-_Cerceaux_ (plumes), _b_, 90. V. _Serceaux_.
-
-_Cercelles_, _b_, 311.
-
-_Cerf._ Chass quand, _b_, 156.
- --(Cimier du), _b_, 87, 264.
- --Comment dfait et mang, _b_, 156, 157.
- --(Couart du), _b_, 87.
- --(Hampe du), _b_, 87.
- --(Menus droits de), _b_, 156.
- --(Poison pour le), _b_, 258.
- --(Quoier du), _b_, 87.
- --Sa tte et son pied donns aux seigneurs, _b_, 157.
- --(Seymier de), _b_, 264.
- --(Venaison de), _b_, 154.
-
-_Cerises_, _b_, 53.
- --On n'en trouve pas en mai, _b_, 108.
-
-_Cerisier_ ent sur vigne, _b_, 51.
-
-_Cervaisons._ Quand commencent, _b_, 156.
-
-_Cervoise_ (Leveon de), (levure de bierre), _b_, 239.
-
-CERXS (Le philosophe), _a_, 68.
-
-CESSOLES (J. de), _a_, 68.
-
-_Cet an._ Que signifie cette expression, _a_, XXXIII.
-
-CHABANNES, _a_, 151.
-
-_Chace dou cerf_, cite, _b_, 157.
-
-_Chair_ (Grosse), (boeuf et mouton), _b_, 91, 92, 93.
- --lave, donne l'oiseau, _b_, 297, 323.
-
-_Chaleur_ (Effet de la) sur l'pervier, _b_, 305.
-
-_Chamberires._ Les veiller de prs, _b_, 74.
- --Long article sur elles, _b_, 56.
- --peuvent supplanter la femme, _a_, 130.
-
-_Chambre_ arrose, _a_, 174.
- --balaye, _b_, 61.
- --(Btes de), _b_, 62.
- --dmeuble n'a pas de mouches, _a_, 174.
- --de parement, _b_, 107.
-
-CHAMPAGNE (Armes de), _a_, LVIII.
-
-_Champagne_, _a_, 149.
-
-CHAMPIER (Bruyre), _a_, LXVII, _b_, 206.
-
-_Champignons_, _b_, 185.
-
-CHAMPFLORY (Jeanne de), _a_, LXXVII.
-
-CHAMPOLLION (M. Aim), _a_, LXVII, LXXXII; _b_, 254.
-
-_Champs_ (Vol pour), _b_, 301.
-
-_Chandelier_ platine, _b_, 71.
-
-_Chandeliers_ (marchands), _b_, 56.
-
-_Chandelle_ (Recette pour la), _b_, 56, 259.
- --Comment l'teindre, _b_, 71.
-
-_Chanlatte_, expl., _b_, 313.
-
-_Chansons_, _a_, XXXIX, 72.
- --sur Aubriot, _a_, LXXXVII; _b_, 253.
-
-CHANTEPIE, _a_, LXX.
-
-_Chanter_, _b_, 108.
-
-_Chaons_, expl., _b_, 154, 206.
-
-_Chapeaux_ (de fleurs), _b_, 113, 114, 116, 118, 122.
-
-_Chapellerie_ (fleurs), _b_, 115.
-
-_Chapelire_ (marchande de fleurs), _b_, 118, 123.
-
-_Chaperon_, _a_, 14, 15.
-
-_Chapons_, _b_, 91, 92, 94 etc., 165.
- -- la calimafre, _b_, 234.
- -- la dodine, _b_, 93, 94, etc.
- -- la saulce briefve, _b_, 235.
- --au blanc manger, _b_, 108.
- --aux herbes, _b_, 100, 150.
- --(Brouet de), _b_, 149.
- --Comment _pousss_, _b_, 232.
- --Comment tus et attendris, _b_, 89, 150.
- --(Consomm de), _b_, 240.
- --de haute graisse, _b_, 271.
- --entiers en un blanc brouet, _b_, 101.
- --faisands, _b_, 89, 150.
- --(Hardouil de), _b_, 162.
- --(Jugiers de), _b_, 121.
- --plerins, _b_, 99.
- --(Prix des), _b_, 110, 119.
- --rosti, _b_, 180;
- quelle sauce, _b_, 232.
- --(Saulce pour un), _b_, 237.
-
-_Chapp_, expl., _b_, 294.
-
-_Charbon_, _b_, 114.
- --Son prix, 113.
-
-_Charcois_, _b_, 170, 213, 306.
-
-_Chardonnerels_, _b_, 256.
-
-CHARLES V, cit, _a_, LXVI, LXVIII, 148; _b_, 84, 109, 324.
- --donne un htel Aubriot, _b_, 254.
- --Remarques sur son rgne, _a_, XVII.
-
-CHARLES VI, entre Paris en 1383, _a_, 136.
- --Son ordonnance sur la chasse, _a_, XLVIII.
- --son sjour Rouen, _a_, 135.
-
-CHARLES II, roi de Navarre, _a_, LXXIV.
-
-CHARLES, cardinal de Bourbon, _b_, 116.
-
-CHARLOT (Cage de), _b_, 255.
-
-_Charnage_, expl., _b_, 140.
-
-_Charnalit_, _a_, 40.
-
-_Charnier_ des perviers, _b_, 284.
-
-_Charnier_ (ongle), _b_, 294.
-
-CHARNY (Jacqueline de), _a_, 14.
-
-_Charquois_, expl., _b_, 170, 213, 306.
-
-_Charre_, _b_, 263.
-
-_Charrons_, _b_, 56.
-
-_Chartiers_, _b_, 57, 62.
-
-_Chasse_ (Ordonnance de 1397 sur la), _a_, XLVIII.
- V. _Aot_, _Arbalestre_, _Arc_, _Cailles_, _Livre_,
- _Perdrix_, _Septembre_.
-
-_Chasse_ l'pervier. Comment et par qui pratique au
- XIVe sicle, _a_, XLVIII, XLIX, L.
- --Sa dure, _b_, 280.
- --en Orient, _a_, LI; _b_, 321.
- --(Partie de), _a_, L.
- --(Trait de la), _b_, 279.
- V. _Esprevier_ et _Fauconnerie_.
-
-_Chastaignes_, _b_, 259.
- --avec venaison, _b_, 130.
- --en rissoles, _b_, 225.
-
-_Chasteau de labour_, _b_, 4, 36.
-
-_Chastelet_ ou _Chastelier_ en Brie, _a_, 149.
-
-_Chastelet_ (Place du), _b_, 80.
- --(Prisons du), _b_, 116.
-
-CHASTELLUX (Seigneurs de), _b_, 296.
-
-_Chastelongnes_ sales, _b_, 100.
-
-_Chastet_, _a_, 60.
-
-_Chateingnes_, _b_, 130, 225, 259.
-
-_Chats_, dangereux pour l'pervier, _b_, 286, 291.
-
-_Chauchier_, expl. _b_, 308.
-
-_Chaudeau_ flament, _b_, 241. V. _Bouillon_.
-
-_Chaudires_, _b_, 115, 123.
-
-_Chaudume_, _b_, 102, etc.
- --de beschets, _b_, 101.
- --d'un brochet, _b_, 173.
- --(Limats au), _a_, XXXIX.
- --pour poisson d'eau douce, _b_, 232.
-
-_Chaudun._ Ce que c'est, _b_, 128.
- --de pourceau, _b_, 160, 228.
- --vendu dans les rues, _b_, 161.
-
-_Chaumont-en-Bassigny_, _a_, 153.
-
-_Chausses_, _a_, 169, 238, 239.
-
-CHAUVERON (Audouin), _a_, 136; _b_, 104.
-
-_Chemin de pauvret et de richesse_, _b_, 4.
-
-_Chemin_ ferr, _b_, 35.
-
-_Chemine_ fumeuse quivaut femme rioteuse, _a_, 169, 171.
-
-_Chemise_, _a_, 13, 14.
- --jete sur la chandelle, _b_, 71.
-
-_Chne._ V. _Chesne_.
-
-_Chenilles._ Comment tues, _b_, 50.
-
-_Chre_ (apparence), du cheval, _b_, 74.
-
-_Chervis_, _b_, 228.
-
-CHESNE (Jean du), _a_, LXXXV; _b_, 116, 123.
- --Note sur lui, _b_, 116.
-
-_Chesne._ (Plusieurs arbres ents sur un), _b_, 51.
-
-_Cheval_, offert pour une patenostre dite sans distraction, _a_, 21.
- --paissant en gu (proverbe), _b_, 70. V. _Chevaux_.
-
-_Chevalereux_ comte d'ARTOIS, _a_, LXVII; _b_, 118.
-
-_Chevalier_ de la Tour, _a_, LXVII, 7, 240; _b_, 60.
-
-_Chevaliers_ peu riches chassent l'pervier, _a_, XLIX.
- --avec des bourgeois, L.
- --Queux des simples chevaliers, _b_, 269.
-
-_Chevaux_, _b_, 62.
- --(Achat de), _b_, 72.
- --(Age des), _b_, 73.
- --Leurs conditions, _b_, 72.
- --L'pervier s'y habitue, _b_, 300.
- --de l'espreveteur, _b_, 280, 284.
- --frotts de graisse sale pour les mouches, _b_, 266.
- --(Maladies des), _b_, 73 et suiv.
- --Soins eux donns, _a_, 175.
-
-_Chevreaux_, _b_, 101, 108, 155, 221, 227.
- --consomms par le roi, etc., _b_, 85.
- --(Fressure de), _b_, 228.
- --Leur prix, _b_, 110.
- --rostis, _b_, 179.
-
-_Chevrel_. V. _Chevreau_.
-
-_Chevrel_ sauvage (chevreuil), au boussac, _b_, 155.
- --chass l'oiseau, _b_, 321.
-
-_Chien_. Aime son matre, _a_, 92.
- --Comment soign, _a_, 175.
- --de Niort, _a_, 93.
- --enrag, _b_, 259.
- --tranges, dangereux pour l'oiseau, _b_, 301.
- --petits, _b_, 62.
-
-_Chiens espagnols_ (Choix et ducation des), _b_, 281, 282.
- --L'pervier s'y habitue, _b_, 300.
- --ncessaires l'preveteur, _b_, 280.
- --L'pervier se perche sur eux, _b_, 296.
- --placs prs de l'oiseau, _b_, 289.
- --leur qute, _b_, 306, 307.
-
-_Chien_ de mer, _b_, 195. V. _Brette_.
- --(Foie de) en pt, _ib._
-
-_Chinon_, _a_, 174.
-
-_Chisay_ (Combat de), _a_, 94.
-
-_Chitron_ (citron confit), _b_, 112, 122.
-
-_Chos_, _b_, 267.
- --(Volaux), _b_, 311.
-
-_Choses_ (Menues), qui ne dsirent pas de chapitre, _b_, 262.
- --qui ne sont de ncessit, _b_, 243.
-
-_Choucas_, _b_, 267.
-
-_Choulx_, _b_, 44, 48, 50, 142.
- --avec lard, pigeons, etc., _b_, 144.
- --blancs, 48, 143.
- --cabus, 48, 98.
- --Comment cuits, _b_, 144.
- --Maistre Rn, _a_, XXXIX.
- --Les meilleurs, _b_, 142.
- --pasquers, _b_, 49, 143.
- --(Plantation des), _b_, 143.
- --(Pommesde), _b_, 48, 49, 143.
- --romains, _b_, 48, 143.
-
-_Choysne_, _a_, XXXIX.
-
-CHRISTINE DE PISAN, _a_, LXVII, LXXXIII, 186; _b_, 147.
-
-_Chroniques_ de Saint-Denis, _a_, LXVII, LXXXI, 148; _b_, 253.
-
-_Cidre._ V. _Pommes_ (Breuvage de).
-
-_Cigne_, _a_, LXXXIV; _b_, 99, 101.
- --Comment tu, _b_, 184.
- --revestu, _b_, 184.
- --rosti, 183, 184.
- --servi en entremets, _a_, XLII; _b_, 184.
-
-_Cigoigne_ rostie, _b_, 181.
-
-CIGONGNE (M. A.), _a_, XXXIX.
-
-_Ciller_, expliqu, _b_, 315.
-
-_Cimier_ du cerf; _b_, 87, 129, 156, 157, 264.
-
-_Cincenelles_, _a_, 172.
-
-_Cincenellier_, _a_, 172.
-
-_Cine_, _a_, LXXXIV. V. _Cigne_.
-
-_Cire._ Son prix, _b_, 112, 122.
-
-_Cirier_, _b_, 122.
-
-_Citoual_, _b_, 112, 219.
-
-_Citron_, _b_, 112, 122.
-
-_Civ_, _a_, LXXXIV; _b_, 153.
- --de connins, _b_, 96, 169.
- --de livre, _b_, 91, 92, 94, etc., 119, 169.
- --de moules, _b_, 277.
- --de veel, 95, 119, 168.
- --d'oestres (hutres) noir, _b_, 96, 103.
- --d'oeufs, _b_, 174:
- fris, 277.
- --d'ottres, _b_, 99, 102, 174, 277.
- --Saison des civs, _b_, 242.
-
-_Clar_ ou _Clairet_, _b_, 99, 101.
-
-_Clmence_ d'un mari, _a_, 182.
-
-_Clerc_ ou varlet charg d'acheter certaines choses, _b_, 114.
- --mari, _b_, 119.
-
-CLERE (Le sire de), _a_, LXXXI.
-
-CLINCHAMP, _a_, LXX.
-
-CLISSON (Olivier de), _b_, 321.
-
-_Clotet_, _b_, 286.
-
-_Clou_ de girofle, _b_, 111.
-
-_Cochon_, _b_, 62.
- --en tarte, _b_, 217.
- --farci, _b_, 99, 225.
- --maigre, 110, 121.
- --pour la gele, _b_, 220.
- --Son prix, _b_, 220.
- --rosti, _b_, 178. V. _Porc_.
-
-_Coeur_ (Matriser son), _a_, 177.
- --(Proverbe sur le), _b_, 15.
-
-_Coeurs_ dans le plumage de l'pervier, _b_, 293.
-
-_Coiffes_, _a_, 14, 15.
-
-_Coin_ borgne, _b_, 52.
-
-_Coings_ confits, _b_, 247.
-
-COLBERT (J. B.), _a_, LXVIII, LXXI.
-
-_Comin._ V. _Cumin_.
-
-_Commande_, expl., _b_, 295, 296, 299.
-
-_Commandemens_ du mari suivre, _a_, 96, 131.
- --sans en demander la cause, 134.
-
-_Commre_ bavarde, _a_, 180.
-
-_Commine_, _b_, 100.
- --de poulaille, _b_, 161.
- --de poisson, _b_, 162.
-
-_Compigne_, _b_, 249.
-
-_Compostes_, _b_, 243.
- --avec drages, _b_, 107.
-
-COMTE (Aymery), _b_, 119.
-
-_Concierges_ louoient les htels, _b_, 116.
- --de l'htel de Beauvais, _b_, 123.
-
-_Condoignac_, _b_, 247.
-
-_Confession_, _a_, 23, 31.
-
-_Confiegs_, _b_, 122.
-
-_Confitures_, _b_, 244, 245.
- --de noix, _b_, 247.
-
-_Congres_, _b_, 97, 102, 197.
-
-_Conjuration_ contre avives et farcin, _b_, 78.
- --c. la rage, _b_, 259.
-
-_Connins_ (Age des), _b_, 152.
- --(Boussac de), _b_, 152.
- --consomms par le duc de Berry, _b_, 85.
- --Les connotre, _b_, 88, 152.
- --gras et tendres, _b_, 88.
- --rostis, _b_, 91, 92, etc. 179.
- --(Saison des), _b_, 271.
- --(Sauce pour), _b_, 236.
- --(Saupiquet pour), _b_, 233.
- --vols par le lanier, _b_, 324.
-
-_Conseil_ de la boucherie, _b_, 81.
- --de Mellibe, _a_, 189.
- --du Roi, _b_, 104.
- --Quels sont les bons, _a_, 194, 199.
-
-_Conseillers_ des grands seigneurs, _a_, 199.
-
-_Consommation_ individuelle varie, _a_, XLVI.
- --a baiss depuis 1789, _ib._ V. _Paris_.
-
-_Contrition_, _a_, 21.
-
-_Convoitise_, _b_, 21.
-
-_Coraux_, _b_, 89.
-
-_Corbeil_ (Pain de), _b_, 38, 109.
-
-_Corbeille_ de l'aumne, _b_, 115.
-
-CORBIE (Arnault de), _b_, 104.
-
-_Corbeux_ (Cheval). Comment le dire aux marchands, _b_, 75.
-
-_Cordon_ bleu mis en parallle avec la camisole rouge, _b_, 83.
-
-_Cordonniers_, _b_, 54, 56.
-
-_Coretum_, mot cru fautif, dans Du Cange, _b_, 295.
-
-_Coriandre_ sur des plats, _b_, 165, 171.
-
-_Cormorant_ rosti, _b_, 181.
-
-_Corneilles_, _b_, 267.
-
-_Cornillas_, _b_, 267.
-
-_Corps_ de derrire (du boeuf), _b_, 131.
- --de devant, _ib._
-
-_Corrections et additions_, _a_, LXXVII.
-
-CORROZET (G.), _a_, LXVIII, LXXXV; _b_, 80, 113.
-
-_Cost_, _b_, 44.
-
-_Costelettes_ de porc, _b_, 127.
-
-_Coterets_ de Bourgogne, _b_, 113.
-
-_Cotignac_, _b_, 247.
-
-_Coton_ donn l'pervier, _b_, 297.
-
-_Cotte_, _a_, 13, 14.
-
-_Couart_ du cerf, _b_, 87.
-
-_Coucher_ des domestiques, _b_, 71.
-
-COUCY (Le Sire de), _a_, LXXXI.
-
-_Couleur._ Comment la faire revenir, _b_, 66.
-
-_Coulis_ d'crevisses, perches, etc., _b_, 242.
- --d'un poulet, _b_, 242.
-
-_Coulombin_ (Gingembre), _b_, 230.
-
-_Coulons_ ramiers, _b_, 89, 133, 182.
- --Comment connatre leur ge et les manger, _b_, 182.
- --de deux espces Bziers, _ib._
- --(Saupiquet pour), _b_, 223.
- --vieux en hochepot, _b_, 163.
-
-_Couloueres_, _a_, XLI; _b_, 114, 115, 123.
-
-_Couper_ verdures (Quand), _b_, 43.
-
-_Courbes_ du cheval, _b_, 73.
-
-_Courges_, _b_, 47.
- --Comment cuites, _b_, 148.
- --confites, _b_, 245.
-
-COURMONT (M. de), _a_, XXI.
-
-_Couronn_ (Cheval), _b_, 74.
-
-_Couronnelles_ du cheval, _b_, 74.
-
-COURTENAY (Gnalogie de), cite, _a_, 152.
-
-_Cousin_ (insecte), _a_, 172.
-
-_Cousine_ de la femme de l'auteur, peu obissante son mari, _a_, 156.
-
-_Cousteaulx_ (plumes), _b_, 89, 294.
-
-_Couste-pointe_, _a_, 160; _b_, 118.
-
-_Cousturier_, _b_, 54, 56.
- --arrose le drap, _b_, 67, 326.
-
-_Couteaux_ (Manches de), en cdre, _b_, 154, 246. V. _Cousteaux_.
-
-COUVEIGNON (Pierre de), _a_, LXXVII.
-
-_Couvert_ de table au XIVe sicle, _a_, XL.
-
-_Couvert_ (Oiseau qui porte au), _b_, 294, 305, 308.
-
-_Couverte_ (Vol la), _b_, 280.
-
-_Couvertoirs_, _b_, 61.
-
-_Couvrechef_, _a_, 14, 15, 169, 238; _b_, 252.
-
-_Couvrefeu_, heure du souper, _b_, 39.
-
-_Coyer_, _b_, 129.
-
-CRAON (J. de), sr de la Suze, _b_, 99.
-
-_Crapaudine_, _b_, 74.
-
-_Crape_ du cheval, 75, 77.
-
-_Crapeux_ (Cheval), _b_, 74.
-
-_Craspois_, _b_, 102, 103, 136, 200.
-
-_Cranciers_, _b_, 56.
-
-_Crecerelle_ (_quid?_) _b_, 320.
-
-_Crdit_ (Achats ), _b_, 25, 56.
-
-CRESCENS (Pierre de), _a_, LXVIII; _b_, 246.
-
-_Crespes_, _b_, 92, 94, 226.
- -- la guise de Tournay, _b_, 226.
-
-_Crespine_ de porc, _b_, 268.
-
-_Cresson_, _b_, 102, 106.
- --au vinaigre, _b_, 101.
- --(Pore de), _b_, 140.
-
-_Creteil_, _a_, 133.
-
-_Cretonne_, jour de poisson, _b_, 160.
- --de chair, _b_, 93, 97.
- --d'Espaigne, _b_, 95, 98, etc.
- --de pois et fves, _b_, 159.
-
-_Crime_ impuni en appelle d'autres, _a_, 214, 216.
- --rachet, _a_, 215.
-
-_Crotet_, _b_, 286.
-
-_Crottes_, _b_, 93.
-
-_Croutes_ au lait la dodine, _b_, 96.
- --de lait, _b_, 95, 96.
-
-_Cruches_ en terre de Beauvais, _b_, 251.
-
-_Cubbe_, _b_, 112, 219.
-
-_Cueres_ sur l'pervier, _b_, 293.
-
-_Cueret_ (Plumage), _b_, 293.
-
-_Cuevrechief._ V. _Couvrechef_.
-
-_Cuillers_, _b_, 105.
- --d'argent, _a_, XL; _b_, 118.
- --de bois, _b_, 115, 123.
- --de fer, _b_, 115.
- --de fer perce, _b_, 123, V. _Mouelle_.
- --donnes aux mnestrels, _b_, 123.
-
-_Cuisine_ du moyen ge compare la cuisine romaine, _a_, XXXVI.
- --(Ide errone de Lister, sur la), XXXVII.
- --quand simplifie, _ib._
- --modifie au XVIe sicle, _a_, XXXVIII.
- --(Termes gnraux de), _b_, 87, 124.
- --(Trait de), _b_, 124.
-
-_Cuisine_ ntoye, _b_, 69.
- --(Objets ncessaires la), _b_, 114.
- --(Richard de la), _b_, 69.
-
-_Cuisinier._ V. _Queux_.
-
-_Cuisinier franois_, cit, _a_, XXXVIII.
-
-_Cuisses_ de boeuf, _b_, 131.
-
-_Cuisson_ de la carpe, _b_, 88, 189.
-
-_Cumin_, _b_, 161. V. _Commine_.
-
-_Cure_, _b_, 157.
-
-_Cures_. V. _Plumes_.
-
-CUVELIER, _a_, 94.
-
-_Cuviers_, _b_, 106.
-
-_Cygne._ V. _Cigne_.
-
-_Cyros_ (poisson), _b_, 201.
-
-
-D
-
-_Daintiers_, _b_, 87. V. _Deytis_.
-
-_Damas_, _a_, LI.
- --(Drap de), _b_, 66.
- --(Eau rose de), _b_, 252.
-
-_Dames._ (perviers bons pour), _b_, 293.
-
-DAMPIERRE (Aubert de), _a_, 136.
-
-DANIEL (le prophte), _a_, 64, 66.
-
-_Danse_, _a_, 2, 72; _b_, 108.
-
-_Danseurs_, _a_, 77.
-
-_Darioles_, _b_, 93, 94 etc. 121.
- --de cresme, _b_, 94, 95.
- --necessaires un repas de noces, _b_, 108.
-
-_Dattes_, _b_, 107, 112, 225.
-
-DAUVERGNE (Famille), _b_, 83.
-
-_Dbat_ (Reget du) de l'oiseau, _b_, 290. V. _Rebat_.
-
-_Dbats_, naissent de dettes, _b_, 56.
-
-_Dbiteurs_, croient toujours devoir moins, _b_, 56.
-
-_Dbonnairet_, _a_, 56.
-
-_Dception_, _a_, 46.
-
-_Dchauss_ (Mari), au feu, _a_, 168.
-
-_Dcor_, dans le sens de tuer, _b_, 128, 178.
-
-_Dcours_ de la lune, _b_, 43.
-
-_Dfaire_, expliq. _b_, 151.
-
-_Dfenses_ du mari suivre, _a_, 97.
-
-_Dgaster_, expl. _b_, 251.
-
-_Dlices_ de la campagne, cits, _a_, XLII, XLIII; _b_, 88, 105, 130.
-
-_Dli_ sur la pointe (Cheval), _b_, 76.
-
-_Demandes_ d'batement par ds, par rocs et rois, _a_, 7.
- --subtiles, _ib._
-
-_Dents_ (daintiers), _b_, 87, 156.
-
-_Dent_ (Canelle trie la), _b_, 248.
- --du cheval, _b_, 73.
- --(Mal de), _b_, 257.
-
-_Dpense_, crire, _b_, 56. V. _Papier_.
-
-_Ds_ (Jeu des). Usures qui s'y faisoient, _a_, 46.
-
-_Dsafeutr_, expliqu, _b_, 54.
-
-_Dsespration_, _a_, 41.
-
-_Dsespoir_, _a_, 41.
-
-DESMARS (Jean), _a_, 136, LXXXIII, LXXXVI, 136; _b_, 105.
- --(Idete), _a_, LXXXII.
-
-_Dsobissantes_ (Femmes), _a_, 156.
-
-_Despensier_ (Maistre Jehan le), _b_, 54, 58, 69, 70, 72, 76, 80, 86.
-
-DESPIS (Louis), _a_, LXXIX.
-
-DESSALLES (M.), _a_, LXII.
-
-_Desserte_, _b_, 103, 107, 108.
- --expliqu, _a_, XLII.
- --Par qui serre, _b_, 117.
-
-_Dessevrer_, expl. _b_, 212.
-
-_Destine_, _b_, 18.
-
-_Desvuidier_, expl. _b_, 307.
-
-_Dtourn_ dans le sens de dress? _a_, XLII.
-
-_Dtraction_, _a_, 37.
-
-_Dettes_ (Ne pas payer ses), _b_, 26.
-
-_Deuil_ des reines, _b_, 123.
- --des veufs, _b_, 123.
-
-_Deytis_ du cerf, _b_, 87.
- --Comment mangs, _b_, 156.
-
-DHEULLAND, _a_, LXXIII.
-
-_Diable._ Pre de l'avare, 58.
- --philosophe, 56.
- --Ses commandements, 47.
- --Ses fritures, _a_, 31.
- --Son glise, 48.
- --Ses miracles, 48.
-
-_Dialecte_ flamand, _a_, LVIII.
-
-_Digne_ (Raisins de), _b_, 246.
-
-_Diligence_, chemin de richesse, _b_, 17.
-
-_Diligens_ (Comment rendre ses gens), _b_, 62.
-
-_Diners_ (Ordonner), _b_, 80.
- --de grands seigneurs, _b_, 91.
-
-_Discorde_, _a_, 31, 34.
-
-_Distinction_ premire, _a_, 9.
- --deuxime, _b_, 1.
- --troisime, _b_, 279.
-
-_Dit_ des pays, _a_, LXVIII; _b_, 246.
-
-_Documens_ cits, _a_, LXV.
-
-_Dodine_, _b_, 91, 92.
- --d'os, _b_, 96.
-
-_Domestiques_, _b_, 54, 56.
- --Les chauffer, _b_, 70.
- --Leur dner, _a_, XLIII; _b_, 69, 107.
- --malades, _b_, 71.
- --Organiser leur service, _b_, 60, 69.
- --Leur tenue pendant le repas, _b_, 70. V.
- _Chamberires_, _Mesnies_, _Varlets_.
-
-_Domination_ d'une femme insupportable un mari, _a_, 236.
-
-_Dore_ (poisson), _b_, 204.
-
-_Dore_ verte (Volaille), _b_, 214.
-
-DORMANS (Miles de), _b_, 116.
-
-_Dorures_, _b_, 92, 94.
- --(Chap. des), _b_, 210. V. _Ps d'Espagne_.
-
-_Dos_ (Tendre), du cheval dangereux, _b_, 74.
-
-_Dot_ d'une nice de boucher, _b_, 82.
-
-DOUBLE (Martin), _b_, 116.
-
-_Doulce_ pour gousse, _b_, 231, 235.
-
-_Dour_, expliqu, _b_, 47.
-
-_Drages_, _b_, 92 (bis), 122.
- --Leur prix, _b_, 112.
- --sur la gele, _b_, 221.
- --sur les pommes cuites, _b_, 106.
- --vermeilles sur les chapons, _b_, 108.
-
-_Dragouers_, _b_, 106, 118.
-
-_Draps_ tendre la salle de festin, _b_, 105.
- --de Damas, _b_, 66.
- --_estou_ ou _estru_, _a_, 171.
- --Les visiter, _b_, 65.
-
-_Drapiers_, _b_, 56.
-
-_Dressoir_ de cuisine, _a_, XL; _b_, 115, 117.
- --de salle, _a_, XLI; _b_, 117.
-
-DROBILLE (Raoul), _a_, LXXXIII; _b_, 119.
-
-_Drois_, _a_, LXXXIV.
- --au percil et au vinaigre, _b_, 100.
- --menus d'un cerf, _b_, 156.
-
-DUCHESNE (Andr), _a_, LXVIII.
- --Jehan, _a_, LXXXV; _b_, 116, 123.
-
-DUCLOS (M.), _a_, LXIII.
-
-DUREAU DE LA MALLE (M.), cit, _a_, XLVII.
-
-_Duri_ (cheval), _b_, 73.
-
-
-E
-
-_N. B._ Voir _Es_ certains mots crits
- aujourd'hui par _E_, comme _escrevices_,
-_espices_, etc.
-
-_Eau_ laver mains sur table, _b_, 247.
- --bnite d'eau rose, 275.
- --bnite d'oignons, 276.
- --chaude donne au cheval, 77, 79.
- --cuisant bien les pois, 134.
- --grasse de boeuf, 144.
- --te du vin, 259.
- --Son prix, 123.
- --rose de Damas, 252.
- --rose en sausse, 183, 275.
- --rose faite sans chapelle et sans feu, 252.
- --rose vermeille, 253.
-
-_checs_ (Jeu des), _a_, 184.
-
-_chevins de la Pierre au lait._ Ce que c'est, _a_, LXXXV.
-
-_corcheurs_, _b_, 81, 84.
-
-_Ectoire_, _b_, 258.
- --de canarade, _b_, 63.
-
-_cussons_, accolls depuis quand, _a_, LVIII.
-
-EDDAOULEH (Choudj et Sef), _a_, LI.
-
-DOUARD, roi d'Angleterre, _a_, LXXXI et suiv.
-
-_Effleurer_ dans le sens d'enfariner, _b_, 192.
-
-_Efforcer_ (S'), expliqu, _b_, 306.
-
-_glise_ (Bancs d'), _a_, 15.
- --(perviers ports l'), _b_, 296.
- --n'est pas livre, _a_, 48.
- --(Tenue d'une femme l'), _a_, 15, 16.
-
-_lectoire._ V. _Ectoire_.
-
-_lire_, expl., _a_, LXXXVI; _b_, 134.
-
-_Ellbore_ noir, _b_, 258.
-
-_Empiter_, expl. _b_, 281.
-
-_Encre._ Manire de la faire, _b_, 265;
- sans bouillir, _b_, 274.
- --pour papier et parchemin, _b_, 275.
-
-_Encyclopdie_, cite, _b_, 295.
-
-_Enfans_ abandonns de leurs marastres s'enamourent ailleurs, _a_, 170.
- --adultrins, _a_, 182, 185.
- --mnent le bateau d'Aubriot, _a_, XXI.
-
-_Enfant_ trouv seul dans une maison, _a_, 95.
-
-_Enfeutreure_, expliqu, _b_, 53.
-
-_Enfleurer_, _b_, 192, 194, etc.
-
-_Engins_ dtruire les rats, _a_, LXXXIV; _b_, 64.
-
-_Engraisser_ les oies, _b_, 88.
- --un cheval, _b_, 76, 77.
-
-_Enhaster_ p. _embrocher_, _b_, 214.
-
-_Ennemis_ rconcilis fuir, _a_, 201.
-
-_Enseigne_ (tmoignage), _a_, 133; _b_, 40.
-
-_Ensorcellement_, _a_, 170, 171.
-
-_Enter_, quand, _b_, 43, 44.
-
-_Entes_ curieuses, _b_, 50, 51. V. _Ante_.
-
-_Entrecercle_, _b_, 125, 128.
-
-_Entrecerelle_, _b_, 125, 128.
-
-_Entrems_, _a_, XLII; _b_, 99, 101, 107, 108.
- --(Tte de sanglier en), _b_, 98.
- --(Chapitre des), 6, 210, 224.
- --_lev_, _a_, XLII; _b_, 99.
- --grand, _b_, 97.
-
-_Entretaille_ (Cheval qui s'), _b_, 74, 75.
-
-_Entretiens de Colbert avec Bouin_, _a_, LXVIII; _b_, 83.
-
-_Entreveschier_, _a_, 26.
-
-_Envie_, _a_, 36; _b_, 10.
-
-_pagneuls_, V. _Chiens_.
-
-_perons_ (Essayer le cheval aux), _b_, 76.
-
-_pervier_, V. _Esprevier_.
-
-_pine-vinette_, _b_, 204.
-
-_pitaphes_ de Paris, _a_, LXXIII.
-
-_ponge_, _b_, 64, 66.
-
-_Epoux_ bnis dans leur lit, _a_, LXXXVI; _b_, 118.
- --peuvent pcher, _b_, 15.
- --solidaires l'un de l'autre, _a_, 184.
-
-_Escargols_, _b_, 223. V. _Limasson_.
-
-_Eschalat_, _b_, 47.
-
-_Eschaloigne_, _b_, 196.
-
-_Eschanonnerie_, _b_, 117.
-
-_Escharder_ (cailler?), _b_, 187.
-
-_Eschauds_, _a_, XXXIX; _b_, 106.
-
-_Esche_ pour allumer du feu, _b_, 263.
- --(appt), _b_, 222.
-
-_Escheroys_, _b_, 102, 185, 225.
- --en past, 228.
- --expliqu, _ib._
-
-_Eschervis_, _b_, 228.
-
-_Eschier_ (briquet), _b_, 42.
-
-_Eschines_, _b_, 94, 127.
- --sales, 97.
-
-_Escrevices_, _b_, 95, 98, etc.; 114, 121, 170, 194, 205.
- --(Coulis d'), 242.
- --de mer, 205.
- --en grav, 151.
- --en tarte jacobine, 217
- --en tuille, 152.
- --non de Marne, 220.
- --(Prix des), 220.
-
-_Escrocs_ logs la Pierre au Lait, _a_, LXXXV.
-
-_Escuelles (A plus d'), plus de loyer_, (proverbe), _b_, 114.
- --d'oiselets, 121.
- --d'oublies, 107, 110.
- --(Esturgon pour six), 200.
- --loues en grand nombre, 123.
- --(Quantit d'), _b_, 115: rpondant au
- nombre des convives, 105, 108, 109, 113.
- --Signification de ce mot douteuse, _b_, 105.
-
-_Escuiers_ peu riches, chassent l'pervier,
- _a_, XLIX, L.
-
-_Escuier_ de cuisine, _a_, XL, XLII; _b_, 115, 117.
- --de l'vque de Paris, _b_, 106.
- --devant les mets, 117.
- --pour la salle et les vins, _a_, XLI; _b_, 117.
-
-_Escurieux_, _b_, 261.
-
-_Esmerillon_, _b_, 318.
-
-_Esmeut_ de l'pervier, _b_, 288, 295, 297,
- 298, 323.
-
-_Espagne_ (Oiseaux en), _b_, 323.
-
-_Espagnols_ (Chiens), _b_, 281, 282, 283.
-
-_Espaingnos_, _b_, 281.
-
-_Esparvain_, _b_, 73, 75.
-
-_Espaules_ de boeuf, _b_, 131.
- --de mouton, _b_, 100, 177, 269.
-
-_Espic_ (nard), _b_, 219.
-
-_Espices_, (Abus des), _a_, XXXVI, XXXVIII.
- -- mettre s boudins, _b_, 125, 126.
- --Comment broyes et coules, _b_, 87.
- --Comment mises en potages et sausses, 124, 147, 164.
- --de chambre, _a_, XLIII, _b_, 112, 122.
- --de cuisine, _b_, 122.
- --Douze francs d'pices dans un repas, _b_, 113.
- --menues, 122.
- --(Potages d'), 242.
- --pour les potages, 107.
- --(Saulce vert d'), 231.
- --serres avec soin, 117,
- V. _Hiver_ et _Mal de tte_.
-
-_Espicier_, _b_, 56, 122.
- --Ce qu'il fournit, _b_, 111.
-
-_Espimbche_ de rougets, _b_, 175.
- --d'un bouli lard, _b_, 100.
-
-_Espinars_, _b_, 44, 49.
- --Comment cuits, 141.
-
-_Espinoches_, _b_, 141.
-
-_Espreveteur._ Comment il vite les obstacles, _b_, 308.
- --doit penser son oiseau et ses chiens avant tout, _b_, 283.
- --Il lui faut neuf chiens et trois chevaux, _b_, 280.
- --ne doit pas chasser seul, _a_, XLIX.
- --refuse les vieux perviers, _b_, 316.
- --s'agenouille pour reprendre son oiseau, 304.
- --Ses gants, _b_, 293.
- --tratre et larron ses confrres, _b_, 285.
-
-_Esprevier_ (Trait de l'). Bien fait, LI, V. _Chasse_.
- --O plac dans les manuscrits, _a_, XLVII; _b_, 79.
- --Seul article de la troisime distinction trait par l'auteur, _a_, XLVII.
-
-_Esprevier_, sourcils blancs, _b_, 320.
- --Combien doit voler, _b_, 305, 310.
- --Comment repu, 322.
- --couve la Saint-Georges, 284.
- --d'lite, 295.
- --devient sauvage ds qu'il s'est pu lui-mme, 311.
- --Esclavon et Lombard, 310.
- --flon, saute au visage, _b_, 293.
- --foul (lass) se dgote, _b_, 281, 309.
- --pouilleux, 325.
- --pris la glu, 317.
- --Proverbe sur lui, _b_, 292.
- --Quel est le plus fort, _b_, 285, 292, 294.
- --Quels oiseaux il peut prendre, 310.
- --Ses maladies, 319, 320.
- --Ses ongles, 294.
- --Son aire et charnier, 284.
- --Son esmeut, 295.
- --trop gras, 320.
- --vieux, refuser, _b_, 316.
-
-_Esprevier branchier ou ramage_, _b_, 314.
- --Comment le prendre, _ib._
- --Le dompter et le dresser, 315.
- --ne vaut pas le mu, 320.
-
-_Esprevier en mue_, _b_, 311.
- --Chairs bonnes pour lui, 312, 313.
- --Sa mue ou cage, _b_, 313.
- --Soins qu'il exige, 313.
-
-_Esprevier hagart._ V. _Esprevier mu de haye_.
-
-_Esprevier mu_, n'entre point au buisson, _b_, 316.
- --plus fort que le niais, _b_, 314.
- --Quand il peut voler, _b_, 314.
-
-_Esprevier mu de haye._ Ce que c'est, _b_, 316.
- --difficile dresser, 316, 317.
- --se laisse emporter, 317.
- --Ses yeux et pis, 316, 317.
- --Son plumage, 317.
- --tient du sor, _ib._
-
-_Esprevier mu en la ferme_ est le meilleur, _b_, 317.
-
-_Esprevier niais._ Bien repu, _b_, 286.
- --bon pour les dames, 293.
- --Combien de vols il peut faire par jour, 305, 310.
- --Comment dnich et nourri, _b_, 285.
- --Comment le baigner, 298.
- --Comment le faire voler la premire fois, 304.
- --Comment l'enoiseler, 300.
- --Comment vole les vieilles perdrix, 309.
- --couch au lit, 288.
- --craint la surprise et le bruit, 306.
- --craint l'humidit, 299.
- --d'lite, 294, 295.
- --difficile rclamer d'un arbre, _b_, 304.
- --Effet de la chaleur sur lui, 305.
- --entre aux buissons, 316.
- --Le repos lui nuit, 308.
- --Le traiter avec douceur, 290.
- --Le vent l'emporte, _b_, 302.
- --mange un poussin en trois fois, 306.
- --ne vaut pas le mu, 320.
- --Obstacles qu'il craint, 302, 303.
- --perch sur les chiens, 296.
- --Petits oiseaux, mauvais gibier pour lui, 302, 303.
- --port en public, 296.
- --pour la pie, 300.
- --Quand le paistre, 301.
- --Quand lui donner chair lave, _b_, 297.
- --Quel est le bon, 292, 294.
- --qui porte au couvert, 305.
- --Raffermir ses plumes casses, 302.
- --s'accoutume l'homme et au cheval, 300.
- --Sa nourriture, 308, 310.
- --serre fort son matre, 304.
- --Ses _faims_ marques sur ses plumes, 287.
- --Ses jambes, 294.
- --Son esmeut, 295, 297, 298.
- --Son plumage, 292,
- --tenu chaudement, 286.
- --touch avec un petit bton, 291.
- --toujours avec du monde, 291.
- --trop maigre ou trop gras, 299.
-
-_Esprevier sor_, _b_, 316.
-
-_Esprit_ (Le Saint), Ses commandemens, _a_, 58.
-
-_Espurge_, _b_, 64, 66, 264.
-
-_Essais._ N'en pas faire l'gard de son mari, _a_, 168.
-
-_Esseules_, _b_, 297.
-
-_Essorer._ Diverses acceptions de ce mot, _b_, 299, 306, 310, 317.
-
-_Estain._ V. _Vaisselle_.
-
-_Estamine_, _b_, 136.
-
-ESTAMPES (Le comte d'), _a_, LIX.
-
-_Estans marinaux_, _b_, 196.
-
-_Estauver._ Ce que c'est, _b_, 171, 190, 191, 192, 193, 194, 197, 216.
-
-_Esteuf_, _b_, 290.
-
-ESTIENNE (Charles), _b_, 200.
- --(Henri), cit, _a_, XXXVIII, LXXVII, 79; _b_, 11.
-
-_Estourncaux_, _b_, 270.
-
-ESTOUTEVILLE (Jacques d'), _b_, 255.
- --(Jean d'), _ib._
- --(Robert d'), _ib._
-
-_Estrade_ sur la table, _a_, XLII.
-
-_Estres_ (ptisserie). V. _Estriers_.
-
-_Estriers_, _b_, 99, 107, 110.
-
-_Estueil_, _b_, 290.
-
-_Esturgon_, _b_, 94, 96, 199.
- --contrefait de veel, _b_, 200.
-
-_Esverder_, _b_, 44.
-
-ESVREUX (Jehan d'), _a_, 94.
-
-_Etaux_, _b_, 80, 82, 132.
- --(Combien d'), par boucher, _a_, XLIV;
- --des halles, _b_, 200.
-
-_Evangile_, cit _passim_.
-
-EVE, _a_, 78, 128.
-
-_Exagration_ des bavards, _a_, 180.
-
-_Excuteurs_ de testamens, infidles, _a_, 44.
-
-_Expressions_ crues au XIVe sicle, _b_, 60.
-
-
-F
-
-FAIL (Nol du), _a_, LXXXV.
-
-_Faims_ de l'pervier marques sur ses plumes, _b_, 287.
-
-_Faisan_, _b_, 99, 101.
- --Comment servi sous Louis XIV, _a_, XLII.
- --en entremets, _ib._
- --rti, _b_, 181, 182.
-
-_Faisandeaulx_ (Vol aux), _b_, 309.
-
-_Faisander_ (pour mortifier), _b_, 89, 180, 181, etc.
-
-_Familles_ de la boucherie, _b_, 80.
-
-_Fanoil_ (Graine de), sur des poires, _b_, 250.
- --(Racines de) confites, _b_, 245.
-
-_Farce_ achete toute faite, _b_, 225.
-
-_Farcin_, _b_, 78.
-
-_Farine._ V. _Fleur_.
-
-_Fatalisme_ (Contre le), _b_, 18.
-
-_Faucheurs_, _b_, 54, 57.
-
-_Faucon_ (Divers noms du), _b_, 324.
- --_gentil_, 318, 324, 325.
- --_harrotte_, 324.
- --lanier, V. _Lanier_.
- --(Maladies du), 325.
- --Manire de l'orpimenter, _ib._
- --(Mue du), 326.
- --_plerin_, 324, 325.
- --sauvage volant l'outarde, 310.
- --_tagarote_, 324.
- --_vilain_, _a_, LI; _b_, 323.
-
-_Fauconnerie_ au XIVe sicle, _a_, XLVIII, L.
- --au XIXe sicle en Hollande et en Syrie, _a_, LI, LII.
- --(Sur la), _b_, 182, 319.
-
-_Fauconnerie_ d'Arcussia, _a_, LXV.
-
-_Fauconnier_ ne doit point manger d'oignons, _b_, 325.
-
-_Faudis._ Mot non expliqu, _b_, 107.
-
-_Faulx-Grenon_, _b_, 211.
- --ou potage parti, _b_, 216.
-
-_Faulx-perdriel_, _b_, 307.
-
-_Fautes_ des plumes de l'pervier, _b_, 287.
-
-_Faye-Montjeau_, _a_, XXXIX.
-
-FLIBIEN (D. M.), _a_, LXIX; _b_, 83, 84, 254.
-
-_Femme_ abandonne de son amant, _a_, 183.
- --adultre demande pardon son mari, _a_, 182.
- --brle vive, _a_, 128.
- --d'un procureur gnral ne sait pas lire, _b_, 104.
- --faisant lever l'enfant adultrin de son mari, _a_, 185.
- --indulgente pour son mari, _a_, 237.
- --laissant noyer son mari, _a_, 126.
- --obissant sans rpliquer, _a_, 152, 154.
- --pondant un oeuf, _a_, 180.
- --presse, s'exprime grossirement, _b_, 60.
- --voulant aimer, _a_, 158, 162.
-
-_Femme de l'auteur_, charge de surveiller et non de faire elle-mme, _b_, 3.
- --chaste, _a_, 62.
- --consultoit son mari sur le choix de ses domestiques, _b_, 57.
- --de bonne et vertueuse famille, _a_, 3.
- --marie quinze ans, _a_, 1.
- --ne frquentoit pas les grands seigneurs, _a_, 2.
- --orpheline, _a_, 4.
- --savoit s'attacher son mari, _a_, 240.
- --Ses bonnes dispositions, _a_, XXIII, 2.
- --Son ge, _a_, XXIII, 1.
- --tire hors de sa parent et de son pays, _a_, 4.
-
-_Femmes_ arrtes par le Prvt de Paris, _b_, 116.
- --baisant la bouche de leurs parens, _a_, LXXVII.
- --bavardes, _a_, 178.
- --Beaucoup sont bonnes, _a_, 194.
- --chassoient l'oiseau, _a_, XLVIII, XLIX.
- --Comment portent leurs armoiries, _a_, LVIII.
- --dissimules, _a_, 157, 176.
- --doivent avoir horreur du sang, _a_, XXIV; _b_, 59.
- --doivent tre discrtes, _a_, 177;
- parler chastement, _b_, 59;
- tout dire leurs maris, _a_, 181,
- et tout savoir, _a_, 132.
- --effrontes, _a_, 14, 61.
- --matresses de l'htel aprs leurs maris, _b_, 59.
- --moins obissantes que les moines, _a_, 146.
- --ne font qu'un avec leurs maris, _a_, 130.
- --Ne pas discuter avec elles, _b_, 42.
- --orgueilleuses, _a_, 141.
- --rioteuses quivalent chemines fumeuses, _a_, 169, 171.
- --sages, comment se conduisent envers leurs maris, _a_, 185, 186.
-
-_Femmes clbres de l'ancienne France._ Ouvrage de M. de Lincy, _b_, 62.
-
-_Fentres_ dangereuses pour les jeunes chambrires, _b_, 71.
- --vitres, _a_, LXXXII, 173.
-
-_Fenouil_, _b_, 45, 245, 250. V. _Fanoil_.
-
-FERT-CHAUDERON (Barons de la), _b_, 296.
-
-_Fer_ de la paelle (Frire au). Expliqu, _b_, 150, 224.
-
-_Fericy_, _a_, 149.
-
-_Ferme_ (cage), expliqu, _b_, 288.
-
-FERREIRA (Diog. Fern.), _a_, LXVI.
-
-_Fesses_ du cheval, _b_, 72, 75.
-
-_Festin_ de l'abb de Lagny, _b_, 103.
-
-_Feu_ couvert le soir, _b_, 71.
-
-_Feuilles_ d'aune prennent les puces, _a_, 171.
-
-_Feurre_ dans les maisons, _a_, 171.
- --mouill avec le poisson, _b_, 203.
-
-_Fves_, _b_, 45, 49.
- --coules, _b_, 92, 138.
- --des champs, _a_,LXXXVI; _b_, 139.
- --des marais, _a_, LXXXVI; _b_, 43, 139.
- --frases, _b_, 94, 97, 138.
- --nouvelles, 139.
- --nouvelles en potage, 158.
- --nouvelles frases, 139.
- --(Rectification sur les), _a_, LXXXVI.
- --vieilles, comment cuites, _b_, 137;
- comment rendues savoureuses, _b_, 138.
-
-_Fvres_, _b_, 56.
-
-_Figues_, _b_, 101.
- --de Provence rties, _b_, 101.
- --grasses, 102.
- --grasses rties, 106.
-
-_Filet_ ou nomblet de boeuf, _b_, 131.
- --de porc, _b_, 266.
-
-_Fille_ pauvre. Son mnage, _a_, 237.
-
-FILLEUL (Jehan), _a_, 136.
-
-_Filoper_, _b_, 204.
-
-_Filopes_, _a_, 172.
-
-_Fils_, maladie d'oiseau, _b_, 325.
-
-_Firecy_, _a_, 149.
-
-_Flamand_ (Dialecte), _a_, LVIII.
-
-_Flambeaux_ (bougies). Leur prix, _b_, 122, 124.
-
-FLAMENT (Jeh. le), _a_, XXVI.
-
-_Flanchet_ de boeuf, _b_, 130, 131.
- --de mouton, 87.
-
-_Flanciaux_ de cresme bien sucrs, _b_, 100.
- --sucrs, _b_, 92. V. _Flaonns et Flaons_.
-
-FLANDRE (Marie de), _a_, XXI.
-
-_Flandres_ (Ftes ou foires de), _b_, 76.
- --(Retour de) en 1383, _a_, 135.
-
-_Flaonns_ sucrs, _b_, 92, 107.
-
-_Flaons_, _b_, 108.
- --ayant saveur de fromage, 217.
- --de cresme, 99.
- --en caresme, 216. V. _Flanciaux_ et _Flaonns_.
-
-_Flatteurs_ (Domestiques), dangereux, _b_, 59.
-
-_Flays_ (poisson), _b_, 204.
-
-_Flches_ empoisonnes, _b_, 258.
-
-_Flet_, _b_, 204.
-
-_Fleur_ (de farine), _b_, 67, 202, etc.
- --de ris, 122.
-
-_Fleur des antiquits de Paris_, _a_, LXVIII.
- --_de toute cuisine_, _a_, XXXV.
-
-_Fleurs_ (Usage des), _b_, 52, 118, 253. V. _Chapelire_.
-
-FLEURY (Sire Jehan de), _a_, XXVI; _b_, 119, 120.
-
-_Flo_, expl., _b_, 202.
-
-_Floqueaux_, _a_, 172.
-
-_Foie_, _b_, 128, 129, 132, 145, 211, 216.
-
-_Fol_ pense sa fortune, _b_, 4.
-
-_Follette_, _b_, 47.
-
-FOLLEVILLE (Jehan de), _b_, 119.
-
-FONTAINE (Jean de la), cit, _b_, 60.
-
-FONTAINES (Maistre Jehan de), _a_, LXXXII, LXXXVI; _b_, 119.
-
-FONTAINES-GURIN (Hard. de), _a_, LXXV. V. _Trsor de Vnerie_.
-
-_Form_ (femelle), _b_, 318, 325.
-
-_Formes_, _a_, 174; _b_, 61, 116.
-
-_Fornication_, _a_, 51.
-
-_Fort-Hu_, _b_, 157.
-
-_Fortille_, _a_, LXXII.
-
-_Fortune_ ou chevance. Y penser, _b_, 2.
-
-_Fouace_, _a_, XXXIX.
-
-_Fouaillier_, _b_, 259.
-
-_Fougre_, _a_, 172.
-
-_Fouldre_ (Vol au), _b_, 280.
-
-_Foule_ (Mot d'une femme dans la), _b_, 60.
-
-_Fouleurs_, _b_, 54.
-
-_Fouques_ aux choux, _b_, 144.
- --en potage et sales, 264.
- --sales, 133.
-
-_Four_ (Hotel du), Yerre, _b_, 119.
-
-_Fourcelle_, _b_, 320.
-
-_Fourme_ sur couronelle, _b_, 74.
-
-_Fourm_ (femelle), _b_, 318, 325.
-
-_Fourmes_, _a_, 174; _b_, 61, 116.
-
-_Fourmiers_ (housses), _b_, 61.
-
-_Fourmis._ Comment les dtruire, _b_, 48.
-
-_Fourniers_ (Proverbe sur les), _b_, 36.
-
-_Fourques._ V. _Fouques_.
-
-_Fourreurs_, _b_, 54.
-
-_Fourrures_ visiter, _b_, 65.--mouilles, 66.
-
-_Fraise._ V. _Fraze_.
-
-_Framboisiers_, _b_, 44.
-
-_Franc-boyau_ du cerf, _b_, 156.
-
-_Franche-mule_, _b_, 129, 132.
-
-FRANCHIRES, cit, _b_, 323.
-
-_Franois_, cuisent peu la carpe, _b_, 189.
-
-_Frang_ de safran, expl., _b_, 148, 268.
-
-_Fraude_, _a_, 45.
-
-_Fraze_ de chair, _b_, 100.
- --de chevreaux, _b_, 108.
-
-FRDRIC II, _a_, LXIX; cit, _b_, 89, 289, 295, 321.
-
-_Freschume_, expl., _b_, 125, 206.
-
-_Fressure_ de chevreau et de porc, _b_, 228.
- --Brouet de fressure de pourcel, 158. V. _Froissure_.
-
-_Frioul_, _a_, 70.
-
-_Frire_, en quoi diffre de seurfrire, _b_, 151.
-
-_Fritures_, _b_, 94.
- --(Chapitre des), 210.
-
-_Froide-sauge_, _b_, 215.
- --de moitis de poucins, 108, 111. V. _Sauge_.
-
-FROISSART, cit, _a_, XLVI, LXXXI, 94, 148.
-
-_Froissure._ Ce que c'est, _b_, 128.
- --de chevreau, 228.
- --de mouton, _b_, 128.
- --de porc, comment cuite, _b_, 126, 158, 228.
- --Diverses significations de ce mot, _b_, 129.
- --d'un boeuf, _b_, 129, 132.
-
-_Fromage_ dans les gauffres, _b_, 121, 262.
- --de gain, 213.
- --de presse, 218.
- --mol, moyen, 218.
- --pour _Issue_, 108.
- --pour tartelettes, 110.
- --Quel est le bon, 146.
-
-_Froment_ (Grains de) donns l'pervier, _b_, 298.
- --mond, 111, 122, 210, 271.
- --Son prix, _a_, XXXI; _b_, 109, 111, 238.
-
-_Fromente_, _b_, 93, 94, etc., 210, 271.
- --au marsouin, _b_, 103.
- --au pourpois, _ib._
- --(Lait pour la), _b_, 113.
- --(Trois cents oeufs pour la), _b_, 121. V. _Venoison_.
-
-_Fruit_, _b_, 99, 101.
-
-_Fuites_, _b_, 188.
-
-_Fuse_ du cheval, _b_, 73.
-
-_Fusel_ (Cheval), _b_, 73.
-
-
-G
-
-_Gage_ pli, _b_, 120.
-
-_Galanga_, _b_, 112. V. _Garingal_.
-
-_Galentine_, _b_, 99, 100.
- --de poisson froid, 174.
- --pour carpe, 233.
- --pour raye, 202.
-
-_Gallettes_ sucres, _b_, 110.
-
-_Galles_ pour encre, _b_, 265.
-
-_Galoise_, expl., _b_, 60.
-
-_Galop_ du cheval, _b_, 75.
-
-GAND-VILAIN (Charyte de), _a_, LVIII.
-
-_Gant_ de l'espreveteur, _b_, 294.
-
-_Garde-mangers_, _b_, 114.
-
-_Gardons_, _b_, 194.
-
-_Garingal_, _b_, 112.
- --Fait mal la tte, 236.
- --Quel est le bon, 230.
-
-_Garnache_, _b_, 91, 102.
- --Quelle quantit il en falloit, _b_, 106.
-
-_Garnement_, expl., _b_, 67.
-
-_Garnison_, expl., _a_, 237; _b_, 64, 67.
-
-_Garroittes_ confites, _b_, 244.
- --Leur prix, _b_, 245.
-
-_Garrot_, _b_, 74.
-
-_Gascogne_, _b_, 177.
- --(Vin de), _b_, 38.
-
-GASTON-PHOEBUS, comte de Foix, _a_, LXX; _b_, 46.
-
-_Gauchires_, _b_, 307.
-
-_Gauffres._ Comment faites, _b_, 261.
- --coulisses, 262.
- --fourres, 109, 121.
-
-_Gauffriers_, _b_, 262.
-
-GAUTIER, marquis de Saluces, _a_, 100.
-
-_Gaulois_, empoisonnoient leurs flches, _b_, 258.
-
-_Gavion_ du cheval, _b_, 73.
-
-_Gaymeau_, _b_, 192.
-
-_Geais_, _b_, 311.
-
-_Gele_, _b_, 94, etc.
- --bleue, 220.
- Ce qu'on sme dessus, 219.
- --Comment la faire, 218.
- --de chapons, 94.
- --de char, 218, 220.
- --d'crevices, etc., 108.
- --de poisson, 93, 95, 220.
- --(potage), 100.
- --(Poucins, cochon, etc., pour la), 110, 121.
- --(Veau pour la), 109,
- --(Violette sur la), 221.
-
-_Gline_ couve des paons, _b_, 256.
- --de fvrier, _b_, 125.
- --gratte toujours, 257.
- --mange en trois jours par un autour, 322.
- --rtie, 180.
- --V. _Poules_.
-
-_Geneste_, _b_, 168.
- --d'alos, 96.
-
-_Gente_ rtie, _b_, 181.
-
-_Georg_ (Brouet), _b_, 97, 98, 163.
-
-GRARD, abb de Saint-Germain des Prs, _b_, 84.
-
-GRAUD (M.), cit, _a_, XLVI, XLVII, LXXVI, LXXXV; _b_, 113.
-
-_Gerfaut_, _b_, 318.
-
-_Gsiers_, _b_, 145.
- --mal dit pour _gigier_, 211.
- --V. _Jugiers_.
-
-_Gets_, expliqu, _b_, 290.
-
-GHISTELLES (Jean de), _a_, LVIII.
- --(Marguerite de), propritaire de mon manuscrit du
- _Mnagier_, _a_, LVIII et suivantes; _b_, 272.
-
-GIAC (Pierre de), _b_, 254.
-
-_Giesles_, _b_, 315.
-
-_Gigier_, mieux dit que _gsier_, _b_, 211.
-
-_Gingembre_ blanc, _b_, 218.
- --coulombin, 111.
- --dans les gauffres, 122.
- --de mesche, 111.
- --En quoi le _coulombin_ diffre du _g. de mesche_, 230.
- --verd, 230.
-
-_Giroffle_, _b_, 111. (Baston de), 246.
-
-_Girofle_, _b_, 45.
-
-_Gisors_ (Vicomte de), _a_, 152.
-
-_Gte_ de boeuf, _b_, 86.
-
-_Glandes_ de mouton bonnes l'pervier, _b_, 313.
-
-_Gloutonnie_, _a_, 47; _b_, 13.
-
-_Glu_, _a_, 171, 173.
- --de froment, _b_, 251.
- --Manire de la faire, 250.
- --pour eau, 251.
-
-_Gobelets_ couverts, dors, _a_, XL; _b_, 118.
-
-GODEFROY (Denis), _a_, LXX, 237.
-
-_Gois_, _b_, 311.
-
-_Gomme_ de cerisier, _b_, 219.
-
-_Goujons_, _b_, 233.
-
-_Gourdes_, _b_, 273.
-
-_Gourme_ du cheval, _b_, 73.
-
-_Gournaut_, _b_, 196, 197.
-
-GOUSSENCOURT, _a_, LVIII.
-
-_Goutire_ (mangeoire), _b_, 89.
-
-_Gouttron_, expl., _b_, 189.
-
-_Grces_ (Dire les), _b_, 107.
-
-_Grain_, expl., _b_, 150, 154.
-
-_Graine_, _b_, 151. V. _Grav_.
-
-_Graine de paradis_, _b_, 67, 111.
-
-_Grains_, remuer, _b_, 64.
-
-_Graisse._ Son prix, _b_, 82.
-
-_Gramose_, _b_, 145.
-
-_Granche_ (estomac), _b_, 213.
-
-_Grand cuisinier_, cit, _a_, XXXIV, XLII; _b_, 171, 184, 211.
- --(Plats tirs du), 145 (2), 148 (2), 149 (4), 150 (2), 151,
- 154, 155, 163 (4), 164 (2), 166, 167 (2), 171, 172 (2), 174,
- 177, 179 (5), 180, 181, 183 (3), 185, 187 (6), 188, 189 (2),
- 190 (2), 191 (3), 192 (2), 193 (2), 194 (3), 195, 196 (3),
- 197 (3), 198 (3), 199 (3), 200, 201, 202 (3), 203 (4), 204,
- 208, 211, 212, 223 (2), 226, 234 (2), 241.
-
-_Grande-boucherie_ (tal au-dessous de la), _b_, 132. V. _Boucherie_.
-
-GRANTPR (Le comte de), _a_, LXXXI.
-
-_Graspois_, _b_, 102, 200. V. _Craspois_.
-
-GRATIEN, _a_, 98.
-
-_Gratuise_ (rpe?), _b_, 262.
-
-_Gratuisi_, expl., _b_, 149, 207.
-
-_Grav_, _b_, 151, 173.
- --d'alos, couleur de fleur de peschier, _b_, 95, 98, 276.
- --de canets, 121.
- --de lamproies, 97.
- --d'escrevices, 151.
- --d'oiselets, 121, 150.
- --sur friture, 101.
-
-GRAVILLE (L'amiral de), _b_, 255.
- --(Anne de), _b_, 255.
-
-_Grdeli_, expl., _b_, 206.
-
-_Greffe?_ _b_, 68.
-
-_Greffes_ curieuses, _b_, 50, 51. V. _Ente_ et _Enter_.
-
-GRGOIRE (Saint), cit, _a_, 63.
-
-_Grenache._ V. _Garnache_.
-
-_Grenade._
- --(Pommes de), _b_, 110, 122.
- --sur chapons, 108.
- --sur la gele, 221.
-
-_Grenade_ (Faucon de), _b_, 324.
-
-_Greniers_ visiter, _b_, 64.
-
-_Grenouilles._ V. _Renoulles_.
-
-GRSY (M. Eugne), cit, _a_, LIX, LXXX.
-
-_Grve_ (Place de), _b_, 113, 123.
-
-_Griffon_, _b_, 321.
-
-GRILLE (M.), _a_, 151.
-
-GRIMAULT (Grimoald), _a_, 69, 70.
-
-GRIMOALD, _a_, 69, 70.
-
-_Grimondin_, _b_, 197.
-
-GRINGORE (Pierre), a copi J. Bruyant, _b_, 4.
-
-GRISLIDIS (Hist. de), _a_, 99, 103 et suiv., 141.
-
-_Gros-bastons_ (oublies), _b_, 109.
- --(Recette des), 121, 262.
-
-_Gros-bout_ de poitrine, _b_, 86.
-
-_Groseillers_, _b_, 49.
-
-_Groseilles_ sur des plats, _b_, 161, 170.
-
-GROSIA (Martin), _b_, 146.
-
-_Gruau._ V. _Gruyau_.
-
-_Grue_ rostie, _b_, 181.
- --(Vol de la), _b_, 324.
-
-_Grumel_ de boeuf, _b_, 86, 87.
-
-_Gruyau_, _b_, 242.
- --d'avoine, expl., _b_, 212.
- --d'orge, 241.
-
-_Gude_ (Pasteaux ou Tourteaux de), _b_, 214, 251.
-
-_Guedes_, _b_, 315.
-
-GUESCLIN (Bertrand du), _a_, 94; _b_, 324.
-
-_Guides_, _b_, 315.
-
-_Guilles_, expl., _b_, 315.
-
-GUISE (Tapisserie la maison de), _a_, LXXIII.
-
-
-H
-
-_Hacher_ deux couteaux, _b_, 228.
-
-_Hadou_, _b_, 198.
-
-HAINAUT (Guillaume comte de), _b_, 254.
-
-_Haine_, _a_, 38.
-
-_Halebrans_, expliqu, _b_, 236.
-
-_Halles_ (Les), _b_, 122.
- --(taux des), 200.
- --(Pain vendu aux), 109, 110.
-
-_Hampe_ du cerf, _b_, 131, 156, 157.
-
-_Hanaps_, _b_, 106, 117, 118.
-
-_Hanons_ (coquillage), _b_, 204.
-
-_Harang._ V. _Harenc_.
-
-_Hardouil_ de chapons, _b_, 162.
-
-_Harenc_, _b_, 200.
- --blanc, 101.
- --frais, 95, 98. V. _Aulx moussus_.
- --nouvellet, 271.
- --quaque, 134.
- --sor, 94, 97, 134.
-
-HARGICOURT, _a_, LVIII.
-
-_Hargneux_ (Proverbe sur les), _b_, 56.
-
-_Haricot._ V. _Hericot_.
-
-_Haricots_ dits fves, _a_, LXXXVI.
-
-_Harpayes_, _b_, 307.
-
-_Harpe_ du cheval, _b_, 72.
-
-_Hastelets_, _b_, 161.
- --de boeuf, 94, 95.
- --de chaudun de porc, 228.
-
-_Haste-menue_, (ou rate), _b_, 128, 268.
- --de porc, 164.
-
-_Hasterel_, _b_, 89.
-
-_Hausser_, expl., _b_, 322.
-
-HAUTECOURT (Matre Jehan de), _b_, 118, 250, 382.
-
-_Haye-du-Puis_ (La), _a_, XXXV.
-
-_Haz_, pour brl, _b_, 216.
-
-_Heilly_, _a_, LXXX.
-
-HELYE, (Maistre), _b_, 108.
-
-HEMERY (Jeanne), _a_, XXIX.
-
-_Herbe verte_, _b_, 106, 124.
- --dans les maisons, _a_, 184.
- --O achete, _b_, 113, 114.
-
-_Herbolata_, _b_, 207.
-
-_Herions_, _b_, 261.
- --factices, _b_, 269.
-
-_Hericot_ de mouton, _b_, 148.
-
-_Hron_, _b_, 99.
- --rti, 181.
- --(Vol du), 324.
-
-_Hesdin_, _b_, 253.
-
-HESTOMESNIL, (Jehan de), _a_, XIX.
-
-_Htoudeaux_, _b_, 180.
- --(Moust pour), 234.
- --(Prix des), 120.
-
-_Histoire de Bourgogne_, cite, _a_, LIX.
-
-_Histoire gnalogique des grands officiers, etc._, _a_, XL, LVIII, LXV, 152.
-
-_Histoire sur Bible_, cite, _a_, 128, 129.
-
-_Historieur_, _a_, 128, 129.
-
-_Hiver_ (pices plus usites en), _b_, 236.
- --(Fleurs gardes en), 44.
-
-_Hobe_, _b_, 319.
-
-_Hobereau_, _b_, 318, 319.
-
-_Hochepot_ de volaille, _b_, 163.
-
-HOLLANDE (G. duc de), _b_, 254.
-
-_Hommage_ attaqu faute d'un baiser, _a_, LXXVIII.
-
-_Hommes_ fuir, _a_, 77.
-
-HONCOURT (M. Guy de), _b_, 381.
-
-_Honneur_ d'une femme garder, _a_, 184.
-
-_Horloges_, _b_, 257.
-
-_Htel_ men par la femme, _b_, 59. V. _Maison_.
-
-_Htel_ d'Aubriot, _a_, XXI; _b_, 255, 380.
- --de Galeran de Montigny, 255.
- --des Tournelles, 254.
- --du _Porc-pic_, 254.
- --du Prvt de Paris, 255.
- --Saint-Paul, 253.
-
-_Hotellerie_ (Potage faire dans une), _b_, 146.
-
-_Hotels_ lous par les concierges, _b_, 116.
-
-HOTIN, cuisinier de M. de Roubais, _a_, LIX, LX; _b_, 275.
-
-_Hotteurs_, _b_, 54.
-
-_Houpelande_, _a_, 14.
-
-_Hourdouil_ de chapons, _b_, 162.
-
-_Houssebarre_ de chair, _b_, 170.
- --de poisson, 171.
-
-_Houssi_, expliqu, _b_, 164, V. _Brouet_.
-
-_Houx_, _b_, 250.
-
-_Hu_, expl., _b_, 157.
-
-HUBER, cit, _a_, LI; _b_, 280, 302, 307, 309, 319.
-
-_Huitres._ V. _Ostres_, _ottres_, _cive_, etc.
-
-_Hule_ d'un couteau, _b_, 274.
-
-_Humilit_, _a_, 53.
-
-HUZARD (M.), _a_, LII, LXVI, LXVII, LXXIV.
-
-_Hyres_ (L'abbesse d'), _b_, 118.
-
-_Hypocras._ V. _Ypocras_.
-
-_Hypocrisie_, _a_, 29, 34.
-
-
-I
-
-_Ierre_, _b_, 118.
-
-_Ile Nostre-Dame_, ou _Saint-Louis_, Paris, _a_, 93.
-
-_Imprimeurs_ anciens ngligeoient les livres non srieux, _a_, XXXIV.
-
-_Improviste_ (Souper l'), _b_, 170. V. _Hotellerie_.
-
-_Inconvenance_ dans les noms de certains mets, _b_, 60.
-
-_Inobdience_, _a_, 29, 32.
-
-_Inventaire_ de R. Picque, _a_, LXX; _b_, 115.
-
-_Ire_, _a_, 38; _b_, 10.
-
-ISAAC, _a_, 82.
-
-ISABEAU DE BAVIRE aimoit les animaux, _b_, 62.
- --Sa dpense de bouche, 85.
- --Ses enfans, _a_, XXII; _b_, 85.
-
-ISEBARRE (Augustin), _b_, 62.
-
-_Issue_ de table, _a_, XLIII; _b_, 92, 94, 95, 99, 100, 101, 103, 108.
-
-_Issues_ de boeuf et leur prix, _b_, 132.
- --de mouton et leur prix, 128.
- --de porc, 128.
- --de sanglier, 157.
- --de veau et leur prix, 128.
-
-_Ivresse_, _a_, 49.
- --Ses inconvniens, _b_, 14, 70.
-
-
-J
-
-_Jabets_, expl., _b_, 224.
-
-JACOB, _a_, 85.
-
-_Jacobins_ de Londres, _a_, LXXXI.
-
-_Jactance_, _a_, 29, 33.
-
-JAILLOT, _a_, LXXXV.
-
-_Jalet_, _b_, 224.
-
-_Jambes_ de l'pervier, _b_, 294.
- --du cheval, 74.
- --enfles, 77.
-
-_Jambons_, _b_, 127, 237.
- --Comment dessals, 127.
- --frais, 147.
- --sals de trois jours, 139.
-
-_Jance_, _b_, 234, 236.
- -- aulx, 234.
- --de lait de vache, 234.
-
-_Jardinage_, _b_, 43.
-
-_Jargeau_ du cerf, _b_, 156.
-
-_Jarrets_ courts, _b_, 216.
- --du cheval, 74.
-
-JASSAUD (Htel de), _a_, XXI.
- --(MM, de), _ib._
-
-_Jattes_, _b_, 115, 123.
-
-_Jaunet_, _b_, 149.
- --V. _Loche_, _Mouton_, _potage_, _sausse_, _tripes_, _trumel_.
-
-_Jaunisse_ de l'pervier, _b_, 319.
-
-_Javart_, _b_, 75, 77.
-
-_Javel_ (Bois de), _a_, 68.
-
-JEAN (Le roi), _a_, LXXXI.
-
-JEAN DE BRIE, _a_, XIX.
-
-_Jean le Blanc_ (oiseau), _b_, 307.
-
-JEAN LE DESPENSIER (Maistre), _b_, 54.
-
-JEAN SANS PEUR, _b_, 116.
-
-JEANNE, comtesse de Boulogne et d'Auvergne, _b_, 46.
-
-JEANNE D'VREUX, _b_, 115.
-
-JEHANNICOLA, _a_, 103.
-
-JRME (Saint), cit, _a_, 39, 62.
-
-_Jets_, expl., _b_, 290.
-
-_Jeux_, _a_, XLVII, LXXVII, 7, 71.
- --illicites, _b_, 59.
-
-_Jeu des checs moralis_, _a_, 186.
-
-_Jombarde_, _b_, 44.
-
-JOSEPHE (L'historien), _a_, 78.
-
-_Joubarbe_, _b_, 44.
-
-_Joue_ de boeuf, _b_, 85, 86, 88.
-
-JOUVENEL (Jehan), _a_, XXVI. V. JUVENAL DES URSINS.
-
-_Joyaux_ d'une riche bouchre, _b_, 82.
-
-_Jugiers_, _b_, 121. V. _Gsiers_.
-
-_Juifs_ en France, _a_, XXII.
- --Comment punissent l'adultre, 67.
- --Quand chasss, 68.
-
-_Juive_ assomme, _a_, 68.
-
-_Jurer_, _a_, 38, 43, 46.
-
-_Jurs_ de la boucherie, _b_, 81.
-
-_Juridiction_ de la grande boucherie, _b_, 81.
-
-_Justice_, _a_, 57.
-
-JUVENAL DES URSINS (Jean), _a_, LXX, 173. V. JOUVENEL.
-
-
-K
-
-_Karvy_, _b_, 245.
-
-
-L
-
-LABAN, _a_, 85.
-
-LABAT (Gilles). Ce qu'il toit, _a_, LXXVIII, 137; _b_, 104.
-
-LABORDE (Le comte de), cit, _b_, 106.
-
-_Labour (Chasteau de)_, _b_, 4, 36.
-
-_Laboureur_ a la coanne plus dure qu'un prince, 293.
-
-_Laboureurs_, _b_, 56, 57.
-
-LACABANE (M. Lon), _a_, LXXV.
-
-LADEHORS (Oudin de la), _b_, 80.
- --Famille de bouchers, _ib._ et 83.
-
-_Lagny_ (Abb de), _a_, LXXXIV; _b_, 103, 104, 105.
-
-_Lait._ Comment l'empcher de tourner, _b_, 176.
- --de vache, li, 175.
- --(Jance de), 234.
- --lard, 92, 93, 95, etc., 224.
- --non crm ni mlang, 113.
- --(Potage de), _b_, 176, 177.
- --souvent mlang, 159.
-
-_Lait_ d'amandes, _b_, 241.
-
-_Laitances_ de carpes, _b_, 217.
-
-_Laitire_ (Jehanneton la), _b_, 62.
-
-_Laitues_, _b_, 46, 96.
-
-LALLEMANT (Nic. et Rich.), _a_, LXVI.
-
-LAMARRE, cit, _b_, 80, 84.
-
-_Lamproie_, _b_, 192.
- -- froide sauge, 93.
- -- la boue, 192.
- -- la sauce chaude, _a_, 94.
- -- l'estouffe, 193.
- --bouillie, 193.
- --(Sauce de), 133.
-
-_Lamproyons_, _b_, 192.
-
-_Lancerel_, _b_, 88.
-
-_Lancerons_, _b_, 88.
-
-_Landal_ (Chteau de), _a_, 149.
-
-_Laneret_, _b_, 318, 319, 323, 325.
-
-_Langoustes_, _b_, 196, 205, 225.
-
-_Langue_ retenir, _a_, 177, 178.
-
-_Langue_ de boeuf, _b_, 177.
- --sale et fume, 133, 177.
-
-_Languedoc_, _b_, 195, 196.
-
-_Lanier_, _b_, 318, 319, 325.
- --dit _faucon vilain_, XLI, 323.
- --perch bas, 322.
- --Quels oiseaux il prend, 324.
- --vole bas, 322, 323.
-
-LANNOY (Agns de), _a_, LVIII.
-
-_Lapereaux_, _b_, 110, 121, 236.
- --en ros, 154.
- --rtis, 275.
- --(Vol aux), 309.
-
-_Lapins._ V. _Connins_.
-
-_Larcin_, _a_, 45.
-
-_Lard_ achet au boucher, _b_, 121.
- --aux choux, 144.
- --de caresme, 200.
- --jaune, dplat, 126.
- --Son prix, 85.
- --sur les pois, 135.
- --(Tmoins de), 270.
-
-_Larder_, expliqu, _b_, 88.
- --de percil, 177.
-
-_Lards_ du cerf, _b_, 156, 157.
-
-LARIVIRE (Armes de), _a_, LVIII. V. _Rivire_.
-
-_Larras_, _b_, 102.
-
-LASERNA-SANTANDER, _a_, LXVI.
-
-_Lauderburg_, _a_, LVIII.
-
-_Laurier_ (Feuilles de), _b_, 101, 112.
-
-LAVAL (Gnalogie de), _a_, LXVIII.
- --LOU (Madame de), 240.
-
-_Lavande_, _b_, 44.
-
-_Lavandire._ Son emploi le jour des noces, _b_, 118.
-
-_Laver_ les mains au sortir de table, _a_, XL; _b_, 107.
-
-LAZARUS, _b_, 146.
-
-LEBARBIER, (Colin), _b_, 119, 120.
-
-LEBER (M.), _a_, LXVIII, 174; _b_, 115.
-
-LEBEUF (Jean), _a_, LXXI, LXXVI, 133; _b_, 296.
-
-LEBLOND (M.), _a_, LXIX.
-
-LECZINSKA (Marie), _a_, LVIII.
-
-LEFVRE (Guill.), dit VERJUS, _a_, XL; _b_, 81.
-
-LE FLAMENT (Jehan), _a_, XXVI.
-
-_Lgende dore_, _a_, 62.
-
-LEGOIS, boucher, meutier, _b_, 84.
-
-LEGRAND D'AUSSY, cit, _a_, XXXVIII, XXXIX, XLII, LXXI, LXXV;
- _b_, 38, 110, 200, 205.
-
-LEIBNITZ, _a_, LXV.
-
-LE MAZIER (Henri), _a_, 140.
-
-_Lendemain_ pour _l'endemain_, _b_, 196, 221.
-
-_Lengoustes_, _b_, 196, 205, 225.
-
-_Lentisque_, _a_, 67.
-
-_Leschefrayes_, _b_, 102, 103.
-
-_Leschefrites_, _b_, 93, 97, etc.
- --crit _leschefrayes_, _b_, 102 et 103.
- --sucres, _b_, 94, 98, etc.
-
-_Leschefroies_, _b_, 103.
-
-LESCLAT (Pierre de), _a_, LXXXIII.
-
-_Lettres_ des reines, _a_, 75.
- --que nul ne verra, _b_, 250.
- --qu'on doit ou qu'on ne doit pas lire, _a_, 76.
-
-_Lettues_, _b_, 46, 96.
-
-_Leurre_, dcrit, _b_, 318.
- --(Oiseaux de), _ib._
-
-_Leurrer_, expl., _b_, 284, 318.
-
-_Levain_ de pain, _b_, 239.
-
-_Lve-cul_ (Vol ), _b_, 280.
-
-_Lever_ d'une femme, _a_, 9.
-
-_Levrats_ (Vol aux), _b_, 309.
-
-_Levreaux._ V. _Levrats_.
-
-_Levrire_ tue, _a_, 161.
-
-_Liaisons_, _b_, 87.
-
-_Libre arbitre_, _b_, 19.
-
-LIE (Lia), _a_, 86.
-
-_Lier_, expl., _b_, 281.
-
-_Lieures._ V. _Liaisons_.
-
-_Lieurs_ de fardeaux, _b_, 53.
-
-_Livre_ (Age d'un), _b_, 90, 169.
- --aux choux, 144.
- --(Civ de), 91, 169.
- --Comment couru par les pagneuls, 281.
- --(Conditions du), 72.
- --en boussac, 153.
- --en civ, 91, 169.
- --conserv, 133.
- --pourbouli, 271.
- --Quand plus tendre, 153.
- --rti, 268.
- --(Vol au), 321, 324.
- V. _Levrats_.
-
-_Lille_, _a_, LXXIX.
-
-_Limaons_, _b_, 223.
- --mangs par les riches et les Lombards, _ib._
- V. _Limats_.
-
-_Limandes_, _b_, 88, 160, 202.
-
-_Limats_ au chaudum, _a_, XXXIX.
-
-_Limoges_, _a_, 95.
-
-_Lin_ (Toile de). Son prix, _b_, 221.
-
-LINCY (M. de), _a_, XXIX; _b_, 36, 62, 83, 251, 255.
-
-_Linge._ Comment marqu, _b_, 263.
- --de table, 115. V. _Touailles_ et _Serviettes_.
- --Liqueur pour le marquer, 263.
- --lou quel prix, 123.
- --pour _mince_, 286.
- --propre donn au mari, _a_, 168.
-
-_Linote_ en cage, _b_, 256.
- --vendue trs-cher, _b_, 62.
-
-LIPPOMANO (Jrme), _b_, 116.
-
-_Liqueur_ pour _seigner_ (marquer), le linge, _b_, 263.
-
-_Lis._ V. _Lys_.
-
-LISTER, cit, _a_, XXXVI, XXXVII.
-
-_Lit_ nuptial (Bndiction du), _a_, LXXXVI; _b_, 118. V. _Lits_.
-
-_Litire_, quoi sert aux oies, _b_, 89.
-
-_Lits_ au XIVe sicle, _a_, 160, 169, 172, 238, 239.
-
-_Livre d'amours_, _a_, LXXXIII.
-
-_Livre_ de dpense, _b_, 58.
-
-_Livre des dduits_, _a_, LXIX.
-
-_Livre fort excellent de cuisine_, _a_, XXXIII.
-
-_Livres_ anciens non srieux, mal imprims, _a_, XXXIV.
- --de l'auteur, _a_, XXVI, 62. V. _Ouvrages_.
-
-LOBINEAU (Dom G. A.), _a_, LXIX.
-
-_Loche_, _b_, 175, 191, 382.
- --au jaunel, 100.
- --au waymel, 102.
- --en eau, 93, etc.
- --et anguilles trononnes dessus, 101.
- --frite, 102.
- --Son prix, 220.
- --vendue la mesure, 114, 220.
-
-_Loirre_ (leurre), _b_, 318.
-
-_Lombarde_ (Mode), en fait de past, _b_, 185.
-
-_Lombardie_ (Chasse en), _b_, 310.
-
-_Lombards_, mangeurs de limaons, _b_, 223.
- --(Potage de), 171.
-
-_Londres_, _a_, LXXXI.
-
-_Longe_ (chair), _b_, 86, 87, 130, 132.
-
-_Longes_, _b_, 295, 297.
-
-LONGUEIL (J. de), _b_, 119, 120.
-
-LONGUEVILLE (F. d'Orlans, duc de), _a_, LIX.
-
-_Losenges_, _b_, 96, 103.
- --d'oeufs, 209.
-
-LOTH et sa femme, _a_, 142.
-
-LOTRIAN (Alain), _a_, XXXV.
-
-LOTTIN DE CHARNY (Marie Aime), _a_, XXI.
-
-LOTTIN (Erreur de), _a_, XXXIV.
-
-_Louens_, _a_, 186.
-
-LOUIS le Jeune, roi de France, _a_, 133.
- --Louis XIII, _b_, 307.
- --Louis XIV, 82.
- --abord facilement, _a_, LXXII.
- --Petits pois lui prsents, _ib._
-
-_Loups._ Comment les dtruire, _b_, 63.
-
-_Lourgable_, _a_, 24.
-
-_Loyer_ au XIVe sicle, _a_, LXXXIII.
-
-LUCAS (Cl.), _a_, LXXIII.
-
-_Luceau_ (brochet), _b_, 88.
-
-LUCIFER (Dsobissance de), _a_, 129, 177.
-
-LUCRCE (Hist. de), _a_, 70.
-
-_Lus_ ou _Lux_, _b_, 88, 91, 96, 99 etc., 187.
- --faudis, 107,
- --(OEufs de), 229.
-
-LUXEMBOURG (Jacques de), _a_, LIX.
-
-_Luxure_, _a_, 50, _b_, 14.
- --de coeur, _a_, 51.
-
-LUYNES (Le conntable de), _a_, LXXIV.
-
-_Lys_, _b_, 49.
- --(Abbaye du), _a_, 148.
-
-
-M
-
-MACAIRE, _a_, 92.
-
-MAC (N.), _a_, XXI.
-
-_Machault_, _a_, 149.
-
-MACHAUT (Perrenelle de), _b_, 120.
-
-_Machs_, _b_, 186.
-
-_Machination_, _a_, 37.
-
-_Macis_ ou fleur de muscade, _a_, 67; _b_, 112.
- --fait mal la tte, 237.
-
-_Mcon_, _a_, XXI.
-
-MACROBE, cit, _a_, 179.
-
-_Madre_ (Coupes de), _b_, 82
-
-_Magasin pittoresque_, cit, _a_, LXXVII.
-
-MAIGNAC (Aymeri de), _b_, 104.
-
-_Mailles_ des plumes de l'oiseau, _b_, 293, 294, 323.
- --de son estomac, 298.
-
-_Maillotins_, _a_, XX, LXXXIII, 135.
-
-_Mains_ (Eau laver les), _b_, 247.
-
-_Maire_ de la boucherie, _b_, 81.
-
-_Maison_ bien tenue, _b_, 61.
- --dcouverte chasse l'homme, _a_, 169, 171.
- --ferme au soir, _b_, 70.
- V. _Hotel_.
-
-_Maison rgle_, cite, _a_, XLIII, LXXI.
-
-_Maison rustique_, cite, _b_, 46, 180, 207, 214.
-
-MAISONS (N. de Longueil), _a_, LXXI. V. _Longueil_.
-
-_Maistre d'hostel_ de la Varenne, cit, _a_, XLII.
-
-_Matre_ (Aimer son), _b_, 23.
- --doit donner l'exemple, 60.
- --(L'pervier s'habitue son), _b_, 301.
- --L'tre de soi-mme, _a_, 178.
-
-_Matre d'htel_, _a_, XL, XLII; _b_, 67.
- --Ses attributions, _b_, 117, 118.
-
-_Matre_ de la grande boucherie, _b_, 81.
-
-_Mal_ de tte caus par les pices, _b_, 236.
-
-_Mal_ se gurit par le bien, _a_, 207.
-
-_Malandre_, _b_, 74, 77.
-
-_Malars_, _b_, 89.
- --dde rivire la dodine, 92
-
-_Malen_ (mal en?) _a_, LXXXIV, _b_, 73. dodine, 92.
- --rtis, 181.
- V. _Canards_.
-
-_Mles_ des oiseaux de proie; leurs noms, _b_, 318.
-
-MALIGNY (Jeanne de), dame d'Andresel, _a_, 150.
-
-_Mallars_, _b_, 89, 92, 181.
-
-_Malle_, _a_, 172.
-
-_Manche_ (Archives de la), _a_, XXXV.
-
-_Mandagores_, _a_, 89.
-
-_Manger_ combien de fois par jour, _a_, 49.
- --sans mcher, _a_, 49.
-
-MANGEUR (Pierre le), cit, _a_, 77.
-
-_Manteaux_ de deux draps, _a_, 161.
- --d'une bouchre, _b_, 82.
-
-_Mantes_ (Fortifications de), _b_, 191.
-
-_Manus-Christi_, _b_, 122.
-
-_Manuscrits_ du _Mnagier_, _a_, LII et suivantes.
-
-_Maquereau._ V. _Maquerel_.
-
-_Maquerel_ en potage, _b_, 146.
- --frais, 196.
- --rti, 103.
-
-_Maquerelles_, _a_, 133; _b_, 116.
-
-_Marchander_ toujours, _b_, 54. V. _Barguaign_, 76.
-
-_Marchands_, _a_, 44, 46.
- --d'oiseaux, _b_, 62, 323.
-
-MARCHANT (Guiot), _a_, LXVII.
-
-_Marchepis_, _b_, 61.
-
-_Marchiau_, _a_, 149.
-
-MARC-PAUL, _b_, 321.
-
-MARCHAL, cit, _a_, 16.
-
-_Marchal_ ferrant, _b_, 56.
- --Son salaire, 79.
-
-_Mare_ mauvaise par temps pluyeux, _b_, 194.
-
-MARES (Herlin des), _b_, 119.
-
-MARS (Jean des). V. DESMARS.
-
-_Mari_ clment, _a_, 182, 183.
- --drang, comment le ramener, 185.
- --en voyage, pense au retour, 168.
- --sauv de l'eau, 128.
- --(Second) difficile trouver, 168.
- --Soins lui donner, _ib._
- --souverain chez lui, 99.
- V. _Maris_.
-
-_Mariage_ (But du), _b_, 15.
- --en deuil, _b_, 123.
-
-MARIE d'Anjou, reine de France. Ses fentres, _a_, 174.
-
-_Mari_ servoit table, _a_, XLI; _b_, 117.
-
-_Maris_ diviss font un pacte, _a_, 126.
-
-_Maris_ aiment moins leurs femmes quand elles dsobissent, _a_, 142.
- --dsirent la prsence de leurs femmes, 175.
- --doivent tout leur dire, 132.
- --jeunes, prompts changer, 143.
- --Leur heureuse vie, 139.
- --luxurieux pchent, 52.
-
-_Marjolaine_, _b_, 43, 44, 45.
-
-MARNEF (Enguilb. de), _a_, LXVI.
-
-_Marouette_, _b_, 311.
-
-_Marques_ des plumes de l'pervier, _b_, 287. V. _Mercqs_.
-
-_Marquets_ chevelus, _b_, 44.
-
-_Marsouin_, _b_, 198.
- -- sa sauce, 107.
- --poudr l'eau, 101.
-
-MARTINUS, _b_, 146.
-
-_Massepains_, _b_, 122.
-
-_Mastic_, ou encens de Perse, _a_, 67.
-
-_Matelas_ (flche), _b_, 267.
-
-MATHIEU (Saint), cit, _a_, 63.
-
-_Matin._ Ce que c'est, _a_, 9.
-
-_Mtins_ tuent les perviers, _b_, 301.
-
-_Matons_ de lait, expl., _b_, 212.
-
-_Mauvis_ (Vol du), _b_, 311.
-
-_May_ (arbre coup), _a_, 184; _b_, 106, 113, 114.
-
-MAZIER (Henri le), _a_, LXXIX.
-
-_Mdecins_, _a_, 189.
-
-_Mdisance_ permise aux chambrires, dans quel cas, _b_, 59.
-
-_Melle_, _a_, 94.
-
-MELLIBE (Histoire de), _a_, 186; _b_, 60.
-
-_Mello_, _b_, 249.
-
-_Mellus_, (_merlus_?) _b_, 107.
-
-_Melons_, _b_, 273.
-
-MELUN (Jehan de), _a_, LXXX.
-
-_Melun_, _a_, LXXXVII, 68.
- --(Sige de), 148.
- --(Vitrail ), LIX.
-
-_Membres_ s'aiment entre eux, _a_, 55.
- --secrets. Ne pas les nommer, _b_, 59.
-
-_Mmoires pour servir l'histoire de France et de Bourgogne_,
- cits, _a_, XL.
-
-_Mmoriaux de la chambre des comptes_ (Note sur les), _a_, LXXIV.
-
-_Mnage_ (Avoir soin de son), _b_, 1.
-
-_Mnager de Paris._ Article de M. le baron de Reiffenberg sur
- ce livre, _a_, LV.
- --Comment connu de l'diteur, LII.
- --Conjectures sur le sort du manuscrit original de ce livre, LVI.
- --crit de 1392 1394, XXII.
- --La partie culinaire importante, XXXV.
- --longtemps inconnu, LII.
- --(Manuscrits du), LII et suiv.
- --signal en 1843, LV.
- --Son orthographe varie, LXI.
- --Son texte revu soigneusement, LXI.
- --Systme suivi dans l'dition de ce livre, LX et suiv.
-
-_Mnagire_, (Femme de l'auteur,) _b_, 53.
-
-_Mnestrels_, _b_, 123.
- --Ce qu'ils faisoient aux noces, _ib._ et 124.
-
-MENESTRIER (Le pre), _a_, XXX.
-
-_Mnestriers_, _b_, 122, 123, 124.
-
-MENOT, cit, _a_, LXXVII.
-
-_Mensonge_ est utile, _b_, 26.
-
-_Menthe_, _b_, 44.
-
-_Menue-haste._ V. _Haste_.
-
-_Menues choses_, qui ne dsirent point de chapitre, _b_, 262.
-
-_Menues espices_, _b_, 122.
-
-_Menus_, _b_, 91.
- --rpts, _a_, LXXXIV.
-
-_Menus_ de pis, _b_, 145.
- --droits du cerf, _a_, LXXXIV; _b_, 156.
-
-_Menus_ oiseaulx rtis, _b_, 181.
-
-MENA (Gonz. de), _a_, LXVI.
-
-_Mer_ d'Angleterre, _b_, 197. V. _Chien_, _Porc_, etc.
-
-_Mercqs_ de l'pervier, _b_, 289 et 291, V. _Marques_.
-
-_Mercure de France_, _a_, 174; _b_, 296.
-
-_Mre-goutte_, _b_, 260.
-
-_Merlant_, _b_, 101.
- --sal, 201.
-
-_Merles_, _b_, 101.
- --(Chasse aux), 311.
-
-_Merluche_, _b_, 199.
-
-_Merlus_, _b_, 199. V. _Mellus_.
-
-_Mers_ ou _Merts_. V. _Mercqs_.
-
-_Mesche_ (Gingembre de), _b_, 230, 246.
-
-_Mesches_ ensouffres, _b_, 264.
-
-_Mesnies_ (domestiques) abusent des pices, _b_, 117.
-
-_Messe_ (Explication des crmonies de la), _a_, 17.
- --perdue par paresse, 41.
-
-_Mestier_ (oublie), _a_, XXXIX, XLIII; _b_, 92, 94, etc., 121.
-
-_Mtayer_, _b_, 62.
- --(_Eudeline_ femme du), _ib._
-
-_Mets._ Diverses significations de ce mot, _a_, XLI.
- --inconvenans, _b_, 60.
- --pris dans le sens actuel, _b_, 91, 92, 99 (intitul des menus,
- I, II, XV).
- --pris pour service, _b_, 92, 93.
- --Savoir les ordonner, 80.
-
-_Meute_ des pans, _b_, 314.
-
-_Miel_ (Boisson au). V. _Bochet_, _b_, 238.
-
-MIGNON (Denisette), _b_, 104.
-
-_Migon_, _b_, 195.
-
-_Milion_ (oiseau), _b_, 321.
-
-_Millet_, comment cuit, _b_, 176.
-
-_Minces._ Ce que c'est, _b_, 48, 143.
- --(Pore de), 143.
-
-_Miserelle_, expl., _b_, 243.
-
-_Misricorde_, _a_, 58.
-
-_Modus et Ratio_, _a_, XLIX, LI, LXXII, 29, 48; _b_, 99,
- 157, 290, 293, 314, 315, 316, 325.
-
-_Modus et Ratio de divine contemplation_, _a_, LXXII.
-
-_Molle._ V. _Mouelle_.
-
-MOIGNE (Lucas le), _a_, XXXIX.
-
-_Moine de Saint-Denis_, cit, _a_, 135.
-
-_Moines_ plus obissans que les femmes, _a_, 146.
-
-_Moissonneurs._ V. Soieurs, _b_, 54, 57.
-
-_Moissons_ (moineaux), _b_, 303.
-
-_Mol_ (mou) de porc, etc., _b_, 128, 129, 132.
-
-_Molettes_ du cheval, _b_, 74, 75.
-
-_Molissent_, _a_, LXIX.
-
-_Molle_, _b_, 203.
-
-_Mon_, expliqu, _b_, 37, 299.
-
-_Monde_, fort pleine de lions, etc., _a_, 57.
-
-MONSTRELET, cit, _b_, 115.
-
-MONSTREUL (Tassart de), _a_, 139.
-
-MONTAIGU (Jean de), _b_, 254.
-
-_Montgeron_, _a_, XXVI.
-
-MONTGISON (Marie de), _a_, XXVI.
-
-MONTGLAT (M. et Mme de), _a_, 174.
-
-MONTIGNY (Galeran de), _b_, 255.
- --(Raoul de), _a_, 150.
-
-MONTMORENCY (Gnalogie de), _a_, LXVIII.
-
-_Montpellier_, _b_, 248.
-
-MORAIS (C. de), _a_, LXXII; _b_, 319.
-
-MORANT (Colin), _b_, 119, 120.
-
-_Moret_, _a_, 149.
-
-_Morfondu_ (Cheval), _b_, 78.
-
-_Morillon_ (raisin), _b_, 67.
-
-MORIN (Dom Guillaume), _a_, 151.
-
-_Mortereul_, _b_, 211.
-
-_Mortier_, _b_, 115, 123.
-
-_Morue_ (Dtails sur la), _b_, 195, 196.
- --Foie de morue en past, 223.
- --Manire de l'acheter, la preparer, etc., 195.
-
-_Mouches._ Comment s'en garantir, _a_, 172.
-
-_Mouchet_, _b_, 285.
- --Comment les distinguer, 287.
- --pour attirer les perviers, 315, 318.
-
-_Mouelle_ (Buignets de), _b_, 224.
- --en rissoles, 226.
- --(Pasts norrois de), 223.
- --(Pipefarces de), 227.
-
-_Moules_, _b_, 204.
- --en civ, 277.
-
-_Moulin_ moutarde, _b_, 245, 246.
-
-_Mourillon_, _b_, 67.
-
-MOUSSE (Guillaume de la), _a_, 95.
-
-_Moust._ Comment fait, _b_, 181.
- --pour htoudeaux, 234.
-
-_Moustarde._ Comment faite, _b_, 229.
- --pour un dner, 122.
- --(Soupe en), 175.
-
-_Moustiquire_, _a_, 172.
-
-_Mouton_ au jaunet, _b_, 149.
- --Ausoerre, 148.
- --(Brichet de), 87.
- --(paules de), 177.
- --(p. farcies de), 269.
- --(Flanchet de), 87.
- --(Glandes de), 313.
- --(Hricot de), 148.
- --(Past de), 148, 186.
- --(Poulmon de), 284.
- --(Prix du), 86, 87.
- --rti, 177.
- --sal, 132, 133, 148.
- --(Tte de), 267.
- V. _Issue_ et _Pommeaux_.
-
-_Moutons_, _b_, 62, 63.
- --consomms Paris, _a_, XLIII; _b_, 82, 83, 84, 85.
-
-_Moyen tat_ (Gens de). Ce que c'est, _a_, L.
-
-_Muc-en-Auxois_, _a_, XXI.
-
-_Mue_ de l'pervier, _b_, 311.
- --ou cage pour l'pervier, _b_, 313.
-
-_Muete_ des pans, _b_, 314.
-
-_Muge_ ou _Mugeon_, _b_, 195.
-
-_Mulet_ (Poisson), _b_, 195.
-
-_Mungon_, _b_, 195.
-
-_Municipalit_ parisienne en 1847 trs-peu zle pour
- l'histoire de Paris, _b_, 254.
-
-_Murmuration_, _a_, 37.
-
-_Muscade._ V. _Noix maguettes_.
-
-_Massy-la-Fosse_, _a_, XXI.
-
-_Mystre_ de Griselidis, _a_, 99.
-
-
-N
-
-NANGIS (Guillaume de), _a_, LXXVI.
-
-_Nappe_ (filet), _b_, 314.
-
-_Nappes_, _a_, XL.
- -- franges, 163.
- --changes pendant le repas, XLII.
- --de cuisine, _b_, 123.
- --diffrentes de touailles, 250.
- --dites indiffremment touailles ou nappes, 219.
- --grosses, 115.
-
-_Nard_, _b_, 112, 219.
-
-NASSAU (Comte de), _a_, 139.
-
-_Navarrois_ au chteau de Melun, _a_, 149.
-
-_Navets_, _b_, 49, 94, 97, etc.
- --avec venaison, 130.
- --Comment cuits, 144.
- --confits, 244.
-
-NEELLE (Jean de), _b_, 249.
-
-_Neelle_ fleur, _b_, 249.
-
-_Neffles_, _b_, 92 (bis), 101.
-
-_Ngligence_, _a_, 40.
-
-_Neux_ du cerf, _b_, 156.
-
-_Nevers_, _b_, 296.
-
-NICOT, cit, _b_, 47 et ailleurs.
-
-_Nid_ des oiseaux captifs, comment fait, _b_, 256, 257. V. _Aire_.
-
-_Nieulles_, _b_, 101.
-
-_Niort_, _a_, 93, 94.
-
-_Nobles_ s'embrassoient, _a_, LXXVII.
-
-_Noces_ (Devis de), _b_, 108 et suiv.
-
-_Noe_ expliqu, _b_, 201.
-
-_Nol_, _b_, 43.
-
-_Nol_ du XVIe sicle rempli de termes culinaires, _a_, XXXIX.
-
-_Noisettes_ (Buvrage de), _b_, 240.
- --confites, 122. V. _Avelaines_.
-
-_Noix_, _b_, 121.
- --confites, 243, 247.
- --peles, _b_, 92, 101.
-
-_Noix muguettes_ font douloir la tte, _b_, 236.
- --Quelles sont les bonnes, 230.
-
-_Nom_ crit, donn en tmoignage de stipulation, _a_, 132.
-
-_Nombls_ ou _Nomblet_, _b_, 130, 131, 132.
- -- la sauce chaude, 100.
- --de cerf, 156.
- --de porc, 236; donn l'pervier, 299.
- --de sanglier, 94, 157 (ou bourbelier).
-
-_Nombres_ qui renvoient d'anciennes tables, _b_, 91.
-
-_Normandie_ (Moule de), _b_, 205.
-
-_Normands_ boivent beaucoup, _b_, 192.
-
-_Norwge_ (Sacres de), _b_, 323.
-
-_Notre-Dame_ de Mars, _b_, 156.
-
-_Notre-Dame_ de Paris, _a_, 16, 133.
-
-_Nourrices_, _b_, 58.
-
-_Nourriture_ du cheval, _b_, 76.
-
-_Nouvelliste de la Manche_, cit, _a_, XXXV.
-
-_Noyau_ de boeuf, _b_, 86, 133.
-
-_Noyer_ (Escume de), _b_, 263.
-
-
-O
-
-_Obir_ son mari, _a_, 96.
- --(Bien vient d'), 128.
- --comment, dans les cas douteux, 155.
-
-_Observations_ de l'auteur. V. _Remarques_.
-
-_Obstacles_ au vol de l'pervier, _b_, 302, 308.
-
-ODINET _de Sens_, _b_, 119.
-
-_O._ V. _Oies_.
-
-_OEil_ du cheval, _b_, 77.
- --d'un fruit, 247.
- --(Proverbe sur l'), 15.
-
-_OEuf_ pondu, _a_, 180.
-
-_OEufs_ (Arboulastre d'), 206.
- -- la tnoisie, 209.
- --(Alumelle d'), 208.
- --(Chapitre des), _b_, 206.
- --(Civ d'), 174, 277.
- --Comment les cuire, durcir, etc., 209.
- --heaums, 208.
- --perdus, 208.
- --pochs en brouet, 172.
- --pour la fromente, 121.
- --pour la ptisserie, 110, 111.
-
-OFFMONT, _a_, LII; _b_, 249.
-
-_Officiers_ ncessaires un grand repas, _b_, 114.
-
-_Offrande_, _a_, 19.
-
-_Oies_, _b_, 62, 94, 96, 271.
- -- l'eschine et l'andoulle rostie, 98.
- --(Boudin d'), 126.
- --Comment engraisses, 88; en trois jours, 212.
- --en potage, 149.
- --grasses la dodine, 98.
- --petites, 160.
- --(Prix des), 110.
- --rties, 180.
- --sales, 94, 97, 133. V. _Oisons_.
-
-_Oignons._ Comment cuits, _b_, 136, 137.
- --Leur odeur odieuse aux faucons, 325.
- --Tuent les mouches, _a_, 173.
-
-_Oiseau de paradis_, _b_, 183.
-
-_Oiseau saint Martin_, _b_, 307.
-
-_Oiseaux_ bons pour l'autour, _b_, 322.
- --comment servis, 182.
- --dans la pte d'une tourte, 93.
- --de chambre ou en cage, _b_, 62, 253, 256.
- --(Marchand d'), 62.
- --petits sont un mauvais gibier pour l'pervier, 302, 303. V. _Oiselets_.
- --qu'on ne vide pas, 183.
- --rtis, 181.
- --s'aiment et se suivent, _a_, 92.
-
-_Oiseaux de proie_, _a_, 92.
- --de leurre ou _rameurs_, de poing ou _voiliers_, _b_, 318, 319.
- --Leurs droits, 182.
- --Leurs maladies, 325.
- --Leurs noms, 318.
- --(Marchands d'), 323.
- --Quand ils suivoient les chiens, _a_, LXXVIII; _b_, 318.
-
-_Oiseaux de rivire_ la dodine, _b_, 91.
- --en pt, 271.
- --(Saupiquet pour), 233.
- --vols par le lanier, 324.
-
-_Oiselets._ Combien en une cuelle, _b_, 121.
- --en grav, 121, 150.
- --en ros, 154. V. _Oiseaux_.
-
-_Oisons._ Comment connotre leur ge, _b_, 180.
- --Comment les engraisser, 180.
- --consomms par le roi, etc., 85.
- --rtis, 275.
- --(Saulce pour), 231. V. _Oies_.
-
-_Ottres_, _b_, 102, 103.
- --(Civ d'), _b_, 174, 277.
- --Comment cuites, 137.
-
-_Ongles_ de l'pervier, _b_, 294.
-
-_Onglet_ de boeuf, _b_, 131.
-
-_Oraison._ Qualits qui lui sont ncessaires, _a_, 61. V. _Prires_.
-
-_Orangers_ bien connus en France au XIVe sicle, _b_, 110.
-
-_Oranges_, _b_, 108.
- --avec du poisson, 195.
- --de poucins, 276.
- --(Jus d') sur perdrix, 183, et sur poucin, 232.
- --(Pommes d'), 107, 110.
-
-_Ordonnances_ de fvrier 1349-50, et 3 mai 1351 sur les pices, _b_, 112.
- --de fvrier 1350-1, _a_, 169; _b_, 57, 58.
- --de 1387 et 1388 sur la maison du roi, _a_, XL, 237; _b_, 114.
-
-_Ordre_ donn tous n'est pas excut, _b_, 61.
-
-_Oreilles_ de cheval, _b_, 73.
- --d'homme tires pour frapper la mmoire, _b_, 40.
-
-_Orengat_, _b_, 112, 265.
-
-_Orenge._ V. _Oranges_.
-
-_Orfin_, _b_, 198.
-
-_Orge_ en boisson et donne la poulaille, _b_, 238.
- --monde, 241, 271.
-
-ORGEMONT (Pierre d'), _a_, XIX, 148.
-
-_Orgueil_, _a_, 29, 31; _b_, 9.
-
-_Orillettes_, _b_, 96, 103.
-
-_Orilliers_, _a_, 238.
-
-_Orine_, expl., _b_, 238.
-
-ORLANS (Le duc d'), cit dans le _Mnagier_, _a_, XXII, LXXXI; _b_, 380.
- --Sa consommation, _b_, 85.
- --Ses maisons, 254. V. _Longueville_.
-
-_Orloges_, _b_, 257.
-
-_Orphie_, _b_, 198.
-
-_Orpiment_, _b_, 325.
-
-_Orte_ (Saffran d'), _b_, 246.
-
-_Orthographe du Mnagier_, _a_, LXI.
-
-_Orvale_, _b_, 44.
-
-_Oscille_, _b_, 44, 46.
- --(Vertjus d'), 111, 229.
-
-_Otages_ en Angleterre, _a_, LXXXI, 149.
-
-_Ottour._ V. _Autour_.
-
-_Oubles._ V. _Oublies_.
-
-_Oublies_, _a_, XLIII; _b_, 99, 107, 109, 110, 121.
-
-_Oubloier_, _b_, 121, 122.
- --ce qu'il fournit pour une noce, 109.
-
-_Ours_ apprivoiss, _a_, 144.
- --(Venaison d') contrefaite, _b_, 155, 179.
-
-_Outarde_ rostie, _b_, 181.
- --(Vol l'), 309, 310, 321, 324.
-
-_Ouvrages_ cits, _a_, LXV.
- --consults par l'auteur, _a_, XXXII et suiv. V. _Livres_.
-
-_Oyers_, _b_, 88.
-
-_Ozeille._ V. _Oseille_.
-
-
-P
-
-PACY (Jacques de), _b_, 253.
-
-_Paelle_ anse, _b_, 115, 123.
- -- faire les crespes, 226.
- -- faire les fritures d'enfer, _a_, 31.
- --de cuisine, _b_, 106.
- --de fer, 115, 123.
-
-_Pages_ du duc de Berry. Leur nourriture, _b_, 85.
-
-_Parler_ folement, _a_, 48.
-
-_Paille_ dans les maisons, _a_, 171.
-
-_Paillier_ (Canards de), _b_, 89.
-
-_Pain_ blanc plat, _b_, 109.
- --brun, 236.
- --chapel, 114.
- --Comment le broyer, 87.
- --cornu (proverbe), 36.
- --de bouche, 38.
- --de chapitre, _a_, XXXIX.
- --de Corbeil, 38, 109.
- --de tranchoirs, leur dimension, 109, 110.
- --meilleur que froment (proverbe), 21.
- --pour tranchoirs et pour chapeler, 106.
- --(Prix du), 109.
-
-_Paire_ d'eaux, _b_, 214.
-
-_Paisibles_ (Gens), rechercher, _b_, 54, 56.
-
-_Paissonoir_, _b_, 294.
-
-_Paix_ (loge de la), _a_, 56.
-
-_Palettes_ pour tuer les mouches, _a_, 173.
-
-_Pampes_ de rose, _b_, 253.
-
-PAMPHILE, _a_, LXXXIII.
-
-_Panais_, _b_, 44.
-
-_Pance_ de mouton, porc, veau, etc., _b_, 128, 129.
-
-_Panoit_, _b_, 44.
-
-_Paons_, _b_, 99.
- --Comment nourris, _b_, 256.
- --en entremets, _a_, XLII.
- --rtis, _b_, 181.
-
-_Papier_ (Dpenses crites sur), _b_, 56, 58.
- --(Encre pour), 275.
- --huil aux fentres, _a_, 174.
-
-PAPIRIUS (Histoire de), _a_, 179.
-
-_Parchemin_ aux fentres, _a_, 173.
- --(Encre pour le), _b_, 275.
-
-_Parement_ (Chambre de), _a_, XLIII; _b_, 107.
-
-_Parer_, expl., _b_, 238.
-
-_Paresse_, _a_, 39; _b_, 11, 17.
-
-_Paris_ (Consommation de), _a_, XLIII, XLV, XLVI; _b_, 80.
- --(Eaux de), _b_, 134.
- --vque de Paris table, 104, 106.
- --maltrait en 1383, _a_, 135, 136.
- --(Oiseaux de proie vendus ), 323.
- --(Population de), _a_, XLIII, XLVI. V. _Boucheries_,
- _pitaphes_, _Htels_, _Rues_, etc.
-
-_Paris sous Philippe le Bel_, cit, _a_, XLVI, XLVII, LXXXV.
-
-PARIS (M. Paulin), cit, _a_, XIX, LXII, LXVIII, 186; _b_, 4, 253.
-
-_Parisis_ (monnoie), _b_, 128.
-
-_Parlement_ (Registres du). Leur style, _a_, XXIX. V. _Plaidoieries_.
-
-_Parler_ peu, _a_, 178; _b_, 16.
-
-_Paroles_ abondantes ou plaisantes nuisent, _a_, 178.
- --dshonntes dfendre aux domestiques, _b_, 59.
-
-_Part de Dieu_, _b_, 115.
-
-_Partie_ de chasse au XIVe sicle, _a_, L.
-
-_Parvis_ (Boucherie du), _b_, 83, 84.
-
-_Pasquers_, expliqu, _b_, 49, 126, 138, 143, 183.
-
-_Passage Charlemagne_, _b_, 255.
-
-_Passerose_, _b_, 249.
-
-_Pasteaux_ de gude, _b_, 214.
-
-_Pasts_ blancs, _b_, 102.
- --(Chapitre des), 185.
- --d'alos, _b_, 92.
- --d'anguilles, 94.
- --d'argent, 96.
- --de boeuf, 93, 94, etc., 133, 186.
- --de boeuf et de mouelle, 94.
- --de bouli lard, 186.
- --de bresmes et saumon, 93, 94, etc.
- --de chapons, 92, 93, 98.
- --d'escheroys, 185, 228.
- --de gibier, 186.
- --de gornaux, 95.
- --de lapereaux, 108, 121.
- --de maquerel, 196.
- --de mouton, 186.
- --de mulet, 195.
- --de pigons, 271.
- --de pinparneaux, 91, 92.
- --de porc, 271.
- --de potirons, _a_, XXXIX.
- --de poucins, _b_, 185.
- --de turtres et d'alouettes, 101.
- --de vache, 96, 100.
- --de veau ou veel, 91, 92, 186.
- --de venoison, 155, et d'oiselets, 95, 97, 185.
- --d'os, poules, etc., 271.
- --d'oiseaux, 271.
- --en pot, de mouton, 148.
- --norrois, 92, 93, etc., 223.
- --(Petits), 118, 277.
- --(Sauce mettre en), 236.
-
-PASTOUREL (Jean), _b_, 105.
-
-_Patenostre_ dite sans distraction, _a_, 21.
-
-_Patisseries_, _a_, XLIII; _b_, 115.
-
-_Paturon_, _b_, 74.
-
-PAUL (Saint), cit, _a_, 56, 59, 63.
-
-PAUL-DIACRE, cit, _a_, 68.
-
-_Paulmoer_ ou _Paumoyer_, expl., _b_, 222, 271.
-
-_Pauvret_, _b_, 18.
-
-_Pavot_, _b_, 44.
-
-_Pches_, _b_, 118, 245.
-
-_Pchs_ mortels, _a_, 28.
-
-_Pele_ (pole), _b_, 111. V. _Paele_.
-
-_Pnanciers_, _a_, 175.
-
-_Penne_ sous le pied de l'oiseau enrhum, _b_, 320. V. _Fourrure_.
-
-_Ppie_ des oiseaux, _b_, 325.
-
-_Perceau_, _b_, 249.
-
-_Perche_ branlant pour veiller l'oiseau, _b_, 315.
- --de l'pervier, garnie, 313.
- --mouille, dangereuse, 299.
-
-_Perche_ (mesure), _b_, 47.
-
-_Perche_, _b_, 175, 187.
- --au percil, 102.
- --(Coulis de), 242.
-
-_Percil._ V. _Persil_.
-
-_Perdriaulx_, _b_, 186.
- -- l'eau rose, 275.
- -- l'orange, 276.
- --(Chasse aux), _b_, 280, 308.
- --faits de poucins, 212.
- --mangs au sel, 213.
-
-_Perdrix_, _b_, 85, 91, 92, 98, 101.
- -- l'eau rose, 275.
- -- l'orange, 276.
- --(Chasse des), 307.
- --Comment manges, 183.
- --jeunes, bonnes chasser, 309.
- --O les chercher, 301, 307.
- --Quand adoues, 183.
- --Quelles sont les fraches, 90.
- --vieilles prendre au voulon, 309.
- --voles par le lanier, 324.
-
-PERIERS (Bonavent. des), _b_, 380.
-
-_Pronne_, _a_, LIX; _b_, 381.
-
-_Pers_ (bleu). (Comment dtacher les robes de), _b_, 66.
-
-_Perse_ (Princes de), chassent l'oiseau, _a_, LI.
-
-_Persil_, _b_, 45, 46, 49.
- --Racines de persil confites, 245. V. _Houssi_ et _Larder_.
-
-_Pertes_ (village), _a_, 68.
-
-PRUSE (Comtesse de), _a_, 110, 113, etc.
-
-_Ps_ de Chastellier, _b_, 97, 103.
- --d'Espaigne, _ib._
-
-_Pesches_, _b_, 118.
- --confites, 245.
-
-_Pessouer_, _b_, 294.
-
-_Pestail_, _b_, 115, 123, 271.
-
-PETIT (Jean), _b_, 115.
-
-PTRARQUE, _a_, 99, 124.
-
-PHARAON, _a_, 79.
-
-_Philicon (quid?)_, _b_, 219.
-
-PHILIPPE AUGUSTE, _b_, 84.
-
-PHILIPPE DE VALOIS, _a_, 139, 149.
-
-PHILIPPE LE BEL. Compte de ce prince, _a_, 169.
-
-_Pias_, _b_, 300.
-
-_Picard_ (Dialecte), _a_, LVII.
-
-_Picardie_, _b_, 126.
-
-PICQUE (Richard), _a_, LXX; _b_, 61, 115.
-
-_Pieds_ de boeuf, _b_, 129, 132, 145.
- --de cheval, 74, 77.
- --de chevreau, 145.
- --de mouton, 129, 132, 145,
- --lavs, _a_, 169, 238.
-
-_Pierre-au-lait_, _a_, LXXXV; _b_, 113.
- --(chevins de la), _a_, LXXXV.
-
-PIERRE (Franois), dit _La Varenne_, _a_, XXXVIII.
-
-_Pies_ (Dresser l'pervier aux), _b_, 300.
- --tues l'arbalte et manges, 267.
- --(Vol aux), 311.
-
-_Pigeons_, _b_, 62, 110, 121.
- -- l'orange, 276.
- --au sucre, 275.
- --avec choux, 144.
- --consomms la cour, 85.
- --en past, 271.
- --lards, 178.
- --mauvaise nourriture pour l'pervier, 287, 306, 311.
- --sauvegarde singulire, _a_, 69. V. _Coulons_.
-
-_Pignolat_, _b_, 225.
- --contrefait, _ib._
-
-_Pigons_, V. _Pigeons_.
-
-_Pilette_ (flche), _b_, 267.
-
-_Pince-mrille_ (jeu), _a_, LXXVII, 71.
-
-_Pinperneaux_ en pt, 91, 92.
- --rtis, _b_, 101, 103, 191.
-
-_Pintes_ ( boire), _b_, 115.
- --d'tain, 123.
-
-_Pipefarces_, _b_, 92, 95, etc., 227.
-
-PISAN (Chr. de), _a_, LXVII; _b_, 119.
-
-_Pise_, _b_, 93. V. _Tourtes_.
-
-_Pivoine_, _b_, 49.
-
-_Placebo_ (Jouer de), (flatter,) _b_, 25.
-
-_Plaideurs_, _a_, 44.
-
-_Plaidoieries_ du parlement, _a_, LXXII; _b_, 116 et
- _passim_. V. _Plais_ et _Parlement_.
-
-_Plain_ (Vin), _b_, 174.
- --expliqu, _b_, 193.
-
-_Plais_ (pervier port aux), _b_, 296.
-
-_Plais._ Voyez _Plies_.
-
-_Plaisir_ du mari le premier suivi, _a_, 97.
- --quel qu'il soit, 155.
-
-_Plan de tapisserie_, _a_, LXXIII; _b_, 255.
- --de Turgot, _a_, LXXIII; _b_, 80.
-
-PLANCHER (Dom), _a_, LIX.
-
-_Planter_ (Quand), _b_, 43, 44.
-
-_Plastreau_, expliqu, _b_, 68.
-
-_Plat_ (Cheval). Ce que c'est, _b_, 74.
-
-_Plats._ Comment servis, _a_, XLI, XLII.
- --couverts, _b_, 106.
- --grands, 115, 123.
- --petits en tain, 115; en grand nombre, 123.
-
-_Plays._ V. _Plies_.
-
-_Pleiges_ (rpondans), des domestiques, _b_, 58. V. _Caution_.
-
-_Plies_, _b_, 88, 202.
- --en l'eau, 93, 95, 97, etc.
-
-_Plomm_, expl., _b_, 240.
-
-_Plouviers_, _b_, 98, 101.
- --mangent du vent, non vids, 183.
-
-_Pluie_ mauvaise pour l'pervier, _b_, 299.
-
-_Plumage_ de l'pervier, _b_, 292.
- --des canards, 89.
-
-_Plumer_ sec, _b_, 181.
-
-_Plumes_ casses, comment les raffermir, _b_, 302.
- --de l'pervier marques par les _faims_, 287.
- --des ailes des oiseaux, 89.
- --des perdrix, 90.
- --ou cures pour l'pervier, 297, 298, 312.
-
-_Pluviers._ V. _Plouviers_.
-
-_Pole._ V. _Paele_.
-
-_Poliers_, _a_, LXXXVII.
-
-_Poids_ (Gros), expl., _b_, 248.
-
-_Poinon_ (tonneau). Sa contenance, _b_, 244, 249, 260.
-
-_Poireaux._ V. _Poreaux_.
-
-_Poire._ V. _Pore_.
-
-_Poires_, _b_, 92, 121.
- --confites, 245.
- --cuites, 92, 267.
- --d'angoisse, 267.
- --vermeilles en hiver, 250.
-
-_Pois_, _b_, 49.
- --au craspois, 136.
- --au lard, 135, 136.
- --couls, 91, 96, etc., 136.
- --daguenets, 100.
- --Dans quelle eau cuisent, 134.
- --en cosse et au lard, 136.
- --nouveaux, 136.
- --percs, 50.
- --vieils en potage, 134.
- --vieils jaunis, 136.
-
-_Poisires_, _b_, 307.
-
-_Poisons_ pour cerf ou sanglier, _b_, 258.
-
-_Poisson_ d'eau douce, _b_, 92, 93; (Chapitre du), 187.
- --de mer, 92, 93.
- --de mer, plat (Chapitre du), 201.
- --de mer, rond (Chapitre du), 194.
- --froid au potage jaunet, 175.
- --en galentine, 174.
-
-_Poitevine_ (Sauce), _b_, 234.
-
-_Poitiers_, _a_, 94.
-
-_Poitou_ (Chevauche de), _a_, XLV. V. _Niort_.
-
-POITRINE (Jeh.), _b_, 119, 120.
-
-_Poitrine_ de boeuf, _b_, 86, 87, 131.
-
-_Poivre_ aigret ou jaunet, _b_, 178, 232.
- --long, 112.
- --noir, 233.
-
-_Poles_, _b_, 203.
-
-_Pommeaux_, _b_, 97, 103, 222.
-
-_Pommes_ (Breuvage de), _b_, 79.
- --cuites, 101, etc.
- --de blandureau, 111, 122.
- --de rouvel rties, 106.
- --en riquemenger, 268. V. _Oranges_ et _Grenades_.
-
-_Pommettes_ de fressure d'agneau, _b_, 222.
-
-_Pompons_, _b_, 273.
-
-_Ponctuation_, _a_, LXI.
-
-_Pont-sur-Yonne_, _a_, 68.
-
-_Pontife_ (Fromage compar au), _b_, 146, 147.
-
-PONTONNIER (Jean le), _b_, 82.
-
-_Porcs_, _b_, 62, 266, 268.
- --(Boyaux de) comment lavs, 160, 228.
- --(Chaudun de), 160.
- --consomms Paris, _a_, XLIII; _b_, 82, 83, 84, 85.
- --en past, _b_, 271.
- --en rissole, 225.
- --eschauds et rostis, 178.
- --(Filet de cuisse de), 287.
- --(Fressure et boyaux de), 158, 228.
- --(Hastelets de chaudun de), 228.
- --(Issues de), 128.
- --jaunis l'air, 126.
- --mis au saloir en Picardie, 126.
- --(Pieds de), 237.
- --Quand les tuer, 125. V. _Cochon_, _Pourceau_,
- _Pourcel_, _Pourcelet_, _Sous_, _Ver_, _Vinaigrette_.
-
-_Porc de mer_, _b_, 198.
- --en entremets, _a_, XLII.
-
-_Porc pic_ (Htel du), _b_, 254.
-
-_Poreaux_, _b_, 50.
- -- chapons, 98.
- --aux amandes, 99.
- --blancs, 96.
-
-_Pore_, _b_, 44, 47.
- --au lait d'amandes, 142.
- --blanche, 94, 95, 139.
- --blanche de bettes, 140.
- --de bettes, 137, 140.
- --de cresson, 102, au lait d'amandes, 140.
- --de minces, 142.
- --d't, de caresme, etc., 48, 49.
- --noire, 93, 97, etc., 142.
- --nouvelle, 141.
- --verte, 107, 139, 141, 142.
- --vieille, 141.
-
-_Portages_ (ports), des provisions, _b_, 123.
-
-_Porte de Paris_, _b_, 80, 122, 132.
-
-_Portes_ (oublies?), _b_, 110, 122.
-
-_Portechappes_, _a_, XLI; _b_, 114.
-
-_Portefaix._ Leur caractre, _b_, 54.
-
-_Porteurs_ l'enfeutrure, _b_, 53.
- --d'eau, 115.
-
-_Portugais_ la cour de Bourgogne, _b_, 273.
-
-_Portugal_, _a_, LXVI.
- --(Jardiniers de), _b_, 273.
-
-Potage aours (brl), _b_, 87, 124, 137, 263.
- --de Lombards, 171.
- --de pois vieils, 134.
- --d'une petite o, 149.
- --cartel, 91, 216.
- --jaunet, 175.
- --maigre, 148.
- --parti, ou faux grenon, 216.
- --pour faire issue, appel _Gele_, 100.
-
-_Potages_ pices non lians, _b_, 147.
- --communs sans pices, 134.
- --d'pices, leur saison, 242.
- --(pices pour les), 107.
- --lians, 87.
- --lians de chair, 158.
- --Manire de les dessaler et d'en ter l'arsure, 262, 263.
- --qui s'en vont sur le feu, 88.
-
-POTARD (Jean), _b_, 116.
-
-POTARDE (Perrette), _b_, 116.
-
-_Potirons_ (Pt de), _a_, XXXIX.
-
-_Pots_, aumne, _b_, 115, 118, 123.
- --Combien lous, 124.
- --de cuivre pour la vaisselle, 115, 122.
- --de diverses sortes, 115.
- --de terre, vin, 123.
- --pour la gele et la cameline, 114.
- --pour potages, 123.
-
-_Poucins_, _b_, 108, 160.
- -- la mode lombarde, 185.
- -- l'eau bnite, 275.
- -- l'eau b. d'oignons, 276.
- -- l'orange, 276.
- -- porter la chasse, 300, 306.
- --Combien pour un dner, 110.
- --Comment engraisss, 212.
- --Comment faisands, 181.
- --en froide sauge, 215.
- --en past, 185.
- --en ros, 154.
- --farcis, 212.
- --mangs en trois fois par l'pervier, 306.
- --nourris avec des perviers, 285.
- --(Perdreaux faits de), 212.
- --(Prix des), 110, 121.
- --rtis, 180, 232. V. _Poulets_.
-
-_Poudre_ blanche, _b_, 122.
- --de canelle, 122.
- --de duc, 248.
- --fine, 122, 247.
- --pour tuer les loups, 63.
-
-_Poulailles_, _b_, 85.
- --farces, 213.
-
-_Poulaillier._ Ce qu'il fournit pour un repas de noces, _b_, 110, 122.
- --du roi, etc., 85.
-
-_Poules_, _b_, 62, 271.
- --aux herbes, 100.
- --farcies, 268.
-
-_Poulet_, _b_, 165.
- --(Coulis d'un), 242.
- --Cols de poulets en coulis, _ib._
-
-POUPART (Charles), argentier du roi, _a_, XXX.
-
-_Pourceau_, _b_, 62.
- --(Groin de), ncessaire au serviteur, 23.
- --jaunit l'air, 126. V. _Porc_, _Pourcel_, _Pourcelet_, _Cochon_, etc.
-
-_Pourcel_ (Soux de), _b_, 231.
-
-_Pourcelet_ farci, _b_, 178.
- --lard, 178.
- --(Sous de), 215.
-
-_Pourpois_, _a_, LXXXIV; _b_, 103, 198.
-
-_Poux_ des oiseaux, _b_, 325.
-
-_Prcautions_ prendre avec les hommes de peine, _b_, 54.
-
-_Prsident_ du parlement, _b_, 104.
- --Comment plac et servi table, 106.
-
-_Prsomption_, _a_, 42.
-
-_Presse._ V. _Foule_.
-
-_Prter_ 12 pour 13, _a_, 46.
-
-_Prtres_ discrets, _a_, 162.
-
-_Prvts_ de Paris, _b_, 254, 255.
- --(Htel des), 255.
-
-_Prires_, _a_, 10, 11, 12. V. _Oraison_.
-
-_Prime_ (Heure de), _a_, 48.
-
-_Prix_, cits dans le _Mnagier_, comment les interprter, _a_, XXXI.
- --de la bougie, _b_, 112.
- --de la canelle, 111.
- --de la chair, 128, 132.
- --de la cire, 112.
- --de la graisse, 82.
- --de la loche, 220.
- --de l'argent, 86.
- --de la vaisselle, 124.
- --de la volaille, 110, 119, 120, 121.
- --de l'eau, 123.
- --de l'herbe verte, 124.
- --de l'ypocras, 112.
- --des amandes, 111.
- --des bonbons, 112.
- --des carrotes, 245.
- --des cochons, 120, 220.
- --des cuirs de boeuf, 82.
- --des crevisses, 220.
- --des pices, 111.
- --des flambeaux, 112, 124.
- --des fleurs, 116, 123.
- --des mnestrels, 123.
- --des morceaux de boeuf, 86, 87.
- --des moutons, 82.
- --des nappes, 124.
- --des oublies, 107, 109.
- --des perdreaux, 120.
- --des pots d'tain, 124.
- --des sergens, 124.
- --des tables, trteaux, etc., 116, 123.
- --des torches, 112, 124.
- --des verres, 124.
- --du bl, 109, 111.
- --du bois brler, 113.
- --du charbon, 113.
- --du froment mond, 111.
- --du galanga, 112.
- --du gingembre, 111.
- --du girofle, 111.
- --du macis, 112.
- --du mouton, 86, 87.
- --d'un cuisinier, 114, 123.
- --d'un htel pour une noce, 116, 123.
- --du pain, 109.
- --du poivre, 112.
- --du ris, 111.
- --du safran, 111.
- --du sucre, 111.
- --du veau, 86, 87, 221.
-
-_Procureur_ au chatelet et au parlement, _a_, LXXVIII, LXXXV.
-
-_Procureur du roi_, _b_, 104, et note.
- --O plac table, _b_, 106.
-
-_Procureur gnral._ Remarques sur ces mots, _a_,
- LXXVIII, LXXIX; _b_, 104, 106.
-
-_Prouesse_, _a_, 57.
-
-_Provence_ (Figues de), _b_, 101.
-
-_Proverbes_, _a_, LXXXVII, 169, 178; _b_, 4, 15,
- 21, 37, 56, 70, 114, 125, 156, 292.
-
-_Proverbiale_ (Faon de parler), _a_, XLVII.
-
-_Provins_ (Roses de), _b_, 252.
-
-_Provisions_, par qui achetes, _b_, 117.
-
-_Prudence_, femme de Mellibe, _a_, 186 et suiv.
-
-_Prunelles_ de haie, _b_, 235.
-
-_Prunier_ ent sur vigne, _b_, 51.
-
-_Psaultier_, _b_, 129, 132.
-
-_Pucelle_ (Conditions de la), _b_, 72.
-
-_Puces._ Comment les chasser, _a_, 171.
-
-_Pure_, _b_, 102.
- --expl., _b_, 135, 137.
- --A quoi elle sert, 136, 137.
-
-_Purer_, expliqu, _b_, 135.
-
-
-Q
-
-_Quadragsimal spirituel_, _a_, LXXIII; _b_, 45.
-
-_Quarrel_ fondant sous le pied, _b_, 204.
- --ou _Quarreau_ (brochet), 88.
-
-_Quarrelet_, _b_, 202.
-
-_Quartes._ Ce que c'est, _b_, 106.
- --d'argent, _a_, XL; _b_, 118.
- --d'tain, 115, 123.
-
-_Quatre-de-chiffre_, _a_, LXXXIV.
-
-_Quayeu_ (Moule de), _b_, 205.
-
-_Quelboe_, _b_, 204.
-
-_Quelrel_, _b_, 204.
-
-QUENTIN (Thomas), _a_, 237.
-
-QUENTINE (Jeanne la), _a_, 237.
-
-_Queue_ (tonneau), _b_, 67.
-
-_Queue_ de cheval, _b_, 72, 75.
- --de l'pervier, _b_, 312.
- --de sanglier, 155, 179.
- --de sanglier la sauce chaude, 93, 96.
- --Sauce dite _Queue de sanglier_, 179, 236.
-
-_Queue._ V. _Balay_.
-
-_Queue-en-Brie_ (La), _a_, LXXXV.
-
-_Queurie._ V. _Cuisine_.
-
-_Queux_ (Grand), de France, _a_, XL.
-
-_Queux_ (Aides des), _b_, 123.
- --(Attributions d'un), _a_, XL; _b_, 117.
- --lou, 114.
- --(Salaire d'un), 123.
- --(Terme technique des), 164.
-
-_Qui fri_ (jeu), _a_, 71.
-
-
-R
-
-_Raales_ des champs, _b_, 310.
-
-RACHEL, _a_, 85.
-
-_Rafan_, _b_, 246.
-
-_Raffle_ racine, _b_, 246.
-
-_Rage_ (Conjuration contre la), _b_, 259.
-
-_Raie._ V. _Raye_.
-
-_Raifort_, _b_, 246.
-
-_Raisin._ V. _Roisins_.
-
-_Raison._ Avantages qu'elle procure, _b_, 29.
-
-_Ramage_ (pervier), _b_, 314, 320.
-
-_Ramiers_ (Coulons), _b_, 89, 133.
-
-_Ramolles._ V. _Raniolles_.
-
-_Rancune_, _a_, 40.
-
-_Rangs_ peu marqus dans les relations sociales, _a_, L. V. _Bourgeois_.
-
-_Raniolles_, _b_, 93, 97.
- --lombardes, _b_, 95.
-
-_Rape_, _b_, 77.
-
-_Rapine_, _a_, 45.
-
-_Rapp_, _b_, 168.
-
-_Rate_, _b_, 132.
-
-_Ratires_, _b_, 64.
-
-_Rats_, bons pour les oiseaux, 312, 313, 326.
- --Comment les dtruire, _b_, 64.
-
-_Raves_, _b_, 49.
-
-_Raye_, _b_, 201, 202.
- --(Aulx camelins pour), 201, 230.
- --boucle, lisse, etc., 201.
- --(Galentine pour), 202.
- --notre, 201.
-
-RAYMONDE, _a_, 68.
-
-_Rebat_, _b_, 291.
-
-REBECCA, _a_, 85.
-
-_Recettes_ dont l'auteur doute. V. _Remarques_.
- --empruntes, _a_, XXXIV.
-
-_Rclamer_, expl., _b_, 284, 296, 297, 299, etc., 314.
-
-_Recommanderesses_, _b_, 58.
-
-_Recoupes_, _b_, 89.
-
-_Recrance_, expl., _b_, 295, 296, 297, 299, etc.
-
-_Recueil de tous les oiseaux de proie_, etc., _a_, LXVI.
-
-_Redefort_, _a_, LXIX.
-
-_Regard_ (Joli passage sur le), _b_, 14.
-
-_Regard_ (Jour du), _b_, 118, 122, 124.
-
-_Rglisse_ (Quelle est la bonne), _b_, 238.
-
-REIFFENBERG (M. le baron de), _a_, LIII.
- --Son article sur le _Mnagier_, LV.
-
-_Reims_, _a_, LXX.
-
-_Reine_ (Dpense de la) et de ses enfans, _b_, 85.
-
-_Reine_ de Navarre, _a_, 240.
-
-_Reines_ blanches, _b_, 123.
- --de France ne lisent seules que les lettres autographes des rois, _a_, 75.
- --n'embrassent que le roi, 76, _b_, 381.
-
-_Rjouir_ (Tout le monde aime se), _a_, 154.
-
-_Relations des ambassadeurs vnitiens_, cites, _a_, XLVII.
-
-_Religieux de Saint-Denis_, cit, _a_, 135, 136.
-
-_Remarques_ critiques[1612] de l'auteur sur des recettes, _a_, XXXI; _b_,
- 66, 85, 93, 106, 129, 153, 158, 161, 162,
- 164, 166, 167, 179, 190, 235, 236, 269.
-
-_Remdes_ pour les chevaux, _b_, 77.
-
-_Remere_, expl. _b_, 307.
-
-_Renart_ (Conditions du), _b_, 72.
- --Recette pour les dtruire, 63.
-
-RENAUD de Louens, _a_, 186.
-
-_Renodie_ (La). V. _Sainte-Aulaire_.
-
-_Renoulles_, _b_, 222.
-
-_Renseignemens_ prendre sur les chambrires, _b_, 57.
-
-_Renverser_ une anguille, _b_, 191.
-
-_Repas_ des domestiques, _b_, 70.
- --(Ordre d'un), _a_, XL; _b_, 103 et suiv.
-
-_Repos_ trompe les gens, _b_, 40.
-
-_Reprise_ des torches par l'picier, _b_, 123.
-
-_Requtes_ de l'htel, _a_, LXXIX.
-
-_Ressatir_, _b_, 299.
-
-_Restes_ des tables, _b_, 117.
-
-_Restraintif_ pour les chevaux, _b_, 77, 79.
-
-_Retrait_ de la reine, _b_, 62.
-
-_Rets saillant_, _b_, 314.
-
-_Rvolution_ a diminu la consommation de la viande, _a_, XLVI.
-
-_Rhombus_, _b_, 203.
-
-_Rhume_ de l'pervier, _b_, 319, 320.
-
-_Riagal_ (aconit), _b_, 64.
-
-_Ribaude._ Mauvais mot, _b_, 60.
-
-_Ribelette_, expl., _b_, 139, 142.
-
-_Richebourg_, _a_, LIX.
-
-RICHEMONT (Arthur de), _b_, 254.
-
-_Riches_ gens mangent des limaons, _b_, 223.
-
-_Rique-menger_, _b_, 268.
-
-_Rire_ (Comment), _b_, 26.
-
-_Ris_, _b_, 214.
- --battu, 111.
- --engoul, 91, 92, 98, etc.; 214, 243.
- --et amandes frites dessus, 107.
- --(Fleur de), 122.
-
-_Rissoles_, _b_, 88, 92, 93.
- -- jour de poisson, _b_, 225.
- -- jour de chair, _ib._
- --de brochet, 188.
-
- --de mouelle de boeuf, 84, 97, etc.; 226.
- --en carme, 225.
-
-RIVIRE (Bureau de la), _a_, LXVI; _b_, 46, 380.
-
-_Robe_, expl., _b_, 67.
-
-_Robes_ visiter, _b_, 65.
- --Comment les dtacher, ntoyer, etc., _b_, 65 et suiv.
- --d'une bouchre, 82.
-
-_Robeslinges_, _a_, 169, 238, 239.
-
-ROCHEFORT (Jean de), _a_, 150.
-
-_Rochelle_ (Vin de la), _b_, 38.
-
-_Rocs_ d'chiquier, _a_, XLVII, 7; _b_, 381.
-
-RODOALD, _a_, 70.
-
-_Rogne_ du cheval (gale), _b_, 75, 77.
-
-ROHAN (Vicomte de), _b_, 321.
-
-_Roi_ (Consommation du), _b_, 85.
- --(taux du), 200.
-
-_Roi-qui-ne-ment_ (Jeu du), _a_, 7.
-
-_Roi (Ne pour), ne pour roc_, _a_, XLVII; _b_, 380.
-
-_Rois._ toffe grossire, ou vtement grossier, _a_, LXXXIII; _b_, 32.
-
-_Roisins_, _b_, 101, 118.
- --de Digne, sans pepins, 246.
- --sans pepins, 50. V. _Morillon_ et _Moust_.
-
-_Roissoles._ V. _Rissoles_.
-
-_Romain_ (Pauvre) fait empereur, _a_, 98.
-
-_Romaine_ (Histoire de la), _a_, 158.
-
-_Romaine_ (Laitue), _b_, 46.
-
-_Romainville_, _a_, LXXXV.
-
-_Roman de la Rose_, cit, _a_, 75.
-
-_Romarin_, _b_, 53, 106, 231.
- --Manire de l'envoyer loin, 53.
-
-_Romnie_ (Sacres de), _b_, 323.
-
-ROMILDE, duchesse de Frioul, _a_, 70.
-
-_Rondeaux_ sur Aubriot, _a_, LXXXVII.
-
-_Rongne_, _b_, 75, 77.
-
-_Ront_ (poisson), _b_, 203.
-
-ROQUEFORT (J. B. B. de), _a_, LXXI, etc.
-
-ROQUELAURE (G. J. B. duc de), _b_, 83.
-
-_Ros_ (plat), _b_, 95.
- --d'alouettes, 94, 97, 154.
- --de lapereaux, 93, 97, 154.
- --de poucins, 154.
- --d'oiselets, 154.
-
-_Ros_, (_quid_?), _b_, 252.
-
-_Roses_ de Prouvins, _b_, 252.
- --gardes en hiver, 52, 251, 252. V. _Fleurs_.
-
-_Rosiers_, _b_, 49.
-
-_Rosses_ (poisson), _b_, 194.
-
-_Rost_ de char (Chapitre du), _b_, 177.
- --Le meilleur qu'on peut, 93, 95, etc.
-
-_Rtisseur._ V. _Oyers_.
-
-ROUBAIS (Isabelle de), _a_, LIX.
- --(Jean de), LVIII.
- --(Marguerite, dame de), LVIII et suiv.; _b_, 272.
- --(Pierre de), _a_, LVIII, LIX, LX; _b_, 275;
- prend Pronne en 1465, _a_, LIX.
-
-_Roubais_ (glise de), _a_, LIX.
-
-_Rouen_, _a_, 135.
-
-_Rouget_, _b_, 100, 101, 197.
- --(Espimbche de), 175.
-
-_Rougir._ Bon signe chez une chambrire, _b_, 59.
-
-_Rouille_ de boeuf, _b_, 163.
-
-ROUSSEAU (Guiot), _a_, 68.
-
-_Rousset_ (Brouet), _b_, 164.
-
-_Rue_ Charlemagne, _b_, 254.
- --Culture-Ste-Catherine, 254.
- --d'Avignon, _a_, LXXXV.
- --de Braque, _b_, 84.
- --de Galile, 255.
- --de Jouy, _a_, XXI; _b_, 254.
- --de la Heaumerie, 113.
- --de la Pierre-au-Lait, _a_, LXXXV. V. _Pierre_.
- --de la Savonnerie, _b_, 113.
- --de la Verrerie, 116.
- --de la Vieille-Monnoie, 113.
- --de Lormerie, _ib._
- --des Arcis, 113.
- --des Billettes, _a_, LXXXV; _b_, 116.
- --des crivains, 113.
- --des Prtres-Saint-Paul, 254, 255.
- --du Mrier, _a_, LXXXV.
- --du Petit-Crucifix, _b_, 113.
- --du Porche-Saint-Jacques, _a_, LXXXV; _b_, 113.
- --Jean-Lecomte, _a_, LXXXV.
- --Perce, _a_, XXI; _b_, 254.
- --Saint-Antoine, _b_, 254, 255.
- --Saint-Jacques-la-Boucherie, 113.
- --Simon-le-Franc, 116.
- --Trognon, _a_, LXXXV. V. _Tenue_.
-
-_Rue_ (Plante), _b_, 319, 320.
-
-RUEL (Jeh. de), _b_, 120.
-
-_Rues_ (perviers ports dans les), _b_, 296.
- --Leurs noms constamment changs par la municipalit actuelle
- de Paris, 254.
-
-_Rues et glises de Paris_, _a_, LXXIV; _b_, 52.
-
-_Ruissoles._ V. _Rissoles_.
-
-RUMIGNY (M. le marquis de), _a_, LV.
-
-_Ruses innocentes_, cites, _b_, 314.
-
-_Russie_ (Sacres de), _b_, 323.
-
-RUTEBEUF, cit, _b_, 57.
-
-RYMER, cit, _a_, LXXX.
-
-
-S
-
-_Sablon_ pour horloges, _b_, 257.
-
-_Sacres_, _b_, 318, 323.
- --employs en Asie, _a_, LI.
- --ont les pieds bleus, _b_, 324.
- --originaires de Tartarie et du Turkestan, _a_, LI.
-
-_Saffran_ d'Ort, _b_, 246.
- --(Prix du), 111.
- --Remde pour les oiseaux, 325. V. _Frangi_.
-
-_Sage_ et fou. Qui l'est, _b_, 28.
-
-_Sage_ homme laiss par sa femme, _a_, 183.
-
-_Sada_, _a_, LI.
-
-_Saigne_ (Dtails sur la), _a_, 164.
- --du cheval, _b_, 76, 77, 79.
-
-_Sain_ de porc, _b_, 128.
-
-SAINT-AIGNAN (Le duc de), _a_, LXXI.
-
-_Saint-Andr-des-Ars_ (glise de), _a_, 16.
-
-_Saint-Benot_ (Boucherie de), _a_, XLIV.
-
-_Saint-Denis-du-Chastel_, _a_, 95.
-
-_Saint-loi_ (Boucherie de), _a_, XLIV; _b_, 84.
-
-_Saint-Francbourg-de-Senlis_, _a_, LXIX.
-
-SAINT-GERMAIN (Guillaume de), _b_, 104.
-
-_Saint-Germain_ (Boucherie de), _b_, 83, 84.
-
-_Saint-Jacques_ (Plerins de), _a_, 183.
-
-_Saint-Jacques-la-Boucherie_, _b_, 113.
-
-_Saint-L_ (Archives de), _a_, XXXV.
-
-_Saint-Maixent_, _a_, 94.
-
-_Saint-Marcel_ (Boucherie de), _a_, XLIV; _b_, 83, 84.
-
-_Saint-Martin_ (Boucherie de), _b_, 84.
-
-_Saint-Nicolas_ (Boucherie de), _b_, 84.
-
-_Saint-Paul_ (Quartier), _a_, XLIV.
-
-_Saint-Pol_ (Cage du roi l'htel), _b_, 253.
-
-_Saint-Severin_ (glise de), _a_, LXXIII.
-
-_Saint-Thibaut_ (Prieur de), _a_, LXXXV.
-
-_Saint-Victor_ (Abbaye de), _a_, LXXIII.
-
-SAINT-YON (Guillaume de), _a_, XLVI; _b_, 82, 83.
-
-SAINTE-AULAIRE (Franois de), sieur de La Renodie, _a_, LXXIV.
- --cit, _b_, 280, 287, 288, 289, 293, 317, 323.
-
-_Sainte-Genevive_ (Boucherie de), _a_, XLIV; _b_, 83.
-
-SAINTE-PALAYE (La Curne de), _b_, 380.
-
-_Salamine._ V. _Salemine_.
-
-_Salemine_, _b_, 99, 102.
- --de becquets et tanches, _b_, 107.
-
-_Saleure_ (Viande sale), _b_, 91, 92.
-
-_Salires_, _b_, 118.
- --d'argent, _a_, XL; _b_, 106.
- --de pain, _a_, XLI; _b_, 114.
-
-_Salle_ manger, sa description, _a_, XL; _b_, 105.
- --o les gens entrent et s'arrtent, _b_, 61.
-
-_Saloirs_ en Picardie, _b_, 126.
-
-_Saluces_, _a_, 99.
-
-_Samois_ (Pont de), _a_, 149.
-
-SANCERRE (Le comte de), _a_, LXXIX.
- --(Le marchal de), _a_, 137.
-
-_Sandal_, _b_, 118.
-
-SANDRAS DE COURTILZ, _a_, LXVIII; _b_, 83.
-
-_Sang_ doit faire horreur aux femmes, _b_, 59.
-
-_Sanglant._ Mot de maldiction, _a_, LXXXIII; _b_, 59.
-
-_Sangle_ (ongle), _b_, 294, 295.
-
-_Sanglier_ (Bourbelier ou Bourberel de), _b_, 179, 236.
- --comment cuit, 158.
- --fait d'un ver, 259.
- --(Foie de), 157.
- --frais, comment mang, 156, 265.
- --(Membres du), 157.
- --(Poison pour le), 258.
- --sal, 158.
- --(Tte et joues de), 158. V. _Btes noires_.
-
-SANSONET. Marchand d'oiseaux et voleur, _b_, 62.
-
-SARA, _a_, 79.
-
-_Sarcelles_, _b_, 311.
-
-_Sardines_, _b_, 271.
-
-_Sarge_ (serge), _b_, 118.
-
-_Sariette_, _b_, 44.
-
-_Sas_, _b_, 136.
-
-_Satin_, _b_, 66.
-
-_Satisfaction_ (De la), _a_, 27.
-
-_Sauce._ V. _Saulce_.
-
-_Saucisse._ V. _Saulsisse_.
-
-_Sauge_, _b_, 44, 249.
- --dans la venaison, 130.
- --(Froide), 93, 96, 215.
-
-SAUGETE (Jean), _a_, 15.
-
-_Saulce_ mettre boulir en past de hallebrans, _b_, 236.
- --blanche de brochets et de perche, 102.
- --blanche de poisson, 93, 97.
- --briefve pour chapon, 235.
- --d'aulx blanche ou verte, 231.
- --de lamproie, 133.
- --jaunette, _b_, 175.
- --paresseuse, 233.
- --pour chapon ou poule, 237.
- --pour oeufs pochs, 237.
- --rpe, 237.
- --vert d'espices, 231.
-
-_Saulces_ boulies (Chapitre des), _b_, 232.
- --liantes, 87.
- --non boulies (Chap. des), 229.
- --plus fortes en hiver, 236.
-
-_Saulsisses_, _b_, 91, 92.
- --Manire de les faire, 266.
-
-_Saultier._ V. _Psaultier_.
-
-_Saumons_, _b_, 101.
- --(Dalles de), 198.
- --farcis, 96, 103.
- --frais, 198.
-
-_Saupiquet_, _a_, LXXXVI; _b_, 181, 233.
-
-_Saussier_, _b_, 122.
- --Ce qu'il fournit, _b_, 111.
-
-_Saut_ de l'pervier, _b_, 280.
-
-SAUVAL, _a_, LXXIV, LXXVIII, LXXXV, 174; _b_, 80, 84, 116, 253, 254, 255.
-
-_Sauvegarde_ singulire pour une femme, _a_, 69.
-
-_Savoie_ (Boeufs de) amens Paris en 1422, _a_, XLVI.
- --(Brouet de), _b_, 166.
-
-SAVOIE (Agns de), _a_, LIX.
-
-SCAPPI (Barth.), cit, _b_, 207.
-
-SCHEFER (M.), cit, _a_, LI.
-
-SCHNEIDER (Jo.-Gott.), _a_, LXIX.
-
-_Seaulx_ pour recueillir les restes, _b_, 114.
-
-_Sche_ un grav, etc., _b_, 103.
- --conre, 205.
- --(taux ), 200.
- --frache, 206.
- --frite, 103.
- --sale, consolation du carme, 206.
-
-_Seconds_, _b_, 106, 109.
-
-SECOUSSE (D. F.), _a_, LXXIV.
-
-_Secrets_ du mari garder, _a_, 179.
-
-_Sedile_ (bloc), _b_, 289.
-
-_Seiche._ V. _Sche_.
-
-_Seigneur_ abusant d'une bourgeoise, _a_, 139.
-
-_Seigneurs_ fuir, _a_, 77.
- --(Gens de cour de) viter, 177.
- --(ou oncles du roi). Rissoles faites chez eux, _b_, 226.
-
-_Seimier_ de cerf, _b_, 87, 129, 156, 157, 264.
-
-_Seine_ (Eau de), _b_, 68, 243.
-
-_Sel_ armoniac, _b_, 250.
- --blanc, 113, 250.
- --gros, 113.
- --noir, 190.
-
-_Semer_ (Quand), _b_, 43.
-
-_Semier._ V. _Seimier_.
-
-SENDABAD, _a_, 158.
-
-_Senlis_, _a_, LXIX.
-
-_Sens_, _a_, 68.
-
-_Septembre_ (Chasse en), 310, 311.
-
-_Septembresse_, (_quid_?), _b_, 49.
-
-_Sept sages de Rome_, cits, _a_, 158.
-
-_Serceaux_ (plumes), _b_, 89, 294.
-
-_Serge_, _b_, 118.
-
-_Sergens_ pour garder les portes, _b_, 115, 124.
-
-_Serpentine_, _b_, 49.
-
-_Serres_ de l'pervier, _b_, 294.
-
-_Servans._ Leur dner, _b_, 107.
-
-_Serviettes_, _b_, 108.
- --(Petites), _b_, 107.
-
-_Service_ des domestiques organiser, _b_, 60.
-
-_Serviteurs._ Comment doivent tre pour leurs matres, _b_, 22.
- --de trois espces, 53.
-
-_Setier._ V. _Sextier_.
-
-_Seun_ (Feuille de), _b_, 251.
-
-_Seur_ (Feuille de), _b_, 223, 251.
-
-_Seurfrire_, expl., _b_, 151.
-
-_Seurmontain_, _b_, 67.
-
-_Sextier_, expl., _b_, 68, 237.
-
-_Seym_, _b_, 100, 151, 173.
-
-_Seymier_ de cerf. V. _Seimier_.
-
-SICILE (Le roi de), duc d'Anjou, _a_, 174.
-
-_Siffler_ l'oiseau, _b_, 297, 308.
-
-_Signes_ douteux, _b_, 247.
-
-_Siller_, expl., _b_, 315.
-
-SILVESTRE (Isral), _a_, XX.
-
-_Simonie_, _a_, 46.
-
-_Simplicit_ de moeurs d'un procureur gnral en 1383, _b_, 104.
-
-_Singes_ apprivoiss, _a_, 144.
-
-_Singularit_, _a_, 31.
-
-_Sizain_, (_quid_?), _b_, 248.
-
-_Sobrit_, _a_, 59.
-
-_Socit de l'histoire de France_, _a_, LXXVI.
-
-_Socit des bibliophiles._ Sa composition,
- _a_, prliminaires; publie le _Mnagier_, _a_, LIV.
-
-_Socit des bibliophiles de Reims_, _a_, LXX.
-
-_Sodomie_, _a_, 52.
-
-_Soie_ (Robe de), _b_, 66.
-
-_Soieurs_, _b_, 54, 57.
-
-_Soins d'une femme pour son mari_, _a_, 169.
-
-SOISSONS (Comtesse de), _a_, LXXI.
-
-_Soles_, _b_, 101, 160, 203.
- --(Coulis de), 242.
-
-_Solidarit_ de deux poux, _a_, 184.
-
-_Sommires_, _a_, XXI.
-
-_Son._ Comment donn aux chevaux, _b_, 77.
-
-_Songe de pestilence._ Ce que c'est, _a_, LXXII; cit, _a_, 29.
-
-_Sonnettes_, _b_, 315.
-
-_Sorcelleries._ Quelles sont les meilleures, _a_, 170, 171.
-
-_Sores_ (Plumes), _b_, 316, 318.
-
-_Soret_, _b_, 106.
- --au vinaigre, _b_, 101.
-
-_Soringue_ d'anguilles, _b_, 91, 93, etc.; 173.
- --(Potage liant comme), 164.
-
-SOTTENGHIEN (Jehan de), _a_, 139.
-
-_Soubtil brouet d'Angleterre_, _b_, 166.
-
-_Soubuse_, _b_, 307.
-
-_Souci_, _b_, 203, 231.
- --tymologie de ce mot, 231.
- --vergay, garder poisson de mer, 231.
-
-SOUDANT (Jean), _b_, 116.
-
-_Souliers_, _a_, 169, 239.
-
-_Soupe_ dans le sens actuel, _b_, 121.
- --dpourvue, 145, 146.
- --en moustarde, 175.
-
-_Souper_ en juillet, _b_, 147.
- --fait en hte, 170.
- --(Heure du), 39.
-
-_Soupers_ (Devis de), _b_, 100.
- --de noces, 108.
-
-_Souppis_ de boeuf, _b_, 131.
-
-_Source_ (Vol la), _b_, 280.
-
-_Souricires_, _b_, 64.
-
-_Sous_ de pourcelet, _b_, 215, 231.
-
-_Souterraine_ (La), _a_, 94.
-
-_Soux._ V. _Sous_.
-
-STADLER (M. de), _a_, 68.
-
-_Statistique_ du _Mnagier_ peu sre, _a_, XLIII et suiv.
- --(Mauvaise) de l'ouvrage intitul les _Rues et glises de Paris_, XLV.
-
-_Stipulation_ (Objets donns en tmoignage de), _a_, 132, 133.
-
-_Stockfisch_, _b_, 195.
-
-_Stofix_, _b_, 195.
-
-_Style_ de l'auteur et du XIVe sicle, _a_, XXIX et XXX.
-
-_Subtilit_ des femmes, _a_, 167.
-
-_Sucre_ en pierre, _b_, 122.
- --en roche, 238.
- --(Prix du), 111.
- --rosat, 112, 122, 274.
- --vieil, 92.
-
-_Sucreries_, _a_, XLIII.
-
-_Suffisance_ (contentement de peu), _b_, 21.
-
-_Supplment aux corrections_, _b_, 380.
-
-_Supplications_, _b_, 107, 110.
-
-_Sur_, pris pour chez, _b_, 154, 186, 220, 246.
-
-_Surcot_, _a_, 13, 14.
-
-_Surlonge_, _b_, 86, 87, 130, 131.
-
-_Surlonges_, _b_, 295.
-
-_Suros_ du cheval, _b_, 74, 75.
-
-SUSANNE (Histoire de), _a_, 64.
-
-_Suzerain_ qui veut tre embrass, _a_, LXXVIII.
-
-
-T
-
-_Table_ de ce livre (Remarques sur la), _a_, LXII.
-
-_Table_ (Dtails sur le service de), _a_, XL, et suiv.; _b_, 118.
-
-_Tables_ au XIVe sicle, _a_, XL, LXXXIII; _b_, 116.
- --loues, _b_, 123.
-
-_Taches._ Comment les ter, _b_, 65.
-
-_Taille_ (Crance ou crdit sur), _b_, 56, 86.
- -- la boucherie, 132.
-
-TAILLEVENT (Guill. Tirel dit), _a_, XIX, XXXIII, 237.
- --dition et manuscrits de son ouvrage, _a_, XXXV, LXXIV.
- --encore rimprim en 1602, XXXVIII.
- --figure tort dans le P. Anselm, XL.
- --rappelle l'ouvrage d'Apicius, XXXVII.
- --cit, _b_, 166, 168, 172, 211, 240, 241.
- --Plats analogues ceux de Taillevent ou copis,
- _b_, 148, 154, 163, 166, 173, 176, 183,
- 211, 212, 213, 214, 234, 242 (2), 262 (2).
-
-_Taillis_, _b_, 92, 102, etc., 211.
-
-_Talemouse_, _b_, 96.
-
-_Taloches_, _b_, 119.
-
-_Talon_ de collier, _b_, 86.
-
-TANCARVILLE (Comte de), _a_, LXVI.
-
-_Tanche_ de mer, _b_, 203.
-
-_Tanche_ (Coulis de), _b_, 242.
- --de mer, 203.
- --frite, 187.
- --renverse, 187.
-
-_Tanches_, _b_, 160.
- -- un bouli lard, 96, 103.
- --aux soupes, 92, 93.
-
-_Tann_, _a_, LXXXVII.
-
-_Tante_ (poisson), _b_, 203.
-
-_Tapisseries_, _b_, 118. V. _Guise_.
-
-TARDIF (Gme), cit, _b_, 316, 321.
-
-_Tartarie_, _a_, LI; _b_, 323.
-
-_Tarte_ de la farcissure d'un cochon, _b_, 217.
- --jacobine, _b_, 217.
-
-_Tartelettes_, _b_, 111, 121.
-
-_Tartes_, _b_, 101, 102.
-
-TASON, _a_, 70.
-
-_Taverne_ est l'glise du diable, _a_, 48.
-
-_Temple_ (Boucherie du), _b_, 83, 4.
-
-_Temps_ pluvieux. A quoi bon, _b_, 43.
-
-_Tenoisie_, _b_, 207.
- --(OEufs la), _b_, 209.
-
-_Tenue_ d'une femme dans la rue, _a_, 15.
-
-_Trbentine_, _a_, 171.
-
-_Termes_ de cuisine, _b_, 87, 125.
-
-_Terre_ foulons, _b_, 65.
- --de Beauvais, 251, 252.
- --de robes, 65.
-
-_Tesmoings_ de lard, _b_, 270.
-
-_Teste_ de mouton, _b_, 267.
- --de sanglier, 98.
- --du cheval, 73.
-
-_Testes_ (Demies), dores (de chevreaux?), _b_, 108.
- --d'oiseaux, donnes aux faucons, 182.
-
-_Ttines_ de vaches, _b_, 270.
-
-THEUX (M. de), _a_, LV.
-
-THIBERT (Louis), _b_, 82.
- --(Famille), _ib._ et 83.
-
-THOMAS (Jehan), _a_, LXXXII.
-
-_Tierce_ (Heure de), _a_, 48; _b_, 305.
-
-_Tiercelet_ d'autour et de faucon, etc., _b_, 318, 324, 325.
-
-_Tiers_ (jeu), _a_, 72.
-
-_Tieule._ V. _Tuile_, _b_, 94.
-
-_Tinel_, expliqu, _a_, 163.
-
-_Tire_ (poisson), _b_, 201.
-
-_Tire-d'ale_ (Vol ), _b_, 309.
-
-TIREL (Gme). V. _Taillevent_.
-
-_Tirer_ (Faire) l'oiseau, _b_, 319, 320, 322.
-
-_Tiron_ (Censive de), Paris, _b_, 253 et 254.
-
-TITE-LIVE, cit, _a_, 70.
-
-_Tizanne_ doulce, _b_, 237.
-
-TOBIE (Le jeune), _a_, 91.
-
-_Toile cire_ aux fentres, _a_, 173.
-
-_Toise_ (Vol la), _b_, 280.
-
-_Tombe_ (poisson), _b_, 197.
-
-_Tombes_ de marbre noir, _b_, 257.
-
-_Ton_, _b_, 196.
-
-_Tonnelet_ compote, _b_, 52, 244, 260.
-
-_Tonnelliers_, _b_, 54.
-
-_Torches_ allumer, _b_, 108, 124.
- --Leur prix, 112, 113, 122.
-
-_Tostes_, _b_, 91.
-
-_Touailles_ changes, _b_, 107, 108.
-
-_Tour_, prison d'Aubriot, _a_, XX.
-
-TOUR-LANDRY (Geoffroy de l). Son ouvrage, _a_, XXXV, LXVII, 240.
-
-_Touret_ (rouet), _a_, 237.
-
-_Touret_, expl., _b_, 295.
-
-_Tournay_, _b_, 195.
- --(Bailli de), _a_, LXXIX, 139; _b_, 381.
- --(Cameline de), _b_, 230.
- --(Crespes la guise de), 227.
-
-_Tournesis_ (Bailli de). V. _Tournay_.
-
-_Tournesot_, _b_, 220, 225.
-
-_Tourny_ prs Vernon, _b_, 191.
-
-_Tourte_, _b_, 218.
- --de lait, 98 (p. e. _Croutes_).
- --lombardes ou pisaines, 93, 95, etc.
-
-_Toussaint_ (La), _b_, 43.
-
-_Toutebonne_, _b_, 44.
-
-_Trailles_, expl., _b_, 288.
-
-_Tranches_ du cheval, _b_, 78.
-
-_Tranchoirs_, _a_, XLI, LXXXII; _b_, 105, 114.
- --englus, _a_, 171.
-
-_Tranchoisons_ (tranches), du cheval, _b_, 78.
-
-_Trehoigner_, _a_, 26.
-
-_Trente-six tableaux_ (Les), (livre sur les jeux), _a_, LXXVII.
-
-_Trpiers_, _b_, 115, 123.
-
-_Trsor_ de Dom Villevieille, _a_, LXXIV.
-
-_Trsor de Sant._ Note sur ce livre, _a_, LXXV.
- --cit, _a_, XLII; _b_, 108, 183, 203, 211, 219, 228.
-
-_Trsor de Vnerie_, _a_, LXXV; cit, _b_, 99, 129, 157, 211.
-
-_Tressier_ (mot difficile expliquer), _b_, 118.
-
-_Trteaux_ lous, _b_, 116, 123.
-
-TRINQUANT, _a_, 151.
-
-_Triperie_, _b_, 128.
-
-_Tripes_ au jaunet, _b_, 149, 260.
- --Comment vendues, 129, 161.
- --de chevreaux, 227.
-
-TRIPIER (M. Lon), _a_, LXII.
-
-_Trois-Fontaines_ (Albric de), _a_, LXV; _b_, 124.
-
-_Trot_ du cheval, _b_, 75.
-
-_Trotignons_, (_quid_?), _b_, 216.
-
-_Truans_, _a_, 39.
- --montrent leurs plaies, _a_, 25.
-
-_Truites_ en past, 190.
- --Leur queue, meilleure partie, 190.
- --Leur saison, _a_, LXXXIV; _b_, 90, 190.
- --vermeilles, 190.
-
-_Trumeau_ de boeuf, _b_, 86, 109; au jaunet, 149.
- --de veau, 109.
-
-_Trumel._ V. _Trumeau_.
-
-_Tubesches_, _b_, 100.
-
-_Tuile_ de chair, _b_, 94, 96, etc., 170.
- --d'crevisses, 152.
-
-_Tumbe_ (poisson), _b_, 197.
-
-_Tumbes_ de marbre, _b_, 257.
-
-_Turbos_, _b_, 203.
- -- la sauce verte, _b_, 97, 103.
- -- la soucie, _b_, 100, 102.
- --au souci, _b_, 102.
-
-TURGOT (M. Et.). V. _Plan_.
-
-_Turkestan_, _a_, LI.
-
-_Turtres_, _b_, 256.
- --Comment les garder et les manger, _b_, 261
- --non vides, 183.
-
-
-U
-
-_Ueil_ (oeil), d'un fruit, expl., _b_, 247.
-
-_Universit_ de Paris. Vers pour elle contre Aubriot, _a_, LXXXVII.
-
-_Usure_, _a_, 46.
-
-UXELLES (Le Mis d'), gourmet, _a_, XXXVIII.
-
-
-V
-
-_Vacher_, _b_, 57.
- --(Arnoul le), 62.
-
-_Vachers_ savent o est le gibier, _b_, 301.
-
-_Vaches_, _b_, 62.
- --(Oreilles de), ncessaires au serviteur, 23.
- --(Ttines de), 270.
-
-_Vaine_ gloire, _a_, 30.
-
-_Vair_ (Menu), _b_, 118.
-
-_Vaisselle_ de cuisine, combien loue, _b_, 124.
- --de cuisine, d'argent, _a_, XLI.
- --d'tain, loue, 115, 123.
- --O place, _a_, XL.
- --Par qui serre, _b_, 117.
- --vole en 1406, 62.
-
-_Vanit_, _a_, 41.
-
-_Vanneaux_ (Plumes dites). Ce que c'est, _b_,
- 89, 294. V. _Couteaux et Serceaux_.
-
-VARENNE (La), _a_, XXXVIII.
-
-_Varits historiques_, _a_, LXXV; _b_, 80.
-
-_Varlet_ pour tirer le vin, _b_, 117.
- --prchant table (proverbe), 70.
-
-_Varlets_ d'htel, _b_, 56.
- --du duc de Berry. Leur nourriture, 85.
- --tranchans, _a_, 163.
-
-_Veau_ (ainsi crit), 186, 221. V. _Veel_.
-
-_Veaux_ consomms Paris, _a_, XLIII; _b_, 82 et suiv.
-
-_Veel_, _b_, 92, 160, 168.
- --aux herbes, 150.
- --en grav ou seym, 151.
- --en manire d'esturgon, 200.
- --en past, 186.
- --entrepel, 200.
- --(Fraise et issues de), 128.
- --(Prix du), 221.
- --rosti, 179.
-
-_Veiller_ l'oiseau, _b_, 314, 315; sans se fatiguer trop, 315.
-
-_Venaison._ V. _Venoison_.
-
-_Vendangeurs_, _b_, 54.
-
-_Vendoises_ (goujons?), _b_, 194.
-
-_Vendredi absolu_, _b_, 85.
-
-_Vnerie_ peu convenable aux femmes, _a_, XLIX.
-
-VENETTE (Jean de), _a_, LXXVI, 148; _b_, 380.
-
-_Vengeance_ dfendue aux domestiques, _b_, 60.
-
-_Venise_ (Douceur d'un mari de), _a_, 182.
-
-_Venneaulx_ (plumes), _b_, 89, 294.
-
-_Venoison_, _b_, 93, 94, etc., 121.
- -- la queue de sanglier, 100.
- -- la froumente, 101.
- --aux soupes, 94.
- --Comment apprte, 129, 130, 156.
- --de cerf, 154.
- --d'ours (en boeuf), 155, 179.
- --en past, 155, 185.
- --Par qui vendue, _b_, 109, 110.
- --rtie, 180.
- --sale, 155, 157.
- --vendue au pied quarr, 109.
-
-_Vent_ emporte l'pervier, _b_, 302, 317.
- --nourriture du pluvier, 183.
-
-_Ver_ (vrat), mang comme sanglier, _b_, 259.
-
-_Vrs_, expl., _b_, 300.
-
-_Verge_ d'un jaugeur, _b_, 126.
-
-_Verjus._ V. _Vertjus_.
-
-VERJUS (Gme Lefvre, dit), _a_, XL; _b_, 81.
-
-_Vermandois_, _a_, LXXIX.
-
-_Vernon_, _a_, 149, 152.
-
-_Verre_ (Bassins de), _b_, 252.
- --moulu, jet dans l'oeil du cheval, 78.
- --(Prix du), _a_, LXXXII, 173, 174.
-
-VERRIER (Le), de la Conterie, _a_, LXVI.
-
-_Verrires._ V. _Verre_.
-
-_Vers._ D'o naissent, _b_, 65.
-
-_Vertjus_, _b_, 66, 67.
- -- Nol sur la treille, 249.
- -- visiter le soir, 71.
- --Comment mlang, 232.
- --(Consommation norme de), 249.
- --de bl, 229.
- --de bourgeon de vigne, 229.
- --d'oseille, 111, 229.
- --Grains de vertjus sur un potage, 161.
- --le meilleur, 232.
-
-_Vertus_ (Les sept), _a_, 28.
-
-_Vtemens_, _a_, 13. (Voir les noms de chaque vtement.)
-
-_Vtir_ (Se bien), _b_, 26.
-
-_Veufs_ maris en deuil, _b_, 123.
-
-_Veuve._ Son triste tat, _a_, 168.
-
-_Viande_ vendue au morceau, _b_, 132.
- --vendue par semaine dans un tal, _a_, XLVI.
- --Comment la choisir, _b_, 87.
-
-_Viandier._ Ce que c'est, _a_, LXXVI; _b_, 80.
- --Son importance, _a_, XXXV, XXXIX.
-
-_Viandier_ de Saint-L, cit, _a_, XXXV, XLII.
-
-_Vices_ de la femme cacher, _a_, 181.
- --du mari aussi, 178.
-
-_Videcoqs_ (bcasses), _b_, 183, 311.
-
-_Vieil_ homme, vindicatif, _a_, 265.
-
-_Vielz-sucre_, _b_, 92.
-
-_Vierge_ (La sainte). Prire elle adresse, _a_, 11.
- --Son obissance, 128.
-
-_Vieux_ aiment les jeunes femmes, _a_, 158.
-
-_Vigne_ (Bourgeon de), en vertjus, _b_, 229.
- --ente sur cerisier, 51.
- --gne la chasse, 308.
- --Quand plante, 44.
-
-_Vignerons_, _b_, 56.
-
-VILAIN (L'abb), cit, _b_, 113.
-
-_Village_ (Vie au), _b_, 62.
-
-VILLARS (M. de), _a_, LXXV.
-
-_Villedieu_, _a_, LXXXVII; _b_, 251.
-
-VILLEOILLE (M. A. de La), cit, _a_, XXXV.
-
-_Villeneuve-ls-Avignon_, _a_, LXXXI.
-
-VILLEVIELLE (Dom), _a_, LXXIV.
-
-_Vin_ aux chevaux (eau), _b_, 38.
- -- visiter le soir, 71.
- --blanc devenu vermeil, 249.
- --capary, _a_, XXXIX.
- --Comment conserv et servi, _a_, XLI; _b_, 117.
- --Comment spar de l'eau, 259.
- --Comment soign et guri, 67.
- --cuit, 260.
- --de Beaune, 38, 273.
- --de divers lieux, 38.
- --des domestiques, 70.
- --(Espces de), 109.
- --et pices, _a_, XLIII; _b_, 121, etc.
- --(Fleur du), 260.
- --franc, 236.
- --plain, 174, 193.
- --Pour le faire fort, 68.
- --Tirer le vin sans lui donner vent, 69.
-
-_Vinaigre_ (Provision de), _b_, 268.
-
-_Vinaigrette_, _b_, 108, 164.
-
-_Vincennes_, _a_, 135.
-
-VIOLE (Famille), _a_, 151.
-
-_Violette_, _b_, 43, 45, 113, 114.
- --mise sur de la gele, _b_, 221.
-
-_Virginit._ Son prix, _a_, 75.
-
-_Visage_. Cacher son visage l'oiseau, _b_, 308.
- --pervier y sautant, 293.
-
-_Vitres._ V. _Verre_.
-
-VITRY (Michelle de), _a_, XXVI.
-
-_Vive_ (poisson), _b_, 201.
-
-_Vives_ (avives), maladie du cheval, _b_, 78.
-
-VIVONNE (Armes de), _a_, LVIII.
- --(Hughes de), 95.
-
-_Voirre._ V. _Verre_.
-
-_Vol_ de l'pervier (Obstacles au), _b_, 302,
- --pour champs, _a_, LXXXVIII.
- --premier de la perdrix, rapide, b, 309. V.
- _Faisan_, _Perdrix_, _Tire d'ale_, _Vols_, _Voulon_, etc.
-
-_Volaille_, _b_, 167, 211, 215, 216.
- --en grav ou seym, 151.
- --(Hochepot de), 163. V. _Commine_, _Poulaille_.
-
-_Voler_ pendant combien de temps en septembre, _b_, 310.
-
-_Voleurs_ de chiens, _b_, 281.
- --d'oiseaux, 285.
-
-_Vols_ de l'pervier. Lesquels sont possibles, _b_, 310. V. _Vol._
-
-_Voulon_, expl., _b_, 280, 309.
-
-
-W
-
-_Wertaing_, _a_, LXXX.
-
-_Windesore_, _a_, LXXXII.
-
-
-Y
-
-_Yenville_ en Beauce, _a_, 149.
-
-_Yeux_ de l'pervier, _b_, 293, 294, 299.
- --du cheval, 73.
-
-YOLENT le Pelletier, _b_, 52.
-
-_Ypocras_, _a_, XLIII; _b_, 92, 94, etc., 107, 121, 122, 273.
- --hors de saison en hiver, 108.
- --(Pouldre d'), 248 (_bis_).
- --(Prix de l'), 112.
-
-YSMAEL, _a_, 83, 84.
-
-_Ysope_, _b_, 49.
-
-_Yssue._ V. _Issue_.
-
-_Yvresse._ V. _Ivresse_.
-
-
-Z
-
-ZELPHAN, _a_, 86.
-
-
-FIN DE LA TABLE DES MATIRES.
-
-
-
-
-SUPPLMENT AUX CORRECTIONS.
-
-
-Tome I, p. VI, l. 13, au lieu de _philantrophie_, lisez
-_philanthropie_.
-
-Tome I, p. XXI, ligne 16 de la note, avant _J'ai
-appris_, ajoutez:
-
- Dans un mmoire trs-curieux sur le meurtre du duc d'Orlans, lu
- l'Acadmie des Inscriptions en 1748 (tome XXI, p.
- 519), le savant Bonamy a parl en passant de cette maison et dit
- qu'on voyoit encore, lorsqu'il crivoit, un grand corps de logis
- de l'htel d'Aubriot. Il est fcheux qu'il n'ait pas donn plus de
- dtails sur ce sujet.
-
-Tome I, p. XLVII, note 1, _Ne pour roi, ne pour roc._
-
- Cette expression se trouve encore dans les contes de Bonaventure
- des Priers (Conte 125. Des pitaphes de l'Artin... et de son
- amie Madelaine)... _tant du tout enclin la mdisance, il
- n'pargnoit (comme on dit en commun proverbe), ni roi ni roc._
-
-Tome I, p. LVI, ligne 4 de la note.
-
- Au lieu de: Aprs la mort de Charles V, lisez: Au commencement du
- XVe sicle, surtout.
-
-Tome I, p. LXVI, ligne 11, note sur Ayala. L'auteur
-avoit t en France, _ajoutez_:
-
- En 1378. Il conclut Paris, comme plnipotentiaire du roi Jean
- de Castille, un trait avec la France, le 4 fvrier 1378-9.
- (_Histoire de du Guesclin_, 1666, in-f, p. 403.) Il est nomm
- dans cet acte messire Pierre Louppe d'Ayalla, chevalier et
- banicour (_vexillarius_) du roi de Castille, gouverneur de la
- province de Guipuscoa (_sui presidis in provincia Guispuque_).
- Bureau de la Rivire toit un des plnipotentiaires franois.
-
-Tome I, p. LXXVI, l. 3, Venette..., _avant_ M. Graud,
-_ajoutez_:
-
- La Curne de Sainte-Palaye, dans deux mmoires (Acad. des Inscr.,
- VIII, 570 et XIII, 520).
-
-Tome I, ligne 6, au lieu de _semble_, lisez _semblent_.
-
-Tome I, p. LXXVII et 76, passages relatifs aux reines de
-France.
-
- L'tiquette de la cour tait bien change l'gard des reines au
- XVIe sicle. L'auteur d'un journal de l'anne
- 1562, qui a t imprim dans la _Revue rtrospective_ (1re
- srie, tome V), raconte que le prince de Cond tant sur le point
- de traiter avec la cour au commencement de juillet 1562, l'amiral
- de Coligny et son frre d'Andelot demandrent se retirer hors de
- France jusqu' la majorit du roi. La reine Catherine de Mdicis
- eut, le 5, le 6 ou le 7 juillet, une entrevue avec l'amiral prs
- d'Orlans, dans le but de changer cette dtermination. L'auteur
- du journal, qui frquentait la cour puisqu'il rapporte en deux
- endroits les paroles que lui adressrent directement la reine mre
- et le roi de Navarre, raconte (p. 178) que l'amiral ayant mis pied
- terre pour faire la rvrence la reine, cette princesse _le
- recueillit humainement et le baisa la bouche comme les reines de
- France ont accoutum de baiser les grands officiers du roi_.
-
-Tome I, p. LXXX, ajoutez la note sur le bailly de
-Tournay:
-
- Messire Tristan du Bos fut, suivant Froissart (I, 374) et l'auteur
- de la chronique Mss du Roi 9656 et 10297, charg de garder le
- roi de Navarre, Charles le Mauvais, dans la tour d'Arleux, en
- 1356. L'auteur de cette chronique dit que Tristan, qu'il qualifie
- de _chevalier de renom_, fut pris Amiens par la bourgeoisie de
- la ville (en 1357) et forc de dlivrer Charles le Mauvais. Selon
- d'autres auteurs cette dlivrance eut lieu force ouverte et
- main arme.
-
- Il fut bailli de Troyes et de Meaux en 1360 et 1362 et charg
- de prendre possession des forteresses occupes par les Anglois
- en Champagne, Brie, etc., bailli de Vermandois en 1373, matre
- des requtes et rformateur de la province de Reims en juin 1383
- (Titres de Clerambaut).
-
- Le mme Tristan du Bos est encore cit dans Froissart l'occasion
- de la position qu'il occupa Tournay. Froissart raconte (d. du
- Panthon, II, 223), que le roi se prparant aller en Flandre,
- envoya Tournay, en octobre 1382, les vques de Beauvais,
- d'Auxerre et de Laon, messire Guy de Honcourt et _messire Tristan
- du Bois_, comme commissaires pour traiter avec les Flamands et les
- empcher de s'allier aux Anglois. On trouve dans cet historien
- le texte de la lettre crite le 16 octobre par les commissaires
- Philippe d'Artevelt, et la rponse de celui-ci en date du 20.
- Il ajoute que cette rponse fut communique par messire Tristan
- du Bois, _gouverneur de Tournay_, aux prvts et jurs (_voy._ t.
- I, p. 139), et que les commissaires allrent ensuite rejoindre la
- cour Pronne.
-
- Tristan du Bos fut encore, en 1389, un des trois commissaires
- chargs d'instruire le procs d'Audoin Chauveron, prvt de Paris
- (_Acad. des Inscr._, XX, 492). Il a du mourir fort g, s'il est,
- comme je pense, le mme qui gardoit le roi de Navarre en 1356.
-
- Henri le Masier (_voy._ t. I, p. 140), nomm en 1388 bailli de
- Tournay, et qui est celui cit dans le _Mnagier_, si ce n'est
- pas Tristan du Bos, toit, en 1399, chevalier, sire de Beausart,
- matre d'htel du roi et encore bailli de Tournay (Titres de
- Clerambaut).
-
-Tome II, p. 118, note sur Jean de Hautecourt, ajoutez:
-
- Je serois port croire que ce Hautecourt toit avocat au
- parlement et que c'est lui qui est cit (malgr la diffrence des
- noms qui peut tenir une criture nglige) dans les registres du
- parlement (Matines III, 66 v, 4 fvrier 1400-1), comme avocat,
- et ayant obtenu un cong de huit jours pour aller tampes. Son
- nom y est crit Me Jehan de _Hanucourt_.
-
-Tome II, p. 217, note 1, au lieu de _du gingembre_, lisez:
-
- Peut-tre de la cloche de gingembre, peut-tre aussi de la loche
- (poisson).
-
-
-ACHEV D'IMPRIMER, A PARIS, CHEZ CRAPELET ET LAHURE,
-LE XXVI NOVEMBRE MDCCCXLVII.
-
-
-NOTES:
-
-[1] Voir la Notice ci-aprs, page 1.
-
-[2] La Socit des Bibliophiles ne publiant plus de volumes de mlanges
-dans lesquels les notices ncrologiques de ses membres prenaient
-naturellement place, a dcid que cette notice sur un de ses membres les
-plus illustres et les plus regretts serait imprime en tte de
-_Mnagier de Paris_, qui tait dj sous presse l'poque de la mort de
-M. le duc de Poix. (_Note de la Socit._)
-
-[3] Il tait de l'Acadmie franaise, et particulirement occup de
-grammaire.
-
-[4] Il prit ce nom aprs la mort de son pre et de son frre an, qui
-l'avaient port.
-
-[5] Le 12 mai et jours suivants. Elle produisit en cinq vacations 3188
-livres sterling 14 sch. 6 d. Le catalogue, contenant 952 numros et 72
-pages, est intitul: _Catalogue of the splendid library (imported from
-Paris) of a distinguished collector; which will be sold by auction by
-Mr. Evans_. 1835, in-8.
-
-[6] La seconde bibliothque de M. le duc de Poix, formant un ensemble de
-plus de douze mille volumes, se trouve maintenant Mouchy le Chtel
-chez Mme la vicomtesse de Noailles, M. le duc de Poix ayant dispos par
-testament de sa bibliothque en faveur de son petit-fils, possesseur
-futur de Mouchy le Chtel.
-
-[7] C'est la partie des Chroniques de Saint-Denis qui traite des rgnes
-de Jean II et de Charles V (tome VI de l'dition donne par M. Paris).
-Voir, se sujet, le mmoire de M. Lacabane, t. II, p. 57 de la
-bibliothque de l'cole des chartes.
-
-[8] Jean de Brie, natif de Villiers sur Rongnon, prs Coulommiers, qui
-crivit en 1379 le trait du _bon Bergier, que_, dit-il, _il n'eust
-voulu bailler et manifester nul autre qu'au roy_ (d. Ve Trepperel et
-J. Janot, s. d. f A 8 v). Il toit alors au service de Jean de
-Hestomesnil, conseiller au parlement en 1373 et ensuite matre des
-requtes, mort au commencement de mars 1380-1, qui a pu l'aider crire
-ce trait dont le style et les penses sont remarquables. Au reste, Jean
-de Brie n'toit plus berger quand il crivit son livre.
-
-[9] Voy. ci-aprs, p. XXXV.
-
-[10] T. I, p. 148.
-
-[11] _Ibid._, p. 93.
-
-[12] On trouve dans tous les historiens la mention des services
-qu'Aubriot rendit la ville de Paris pendant sa prvt, ainsi que le
-rcit de sa disgrce. J'aurai cependant occasion de parler de lui avec
-dtail dans mon mmoire sur les Maillotins (voir t. I, p. 136). Je
-prciserai et j'appuierai de faits indits les causes de ses malheurs.
-En attendant, je crois devoir consigner dans cette note l'extrait d'un
-rcit contemporain de sa dlivrance, que j'ai rencontr dans mes
-recherches, et qui donne sur le procs, la fuite et le lieu de la
-rsidence de cet homme minent des renseignemens qui paroissent avoir
-t inconnus tous les historiens. Voici ce curieux document: .....Il
-a commis hrsie et en fu en procs devant l'vesque et devant le
-maistre des hrites. Avant la sentence il supplia l'ecglise qu'il fust
-rintgrez, et y fu receus et fu absols: et fu dclar qu'il avoit est
-hrites, et pour pnitence on li assigna les prisons de l'vesque de
-Paris; et pour la grant repentance qu'il avoit, l'vesque et le maistre
-des hrites le relevrent de ce qui (_qu'ils_) porent et se li
-rservrent la misricorde de sainte Ecglise, et li ordenrent pour
-prison le plus biau lieu de la tour de la maison piscopal. (_C'est
-cette grande tour quarre, crnele, qu'on voit dans deux vues de
-l'glise Notre Dame et de l'vch, graves par Isral Silvestre, et
-surtout dans la planche ayant quatre vers au bas: D'un cost, vous
-voyez, etc._) Il ala voluntairement en prison pour faire sa pnitence
-et y demeura l'espace de dix mois. Le jour que les gens de ceste ville
-(_Paris_) furent esmeus il alrent en la maison de l'vesque, et par
-force et violence rompirent les prisons. Et quant le giolier dist
-messire Hugues que les gens de la ville l'estoient all qurir, il dist
-que ne s'en iroit point, et li demanda une hache que tenoit; et le
-giolier li dist que ne li en bailleroit point, et que se il faisait
-semblant de soy mettre dfense, il les feroit tuer. Et finablement les
-gens de ceste ville le prindrent et mittrent sus un petit cheval et le
-menrent en sa maison et disoient que le feroient leur capitaine. Aprs,
-il s'en volt retorner en prison, mais il fu conseillez par aucuns de ses
-amis qu'il s'en alast devers le pape.... Le suer (_soir_) il se parti de
-son hostel et se fist passer l'eaue par deux enfans, (_il est
-remarquable de voir second dans sa dlivrance par deux enfans l'homme
-qui avoit rendu aux juifs les enfans que leur avoit enlevs le peuple de
-Paris_), et peines qu'il ne fu noiez. Il estoit malades et s'en ala
-par Bourgoigne, non pas par aucunes de ses maisons, et demoura malades
-seize jours Muc en Auxois (_Mussy-la-Fosse, anciennement du
-bailliage de Semur-en-Auxois plutt que Mussy situ 7 lieues de
-Mcon_), et de l ala Mascon, et illec aussin demoura malades et se
-fit mettre en l'eaue, et ala jusques Avignon. Il ne pot pas parler ne
-si tost avoir asss (_accs_) au pape, mais il parla un cardinal et li
-dist et exposa tout ce que dit est et se soubmist en l'ordenance du
-pape. Le pape et le collge li ordenrent lieu o il seroit et fu bonne
-pice Sommires (_petite ville entre Montpellier et Nmes. Il y avoit
-aussi un lieu ainsi nomm prs Saulx en Bourgogne_), et a tousjours
-est et est par l'ordenance du pape et du collge, etc. Il est bon de
-savoir que ce rcit prsente la version d'Hugues Aubriot lui-mme, et il
-semble permis de douter qu'il et si grande envie de rester dans les
-prisons de l'vque.
-
-J'ai parl avec dtail, t. II, p. 254, de la maison qu'Aubriot habita
-rue de Jouy, et j'ai donn la suite des propritaires de cette maison
-(ultrieument rebtie) de 1369 1573. J'ai appris depuis qu'elle avoit
-appartenu, la fin du XVIIe sicle, M. Nicolas de Jassaud, sieur de
-Lalande, conseiller d'tat, et Marie de Flandre, sa femme: puis leur
-fils, M. Augustin Nicolas de Jassaud, mari en 1697 Marie-Aime Lottin
-de Charny. Une de ses filles, Anglique-Genevive de Jassaud, la
-possdoit en 1772, qu'elle pousa M. Mac, secrtaire du roi. Cette dame
-mourut en 1776, et lgua ses deux nices cette maison, connue encore
-dans le quartier sous le nom d'htel Jassaud. Elle appartient
-aujourd'hui M. de Courmont, conseiller-matre la cour des comptes,
-qui a bien voulu me la faire voir en dtail. Il existe encore dans une
-pice du rez-de-chausse quelques restes d'ornemens paroissant remonter
-au rgne de Louis XV. Les lettres A. N. D. J. entrelaces
-(Augustin-Nicolas de Jassaud) se font voir au plafond. Il y a sous la
-cour deux tages de caves. Cette maison t divise au XVIIe ou au
-XVIIIe sicle; la partie qui fait le coin de la rue Perce parot tre
-depuis longtemps une proprit distincte.
-
-[13] T. II, p. 85 et 86.
-
-[14] T. I, p. 135.
-
-[15] Mmoriaux de la chambre des comptes.
-
-[16] Voir T. I, p. 67.
-
-[17] Charles, duc de Guyenne, n le 6 fvrier 1391 (mort le 11 janvier
-1400); Isabelle, depuis reine d'Angleterre, ne le 9 novembre 1389, et
-Jeanne, depuis duchesse de Bretagne, ne le 24 janvier 1390. Elle eut
-encore une autre fille (Marie, religieuse Poissy) le 24 aot 1393.
-
-[18] T. II, p. 142. Voy. ci-aprs p. XXXII, note 3.
-
-[19] T. I, p. 3 et 4.
-
-[20] _Ibid._, p. 2.
-
-[21] T. I, p. 3, et t. II, p. 53.
-
-[22] T. II, p. 71, etc.
-
-[23] T. II, p. 61 et suivantes.
-
-[24] T. II, p. 59.
-
-[25] T. I, p. 3.
-
-[26] T. I, p. 125.
-
-[27] T. I, p. 186.
-
-[28] Poules farcies, t. II, p. 269.
-
-[29] J'aurois bien voulu trouver parmi les hommes notables appartenant
-la haute bourgeoisie ou la magistrature un personnage dont la vie
-reproduist les circonstances qui nous sont connues dans la vie de
-l'auteur; plusieurs noms se sont prsents mon esprit: malheureusement
-mes esprances soutenues plus d'une fois par la dcouverte d'une srie
-de similitudes, ont toujours fini par tre dfinitivement dues.
-C'est-ainsi qu'aprs avoir cru longtemps pouvoir prsenter une
-conjecture raisonnable en attribuant la composition du _Mnagier_ Sire
-Jehan de Fleury dernier prvt des marchands en 1383 et conseiller au
-parlement, j'ai t subitement arrt par la dcouverte de la date de sa
-mort arrive en 1389, avant l'poque o cet ouvrage a srement t
-crit.--L'intimit dans laquelle le duc de Berry admettoit l'avocat Jean
-Jouvenel, pre de l'historien, m'avoit donn aussi quelques doutes son
-gard, mais, Jouvenel tant mort en 1431 ne peut gure s'tre trouv
-Melun en 1358, et ce qui rend surtout impossible de lui attribuer le
-_Mnagier_, c'est que Michelle de Vitry, sa femme, avoit ses parens
-vivans Paris en 1393, et n'toit pas d'ailleurs de meilleure maison
-que lui.--La position de Jean le Flament, trsorier des guerres en 1371,
-et des aides pour la guerre de 1388 94, prsente aussi plusieurs
-analogies avec celle de l'auteur du _Mnagier_, mais ou j'ignore le nom
-de sa femme, ou si c'est lui dont il est parl comme alors dcd, dans
-les registres du parlement de Poitiers (plaidoy. du 30 juillet et arrt
-du 17 aot 1425), il avoit pous Marie de Montgison (Montgiron dans
-l'arrt), _damoiselle_. Or Montgison est Montgeron prs de Paris, et je
-n'en vois pas d'autre existant dans le royaume (voir Expilly). Elle
-toit donc aussi parisienne; ce qui ne concorde pas avec les paroles de
-l'auteur (t. I, p. 4).
-
-[30] Il avoit lu tous les ouvrages suivans et en possdoit une grande
-partie: la Bible, la Lgende dore, saint Jrme (_la Vie des Pres_),
-saint Augustin, saint Grgoire, l'Histoire sur Bible (_de Pierre Le
-Mangeur_), Tite Live, le Roman de la Rose, l'historien Josphe, le
-Catholicon, le Dcret (_de Gratien_), l'histoire de Grislidis par
-Ptrarque, les sept Sages de Rome, le Songe de Scipion (par Cicron,
-comment par Macrobe), le Jeu des checs moralis de J. de Cessoles, le
-Chemin de pauvret et de richesse de J. Bruyant, Mellibe et Prudence.
-On trouve encore dans son livre la mention du philosophe Cerxs, de Paul
-Diacre et du philosophe Bertran le Viel; mais il les cite d'aprs
-d'autres auteurs. Le premier de ces ouvrages n'a peut-tre jamais
-exist.
-
-[31] Au moins dans sa famille. Voir t. I, p. 156.
-
-[32] Voir surtout t. II, p. 53.
-
-[33] T. I, p. 75 et 76.
-
-[34] Je l'ai trouv mentionn avec cette qualit depuis que j'ai fait la
-note sur lui, t. II, p. 116: Voir les _corrections et additions_.
-
-[35] Dans les registres du conseil surtout, quand la cour compensoit les
-dpens.
-
-[36] On en verra la preuve dans l'histoire de Jeanne Hemery et de
-Regnault d'Azincourt, publie par M. de Lincy dans la bibliothque de
-l'cole des Chartes (2e S., t. III, p. 316). On en peut dire autant de
-certains accords; tel est celui de Jean de Hautecourt, donn t. II, p.
-119.
-
-[37] T. I, p. 135.
-
-[38] T. I, p. 44.
-
-[39] T. I, p. 156.
-
-[40] T. II, p. 54.
-
-[41] Que diroient vos amis, _que prsumeroit votre coeur_, quant il s'en
-apercevroit? (T. I, p. 130.)--Avec son mari, l'en ne doit mie besongner
-par aguet ou malice, mais plainement et rondement, coeur coeur (_ibid._,
-p. 158).
-
-[42] Ce compte, qui n'est plus connu que par la mention qu'en a
-consigne le pre Menestrier, t. II, p. 175 de sa _Bibliothque
-instructive_, ne commenoit qu' fvrier 1392-3. Le tmoignage du
-_Mnagier_ compos entre juin 1392 et septembre 1394 (voy. p. XXII),
-pourroit donc tre antrieur de quelques mois, et s'il est postrieur,
-il l'est de bien peu.
-
-[43] Il faut tenir compte, dans ces prix, non-seulement de la diffrence
-considrable de poids qui existoit entre les monnoies de la fin du XIVe
-sicle et celles du mme nom employes depuis (le marc d'argent, qui
-valoit alors 6 livres, valant aujourd'hui 52 francs), mais encore de la
-dprciation de l'argent. Un setier de bl (un hectolitre et demi
-environ), qui se vend aujourd'hui, dans les annes ordinaires, environ
-30 francs, cotant alors moyennement 16 sous, on peut multiplier par 35
-ou 40 les chiffres noncs, pour avoir ide de ce qu'ils reprsentoient
-pour les contemporains.
-
-[44] J'aurois pu retrancher les deux derniers de ces pisodes sans nuire
-beaucoup l'intrt du livre, mais j'ai mieux aim publier le
-_Mnagier_ tel que son auteur l'avoit conu, et sans tre _estrippell_,
-comme lui-mme aimoit donner les ouvrages des autres. (Voy. t. II, p.
-3.)
-
-[45] On lit (t. II, p. 66), aprs une recette pour ter les taches, ces
-mots que j'ai mis entre parenthses: _ce que je ne croy pas_.
-
-[46] Voir t. II, p. 124, l'endroit o il est parl des _additions_
-faites au livre: p. 129, le passage relatif la signification du mot
-_fressure_; mme volume, p. 93, sa remarque sur les _tourtes pisaines_,
-appeles ailleurs _tourtes lombardes_, et aussi les passages en
-italiques, p. 164, 166, 167, etc.
-
-[47] Un passage o il est parl des choux, t. II, p. 142, dans lequel il
-est dit: _et commence iceulx pour ce que ce sont de_ CELLE _anne les
-premiers crus_, scilicet _puis avril, et puis_ VA _en descendant vers
-vendenges, Nouel et Pasques_, pourroit faire penser que l'auteur s'est
-servi, au moins pour une partie du _Viandier_, de notes faites exprs
-pour lui et l'anne mme o le _Mnagier_ a t crit. En effet, le mot
-_va_ prouve que _commence_ n'est pas l la premire personne et que
-l'auteur ne parle pas pour lui. Donc, puisqu'il remarque que le
-rdacteur primitif de ce passage rgcelle ale l'ordre de son discours
-d'aprs le mois o commenoit l'anne actuelle (_celle anne_), il en
-rsulte que la note ou l'ouvrage consult avoit t rdige cette mme
-anne, et alors, moins de supposer une concidence fortuite bien moins
-probable au XIVe sicle qu'elle ne pourroit l'tre aujourd'hui, on
-seroit port conclure que les lmens de cette partie du travail de
-l'auteur lui auront t fournis par quelque queux ou cuyer de cuisine
-profondment instruit des dtails de son art.--Je suis toutefois loin de
-rien affirmer cet gard, et je remarque mme que l'auteur ayant dit
-dans le _trait de l'pervier_ (p. 303), l'_alouette de cest an_, pour
-l'alouette de l'anne, il se pourroit que _celle anne_ ft de mme
-employ pour _l'anne_ dans le passage qui donne lien cette note, et
-qu'Avril et t dsign de prfrence, comme tant le mois le plus
-habituellement le premier de l'anne, au moins le second, et en tout cas
-celui o ces choux commenoient crotre.
-
-[48] Jean Bonfons imprimoit, en 1566, _le Voyage de Charles IX_, et son
-fils, Nicolas Bonfons, imprimoit en 1574, les _Nouveaux Comptes
-moraliss_, la mme adresse que celle o avoient demeur son pre Jean
-Bonfons et sa mre, veuve de Jean. Lottin s'est tromp quand il fait
-vivre Jean Bonfons en 1606.
-
-[49] Voir sur Guillaume Tirel dit Taillevent, queux de Charles V en 1361
-et cuyer de cuisine de Charles VI en 1386, l'article que j'ai publi
-dans le _Bulletin_ du bibliophile de Techener, n de juin 1843. M. de la
-Villegille, qui prpare une dition critique rellement la premire de
-ce curieux ouvrage par la manire dont elle sera excute, a bien voulu
-me prter pendant toute la dure de mon travail les copies faites par
-lui des deux manuscrits de Taillevent. Il existe dans les archives de la
-prfecture de la Manche Saint-L un registre des recettes de la
-baronnie de la Haye du Puis pour 1454 la fin duquel est un _Viandier_
-(voir le _Nouvelliste de la Manche_ du 3 fvrier 1847) qui parot tre
-une leon de Taillevent. Je n'en ai eu connoissance qu'aprs
-l'impression de la partie culinaire du _Mnagier_. Il existe encore sur
-le mme sujet un volume que j'aurois bien voulu consulter, c'est la
-_Fleur de toute cuisine... revue et corrige par Pierre Pidoux_. Paris,
-Al. Lotrian, 1543, in-16 goth., mais je n'ai pu le voir.
-
-[50] Ce seigneur qui florissoit en 1350, a crit en 1372 pour
-l'ducation de ses filles un Trait assez clbre dont les deux imprims
-sont vritablement introuvables et de plus assez dfectueux; je
-donnerai, soit pour la Socit des bibliophiles, soit pour mon propre
-compte si les autres publications entreprises par la socit ne lui
-permettoient pas de s'occuper de celle-ci, une dition nouvelle de ce
-livre sur le plan et dans la forme de la prsente dition du _Mnagier
-de Paris_, et j'ai dj recueilli quelques renseignemens sur l'auteur,
-sa famille et les personnages qu'il cite.
-
-[51] Amsterdam, 1709, in-8. Il prouve que ce trait ne peut avoir t
-crit par _Marcus Apicius_, fameux gourmand vivant sous Tibre et dont a
-parl Athne (ce qui n'a pas empch plusieurs auteurs modernes
-d'attribuer M. Apicius ce trait qu'ils n'ont srement pas ouvert); et
-d'aprs certaines expressions employes dans l'ouvrage, il pense qu'il
-doit avoir t crit par un affranchi africain. Le nom d'Apicius
-_Coelius_ peut, suivant lui, tre un pseudonyme destin rappeler
-_Marcus_ Apicius.
-
-[52] Je ne prtends pas dire cependant qu'il n'y ait pas eu au XVIe
-sicle surtout quelques modifications au service, quelques introductions
-de plats nouveaux. On peut voir sur ce sujet Legrand d'Aussy et un
-passage de l'apologie pour Hrodote, d'Henri Estienne, non cit par
-Legrand, t. II, p. 16 de l'd. de 1735. Au reste, Henri Estienne avance
-bien des choses dmenties par le _Mnagier_. (Il dit par exemple qu'on
-jetoit autrefois les issues du veau et du mouton, et qu'on ne mangeoit
-pas de perdreaux.)
-
-[53] Boileau dans sa satyre III (1665), tourne en ridicule l'usage des
-pices.
-
-[54] Il avoit t pendant dix ans cuyer de cuisine de Louis Chaalon du
-Bl, marquis d'Uxelles, tu en 1658 au sige de Gravelines, pre du
-marchal, et ayant obtenu lui-mme un brevet de marchal de France. Il
-est dit dans la ddicace de ce livre, adresse ce seigneur, que sa
-table avoit t _chrie_ Paris et dans les armes par les princes, les
-marchaux, etc.
-
-[55] Il faut au reste remarquer que Taillevent toit rimprim en 1602
-Lyon et non Paris, et il se pourroit que Paris et t plus _avanc_
-que Lyon en fait de cuisine.
-
-[56] On comprendroit bien mieux les ouvrages littraires crits au moyen
-ge si l'on pouvoit connotre tous les usages de la vie commune cette
-poque, tous les noms techniques des objets qui frappoient journellement
-les regards des auteurs et de leurs contemporains. Penseroit-on qu'il
-pt tre utile de consulter un _Viandier_ pour lire un Nol du XVIe
-sicle? Voici cependant un Nol tir du recueil de _Lucas Le Moigne,
-cur de Notre-Dame du Puy la Garde en Poitou_ (volume unique appartenant
- notre confrre M. Cigongne), dont la lecture est singulirement
-claircie par celle du _Mnagier_. Ce Nol se chantoit sur l'air de
-l'hymne: _Conditor alme siderum_.
-
- _Conditor_ le jour de Nouel
- Fist ung bancquet le nompareil
- Que fut faict pass a longtemps
- Et si le fit tous venans. Nouel.
-
- Il y avoit perdris, chappons,
- Oyseaulx saulvaiges, des hairons:
- Levraulx, congnilx, aussi faisans,
- Pour toutes manires de gens. Nouel.
-
- Une grant hure de sanglier,
- Ypocras, aussi le mestier,
- Vin Capary et faye Montjeau
- Pour enluminer leur musseau. Nouel.
-
- Biscuyt, pain d'orge et gasteaulx,
- Fouace, choysne, cassemuseaulx,
- pain de chappitre et eschauldez
- Mangerez si le demandez. Nouel.
-
- Aussi y avoit aulx, oignons,
- Et ung past de potirons
- Avec les choux-maistre-Ren
- Et des lymatz au chaudum. Nouel.
-
- Il y vint ung bon bouteiller
- Qui ne cessa onc de verser,
- Tant que ung barault il aseicha
- _In sempiterna secula_.
-
- _Amen._ Nouel.
-
-
-[57] Il y a dans les _Mmoires pour servir l'Histoire de France et de
-Bourgogne_, Paris, 1729, in-4, IIe partie, p. 58, un article curieux
-sur le queux du duc de Bourgogne qui auroit t suprieur aux cuyers de
-cuisine; mais ce queux me parot tre un officier dans le genre du
-_grand queux de France_, non aussi important toutefois. Dans les
-ordonnances de 1386-7 et 1388-9 sur l'organisation de la maison du roi,
-les cuyers de cuisine sont nomms avant les simples queux. (Voir sur
-les grands queux de France l'_Histoire gnalogique des grands officiers
-de la couronne_, t. VIII, p. 825, o se trouvent aussi des premiers
-queux et mme de simples queux qui n'auroient pas d y figurer, et entre
-autres Taillevent et Guillaume Lefvre, dit Verjus. V. t. II, p. 81 du
-_Mnagier_.)
-
-[58] Je crois qu'il faut adopter la leon du manuscrit B, II, 117, n. 4.
-
-[59] Vases contenant une quarte (deux pintes) de vin.
-
-[60] Voir cependant T. II, p. 114, n. 3.
-
-[61] Ici vases _couler_, _passer_, _passoires_, comme cela est bien
-expliqu dans du Cange _Colum_, 3, et non _entonnoir_, comme cela est
-dit dans le mme ouvrage _Collum_ 3 et _Coloeria_.
-
-[62] Il y avoit cependant alors un grand luxe d'argenterie. J'ai vu dans
-les registres du Parlement (_Matines_, 9 avril 1396-7), que Guillaume
-des Baux, gentilhomme qui recevoit souvent le duc d'Anjou, avoit
-_vaisselle de cuisine_ d'argent. Sa fortune n'toit cependant value
-qu' 6,000 liv., ce qui, en tenant compte de la diminution du poids et
-mme de la dprciation de la monnoie, ne peut reprsenter plus de
-240,000 fr. d'aujourd'hui.
-
-[63] V. T. II, p. 114, n. 1.
-
-[64] A cette poque le vin n'toit pas mis en bouteilles: on prenoit
-directement au tonneau le vin ncessaire la consommation journalire.
-
-[65] Ce mot a cependant quelquefois aussi la mme signification
-qu'aujourd'hui (V. T. II, p. 99, n. 6), et il dsigne une fois (T. II,
-p. 137) un mets solide, sec, par opposition un mets liquide mis dans
-une cuelle.
-
-[66] Au XVIIe sicle c'toit le matre d'htel qui remplissoit cet
-office, le chapeau sur la tte, le manteau sur le dos, la serviette sur
-l'paule et l'pe au ct. Voir les _Dlices de la campagne_, d. de
-1673, figure de la page 145, et le _Maistre d'hostel_ de la Varenne,
-la suite de son _Cuisinier franois_, d. d'Amsterdam, Mortier, p. 318.
-
-[67] Placeur, poseur, d'_asseoir_, _poser_.
-
-[68] Ce mot dsigne ordinairement dans les rcits de festins princiers
-une espce de reprsentation thtrale. (Voir Legrand d'Aussy, t. III,
-p. 373, et les _Chroniques de Saint-Denis_, t. VI, p. 387), mais la
-signification que je lui donne ici rsulte des menus X, XIII, XIV, et du
-chapitre des entremets du _Mnagier_. Dans le Ms. de Saint-L (V. p.
-XXXV, n. 1), il est dit que le _porc de mer_ doit tre coup par lesches
-et _dtourn_ (_atourn_, dress?) _par manire d'entremets sur un blanc
-doublier_ (nappe). Enfin la recette donne dans le _Grand Cuisinier_
-pour dorer et orner un cigne (voir t. II, p. 184, note), est ainsi
-intitule _Entremets d'un cigne dor_. L'usage de servir les paons,
-faisans, etc., avec cette recherche, parot s'tre prolong jusque dans
-le XVIIe sicle. Le _Thrsor de sant_, imprim en 1607, mais qui peut,
-il est vrai, avoir t crit antrieurement, donne encore une recette de
-cigne dor. En France, sous la minorit de Louis XIV, le faisan toit
-servi avec une aile non plume, outre la tte et le col qu'on lui laisse
-encore aujourd'hui.
-
-[69] Je ne puis du moins comprendre autrement _l'entremets lev_ dont
-il est parl dans le Menu XIV.
-
-[70] On voit cependant T. II, p. 108, une _desserte_ compose de
-fromente et de venaison, mais s'il n'y a pas erreur, c'est au moins une
-exception.
-
-[71] Ce mot se trouve encore dans l'_Instruction pour les festins_,
-insre dans les _Dlices de la campagne_, et avec la mme signification
-de dessert supplmentaire. Il parot s'tre perdu peu de temps aprs,
-car il n'est plus employ dans la _Maison rgle_ d'Audiger, imprime
-Paris en 1692, in-12.
-
-[72] V. T. II, p. 99.
-
-[73] Cette consommation a t, en 1846, la population de Paris tant
-value un million d'habitans, de 104,329 boeufs, vaches ou taureaux,
-84,260 veaux, et 486,445 moutons. La consommation seroit donc peu prs
-triple.
-
-[74] Je n'ai vu cette boucherie cite que dans une plaidoierie du
-Parlement de septembre 1388.
-
-[75] On pourroit cependant rpondre qu'il considroit Saint-Marcel comme
-un faubourg et non comme un quartier de Paris.
-
-[76] La dpense ordinaire de l'htel du duc de Berry, sans compter celle
-de sa garde-robe, des gages et pensions qu'il payoit, et surtout sans
-celle de ses btimens, s'leva en juin 1373 1165 fr.; en juillet
-1431 fr.; en aot 1535 fr.; en septembre 1542 fr.; en octobre 1430
-fr.; 2054 fr. en novembre; 1654 fr. en dcembre. Il est dit dans le
-compte qui me fournit ces chiffres (Arch. du Roy. K. 250-1), que cette
-dpense comprenoit les gages _des gens de l'ostel qui ne s'toient pas
-arms en la chevauche de Poitou_. Ceux qui avoient fait l'expdition
-n'y toient donc pas compris. La duchesse avoit sa maison part et
-remboursoit au duc six francs par chaque jour qu'elle et ses gens
-vivoient ses dpens. Il est probable que la dpense du duc de Berry
-s'augmenta quand, aprs la mort de Charles V, il put puiser largement
-dans le Trsor.
-
-[77] Ce seroit cependant faire tort l'auteur que d'assimiler ses
-renseignemens la ridicule statistique de Paris qui se trouve dans les
-_Rues et glises de Paris_. On lit dans cet ouvrage, imprim au
-commencement du XVIe sicle, qu'on comptoit Paris ds le rgne de
-Charles VI, 872,000 _mnagers_ ou chefs de famille, sans les prtres,
-coliers et autres extravagans _qui sont sans nombre_. La consommation
-de cette multitude est fixe aux chiffres trs-insuffisans de 73,000
-boeufs, 730,000 moutons, et 365,000 veaux.
-
-[78] Voir sur la diminution, depuis 1789, de la consommation de la
-viande par chaque individu, les _Recherches de Benoiston de
-Chasteauneuf_, 1821, in-8, 1re partie, p. 67. Cette diminution
-relative, qui date de 1789, a toujours t en croissant depuis, et c'est
-l un fait bien remarquable et digne d'tre mdit.
-
-[79] Il falloit bien au reste que la consommation de Paris ft
-trs-considrable. J'ai vu dans les registres du Parlement la preuve
-qu'en 1422 on amenoit mme de Savoie des boeufs Paris (14 juillet
-1422). Une ville pour laquelle des approvisionnemens arrivent de si loin
-est ncessairement trs-peuple. Au reste, il existe d'autres donnes
-qui permettent d'tablir assez positivement le chiffre de la population
-parisienne la fin du XIVe sicle. On peut, si l'on veut, ngliger
-comme trop vague ce que dit Froissart (t. II, p. 259 de l'd. du
-Panthon) l'occasion du retour de Flandres en 1383, de la partie de
-cette population capable de porter les armes, mais, comme Paris comptoit
-en 1328 61,098 feux que M. Graud dans son _Paris sous Philippe le Bel_
-value par des calculs trs-modrs, peut-tre mme trop modrs,
-275,000 habitans, comme ce chiffre a d s'lever pendant le rgne de
-Charles V et les premires annes de Charles VI, il semble qu'on ne peut
-gure valuer la population de Paris la fin du XIVe sicle moins de
-3 ou 400,000 habitans. Voir pour plus de dtails sur la population de la
-France au XIVe sicle, le mmoire de M. Dureau de La Malle (Acad. des
-inscr., T. XIV, 2e p. p. 36); pour Paris l'excellent travail de M.
-Graud, p. 465 de _Paris sous Philippe le Bel_, et pour le XVIe sicle
-les _Relations des ambassadeurs vnitiens_.
-
-[80] T. I, p. 7. Ces demandes d'batement ou jeux semblent avoir donn
-lieu une manire de parler proverbiale que je trouve consigne dans
-les plaidoieries civiles du Parlement la date du 27 juin 1392. _Acarot
-dit que s'il s'en mesloit plus, qu'il lui trancheroit la teste, et dit
-que_ pour roy ne pour roc _il ne lairoit que il ne lui couppast la
-teste_.
-
-[81] L'ordonnance de Charles VI du 10 janvier 1396-7 ne dfend la chasse
-qu'aux non-nobles laboureurs et autres non privilgis, (les habitans
-d'un assez grand nombre de villages avoient droit de chasse) et non
-autoriss par des personnes ayant elles-mmes droit de chasse. Cette
-ordonnance reconnoit de la manire la plus formelle le droit de chasse
-aux _bourgeois vivans de leurs possessions et rentes_.
-
-[82] _Modus_, feuillet 101.
-
-[83] Voir l'article sur lui, p. LXIX.
-
-[84] Ed. Vrard, feuillet X V.
-
-[85] _Ib._, feuillet X IV.
-
-[86] S'il a t aid par quelque ouvrage antrieur, peut-tre seroit-ce
-par un trait italien, attendu le nom de _faucon vilain_ qu'il donne au
-lanier, et qui lui toit encore donn en Italie au XVIIe sicle. Voy.
-aussi T. II, p. 310, la note sur le vol du faisan par l'pervier.
-
-[87] La chasse l'oiseau est encore actuellement pratique en Syrie.
-L'mir Beschir, prince des Druses, avoit des oiseaux dresss qui furent
-pills en 1840, lorsque les vnemens le contraignirent quitter le
-pays, et rachets depuis par M. Catafago, vice-consul d'Autriche Sada
-(prs Beyrouth), qui les possde encore aujourd'hui. A Damas, Choudj'
-Eddaouleh et Sef Eddaouleh, neveux du schah actuel de Perse, retirs en
-Syrie, chassent aux perdrix avec des sacres (voy. T. II, p. 323). M.
-Schefer, second drogman du consulat gnral de Smyrne, a fait avec ces
-princes une chasse dans laquelle deux sacres prirent en une heure et
-demie quinze ou vingt perdrix. D'aprs le rcit circonstanci qu'il a
-bien voulu me faire, ces oiseaux nomms _sacres_ dans le pays,
-originaires de Tartarie ou du Turkestan, certainement les _sacres_ de
-nos anciens fauconniers, et par consquent oiseaux de haut vol
-(_rameurs_, selon Huber; voy. T. II, p. 318), sont cependant dresss
-comme l'toient autrefois les oiseaux de poing (_voiliers_, selon
-Huber); ils partent du poing de leur matre quand le gibier se lve, et
-se perchent sur les buissons quand la perdrix s'y est remise, pour la
-prendre plus facilement ds qu'elle en sort. C'est bien l la manire de
-l'autour et de l'pervier, mais l'identit d'origine septentrionale et
-de nom ne permet pas de douter que ces oiseaux ne soient bien nos
-sacres.
-
-M. d'Offmont, dont j'ai parl dans une note de ma _Chace dou cerf_,
-1840, in-8, comme ayant cr en 1838 une association destine faire
-renatre la fauconnerie (association dont le sige est en Hollande et
-qui continue prosprer), frapp des difficults qu'il a d surmonter
-dans _l'affaitement_ des oiseaux, malgr les secours qu'il avoit
-rencontrs dans les anciens ouvrages de fauconnerie, a l'intention
-d'crire sur ce sujet un trait assez dtaill pour suppler aux
-omissions des anciens auteurs. Il m'a montr des notes et quelques
-dessins qui donnent l'ide la plus avantageuse de son travail.
-
-[88] Par suite de mon got pour les livres de chasse, j'avois eu
-l'honneur de faire la connoissance de M. Huzard. Il m'a bien souvent
-admis avec une extrme complaisance dans sa prcieuse bibliothque, mais
-le hasard a fait qu'il ne m'avoit jamais montr son manuscrit du
-_Mnagier_. Son catalogue (Paris, 1842) forme 3 vol. in-8. La vente a
-eu lieu en 1843.
-
-[89] Paris, 1830, in-4. Voici les indications donnes par cet ouvrage:
-
-1 Inventaire de Bruges vers 1467.
-
-N 836. Ung autre livre en parchemin couvert d'ais jaunes, intitul au
-dehors: _C'est le Mesnagier de Paris_; comanant au second feuillet,
-_Salvacion de l'me_, et au dernier _n'est autrement_. (C'est le
-manuscrit A, voir ci-aprs p. LIV.)
-
-N 1202. Ung autre livre de cuir vermeille, appell _le Mesnagier_, est
-escript partie en longue luigne et partie par deux coulombes;
-quemenchant ou second feuillet _Vous moismes_ et le dernier feuillet, _a
-dicta aqua_. (C'est le manuscrit B dans lequel se trouve le _Chemin de
-povret_ en effet crit deux colonnes (coulombes). Voir ci-aprs p.
-LV.)
-
-2 Inventaire fait Bruxelles le 15 novembre 1487.
-
-N 1758. Ung autre grant volume couvert de cuir, garni tout deux
-cloans de lton, intitul: _C'est le Mesnagier de Paris_; comenchant ou
-second feuillet, _Salvacion de l'me_ et finissant ou derrenier, _et
-oster les entrailles, testes et qhues. Hic finit._ (A)
-
-N 1759. Ung autre grand volume couvert de cuir rouge, tout deux
-cloans de lton, intitul comme le dessus: _Le Mesnagier de Paris et
-autres choses de dvotion_; comenchant ou second feuillet, _Vous-mesmes
-vo_, et finissant ou derrenier, _et oster les entrailles, testes et
-qhues_. (B)
-
-[90] T. I, p. 9.
-
-[91] Les second et dernier feuillets commencent par les mmes mots que
-ceux signals comme initiaux de ces mmes feuillets dans le manuscrit de
-Bourgogne. C'est ce mme manuscrit qui est indiqu comme manquant
-ultrieurement dans les inventaires de Bruxelles. (N 2269 de la
-_Bibliothque protypographique_.)
-
-[92] Cet article a donc paru peu de mois avant la vente de la premire
-partie de la Bibliothque Huzard. Il est singulier qu'un livre si
-longtemps inconnu soit remarqu et tudi, on pourroit dire exhum, dans
-la mme anne, Bruxelles et Paris la fois.
-
-[93] Si l'on entre dans le dtail de l'histoire du rgne de Charles VI,
-il semble (autant qu'on puisse en pareille matire dduire un principe
-gnral de faits particuliers mme nombreux) qu'une partie notable de la
-haute bourgeoisie parisienne s'toit attache aprs la mort de Charles V
-au duc de Berry, prince toujours besogneux, et redoutable par ce motif
-aux provinces soumises son autorit, mais affable et de moeurs faciles,
-qualits apprcies de tout temps et souvent au del de leur valeur
-relle par les classes moyennes et infrieures des villes. On verra
-encore que mme dans les momens o les exigences de la politique
-amenoient ou foroient le duc de Berry se runir aux Bourguignons, les
-bourgeois ou parlementaires ses conseillers et partisans, n'en toient
-pas mieux vus du duc de Bourgogne qui ils rendoient probablement les
-sentimens de dfiance et de haine qu'ils lui inspiroient.
-
-[94] Les familles de Larivire en Guyenne, et de Bezu le Long, portent
-aussi de gueules au chevron d'hermines.
-
-[95] Champagne, Goussencourt, Hargicourt et Vivonne portent galement
-d'hermines au chef de gueules.
-
-[96] Depuis le XVIe sicle, au lieu d'avoir ainsi un seul cusson parti
-(divis en deux par une ligne verticale) les femmes portent deux cus
-dont le premier est celui de leurs maris. Les reines de France ont
-continu longtemps partir leur cusson, et je crois que Marie
-Leczinska est la premire qui ait port deux cus accolls.
-
-[97] _L'Histoire gnalogique des grands officiers de la couronne_, T.
-III, p. 726, l'appelle Jean, ce qui est une erreur.
-
-[98] Elle est enterre dans l'glise paroissiale de Roubais, chapelle de
-Sainte-Croix ou des Sept Douleurs. (Cabinet gnalogique.)
-
-[99] Chambellan du roi de France, frre du conntable de Saint-Paul
-dcapit en 1475: il mourut en 1487.
-
-[100] Mon ami M. Eugne Grsy qui s'occupe depuis longtemps de
-l'histoire et de la topographie de Melun, me signale un vitrail de la
-chapelle Saint-Antoine en l'glise Saint-Aspais de Melun, dans lequel
-les armes d'Agns de Savoie, femme, de 1466 1508, de Franois Ier
-d'Orlans, duc de Longueville, vicomte de Melun, sont places dans un
-cusson parti, avant celles de son mari. Mais, je le rpte, de telles
-erreurs sont trs-rares, surtout mesure qu'on s'loigne des temps
-modernes. Si Isabelle de Roubais avoit pous un Ghistelles en premires
-noces, je n'aurois pas hsit voir en elle la propritaire de mon
-manuscrit. Au reste, il est bien probable que ce manuscrit lui aura t
-donn par sa mre, et que les recettes de _Hotin_ auront t recueillies
-pour elle.
-
-[101] C'est lui qui prit par surprise, en 1465, la ville de Pronne et
-le comte d'tampes qui s'y toit renferm, _Histoire de Bourgogne_, de
-dom Plancher, T. IV, p. 337.
-
-[102] Voy. T. II, p. 275.
-
-[103] Quand un ouvrage cit en abrg dans un endroit du livre est
-indiqu ailleurs avec plus de dtail, je ne l'ai pas compris dans cette
-liste. La table donnera le moyen de retrouver l'endroit o le titre est
-donn _in extenso_.
-
-[104] Rymer date ces pices de 1363, mais c'est de 1363 nouveau style,
-c'est--dire en faisant commencer l'anne au 1er janvier et non
-Pques. En effet, suivant la Chronique de Saint-Denis, dont l'exactitude
-chronologique est irrcusable, le roi Jean, qui toit entr Avignon le
-20 novembre 1362, s'embarqua Boulogne le 3 janvier 1363 (1364 nouveau
-style) pour retourner en Angleterre, et y mourut le 8 avril suivant.
-
-[105] Il n'y en a que dix-huit.
-
-[106] Le second article relatif la chasse de l'pervier est le seul
-qu'on trouve dans les trois manuscrits du _Mnagier_, encore est-il mal
-plac entre les troisime et quatrime articles de la seconde
-distinction. Cette circonstance pourroit faire croire que l'auteur n'a
-pas suivi jusqu'au bout de son livre le plan et la division tablis
-ci-dessus, et qu'il a peut-tre omis de traiter le sujet des premier et
-troisime articles de la troisime distinction.
-
-On comprend de quel genre pouvoient tre les battemens du troisime
-article, et on a dans le _Dodechedron de fortune_ l'exemple de demandes
-_avres et rpondues par le sort des ds_. Mais que faut-il entendre
-par _rocs_ et par _rois_? On sait que le Roc a t remplac par la Tour
-dans le jeu d'checs, et n'existe plus que comme pice hraldique dans
-les armoiries de quelques familles. toit-ce donc l'aide des rocs et
-des rois d'checs que ces demandes d'battemens toient rpondues?
-
-Il est parl dans le _Chevalier de la Tour_ (chap. 124 du ms. du roi,
-7403) de chevaliers et dames jouant au _roy qui ne ment pour dire vrit
-du nom de s'amie_. C'est peut-tre d'un jeu analogue que l'auteur du
-_Mnagier_ a parl ou comptoit parler dans cet article.
-
-[107] _Chemise._ Ce mot avoit alors la mme signification
-qu'aujourd'hui. Voir Du Cange au mot _Camisa_.--_Blanchet_, vtement
-court, sorte de camisole de drap ou flanelle blanche qu'on mettoit
-par-dessus la chemise. Ce mot est encore cit dans cette acception par
-le dictionnaire de Trvoux. Blanchet signifioit par extension le drap
-blanc dont toit fait le vtement du mme nom.--_Coste_, qui seroit
-mieux crit cotte, comme au-dessous, signifie ici robe, voir Du Cange,
-citation de la Vie des Pres, _Surcotium_.--_Surcot_, vtement de
-dessus, mais en gnral moins chaud et plus habill que la houppelande.
-J'ai vu dans les _Plaidoiries criminelles du parlement_ une bourgeoise
-_venant d'une noce pour laquelle elle avoit vestu un surcot_, qui une
-de ses parentes dit _qu'il est tard_, qu'elle dpouille son surcot et
-que elle lui baillera _une houpelande et un chaperon_. (Avril 1404-5.)
-
-[108] La coiffe enveloppoit toute la tte et toit place immdiatement
-sur les cheveux. Le mot de _cueuvrechief_ parot dsigner ici une sorte
-de bonnet plac sous le chaperon. Les couvrechef et coiffes toient
-d'toffe lgre. Un inventaire dress en 1384 des biens meubles de
-Jacqueline de Charny, femme de Jehan Saugete, cuyer, mentionne _quinze
-quevrechiefs de soie et trois de lin pour atour et dix-neuf coiffes de
-soie jaune, de cendal et de toile ou fil_. (Reg. du P. Jugs XXXII. 94.)
-Quant au chaperon, dont la forme a vari, celui dont il s'agit ici me
-parot devoir tre la coiffure que porte la femme dans la planche de la
-page 9. L'auteur de la plaidoirie cite page 14 parle d'un amant qui
-coupa un morceau du chaperon de sa matresse pour avoir un souvenir
-d'elle. La forme du chaperon reprsent dans la planche fait bien voir
-comment cela toit possible.
-
-[109] Il sembleroit par ces mots qu'on n'avoit pas alors de bancs
-_rservs_ dans les glises. La mention la plus ancienne que j'aie vu de
-cette attribution individuelle des bancs aux paroissiens est dans une
-dlibration du conseil de fabrique de Saint-Andr-des-Ars, en date du 2
-fvrier 1577, qui parle des bancs affects aux paroissiens, et de ceux
-qui d'_anciennet_ ont coutume de s'y mettre. Les glises collgiales
-n'avoient de bancs qu'autant qu'elles toient en mme temps
-paroissiales, c'est--dire qu'il y avoit des fonts baptismaux, et qu'on
-y faisoit le prne. (_Trait des Droits honorifiques_, par Marchal,
-1762, tom. I, p. 278 et 284). On m'a affirm qu'avant la rvolution il
-n'y avoit pas de bancs dans l'glise cathdrale de Paris.
-
-[110] Var. B _Grel_, Graduel.
-
-[111] _Estour_, secours, nourriture du corps, et gnralement tout ce
-qui sert la vie. (V. Du Cange, au mot _Estorium_); _lourgable_,
-susceptible d'tre consomm, de _lurcare_, dvorer.
-
-[112] Avoir soin.
-
-[113] Je n'ai jamais vu ce mot: seroit-il ici pour _trahaigner_,
-traner, tergiverser?
-
-[114] _Reverchier_ signifie retourner: je crois qu'_entreveschier_ veut
-dire _intervertir_.
-
-[115] Pour fixer votre ide, pour connotre.
-
-[116] Aussi, galement.--Var. B _presque_.
-
-[117] Cette nomenclature des vices et des vertus contraires se retrouve
-dans plusieurs ouvrages du moyen ge. Elle est avec de grands
-dveloppemens dans le _Calendrier des Bergers_, et elle a donn lieu
-une sorte de roman allgorique curieux et bien crit dans la suite
-mystique du Modus et Ratio, intitule _le Songe de Pestilence_, et
-imprime sous le titre de _Modus et Ratio de divine contemplacion_.
-
-[118] Vif dsir.
-
-[119] Brlent (de frire). V. ci-aprs _le Viandier_.
-
-[120] Pole frire.
-
-[121] Il parat manquer quelque chose, comme _perte des mes_.
-
-[122] Vrai.
-
-[123] Procs.
-
-[124] Manque _se comparer_.
-
-[125] _... d'icelui._
-
-[126] Mal err, _male erravi_.
-
-[127] Sous son plus mauvais jour.
-
-[128] Lou.
-
-[129] Je ne me souciois pas.
-
-[130] En secret.
-
-[131] De la gloire auprs d'eux, pour qu'ils parlassent de moi.
-
-[132] Je pensois.
-
-[133] Il parot manquer quelque chose comme: _Je disois mes pchs les
-moins grands_.
-
-[134] Pare.
-
-[135] Ce mot n'est que dans B. Faut-il lire _ parties_?
-
-[136] Gourmands et par extension dbauchs.
-
-[137] Joyeux.
-
-[138] _Empcher_ vaudroit mieux.
-
-[139] Dfendu, refus.
-
-[140] Croupit?
-
-[141] Sa fortune.
-
-[142] Antecrist fait les miracles en sa maison tout au contraire: sa
-maison est la taverne, et quant ceulx qui voyent bien clair y viennent,
-ils s'en partent tous aveugles.--_Modus et Racio_, dit. 1839, feuillet
-65 v.
-
-[143] Chez les Romains, avant la premire guerre punique, les jours se
-divisoient en quatre parties: 1 de 6 heures 9 heures, c'tait l'heure
-de _prime_; 2 de 9 heures midi, c'est ce qu'on nommoit _tierce_; 3
-de midi trois heures, c'toit l'heure de _sexte_; 4 _none_ commenoit
- 3 heures et finissoit au coucher du soleil. Cette ancienne division du
-temps fut adopte par la primitive glise et les noms en sont rests aux
-offices.
-
-[144] Si chre qu'elle soit.
-
-[145] Pourtant, cependant.
-
-[146] De maintenant un jour.
-
-[147] Thriaque: remde.
-
-[148] Prochain.
-
-[149] Ennui, dsoeuvrement. V. Du Cange aux mots _Accidia_, _Acedia_.
-
-[150] Manquent quelques mots, comme: _qui y mettent_.
-
-[151] L'avare.
-
-[152] Peut-tre manque-t-il quelques mots comme _ils auront_, _etc._
-
-[153] Il semble que le sens de la phrase exigeroit _gloutonnie_.
-
-[154] En desroi, gar.
-
-[155] C'est l'ouvrage de Jacques de Voragine, archevque de Gnes.
-
-[156] De saint Jrme.
-
-[157] Donner envie, got.
-
-[158] C'tait Sdcias.
-
-[159] Captivit.
-
-[160] Helcias.
-
-[161] Huile.
-
-[162] Doucement, paisiblement.
-
-[163] Serviteurs, _servientes_.
-
-[164] Visage.
-
-[165] Caches.
-
-[166] La Vulgate dit _sub prino_, c'est le chne _ilex_, l'yeuse.
-
-[167] _Sub schino_, c'est le lentisque d'o dcoule dans l'Archipel et
-en Perse non le macis, mais le mastic ou encens de Perse, sorte de gomme
-aromatique avec laquelle les Perses enduisoient leurs outres, suivant
-Strabon. Le _macis_ dont parle ici l'auteur est aussi appel _fleur de
-muscade_; c'est la seconde corce de la noix muscade. Nous verrons le
-macis employ dans _le Viandier_.
-
-[168] Les juifs furent chasss par ordonnance du 17 septembre 1394, et
-cette ordonnance fut ponctuellement et promptement excute. On en a la
-preuve dans des lettres de rmission accordes en janvier 1394(5), un
-certain Guiot Rousseau de Pertes, prs Melun, pour avoir assomm et
-vol, entre Pont-sur-Yonne et Sens, au bois de Javel, une vieille juive
-qu'il s'toit charg de conduire sur son cheval, de Melun Sens, _ne
-croyant autant mesfaire que s'elle eust est chrestienne et se recordant
-que par les juifs qui ont demour ou temps pass Meleun il avoit est
-destruit presque de toute sa chevance_. Il est dit dans ces lettres, qui
-m'ont t communiques par M. de Stadler, que cette juive _alloit
-rejoindre aucuns juifs qui pour certaine ordenance sur ce faicte se
-partoient hors du royaume_. (J. Reg. 147, 36.) Ce passage prouve bien
-positivement que _le Mnagier_ a t crit avant septembre 1394.
-
-[169] Philosophe chalden qui, suivant Jacques de Cessoles, auteur du
-_Jeu des checs moralis_, auroit invent le jeu d'checs. L'auteur du
-_Mnagier_ cite ici l'ouvrage de J. de Cessoles, dans lequel on trouve,
-au chapitre de la Reine, les histoires de Romilde, de Lucrce, de
-Papirius, qu'il va raconter aussi, mais en les dveloppant.
-
-[170] Oui.
-
-[171] De Bnvent.
-
-[172] S'en dtournrent, de _desmouvoir_.
-
-[173] Cette duchesse est Romilde, veuve de Gisulfe, duc de Frioul, tu
-en 611, dans une bataille contre les Abares. Aprs la mort de son mari
-dont elle avoit eu quatre fils et quatre filles, elle fut assige par
-le khan des Abares dans Forojulium, aujourd'hui _Civita di Friuli_.
-prise de la figure du khan, elle lui offrit (et non un de ses
-chevaliers) la place et sa main; son offre fut accepte, mais le khan,
-matre de la place, fit empaler Romilde et emmena ses enfans et les
-principaux citoyens en captivit. Les quatre princes s'chapprent sur
-la route. Les deux ans, Tason et Caccon, furent ducs de Frioul, de 621
- 635. Le troisime, Rodoald, fut duc de Bnvent, de 642 647, et le
-dernier, Grimoald, fut duc de Bnvent aprs son frre, et roi des
-Lombards en 662; il mourut en 671. On a assez peu de renseignemens sur
-l'origine de plusieurs de nos reines de la premire race. Je n'ai pas
-trouv qu'aucune d'elles ait t soeur de Grimoald. La mme histoire est
-raconte avec quelques-unes des inexactitudes de l'auteur du _Mnagier_,
-dans le LVIIIe chapitre du _Compendion historial_; Paris, Ant. Vrard,
-1509.--Elle est tire de Paul Diacre.
-
-[174] L'auteur du _Jeu des checs moralis_.
-
-[175] Invita, de _semondre_.
-
-[176] Par telle convention.
-
-[177] tat, disposition d'esprit.
-
-[178] Les occupations que l'auteur donne ici aux Romaines toient sans
-aucun doute celles des femmes de son temps, et ce passage est
-certainement un des plus curieux de son livre. Le _bric_, qui me parot
-la mme chose que la _briche_ ou _bricque_, est dj cit au XIIIe
-sicle dans les oeuvres de Rutebeuf (_de Brichemer_), on y jouoit assis
-et l'aide d'un petit bton.--_Qui fry?_ me parot videmment notre
-_main chaude_.--Le jeu de _pince-merille_ est crit _pince-morille_ dans
-les jeux de Gargantua (Rabelais, livre I, chapitre XXII), c'est tout ce
-que j'en connois.--Le _tiers_ toit une sorte de colin-maillard dont il
-est parl dans Rabelais, les Arrts d'amour et des lettres de rmission
-de 1391, cites par Du Cange au mot _Tertium_.--La mention des cartes
-comme _jeu d'batement_, dans un ouvrage crit srement en 1393, est
-fort importante, et nous parot dmontrer la ralit de la distinction
-tablie par M. Duchesne entre les cartes jeux _d'batement_, jeux
-d'enfans, _naibi_, et les cartes devenues quelques annes aprs jeu de
-hasard. En lisant ce passage du _Mnagier_ on comprend que les cartes
-aient pu tre connues en 1369, et ne pas figurer cependant parmi les
-jeux de hasard dfendus cette anne par Charles V. (Voy. _Jeux de Cartes
-tarots_, publis par la Socit des Bibliophiles, 1844, in-folio, p. 4.)
-
-[179] Un peu loin, une petite distance.
-
-[180] Le visage baiss.
-
-[181] Bleues, violettes.
-
-[182] Poudreux; ou faut-il lire _les gens, pouldres_ (poussire) _et
-fumes_, etc.?
-
-[183] Var. Br. _ peine_.
-
-[184] Evite, esquive.
-
-[185] Car le fait (l'adultre) n'est pas craindre. Je n'ai vu ce
-curieux usage mentionn nulle part ailleurs.
-
-[186] Pierre le Mangeur, chancelier de l'Universit de Paris, mort en
-1179. Voir les _Mss. franois_ de M. Paris, t. II, p. 2.
-
-[187] L'historien Flavius Josphe.
-
-[188] S'attachera, _adhrebit_.
-
-[189] Prononciation parisienne du mot _mesnie_, suite, famille. Voir H.
-Estienne, _Prcellence du Lang. franois_, p. 179.
-
-[190] Prs, comme _Villers-Coste-Retz_.
-
-[191] Strile. Encore employ pour les biches en terme de vnerie.
-
-[192] lve.
-
-[193] Allusion l'incarnation de N. S. J. C.
-
-[194] Outre ou petit baril, _boucellus_.
-
-[195] Bersabe.
-
-[196] Voyage.
-
-[197] Couch.
-
-[198] Voir sur cette plante et sur la _main de gloire_ les curieux
-articles du Dictionnaire de Trvoux.
-
-[199] Ouvrage qui est la fois une grammaire, une rhtorique, et un
-dictionnaire, et qui fut crit en 1286 par Jehan Balhi de Gnes,
-religieux dominicain.
-
-[200] Sauvages.
-
-[201] Sans doute _choucas_.
-
-[202] Var. A, _melles_, faute ou nom d'oiseau que je ne connois pas.
-Tiercelet, pris seul, est le nom du faucon mle.
-
-[203] Domestiques.
-
-[204] Macaire toit le nom de l'assassin. Aubri de Montdidier toit le
-matre du chien. Bullet, dans une intressante dissertation sur cette
-histoire (_Mythol. fr._, p. 64), remarque qu'elle figure pour la
-premire fois dans la chronique romanesque d'Albric de Trois-Fontaines,
-auteur du XIIIe sicle, qui la place l'anne 780. Il pense que cet
-auteur l'a prise dans quelqu'ancien roman ou chanson de geste.
-
-[205] C'est la portion de l'le Saint-Louis qui est entre la rue des
-Deux Ponts et le pont Louis-Philippe, et qui toit spare par un petit
-bras de la Seine ordinairement sec en t, de l'autre portion appele
-l'le aux Vaches. Quoique le chapitre de Paris et des droits la
-proprit de cette le et en ft en tout cas haut justicier, elle
-servoit de promenade et de lieu de rjouissance publique. Le 8 mars
-1400, le procureur du roi parlant pour les marchands de Paris et les
-droits de la navigation, contre le chapitre, et faisant peut-tre
-allusion au prtendu combat de Macaire et du chien, disoit que _ds
-Charlemaine l'le dessus dite fut applique la chose publique_ (Reg.
-du Parl., Plaid. civ.). Les lices qu'y voyoit la fin du XIVe sicle
-l'auteur du _Mnagier_ pouvoient bien provenir de la grande fte
-(mystres, tournois d'enfans au-dessous de dix ans, etc.) qui y fut
-donne la Pentecte de 1313, lorsque Philippe le Bel et ses trois
-fils, et le roi d'Angleterre prirent la croix (_Chron. mtrique_ de God.
-de Paris, 1827, p. 188), ou peut-tre aussi de quelque autre solennit
-plus rcente.
-
-[206] Les ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon et le conntable du
-Guesclin conquirent presque tout le Poitou sur les Anglois, en 1372: ils
-revinrent Paris le 11 dcembre, et le lendemain le duc de Berry fit
-hommage au roi son frre du comt de Poitiers (Reg. du Parl., Plaid.
-civ.).
-
-Mais Niort et quelques autres places toient restes au pouvoir des
-Anglois. Du Guesclin ayant dfait Chisay les garnisons angloises
-runies sous le commandement de messire Jehan d'Esvreux, fit, suivant
-Cuvelier, mettre ses soldats les cottes d'armes des Anglois, et prit
-ainsi Niort par surprise.
-
-Froissart (t. I, p. 665 de l'dition du _Panth. litt._ donne par M.
-Buchon) dit que le combat de Chisay eut lieu le 21 mars 1372 (1373, n.
-st.), et cette date se trouve en effet confirme par les comptes du duc
-de Berry dans lesquels on voit figurer, la date du 30 mars, un
-messager envoy par le duc la duchesse pour lui annoncer que _messire
-Jehan d'Esvreux a est dconfit_. La prise de Niort dut suivre presque
-immdiatement le combat de Chisay, surtout si le stratagme racont par
-Cuvelier fut en effet mis en oeuvre par du Guesclin. Niort toit en tout
-cas pris au moins ds le 28 avril. Quoique l'occupation de cette ville
-ait eut lieu presque sans coup frir, c'est bien certainement en cette
-occasion qu'avoit pri le matre du chien dont parle notre auteur, soit
-que ce ft un soldat de l'arme franoise, soit qu'il ft un des hommes
-de la ville, bons Franois de coeur suivant tous les historiens.
-
-Le duc de Berry, qui aprs l'hommage du comt de Poitiers avoit t en
-Berry et en Auvergne runir des hommes et de l'argent (il toit, le 11
-janvier 1372-3, et encore le 22 mars, Bourges), n'arriva en Poitou que
-dans les premiers jours d'avril. Il toit les 28 et 30 mars et le 2
-avril la Souterraine, petite ville de la Marche, sur la route de
-Clermont Poitiers, attendant probablement ses troupes, et les 15, 18
-et 19 avril, Poitiers. On voit bien dans ses comptes qu'il envoya un
-courrier de Niort le 28 avril, mais il partit aussi des courriers ce
-mme jour de Poitiers, de Saint-Maixent et de Melle, et si le duc a t
-le mme jour dans ces quatre villes, il a fait une journe de vingt-cinq
-lieues, ce qui, sans tre impossible, est cependant difficile. Il toit
- Poitiers le 30 avril, et parot y tre rest tout mai, tout juin, et
-jusqu'au 11 ou 15 juillet, mais il toit le 18 de ce mois Niort et y
-sjourna au moins jusqu'au 23 (il y consomma six setiers de bl; fol.
-105 v). Il toit de retour Poitiers le 26.
-
-Il me parot bien probable que le fait racont par notre auteur comme
-tmoin oculaire, a d se passer Niort pendant le sjour que fit le duc
-dans cette ville _en juillet 1373_. On pourroit opposer qu'au 18 juillet
-il y avoit dj plus de trois mois que Niort toit pris et le matre du
-chien mort, mais cet animal pouvoit continuer depuis lors vivre sur la
-tombe de son matre, et le fait n'en toit que plus remarquable et plus
-digne d'tre signal au duc de Berry. Au reste, si le sjour de ce
-prince Niort le 28 avril 1373 n'toit pas douteux, il vaudroit
-certainement mieux reporter cette date l'histoire qui a donn lieu
-cette note.
-
-Guillaume de la Mousse, attach la maison du duc de Berry, toit
-chtelain de Niort en novembre 1373, et Hugues de Vivonne, chevalier, en
-toit capitaine le 25 juillet 1374.
-
-Le duc de Berry avoit certainement beaucoup de dfauts, mais on ne peut
-lui refuser d'avoir t charitable. Les comptes qui nous restent de lui
-sont remplis de mentions d'aumnes. J'ai entre autres remarqu,
-l'anne 1370, beaucoup de dons faits des chevaliers et cuyers pris
-par les Anglois la belle dfense de Limoges, et soixante sols donns
-en aot 1370 _ un povre enfant de village qui fu trouvs tout seul en
-l'oustel o mondit Sr. se lougha Saint Denis du Chastel_ (Comptes du
-duc de Berry, Arch. du Roy., reg. K, 250, 1).
-
-[207] Srieusement.
-
-[208] Plutt.
-
-[209] Surtout.
-
-[210] Le Dcret de Gratien, bndictin du XIIe sicle.
-
-[211] Le trne, fauteuil.
-
-[212] A la fortune.
-
-[213] crite d'abord en italien par Boccace, la charmante histoire de
-Grislidis fut ensuite paraphrase et mise en latin par Ptrarque. Elle
-a t traduite plusieurs fois en franois, et mme a fourni le sujet
-d'un Mystre compos en 1395 probablement par un Parisien, puisque
-l'auteur y parle du _beau gibet de Montfaucon_. Bibl. roy., Cang, 7999,
-3. Il y a la Bibl. Roy. plusieurs manuscrits de traductions anciennes
-de Grislidis. J'en ai examin quatre. La version du _Mnagier_, toute
-diffrente de celle du n 7387, diffre lgrement de celles des nos
-7403 et 7568, mais est tout fait la mme que celle du n 7999.
-
-[214] Le Mont Viso.
-
-[215] Comptoit, prisoit.
-
-[216] Volont, pouvoir, de _potestas_; _femme de poste_, femme non
-libre, serve. V. DU CANGE, _Posta_.
-
-[217] Pareillement.
-
-[218] Voler; chasser avec l'oiseau.
-
-[219] En grandes troupes.
-
-[220] A leur vouloir, leurs volonts.
-
-[221] Portant doucement son cavalier, ayant le pas doux.
-
-[222] D'une mme manire.
-
-[223] Avec la tte baisse.
-
-[224] Avec attrait.
-
-[225] Sincre, vraie.
-
-[226] Excuter, accomplir.
-
-[227] Var. Mss. A, _quant est de celle de_.
-
-[228] Que fait.
-
-[229] Par bonne disposition, par zle.
-
-[230] Transport, plac.
-
-[231] Cette coutume de donner un objet quelconque en tmoignage et comme
-preuve de stipulation remonte une haute antiquit. Nos anctres
-l'avoient conserve des Romains. L'abb Le Beuf raconte, d'aprs tienne
-de Paris, un des plus curieux exemples de cet usage. Le roi Louis le
-Jeune ayant couch Creteil qui appartenoit au chapitre de Paris, le
-chapitre lui ferma le lendemain les portes de l'glise cathdrale: mais
-le roi consentit payer la dpense qu'il avoit faite Creteil et les
-portes lui furent ouvertes. Alors, pour marquer son intention par un
-acte extrieur, le roi mit de sa propre main une baguette sur l'autel,
-etc. (_Histoire du Diocse de Paris_, XII, 12.) Voir aussi DU CANGE au
-mot _Signum_, 11.
-
-[232] Dissimules.
-
-[233] Ici, _gt_ plutt que _mpris_.
-
-[234] Pourvu que.
-
-[235] Il n'y a eu, ni sous la rgence, ni sous le rgne de Charles V, de
-rvolte dont la punition ait prsent des circonstances semblables
-celles qu'on remarque dans ce passage du _Mnagier de Paris_, mais il me
-parot au contraire s'appliquer parfaitement aux excutions qui eurent
-lieu en 1383, au retour de la campagne de Flandre, et je crois que par
-_une des plus grans cits de ce royaume_ il faut entendre Paris et non
-pas Rouen qui fut le thtre de scnes analogues, mais non aussi
-sanglantes beaucoup prs. Cette expression aura t suggre
-l'auteur par sa prudence, afin de ne pas dsigner trop clairement ses
-contemporains les personnes dont il parloit.
-
-Suivant le Religieux de Saint-Denis (liv. III, chap. IV), Charles VI
-(encore presque enfant, et agissant sous l'influence de ses oncles)
-auroit _appris Rouen_, o il auroit alors sjourn trois jours, la
-sdition des _maillotins_ de Paris. Il auroit cette mme poque,
-(qu'il faudroit placer dans les premiers jours de mars 1381-2, puisque
-la sdition des _maillotins_ commena le 1er de ce mois), puni de mort
-les chefs d'une sdition dite _la Harelle_ qui auroit eu lieu
-antrieurement Rouen. Le Moine de Saint-Denis est dans l'erreur au
-moins quant la date et la dure du sjour de Charles VI dans cette
-ville. Il rsulte de nombre de pices du registre 120 du Trsor des
-Chartes, que le roi entra Rouen pour la premire fois depuis son sacre
-le 29 mars 1381-2 seulement, et qu'il y toit encore au moins le 4
-avril. Il toit le 1er mars Vincennes. En tous cas ces excutions
-paroissent avoir t trop peu nombreuses pour qu'on reconnoisse en elles
-celles dont parle notre auteur. (Le registre 120 ne contient la mention
-que de l'excution d'un valet Rouen.) Il en est de mme des poursuites
-auxquelles donna lieu la mme sdition, onze mois aprs, en mars 1382-3
-qui, suivant Farin (_Histoire de Rouen_, 1668, in-12, I, 527), ne
-cotrent la vie qu' deux misrables. D'ailleurs le roi n'toit pas
-prsent, contrairement ce que me semble indiquer le rcit du
-_Mnagier_. Notre auteur parot en outre avoir eu peu de relations avec
-Rouen qu'il ne nomme pas une fois dans son livre, et il rsulte de son
-rcit qu'il connoissoit la bourgeoise dont il parle. Il est donc plus
-naturel de supposer qu'elle toit de la mme ville que lui, c'est--dire
-de Paris.
-
-La sdition des _maillotins_ commena le 1er mars 1381-2. Le prvt de
-Paris fit bien, peu de temps aprs, quelques excutions, mais elles ne
-portrent que sur des gens obscurs et furent peu nombreuses. Il n'en est
-pas de mme de la sanglante punition que le roi infligea la ville de
-Paris son retour de Flandre raison des mmes vnemens.
-
-Vainqueur Rosebecque, le 27 novembre 1382, le roi entre Paris le 11
-janvier 1382-3. Le 12 et les jours suivans trois cents riches bourgeois
-sont arrts: huit jours aprs on en conduit deux au supplice, et les
-excutions se succdent rapidement. On voit dans des lettres de
-rmission qu'Audouin Chauveron prvt de Paris et des gens d'armes
-alloient nuit et jour prendre plusieurs bourgeois _dont des aucuns l'on
-faisoit hastives excutions_, et que l'on _faisoit justice de jour en
-jour d'aucuns des habitans de Paris_. (Voir ci-aprs, p. 138. _Chascun
-jour._) Le 27 janvier, jour de la publication de l'ordonnance qui
-abolissoit la prvt des marchands, douze notables habitans de Paris,
-parmi lesquels toit le clbre Jean Desmares, avocat gnral, victime
-innocente de la haine des ducs de Berry et de Bourgogne, prirent encore
-sur l'chafaud. Cent personnes furent ainsi excutes du 19 ou 20 au 27
-ou 28 janvier: les autres prisonniers furent condamns des amendes
-pcuniaires souvent gales ou suprieures la valeur de tous leurs
-biens.
-
-Il me parot impossible de ne pas reconnotre dans ces vnemens ceux
-auxquels fait allusion l'auteur du _Mnagier_, mais quel est ce seigneur
-et quelle est cette femme _de trs grant nom en bourgeoisie_? Pour
-dcouvrir quelque trace de cette mystrieuse histoire, j'ai parcouru les
-registres 120 128 du Trsor des Chartes depuis mars 1381-2 jusqu'en
-avril 1385-6. Parmi les quarante-sept pices relatives ces vnemens
-(sur lesquels je donnerai peut-tre un jour un mmoire dtaill), j'ai
-remarqu trois et surtout deux lettres de rmission qui pourroient
-s'appliquer au mari dont notre auteur nous a transmis l'histoire.
-
-La premire, en date d'aot 1383, est accorde Jehan Filleul, notaire
-au Chtelet, alors g de vingt-six ans, qui avouoit avoir pris part
-toutes les dlibrations hostiles au rtablissement des impts, et avoir
-conseill Aubert de Dampierre, riche drapier, l'un des supplicis, de
-faire soulever la ville pour empcher son arrestation.
-
-Il n'est pas dit dans les lettres de rmission qu'il fut emprisonn mais
-qu'il s'enfuit de Paris. Cependant il est cit dans le Religieux de
-Saint-Denis (en qualit d'avocat au Chtelet, ce qui est une erreur)
-parmi les trois cents bourgeois arrts depuis le 12 janvier, et si,
-comme il y a lieu de le croire, cette assertion est exacte, pour qu'il
-ait pu s'absenter de Paris, il faut qu'il ait t relch au moins
-provisoirement. Or, il eut besoin d'une bien forte protection pour
-chapper ainsi au chtiment que lui auroient certainement valu les faits
-dont il s'avouoit coupable. On mentionne dans la rmission qu'il avoit
-une _jeune femme_; son nom de famille n'est pas donn, mais la position
-du mari peut faire supposer qu'elle toit d'une bonne famille
-bourgeoise. (R. 123, 83.)
-
-Colin Brun, drapier, toit _jeunes homs, issu de bonnes gens et de bon
-lignage, fils d'Anthoine Brun homme ancien de l'aage de quatre-vingt
-seize ans lequel s'estoit bien port envers les prdcesseurs du roi
-qu'il avoit servis en son mestier de draperie_. Il toit mari depuis
-deux ans une jeune femme qui en avril 1383 venoit d'accoucher de son
-premier enfant. Il avoit t condamn deux mille francs d'amende et au
-bannissement. Le roi lui remit le bannissement et la moiti de l'amende.
-Il n'toit coupable que d'avoir assist aux runions et aux prises
-d'armes. (R. 122, 217.)
-
-Giles Labat, procureur gnral au parlement, mari d'une femme de
-dix-huit ans, et pre de deux enfans dont l'an n'avoit que trois ans,
-obtint, en juillet 1383, des lettres de rmission. Il toit accus
-d'avoir cherch dans les maisons, et fait conduire en prison, des hommes
-d'armes, et fut graci la requte du marchal de Sancerre, mais je
-n'ai pas vu qu'il et t emprisonn; il avoit pris la fuite lors du
-retour de Flandre, et de plus, le caractre du marchal ne permet gure
-de lui attribuer cette aventure. (R. 123, 14.)
-
-J'ai bien encore vu des lettres de rmission accordes des habitans de
-Paris maris de jeunes femmes, mais leur position ne m'a pas paru
-convenir au mari cit en cet endroit du _Mnagier_, et qui devoit
-appartenir la haute bourgeoisie parisienne.
-
-Je suis au reste loin d'affirmer que le mari dont parle notre auteur
-soit un de trois Parisiens que je viens de nommer: je me borne seulement
- signaler les rapports qui existent entre leur position (surtout celle
-de Jean Filleul) et la sienne.
-
-[236] On sait que cette ville, berceau de notre monarchie, cessa
-d'appartenir la France seulement en 1521, qu'elle fut prise par le
-comte de Nassau gnral de Charles-Quint. Elle fut dfinitivement cde
- l'empereur par le trait de Cambray (1529). L'administration et la
-juridiction de Tournay ont souvent vari. En 1340, le roi Philippe de
-Valois avoit donn la justice aux prvts et jurs, magistrats
-populaires, mais la charge de ressortir du bailli de Vermandois. En
-1370 ils obtinrent le privilge de ressortir directement du parlement de
-Paris. Il y avoit alors un bailli de Tournesis officier royal, mais sans
-juridiction sur Tournay et sa banlieue. (Tassart de Monstreul l'toit en
-1371, Jehan de Sottenghien en 1379 et Jehan Boutelier en 1380.) Mais, en
-1383, Charles VI institua un bailliage royal Tournay. Les appels des
-prvts et jurs toient ports devant le bailli qui avoit la haute
-administration de la ville et du Tournesis. Tournay se soumit avec peine
- cet tat de choses, et les registres du parlement contiennent un grand
-nombre de difficults suscites au bailli par les prvts et jurs dans
-l'exercice de sa juridiction. En 1389, les prvts et jurs obtinrent de
-nouveau des lettres du roi portant que les appels de leurs jugemens
-seroient ports directement au parlement de Paris, mais le procureur du
-roi s'opposa formellement l'entrinement de ces lettres qui n'toient
-pas encore enregistres en 1394. Toutefois ils avoient obtenu d'autres
-lettres du roi pour jouir provisoirement de ce privilge, malgr le
-dfaut d'enregistrement.
-
-Il est assez difficile de savoir qui est le bailli de Tournay dont parle
-l'auteur du _Mnagier_: je ne pense pas qu'on puisse appliquer cette
-qualification un des baillis de _Tournesis_; elle doit dsigner un des
-baillis nomms de 1383 1393. Je n'ai trouv que le nom de Henri Le
-Mazier qui fut reu la chambre des comptes comme bailli de Tournay, en
-1388. (Mm. E.--Voir sur le bailliage de Tournay, Reg. du Parl. Plaid.
-civiles, 25 nov. 1371.--20 nov. 1380.--17 janvier 1390-1.--7 dc. 1394.)
-
-[237] Dom Carpentier explique bourgage par _bienvenue_ (V. Gloss. de Du
-Cange au mot _Bourgagium_). Il sembleroit plutt qu'on doive entendre
-par ce mot une partie de plaisir faite avec une somme compose de
-contributions individuelles, telle qu'une poule, par assimilation
-l'impt du mme nom que payoient annuellement les bourgeois de quelques
-villes.
-
-[238] Glorieuse, qui se rengorge.
-
-[239] En premier, un.
-
-[240] D'esgarder, regarder; _voyons_.
-
-[241] Occasions.
-
-[242] S'engouent, raffolent.
-
-[243] Ngligent. _Nonchalance_, indiffrence, de _chaloir_, intresser,
-soucier.
-
-[244] Ce _qui_ s'applique aux maris des femmes dsobissantes et
-ngliges.
-
-[245] Retirer, contraire d'_acharner_.
-
-[246] Voy. ci-aprs, page 158.
-
-[247] La lumire.
-
-[248] Quand j'aurois d.
-
-[249] Instrumens que je crois avoir t des petits vases, comme depuis
-les _gobelets_, dont les _bateleurs_ se servoient pour faire leurs
-tours, et dont ils ont pris leur nom. Voy. Du Cange aux mots _Bastaxius_
-et _Batus_.
-
-[250] Allusion l'opinion suivant laquelle les sorcires alloient au
-sabat sur un balai.
-
-[251] Le chteau de Melun, et par suite la partie de la ville situe du
-ct du Gtinois, furent livrs aux Navarrois et Anglois par la reine
-Blanche le 4 aot 1358, quatre jours aprs la mort d'Est. Marcel et la
-rentre du Rgent Paris, mais la partie de la ville situe en Brie
-resta franoise, et messire Jean d'Andresel toit ds le mme mois
-d'aot capitaine pour le Rgent (depuis Charles V) de Melun et de Brie
-(J. Reg. 86, 219.--Secousse, II, 89). Il parot avoir d'abord partag la
-dfense de cette partie de la ville avec le premier marchal Boucicaut
-qu'on voit (J. Reg. 86, 458) avoir fait abattre des maisons pour
-fortifier cette portion de Melun en aot 1358. Il est probable que M.
-d'Andresel toit sous ses ordres cette poque.
-
-Les circonstances dsastreuses o se trouvoit alors la France ne
-permirent pas au Rgent d'assiger, au moins immdiatement, le chteau
-de Melun, quoique sa garnison anglo-navarroise gnt beaucoup
-l'approvisionnement de Paris. Jean d'Andresel dut se borner garantir
-la partie de la ville reste franoise, et autant que possible le reste
-de la Brie, des attaques de cette garnison. En juin 1359, le rgent
-ayant reu des tats assembls Paris les moyens de rsister plus
-efficacement l'ennemi, se rendit en personne Melun (_Chron. de
-Saint-Denis_, CXII), et fit fortifier l'abbaye du Lys. C'est alors que,
-suivant le carme Jean de Venette continuateur de Nangis, Froissart,
-Cuvelier et Villani (cit par Secousse, I, 383), Melun auroit t
-assig dans les formes par le Rgent. Le silence que garde sur ce
-_sige_ la Chronique de Saint-Denis rdige pour cette poque par Pierre
-d'Orgemont avec une admirable prcision, donne tout lieu de douter de
-l'exactitude du rcit de Froissart, et surtout de la narration
-romanesque de Cuvelier. Il parot bien probable que ce sige ne fut
-qu'une espce de blocus lev peu de temps aprs, le Rgent ayant quitt
-l'arme le 31 juillet par suite des propositions de paix du roi de
-Navarre, et le trait ayant t sign le 21 aot. Au reste, malgr la
-conclusion de la paix, les Navarrois occupoient encore Melun en
-septembre 1359. Jean de Venette qui prtend que cette ville fut
-immdiatement vacue ne peut balancer cet gard le tmoignage
-formellement contraire de Pierre d'Orgemont, mais on peut toujours
-induire de son assertion que cette prolongation d'occupation ne fut pas
-de longue dure.
-
-D'aprs ce qui prcde, il faut placer la curieuse aventure raconte par
-l'auteur du _Mnagier_, entre aot 1358 et septembre ou octobre 1359.
-Peut-tre mme pourroit-on remarquer qu'il est difficile de penser que
-le sire d'Andresel ait eu avant la cessation des hostilits le loisir ou
-le dsoeuvrement qu'on lui attribue dans ce rcit, et ait pu sans crainte
-abandonner son commandement pour aller dner chez lui quatre lieues de
-Melun. Il sembleroit alors qu'on devroit placer cette aventure entre le
-dpart de Charles V et l'vacuation de Melun, c'est--dire du 1er aot
-1359 septembre ou octobre suivant.
-
-[252] Jean sire d'Andresel, chevalier, toit issu d'une ancienne et
-illustre maison allie, au XIIe sicle, celle de Garlande. Il toit
-fils an de Jean d'Andresel, chambellan trs-aim du roi Philippe de
-Valois, et fut, cause de cette similitude de prnom, dit _le Jeune_,
-jusqu' la mort de son pre, arrive entre mars 1344-5 et fvrier
-1346-7a. Il fut chambellan du Dauphin, puis du roi Jeana, et ensuite de
-Charles V. Compris dans la premire promotion des chevaliers de
-l'Etoileb en janvier 1351-2, il toit en 1353 capitaine de l'un des
-chteaux de Vernon, et reut du roi en 1354 deux mille quatre cents cus
-d'or comme indemnit de ce qu'il avoit dpens pour la garde du chteau
-de Landal en Bretagne que le roi lui avoit donn titre d'hritage et
-lui avoit ensuite reprisa. Il avoit pous, au moins ds 1346, Jeanne
-d'Arrablay, fille d'un matre d'htel du roi et nice d'un chancelier de
-Francec. En aot 1358 il toit capitaine de Melun et de Bried, en aot
-1359 capitaine gnral de cette dernire provincee. Cette mme anne le
-rgent lui donna, probablement pour rcompense de ses services en Brie,
-les paroisses du Chastelier (le Chtelet?), Marchiau (Machault?), Firecy
-(Fricy?), Champagne et la Celle (sous Moret?), situes dans cette
-provincef, et lui accorda des lettres de rmission dont on n'a conserv
-qu'une simple mentiong pour tout ce que lui et ses complices (sans doute
-les gens d'armes sous ses ordres) avoient fait en Brie, dans les
-chtellenies de Melun et de Moret et au pont de Samois. Aprs le trait
-de Bretigny il fut, avec plusieurs princes du sang et quelques seigneurs
-des plus illustres de cette poque, au nombre des otages du roi Jean que
-le roi d'Angleterre emmena avec lui de Calais le 31 octobre 1360h. Il
-toit de retour en France au moins au commencement de 1366, car tant en
-personnei Yenville en Beauce, il y passa le 1er avril 1365-6 le
-contrat d'un nouveau mariage avec Jeanne de Maligny veuve avec enfans de
-Jean seigneur de Rochefort et du Puiset (elle l'avoit pous en 1347j).
-Il prend dans cet acte les qualits de chambellan du roi et de _premier
-grand chambellan d'Orlenois et de Valois_. Jean d'Andresel mourut au
-commencement de 1368 laissant une succession obre, malgr ses
-nombreuses terres, ses fonctions minentes et les dons des rois qu'il
-avoit servis. Le 7 mars 1367-8 Jeanne de Maligny sa veuve se prsenta
-devant le Parlement, et jetant sa ceinture dans le parc (espace qui
-sparoit les avocats et la cour), dclara renoncer aux meubles et aux
-dettes de sa successionk. Elle fut oblige, pour obtenir son douaire
-(Tournenfuye, etc.), de recourir la protection de Charles Vk et de
-plaider contre messire Aubert et Guillaume d'Andresel ses
-beaux-frreslm. Elle se remaria ensuite en troisimes noces Raoul de
-Montigny, chevalier. Jean d'Andresel laissa deux filles, Marguerite et
-Jeanne, _nes de deux mres diffrentes_l, et maries toutes deux dans
-la maison de Montmorency. Six mois aprs sa mort, sa seconde fille
-encore mineure n'avoit pas encore de tuteur, et ses excuteurs
-testamentaires n'avoient pas encore accept la charge qu'il leur avoit
-laissem.
-
-Quoiqu'on ignore la date de la mort de Jeanne d'Arrablay, il faudroit
-lui attribuer l'aventure qui donne lieu cette note, s'il toit certain
-que Jean d'Andresel n'et t mari que deux fois. (Nous avons vu en
-effet qu'il n'pousa Jeanne de Maligny qu'en 1366.) Mais il faut
-remarquer que dans les nombreuses pices relatives au douaire de Jeanne
-de Maligny il n'est dit nulle part que Jeanne d'Andresel, fille encore
-mineure de Jean en 1368, ait eu cette dame pour mre, et cependant elle
-est cite (mais non nomme) comme _hritire mineure_ de Jean (quorum
-unus _aut una_ adhuc minor tatis) dans l'arrt du 21 juillet 1368 rendu
-au profit de Jeanne de Maligny, et comme fille mineure de Jean dans la
-plaidoirie du 5 juin 1368. Si elle et t fille de Jeanne de Maligny
-n'est-il pas naturel de supposer qu'on l'auroit mentionn dans la
-plaidoirie et dans l'arrt? Faut-il donc croire que le sire d'Andresel
-eut une seconde femme aprs Jeanne d'Arrablay et avant Jeanne de
-Maligny, et que cette seconde femme, mre de Jeanne d'Andresel, a pu
-tre en 1359 dame d'Andresel et hrone de cette aventure? Dom Guillaume
-Morin qui a donn dans son _Histoire du Gtinois_, etc. (Paris, 1630,
-in-4, 461) une gnalogie ridicule de la famille Viole dans laquelle il
-fait de notre Jean d'Andresel (ent par lui dans cette famille contre
-toute preuve et toute raison) deux personnages nomms l'un Pierre et
-l'autre Jean, marie le premier Agns de Chabannes et le second Anne
-du Bellay. Je me suis demand cause de cette assertion si Jean
-d'Andresel n'auroit pas t mari en secondes noces une Chabannes ou
-une du Bellay, mais on ne voit rien de semblable ni dans la gnalogie
-de Chabannes donne dans La Chenaye des Bois, ni dans la gnalogie
-manuscrite de du Bellay par Trinquant, appartenant la bibliothque
-publique d'Angers et que M. Grille a bien voulu consulter pour moi
-exprs sur ce point. Les choses tant ainsi, je crois que jusqu' ce
-qu'on ait une preuve ou au moins un indice plus positif d'un mariage
-intermdiaire de M. d'Andresel, il ne faut pas s'arrter au silence des
-plaidoirie et arrt de 1368, qui est en dfinitive plutt une absence de
-preuve qu'un argument contraire; on peut donc raisonnablement croire que
-Jean d'Andresel fut mari deux fois seulement, que Jeanne sa seconde
-fille toit fille de Jeanne de Maligny, et que Jeanne d'Arrablay est
-l'hrone de l'histoire du _Mnagier_. J'ajouterai en passant que les
-expressions rserves dont se sert notre auteur (_du surplus je me tais
-et pour cause_) donnent lieu de craindre pour la mmoire de Jean
-d'Andresel que cette plaisanterie n'ait t l'occasion d'une scne
-violente, si ce n'est tragique.
-
-Il y a au Cabinet gnalogique une lettre de ce seigneur qui me semble
-prsenter tous les caractres d'un autographe. Je crois devoir la donner
-ici comme propre faire connotre avantageusement son ducation et son
-style pistolaire. Elle se rapporte une avance qui lui fut faite le
-1er mars 1353-4 par le vicomte de Gisors pour servir rparer les
-fortifications de Vernon. La voici:
-
-Vicomte, cher ami, je vous envoie un mandement du roy de la somme de
-cent livres par. que vous me baillastes et dont vous avez mes lettres
-soubs mon scel faisans mention desdites cent livres, car le mandement du
-roy fait bien mention comment je les ay mises s rparations de la ville
-de Vernon et comment vous me rendez ma dicte lettre. Si faictes que en
-ce par vous n'ait deffaut et je vous en prie, et se vous voulez chose
-que je puisse faire, faites-le moi savoir et je le ferai voulentiers et
-de cuer. Nostre Sire vous gart. Escript Paris le mardi au soir VIIIe
-jour d'avril (1354).
-
-J. D'ANDESEL, chambell. le roy.
-
-Sceau: un lion charg d'une bande.
-
- aTitres originaux du Cabinet gnalogique.--
- bDu Cange au mot _Stella_.--
- cHist. des gr. of. de la Cour. VI, 307-8.--
- dJ. Reg. 86, 219.--
- eJ. Reg. 90, 326.--
- fTrsor de dom Villevieille.--
- gTable des Mm. de la Ch. des comptes.--
- hChr. de S. Denis, CXXXIV.--
- iJ. 158, nos 25 et 26.--
- jGnalogie de Courtenay, in-fol. Pr. 366.--
- kReg. du Parl., conseil et plaid. la date cite.--
- lDuchesne, Montmorency, Pr. 379, 380.--
- mArrt du 21 juillet 1368, Jugs, XX, 337.
-
-
-[253] Des ciseaux.
-
-[254] Nager.
-
-[255] Roman dont le premier auteur est l'Indien Sendabad, et qui fut
-successivement traduit dans presque toutes les langues. Notre auteur me
-parot avoir ajout au texte qu'il avoit lu bien des dtails qui donnent
-des notions curieuses sur les usages de son temps. On peut s'en assurer
-en comparant ce passage du _Mnagier_ l'endroit correspondant d'une
-version franoise du mme ouvrage crite en vers au XIIIe sicle, et
-imprime assez incorrectement Tubingen, 1836, in-8 (V. p. 97). Cette
-dition est prcde d'une longue et savante dissertation sur le Roman
-des Sept Sages.
-
-[256] Jeune arbre fruitier _ent_, greff.
-
-[257] tre, exister, _stare_, _je laisserai cela_.
-
-[258] Aujourd'hui courte-pointes, couvre-pieds.
-
-[259] Manteau doubl, ou peut-tre aussi manteau _parti_, de draps de
-deux couleurs.--En juillet 1401 l'vque de Paris rclamant comme clerc
-un prisonnier que le procureur du roi soutenoit tre en habit laque
-citoit l'appui de son dire un arrt qui avoit reconnu comme clerc un
-boulanger de Montmorency lequel toit mari et avoit chaperon cornette
-double _de deux divers draps_. (Plaid. criminelles du Parl.) Ces mots
-indiquent certainement deux couleurs diffrentes dans les draps du
-chaperon, mais il semble qu'ici (outre qu'il n'y a pas le mot _divers_),
-dans l'tat o se trouvoit le seigneur rentrant mouill de la chasse, il
-est plus naturel de croire qu'il s'agit d'un manteau doubl.
-
-[260] Grande chaise dossier.
-
-[261] Coussin, _carreau_.
-
-[262] Escabeau.
-
-[263] Var. B. _roe_.
-
-[264] Pitiner, remuer les pattes.
-
-[265] Lessive.
-
-[266] Peut-tre faudroit-il _bagues_, effets, joyaux.
-
-[267] Conseil.
-
-[268] Grande salle manger, et par extension grand festin, cour
-plnire.
-
-[269] Service.
-
-[270] Var. A. _disposer_.
-
-[271] Bas montant trs-haut et s'attachant aux _braies_, sorte de
-culotte.
-
-[272] Ici, bonnets de nuit.
-
-[273] Sorte de chemise d'homme. On voit dans un compte de la chambre de
-Philippe le Bel, en 1307, _des toiles pour draps_ (de lit) _et
-robelinges, c'est chemises_ (sic). Il est dit dans la grande ordonnance
-des mtiers de Paris, rendue par le roi Jean en fvrier 1350-1, que la
-faon d'une _robe-linge homme, d'oeuvre commune_, devoit tre paye 8
-deniers aux couturiers, celle d'une chemise femme 4 deniers seulement.
-(Collect. Leber, XIX, 38, 316.)
-
-[274] Sorte de culotte ou caleon.
-
-[275] Il est probable qu'au temps o notre auteur crivoit il y avoit
-peu de gens assez clairs pour avoir une pareille opinion sur les
-sorcelleries.
-
-[276] Morceaux de pain plats, _tartines_, qu'on mettoit au fond des
-plats et des assiettes de mtal pour couper la viande sans les rayer.
-
-[277] Peut-tre hriss, frott rebrousse-poil, _estrusser_ signifiant
-frotter.--Var. A et C. _estou_.--Le drap _estru_ ou _estou_ me parot
-devoir dsigner en tout cas un drap longs poils dans lesquels les
-puces pouvoient s'embarrasser. Les draps toient d'abord faits longs
-poils et ne devenoient ras qu'aprs avoir pass par les mains des
-_tondeurs de draps_. C'toit un mtier important et riche au moyen ge.
-
-[278] Voy. p. 13.
-
-[279] Paille, et je crois aussi feuilles ou herbes qu'on rpandoit dans
-l'intrieur des maisons.
-
-[280] Fourrures; nous avons dj vu p. 169 qu'on en mettoit sur les lits
-pour servir de couvertures. On portoit aussi beaucoup de vtemens
-fourrs.
-
-[281] Petite mouche, _cousin_, moustique. On disoit aussi _cincenaude_.
-Var. B. _cincerelles_. Voy. DU CANGE _Zinzala_.
-
-[282] Ou _cincenaudier_, _moustiquire_, grand rideau, sorte de cloche
-d'toffe claire qui enveloppe exactement un lit et empche les cousins
-ou moustiques d'approcher. Var. B. _cincenier_.
-
-[283] Petites touffes, _flocons_ de fougre. Var. A. _bloqueaulx de
-feuchelle_.
-
-[284] Fils, ficelles. Var. A. _et afilez_.
-
-[285] Franges, _effiloques_.
-
-[286] Le fiel.
-
-[287] Secouez.
-
-[288] Petites baguettes.
-
-[289] Quoique les vitres aient t connues ds le temps de Thodose le
-Grand, qui mourut en 395, elles furent bien longtemps rserves pour les
-glises et les palais des rois. Elles toient ordinairement charges de
-peintures. Les fentres vitres que le duc de Berry fit mettre son
-chteau de Bictre toient d'assez haut prix pour que les Parisiens,
-avant de brler ce bel difice, en 1411, aient eu soin de les emporter
-_avec les beaux huis_ (peut-tre au reste toit-ce des vitraux
-peints.--Juv. des Ursins, in-fol., 230). On voit ici que l'auteur du
-_Mnagier_, quoique riche puisqu'il avoit, ainsi que nous le
-remarquerons plus tard, un train de maison considrable, n'avoit ses
-fentres fermes qu' l'aide de toile ou de parchemin. J'ignore quelle
-poque la fermeture des fentres par le moyen de vitres devint d'usage
-commun. Une dissertation sur ce sujet, insre dans _le Mercure de
-France_ d'octobre 1738 et rimprime dans la collection Leber (t. XVI,
-p. 410), avec notes et addition, ne traite que des vitres des glises et
-des palais, et ne dit rien de celles des particuliers. Le verre toit
-encore d'un trs-haut prix au XVe sicle. On voit dans un compte de la
-reine Marie d'Anjou de l'anne 1454 la mention de deux mains de papier
-et _d'huille l'oindre pour estre plus cler_, achets pour garnir six
-chssis de bois que la reine avoit fait placer dans la chambre o logea
-le roi de Sicile Chinon quand il vint l'y voir. (K. reg. 55, fol. 99
-et 102, indiqu par M. d'Arcq.) Sauval (III, 417) cite bien un compte du
-domaine de Paris pour 1474 o l'on remarque _deux panneaux de verre
-blanc neuf pour le comptouer_ de madame de Montglat (femme de Pierre
-Bureau, seigneur de Monglat, trsorier de France et concierge de
-Beaut), mais c'toit une dpense faite aux frais de l'tat et qui
-pouvoit tre assez leve.
-
-[290] Siges sans dossier.
-
-[291] Sur le plancher.
-
-[292] Votre mari.
-
-[293] On leur donne du miel? (dans leur eau?) Je ne sais ce que veut
-dire ici _mis au bas_ (ordinairement _rabaiss_). Il parotroit par ce
-passage qu'on dferroit les chevaux quand ils revenoient de voyage.
-
-[294] Les maris, souverains (matres) de la maison.
-
-[295] Pnitenciers, ceux qui font pnitence.
-
-[296] Matriser, retenir.
-
-[297] Plaisanterie.
-
-[298] A propos? Var. B. _attrait_.
-
-[299] Premirement.
-
-[300] Un mai sa porte et de l'herbe verte dans les salles de sa
-maison.
-
-[301] Joyeusement. Var. B. _esclatement_. C. _esbaudement_.
-
-[302] Difficult.
-
-[303] Il manque le commencement de la phrase dont le sens devoit tre:
-_Elle prit soin de la fille de son mari, puis quand elle fut en ge_,...
-
-[304] L'_Histoire de Mlibe et de Prudence_, crite en latin en 1246,
-par Albertan, avocat de Brescia, a t traduite au moins trois fois en
-franois. (Voir les _Manuscrits franais_ de M. Paris, t. V, p. 58.) La
-traduction donne par l'auteur du _Mnagier_ est celle de frre Renaud
-de Louens qui l'on doit une traduction de Boce crite en 1366. Ce
-passage du _Mnagier_ t collationn sur le manuscrit du roi,
-7072^{3.3.}, qui donne une bonne leon de _Mlibe et de Prudence_. J'ai
-mis entre crochets les passages qui, bien que paroissant devoir faire
-partie du texte, sont omis dans les trois manuscrits du _Mnagier_, et
-j'ai not au bas des pages quelques variantes importantes.--L'_Histoire
-de Mlibe et de Prudence_ a eu un grand succs au moyen ge, et a t
-imprime plusieurs fois (voy. le _Manuel du Libraire_, qui l'attribue
-tort Christine de Pisan, au mot _Mlibe_; elle se retrouve aussi la
-suite du _Jeu des checs moraliss_, Paris, Michel Le Noir, 1505, in-4.
-
-[305] Se contnt.
-
-[306] Var. M. du R. _selon ce que dit Jhsu-Syrac_. Cette sentence est
-dans les _Proverbes_, XV, 13, et non dans l'_Ecclsiastique_ ni dans
-Snque.
-
-[307] _Ecclesiast._ XXX, 25.
-
-[308] Vers, mites.
-
-[309] Allis.
-
-[310] Soutenir une partie, un parti, contre son adversaire.
-
-[311] Espions.
-
-[312] Ordinairement _sentinelles_.
-
-[313] Var. _escharnirent_.
-
-[314] Le bon conseil (la bonne dcision) manque quand on en a le plus
-besoin.
-
-[315] D'abord Rabbi Mose Sphardi, n en 1062, Huesca en Aragon, se
-fit chrtien en 1106. Il a compos la _Discipline de clergie_, publie
-par la Socit des Bibliophiles, en 1824, et Berlin, en 1827, in-4.
-
-[316] Var. A. B. C. _Jhrmias_. Cette sentence est en effet dans
-l'Ecclsiastique (XXV, 30), livre de la Bible crit par Jsus fils de
-Sirach.
-
-[317] Var. _propos_.
-
-[318] Le M. du Roi ajoute: _ femme que homme, car il apparut
-premier_.
-
-[319] Var. _fumire_.
-
-[320] Var. M. du R. _A l'homme en adjutoire, mais en dommage et en
-nuisement_.
-
-[321] Avis, plan, projet.
-
-[322] Var. A. B. C. _Jhrmias_ (c'est l'Ecclsque, XIX, 8).
-
-[323] En parlant ton conseiller.
-
-[324] Var. _Et de laquelle le prince se desjusne matin_. Le reste de
-cette phrase n'est pas dans le manuscrit 7072^{3.3}.
-
-[325] Var. _Lequel conseil je t'ay dit dessus que tu dois eschever et
-fuir_.
-
-[326] Var. _Tu l'aies essay_.
-
-[327] _Le sage qui doubte eschive tous maux._
-
-[328] Guivre, vipre. Variante mauvaise des manuscrits A. B. C. mure
-(souris).
-
-[329] A force de se dfier des autres leur ont montr les tromper.
-
-[330] Var. _d'eschaffaulx_.
-
-[331] Gurites, tourelles mettre des sentinelles.
-
-[332] Frais.
-
-[333] C'est le secrtaire d'tat de Thodoric, m. vers 562.
-
-[334] Combien.
-
-[335] Var. du M. du R.: _de tes ennemis; de la vengence se engendrera
-autre vengence, hayne, contens, guerre et dgustemens de tes biens_.
-
-[336] Var. (mauvaise) _David_.
-
-[337] Se retirent, se retiennent.
-
-[338] Ngligeant de faire; en ne faisant pas.
-
-[339] Faire droit, rendre la justice.
-
-[340] Au moyen ge, quand les criminels n'toient pas des gens de la
-basse classe, les juges se bornoient le plus souvent les condamner
-des amendes envers le roi et des dommages et intrts envers la partie
-lse; mais ces amendes et dommages toient souvent trs-levs et de
-nature ruiner ceux qui on les infligeoit. On voit dans les registres
-du Parlement et dans le _Trsor des Chartes_ de frquens exemples de
-cette coutume, souvenir des anciennes lois barbares o l'on trouve le
-tarif et la taxe de chaque crime suivant la condition du criminel et
-celle de la victime.
-
-[341] Var. _ses pchis lui semblent plus pesans, sa peine lui
-semble_....
-
-[342] Var. _attrempance_.
-
-[343] Sans doute l'auteur du _Liber de Amore_.
-
-[344] Le pape Innocent III, ou Innocent, moine anglois. L'un des deux
-est auteur de la _Moralisatio Scaccarii_, voy. Fabricius, 1754, in-4,
-t. IV, p. 34.
-
-[345] Var. _assez lgirement fiert li glaives maintenant l'un, j
-tantost l'autre_.
-
-[346] Transigiez, traitiez.
-
-[347] De longtemps.
-
-[348] Cautions.
-
-[349] Cautions.
-
-[350] C'toit aussi l'usage le plus frquent dans la jurisprudence du
-Parlement de Paris. On voit constamment dans les registres du Criminel,
-des accuss largis sous caution, tantt dans l'enceinte du Palais
-seulement, tantt dans celle des bastides (portes) de Paris, la charge
-de se reprsenter une poque fixe, quelquefois en personne et
-quelquefois par procureur.
-
-[351] Irritation.
-
-[352] Difficilement.
-
-[353] Voy. ci-devant, p. 99.
-
-[354] Provision en gnral. Voy. Du Cange aux mots _Garnire_,
-_Garnisio_. L'ordonnance de l'htel du roi, faite au Louvre en janvier
-1386-7, dfend que personne ne demande aucune chose _sur les garnisons
-faites pour la dpense de l'hostel, soit bls, avenes, foing, busche_,
-Taillevent (c'est Guill. Tirel, auteur du _Viandier_, et alors cuyer de
-cuisine du roi) est charg par la mme ordonnance de _gouverner les
-garnisons_ (Den. Godefroy, H. de Ch., VI, 712, 715). La reine avoit
-aussi un matre de ses garnisons. Bastin de Breban, revtu de cet office
-en 1371, toit alors poursuivi pour avoir pris, au nom de la reine (en
-vertu du droit de prise), des vins qu'il avoit pays vil prix et
-vendus dans sa taverne son profit (Plaid. civiles du Parlement, 4
-dcembre 1371).
-
-[355] Rouet filer.
-
-[356] D'une bonne famille.
-
-[357] Ce passage, joint ceux des pages 160 et 169, nous fait bien
-connotre la manire dont on toit couch au XIVe sicle.
-
-[358] Souliers.
-
-[359] L'histoire de Jeanne la Quentine a t reproduite dans les
-Nouvelles de la reine de Navarre qui l'attribue une bourgeoise de
-Tours (38e Nouvelle ou 8e de la 4e journe). Mais l'auteur du _Mnagier_
-donnant les noms et disant qu'il la tenoit de son pre, on ne peut
-douter qu'elle ne soit en effet arrive Paris. La reine de Navarre a
-pu entendre raconter cette histoire quelqu'un qui l'avoit lue dans le
-_Mnagier_, et en placer la scne Tours. Elle a donn galement
-(Nouvelle 37e), en l'attribuant une dame de Laval-Lou, et avec
-quelques variantes, un exemple analogue d'indulgence conjugale rapport
-par le chevalier de La Tour comme positivement arriv la dame de
-L'Anguillier sa tante. Le chevalier de La Tour raconte (chap. XVII) que
-son oncle toit merveilles luxurieux, tant qu'il en avoit tousjours
-une ou deux son hostel, et bien souvent se levoit de delez sa femme et
-aloit ses foles femmes; et quant il venoit de folie, il trouvoit la
-chandelle allume, et l'eaue et le touaillon laver ses mains: et elle
-lui prioit qu'il lavast ses mains; et il disoit qu'il venoit des
-chambres.--Et pour tant Monseigneur que vous venez des chambres,
-avez-vous plus grant besoin de vous laver. C'est autant d'humilit que
-la bourgeoise, mais avec une dlicatesse qui sent dj la femme de
-qualit.
-
-J'avois espr trouver le nom et par suite la profession de _Thomas
-Quentin_ dans le _Livre de la Taille_ en 1313 (Paris, 1827, in-8), car
-le pre de l'auteur du _Mnagier_ et Thomas Quentin qu'il connoissoit,
-ont pu vivre ds cette poque, mais son nom n'y figure pas. Je l'ai
-aussi cherch inutilement dans les comptes de la prvt de Paris donns
-par Sauval et dans le recueil manuscrit des _pitaphes de Paris_.
-
-[360] Vous ne pouvez en cela tre remplace par personne.
-
-[361] Copeau, morceau.
-
-[362] Sparer du reste.
-
-[363] Var. Bryant.--C'est l'auteur du _Mnagier_ que nous devons de
-connotre la profession de J. Bruyant, qui n'est indique dans aucun des
-deux manuscrits de son pome qui sont la Bibliothque du Roi. Cette
-dition du _Chemin de Povret_, outre qu'elle a t collationne sur les
-trois manuscrits du _Mnagier_, a t revue sur le manuscrit du Roi, n
-7201 (dcrit T. VI, p. 240, des Manuscrits franois de M. Paris), qui a
-donn souvent d'utiles variantes. Il rsulte de l'explicit du second
-manuscrit (S.-Victor, 275), cit par M. Paris, et que je n'ai pas pu
-voir, que ce pome a t crit en 1342.
-
-En 1500 le clbre Pierre Gringore donna sous le titre de _Chasteau de
-Labour_ une imitation _paraphrase_, mais une imitation trs-positive de
-ce pome. C'est le mme plan, ce sont les mmes personnages allgoriques
-et souvent les mmes dtails. Le _Chasteau de Labour_ vaut sans doute
-beaucoup mieux que le _Chemin de Povret_, mais il est fcheux que
-Gringore se soit appropri l'ide de Jean Bruyant sans faire part ses
-lecteurs de l'obligation qu'il avoit au pote de XIVe sicle.
-
-[364] Se garnir, assurer sa subsistance.
-
-[365] Garantir.
-
-[366] Fortune.
-
-[367] Fries, jours de fte.
-
-[368] Mauvais heur, malheur.
-
-[369] Se montra.
-
-[370] Reprirent, de r'avoir.
-
-[371] Tira.
-
-[372] Poussa.
-
-[373] S'attacha? Var. 7201, _destroua_.
-
-[374] Vite.
-
-[375] Gris de fer. Plus ordinairement employ pour dsigner la robe d'un
-cheval.
-
-[376] Sorcire.
-
-[377] Poitrine.
-
-[378] manier, ptrir?
-
-[379] Tourmenter.
-
-[380] Bche.
-
-[381] Rjouit.
-
-[382] Sentive, du sens, maladie morale?
-
-[383] Diablerie.
-
-[384] A aucun prix, d'aucune manire.
-
-[385] Attrist, mu.
-
-[386] Qui doit tre pendu ne sera pas noy, il faut subir son sort.
-
-[387] Aller, marcher.
-
-[388] Faire mal, agir sottement.--Les richesses sont inutiles quand on
-les a seulement en sa vieillesse et qu'on n'en peut plus jouir.
-
-[389] Mauvaise, infme.
-
-[390] Supporter.
-
-[391] Secou, remu.
-
-[392] Profit.
-
-[393] En en recevant une rcompense sur laquelle nul ne peut rien fonder
-de solide.
-
-[394] Domination.
-
-[395] Chiens mtins.
-
-[396] A ton aide. Ce vers ne rime pas avec le prcdent moins qu'on ne
-prononce _ay_.
-
-[397] Moiti, de son ct.
-
-[398] Capitaine.
-
-[399] Cours.
-
-[400] Il manque ici dans les manuscrits un vers qui cependant n'est pas
-ncessaire l'intelligence de la phrase.
-
-[401] Tolrance.
-
-[402] Fermet.
-
-[403] Retenue.
-
-[404] Murmure.
-
-[405] Mauvais vers mis l pour la rime, et dont le sens est _et de
-soi-mme ne se modre_.
-
-[406] Mot auquel je ne connois pas de sens. Les manuscrits A, B, C,
-portent _ma seur mesure_, ce qui est un contre-sens; le sens exige
-_male_, mauvaise.
-
-[407] Les manuscrits A, B, C, portent _brouet_ (sauce). On trouve dans
-Roquefort, _brouvette_, tombereau dans lequel toient conduits les
-criminels au supplice.
-
-[408] De bon nid, de bonne race, dont on a fait un seul mot,
-_dbonnaire_. Voir Henry Estienne, _Prcellence du langage franois_, p.
-93.
-
-[409] Fin, rus.
-
-[410] Var. B, _en sa fiance est Couardie_.
-
-[411] Maltrait.
-
-[412] Pourtant.
-
-[413] nervs; on disoit plus souvent _aftardis_.
-
-[414] Relev.
-
-[415] Subtilit.
-
-[416] Suit.
-
-[417] Il fait faire mains maux.
-
-[418] L'ducation.
-
-[419] Affam comme un loup.
-
-[420] Parot.
-
-[421] Enchrissement sur la mdisance.
-
-[422] Libertinage.
-
-[423] Se rebuter.
-
-[424] Horreur.
-
-[425] Gros trait d'arbalte.
-
-[426] Passage, position.
-
-[427] Var. 7201, _deuvier_ (dvier, prir?). En laissant _deviner_ il
-semble qu'on peut entendre ces deux vers ainsi: Regard qui fait rver
-les amoureux insenss et dans lequel ils croient follement lire les
-sentiments qu'ils inspirent.
-
-[428] Plat.
-
-[429] Matin.
-
-[430] Vraiment.
-
-[431] C'est la raison qui parle et qui appelle la mesure, la modration,
-sa soeur.
-
-[432] Rgle.
-
-[433] Var. B, _dfeuille_.
-
-[434] Var. B, C, _plus attrait_.
-
-[435] En poursuivant, dans la suite.
-
-[436] Escrime.
-
-[437] Bouclier.
-
-[438] Je crois que ce vers doit tre crit ainsi: _En qui veut parler
-emprendre_.
-
-[439] Son.
-
-[440] Fleur de la farine.
-
-[441] Ce _qui_ se rapporte _l'adresse_. Les vers entre crochets ne
-sont que dans 7201.
-
-[442] Var. A, B, C, _par_.
-
-[443] Demeurer.
-
-[444] S'y soustraire.
-
-[445] Branche d'arbre tordue avec laquelle on lie les fagots.
-
-[446] Laques.
-
-[447] Dfait, en dsordre. Var. 7201, _descarr_ (drang?) et
-_encarr_, au vers suivant.
-
-[448] Bourbiers.
-
-[449] Dedans.
-
-[450] Peut-tre.
-
-[451] Acte nuisible.
-
-[452] C'est la raison qui parle.
-
-[453] Se rapporte _maintient_ au vers prcdent. _Il ment celui qui
-maintient que destine, etc._
-
-[454] Dtourn.
-
-[455] Dconfit.
-
-[456] Accroupi, retir.
-
-[457] Conduit.
-
-[458] Var. 7201, _clrement et apparcevoir_.
-
-[459] Les pans de ta robe.
-
-[460] Coupe en deux, diffrente. Var B. et 7201, _impartie_.
-
-[461] Excite.
-
-[462] Prcipits.
-
-[463] Mats, lasss.
-
-[464] Naturels, nafs.
-
-[465] En toute situation.
-
-[466] Critiquer.
-
-[467] Trouves.
-
-[468] Le Mes 7201 ajoute:
-
- La fait crainte lui obir:
- Tu le pues clrement vir.
-
-
-[469] Moiti, portion.
-
-[470] Mrite son affection.
-
-[471] Fiel.
-
-[472] Aille, quoi qu'il en soit.
-
-[473] Tromperie.
-
-[474] Blme.
-
-[475] Reproche.
-
-[476] Difficultueux.
-
-[477] De mme, tu ne dois pas tre difficile.
-
-[478] Si tu penses bien ce qu'elle t'a dit.
-
-[479] Intelligence, comprhension.
-
-[480] Tromperie.
-
-[481] Chicane.
-
-[482] Droit, puissance.
-
-[483] En arrire: de rester.
-
-[484] Spcial, dvou.
-
-[485] Sans dpenser ton avoir qu'il faut tenir serr.
-
-[486] Autant que tu le pourras.
-
-[487] Joyeux.
-
-[488] Tromper.
-
-[489] Satisfaire.
-
-[490] Prendre crdit.
-
-[491] Compte mal ( ton avantage).
-
-[492] Assigner.
-
-[493] Convenablement.
-
-[494] Agrable.
-
-[495] Tromperie.
-
-[496] Observateur.
-
-[497] Mot dont j'ignore le sens ici.
-
-[498] Caresser.
-
-[499] Amasse.
-
-[500] Var. B. _je ment_.
-
-[501] tablir.
-
-[502] Moquerie.
-
-[503] Cacher.
-
-[504] Il me parot impossible d'entendre par ces mots,
-trs-distinctement crits dans tous les manuscrits, _ceux qui habillent
-les rois_. Je crois que _rois_ doit dsigner ici quelque toffe
-grossire. L'auteur ne termine d'ailleurs que trs-rarement deux vers de
-suite par le mme mot pris dans la mme acception.
-
-[505] Exciter, pousser.
-
-[506] Parvenir.
-
-[507] Prendre. (Cela n'est utile qu' ceux dont la robe est dchire,
-qui n'ont pas de quoi se vtir?)
-
-[508] C'est le titre de l'ouvrage de Gringore; voy. la note 1, 2, page
-4.
-
-[509] C'est le commencement qui dcide de tout l'oeuvre. Voir sur ce
-trs-ancien proverbe, _Livre des proverbes franais_ de M. Le Roux de
-Lincy, II, 148.
-
-[510] Vers omis dans 7201 qui ajoute aprs le suivant: _Et, ne
-finast-il, dtonner_.
-
-[511] Dsireux.
-
-[512] Expression usite jusqu'au XVIIe sicle et dont il est bien
-difficile de dterminer le sens prcis. Si on adopte l'opinion de Nicod,
-ce mot reprsente quelquefois le [grec: mn] et d'autres fois le
-[grec: men] des Grecs; dans le second cas, ce passage signifieroit:
-_Il n'a certes pas_ (ce dfaut).
-
-[513] Var. 7201.
-
- Lors regarday moult voulontiers
- De ces ouvriers la contenance.
-
-
-[514] C'toit du gros pain qu'on apportoit de Corbeil Paris, le plus
-ordinairement par la Seine. Voy. Le Grand d'Aussy, I, 105. Nous verrons
-dans le _Viandier_ qu'on s'en servoit pour faire des _tranchouers_.
-
-[515] De l'eau.
-
-[516] Petit pain fait pour une seule personne. Voy. Le Grand d'Aussy, I,
-116.
-
-[517] Var. B. _de Bourgongne et Angevin_.
-
-[518] Voir sur ce vin d'Auvergne si estim au moyen ge, Le Grand
-d'Aussy, III, 5.
-
-[519] En passant.
-
-[520] Var. 7201:
-
- Ne qu'il pourroit sans autre vivre.
-
-
-[521] Briquet; _esca_, _esche_ signifiant l'amadou ou au moins une
-matire inflammable aux tincelles provenant du briquet.
-
-[522] De la lune.
-
-[523] Var. A. _Perrecin_.
-
-[524] Mettre de la terre par-dessus.
-
-[525] Cost, _costus_.
-
-[526] autrement _orvale_; _sclarea, horminum magnum_.
-
-[527] Panais? Var. B. _Pavot_.
-
-[528] C'est ce qu'on appelle _faire blanchir_ les pinards, les faire
-bouillir et changer l'eau.
-
-[529] Joubarbe.
-
-[530] Resserrer.
-
-[531] Var. B. _Violiers_.
-
-[532] La _Violette de caresme_ doit tre la violette dite de _Mars_ dans
-la _Maison rustique_, etc., et dans le singulier livre intitul le
-_Quadragsimal spirituel_, ch. VIII. C'est la violette commune. Quant
-celle d'Armnie, je ne la vois cite que dans le _Mnagier_. Ce pourroit
-tre la violette de Parme.
-
-[533] Basilic.
-
-[534] Seme l'anne prcdente.
-
-[535] Il y a de l'art la cueillir.
-
-[536] Il ne monte pas.
-
-[537] C'est le fameux Bureau de La Rivire, favori de Charles V, mort le
-16 aot 1400, et enterr dans l'abbaye de Saint-Denis. La laitue
-d'Avignon me parot tre sans doute la mme que notre Romaine, seule
-espce de laitue graine blanche qu'on connt encore au XVIe sicle
-(voy. _Maison rustique_, 1570, ch. XIV). C'est donc Bureau de La
-Rivire que nous devons cette salade devenue d'un usage si commun.
-Bureau de La Rivire a d aller plusieurs fois Avignon; mais il y
-passa notamment en mai 1389 avec Jeanne, comtesse de Boulogne et
-d'Auvergne, qu'il avoit t demander en mariage pour le duc de Berry
-Gaston Phbus, comte de Foix, son tuteur. Cette princesse qui l'avoit
-prise en amiti, lui sauva la vie en 1392, quand ce grand homme faillit
-tre sacrifi aux haines des oncles du roi. (Voir Froissart l'anne
-1392.) Est-ce donc ce voyage de 1389 qui nous a valu la Romaine?
-
-[538] C'est quatre pouces. La perche (mesure de longueur) des environs
-de Paris toit de 18 pieds et le _dour_ ou quatre pouces. Je sais bien
-que Nicod donne au dour quatre doigts, ou la longueur d'un poing serr,
-ou enfin le _quart_ du pied-de-Roi, et le fait venir du grec [grec:
-dron], et que Du Cange l'value aussi _trois pouces_, mais la
-valeur de _quatre pouces_ est constamment attribue au dour dans tous
-les anciens terriers des environs de Paris. Cette circonstance me semble
-devoir fixer la longueur du dour quatre pouces. J'ajouterai que ce
-passage du _Mnagier_ me parot confirmer cette valuation, puisqu'il
-est plus naturel que l'auteur fasse varier la profondeur de la
-plantation de quatre six pouces que de trois six, ce qui
-constitueroit une diffrence de moiti.
-
-[539] Ou un morceau de drap (au lieu du ftu de paille) afin que l'eau
-en dcoule goutte goutte sur le pied de la plante.
-
-[540] _Arroches_, plante potagre appele aussi _Follete_ ou
-_Bonne-Dame_.
-
-[541] Aussi.
-
-[542] Du temps de Pques ( manger Pques).
-
-[543] Couper les poires montes graine.
-
-[544] La Notre-Dame de septembre?
-
-[545] Var. B. _Dour_.
-
-[546] De la lune.
-
-[547] L'Annonciation, 25 mars.
-
-[548] De la grosseur.
-
-[549] Il semble qu'il faudroit _et_.
-
-[550] A. et C. ajoutent: _qu'elle soit si fort serre_.
-
-[551] Nos anctres faisoient une grande consommation de roses et
-d'autres fleurs en gnral. Nous verrons tout l'heure dans les menus
-de grands repas, l'acquisition de chapeaux ou couronnes de fleurs pour
-les convives. On voit dans les comptes du duc d'Anjou pour 1379, un don
-de dix francs fait par mandement de ce prince, en date du 8 juin, _
-Yolent, jadis femme de feu Gillet Le Pelletier, en rcompensation de ce
-que depuis que Monseigneur estoit venus en la ville de Paris_ (c'toit
-en mai seulement) _elle l'avoit trs-bien servi de roses et de flours_
-(K. 52, 3, fol. 93 v et 101). L'auteur des _Rues et glises de Paris_,
-qui crivoit tout au commencement du XVIe sicle, estimoit quinze
-mille cus la dpense annuelle qui se faisoit Paris, en chapeau de
-fleurs, bouquets et may verds tant pour noces que confrairies, baptmes,
-images des glises, audiences de Parlement.... le Trsor, Chastelet et
-aussi pour festins et banquets qui se font en l'Universit en faisant
-les gradus et autrement.
-
-[552] Ce doit tre, sans aucun doute, une pice de feutre ou un coussin
-bourr, que les porte-faix mettoient sur leur tte ou sur leur paule
-afin que les fardeaux ne les blessassent pas. On disoit aussi _la
-feutreure_. Voy. Du Cange _Feutrum_, o ce mot ne semble pas bien
-expliqu.--Il me parot de mme que dans les exemples cits dans Du
-Cange au mot _Feltrum_, _afeutrement_ signifie le coussin garnissant la
-selle, et qu'un cheval _dsafeutr_, signifie un cheval priv de sa
-selle plutt que de housse et de couverture. Il est parl d'un _porteur
-d'afeutrure_ dans le mariage des quatre fils Aymon, t. I, pag. 369 des
-_Mystres du XVe sicle_, de M. Jubinal.
-
-[553] Matre-d'htel ou intendant: _Dispensator_; de l les Spencer en
-Angleterre. Froissart appelle toujours Hugues Spencer, _Hue le
-Despensier_.
-
-[554] Moqueurs.
-
-[555] Les trois manuscrits ajoutent ici la phrase suivante qui parot
-singulirement place en cet endroit: _Et nota que qui veult faire
-chandelle de suif, il est neccessaire de trs bien faire scher son
-lumignon au feu_.
-
-[556] On trouve dans la grande ordonnance rendue par le roi Jean, en
-fvrier 1350-1, pour remdier l'augmentation de prix de toutes choses
-et surtout de la main-d'oeuvre, produite par la peste de 1348 et la
-disette, le montant des salaires exigibles par quelques domestiques. On
-y voit que les chambrires des bourgeois de Paris gagnoient 30 sols par
-an et leurs chaussures; un vacher gardant trente vaches, 50 sols; les
-meilleurs chartiers sept livres; les soyeurs (scieurs, moissonneurs) de
-grain, 2 sols 1/2 par jour. Les laboureurs ne pouvoient prendre que 24
-s. pour la faon d'un arpent 4 labours, et les faucheurs de prs que 4
-s. par arpent, etc. (Le marc d'argent valoit alors 6 fr.: aujourd'hui 52
-fr.)
-
-[557] Sorte d'ordre ou association religieuse, tenant le milieu entre la
-vie laque et la vie monastique (voy. _OEuvres de Rutebeuf_, t. I, pag.
-160). Nous verrons plus loin (p. 61) que cette dame Agns la bguine,
-quoique sous les ordres de la jeune femme de l'auteur, toit cependant
-pour elle une sorte de dugne ou gouvernante. Il rsulte de cet article
-que l'auteur du _Mnagier_ avoit un grand nombre de domestiques.
-
-[558] Livre de dpense.
-
-[559] Ses rpondans. Il y avoit ds lors et sans doute antrieurement
-des _recommanderesses_ ou femmes tenant des espces _de bureaux de
-placemens_. L'ordonnance de 1351, dj cite p. 56, leur assigne 18
-deniers pour leur salaire d'avoir plac une chambrire, et 2 sols pour
-une nourrice, _ prendre tant d'une partie comme d'autre_, et leur
-dfend, _sous peine de pilori_, de louer ou recommander la mme
-chambrire ou nourrice plus d'une fois dans la mme anne.
-
-[560] Se quereller.
-
-[561] L'auteur, se sert, en cet endroit, d'expressions qu'il toit
-difficile de reproduire, et manque lui-mme au prcepte qu'il vient de
-donner sa femme quelques lignes plus haut. Nanmoins la dlicatesse
-qu'il tmoigne ici, _au moins en intention_, est remarquable pour son
-poque. On toit alors si peu scrupuleux que ces expressions toient
-employes pour dsigner certains mets de figure fort inconvenante. Voy.
-Legrand d'Aussy, t. II, pages 304, 305.
-
-[562] La gentille, la galante. Voir au ch. CXXII du chevalier de La
-Tour, la curieuse histoire d'une association amoureuse dite des Galois
-et Galoises.
-
- Par ce point-l je n'entends, quant moi,
- Tours ni porteaux, mais gentilles Galoises.
- LA FONTAINE, _les Rmois_.
-
-
-[563] Tabourets de toute la longueur des bancs. Les banquiers et les
-formiers toient des housses places sur les bancs et les formes
-(escabelles). Un _banquier _ (orn de figures d') _oiseaux_ est cit
-dans l'Inventaire de R. Picque, archevque de Reims (1389) au ch. des
-_couvertoirs et tapis_. On voit dans la planche pag. 9 du t. I, l'auteur
-et sa femme assis sur un _banc_ recouvert d'un _banquier_; ils
-s'appuient sur des _coustes_ ou _oreillers_, et la femme a les pieds sur
-un _marchepi_ qui parot la droite de l'homme.
-
-[564] On verra dans les comptes d'Isabeau de Bavire pour les annes
-1408 et 1409 (Archiv. du Roy. K., 268), dont notre collgue M. de Lincy
-donnera de longs et trs-curieux extraits dans son appendice de la
-premire partie des _Femmes clbres de l'ancienne France_, actuellement
-sous presse, que cette princesse dpensoit des sommes considrables en
-_btes de chambre_, mais des gens de condition plus modeste mettoient
-aussi un assez haut prix de certains oiseaux. En 1406, Augustin
-Isebarre, changeur de Paris, accus d'avoir eu des acointances avec un
-certain Sansonet marchand d'oiseaux qui avoit, avec d'autres, vol pour
-4,000 liv. de vaisselle et joyaux dans le _retrait_ (cabinet) de la
-reine, disoit qu'il l'avoit connu parce qu'_un sien varlet lui dit que
-Sansonet avoit une trs bonne linotte, et l'acheta 40 sols_. (La valeur
-de 2 ou 3 septiers de bl.) Nous verrons plus loin ( la fin du
-_Viandier_) l'auteur parler encore d'oiseaux, et notamment de ceux
-d'Hugues Aubriot.
-
-[565] _Recipe._
-
-[566] Voir l'art. V de cette distinction au chapitre des _Menues
-choses_.
-
-[567] Graisse. Var. A. _Sang_.
-
-[568] Mettre une bte morte l o il mettra ensuite son poison.
-
-[569] Mettre l'air, scher.
-
-[570] Provisions en gnral, voy. t. I, pag. 237.
-
-[571] Aisselles, petits ais, petites planches.
-
-[572] Aconit, en espagnol _rejagar_. (NICOT.)
-
-[573] L'auteur a voulu parler ici de l'_ponge_, car je ne vois pas que
-ce qu'il dit de l'_espurge_ puisse convenir en rien l'herbe qui porte
-ce nom (_Cataputia._--Voy. Nicot et le _Grant herbier en franois_).
-Plus loin il emploie encore le mot _espurge_ videmment pour dsigner
-l'ponge.
-
-[574] La plus grande partie de la poussire.
-
-[575] Var. C. _vergettes_.
-
-[576] Sans doute _terre foulons_, argile dont on se sert encore
-quelquefois pour enlever les taches de graisse, surtout sur le bois.
-
-[577] De couleur bleue.
-
-[578] Ces mots qui se trouvent dans les trois manuscrits me paroissent
-tre une observation critique, un doute de l'auteur sur une recette
-qu'il transcrivoit. Nous trouverons encore de semblables remarques dans
-le cinquime article de cette distinction.
-
-[579] Le vtement (auquel est joint la fourrure). On appelloit souvent
-_robe_ un habit complet, et _garnement_ chaque vtement composant la
-_robe_; ainsi, dans ce cas, le surcot, le corset, la cotte, le manteau
-toient dits _garnemens_. Voir la collection Le Ber, XIX, 156, 374, 383,
-etc.
-
-[580] Fleur de farine: nous verrons souvent dans le _Viandier_ le mot
-fleur employ seul dans ce sens.
-
-[581] Supplez _tant qu'elle revienne_.
-
-[582] Gros tonneau qui contenoit, la mesure de Paris, 54 setiers de 8
-pintes (la pinte 2 livres pesant d'eau, un peu plus qu'une bouteille
-ordinaire, 93 centilitres) ou 391 litres 76.
-
-[583] Nom parisien du raisin noir. Voir le Dict. de Nicot.--Var. B.
-_mourillons_.
-
-[584] Var. A. _la sente_.
-
-[585] _Sileos_ ou _siler montanum_ dans le _Grant herbier_.
-
-[586] _Cardamomon_, employ souvent dans le _Viandier_.
-
-[587] Var. B. _d'un_. Percer d'un greffoir ou d'un petit bton aiguis?
-
-[588] Vide.
-
-[589] Le setier contenoit 8 pintes.
-
-[590] Coussinet, empltre.--Les blancs frapps sous le rgne de Charles
-VI, avoient 11 12 lignes de diamtre.
-
-[591] La quarte ou pot contenoit deux pintes.
-
-[592] Rez-de-chausse.
-
-[593] Outre le temps convenable: trop longtemps.
-
-[594] S'accouder.
-
-[595] Coudes.
-
-[596] S'en voise, s'en aille, fuie.
-
-[597] Avec un large pied.
-
-[598] Instruire.
-
-[599] En jetant leur chemise dessus? On sait que nos pres couchoient
-sans aucun vtement.
-
-[600] Supplez: _et pendant que_.
-
-[601] En tat d'empchement.
-
-[602] Il y en a dix-huit. Ces conditions du bon cheval ont t souvent
-imprimes au XVIe sicle.
-
-[603] Les hanches. On appeloit en termes de vnerie un chien bien harp
-celui qui avoit les hanches larges et grosses. Voy. Salnove.
-
-[604] Ou _coite_, de _quies_? S'il se tient bien en repos?
-
-[605] Fumier, litire.
-
-[606] Je n'ai pu trouver la signification de ce mot.
-
-[607] Uni.
-
-[608] Qu'il n'ait ni courbes ni fuses.
-
-[609] S'il a des durillons?
-
-[610] Il semble que ce doit tre garrot.
-
-[611] Voir ci-aprs, p. 75, note 1.
-
-[612] De l'autre ct.
-
-[613] Le paturon.
-
-[614] Var. A. _subaudeure_, enflure?
-
-[615] Les manuscrits A et B, rptent ici textuellement ce qui prcde
-depuis _tu dois aller au cost_ jusqu' _Fourme sur couronnelle_; il n'y
-a de plus ici que les mots _malandre est_, etc., placs, p. 74, entre
-crochets.
-
-[616] Var. A. _stources_.
-
-[617] Sortir.
-
-[618] Grappe.
-
-[619] A la mme hauteur.
-
-[620] Marchand.
-
-[621] Assur.
-
-[622] Son.
-
-[623] Pour vendre chrement. Var. B. _prouvende_, ration.
-
-[624] Phrase obscure qui me parot signifier que le remde des malandres
-sert aussi pour l'enflure des jambes de derrire.
-
-[625] Sorte de rsine.
-
-[626] Blancs d'oeufs.
-
-[627] Tamis.
-
-[628] Var. A. _du seing de sain_. J'ignore ce que peut signifier ici le
-mot _saing_.
-
-[629] Tuyau, chalumeau.
-
-[630] Avives, glandes derrire la mchoire.
-
-[631] Cacher?
-
-[632] La valeur de deux setiers de bl environ, donne au marchal pour
-le traitement assez compliqu de cette maladie.
-
-Les manuscrits donnent ensuite un Trait de l'pervier que l'auteur
-avoit annonc devoir faire le 2e article de la 3e distinction. J'ai
-pens devoir rtablir la division indique par l'auteur et suivie
-jusqu'ici par lui, et j'ai renvoy la fin du livre le Trait de la
-chasse l'pervier.
-
-[633] Le Ms. C porte avant ces mots, _Cy commence le Viandier_. C'est
-pourquoi j'ai renvoy au _Viandier_ dans diverses notes de cet ouvrage.
-
-[634] On appeloit ainsi l'espace plac entre les rues Saint-Denis,
-Pierre--Poisson et la Grande-Boucherie, devant laquelle il se
-prolongeoit jusqu' la rue Pied-de-Boeuf. (Voir Corrozet, d. 1543, le
-Plan de Turgot, etc.) Cet espace est aujourd'hui compris dans la place
-du Chtelet. Mais l'auteur dsigne ici sous ce nom, la grande boucherie
-de la Porte-Paris, connue sous le seul titre de _Grande-Boucherie_, sur
-l'emplacement de laquelle la grande maison de la place du Chtelet qui
-fait face au pont au Change, me semble avoir t construite.
-
-On peut voir dans du Breuil (d. 1612, p. 1053), mais mieux dans Sauval
-(I, 623), les _Varits historiques_ (I, 170), et surtout dans le
-_Trait de la Police_ de Lamarre, des dtails sur l'origine de cet
-tablissement dont l'existence signale ds le commencement du XIIe
-sicle remontoit peut-tre aux-temps de la domination Romaine. La
-proprit des taux de cette boucherie, au nombre de trente-deux au XVe
-sicle, et plus tard de vingt-neuf, et le droit d'tre reu matre
-boucher ( sept ans et un jour), appartenoient exclusivement aux
-rejetons mles d'un petit nombre de familles. A leur joyeux avnement
-seulement les rois de France pouvoient faire un nouveau matre boucher
-comme ils faisoient au reste un nouveau matre de chaque profession.
-(C'est ainsi qu'en 1436, Oudin de Ladehors tige d'une de ces familles
-dont il est parl ci-dessus, parvint la matrise par cession de
-Guillaume Lefvre dit _Verjus_ queux du roi Charles VII, que ce prince
-avoit cr matre boucher son joyeux avnement et confirm son
-entre dans Paris). Mais plus tard ce droit parot tre tomb en
-dsutude, s'il ne fut pas rachet par les bouchers.
-
-Depuis 1358 au moins, la grande boucherie toit le sige d'une
-importante juridiction devant laquelle les bouchers pouvoient voquer
-toutes leurs causes, et dont les appels se relevoient devant le
-parlement. Cette juridiction se composoit: 1 d'un _maire_ ordinairement
-membre du Chtelet (avocat du roi, conseiller ou avocat au Chtelet),
-qui me semble avoir d tre nomm par le roi ou le prvt de Paris
-encore en 1430, car dans le registre de la boucherie pour cette anne,
-son nom est plac avant celui du _matre_, ce qui n'auroit pas eu lieu,
-je crois, s'il n'et tenu ses pouvoirs que de la communaut. En 1461, il
-toit lu par le _matre_ en prsence, et je pense par les suffrages des
-quatre jurs, du procureur et du receveur de la communaut, de deux
-corcheurs jurs et des matres bouchers; 2 _d'un matre de la grande
-boucherie_ (un des bouchers les plus riches) nomm vie par douze
-lecteurs dsigns eux-mmes par tous les matres bouchers. Le maire, et
-le matre ne sigeoient pas ordinairement tous les deux la fois, et il
-n'est pas facile de dfinir les diffrences existant entre leurs
-attributions. La puissance du maire me semble au reste avoir t
-successivement restreinte; ainsi, tandis qu'en 1431 il dsigne le
-_matre_ pour _tenir ses plais_, ce qui semble placer le pouvoir
-judiciaire dans la personne du _maire_, on voit la communaut dcider,
-en 1470, que _le matre sera nomm et intitul aux lettres et actes qui
-se feront en la justice de la boucherie, except quand on besognera
-contre le matre, sera nomm et intitul le maire_ (les actes et
-jugemens seront rendus en son nom); 3 d'un procureur (au Chtelet); 4
-d'un tabellion qui toit aussi ordinairement procureur au Chtelet. Les
-quatre jurs nomms annuellement, le vendredi d'aprs la Saint-Jacques
-(25 juillet), par quatre lecteurs dsigns par la communaut,
-remplissoient l'office de ministre public devant ce tribunal, et
-pouvoient provisoirement et par eux-mmes saisir des viandes suspectes,
-et comme aussi le _maire_ et le _matre_, envoyer prventivement en
-prison les malfaiteurs. Cette juridiction avoit le plus souvent juger
-les violences des garons bouchers, des malversations commerciales, des
-rclamations de dettes contractes par des bouchers, etc. La boucherie
-avoit en outre un _conseil de parlement_ et un _conseil de Chtelet_;
-c'toient deux membres de ces juridictions chargs des intrts de la
-communaut et rtribus par elle.--La mairie de la grande boucherie dura
-jusqu'en 1673, que Louis XIV la runit au Chtelet.
-
-Les rejetons mles des familles propritaires de cet tablissement
-toient tenus d'exercer par eux-mmes ou au moins _de leurs deniers_ la
-profession de leurs pres. On voit dans Lamarre (t. II, p. 560), qu'au
-XVIe sicle, beaucoup de descendans de ces anciennes familles occupoient
-des positions assez leves, et avoient abandonn le commerce de la
-boucherie; mais il ne faut pas croire qu'aux XIVe et XVe sicle ces
-riches bouchers s'occupassent par eux-mmes des _dtails_ de leur
-profession. Beaucoup avoient pour tailler et vendre leurs chairs, des
-valets rpondans du produit de la vente, et se bornoient les
-surveiller et traiter en grand et par des facteurs le commerce des
-bestiaux destins l'approvisionnement de Paris.
-
-Un arrt rendu en 1383 (7 mars) pour Jehan Le Pontonnier et Louis
-Thibert hritiers, cause de leurs femmes, de Guillaume de Saint-Yon,
-contre la veuve de ce dernier, tablit d'une manire aussi curieuse que
-certaine, l'tendue et la nature des richesses trs-diverses que
-possdoit ce boucher, le plus riche de la Porte-Paris, et la nature de
-ses occupations commerciales. Il est dit qu'il toit propritaire de
-trois taux: qu'_il y faisoit vendre_ chaque semaine des viandes pour
-200 livres parisis, sur quoi il bnficioit de 20 ou 30 livres; il avoit
-une rente de 600 livres, quatre maisons de campagne prs Paris, bien
-fournies de meubles et d'instrumens aratoires: de grandes coupes, des
-hanaps, des aiguires, des tasses d'argent de grand prix, des coupes de
-madre avec des pieds d'argent d'une valeur de 100 fr. et plus; sa femme
-avoit pour plus de 1 000 fr. de joyaux, ceintures, bourses, pingliers;
-des robes longues et courtes bien fourres, 3 manteaux fourrs de gris:
-de trs-beau linge. Il possdoit en outre 300 cuirs de boeuf valant bien
-24 s. la pice, 800 mesures de graisse valant 3 s. et demi, et 800
-moutons de 10 s.; 5 ou 600 florins d'argent comptant. On valuoit ses
-biens meubles 12 000 florins. Son sceau toit d'argent; il avoit donn
-2 000 florins de dot ses deux nices, et avoit dpens 3 000 florins
-rebtir sa maison de Paris (Jugs, XXX, 198 v). Aprs cette numration
-de richesses normes pour le temps, peut-on s'tonner de l'influence si
-puissante de ces matres bouchers, signale dans tous les historiens du
-XVe sicle?
-
-La famille de ce Guillaume de Saint-Yon, que Du Breuil et l'abb Lebeuf
-ont cru, mais sans preuve, tre issue de celle des anciens seigneurs de
-Saint-Yon prs Montlhry (Lebeuf, X, 260), toit la plus puissante de la
-grande boucherie. Elle y exeroit, comme aussi celle Thibert, la
-profession de boucher au moins ds 1260 (Reg. de la Boucherie). Au XVIIe
-sicle, ces deux familles restes seules des vingt existantes en 1260,
-toient avec celles de Ladehors et Dauvergne, en possession exclusive
-des vingt-neuf taux de la grande boucherie; elles furent rduites
-trois en 1660, par l'extinction des Dauvergne. Plusieurs de leurs
-membres toient sans doute sortis du commerce de la boucherie pour
-occuper des emplois plus importans, et toient seulement propritaires
-d'taux qu'ils louoient, mais d'autres toient rests dans ce commerce,
-et c'est assurment un descendant de l'ancienne famille Thibert qu'il
-faut attribuer l'histoire singulire du boucher de ce nom chez le
-chevalier de Bragelongne, vers 1680. Sandras de Courtilz rapporte dans
-les _entretiens de Colbert avec Bouin_ (Bauyn, I, 67), que ce boucher,
-qui toit gros joueur, couroit chez le chevalier ds qu'il avoit vendu
-sa viande, et l, avec son tablier et sa camisole rouge, jouoit 3 ou 400
-pistoles la fois. Le duc de Roquelaure (Gaston-Jean-Baptiste, mort en
-1683), qui connoissoit cependant Thibert, voulant un jour le plaisanter
-sur sa mise, s'cria: _Masse la camisole rouge!_ en mettant une
-poigne de louis sur la table. Le boucher, sans s'mouvoir, accepta le
-dfi en rpondant aussitt: _Top et tingue au cordon bleu!_ et ayant eu
-les ds et les rieurs pour lui, releva gaiement l'argent du duc.
-
-(J'ai consult pour cette note les 106 premires pages, annes 1430
-1483, de l'extrait du registre de la grande boucherie, n 290 du Cabinet
-gnalogique, dont mon ami M. de Lincy m'a signal l'existence.)
-
-[635] Var. C. _seize_.
-
-[636] Cette boucherie, situe sur la Montagne Sainte-Genevive, existoit
-au moins ds 1245, selon Sauval. Elle avoit t fonde par une
-migration des bouchers de Saint-Marcel.--Suivant une plaidoirie du 30
-avril 1377 (Flibien, t. IV, p. 532), ces deux boucheries, que l'auteur
-du _Mnagier_ a peut-tre confondues dessein cause de leur
-communaut d'origine, existoient de toute antiquit; elles auroient
-compt anciennement cent vingt bouchers, mais n'en avoient plus alors
-que trente-cinq. Au temps de Sauval, il n'y avoit plus que quatorze
-taux. Les Le Gois, chefs des meutiers parisiens au XVe sicle, toient
-bouchers de Sainte-Genevive.
-
-On croit que la boucherie du Parvis tait la plus ancienne de Paris.
-Lamarre dit que Philippe Auguste en fit don l'vque de Paris quand
-les bouchers l'eurent abandonne pour se fixer la Porte-Paris. Suivant
-Sauval, ce prince n'auroit fait que les confirmer dans une possession
-antrieure. Caboche toit corcheur dans cette boucherie en 1411.
-
-On ignore l'poque du premier tablissement de la boucherie de
-Saint-Germain; peut-tre toit-elle aussi ancienne que l'abbaye. Elle
-n'avoit d'abord que trois taux, mais en 1274 l'abb Grard en fit btir
-seize autres dans l'endroit o est aujourd'hui la rue des Boucheries.
-(Flibien, I, 429.)
-
-La boucherie du Temple fut tablie par les Templiers. Ils transigrent
-ce sujet avec les bouchers de la Porte-Paris en 1182, selon Flibien,
-mais seulement en 1282 selon Lamarre que je crois avoir t mieux
-inform. Elle toit rue de Braque et se composoit de deux taux
-seulement.
-
-La boucherie de Saint-Martin me parot devoir tre la mme que celle
-dite de Saint-Nicolas-des-Champs, et qui toit situe rue Saint-Martin,
-au coin de la rue Aumaire. Sauval qui est ma connoissance le seul
-auteur qui en parle, ne cite rien de plus ancien son sujet que la
-rparation faite en 1426 de la maison o elle toit situe.
-
-Il est tonnant que l'auteur du _Mnagier_ n'ait pas parl ici de la
-boucherie de Saint-loi tablie rue Saint-Paul par le prieur de
-Saint-loi, en vertu des lettres du rgent (depuis Charles V) en date du
-30 novembre 1358. (Trs. de Chartres, 90, 131.)
-
-[637] Var. A. _trente-deux_.
-
-[638] Var. A. _trente-deux_.
-
-[639] Cela fait 3130 moutons, 512 boeufs, 528 porcs (538 suivant A), et
-306 veaux (310 suivant A et 320 suivant C). Voir dans l'Introduction mes
-observations sur ces renseignemens statistiques.
-
-[640] Vendredi saint. C'est encore l'poque _de la foire aux jambons_.
-
-[641] Porcs sals. Voy. Du Cange au mot _Lardum_.
-
-[642] Le duc d'Orlans.
-
-[643] Supplez: _c'est ainsi_.
-
-[644] Aujourd'hui _talon de collier_, chair leve sur les trois
-dernires ctes.
-
-[645] C'est--dire comme 20 est 25 ou un cinquime en moins que le
-Roi. Ce devoit donc tre par semaine 96 moutons, 12 ou 13 boeufs, autant
-de veaux, 9 ou 10 porcs, 160 lards par an, et par jour 480 volailles,
-160 paires de pigeons, 40 chevreaux, 40 oisons.
-
-[646] En marquant sur une taille la quantit prise chaque fois, comme
-cela se fait encore pour le pain.
-
-[647] _Gros bout_ de poitrine. Voir sur la longe, etc., p. 130.
-
-[648] Les blancs valoient 10 deniers, mais l'auteur doit entendre ici
-par ce mot le petit blanc, monnoie de compte de 5 deniers. C'est comme
-s'il disoit que le prix de cette pice varie de 4 sols 2 deniers 3
-sols. Le marc d'argent (52 fr. de notre monnoie) valoit 6 l. 5 s.
-
-[649] Ou trumeau, partie de la cuisse et aussi de la jambe de devant.
-
-[650] Bouillon.
-
-[651] Ligne laisse en blanc dans les manuscrits.
-
-[652] Je n'ai pas vu ce mot dans les anciens auteurs de vnerie; ce doit
-tre le quoier ou cimier (croupe) du cerf.
-
-[653] Cuisine.
-
-[654] Liaisons.
-
-[655] Passer au tamis.
-
-[656] S'attachent au fond du pot, brlent.
-
-[657] Les petits sont appels _lancerons_: les moyens, _brochets_: les
-plus gros, _quarreaux_ (_Dlices de la campagne_, ch. XVIII).
-
-[658] Plies.
-
-[659] _Oyeurs_, rtisseurs.
-
-[660] Petite mangeoire portative.
-
-[661] Canards mles, et ici canards en gnral.
-
-[662] D'abord lieu o on resserroit _la paille_, et par extension
-_basse-cour_.
-
-[663] Var. B. _crouste_.
-
-[664] Nuque.
-
-[665] Suivant l'empereur Frdric II, chapitre L, les ailes des oiseaux
-se composent de vingt-six plumes: 1 quatre plus prs du corps dites
-_corales_ ou les _coraux_; 2 les douze suivantes, qui sont les
-_vanneaux_; 3 dix autres extrieures (_forinsec_), dites les
-_couteaux_, l'exception de la dernire qu'on appelle le _cerceau_
-(_saxellus_); les fauconniers postrieurs parlent bien du _cerceau_
-(seul des oiseaux de proie, l'autour avoit trois plumes portant ce nom),
-des _couteaux_ et des _vanneaux_ (d'Arcussia, d. 1627, p. 248, dit que
-ce sont les plumes adhrentes au second os de l'aile, et cette
-dfinition concorde bien avec celle de l'empereur Frdric II), mais non
-des _coraux_ ou plumes corales.
-
-[666] Ventre.
-
-[667] Espace laiss en blanc dans les manuscrits.
-
-[668] Saumonnes.
-
-[669] Jaune.
-
-[670] Recueillir.
-
-[671] Vin de Grenache. Voy. Legrand d'Aussy, t. III, p. 48.
-
-[672] Rties.--On trouvera, en recourant la table, les endroits du
-_Mnagier_ o sont dcrits la plupart des plats qui vont figurer dans
-ces menus. Je me dispenserai donc le donner ici des explications qui
-feroient presque toujours double emploi.
-
-[673] Ces nombres en chiffres arabes, placs ici entre parenthses,
-devoient renvoyer des feuillets d'un manuscrit ou des numros de
-chapitres, et ne se rapportent rien dans les trois manuscrits que j'ai
-sous les yeux.
-
-[674] Sorte d'oublie plus mince que la gaufre, faite de farine, d'eau,
-de vin blanc et de sucre, et cuite entre deux fers.
-
-[675] _Scilicet_, savoir.
-
-[676] Ce plat ne se retrouve ni dans _le Mnagier_, ni dans _le Grand
-cuisinier_, ni dans Taillevent. Il me semble rsulter du menu VI qu'il
-pouvoit se faire avec des lamproies.
-
-[677] Ce plat est ainsi crit dans le Ms. B. Cependant, dans _le Grand
-cuisinier de toutes cuisines_, il est crit _ramolle_.
-
-[678] La phrase comme je l'ai ponctue ne parot pas naturelle, mais on
-ne peut lire _ la sausse chaude d'oiselets_; peut-tre manque-t-il un
-mot (_grav_ ou _past_) avant _d'oiselets_.
-
-[679] Sans doute une _tuile de chair_. Voir l'art. V.
-
-[680] Les mots qui suivent jusqu' la fin de ce menu ne sont pas dans le
-Ms. B.
-
-[681] B. ajoute, aprs un espace laiss en blanc, _de porc ut pa_ (_ut
-proxima?_).
-
-[682] Comme.
-
-[683] J'ignore le sens de cette abrviation, mais comme on trouve plus
-loin _un grav d'alos en couleur de fleur de peschier_ (voir
-l'_Appendice_ l'art. V), ce doit tre ici le mme plat.
-
-[684] Var. B. _ sausse_, ce qui me parot dfectueux, moins qu'on ne
-lise _ la sausse chaude_.
-
-[685] D'hutres.
-
-[686] Crotes ou crottes au lait, plat sucr.
-
-[687] Var. B. _leschefroies_.
-
-[688] Georg.
-
-[689] Je ne pense pas que l'auteur parle ici du faisan prsent
-solennellement (comme le paon) aux convives pour faire un voeu, car s'il
-en toit ainsi, il n'en auroit pas parl au pluriel. Il me parot
-seulement indiquer par ces mots que le faisan toit un gibier recherch,
-rserv aux seigneurs (et auquel ne touchoient pas les _servans_ ou ceux
-qui dnoient ensuite?). Il ne faudroit cependant pas croire que le
-faisan ft autrefois plus rare qu'aujourd'hui. On trouve dans le _Modus_
-un chapitre qui enseigne prendre cet oiseau, et dans un grand nombre
-d'aveux rendus par des seigneurs Angevins aux XIVe et XVe sicles, on
-voit figurer des garennes perdrix et _ faisans_. Voir la note sur
-Jean de Craon, sieur de La Suze, dans mon dition du _Trsor de
-Vnerie_.
-
-[690] Voir l'Introduction.
-
-[691] Oublies.
-
-[692] Estriers, sortes d'oublies.
-
-[693] Clairet, sorte d'hypocras fait avec du miel au lieu de sucre, et
-du vin blanc au lieu de rouge.
-
-[694] Quoique ce menu se termine par un etc., il me parot impossible de
-croire qu'il ait pu s'appliquer un repas de 24 _services_, et je crois
-que _mets_, dans cet intitul, signifie _plat_, comme dans ceux des
-menus I et II ci-dessus.
-
-[695] Merles.
-
-[696] Ptisserie lgre, et peut-tre sorte d'oublies.
-
-[697] N'est que dans B.
-
-[698] Var. A. C. _au sucre_.
-
-[699] Gros poisson sal.
-
-[700] Aussi.
-
-[701] L'abb de Lagny.
-
-[702] Les autres membres du conseil du Roi.
-
-Il y avoit, en 1379, un abb de Lagny qui assistoit au parlement, soit
-qu'il en ft membre, soit qu'il ft du grand conseil du Roi (il rsulte
-en effet d'une ordonnance de Charles VI, adresse le 21 janvier 1388-9
-aux prsidens du parlement, que les abbs et prieurs membres du conseil
-du Roi avoient seuls le droit d'assister aux dlibrations du parlement
-(_Ord. antiqu_, A. 119 v), et il est bien croire que c'est de lui
-qu'il s'agit ici. Je l'ai vu pour la premire fois nomm comme assistant
-au parlement le 1er mars 1378-9 (_Plaid. civiles_). Il y avoit sans
-doute peu de temps qu'il avoit droit d'y venir; il se pourroit donc que
-le dner dont notre auteur nous donne le menu, ft un dner de bienvenue
-qui auroit eu lieu cette poque. Pques tombant le 10 avril 1379, on
-toit alors en Carme, et en effet le dner est maigre.
-
-Si j'ai rencontr vrai dans cette conjecture, et si ce dner a en effet
-eu lieu en 1379, M. de Paris est Aymery de Maignac, vque de Paris, le
-perscuteur d'Hugues Aubriot, le protecteur persvrant de tous les
-soi-disant clercs que le prvt de Paris faisoit arrter comme accuss
-d'assassinat, de vol, etc., qui, ds 1381 (_Plaid. civ._, juillet),
-pendant qu'Hugues Aubriot toit encore dans ses prisons, lanoit des
-monitoires contre Audouin Chauveron son successeur, et faisoit dire au
-procureur du Roi que si on laissoit faire l'vque, _il vaudroit mieux
-au prvost aller glaner qu'estre prvost_. Le prsident (sans doute le
-premier prsident) est Arnault de Corbie, depuis chancelier de France,
-un des hommes d'tat les plus illustres et les plus honorables du XIVe
-sicle, mort en 1413 un ge fort avanc. Le procureur du Roi est
-Guillaume de Saint-Germain, d'abord avocat clbre ou _solennel_ au
-Chtelet, puis procureur gnral au parlement ou procureur du Roi (ce
-qui toit la mme chose), depuis 1365 jusqu' sa mort arrive en fvrier
-1383-4. (Il est du moins affirm dans la plaidoirie cite plus bas,
-qu'il occupa ces fonctions dix-huit ou dix-neuf ans.) Il avoit en cette
-qualit 100 fr. de gages fixes et 500 fr. de don annuel. Il toit au
-reste fort simple, car suivant les plaidoiries de ses hritiers, _il
-n'estoit que lui cinquiesme en son hostel, et n'avoit cheval ne asne, et
-n'y chaloit de quels draps il fust vestus, mais qu'il fust de couleur_.
-Sa femme Denisette Mignon ne savoit ni lire ni crire. (_Plaid. civiles
-du Parlement_, mai 1386.) J'ai dit, t. I, p. 137, que Giles Labat toit
-procureur gnral au parlement en 1381, _parceque cette qualit lui est
-donne dans les lettres de rmission que j'ai cites_, mais moins
-qu'on ne suppose qu'il y a eu interruption dans les fonctions de
-Guillaume de Saint-Germain, ce qui me parot peu probable d'aprs les
-termes de la plaidoirie, il se pourroit que Giles Labat n'et t que
-_procureur_ au parlement, et que _gnral_ et t ajout par erreur par
-l'crivain de la chancellerie. En tout cas, Giles Labat toit simplement
-_procureur au parlement_ en 1385.) Des deux avocats du Roi, l'un peut
-tre Jean Pastourel, qui exeroit cet emploi en 1364 et 73, mais l'autre
-toit certainement le clbre Jean Des Mares ou Des Mars, mort si
-malheureusement en 1382. (Voir t. I, p. 136.--_Arch. jud._, tables de
-Lenain, t. III, IV, VI, VII.)
-
-J'ai vu avec tonnement que le nom de famille de cet abb de Lagny et sa
-position dans le conseil du Roi, ont t inconnus aux auteurs de la
-_Gallia Christiana_. Ils se bornent citer, dans leur liste des abbs
-de Lagny, un Jean IV, vivant en 1357 et 1367, et ensuite Pierre II du
-nom, vivant en 1396 (VII, 503). Le ntre peut tre l'un des deux.
-
-[703] Le mot cuelle signifie ordinairement une assiette creuse, mais il
-est vident qu'il y a ici et dans d'autres passages de cet ouvrage, un
-rapport certain et connu du temps de l'auteur entre le nombre des
-cuelles et celui des convives. On sait qu'on mangeoit sur des
-_tranchoirs_ ou morceaux de pain plats, mais cet usage qu'on comprend
-quand il s'agit de viandes solides, ne pouvoit s'appliquer aux sauces et
-potages qui devoient videmment se prendre l'aide de cuillers dans des
-vases creux. Voici un repas montant _huit_ cuelles, et qui est servi
- _seize_ convives (voir p. 106, n. 2, et p. 107, n. 3). On pourroit
-donc supposer qu'on servoit une cuelle par deux convives, (dans tout
-l'Orient on place encore au milieu de la table un grand plat
-ordinairement de pilau, etc., dans lequel chacun prend avec les doigts;
-puis _entre deux convives_, un petit plat creux contenant des mets
-liquides qu'ils prennent tous deux avec des cuillers) que deux personnes
-mangeoient ainsi ensemble les mets liquides, et que par suite, un repas
-d'un certain _nombre d'cuelles_ signifioit un repas d'un nombre double
-de convives. On seroit mme d'autant plus port penser qu'une cuelle
-servoit deux convives au moins, que l'usage des assiettes creuses
-_personnelles_ toit encore nouveau et peu gnral sous la minorit de
-Louis XIV. On en a la preuve dans les _Dlices de la campagne_, ouvrage
-de Nicolas de Bonnefons, valet de chambre du Roi dont de la 1re dition
-est, je crois, de 1653, et dans lequel on lit (p. 250 de la 5e d. de
-1673, article de l'_Instruction pour les festins_): Les assiettes des
-convis seront creuses aussi afin que l'on puisse se prsenter du potage
-et s'en servir soi-mme ce que chacun en dsirera manger, _sans
-prendre cuillere cuillere dans le plat, cause du dgoust que l'on
-peut avoir les uns des autres de la cueilliere qui au sortir de la
-bouche puisera dans le plat sans l'essuer auparavant_. Il me parot
-bien rsulter de l'instruction donne en cet endroit par l'auteur sur
-l'utilit des assiettes creuses, qu'alors cet usage toit encore bien
-nouveau. (Voir pour plus de dtails la note 374 du _Palais Mazarin_, par
-M. le comte de Laborde.) Cela tant, il n'est gure possible de supposer
-qu'au XIVe sicle on servt une cuelle ou assiette creuse chaque
-convive personnellement. Cependant, nous verrons plus loin, (article du
-_Houssebarre de chair_) l'auteur conseiller de mettre ordinairement deux
-_lesches_ ou languettes de chair _dans chaque cuelle_, mais quand on a
-_plus de convives et moins de chair_, de servir le brouet seul dans des
-cuelles, et dans un plat _cinq lesches_ pour _quatre_ personnes. Il
-sembleroit positif, d'aprs ce passage, que deux lesches dans chaque
-cuelle toient un service plus abondant que cinq _lesches_ pour quatre
-personnes, et que par consquent une cuelle de deux lesches toit pour
-une seule personne en temps ordinaire. (Voir en outre p. 114, n. 3.) Il
-m'est impossible de faire concorder ces deux passages du _Mnagier_, et
-je les livre l'examen clair de mes lecteurs.
-
-[704] Dans des plats couverts, servis seulement pour lui, comme c'toit
-l'usage pour le roi, les ducs, etc.
-
-[705] La quarte contenoit deux pintes et la pinte deux chopines; il y
-avoit donc seize convives. Voy. p. 107, note 3.
-
-[706] Mot que je ne comprends pas.
-
-[707] L'abbaye de Lagny avoit droit de pche dans la Marne.
-
-[708] Une pour chaque convive?
-
-[709] L'auteur veut dire que c'est trop de deux quartes d'hypocras,
-comme il a dit plus haut que c'toit trop de deux quartes de vin de
-Grenache.
-
-[710] Sorte d'oublies.
-
-[711] B. ajoute: _et le vin_.
-
-[712] L'auteur du _Trsor de sant_ conseille de n'en user qu'au fort de
-l'hiver.
-
-[713] S. e. _dire_ ou _dclarer_.
-
-[714] Var. A. C. _payera_.
-
-[715] Le prix du setier de bl, l'poque o l'auteur crivoit, varioit
-de 13 20 sols. En prenant 16 s. pour prix moyen, et en appliquant ce
-prix le rglement du prix du pain fait par Charles V en 1372, il en
-rsulte qu'un pain d'un denier de la meilleure qualit pesoit tout cuit
-six onces. Cette quantit de pain et de provisions parot bien
-considrable pour un diner de vingt cuelles (quarante personnes?), et
-un souper de dix (vingt personnes?), mais on peut supposer qu'elle
-servoit aussi un grand nombre de domestiques, de _compagnons_, etc.
-
-[716] C'toit du gros pain, et probablement bis. Voir ci-dessus, page
-38, note 2.
-
-[717] Nous avons dj vu plus haut, p. 106, _et que les seconds en
-aient_. Je ne sais s'il faut entendre par l les serviteurs ou peut-tre
-aussi des gens d'une position moins leve qui dnoient aprs les
-premiers convives.
-
-[718] Nous verrons, pages 110 et 122, que les poulaillers vendoient
-aussi de la venaison.
-
-[719] Avec du fromage dedans. Voy. p. 121.
-
-[720] Je ne trouve nulle part ce mot qui parot dsigner une espce
-d'oublies.
-
-[721] L'auteur n'a pas mis de prix aux grenades et aux oranges, sans
-doute parce que leur prix varioit. Legrand d'Aussy, I, 250, cite un
-compte du dauphin Humbert, de 1333, o il est parl d'orangers, et passe
-ensuite de l au rgne de Louis XIV. On voit par ce passage du
-_Mnagier_, que les oranges toient frquemment servies sur les tables
-parisiennes au XIVe sicle.
-
-[722] Var. B. _du teil_. On trouve dans Roquefort _teille_, grande
-terrine de bois; nous verrons dans l'Appendice, ce mot dsigner un vase
-de terre.
-
-[723] Plus loin (chapitre des _Entremets_, _Fromente_), l'auteur dit
-que ce froment mond cotoit un _blanc_ la livre chez les piciers. Je
-crois avoir eu de bonnes raisons pour fixer la valeur du blanc 5
-deniers (voir p. 86, n. 4), et en effet la livre de froment mond, au
-prix de 5 d., mettroit dj le setier au prix de 100 sols, somme assez
-suprieure au prix moyen de 16 s. du setier de bl ordinaire au XIVe
-sicle (voir p. 109), pour reprsenter les frais de mondage, le profit
-du dtaillant, etc. Le prix de 8 deniers donn ici mettroit le setier
-160 s. Au reste, cette diffrence peut s'expliquer par la qualit du
-froment mond dont on prenoit sans doute le plus beau pour un repas de
-noces, et par les variations du prix du bl.
-
-[724] L'auteur, au chapitre des _Sauces non bouillies_, nous apprend que
-le _gingembre de mesche_ avoit l'corce plus brune, toit plus mou au
-couteau, plus blanc, meilleur et plus cher que le _colombin_; et en
-effet, on voit ici qu'il cotoit 20 s. la livre et le _colombin_ 11,
-mais je n'ai rien pu trouver sur les diffrences d'origine ou d'espce
-qui causoient sans doute celle des noms de ces deux gingembres.
-
-[725] Girofle. Je crois que la _graine_ en est aussi, et que l'auteur ne
-veut pas parler ici de la graine de paradis, _cardamomon_, qui ne devoit
-pas tre vendue mle au girofle. Nous verrons souvent la graine de
-paradis dsigne sous le seul nom de _graine_.
-
-[726] Racine de _galanga_, plante des Indes orientales. L'auteur,
-chapitre des _Sauces non bouillies_, dit que le meilleur est le plus
-dur, le plus pesant, et celui dont la couleur violette est la plus vive.
-Ces mots prouvent qu'il parloit du petit _galanga_ qui vient des Indes,
-et qui est en effet rougetre, tandis que le grand, qui crot en Chine,
-est de couleur blanchtre on cendre.
-
-[727] Fleur de muscade, deuxime corce de la noix muscade ou
-_muguette_, comme on l'appeloit au temps de l'auteur. Toutes ces pices
-figurent dans les ordonnances de fvrier 1349(50) et 3 mai 1351,
-relatives des droits supports par certaines denres l'entre de
-Paris. On y voit que le poivre, le sucre, le gingembre, la cannelle, le
-ris, l'anis, le safran et le girofle venoient Paris par balles, et que
-le cubbe (employ aussi quelquefois dans la cuisine), le macis, la
-graine de paradis, le poivre long, les noix muguettes, l'espic (nard),
-le garingal, le citonal, les dattes, les pignons, etc., venoient sans
-doute par plus petites quantits, puisqu'ils sont taxs par livre (4
-deniers en 1350, et 6 en 1351).
-
-[728] C'est--dire que l'picier reprenoit les bouts raison de 2 s. 6
-d. la livre. On ne perdoit donc que 6 deniers par livre pour la faon.
-
-[729] pices, _bonbons_, servis dans le salon ou _chambre de parement_.
-
-[730] Citron confit?
-
-[731] Sucre blanc clarifi et cuit dans de l'eau de rose.
-
-[732] En comptant seulement ce qu'on brla de cire, le reste tant rendu
- l'picier.
-
-[733] Je ne sais comment l'auteur tablit son compte, puisqu'il y avoit
-vingt cuelles au dner, dix au souper, et qu'il en compte encore six au
-dner des _servans_.
-
-[734] La Pierre-au-Lait, place o l'on vendoit le lait, auroit t
-situe devant le portail de Saint-Jacques la Boucherie, et dans la
-partie de la rue des crivains situe entre celles du Petit-Crucifix et
-des Arcis, suivant M. Graud (_Paris sous Philippe le Bel_, p. 256);
-mais l'abb Vilain, auteur d'une trs-bonne histoire de Saint-Jacques la
-Boucherie, tout en reconnaissant que la grande porte de Saint-Jacques
-s'appeloit _la porte de la Pierre-au-Lait_, croit devoir, suivant les
-titres qu'il avoit consults, donner le nom de _Pierre-au-Lait_
-seulement la partie de la rue dite depuis des crivains, comprise
-entre celle du Petit-Crucifix et celle de la Vieille-Monnoie (ce qui est
-nomm _Lormerie_ sur le plan de M. Graud). Suivant le mme abb Vilain,
-la rue dite depuis de _Saint-Jacques la Boucherie_ auroit encore t
-dite de la Vannerie au XIVe sicle. Il faudroit en conclure que la rue
-Saint-Jacques, nomme dans le rle de la taille de 1292 comme attenant
-_la Pierre-au-Lait_, seroit la rue du Crucifix, dite autrefois et encore
-au XVIe sicle, rue du Porche. Voir l'abb Vilain, pages 17, 19, 58, 74,
-251, 252. L'auteur d'une nomenclature des rues de Paris par tenans et
-aboutissans, insre dans une dition de Corrozet de 1543, confirme
-compltement l'assertion de l'abb Vilain en ce qui touche la position
-de _la Pierre-au-Lait_, au moins au XVIe sicle. En effet, suivant cet
-auteur, la Pierre-au-Lait touchoit aux rues des crivains, de la
-Vieille-Monnoie, de la Savonnerie et de la Haulmerie; enfin, entre la
-rue de la Vieille-Monnoie et celle de la Savonnerie, il met: _la
-Pierre-au-Lait ainsi qu'elle se comporte_.
-
-[735] La place de Grve.
-
-[736] Voir ci-devant, p. 80.
-
-[737] Dans l'ordonnance de 1388 sur l'organisation de la maison du Roi,
-on voit figurer la panneterie, des officiers dits porte-chapes; une de
-leurs attributions toit d'acheter les bls ncessaires la
-consommation du Roi. Leur nom pouvait venir de ce qu'ils portoient le
-coffre o l'on enfermoit le pain du Roi, de _capa_, dans le sens de
-_capsa_. (Voy. Du Cange _Capiger_.) Mais ce passage du _Mnagier_
-pourroit faire croire qu'il viendroit plutt d'un instrument chapeler
-le pain qui auroit t dit _chape_ ou _chaple_; _capellare_, _capulare_,
-signifiant couper.
-
-[738] Les restes solides.
-
-[739] Il rsulte de ce passage que les convives pouvoient avoir aussi
-des restes _liquides_ ter de devant eux. Cela ne se conoit gure
-avec des cuelles communes deux personnes, et ncessairement
-renouveles avec chaque mets. Les assiettes _personnelles_ de mtal
-toient-elles donc dj en usage? (Voy. p. 105, n. 1.)
-
-[740] Var. B. _petueil_, pilon.
-
-[741] Vases placs sur la table ou sur un dressoir, et dans lesquels on
-faisoit remettre une portion des mets qu'on avoit devant soi pour tre
-ensuite donne aux pauvres. C'toit la mme pense minemment charitable
-et chrtienne qui faisoit donner aux pauvres la premire part du gteau
-des Rois, dite pour ce motif _la part de Dieu_. Les pots aumne
-toient de grande dimension, car on en voit un en argent de 12 marcs 2
-onces 1/2 pris 40 fr. d'or dans le compte d'excution de la reine
-Jeanne d'vreux en 1372 (Coll. Leber, XIX, 143), et un aussi d'argent du
-poids de 11 marcs, et pris 60 livres parisis dans l'inventaire de
-Richard Picque, archevque de Reims, mort en 1389 (Reims, 1842, in-8,
-p. 9). On voit encore dans ce mme document (p. 63), _une grande
-escuelle aumosne_, et enfin, p. 53, un dressoir pour mettre _la
-corbeille l'aumosne_. Dans l'apologie du duc de Bourgogne par Jean
-Petit (Monstrelet, d. du _Panthon_, p. 84, c. I), il est aussi parl
-d'une viande prtendue empoisonne qui fut enleve de la table du Roi et
-mise dans _la corbeille de l'aumne_. (Une telle aumne auroit t peu
-charitable, mais il est bien probable que cette histoire toit tout
-entire de l'invention de Jean sans Peur ou de Jean Petit.)
-
-[742] Pour _de_?
-
-[743] C'est l'htel de l'vque de Beauvais, soit celui que parot avoir
-possd personnellement rue de la Verrerie, le clbre Miles de Dormans,
-vque de Beauvais, mort en 1387 (Sauval, II, 109), soit plutt l'htel
-des vques de Beauvais, _rue des Billettes_, qui appartenoit leur
-vch, et que Charles, cardinal de Bourbon, vendit 30 000 livres en
-1572 (Pre Anselme, II, 303). Sauval n'a pas su o toit situ cet
-htel.--On lit dans la relation de l'ambassade de Jrme Lippomano en
-France, en 1577, que les concierges des maisons de Paris les louoient au
-jour ou au mois pendant les absences de leurs matres (_Amb. vnitiens_,
-1838, in-4, II, 609); c'toit dj l'usage au XIVe sicle, car il est
-dit plus loin que Jean Duchesne paya les 4 francs mentionns ici au
-_concierge de l'htel de Beauvais_, qui lui loua aussi des tables,
-trteaux, etc. _La chapellerie_ signifie ici les chapeaux ou couronnes
-de fleurs.
-
-[744] Il y avoit en 1385 un Jehan Duchesne attach au Chtelet,
-peut-tre en qualit d'audiencier, qui, suivant toute apparence, est le
-mme dont l'auteur du _Mnagier_ nous raconte les noces. Il est cit
-dans les registres des plaidoiries civiles du parlement de fvrier 1384
-(5). Il y est dit qu'il y avoit alors _plusieurs meschans femmes
-diffames d'estre maq......es_, et que le prvt de Paris avoit ordonn
-qu'elles fussent enfermes au Chtelet. Un jour, une femme nomme
-Perrette Potarde (femme de J. Potard, chevaucheur de la reine Blanche),
-_petitement renomme_, passoit par la rue Simon-le-Franc. L toient
-Martin Double, avocat du roi au Chtelet, Jehan du Chesne et plusieurs
-autres, qui affirmrent un sergent qu'elle toit du mtier proscrit
-par le prvt. Quelque temps aprs, elle vint au Chtelet, _en bas en
-l'auditoire des audienciers_; Jehan du Chesne l'ayant aperue, la montra
-du doigt Jehan Soudant examinateur au Chtelet, _si comme il voulsist
-dire: C'est elle, prenez-la_. Soudant l'ayant fait arrter par un
-sergent, on la conduisoit dans les prisons du Chtelet, lorsqu'en
-arrivant au guichet elle cria qu'elle en appeloit, mais Martin Double
-passant l, dit au sergent: _Boutez hardiment puisqu'elle est si prs_.
-Perrette plaidoit contre Soudant et le sergent, et les accusoit de
-l'avoir sacrifie aux haines de Jean du Chesne et autres; en effet,
-Soudant fut condamn 40 liv. de dommages et 60 liv. d'amende.
-
-[745] S. e. _renfermes_.
-
-[746] Passage bien curieux pour l'histoire du service de table. Il y
-avoit, outre le dressoir de salle o toit la vaisselle, le vin, etc.,
-un dressoir de cuisine o l'on dressoit les plats, et d'o ils toient
-apports sur la table. Voir sur ce second dressoir, la p. 115, et
-l'apologie du duc de Bourgogne dj cite, p. 115, note 2.
-
-[747] Var. C. _servans_.
-
-[748] Var. B. _laver_.
-
-[749] Pour faire asseoir, pour placer les convives.
-
-[750] Marchande de couronnes de fleurs.
-
-[751] Repas ou fte donne (quelquefois rendue par les parents des
-maris) le lendemain des noces ou quelques jours aprs. On disoit en
-Normandie _Racroc de noces_ (Voy. du Cange au mot _Receptum_) et
-Troyes _Regaust_. (Parl. Criminel, XI, 5 dc. 1384.) Voy. sur le
-_regard_, pages 122 et 123.
-
-[752] On sait qu'autrefois le lit nuptial toit bni; on voit mme dans
-une miniature du _Chevalereux comte d'Artois_, reproduite dans l'dition
-curieuse qu'a donne M. Barrois de ce joli roman (p. 27), un prtre
-bnissant le lit dans lequel le comte d'Artois et sa nouvelle pouse
-sont dj couchs.
-
-[753] Tresser, natter. Mais que tressoit-on, et pourquoi est-ce une
-lavandire?
-
-[754] Nous verrons plus loin (chapitre des _Menues choses_) ce
-Hautecourt nomm _maistre Jehan de Hautecourt_. Il me parot bien que
-c'est le mme qui transigea, le 3 juin 1385, avec l'abbesse d'Hyres,
-sur un procs que l'abbesse lui avoit intent (elle concluoit contre
-lui, en janvier 1384 (5), 1 000 fr. d'amende pour elle et 2 000 pour
-le Roi, etc., _Plaid. civ._). Sire Jean de Fleury, dernier prvt des
-marchands en 1382, le fameux trsorier Bernard de Montlhry cit dans
-_Christine de Pisan_, et Jehan de Longueil, conseiller au parlement,
-toient ses amis; il y a donc lieu de croire qu'il toit dans une
-position assez leve pour pouvoir faire une noce aussi dispendieuse que
-celle dont nous avons ici le menu. Quant sa qualit de _clerc_ qui
-ressort de la pice suivante (_Colin Morant pour ce qu'il est lay_),
-elle ne doit pas empcher de croire qu'il ait pu se marier, rien n'tant
- cette poque plus frquent que de voir des gens maris, exerant toute
-espce de profession, et revtus cependant de la qualit religieuse de
-clerc, qui les mettait l'abri de beaucoup d'ventualits fcheuses.
-
-Il est dit dans cet accord que matre Jehan de Hautecourt et ses consors
-iront le jour de la fte saint Pierre et saint Paul (29 juin) en
-l'abbaye d'Hyres, vers madame l'abbesse ayant en sa compagnie autant de
-ses religieuses qu'elle voudra et M. de Folleville (conseiller au
-parlement, devenu en 1389 prvt de Paris), matre Jean de Fontaines et
-matre Raoul Drobille (son procureur); alors, continue l'accord,
-maistre Jehan et ses consors salueront et feront la rvrence ladite
-Madame l'abbesse si comme son estat appartient, et oultre ledit
-maistre Jehan dira pour lui, Aymery Comte, Odinet de Sens, Herlin des
-Mares et Colin Morant, teles paroles:
-
-Madame, vous avez fait proposer contre nous en parlement comment nous
-venismes en l'esglise de cans, arms et garnis d'espes, de taloches et
-de longs cousteaux, environ demie lieue de nuit, et entrasmes en l'ostel
-du Four, tenant nos bastons et espes toutes nues, et je, Jehan de
-Hautecourt, demandoie o estoient Colin le Barbier et Jehannin Poitrine
-qui avoient batu mon varlet, et que se je les trouvoie, jamais ils ne
-mengeroient de pain: et que je feroie pendre ledit Colin le Barbier, et
-que vous, Madame, ne teniez avec vous que larrons et murtriers: et
-cerchasmes ledit hostel du Four, et frappasmes nos espes et cousteaux
-dedans les liz pour savoir se lesdis Colin le Barbier et Jehan Poitrine
-y estoient mucis. _Item_, que par la court de cans et jusques la
-chambre de vous, Madame, nous chassasmes lesdis Colin le Barbier et
-Jehan Poitrine, en criant aprs eulx: _A mort! mort!_ Et que ledit
-Poitrine moy, et par espcial Perrenelle de Machaut, pour cuider
-appaisier la noise en disant que lesdites dames, leurs familiers et
-esglise, estoient en la sauve-garde du Roy et que je me gardasse de
-meffaire eulx, que je deubs respondre que aussi estoie-je en la
-sauve-garde du Roy, et que de vous, Madame, je ne tenoie compte, ne
-desdites dames, ne leurs amis, et que vous en feissiez du mieulx que
-vous pouriez, et que se je tenoie lesdis Colin et Poitrine, que je les
-tueroie. Et pour ce avez fait conclure contre nous en amende honnorable
-et prouffitable. Madame, nous crons bien que vous avez est informe
-contre nous, et pour ce vous estes tenue malcontente de nous. Et en
-vrit, Madame, onques jour de nos vies nous ne fusmes en l'esglise de
-cans pour vous ne vos gens injurier en fait ne en parole, ne ne
-vourrions faire en aucune manire, ainois nous vourrions et avons
-tousjours voulu faire nos povoirs service et plaisir, et se par aucune
-manire vous nous avez sceu aucun mal gr et par ce avons est hors de
-vostre bonne grce, nous vous supplions qu'il vous plaise le nous
-pardonner.
-
-Et aprs ces choses ainsi dictes, ladicte Madame respondra teles
-paroles ou en substance:
-
-Maistre Jehan, nous avons est inform des choses dessusdictes
-souffisamment, si comme il nous a sembl, et pour ce les avons-nous fait
-proposer contre vous en parlement pour garder le droit de nous et de
-nostre Esglise, mais nonobstant ce, pour l'amour de sire Jehan de Ruel,
-sire Jehan de Fleury, Bernart de Montleheri et de maistre Jehan de
-Longueil, vos amis, qui nous en ont escript et requis, et pour ce aussi
-que vous vous en excusez nous, nous le vous pardonnons.
-
-_Item_, cedit jour et heure, Colin Morant pour ce qu'il est lay, aprs
-ces choses, le chapperon aval et un genoul terre, dira Madame en
-substance les paroles dessus dites en tant qu'il touche l'accusation de
-Madame l'abbesse et du procureur du Roy et aussi son excusation, et puis
-dira:
-
-Madame, se en aucune manire je vous ai meffait ne mesdit s choses
-dessus dictes, je le vous amende vostre pure volent.
-
-En ploiant son gaige (_celui qui faisoit amende honorable plioit une
-baguette que lui remettoit l'huissier_): laquelle amende elle recevra et
-puis dira:
-
-Pour l'amour de sire Jehan de Rueil, sire Jehan de Fleury, Bernart de
-Montleheri et maistre Jehan de Longueil qui m'en ont escript et requis,
-je te quitte l'amende.fu attains et fru d'un estoc ou cost sang, et
- plaie ouverte d'une espe. _Item_, pour ce que les dames de cans
-furent moult effres et vindrent
-
-[755] Ligne laisse en blanc dans les manuscrits.
-
-[756] Var. B. _joziers_. _Jugier_ est meilleur.
-
-[757] Du Cange cite, au mot _Manus_, un compte de 1334 imprim parmi les
-preuves de l'_Histoire de Nmes_, dans lequel on voit deux massepains,
-l'un de _manu-christi_, et l'autre de _confiegs_. Il semble que ces mots
-doivent dsigner un fruit ou une amande, mais je n'ai pu dcouvrir
-lequel.
-
-[758] Var. A. _quatre_.
-
-[759] Les deux nouveaux maris.--Il est si bien probable qu'alors on
-gardoit toute sa vie le deuil de son conjoint.--Les reines portoient
-ainsi tout le reste de leur vie le deuil du roi auquel elles
-survivoient, et elles le portoient en blanc. On les appeloit alors, pour
-les distinguer de la nouvelle reine, _reines blanches_: de l tant de
-maisons dites _de la reine Blanche_.
-
-[760] Et autres prsens qu'on leur faisoit pendant le repas.
-
-[761] Ce mot doit conserver ici la mme signification que ci-dessus,
-pages 118 et 122; l'auteur veut sans doute dire que pour ce prix ils
-joueront aussi le jour du regard.
-
-[762] Si ce mot ne dsigne pas nos _acrobates_ d'aujourd'hui (les
-mntriers toient aussi danseurs de corde; voir une citation d'Albric
-de Trois-Fontaines l'anne 1237, dans Du Cange, au mot _Ministellus_),
-il signifie soit histrions, soit farces ou rcits plaisans. Voy. Du
-Cange aux mots _Acroama_ et _Acroamata_.
-
-[763] Fleur de farine.
-
-[764] Voir ci-dessus, p. 88.
-
-[765] Au contraire.
-
-[766] Au IVe article, ci-dessus, p. 111, mais ce n'est qu'une
-nomenclature incomplte.
-
-[767] J'cris ainsi ce mot caus des deux _l_. Peut-tre _entrecercle_
-est-il le vrai nom.
-
-[768] changer le linge c'est le mettre dans l'eau et le tordre avant de
-le mettre la lessive.
-
-[769] L'humidit.
-
-[770] Var. B. _estandre_.
-
-[771] Pouliot, herbe odorifrante.
-
-[772] Cueillis.
-
-[773] Boyau.
-
-[774] Oie.
-
-[775] On demande.
-
-[776] Temps de Pques.
-
-[777] De l le proverbe: _vilain comme lard jaune_.
-
-[778] Ratisser, gratter.
-
-[779] Par; mais plutt faute, pour _dcol_.
-
-[780] Cette phrase est videmment dfectueuse. Il semble que l'auteur
-veuille dire qu'il y a _la fresure_, puis _le sain_, _la haste-menue_ et
-_le chaudun_.
-
-[781] Sans doute deux blancs parisis.--Il y a eu une monnoie d'argent
-dite _parisis_, mais, suivant Le Blanc, elle n'a t en usage que sous
-Philippe de Valois, et elle avoit d'ailleurs trop de valeur pour que les
-issues du mouton aient pu valoir deux de ces pices.
-
-[782] Cependant l'auteur distingue plus haut la panse de la fraise.
-
-[783] _On demande_, mais l'auteur n'en savoit pas la raison.
-
-[784] Il parot manquer ici quelque mots comme: _avec de l'eau et_....
-Cette recette est rpte plus loin (chap. des _potages espices_).
-Voir sur ce sujet le _Trsor de Vnerie_, p. 62, et note 56.
-
-[785] Mieux _cimier_, c'est la croupe ou quoier (de queue) du cerf;
-l'auteur en parle encore plus loin.
-
-[786] On trouve dans les _Dlices de la campagne_ (voir pag. 105),
-quelques dtails sur les diffrentes parties des boeufs, mais l'auteur
-crivant pour des lecteurs qui connoissoient les noms qu'il emploie, ne
-dfinit pas nettement ces noms, et on ne peut tirer de ses paroles que
-des inductions.
-
-La manire de distribuer la chair des boeufs est compltement change
-aujourd'hui, et il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de
-donner exactement les noms actuels et la dfinition des diverses parties
-que nomme ici l'auteur du _Mnagier_. Voici cependant le trs-foible
-rsultat de renseignemens soigneusement recueillis sur ce sujet.
-
-On appelle aujourd'hui _flanchet_ la membrane qui retient les intestins,
-le bas-ventre, et il semble que ce mot n'a jamais pu dsigner en effet
-qu'une partie situe sur les flancs de l'animal. Cependant, plus haut,
-l'auteur place le flanchet au quartier de devant d'un mouton. Le
-Dictionnaire de Trvoux dfinit le flanchet _partie qu'on coupe au
-bas-bout du boeuf, vers les cuisses, et qui fait partie de la surlonge_.
-
-La _surlonge_, ncessairement diffrente de ce qui porte aujourd'hui ce
-nom (chair des dernires basses ctes qui se trouve sous l'paule aprs
-qu'elle est leve), doit tre l'extrmit de la longe, c'est--dire une
-partie de la culotte (_Dlices de la campagne_, p. 193).
-
-La longe, valant le double de la surlonge (pages 86, 87), comprenoit les
-aloyaux et le filet. Les Anglois ont conserv le mot _loin_ pour
-dsigner le filet.
-
-Dom Carpentier pense que nomblet, _numbile_, dsigne la _longe_,
-_l'eschine_. Mais ce passage du _Mnagier_ prouve que cette opinion est
-errone, puisque l'auteur distingue le nomblet de la longe, et qu'on ne
-peut supposer qu' aucune poque la partie du boeuf dite aujourd'hui le
-filet ait t le profit de l'corcheur et _de petite valeur_. Faisant
-ensuite allusion la dfinition des veneurs, Dom Carpentier exprime
-l'ide que le mot nomblet, s'il ne signifie pas la longe, pourroit venir
-d'_umbilicus_, nombril, raison de l'endroit o le nombls est lev.
-Des anciens veneurs, l'auteur anonyme du _Roi Modus_, qui a t copi en
-cet endroit par Phbus, est le plus explicite. Les nombls sont, suivant
-lui, _une char et une gresse avec les rognons, qui est par dedens,
-endroit les longes, prs des deux cuisses_. Cette dfinition, de mme
-que les expressions de l'auteur du _Mnagier_, concordent avec la
-position et la nature du morceau dit aujourd'hui _onglet_, peut-tre par
-corruption de _nomblet_, dans la boucherie de Paris: c'est un morceau de
-viande de douze quinze pouces de long (l'auteur donne la dimension de
-la longueur du morceau de viande qui forme l'onglet, mais quand il dit
-qu'il touche d'un bout au _col_ et de l'autre au rognon, il joint
-videmment l'onglet la membrane dite la _hampe_, car il est
-physiquement impossible qu'il n'y ait qu'un pied de distance entre le
-cou et le rognon d'un boeuf) qui forme l'extrmit de la _hampe_ ou
-membrane qui spare le foie et la rate d'avec la panse et les intestins.
-L'onglet touche en effet la graisse qui enveloppe le rognon, et la
-hampe, continuation nerveuse de l'onglet, va se rattacher, non pas au
-cou, mais la poitrine. Les ctes de l'animal commencent la hauteur
-de l'onglet.
-
-[787] Ce mot n'est que dans le Ms. C, mais est cependant ncessaire au
-sens.
-
-[788] Var. A et C, _au dessus_.
-
-[789] A la Porte-Paris, la grande boucherie.
-
-[790] La taille sur laquelle chaque bourgeois faisoit marquer la viande
-qu'il prenoit, sans la payer chaque jour. Voy. ci-dessus, page 88. Je
-pense que c'est ainsi qu'on doit entendre ce passage, plutt que de
-croire qu'il s'agit ici d'une taille (impt) leve sur la viande.
-
-[791] A cause du plus grand nombre de pices et de l'augmentation de
-leur volume rsultant de la plus forte dimension de l'animal. Il semble
-rsulter de ce passage qu'on vendoit la viande au morceau et non au
-poids.
-
-[792] L'estomac.
-
-[793] Second estomac.
-
-[794] Le poumon.
-
-[795] 30 novembre.
-
-[796] Peau.
-
-[797] Dans le courant de cet article, _lire_ signifie _plucher_ (ici
-_cosser_) et non choisir. Nous verrons (chap. du _grav d'crevices_)
-l'auteur dire d'_lire_ des crevices; _comme si l'on vouloit les
-manger_.
-
-[798] Les Mss. ajoutent _et d'eaue de fontaine_; peut-tre faudroit-il
-lire _et d'eaue de rivire_.
-
-[799] Bans, crevs? Nous verrons plus loin les fves _bayennes_.
-
-[800] Purer signifie, dans cette partie du _Mnagier_, goutter, sparer
-le liquide du solide, et la pure est la partie liquide. (Voy. p. 137,
-n. 4, et p. 139.)
-
-[801] Cuis part, comme le lard aux jours de chair.
-
-[802] Supplez, _ainsi_.
-
-[803] Coups par tranches (morceaux minces).
-
-[804] Baleine sale; voir le chapitre des _poissons de mer ronds_.
-
-[805] Bluteau, grand tamis long compos de plusieurs cercles.
-
-[806] Tamis d'toffe claire.
-
-[807] Sas, tamis de crin.
-
-[808] Dans la pure.
-
-[809] Tartines de pain.
-
-[810] Voy. le _civ d'huitres_ au chapitre _des Potages lians sans
-chair_.
-
-[811] Cette phrase, qui se trouve dj p. 88, l. 5, parot place ici
-par une erreur commune aux trois manuscrits.
-
-[812] Var. B. _alaiez_, dlayez. La pure toit videmment trs-claire
-et une sorte de bouillon de lgumes.
-
-[813] Les manuscrits rptent ici les 1 et 2, p. 88, et 7, p. 87.
-
-[814] Jusqu' ce qu'elles soient creves? (bantes). Voy. p. 135, n. 1.
-
-[815] Chaque plat?
-
-[816] On voit page 142 que l'auteur appelle ainsi la runion de
-plusieurs lardons fondans dans la pole.
-
-[817] D'pices. Sans doute poudre fine.
-
-[818] Tout le temps de l'anne qui n'est pas le carme.
-
-[819] Donn, avec quelques notables diffrences cependant, sous le titre
-de _Pore de cresson_, dans le manuscrit de Taillevent conserv la
-Bibliothque Mazarine.
-
-[820] Supplez _est_.
-
-[821] Ces quatre mots pourroient s'appliquer aux pinards. Il faudroit,
-dans ce cas, supprimer l'alina.
-
-[822] Voy. pages 48 et 143.
-
-[823] Dlayer.
-
-[824] On sait que l'anne commenoit alors Pques. Les annes 1392,
-1393 et 1394, dans lesquelles on peut fixer l'poque de la composition
-du _Mnagier_ (ainsi que je crois l'avoir dmontr dans l'Introduction),
-commencrent toutes trois en Avril.
-
-[825] Les trois manuscrits portent _nomms_; je crois qu'il faut lire
-_pomms_ ou _pommes_.
-
-[826] Temps de Pques.
-
-[827] Dchirer par pices.
-
-[828] Cotons.
-
-[829] crass.
-
-[830] _Et_ parot tre de trop.
-
-[831] Gruau. Var. A, _grumiau_.
-
-[832] Ces mots ne sont que dans le Ms. C.
-
-[833] Foulque, oiseau de rivire.
-
-[834] Gsiers. Var. mauvaise de B. _josiers_.
-
-[835] On trouve la mme recette (_gramouse_), sauf plusieurs mots omis,
-dans _le Grand cuisinier de toutes cuisines_, Paris, Ve Jn Bonfons,
-in-16, s. d., f 28. (Voir l'Introduction.)
-
-[836] Var. B. _fait_.
-
-[837] _Gr. Cuis._, f 28 v, identique.
-
-[838] Peut-tre dans la partie maigre du bouillon, dans _du bouillon
-dgraiss_, par opposition avec l'eau grasse dont l'auteur va parler.
-
-[839] A bas, hors du feu.
-
-[840] Var. A. C. _onde_. (Jeter un bouillon.)
-
-[841] La traduction en vers explique suffisamment le commencement de cet
-aphorisme culinaire. _Lazarus_ (ladre) parot rpondre _teigneux_;
-_Martinus_ signifie dur, obstin (_rebelle_) par allusion Martin
-Grosia, professeur de droit Bologne au XIIe sicle, dont la duret et
-l'enttement toient passs en proverbe au dire du cardinal Baronius,
-cit par Du Cange au mot _Martinus_. Il semble donc que _respondens
-pontifici_ soit traduit par _pesant_. Est-ce par allusion la
-solennit, la _gravit_ pontificale? Christine de Pisan a employ le
-mot _pontifical_ dans le sens de solennel en parlant du duc d'Anjou.
-(_Hault et pontifical en son maintien._ Voy. Du Cange _Pontifex_.)
-
-[842] Boeuf.
-
-[843] Cotte, vtement, ici _enveloppe_, extrieur.
-
-[844] Supplez _in_.
-
-[845] Ainsi, pour le dedans (_ce qui est dedans_). L'auteur, d'aprs le
-mme principe, dit plus loin (_lamproie l'touffe_): _ce_ dessus
-dessous.
-
-[846] _G. C._, 9 v.--On trouve une recette presque identique dans le
-manuscrit de Taillevent conserv la Bibliothque royale. (Celles du
-Taillevent de la B. Maz. et l'imprim diffrent).
-
-[847] Supplez: _de mouton_. _G. C._, 21.
-
-[848] A la mode d'Ausoerre (d'Auxerre)? ou faut-il lire _au soerre_, au
-soir ( souper)?
-
-[849] _G. C._, 31 v.
-
-[850] _G. C._, _ib._, quelques diffrences.
-
-[851] Morceau de la cuisse.
-
-[852] _G. C._, 31 v, quelques diffrences.
-
-[853] Rp.
-
-[854] _G. C._, 5.
-
-[855] L'auteur du _Grand Cuisinier_ a remplac ce mot (article du
-blanc-manger de chapon, feuillet 9 v) par _foie_; et, en effet, cette
-interprtation pourroit convenir aux passages du _Mnagier_ o se
-rencontre le mot _braon_. Roquefort l'explique par _gras des fesses_,
-mais on voit que ce ne peut tre la signification de ce mot. Dans
-l'exemple cit par Roquefort, il s'agit d'un cerf que les chiens
-tiennent aux nerfs et aux _braons_. Je crois que dans cet exemple
-_braon_ est synonyme de _daintiers_, et par suite que le mot _braon_
-signifie _intestins_ en gnral.
-
-[856] _Pain_ dans le _G. C._ qui donne cette recette (feuillet 1 v);
-mais _grain_ est rpt plusieurs fois dans le _Mnagier_ pour dsigner
-la partie solide d'un mets compos de solide et de liquide.
-
-[857] Que ce soit chapon ou veau aux herbes, il n'y faut que lard et
-safran.
-
-[858] _G. C._, 11 v.
-
-[859] Sans les mettre dans l'eau chaude, comme on faisoit le plus
-souvent et comme on le fait encore en Orient.
-
-[860] Dans la pole encore vide, sans beurre ou autre graisse mise
-pralablement?
-
-[861] _G. C._, 28, dit _graine_ d'oisels. Cependant j'cris grav,
-parce que ce mot est ainsi dans le Ms. B o les _u_ (ou _v_) sont bien
-distincts des _n_ dans les mots crits en gros caractres, et je mets un
-accent sur l'_e_ parce que ce mot tant du masculin (voy. les menus VI
-et XII, etc., o il est dit _un_ grav), il semble qu'on devoit plutt
-dire un grav__ qu'un grav_e_.
-
-[862] On devoit prononcer ainsi, car on lit _seme_ dans Taillevent
-imprim.
-
-[863] Dlayes, mouilles.
-
-[864] Je crois que cette phrase signifie que la tuille d'crevisses se
-fait comme le grav, sauf qu'on met dessus les cailles, ou sauf qu'elle
-est dresse de manire reprsenter des cailles d'crevisse.
-
-[865] Var. de B, que je crois mauvaise, _broyer_. Il me semble que c'est
-une recette aphrodisiaque.
-
-[866] Nuque.
-
-[867] Couleur feuille-morte.
-
-[868] Du bouillon des lapins.
-
-[869] Observation de l'auteur. Voy. p. 162.
-
-[870] Mot de trop.
-
-[871] Seulement.
-
-[872] _G. C._, 17 v.--Presque pareil mais abrg dans Taillevent
-imprim, feuille D 4 v.
-
-[873] Voy. ci-devant p. 150, note 4.
-
-[874] La partie du lard qui ne fond pas la pole et se grille: les
-_grsillons_. Var. A, _les champs_.
-
-[875] Partie solide du mets. Voy. 150, n. 1.
-
-[876] Var. B, _sang_.
-
-[877] Cdre rouge.
-
-[878] Bois. C'est sans doute ce cdre que l'auteur a appel ci-dessus
-_alixandre_ et qui donnoit la couleur au _ros_.
-
-[879] Faon, trs-jeune cerf.
-
-[880] Voy. ci-devant, p. 129.
-
-[881] Sausse ainsi nomme.
-
-[882] Faute. Ce doit tre deux lches ou morceaux.
-
-[883] Et ainsi on le mange au got d'ours. Voy. ci-aprs, p. 179.
-
-[884] Ce mot parot tre de trop d'aprs la fin de ce paragraphe.
-
-[885] _G. C._, 17 v. Voy. p. 158, 4.
-
-[886] Le 25.
-
-[887] On disoit autrefois: _My-Mai, my-teste: my-Juin, my-graisse.--A la
-Magdeleine, venaison pleine._
-
-[888] 3 mai; c'est de ce jour que tous les anciens auteurs font
-commencer la saison de chasser le cerf.
-
-[889] Le nom toit ds lors _daintiers_, et _deytis_ a toujours t une
-faute.
-
-[890] Chair place entre le cou et les paules.
-
-[891] Veine du coeur.--Ces diffrentes parties du cerf constituoient les
-menus droits ou morceaux recherchs, rservs au seigneur qui les
-mangeoit souvent aprs la chasse mme.
-
-[892] Voir ci-dessus, p. 131. Les _lards_ sont la longe.
-
-[893] Aprs la cure, deux veneurs placs une certaine distance, et
-ayant chacun une portion des entrailles du cerf, appeloient
-successivement les chiens en criant, en _huant_, et leur donnoient
-manger ces entrailles. Cette opration, dite le _hu_ ou _fort-hu_, avoit
-pour but d'accoutumer les chiens revenir promptement et en toute
-circonstance la voix des veneurs. Voir sur le _hu_, l'art de dfaire
-un cerf, les noms de ses diffrentes parties et les droits des veneurs
-aux XIIIe et XIVe sicles, _la chace dou cerf_, 1840, in-8, p. 23, et
-le glossaire, _Modus et ratio_, 1839, in-8, feuillet 22 et suiv.; et le
-_Tresor de Venerie_, p. 53 et suiv., et note 51.
-
-[894] Var. A, _tardis_.
-
-[895] Mme recette que celle du _chevrel_, p. 155.
-
-[896] Jusqu' ce qu'ils soient crass et rduits en pte force de
-cuire.
-
-[897] Otez-les de l'eau. Voy. p. 135, n. 2.
-
-[898] On voit que cet usage n'est pas nouveau.
-
-[899] Verss doucement et de haut, de manire faire filer la liqueur
-verse comme on le voit du sirop, etc.
-
-[900] On voit dans Lamarre, t. II, art. _de la Triperie_, que toutes les
-tripes de la grande boucherie toient achetes en gros par des tripiers
-(appartenant six familles seulement), prpares par eux pendant la
-nuit, et vendues ds le matin de pauvres femmes qui les colportoient
-dans les rues dans des bassins de cuivre jaune. On rencontre encore
-aujourd'hui, au march des Innocens et ailleurs, des femmes qui vendent
-ainsi des tripes cuisant sur un fourneau qu'elles portent sur un
-ventaire.
-
-[901] Cumin, crit encore _comin_ dans le dictionnaire de Nicot. C'est
-cette plante qui donnoit le nom de _comine_ au plat.
-
-[902] Ces deux alinas sont des observations critiques de l'auteur sur
-des recettes qu'il copioit.--Nous avons dj vu et nous verrons encore
-souvent de semblables rflexions.
-
-[903] Des amandes broyes.
-
-[904] Var. B, _hourdouil_.
-
-[905] Griller, scher, de _sor_.
-
-[906] _G. C._, 29.
-
-[907] Remplac par _rouelle de beuf_ dans le _G. C._, f. 29, o cette
-recette se trouve, mais avec des fautes.
-
-[908] _G. C._, 1 v., fautif.
-
-[909] crit Georget dans le _G. C._, f. 2 (incomplet), et Taillevent
-imprim. Taillevent fait deux articles distincts de ces deux brouets.
-
-[910] Gril.
-
-[911] Voir ci-dessus, p. 148. Il est probable que ce potage tait
-sursem de persil, comme les courges l'toient de safran.
-
-[912] _G. C._, 2.
-
-[913] Ces deux mots ne sont pas dans la mme recette donne par le _G.
-C._, f. 29, et, en effet, leur prsence rend inutile l'observation qui
-suit: _Brune_, etc.
-
-[914] Voy. p. 149, n. 7. Var. A (ici seulement), _bracon_.
-
-[915] Taillevent manuscrit dit cependant aussi que ce brouet doit tre
-_sur le jaune_, et l'imprim ordonne le safran pour lui _donner couleur_
-(a. IV, v).
-
-[916] _G. C._, f. 2 v, presque identique Taillevent manuscrit.
-
-[917] Le _G. C._, qui donne cette recette (f. 2 v), la termine ainsi:
-Nota _le persil fait le brouet vert et le saffren le fait jaune, par
-quoy il est de mauvaise couleur_.
-
-[918] A petit jet, petit filet.
-
-[919] Var. A, _puis ostez et le drciez et gettez_, etc.
-
-[920] _G. C._, 3 (fautes).
-
-[921] Le Taillevent, manuscrit (Mazarine), qui donne aussi une recette
-pour ce brouet, dit de plus de _le passer par la verdure pour estre
-vergay_. Ce potage devoit donc son nom sa couleur _verd-gaie_.
-
-[922] Dans un linge.
-
-[923] _Sic_ peut-tre pour _fait_.
-
-[924] Sup. _pour_.
-
-[925] Du Cange explique _carcasium_, _carcosium_, par _cadaver_,
-_intestinum_. Ici le mot _carquois_ signifie videmment le haut du corps
-de l'crevisse, _la carcasse_. Nous le retrouverons encore deux fois
-dans le cours de cet ouvrage, comme signifiant srement une fois _la
-carcasse_, le corps du poulet, dont on a enlev les membres et _la
-chair_, et une autre fois (_Trait de l'pervier_) le mme corps spar
-seulement des membres.
-
-[926] Ce qui est _laiss_, ce qui reste dans l'tamine.
-
-[927] Peut-tre faudroit-il crire et prononoit-on Houss__barr__:
-brouet _houss_ (voy. ci-devant p. 163), et _barr_, travers par
-_lesches_ ou languettes de chair. Cependant il n'est pas parl de persil
-dans la recette de ce plat, et l'auteur nous dit qu'on ne disoit
-_houss_ que d'un plat sursem de persil. (Voir p. 164.)
-
-[928] Voy. p. 106.
-
-[929] Une once.
-
-[930] _G. C._, 5.
-
-[931] _Id est?_ c'est--dire.
-
-[932] D'aprs les nombreux passages du _Viandier_, o ce mot est
-employ, et surtout d'aprs celui-ci, je crois qu'il signifie:
-dpouiller l'anguille de sa peau (peut-tre en l'exposant la vapeur de
-l'eau, en _l'tuvant_). L'diteur du _Grand Cuisinier_, qui a reproduit
-plusieurs recettes o se trouve ce mot, ne parot pas l'avoir compris:
-tantt il le supprime, tantt il le remplace par _chauder_ ou
-_entamer_. _chauder_ remplace galement _estauver_ dans la recette de
-la _soringue d'anguilles_, donne par Taillevent. (Voir ci-aprs, p.
-173.) Cependant, d'aprs l'article des lamproies que nous verrons plus
-loin, il est impossible de croire que ce mot soit tout fait synonyme
-d'chauder.
-
-[933] _G. C._, f. 51 v.
-
-[934] Il manque peut-tre ici: _et defaites de vin et_. Ces mots sont en
-cet endroit de la mme recette donne f. 51 v du _G. C._
-
-[935] Il manque sans doute ici: _Pochez oeufs en huile_.
-
-[936] En dernier lieu.
-
-[937] Taillevent manuscrit (Bibl. royale) donne une recette presque
-identique de ce plat.
-
-[938] Var. B, _refrisiez_.
-
-[939] Le?
-
-[940] Var. A, _pure_.
-
-[941] Var. B, _puis_.
-
-[942] Voy. p. 193, n. 3.
-
-[943] Peut-tre faut-il transporter le point aprs _pochs_ et supposer
-que ce mot, qui parot ncessaire l'intitul de la recette, toit
-rpt dans l'original. La recette du mme plat (presque identique)
-commence ainsi dans le Taillevent manuscrit (Bib. Mazarine). L'diteur
-du _Gr. Cuis._ qui donne cette mme recette (f. 50 v), l'intitule _Civ
-d'oeufs pochs l'huile_ et commence par ces mots: _Prens des oeufs et
-les fris en bonne huile_.--Voir ci-aprs au chapitre des _sauces_
-bouillies.
-
-[944] Var. B, _eslire_.
-
-[945] _Lians de chair_, p. 159.
-
-[946] Je ne comprends pas ce mot.
-
-[947] Otez-le du feu.
-
-[948] Le Taillevent manuscrit (Bib. royale), qui donne cette recette,
-ajoute ici ces mots qui paroissent omis dans les manuscrits du
-_Mnagier_: _Puis le remettez sur le feu et un pou de saffran et mettez
-boullir tant_, etc.
-
-[949] S. e. de farine (voir ci-aprs chap. des _Crpes_).
-
-[950] Remue.
-
-[951] Cette recette s'arrte ici dans le _G. C._, f. 15.
-
-[952] Jeune porc.
-
-[953] Redoublement du mot tuer qui prcde, _acorer_ ou _acourer_
-signifiant percer ou ter le coeur. Voy. Du Cange, au mot _Acorarius_. Le
-mot _dcor_ que j'ai cru (p. 128, n. 1) une faute pour _dcol_, doit
-avoir la mme racine.
-
-[954] _G. C._, 16. Rptition du 3 de la page 88.
-
-[955] Avoit coutume, _solebat_.--_G. C._, 15 v.
-
-[956] _G. C_., 15 v.
-
-[957] Voir ci-devant, p. 158.
-
-[958] Mariner?
-
-[959] Le _G. C._, qui donne cette recette, mais avec beaucoup de fautes,
-la termine en ajoutant aprs ces mots: _et le fait-on lyant de pain_.
-Voy. p. 155.
-
-[960] Il semble qu'il s'agit l d'une queue de sanglier vritable
-donnant au mets une saveur trs-prononce, et non plus de la sausse du
-mme nom, comme j'avois cru devoir l'interprter, p. 155, n. 3,
-l'occasion d'une recette analogue de ce mme plat.
-
-[961] Var., Ms. C, _char ou grain_. Voy. p. 150, n. 1.--_G. C._, 16.
-
-[962] Diminuer, perdre de leur graisse.
-
-[963] Ici l'auteur rpte dans les mmes termes ce qu'il a dit page 88,
-ligne dernire.
-
-[964] Ce mot se trouve dans tous les ouvrages de cuisine et d'conomie
-rurale, mais il n'est nulle part clairement expliqu. Il signifie ou de
-trs-jeunes chapons (Voir Nicot qui le traduit par _capus junior_), ou
-plutt des poulets d'un an ou un peu plus, sur le point d'tre chaponns
-(_Maison rustique_, 1570, 28 v). Le _G. C._ qui donne cette recette p.
-18, supprime les trois premiers mots: _Poucins gros comme_.
-
-[965] Voy. ci-devant p. 89--_G. C._, 18.
-
-[966] Amincie, rduite, comme le cuir se durcit et se condense par
-l'opration du tannage?
-
-[967] Rptition dans les mmes termes du 2 de la page 89.
-
-[968] Comme les oiseaux toient souvent pris par le moyen de la
-fauconnerie, ils ne paroissoient sur la table que privs des portions
-qui constituoient les _droits_ de l'oiseau chasseur. La tte de la
-perdrix et du canard, la cuisse de la grue, etc., appartenoient
-l'oiseau. Ce qui toit d'abord le rsultat des habitudes des fauconniers
-devint plus tard une rgle d'tiquette culinaire. C'est pourquoi
-l'auteur dit: _Laissez ceux_ (des oiseaux servis sur la table) _ qui
-il appartient_.--Ce qui prcde est certain pour les ttes et les pieds,
-mais je ne me rappelle pas avoir vu que les queues des oiseaux pris la
-chasse aient quelquefois t le sujet _d'un droit de fauconnerie_. Les
-seigneurs ont cependant pu se rserver la queue du hron ou d'autres
-oiseaux, mais peut-tre aussi laissoit-on la queue simplement aux
-oiseaux dont les plumes toient les plus brillantes et produisoient le
-meilleur effet sur la table.
-
-[969] Dress.
-
-[970] Voy. ci-dessus, p. 89.
-
-[971] Deux sortes, deux espces.
-
-[972] Je trouve ce mme prjug consign dans le _Thrsor de sant_,
-Lyon, 1616, in-8, p. 226. On croit qu'il vit de l'air comme l'oiseau
-de paradis, en latin _manucodiata_, qu'on nous apporte des Moluques,
-parce qu'on ne luy treuve rien du monde dans le gisier. Il ne se doit
-ventrer. _G. C._, 19.--Le premier alina est reproduit presque
-identiquement dans Taillevent manuscrit (Bibl. royale).
-
-[973] Voir ci-dessus, p. 90, lignes 6, 7, 8, 12, 13.
-
-[974] _G. C._, 14 v.
-
-[975] Je crois que ce mot signifie ici attacher la broche l'aide de
-petites brochettes retenant le rti comme les arons d'une selle
-retiennent le cavalier. Le _G. C._ qui donne cette recette, f. 19, dit
-en effet: _Aronnez de brochettes_.
-
-[976] Le _Grand Cuisinier_ donne (f. 27 v) une recette bien plus
-dtaille d'un cygne ainsi apprt. Je crois devoir la reproduire ici.
-
-Prenez un cigne, et l'appareillez et le mettez rostir tant qu'il soit
-tout cuit, puis faictes de la paste aux oeufs, aussi claire que papel, et
-la coulez dessus ledict cigne en tournant en la broche tant que la paste
-se puisse cuire dessus, et gardez qu'il n'y ait rien rompu ne aisles ne
-cuisses, et mettez le col du cigne ainsi comme s'il nageoit en eau, et
-pour le faire tenir en ce poinct, il faut mettre une brochette en la
-teste qui vienne respondre entre les deux aisles, passant tout outre,
-tant qu'elle tienne le col ferme, et une autre broche au dessouz des
-aisles, et une autre parmy les cuisses, et une autre au plus prs des
-pates et chacun pied trois pour estendre les pieds: et quant il sera
-bien cuit et bien dor de paste, tirez hors les broches, except celle
-du col, puis faictes une terrasse de paste bise, qui soit espoisse et
-forte, et qu'elle soit d'un poulce d'espaisseur, faicte beaux carneaux
-tout autour, et qu'elle soit de deux pieds de long, et d'un pied et demy
-de large, ou un peu plus, puis la faictes cuire sans bouillir, et la
-faictes peindre en verd comme un pr herbu, et faictes dorer vostre
-cigne de peau d'argent, except environ deux doigts prs du col, lequel
-faut dorer, et le bee et les pieds, puis ayez un manteau volant, qui
-soit de sandal vermeil par dedans, et dessus ledict manteau armoyez de
-telles armes que vous voudrez, et autour du cigne hait (_ait_ ou
-_huit?_) banires, les bastons de deux pieds et demy de long banires
-de sandal, armoyez de telles armes que dessus, et mettez tout en plat de
-la faon de la terrasse, et le prsentez qui vous voudrez.
-
-[977] Blancs d'oeufs.
-
-[978] _G. C._, f 22 v.
-
-[979] Je n'ai pu trouver la signification de ce mot: il me semble devoir
-dsigner une espce de champignon. Il y a ci-aprs (_chapitre des
-entremets_) un article plus dtaill sur les _escheroys_.
-
-[980] Nous avons dj vu, p. 154, que le cdre ronge se vendoit _sur_
-(pour _chez_) les piciers.
-
-[981] De service, servir en grand repas?--Gaces de la Bugne, premier
-chapelain des rois Jean, Charles V et Charles VI, mort en 1383 ou 1384,
-a donn dans son _Livre des dduits_, commenc en 1359 et fini entre
-1373 et 1377, une recette de pt assez dtaille pour figurer utilement
-ici.
-
- Si puis dire que grant profit
- Peut bien venir de tel dduit,
- Car on peut faire un tel past
- Qu'onques meilleur ne fut tast;
- Et pour ce ne me vueil pas taire
- Qu'au jeune ne l'apreigne faire.
- Trois perdriaulx gros et reffais
- Ou millieu du past me mets,
- Mais gardes bien que tu ne failles
- A moy prendre six grosses cailles
- De quoy tu les apuyeras:
- Et puis aprs tu me prendras
- Une douzaine d'alouetes
- Qu'environ les cailles me mettes.
- Et puis prendras de ces machs
- Et de ces petis oisels:
- Selon ce que tu en auras,
- Le past m'en billeteras.
- Or te fault faire pourvance
- D'un pou de lart, sans point de rance,
- Que tu tailleras comme ds:
- S'en sera le past pouldrs.
- Se tu le veulx de bonne guise,
- De verjus la grappe y soit mise,
- D'un bien poy de sel soit poudr,
- Si en sera plus sevour.
- Se tu veulx que du past taste
- Fay mettre des oeufs en la paste;
- Les croutes, un poi rudement,
- Faictes de flour de pur froument,
- Et se veulx faire comme saige,
- N'y met espices ne fromaige:
- Ou four bien point chaut le met,
- Qui de cendre ait l'atre bien net;
- Et quant sera bien point cuit
- Il n'est si bon mengier, ce cuit.
-
-
-[982] Barbeau, _G. C._, 56, ainsi que la prcdente recette et la
-suivante.
-
-[983] cailler?
-
-[984] _G. C._, 68.
-
-[985] Latte. Var. A, _essaugle_. _G. C._, 70 (trs-fautif).
-
-[986] _G. C._, 56.
-
-[987] Brochet, Voy. p. 88.
-
-[988] _Franche_ (faute?), ci-dessus, p. 88.
-
-[989] _G. C._, 55 v.
-
-[990] Var. A, _fenes_.
-
-[991] Strile.
-
-[992] Rptition du 3 de la p. 90.
-
-[993] C'est l'endroit o cesse le gosier et commence l'oesophage.
-
-[994] Ici seulement commence la recette du _G. C._, f 58 v.
-
-[995] De vapeur?
-
-[996] _G. C._, 58 v.
-
-[997] Rptition de la fin du 4 de la p. 90.
-
-[998] _G. C._, 70 (sauf le paragraphe _leur saison_ qui est omis).
-
-[999] Rptition du 5 de la p. 90.
-
-[1000] _G. C._, f. 52, s'arrte l.
-
-[1001] Retourne, voy. ci-aprs, p. 191.
-
-[1002] Gros sel gris?
-
-[1003] _G. C._, 52.
-
-[1004] Ciseaux.
-
-[1005] Une main un peu postrieure celle du corps du volume a ajout
-ici dans le Ms. C: _Quatre onces et trois los de vin pour quatre grosses
-anguilles_.
-
-[1006] _Ib._, _une pinte_.
-
-[1007] _Ib._, 3 (demie-) _pinte_.
-
-[1008] _G. C._, 52 v.
-
-[1009] _G. C._, 67.--Il me semble rsulter de ce passage du _Mnagier_
-que ce poisson dit par erreur _poisson de mer_ dans le dictionnaire de
-Trvoux, est une espce d'anguille. Il est souvent nomm avec l'anguille
-dans les exemples cits par Du Cange au mot _Piprenella_. Ce poisson est
-encore cit dans un arrt du 31 janvier 1365-6, rendu au sujet de la
-mort d'un receveur de l'impt lev pour les fortifications de Mantes,
-qu'on disoit avoir t tu par des habitans de Tourny, prs Vernon, et
-qui parot tre seulement mort d'une indigestion de _pimpreneaux_. (_In
-quo quidem prandio, pimprenellos male decoctos comederant; et illuc per
-longum tempus steterant, ac vinum de tanto ac tali ad tantum et tale, et
-postmodum de poto ad potum, more Normannorum, biberant, etc._)
-
-[1010] Ce mot signifie ici poudr de fleur de farine, ailleurs
-_enfleurer_. Le _G. C._ qui donne cette recette f. 63, remplace ces mots
-par: _Avant que la frisez, treffeuillez-la de farine_.
-
-[1011] _G. C._, 63.
-
-[1012] Boue, sausse paisse.
-
-[1013] Dominant.
-
-[1014] _G. C._, 63 v.
-
-[1015] Vin _uni_ (_planus_), doux, ( boire), par opposition
-_vin-aigre_?
-
-[1016] _G. C._, 64.
-
-[1017] Voy. p. 148, n. 1.
-
-[1018] _G. C._, 64.
-
-[1019] Poisson qui tient de la brme et du gardon suivant Belon (p. 319
-de la _Nature des poissons_, 1555, in-8 obl.).
-
-[1020] _G. C._, 62.
-
-[1021] Var. A, _eschauder_.
-
-[1022] _G.C._, 72 v.
-
-[1023] Belon, qui cite plusieurs espces de chiens de mer, ne dit rien
-de la brette.
-
-[1024] Var. A, _mungon_. Le _G. C._ qui supprime _en Languedoc_, crit
-_mugeon_ (66 v). Belon dit qu'on le nomme _muge_ Marseille.
-
-[1025] Cabillau. Cette distinction existe aujourd'hui aussi Paris.
-Belon ne l'a pas connue et se borne dire qu'on connot mieux la morue
-sale que frache (p. 122).
-
-[1026] Stockfisch (_bton de poisson_ en hollandois.--_Trvoux_).
-
-[1027] Var. B, _le lendemain_ (ce doit tre un des plus anciens exemples
-de cette locution devenue depuis d'usage gnral au lieu de
-_l'endemain_. Voy. plus loin la recette des _vingt plats de gele_).
-
-[1028] Supplez _sans cela_.
-
-[1029] _G. C._, 65 (fautif).
-
-[1030] chalotte.
-
-[1031] _G. C._, 65 v.
-
-[1032] _G. C._, 70 v.
-
-[1033] Renverse. _G. C._, 64 v.
-
-[1034] Le Ms. C ajoute: _Refroidier et_...
-
-[1035] _G. C._, 60 (trs-fautif.)
-
-[1036] Suivant Belon, _tumbe_ est le nom rouennais du gournault. Ce
-dernier est une espce de rouget, mais il est plus grand, de couleur
-plus sombre, et a les ailes bleutres et non rouges.
-
-[1037] _G. C._, 60 v (trs-fautif).
-
-[1038] Couleur de tan, feuille-morte.
-
-[1039] Tachet.
-
-[1040] Fum. Voy. Du Cange au mot _Baco_.
-
-[1041] Peut-tre faut-il lire _pouldre_ en sous-entendant _avec_.
-
-[1042] _G. C._, 69.
-
-[1043] _G. C._, 72 v.--Suivant Belon, ce poisson, lorsqu'il toit sal,
-s'appeloit du _hadou_, en anglois _hadoch_.
-
-[1044] _G. C._, 72 v, _arsin_.--Sans doute l'_orphie_, sorte d'anguille
-de mer qu'on pche sur les ctes de Normandie.
-
-[1045] L'auteur semble dire que ces trois noms dsignent un mme
-poisson. Belon fait des deux premiers deux espces diffrentes et ne
-parle pas du _pourpois_.
-
-[1046] On trouve dans Roquefort _brulliau_, sorte de poisson.
-
-[1047] _G. C._, 67 v.
-
-[1048] _G. C._, 65 v.--La merluche est au moins de la famille des
-morues, _aselli_ en latin.
-
-[1049] Var. B, _esbolera_.--Rduira force de bouillir.
-
-[1050] _G. C._, 61 v.
-
-[1051] _G. C._, 61 v.--J'ignore ce que signifie _entrepel_.
-
-[1052] Il est parl du _craspois_ ou _graspois_ dans bien des auteurs du
-moyen ge, mais il n'y a ma connoissance que l'auteur du _Mnagier_
-qui fasse connotre ce que c'toit. Un procs qui dura plusieurs annes
-au parlement de Paris et qui toit relatif _sept taux_, dont cinq
-sches et deux craspois que le roi possdoit aux halles de Paris, nous
-apprend que le craspois ne venoit Paris qu'en carme: c'toit le _lard
-de carme_, le poisson des pauvres; quarante mille personnes vivoient
-pendant le carme de craspois, de sches et de harans. Ces poissons
-toient vendus par environ mille pauvres marchandes, qu'il toit
-seulement dfendu de se tenir sous _le couvert_ des halles o toient
-les grands taux (_Plaid. civiles_, 7, 12, 14 et 19 mars 1380-1, 1er
-mars 1383-4; _Jugs_, XXXII, p. 93).
-
-Belon ne nomme pas le _craspois_, mais il confirme cependant
-l'explication du _Mnagier_. Ce poisson, dit-il en parlant de la
-baleine, est couvert de cuir noir dur et espez sous lequel y a du _lard_
-environ l'esposseur d'un grand pied, _qui est ce que l'on vend en
-quaresme_.
-
-Legrand d'Aussy qui a parl avec dtail de la baleine sale comme
-nourriture maigre des pauvres, d'aprs Charles Estienne (II, 83), a
-ignor que le _craspois_ ft le nom de cet aliment. Au reste, l'auteur
-du _Trsor de sant_ dit que la baleine sale, quoique cuite pendant
-_vingt-quatre heures_, toit toujours _fort dure et indigestible_.
-
-[1053] Nageoire.
-
-[1054] _G. C._, 68 v, dit _Cyros_ au lieu de _Tire_, et _naturelle_
-pour _notre_, mais ce doit tre une faute. _Notre_ semble devoir
-dsigner une espce de raie comme la raie _boucle_, _lisse_, etc. Je ne
-vois au reste aucune espce de raie qui ait plus d'une queue.
-
-[1055] _G. C._, 62.
-
-[1056] Plies.
-
-[1057] Presque.
-
-[1058] Flot, _mare_ de mars (la grande mare de l'quinoxe vers le 21
-mars).
-
-[1059] De farine.
-
-[1060] _G. C._, 68 (trs-fautif).
-
-[1061] Tirant sur le blanc, ple.
-
-[1062] _G. C._, 65.
-
-[1063] Belon dit que la seule manire de distinguer ces deux espces est
-de les mettre plat, regardant _contremont_ (en haut, en l'air): dans
-cette position la bouche de la pole sera gauche et celle de la sole
-droite.
-
-[1064] Gril.
-
-[1065] _G. C._, 66, dit _molles_ et _solles_; mais la _molle_ est
-diffrente de la _pole_. Voir _Trsor de sant_, pages 249 et 250, et
-surtout Belon.
-
-[1066] Var. A et _G. C._ (70 v), _au succre_. Je crois qu'on disoit
-_une soucie_ et _un souci_ (voy. _sauces non bouillies_). Ront vient de
-_rhombus_, nom latin du turbot, en italien _rombo_.
-
-[1067] _G. C._, 56.
-
-[1068] Var. A, _Barte_. Je ne vois rien sur ce poisson dans Belon, qui
-parle de la _brme de mer_.
-
-[1069] _G. C._, 58 v.
-
-[1070] Peut-tre faut-il lire _tance_ pour tanche (de mer).
-
-[1071] Seroit-ce coupes par lanires, par morceaux? Voir t. I, p. 172.
-J'ignore ce que c'est que l'_ale_, moins qu'on ne suppose que c'est
-l'anchois, _halecula_ en latin.
-
-[1072] _Flez_ ou flet, espce de plie.
-
-[1073] Var. A, _quelrel_. Var. C, _quelboe_. Peut-tre le quarrelet;
-l'auteur auroit-il voulu dire ici: _Quand le carrelet (qui vaut mieux)
-est trs-commun, se trouve chaque pas_? Cependant _quarrel_ signifie
-en gnral carreau, _pav_, mais en prenant ce mot dans son acception
-ordinaire, je ne vois plus de sens la pense de l'auteur.
-
-[1074] Suivant Belon, c'est le nom rouennais du coquillage dit
-_ptoncle_.
-
-[1075] _G. C._, 62 v, finit en ajoutant aprs oseille: _ou d'autre
-verdure_. La sanemonde est connue; _barbarin_ pourroit tre synonyme de
-_berberis_, pine-vinette.
-
-[1076] Var. B, _mooles_.
-
-[1077] Sans doute Cayeux, bourg de Picardie situ sur le bord de la mer,
- deux lieues de Saint-Valery. Legrand d'Aussy (t. II, p. 82) dit qu'il
-y a un poisson de ce nom diffrent du coquillage, mais il ne donne pas
-le motif de son opinion cet gard, et je ne vois ce poisson mentionn
-nulle part. Il faut d'ailleurs remarquer qu'ici les moules viennent
-aprs les _hanons_, sorte de coquillage.
-
-[1078] Var. B, _nourrist_. Si l'on adopte ce mot qui me parot beaucoup
-moins bon que _noircit_, il faudroit fermer la parenthse aprs _non_.
-
-[1079] Prpare (voy. Du Cange au mot _Conredium_), ce doit tre la
-sche _confite avec la saulce aigre_ (marine), comme Belon dit (p. 340)
-qu'on l'apprtoit de son temps _pour la rendre plus facile manger et
-digrer_. On voit que l'auteur distingue ici la sche _conre_ de la
-frache.
-
-[1080] Pliss, fronc, racorni par la chaleur du feu, _grediller_ dans
-Nicot qui le dit synonyme de _grsiller_.
-
-[1081] Voy. p. 154.
-
-[1082] On voit que l'auteur ne fait pas grand cas de ce poisson. Du
-temps de Belon comme au XIVe sicle (voy. p. 200, n. 2), il n'toit
-gure mang que par les pauvres. Bruyre-Champier prfre la sche
-frache la sale qui, dit-il, est la consolation du carme: _jejunia
-verna egregie solantur_.
-
-[1083] C'est--dire moins d'une feuille ou pas du tout.
-
-[1084] Plante dite _Tnaisie_ dans la _Maison rustique_.--Ce plat aura
-t nomm _arboulaste_ cause des herbes qui entroient dans sa
-composition. Les Italiens avoient aussi au XVIe sicle un plat tout
-fait analogue dit _Herbolata_ (Bart. Scappi, cuisinier du pape Paul V,
-1570, in-4, f. 360 v).
-
-[1085] Aumelette. Le mot _alumelle_, qui vient de _lamella_, diminutif
-de _lamina_, signifie ordinairement la lame, le tranchant d'une pe,
-d'une hache, etc. (voy. Du Cange _Alemella_). C'est sans doute cause
-de leur forme aplatie, _lamine_, que les oeufs ainsi accommods auront
-t dits _alumelle_, puis par corruption _alumette_ (p. 208, n. 1), et
-enfin _aumelette_.
-
-[1086] Rp.
-
-[1087] Supplez: _que_.
-
-[1088] Broyeroit.
-
-[1089] Var. A., _alumette_.
-
-[1090] _G. C._, 50 (_aumelette_ au lieu d'_allumelle_).
-
-[1091] _De_ vaudroit mieux, car le nombre de sept tant impair, je ne
-crois pas que l'auteur ait voulu dire d'ter le blanc d'un oeuf sur deux.
-
-[1092] Supplez _les_ (sur les moyeux des deux oeufs casss d'abord).
-
-[1093] En faisant vaporer l'humidit, l'touffe?
-
-[1094] Uni, lisse.
-
-[1095] Voy. p. 207.
-
-[1096] Supplez: _se_.
-
-[1097] Var. A, _Fourmente_.
-
-[1098] Voy. p. 111, n. 2.
-
-[1099] On trouve des recettes de ce plat trs-usit au moyen ge dans le
-Taillevent manuscrit et imprim, dans le _Grand Cuisinier_ (ff. 41, 45),
-et dans le _Trsor de sant_, p. 24. Celle du _Mnagier_ est la plus
-complte. On mangeoit presque toujours la vnaison la fromente. On a
-pu le remarquer dans les _Menus_ qui prcdent (p. 93, etc.), et Hardoyn
-de Fontaines Gurin le dit positivement dans son _Trsor de vnerie_ (p.
-51 et note 56).
-
-[1100] Var. B, _jusiers_, plus conforme _gsier_ qui a prvalu
-aujourd'hui quoique tout fait dissemblable de _giger_, racine de ce
-mot employe par Festus et Lucilius. Le peuple dit _gigier_ avec
-beaucoup plus de raison.
-
-[1101] _G. C._, 30. Mme recette que dans Taillevent imprim et
-manuscrit.
-
-[1102] pais pouvoir le tailler (_ couper au couteau_). _G. C._, 74.
-La recette de Taillevent est presque la mme.
-
-[1103] Spare.
-
-[1104] Surjet.
-
-[1105] Obscur.
-
-[1106] Cailles, lait caill. (_Brique de lait_, _maton_ signifiant
-proprement brique. Voy. Du Cange _Matto_.)
-
-[1107] Lait de beurre.
-
-[1108] Les _carcasses_. Voy. p. 170, n. 1.
-
-[1109] Ce doit tre l'estomac o est le grain mang par l'animal:
-_granea_.
-
-[1110] Cette recette est dans Taillevent, imprim et manuscrit, mais
-avec plusieurs diffrences dont l'une est que Taillevent dfend de
-_refaire_ les volailles, contrairement ce qui est dit ici.
-
-[1111] Il faudroit _les_ ou _la_ (la poule); Taillevent dit: _l'enflez,
-puis_ la _fendez_.
-
-[1112] Mot qui parot de trop.
-
-[1113] Ce doit tre le _col_ comme dans Taillevent.
-
-[1114] _Broyons_ dans Taillevent, manuscrit Bibl. Mazarine, et _blancs_
-dans le manuscrit de la Bibl. Royale.--Foies, intestins. Voy. p. 149, n.
-7.
-
-[1115] Je ne sais quel est ce fromage. Le dictionnaire de Trvoux cite
-bien un fromage dit d'_Anguin_, mais sa composition ne me parot pas
-convenir l'emploi fait ici du fromage de gain. Le Taillevent imprim
-dit _fromage de guin_: le manuscrit de la Bibl. Royale, _de gain_, et le
-manuscrit de la Bibl. Mazarine, _fin fromage_.
-
-[1116] Ces deux mots ne sont que dans C.
-
-[1117] Il est dit dans la _Maison rustique_, d. de 1570, p. 105, que
-quand on a exprim au pressoir l'aquosit de la gude, on rdige le marc
-_par petites pastilles_ qu'on fait scher au soleil, et que ces
-pastilles sont jetes dans les cuves o l'on met les laines teindre.
-Ce sont ces _pastilles_ ou _pasteaux_, sans doute d'une grosseur fixe
-par l'usage et connue, que notre auteur prend ici pour terme de
-comparaison.--Cette phrase, depuis _soit recousu_ jusqu' _et pour les
-dorer_, n'est pas dans Taillevent.
-
-[1118] Le manuscrit A ajoute _de boeuf_.
-
-[1119] Ce mot n'est que dans le Ms. C.
-
-[1120] C'est la mme recette que celle de Taillevent. (Ms. Bibl.
-Royale.)
-
-[1121] Var. B, _pour couleur_, au lieu de _y coulent_.
-
-[1122] Le jarret de devant, ou la dernire, la plus courte articulation?
-
-[1123] Extrmit du pied?
-
-[1124] Ce mot n'est pas dans le manuscrit A.
-
-[1125] Var. C. _o la char aura cuit_.
-
-[1126] Ce mot doit tre synonyme de _harl_, hl, grill.
-
-[1127] Mot qui est de trop, moins qu'on ne lise _de deus_ (deux).
-
-[1128] Parce qu'il toit ainsi divis par une ligne verticale en deux
-portions de couleur diffrente, comme _un cusson parti_ en blason. Le
-potage cartel dont il est question dans les _Menus_ devoit se faire
-d'une manire analogue, sauf qu'il toit _cartel_ (divis en quatre
-portions par deux lignes en croix), au lieu d'tre _parti_. Voy. p. 211
-un autre _faulx grenon_.
-
-[1129] Du gingembre.
-
-[1130] Voy. ci-dessus, p. 213.
-
-[1131] Sans doute queues.
-
-[1132] Ce doit tre _boulez_, ou plutt _broyez_.
-
-[1133] Piquez les pattes d'crevisses dans la tarte.
-
-[1134] A part, sparment.
-
-[1135] pinards. Voy. p. 141.
-
-[1136] Press?
-
-[1137] Rp.
-
-[1138] Sans doute gingembre de mesche. Voy. p. 230.
-
-[1139] Racine d'arbre autrement dite _zedoaria_, suivant Jacques de
-Vitry cit par Du Cange au mot _Zedoaria_.
-
-[1140] C'est le poivre de cubbe, employ aujourd'hui seulement dans la
-pharmacie.
-
-[1141] Le nard, _spica nardi_, dans le _Trsor de Sant_. Voy. aussi Du
-Cange _Spicus_.
-
-[1142] Var. B, _toile_.
-
-[1143] Il semble qu'il faudroit _et la couler deux ou trois fois avant
-qu'elle_, etc.
-
-[1144] Peut-tre ce mot dsigne-t-il la _filicule_, plante astringente
-de l'espce des fougres.
-
-[1145] Tournesol. Fruit de l'_heliotropium tricoccum_. Voy. Trvoux.
-
-[1146] Ce mot dsigne ici le poisson du mme nom qui semble avoir t
-ainsi vendu la mesure, car nous allons voir (article des _vingt plats
-de gele_) l'auteur parler d'une _chopine_ de loche qui, rpartie entre
-vingt plats, donnoit six loches par plat. Si son calcul n'est pas erron
-(comme celui qu'il fait des crevisses), une chopine de loche auroit
-contenu cent vingt loches environ.
-
-[1147] Oter le veau.
-
-[1148] Il en faudroit cinq pour employer les cent crevisses dans vingt
-plats.
-
-[1149] Ainsi dans les trois manuscrits. Voy. p. 196, n..
-
-[1150] Frappez, pressez de la paume de la main.--Var. fautive de A,
-_paronoyez_.
-
-[1151] Noisetier.
-
-[1152] Farine.
-
-[1153] Var. B, _demeurent_.
-
-[1154] Grenouilles.
-
-[1155] Appt, _esca_.
-
-[1156] _G. C._, 68 v (tronqu).
-
-[1157] Sureaux, suivant Roquefort. (Voy. plus loin R. de la glux.) Le
-_G. C._, qui donne cette recette (f. 73 v), dit _aux vignes et aux
-jardins_.
-
-[1158] On trouve a la fin du _Calendrier des Bergiers_ (Paris, 1493,
-in-f, f. N vj) une pice trs-bizarre sur le limaon, dans laquelle on
-lui dit: _Oncques Lombard ne te mangeat, A telle saulce que (nous)
-ferons, Si te mettront en ung grant plat, Au poyvre noir et aux
-ongnons_.
-
-[1159] Ainsi crit dans les trois Manuscrits; mais ce doit tre _jalet_,
-caillou rond (_galet_) ou balle de plomb qu'on lanoit avec une arbalte
-dite arc jalet: de _jaculum_.
-
-[1160] Supplez _que dessus_.
-
-[1161] Sans doute _la_ paste et non _le_ past__.
-
-[1162] Ce passage confirme l'explication donne p. 150, n. 5.
-
-[1163] Pour les repas ordinaires?
-
-[1164] Liaison.
-
-[1165] 1er octobre.
-
-[1166] Ce doit tre une faute pour _oyers_, rtisseurs.
-
-[1167] Var. B, _roissoles_.
-
-[1168] Ce mot parot de trop.
-
-[1169] Var. A, _mettez_.
-
-[1170] _G. C._, f. 74, s'arrte-l: un peu abrg.
-
-[1171] Fuseau.
-
-[1172] Rouler, sausser. Var. A, _coulez_.
-
-[1173] Var. B, _arboulastre_.
-
-[1174] Service, mets.
-
-[1175] Sans doute faute pour _ou_.
-
-[1176] Voy. p. 129.
-
-[1177] Voy. p. 161.
-
-[1178] J'ai dit p. 185 que ce mot pouvoit signifier une sorte de
-champignons; mais je crois que ce sont plutt les racines du _chervis_
-(_siser_) dsignes et dcrites sous le nom d'_eschervis_ dans le
-_Trsor de Sant_, p. 432.
-
-[1179] Enfariner.
-
-[1180] OEufs.
-
-[1181] Se prparer, se faire.
-
-[1182] Peut-tre: _en est_. Var. B, mais rsultat d'une correction:
-_encores_.
-
-[1183] Rti.
-
-[1184] Voy. p. 111. J'ai aussi vu du _gingembre vert_, mentionn dans
-les registres du parlement (_Plaid. civiles_, 29 avril 1392), propos
-d'une affaire de droit maritime, et aussi dans Du Cange au mot
-_Arquinetta_.
-
-[1185] Voy. p. 112.
-
-[1186] Gt.
-
-[1187] Var. A. C, _noir_. Je ne vois pas qu'il y ait eu du galanga noir.
-
-[1188] Gousse.
-
-[1189] B crit ici: _raoulmarin_.
-
-[1190] Sans doute _sanemonde_.
-
-[1191] Toute-bonne? Voir ci-devant, p. 44, n. 2.
-
-[1192] Nous avons vu ci-dessus (_Menus_ 15 et 21) des turbots _ la_
-soucie. L'auteur faisant ici et ailleurs ce mot masculin, je pense qu'il
-faut lire en cet endroit _souci_, et qu'on disoit _une soucie_ et _un
-souci_, mais plus souvent le dernier.
-
-[1193] Sans doute _pousser_. Nous avons dj vu, p. 213 (_pour faire
-perdriaulx de poucins_) qu'on _poussoit_ les cuisses du poucin _pour
-faire la char plus courte_.
-
-[1194] Var. A. C., _puis_.
-
-[1195] P. 230.
-
-[1196] Var. B, _le meigre d'eaue_.
-
-[1197] Voy. p. 223, n. 3.
-
-[1198] Ce mot n'est que dans C.
-
-[1199] Rties.
-
-[1200] _G. C._, 74 v.
-
-[1201] _Ib._, runi avec la recette prcdente en un seul article et
-fautif.--Cette recette parot la mme que la prcdente, mais amliore
-et complte.
-
-[1202] Presque identique avec la recette de la _sauce poitevine_ dans le
-Taillevent manuscrit, dfigure dans l'imprim.
-
-[1203] crasez.
-
-[1204] Cette pice est sans doute la mme que l'_arquinetta_ cite dans
-des lettres du roi Richard II, en faveur de marchands de Gnes (1380);
-mais ce ne peut tre un bois sudorifique comme le conjecture dom
-Carpentier (voir _Glossaire_ de Du Cange, au mot _Arquinetta_). Je ne
-vois pas au reste pourquoi l'auteur parle de cette pice propos d'une
-recette o elle n'est pas employe.
-
-[1205] Var. B, _roux_, au lieu de _dessus_.
-
-[1206] Toujours.
-
-[1207] Gousse.
-
-[1208] Var. B, _ou_.
-
-[1209] Vritable (non aigri); comme nous avons vu p. 193, du vin
-_plain_?
-
-[1210] Bourbelier. Voy. p. 158 et 179.
-
-[1211] Var. B, _une_.
-
-[1212] L'auteur veut sans doute dire qu'alors cette sauce se sert avec
-du jambon, etc.
-
-[1213] Sans doute le setier de huit pintes plutt que celui d'une
-demi-pinte (ou chopine).
-
-[1214] Il y avoit une petite monnoie d'argent de ce nom valant un denier
-un quart.
-
-[1215] Le manuscrit B fait orge masculin; mais c'est par suite de
-corrections un peu postrieures au corps du texte.
-
-[1216] En prenant les bases tablies ci-dessus, p. 109, n. 2, un pain
-brun (ou _debrode_ ou _faitis_, bis,) d'un denier devoit peser tout cuit
-dix-huit onces.
-
-[1217] Var. B, _puis_.
-
-[1218] Se faire.
-
-[1219] Ordinairement _origine_ (_interdum urina_): mais ici, sans doute
-_globules_.
-
-[1220] A et B rptent _lors_.
-
-[1221] Sans doute levure de bire.
-
-[1222] Domestiques.
-
-[1223] Dans la mme proportion.
-
-[1224] Plomb. Ce mot semble signifier ici tam. Le Taillevent
-manuscrit qui donne une recette analogue de ce mme plat, dit _plomb
-par dedans_. Il rsulte de la recette de Taillevent qu'on mettoit dans
-ce pot la poule ou chapon sans eau.
-
-[1225] _A_ n'est que dans le manuscrit C.
-
-[1226] Le _G. C._, qui donne la mme recette (f. 28 v) mais avec
-quelques modifications, dit ici _avec du vin blanc les deux pars et le
-tiers d'eau_. Le vin est galement mlang d'eau dans la recette de
-Taillevent.
-
-[1227] En le faisant _filer_. Voy. p. 159, n. 4.
-
-[1228] Voy. p. 271.
-
-[1229] Creve. Voy. p. 139.
-
-[1230] Le Taillevent manuscrit (Bibl. Roy.) donne cette recette avec
-cette diffrence qu'aprs _couler_ on lit: _Mettez boulir, et, qui
-veult, pouldre de succre pardessus et non pas trop liant_. Il est
-probable que ces mots ont t omis dans les manuscrits du _Mnagier_,
-car le manuscrit A termine ainsi cet alina: _coulez et mette_ (ici un
-espace vide) _et du succre_.
-
-[1231] Le manuscrit B ajoute _ fort_.
-
-[1232] Mme recette que dans le Taillevent manuscrit.
-
-[1233] Bayen, crev.
-
-[1234] Rptition du dernier paragraphe de la p. 214.
-
-[1235] Les trois manuscrits portent aprs cet intitul: _Fault
-commencier la Sainct Jehan_. Ces mots paroissent une rptition
-anticipe de ce qui suit.
-
-[1236] La phrase est obscure et probablement dfectueuse. Peut-tre
-faut-il lire _lez qu'elles_, en prenant l'adverbe _lez_ (_jaxta_,
-_secundum_, _ad_,) dans le sens de _jusque_; mais je ne l'ai jamais vu
-ainsi employ.
-
-[1237] Le psaume _Miserere_, comme l'auteur dit ailleurs, le temps de
-dire une patentre, etc.
-
-[1238] Var. B, _ou_.
-
-[1239] Sans doute _sas_.
-
-[1240] Var. B, _trois ou quatre_.
-
-[1241] Id. _quatre_.
-
-[1242] Suppl. _le_ (le miel d'o on a retir les noix).
-
-[1243] Tonneau contenant une demi-queue. Mais peut-tre ici est-ce un
-tonneau plus petit. Ce qui augmente mon doute, c'est que l'auteur dit
-plus loin, p. 249, qu'il faut deux livres de sauge pour faire un poinon
-d'eau de sauge; il semble que cela ne suffiroit pas pour cent
-quatre-vingt-quinze litres d'eau. (_Tonnelet_ est donn comme synonyme
-de Poinon, p. 260.)
-
-[1244] Carottes.
-
-[1245] 30 novembre.
-
-[1246] Ratissez.
-
-[1247] Graine du Carvi (_carvi officinarum_ ou _cuminum pratense_),
-plante originaire de la Carie en Asie Mineure.
-
-[1248] Peut-tre est-ce le raifort, _raffanus_, _rafan_, dans Crescens
-qui dit qu'on _en use principalement faire compote de navets_.
-
-[1249] Chez les herboristes.
-
-[1250] Gingembre de mesche. Voy. p. 111.
-
-[1251] Nom de lieu. On lit dans le _Dit des pays_ (impr. au XVIe
-sicle): _En Orte est le bon saffran_.
-
-[1252] Voir ci-devant, p. 154.
-
-[1253] Var. A, et C, _une livre_.
-
-[1254] Var. B (mais rsultat d'une correction postrieure), _cotignac_:
-c'est le nom actuel.
-
-[1255] Sans doute le noeud qui est l'extrmit du fruit, oppos la
-queue.
-
-[1256] Je crois que ce signe, reproduit exactement ici d'aprs le Ms. B,
-est un 4. Il figure aussi dans les _Menus_ I, II, IV, VI. Voy. p. 91, n.
-5. Il est remplac dans le Ms. A par [Illustration: un symbol] (un gros
-ou drachme). Voy. pour la _poudre de duc_, aussi estime que celle-ci au
-XIVe sicle, p. 248.
-
-[1257] Au lieu de sauge.
-
-[1258] Gote, comme cela est dit p. 196, pour la morue?
-
-[1259] Un sixime d'once plutt que six noix.
-
-[1260] Var. B, _quarton_.
-
-[1261] _Spicus nardi_, nard.
-
-[1262] En allant toujours en diminuant, c'est--dire qu'il y ait moins
-de graine de paradis que de girofle, moins de macis que de graine, etc.
-
-[1263] La livre en usage dans le Midi n'toit que de treize onces;
-l'auteur ayant au commencement de ce paragraphe adopt la mesure de
-Bziers, prvient ici qu'il reprend les poids en usage Paris.
-
-[1264] Dominer.
-
-[1265] Voy. p. 244, n. 4.
-
-[1266] Les cotons.
-
-[1267] Var. B, _le_ (saug__?)
-
-[1268] On voit par plusieurs passages du _Mnagier_ quelle consommation
-nos anctres faisoient de verjus. Cependant j'ai vu avec tonnement les
-paroles suivantes dans une plaidoirie du 9 avril 1385-6, prononce pour
-Jean II de Neelle, seigneur d'Auffmont et de Mello qui plaidoit contre
-les religieux de Saint-Corneille de Compigne pour conserver le droit de
-conduire, par eau et sans droits, de Mello Auffmont, le vin
-ncessaire sa consommation: _A Auffmont il ne croist pas chascun an
-huit queues de vin et n'y croist que pour avoir du vertjus pour l'ostel
-d'Auffmont_. L'avocat prtendoit-il donc qu'on usoit l'htel
-d'Auffmont six ou sept queues de verjus par an (la queue de 391
-litres)? Quelque nombreuse maison qu'ait eue Jean de Neelle, trs-grand
-seigneur la vrit, il seroit difficile de croire une semblable
-consommation de verjus.
-
-[1269] Voir la note sur lui, p. 118: et sur deux Hautecourt qui
-pouvoient tre ses descendans vers 1500, Sauval, III, 605.
-
-[1270] Nous avons dj vu plusieurs fois cet usage de semer des drages,
-des grains de Grenade, etc. sur de certains mets.
-
-[1271] Je ne sais quelle est cette feuille; le manuscrit A dit _seur_,
-mais ce ne peut tre la feuille de _sureau_ qui est petite.
-
-[1272] Voy. p. 214, n. 1.
-
-[1273] Dure, telle que l'eau de puits.
-
-[1274] Ptrir.
-
-[1275] M. de Lincy, t. I, p. 210 de ses _Proverbes franois_, cite le
-suivant: _On fait des gods Beauvais et des poales Villedieu_.
-J'ignore quelle toit la qualit spciale de la terre de Beauvais.
-
-[1276] Sera bu par les roses, disparotra.
-
-[1277] Bien fait, point.
-
-[1278] Alambic de plomb.
-
-[1279] Au recto de ce feuillet, _schedula_ d'o nous avons fait
-_cdule_, (billet, petite feuille volante,) signifiant aussi feuillet.
-
-[1280] Teinture rose? Je n'ai rien trouv sur ce mot.
-
-[1281] Var. A, _rousse_.
-
-[1282] Feuilles. Du Cange mentionne au mot _Pampa_ une redevance fodale
-en 1270, d'un _plain panier de penpes de roses faire eaue-rose_. Voy.
-sur l'usage des roses et des fleurs la note 3 de la page 52, et Sauval,
-t. III, p. 517, 521, 526, 632.
-
-[1283] La volire du chteau d'Hesdin ville d'Artois o les ducs de
-Bourgogne de la dernire race rsidoient souvent. La ville d'Hesdin,
-rase en 1553 par Charles-Quint, est maintenant un bourg dit le
-_Vieil-Hesdin_ situ une lieue environ du Hesdin actuel qui est
-l'ancien village du Mesnil agrandi et fortifi en 1554 par le duc de
-Savoie.
-
-[1284] L'htel Saint-Paul, rue Saint-Antoine, Paris. Voy. sur les
-volires de cet htel et le got de Charles V pour les oiseaux, Sauval,
-II, 282.
-
-[1285] C'est le clbre prvt de Paris. Il est fait allusion son got
-pour les oiseaux dans une curieuse chanson faite contre lui au moment de
-sa disgrce et publie pour la premire fois dans l'dition des
-_Chroniques de Saint-Denis_, donne par M. Paulin Paris (T. VI, p. 478).
-
- Courrouci es de tes oiseaux
- Qu'or ne pues chanter en caige,
- Mais bien pues faire les appeaulx
- Pour chanter en ton geolaige.
-
-Mais o toit place cette volire si remarque au XIVe sicle? toit-ce
-dans cette maison de plaisir avec jardin qu'Aubriot auroit eue prs des
-Clestins suivant Sauval? (II, 154.) Mais il semble peu probable,
-attendu l'extrme proximit des deux emplacemens, que ce jardin, dont
-Aubriot jouissoit en 1366 ou 1368 (S. III, 126) soit rest sa proprit
-en mme temps que sa maison d'_habitation ordinaire_ aussi avec jardin.
-C'est l qu'toit bien plutt place la volire dont parle l'auteur du
-_Mnagier_. Ce dernier htel est dsign seulement, dans les registres
-du Parlement, comme situ _prs l'glise Saint-Paul et dans la censive
-de l'abb de Tiron_, et il y est dit qu'_Aubriot l'avoit achet de
-Jacques de Pacy et ses frres_, mais c'est bien encore le mme que celui
-dont il est parl dans Flibien (T. I, p. 661), et qui est dit _avoir
-t donn Aubriot par Charles V_. Aubriot l'acheta bien effectivement,
-mais le Roi le paya, on du moins donna en 1369 quinze cents francs d'or
- son prvt, afin qu'il l'achett et vint demeurer plus prs de lui
-(Sauval, II, 154). Cette apparente diffrence d'origine (je crois avoir
-dmontr qu'elle n'est qu'apparente) ne pourroit en outre prvaloir
-contre la concidence des limites assignes cet htel par Flibien
-(entre la rue de Jouy et la rue Perce) et celles de la censive de
-l'abb de Tiron. En effet, parmi les localits soumises cette censive,
-la plus rapproche de l'glise Saint-Paul toit prcisment place entre
-la rue Perce, la rue de Jouy (dite postrieurement 1543, des _Prtres
-Saint-Paul_, et _Charlemagne_ depuis quelques mois, par suite de
-l'incomprhensible et odieuse persistance de l'dilit parisienne
-anantir les anciens noms des rues), diverses proprits ayant leur
-faade sur la rue Saint-Antoine, et les anciens murs de Paris (_Atlas
-des plans de la censive de l'Archevch_, f. 43.--Archives du roy.
-Seine, n 64). Pierre de Giac, chancelier de France, grand accapareur de
-biens, se disposoit acheter cet htel en fvrier 1383-4, et se fit
-alors donner par le Roi, pour douze deniers de cens annuel, les anciens
-murs de Paris, avec les deux tours y comprises, auxquels joignoit le
-jardin. Giac le vendit en 1397 au duc d'Orlans pour 8,000 livres et
-deux autres maisons (Champollion, II, 11). Cet htel fut alors connu
-sous le nom du _Porc-pic_, sans doute cause de l'ordre de ce nom
-institu par le duc d'Orlans, et dont l'insigne devoit figurer sur la
-porte, les vitraux, etc. On peut voir dans les d'_Orlans_ de M. Aim
-Champollion (II, 13) des dtails bien curieux sur les vitraux de cette
-maison. En 1404, le duc de Berry l'ayant reue du duc d'Orlans en
-change de l'htel des Tournelles, la donna au clbre et malheureux
-Jean de Montaigu (Sauval, II, 153). Aprs sa mort arrive le 17 octobre
-1409, le roi (ou plutt le duc de Bourgogne usant du pouvoir royal),
-donna l'htel du _Porc-pic_ Guillaume duc de Hollande et comte de
-Hainaut (Sauval, II, 81). Il en jouissoit en 1413 et 1417 (S. III, 281).
-En octobre 1418, aprs la surprise de Paris par les Bourguignons, une
-nouvelle donation en fut faite au duc et la duchesse de Brabant,
-gendre et fille du duc Guillaume (J. reg. 170, n. 207). Je n'ai pas vu
-qu'il ait t rendu au fils de Jean de Montaigu comme le furent ses
-autres biens, mais il ne pouvoit appartenir au duc de Hollande en 1438,
-comme on pourroit le croire d'aprs un compte de cette anne donn par
-Sauval (III, 655.--Le duc de Bourgogne toit alors seul duc de
-Hollande). Cet htel appartint ensuite l'illustre Arthur de Richemont
-conntable de France, dont la femme, Marguerite de Bourgogne, y mourut
-en 1441 (Sauval, II, 146). Il passa ensuite Robert d'Estouteville,
-prvt de Paris (mort en 1479), qui payoit les douze deniers de cens
-pour les murs en 1472 et 1476 (S. III, 403 et 425. Il avoit toutefois
-une autre maison _ sa vie_, rue de Galile.--Ib., 338). C'est sans
-doute cause de Robert d'Estouteville, et peut-tre de son fils
-Jacques, prvt de Paris aprs lui de 1479 1509, qui a pu possder le
-mme htel, que cet htel fut alors appel et est dsign sur le plan de
-tapisserie (commencement du XVIe sicle), sous le titre d'_Hostel du
-Prvost de Paris_. Sauval dit bien qu'il appartenoit en 1533 leur
-cousin Jean d'Estouteville, aussi prvt de Paris, mais il n'en donne
-pas de preuve. Il n'en donne pas non plus au sujet de l'attribution
-qu'il fait (II, 152) de ce mme htel l'amiral de Graville, mais cela
-est trs-probable. On sait en effet que l'amiral de Graville, petit-fils
-de la fille de Jean de Montaigu, jouit de tous ses biens, et l'on voit
-en outre dans Sauval (III, 629) que Pierre de Balsac son gendre, et Anne
-de Graville sa fille, cette femme clbre comme pote et comme
-bibliophile (voy. _les Femmes clbres de l'ancienne France_, par M. de
-Lincy) avoient pay les douze deniers de cens pour les vieux murs de la
-ville, et par consquent trs-probablement possd et habit cet htel.
-Ils en avoient transport la jouissance Guillaume le Gentilhomme,
-avocat en parlement, qui payoit le cens en 1573. Si Sauval ne s'est pas
-tromp quand il a dit (II, 152) que cet htel appartenoit en 1533 aux
-hritiers de l'amiral de Graville et Jean d'Estouteville prvt de
-Paris, il y auroit lieu de croire qu'il avoit alors t divis.
-Aujourd'hui, si l'on entre dans le _Passage Charlemagne_ (rue
-Saint-Antoine, n 102, et rue des Prtres-Saint-Paul, n 22), on arrive
-aprs avoir fait quelques pas dans une cour spacieuse, et l'on voit une
-belle maison btie (suivant toute apparence, par l'amiral de Graville)
-sur l'emplacement de l'htel du Porc-pic. On y remarque une charmante
-tourelle, mais l'ensemble de cette lgante construction est dfigur
-par l'adjonction d'une quantit de repltrages modernes. L'htel
-d'Aubriot, auquel succda celui-ci, occupoit tout le coin de la rue des
-Prtres Saint-Paul (depuis une poterne ouverte dans les vieux murs) et
-de la rue Perce, peu prs jusqu' l'emplacement actuel du n 8 de
-cette rue, o devoit finir la censive de Tiron (en 1418, jusqu' l'htel
-de Galeran de Montigny, chevalier, de la maison du duc de Berry,
-massacr lors de l'entre des Bourguignons). Son jardin, compris
-aujourd'hui en partie dans le collge Charlemagne (d'abord maison
-professe des jsuites), s'tendoit jusqu'aux anciens murs et les suivoit
-jusqu' la rue Saint-Antoine, la hauteur environ de la rue Culture
-Sainte-Catherine.
-
-[1286] C'est sans doute le nom d'un bourgeois de Paris, mais je ne
-connois rien sur ce nom.
-
-[1287] Var. B, _sont_.
-
-[1288] Dans le cas o les oiseaux ne couvent pas, comme cela toit pour
-les volires du Roi et d'Aubriot.
-
-[1289] Nourris.
-
-[1290] Au moins de l'eau trop rarement renouvelle.
-
-[1291] Dans le cas o les oiseaux couvent, etc., comme cela avoit lieu
-dans la volire de Charlot.
-
-[1292] Var. A et B ajoutent ici _par le pi_, qui est une rptition.
-
-[1293] Tourterelles ou grives (_turdus_).
-
-[1294] Var. B, _chardonnereulx_.
-
-[1295] Ce mot ncessaire au sens n'est que dans le manuscrit C.
-
-[1296] Var. A, C, _tendres_.
-
-[1297] Sans doute: _gratteroit_. Var. B, mauvaise et rsultant d'une
-correction: _laisseroit_.
-
-[1298] Je pense que ce mot doit signifier ici bouch, ferm (_arcile_,
-diminutif d'_arca_, signifie un coffret, voy. Du Cange), et seroit mieux
-crit _arcili_ qu'ar_s_ili, ce qui sembleroit le faire driver
-d'_ars_, brl.
-
-[1299] Le pot sans couvercle.
-
-[1300] Mettez vos dents.
-
-[1301] Var. A, _ loges_; B, _alloges_. Il s'agit ici d'horloges
-sablier, sans doute les seules que les particuliers pussent alors se
-procurer. Toutefois, on connoissoit les horloges rouages avant
-l'poque o le _Mnagier_ a t crit.
-
-[1302] L'usage d'empoisonner les flches remonte aux Gaulois. Il en est
-parl dans Pline et dans Aulugelle. Les Gaulois employoient cet usage
-une plante dite _limeum_, autrement _thora_, que Linne dit tre la
-dixime espce de renoncule (_ranunculus thora_) et aussi de l'ellbore.
-(Voy. la Bibl. des Threuticographes, 1763, p. 168.) Les auteurs du
-dictionnaire de Trvoux disent qu'on se servoit encore, de leur temps,
-du _thora_, dans les Alpes, pour empoisonner les flches.--On ne trouve
-de recettes semblables ni dans le _Modus_ ni dans _Phbus_; c'est une
-recette l'usage des gens chassant _pour la cuisine_, pour le profit,
-et dnus d'quipages suffisans.
-
-La fleur du _thora_ est jaune, ce n'est donc pas de cette plante qu'il
-s'agit ici; mais ce peut tre l'_aconitum napellus_, qui a la fleur d'un
-beau bleu. Quant l'_ectoire de canarade_, cit p. 63 de ce volume, M.
-Adolphe Brongniart, mon cousin, pense que c'est l'_actea_ ou l'ellbore
-noire (vulgairement _Rose de Nol_, parce qu'elle fleurit cette
-poque) qui a la fleur blanche et crot dans le midi de l'Europe, ou
-plutt l'_actea spicata_, plus commune dans toute l'Europe, dsigne
-aussi quelquefois sous le nom d'_ellbore noire_, et qui a de petites
-fleurs blanches. La racine de ces deux plantes est un poison violent;
-elle est de couleur noire.--Au reste, si les proprits de ces plantes
-conviennent aux _ectoires_ ou _lectoires_ (plantes faire des
-lectuaires?) dont parle l'auteur, il n'en est pas de mme de leur nom,
-ce qui doit laisser des doutes sur leur identit avec celles cites dans
-le _Mnagier_.
-
-[1303] Tirer l'arc.
-
-[1304] Les deux barbes ou artes du fer qui empchent la flche de
-sortir de la plaie.
-
-[1305] Dans le cuir.
-
-[1306] Var. B. _bestic_.
-
-[1307] Vrat, porc non coup.
-
-[1308] Saison de chasser le sanglier qui succdoit aux _cervaisons_,
-c'est--dire qu'elle commenoit aprs le milieu de septembre et
-finissoit vers le printemps.
-
-[1309] Passer au feu.
-
-[1310] Var. A et C, _de navets, de chastaignes la venaison_.
-
-[1311] Je pense que ces mots sont le commencement d'une troisime
-recette, _pour faire d'un ver bon sanglier_. J'avois d'abord cru qu'il
-falloit mettre un point aprs _chastaingnes_, et comprendre que la
-venaison vritable s'accommodoit de la mme manire, mais alors le 3
-n'a plus de sens. Avec la ponctuation que j'ai adopte, venaison
-signifieroit ici la chair du prtendu sanglier.
-
-[1312] Son.
-
-[1313] Var. B, _limegnon_; C, _lumignon_. Voy. p. 56, note 1.
-
-[1314] Le Ms. B ajoute ici _foul_ qui est mauvais, la mre goutte tant
-ce qui sort de la cuve avant que le raisin soit foul. C'est le jus des
-raisins les plus mrs qui s'crasent en tombant dans la cuve.
-
-[1315] Il semble qu'il faudroit, au contraire, faire rduire plus le vin
-quand le raisin n'est pas bien mr. Peut-tre faut-il comprendre qu'on
-le fait revenir ou rduire d'_un tiers_ au lieu de _au tiers_, et d'_un
-quart_ au lieu de _au quart_.
-
-[1316] Si vous les achetez toutes cuites.
-
-[1317] Rptition du 2 de la p. 149.
-
-[1318] chauffent; c'est aussi le sens de ce mot, p. 152, ce qui ne
-contredit pas l'explication donne en cet endroit du but de la recette.
-
-[1319] Rpe?
-
-[1320] Cette recette et la suivante sont dans le Taillevent manuscrit
-avec peu de diffrences.
-
-[1321] Marquer.
-
-[1322] Le mot _arramentum_ a dans la basse latinit plusieurs
-significations (_airain_, _arrangement_), mais dont aucune ne me parot
-convenir au sens de cette phrase.
-
-[1323] Ainsi le linge se marquoit alors l'aide d'une griffe ou d'un
-sceau.
-
-[1324] Matire inflammable sous les tincelles du briquet. Voy. p. 42 et
-Du Cange, au mot _Esca_.
-
-[1325] corce ou peut-tre les fleurs du noyer. On ne voit pas pourquoi
-l'auteur ayant mis l'_cume_ au singulier, dit ensuite _qui sont
-surannes_ au pluriel. J'avois pens que _noyer_ toit une faute pour
-_noix_ et qu'il s'agissoit l de brou de noix; mais le brou de noix ne
-me parot pas pouvoir se dtacher entier, et il me semble difficile
-qu'on puisse le couper par _pices de la largeur de deux_ doigts.
-
-[1326] Var. A, C, _les_.
-
-[1327] Mlange pais d'eau et de cendre qui reste au fond du cuvier
-quand on a coul la lessive.
-
-[1328] gouttes, presses.
-
-[1329] ponge.
-
-[1330] Oiseau de rivire.
-
-[1331] Var. B, _i_ (_id est_); le cimier est la croupe du cerf. Voy. p.
-129.
-
-[1332] Ce mot et les huit prcdens ne sont que dans le manuscrit B.
-
-[1333] C'est beaucoup mieux que _noix de galles_ comme on l'a dit
-depuis, puisque les galles ne sont pas un fruit mais une excroissance du
-chne.
-
-[1334] Le Ms. C ajoute _arrabic_.
-
-[1335] Tranquille, stagnante, _quieta_.
-
-[1336] Ce seroit les premires ctes, les plus proches des hanches, si
-l'explication que j'ai donne du filet ou nomblet est bonne.
-
-[1337] On ne trouve dans Belon ni la _bourbotte_ ni le _chavessot_;
-seulement cet auteur dit que la lote toit dite barbotte Paris. Mais
-il ne peut tre question ici de la lote qui n'a pas d'cailles et ne
-pouvoit, par consquent, se peler comme la perche.
-
-[1338] Corneilles.
-
-[1339] Plutt choucas (corneille dos gris) que chouette.
-
-[1340] Trait d'arbalte.
-
-[1341] Var. (que je crois mauvaise) des Mss. A et B, _ont_.
-
-[1342] Traits d'arbalte non aigus, avec lesquels on tiroit aux oiseaux.
-Voy. une citation de Wats dans Du Cange, au mot _Pilatus_.
-
-[1343] Var. B, _cornillaux_.
-
-[1344] Brouillards, temps humides.
-
-[1345] Voy. p. 166.
-
-[1346] Voy. p. 186, 2.
-
-[1347] Voy. p. 213.
-
-[1348] Non pas, pas mme. Ce passage est un de ceux qui tablissent la
-position que l'auteur occupoit dans la socit.
-
-[1349] Ce mot est fautif.
-
-[1350] _Debent._
-
-[1351] Prenez des amandes nouvelles et tez adroitement, au couteau,
-leur premire corce. Ensuite percez chaque amande d'un trou au milieu.
-Ce fait, lesdites amandes soient mises en eau douce et y restent cinq ou
-six jours, mais que l'eau soit change une fois chaque jour. Ensuite,
-aprs cinq ou six jours, lesdites amandes soient tires de l'eau et
-poses sur une (nappe?), o elles restent un jour naturel pour scher et
-ter l'humidit de l'eau. Ayez ensuite une quantit suffisante
-d'excellent miel, proportionnellement celle desdites amandes;
-faites-le bouillir et cuire bien et suffisamment, et l'cumez, et, quant
-il sera cuit et rfroidi, mettez dans le trou de chaque amande un clou
-de girofle, et ayant replac toutes les amandes dans un bon vase de
-terre, mettez dessus (_item_, pour confire des noix; mais elles doivent
-rester neuf jours dans de l'eau renouvele chaque jour) ledit miel bien
-cuit et en quantit suffisante pour couvrir entirement les amandes qui
-pourront tre manges aprs deux mois.
-
-[1352] Sans tre mis dans l'eau chaude.
-
-[1353] Vids.
-
-[1354] Ce sont videmment des petites hardes de lard.
-
-[1355] En grain.
-
-[1356] Ptrir.
-
-[1357] Pilon.
-
-[1358] C'est ici que se terminent les deux manuscrits les plus anciens
-(A et B) du _Mnagier de Paris_. Cependant mon manuscrit (C) ajoute
-encore quelques recettes qui sont tellement analogues celles qui
-prcdent, que je crois devoir les donner comme appendice. Elles
-paroissent avoir t crites peu de temps aprs le corps du texte; elles
-sont dans le dialecte picard ou flamand, et ont videmment t
-recueillies dans la maison de Madame de Roubais (Marguerite de
-Ghistelle). Voy. l'Introduction.
-
-[1359] Battu, cras.
-
-[1360] Sucre.
-
-[1361] Une chausse.
-
-[1362] Melons. Je ne sais ce que peut signifier _caordes_, peut-tre
-est-ce _gourdes_, sorte de courge.
-
-[1363] Empans.
-
-[1364] D'un coup, la fois.
-
-[1365] Rangs.
-
-[1366] Place.
-
-[1367] Ce.
-
-[1368] Jardiniers de Portugal. Il y avoit des Portugais la cour de
-Bourgogne. Vasque Made de Villelobe, Portugais, traducteur du _Triomphe
-des Dames_ (imprim Paris, chez Pierre Sergent, in-4, gothique),
-toit cuyer d'curie du duc de Bourgogne.
-
-[1369] Dface? arrache.
-
-[1370] Rptition presque textuelle, mais fautive, des 4, 5, 6, 7, 8
-de la page 275 ci-aprs.
-
-[1371] Sucre rosat.
-
-[1372] _Et_ [Illustration: un symbol].
-
-[1373] Qu'il file entre deux doigts, si on en prend une goutte.
-
-[1374] Avant qu'on mette bouillir.
-
-[1375] OEuf.
-
-[1376] Laisser rasseoir en eau.
-
-[1377] De la fleur.
-
-[1378] Aussi.
-
-[1379] Esteuf, balle.
-
-[1380] pande, rpande?
-
-[1381] Dmen, remu?
-
-[1382] Sucre fondu en eau-rose.
-
-[1383] _Hulle_ signifie en allemand enveloppe. Est-ce ici la gaine d'un
-couteau?
-
-[1384] Rayez.
-
-[1385] Une rgle?
-
-[1386] Doigts.
-
-[1387] _Rostez-le._ Otez-le hors du bassin?
-
-[1388] Encre.
-
-[1389] Eau de pluie.
-
-[1390] Couperose.
-
-[1391] Et un scrupule?
-
-[1392] La moiti du temps ncessaire pour dire les sept psaumes de la
-pnitence, comme nous avons vu dans le _Mnagier_, un _Pater_, un
-_Miserere_, etc.
-
-[1393] Les matires qui ont servi faire l'encre, le marc.
-
-[1394] Poivre.
-
-[1395] Clous de girofle.
-
-[1396] Menues-pices (_species_), moins (que de cannelle et gingembre).
-
-[1397] Teille, vase de terre. Suppl. _avec_.
-
-[1398] Vos poussins ou perdrix.
-
-[1399] Voy. p. 95.
-
-[1400] Tournesol. Voy. p. 220.
-
-[1401] Pcher. Mettez assez de tournesol pour lui donner la couleur de
-fleur de pcher.
-
-[1402] OEufs.
-
-[1403] Feu.
-
-[1404] Brle.
-
-[1405] Il semble qu'il faudroit _ou_ puisque ce plat se faisoit avec du
-poisson, ou avec des oeufs dfaut de poisson.
-
-[1406] OEufs?
-
-[1407] Pochs?
-
-[1408] Hachez.
-
-[1409] Scher.
-
-[1410] Le seul que contiennent les manuscrits. Voir l'Introduction et T.
-I, p. 7, note 1; voir aussi T. II, p. 79, n. 1.
-
-[1411] Augmente sa maison, son train, plutt que _fatigue_, _use_. Gaces
-de La Bugne borne le train de l'preveteur quatre chiens et deux
-chevaux (Ed. Verard, X 5).
-
-[1412] Cette manire de voler semble bien devoir tre celle que
-d'Arcussia (Ve partie, ch. XVI, et Confr. 30) appelle voler _la
-toise_ (et aussi Sainte-Aulaire, p. 103) ou _source_, _lve-cul_ ou
-_la couverte_. C'est quand on lchoit l'oiseau de poing tout prs de sa
-proie, au moment o elle s'enlevoit, et qu'il l'empitoit avant qu'elle
-et eu le temps de se mettre en aile. Les oiseaux de poing prenoient
-presque toujours leur gibier de cette manire, soit son premier
-dpart, soit _ la remise_, c'est--dire au second vol. Dans ce dernier
-cas ils attendoient souvent sur un arbre ou sur une haie que les chiens
-fissent repartir l'oiseau chass. Huber, dans ses _Observations sur le
-vol des oiseaux de proie_ (1784, in-4, p. 36), a trs-bien expliqu
-cette manire de voler qu'il appelle _le saut_ et qui est propre aux
-oiseaux de poing. Il dit que le saut rsulte d'un lancement qui part de
-la plante des pieds puis d'une forte et brusque contraction des ailes.
-Il distingue le saut montant, le saut de niveau (tous deux ne portent
-que 6 ou 7 toises) et le saut plongeant, qui est le plus puissant.
-
-[1413] Jaillir, s'lancer. Je ne sais si ce mot s'applique ici
-l'pervier ou au brusque dpart de l'oiseau chass. C'est presque la
-mme expression que celle de _vol la source_ employe par d'Arcussia:
-Le Ms. A porte _fouldre_, mot qui ne seroit pas ici sans signification,
-car Huber dit que le dpart _au saut_ est aussi prompt que _l'clair_.
-
-[1414] ducation, de _duire_, dresser.
-
-[1415] Var. A, _espaingnos_. Chiens d'Espagne dits aujourd'hui
-_pagneuls_.
-
-[1416] A ct.
-
-[1417] Il faudroit _l'en_.
-
-[1418] Lier, en terme de fauconnerie, c'est quand l'oiseau a enserr sa
-proie. D'Arcussia veut qu'on rserve ce mot pour les oiseaux de leurre
-et qu'on dise _empiter_ pour ceux de poing (p. 177).
-
-[1419] Qui s'loignent trop.
-
-[1420] Cri, appel.
-
-[1421] Lass, vaincu.
-
-[1422] Se prcipiter avec entranement, fondre, d'_immittere_.
-
-[1423] Pole, polon.
-
-[1424] Var. A, _abent_.
-
-[1425] Rclamer l'oiseau c'est le faire revenir sur son poing. On a dit
-quelquefois par extension un oiseau _rclam_ pour un oiseau _dress_.
-Les oiseaux de leurre toient rappels l'aide du leurre: aussi
-disoit-on pour eux _leurrer_ et non _rclamer_.
-
-[1426] Var. A, _dchairent_.
-
-[1427] Var. A, _d'espreviers_.
-
-[1428] _Que_ est de trop moins qu'il ne manque la fin de la phrase
-comme: _ne l'ait dcouvert_.
-
-[1429] Il faudroit: _qu'il_.
-
-[1430] C'est le mle de l'pervier, beaucoup plus petit que la femelle,
-et que l'on employoit beaucoup moins. Gaces de La Bugne dit qu'il
-servoit aux apprentis fauconniers faire leur ducation (Ed. Vrard, L
-v).
-
-[1431] Enfoncement, creux, de _claustrum_. Var. B, _crotet_, petite
-grotte, trou, de _crypta_.
-
-[1432] Fienter.
-
-[1433] Mince, dlicat.
-
-[1434] Filet.
-
-[1435] Surtout.
-
-[1436] Digr.
-
-[1437] Pour qui.
-
-[1438] Var. A, _fielet_.
-
-[1439] Repas. Sous-entendez _de ce filet de porc_.
-
-[1440] Var. B, _certainement_.
-
-[1441] Sainte-Aulaire dit la mme chose (p. 45); il ajoute que ces
-_fautes_ ou _marques_ places en travers des plumes les font rompre
-facilement aux premiers efforts de l'oiseau.
-
-[1442] Tirant sur le rond, un peu rond.
-
-[1443] Ces trois mots interrompent le sens et seroient mieux placs
-avant _tenir nettement_.
-
-[1444] Var. B, _le pennier_.
-
-[1445] L'auteur entend par ce mot une cage ou caisse de bois dont il
-nous donne ci-aprs les dimensions. Le mme mot a t employ par
-d'Arcussia, mais sans explication, et par Sainte-Aulaire (p. 180 186)
-qui paroit en faire un terme gnral pour dsigner un lieu ferm comme
-une chambre, etc., et semble dire indiffremment: mettre les oiseaux
-la ferme ou la mue.
-
-[1446] Treillage, grillage.
-
-[1447] Prendre de la force.
-
-[1448] Se soulvera.
-
-[1449] Jointures, jarrets.
-
-[1450] Se tiendra debout.
-
-[1451] Large.
-
-[1452] Il y a, il est.
-
-[1453] Billot de bois sur lequel on plaoit l'oiseau. Sainte-Aulaire dit
-qu'il doit avoir deux pieds de haut. Il est vrai qu'il parle de celui
-l'usage des oiseaux parvenus leur taille (p. 66 et 106). L'empereur
-Frdric II conseille de le faire en forme de cne renvers et ferr, de
-manire qu'on puisse l'enfoncer facilement en terre. Il l'appelle
-_sedile_. Il dit que le faucon cill est mieux sur le bloc que sur la
-perche, et qu'on ne doit mettre sur le bloc qu'un seul faucon (voy. ch.
-L et LI du second livre).
-
-[1454] Phrase qui parot dfectueuse.
-
-[1455] Repu.
-
-[1456] Var. A, _merts_. Je crois que ce sont ces barres ou marques
-noires qui traversent les plumes de la queue de l'pervier
-(Sainte-Aulaire, p. 25), et dont il est aussi parl sons le nom de _mers
-de la queue_ dans le Modus (feuillet 77 v). L'auteur veut donc dire ici
-qu'il faut pour mettre les jets l'oiseau, attendre qu'il soit parvenu
-au moment de sa croissance o sa queue est assez longue pour qu'on y
-voie dj deux barres noires. Voir ci-aprs p. 291.
-
-[1457] Petites lanires de cuir qui s'attachoient aux jambes de l'oiseau
-et auxquelles on ajoutoit les vervelles, et quand l'oiseau toit sur la
-perche, la longe et le touret.
-
-[1458] Quand aprs s'tre dbattu, jet en avant de sa perche il y est
-retenu et rappel par sa longe.
-
-[1459] Queue des oiseaux de poing. Le mot de queue toit rserv aux
-oiseaux de leurre.
-
-[1460] Var. A, C, _sur luy surviennent_.
-
-[1461] Imptueusement, de _tempte_.
-
-[1462] Depuis _esteuf_, balle de jeu de paume.
-
-[1463] Supplez _non_.
-
-[1464] Supplez _a_.
-
-[1465] Si en se dbattant il tomboit de la perche et y restoit suspendu
-par sa longe.
-
-[1466] Ce passage confirme l'explication donne prcdemment, mais je
-n'ai rien trouv dans les auteurs qui puisse dterminer o sont placs
-les sept _merqs_ dont parle l'auteur. Je vois sur un pervier qui est
-sous mes yeux 1 4 barres (ou _merqs_) noires (dont une un peu cache
-par les petites plumes du croupion) _sur_ le balai, 2 4 id. en dessous;
-et enfin 6, mais assez mal marques sur le dessous des grandes plumes de
-l'aile. Mais on sait combien l'ge change le plumage des oiseaux de
-proe, et j'ignore si l'oiseau que j'ai sous les yeux cet un _niais_ ou
-un _mu_.
-
-[1467] Graisser, mouiller de sa salive.
-
-[1468] La seconde secousse, le second effort de l'oiseau. Voir
-d'Arcussia, Ve partie, ch. IX.
-
-[1469] Var. B, _espoventablement_.
-
-[1470] Paresse.
-
-[1471] Var. A, C, _bas_.
-
-[1472] Espaces laisss vides dans les manuscrits. Peut-tre y avoit-il
-_marqu travers de petits coeurs brun tendres ou roux_. La diffrence
-avec l'autre genre de plumage dont il va tre parl auroit donc consist
-dans la dimension et la disposition des marques en forme de coeur;
-l'auteur du Modus dit galement: _Les uns sont de menues plumes
-traversaines et blanches; autres sont de grosses plumes traversaines et
-grosses noues; autres sont de plumes que nous appelons mauvises_ (mal
-disposes, mal semes).
-
-[1473] Sems.
-
-[1474] Var. A, _boueil_. C'est le brayer, le bas-ventre, dit _brayeul_
-dans le roi Modus.
-
-[1475] Le manuscrit B ajoute _S_ (_scilicet?_).
-
-[1476] _L'espervier a communment l'estomac blanc maill de marques
-noires faites la plupart en coeur. Le dessus noir ou gris fort obscur
-squelles y a certaines mailles ou plumes blanchtres sur les reins_
-(Sainte-Aulaire, p. 25). L'auteur a fait le mot _cueuret_ pour dire
-sem de coeurs, comme on dit _fleur-de-lise_, _toil_, etc.
-
-[1477] En changeant d'ordre, muablement.
-
-[1478] Charrient au couvert, dans un buisson, etc., pour s'en patre,
-l'oiseau qu'ils ont pris.
-
-[1479] Je crois que c'est l'oiseau dont les ailes sont bien disposes;
-bien jointes au corps et croisant bien sur la queue.
-
-[1480] Voy. sur les vanneaux, couteaux et cerceaux, la note 6 de la page
-89.
-
-[1481] Espace laiss vide dans les manuscrits. _Sans_ doit tre
-dfectueux ainsi que _a_: le balay signifiant la queue. L'auteur a d
-crire quelque chose comme _bonnes pennes, puissans balay et sain_, etc.
-
-[1482] Var. B, _paissonoir_. Ces diffrens noms des ongles de l'pervier
-ne sont ma connoissance donns qu'ici. D'Arcussia les dsigne
-simplement sous la dnomination de premier, second, et troisime, en
-commenant par celui du premier doigt de devant: celui de derrire
-auroit t dit _avillon_. Ici les _sangles_ pourroient tre les serres
-du grand doigt du milieu et du doigt de derrire: le _paissoir_, l'ongle
-du pouce, et le _charnier_ celui du quatrime doigt.
-
-[1483] Qu'il.
-
-[1484] Instrument de cuivre, quelquefois d'argent, destin empcher la
-longe de s'embarrasser. Ce sont deux demi-anneaux en forme d'triers
-runis par une goupille qui traverse les deux cts plats, lesquels
-tournent l'un sur l'autre. D'Arcussia l'appelle _tournet_ (131), et
-l'empereur Frdric II _tornetum_ (II, 40). Il est reprsent dans les
-planches de _l'Encyclopdie_ (XII, fig. 2). C'est certainement au touret
-qu'est relatif le passage cit dans Du Cange _Coretum_, et il faut
-sans doute y lire _Toretum_.
-
-[1485] Bleu.
-
-[1486] Plus loin _recrance_, filire, longue ficelle attache aux
-longes.
-
-[1487] Aux plaidoiries, au palais.
-
-[1488] Gaces de La Bugne conseille galement de porter l'pervier
-
- L ou les gens sont amasss,
- Soit en l'glise ou autre part.
- (S v, v, c. 1.)
-
-On voit, d'aprs ces deux tmoignages, qu'il toit permis tous les
-laques d'entrer dans l'glise avec un oiseau sur le poing. Il en
-rsulte donc que quand on a remarqu que les barons de La
-Fert-Chauderon et les seigneurs de Chastellux entroient dans le choeur
-des glises cathdrales de Nevers et d'Auxerre en costume moiti
-militaire, moiti ecclsiastique, et avec un oiseau sur le poing, ce
-fait n'toit (au moins _au commencement du_ XVe _sicle_) une
-particularit qu' cause de leur costume, de la qualit de chanoines
-hrditaires de ces glises possde par ces seigneurs, et peut-tre
-aussi cause de la place qu'ils occupoient dans le choeur par suite de
-leur dignit. (Voy. ce sujet les _Mercures_ de juin 1732, p. 1248, de
-mars et d'avril 1733, p. 472 et 730, et l'_Histoire d'Auxerre_ de
-Lebeuf, T. I, p. 809.) On voit encore, dans une pice de 1464 cite par
-l'abb Lebeuf (T. II, pice 241), que les trsoriers des glises
-d'Auxerre et de Nevers avoient le droit d'assister aux offices en habit
-non ecclsiastique et avec un pervier sur le poing; mais ce droit toit
-ds lors contest ou au moins remarqu. Il faut donc en conclure ou que
-l'usage avoit ds lors chang, ou qu'il toit born aux laques.
-
-[1489] Petits ais, petites planches, lattes.
-
-[1490] On appeloit _plume_, et plus souvent depuis _cure_, une petite
-boulette de filasse, de coton, ou de plumes qu'on faisoit avaler
-l'oiseau pour faire passer les parties grossires de sa nourriture qui
-seroient restes dans son estomac.
-
-[1491] Probablement les filamens ou nerfs de cette poche que d'Arcussia
-appelle la gorge ou sachet suprieur. C'est la partie qui suit
-immdiatement le gosier, et qu'on dit vulgairement _la gave_. Voir
-d'Arcussia, chap. 1 de la IVe partie, p. 233.
-
-[1492] _L'en_ n'est que dans le Ms. C.
-
-[1493] Prau.
-
-[1494] Aille.
-
-[1495] Scher.
-
-[1496] Faire jaillir, mais j'ignore la racine de ce mot. Var. B,
-_ressortir_.
-
-[1497] Baguette.
-
-[1498] Trteau.
-
-[1499] Savoir: _utrum_.
-
-[1500] Retir, accroupi. Voy. p. 20.
-
-[1501] Sup.: _avancez_. V. p. 394.
-
-[1502] Mouchet, de _varius_, comme la fourrure de _vair_ et le _vair_
-du blason.
-
-[1503] Tachets.
-
-[1504] Jeunes pies.
-
-[1505] Tenailles.
-
-[1506] Peut-tre faute, pour _moine_.
-
-[1507] Vritablement, srieusement.--Var. A, _ensient_.
-
-[1508] Dans le lieu de sa demeure?
-
-[1509] Sans cette prcaution.
-
-[1510] L'auteur ne donnoit donc pas tout fait dans l'opinion errone,
-et cependant gnrale, suivant laquelle la queue (ou balai, voy. p. 290,
-n. 3) servoit de gouvernail l'oiseau. On a reconnu depuis qu'elle ne
-lui sert qu' monter et descendre. Voy. Huber, _Observ. sur le vol des
-oiseaux de proie_, p. 13.
-
-[1511] Se dtourne, fait des crochets.
-
-[1512] Ciseaux.
-
-[1513] Quand elle part. Voy. p. 280, n. 3.
-
-[1514] Entirement, vraiment _blanches_, comme l'meut _fin blanc_
-ci-dessus, p. 298.
-
-[1515] C'est le moineau suivant Nicot.
-
-[1516] Rptition avec variantes du 1, p. 300.
-
-[1517] Ce paragraphe, qui parot hors de propos au milieu des
-instructions relatives aux premiers vols de l'pervier, est en outre une
-rptition, mais non textuelle, de ce qu'on a dj vu page 290.
-
-[1518] Il parot manquer ici _faire_.
-
-[1519] Embrouillez (ses longes dans les branches du buisson o il aura
-charri sa proie).
-
-[1520] Var. B, _pendre_.
-
-[1521] Neuf heures. Voy. t. I, p. 48.
-
-[1522] S. d. faute pour _buisson_.
-
-[1523] A et C ajoutent _vous_.
-
-[1524] Au soir.
-
-[1525] Var. bonne du Ms. B, mais rsultat d'une correction postrieure
-au corps du texte: _s'essorera_. Au reste, _s'efforcer_ est bon, quoique
-je ne l'aie pas vu employ par les autres auteurs dans le sens de
-s'essorer, prendre, son _essor_, _s'emporter_.
-
-[1526] Corps, carcasse. Voy. p. 170, n. 1, et p. 213.
-
-[1527] S.-e. l'pervier.
-
-[1528] S.-e. la chair du pigeon.
-
-[1529] Dvider. Ce mot exprime trs-bien l'action du chien qui suit une
-trace.
-
-[1530] Au lieu remarqu, o les autres perdrix se sont remises.
-
-[1531] Var. A, _gauchires_.
-
-[1532] Oiseau de proie ignoble (non susceptible d'tre dress), grand
-destructeur de perdrix, class par Huber (p. 16) dans la classe des
-harpayes, avec la _Soubuse_, le _Jean-le-Blanc_ et l'_oiseau
-Saint-Martin_. Huber semble croire que ces quatre noms dsignent le mme
-oiseau (peut-tre diffrens ges). G. Bouchet (_Recueil des oiseaux de
-proie_) a consacr au _faux-perdrieu_ un article tendu, et on voit dans
-d'Arcussia (_Fauconnerie du Roi_, p. 399) que Louis XIII voloit cet
-oiseau avec des faucons dresss voler la corneille.
-
-[1533] Pices de terre cultives en pois. _Pisaria._
-
-[1534] _Qui_ ou _et_ sont de trop. Si l'on supprime _et_, il faudroit
-une virgule aprs _remerquent_.
-
-[1535] Au saut. Voy. p. 280.
-
-[1536] Voy. p. 304.
-
-[1537] B ajoute _premier_, qui me parot inutile et peut tre une
-correction de _se l'pervier_, qui est dans le Ms. A et est tout fait
-fautif.
-
-[1538] S'accouplrent. D'Arcussia (1627, p. 209, 220) emploie le mme
-mot, et dit aussi _le temps de l'adoue_; c'est pourquoi j'aime mieux
-lire _adourent_ qu'_adonnrent_, comme l'crit le Ms. B (_adoerent_).
-
-[1539] Pour _cochier_ je lis: cochier, cocher.
-
-[1540] En tat, leur taille.
-
-[1541] Tuyaux des plumes pleins de sang comme les jeunes oiseaux.
-
-[1542] Le Ms. B seul ajoute: _et ne sont pas les plumes de leurs eles si
-roides comme leurs pres et leurs mres qui ont est mues_. Ces mots
-paroissent tre une bonne variante et non la suite du membre de phrase
-prcdent.
-
-[1543] Il semble qu'il faudroit lire _et_, de manire restreindre la
-possibilit de prendre, mme au _voulon_, la perdrix ainsi forte, au cas
-o elle est dj lasse d'un premier vol. Mais on peut aussi comprendre
-que l'auteur, en dfendant plus bas d'essayer de la prendre, en plein
-champ, du premier vol, a seulement entendu dfendre de la faire voler _
-tire-d'aile_ (en _tirant aprs_) par l'pervier. Cette manire de voler
-(mouvement rpt des ailes) est employe par l'oiseau de poing en ligne
-horizontale ou de haut en bas. Dans le premier cas, il n'entreprend
-ainsi que le gibier le plus faible, et cette attaque lui russit bien
-moins que le _saut_ (ou _voulon_), qui est son plus grand moyen. (Voy.
-Huber, p. 37.)
-
-[1544] Gaces de La Bugne dit aussi (X v) que l'pervier peut prendre le
-faisan; mais au XVIIe sicle qu'on peut cependant regarder comme celui
-o la fauconnerie atteignit sa plus grande perfection, en France, on ne
-faisoit plus voler l'pervier aux faisandeaux: c'est du moins ce qui me
-semble rsulter d'un passage de d'Arcussia (Ve partie, chap. XXV), dans
-lequel il remarque, comme une chose notable, que cette chasse avoit lieu
-en Lombardie, o, dit-il, les perviers sont en plus de rputation qu'en
-autre pays.
-
-Quant au vol de l'outarde par l'pervier, il est plus tonnant, et on
-seroit tent de penser ou qu'il y a erreur dans le nom de l'oiseau
-chass ou que l'auteur a entendu parler ici de la chasse de l'outarde
-faite avec l'autour, oiseau tout fait semblable de conformation (sauf
-la grosseur), de moeurs et de vol l'pervier, puisque tous les auteurs
-les confondent dans les prceptes qu'ils donnent sur la manire de les
-dresser. L'autour, beaucoup plus fort que l'pervier, prenoit l'outarde
-ou du moins la retenoit jusqu' ce que les chiens vinssent le secourir
-et la tuer; mais ce fait mme toit regard avec raison comme
-surprenant, attendu la faiblesse relative de l'autour (Voy. Gaces de La
-Bugne, f. X 2 v), et le rcit d'une chasse l'outarde faite par un
-faucon sauvage dans d'Arcussia (_Fauconnerie_, p. 227 et aussi l mme
-_Convy_, p. 52). L'pervier qui est un assez petit oiseau, pouvoit-il
-donc galer l'autour et le faucon dans cette chasse? La mme rflexion
-se prsente l'esprit pour le vol aux lapereaux et aux levrauts, que je
-n'ai vu indiqu dans aucun autre auteur. Remarquons toutefois qu'il y
-avoit, suivant d'Arcussia, une espce d'perviers venant d'Esclavonie,
-et tellement courageux qu'ils entreprenoient _tout ce qu'on leur
-montroit_.
-
-[1545] Auj. de gent.
-
-[1546] Monter une hauteur telle qu'il perde son matre.
-
-[1547] Var. B, _toutesvoies_.
-
-[1548] Peut-tre la marouette.
-
-[1549] Geais.
-
-[1550] Ou _bougon_, flche grosse tte, bout obtus, _sagitta
-capitata_, suivant Nicot.
-
-[1551] Afin que.
-
-[1552] Var. A, _tirer_.
-
-[1553] D'Arcussia (Ve partie,, ch. XXV) dit la mme chose; seulement il
-est question, dans son livre, d'un arc jalet (arbalte lanant des
-balles de plomb) et non d'un arc.
-
-[1554] Avant qu'il ait eu le temps de chasser et de se patre.
-
-[1555] Le garder pendant le temps qu'il est en mue.
-
-[1556] B ajoute: _laquelle plume_.
-
-[1557] Pour le garantir, l'empcher de se dbattre.
-
-[1558] Espace laiss en blanc dans les trois manuscrits: peut-tre
-est-ce le croupion ou le _brayer_ (ventre), afin d'attendrir la peau o
-tiennent les plumes de la queue.
-
-[1559] Gouttire, petit canal (mangeoire avec coulisse dessous).
-
-[1560] Voy. p. 297.
-
-[1561] L'empcher de dormir.
-
-[1562] L'abaisser, le dompter en le nourrissant peu.
-
-[1563] Mues.
-
-[1564] Les autres auteurs distinguent le _branchier_ du _ramage_. Ce
-dernier nom dsignoit l'oiseau qui avoit t assez longtemps libre et
-vivant de sa chasse: il tenoit le milieu entre le _branchier_ et le
-_sor_.
-
-[1565] S.-e. _avant_. C'est seulement quand il sera assez g pour avoir
-dj pris des oiseaux qu'il descendra la _meute des pans_. On appeloit
-meute un bton fourchu auquel toit attach un oiseau vivant que
-l'oiseleur faisoit remuer pour attirer dans les _pans_, dans les filets,
-celui ou ceux qu'il dsiroit prendre. (Voy. _Modus_, f. 127.) Plus tard
-on appela ainsi l'oiseau attach au piquet fourchu (_Ruses innocentes_,
-1695, in-8, p. 144). Le filet dont il est ici question est certainement
-le _rets-saillant_ ou _nappe_.
-
-[1566] _Giesles_, dans le Modus, et plus tard _guide_ ou _guede_. Ce
-sont les btons qui terminent les pans du rets-saillant et auxquels
-s'attachent les cordes qui fixent les extrmits des pans des piquets
-enfoncs en terre. La corde que tire l'oiseleur pour faire rabattre les
-pans est aussi attache aux deux _guilles_ places de son ct. (Voir le
-_Modus_ de 1839, f. 126. Les cages reprsentes dans la figure indiquent
-bien l'endroit o devoient tre placs les mouchets dont parle l'auteur
-du _Mnagier_.)
-
-[1567] Les manuscrits ajoutent: _comment qu'il soit_. Ces mots me
-paroissent une rptition fautive des trois prcdens.
-
-[1568] Passer un fil dans la premire paupire des deux yeux de
-l'oiseau, puis runir et tordre les deux bouts du fil sur son bec.
-L'pervier devait tre cill de manire voir un peu derrire lui. On
-obtenoit ce rsultat en lui perant la paupire plus prs du bec que du
-milieu de l'oeil. (Voy. _Modus_, f. 96, v.)
-
-[1569] Grelots attachs aux jambes de l'oiseau.
-
-[1570] Peut-tre faut-il lire _aasier_.
-
-[1571] On verra ci-aprs l'explication de ce terme. C'est sans doute ce
-que l'auteur du _Roi Modus_ appelle _mu du bois_ (f. 95, v).
-
-[1572] Var. B, _affaitis_.
-
-[1573] Il ne revient pas si facilement son matre.
-
-[1574] L'oiseau de proie _sor_ est celui qui a atteint sa taille, mais
-n'a pas encore mu. Son nom lui vient de la couleur jauntre (ou
-_sorette_, comme dit Tardif, chap. XV) de ses plumes.
-
-[1575] Pondu.
-
-[1576] Les en a empchs.
-
-[1577] Le Ms. C ajoute: _bons espreveteurs_.
-
-[1578] C. ajoute: _plumes et_.
-
-[1579] V. p. 288, n. 3.
-
-[1580] Les premiers, les meilleurs.
-
-[1581] Var. B, _hault_.
-
-[1582] D'Arcussia (p. 8 et 36) et Sainte-Aulaire (p. 12) disent aussi
-que le faucon _hagart_ (on mu des champs) est celui qui a dj mu une
-fois. D'Arcussia fait driver ce nom du mot hbreu _agar_, signifiant
-tranger. Il semble qu'il doit plutt signifier _gar_, _sauvage_,
-moins qu'attendu l'explication qu'en donne ici notre auteur, on ne le
-fasse venir de _haga_, haie.
-
-[1583] Qu'il a deux ans.
-
-[1584] Var. B, _sores_.--Les plumes qui sont restes de son premier
-plumage, de son plumage sor.
-
-[1585] Peut-tre l'auteur veut-il dire que cet oiseau se laissoit
-emporter par son ardeur et conduisoit le fauconnier de trop grandes
-distances; mais cet inconvnient toit propre tous les oiseaux de
-haute volerie ou de leurre.
-
-[1586] On appelle _form_, par opposition _tiercelet_ (plus petit d'un
-tiers), la femelle des oiseaux de proie.
-
-[1587] Leurre, instrument en osier en forme de fer cheval allong
-qu'on recouvroit des ailes de l'oiseau ou de la peau du quadrupde
-(livre ou lapin), qu'on vouloit accoutumer l'oiseau de proie voler.
-(Voy. les planches de l'_Encyclopdie_, pl. 12, fig. 4). On plaoit la
-viande destine la nourriture de l'oiseau sur le leurre, et il s'y
-paissoit. Il en rsultoit qu'il connoissoit le leurre et qu'il revenoit
- son matre ds que celui-ci l'appeloit en tournant cet instrument:
-c'est ce qu'on appeloit _leurrer_. Les oiseaux, ainsi dresss (le
-faucon, le gerfaut, le lanier, le sacre, le hobereau et l'merillon
-toient seuls susceptibles d'tre dresss au leurre), suivoient les
-chiens pendant la quete en volant et fondoient sur leur proie aussitt
-qu'elle se levoit, la diffrence des oiseaux de poing (autour et
-pervier), qui restoient sur le poing de leur matre jusqu' ce que les
-chiens eussent fait lever le gibier. Les oiseaux de leurre ou de haute
-volerie toient en outre seuls propres certains vols, tels que ceux du
-hron, du milan, etc. Huber, dans son excellent ouvrage (malheureusement
-trop abrg et sorte de prospectus d'un autre plus tendu qu'il comptoit
-composer) sur le vol des oiseaux de proie, a dcrit d'une manire bien
-remarquable les diffrens moyens employs par ces deux espces d'oiseaux
-en consquence de la forme de leurs ailes, et partant de ce principe
-fondamental que les anciens fauconniers n'ont pas connu, il appelle les
-premiers _rameurs_ et les seconds _voiliers_. L'instruction de ces deux
-espces d'oiseaux devoit donc diffrer, et en effet celle des premiers
-constituoit l'art de la fauconnerie et celle des autres l'autourserie;
-les langues de ces deux arts, comme leurs principes eux-mmes,
-prsentoient de notables diffrences qu'on peut voir dans d'Arcussia, p.
-176, et dans _le Veritable Fauconnier_ de Morais, p. 9 et 115. Une des
-principales toit que les oiseaux de leurre toient chaperonns, tandis
-que ceux de poing ne l'toient pas. Ces derniers mangeoient sur le poing
-de leurs matres, les premiers sur le leurre, etc.
-
-[1588] Hobereau.
-
-[1589] Plante bien connue, _ruta_.
-
-[1590] Tirailler, dchirer avec son bec. On donnoit ainsi _tirer_ aux
-oiseaux des morceaux secs et nerveux, tels que pattes de livre ou de
-lapin et de volailles qu'on appeloit alors _tiroirs_.
-
-[1591] toffe ou fourrure. On se servoit ordinairement de peau de livre
-pour cet usage.
-
-[1592] Changer souvent l'toffe ou feutre que l'oiseau a sous la patte
-et la remplacer par une autre chauffe dans son sein.
-
-[1593] La poitrine, le poitrail. Les oiseaux gras ont, en effet, la
-poitrine bombe et spare au milieu par une petite fente.
-
-[1594] Nom d'un oiseau de proie ignoble (c'est--dire non susceptible
-d'tre dress); mais je n'ai pas vu qu'on se soit servi de cet oiseau
-comme du duc ou de la chouette pour attirer les oiseaux dans les filets;
-peut-tre est-ce aussi le nom d'un filet ou autre engin, mais je ne le
-trouve nulle part avec cette signification.
-
-[1595] Il y a eu quelques exemples d'aigles dresss pour la chasse, mais
-on n'a jamais fait un emploi suivi de ces oiseaux. Gaces de La Bugne
-parle d'une espce d'aigle qu'il appelle _milion_ (qui parot tre
-l'aigle fauve marque blanche sur la tte), qui prenoit la grue et
-l'oie sauvage (f. X vj). Il dit que cet oiseau toit rare en France, et
-le regardant comme une curiosit plutt que comme un oiseau utile, il
-s'crie que _ne desplaise au milion. Il n'est vol ne ms de faulcon_ (L.
-V). L'illustre conntable Olivier de Clisson avoit un _milion_ dress
-qu'il lgua au vicomte de Rohan, son gendre. (Voyez le mot _Milio_ dans
-Du Cange o ce mot est mal traduit par _milan_. Le milan n'a jamais pu
-tre dress et n'a jamais t redoutable aux faucons comme le dit
-l'empereur Frdric II, l. II, ch. LXIX du _Milion_, associ par lui
-l'aigle et au vautour.) Tardif qui compila un _Trait de fauconnerie_
-la fin du XVe sicle, s'est assez tendu sur le vol de l'aigle, mais on
-ne sauroit conclure de son ouvrage purement thorique et traduit en
-partie d'auteurs orientaux que l'aigle ft communment employ de son
-temps en France par les fauconniers. Guillaume Bouchet, qui crivoit en
-1567, dit que le poids de l'aigle toit cause que les fauconniers des
-princes en dressoient rarement, et d'Arcussia (_Convy_, p. 28 et XVe
-_lettre de Philoerax_) raconte des essais faits de son temps pour
-dresser des aigles. L'aigle n'a donc jamais t employ habituellement
-dans la fauconnerie. Quant au _griffon_, ce mot dsigne sans doute le
-_gerfaut_, ainsi nomm dans Marc-Paule et le plus gros des oiseaux de
-leurre; je serois au reste tent de croire que l'auteur parle ici
-d'aprs des rcits exagrs ou fabuleux de chasses faites en pays
-trangers.
-
-[1596] Tardif est le seul crivain qui dise que l'autour vole le
-chevreuil (_il fiert petit chevreul et l'empesche tant que les chiens le
-prennent plus faciment_), et je crois qu'il y a tout lieu de douter que
-cette chasse, qui s'est faite en Asie, ait jamais t pratique en
-France.
-
-[1597] Canards.
-
-[1598] Il graisse ses plumes.
-
-[1599] Petites branches d'arbre.
-
-[1600] Comme on a fait d'abord pour les dresser ou comme ci-dessus p.
-296.
-
-[1601] Baisser, abaisser signifient _maigrir_. Voy. p. 322.
-
-[1602] Baisser, abaisser signifient _maigrir_. Voy. p. 322.
-
-[1603] Cette qualification n'est pas donne au lanier par les anciens
-fauconniers, et d'Arcussia nous apprend (_Confrence_, p. 7) que de son
-temps le lanier toit appel, seulement en Italie, _faucon vilain_, par
-opposition au _faucon gentil_. Au temps o Buffon crivoit, on ne se
-servoit plus en France ni de laniers ni de sacres, et il n'a pu dcrire
-ces deux espces. Il est fcheux qu'il n'ait pas consult Sainte-Aulaire
-et d'Arcussia qui donnent de grands dtails sur ces oiseaux (p. 16, 20,
-28, et d'A. 39, 48). Ces deux auteurs n'ont cependant pas su d'o le
-sacre tait originaire. Franchires a dit (Liv. I, VI) qu'il venoit de
-Russie et de Tartarie, et Pedro Lopez de Ayala qui crivoit la fin du
-XIVe sicle un savant trait de fauconnerie rest indit, confirme peu
-prs cette opinion, puisqu'il le dit originaire de Norwge. Il dit qu'il
-y a aussi des sacres en Romnie. Notre auteur dit que cet oiseau est
-originaire de Flandre, parce qu'il en voyoit sans doute apporter Paris
-par les marchands venant de ce pays. Ayala nous apprend que ces
-marchands d'oiseaux parcouroient d'abord les cours d'Allemagne, puis
-venoient Bruges; de l Paris, puis en Brabant; de Brabant en
-Angleterre, et enfin en Espagne.
-
-[1604] Les mailles (Voy. p. 293) dessines sur son plumage sont larges.
-
-[1605] C'est une erreur. Le sacre (comme le lanier et le gerfaut) a les
-jambes et les pieds bleus.
-
-[1606] C'est le faucon _tagarote_ des Espagnols (voy. d'Arcussia, p. 52)
-que du Guesclin rapporta d'Espagne Charles V, comme on le voit dans
-Gaces de La Bugne (f. X iij). Cet auteur, ainsi qu'Ayala, le dit
-originaire d'Afrique.
-
-[1607] D'Arcussia s'est lev le premier contre l'opinion suivant
-laquelle les diffrens noms du faucon (_gentil_, _plerin_, _passager_,
-etc.) constitueroient des espces diffrentes. Il dit que le faucon
-_gentil_ est celui qu'on prend du 15 juin au 15 septembre, le _plerin_
-celui qui est pris du 15 septembre au mois de janvier, et que les
-varits remarques dans leur plumage proviennent des diffrences d'ge,
-de nourriture, etc. (Voy. p. 7 et 28.) Au reste notre auteur dit aussi
-que le faucon plerin est le mme que le faucon gentil.
-
-[1608] Mais plutt lanneret. C'est une rptition de ce que nous avons
-vu ci-dessus, p. 318 et 319.
-
-[1609] De suite.
-
-[1610] Mauvaise mine.
-
-[1611] Minral qui se trouve dans les mines d'or et de cuivre et dont on
-tire l'arsenic. Le meilleur est celui qui se lve par cailles ou
-feuilles comme le talc. L'auteur veut parler de celui-l quand il dit
-plus bas que la feuille est meilleure, car il ne me parot pas qu'il
-veuille dsigner ici la plante dite _orpin_ ou _anacampseros_ vulg
-_faba crassa_, suivant Bauhin, et _telephium_ ou _crassula major_, dans
-le dictionnaire de Nicot. L'auteur du _Roi Modus_ conseille de ne pas
-employer l'orpiment, comme trop dangereux (f. 92).
-
-[1612] Je n'ai not que celles qui me paroissent certaines, mais il y a
-bien d'autres passages qui peuvent avoir t ajouts par l'auteur.
-
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-div.poem {font-size:90%;margin:auto auto;text-indent:0%;
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- }
-
-</style>
- </head>
-<body>
-
-
-<pre>
-
-The Project Gutenberg EBook of Le ménagier de Paris (v. 1 & 2), by Anonymous
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org/license
-
-
-Title: Le ménagier de Paris (v. 1 & 2)
-
-Author: Anonymous
-
-Release Date: October 29, 2013 [EBook #44070]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE MÉNAGIER DE PARIS (V. 1 & 2) ***
-
-
-
-
-Produced by Chuck Greif and the Online Distributed
-Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was
-produced from images available at Bibliothèque nationale
-de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
-
-
-
-
-
-
-</pre>
-
-<hr class="full" />
-
-<table summary="note" border="4" cellpadding="10" style="background-color: #ffffff;">
- <tr>
- <td valign="top">Notes de transcription: Les erreurs clairement introduites par le
-typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée
-et n'a pas été harmonisée.</td>
- </tr>
-</table>
-
-<p class="figcenter">
-<img src="images/cover.jpg" width="314" height="500" alt="" title="" />
-</p>
-
-<p class="cb">LE<br />
-<big>MÉNAGIER DE PARIS.</big></p>
-
-<h1>
-LE<br />
-<br />
-MÉNAGIER DE PARIS,</h1>
-
-<p class="cb"><big>TRAITÉ</big><br />
-<br />
-DE MORALE ET D’ÉCONOMIE DOMESTIQUE<br />
-<br />
-<small>COMPOSÉ VERS 1393,</small><br />
-<br />
-PAR UN BOURGEOIS PARISIEN,<br />
-<br />
-<small>CONTENANT<br />
-<br />
-Des préceptes moraux, quelques faits historiques, des instructions<br />
-sur l’art de diriger une maison, des renseignemens sur la consommation<br />
-du Roi, des Princes et de la ville de Paris, à la fin du quatorzième siècle, des conseils<br />
-sur le jardinage et sur le choix des chevaux; un traité de cuisine fort étendu,<br />
-et un autre non moins complet sur la chasse à l’épervier.<br />
-<br />
-ENSEMBLE:<br />
-<br />
-L’histoire de Grisélidis, Mellibée et Prudence par Albertan de Brescia (1246),<br />
-traduit par frère Renault de Louens; et le chemin de Povreté et de Richesse,<br />
-poëme composé, en 1342, par Jean Bruyant, notaire au Châtelet de Paris;</small><br />
-<br />
-<small>PUBLIÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS</small><br />
-<br />
-PAR LA SOCIÉTÉ DES BIBLIOPHILES FRANÇOIS.<br />
-<br />
-TOME PREMIER.<br />
-<br />
-<img src="images/colophon.png" width="200" height="209" alt="colohpon LITTERIS PATRIÆQUE CARUS." title="" />
-<br />
-A &nbsp; P A R I S,<br />
-DE L’IMPRIMERIE DE CRAPELET,<br />
-RUE DE VAUGIRARD, 9.<br />
-<br />
-M. D. CCC. XLVI.</p>
-
-<div class="bboxx">
-<p>Le <i>Ménagier de Paris</i> a été imprimé aux frais et par les soins de
-la Société des Bibliophiles françois. Il en a été tiré vingt-quatre
-exemplaires sur <i>grand papier impérial de Hollande</i>, de la fabrique de
-C. Honig, destinés aux membres résidens de la Société, plus trois cents
-exemplaires en petit papier. Et étoient membres de la Société quand cet
-ouvrage fut imprimé:</p>
-
-<p class="hang">M. BÉRARD, receveur général des finances à Bourges.</p>
-
-<p class="hang">M. le Comte <span class="smcap">Édouard de CHABROL</span>, ancien maître des
-requêtes au Conseil d’État.</p>
-
-<p class="hang">M. le Duc <span class="smcap">de POIX</span><a name="FNanchor_1_1" id="FNanchor_1_1"></a><a href="#Footnote_1_1" class="fnanchor">[1]</a>, ancien ambassadeur de France en
-Russie.</p>
-
-<p class="hang">M. le Marquis <span class="smcap">du ROURE</span>, maréchal de camp, membre de la
-Chambre des députés.</p>
-
-<p class="hang">M. <span class="smcap">de LA PORTE</span>.</p>
-
-<p class="hang">M. le Comte <span class="smcap">de LA BÉDOYÈRE</span>, ancien colonel de cavalerie.</p>
-
-<p class="hang">M. le Comte <span class="smcap">de SAINT-MAURIS</span>, introducteur des
-ambassadeurs.</p>
-
-<p class="hang">M. COSTE, conseiller honoraire à la Cour royale de Lyon.</p>
-
-<p class="hang">M. <span class="smcap">Jérôme PICHON</span>, <i>Président</i>.</p>
-
-<p class="hang">M. <span class="smcap">Armand CIGONGNE</span>, ancien agent de change, <i>Trésorier</i>.</p>
-
-<p class="hang">M. YEMENIZ, négociant à Lyon.</p>
-
-<p class="hang">M. le Baron <span class="smcap">du NOYER de NOIRMONT</span>, auditeur au Conseil
-d’État.</p>
-
-<p class="hang">M. <span class="smcap">Léon TRIPIER</span>, garde des Archives du domaine privé du
-Roi.</p>
-
-<p class="hang">M. le Marquis <span class="smcap">de COISLIN</span>.</p>
-
-<p class="hang">M. le Comte <span class="smcap">de CHARPIN-FOUGEROLLES</span>.</p>
-
-<p class="hang">M. le Comte LANJUINAIS, pair de France.</p>
-
-<p class="hang">M. <span class="smcap">Ernest de SERMIZELLES</span>.</p>
-
-<p class="hang">M. <span class="smcap">LE ROUX de LINCY</span>, pensionnaire de l’Ecole des Chartes,
-secrétaire.</p>
-
-<p class="hang">M. <span class="smcap">Benjamin DELESSERT</span>.</p>
-
-<p class="hang"><span class="smcap">Madame</span> la Vicomtesse <span class="smcap">de NOAILLES</span>.</p>
-
-<p class="hang"><span class="smcap">Madame Gabriel DELESSERT.</span></p>
-
-<p class="hang">M. le Baron ERNOUF.</p>
-
-<p class="hang">M. le Comte <span class="smcap">de LABORDE</span>, de l’Académie des inscriptions,
-membre de la Chambre des députés.</p>
-
-<p class="hang">M. <span class="smcap">Prosper MÉRIMÉE</span>, de l’Académie française, inspecteur
-des monuments historiques.</p>
-
-<p class="hang">M. <span class="smcap">Auguste LE PRÉVOST</span>, de l’Académie des inscriptions,
-membre de la Chambre des députés.</p>
-
-<p class="c">MEMBRE HONORAIRE.</p>
-
-<p class="hang">M. le Marquis <span class="smcap">de CHATEAUGIRON</span>, consul de France à Nice.</p>
-
-<p class="c">ASSOCIÉS ÉTRANGERS.</p>
-
-<p class="hang">M. le Prince <span class="smcap">Alexandre LABANOFF</span>, aide de camp de S. M.
-l’Empereur de Russie.</p>
-
-<p class="hang">M. le Baron <span class="smcap">de REIFFEMBERG</span>, professeur de l’Université de
-Louvain, etc.</p>
-
-<p class="hang">M. l’Abbé <span class="smcap">Costanzo GAZZERA</span>, membre de l’Académie de
-Turin.</p>
-</div>
-
-<p class="figcenter">
-<img src="images/table.png" width="400" height="138" alt="" title="" />
-</p>
-
-<h2><a name="TABLE" id="TABLE"></a>TABLE<br /><br />
-DES PIÈCES PRÉLIMINAIRES, DISTINCTIONS, ARTICLES ET CHAPITRES<br /><br />
-<small>DU</small><br /><br />
-M É N A G I E R &nbsp; D E &nbsp; P A R I S.</h2>
-
-<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" summary=""
-style="margin:auto;max-width:80%;">
-
-<tr><th align="center" colspan="2">TOME PREMIER.</th></tr>
-<tr><th align="center" colspan="2">PRÉLIMINAIRES.</th></tr>
-
-<tr><td><p class="hang"><span class="smcap">Liste de la Société des Bibliophiles.</span></p></td></tr>
-<tr><td colspan="2"><p class="hang"><span class="smcap">Table des pièces préliminaires, distinctions</span>, etc.</p></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="hang"><span class="smcap">Notice sur M. le duc de Poix</span>, par M. L. V. D. N., membre de la Société </p></td>
-<td align="left" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-i">Page <small>I</small></a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="hang"><span class="smcap">Introduction</span> au <i>Ménagier</i> </p></td><td align="left" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-xvii"><small>XVII</small></a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="hang"><span class="smcap">Indication détaillée</span> de quelques ouvrages ou documens manuscrits et imprimés cités en abrégé dans l’Introduction et les notes </p></td><td align="left" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-lxv"><small>LXV</small></a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="hang"><span class="smcap">Corrections et additions</span> </p></td><td align="left" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>LXXVII</small></a></td></tr>
-
-<tr><th align="center" colspan="2">TEXTE. </th></tr>
-
-<tr><td><p class="hang"><span class="smcap">Prologue de l’auteur</span></p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-1">1</a></td></tr>
-
-<tr><th align="center" colspan="2">PREMIÈRE DISTINCTION. </th></tr>
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE PREMIER.</small> </th></tr>
-
-<tr><td><p class="hang">Saluer et regracier Dieu à son esveiller et à son lever, et s’atourner convenablement</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-9">9</a></td></tr>
-
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE II</small>. </th></tr>
-
-<tr><td><p class="hang">S’accompagner convenablement</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-15">15</a></td></tr>
-
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE III</small>.</th></tr>
-
-<tr><td><p class="hang">Aimer Dieu, le servir et se tenir en sa grâce</p></td>
-<td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-16">Page 16</a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="c">De la messe, <a href="#page_vol-1-17">17</a>.&mdash;Contrition, <a href="#page_vol-1-21">21</a>.&mdash;Confession, <a href="#page_vol-1-23">23</a>.&mdash;Des péchés mortels, <a href="#page_vol-1-28">28</a>.&mdash;Des sept vertus, <a href="#page_vol-1-53">53</a>.</p></td></tr>
-
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE IV</small>. </th></tr>
-
-<tr><td><p class="hang">Garder continence et vivre chastement</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-62">62</a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="c">De Susanne, <a href="#page_vol-1-64">64</a>.&mdash;De Raymonde, <a href="#page_vol-1-68">68</a>.&mdash;De Lucrèce, <a href="#page_vol-1-70">70</a>.&mdash;Des reines de France, 75, <a href="#page_vol-1-76">76</a>.</p></td></tr>
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE V</small>.</th></tr>
-<tr><td><p class="hang">Être amoureuse de son mari</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-76">76</a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="hang">D’Ève, <a href="#page_vol-1-77">77</a>.&mdash;De Sara, <a href="#page_vol-1-78">78</a>.&mdash;De Rachel, <a href="#page_vol-1-84">84</a>.&mdash;Du chien Maquaire, <a href="#page_vol-1-92">92</a>.&mdash;Du chien de Niort, <a href="#page_vol-1-93">93</a>.</p></td></tr>
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE VI</small>. </th></tr>
-
-<tr><td><p class="hang">Être humble et obéissante à son mari</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-96">96</a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="c">Histoire de Griselidis, <a href="#page_vol-1-99">99</a>.&mdash;Femme laissant noyer son mari, <a href="#page_vol-1-126">126</a>.&mdash;D’Ève, <a href="#page_vol-1-128">128</a>.&mdash;De Lucifer, <a href="#page_vol-1-129">129</a>.&mdash;D’une bourgeoise, <a href="#page_vol-1-135">135</a>.&mdash;Du bailly de Tournay, <a href="#page_vol-1-139">139</a>.&mdash;Des abbés et des mariés, <a href="#page_vol-1-145">145</a>.&mdash;De madame d’Andresel, <a href="#page_vol-1-148">148</a>.&mdash;Des maris de Bar-sur-Aube, <a href="#page_vol-1-153">153</a>.&mdash;D’une cousine de la femme de l’auteur, <a href="#page_vol-1-156">156</a>.&mdash;De la Romaine, <a href="#page_vol-1-158">158</a>.</p></td></tr>
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE VII</small>. </th></tr>
-
-<tr><td><p class="hang">Être curieuse et soigneuse de la personne de son mari</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-168">168</a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="c">Bons traitemens, <a href="#page_vol-1-168">168</a>.&mdash;Des puces, <a href="#page_vol-1-171">171</a>.&mdash;Des mouches, <a href="#page_vol-1-173">173</a>.</p></td></tr>
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE VIII</small>. </th></tr>
-
-<tr><td><p class="hang">Être discrète</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-177">177</a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="c">De Papirius, <a href="#page_vol-1-179">179</a>.&mdash;De la femme qui pond un œuf, <a href="#page_vol-1-180">180</a>.&mdash;Des mariés de Venise, <a href="#page_vol-1-182">182</a>.&mdash;D’un sage homme parisien trompé par sa femme, <a href="#page_vol-1-183">183</a>.&mdash;D’un notable avocat, <a href="#page_vol-1-185">185</a>.</p></td></tr>
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE IX</small>. </th></tr>
-
-<tr><td><p class="hang">Reprendre doucement son mari dans ses erreurs</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-1-185">185</a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="c">Histoire de Mellibée, <a href="#page_vol-1-186">186</a>.&mdash;De Jehanne la Quentine, <a href="#page_vol-1-237">237</a>.</p></td></tr>
-
-<tr><th align="center" colspan="2">TOME II.</th></tr>
-<tr><th align="center" colspan="2">SECONDE DISTINCTION. </th></tr>
-<tr><th align="center" colspan="2">ARTICLE PREMIER. </th></tr>
-
-<tr><td><p class="hang">Avoir soin de son mesnage, diligence et persévérance</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-2-1">1</a></td></tr>
-
-<tr><td><p class="hang"><span class="smcap">Le Chemin de Pauvreté et de Richesse</span>, par Jean Bruyant</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-2-4">4</a></td></tr>
-
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE II</small>.</th></tr>
-<tr><td><p class="hang">Du jardinage</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-2-43">43</a></td></tr>
-
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE III</small>. </th></tr>
-
-<tr><td><p class="hang">Choisir varlets, aides et chambrières, et les mettre en œuvre</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-2-53">53</a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="c">Jeune femme parlant grossièrement, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.&mdash;Soins de la maison, <a href="#page_vol-2-61">61</a>.&mdash;Vie à la campagne, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.&mdash;Recettes diverses, <a href="#page_vol-2-65">65</a>.&mdash;Des domestiques, <a href="#page_vol-2-70">70</a>.&mdash;Des chevaux, <a href="#page_vol-2-72">72</a>.</p></td></tr>
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE IV</small>.</th></tr>
-<tr><td><p class="hang">Savoir ordonner dîner et soupers</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-2-80">80</a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="c">Le fait des bouchiers et poulaillers, <i>ib.</i>&mdash;Termes généraux de cuisine, <a href="#page_vol-2-87">87</a>.&mdash;Dîners et soupers, <a href="#page_vol-2-91">91</a>.&mdash;Aucuns incidens servans à ce propos (repas de l’abbé de Lagny, noces, etc.), <a href="#page_vol-2-103">103</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-i" id="page_vol-1-i"></a>{v. 1, p.i}</span></p></td></tr>
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE V</small>.</th></tr>
-<tr><td><p class="hang">Commander, deviser et faire faire toutes manières de potaiges, etc., et autres viandes</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-2-124">124</a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="hang">Termes généraux de cuisine, <i>ib.</i>&mdash;Potages communs sans espices et non lians, <a href="#page_vol-2-134">134</a>.&mdash;Potages qui sont à espices et non lians, <a href="#page_vol-2-147">147</a>.&mdash;Potages lians de char, <a href="#page_vol-2-158">158</a>.&mdash;Potages lians sans char, <a href="#page_vol-2-171">171</a>.&mdash;Rost de char, <a href="#page_vol-2-177">177</a>.&mdash;Pastés, <a href="#page_vol-2-185">185</a>.&mdash;Poisson d’eaue doulce, <a href="#page_vol-2-187">187</a>.&mdash;Poisson de mer ront, <a href="#page_vol-2-194">194</a>.&mdash;Poisson de mer plat, <a href="#page_vol-2-201">201</a>.&mdash;Œufs de divers appareils, <a href="#page_vol-2-206">206</a>.&mdash;Entremès, fritures et dorures, <a href="#page_vol-2-210">210</a>.&mdash;Autres entremès, <a href="#page_vol-2-224">224</a>.&mdash;Saulces non boulies, <a href="#page_vol-2-229">229</a>.&mdash;Saulces boulies, <a href="#page_vol-2-232">232</a>.&mdash;Buvrages pour malades, <a href="#page_vol-2-237">237</a>.&mdash;Potages pour malades, <a href="#page_vol-2-241">241</a>.&mdash;Autres menues choses qui ne sont de nécessité, <a href="#page_vol-2-243">243</a>.&mdash;Autres menues choses diverses qui ne désirent point de chappitre, <a href="#page_vol-2-262">262</a>.</p></td></tr>
-<tr><td><p class="hang"><span class="smcap">Appendice a l’article v</span></p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-2-273">273</a></td></tr>
-
-<tr><td><p class="hang">Recettes d’Hotin, cuisinier de monseigneur de Roubais</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-2-275">275</a></td></tr>
-
-<tr><th align="center" colspan="2">TROISIÈME DISTINCTION.</th></tr>
-<tr><th align="center" colspan="2"><small>ARTICLE II (ET UNIQUE)</small>.</th></tr>
-<tr><td><p class="hang">Savoir nourrir et faire voler l’esprevier</p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-2-279">279</a></td></tr>
-
-<tr><td colspan="2"><p class="c">Chiens espaignols, <a href="#page_vol-2-281">281</a>.&mdash;Éperviers niais, <a href="#page_vol-2-285">285</a>.&mdash;Plumage de l’épervier, <a href="#page_vol-2-292">292</a>.&mdash;Affaitement de l’épervier, <a href="#page_vol-2-295">295</a>.&mdash;Vol des champs, <a href="#page_vol-2-301">301</a>.&mdash;Chasse en août, <a href="#page_vol-2-305">305</a>.&mdash;Chasse en septembre, <a href="#page_vol-2-310">310</a>.&mdash;Épervier en mue, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.&mdash;Épervier branchier et mué de haie, <a href="#page_vol-2-314">314</a>.&mdash;Mué et hagart, <a href="#page_vol-2-317">317</a>.&mdash;Maladies de l’épervier, <a href="#page_vol-2-319">319</a>.&mdash;De l’autour, <a href="#page_vol-2-321">321</a>.&mdash;Autres oiseaux de proie, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.&mdash;Maladies des oiseaux, <a href="#page_vol-2-325">325</a>.</p></td></tr>
-<tr><td><p class="hang"><span class="smcap">Table alphabétique des matières</span></p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-2-327">327</a></td></tr>
-
-<tr><td><p class="hang">&nbsp; &nbsp; <span class="smcap">Supplément aux corrections</span></p></td><td align="right" valign="bottom"><a href="#page_vol-2-380">380</a></td></tr>
-
-</table>
-
-<p>&nbsp;<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-ii" id="page_vol-1-ii"></a>{v. 1, p.ii}</span></p>
-
-<p class="cb">
-NOTICE<br />
-<br />
-SUR<br />
-<br />
-<big><big>M. &nbsp; J U S T E &nbsp; D E &nbsp; N O A I L L E S</big></big><br />
-<br />
-PRINCE-DUC DE POIX<br />
-<br />
-<small>CHEVALIER DES ORDRES DU ROI, GRAND D’ESPAGNE DE PREMIÈRE CLASSE<br />
-
-ANCIEN AMBASSADEUR DE FRANCE EN RUSSIE<br />
-
-ANCIEN DÉPUTÉ, ETC.<br />
-
-MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ DES BIBLIOPHILES FRANÇAIS</small>
-</p>
-
-<p>&nbsp;<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-iii" id="page_vol-1-iii"></a>{v. 1, p.iii}</span></p>
-
-<p class="cb">NOTICE<br />
-<br />
-<small>SUR</small><br /><br />
-<big>M. &nbsp; LE &nbsp; DUC &nbsp; DE &nbsp; POIX</big><a name="FNanchor_2_2" id="FNanchor_2_2"></a><a href="#Footnote_2_2" class="fnanchor">[2]</a>.</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Multis ille quidem flebilis occidit,<br /></span>
-<span class="i0">Nulli flebilior quam <i>mihi</i>.....<br /></span>
-<span class="i5">Horat., od. <small>XXIV</small>, l. I.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Il est des hommes que le monde ignore et qui passeraient inaperçus
-grâce à l’excès de leur modestie, si leur mérite ne se révélait à
-leur insu par l’utilité de leur vertu. Ces sortes de caractères ne se
-manifestent que malgré eux au grand jour, leur sagesse les retient
-dans la retraite, et beaucoup finissent, comme l’a dit quelque part
-Montesquieu, <i>sans avoir déballé</i>. Ceux que les liens du sang ou
-de l’amitié ont rapprochés d’eux, doivent au monde de les faire
-connaître; c’est à la fois un encouragement pour la jeunesse et une<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-iv" id="page_vol-1-iv"></a>{v. 1, p.iv}</span>
-consolation pour l’âge avancé qu’un hommage rendu à ces existences à
-la fois élevées et modestes, placées ainsi à la portée de toutes les
-émulations. M. le duc de Poix était un modèle de ce genre de caractère.
-L’auteur de cette notice lui tenait par les liens du devoir et de
-l’affection: ayant eu le bonheur de jouir de son mérite dans l’intimité
-la plus resserrée, il ose espérer que cet avantage lui vaudra celui de
-le faire connaître avec plus de vérité que personne: c’est son seul
-titre à l’indulgence de ceux qui le liront.</p>
-
-<p>Juste-Antonin-Claude-Dominique de Noailles, prince-duc de Poix, naquit
-à Paris le 8 août 1777, de parents tendres et chéris dont il était le
-second fils. Son père le prince de Poix, fils aîné du vertueux maréchal
-duc de Mouchy, mort sur l’échafaud en 1794, avait épousé la fille du
-maréchal de Beauvau. Les vertus et les charmes de la princesse de Poix
-ont enchanté tous ceux qui l’ont rencontrée et laissé une sorte de
-culte dans les cœurs admis à son intimité. Elle s’occupa de l’éducation
-de son second fils d’une façon toute particulière, et l’influence de
-cette première partie de la vie du jeune Juste de Noailles s’étendit
-sur le reste de son existence de manière à le modifier fortement:
-elle le préserva de la gâterie presque inévitable à laquelle il était
-condamné par position. Il ouvrit les yeux au milieu des dernières
-prospérités de sa famille; lui et son frère, plus âgé que lui de six
-ans, semblaient alors destinés<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-v" id="page_vol-1-v"></a>{v. 1, p.v}</span> aux plus hautes situations du pays.
-Ces beaux jours durèrent peu: Juste de Noailles en connut pourtant
-assez pour garder de précieux souvenirs de ces derniers moments de la
-société française dont le salon de sa mère était peut-être le plus
-parfait modèle. La princesse de Poix rassemblait autour d’elle un petit
-cercle d’amis presque tous remarquables par des mérites divers, que sa
-supériorité avait distingués dès son entrée dans le monde; quelques
-femmes, ses amies de jeunesse, modèles d’esprit et de grâce, des hommes
-attachés à la cour ou mêlés aux affaires et à la littérature, tous
-réunis par le charme de son commerce, l’entouraient de soins que sa
-mauvaise santé rendait consolants pour elle et doux pour ses amis. Le
-prince de Poix, marié très-jeune et dans la plus haute faveur à la
-cour, n’était pas un mari aussi sédentaire que son vénérable père, mais
-il eut toujours le bon goût de préférer à tout la société de sa femme
-et de ses amis.</p>
-
-<p>Cette société, au début de notre terrible révolution, était de celles
-qui non-seulement ne s’en effrayaient pas, mais dont les vœux et
-les opinions favorisaient les premières manifestations du mouvement
-réformateur. M. de La Fayette et la brillante jeunesse qui l’avait
-suivi en Amérique, bien des grands seigneurs amis de Voltaire et
-enthousiastes de Rousseau, beaucoup de courtisans dévoués à M. Necker,
-tous ces esprits enflammés d’ardeur pour le bien, de désir des
-réformes<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-vi" id="page_vol-1-vi"></a>{v. 1, p.vi}</span> utiles, animés des plus généreux sentiments, se livraient
-alors à de bien douces espérances et rêvaient la régénération de leur
-pays, dût-elle se réaliser aux dépens de ces priviléges dont ils furent
-les premiers à se dépouiller au profit de ceux qui devaient être leurs
-bourreaux.</p>
-
-<p>C’était là l’esprit du salon où le duc de Poix passa ces premières
-années de la vie qui en décident presque toujours la tendance. La
-princesse de Poix avait été nourrie par son père, le maréchal prince
-de Beauvau[3], homme aussi vertueux qu’éclairé, dans le goût de la
-littérature et les doctrines de la philanthrophie. Ses amis, MM. de
-Lally-Tollendal, de Montesquiou, de La Fayette, M<sup>mes</sup> d’Hénin,
-de Tessé, de Lauzun prenaient comme elle le plus vif intérêt aux
-débats politiques du moment. Le prince de Poix était des plus chauds
-partisans de M. Necker; son frère le vicomte de Noailles prit une part
-célèbre aux généreuses imprudences du 4 août. Enfin le jeune Juste
-de Noailles fut entouré dès le berceau de sentiments et de principes
-dont l’impression ne s’effaça jamais chez lui. Il les conserva au
-travers de toutes les vicissitudes de nos cinquante dernières années;
-tous ceux qui l’ont connu peuvent se rappeler que les enivrements de
-l’empire, les illusions de la restauration et les agitations de 1830<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-vii" id="page_vol-1-vii"></a>{v. 1, p.vii}</span>
-le trouvèrent le même, c’est-à-dire un ami impartial de l’ordre et de
-la liberté.</p>
-
-<p>Les horreurs de la révolution le saisirent dans sa première jeunesse;
-elles furent pour lui une précoce expérience et l’occasion de devoirs
-touchants. Son père ayant eu le courageux instinct de rester jusqu’au
-dernier moment près de son infortuné souverain, fut forcé après le 10
-août de se cacher et bientôt après de s’enfuir: sa tête était mise à
-prix. Le maréchal duc de Mouchy périt sur l’échafaud avec sa femme,
-sa belle-fille et la mère et la grand’mère de cette dernière; le
-reste de la famille avait réussi à quitter la France. La princesse
-de Poix infirme avant l’âge et n’ayant pas voulu émigrer, resta donc
-seule à Paris avec son fils cadet, dont la tendresse et les vertus
-surent lui adoucir tant de maux. Leur vie était affreuse. Chaque
-matin le journal leur annonçait la mort d’un parent ou d’un ami, et
-chaque jour tous deux se préparaient à de derniers adieux. Juste de
-Noailles, en présence de ces atrocités journalières, était soutenu
-par des sentiments religieux déjà puissants, et qui prirent depuis
-une teinte d’exaltation naturelle à son âge et dans sa situation. Un
-vertueux prêtre bien connu avant la révolution par ses bonnes œuvres,
-le respectable abbé de Fénélon, célébrait les saints mystères dans une
-cave pour la consolation de quelques âmes fidèles. Le jeune Juste de
-Noailles s’y rendit toujours exactement, plus d’une fois<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-viii" id="page_vol-1-viii"></a>{v. 1, p.viii}</span> au péril de
-sa liberté et presque de sa vie, jusqu’à ce que son vénérable directeur
-eût payé ses vertus de sa tête. Au milieu de tant de maux, un goût
-qui se développa en lui et qui ne le quitta plus, fut, si on peut le
-dire, son délassement. C’était le goût des livres qui devint bientôt
-une passion. Pouvant à peine disposer de l’argent nécessaire à son
-entretien, il s’imposait de pénibles privations pour le satisfaire. Un
-estimable libraire resté son ami jusqu’à sa mort, aimait à raconter
-comment leur connaissance s’était faite en 1793, à une vente de livres
-précieux. M. de Bure (c’était son nom) remarqua avec surprise et
-intérêt un beau jeune homme de dix-sept ans, vêtu plus que modestement,
-qui montrait des connaissances et une ardeur pour les livres que sa
-situation ne lui permettait pas évidemment de satisfaire. Attiré par
-ces apparences et sans savoir le nom du jeune amateur, M. de Bure lui
-procura à un prix modéré les précieuses éditions qu’il désirait. Il
-s’ensuivit un échange de bons procédés qui les attacha à jamais l’un à
-l’autre. Mais comme les bonnes actions passaient pour M. de Poix avant
-les beaux livres, il vendit sa chère collection sous le Directoire pour
-payer une dette contractée par sa mère pendant la terreur.</p>
-
-<p>Lorsque peu après ces horribles temps la France commença à respirer, la
-jeunesse retrouva quelque mouvement et même de la gaieté, parce qu’elle
-ne saurait s’en passer. Juste de Noailles se livra<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-ix" id="page_vol-1-ix"></a>{v. 1, p.ix}</span> comme les autres
-aux amusements qui réunissaient les lambeaux épars de la société dans
-des associations souvent bizarres, mais curieuses à observer. Du milieu
-de ce chaos sortaient quelques existences miraculeusement conservées,
-et qui commençaient déjà à se faire remarquer; Juste de Noailles eut
-le bonheur, dès cette première entrée dans le monde, de former des
-liens d’amitié qui ne varièrent plus. Le plus intime fut avec Adrien de
-Mun dont la famille de tout temps liée avec la sienne, s’y était plus
-étroitement attachée depuis la révolution. L’esprit délicat et cultivé
-de M. de Mun, son aimable caractère, ses mœurs élégantes l’eussent
-fait remarquer en tout temps, mais quel n’était pas son charme dans ce
-moment de désordre et de licence! Ces deux jeunes gens élevés dans des
-goûts et des sentiments proscrits comme leurs familles, se serrèrent
-étroitement l’un à l’autre, s’accordèrent une confiance sans bornes
-et se suivirent dans toutes les phases de leur existence pendant
-près de cinquante ans avec une persistance et une affection dont il
-y a bien peu d’exemple chez les hommes. Leurs caractères différaient
-tout juste assez pour les rendre le complément l’un de l’autre. M.
-de Mun, aussi sage, mais moins grave que son ami, savait allier au
-goût le plus délicat la plus folle gaieté. Un ami moins intime, mais
-toujours cher et précieux à Juste de Noailles, ce fut le comte Molé,
-dont la jeunesse à la fois aimable et sérieuse faisait prévoir<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-x" id="page_vol-1-x"></a>{v. 1, p.x}</span> son
-brillant avenir. Ce peu de Français émigrés à l’intérieur y vivaient
-modestement, contents seulement de ne plus souffrir, de pouvoir
-espérer et de s’amuser n’importe comment ni avec qui. Les échappés de
-la terreur se retrouvaient tout joyeux d’avoir survécu; les émigrés
-rentraient progressivement; chacun arrangeait l’avenir à son gré. Enfin
-le 18 brumaire vint absorber les espérances de tout le monde dans une
-admiration générale bientôt accompagnée d’une soumission craintive qui
-coupa court aux chimères, en réveillant les ambitions.</p>
-
-<p>La princesse de Poix restait et fut toute sa vie un centre pour les
-esprits distingués que le besoin de communication rassemble, quel que
-soit l’état du pays. Les opinions libérales de M<sup>me</sup> de Poix s’étaient
-bien modifiées par la vue des crimes de la terreur; rien ne pouvait
-la consoler de ce qu’elle appelait ses erreurs. La pensée qu’elle
-avait pu applaudir aux premiers actes d’une révolution ensanglantée
-par tant d’horreurs, lui laissait sinon des remords, du moins un
-besoin d’ordre qui la soumettait plus aisément que ses autres amis au
-despotisme qui pesa bientôt sur le pays. Le prince de Poix, toujours
-dévoué au souvenir de ses rois, resta, comme son fils aîné, étranger
-au nouvel ordre de choses. Son second fils ayant fait, en 1804, un
-beau et noble mariage (il avait épousé Mélanie de Talleyrand-Périgord,
-nièce du célèbre prince de Talleyrand), désira, dans l’intérêt de<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xi" id="page_vol-1-xi"></a>{v. 1, p.xi}</span>
-sa descendance, rattacher son existence à celle d’un gouvernement
-dont le chef lui avait inspiré un vif enthousiasme. Il obtint de
-l’empereur la faculté de créer un majorat de comte; bientôt il fut
-nommé chambellan, et sa femme fut dame du palais de l’impératrice
-Marie-Louise. Ces diversités d’opinions n’altérèrent jamais l’union du
-comte de Noailles et de ses parents. M<sup>me</sup> de Poix, fidèle aux mêmes
-sentiments que son époux et son fils aîné, mais avant tout mère sage
-et tendre, réunissait autour d’elle tous les objets de son affection
-dans les relations les plus douces. D’ailleurs les esprits justes
-et les bons cœurs s’entendent toujours dans le désir du bien, sous
-quelque forme qu’il se produise. La restauration eut les mêmes effets
-dans cet intérieur uni et éclairé. Le comte de Noailles, heureux de
-pouvoir servir à la fois son pays et les bienfaiteurs de sa famille,
-dut à la bonté de Louis XVIII l’ambassade de Saint-Pétersbourg. Il fut
-chevalier de l’ordre du Saint-Esprit, et la comtesse de Noailles dame
-d’atour de M<sup>me</sup> la duchesse de Berry. Le comte de Noailles porta dans
-sa nouvelle carrière la droiture et la raison qui le caractérisaient.
-Mais son goût le rappelait vers la vie de famille, et il saisit la
-première occasion d’y rentrer, en se retirant des affaires presqu’en
-même temps que le duc de Richelieu, dont il représentait la couleur
-politique. Le roi permit alors au prince de Poix, élevé à la pairie
-en 1814, de faire passer à son fils cadet la grandesse<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xii" id="page_vol-1-xii"></a>{v. 1, p.xii}</span> d’Espagne.
-Depuis ce temps, l’éducation de ses enfants, le soin de ses affaires,
-ceux qu’il rendait à une mère adorable et de plus en plus infirme,
-remplirent presque exclusivement l’existence du comte de Noailles. Ses
-seules distractions étaient son goût pour les livres et les devoirs de
-la charité, seuls emplois qu’il se permît de son superflu. Il n’en fut
-distrait qu’en 1827, où le département de la Meurthe le choisit pour un
-de ses députés. Les sentiments qui l’avaient animé dès sa jeunesse le
-suivirent sur les bancs de la chambre. Il y porta cet amour d’une sage
-liberté, ce besoin de morale dans les institutions, qui caractérise
-les honnêtes gens et les esprits éclairés de notre temps, et qui eût
-soutenu tous les gouvernements qui se sont écroulés depuis cinquante
-ans, si ces gouvernements les eussent sincèrement consultés. Plus tard,
-la manière de voir du comte de Noailles le détourna de chercher une
-nouvelle élection. Dévoué par reconnaissance à la maison de Bourbon,
-mais se sentant en opposition avec la politique qu’elle adoptait, il en
-attendait avec anxiété le fatal résultat. Les grâces dont sa famille
-et lui-même avaient été comblés, lui firent un devoir de s’éloigner
-de la cour après la révolution de 1830. Il rentra dans la retraite
-en déplorant les malheurs de ses bienfaiteurs et en formant des vœux
-pour la prospérité de son pays. Depuis ce temps, consacré plus que
-jamais à ses liens intimes, il ne chercha plus de délassements que<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xiii" id="page_vol-1-xiii"></a>{v. 1, p.xiii}</span>
-dans les épanchements de sa tendre amitié pour le marquis de Mun,
-et ses relations avec un petit cercle de connaissances anciennes,
-choisies avec ce goût délicat et sûr qui était un des attributs de
-son esprit. Ses livres devinrent plus que jamais sa jouissance et sa
-consolation. Sa bibliothèque, une des plus célèbres de France, s’était
-progressivement augmentée de précieuses acquisitions. Les heures qu’il
-y passait lui semblaient des moments. Peu de semaines s’écoulaient sans
-qu’il allât chez ses anciens amis, MM. de Bure, se tenir au courant des
-nouvelles de la librairie. La Société des Bibliophiles, dont il fit
-partie dès son origine, ne comptait pas de membre plus intéressé à ses
-travaux; ceux dont il était chargé se faisaient reconnaître à un goût
-aussi scrupuleux qu’éclairé.</p>
-
-<p>Le duc de Poix<a name="FNanchor_4_4" id="FNanchor_4_4"></a><a href="#Footnote_4_4" class="fnanchor">[4]</a> eut en 1834 le malheur de perdre sa mère; ce fut
-un grand événement dans sa vie. Trouvant en elle, avec un sentiment
-passionné pour lui, un mérite et des agréments restés sans rivaux, il
-s’était livré, si on peut le dire, avec imprudence, à son affection
-pour elle. Cette mère chérie était son amie intime, l’objet de ses plus
-tendres soins, d’un goût qui tenait de l’admiration, et son conseil
-dans toutes les choses de la vie. Comme elle avait conservé jusqu’à
-son dernier jour ses facultés morales dans leur entier,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xiv" id="page_vol-1-xiv"></a>{v. 1, p.xiv}</span> elle trompait
-sur son âge tout ce qui l’entourait; on jouissait avec imprévoyance du
-charme de sa société, sans songer au vide profond que devaient laisser
-des communications si charmantes. Tous ceux qui l’ont approchée l’ont
-plus ou moins senti après elle. Qui dut en souffrir plus que ce fils
-chéri, le bien-aimé de son cœur, la source des plus douces jouissances
-de sa longue vie! La douleur du duc de Poix dura autant que son
-existence; le souvenir de sa mère resta un culte caché qu’il ne sépara
-plus d’aucune de ses impressions. Il voulut changer de vie après cette
-irréparable perte, et faire désormais à la campagne sa principale
-résidence. Ses beaux livres lui parurent alors une magnifique fantaisie
-dont la valeur serait mieux employée en travaux utiles. Il s’en
-défit en 1835. La vente eut lieu avec succès en Angleterre<a name="FNanchor_5_5" id="FNanchor_5_5"></a><a href="#Footnote_5_5" class="fnanchor">[5]</a>. (Les
-amateurs français ont eu depuis ce temps la consolation de s’assurer
-que beaucoup des ouvrages rares qui s’y trouvaient sont rentrés dans
-notre pays.) M. de Poix aimait pourtant trop l’étude et la littérature
-pour se passer d’une bibliothèque. Il acquit celle de feu M. Duviquet
-et l’augmenta successivement d’acquisitions moins brillantes que par
-le passé, mais<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xv" id="page_vol-1-xv"></a>{v. 1, p.xv}</span> qui font cependant de cette seconde bibliothèque une
-collection excellente dans tous les genres<a name="FNanchor_6_6" id="FNanchor_6_6"></a><a href="#Footnote_6_6" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
-
-<p>Tout faisait espérer à la famille et aux amis de M. le duc de Poix
-qu’il leur serait, ainsi que l’avait été sa mère, conservé au delà du
-terme ordinaire de la vie. Sa santé florissante, sa vie régulière,
-cette paix de l’âme que la piété entretient chez ceux qui l’associent à
-toutes leurs impressions, semblaient lui assurer une longue carrière.
-Dieu en décida autrement: une courte et pénible maladie l’enleva le
-1<sup>er</sup> août 1846, à l’âge de soixante-neuf ans. Ce fut une douleur et
-une surprise pour tous ceux qui l’aimaient. Le chagrin en fut épargné
-au marquis de Mun, mort deux ans avant son ami; sa famille resta seule
-à le pleurer. Elle perdait en lui un chef respectable dont les aimables
-qualités faisaient aimer la vertu. Malgré une modestie qui allait
-peut-être jusqu’à l’excès, le respect s’attachait à lui et se répandait
-sur ses entours, qu’il protégeait ainsi à son insu. Son influence
-les dirigeait du fond de sa retraite, comme le lest d’un navire en
-assure invisiblement la marche. Cette religieuse modestie était le
-trait dominant du caractère de M. de Poix. Il ne lui<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xvi" id="page_vol-1-xvi"></a>{v. 1, p.xvi}</span> arrivait de la
-dominer que lorsque sa conscience lui faisait un devoir de professer
-des sentiments honorables ou des opinions utiles; alors on trouvait
-en lui la chaleur d’un homme de bien, sans respect humain comme sans
-préjugés. Mais habituellement son plaisir favori était l’étude et les
-communications qu’elle procure avec des esprits distingués. Nul ne
-rendait une justice plus aimable au mérite d’autrui que M. de Poix; son
-approbation flattait d’autant plus qu’il était doué d’un goût exquis,
-peut-être trop développé par l’éducation, car les raffinements du goût
-procurent plus de mécomptes que de jouissances; mais il ne dépend pas
-de certains esprits choisis de se contenter de la médiocrité en rien,
-et M. de Poix était de ceux qui cherchent sans relâche le mieux en
-toute chose. Il était ingénieux dans sa bienfaisance, délicat dans ses
-moindres attentions: ses manières à la fois douces et dignes étaient le
-modèle d’une noble et sage élégance. Ses confrères, les bibliophiles,
-n’en perdront pas plus le souvenir que des aimables procédés que tous
-ont rencontrés en lui, et ils joindront de sincères regrets à la juste
-douleur de sa famille et de ses amis.</p>
-
-<p class="r">
-<span style="margin-right: 2em;">V. D. N.</span><br />
-
-Membre de la Société des Bibliophiles français.<br />
-</p>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xvii" id="page_vol-1-xvii"></a>{v. 1, p.xvii}</span></p>
-
-<p class="figcenter">
-<img src="images/ill-pg-ia.png" width="400" height="139" alt="" title="" />
-</p>
-
-<h1>LE MÉNAGIER<br />
-<small>DE PARIS.</small></h1>
-
-<h2><a name="INTRODUCTION" id="INTRODUCTION"></a>INTRODUCTION.</h2>
-
-<p class="nind"><span class="letra"><img src="images/ill-pg-ib.png" width="200" height="192" alt="Q" title="Q" /></span><small>UAND</small> on étudie l’histoire de la régence et du règne de Charles V, de
-ce beau règne si tristement précédé et si tristement suivi, on ne sait
-lequel admirer davantage ou des succès politiques et militaires de ce
-grand prince, ou du mouvement imprimé aux lettres et aux arts par son
-intelligente et constante protection. Jeté au milieu d’un pays désuni
-et factieux, attaqué victorieusement par un ennemi formidable,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xviii" id="page_vol-1-xviii"></a>{v. 1, p.xviii}</span> sans
-argent, sans soldats, Charles s’entourant avec un discernement presque
-surnaturel des hommes les plus habiles dans toutes les branches de
-l’administration, se crée bientôt des ressources suffisantes; il trace
-lui-même aux chefs de ses armées un plan de campagne qui doit ranimer
-des troupes découragées et rendre impossibles à l’avenir les désastres
-de Crécy et de Poitiers. Il sait trouver partout des alliés pour la
-France et des ennemis pour l’Angleterre, et combat successivement et
-heureusement son redoutable adversaire sur tous les points où il a un
-intérêt ou un ami. Mais les combinaisons si variées et si complexes de
-sa politique ne suffisent pas à l’activité de ce puissant génie. Après
-avoir rendu à la France sa confiance en elle-même et son territoire, il
-veut encore lui donner la supériorité de l’intelligence et des lettres,
-et commence dans sa <i>librairie</i> de la Tour du Louvre la réunion des
-meilleures productions historiques et littéraires. Là encore il veut
-être entouré d’esprits d’élite: il veut avoir Cicéron, Tite Live, saint
-Augustin dans sa bibliothèque, comme il a du Guesclin, Sancerre et
-Clisson dans ses armées, Bureau de La Rivière et Jean Le Mercier dans
-son conseil, Arnault de Corbie et Pierre d’Orgemont dans son parlement.
-Non content de recueillir les meilleurs ouvrages déjà connus, le Roi,
-par sa munificence et souvent même par ses ordres exprès, oblige à
-écrire tous ceux qui lui semblent capables de donner les meilleurs
-traités d’une science ou d’un art quelconque. Aucun sujet, si humble
-qu’il soit en apparence, n’échappe à son attention: sa sollicitude
-paternelle descend dans<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xix" id="page_vol-1-xix"></a>{v. 1, p.xix}</span> tous les détails. Pendant que le chancelier
-Pierre d’Orgemont écrit sous son inspiration une chronique modèle
-de fidélité et d’exactitude historique<a name="FNanchor_7_7" id="FNanchor_7_7"></a><a href="#Footnote_7_7" class="fnanchor">[7]</a>, Charles ne dédaigne pas
-d’engager lui-même le serviteur<a name="FNanchor_8_8" id="FNanchor_8_8"></a><a href="#Footnote_8_8" class="fnanchor">[8]</a> d’un de ses maîtres des requêtes à
-consigner dans un ouvrage spécial le fruit de son expérience sur l’art
-d’élever et de diriger les troupeaux, et son <i>queux</i> Taillevent<a name="FNanchor_9_9" id="FNanchor_9_9"></a><a href="#Footnote_9_9" class="fnanchor">[9]</a>,
-comblé de ses bienfaits, donne sur la cuisine un traité imprimé et
-consulté encore sous le règne de Henri IV.</p>
-
-<p>Le <i>Ménagier de Paris</i> est évidemment un des résultats du mouvement
-littéraire du règne de Charles V et de la tendance qu’avoit alors
-éprouvée chacun, par suite des encouragemens du roi, à écrire sur le
-sujet qui lui plaisoit le plus et qu’il connoissoit le mieux. L’auteur
-avoit vu tout le règne de ce grand prince, puisqu’il étoit à Melun en
-1358<a name="FNanchor_10_10" id="FNanchor_10_10"></a><a href="#Footnote_10_10" class="fnanchor">[10]</a>, à Niort en 1373<a name="FNanchor_11_11" id="FNanchor_11_11"></a><a href="#Footnote_11_11" class="fnanchor">[11]</a>, et qu’il avoit connu Aubriot<a name="FNanchor_12_12" id="FNanchor_12_12"></a><a href="#Footnote_12_12" class="fnanchor">[12]</a> dans sa
-puissance, mais il n’écrivit que plusieurs<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xx" id="page_vol-1-xx"></a>{v. 1, p.xx}</span> années après l’avènement
-de Charles VI. Il parle en effet du duc d’Orléans, qui ne peut être
-Philippe de France, frère du roi Jean: 1º parce que ce prince, mort en
-1372, ne seroit pas cité comme vivant dans<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxi" id="page_vol-1-xxi"></a>{v. 1, p.xxi}</span> un livre écrit après la
-prise de Niort; 2º parce que l’auteur qui nomme<a name="FNanchor_13_13" id="FNanchor_13_13"></a><a href="#Footnote_13_13" class="fnanchor">[13]</a> les ducs de Berry,
-de Bourgogne et de Bourbon dans l’ordre de leur parenté avec le roi,
-n’auroit pas, s’il eût écrit sous le règne de Charles V, placé l’oncle
-du roi avant ses frères; 3º le duc<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxii" id="page_vol-1-xxii"></a>{v. 1, p.xxii}</span> d’Anjou, frère puîné de Charles V,
-mort en 1384, auroit sans doute été nommé comme ses frères dans cette
-énumération si elle eût été écrite avant l’année de sa mort; 4º il est
-fait allusion dans le livre à une sédition que je crois avoir prouvé
-être celle de 1382<a name="FNanchor_14_14" id="FNanchor_14_14"></a><a href="#Footnote_14_14" class="fnanchor">[14]</a>. Si on admet donc (et il me semble impossible
-de le nier) que le duc d’Orléans dont il est parlé dans le <i>Ménagier</i>
-n’est pas Philippe frère du roi Jean, il ne peut être que Louis frère
-de Charles VI, et comme ce prince, d’abord duc de Touraine, n’eut le
-titre de duc d’Orléans que le 4 Juin 1392<a name="FNanchor_15_15" id="FNanchor_15_15"></a><a href="#Footnote_15_15" class="fnanchor">[15]</a>, il en résultera que le
-<i>Ménagier</i> ne peut avoir été écrit avant Juin 1392. Mais il ne sauroit
-non plus être postérieur à Septembre 1394, car l’auteur parle des
-juifs <i>qui sont en France</i><a name="FNanchor_16_16" id="FNanchor_16_16"></a><a href="#Footnote_16_16" class="fnanchor">[16]</a>: or les juifs furent chassés par une
-ordonnance en date du 17 de ce mois qui fut promptement exécutée, mais
-à laquelle il eût certainement fait quelque allusion en cet endroit de
-son livre si elle eût même seulement été rendue lorsqu’il écrivoit.</p>
-
-<p>Le <i>Ménagier de Paris</i> fut donc écrit entre Juin 1392 et Septembre
-1394, et rien dans le texte ne contredit cette date qui me semble
-établie d’ailleurs sur des bases certaines. Ainsi l’auteur parle de
-la maison de la reine et <i>des enfans</i>, et en effet Isabeau de Bavière
-avoit en 1392 trois enfans<a name="FNanchor_17_17" id="FNanchor_17_17"></a><a href="#Footnote_17_17" class="fnanchor">[17]</a>; ainsi encore il pourroit résulter<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxiii" id="page_vol-1-xxiii"></a>{v. 1, p.xxiii}</span> d’un
-passage du livre<a name="FNanchor_18_18" id="FNanchor_18_18"></a><a href="#Footnote_18_18" class="fnanchor">[18]</a> que l’année où il fut écrit commençoit en Avril,
-et les années 1392, 1393 et 1394 commencèrent toutes trois en Avril.</p>
-
-<p>L’auteur étant assez âgé en 1358 pour avoir été admis dans la société
-du seigneur d’Andresel, et ayant écrit de 1392 à 1394, devoit alors
-toucher à la vieillesse. Il avoit cependant épousé depuis peu de temps
-une jeune femme de quinze ans qui étoit de meilleure maison que lui,
-d’une province différente et orpheline<a name="FNanchor_19_19" id="FNanchor_19_19"></a><a href="#Footnote_19_19" class="fnanchor">[19]</a>. Elle lui avoit demandé
-peu de jours après son mariage de ne pas la reprendre publiquement de
-ses <i>décontenances et simplesses</i>, mais de réserver ses réprimandes
-pour le soir ou tout autre moment dans lequel ils seroient seuls<a name="FNanchor_20_20" id="FNanchor_20_20"></a><a href="#Footnote_20_20" class="fnanchor">[20]</a>.
-L’auteur, heureux des bonnes intentions de sa femme, pensa qu’il
-valoit mieux prévenir ses fautes que d’avoir à les lui reprocher, et
-fit à son usage un traité général des devoirs d’une femme mariée, avec
-l’idée que cet ouvrage pourrait aussi être utile à ses filles et à ses
-amies<a name="FNanchor_21_21" id="FNanchor_21_21"></a><a href="#Footnote_21_21" class="fnanchor">[21]</a>. Il n’écrivit pas sans doute immédiatement après son mariage,
-mais cependant il étoit assez nouvellement marié pour parler à diverses
-reprises à sa femme de sa très-grande jeunesse<a name="FNanchor_22_22" id="FNanchor_22_22"></a><a href="#Footnote_22_22" class="fnanchor">[22]</a> qui l’obligeoit
-encore à tenir auprès d’elle une sorte de duègne ou gouvernante chargée
-de l’aider et de la diriger dans l’administration de sa maison<a name="FNanchor_23_23" id="FNanchor_23_23"></a><a href="#Footnote_23_23" class="fnanchor">[23]</a>.</p>
-
-<p>Cette différence d’âge a pu donner à ses conseils ce caractère de
-tendresse paternelle et mélancolique<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxiv" id="page_vol-1-xxiv"></a>{v. 1, p.xxiv}</span> qui s’y fait remarquer. Arrivé
-au déclin de la vie, prévoyant avec une sage résignation que sa femme
-doit lui survivre, et désirant qu’elle trouve après lui l’appui d’un
-second époux, il veut qu’elle apporte à son successeur toute la vertu,
-toute la douceur qu’il lui connoît, et aussi toute sa sensibilité,
-toute sa délicatesse de jeune fille. «Une femme sage, lui dit-il,
-doit avoir horreur du sang. Ne voyez jamais couler même celui d’un
-agneau ou d’un pigeon; défendez à vos suivantes de prononcer jamais
-devant vous les mots de <i>sang</i> et de <i>sanglant</i><a name="FNanchor_24_24" id="FNanchor_24_24"></a><a href="#Footnote_24_24" class="fnanchor">[24]</a>.» Il adopte avec
-une sorte d’empressement cette idée d’un second mariage de sa femme,
-parce que cette idée lui permet d’ôter à ses préceptes toute couleur de
-défiance ou d’égoïsme, et il lui parle en toute occasion de <i>son mari
-qui sera</i>. Quant à lui, il ne mérite que l’attention, que les égards
-les plus ordinaires<a name="FNanchor_25_25" id="FNanchor_25_25"></a><a href="#Footnote_25_25" class="fnanchor">[25]</a>. Raconte-t-il cette histoire de Grisélidis,
-modèle touchant d’obéissance et de résignation excessive, il se hâte
-de dire que cette histoire est trop cruelle et ne peut être vraie;
-qu’il est loin de demander un dévouement, une abnégation qui ne sont
-dus qu’à Dieu: «Aussi bien, dit-il avec un bonheur d’expression qu’on
-remarque plus d’une fois dans son livre, <i>je ne suis pas marquis et
-je ne vous ai pas prise bergère</i><a name="FNanchor_26_26" id="FNanchor_26_26"></a><a href="#Footnote_26_26" class="fnanchor">[26]</a>.» Ailleurs, il prévoit le cas où
-sa femme épouseroit après lui un homme dur et cruel, l’engage à ne
-pas se plaindre des mauvais traitements qu’elle en recevroit: «Allez
-en votre chambre, lui dit-il, pleurez à voix basse et plaignez-vous à
-Dieu!<a name="FNanchor_27_27" id="FNanchor_27_27"></a><a href="#Footnote_27_27" class="fnanchor">[27]</a>.»<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxv" id="page_vol-1-xxv"></a>{v. 1, p.xxv}</span></p>
-
-<p>De pareils sentimens font aimer l’auteur d’un livre, et on voudroit
-pouvoir nommer l’homme qui réunissoit de si nobles et de si aimables
-qualités. La profonde piété, l’extrême modestie de l’auteur du
-<i>Ménagier</i> l’ont sans doute empêché de se faire connoître. Il a bien
-parlé de lui-même en plusieurs endroits de son livre, mais nous ne
-pouvons tirer d’inductions solides de ces passages qu’à l’égard de sa
-position: aucune n’est assez précise pour conduire à découvrir son nom.</p>
-
-<p>On ne trouve dans le <i>Ménagier</i> aucun trait qui indique le gentilhomme,
-l’homme de guerre: on voit, au contraire, qu’il engage sa femme à ne
-pas fréquenter les grands seigneurs dont la société <i>n’est afférente
-ni convenable</i> pour elle ni pour lui: ailleurs, il parle légèrement,
-et seulement en passant, d’un plat compliqué et dispendieux, parce
-que, dit-il, <i>ce n’est pas ouvrage pour le queux d’un bourgeois,
-non mie d’un chevalier simple</i><a name="FNanchor_28_28" id="FNanchor_28_28"></a><a href="#Footnote_28_28" class="fnanchor">[28]</a>. Il est donc évident qu’il
-appartenoit par sa naissance à la bourgeoisie, à cette bourgeoisie
-éclairée, intelligente et riche dans laquelle se recrutoient l’Église,
-le parlement et les finances; Charles V sut y trouver bien des
-magistrats savans et intègres, bien des administrateurs habiles élevés
-ultérieurement par lui à la noblesse et même à la dignité de chevalier:
-nous rencontrerions probablement l’auteur du <i>Ménagier</i> parmi ces
-hommes éminens, si son nom ne nous étoit pas resté inconnu<a name="FNanchor_29_29" id="FNanchor_29_29"></a><a href="#Footnote_29_29" class="fnanchor">[29]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxvi" id="page_vol-1-xxvi"></a>{v. 1, p.xxvi}</span></p>
-
-<p>Il me paroît en effet certain que notre auteur fut mêlé d’une manière
-active aux affaires politiques de son temps. Outre qu’il semble peu
-croyable qu’un simple bourgeois occupé seulement d’affaires de commerce
-ou de gestion de propriétés, ait pu avoir l’instruction littéraire
-que prouvent les citations de l’auteur et le nombre des volumes de
-sa bibliothèque<a name="FNanchor_30_30" id="FNanchor_30_30"></a><a href="#Footnote_30_30" class="fnanchor">[30]</a>, et<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxvii" id="page_vol-1-xxvii"></a>{v. 1, p.xxvii}</span> qu’une sagesse reconnue de son temps<a name="FNanchor_31_31" id="FNanchor_31_31"></a><a href="#Footnote_31_31" class="fnanchor">[31]</a>,
-qu’un mérite signalé à chaque page de son livre par l’élévation et la
-justesse de ses idées, par la clarté et l’expression de son style,
-aient pu échapper à l’attention de Charles V, il seroit assez étonnant
-qu’un bourgeois étranger au gouvernement eût eu occasion de citer
-Bureau de la Rivière, et surtout si souvent le duc de Berry<a name="FNanchor_32_32" id="FNanchor_32_32"></a><a href="#Footnote_32_32" class="fnanchor">[32]</a>.
-Comment se seroit-il trouvé à Niort avec ce prince? Comment auroit-il
-eu sur la cour, et notamment sur l’étiquette intime imposée par
-d’importans scrupules aux reines de France, les renseignemens curieux,
-uniques, qu’il nous a transmis<a name="FNanchor_33_33" id="FNanchor_33_33"></a><a href="#Footnote_33_33" class="fnanchor">[33]</a>?</p>
-
-<p>Mais à quelle partie du gouvernement l’auteur a-t-il pu appartenir?
-Il étoit évidemment Parisien et habitoit ordinairement Paris; c’est
-ce qui résulte de l’ensemble de son livre, et notamment des nombreux
-passages relatifs au commerce d’approvisionnement de la capitale.
-Enfin il parle de la punition de Paris en 1383, en homme qui avoit
-vu par lui-même ces tristes circonstances. D’un autre côté, il avoit
-voyagé; il avoit été en Beauce, en Picardie, à Niort, à Bar-sur-Aube,
-à Chaumont, en Gascogne, à Beziers, en Flandres, et probablement à
-Tournay qu’il cite plusieurs fois. On peut présumer de ces diverses
-indications qu’il avoit<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxviii" id="page_vol-1-xxviii"></a>{v. 1, p.xxviii}</span> été employé, à une époque antérieure, dans
-les finances militaires (il me semble difficile qu’il se soit trouvé
-à Melun en 1358, et surtout à Niort, en 1373, avec un autre emploi),
-et qu’il avoit ensuite appartenu ou appartenoit encore lorsqu’il
-écrivoit, à un corps judiciaire résidant à Paris et mêlé à la police,
-au gouvernement de la ville, tel que le parlement et le Châtelet, dont
-les membres étoient fréquemment envoyés comme commissaires dans les
-provinces. Il me paroît d’ailleurs impossible d’attribuer à un homme
-étranger à la magistrature le récit du repas donné par l’abbé de Lagny,
-et surtout l’attention avec laquelle est remarquée l’étiquette qui y
-fut observée entre le président, le procureur général et les avocats
-du roi. Le chapitre si détaillé des noces de Jean Duchesne, procureur
-au Châtelet<a name="FNanchor_34_34" id="FNanchor_34_34"></a><a href="#Footnote_34_34" class="fnanchor">[34]</a>: la recommandation de porter l’épervier aux <i>plaids</i>
-ou plaidoiries: le mélange de mots latins à certaines parties du
-texte françois, mélange fréquemment usité dans les réquisitoires et
-plaidoiries de ce temps: enfin les mots <i>et pour cause</i> qui terminent
-souvent des délibérations<a name="FNanchor_35_35" id="FNanchor_35_35"></a><a href="#Footnote_35_35" class="fnanchor">[35]</a> du parlement et qui se trouvent placés à
-la fin de quelques recettes du <i>Ménagier</i>, me semblent confirmer cette
-opinion et lui donner un degré de probabilité qui, à mes yeux du moins,
-approche de la certitude.</p>
-
-<p>J’ajouterai que ce style gracieux, précis et énergique, que quelques
-personnes pourraient regarder comme peu compatible avec la sécheresse
-de la pratique, seroit<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxix" id="page_vol-1-xxix"></a>{v. 1, p.xxix}</span> plutôt une sorte de nouvelle preuve de la
-profession que j’attribue à l’auteur. Les registres des plaidoiries
-du parlement faits par les greffiers sur les discours, probablement
-même sur des mémoires remis par les avocats, sont écrits, quand le
-sujet le permet, avec une clarté, une grâce et un esprit tout à fait
-remarquables<a name="FNanchor_36_36" id="FNanchor_36_36"></a><a href="#Footnote_36_36" class="fnanchor">[36]</a> et qui me semblent rappeler le style du <i>Ménagier</i>
-bien mieux que certains ouvrages écrits à la même époque par des savans
-de profession. Ce doit être là le langage simple et expressif de la
-bonne société parisienne à l’époque où vivoit l’auteur; on y reconnoît
-déjà la précision et la clarté qui caractérisent notre langue. Ce style
-si doux dans la belle prière à la Vierge et quand l’auteur n’est animé
-que de sentimens tendres, si simple et si vrai lorsqu’il raconte des
-scènes de la vie commune, prend une teinte énergique et sombre quand
-il veut exprimer la douleur ou l’indignation. Tels sont les passages
-où il raconte l’histoire de la bourgeoise qui sauva son mari<a name="FNanchor_37_37" id="FNanchor_37_37"></a><a href="#Footnote_37_37" class="fnanchor">[37]</a>, et
-celui où il parle de ces exécuteurs testamentaires qui, choisis par les
-morts comme leurs meilleurs amis, <i>mordent en leur char comme tirans,
-et s’engraissent de leur sang et de leur substance</i><a name="FNanchor_38_38" id="FNanchor_38_38"></a><a href="#Footnote_38_38" class="fnanchor">[38]</a>; tel est dans
-un autre genre le récit de sa conversation avec une cousine de sa
-femme<a name="FNanchor_39_39" id="FNanchor_39_39"></a><a href="#Footnote_39_39" class="fnanchor">[39]</a>, et celui des récriminations des porte-faix<a name="FNanchor_40_40" id="FNanchor_40_40"></a><a href="#Footnote_40_40" class="fnanchor">[40]</a>. Plusieurs
-fois sa pensée<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxx" id="page_vol-1-xxx"></a>{v. 1, p.xxx}</span> est si nettement, si heureusement exprimée, qu’on se
-demande si l’on auroit pu mieux dire, aux temps où notre langue avoit
-atteint toute sa perfection<a name="FNanchor_41_41" id="FNanchor_41_41"></a><a href="#Footnote_41_41" class="fnanchor">[41]</a>.</p>
-
-<p>Ce mérite de style qui existe aussi chez quelques autres écrivains
-du <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle (rarement peut-être au même degré)
-est un témoignage remarquable en faveur des lumières de cette époque,
-et c’est encore là une des indications historiques intéressantes que
-renferme le <i>Ménagier de Paris</i>. Ces indications n’y sont pas rares: on
-y trouve à chaque page de ces traits caractéristiques qui peignent le
-siècle et la nation; on y rencontre aussi fréquemment des renseignemens
-historiques directs ou anecdotiques. La mention des cartes à jouer, la
-plus ancienne que l’on connoisse avec celle du compte de l’argentier
-Poupart<a name="FNanchor_42_42" id="FNanchor_42_42"></a><a href="#Footnote_42_42" class="fnanchor">[42]</a>, l’histoire du chien de Niort, celles du mari parisien
-trompé, de la bourgeoise qui sauve son mari, du sire d’Andresel, de
-l’avocat, de Jeanne la Quentine: les renseignemens sur l’étiquette
-suivie par les reines, sur les occupations des femmes: l’article
-relatif aux domestiques, les documens statistiques sur les boucheries
-de Paris, documens dont je discuterai plus loin la valeur: les
-descriptions de repas et fêtes nuptiales, dans lesquelles se trouvent<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxxi" id="page_vol-1-xxxi"></a>{v. 1, p.xxxi}</span>
-tant de détails sur les prix des objets nécessaires à la vie<a name="FNanchor_43_43" id="FNanchor_43_43"></a><a href="#Footnote_43_43" class="fnanchor">[43]</a>,
-répandent dans l’ouvrage autant d’intérêt que de variété.</p>
-
-<p>Cette diversité des sujets traités dans le <i>Ménagier</i> semble même
-extraordinaire, et l’on a peine à concevoir qu’un même homme ait réuni
-des connoissances si différentes: mais s’il est certain que notre
-auteur connoissoit à fond toutes les matières dont il a parlé, il n’est
-pas moins vrai qu’il n’a pas écrit seul et sans le secours d’autres
-livres toutes les parties de son ouvrage. Plusieurs fois il en prévient
-le lecteur comme pour Grisélidis, l’histoire de Mellibée, le chemin
-de Pauvreté et de Richesse<a name="FNanchor_44_44" id="FNanchor_44_44"></a><a href="#Footnote_44_44" class="fnanchor">[44]</a>, mais d’autres fois aussi ces emprunts
-à des ouvrages étrangers se manifestent par des indications moins
-précises. Ainsi, il me paroît évident que les parties du <i>Ménagier</i> où
-le texte est brusquement interrompu par une remarque critique, ne sont
-pas de l’auteur, et que ces remarques qu’on ne sauroit attribuer à des
-copistes attendu l’accord des trois manuscrits<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxxii" id="page_vol-1-xxxii"></a>{v. 1, p.xxxii}</span>, se présentoient à son
-esprit pendant qu’il transcrivoit certains ouvrages utiles au but qu’il
-se proposoit. Telles sont sans doute plusieurs des recettes contenues
-dans les articles <small>II</small> et <small>III</small> de la seconde
-distinction relatives au jardinage, à l’enlèvement des taches<a name="FNanchor_45_45" id="FNanchor_45_45"></a><a href="#Footnote_45_45" class="fnanchor">[45]</a> etc.</p>
-
-<p>Cette observation s’applique surtout à la partie culinaire ou
-<i>Viandier</i> (articles <small>IV</small> et <small>V</small> de la
-seconde distinction), et il me paroît impossible d’attribuer à
-l’auteur la composition première du fond de ces articles. Assurément
-il connoissoit le sujet, et la multiplicité des objections qu’il fait
-à son texte prouve sa <i>compétence</i>, mais elle prouve en même temps sa
-position de transcripteur et d’annotateur<a name="FNanchor_46_46" id="FNanchor_46_46"></a><a href="#Footnote_46_46" class="fnanchor">[46]</a>.</p>
-
-<p>Quels sont les ouvrages ou les documens dont s’est servi l’auteur du
-<i>Ménagier</i> pour écrire cette partie de son livre<a name="FNanchor_47_47" id="FNanchor_47_47"></a><a href="#Footnote_47_47" class="fnanchor">[47]</a>? On ne s’étonnera
-pas que quelques-uns<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxxiii" id="page_vol-1-xxxiii"></a>{v. 1, p.xxxiii}</span> aient pu disparoître, mais il nous est permis
-d’en reconnoître deux qu’il a certainement mis à contribution. Le
-premier est le livre du célèbre Taillevent, écrit à une époque un
-peu antérieure, et qu’il a dû nécessairement connoître; outre les
-similitudes forcément existantes entre deux ouvrages écrits à la même
-époque et sur le même sujet, similitudes que j’ai tâché de ne pas
-confondre avec des emprunts et que je me suis dispensé de signaler,
-le traité de Taillevent contient quelques recettes évidemment copiées
-par l’auteur du <i>Ménagier</i>. Mais un beaucoup plus grand nombre de
-ses recettes a été emprunté à un ouvrage dont la plus ancienne
-édition connue, imprimée à Lyon en 1542, in-8º gothique, pour Olivier
-Arnoullet, est intitulée <i>le Livre fort excellent de cuisine</i>, et
-dont on connoît une réimpression faite à Paris pour la veuve de Jean
-Bonfons, sans date (mais après 1566 et avant 1574)<a name="FNanchor_48_48" id="FNanchor_48_48"></a><a href="#Footnote_48_48" class="fnanchor">[48]</a>, de<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxxiv" id="page_vol-1-xxxiv"></a>{v. 1, p.xxxiv}</span> format
-in-16, sous le titre de <i>Grand cuisinier de toutes cuisines</i>. C’est au
-reste à l’auteur de ce dernier volume qu’il faut attribuer la rédaction
-originale des recettes communes aux deux ouvrages, car on ne rencontre
-dans le <i>Grand Cuisinier</i> aucune des remarques critiques du <i>Ménagier</i>,
-et l’ordre des recettes classées méthodiquement ici, n’est pas le même
-dans le <i>Grand Cuisinier</i>. Or on ne sauroit croire que le premier
-éditeur de cet ouvrage se soit donné la peine d’établir un système ou
-un ordre quelconque, bon ou mauvais, dans son édition. Il est visible
-qu’il imprimoit sans attention, sans soin, un manuscrit ancien tel
-qu’il l’avoit sous les yeux, et le reproduisoit sans modification, sauf
-les mots ou les phrases entières échappées à son incurie.</p>
-
-<p>Les reproches que je fais ici au <i>Grand Cuisinier</i> ne surprendront pas
-les personnes versées dans la connoissance de nos anciens livres. Elles
-savent que les anciennes éditions des textes classiques et religieux,
-destinées aux hommes studieux et graves, étoient faites avec un soin
-extrême, tandis que les romans, les poésies et tous autres ouvrages
-françois moins sérieux (surtout ceux qu’on imprimoit après la mort
-de leurs auteurs), destinés aux gens du monde ou au public vulgaire,
-étoient édités avec une négligence excessive, au moins quant à la
-correction du texte. Cette négligence est poussée à l’extrême dans
-les éditions imprimées des deux ouvrages culinaires que je viens de
-citer; aussi, quoiqu’ils m’aient été fort utiles pour éditer<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxxv" id="page_vol-1-xxxv"></a>{v. 1, p.xxxv}</span> cette
-partie du <i>Ménagier</i>, j’aurois bien désiré avoir à ma disposition un
-manuscrit du <i>Grand Cuisinier</i> ou <i>Livre fort excellent de cuisine</i>,
-exempt des fautes de l’imprimé, mais il n’en existe pas, et je n’ai
-eu cette facilité qu’à l’égard du Taillevent<a name="FNanchor_49_49" id="FNanchor_49_49"></a><a href="#Footnote_49_49" class="fnanchor">[49]</a> dont on connoît deux
-manuscrits, l’un à la Bibliothèque royale, l’autre à la Bibliothèque
-Mazarine, présentant entre eux de très-grandes différences et différant
-aussi tous deux, le second surtout, des imprimés.</p>
-
-<p>Malgré la futilité apparente du sujet, je regarde la partie culinaire
-du <i>Ménagier</i> comme une des plus importantes du livre. La partie morale
-est, il est vrai, très-bien écrite et très-riche en renseignemens
-historiques, mais il existe quelques ouvrages analogues qu’on peut
-placer à côté d’elle (le plus important est assurément celui de
-Geoffroy de La Tour-Landry<a name="FNanchor_50_50" id="FNanchor_50_50"></a><a href="#Footnote_50_50" class="fnanchor">[50]</a>). La partie matérielle du <i>Ménagier</i> et
-notamment <i>le Viandier</i>,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxxvi" id="page_vol-1-xxxvi"></a>{v. 1, p.xxxvi}</span> beaucoup plus étendu et plus détaillé que
-l’ouvrage de Taillevent, est absolument sans équivalent. Aussi ai-je
-cru devoir apporter les soins les plus scrupuleux au travail assez
-difficile et tout à fait nouveau qu’exigeoit de moi cette partie de
-l’ouvrage.</p>
-
-<p>La première impression qu’on éprouve en lisant <i>le Viandier</i> est
-l’étonnement de voir presque tous les mets assaisonnés de quantité
-d’épices et d’herbes aromatiques. Une pareille complication
-d’assaisonnemens, si opposée à la simplicité primitive de la nourriture
-naturelle de l’homme, est-elle contemporaine de l’établissement des
-monarchies modernes, ou faut-il la faire remonter au moins à ces
-époques malheureuses où les Romains poussoient le luxe et la recherche
-de leurs tables jusqu’aux raffinemens décrits par Pétrone? La réponse
-à cette question n’est pas douteuse si l’ouvrage curieux qui porte le
-nom d’Apicius Cœlius a été en effet écrit peu d’années après le règne
-d’Héliogabale, comme le savant Lister me paroît l’avoir établi dans la
-dissertation placée en tête de son édition de cet ouvrage<a name="FNanchor_51_51" id="FNanchor_51_51"></a><a href="#Footnote_51_51" class="fnanchor">[51]</a>. S’il<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxxvii" id="page_vol-1-xxxvii"></a>{v. 1, p.xxxvii}</span>
-en est ainsi, nous devons croire que la cuisine du moyen âge est la
-même que celle de l’empire romain. Les Francs l’auront trouvée en
-usage dans les Gaules devenues romaines de mœurs et d’habitudes, et
-ils l’auront adoptée comme ils adoptèrent tant d’autres coutumes de
-cette population soumise par eux, mais dans laquelle ils ne formoient
-qu’une foible minorité. Si Lister eût connu l’ouvrage de Taillevent ou
-la partie culinaire du <i>Ménagier</i>, il ne se seroit pas demandé comment
-la cuisine moderne (celle qu’il voyoit de son temps) étoit devenue
-si différente de l’antique, si simple en comparaison de celle-ci, et
-surtout il n’auroit pas conclu qu’elle avoit été ainsi simplifiée
-par suite de l’invasion des barbares qui auroient importé leurs
-habitudes domestiques dans les pays conquis par eux. Taillevent et <i>le
-Ménagier</i> offrent tant de similitudes avec le traité d’Apicius en ce
-qui concerne l’emploi des épices, qu’on pourrait croire l’<i>Apicius</i>
-écrit au moyen âge, si des recettes de plats inconnus à nos ancêtres et
-indiqués (non décrits) dans d’autres auteurs anciens, si les noms des
-inventeurs de certains mets, qu’un faussaire n’eût pu, à l’époque où
-remontent les manuscrits d’Apicius, appliquer avec sagacité, si enfin
-l’opinion unanime des savans éditeurs de ce livre ne sembloient établir
-suffisamment son antiquité.</p>
-
-<p>L’usage immodéré des épices s’est prolongé jusqu’au règne de Henri
-IV, sans que le système de la cuisine<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxxviii" id="page_vol-1-xxxviii"></a>{v. 1, p.xxxviii}</span> françoise ait beaucoup
-varié<a name="FNanchor_52_52" id="FNanchor_52_52"></a><a href="#Footnote_52_52" class="fnanchor">[52]</a>; c’est du moins ce qu’on peut conclure de la réimpression
-de Taillevent en 1602, d’où il résulte qu’alors ses recettes étoient
-encore employées. Mais la simplicité paroît s’être introduite dans
-la préparation des alimens sous le règne de Louis XIII<a name="FNanchor_53_53" id="FNanchor_53_53"></a><a href="#Footnote_53_53" class="fnanchor">[53]</a>. Entre
-le Taillevent réimprimé en 1602, et le <i>Cuisinier françois</i> de
-François Pierre dit la Varenne<a name="FNanchor_54_54" id="FNanchor_54_54"></a><a href="#Footnote_54_54" class="fnanchor">[54]</a>, imprimé en 1651, il n’y a aucune
-analogie<a name="FNanchor_55_55" id="FNanchor_55_55"></a><a href="#Footnote_55_55" class="fnanchor">[55]</a>. Cette profonde modification ne peut-elle être attribuée
-en partie à la baisse du prix des épices, amenée par la multiplication
-des relations commerciales? Pour beaucoup d’hommes, le plus grand
-plaisir de la possession est d’avoir ce que les autres désirent
-inutilement. Quand les épices ont pu paroître sur toutes les tables, et
-quand leur emploi n’a plus été une preuve de luxe et de richesse, on a
-peut-être cessé de les estimer autant, et leur usage a été de plus en
-plus restreint.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xxxix" id="page_vol-1-xxxix"></a>{v. 1, p.xxxix}</span></p>
-
-<p>Outre l’intérêt général que la partie culinaire du <i>Ménagier</i> a de
-commun avec l’Apicius et le Taillevent, cette partie présente en outre,
-sur l’ordre et le service des repas, des détails bien curieux, propres
-à éclaircir divers passages de nos historiens et aussi de quelques
-ouvrages littéraires<a name="FNanchor_56_56" id="FNanchor_56_56"></a><a href="#Footnote_56_56" class="fnanchor">[56]</a>. Ces détails ont manqué à Legrand d’Aussy qui,
-faute de les connoître, a donné peu de renseignemens sur cette partie
-importante du sujet qu’il traitoit. On peut suppléer à cette omission
-et se figurer le cérémonial et l’ordre d’un grand repas en examinant
-et rapprochant entre eux certains passages de l’article IV (p. 114 et
-suiv.).<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xl" id="page_vol-1-xl"></a>{v. 1, p.xl}</span></p>
-
-<p>L’auteur nous apprend d’abord que les différentes provisions
-nécessaires à l’alimentation, confiées habituellement à la surveillance
-des <i>écuyers de cuisine</i>, étoient choisies, marchandées et payées
-par un ou plusieurs de ces officiers assistés des <i>queux</i> ou
-cuisiniers<a name="FNanchor_57_57" id="FNanchor_57_57"></a><a href="#Footnote_57_57" class="fnanchor">[57]</a>. Les mets préparés par les queux étoient, en attendant
-le moment du service, posés par les aides des écuyers sur un dressoir
-placé dans la cuisine. C’est de là qu’ils étoient portés sur les tables.</p>
-
-<p>Représentons-nous maintenant une vaste salle tendue de tapisseries ou
-d’autres étoffes brillantes. Les tables sont recouvertes de nappes
-à franges, jonchées d’herbes (odoriférantes?); une d’entre elles,
-dite <i>grande table</i>, est destinée aux personnes les plus notables.
-Les convives sont conduits à leurs places par deux maîtres d’hôtel
-qui leur apportent à laver<a name="FNanchor_58_58" id="FNanchor_58_58"></a><a href="#Footnote_58_58" class="fnanchor">[58]</a>. La grande table est garnie par un
-maître d’hôtel, de salières d’argent, de gobelets couverts dorés pour
-les plus grands personnages, de cuillers et de quartes<a name="FNanchor_59_59" id="FNanchor_59_59"></a><a href="#Footnote_59_59" class="fnanchor">[59]</a> d’argent.
-Les<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xli" id="page_vol-1-xli"></a>{v. 1, p.xli}</span> convives mangent (au moins certains mets) sur des tranchoirs
-ou grandes tartines de gros pain<a name="FNanchor_60_60" id="FNanchor_60_60"></a><a href="#Footnote_60_60" class="fnanchor">[60]</a> jetés ensuite dans des vases
-dits <i>couloueres</i><a name="FNanchor_61_61" id="FNanchor_61_61"></a><a href="#Footnote_61_61" class="fnanchor">[61]</a>. Pour les autres tables, le sel est placé dans
-des morceaux de pain<a name="FNanchor_62_62" id="FNanchor_62_62"></a><a href="#Footnote_62_62" class="fnanchor">[62]</a> creusés à cet effet par des officiers dits
-<i>porte-chappes</i><a name="FNanchor_63_63" id="FNanchor_63_63"></a><a href="#Footnote_63_63" class="fnanchor">[63]</a>. Dans la salle est un dressoir garni de vaisselle
-et de différentes espèces de vins; deux écuyers placés auprès de ce
-dressoir donnent aux convives des cuillers propres, leur versent le
-vin qu’ils demandent, et retirent de la table la vaisselle salie;
-deux autres écuyers font porter les vins au dressoir de salle: un
-valet placé sous leurs ordres est uniquement occupé à tirer le vin
-des tonneaux<a name="FNanchor_64_64" id="FNanchor_64_64"></a><a href="#Footnote_64_64" class="fnanchor">[64]</a>. Les plats formant trois, quatre, cinq ou même six
-services dits mets<a name="FNanchor_65_65" id="FNanchor_65_65"></a><a href="#Footnote_65_65" class="fnanchor">[65]</a> ou assiettes, sont apportés par des valets et
-deux écuyers <i>des plus honnêtes</i>. (Dans certains repas de noces, le
-marié marchoit<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xlii" id="page_vol-1-xlii"></a>{v. 1, p.xlii}</span> devant,<a name="FNanchor_66_66" id="FNanchor_66_66"></a><a href="#Footnote_66_66" class="fnanchor">[66]</a> avec eux.) Les plats sont posés sur les
-tables par un <i>asséeur</i><a name="FNanchor_67_67" id="FNanchor_67_67"></a><a href="#Footnote_67_67" class="fnanchor">[67]</a> assisté de deux serviteurs. Ces derniers
-enlèvent les restes et les remettent aux écuyers de cuisine qui doivent
-les mettre à part et les conserver. Après les mets ou assiettes, les
-tables sont couvertes de nouvelles nappes, et l’entremets est alors
-apporté. Ce service, le plus brillant du repas<a name="FNanchor_68_68" id="FNanchor_68_68"></a><a href="#Footnote_68_68" class="fnanchor">[68]</a>, se compose de plats
-sucrés, de gelées de couleur avec armoiries, etc., puis d’un cigne, de
-paons ou de faisans revêtus de leurs plumes, ayant le bec et les pattes
-dorés, et placés au milieu de la table sur une sorte d’estrade<a name="FNanchor_69_69" id="FNanchor_69_69"></a><a href="#Footnote_69_69" class="fnanchor">[69]</a>. A
-l’entremets qui ne figure pas dans tous les menus, et à son défaut,
-au dernier mets ou service, succède la <i>desserte</i> (compotes,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xliii" id="page_vol-1-xliii"></a>{v. 1, p.xliii}</span> fruits,
-<i>dessert</i><a name="FNanchor_70_70" id="FNanchor_70_70"></a><a href="#Footnote_70_70" class="fnanchor">[70]</a>); <i>l’issue</i><a name="FNanchor_71_71" id="FNanchor_71_71"></a><a href="#Footnote_71_71" class="fnanchor">[71]</a> ou sortie de table, composée le plus
-souvent d’ypocras et d’une sorte d’oublie dite <i>mestier</i>, ou, en été,
-l’ypocras étant hors de saison à cause de sa force, de pommes, de
-fromages, et quelquefois encore d’autres pâtisseries et sucreries<a name="FNanchor_72_72" id="FNanchor_72_72"></a><a href="#Footnote_72_72" class="fnanchor">[72]</a>.
-Le <i>boute-hors</i> (vin et épices) termine le repas; on se lave les
-mains, on dit les grâces, puis on passe dans la <i>chambre de parement</i>
-ou salon. Les domestiques succèdent alors aux maîtres et dînent après
-eux. On apporte ensuite aux convives du vin et les <i>épices de chambre</i>
-(dragées, sucre rosat, écorces d’oranges confites, etc. V. p. 122, 265
-et 274), et chacun se retire alors chez lui.</p>
-
-<p>Il existe encore dans cette partie du <i>Ménagier de Paris</i> un passage
-dont l’importance seroit bien grande si l’on pouvoit être assuré
-de son exactitude. Je veux parler du commencement de l’article
-<small>IV</small>, dans lequel se trouve le relevé statistique de
-la consommation de Paris. Selon l’auteur, cette consommation, en y
-comprenant les animaux tués pour les maisons du roi et des princes,
-s’élevoit à l’époque où il écrivoit à 30,316 bœufs; 188,552 moutons;
-30,794 porcs, et 19,604 veaux<a name="FNanchor_73_73" id="FNanchor_73_73"></a><a href="#Footnote_73_73" class="fnanchor">[73]</a>. Ce passage sembleroit pouvoir
-fournir un<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xliv" id="page_vol-1-xliv"></a>{v. 1, p.xliv}</span> nouvel élément propre à déterminer le chiffre de la
-population parisienne à la fin du <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle, mais
-les renseignemens donnés en cet endroit du <i>Ménagier</i> sont-ils exacts?
-Je ne m’arrêterai pas à une première difficulté, celle que je remarque
-au sujet du nombre des bouchers de la grande boucherie que l’auteur
-fixe à dix-neuf. Quoiqu’un boucher pût tenir et tînt quelquefois, mais
-assez rarement, plusieurs étaux, il me paroît difficile que les 32
-étaux de la grande boucherie fussent tenus par 19 bouchers seulement.
-Mais, en outre, est-il croyable que la boucherie de Saint-Germain,
-composée de 19 étaux (13 bouchers, suivant l’auteur), ne fournît
-par semaine à la consommation de Paris que 6 bœufs, 2 veaux et 18
-porcs de plus que la boucherie du Temple, composée de deux étaux
-seulement? On peut concevoir que l’auteur ne nomme pas la boucherie de
-Saint-Benoît, destinée peut-être exclusivement au chapitre<a name="FNanchor_74_74" id="FNanchor_74_74"></a><a href="#Footnote_74_74" class="fnanchor">[74]</a>; mais
-comment ne cite-t-il pas celle de Saint-Éloi, établie en 1358, et qui
-approvisionnant le riche quartier Saint-Paul, devoit nécessairement
-avoir un important débit? Comment a-t-il négligé celle de Saint-Marcel,
-ou s’il l’a confondue à dessein avec celle de Sainte-Geneviève,
-pourquoi n’en prévient-il pas le lecteur<a name="FNanchor_75_75" id="FNanchor_75_75"></a><a href="#Footnote_75_75" class="fnanchor">[75]</a>? Comment enfin, est-il
-en désaccord avec lui-même, à deux lignes de distance, sur la<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xlv" id="page_vol-1-xlv"></a>{v. 1, p.xlv}</span>
-consommation du duc de Berry<a name="FNanchor_76_76" id="FNanchor_76_76"></a><a href="#Footnote_76_76" class="fnanchor">[76]</a>? (<i>douze</i> puis <i>seize</i> bœufs, 80 puis
-160 moutons). Cette variation est d’autant plus surprenante qu’un
-doute, puis une vérification annoncés par l’auteur font compter le
-lecteur sur des chiffres exacts et certains.</p>
-
-<p>Je crois que les observations précédentes sont des présomptions graves
-contre la fidélité de ces renseignemens statistiques<a name="FNanchor_77_77" id="FNanchor_77_77"></a><a href="#Footnote_77_77" class="fnanchor">[77]</a>, mais il est
-encore des difficultés d’un autre genre qui s’opposeroient à ce qu’ils
-pussent être consultés sûrement pour la fixation du chiffre de la
-population parisienne. Il est certain qu’à la fin du xiv<sup>e</sup> siècle
-l’abstinence de viande aux jours maigres étoit plus généralement et
-plus strictement observée qu’aux époques où la population de Paris
-nous est connue, et<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xlvi" id="page_vol-1-xlvi"></a>{v. 1, p.xlvi}</span> qui pourroient servir de termes de comparaison.
-Nous ignorons si les bœufs amenés alors à Paris étoient plus ou
-moins pesans qu’aujourd’hui; nous ignorons en outre combien de
-livres de viande pouvoit consommer annuellement chaque habitant de
-Paris, car la consommation individuelle augmente ou diminue d’une
-manière très-sensible en raison inverse du prix des denrées<a name="FNanchor_78_78" id="FNanchor_78_78"></a><a href="#Footnote_78_78" class="fnanchor">[78]</a>,
-et le chiffre actuel de cette consommation, fort inférieur à celui
-qu’elle atteignoit en 1789, ne sauroit servir de base pour la fin
-du <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle<a name="FNanchor_79_79" id="FNanchor_79_79"></a><a href="#Footnote_79_79" class="fnanchor">[79]</a>. Enfin l’extrait d’un arrêt du
-Parlement (t. <small>II</small>, p. 82 dans la note), dans lequel il
-est dit que Guillaume de Saint-Yon vendoit vers 1380 dans trois étaux
-pour 200 livres parisis de viande par semaine est loin de concorder
-avec les calculs de l’auteur, et réduiroit de beaucoup le nombre des
-animaux abattus par semaine à la grande boucherie, même en tenant
-compte du produit de la vente des peaux, du suif, etc.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xlvii" id="page_vol-1-xlvii"></a>{v. 1, p.xlvii}</span></p>
-
-<p>La partie culinaire du <i>Ménagier</i> termine l’ouvrage dans les trois
-manuscrits qui nous sont connus. Cependant l’auteur avoit annoncé dans
-son prologue une troisième et dernière distinction devant contenir: 1º
-des demandes d’ébatement répondues par le sort des dés, par <i>rocs</i> et
-par <i>rois</i><a name="FNanchor_80_80" id="FNanchor_80_80"></a><a href="#Footnote_80_80" class="fnanchor">[80]</a>; 2º un traité de la chasse à l’épervier; 3º des demandes
-subtiles à trouver ou à deviner, et fondées sur l’arithmétique. De ces
-trois articles nous n’avons que celui qui est relatif à la chasse,
-encore est-il placé dans la seconde distinction, à la fin de l’article
-III et après le traité des chevaux. Il semble étonnant que l’auteur qui
-dans tout son livre suit avec une exactitude scrupuleuse la division
-qu’il a annoncée dans son prologue, l’ait négligée aussi complétement
-pour cet article. Est-ce donc à lui qu’il faut attribuer cette sorte de
-transposition? Cet article est-il le seul de la troisième distinction
-qu’il ait écrit? Les événemens ou la mort ont pu l’interrompre dans
-son travail et l’empêcher d’écrire les deux autres articles de la
-III<sup>e</sup> distinction, et le traité de la<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xlviii" id="page_vol-1-xlviii"></a>{v. 1, p.xlviii}</span> chasse ainsi isolé a pu être
-placé par les personnes qui recueillirent le <i>Ménagier</i> après le
-traité des chevaux auquel il se lioit assez naturellement. Il seroit
-encore possible que l’auteur eût renoncé, depuis qu’il avoit écrit son
-prologue, à traiter les deux autres articles comme moins utiles à son
-but, et qu’il eût lui-même interverti l’ordre annoncé, ou enfin que ces
-deux articles, terminés par lui comme le deuxième, eussent été perdus;
-j’avoue que ces deux dernières hypothèses me paroissent moins probables
-que la première. J’ai cru, à tout hasard, devoir suivre dans cette
-édition l’ordre annoncé dans le prologue, et j’ai renvoyé à la fin du
-livre cet article unique de la troisième distinction.</p>
-
-<p>Il est certain que les deux autres articles, relatifs à des sujets
-plus intimes et peu connus jusqu’ici, auroient été plus curieux pour
-nous que le traité de la chasse, mais on comprend que l’auteur ait
-pu s’occuper de préférence de ce dernier sujet. A l’époque où il
-écrivoit, la chasse à l’épervier (et même celle au faucon, quoique
-plus dispendieuse), n’exigeant pas la quantité d’hommes et de chevaux
-nécessaires à la vénerie, étoit un des divertissemens favoris de la
-société moyenne<a name="FNanchor_81_81" id="FNanchor_81_81"></a><a href="#Footnote_81_81" class="fnanchor">[81]</a> et passoit pour être particulièrement convenable
-aux femmes. Cette chasse se faisoit souvent par<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-xlix" id="page_vol-1-xlix"></a>{v. 1, p.xlix}</span> une nombreuse société
-de chasseurs et de chasseresses rangés en ligne, et jouissant avec
-orgueil des succès de leurs oiseaux. L’auteur du <i>Roi Modus</i> qui
-écrivoit vers 1360 parle à deux reprises avec enthousiasme des plaisirs
-que procuroit cette chasse. <i>C’est un déduit</i>, dit-il, <i>que chascun
-puet faire de soy avecques dames et damoiselles.... et doit avoir la
-dame aucun qui lui puisse baillier son esprevier quand il aura prins
-l’aloé ou la pertrix.... Dieux! comme c’est beau déduit, c’est plaisant
-déduit que de veoir prendre une aloé à l’estourse à bon esprevier!</i><a name="FNanchor_82_82" id="FNanchor_82_82"></a><a href="#Footnote_82_82" class="fnanchor">[82]</a>
-Gaces de La Bugne, premier chapelain des rois Philippe de Valois, Jean
-II, Charles V et Charles VI, que j’ai eu plus d’une fois occasion de
-citer dans ce livre<a name="FNanchor_83_83" id="FNanchor_83_83"></a><a href="#Footnote_83_83" class="fnanchor">[83]</a>, après avoir déterminé le train nécessaire à
-un <i>épreveteur</i>, l’engage à chercher un bon pays et des compagnons,
-car il auroit été regrettable, selon lui, de chasser seul. Il lui
-fait donc trouver belle et bonne compagnie de chevaliers et d’écuyers
-<i>qui n’ont pas à sommes deniers</i> (qui ne sont pas très-riches), de
-dames et de damoiselles, et lui fait faire avec eux une chasse dont le
-détail a beaucoup de rapports avec certains endroits de cet article du
-<i>Ménagier</i>. Il regarde ce divertissement comme bien plus convenable
-pour les femmes que la vénerie. «Le déduit de chiens, s’écrie-t-il,
-peut-il donner de tels plaisirs aux dames qu’aussitôt on ne médise
-d’elles? Une grande dame qui voudroit conserver sa réputation ne
-piqueroit pas des éperons au travers des bois, des buissons et des<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-l" id="page_vol-1-l"></a>{v. 1, p.l}</span>
-haies, et n’iroit pas avec plaisir tuer cerfs, loups ou sangliers. Aux
-hommes appartiennent tels faits!<a name="FNanchor_84_84" id="FNanchor_84_84"></a><a href="#Footnote_84_84" class="fnanchor">[84]</a>»</p>
-
-<p>Au reste, à cette époque où la distinction des rangs très-marquée
-dans la législation et aussi, en général, dans les alliances de
-familles, l’étoit peut-être moins que de nos jours dans les relations
-de la vie privée, la chasse à l’épervier n’étoit pas la seule usitée
-par les bourgeois. La chasse à l’oiseau en général, fauconnerie ou
-autourserie, étoit une des occasions qui réunissoient le plus souvent
-des personnes de conditions différentes. Gaces de La Bugne en donne
-un exemple intéressant. Il raconte fort agréablement comment des gens
-qu’il appelle <i>de moyen état</i>, mais parmi lesquels il se compte lui,
-chapelain du roi, ainsi que des chevaliers (il y avoit en outre des
-chanoines, des écuyers ou simples gentilshommes et des bourgeois),
-firent ensemble une partie de chasse à l’oiseau qui dura une semaine.
-Ils avoient vingt oiseaux et voloient tous les jours au moins jusqu’à
-midi. Alors ils venoient dîner ensemble à une hôtellerie, et le repas
-se passoit joyeusement, sans médire du prochain et sans convoiter les
-richesses d’autrui. Après dîner, la chasse recommençoit jusqu’au souper
-qui étoit plantureusement servi<a name="FNanchor_85_85" id="FNanchor_85_85"></a><a href="#Footnote_85_85" class="fnanchor">[85]</a>.</p>
-
-<p>L’auteur du <i>Ménagier</i> avoit sans doute sur la convenance et l’agrément
-de la chasse à l’épervier la même opinion que Gaces de La Bugne,
-et c’est là ce qui l’aura déterminé à parler avec détail de cette
-chasse. Son<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-li" id="page_vol-1-li"></a>{v. 1, p.li}</span> traité est très-complet et au moins égal en mérite à la
-partie du <i>Modus et Ratio</i> relative au même sujet. Il ne me paroît pas
-s’être servi<a name="FNanchor_86_86" id="FNanchor_86_86"></a><a href="#Footnote_86_86" class="fnanchor">[86]</a> de ce dernier livre, trop répandu cependant à la fin
-du <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle pour qu’il ne l’ait pas rencontré.
-Cependant les deux ouvrages étant presque contemporains et traitant
-le même sujet, plusieurs passages du <i>Modus</i> m’ont été utiles pour
-éclaircir ou compléter cette partie du <i>Ménagier</i>. J’ai aussi mis
-à contribution, dans ce double but, les autres anciens ouvrages de
-fauconnerie, pensant que cet article, à cause de l’obscurité d’un art
-aujourd’hui si peu connu<a name="FNanchor_87_87" id="FNanchor_87_87"></a><a href="#Footnote_87_87" class="fnanchor">[87]</a>,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lii" id="page_vol-1-lii"></a>{v. 1, p.lii}</span> demandoit à être éclairci avec plus de
-détail que les autres.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Quand on a lu le <i>Ménagier de Paris</i>, on se demande comment un pareil
-ouvrage a pu rester quatre cent cinquante ans sans avoir été connu, ou
-plutôt sans avoir été cité. Quant à moi, l’existence de ce précieux
-monument historique m’a été révélée seulement par la vente des livres
-de M. Huzard<a name="FNanchor_88_88" id="FNanchor_88_88"></a><a href="#Footnote_88_88" class="fnanchor">[88]</a>. Un manuscrit sur papier du <i>Ménagier</i> figuroit au nº
-662 de la première partie du catalogue de cette remarquable collection.
-L’examen rapide que j’en fis à l’exposition me fit pressentir le mérite
-du livre, et me donna un vif désir d’en devenir possesseur. Le volume
-m’ayant été adjugé, je me convainquis en le lisant de l’utilité qu’il
-y avoit à le publier. Je crus, à cet effet, nécessaire de rechercher
-s’il en existoit d’autres manuscrits. Je n’en trouvai de mentionnés
-que sur les catalogues des ducs de Bourgogne, publiés par M. Barrois
-dans sa <i>Bibliothèque protypographique<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-liii" id="page_vol-1-liii"></a>{v. 1, p.liii}</span></i><a name="FNanchor_89_89" id="FNanchor_89_89"></a><a href="#Footnote_89_89" class="fnanchor">[89]</a>. Les catalogues des
-Bibliothèques du Roi et de l’Arsenal ne portent aucune indication du
-<i>Ménagier</i>: je pensai donc que l’un des manuscrits de Bourgogne, sinon
-les deux, pouvoit se trouver à la Bibliothèque royale de Bruxelles,
-et je demandai à M. le baron de Reiffenberg, auteur de tant de
-savantes publications historiques et associé étranger de la Société
-des Bibliophiles françois, de vouloir bien m’éclairer sur ce point.
-Sa réponse, par suite de diverses circonstances, ne m’étant parvenue
-qu’après plusieurs mois, je crus pendant quelque temps qu’il falloit
-renoncer à l’espoir de découvrir<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-liv" id="page_vol-1-liv"></a>{v. 1, p.liv}</span> un autre manuscrit du <i>Ménagier</i>, et
-quoique le mien présentât d’assez notables défectuosités, la Société
-des Bibliophiles décida sur ma proposition, dans sa séance du 14 mai
-1845, qu’elle donneroit une édition de ce livre, et me chargea de
-préparer cette édition sur mon manuscrit, le seul que nous pussions
-alors nous procurer. Mais quelques jours plus tard un de mes amis,
-connu par quantité de savans travaux historiques, me communiqua un
-manuscrit sur vélin du <i>Ménagier</i>, contenant 173 feuillets in-folio,
-paroissant écrit dans la première moitié du <small>XV</small><sup>e</sup>
-siècle et orné au commencement d’une miniature reproduite dans cette
-édition<a name="FNanchor_90_90" id="FNanchor_90_90"></a><a href="#Footnote_90_90" class="fnanchor">[90]</a>. Je reconnus bientôt que ce volume, qui ne porte pas les
-armoiries des ducs de Bourgogne étoit cependant, sans aucun doute, le
-premier des deux portés aux inventaires de 1467 et 1487, et indiqué
-sous les n<sup>os</sup> 836 et 1758 de la <i>Bibliothèque protypographique</i><a name="FNanchor_91_91" id="FNanchor_91_91"></a><a href="#Footnote_91_91" class="fnanchor">[91]</a>,
-et qu’il avoit certainement servi de modèle au copiste du mien. Ce
-manuscrit, le plus ancien des trois que j’ai eus à ma disposition, est
-désigné dans le cours de mon travail sous le nom de Ms. A.</p>
-
-<p>Peu de temps après, M. le baron de Reiffenberg m’écrivoit de son
-côté qu’un des manuscrits des ducs de Bourgogne existoit en effet à
-Bruxelles, et m’envoyoit<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lv" id="page_vol-1-lv"></a>{v. 1, p.lv}</span> en même temps un exemplaire de <i>l’Annuaire
-de la Bibliothèque royale de Belgique pour 1843</i><a name="FNanchor_92_92" id="FNanchor_92_92"></a><a href="#Footnote_92_92" class="fnanchor">[92]</a>, dans lequel
-se trouve, p. 33, un excellent article de lui sur cet exemplaire
-du <i>Ménagier de Paris</i>. La Société des Bibliophiles fit alors des
-démarches actives pour obtenir la communication de ce précieux volume
-que M. de Theux, ministre de l’intérieur de Belgique, voulut bien lui
-accorder, sous la garantie de M. le marquis de Rumigny, ambassadeur de
-France à Bruxelles.</p>
-
-<p>Ce manuscrit sur vélin, que j’ai désigné sous la lettre B, paroît
-postérieur de quelques années au précédent. Le premier feuillet est
-orné d’un C initial en or et en couleur, au centre duquel on voit,
-comme dans la miniature du Ms. A, l’auteur donnant ses instructions
-à sa femme. Ce feuillet est entouré de trois côtés (en tête, au fond
-et en queue) d’une bordure d’arabesques en or et en couleur dans
-laquelle se trouve au bas de la page l’écusson de Philippe dit le
-Bon ou de Charles le Téméraire, ducs de Bourgogne. Il contient 193
-feuillets de format in-folio. La description donnée du second manuscrit
-de Bourgogne dans les inventaires de 1467 et 1487 établit que le
-manuscrit de Bruxelles est le même que celui porté aux n<sup>os</sup> 1202 et
-1759 de la <i>Bibliothèque protypographique</i>. Il a été fait avec soin
-par un écrivain intelligent mais peut-être trop disposé à corriger les
-endroits qui lui sembloient défectueux;<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lvi" id="page_vol-1-lvi"></a>{v. 1, p.lvi}</span> plusieurs corrections ont en
-outre été faites après coup. Il n’a pas été copié sur le manuscrit A
-et en reproduit un autre: il fournit en effet trop de variantes pour
-qu’on puisse les attribuer seulement au copiste. Il a probablement
-été exécuté pour Philippe le Bon, mais le Ms. A qui ne porte pas
-d’armoiries a pu appartenir à d’autres propriétaires avant d’entrer
-dans la bibliothèque de Bruges.</p>
-
-<p>L’auteur du <i>Ménagier</i> étoit trop connu du duc de Berry<a name="FNanchor_93_93" id="FNanchor_93_93"></a><a href="#Footnote_93_93" class="fnanchor">[93]</a> pour avoir
-appartenu au parti bourguignon à Paris, et pour qu’on suppose qu’un
-des manuscrits de Bourgogne soit la copie de quelque autre plus ancien
-offert par l’auteur au duc Philippe le Hardi ou à son fils Jean sans
-Peur. Un semblable hommage auroit plutôt été fait au duc de Berry, mais
-on ne voit pas figurer <i>le Ménagier</i> sur l’inventaire des livres et
-autres objets mobiliers de ce prince dressé après son décès. On peut
-raisonnablement croire qu’un exemplaire de cet ouvrage aura été trouvé
-chez un de ces bourgeois<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lvii" id="page_vol-1-lvii"></a>{v. 1, p.lvii}</span> riches et considérés qui perdirent la vie ou
-au moins leurs biens lors de l’entrée des Bourguignons à Paris en 1418,
-et qu’il aura été apporté alors au duc de Bourgogne par un de ses agens
-ou partisans.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>J’ai dit plus haut que le manuscrit de M. Huzard, qui m’appartient
-aujourd’hui et que j’ai désigné sous la lettre C, avoit été copié sur
-le Ms. A. Outre la conformité presque parfaite des deux textes, j’en
-ai une preuve bien manifeste. Il existe et il existoit évidemment
-dans le Ms. A avant qu’il eût été revêtu de sa reliure actuelle, une
-transposition de deux feuillets par suite de laquelle le traité de
-l’épervier et le passage relatif aux boucheries de Paris se trouvent
-mêlés l’un à l’autre et se coupent réciproquement. L’écrivain du Ms. C
-a copié ce qu’il avoit sous les yeux, sans voir quelle étoit la cause
-du désordre de son texte, et le même mélange existe dans sa copie,
-mais sans transposition, c’est-à-dire que le sens est interrompu au
-milieu de deux pages et non entre la fin d’un verso et le commencement
-d’un recto, comme dans le Ms. A. Pour rendre ce désordre un peu moins
-choquant, il a ajouté dans un endroit deux mots qui ne me semblent
-cependant pas atteindre ce résultat. Cet écrivain, évidemment Flamand,
-a en outre laissé dans sa copie de nombreuses traces du dialecte qu’il
-parloit, écrivant souvent <i>commenche</i> pour <i>commence</i>, <i>cousant</i> pour
-<i>couchant</i>, <i>franchois</i> pour <i>françois</i>, <i>cheulx</i> pour <i>ceulx</i>, etc. On
-peut aussi lui reprocher d’avoir oublié quelques membres de phrases; il
-a cependant fait au texte cinq<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lviii" id="page_vol-1-lviii"></a>{v. 1, p.lviii}</span> ou six corrections assez heureuses et
-tout à fait nécessaires au sens.</p>
-
-<p>Le manuscrit C contient 280 feuillets de papier <i>in-folio parvo</i>
-assez négligemment mais lisiblement écrits, et semble remonter au
-commencement du règne de Louis XI. La première lettre renferme un
-écusson parti, au premier de gueules au chevron d’hermines, et au
-second d’hermines au chef de gueules; ces armoiries sont celles des
-maisons de Ghistelles<a name="FNanchor_94_94" id="FNanchor_94_94"></a><a href="#Footnote_94_94" class="fnanchor">[94]</a> et de Roubais<a name="FNanchor_95_95" id="FNanchor_95_95"></a><a href="#Footnote_95_95" class="fnanchor">[95]</a>. D’après les règles de
-l’art héraldique, les femmes doivent porter un écu parti, au premier
-des armes de leur mari, et au second des leurs<a name="FNanchor_96_96" id="FNanchor_96_96"></a><a href="#Footnote_96_96" class="fnanchor">[96]</a>; cet écusson devroit
-donc être celui d’une demoiselle de Roubais mariée à un Ghistelles;
-mais malgré les recherches les plus attentives, je n’ai pas trouvé
-qu’une semblable alliance ait eu lieu à l’époque où mon manuscrit
-fut écrit, tandis que Pierre (ou Réné)<a name="FNanchor_97_97" id="FNanchor_97_97"></a><a href="#Footnote_97_97" class="fnanchor">[97]</a> seigneur de Roubais,
-fils de Jean mort en 1449, et d’Agnès de Lannoy, né à Herzelles le
-1<sup>er</sup> août 1415 et mort le 7 juin 1498, avoit épousé Marguerite de
-Ghistelles, fille de Jean sieur de Bockède, Lauderburg, etc., et de
-Charyte de Gand-Vilain,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lix" id="page_vol-1-lix"></a>{v. 1, p.lix}</span> née le 14 octobre 1415 et morte le 17 octobre
-1498<a name="FNanchor_98_98" id="FNanchor_98_98"></a><a href="#Footnote_98_98" class="fnanchor">[98]</a>. Suivant le dossier de Roubais au Cabinet généalogique, ils
-n’eurent qu’une fille nommée Isabelle, dame de Roubais et d’Herzelles,
-femme de Jacques de Luxembourg, sieur de Richebourg<a name="FNanchor_99_99" id="FNanchor_99_99"></a><a href="#Footnote_99_99" class="fnanchor">[99]</a>, et morte
-en 1502. Si l’on admet que l’écrivain a pu commettre une erreur
-(erreur très-rare mais qui n’est cependant pas sans exemple<a name="FNanchor_100_100" id="FNanchor_100_100"></a><a href="#Footnote_100_100" class="fnanchor">[100]</a>), et
-placer les premières celles de ces armoiries qu’il devoit mettre les
-secondes, l’attribution du volume à Marguerite de Ghistelles paroîtra
-bien fondée. M. de Roubais, fils d’un premier chambellan des ducs
-de Bourgogne, et attaché lui-même à leur service<a name="FNanchor_101_101" id="FNanchor_101_101"></a><a href="#Footnote_101_101" class="fnanchor">[101]</a>, avoit toute
-facilité pour faire copier un manuscrit de la bibliothèque de ces
-princes. Une autre circonstance vient encore ajouter à la probabilité
-de cette conjecture<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lx" id="page_vol-1-lx"></a>{v. 1, p.lx}</span>: dans une espèce d’appendice<a name="FNanchor_102_102" id="FNanchor_102_102"></a><a href="#Footnote_102_102" class="fnanchor">[102]</a> qui est propre à
-mon manuscrit, on trouve des recettes qui sont dites avoir été envoyées
-par un certain Hotin, cuisinier <i>qui fut à Monseigneur de Roubais</i>.
-Ces mots indiquent des rapports intimes, à l’époque où ils ont été
-tracés, entre la famille de Roubais et le propriétaire de ce volume
-écrit d’ailleurs par un Flamand et d’après un manuscrit des ducs de
-Bourgogne; il ne me paroît donc pas possible d’attribuer l’écusson
-de la lettre initiale du Ms. C à d’autres familles qu’à celles de
-Ghistelles et de Roubais, et par suite, attendu les renseignemens
-fournis par les généalogies de ces deux familles, à une autre personne
-qu’à Marguerite de Ghistelles, dame de Roubais.</p>
-
-<p>Ce dernier exemplaire n’étant qu’une reproduction du Ms. A, n’a eu
-qu’une très-médiocre importance pour mon travail d’éditeur. J’ai pris
-les variantes qu’il offroit, seulement lorsque le sens les justifioit
-complétement, et j’ai toujours en ce cas indiqué en note leur origine;
-mais lorsque l’un des Mss. A et B, presque également beaux et soignés,
-contenoit une faute évidente corrigée dans l’autre, j’ai pris la
-meilleure leçon, et je n’ai en général donné la variante en note que
-quand la leçon adoptée pouvoit laisser quelque doute dans l’esprit
-du lecteur. Plus d’une fois j’ai trouvé dans ces deux manuscrits des
-fautes qui me sembloient faciles à reconnoître et même à corriger,
-mais ces deux volumes ayant été écrits hors de la présence et même<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxi" id="page_vol-1-lxi"></a>{v. 1, p.lxi}</span>
-sans doute après la mort de l’auteur, j’ai cru qu’un ou plusieurs
-mots propres à changer le sens apparent de la phrase pouvoient avoir
-été omis, et je n’ai fait que proposer en note la correction, sans
-l’insérer dans le texte. Au reste, la copie faite sur le Ms. C, a été
-collationnée sur les Mss. A et B, et les premières épreuves de chaque
-feuille l’ont été de nouveau sur le Ms. B comparé au Ms. A toutes les
-fois qu’il étoit en désaccord avec l’épreuve. J’ose donc espérer que le
-texte du <i>Ménagier</i> contiendra peu de fautes graves et sera au moins
-sans omissions.</p>
-
-<p>Le lecteur remarquera sans doute que l’orthographe employée dans le
-<i>Ménagier</i> varie; par exemple, qu’on y voit successivement <i>pongnée</i> et
-<i>poignée</i>, <i>aultre</i> et <i>autre</i>, <i>tartre</i> et <i>tarte</i>, etc. Je le prie
-de ne pas attribuer ces différences à ma négligence. L’orthographe
-étant variable dans chacun des manuscrits que j’avois sous les yeux,
-je n’ai pas cru devoir la rendre uniforme et donner une régularité de
-mon fait à un livre qui pourra être consulté par quelques personnes
-sous le rapport linguistique. Quant à la ponctuation qui ne figure que
-d’une manière très-incomplète et souvent fautive (surtout quant aux
-barres représentant les virgules) dans les anciens manuscrits, j’en ai
-sobrement usé, dans la pensée qu’on lui ôte souvent de sa valeur et
-même toute signification en la multipliant à l’excès.</p>
-
-<p>Cet ouvrage ne devant pas être lu seulement par des personnes
-versées dans notre histoire et notre ancienne littérature, j’ai cru
-nécessaire de donner, à la<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxii" id="page_vol-1-lxii"></a>{v. 1, p.lxii}</span> suite de cette introduction, une indication
-détaillée des ouvrages ou documens cités en abrégé dans le cours
-de mes notes, avec une notice succincte de leur contenu quand ils
-étoient généralement peu ou mal connus. La table des matières qui
-termine l’ouvrage sera, je l’espère, d’une utilité plus générale. Je
-dois prévenir le lecteur que je ne l’ai pas faite aussi détaillée
-pour la partie morale du <i>Ménagier</i> que pour la partie matérielle. Je
-l’ai surtout abrégée pour l’<i>Histoire de Mellibée</i> et <i>le Chemin de
-pauvreté</i>, qui ne sont pas de l’auteur du livre et y figurent comme
-épisodes. <i>Le Viandier</i> m’a fourni un très-grand nombre de mots; je
-n’ai cependant porté à la table les noms des animaux, des végétaux et
-des mets que lorsque l’endroit indiqué donnoit sur eux quelques détails
-susceptibles d’être consultés, ou offroit quelque intérêt. J’ai donné
-aussi dans cette table au moins deux fois chacun des plats cités dans
-les <i>menus</i> parce qu’il pouvoit être utile de faire connoître à quel
-moment du repas se servoit tel ou tel mets, et aussi parce que certains
-plats ne sont nommés que là.</p>
-
-<p>Il me reste maintenant à remercier les personnes qui m’ont aidé de
-leurs conseils, et surtout par la communication ou l’indication
-des pièces utiles à consulter. Je dois d’abord citer M. Paris, de
-l’Académie des inscriptions, dont l’amitié m’est si précieuse, et M.
-Dessalles, des Archives du royaume. Je nommerai aussi M. Léon Tripier
-qui a collationné avec moi la plus grande partie du premier volume;
-M. d’Arcy que j’ai eu occasion de mentionner dans une de mes notes,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxiii" id="page_vol-1-lxiii"></a>{v. 1, p.lxiii}</span>
-et qui m’a en outre rendu le service de collationner <i>le Chemin de
-pauvreté</i> sur le manuscrit du Roi nº 7201; je citerai encore M. Duclos,
-de la section judiciaire des Archives du royaume. Enfin, l’<i>Histoire de
-Mellibée</i> a été collationnée par M. Borel d’Hauterive sur le manuscrit
-du Roi nº 7072<sup>3.3</sup>.</p>
-
-<p class="r">
-<span class="smcap">Jérôme</span> PICHON.<br />
-</p>
-
-<p>Paris, 27 mai 1847.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxv" id="page_vol-1-lxv"></a>{v. 1, p.lxv}</span><a name="page_vol-1-lxiv" id="page_vol-1-lxiv"></a></p>
-
-<div class="headd">
-
-<p class="cb">INDICATION DÉTAILLÉE<br />
-DE QUELQUES OUVRAGES OU DOCUMENS,<br />
-<small>MANUSCRITS OU IMPRIMÉS,</small></p>
-
-<p class="c">Cités en abrégé dans l’Introduction et les notes du <i>Ménagier de
-Paris</i><a name="FNanchor_103_103" id="FNanchor_103_103"></a><a href="#Footnote_103_103" class="fnanchor">[103]</a>.</p>
-</div>
-
-<p>Albéric de Trois-Fontaines.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Chronique attribuée à Albéric, moine de l’abbaye de
-Trois-Fontaines au <small>XIII</small><sup>e</sup> siècle, et imprimée
-dans les <i>Accessiones historicæ</i> de Leibnitz. Leipsick, 1698, et
-Hanovre, 1700, in-4º. Voir sur cette chronique l’excellent article
-de la Bibliothèque historique de la France, T. II, nº 16,803.</p></div>
-
-<p>Anselme (le Père).</p>
-
-<div class="blockquot"><p>C’est le premier auteur de l’Histoire généalogique des grands
-officiers de la couronne, revue et augmentée par les Pères Ange
-et Simplicien. Je cite la dernière et la plus complète édition de
-Paris, 1726, en 9 vol. in-folio.</p></div>
-
-<p>Arch. du Roy., reg. K. 220, 1.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Registre déposé à la section historique des Archives du Royaume,
-contenant les comptes du duc de Berry pour les années 1370, 1373,
-etc.</p></div>
-
-<p>Arcussia (d’).</p>
-
-<div class="blockquot"><p>La fauconnerie de Charles d’Arcussia de Capre, seigneur
-d’Esparron, divisée en dix parties. Paris, Jean Houzé, 1627,
-in-4º, fig.</p>
-
-<p>C’est la meilleure édition de cet excellent ouvrage.</p>
-
-<p>La <i>Fauconnerie du roi</i> forme la VI<sup>e</sup> partie.</p>
-
-<p>La <i>Conférence des fauconniers</i> en est la VII<sup>e</sup>.</p>
-
-<p>Le <i>Discours de chasse</i> (ou <i>Convy pour l’assemblée des
-fauconniers</i>), précédé d’un titre spécial daté de 1627, forme la
-VIII<sup>e</sup> partie.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxvi" id="page_vol-1-lxvi"></a>{v. 1, p.lxvi}</span></p>
-
-<p>La X<sup>e</sup> et dernière partie se compose des <i>Lettres de Philoïerax
-à Philofalco</i>, avec titre daté de 1626.</p>
-
-<p>Ce livre, formé de parties imprimées en différentes années et
-souvent mal reliées, est difficile à collationner.</p></div>
-
-<p>Ayala (Pedro Lopez de).</p>
-
-<div class="blockquot"><p>De la Caça de las Aves et de sus plumajes et dolencias et
-medecinamientos (por Pedro Lopez de Ayala). Ms.</p>
-
-<p>Ce Traité de fauconnerie, dédié à Gonzalo de Meña, évêque de
-Burgos, fut écrit vers 1386 par Pedro Lopez de Ayala, grand
-chancelier de Castille, alors prisonnier en Portugal par suite de
-la bataille d’Aljubarota. L’auteur avoit été en France; il parle
-de Charles V, du duc de Bourgogne, du comte de Tancarville, de
-Bureau de la Rivière; il cite aussi beaucoup de grands personnages
-espagnols.</p>
-
-<p>Je parlerai ailleurs avec plus de détail de ce Traité instructif
-et curieux. Il n’a jamais été imprimé: on en trouve d’assez
-copieuses citations (mais non textuelles) dans la <i>Caça
-d’Altaneria</i> de Diogo Fernandez Ferreira; Lisboa, 1616, in-4º,
-volume écrit en portugais, qui n’est au reste guère plus facile à
-trouver que les manuscrits d’Ayala.</p>
-
-<p>Il y a à la Bibliothèque royale un manuscrit de l’ouvrage d’Ayala
-(nº 8166, in-4º), bien écrit, mais incomplet de la fin. Je possède
-celui qui étoit, en 1803, à la vente de Laserna-Santander, et, en
-1843, à celle de M. Huzard. Il est complet et un peu plus ancien
-que celui du Roi.</p></div>
-
-<p>Bibliothèque des Théreuticographes, 1763.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Cette <i>Bibliothèque</i>, qui n’est pas un ouvrage sans mérite, est
-des frères Lallemant, libraires de Rouen, et forme le premier
-volume de l’École de la chasse aux chiens courans de Le Verrier de
-la Conterie. Rouen, 1763, 2 vol. in-8º.</p></div>
-
-<p>Bouchet(G.).</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Recueil de tous les oiseaux de proye qui servent à la vollerie
-et fauconnerie, par G. B.; à Poitiers, par Eng. de Marnef et les
-Bouchetz frères.</p>
-
-<p>Ce Recueil est le dernier des trois ajoutés par de Marnef et les
-Bouchet à leur édition de 1567 de la Fauconnerie de Franchières.
-Guillaume Bouchet s’en avoue l’auteur dans une dédicace qui
-se<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxvii" id="page_vol-1-lxvii"></a>{v. 1, p.lxvii}</span> lit en tête de quelques exemplaires de cette édition. Le
-plus grand nombre des exemplaires contient une dédicace toute
-différente, et signée d’Enguilbert de Marnef.</p></div>
-
-<p>Breuil (Du).</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Théâtre des antiquités de Paris. 1612, in-4º, fig.</p>
-
-<p>Le nom de l’auteur doit être écrit <i>du Breul</i>.</p></div>
-
-<p>Bruyère Champier.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>De Re cibaria libri XXII, Jo. Bruyerino Campegio Lugdun authore.
-Lugduni, 1560, in-8º.</p></div>
-
-<p>Calendrier des bergers.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>L’édition de ce livre curieux et bizarre que je cite, et dont je
-possède un exemplaire provenant de M. Huzard, est celle imprimée
-par Guiot Marchant le 18 avril 1493, qui est très-certainement la
-même que celle décrite dans le Manuel du libraire comme pouvant
-être du 18 avril 1488, et encore certainement la même que celle
-dont un magnifique exemplaire sur vélin existe à la Bibliothèque
-du Roi. J’en ai acquis la preuve en comparant mon exemplaire à
-celui de la Bibliothèque royale. La marque de Guiot Marchant a été
-recouverte par une miniature, et la souscription supprimée.</p></div>
-
-<p>Champollion, II, 254.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Louis et Charles, ducs d’Orléans. Paris, 1844. 2 vol. in-8º.</p></div>
-
-<p>Chevaleureux, comte d’Artois.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Le livre du très-chevalereux comte d’Artois et de sa femme. Paris,
-Techener, 1837, in-4º, figures.</p></div>
-
-<p>Chevalier de La Tour.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Voy. l’introduction, et sur les éditions imprimées de ce livre, le
-Manuel du libraire, T. I, p. 649.</p>
-
-<p>J’ai cité cet ouvrage d’après une copie que j’ai fait faire du
-manuscrit du Roi nº 7403.</p></div>
-
-<p>Christine de Pisan.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Le Livre des fais et bonnes meurs du sage roy Charles V.</p>
-
-<p>Imprimé dans les tomes I et II de la collection des Mémoires pour
-servir à l’histoire de France, par Michaud et Poujoulat.</p></div>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxviii" id="page_vol-1-lxviii"></a>{v. 1, p.lxviii}</span></p>
-
-<p>Chroniques de saint Denis, <span class="smcap">CXII</span>.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Les grandes chroniques de France, selon qu’elles sont conservées
-en l’église de Saint-Denis, publiées par M. Paulin Paris. Paris,
-Techener, 1838. 6 vol. in-12 ou 1 vol. in-fol. (<span class="smcap">CXII</span> est
-le chiffre du chapitre.)</p></div>
-
-<p>Collect. Leber, <small>XIX</small>, 35.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Collection des meilleures dissertations, notices, etc., relatifs
-à l’histoire de France, par MM. Leber, J.-B. Salgues et J. Cohen.
-Paris, 1826-42. 20 vol. in-8º.</p></div>
-
-<p>Corrozet, éd. de 1543.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>La Fleur des antiquités, singularitez et excellences de Paris.
-Paris, Pierre Sergent, 1543. in-16.</p>
-
-<p>J’ai publié l’année dernière, dans le Bulletin du bibliophile
-de Techener, une notice sur cette édition de Corrozet; elle est
-précieuse à cause d’une liste des rues de Paris par tenans et
-aboutissans qu’elle contient; on y a ajouté, en outre, presque
-tout l’opuscule intitulé <i>les Rues et Églises de Paris</i>.</p></div>
-
-<p>Crescens.</p>
-
-<div class="blockquot"><p><i>Le Livre des prouffits champestres</i>, par Pierre de Crescens, de
-Boulogne-la-Grasse, traduit du latin par ordre de Charles V. Je
-me suis servi de l’édition de Galliot du Pré, de 1533, et aussi
-d’un manuscrit sur papier que je possède de cet ouvrage, et qui
-appartenoit en 1486 à Jean Budé, audiencier de France.</p></div>
-
-<p>Dit des Pays.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Voir le Manuel du libraire. J’ai consulté l’édition de cet ouvrage
-imprimée à la suite du <i>Dialogue du mondain et du célestin</i>.
-In-16, gothique.</p></div>
-
-<p>Duchesne Montmorency.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Histoire généalogique de la maison de Montmorency et de Laval, par
-André Duchesne. Paris, 1624, in-fol.</p>
-
-<p>Pr. signifie <i>Preuves</i>.</p></div>
-
-<p>Entretiens de Colbert avec Bouin.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Entretiens de M. Colbert avec Bouin, fameux partisan, sur
-plusieurs affaires curieuses. Cologne, 1701, 3 parties en un vol.
-in-12.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxix" id="page_vol-1-lxix"></a>{v. 1, p.lxix}</span></p>
-
-<p>Ouvrage de Sandras de Courtilz. Ce Bouin, dont le nom s’écrivoit
-<i>Bauyn</i>, étoit de la famille des Bauyn d’Angervilliers et de
-Pereuse.</p></div>
-
-<p>Félibien.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Histoire de la ville de Paris, composée par D. Michel Félibien,
-reveue, augmentée, mise au jour par D. G. A. Lobineau. Paris,
-Desprez, 1725. 5 vol. in-fol.</p></div>
-
-<p>Frédéric II (l’empereur).</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Reliqua librorum Friderici II imperatoris de arte venandi cum
-avibus; annotationes addidit suas Jo. Gott. Schneider. Lipsiæ,
-1788-9. 2 vol. in-4º, fig.</p>
-
-<p>Outre le manuscrit dont je vais parler, je me suis servi de cette
-édition, qui ne contient rien de plus, quant au texte, que celle
-de 1596, mais qui est préférable à cause des excellentes notes
-de Schneider. Il est fâcheux que ce savant n’ait pas pu donner
-le texte entier de l’ouvrage. On en connoît maintenant deux
-manuscrits complets, l’un donné à la Bibliothèque Mazarine par M.
-Leblond; l’autre (du <small>XV</small><sup>e</sup> siècle), que j’ai fait
-venir d’Italie en 1837, m’appartient depuis cette époque.</p>
-
-<p>Ce Traité est le plus étendu et le plus curieux que nous ayions
-sur les oiseaux de proie. Il seroit à désirer qu’on en donnât une
-édition complète.</p></div>
-
-<p>G. C.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Ces lettres désignent l’ouvrage intitulé: <i>le Grand Cuisinier de
-toutes cuisines</i>.</p></div>
-
-<p>Gaces de la Bugne.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>C’est le poëme connu sous le titre de <i>Livre des déduits</i>,
-commencé en 1359 à Redefort en Angleterre, et achevé à Paris
-entre 1373 et 1377 (après la promotion de Pierre d’Orgemont à
-la dignité de chancelier, et avant la mort du roi Édouard III
-d’Angleterre), par Gaces de la Bugne, premier chapelain des rois
-Philippe de Valois, Jean II, Charles V et Charles VI, trésorier
-de Saint-Francbourg de Senlis, et curé de Molissent, au diocèse
-de Chartres (où il ne résidoit pas). Il paroît être mort au
-commencement de 1384, d’après des renseignemens contenus dans les
-registres du parlement, et que je développerai ailleurs.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxx" id="page_vol-1-lxx"></a>{v. 1, p.lxx}</span></p>
-
-<p>Je le nomme <i>de la Bugne</i>, et non <i>de la Bigne</i> ou <i>de la Vigne</i>,
-comme on le fait habituellement, parce que son nom est constamment
-écrit ainsi dans les registres du parlement où il figure six ou
-sept fois.</p>
-
-<p>Gaces de la Bugne est cité dans le Père Anselme (T. VIII, p. 227)
-sous le nom de <i>Gaces de Chantepie</i>; mais il n’a jamais été nommé
-ainsi. Il dit lui-même dans son poëme qu’il sortoit des familles
-de la Bugne, d’Aigneaux, de Clinchamp et de Buron, et ne fait
-aucune mention de celle de Chantepie.</p>
-
-<p>Le Père Anselme ou ses continuateurs auront cru sur parole la
-personne qui disoit <i>conserver</i> son livre.</p>
-
-<p>J’ai travaillé sur l’édition de son ouvrage imprimée à Paris à la
-suite de Gaston Phébus, par Antoine Vérard, in-fol. gothique, sans
-date. Les lettres indiquent les cahiers ou feuilles d’impression,
-et les chiffres le rang que tient dans le cahier le feuillet cité.</p></div>
-
-<p>Godefroy (Denis).</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Histoire de Charles VI, roi de France, par Jean Juvénal des
-Ursins, archevesque de Rheims, augmentée de plusieurs mémoires,
-etc., par Denis Godefroy. Paris, de l’Imprimerie royale, 1653,
-in-fol.</p></div>
-
-<p>Grand cuisinier de toutes cuisines.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Voy. l’Introduction, p. <small>XXXIII</small>.</p></div>
-
-<p>Hist. des grands officiers de la Couronne.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Voy. Anselme (le P.).</p></div>
-
-<p>Inventaire de R. Picque, archevêque de Rheims en 1389. Reims, 1842,
-in-12.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Ce curieux document fait partie des Mélanges publiés par la
-Société des Bibliophiles de Reims. Malheureusement il n’a pas été
-édité très-correctement.</p></div>
-
-<p>J. Reg. 147, 36 (ou autres chiffres).</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Registres du Trésor des Chartes. Le premier chiffre est celui du
-registre; le second celui de la pièce.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxi" id="page_vol-1-lxxi"></a>{v. 1, p.lxxi}</span></p>
-
-<p>La lettre J. avec un seul numéro (note sur le sire d’Andresel)
-indique un carton du Trésor des Chartes.</p>
-
-<p>Section historique des Archives du Royaume.</p></div>
-
-<p>Jugés, <small>XXXII</small>, 94.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Arrêts rendus au civil par le parlement de Paris. Le chiffre
-romain indique le registre; le chiffre arabe est le numéro de
-l’arrêt dans l’année indiquée.</p>
-
-<p>Section judiciaire des Archives du royaume.</p></div>
-
-<p>Juv. des Ursins, in-fol.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Voyez Godefroy (Denis).</p></div>
-
-<p>K. 52, 3.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Registre ou plutôt cahier contenant des comptes de la maison du
-duc d’Anjou.</p>
-
-<p>Section historique des Archives du royaume.</p></div>
-
-<p>K. reg. 55.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Comptes de la reine Marie d’Anjou, femme de Charles VII.</p>
-
-<p>Section historique des Archives du royaume.</p></div>
-
-<p>Lebeuf, X, 260.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>C’est l’Histoire du diocèse de Paris par ce savant abbé. Paris,
-1754-8. 15 vol. in-12. Tome X, page 260.</p></div>
-
-<p>Legrand d’Aussy.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Histoire de la vie privée des François; nouvelle édit., avec des
-notes par J.-B.-B. de Roquefort. Paris, 1815. 3 vol. in-8º.</p></div>
-
-<p>Maison réglée d’Audiger, 1692.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>La Maison réglée et l’Art de diriger la maison d’un grand seigneur
-et autres. Paris, Legras, 1692. In-12.</p>
-
-<p>Le sieur Audiger, auteur de cet ouvrage rare qui est resté
-inconnu à Legrand d’Aussy, avoit servi la comtesse de Soissons,
-le président de Maisons, Colbert, le duc de Saint-Aignan, etc.
-Son livre contient beaucoup de particularités curieuses, et on
-y trouve, entre autres choses, le détail des attributions des
-différens domestiques, et le relevé de la dépense annuelle d’une
-grande, puis<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxii" id="page_vol-1-lxxii"></a>{v. 1, p.lxxii}</span> d’une médiocre maison. Louis XIV est même en scène
-dans ce livre, et on ne voit pas sans étonnement la facilité avec
-laquelle on abordoit ce prince. Un des endroits les plus curieux
-de <i>la Maison réglée</i> est celui où l’auteur raconte avec grands
-détails qu’il présenta au roi, le 18 janvier 1660, une caisse de
-petits pois.</p></div>
-
-<p>Matinées.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Plaidoieries civiles prononcées aux audiences du matin du
-parlement de Paris. Le plus ancien registre est de l’année 1395.</p>
-
-<p>Section judiciaire des Archives du royaume.</p></div>
-
-<p>Modus.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Le Livre du roy Modus et de la royne Racio. Nouvelle édition, avec
-une préface par Elzéar Blaze. Paris, 1839. Grand in-8, fig.</p>
-
-<p>J’ai cité cette édition, parce qu’elle est la meilleure de ce
-livre précieux. Elle laisse néanmoins beaucoup à désirer, attendu
-qu’elle est imprimée dans un caractère soi-disant gothique tout
-à fait de fantaisie et à peu près illisible, qu’elle contient
-beaucoup de fautes, et est absolument sans notes. Mais elle vaut
-encore mieux que les anciennes éditions si rares et si chères, et
-elle est d’ailleurs la seule qu’on puisse se procurer à un prix
-modéré.</p>
-
-<p>Il est fâcheux que l’éditeur n’ait pas donné en même temps <i>le
-Songe de Pestilence</i>, espèce de suite mystique du Modus, composée
-vers 1372, et imprimée très-incorrectement en 1506 sous le titre
-de <i>Modus et Ratio de divine contemplation</i>. J’ai cité le <i>Songe
-de Pestilence</i> d’après une copie que j’en ai faite sur le beau
-manuscrit du Roi 632<sup>13</sup>, lequel devra servir de base à toute
-nouvelle édition du Roi Modus.</p></div>
-
-<p>Morais.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Le véritable Fauconnier, par messire C. de Morais, chevalier,
-seigneur de Fortille, cy-devant chef du héron de la grande
-fauconnerie. Paris, Quinet, 1683. In-12.</p></div>
-
-<p>Plaidoieries civiles;&mdash;Plaidoieries criminelles du parlement.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Registres contenans les plaidoieries prononcées au civil (ou au
-criminel) devant le parlement.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxiii" id="page_vol-1-lxxiii"></a>{v. 1, p.lxxiii}</span></p>
-
-<p>Les plus anciens remontent à 1364 pour les plaidoiries civiles, et
-à 1387 pour les plaidoiries criminelles.</p>
-
-<p>Section judiciaire des Archives du royaume.</p></div>
-
-<p>Plan de tapisserie.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Plan en perspective de la ville de Paris (au commencement du
-<small>XVI</small><sup>e</sup> siècle), gravé par Dheulland en 1756,
-d’après un autre gravé plus anciennement, qui appartenoit alors
-à l’abbaye de Saint-Victor. Ce dernier plan étoit le même qu’un
-autre représenté sur une tapisserie provenant de la maison de
-Guise, et acquise par la ville de Paris, sous la prévôté de M.
-Turgot.</p></div>
-
-<p>Plan de Turgot.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Plan de Paris commencé l’année 1734, dessiné et gravé sous les
-ordres de messire Michel Étienne Turgot, prévôt des marchands,
-achevé en 1739, levé par L. Bretez, gravé par Cl. Lucas, et écrit
-par Aubin. 1 vol. in-folio-atlantico de 21 feuilles.</p></div>
-
-<p>Quadragésimal spirituel.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Voir, sur les éditions de ce livre bizarre, le Manuel du libraire,
-T. III, p. 881. Je me suis servi de l’édition de Jehan Janot,
-in-4º gothique.</p></div>
-
-<p>R. 122 (ou 123).</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Je cite ainsi, dans ma note sur la punition de Paris en 1383,
-les registres du Trésor des Chartes portant les n<sup>os</sup> 122 et
-123, etc., dont j’ai parlé au commencement de cette même note. Le
-second chiffre est celui de la pièce.</p></div>
-
-<p>Recueil manuscrit des épitaphes de Paris.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Il y a plusieurs copies manuscrites de ce Recueil (fait
-au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle) dans les bibliothèques
-particulières. Le plus beau et le plus complet est à la
-Bibliothèque du Roi (Cabinet généalogique). Je me suis servi d’un
-exemplaire en 3 vol. in-4º, qui fait partie de mon cabinet. J’ai
-vu plusieurs exemplaires de ce Recueil où manquoient les épitaphes
-de l’église Saint-Séverin.</p></div>
-
-<p>Reg. du parlement, plaid. civ.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Voy. <i>Plaidoieries civiles</i>.</p></div>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxiv" id="page_vol-1-lxxiv"></a>{v. 1, p.lxxiv}</span></p>
-
-<p>Rues et églises de Paris.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Les rues et églises de Paris, avec la dépense qui se fait chacun
-jour, etc., In-4º gothique. Voy. <i>Corrozet</i>.</p></div>
-
-<p>Sainte-Aulaire.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>La fauconnerie de François de Saincte-Aulaire, sieur de La Renodie
-en Périgort, gentilhomme Lymosin. Paris, 1619. In-4º.</p>
-
-<p>L’auteur de ce livre très-rare dit que son ouvrage a été revu en
-manuscrit par le connétable de Luynes.</p></div>
-
-<p>Sauval.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Antiquités de Paris. Paris, 1724. 3 vol. in-fol.</p></div>
-
-<p>Secousse.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Mémoires pour servir à l’histoire de Charles II, roi de Navarre.
-Paris, Durand, 1758.&mdash;Recueil de pièces servant de preuves aux
-mémoires, etc. Paris, 1755. 2 vol. in-4º.</p></div>
-
-<p>Songe de Pestilence.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Voy. <i>Modus</i>.</p></div>
-
-<p>Table des Mémoriaux de la chambre des comptes.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Ces tables sont déposées aux Archives du royaume, et renvoient aux
-mémoriaux qui n’existent plus depuis les incendies du Palais. Il
-reste cependant quelques pièces recopiées sur des expéditions ou
-sur des copies <i>vidimées</i> prêtées par des particuliers depuis les
-incendies, et aussi différens exemplaires d’extraits des mémoriaux
-faits à diverses époques pour des magistrats.</p></div>
-
-<p>Taillevent.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Voir, sur les manuscrits connus de cet ouvrage, l’introduction, p.
-<small>XXXV</small>.</p>
-
-<p>Quand je cite le Taillevent imprimé, je parle de la première des
-éditions du <small>XV</small><sup>e</sup> siècle décrite par M. Brunet,
-dont je possède le seul exemplaire connu (celui de MM. Baron et
-Huzard).</p></div>
-
-<p>Trésor de dom Villevieille.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Extraits de chartes, cartulaires et autres documens historiques
-recueillis par dom Villevieille, et classés par noms de famille.
-Ce<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxv" id="page_vol-1-lxxv"></a>{v. 1, p.lxxv}</span> précieux recueil est aujourd’hui au Cabinet généalogique
-(partie de la Bibliothèque royale confiée à la surveillance si
-compétente et si éclairée de M. Léon Lacabane).</p></div>
-
-<p>Trésor de santé.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Le Thrésor de Santé, ou Message de la vie humaine, divisé en
-dix livres, lesquels traictent de toutes sortes de viandes et
-breuvages; faict par un des plus célèbres et fameux médecins de ce
-siècle. Lyon, J. A. Huguetan, 1616, in-8º.</p>
-
-<p>Il doit exister des exemplaires de cette édition avec la date de
-1607, car le dernier feuillet porte: <i>A Lyon, de l’imprimerie
-d’Estienne Servain</i>, 1607.</p>
-
-<p>Il résulte des termes de la dédicace de cet ouvrage, adressée
-par le libraire à M. de Villars, premier président au parlement
-de Dombes, que l’auteur avoit dans ces matières une longue
-expérience <i>qui l’avoit approché</i> (comme médecin?) <i>de la première
-et plus chère personne de ce royaume</i> (du roi?), et n’avoit
-pas voulu être nommé dans l’édition qu’il supposoit devoir
-être faite de son livre. Il semble qu’il étoit mort lorsque le
-libraire écrivoit sa dédicace, et je crois cet ouvrage composé au
-<small>XVI</small><sup>e</sup> siècle. Il est curieux et rare, et n’a pas
-été connu de Legrand d’Aussy.</p></div>
-
-<p>Trésor des chartes, 90, 131.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Ces mots signifient: Registre 90 du Trésor des Chartes, pièce 131.</p></div>
-
-<p>Trésor de Vénerie.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Poëme écrit en 1394 par messire Hardouin de Fontaines, chevalier,
-seigneur de Fontaines-Guérin en Anjou. Je compte donner
-incessamment une édition avec notes très-détaillées de cet ouvrage
-intéressant pour l’histoire de la fin du <small>XIV</small><sup>e</sup>
-siècle, et aussi pour la province d’Anjou.</p>
-
-<p>Plusieurs feuilles sont déjà imprimées.</p></div>
-
-<p>Variétés historiques.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Variétés historiques, physiques et littéraires, ou recherches d’un
-savant, etc. Paris, Nyon, 1752. 6 parties en 3 tomes in-12.</p>
-
-<p>Recueil de dissertations déjà imprimées dans des journaux du
-temps, et qui ne sont pas toutes du même auteur, comme le titre<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxvi" id="page_vol-1-lxxvi"></a>{v. 1, p.lxxvi}</span>
-précédent pourroit le faire croire, mais bien de Lebeuf, Boucher
-d’Argis et autres.</p></div>
-
-<p>Venette (le carme Jean de), continuateur de Nangis.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>M. Géraud, dans l’édition qu’il a donnée, pour la Société de
-l’Histoire de France, des <i>Chroniques de G. de Nangis et ses
-continuateurs jusqu’en 1368</i>, Paris, 1843-5, 2 vol. in-8º, me
-semble avoir bien prouvé que le carme Jean de Venette étoit
-l’auteur de la dernière continuation de Nangis.</p></div>
-
-<p>Viandier.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Je cite sous ce nom les articles 4 et 5 de la troisième
-distinction, excepté quand je parle du <i>Viandier de Taillevent</i>;
-dans ce cas, c’est l’ouvrage de Guillaume Tirel. Voy. <i>Taillevent</i>
-dans cette liste, et l’Introduction, p. <small>XXXII</small>.</p></div>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxvii" id="page_vol-1-lxxvii"></a>{v. 1, p.lxxvii}</span></p>
-
-<div class="headd">
-<p class="cb"><a name="CORRECTIONS_ET_ADDITIONS" id="CORRECTIONS_ET_ADDITIONS"></a>CORRECTIONS ET ADDITIONS.</p>
-</div>
-
-<p>Tome I, page 3, ligne 1, au lieu de <i>au tel</i>, lisez <i>autel</i> (pareil).</p>
-
-<p>Page 4, note, au lieu de <i>dix-huit</i>, lisez <i>dix-sept</i>.</p>
-
-<p>Page 71, note sur les jeux.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Suivant l’auteur d’un article fort intéressant et bien fait,
-inséré dans le <i>Magasin pittoresque</i> de février 1847, p. 67, sur
-un volume très-rare (intitulé: <i>les trente-six Tableaux contenant
-tous les jeux qui se peurent jamais inventer...</i> Paris, Nicolas
-Prévost, 1589, in-4º oblong, aujourd’hui en ma possession), le jeu
-de <i>pince-mérille</i> étoit analogue à celui de <i>Je te pince sans
-rire</i>. On pinçoit le bras en disant: <i>Mérille</i> ou <i>Morille</i>. La
-partie de l’estampe du volume original qui me paroît représenter
-le jeu de <i>pince-mérille</i>, est ainsi composée: trois jeunes filles
-sont assises: un garçon les regarde, et penché vers elles, a la
-main gauche sur leurs genoux ou au moins tout près. Sa main droite
-est étendue comme pour repousser ou éloigner quelqu’un. Il tourne
-le dos à un cinquième joueur placé à distance, qui, le poing
-gauche sur la hanche et la main droite en avant, montre un ou
-plusieurs doigts, comme pour indiquer un nombre aux jeunes filles.</p></div>
-
-<p>Tome I, page 76, <i>Item</i> l’en dit aussi que les roynes.... jamais ne
-baiseront hommes.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Cependant la noblesse, qui s’est en général toujours rapprochée
-le plus possible des mœurs de la cour, avoit des principes tout
-différens. En 1395, Jeanne de Champflory, femme de Pierre de
-Couveignon, écuyer, plaidant contre son mari, dont elle étoit
-séparée de fait, disoit qu’il étoit devenu jaloux d’elle, <i>pour
-ce que, par manière des nobles, elle baisoit ses parens</i> (<i>Plaid.
-civiles</i>, X, 500 et 604, vº). Henri Estienne cite encore, dans son
-<i>Apologie pour Hérodote</i> (1735, I, 81), un passage des sermons
-de Menot, relatif au même usage: «Si madamoiselle, dit-il, est
-en l’église, et arrive quelque gentillastre, il faut (<i>pour
-entretenir les coustumes de noblesse</i>), encore que ce soit à
-l’heure qu’on est en la plus grande<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxviii" id="page_vol-1-lxxviii"></a>{v. 1, p.lxxviii}</span> dévotion, qu’elle se lève
-parmi tout le peuple, et qu’elle le baise bec à bec. <i>Ad omnes
-diabolos talis modus faciendi!</i>» Cette mode ne fut cependant pas
-toujours universelle. Sauval raconte (II, 465), qu’une dame de
-Blois, faisant hommage d’un fief, refusa de baiser son suzerain
-à la bouche, comme c’étoit la coutume entre le seigneur et le
-vassal. Il en résulta un procès que le suzerain perdit, et il fut
-décidé que l’hommage étoit valable.</p></div>
-
-<p>Tome I, page 131, ligne 1, au lieu de <i>serait</i>, lisez <i>seroit</i>.</p>
-
-<p>Page 137, note sur Gilles Labat.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Gilles Labat est dit procureur <i>général</i> au parlement dans les
-lettres de rémission qu’il obtint en 1383: j’ai remarqué, t. II,
-p. 104, qu’il ne pouvoit avoir eu cette qualité et qu’il n’étoit
-très-probablement alors que procureur au parlement, comme il
-l’étoit encore en 1385 (et en 1397). Je crois pouvoir expliquer
-maintenant comment Gilles Labat, qui n’étoit évidemment que
-<i>procureur</i> au parlement, est qualifié de procureur <i>général</i>
-dans un acte émané de la chancellerie, et qu’il est difficile
-de supposer fautif. Autrefois le mot <i>procureur</i> signifioit
-simplement <i>fondé de pouvoirs</i>, et on trouve à chaque instant
-des gens de toutes qualités comparoissant, signant, etc., comme
-<i>procureurs</i> de leurs amis. La qualité de <i>général</i> ajouté au
-mot procureur signifioit, dans certains cas, que le mandataire
-étoit chargé de toutes les affaires du mandant; mais elle
-pouvoit signifier aussi, quand elle s’appliquoit à un procureur
-au parlement ou au Châtelet, qu’il étoit par état et non par
-occasion procureur ou mandataire <i>en général</i>. Cette assertion me
-paroît justifiée par le passage suivant d’une plaidoirie de 1394,
-qui s’applique, il est vrai, aux procureurs au Châtelet, mais
-qui permet de supposer que les procureurs au parlement, placés
-dans une position supérieure, pouvoient bien aussi recevoir,
-dans quelques occasions, l’épithète de <i>général</i>. Leur nombre
-étant d’ailleurs illimité, on conçoit que cette épithète leur
-ait été encore plus utile qu’aux procureurs au Châtelet (limités
-à quarante), pour se distinguer des procureurs ou mandataires
-spéciaux:</p>
-
-<p>«Toutes les cours qui ressortissent (au Châtelet) se gouvernent
-selon le stille de chastelet, et pour ce les procureurs qui sont
-<i>procureurs générals</i> léans, qui ne font que fait de procuration
-devant le prévost, sont advocas ès cours subjetes... En 1378
-ou environ, en Chastelet n’avoit point de nombre (<i>limité</i>) de
-procureurs<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxix" id="page_vol-1-lxxix"></a>{v. 1, p.lxxix}</span>, et pour ce que plusieurs inconvéniens s’ensuivoient
-pour la multiplication, par le roy fu ordené qu’il n’y aroit en
-Chastelet que quarante <i>procureurs généraulx</i>. Ce fit messire
-Hugues Aubriot, et a duré quinze ans.»</p>
-
-<p>Au reste, les procureurs au Châtelet et au Parlement étoient plus
-habituellement dits <i>procureurs</i> que procureurs généraux (voir
-ci-après remarque sur la page 116, nº 3). Le procureur général est
-ordinairement nommé le <i>procureur général du Roi</i>, et, le plus
-souvent, le <i>procureur du Roi</i>.</p></div>
-
-<p>Page 140, note sur le bailli de Tournay, au lieu de <i>Il est assez
-difficile</i>, etc., lisez:</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Il me semble que le bailli de Tournay, dont parle ici l’auteur du
-<i>Ménagier</i>, doit être messire Tristan du Bos, personnage assez
-important au <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle, et premier bailli
-de Tournay. Il avoit d’abord été bailli de Lille, mais il fut
-rappelé lors du mariage du duc de Bourgogne, et fait bailli de
-Vermandois. En 1383, il fut envoyé par le Roi à Tournay avec le
-comte de Sancerre et autres réformateurs, et nommé alors bailli
-de cette ville. Il est dit dans une plaidoierie de novembre 1385
-que «le bailli de Tournay étoit du conseil du roi et <i>sages homs</i>,
-et avoit gouverné plusieurs bailliages,» ce qui s’applique bien
-à messire Tristan du Bos, bailli de Lille, puis de Vermandois,
-et mentionné plusieurs fois (le 6 novembre 1392, etc.) comme
-assistant aux séances du Parlement, où viennent les princes et
-le grand conseil. Je crois que c’est bien lui qui figure en
-qualité de maître des requêtes dans l’ordonnance de Vernon en date
-de février 1388-9 sur l’organisation de la maison du roi. Les
-requêtes de l’hôtel suivant partout le roi, il semble difficile
-qu’il ait pu cumuler l’emploi de maître des requêtes avec celui
-de bailli de Tournay, et il y a lieu de croire qu’il fut nommé
-maître des requêtes en même temps qu’Henry Le Mazier (voy. p. 140)
-fut nommé bailli de Tournay. Il paroît au reste avoir plus marqué
-comme magistrat que comme militaire, car les habitans de Tournay,
-pour prouver qu’ils pouvoient bien se défendre sans bailli royal,
-disoient en février 1394-5 que messire Tristan ayant voulu arrêter
-un certain Louis Despiés hors de Tournay, avoit vu massacrer
-les Tournisiens qui l’accompagnoient, et avoit été obligé de
-se réfugier dans le clocher de Wertaing. Dix mille habitans de
-Tournay avoient été, en<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxx" id="page_vol-1-lxxx"></a>{v. 1, p.lxxx}</span> armes, le tirer de là pour l’honneur
-du roi, puis arrêter Louis Despiés, et brûler la ville qui lui
-avoit donné asile. En 1395, il étoit prévôt de l’église d’Arras
-(<i>Plaid. civiles</i>, X, 483, 515). Messire Tristan du Bos ayant été
-longtemps bailli de Tournay et étant souvent venu à Paris, avoit
-nécessairement eu occasion de se rencontrer avec l’auteur du
-<i>Ménagier</i>, magistrat comme lui, ainsi que je crois l’avoir prouvé
-dans l’introduction. Il étoit encore maître des requêtes le 12
-novembre 1400 (<i>Matinées</i> III), et plaidoit, en mars 1400-1, pour
-la terre de Beaucamp, mouvante du seigneur de Heilly, qu’il avoit
-achetée en 1398.</p></div>
-
-<p>Page 149, note sur le Sire d’Andresel.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Des lettres de rémission, accordées en avril 1361 à Jean de Melun
-seigneur de la Borde le Vicomte, lettres qui se trouvent dans le
-registre <small>LXXXIX</small> du <i>Trésor des Chartes</i> (pièce nº
-755) et qui m’ont été signalées par M. Grésy, font connoître la
-nature de la rémission accordée à Jean d’Andresel, et donnent en
-même temps de nouveaux détails sur sa position et sa conduite en
-1359. Il est dit dans ces lettres que Jean d’Andresel, capitaine
-général de Brie, avoit soudoyé un certain nombre de gens d’armes,
-pour résister aux Anglois et Navarrois; mais que la supériorité
-des forces ennemies, et les grands frais qu’entraînoit la réunion
-d’un corps aussi considérable l’avoient décidé à le dissoudre,
-et à renvoyer les gens d’armes dans leurs garnisons. Il avoit
-ordonné, du consentement des habitans du pays, que les gens
-d’armes seroient payés de leurs gages au moyen d’un subside levé
-par feu dans le pays de Brie, l’impôt payé par chaque localité
-étant spécialement et directement affecté au payement d’un corps
-désigné d’avance; chaque garnison devoit se tenir prête à marcher
-au premier ordre. On conçoit qu’un pareil arrangement ait donné
-lieu à plusieurs désordres, à plusieurs violences de la part des
-gens d’armes quand l’imposition ne leur étoit pas régulièrement
-payée; c’est ce qui étoit arrivé à Jean de Melun pour les
-troupes sous ses ordres, et il me paroît évident que la lettre
-de rémission accordée à Jean d’Andresel devoit avoir (comme je
-l’avois pressenti) un semblable motif.</p>
-
-<p>On trouve dans Rymer (éd. de 1830 T. III), plusieurs pièces
-intéressantes sur le séjour de Jean d’Andresel en Angleterre. Il
-promit d’abord, avec les autres otages, le 20 février 1361-2, sur
-son<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxxi" id="page_vol-1-lxxxi"></a>{v. 1, p.lxxxi}</span> honneur et état de chevalerie, d’être loyal otage au roi
-d’Angleterre, de taire ses secrets, de demeurer dans une ville ou
-cité quelconque, et de n’en sortir qu’avec la permission du roi,
-sauf qu’il lui étoit permis d’en sortir le matin pour s’ébattre,
-et d’y rentrer au soleil couchant.</p>
-
-<p>Le 13 mai 1363, Jean d’Andresel, étant aux Jacobins de Londres,
-reçut licence et congé d’aller en France <i>pour aucunes grosses
-besognes touchant la paix</i>. Il promit à cette occasion de ne
-pas s’armer contre l’Angleterre pendant le séjour qu’il alloit
-faire en France, <i>et de remettre son corps en otage en la cité de
-Londres</i> au plus tard le jour de la Toussaint. Ce fut au reste
-malgré le roi Jean qu’il obtint cette mission. Ce prince avoit
-écrit le 26 janvier au roi d’Angleterre, de Villeneuve-lès-Avignon
-où il étoit alors, qu’il avoit vu le traité fait entre
-l’Angleterre d’une part, et le duc d’Orléans, ses enfans et son
-conseil de l’autre, et qu’il le confirmoit, sauf qu’il désiroit
-voir délivrer Pierre d’Alençon, le comte Dauphin d’Auvergne
-et le sire de Coucy, au lieu du comte de Grantpré, du sire de
-Clere et du <i>sire d’Andresel</i>. Le roi d’Angleterre ayant refusé
-cet échange, le roi lui écrivoit encore, le 13 mars<a name="FNanchor_104_104" id="FNanchor_104_104"></a><a href="#Footnote_104_104" class="fnanchor">[104]</a>, qu’il
-confirmoit le traité malgré son refus, mais qu’il n’auroit pas cru
-<i>que de si petit de chose il lui dût faillir</i>.</p>
-
-<p>Froissart a dit que plusieurs des otages du roi Jean n’exécutèrent
-pas loyalement leurs promesses. Je ne sais si ce reproche est
-fondé pour quelques-uns, mais il ne sauroit, en tout cas,
-s’appliquer au sire d’Andresel. C’est ce que prouve la pièce
-suivante en date du 16 juin 1365, qui prononce la mise en liberté
-définitive de Jean d’Andresel dans des termes bien honorables pour
-sa loyauté:</p>
-
-<p>«Le Roy, au noble homme Johan sire d’Andresel, salutz. Par
-contemplation de nostre très-cher et très-amé frère le duc
-d’Orliens, veuilliantz faire à vous faveur, desport, et grace
-espécial, de nostre certeine science nous confessons que vous avez
-bien et<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxxii" id="page_vol-1-lxxxii"></a>{v. 1, p.lxxxii}</span> loialment tenuz par devers nous hostage depuis le temps
-que vous nous estoiez baillée parmy la paix.</p>
-
-<p>«Et des ore nous vous délivrons pleinement dudit hostage, et vous
-quitons et absolvons par ces présentes lettres de toutes promesse,
-foits, seremens, obligations et convenances que fait nous avez à
-cause dudit hostage.</p>
-
-<p>«Et volons et consentons et nous pleist que vous soietz des ore en
-avant francs de vostre persone comme quites et délivres à plein
-dudit ostage.</p>
-
-<p>«Promettans par nostre foy et serement les choses dessusdites
-et chascune d’icelles tenir et garder, et noun venir encontre:
-toutes autres obligations, promesses, convenances... faites à
-nous et à nos heirs par ladite paix et quantque est compris ès
-lettres sur ceo faites demourants toutdis en leur effect, force et
-vertu; asqueles, quant as choses qui ne touchent vostre présente
-délivrance, nous ne volons que aucun préjudice se puisse faire en
-temps à venir à cause de cestes nos letres.</p>
-
-<p>«Qui furent faites et donnés à nostre chastel de Wyndesore, le
-16<sup>e</sup> jour de juyn, l’an de grâce mil trois cent soixante et
-quint, et de nostre règne le trente neofisme.» (<i>Rymer</i>, <i>éd.
-1830</i>, t. III, p. 604, 685, 694, 700 et 774.)</p></div>
-
-<p>Tome I, page 171. Supprimez la note 1.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Voir sur les tranchoirs les nombreux passages indiqués à la table.</p></div>
-
-<p>Tome I, pages 173 et 174, note sur les verrières.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Quoique le verre fût relativement d’un assez haut prix à la fin du
-<small>XIV</small><sup>e</sup> siècle, il me paroît étonnant que l’auteur
-du <i>Ménagier</i>, évidemment riche, n’ait pas eu de fenêtres vitrées.
-M. Champollion a cité dans ses <i>d’Orléans</i> (III<sup>e</sup> partie, p.
-13), divers documens desquels il résulte qu’un panneau de verre
-neuf coûtoit 4 sols le pied (quarré?) quand il étoit peint
-simplement (portant une devise), et 3 sols 6 deniers quand il
-étoit sans aucun ornement. En tenant compte de la dépréciation de
-l’argent, 3 sols six deniers ne peuvent pas représenter plus de 7
-francs de notre monnoie. Il semble donc que c’étoit une dépense
-abordable pour les fortunes moyennes. En 1395, Idete des Marès,
-femme en premières noces de maître Jean de Fontaines (voir T. II,
-p. 119), et, en secondes, de Jean Thomas,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxxiii" id="page_vol-1-lxxxiii"></a>{v. 1, p.lxxxiii}</span> et fille du célèbre
-Jean des Marès décapité en 1383, louoit 20 francs par an une
-maison dans laquelle il y avoit des fenêtres vitrées (voir mon
-<i>Mémoire sur les Maillotins</i>). Comment donc l’auteur du <i>Ménagier</i>
-se contentoit-il de parchemin?</p></div>
-
-<p>Tome I, page 174, ligne 1, Table dréciées.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Les tables étoient donc alors seulement posées sur des tréteaux.</p></div>
-
-<p>Tome I, page 221, note 1<sup>re</sup>, sans doute l’auteur du <i>Liber de amore</i>.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Je n’ai cependant pas trouvé ces passages dans le <i>Livre d’amours
-auquel est relatée la grant amour et façon par laquelle Pamphille
-peut jouyr de Galathée, et le moyen qu’en fist la maquerelle</i>.
-Paris, Vérard, 1494, in-fol.&mdash;Les passages cités dans le
-<i>Ménagier</i> doivent donc être tirés d’un des autres auteurs cités
-dans le Manuel du Libraire au mot <i>Pamphile</i>.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 32, vers 1, Et de ceulx qui vestent les rois.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>On lit dans Christine de Pisan, p. 93 de l’édition Poujoulat:</p>
-
-<p>«Il rencontra un de ces ribaulz <i>vestus d’une roiz</i> qui par chemin
-souloyent aler.»</p>
-
-<p>L’auteur de la traduction qui est au bas de la page a rendu ce mot
-par <i>blouse</i>. Je ne sais sur quoi il a fondé cette interprétation.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 38, colonne 1, vers 22,.... en el.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Dans ce lieu, là dedans.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 59, ligne 20,.... de males sanglantes fièvres.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>L’épithète de sanglant étoit fréquemment employée dans les
-invectives, sans qu’on puisse bien s’en expliquer le motif.
-C’est ainsi qu’on voit dans le récit d’une querelle de Pierre de
-Lesclat, célèbre conseiller au parlement et confident du duc de
-Berry, avec Raoul Drobille, procureur au parlement, ce dernier
-dire à Pierre: <i>Je ne doubte toy ne ton povoir! un sanglant é....
-en ta gorge!</i> Je crois que c’est de là qu’est restée l’expression
-d’<i>injure sanglante</i>.</p></div>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxxiv" id="page_vol-1-lxxxiv"></a>{v. 1, p.lxxxiv}</span></p>
-
-<p>Tome II, page 64, ligne 12, Par engins d’aisselles.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Ce doit être sans doute le piége connu sous le nom de
-<i>quatre-de-chiffre</i>.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 73, ligne 6, Ne bube ne malen.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Peut-être faut-il lire <i>mal en</i> (mal dedans, <i>malum intùs</i>).</p></div>
-
-<p>Tome II, page 89, ligne 7, D’autre part, de l’eaue.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Mettez deux points après <i>l’eaue</i>.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 90, ligne 21, La saison des truites commence en....</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Suppléez <i>mars ou mai</i>, suivant ce qui est dit p. 190.</p></div>
-
-<p>Tome II, pages 94 et 97.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Les menus VI et XII sont les mêmes, à quelques variantes près.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 96, menu X.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>C’est un dîner de poisson et non de chair, et ce menu est, à
-très-peu de chose près, le même que le XXIV<sup>e</sup>.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 99, menu XV, Brouet lardé.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Peut-être est-ce une faute pour <i>bouli lardé</i>.</p></div>
-
-<p><i>Ib.</i> Cine (cygne).</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Ce pourroit être civé.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 100, menu XVI, Drois au persil.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>On appeloit <i>droits</i>, en fait de venaison, certains morceaux
-recherchés qu’on mettoit à part pour le seigneur ou maître
-d’équipage quand on défaisoit le cerf.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 103, n. 1.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Au lieu de <i>gros poisson salé</i>, lisez: marsouin, dit encore en
-anglois <i>purpoise</i>. Voy. p. 198.</p></div>
-
-<p>Tome II, pages 104 et 105, note sur l’abbé de Lagny.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>J’ai encore vu un abbé de Lagny assistant à l’ouverture du
-parlement le 2 janvier 1387-8.</p>
-
-<p>L’abbé nommé dans le <i>Ménagier</i> ne peut être le second (Pierre
-II)<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxxv" id="page_vol-1-lxxxv"></a>{v. 1, p.lxxxv}</span> cité dans la <i>Gallia christiana</i>. Il est parlé en effet,
-dans une plaidoierie du 18 mai 1391, du prieur de Saint-Thibaut,
-<i>à présent</i> abbé de Lagny. Ces mots indiquent que ce prieur étoit
-devenu abbé en 1390 ou 91. L’abbé de Lagny vivant en 1379 n’étoit
-donc plus à la tête de cette abbaye en 1396.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 113, note sur la Pierre-au-Lait.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>La position que j’ai assignée à ce lieu est confirmée par deux
-passages des comptes de la prévôté de Paris donnés par Sauval
-(III, 279 et 348), dans lesquels cet emplacement est dit tenir à
-la ruelle Jean Lecomte (rue Trognon, comme l’a dit Jaillot,&mdash;voir
-Corrozet, 1543,&mdash;et non rue d’Avignon, comme l’a cru M. Géraud),
-et faire face à la ruelle du porche Saint-Jacques. Remarquons
-encore que cette position est encore la même que celle indiquée
-par Jaillot pour la fin du <small>XVIII</small><sup>e</sup> siècle (Voy.
-Paris sous Philippe le Bel, p. 257).</p>
-
-<p>Il est parlé à plusieurs reprises de la Pierre-au-Lait dans les
-contes d’Eutrapel. Noël du Fail, auteur de ce curieux ouvrage,
-dit que c’étoit de son temps un lieu mal hanté et habité par des
-escrocs (fº 42 de l’éd. de 1585). Il appelle aussi échevins de la
-<i>Pierre-au-Lait</i> des gens habiles à tricher au jeu.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 116, hôtel de Beauvais.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Sauval a dit, t. II, p. 109, qu’il ignoroit où étoit l’hôtel des
-évêques de Beauvais. Il paroît qu’il le découvrit depuis, car
-on lit au tome III de ses <i>Antiquités de Paris</i>, p. 260, dans
-les comptes de la prévôté de Paris que cet hôtel étoit rue du
-<i>Meurier</i> (du franc mûrier). Cette rue étant parallèle et à peu de
-distance de celle des Billettes, il y a lieu de croire que l’hôtel
-de Beauvais avoit des portes sur chacune de ces rues.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 116, note 3.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Ce Jean Duchesne est qualifié procureur général (et ailleurs
-<i>procureur</i>; voy. p. <small>LXXVIII</small>) au Châtelet, dans un
-arrêt du 5 février 1400-1, qui confirma une sentence du prévôt
-de Paris dont il avoit appelé. Il avoit demandé à rembourser,
-moyennant 42 florins à l’écu, 60 sous ou 3 livres de rente qu’il
-payoit annuellement à Louis Blanchet, seigneur de la Queue en Brie
-et premier secrétaire du roi, sur une maison avec dépendances
-qu’il avoit à Romainville.</p></div>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxxvi" id="page_vol-1-lxxxvi"></a>{v. 1, p.lxxxvi}</span></p>
-
-<p>Tome II, p. 118, note 3.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Ajoutez: Le Ms. du roi, fonds latin, 4641 B, contient la
-bénédiction et le formulaire du cérémonial usités en cette
-occasion; je les donne ici, quoiqu’ils puissent se trouver dans
-d’anciens ouvrages liturgiques.</p>
-
-<p>«<i>Bénédictio thalami ad nuptias et als.</i> (aliàs?)</p>
-
-<p>«Benedic, Domine, thalamum hunc et omnes habitantes in eo, ut
-in tua voluntate permaneant, requiescant et multiplicentur in
-longitudinem dierum. Per Christum, etc.</p>
-
-<p>«<i>Tunc thurificet thalamum in matrimonio, postea sponsum et
-sponsam sedentes vel jacentes in lecto suo. Benedicentur dicendo</i>:</p>
-
-<p>«Benedic, Domine, adolescentulos istos; sicut benedixisti Thobiam
-et Sarram filiam Raguelis, ita benedicere eos digneris, Domine,
-ut in nomine tuî vivant et senescant, et multiplicentur in
-longitudinem dierum. Per Christum, etc.</p>
-
-<p>«Benedictio Dei omnipotentis, Patris et Filii et Spiritus sancti
-descendat super vos et maneat semper vobiscum. In nomine Patris,
-etc.»</p></div>
-
-<p>Tome II, p. 119, l. 20, Maître Jean de Fontaines.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>C’est sans doute le gendre du célèbre Jean des Marès. (Voir
-ci-dessus remarque sur la page 173 du tome I.)</p></div>
-
-<p>Tome II, p. 129, l. 10.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Supprimez la virgule après <i>Nota</i>.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 134, note 1.</p>
-
-<div class="blockquot"><p><i>Élire</i> ne peut signifier ici <i>écosser</i>, puisqu’il s’agit de vieux
-pois, mais bien <i>choisir</i>, <i>éplucher</i>.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 139, ligne 9, L’en connoît les fèves des marais.... et
-les fèves des champs, etc.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Je pense que les fèves des champs sont les <i>haricots</i>
-d’aujourd’hui, désignés encore quelquefois sous le nom de <i>fèves</i>.</p></div>
-
-<p>Tome II, p. 154, note 3.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Lisez <i>feuillet</i> d <small>IV</small> vº, au lieu de <i>feuille</i>, etc.</p></div>
-
-<p>Tome II, p. 181, l. 26, le Saupiquet.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Il y avoit en 1401, à Melun, une prison dite <i>Saupiquet</i>, (sans<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxxvii" id="page_vol-1-lxxxvii"></a>{v. 1, p.lxxxvii}</span>
-doute par une allusion facétieuse à cette sauce) <i>dans laquelle on
-ne se pouvoit tourner</i> (Matinées III, 68).</p></div>
-
-<p>Tome II, page 181, note 2.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Ajoutez: Ou jaunie par la cuisson? L’acception la plus ordinaire
-du mot tanné est celle de <i>couleur de tan</i> (feuille morte).</p></div>
-
-<p>Tome II, p. 202, note 3, sur le mot <i>auques</i>, au lieu de <i>presque</i>
-lisez <i>aussi</i>.</p>
-
-<p>Tome II, page 251, n. 5, Et des poales à Villedieu.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Ce bourg de Normandie est encore nommé sur les cartes
-<i>Villèdieu-les-poëles</i>. Il y a à la Bibliothèque royale
-(Manuscrits) d’anciens statuts des poëliers de Villedieu.</p></div>
-
-<p>Tome II, p. 253, n. 5, Dans une curieuse chanson....</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Voici le dernier couplet qui paroît avoir été omis par une méprise
-de l’imprimeur dans les <i>Chroniques de Saint-Denis</i>:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">L’an mil <span class="smcap">CCC III</span><sup>xx</sup>,<br /></span>
-<span class="i0">La veille de la Chandeleur,<br /></span>
-<span class="i0">Par les clers et maistres divins<br /></span>
-<span class="i0">Fus emprisonnés à douleur.<br /></span>
-<span class="i0">Je croy souvent mues couleur<br /></span>
-<span class="i0">Quant ne pues aler çà ne là;<br /></span>
-<span class="i0"><i>Envis muert qui apris ne l’a</i>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>On trouve à la suite de cette pièce deux rondeaux relatifs à
-l’infortuné prévôt.</p>
-
-<p><i>Rondel à responce H. Aubriot.</i></p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Cent mil fois je vous mercy<br /></span>
-<span class="i0">De vostre vraie escripture.<br /></span>
-<span class="i0">Semblant me monstrez d’amer, cy:<br /></span>
-<span class="i0">Cent mil, etc.<br /></span>
-<span class="i0">Mais je ne puis trouver mercy,<br /></span>
-<span class="i0">L’université m’est trop dure:<br /></span>
-<span class="i0">Cent mil, etc.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p><i>Autre Rondel.</i></p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Je croy bien que c’est par mon vice<br /></span>
-<span class="i0">Que Dieu cy durement m’acule.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxxviii" id="page_vol-1-lxxxviii"></a>{v. 1, p.lxxxviii}</span><br /></span>
-<span class="i0">Oncques-mais d’homme ne vy ce;<br /></span>
-<span class="i0">Je crois bien, etc.<br /></span>
-<span class="i0">Car je ressemble à l’escrevisse:<br /></span>
-<span class="i0">Quand je cuide aler je recule.<br /></span>
-<span class="i0">Je crois bien, etc.<br /></span>
-</div></div>
-</div></div>
-
-<p>Tome II, page 318, note 4, ligne 9, Suivoient en volant les chiens
-pendant la quête.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Cette remarque ne s’applique qu’au vol des champs, ou chasse de la
-perdrix, car, pour d’autres chasses, celles au héron ou au milan
-par exemple, cela se passoit différemment. On en peut voir le
-détail dans d’Arcussia.</p></div>
-
-<p>Tome II, page 322, note 4.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Ajoutez: Ou peut-être comme on l’a expliqué au commencement de ce
-traité.</p></div>
-
-<p>Tome II, <span class="smcap">TABLE</span>.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>A l’article: <i>Additions faites au</i>, etc., ajoutez: <i>b</i>, 245.&mdash;Aux
-articles <span class="smcap">Aubriot</span>, <i>Sa maison</i> et <span class="smcap">Ayala</span>,
-ajoutez: <i>b</i>, 380.&mdash;Ajoutez: <i>b</i>, 381, aux articles <span class="smcap">Bos</span>
-(Tristan du), <i>Flandres</i> et <span class="smcap">Froissart</span>, et <i>b</i>, 382, à
-<i>Estampes et à Gingembre</i>.&mdash;Après <span class="smcap">Boileau</span>, etc., ajoutez:
-<span class="smcap">Bonamy</span>, cité, <i>b</i>, 380.</p></div>
-
-<p>(Voir page 380 du tome II, un <i>supplément aux corrections</i>).<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-lxxxix" id="page_vol-1-lxxxix"></a>{v. 1, p.lxxxix}</span></p>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-1-1" id="page_vol-1-1"></a>{v. 1, p.1}</span></p>
-
-<p class="figcenter">
-<img src="images/ill-vol-1-pg-1a.png" width="400" height="147" alt="" title="" />
-</p>
-
-<h1>LE MÉNAGIER<br />
-<small>DE PARIS.</small></h1>
-
-<h2><a name="PROLOGUE" id="PROLOGUE"></a>PROLOGUE.</h2>
-
-<p class="nind">
-<span class="letra">
-<img src="images/ill-vol-1-pg-1b.png" width="200" height="204" alt="C" title="C" /></span><small>HÈRE</small> seur, pour ce que vous estant en l’aage de quinze ans et
-la sepmaine que vous et moy feusmes espousés, me priastes que je
-espargnasse à vostre jeunesse et à vostre petit et ygnorant service
-jusques à ce que vous eussiez plus veu et apris; à laquelle appresure
-vous me promectiez de entendre songneusement et mectre toute vostre
-cure et diligence pour ma paix et amour garder, si comme vous disiez
-bien saigement par plus sage conseil, ce<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-2" id="page_vol-1-2"></a>{v. 1, p.2}</span> croy-je bien, que le vostre,
-en moy priant humblement en nostre lit, comme en suis recors, que pour
-l’amour de Dieu je ne vous voulsisse mie laidement corrigier devant
-la gent estrange ne devant nostre gent aussy, mais vous corrigasse
-chascune nuit ou de jour en jour en nostre chambre et vous ramentéusse
-les descontenances ou simplesses de la journée ou journées passées et
-vous chastiasse se il me plaisoit, et lors vous ne fauldriez point à
-vous amender selon ma doctrine et correction et feriez tout vostre
-povoir selon ma voulenté, si comme vous disiez. Si ay tenu à grant
-bien et vous loe et sçay bon gré de ce que vous m’en avez dit et m’en
-est depuis souventes fois souvenu. Et sachez sur ce, chère seur,
-que tout quanques je sçay que vous aiez fait puis que nous fusmes
-mariés jusques cy et tout quanques vous ferez en bonne intention m’a
-esté et est bon et me plaist et m’a bien pleu et plaira. Car vostre
-jeunesse vous excuse d’estre bien saige et vous excusera encores en
-toutes choses que vous ferez en intention de faire bien et sans mon
-desplaisir. Et sachiez que je ne pren pas desplaisir, mais plaisir,
-en ce que vous aurez à labourer rosiers, à garder violettes, faire
-chappeaulx, et aussi en vostre dancer et en vostre chanter et vueil
-bien que le continuez entre nos amis et nos pareilz et n’est que bien
-et onnesteté de ainsi passer l’aage de vostre adolescence féminine,
-toutesvoies sans désirer ne vous offrir à repairier en festes ne dances
-de trop grans seigneurs, car ce ne vous est mie convenable, ne afférant
-à vostre estat, ne au mien. Et quant au service que vous dictes que
-vous me feriez voulentiers plus grant que vous ne faictes se vous le
-sceussiez faire et que je le vous apreigne, sachez, chère seur, qu’il
-me<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-3" id="page_vol-1-3"></a>{v. 1, p.3}</span> souffist bien que vous me faciez au tel service comme vos bonnes
-voisines font à leurs mariz qui sont pareilz à nous et de nostre estat
-et comme vos parentes font à leurs mariz de pareil estat que nous
-sommes. Si vous en conseillez privéement à elles et après leur conseil
-si en faictes ou plus ou moins selon vostre vouloir. Car je ne suis
-point si oultrecuidé à ce que je sens de vous et de vostre bien que
-ce que vous en ferez ne me souffise assez et de tous autres services
-aussi, mais que il n’y ait barat, mesprisement ou desdaing, mais de ce
-vous gaittiez. Car jasoit-ce, belle seur, que je congnoisse bien que
-vous soiez de greigneur lignaige que je ne suis, toutesvoies ce ne vous
-garantiroit mie, car, par Dieu, les femmes de vostre lignaige sont si
-bonnes que sans moy et par elles mesmes seriez-vous asprement corrigée
-se elles le savoient par moi ou autrement; mais en vous ne fais-je
-point de doubte; je suis tout asseuré de vostre bien. Et toutesvoies,
-jasoit-ce, comme j’ay dit, que à moy ne appartiengne fors un petit de
-service, si vouldroie-je bien que vous sceussiez du bien et de l’onneur
-et de service à grant planté et foison et plus que à moy n’appartient,
-ou pour servir autre mary se vous l’avez après moy, ou pour donner
-plus grant doctrine à vos filles, amies ou autres, se il vous plaist
-et en ont besoing. Et tant plus saurez, tant plus d’onneur y aurez et
-plus loés en seront vos parens et moy aussi et autres entour qui vous
-aurez esté nourrie. Et pour vostre onneur et amour, et non mie pour
-moy servir, (car à moy ne convient mie service fors le commun, encores
-sur le moins) ayant piteuse et charitable compassion de vous qui
-n’avez, de long temps a, père ne mère, ne icy aucunes de vos<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-4" id="page_vol-1-4"></a>{v. 1, p.4}</span> parentes
-près de vous, ne à qui de vos privées nécessités vous puissiez avoir
-conseil ne recours fors à moy seul pour qui vous avez esté traicte de
-vostre parenté et du païs de vostre nativité, ay pensé plusieurs fois
-et intervalles se je peusse ou sceusse trouver de moy mesmes aucune
-généralle introduction légière pour vous aprendre et par laquelle,
-sans moy donner telle charge comme dessus est dit, par vous mesmes
-vous peussiez introduire parmy vostre paine et labour. Et à la fin me
-semble que se vostre affection y est telle comme vous m’avez monstré le
-semblant par vos bonnes paroles, il se peut acomplir en ceste manière,
-c’est assavoir que une leçon générale vous sera par moy escripte, et à
-vous baillée sur trois distinctions contenans dix-neuf<a name="FNanchor_105_105" id="FNanchor_105_105"></a><a href="#Footnote_105_105" class="fnanchor">[105]</a> articles
-principalment.</p>
-
-<div class="headd">
-<p class="cb">LA PREMIÈRE DISTINCTION.</p>
-</div>
-
-<p>La première distinction d’icelles trois est nécessaire pour acquérir
-l’amour de Dieu et la salvacion de vostre âme et aussi nécessaire pour
-acquérir l’amour de vostre mary et donner à vous en ce monde la paix
-que l’en doit avoir en mariaige. Et pour ce que ces deux choses, c’est
-assavoir la salvacion de l’âme et la paix du mary, sont les deux choses
-plus principalment nécessaires qui soient, pour ce sont-elles mises cy
-premièrement. Et contient icelle première distinction neuf articles.</p>
-
-<p>Le premier article parle de saluer et regracier Nostre Seigneur et sa
-benoite mère à vostre esveillier et à vostre lever et de vous atourner
-convenablement.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-5" id="page_vol-1-5"></a>{v. 1, p.5}</span></p>
-
-<p>Le second article est de vous accompaigner convenablement, aler à
-l’église, eslire place, vous saigement contenir, oïr messe et vous
-confesser.</p>
-
-<p>Le tiers article est que vous amez Dieu et sa benoite mère et
-continuellement les servez et vous mectez et tenez en leur grâce.</p>
-
-<p>Le quart article est que vous gardez continence et vivez chastement à
-l’exemple Susanne, Lucresse et autres.</p>
-
-<p>Le quint article que vous soiez amoureuse de vostre mary (soit moy ou
-autre) à l’exemple de Sarre, Rébecque, Rachel.</p>
-
-<p>Le sixiesme article que vous soiez à lui humble et obéissant à
-l’exemple de Grisilidis, de celle qui ne voult rescourre son mary de
-noyer, et la mère Dieu qui respondit <i>fiat</i>, etc., de Lucifer, du
-puys, du bailly de Tournay, des religieux et des mariés, de madame
-d’Andresel, de Chaumont, de la Romaine.</p>
-
-<p>Le septiesme que vous soiez curieuse et songneuse de sa personne.</p>
-
-<p>Le huitiesme que vous soiez taisant pour celer ses secrets à l’exemple
-de Papire, de celle qui pont huit eufz, de celle de Venise, de celle
-qui revint de Saint Jaques et de l’advocat.</p>
-
-<p>Le neuviesme et derrenier article est que se vostre mary s’essoie
-de foloyer ou foloye, que sans rigueur mais doulcement, saigement
-et humblement vous l’en retrayez comme Mellibée et dame Jehanne la
-Quintine.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-6" id="page_vol-1-6"></a>{v. 1, p.6}</span></p>
-
-<div class="headd">
-<p class="cb">LA SECONDE DISTINCTION.</p>
-</div>
-
-<p>La seconde distinction est nécessaire pour le prouffit du mesnage
-acroistre, acquérir amis et sauver le sien; pour secourir soy et aider
-contre les males fortunes de la vieillesse à venir, et contient six
-articles.</p>
-
-<p>Le premier article est que vous aiez soing de vostre mesnaige,
-diligence et persévérance et regard au labour: mectez peine à y prendre
-plaisir et je feray ainsi d’autre part afin d’advenir au chastel dont
-il est parlé.</p>
-
-<p>Le second article est que au moins vous prenez vostre esbatement et
-vous sachiez aucun peu congnoistre en curtilliage et jardinaige, enter
-en la saison et garder roses l’iver.</p>
-
-<p>Le tiers article est que vous sachiez choisir varlets, portefais,
-aides ou autres fortes gens pour faire les dures besongnes qui d’eure
-en autre se pevent achever et aussi laboureurs, etc. Et en oultre
-cousturiers, cordouaniers, boulengiers, pasticiers, etc. Et par
-espécial varlets et chambrières d’ostel embesongner à grains tribler
-et remuer, robes nectier, éventer et essorer, commander à vos gens de
-penser des brebis, des chevaulx: garder et garir vins.</p>
-
-<p>Le quart article est que vous, comme souverain maistre de vostre
-hostel, sachiez ordonner disners, soupers, mès et assietes, congnoistre
-le fait du bouchier, du poullaillier et savoir congnoistre les espices.</p>
-
-<p>Le quint article que vous sachiez commander, ordonner, deviser et faire
-faire toutes manières de potaiges, civés, saulses et toutes autres
-viandes; idem pour malades.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-7" id="page_vol-1-7"></a>{v. 1, p.7}</span></p>
-
-<div class="headd">
-<p class="cb">LA TROISIÈME DISTINCTION.</p>
-</div>
-
-<p>La troisiesme distinction est de jeux et esbatemens aucunement plaisans
-pour avoir contenance et manière de parler et tenir compaignie à gens
-et contient trois articles.</p>
-
-<p>Le premier article est tout de demandes d’esbatemens qui par le sort
-des dez, par rocs et par roys sont avérées et respondues par estrange
-manière.</p>
-
-<p>Le deuxiesme article est de savoir nourrir et faire voler l’esprivier.</p>
-
-<p>Le tiers article est d’aucunes autres demandes qui regardent compte et
-nombre et sont subtilz à trouver ou à deviner<a name="FNanchor_106_106" id="FNanchor_106_106"></a><a href="#Footnote_106_106" class="fnanchor">[106]</a>.</p>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-1-8" id="page_vol-1-8"></a>{v. 1, p.8}</span></p>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-1-9" id="page_vol-1-9"></a>{v. 1, p.9}</span></p>
-
-<p class="figcenter">
-<img src="images/vol-1-pg-9a.jpg" width="350" height="356" alt="" title="" />
-</p>
-
-<h1>LE &nbsp; MÉNAGIER &nbsp; DE &nbsp; PARIS.</h1>
-
-<h2>PREMIÈRE DISTINCTION.</h2>
-
-<h2><a name="ARTICLE_PREMIER" id="ARTICLE_PREMIER"></a>ARTICLE PREMIER.</h2>
-
-<p class="nind"><span class="letra"><img src="images/vol-1-pg-9b.jpg"
-width="200" height="204" alt="L" title="L" /></span>E commencement et premier article de la première distinction parle de
-adourer et du lever; lequel vostre lever doit estre entendu matin. Et
-matin, en l’entendement que l’en peut prendre selon la matière dont
-nous avons à traictier, est dit de matines. Car ainsi comme entre nous
-gens ruraulx disons le jour depuis l’aube du jour jusques à la nuit, ou
-du soleil levant jusques à soleil couchant, les clercs qui<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-10" id="page_vol-1-10"></a>{v. 1, p.10}</span> prennent
-plus subtillement dient que c’est le jour artificiel; mais le jour
-naturel qui tousjours a vint quatre heures se commence à mienuit et
-fine à la mienuit ensuivant. Et pour ce que j’ay dit que matin est dit
-de matines, je l’entens avoir dit pour ce que adonc sonnent les matines
-pour faire relever les religieux pour dire matines et loenges à Dieu,
-et non mie pour ce que je vueille dire que vous, belle seur, ne les
-femmes qui sont mariées, vous doiez lever à celle heure. Mais je le
-vueille bien avoir dit pour ce que se à ycelle heure vous oez sonner
-matines vous louez adont et saluez Nostre Seigneur d’aucun salut,
-prière ou oroison avant ce que vous vous rendormez; car à ce propos
-sont cy après propres oroisons ou prières. Car, soit à celle heure de
-matin ou au matin du jour, j’ay cy escript deux oroisons pour vous
-à dire à Nostre Seigneur, et deux autres à Nostre Dame propres pour
-esveiller ou lever. Et premier s’ensuit celle de mienuit par laquelle,
-en ycelle disant, vous regraciez Nostre Seigneur de ce que de sa grâce
-il vous a donné venir jusques à celle heure. Et direz ainsi:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Gracias ago tibi, Domine, etc.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>C’est à dire en françois: Beau sire Dieu tout puissant qui es un seul
-en Trinité, qui estois, es et seras en toutes choses Dieu benoist par
-les siècles, je te rens grâce de ce que tu m’as daigné trespasser
-dès le commencement de ceste nuit jusques aux heures matinaulx, et
-maintenant je te requiers que tu me daignes, par ta sainte miséricorde,
-ce jour trespasser sans peschié, tellement que au vespre je te puisse
-comme à<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-11" id="page_vol-1-11"></a>{v. 1, p.11}</span> mon Dieu et à mon Seigneur regracier, adourer et donner salut.</p>
-
-<p>Item s’ensuit l’autre oroison à Nostre Seigneur en disant:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Domine, sancte pater, etc.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>C’est à dire en françois: Beau sire Dieu tout puissant et père
-pardurable qui m’as donné parvenir au commencement de ceste journée par
-ta saincte vertu, garde moy d’encourir en aucun péril, si que je ne
-puisse décliner à aucun mortel péchié, et que par ton doulx atrempement
-ma pensée soit adrécée à ta saincte justice et voulenté faire.</p>
-
-<p>Item s’ensuit les deux oroisons à Nostre Dame, et premièrement:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Sancta Maria, mater Domini, etc.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>C’est à dire en françois: Marie, sainte mère de Nostre Seigneur
-Jhesu-Crist, ès mains de ton benoit filz et de toy commandé-je huy et
-tout temps mon âme, mon corps et mon sens. Sire, garde moy de tous
-vices, de tous péchiés et de toute temptacion d’ennemy et me délivre
-de tous périlz. Sire doulx Jhesu-Crist, aide moy et me donne santé
-d’âme et de corps, donne moy voulenté de bien faire, en ce siècle
-vivre justement et bien persévérer. Octroie moy rémission de tous mes
-péchiés. Sire, sauve moy en veillant, garde moy en dormant afin que je
-dorme en paix et veille en toy en la gloire de paradis.</p>
-
-<p>Item s’ensuit l’autre oroison à Nostre Dame qui est toute en françois:</p>
-
-<p>O très certaine espérance, dame deffenderesse de<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-12" id="page_vol-1-12"></a>{v. 1, p.12}</span> tous ceulx qui s’y
-attendent! Glorieuse vierge Marie, je te prie maintenant, que en icelle
-heure que mes yeulx seront si aggravés de l’obscureté de la mort que
-je ne pourray veoir la clarté de ce siècle, ne me pourray mouvoir la
-langue pour toy prier ne pour toy appeller et que mon chiétif cuer qui
-est si foible tremblera pour la paour des ennemis d’enfer et sera si
-angoisseusement esbahis que tous les membres de mon corps defondront en
-sueur pour la peine de l’angoisse de la mort, lors, dame très doulce et
-très piteuse, me daignes regarder en pitié et moy aidier à voir avec
-toy la compaignie des anges et aussi la chevalerie de paradis, et que
-les ennemis troublés et espoventés de ton secours ne puissent avoir
-aucun regart, présumpcion ou souspeçon de mal à l’encontre de moy,
-ne aucune espérance ou puissance de moy traire ou mettre hors de ta
-compaignie. Mais, très débonnaire dame, te plaise lors à souvenir de
-la prière que je te fais orendroit, et reçoy m’âme en ta benoite foy,
-en ta garde et en ta deffense, et la présente à ton glorieux filz pour
-estre vestue de la robe de gloire et accompaignée à la joieuse feste
-des anges et de tous les sains. O dame des anges! O porte de paradis!
-O dame des patriarches, des prophètes, des apostres, des martirs, des
-confesseurs, des vierges et de tous les sains et sainctes! O estoille
-de matin plus resplendissant que le soleil et plus blanche que la noif!
-Je joing mes mains et eslieve mes yeulx et fléchis mes genoulz devant
-toy! Dame très débonnaire, pour icelle joie que tu eus quant ta sainte
-âme se parti de ton corps sans doubte et sans paour et fut portée
-présens les anges et archanges et en chantant présentée à ton glorieux
-filz et receue et hébergée<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-13" id="page_vol-1-13"></a>{v. 1, p.13}</span> en la joie pardurable, je te prie que tu
-me secoures et me viengnes au devant en icelle heure qui tant fait à
-doubter. Quant la mort me sera si près, dame, soies à m’âme confort
-et refuge et entens curieusement à la garder, si que les ennemis très
-crueux d’enfer qui tant sont horribles à veoir ne me puissent mettre
-au devant les péchiés que j’ay fais, mais iceulx soient premièrement à
-ta prière à moy pardonnés et effaciés par ton benoit enfant, et soit
-mon âme par toy, très doulce dame, présentée à ton benoit fils et à
-ta prière mise à la possession du repos pardurable et de la joie qui
-jamais ne fauldra! Amen.</p>
-
-<p>Ces oroisons povez-vous dire à matines, ou à vostre esveillier du
-matin, ou à l’un et à l’autre, en vous levant et vestant, et après
-vostre vestir, tout est bien, et que ce soit à jeun et avant toute
-autre besongne. Mais pour ce que j’ay dit en vous vestant, je vueil
-en cest endroit un petit parler de vestemens. Sur quoy, chère
-seur, sachiez que se vous voulez ouvrer de mon conseil, vous aurez
-grant regard et grant advis aux facultés et puissances de vous et
-de moy selon l’estat de vos parens et des miens entour qui vous
-aurez à fréquenter et repairier chascun jour. Gardez que vous soiez
-honnestement vestue, sans induire nouvelles devises et sans trop ou pou
-de bouban. Et avant que vous partiez de vostre chambre ou ostel aiez
-paravant avisé que le colet de vostre chemise, de vostre blanchet ou
-de vostre coste ou surcot<a name="FNanchor_107_107" id="FNanchor_107_107"></a><a href="#Footnote_107_107" class="fnanchor">[107]</a> ne saillent<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-14" id="page_vol-1-14"></a>{v. 1, p.14}</span> l’un sur l’autre, comme il
-est d’aucunes yvrongnes, foles ou non sachans qui ne tiennent compte de
-leur honneur ne de l’onnesteté de leur estat ne de leurs maris, et vont
-les yeulx ouvers, la teste espoventablement levée comme un lyon, leurs
-cheveulx saillans hors de leurs coiffes, et les colez de leurs chemises
-et cottes l’un sur l’autre et marchent hommassement et se maintiennent
-laidement devant la gent sans en avoir honte. Et quant l’en leur en
-parle, elles s’excusent sur diligence et humilité et dient qu’ils
-sont si diligens, labourieuses et si humaines qu’elles ne tiennent
-compte d’elles, mais elles mentent: elles tiennent bien si grant
-compte d’elles que s’elles estoient en une compaignie d’onneur, elles
-ne vouldroient mie estre moins servies que les sages leurs pareilles
-en lignaige, ne avoir moins des salutacions, des inclinacions, des
-réverences et du hault parler que les autres, mais plus, et si n’en
-sont pas dignes quant elles ne scevent garder l’onnesteté de l’estat,
-non mie seulement d’elles, mais au moins de leurs maris et de leur
-lignaige à qui elles font vergongne. Gardez donc, belle seur, que vos
-cheveulx, vostre coiffe, vostre cueuvrechief et vostre chapperon<a name="FNanchor_108_108" id="FNanchor_108_108"></a><a href="#Footnote_108_108" class="fnanchor">[108]</a>
-et le<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-15" id="page_vol-1-15"></a>{v. 1, p.15}</span> surplus de vos atours soient bien arengéement et simplement
-ordenés et telement que aucuns de ceulx qui vous verront ne s’en
-puissent rire ne moquer, mais doit-l’en faire de vous exemple de bon
-arroy, de simplesse et de honnesteté à toutes les autres; et ce vous
-doit souffire quant à ce premier article.</p>
-
-<h2>LE SECOND ARTICLE.</h2>
-
-<p>Le second article dit que à l’aler en ville ou au moustier vous
-accompaigniez convenablement selon vostre estat et par espécial avec
-preudes femmes et fuiez compaignie souspeçonneuse et jamais femme
-souspeçonneuse ne approchiez, ne ne souffrez en vostre compaignie; et
-en alant ayant la teste droite, les paupières basses et arrestées et
-la veue droit devant vous quatre toises et bas à terre, sans regarder
-ou espandre vostre regard à homme ne à femme qui soit à destre ou à
-senestre, ne regarder hault, ne vostre regard changer en divers lieux
-muablement, ne rire, ne arrester à parler à aucun sur les rues. Et
-se vous estes venue à l’église, eslisez un lieu secret et solitaire
-devant un bel autel ou bel ymaige, et illec prenez place et vous y
-arrestez sans changer divers lieux, ne aler çà ne là<a name="FNanchor_109_109" id="FNanchor_109_109"></a><a href="#Footnote_109_109" class="fnanchor">[109]</a>,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-16" id="page_vol-1-16"></a>{v. 1, p.16}</span> et aiez la
-teste droite et les bolièvres tousjours mouvans en disant oroisons ou
-prières. Aiez aussi continuellement vostre regart sur vostre livre ou
-au visaige de l’imaige sans regarder homme ne femme, peinture ne autre
-chose, et sans papelardie ou fiction, ayez le cuer au ciel et aourez
-de tout vostre cuer; et en faisant ainsi oyez messe chascun jour et
-vous confessez souvent; et s’ainsi le faites et persévérez, honneur
-vous sourdra et tout bien vous vendra. Et ce que dit est dessus doit
-souffire quant à ce commencement, car les bonnes preudes femmes entour
-qui vous repairerez, les bons exemples que vous prendrez à elles tant
-par leurs fais comme par leur doctrine, les bons vieulz prestres saiges
-et preudomes à qui vous vous confesserez et le bon sens naturel que
-Dieu vous a donné vous attraira et donra le remenant quant à ce second
-article.</p>
-
-<h2><a name="LE_TIERS_ARTICLE" id="LE_TIERS_ARTICLE"></a>LE TIERS ARTICLE.</h2>
-
-<p>Le tiers article dit que vous devez amer Dieu et vous tenir en sa
-grâce. Sur quoy je vous conseille que incontinent et toutes oeuvres
-laissées, vous vous désistez<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-17" id="page_vol-1-17"></a>{v. 1, p.17}</span> de boire ou mangier à nuit ou vespre, se
-très petit non, et vous ostez de toutes pensées terriennes et mondaines
-et vous mettez et tenez alant et venant en un lieu secret, solitaire
-et loing de gens et ne pensez à riens fors à demain bien matin oïr
-vostre messe, et après ce rendre compte à vostre confesseur de tous vos
-péchiés par bonne, meure et attrempée confession. Et pour ce que ces
-deux choses d’oïr messe et de confession sont aucunement différans,
-nous parlerons premièrement de la messe et secondement de la confession.</p>
-
-<p>Et quant est de la messe, chère seur, sachiez que la messe a plusieurs
-dignités en drois estas ou degrés dont il nous convient parler et vous
-esclarcir. Et premièrement, après ce que le prestre est revestu et
-dit son <i>Confiteor</i> et mis en bon estat, il commence sa messe: et ce
-appelle-l’en <i>l’Introite</i> de la messe; c’est le commencement ou entrée
-de la messe, ouquel endroit doit lors chascun homs et chascune femme
-refraindre ses pensées endroit lui et qu’il ne pense à chose mondaine
-qu’il ait oncques mais veue ne oye, car quant li homs ou la femme est
-au moustier pour oïr le service divin, son cuer ne doit mie estre en
-sa maison ne ès champs, ne ès autres choses mondaines et si ne doit
-mie penser ès choses temporelles, mais à Dieu proprement, seulement
-et nuement, et à lui prier dévotement. Après <i>l’Introïte</i> chantée ou
-dicte, l’en dit par neuf fois: <i>Kirie eleison, Christe eleison</i>, en
-signifiance qu’il y a en paradis neuf paires d’anges que l’en dit
-<i>gérarchies</i>, et de chascune paire ou gérarchie viennent à celle messe
-une quantité et non mie toute l’ordre, mais de chascune une partie. Si
-doit chascun prier à ces sains anges qu’ils prient pour lui à Nostre
-Seigneur, en disant:<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-18" id="page_vol-1-18"></a>{v. 1, p.18}</span> O vous, sains anges, qui descendez de la gloire
-au Sauveur, pour lui ministrer et servir en terre, priez lui qu’il nous
-pardonne nos péchiés et nous envoie sa grâce.</p>
-
-<p>Après, dit-on <i>Gloria in excelsis Deo</i>; lors doit-on louer doulcement
-Nostre Seigneur en disant: Très doulx Dieu, glorieux et honnourés
-soiez-vous, loés soiez-vous, benoit soiez-vous, adourés soiez-vous,
-etc. Après dit-on les oroisons des Sains et de Nostre Dame. Si doit-on
-prier à la très doulce mère Dieu et aux Sains qu’ils prient pour
-nous, en disant: Très glorieuse mère Dieu qui estes moienne entre
-vostre doulz fils et les pécheurs repentans, priez pour moy à vostre
-enfant, et vous, benois Sains de qui on fait mémoire, aidiez moy et
-priez avec la dame des anges que Dieu par sa grâce me pardoint mes
-forfais et enlumine mon cuer de sa grâce. Après ce, dit-on l’<i>Épitre</i>
-qui est ainsi comme donner remembrance que un messaige vient qui
-apporte lettres faisans mencion que le sire de tout le monde viendra
-prouchainement. Après ce chante-l’en le <i>grée</i><a name="FNanchor_110_110" id="FNanchor_110_110"></a><a href="#Footnote_110_110" class="fnanchor">[110]</a> ou l’<i>alléluye</i>
-ou le <i>traict</i> en karesme et dit-on la <i>séquence</i>: c’est démonstrance
-que ce sont les ménestriers qui viennent devant et monstrent que le
-Seigneur est jà sur le chemin, et qui cornent pour resjoïr les cuers de
-ceulx qui attendent et ont espérance en la venue du souverain Seigneur.
-Après lit-on l’<i>Euvangille</i>; c’est adonc la plus vraie et prouchaine
-messaigerie: car ce sont les bannières, les pannons et l’estendart qui
-monstrent certainement que adoncques le Seigneur est près, et lors
-se doit chascun taire et soy tenir droit,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-19" id="page_vol-1-19"></a>{v. 1, p.19}</span> mettre s’entente à oïr et
-retenir ce que l’Euvangille dit, car ce sont les propres paroles que
-Nostre Seigneur dist de sa bouche et lesquelles paroles nous enseignent
-à vivre, se nous voulons estre de la mesnie à icellui souverain
-Seigneur. Et pour ce doit estre chascun curieux et ententif à oïr
-icelles paroles de l’Euvangille et à icelles retenir. Après fait-on
-l’offrande en laquelle on doit offrir en la main du prestre aucune
-chose en signifiance que l’en offre son cuer à Dieu, en disant: Sainte
-Trinité, recevez mon cuer que je vous offre: si le faites riche de
-vostre grâce. Et en ce disant doit-l’en bailler son offrande. Après ce,
-quant le prestre se retourne de l’autel il dit que l’en prie pour lui:
-si en doit-l’en diligemment prier, car il entre en nos besongnes et
-fait oroisons pour nous.</p>
-
-<p>Après ce, dit le prestre: <i>Per omnia secula seculorum</i>: Et puis:
-<i>Sursum corda</i>. C’est à dire: levez vos cuers à Dieu. Et le clerc et
-les autres respondent: <i>Habemus ad Dominum</i>: nous les avons à Nostre
-Seigneur. Dont doit-l’en appareillier et avoir son oeil au prestre.
-Après ce, chante-l’en la louenge des anges, c’est assavoir: <i>Sanctus,
-sanctus, sanctus</i>. Dont descendent les anges pour appareillier,
-avironner et garder la table sur laquelle Dieu descendra et par
-son seul regard repaistra ses amis et adonc entend-l’en à veoir
-sa venue et se doit-l’en appareillier ainsi comme bons amoureux
-subgiez s’appareillent quant le Roy entre en sa cité, et le doit-l’en
-amoureusement et en grant joie de cuer regarder et recevoir, et en le
-regardant regracier sa venue et luy donner louenges et salus, et en
-pensée et à basse voix lui faire ses requestes pour obtenir rémissions
-et pardons des meffais passés; car il vient çà bas pour trois choses:<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-20" id="page_vol-1-20"></a>{v. 1, p.20}</span>
-l’une, pour tout pardonner, se nous en sommes dignes; la deuxiesme pour
-nous donner sa grâce, se nous le savons requérir; la tierce pour nous
-retraire du chemin d’enfer.</p>
-
-<p>Après est la <i>Paternostre</i> qui nous enseigne que nous le devons
-appeller père et lui prier qu’il nous pardonne nos meffais ainsi comme
-nous pardonnons à nos malfaiteurs les leurs, et aussi lui prions qu’il
-ne nous laisse point péchier ne estre temptés, mais nous délivre de
-mal; <i>amen</i>. Après on dit <i>Agnus Dei</i> par trois fois et prie-l’en à
-Dieu qu’il ait mercy de nous et qu’il nous donne paix; qui peut estre
-entendu paix entre le corps et l’âme, que le corps soit obéissant à
-l’âme: ou paix entre nous et nos adversaires; et pour ce prent-l’en
-la paix. Après chante-l’en le <i>post-communion</i> et alors on doit dire
-et déprier Nostre Seigneur qu’il ne se vueille mie retraire de nous,
-ne nous laissier comme orphelins et sans père. Après dit-l’en les
-derrenières oroisons et adonc se doit-on retraire et recommander à
-la benoite vierge Marie et à elle requerre qu’elle vueille déprier
-son benoit chier enfant qu’il vueille demourer avec nous. Et quant
-tout est dit et achevé et le prestre dévestu, adonc doit-l’en icellui
-Seigneur remercier de ce qu’il nous a donné sens et entendement d’avoir
-oy sa benoite messe et veu son benoit sacrement qui donne remembrance
-de sa benoite nativité et de sa benoite passion et de sa benoite
-résurrection, et luy requérir qu’en persévérant au surplus, il nous
-doint vraye et parfaicte rémission. Et adoncques, chère seur, vous
-mettez toute seule, les yeux enclins à la terre, le cuer au ciel,
-pensez de tout vostre cuer très ententivement et cordialment à tous
-vos péchiés pour vous en deschargier<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-21" id="page_vol-1-21"></a>{v. 1, p.21}</span> et délivrer à celle heure. Mais
-pour vous adviser dès maintenant comment ce sera fait adonc, je vous en
-traicteray un petit selon se que j’en sçay et croy.</p>
-
-<p>Chère seur, veulliez de par moy sur ce savoir que quiconques soit
-homme ou femme qui vueille à droit ses péchiés confesser au sauvement
-de l’âme de lui ou d’elle, il doit savoir que trois choses lui sont
-nécessaires; c’est assavoir, contriction, confession et satisfacion;
-et doit-il ou elle savoir que contriction requiert douleur de cuer en
-grans gémissemens et repentances et convient que en grant contriction
-et très humblement le pécheur requière pardon et mercy et déprie
-très affectueusement nostre créateur et souverain Seigneur qu’il lui
-vueille pardonner ce en quoy il l’a peu courroucier et offendre. Et
-sache le pécheur que sans contriction sa prière ne vault riens, puis
-qu’il ait sa pensée et son cuer ailleurs. Et, chère seur, vous en povez
-prendre exemple par un à qui l’en promist donner un cheval pour dire
-une <i>paternostre</i>, mais qu’il ne pensast autre part, et en disant la
-<i>paternostre</i>, il se pensa se cellui qui lui donnoit le cheval lui
-laisseroit la selle, et ainsi le maleureux perdit tout. Ainsi est-il
-de celui qui déprie Nostre Seigneur et ne pense point à sa prière ne à
-cellui qu’il déprie, et si a jà, par aventure, fait telle chose dont il
-a desservi à estre pendu au gibet d’enfer et si s’endort en ce péchié
-et n’en tient compte, et s’il estoit jugié en ce chétif monde par un
-petit prévost à estre pendu au gibet de fust ou de pierre, ou à paier
-une grosse amende qui est moins, et il cuidoit reschapper pour avoir
-contriction, pour plourer et pour prier le prévost ou juge, comment
-il le prieroit de bon cuer, en grans pleurs, en gémissemens et grans
-contrictions de<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-22" id="page_vol-1-22"></a>{v. 1, p.22}</span> cuer sans penser autre part, et il ne peut mie plourer
-ne prier du cuer le grant seigneur, son souverain et son créateur qui
-des haultes fenestres de sa pourvéance où il est lassus voit toute
-l’affection du cuer d’icellui pécheur! Et si scet bien le pécheur que
-icellui Seigneur est si piteux et si miséricors que pour très petite
-prière, mais qu’elle fust de cuer contrict et repentant, il aroit
-tout pardonné; voire mesmes se la sentence estoit jà donnée contre le
-pécheur, et fust ores icellui pécheur condempné à mort, or puet icellui
-souverain tout rappeller et quicter, et il n’est prévost ne juge par
-deçà qui pour plourer ne pour prière que le condempné sceust faire,
-peust rappeller le jugement qu’il auroit fait contre lui. Or regardez
-doncques, belle seur, quelle comparoison est cy! Et encores est-ce pis,
-car quant un homs est condempné à mort par le souverain juge, puis
-qu’il ne rappelle sa sentence, c’est à entendre que la peine de sa
-mort est perpétuelle et pardurable, et quant il est condempné par un
-prévost, la peine de sa mort ne dure que un moment; dont, belle seur,
-n’est-il point de comparoison ne entre la puissance des juges, ne entre
-la peine des jugemens. Et pour ce vault-il mieulx, belle seur, plourer
-et avoir contriction et adrécier sa prière à cellui qui a puissance
-souveraine et absolue que à cellui qui n’a puissance fors que ordonnée
-et sur certaine forme qu’il ne peut passer. Car icellui juge souverain
-est cellui qui à la fin nous examinera et jugera. Et adonc, belle seur,
-quel compte lui rendrons-nous des biens de fortune et de nature qu’il
-nous a bailliés en garde et nous avons tout folement despendu et mis à
-nostre usaige et à nostre délit, sans en avoir riens baillié ne aumosné
-à lui ne aux souffreteux<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-23" id="page_vol-1-23"></a>{v. 1, p.23}</span> honteux et paciens qui pour l’amour et ou nom
-de lui nous en ont demandé? Se en ce cas il nous argue de larrecin, que
-nous l’avons en ce desrobé, que respondrons-nous? Item de nostre âme
-sa fille qu’il nous bailla saine et nette, sans tache et sans ordure,
-laquelle nous avons empoisonnée par les buvraiges du péché mortel, se
-il nous argue de murtre, en disant que nous avons tué sa fille que il
-nous avoit baillié en garde, quelle deffence arons-nous? Item de nostre
-cuer, nostre corps qui est le chastel dont il nous avoit baillié la
-garde et nous l’avons livré à son ennemy, c’est le Déable d’enfer,
-quelle excusacion arons-nous? Certes, belle seur, je ne voy mie que,
-se la benoite vierge Marie sa mère ne nous sequeurt comme advocate,
-que par le bon jugement d’icelui souverain juge nous ne soions pugnis
-et enchaînés au gibet d’enfer pardurablement comme larrons, comme
-murtriers et comme traictres, se les chaudes larmes de la contriction
-de nostre cuer ne chassent l’ennemy hors de nous en nostre présente
-vie; mais ce se puet ainsi légièrement faire comme l’eaue chaude chasse
-le chien de la cuisine.</p>
-
-<p>Après la contriction vient la confession qui a six condicions, ou
-elle ne vault riens. La première condicion de confession est que
-la confession soit faicte sagement: c’est à dire sagement en deux
-manières, qui est à entendre que le pécheur ou pécheresse eslise
-confesseur saige et preudomme. Et donc le pécheur doit avoir exemple
-et regart à ce que toute créature malade convoite sa santé, et pour sa
-santé recouvrer et avoir, désire plus à trouver le meilleur phisicien
-que le moins bon. Et doit icellui pécheur avoir regard que, puis que
-créature doit désirer la santé du corps qui est estour<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-24" id="page_vol-1-24"></a>{v. 1, p.24}</span> lourgable<a name="FNanchor_111_111" id="FNanchor_111_111"></a><a href="#Footnote_111_111" class="fnanchor">[111]</a>
-et trespassable, par plus forte raison doit-il curer<a name="FNanchor_112_112" id="FNanchor_112_112"></a><a href="#Footnote_112_112" class="fnanchor">[112]</a> de la noble
-âme qui est ordonnée à recevoir le bien perpétuel ou le mal pardurable.
-Et pour ce doit eslire très bon, très saige et très excellent phisicien
-pour recouvrer tantost la santé de l’âme qui est bléciée et malade,
-car s’il en prent un à l’aventure qui ne lui sache donner le remède de
-sa garison, il s’ensuit mort. Et vous le véez par exemple, car quant
-un aveugle maine l’autre, ce n’est pas de merveille se ils chéent tous
-deux en une fosse; dont doit le pécheur ou pécheresse faire pourvéance
-d’un très saige et très clervoyant conseillier qui de tous ses péchiés
-lui sache donner remède et conseil et qui sache discerner entre l’un
-péchié et l’autre pour remède donner et que icellui confesseur ait
-toute sa pensée et son entente à oyr et concevoir ce que le pécheur
-lui dira, et aussi qu’il ait puissance d’absoldre. Et lors doit
-icellui pécheur estre avisé et avoir pensé par avant longuement et
-ententivement à tous ses péchiés, comme j’ay devant dit, pour savoir
-les tous dire et compter par ordre, et par membres et par poins les
-deviser à son confesseur et conseillier, et doit avoir douleur au cuer
-de ce qu’il fist le péchié et grant paour de la vengence de Nostre
-Seigneur, grant honte et grant repentence d’iceulx péchiés et avoir
-ferme espérance et voulenté certaine de soy amender et de jamais au
-péchié non retourner, mais les haïr comme venin, et avoir désir de
-voulentiers recevoir pour sa garison et santé recouvrer et faire
-joyeusement la pénitence que le confesseur lui vouldra enchargier.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-25" id="page_vol-1-25"></a>{v. 1, p.25}</span></p>
-
-<p>La seconde condicion de confession est que si tost que l’en est cheu
-en péchié l’en s’en doit hastivement et tost confesser. Car tu ne scez
-quant Dieu te touldra la parole et la santé, et pour ce est-il bon que
-on s’en confesse souvent. Les truans le preuvent assez qui de jour en
-jour et de heure en heure monstrent leurs plaies aux bonnes gens pour
-avoir nouvelle aumosne; les bléciés monstrent de jour en jour leurs
-navreures aux mires pour avoir chascun jour hastif et nouveau remède
-de garison; aussi doit le pécheur tantost monstrer et descouvrir son
-péchié pour avoir nouveau remède et plus plénière miséricorde.</p>
-
-<p>La tierce condicion de confession est que on se doit du tout
-entièrement confesser et tout descouvrir à une fois et convient
-monstrer et ouvrir au mire toute la plaie; il convient tout dire en
-très grant humilité et repentence et n’en riens oublier ne laissier
-derrière, et quelque gros morcel qui y soit, il convient qu’il passe
-oultre le neu de la gorge. Et se l’orgueilleux cuer du pécheur ne le
-veult endurer, face le signe de la croix devant sa bouche afin que
-l’ennemy qui lui estoupe les conduis de la parolle s’en aille; et
-adonc le pécheur se contraigne à dire l’ort péchié qui tue son âme,
-car s’il atent plus, il l’oubliera par son attente, et ainsi ne s’en
-confessera jamais et par ce demourra en tel péril que pour cause de ce
-péchié où il sera demouré et dont il ne luy aura souvenu il ne fera
-jamais bien qui ne lui soit estaint vers Dieu, s’il n’y met sa grâce.
-Regardez doncques quel pardon il pourra jamais impétrer par jeûnes, par
-aumosnes, ne par travail de pèlerinaiges qu’il face, quand il n’est
-confès entièrement? Regardez comment il qui n’est vray confès, comment
-osera-il recevoir son<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-26" id="page_vol-1-26"></a>{v. 1, p.26}</span> créateur, et s’il ne le reçoit, comment il se
-déçoit et en quel péril il se met? Par aventure il cele à celle fois
-icellui péchié cuidant s’en confesser une autre fois bien brief, et
-il ne regarde mie qu’il est en la puissance de Dieu de lui tollir la
-parole quant il lui plaira, ou de le faire morir soudainement quant il
-vouldra. Ores s’ainsi est, il sera dampné par sa négligence et au jour
-du jugement il ne sara sur ce que respondre.</p>
-
-<p>La quarte condicion de confession est que l’en se doit ordonnéement
-confesser et dire ses péchiés par ordre et selon ce que la théologie
-les met, et doivent estre mis l’un après l’autre sans trehoigner<a name="FNanchor_113_113" id="FNanchor_113_113"></a><a href="#Footnote_113_113" class="fnanchor">[113]</a>
-ne entreveschier<a name="FNanchor_114_114" id="FNanchor_114_114"></a><a href="#Footnote_114_114" class="fnanchor">[114]</a>, ne mettre le derrière devant, sans riens polir
-ne farder, sans lui deffendre et sans autruy accuser. Et doit le
-pécheur dire la condicion du péchié, comment il le pensa, quelle fut la
-cause et le mouvement de son penser, comment depuis il a pourchacié,
-fait, dit, ou fait faire, le temps, le lieu, pourquoy et comment il le
-fist: se le péchié qu’il fist est selon nature ou s’il est fait contre
-nature, s’il le fist sachamment ou ygnorament, et doit icellui pécheur
-dire tout ce qui par icellui, les circonstances et dépendances peut
-grever son âme.</p>
-
-<p>La quinte condicion est que on doit confesser tous ses péchiés à une
-fois, et à un confesseur et non pas à plusieurs confesseurs. L’en ne
-doit pas partir ses péchiés en deux parties pour dire l’une partie à
-un confesseur et l’autre partie à un autre, car la confession ainsi
-malicieusement faite ne seroit pas valable, mais seriez<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-27" id="page_vol-1-27"></a>{v. 1, p.27}</span> plus grant
-pécheur en tant comme vous mectriez paine de enginier vostre confesseur
-qui représente la personne de Nostre Seigneur Jhesu-Crist.</p>
-
-<p>La sixiesme condicion est que on se doit confesser dévotement, et
-très humblement avoir les yeulx vers la terre en signe de honte et
-de vergongne que l’en a de son péchié, et la pensée et le regart du
-cuer au ciel, car vous devez penser que vous parlez à Dieu et devez
-adrécier vostre cuer et vos parolles à lui, et à lui requérir pardon et
-miséricorde. Car c’est cellui qui voit tout le parfont de la voulenté
-de vostre cuer, ne le prestre n’y a fors que l’oreille.</p>
-
-<p>Or avez-vous oy, chère seur, comment on se doit confesser; mais sachiez
-qu’il y a cinq choses qui empeschent confession; c’est assavoir: honte
-de confesser le péchié, mauvaise paour de faire grant pénitance,
-espérance de longuement vivre, et despérance de ce que l’en a si grant
-plaisir au péchié qu’on ne s’en puet partir ne repentir, et se pense-on
-que pour riens se confesseroit-on pour tantost rencheoir; et de ce
-c’est la mort.</p>
-
-<p>Après la confession vient satisfacion que on doit faire selon
-l’arbitrage et le conseil du sage confesseur, qui se fait en trois
-manières; c’est assavoir en jeûne, en aumosne ou en oroison selon ce
-que vous orrez cy après.</p>
-
-<p>Je avoie ci-devant dit que à vous confesser vous estoient nécessaires
-trois choses: c’est assavoir contriction, confession et satisfaction,
-ores vous ay-je monstré et enseigné de mon povoir qu’est contricion,
-et en après qu’est confession et comment elle se doit faire, et vous
-ay un petit touchié des cinq choses qui l’empeschent moult, auxquelles
-vous aurez regart et en<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-28" id="page_vol-1-28"></a>{v. 1, p.28}</span> aurez souvenance s’il vous plaist, quant temps
-et lieu sera; et au derrain vous ay monstré qu’est satisfacion. Or
-vous monstreray-je pour prendre vostre advis<a name="FNanchor_115_115" id="FNanchor_115_115"></a><a href="#Footnote_115_115" class="fnanchor">[115]</a> en quoy vous povez
-avoir péchié; et prendrons premièrement les noms et les condicions
-des sept péchiés mortels qui sont telement mauvais que auques<a name="FNanchor_116_116" id="FNanchor_116_116"></a><a href="#Footnote_116_116" class="fnanchor">[116]</a>
-tous les péchiés qui sont s’en dépendent, et les appelle-l’en mortels
-pour la mort à quoy l’âme est traicte quant l’ennemi peut le cuer
-embesongnier à l’ouvraige d’iceulx. Et aussi, pour vous d’ores-en-avant
-contregarder d’iceulx péchiés, vous monstreray et enseigneray les noms
-et la puissance des sept vertus qui sont contraires aux sept péchiés
-dessusdis et sont propres médicine et remède contre iceulx péchiés
-quant le péchié est jà advenu, et si contraires à iceulx péchiés que
-tantost que la vertu vient, le péchié s’enfuit du tout.</p>
-
-<p>Et premièrement s’ensuivent les noms des vices desquels vous vous povez
-confesser se vous y avez erré, et les noms des vertus sont après, pour
-icelles vertus continuer par vous d’ores-en-avant:</p>
-
-<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" summary="">
-<tr><td align="left">Orgueil</td><td align="left">&nbsp; est le péchié, la vertu contraire est</td><td align="right">Humilité.</td></tr>
-<tr><td align="left">Envie</td><td align="left">&nbsp; est le péchié, la vertu contraire est</td><td align="right">Amitié.</td></tr>
-<tr><td align="left">Ire</td><td align="left">&nbsp; est le péchié, la vertu contraire est</td><td align="right">Débonnaireté.</td></tr>
-<tr><td align="left">Paresse</td><td align="left">&nbsp; est le péchié, la vertu contraire est</td><td align="right">Diligence.</td></tr>
-<tr><td align="left">Avarice</td><td align="left">&nbsp; est le péchié, la vertu contraire est</td><td align="right">Largesse.</td></tr>
-<tr><td align="left">Gloutonnie</td><td align="left">&nbsp; est le péchié, la vertu contraire est</td><td align="right">Sobriété.</td></tr>
-<tr><td align="left">Luxure</td><td align="left">&nbsp; est le péchié, la vertu contraire est</td><td align="right">Chasteté.</td><td><a name="FNanchor_117_117" id="FNanchor_117_117"></a><a href="#Footnote_117_117" class="fnanchor">[117]</a></td></tr>
-</table>
-
-<p>Or avez-vous oy cydessus les noms des sept péchiés mortels et aussi des
-sept vertus qui donnent remède,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-29" id="page_vol-1-29"></a>{v. 1, p.29}</span> or orrez-vous la condicion d’iceulx
-péchiés de l’un après l’autre et premièrement des sept péchiés, et à la
-fin d’iceulx trouverez les vertus qui aux péchiés sont contraires et
-les condicions d’icelles vertus.</p>
-
-<p>Orgueil est la racine et commencement de tous autres péchiés. Le péchié
-d’orgueil a cinq branches. C’est assavoir: inobédience, jactence,
-ypocrisie, discorde et singularité.</p>
-
-<p>Inobédience est la première branche, et par celle la personne pert
-Dieu et laisse ses commandemens et en désobéissant à Dieu elle fait la
-voulenté de la char, et acomplist ce que son cuer désire contre Dieu et
-contre raison; et tout ce vient d’orgueil.</p>
-
-<p>La seconde branche qui vient d’orgueil est jactence; c’est quant la
-personne est haulsée et eslevée par orgueil ou des biens ou des maulx
-qu’elle a fais ou fait ou pourroit faire. Mais bien et mal, ces deux
-choses ne viennent pas de nous. Car le bien que créature fait vient
-de Dieu qui est bon et de sa grâce, et le mal vient de la mauvaise
-condicion de créature et de sa mauvaise nature, pour ce que elle se
-trait à la condicion de l’ennemy qui est mauvais. Et certes quant
-personne fait bien, pour ce qu’il vient de la bonne pourvéance de Dieu
-qui est bon, il en doit avoir l’onneur et la gloire, et la personne
-faisant bien en doit avoir le prouffit; et du mal nous devons haïr
-l’ennemy qui nous attrait et maine à ce par orgueil.</p>
-
-<p>La tierce branche qui vient d’orgueil est ypocrisie;<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-30" id="page_vol-1-30"></a>{v. 1, p.30}</span> ypocrisie est
-quant la personne fait semblant par dehors qu’elle est pleine de vertus
-par dedens et qu’elle fait et dit plus de biens qu’elle ne fait. Et
-quant elle voit que l’en cuide qu’elle soit bonne, elle y prent grant
-plaisir et vaine gloire. Vaine gloire est le denier au Déable dont il
-achète toutes les belles denrées en la foire de ce monde et les denrées
-sont les biens que Dieu a donné à homme et à femme, c’est assavoir
-les biens de nature, les biens de fortune et les biens de grâce. Les
-biens de nature viennent du corps et sont beauté, bonté, bon langaige,
-bon sens pour entendre, bon engin pour retenir. Les biens de fortune
-sont richesses, haultesses, honneurs et prospérités; et les biens de
-grâce sont vertus et bonnes oeuvres. Tous ces biens vend l’orgueilleux
-au Déable pour le faulx denier de vaine gloire. Tous ces biens abat
-le vent de vaine gloire. Et dois savoir que en ces biens de grâce qui
-sont vertus et bonnes oeuvres, comme dit est, est l’omme ou femme par
-le Déable tempté en trois manières. L’une quant la créature s’esjoïst
-des biens qu’elle fait; l’autre quant la créature aime à estre loée
-de ses oeuvres, et la tierce quant la créature fait les biens en
-intencion d’avoir le los et d’estre tenu pour preudomme. Et teles
-personnes ypocrites ressemblent l’ort fumier lait et puant que l’en
-cuevre de drap d’or et de soie pour ressembler estre plus honnoré et
-mieulx prisié. Ainsi se cuevrent tels ypocrites qui mettent la bonne
-couverture dehors en intencion d’acquérir amis pour avoir plus grant
-bien ou plus grant office qu’ils n’ont et dont ils ne sont dignes, et
-tel bien que autruy posside qui plus en est digne que eulx. Et de ce
-advient souvent qu’ils désirent et pourchassent la mort de cellui qui
-tient l’office à quoy<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-31" id="page_vol-1-31"></a>{v. 1, p.31}</span> ils béent et ainsi deviennent mauvais murtriers.
-Quant il advient qu’ils vivent longuement en telle espérance et n’en
-pevent venir à chief, ains meurent en celle folle bée<a name="FNanchor_118_118" id="FNanchor_118_118"></a><a href="#Footnote_118_118" class="fnanchor">[118]</a> où ils
-frisent<a name="FNanchor_119_119" id="FNanchor_119_119"></a><a href="#Footnote_119_119" class="fnanchor">[119]</a> et ardent tous en tel convoiteux espoir, ils chéent tout
-droit ou font de la paelle<a name="FNanchor_120_120" id="FNanchor_120_120"></a><a href="#Footnote_120_120" class="fnanchor">[120]</a> ou le Déable fait les fritures d’enfer.
-Ainsi leur bienfait est perdu et ne leur vault pour ce qu’ils le font
-en male intencion. Hélas! faulse monnoie dont vient ceste<a name="FNanchor_121_121" id="FNanchor_121_121"></a><a href="#Footnote_121_121" class="fnanchor">[121]</a> Et ceste
-troisième branche d’ipocrisie vient d’orgueil.</p>
-
-<p>La quarte branche qui vient d’orgueil si est discorde ou contencion.
-C’est à dire quant une personne ne se veult acorder au fait et au dit
-des autres personnes et si veult que ce qu’il dit ou fait soit tenu
-pour ferme et vray, soit voir<a name="FNanchor_122_122" id="FNanchor_122_122"></a><a href="#Footnote_122_122" class="fnanchor">[122]</a> ou mensonge, et ce que autre et plus
-sage de luy dira soit de nulle value; et tout ce fait vient d’orgueil.</p>
-
-<p>La quinte branche qui vient d’orgueil si est singularité; c’est à
-dire quant la personne fait ou dit ce que nul autre ne saroit dire
-ou faire et veult surmonter et estre singulier en dis et en fais
-excellentement en tout, dont il se fait haïr et pour ce dit-l’en que
-orgueilleux ne sera jà sans plait<a name="FNanchor_123_123" id="FNanchor_123_123"></a><a href="#Footnote_123_123" class="fnanchor">[123]</a>, et non est-il. Et tout ce vient
-d’orgueil, c’est assavoir inobédience, jactence, ypocrisie, discorde,
-et singularité.</p>
-
-<p>Le pécheur ou pécheresse doit commencer sa confession en ceste manière:
-Sire qui estes vicaire et lieutenant de Dieu, je me confesse à Dieu
-le tout puissant et à la benoite vierge Marie et à tous les Sains de
-paradis, et à vous, chier père, de tous mes péchiés lesquels<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-32" id="page_vol-1-32"></a>{v. 1, p.32}</span> j’ay fais
-en moult de manières. Premièrement d’orgueil: j’ay esté orgueilleux ou
-orgueilleuse et ay eu vaine gloire de ma beauté, de ma force, de ma
-louenge, de mon excellent aournement, et de l’abilité de mes membres
-et en ay donné matière et exemple de péchier à moult de hommes et de
-femmes qui me regardoient si orgueilleusement et quant je véoie que on
-me regardoit je considéroie la puissance que mes successeurs auroient
-en leur temps, et aussi ma puissance, ma richesse, mon estat, mes amis
-et mon lignaige, et comme il me sembloit que nul ne povoit à moy de
-toutes ces choses que j’ay cy devant dictes<a name="FNanchor_124_124" id="FNanchor_124_124"></a><a href="#Footnote_124_124" class="fnanchor">[124]</a>, et par ce péchié
-d’orgueil je suis cheu ou cheue ès branches<a name="FNanchor_125_125" id="FNanchor_125_125"></a><a href="#Footnote_125_125" class="fnanchor">[125]</a>.</p>
-
-<p>La première branche d’orgueil si est inobédience; car par orgueil
-j’ay désobéy à Dieu et ne luy ay pas porté honneur ne révérence comme
-à mon créateur qui m’a fait ou faicte et ma donné les biens de grâce
-de nature et de fortune dont j’ay méserré<a name="FNanchor_126_126" id="FNanchor_126_126"></a><a href="#Footnote_126_126" class="fnanchor">[126]</a> et mal usé et les ay
-mis et despendus en mauvais usaiges comme en vanités et honneurs du
-monde, sans lui recongnoistre ou mercier, ne pour luy aux povres riens
-donner, ains les ay eu en desdaing et en despit et pour ce qu’ils me
-sembloient tous deffigurés et tous puans je ne les laissoie aprouchier
-de moy, ains me tournoie de l’autre part, afin que je ne les véisse.
-Je n’ay pas porté honneur ne révérence à mes amis qui sont de mon sang
-et de ma char, espécialment à mes père et mère et les prédécesseurs
-dont je suis venu, à mes frères et seurs naturels, à mon mary et autres
-bienfaicteurs et souverains, ne à mes autres frères et seurs d’Ève
-et d’Adam, car je n’ay<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-33" id="page_vol-1-33"></a>{v. 1, p.33}</span> nul autre prisié fors moy tant seulement. Et
-quant on m’a voulu monstrer mon bien et corrigier de mon mal quant je
-l’ay eu fait, je ne l’ay voulu souffrir, ains ay eu en indignacion et
-en despit ceulx qui m’ont ce monstré et leur ay esté pire après et
-plus fel que devant, et leur en ay mis sus blasme et vilenie grande en
-derrière d’eulx; j’ay sur eulx parlé vilainement, et tout ce m’est venu
-d’orgueil et de sa branche de inobédience.</p>
-
-<p>Par jactence, qui est la seconde branche d’orgueil, j’ay diligemment
-escouté le maldire d’autruy et si l’ay creu et voulentiers raconté
-ou plus vilain entendement<a name="FNanchor_127_127" id="FNanchor_127_127"></a><a href="#Footnote_127_127" class="fnanchor">[127]</a>. Et aucune fois, pour vengence ou
-pour mal, ay-je dit sur autruy ce dont je ne sçavoie riens. Je me
-suis eslevé ou eslevée et vanté de mes maulx que j’avoie fais et dis
-et y prenoie grant gloire. Et se on disoit aucune chose de moy qui
-appartenist à sens, à bon los, ou beauté et on le deist en ma présence
-et à mon ouie et que ce ne fust à moy, je ne me excusoie pas, qu’il ne
-feust en moy, ains me taisoie pour moy accorder et m’y délictoie et
-prenoie grant plaisance. Je me suis eslevé ou eslevée et ay eu orgueil
-des grans despens que j’ay aucune fois fais et des grans oultraiges et
-superfluités, comme de viandes grandes et oultrageuses, comme à donner
-grans mengiers et belles chambres, assembler grans compaignies, donner
-joyaulx aux dames et aux seigneurs et à leurs officiers ou ménestriers
-pour estre alosé<a name="FNanchor_128_128" id="FNanchor_128_128"></a><a href="#Footnote_128_128" class="fnanchor">[128]</a> d’eulx et pour dire de moy que je fusse noble et
-vaillant et large; certes de povres créatures ne me chaloit-il<a name="FNanchor_129_129" id="FNanchor_129_129"></a><a href="#Footnote_129_129" class="fnanchor">[129]</a>
-rien. Certes, Sire, j’ay affermé aucunes choses estre vrayes de quoy je
-n’estoie mie certain et ce faisoie-je<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-34" id="page_vol-1-34"></a>{v. 1, p.34}</span> pour plaire aux gens présens qui
-devant moy estoient et en parloient et tout ce ay-je fait par jactence.</p>
-
-<p>Par ypocrisie, je me suis faint le saint home ou sainte femme et
-monstré grant semblant de l’estre et mis grant peine de en acquérir le
-nom devant les gens, et toutesvoies ne me suis-je point tenu de péchier
-et d’en faire assez quant j’ay veu que je l’ay peu faire couvertement
-et en repostaille<a name="FNanchor_130_130" id="FNanchor_130_130"></a><a href="#Footnote_130_130" class="fnanchor">[130]</a>, et certes aussy ay-je fait du bien aux povres
-et des pénitences devant les gens plus pour en avoir leur nom<a name="FNanchor_131_131" id="FNanchor_131_131"></a><a href="#Footnote_131_131" class="fnanchor">[131]</a> et
-leur louenge que pour la grâce de Dieu. Et aussi par plusieurs fois
-monstroie-je par dehors d’estre en voulenté de tel bien faire dont mon
-cuer n’avoit voulenté, et ce faisoie-je pour avoir le nom du peuple,
-jasoit-ce que je sceusse bien que c’estoit fait au desplaisir de mon
-créateur. Et aussi me suis-je offert à moult de gens de faire telle
-chose pour eulx dont je n’avoie nul talent ne nul corage, et oultre je
-tenoie<a name="FNanchor_132_132" id="FNanchor_132_132"></a><a href="#Footnote_132_132" class="fnanchor">[132]</a> de moy mesmes moult de biens qui n’y estoient mie, et se
-aucun peu en y avoit, il ne me souvenoit ne me vouloit souvenir qu’il
-venist de Dieu, si comme j’ay dit devant, ne à Dieu n’en savoie-je nul
-gré; et tout ce faisoie-je par ypocrisie avec grant orgueil.</p>
-
-<p>J’ay esté ferme en discorde et en contencion, qui est la quarte branche
-d’orgueil. Car se je commençasse à soustenir aucune chose ou le fait
-d’aucune personne, pour soustenir son bien ou pour destruire un autre,
-où je me mectoie en grant peine de la défendre ou confondre, feust
-droit ou tort, j’ay en injuriant autruy raconté aucune fois aucunes
-choses mensongières et les ay affermées estre vraies pour faire à
-aucunes gens leur<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-35" id="page_vol-1-35"></a>{v. 1, p.35}</span> gré et leur faire plaisir; j’ay par despit esmeu
-aucunes fois aucunes personnes à ire, à courroux et à discorde dont
-moult de maulx venoient aucunes fois depuis; et d’autres ay-je fait
-jurer, parjurer et fait mentir, et par les discordes que j’ay mues et
-les mensongières paroles que j’ay dictes estre vraies et affermées et
-fait jurer et affermer, j’en ay plusieurs personnes moult scandalisées
-et courroucées par ma désordonnance. Quant je me suis aucune fois
-confessé, en ma confession je me suis excusé et mectoie mon excusation
-premièrement, et après coulouroie en ma faveur la cause de mon péchié,
-ou je mectoie ma deffaulte sur une autre personne et disoie qu’elle
-avoit fait la faulte de laquelle j’estoie le plus coulpable, ne je
-ne m’encusoie pas, ains disoie: <i>tel me le fist faire et je ne m’en
-donnoie garde</i>, et en celle manière disoie-je pour moy excuser de mes
-péchiés lesquels me sembloient trop griefs, et oultre je laissoie
-et taisoie les grans et orribles péchiés, et encores des petis et
-des légiers que je disoie ne disoie-je mie les circonstances qui
-estoient appartenans à iceulx péchiés, si comme les personnes, le
-temps et le lieu, etc. J’ay longuement demouré en mon péchié et par
-longue demeure je suis cheue ès autres mortels péchiés. A l’un de mes
-confesseurs<a name="FNanchor_133_133" id="FNanchor_133_133"></a><a href="#Footnote_133_133" class="fnanchor">[133]</a>, et à l’autre qui par aventure me plaisoit mieulx, je
-disoie les autres plus grans péchiés en intencion d’estre de luy moins
-corrigié et avoir maindre pénitence pour la familiarité que j’avoie
-avec luy ou qu’il povoit avoir en moy. J’ay désiré vaine gloire en
-quérant les honneurs et estre pareil aux plus grans ès vestemens, ès
-autres choses aussi, et ay eu<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-36" id="page_vol-1-36"></a>{v. 1, p.36}</span> gloire d’estre des haultes personnes
-honnoré, d’avoir leur grâce, estre haultement saluée et que honneur et
-grant révérence me fust portée pour ma beauté, pour ma richesse, pour
-ma noblesse, pour mon lignaige, pour estre joliement acesmée<a name="FNanchor_134_134" id="FNanchor_134_134"></a><a href="#Footnote_134_134" class="fnanchor">[134]</a>, pour
-moult bien chanter, dancer et doulcement rire, jouer et parler. J’ay
-voulu et souffert estre la plus honnorée partout: j’ai esté preste
-à oïr divers instrumens et mélodies, enchantemens, as parties<a name="FNanchor_135_135" id="FNanchor_135_135"></a><a href="#Footnote_135_135" class="fnanchor">[135]</a>
-et autres plusieurs jeux qui sont gouliardois<a name="FNanchor_136_136" id="FNanchor_136_136"></a><a href="#Footnote_136_136" class="fnanchor">[136]</a>, désordonnés et
-lesquels n’estoient pas de Dieu ne de raison, car je rioie et me tenoie
-moult orgueilleusement et en grant esbatement. J’ay voulu avoir et
-user de vengence et avoir punicion de ceulx que j’ay seulement pensé
-qu’ils m’avoient voulu mal ou mal fait et en ay voulu avoir haultement
-et estroitement mon désir acompli, feust tort ou droit, sans les
-espargner, ne avoir d’eulx aucune mercy, et ce, chier père, ay-je fait
-par mon orgueil et m’en repens; si vous en requier pardon et pénitence.</p>
-
-<p>Après s’ensuit le péchié d’envie, lequel descent d’orgueil. En envie
-a cinq branches. C’est assavoir: haine, machinacion, murmuracion,
-détraction et estre lié<a name="FNanchor_137_137" id="FNanchor_137_137"></a><a href="#Footnote_137_137" class="fnanchor">[137]</a> du mal d’autruy et courroucié du bien
-d’autruy. Envie est née du péchié d’orgueil, car quant une personne
-est orgueilleuse elle ne veult avoir nul pareil semblable à lui, ains
-a envie se aucun autre est le plus hault ou aussi hault que lui en
-aucune chose, ou en aucuns biens, ou grâces, ou en sciences, ou qu’elle
-vaille mieulx que lui, et pour ce elle l’a en grant haine et la het et
-s’efforce tousjours de impétrer<a name="FNanchor_138_138" id="FNanchor_138_138"></a><a href="#Footnote_138_138" class="fnanchor">[138]</a> la louenge et le bien d’autruy<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-37" id="page_vol-1-37"></a>{v. 1, p.37}</span>
-par sa parole et par son blasme: et c’est la première branche d’envie.</p>
-
-<p>La seconde branche d’envie si est machinacion: c’est à dire quant une
-personne porte mauvaises paroles d’aucunes personnes par envie et
-recorde mal de l’une personne à l’autre par mauvaises acoustumances en
-apetissant le bien d’autruy et en accroissant le mal.</p>
-
-<p>La tierce branche est murmuracion: c’est à dire que le cuer murmure de
-ce que plus grant maistre de lui lui commande, ou que on ne lui dit ou
-de ce que on ne lui fait pas ainsi comme aux autres, ou elle n’en ose
-parler.</p>
-
-<p>La quarte branche d’envie si est détraction: c’est à dire quant une
-personne dit mal et parle en derrière et dit ce qu’il scet de lui et ce
-qu’il ne scet pas, et qu’il contreuve et pense comment il pourra dire
-chose par quoy il pourra nuire et grever celluy de qui il parle, et
-quant il oit mal dire de cellui, il aide à son povoir de le accroistre
-et exaulcer, et de ce parle moult griefment quant il voit son point,
-pour ce qu’il scet qu’il ne le peut en nulle manière plus dommagier et
-scet qu’il ne lui peut restituer sa bonne renommée qu’il luy oste, et
-ainsi lui mesmes se met à mort.</p>
-
-<p>La quinte branche si est d’avoir joie du mal d’autruy ou de son
-empeschement et destruire à son povoir le bien quand il scet qu’il doit
-venir à autruy, et de ce bien il est triste et dolent. Et de toutes
-ces choses tu dois dire en ta confession: Sire, en toutes ces choses
-que j’ay cy devant nommées j’ay moult grandement péchié; car, de mon
-cuer je l’ay pensé, et de mon mauvais couraige je l’ay fait, et de ma
-faulse bouche je l’ay dit et semé partout où j’ai peu, et se je ay bien
-dit<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-38" id="page_vol-1-38"></a>{v. 1, p.38}</span> de lui ou d’un autre, je l’ay dit faintement et par faintise, et
-toutesvoies m’en suis-je mocqué; voire et de ceulx de qui je deusse le
-bien et l’onneur garder et le peusse bien avoir fait se je voulsisse,
-je l’ay trestourné et converti à mal; et, quant je véoie qui mal en
-disoit je me mectoie et aloie avec, et me consentoie au mal dire et
-affermer à mon povoir du cuer, de la bouche et du corps. Et tout, chier
-père, ay-je fait par mon envie et m’en repens, si vous en requier
-pardon.</p>
-
-<p>Après envie vient le péchié d’ire qui descent d’envie. Ou péchié d’ire
-a cinq branches, c’est assavoir: haine, contencion, présumpcion,
-indignacion et juracion. Haine est quant aucune personne ne puet mectre
-autruy en sa subjection ou qu’elle ne puet commander et suppéditer
-cellui qu’elle vouldroit bien comme plus grant de lui et en vouldroit
-avoir la seignourie et la subjection, elle en est dolente et courroucée
-et en a le cuer enflé. C’est la première branche d’ire. La seconde
-branche d’ire si est quant en parlant la personne a le cuer enflé à
-mal faire et dire et quant elle parle laidement et désordonnéement
-par ire contre aucun autre. La tierce branche de ire si est quant
-par parler meslées et batailles viennent et dissencions, et lors
-la personne doit penser se aucuns de son costé ou d’autre ont esté
-grevés de chevance ou de corps par ses paroles; car en ce cas seroit
-la personne cause de tout le mal qui seroit advenu. La quarte branche
-de ire si est quant par ton ire tu as esmeu Dieu par jurer. La quinte
-branche de ire si est quant par ton ire tu as esmeu et fait esmouvoir
-les autres à courroux, et de ce tu te dois confesser ainsi: Sire, j’ay
-le nom de Dieu parjuré par mon ire, et de Dieu mauvaisement parlé et
-de la benoite<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-39" id="page_vol-1-39"></a>{v. 1, p.39}</span> vierge Marie sa doulce mère et de tous les Sains de
-paradis; j’ay eu indignacion contre autres personnes, et par mon ire
-leur ay véé<a name="FNanchor_139_139" id="FNanchor_139_139"></a><a href="#Footnote_139_139" class="fnanchor">[139]</a> ma parole; monseigneur mon père et madame ma mère ay
-par mon ire courrouciés et despiteusement à eulx parlé et par ire les
-ay mal regardés et désiré la fin de leurs jours; aux povres ay moult
-despiteusement parlé et par mon ire les ay appellé truans. Sire, j’ay
-par mon ire esmeu plusieurs à jurer moult vilainement et de moult
-vilains sermens; mes serviteurs et moult d’autres ay-je fait esmouvoir
-à courroux et les ay esmeus à mal faire. Et ay moult de fois pensé à
-moy vengier de ceulx que je hayoie et voulentiers les meisse à mal
-quant je les avoie à contrecuer se je peusse. Grant pièce et long temps
-ay-je esté en haine, dont je me repens, et pour ce, chier père, je vous
-en requier pardon et pénitence.</p>
-
-<p>Après si est le péchié de paresse qui est le quart péchié mortel duquel
-si naist et descent oysiveté qui est lait blasme et laide tache en
-personne qui vueille estre bonne. Car il est dit en l’Euvangille que au
-jour du jugement toute personne oyseuse aura à rendre compte du temps
-qu’elle aura perdu par son oysiveté. Or est grant merveille quelle
-défense les oyseux auront, quant devant Dieu ils seront accusés. En un
-autre lieu en L’Euvangille il est dit que la vie du corps oyseux est
-ennemi mortel à l’âme et monseigneur saint Jérosme dit ceste auctorité:
-fay toujours aucune chose afin que l’ennemy ne te treuve oyseux; car il
-est coustumier de ceulx qui sont oyseux mectre en ses euvres et en ses
-besongnes. Et monseigneur saint Augustin dit ou livre de l’Euvre des
-moines que nulle personne puissant<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-40" id="page_vol-1-40"></a>{v. 1, p.40}</span> de labourer ne doit estre oyseux.
-Ce seroit trop longue chose de réciter les dis de tous les saiges
-hommes qui blasment oysiveté et paresse.</p>
-
-<p>Le péchié de paresse a six branches. La première branche si est
-négligence, la seconde rancune, la tierce charnalité, la quarte vanité
-en cuer, la quinte branche désespéracion, la sixiesme est présumpcion.</p>
-
-<p>Négligence c’est quand l’en aime et craint si peu Dieu et en souvient
-si peu que parce que on n’en tient ainsi comme nul compte, l’en ne fait
-nul bien pour lui ne pour son amour, et de ce faire est-l’en paresseux
-et négligent et l’en n’est mie paresseux de quérir son plaisir et ses
-aises. Certes c’est grant péchié que d’estre paresseux de bien faire.
-Car il est trouvé en l’Escripture que se une personne n’avoit onques
-péchié, ne jamais ne péchast, et elle ne feist aucun bien mais laissast
-ainsi passer le temps, elle pourroit aller en enfer; et ceste première
-branche de négligence naist de paresse.</p>
-
-<p>La seconde branche si est quant une personne a rancune en son cuer
-contre un autre, et pour la mauvaise voulenté qu’elle a à luy,
-s’applique à vengence et en ce s’endort et crout<a name="FNanchor_140_140" id="FNanchor_140_140"></a><a href="#Footnote_140_140" class="fnanchor">[140]</a>, et en délaisse à
-faire ses pénitences, ses aumosnes et autres biens. Car tousjours ceste
-personne rancuneuse pense à grever celluy qu’elle het, et de jour et
-de nuit y met toute sa pensée; ainsi délaisse à faire le bien qu’elle
-doit, et c’est la seconde branche qui est en paresse.</p>
-
-<p>La tierce branche de paresse si est charnalité. Charnalité si est quant
-l’en quiert le désir de la char, comme dormir en bons lits, reposer
-longuement, gésir grandes matinées, et au matin quant l’en est bien
-aise en son lit<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-41" id="page_vol-1-41"></a>{v. 1, p.41}</span> et l’en oit sonner la messe, l’en n’en tient compte et
-se tourne-l’en de l’autre costé pour rendormir, et telles gens lâches
-et vaines ont plus chier perdre quatre messes que une sueur ou un
-somme; et c’est la tierce branche de paresse.</p>
-
-<p>La quarte branche de paresse si est vanité: c’est à dire quant une
-personne scet bien qu’elle est en péchié et elle est de si vain cuer
-qu’elle ne se peut ou ne vuelt ou ne daigne retourner à Dieu par
-confession et par dévocion, ains pense et promet tousjours à lui-mesme
-de amender sa vie de jour en autre, et si ne se corrige point, ains est
-paresseux et négligent de soi retourner et ainsi ne lui chault de faire
-aucun bien et les commandemens de Dieu, si comme bonne personne le doit
-faire et garder; et c’est la quarte branche de paresse.</p>
-
-<p>La quinte branche si est désespéracion; c’est une manière de péchié que
-Dieu het moult et quiconques est pris en ce péchié il est dampné si
-comme Judas qui en désespérance se pendit, car il cuidoit tant avoir
-fourfait envers Dieu que jamais ne peust impétrer de lui miséricorde,
-et quiconques meurt en ce péchié et n’a point d’espérance de la
-miséricorde de Dieu il pèche contre le Saint Esperit et contre la bonté
-de Dieu; et pour ce en nulle manière on ne doit cheoir en ce péchié
-de désespérance ne y demourer. Car se tu chiez et fais un très grand
-péchié comme d’ardre maisons et ardre les biens de saincte église par
-force qui est sacrilége, tu fais pis que tous les sept péchiés mortels,
-mais encores dis-je que la miséricorde de Dieu est plus grande à
-pardonner. Toutesvoies, se tu te veulx confesser et faire pénitence et
-à Dieu retourner, voire se tu avoies fait plus de maulx que langue ne
-pourroit dire, ne cuidier<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-42" id="page_vol-1-42"></a>{v. 1, p.42}</span>, ne cuer penser, si trouveroies-tu en lui
-miséricorde; et c’est la quinte branche de paresse.</p>
-
-<p>La sixiesme branche si est présumpcion: c’est quant une personne est
-si oultrecuidiée et si orgueilleuse qu’elle croit que pour péchié
-qu’elle eust fait, ne pourroit faire, elle ne pourroit estre dampnée;
-et telles gens sont d’opinion telle qu’ils dient que Dieu ne les a
-pas fais pour estre dampnés. Et ils doivent savoir que Dieu ne seroit
-pas juste s’il donnoit paradis aussi bien à ceulx qui ne l’aroient
-point desservi que à ceulx qui l’aroient desservi. Ce ne seroit pas
-justement jugié que autant en emportast l’un que l’autre, car s’il
-estoit ainsi, l’en ne feroit jamais bien, puisque autel guerdon auroit
-cellui qui ne serviroit point Nostre Seigneur, comme cellui qui le
-serviroit. Certes ceulx qui ainsi le croient pechent contre la bonne
-justice de Dieu, contre sa bénignité et sa doulceur. Car combien qu’il
-soit plain de miséricorde, si comme j’ay dit devant, si est-il juste
-justicier, et chacun si est fait pour servir icelluy créateur et pour
-faire sa voulenté, et ainsi peut-l’en avoir et desservir le royaume de
-paradis et autrement non, car qui de son service faire est négligent et
-paresseux, il peche. Et pour ce, tu qui es paresseux te dois confesser
-des branches de paresse et dire ainsi. Sire, j’ay aussi erré en toutes
-les branches de paresse; par ma négligence ou service de Dieu ay esté
-lent, paresseux et négligent en la foy et curieusement pensé de l’aise
-de ma charongne, et ce que j’ay ouy de l’Escripture je ne l’ay pas
-retenu ne mis à oeuvre par ma paresse. Après, je n’ay pas rendu grâce
-à Dieu, si comme je deusse, des biens espirituels et temporels qu’il
-ma donnés et envoiés, et oultre je n’ay pas<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-43" id="page_vol-1-43"></a>{v. 1, p.43}</span> servi Dieu si comme je
-deusse, selon les grâces et les vertus qu’il m’a données. Je n’ay pas
-dit ne fait les biens que je peusse avoir dit ou fait et ay esté lent
-et paresseux ou service de Nostre Seigneur et ay servi et ay esté
-curieux ou service mondain, et aussi j’ay plus servi à moi et à ma char
-et y ay mis plus grant entente que ou service de mon doulx créateur.
-J’ay esté moult oyseux longuement, dont moult de maulx et mauvaises
-pensées et cogitacions me sont venues.</p>
-
-<p>Après tu dois dire en toi confessant que quant on chantoit la messe,
-ou aucune heure, ou quant tu estoies en dévocion, ou en disant tes
-heures, tu estoies en vaine cogitacion et mauvaises pensées lesquelles
-ne te povoient proufiter, ains te nuisoient à ton sauvement. Et pour
-ce tu dois dire ainsi: Sire, et quand je apercevoie ces choses, je
-ne retournoie pas à Dieu ne me rapaisoie à lui si comme je deusse.
-Et oultre, Sire, quant l’en disoit et faisoit le service de Dieu je
-jengloie et disoie paroles oyseuses et de telles qui n’appartenoient
-pas de parler à l’église. Sire, j’ay dormi en l’église quant les autres
-prioient Dieu. Sire, aucune fois je ne me suis pas confessé quant ma
-conscience me remordoit et ramentevoit mon mal, et mesmement quant
-j’avois lieu et espace et temps convenable je ne me disposoie pas à
-ce, ains disoie en mon couraige, par ma paresse, tu le feras bien
-une autre fois ou une autre sepmaine, ou une autre journée, et par
-telles attentes et négligences je oublioie moult de péchiés; après
-par négligence et par paresse ay-je oublié à faire mes pénitences
-enjointes. Je n’ay pas monstré bon exemple à mes gens. Car par ma
-très déshonneste conversacion à qui ils prenoient garde pour ce que
-j’estoie leur souverain, je les<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-44" id="page_vol-1-44"></a>{v. 1, p.44}</span> mectoie en cause de péchier. Sire, et
-quand j’ay ouy mes gens jurer vilainement, je ne les ay pas reprins ne
-corrigiés, ains les ay escoutés et l’ay laissié passer par ma paresse.
-Après, Sire, quant je venoie à confesse je ne m’estoie point par avant
-advisée de mes péchiés que je devoie dire, ne n’y avoie point pensé;
-ains quant je me départoie de ma confession je me trouvoie plus plaine
-de péchiés que devant et de plus grans, et n’avoie point de diligence
-de retourner à mon confesseur, ains passoie ainsi le temps; et tout ce
-me faisoit paresse en quoy j’ay demouré et m’y suis tenu dont je me
-repens; et pour ce, chier père, je vous en requier pardon et pénitence.</p>
-
-<p>Après le péchié de paresse est avarice. Avarice est soi estroitement
-tenir, escharcement despendre, avec volenté désordonnée et ardeur de
-acquérir les biens de ce monde à tort ou à droit, ne peut chaloir
-comment, et toutesvoies la raison de la personne scet bien se l’en fait
-ou bien ou mal. Certes avarice a moult d’escoliers, comme exécuteurs de
-testamens qui enrichissent et retiennent les biens des mors qui telle
-amour leur monstrèrent à leur fin qu’ils les esleurent comme les plus
-espéciaulx pour avoir la cure du remède de leur salut, et après leur
-mort ils mordent en leur char comme tirans et s’engraissent de leur
-sang et de leur substance: tels gens sont escoliers d’avarice. Aussi
-en sont mauvais seigneurs qui par grosses amendes tolent la substance
-de leurs povres subjets; hosteliers et marchans qui vendent leurs
-choses oultre le juste pris et ont faulx pois et faulses mesures; faulx
-plaideurs qui par plait et par barat font dégaster aux gens simples le
-leur et les tourmentent ès cours des grans seigneurs<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-45" id="page_vol-1-45"></a>{v. 1, p.45}</span> tellement et si
-longuement qu’ils ont d’eulx leur désir comment qu’il soit. Avarice,
-comme dit est, est née de paresse; quant une personne est paresseuse et
-négligente de faire ou ouvrer ce qui est de nécessité pour son corps
-soustenir et ce qui lui est proufitable et par icelle paresse il laisse
-et pert à acquérir sa substance, pour refournir sa faculté<a name="FNanchor_141_141" id="FNanchor_141_141"></a><a href="#Footnote_141_141" class="fnanchor">[141]</a> lui
-vient convoitise de rapine et voulenté de retenir l’autruy injustement
-et sans raison. Se tu es riche et puissant et tu as assez et largement
-et te doubtes que ton avoir ne te doie faillir et pour ce tu ne donnes
-quant il est temps et nécessité aux povres, ou quant tu ne rens ce que
-tu as de l’autruy, soit par emprunt ou autrement, mauvaisement acquis,
-tu peches en avarice.</p>
-
-<p>Avarice a sept branches: la première si est larrecin, la seconde
-rapine, la tierce fraude, la quarte décepcion, la quinte usure, la
-sixiesme hazart et la septiesme simonie.</p>
-
-<p>Larrecin est quant une personne injustement et de nuit prent aucune
-chose sans le sceu et contre la voulenté de cellui à qui la chose est;
-et c’est la première branche d’avarice.</p>
-
-<p>La seconde branche d’avarice si est rapine; c’est quant une personne
-ravit aucune chose de l’autruy, et quant il l’a, il ne la veult rendre
-ou envoier à cellui à qui elle doit estre, ains par avarice le retient
-et recelle pour ce qu’elle lui plaist, et s’il l’oït demander par
-aventure, si ne la veult-il enseignier, ains la recelle et la muce que
-nul ne la puisse trouver.</p>
-
-<p>La tierce branche d’avarice si est fraude: c’est quant une personne,
-par décepcion, par barat ou frauduleusement<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-46" id="page_vol-1-46"></a>{v. 1, p.46}</span> en l’achat ou vente d’une
-chose dit mensonges à la personne de qui elle veult acheter ou vendre,
-en lui faisant faulx entendre et que la chose vaille mieulx ou plus
-qu’elle ne fait.</p>
-
-<p>La quarte branche d’avarice si est décepcion: c’est à dire quant une
-personne monstre par dehors à aucun chose de belle apparence et le mal
-n’appert mie et il le laisse et ne le dit mie et dit et afferme et jure
-que la chose est bonne et vraie, et il scet bien qu’il n’est pas ainsi.
-Et ainsi font faulx marchans qui mectent le plus bel et le meilleur
-dessus et le pire dessoubs et jurent que tout est bon et loyal, et
-ainsi est décepcion, car ils déçoivent les gens et font faulx seremens.</p>
-
-<p>La quinte branche d’avarice si est usure: c’est à dire quant une
-personne preste son argent pour en avoir plus grant somme pour la
-longue tenue, ou vent son blé ou son vin plus chier par ce qu’il donne
-long terme, et ainsi de toutes autres marchandises desquelles je me
-passe quant à présent, car c’est moult longue chose que de usure et
-moult mauvaise.</p>
-
-<p>La sixiesme branche d’avarice si est le hazart: si est quant on joue
-aux dés pour gaigner l’argent d’autruy et y a moult de barat, de
-convoitise, d’avarice et de décepcion, si comme faulsement compter et
-d’argent prester pour gaigner, comme prester douze deniers pour treize;
-et en tels jeux sont fais moult de seremens et de mauvais comme de
-jurer Dieu et Nostre Dame et tous les Sains de paradis, et sont fais et
-dis moult de maulx: pour ce s’en doit-l’en garder.</p>
-
-<p>La septiesme branche d’avarice si est simonie: c’est à dire quant les
-sacremens de sainte église sont vendus ou achetés ou les prébendes
-des églises, et tels péchiés<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-47" id="page_vol-1-47"></a>{v. 1, p.47}</span> viennent de clercs et de religieux et
-viennent aussi de mal païer les dismes et de pénitences mal faictes et
-mal garder les commandemens de sainte église et de mal distribuer ce
-qui doit estre donné pour Dieu.</p>
-
-<p>Le Déable fait six commandemens à l’avaricieux: le premier, que il
-garde très bien le sien; le second, qu’il ne le preste sans acquest,
-ne n’en face bien devant sa mort; le tiers, qu’il mengeusse tout seul,
-ne ne face courtoisie ne aumosne; le quart, qu’il restraigne sa mesnie
-de boire et de mengier; le quint, qu’il ne face miectes ne relief; le
-sixiesme, qu’il entende diligemment à acquérir pour ses hoirs.</p>
-
-<p>De toutes ces choses de quoi ta conscience te juge tu t’en dois
-confesser, et de tout ce dont tu te sens coulpable et qui regarde le
-péchié d’avarice, et dire l’un après l’autre par l’ordonnance que
-dessus, et à la fin, dois dire: Sire, chier père, de tout ce que je
-vous ay dit que j’ay péchié ou péchié d’avarice, je m’en repens très
-grandement et vous en requier pardon et pénitence.</p>
-
-<p>Après le péchié d’avarice vient le péchié de gloutonnie qui est
-parti en deux manières: l’une est quant l’en prent des viandes trop
-habondamment, et l’autre de parler gouliardeusement et oultrageusement.
-Le péchié de trop boire et de trop mengier est le plaisir au Déable.
-On treuve en l’Euvangille que Dieu donna povoir au Déable d’entrer ou
-ventre des pourceaulx pour leur gloutonnie et le Déable y entra et les
-mena en la mer et les fist noïer; ainsi entre-il ou corps des gloutons
-qui mainent vie déshonneste, et les boute en la mer d’enfer. Dieu
-commande à jeuner, et la gloute dit: <i>Je mengeray</i>. Dieu commande à
-aler au moustier et matin lever, et la gloute dit: <i>Il me fault dormir;
-je fus<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-48" id="page_vol-1-48"></a>{v. 1, p.48}</span> hier yvre. Le moustier n’est pas lièvre, il me attendra bien.</i>
-Quant elle est à quelque peine levée, savez-vous quelles sont ses
-heures? Ses matines sont: <i>Ha! de quoi burons-nous? Y a-il rien d’hier
-soir?</i> Après dit ses laudes ainsi: <i>Ha! nous beumes hier bon vin!</i>
-Après dit ses oroisons ainsi: <i>La teste me deult; je ne seray mais
-aise jusques j’aye beu</i>. Certes telle gloutonnie met femme à honte,
-car elle en devient ribaude, gouliarde et larronnesse. La taverne si
-est le moustier au Déable où ses disciples vont pour le servir et où
-il fait ses miracles<a name="FNanchor_142_142" id="FNanchor_142_142"></a><a href="#Footnote_142_142" class="fnanchor">[142]</a>; car quant les personnes y vont, ils vont
-drois et bien parlans, saiges et bien atrempés et advisés, et quant ils
-reviennent ils ne se pevent soustenir et ne pevent parler: ils sont
-tous fols et tous enragiés et reviennent jurant, battant et desmentant
-l’un l’autre.</p>
-
-<p>L’autre partie du péchié de la bouche est folement parler en moult
-de manières, dire paroles oyseuses, vantance, louenge, parjuremens,
-contens, murmuracion, rébellion, blasmes. Tu ne auras jà dicte si
-petite parole dont il ne te conviengne rendre compte devant Dieu.
-Hélas! que tu en dis à prime<a name="FNanchor_143_143" id="FNanchor_143_143"></a><a href="#Footnote_143_143" class="fnanchor">[143]</a> dont il ne te souvient à tierce.
-Parlers oyseux sont comme les bates du molin qui ne se pevent taire;
-les venteres et les pestrins ne parlent que de soy.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-49" id="page_vol-1-49"></a>{v. 1, p.49}</span></p>
-
-<p>Ce péchié de gloutonnie qui, comme dit est, est parti en deux parties,
-a cinq branches. La première branche si est quant une personne mengue
-avant qu’elle ne doit, c’est à dire trop matin, ou avant qu’elle ait
-dit ses heures, ou avant qu’elle ait esté au moustier et qu’elle ait oy
-la parole de Dieu et ses commandemens; car créature doit avoir sens et
-discrécion qu’elle ne doit pas mengier avant l’eure de tierce, se ce
-n’est pour cause de maladie ou de foiblesse ou pour aucune nécessité
-qui à ce le contraigne.</p>
-
-<p>La seconde branche de gloutonnie si est quant une personne mengue plus
-souvent qu’elle ne doit et sans nécessité. Car, si comme l’Escripture
-dit: Mengier une fois le jour est vie d’ange, et mengier deux fois le
-jour est vie humaine, et trois fois ou quatre ou plusieurs est vie de
-beste et non pas de créature humaine.</p>
-
-<p>La tierce branche de gloutonnie si est quant une personne boit et
-mengue tant le jour qu’il luy en est de pis, par quoy elle est yvre et
-prent une maladie dont il lui convient aler couchier au lit et est très
-griefve.</p>
-
-<p>La quarte branche de gloutonnie si est quant une personne mengue si
-gloutement d’une viande qu’elle ne la mache point, ains l’engloutit
-ainsi comme toute entière et plus tost qu’elle ne doit, si comme dit
-l’Escripture de Esaü qui fut le premier né de tous ses frères qui se
-hasta si de mengier que peu s’en failli qu’il ne se estrangla.</p>
-
-<p>La quinte branche de gloutonnie si est quant une personne quiert viande
-délicieuse tant soit chière<a name="FNanchor_144_144" id="FNanchor_144_144"></a><a href="#Footnote_144_144" class="fnanchor">[144]</a>, et se peut bien faire à moins et
-soy restraindre pour plus aidier à un povre ou à deux ou à plusieurs.
-Et c’est<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-50" id="page_vol-1-50"></a>{v. 1, p.50}</span> un péchié de quoy nous trouvons en l’Euvangille du mauvais
-riche qui estoit vestu de pourpre, lequel riche mengeoit chascun jour
-si largement des viandes et nul bien n’en vouloit faire au povre
-ladre, et de luy trouvons qu’il fut dampné pour ce qu’il vesquit trop
-délicieusement et n’en donna point pour Dieu si comme il devoit. Et
-de ces choses cy devant dictes tu te dois ainsi confesser: Sire, de
-toutes ces choses et de moult d’autres manifestement et souventes fois
-j’ay péchié et fait moult d’autres péchier et fait par ma cause faire à
-autres. J’ay maintes fois beu sans soif, par quoy mon corps en estoit
-péris et pis ordonné et mal disposé, et par ce j’estoie abandonnée à
-parler plus largement et plus désordonnéement et faisoie les autres
-péchier qui prenoient par moy et avec moy plus largement des biens
-qu’ils ne faisoient se je ne feusse; de viandes aussy ay-je mengié
-sans faim et sans nécessité et maintes fois que je m’en peusse bien
-passer à moins, et tant en prenoie que mon corps en estoit aucunes fois
-grevé et nature en estoit en moy plus endormie, plus foible et plus
-lasche à bien faire et à bien ouir, et tout ce venoit par le péchié de
-gloutonnie ou quel j’ay péchié comme j’ay dit, et pour ce, chier père,
-je m’en repens et vous en demande pardon et pénitence.</p>
-
-<p>Après est le péchié de luxure qui est né de gloutonnie, car quant la
-meschant personne a bien beu et mengié et plus qu’elle ne doit, les
-membres qui sont voisins et près du ventre sont esmeus à ce péchié
-et eschauffés, et puis viennent désordonnées pensées et cogitacions
-mauvaises, et puis du penser vient-on au fait. Et ce péchié de luxure
-si a six branches.</p>
-
-<p>La première si est quant un homme pense à une<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-51" id="page_vol-1-51"></a>{v. 1, p.51}</span> femme ou la femme à
-l’homme, et la personne a en celle pensée grant plaisance et s’y
-délicte grandement et y demeure longuement, et par longue demeure la
-char s’esmeut à délectation; non pourtant elle ne pécheroit point
-pour le premier esmouvement qui vient soudainement, se la personne
-contraignoit son couraige à y obvier et remédier, mais quant la
-personne n’y résiste ne contrarie si tost qu’elle devroit ou pouroit,
-ne elle n’a pas en voulenté ne en pensée de tourner son couraige
-autre part, ne de y résister, ains s’y délicte et demeure, elle peche
-mortelment.</p>
-
-<p>La seconde branche de luxure si est quant la personne se consent à
-faire le péchié, et si ne demeure pas en lui, et fait tout son povoir
-et quiert le temps et heure et le lieu où elle le pourra faire, et lors
-elle ne le puet faire ne accomplir, et non pourquant<a name="FNanchor_145_145" id="FNanchor_145_145"></a><a href="#Footnote_145_145" class="fnanchor">[145]</a> il lui plaist
-moult en son cuer. Combien que charnellement elle ne fait pas le fait,
-Dieu dit, et l’Escripture: Ce que tu veulx faire et tu ne peus est
-réputé pour fait. Et en autre lieu dit l’Escripture: La voulenté sera
-réputée pour fait advenu, soit bien ou mal. Et ceste seconde branche
-et aussi la première sont appellées <i>luxure de cuer</i>. Car il est deux
-espèces de luxure: c’est assavoir, luxure de fait et luxure de cuer. Et
-sont les devant dictes; et luxure de corps est quant le fait y est.</p>
-
-<p>La tierce branche de luxure si est quant une personne n’a point de
-femme espousée ou femme n’a point espousé d’homme et l’un peche avec
-l’autre, comme d’avoir à faire à femme qui n’est en rien liée, ne à
-homme qui n’est point lié; lors est le péchié appellé fornication.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-52" id="page_vol-1-52"></a>{v. 1, p.52}</span></p>
-
-<p>La quarte branche de luxure si est quant une personne a femme espousée,
-ou femme a homme espousé, et ils brisent leurs fois que ils doivent et
-ont promis à garder l’un à l’autre et l’un et l’autre pechent, et qui
-pis est, pevent faire faulx héritiers qui succéderoient; et tel péchié
-est appellé avoultire.</p>
-
-<p>La quinte branche de luxure si est quant homme ou femme a affaire
-charnelment à sa cousine ou qu’elle soit de son lignaige, soit loing
-ou près, ou à sa mère, ou à celle qui est du lignaige de sa femme, ou
-la femme a affaire à celluy du lignaige de son mary; et à femme de
-religion benoite ou non, ou en vigille de festes, en temps de jeûnes
-ou de festes, ou le jour que on doit garder, que homme marié ne doit
-pas aler à sa propre femme ne à autre, car ce seroit moult grief péchié
-lequel Dieu deffent en la loy; ou quant un homme est avec sa femme ou
-avec autres contre droit et autrement que honnestement, et ainsi comme
-raison l’enseigne en mariaige. Car tout homme peut moult grandement et
-en moult de manières péchier avec sa femme espousée. Et, pour ce, dit
-Ysaac en l’Escripture que qui est désordonnéement avec sa femme, c’est
-à dire pour la convoitise de la char, ou pour son seul délit, sans
-espérance de engendrer lignée, ou en lieu saint, que c’est péchié de
-fornication, et pour ce estrangla le Déable les sept maris de Sarra.</p>
-
-<p>La sixiesme branche de luxure si est un péchié qui est contre
-nature, comme soy corrumpre par sodomie, duquel péchié nous lisons
-en l’Escripture que pour cellui péchié Dieu en print telle vengence
-que cinq citez en Sodome et en Gomorre furent destruites et arses par
-pluie de feu et de souffre puant, duquel péchié il n’est<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-53" id="page_vol-1-53"></a>{v. 1, p.53}</span> pas bon
-tenir longues parolles pour l’orreur d’icellui péchié, car le Déable
-mesmes qui pourchasse icellui péchié en a honte quant on l’a fait. Et
-aussi quant une personne se corrompt par lui tout seul en veillant,
-et scet bien que c’est contre nature, ou déshonnestement en faisant
-atouchemens mauvais par quoy personne soit esmeue et en aucunes autres
-manières qui ne sont honnestes à dire, fors en confession. Car chascun
-scet bonnement et doit savoir que quant ils font tels péchiés, leurs
-cuers et leurs pensées leur dient bien que c’est contre Dieu et contre
-nature. Et pour ce, de toutes ces choses la créature pécheresse doit
-ses péchiés humblement dire à son confesseur et demander pardon et
-dire: J’ay péchié en ces péchiés et en grant jour de festes et en
-vigilles et peut-estre ès vigilles de Nostre Dame, ès festes, ou en
-karesme, ou en lieu saint comme au moustier, et doit dire une fois ou
-deux ou plusieurs et ès quels il peche plus que ès autres. Et à la fin,
-doit dire: Chier père, j’ay mespris et péchié comme j’ay dit ou péchié
-de luxure, et vraiement je m’en repens: si vous en requier pardon et
-pénitence.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Cy après s’ensuivent les noms et les condicions des sept vertus par
-lesquelles vertus l’en se puet garder de mortelment péchier, et
-premièrement:</p>
-
-<p>Humilité est contre orgueil; car ainsi comme orgueil naist de mauvais
-cuer orgueilleux et despit, et fait despire, perdre et mectre à mort
-le corps et l’âme, aussi humilité naist de cuer piteux et fait en ce
-siècle honnourer le corps, et l’âme mectre en joie pardurable, et pour
-ce est humilité comparée à la vierge Marie.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-54" id="page_vol-1-54"></a>{v. 1, p.54}</span> Ainsi comme orgueil est
-comparé à folie, en mal respondre, en forcenerie, en peu souffrir,
-desloyaulté ou foiblesse de bien faire, voulenté ou pensée de mal
-jugier par arrogance contre autruy et plusieurs autres mauvaises
-branches que tu peus avoir oy cy dessus sur le péchié d’orgueil, ainsi
-attrempance pour tout bien escouter, force de cuer de tout doulcement
-souffrir, justice pour tout le plaisir de Dieu acomplir sans mal faire
-à autruy, ne à ses fais, véés cy quatre pensées par quoy humilité
-entre et demeure au corps d’omme et deffent que orgueil ne s’y mecte.
-Premièrement, tu dois penser la vilité et l’ordure dont tu es engendré
-en péchié. Secondement, comment tu fus en si grant povreté sans âme
-jusques à tant que Dieu par sa grâce te resveilla. Tiercement, comment
-tu fus en si grant peine nourris et comment tu mourras, ne scez
-l’heure. Quartement, pense souvent quelle joye et quel bien tu auras de
-bien faire et quelle peine et quel dommaige tu auras de mal faire. Car
-de bien faire tu aras en ce siècle louenge et honneur, et après la mort
-joie perpétuelle sans tristesse, richesse sans povreté et santé sans
-langueur; pour mal faire à quoy tu mes grant peine et te couste moult à
-faire, tu seras en ce siècle mesprisié, en l’autre auras tristesse et
-peine périlleuse sans joie, povreté sans confort, maladie sans garison.
-Pense comment tu dois d’ores à jà<a name="FNanchor_146_146" id="FNanchor_146_146"></a><a href="#Footnote_146_146" class="fnanchor">[146]</a> morir, ne scez quant, ne où
-l’âme ira: voy comment la nuit et le jour se gaste le temps, et garde
-comment tu as ton temps oublié, dont il conviendra que de chascune
-heure tu rendes compte d’ores à jà; regarde comment tu as le temps
-gasté en moult de vils péchiés et de mauvais; regarde que tu n’as fait
-nul<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-55" id="page_vol-1-55"></a>{v. 1, p.55}</span> bien, et se par aventure tu en as fait aucun, si l’as-tu fait en
-péchié mortel et ne te prouffite ne te prouffitera néant.</p>
-
-<p>Amitié est contre le péchié d’envie: car ainsi comme le péchié envenime
-et art le cuer de l’envieux, si comme tu as oy dessus, ainsi la sainte
-vertu d’amitié qui est le don du Saint Esperit fait le cuer humble et
-doubteux; et pour ce l’appelle-on: <i>don de paour</i>. La vertu d’amitié
-est une doulceur, une rousée et un triacle<a name="FNanchor_147_147" id="FNanchor_147_147"></a><a href="#Footnote_147_147" class="fnanchor">[147]</a> contre envie: car ainsi
-comme envieux est tousjours triste et courroucié du bien d’autruy,
-ainsi le bon cuer plain d’amitié est tousjours lié des biens de son
-proïsme<a name="FNanchor_148_148" id="FNanchor_148_148"></a><a href="#Footnote_148_148" class="fnanchor">[148]</a> et est courroucié et a compassion de ses adversaires.
-La vertu d’amitié oste toute envie de cuer et fait l’omme content de
-ce qu’il a. Jamais tu n’auroies envie du bien de ton bon amy se tu
-l’amoies bien. La vertu d’amitié si se monstre en sept manières ainsi
-comme on congnoist l’amour des membres du corps en sept manières.
-Premièrement, l’un des membres contregarde l’autre qu’il ne luy
-mefface: ce commandement est escript que tu ne faces à autruy ce que
-tu ne vouldroies qu’il te feist. Après, l’un membre souffre l’autre
-doulcement, car se l’une des mains fait mal à l’autre, elle ne se
-revenchera pas: à ce appert la grant amour et débonnaireté que les
-membres du corps ont l’un vers l’autre, car ils ne se courroucent de
-riens que l’un face à l’autre, ne ils ne tiennent pas ne ont envie de
-riens que l’autre ait ou face; l’un secourt et aide à l’autre à son
-besoin sans requerre. Tous les membres aident à leur souverain, c’est
-assavoir au cuer: c’est parfaicte amitié sans envie, c’est droite
-obéissance et<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-56" id="page_vol-1-56"></a>{v. 1, p.56}</span> charité. Dont tu dois avoir telle pure amitié à ton
-proïsme qui est ton membre, car nous sommes tous membres de Dieu, et
-il est le corps. Dieu en l’Euvangille donne aux povres le ciel, et aux
-amiables et débonnaires la terre: or regarde dont où seront les envieux
-et les félons, fors ou tourment d’enfer?</p>
-
-<p>Débonnaireté est contre ire. La saincte vertu débonnaireté ou
-attrempance veult tousjours paix, équité et justice, sans faire tort à
-aucun, sans nullui courroucier, ne avoir haine à aucun, ne nullui ne
-het ne desprise. Ainsi comme ire est le feu qui gaste tous les biens
-de la maison du cuer félon, ainsi débonnaireté est le précieux triacle
-qui met partout paix et veult équité et justice. Equité a huit degrés
-moult bons à compter par quoy le preudomme paisible voit les las et
-les engins du Déable qui nous voit et nous ne le véons pas et nous
-espreuve griefment en plus de mille manières. Le Déable est philosophe,
-il scet l’estat et la manière d’omme et sa complexion et en quel vice
-il est plus enclin ou par nature ou par accoustumance, et d’icelle
-partie il l’assault plus fort; le colérique de ire et de discorde,
-le sanguin de joliveté et de luxure, le fleumatique de gloutonnie et
-de paresse, le mélencolieux d’envie et de tristesse. Pour ce se doit
-chascun défendre de ceste part où il scet que son chasteau est plus
-foible, pour soy combattre contre cellui vice que il voit dont il est
-plus assailli. Le débonnaire mect partout paix. Paix vaint toute malice
-et toute ire. Sans paix nul ne peut avoir victoire. Saint Pol dit que
-avec paix toutes autres vertus courent, mais paix court le mieulx,
-car elle gaigne l’espée. Toutes vertus se combattent, mais paix a la
-victoire, l’onneur et la couronne: toutes servent<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-57" id="page_vol-1-57"></a>{v. 1, p.57}</span>, mais ceste emporte
-le loyer. Justice est l’armeure de paix qui toutes les vaint, comme
-dit est. Jasoit-ce que le chevalier soit armé de paix et justice, si
-lui convient-il repentence de cuer, vraie confession de bouche et
-amende souffisant, et se l’une de ces trois choses y fault, l’armeure
-est faulsée et cellui qui la porte est vaincu et desconfit, et pert le
-loyer de paradis.</p>
-
-<p>Prouesse qui vault autant comme diligence est une sainte vertu contre
-le péchié de accide<a name="FNanchor_149_149" id="FNanchor_149_149"></a><a href="#Footnote_149_149" class="fnanchor">[149]</a> et de paresse: car ainsi comme le bourgois
-veille pour acquérir richesses à lui et à ses enfans, le chevalier et
-le noble veille pour acquerre pris et los ou monde; chascun selon son
-estat en ce siècle veille pour les choses mondaines acquerre. Hélas!
-qu’il y en a peu qui veillent pour acquerre les biens espirituels!
-Les bons sans vaine gloire à qui le monde ennuie et qui veillent pour
-venir devant Dieu sont sages de despire le monde pour les périls et
-pour les peines dont il est plain: c’est une forest plaine de lyons,
-une montaigne plaine de serpens et de ours, une bataille plaine
-d’ennemis traistres, une valée ténébreuse plaine de pleurs, et n’y a
-riens estable; nul n’y a paix de cuer ne de conscience, se il veult
-croire le monde et amer. Les bons à qui le monde ennuie tendent droit
-leur cuer à Dieu où ils pensent à venir et desprisent tous les biens
-du monde; mais c’est si grant chose que peu y a de ceulx qui facent
-ceste entreprinse<a name="FNanchor_150_150" id="FNanchor_150_150"></a><a href="#Footnote_150_150" class="fnanchor">[150]</a>.... de la persévérance. De ceste vertu, dit
-Jhésu-Crist, toutes les autres vertus se combatent: ceste a gaigné la
-victoire; toutes labeurent: mais ceste emporte le loyer au vespre.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-58" id="page_vol-1-58"></a>{v. 1, p.58}</span></p>
-
-<p>Miséricorde ou charité est contre avarice, car miséricorde est ainsi
-comme de avoir dueil et compassion du mal, de la nécessité ou de la
-povreté d’autruy, et de lui aidier, conseillier et conforter à son
-povoir. Ainsi comme le Déable fait ses commandemens à l’aver<a name="FNanchor_151_151" id="FNanchor_151_151"></a><a href="#Footnote_151_151" class="fnanchor">[151]</a> tels
-comme tu as oy, ainsi le Saint Esperit fait à celui qui a miséricorde
-ou charité en lui ses commandemens qu’il desprise les biens temporels,
-qu’il en face aumosnes, qu’il en veste les nus, qu’il en donne à boire
-à ceulx qui ont soif, à mengier à ceulx qui ont faim, qu’il visite les
-malades. Ainsi comme l’aver est fils du Déable et lui ressemble, ainsi
-le charitable ressemble à Dieu son père. Ainsi comme avarice pense de
-nuit et de jour à acquester et amasser à tort et à droit, ainsi charité
-et miséricorde pensent à accomplir les sept œuvres de miséricorde.
-Hélas! qu’il y fait bon penser et les accomplir de fait, ou de voulenté
-et compassion qui faire ne le peut de fait! Car nostre grant juge les
-nous reprouchera en ses grans jours, et c’est chose qui moult nous doit
-mouvoir à charité que la paour de la sentence du jour du jugement où
-Dieu dira aux avers: Alez-vous-en avec le Déable vostre père! et aux
-charitables: Mes fils, demourez avec moy. Hélas! quant il les partira
-de sa compaignie com grant douleur<a name="FNanchor_152_152" id="FNanchor_152_152"></a><a href="#Footnote_152_152" class="fnanchor">[152]</a>!</p>
-
-<p>Miséricorde a sept branches: la première est donner à boire et à
-mengier aux povres; la seconde est de vestir les nus; la tierce est
-prester aux povres quant ils en ont besoing et leur pardonner la debte;
-la quarte visiter les malades; la quinte, hébergier les povres; la
-sixiesme, visiter ceux qui sont en chartre de maladie; et la septiesme
-ensevelir les mors. Et toutes ces choses<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-59" id="page_vol-1-59"></a>{v. 1, p.59}</span> devez-vous faire en charité
-et compassion, pour l’amour de Dieu seulement et sans vaine gloire.
-Vous devez faire aumosne de vostre loyal acquest liement, hastivement,
-secrètement, dévotement et humblement sans despire les povres en
-pensée ne en fait. Cellui fait bien qui leur donne tost quant ils lui
-demandent, mais encore fait-il mieulx qui leur donne sans demander.</p>
-
-<p>Sobriété est contre gloutonnie: car ainsi comme la sainte vertu de
-sobriété est droite mesure contre le péchié mortel de gloutonnie,
-ainsi c’est la vertu que le don de sapience donne et plante au cuer
-du glouton contre oultrage. Sobriété est un arbre moult précieux, car
-il garde la vie du corps et de l’âme; car par trop boire et par trop
-mengier meurt-on, et par trop mal parler deult la teste et fait-on
-tuer corps et âme. Par sobriété vit le corps en ce siècle longuement
-en paix, et en a l’âme la vie pardurable. Ceste vertu doit-on garder
-sur toutes les autres pour les biens qu’elle fait. Premièrement,
-sobriété garde raison, entendement et sens, et l’omme sans sens est
-beste. Cellui qui est yvre et si rempli de vin qu’il en pert raison
-et entendement il cuide boire le vin et le vin le boit. Le second est
-que sobriété délivre homme glouton du servaige du ventre à qui il est
-serf. Saint Pol dit que moult s’avile qui pert sa franchise pour estre
-serf à un seigneur, mais plus s’avile cellui qui se fait serf à son
-ventre dont il ne peut yssir que ordure. Sobriété garde l’omme en sa
-seignourie, car l’esperit et le sens doivent estre seigneurs du corps
-et le corps doit pourveoir à l’esperit. Le glouton par son yvresse et
-gloutonnie pert le sens et l’esperit, si qu’il ne scet gouverner le
-corps. Le tiers est qu’elle garde bien la porte du chastel afin que
-le<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-60" id="page_vol-1-60"></a>{v. 1, p.60}</span> Déable par péchié mortel n’entre ou corps de l’homme; la bouche
-est la porte par où le Déable entre ou chastel pour soy combatre aux
-bonnes vertus et y entre par les faulx traistres seigneurs Gloutonnie
-et Male-langue qui laissent la porte de la bouche ouverte au Déable.
-Ceste vertu a la seigneurie du corps, car par sobriété on maistrie le
-corps si comme le cheval par le frain. Sobriété a la première bataille
-de l’ost et garde les autres vertus. Le Déable tempte l’omme par la
-bouche, si comme il fist Nostre Seigneur quant il lui dist qu’il feist
-de pierre pain et Adam quant il lui fist mengier le fruit. Entre les
-autres créatures l’omme a la bouche plus petite selon le corps; homme
-a les autres membres doubles: deux oreilles et deux narines et deux
-yeulx, mais il n’a que une bouche, et ce nous monstre que l’omme doit
-sobrement mengier et boire et sobrement parler. Sobriété n’est autre
-chose que droite mesure qui est moyenne entre trop et peu; sur toutes
-choses doit avoir l’omme mesure en son cuer, et en son sens qui est
-ainsi comme l’oisel qui se justice par les yeulx de sobriété<a name="FNanchor_153_153" id="FNanchor_153_153"></a><a href="#Footnote_153_153" class="fnanchor">[153]</a>, il
-s’envole et chiet souventesfois ès las de l’oiseleur: c’est du Déable
-qui souvent chasse à prendre tel oisel.</p>
-
-<p>Chasteté est contre luxure, et est sainte vertu de chasteté, c’est
-assavoir la conscience toute pure de mauvais pensemens, les membres
-purs de tous atouchemens. Et ainsi que les créatures plaines du vil
-péchié de luxure ont la conscience plaine et trouble de mauvais
-pensemens, le corps et les membres ors et vils de mauvais atouchemens
-et sont à Dieu lais et obscurs comme déables, ainsi les chastes ont
-le cuer<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-61" id="page_vol-1-61"></a>{v. 1, p.61}</span> et la conscience clers, nets et luisans et ont clarté et
-lumière de Dieu. A chastes convient, comme tu as oy, necte conscience
-avoir; à avoir necte conscience convient trois choses: la première
-est voulentiers oïr parler de Dieu; la seconde lui bien et souvent
-confesser; la tierce avoir remembrance de la passion Jhésu-Crist et
-remembrer pour quoy il mourut, et que tu mourras, que jà n’en seras
-délivre; et c’est le premier degré de chasteté. Le second degré de
-chasteté est que on se garde de vilainement parler, car vilaines
-paroles courroussent les bonnes meurs. Le tiers degré est de bien
-garder les cinq sens corporels: les yeulx de folement regarder, les
-oreilles de folement escouter, les narines de soy en souefves choses
-trop délicter et odourer, les mains de folement touchier, les piez de
-aler en mauvais lieux; ce sont les cinq portes et les cinq fenestres
-par où le Déable vient rober la chasteté du chastel de l’âme et du
-chétif corps. Le quart degré est jeuner et avoir tousjours remembrance
-de la mort qui te puet soudainement happer et prendre d’ores à jà, se
-tu ne t’en gardes. Le quint degré est fuir mauvaise compaignie, comme
-fist Joseph qui s’enfouist quant la dame le voult faire péchier. Le
-sixiesme degré est d’estre embesognié de bonnes oeuvres; car quant
-le Déable treuve la personne oyseuse, il la mort voulentiers en ses
-besoignes. Le septiesme degré est de vraye oroison; à oroison sont
-nécessaires trois choses: bonne foy, espérance d’avoir ce que on
-requiert, dévocion de cuer sans penser ailleurs. Oroison sans dévocion
-est messaigier sans lettres. Dieu regarde en prière cuer humble et
-dévost et n’a cure de paremens, ne de haulte manière, comme font ces
-foles hardies qui vont baudement<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-62" id="page_vol-1-62"></a>{v. 1, p.62}</span>, le col estendu comme cerf en lande
-et regardent de travers comme cheval desréé<a name="FNanchor_154_154" id="FNanchor_154_154"></a><a href="#Footnote_154_154" class="fnanchor">[154]</a>.</p>
-
-<p>Et atant, chère seur, vous souffise de cette matière, car le sens
-naturel que Dieu vous a donné, la voulenté que vous avez d’estre dévote
-et bonne vers Dieu et l’église, les prédications et sermons que vous
-orrez en vostre parroisse et ailleurs, la Bible, la Légende dorée<a name="FNanchor_155_155" id="FNanchor_155_155"></a><a href="#Footnote_155_155" class="fnanchor">[155]</a>,
-l’Apocalipse, la Vie des Pères<a name="FNanchor_156_156" id="FNanchor_156_156"></a><a href="#Footnote_156_156" class="fnanchor">[156]</a> et autres plusieurs bons livres en
-françois que j’ay dont vous estes maistresse pour en prendre à vostre
-plaisir, vous donra et attraira parfondément le remenant au bon plaisir
-de Dieu qui à ce vous vueille conduire et entalenter<a name="FNanchor_157_157" id="FNanchor_157_157"></a><a href="#Footnote_157_157" class="fnanchor">[157]</a>.</p>
-
-<h2><a name="LE_QUART_ARTICLE" id="LE_QUART_ARTICLE"></a>LE QUART ARTICLE.</h2>
-
-<p>Le quart article de la première distincion dit que vous devez garder
-continence et vivre chastement.</p>
-
-<p>Je suis certain que si ferez-vous, je n’en suis mie en doubte, mais
-pour ce que je sçay que après vous et moy ce livre cherra ès mains de
-nos enfans ou autres nos amis, je y mects voulentiers tout ce que je
-sçay, et dy que aussi devez-vous endoctriner vos amies et par espécial
-vos filles, et leur dictes, belle seur, pour tout certain que tous
-biens sont reculés en fille ou femme en laquelle virginité, continence
-et chasteté défaillent; ne richesse, ne beauté, ne sens, ne hault
-lignaige, ne nul autre bien ne peut jamais effacer la renommée du vice
-contraire, se en femme espécialment il est une seule fois commis,
-voire seulement souspeçonné, et pour ce maintes preudes femmes se sont
-gardées non mie<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-63" id="page_vol-1-63"></a>{v. 1, p.63}</span> seulement du fait, mais du souspeçon, espécialment
-pour acquérir le nom de virginité: pour lequel nom les saintes
-escriptures de monseigneur saint Augustin et de monseigneur saint
-Grégoire et moult d’autres dient et tesmoingnent que les preudes femmes
-qui ont esté sont et seront, de quelque estat qu’elles soient ou aient
-esté, pevent estre dictes et appellées vierges. Et monseigneur saint
-Pol le conferme en l’onziesme chappitre de ses épistres qu’il fait
-secondement à ceulx de Corinte où il dit ainsi: <i>Despondi enim vos</i>,
-etc. Je vueil, dit-il, que vous sachiez que une femme qui est espousée
-à un homme, puis qu’elle vive chastement sans penser à avoir affaire
-à autre homme, peut estre dicte vierge et présentée à Notre Seigneur
-Jhésu-Crist. De chascune bonne preude femme Jhésu-Crist ou treiziesme
-chappitre de l’euvangille de saint Mathieu en une parabole dit ainsi:
-<i>Simile est regnum cœlorum thesauro abscondito in agro</i>, etc. Le règne
-du ciel, dit-il, est semblable au trésor qui est repos dedans un champ
-de terre, lequel trésor quant aucun homme qui laboure en fouyant le
-descuevre, il le remuce; de la grant joye qu’il en a, il s’en va et
-vent tout quanque il a et achète le champ. En ce chappitre mesmes dit
-Nostre Seigneur ceste parabole: Le royaulme des cieulx est semblable
-à l’omme marchant qui quiert bonnes pierres précieuses, et quant il
-en a trouvé une bonne et précieuse, il va et vent tout quanque il a
-et l’achète. Par le trésor trouvé ou champ de terre et par la pierre
-précieuse nous povons entendre chascune bonne preude femme; car en
-quelque estat qu’elle soit, pucelle, mariée ou vefve, elle peut estre
-comparée au trésor et à la pierre précieuse; car elle est si bonne, si
-pure, si necte qu’elle plaist<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-64" id="page_vol-1-64"></a>{v. 1, p.64}</span> à Dieu et l’aime comme sainte vierge en
-quelque estat qu’elle soit, mariée, vefve ou pucelle. Et pour certain,
-homme en quelque estat qu’il soit, noble ou non noble, ne peut avoir
-meilleur trésor que de preude femme et saige. Et ce puet-on bien savoir
-et prouver qui veult regarder aux fais et aux bonnes meurs et aux
-bonnes oeuvres des glorieuses dames qui furent du temps de la vieille
-loy, si comme Sarre, Rébecque, Lye et Rachel qui furent moulliers aux
-sains patriarches Abraham, Ysaac et Jacob qui est appelé Ysraël, qui
-toutes furent chastes et vesquirent chastement et virginalement.</p>
-
-<p>Item, à ce propos nous trouvons escript ou treiziesme chappitre ou
-livre fait de Daniel que après la transmigracion de Babilonne, c’est
-à dire après ce que Jéchonias<a name="FNanchor_158_158" id="FNanchor_158_158"></a><a href="#Footnote_158_158" class="fnanchor">[158]</a> le roi de Jhérusalem et le peuple
-de Ysraël furent menés en prison et chétiveté<a name="FNanchor_159_159" id="FNanchor_159_159"></a><a href="#Footnote_159_159" class="fnanchor">[159]</a> en Babilonne, et
-que la cité de Jhérusalem fut destruite par le roy Nabugodonosor, il
-ot en Babilonne un Juif preudomme et riche lequel fut nommé Joachin,
-et Joachin prist une femme fille d’un autre Juif lequel ot nom
-Belchias<a name="FNanchor_160_160" id="FNanchor_160_160"></a><a href="#Footnote_160_160" class="fnanchor">[160]</a>, et la pucelle Susanne, laquelle estoit très belle et
-crémant Dieu; car son père et sa mère qui estoient justes et bonnes
-gens l’avoient moult bien aprise et endoctrinée en chasteté selon la
-loy Moyse. Ce Joachin, mary de Susanne, estoit moult riche et avoit un
-moult bel jardin plain d’arbres portant fruis. Là venoient communément
-esbatre les Juifs pour ce que le lieu estoit plus honnourable de tous
-les autres; Susanne mesmes aloit souvent esbatre en ce jardin. Or
-advint que deux anciens prestres d’icelle loy furent du peuple establis
-juges pour un an, lesquels juges virent Susanne très<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-65" id="page_vol-1-65"></a>{v. 1, p.65}</span> belle et tant
-qu’ils furent espris et alumés de fole amour. Si parlèrent ensemble
-et regardèrent comment ils la pourroient décevoir, et se accordèrent
-qu’ils la guetteroient ou jardin dessusdit et parleroient à elle se ils
-la trouvoient seule.</p>
-
-<p>Un jour advint que après l’eure de midy ils se mussèrent en un anglet
-de ce jardin: Susanne vint ou dit jardin pour soy laver, selon ce
-que leur loy l’ordonnoit, et mena avecques soy deux de ses pucelles
-lesquelles elle renvoya en sa maison pour lui rapporter oeille<a name="FNanchor_161_161" id="FNanchor_161_161"></a><a href="#Footnote_161_161" class="fnanchor">[161]</a> et
-oingnemens pour soy enoindre. Et quant les deux vieillars la virent
-seule, ils coururent à elle et lui dirent: Coyement<a name="FNanchor_162_162" id="FNanchor_162_162"></a><a href="#Footnote_162_162" class="fnanchor">[162]</a> seufre ce
-que nous voulons faire de toy, et se tu ne le fais, nous porterons
-tesmoingnage encontre toy et dirons que nous t’avons trouvée en
-advoultaire. Et quant Susanne vit et sceut la mauvaistié des juges,
-elle proposa en soy mesmes et dist en ceste manière: <i>Angustie michi
-sunt undique</i>, etc., Dieux! dit-elle, angoisses sont à moy de toutes
-pars, car se je fais ceste chose, morte suis comme à Dieu, et se je ne
-le fay, je ne pourray eschapper de leurs mains que je ne soie tormentée
-et lapidée; mais mieulx me vault sans meffaire cheoir en leur dangier
-que faire péchié devant Dieu. Lors elle cria à haulte voix: les deux
-vieillars crièrent aussi, tellement que les serviteurs de la maison y
-acoururent, et les juges dirent qu’ils l’avoient trouvée en présent
-meffait avec un jouvencel lequel estoit fort et viguereux; si leur
-eschappa et ne sceurent ne ne peurent congnoistre qui il estoit. De ce
-furent les sergens<a name="FNanchor_163_163" id="FNanchor_163_163"></a><a href="#Footnote_163_163" class="fnanchor">[163]</a> merveilleusement vergongneux et esbahis, car
-oncques<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-66" id="page_vol-1-66"></a>{v. 1, p.66}</span> mais ils n’avoient oy dite telle parole de leur dame, ne veu
-mal en elle; toutesfois elle fut emprisonnée.</p>
-
-<p>Et l’endemain que les juges furent assis en jugement, tout le peuple
-devant eulx assemblé pour veoir la merveille, Susanne fut amenée en
-jugement; ses parens et amis la regardoient, moult tendrement plourans.
-Susanne avoit son chief couvert, de honte et de vergongne qu’elle
-avoit. Les juges lui firent descouvrir son viaire<a name="FNanchor_164_164" id="FNanchor_164_164"></a><a href="#Footnote_164_164" class="fnanchor">[164]</a> par grant honte
-et despit. Adonc elle plourant leva ses yeulx au ciel, car elle avoit
-fiance en nostre Seigneur et ou bien de son ignorance. Adonc les deux
-prestres racontèrent devant le peuple comment eulx alans esbatans
-dedans le jardin avoient veu Susanne entrer en icellui, avec elle deux
-de ses pucelles lesquelles elle renvoya et serra l’uis après elles; et
-disoient que lors estoit venu un jeune homme lequel ils avoient veu
-charnellement habiter à elle, et pour ce ils estoient là courus, et
-le jeune homme s’en estoit fouy par l’uis, et n’avoient peu arrester
-ne prendre fors icelle Susanne qui n’avoit icellui jeune homme voulu
-nommer; et de ce meffait nous deux sommes tesmoings, et pour ce meffait
-nous la jugeons à mort. Susanne adonc s’escria et dist en ceste
-manière: Dieu pardurable, tu es congnoissant des choses répostes<a name="FNanchor_165_165" id="FNanchor_165_165"></a><a href="#Footnote_165_165" class="fnanchor">[165]</a>
-et scez toutes choses ains qu’elles soient faictes, et scez bien que
-contre moy ils portent faulx tesmoingnaige; souviengne-t’en et aies
-mercy de moy!</p>
-
-<p>Après ce on la mena à son torment, et en passant par une rue, nostre
-Seigneur évertua l’esperit d’un jeune et petit enfant appelé Daniel
-lequel commença à crier à haulte voix: O peuple d’Israel, ceste femme
-est jugée<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-67" id="page_vol-1-67"></a>{v. 1, p.67}</span> faulcement, retournez au jugement, retournez, car les
-jugemens sont faulx! Adonc le peuple s’escria et firent retourner
-Susanne au lieu où le jugement avoit esté donné et amenèrent les
-jugeurs et l’enfant appelé Daniel lequel dist tels mots: Séparez moy
-ces jugeurs et les menez l’un çà, l’autre là. Quant ce fut fait, il
-vint à l’un et lui demanda soubs quel arbre ce avoit esté fait et qu’il
-avoit vu l’omme et Susanne faisans leur péchié; et icellui jugeur
-respondi: soubs un chesne<a name="FNanchor_166_166" id="FNanchor_166_166"></a><a href="#Footnote_166_166" class="fnanchor">[166]</a>. Après, icellui Daniel vint à l’autre
-jugeur et lui demanda soubs quel arbre il avoit veu Susanne soubs le
-jeune homme; et il respondi: soubs un arbre appelé <i>Lentiscus</i><a name="FNanchor_167_167" id="FNanchor_167_167"></a><a href="#Footnote_167_167" class="fnanchor">[167]</a>.
-Lentiscus est un arbre qui rent huille et la racine est une espice
-appellée <i>macis</i>. Ainsi fut attainte leur mençonge, et fut Susanne
-délivrée, comme pure et necte, sans tache de mauvais atouchemens. Et
-est bien prouvé qu’elle estoit bien remplie de la vertu de chasteté
-quant elle dist ceste parole aux faulx jugeurs: J’aime mieulx cheoir en
-vos mains comme ès mains de mes ennemis, et mourir sans faire péchié
-que faire péchié devant Dieu nostre Seigneur. O femme pleine de foy
-et de grant loyaulté qui crémoit tant Dieu et le péchié de mariage
-enfraindre qu’elle voulloit mieulx mourir que son corps vilainement
-atoucher! Et certes il est tout certain que les Juifs et les Juifves
-qui sont à présent en ce royaume ont si abbominable ce péchié, et est
-telle leur loy, que se une femme estoit trouvée en adultère,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-68" id="page_vol-1-68"></a>{v. 1, p.68}</span> elle
-seroit lapidée et tourmentée de pierres jusques à la mort selon leur
-loy. Mesmes les mauvais tiennent cette loy, et nous la devons bien
-tenir, car c’est bonne loy<a name="FNanchor_168_168" id="FNanchor_168_168"></a><a href="#Footnote_168_168" class="fnanchor">[168]</a>.</p>
-
-<p>Autre exemple y a, si comme met Cerxès<a name="FNanchor_169_169" id="FNanchor_169_169"></a><a href="#Footnote_169_169" class="fnanchor">[169]</a> le philosophe en son livre
-nommé des <i>Eschez</i>, ou chappitre <i>de la Royne</i>, et dit que la Royne
-doit sur toutes choses sa chasteté garder et endoctriner à ses filles,
-car, dist-il, nous lisons de moult de filles qui pour leur virginité
-ou pucellaige garder ont esté roynes. Pol istoriographe des Lombars
-raconte que en Ytalie avoit une duchesse qui avoit nom Raymonde, et
-avoit un fils et deux filles. Advint que le roy de Hongrie appelé
-Cantamus eut débat à icelle Raymonde et vint devant une sienne ville
-et y mist le siége. Elle et ses enfans estoient dedens le chastel, et
-si regarda une fois ses ennemis qui faisoient une escarmouche contre
-les gens de sa ville qui fort se deffendoient, et entre les ennemis
-vit un chevalier<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-69" id="page_vol-1-69"></a>{v. 1, p.69}</span> qui estoit forment bel. Elle fu tant embrasée de
-s’amour qu’elle lui manda que secrètement et parmy son chastel elle luy
-rendroit sa ville, se il la vouloit prendre à femme. Et le chevalier
-dist oyl<a name="FNanchor_170_170" id="FNanchor_170_170"></a><a href="#Footnote_170_170" class="fnanchor">[170]</a>, et après ce, elle luy ouvri les portes du chastel, et
-il et ses gens y entrèrent. Quant ils furent au chastel, ses gens
-entrèrent par là en la ville et prindrent hommes et femmes et tout ce
-qu’ils peurent; et les fils d’elle orent si grant honte et douleur de
-sa traïson qu’ils la laissèrent et s’en alèrent, et depuis furent si
-bons que l’un d’iceulx enfans qui avoit nom Grimault, c’est assavoir le
-plus petit, fut duc des Bienventens<a name="FNanchor_171_171" id="FNanchor_171_171"></a><a href="#Footnote_171_171" class="fnanchor">[171]</a> et depuis roy de Lombardie. Et
-les filles qui ne sceurent fouir doubtèrent estre violées des Hongres;
-si tuèrent pigons et les mussèrent dessoubs leurs mamelles, si que
-par l’eschauffement de leurs mamelles la char des pigons puoit, et
-quant les Hongres les vouldrent approuchier, si sentirent la puantise,
-et s’en refroidirent et desmeurent<a name="FNanchor_172_172" id="FNanchor_172_172"></a><a href="#Footnote_172_172" class="fnanchor">[172]</a> et les laissèrent tantost,
-et disoient l’un à l’autre: Fy que ces Lombardes puent! Et à la fin
-icelles filles s’enfouirent par mer pour garder leur virginité, et
-toutesvoies, pour ce bien et leurs autres vertus, l’une fut depuis
-royne de France et l’autre fut royne d’Alemaigne. Icellui chevalier
-print icelle duchesse et jeut avec elle une nuit pour son serement
-saulver et l’endemain la fist à tous les Hongres commune. Le jour après
-lui fist ficher un pel dès parmy la nature au long du corps jusques
-à la gorge, disant: Tel mary doit avoir telle lécheresse qui par sa
-luxure a trahy sa cité et ses gens baillés et mis ès mains de leurs
-ennemis. Et aussi ces paroles fist-il escripre en<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-70" id="page_vol-1-70"></a>{v. 1, p.70}</span> plusieurs lieux
-parmy sa robe, et toute morte la fist attacher et lier aux barrières de
-dehors et devant la porte de sa cité afin que chascun la veist, et la
-laissa<a name="FNanchor_173_173" id="FNanchor_173_173"></a><a href="#Footnote_173_173" class="fnanchor">[173]</a>.</p>
-
-<p>Encores met-il<a name="FNanchor_174_174" id="FNanchor_174_174"></a><a href="#Footnote_174_174" class="fnanchor">[174]</a> là un autre exemple de garder son mariage et sa
-chasteté, et dit que saint Augustin ou livre de la <i>Cité de Dieu</i> dit
-(et aussi l’ay-je veu en Titus Livius) que à Romme estoit une dame
-moult bonne et de grant et vertueux couraige appellée Lucresse qui
-estoit femme d’un Rommain appellé Collatin qui convoya et semmoni<a name="FNanchor_175_175" id="FNanchor_175_175"></a><a href="#Footnote_175_175" class="fnanchor">[175]</a>
-une fois à disner avec lui l’empereur Tarquin l’orguilleux et Sexte
-son fils; lesquels y disnèrent et furent festiés et après disner se
-esbatirent, et Sexte advisa la contenance de toutes les dames qui là
-estoient; et entre toutes et pardessus toutes les autres, la manière
-Lucresse lui pleut et sa beauté. Par aucune espace de temps après, les
-gens d’un chastel qui estoit à quatre lieues d’illec, emprès Romme,
-firent rébellion contre l’empereur qui ala mettre le siége devant,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-71" id="page_vol-1-71"></a>{v. 1, p.71}</span>
-et avec lui fut et ala Sexte son fils avec lequel estoient et de sa
-compaignie furent plusieurs des jeunes hommes de Romme, entre lesquels
-estoit Collatin le mary Lucresse. Long temps furent illec les Rommains
-à siège, et un jour qu’il faisoit bel et seryn, estoient assemblés
-après disner à boire ensemble Sexte le fils l’empereur et plusieurs
-d’iceulx jeunes hommes romains entre lesquels estoit Collatin, et
-prindrent complot ensemble de soupper tantost, et après alèrent
-hastivement à Romme en l’hostel de chascun d’iceulx jeunes hommes
-veoir la manière et contenance de chascune de leurs femmes et leur
-gouvernement, par tel<a name="FNanchor_176_176" id="FNanchor_176_176"></a><a href="#Footnote_176_176" class="fnanchor">[176]</a> que cellui duquel sa femme seroit trouvée
-en meilleur convine<a name="FNanchor_177_177" id="FNanchor_177_177"></a><a href="#Footnote_177_177" class="fnanchor">[177]</a> auroit l’honneur de logier Sexte le fils
-l’empereur en son hostel. Ainsi fu accordé, et vindrent à Romme et
-trouvèrent les unes devisans<a name="FNanchor_178_178" id="FNanchor_178_178"></a><a href="#Footnote_178_178" class="fnanchor">[178]</a>, les autres jouans au <i>bric</i>, les
-autres à <i>qui féry?</i> les autres à <i>pince-merille</i>, les autres jouans<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-72" id="page_vol-1-72"></a>{v. 1, p.72}</span>
-aux <i>cartes</i> et aux autres jeux d’esbatemens avecques leurs voisines;
-les autres qui avoient souppé ensemble, disoient des chançons, des
-fables, des contes, des jeux-partis; les autres estoient en la rue
-avecques leurs voisines jouans au <i>tiers</i> et au <i>bric</i>, et ainsi
-semblablement de plusieurs jeux, excepté Lucresse qui dedens et ou plus
-parfont de son hostel, en une grant chambre loing de la rue, avoit
-ouvriers de laine, et là, toute seule, assise loingnet<a name="FNanchor_179_179" id="FNanchor_179_179"></a><a href="#Footnote_179_179" class="fnanchor">[179]</a> de ses
-ouvriers et à part, tenoit son livre dévotement et à basse chière<a name="FNanchor_180_180" id="FNanchor_180_180"></a><a href="#Footnote_180_180" class="fnanchor">[180]</a>
-disoit ses heures moult humblement; et fut trouvé que lors, ne
-autresfois que son mary Collatin estoit hors, et en quelque compaignie
-ou feste qu’elle feust, il n’estoit nul ne nulle qui la feist dancer
-ne chanter, se ce n’estoit seulement le jour qu’elle avoit lettres de
-luy ou qu’il retournast la veoir; et lors chantoit et dançoit avec les
-autres, se feste y avoit. Et pour ce Collatin eust l’honneur de la
-venue et loga en son hostel Sexte le fils l’empereur lequel fut servi
-de tous les autres et de leurs femmes et apparentés, et l’endemain
-bien matin fut des dames esveillié, vestu, et oy messe, et le veirent
-monter et mettre à chemin. Et à ce voyage fut Sexte moult fort espris
-de l’amour de Lucresse et tellement qu’il pensa qu’il revenroit devers
-elle acompaignié d’autres gens que des amis d’elle ou de son mary.
-Ainsi fut fait et vint au soir en l’hostel Lucresse laquelle le receut
-moult honnourablement, et quant le temps vint d’aler couchier, l’en
-ordonna le lit à Sexte comme à fils d’empereur, et ce mauvais fils
-d’empereur espia où Lucresse gisoit, et après ce que tous léans furent
-couchiés et endormis,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-73" id="page_vol-1-73"></a>{v. 1, p.73}</span> Sexte vint à elle, l’une main mise à la poitrine
-et l’autre à l’espée, et lui dist: Lucresse, tais toy! Je suis Sexte le
-fils à l’empereur Tarquin, se tu dis mot tu es morte! Et de paour elle
-s’escria, dont la commença Sexte à prier. Rien n’y vault. Et après ce,
-à luy offrir et promettre dons et services. Riens n’y vault. Et puis, à
-menacier qu’elle se voulsist à luy accorder ou qu’il destruiroit elle
-et sa lignée. Rien n’y vault. Quant il vit que tout ce rien n’y valoit,
-si lui dist ainsi: Lucresse, se tu ne fais ma voulenté, je te tueray et
-si tueray aussi un de tes varlès, et puis diray que je vous aray tous
-deux trouvés couchiés ensemble et pour vostre ribauldie vous ay tués.
-Et celle qui doubta plus la honte du monde que la mort, si se consenti
-se jouer.</p>
-
-<p>Et tantost après que Sexte s’en fu alé, la dame manda par lettres son
-mari qui estoit en l’ost, et aussi manda son père, ses frères et tous
-ses amis et un homme qui avoit nom Brut et nepveu Collatin son mary. Et
-quant ils furent venus, elle leur dist moult espouventablement: Sexte
-le fils à l’empereur entra hier comme hoste en cest hostel, mais il ne
-s’en est pas départi comme hoste, mais comme ennemy de toy, Collatin!
-et saiches qu’il a ton lit deshonnouré. Toutesvoies se mon corps est
-deshonnouré, se n’est pas le cuer, et pour tant me absols-je du péchié,
-mais non pas de la peine. Adonc Collatin son mary vit qu’elle estoit
-toute pâle et descoulorée et sa face blanche et toute esplourée, car
-la trasse des larmes estoit apparant en son viaire des yeulx jusques
-aux baulièvres, et avoit les yeulx gros et enflés, les paupières mortes
-et perses<a name="FNanchor_181_181" id="FNanchor_181_181"></a><a href="#Footnote_181_181" class="fnanchor">[181]</a> et dedans vermaulx<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-74" id="page_vol-1-74"></a>{v. 1, p.74}</span> par le décourement des larmes,
-et regardoit et parloit effroyeusement. Si commença à la conforter
-moult doulcement et à luy pardonner, et lui monstra moult de belles
-raisons, que le corps n’avoit pas péchié puisque le cuer n’y avoit
-donné consentement ne pris délit, et se prist à alléguer exemples et
-auctorités. Tout ce ne luy pleut; elle luy rompi sa parole en disant
-moult asprement: Ho! ho, nennil, nennil! c’est trop tart, tout ce ne
-vault riens, car je ne suis jamais digne de vivre; et celluy qui m’a ce
-fait, l’a fait à sa grant male meschéance se vous valez riens, et pour
-ce que nulle ribauldie ne règne à l’exemple de Lucresse, qui vouldra
-prendre exemple au péchié et au forfait, si prengne aussi exemple à
-l’amende. Et tantost d’une espée qu’elle tenoit soubs sa robe se féri
-parmy le corps et morut devant eulx tous.</p>
-
-<p>Adonc Brut le conseiller et Collatin le mary d’icelle Lucresse et tous
-ses amis plourans et dolens prindrent celle espée qui estoit sanglante,
-et sur le sang jurèrent par le sang Lucresse que jamais ne fineroient
-jusques à tant qu’ils auroient Tarquin et son fils destruit, et le
-poursuivroient à feu et à sang, et toute sa lignée bouteroient hors,
-si que jamais nul n’en vendra à dignité. Et tout ce fut tantost fait,
-car ils la portèrent emmy la ville de Romme et esmeurent tellement le
-peuple que chascun jura la destruction de l’empereur Tarquin et de son
-fils, et à feu et à sang. Et adonc fermèrent les portes afin que nul
-n’issist pour aler adviser l’empereur de leur emprise, et s’armèrent
-et yssirent dehors alant vers l’ost de l’empereur comme tous forcenés.
-Et quant ils approchèrent de l’empereur, et il ouy le bruit et tumulte
-et vit les gens<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-75" id="page_vol-1-75"></a>{v. 1, p.75}</span> pouldrés<a name="FNanchor_182_182" id="FNanchor_182_182"></a><a href="#Footnote_182_182" class="fnanchor">[182]</a>, et fumées des chevaulx, avec ce que
-l’en luy dit, il et son fils s’enfouirent en désers, chétifs et
-desconfortés. Sur quoy le Rommant de la Rose dit ainsi:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">N’onc puis Rommains, pour ce desroy,<br /></span>
-<span class="i0">Ne vouldrent faire à Romme roy.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p class="nind">Ainsi avez-vous deux exemples, l’un de garder honnestement son
-vefvaige, ou sa virginité ou pucellaige; l’autre de garder son mariaige
-ou chasteté. Et sachiez que richesse, beaulté de corps et de viaire,
-lignaige et toutes les autres vertus sont péries et anichillées
-en femme qui a tache ou souspeçon contre l’une d’icelles vertus.
-Certes en ce cas tout est péri et effacié, tout est cheu sans jamais
-relever, puis que une seule fois femme est souspeçonnée ou renommée
-au contraire; et encores, supposé que la renommée soit à tort, si
-ne peut jamais<a name="FNanchor_183_183" id="FNanchor_183_183"></a><a href="#Footnote_183_183" class="fnanchor">[183]</a> icelle renommée estre effaciée. Or véez en quel
-péril perpétuel une femme met son honneur et l’honneur du lignaige de
-son mary et de ses enfans quant elle n’eschieve<a name="FNanchor_184_184" id="FNanchor_184_184"></a><a href="#Footnote_184_184" class="fnanchor">[184]</a> le parler de tel
-blasme, ce qui est légier à faire. Et est à noter sur ce, si comme
-j’ay oy dire, que puis que les Roynes de France sont mariées, elles ne
-lisent jamais seules lettres closes, se elles ne sont escriptes de la
-propre main de leur mary, si comme l’en dit, et celles lisent-elles
-toutes seules, et aux autres elles appellent compaignie et les font
-lire par autres devant elles, et dient souvent qu’elles ne sçevent mie
-bien lire autre lettre ou escripture que de leur mary; et leur vient de
-bonne doctrine et de très<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-76" id="page_vol-1-76"></a>{v. 1, p.76}</span> grant bien, pour oster seulement les paroles
-et le souspeçon, car du fait n’est-il point de doubte<a name="FNanchor_185_185" id="FNanchor_185_185"></a><a href="#Footnote_185_185" class="fnanchor">[185]</a>. Et puisque
-si haultes dames et si honnourées le font, les petites qui ont aussi
-grant besoing de l’amour de leurs maris et de bonne renommée le doivent
-bien faire.</p>
-
-<p>Si vous conseille que les lettres amoureuses et secrètes de vostre
-mary, vous recevez en grant joye et révérence, et secrètement toute
-seule les lisez tout à part-vous, et toute seule lui rescripvez
-de vostre main se vous savez, ou par la main d’autre bien secrète
-personne; et lui rescripvez bonnes paroles amoureuses et vos joyes et
-esbatemens, et nulles autres lettres ne recevez, ne ne lisez, ne ne
-rescripvez à autre personne, fors par estrange main et devant chascun,
-et en publique les faictes lire.</p>
-
-<p>Item dit-l’en aussi que les Roynes depuis qu’elles sont mariées, jamais
-elles ne baiseront homme, ne père, ne frère, ne parent, fors que le
-Roy, tant comme il vivra; pour quoi elles s’en abstiennent, ne se c’est
-vray, je ne sçay. Ces choses, chère seur, souffisent assez à vous
-bailler pour cest article; et vous sont baillées plus pour raconte que
-pour doctrine. Il ne vous convient jà endoctriner sur ce cas, car Dieu
-mercy de ce péril et souspeçon estes-vous bien gardée et serez.</p>
-
-<h2><a name="LE_QUINT_ARTICLE" id="LE_QUINT_ARTICLE"></a>LE QUINT ARTICLE.</h2>
-
-<p>Le quint article de la première distinction dit que vous devez estre
-très amoureuse et très privée de vostre mary par dessus toutes autres
-créatures vivans, moiennement<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-77" id="page_vol-1-77"></a>{v. 1, p.77}</span> amoureuse et privée de vos bons et
-prochains parens charnels et parens de vostre mary, très estrangement
-privée de tous autres hommes, et du tout en tout estrange des
-oultrecuidés et oyseux jeunes hommes et qui sont de trop grant despence
-selon leur revenue, et qui, sans terre ou grans lignaiges, deviennent
-danceurs; et aussi des gens de court, de trop grans seigneurs, et en
-oultre de ceulx et celles qui sont renommés et renommées d’estre de vie
-jolie, amoureuse ou dissolue.</p>
-
-<p>A ce que j’ay dit très amoureuse de vostre mary, il est bien voir que
-tout homme doit amer et chérir sa femme et que toute femme doit amer et
-servir son homme, car il est son commencement et je le preuve. Car il
-est trouvé ou deuxiesme chappitre du premier livre de la Bible que l’en
-appelle Genesy, que quant Dieu eust créé ciel et terre, mer et air,
-et toutes les choses et créatures à leur aournement et perfection, il
-admena à Adam toutes les créatures qui eurent vie et il nomma chascune
-ainsi qu’il luy pleut et qu’elles sont encores appellées. Mais il n’y
-ot créature semblable à Adam, ne convenable pour lui faire aide et
-compaignie. Et pour ce dist Dieu adonc: <i>Non est bonum hominem esse
-solum; faciamus ei adjutorium simile ei</i>. Bonne chose, dist Dieu, n’est
-pas que l’omme soit seul; faisons-lui aide qui lui soit semblable.
-Donc meist Dieu sommeil en Adam, et adonc osta une des costes de Adam
-et rempli le lieu où il la prist de chair, si comme dit Moyses ou
-second chappitre de Genesy. Cellui qui fait Histoire sur Bible<a name="FNanchor_186_186" id="FNanchor_186_186"></a><a href="#Footnote_186_186" class="fnanchor">[186]</a>
-dit que Dieu prist de<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-78" id="page_vol-1-78"></a>{v. 1, p.78}</span> la char aussi avecques la coste, aussi dit
-Josephus<a name="FNanchor_187_187" id="FNanchor_187_187"></a><a href="#Footnote_187_187" class="fnanchor">[187]</a>, et nostre Seigneur édifia la coste qu’il en avoit ostée
-en une femme; voire, ce dist l’Historieur, il lui édifia char de la
-char qu’il prist avecques la coste, et os de la coste, et quant il lui
-ot donné vie, il l’admena à Adam pour ce qu’il luy meist nom. Et quant
-Adam la regarda, il dit ainsi: <i>Hoc nunc os ex ossibus meis et caro
-de carne mea: hec vocabitur virago quoniam de viro sumpta est</i>. Ceste
-chose, dist-il, est os de mes os et char de ma char, elle sera appellée
-<i>virago</i>, c’est à dire faicte d’omme. Elle ot nom ainsi premièrement,
-et après ce qu’ils orent péchié, elle ot nom <i>Eva</i> qui vault autant
-que <i>vita</i>. Car toutes les créatures humaines qui puis ont eu vie
-et auront, sont venues d’elle. Encores adjousta Adam et dist ainsi:
-<i>Propter hoc relinquet homo</i>, etc. Pour ceste chose laissera homme son
-père et sa mère et se aherdera<a name="FNanchor_188_188" id="FNanchor_188_188"></a><a href="#Footnote_188_188" class="fnanchor">[188]</a> à sa moullier, et seront deux en
-une chair; c’est à dire que du sang des deux, voire de l’omme et de la
-femme, sera faicte une char ès enfans qui d’eulx naistront. Là fist
-donc Dieu et establi premièrement mariaige, si comme dit l’Historieur,
-car il dist au conjoindre: <i>Crescite et multiplicamini</i>, etc. Croissez,
-dist-il, et multipliez et remplez la terre.</p>
-
-<p>Je di adonc, par les raisons dictes et prises en Bible, que femme doit
-moult amer son mary, quant de la coste de l’omme elle fut faicte.</p>
-
-<p>Item on lit en l’onziesme chappitre de Genesy que un patriarche appellé
-Abraham prist à moullier en la cité ou ville de Caldée une moult bonne
-et sainte dame appellée Sarre laquelle fut depuis princesse souveraine<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-79" id="page_vol-1-79"></a>{v. 1, p.79}</span>
-et première des bonnes et vaillans dames desquelles Moyses fait mention
-en ses cinq livres qui sont les premiers de la Bible. On lit illec que
-Sarre vesqui moult saintement et fut très loyalle et de bonne foy à
-son mary Abraham, et obéissant à ses commandemens. Et lit-on illecques
-que quant Abraham fut parti de Damas pour la grant famine qui estoit
-en icelle terre et il deust entrer en Egipte, il dist à Sarre sa
-moullier: Je sçay, dist-il, que les hommes de ceste terre sont chaulx
-et luxurieux, et tu es moult belle femme; pour quoy je doubte moult,
-se ils scevent que tu soies ma moullier, que ils ne me occisent pour
-toy avoir; et pour ce, je te prie que tu vueilles dire que tu es ma
-seur et non pas ma moullier, et je le diray aussi, par quoy je y puisse
-vivre paisiblement, entre eulx et mes gens et ma mesgniée<a name="FNanchor_189_189" id="FNanchor_189_189"></a><a href="#Footnote_189_189" class="fnanchor">[189]</a>. A ce
-conseil et commandement obéi Sarre, non pas voulentiers, mais pour
-sauver la vie à son seigneur et à sa gent, et quant les hommes et le
-prince d’icelle contrée virent Sarre tant belle, ils la prindrent et
-la menèrent au roy Pharaon qui en ot moult grant joye et la retint,
-mais oncques, ne lors ne depuis, en quelconque heure, le roy Pharaon
-ne peust venir vers elle qu’il ne la trouvast toujours plourant du
-regret qu’elle avoit à son mary, et pour ce, quant le roy Pharaon la
-véoit en icelluy estat, la voulenté et le désir qu’il avoit d’elle se
-tresalloit et changeoit, et ainsi la laissoit. Et pour ce, peut-l’en
-dire que pour sa bonté et la loiaulté que Dieu savoit en elle, laquelle
-estoit triste et courrouciée de ce que on l’avoit ostée à son mary, il
-la garda et défendi par telle manière que Pharaon ne pot habiter à<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-80" id="page_vol-1-80"></a>{v. 1, p.80}</span>
-elle et fut moult tourmenté, et tous ceulx de sa mesgniée, pour Sarre
-qu’ils avoient ostée à Abraham. L’Historieur dit sur ce chappitre que
-tant que Pharaon tint Sarre, il n’ot povoir de habiter à femme, ne tous
-ses hommes aussi ne povoient engendrer; et pour ce, les prestres de sa
-loy sacrifièrent à leurs dieux et il leur fut respondu que c’estoit
-pour Sarre la moullier à Abraham que le roy Pharaon lui avoit tolue. Et
-quant le Roy le sceut, il manda Abraham qui vivoit bien paisiblement
-en sa terre et lui dist: Pourquoi m’as-tu deceu et fait grant mal?
-Tu disoies que Sarre estoit ta seur, et c’est ta femme! Prens-la et
-l’emmaine hors de ma terre. Lors commanda-il à ses hommes qu’ils le
-menassent hors de la terre d’Egipte paisiblement et sans perdre nulle
-de ses choses.</p>
-
-<p>On lit ou sixiesme chappitre de Genesy que quant Abraham fut party
-d’Egipte, il ala demourer en la terre de Canaen de coste<a name="FNanchor_190_190" id="FNanchor_190_190"></a><a href="#Footnote_190_190" class="fnanchor">[190]</a> Bétel.
-Donc regarda Sarre qu’elle estoit brehaigne<a name="FNanchor_191_191" id="FNanchor_191_191"></a><a href="#Footnote_191_191" class="fnanchor">[191]</a> et ne povoit avoir
-enfant, dont elle estoit moult dolente; lors s’advisa qu’elle
-bailleroit Agar sa chamberière qu’elle avoit admenée d’Egipte, à
-Abraham son mary, pour savoir s’elle en pourroit avoir enfant, car elle
-doubtoit moult qu’il ne morust sans hoir, et ce dist-elle à Abraham qui
-se consenti à faire sa voulenté. Et elle lui bailla Agar sa meschine
-laquelle conceut tantost un fils dont Sarre ot moult grant joye. Mais
-quant Agar la meschine vit et sceut qu’elle avoit conceu de Abraham,
-elle despita sa dame et se portoit grossement contre elle. Et quant
-elle vit ce, Sarre dist à Abraham: Tu fais mauvaisement encontre moy,
-je te<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-81" id="page_vol-1-81"></a>{v. 1, p.81}</span> baillay ma meschine pour ce que je ne puis avoir enfans de toy,
-et je désiroie que je peusse avoir fils d’elle et de toy lesquels je
-peusse nourrir et garder, à la fin que tu ne morusses pas sans laisser
-lignée de toy: pour ce que ma meschine Agar voit qu’elle a conceu de
-toy, elle m’a en despit et ne me prise rien; Dieu vueille jugier entre
-moy et toy, car tu as tort qui sueuffres qu’elle me despite.</p>
-
-<p>Or véons la grant bonté et la grant loyaulté de ceste bonne dame et
-sainte femme Sarre. Elle amoit si très loyaulment Abraham son mary, et
-bien savoit qu’il estoit si saint homme et vaillant patriarche, que
-il lui sembloit que ce feust doleur et grant dommaige s’il mouroit
-sans hoir et avoir fils de son sang, et si véoit bien qu’elle estoit
-brehaigne et ne povoit concevoir, et pour le grant désir qu’elle avoit
-d’avoir fils de son mary lesquels elle peust nourrir et garder, elle
-bailla sa meschine et la fist couchier en son propre lit, et s’en voult
-déporter. Quantes dames ou femmes trouveroit-on qui ainsi feissent?
-Je croy qu’on en trouveroit peu, et pour ce est Sarre tenue à la
-plus loyale à son mary qui fust dès Adam le premier homme jusques à
-la loy qui fut donnée à Moyse. Mais Agar sa meschine à tort l’eut en
-despit quant elle sceut qu’elle eust conceu de Abraham, mais on dit
-communément que qui essauce<a name="FNanchor_192_192" id="FNanchor_192_192"></a><a href="#Footnote_192_192" class="fnanchor">[192]</a> son serf il en fait son ennemy. Mais
-Abraham le bon patriarche vit bien et sceut que Agar la meschine avoit
-tort, et pour ce il dist à Sarre: Vécy Agar ta meschine, je la mets en
-ta main, si en fais ta voulenté.</p>
-
-<p>Lors la commença Sarre à approuchier, et la tint<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-82" id="page_vol-1-82"></a>{v. 1, p.82}</span> vile jusques à tant
-qu’elle mesmes, par le commandement de l’ange, se humilia et à sa dame
-cria mercy; et Sarre la garda tant qu’elle ot enfanté son fils qui
-ot nom Ysmaël, dont Sarre ot grant joye et le garda et fist garder
-moult bien. Après ce, nostre Seigneur visita Sarre et s’apparut aussi
-à Abraham ou val de Mambré, devant son tabernacle, et lui dist qu’il
-auroit un fils de Sarre sa franche moullier, et auroit nom Ysaac, et
-ce fils vivroit et sa lignée il multiplieroit ainsi comme les estoiles
-du ciel et la gravelle de la mer ou la pouldre de la terre. Encores
-dist-il à Abraham: en ta lignée ou semence toutes gens seront beneurés.
-Et quant Sarre qui estoit derrière l’uis du tabernacle oy quelle
-concevroit, si commença à rire et dist à soy mesmes: je suis vieille
-et ancienne, et Abraham aussi; comment pourray-je avoir enfant? Et
-merveilles ne fut pas de ce quelle rit et dit ainsi, qu’elle avoit jà
-plus de quatre-vingts ans, et Abraham en avoit plus de cent. Et Dieu
-qui la vit bien rire dist à Abraham: Pourquoy a ris Sarre ta moullier?
-Et Sarre qui ot paour respondi qu’elle n’avoit pas ris, et Dieu lui
-dist: Je te vis bien rire derrière ton huis; ne sont pas toutes choses
-légières à Dieu quant il les veult faire? Après ce, Sarre conceut quant
-il pleust à Dieu et enfanta un fils lequel Abraham appella Ysaac, et
-le circonci au jour vingtième qu’il fut né. Lors dist Sarre par moult
-grant joie: Dieu m’a fait rire, et tous ceulx et celles qui orront dire
-que j’ay enfanté riront aussi avec moy. Qui creroit, dist-elle, Abraham
-se il disoit que Sarre alaitast un enfant qu’elle luy aroit enfanté
-en sa vieillesse? Et pour certain toutes gens qui oient de ce parler
-pevent bien croire et penser que Dieu ama moult Abraham et<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-83" id="page_vol-1-83"></a>{v. 1, p.83}</span> Sarre aussi
-quant il leur fist si belle grâce. Mais Abraham estoit si saint et si
-bon patriarche que Dieu parla à lui par moult de fois et lui promist
-que il mesmes se donroit à sa lignée<a name="FNanchor_193_193" id="FNanchor_193_193"></a><a href="#Footnote_193_193" class="fnanchor">[193]</a>, et aussi ama-il moult Sarre
-pour sa grant loyauté et sa grant bonté.</p>
-
-<p>Moult bien nourri Sarre son fils Ysaac, et quant il fut si grant
-qu’elle le sevra et qu’il deust mengier à la table son père Abraham,
-elle appella ses amis et fist grant mengier et grant feste pour son
-fils. Et quant Sarre vit Ysmaël le fils Agar l’Egipcienne jouer à Ysaac
-son fils, elle dist à Abraham: Chasse hors la meschine et son fils; le
-fils de la meschine ne sera pas hoir avecques mon fils Ysaac. Il est
-dit en Genesy ou <small>XXI</small><sup>e</sup> chappitre: Ceste parole fut
-moult dure à Abraham, mais Dieu lui dist ainsi: Ne te semble pas aspre
-chose de bouter hors la meschine et son fils; oy la parolle de Sarre
-et fay tout ce qu’elle te dira, car en Ysaac ta semence sera appellée.
-(C’est à dire que de Ysaac devoit venir la lignée que Dieu avoit
-promise à Abraham.) Et pour ce, dit Dieu, que le fils de la meschine
-est de ta semence, je le feray croistre en moult grant gent. Donc
-se leva Abraham au matin et bailla à Agar la meschine du pain et un
-bouchel<a name="FNanchor_194_194" id="FNanchor_194_194"></a><a href="#Footnote_194_194" class="fnanchor">[194]</a> d’eaue et luy mist sur ses espaules, puis lui fist prendre
-Ysmaël son fils; si lui commanda qu’elle s’en alast quelle part qu’il
-luy pleust, et si fist-elle.</p>
-
-<p>Or pourroient, par adventure, penser aucunes personnes que Sarre eust
-par mal et par envie enchassé Agar sa meschine et Ysmaël son fils: mais
-qui veult bien considérer la cause, elle n’ot pas tort; Histoire<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-84" id="page_vol-1-84"></a>{v. 1, p.84}</span> sur
-Bible dist ainsi: Sarre vit bien que Ysmaël en son jeu faisoit félonnie
-à Ysaac son fils; et aussi que, de par esperit de prophécie, elle sceut
-et apperceut que Ysmaël avoit ymagetes faictes de terre auxquelles il
-aouroit comme Dieu et vouloit contraindre Ysaac à ce que les aourast
-aussi. Encores considéroit-elle et savoit assez que se Ysmaël demouroit
-tant avecques eulx que Abraham morust, il vouldroit déshériter Ysaac et
-avoir sa seignourie par sa force, et pour ce elle fist moult bien de
-enchasser la mère et son fils. Et jasoit-ce que j’aye mise l’istoire
-tout au long et ne l’aye voulu desmembrer ne descoupler pour ce que la
-matière est belle et s’entretient, toutesvoies par icelle peut estre
-recueilli à mon propos seulement que Sarre fut très amoureuse privée et
-obéissant à son mary en tant qu’elle laissa ses parens et sa terre pour
-aler seule de sa lignée avec son mary en estrange terre et de différent
-langage, et avec ce, elle délaissa à la prière et pour l’amour de son
-mary le nom de moullier ou femme qui est le plus prouchain en affinité,
-en amour et dilection, et, à la demande de son mary, prist le nom de
-seur; et en oultre que tant comme elle fut hors d’avecques son mary,
-tout jour et toute nuit plouroit pour l’amour de son mary; et de
-rechief que pour avoir lignée et représentacion de son mary après la
-mort d’icelluy, elle en laissa son lit et le soulas de son mary, et
-lui bailla Agar sa chambrière et la fist dame, et elle très humblement
-devint serviteresse et humble servant, sans les autres débonnairetés et
-humilités cy dessus escriptes et lesquelles je laisse pour ce qu’il me
-semble que ce seroit trop longue récitation.</p>
-
-<p>Item il est trouvé escript ou <small>XXIX</small><sup>e</sup> chappitre de
-Genesy<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-85" id="page_vol-1-85"></a>{v. 1, p.85}</span> qui est le premier livre de la Bible, que quant Jacob fut party
-de Ysaac son père et de Rébecque sa mère, de Briseyda<a name="FNanchor_195_195" id="FNanchor_195_195"></a><a href="#Footnote_195_195" class="fnanchor">[195]</a> leur cité il
-ala tant qu’il vint en Mésopotamie, près de la cité de Aram qui estoit
-à Laban son oncle. Là resta-il de coste un puis auquel les pasteurs
-de la terre abreuvoient les bestes, lequel puis estoit couvert d’une
-grant pierre plate. Ainsi comme les pasteurs furent assemblés entour
-le puis, Jacob leur demanda se ils congnoissoient Laban le fils Batuel
-qui fut fils Naccor. Les pasteurs respondirent: Oyl, moult bien. Il
-leur demanda se il estoit sain et en bon point; ils respondirent: Oyl.
-Vois çà, dirent-ils, Rachel sa fille qui vient abreuver ses bestes à ce
-puis. Jacob leur dist: Seigneurs, abreuvez vos bestes, si les ramenez
-en la pasture, car il est encores grant heure et n’est pas temps
-encores de les mener aux estables. Si comme il disoit ainsi, Rachel
-vint au puis, et Jacob leva la pierre du puis: si luy fist abreuver ses
-bestes. Lors parla-il à elle et la baisa; si luy dist qu’il estoist
-son cousin germain, fils de Ysaac et de Rébecque la seur de Laban son
-père. Et quant Rachel l’ot entendu, elle s’en courust en son hostel et
-dist à Laban son père comment elle ot trouvé Jacob son nepveu. Et quant
-Laban l’oy, il eust moult grant joie et lui demanda la cause de sa
-voye<a name="FNanchor_196_196" id="FNanchor_196_196"></a><a href="#Footnote_196_196" class="fnanchor">[196]</a> et pour quoy il estoit là venu. Jacob luy dist que c’estoit
-pour la paour de Esaü son frère qui le vouloit occire pour ce que il
-avoit receu la bénéisson son père, mais ce luy ot fait faire sa mère
-Rébecque. Lors respondi Laban: Tu es os de mes os et char de ma char,
-et pour ce tu pues demourer avecques moy.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-86" id="page_vol-1-86"></a>{v. 1, p.86}</span></p>
-
-<p>Quant Jacob ot demouré avec Laban son oncle par l’espace de un mois,
-Laban lui dist: Comment que tu soies mon nepveu, ne vueil-je pas que tu
-me serves pour néant; dy moy que tu vouldras avoir pour ton service.
-Or avoit Laban deux filles: l’ainsnée ot nom Lye, celle ot les yeulx
-plourans par enfermeté; et la plus jeune ot nom Rachel, celle estoit
-moult belle et gente de viaire et de corps, et Jacob l’amoit moult. Et
-pour ce il dist à Laban: Je serviray à toy sept ans pour Rachel la plus
-jeune. Laban respondi: Mieulx vault que je la te donne que à un autre
-homme, or demeure doncques avecques moy. Jacob demoura avecques Laban
-et le servi sept ans pour avoir sa fille Rachel, et lui sembla que le
-terme fut moult brief pour la grant amour qu’il avoit à elle.</p>
-
-<p>Sur ceste chose dit l’Histoire: le terme de sept ans ne luy sembla pas
-brief pour la grant amour, mais moult long. Car quant une personne aime
-et désire aucune chose, il luy semble que les termes que il la doit
-avoir tardent trop merveilleusement. Mais ce que la Bible dit que les
-jours semblèrent briefs à Jacob, on peut entendre en ceste manière: il
-amoit tant Rachel et luy sembloit tant belle, que s’il deust servir
-encores autant pour l’avoir comme il avoit servi, ne lui sembloit-il
-pas que il l’eust bien desservie.</p>
-
-<p>A la fin des sept ans, il dit à Laban: Donne moy ma moullier, il est
-bien temps que je l’aye. Lors appella Laban tous ses amis et voisins et
-fist grans nopces; et quant la nuit fut venue, il mena à Jacob Lye sa
-fille l’ainsnée et lui bailla une meschine qui ot nom Zelphan<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-87" id="page_vol-1-87"></a>{v. 1, p.87}</span> pour luy
-servir. Et quant Jacob ot jeu<a name="FNanchor_197_197" id="FNanchor_197_197"></a><a href="#Footnote_197_197" class="fnanchor">[197]</a> à Lye et il la regarda à la matinée,
-il dist à Laban: Que est-ce que tu as voulu faire à moy? N’ay-je pas
-servi à toi sept ans pour Rachel? Pourquoy m’as-tu baillé Lye? Laban
-respondi: Nous n’avons pas de coustume en ceste contrée de bailler aux
-nopces la plus jeune devant les ainsnées; attens tant que la sepmaine
-des nopces soit passée et puis je te donray l’autre, en telle manière
-que tu me serviras encores sept ans pour elle. Lors accorda Jacob ce
-que Laban ot dit, et quant la sepmaine fut passée, il prist ainsi à
-moullier Rachel à laquelle son père avoit donné une meschine laquelle
-ot nom Balam.</p>
-
-<p>Aucuns veullent dire que puis que Jacob ot prins la fille ainsnée
-de Laban, il servi autres sept ans pour Rachel avant qu’il l’eust à
-moullier, mais ils dient mal. On treuve en Histoire que saint Jérosme
-dit: Tantost après la sepmaine des nopces faictes pour Lye, Jacob prist
-Rachel, et pour la grant joye qu’il en ot, il servi voulentiers les
-sept ans ensuivans.</p>
-
-<p>Il est dit en Genesy ou <small>XXIX</small><sup>e</sup> chappitre que Jacob ama
-moult plus Rachel pour ce que elle estoit plus belle et gracieuse que
-Lye qui n’estoit pas si belle, mais pour ce que Dieu ne vouloit pas
-qu’il l’eust trop en despit, il la fist concevoir un fils dont elle
-ot moult grant joye et l’appela Ruben, et dit ainsi: Dieu a veu mon
-humilité, d’ores-en-avant m’en aymera mon mary. De rechief elle conceut
-et enfanta un autre fils et l’appela Siméon, en disant ainsi: Pour
-ce que Dieu m’a oye, il m’a donné encores ce fils. Tiercement, elle
-conceut<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-88" id="page_vol-1-88"></a>{v. 1, p.88}</span> et enfanta un autre fils et dist ainsi: Mon mary se complaira
-en moy pour ce que je luy ay enfanté trois fils; et pour ce, elle
-nomma l’enfant Levy. Quartement, conceut et enfanta un fils et dist:
-Orendroit je me confesseray à nostre Seigneur; et pour ce, l’enfant ot
-nom Judas et vault autant à dire que confession. Lors cessa Lye qu’elle
-n’ot plus enfans jusques grant temps après.</p>
-
-<p>Il est escript ou <small>XXX</small><sup>e</sup> chappitre de Genesy que Rachel
-ot grant envie contre Lye sa seur pour ce qu’elle ot enfanté, et elle
-se trouvoit brehaigne et ne povoit concevoir. Et pour ce elle dist à
-Jacob son mary: Donne moy des enfans, et se tu ne le fais je mourray.
-Jacob qui yrié estoit respondi: Je ne suis pas Dieu, je t’apreisse
-d’avoir enfans de ton ventre. Rachel respondi: J’ay Balan ma meschine,
-couche avec elle à ce qu’elle enfante et que je puisse avoir fils
-d’elle et de toy. Jacob fist ce que Rachel voult, et Balan conceut et
-enfanta un fils. Lors dit Rachel: Dieu a jugié pour moy, si a ma voix
-essaucée et m’a donné un fils. Pour ce, elle appela l’enfant Dan. De
-rechief, Balan ot un fils pour lequel Rachel dist: Nostre Seigneur m’a
-comparée à Lye, et de ce, le fils ot nom Neptalim.</p>
-
-<p>Or véons grant merveille et signe de grant amour. Rachel avoit si grant
-désir qu’elle eust enfans de Jacob que pour ce qu’elle vit quelle ne
-povoit concevoir elle luy bailla sa meschine, et les fils qu’elle en ot
-elle ama aussi que s’ils feussent siens propres. Pour ce que Lye vit
-qu’elle ne concevoit mais, elle bailla à Jacob Zelphan sa meschine. Le
-premier fils qu’elle en ot, Lye le receut à joye et dit: Il me vient
-eureusement, et de ce, le fils ot nom Gad. Et quant Zelphan ot l’autre<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-89" id="page_vol-1-89"></a>{v. 1, p.89}</span>
-fils Lye dist: C’est pour ma bonne eureté et pour ce toutes femmes me
-diront bieneureuse; et ce fils ot nom Aser.</p>
-
-<p>Ou temps de messon Ruben apporta à Lye sa mère mandagores que il ot
-trouvées en leur champ, et quant Rachel les vit, si les désira moult et
-dist à Lye sa sœur: Donne moy partie des mandagores. Lye respondi: Ne
-te souffist-il pas que tu me ostes mon mary, se tu ne me veulx encores
-oster mes mandagores? Rachel dist: Je veuil qu’il dorme en ceste nuit
-avecques toy pour les mandagores que ton fils a apporté. Lye les luy
-donna, et au soir quant Jacob revint des champs, elle ala encontre luy
-et luy dist: Tu vendras en ceste nuit coucher avecques moy, car je t’ay
-acheté par les mandagores que ton fils m’ot donné.</p>
-
-<p>De ces mandagores met l’Histoire sur Bible moult d’oppinions. Les
-aucuns dient que ce sont arbres qui portent fruit souef flairant
-autel que pommes. Les autres dient que ce sont racines en terre, en
-manière d’erbe, portans feuilles vers, et ont ces racines figure et
-façon d’ommes et de femmes, de tous membres et de chevellure<a name="FNanchor_198_198" id="FNanchor_198_198"></a><a href="#Footnote_198_198" class="fnanchor">[198]</a>.
-<i>Catholicon</i><a name="FNanchor_199_199" id="FNanchor_199_199"></a><a href="#Footnote_199_199" class="fnanchor">[199]</a> dit: Ce m’est advis que bien pevent estre herbes
-et racines, et que le fruit vault à femmes brehaignes pour aidier à
-concevoir, mais que les femmes ne soient pas trop anciennes.</p>
-
-<p>Celle nuit dormit Jacob avecques Lye, et elle conceut un fils, et
-quant elle l’ot enfanté, elle dist: Dieu m’a enrichie de ce que j’ay
-donné à mon mary ma<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-90" id="page_vol-1-90"></a>{v. 1, p.90}</span> meschine; et pour ce elle appella son fils le
-cinquiesme Ysacar. Puis ot-elle le sixiesme fils; quant elle l’ot
-enfanté, elle dist: Dieu m’a enrichie de bon douaire à ceste fois, et
-encores sera mon mary avecques moy; et pour ce elle appella son fils
-Zabulon. Encores ot-elle une fille laquelle ot nom Dinam. Après ce,
-nostre Seigneur se recorda de Rachel et essauça sa prière; si lui fist
-concevoir et enfanter un fils dont elle ot moult grant joye et dist:
-Nostre Seigneur a ostée ma reprouche. Si appella son fils Joseph, et
-dist: Dieu m’en doint encores un autre. Après toutes ces choses dessus
-dictes, Jacob appella Laban son oncle et lui dist: Donne moy mes
-moulliers pour lesquelles j’ay servy à toy quatorze ans, et mes enfans;
-si m’en iray en la terre dont je fus né. Laban lui respondi: Je te prie
-que tu demeures encore avec moy, car je sçay bien que par toy Dieu m’a
-bénéy et multiplié mes biens. Jacob respondi: Il me convient pourveoir
-substance pour moy, pour mes enfans, pour mes femmes et ma famille.</p>
-
-<p>Ores du surplus de l’histoire je me tais, car il ne touche point à
-ma matière. Mais par ce que dit est dessus peut estre recueilli la
-grant bonté des dessus dictes Lye et Rachel qui toutes deux et en un
-mesmes temps, elles estans ensemble en un mesme hostel et mesnage,
-servoient et servirent Jacob leur mary en bonne paix et en bon amour,
-sans jalousie, sans tençon et sans envie, et en oultre elles avoient
-laissié leur pays, leur nativité, leur père, leur mère et leur langage
-pour icelluy mary et pour le servir en estrange terre. Et est moult à
-considérer la grant <span class="pgnum"><a name="page_vol-1-91" id="page_vol-1-91"></a>{v. 1, p.91}</span>amour et l’ardeur que Rachel avoit d’avoir lignée
-et remembrance de Jacob auquel elle bailla Balan sa chamberière.</p>
-
-<p>Quantes dames est-il maintenant qui le féissent, ne qui vesquissent
-si paisiblement que quant l’une l’aroit, l’autre n’en rechignast
-et murmurast, mais encores pis? Car, par Dieu, je cuide qu’elles
-batteroient l’une l’autre. O Dieu! quelles bonnes femmes et sainctes
-elles furent! Pour néant n’est pas en la bénéisson des espousailles
-ramenteue ceste parole: <i>Sis amabilis ut Rachel viro, prudens ut Sarra,
-sapiens ut Rebecca</i>.</p>
-
-<p>Item nous véons en <i>Thobie</i> <small>X</small><sup>e</sup> que Raguel et Anne sa
-femme, quant ils mirent hors de leur hostel Thobie le jeune et Sarre
-leur fille qui estoit femme d’icelluy jeune Thobie, ils baisièrent
-icelle leur fille et l’admonestèrent qu’elle amast cordialment son
-mary et honnourast ses parens, et si fist-elle. Et à ce propos, il est
-trouvé <i>Machabeorum</i>, <small>XI</small>º que quant Alixandre oy dire
-que le roy d’Égipte qui avoit espousé sa seur le venoit veoir, il manda
-par toutes les universités à son peuple qu’ils ississent de leurs cités
-et alassent au devant d’icelluy roy d’Égipte pour luy honnorer, et
-ainsi faisoit honneur à ses parens quant il honnouroit le mary de sa
-seur.</p>
-
-<p>Et pour que l’en ne die mie que je ne vueille aussi bien dire des
-devoirs des hommes comme des femmes, je di aussi qu’il est escript
-<i>Ad Ephesios</i> <small>V</small>º que les maris doivent amer leurs
-femmes comme leur propre corps, ce n’est mie à dire par fiction, ne
-par parole, c’est léalment, de cuer, avecques ce que dit est dessus.
-Encores, pour monstrer ce que j’ay dit que vous devez estre très privée
-et très amoureuse de vostre mary, je mets un exemple rural que mesmes
-les oiseaulx<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-92" id="page_vol-1-92"></a>{v. 1, p.92}</span> ramages<a name="FNanchor_200_200" id="FNanchor_200_200"></a><a href="#Footnote_200_200" class="fnanchor">[200]</a> et les bestes privées et sauvaiges, voire
-les bestes ravissables, ont le sens et industrie de ceste pratique,
-car les oiseaulx femelles suivent et se tiennent prouchaines de leurs
-masles et non d’autres, et les suivent et volent après eulx et non
-après autres. Se les masles s’arrestent, aussi font les femelles et
-s’assieent près de leurs masles: quant leurs masles s’envolent, et
-elles après joingnant à joingnant. Et mesmes les oiseaulx sauvaiges qui
-sont nourris par personnes qui leur sont estranges au commencement,
-puis que iceulx oiseaulx ont prins nourriture d’icelles personnes
-estranges, soient corbeaux, corneilles, choues<a name="FNanchor_201_201" id="FNanchor_201_201"></a><a href="#Footnote_201_201" class="fnanchor">[201]</a>, voire lez oiseaulx
-de proye, comme espriviers, faucons, tiercelez<a name="FNanchor_202_202" id="FNanchor_202_202"></a><a href="#Footnote_202_202" class="fnanchor">[202]</a>, ostours et les
-semblables, si les aiment-ils plus que les autres. Ce mesmes est-il des
-bestes sauvaiges, des dommeschés<a name="FNanchor_203_203" id="FNanchor_203_203"></a><a href="#Footnote_203_203" class="fnanchor">[203]</a>, voire des bestes champestres.
-Des dommeschés, vous véez que un lévrier, ou mastin, ou chiennet, soit
-en alant par le chemin, ou à table, ou en lit, tousjours se tient-il
-au plus près de celluy avecques qui il prent sa nourriture, et laisse
-et est estrange et farouche de tous les autres; et se le chien en est
-loing, tousjours a-il le cuer et l’ueil à son maistre; mesmes se son
-maistre le bat et luy rue pierres après luy, si le suit-il balant
-la queue, et en soy couchant devant son maistre le rapaise, et par
-rivières, par bois, par larronnières et par batailles le suit.</p>
-
-<p>Autre exemple peut estre prins du chien Maquaire<a name="FNanchor_204_204" id="FNanchor_204_204"></a><a href="#Footnote_204_204" class="fnanchor">[204]</a>,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-93" id="page_vol-1-93"></a>{v. 1, p.93}</span> qui vit tuer
-son maistre dedens un bois, et depuis qu’il fut mort, ne le laissa,
-mais couchoit ou bois emprès luy qui estoit mort, et aloit de jour
-querre son vivre loing et l’apportoit en sa gueule, et illec retournoit
-sans mengier, mais couchoit, buvoit et mengoit emprès le corps et
-gardoit icelluy corps de son maistre, au bois, tout mort. Depuis,
-icelluy chien se combati et assailli plusieurs fois celluy qui son
-maistre avoit tué, et toutes fois qu’il le trouvoit l’assailloit et
-se combatoit; et en la parfin le desconfi ou champs en l’Isle Nostre
-Dame<a name="FNanchor_205_205" id="FNanchor_205_205"></a><a href="#Footnote_205_205" class="fnanchor">[205]</a> à Paris, et encore y sont les traces des lices qui furent
-faictes pour le chien et pour le champ.</p>
-
-<p>Par Dieu, je vy à Nyort un chien vieil qui gisoit sur la fosse où son
-maistre avoit esté enterré qui avoit esté tué des Anglois, et y fut
-mené monseigneur de Berry et grant nombre de chevaliers pour veoir la
-merveille de la loyaulté et de l’amour du chien qui jour et nuit ne
-se<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-94" id="page_vol-1-94"></a>{v. 1, p.94}</span> partoit de dessus la fosse où estoit son maistre que les Anglois
-avoient tué. Et luy fist monseigneur de Berry donner dix frans qui
-furent baillés à un voisin pour lui quérir à mengier toute sa vie<a name="FNanchor_206_206" id="FNanchor_206_206"></a><a href="#Footnote_206_206" class="fnanchor">[206]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-95" id="page_vol-1-95"></a>{v. 1, p.95}</span></p>
-
-<p>Ce mesmes est-il des bestes champestres; vous le véez d’un mouton, d’un
-aignel, qui suivent et sont privés de leurs maistres et maistresses
-et les suivent et sont privés d’eulx et non d’autres; et autel est-il
-des bestes sauvaiges, comme d’un sanglier, un cerf, une biche, qui
-ont nature sauvage, suivent et se tiennent joingnans et près de leurs
-maistres et maistresses et laissent tous autres. Item, autel est-il des
-bestes mesmes sauvaiges qui sont dévourans et ravissables, comme loups,
-lyons, léopars et les semblables, qui sont bestes farouches, fières,
-cruelles, dévourans et ravissables; si suivent-ils, servent et sont
-privés de ceulx avecques qui ils prennent leur nourriture et qui les
-aiment, et sont estranges des autres.</p>
-
-<p>Ores avez-vous veu moult de divers et estranges exemples dont les
-derrains sont vrais et visibles à l’ueil<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-96" id="page_vol-1-96"></a>{v. 1, p.96}</span> par lesquels exemples vous
-véez que les oiseaulx du ciel et les bestes privées et sauvages et
-mesmes les bestes ravissables ont ce sens de parfaictement amer et
-estre privées de leurs patrons et bienfaisans et estranges des autres;
-doncques, par meilleure et plus forte raison, les femmes à qui Dieu a
-donné sens naturel, et sont raisonnables, doivent avoir à leurs maris
-parfaicte et solemnelle amour, et pour ce je vous prye que vous soyez
-très amoureuse et très privée de vostre mary qui sera.</p>
-
-<h2><a name="LE_SIXIEME_ARTICLE" id="LE_SIXIEME_ARTICLE"></a>LE SIXIÈME ARTICLE.</h2>
-
-<p>Le sixiesme article de la première distinction dit que vous soiez
-humble et obéissant à celluy qui sera vostre mary, lequel article
-contient en soy quatre membres.</p>
-
-<p>Le premier membre dit que vous soiez obéissant: qui est entendu à lui,
-et à ses commandemens quels qu’ils soient, supposé que les commandemens
-soient fais à certes<a name="FNanchor_207_207" id="FNanchor_207_207"></a><a href="#Footnote_207_207" class="fnanchor">[207]</a> ou par jeu, ou que les commandemens soient
-fais d’aucunes choses estranges à faire, ou que les commandemens soient
-fais sur choses de petit pris ou de grant pris; car toutes choses vous
-doivent estre de grant pris, puis que cellui qui sera vostre mary le
-vous aura commandé. Le deuxiesme membre ou particularité est à entendre
-que se vous avez aucunes besongnes à faire dont vous n’ayez point parlé
-à celluy qui sera vostre mary, ne il ne s’en est point advisé, et pour
-ce il n’en a riens commandé ne deffendu, se la besongne est hastive
-et qu’il la conviengne faire avant<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-97" id="page_vol-1-97"></a>{v. 1, p.97}</span> que celluy qui sera vostre mary
-le sache, se vous avez plaisir de la faire en aucune manière, et vous
-sentez que celluy qui sera vostre mary eust plaisir de la faire en une
-autre manière, faictes avant<a name="FNanchor_208_208" id="FNanchor_208_208"></a><a href="#Footnote_208_208" class="fnanchor">[208]</a> au plaisir de celluy qui sera vostre
-mary que au vostre, car son plaisir doit précéder le vostre.</p>
-
-<p>La troisiesme particularité est à entendre que se celluy qui sera
-vostre mary vous deffendra aucune chose, supposé que sa deffense soit
-faicte à jeu ou à certes, ou que sa deffense soit faicte sur chose de
-petit pris ou de grant value, gardez que aucunement vous ne faciez
-contre sa deffense.</p>
-
-<p>La quarte particularité est que vous ne soyez arrogant ne répliquant
-contre celluy qui sera vostre mary ne contre ses dis, et ne dictes
-contre sa parole, mesmement<a name="FNanchor_209_209" id="FNanchor_209_209"></a><a href="#Footnote_209_209" class="fnanchor">[209]</a> devant les gens.</p>
-
-<p>En reprenant le premier point des quatre particularités qui dit que
-vous soyez humble à vostre mary et à luy obéissant, etc., l’Escripture
-le commande <i>Ad Ephesios</i> <small>V</small>º où il est dit: <i>Mulieres
-viris suis subdite sint sicut domino, quoniam vir caput est mulieris,
-sicut Christus caput est Ecclesie</i>. C’est à dire que le commandement
-de Dieu est que les femmes soient subjectes à leurs maris comme à
-seigneurs, car le mary est aussi bien chief de la femme comme nostre
-Seigneur Jhésu-Crist est chief de l’Église. Doncques il s’ensuit que
-ainsi comme l’Église est subjecte et obéissant aux commandemens grans
-et petis de Jhésu-Crist, comme à son chief, tout ainsi les femmes
-doivent estre subjectes à leurs maris comme à leur chief et obéir à
-eulx et à<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-98" id="page_vol-1-98"></a>{v. 1, p.98}</span> leurs commandemens grans et petis. Et ainsi le commanda
-nostre Seigneur, si comme dit saint Jhérosme, et aussi le dit le
-Décret<a name="FNanchor_210_210" id="FNanchor_210_210"></a><a href="#Footnote_210_210" class="fnanchor">[210]</a>, <small>XXXIII</small><sup>e</sup> <i>Questione, quinto capitulo:
-Cum caput</i>. Et pour ce dit l’apostre quant il escript aux Hébrieux,
-ou <small>XIII</small><sup>e</sup> chappitre: <i>Obedite prepositis vestris et
-subjacete eis, etc.</i> C’est à dire obéissez à vos souverains et soyez en
-bonne subjection vers eulx. Encores vous est-il assez monstré que c’est
-sentence de nostre Seigneur par ce que dit est par avant, que femme
-doit estre subjecte à homme. Car il est dit que quant au commencement
-du monde Adam fut fait, nostre Seigneur par sa bouche et parole dist:
-Faisons-luy aide. Et lors de la coste de Adam fist la femme comme aide
-et subjecte et ainsi en use-l’en, et c’est raison. Et pour ce, se doit
-bien femme adviser de quelle condition est cellui qu’elle prendra,
-avant qu’elle le preigne. Car, ainsi comme dit un povre homs Rommain
-qui sans son sceu ou pourchas fut par les Rommains esleu à estre
-empereur, quant l’en luy apporta le faudesteul<a name="FNanchor_211_211" id="FNanchor_211_211"></a><a href="#Footnote_211_211" class="fnanchor">[211]</a> et la couronne
-il fut tout esbahy; l’une de ses premières paroles fut qu’il dist au
-peuple: Prenez vous tous garde que vous faictes ou avez fait, car s’il
-est ainsi que vous m’ayez esleu et je soye demouré empereur, sachez de
-certain que de là en avant mes paroles seront tranchans comme rasouers
-de nouvel esmolus. C’estoit à dire que quiconques n’obéiroit à ses
-défenses ou commandemens, puis qu’il seroit ou estoit fait empereur,
-c’estoit sur peine de perdre la teste.</p>
-
-<p>Ainsi, garde soy une femme comment ne à qui elle<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-99" id="page_vol-1-99"></a>{v. 1, p.99}</span> sera mariée, car
-quiconques, povre ou petit qu’il ait esté par avant, toutesvoies pour
-le temps à venir depuis le mariage, doit-il estre et est souverain et
-qui peut tout multiplier ou tout descroistre. Et pour ce vous devez
-plus en mary penser à la condition que à l’avoir<a name="FNanchor_212_212" id="FNanchor_212_212"></a><a href="#Footnote_212_212" class="fnanchor">[212]</a>, car vous ne
-le pourrez après changer, et quant vous l’aurez prins, si le tenez à
-amour et amez et obéissez humblement, comme fist Sarre dont il est
-parlé en l’article précédent. Car plusieurs femmes ont gaignié par leur
-obéissance et sont venues à grant honneur, et autres femmes par leur
-désobéissance ont esté reculées et désavancées.</p>
-
-<p>A ce propos d’obéissance, et dont il vient bien à la femme qui est
-obéissant à son mary, puis-je traire un exemple qui fut jà pieçà
-translaté par maistre François Pétrac<a name="FNanchor_213_213" id="FNanchor_213_213"></a><a href="#Footnote_213_213" class="fnanchor">[213]</a> qui à Romme fut couronné
-poëte, lequel histoire dit ainsi:</p>
-
-<p>Aux confines de Pimont en Lombardie, ainsi comme au pié de la montaigne
-qui devise France et Ytalie, qui est appellée ou païs Mont Vésée<a name="FNanchor_214_214" id="FNanchor_214_214"></a><a href="#Footnote_214_214" class="fnanchor">[214]</a>,
-a une contrée longue et lée, qui est habitée de chasteaulx et villes
-et aournée de bois, de prés, de rivières, de vignes, de foings et
-de terres labourables: et celle terre est appellée la terre de
-Saluces laquelle d’ancienneté seignourist<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-100" id="page_vol-1-100"></a>{v. 1, p.100}</span> les contrées voisines, et
-d’ancienneté a esté gouvernée jusques aujourd’uy par aucuns nobles et
-puissans princes appellés marquis de Saluces, desquels l’un des plus
-nobles et plus puissans fut appellé Gautier auquel tous les autres de
-celle région, comme barons, chevaliers, escuiers, bourgois, marchans
-et laboureurs obéissoient. Icelluy Gautier marquis de Saluces estoit
-bel de corps, fort et légier, noble de sang, riche d’avoir et de
-grant seignourie, plein de toutes bonnes meurs et parfaitement garni
-de précieux dons de nature. Un vice estoit en lui, car il amoit fort
-solitude et n’acontoit<a name="FNanchor_215_215" id="FNanchor_215_215"></a><a href="#Footnote_215_215" class="fnanchor">[215]</a> riens au temps à venir, ne en nulle manière
-ne vouloit pour lui mariage. Toute sa joye et plaisance estoit en
-rivières, en bois, en chiens et en oyseaulx, et peu s’entremettoit
-du gouvernement de sa seignourie; pour laquelle chose ses barons le
-mouvoient et admonestoient de marier, et son peuple estoit en très
-grant tristesse et par espécial de ce qu’il ne vouloit entendre à
-mariage. Une journée s’assemblèrent en grant nombre, et les plus
-souffisans vindrent à lui et par la bouche de l’un luy dirent telles
-paroles: O tu, marquis nostre seigneur, l’amour que nous avons en
-toy nous donne hardement de parler féablement. Comme il soit ainsi
-que toy et toutes les choses qui sont en toy nous plaisent et ont
-tousjours pleu, et nous réputons bieneureux d’avoir tel seigneur, une
-chose défault en toy, laquelle se tu la nous veulx octroier, nous nous
-réputons estre mieulx fortunés que tous nos voisins: c’est assavoir
-qu’il te plaise encliner ton courage au lien de mariage, et que ta
-liberté passée<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-101" id="page_vol-1-101"></a>{v. 1, p.101}</span> soit un peu réfrénée et mise au droit des mariés. Tu
-scez, Sire, que les jours passent en volant sans jamais retourner.
-Et combien que tu soies de jeune aage, toutesvoies de jour en jour
-t’assault la mort et s’approche, laquelle n’espargne à nul aage, et de
-ce nul n’a privilège. Il les convient tous morir, mais l’en ne scet
-quant, ne comment, ne le jour, ne la fin. Tes hommes doncques qui tes
-commandemens jamais ne refuseroient, te prient très humblement qu’ils
-aient liberté de querre pour toy une dame de convenable lignée, noble
-de sang, belle de corps, de bonté et de sens aournée, laquelle il te
-plaira à prendre par mariage, et par laquelle nous espérons avoir de
-toy lignée et seigneur venant de toy à successeur. Sire, fay ceste
-grâce à tes loyaulx subjects, afin que, se de ta haulte et noble
-personne avenoit aucune chose, et que tu t’en alasses de ce siècle, ce
-ne fust mie sans hoir et successeur, et que tes subjects tristes et
-dolans ne demourassent mie sans seigneur.</p>
-
-<p>Ces paroles finées, le marquis meu de pitié et d’amour envers ses
-subjects leur respondi moult doulcement et dist: Mes amis, vous me
-contraignez à ce qui en mon courage ne peut oncquesmais estre; car
-je me délitoie en liberté et en franchise de voulenté laquelle est
-peu trouvée en mariage, ce scevent bien ceulx qui l’ont esprouvé.
-Toutesvoies, pour vostre amour, je me soubsmets à vostre voulenté. Vray
-est que mariage est une chose doubteuse, et maintes fois les enfans
-ne ressemblent pas au père. Toutesfois s’aucun bien vient au père, il
-ne doit mie pour ce dire qu’il luy soit deu de droit, mais vient de
-Dieu de lassus; à lui je recommande le sort de mon mariage, espérant
-en sa doulce<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-102" id="page_vol-1-102"></a>{v. 1, p.102}</span> bonté qu’il me octroie telle avecques laquelle je puisse
-vivre en paix et en repos expédient à mon salut. Je vous octroye de
-prendre femme, mes amis, et le vous promects; mais je la vueil moy
-mesmes eslire et choisir, et de vous je vueil une chose que vous me
-promectez et gardez: c’est asseurément que celle que je prendray par
-mon élection, quelle qu’elle soit, fille de Prince des Rommains, femme
-de poste<a name="FNanchor_216_216" id="FNanchor_216_216"></a><a href="#Footnote_216_216" class="fnanchor">[216]</a>, ou autre, vous la doiez amer entièrement et honnourer,
-et qu’il n’y ait aucun de vous qui après l’élection du mariage doie
-estre d’elle mal content, ne contre elle groncier ne murmurer.</p>
-
-<p>Lors tous les barons et subjects du marquis furent liés de ce qu’ils
-avoient ce qu’ils demandoient, de laquelle chose ils avoient esté
-maintes fois désespérés. A une voix remercièrent le marquis leur
-seigneur et promirent de bon cuer la révérence et obéissance qu’il leur
-avoit demandé. Grant joie fut ou palais de Saluces, et par le marquis
-fut le jour assigné de ses nopces auquel il devoit prendre femme, et
-commanda faire un grant appareil, trop plus grant que par autre marquis
-n’avoit autresfois esté fait, et que les parens et amis, voisins, et
-les dames du païs ensement<a name="FNanchor_217_217" id="FNanchor_217_217"></a><a href="#Footnote_217_217" class="fnanchor">[217]</a>, fussent semoncés à la dicte journée;
-laquelle chose fut solemnéement acomplie, et entretant que l’appareil
-se faisoit, le marquis de Saluces comme il avoit acoustumé aloit en son
-déduit chacier et vouler<a name="FNanchor_218_218" id="FNanchor_218_218"></a><a href="#Footnote_218_218" class="fnanchor">[218]</a>.</p>
-
-<p>Assez près du chastel de Saluces avoit une petite villette en laquelle
-demouroient un peu de laboureurs, par laquelle villette le marquis
-passoit souventesfois,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-103" id="page_vol-1-103"></a>{v. 1, p.103}</span> et entre les dessusdis laboureurs avoit
-un vieil homme et povre qui ne se povoit aidier et estoit appellé
-Jehannicola. A cellui povre homme estoit demourée une fille appellée
-Grisilidis, assez belle de corps, mais trop plus belle de vie et
-de bonnes meurs: nourrie avoit esté de petite vie, comme du labour
-de son père; oncques à sa congnoissance n’estoient venues viandes
-délicieuses ne choses délicatives. Un courage vertueux plein de toute
-meurté en son pis virginal doulcement habitoit; la vieillesse de son
-père, en très grant humilité, doulcement supportoit et soustenoit,
-et icelluy nourrissoit; et un peu de brebis que son père avoit,
-diligemment gardoit et avecques icelles aux champs sa quenoille filoit
-continuelment. Et quant Grisilidis au vespre revenoit et ramenoit ses
-bestes à l’hostel de son père, elle les affouragoit, et appareilloit
-à son père et à elle les viandes que Dieu leur donnoit. Et briefment
-toutes les curialités et services qu’elle povoit faire à son père
-doulcement faisoit.</p>
-
-<p>Le marquis assez informé par commune renommée de la vertu et grant
-bonté d’icelle Grisilidis, en alant à son déduit souventesfois la
-regardoit, et en son cuer la belle manière d’icelle et sa grant vertu
-fichoit et atachoit. Et en la fin détermina en son cuer que Grisilidis
-seroit eslevée par lui à estre sa femme marquise de Saluces, et que
-autre n’aroit, et fist admonester ses barons de venir à ses nopces au
-jour qui estoit déterminé. Icellui jour approucha, et les barons non
-sachans de la fille que le marquis avoit advisé de prendre, furent
-moult esbahis. Toutesvoies, savoient-ils bien que le marquis avoit
-et faisoit appareiller riches robes, ceintures, fermaulx, anneaulx
-et joiaulx à la forme d’une<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-104" id="page_vol-1-104"></a>{v. 1, p.104}</span> pucelle qui de corps ressembloit à
-Grisilidis. Or advint que le jour des nopces fut venu, et que tout
-le palais de Saluces fut peuplé grandement de barons, de chevaliers,
-de dames et de damoiselles, de bourgois et d’autres gens, mais nulle
-nouvelle n’estoit de l’espousée leur seigneur, laquelle chose n’estoit
-pas sans grant merveille; et qui plus est, l’eure s’approuchoit du
-disner, et tous les officiers estoient prets chascun de faire son
-office. Lors le marquis de Saluces, ainsi comme s’il voulsist aler
-encontre son espousée, se parti de son palais, et les chevaliers et
-dames à grans routes<a name="FNanchor_219_219" id="FNanchor_219_219"></a><a href="#Footnote_219_219" class="fnanchor">[219]</a>, ménestrels et héraulx suivoient.</p>
-
-<p>Mais la pucelle Grisilidis de tout ce riens ne savoit, car ce matin
-mesmes elle appareilloit, nettoioit et ordonnoit l’hostel de son père
-pour aler avecques les autres pucelles voisines veoir l’espousée de
-leur seigneur. A celle heure que le marquis approuchoit, Grisilidis
-apportoit sur sa teste une cruche pleine d’eaue à l’hostel de son père,
-et le marquis à celle heure, ainsi acompaignié comme il estoit, appella
-la pucelle par son nom et lui demanda où son père estoit. Grisilidis
-mist sa cruche à terre et à genoulx, humblement, à grant révérence,
-respondi: Monseigneur, il est à l’hostel.&mdash;Va à luy, dist le marquis,
-et luy di qu’il viengne parler à moy. Et elle y ala. Et donc le povre
-homme Jehannicola yssi de son hostel. Le marquis le tira par la main
-et le traït à part et puis secrètement lui dist: Jehannicola, je sçay
-assez que tu m’as amé tousjours et aimes encores, et ce qui me plaist
-à toy doit plaire. Je vueil de toy une chose: c’est assavoir que tu
-me donnes ta<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-105" id="page_vol-1-105"></a>{v. 1, p.105}</span> fille pour espouse.&mdash;Le povre homme n’osa dire mot, et
-un petit après respondit à genoulx, moult humblement: Monseigneur,
-je ne doy vouloir aucune chose ou non vouloir fors ce qui te plaist,
-car tu es mon seigneur. Le marquis lui dist lors: Entre en ta maison
-tout seul, toy et ta fille, car je lui vueil demander aucune chose.
-Le marquis entra en la maison du povre homme Jehannicola comme dit
-est, et tout le peuple demoura dehors forment esmerveillié; et la
-pucelle se mist emprès son père, paoureuse, honteuse et vergongneuse
-de la soudaine survenue de son seigneur et de sa grant et noble
-compaignie, car elle n’avoit pas apris de veoir souvent un tel hoste
-en leur maison. Le marquis adreça ses paroles à elle et si lui dist:
-Grisilidis, à ton père et à moy plaist que tu soies m’espouse, et je
-pense bien que tu ne me refuseras pas, mais je t’ay à demander une
-chose devant ton père; c’est assavoir que ou cas que je te prendray à
-femme, laquelle chose sera de présent, je vueil savoir se tu voudras
-encliner ton couraige entièrement à toute ma voulenté, en telle manière
-que je puisse faire de toy et de ce qui touchera à toy, à ma volenté,
-sans résonance ne contredit par toy, en fait ne en dit, en signe ne en
-pensée. Lors Grisilidis, non sans merveille de si grant fait esbahie,
-respondi: Monseigneur, je congnoy bien que je ne suis pas digne, non
-tant seulement de estre appellée t’espouse, mais d’estre appellée ton
-ancelle; mais s’il te plaist et fortune le me présente, jamais je ne
-sauray faire chose, ne ne feray, ne ne penseray, que je puisse sentir
-qui soit encontre ta voulenté, ne tu ne feras jamais riens envers moy
-que je contredie.&mdash;Il souffist, dit le marquis qui prist la pucelle par
-la main et la mena hors de la maison<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-106" id="page_vol-1-106"></a>{v. 1, p.106}</span> ou milieu de ses barons et de son
-peuple et dist ainsi: Mes amis véez cy ma femme, vostre dame, ceste
-amez, doubtez et honnourez, et se vous m’amez, ceste très chièrement
-amez. Et à ce que Grisilidis n’apportast avecques soy aucunes reliques
-de la vile fortune de povreté, le marquis commanda que par les dames et
-matrones la pucelle fust despouilliée toute nue, dès les piés jusques à
-la teste, et tantost revestue de riches draps et paremens de nopces.</p>
-
-<p>On veist lors les dames embesongnées: les unes la vestoient, et les
-autres la chaussoient, et les autres la ceignoient: les autres lui
-mettoient les fermaulx et cousoient sur ly les perles et pierres
-précieuses: les autres pignoient leur dame et appareilloient son chief
-et lui mettoient une riche couronne par dessus qu’elle n’avoit pas
-apris, et ce n’estoit pas merveille s’elle estoit esbahie. Qui veist
-lors une povre vierge tainte du soleil et ainsi maigre de povreté si
-noblement parée et si richement couronnée et soudainement transformée
-par telle manière que à peine le peuple la recongnoissoit, bien se
-povoit-on de ce merveillier.</p>
-
-<p>Lors les barons prindrent leur dame et à grant joie la menèrent à
-l’église, et là le marquis lui mist l’annel ou doy et l’espousa selon
-l’ordonnance de saincte Eglise et usage du païs. Et acompli le divin
-office, la dame Grisilidis fut assise sur un blanc destrier et de tous
-acompaigniée et menée au palais qui retentissoit de toutes manières
-d’instrumens. Et furent les nopces célébrées, et icellui jour fut
-trespassé en très grant joie et consolation du marquis et de tous
-ses amis et subjects. Et fut la dame avecques son seigneur et mary
-tellement inspirée de sens et de beau maintien, de la<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-107" id="page_vol-1-107"></a>{v. 1, p.107}</span> divine grâce
-resplendist icelle povre dame Grisilidis en telle manière, que chascun
-disoit que non tant seulement en la maison d’un pastour ou laboureur,
-mais en palais royal ou impérial elle avoit esté enseignée et nourrie.
-Et fut tant amée, chérie et honnourée de tous ceulx qui de s’enfance la
-congnoissoient que à peine povoient croire que elle fust fille du povre
-homme Jehannicola.</p>
-
-<p>La belle estoit de si belle vie et bonne et de si doulces paroles que
-le courage de toutes personnes elle attrayoit à elle amer, et non
-pas tant seulement les subjects du marquis et les voisins, mais des
-provinces d’environ; et les barons et dames pour sa bonne renommée la
-venoient visiter, et tous se partirent de lui joyeux et consolés. Et
-ainsi le marquis et Grisilidis vivoient joyeusement ou palais en paix
-et en repos, à la grâce de Dieu, et dehors à la grâce des hommes, et
-s’esmerveilloient plusieurs comment si grant vertu estoit repousée en
-personne nourrie en si grant povreté; et oultre plus icelle marquise
-s’entremettoit sagement et diligemment du gouvernement et de ce qui
-appartenoit aux dames, et aux commandemens et en la présence de son
-seigneur, de la chose publique sagement et diligemment s’entremettoit.
-Mais quant le cas li offroit des débas et discors des nobles, par ses
-doulces paroles, par si bon jugement et si bonne équité les appaisoit,
-que tous à une voix disoient que pour le salut de la chose publique
-ceste dame leur avoit esté envoiée par provision célestielle.</p>
-
-<p>Un peu de temps après, la marquise Grisilidis fut ençainte et puis
-se délivra d’une belle fille, dont le marquis et tous ceux du pays,
-combien qu’ils amassent mieulx qu’elle eust eu un fils, toutesfois
-ils en eurent grant joye<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-108" id="page_vol-1-108"></a>{v. 1, p.108}</span> et furent réconfortés. Passé le temps, les
-jours passèrent que la fille du marquis fut sevrée. Lors le marquis qui
-tant amoit s’espouse pour les grans vertus qu’il véoit tous les jours
-croistre en elle, pensa de elle esprouver et de la fort tempter. Il
-entra en sa chambre monstrant face troublée et ainsi comme couroucié
-lui dist ces paroles: O tu, Grisilidis, combien que tu soies à présent
-eslevée en ceste plaisant fortune, je pense bien que tu n’as pas oublié
-ton estat du temps passé, et comment et en quelle manière tu entras en
-cestui palais; tu y as esté bien honnourée, et es encores de moy chérie
-et amée; mais il n’est pas ainsi du courage de mes vassaulx comme tu
-cuides, et par espécial depuis que tu eus lignée. Car ils ont grant
-desdaing d’estre subjects à dame yssue de petis parens et de basse
-lignée, et à moy qui désire, comme sire, avoir paix avecques eux, me
-convient obtempérer aux jugemens et consentir<a name="FNanchor_220_220" id="FNanchor_220_220"></a><a href="#Footnote_220_220" class="fnanchor">[220]</a> d’aucuns et pas aux
-miens, et faire de ta fille telle chose que nulle ne me pourroit estre
-plus douloureuse au cuer, laquelle chose je ne vueil pas faire que
-tu ne le saches. Si vueil que à ce faire tu t’acordes et prestes ta
-franche voulenté et ayes patience de ce qui se fera, et telle patience
-que tu me promis au commencement de nostre mariage.</p>
-
-<p>Finées les paroles du marquis qui le cuer de la marquise naturelment
-devoient transpercier, icelle marquise, sans muer couleur ne monstrer
-signe de tristesse, à son seigneur humblement respondi: Tu es mon
-seigneur, et moy et ceste petite fille sommes tiennes: de tes choses
-fay ce qu’il te plaist! Nulle chose ne te peut<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-109" id="page_vol-1-109"></a>{v. 1, p.109}</span> plaire qui aussi ne
-doie plaire à moy, et ce ay-je si fichié au millieu de mon cuer que
-par l’espace d’aucun temps, ne pour mort, il ne sera effacé, et toutes
-autres choses se pourroient faire avant que j’eusse mué mon courage.
-Le marquis lors, oiant la responce de s’espouse, voiant sa constance
-et son humilité, eust en son cuer grant joye laquelle il dissimula, et
-comme triste et doloureux se parti de s’espouse.</p>
-
-<p>Aucuns jours après ce trespassés, le marquis appella un sien subject
-loyal et secret ouquel il se fioit plainement, et tout ce qu’il avoit
-ordonné estre fait de sa fille le commist au sergent, et l’envoia à
-la marquise. Le sergent vint devant sa dame et sagement dist telles
-paroles: Madame, je te prie que tu me vueilles pardonner et que tu ne
-vueilles imputer à moy ce dont je suis contraint de faire. Tu es sage
-dame et scez bien quelle chose est d’estre soubs les seigneurs ausquels
-nulles fois, ne par force, ne par engin, l’en ne peut résister. Madame,
-je suis contraint à prendre ceste fille et acomplir ce qui m’est
-commandé. Lors la marquise en son cuer remembrant des paroles que son
-seigneur lui avoit dictes, par les paroles du sergent entendi bien
-et souspeçonna que sa fille devoit mourir. Elle print en elle cuer
-vertueux et se reconforta, vainquant nature, pour sa promesse et soy
-acquictier et à son seigneur obéissance païer. Et sans soupirer, ne
-autre douleur monstrer en elle, prist sa fille et longuement la regarda
-et doulcement la baisa et si empraint sur elle le signe de la croix;
-si la bailla au sergent et luy dist ainsi: Tout ce que monseigneur t’a
-commandé pense de faire et acomplir entièrement; mais je te vueil prier
-que le tendre corps de ceste pucelle ne soit mengié<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-110" id="page_vol-1-110"></a>{v. 1, p.110}</span> des oiseaulx ou
-des bestes sauvages, se le contraire ne t’est commandé.</p>
-
-<p>Le sergent se parti de la marquise, emportant sa fille, et secrètement
-vint au marquis et lui monstra sa fille, en faisant relation de
-ce qu’il avoit trouvé la marquise femme de grant courage et sans
-contradition obéissant à lui. Le marquis considéra la grant vertu de sa
-femme et regarda sa fille et à lui prist une paternelle compassion, et
-la rigueur de son propos il ne voult pas muer, mais commanda au sergent
-ouquel il se fioit qu’il envelopast sa fille ainsi qu’il appartenoit à
-l’aise d’elle, et la mist en un panier sur une mule souef portant<a name="FNanchor_221_221" id="FNanchor_221_221"></a><a href="#Footnote_221_221" class="fnanchor">[221]</a>,
-et sans nulle demeure la portast secrètement à Boulongne la Grasse à sa
-seur germaine qui estoit femme du conte de Péruse, et dist à sa dicte
-seur que, sur l’amour qu’elle avoit à luy, elle la feist nourrir et
-endoctriner en toutes bonnes meurs, et que si secrètement fust nourrie
-que son mary le conte ne personne vivant ne le peust jamais savoir.</p>
-
-<p>Lequel sergent tantost et de nuit se parti et porta la fille à
-Boulongne la Grasse et fist son messaige bien diligemment, ainsi comme
-il lui estoit commandé. Et la contesse receut sa niepce à très grant
-joie et fist très sagement tout ce que le marquis son frère luy avoit
-mandé.</p>
-
-<p>Passée paciemment ceste tempeste trespersant les entrailles de
-Grisilidis laquelle fermement et en son cuer tenoit que sa fille fust
-morte et occise, le marquis comme ès temps passés se traïst devers
-s’espouse sans lui dire mot de sa fille, et souvent regardoit la face
-de<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-111" id="page_vol-1-111"></a>{v. 1, p.111}</span> la marquise, sa manière et sa contenance, pour appercevoir et
-esprouver soubtillement s’il pourroit veoir en son espouse aucun signe
-de douleur, mais nulle mutation de courage ne peut en lui comprendre
-ne veoir, mais pareille liesse et pareil service, une mesme amour, un
-mesme courage; pareille comme devant estoit tousjours la dame envers
-son seigneur, nulle tristesse ne démonstroit, nulle mention ne faisoit
-de sa fille, ne en présence du marquis, ne en son absence.</p>
-
-<p>Et ainsi passèrent quatre ans ensemble le marquis et la marquise en
-grant amour et menant vie amoureuse et paisible. Et au chief de quatre
-ans, la marquise Grisilidis eust un fils de merveilleuse beauté, dont
-le marquis eust parfaite joie et ses amis et ses subjects et tous
-ceulx du païs. Quant l’enfant fut sevré de sa nourrice et il ot deux
-ans, croissant en grant beaulté, le marquis lors resmeu de nouvel de
-sa merveilleuse et périlleuse espreuve, vint à la marquise et lui dit:
-Tu scez et oys jà pieçà comment mon peuple estoit très mal content
-de nostre mariage, et par espécial depuis qu’ils virent que en toy
-avoit fécondité et portoies enfans. Toutesvoies oncquesmais ne furent
-si mal contens mes barons et mon peuple comme ils sont à présent par
-espécial, pour ce que tu as enfanté un enfant masle, et dient souvent,
-et à mes oreilles ay oy leur murmuracion, disans en remposnes: faisons
-Gautier mourir, et le bon homme Jehannicola sera nostre seigneur, et
-si noble pays à tel seigneur sera subject! Telles sentences chascun
-jour machinent; pour lesquelles paroles et doubtes, je qui désire vivre
-en paix avec mes subjects, et néantmoins pour la très grant doubte de
-mon corps, suis contraint et esmeu de faire et ordonner<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-112" id="page_vol-1-112"></a>{v. 1, p.112}</span> de cestui
-enfant comme je feis de sa seur, laquelle chose je te dis afin que une
-soudaine douleur ne doie perturber ton cuer.</p>
-
-<p>O quelles douloureuses admiracions peut avoit ceste dame en son cuer,
-en recordant la vilaine mort de sa fille, et que de son seul fils de
-l’aage de deux ans la mort pareille estoit déterminée! Qui est cellui,
-je ne dy pas femmes qui de leurs natures sont tendres et à leurs enfans
-amoureuses, mais le plus fort homme de courage qui se pourroit trouver,
-qui de son seul fils telle sentence peust dissimuler? Entendez-cy,
-roynes, princesses et marquises et toutes autres femmes, que la dame
-à son seigneur respondi et y prenez exemple. Monseigneur, dit-elle,
-je t’ay autresfois dit et encores je le répète, que nulle chose je ne
-vueil, ne ne desvueil fors ce que je sçay qu’il te plaist. De moy et
-des enfans tu es seigneur! En tes choses doncques use de ton droit sans
-demander mon consentement. Quant je entray premièrement en ton palais,
-à l’entrée je me dévestis de mes povres robes et de ma propre voulenté
-et affection et vestis les tiennes, pour laquelle cause tout ce que
-tu veulx je vueil. Certainement s’il estoit possible que je feusse
-enformée de tes pensées et vouloirs avant que tu les deisses, quelles
-qu’elles feussent je les acompliroie à mon povoir, car il n’est chose
-en ce monde, ne parens, ne amis, ne ma propre vie, qui à vostre amour
-se puisse comparer.</p>
-
-<p>Le marquis de Saluces oyant la response de sa femme, et en son cuer
-merveillant et pensant si grant vertu et constance non pareille et la
-vraie amour qu’elle avoit à luy, ne respondi riens, mais ainsi comme
-s’il fust troublé de ce que faire se devoit de son fils, s’en ala<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-113" id="page_vol-1-113"></a>{v. 1, p.113}</span> la
-chière basse, et assez tost après, ainsi comme autresfois avoit fait,
-envoia un sergent loyal secrètement à la marquise. Lequel sergent après
-maintes excusations et démonstrant doulcement qu’il estoit nécessaire à
-lui de obéir à son seigneur, très humblement et piteusement demandoit
-pardon à sa dame se autresfois il lui avoit fait chose qui lui
-despleust, et se encores luy convenoit faire, qu’elle luy pardonnast
-sa grant cruaulté, et demanda l’enfant. La dame, sans arrest et sans
-nul signe de douleur, prist son beau fils entre ses bras et sans gecter
-larmes ne soupirs longuement le regarda, et comme elle avoit fait de
-sa fille, elle le signa du signe de la croix et le béneist en baisant
-doulcement et le bailla au sergent en disant: Tien, mon amy, fais ce
-qui t’est commandé, d’une chose<a name="FNanchor_222_222" id="FNanchor_222_222"></a><a href="#Footnote_222_222" class="fnanchor">[222]</a> comme autresfois, ainçois je te
-prie, se faire se peut, que les tendres membres de cestui enfant tu
-vueilles garder de la vexation et dévoration des oyseaulx et des bestes
-sauvaiges.</p>
-
-<p>Le sergent print l’enfant et porta secrètement à son seigneur et lui
-raconta tout ce qu’il avoit oy de sa dame, dont le marquis trop plus
-que devant se merveilla du grant et constant courage de sa femme, et
-s’il n’eust bien congneu la grant amour qu’elle avoit à ses enfans,
-il peust penser que tel courage ne procédoit pas d’umanité, mais de
-cruaulté bestiale, et veoit bien clèrement que icelle espouse n’amoit
-riens soubs le ciel par dessus son mary.</p>
-
-<p>Le marquis envoia son fils à Boulongne secrètement à sa seur, par la
-manière qu’il avoit fait sa fille. Et sa seur la contesse de Péruse,
-selon la voulenté son frère<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-114" id="page_vol-1-114"></a>{v. 1, p.114}</span> le marquis, nourrist sa fille et le fils
-si sagement que onques l’on ne peust savoir de qui lesdis enfans
-estoient, jusques à tant que le marquis l’ordonna comme cy après
-apperra.</p>
-
-<p>Bien peust au marquis de Saluces ainsi crueulx et très rigoreux mary
-souffire la preuve non pareille qu’il avoit faicte de sa femme sans
-luy plus essaïer ne donner autre torment. Mais ils sont aucuns qui en
-fait de souspeçon, quant ils ont commencé, ne scevent prendre fin ne
-appaisier leur courage.</p>
-
-<p>Toutes ces choses passées, le marquis conversant avec la marquise la
-regardoit souventesfois pour veoir s’elle monstroit envers luy aucun
-semblant des choses trespassées, mais oncques il n’apperceust en elle
-mutation ne changement de couraige. De jour en jour la trouvoit joyeuse
-et amoureuse et plus obéissant, par telle manière que nul ne povoit
-appercevoir que en icelles deux personnes eust que un courage, lequel
-courage et voulenté principalment estoit du mary, car ceste espouse,
-comme dit est dessus, ne vouloit pour elle ne par elle aucune propre
-affection, mais remettoit tout à la voulenté de son seigneur.</p>
-
-<p>Le marquis ainsi amoureusement vivant avec sa femme en grant repos et
-en grant joie, sceust qu’il estoit sur ce une renommée, c’est assavoir
-que pour ce que le marquis non advisant le grant lignage dont il estoit
-yssus, honteux de ce qu’il s’étoit conjoint par mariage à la fille
-Jehannicola très povre homme, vergongneux de ce qu’il avoit eu deux
-enfans, il les avoit fait mourir et gecter en tel lieu que nuls ne
-savoient qu’ils estoient devenus. Et combien qu’ils l’amassent bien par
-avant comme leur naturel seigneur, toutesvoies pour ceste<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-115" id="page_vol-1-115"></a>{v. 1, p.115}</span> cause ils le
-prenoient en haine laquelle il sentoit bien. Et néantmoins ne voit-il
-fleschir ne amolier son courage rigoreux, mais pensa encores par plus
-fort argument et ennuyeuse manière prouver et tempter son espouse, par
-prendre autre femme.</p>
-
-<p>Douze ans estoient jà passés que la fille avoit esté née; le marquis
-manda secrètement à Romme au saint père le Pape et fist impétrer unes
-bulles saintifiées par lesquelles la renommée ala à son peuple que le
-marquis avoit congié du Pape de Romme que pour la paix et repos de luy
-et de ses subjects, son premier mariage délaissé et dégecté, il peust
-prendre à mariage légitime une autre femme. Laquelle chose fust assez
-créable au peuple rude qui estoit indigné contre son seigneur. Ces
-froides nouvelles de ceste bulle, que le marquis devoit prendre une
-autre femme, vindrent aux oreilles de Grisilidis fille de Jehannicola,
-et se raisonnablement fut troublée en son courage nul n’en doit avoir
-merveille. Mais elle qui une fois d’elle mesmes et des siens s’estoit
-soubsmise à la voulenté de son seigneur, de son fait franchement
-délibérée et conseillée, prist cuer en soy, et comme toute reconfortée
-conclut qu’elle attendroit tout ce que cellui ouquel elle s’estoit
-toute soubsmise en vouldroit ordonner.</p>
-
-<p>Lors manda et escript à Boulongne le marquis au conte de Péruse et à sa
-seur qu’ils lui amenassent ses enfans, sans dire de qui ils estoient,
-et sa seur rescript que ainsi le feroit-elle. Ceste venue fust tantost
-publiée, et fut la renommée de courir par tout le païs qu’il venoit
-belle vierge extraicte de grant lignaige qui devoit estre espouse du
-marquis de Saluces.</p>
-
-<p>Le conte de Péruse acompaignié de grans chevaliers<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-116" id="page_vol-1-116"></a>{v. 1, p.116}</span> et de dames se
-départi de Boulongne et amena avecques luy le fils et la fille du
-marquis. Et estoit le fils de l’aage de huit ans et la fille de l’aage
-de douze ans laquelle estoit très belle de corps et de visaige et
-preste à marier, et estoit parée de riches draps, de vestemens et de
-joyaulx, et à certain jour ordonné devoit estre à Saluces.</p>
-
-<p>Entretant que le conte de Péruse et les enfans estoient au chemin,
-le marquis de Saluces appella Grisilidis s’espouse en la présence
-d’aucuns de ses barons et lui dist telles paroles: Ès temps passés,
-je me délictoie assez de ta compaignie par mariage, tes bonnes meurs
-considérant et non pas ton lignaige, mais à présent, si comme je voy,
-grant fortune chiet sur moy et suis en un grant servaige, ne il ne
-m’est pas consentu que un povre homme laboureur dont tu es venue ait si
-grant seigneurie sur mes vassaulx. Mes hommes me contraignent, et le
-Pape le consent, que je prengne une autre femme que toy laquelle est ou
-chemin et sera tantost icy. Soies doncques de fort courage, Grisilidis,
-et laisse ton lieu à l’autre qui vient. Prens ton douaire et appaise
-ton couraige. Va-t’en en la maison ton père; nulle riens qui soit à
-l’omme ou à la femme en ce monde ne peut estre perpétuel.</p>
-
-<p>Lors respondi Grisilidis et dist ainsi: Monseigneur, je créoie bien,
-ou au moins le pensoie-je, que entre ta magnificence et ma povreté
-ne povoit avoir aucune proportion ne températion, ne oncques je ne
-me réputay estre digne d’estre non tant seulement ton espouse, mais
-d’estre ta meschine, et en ce palais cy ouquel tu m’as fait porter
-et maintenir comme dame, je prens Dieu en tesmoingnage que je me
-suis toujours réputée et démenée comme ancelle, et de tout le temps
-que j’ay<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-117" id="page_vol-1-117"></a>{v. 1, p.117}</span> demouré avec toy je te rens grâces, et de présent je suis
-appareilliée de retourner en la maison mon père en laquelle je useray
-ma vieillesse et vueil mourir comme une bieneureuse et honnorable
-vefve, qui d’un tel seigneur ay esté espouse. Je laisse mon lieu à
-Dieu qui vueille que très bonne vierge viengne en ce lieu ouquel j’ay
-très joyeusement demouré, et puisque ainsi te plaist, je, sans mal et
-sans rigueur, me pars. Et quant est à mon douaire que tu m’as commandé
-que je doie emporter, quel il est je le voy. Tu scez bien, quant tu
-me prins, à l’issue de l’hostel de mon père Jehannicola, tu me feis
-despouillier toute nue et vestir de tes robes avec lesquelles je vins
-à toy, ne oncques avecques toy je n’apportay autres biens ou douaire
-fors que foy, loyauté, révérence et povreté. Vecy doncques ceste robe
-dont je me despouille, et si te restitue l’annel dout tu me espousas;
-les autres anneaulx, joyaulx, vestemens et aournemens par lesquels
-j’estoie aournée et enrichie sont en ta chambre. Toute nue de la
-maison mon père je yssis, et toute nue je y retourneray, sauf que ce
-me sembleroit chose indigne que ce ventre ouquel furent les enfans que
-tu as engendrés deust apparoir tout nu devant le peuple, pour quoy,
-s’il te plaist et non autrement, je te prie que pour la récompensation
-de ma virginité que je apportay en ton palais et laquelle je n’en
-rapporte pas, il te plaise à commander que une chemise me soit laissée,
-de laquelle je couvriray le ventre de ta femme, jadis marquise, et que
-pour ton honneur je me parte au vespre.</p>
-
-<p>Lors, ne se pot plus le marquis tenir de plourer de la pitié qu’il eust
-de sa très loyale espouse. Il tourna sa face et larmoiant commanda
-que au vespre une seule<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-118" id="page_vol-1-118"></a>{v. 1, p.118}</span> chemise luy fust baillée. Ainsi fut fait; au
-vespre elle se despouilla de tous ses draps et deschaussa et osta les
-aournemens de son chief, et de sa seule chemise que son seigneur lui
-avoit fait bailler humblement se vesti, et de ce fut contente, et se
-parti du palais nus piés, le chief descouvert, acompaignée de barons et
-de chevaliers, de dames et de damoiselles qui plouroient et regardoient
-ses grans vertus, loyaulté et merveilleuse bonté et patience. Chascun
-plouroit, mais elle n’en gecta une seule larme; mais honnestement et
-tout simplement, les yeulx baissiés, vint vers l’hostel de son père
-Jehannicola, lequel oy le bruit de la venue de si grant compaignie. Et
-pour ce que cellui Jehannicola qui estoit vieil et sage avoit tousjours
-tenu en son cuer les nopces de sa fille pour souspeçonneuses, créant
-que quant son seigneur seroit saoul du petit mariage d’une si povre
-créature, de légier, luy qui estoit si grant seigneur, lui donroit
-congié, fut adoncques tout effréé et soudainement vint à l’uis et vit
-que c’estoit sa fille toute nue, et lors prist hastivement la povre et
-dessirée robe qu’elle avoit pieçà laisiée, et tout larmoyant acourut
-à l’encontre de sa fille laquelle il baisa et revesti et couvri de
-sa dicte vieille robe. Et quant Grisilidis fut venue sur le seuil de
-l’uis de l’hostel de son père, elle, sans monstrer aucun semblant de
-desdaing ne de courroux, se retourna devers les chevaliers, dames et
-damoiselles qui l’avoient acompaignée, et de leur compaignie et convoy
-les mercia doulcement et humblement, et leur dist et monstra par belles
-et doulces paroles que pour Dieu elles ne voulsissent ne dire, ne
-penser, ne croire que son seigneur le marquis eust aucunement tort vers
-elle, qu’il n’estoit mie ainsi,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-119" id="page_vol-1-119"></a>{v. 1, p.119}</span> mais avoit bonne cause de faire tout
-ce qu’il luy plaisoit d’elle qui bien estoit tenue de le souffrir et
-endurer. Et aussi véoient-elles bien que à elle n’en desplaisoit point,
-en elles admonestant que, pour l’amour de Dieu, elles voulsissent amer
-léalment leurs maris et très cordieusement et de toute leur puissance
-les servir et honnourer, et que plus grant bien et greigneur renommée
-ne meilleure louenge ne povoient-elles en la parfin acquérir, et leur
-dist adieu. Et ainsi entra en l’hostel de son père, et les seigneurs
-et dames qui l’avoient convoiée s’en retournèrent plourans et fort
-gémissans et souspirans, tellement qu’ils ne povoient regarder l’un
-l’autre ne parler l’un à l’autre.</p>
-
-<p>Grisilidis du tout en tout fut contente; oublieuse et nonchalant des
-grans aises et des grans richesses qu’elle avoit eues et des grans
-services, révérences et obéissances que l’en lui avoit faictes, se
-tint avec son père à petite vie, comme devant, povre d’esperit et en
-très grant humilité vers ses povres amies et anciennes voisines de son
-père, et vesquit de moult humble conversation. Or peut-l’en penser
-quelle douleur et desconfort avoit le povre Jehannicola qui estoit en
-sa vieillesse voyant sa fille en un si povre et si petit estat comme
-elle estoit, après si grans et si haultes honneurs et richesses; mais
-c’estoit un merveilleux bien de veoir comment bénignement, humblement
-et sagement, elle le servoit, et quant elle le véoit pensif, comment
-sagement elle le reconfortoit, et après le mettoit en parole d’autre
-matière.</p>
-
-<p>Moult de jours passés comme dist est, le conte de Péruse et sa noble
-compaignie approuchèrent, et toutes les gens du païs murmuroient des
-nopces du marquis.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-120" id="page_vol-1-120"></a>{v. 1, p.120}</span> Le conte de Péruse, frère du marquis, envoia
-plusieurs chevaliers devant pour certifier à son frère le marquis de
-Saluces le jour de sa venue, et qu’il amenoit avec luy la vierge que
-le marquis devoit espouser; car en vérité icellui conte de Péruse ne
-savoit riens que les enfans que la contesse sa femme avoit nourris
-fussent enfans d’icelluy marquis, car celle contesse de Péruse avoit
-la chose tenue secrète vers son mary en nourrissant sa niepce et son
-nepveu, et par les paroles de la contesse pensoit le conte que ce
-fussent enfans d’estrange païs, si comme par leur belle manière les
-enfans le monstroient. Et avoit le conte espérance que puis que la
-fille seroit mariée au marquis, et les nouvelles en iroient par le
-monde, l’en saroit tantost qui seroit le père.</p>
-
-<p>Lors le marquis de Saluces manda querre Grisilidis, et que tantost elle
-venist en son palais; laquelle, sans contradiction vint. Et le marquis
-lui dist: Grisilidis, la pucelle que je doy espouser sera demain cy au
-disner, et pour ce que je désire qu’elle et le conte mon frère et les
-autres seigneurs de leur compaignie soient honnourablement receus, et
-en telle manière que à un chascun soit fait honneur selon son estat, et
-par espécial pour l’amour de la vierge qui vient à moy, et je n’ay en
-mon palais femme ne meschine qui si bien le sache faire à ma voulenté
-comme toy, (car tu congnois mes meurs et comment l’en doit recevoir
-tels gens, et si scez de tout mon palais les chambres, les lieux et les
-ordonnances;) pour ce vueil-je que tu n’aies regart ou temps passé et
-n’aies honte de ta povre robe, et que nonobstant ton petit habit, tu
-preignes la cure de tout mon fait, et tous les officiers de mon hostel
-obéiront à toy.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-121" id="page_vol-1-121"></a>{v. 1, p.121}</span> Grisilidis respondit liement: Monseigneur, non tant
-seulement voulentiers, mais de très bon cuer, tout ce que je pourray à
-ton plaisir feray, ne n’en seray jamais lasse ne traveillée, et ne m’en
-feindray, tant que les reliques de mon povre esperit demourront en mon
-corps.</p>
-
-<p>Lors Grisilidis comme une povre ancelle prist les vils instrumens et
-les bailla aux mesgnies, et commanda aux uns à nettoier le palais et
-aux autres les estables, enorter les officiers et meschines de bien
-faire chascun en son endroit la besongne espéciale, et elle emprist à
-drécier et à ordonner les lits et les chambres, tendre les tappis de
-haulte lice et toutes choses de broderie et devises qui appartenoient
-aux paremens du palais, comme pour recevoir l’espouse de son seigneur.
-Et combien que Grisilidis fust en povre estat et en l’abit d’une povre
-ancelle, si sembloit-il bien à tous ceulx qui la véoient qu’elle fust
-une femme de très grant honneur et de merveilleuse prudence. Ceste
-vertu, ce bien et ceste obéissance est assez grant pour toutes les
-dames esmerveillier.</p>
-
-<p>L’endemain, heure de tierce, le conte, avecques luy la pucelle et son
-frère et toute la compaignie, entrèrent en Saluces. Et de la beaulté
-de la vierge et de son frère et de leur belle manière chascun se
-esmerveilloit, et aucuns en y eust qui dirent: Gaultier le marquis
-change sagement son mariage, car ceste espouse est plus tendre et plus
-noble que n’est la fille Jehannicola.</p>
-
-<p>Ainsi entrèrent et descendirent au palais à grant joie. Grisilidis
-qui à toutes ces choses estoit présente et qui se démonstroit toute
-reconfortée d’un si grant cas<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-122" id="page_vol-1-122"></a>{v. 1, p.122}</span> à elle si près touchant, et de sa povre
-robe non vergongneuse, à lie face, vint de loing à l’encontre de la
-pucelle et de loing humblement la salua à genoulx, disant: Bien soiez
-venue, madame, et puis au fils, et puis au conte, et humblement les
-salua aussi en disant: Bien viengnez-vous avec ma dame. Et mena chascun
-en sa chambre qui estoient richement appareillées. Et quant ils eurent
-veu et advisé les fais et les manières de Grisilidis, à la parfin tous
-se esmerveillèrent comment tant de si bonnes meurs povoient estre en si
-povre habit.</p>
-
-<p>Grisilidis, après ces choses, se traït devers la pucelle et devers
-l’enfant, ne de avec eulx ne se povoit partir. Une heure regardoit à
-la beaulté de la fille, et puis du jeune fils la gracieuse manière,
-et ne se povoit saouler de les fort louer. L’heure approucha que l’en
-devoit aler à la table. Le marquis lors devant tous appella Grisilidis
-et à haulte voix lui dist: Que te semble, Grisilidis, de ceste moie
-espouse? N’est-elle pas assez belle et honneste? Grisilidis, haultement
-et sagement, à genoulx, respondi: Certainement, monseigneur, c’est
-la plus belle et la plus honneste à mon gré que je veisse oncques.
-Monseigneur, avec ceste pourrez-vous mener joyeuse vie et honneste,
-laquelle chose en bonne foy je désire, mais, monseigneur, je vous vueil
-prier et admonester que vous ne vueilliez pas molester ceste nouvelle
-espouse d’estranges admonestemens, car, monseigneur, vous povez penser
-que ceste est jeune et de grant lieu venue, doulcement nourrie, et ne
-les pourroit pas souffrir comme l’autre a souffert, si comme je pense.</p>
-
-<p>Lors le marquis oyant les doulces et sages paroles de Grisilidis et
-considérant la bonne chière et grant<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-123" id="page_vol-1-123"></a>{v. 1, p.123}</span> constance qu’elle monstroit et
-avoit tousjours monstré, eust en son cuer une piteuse compassion et
-ne se peut plus tenir de monstrer sa voulenté, et en la présence de
-tous à haulte voix dist ainsi: O Grisilidis! Grisilidis! je vois et
-congnois, et me souffist assez ta vraie foy et loyaulté; et l’amour
-que tu as vers moy, ta constant obédience et vraie humilité sont par
-moy esprouvées et très bien congneues et me contraignent de dire que
-je croy qu’il n’y a homme dessoubs le ciel qui s’espouse ait tant
-esprouvée comme j’ay toy. Et lors Grisilidis mua couleur, à tout le
-chief enclin<a name="FNanchor_223_223" id="FNanchor_223_223"></a><a href="#Footnote_223_223" class="fnanchor">[223]</a> par honneste vergongne, pour les grans louenges dont
-elle estoit devant tant de peuple louée du marquis son seigneur. Lequel
-adoncques larmoyant l’embrassa en la baisant et luy dist: Tu seule es
-mon espouse, ne autre espouse jamais je n’aray. Celle que tu pensoies
-estre ma nouvelle espouse est ta fille, et cestui enfant est ton fils:
-lesquels deux enfans estoient perdus par l’opinion de nos subjects.
-Sachent donc tous ceulx qui le contraire pensoient que j’ay voulu
-ceste ma loyale espouse curieusement et rigoreusement esprouver, et
-non pas pour la contemner ou despire, et ses enfans ay-je fait nourrir
-secrètement par ma seur à Boulongne, et non pas occire ne tuer.</p>
-
-<p>La marquise Grisilidis lors oyant les paroles de son mary cheist
-devant lui toute pasmée à terre, de joie de veoir ses enfans. Elle fut
-tantost relevée et quant elle fut relevée elle prist ses deux enfans et
-doulcement les acola et baisa, tellement qu’elle les couvrist tous de
-larmes, ne l’en ne les povoit oster d’entre ses bras, dont<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-124" id="page_vol-1-124"></a>{v. 1, p.124}</span> c’estoit
-grant pitié à veoir. Les dames et damoiselles joyeusement plourans
-prirent leur dame Grisilidis et tantost l’enmenèrent en une chambre
-et lui dévestirent ses povres robes et vestemens et la revestirent
-des autres et la receurent à marquise comme il appartenoit. Léans eut
-une telle solemnité et telle joie de ce que les enfans du marquis
-estoient retournés à inestimable consolation de la mère, du marquis et
-de ses amis et subjects, que par tout le pays la grant joie en fust
-respandue, et ce jour ou palais de Saluces eut de pitié maintes larmes
-respandues, ne ne se povoient saouler de léalment recorder les grans
-vertus non pareilles de Grisilidis qui mieulx sembloit estre fille
-d’un empereur par contenance, ou de Salemon par prudence, que fille
-du povre Jehannicola. La feste fut trop plus grande et plus joyeuse
-qu’elle n’avoit esté de leurs nopces, et vesquirent depuis ensemble
-le marquis et la marquise l’espace de vingt ans en grant amour, paix
-et concorde. Et quant est de Jehannicola père de Grisilidis duquel le
-marquis n’avoit fait compte ès temps passés pour esprouver sa fille,
-icellui marquis le fist translater ou palais de Saluces et là le tint
-le marquis à grant honneur tous les jours de sa vie. Sa fille aussi
-maria icellui marquis haultement et puissamment, et aussi, quant son
-fils fut en aage, il le maria et ot enfans lesquels il vit; et après sa
-fin gracieuse il laissa son fils hoir et successeur de Saluces, à grant
-consolation de tous ses amis et subjects.</p>
-
-<p>Chère seur, ceste histoire fut translatée par maistre François Pétrac
-poëte couronné à Romme, non mie pour mouvoir les bonnes dames à avoir
-patience ès tribulations que leur font leurs maris pour l’amour<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-125" id="page_vol-1-125"></a>{v. 1, p.125}</span>
-d’iceulx maris tant seulement, mais fut translatée pour monstrer que
-puisque ainsi est que Dieu, l’Église et raison veullent qu’elles soient
-obéissans, et que leurs maris veullent qu’elles aient tant à souffrir,
-et que pour pis eschever il leur est nécessité de eulx soubsmettre du
-tout à la voulenté de leurs maris et endurer patiemment ce que iceux
-maris veulent, et que encores et néantmoins icelles bonnes dames les
-doient celer et taire et nonobstant ce les rappaisier, rappeller, et
-elles retraire et raprouchier tousjours joyeusement à la grâce et
-amour d’iceulx maris qui sont mortels, par plus forte raison doivent
-hommes et femmes souffrir patiemment les tribulations que Dieu qui est
-immortel, éternel et pardurable leur envoie, et nonobstant mortalité
-d’amis, perte de biens, d’enfans, ne de lignage, desconfiture par
-ennemis, prises, occisions, pertes, feu, tempestes, orage de temps,
-ravine d’eaue ou autres tribulations soudaines, tousjours le doit-on
-souffrir patiemment et retourner joindre et rappeller amoureusement et
-attraiement<a name="FNanchor_224_224" id="FNanchor_224_224"></a><a href="#Footnote_224_224" class="fnanchor">[224]</a> à l’amour du souverain immortel, éternel et pardurable
-seigneur, par l’exemple de ceste povre femme née en povreté, de menues
-gens sans honneur et science, qui tant souffri pour son mortel ami.</p>
-
-<p>Et je qui seulement pour vous endoctriner l’ay mise cy, ne l’y ay pas
-mise pour l’applicquer à vous, ne pour ce que je vueille de vous telle
-obéissance, car je n’en suis mie digne, et aussi je ne suis mie marquis
-ne ne vous ay prise bergière, ne je ne suis si fol, si oultrecuidié,
-ne si jeune de sens, que je ne doie bien savoir<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-126" id="page_vol-1-126"></a>{v. 1, p.126}</span> que ce n’appartient
-pas à moy de vous faire tels assaulx, ne essais ou semblables. Dieu
-me gart de vous, par ceste manière ne par autres, soubs couleur de
-faulses simulations, vous en essaier! Ne autrement en quelque manière
-ne vous vueil-je point essaier, car à moy souffist bien l’espreuve jà
-faicte par la bonne renommée de vos prédécesseurs et de vous, avecques
-ce que je sens et voy à l’ueil et congnois par vraie expérience. Et me
-excuse se l’histoire parle de trop grant cruaulté, à mon advis, plus
-que de raison. Et croy que ce ne fust oncques vray, mais l’histoire est
-telle et ne la doy pas corriger ne faire autre, car plus sage de moy la
-compila et intitula. Et désire bien que puisque autres l’ont veue, que
-aussi vous la véez et sachiez de tout parler comme les autres.</p>
-
-<p>Ainsi, chère seur, comme j’ay dit devant que vous devez estre obéissant
-à cellui qui sera vostre mary, et que par bonne obéissance une
-preudefemme acquiert l’amour de son mary, et en la fin a de lui ce
-qu’elle désire: ainsi puis-je dire que par deffault d’obéissance, ou
-par haultesse se vous l’emprenez, vous destruisez vous et vostre mary
-et vostre mesnaige. Et j’en tray à exemple un raconte qui dit ainsi:
-Il advint que deux mariés eurent contention l’un contre l’autre, c’est
-assavoir la femme contre le mary; car chascun d’eulx se disoit estre
-le plus sage, le plus noble de lignée et le plus digne, et allégoient
-comme fols plusieurs raisons l’un contre l’autre, et si aigrement garda
-la femme sa rigueur contre le mary qui au commencement, par aventure,
-ne l’avoit pas doctrinée doulcement, que pour eschever dommageux
-esclandre il convint que amis s’en entremissent. Plusieurs assemblées
-d’amis en<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-127" id="page_vol-1-127"></a>{v. 1, p.127}</span> furent faictes, plusieurs reprouches entregectés, et nul
-remède n’y povoit estre trouvé que la femme par son orgueil ne voulsist
-avoir ses drois tous esclarcis par poins, et que les obéissances et
-services que les amis disoient qu’elle devoit faire à son mary lui
-fussent mis et escripts par articles d’une part, et autant et autel à
-son mary pour elle d’autre part; et à tant devoient demourer ensemble,
-se non en amour, ou mains en paix. Ainsi fut fait et demourèrent depuis
-par aucun temps que la femme gardoit et garda estroitement son droit
-par sa cédule contre son mary, ouquel mary, pour pis eschever, il
-convenoit avoir ou faindre patience en despit qu’il en eust, car il
-avoit pris trop tart à l’amender.</p>
-
-<p>Un jour aloient en pélerinage et leur convint passer un fossé pardessus
-une estroite planche. Le mary passa le premier, puis se retourna et
-vist que sa femme estoit paoureuse et n’osoit passer après luy; si
-doubta le mary que s’elle passoit, la paour mesmes ne la feist cheoir,
-et retourna charitablement à elle et la print et tint par la main; et
-en la menant du long de la planche, la tenoit, et en parlant à elle
-l’asseuroit qu’elle n’eust point paour, et tousjours parloit à elle et
-aloit le bons homs à reculons; si chéy en l’eaue qui estoit parfonde
-et se combatist fort en l’eaue pour eschever le péril de noyer, si
-s’arresta et se tint à une vieille planche qui de grant temps passé y
-estoit cheute et qui là flotoit, et dist à sa femme que à l’aide de son
-bourdon qu’elle portoit, elle tirast la planche au bort de l’eaue pour
-lui sauver. Elle luy respondi: Nennil, nennil, dist-elle, je regarderay
-premièrement en ma cédule s’il y est escript que je le doie faire, et
-s’il y est, je le feray: et autrement<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-128" id="page_vol-1-128"></a>{v. 1, p.128}</span>, non. Elle y regarda, et pour
-ce que sa cédule n’en faisoit point mention, elle luy respondi qu’elle
-n’en feroit rien, et le laissa et s’en ala. Le mary fut en l’eaue lonc
-temps et tant qu’il fut sur le point de morir. Le seigneur du pays et
-ses gens passèrent par illecques et le virent et le rescouirent qu’il
-estoit près de mort. Ils le feirent chaufer et aisier, et quant la
-parole lui fut revenue, l’en lui demanda le cas: il le raconta comme
-dessus; le seigneur fist suivir et prendre la femme et la fist ardoir.
-Or véez quelle fin son orgueil lui donna, qui par sa grant inobédience
-vouloit si estroitement garder sa raison contre son mary.</p>
-
-<p>Et, par Dieu, il n’est pas tousjours saison de dire à son souverain:
-Je n’en feray riens, ce n’est pas raison; plus de bien vient d’obéir,
-et pour ce je tray à exemple la parole de la benoite vierge Marie,
-quant l’ange Gabriel luy apporta la nouvelle que nostre Seigneur
-s’enumbreroit en elle. Elle ne respondi pas: ce n’est pas raison, je
-suis pucelle et vierge, je n’en souffreray rien, je seroie diffamée;
-mais elle obéissamment respondi: <i>Fiat michi secundum verbum tuum</i>,
-qui vault autant à dire comme: ce qui luy plaist soit fait. Ainsi
-elle fut vraie humble et obéissant, et par son humilité et obéissance
-grant bien nous est venu, et par inobédience et orgueil grant mal et
-mauvaise conclusion vient, comme il est dit dessus de celle qui fut
-arse, et comme on lit en la Bible de Ève, par la désobéissance et
-orgueil de laquelle elle et toutes celles qui après elle sont venues
-et vendront, furent et ont esté par la bouche de Dieu mauldictes. Car,
-si comme dit l’Historieur, pour ce que Ève pécha doublement elle eust
-deux maléditions. Premièrement, quand elle s’éleva<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-129" id="page_vol-1-129"></a>{v. 1, p.129}</span> par orgueil et
-que elle voult estre semblable à Dieu: pour ce fut-elle abaissiée et
-humiliée en la première malédition où Dieu dist ainsi: <i>Multiplicabo
-ærumnas tuas et sub potestate viri eris, et ipse dominabitur tibi</i>.
-C’est à dire: Je multiplieray tes peines, tu seras soubs la puissance
-d’homme, et il aura seignourie sur toy. L’Histoire dit que avant
-qu’elle péchast, elle estoit bien aucunement subjecte à homme pour ce
-qu’elle avoit esté faicte d’homme et de la coste d’icellui, mais icelle
-subjection estoit moult doulce et attrempée et naissoit de droicte
-obéissance et fine<a name="FNanchor_225_225" id="FNanchor_225_225"></a><a href="#Footnote_225_225" class="fnanchor">[225]</a> voulenté, mais après ceste malédition, elle fut
-de tout en tout subjecte par nécessité et voulsist ou non, et toutes
-les autres qui d’elle vindrent et vendront ont eu et auront à souffrir
-et obéir à ce que leurs maris vouldront faire, et seront tenues de
-entériner<a name="FNanchor_226_226" id="FNanchor_226_226"></a><a href="#Footnote_226_226" class="fnanchor">[226]</a> leurs commandemens. La seconde malédition fut telle:
-<i>Multiplicabo conceptus tuos; in dolore paries filios tuos</i>. Dist Dieu:
-Je multiplieray tes concevemens, c’est à dire: tu concevras plusieurs
-enfans en douleur, et en travail enfanteras tes fils. L’Histoire dit
-que la malédition ne fut pas pour l’enfant, mais de la douleur que
-femmes ont à l’enfanter.</p>
-
-<p>Aussi véez-vous la malédition que nostre Seigneur voult donner pour
-la désobéissance<a name="FNanchor_227_227" id="FNanchor_227_227"></a><a href="#Footnote_227_227" class="fnanchor">[227]</a> de Lucifer. Car jadis Lucifer fut le plus
-solemnel ange, et le mieulx amé et le plus prouchain de Dieu qui fust
-adoncques en paradis, et pour ce estoit-il de tous appellé Lucifer,
-c’est <i>quasi lucem ferens</i>, qui est à dire portant lumière, car au
-regart des autres toute clarté et toute joie estoit où il venoit pour
-ce qu’il représentoit et donnoit souvenance<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-130" id="page_vol-1-130"></a>{v. 1, p.130}</span> d’icellui souverain
-Seigneur qui tant l’amoit et dont il venoit et duquel il estoit si
-prouchain. Et si tost que icelluy Lucifer laissa humilité et en orgueil
-haussa son courage, le mist nostre Seigneur plus loing de luy, car
-il le fist trébuchier plus bas que nul autre, c’est assavoir ou plus
-parfont d’enfer où il est le plus ort, le pire et le plus meschant des
-meschans. Aussi pareillement sachiez que vous serez si prouchaine de
-vostre mary que partout où il vendra il portera mémoire, souvenance et
-remembrance de vous. Et vous le véez de tous mariés, car tantost que
-l’en voit le mary, l’en lui demande: comment le fait<a name="FNanchor_228_228" id="FNanchor_228_228"></a><a href="#Footnote_228_228" class="fnanchor">[228]</a> vostre femme?
-Et aussi, quant l’en voit la femme, l’en luy demande: comment le fait
-vostre mary? Tant est la femme jointe avecques le mary.</p>
-
-<p>Doncques véez-vous, tant par les jugemens de Dieu mesmes que par les
-exemples dessus allégués, que se vous n’estes obéissant en toutes
-choses grandes et petites à vostre mary qui sera, vous serez plus à
-blasmer et punir de vostre dit mary que un autre qui luy désobéiroit,
-en tant que vous estes plus prouchaine de lui. Se vous estiez moins
-obéissant, et vostre chamberière luy feist par amours<a name="FNanchor_229_229" id="FNanchor_229_229"></a><a href="#Footnote_229_229" class="fnanchor">[229]</a> et service
-ou autrement, obéissance tellement que en vous délaissant il convenist
-à elle commettre les espéciaulx besongnes qu’il vous devroit commettre,
-et il ne vous commeist riens et vous laissast derrière, que diroient
-vos amis? Que présumeroit vostre cuer quant il s’en apparcevroit?
-Et puis que il auroit traîné<a name="FNanchor_230_230" id="FNanchor_230_230"></a><a href="#Footnote_230_230" class="fnanchor">[230]</a> son plaisir illecques, comment le
-<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-131" id="page_vol-1-131"></a>{v. 1, p.131}</span>pourriez-vous depuis retraire? Certes, il ne serait mie en vostre
-puissance.</p>
-
-<p>Et, pour Dieu, gardez-vous que ce meschief n’aviengne, que une seule
-fois il prengne autruy service que le vostre. Et doncques vous
-soient ses commandemens, mesmement les petis qui de prime face vous
-sembleroient estre de nulle valeur ou estranges, tellement attachés
-au cuer que de vos plaisirs ne vous chaille fors que des siens, et
-gardez que par vostre main et par vous mesmes et en vostre personne
-les siens soient achevés; et quant à lui ne à ses affaires qui vous
-appartendront, ne souffrez aucun approucher, ne nul n’y mette la main
-que vous, et les vostres affaires soient par vous commandés et commis à
-vos enfans et à vos privés mesgnies qui sont dessoubs vous, à chascun
-selon son endroit, et s’ils ne le font, si les en punissez.</p>
-
-<p>Et pour ce que je vous ay dit que vous soiez obéissant à vostre mary
-qui sera, c’est assavoir plus que à nul autre et pardessus toute
-autre créature vivant, peut ceste parole d’obédience estre entendue
-et à vous déclairée; c’est assavoir que en tous cas, en tous termes,
-en tous lieux et en toutes saisons, vous faictes et acomplissiez
-sans redargution tous ses commandemens quelconques. Car sachiez que
-puis qu’il soit homme raisonnable et de bon sens naturel, il ne vous
-commandera riens sans cause, ne ne vous laissera riens faire contre
-raison. Jasoit-ce qu’ils sont aucunes femmes qui pardessus la raison
-et sens de leurs maris veulent gloser et esplucher, et encores pour
-faire les sages et les maistresses, font-elles plus devant les gens que
-autrement, qui est le pis. Car jasoit-ce que je ne vueille mie dire
-qu’elles ne doivent tout savoir et que leurs maris<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-132" id="page_vol-1-132"></a>{v. 1, p.132}</span> ne leur doivent
-tout dire, toutesvoies ce doit estre dit et fait à part, et doit
-venir du vouloir et de la courtoisie du mary, non mie de l’auctorité,
-maistrise et seignourie de la femme qui le doie, par manière de
-domination, interroguer devant la gent. Car devant la gent, pour
-monstrer son obéissance et pour son honneur garder, n’en doit-elle
-sonner mot, pour ce qu’il sembleroit à la gent qui ce orroient que le
-mary eust accoustumé à rendre compte de ses vouloirs à sa femme, ce que
-femme ne doit pas vouloir que l’en apparçoive, car en tel cas elles se
-démonstreroient comme maistresses et dames, et à elles-mesmes feroient
-grant blasme, et grant vilenie à leurs maris.</p>
-
-<p>De rechief, aucunes sont à qui leurs maris commandent faire aucunes
-choses qui à elles semblent petites et de petite valeur, et elles
-n’ont pas regard à l’encontre de celluy de qui le commandement vient,
-ne à l’obéissance qu’elles luy doivent, mais à la valeur de la chose
-seulement, laquelle valeur elles jugent selon leur sens et non mie
-aucunes fois selon la vérité, car elles ne la scevent pas, puisque
-l’en ne leur a dicte. Exemple qui peut avenir: Un homme nommé Robert
-qui me doit deux cens frans me vient dire adieu et dit qu’il s’en va
-oultre mer et me dit telles paroles: Sire, fait-il, je vous doy deux
-cens frans lesquels j’ay bailliés à ma femme qui ne vous congnoist,
-mais je lui ay dit qu’elle les baille à celluy qui lui portera son nom
-par escript de ma main, et véez-le-cy. Et à tant se part, et tantost
-qu’il s’est party de moy, sans dire le cas, je le commande à garder à
-ma femme à qui je me fie, laquelle ma femme le fait lire à un autre,
-et quant elle voit que c’est le nom d’une femme, elle en pensant à mal
-le gecte ou feu,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-133" id="page_vol-1-133"></a>{v. 1, p.133}</span> et par courroux me vient dire qu’elle ne daigneroit
-estre ma maquerelle. Cy a belle obéissance! Item, je lui bailleray
-un festu ou un viés clou ou un caillou qui m’ont esté baillés pour
-aucunes enseignes<a name="FNanchor_231_231" id="FNanchor_231_231"></a><a href="#Footnote_231_231" class="fnanchor">[231]</a> d’aucuns grans cas, ou un fil ou une vergette
-de bois pour mesure d’aucune grosse besongne dont, par oubliance ou
-par autre adventure, je ne diray riens à ma femme du cas ne de la
-matière, mais je luy bailleray pour garder espécialment; celle n’aura
-regard fors à la valeur du fil ou de la vergette et autre compte ne
-tendra de mon commandement, en despit de ce que je ne luy auray porté
-honneur et révérence de lui dire le cas au long. Et communément telles
-femmes rebelles, haultaines et couvertes<a name="FNanchor_232_232" id="FNanchor_232_232"></a><a href="#Footnote_232_232" class="fnanchor">[232]</a>, quant pour monstrer leur
-maistrise elles ont tout honni<a name="FNanchor_233_233" id="FNanchor_233_233"></a><a href="#Footnote_233_233" class="fnanchor">[233]</a>, elles cuident, en elles excusant,
-faire croire à leurs maris qu’elles cuidoient que ce fust un néant et
-pour ce n’ont point fait leur commandement; mais se leurs maris sont
-saiges, ils voient bien que c’est par desdaing et despit de ce qu’ils
-ne leur avoient pas porté telle honneur que de leur dire le cas tantost
-et sans délay, et par aventure ont le commandement en nonchalance par
-leur fierté, ne ne leur chault en riens du desplaisir de leurs maris,
-mais que<a name="FNanchor_234_234" id="FNanchor_234_234"></a><a href="#Footnote_234_234" class="fnanchor">[234]</a> seulement elles<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-134" id="page_vol-1-134"></a>{v. 1, p.134}</span> ayent achoison d’elles excuser et dire:
-ce n’estoit riens, mais se ce eust esté grant chose, je l’eusse fait.
-Et pour tant, ce leur semble, seront excusées, mais il leur semble
-mal, car jasoit-ce que lors le mari n’en die rien adonc, toutesvoies
-elles perdent tousjours le nom de la vertu d’obéissance, et la tache
-de la désobéissance demeure long temps après dedens le cuer du mary si
-attachée qu’à une autre fois il en souviendra au mary quant la femme
-cuidera que la paix soit faicte et que le mary l’ait oublié. Or escheve
-donc femme ce dangereux péril, et prengne garde à ce que dit l’apostre
-<i>Ad Hebreos</i> <small>XIII</small>º: <i>Obedite</i>, etc.</p>
-
-<p>Or dit encores cest article que la femme doit obéir à son mary et
-faire ses commandemens quelconques grans et petis, et mesmes les très
-petis; ne il ne convient point que vostre mary vous die la cause de son
-commandement, ne qui le meut, car ce sembleroit un signe de le vouloir
-ou non vouloir faire selon ce que la cause vous sembleroit ou bonne ou
-autre, ce qui ne doit pas cheoir en vous ne en vostre jugement, car
-à lui appartient de le savoir tout seul, et à vous n’appartient pas
-de luy demander, se ce n’est après, à vous deux seulement et à privé.
-Car pardessus son commandement vous ne devez avoir en quelque chose
-reculement, reffus, retardement ou délay, ne pardessus sa deffence
-rien faire, corrigier, acroistre, apeticier, eslargir ou estrecier en
-quelque manière; car en tout et partout, soit bien, soit mal que vous
-ayez fait, vous estes quictes et délivres en disant: mon mary le m’a
-commandé. Encores, se mal vient par vostre ouvrage, si dit-l’en d’une
-femme mariée: elle fist bien puis que son mary luy commanda, car en ce
-faisant elle fist son devoir.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-135" id="page_vol-1-135"></a>{v. 1, p.135}</span> Et ainsi, au pis venir, vous en seriez
-non mie seulement excusée, mais bien louée.</p>
-
-<p>Et à ce propos je vous diray une piteuse merveille et que je plain
-bien<a name="FNanchor_235_235" id="FNanchor_235_235"></a><a href="#Footnote_235_235" class="fnanchor">[235]</a>. Je sçay une femme de très grant<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-136" id="page_vol-1-136"></a>{v. 1, p.136}</span> nom en bourgeoisie qui est
-mariée à une bonne personne, et sont deux bonnes créatures, jeunes
-gens paisibles, et qui ont de beaux petis enfans. La femme est blasmée
-d’avoir receu la compaignie d’un grant seigneur<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-137" id="page_vol-1-137"></a>{v. 1, p.137}</span>, mais, par Dieu,
-quant l’on en parle, les autres femmes et hommes qui scevent le cas,
-et mesmement ceux qui héent ce péchié, dient que la femme n’en doit
-point estre blasmée, car son mary luy commanda. Le cas est tel qu’ils
-demeurent en une des plus grans cités de ce royaume. Son mary et
-plusieurs autres bourgois<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-138" id="page_vol-1-138"></a>{v. 1, p.138}</span> furent de par le Roy emprisonnés pour une
-rébellion que le commun avoit faicte. Chascun jour l’en en coppoit les
-testes à trois ou à quatre d’iceulx. Elle et les autres femmes d’iceulx
-prisonniers estoient chascun jour devers les seigneurs, plourans et
-agenoillans, et les mains joinctes requérans que l’en eust pitié et
-miséricorde et entendist-l’en à la délivrance de leurs maris. L’un
-des seigneurs qui estoit entour le Roy, comme non crémant Dieu ne sa
-justice, mais comme cruel et félon tirant, fist dire à icelle bourgoise
-que s’elle vouloit faire sa voulenté, sans faulte il feroit délivrer
-son mary. Elle ne respondi riens sur ce, mais dist au messaige que
-pour l’amour de Dieu il feist par devers ceulx qui gardoient son mary
-en la prison qu’elle veist son mary et qu’elle parlast à luy. Et ainsi
-fut fait, car elle fut mise en prison avec son mary, et toute plourant
-luy dist ce qu’elle véoit ou povoit apparcevoir des autres, et aussi
-de l’estat de sa délivrance, et la vilaine requeste que l’en lui avoit
-faicte. Son mary luy commanda que comment qu’il fust elle feist tant
-qu’il eschappast sans mort, et qu’elle n’y espargnast ne son corps,
-ne son honneur, ne autre chose, pour le sauver et rescourre sa vie. A
-tant se partirent l’un de l’autre, tous deux plourans. Plusieurs des
-autres prisonniers bourgois furent décapités, son mary fut délivré. Si
-l’excuse-l’en d’un si grant cas que, supposé encores qu’il soit vray,
-si n’y a-elle ne péchié ne coulpe, ne n’y commist délit ne mauvaistié
-quant son mary luy commanda, mais le fist, pour sauver son mary,
-sagement et comme bonne femme. Mais toutesvoies, je laisse le cas
-qui est vilain à raconter et trop grant, (maudit soit le tirant qui
-ce fist!) et revien à mon propos que l’en doit obéir à son mary, et
-laisseray<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-139" id="page_vol-1-139"></a>{v. 1, p.139}</span> les grans cas et prendray les petis cas d’esbatement.</p>
-
-<p>Par Dieu, je croy que quant deux bonnes preudes gens sont mariés,
-toutes autres amours sont reculées, annichilées et oubliées, fors
-d’eulx deux, et me semble que quant ils sont présens et l’un devant
-l’autre, ils s’entre-regardent plus que autres, ils s’entre-pincent,
-ils s’entre-hurtent, et ne font signe ne ne parlent voulentiers, fors
-l’un à l’autre. Et quant ils s’entr’éloignent, si pensent-ils l’un
-à l’autre, et dient en leur cuer: quant je le verray, je luy feray
-ainsi, je luy diray ainsi, je le prieray de tel chose. Et tous leurs
-plaisirs espéciaulx, leurs principaulx désirs et leurs parfaictes joies
-sont de faire les plaisirs et obéissances l’un de l’autre, et s’ils
-s’entre-aiment, il ne leur chault de obéissance ne de révérence, fors
-le commun qui est trop petite entre plusieurs.</p>
-
-<p>Et à ce propos de jeux et esbatemens entre les maris et les femmes,
-par Dieu, j’ay ouy dire au bailli de Tournay<a name="FNanchor_236_236" id="FNanchor_236_236"></a><a href="#Footnote_236_236" class="fnanchor">[236]</a> qu’il a esté en
-plusieurs compaignies<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-140" id="page_vol-1-140"></a>{v. 1, p.140}</span> et disners avecques hommes qui estoient de long
-temps mariés, et avecques iceulx a fait plusieurs bourgages<a name="FNanchor_237_237" id="FNanchor_237_237"></a><a href="#Footnote_237_237" class="fnanchor">[237]</a> et
-gaigeures de païer le disner qu’ils auroient fait et plusieurs escos et
-disners à païer sur condition que d’illecques tous les compaignons de
-l’escot iroient ensemble en l’hostel de tous iceulx mariés, l’un après
-l’autre, et celluy de l’assemblée qui aroit femme si obéissant qu’il
-la peust arrangéement et sans faillir faire compter jusques à quatre,
-sans arrest, contradition, mocquerie ou réplication, seroit quicte de
-l’escot, et cellui ou ceulx de qui les femmes seroient rebelles et
-répliqueroient, mocqueroient ou desdiroient, icelluy escot rendroient,
-ou chascun autant. Et quant ainsi estoit accordé, l’en aloit adoncques
-par droit esbatement et par droit jeu en l’hostel Robin qui appelloit
-Marie sa femme qui bien faisoit la gorgue<a name="FNanchor_238_238" id="FNanchor_238_238"></a><a href="#Footnote_238_238" class="fnanchor">[238]</a>, et devant tous le mary
-luy disoit: Marie, dictes après moy ce que<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-141" id="page_vol-1-141"></a>{v. 1, p.141}</span> je diray. Voulentiers,
-sire.&mdash;Marie dictes: empreu<a name="FNanchor_239_239" id="FNanchor_239_239"></a><a href="#Footnote_239_239" class="fnanchor">[239]</a>,&mdash;empreu&mdash;et deux&mdash;et deux&mdash;et
-trois... Adonc, Marie un peu fièrement disoit: et sept, et douze, et
-quatorze! Esgar<a name="FNanchor_240_240" id="FNanchor_240_240"></a><a href="#Footnote_240_240" class="fnanchor">[240]</a>! vous mocquez-vous de moy? Ainsi le mary Marie
-perdoit. Après ce, l’en aloit en l’hostel Jehan qui appelloit Agnesot
-sa femme qui bien savoit faire la dame, et luy disoit: dictes après moy
-ce que je diray&mdash;Empreu.&mdash;Agnesot disoit par desdain: et deux. Adonc
-perdoit. Tassin disoit à dame Tassine: Empreu.&mdash;Tassine par orgueil
-disoit en hault: C’est de nouvel! Ou disoit: Je ne suis mie enfant pour
-aprendre à compter. Ou disoit: or çà, de par Dieu, esgar, estes-vous
-devenu ménestrier? Et les semblables. Et ainsi perdoit; et tous ceulx
-qui avoient espousées les jeunes bien aprises et bien endoctrinées
-gaignoient et estoient joyeux.</p>
-
-<p>Regardez mesmes que Dieu qui est sage sur toute sagesse fist pour
-ce que Adam, désobéissant et mesprisant le commandement de Dieu ou
-deffense, menga la pomme (qui estoit peu de chose à luy que une pomme),
-et comment il en fut courroucié; il ne se courrouça pas pour la pomme,
-mais pour la désobéissance et le petit compte qu’il tenoit de luy.
-Regardez comment il ama la vierge Marie pour son obéissance. Regardez
-des obéissances et fais d’Abraham, dont il est parlé cy dessus à deux
-feuillets près, qui par simple mandement fist si grans et terribles
-choses sans demander la cause. Regardez de Grisilidis, quels fais elle
-supporta et endura en son cuer sans demander cause pour quoy, et si
-n’y povoit estre apparceu ne considéré<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-142" id="page_vol-1-142"></a>{v. 1, p.142}</span> cause aucune, ne couleur de
-cause, proufit à venir, ne nécessité de faire, fors que seule voulenté
-terrible et espoventable, et si n’en demandoit ne n’en disoit mot, et
-dont elle acquist telle louenge que maintenant que sommes cinq cens ans
-après sa mort, il est lecture de son bien.</p>
-
-<p>Et n’est mie maintenant commencement de faire doctrine de
-l’obéissance des femmes envers leurs maris. Il est trouvé en Genesy,
-ou <small>XXIX</small><sup>e</sup> chappitre, que Loth et sa femme se
-partirent d’une cité; Loth deffendit à sa femme qu’elle ne regardast
-point derrière ly. Elle s’en tint une pièce, et après mesprisa le
-commandement et y regarda. Incontinent, Dieu la converti en une pierre
-de sel, et la demoura, et encores est telle et sera. C’est propre texte
-de la Bible et le nous convient croire par nécessité, ou autrement
-nous ne serions pas bons chrestiens. Or véez-vous, se Dieu essayoit
-adoncques ses amis et ses serviteurs en bien petites choses, comme pour
-une pomme l’un, pour regarder derrière luy l’autre, aussi n’est-ce
-pas merveille se les maris qui par leur bonté ont mis tout leur cuer,
-toutes leurs joies et esbatemens en leurs femmes et arrière mises
-toutes autres amours, preignent plaisir en leur obéissance, et par
-amoureux esbatement et à autruy non nuisibles les essayer.</p>
-
-<p>Et pour ce, en reprenant ce que dessus, comment les maris essaient
-l’obéissance des femmes, jasoit-ce que ce ne soit que jeu, toutesvoies
-à tous qui estoient désobéis et qui par ce perdoient, le cuer leur
-douloit de la mocquerie et de la perte, et quelque semblant qu’ils
-en feissent, ils en estoient tous honteux et moins amoureux de leurs
-femmes qui leur estoient peu humbles,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-143" id="page_vol-1-143"></a>{v. 1, p.143}</span> craintives et obéissans, ce
-qu’elles ne devoient pas estre en tant soit petite chose, toutesvoies
-s’il n’y avoit grant cause, laquelle cause elle luy devroit dire en
-secret et à part. Et sont aucunes fois les jeunes et fols maris si
-meschans que sans raison que par petites et inutiles achoisons<a name="FNanchor_241_241" id="FNanchor_241_241"></a><a href="#Footnote_241_241" class="fnanchor">[241]</a>
-dont les commencemens sont venus par jeu et de néant, et par
-continuelles désobéissances de leurs preudefemmes, ils amassent et
-amoncellent un secret et couvert courroux en leurs cuers dont pis
-vient à tous les deux, et aucunes fois se acointent de meschans et
-deshonnestes femmes qui les obéissent en toutes choses et honnorent
-plus qu’ils ne sont honnorés de leurs preudefemmes; adonc, iceulx
-mariés comme fols se assotent<a name="FNanchor_242_242" id="FNanchor_242_242"></a><a href="#Footnote_242_242" class="fnanchor">[242]</a> d’icelles méchans femmes qui
-scevent garder leur paix et iceulx honnorer et obéir à tous propos et
-faire leurs plaisirs. Car, ne doubtez, il n’est nul si meschant mary
-qui ne vueille estre obéy et esjoy de sa femme, et quant les maris
-se treuvent mieulx obéis autre part que devant n’estoient en leurs
-hostels, si laissent comme fols à nonchalance<a name="FNanchor_243_243" id="FNanchor_243_243"></a><a href="#Footnote_243_243" class="fnanchor">[243]</a> leurs espouses
-pour les haultesses et désobéissances d’icelles, lesquelles en sont
-depuis courroucées après, quant icelles mariées voient que en toutes
-compaignies elles ne sont mie si honnourées comme celles qui sont
-accompaigniées de leurs maris qui<a name="FNanchor_244_244" id="FNanchor_244_244"></a><a href="#Footnote_244_244" class="fnanchor">[244]</a> jà, comme fols, sont si fort
-par le cuer enlassiés que l’en ne les peut descharner<a name="FNanchor_245_245" id="FNanchor_245_245"></a><a href="#Footnote_245_245" class="fnanchor">[245]</a>. Et l’en ne
-peut mie si légièrement reprendre son oisel quant il est eschappé de la
-cage comme de garder qu’il ne s’envole: aussi ne pevent-elles retraire
-les cuers de leurs<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-144" id="page_vol-1-144"></a>{v. 1, p.144}</span> maris, quant iceulx maris ont essayé et trouvé
-meilleure obéissance ailleurs, et icelles en donnent à leurs maris la
-coulpe qui est à elles mesmes.</p>
-
-<p>Chère seur, vous véez que comme il est dit des hommes et femmes, l’en
-peut dire des bestes sauvaiges, et encores non mie seulement des bestes
-sauvaiges, mais des bestes qui ont acoustumé à ravir et à dévorer,
-comme ours, loups et lyons: car icelles bestes aprivoise-l’en et
-attrait-l’en par leur faire leurs plaisirs, et vont après et suivent
-ceulx qui les servent, acompaignent et aiment; et fait-l’en les ours
-chevauchier, les singes et autres bestes saillir, dancer, tumber et
-obéir à tout ce que le maistre veult; et aussi par ceste raison vous
-puis-je monstrer que vostre mary vous chérira, aimera et gardera se
-vous pensez à luy faire le sien plaisir. Et pour ce que j’ay dit, et
-j’ay dit voir, que les bestes ravissables sont apprivoisées etc., je
-dy par le contraire, et vous le trouverez, que non mie seulement vos
-maris, mais vos pères et mères, vos seurs, vous estrangeront se vous
-leur estes farouche et ne leur soiez débonnaire et obéissant.</p>
-
-<p>Or savez-vous bien que vostre principal manoir, vostre principal labour
-et amour et vostre principal compaignie est de vostre mary, pour
-l’amour et compaignie duquel vous estes riche et honnorée, et se il se
-desfuit, retrait ou eslonge de vous par vostre inobédience ou autre
-quelque cause que ce soit, à tort ou à droit, vous demourrez seule et
-despariée, et si vous en sera donné le blasme et en serez moins prisée,
-et se une seule fois il ait ce mal de vous, à paine le pourriez-vous
-jamais rappaisier que la tache du maltalent ne luy demeure en son
-cuer pourtraicte et escripte tellement<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-145" id="page_vol-1-145"></a>{v. 1, p.145}</span> que jasoit-ce qu’il n’en
-monstre rien, ne ne die, elle ne pourra estre de long temps planée ou
-effaciée. Et se la seconde désobéissance revient, gardez-vous de la
-vengence de laquelle il sera parlé cy après en ce mesmes chappitre
-et article, ou § <i>Mais encores</i> etc.<a name="FNanchor_246_246" id="FNanchor_246_246"></a><a href="#Footnote_246_246" class="fnanchor">[246]</a> Et pour ce, je vous prie,
-aimez, servez et obéissez vos maris, mesmes ès très petites choses
-d’esbatement, car aucunes fois essaie-l’en en très petites choses, bien
-petites, d’esbatement, et qui semblent de nulle valeur pour ce que la
-désobéissance d’icelles porte petit dommaige, pour essayer, et par
-ce scet-l’en comment l’en se doit attendre d’estre obéy ès grans ou
-désobéy; voire mesmement ès choses bien estranges et sauvaiges et dont
-vostre mary vous fera commandement soit par jeu ou à certes, si di-je
-que vous devez incontinent obéir.</p>
-
-<p>Et à ce propos je tray un raconte qui dit: Trois abbés et trois mariés
-estoient en une compaignie, et entre eulx mut une question en disant
-lesquels estoient plus obéissans, ou les femmes à leurs maris, ou les
-religieux à leur abbé; et sur ce eurent moult de paroles, d’argumens
-et exemples racontés d’une part et d’autre. Se les exemples estoient
-vrais, je ne sçay: mais en conclusion ils demourèrent contraires et
-ordonnèrent que une preuve s’en feroit loyaument, et secrètement
-jurée entre eulx par foy et par serement, c’est assavoir que chascun
-des abbés commanderoit à chascun de ses moines que sans le sceu des
-autres il laissast la nuit sa chambre ouverte et unes verges soubs son
-chevet, en attendant la discipline que son abbé luy vouldroit donner;
-et chascun des maris commanderoit secrètement<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-146" id="page_vol-1-146"></a>{v. 1, p.146}</span> à sa femme, à leur
-couchier, et sans ce que aucun de leur mesgnie en sceussent rien, ne
-aucun fors eulx deux, qu’elle meist et laissast toute nuit un balay
-derrière l’uis de leur chambre; et dedens huit jours rassembleroient
-illecques les abbés et les mariés, et jureroient lors d’avoir exécuté
-leur essay et de rapporter justement et loyaument, sans fraude, ce
-qui en seroit ensuivi; et ceulx ou des abbés ou des mariés à qui l’en
-auroit moins obéy paieroient un escot de dix frans. Ainsi fut acordé
-et exécuté. Le rapport de chascun des abbés fut tel que, sur l’âme
-d’eulx, ils et chascun d’eulx avoient fait le commandement à chascun
-de leurs moines, et à mienuit chascun avoit reviseté chascune chambre
-et avoient trouvé leur commandement acompli. Les mariés firent après
-leur rappors l’un après l’autre. Le premier dit qu’il fist, avant
-couchier, secrètement le commandement à sa femme qui luy demanda moult
-fort à quoy c’estoit bon et que ce vauldroit. Il ne le voult dire.
-Elle refusoit adonc à le faire, et il adonc fist semblant de soy
-courroucier, et pour ce elle luy promist qu’elle le feroit. Le soir ils
-se couchèrent et envoièrent leurs gens qui emportèrent la clarté<a name="FNanchor_247_247" id="FNanchor_247_247"></a><a href="#Footnote_247_247" class="fnanchor">[247]</a>.
-Il fist adoncques lever sa femme et oy bien qu’elle mist le balay.
-Il lui en sceut bon gré et s’endormi un petit, et tantost après se
-resveilla et senti bien que sa femme dormoit; si se leva tout bellement
-et ala à l’uis et ne trouva point de balay, et se recoucha secrètement
-et esveilla sa femme et lui demanda se le balay estoit derrière l’uis;
-elle luy dist: oil. Il dit que non estoit et qu’il y avoit esté. Et
-lors elle luy dit: par Dieu, pour<a name="FNanchor_248_248" id="FNanchor_248_248"></a><a href="#Footnote_248_248" class="fnanchor">[248]</a><span class="pgnum"><a name="page_vol-1-147" id="page_vol-1-147"></a>{v. 1, p.147}</span> perdre la meilleur robe que
-j’aye, je ne l’y eusse laissié, car quant vous fustes endormy, les
-cheveulx me commencèrent à hérisser, et commençay à tressuer et n’eusse
-peu dormir tant qu’il eust esté en ceste chambre; si l’ay gecté en
-la rue par les fenestres. L’autre dit que depuis ce qu’ils estoient
-couchiés il avoit fait relever sa femme, et en grant desplaisance
-elle toute courroucée avoit mis le balay derrière l’uis, mais elle
-s’estoit revestue incontinent, et parti de la chambre en disant
-qu’elle ne coucheroit jà en chambre où il fust, et que voirement ils
-pussent les ennemis d’enfer venir; et ala couchier toute vestue avec
-sa chamberière. L’autre dit que sa femme lui avoit respondu qu’elle
-n’estoit venue ne yssue d’enchanteurs ne de sorciers, et qu’elle ne
-savoit jouer des basteaulx<a name="FNanchor_249_249" id="FNanchor_249_249"></a><a href="#Footnote_249_249" class="fnanchor">[249]</a> de nuit, ne des balais<a name="FNanchor_250_250" id="FNanchor_250_250"></a><a href="#Footnote_250_250" class="fnanchor">[250]</a>, et pour
-mourir elle ne le feroit, ne ne consentiroit, ne jamais en l’hostel ne
-gerroit s’il estoit fait.</p>
-
-<p>Ainsi les moines furent obéissans en plus grant chose et à leur abbé
-qui est plus estrange: mais c’est raison, car ils sont hommes; et les
-femmes mariées furent moins obéissans et en mendre chose et à leurs
-propres maris qui leur doivent estre plus espéciaulx, car c’est leur
-nature, car elles sont femmes; et par elles perdirent leurs maris dix
-frans et furent déceus de leur oultrageuse vantance, qui se estoient
-vantés de l’obéissance de leurs femmes. Mais je vous pry, belle seur,
-ne soiez pas de celles, mais plus obéissant à vostre mary qui sera,
-et en petite choses, et en estranges, soit<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-148" id="page_vol-1-148"></a>{v. 1, p.148}</span> à certes, par jeu, par
-esbatement, ou autrement: car tout est bon.</p>
-
-<p>Par Dieu, je veis à Meleun<a name="FNanchor_251_251" id="FNanchor_251_251"></a><a href="#Footnote_251_251" class="fnanchor">[251]</a> une chose aussi bien estrange, un
-jour que le sire d’Andresel estoit capitaine<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-149" id="page_vol-1-149"></a>{v. 1, p.149}</span> de la ville; car en
-plusieurs lieux les Anglois estoient logiés à l’environ: les Navarrois
-estoient logiés dedens le chastel. Et un après-disner le dit sire
-d’Andresel<a name="FNanchor_252_252" id="FNanchor_252_252"></a><a href="#Footnote_252_252" class="fnanchor">[252]</a> estoit à la porte et luy ennuyoit et se démenoit
-qu’il ne<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-150" id="page_vol-1-150"></a>{v. 1, p.150}</span> savoit où aler esbatre pour passer le jour; un escuier luy
-dit: Sire, voulez-vous aler veoir une damoiselle demourant en ceste
-ville qui fait quanque son mary luy commande? Le sire d’Andresel
-lui respondi: oyl, alons. Lors il se prirent à aler, et en alant
-fut monstré au sire d’Andresel un escuier duquel l’en luy dit que
-c’estoit le mary d’icelle demoiselle. Le sire d’Andresel l’appella et
-lui demanda se sa femme faisoit ce qu’il lui commandoit. Et icellui
-escuier luy dit: par Dieu, Sire,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-151" id="page_vol-1-151"></a>{v. 1, p.151}</span> oy, s’il n’y a villenie grant. Et
-le sire d’Andresel luy dit: Je mettray à vous pour un disner, que je
-vous conseilleray à luy faire faire telle chose où il n’y aura point
-de villenie et si ne le fera pas. L’escuier respondi: Certes, Sire,
-elle le feroit et gaigneroie; et par autres plusieurs manières puis-je
-gaignier plus honnourablement avecques vous, et par ceste aray-je plus
-d’onneur à perdre et païer le disner; si vous prie que vous gaigez
-qu’elle le fera et je gaigerai que non. Le sire d’Andresel<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-152" id="page_vol-1-152"></a>{v. 1, p.152}</span> dit: Je
-vous commande que vous gaigiez ainsi que j’ay dit. Adonc l’escuier
-obéist et accepta la gaigeure. Le sire d’Andresel vouloit estre présent
-et tous ceulx qui là estoient; l’escuier dist qu’il le vouloit bien.
-Adoncques le sire d’Andresel qui tenoit un baston lui dit: Je vueil que
-si tost que nous serons arrivés, et sans dire autre chose, que devant
-nous tous vous direz à vostre femme qu’elle saille pardessus ce baston
-devant nous trestous, et que ce soit fait sans froncier ou guigner ou
-faire aucun signe. Ainsi fut fait, car tous entrèrent en l’hostel de
-l’escuier ensemble. Et incontinent la damoiselle leur vint au devant.
-L’escuier mist et tint à terre le baston et dit: Damoiselle, saillez
-par cy dessus! Elle saillit tantost. Il lui dist: Resaillez! Elle
-resaillit encores. Saillez<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-153" id="page_vol-1-153"></a>{v. 1, p.153}</span>! Elle sailli trois fois sans dire un seul
-mot fors que voulentiers. Le sire d’Andresel fut tout esbahi et dit
-qu’il devoit et paieroit le disner l’endemain en son hostel d’Andresel.
-Et tantost se partirent tous pour aler là; et tantost qu’il fut entré
-en la porte d’Andresel, la dame d’Andresel vint au devant et s’enclina.
-Tantost que le sire d’Andresel fut descendu, il qui tenoit encores
-le baston pardessus lequel la damoiselle avoit sailli à Meleun, mist
-icellui baston à terre et cuida pardessus icelluy faire saillir la dame
-d’Andresel qui de ce faire fut refusant; dont le sire d’Andresel fut
-parfaictement courroucié. Et du surplus je me tais, et pour cause: mais
-tant en puis-je bien dire, et le sçay bien, que s’elle eust acompli le
-commandement de son mary, lequel il faisoit plus pour jeu et pour essay
-que pour prouffit, elle eust mieulx gardé son honneur et mieux lui en
-eust pris; mais à aucunes ne vient pas tousjours bien et à aucunes si
-fait.</p>
-
-<p>Et encores à ce propos je puis bien dire une chose bien aussi estrange,
-que une fois, ès jours d’esté, je venoie de devers Chaumont en Bassigny
-à Paris, et à une heure de vespres me arrestay pour logier en la ville
-de Bar sur Aube. Plusieurs des jeunes hommes de la ville mariés en
-icelle, desquels aucuns avoient à moy aucune congnoissance, vindrent
-à moy prier de soupper avecques eulx, si comme ils disoient, et
-disoient leur cas estre tel: ils estoient plusieurs hommes jeunes et
-assez nouvellement mariés et à jeunes femmes, et s’estoient trouvés en
-une compaignie sans autres gens sages, si avoient enquis de l’estat
-l’un de l’autre et trouvèrent par les dis d’un chascun que chascun
-d’eulx cuidoit avoit la meilleur et la plus obéissant femme de toutes<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-154" id="page_vol-1-154"></a>{v. 1, p.154}</span>
-obéissances, commandemens et défenses, petites ou grans. Si avoient
-pour ce prins complot, si comme ils disoient, d’aler tous ensemble en
-chascun hostel de chascun d’eulx, et là le seigneur demanderoit à sa
-femme une esguille, ou une espingle, ou unes forcettes<a name="FNanchor_253_253" id="FNanchor_253_253"></a><a href="#Footnote_253_253" class="fnanchor">[253]</a>, ou la
-clef de leur coffre, ou aucune chose semblable; et se la femme disoit:
-<i>à quoy faire?</i> ou: <i>qu’en ferez-vous?</i> ou: <i>est-ce à certes?</i> ou:
-<i>vous mocquez-vous de moy?</i> ou: <i>je n’en ay point</i>, ou elle ait autre
-réplication ou retardement, le mary paieroit un franc pour le soupper;
-et se sans rédargution ou délaier elle bailloit tantost à son mary ce
-qu’il demandoit, le mary estoit tenus pour bien eureux d’avoir si saige
-femme et obéissant, et pour sage homme de la maintenir et garder en
-icelle obéissance et estoit assis au plus hault et ne paieroit riens.</p>
-
-<p>Et jasoit-ce qu’ils soient aucunes femmes qui à telles menues
-estranges choses ne se sauroient ou daigneroient fléchir, mais les
-desdaigneroient et mespriseroient et tous ceulx et celles qui ainsi en
-useroient, toutesvoies, belle seur, povez-vous bien savoir qu’il est
-nécessité que d’aucune chose nature se resjoïsse; mesmes les povres,
-les impotens, les maladifs ou enlangourés et ceulx qui sont au lit
-de la mort preignent et quièrent plaisir et joye, et par plus forte
-raison les sains. Des uns tout leur déduit est de chasser ou vouler:
-des autres de jouer d’instrumens: des autres noer<a name="FNanchor_254_254" id="FNanchor_254_254"></a><a href="#Footnote_254_254" class="fnanchor">[254]</a>, ou dancer, ou
-chanter, ou jouster: chascun selon sa condition prent son plaisir;
-mesmes le vostre quérez-vous diversement en quelques choses diverses;
-doncques, se vostre mary qui sera a telle imagination qu’il vueille<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-155" id="page_vol-1-155"></a>{v. 1, p.155}</span>
-prendre son plaisir ou en vostre service ou en vostre obéissance telle
-que dessus, si l’en servez et saoulez, et sachiez que Dieu vous aura
-fait plus grant grâce que vostre mary prengne plaisir plus en vous
-que en une autre chose; car se vous estes la clef de son plaisir, il
-vous servira, suivra et aimera pour ce, et s’il a plaisir à autre
-chose, il la suivra et serez derrière. Si vous conseille et admonneste
-de faire son plaisir en très petites choses et très estranges et en
-toutes, et se ainsi le faictes-vous, ses enfans et vous mesmes serez
-son ménestrier et ses joyes et plaisirs, et ne prendra pas ses joyes
-ailleurs, et sera un grant bien et une grant paix et honneur pour vous.</p>
-
-<p>Et s’il advient que d’aucune besongne il n’ait point souvenu à vostre
-mary quant il s’est parti de vous, et pour ce ne vous en ait parlé,
-ne commandé, ne deffendu, toutesvoies devez-vous faire à son plaisir,
-quelque plaisir que vous ayez autre, et devez délaisser vostre plaisir
-et mettre derrière et tousjours son plaisir mettre devant; mais se la
-besongne estoit pesant et de telle attendue que vous peussiez luy faire
-savoir, rescrivez luy comment vous créez que sa voulenté soit de faire
-ainsi etc. et pour ce vous aiez vouloir de faire à son plaisir, mais
-pour ce que en ce faisant tel inconvénient s’en peut ensuir, et telle
-perte et tel dommage aussi, et qu’il vous semble qu’il seroit mieulx et
-plus honnourable ainsi et ainsi etc., laquelle chose vous n’osez faire
-sans son congié, qu’il lui plaise vous mander son vouloir sur ce, et
-son mandement vous acomplirez de très bon cuer, de tout vostre povoir
-etc.</p>
-
-<p>Toutes ne font pas ainsi, dont il leur mesvient à la fin, et puis
-quant elles sont moins prisées et elles voient les bonnes obéissans
-qui sont bieneurées, acompaignées<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-156" id="page_vol-1-156"></a>{v. 1, p.156}</span> et aimées de leurs maris, icelles
-meschans qui ne sont ainsi en guerroient sus à fortune et dient que ce
-a fait fortune qui leur a couru sus, et la mauvaistié de leurs maris
-qui ne se fient mie tant en elles; mais elles mentent, ce n’a pas fait
-fortune: ce a fait leur inobédience et irrévérence qu’elles ont envers
-leurs maris qui après ce qu’ils ont moult de fois défailly vers elles
-qui leur ont désobéy et irrévéré, ne s’y osent plus fier, et ont quis
-iceulx maris et trouvé obéissance ailleurs où ils se fient.</p>
-
-<p>Et me souvient, par Dieu, que je vis une de vos cousines qui bien aime
-vous et moy, et si fait son mary, et vint à moy disant ainsi: Cousin,
-nous avons telle besongne à faire, et me semble qu’elle seroit bien
-faicte ainsi et ainsi, et me plairoit bien; que vous en semble? Et
-je luy dis: Le premier point est de savoir le conseil de vostre mary
-et son plaisir; luy en avez-vous point parlé? Et elle me respondi:
-par Dieu, cousin, nennil; car par divers moyens et estranges parlers,
-j’ay sentu qu’il vouldroit ainsi et ainsi, et non pas comme je dy,
-et j’aroie trop chier de la faire comme j’ay dit. Et vous savez,
-cousin, qu’il est maindre blasme de faire aucune chose sans le congié
-de son souverain que après sa deffense, et je suis certaine qu’il
-le me deffendroit et suis certaine qu’il vous aime et tient bonne
-personne, et se j’avoie ainsi fait comme je dy, par vostre conseil,
-quelque chose qu’il en advenist, puis que je me excuseroie de vostre
-conseil, il seroit de légier appaisié, tant vous aime. Et je luy dis:
-puis qu’il m’aime, je le doy amer et faire son plaisir, et pour ce
-je vous conseille que vous ouvrez selon son plaisir et mettez lei
-vostre plaisir au néant. Et autre chose ne peut avoir et s’en parti
-toute<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-157" id="page_vol-1-157"></a>{v. 1, p.157}</span> courroucée de ce que je ne lui aidie à achever sa voulenté qui
-estoit toute contraire à la voulenté de son mary; et du courroux de
-son mary ne luy chaloit puis qu’elle eust esté oye à dire: <i>Vous ne
-le m’avez point autrement commandé etc. vostre cousin le me conseilla
-ainsi à faire</i>. Or véez-vous son courage et comment la femme est bien
-entalentée de faire un grant plaisir à son mary et quelle obéissance
-elle luy donne!</p>
-
-<p>Chère seur, aucunes autres femmes sont, qui quant elles ont désir de
-faire une chose en une manière, mais icelle doubte que son mary ne le
-vueille pas ainsi, si n’en dure ou pose, et frétille et frémie, et
-quant elle apperçoit que son mary et elle sont à seul et parlent de
-leurs besongnes, affaires et esbatemens, et la femme par aucuns parlers
-prouchains à aucune matière enquiert soubtillement et sent de icelle
-besongne que son mary entend à faire et poursuivre par autre voie
-qu’elle ne voulsist, adonc la femme met son mary en autre propos, afin
-que d’icelluy il ne luy die mie oultréement: <i>de celle besongne faictes
-ainsi</i>; et cautement se passe et met son mary en autres termes et
-concluent sur autre besongne loingtaine à celle. Et tantost que icelle
-femme voit son point, elle fait faire icelle première besongne à son
-plaisir et ne luy chault du plaisir de son mary duquel elle ne tient
-compte et s’atend à soy excuser pour dire: <i>vous ne m’en avez riens
-dit</i>, car à elle ne chault du courroux ne du desplaisir de son mary,
-mais que le sien passe et que sa voulenté soit faicte. Et me semble
-que c’est mal fait d’ainsi barater, décevoir et essaier son mary; mais
-plusieurs sont, qui tels essais et plusieurs autres font, dont c’est
-mal fait, car l’on doit tousjours tendre à faire le plaisir<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-158" id="page_vol-1-158"></a>{v. 1, p.158}</span> de son
-mary quant il est sage et raisonnable; et quant l’en essaie son mary
-couvertement et cautement, soubs couverture malicieuse et estrange,
-supposé que ce soit pour mieux exploictier, si est-ce mal fait, car
-avec son mary l’en ne doit mie besongnier par aguet ou malice, mais
-plainement et rondement, cuer à cuer.</p>
-
-<p>Mais encores est-ce pis quant la femme a mary preudomme et débonnaire
-et elle le laisse pour espérance d’avoir pardon ou excusation de mal
-faire, si comme il est trouvé ou livre des Sept Sages de Romme<a name="FNanchor_255_255" id="FNanchor_255_255"></a><a href="#Footnote_255_255" class="fnanchor">[255]</a> que
-en la cité avoit un sage vefve, ancien de grant aage, et moult riche
-de terre et de bonne renommée qui jadis avoit eu deux femmes espousées
-qui estoient trespassées. Ses amis lui dirent que encores il prist
-femme. Il leur dist que ils la luy quéissent et que il la prendroit
-voulentiers. Ils la luy quirent belle et jeune et advenant de corps,
-car à peine verrez-vous jà si vieil homme qui ne prengne voulentiers
-jeune femme. Il ot espousé: la dame fut avecques lui un an que point
-ne luy feist ce que vous savez. Or avoit icelle dame une mère; un jour
-elle estoit au moustier emprès sa mère, si luy dist tout bas qu’elle
-n’avoit nul soulas de son seigneur et pour ce elle vouloit amer. Fille,
-dist la mère, se tu le faisoies, il t’en mesprendroit trop asprement,
-car certes il n’est nulle si grant vengence que de vieil<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-159" id="page_vol-1-159"></a>{v. 1, p.159}</span> homme, et
-pour ce, se tu me crois, ce ne feras-tu mie, car tu ne pourroies jamais
-rapaisier ton mary. La fille respondi que si feroit. La mère luy dist:
-quant autrement ne peut estre, je vueil que tu essaies, avant, ton
-mary. Voulentiers, dist la fille, je le essaieray ainsi: il a en son
-vergier une ante<a name="FNanchor_256_256" id="FNanchor_256_256"></a><a href="#Footnote_256_256" class="fnanchor">[256]</a> qui est tant belle et qu’il aime plus que tous
-autres arbres, je la coupperay: si verray se je le pourray rapaisier. A
-cest accord demourèrent et à tant se partirent hors du moustier.</p>
-
-<p>La jeune dame s’en vint à son hostel et trouva que son seigneur estoit
-alé esbatre aux champs. Si prent une coignée, vient à l’ante, et y
-commence à férir à dextre et à sénestre tant qu’elle la couppa, et
-la fist tronçonner par un varlet et apporter au feu. Et ainsi que
-celluy l’apportoit, le seigneur entra en son hostel et voit celluy
-qui apportoit les tronçons de l’ante en sa main; le seigneur demanda:
-dont vient ceste buche? La dame luy respondi: Je viens oresendroit du
-moustier et l’en me dist que vous estiez alés aux champs: si doubtay,
-pour ce qu’il avoit pleu, que vous ne retournissiez moullié et que
-vous eussiez froit, si alay en ce vergier et couppay ceste ante: car
-céans n’avoit point de buche. Dame, dit le seigneur, c’est ma bonne
-ante! Certes, sire, fait la dame, je ne sçay. Le seigneur s’en vint en
-son vergier et vit la souche de l’ante qu’il amoit tant, si fut iriés
-assez plus que il ne monstroit le semblant et s’en revint et treuve
-la dame qui de l’ante faisoit le feu et sembloit qu’elle le feist en
-bonne pensée pour luy chauffer. Quant le seigneur fust venus, si dist
-tels mots: Ores, dame, ce est ma bonne ante que vous<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-160" id="page_vol-1-160"></a>{v. 1, p.160}</span> avez couppée!
-Sire, dit la dame, je ne m’en prins garde, car certes je le fis pour
-ce que je savoie bien que vous venriez tout moullié et tout empluyé,
-si doubtay que vous n’eussiez froit et que le froit ne vous feist mal.
-Dame, dit le seigneur, je lairay ce ester<a name="FNanchor_257_257" id="FNanchor_257_257"></a><a href="#Footnote_257_257" class="fnanchor">[257]</a> pour ce que vous dictes
-que vous le feistes pour moy.</p>
-
-<p>L’endemain la dame revint au moustier et trouva sa mère à laquelle
-dit: J’ay mon seigneur essayé et couppé l’ante, mais il ne me fist
-nul semblant qu’il fust moult iriés et pour ce sachiez, mère, que
-j’aimeray.&mdash;Non feras, belle fille, dit la mère, laisse ester.&mdash;Certes,
-dist la fille, si feray; je ne m’en pourroie plus tenir.&mdash;Belle fille,
-dist la mère, puis qu’ainsi est que tu dis que tu ne t’en pourroies
-tenir, essaie donc encores ton mary. Dist la fille: voulentiers, je
-l’essaieray encores ainsi: il a une levrière que il aime à merveilles,
-ne il n’en prendroit nul denier, tant est bonne, ne ne souffreroit pas
-que nul de ses varlès la chassast hors du feu, ne que nul luy donnast à
-mengier sinon luy: et je la tueray devant luy.</p>
-
-<p>A tant s’en départirent. La fille s’en revint en son hostel; il fut
-tart et fit froit, le feu fut beau et cler et les lis furent bien parés
-et couvers de belles coustes-pointes<a name="FNanchor_258_258" id="FNanchor_258_258"></a><a href="#Footnote_258_258" class="fnanchor">[258]</a> et de tapis, et la dame fut
-vestue d’une pelice toute neufve. Le seigneur vint des champs. La dame
-se leva encontre luy; si luy osta le mantel et puis luy voult oster les
-esperons, mais le seigneur ne le voult pas souffrir, ains les fit oster
-à un de ses varlès; moult s’offry la dame à luy servir: elle court,
-si luy apporte un<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-161" id="page_vol-1-161"></a>{v. 1, p.161}</span> mantel de deux draps<a name="FNanchor_259_259" id="FNanchor_259_259"></a><a href="#Footnote_259_259" class="fnanchor">[259]</a> et si luy met sur les
-espaules et appareille une chaire<a name="FNanchor_260_260" id="FNanchor_260_260"></a><a href="#Footnote_260_260" class="fnanchor">[260]</a> et met un quarrel<a name="FNanchor_261_261" id="FNanchor_261_261"></a><a href="#Footnote_261_261" class="fnanchor">[261]</a> dessus,
-et le fait seoir au feu et luy dit ainsi: Sire, certainement vous estes
-tout pâle de froit, chauffez-vous et aisiez très bien! Ainsi qu’elle ot
-ce dit, si se assit emprès luy et plus bas que luy sur une selle<a name="FNanchor_262_262" id="FNanchor_262_262"></a><a href="#Footnote_262_262" class="fnanchor">[262]</a>
-et estendi la robe<a name="FNanchor_263_263" id="FNanchor_263_263"></a><a href="#Footnote_263_263" class="fnanchor">[263]</a> de sa pelice, regardant tousjours son mary.
-Quant la levrière vit le beau feu, elle vint par sa mésaventure, si
-se couche tantost sur le pan de la robe et de la pelice de la dame,
-et la dame advise emprès elle un varlet qui avoit un grant coustel,
-si le sache et en fiert parmy le corps d’icelle levrière qui commença
-illecques à pestiller<a name="FNanchor_264_264" id="FNanchor_264_264"></a><a href="#Footnote_264_264" class="fnanchor">[264]</a> et mourut devant le mary. Dame, fait-il,
-comment avez-vous esté si osée comme de tuer, en ma présence, ma
-levrière que j’amoie tant?&mdash;Sire, fait la dame, ne véez-vous chascun
-jour comme il nous attournent? Il ne sera nuls deux jours qu’il ne
-conviengne faire buée<a name="FNanchor_265_265" id="FNanchor_265_265"></a><a href="#Footnote_265_265" class="fnanchor">[265]</a> céans pour vos chiens! Or regardez de ma
-pelice que je n’avoie onquesmais vestue, quelle elle est attournée!
-Cuidiez-vous que je n’en soye iriée? L’ancien sage respondi: Par Dieu!
-c’est mal fait et vous en sçay très mauvais gré, mais maintenant je
-n’en parleray plus. La<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-162" id="page_vol-1-162"></a>{v. 1, p.162}</span> dame dit: Sire, vous povez faire de moy vostre
-plaisir, car je suis vostre et si sachiez bien que je me repens de ce
-que en ay fait, car je sçay bien que vous l’aimiez moult; si me poise
-de ce que je vous ay courroucié. Quant elle ot ce dit, si fist moult
-grant semblant de plourer. Quant le seigneur vit ce, si ce laissa ester.</p>
-
-<p>Et quant vint à l’endemain qu’elle fust alée au moustier, si trouva sa
-mère à laquelle elle dit comment luy estoit advenu et que vraiement,
-puisque ainsi bien luy estoit advenu et que ainsi bien lui en eschéoit,
-qu’elle aimeroit. Ha! belle fille, dit la mère, non feras, tu t’en
-pourras bien tenir.&mdash;Certes, dame, non feray. Alors dit la mère: Belle
-fille, je me suis toute ma vie bien tenue à ton père, oncques telle
-folie ne fis, ne n’en eus talent.&mdash;Ha! dame, respondi la fille, il
-n’est mie ainsi de moy comme il est de vous, car vous assemblastes
-entre vous et mon père jeunes gens; si avez eues vos joies ensemble,
-mais je n’ay du mien joie ne soulas: si me convient à pourchasser.&mdash;Or,
-belle fille, et se amer te convient, qui aimeras-tu?&mdash;Mère, dit la
-fille, j’aimeray le chappellain de ceste ville, car prestres et
-religieux craingnent honte et sont plus secrets. Je ne vouldroie
-jamais amer un chevalier, car il se vanteroit plus tost et gaberoit de
-moy et me demanderoit mes gages<a name="FNanchor_266_266" id="FNanchor_266_266"></a><a href="#Footnote_266_266" class="fnanchor">[266]</a> à engager.&mdash;Ores, belle fille,
-fais encores à mon conseil et essaye encores ton seigneur. Dist la
-fille: Essaier tant et tant, et encores et encores, ainsi ne fineroie
-jamais!&mdash;Par mon chief! fait la mère, tu l’essaieras encores par mon
-los<a name="FNanchor_267_267" id="FNanchor_267_267"></a><a href="#Footnote_267_267" class="fnanchor">[267]</a>, car tu ne verras jà si male vengence ne si cruelle comme de
-vieil<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-163" id="page_vol-1-163"></a>{v. 1, p.163}</span> homme.&mdash;Or, dame, fit la fille, voulentiers feray encores vostre
-commandement, et l’essaieray ainsi: il sera jeudi le jour de Noël, si
-tendra mon seigneur grant tinel<a name="FNanchor_268_268" id="FNanchor_268_268"></a><a href="#Footnote_268_268" class="fnanchor">[268]</a> de ses parens et autres amis, car
-tous les vavasseurs de ceste ville y seront, et je me seray assise au
-chief de la table en une chaire; si tost comme le premier mès<a name="FNanchor_269_269" id="FNanchor_269_269"></a><a href="#Footnote_269_269" class="fnanchor">[269]</a> sera
-assis, je aray mes clefs meslées ès franges de la nappe, et quant je
-auray ce fait, je me leveray à coup et tireray tout à moy et feray tout
-espandre et verser quanque il y aura sur la table, et puis appaiseray
-tout. Ainsi auray essaié mon seigneur par trois fois de trois grans
-essais, et légièrement rappaisié, et à ce savez-vous bien que ainsi
-légièrement le rappaiseray-je des cas plus obscurs et couvers et ès
-quels ne pourra déposer<a name="FNanchor_270_270" id="FNanchor_270_270"></a><a href="#Footnote_270_270" class="fnanchor">[270]</a> que par souspeçon.&mdash;Ores belle fille, dist
-la mère, Dieu te doint bien faire!</p>
-
-<p>Adonc se partirent; chascune vint en son hostel. La fille servit
-cordieusement, par semblant, et moult attraiement et bien son seigneur,
-et moult bel, tant que le jour de Noël vint. Les vavasseurs de Romme
-et les damoiselles furent venues, les tables furent drécées et les
-nappes mises, et tous s’assirent, et la dame fist la gouverneresse et
-l’embesongnée et s’assist au chief de la table en une chaire, et les
-serviteurs apportèrent le premier mès et brouets sur table. Ainsi comme
-les varlès tranchans orent commencié à tranchier, la dame entortille
-ses clefs ès franges de la fin de la nappe et quant elle sceut qu’elles
-y furent bien entortillées, elle se liève à un coup et fait un grant
-pas arrière, ainsi comme se elle eust chancelé en levant; si tire la
-nappe, et escuelles<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-164" id="page_vol-1-164"></a>{v. 1, p.164}</span> plaines de brouet, et hanaps plains de vin, et
-sausses versent et espandent tout quanque il y avoit sur la table.
-Quant le seigneur vit ce, si ot honte et fu moult courroucié et luy
-remembra des choses précédens. Aussitost la dame osta ses clefs qui
-estoient entortillées en la nappe.&mdash;Dame, fit le seigneur, mal avez
-exploictié!&mdash;Sire, fait la dame, je n’en puis mais, je aloie querre
-vos cousteaulx à tranchier qui n’estoient mie sur table, si m’en
-pesoit.&mdash;Dame, fit le seigneur, or nous apportez autres nappes. La dame
-fit apporter autres nappes, et autres mès recommencent à venir. Ils
-mengièrent liement, ne le seigneur n’en fit nul semblant d’ire ne de
-courroux, et quant ils orent assez mengié et le seigneur les ot moult
-honnourés, si s’en départirent.</p>
-
-<p>Le seigneur souffri celle nuit tant qu’il vint à l’endemain. Lors luy
-dit: Dame, vous m’avez fait trois grans desplaisirs et courroux, se je
-puis vous ne me ferez mie le quart; et je sçay bien que ce vous a fait
-faire mauvais sang: il vous convient saignier. Il mande le barbier et
-fait faire le feu. La dame luy dit: Sire, que voulez-vous faire? Je ne
-fus onques saignée.&mdash;Tant vault pis, fait le seigneur, encommencier le
-vous convient: les trois mauvaises emprises que vous m’avez faictes, ce
-vous a fait faire mauvais sang.</p>
-
-<p>Lors luy fait eschauffer le bras destre au feu, et quant il fut
-eschauffé, si la fist saignier; tant saigna que le gros et vermeil sang
-vint. Lors la fist le seigneur estanchier, et puis luy fait l’autre
-bras traire hors de la robe. La dame commence à crier mercy. Riens ne
-luy vault, car il la fit eschauffer et saignier de ce second bras; et
-commença à saignier: tant la tint qu’elle s’esvanoui<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-165" id="page_vol-1-165"></a>{v. 1, p.165}</span>, et perdi la
-parolle et devint toute de morte couleur. Quant le seigneur vit ce,
-si la fist estanchier et porter en son lit en sa chambre. Quant elle
-revint de pamoison, si commença à crier et plourer et manda sa mère qui
-tantost vint; et quant elle fut devant ly, tous vuidèrent la chambre
-et les laissèrent ambedeux seul à seul. Quant la dame vit sa mère, si
-luy dist: Ha! mère, je suis morte; mon seigneur m’a fait tant saignier
-que je cuide bien que je ne jouiray jamais de mon corps.&mdash;Or, fille,
-je pensoie bien que mauvais sang te démengoit: or me di, ma fille,
-as-tu plus talent d’amer?&mdash;Certes, dame, nennil.&mdash;Fille, ne te di-je
-bien que jà ne verroies si cruel vengence comme de vieil homme?&mdash;Dame,
-oïl; mais, pour Dieu, aidiez-moi à relever et secourir à ma santé, et
-par m’âme, mère, je n’aimeray jamais.&mdash;Belle fille, fait la mère, tu
-feras que sage. Ton seigneur est bon preudomme et sage, aime-le et
-sers, et croy qu’il ne t’en peut venir que bien et honneur.&mdash;Certes,
-mère, je sçay ores bien que vous me donnastes et donnez bon conseil
-et je le croiray d’ores-en-avant et honnoureray mon mary et jamais ne
-l’essaieray ne ne courrouceray.</p>
-
-<p>Chère seur, assez souffist quant à ce point, qui a la voulenté de
-retenir et de bien obéir, car sur ceste matière d’obéissance, nous
-avons cy dessus parlé de ce qui est à faire quant le mary commande
-petites choses par jeu, à certes ou autrement, et puis de ce qui est à
-faire quant le mary n’a commandé ne deffendu pour ce que à luy n’en est
-souvenu, et tiercement des excès que les femmes font pour acomplir leur
-vouloir oultre et pardessus le vouloir de leurs maris. Et maintenant
-à ce derrière nous parlerons que l’en ne face pas contre<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-166" id="page_vol-1-166"></a>{v. 1, p.166}</span> la défense
-d’iceulx, soit en petit cas ou en grant, car du faire c’est trop mal
-fait. Et je commence ès petis cas ès quels on doit obéir aussi bien;
-je le monstre mesmes par les jugemens de Dieu, car vous savez, chère
-seur, que par la désobéissance de Adam qui pardessus la défense de
-Dieu menga une pomme qui est pou de chose, tout le monde fut mis en
-servaige. Et pour ce je vous conseille que les très petites choses et
-de très petite valeur et ne fust fors d’un festu que vostre mary qui
-sera après moy vous commandera à garder, que vous, sans enquerre pour
-quoy ne à quelle fin, puis que la parole sera telle yssue de la bouche
-de vostre mary qui sera, vous fectes et gardez très soingneusement et
-très diligemment, car vous ne savez, ne ne devez adonc enquérir, si
-ne le vous dist de son mouvement, qui à ce le meut ou a meu: se il a
-cause, ou se il le fait pour vous essaier. Car, s’il a cause, donc
-estes-vous bien tenue de le garder, et s’il n’y a point de cause,
-mais le fait pour vous essaier, donc devez-vous bien vouloir qu’il
-vous treuve obéissant et diligent à ses commandemens, et mesmement
-devez penser que puisque sur un néant il vous treuvera obéissant à son
-vouloir et que vous en tenrez grant compte, croira-il que sur un gros
-cas vous trouveroit-il encores en cent doubles plus obéissant. Et vous
-véez que nostre Seigneur commist à Adam de luy garder pou de chose,
-c’est assavoir un seul pommier, et povez penser que nostre Seigneur ne
-se courrouça pas à Adam pour une seule pomme, car à si grant seigneur
-c’estoit bien pou de chose que une pomme, mais luy despleut pour
-la mesprenture de Adam qui si pou avoit prisié son commandement ou
-défense quant pour si pou d’avantage luy désobéissoit. Et aussi<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-167" id="page_vol-1-167"></a>{v. 1, p.167}</span> véez
-et considérez que de tant que Adam estoit plus près de nostre Seigneur
-qui l’avoit fait de sa propre main et le tenoit son famillier et garde
-de son jardin, de tant fut nostre Seigneur pour pou de chose plus
-aigrement meu contre luy; et puis la désobéissance ne voult sanctifier:
-et par semblable raison, de tant que vous estes plus prouchaine et près
-de vostre mary, seroit-il contre vous plus tost et pour mendre chose
-plus aigrement courroucié, comme nostre Seigneur se courrouça à Lucifer
-qui estoit plus prouchain de luy.</p>
-
-<p>Mais aucunes femmes sont, qui cuident trop soubtillement eschapper,
-car quant leur mary leur a deffendu aucune chose qui leur pleust
-à faire et voulsissent bien faire, elles délayent et attendent et
-passent temps jusques à ce que la deffense soit entr’oubliée par le
-mary, ou qu’il s’en soit alé, ou qu’il est chargié d’autres si gros
-fait que d’icelluy ne luy souvient. Et après, tantost, incontinent et
-hastivement, la femme fait icelle besongne à son plaisir et contre la
-voulenté et deffense du mary, ou la fait faire par ses gens disant:
-faictes hardiement! Monseigneur ne s’en apparcevra jà, il n’en saura
-riens. Or véez-vous que par ce, ceste est, en son courage et voulenté,
-pure rebelle et désobéissant, et sa malice et mauvaistié qui riens ne
-vallent empirent son cas et démonstrent plainement son mauvais courage.
-Et sachiez qu’il n’est riens qui à la parfin ne soit sceu, et quant
-le mary le saura, et apparcevra que celle sépare l’union de leurs
-voulentés qui doivent estre tout un, comme dit est devant, icelluy mary
-s’en taira par adventure comme fit le sage de Romme dont il est parlé
-cy devant en l’article, mais son cuer en sera si parfondément navré que
-jamais n’en garira, mais<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-168" id="page_vol-1-168"></a>{v. 1, p.168}</span> toutes fois qu’il lui en souvendra naistra
-nouvelle douleur.</p>
-
-<p>Si vous pry, chère seur, que de tels essais et entreprinses à faire à
-autre mary que à moy, se vous l’avez, vous vous gaittiez et gardez très
-espécialement, mais vostre courage et le sien soient tout un, comme
-vous et moy sommes à présent; et ce souffist quant à cest article.</p>
-
-<h2><a name="SEPTIEME_ARTICLE" id="SEPTIEME_ARTICLE"></a>SEPTIÈME ARTICLE.</h2>
-
-<p>Le septiesme article de la première distinction doit monstrer que vous
-devez estre curieuse et songneuse de la personne de vostre mary. Sur
-quoy, belle seur, se vous avez autre mary après moy, sachiez que vous
-devez moult penser de sa personne, car puis que une femme a perdu
-son premier mary et mariage, communément à paine treuve-elle, selon
-son estat, le second à son advenant, ains demeure toute esgarée et
-desconseillée long temps; et par plus grant raison quant elle pert le
-second. Et pour ce aimez la personne de vostre mary songneusement, et
-vous pry que vous le tenez nettement de linge, car en vous en est, et
-pour ce que aux hommes est la cure et soing des besongnes de dehors, et
-en doivent les maris soignier, aler, venir et recourir de çà et de là,
-par pluies, par vens, par neges, par gresles, une fois moullié, autre
-fois sec, une fois suant, autre fois tremblant, mal peu, mal herbergié,
-mal chauffé, mal couchié. Et tout ne luy fait mal pour ce qu’il est
-reconforté de l’espérance qu’il a aux cures que la femme prendra de
-luy à son retour, aux aises, aux joies et aux plaisirs qu’elle luy
-fera ou fera faire devant elle; d’estre deschaux à bon feu, d’estre
-lavé les<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-169" id="page_vol-1-169"></a>{v. 1, p.169}</span> piés, avoir chausses<a name="FNanchor_271_271" id="FNanchor_271_271"></a><a href="#Footnote_271_271" class="fnanchor">[271]</a> et soulers frais, bien peu, bien
-abeuvré, bien servi, bien seignouri, bien couchié en blans draps, et
-cueuvrechiefs<a name="FNanchor_272_272" id="FNanchor_272_272"></a><a href="#Footnote_272_272" class="fnanchor">[272]</a> blans, bien couvert de bonnes fourrures, et assouvi
-des autres joies et esbatemens, privetés, amours et secrets dont je me
-tais. Et l’endemain, robes-linges<a name="FNanchor_273_273" id="FNanchor_273_273"></a><a href="#Footnote_273_273" class="fnanchor">[273]</a> et vestemens nouveaulx.</p>
-
-<p>Certes, belle seur, tels services font amer et désirer à homme le
-retour de son hostel et veoir sa preudefemme et estre estrange des
-autres. Et pour ce je vous conseille à reconforter ainsi vostre autre
-mary à toutes ses venues et demeures, et y persévérez; et aussi à luy
-tenir bonne paix, et vous souviengne du proverbe rural qui dit que
-trois choses sont qui chassent le preudomme hors de sa maison, c’est
-assavoir maison descouverte, cheminée fumeuse et femme rioteuse. Et
-pour ce, chère seur, je vous prie que pour vous tenir en l’amour
-et grâce de vostre mary, soyez luy doulce amiable et débonnaire.
-Faictes-luy ce que les bonnes simples femmes de nostre païs dient que
-l’en a fait à leurs fils quant ils sont enamourés autre part et elles
-n’en pevent chevir. Il est certain que quant les pères ou les mères
-sont morts, et les parrastres et marrastres qui ont fillastres les
-arguent, tencent et estrangent, et ne pensent de leur couchier, de leur
-boire ou mengier, de leur chausses, chemises, ne autres nécessités
-ou affaires<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-170" id="page_vol-1-170"></a>{v. 1, p.170}</span>, et iceulx enfans trouvent ailleurs aucun bon retrait
-et conseil d’aucune autre femme qui les recueille avecques elle et
-laquelle pense de leur chauffer à aucun povre tison avec elles, de leur
-couchier, de les tenir nettement, à faire rappareiller leurs chausses,
-brayes<a name="FNanchor_274_274" id="FNanchor_274_274"></a><a href="#Footnote_274_274" class="fnanchor">[274]</a>, chemises et autres vestemens, iceulx enfans les suivent et
-désirent leur compaignie et estre couchiés et eschauffés entre leurs
-mamelles, et du tout en tout s’estrangent de leurs mères ou pères qui
-par avant n’en tenoient compte, et maintenant les voulsissent retraire
-et ravoir, mais ce ne peut estre, car iceulx enfans ont plus cher la
-compagnie des plus estranges qui de eux pensent et aient soing que de
-leurs plus prouchains qui d’eulx ne tiennent compte. Et puis brayent
-et crient, et dient que icelles femmes ont leurs enfans ensorcellés,
-et sont enchantés, et ne les pevent laissier, ne ne sont aises se
-ils ne sont avecques elles. Mais, quoy que l’en die, ce n’est point
-ensorcellement, c’est pour les amours, les curialités, les privetés,
-joies et plaisirs qu’elles leur font en toutes manières, et par m’âme,
-il n’est autre ensorcellement. Car qui à un ours, un lou ou un lyon
-feroit tous ses plaisirs, icelluy ours, lou ou lyon feroit et suivroit
-ceulx qui ce luy feroient, et par pareille parole pourroient dire les
-autres bestes, se elles parloient, que icelles qui ainsi seroient
-aprivoisées serroient ensorcellées. Et, par m’âme, je ne croy mie qu’il
-soit autre ensorcellement que de bien faire, ne l’en ne peut mieulx
-ensorceller un homme que de luy faire son plaisir<a name="FNanchor_275_275" id="FNanchor_275_275"></a><a href="#Footnote_275_275" class="fnanchor">[275]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-171" id="page_vol-1-171"></a>{v. 1, p.171}</span></p>
-
-<p>Et pour ce, chère seur, je vous pry que le mary que vous arez vous
-le vueillez ainsi ensorceller et rensorceller et le gardez de maison
-maucouverte et de cheminée fumeuse et ne luy soyez pas rioteuse, mais
-doulce, amiable et paisible. Gardez en yver qu’il ait bon feu sans
-fumée, et entre vos mamelles bien couchié, bien couvert, et illec
-l’ensorcellez. Et en esté gardez que en vostre chambre ne en vostre
-lit n’ait nulles puces, ce que vous povez faire en six manières, si
-comme j’ay oy dire. Car, j’ay entendu par aucuns, qui sème sa chambre
-de fueilles d’aune, les puces s’y prennent. Item, j’ay oy dire que qui
-aroit de nuit un ou plusieurs tranchouers<a name="FNanchor_276_276" id="FNanchor_276_276"></a><a href="#Footnote_276_276" class="fnanchor">[276]</a> qui feussent pardessus
-oins de glus ou de trébentine et mis parmy la chambre, ou millieu de
-chascun tranchouer une chandelle ardant, elles s’y venroient engluer
-et prendre. L’autre que j’ay essayé et est vray: prenez un drap
-estru<a name="FNanchor_277_277" id="FNanchor_277_277"></a><a href="#Footnote_277_277" class="fnanchor">[277]</a> et le estendez parmy vostre chambre et sur vostre lit, et
-toutes les puces qui s’y pourront bouter s’y prendront, tellement que
-vous les pourrez porter avec le drap où vous vouldrez. Item des peaulx
-de mouton. Item, j’ai veu mettre des blanchets<a name="FNanchor_278_278" id="FNanchor_278_278"></a><a href="#Footnote_278_278" class="fnanchor">[278]</a> sur le feurre<a name="FNanchor_279_279" id="FNanchor_279_279"></a><a href="#Footnote_279_279" class="fnanchor">[279]</a>
-et sur le lit, et quant les puces qui noires estoient s’y estoient
-boutées, l’en les trouvoit plus tost parmy le blanc et les tuoit-l’en.
-Mais le plus fort est<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-172" id="page_vol-1-172"></a>{v. 1, p.172}</span> de soy gaittier de celles qui sont ès
-couvertures et ès pennes<a name="FNanchor_280_280" id="FNanchor_280_280"></a><a href="#Footnote_280_280" class="fnanchor">[280]</a>, ès draps des robes dont l’en se cueuvre.
-Car sachiez que j’ay essaié que quant les couvertures, pennes ou robes
-où il a puces sont enclos et enfermés serréement, comme en male bien
-liée estroictement de courroies, ou en sac bien lié et pressé, ou
-autrement mis et compressé que icelles puces soient sans jour et sans
-air et tenues à destroit, ainsi périront et mourront sur heure. Item,
-j’ay veu aucunes fois en plusieurs chambres que quant l’en estoit
-couchié, l’en se trouvoit tout plain de cincenelles<a name="FNanchor_281_281" id="FNanchor_281_281"></a><a href="#Footnote_281_281" class="fnanchor">[281]</a> qui à la fumée
-de l’alaine se venoient asseoir sur le visage de ceulx qui dormoient
-et les poingnoient si fort qu’il se convenoit lever et alumer du foing
-pour faire fumée pour laquelle il les convenoit fuir ou mourir, et
-aussi bien le pourroit-l’en faire de jour qui s’en doubteroit, et aussi
-bien par un cincenellier<a name="FNanchor_282_282" id="FNanchor_282_282"></a><a href="#Footnote_282_282" class="fnanchor">[282]</a>, qui l’a, s’en peut-l’en garantir.</p>
-
-<p>Et se vous avez chambre ou estage où il ait très grant repaire de
-mouches, prenez petis floqueaux de feuchière<a name="FNanchor_283_283" id="FNanchor_283_283"></a><a href="#Footnote_283_283" class="fnanchor">[283]</a> et les liez à
-filets<a name="FNanchor_284_284" id="FNanchor_284_284"></a><a href="#Footnote_284_284" class="fnanchor">[284]</a> comme filopes<a name="FNanchor_285_285" id="FNanchor_285_285"></a><a href="#Footnote_285_285" class="fnanchor">[285]</a> et les tendez, et toutes les mouches
-s’y logeront au vespre: puis destendez les filopes et les gectez
-hors. Item, fermez très bien vostre chambre au vespre, mais qu’il y
-ait seulement un petit pertuis ou mur devers Orient, et si tost que
-l’aube esclarcira, toutes les mouches s’en yront par<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-173" id="page_vol-1-173"></a>{v. 1, p.173}</span> ce pertuis, puis
-soit estoupé. Item, prenez une escuelle de lait et l’amer<a name="FNanchor_286_286" id="FNanchor_286_286"></a><a href="#Footnote_286_286" class="fnanchor">[286]</a> d’un
-lièvre et meslez l’un parmy l’autre, et puis mettez-en deux ou trois
-escuelles ès lieux là où les mouches repairent, et toutes celles qui
-en tasteront, mourront. Item, autrement, ayez une chausse de toille
-liée au fons d’un pot qui ait le cul percié, et mettez icelluy pot ou
-lieu où les mouches repairent et oingnez-le par dedens de miel, ou
-de pommes, ou de poires; quant il sera bien garny de mouches, mettez
-un tranchouer sur la gueule, et puis hochez<a name="FNanchor_287_287" id="FNanchor_287_287"></a><a href="#Footnote_287_287" class="fnanchor">[287]</a>. Item, autrement,
-prenez des ongnons rouges crus et les broiez et espraignez le jus en
-une escuelle et le mettez où les mouches repairent, et toutes celles
-qui en tasteront, mourront. Item, ayez des palettes pour les tuer à
-la main. Item, aiez des vergettes<a name="FNanchor_288_288" id="FNanchor_288_288"></a><a href="#Footnote_288_288" class="fnanchor">[288]</a> gluées sur un bacin d’eaue.
-Item, aiez vos fenestres closes bien justement de toille cirée ou
-autre, ou de parchemin ou autre chose<a name="FNanchor_289_289" id="FNanchor_289_289"></a><a href="#Footnote_289_289" class="fnanchor">[289]</a> si justement que nulle
-mouche y puisse entrer, et les mouches qui seront dedens soient tuées
-à la palette ou autrement comme dessus, et les autres n’y entreront
-plus. Item, ayez un cordon pendant et moullié en miel, les mouches y
-vendront asseoir, et au soir soient prinses en un sac. En somme, il me
-semble que les mouches ne se arresteront point en chambre où il<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-174" id="page_vol-1-174"></a>{v. 1, p.174}</span> n’ait
-tables dréciées, fourmes<a name="FNanchor_290_290" id="FNanchor_290_290"></a><a href="#Footnote_290_290" class="fnanchor">[290]</a>, dreçouers, ou autres choses sur quoy
-ils se puissent descendre et reposer, car se ils ne se pevent aherdre
-ou arrester fors aux parois qui sont droites, ils ne s’y arresteront
-point, ne aussi en lieu ombragé et moicte. Et pour ce me semble que se
-la chambre est bien arrousée et bien close et bien fermée, et qu’il n’y
-ait rien gisant sur le plat<a name="FNanchor_291_291" id="FNanchor_291_291"></a><a href="#Footnote_291_291" class="fnanchor">[291]</a>, jà mouche ne s’y arrestera.</p>
-
-<p>Et ainsi le<a name="FNanchor_292_292" id="FNanchor_292_292"></a><a href="#Footnote_292_292" class="fnanchor">[292]</a> garantissez et gardez de toutes mésaises et lui donnez
-toutes les aises que vous pourrez penser et le servez et faictes
-servir en vostre hostel, et vous attendez à luy des choses de dehors,
-car s’il est bon, il en prendra plus de peine et travail que vous ne
-vouldriez, et par faisant ce que dit est, il aura tousjours son regret
-et son cuer à vous et à vostre amoureux service et guerpira tous autres
-hostels, toutes autres femmes, tous<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-175" id="page_vol-1-175"></a>{v. 1, p.175}</span> autres services et mesnages: tout
-ne lui sera que terre au regard de vous qui en penserez comme dit est
-et que faire le devez par l’exemple mesmes que vous véez des gens
-chevauchans parmy le monde, que vous véez que si tost qu’ils sont en
-leur hostel revenus d’aucun voyage, ils font à leurs chevaulx blanche
-lictière jusques au ventre, iceulx chevaulx sont defferrés et mis au
-bas, ils sont emmiellés<a name="FNanchor_293_293" id="FNanchor_293_293"></a><a href="#Footnote_293_293" class="fnanchor">[293]</a>, ils ont foing trié, et avoine criblée,
-et leur fait-l’en en leur hostel plus de bien à leur retour que en nul
-autre lieu. Et par plus forte raison, se les chevaulx sont aisiés, les
-personnes, mesmement les souverains<a name="FNanchor_294_294" id="FNanchor_294_294"></a><a href="#Footnote_294_294" class="fnanchor">[294]</a>, à leurs despens le soient à
-leur retour. Aux chiens qui viennent des bois et de la chasse fait-l’en
-lictière devant leur maistre, et luy mesmes leur fait lictière blanche
-devant son feu; l’en leur oint de sain doulx leurs piés au feu, l’en
-leur fait souppes, et sont aisiés par pitié de leur travail; et par
-semblable, se les femmes font ainsi à leurs maris que font les gens
-à leurs chevaulx, chiens, asnes, mulles et autres bestes, certes
-les autres hostels où ils ont esté servis ne leur sembleroient que
-prisons obscures et lieux estranges envers le leur qui leur sera donc
-un paradis de repos. Et ainsi sur le chemin les maris auront regard
-à leurs femmes, ne nulle peine ne leur sera griefve pour espérance
-et amour qu’ils auront à leurs femmes auxquelles reveoir ils auront
-aussi grant regret comme les povres hermites, les penanciers<a name="FNanchor_295_295" id="FNanchor_295_295"></a><a href="#Footnote_295_295" class="fnanchor">[295]</a> et
-les religieux abstinens ont de veoir la face Jhésu-Crist; ne iceulx
-maris ainsi servis<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-176" id="page_vol-1-176"></a>{v. 1, p.176}</span> n’auront jamais voulenté d’autre repaire ne d’autre
-compaignie, mais en seront gardés, reculés et retardés: tout le
-remenant ne leur semblera que lit de pierres envers leur hostel; mais
-que ce soit continué, et de bon cuer, sans faintise.</p>
-
-<p>Mais aucunes vieilles sont, qui sont rusées et font les sages et
-faignent grant amour par démonstrance de grant service de leur cuer,
-sans autre chose; et sachez, belle seur, que les maris sont petit
-sages se ils ne s’en apparçoivent; et quant ils s’en apparçoivent, et
-le mary et la femme s’en taisent et dissimulent l’un contre l’autre,
-c’est mauvais commencement et s’ensuit pire fin. Et aucunes femmes
-sont, qui au commencement font trop bien leur service vers leurs maris,
-et leur semble bien que leurs maris lesquels elles voient bien adonc
-estre amoureux d’elles et vers elles débonnaires tellement, se leur
-semble, que à peine se oseroient-ils courroucier à elles se elles en
-faisoient moins, si se laschent et essaient petit à petit à moins
-faire de révérence, de service et d’obéissance, mais, qui plus est,
-entreprennent auctorité, commandement et seigneurie, une fois sur
-un petit fait, après sur un plus grant, après un petit un jour, un
-autre petit en un autre. Ainsi essaient et s’avancent et montent, se
-leur semble, et cuident que leurs maris qui par débonnaireté, ou, par
-adventure, par aguet s’en taisent, n’y voient goutte pour ce qu’ils le
-seuffrent ainsi. Et certes ce n’est pas bien pensé ne servi, car quant
-les maris voient qu’elles discontinuent leur service et montent en
-domination et qu’elles en font trop et que du souffrir mal en pourroit
-bien venir, elles sont à un coup, par la voulenté du droit de leurs
-maris, trébuchées comme fut Lucifer qui estoit souverain des<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-177" id="page_vol-1-177"></a>{v. 1, p.177}</span> anges
-de paradis, et lequel nostre Seigneur aima tant qu’il tollera et lui
-souffri faire moult de ses voulentés, et il s’enorguilli et monta en
-oultrecuidance. Tant fist et entreprist d’autres qu’il en fist trop,
-et en despleut à nostre Seigneur qui longuement avoit dissimullé et
-souffert sans dire mot, et lors à un coup tout luy vint à souvenance.
-Si le trébucha ou plus parfont d’enfer pour ce qu’il ne continua
-son service à quoy il estoit ordonné et pour lequel il avoit au
-commencement acquis l’amour de nostre Seigneur qu’il avoit si grande.
-Et pour ce devez-vous estre obéissant au commencement et tousjours
-persévérer à cest exemple.</p>
-
-<h2><a name="HUITIEME_ARTICLE" id="HUITIEME_ARTICLE"></a>HUITIÈME ARTICLE.</h2>
-
-<p>Le huitiesme article de la première distinction dit que vous soiés
-taisant ou au moins attrempéement parlant, et sage pour garder et
-céler les secrets de vostre mary. Sur quoy, belle seur, sachiez que
-toute personne qui s’eschauffe en sa parole n’est mie bien attrempé en
-son sens, et pour ce sachez que savoir mettre frain en sa langue est
-souveraine vertu, et moult de périls sont venus de trop parler, et par
-espécial quant l’en prent paroles à gens arrogans, ou de grant courage,
-ou gens de court de seigneurs. Et par espécial gardez-vous en tous
-vos fais de prendre paroles à telles gens; et se par adventure telles
-gens se addressent à vous, si les eschevez et laissiez sagement et
-courtoisement, et ce sera souverainement grant sens à vous, et sachez
-que d’ainsi faire il vous est pure nécessité; et jasoit-ce que le cuer
-en face mal, toutesvoies le convient-il aucunes fois mestrier<a name="FNanchor_296_296" id="FNanchor_296_296"></a><a href="#Footnote_296_296" class="fnanchor">[296]</a>,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-178" id="page_vol-1-178"></a>{v. 1, p.178}</span>
-et n’est pas sage qui ne le puet faire, car il est trouvé un proverbe
-rural qui dit que aucun n’est digne d’avoir seignourie ou maistrise sur
-autruy qui ne peut estre maistre de luy mesmes.</p>
-
-<p>Et pour ce, en ce cas et en tous autres, devez-vous si estre maistre de
-vostre cuer et de vostre langue qu’elle soit subjecte à vostre raison,
-et advisez toudis devant qui et à qui vous parlerez; et vous prie et
-admoneste que soit en compaignie, soit à table, gardez-vous de trop
-habondamment parler, car en habondance de paroles ne peut estre qu’il
-n’en y ait aucune fois de mal assises aucunes, et dit-l’en aucunes
-fois, par esbatement et par jeu, paroles de revel<a name="FNanchor_297_297" id="FNanchor_297_297"></a><a href="#Footnote_297_297" class="fnanchor">[297]</a> qui depuis
-sont prinses et recordées à part en grant dérision et mocquerie de
-ceulx qui les ont dictes. Et pour ce gardez devant qui et de quoy vous
-parlerez, ne à quel propos, et ce que vous direz, dictes à trait<a name="FNanchor_298_298" id="FNanchor_298_298"></a><a href="#Footnote_298_298" class="fnanchor">[298]</a>
-et simplement: et en parlant pensez que riens ne ysse qui ne doie yssir
-et que la bride soit devant les dens pour refraindre le trop. Et soyez
-bon secrétaire et aiez tousjours souvenance de garder les secrets de
-vostre mary qui sera; premier<a name="FNanchor_299_299" id="FNanchor_299_299"></a><a href="#Footnote_299_299" class="fnanchor">[299]</a> ses meffais, vices ou péchiés, se
-vous en savez aucuns, célez-les et couvrez, mesmes sans son sceu,
-afin qu’il ne s’en hontie, car à peine trouverez-vous aucun que s’il
-a aucun amy qui apparçoive son péchié, jà puis ne le verra de si bon
-cuer que devant et aura honte de luy et l’aura en regard. Et ainsi
-vous conseille-je que ce que vostre mary vous dira en conseil, vous
-ne le revélez point à quelque personne tant soit privée de vous, et
-vainquez en ce la nature des femmes qui est telle, si comme l’en<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-179" id="page_vol-1-179"></a>{v. 1, p.179}</span> dit,
-qu’elles ne pevent riens céler, c’est à dire les mauvaises et meschans.
-Dont un philosophe appellé Macrobe raconte, et est trouvé ou livre du
-Songe Scipion, qu’il estoit à Romme un enfant, jeune fils, qui avoit
-nom Papire, qui une fois avec son père lequel estoit sénateur de Romme
-s’en ala en la chambre des sénateurs, en laquelle chambre les sénateurs
-rommains tenoient leur conseil. Et illecques firent serement que leur
-conseil nul n’oseroit révéler sur paine de perdre la teste. Et quant
-ils orent tenu conseil et l’enfant retourna à l’hostel, sa mère luy
-demanda dont il venoit, et il respondi du conseil du Sénatoire avec
-son père. La mère luy demanda quel conseil c’estoit; il dist qu’il ne
-l’oseroit dire sur paine de mort. Adonc fut la mère plus en grant désir
-de le savoir, et commença maintenant à flater, et en après à menacier
-son fils qu’il luy dist. Et quant l’enfant vit qu’il ne povoit durer
-à sa mère, si luy fist premièrement promettre qu’elle ne le diroit à
-nulluy et elle luy promist. Après il luy dist ceste mençonge, c’est
-assavoir que les sénateurs avoient eu en leur conseil entre eulx, ou
-que un mary eust deux femmes, ou une femme deux maris. Quant la mère oy
-ce, si luy deffendi qu’il ne le dist à nul autre, et puis s’en ala à
-ses commères et leur dist le conseil en secret, et l’autre à l’autre,
-et ainsi sceurent toutes ce conseil, chascune en son secret.</p>
-
-<p>Si advint un pou après que toutes les femmes de Romme vindrent au
-Sénatoire où les sénateurs estoient assemblés, et par moult de fois
-crièrent à haulte voix qu’elles aimoient mieulx que une femme eust deux
-maris que un homme deux femmes. Les sénateurs estoient tous esbahis et
-ne savoient que ce vouloit dire, et se<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-180" id="page_vol-1-180"></a>{v. 1, p.180}</span> taisoient et regardoient l’un
-l’autre en demandant dont ce venoit, jusques à tant que l’enfant Papire
-leur compta tout le fait. Et quant les sénateurs oyrent ce, si en
-furent tous courroucés et le firent sénateur et establirent que jamais
-d’ores-en-avant nul enfant ne fust en leur compaignie.</p>
-
-<p>Ainsi appert par ceste exemple que l’enfant masle qui estoit jeune
-sceut céler et taire et évada, et la femme qui avoit aage convenable
-pour avoir sens et discrétion ne sceut taire ne céler ce qu’elle avoit
-juré et promis sur son serement, et mesmes le secret qui touchoit
-l’honneur de son mary et de son fils.</p>
-
-<p>Et encores est-ce le pis que quant femmes racontent aucune chose
-l’une à l’autre, tousjours la derrenière y adjouste plus et accroist
-la bourde et y met du sien, et l’autre encores plus. Et à ce propos
-raconte-l’en un conte rural d’une bonne dame qui avoit acoustumé à soy
-lever matin. Un jour ne se leva mie si matin qu’elle avoit acoustumé;
-sa commère se doubta qu’elle ne feust malade, si l’ala veoir en son lit
-et luy demanda moult qu’elle avoit. La bonne dame qui eut honte d’avoir
-tant jeu, ne sceut que dire fors qu’elle estoit moult pesante et malade
-et tellement qu’elle ne le sceut dire. La commère la pressa et pria
-par amours qu’elle luy dist, et elle luy jura, promist, et fiança que
-jamais ce qu’elle luy diroit ne seroit révélé pour rien de ce monde à
-nulle créature vivant, père, mère, seur, frère, mary, ne confesseur, ne
-autre. Après celle promesse et serement la bonne dame qui ne savoit que
-dire, par adventure, luy dist que elle avoit un œuf ponnu. La commère
-en fut moult esbahie et monstra semblant d’en estre bien courroucée,
-et<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-181" id="page_vol-1-181"></a>{v. 1, p.181}</span> jura plus fort que devant que jamais parole n’en seroit révélée.</p>
-
-<p>Assez tost après icelle commère se parti et en s’en retournant encontra
-une autre commère qui luy emprist à dire dont elle venoit, et celle
-tantost luy dist qu’elle venoit de veoir la bonne dame qui estoit
-malade et avoit ponnu deux œufs, et luy pria et aussi l’autre luy
-promist que ce seroit secret. L’autre encontra une autre et en secret
-luy dist que la bonne dame avoit ponnu quatre œufs: l’autre encontra
-une autre et luy dist huit œufs, et ainsi de plus en plus multiplia
-le nombre. La bonne dame se leva et sceut que par toute la ville l’en
-disoit qu’elle avoit ponnu une pannerée d’œufs. Ainsi s’apparceut
-comment femmes sont mal secrètes, et qui pis est le racontent tousjours
-en pire endroit.</p>
-
-<p>Et pour ce, belle seur, sachiez vos secrets céler a tous, vostre mary
-excepté, et ce sera grant sens, car ne créez pas que une autre personne
-cèle pour vous ce que vous mesmes n’arez peu ou sceu céler; et pour
-ce soyez secrète et célant à tous fors à vostre mary, car à celluy ne
-devez-vous riens céler, mais tout dire, et luy à vous aussi ensemble.
-Et il est dit <i>Ad Ephesios</i> <small>V</small>º: <i>Sic viri debent
-diligere uxores scilicet ut corpora sua</i>. Ideo ibidem dicitur: <i>Viri
-diligite uxores vestras</i>; et <i>Unusquisque uxorem suam diligat sicut se
-ipsum</i>, c’est à dire quel’homme doit amer sa femme comme son propre
-corps, et pour ce, vous deux, c’est assavoir l’homme et la femme, devez
-estre tout un, et en tout et partout l’un de l’autre conseil ouvrer,
-et ainsi font et doivent faire les bonnes et sages gens. Et vueil
-bien que les maris sachent que aussi doivent-ils céler et couvrir les
-simplesses<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-182" id="page_vol-1-182"></a>{v. 1, p.182}</span> jà faictes par leurs femmes, et doulcement pourveoir aux
-simplesses à venir. Et ainsi le voult faire un bon preudome de Venise.</p>
-
-<p>A Venise furent deux mariés qui orent trois enfans en mariage. Après,
-la femme fu gisant au lit de la mort et se confessa, entre les autres
-choses, de ce que l’un des enfans n’estoit pas de son mary. Le
-confesseur à la parfin luy dist qu’il auroit advis quel conseil il luy
-donroit et retourneroit à elle. Icelluy confesseur vint au phisicien
-qui la gouvernoit et luy demanda l’estat de la maladie d’elle. Le
-phisicien dist qu’elle n’en pourroit eschapper. Adonc le confesseur
-vint à elle et luy dist comment il s’estoit conseillié de son cas et
-ne véoit mie que Dieu luy donnast santé, se elle ne crioit mercy à son
-mary du tort qu’elle luy avoit fait. Elle manda son mary et fist tous
-vuidier hors de la chambre excepté sa mère et son confesseur qui la
-mirent et soustindrent dedens son lit à genoulx, et les mains joinctes
-devant son mary, luy pria humblement mercy de ce qu’elle avoit péchié
-en la loy de son mariage et avoit eu l’un de ses enfans d’autre que de
-luy: et disoit oultre, mais son mary l’escria en disant: Ho! ho! ho!
-n’en dictes plus! Sur ce la baisa et luy pardonna en disant: Jamais
-plus ne le dictes, ne nommez à moy ne à autre lequel c’est de vos
-enfans, car je les vueil aimer autant l’un comme l’autre si également
-que en vostre vie ne après vostre mort vous ne soïez blasmée, car
-en vostre blasme aroie-je honte, et vos enfans mesmes et autres par
-eulx, c’est assavoir nos parens, en recevroient vilain et perpétuel
-reprouche. Si vous en taisiez: je n’en vueil plus savoir afin que l’en
-ne die mie que je face tort aux autres deux. Qui que cestuy soit, je
-luy donne en pur<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-183" id="page_vol-1-183"></a>{v. 1, p.183}</span> don, dès maintenant, à mon vivant, ce que le droit de
-nos successions luy monteroit.</p>
-
-<p>Belle seur, ainsi véez-vous que le sage homme fleschi son courage pour
-saulver l’onneur de sa femme qui redondoit à luy et à ses enfans, et
-par ce vous appert que les sages hommes et les sages femmes doivent
-faire l’un pour l’autre pour sauver son honneur. Et à ce propos peut
-estre trait autre exemple.</p>
-
-<p>Il fut un grant sage homme que sa femme laissa pour aler avec un autre
-homme jeune en Avignon, lequel quant il en fut saoul la laissa, comme
-il est acoustumé que tels jeunes hommes font souvent. Elle fut povre
-et desconfortée; si se mist au commun pour ce qu’elle ne sceut de quoi
-vivre. Son mary le sceut depuis et en fut moult courroucié et mist le
-remède qui s’ensuit. Il mist à cheval deux des frères de la femme et
-leur donna de l’argent et leur dist qu’ils alassent querre leur seur
-qui estoit ainsi comme toute commune en Avignon, et qu’elle feust
-vestue de housse et chargiée de coquilles, à l’usage de pelerins venant
-de Saint Jaques, et montée souffisament, et quant elle seroit à une
-journée près de Paris, qu’ils le luy mandassent. A tant se partirent.
-Le sage homme publia et dist partout à un et à autre qu’il estoit bien
-joyeulx de ce que sa femme retournoit en bon point, Dieu mercy, de là
-où il l’avoit envoyée, et quant on luy demandoit où il l’avoit envoyée,
-il disoit qu’il l’avoit pieçà envoyée à Saint Jaques en Galice pour
-faire pour luy un pélérinage que son père à son trespassement luy avoit
-enchargié. Chascun estoit tout esbahy de ce qu’il disoit, considéré
-ce que l’en avoit par avant dit d’icelle. Quant sa femme fut venue à
-une journée près de Paris, il fist parer son<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-184" id="page_vol-1-184"></a>{v. 1, p.184}</span> hostel et mettre du may
-et de l’erbe vert<a name="FNanchor_300_300" id="FNanchor_300_300"></a><a href="#Footnote_300_300" class="fnanchor">[300]</a> et assembla ses amis pour aler au devant de sa
-femme. Il fut au devant et s’entre-baisièrent, puis commencèrent l’un
-et l’autre à plourer, et puis firent très grant joye. Il fist dire
-à sa femme que à tous elle parlast esbatéement<a name="FNanchor_301_301" id="FNanchor_301_301"></a><a href="#Footnote_301_301" class="fnanchor">[301]</a>, haultement et
-hardiement, et à luy mesmes, et mesmement devant la gent, et qu’elle
-venue à Paris alast sur toutes ses voisines l’une après l’autre et ne
-fist nul semblant de rien que de joye. Et ainsi le bon homme retourna
-et garda l’onneur de sa femme.</p>
-
-<p>Et, par Dieu, se un homme garde l’onneur de sa femme et une femme
-blasme son mary ou seuffre qu’il soit blasmé, ne couvertement, ne en
-appert, elle mesmes en est blasmée, et non sans cause; car, ou il
-est blasmé à tort, ou il est blasmé à droit: s’il est blasmé à tort,
-donc le doit-elle aigrement revenchier; s’il est blasmé à droit, donc
-le doit-elle gracieusement couvrir et doulcement défendre, car il
-est certain que se le blasme demouroit sans estre effacié, de tant
-comme auroit plus meschant mary, seroit elle réputée pour meschant et
-partiroit à son blasme pour ce qu’elle se seroit mariée à si meschant.
-Car, tout ainsi comme celluy qui joue aux eschez tient longuement en sa
-main son eschec avant qu’il l’assiée pour adviser de le mettre en lieu
-seur, tout ainsi la femme se doit tenir pour advisier et choisir et se
-mettre en bon lieu. Et s’elle ne le fait, si luy soit reprouchié, et
-doit partir au blasme de son mary; et se il est en rien taché, elle le
-doit couvrir et céler de tout son povoir. Et autel doit faire le mary
-de sa femme, comme dit est dessus et dit sera cy après.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-185" id="page_vol-1-185"></a>{v. 1, p.185}</span></p>
-
-<p>Je sceus un bien notable advocat en Parlement, lequel advocat avoit
-eu une fille qu’il avoit engendrée en une povre femme, qui la mist
-à nourrisse: et par deffault de paiement, ou de visitation, ou des
-courtoisies que les hommes ne scevent pas faire aux nourrisses en tels
-cas, fu de ce telles paroles que la femme de l’advocat le sceut, et
-sceut aussi que je faisoie les paiemens de ceste nouriture et pour
-couvrir l’honneur du seigneur à qui j’estoie et suis bien tenu, Dieu
-le gart! Et pour ce la femme d’icelluy advocat vint à moy et me dist
-que je faisoie grant péchié que son seigneur fust esclandry et diffamé,
-et qu’elle estoit mieulx tenue à souffrir le danger<a name="FNanchor_302_302" id="FNanchor_302_302"></a><a href="#Footnote_302_302" class="fnanchor">[302]</a> de ceste
-nouriture que moy, et que je la menasse où l’enfant estoit<a name="FNanchor_303_303" id="FNanchor_303_303"></a><a href="#Footnote_303_303" class="fnanchor">[303]</a>.... la
-mist en garde avec une cousturière et luy fist aprendre son mestier et
-puis la maria, ne oncques un maltalent ne un seul courroux ou laide
-parole son mary n’en apparceut. Et ainsi font les bonnes femmes vers
-leurs maris et les bons maris vers leurs femmes quant elles faillent.</p>
-
-<h2><a name="NEUVIEME_ARTICLE" id="NEUVIEME_ARTICLE"></a>NEUVIÈME ARTICLE.</h2>
-
-<p>Le neuviesme article doit monstrer que vous soyez sage à ce que se
-vostre mary folloie comme jeunes gens ou simples gens font souvent,
-que doulcement et sagement vous le retrayez de ses folies. Primo, s’il
-veult soy courroucier ou mal exploitier contre vous, gardez que par
-bonne patience et par la doulceur de vos paroles vous occiez l’orgueil
-de sa cruaulté, et se ainsi le savez faire, vous l’arez vaincu
-tellement qu’il<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-186" id="page_vol-1-186"></a>{v. 1, p.186}</span> ne vous pourra faire mal néant plus que s’il fust
-mort, et si luy souvendra depuis tellement de vostre bien, jasoit-ce
-qu’il n’en die mot devant vous, que vous l’aurez du tout attrait à
-vous. Et se vous ne le povez desmouvoir qu’il ne vous courrousse,
-gardez que vous ne vous en plaigniez à vos amis ne autres dont il se
-puisse apparcevoir, car il en tendroit moins de bien de vous et luy en
-souvendroit autre fois, mais alez en vostre chambre plourer bellement
-et coyement, à basse voix, et vous en plaignez à Dieu; et ainsi le font
-les sages dames. Et s’il est ainsi qu’il se vueille esmouvoir contre
-autre personne plus estrange, si le refrenez sagement; et, à ce propos,
-est une histoire ou traictié qui dit ainsi<a name="FNanchor_304_304" id="FNanchor_304_304"></a><a href="#Footnote_304_304" class="fnanchor">[304]</a>:</p>
-
-<p>Un jouvencel appellé Mellibée, puissant et riche, ot une femme nommée
-Prudence, et de celle femme ot une fille. Advint un jour qu’il s’ala
-esbatre et jouer et laissa en son hostel sa femme et sa fille et
-les portes closes. Trois de ses anciens ennemis approuchièrent et
-appoièrent escheles aux murs de sa maison, et par les fenestres
-entrèrent dedans, et batirent sa femme<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-187" id="page_vol-1-187"></a>{v. 1, p.187}</span> [forment], et navrèrent
-sa fille de cinq plaies mortels en cinq lieux de son corps c’est
-assavoir ès piés, ès oreilles, ou nez, en la bouche et ès mains, et la
-laissièrent presque morte, puis s’en alèrent.</p>
-
-<p>Quant Mellibée retourna à son hostel et vit cest meschief, si commença
-et prist à plaindre et à plourer et à soy batre, et en manière de
-forcené sa robe dessirer. Lors Prudence sa femme le prist à admonester
-qu’il se souffrist<a name="FNanchor_305_305" id="FNanchor_305_305"></a><a href="#Footnote_305_305" class="fnanchor">[305]</a>; et il tousjours plus fort crioit. Adonc
-Prudence se appensa de la sentence Ovide, ou livre <i>des Remèdes
-d’amours</i>, qui dit que cellui est fol qui s’efforce d’empeschier la
-mère de plorer la mort de son enfant, jusques à tant qu’elle se soit
-bien vuidée de larmes et saoulée de plorer. Lors il est temps de la
-conforter et attremper sa douleur par doulces paroles.</p>
-
-<p>Pour ce Prudence se souffri un pou de temps, et puis quant elle vit son
-temps, si lui dist: Sire, dist-elle, pourquoy vous faites-vous sembler
-fol? Il n’appartient pas à sage homme de démener si grant dueil. Vostre
-fille eschappera se Dieu plaist: se elle estoit ores morte, vous ne
-vous devriez pas pour luy destruire, car Sénèque dit que li sages ne
-doit point prendre grant desconfort de [la mort de] ses enfans, ains
-doit souffrir leur mort aussi légièrement comme il attend la sienne
-propre. Mellibée respondi: qui est celluy qui se pourroit tenir de
-plorer en si grant cause de douleur? Nostre Seigneur Jhésu-Crist mesmes
-plora de la mort du ladre son amy.&mdash;Certes, dist Prudence, pleurs ne
-sont mie deffendus à celluy qui est<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-188" id="page_vol-1-188"></a>{v. 1, p.188}</span> triste ou entre les tristes,
-mais leur est ottroié, car, selon ce que dit saint Pol l’apostre en
-l’epistre aux Rommains, on doit mener joye avec ceulx qui ont joye et
-mainnent, et doit-on plourer avec ceulx qui pleurent. Mais jasoit-ce
-que plourer atrempéement soit permis, toutesvoies plorer desmesuréement
-est deffendu, et pour ce l’on doit garder la mesure que Sénèque met.
-Quant tu auras, dit-il, perdu ton amy, ton œil ne soit ne trop sec ne
-trop moistes, car jasoit-ce que la larme viengne à l’œil, elle n’en
-doit pas issir; et quant tu auras perdu ton ami, pense et efforce-toy
-d’un autre recouvrer, car il te vault mieulx un autre ami recouvrer
-que l’ami perdu plorer. Se tu veulx vivre sagement, oste tristesse de
-ton cuer, car Sénèque dit: le cuer lié et joyeux maintient la personne
-en la fleur de son aage, mais l’esperit triste luy fait séchier les
-os<a name="FNanchor_306_306" id="FNanchor_306_306"></a><a href="#Footnote_306_306" class="fnanchor">[306]</a>; et dist aussi que tristesse occist moult de gens<a name="FNanchor_307_307" id="FNanchor_307_307"></a><a href="#Footnote_307_307" class="fnanchor">[307]</a>. Et
-Salemon dit que tout ainsi comme la tigne ou l’artuison<a name="FNanchor_308_308" id="FNanchor_308_308"></a><a href="#Footnote_308_308" class="fnanchor">[308]</a> nuit à la
-robe et le petit ver au bois, tout ainsi griève tristesse au cuer. Et
-pour ce nous devons porter [patiemment] en la perte de nos enfans et de
-nos autres biens temporels ainsi comme Job [lequel,] quant il ot perdu
-ses enfans et toute sa substance et eut receu moult de tribulations en
-son corps, il dist: nostre Seigneur le m’a donné, nostre Seigneur le
-m’a tolu: ainsi comme il le m’a voulu faire, il l’a fait; benoist soit
-le nom nostre Seigneur!</p>
-
-<p>Mellibée respondi à Prudence sa femme ainsi: toutes les choses que tu
-dis sont vrayes et profitables,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-189" id="page_vol-1-189"></a>{v. 1, p.189}</span> mais mon esperit est si troublé que
-je ne sçay que je doie faire. Lors Prudence lui dist: appelle tous tes
-loyaulx amis, tes affins<a name="FNanchor_309_309" id="FNanchor_309_309"></a><a href="#Footnote_309_309" class="fnanchor">[309]</a> et tes parens, et leur demande conseil
-de ceste chose, et te gouverne selon le conseil qu’ils te donront, car
-Salemon dit: tous tes fais par conseil feras, ainsi ne t’en repentiras.</p>
-
-<p>Adonc Mellibée appella moult de gens, c’est assavoir cirurgiens,
-phisiciens vieillars et jeunes, et aucuns de ses anciens ennemis qui
-estoient réconciliés [par semblance], et retournés en sa grâce et
-en son amour, et aucuns de ses voisins qui lui portèrent révérence
-plus par doubtance que par amour, et avec ce vindrent plusieurs de
-losengeurs et moult de sages clers et bons advocas. Quant ceulx
-furent ensemble, il leur recompta et monstra bien par la manière de
-son parler qu’il estoit moult courroucié, et qu’il avoit moult grant
-désir de soy vengier tantost et faire guerre incontinent: toutesvoies
-il demanda sur ce leur conseil. Lors un cirurgien par le conseil des
-autres cirurgiens se leva disant: Sire, il appartient à un cirurgien
-que il porte à un chascun prouffit et à nul dommage, dont il advient
-aucunes fois que quant deux hommes par malice se sont combatus ensemble
-et navrés l’un l’autre, un mesme cirurgien garist l’un et l’autre; et
-pour ce il n’appartient point à nous de esmouvoir ou nourrir guerre
-ne supporter partie<a name="FNanchor_310_310" id="FNanchor_310_310"></a><a href="#Footnote_310_310" class="fnanchor">[310]</a>, mais à ta fille garir. Jasoit-ce qu’elle
-soit navrée malement, nous mettrons toute nostre cure de jour et de
-nuit, et, à l’aide de nostre Seigneur, nous te la rendrons toute
-saine. Presques en ceste manière respondirent les phisiciens, et
-oultre adjoustèrent avec ce aucuns que tout ainsi comme selon l’art
-de médicine les maladies se<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-190" id="page_vol-1-190"></a>{v. 1, p.190}</span> doivent garir par contraires, ainsi
-doit-l’en garir guerre par vengence. Les voisins envieux, les ennemis
-réconciliés par semblant, les losengeurs, firent semblant de plorer
-et commencèrent le fait moult à aggraver en loant moult Mellibée en
-puissance d’avoir et d’amis, et en vitupérant la puissance de ses
-adversaires, et dirent que tout oultre il se devoit tantost vengier et
-incontinent commencier la guerre. Adonc un sage advocat de la voulenté
-des autres se leva et dist: Beaulx seigneurs, la besongne pour quoy
-nous sommes cy assemblés est moult haulte et pesante pour cause de
-l’injure et du maléfice qui est moult grant, et pour raison des grans
-maulx qui s’en pevent ensuivre ou temps advenir, et pour la force des
-richesses et des puissances des parties; pour laquelle chose il seroit
-grant péril errer en ceste besongne. Pour ce, Mellibée, dès maintenant
-nous te conseillons que sur toutes choses tu aies diligence de garder
-ta personne, et euvres en telle manière que tu soies bien pourveu
-d’espies<a name="FNanchor_311_311" id="FNanchor_311_311"></a><a href="#Footnote_311_311" class="fnanchor">[311]</a> et guettes<a name="FNanchor_312_312" id="FNanchor_312_312"></a><a href="#Footnote_312_312" class="fnanchor">[312]</a> pour toy garder. Et après tu mettras en
-ta maison bonne garnison et fort pour toy et ta maison défendre. Mais
-de mouvoir guerre et de toy vengier tantost, nous n’en povons pas bien
-jugier en si pou de temps lequel vault mieulx. Si demandons [espace]
-d’avoir délibération, car l’on dit communément: qui tost juge, tost se
-repent; et dit-on aussi que le juge est bon qui tost entent et tart
-juge. Car jasoit-ce que toute demeure soit ennuyeuse, toutesvoies elle
-ne fait pas à reprendre en jugement et en vengence quant elle est
-souffisant et raisonnable. Et ce<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-191" id="page_vol-1-191"></a>{v. 1, p.191}</span> nous monstre nostre Seigneur par
-exemple, quant la femme qui estoit prinse en adultère lui fut admenée
-pour jugier d’icelle ce que on en devoit faire. Car jasoit-ce qu’il
-sceust bien qu’il devoit respondre, toutesvoies il ne respondi pas
-tantost, mais voult avoir délibération et escript deux fois en terre.
-Pour ces raisons, nous demandons délibération, laquelle eue, nous te
-conseillerons, à l’aide de Dieu, chose qui sera à ton proufit.</p>
-
-<p>Lors les jeunes gens et la plus grant partie de tous les autres
-mocquèrent<a name="FNanchor_313_313" id="FNanchor_313_313"></a><a href="#Footnote_313_313" class="fnanchor">[313]</a> ce sage et firent grant bruit, et dirent que tout ainsi
-comme l’en doit batre le fer tant comme il est chault, ainsi l’en doit
-vengier l’injure tant comme elle est fresche, et se escrièrent à haulte
-voix: <i>guerre! guerre! guerre!</i></p>
-
-<p>Adonques se leva un des anciens et estendit la main et cria que l’en
-feist silence et dist ainsi: moult de gens crient <i>guerre!</i> haultement,
-qui ne scevent que guerre se monte. Guerre en son commencement est si
-large et a si grant entrée que un chascun y puet entrer et la puet
-trouver légièrement, mais à très grant peine puet-l’en savoir à quelle
-fin l’en en puet venir. Car quant la guerre commence, moult de gens ne
-sont encores nés, qui pour cause de la guerre mourront jeunes, ou en
-vivront en douleur et en misère et fineront leur vie en chétiveté. Et
-pour ce, avant que l’en mueve guerre, l’en doit avoir grant conseil et
-grant délibération.</p>
-
-<p>Quant icelluy ancien cuida confermer son dit par raisons, ils se
-levèrent presque tous encontre luy et entrerompirent son dit souvent,
-et lui dirent qu’il<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-192" id="page_vol-1-192"></a>{v. 1, p.192}</span> abrégeast ses paroles, car la narration de cellui
-qui presche à ceulx qui ne le veulent oïr, est ennuyeuse; c’est à dire
-que autant vault parler devant cellui à qui il ennuye comme chanter
-devant cellui qui pleure. Quant ce sage ancien vit qu’il ne povoit
-avoir audience, ne se efforça plus de parler. Si dit: je vois bien
-maintenant que le proverbe commun est vray: lors fault le bon conseil,
-quant le grant besoing est<a name="FNanchor_314_314" id="FNanchor_314_314"></a><a href="#Footnote_314_314" class="fnanchor">[314]</a>. Et ce dit, il s’assist comme tout
-honteulx.</p>
-
-<p>Encores avoit en conseil Mellibée moult de gens qui lui conseilloient
-autre chose en l’oreille et autre chose en appert. Quant Mellibée eust
-oy son conseil, il conceut et advisa que trop plus grant partie se
-accordoit et conseilloit que l’en feist guerre; si se arresta en leur
-sentence et la conferma. Lors dame Prudence, quant elle vit son mary
-qui se appareilloit de soy vengier et de faire guerre, si lui vint au
-devant et lui dist moult doulcement: Sire, je vous pry que vous ne
-vous hastez et que vous pour tous dons me donnez espace de parler,
-car Pierre Alphons<a name="FNanchor_315_315" id="FNanchor_315_315"></a><a href="#Footnote_315_315" class="fnanchor">[315]</a> dit: qui te fera bien ou mal, ne te haste du
-rendre, car ainsi comme plus long temps te attendra ton amy, ainsi
-plus long temps te doubtera ton ennemi. Mellibée respondi à Prudence
-sa femme: je ne propose point de user de ton conseil et pour moult de
-raisons. Premièrement, car chascun me tendroit pour fol, se je par ton
-conseil et par ton consentement changeoie ce qui est ordonné par moult
-de bonnes gens: après car toutes femmes<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-193" id="page_vol-1-193"></a>{v. 1, p.193}</span> sont mauvaises, et une seule
-n’est bonne, selon le dit de Salemon: en mil hommes, dit-il, j’ay bien
-trouvé un preudomme, mais de toutes les femmes je n’en treuve nulle
-bonne. Après est la tierce raison, car se je me gouvernoie de ton
-conseil, il sembleroit que je te donnasse sur moy seignorie, laquelle
-chose ne doit pas estre. Car Jhésu-Sirac<a name="FNanchor_316_316" id="FNanchor_316_316"></a><a href="#Footnote_316_316" class="fnanchor">[316]</a> dit: se la femme a la
-seignorie, elle est contraire à son mary. Et Salemon dit: à ton fils,
-à ta femme, à ton frère, à ton amy ne donne puissance sur toy en toute
-ta vie, car il te vault mieulx que tes enfans te requièrent ce que
-mestier sera pour eulx que toy regarder ès mains de tes enfans. Après,
-se je vouloye user de ton conseil, il conviendroit aucunes fois que le
-conseil fust secret jusques à tant qu’il fust temps de le révéler, et
-ce ne se pourroit faire, car il est escript: la jenglerie des femmes ne
-puet riens céler fors ce qu’elle ne scet. Après, le philosophe dit: en
-mauvais conseil les femmes vainquent les hommes. Pour ces raisons je ne
-doy point user de ton conseil.</p>
-
-<p>Dame Prudence, après ce qu’elle ot oy débonnairement et en grant
-patience toutes les choses que son mary voult avant traire, si demanda
-licence de parler et puis dist: Sire, à la première raison que vous
-m’avez avant mise, puet-on respondre légièrement. Car je dy qu’il n’est
-pas folie de changer son conseil quant la chose se change ou quant la
-chose appert autrement que devant. Après, je dy encores plus, car se tu
-avoies promis et juré de faire ton emprise et tu la laissoies à faire
-pour juste cause, l’en ne devroit pas dire que tu fusses mensongier
-ne parjure, car il est<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-194" id="page_vol-1-194"></a>{v. 1, p.194}</span> escript: le sage ne ment mie quant il mue son
-courage<a name="FNanchor_317_317" id="FNanchor_317_317"></a><a href="#Footnote_317_317" class="fnanchor">[317]</a> en mieulx. Et jasoit-ce que ton emprise soit estable
-et ordonnée par grant multitude de gens, pour ce ne la convient pas
-accomplir, car la vérité des choses et le prouffit sont mieulx trouvés
-par pou de gens sages et parlans par raison que par multitude de gens
-où chascun brait et crie à sa voulenté: et telle multitude n’est point
-honneste.</p>
-
-<p>A la seconde raison, quant vous dittes que toutes femmes sont mauvaises
-et nulles bonnes, sauf vostre grâce, [vous parlez trop généraulment
-quant] vous les desprisez ainsi toutes, car il est escript: qui
-tout desprise, à tout desplait; et Sénèque dit que cellui qui veult
-acquerre sapience ne doit nul desprisier, mais ce qu’il scet, il le
-doit enseigner sans présumption, et ce qu’il ne scet, il ne doit pas
-avoir honte de demander à maindre de luy. Et que moult de femmes soient
-bonnes, l’en le puet prouver légièrement. Premièrement, car nostre
-Seigneur Jhésu-Crist ne se fust oncques daigné descendre en femme se
-elles fussent toutes mauvaises ainsi comme tu le dis. Après, pour la
-bonté des femmes, nostre Seigneur Jhésu-Crist, quant il fut ressuscité
-de mort à vie, il apparut premier<a name="FNanchor_318_318" id="FNanchor_318_318"></a><a href="#Footnote_318_318" class="fnanchor">[318]</a> à Marie Magdalaine que aux
-apostres; et quant Salemon dist que de toutes femmes il n’en a trouvé
-nulle bonne, pour ce ne s’ensuit pas que nulle ne soit bonne. Car
-jasoit-ce qu’il ne l’ait trouvée, moult des autres en ont bien trouvé
-plusieurs bonnes et loyaulx; ou, par adventure, quant Salemon dit qu’il
-n’a point trouvé de bonne femme, il entend de la bonté<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-195" id="page_vol-1-195"></a>{v. 1, p.195}</span> souveraine de
-laquelle nul n’est bon fors Dieu seulement, selon ce que lui mesmes
-le dit en l’Euvangile, car nulle créature n’est tant bonne, à qui ne
-faille aucune chose, sans comparoison à la perfection de son Créateur.</p>
-
-<p>La tierce chose si est comme tu dis se tu te gouvernoies par mon
-conseil, il sembleroit que tu me donnasses par dessus toy seignorie.
-Sauve ta grâce, il n’est pas ainsi: car selon ce, nul ne prendroit
-conseil fors à cellui à qui il vouldroit sur lui puissance, et ce
-n’est pas vray, car cellui qui demande conseil a franchise et libérale
-voulenté de faire ce que l’en luy conseille, ou de le laissier.</p>
-
-<p>Quant à la quarte raison, où tu dis que la jenglerie des femmes ne
-puet céler fors ce qu’elles ne scevent pas, ceste parole doit estre
-entendue d’aucunes femmes jengleresses desquelles on dit: trois choses
-sont qui gettent homme hors de sa maison, c’est assavoir la fumée<a name="FNanchor_319_319" id="FNanchor_319_319"></a><a href="#Footnote_319_319" class="fnanchor">[319]</a>,
-la goutière et la femme mauvaise. Et de telles femmes parle Salemon
-quant il dit: il vauldroit mieulx habiter en terre déserte que avec
-femme rioteuse et courrouceuse. Or scez-tu bien que tu ne m’as pas
-trouvée telle, ains as souvent esprouvé ma grant silence et ma grant
-souffrance, et comme j’ai gardé et célé les choses que l’en devoit
-céler et tenir secrètes.</p>
-
-<p>Quant à la quinte raison, où tu dis que en mauvais conseil les femmes
-vainquent les hommes, ceste raison n’a point cy son lieu, car tu ne
-demandes pas conseil de mal faire, et se tu vouloies user de mauvais
-conseil et mal faire, et ta femme t’en povoit retraire et vaincre, ce
-ne seroit pas à reprendre, mais à loer.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-196" id="page_vol-1-196"></a>{v. 1, p.196}</span> Et ainsi l’en doit entendre
-le dit du philosophe: en mauvais conseil vainquent les femmes les
-hommes, car aucunes fois quant les hommes veullent ouvrer de mauvais
-conseil, les femmes les en retraient et les vainquent. Et quant vous
-blasmez tant les femmes et leur conseil, je vous monstreray par moult
-de raisons que moult de femmes ont esté bonnes et leur conseil bon et
-proufitable. Premièrement, l’en a acoustumé de dire: conseil de femme,
-ou il est très chier, ou il est très vil. Car jasoit-ce que moult de
-femmes soient très mauvaises et leur conseil vil, toutesvoies l’en
-en treuve assez de bonnes et qui très bon conseil et très chier ont
-donné. Jacob par le bon conseil de Rébeca sa mère gaigna la bénéiçon
-de Isaac son père et la seignorie sur tous ses frères. Judith par son
-bon conseil délivra la cité de Buthulie où elle demouroit, des mains
-de Holofernes qui l’avoit assiégée et la vouloit destruire. Abigaïl
-délivra Nagal son mari de David qui le vouloit occire et appaisa le
-roy par son sens et par son conseil. Hester par son conseil esleva
-moult son peuple ou royaume de Assuere le roy: et, ainsi puet-l’en
-dire de plusieurs autres. Après, quant nostre Seigneur ot créé Adam le
-premier homme, il dist: Il n’est pas bon estre [l’homme] tout seul.
-Faisons-lui aide semblable [à lui]. Se elles doncques n’estoient bonnes
-et leur conseil [bon], nostre Seigneur ne les eust pas appellées<a name="FNanchor_320_320" id="FNanchor_320_320"></a><a href="#Footnote_320_320" class="fnanchor">[320]</a>
-adjutoires de hommes, car elles ne fussent pas adjutoires de l’homme,
-mais en dommage et en nuisance. Après, un maistre fist deux vers ès
-quels il demande et respont et dit ainsi: [quelle<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-197" id="page_vol-1-197"></a>{v. 1, p.197}</span> chose vault mieux
-que l’or? Jaspe. Quelle chose vaut plus que jaspe? Sens.] Quelle chose
-vault mieulx que sens? Femme. Quelle chose vault mieulx que femme?
-Riens. Par ces raisons et par moult d’autres pues-tu veoir que moult
-de femmes sont bonnes et leur conseil bon et proufitable. Se tu veulx
-doncques maintenant croire mon conseil, je te rendray ta fille toute
-saine, et feray tant que tu auras honneur en ce fait.</p>
-
-<p>Quant Mellibée ot oy Prudence, si dist: je voy bien que la parole
-Salemon est vraye, qui dit: broches de miel sont bonnes paroles bien
-ordonnées, car elles donnent doulceur à l’âme et santé au corps. Car
-pour tes paroles très doulces, et pour ce aussi que j’ay esprouvé ta
-grant sapience et ta grant loyaulté, je me vueil du tout gouverner par
-ton conseil.</p>
-
-<p>Puis, dist Prudence, que tu te veulx gouverner par mon conseil, je
-te vueil enseignier comment tu te dois avoir en conseil prendre.
-Premièrement, en toutes tes euvres et devant tous autres conseils, tu
-dois amer et prendre le conseil de Dieu et le demander, et te dois
-mettre en tel lieu et en tel estat qu’il te daigne conseillier et
-conforter. Pour ce dist Thobie à son fils: en tout temps bénéis Dieu
-et lui prie qu’il t’adrece tes voies, et tous tes conseils soient en
-lui tout temps. Saint Jaques si a dit: se aucun de nous a mestier de
-sapience, si la demande à Dieu. Après, tu dois prendre conseil en toy
-et entrer en ta pensée et examiner ce que mieulx te vault. Et lors
-dois-tu oster trois choses de toy qui sont contrarieuses à conseil,
-c’est assavoir: ire, convoitise et hastiveté. Premièrement donques,
-cellui qui demande conseil à soy mesmes doit estre sans yre par moult
-de raisons. La première est<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-198" id="page_vol-1-198"></a>{v. 1, p.198}</span> car cellui qui est courreciés cuide
-tousjours plus povoir faire qu’il ne puet, et pour ce, son conseil<a name="FNanchor_321_321" id="FNanchor_321_321"></a><a href="#Footnote_321_321" class="fnanchor">[321]</a>
-surmonte tousjours sa force: l’autre car cellui qui est courroucié,
-selon ce que dit Sénèque, ne puet parler fors que choses crimineuses,
-et par ceste manière il esmeut les autres à courroux et à yre; l’autre
-car cellui qui est courcié ne puet bien juger et par conséquent bien
-conseiller. Après, tu dois oster de toy convoitise, car, selon ce que
-dit l’apostre, convoitise est racine de tous maulx, et le convoiteux ne
-puet riens juger fors que en la fin sa convoitise soit acomplie, qui
-acomplir ne se puet, car tant com plus a li convoiteux, plus désire.</p>
-
-<p>Après tu dois oster de toy hastiveté, car tu ne dois pas juger pour
-le meilleur ce que tantost te vendra au devant, ains y dois penser
-souvent, car, selon ce que tu as oy dessus, l’en dist communément:
-qui tost juge, tost se repent. Tu n’es pas toutes heures en une
-disposition, ains trouveras que ce qui aucune fois te semblera bon de
-faire, l’autre fois te semblera mauvais. Et quant tu auras pris conseil
-à toy mesme et auras jugié à grant délibération ce qui mieulx te vault,
-tien le secret et te garde de révéler à nulle personne, se tu ne cuides
-que en révélant tu faces ta condition meilleur et que le révéler te
-portera prouffit. Car Jhésu-Sirac<a name="FNanchor_322_322" id="FNanchor_322_322"></a><a href="#Footnote_322_322" class="fnanchor">[322]</a> dit: à ton ami ne à ton ennemi
-ne raconte ton secret ne ta folie, car ils te orront et te regarderont
-et te supporteront en ta présence, et par derrière se moqueront de toy.
-Et un autre dit: à peine trouveras-tu un, tant seulement, qui puisse
-bien céler secret. Et Pierre Alphons dit: tant comme ton secret<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-199" id="page_vol-1-199"></a>{v. 1, p.199}</span> est
-en ton cuer, tu le tiens en ta prison, et quant tu le révèles à autruy
-il le tient en la sienne; et pour ce il te vault mieulx taire et ton
-secret céler que prier cellui à qui tu le révèles qu’il le cèle, car
-Sénèque dit: se tu ne te pues taire et ton secret céler, comment ose-tu
-prier un autre qu’il le vueille céler?</p>
-
-<p>Se tu cuides que révéler ton secret à autre et avoir son conseil face
-ta condition meilleur, lors le quiers, et maintien-toy en telle guise:
-premièrement, tu ne dois pas faire semblant [à ton conseil]<a name="FNanchor_323_323" id="FNanchor_323_323"></a><a href="#Footnote_323_323" class="fnanchor">[323]</a> quelle
-partie tu veulx tenir ne monstrer ta voulenté, car communément tous
-conseillers sont losengeurs, espécialment ceulx qui sont du conseil
-des grans seigneurs, car ils s’efforcent plus de dire chose plaisant
-que proufitable, et pour ce, riche homme n’aura jà bon conseil se
-il ne l’a de soy mesmes. Après tu dois considérer tes amis et tes
-ennemis. Entre tes amis tu dois considérer le plus loial et le plus
-sage, le plus ancien et le plus esprouvé en conseil, et à ceulx tu
-dois conseil demander. Premièrement doncques, tu dois appeller à ton
-conseil tes bons et tes loyaulx amis, car Salemon dit ainsi: comme
-le cuer se délite en bonne odeur, conseil de bons amis fait à l’âme
-doulceur; et dit encores: à l’amy loyal nulle chose ne se compare,
-car ne or ne argent ne sont tant dignes comme la voulenté du loyal
-amy. Et dit oultre: amy loyal est une forte défense: qui le trouve, il
-treuve un grant trésor. Après tu dois regarder que les loyaulx amis que
-tu appelles à ton conseil soient sages, car il est escript: requier
-tousjours le conseil du sage. Par ceste mesme raison<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-200" id="page_vol-1-200"></a>{v. 1, p.200}</span> tu dois appeller
-les anciens qui assez ont veu et assez ont esprouvé, car il est escript
-en Job: ès anciens est la sapience, et en moult de temps est prudence.
-Et Tulles dit: les grans besongnes ne se font pas par force ne par
-légièreté de corps, mais par bon conseil et par auctorité de personne
-et par science: lesquelles trois choses ne affoiblissent pas en
-vieillesse, mais enforcent et croissent tous les jours. Après, en ton
-conseil tu dois garder ceste règle car au commencement tu dois appeller
-pou de gens des plus espéciaulx, car Salemon dit: efforce-toy d’avoir
-pluseurs amis, mais entre mil eslis-en un pour ton conseiller. Quant
-tu auras en ton conseil pou de gens, si le peus révéler, se mestier
-est, à plusieurs. Toutesvoies les trois conditions dessus dictes si
-doivent estre ès conseillers tousjours gardées, et ne te souffise pas
-un conseillier tant seulement, mais en fais plusieurs, car Salemon dit:
-sainement est la chose où plusieurs conseillers sont.</p>
-
-<p>Après ce que je t’ay monstré à qui tu dois prendre conseil, je te
-vueil monstrer lequel conseil tu dois fuir; [premièrement tu dois] le
-conseil des fols eschiver, car Salemon dit: à fol ne vueil prendre
-conseil, car il ne te saura conseiller fors ce qu’il aime et qui luy
-plaist; et il est escript: en la propriété du fol est que il croit
-légièrement tous maulx d’autruy et tous biens de luy. Après, tu dois
-fuir le conseil des faintifs et losengeurs qui s’efforcent plus de
-loer ta personne et à toy plaire que de dire vérité. Et Tulles dit:
-entre toutes les pestilences qui en amitié sont, la plus grant est
-losengerie. Et pour ce tu dois plus doubter et fuir les doulces paroles
-[de celui qui te loera] que [les aigres paroles de] celui qui vérité te
-dira, car Salemon<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-201" id="page_vol-1-201"></a>{v. 1, p.201}</span> dit: homme qui dit paroles de losengerie est un las
-pour prendre les innocens; et dit aussi autre part: homme qui parle à
-son amy paroles doulces et souefves, luy met devant les piés la rais
-pour le prendre. Pour ce dit Tulles: garde que ne enclines point tes
-oreilles aux losengeurs et ne reçoy point en ton conseil paroles de
-losengerie. Et Caton dit ainsi: advise-toy d’eschever paroles doulces
-et souefves.</p>
-
-<p>Après, tu dois eschever le conseil de tes anciens ennemis qui sont
-réconciliés, car il est escript: nul ne retourne seurement en la grâce
-de son ennemy. Et Ysope dit: ne vous fiez point en ceulx à qui vous
-avez eu guerre ou inimitié anciennement et ne leur révélez point vos
-consaulx ou secrets; et la raison rent Sénèque et dit ainsi: il ne peut
-estre que là où le feu a esté longuement, qu’il n’y demeure tousjours
-aucune vapeur. Pour ce dit Salemon: en ton ancien ennemy ne te vueilles
-nul temps fier, et encores s’il est réconcilié, se humilité est en luy
-par semblant, et encline sa teste devant toy, ne le croy néant, car il
-le fait plus [pour son proffit que] pour l’amour de toy, afin qu’il
-puisse avoir victoire de toy en soy humiliant envers toy, laquelle
-victoire il ne peut avoir en toy poursuiant. Et Pierre Alphons dit: ne
-t’acompaigne pas à tes anciens ennemis, car ce que tu feras de bien,
-ils le pervertiront ou amenuiseront.</p>
-
-<p>Après tu dois fuir le conseil de ceulx qui te servent et portent
-révérence, car ils le font plus par doubtance que par amour. Car un
-philosophe dit: nul n’est bien loyal à celui que il trop doubte; et
-Tulles dit: nulle puissance d’empire n’est si grant que elle puisse
-durer longuement se elle n’a plus l’amour du peuple que<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-202" id="page_vol-1-202"></a>{v. 1, p.202}</span> la paour.
-Après, tu dois fuir le conseil de ceulx qui sont souvent yvres, car
-ils ne scevent riens céler, et dit Salemon: nul secret n’est là où
-règne yvresse. Après tu dois avoir le conseil suspect de ceulx qui
-conseillent une chose en secret, et puis autre dient en appert.
-Car Cassiodores dit: une manière de grever son ami est de monstrer
-en appert ce dont l’en veult le contraire. Après, tu dois avoir en
-suspect le conseil des mauvais hommes, car il est escript: les conseils
-des mauvais hommes sont tousjours plains de fraude; et David dit:
-bieneureux est l’homme qui n’a point esté ès consaulx des mauvais!
-Après, tu dois fuir le conseil des jeunes gens, car le sens des jeunes
-gens n’est pas encores meur. De quoy Salemon dit: dolente est la terre
-qui a enfant à seigneur<a name="FNanchor_324_324" id="FNanchor_324_324"></a><a href="#Footnote_324_324" class="fnanchor">[324]</a>! Et le philosophe dit que nous n’eslisons
-pas les jeunes en princes, car communément ils n’ont point de prudence;
-et dit encores Salemon: dolente est la terre de quoy le prince ne se
-liève matin!</p>
-
-<p>Puis que je t’ay monstré à qui tu dois prendre conseil et de qui
-conseil tu dois eschever et fuir, je te vueil apprendre comment tu dois
-conseil examiner. En examinant doncques ton conseil, selon ce que dit
-Tulles et enseigne, tu dois considérer plusieurs choses. Premièrement,
-tu dois considérer que en ce que tu proposes et sur quoy tu veulx avoir
-conseil, vérité soit gardée et dicte, car l’en ne puet bien conseillier
-à cellui qui ne dit vérité. Après tu dois considérer toutes les choses
-qui s’accordent à ce que tu proposes faire selon ton conseil: se raison
-s’y accorde et si ta puissance<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-203" id="page_vol-1-203"></a>{v. 1, p.203}</span> s’y accorde, si plusieurs et meilleurs
-s’y accordent que discordent, ou non. Après, tu dois considérer au
-conseil ce qui s’ensuit: se c’est haine ou amour, paix ou guerre,
-prouffit ou dommage, et aussi de moult d’autres choses; et en toutes
-ces choses tu dois tousjours eslire ce qui est ton prouffit, toutes
-autres choses reffusées et rabatues. Après, tu dois considérer de
-quelle racine est engendrée la matière de ton conseil et quel prouffit
-elle puet concevoir et engendrer, et dois encores considérer toutes les
-causes dont elle est venue.</p>
-
-<p>Quant tu auras examiné ton conseil en la manière dicte, et trouvé
-laquelle partie est meilleur et plus prouffitable et esprouvée de
-plusieurs sages et anciens, tu dois considérer se tu le pouras mener à
-fin, car nul ne doit commencer chose s’il n’a povoir de la parfaire,
-et ne doit prendre charge qu’il ne puisse porter. L’en dit en un
-proverbe: qui trop embrasse, pou estraint; et Caton dit: essaye-toy
-de faire ce que tu as povoir de faire, pour ce que la charge ne te
-presse tant qu’il te faille laissier ce que tu as commencié à faire,
-et s’il est doubte se tu le pourras mener à fin ou non, eslis plus
-tost le délaissier que le commencier. Car Pierre Alphons dit: se tu as
-povoir de faire une chose dont il te conviengne repentir, il te vault
-mieulx souffrir que encommencier. Bien disent ceulx qui deffendent à un
-chascun chose faire [dont il duelt et doubte se elle est de faire] ou
-non. En la fin, quant tu auras examiné ton conseil en la manière dessus
-dicte et auras trouvé que tu le pourras mener à fin, lors le retien et
-le conferme.</p>
-
-<p>Or est raison que je te monstre quant et pourquoy on doit changier son
-conseil sans répréhension. L’en peut changier son conseil et son propos
-quant la cause<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-204" id="page_vol-1-204"></a>{v. 1, p.204}</span> cesse ou quant nouvelle cause survient. Car la loy dit:
-les choses qui de nouvel surviennent ont mestier de nouvel conseil. Et
-Sénèque dit: se ton conseil est venu à la congnoissance de ton ennemy,
-lors change ton conseil. Après, l’en peut changier son conseil quant
-l’en treuve après que par erreur ou par autre cause mal ou dommage en
-puet venir; après, quant le conseil est déshonneste ou vient de cause
-déshonneste, car les lois dient que toutes promesses déshonnestes sont
-de nulle valeur; après, quant il est impossible ou ne se puet garder
-bonnement; et en moult d’autres manières. Après ce, tu dois tenir pour
-règle générale que ton conseil est mauvais quant il est si ferme que
-l’en ne le puet changier pour condition qui surviengne.</p>
-
-<p>Quant Mellibée ot oy ces enseignemens de dame Prudence, si respondi:
-Prudence, jusques à l’eure de maintenant vous m’avez assez enseignié
-comment en général je me doy porter en conseil prendre ou retenir, or
-vouldroie-je bien que vous descendissiez en espécial et me deissiez ce
-que vous semble du conseil que nous avons eu en ceste propre besongne.</p>
-
-<p>Lors respondi dame Prudence: Sire, dist-elle, je te prie que tu ne
-rappelles point en ton courage se je dy chose qui te desplaise, car
-tout ce que je te dy, je l’entens dire à ton honneur et à ton prouffit,
-et ay espérance que tu le prendras en patience. Et pour ce je te fais
-assavoir que ton conseil, à parler proprement, ne doit estre appellé
-conseil, mais un fol esmouvement sans discrétion ouquel tu as erré en
-moult de manières.</p>
-
-<p>Premièrement, tu as erré en assemblant ton conseil,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-205" id="page_vol-1-205"></a>{v. 1, p.205}</span> car au
-commencement tu deusses avoir appellé moult peu de gens, et puis après
-plusieurs, se besoing fust; mais tantost tu as appellé une multitude
-de gent chargeuse et ennuyeuse. Après tu as erré, car tu deusses avoir
-appellé tant seulement tes loyaulx amis, sages et anciens; mais avec
-ceulx tu as appellé gens estranges, jouvenceaulx, fols, losengeurs,
-ennemis réconciliés et gens qui te portent révérence sans amour. Après
-tu as erré quant tu es venu à conseil, car tu avoies avec toy ensemble
-ire, convoitise et hastiveté, lesquelles trois choses sont contraires
-à conseil, et ne les as pas abaissées en toy ne en ton conseil ainsi
-comme tu deusses. Après tu as erré, car tu as démonstré à ton conseil
-ta voulenté et la grant affection que tu avoies de faire guerre
-incontinent et de prendre vengence, et pour ce ils ont plus suivy ta
-voulenté que ton prouffit. Après tu as erré, car tu as esté content
-d’un conseil tant seulement, et toutesvoies en si grant besongne et
-si haulte estoient bien nécessaires plusieurs conseils. Après tu as
-erré, car [quant tu as fait la division entre ceulx de ton conseil,]
-tu n’as pas suivy la voulenté de tes loyaulx amis sages et anciens,
-mais as regardé seulement le plus grant nombre. Et tu scez bien que les
-fols sont tousjours en plus grant nombre que les sages, et pour ce le
-conseil des chappitres et des grans multitudes de gens où l’on regarde
-plus le nombre que les mérites des personnes erre souvent, car en tel
-conseil les fols ont toujours gaignié par multitude.</p>
-
-<p>Mellibée adonc respondi: je confesse bien que j’ay erré, mais pour ce
-que tu m’as dit dessus que cellui ne fait pas à reprendre, qui change
-son conseil en moult de cas, je suis appareillié à le changier à ta<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-206" id="page_vol-1-206"></a>{v. 1, p.206}</span>
-voulenté, car péchier est euvre d’omme, mais persévérer en péchié est
-euvre de déable; et pour ce je ne vueil plus en ce persévérer.</p>
-
-<p>Lors dit Prudence: examinons tout ton conseil [et véons lesquels ont
-parlé plus raisonnablement et donné meilleur conseil,] et pour ce
-que l’examination soit mieulx faicte, commençons aux cirurgiens et
-aux phisiciens qui premièrement parlèrent. Je dy, dist-elle, que les
-cirurgiens et les phisiciens dirent ou conseil ce qu’ils devoient
-dire et parlèrent sagement, car à leur office appartient à un chascun
-prouffiter et à nul nuire, et selon leur art ils doivent avoir grant
-diligence de la cure de ceulx qu’ils ont en leur gouvernement, ainsi
-comme ils ont dit et respondu sagement; et pour ce je conseille qu’ils
-soient haultement guerdonnés, en telle manière qu’ils entendent
-plus liement à la cure de ta fille. Car jasoit-ce qu’ils soient tes
-amis, toutesvoies tu ne dois pas souffrir qu’ils te servent pour
-néant, mais les dois plus largement païer et guerdonner. Mais quant
-à la proposition que les phisiciens adjoustèrent, que ès maladies
-un contraire se garit par autre contraire, je vouldroie bien savoir
-comment tu l’entens.</p>
-
-<p>Certes, dist Mellibée, je l’entens ainsi: car comme ils m’ont fait un
-contraire, que je leur en face un autre, et pour ce qu’ils se sont
-vengiés de moy et m’ont fait injure, je me vengeray d’eulx et leur
-feray injure et lors auray gary un contraire par autre.</p>
-
-<p>Or véez, dist Prudence, comment un chascun croit légièrement ce
-qu’il veut et désire! Certes, dist-elle, la parole des phisiciens ne
-doit pas estre ainsi entendue, car mal n’est pas contraire à mal, ne
-vengence à vengence, ne injure à injure, mais sont semblables. Et<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-207" id="page_vol-1-207"></a>{v. 1, p.207}</span>
-pour ce, vengence par vengence, ne injure par injure n’est pas curé,
-mais accroist l’une l’autre. Mais la parole doit estre ainsi entendue:
-ainsi que mal et bien, sont contraires paix et guerre, vengence et
-souffrance, discorde et concorde, et ainsi de moult d’autres; mais mal
-se doit gairir par bien, discorde par accord, guerre par paix, et ainsi
-de tous les autres; et à ce s’accorde saint Pol l’appostre en plusieurs
-lieux: ne rendez, dit-il, mal pour mal, ne mesdit pour mesdit, mais
-faites bien à cellui qui mal vous fera, et bénéissez cellui qui vous
-maudira. Et en moult d’autres lieux de ses épistres il admoneste à paix
-et à concorde.</p>
-
-<p>Or convient parler du conseil que donnèrent les advocas, les sages
-et les anciens, qui furent tous d’un accord et dirent que devant
-toutes choses tu dois mettre diligence en garder ta personne et en
-garnir ta maison, et dirent aussi que en ceste besongne l’en doit aler
-adviséement et à grant délibération. Quant au premier point qui touche
-la garde de ta personne, tu dois savoir que cellui qui a guerre doit
-tous les jours, devant toutes choses, humblement et dévotement demander
-la garde et l’aide de Dieu, [car en cest monde nul ne se puet garder
-souffisamment sans la garde de nostre Seigneur.] Pour ce dit David le
-prophète: se Dieu de la cité n’est garde, pour néant veille qui la
-garde. Après, en la garde de ta personne tu dois mettre tes loyaux amis
-esprouvés et congneus et à eulx dois demander aide pour toy garder, car
-Caton dit: se tu as besoing d’aide, demande-le à tes amis, car il n’est
-si bon phisicien comme le loyal amy. Après, tu te dois garder de toutes
-gens estranges et mescongneus et avoir leur compaignie suspecte, car
-Pierre Alphons dit: ne<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-208" id="page_vol-1-208"></a>{v. 1, p.208}</span> t’acompaigne en voye à nulle personne se tu ne
-la congnois devant, et s’aucune personne s’acompaigne avec toy sans ta
-voulenté et enquière de ta vie et de ta voie, fains que tu veulx aler
-plus loing que tu n’as proposé; et se il porte lance, si te tieng à sa
-dextre: se il porte espée, si te tieng à sa senestre.</p>
-
-<p>Après, garde-toy sagement de tous ceulx<a name="FNanchor_325_325" id="FNanchor_325_325"></a><a href="#Footnote_325_325" class="fnanchor">[325]</a> que je t’ay dit, car
-tu dois leur conseil eschever et fuir. Après, garde-toy en telle
-manière que pour la présumption de ta force tu ne desprises point
-ton adversaire tant que<a name="FNanchor_326_326" id="FNanchor_326_326"></a><a href="#Footnote_326_326" class="fnanchor">[326]</a> laisses tes gardes, car sage homme
-doit tousjours doubter, espécialment ses ennemis. Et Salemon dit:
-beneuré est cellui qui tousjours se doubte, car à cellui qui par
-la dureté de son cuer a trop grant présumption, mal lui vendra. Tu
-dois doncques doubter tous agais et toutes espies. Car, selon ce que
-dit Sénèque<a name="FNanchor_327_327" id="FNanchor_327_327"></a><a href="#Footnote_327_327" class="fnanchor">[327]</a>, qui toutes choses doubte, en nulle ne cherra; et
-encores dit-il: sage est celluy qui doubte, et eschiève tous maulx. Et
-jasoit-ce qu’il te soit semblant estre bien asseur et en seur lieu,
-toutesvoies tu dois avoir tousjours diligence de toy garder, car
-Sénèque dit: qui seur se garde n’a doubte de nuls périls. Après tu te
-dois garder non pas tant seulement de ton grant et fort ennemi, mais
-de tout le plus petit, car Sénèque dit: il appartient à homme bien
-enseignié qu’il doubte son petit ennemi. Et Ovide, ou livre du <i>Remède
-d’amours</i>, dit: la petite vivre<a name="FNanchor_328_328" id="FNanchor_328_328"></a><a href="#Footnote_328_328" class="fnanchor">[328]</a> occist le grant torel, et le chien
-qui n’est pas moult grant relient bien le sanglier<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-209" id="page_vol-1-209"></a>{v. 1, p.209}</span>. Toutesvoies, tu ne
-dois pas estre tant doubteux que tu doubtes là où riens n’a à doubter,
-car il est escript: aucunes gens ont enseignié leur décevoir mais ils
-ont trop doubté que l’en les déceust<a name="FNanchor_329_329" id="FNanchor_329_329"></a><a href="#Footnote_329_329" class="fnanchor">[329]</a>. Après, tu te dois garder de
-venin et de compaignie de moqueurs, car il est escript: avecques le
-moqueur n’aies compaignie, mais la fuy et ses paroles comme le venin.</p>
-
-<p>Quant au second point, c’est assavoir ouquel dirent les sages que tu
-dois garnir ta maison à grant diligence, je vouldroie bien savoir
-comment tu entens ceste garnison.</p>
-
-<p>Dist Mellibée: Je l’entens ainsi que je doy garnir ma maison de tours,
-de chasteaulx<a name="FNanchor_330_330" id="FNanchor_330_330"></a><a href="#Footnote_330_330" class="fnanchor">[330]</a>, d’eschifes<a name="FNanchor_331_331" id="FNanchor_331_331"></a><a href="#Footnote_331_331" class="fnanchor">[331]</a> et autres édifices par lesquels
-je me puisse garder et deffendre, et pour cause desquels les ennemis
-doubteront à approuchier ma maison.</p>
-
-<p>Lors Prudence respondi: La garnison de tours haultes et des grans
-édifices appartient aucunes fois à orgueil. L’en fait les tours et les
-grans édifices à grant travail et à grans despens, et quant elles sont
-faites, elles ne vallent riens se elles ne sont deffendues par sages et
-par bons amis loyaux, et à grans missions<a name="FNanchor_332_332" id="FNanchor_332_332"></a><a href="#Footnote_332_332" class="fnanchor">[332]</a>. Et pour ce sachiez que
-la plus grant garnison et la plus fort que un riche homme puisse avoir
-à garder son corps et ses biens, c’est qu’il soit amé de ses subjects
-et de ses voisins, car Tulles dit: une garnison que l’en ne puet
-vaincre ne desconfire, c’est l’amour des citoyens.</p>
-
-<p>Quant au tiers point, où les sages et anciens dirent que l’en ne
-doit point aler en ceste besongne soudainement<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-210" id="page_vol-1-210"></a>{v. 1, p.210}</span> ne hastivement, mais
-se doit-on pourveoir et appareillier à grant diligence et à grant
-délibération, je croy qu’ils parlèrent bien et sagement, car Tulles
-dit: en toutes besongnes, devant ce que l’en les commence, on se doit
-appareillier à grant diligence. En vengence doncques, en guerre, en
-bataille et en garnison faire, devant ce que l’en commence, l’en
-doit faire son appareil à grant délibération, car Tulles dit: long
-appareillement de batailles fait brief victoire; et Cassiodores<a name="FNanchor_333_333" id="FNanchor_333_333"></a><a href="#Footnote_333_333" class="fnanchor">[333]</a>
-dit: la garnison est plus puissant quant elle est plus long temps
-pensée.</p>
-
-<p>Or convient aler au conseil que te donnèrent tes voisins qui te portent
-révérence sans amour, tes ennemis réconciliés, les losengeurs, ceux
-qui te conseillièrent une chose en secret et autre disoient en appert,
-les jeunes gens, qui tous te conseillèrent vengier tantost et faire
-guerre incontinent. Et certes, ainsi comme je t’ay dit dessus, tu erras
-moult en appelant telles gens à ton conseil, et ce conseil est assez
-réprouvé pour les choses dessus dictes. Toutesvoies, puis qu’elles sont
-dictes en général, nous descendrons en espécial. Or véons doncques
-premièrement, selon ce que dit Tulles, de la vérité de ce conseil. Et
-certes de la vérité de ceste besongne ne convient pas moult enquerre,
-car l’en scet bien qui sont ceulx qui te ont fait ceste injure, et
-quans<a name="FNanchor_334_334" id="FNanchor_334_334"></a><a href="#Footnote_334_334" class="fnanchor">[334]</a> ils sont, et comment, et quant, et quelle injure ils te ont
-faite. Examinons doncques la seconde condition que Tulles met, qu’il
-appelle consentement, c’est à dire qui sont ceulx et quans ils sont qui
-se consentent à tel conseil et à ta voulenté,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-211" id="page_vol-1-211"></a>{v. 1, p.211}</span> et considérons aussi qui
-sont ceulx et quans qui se consentent à tes adversaires.</p>
-
-<p>Quant au premier, l’en scet bien quels gens se consentent à ta
-voulenté, car tous ceulx que j’ay dessus nommés conseillent que tu
-faces guerre tantost. Or véons doncques qui tu es et qui sont ceulx que
-tu tiens tant à ennemis. Quant à ta personne, jasoit-ce que tu soies
-riche et puissant, tu es tout seul et n’as nul enfant masle; tu n’as
-fors une seule fille tant seulement: tu n’as frères ne cousins germains
-ne nuls autres bien prouchains parens, pour paour desquels tes ennemis
-se cessassent de toy poursuivre et destruire; et ta personne destruite,
-tu scez bien que tes richesses se diviseront en diverses parties,
-et quant chascun aura sa partie, ils ne seront forcés de vengier ta
-mort. Mais tes ennemis sont trois et ont moult d’enfans, de frères et
-d’autres bien prouchains amis et parens, desquels quant tu en auras
-occis deux ou trois, encores en demourra assez qui pourront vengier
-leur mort et te pourront occire. Et jasoit-ce que tes amis soient trop
-plus que les amis de tes adversaires, ils t’appartiennent de moult
-loing, et les amis de tes adversaires leur sont moult plus prouchains,
-et en ce leur condition est meilleur que la tienne.</p>
-
-<p>Après, voyons encores se le conseil que l’en te donna de la vengence
-tantost prendre, se consent à raison. Et certes tu scez que non, car,
-selon droit, nul ne doit faire vengence [d’autrui, fors le juge qui
-a la jurisdiction sur lui, jasoit-ce que vengence soit] ottroyée ou
-permise à aucun quant on la fait incontinent et attrempéement, selon ce
-que droit le commande. Après, encores sur ce mot consentement, tu dois
-regarder se ton povoir se consent à ta voulenté et à ton conseil. Et<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-212" id="page_vol-1-212"></a>{v. 1, p.212}</span>
-certes tu pues dire que non, car à parler proprement, nous ne povons
-riens fors ce que nous povons faire deuement et selon droit; et pour
-ce que selon droit tu ne dois prendre vengence de ta propre auctorité,
-l’en puet dire que ton povoir ne se consent point à ta voulenté.</p>
-
-<p>Or convient examiner le tiers point que Tulles appelle conséquent. Tu
-dois doncques savoir que à vengence que tu veulx faire, est conséquent
-et s’ensuit autre vengence, périls, guerres et d’autres maulx sans
-nombre et moult de dommages lesquels l’en ne voit maintenant.</p>
-
-<p>Quant au quart point que Tulles appelle engendrement, tu dois savoir
-que injure est engendrée de haine, acquisition<a name="FNanchor_335_335" id="FNanchor_335_335"></a><a href="#Footnote_335_335" class="fnanchor">[335]</a> d’ennemis
-enflamblés de vengence; de haine et contens guerres naissent, et
-dégastement de tous biens.</p>
-
-<p>Quant aux causes, qui est le derrenier point que Tulles y met, tu dois
-savoir que en l’injure qui t’a esté faite a deux causes ouvrières et
-efficiens: la loingtaine et la prouchaine; la loingtaine est Dieu qui
-est cause de toutes causes: la prouchaine sont tes trois ennemis. La
-cause accidentelle fut hayne; la cause matériel sont les cinq plaies
-de ta fille; la cause formal fut la manière de faire l’injure, c’est
-assavoir qu’ils appoièrent eschelles contremont les murs et entrèrent
-par les fenestres; la cause final fut que ils vouldrent occire ta
-fille, et par eulx ne demoura. Mais la cause final loingtaine, à quel
-fin ils avendront de ceste besongne, nous ne la povons pas bien savoir,
-fors par conjectures et<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-213" id="page_vol-1-213"></a>{v. 1, p.213}</span> par présumptions, car nous devons présumer
-qu’ils avendront à male fin par la raison du Décret qui dit: à grant
-peine sont menées à bonne fin les choses qui sont mal commencées.
-Qui me demanderoit pourquoy Dieu a voulu et souffert qu’ils t’aient
-fait telle injure, je n’en sauroie pas bien respondre pour certain,
-car, selon ce que dit l’appostre, la science et jugement nostre
-Seigneur sont si parfont que nuls ne le puet comprendre ne encerchier
-souffisamment. Toutesvoies, par aucunes présumptions je tien que Dieu
-qui est juste et droiturier a souffert que ce soit advenu pour cause
-juste et raisonnable; car tu qui as nom Mellibée qui vault autant comme
-<i>cellui qui boit le miel</i>, [le miel as tant voulu boire,] c’est à dire
-la doulceur des biens temporels, des richesses, des délices et des
-honneurs de ce monde, que tu en as esté tout yvres et as oublié Dieu
-ton créateur, ne ne lui as pas porté honneur ne révérence ainsi comme
-tu deusses. Tu n’as pas retenu en ta mémoire la parole Ovide<a name="FNanchor_336_336" id="FNanchor_336_336"></a><a href="#Footnote_336_336" class="fnanchor">[336]</a> qui
-dit: dessoubs le miel de la doulceur des biens du corps, est abscondu
-le venin qui occit l’âme. Et Salemon dit: se tu as trouvé le miel, si
-en mengue à souffisance, car se tu en mengues oultre mesure, il te
-convendra vomir. Pour ce, par adventure, Dieu en despit de toy a tourné
-sa face et les oreilles de sa miséricorde [autre part], et a souffert
-que tu as [esté prins en la manière que tu as] péchié contre lui. Tu
-as péchié contre nostre Seigneur, car les trois ennemis de l’umain
-lignage, qui sont le monde, la char et le Déable, tu as laissié entrer
-en ton cuer tout franchement par les fenestres du corps, sans<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-214" id="page_vol-1-214"></a>{v. 1, p.214}</span> toy
-deffendre souffisamment contre leur assault et leurs temptacions, en
-telle manière qu’ils ont navrée sa fille, c’est assavoir l’âme de toy,
-de cinq plaies: c’est à dire de tous les péchiés mortels qui entrèrent
-ou cuer parmy chascun des cinq sens naturels. Par ceste semblance
-nostre Seigneur a voulu et souffert que ces trois ennemis sont entrés
-en ta maison par les fenestres et ont navrée ta fille en la manière
-dessus dicte.</p>
-
-<p>Certes, dist Mellibée, je voy bien que vous vous efforciez moult par
-doulces paroles de moy encliner à ce que je ne me venge point de mes
-ennemis, et m’avez monstré moult sagement les périls et les maulx qui
-pourroient advenir de ceste vengence. Mais qui vouldroit considérer
-en toutes vengences tous les périls qui s’en pourroient ensuir, l’en
-ne feroit jamais vengence, et ce seroit moult grant dommage, car par
-vengence les mauvais sont ostés d’entre les bons, et ceulx qui ont cuer
-de mal faire se retraient<a name="FNanchor_337_337" id="FNanchor_337_337"></a><a href="#Footnote_337_337" class="fnanchor">[337]</a> quant ils voient que l’en punist les
-malfaiteurs.</p>
-
-<p>A ce respond dame Prudence: certes, dist-elle, je vous octroie que de
-vengence vient moult de biens, mais faire vengence n’appartient pas à
-un chascun, fors seulement aux juges et à ceulx qui ont la jurisdiction
-sur les malfaiteurs, et dy oultre que ainsi que une personne singulière
-pécheroit en faisant vengence, [ainsi pécheroit le juge en laissant
-faire<a name="FNanchor_338_338" id="FNanchor_338_338"></a><a href="#Footnote_338_338" class="fnanchor">[338]</a> vengence,] car Sénèque dit: cellui nuist aux bons, qui
-espargne les mauvais; et, selon ce que dist Cassiodores, l’en doubte
-faire les oultrages, quant on scet qu’il desplairoit aux juges et aux
-souverains. Et un autre dit: le juge qui<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-215" id="page_vol-1-215"></a>{v. 1, p.215}</span> doubte faire les drois<a name="FNanchor_339_339" id="FNanchor_339_339"></a><a href="#Footnote_339_339" class="fnanchor">[339]</a>,
-fait les gens mauvais; et saint Pol l’appostre dist en l’épistre aux
-Rommains que le juge ne porte pas le glaive sans cause, mais le porte
-pour punir les mauvais [et pour deffendre les] preudomes. Se tu veulx
-doncques avoir ta vengence de tes ennemis, tu recourras au juge qui
-a la jurisdiction sur eulx, et il les punira selon droit, et encores
-s’ils l’ont desservi, en leur avoir<a name="FNanchor_340_340" id="FNanchor_340_340"></a><a href="#Footnote_340_340" class="fnanchor">[340]</a> en telle manière que ils
-demourront povres et vivront à honte.</p>
-
-<p>Hé! dist Mellibée, ceste vengence ne me plaist point: je regarde que
-fortune m’a nourry dès mon enfance et m’a aidié à passer moult de fors
-pas. Je la vueil maintenant essayer, et croy que à l’aide de Dieu elle
-m’aidera à vengier [ma honte].</p>
-
-<p>Certes, dit Prudence, se tu veulx ouvrer de mon conseil, tu ne
-essaieras point fortune ne ne t’appoieras à elle, car, selon ce que
-dit Sénèque, les choses se font folement, qui se font à l’espérance de
-fortune. Car fortune est comme une verrière qui de tant comme elle est
-plus clere et plus resplendissant, de tant est-elle plus tost brisée;
-et pour ce, ne t’y fie point, car elle n’est point estable, et là où
-tu cuideras estre plus seur de son aide, elle te fauldra. Et pour ce
-que tu dis que fortune t’a nourry dès ton enfance, je te dy que de<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-216" id="page_vol-1-216"></a>{v. 1, p.216}</span>
-tant tu te dois moins fier en elle et en ton sens, car Sénèque dit que
-cellui que fortune nourrist trop, elle le fait fol. Puis doncques que
-tu demandes vengence, et la vengence qui se fait selon l’ordre de droit
-et devant le juge ne te plaist, et la vengence qui se fait en espérance
-de fortune est mauvaise et périlleuse et si n’est point certaine,
-tu n’as remède de recours fors au souverain et vray juge qui venge
-toutes villenies et injures, et il te vengera, selon ce que lui mesmes
-tesmoingne: à moy, dit-il, laisse la vengence et je la feray.</p>
-
-<p>Mellibée respondi: Se je, dit-il, ne me venge de la villenie que l’en
-m’a faite, je semondray ceulx qui l’a m’ont faicte et tous autres
-mauvais à moy faire une nouvelle villenie, car il est escript: se tu
-sueffres sans vengier la vieille villenie, tu semons à la nouvelle. Et
-ainsi, par souffrir l’en me feroit tant de villenies de toutes pars
-que je ne le pourroie souffrir ne porter, ains seroie au bas du tout
-en tout, car il est escript: en moult souffrant, t’avendront assez de
-choses que souffrir ne pourras.</p>
-
-<p>Certes, dit Prudence, je te ottroie que trop grant souffrance n’est
-pas bonne, mais pour ce ne s’ensuit-il pas que chascune personne à qui
-l’en fait injure prengne la vengence, car ce appartient aux juges tant
-seulement, qui ne doivent pas souffrir que les villenies et injures ne
-soient vengées. Et pour ce, les deux auctorités que tu as avant traites
-sont entendues tant seulement des juges que quant ils seuffrent trop
-faire les injures et villenies sans punition, ils ne semonnent pas tant
-seulement faire les injures, mais les commandent. Ainsi le dit un sage.
-Le juge, dit-il, qui ne corrige le<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-217" id="page_vol-1-217"></a>{v. 1, p.217}</span> pécheur, luy commande à péchier; et
-pourroient bien tant souffrir les juges et les souverains [de maulx]
-en leur terre, que les malfaiteurs les getteroient hors de leur terre,
-et leur convendroit perdre leur seignorie à la parfin. Mais or posons
-que tu aies licence de toy vengier, je dy que tu n’as pas la puissance
-quant à présent, car se tu veulx faire comparoison de ta puissance à
-la puissance de tes adversaires, tu trouveras trop de choses, selon ce
-que je t’ay monstré dessus, par quoy leur condition est meilleur que la
-tienne, et pour ce je te dy qu’il est bon, quant à maintenant, de toy
-souffrir et avoir patience.</p>
-
-<p>Après, tu scez que l’en dit communément que contendre à plus fort,
-c’est enragerie: contendre à esgal, c’est péril: contendre à moindre,
-c’est honte. Et pour ce, l’en doit fuir toute contention tant comme
-l’en puet, car Salemon dit que c’est grant honneur à homme quant il se
-scet guetter de brigue et de contens. Et se plus fort de toy te griève,
-estudie-toy plus à le appaisier que à toy vengier, car Sénèque dit que
-cellui se met en grant péril, qui se courrouce à plus fort de lui; et
-Caton dit: se plus grant que toy te griefve, sueffre-toy: car cellui
-qui t’a une fois grevé, te pourra une autre fois aidier.</p>
-
-<p>Or posons que tu aies licence et puissance de toy vengier, je dy
-encores que moult de choses sont, qui te doivent retraire et te doivent
-encliner à toy souffrir et avoir patience en l’injure qui t’a esté
-faicte et aux autres tribulations de ce monde.</p>
-
-<p>Premièrement [se tu veulx considérer les deffaulx qui sont en] toy,
-pour lesquels Dieu a voulu souffrir que ceste tribulation te soit
-advenue, selon ce que j’ay<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-218" id="page_vol-1-218"></a>{v. 1, p.218}</span> dit dessus, car le poëte dit que nous
-devons porter en patience les tribulations qui nous viennent, quant
-nous pensons que nous les avons desservies. Et saint Grégoire dit que
-quant un chascun considère le grant nombre de ses défaulx et de ses
-péchiés, les peines et les tribulations qu’il sueffre lui en appairent
-plus petites; et de tant comme<a name="FNanchor_341_341" id="FNanchor_341_341"></a><a href="#Footnote_341_341" class="fnanchor">[341]</a> son péchié monte, lui semble la
-peine plus légière. Après, moult te doit encliner à patience, la
-patience nostre Seigneur Jhésu-Crist, selon ce que dit saint Pierre en
-ses épistres. Jhésu-Crist, dit-il, a souffert [pour nous] et a donné
-exemple à un chascun de lui ensuivre, car il ne fist oncques péchié,
-ne onques de sa bouche n’yssi une villenie. Quant on le maudissoit,
-il ne maudissoit point: quant on le batoit, il ne menaçoit point.
-Après, moult te doit encliner à patience, la grant patience des Sains
-de paradis qui ont eu si grant patience ès tribulations qu’ils ont
-souffertes sans leur coulpe. Après, moult te doit encliner à patience
-que les tribulations de ce monde durent très petit de temps et sont
-tantost passées, et la gloire que l’en acquiert pour avoir patience ès
-tribulations est pardurable, selon ce que dit l’épistre seconde à ceulx
-de Corinthe.</p>
-
-<p>Après, tien fermement que cellui n’est pas bien enseigné qui ne scet
-avoir patience, car Salemon dit que la doctrine de l’omme est congneue
-par patience, et nostre Seigneur dit que patience vaint; et encores dit
-que en nostre patience nous possiderons nos âmes. Et autre part dit
-Salemon que cellui est patient qui se gouverne par grant prudence; et
-cellui mesmes dit que l’omme courrouceux fait les noises, et le patient
-les<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-219" id="page_vol-1-219"></a>{v. 1, p.219}</span> attrempe. Aussi dit-il que mieulx vault estre bien patient que
-bien fort, et plus fait à prisier cellui qui puet avoir la seignourie
-de son cuer que cellui qui par grant force prent les grans cités; et
-pour ce dit saint Jaques en ses épistres que patience est euvre de
-perfection.</p>
-
-<p>Certes, dit Mellibée, je vous ottroye, dame Prudence, que patience
-est une grant vertu, mais chascun ne puet pas avoir la perfection que
-vous alez quérant. Je ne suis pas du nombre des bien parfais, et pour
-ce mon cuer ne puet estre en paix jusques à tant que je soye vengié.
-Et jasoit-ce que en ceste vengence eust grant péril, je regarde que
-aussi [avoit-il grant péril à faire la villenie qui m’a esté faite,
-et toutesvoies] mes adversaires n’ont pas regardé le péril, mais ont
-hardiement acompli leur voulenté, et pour ce il me semble que l’en ne
-me doit pas reprendre se je me met en un pou de péril pour moy vengier
-et se je fais un grant excès, car on dit que excès n’est corrigé
-que par excès, c’est à dire que oultrage ne se corrige fors que par
-oultrage.</p>
-
-<p>Hé! dit dame Prudence, vous dictes vostre voulenté, mais en nul cas
-du monde l’en ne doit faire oultrage ne excès pour soy venger ne
-autrement, car Cassiodores dit que autant de mal fait cellui qui se
-venge par oultrage comme cellui qui a fait oultrage. Et pour ce, vous
-vous devez vengier selon l’ordre de droit, non pas par excès ne par
-oultrage, car ainsi que vous savez que vos adversaires ont péchié
-encontre vous par leur oultrage, [aussi péchiez-vous se vous vous
-voulez venger] autrement que droit ne l’a commandé; et pour ce dit
-Sénèque que l’en ne doit nulle fois vengier<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-220" id="page_vol-1-220"></a>{v. 1, p.220}</span> mauvaistié. Et se vous
-dictes que droit octroie que l’en deffende violence par violence
-et barat par barat, certes c’est vérité quant la deffense se fait
-incontinent et sans intervalle et pour soy deffendre, non pas pour soy
-venger, et s’y convient mettre telle diligence<a name="FNanchor_342_342" id="FNanchor_342_342"></a><a href="#Footnote_342_342" class="fnanchor">[342]</a> et deffense que
-l’en ne puisse reprendre cellui qui se deffent d’excès ne d’oultrage,
-car autrement ce seroit contre droit et contre raison. Or vois-tu
-bien que tu ne fais pas incontinent deffense, ne pour toy deffendre,
-mais pour toy vengier, et si n’as pas voulenté de faire ton fait
-attrempéement; et pour ce il me semble encores que la patience est
-bonne, car Salemon dit que cellui qui n’est pas patient aura dommage.</p>
-
-<p>Certes, dit Mellibée, je vous octroye que quant un homme est impatient
-et courroucié de ce qui ne le touche et ne lui appartient, se dommage
-lui vient n’est pas merveille. Car la règle de droit dit que cellui est
-coupable qui s’entremet de ce qui ne lui appartient point; et Salemon
-dit ès Proverbes que cellui qui s’entremet des noises d’autruy est
-semblable à cellui qui prent le chien par les oreilles. Et aussi comme
-cellui qui tient le chien estrange qu’il ne congnoist est aucune fois
-mors du chien, aussi est-il raison que dommage viengne à cellui qui
-par impatience et par courroux se mesle de la noise d’autruy qui riens
-ne lui appartient. Mais vous savez bien que ce fait me touche moult de
-près, et pour ce j’en suis courroucié et impatient, et ce n’est pas
-merveille; et si ne vois mie, sauve vostre grâce, que grant dommage me
-puisse venir de moy vengier, car je suis plus riche et plus puissant
-que ne<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-221" id="page_vol-1-221"></a>{v. 1, p.221}</span> sont mes adversaires et vous savez bien que par argent se
-gouvernent et font les choses et le fait de ce monde, et Salemon dit
-que toutes choses obéissent à pécune.</p>
-
-<p>Prudence, quant elle oy son mary vanter de sa richesse et de sa
-puissance et soy esjouir, et despriser la povreté de ses adversaires,
-parla en ceste manière: je vous octroie que vous estes riche et
-puissant et que les richesses sont bonnes à ceulx qui les ont bien
-acquises et bien en usent, car ainsi comme le corps ne puet vivre sans
-[l’âme, ainsi ne puet-il vivre sans] les biens temporels, et par les
-richesses l’en puet acquerre les grans lignages et les amis. Et pour
-ce dit Pamphile<a name="FNanchor_343_343" id="FNanchor_343_343"></a><a href="#Footnote_343_343" class="fnanchor">[343]</a>: se la fille d’un bouvier est riche, elle puet
-eslire de mil hommes lequel qu’elle veult pour son mary, car nul ne
-la refusera pas; et dit encores: se tu es, dit-il, bien euré, c’est
-à dire riche, tu trouveras grant nombre de compaignons et d’amis, et
-se ta fortune se change et que tu soies povre, tu demoureras tout
-seul. Et oultre dit Pamphile que par richesses sont nobles ceulx qui
-sont villains par lignage; et ainsi comme de grans richesses vient
-moult de biens, ainsi de grant povreté viennent moult de maulx, car
-grant povreté contraint la personne à moult de maulx faire, et pour ce
-[l’appelle Cassiodores mère de crimes, et dit aussi] Pierre Alphons:
-une des grans adversités de ce siècle, si est quant un homme franc par
-nature est contraint par povreté mendier l’aumosne de son ennemy; et
-la raison de ce rent Innocent<a name="FNanchor_344_344" id="FNanchor_344_344"></a><a href="#Footnote_344_344" class="fnanchor">[344]</a> en un sien livre, disant: dolente
-et meschant est la condition des povres mendians, car se<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-222" id="page_vol-1-222"></a>{v. 1, p.222}</span> ils ne
-demandent, ils meurent de fain, et se ils demandent, ils meurent de
-honte; et toutesvoies nécessité les contraint à demander. Et pour ce
-dit Salemon que mieulx vault mourir que avoir telle povreté, car, selon
-ce qu’il dit autre part, mieulx vault la mort amère que telle vie.</p>
-
-<p>Par les raisons que je t’ay dictes et moult d’autres que dire je te
-pourroie, je t’ottroie que bonnes sont les richesses à ceulx qui
-bien les acquièrent et qui bien en usent; et pour ce, je te vueil
-monstrer comment tu te dois avoir en amassant les richesses et en
-usant d’icelles. Premièrement, tu les dois acquerre non mie ardemment,
-mais à loisir et attrempéement et par mesure, car l’homme qui est trop
-ardent d’acquerre richesses se abandonne légièrement à tous vices et
-à tous autres maulx; et pour ce dit Salemon: qui trop se haste de soy
-enrichir, il ne sera pas innocent; et dit aussi autre part que la
-richesse hastivement venue, hastivement s’en va, mais celle qui est
-venue petit à petit se croist tousjours et se multiplie. Après, tu dois
-acquerre les richesses par ton sens et par ton travail, à ton prouffit
-et sans dommage d’autruy, car la loy dit que nul ne se face riche au
-dommage d’autruy, et Tulles dit que douleur, ne peine, ne mort, ne
-autre chose qui puisse advenir à homme, n’est tant contraire à homme
-ne contre nature, comme accroistre ses richesses au dommage d’autruy;
-et Cassiodores dit que vouloir accroistre sa richesse de ce petit que
-le mendiant a, surmonte toute cruaulté. Et pour ce que tu les puisses
-acquerre plus loyaulment, tu ne dois pas estre oiseux ne paresseux de
-faire ton prouffit, mais dois fuir toute oisiveté, car Salemon dit que
-oisiveté enseigne moult<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-223" id="page_vol-1-223"></a>{v. 1, p.223}</span> de maulx à faire; et dit autre part que cellui
-qui travaille et cultive sa terre mengera du pain, mais cellui qui est
-oiseux cherra en povreté et mourra de fain. Cellui qui est oiseux ne
-treuve nul temps convenable à faire son prouffit, car, selon ce que dit
-un versifieur, il s’excuse en yver de ce qu’il fait trop froit, et en
-esté de ce qu’il fait trop chault. Pour ces causes dit Caton: veille
-souvent et ne t’abandonne à trop dormir, car trop grant repos est le
-nourissement des vices. Et pour ce dit saint Jhérome: fay tousjours
-aucunes bonnes euvres pour ce que l’ennemi ne te treuve oiseux, car
-l’ennemi ne trait pas légièrement en son euvre celluy qui est occupé
-en bonnes euvres. En acquérant doncques les richesses, tu dois fuir
-oisiveté.</p>
-
-<p>Après, des richesses que tu auras acquises par ton sens et par ton
-travail et deuement, tu dois user en telle manière, c’est assavoir
-que tu ne sois tenu pour trop eschars ne pour fol larges, car ainsi
-comme fait à blasmer avarice, ainsi fait à blasmer et reprendre folle
-largesse. Et pour ce dit Caton: use des choses acquises par telle
-manière que l’en ne t’appelle pas povre ne chétif, car grant honte est
-à homme qui a le cuer povre et la bourse riche. Aussi dist-il: use
-des biens que tu auras acquis, sagement, sans mésuser, car ceulx qui
-folement desgastent ce qu’ils ont, quant ils n’ont plus riens, ils se
-abandonnent légièrement à prendre l’autrui. Je dy doncques que tu dois
-fuir avarice en usant des richesses acquises, en telle manière que l’en
-ne die pas que tes richesses soient ensevelies, mais que tu les as en
-ta puissance; car un sage reprent l’omme aver et dit ainsi en deux
-vers: pourquoy homme qui est cendre et qui mourir<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-224" id="page_vol-1-224"></a>{v. 1, p.224}</span> convient, ensevelit
-son avoir par si grant avarice? Pourquoy se joinct-il tant à son avoir
-que l’en ne puet l’en déssevrer? Car quant il mourra, il ne l’emportera
-pas avec soy. Et pour ce dit saint Augustin: l’omme aver est semblable
-à enfer, car plus dévoure, et plus veult dévourer. Et ainsi comme tu
-dois d’avoir user en manière que l’en ne te clame aver et chétif, ainsi
-tu te dois garder que l’en ne te clame pour un fol large. Pour ce dit
-Tulles: les biens de ton hostel ne doivent pas estre tant enclos que
-pitié ne débonnaireté ne les puissent ouvrir, et aussi ne doivent-ils
-pas tant estre ouvers qu’ils soient abandonnés à un chascun.</p>
-
-<p>Après, en acquérant les richesses et en usant d’icelles, tu dois
-tousjours avoir trois choses en ton cuer, c’est assavoir Dieu,
-conscience et bonne fame et renommée. Tu dois doncques avoir Dieu en
-ton cuer, car pour nulle richesse tu ne dois faire chose qui desplaise
-à Dieu ton créateur, car, selon le dit Salemon, mieulx vault petit
-avoir et de Dieu la paour que grant trésor acquerre et perdre son
-seigneur. Et le philosophe dit que mieulx vault estre preudome et petit
-avoir que estre mauvais et avoir grans richesses. Après, je dy que tu
-dois acquerre et user des richesses, sauve tousjours ta conscience,
-car l’appostre dit que la chose dont nous devons avoir plus grant
-gloire, si est quant nostre conscience nous porte bon tesmoignage; et
-le sage dit: bonne est la substance dont l’acquérir ne nuit point à la
-conscience.</p>
-
-<p>Après, en acquérant les richesses et en usant d’icelles, tu dois
-avoir grant cure et grant diligence comment ta bonne fame et renommée
-soit tousjours gardée, car il est escrit: le gaing doit estre appellé
-perte, qui sa<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-225" id="page_vol-1-225"></a>{v. 1, p.225}</span> bonne fame ne garde; et Salemon dit: mieulx vault la
-bonne renommée que les grans richesses; et pour ce, il dit autre part:
-aies grant diligence de garder ton bon renom et ta bonne fame, car
-ce te demourra plus que nul trésor grant et précieux. Et certes il
-ne doit pas estre dit gentils homs, qui toutes autres choses arrière
-mises après Dieu et conscience, n’a grant diligence de garder sa
-bonne renommée. Pour ce dit Cassiodores: il est signe de gentil cuer,
-quant il affecte et désire bon nom et bonne fame; et pour ce dit
-saint Augustin: deux choses te sont nécessaires, c’est assavoir bonne
-conscience pour toy, bonne fame pour ton prouchain: et cellui qui tant
-se fie en sa bonne conscience qu’il néglige sa bonne renommée et ne
-fait force de la garder, il est cruel et villain.</p>
-
-<p>Or t’ay-je monstré comment tu te dois porter en acquérant les richesses
-et usant d’icelles; et pour ce que vous vous fiez tant en vos richesses
-que pour la fiance que vous y avez vous voulez mouvoir guerre [et faire
-bataille, je vous conseille que vous ne commencez point guerre, car la
-grant] fiance de vos richesses ne souffit point à guerre maintenir.
-Pour ce dit un philosophe: homme qui guerre vuelt avoir, n’aura jà à
-souffisance avoir, car de tant comme l’omme est plus riche, de tant lui
-convient faire plus grans mises se il veut avoir honneur et victoire;
-car Salemon dit: où plus a de richesses, plus a de despendu. Après,
-très chier seigneur, jasoit-ce que par vos richesses moult de gens vous
-puissiez avoir, toutesvoies pour ce ne vous convient pas commencier
-guerre là où vous povez avoir autrement paix à vostre honneur et à
-vostre proffit, car la victoire des batailles de ce monde ne gist pas
-ou<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-226" id="page_vol-1-226"></a>{v. 1, p.226}</span> grant nombre de gens ne en la vertu des hommes, mais en la main
-et en la voulenté de Dieu. Et pour ce, Judas Machabeus qui estoit
-chevalier de Dieu, quant il se deut combattre contre son adversaire
-qui avoit plus grant nombre de gens qu’il n’avoit, il reconforta sa
-petite compaignie et dit: aussi légièrement puet donner Dieu victoire à
-pou de gens comme à moult, car la victoire des batailles ne vient pas
-du grant nombre de gens, mais vient du ciel. Et pour ce, très chier
-seigneur, que nul n’est certain s’il est digne que Dieu lui doint
-victoire ne plus que il est certain se il est digne de l’amour de Dieu
-ou non, selon ce que dit Salemon, un chascun doit avoir grant paour de
-faire guerre, et pour ce que ès batailles a moult de périls, et advient
-aucunes fois que aussi tost occist-l’en le grant comme le petit.
-Car, selon ce qu’il est escript ou second livre des Rois, les fais
-des batailles sont adventureux et ne sont pas certains<a name="FNanchor_345_345" id="FNanchor_345_345"></a><a href="#Footnote_345_345" class="fnanchor">[345]</a>, ainçois
-également occist maintenant l’un, maintenant l’autre; et pour ce que
-péril y a, tout homme sage doit fuir les guerres tant comme il puet
-bonnement, car Salemon dit: qui aime le péril, il cherra en péril.</p>
-
-<p>Après ce que dame Prudence ot parlé, Mellibée respondi: je voy bien,
-dist-il, dame Prudence, par vos belles parolles et par les raisons que
-vous mettez avant, que la guerre ne vous plaist point, mais je n’ay pas
-encore oy vostre conseil comment je me doy porter en ceste besongne.</p>
-
-<p>Certes, dist-elle, je vous conseille que vous accordiez<a name="FNanchor_346_346" id="FNanchor_346_346"></a><a href="#Footnote_346_346" class="fnanchor">[346]</a> à vos
-adversaires et que vous ayez paix avec eulx,<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-227" id="page_vol-1-227"></a>{v. 1, p.227}</span> car Sénèque dit en ses
-escrips que par concorde les richesses petites deviennent grandes, et
-par discorde les grandes deviennent petites et vont à déclin et se
-fondent tousjours; et vous savez que un des grans biens de ce monde ce
-est paix. Pour ce dit Jhésu-Crist à ses appostres: bieneurés sont ceulx
-qui aiment et pourchassent la paix, car ils sont appellés enfans de
-Dieu.</p>
-
-<p>Hé! dist Mellibée, or voy-je bien que vous n’aimez pas mon honneur.
-Vous savez que mes adversaires ont commencié la riote et la brigue
-par leur oultrage, et voiez qu’ils ne requièrent point la paix et ne
-demandent pas la réconciliation; vous voulez doncques que je me voise
-humilier et crier mercy? Certes, ce ne seroit pas mon honneur, car
-ainsi comme l’on dit que trop grant familiarité engendre mesprisement,
-aussi fait trop grant humilité.</p>
-
-<p>Lors, dame Prudence fit semblant d’estre courrouciée et dist: Sire!
-Sire! sauve vostre grâce, j’aime vostre honneur et vostre prouffit
-comme le mien propre, et l’ay tousjours aimé, et vous ne autre ne
-veistes oncques le contraire. Et se je vous avoie dit que vous deviez
-pourchasser la paix et la réconciliation, je n’auroie pas tant mespris
-comme il vous semble, car un sage dit: la dissension tousjours commence
-par autre et la paix par toy; et le prophète dit: fuy le mal et
-fay le bien, quier la paix et la pourchasse tant comme tu pourras.
-Toutesvoies, je ne vous ay pas dit que vous requérez la paix premier
-que vos adversaires, car je vous sçay bien de si dur cuer que vous ne
-feriez à pièce<a name="FNanchor_347_347" id="FNanchor_347_347"></a><a href="#Footnote_347_347" class="fnanchor">[347]</a><span class="pgnum"><a name="page_vol-1-228" id="page_vol-1-228"></a>{v. 1, p.228}</span> tant pour moy, et toutesvoies Salemon dit que mal
-vendra en la fin à cellui qui a le cuer trop dur.</p>
-
-<p>Quant Mellibée oy dame Prudence faire semblant de courroux, si dist:
-Dame, je vous prie qu’il ne vous desplaise chose que je vous die, car
-vous savez que je suis courroucié, et n’est mie merveille, et ceulx qui
-sont courrouciés ne scevent pas bien qu’ils font ne qu’ils dient; pour
-ce, dit le philosophe que les troublés ne sont pas bien cler-voyans.
-Mais dictes et conseilliez ce qu’il vous plaira, et je suis appareillié
-du faire; et se vous me reprenez de ma folie, je vous en doy plus
-prisier et amer, car Salemon dit que cellui qui durement reprent cellui
-qui fait folie, il doit trouver plus grant grâce envers lui que cellui
-qui le déçoit par doulces paroles.</p>
-
-<p>Je, dit Prudence, ne fay semblant d’estre yrée et courroucée fors
-pour vostre grant prouffit, car Salemon dit: mieulx vault cellui qui
-le fol reprent et qui lui monstre semblant d’ire, que le loer quant
-il mesprent, et de ses grans folies rire; et dit après que par la
-tristesse du visage corrige le fol son courage.</p>
-
-<p>Adoncques dit Mellibée: Dame je ne sauroie respondre à tant de belles
-raisons que vous mettez avant: dictes-moy briefment vostre voulenté et
-vostre conseil, et je suis appareillié de l’acomplir.</p>
-
-<p>Lors, dame Prudence descouvrit toute sa voulenté et dist ainsi: Je
-conseille que devant toutes choses vous faciez paix à Dieu et vous
-réconciliez à lui, car, selon ce que je vous ay dit autres fois, il
-vous a souffert advenir ceste tribulation par vos péchiés, et se
-vous faites ce, je vous promects de par lui que il vous amènera vos
-adversaires [à vos piés et appareillés de faire<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-229" id="page_vol-1-229"></a>{v. 1, p.229}</span> toute vostre voulenté,
-car] Salemon dit: quant les voies des hommes plaisent à Dieu, il leur
-convertit leurs ennemis et les contraint de requérir paix. Après, je
-vous prie qu’il vous plaise que je parle à secret à vos ennemis et
-adversaires, sans faire semblant que ce viengne de vostre consentement:
-et lors, quant je sauray leur voulenté, je vous pourray conseiller plus
-seurement.</p>
-
-<p>Faites, dit Mellibée, toute vostre voulenté, car je met tout mon fait
-en vostre disposition.</p>
-
-<p>Lors dame Prudence, quant elle vit la bonne voulenté de son mary, si
-ot délibération en soy mesmes et pensa comment elle pourroit mener
-ceste besongne à bonne fin. Et quant elle vit que temps fut, elle manda
-les adversaires en secret lieu, et leur proposa sagement les grans
-biens qui sont en paix et les grans périls qui sont en guerre, et leur
-enseigna moult doulcement comment ils se devoient repentir de l’injure
-qu’ils avoient faite à Mellibée son seigneur, à elle et à sa fille.</p>
-
-<p>Quant ceulx oïrent les doulces paroles de dame Prudence, ils furent si
-surprins et orent si grant joie que nul ne le pourroit extimer. Hé!
-dame, dirent-ils, vous nous avez dénoncié en la bénéisson de doulceur
-selon ce que dit David le prophète, car la réconciliation dont nous
-ne sommes pas dignes et que nous vous deussions requerre à grant
-dévotion et à grant humilité, vous, par vostre grant doulceur, la nous
-avez présentée. Or véons-nous bien que la sentence Salemon est vraie,
-qui dit que doulce parole multiplie les amis et fait débonnaires les
-ennemis. Certes, dirent-ils, nous mettons nostre fait en vostre bonne
-voulenté, et sommes appareilliés en tout et par tout obéir au dit et
-au commandement<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-230" id="page_vol-1-230"></a>{v. 1, p.230}</span> de monseigneur Mellibée; et pour ce, très chère dame
-et bénigne, nous vous requérons et prions tant humblement comme nous
-povons plus, que il vous plaise acomplir par fait vos douces paroles.
-Toutesvoies, très chère dame, nous considérons et congnoissons que
-nous avons offendu monseigneur Mellibée oultre mesure et plus que ne
-pourrions amender, et pour ce nous obligons nous et nos amis à faire
-toute sa voulenté et son commandement; mais, par aventure, il, comme
-courroucié, nous donnera telle peine que nous ne pourrons acomplir ne
-porter. Et pour ce, plaise vous avoir en ce fait tel advisement que
-nous et nos amis ne soions mie déshérités et perdus par nostre folie.</p>
-
-<p>Certes, dit Prudence, il est dure chose et périlleuse que un homme se
-commette du tout en l’arbitrage et en la puissance de ses ennemis,
-car Salemon dit: oiez-moy, dit-il, tous peuples et toutes gens et
-gouverneurs de l’Église: à ton fils, à ta femme, à ton frère et à ton
-ami ne donne puissance sur toy, en toute ta vie. Se il a doncques
-deffendu que l’en ne donne puissance sur soy à frère ne ami, par plus
-fort raison il deffend que l’en ne la donne à son ennemi. Toutesvoies,
-je vous conseille que vous ne vous deffiez point de mon seigneur: je
-le congnois et sçay qu’il est debonnaire, large et courtois, et n’est
-point convoiteux d’avoir; il ne désire en ce monde fors honneur tant
-seulement. Après, je sçay bien que en ceste besongne il ne fera riens
-sans mon conseil, et je feray, se Dieu plaist, que ceste chose vendra à
-bonne fin, en telle manière que vous vous devrez loer de moy.</p>
-
-<p>Adonc, dirent-ils: nous mettons nous et nos biens, en tout et partout,
-en vostre ordonnance et disposition<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-231" id="page_vol-1-231"></a>{v. 1, p.231}</span>, et sommes appareilliés de venir
-au jour que vous nous vouldrez donner, et faire obligation si forte
-comme il vous plaira, que nous acomplirons la voulenté de monseigneur
-Mellibée et la vostre.</p>
-
-<p>Dame Prudence, quant elle oy la responce d’iceulx, si leur commanda
-retourner en leurs lieux secrètement; elle d’autre part s’en retourna
-vers son seigneur Mellibée, et lui conta comment elle avoit trouvé ses
-adversaires repentans et recongnoissans leurs péchiés, et appareilliés
-à souffrir toutes peines, et requérans sa pitié et sa miséricorde.</p>
-
-<p>Lors Mellibée respondi: Icellui est digne de pardon, qui ne excuse
-point son péchié, mais le recongnoist et s’en repent et demande
-indulgence; car Sénèque dit: là est rémission où est confession, car
-confession est prouchaine à innocence; et dit autre part: cellui est
-presque innocent qui a honte de son péchié et le recongnoist. Et pour
-ce je me accorde à paix, mais il est bon que nous la facions de la
-voulenté et du consentement de nos amis.</p>
-
-<p>Lors Prudence fist une chière lie et joieuse et dist: Certes, vous avez
-trop bien parlé, car tout ainsi comme par le conseil et aide de vos
-amis vous avez eu en propos de vous vengier et de faire guerre, aussi
-sans demander leur conseil vous ne devez accorder ne faire paix, car la
-loy dit que nulle chose n’est tant selon nature comme la chose deslier
-par ce dont elle a esté liée.</p>
-
-<p>Lors incontinent dame Prudence envoia messagiers et manda querre leurs
-parens et leurs anciens amis loyaulx et sages, et leur raconta le
-fait en la présence de Mellibée tout par ordre et en la guise que il
-est devisé<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-232" id="page_vol-1-232"></a>{v. 1, p.232}</span> par dessus, et leur demanda quel conseil ils donroient
-sur ce. Lors les amis Mellibée, toutes choses considérées et icelles
-dessusdictes mesmes délibérées et examinées à grant diligence,
-donnèrent conseil de paix faire et que l’en les receust à miséricorde
-et à mercy. Quant dame Prudence ot oy le consentement de son seigneur
-et le conseil de ses amis à son entention, si fut moult joyeuse de
-cuer. L’en dist, fist-elle, ès Proverbes: le bien que tu peus faire au
-matin, n’attens pas le soir ne l’endemain, et pour ce je te conseille
-que tantost messagiers sages et advisés tu envoies à iceulx gens pour
-leur dire que se ils veullent traictier de paix et d’accord ainsi comme
-ils se sont présentés, que ils se traient vers nous incontinent et sans
-dilation, ensemble leurs fiances<a name="FNanchor_348_348" id="FNanchor_348_348"></a><a href="#Footnote_348_348" class="fnanchor">[348]</a> loyaulx et convenables.</p>
-
-<p>Ainsi comme dame Prudence le conseilla, ainsi fut-il fait. Quant iceulx
-trois malfaicteurs et repentans de leurs folies oïrent les messagiers,
-ils furent liés et joyeux et respondirent, en rendant grâces à
-monseigneur Mellibée et à toute sa compaignie, qu’ils estoient prests
-et appareilliés d’aler vers eulx sans dilation et de obéir en tout et
-partout à leur commandement. Et tantost après, ils se mirent à la voie
-d’aler à la court monseigneur Mellibée, ensemble leurs femmes et aucuns
-de leurs amis loyaulx.</p>
-
-<p>Quant Mellibée les ot en sa présence, si dist: Il est vérité que vous,
-sans cause et sans raison, avez fait injure à moy, à ma femme Prudence
-et à ma fille, en entrant en ma maison à violence et en faisant tel
-oultrage comme chascun scet, pour laquelle cause vous<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-233" id="page_vol-1-233"></a>{v. 1, p.233}</span> avez mort
-desservie; et pour ce je vueil savoir de vous se vous vous voulez
-mettre du tout à la punition et à la vengence de cest oultrage à ma
-voulenté et à la voulenté de ma femme.</p>
-
-<p>Lors l’ainsné et le plus sage de ces trois respondi pour tous. Sire,
-dit-il, nous ne sommes pas dignes de venir à la court de si noble,
-ne de tel homme comme vous estes, car nous avons tant meffait que
-en vérité nous sommes dignes de mort, non pas de vie. Toutesvoies,
-nous nous confions en vostre doulceur et en la debonnaireté dont
-vous estes renommé par tout le monde et pour ce nous nous offrons et
-sommes appareilliés de obéir à tous vos commandemens, et vous prions à
-genoulx et à larmes que vous ayez pitié et miséricorde de nous. Lors
-Mellibée [les releva] bénignement [et] receut leurs obligations par
-leur serement et par leurs pleiges<a name="FNanchor_349_349" id="FNanchor_349_349"></a><a href="#Footnote_349_349" class="fnanchor">[349]</a>, et leur assigna journée de
-retourner à sa court et de eulx offrir à sa personne pour oïr sentence
-à sa voulenté<a name="FNanchor_350_350" id="FNanchor_350_350"></a><a href="#Footnote_350_350" class="fnanchor">[350]</a>.</p>
-
-<p>Ces choses ainsi ordonnées, et un chascun d’une part et d’autre départi
-de ensemble, dame Prudence parla premièrement à son seigneur Mellibée
-et lui demanda quelle vengence il entendoit prendre de ses adversaires.
-Certes, dit Mellibée, je entens à les déshériter de tout ce qu’ils ont
-et eulx envoïer oultre mer, sans demourer plus en ce païs ne retourner.</p>
-
-<p>Certes, dit Prudence, ceste sentence seroit moult<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-234" id="page_vol-1-234"></a>{v. 1, p.234}</span> félonneuse et contre
-raison, car tu es trop riches et n’as pas besoing de l’autruy richesse
-ne de l’autrui argent, et pourroies estre par raison notés et repris
-de convoitise qui est un grant vice et racine de tous maulx. Et, selon
-ce que dit l’appostre, il te vauldroit mieulx tout [perdre du tien
-que prendre le leur; par ceste manière mieulx vault] perdre à honneur
-que tout gaignier à honte; et autre part aussi: le gaing doit estre
-appellé perte, qui la bone fame ne garde; et dit oultre que l’en ne se
-doit pas seulement garder de faire chose par quoy l’en perde sa bonne
-fame, mais se doit-on tousjours efforcier de faire chose aucune pour
-acquérir nouvelle et meilleur fame, car il est escript: la vieille fame
-est tost alée quant elle n’est renouvellée. Après, quant à ce que tu
-dis que tu les veulx envoïer oultre la mer sans jamais retourner, il me
-semble que ce seroit mésuser de la puissance que ils t’ont donnée sur
-eulx pour faire à toi honneur et révérence, et le droit dit que cellui
-est digne de perdre son prévilège qui mésuse de la puissance qui lui
-a esté donnée. Et dis plus, car supposé que tu leur puisses enjoindre
-telle peine selon droit, laquelle chose je ne octroie mie, je dis que
-tu ne la pourroies pas mener de fait à exécution, ains, par aventure,
-convendroit retourner à guerre comme devant. Et pour ce, se tu veulx
-que l’en obéisse à toy, il te convient sentencier plus courtoisement,
-car il est escript: à cellui qui plus doulcement commande, obéist-l’en
-le mieulx; et pour ce je te prie que, en ceste besongne te plaise
-vaincre ton cuer, car Sénèque dit: deux fois vaint, qui son cuer vaint;
-et Tulles aussi dit: riens ne fait tant à loer en grant homme que quant
-il est debonnaire et s’appaise légièrement. Et pour ce je te prie<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-235" id="page_vol-1-235"></a>{v. 1, p.235}</span>
-qu’il te plaise toy porter en telle manière en ceste vengence que ta
-bonne fame soit gardée et que tu soies loé de pitié et de doulceur, et
-qu’il ne te conviengne pas repentir de chose que tu faces, car Sénèque
-dit: mal vaint qui se repent de sa victoire. Pour ces choses je te prie
-que tu adjoustes à ton jugement miséricorde, à celle fin que Dieu ait
-de toy miséricorde en son derrain jugement, car saint Jacques dit en
-son épistre: jugement sans miséricorde sera fait à cellui qui ne fera
-miséricorde, car justice sans miséricorde est tirannie.</p>
-
-<p>Quant Mellibée ot oy toutes les paroles dame Prudence et ses sages
-enseignemens, si fut en grant paix de cuer et loua Dieu qui lui avoit
-donné si sage compaigne, et quant la journée vint que ses adversaires
-comparurent en sa présence, il parla à eulx moult doulcement et dit:
-Jasoit-ce que vous vous soiez portés envers nous moult orguilleusement,
-et de grant présumption vous soit advenu, toutesvoies la grant humilité
-que je voy en vous me contraint à vous faire grâce, et pour ce nous
-vous recevons en nostre amitié et en nostre bonne grâce, et vous
-pardonnons toutes injures et tous vos meffais encontre nous, à celle
-fin que Dieu au point de la mort nous vueille pardonner les nostres.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Belle seur, ainsi povez-vous veoir comment sagement ceste bonne preude
-femme Prudence refraigni et couvri la grant douleur qu’elle mesmes
-avoit en son cuer, qui estoit si triste et si dolente pour l’injure
-qu’elle et sa fille avoient soufferte en leur propre corps, dont
-elle ne disoit un seul mot pour ce qu’il sembloit et vray estoit que
-Mellibée s’en fust plus désespéréement esmeu que devant; et ainsi
-monstroit bien qu’elle l’aimoit, et sagement<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-236" id="page_vol-1-236"></a>{v. 1, p.236}</span> le rapaisoit; ne icelle
-bonne dame ne se démonstroit estre courrouciée fors que par le courroux
-que son mary prenoit tant seulement, et le sien courroux céloit et
-tapissoit en son cuer, sans en faire quelconque démonstrance. Vous
-povez aussi par ce que dit est en l’istoire veoir comment sagement
-et subtillement, par bonne meurté et humblement, elle admonnestoit
-son mary à tolérer et dissimuler son injure et luy preschoit patience
-sur si grant cas, et devez considérer les grans et cordiales pensées
-que luy en convenoit avoir jour et nuit à trouver si fors argumens
-et si vives raisons pour oster la rigueur de l’emprise à quoy son
-mary tendoit. A ce monstroit-elle bien qu’elle l’amoit et pensoit
-à le retraire de sa fole voulenté, et povez veoir comment sagement
-en la parfin elle amolia le courage d’icellui, et comment la bonne
-dame, sans cesser, pourchassa par divers intervalles et exploita tant
-qu’elle l’appaisa du tout. Et pour ce je vous di que ainsi sagement,
-subtillement, cautement et doulcement doivent les bonnes dames
-conseillier et retraire leurs maris des folies et simplesses dont elles
-les voyent embrasés et entéchiés, et non mie cuidier les retourner par
-maistrise, par hault parler, par crier à leurs voisins ou par les rues,
-ou par les blasmer, par elles plaindre à leurs amis et parens, ne par
-autres voies de maistrise. Car tout ce ne vault fors engaignement<a name="FNanchor_351_351" id="FNanchor_351_351"></a><a href="#Footnote_351_351" class="fnanchor">[351]</a>
-et renforcement de mal en pis, car cuer d’homme envis<a name="FNanchor_352_352" id="FNanchor_352_352"></a><a href="#Footnote_352_352" class="fnanchor">[352]</a> se corrige
-par domination ou seignourie de femme, et sachiez qu’il n’est si povre
-homme ne de si petite valeur, puis qu’il soit marié, qui ne vueille
-seignourir<a name="FNanchor_353_353" id="FNanchor_353_353"></a><a href="#Footnote_353_353" class="fnanchor">[353]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-237" id="page_vol-1-237"></a>{v. 1, p.237}</span></p>
-
-<p>Encores ne me vueil-je pas taire d’un exemple servant au propos de
-retraire son mary par debonnaireté, lequel exemple je oys pieçà compter
-à feu mon père dont Dieux ait l’âme, qui disoit que il y avoit une
-bourgoise demeurant à Paris, appelée dame Jehanne la Quentine qui
-estoit femme de Thomas Quentin. Elle sceut que le dit Thomas son mary
-simplement et nicement foloioit et repairoit et aucunefois gisoit
-avec une povre fille qui estoit filleresse de laine au rouet, et
-longuement, sans en monstrer semblant ou dire un seul mot, le tolléra
-icelle dame Jehanne et le souffri moult patiemment; et en la parfin
-enquist où icelle povre fille demouroit et tant en enquist qu’elle le
-sceut. Et vint en l’hostel et trouva la povre fille qui n’avoit aucune
-garnison<a name="FNanchor_354_354" id="FNanchor_354_354"></a><a href="#Footnote_354_354" class="fnanchor">[354]</a> quelconque, ne de busche, ne de lart, ne de chandelle, ne
-de huille, ne de charbon, ne de rien, fors un lit et une couverture,
-son touret<a name="FNanchor_355_355" id="FNanchor_355_355"></a><a href="#Footnote_355_355" class="fnanchor">[355]</a> et bien pou d’autre mesnage. Si luy dist tels mots:
-Ma mie, je suis tenue de garder mon mary de blasme, et pour ce que je
-sçay qu’il prent plaisir en vous et vous aime et qu’il repaire céans,
-je vous prie que de luy vous parliez en<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-238" id="page_vol-1-238"></a>{v. 1, p.238}</span> compaignie le moins que vous
-pourrez, pour eschever son blasme, le mien et de nos enfans, et que
-vous le céliez de vostre part, et je vous jure que vous et luy serez
-bien célés de la moye part, car puisqu’ainsi est qu’il vous aime, mon
-intention est de vous amer, secourir et aidier de tout ce dont vous
-aurez à faire, et vous l’apparcevrez bien; mais je vous prie du cuer
-que son péchié ne soit révélé ne publié. Et pour ce que je sçay qu’il
-est de bonnes gens<a name="FNanchor_356_356" id="FNanchor_356_356"></a><a href="#Footnote_356_356" class="fnanchor">[356]</a>, qu’il a esté tendrement nouri, bien peu, bien
-chauffé, bien couchié et bien couvert à mon povoir, et que je voy que
-de luy bien aisier vous avez pou de quoy, j’ai plus chier que vous et
-moy le gardions en santé que je seule le gardasse malade. Si vous prie
-que vous l’amez et gardez et servez tellement que par vous il soit
-refraint et contregardé de viloter ailleurs en divers périls; et sans
-ce qu’il en sache riens, je vous envoieray une grant paelle pour luy
-souvent laver les piés, garnison de busche pour le chauffer, un bon lit
-de duvet, draps et couverture selon son estat, cuevrechiefs, orilliers,
-chausses et robelinges nettes; et quant je vous envoieray des nettes,
-si m’envoiez les sales, et que de tout ce qui sera entre vous et moy
-qu’il n’en sache rien, qu’il ne se hontoie; pour Dieu faictes avec luy
-si sagement et secrètement qu’il n’apparçoive de nostre secret. Ainsi
-fu promis et juré: Jehanne la Quentine s’en parti et sagement envoya ce
-qu’elle avoit promis.</p>
-
-<p>Quant Thomas vint au vespre à l’hostel de la jeune fille, il ot ses
-piés lavés et fut très bien couchié en lit de duvet, en grans draps
-déliés pendans d’une part et<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-239" id="page_vol-1-239"></a>{v. 1, p.239}</span> d’autre<a name="FNanchor_357_357" id="FNanchor_357_357"></a><a href="#Footnote_357_357" class="fnanchor">[357]</a>, très bien couvert, mieulx
-qu’il n’avoit accoustumé, et l’endemain eust robelinge blanche,
-chausses nettes et beaulx souliers<a name="FNanchor_358_358" id="FNanchor_358_358"></a><a href="#Footnote_358_358" class="fnanchor">[358]</a> tous frais. Il se donna grant
-merveille de ceste nouvelleté et fut moult pensif, et ala oïr messe
-comme il avoit accoustumé, et retourna à la fille et lui mist sus que
-ces choses venoient de mauvais lieu, et moult aigrement l’accusa de
-mauvaistié afin qu’elle en sa deffense luy dist dont ce luy estoit
-venu. Or savoit-il bien qu’il l’avoit laissée povre deux ou trois jours
-devant, et que en si pou de temps ne povoit-elle pas estre de tant
-enrichie. Quant elle se vit ainsi accusée et qu’il la convint respondre
-pour soy deffendre, elle sceut bien tant de la conscience d’icellui
-Thomas que de ce qu’elle luy dirait il l’en croirait, si n’ot loy de
-mentir et lui dist la vérité de tout ce que dessus est dit.</p>
-
-<p>Lors vint ledit Thomas tout honteux en son hostel et plus pensif que
-devant, mais un seul mot ne dist à ladicte Jehanne sa femme, ne elle
-à luy, mais le servi très joyeusement, et très doulcement dormirent
-luy et sa femme la nuit ensemble sans en dire l’un à l’autre un seul
-mot. L’endemain ledit Thomas de son seul mouvement ala oïr messe et
-se confessa de ses péchiés, et tantost après retourna à la fille et
-luy donna ce qu’elle avoit du sien, et voua continence et de soy
-abstenir de toutes femmes excepté de sa femme, tant comme il vivroit.
-Et ainsi le retrahi sa femme par subtilleté et moult humblement, et
-cordieusement l’aima depuis. Et ainsi sagement, non pas par maistrise
-ne par haultesse, doivent les bonnes dames conseiller et retraire
-leurs<span class="pgnum"><a name="page_vol-1-240" id="page_vol-1-240"></a>{v. 1, p.240}</span> maris par humilité; ce que les mauvaises ne scevent, ne leur
-cuer ne le puet endurer, dont leurs besongnes vont souvent pis que
-devant. Et jasoit-ce que plusieurs autres exemples on y pourroit donner
-qui seraient longs à escripre, toutesvoies ce vous doit assez souffire
-quant à cest article, car de ce derrenier cas n’avez-vous garde, et
-aussi en savez-vous bien oster le péril<a name="FNanchor_359_359" id="FNanchor_359_359"></a><a href="#Footnote_359_359" class="fnanchor">[359]</a>.</p>
-
-<div class="headd">
-<p class="c">
-FIN DE LA PREMIÈRE DISTINCTION ET DU TOME PREMIER. </p>
-</div>
-
-<h1>
-LE<br />
-<br />
-MÉNAGIER DE PARIS,</h1>
-
-<p class="cb"><big>TRAITÉ</big><br />
-<br />
-DE MORALE ET D’ÉCONOMIE DOMESTIQUE<br />
-<br />
-<small>COMPOSÉ VERS 1393,</small><br />
-<br />
-PAR UN BOURGEOIS PARISIEN,<br />
-<br />
-<small>CONTENANT<br />
-<br />
-Des préceptes moraux, quelques faits historiques, des instructions<br />
-sur l’art de diriger une maison, des renseignemens sur la consommation<br />
-du Roi, des Princes et de la ville de Paris, à la fin du quatorzième siècle, des conseils<br />
-sur le jardinage et sur le choix des chevaux; un traité de cuisine fort étendu,<br />
-et un autre non moins complet sur la chasse à l’épervier.<br />
-<br />
-ENSEMBLE:<br />
-<br />
-L’histoire de Grisélidis, Mellibée et Prudence par Albertan de Brescia (1246),<br />
-traduit par frère Renault de Louens; et le chemin de Povreté et de Richesse,<br />
-poëme composé, en 1342, par Jean Bruyant, notaire au Châtelet de Paris;</small><br />
-<br />
-<small>PUBLIÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS</small><br />
-<br />
-PAR LA SOCIÉTÉ DES BIBLIOPHILES FRANÇOIS.<br />
-<br />
-TOME SECOND.<br />
-<br />
-<img src="images/colophon.png" width="200" height="209" alt="colohpon LITTERIS PATRIÆQUE CARUS." title="" />
-<br />
-A &nbsp; P A R I S,<br />
-DE L’IMPRIMERIE DE CRAPELET,<br />
-RUE DE VAUGIRARD, 9.<br />
-<br />
-M. D. CCC. XLVI.</p>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-2-1" id="page_vol-2-1"></a>{v. 2, p.1}</span></p>
-
-<p class="figcenter">
-<img src="images/ill-vol-2-ia.png" width="400" height="142" alt="" title="" />
-</p>
-
-<h1>LE MÉNAGIER<br />
-<small>DE PARIS.</small></h1>
-
-<h2><a name="LE_PREMIER_ARTICLE" id="LE_PREMIER_ARTICLE"></a>LE PREMIER ARTICLE<br /><br />
-DE LA SECONDE DISTINCTION,<br />
-<br />
-<small>LEQUEL DOIT PARLER D’AVOIR SOIN DE SON MESNAGE.</small></h2>
-
-<p class="nind"><span class="letra">
-<img src="images/ill-vol-2-ib.png" width="200" height="197" alt="B"
-title="B" /></span><small>ELLE</small> seur, sachiez que je suis en grant mélancolie ou de cy finer
-mon livre ou d’en faire plus, pour ce que je doubte que je ne vous
-ennuye, car je vous pourroie bien tant chargier que vous auriez cause
-de moy tenir pour oultrageux et que mon conseil vous donroit charge en
-si grant nombre de faix et si gréveux que vous désespéreriez de trop<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-2" id="page_vol-2-2"></a>{v. 2, p.2}</span>
-grant fardel pour ce qu’il vous sembleroit que vous ne le pourriez
-tout porter ne acomplir, dont je seroie honteux et courroucié. Et pour
-ce je vueil ycy penser et adviser que je ne vous charge trop et que
-je ne vous conseille à entreprendre fors les choses très neccessaires
-et honnorables, et encores sur le moins que je pourray, afin que vous
-soiez en icelles choses nécessaires plus fondée et mieulx faisant et
-par conséquent plus honnorée en vos dis et en vos fais, car je sçay que
-vous ne povez ne que une autre femme, et pour icelle cause je vueil
-premièrement adviser combien je vous ay chargée, et se c’est du plus
-nécessaire, et se je vous doy plus chargier, et de combien. Et se plus
-y a à faire que vous ne pourriez, je vous vueil donner aide; et sur ce
-je recueil mes commencemens.</p>
-
-<p>Premièrement, je vous ay admonnestée à louer Dieu à vostre esveillier
-et à vostre lever, et à vostre aler au moustier vous contenir, illec
-oïr messe, vous confesser et vous mettre et tenir en l’amour et
-grâce de Dieu. Par m’âme, il est nécessaire à vous, ne nul autre que
-vostre personne n’y peut estre commise<a name="FNanchor_360_360" id="FNanchor_360_360"></a><a href="#Footnote_360_360" class="fnanchor">[360]</a>. Et après ce, je vous ay
-conseillié que vous soiez continent et chaste, aimer vostre mary,
-luy obéir, penser de garder ses secrets, le savoir retraire se il
-folie ou veult folier; et certes encores est cecy neccessaire et très
-honnourable pour vous et à vous seule appartient et n’est point trop
-chargé; vous le povez bien faire moyennant la doctrine dessus dicte qui
-vous fera grant avantage: les autres femmes ne l’eurent oncques tel.</p>
-
-<p>Or est-il certain aussi que après ce que dit est vous avez à penser
-de vous, vos enfans et vostre chevance,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-3" id="page_vol-2-3"></a>{v. 2, p.3}</span> mais à ces trois choses et
-à chascune povez-vous bien avoir aide; si vous convient dire comment
-vous vous y entendrez, quelles aides et quelles gens vous prendrez et
-comment vous les embesongnerez, car de ce ne vueil-je que vous aiez
-fors le commandement, la visitation et la diligence de le faire faire
-par autres et aux despens de vostre mary.</p>
-
-<p>Or véez-vous bien, chière seur, que vous ne vous devez pas plaindre et
-que vous n’estes guères chargée, et n’avez charge fors celle qu’autre
-ne puet faire que vous et de chose qui vous doit estre bien plaisant,
-comme de servir Dieu et penser du corps de vostre mary, et en somme
-c’est tout.</p>
-
-<p>Or continuons doncques nostre matière, et commençons à ce premier
-article, lequel article je fais savoir à tous qu’il ne vient mie de
-mon sens, ne ne l’ay mie mis en la forme qu’il est, ne à moy n’en
-attribue la louenge, car je n’y ay riens mis du mien, ne n’en doy mie
-avoir l’onneur, mais le doit avoir un bon preudomme et subtil appellé
-feu Jehan Bruyant qui jadis fut notaire du Roy ou Chastellet de Paris,
-qui fist le traictié qui s’ensuit et lequel je met cy après seulement
-pour moy aidier de la diligence et persévérance que son livre monstre
-que un nouvel marié doit avoir. Et pour ce que je ne vueil mie son
-livre estrippeller, ne en oster un coippel<a name="FNanchor_361_361" id="FNanchor_361_361"></a><a href="#Footnote_361_361" class="fnanchor">[361]</a>, ne le départir du
-remenant<a name="FNanchor_362_362" id="FNanchor_362_362"></a><a href="#Footnote_362_362" class="fnanchor">[362]</a>, et mesmement que tout est bon ensemble, je m’aide de
-tout pour obtenir au point ou article que seulement je désire, et pour
-le premier article je prens tout le livre qui en rime dit ainsi:<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-4" id="page_vol-2-4"></a>{v. 2, p.4}</span></p>
-
-<div class="headd">
-<p class="cb">LE CHEMIN<br />
-<big>DE POVRETÉ ET DE RICHESSE,</big></p>
-
-<p class="c">PAR JEAN BRUYANT<a name="FNanchor_363_363" id="FNanchor_363_363"></a><a href="#Footnote_363_363" class="fnanchor">[363]</a>,<br /><br />
-<small>NOTAIRE DU ROY AU CHASTELET DE PARIS.</small></p>
-
-<p class="c">&mdash;&mdash;<br />
-M. CCC XLII.<br />
-&mdash;&mdash;</p>
-</div>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">On dit souvent en reprochier<br /></span>
-<span class="i0">Un proverbe que j’ay moult chier,<br /></span>
-<span class="i0">Car véritable est, bien le say,<br /></span>
-<span class="i0">Que <i>mettez un fol à part soy,</i><br /></span>
-<span class="i0"><i>Il pensera de soy chevir</i><a name="FNanchor_364_364" id="FNanchor_364_364"></a><a href="#Footnote_364_364" class="fnanchor">[364]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Par moi meismes le puis plevir<a name="FNanchor_365_365" id="FNanchor_365_365"></a><a href="#Footnote_365_365" class="fnanchor">[365]</a>:<br /></span>
-<span class="i0">Tout aie-je ma chevissance<a name="FNanchor_366_366" id="FNanchor_366_366"></a><a href="#Footnote_366_366" class="fnanchor">[366]</a><br /></span>
-<span class="i0">Petitement, mais souffisance,<br /></span>
-<span class="i0">Si comme l’Escripture adresce,<br /></span>
-<span class="i0">Au monde est parfaicte richesce.<br /></span>
-<span class="i0">Quant à or de ce me tairay<br /></span>
-<span class="i0">Et cy après vous retrairay<br /></span>
-<span class="i0">Une advision qui m’avint<br /></span>
-<span class="i0">A dix huit jours ou a vint.<br /></span>
-<span class="i0">Après que je fus mariés,<br /></span>
-<span class="i0">Que passés furent les foiriez<a name="FNanchor_367_367" id="FNanchor_367_367"></a><a href="#Footnote_367_367" class="fnanchor">[367]</a><br /></span>
-<span class="i0">De mes nopces et de ma feste,<br /></span>
-<span class="i0">Et qu’il fut temps d’avoir moleste,<br /></span>
-<span class="i0">Un soir me couchay en mon lit<br /></span>
-<span class="i0">Où je eus moult peu de délit,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-5" id="page_vol-2-5"></a>{v. 2, p.5}</span><br /></span>
-<span class="i0">Et ma femme dormoit lez moy,<br /></span>
-<span class="i0">Qui n’estoit pas en grant esmoy;<br /></span>
-<span class="i0">Et si m’avint, tout en veillant,<br /></span>
-<span class="i0">Ce dont je m’alay merveillant,<br /></span>
-<span class="i0">Car à moi vindrent, ce me semble,<br /></span>
-<span class="i0">Un homme et trois femmes ensemble<br /></span>
-<span class="i0">Qui bien sembloient estre ireux,<br /></span>
-<span class="i0">Mornes, pensifs et désireux,<br /></span>
-<span class="i0">Desconfortés, triste et las;<br /></span>
-<span class="i0">En eulx n’ot joye ne soulas,<br /></span>
-<span class="i0">N’il ne leur tenoit d’eulx esbatre.<br /></span>
-<span class="i0">Bien furent d’un semblant tous quatre,<br /></span>
-<span class="i0">Car mieulx estoient à tencier<br /></span>
-<span class="i0">Taillés, qu’à feste commencier.<br /></span>
-<span class="i0">L’omme si ot a nom Besoing:<br /></span>
-<span class="i0">Plains iert de tristesse et de soing.<br /></span>
-<span class="i0">L’ainsnée femme, en vérité,<br /></span>
-<span class="i0">Nommée estoit Neccessité.<br /></span>
-<span class="i0">La seconde femme Souffrete<br /></span>
-<span class="i0">Ot nom, et la tierce Disette.<br /></span>
-<span class="i0">Tous quatre estoient suers et frères,<br /></span>
-<span class="i0">Et Povreté si fut leur mère,<br /></span>
-<span class="i0">Et les engendra Méséur<a name="FNanchor_368_368" id="FNanchor_368_368"></a><a href="#Footnote_368_368" class="fnanchor">[368]</a><br /></span>
-<span class="i0">En grant tristesse et en péur<br /></span>
-<span class="i0">Par grant aïr vers moy s’en vindrent<br /></span>
-<span class="i0">Et fort à manier me prindrent<br /></span>
-<span class="i0">Sans menacier et sans jangler,<br /></span>
-<span class="i0">Com s’il me deussent estrangler,<br /></span>
-<span class="i0">Besoing tout premier m’assailly,<br /></span>
-<span class="i0">A moy prandre point ne failly;<br /></span>
-<span class="i0">De ses bras si fort me destraint<br /></span>
-<span class="i0">Que j’en eu le corps si estraint<br /></span>
-<span class="i0">Qu’à poi le cuer ne me party.<br /></span>
-<span class="i0">Nécessité lors s’apparti<a name="FNanchor_369_369" id="FNanchor_369_369"></a><a href="#Footnote_369_369" class="fnanchor">[369]</a><br /></span>
-<span class="i0">Moult angoisseuse et plaine d’ire,<br /></span>
-<span class="i0">Par le col me print sans mot dire,<br /></span>
-<span class="i0">De fort estraindre se pena;<br /></span>
-<span class="i0">Là lourdement me demena.<br /></span>
-<span class="i0">Souffrette et Disette à costé<br /></span>
-<span class="i0">Me r’orent<a name="FNanchor_370_370" id="FNanchor_370_370"></a><a href="#Footnote_370_370" class="fnanchor">[370]</a> de chascun costé;<br /></span>
-<span class="i0">L’une sacha<a name="FNanchor_371_371" id="FNanchor_371_371"></a><a href="#Footnote_371_371" class="fnanchor">[371]</a>, l’autre bouta<a name="FNanchor_372_372" id="FNanchor_372_372"></a><a href="#Footnote_372_372" class="fnanchor">[372]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Chascune à moy se desgleta<a name="FNanchor_373_373" id="FNanchor_373_373"></a><a href="#Footnote_373_373" class="fnanchor">[373]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Ainsy ces quatre m’atrapèrent<br /></span>
-<span class="i0">Et me batirent et frapèrent:<br /></span>
-<span class="i0">Là me mistrent en tel destresse<br /></span>
-<span class="i0">Qu’exempt fu de toute léesse.<br /></span>
-<span class="i0">Adonc s’en vint à moy errant<a name="FNanchor_374_374" id="FNanchor_374_374"></a><a href="#Footnote_374_374" class="fnanchor">[374]</a><br /></span>
-<span class="i0">Une grant vieille à poil ferrant<a name="FNanchor_375_375" id="FNanchor_375_375"></a><a href="#Footnote_375_375" class="fnanchor">[375]</a><br /></span>
-<span class="i0">Qui estoit hideuse et flestrie<br /></span>
-<span class="i0">Et moult ressembloit bien estrie<a name="FNanchor_376_376" id="FNanchor_376_376"></a><a href="#Footnote_376_376" class="fnanchor">[376]</a><br /></span>
-<span class="i0">Aiant félonnie en pensée:<br /></span>
-<span class="i0">On l’appelloit par nom Pensée.<br /></span>
-<span class="i0">Ceste vieille me fist moult pis<br /></span>
-<span class="i0">Que les autres, car sur mon pis<a name="FNanchor_377_377" id="FNanchor_377_377"></a><a href="#Footnote_377_377" class="fnanchor">[377]</a><br /></span>
-<span class="i0">Se mist l’orde vieille puant:<br /></span>
-<span class="i0">Tout le corps me fist tressuant.<br /></span>
-<span class="i0">L’âme de lui au Deable soit!<br /></span>
-<span class="i0">Car tant sur le pis me pesoit<br /></span>
-<span class="i0">Que mon cuer mettoit à malaise<br /></span>
-<span class="i0">De grant destresce et de mésaise.<br /></span>
-<span class="i0">Trop fort me print à margoillier<a name="FNanchor_378_378" id="FNanchor_378_378"></a><a href="#Footnote_378_378" class="fnanchor">[378]</a>;<br /></span>
-<span class="i0">Lors commençay à ventroullier,<br /></span>
-<span class="i0">Et entray en si fort penser<br /></span>
-<span class="i0">Que nul ne le sçauroit penser,<br /></span>
-<span class="i0">Ne bouche raconter ne dire.<br /></span>
-<span class="i0">Si com j’estoie en tel martire<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-6" id="page_vol-2-6"></a>{v. 2, p.6}</span><br /></span>
-<span class="i0">Que Pensée m’avoit baillié,<br /></span>
-<span class="i0">Or voy un villain mautaillié,<br /></span>
-<span class="i0">Let, froncié, hideux et bossu,<br /></span>
-<span class="i0">Rechigué, crasseux et moussu,<br /></span>
-<span class="i0">Les yeulx chacieux, plains d’ordure;<br /></span>
-<span class="i0">Moult estoit de laide figure,<br /></span>
-<span class="i0">Tout rongneux estoit et pelés;<br /></span>
-<span class="i0">Soussy fu par nom appellés.<br /></span>
-<span class="i0">Se mal m’orent les autres fait,<br /></span>
-<span class="i0">Encor m’a cestui plus meffait.<br /></span>
-<span class="i0">Las! je n’en avoie mestier!<br /></span>
-<span class="i0">Tant me donna de son mestier,<br /></span>
-<span class="i0">Et me mist à si grant meschief<br /></span>
-<span class="i0">Que je n’eus ne membre, ne chief,<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il ne me convenist faillir.<br /></span>
-<span class="i0">Trembler me fist et tressaillir,<br /></span>
-<span class="i0">Pâlir et le sang remuer,<br /></span>
-<span class="i0">Et de mésaise tressuer,<br /></span>
-<span class="i0">Et me faisoit la char frémir,<br /></span>
-<span class="i0">Moy dementer<a name="FNanchor_379_379" id="FNanchor_379_379"></a><a href="#Footnote_379_379" class="fnanchor">[379]</a>, plaindre et gémir,<br /></span>
-<span class="i0">D’un costé sur autre tourner;<br /></span>
-<span class="i0">Briefment, tel m’ala atourner<br /></span>
-<span class="i0">Soussi, tant me fu fel et aigre,<br /></span>
-<span class="i0">Que j’en devins chétif et maigre<br /></span>
-<span class="i0">Et aussi sec comme une boise<a name="FNanchor_380_380" id="FNanchor_380_380"></a><a href="#Footnote_380_380" class="fnanchor">[380]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Quant m’en souvient, pas ne m’envoise<a name="FNanchor_381_381" id="FNanchor_381_381"></a><a href="#Footnote_381_381" class="fnanchor">[381]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Ains suis si blaffart et si fade<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il semble qu’aie esté malade.<br /></span>
-<span class="i0">Hélas! certes, si l’ay-je esté<br /></span>
-<span class="i0">De trop plus male enfermeté<br /></span>
-<span class="i0">Que fièvre tierce ne quartaine,<br /></span>
-<span class="i0">Car qui de Soussy a la paine,<br /></span>
-<span class="i0">En lui a santé maladive<br /></span>
-<span class="i0">Et a la maladie santive<a name="FNanchor_382_382" id="FNanchor_382_382"></a><a href="#Footnote_382_382" class="fnanchor">[382]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">C’est diablie<a name="FNanchor_383_383" id="FNanchor_383_383"></a><a href="#Footnote_383_383" class="fnanchor">[383]</a> que de Soussy,<br /></span>
-<span class="i0">Quant m’en souvient trop m’en soussy,<br /></span>
-<span class="i0">Car en soy a trop dure rage<br /></span>
-<span class="i0">Et merveille est que cil n’enrage<br /></span>
-<span class="i0">Que Soussy tient en son demaine,<br /></span>
-<span class="i0">Car trestout ainsi le demaine<br /></span>
-<span class="i0">Com fait le sain en la paelle,<br /></span>
-<span class="i0">Qui par force de feu sautelle,<br /></span>
-<span class="i0">Et le fait-on séchier et frire:<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi fait Soussy gens défrire,<br /></span>
-<span class="i0">Et les tient si fort en ses las<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il leur fait souvent dire: Hélas!<br /></span>
-<span class="i0">Et les fait vivre en tel doleur<br /></span>
-<span class="i0">Qu’en eulx n’a gresse ne couleur.<br /></span>
-<span class="i0">Soussy est si mal amiable,<br /></span>
-<span class="i0">Si hideux, si espoventable,<br /></span>
-<span class="i0">Et si abhominable à cuer<br /></span>
-<span class="i0">Que ne l’ameroit à nul fuer<a name="FNanchor_384_384" id="FNanchor_384_384"></a><a href="#Footnote_384_384" class="fnanchor">[384]</a><br /></span>
-<span class="i0">Nullui qui l’eust essaié.<br /></span>
-<span class="i0">Soussy a maint cuer esmayé<a name="FNanchor_385_385" id="FNanchor_385_385"></a><a href="#Footnote_385_385" class="fnanchor">[385]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Et encor tous les jours esmaie;<br /></span>
-<span class="i0">Nul ne le scet qui ne l’essaye<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi com j’ay fait maugré moi,<br /></span>
-<span class="i0">En paine, en travail et esmoy.<br /></span>
-<span class="i2">Quant je vis celle compaignie,<br /></span>
-<span class="i0">Qu’avec moy ert à compaignie:<br /></span>
-<span class="i0">C’est assavoir Besoing, Souffrete,<br /></span>
-<span class="i0">Nécessité avec Disette,<br /></span>
-<span class="i0">Pensée la vieille et Soussy,<br /></span>
-<span class="i0">La teste levay et toussy.<br /></span>
-<span class="i0">Adonc vint à moy, sans demeure,<br /></span>
-<span class="i0">Un grant villain plus noir que meure<br /></span>
-<span class="i0">Qui avoit à non Desconfort.<br /></span>
-<span class="i0">A manier me print moult fort<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-7" id="page_vol-2-7"></a>{v. 2, p.7}</span><br /></span>
-<span class="i0">Et me fist ma peine doubler.<br /></span>
-<span class="i0">Lors me print le sens à troubler,<br /></span>
-<span class="i0">Car tant avoie esté pené<br /></span>
-<span class="i0">Qu’à poy n’estoie forcené.<br /></span>
-<span class="i0">Moult fort me print à dementer<br /></span>
-<span class="i0">Et à moi mesmes tourmenter,<br /></span>
-<span class="i0">Et dire: Chétif! que feras?<br /></span>
-<span class="i0">Tes debtes comment paieras?<br /></span>
-<span class="i0">Tu n’as riens et si dois assez.<br /></span>
-<span class="i0">Que fusses-tu or trespassé!<br /></span>
-<span class="i0">Tu es tout nouvel mesnagier<br /></span>
-<span class="i0">Et si n’as gaige à engaigier<br /></span>
-<span class="i0">Se tu ne veulx ta robe vendre.<br /></span>
-<span class="i0">Las! chétif, quel tour pourras prendre?<br /></span>
-<span class="i0">Ne sçay où tu pourras aler.<br /></span>
-<span class="i0">Si com j’estoie en ce parler,<br /></span>
-<span class="i0">A moy s’en vint grant aléure,<br /></span>
-<span class="i0">Une femme qui pou séure<br /></span>
-<span class="i0">Et enragée sembloit estre<br /></span>
-<span class="i0">A son semblant et à son estre.<br /></span>
-<span class="i0">Have estoit et eschevellée,<br /></span>
-<span class="i0">Désespérance ert appellée,<br /></span>
-<span class="i0">Fille Desconfort le hideux.<br /></span>
-<span class="i0">Moult me vint peine et annuy d’eux,<br /></span>
-<span class="i0">Par eulx perdi discrétion,<br /></span>
-<span class="i0">Sens, mémoire, et entention.<br /></span>
-<span class="i0">Les dens commençay à estraindre<br /></span>
-<span class="i0">Et la couleur pâlir et taindre,<br /></span>
-<span class="i0">Et disoie: Las! que feray?<br /></span>
-<span class="i0">Tout au désespéré mettray,<br /></span>
-<span class="i0">Mauvais seray, où que je viengne,<br /></span>
-<span class="i0">Il ne me chault qu’il en aviengne,<br /></span>
-<span class="i0">Soit en pluye ou soit en bise;<br /></span>
-<span class="i0">Qui ne pourra ploier, si brise!<br /></span>
-<span class="i0">Sèche qui ne pourra florir!<br /></span>
-<span class="i0">N’ay que d’une mort à mourir.<br /></span>
-<span class="i0">Et j’ay pieça oy parler<br /></span>
-<span class="i0">Que qui au Deable veult aler,<br /></span>
-<span class="i0">Riens ne vault longuement attendre:<br /></span>
-<span class="i0">Noyer ne puet, cil qui doit pendre<a name="FNanchor_386_386" id="FNanchor_386_386"></a><a href="#Footnote_386_386" class="fnanchor">[386]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Honny soit qui jamais vourra<br /></span>
-<span class="i0">Faire fors du pis qu’il pourra,<br /></span>
-<span class="i0">Quant par moy ne puet estre attaint<br /></span>
-<span class="i0">Le manoir où Richesse maint!<br /></span>
-<span class="i0">Car elle demeure si loing<br /></span>
-<span class="i0">Que trop de travail et de soing,<br /></span>
-<span class="i0">Avant qu’on la puist attaindre,<br /></span>
-<span class="i0">Moult fait les gens pâlir et taindre.<br /></span>
-<span class="i0">Avant qu’ils puissent estre à ly,<br /></span>
-<span class="i0">Mains beaux visaiges a pâli<br /></span>
-<span class="i0">A qui oncques n’en fu de mieulx,<br /></span>
-<span class="i0">Car se on attent qu’on soit vieulx,<br /></span>
-<span class="i0">Que l’en ne puisse mais errer<a name="FNanchor_387_387" id="FNanchor_387_387"></a><a href="#Footnote_387_387" class="fnanchor">[387]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">En ce pourroit-on méserrer<a name="FNanchor_388_388" id="FNanchor_388_388"></a><a href="#Footnote_388_388" class="fnanchor">[388]</a>;<br /></span>
-<span class="i0">Qui ce feroit, son temps perdroit.<br /></span>
-<span class="i0">Quant je ne puis avoir par droit<br /></span>
-<span class="i0">Ne possession, ne avoir,<br /></span>
-<span class="i0">J’en vouldroie donc à tort avoir;<br /></span>
-<span class="i0">Mieulx vault estre en tort cras et aise<br /></span>
-<span class="i0">Qu’en droit chétif et à malaise.<br /></span>
-<span class="i2">Ainsi com en ce point estoie<br /></span>
-<span class="i0">Et que je tout au pis mettoie<br /></span>
-<span class="i0">Sans viser comment tout aloit,<br /></span>
-<span class="i0">Et que de rien ne me challoit<br /></span>
-<span class="i0">Fors d’acomplir ma voulenté,<br /></span>
-<span class="i0">Car moult m’avoit entalenté<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-8" id="page_vol-2-8"></a>{v. 2, p.8}</span><br /></span>
-<span class="i0">Désespérance de mal faire<br /></span>
-<span class="i0">Et m’avoit par son put<a name="FNanchor_389_389" id="FNanchor_389_389"></a><a href="#Footnote_389_389" class="fnanchor">[389]</a> afaire<br /></span>
-<span class="i0">Presque fait perdre corps et âme,<br /></span>
-<span class="i0">Ès-vous une très noble dame<br /></span>
-<span class="i0">Gente, droite, plaisant et belle:<br /></span>
-<span class="i0">Ne sembloit pas estre rebelle,<br /></span>
-<span class="i0">Mais doulce et humble à toute gent:<br /></span>
-<span class="i0">Moult ot le corps et bel et gent<br /></span>
-<span class="i0">Et paré de si noble arroy<br /></span>
-<span class="i0">Qu’elle sembloit bien fille à roy;<br /></span>
-<span class="i0">Et si ert-elle, en vérité,<br /></span>
-<span class="i0">Fille du Roy de magesté<br /></span>
-<span class="i0">Vers qui nul n’a comparoison;<br /></span>
-<span class="i0">On l’appelle par nom: Raison.<br /></span>
-<span class="i0">Moult estoit sage et advisée;<br /></span>
-<span class="i0">Droit à moi a pris sa visée<br /></span>
-<span class="i0">Et s’en vint de lez moi seoir,<br /></span>
-<span class="i0">Mais si tost com la pot veoir<br /></span>
-<span class="i0">Désesperance la hideuse,<br /></span>
-<span class="i0">Elle s’en fouy moult doubteuse<br /></span>
-<span class="i0">Tant com piés la porent porter;<br /></span>
-<span class="i0">Car ne se pourroit déporter<a name="FNanchor_390_390" id="FNanchor_390_390"></a><a href="#Footnote_390_390" class="fnanchor">[390]</a><br /></span>
-<span class="i0">En nul lieu où Raison surviengne<br /></span>
-<span class="i0">Que tost fouir ne la conviengne;<br /></span>
-<span class="i0">Car plus la het Raison, sans fin,<br /></span>
-<span class="i0">Que triacle ne fait venin.<br /></span>
-<span class="i0">Raison si fu moult esjoye<br /></span>
-<span class="i0">Quant d’avec moy s’en fut foye<br /></span>
-<span class="i0">Désespérance sa contraire.<br /></span>
-<span class="i0">Lors se prist près de moy à traire;<br /></span>
-<span class="i0">Raison dit: Amy, Dieu te gard!<br /></span>
-<span class="i0">Tu as eu très mauvais regard,<br /></span>
-<span class="i0">Mauvais sens et mauvais advis,<br /></span>
-<span class="i0">Car nagaires t’estoit advis<br /></span>
-<span class="i0">Que pour toy est tout bien failli;<br /></span>
-<span class="i0">Mais onc nul à mal ne failli<br /></span>
-<span class="i0">Qui voulsist entendre à bien faire<br /></span>
-<span class="i0">Et vivre selon mon affaire<br /></span>
-<span class="i0">Et selon mon enseignement<br /></span>
-<span class="i0">Qui donne aux âmes sauvement;<br /></span>
-<span class="i0">Lequel, se tu le veulx entendre,<br /></span>
-<span class="i0">Je te vueil cy dire et aprendre.<br /></span>
-<span class="i0">Premièrement, tu dois amer<br /></span>
-<span class="i0">Mon père, de cuer, sans amer,<br /></span>
-<span class="i0">Et la doulce vierge prisiée<br /></span>
-<span class="i0">Sans vanité n’ypocrisie,<br /></span>
-<span class="i0">Et aourer sainctes et sains,<br /></span>
-<span class="i0">Soies malades ou soies sains,<br /></span>
-<span class="i0">C’est à dire en prospérité<br /></span>
-<span class="i0">Aussy bien qu’en adversité;<br /></span>
-<span class="i0">Et, par contraire, en meschéance<br /></span>
-<span class="i0">Aussi bien com en habundance,<br /></span>
-<span class="i0">Car tel est humbles en tristesse<br /></span>
-<span class="i0">Qui est despiteux en liesse;<br /></span>
-<span class="i0">Et tel est en léesse doulx<br /></span>
-<span class="i0">Qui en tristesse est moult escoux<a name="FNanchor_391_391" id="FNanchor_391_391"></a><a href="#Footnote_391_391" class="fnanchor">[391]</a><br /></span>
-<span class="i0">Ce vient de male acoustumance<br /></span>
-<span class="i0">Qu’on acoustume dès s’enfance,<br /></span>
-<span class="i0">Car qui aprent une coustume,<br /></span>
-<span class="i0">Moult à envis s’en descoustume;<br /></span>
-<span class="i0">Si fait bon tel coustume aprendre<br /></span>
-<span class="i0">Où l’en puist honneur et preu<a name="FNanchor_392_392" id="FNanchor_392_392"></a><a href="#Footnote_392_392" class="fnanchor">[392]</a> prendre.<br /></span>
-<span class="i0">Donc s’avoir veulx coustume bonne,<br /></span>
-<span class="i0">Garde que ton cuer ne s’adonne<br /></span>
-<span class="i0">A nul des sept mortels péchiés,<br /></span>
-<span class="i0">Et que ne soies entéchiés<br /></span>
-<span class="i0">D’aucunes de leurs circonstances,<br /></span>
-<span class="i0">Car moult t’en vendroit de nuisances,<br /></span>
-<span class="i0">Mais fay tant que ton cuer s’accorde<br /></span>
-<span class="i0">Aux sept chiefs de miséricorde<br /></span>
-<span class="i0">Qui sont aux sept vices contraires;<br /></span>
-<span class="i0">Cestes te seront nécessaires<br /></span>
-<span class="i0">A acquérir l’amour mon père<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-9" id="page_vol-2-9"></a>{v. 2, p.9}</span><br /></span>
-<span class="i0">Et de sa glorieuse mère.<br /></span>
-<span class="i0">Ces sept vices dont parlé t’ay<br /></span>
-<span class="i0">Déclaration t’en feray<br /></span>
-<span class="i0">Et des branches qui en descendent,<br /></span>
-<span class="i0">Qui à toy décevoir entendent.<br /></span>
-<span class="i0">Et tu, en voyes et sentiers,<br /></span>
-<span class="i0">Entens à eulx moult voulentiers,<br /></span>
-<span class="i0">Tes maistres sont, à eulx es serfs,<br /></span>
-<span class="i0">Car nuit et jour de cuer les sers<br /></span>
-<span class="i0">En deservant un tel loier<br /></span>
-<span class="i0">Où nul ne se puet apoier<a name="FNanchor_393_393" id="FNanchor_393_393"></a><a href="#Footnote_393_393" class="fnanchor">[393]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi en leur subjection<br /></span>
-<span class="i0">Vivras, à ta dampnacion,<br /></span>
-<span class="i0">S’a eulx n’aprens à estriver<br /></span>
-<span class="i0">Par guerre pour eulx eschiver.<br /></span>
-<span class="i0">Car bien t’aprendray la manière<br /></span>
-<span class="i0">De les traire de toy arrière,<br /></span>
-<span class="i0">Et d’avoir franc povoir sur eulx<br /></span>
-<span class="i0">Contre les fais aventureux<br /></span>
-<span class="i0">Qui par eulx venir te pourront<br /></span>
-<span class="i0">Quant ils assaillir te vendront<br /></span>
-<span class="i0">Pour clamer dessus toy haussage<a name="FNanchor_394_394" id="FNanchor_394_394"></a><a href="#Footnote_394_394" class="fnanchor">[394]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Se tu me veulx croire pour sage,<br /></span>
-<span class="i0">Si bien te sauras d’eulx garder<br /></span>
-<span class="i0">Qu’ils ne t’oseront regarder<br /></span>
-<span class="i0">Pour la doubte des sept vertus<br /></span>
-<span class="i0">Qui là te seront bons escus<br /></span>
-<span class="i0">Encontre les sept ennemis<br /></span>
-<span class="i0">Qui souvent se sont entremis<br /></span>
-<span class="i0">De toy mettre à perdition;<br /></span>
-<span class="i0">Mais que par bonne entention<br /></span>
-<span class="i0">Leur vueilles, sans plus, déprier<br /></span>
-<span class="i0">Qu’à toy se vueillent alier.<br /></span>
-<span class="i0">Et se tu le fais de cuer fin,<br /></span>
-<span class="i0">Ils te mettront ta guerre à fin<br /></span>
-<span class="i0">Sans en prendre aucun paiement,<br /></span>
-<span class="i0">Fors que ton prier seulement;<br /></span>
-<span class="i0">Ce n’est pas oultrageux loier,<br /></span>
-<span class="i0">Car il est aisié à paier,<br /></span>
-<span class="i0">Si ne s’en puet nuls excuser<br /></span>
-<span class="i0">Se il ne vouloit abuser.<br /></span>
-<span class="i2">Quant tu verras venir Orgueil<br /></span>
-<span class="i0">Regardant en travers de l’ueil,<br /></span>
-<span class="i0">Avecque lui Desrision,<br /></span>
-<span class="i0">Desdaing, Despit, Présumption,<br /></span>
-<span class="i0">Supediter, Fierté, Bobance,<br /></span>
-<span class="i0">Desprisier, et Oultrecuidance,<br /></span>
-<span class="i0">Et tous ses autres compaignons<br /></span>
-<span class="i0">Qui cueurs ont pires que gaignons<a name="FNanchor_395_395" id="FNanchor_395_395"></a><a href="#Footnote_395_395" class="fnanchor">[395]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Vers toi, banière desployé,<br /></span>
-<span class="i0">Si pren tantost de ton aye<a name="FNanchor_396_396" id="FNanchor_396_396"></a><a href="#Footnote_396_396" class="fnanchor">[396]</a><br /></span>
-<span class="i0">Humilité, Dévotion,<br /></span>
-<span class="i0">Franchise, Contemplation,<br /></span>
-<span class="i0">Paour de Dieu, Doulceur, et Pitié,<br /></span>
-<span class="i0">Justice, Simplesse, Équité,<br /></span>
-<span class="i0">Et moult d’autres qu’à eulx vendront<br /></span>
-<span class="i0">Qui pour toi secourre acourront;<br /></span>
-<span class="i0">Et s’y vendra chascun offrir,<br /></span>
-<span class="i0">Mais que tu les vueilles souffrir.<br /></span>
-<span class="i0">Et se contre Orgueil te combas,<br /></span>
-<span class="i0">Ils le mettront du tout au bas<br /></span>
-<span class="i0">Et le feront fouir le cours<br /></span>
-<span class="i0">Et tous les siens, sans nul recours.<br /></span>
-<span class="i0">Quant auras par Humilité<br /></span>
-<span class="i0">Orgueil et les siens surmonté,<br /></span>
-<span class="i0">Garde toy, d’illec en avant,<br /></span>
-<span class="i0">Que s’il te venoit audevant<br /></span>
-<span class="i0">Pour toy tourner de sa partie,<br /></span>
-<span class="i0">Que ne se soit pas départie<br /></span>
-<span class="i0">D’avecques toy Humilité,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-10" id="page_vol-2-10"></a>{v. 2, p.10}</span><br /></span>
-<span class="i0">Ne les aultres de sa mité<a name="FNanchor_397_397" id="FNanchor_397_397"></a><a href="#Footnote_397_397" class="fnanchor">[397]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Car d’Orgueil bien te garderont,<br /></span>
-<span class="i0">Tant comme avecques toi seront.<br /></span>
-<span class="i2">D’un autre assault te fault garder<br /></span>
-<span class="i0">Qui périlleux est à garder<br /></span>
-<span class="i0">Entre tous ceulx qui sont en vie,<br /></span>
-<span class="i0">Le chevetain<a name="FNanchor_398_398" id="FNanchor_398_398"></a><a href="#Footnote_398_398" class="fnanchor">[398]</a> en est Envie<br /></span>
-<span class="i0">Qui moult est de mauvais convine;<br /></span>
-<span class="i0">Avec lui est tousjours Hayne,<br /></span>
-<span class="i0">Fauseté, Murtre et Trayson,<br /></span>
-<span class="i0">Faulx-semblant et Détraction,<br /></span>
-<span class="i0">Ennemitié et Male-bouche<br /></span>
-<span class="i0">Qui n’aime que mauvais reprouche.<br /></span>
-<span class="i0">S’il te veulent assault livrer,<br /></span>
-<span class="i0">Tantost t’en pourras délivrer,<br /></span>
-<span class="i0">Mais que de trop près ne t’aprochent,<br /></span>
-<span class="i0">Si que de leurs dars ne te brochent,<br /></span>
-<span class="i0">Et pour leur péril contrester,<br /></span>
-<span class="i0">T’encueur<a name="FNanchor_399_399" id="FNanchor_399_399"></a><a href="#Footnote_399_399" class="fnanchor">[399]</a> tantost, sans arrester,<br /></span>
-<span class="i0">Prier Foy qu’elle te sequeure,<br /></span>
-<span class="i0">Et Loiaulté, et eus en l’eure,<br /></span>
-<span class="i0">Sans plus parler, te secourront,<br /></span>
-<span class="i0">Et ceulx qu’avec eulx amenront:<br /></span>
-<span class="i0">C’est assavoir Paix et Concorde,<br /></span>
-<span class="i0">Vraie-amitié, Miséricorde,<br /></span>
-<span class="i0">Bénivolence, Vérité,<br /></span>
-<span class="i0">Conscience avec Unité,<br /></span>
-<span class="i0">A tout leur congrégation<br /></span>
-<span class="i0">Dont je ne fais pas mention.<br /></span>
-<span class="i0">Ceulx ci feront Envie fuire,<br /></span>
-<span class="i0">Si qu’elle ne te pourra nuire.<br /></span>
-<span class="i2">D’un assault qui moult fait à craindre<br /></span>
-<span class="i0">Te refault défendre sans faindre,<br /></span>
-<span class="i0">C’est d’Ire le mauvais tirant<br /></span>
-<span class="i0">Qui va tousjours en empirant;<br /></span>
-<span class="i0">En toute mauvaistié habonde,<br /></span>
-<span class="i0">C’est le plus fel qui soit au monde.<br /></span>
-<span class="i0">Et quant assaillir te vendra,<br /></span>
-<span class="i0">Forte deffense y convendra,<br /></span>
-<span class="i0">Car cil se scet desmesurer<br /></span>
-<span class="i0">Que nul ne peut à lui durer;<br /></span>
-<span class="i0">Et tous ceulx de sa compaignie<a name="FNanchor_400_400" id="FNanchor_400_400"></a><a href="#Footnote_400_400" class="fnanchor">[400]</a><br /></span>
-<span class="i0">Sont de sa mauvaise manière:<br /></span>
-<span class="i0">Cruaulté porte sa banière,<br /></span>
-<span class="i0">Perversité, Forcenerie,<br /></span>
-<span class="i0">Félonnie et Esragerie,<br /></span>
-<span class="i0">Desverie et autres félons<br /></span>
-<span class="i0">Lui vont tousjours près des talons.<br /></span>
-<span class="i0">Quant ceste gent verras venir,<br /></span>
-<span class="i0">Gart toy que ne te puist tenir<br /></span>
-<span class="i0">Nuls d’eulx qu’il ne t’ait arresté;<br /></span>
-<span class="i0">Tray toi vers Débonnaireté,<br /></span>
-<span class="i0">Qui tost bon conseil te donra<br /></span>
-<span class="i0">Et contre Yre te secourra<br /></span>
-<span class="i0">Avecques ceulx de son lignage<br /></span>
-<span class="i0">Qui moult sont de souef courage:<br /></span>
-<span class="i0">C’est assavoir Doulceur, Souffrance<a name="FNanchor_401_401" id="FNanchor_401_401"></a><a href="#Footnote_401_401" class="fnanchor">[401]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Estableté<a name="FNanchor_402_402" id="FNanchor_402_402"></a><a href="#Footnote_402_402" class="fnanchor">[402]</a> et Attrempance,<br /></span>
-<span class="i0">Patience, Discrétion,<br /></span>
-<span class="i0">Refrainte<a name="FNanchor_403_403" id="FNanchor_403_403"></a><a href="#Footnote_403_403" class="fnanchor">[403]</a> avec Correction.<br /></span>
-<span class="i0">Ceulx cy et ceulx de leur banière<br /></span>
-<span class="i0">Trairont Yre de toy arrière,<br /></span>
-<span class="i0">Et toute sa gent forcenée<br /></span>
-<span class="i0">Qu’avec lui aura amenée.<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi seras d’Ire délivre<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-11" id="page_vol-2-11"></a>{v. 2, p.11}</span><br /></span>
-<span class="i0">Se Débonnaireté veulx suivre<br /></span>
-<span class="i0">Qui est franche, courtoise et douce:<br /></span>
-<span class="i0">C’est celle qui nul temps ne grouce<a name="FNanchor_404_404" id="FNanchor_404_404"></a><a href="#Footnote_404_404" class="fnanchor">[404]</a><br /></span>
-<span class="i0">De riens qui lui puist advenir;<br /></span>
-<span class="i0">Bon la fait avec soy tenir<br /></span>
-<span class="i0">Et fuire Ire le mal tirant<br /></span>
-<span class="i0">Qui de pou se va ayrant.<br /></span>
-<span class="i0">Ire doit-on craindre et doubter<br /></span>
-<span class="i0">Et hors d’avecques soy bouter<br /></span>
-<span class="i0">Et le tenir pour ennemi<br /></span>
-<span class="i0">Sans l’acointer jour ne demi.<br /></span>
-<span class="i0">C’est un mauvais ennemi qu’Ire,<br /></span>
-<span class="i0">Car si tost com un cuer s’aïre,<br /></span>
-<span class="i0">De félonnie si s’enflamme<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il en puet perdre corps et âme.<br /></span>
-<span class="i0">Quant en ire se desmesure<br /></span>
-<span class="i0">Et se de soy ne s’amesure<a name="FNanchor_405_405" id="FNanchor_405_405"></a><a href="#Footnote_405_405" class="fnanchor">[405]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Masvei<a name="FNanchor_406_406" id="FNanchor_406_406"></a><a href="#Footnote_406_406" class="fnanchor">[406]</a> mesure en lui se met<br /></span>
-<span class="i0">Et de le dampner s’entremet.<br /></span>
-<span class="i0">Elle est de tel condition<br /></span>
-<span class="i0">Que qui en soy correction<br /></span>
-<span class="i0">Ne met amesuréement,<br /></span>
-<span class="i0">Elle s’y met si lourdement<br /></span>
-<span class="i0">Qu’elle honnist tout à un cop.<br /></span>
-<span class="i0">Et vraiement elle het trop<br /></span>
-<span class="i0">Gens où il fault qu’elle se mette,<br /></span>
-<span class="i0">Et pour ce tout au brouvet<a name="FNanchor_407_407" id="FNanchor_407_407"></a><a href="#Footnote_407_407" class="fnanchor">[407]</a> gecte<br /></span>
-<span class="i0">Sans querre y terme ne respit,<br /></span>
-<span class="i0">Si tost comme on lui fait despit.<br /></span>
-<span class="i0">Gart donc qu’à toi ne se courrouce,<br /></span>
-<span class="i0">Aies en toi manière doulce,<br /></span>
-<span class="i0">Soies courtois et débonnaire<br /></span>
-<span class="i0">Comme uns homs estrait de bonne aire<a name="FNanchor_408_408" id="FNanchor_408_408"></a><a href="#Footnote_408_408" class="fnanchor">[408]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Nuls ne se devroit courroucier<br /></span>
-<span class="i0">De rien qu’il voie, ne groucier,<br /></span>
-<span class="i0">Mais faire tousjours bone chière<br /></span>
-<span class="i0">Et mettre tout courroux arrière.<br /></span>
-<span class="i0">Laisse le vice et pren vertu,<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi te pourras sauver tu.<br /></span>
-<span class="i0">Eschièves couroux et tristesse<br /></span>
-<span class="i0">Et pren en toi joie et léesse,<br /></span>
-<span class="i0">Voire par bonne entention,<br /></span>
-<span class="i0">Non pas par dissolution,<br /></span>
-<span class="i0">Car joye qui est dissolue<br /></span>
-<span class="i0">N’est pas à l’âme de value.<br /></span>
-<span class="i2">Contre un autre assault périlleux<br /></span>
-<span class="i0">Te fault estre moult artilleux<a name="FNanchor_409_409" id="FNanchor_409_409"></a><a href="#Footnote_409_409" class="fnanchor">[409]</a><br /></span>
-<span class="i0">Afin que tu surpris ne soies<br /></span>
-<span class="i0">En ton hostel, n’enmy les voies,<br /></span>
-<span class="i0">Car c’est un assault moult doubtable,<br /></span>
-<span class="i0">Moult dommageux, moult décevable,<br /></span>
-<span class="i0">Car les pluseurs en sont déceus<br /></span>
-<span class="i0">Ains qu’avis aient de ce eu.<br /></span>
-<span class="i0">De cest assault est chief Paresse<br /></span>
-<span class="i0">Qui sans menacier fiert et blesse<br /></span>
-<span class="i0">En tapinage, en couardie<a name="FNanchor_410_410" id="FNanchor_410_410"></a><a href="#Footnote_410_410" class="fnanchor">[410]</a>;<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-12" id="page_vol-2-12"></a>{v. 2, p.12}</span><br /></span>
-<span class="i0">S’enseigne porte Fétardie,<br /></span>
-<span class="i0">Faintise, Oiseuse, Lâcheté,<br /></span>
-<span class="i0">Négligence avec Niceté,<br /></span>
-<span class="i0">Nonchaloir avec Cuer-failly<br /></span>
-<span class="i0">Vont après; moult est mal bailli<a name="FNanchor_411_411" id="FNanchor_411_411"></a><a href="#Footnote_411_411" class="fnanchor">[411]</a><br /></span>
-<span class="i0">Cellui qu’ils pevent entraper<br /></span>
-<span class="i0">Et dessoubs leur trappe atrapper.<br /></span>
-<span class="i0">Tant<a name="FNanchor_412_412" id="FNanchor_412_412"></a><a href="#Footnote_412_412" class="fnanchor">[412]</a> ne soient-ils pas hardis,<br /></span>
-<span class="i0">Mais lasches et reffétardis<a name="FNanchor_413_413" id="FNanchor_413_413"></a><a href="#Footnote_413_413" class="fnanchor">[413]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Ainçois simples, à mate chière:<br /></span>
-<span class="i0">Mais couart est de tel manière<br /></span>
-<span class="i0">Que quant il se voit audessus,<br /></span>
-<span class="i0">Il est de trop mauvais dessus.<br /></span>
-<span class="i0">Le cuer a fier comme lyon<br /></span>
-<span class="i0">Et aspre comme champion;<br /></span>
-<span class="i0">Lors fiert et frappe, bat et tue,<br /></span>
-<span class="i0">Quant il voit qu’on ne se remue<br /></span>
-<span class="i0">Encontre lui pour soy vengier.<br /></span>
-<span class="i0">Donc fait-il bon soy esloignier<br /></span>
-<span class="i0">De Paresce et de sa famille<br /></span>
-<span class="i0">Qui n’est qu’en son dessus soubtille,<br /></span>
-<span class="i0">Et les doit-on mettre au dessoubs<br /></span>
-<span class="i0">Si qu’estre n’en puissent ressous<a name="FNanchor_414_414" id="FNanchor_414_414"></a><a href="#Footnote_414_414" class="fnanchor">[414]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Et s’au dessoubs mettre les veulx,<br /></span>
-<span class="i0">Amaine avecques toy contre eulx<br /></span>
-<span class="i0">Diligence et Apperteté,<br /></span>
-<span class="i0">Bon-cuer et Bonne-voulenté,<br /></span>
-<span class="i0">Talent-de-bien-faire avec Cure,<br /></span>
-<span class="i0">Et Soing qui voulentiers procure<br /></span>
-<span class="i0">Contre Paresse avoir victoire,<br /></span>
-<span class="i0">S’ainsi est qu’on le vueille croire.<br /></span>
-<span class="i0">Se ceulx ci avec toi retiens<br /></span>
-<span class="i0">Et du cuer à amour les tiens,<br /></span>
-<span class="i0">Garde n’aras, n’en doubte mie,<br /></span>
-<span class="i0">De Paresce leur annemie,<br /></span>
-<span class="i0">Ne de tous ceulx de sa banière,<br /></span>
-<span class="i0">Mais se trairont de toi arrière,<br /></span>
-<span class="i0">Car l’assault n’osent entreprendre,<br /></span>
-<span class="i0">Fors à qui tantost se veult rendre.<br /></span>
-<span class="i2">Après, gart toy du quint assault<br /></span>
-<span class="i0">Car si soubtivement assault<br /></span>
-<span class="i0">Cil qui en est droit capitaine<br /></span>
-<span class="i0">Qu’à ses subgez donne grant peine<br /></span>
-<span class="i0">Quant il les tient en son service;<br /></span>
-<span class="i0">Ce capitaine est Avarice<br /></span>
-<span class="i0">Qui moult est de décevant guise.<br /></span>
-<span class="i0">S’enseigne porte Convoitise:<br /></span>
-<span class="i0">Rapine, Usure et Faulx-traictié<br /></span>
-<span class="i0">Le suivent tousjours pié à pié;<br /></span>
-<span class="i0">Malice avecques Tricherie<br /></span>
-<span class="i0">Murtre, Larrecin, Roberie,<br /></span>
-<span class="i0">Engignement, Déception,<br /></span>
-<span class="i0">Fraude avec Cavilation<a name="FNanchor_415_415" id="FNanchor_415_415"></a><a href="#Footnote_415_415" class="fnanchor">[415]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Et les autres de leur banière.<br /></span>
-<span class="i0">Quant tu verras ceste gent fière<br /></span>
-<span class="i0">Qui te vouldront assault livrer,<br /></span>
-<span class="i0">Se tu t’en veulx tost délivrer,<br /></span>
-<span class="i0">Fay de Charité connestable<br /></span>
-<span class="i0">Qui tant est piteuse et traitable;<br /></span>
-<span class="i0">Et toute sa connestablie<br /></span>
-<span class="i0">Q’avecques lui est establie,<br /></span>
-<span class="i0">(Que, selon Dieu, poursuit<a name="FNanchor_416_416" id="FNanchor_416_416"></a><a href="#Footnote_416_416" class="fnanchor">[416]</a> richesse,)<br /></span>
-<span class="i0">C’est Souffisance avec Largesse,<br /></span>
-<span class="i0">Aumosne faicte en cuer dévost,<br /></span>
-<span class="i0">Ce que Dieu plus au monde volt.<br /></span>
-<span class="i0">Se ceste conestablie as<br /></span>
-<span class="i0">Avecques toi, acompliras<br /></span>
-<span class="i0">Ceste bataille à ton vouloir<br /></span>
-<span class="i0">Contre Avarice et son povoir.<br /></span>
-<span class="i0">Avarice est de put affaire,<br /></span>
-<span class="i0">Car il mains maulx machine à faire<a name="FNanchor_417_417" id="FNanchor_417_417"></a><a href="#Footnote_417_417" class="fnanchor">[417]</a><br /></span>
-<span class="i0">Par le conseil de Convoitise<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-13" id="page_vol-2-13"></a>{v. 2, p.13}</span><br /></span>
-<span class="i0">Qui les gens à tolir atise.<br /></span>
-<span class="i0">Si te garde donc de rien prendre<br /></span>
-<span class="i0">De l’autrui, se ne le veulx rendre,<br /></span>
-<span class="i0">Par quelque voie que ce soit;<br /></span>
-<span class="i0">Car Convoitise gens déçoit,<br /></span>
-<span class="i0">De jour en jour, par leur foleur,<br /></span>
-<span class="i0">Dont aucuns meurent à douleur;<br /></span>
-<span class="i0">Et par ce nature blasmée<br /></span>
-<span class="i0">En est souvent et diffamée<br /></span>
-<span class="i0">Sans cause, car elle n’y a coulpe;<br /></span>
-<span class="i0">Se fait péchié qui l’en encoulpe,<br /></span>
-<span class="i0">Car elle en est la plus dolente<br /></span>
-<span class="i0">Et qui plus en sueffre et tormente.<br /></span>
-<span class="i0">Donc qui de bien faire n’a cure<br /></span>
-<span class="i0">Il ne lui vient pas de nature,<br /></span>
-<span class="i0">Ainçois lui vient par accident;<br /></span>
-<span class="i0">Chascun le voit tout évident.<br /></span>
-<span class="i0">S’aucun en soy a mauvais vice<br /></span>
-<span class="i0">Qui porter lui peut préjudice,<br /></span>
-<span class="i0">S’on dit que Nature lui face<br /></span>
-<span class="i0">Par force qu’il soit enclin à ce,<br /></span>
-<span class="i0">Les gens ne le doivent pas croire,<br /></span>
-<span class="i0">Car ce n’est mie chose voire,<br /></span>
-<span class="i0">Ains est par la male doctrine<br /></span>
-<span class="i0">Dont nourriture<a name="FNanchor_418_418" id="FNanchor_418_418"></a><a href="#Footnote_418_418" class="fnanchor">[418]</a> le doctrine.<br /></span>
-<span class="i2">Du sixième assault bien te gardes,<br /></span>
-<span class="i0">Contre cestuy fay bonnes gardes.<br /></span>
-<span class="i0">Gloutonnie en est conduiseur,<br /></span>
-<span class="i0">Qui de tous biens est destruiseur,<br /></span>
-<span class="i0">Car enclins est à tous délices,<br /></span>
-<span class="i0">Et engendre tous mauvais vices.<br /></span>
-<span class="i0">Nul temps ne puet estre assouvis,<br /></span>
-<span class="i0">Mais tousjours semble estre allouvis<a name="FNanchor_419_419" id="FNanchor_419_419"></a><a href="#Footnote_419_419" class="fnanchor">[419]</a><br /></span>
-<span class="i0">Et si est-il plus qu’il ne pert<a name="FNanchor_420_420" id="FNanchor_420_420"></a><a href="#Footnote_420_420" class="fnanchor">[420]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Nul temps sa voulenté ne pert<br /></span>
-<span class="i0">Qui est sur toute riens mauvaise,<br /></span>
-<span class="i0">Car sans oultrage n’iert jà aise.<br /></span>
-<span class="i0">Gloutonnie est soubtil guerrier:<br /></span>
-<span class="i0">Assault-il devant et derrier,<br /></span>
-<span class="i0">Car il part en deux sa bataille<br /></span>
-<span class="i0">Toudis et avant qu’il assaille;<br /></span>
-<span class="i0">Gourmandie l’une conduit:<br /></span>
-<span class="i0">Avec lui sont en son conduit<br /></span>
-<span class="i0">Friandise, Lopinerie,<br /></span>
-<span class="i0">Yvresse, Oultrage, Lécherie,<br /></span>
-<span class="i0">Et pluseurs autres de tel sorte<br /></span>
-<span class="i0">Que Gloutonnie à soi enhorte.<br /></span>
-<span class="i0">Ceste bataille ainsi partie<br /></span>
-<span class="i0">Livre assault de une partie,<br /></span>
-<span class="i0">Et si donne assez à entendre<br /></span>
-<span class="i0">A ceulx qui la veulent attendre.<br /></span>
-<span class="i0">L’autre bataille est Male-bouche<br /></span>
-<span class="i0">Qui n’aime que mauvais reprouche,<br /></span>
-<span class="i0">Mesdit, Surdit<a name="FNanchor_421_421" id="FNanchor_421_421"></a><a href="#Footnote_421_421" class="fnanchor">[421]</a>, Maugréerie,<br /></span>
-<span class="i0">Hastiveté, Pautonnerie<a name="FNanchor_422_422" id="FNanchor_422_422"></a><a href="#Footnote_422_422" class="fnanchor">[422]</a><br /></span>
-<span class="i0">Et des autres à grant planté<br /></span>
-<span class="i0">Qui sont de telle voulenté.<br /></span>
-<span class="i0">Ceste bataille se tient fort<br /></span>
-<span class="i0">Et livre assault à grant effort<br /></span>
-<span class="i0">De l’autre costé, pour surprendre,<br /></span>
-<span class="i0">Si que l’en ne s’y puist deffendre.<br /></span>
-<span class="i0">Gloutonnie point et repoint<br /></span>
-<span class="i0">De l’un à l’autre, et leur enjoint<br /></span>
-<span class="i0">Que si se tiengnent sans recroire<a name="FNanchor_423_423" id="FNanchor_423_423"></a><a href="#Footnote_423_423" class="fnanchor">[423]</a><br /></span>
-<span class="i0">Que partout aient la victoire.<br /></span>
-<span class="i0">Or fault, se tu te veulx garder<br /></span>
-<span class="i0">Des deux assaulx, bien regarder<br /></span>
-<span class="i0">De tous costés à ce qui fault<br /></span>
-<span class="i0">Pour contrester à leur assault.<br /></span>
-<span class="i0">S’il t’assaillent, met toy à deffense<br /></span>
-<span class="i0">Et pren avec toy Abstinence<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-14" id="page_vol-2-14"></a>{v. 2, p.14}</span><br /></span>
-<span class="i0">Et Sobriété sa compaigne<br /></span>
-<span class="i0">Avecques ceulx de leur enseigne,<br /></span>
-<span class="i0">Car s’avecques toy as ces deulx,<br /></span>
-<span class="i0">Assez en vendra avec eulx,<br /></span>
-<span class="i0">Et te garderont bien, sans faille,<br /></span>
-<span class="i0">Encontre celle gloutonnaille.<br /></span>
-<span class="i0">Sur toute rien gart toy d’Ivresse,<br /></span>
-<span class="i0">Que sa bataille à toi n’adresse;<br /></span>
-<span class="i0">Car cil qu’à Yvresse se livre<br /></span>
-<span class="i0">N’a povoir de longuement vivre,<br /></span>
-<span class="i0">Et s’il vit, si est ce à meschief,<br /></span>
-<span class="i0">Car il n’a ne membre ne chief<br /></span>
-<span class="i0">Qui par yvresce ne lui dueille.<br /></span>
-<span class="i0">Les mains lui tremblent comme fueille<br /></span>
-<span class="i0">Et s’en chiet plus tost en vieillesse,<br /></span>
-<span class="i0">En maladie ou en foiblesse.<br /></span>
-<span class="i0">Qui s’enyvre, il se desnourrist,<br /></span>
-<span class="i0">Car tout le foie se pourrist;<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi est de soy homicide,<br /></span>
-<span class="i0">Dont c’est grant doleur et grant hide<a name="FNanchor_424_424" id="FNanchor_424_424"></a><a href="#Footnote_424_424" class="fnanchor">[424]</a>.<br /></span>
-<span class="i2">Du septisme assault dont Luxure<br /></span>
-<span class="i0">Est capitaine par nature,<br /></span>
-<span class="i0">Te fault gaittier et traire arrière,<br /></span>
-<span class="i0">Si qu’elle et ceulx de sa banière<br /></span>
-<span class="i0">En leur chemin pas ne te truissent<br /></span>
-<span class="i0">Si que suppéditer te puissent.<br /></span>
-<span class="i0">Se Fol-regard le fort archier<br /></span>
-<span class="i0">Trayoit à toy pour toy blécier,<br /></span>
-<span class="i0">Soies sages et te retray,<br /></span>
-<span class="i0">Vistement hors du trayt te tray;<br /></span>
-<span class="i0">Et quant hors seras de leurs mettes,<br /></span>
-<span class="i0">Garde toy bien que ne te mettes<br /></span>
-<span class="i0">En la voye de souvenir<br /></span>
-<span class="i0">Si près qu’à toy puist avenir,<br /></span>
-<span class="i0">Car s’avec lui t’avoit attrait,<br /></span>
-<span class="i0">Il te remenroit droit au trait,<br /></span>
-<span class="i0">Si que la flesche de Pensée<br /></span>
-<span class="i0">Te seroit tost ou corps boutée,<br /></span>
-<span class="i0">Et celle de Fole-plaisance<br /></span>
-<span class="i0">Qui ne tendroit qu’à décevance<br /></span>
-<span class="i0">Te mectroit, tout à son plaisir,<br /></span>
-<span class="i0">Ou trait de garrot<a name="FNanchor_425_425" id="FNanchor_425_425"></a><a href="#Footnote_425_425" class="fnanchor">[425]</a> de Désir<br /></span>
-<span class="i0">Qui si fort au cuer te ferroit<br /></span>
-<span class="i0">Que jà mire ne te guerroit;<br /></span>
-<span class="i0">Là languiroies en tel peine<br /></span>
-<span class="i0">Que tu n’auroies cuer ne vaine<br /></span>
-<span class="i0">Qui voulsist entendre à rien faire<br /></span>
-<span class="i0">Qu’à maintenir le fol afaire<br /></span>
-<span class="i0">Qui de folle amour se dépent<br /></span>
-<span class="i0">Dont chascun en fin se repent.<br /></span>
-<span class="i0">Là t’auroit si suppédité<br /></span>
-<span class="i0">Folle amour par fragilité<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il te faudroit pour vaincu rendre.<br /></span>
-<span class="i0">Mais se tu te veulx bien deffendre<br /></span>
-<span class="i0">Contre les archiers amoureux,<br /></span>
-<span class="i0">Jà ne seras surprins par eulx.<br /></span>
-<span class="i0">Pren la targe de Chasteté<br /></span>
-<span class="i0">Et la lance de Fermeté:<br /></span>
-<span class="i0">La targe met devant tes yeulx,<br /></span>
-<span class="i0">Tu ne te pues deffendre mieulx;<br /></span>
-<span class="i0">Grant mestier as qu’elle te gart<br /></span>
-<span class="i0">Encontre les trais de Regart.<br /></span>
-<span class="i0">Se tu ce pas<a name="FNanchor_426_426" id="FNanchor_426_426"></a><a href="#Footnote_426_426" class="fnanchor">[426]</a> pues bien garder<br /></span>
-<span class="i0">Contre Folement-regarder,<br /></span>
-<span class="i0">Jà Fole-cogitation<br /></span>
-<span class="i0">Ne t’ara en subjection.<br /></span>
-<span class="i0">Et quant ces deux ne te ferront<br /></span>
-<span class="i0">Jà les autres ne s’y verront.<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi ces deux pevent tout faire,<br /></span>
-<span class="i0">Aussi pevent-ils tout deffaire.<br /></span>
-<span class="i0">Regart si est trop perçant chose;<br /></span>
-<span class="i0">Toute plaisance y est enclose,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-15" id="page_vol-2-15"></a>{v. 2, p.15}</span><br /></span>
-<span class="i0">Aussi y est tout le contraire,<br /></span>
-<span class="i0">Si soubtillement scet-il traire,<br /></span>
-<span class="i0">Car tous ceulx que Regart attaint,<br /></span>
-<span class="i0">Soit pour bien ou pour mal, à teint<br /></span>
-<span class="i0">Souvent leur fait muer couleur,<br /></span>
-<span class="i0">Soit par joye ou par douleur.<br /></span>
-<span class="i0">Pour ce est voir ce qu’on dire seult:<br /></span>
-<span class="i0"><i>De ce qu’œil ne voit, cuer ne deult.</i><br /></span>
-<span class="i0">Si sont aucuns qui se vouldroient<br /></span>
-<span class="i0">Excuser qu’ils ne se pourroient<br /></span>
-<span class="i0">Du fort trait de regart garder<br /></span>
-<span class="i0">Et qu’il leur convient regarder<br /></span>
-<span class="i0">Ly un l’autre quant sont ensemble;<br /></span>
-<span class="i0">Tout Saincte Église ce assemble<br /></span>
-<span class="i0">Selon l’ordre de mariage,<br /></span>
-<span class="i0">A tels excusans respondray je<br /></span>
-<span class="i0">Briefement, sans prolongation,<br /></span>
-<span class="i0">Ce n’est mie m’entention<br /></span>
-<span class="i0">De deffendre à nul, bon regart,<br /></span>
-<span class="i0">Mais que de Fol-regart se gart<br /></span>
-<span class="i0">Qui les fols fait ymaginer<br /></span>
-<span class="i0">Et par Fol-cuidier deviner<a name="FNanchor_427_427" id="FNanchor_427_427"></a><a href="#Footnote_427_427" class="fnanchor">[427]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Dont est née Fole-plaisance<br /></span>
-<span class="i0">Qui convoite du corps l’aisance,<br /></span>
-<span class="i0">Et de ce vient Ardent-désir<br /></span>
-<span class="i0">Qui art tout, s’il n’a son plaisir;<br /></span>
-<span class="i0">Lors fait tant qu’à son gré avient,<br /></span>
-<span class="i0">Et tout ce de fol regart vient.<br /></span>
-<span class="i0">Ce n’est pas regart convenable<br /></span>
-<span class="i0">Quant à Dieu, mais quant au Déable:<br /></span>
-<span class="i0">Regart fait pour charnel délit<br /></span>
-<span class="i0">Au Déable moult abélist<a name="FNanchor_428_428" id="FNanchor_428_428"></a><a href="#Footnote_428_428" class="fnanchor">[428]</a><br /></span>
-<span class="i0">Et autant desplaît-il à Dieu<br /></span>
-<span class="i0">Si n’est pas fait en temps et lieu.<br /></span>
-<span class="i0">Gens qui en mariage sont,<br /></span>
-<span class="i0">Qui tousjours leurs courages ont<br /></span>
-<span class="i0">A délit charnel maintenir,<br /></span>
-<span class="i0">Voulans s’y soir et main<a name="FNanchor_429_429" id="FNanchor_429_429"></a><a href="#Footnote_429_429" class="fnanchor">[429]</a> tenir,<br /></span>
-<span class="i0">Pechent ensemble, sans doubtance,<br /></span>
-<span class="i0">Par l’engin de Fole-plaisance<br /></span>
-<span class="i0">Qui souvent les tient en ses las;<br /></span>
-<span class="i0">Mais ne le cuident pas les las,<br /></span>
-<span class="i0">Car à vertu tiennent ce vice<br /></span>
-<span class="i0">Dont ils font que fols et que nices;<br /></span>
-<span class="i0">Car conjoins ne devroient jà voir<a name="FNanchor_430_430" id="FNanchor_430_430"></a><a href="#Footnote_430_430" class="fnanchor">[430]</a><br /></span>
-<span class="i0">L’un à l’autre affaire avoir<br /></span>
-<span class="i0">Par charnele conjunction,<br /></span>
-<span class="i0">Se ce n’estoit en entention<br /></span>
-<span class="i0">De lignée multiplier;<br /></span>
-<span class="i0">Pour ce les fais-je marier,<br /></span>
-<span class="i0">Si que, par le gré de nature,<br /></span>
-<span class="i0">Facent ensemble engendréure,<br /></span>
-<span class="i0">Quant temps en est, et point, et lieu,<br /></span>
-<span class="i0">Et tout ainsi l’ordonna Dieu,<br /></span>
-<span class="i0">Non mie pour soy déliter<br /></span>
-<span class="i0">A l’un avec l’autre habiter.<br /></span>
-<span class="i0">Fols est qui l’un à l’autre habite<br /></span>
-<span class="i0">Sans l’entention dessus dicte,<br /></span>
-<span class="i0">Car quant Nature en tels gens euvre<br /></span>
-<span class="i0">Selon les estas de son euvre,<br /></span>
-<span class="i0">Sans moy ne Mesure appeller,<br /></span>
-<span class="i0">Et que son fait nous fait celer<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-16" id="page_vol-2-16"></a>{v. 2, p.16}</span><br /></span>
-<span class="i0">Afin qu’Atrempance n’y viengne<br /></span>
-<span class="i0">Qui en subjection la tiengne,<br /></span>
-<span class="i0">Iceste copulation<br /></span>
-<span class="i0">Faicte sans génération<br /></span>
-<span class="i0">Et sans droicte nécessité,<br /></span>
-<span class="i0">Par fresle superfluité,<br /></span>
-<span class="i0">Est péchié mortel, nul n’en doubte,<br /></span>
-<span class="i0">Qui par Fol-désir les y boute<br /></span>
-<span class="i0">Pour acomplir leur volenté<br /></span>
-<span class="i0">Charnele dont ils sont tempté,<br /></span>
-<span class="i0">Où nature est tousjours encline.<br /></span>
-<span class="i0">Nul temps qu’elle puist n’y décline,<br /></span>
-<span class="i0">Ains queurt tousjours de randonnée<br /></span>
-<span class="i0">Fresle, fole et abandonnée,<br /></span>
-<span class="i0">Ne se scet, pour grief, espargnier<br /></span>
-<span class="i0">Tant com riens a en son grenier.<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi de soy s’occist Nature<br /></span>
-<span class="i0">Se ne la gouverne Mesure<br /></span>
-<span class="i0">Ma suer<a name="FNanchor_431_431" id="FNanchor_431_431"></a><a href="#Footnote_431_431" class="fnanchor">[431]</a> qui tant est bien ruillée<a name="FNanchor_432_432" id="FNanchor_432_432"></a><a href="#Footnote_432_432" class="fnanchor">[432]</a><br /></span>
-<span class="i0">Qu’elle en nul temps n’est desruillée<a name="FNanchor_433_433" id="FNanchor_433_433"></a><a href="#Footnote_433_433" class="fnanchor">[433]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Ains fait faire tout si à point<br /></span>
-<span class="i0">Que où elle est, d’excès n’a point.<br /></span>
-<span class="i0">Croy donc Mesure en tous tes fais<br /></span>
-<span class="i0">Et tu n’y seras jà meffais<br /></span>
-<span class="i0">En nul temps, je t’en asséur,<br /></span>
-<span class="i0">Car qui la croit, il vit asseur.<br /></span>
-<span class="i2">Cy lairay du septime assault<br /></span>
-<span class="i0">Dont Luxure les gens assault<br /></span>
-<span class="i0">Et revendray à ma matière<br /></span>
-<span class="i0">Que j’ay entreprise première.<br /></span>
-<span class="i0">Soies tous temps vray en ta foy,<br /></span>
-<span class="i0">Aimes ton proesme comme toy,<br /></span>
-<span class="i0">Dieu mon père le veult ainsi;<br /></span>
-<span class="i0">Et fay à chascun tout ainsi<br /></span>
-<span class="i0">Comme qu’il te feist vouldroies.<br /></span>
-<span class="i0">Et se tu vas parmy les voies,<br /></span>
-<span class="i0">Soies enclin à saluer;<br /></span>
-<span class="i0">Et si ne dois nul temps ruer<br /></span>
-<span class="i0">De ta bouche male parole:<br /></span>
-<span class="i0">Saiges est cil qui pou parole,<br /></span>
-<span class="i0">Et qui aime et désire paix<br /></span>
-<span class="i0">Oyt tousjours, voit et se tait.<br /></span>
-<span class="i0">Et se tu es en compaignie<br /></span>
-<span class="i0">Parlant de sens ou de folie,<br /></span>
-<span class="i0">Parle au plus tart<a name="FNanchor_434_434" id="FNanchor_434_434"></a><a href="#Footnote_434_434" class="fnanchor">[434]</a> que tu pourras,<br /></span>
-<span class="i0">Escoute ce que tu orras,<br /></span>
-<span class="i0">Si que tu en saches parler<br /></span>
-<span class="i0">Quant ce vendra au paraler<a name="FNanchor_435_435" id="FNanchor_435_435"></a><a href="#Footnote_435_435" class="fnanchor">[435]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Et que ce soit par brief langaige;<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi seras tenu pour sage.<br /></span>
-<span class="i0">Et ne le fusses ores mie,<br /></span>
-<span class="i0">Là fault-il jouer d’escrémie<a name="FNanchor_436_436" id="FNanchor_436_436"></a><a href="#Footnote_436_436" class="fnanchor">[436]</a><br /></span>
-<span class="i0">Assez mieux qu’au jeu du bocler<a name="FNanchor_437_437" id="FNanchor_437_437"></a><a href="#Footnote_437_437" class="fnanchor">[437]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Car on apparçoit tost, moult cler,<br /></span>
-<span class="i0">Qui veult à parler entreprendre<a name="FNanchor_438_438" id="FNanchor_438_438"></a><a href="#Footnote_438_438" class="fnanchor">[438]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">S’il ne se garde de mesprendre,<br /></span>
-<span class="i0">Ou cler sens, ou clère folie.<br /></span>
-<span class="i0">Et pour ce clèrement folie<br /></span>
-<span class="i0">Cil qui de tost parler se haste.<br /></span>
-<span class="i0">Qui parle ne doit avoir haste,<br /></span>
-<span class="i0">Ains se doit trois fois adviser<br /></span>
-<span class="i0">Avant qu’il doie deviser:<br /></span>
-<span class="i0">La chose dont il veult parler,<br /></span>
-<span class="i0">Et à quel fin il puet aler,<br /></span>
-<span class="i0">Et ce qu’il en puet avenir;<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi n’en puet nul mal venir.<br /></span>
-<span class="i0">Soies courtois et amiables<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-17" id="page_vol-2-17"></a>{v. 2, p.17}</span><br /></span>
-<span class="i0">Envers tous et humiliables;<br /></span>
-<span class="i0">Par toy soient grans et menus<br /></span>
-<span class="i0">Tous temps amés et chier tenus,<br /></span>
-<span class="i0">Suy les bons et fuy les mauvais,<br /></span>
-<span class="i0">Aimes tous temps douceur et paix;<br /></span>
-<span class="i0">Et se tu ois tencions ne noises,<br /></span>
-<span class="i0">Garde toy bien que tu n’y voises,<br /></span>
-<span class="i0">Car nul ne se puet avancier<br /></span>
-<span class="i0">D’amer noises, ne de tencier.<br /></span>
-<span class="i0">Amis, se tu veulx advenir<br /></span>
-<span class="i0">Au manoir Richesse et venir<br /></span>
-<span class="i0">Dont je t’ay si fort oï plaindre<br /></span>
-<span class="i0">Que nuls homs ne le puet attaindre<br /></span>
-<span class="i0">Se n’est par paine et par doleur,<br /></span>
-<span class="i0">Laisses ester telle foleur<br /></span>
-<span class="i0">Et telle cogitation,<br /></span>
-<span class="i0">Et pren en toy discrétion.<br /></span>
-<span class="i0">Pren des deux voies la meilleur,<br /></span>
-<span class="i0">Laisses le bren<a name="FNanchor_439_439" id="FNanchor_439_439"></a><a href="#Footnote_439_439" class="fnanchor">[439]</a> et pren la fleur<a name="FNanchor_440_440" id="FNanchor_440_440"></a><a href="#Footnote_440_440" class="fnanchor">[440]</a>:<br /></span>
-<span class="i0">Se ne le fais, feras foleur;<br /></span>
-<span class="i0">Qui est à chois, le mieux doit prendre.<br /></span>
-<span class="i0">Et se tu veulx la voie aprendre<br /></span>
-<span class="i0">Que tu dis que tu ne scez pas,<br /></span>
-<span class="i0">Pour ce qu’il y a mal trespas,<br /></span>
-<span class="i0">Si comme tu dis, à passer<br /></span>
-<span class="i0">Par quoi on s’y puet trop lasser,<br /></span>
-<span class="i0">(C’est au beau manoir de Richesse,)<br /></span>
-<span class="i0">Je t’en aprendray bien l’adresse<br /></span>
-<span class="i0">Et ce qu’il en puet avenir;<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi n’en puet nul mal venir<br /></span>
-<span class="i0">Qui<a name="FNanchor_441_441" id="FNanchor_441_441"></a><a href="#Footnote_441_441" class="fnanchor">[441]</a> t’y saura bien convoier,<br /></span>
-<span class="i0">Sans toy feindre ne forvoier.<br /></span>
-<span class="i0">Pren le chemin droit à main destre<br /></span>
-<span class="i0">Et laisse cellui à senestre,<br /></span>
-<span class="i0">Car le destre toutes gens maine<br /></span>
-<span class="i0">Droit à Richesse, en son demaine,<br /></span>
-<span class="i0">Mais que on ne se traie hors voie;<br /></span>
-<span class="i0">En cellui nul ne se forvoie,<br /></span>
-<span class="i0">Ainçois va tout à sa devise.<br /></span>
-<span class="i0">Or est droit que je te devise<br /></span>
-<span class="i0">Comme cil chemin est nommé<br /></span>
-<span class="i0">Qui tant est bel et renommé,<br /></span>
-<span class="i0">Et qui fait ceulx qui le vont, estre<br /></span>
-<span class="i0">Tous temps en très gracieux estre.<br /></span>
-<span class="i0">Cil chemin a nom Diligence,<br /></span>
-<span class="i0">Pavés<a name="FNanchor_442_442" id="FNanchor_442_442"></a><a href="#Footnote_442_442" class="fnanchor">[442]</a> est de Persévérance.<br /></span>
-<span class="i0">S’en ce chemin te veulx tenir,<br /></span>
-<span class="i0">Tu pues à richesse venir<br /></span>
-<span class="i0">Et le chemin tost achever<br /></span>
-<span class="i0">Aiséement, sans toy grever,<br /></span>
-<span class="i0">Et avec Richesse manoir<a name="FNanchor_443_443" id="FNanchor_443_443"></a><a href="#Footnote_443_443" class="fnanchor">[443]</a><br /></span>
-<span class="i0">En son très gracieux manoir.<br /></span>
-<span class="i0">Car qui n’y va, ne tient qu’à lui,<br /></span>
-<span class="i0">Quant le cuer a si achailly<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il het le bel destre chemin<br /></span>
-<span class="i0">Pour estre a l’ort senestre enclin.<br /></span>
-<span class="i0">Qui ce senestre veult aler,<br /></span>
-<span class="i0">Meschéans est au paraler,<br /></span>
-<span class="i0">Ni n’en puet eschapper n’estordre<a name="FNanchor_444_444" id="FNanchor_444_444"></a><a href="#Footnote_444_444" class="fnanchor">[444]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Ains lui convient telle hart<a name="FNanchor_445_445" id="FNanchor_445_445"></a><a href="#Footnote_445_445" class="fnanchor">[445]</a> tordre<br /></span>
-<span class="i0">En paine, en meschief, en angoisse.<br /></span>
-<span class="i0">Cil chemins moult de gens angoisse<br /></span>
-<span class="i0">Et les fait vivre en grant destresse:<br /></span>
-<span class="i0">Laie<a name="FNanchor_446_446" id="FNanchor_446_446"></a><a href="#Footnote_446_446" class="fnanchor">[446]</a> gent l’appellent paresse<br /></span>
-<span class="i0">Et li clerc l’appellent accide;<br /></span>
-<span class="i0">On n’y treuve confort, n’aïde,<br /></span>
-<span class="i0">Ne conseil, n’espoir, ne chevance,<br /></span>
-<span class="i0">Fors peine, ennuy et meschéance;<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-18" id="page_vol-2-18"></a>{v. 2, p.18}</span><br /></span>
-<span class="i0">C’est un chemin moult destravé<a name="FNanchor_447_447" id="FNanchor_447_447"></a><a href="#Footnote_447_447" class="fnanchor">[447]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Plein de boullons<a name="FNanchor_448_448" id="FNanchor_448_448"></a><a href="#Footnote_448_448" class="fnanchor">[448]</a>, tout encavé;<br /></span>
-<span class="i0">N’il ne fera jà si beau temps<br /></span>
-<span class="i0">Qu’y puist tost errer qui est ens<a name="FNanchor_449_449" id="FNanchor_449_449"></a><a href="#Footnote_449_449" class="fnanchor">[449]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Là le tiennent en couardie,<br /></span>
-<span class="i0">Les grans boullons de fétardie,<br /></span>
-<span class="i0">D’ignorance et de niceté.<br /></span>
-<span class="i0">C’est le chemin de Povrété,<br /></span>
-<span class="i0">Une dame qui n’est prisée,<br /></span>
-<span class="i0">En ce monde, n’auctorisée<br /></span>
-<span class="i0">Ne qu’un viel chien, en vérité.<br /></span>
-<span class="i0">De lui vient toute adversité,<br /></span>
-<span class="i0">Meschief, peine, ennuy et contraire,<br /></span>
-<span class="i0">Arrière se fait donc bon traire<br /></span>
-<span class="i0">Du chemin qui à lui adresse,<br /></span>
-<span class="i0">Et prendre la plaisant adresse.<br /></span>
-<span class="i0">Du beau chemin de Diligence,<br /></span>
-<span class="i0">Car chascun puet veoir en ce<br /></span>
-<span class="i0">Qui est à chois et puet eslire,<br /></span>
-<span class="i0">Il ne doit pas prendre le pire;<br /></span>
-<span class="i0">Et s’il le prent et puis s’en veut<br /></span>
-<span class="i0">Repentir, quant il ne le peut<br /></span>
-<span class="i0">Recouvrer, c’est trop grant foleur.<br /></span>
-<span class="i0">Car qui bien laisse et prent doleur<br /></span>
-<span class="i0">Et se forvoie à escient,<br /></span>
-<span class="i0">Ne puet chaloir s’il en mesvient,<br /></span>
-<span class="i0">Car quant un cuer s’est forvoyés,<br /></span>
-<span class="i0">N’est pas de légier ravoiés.<br /></span>
-<span class="i0">S’il est ou chemin de Paresse,<br /></span>
-<span class="i0">Il tourne le cul à Richesse<br /></span>
-<span class="i0">Et va à Povreté tout droit,<br /></span>
-<span class="i0">Dont je t’ay parlé orendroit,<br /></span>
-<span class="i0">Qui fait si mal gens atourner;<br /></span>
-<span class="i0">Et quant il cuide retourner<br /></span>
-<span class="i0">Et s’apperçoit de sa folie,<br /></span>
-<span class="i0">Lors entre en grant mérencolie<br /></span>
-<span class="i0">Qui moult le travaille et le peine,<br /></span>
-<span class="i0">En pensée, en soussy, en peine,<br /></span>
-<span class="i0">En desconfort, en désespoir,<br /></span>
-<span class="i0">Dont il devient larron espoir<a name="FNanchor_450_450" id="FNanchor_450_450"></a><a href="#Footnote_450_450" class="fnanchor">[450]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Et tolt et emble aux gens le leur,<br /></span>
-<span class="i0">Dont en la fin muert à doleur.<br /></span>
-<span class="i2">Or sont aucuns qui veullent dire<br /></span>
-<span class="i0">Que destinée à ce les tire<br /></span>
-<span class="i0">Et les fait ensement aler.<br /></span>
-<span class="i0">Folie font d’ainsi parler,<br /></span>
-<span class="i0">Car ils ne scevent que ils dient:<br /></span>
-<span class="i0">Et les maléureux s’y fient<br /></span>
-<span class="i0">Qui dient souvent et menu,<br /></span>
-<span class="i0">Quant meschief leur est advenu,<br /></span>
-<span class="i0">Qu’ainsi leur devoit avenir,<br /></span>
-<span class="i0">Et le veulent pour vrai tenir<br /></span>
-<span class="i0">Et prennent en leur meschéance,<br /></span>
-<span class="i0">Par ce parler, glorifiance,<br /></span>
-<span class="i0">Et s’excusent de leur meffait,<br /></span>
-<span class="i0">Disans qu’ils ne l’orent mie fait<br /></span>
-<span class="i0">Par leur gré, mais par destinée<br /></span>
-<span class="i0">Qui au naistre leur fu donnée.<br /></span>
-<span class="i0">Ceulx qui le croient se deçoivent,<br /></span>
-<span class="i0">Ne croient pas si comme il doivent,<br /></span>
-<span class="i0">Car à nullui n’est destiné<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il soit pendu ne traïné,<br /></span>
-<span class="i0">Ne qu’il meure de mort vilaine,<br /></span>
-<span class="i0">S’il ne met au desservir peine.<br /></span>
-<span class="i0">Meschief contrester chacun puet<br /></span>
-<span class="i0">Qui entendre à bien faire veult,<br /></span>
-<span class="i0">N’il n’est pas de nécessité<br /></span>
-<span class="i0">Qu’à nul aviengne adversité,<br /></span>
-<span class="i0">Mais advient par cas d’aventure,<br /></span>
-<span class="i0">Quant folement on s’aventure.<br /></span>
-<span class="i0">Destinée ne puet contraindre<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-19" id="page_vol-2-19"></a>{v. 2, p.19}</span><br /></span>
-<span class="i0">Nul, si qu’il ne se puist refraindre,<br /></span>
-<span class="i0">Mais qu’il ait bonne voulenté;<br /></span>
-<span class="i0">Et s’il est à la fois tempté<br /></span>
-<span class="i0">D’aler faire aucune aatie<a name="FNanchor_451_451" id="FNanchor_451_451"></a><a href="#Footnote_451_451" class="fnanchor">[451]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">S’avec lui suy<a name="FNanchor_452_452" id="FNanchor_452_452"></a><a href="#Footnote_452_452" class="fnanchor">[452]</a>, je le chastie<br /></span>
-<span class="i0">Et lui oste celle pensée<br /></span>
-<span class="i0">Qui en son cuer estoit entrée,<br /></span>
-<span class="i0">Et lui donne advis et mémoire<br /></span>
-<span class="i0">Decontrester, s’il me veult croire,<br /></span>
-<span class="i0">A mauvaise temptation,<br /></span>
-<span class="i0">Dont il vient à salvation.<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi peus veoir clèrement<br /></span>
-<span class="i0">Que destinée nullement<br /></span>
-<span class="i0">N’a nul povoir de chose faire<br /></span>
-<span class="i0">Que je ne puisse tost deffaire,<br /></span>
-<span class="i0">Au mains s’elle ne m’est célée<br /></span>
-<span class="i0">Si qu’au fait ne soie appellée;<br /></span>
-<span class="i0">Car nul fait qui sans moy est fet<br /></span>
-<span class="i0">Ne puet venir à bon effet,<br /></span>
-<span class="i0">Mais communément en meschiet,<br /></span>
-<span class="i0">Et par ce meschief il eschiest<br /></span>
-<span class="i0">Que destinée y pren le nom<br /></span>
-<span class="i0">D’estre vertu et grant renom,<br /></span>
-<span class="i0">Car pluseurs dient et soustiennent<br /></span>
-<span class="i0">Que bien et mal par elle viennent<br /></span>
-<span class="i0">Et que nul contrester ne puet<br /></span>
-<span class="i0">A ce que destinée veult;<br /></span>
-<span class="i0">Mais tous ceulx en sont décéu,<br /></span>
-<span class="i0">Qui ont ceste créance eu,<br /></span>
-<span class="i0">Car s’il estoit au Dieu vouloir<br /></span>
-<span class="i0">Que destinée éust povoir<br /></span>
-<span class="i0">Dessus les gens si comme on dit,<br /></span>
-<span class="i0">Que vauldroit bon fait ne bon dit,<br /></span>
-<span class="i0">Ne soy à bonnes euvres traire?<br /></span>
-<span class="i0">Nul n’aroit mestier de bien faire<br /></span>
-<span class="i0">Quant bien fait ne le secourroit,<br /></span>
-<span class="i0">Ainçois villainement mourroit,<br /></span>
-<span class="i0">Et s’ensuiroit, quoy que nuls die,<br /></span>
-<span class="i0">Que s’uns homs à mal s’estudie,<br /></span>
-<span class="i0">Et emble, et tue, et fiert, et bat,<br /></span>
-<span class="i0">Quant il n’y puet mettre débat<br /></span>
-<span class="i0">Pour destinée qui l’enforce<br /></span>
-<span class="i0">A tous maulx faire par sa force,<br /></span>
-<span class="i0">Que monstré n’en doit estre au doit<br /></span>
-<span class="i0">Puisqu’il ne fait que ce qu’il doit:<br /></span>
-<span class="i0">Et Dïeu mesmes qui scet tout<br /></span>
-<span class="i0">N’en doit avoir vers lui courroux,<br /></span>
-<span class="i0">Puisque ce n’a-il mie fait,<br /></span>
-<span class="i0">Mais Destinée tout ce fait.<br /></span>
-<span class="i0">Certes mais il est autrement,<br /></span>
-<span class="i0">Et quiconques maintient il ment<br /></span>
-<span class="i0">Que<a name="FNanchor_453_453" id="FNanchor_453_453"></a><a href="#Footnote_453_453" class="fnanchor">[453]</a> destinée vertus soit,<br /></span>
-<span class="i0">Et qui le croit il se déçoit.<br /></span>
-<span class="i0">Fay donc ce que je t’ay apris,<br /></span>
-<span class="i0">Se tu veulx avenir à pris;<br /></span>
-<span class="i0">Laisse le mal et pren le bien,<br /></span>
-<span class="i0">Quant avoir le pues aussi bien,<br /></span>
-<span class="i0">Et plus légièrement assez,<br /></span>
-<span class="i0">Car on est cent fois moins lassé<br /></span>
-<span class="i0">Ou beau chemin dessus nommé<br /></span>
-<span class="i0">Que Diligence t’ay nommé<br /></span>
-<span class="i0">Qui toutes gens à honneur maine,<br /></span>
-<span class="i0">Et cent fois y a moins de paine<br /></span>
-<span class="i0">Qu’ou hideux chemin de paresse<br /></span>
-<span class="i0">Plain de douleur et de tristesse<br /></span>
-<span class="i0">Où nul ne pourroit estre à aise,<br /></span>
-<span class="i0">Ne faire chose qui lui plaise,<br /></span>
-<span class="i0">N’estre en estat, ne bien nourry;<br /></span>
-<span class="i0">Car le chemin est si pourry<br /></span>
-<span class="i0">Qu’on y entre jusques au ventre,<br /></span>
-<span class="i0">Maleureux est cil qui y entre!<br /></span>
-<span class="i0">C’est un chemin ou nuls ne court,<br /></span>
-<span class="i0">Mais, sans faille, il est assez court<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-20" id="page_vol-2-20"></a>{v. 2, p.20}</span><br /></span>
-<span class="i0">Tant soit-il ort et desrivé<a name="FNanchor_454_454" id="FNanchor_454_454"></a><a href="#Footnote_454_454" class="fnanchor">[454]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Car on est tantost arrivé,<br /></span>
-<span class="i0">Sans y quérir autre adresse,<br /></span>
-<span class="i0">Droit au manoir où il s’adresse,<br /></span>
-<span class="i0">C’est assavoir chez Povreté<br /></span>
-<span class="i0">Où l’en vient tout desbareté<a name="FNanchor_455_455" id="FNanchor_455_455"></a><a href="#Footnote_455_455" class="fnanchor">[455]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Nu, deschaux, et de froit tremblant<br /></span>
-<span class="i0">Et de très-douloureux semblant,<br /></span>
-<span class="i0">Le corps courbé, acrampely<a name="FNanchor_456_456" id="FNanchor_456_456"></a><a href="#Footnote_456_456" class="fnanchor">[456]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Affin qu’on ait pitié de ly.<br /></span>
-<span class="i0">Mais de tels gens, en vérité,<br /></span>
-<span class="i0">Doit-on avoir peu de pitié<br /></span>
-<span class="i0">Quant il sont en si bas dégré:<br /></span>
-<span class="i0">Puisqu’ils se mettent tout de gré<br /></span>
-<span class="i0">En si doloreuse aventure,<br /></span>
-<span class="i0">Que mésaise aient c’est droicture.<br /></span>
-<span class="i2">Se tu crois doncques mon conseil<br /></span>
-<span class="i0">Que je, pour ton preu, te conseil,<br /></span>
-<span class="i0">Cest ort chemin hideux hairas,<br /></span>
-<span class="i0">Ne jamais jouir ne t’y verras.<br /></span>
-<span class="i0">Remenbre toy des meschéans<br /></span>
-<span class="i0">Que tu es chascun jour véans<br /></span>
-<span class="i0">Qui si maleureux deviennent<br /></span>
-<span class="i0">Quant en ce chemin se tiennent.<br /></span>
-<span class="i0">Beau chastiement met en lui<br /></span>
-<span class="i0">Qui se chastie par autrui.<br /></span>
-<span class="i0">Se uns homs entre en mauvais pas<br /></span>
-<span class="i0">De gré, ou qu’il ne saiche pas,<br /></span>
-<span class="i0">(Si comme assez souvent eschiet,)<br /></span>
-<span class="i0">Et en ce mau pas lui meschiet,<br /></span>
-<span class="i0">Cellui d’après qui le regarde<br /></span>
-<span class="i0">Ne le suit pas, ainçois se garde<br /></span>
-<span class="i0">D’aler après, qu’il ne se blesse,<br /></span>
-<span class="i0">Et s’en va querre une autre adresse<br /></span>
-<span class="i0">Qu’à droit port le fait arriver.<br /></span>
-<span class="i0">Tout ainsi dois-tu eschiver<br /></span>
-<span class="i0">Tous temps le chemin et la voie<br /></span>
-<span class="i0">Que tu scez et vois qui avoie<a name="FNanchor_457_457" id="FNanchor_457_457"></a><a href="#Footnote_457_457" class="fnanchor">[457]</a><br /></span>
-<span class="i0">Toutes gens à chétiveté,<br /></span>
-<span class="i0">A angoisse et à povreté,<br /></span>
-<span class="i0">Et que chascun jour pues véoir<br /></span>
-<span class="i0">Qui ne leur fait que meschéoir<a name="FNanchor_458_458" id="FNanchor_458_458"></a><a href="#Footnote_458_458" class="fnanchor">[458]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">N’en ce chemin bien n’orent oncques.<br /></span>
-<span class="i0">Eschive le erraument doncques,<br /></span>
-<span class="i0">Et met les pans<a name="FNanchor_459_459" id="FNanchor_459_459"></a><a href="#Footnote_459_459" class="fnanchor">[459]</a> à la sainture,<br /></span>
-<span class="i0">Et si t’en cours grant aléure,<br /></span>
-<span class="i0">Et à main destre pren t’adresse<br /></span>
-<span class="i0">Au beau chemin qui tost adresse<br /></span>
-<span class="i0">Tous ceulx qui y vont, et agence<br /></span>
-<span class="i0">En tout honneur: c’est Diligence<br /></span>
-<span class="i0">Le beau chemin plain de noblesse,<br /></span>
-<span class="i0">Nuls n’y puet avoir fors léesse<br /></span>
-<span class="i0">Par la planté des biens qui viennent<br /></span>
-<span class="i0">A tous ceulx qui ce chemin tiennent.<br /></span>
-<span class="i0">Il est lonc merveilleusement,<br /></span>
-<span class="i0">Mais il n’ennuye nullement<br /></span>
-<span class="i0">A ceulx qui veullent avenir<br /></span>
-<span class="i0">Au manoir Richesse et venir,<br /></span>
-<span class="i0">Ainçois errent et jour et nuit<br /></span>
-<span class="i0">Sans ce que goute leur ennuit.<br /></span>
-<span class="i0">Chascun a désir qu’il se voie<br /></span>
-<span class="i0">En ce chemin. Droit en my-voie<br /></span>
-<span class="i0">A deux sentes dont l’une à destre<br /></span>
-<span class="i0">S’en va droit, et l’autre à senestre.<br /></span>
-<span class="i0">De la destre te vueil parler:<br /></span>
-<span class="i0">Par celle fait-il bon aler,<br /></span>
-<span class="i0">Car tant est vertueuse adresse<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il maine à parfaicte richesse;<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-21" id="page_vol-2-21"></a>{v. 2, p.21}</span><br /></span>
-<span class="i0">C’est Souffisance la séure<br /></span>
-<span class="i0">Qui ceulx qui là vont asséure<br /></span>
-<span class="i0">Et les fait vivre en bon espoir<br /></span>
-<span class="i0">Sans penser à nul désespoir,<br /></span>
-<span class="i0">Car tout ce qu’ils ont leur souffist.<br /></span>
-<span class="i0">Soit à dommage ou à prouffit,<br /></span>
-<span class="i0">Dieu loent sans estre lassés<br /></span>
-<span class="i0">Aussi tost d’un pou com d’assez.<br /></span>
-<span class="i0">Cils sont riche parfaictement,<br /></span>
-<span class="i0">Et nuls n’est riches autrement<br /></span>
-<span class="i0">S’il ne va parmy Souffisance,<br /></span>
-<span class="i0">Et fut-il ores roy de France.<br /></span>
-<span class="i0">De l’autre sente te diray,<br /></span>
-<span class="i0">La vérité n’en mentiray:<br /></span>
-<span class="i0">Elle va à senestre partie,<br /></span>
-<span class="i0">Mais c’est bien chose mi-partie<a name="FNanchor_460_460" id="FNanchor_460_460"></a><a href="#Footnote_460_460" class="fnanchor">[460]</a><br /></span>
-<span class="i0">Envers celle qui va à destre,<br /></span>
-<span class="i0">Car nul n’y puet assouvis estre.<br /></span>
-<span class="i0">Celle sente a nom Convoitise<br /></span>
-<span class="i0">Qui les cuers enflambe et atise<br /></span>
-<span class="i0">D’estre convoiteux sur avoir;<br /></span>
-<span class="i0">Qui plus en a, plus veult avoir,<br /></span>
-<span class="i0">Tousjours de plus en plus convoite,<br /></span>
-<span class="i0">D’aler avant si fort les coite<a name="FNanchor_461_461" id="FNanchor_461_461"></a><a href="#Footnote_461_461" class="fnanchor">[461]</a>!<br /></span>
-<span class="i0">Et quant ils viennent au chastel<br /></span>
-<span class="i0">De Richesse qui tant est bel,<br /></span>
-<span class="i0">Avis leur est que riens fait n’ont<br /></span>
-<span class="i0">S’encores plus avant ne vont.<br /></span>
-<span class="i0">D’aler oultre est bien leur entente,<br /></span>
-<span class="i0">Tant com leur durra celle sente,<br /></span>
-<span class="i0">A quelque peine que ce soit;<br /></span>
-<span class="i0">Mais certes elle les déçoit.<br /></span>
-<span class="i0">Mal en virent oncques l’entrée,<br /></span>
-<span class="i0">Car quant personne y est entrée,<br /></span>
-<span class="i0">Ne se peut d’avoir saouler,<br /></span>
-<span class="i0">Ains vouldroit bien tout engouler;<br /></span>
-<span class="i0">Ne se daignent là arrester,<br /></span>
-<span class="i0">Mais vont tousjours, sans contrester,<br /></span>
-<span class="i0">Querre meilleur pain que froment,<br /></span>
-<span class="i0">Dont, puis, se repentent souvent;<br /></span>
-<span class="i0">Car quant bien hault se sont juchiés,<br /></span>
-<span class="i0">A un seul coup sont trébuchiés,<br /></span>
-<span class="i0">De Fortune qui ne voit goute,<br /></span>
-<span class="i0">Qui de sa roe si les boute<br /></span>
-<span class="i0">Qu’en la boe les fait chéoir:<br /></span>
-<span class="i0">On le puet chascun jour véoir.<br /></span>
-<span class="i0">Quant ils se voient décéus<br /></span>
-<span class="i0">Et du hault au bas chéus<br /></span>
-<span class="i0">Où fortune les a flatis<a name="FNanchor_462_462" id="FNanchor_462_462"></a><a href="#Footnote_462_462" class="fnanchor">[462]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Lors ont les cuers si amatis<a name="FNanchor_463_463" id="FNanchor_463_463"></a><a href="#Footnote_463_463" class="fnanchor">[463]</a><br /></span>
-<span class="i0">Et si vains que du tout leur faillent,<br /></span>
-<span class="i0">Et ne scevent quel part ils aillent,<br /></span>
-<span class="i0">Tant sont honteux et esbahis,<br /></span>
-<span class="i0">Et se tiennent pour fols naïs<a name="FNanchor_464_464" id="FNanchor_464_464"></a><a href="#Footnote_464_464" class="fnanchor">[464]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Chétis, las, courbés, sans léesse,<br /></span>
-<span class="i0">Entrans ou chemin de Paresse,<br /></span>
-<span class="i0">Et s’en vont droit à Povreté,<br /></span>
-<span class="i0">Desconfit et desbareté,<br /></span>
-<span class="i0">Ne jà puis jour ne seront aise,<br /></span>
-<span class="i0">Ainçois languiront en mésaise,<br /></span>
-<span class="i0">Et en tel estat se mourront,<br /></span>
-<span class="i0">Et, par aventure, pourront<br /></span>
-<span class="i0">Faire aucun vilain maléfice<br /></span>
-<span class="i0">Dont il seront mis à justice.<br /></span>
-<span class="i0">Donc pues-tu véoir et entendre<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il fait très mauvais entreprendre<br /></span>
-<span class="i0">Sente qui est si périlleuse,<br /></span>
-<span class="i0">Si forvoiant, si fortuneuse<br /></span>
-<span class="i0">Comme est celle de Convoitise,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-22" id="page_vol-2-22"></a>{v. 2, p.22}</span><br /></span>
-<span class="i0">Car nul n’y a s’entente mise<br /></span>
-<span class="i0">Qui en la fin ne s’en repente.<br /></span>
-<span class="i0">Eschieve doncques ceste sente<br /></span>
-<span class="i0">Et pren celle de Souffisance,<br /></span>
-<span class="i0">Et tu auras tousjours chevance<br /></span>
-<span class="i0">Et assez tant com tu vivras;<br /></span>
-<span class="i0">Assez as-tu quant ton vivre as,<br /></span>
-<span class="i0">Entre les gens, honnestement,<br /></span>
-<span class="i0">Et as souffisant vestement<br /></span>
-<span class="i0">Et à l’avenant le surplus:<br /></span>
-<span class="i0">Fol es se tu demandes plus.<br /></span>
-<span class="i0">Puis que tu l’as par loyauté,<br /></span>
-<span class="i0">Tu as plus qu’une royaulté<br /></span>
-<span class="i0">Sans souffisance ne vauldroit,<br /></span>
-<span class="i0">Se tu regardes bien au droit.<br /></span>
-<span class="i2">Et s’il advient que servir doies<br /></span>
-<span class="i0">Je te deffent que tu ne soies<br /></span>
-<span class="i0">Envers ton maistre courageux,<br /></span>
-<span class="i0">Orguilleux, fel, ne oultrageux.<br /></span>
-<span class="i0">Tousjours lui fay obéissance,<br /></span>
-<span class="i0">Et enclines à sa plaisance,<br /></span>
-<span class="i0">En tous estas<a name="FNanchor_465_465" id="FNanchor_465_465"></a><a href="#Footnote_465_465" class="fnanchor">[465]</a>, sans rebeller,<br /></span>
-<span class="i0">Et ne te dois nul temps mêler<br /></span>
-<span class="i0">D’argüer ne de contredire<br /></span>
-<span class="i0">Chose que tu lui oies dire:<br /></span>
-<span class="i0">S’il parle à toi, si lui respons<br /></span>
-<span class="i0">Doulcement, sans vilain respons,<br /></span>
-<span class="i0">Sans rebrichier<a name="FNanchor_466_466" id="FNanchor_466_466"></a><a href="#Footnote_466_466" class="fnanchor">[466]</a> et sans groucier,<br /></span>
-<span class="i0">Craindre le dois à courroucier.<br /></span>
-<span class="i0">Et si ne dois en nul temps faire<br /></span>
-<span class="i0">Chose qui lui doie desplaire<br /></span>
-<span class="i0">Pour enseignement que tu truisses<a name="FNanchor_467_467" id="FNanchor_467_467"></a><a href="#Footnote_467_467" class="fnanchor">[467]</a><br /></span>
-<span class="i0">Au moins puis qu’amander le puisses,<br /></span>
-<span class="i0">Tu le dois amer de vray cuer,<br /></span>
-<span class="i0">Sans lui estre faulx à nul fuer,<br /></span>
-<span class="i0">Et se tu l’aimes, tu feras<br /></span>
-<span class="i0">Son vouloir et le doubteras<br /></span>
-<span class="i0">En tous estas, j’en sui certaine,<br /></span>
-<span class="i0">Car amours est si souveraine<br /></span>
-<span class="i0">Que toutes vertus lui enclinent<br /></span>
-<span class="i0">Et de lui obéir ne finent.<br /></span>
-<span class="i0">C’est moult puissant vertus qu’amour!<br /></span>
-<span class="i0">Met-la donc en toy sans demour,<br /></span>
-<span class="i0">Car qui aime de cuer, il craint:<br /></span>
-<span class="i0">Bonne amour à ce le contraint<br /></span>
-<span class="i0">Qui le met en obéissance<br /></span>
-<span class="i0">Par sa vertueuse puissance,<br /></span>
-<span class="i0">Et le tient en subjection<br /></span>
-<span class="i0">Sans user de déception<a name="FNanchor_468_468" id="FNanchor_468_468"></a><a href="#Footnote_468_468" class="fnanchor">[468]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Mais s’aucun craint, ne s’ensuit mie<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il ait en lui d’amour demie<a name="FNanchor_469_469" id="FNanchor_469_469"></a><a href="#Footnote_469_469" class="fnanchor">[469]</a>:<br /></span>
-<span class="i0">Amour n’obéist pas à crainte,<br /></span>
-<span class="i0">Ne nullui n’aime par contrainte,<br /></span>
-<span class="i0">Car on craint bient ce que l’en het,<br /></span>
-<span class="i0">Que ce soit voir, chascun le scet;<br /></span>
-<span class="i0">Mais qui bien aime, craint et doubte:<br /></span>
-<span class="i0">De ce ne doit nuls avoir doubte.<br /></span>
-<span class="i2">Aimes donc ton maistre et le sers<br /></span>
-<span class="i0">Loyaument, et s’amour dessers<a name="FNanchor_470_470" id="FNanchor_470_470"></a><a href="#Footnote_470_470" class="fnanchor">[470]</a>;<br /></span>
-<span class="i0">Et quant ton bien aparcevra,<br /></span>
-<span class="i0">Vers toy fera ce qu’il devra,<br /></span>
-<span class="i0">Ne jà ne saura estre avers.<br /></span>
-<span class="i0">Et se tu le sers au travers,<br /></span>
-<span class="i0">Sans lui amer et chier tenir,<br /></span>
-<span class="i0">Nul bien ne t’en poura venir,<br /></span>
-<span class="i0">Ains perdras avec luy ton temps<br /></span>
-<span class="i0">Et si auras à lui contemps,<br /></span>
-<span class="i0">Ou vilment congié te donra<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-23" id="page_vol-2-23"></a>{v. 2, p.23}</span><br /></span>
-<span class="i0">Et si diffamer te pourra<br /></span>
-<span class="i0">En pluseurs lieux, par aventure,<br /></span>
-<span class="i0">Que nullui n’aura de toy cure.<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi en tous estas perdroies,<br /></span>
-<span class="i0">Se par amour ne le servoies.<br /></span>
-<span class="i2">Quiconques sert il doit amer<br /></span>
-<span class="i0">Son maistre de cuer, sans amer<a name="FNanchor_471_471" id="FNanchor_471_471"></a><a href="#Footnote_471_471" class="fnanchor">[471]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Et de si loial cuer servir<br /></span>
-<span class="i0">Que s’amour puisse desservir.<br /></span>
-<span class="i0">Prendre doit trois conditions<br /></span>
-<span class="i0">De trois significations<br /></span>
-<span class="i0">Que briefment je te nommeray,<br /></span>
-<span class="i0">Et puis si les exposeray.<br /></span>
-<span class="i0">Premier, dos d’asne doit avoir<br /></span>
-<span class="i0">Se bien veult faire son devoir;<br /></span>
-<span class="i0">Secondement, comment qu’il voit<a name="FNanchor_472_472" id="FNanchor_472_472"></a><a href="#Footnote_472_472" class="fnanchor">[472]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Oreilles de vache avoir doit;<br /></span>
-<span class="i0">Et tiercement doit avoir groing<br /></span>
-<span class="i0">De pourcel, sans aucun desdaing.<br /></span>
-<span class="i0">Ces trois conditions estranges,<br /></span>
-<span class="i0">Se tu sers, pas de toy n’estranges,<br /></span>
-<span class="i0">Mais mect tousjours paine et estude<br /></span>
-<span class="i0">D’avoir les par similitude,<br /></span>
-<span class="i0">Quant sauras l’exposition<br /></span>
-<span class="i0">De leur signification<br /></span>
-<span class="i0">Que je te veuil dire et aprendre.<br /></span>
-<span class="i0">Par dos d’asne tu pues entendre<br /></span>
-<span class="i0">Qu’avoir dois le fais et la charge<br /></span>
-<span class="i0">De ce que ton maistre te charge,<br /></span>
-<span class="i0">Et que de toutes ses besoignes,<br /></span>
-<span class="i0">Sans faire obliance, tu soignes;<br /></span>
-<span class="i0">Tu en dois la somme porter<br /></span>
-<span class="i0">Pour mieulx ton maistre déporter;<br /></span>
-<span class="i0">Et pour bien faire ton devoir,<br /></span>
-<span class="i0">Lui dois souvent ramentevoir<br /></span>
-<span class="i0">Et avoir chier sur toute rien<br /></span>
-<span class="i0">Le sien prouffit comme le tien.<br /></span>
-<span class="i0">Après, par oreille de vache<br /></span>
-<span class="i0">Pues-tu entendre, sans falache<a name="FNanchor_473_473" id="FNanchor_473_473"></a><a href="#Footnote_473_473" class="fnanchor">[473]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Que tu dois ton maistre doubter,<br /></span>
-<span class="i0">Et s’il te laidenge<a name="FNanchor_474_474" id="FNanchor_474_474"></a><a href="#Footnote_474_474" class="fnanchor">[474]</a>, escouter<br /></span>
-<span class="i0">Sans ce que contre lui t’orgueilles;<br /></span>
-<span class="i0">Faire lui dois grandes oreilles,<br /></span>
-<span class="i0">Et faire semblant toutesvoies<br /></span>
-<span class="i0">Que tu n’ois adonc, ne ne vois.<br /></span>
-<span class="i0">Quant le verras de tencier chault,<br /></span>
-<span class="i0">Tais-toy tout coy et ne t’en chault,<br /></span>
-<span class="i0">N’à tort, n’à droit, ne respons point<br /></span>
-<span class="i0">Tant comme il est en ycel point,<br /></span>
-<span class="i0">Car trop s’en pourroit engaignier;<br /></span>
-<span class="i0">Autre chose ne puet gaignier<br /></span>
-<span class="i0">Servant qui respont à son maistre,<br /></span>
-<span class="i0">Soit chevalier, bourgois ou prestre.<br /></span>
-<span class="i0">Qui se tait et point ne rebelle,<br /></span>
-<span class="i0">C’est une vertu bonne et belle:<br /></span>
-<span class="i0">Ceste-cy, se tu me veulx croire,<br /></span>
-<span class="i0">Aras-tu tousjours en mémoire.<br /></span>
-<span class="i0">Par groing de pourcel ensement<br /></span>
-<span class="i0">Peus-tu entendre clèrement<br /></span>
-<span class="i0">Qu’en toy ne doit avoir danger<br /></span>
-<span class="i0">Ne de boire, ne de menger,<br /></span>
-<span class="i0">De grant disner, ne de petit:<br /></span>
-<span class="i0">Tous dois prendre par appétit<br /></span>
-<span class="i0">Et en bon gré, se tu es sage,<br /></span>
-<span class="i0">Sans mener despit ne haussage,<br /></span>
-<span class="i0">Orgueil, ramposnes, ne desdaing,<br /></span>
-<span class="i0">Et fay tout ainsi com le groing<br /></span>
-<span class="i0">Du pourcel qui partout se boute;<br /></span>
-<span class="i0">Tout prent en gré, riens ne déboute,<br /></span>
-<span class="i0">Ainçois se vit de ce qu’il treuve<br /></span>
-<span class="i0">Liement, sans faire repreuve<a name="FNanchor_475_475" id="FNanchor_475_475"></a><a href="#Footnote_475_475" class="fnanchor">[475]</a>,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-24" id="page_vol-2-24"></a>{v. 2, p.24}</span><br /></span>
-<span class="i0">Tout treuve bon et savoureux,<br /></span>
-<span class="i0">De nulle rien n’est dangereux<a name="FNanchor_476_476" id="FNanchor_476_476"></a><a href="#Footnote_476_476" class="fnanchor">[476]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Par semblable, ne dois-tu estre<a name="FNanchor_477_477" id="FNanchor_477_477"></a><a href="#Footnote_477_477" class="fnanchor">[477]</a><br /></span>
-<span class="i0">Quant tu es à l’ostel ton maistre,<br /></span>
-<span class="i0">Ains te doit tout plaire et souffire,<br /></span>
-<span class="i0">Sans rien refuser ne despire.<br /></span>
-<span class="i2">A tant se tut Raison la sage;<br /></span>
-<span class="i0">Lors tournay un pou mon visage,<br /></span>
-<span class="i0">Et pour penser mieulx m’acosté;<br /></span>
-<span class="i0">Donc s’en vint de lez mon costé,<br /></span>
-<span class="i0">Uns homs saiges et plain d’avis,<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi comme il me fu avis<br /></span>
-<span class="i0">Et il en est bien renommés,<br /></span>
-<span class="i0">Entendement estoit nommés.<br /></span>
-<span class="i0">Beaux amis, dist-il, or entens:<br /></span>
-<span class="i0">Se tu veux emploier ton temps<br /></span>
-<span class="i0">A faire ce que Raison dit,<br /></span>
-<span class="i0">Tu feras que sage, à mon dit.<br /></span>
-<span class="i0">Elle t’a cy moult sermoné,<br /></span>
-<span class="i0">Moult bonne exemple t’a donné:<br /></span>
-<span class="i0">Se tu l’as scéu retenir,<br /></span>
-<span class="i0">Tu en pues à grant bien venir<br /></span>
-<span class="i0">Selon Dieu et selon le monde;<br /></span>
-<span class="i0">Croy la, et j’octroy qu’on me tonde,<br /></span>
-<span class="i0">(Se de ce qu’elle a dit t’apens<a name="FNanchor_478_478" id="FNanchor_478_478"></a><a href="#Footnote_478_478" class="fnanchor">[478]</a>;)<br /></span>
-<span class="i0">Se tu jà nul jour t’en repens:<br /></span>
-<span class="i0">Et tu l’apparcevras à l’ueil;<br /></span>
-<span class="i0">Quant à or, plus dire n’en vueil,<br /></span>
-<span class="i0">Car on doit mettre son assent<a name="FNanchor_479_479" id="FNanchor_479_479"></a><a href="#Footnote_479_479" class="fnanchor">[479]</a><br /></span>
-<span class="i0">Autant à un mot comme à cent.<br /></span>
-<span class="i0">Quant j’oy un pou après pensé,<br /></span>
-<span class="i0">Repensé et contrepensé<br /></span>
-<span class="i0">A ce que Raison apris m’ot,<br /></span>
-<span class="i0">Et bien recordé mot à mot<br /></span>
-<span class="i0">Par le conseil d’Entendement,<br /></span>
-<span class="i0">Et que j’estoie en grant dément<br /></span>
-<span class="i0">De tout en mon cuer retenir,<br /></span>
-<span class="i0">Ès-vous un homme à moi venir<br /></span>
-<span class="i0">Qui bien sembloit estre advocas<br /></span>
-<span class="i0">Qui parler scéust en tous cas:<br /></span>
-<span class="i0">Moult sembloit estre sages hom<br /></span>
-<span class="i0">Selon droit et selon raison;<br /></span>
-<span class="i0">Coiffe et habit fourré portoit,<br /></span>
-<span class="i0">Et richement se déportoit:<br /></span>
-<span class="i0">Preudoms sembloit, et sans riot,<br /></span>
-<span class="i0">Clerc et varlet avec lui ot.<br /></span>
-<span class="i0">Le maistre fu Barat<a name="FNanchor_480_480" id="FNanchor_480_480"></a><a href="#Footnote_480_480" class="fnanchor">[480]</a> nommés,<br /></span>
-<span class="i0">De ce ne fu pas mesnommés:<br /></span>
-<span class="i0">Son clerc avoit nom Tricherie,<br /></span>
-<span class="i0">Et son varlet Hoquelerie<a name="FNanchor_481_481" id="FNanchor_481_481"></a><a href="#Footnote_481_481" class="fnanchor">[481]</a>.<br /></span>
-<span class="i2">Barat s’est de lez moy assis,<br /></span>
-<span class="i0">Et commença par mos rassis<br /></span>
-<span class="i0">A parler attrempéement<br /></span>
-<span class="i0">Aussi comme par chastiement.<br /></span>
-<span class="i0">Auras-tu huy assez pensé?<br /></span>
-<span class="i0">Di, chaitif, qu’as-tu empensé?<br /></span>
-<span class="i0">Veulx-tu croire Raison la fole<br /></span>
-<span class="i0">Qui ceulx qui la croient affole?<br /></span>
-<span class="i0">Se tu la crois, chaitif seras<br /></span>
-<span class="i0">Tant com de son sens useras;<br /></span>
-<span class="i0">Nuls ne puet à estat venir<br /></span>
-<span class="i0">Qui se veult à Raison tenir,<br /></span>
-<span class="i0">Mais à grant paine se chevit<br /></span>
-<span class="i0">Et tousjours en souffreté vit<br /></span>
-<span class="i0">Sans avoir nulle chevissance.<br /></span>
-<span class="i0">Or est fols qui a souffisance<br /></span>
-<span class="i0">Quant au cuer a tant de doleur;<br /></span>
-<span class="i0">Je le tendroie à grant foleur<br /></span>
-<span class="i0">Qui selon raison ouverroit:<br /></span>
-<span class="i0">Jamais riche ne se verroit,<br /></span>
-<span class="i0">Ains seroit tousjours en un point<br /></span>
-<span class="i0">Sans ce que il enrichist point.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-25" id="page_vol-2-25"></a>{v. 2, p.25}</span><br /></span>
-<span class="i0">Tousjours seroit com povre et chiche,<br /></span>
-<span class="i0">Dolent, subjet et serf au riche<br /></span>
-<span class="i0">Dont souvent s’oroit laidengier:<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi vivroit en grant dangier.<br /></span>
-<span class="i0">Qui a le cuer pur, net et monde,<br /></span>
-<span class="i0">Povre est et n’a loy<a name="FNanchor_482_482" id="FNanchor_482_482"></a><a href="#Footnote_482_482" class="fnanchor">[482]</a> en cest monde,<br /></span>
-<span class="i0">Ne ne puet venir à estat;<br /></span>
-<span class="i0">Met doncques Raison en restat<a name="FNanchor_483_483" id="FNanchor_483_483"></a><a href="#Footnote_483_483" class="fnanchor">[483]</a><br /></span>
-<span class="i0">Et me crois, si feras que sage,<br /></span>
-<span class="i0">Car s’user veux de mon usage,<br /></span>
-<span class="i0">Tu seras tantost surhaucié,<br /></span>
-<span class="i0">Riche, puissant et essaucié;<br /></span>
-<span class="i0">Servis et honneurés seras,<br /></span>
-<span class="i0">Et tout à ton plaisir feras.<br /></span>
-<span class="i0">Tu ne feras que commander,<br /></span>
-<span class="i0">Chascun vendra à ton mander:<br /></span>
-<span class="i0">Tous temps vivras en tel conroy<br /></span>
-<span class="i0">Com se tu fusses duc ou roy,<br /></span>
-<span class="i0">Car tous auras tes aisemens.<br /></span>
-<span class="i0">Se tu fais mes enseignemens<br /></span>
-<span class="i0">Que je te vueil dire et aprendre,<br /></span>
-<span class="i0">Moult bon exemple y pourras prendre.<br /></span>
-<span class="i0">Flateur soies premièrement,<br /></span>
-<span class="i0">Car c’est le droit commencement<br /></span>
-<span class="i0">Par quoi on puet à bien venir<br /></span>
-<span class="i0">Et à grant estat avenir:<br /></span>
-<span class="i0">S’avenir y veulx, sans deffault,<br /></span>
-<span class="i0">De <i>Placebo</i> jouer te fault.<br /></span>
-<span class="i0">Soies en tous lieux décevant<br /></span>
-<span class="i0">Où tu seras, et par devant<br /></span>
-<span class="i0">A toutes gens fais beau semblant,<br /></span>
-<span class="i0">Si leur iras le cuer emblant,<br /></span>
-<span class="i0">Et faing que tu soies loyaulx,<br /></span>
-<span class="i0">Vrais en cuer et espéciaulx<a name="FNanchor_484_484" id="FNanchor_484_484"></a><a href="#Footnote_484_484" class="fnanchor">[484]</a>;<br /></span>
-<span class="i0">Aquier des amis, sauf le tien<a name="FNanchor_485_485" id="FNanchor_485_485"></a><a href="#Footnote_485_485" class="fnanchor">[485]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Serré par devers toy le tien.<br /></span>
-<span class="i0">Ne soies pas larges, mais chiches;<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi seras tu tantost riches.<br /></span>
-<span class="i0">Quel compaignie que tu truisses,<br /></span>
-<span class="i0">Là ne despens riens que tu puisses<a name="FNanchor_486_486" id="FNanchor_486_486"></a><a href="#Footnote_486_486" class="fnanchor">[486]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Aies le cuer bault<a name="FNanchor_487_487" id="FNanchor_487_487"></a><a href="#Footnote_487_487" class="fnanchor">[487]</a>, et te truffes,<br /></span>
-<span class="i0">Et dy des gorgées et des truffes<br /></span>
-<span class="i0">Quant tu verras qu’il sera point,<br /></span>
-<span class="i0">Et met paine à le faire à point;<br /></span>
-<span class="i0">Par ce seras tu bien venus<br /></span>
-<span class="i0">En compaignie, et chiers tenus.<br /></span>
-<span class="i2">Après, ne te doit ennuyer<br /></span>
-<span class="i0">De voulentiers gens conchier<a name="FNanchor_488_488" id="FNanchor_488_488"></a><a href="#Footnote_488_488" class="fnanchor">[488]</a><br /></span>
-<span class="i0">En tous estas, et mettre en voie<br /></span>
-<span class="i0">Que tu aies de leur monnoie,<br /></span>
-<span class="i0">Ou soit à droit, ou soit à tort,<br /></span>
-<span class="i0">Ou par contrainte, ou par accort;<br /></span>
-<span class="i0">Et se bien me veulx apaier<a name="FNanchor_489_489" id="FNanchor_489_489"></a><a href="#Footnote_489_489" class="fnanchor">[489]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Acrois<a name="FNanchor_490_490" id="FNanchor_490_490"></a><a href="#Footnote_490_490" class="fnanchor">[490]</a> partout sans riens payer,<br /></span>
-<span class="i0">Et voulentiers par tout mescompte<a name="FNanchor_491_491" id="FNanchor_491_491"></a><a href="#Footnote_491_491" class="fnanchor">[491]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Ne jà du péchié ne fais compte;<br /></span>
-<span class="i0">Ceulx qui te doivent fay contraindre,<br /></span>
-<span class="i0">De les mengier ne te dois faindre,<br /></span>
-<span class="i0">Et les mener à povreté<br /></span>
-<span class="i0">Sans avoir d’eulx nulle pitié:<br /></span>
-<span class="i0">Ne te chault s’ils perdent chevance,<br /></span>
-<span class="i0">Mais que tu aies leur substance;<br /></span>
-<span class="i0">Soies tousjours tout prest de prendre,<br /></span>
-<span class="i0">Mais garde-toi bien de riens rendre.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-26" id="page_vol-2-26"></a>{v. 2, p.26}</span><br /></span>
-<span class="i0">Je te deffens que tu ne paies<br /></span>
-<span class="i0">A âme chose que tu doies,<br /></span>
-<span class="i0">Et s’aucun te faisoit semondre<a name="FNanchor_492_492" id="FNanchor_492_492"></a><a href="#Footnote_492_492" class="fnanchor">[492]</a><br /></span>
-<span class="i0">A qui il te faulsist respondre,<br /></span>
-<span class="i0">Ou soit à bel, ou soit à let,<br /></span>
-<span class="i0">Moy et mon clerc et mon varlet<br /></span>
-<span class="i0">Tous ensemble t’irons aidier<br /></span>
-<span class="i0">Ou cas qu’il te fauldra plaidier.<br /></span>
-<span class="i0">Se tu nous crois, tu materas<br /></span>
-<span class="i0">Tous ceulx à qui tu plaideras,<br /></span>
-<span class="i0">Sans faillir en nulle saison,<br /></span>
-<span class="i0">Soit droit, soit tort, maugré raison,<br /></span>
-<span class="i0">Tousjours à ton besoing vendrons<br /></span>
-<span class="i0">Et bien près de toi nous tendrons<br /></span>
-<span class="i0">Et te feron tost achever<br /></span>
-<span class="i0">Tes causes et en hault lever<br /></span>
-<span class="i0">Ton estat, habonder et croistre,<br /></span>
-<span class="i0">Tant que bien te pourras acroistre.<br /></span>
-<span class="i2">Après, te vueil encor aprendre<br /></span>
-<span class="i0">Trois choses qu’il te fault emprendre<br /></span>
-<span class="i0">Se tu veulx tost monter en pris<br /></span>
-<span class="i0">Et si sont d’assez moien pris.<br /></span>
-<span class="i2">La première est que tu te vestes<br /></span>
-<span class="i0">De bonnes robes et honnestes<br /></span>
-<span class="i0">Fourrées à leur avenant<a name="FNanchor_493_493" id="FNanchor_493_493"></a><a href="#Footnote_493_493" class="fnanchor">[493]</a>:<br /></span>
-<span class="i0">Si en seras plus avenant<a name="FNanchor_494_494" id="FNanchor_494_494"></a><a href="#Footnote_494_494" class="fnanchor">[494]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Plus honnourés et mieulx prisiés<br /></span>
-<span class="i0">Et entre gens auctorisiés<br /></span>
-<span class="i0">Et tenus pour sage de tous,<br /></span>
-<span class="i0">Et fusses tu fols et estous.<br /></span>
-<span class="i0">La seconde chose est mentir<br /></span>
-<span class="i0">Soubtivement, sans alentir,<br /></span>
-<span class="i0">Par beaux mos polis, plains de lobe,<a name="FNanchor_495_495" id="FNanchor_495_495"></a><a href="#Footnote_495_495" class="fnanchor">[495]</a><br /></span>
-<span class="i0">Ce siet bien sur la bonne robe:<br /></span>
-<span class="i0">Par ce pourras tu faire acroire<br /></span>
-<span class="i0">Que mençonge soit chose voire<br /></span>
-<span class="i0">Et que vérité soit mençonge,<br /></span>
-<span class="i0">Ne qu’on y croie ne qu’en songe.<br /></span>
-<span class="i0">La tierce chose est vraiement<br /></span>
-<span class="i0">Que tu faces hardiement<br /></span>
-<span class="i0">Quanque tu auras empensé,<br /></span>
-<span class="i0">Soit bien pensé ou mal pensé;<br /></span>
-<span class="i0">Tu dois hardiement ouvrer<br /></span>
-<span class="i0">Se grant avoir veulx recovrer,<br /></span>
-<span class="i0">Car cil qui hardiement ne euvre<br /></span>
-<span class="i0">Et est honteux, riens ne recoeuvre,<br /></span>
-<span class="i0">Mais est povre et las en ce monde,<br /></span>
-<span class="i0">Et li hardi tousjours habonde<br /></span>
-<span class="i0">Puis que beau langage a en main.<br /></span>
-<span class="i0">Partout et à soir et à main<br /></span>
-<span class="i0">Les trois derreniers poins tiens<br /></span>
-<span class="i0">Et principalment les retiens<br /></span>
-<span class="i0">Et tu auras tousjours chevance<br /></span>
-<span class="i0">Combien que tout soit décevance,<br /></span>
-<span class="i0">Car nul ne puet chevance avoir<br /></span>
-<span class="i0">S’il ne met paine à décevoir<br /></span>
-<span class="i0">Et s’il n’est bien malicieux,<br /></span>
-<span class="i0">Viseux<a name="FNanchor_496_496" id="FNanchor_496_496"></a><a href="#Footnote_496_496" class="fnanchor">[496]</a> et caut et engineux,<br /></span>
-<span class="i0">Semblant doulx et courtois vers tous,<br /></span>
-<span class="i0">Et en cuer faulx, rude et estous:<br /></span>
-<span class="i0">Et que tousjours rie sa bouche<br /></span>
-<span class="i0">Combien qu’au cuer point ne lui touche,<br /></span>
-<span class="i0">Car combien que beau semblant moustre,<br /></span>
-<span class="i0">Le ris ne doit point passer oultre<br /></span>
-<span class="i0">Le neu de la gorge, à nul fuer;<br /></span>
-<span class="i0">Des dens doit rire et non du cuer.<br /></span>
-<span class="i0">Il doit estre blaffart<a name="FNanchor_497_497" id="FNanchor_497_497"></a><a href="#Footnote_497_497" class="fnanchor">[497]</a> toudis,<br /></span>
-<span class="i0">Et en tous fais et en tous dis<br /></span>
-<span class="i0">Les puissans doit aplanier<a name="FNanchor_498_498" id="FNanchor_498_498"></a><a href="#Footnote_498_498" class="fnanchor">[498]</a><br /></span>
-<span class="i0">Par souples mos et festier,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-27" id="page_vol-2-27"></a>{v. 2, p.27}</span><br /></span>
-<span class="i0">Et leur porter grant révérence,<br /></span>
-<span class="i0">Car on puet moult acquester en ce;<br /></span>
-<span class="i0">Des povres ne puet il chaloir,<br /></span>
-<span class="i0">Car ils ne pevent riens valoir:<br /></span>
-<span class="i0">Ceulx là fait bon bouter arrière,<br /></span>
-<span class="i0">Sans leur faire semblant ne chière,<br /></span>
-<span class="i0">Et du tout en tout soy retraire,<br /></span>
-<span class="i0">Car on ne puet d’eulx denier traire.<br /></span>
-<span class="i0">Or m’as tu oy raconter<br /></span>
-<span class="i0">Comment on puet à pris monter:<br /></span>
-<span class="i0">Se tu crois mon enseignement,<br /></span>
-<span class="i0">Riche seras parfaictement,<br /></span>
-<span class="i0">Et auras, tout à ton vouloir,<br /></span>
-<span class="i0">Tout ce que tu sauras vouloir;<br /></span>
-<span class="i0">Et se tu veulx croire Raison,<br /></span>
-<span class="i0">Tu seras en toute saison<br /></span>
-<span class="i0">Chaitif, mendiant, povre et las,<br /></span>
-<span class="i0">Car si te tendra en ses las<br /></span>
-<span class="i0">Que monter plus hault ne pourras.<br /></span>
-<span class="i0">Or fay lequel que tu vouldras<br /></span>
-<span class="i0">Et y pense tout à loisir:<br /></span>
-<span class="i0">Quant à chois es, tu pues choisir.<br /></span>
-<span class="i0">Se tu veulx estre povres hom,<br /></span>
-<span class="i0">Si me laisse et croy Raison;<br /></span>
-<span class="i0">Et se tu veulx riche homs estre,<br /></span>
-<span class="i0">Si me tien pour seigneur et maistre,<br /></span>
-<span class="i0">Tant com tu vivras, et me croy,<br /></span>
-<span class="i0">Et de Raison croire recroy.<br /></span>
-<span class="i2">A ce mot s’est Barat téu,<br /></span>
-<span class="i0">Car assez m’ot ramentéu<br /></span>
-<span class="i0">Ses affaires et sa doctrine<br /></span>
-<span class="i0">Et enseignié tout son convine;<br /></span>
-<span class="i0">A tant de moy se départi.<br /></span>
-<span class="i0">Lors pensay moult au jeu-parti<br /></span>
-<span class="i0">Que Barat et Raison fait m’orent<br /></span>
-<span class="i0">Et enchargié tant comme ils porent,<br /></span>
-<span class="i0">Mais le jeu si parti avoie<br /></span>
-<span class="i0">Que lequel croire ne savoie,<br /></span>
-<span class="i0">Ou Raison qu’ot à moy parlé,<br /></span>
-<span class="i0">Ou Barat le bien enparlé;<br /></span>
-<span class="i0">Mais bien croi qu’au derrain créusse<br /></span>
-<span class="i0">Barat, s’autre conseil n’éusse,<br /></span>
-<span class="i0">Car si bel m’avoit flajolé<br /></span>
-<span class="i0">Que tout sus m’avoit affolé.<br /></span>
-<span class="i2">Lors vint à moy Entendement<br /></span>
-<span class="i0">Pour moi donner enseignement<br /></span>
-<span class="i0">Auquel des deux je me donnasse<br /></span>
-<span class="i0">Et cuer et corps habandonnasse.<br /></span>
-<span class="i0">Fol, dist-il, es-tu rassoté<br /></span>
-<span class="i0">Qui ce que Raison t’a noté<br /></span>
-<span class="i0">Veulx laissier pour estre trichierres<br /></span>
-<span class="i0">Faulx et mauvais et décevierres,<br /></span>
-<span class="i0">Et croire Barat le lobeur<br /></span>
-<span class="i0">Qui pires est que desrobeur?<br /></span>
-<span class="i0">Bien es fol et oultrecuidés<br /></span>
-<span class="i0">Et de sens naturel vidés,<br /></span>
-<span class="i0">Et bien pert que tu ne vois goute<br /></span>
-<span class="i0">Qui veulx mettre entente toute<br /></span>
-<span class="i0">A toy envers Barat plaissier,<br /></span>
-<span class="i0">Pour Raison la sage laissier,<br /></span>
-<span class="i0">Car oncques nuls ne la laissa,<br /></span>
-<span class="i0">Ne vers Barat ne se plessa<br /></span>
-<span class="i0">A qui n’en meschéist après,<br /></span>
-<span class="i0">Sans faillir, à loing ou à près.<br /></span>
-<span class="i0">De ton temps véoir l’as péu<br /></span>
-<span class="i0">Que maint grant maistre décéu<br /></span>
-<span class="i0">En ont esté, et mis à honte<br /></span>
-<span class="i0">Pourcequ’il ne tenoient compte<br /></span>
-<span class="i0">De Raison ne ses fais ensuire,<br /></span>
-<span class="i0">Mais se penoient de la fuire,<br /></span>
-<span class="i0">Et adnichilloient droiture,<br /></span>
-<span class="i0">Contre Dieu, Raison et Mesure.<br /></span>
-<span class="i0">Et combien qu’avec eulx féusse,<br /></span>
-<span class="i0">Jà d’eux audience n’eusse<br /></span>
-<span class="i0">A desdire leur voulenté,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-28" id="page_vol-2-28"></a>{v. 2, p.28}</span><br /></span>
-<span class="i0">Tant ièrent espris et tempté<br /></span>
-<span class="i0">Par Fol-cuidier le pou séur,<br /></span>
-<span class="i0">Qu’estre cuidoient asséur,<br /></span>
-<span class="i0">Et tousjours Barat surmontoient<br /></span>
-<span class="i0">Pour ce que par lui hault montoient,<br /></span>
-<span class="i0">Et amassèrent les trésors<br /></span>
-<span class="i0">Qui erent très-vils et très-ors;<br /></span>
-<span class="i0">Car de ce qui par Barat vient,<br /></span>
-<span class="i0">En la fin nul bien n’en avient.<br /></span>
-<span class="i0">Il n’est pas bon logicien:<br /></span>
-<span class="i0">Belle entrée a et beau moyen,<br /></span>
-<span class="i0">Mais tousjours fait conclusion<br /></span>
-<span class="i0">A honte et à confusion;<br /></span>
-<span class="i0">Car tout quanque Barat aüne<a name="FNanchor_499_499" id="FNanchor_499_499"></a><a href="#Footnote_499_499" class="fnanchor">[499]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">En vingt ans, anientist fortune<br /></span>
-<span class="i0">En une seule heure de jour,<br /></span>
-<span class="i0">Ne nuls n’y puet mettre séjour.<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi ne puet Barat durer,<br /></span>
-<span class="i0">Car ne le pourroit endurer<br /></span>
-<span class="i0">Droit qui tout adresse et aligne<br /></span>
-<span class="i0">Et qui ne fait riens fors à ligne,<br /></span>
-<span class="i0">Mais est enclin à son affaire<br /></span>
-<span class="i0">A tout ce que Raison veult faire.<br /></span>
-<span class="i0">Croi doncques Raison et la sers,<br /></span>
-<span class="i0">Car vraiement tu seras sers<br /></span>
-<span class="i0">D’une mauvaise servitude<br /></span>
-<span class="i0">Se tu mes en Barat t’estude.<br /></span>
-<span class="i0">Pluseurs par ses las sont passés,<br /></span>
-<span class="i0">Plus sages que tu n’es d’assez,<br /></span>
-<span class="i0">A qui mal en est advenu,<br /></span>
-<span class="i0">Tu le vois souvent et menu.<br /></span>
-<span class="i0">Plus sages que tu n’es? Vraiement,<br /></span>
-<span class="i0">Par le mien mesmes jugement<br /></span>
-<span class="i0">Plus saiges voir ne sont-ils mie,<br /></span>
-<span class="i0">Car en eulx n’a de sens demie,<br /></span>
-<span class="i0">Combien qu’ils aient de sens le nom<br /></span>
-<span class="i0">Par grant abit et par renom,<br /></span>
-<span class="i0">Car tels est saiges qui est fols<br /></span>
-<span class="i0">En ce monde, bien dire l’os,<br /></span>
-<span class="i0">Tel y est fol qui est bien sage,<br /></span>
-<span class="i0">Ce voit on par commun usage;<br /></span>
-<span class="i0">Car selon le dit de ce monde,<br /></span>
-<span class="i0">Ly homs qui de richesse habonde<br /></span>
-<span class="i0">Et a assez or et argent<br /></span>
-<span class="i0">Pour sage est tenu de la gent<br /></span>
-<span class="i0">Et est prisié en tous pays<br /></span>
-<span class="i0">Combien qu’il soit uns fols naïs;<br /></span>
-<span class="i0">Donc il est sage et fol ensemble<br /></span>
-<span class="i0">Par ce que j’ay dit<a name="FNanchor_500_500" id="FNanchor_500_500"></a><a href="#Footnote_500_500" class="fnanchor">[500]</a>, ce me semble:<br /></span>
-<span class="i0">Voire sage pour son avoir,<br /></span>
-<span class="i0">Et fol naïs pour pou savoir.<br /></span>
-<span class="i0">Et li povre, par opposite<br /></span>
-<span class="i0">De l’exemplaire que j’ay dicte,<br /></span>
-<span class="i0">Tant soit-il sage à grant devise,<br /></span>
-<span class="i0">Nul ne l’aime, honnoure ne prise,<br /></span>
-<span class="i0">Ains le tient-on pour fol et nice<br /></span>
-<span class="i0">Et est tenu son sens pour vice,<br /></span>
-<span class="i0">Car quant il dit sage parole,<br /></span>
-<span class="i0">Si la tiennent la gent pour fole,<br /></span>
-<span class="i0">Ne de riens ne puet avoir los,<br /></span>
-<span class="i0">Dont il est sage, et si est fols:<br /></span>
-<span class="i0">Fols, pour ce qu’il est povres hom:<br /></span>
-<span class="i0">Sage, pour ce qu’il a raison,<br /></span>
-<span class="i0">Et sens en soy de lui retraire<br /></span>
-<span class="i0">De mal faire, et à bien atraire.<br /></span>
-<span class="i0">Or vois-tu bien que je te preuve<br /></span>
-<span class="i0">Tout clèrement par une preuve<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il n’a fors pure vérité<br /></span>
-<span class="i0">En ceste contrariété<br /></span>
-<span class="i0">Que je t’ay voulu cy espondre<a name="FNanchor_501_501" id="FNanchor_501_501"></a><a href="#Footnote_501_501" class="fnanchor">[501]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Ne nuls n’y sauroit que respondre<br /></span>
-<span class="i0">Pour le contraire soustenir<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-29" id="page_vol-2-29"></a>{v. 2, p.29}</span><br /></span>
-<span class="i0">S’il se veult à raison tenir.<br /></span>
-<span class="i0">Soies sages et me croi doncques,<br /></span>
-<span class="i0">Tu ne féis si bon sens oncques.<br /></span>
-<span class="i0">Croy Raison et à luy te tiens<br /></span>
-<span class="i0">Et ses enseignemens retiens,<br /></span>
-<span class="i0">Et tu en vendras à grant bien.<br /></span>
-<span class="i0">Tu le verras ains dix ans bien,<br /></span>
-<span class="i0">Faillir n’y pues par nulles voies<br /></span>
-<span class="i0">Se par Barat ne te desvoies.<br /></span>
-<span class="i2">A tant se tut Entendement;<br /></span>
-<span class="i0">Lors commençay parfondément<br /></span>
-<span class="i0">A penser à la vérité<br /></span>
-<span class="i0">Que devant m’avoit récité;<br /></span>
-<span class="i0">Adonc apparceu-je de voir<br /></span>
-<span class="i0">Que voir m’ot dit, sans décevoir,<br /></span>
-<span class="i0">Entendement le sages hom<br /></span>
-<span class="i0">Que trop mieulx vault croire Raison<br /></span>
-<span class="i0">Que Barat; si m’y assenti,<br /></span>
-<span class="i0">Car onc nuls ne s’en repenti.<br /></span>
-<span class="i2">Lors vint Raison, sans demourée,<br /></span>
-<span class="i0">Blanche, vermeille, colourée,<br /></span>
-<span class="i0">Faisant grant joie et bonne chière<br /></span>
-<span class="i0">Com celle qui n’a riens tant chière<br /></span>
-<span class="i0">En ce monde, comme personne<br /></span>
-<span class="i0">Qui de bon cuer à lui se donne.<br /></span>
-<span class="i0">Ami, Dieux te gart, dist Raison,<br /></span>
-<span class="i0">Or est-il bien temps et saison<br /></span>
-<span class="i0">Que tu faces ma volenté,<br /></span>
-<span class="i0">Quant je t’en voi entalenté;<br /></span>
-<span class="i0">Tout maintenant jurer te fault<br /></span>
-<span class="i0">Que par toi n’y aura default,<br /></span>
-<span class="i0">Et que de cuer me serviras,<br /></span>
-<span class="i0">Ne contre mon vouloir n’iras<br /></span>
-<span class="i0">Jamais, quoy que Barat te die,<br /></span>
-<span class="i0">Ne nul de ceulx de sa mesnie,<br /></span>
-<span class="i0">Par leur beau parler décevable.<br /></span>
-<span class="i0">Aies le cuer ferme et estable<br /></span>
-<span class="i0">A mes œuvres continuer<br /></span>
-<span class="i0">Sans ton courage point muer<br /></span>
-<span class="i0">En pensée, n’en fait, n’en dit,<br /></span>
-<span class="i0">Comme autrefois je le t’ay dit<br /></span>
-<span class="i0">Et monstré pour prendre chastoy,<br /></span>
-<span class="i0">Quant je fus cy parler à toy;<br /></span>
-<span class="i0">Mais si tost com je m’entourné,<br /></span>
-<span class="i0">Par Barat fus tantost tourné<br /></span>
-<span class="i0">Et par la force de son vent,<br /></span>
-<span class="i0">Tout ainsi que l’en voit souvent,<br /></span>
-<span class="i0">Quelque part que le vent s’atourne,<br /></span>
-<span class="i0">Le cochet d’un clochier se tourne.<br /></span>
-<span class="i0">Prens doncques en toy fermeté,<br /></span>
-<span class="i0">Vertu, force et estableté<br /></span>
-<span class="i0">A bien tenir les convenances,<br /></span>
-<span class="i0">Que je vueil que m’enconvenances<br /></span>
-<span class="i0">Pour avoir de toy séurté<br /></span>
-<span class="i0">Que tu me tendras loyaulté<br /></span>
-<span class="i0">Et que tous mes commans tendras<br /></span>
-<span class="i0">En quelque lieu que tu vendras.<br /></span>
-<span class="i0">Et saches bien que mon service<br /></span>
-<span class="i0">Est au monde droicte franchise;<br /></span>
-<span class="i0">Qui me sert, puet partout aler<br /></span>
-<span class="i0">Et devant toutes gens parler<br /></span>
-<span class="i0">Baudement, sans baissier la chière<br /></span>
-<span class="i0">Et sans traire le cul arrière:<br /></span>
-<span class="i0">Paour ne doit avoir ne honte<br /></span>
-<span class="i0">Devant pape, roy, duc, ne conte,<br /></span>
-<span class="i0">Ne devant autre justicier<br /></span>
-<span class="i0">Ordonné pour gens justicier,<br /></span>
-<span class="i0">Non voir devant homme qui vive,<br /></span>
-<span class="i0">Car mon sergent à nul n’estrive,<br /></span>
-<span class="i0">Ne sa pensée en nul endroit<br /></span>
-<span class="i0">Ne vouldroit mettre, fors en droit<br /></span>
-<span class="i0">Et en vérité maintenir,<br /></span>
-<span class="i0">Et s’y veult soir et main tenir.<br /></span>
-<span class="i0">Pour ce, vueil-je que tu deviengnes<br /></span>
-<span class="i0">Mon sergent, et qu’à moy te tiengnes,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-30" id="page_vol-2-30"></a>{v. 2, p.30}</span><br /></span>
-<span class="i0">Sans t’en départir à nul fuer,<br /></span>
-<span class="i0">Et espécialment ton cuer;<br /></span>
-<span class="i0">Et je aussi en ton cuer seray,<br /></span>
-<span class="i0">Ne jà ne m’en départiray<br /></span>
-<span class="i0">Jusques à la mort, ne t’en doubtes,<br /></span>
-<span class="i0">Se maugré moy hors ne m’en boutes.<br /></span>
-<span class="i0">Se tu m’aimes, bien te suivra,<br /></span>
-<span class="i0">Et se ce non, il te fuira.<br /></span>
-<span class="i0">Se tu n’as l’entendement trouble,<br /></span>
-<span class="i0">Tu vois que mon salaire est double;<br /></span>
-<span class="i0">Que ce soit voir, je le te preuve<br /></span>
-<span class="i0">Par preuve où n’a point de repreuve.<br /></span>
-<span class="i2">En moi servant, premièrement,<br /></span>
-<span class="i0">Pues-tu vivre tout seurement,<br /></span>
-<span class="i0">Sans nul doubter fors Dieu mon père:<br /></span>
-<span class="i0">Qui ce ne croit, il le compère.<br /></span>
-<span class="i0">Après, quant tu trespasseras<br /></span>
-<span class="i0">De ceste vie, tu seras<br /></span>
-<span class="i0">Avecques mon père en sa gloire,<br /></span>
-<span class="i0">Ceste sentence est toute voire,<br /></span>
-<span class="i0">Et là vivras-tu finement<br /></span>
-<span class="i0">Sans jamais avoir finement,<br /></span>
-<span class="i0">Car tu dois créance avoir ferme<br /></span>
-<span class="i0">Que quant personne vient au terme<br /></span>
-<span class="i0">Qu’elle en ce monde doit mourir,<br /></span>
-<span class="i0">Adonc commence-elle à flourir<br /></span>
-<span class="i0">Et prent commencement de vie<br /></span>
-<span class="i0">Tout aussi tost qu’elle dévie,<br /></span>
-<span class="i0">Car elle ist de vie muable<br /></span>
-<span class="i0">Et entre en vie pardurable.<br /></span>
-<span class="i0">Tout donc pues tu veoir clèrement<br /></span>
-<span class="i0">(S’en toy a point d’entendement)<br /></span>
-<span class="i0">Que mon loyer se double bien<br /></span>
-<span class="i0">Quant on en reçoit double bien,<br /></span>
-<span class="i0">C’est assavoir honneur parfait<br /></span>
-<span class="i0">Au monde, par œuvre et par fait,<br /></span>
-<span class="i0">Et paradis en la parfin<br /></span>
-<span class="i0">Qui durera tousjours sans fin.<br /></span>
-<span class="i0">N’il n’est nul autre bien, sans faille,<br /></span>
-<span class="i0">Qui le mendre de ces deux vaille;<br /></span>
-<span class="i0">Or te gard donc de les perdre<br /></span>
-<span class="i0">Et te veuilles du tout aherdre<br /></span>
-<span class="i0">A mes euvres si bien ensuivre<br /></span>
-<span class="i0">Que tu les aies à délivre,<br /></span>
-<span class="i0">Et laisse Barat et ses euvres,<br /></span>
-<span class="i0">Car saches que se tu en euvres<br /></span>
-<span class="i0">Et en son service remains,<br /></span>
-<span class="i0">Tu perdras le plus pour le mains.<br /></span>
-<span class="i0">Car ces deux biens dessus nommés<br /></span>
-<span class="i0">Qui tant sont beaulx et renommés<br /></span>
-<span class="i0">Par son service auras perdus<br /></span>
-<span class="i0">Et tu mesmes seras pendus<br /></span>
-<span class="i0">Corporelment, par aventure,<br /></span>
-<span class="i0">A grant angoisse et à laidure.<br /></span>
-<span class="i0">Tu y perdras, bien dire l’os,<br /></span>
-<span class="i0">Se tu le sers, corps, âme et los<br /></span>
-<span class="i0">Qui sont trois très souverains biens,<br /></span>
-<span class="i0">Et si ne te puet donner riens<br /></span>
-<span class="i0">Fors plaisance d’acquerre avoir<br /></span>
-<span class="i0">Sans point de conscience avoir,<br /></span>
-<span class="i0">Car tousjours son servant atise<br /></span>
-<span class="i0">D’avoir sur l’autrui convoitise,<br /></span>
-<span class="i0">Et quant son servant a assez<br /></span>
-<span class="i0">D’avoir et trésors amassés<br /></span>
-<span class="i0">Et il cuide vivre asséur,<br /></span>
-<span class="i0">Lors lui vient aucun méséur<br /></span>
-<span class="i0">Qui tout met ce dessus dessoubs:<br /></span>
-<span class="i0">Par nuls n’en puet estre ressoubs,<br /></span>
-<span class="i0">Ne nul de son meschief ne pleure,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-31" id="page_vol-2-31"></a>{v. 2, p.31}</span><br /></span>
-<span class="i0">Mais chascun, de fait, lui queurt seure,<br /></span>
-<span class="i0">Et tel, espoir, ne le vit oncques<br /></span>
-<span class="i0">Qui en dit moult de mal adoncques<br /></span>
-<span class="i0">Et en a le cuer esjoy<br /></span>
-<span class="i0">Pour le mal qu’il en a oy,<br /></span>
-<span class="i0">Et n’en fait fors chanter et rire,<br /></span>
-<span class="i0">Et souvent par ramposne<a name="FNanchor_502_502" id="FNanchor_502_502"></a><a href="#Footnote_502_502" class="fnanchor">[502]</a> dire:<br /></span>
-<span class="i0">Trop estoit riche devenu,<br /></span>
-<span class="i0">Tout estoit du deable venu<br /></span>
-<span class="i0">Et au deable tout s’en ira<br /></span>
-<span class="i0">Tout ainsi chascun s’en rira<br /></span>
-<span class="i0">Et n’aura nuls de lui pité,<br /></span>
-<span class="i0">Ains sera vilment despité<br /></span>
-<span class="i0">Et de Dieu et du monde ensemble.<br /></span>
-<span class="i0">Donc pues tu voir, ce me semble,<br /></span>
-<span class="i0">Que Barat fait mauvais servir<br /></span>
-<span class="i0">Puisque l’en ne puet desservir<br /></span>
-<span class="i0">Fors que honte, angoisse et doleur,<br /></span>
-<span class="i0">Et que qui le sert fait foleur.<br /></span>
-<span class="i0">Met le doncques en non chaloir,<br /></span>
-<span class="i0">Et m’aimes qui te puis valoir<br /></span>
-<span class="i0">En tous cas, vers Dieu et le monde,<br /></span>
-<span class="i0">Et aies le cuer pur et monde.<br /></span>
-<span class="i0">Aies en toy humilité,<br /></span>
-<span class="i0">Loyaulté, foy et vérité,<br /></span>
-<span class="i0">Et se humble es de contenance,<br /></span>
-<span class="i0">Gardes qu’il n’y ait décevance,<br /></span>
-<span class="i0">De cuer le soies et de fait,<br /></span>
-<span class="i0">Car tel humble et loyal se fait<br /></span>
-<span class="i0">Devant la gent, qui ne l’est mie<br /></span>
-<span class="i0">Ne n’a d’humilité demie,<br /></span>
-<span class="i0">Mais sa chiere humble et encline<br /></span>
-<span class="i0">Fait acroire à ceulx qu’il encline<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il est preudoms, par son semblant.<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi leur va leurs cuers emblant<br /></span>
-<span class="i0">Par sa simple papelardie<br /></span>
-<span class="i0">Qui est pleine de renardie<br /></span>
-<span class="i0">Et de faulseté, car soubs l’ombre<br /></span>
-<span class="i0">De la simplesse où il s’aombre,<br /></span>
-<span class="i0">Deçoit tous ceulx qui le regardent<br /></span>
-<span class="i0">Qui du faulx semblant ne se gardent;<br /></span>
-<span class="i0">Si avuglés les a sans doubte<br /></span>
-<span class="i0">Que nulluy de luy ne se doubte,<br /></span>
-<span class="i0">Mais jurroit chascun fermement<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il est preudoms parfaictement,<br /></span>
-<span class="i0">Combien qu’en faulseté habonde.<br /></span>
-<span class="i0">Tout ainsi deçoit-il le monde,<br /></span>
-<span class="i0">Mais Dieu ne puet-il decevoir:<br /></span>
-<span class="i0">Cellui en scet bien tout le voir,<br /></span>
-<span class="i0">Car il voit tout à descouvert<br /></span>
-<span class="i0">Le mal qu’en son cuer a couvert;<br /></span>
-<span class="i0">Jà si ne le saura répondre<a name="FNanchor_503_503" id="FNanchor_503_503"></a><a href="#Footnote_503_503" class="fnanchor">[503]</a>:<br /></span>
-<span class="i0">Devant lui l’en fauldra respondre<br /></span>
-<span class="i0">Quant il son jugement tendra<br /></span>
-<span class="i0">Que sentence à chascun rendra<br /></span>
-<span class="i0">Par rigueur, selon le forfait<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il aura au monde forfait.<br /></span>
-<span class="i0">Ou milieu du trosne sera,<br /></span>
-<span class="i0">Les plaies à chascun monstrera,<br /></span>
-<span class="i0">Les cloux, la couronne et la lance:<br /></span>
-<span class="i0">Lors sera chascun en balance,<br /></span>
-<span class="i0">Là n’aura roy ne empereour<br /></span>
-<span class="i0">Qui n’ait en son cuer grant paour.<br /></span>
-<span class="i0">Là tendra-on aussi grant compte<br /></span>
-<span class="i0">D’un savettier comme d’un conte,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-32" id="page_vol-2-32"></a>{v. 2, p.32}</span><br /></span>
-<span class="i0">Et de ceulx qui vestent les rois<a name="FNanchor_504_504" id="FNanchor_504_504"></a><a href="#Footnote_504_504" class="fnanchor">[504]</a><br /></span>
-<span class="i0">Comme des prelas et des rois,<br /></span>
-<span class="i0">Mais que loyaulx aient esté,<br /></span>
-<span class="i0">Prenans en gré leur povreté,<br /></span>
-<span class="i0">Et la seurté de Souffisance,<br /></span>
-<span class="i0">Et qu’ils aient éu créance<br /></span>
-<span class="i0">En Dieu, telle qu’il appartient<br /></span>
-<span class="i0">Et comme Crestienté tient.<br /></span>
-<span class="i0">Là ne pourra nuls pour avoir<br /></span>
-<span class="i0">Vers mon père sa paix avoir<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il n’ait ce qu’aura deservi<br /></span>
-<span class="i0">Selon ce qu’il aura servi:<br /></span>
-<span class="i0">Tuit cil qui seront d’Adam nés<br /></span>
-<span class="i0">Auront paour d’estre dampnés,<br /></span>
-<span class="i0">Jà si justes ne sauront estre.<br /></span>
-<span class="i0">Mais Dieu fera aler à destre<br /></span>
-<span class="i0">Mes gens que il congnoistra bien,<br /></span>
-<span class="i0">Qui n’ont entendu fors à bien<br /></span>
-<span class="i0">Au monde, et selon moy vescu;<br /></span>
-<span class="i0">Là leur seray-je bon escu,<br /></span>
-<span class="i0">Car Dieu tretous les béneira.<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi mes gens départira<br /></span>
-<span class="i0">D’avec les gens Barat, sans doubte,<br /></span>
-<span class="i0">Qui seront tous en une route<br /></span>
-<span class="i0">Dolens à senestre partie;<br /></span>
-<span class="i0">Là iert la chose mi-partie,<br /></span>
-<span class="i0">Car mes gens qu’à destre seront<br /></span>
-<span class="i0">Tons ensemble joye feront<br /></span>
-<span class="i0">Et auront parfaite léesse<br /></span>
-<span class="i0">Exemps de dueil et de tristesse.<br /></span>
-<span class="i0">Et les gens Barat, d’autre part,<br /></span>
-<span class="i0">Dont mon père aura fait depart<br /></span>
-<span class="i0">D’avec les miens, par leur foleur,<br /></span>
-<span class="i0">Grant pleur, grant cri et grant doleur<br /></span>
-<span class="i0">Adonc tous ensemble menront<br /></span>
-<span class="i0">Quant ils condempnés se verront<br /></span>
-<span class="i0">Et tournés à perdition<br /></span>
-<span class="i0">Sans espérer rédemption.<br /></span>
-<span class="i2">Or ne te fay pas donc hessier<a name="FNanchor_505_505" id="FNanchor_505_505"></a><a href="#Footnote_505_505" class="fnanchor">[505]</a><br /></span>
-<span class="i0">De moi prendre et Barat laissier,<br /></span>
-<span class="i0">Rens toy à moy tout en ceste heure,<br /></span>
-<span class="i0">Sans querre y terme ne demeure,<br /></span>
-<span class="i0">Fay moy tost hommage mains joinctes,<br /></span>
-<span class="i0">Et selon mes œuvres t’apointes<br /></span>
-<span class="i0">Si com je t’ay cy-devant trait,<br /></span>
-<span class="i0">Et persévères sans retrait,<br /></span>
-<span class="i0">Car qui aujourd’uy bien feroit<br /></span>
-<span class="i0">Et demain ne perséverroit,<br /></span>
-<span class="i0">Tout ce ne vauldroit un festu.<br /></span>
-<span class="i0">Lors me dit Raison: Que fais-tu?<br /></span>
-<span class="i0">Il me semble que tu n’oies goute.<br /></span>
-<span class="i0">Dame, dis-je, je vous escoute,<br /></span>
-<span class="i0">Car tant me plaist à vous oïr<br /></span>
-<span class="i0">Que tout me faites resjoïr<br /></span>
-<span class="i0">Des grans biens que vous m’aprenez,<br /></span>
-<span class="i0">Et pour ce à tort me reprenez,<br /></span>
-<span class="i0">Car vous m’avez dit et apris<br /></span>
-<span class="i0">Que qui veult avenir à pris,<br /></span>
-<span class="i0">Il doit oïr et bien entendre<br /></span>
-<span class="i0">Avant qu’il doie response rendre,<br /></span>
-<span class="i0">Et qu’à parler si à point preigne<br /></span>
-<span class="i0">Et par avis, qu’il ne mespreigne:<br /></span>
-<span class="i0">Et que de parler ne se haste,<br /></span>
-<span class="i0">Ne que nuls n’en doit avoir haste<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-33" id="page_vol-2-33"></a>{v. 2, p.33}</span><br /></span>
-<span class="i0">Qu’avant n’y ait trois fois avis;<br /></span>
-<span class="i0">Et pour ce, dame, il m’est avis<br /></span>
-<span class="i0">Se je vous ay laissié parler<br /></span>
-<span class="i0">Sans reprendre vostre parler<br /></span>
-<span class="i0">Que je n’ay fait cy nullement<br /></span>
-<span class="i0">Fors selon vostre enseignement<br /></span>
-<span class="i0">Auquel faire je sui tenu.<br /></span>
-<span class="i2">C’est voir, tu l’as bien retenu,<br /></span>
-<span class="i0">Ce dit Raison, et à cuer mis:<br /></span>
-<span class="i0">Si en seras à honneur mis<br /></span>
-<span class="i0">S’ainsi le veulx continuer<br /></span>
-<span class="i0">Sans ton courage point muer.<br /></span>
-<span class="i0">Puisqu’estre veulx de mes complices,<br /></span>
-<span class="i0">Garde bien que tu acomplisses<br /></span>
-<span class="i0">Mes commandemens, sans retraire,<br /></span>
-<span class="i0">Que tu m’as oy cy retraire.<br /></span>
-<span class="i2">Je respondi: Voulentiers, dame,<br /></span>
-<span class="i0">Tout sui vostre de corps et d’âme;<br /></span>
-<span class="i0">En vous ay mis tout mon courage,<br /></span>
-<span class="i0">Tenez et je vous fay hommage<br /></span>
-<span class="i0">Et me rent jointes mains à vous,<br /></span>
-<span class="i0">Comme le vostre, à nus genouls;<br /></span>
-<span class="i0">Et si vous ay enconvenant<br /></span>
-<span class="i0">Que bien vous tendray convenant<br /></span>
-<span class="i0">En tous les lieux où je seray,<br /></span>
-<span class="i0">Ne jamais chose ne feray,<br /></span>
-<span class="i0">Que je puisse, qui vous desplaise.<br /></span>
-<span class="i2">Lors Raison se baisse et me baise<br /></span>
-<span class="i0">Et en baisant s’esvanouy.<br /></span>
-<span class="i0">Plus parler ne la vis, n’oy,<br /></span>
-<span class="i0">Mais bien dedens moy la senti,<br /></span>
-<span class="i0">N’oncques puis je ne m’assenti<br /></span>
-<span class="i0">De faire à nulluy desraison<br /></span>
-<span class="i0">N’autre chose contre raison,<br /></span>
-<span class="i0">A tout le mains que je péusse<br /></span>
-<span class="i0">Ne que congnoissance en éusse.<br /></span>
-<span class="i0">Quant dedens moi senti ainsi<br /></span>
-<span class="i0">Raison la sage que j’aim si<br /></span>
-<span class="i0">Que tousjours en mon cuer demeure,<br /></span>
-<span class="i0">Lors vindrent à moy, sans demeure,<br /></span>
-<span class="i0">Un moult simples homs et sa femme;<br /></span>
-<span class="i0">Bien sembloient gens sans diffame<br /></span>
-<span class="i0">Et sans estre de mal tempté:<br /></span>
-<span class="i0">Bon-cuer et Bonne-voulenté<br /></span>
-<span class="i0">Se faisoient-ils appeller.<br /></span>
-<span class="i0">(Tels noms n’affierent à céler.)<br /></span>
-<span class="i0">Chascun moult bel se maintenoit;<br /></span>
-<span class="i0">Bonne-voulenté si menoit<br /></span>
-<span class="i0">Un enfant bel et doulx et gent<br /></span>
-<span class="i0">Et gracieux à toute gent,<br /></span>
-<span class="i0">(En tous cas ert de bon affaire,)<br /></span>
-<span class="i0">Nommé fut Talent-de-bien-faire;<br /></span>
-<span class="i0">Bon-cuer le preudom fut son père<br /></span>
-<span class="i0">Et Bonne-voulenté sa mère.<br /></span>
-<span class="i0">Tous trois de lez moy s’arrestèrent<br /></span>
-<span class="i0">Et moult bel semblant me monstrèrent;<br /></span>
-<span class="i0">Bon-cuer premier m’araisonna<br /></span>
-<span class="i0">Et moult bel salut me donna<br /></span>
-<span class="i0">Par doulx parler, com simples hom:<br /></span>
-<span class="i0">Amis, dist-il, puisque Raison<br /></span>
-<span class="i0">As avec toy acompaignie,<br /></span>
-<span class="i0">Tu m’auras en ta compaignie<br /></span>
-<span class="i0">Tous temps, et avec toi seray,<br /></span>
-<span class="i0">Ne jamais jour ne te lairay;<br /></span>
-<span class="i0">Ma femme et mon fils que vois cy<br /></span>
-<span class="i0">Ne te lairont jamais aussi;<br /></span>
-<span class="i0">Nous trois te conduirons ensemble<br /></span>
-<span class="i0">A la voie, se bon te semble,<br /></span>
-<span class="i0">Que Raison t’a dit et apris<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-34" id="page_vol-2-34"></a>{v. 2, p.34}</span><br /></span>
-<span class="i0">Qui fait gens avenir à pris;<br /></span>
-<span class="i0">Et se tu nous veulx croire et suire,<br /></span>
-<span class="i0">Tous prets sommes de toy conduire<br /></span>
-<span class="i0">Et d’aprouver en vérité<br /></span>
-<span class="i0">Ce que Raison t’a endité;<br /></span>
-<span class="i0">Et sans nous trois ne pues-tu faire<br /></span>
-<span class="i0">Chose qui puist à Raison plaire,<br /></span>
-<span class="i0">Car ne saroies assener<a name="FNanchor_506_506" id="FNanchor_506_506"></a><a href="#Footnote_506_506" class="fnanchor">[506]</a><br /></span>
-<span class="i0">Au chemin qui te doit mener<br /></span>
-<span class="i0">Au noble chastel de Richesse<br /></span>
-<span class="i0">Qui tant parest plain de noblesse.<br /></span>
-<span class="i0">Qui sans nous y vouldroit aler<br /></span>
-<span class="i0">Il ne feroit que reculer<br /></span>
-<span class="i0">Jusqu’à tant qu’il se fust bouté<br /></span>
-<span class="i0">Droit au chemin de Povreté<br /></span>
-<span class="i0">Qui tant parest boueux et ort.<br /></span>
-<span class="i0">Lors lui dis: Sire, je m’acort<br /></span>
-<span class="i0">A vous trois, et si vous requier<br /></span>
-<span class="i0">Que vous me vueilliez convoïer<br /></span>
-<span class="i0">Ou chemin que je tant désir,<br /></span>
-<span class="i0">Si m’acomplirez mon désir:<br /></span>
-<span class="i0">C’est au chemin de Diligence<br /></span>
-<span class="i0">Que je ne say où l’en commence<br /></span>
-<span class="i0">A y entrer, qu’onques n’y fuy,<br /></span>
-<span class="i0">Dont dolent et courroucié suy.<br /></span>
-<span class="i0">Tu y entreras tout en l’eure,<br /></span>
-<span class="i0">Dist Bon-cuer, or tost, sans demeure,<br /></span>
-<span class="i0">Lieves sus et si t’apareilles;<br /></span>
-<span class="i0">Il fauldra bien que tu t’esveilles<br /></span>
-<span class="i0">Tel fois que tu dormisses bien,<br /></span>
-<span class="i0">Se tu veulx avenir à bien:<br /></span>
-<span class="i0">En ce chemin faut traveillier,<br /></span>
-<span class="i0">Pou dormir et souvent veillier.<br /></span>
-<span class="i0">Par trop dormir pues-tu bien perdre,<br /></span>
-<span class="i0">Nuls ne s’en scet à quoi aherdre<a name="FNanchor_507_507" id="FNanchor_507_507"></a><a href="#Footnote_507_507" class="fnanchor">[507]</a><br /></span>
-<span class="i0">Se n’est à robe dessirée<br /></span>
-<span class="i0">Qui n’est pas chose désirée<br /></span>
-<span class="i0">De personne qui honte craint;<br /></span>
-<span class="i0">Pour ce est saige qui se contraint<br /></span>
-<span class="i0">A souffrir un pou d’abstinence<br /></span>
-<span class="i0">Dont on vient à telle excellence<br /></span>
-<span class="i0">Que on a des biens a planté.<br /></span>
-<span class="i0">Lors parla Bonne-volenté:<br /></span>
-<span class="i0">Beaux fils, dist-elle, à moi entens,<br /></span>
-<span class="i0">Il te fault employer ton temps<br /></span>
-<span class="i0">Tout autrement que tu n’as fait,<br /></span>
-<span class="i0">Et si bien maintenir ton fait<br /></span>
-<span class="i0">Que tu puisses acquerre avoir<br /></span>
-<span class="i0">Sans chose de l’autrui avoir;<br /></span>
-<span class="i0">Et me croy moi et mon seigneur,<br /></span>
-<span class="i0">Si en vendras à grant honneur.<br /></span>
-<span class="i0">Tu n’y verras jà le contraire,<br /></span>
-<span class="i0">Amis, dist Talent-de-bien-faire,<br /></span>
-<span class="i0">Croy ma mère que tu os cy,<br /></span>
-<span class="i0">Et mon père Bon-cuer aussi;<br /></span>
-<span class="i0">En leur conseil met tout assens<br /></span>
-<span class="i0">Et les aimes, si feras sens:<br /></span>
-<span class="i0">Lieves sus tost, sans plus d’atente,<br /></span>
-<span class="i0">Si te menrons droit à la sente<br /></span>
-<span class="i0">Du beau chemin de Diligence;<br /></span>
-<span class="i0">Et ne met point de débat en ce,<br /></span>
-<span class="i0">Car tu en pues venir à pris,<br /></span>
-<span class="i0">Si comme Raison t’a apris.<br /></span>
-<span class="i2">A ce mot respondi en l’eure:<br /></span>
-<span class="i0">Sire, voulentiers, sans demeure;<br /></span>
-<span class="i0">Jà par moy n’y aura débat;<br /></span>
-<span class="i0">Vostre conseil pas ne débat,<br /></span>
-<span class="i0">Ains le vueil du tout acomplir.<br /></span>
-<span class="i0">Lors me commençay à vestir<br /></span>
-<span class="i0">Et me chaussay appertement,<br /></span>
-<span class="i0">Puis dis: C’est fait, alons nous en,<br /></span>
-<span class="i0">Véez moy cy tout apresté.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-35" id="page_vol-2-35"></a>{v. 2, p.35}</span><br /></span>
-<span class="i0">Lors ala Bonne-voulenté<br /></span>
-<span class="i0">Tantost alumer la chandelle,<br /></span>
-<span class="i0">Car moult estoit le cuer chault d’elle<br /></span>
-<span class="i0">Que fusse entré en Diligence<br /></span>
-<span class="i0">Le beau chemin plain d’excellence;<br /></span>
-<span class="i0">Puis dist doulcement, sans hault braire,<br /></span>
-<span class="i0">A son fils Talent-de-bien-faire:<br /></span>
-<span class="i0">Tien, dist-elle, mon enfant doulx,<br /></span>
-<span class="i0">Ceste chandelle devant nous<br /></span>
-<span class="i0">Porte, si que plus cler voyons<br /></span>
-<span class="i0">Tant qu’en Diligence soions;<br /></span>
-<span class="i0">Or tost, n’y ait plus séjourné.<br /></span>
-<span class="i0">Dame, véez me ci attourné,<br /></span>
-<span class="i0">Dist Talent-de-bien-faire adoncques.<br /></span>
-<span class="i0">Désobéissant n’en fut oncques,<br /></span>
-<span class="i0">A la voie se mist devant,<br /></span>
-<span class="i0">Pié à pié l’alasmes suivant.<br /></span>
-<span class="i2">Tous quatre ensemble tant errasmes<br /></span>
-<span class="i0">Que nous en Diligence entrasmes,<br /></span>
-<span class="i0">Où je onquesmais entré n’avoie<br /></span>
-<span class="i0">Pour ce que aler n’y savoie.<br /></span>
-<span class="i0">En ce chemin grant et ferré<br /></span>
-<span class="i0">N’éusmes pas grantment erré<br /></span>
-<span class="i0">Que nous trouvasmes un chastel,<br /></span>
-<span class="i0">Onques personne ne vit tel<br /></span>
-<span class="i0">Se ce ne fust cellui meismes;<br /></span>
-<span class="i0">Et quant à la porte venismes<br /></span>
-<span class="i0">Et nous cuidasmes ens entrer,<br /></span>
-<span class="i0">Adonc nous vint à l’encontrer<br /></span>
-<span class="i0">Cellui qui la porte gardoit,<br /></span>
-<span class="i0">Qui moult fellement regardoit<br /></span>
-<span class="i0">Et moult estoit mal engroigné<br /></span>
-<span class="i0">Et, par semblant, embesoigné.<br /></span>
-<span class="i0">Moult lourdement me print à dire:<br /></span>
-<span class="i0">Qu’est-ce que voulez-vous, beau sire?<br /></span>
-<span class="i0">Voulez-vous entrer sans congié<br /></span>
-<span class="i0">Si tost que vous l’avez songié?<br /></span>
-<span class="i0">Nul n’entre ou chastel de céans,<br /></span>
-<span class="i0">S’il n’est à moy obédiens<br /></span>
-<span class="i0">Et à ma femme que veez cy.<br /></span>
-<span class="i0">Ay! sire, pour Dieu mercy!<br /></span>
-<span class="i0">Ce dist lors Talent-de-bien-faire,<br /></span>
-<span class="i0">Ne vous vueille à tous deux desplaire,<br /></span>
-<span class="i0">Il n’y vueil pas, sans vous entrer.<br /></span>
-<span class="i0">Lors a prins Bon-cuer à parler:<br /></span>
-<span class="i0">Sire, dist-il, il est bien digne<br /></span>
-<span class="i0">D’entrer léans sans long termine,<br /></span>
-<span class="i0">Car je le sçay pour vérité.<br /></span>
-<span class="i0">C’est mon, dist Bonne-voulenté,<br /></span>
-<span class="i0">Sire, n’en soie en doubtance,<br /></span>
-<span class="i0">Car je sçay bien qu’il a béance,<br /></span>
-<span class="i0">Grant voulenté et grant désir<br /></span>
-<span class="i0">D’acomplir tout vostre plaisir<br /></span>
-<span class="i0">Et de la dame de vos biens,<br /></span>
-<span class="i0">Car sans ce ne vauldroit-il riens;<br /></span>
-<span class="i0">Dictes que voulez-vous qu’il face,<br /></span>
-<span class="i0">Et il le fera sans fallace.<br /></span>
-<span class="i2">Lors dist le portier doulcement:<br /></span>
-<span class="i0">Puisque de son assentement<br /></span>
-<span class="i0">L’avez jusques ci amené,<br /></span>
-<span class="i0">Il sera moult bien assené<br /></span>
-<span class="i0">Ne il ne le pourroit mieulx estre.<br /></span>
-<span class="i0">Adonc me prist par la main destre<br /></span>
-<span class="i0">Et me commença à preschier<br /></span>
-<span class="i0">En disant: Mon amy très chier,<br /></span>
-<span class="i0">Puisque tu es céans venu,<br /></span>
-<span class="i0">Tu seras désormais tenu<br /></span>
-<span class="i0">De moy et ma femme obéir,<br /></span>
-<span class="i0">Se tu veulx Richesse véir,<br /></span>
-<span class="i0">Qui demeure assez près de cy<br /></span>
-<span class="i0">En son bel chastel seignoury.<br /></span>
-<span class="i0">A elle ne puet nuls aler<br /></span>
-<span class="i0">Sans à ceulx de céans parler<br /></span>
-<span class="i0">Et toute leur voulenté faire<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-36" id="page_vol-2-36"></a>{v. 2, p.36}</span><br /></span>
-<span class="i0">Et persévérer sans retraire;<br /></span>
-<span class="i0">A moy fault parler tout premier<br /></span>
-<span class="i0">Qui suis de ce chastel portier,<br /></span>
-<span class="i0">Qu’on clame chastel de Labour<a name="FNanchor_508_508" id="FNanchor_508_508"></a><a href="#Footnote_508_508" class="fnanchor">[508]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Où l’en besongne nuit et jour;<br /></span>
-<span class="i0">On m’appelle par mon nom Soing<br /></span>
-<span class="i0">Qui maine les gens par le poing,<br /></span>
-<span class="i0">Entre moy et Cure ma femme,<br /></span>
-<span class="i0">A monseigneur et à madame<br /></span>
-<span class="i0">Qui de céans ont le demaine,<br /></span>
-<span class="i0">Qu’on appelle Travail et Peine:<br /></span>
-<span class="i0">Si que, beaux amis, se tu veulx,<br /></span>
-<span class="i0">Nous te menrons tout droit à eulx,<br /></span>
-<span class="i0">Mais moult t’y fauldra endurer<br /></span>
-<span class="i0">On tu n’y pourras jà durer,<br /></span>
-<span class="i0">Car on te feroit hors chacier,<br /></span>
-<span class="i0">En l’eure, sans toy menacier,<br /></span>
-<span class="i0">Se n’y faisoies ton devoir.<br /></span>
-<span class="i0">Je ne te vueil pas décevoir,<br /></span>
-<span class="i0">Demourer pues, ou retourner;<br /></span>
-<span class="i0">On dit souvent qu’à l’enfourner<br /></span>
-<span class="i0">Font li fournier les pains cornus<a name="FNanchor_509_509" id="FNanchor_509_509"></a><a href="#Footnote_509_509" class="fnanchor">[509]</a>.<br /></span>
-<span class="i0">Sire, dis-je, n’en parle nuls,<br /></span>
-<span class="i0">De retourner n’est pas m’entente<br /></span>
-<span class="i0">Pour nulle durté que je y sente:<br /></span>
-<span class="i0">Jà ne m’en verrez remuer<br /></span>
-<span class="i0">Pour froit, pour chaut, ne pour suer;<br /></span>
-<span class="i0">Bon-cuer et Bonne-voulenté<br /></span>
-<span class="i0">Le vous ont assez créanté,<br /></span>
-<span class="i0">Et Talent-de-bien-faire aussi,<br /></span>
-<span class="i0">Qu’amené m’ont avec eulx cy,<br /></span>
-<span class="i0">Et se defaillir m’en véez,<br /></span>
-<span class="i0">Jamais, nul jour, ne me créez.<br /></span>
-<span class="i2">Lors me menèrent Soing et Cure<br /></span>
-<span class="i0">Ens ou chastel grant aléure.<br /></span>
-<span class="i0">Là avoit bien plus de cent mille<br /></span>
-<span class="i0">Ouvriers ouvrans par la ville,<br /></span>
-<span class="i0">Dont chascun faisoit son mestier<br /></span>
-<span class="i0">Si comme il lui estoit mestier;<br /></span>
-<span class="i0">Là n’ot homme ne femme oiseux.<br /></span>
-<span class="i0">Tant estoit ce chastel noiseux<br /></span>
-<span class="i0">De férir et de marteller<a name="FNanchor_510_510" id="FNanchor_510_510"></a><a href="#Footnote_510_510" class="fnanchor">[510]</a><br /></span>
-<span class="i0">Qu’on n’y oïst pas Dieu tonner;<br /></span>
-<span class="i0">Qui de trois jours n’eust sommeillé<br /></span>
-<span class="i0">Si fust-il là tout esveillé.<br /></span>
-<span class="i0">Quant les ouvriers vy et oy,<br /></span>
-<span class="i0">J’en eu le cuer tout esjoy<br /></span>
-<span class="i0">Et me fut tart que je m’y veisse<br /></span>
-<span class="i0">Et que je aussi comme eulx feisse.<br /></span>
-<span class="i0">Soing et Cure me regardèrent<br /></span>
-<span class="i0">Talentif<a name="FNanchor_511_511" id="FNanchor_511_511"></a><a href="#Footnote_511_511" class="fnanchor">[511]</a>, si me demandèrent<br /></span>
-<span class="i0">Se je vouloie demourer<br /></span>
-<span class="i0">En Labour et y labourer:<br /></span>
-<span class="i0">Oïl, dis-je, pour Dieu mercy!<br /></span>
-<span class="i0">Moult me plaist à demourer cy;<br /></span>
-<span class="i0">Au chastellain bien parleray<br /></span>
-<span class="i0">Et à sa femme, quant j’aray<br /></span>
-<span class="i0">Icy esté jusques au soir.<br /></span>
-<span class="i0">Dist Soing et Cure: Tu dis voir,<br /></span>
-<span class="i0">Or commence donc, de par Dieu.<br /></span>
-<span class="i0">Adonc prins ma place et mon lieu<br /></span>
-<span class="i0">Et m’alay tost mettre en conroy.<br /></span>
-<span class="i0">Ma chandelle mis devant moy<br /></span>
-<span class="i0">Sur la table, en un chandelier,<br /></span>
-<span class="i0">Pour mieulx véoir à besongnier.<br /></span>
-<span class="i0">Et comme je m’apareilloie<br /></span>
-<span class="i0">Et que je commencier vouloie,<br /></span>
-<span class="i0">Es-vous venir la chastellaine<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-37" id="page_vol-2-37"></a>{v. 2, p.37}</span><br /></span>
-<span class="i0">De ce chastel, à grant alaine,<br /></span>
-<span class="i0">Peine qui aloit visitant<br /></span>
-<span class="i0">Tous les ouvriers dont je vy tant.<br /></span>
-<span class="i0">Les pans avoit à sa ceinture<br /></span>
-<span class="i0">Et moult aloit grant aléure;<br /></span>
-<span class="i0">De telle ardeur se remuoit<br /></span>
-<span class="i0">Qu’a pou que le sang ne suoit;<br /></span>
-<span class="i0">Nulle fois surcot ne vestoit,<br /></span>
-<span class="i0">Mais en sa povre cote estoit<br /></span>
-<span class="i0">Et aucune fois en chemise,<br /></span>
-<span class="i0">Quant elle l’avoit blanche mise.<br /></span>
-<span class="i2">En passant Peine m’apparçut,<br /></span>
-<span class="i0">Et pour ce que ne me congnut,<br /></span>
-<span class="i0">Demanda à Soing le portier:<br /></span>
-<span class="i0">Qui est, dist-elle, cel ouvrier<br /></span>
-<span class="i0">Que je voy là tout seul séoir?<br /></span>
-<span class="i0">Ne l’ay point apris à véoir,<br /></span>
-<span class="i0">Il est venu tout nouvel huy,<br /></span>
-<span class="i0">Je vueil aler parler à luy<br /></span>
-<span class="i0">Savoir s’il croire me voulra<br /></span>
-<span class="i0">Et s’à mon plaisir labourra.<br /></span>
-<span class="i0">Dame, dist Soing, vueilliez savoir<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il a grant fain de vous véoir;<br /></span>
-<span class="i0">Tesmoingnié nous a bien esté:<br /></span>
-<span class="i0">Bon-cuer et Bonne-voulenté<br /></span>
-<span class="i0">Et aussi Talent-de-bien-faire<br /></span>
-<span class="i0">Dient qu’il est de bon affaire<br /></span>
-<span class="i0">Et qu’il d’estre oiseux n’a cure.<br /></span>
-<span class="i0">Lors parla moult haultement Cure<br /></span>
-<span class="i0">Et dist: Vraiement, se n’a mon<a name="FNanchor_512_512" id="FNanchor_512_512"></a><a href="#Footnote_512_512" class="fnanchor">[512]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Et pour ce nous du cuer l’amon<br /></span>
-<span class="i0">Entre moy et mon mari Soing,<br /></span>
-<span class="i0">Avec lui serons près et loing:<br /></span>
-<span class="i0">Prests sommes de le vous plégier<br /></span>
-<span class="i0">Et de nous en bien obligier.<br /></span>
-<span class="i0">Lors respondi la chastellaine:<br /></span>
-<span class="i0">Puisqu’il est, dist-elle, en tel vaine,<br /></span>
-<span class="i0">Je le vueil aler essaier<br /></span>
-<span class="i0">Si me pourra si appaier<br /></span>
-<span class="i0">Comme vous dictes, or y parra;<br /></span>
-<span class="i0">S’ainsi le fait, il acquerra<br /></span>
-<span class="i0">Pour l’amour de moy moult d’avoir<br /></span>
-<span class="i0">Que nuls ne puet sans moy avoir.<br /></span>
-<span class="i0">Peine se trait lors près de moy:<br /></span>
-<span class="i0">Amis, ne soies en esmoy,<br /></span>
-<span class="i0">Dist-elle, mais fay liement<br /></span>
-<span class="i0">Ta besoigne, et appertement<br /></span>
-<span class="i0">A ta main entens sans muser<br /></span>
-<span class="i0">Et ne t’entens pas à ruser,<br /></span>
-<span class="i0">Mais si l’ouvrage continues<br /></span>
-<span class="i0">Que par force d’ouvrer tressues,<br /></span>
-<span class="i0">Car nuls ne doit céans oser<br /></span>
-<span class="i0">Soy alaschir ne repouser,<br /></span>
-<span class="i0">Car tantost seroit bouté hors.<br /></span>
-<span class="i0">Je respondi humblement lors:<br /></span>
-<span class="i0">Dame, dis-je, j’ay grant désir<br /></span>
-<span class="i0">De faire tout vostre plaisir,<br /></span>
-<span class="i0">Ne jà jour ne vous pourrez plaindre<br /></span>
-<span class="i0">De moy que m’aiez véu faindre,<br /></span>
-<span class="i0">Ne que vous face mesprenture,<br /></span>
-<span class="i0">En tesmoing de Soing et de Cure.<br /></span>
-<span class="i0">Amis, dist Peine, c’est bien dit,<br /></span>
-<span class="i0">Fay que le fait s’accorde au dit,<br /></span>
-<span class="i0">Ou tout ce ne vauldroit un ail,<br /></span>
-<span class="i0">Si que quant mon mari Travail<br /></span>
-<span class="i0">Vendra au soir, puist parcevoir<br /></span>
-<span class="i0">Que bien aies fait ton devoir.<br /></span>
-<span class="i0">Je visite nos gens au main,<br /></span>
-<span class="i0">Et il les visite au serain:<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-38" id="page_vol-2-38"></a>{v. 2, p.38}</span><br /></span>
-<span class="i0">Or fay tant qu’il ne se courrouce,<br /></span>
-<span class="i0">Carde pou parle, tence et grouce.<br /></span>
-<span class="i2">A tant se tut la chastellaine<br /></span>
-<span class="i0">Qui moult estoit d’angoisse plaine;<br /></span>
-<span class="i0">A besognier commençay lors,<br /></span>
-<span class="i0">Entente y mis, et cuer et corps.<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi besongnay sans séjour<br /></span>
-<span class="i0">Jusqu’à tant que je vy le jour<br /></span>
-<span class="i0">Par les fenestres pairoir cler:<br /></span>
-<span class="i0">Lors ma chandelle alay souffler,<br /></span>
-<span class="i0">Puis entendi à ma besoigne,<br /></span>
-<span class="i0">Sans querre y terme ne essoigne,<br /></span>
-<span class="i0">Jusqu’à heure de desjuner<br /></span>
-<span class="i0">Qui vault desjuner et disner<br /></span>
-<span class="i0">A la coustume des ouvriers.<br /></span>
-<span class="i0">De ceulx illec vis-je premiers<br /></span>
-<span class="i0">La manière et la contenance<a name="FNanchor_513_513" id="FNanchor_513_513"></a><a href="#Footnote_513_513" class="fnanchor">[513]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Qui vivoient en abstinence.<br /></span>
-<span class="i0">N’y ot si grant ne si petit<br /></span>
-<span class="i0">Qui ne préist grant appétit<br /></span>
-<span class="i0">En pain sec, en aux et en sel,<br /></span>
-<span class="i0">Ne il ne mengoit riens en el<br /></span>
-<span class="i0">Mouton, buef, oye ne poucin;<br /></span>
-<span class="i0">Et puis prenoient le bacin,<br /></span>
-<span class="i0">A deux mains, plain d’eaue et buvoient<br /></span>
-<span class="i0">A plain musel, tant qu’ils povoient.<br /></span>
-<span class="i0">Quant je regarday cel afaire,<br /></span>
-<span class="i0">Grant talent me print d’ainsi faire<br /></span>
-<span class="i0">Combien que pas ne l’eusse apris;<br /></span>
-<span class="i0">Mais aux ouvriers exemple pris,<br /></span>
-<span class="i0">Qui mengoient, si me prist fain:<br /></span>
-<span class="i0">Lors fis tant que j’êus du pain<br /></span>
-<span class="i0">De Corbueil<a name="FNanchor_514_514" id="FNanchor_514_514"></a><a href="#Footnote_514_514" class="fnanchor">[514]</a>, du sel et des aulx,<br /></span>
-<span class="i0">Et si prins du vin aux chevaulx<a name="FNanchor_515_515" id="FNanchor_515_515"></a><a href="#Footnote_515_515" class="fnanchor">[515]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Puis mengay par si grant saveur<br /></span>
-<span class="i0">Qu’oncques ne mengay par greigneur,<br /></span>
-<span class="i0">Car moult me vint à gré cel ordre.<br /></span>
-<span class="i0">Qui me véist en mon pain mordre,<br /></span>
-<span class="i0">Ma manière et mon contenir,<br /></span>
-<span class="i0">Grant appétit l’en peust venir.<br /></span>
-<span class="i0">Et tout adès en besongnant<br /></span>
-<span class="i0">Alay illec mon pain mengant<br /></span>
-<span class="i0">Et beu de l’ieaue à plain musel;<br /></span>
-<span class="i0">Vin ne prisoie un viel fusel.<br /></span>
-<span class="i0">Et quant j’éu mengié et beu,<br /></span>
-<span class="i0">Aussi bien me sentis-je peu<br /></span>
-<span class="i0">Comme s’à feste éusse été<br /></span>
-<span class="i0">Ou j’éusse eu à grant planté<br /></span>
-<span class="i0">Mouton, buef, poulaille et paons,<br /></span>
-<span class="i0">Pastés et tartes et flaons,<br /></span>
-<span class="i0">Pain de bouche<a name="FNanchor_516_516" id="FNanchor_516_516"></a><a href="#Footnote_516_516" class="fnanchor">[516]</a> et estrange vin<br /></span>
-<span class="i0">Bourgouing, Gascoing et Angevin<a name="FNanchor_517_517" id="FNanchor_517_517"></a><a href="#Footnote_517_517" class="fnanchor">[517]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Beaune, Rochelle, Saint-Pourçain<a name="FNanchor_518_518" id="FNanchor_518_518"></a><a href="#Footnote_518_518" class="fnanchor">[518]</a><span class="pgnum"><a name="page_vol-2-39" id="page_vol-2-39"></a>{v. 2, p.39}</span><br /></span>
-<span class="i0">Que l’en met en son sein pour sain.<br /></span>
-<span class="i0">Lors me pris fort à besongnier,<br /></span>
-<span class="i0">Je ne m’en fis pas essoignier,<br /></span>
-<span class="i0">Car là furent, lez mon costé,<br /></span>
-<span class="i0">Bon-cuer et Bonne-voulenté<br /></span>
-<span class="i0">Et aussi Talent-de-bien-faire<br /></span>
-<span class="i0">Qui regardoient mon affaire;<br /></span>
-<span class="i0">Soing et Cure aussi y estoient<br /></span>
-<span class="i0">Qui tout adès m’admonnestoient<br /></span>
-<span class="i0">Que j’ouvrasse à col estendu<br /></span>
-<span class="i0">Et que bien me seroit rendu,<br /></span>
-<span class="i0">Car j’en auroie bon loier.<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi ouvray sans délayer<br /></span>
-<span class="i0">Jusqu’à la nuit noire et obscure;<br /></span>
-<span class="i0">Adonc alèrent Soing et Cure<br /></span>
-<span class="i0">Tost la chandelle appareillier<br /></span>
-<span class="i0">Pour jusqu’à cueuvre-feu veillier,<br /></span>
-<span class="i0">Car d’iver estoit la saison<br /></span>
-<span class="i0">Qu’on ne souppe pas, par raison,<br /></span>
-<span class="i0">Jusqu’à tant qu’on l’oie sonner.<br /></span>
-<span class="i2">Lors m’alay tost habandonner<br /></span>
-<span class="i0">A l’euvre, de cul et de pointe,<br /></span>
-<span class="i0">Je n’en fis oncques le mescointe,<br /></span>
-<span class="i0">Et tant besoignay que j’oy<br /></span>
-<span class="i0">Cueuvre-feu, si m’en esjoy,<br /></span>
-<span class="i0">Car lassés et vaincus estoie<br /></span>
-<span class="i0">De besongner, et si sentoie<br /></span>
-<span class="i0">Un appétit qu’on clame fain.<br /></span>
-<span class="i0">A ce point vint le chastellain<br /></span>
-<span class="i0">Travail qui me dit: Doulx amis<br /></span>
-<span class="i0">Bien doy amer qui cy t’a mis,<br /></span>
-<span class="i0">Car bien y as fait ton devoir;<br /></span>
-<span class="i0">Je m’en sçay bien apparcevoir.<br /></span>
-<span class="i0">Bien voy que tu as sans faintise<br /></span>
-<span class="i0">Huy en labour t’entente mise,<br /></span>
-<span class="i0">Et pour ce te vueil pourvéoir<br /></span>
-<span class="i0">Que tu puisses Repos véoir.<br /></span>
-<span class="i0">C’est cil qui les gens de céans<br /></span>
-<span class="i0">Qui en labour sont paciens<br /></span>
-<span class="i0">Fait aaisier à leur plaisir,<br /></span>
-<span class="i0">Boire, mengier, dormir, gésir<br /></span>
-<span class="i0">Et prendre consolation<br /></span>
-<span class="i0">Après la tribulation<br /></span>
-<span class="i0">Que ma femme leur fait souffrir<br /></span>
-<span class="i0">Quant à lui se veullent offrir.<br /></span>
-<span class="i0">Et pour ce qu’à lui t’es offert<br /></span>
-<span class="i0">Et grant ahan as huy souffert,<br /></span>
-<span class="i0">Congié te doing, en guerredon,<br /></span>
-<span class="i0">D’aler à Repos le preudon<br /></span>
-<span class="i0">Qui te fera ton corps aisier,<br /></span>
-<span class="i0">Ta char et ton sang appaisier<br /></span>
-<span class="i0">Que tu as huy moult esméu<br /></span>
-<span class="i0">Pour l’enhan que tu as éu.<br /></span>
-<span class="i0">Sire, dis-je, je m’y accort<br /></span>
-<span class="i0">Puisque ce vient de vostre accort:<br /></span>
-<span class="i0">A Repos m’en vois orendroit.<br /></span>
-<span class="i0">Lors me mis à voie tout droit<br /></span>
-<span class="i0">Vers la porte, par un sentier:<br /></span>
-<span class="i0">Là requis à Soing le portier<br /></span>
-<span class="i0">Et à Cure que par amour<br /></span>
-<span class="i0">Hors me méissent sans demour.<br /></span>
-<span class="i0">Adonc respondi li portiers:<br /></span>
-<span class="i0">Beaulx amis, dist-il, voulentiers,<br /></span>
-<span class="i0">Car tu es vains et endormis.<br /></span>
-<span class="i0">Lors m’ont Soing et Cure hors mis,<br /></span>
-<span class="i0">Qui virent que temps en estoit,<br /></span>
-<span class="i0">Mais trop forment m’admonnestoit<br /></span>
-<span class="i0">Chascun d’eulx deux de moi lever<br /></span>
-<span class="i0">Dès matines, pour achever<br /></span>
-<span class="i0">L’euvre que commencié avoie<br /></span>
-<span class="i0">Pour plus tost achever ma voie<br /></span>
-<span class="i0">D’aler ou chastel de Richesse<br /></span>
-<span class="i0">Où l’en ne va pas par paresse,<br /></span>
-<span class="i0">Non fait-on pas par diligence<br /></span>
-<span class="i0">Se il n’y a persévérance.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-40" id="page_vol-2-40"></a>{v. 2, p.40}</span><br /></span>
-<span class="i0">Raison me dist, (bien m’en souvient)<br /></span>
-<span class="i0">Que persévérance convient<br /></span>
-<span class="i0">En bien faire, c’est ce qui fait<br /></span>
-<span class="i0">L’ouvrier louer de son bienfait.<br /></span>
-<span class="i0">Amis, dist Soing, à Repos vas:<br /></span>
-<span class="i0">Plus décevable ne trouvas<br /></span>
-<span class="i0">Puis que tu fus de mère nés;<br /></span>
-<span class="i0">Repos a maintes gens menés<br /></span>
-<span class="i0">Ou hideux chemin de Paresse<br /></span>
-<span class="i0">Qui tourne le cul à Richesse:<br /></span>
-<span class="i0">Repos a tous ceulx décéu<br /></span>
-<span class="i0">Qui contre Raison l’ont créu,<br /></span>
-<span class="i0">Et si est prest de décevoir<br /></span>
-<span class="i0">Tous les jours ceulx qui recevoir<br /></span>
-<span class="i0">Veulent ce qu’il leur veult donner;<br /></span>
-<span class="i0">Tous ses biens veult habandonner<br /></span>
-<span class="i0">A tous ceulx qui prendre les veulent,<br /></span>
-<span class="i0">Mais vraiement tous ceulx se deulent,<br /></span>
-<span class="i0">En la fin, qui contre raison<br /></span>
-<span class="i0">Les prennent hors heure et saison<br /></span>
-<span class="i0">Sans cogente nécessité.<br /></span>
-<span class="i0">Bien est raison et vérité,<br /></span>
-<span class="i0">Sans Repos ne puet vivre nuls,<br /></span>
-<span class="i0">De quelque estat, gros ne menus,<br /></span>
-<span class="i0">Mais ceulx qui Repos croient trop<br /></span>
-<span class="i0">Povres en la fin sont com Job.<br /></span>
-<span class="i0">Or ne le vueilles mie croire,<br /></span>
-<span class="i0">Mais aies tousjours en mémoire<br /></span>
-<span class="i0">Ce que je te dy et enseigne<br /></span>
-<span class="i0">Et le retien en cest ensaingne.<br /></span>
-<span class="i0">Adonc me tira Soing l’oreille;<br /></span>
-<span class="i0">Cure, d’autre part, s’appareille<br /></span>
-<span class="i0">A moi enseigner et aprendre<br /></span>
-<span class="i0">Comme je doy par raison prendre<br /></span>
-<span class="i0">Les biens que Repos scet donner<br /></span>
-<span class="i0">Quant il se veult habandonner.<br /></span>
-<span class="i0">Amis, dist Cure, ne crois pas<br /></span>
-<span class="i0">Repos, se ce n’est un trespas<a name="FNanchor_519_519" id="FNanchor_519_519"></a><a href="#Footnote_519_519" class="fnanchor">[519]</a><br /></span>
-<span class="i0">Quant en auras nécessité,<br /></span>
-<span class="i0">Car, si comme Soing t’a dicté,<br /></span>
-<span class="i0">Nuls ne pourroit sans Repos vivre<a name="FNanchor_520_520" id="FNanchor_520_520"></a><a href="#Footnote_520_520" class="fnanchor">[520]</a><br /></span>
-<span class="i0">S’il n’est ou hors du sens ou yvre.<br /></span>
-<span class="i0">Mais qui Repos croit à oultrage,<br /></span>
-<span class="i0">Il pert du tout son bon courage<br /></span>
-<span class="i0">Qu’il avoit, par devant, d’ouvrer<br /></span>
-<span class="i0">Et ne le puet pas recouvrer<br /></span>
-<span class="i0">Aucune fois à son vouloir,<br /></span>
-<span class="i0">Dont en la fin le fait douloir.<br /></span>
-<span class="i0">Garde donc bien qu’il ne te tiengne<br /></span>
-<span class="i0">Que par raison, et te souviengne<br /></span>
-<span class="i0">De moy à ces enseignes-cy.<br /></span>
-<span class="i0">Lors me tira l’oreille aussi<br /></span>
-<span class="i0">Comme Soing ot fait par devant<br /></span>
-<span class="i0">En moy mon preu ramentevant.<br /></span>
-<span class="i0">A tant du portier prins congié<br /></span>
-<span class="i0">Et de sa femme, et eslongnié<br /></span>
-<span class="i0">Le lieu au plus tost que je pos<br /></span>
-<span class="i0">Et m’en alay droit à Repos<br /></span>
-<span class="i0">Qui m’attendoit en ma maison,<br /></span>
-<span class="i0">Car il en estoit bien saison.<br /></span>
-<span class="i0">Ens entray, si trouvay ma femme<br /></span>
-<span class="i0">Qui ne pensoit à nul diffame,<br /></span>
-<span class="i0">Mais m’appareilloit à mengier<br /></span>
-<span class="i0">A lie chière et sans dangier.<br /></span>
-<span class="i0">Mes mains lavay et puis m’assis,<br /></span>
-<span class="i0">Et souspasmes à sang rassis,<br /></span>
-<span class="i0">Moy et ma femme, bec à bec,<br /></span>
-<span class="i0">Du pain et du potage avec,<br /></span>
-<span class="i0">Et de ce que Dieu mis y ot.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-41" id="page_vol-2-41"></a>{v. 2, p.41}</span><br /></span>
-<span class="i0">Quant soupé eusmes sans riot<br /></span>
-<span class="i0">Et la nappe si fu ostée,<br /></span>
-<span class="i0">Près de moy se fu acostée<br /></span>
-<span class="i0">Ma femme; lors luy comptay brief<br /></span>
-<span class="i0">Mon affaire de chief en chief:<br /></span>
-<span class="i0">Dame, dis-je, ne savez mie<br /></span>
-<span class="i0">Comme j’ay eu forte nuitie<br /></span>
-<span class="i0">Quant vous de lez moy dormiez<br /></span>
-<span class="i0">Et vostre repos preniez.<br /></span>
-<span class="i0">Vous n’avez pas véu à-nuit<br /></span>
-<span class="i0">La male gent qui tant m’a nuit<br /></span>
-<span class="i0">Et fait si grant adversité:<br /></span>
-<span class="i0">Besoing avec Nécessité,<br /></span>
-<span class="i0">Souffreté, Disette autressy,<br /></span>
-<span class="i0">Pensée la vieille et Soussy,<br /></span>
-<span class="i0">Desconfort et Désespérance.<br /></span>
-<span class="i0">Et tant m’ont fait de meschéance,<br /></span>
-<span class="i0">Sachié, bouté et tourmenté,<br /></span>
-<span class="i0">Qu’à poi qu’ils ne m’ont craventé;<br /></span>
-<span class="i0">Mais Raison la bonne et la sage<br /></span>
-<span class="i0">M’a apris la voie et l’usage<br /></span>
-<span class="i0">D’eschever toute adversité<br /></span>
-<span class="i0">Et de vivre en prospérité.<br /></span>
-<span class="i0">Entendement, com mes amis,<br /></span>
-<span class="i0">En la voie aussi m’en a mis,<br /></span>
-<span class="i0">Et m’ont fait de Barat retraire<br /></span>
-<span class="i0">Qui se penoit de moy attraire<br /></span>
-<span class="i0">Pour moy faire à mal habonder<br /></span>
-<span class="i0">Et moy honnir et vergonder,<br /></span>
-<span class="i0">Et aussi son clerc Tricherie<br /></span>
-<span class="i0">Et son varlet Hoquelerie.<br /></span>
-<span class="i0">Tant m’a donné Entendement<br /></span>
-<span class="i0">Et Raison bon enseignement,<br /></span>
-<span class="i0">Que je sui en foy et hommage<br /></span>
-<span class="i0">De Raison la bonne et la sage,<br /></span>
-<span class="i0">Et tousjours en moy demourra<br /></span>
-<span class="i0">Ne jamais jour n’en partira,<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi comme elle m’a promis;<br /></span>
-<span class="i0">A lui faire hommage ay trop mis.<br /></span>
-<span class="i0">Si m’y ont moult bien aïdé<br /></span>
-<span class="i0">Bon-cuer et Bonne-voulenté,<br /></span>
-<span class="i0">Talent-de-bien-faire leur fils.<br /></span>
-<span class="i0">Quant à moy vindrent, je leur fis<br /></span>
-<span class="i0">Tout ce que il me commandèrent<br /></span>
-<span class="i0">Et alay où ils me menèrent.<br /></span>
-<span class="i0">Au chastel de Labour alasmes,<br /></span>
-<span class="i0">Où nous Soing et Cure trouvasmes<br /></span>
-<span class="i0">Qui sont de ce chastel portiers:<br /></span>
-<span class="i0">Ceulx me reçurent moult volentiers<br /></span>
-<span class="i0">Et me menèrent droit à Peine<br /></span>
-<span class="i0">Qui de Labour est chastellaine;<br /></span>
-<span class="i0">Peine me reçut sans séjour:<br /></span>
-<span class="i0">O moy a esté toute jour;<br /></span>
-<span class="i0">Travail ores, puis l’anuitier,<br /></span>
-<span class="i0">Vint à moy non pas pour luitier,<br /></span>
-<span class="i0">Mais pour dire et ramentevoir<br /></span>
-<span class="i0">Qu’avoie bien fait mon devoir<br /></span>
-<span class="i0">Et que temps estoit de venir<br /></span>
-<span class="i0">Mon corps aisier et soustenir.<br /></span>
-<span class="i0">Mais trop m’ont hasté Soing et Cure<br /></span>
-<span class="i0">Qui de long aisement n’ont cure,<br /></span>
-<span class="i0">De moy, dès matines, lever<br /></span>
-<span class="i0">Pour tost ma besoigne achever.<br /></span>
-<span class="i0">Or vous ay compté sans mençonge<br /></span>
-<span class="i0">Ma vision qui n’est pas songe.<br /></span>
-<span class="i2">Lors respondi ma femme ainsi:<br /></span>
-<span class="i0">Qu’est-ce que vous me dictes cy?<br /></span>
-<span class="i0">Vous estes, je croy, hors du sens,<br /></span>
-<span class="i0">Car ne me congnois en nul sens<br /></span>
-<span class="i0">En ce que vous m’alez disant<br /></span>
-<span class="i0">Et toute nuit cy devisant,<br /></span>
-<span class="i0">Car ce n’est tout que fantasie<br /></span>
-<span class="i0">Que vous dictes par frenaisie.<br /></span>
-<span class="i2">Quant ma femme ramposné m’ot,<br /></span>
-<span class="i0">Je me teus et ne sonnay mot,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-42" id="page_vol-2-42"></a>{v. 2, p.42}</span><br /></span>
-<span class="i0">Car s’à lui me feusse engaignié,<br /></span>
-<span class="i0">Certes riens ne eusse gaignié<br /></span>
-<span class="i0">Et j’ay pieça du sage apris<br /></span>
-<span class="i0">Que nuls ne devroit prendre à pris<br /></span>
-<span class="i0">Nulle chose que femme die.<br /></span>
-<span class="i0">Soit bien, soit mal, tence ou mesdie,<br /></span>
-<span class="i0">Tousjours veult femme estre loée,<br /></span>
-<span class="i0">Et de ce que dit advoée:<br /></span>
-<span class="i0">De riens ne veult estre reprise,<br /></span>
-<span class="i0">Ains veult que l’en la loe et prise<br /></span>
-<span class="i0">Aussi bien du mal com du bien:<br /></span>
-<span class="i0">Ceste coustume say-je bien,<br /></span>
-<span class="i0">Et pour ce que je bien le sçay,<br /></span>
-<span class="i0">De la ramposne me passay,<br /></span>
-<span class="i0">Car contre femme se fault taire<br /></span>
-<span class="i0">Et toute leur voulenté faire:<br /></span>
-<span class="i0">Ainsi le conseil à tous ceulx<br /></span>
-<span class="i0">Qui ont femmes avecques eulx;<br /></span>
-<span class="i0">Combien que ce soit folletés<br /></span>
-<span class="i0">De leur faire leurs voulentés,<br /></span>
-<span class="i0">Encore est-ce plus grant foleur,<br /></span>
-<span class="i0">Selon raison, de faire leur<br /></span>
-<span class="i0">Nulle chose qui leur desplaise,<br /></span>
-<span class="i0">Car jà femme ne sera aise<br /></span>
-<span class="i0">Se son mary lui fait despit,<br /></span>
-<span class="i0">Jusqu’à tant, sans aucun respit,<br /></span>
-<span class="i0">Que rendu lui ait doublement,<br /></span>
-<span class="i0">Ou nature de femme ment.<br /></span>
-<span class="i0">Dont doit-on, qui bien veult eslire,<br /></span>
-<span class="i0">De deux maulx prendre le moins pire;<br /></span>
-<span class="i0">Bon se fait près d’un péril traire<br /></span>
-<span class="i0">Pour de greigneur péril retraire.<br /></span>
-<span class="i2">Lors m’appareillay pour couchier<br /></span>
-<span class="i0">Et mis en coste moy l’eschier<a name="FNanchor_521_521" id="FNanchor_521_521"></a><a href="#Footnote_521_521" class="fnanchor">[521]</a>,<br /></span>
-<span class="i0">Pour tost alumer ma chandelle<br /></span>
-<span class="i0">Sans moy bougier, dessus ma selle.<br /></span>
-<span class="i0">De Soing me souvint et de Cure<br /></span>
-<span class="i0">Qui de fétardie n’ont cure,<br /></span>
-<span class="i0">Car moult estoie entalenté<br /></span>
-<span class="i0">De bien faire leur voulenté,<br /></span>
-<span class="i0">Et ferai d’ores-en-avant,<br /></span>
-<span class="i0">Et Dieu, par sa grâce, m’amand<br /></span>
-<span class="i0">De si bien vivre en Diligence<br /></span>
-<span class="i0">Et en bonne Persévérance,<br /></span>
-<span class="i0">Au gré de Travail et de Peine,<br /></span>
-<span class="i0">Que véoir me puisse ou demaine<br /></span>
-<span class="i0">De Richesse la haute Dame,<br /></span>
-<span class="i0">Au sauvement de corps et d’âme.<br /></span>
-<span class="i0">Et se je ne puis advenir<br /></span>
-<span class="i0">A la grant Richesse, et venir,<br /></span>
-<span class="i0">Qui est la mendre selon Dieu,<br /></span>
-<span class="i0">Je pry la Vierge de cuer pieu,<br /></span>
-<span class="i0">Qui le benoit fils Dieu porta,<br /></span>
-<span class="i0">En quoy les pécheurs conforta,<br /></span>
-<span class="i0">Qu’avenir puisse à Souffisance,<br /></span>
-<span class="i0">Car j’ay en ce ferme créance<br /></span>
-<span class="i0">Que qui à Souffisance adresse,<br /></span>
-<span class="i0">En lui a parfaicte richesse,<br /></span>
-<span class="i0">Ne jà ne croiray le contraire.<br /></span>
-<span class="i0">Icy vueil mon livre à fin traire<br /></span>
-<span class="i0">Appellé la <i>Voie et l’adresse</i><br /></span>
-<span class="i0"><i>De Povreté et de Richesse</i>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Chière seur, par ce que dit est vous povez veoir qu’est diligence et
-qu’est persévérance, et ainsi, chière seur, est le premier article
-démonstré.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-43" id="page_vol-2-43"></a>{v. 2, p.43}</span></p>
-
-<h2>LE SECOND ARTICLE<br /><br />
-DE LA SECONDE DISTINCTION,<br /><br />
-<small>LEQUEL ARTICLE DOIT PARLER DE COURTILLAGE.</small></h2>
-
-<p><i>Primo</i>, est à noter que tout ce que l’on sème, plante ou ente, l’en
-le doit semer, planter ou enter par temps moite et au soir ou au bien
-matin, avant l’ardeur du soleil et en décours<a name="FNanchor_522_522" id="FNanchor_522_522"></a><a href="#Footnote_522_522" class="fnanchor">[522]</a>, et doit-l’en
-arroser le pié et la terre et non la fueille.</p>
-
-<p><i>Item</i>, par l’ardeur du soleil l’en ne doit mie arroser, mais au soir
-et au matin; ne coper choux, percil<a name="FNanchor_523_523" id="FNanchor_523_523"></a><a href="#Footnote_523_523" class="fnanchor">[523]</a>, ne autres telles verdures qui
-regettent, car la chaleur du soleil cuiroit la coupeure et l’ardroit,
-et ainsi ne regetteroit jamais par iceluy endroit de la coupeure.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que en temps pluieux fait bon planter, mais non mie semer, car
-la graine se retient au ratel.</p>
-
-<p>Dès la Toussains sont fèves des marais, mais afin que icelles ne
-gellent, on en plante vers Noël et en Janvier et Février et au
-commencement de Mars; et les plante-l’en ainsi à diverses fois afin que
-se les unes sont gelées, les autres ne le soient pas. Et quant elles se
-lièvent hors de terre, si tost qu’elles poignent l’en les doit harser
-et rompre le premier germe: et si tost qu’elles ont six fueilles l’en
-les doit seurfouir<a name="FNanchor_524_524" id="FNanchor_524_524"></a><a href="#Footnote_524_524" class="fnanchor">[524]</a>. Et de toutes icelles, les premières venues
-sont les plus chières et doivent estre mengées le jour qu’elles sont
-escossées, ou autrement elles deviennent noires et aigres.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que marjolaine et violettes que l’en veult garder en yver contre
-la froidure, l’en ne les doit mie mettre<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-44" id="page_vol-2-44"></a>{v. 2, p.44}</span> soudainement de froit à
-chault, ne de moite à froit, car qui longuement les garde l’iver en un
-célier moite et soudainement les met au sec, il les pert; <i>et sic de
-contrariis similibus</i>.</p>
-
-<p>En yver l’en doit oster les branches du sauger qui sont mortes. Encores
-en Janvier et Février, sauge, lavende, coq<a name="FNanchor_525_525" id="FNanchor_525_525"></a><a href="#Footnote_525_525" class="fnanchor">[525]</a>, mente, toutebonne<a name="FNanchor_526_526" id="FNanchor_526_526"></a><a href="#Footnote_526_526" class="fnanchor">[526]</a>
-soient plantés jusques à Juing.&mdash;Panoit<a name="FNanchor_527_527" id="FNanchor_527_527"></a><a href="#Footnote_527_527" class="fnanchor">[527]</a> soit semé large à
-large.&mdash;Oseille soit semée ou décours et jusques à Mars et plus.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que l’iver de Décembre et de Janvier fait mourir les porées,
-c’est assavoir ce qui est hors terre, mais en Février les racines
-regettent nouvelle et tendre porée, c’est assavoir si tost comme la
-gelée cesse, et quinze jours après viennent les espinars.</p>
-
-<p>Février.&mdash;Sarriette et marjolaine sont comme d’une saveur à mengier,
-et sont semés ou décours et ne sont que huit jours en terre.&mdash;<i>Item</i>,
-sarriette ne dure fors jusques à la Saint-Jehan.&mdash;<i>Item</i>, en
-décours doit-l’en planter arbres ou vignes et semer choux blans et
-pommés.&mdash;<i>Nota</i> que les marquets chevelus portent dès l’année qu’ils
-sont plantés chevelus.</p>
-
-<p>Espinars sont en Février et ont longue fueille et crenelée comme
-fueille de chesne, et croissent par touffes comme porées, et les
-convient esverder<a name="FNanchor_528_528" id="FNanchor_528_528"></a><a href="#Footnote_528_528" class="fnanchor">[528]</a> et bien cuire après.&mdash;Bettes viennent après.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que framboisiers et aussi framboises sont bonnes à planter.</p>
-
-<p>Mars.&mdash;Ou décours doit l’en enter: jombarde<a name="FNanchor_529_529" id="FNanchor_529_529"></a><a href="#Footnote_529_529" class="fnanchor">[529]</a> planter<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-45" id="page_vol-2-45"></a>{v. 2, p.45}</span> de Mars
-jusques à la Saint-Jehan.&mdash;Violettes, giroflée semée en Mars ou plantée
-à la Saint-Remy.&mdash;<i>Item</i>, soit l’une, soit l’autre, quant les gelées
-approuchent, l’en la doit en aucun décours replanter en pos pour mettre
-à couvert et garder en cave ou en célier pour le froit, et de jour
-mettre à l’air ou au soleil et arroser de telle heure que l’eau soit
-beue et la terre sèche avant que l’en la mette à couvert, car nullement
-l’en ne la doit au vespre estuier<a name="FNanchor_530_530" id="FNanchor_530_530"></a><a href="#Footnote_530_530" class="fnanchor">[530]</a> mouillée.&mdash;Fèves planter et
-rompre le premier tuiau au herser comme dit est dessus.&mdash;<i>Nota</i> que le
-percil qui est semé la veille de la Nostre-Dame en Mars, yst hors de
-terre à neuf jours.</p>
-
-<p>Fenoul et marjolaine plantez ou décours de Mars ou en Avril; et
-<i>nota</i> que marjolaine veult plus grasse terre que violettes<a name="FNanchor_531_531" id="FNanchor_531_531"></a><a href="#Footnote_531_531" class="fnanchor">[531]</a>, et
-s’elle a trop ombre elle devient jaune.&mdash;<i>Item</i>, quant elle est bien
-reprise, adonc la dois arrachier par touffes et replanter à large en
-pots.&mdash;<i>Item</i>, les branches couppées, fichées en terré et arrousées
-prennent racines et croissent.&mdash;<i>Item</i>, terre engressée par fiens de
-vaches et brebis est meilleur que de fiens de cheval.</p>
-
-<p>Violette de karesme et violette d’Arménie<a name="FNanchor_532_532" id="FNanchor_532_532"></a><a href="#Footnote_532_532" class="fnanchor">[532]</a> ne veullent ne couver
-ne mucier; et <i>nota</i> que violette d’Arménie ne porte fleur jusques
-au deuxième an, mais les jardiniers qui l’ont eue un an en terre, la
-vendent et replantent ailleurs, et lors elle porte.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-46" id="page_vol-2-46"></a>{v. 2, p.46}</span></p>
-
-<p>Ozeille, bazeillecoq<a name="FNanchor_533_533" id="FNanchor_533_533"></a><a href="#Footnote_533_533" class="fnanchor">[533]</a> soient semées en Janvier et Février
-ou décours et jusques à Mars, et se tu veulx replanter ozeille
-surannée<a name="FNanchor_534_534" id="FNanchor_534_534"></a><a href="#Footnote_534_534" class="fnanchor">[534]</a>, il te la convient replanter à toute sa terre qui est
-entour la racine. <i>Item</i>, à la queillir a maistrise<a name="FNanchor_535_535" id="FNanchor_535_535"></a><a href="#Footnote_535_535" class="fnanchor">[535]</a>, car l’en
-doit tousjours queillir les grans fueilles et laissier croistre les
-petites fueilles qui sont dessus icelles grans; et se tout estoit par
-aventure cueilli, il convient coupper le tuyau rez à rez de terre, et
-il regettera nouvelle ozeille.</p>
-
-<p>Percil sème, sarcle, oste les pierrettes; et celuy qui est semé en
-Aoust est le meilleur, car il n’espie<a name="FNanchor_536_536" id="FNanchor_536_536"></a><a href="#Footnote_536_536" class="fnanchor">[536]</a> point et se tient en vertu
-toute l’année.</p>
-
-<p>Laictues doivent estre semées, et <i>nota</i> qu’elles n’arrestent point en
-terre et reviennent bien drues: et pour ce les arrache-l’en çà et là à
-toute la racine pour donner espace aux autres et oster espoisseur. Et
-<i>nota</i> que la semence des laictues de France est noire, et la semence
-des laictues d’Avignon est plus blanche, et en fit apporter Monseigneur
-de La Rivière<a name="FNanchor_537_537" id="FNanchor_537_537"></a><a href="#Footnote_537_537" class="fnanchor">[537]</a>, et sont les laictues<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-47" id="page_vol-2-47"></a>{v. 2, p.47}</span> trop meilleurs et plus
-tendres assez que celles de France; et ne se queult la semence fors
-bouton après autre, ainsi comme chascun bouton s’avance de getter sa
-bourre.&mdash;<i>Nota</i> que laictues ne se plantent point, et mesmement quant
-l’en les veult mengier, si arrache-l’en racine et tout.</p>
-
-<p>Courges. Les pepins sont la semence et les convient tremper deux jours,
-puis semer, et sans les moullier laisser croistre jusques à ce qu’elles
-appairent dehors, et lors mouillier le pié seulement et la terre sans
-moullier les feuilles, et en Avril les arrouser courtoisement et les
-planter d’un lieu en autre un dour<a name="FNanchor_538_538" id="FNanchor_538_538"></a><a href="#Footnote_538_538" class="fnanchor">[538]</a> ou demy pié en terre, et à
-demy-pié l’une courge de l’autre, et moullier le pié continuelment et
-pendre à un eschalat un pot percié, un festu et de l’eaue etc., ou une
-lesche de drap neuf ou pot<a name="FNanchor_539_539" id="FNanchor_539_539"></a><a href="#Footnote_539_539" class="fnanchor">[539]</a>.</p>
-
-<p>Bettes semez en Mars, et quant elles sont bonnes à mengier, soient
-coupées près de la racine, car tousjours rejettent et recroissent et
-deviennent porées.</p>
-
-<p>Bourraches, arraches<a name="FNanchor_540_540" id="FNanchor_540_540"></a><a href="#Footnote_540_540" class="fnanchor">[540]</a> comme dessus.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-48" id="page_vol-2-48"></a>{v. 2, p.48}</span></p>
-
-<p>Choulx blans et choulx cabus est tout un; et sont semés ou décours
-de Mars, et quant ils ont cinq fueilles, adonc l’en les arrache
-courtoisement et les plante-l’en à demy-pié loing l’un de l’autre, et
-les convient mettre en terre jusques à l’œil et arrouser le pié; et les
-mengue-l’en en Juing et en Juillet.&mdash;Pommes de chou sont semées en Mars
-et replantées en May.&mdash;Choulx Romains sont de la nature de pommés et
-de auques<a name="FNanchor_541_541" id="FNanchor_541_541"></a><a href="#Footnote_541_541" class="fnanchor">[541]</a> pareille semence, car l’une et l’autre semence croist
-sur un tronc, et de la semence qui vient par le tuyau du milieu et qui
-est au bout d’en haut croist la pomme, et de la semence qui vient d’en
-bas viennent les choulx Romains.&mdash;Minces en karesme est le regaing du
-chou, et durent jusques en Mars, et lors sont icelles minces en Mars de
-plus fort saveur à mengier, et pour ce les convient plus parboulir, et
-en iceluy temps l’en arrache les troncs hors de terre.&mdash;<i>Nota</i> que en
-Juillet, quant il pleut, l’en doit planter des choulx.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que se fromis habondent en un jardin, et l’en gette en leur
-repaire de la scieure d’ais de chesne, ils mourront ou vuideront à la
-première pluie qui cherra, car les scieures retiennent la moiteur.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que en Avril et Mai, tout le mois, sème-l’en les porées qui
-sont mangées en Juing et en Juillet.&mdash;Les porées d’esté doivent estre
-soyées, et laissées les racines en terre, et après yver les racines
-gettent, et les convient surfouir et lever la terre à l’environ et
-illecques semer les nouvelles qui venront et cueillir le gecton
-des vieilles.&mdash;<i>Nota</i> que depuis Avril jusques à la Magdelaine
-fait bon semer porées, et les porées de karesme<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-49" id="page_vol-2-49"></a>{v. 2, p.49}</span> sont semées en
-Juillet et jusques à la Magdelaine et non plus, elles appelle-l’en
-bettes.&mdash;<i>Item</i>, espinars.&mdash;<i>Item</i> icelles bettes, quant elles sont
-levées de terre, sont replantées par ordre.&mdash;<i>Item</i>, en Avril et May
-convient planter choulx blans et pommes de chou qui furent semés en
-Février et Mars.&mdash;En May treuve-l’en fèves nouvelles, navez, raves.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que en Juing, la végille St.-Jehan, doit-l’en semer percil, et
-aussi la veille de la mi-Aoust.</p>
-
-<p>Aoust et my-Aoust.&mdash;Ysope semez. Choulx pasquerés<a name="FNanchor_542_542" id="FNanchor_542_542"></a><a href="#Footnote_542_542" class="fnanchor">[542]</a> soient semés ou
-décours; percil aussy, car celui n’espie point.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que la porée qui est en terre regette nouvelle porée cinq ou six
-fois comme percil, et la peut-l’en coupper audessus du troignon jusques
-la my-septembre, et d’illec en avant non mie coupper, car le troignon
-pourriroit, mais esbranchier à la main les fueilles d’entour, et non le
-milieu.</p>
-
-<p>En icelluy temps convient esbranchier<a name="FNanchor_543_543" id="FNanchor_543_543"></a><a href="#Footnote_543_543" class="fnanchor">[543]</a> toutes semences de
-porées, car les semences ne pevent meurir pour la froidure du temps,
-mais la semence esbranchée et gettée, le troignon regette nouvelle
-porée.&mdash;<i>Item</i>, en ce temps ne convient point couper le percil, mais
-effueiller.</p>
-
-<p>Après la septembresse<a name="FNanchor_544_544" id="FNanchor_544_544"></a><a href="#Footnote_544_544" class="fnanchor">[544]</a>, pivoine, serpentine, oignons de lis,
-rosiers, groselliers soient plantés.</p>
-
-<p>Octobre.&mdash;Pois, fèves, un doit<a name="FNanchor_545_545" id="FNanchor_545_545"></a><a href="#Footnote_545_545" class="fnanchor">[545]</a> parfont en terre, et loing l’un de
-l’autre un dour, et que ce soient grosses fèves des plus grosses, car
-quant elles sont nouvelles, elles se démonstrent plus grosses que les
-petites ne<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-50" id="page_vol-2-50"></a>{v. 2, p.50}</span> font, et n’en doit-l’en planter que un petit, et à chascun
-décours après, un petit, afin se l’une partie gelle que l’autre non.</p>
-
-<p>Se tu veulx semer ou planter poix perciés, sème les par temps sec
-et bel et non pluyeux, car se l’eaue de la pluie entroit dedens les
-pertuis du pois, il se fendroit et partiroit en deux et ne germeroit
-point.</p>
-
-<p>Jusques à la Toussains peut-l’en tousjours replanter choulx: et quant
-ils sont trop mengiés de chenilles, qu’il n’y a point de fueille
-fors les arrestes, s’ils sont replantés, tout revient minces: et
-convient oster les feuilles d’en bas et les replanter jusques à l’euil
-d’en hault. Les troncs qui sont tous défueillés ne convient-il plus
-replanter, mais laissier en terre, car ils getteront minces.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que se tu replantes en esté en temps sec, tu dois getter de
-l’eaue en la fosse; en temps moiste, non.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que se les chenilles menguent tes choulx, quant il plouvera sème
-de la cendre par dessus les choulx et les chenilles mourront.&mdash;<i>Item</i>,
-tu peus regarder par dessoubs les fueilles des choulx et là trouveras
-grant assemblée de mittes blanches en un tas, et saches que c’est dont
-les chenilles naissent, et pour ce l’en doit coupper la place où est
-celle graine et getter loing.</p>
-
-<p>Poreaux soient semés en la saison, puis replantés en Octobre et
-Novembre.</p>
-
-<p>Se vous voulez avoir roisins sans pépins, prenez en croissant<a name="FNanchor_546_546" id="FNanchor_546_546"></a><a href="#Footnote_546_546" class="fnanchor">[546]</a> ou
-temps que l’en plante la vigne, c’est assavoir en Février, une plante
-de vigne avecques la racine et fendez le cep moitié par moitié tout au
-long jusques à la racine, et ostez la mouelle d’une part<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-51" id="page_vol-2-51"></a>{v. 2, p.51}</span> et d’autre.
-Puis rongnez le cep et liez tout au long de fil noir, puis plantez le
-cep et fumez de bonne fumeure et estoupez de terre le trou d’en hault
-de la jointure du cep.</p>
-
-<p>Se vous voulez enter un cerisier ou un prunier sur et dedans un cep de
-vigne, tailliez la vigne, puis en Mars la fendez à quatre dois près du
-bout et ostez la mouelle d’une part et d’autre, et là faictes la place
-de l’amande d’un noyau de cerise, et la mettez et encloez dedens celle
-fente et liez de fil le cep joinct comme devant.</p>
-
-<p>Se vous voulez enter un cep de vigne dedans un cerisier, faictes
-tailler le cep de vigne qui sera planté et de long temps enraciné
-emprès le cerisier, et en Mars, environ Nostre-Dame<a name="FNanchor_547_547" id="FNanchor_547_547"></a><a href="#Footnote_547_547" class="fnanchor">[547]</a>, perciez
-icelluy cerisier d’une tarière du gros<a name="FNanchor_548_548" id="FNanchor_548_548"></a><a href="#Footnote_548_548" class="fnanchor">[548]</a> d’icelluy cep, et parmy
-le trou dudit cerisier boutez icelluy cep, qu’il passe tout oultre
-un pié de long, puis estoupez le tout aux deux costés du cerisier,
-c’est assavoir de terre glaze, de mousse, et entortillez de drappeaulx
-tellement que aucune pluie ne puisse atouchier au pertuis. <i>Item</i>, le
-cep de vigne doit estre escorchié et l’escorce d’icelluy cep pelée et
-ostée jusques au vert, en tant seulement comme touche ce qui est dedans
-le corps du cerisier, car s’ainsi est fait et que l’escorce soit pelée
-et ostée, le vif du cep qui joindra au vif du cerisier se consolidera
-l’un à l’autre, ce qui seroit empeschié par l’escorce du cep se elle y
-demouroit. Ce fait laissiez les ensemble deux ans, et après coupperez
-le cep par derrière, et audessoubs de la jointure du cerisier.</p>
-
-<p><i>Item</i>, sur un tronc ou souche de chesne, povez enter<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-52" id="page_vol-2-52"></a>{v. 2, p.52}</span> dix ou douze
-arbres, c’est assavoir que ou mois de Mars, environ la Nostre-Dame,
-vous soiez garnis de tant de greffes et de divers fruis que vous
-vouldrez avoir pour enter, et ferez scier au travers le chesne ou
-arbre sur lequel vous vouldrez enter; et aiez aguisés vos greffes
-d’un costé tant seulement à manière d’un coin borgne si comme il est
-cy:
-<img src="images/picot.png" width="14" height="22"
-class="cntr" alt="un picot" title="un picot" />
-et tellement que l’escorce d’icelluy
-greffe soit toute entière de l’un des costés et sans estre escorchée
-ou entamée, puis fichiez vos greffes entre l’escorce du chesne et la
-char, ou<a name="FNanchor_549_549" id="FNanchor_549_549"></a><a href="#Footnote_549_549" class="fnanchor">[549]</a> le vif du greffe devers le bois ou le vif du chesne.
-Puis estoupez et couvrez de terre glase, de mousse et de drappeaulx
-tellement<a name="FNanchor_550_550" id="FNanchor_550_550"></a><a href="#Footnote_550_550" class="fnanchor">[550]</a> que pluie, neige ou gelée ne y puisse férir.</p>
-
-<p>Se vous voulez garder roses en yver<a name="FNanchor_551_551" id="FNanchor_551_551"></a><a href="#Footnote_551_551" class="fnanchor">[551]</a>, prenez sur le rosier petis
-boutons qui ne soient point espanis et les laissiez les queues longues,
-et entassez en un petit tonnelet de bois comme un tonnellet à composte
-et sans eaue. Faictes bien enfoncer le tonnellet et qu’il soit
-serréement relié qu’il n’y puisse riens entrer ne yssir,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-53" id="page_vol-2-53"></a>{v. 2, p.53}</span> et aux deux
-bouts d’icelluy tonnellet liez deux grosses pierres pesans et mettez
-icelluy tonnellet en une rivière courant.</p>
-
-<p>Romarin. Les jardiniers dient que la semence de romarin ne vient
-point en la terre de France, mais qui d’un romarin arracheroit et
-desmembreroit, en dévalant, aucunes petites branchettes et les tendroit
-par le bout et les plantast, ils revendroient; et qui les vouldroit
-envoïer loing, il convendroit icelles branches envelopper en toile
-cirée et coudre, et puis oindre par dehors de miel, et puis poudrez de
-fleur de fourment et l’envoïez où vous vouldrez.</p>
-
-<p>J’ay oy dire à Monseigneur de Berry que en Auvergne a trop plus grosses
-cerises que en France pour ce qu’ils provignent leurs cerisiers.</p>
-
-<h2>DE LA SECONDE DISTINCTION<br /><br />
-LE TROISIÈME ARTICLE<br /><br />
-<small>QUI DOIT PARLER DE CHOISIR VARLETS, AIDES ET CHAMBERIÈRES, ETC.</small></h2>
-
-<p>Sur quoy, chière seur, ou cas que vous vouldriez entreprendre à
-estre mesnagière, ou introduire une autre vostre amie, sachiez que
-serviteurs sont de trois manières. Les uns qui sont prins comme
-aides pour certaine heure, à un besoing hastif, comme porteurs à
-l’enfeutreure<a name="FNanchor_552_552" id="FNanchor_552_552"></a><a href="#Footnote_552_552" class="fnanchor">[552]</a>, brouetiers, lieurs de fardeaulx et les semblables;
-ou pour un jour ou deux, une sepmaine ou<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-54" id="page_vol-2-54"></a>{v. 2, p.54}</span> une saison, en un cas
-nécessaire ou pénible ou de fort labour, comme soieurs, faucheurs,
-bateurs en granche ou vendangeurs, hottiers, fouleurs, tonneliers et
-les semblables. Les autres à temps et pour certain mistère, comme
-cousturiers, fourreurs, boulengiers, bouchiers, cordoenniers et les
-semblables qui euvrent à la pièce ou en tâche pour certain euvre. Et
-les autres sont pris pour estre serviteurs domestiques pour servir à
-l’année et demourer à l’ostel. Et de tous les dessusdis aucun n’est qui
-voulentiers ne quière besongne et maistre.</p>
-
-<p>Quant est des premiers, ils sont neccessaires pour descharger et
-porter fardeaulx et faire grosses et pesans besongnes; et ceulx sont
-communément ennuyeux, rudes et de diverses responses: arrogans,
-haultains, fors à paier, près de dire injures et reprouches se l’en
-ne les paie à leur gré quant la besongne est faicte. Si vous pry,
-chière seur, que quant vous en aurez à faire, dictes à maistre Jehan le
-despensier<a name="FNanchor_553_553" id="FNanchor_553_553"></a><a href="#Footnote_553_553" class="fnanchor">[553]</a> ou autres de vos gens qu’ils quièrent et choisissent
-et prennent ou facent choisir et prendre les paisibles; et tousjours
-faictes marchander à eulx avant ce qu’ils mettent la main à la besoigne
-afin qu’il n’y ait débat après, jasoit-ce que le plus souvent il ne
-veulent marchander, mais se veulent bouter en la besoigne sans marchié
-faire, et si doulcement dient: «<i>Monseigneur, ce n’est riens, il n’y
-a que faire: vous me paierez bien, et de ce que vous vouldrez je
-seray content.</i>»&mdash;Et se ainsi maistre Jehan les prent,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-55" id="page_vol-2-55"></a>{v. 2, p.55}</span> quant ce sera
-fait ils diront: <i>Sire, il y avoit plus à faire que je ne cuidoie;
-il y avait à faire et cecy et cela, et d’amont et d’aval</i>; et ne se
-vouldront païer et crieront laides parolles et villaines. Si dictes à
-maistre Jehan qu’il ne les embesoigne point, ne seuffre embesoigner,
-sans marchander avant, car ceulx qui ont voulenté de gaigner sont vos
-subjects avant que la besoigne soit commencée, et pour le besoing
-qu’ils ont de gaigner, craignent que un autre ne l’entrepreigne par
-devant eulx pour doubte de perdre le marchié et que autre n’ait ce
-gaing: et pour ce ils se mettent à plus grant raison. Et se maistre
-Jehan estoit si crédule à eulx et à leurs douces paroles ès quelles
-il se fiast trop, et il advenoit que il souffrist que sans marchander
-ils entrassent en la besoigne, ils scevent bien que après la besoigne
-par eulx commencée, nul autre, pour honte, n’y mettra pardessus eulx
-la main, et ainsi seriez en leur subjection après et en demanderoient
-plus; et se lors ils ne sont païés à leur voulenté, ils crieront et
-brairont vilain blasme et oultrageux, et ne sont honteux de rien et
-publient male renommée, qui est le pis. Et pour ce est-il meilleur de
-faire marchander à eulx plainement et entendiblement avant le coup
-pour oster toutes paroles de débat. Et très à certes vous prie que
-se le cas ou la besoinge le désire, vous faictes enquerre de quelle
-condition sont et ont esté vers autres, ceulx que vous vouldrez faire
-embesongner, et aussi que à gens repliquans, arrogans, haultains,
-raffardeurs<a name="FNanchor_554_554" id="FNanchor_554_554"></a><a href="#Footnote_554_554" class="fnanchor">[554]</a> ou de laides responses ne aiez riens à faire, quelque
-prouffit que vous y véez ou quelque advantage, ne quelque bon<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-56" id="page_vol-2-56"></a>{v. 2, p.56}</span> marchié
-qu’ils vous facent, mais gracieusement et paisiblement les esloingnez
-de vous et de vos besongnes, car se ils s’y boutent, vous n’en
-eschapperez jà sans esclandre ou débat. Et pour ce faictes par vos gens
-prendre des serviteurs et aides paisibles et debonnaires et leur donnez
-plus, car c’est tout repos et paix que d’avoir à faire à bonnes gens;
-pour ce est-il dit que <i>qui a à faire à bonnes gens, il se repose</i>: et
-par semblable peut-l’en dire que qui a à faire à hargneux, douleur luy
-croist.</p>
-
-<p><i>Item</i>, des autres comme vignerons, bateurs en granche, laboureurs et
-les semblables, ou autres comme cousturiers, drapiers, cordoenniers,
-boulengiers, mareschaulx, chandeliers de suif<a name="FNanchor_555_555" id="FNanchor_555_555"></a><a href="#Footnote_555_555" class="fnanchor">[555]</a>, espiciers, fèvres,
-charrons, vignerons et les semblables autres, chière seur, je vous
-conseille et pry que vous aiez tousjours en mémoire de dire à vos gens
-qu’ils aient à besongner à gens paisibles, et marchandent tousjours
-avant le fait, et comptent et paient souvent sans attendre longue
-créance sur taille ne sur papier, jasoit-ce que encores vault-il
-mieulx taille ou escripture que soy attendre du tout à sa mémoire, car
-les créditeurs cuident tousjours plus et les debteurs moins, et de
-ce naissent débas, haines et lais reprouches; et vos bons créanciers
-faictes païer voulentiers et souvent de ce que vous leur devrez et les
-tenez en amour afin qu’ils ne vous changent, car l’en n’en recueuvre
-mie bien tousjours de bien paisibles.</p>
-
-<p><i>Item</i>, quant aux chamberières et varlets d’ostel que l’en dit
-domestiques<a name="FNanchor_556_556" id="FNanchor_556_556"></a><a href="#Footnote_556_556" class="fnanchor">[556]</a>, chière seur, sachiez que afin<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-57" id="page_vol-2-57"></a>{v. 2, p.57}</span> qu’elles vous
-obéissent mieulx et qu’elles vous doubtent et craignent plus à
-courroucier, je vous laisse la seignorie et auctorité de les faire
-choisir par dame Agnès la béguine<a name="FNanchor_557_557" id="FNanchor_557_557"></a><a href="#Footnote_557_557" class="fnanchor">[557]</a> ou autre de vos filles qui vous
-plaira, à recevoir en nostre service, de les louer à vostre gré et de
-les païer et tenir en nostre service tant comme il vous plaira et leur
-donner congié quant vous vouldrez. Toutesvoies de ce devez-vous à part
-secrètement parler à moy et faire par mon conseil pour ce que vous
-estes trop jeune et y pourriez bien estre déceue par vos gens mesmes.
-Et sachiez que d’icelles chamberières qui n’ont service, pluseurs sont
-qui se offrent et ramentoivent et quierent à grant besoing maistres et
-maistresses, et de celles ne prenez aucunes que vous ne sachiez avant
-où elles ont demouré, et y envoiez de vos gens pour enquérir de leurs
-conditions sur le trop parler, sur le trop boire: combien de temps
-elles ont demouré: quel service elles faisoient et scevent faire: se
-elles ont chambres ou acointances en ville: de quel païs et gens elles
-sont: combien elles y demourèrent et pourquoy<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-58" id="page_vol-2-58"></a>{v. 2, p.58}</span> elles s’en partirent;
-et par le service du temps passé, enquérez quelle créance ou espérance
-l’en peut avoir de leur service pour le temps à venir. Et sachiez que
-communément telles femmes d’estrange pays ont esté blasmées d’aucun
-vice en leur pays, car c’est la cause qui les amaine à servir hors de
-leur lieu. Car s’elles fussent sans tache, elles fussent maistresses
-et non serviteresses; et di des hommes autel. Et se vous trouvez par
-le rapport de leurs maistres ou maistresses, voisins ou autres, que
-ce soit vostre besoigne, sachiez par elles, et devant elles faictes
-par maistre Jehan le despensier enregistrer en son papier de la
-despense<a name="FNanchor_558_558" id="FNanchor_558_558"></a><a href="#Footnote_558_558" class="fnanchor">[558]</a> le jour que vous la retendrez, son nom et de son père et
-de sa mère et d’aucuns de ses parens: le lieu de leur demourance et le
-lieu de sa nativité et ses pleiges<a name="FNanchor_559_559" id="FNanchor_559_559"></a><a href="#Footnote_559_559" class="fnanchor">[559]</a>; car elles en craindront plus
-à faillir pour ce qu’elles considéreront bien que vous enregistrez
-ces choses pour ce que s’elles se deffuioient de vous sans congié, ou
-qu’elles feissent aucune offense, que vous en plaindriez ou rescririez
-à la justice de leur pays ou à iceulx leurs amis. Et nonobstant tout,
-aiez en mémoire le dit du philosophe lequel s’appelle Bertran le vieil,
-qui dit que se vous prenez chamberière ou varlet de haultes responses
-et fières, sachiez que au départir, s’elle peut, elle vous fera injure;
-et se elle n’est mie telle, mais<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-59" id="page_vol-2-59"></a>{v. 2, p.59}</span> flateresse et use de blandices, ne
-vous y fiez point, car elle bée en aucune autre partie à vous trichier;
-mais se elle rougist et est taisant et vergongneuse quant vous la
-corrigerez, amez la comme vostre fille.</p>
-
-<p>Après, chière seur, sachiez que sur elles, après vostre mary, vous
-devez estre maistresse de l’ostel, commandeur, visiteur, gouverneur et
-souverain administrateur, et à vous appartient de les tenir en vostre
-subjection et obéissance, les endoctriner, corrigier et chastier; et
-pour ce, deffendez leur à faire excès ne gloutonnie de vie tellement
-qu’elles en vaillent pis. Aussi deffendez les de rioter<a name="FNanchor_560_560" id="FNanchor_560_560"></a><a href="#Footnote_560_560" class="fnanchor">[560]</a> l’une
-à l’autre ne à vos voisins; deffendez leur de mesdire d’autruy,
-fors seulement à vous et en secret, et en tant comme le meffait
-toucheroit vostre prouffit seulement, et pour eschever vostre dommaige
-et non plus; deffendez leur le mentir: le jouer à jeux illicites:
-de laidement jurer et de dire parolles qui sentent villenies ne
-parolles déshonnestes ne gouliardeuses, comme aucunes mescheans ou
-mal endoctrinées qui maudient <i>de males sanglantes fièvres, de male
-sanglante sepmaine, de male sanglante journée</i>. Il semble qu’elles
-sachent bien qu’est sanglante journée, sanglante sepmaine etc., et
-non font-elles, ne doivent point savoir qu’est sanglante chose, car
-preudefemmes ne le scevent point, car elles sont toutes abhominables
-de veoir seulement le sang d’un aignel ou d’un pigon quant on le tue
-devant elles. Et certes, femmes ne doivent parler de nulle laidure, non
-mie seulement... des secrès membres de nature, car c’est déshonneste
-chose à femme d’en parler.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-60" id="page_vol-2-60"></a>{v. 2, p.60}</span></p>
-
-<p>J’oy une fois raconter d’une jeune preudefemme qui estoit assise
-en une presse de ses autres amis et amies, et par adventure, elle
-dist par esbatement aux autres: Vous me pressez si fort que....<a name="FNanchor_561_561" id="FNanchor_561_561"></a><a href="#Footnote_561_561" class="fnanchor">[561]</a>
-Et jasoit-ce qu’elle l’eust dit par jeu et entre ses amis, cuidant
-faire la galoise<a name="FNanchor_562_562" id="FNanchor_562_562"></a><a href="#Footnote_562_562" class="fnanchor">[562]</a>, toutesvoies les autres saiges preudefemmes ses
-parentes l’en blasmèrent à part. <i>Item</i>, telles femmes gouliardoises
-dient aucunes fois de femme qu’elle est p..... ou qu’elle est ribaude,
-et par ce disant il semble qu’elles sachent qu’est p..... ou ribaude,
-et preudefemmes ne scevent que ce est de ce; et pour ce deffendez leur
-tel langaige, car elles ne scevent que c’est. Deffendez leur vengence,
-et endoctrinez en toute patience à l’exemple de Melibée dont il est
-cy-dessus parlé, et vous mesmes, belle seur, soiez telle en toutes
-choses que par vos fais elles puissent en vous prendre exemple de tout
-bien.</p>
-
-<p>Or nous convient parler d’embesongner vos gens et serviteurs aux heures
-propres à besongner, et aux heures convenables leur donner repos.&mdash;Sur
-quoy, chière seur, sachiez que selon les besongnes que vous avez à
-faire et que vos gens sont propres plus à une<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-61" id="page_vol-2-61"></a>{v. 2, p.61}</span> besongne que à l’autre,
-vous et dame Agnès la béguine qui avec vous est pour vous aprendre
-contenance sage et meure et vous servir et endoctriner, et à laquelle
-principalment je donne la charge de ceste besongne, la devez diviser
-et crier, et commander l’une besongne à l’un, et l’autre besongne à
-l’autre. Et se vous leur commandez maintenant à faire aucune chose,
-et iceulx vos serviteurs respondent: <i>il est assez à temps, il sera
-jà bien fait</i>, ou <i>il sera fait demain bien matin</i>, tenez le pour
-oublié: c’est à recommencier, c’est tout néant. Et aussi de ce que vous
-commanderez généralment à tous, sachiez que l’un s’atend à l’autre:
-c’est comme devant.</p>
-
-<p>Si soiez advertie, et dictes à dame Agnès la béguine qu’elle voie
-commencier devant elle ce que vous aurez à cuer estre tost fait; et
-premièrement qu’elle commande aux chamberières que bien matin les
-entrées de vostre hostel, c’est assavoir la salle et les autres lieux
-par où les gens entrent et s’arrestent en l’ostel pour parler, soient
-au bien matin balléyés et tenus nettement, et les marchepiés<a name="FNanchor_563_563" id="FNanchor_563_563"></a><a href="#Footnote_563_563" class="fnanchor">[563]</a>,
-banquiers et fourmiers qui illecques sont sur les fourmes, despoudrés
-et escoués; et subséquemment les autres chambres pareillement nettoiées
-et ordonnées pour ce jour, et de jour en jour, ainsi comme il
-appartient à nostre estat.</p>
-
-<p><i>Item</i>, que par la dicte dame Agnès vous faciez principalment<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-62" id="page_vol-2-62"></a>{v. 2, p.62}</span> et
-songneusement et diligemment penser de vos bestes de chambre comme
-petis chiennés, oiselets de chambre<a name="FNanchor_564_564" id="FNanchor_564_564"></a><a href="#Footnote_564_564" class="fnanchor">[564]</a>: et aussi la béguine et vous
-pensez des autres oiseaulx domeschés, car ils ne pevent parler, et pour
-ce vous devez parler et penser pour eulx, se vous en avez.</p>
-
-<p>Et aussi dy-je à dame Agnès la béguine que des autres bestes, quant
-vous serez au village, elle commande à ceulx à qui il appartient à en
-penser: comme à Robin le bergier, qu’il pense de ses moutons, brebis et
-aigneaulx; à Josson le bouvier, des beufs et des toreaulx; à Arnoul le
-vachier et Jehanneton la laictière, qu’ils pensent des vaches, genices
-et veaulx, truies, cochons et pourceaulx; à Eudeline femme du mettoier
-qu’elle pense des oés, oisons, coqs, gelines, poucins, coulons, pigons;
-au charretier ou mettoier, qu’il pense de nos chevaulx, jumens et les
-semblables. Et doit la dicte béguine et aussi vous devez faire semblant
-devant vos gens qu’il vous en souviengne, que vous y congnoissiez et
-que vous l’avez à cuer, car par ce en<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-63" id="page_vol-2-63"></a>{v. 2, p.63}</span> seront-ils plus diligens. Et
-faictes faire, s’il vous en souvient, par vos gens penser du vivre
-d’icelles bestes et oiseaulx, et y doit la dite dame Agnès embesongner
-ceulx et celles qui y sont propres. Et sur ce est à noter que à vous
-appartient bien à faire savoir par la dicte dame Agnès la béguine le
-conte de vos moutons, brebis et aigneaulx, et les faire reviseter, et
-enquérir de leur accroissement et descroissement, ne comment ne par qui
-elles sont gouvernées, et elle le doit rapporter à vous, et entre vous
-deux le devez faire enregistrer.</p>
-
-<p>Et se vous este en païs ou il y ait repaire de loups, je vous
-enseigneray maistre Jehan vostre maistre d’ostel ou vos bergiers et
-gens de les tuer sans cop férir par la recepte qui s’ensuit.&mdash;<i>Recepte
-de pouldre pour tuer loups et renars.</i>&mdash;R.<a name="FNanchor_565_565" id="FNanchor_565_565"></a><a href="#Footnote_565_565" class="fnanchor">[565]</a> la racine de l’ectoire
-de canarade (c’est l’ectoire qui fait fleur de couleur blanche<a name="FNanchor_566_566" id="FNanchor_566_566"></a><a href="#Footnote_566_566" class="fnanchor">[566]</a>),
-et faictes séchier icelle racine meurement et sans soleil, et gectez
-hors la terre: et adonc face-en pouldre en un mortier, et avec celle
-poudre mettez la quinte partie de voirre bien moulu et la quarte partie
-de la feuille de lis, et tout soit meslé et pilé ensemble, et tellement
-qu’il se puisse passer ou cribler. <i>Item</i>, ait miel et sain<a name="FNanchor_567_567" id="FNanchor_567_567"></a><a href="#Footnote_567_567" class="fnanchor">[567]</a> frès
-autant de l’un comme de l’autre et mesle parmy de la poudre dessusdite,
-et face paste qui soit dure et fort, et gros morceaulx rons du gros
-d’un œuf de poule, et cuevre iceulx morceaulx de sain frès et les mette
-sur les pierres ou tuillettes ès lieux qu’il saura que loups et renars
-repaireront. Et se il veult faire amorse<a name="FNanchor_568_568" id="FNanchor_568_568"></a><a href="#Footnote_568_568" class="fnanchor">[568]</a> de une vielle beste
-morte, faire le peut deux ou trois jours<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-64" id="page_vol-2-64"></a>{v. 2, p.64}</span> devant. <i>Item</i>, sans faire
-morceaulx, peut-il la poudre jetter sur la charongne.</p>
-
-<p>Ainsi vous et la béguine embesongnez les unes de vos gens aux choses
-et besongnes qui leur sont propres, et aussi dictes à maistre Jehan
-le despensier qu’il envoie ou face envoier les autres reviseter vos
-greniers, remuer et essorer<a name="FNanchor_569_569" id="FNanchor_569_569"></a><a href="#Footnote_569_569" class="fnanchor">[569]</a> vos grains et autres garnisons<a name="FNanchor_570_570" id="FNanchor_570_570"></a><a href="#Footnote_570_570" class="fnanchor">[570]</a>;
-et se vos mesgnies vous rapportent que les ras dommagent vos blés,
-lars, fromages et autres garnisons, dictes à maistre Jehan qu’il les
-puet destruire en six manières: 1º Par avoir garnison de bons chats.
-2º Par ratières et soricières. 3º Par engins d’aiselles<a name="FNanchor_571_571" id="FNanchor_571_571"></a><a href="#Footnote_571_571" class="fnanchor">[571]</a> appuiées
-sur buchettes que les bons serviteurs font. 4º Par faire tourtellés de
-paste et fromage frit ensemble et poudre de riagal<a name="FNanchor_572_572" id="FNanchor_572_572"></a><a href="#Footnote_572_572" class="fnanchor">[572]</a>, et mettre en
-leur repaire où ils n’aient que boire. 5º Se vous ne les povez garder
-qu’ils ne treuvent à boire, il convient faire de l’espurge<a name="FNanchor_573_573" id="FNanchor_573_573"></a><a href="#Footnote_573_573" class="fnanchor">[573]</a> par
-morcellés, et lors s’ils les avallent, plus tost buveront et plus tost
-enfleront et mourront. 6º Prenez une once de riagal: deux onces fin
-arcenic: un quarteron gresse de porc: une livre fleur de farine de
-fourment et quatre œufs, et de ce faites pain et cuisiez au four et
-tailliez par lesches et les clouez à un clou.</p>
-
-<p>Or revien encores à ma matière de faire embesongner vos gens, vous et
-la béguine, en temps convenable,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-65" id="page_vol-2-65"></a>{v. 2, p.65}</span> par vos femmes essorer, esventer
-et reviseter vos draps, couvertures, robes et fourreures, pennes et
-autres telles choses.&mdash;Sur quoy sachiez et dictes à vos femmes que
-pour conserver et garder vos pennes et draps, il les convient essorer
-souvent pour eschever les dommages que les vers y pevent faire; et
-pour ce que telle vermine se congrée par le ramolissement du temps
-d’automne et de yver et naissent sur l’esté, en iceulx temps convient
-les pennes et les draps mettre à bon soleil et beau temps et sec; et se
-il survient une nuée noire et moicte qui s’assiée sur vos robes et en
-tel estat vous les ploiez, cest air envelopé et ployé dedans vos robes
-couvera et engendrera pire vermine que devant. Et pour ce, choisissiez
-bel air qui soit continué et bien sec, et tantost que vous verrez autre
-gros air survenir, avant qu’il soit venu vers vous, faictes mettre vos
-robes à couvert et escourre pour oster la grosse pouldre<a name="FNanchor_574_574" id="FNanchor_574_574"></a><a href="#Footnote_574_574" class="fnanchor">[574]</a>, puis
-nettoier à unes verges sèches<a name="FNanchor_575_575" id="FNanchor_575_575"></a><a href="#Footnote_575_575" class="fnanchor">[575]</a>. Et la béguine scet bien et le vous
-le dira que s’il y a aucune tache d’uille ou autre gresse, le remède
-est tel: Ayez pis..t et le chauffez comme tiède, et mettez la tache
-tremper dedans par deux jours, et puis espraignez le drap où est la
-tache sans le tordre, et se la tache ne s’en est alée, si le face dame
-Agnès la béguine, mettre en un autre pis..t et battre un fiel de beuf
-avec, et face-l’en comme devant. Ou vous faictes ainsi: faites prendre
-de la terre de robes<a name="FNanchor_576_576" id="FNanchor_576_576"></a><a href="#Footnote_576_576" class="fnanchor">[576]</a> et tremper en lessive, puis mettre sur la
-tache et laissiez sécher, et puis frotez; et se la terre ne s’en va
-légièrement, si faictes mouillier en lessive, et laissiez encores<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-66" id="page_vol-2-66"></a>{v. 2, p.66}</span>
-séchier et frotez tant qu’elle s’en soit alée; ou se vous n’avez
-terre de robes, faictes mettre cendres tremper en lessive, et icelles
-cendres bien trempées mettez sur la tache; ou vous faictes prendre de
-bien nettes plumes de poucins et moulliez en eaue bien chaude pour là
-laissier la gresse qu’elles auront prise, et remoulliez en eaue necte
-bien chaude: bien refrottez aussi et tout s’en yra.</p>
-
-<p>S’il y a sur robe de pers<a name="FNanchor_577_577" id="FNanchor_577_577"></a><a href="#Footnote_577_577" class="fnanchor">[577]</a> aucune tache ou destaincture de couleur,
-faictes prendre une espurge et la moulliez en necte et clère lessive,
-puis espraigniez et traynnez sur la robe en frotant la tache, et la
-couleur y revendra. Et se sur quelsconques autres couleurs de drap y
-a tache de destainture de couleur, faictes prendre de la lessive bien
-nette et qui point n’ait coullé sur drappeaulx, et mettre avec la
-cendre sur la tache, et laissiez sécher, puis faictes frotter, et la
-première couleur revendra.</p>
-
-<p>Pour oster tache de robe de soie, satin, camelot, drap de Damas ou
-autre, trempez et lavez la tache en vertjus et la tache s’en yra, et
-mesmes se la robe est destainte, si revendra-elle en sa couleur (<i>ce
-que je ne croy pas</i>)<a name="FNanchor_578_578" id="FNanchor_578_578"></a><a href="#Footnote_578_578" class="fnanchor">[578]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Vertjus.</span> Nota que ou temps que le vertjus nouvel se fait, l’en
-en doit prendre, sans sel, une fiole et la garder, car ce vault pour
-oster tache de robe et la remettre en sa couleur, et est tousjours bon,
-et nouvel et vieil.</p>
-
-<p><i>Item</i>, et se aucunes de vos pennes ou fourreures<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-67" id="page_vol-2-67"></a>{v. 2, p.67}</span> ont esté moulliées
-et se soient endurcies, faictes deffourrer le garnement<a name="FNanchor_579_579" id="FNanchor_579_579"></a><a href="#Footnote_579_579" class="fnanchor">[579]</a>, et
-arrouser de vin la penne qui est dure, et soit arrousée à la bouche
-ainsi comme un cousturier arrouse d’eaue le pan d’une robe qui veult
-retraire, et sur icelluy arrousement faictes gecter de la fleur<a name="FNanchor_580_580" id="FNanchor_580_580"></a><a href="#Footnote_580_580" class="fnanchor">[580]</a> et
-laissiez sécher un jour; puis frottez très bien icelle penne<a name="FNanchor_581_581" id="FNanchor_581_581"></a><a href="#Footnote_581_581" class="fnanchor">[581]</a>... en
-son premier estat.</p>
-
-<p>Or revien au propos que devant, et dy que vostre maistre d’ostel
-doit savoir qu’il doit chascune sepmaine faire reviseter et boire
-de vos vins, vertjus et vinaigres; veoir les grains, huilles, noix,
-pois, fèves et autres garnisons. Et quant aux vins, sachiez que s’ils
-deviennent malades, il les convient garir de maladies par la manière
-qui s’ensuit:</p>
-
-<p>Premièrement se le vin est pourri, il doit mettre la queue<a name="FNanchor_582_582" id="FNanchor_582_582"></a><a href="#Footnote_582_582" class="fnanchor">[582]</a>, en
-yver, emmi une court sur deux tréteaulx afin que la gelée y frappe, et
-il garira.</p>
-
-<p><i>Item</i>, se le vin est trop vert, il doit prendre plain pennier de
-morillons<a name="FNanchor_583_583" id="FNanchor_583_583"></a><a href="#Footnote_583_583" class="fnanchor">[583]</a> bien meurs, et gecte dedens la queue, par le bondonnail,
-tous entiers, et il amendra.</p>
-
-<p><i>Item</i>, se le vin sent l’esventé<a name="FNanchor_584_584" id="FNanchor_584_584"></a><a href="#Footnote_584_584" class="fnanchor">[584]</a>, il doit prendre une once de
-seurmontain<a name="FNanchor_585_585" id="FNanchor_585_585"></a><a href="#Footnote_585_585" class="fnanchor">[585]</a> en pouldre et autant en graine<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-68" id="page_vol-2-68"></a>{v. 2, p.68}</span> de paradis<a name="FNanchor_586_586" id="FNanchor_586_586"></a><a href="#Footnote_586_586" class="fnanchor">[586]</a> en
-pouldre et mettre chascune desdictes pouldres en un sachet et le
-pertuisier d’une greffe<a name="FNanchor_587_587" id="FNanchor_587_587"></a><a href="#Footnote_587_587" class="fnanchor">[587]</a>, et puis pendez tous les deux sachets
-dedens la queue à cordelettes et estoupez bien le bondonnail.</p>
-
-<p><i>Item</i>, se le vin est gras, preigne douze œufs et mette boullir en eaue
-tant qu’ils soient durs, et puis gecte hors le jaune et laisse le blanc
-et les coquilles ensemble, et puis frire en paelle de fer et mettre
-tout chault dedens un sachet et pertuisé d’une greffe comme dessus,
-et pendre dedans la queue à une cordelette. <i>Item</i>, preigne un grant
-pot neuf et le mette dessus un trepié vuit<a name="FNanchor_588_588" id="FNanchor_588_588"></a><a href="#Footnote_588_588" class="fnanchor">[588]</a>, et quant il sera bien
-cuit, despièce le par pièces et le gecte dedans la queue, et il garira
-de la gresse.</p>
-
-<p><i>Item</i>, pour desroussir le vin blanc, preigne plain pennier de feuilles
-de houx et gecte dedens la queue par le bondonnail.</p>
-
-<p><i>Item</i>, se le vin est aigri, preigne une cruche d’eaue et gecte dedans
-pour départir le vin de devers la lie, et puis preigne plain plat de
-fourment et mettez tremper en eaue, et puis gectez l’eaue, et mettez
-boullir en autre eaue, et faciez bien boullir en autre eaue tant qu’il
-se vueille crever, et puis l’ostez; et s’il en y a des grains tous
-crevés, si les gecte, et après gecte le froment tout chault dedens la
-queue. Et se pour ce le vin ne veult esclarcir, preigne plain pennier
-de sablon bien lavé en Saine et puis gecte dedens la queue par le
-bondonnail et il esclarcira.</p>
-
-<p><i>Item</i>, pour faire ès vendenges un vin fort, n’emple pas la queue que
-il s’en faille deux sextiers<a name="FNanchor_589_589" id="FNanchor_589_589"></a><a href="#Footnote_589_589" class="fnanchor">[589]</a> de vin, et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-69" id="page_vol-2-69"></a>{v. 2, p.69}</span> frotte tout entour le
-bondonnail, et lors il ne pourra gecter et en sera plus fort.</p>
-
-<p><i>Item</i>, pour traire une queue de vin sans luy donner vent, face un
-petit pertuis d’un foret emprès le bondonnail, et puis ait un petit
-plastreau<a name="FNanchor_590_590" id="FNanchor_590_590"></a><a href="#Footnote_590_590" class="fnanchor">[590]</a> d’estouppes du large d’un blanc et puis mette dessus,
-et preigne deux petites bûchettes et mette en croix dessus le dit
-plastreau, et mette un autre plastreau sur les dictes bûchettes.
-Et pour esclarcir vin troublé, se c’est une queue, vuide-l’en deux
-quartes<a name="FNanchor_591_591" id="FNanchor_591_591"></a><a href="#Footnote_591_591" class="fnanchor">[591]</a>, puis le remue-l’en à un baston ou autrement, tellement
-que lie et tout soit bien meslé, puis preigne-l’en un quarteron d’œufs,
-et soient batus moult longuement les moyeulx et les blans tant que tout
-soit fin cler comme eaue, et tantost gectez après un quarteron d’alun
-batu et incontinent une quarte d’eaue clère et l’estoupez, ou autrement
-il se vuideroit par le bondonnail.</p>
-
-<p>Et après ce et avec ce que dit est, belle seur, faictes commander par
-maistre Jehan le despensier à Richart de la cuisine escurer, laver,
-nettoier et tout ce que appartient à cuisine, et véez comme dame Agnès
-la béguine quant aux femmes, et maistre Jehan le despensier quant aux
-hommes, mettront vos gens en œuvre de toutes pars: l’un à-mont, l’autre
-à-val, l’un aux champs, l’autre en la ville, l’un en chambre, l’autre
-en solier<a name="FNanchor_592_592" id="FNanchor_592_592"></a><a href="#Footnote_592_592" class="fnanchor">[592]</a> ou en cuisine et envoieront l’un ça, l’autre là, un
-chascun selon son endroit et science, et tant que iceulx serviteurs
-gaignent leur salaire chascun et chascune en ce qu’il saura et devra
-faire; et s’ils le font, ils feront<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-70" id="page_vol-2-70"></a>{v. 2, p.70}</span> bien, car sachez que paresse et
-oisiveté engendrent tous maulx.</p>
-
-<p>Toutesvoies, belle seur, aux heures pertinentes faictes les seoir à
-la table, et les faites repaistre d’une espèce de viande largement et
-seulement, et non pas de plusieurs, ne délitables ou délicatives, et
-leur ordonnez un seul buvrage nourrissant et non entestant, soit vin ou
-autre et non de plusieurs; et les admonestez de mengier fort et boire
-bien et largement, car c’est raison qu’ils mengeussent d’une tire,
-sans seoir à oultrage<a name="FNanchor_593_593" id="FNanchor_593_593"></a><a href="#Footnote_593_593" class="fnanchor">[593]</a>, et à une alaine, sans reposer sur leur
-viande ou arrester ou acouster<a name="FNanchor_594_594" id="FNanchor_594_594"></a><a href="#Footnote_594_594" class="fnanchor">[594]</a> sur la table. Et si tost qu’ils
-commenceront à compter des comptes ou des raisons, ou à eulx reposer
-sur leurs coustes<a name="FNanchor_595_595" id="FNanchor_595_595"></a><a href="#Footnote_595_595" class="fnanchor">[595]</a>, commandez la béguine qu’on les face lever et
-oster leur table, car les communes gens dient: <i>Quant varlet presche à
-table et cheval paist en gué, il est tems qu’on l’en oste, que assez y
-a esté</i>. Deffendez leur yvresse, et que personne yvrongne ne vous serve
-ne approuche, car c’est péril, et après leur reffection prise à midy,
-quant temps sera, les laissiez par vos gens remettre à besongner. Et
-après leur second labour et aux jours de feste aient autre repas, et
-après ce, c’est assavoir au vespre, soient repus habondamment comme
-devant et largement, et se la saison le requiert soient chauffés et
-aaisiés.</p>
-
-<p>Et après ce, soit par maistre Jehan le despencier ou la béguine vostre
-hostel clos et fermé, et ait l’un d’eux les clefs par devers luy,
-afin que nuls sans congié n’y entre ne ysse. Et chascun soir et avant
-vostre coucher, faictes par dame Agnès la béguine ou maistre<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-71" id="page_vol-2-71"></a>{v. 2, p.71}</span> Jehan le
-despensier faire reviseter à la clarté de la chandelle les fons de vos
-vins, vertjus, ou vinaigre, que nul ne s’en voit<a name="FNanchor_596_596" id="FNanchor_596_596"></a><a href="#Footnote_596_596" class="fnanchor">[596]</a>, et facent par
-vostre closier ou fermier savoir par ses gens que vos bestes soient
-bien affouragées pour la nuit. Et quant vous aurez sceu par dame Agnès
-la béguine ou maistre Jehan le despencier que le feu des cheminées sera
-couvert partout, donnez à vos gens, pour leurs membres, temps et espace
-de repos. Et ayez fait adviser par avant, qu’ils aient chascun loing
-de son lit chandelier à platine<a name="FNanchor_597_597" id="FNanchor_597_597"></a><a href="#Footnote_597_597" class="fnanchor">[597]</a> pour mettre sa chandelle, et les
-aiez fait introduire<a name="FNanchor_598_598" id="FNanchor_598_598"></a><a href="#Footnote_598_598" class="fnanchor">[598]</a> sagement de l’estaindre à la bouche ou à la
-main avant qu’ils entrent en leur lit, et non mie à la chemise<a name="FNanchor_599_599" id="FNanchor_599_599"></a><a href="#Footnote_599_599" class="fnanchor">[599]</a>. Et
-aussi les aiez fait admonnester et introduire, chascun endroit soy, de
-ce qu’il devra commencier l’endemain, et de soy lever l’endemain matin,
-et recommencier chascun endroit soy son service, et de ce soit chascun
-advisié. Et toutesvoies de deux choses vous advise: l’une que se vous
-avez vos filles ou chamberières de quinze à vint ans, pour ce que en
-tel aage elles sont sottes et n’ont guères veu du siècle, que vous les
-faciez coucher près de vous en garderobe ou chambre où il n’ait lucarne
-ne fenestre basse, ne sur rue, et se couchent et lièvent à vostre
-heure, et vous mesmes qui avant ce temps serez sage se Dieu plaist, les
-gardez de près; l’autre si est que se l’un de vos serviteurs chiet en
-maladie, toutes choses communes mises arrière, vous mesmes pensez de
-luy très amoureusement et charitablement et le revisetez et pensez de
-lui ou d’elle très curieusement<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-72" id="page_vol-2-72"></a>{v. 2, p.72}</span> en avançant sa garison, et ainsi aurez
-acompli cest article.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Or vueil-je, en cest endroit, vous laissier reposer ou jouer et non
-plus parler à vous:<a name="FNanchor_600_600" id="FNanchor_600_600"></a><a href="#Footnote_600_600" class="fnanchor">[600]</a> vous esbatrez ailleurs, je parleray à maistre
-Jehan le despencier qui nos biens gouverne, afin que se aucun de nos
-chevaulx tant de charrue comme à chevauchier est en essoine<a name="FNanchor_601_601" id="FNanchor_601_601"></a><a href="#Footnote_601_601" class="fnanchor">[601]</a>, ou
-qu’il conviengne acheter ou eschanger, qu’il s’y congnoisse un petit.</p>
-
-<p>Sachiez donc, maistre Jehan, que cheval doit avoir seize<a name="FNanchor_602_602" id="FNanchor_602_602"></a><a href="#Footnote_602_602" class="fnanchor">[602]</a>
-conditions, c’est assavoir:</p>
-
-<p>Trois des conditions du renart: c’est courtes oreilles droictes, bon
-poil et fort et roide, queue bien pelue.</p>
-
-<p>Du lièvre quatre: c’est maigre teste, bien esveillé, de légier mouvant,
-viste et tost alant.</p>
-
-<p>Du beuf quatre, c’est assavoir: la harpe<a name="FNanchor_603_603" id="FNanchor_603_603"></a><a href="#Footnote_603_603" class="fnanchor">[603]</a> large, grosse et ouverte,
-gros bouel, gros yeulx et saillans hors de la teste, et bas enjointé.</p>
-
-<p>De l’asne trois: bon pié, forte eschine, et soit débonnaire.</p>
-
-<p>De la pucelle quatre, c’est assavoir: beaulx crins, belle poitrine,
-beaulx rains et grosses fesses.</p>
-
-<p>Maistre Jehan, mon ami, qui veult acheter un cheval, il le doit
-premièrement veoir en l’estable, car là voit-l’en s’il est en main
-d’affaiteur ou non, et s’il est bien ou mal gardé; s’il abonne
-cocte<a name="FNanchor_604_604" id="FNanchor_604_604"></a><a href="#Footnote_604_604" class="fnanchor">[604]</a>, et comment il<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-73" id="page_vol-2-73"></a>{v. 2, p.73}</span> siet sur le fien<a name="FNanchor_605_605" id="FNanchor_605_605"></a><a href="#Footnote_605_605" class="fnanchor">[605]</a>. Après ce, à l’issir
-de l’estable, s’il a courtes et droites oreilles, maigre ou grasse
-teste, bonne veue et saine, et bons yeulx, gros, saillans dehors
-la teste; et puis taster dessoubs les gencives qu’il y ait grant
-entre-deux et bonne ouverture et large, et qu’il n’y ait gourme, bube
-ne malen<a name="FNanchor_606_606" id="FNanchor_606_606"></a><a href="#Footnote_606_606" class="fnanchor">[606]</a>, et que l’entrée du gavion ne soit en riens empeschée.</p>
-
-<p>Et puis, mon ami maistre Jehan, tu te dois congnoistre à l’aage;
-dont il est à savoir que quant un cheval a deux ans, il a ses dens
-nouvelles, blanches, déliées et pareilles. Au troisième an, les trois
-dens de devant luy muent, et dedens icelluy troisième an deviennent
-plus grosses assez et plus brunes que les autres. Au quatrième an, les
-deux dens qui sont aux deux costés d’iceulx trois dens muées, luy muent
-et deviennent pareilles aux trois dont dessus est parlé. Au cinquième
-an, les autres muent. Au sixième an, viennent les crochés dont le fons
-est creux, et est la fève ou fons du creux. Au septième an les hors du
-creux des crochés si usent, et n’y a mais point de creux ne de fève, et
-devient tout plat et tout aouni<a name="FNanchor_607_607" id="FNanchor_607_607"></a><a href="#Footnote_607_607" class="fnanchor">[607]</a> et de là en avant on n’y congnoist
-aage.</p>
-
-<p>Après ce, maistre Jehan, tu dois aviser se le cheval a bonne encontre
-et bonne herpe et ouverte: qu’il ne soit courbé ne fuiselé<a name="FNanchor_608_608" id="FNanchor_608_608"></a><a href="#Footnote_608_608" class="fnanchor">[608]</a>; et
-s’il est durié<a name="FNanchor_609_609" id="FNanchor_609_609"></a><a href="#Footnote_609_609" class="fnanchor">[609]</a> c’est bon signe. Et par entre les deux jambes de
-devant, regardes aux jambes de derrière qu’il n’y ait esparvain ou
-courbe. Esparvain dedens le plat de la cuisse de derrière est, et
-s’apperçoit mieulx par entre les deux jambes de devant. Courbe est à
-icelluy endroit que devant, et plus sur le derrière, car elle tient
-au bout du gerret derrière, sur<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-74" id="page_vol-2-74"></a>{v. 2, p.74}</span> le bout de la jointe de la queue en
-dévalant; et est au commencement une petite bossette qui agrandist et
-est longuette, et gist au long et dessoubs le pli du gerret. Et quant
-on veult gracieusement parler devant marchans, on dit ainsi: <i>Véez-cy
-un bon cheval, il est long et esgarretté</i>. Et lors on entent que c’est
-à dire qu’il est corbeux.</p>
-
-<p>Après ce, maistre Jehan mon amy, tu dois aler au costé et regarder s’il
-est point grevé soubs la selle, car en cheval qui ait tendre dos ne
-vous fiez; gardez aussi qu’il ne soit blécié au jarret<a name="FNanchor_610_610" id="FNanchor_610_610"></a><a href="#Footnote_610_610" class="fnanchor">[610]</a>. <i>Item</i>,
-qu’il ait bon bouel; s’il est point batu d’esperons, qu’il n’ait
-grosses c......, qu’il ait long corps, car on dit un cheval plat quant
-il n’est pas ront ne bien esquartellé. Véez aussi quelle chière il fait
-par l’apparence de ses oreilles et de ses yeulx et par l’esmouvement
-de sa teste et le remuement de ses piés, et gardez bien qu’il n’ait
-malandres, [malandre est dedans le garret derrière; gardez aussi qu’il
-n’ait]<a name="FNanchor_611_611" id="FNanchor_611_611"></a><a href="#Footnote_611_611" class="fnanchor">[611]</a> molettes ne suros; ne soit crapeux, ne ne s’entretaille de
-la jambe de l’autre lez<a name="FNanchor_612_612" id="FNanchor_612_612"></a><a href="#Footnote_612_612" class="fnanchor">[612]</a>, car d’illec le peut-l’en bien veoir.</p>
-
-<p>Après ce que dit est, doit-l’en adviser que le cheval ait maigres
-jambes, larges et plates, et qu’il n’ait pas les genoulx couronnés, et
-que les joinctes<a name="FNanchor_613_613" id="FNanchor_613_613"></a><a href="#Footnote_613_613" class="fnanchor">[613]</a> de dessus les couronnelles ne boutent mie devant.
-Et regardez s’il a piés gras et combles, piés fendus, faulx quartiers,
-piés avalés, crapaudines ou fourme. Fourme sur couronnelle est quant au
-travers sur le coup-du-pié a une soubaudreure<a name="FNanchor_614_614" id="FNanchor_614_614"></a><a href="#Footnote_614_614" class="fnanchor">[614]</a> qui se hausse, et en
-huit jours est formée aussi derrière comme devant, et durant ce qu’elle
-est<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-75" id="page_vol-2-75"></a>{v. 2, p.75}</span> entière, l’en l’appelle fourme et fait piés avalés, mais quant
-elle est crevée, l’en dist crapaudine et ne garist-l’en puis, et est
-sur le bout de la couronnelle du pié<a name="FNanchor_615_615" id="FNanchor_615_615"></a><a href="#Footnote_615_615" class="fnanchor">[615]</a>.</p>
-
-<p>Après, va par derrière et garde qu’il ait les fesses escartelées et
-bien secourcées<a name="FNanchor_616_616" id="FNanchor_616_616"></a><a href="#Footnote_616_616" class="fnanchor">[616]</a>, belle queue et bien pelue et serrant aux fesses
-que on ne la puisse sourdre<a name="FNanchor_617_617" id="FNanchor_617_617"></a><a href="#Footnote_617_617" class="fnanchor">[617]</a>, car c’est bon signe quant le cheval a
-bon et fort quoier, saines c....... Et encores de rechief, advise qu’il
-ne s’entretaille, ne ne soit crapeux ne rongneux, ne qu’il n’ait javart
-et rongne, et par entredeux icelles jambes de derrière qu’elles ne
-soient arçonnées parmy le milieu comme un arc, et audessoubs qu’il n’y
-ait esparvain, molette, suros dedens la jambe ou dehors, ou malandre,
-et qu’il ne s’entretaille ne n’ait crape<a name="FNanchor_618_618" id="FNanchor_618_618"></a><a href="#Footnote_618_618" class="fnanchor">[618]</a> ne rape, ne derrière ne
-devant. Après, le convient veoir trotter bellement de rechief en sa
-droicte aleure commune, et adviser adonc s’il liève ses piés ouniement
-et égaulment, d’un hault<a name="FNanchor_619_619" id="FNanchor_619_619"></a><a href="#Footnote_619_619" class="fnanchor">[619]</a> et d’une légièreté; s’il plie bien ses
-jambes devant et qu’elles ne soient mie roides; s’il escout sa teste,
-s’il soufle du nez et ouvre ses narines, et s’il est long en la main,
-car toutes ces choses sont de bon signe. Après, le dois faire trotter
-fort, et prendre garde s’il trotte bel et qu’il ne s’entretaille ne
-ataigne. Puis faire courre et aler les galos, et lors regarder à certes
-s’il a grosse alaine; s’il soufle et qu’il ait grant et grosse alaine
-par la bouche, se les flancs luy haletent ou qu’il soit poucis; et ce
-puet aussi estre veu dessoubs la queue. Puis le veoir l’endemain à
-froit, et savoir en<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-76" id="page_vol-2-76"></a>{v. 2, p.76}</span> l’estable comment il se tient sur le sien, puis
-trotter et aler les galos et reveoir s’il est poucis, et ce peut estre
-veu dessous la queue, puis le veoir et savoir de rechief aux champs et
-ailleurs s’il est bon aux esperons.</p>
-
-<p><i>Nota</i>, maistre Jehan, que ès festes de Flandres, se vous avez
-barguaignié<a name="FNanchor_620_620" id="FNanchor_620_620"></a><a href="#Footnote_620_620" class="fnanchor">[620]</a> et sceu le pris d’un cheval, et vous demandez à le
-veoir courre, <i>eo ipso</i> vous vous départez de tous les autres vices,
-tellement que s’il est bon à l’esperon et qu’il queure, il est vostre,
-quelque autre tache qu’il ait.</p>
-
-<p>Maistre Jehan, s’aucun cheval est qui ait passé aage, et soit trouvé
-sans suros, malandre, courbe, entretaille, molettes <i>et similia</i>, c’est
-adonc à entendre qu’il est affermé<a name="FNanchor_621_621" id="FNanchor_621_621"></a><a href="#Footnote_621_621" class="fnanchor">[621]</a>, et que puis qu’il a passé sa
-jeunesse sans tache, jamais n’en aura aucune.</p>
-
-<p><i>Item</i>, tant est un cheval plus court, maistre Jehan, tant a plus fort
-eschine.&mdash;<i>Item</i>, tant plus dur trotte, maistre Jehan, tant plus est
-fort.&mdash;<i>Item</i>, maistre Jehan, s’il est délié sur la poincte d’en bas,
-c’est mauvais signe.</p>
-
-<p>Maistre Jehan, se vous voulez engresser, pour vendre, un de nos
-chevaulx, <i>primo</i> soit estrillé, lavé et tenu nettement, et fresche
-lectière.&mdash;<i>Item</i>, s’il ne fut pieçà seigné, si le faictes seigner
-des costés, c’est du ventre, car icelle seignée des costés est propre
-pour leur donner bon bouel. Puis luy emplissiez son ratellier de très
-bon foing d’une part, et de feurre d’avoine d’autre part; puis prenez
-quatre boisseaulx de bien nette paille de fourment, deux boisseaulx
-de bran<a name="FNanchor_622_622" id="FNanchor_622_622"></a><a href="#Footnote_622_622" class="fnanchor">[622]</a>, un boissel de fèves menues et un boissel d’avoine, et
-meslez tout<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-77" id="page_vol-2-77"></a>{v. 2, p.77}</span> ensemble et luy en donnez quatre fois le jour, avant
-boire. <i>Item</i> après, boire de l’eaue de rivière chauffée au soleil ou
-sur le fumier, ou en yver chauffée sur le feu, et y ait du son dedens
-une toille, car sans toille le cheval toussiroit comme s’il eust mengié
-plume; puis mengeusse du foing. Puis pour prou vendre<a name="FNanchor_623_623" id="FNanchor_623_623"></a><a href="#Footnote_623_623" class="fnanchor">[623]</a>, comme
-dessus, ou se c’est cheval de petit pris, il ait avant boire, trois
-fois orge boulu, et après boire, fèves et bran et bien pou d’avoine.</p>
-
-<p><span class="smcap">Oingnement pour les piés des chevaulx.</span>&mdash;Prenez un quarteron
-de suif de bouc, un quarteron de cire, un quarteron de terbentine, un
-quarteron de poix rasine et boulez tout ensemble, et oignez les piés
-des chevaulx.&mdash;<i>Item</i>, aiez un drappel moullié en viez oint et mettez
-ou fons du pié et de la fiente avec.</p>
-
-<p>Pour garir de rape, crape, rongne et javart, lavez d’uille de chennevis
-avec eaue batue ensemble, et s’il n’en garist, il le convient seigner
-de la pointe du pié.</p>
-
-<p><i>Item</i>, est à noter que quant un cheval est seigné du col, l’en le
-doit tenir lié hault, et faire petitement mengier et hault, car le
-débatement des mandibules et du col le pourroient faire escrever.
-<i>Item</i>, le convient abuvrer le plus loing de la seignée que l’en puet
-et lier hault, pour ce que le baisser la teste le fait escrever.
-<i>Item</i>, se le cheval est de grant pris, si soit veillé de nuit.</p>
-
-<p>Malandre veult estre lavé deux fois le jour de chault pis..t ou
-chaude eaue. <i>Item</i>, <i>idem</i>, grosses jambes derrière<a name="FNanchor_624_624" id="FNanchor_624_624"></a><a href="#Footnote_624_624" class="fnanchor">[624]</a>; et se
-ainsi l’en ne peut garir, que l’en face restrainctif, c’est assavoir
-de sang-de-dragon<a name="FNanchor_625_625" id="FNanchor_625_625"></a><a href="#Footnote_625_625" class="fnanchor">[625]</a>, d’aubun<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-78" id="page_vol-2-78"></a>{v. 2, p.78}</span> d’œufs<a name="FNanchor_626_626" id="FNanchor_626_626"></a><a href="#Footnote_626_626" class="fnanchor">[626]</a>, ou plastre bien sassé
-et aubun d’œufs<a name="FNanchor_627_627" id="FNanchor_627_627"></a><a href="#Footnote_627_627" class="fnanchor">[627]</a>, et liez par bandeaulx entour la jambe, et puis
-seicher à un tison de feu par derrière.</p>
-
-<p>Quant cheval pert la veue, faictes mouldre du saing<a name="FNanchor_628_628" id="FNanchor_628_628"></a><a href="#Footnote_628_628" class="fnanchor">[628]</a> de voirre
-vieil, et luy gette-l’en dedens l’ueil à un tuel<a name="FNanchor_629_629" id="FNanchor_629_629"></a><a href="#Footnote_629_629" class="fnanchor">[629]</a>.</p>
-
-<p>Quant cheval a tranchoisons, faictes-le mettre par terre et puis luy
-faictes mettre à un cornet un quarteron de quelque huille dedens le
-c.l, et puis le faites chevauchier tant qu’il sue, et il garira.</p>
-
-<p>Quant cheval a vives<a name="FNanchor_630_630" id="FNanchor_630_630"></a><a href="#Footnote_630_630" class="fnanchor">[630]</a>, il luy convient dire ces trois mos, avec
-trois patenostres: ✝ <i>abgla</i>, ✝ <i>abgly</i>, ✝
-<i>alphara</i>, ✝ <i>asy</i>, ✝ <i>pater noster</i> etc.</p>
-
-<p>Contre farcin, te convient ce couver<a name="FNanchor_631_631" id="FNanchor_631_631"></a><a href="#Footnote_631_631" class="fnanchor">[631]</a> par neuf jours, et chascun
-jour en jeun dire par trois fois, et chascune fois dire trois
-patenostres et toucher le mal ✝ <i>In nomine Patris</i> ✝
-<i>et Filii</i> ✝ <i>et Spiritus Sancti</i> ✝ <i>amen</i> ✝
-<i>Je te conjure, mal félon de par Dieu omnipotent et de par le Père et
-de par le Fils et de par le Saint Esperit, et de par tous les sains et
-de par tous les anges de nostre Seigneur Jhésu Crist. et par toutes les
-vertus que Dieu donna à paroles ne en voix, par les vertus que Dieu
-fist de faire le ladre guérir de sa maladie: et que tu, mal félon,
-n’ailles plus avant, et que ne doubles ne ne enfles, n’en fenestres,
-n’en fistules, néant plus que firent les cinq plaies nostre Seigneur
-Jhésu Crist, et aussi le monde sauva, et pour ce se firent les cinq
-plaies de nostre Seigneur, Jhésu Crist. In nomine Patris</i> ✝
-<i>et Filii</i> ✝ <i>et Spiritus Sancti</i> ✝ <i>Amen</i>.</p>
-
-<p>S’aucun cheval est morfondu, il le convient tantost<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-79" id="page_vol-2-79"></a>{v. 2, p.79}</span> faire seigner
-des jambes devant au plus bas, et au hault du plat des cuisses, et
-recueillir le sang, et d’icelluy oindre les piés, puis torchier de
-foing moullié et pourmener sans boire et sans mengier, et dedens quatre
-heures ou environ, mettre un restraintif sur les couronnelles afin
-qu’il ne face pié neuf; et le convient pourmener sans arrest trente-six
-heures, et luy donner à la main du foing s’il en veult mengier: et ne
-boive point d’un jour naturel; et après vint-quatre heures depuis la
-seignée, boive de l’eaue chaude avec du bran. Et pendant le dit temps
-et tantost après ce qu’il sera seigné, soit couvert de trois linceuls
-moulliés tout à une fois, et au bout de trente-six heures ou plus,
-c’est assavoir quant il se prendra à mengier du bran et faire bonne
-chière et qu’il aura fienté, luy face-l’en bonne lictière et blanche,
-et le face-l’en reposer, puis pourmener, et quant il yra de bon cuer,
-si luy oste-l’en un jour un drap, l’autre jour l’autre, et le tiers
-l’autre, et ne luy donne-l’en fors brennée à boire et à mengier jusques
-à ce qu’il face bonne chière. Aucuns leur donnent du buvrage de pommes
-à un cornet. Et de tout le mareschal puet avoir franc et demi<a name="FNanchor_632_632" id="FNanchor_632_632"></a><a href="#Footnote_632_632" class="fnanchor">[632]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-80" id="page_vol-2-80"></a>{v. 2, p.80}</span></p>
-
-<h2>DE LA DEUXIÈME DISTINCTION<br /><br />
-LE QUART ARTICLE<a name="FNanchor_633_633" id="FNanchor_633_633"></a><a href="#Footnote_633_633" class="fnanchor">[633]</a></h2>
-
-<div class="headd">
-<p class="hang"><small>QUI VOUS DOIT APRENDRE QUE VOUS, COMME SOUVERAIN MAISTRE DE VOSTRE
-HOSTEL, SACHIEZ COMMANDER ET DEVISER A MAISTRE JEHAN DISNERS ET
-SOUPPERS, ET DEVISER MÈS ET ASSIETES.</small></p></div>
-
-<p>Et à ce commencement je vous mettray aucuns termes servans aucun pou,
-et qui vous donront commencement ou au moins esbatement.</p>
-
-<p><i>Primo</i>, pour ce qu’il convient que vous envoiez maistre Jehan ès
-boucheries, cy-après s’ensuivent les noms de toutes les boucheries de
-Paris et leur délivrance de char.</p>
-
-<p>A la Porte-de-Paris<a name="FNanchor_634_634" id="FNanchor_634_634"></a><a href="#Footnote_634_634" class="fnanchor">[634]</a> a dix-neuf bouchiers qui par estimation<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-81" id="page_vol-2-81"></a>{v. 2, p.81}</span>
-commune vendent, pour sepmaine, eulx tous, l’un temps parmi l’autre, et
-la forte saison portant la<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-82" id="page_vol-2-82"></a>{v. 2, p.82}</span> foible, dix neuf cens moutons, quatre cens
-beufs, quatre cens pourceaulx, et deux cens veaulx.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-83" id="page_vol-2-83"></a>{v. 2, p.83}</span></p>
-
-<p>Saincte-Geneviefve: cinq cens moutons, seize beufs, seize porcs, et
-six<a name="FNanchor_635_635" id="FNanchor_635_635"></a><a href="#Footnote_635_635" class="fnanchor">[635]</a> veaulx<a name="FNanchor_636_636" id="FNanchor_636_636"></a><a href="#Footnote_636_636" class="fnanchor">[636]</a>.</p>
-
-<p>Le Parvis: quatre-vint moutons, dix beufs, dix veaulx, huit porcs.</p>
-
-<p>A Saint-Germain a treize bouchiers; deux cens moutons, trente beufs,
-trente veaulx, cinquante porcs.</p>
-
-<p>Le Temple, deux bouchiers; deux cens moutons<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-84" id="page_vol-2-84"></a>{v. 2, p.84}</span>, vint-quatre beufs,
-vint-huit<a name="FNanchor_637_637" id="FNanchor_637_637"></a><a href="#Footnote_637_637" class="fnanchor">[637]</a> veaulx, trente-deux porcs.</p>
-
-<p>Saint-Martin: deux cent cinquante moutons, trente-deux beufs,
-trente-deux veaulx, vint-deux<a name="FNanchor_638_638" id="FNanchor_638_638"></a><a href="#Footnote_638_638" class="fnanchor">[638]</a> porcs.</p>
-
-<p>Somme des boucheries de Paris, pour sepmaine, sans le fait du Roy et de
-la Royne et des autres nos seigneurs de France, trois mille quatre-vint
-moutons, cinq cent quatorze beufs, trois cent six veaulx, six<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-85" id="page_vol-2-85"></a>{v. 2, p.85}</span> cens
-porcs<a name="FNanchor_639_639" id="FNanchor_639_639"></a><a href="#Footnote_639_639" class="fnanchor">[639]</a>. Et au vendredi absolut<a name="FNanchor_640_640" id="FNanchor_640_640"></a><a href="#Footnote_640_640" class="fnanchor">[640]</a>, sont vendus de deux mille à
-trois mille lars<a name="FNanchor_641_641" id="FNanchor_641_641"></a><a href="#Footnote_641_641" class="fnanchor">[641]</a>.</p>
-
-<p>Pour ce qu’il a cy-devant esté parlé du fait du bouchier et
-poullaillier, le fait de l’ostel du Roy en office de boucherie monte
-bien, pour sepmaine, six-vints moutons, seize beufs, seize veaulx,
-douze porcs: et par an deux cens lars.</p>
-
-<p>Le fait du poullaillier: par jour, six cens poullailles, deux cens
-paires de pigons, cinquante chevriaux, cinquante oisons.</p>
-
-<p>La Royne et les enfans. Boucherie, pour sepmaine, quatre-vins moutons,
-douze veaulx, douze beufs, douze porcs: et par an six-vins lars.&mdash;Le
-fait du poullaillier: pour jour, trois cens poullailles, trente-six
-chevreaulx, cent cinquante paires de pigons, trente-six oisons.</p>
-
-<p>Orléans<a name="FNanchor_642_642" id="FNanchor_642_642"></a><a href="#Footnote_642_642" class="fnanchor">[642]</a> aussi.</p>
-
-<p>Berry aussi.</p>
-
-<p>Les gens de Monseigneur de Berry dient que aux dimenches et grans
-festes, il leur convient trois beufs, trente moutons, huit-vins
-douzaines de perdris, et connins à l’avenant, mais j’en doubte.&mdash;Avéré
-depuis.&mdash;Et est certain que<a name="FNanchor_643_643" id="FNanchor_643_643"></a><a href="#Footnote_643_643" class="fnanchor">[643]</a> plusieurs grans festes, dimenches
-et jeudis, mais le plus commun des autres jours est à deux beufs
-et vingt moutons.&mdash;<i>Nota</i> encores que à la court de Monseigneur de
-Berry on fait livrée à pages et à varlets des joes de beuf, et est le
-museau du beuf taillié à travers, et les mandibules demeurent pour<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-86" id="page_vol-2-86"></a>{v. 2, p.86}</span> la
-livrée, comme dit est.&mdash;<i>Item</i>, l’en fait du col du beuf livrée ausdis
-varlets.&mdash;<i>Item</i>, et ce qui vient après le col est le meilleur de tout
-le beuf, car ce d’entre les jambes de devant, c’est la poitrine, et ce
-dessus, c’est le noyau<a name="FNanchor_644_644" id="FNanchor_644_644"></a><a href="#Footnote_644_644" class="fnanchor">[644]</a>.</p>
-
-<p>Bourgoingne, de parisis à tournois du Roy<a name="FNanchor_645_645" id="FNanchor_645_645"></a><a href="#Footnote_645_645" class="fnanchor">[645]</a>.</p>
-
-<p>Bourbon, la moitié du fait de la Royne.</p>
-
-<p><i>Item</i>, et sans espandre ou baillier vostre argent chascun jour,
-vous pourrez envoïer maistre Jehan au bouchier, et prendre char sur
-taille<a name="FNanchor_646_646" id="FNanchor_646_646"></a><a href="#Footnote_646_646" class="fnanchor">[646]</a>, considérant ce qui s’ensuit:</p>
-
-<p>En la moitié de la poitrine de beuf a quatre pièces, dont la première
-pièce a nom le grumel<a name="FNanchor_647_647" id="FNanchor_647_647"></a><a href="#Footnote_647_647" class="fnanchor">[647]</a>; et toute celle moitié couste dix blans<a name="FNanchor_648_648" id="FNanchor_648_648"></a><a href="#Footnote_648_648" class="fnanchor">[648]</a>
-ou trois sols. En la longe a six pièces, et couste six sols huit
-deniers ou six sols. La surlonge trois sols. Ou giste<a name="FNanchor_649_649" id="FNanchor_649_649"></a><a href="#Footnote_649_649" class="fnanchor">[649]</a> a huit
-pièces et est la plus grosse char, mais elle fait la meilleure
-eaue<a name="FNanchor_650_650" id="FNanchor_650_650"></a><a href="#Footnote_650_650" class="fnanchor">[650]</a> après la joe; et couste le giste, huit sols.</p>
-
-<p>Le quartier de mouton a quatre pièces ou trois pièces et l’espaule, et
-couste huit blans ou trois sols.</p>
-
-<p>Le quartier de veel, huit sols. Porc<a name="FNanchor_651_651" id="FNanchor_651_651"></a><a href="#Footnote_651_651" class="fnanchor">[651]</a>....<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-87" id="page_vol-2-87"></a>{v. 2, p.87}</span></p>
-
-<p>Et <i>nota</i> que ce que l’en dit la poictrine d’un beuf, l’en dit le
-brichet d’un mouton: et quant l’en parle d’un cerf, l’os d’icelle
-poictrine est nommé la hampe.</p>
-
-<p>De la poictrine d’un beuf, la première pièce qui part d’emprès le colet
-est appellée le grumel, et est la meilleur. D’un mouton, le flanchet
-est ce qui demeure du quartier de devant quant l’espaule en est
-levée.&mdash;<i>Item</i>, l’en dit le couart<a name="FNanchor_652_652" id="FNanchor_652_652"></a><a href="#Footnote_652_652" class="fnanchor">[652]</a> d’un cerf.&mdash;<i>Item</i>, les dentés
-sont les c......ns.</p>
-
-<p>La surlonge trois sols. La longe six sols. La char d’un mouton dix sols.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Après ces choses, convient dire et parler d’aucuns termes généraulx qui
-regardent fait de queurie<a name="FNanchor_653_653" id="FNanchor_653_653"></a><a href="#Footnote_653_653" class="fnanchor">[653]</a> en aucune qualité, et après sera monstré
-à congnoistre et choisir les viandes desquelles l’en doit ouvrer comme
-il s’ensuit:</p>
-
-<p><i>Primo</i>, que en toutes sausses et potages lians en quoy l’en broie
-espices et pain, l’en doit premièrement broïer les espices et oster
-du mortier, car le pain que l’en broie après, requeut ce qui des
-espices est demouré; ainsi on ne pert rien ce qu’on perdroit qui feroit
-autrement.</p>
-
-<p><i>Item</i>, des espices et lieures<a name="FNanchor_654_654" id="FNanchor_654_654"></a><a href="#Footnote_654_654" class="fnanchor">[654]</a> mises en potages, l’en ne doit
-riens couler<a name="FNanchor_655_655" id="FNanchor_655_655"></a><a href="#Footnote_655_655" class="fnanchor">[655]</a>, combien que sausses si fait, afin que les sausses
-soient plus clères et aussi plus plaisans.</p>
-
-<p><i>Item</i>, sachiez que pou advient que pois ou fèves ou autres potages
-s’aoursent<a name="FNanchor_656_656" id="FNanchor_656_656"></a><a href="#Footnote_656_656" class="fnanchor">[656]</a>, se les tisons ardans ne touchent au cul du pot quant
-il est sur le feu.&mdash;<i>Item</i>,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-88" id="page_vol-2-88"></a>{v. 2, p.88}</span> avant que ton potage s’aourse, et afin
-qu’il ne s’aourse, remue-le souvent au cul du pot et appuie ta cuillier
-au fons, afin que le potage ne se preigne là. Et <i>nota</i> que si tost que
-tu apparceveras que ton potage s’aoursera, si ne le remue point, mais
-l’oste tantost de dessus le feu et le mets en un autre pot.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <i>nota</i> que communément tous potages qui sont sur le feu
-surondent et s’en vont sur le dit feu jusques à ce que l’en ait mis au
-pot sel et gresse, et depuis, non.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <i>nota</i> que le meilleur chaudeau qui soit, c’est de la joe de
-beuf lavée en eaue deux fois ou trois, puis boullir et bien escumer.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’en scet se un connin est gras, à luy taster un nerf ou col
-entre les deux espaules, car là scet-l’en s’il a grosse gresse par le
-gros nerf; et s’il est tendre, l’en le scet à luy rompre une des jambes
-de derrière.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <i>nota</i> qu’il y a différence entre les queux, entre boutonner et
-larder, car boutonner est de giroffle et larder est de lart.</p>
-
-<p><i>Item</i>, des brochets, le laictié vault mieulx que l’ouvé, se ce n’est
-quant l’en veult faire rissolles, pour ce que des œuvés l’en fait
-rissolles, <i>ut patet in tabula</i>. Des brochets, l’en dit lancerel,
-brochet, quarrel, lux et luceau<a name="FNanchor_657_657" id="FNanchor_657_657"></a><a href="#Footnote_657_657" class="fnanchor">[657]</a>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, aloze franche entre en Mars en saison.</p>
-
-<p><i>Item</i>, carpe doit estre très cuite, ou autrement c’est péril de la
-mangier.</p>
-
-<p><i>Item</i>, plais<a name="FNanchor_658_658" id="FNanchor_658_658"></a><a href="#Footnote_658_658" class="fnanchor">[658]</a> sont doulces à applanier à la main, et lymandes au
-contraire.</p>
-
-<p><i>Item</i>, à Paris, les oyers<a name="FNanchor_659_659" id="FNanchor_659_659"></a><a href="#Footnote_659_659" class="fnanchor">[659]</a> engressent leurs oies de<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-89" id="page_vol-2-89"></a>{v. 2, p.89}</span> farine, non
-mie la fleur ne le son, mais ce qui est entre deux, que l’en appelle
-les gruyaux ou recoppes: et autant comme ils prennent de ces gruyaux
-ou recoppes, autant mettent-ils d’avoine avec, et meslent tout avec
-un petit d’eaue, et ce demeure ensemble espais comme paste, et ceste
-viande mettent en une goutière<a name="FNanchor_660_660" id="FNanchor_660_660"></a><a href="#Footnote_660_660" class="fnanchor">[660]</a> sur quatre piés, et d’autre part,
-de l’eaue et lictière nouvelle chascun jour, et en quinze jours sont
-gras. Et <i>nota</i> que la lictière leur fait tenir leurs plumes nettes.</p>
-
-<p><i>Item</i>, pour faisander chapons et gélines, il les convient saignier par
-la gueule et incontinent les mettre et faire morir en un scel d’eaue
-très froide, et il sera faisandé ce jour mesmes comme de deux jours tué.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’en congnoist les jeunes malars<a name="FNanchor_661_661" id="FNanchor_661_661"></a><a href="#Footnote_661_661" class="fnanchor">[661]</a> des viels, quant ils
-sont aussi grans les uns comme les autres, aux tuyaux des esles qui
-sont plus tendres des jeunes que des vieulx.&mdash;<i>Item</i>, l’en congnoist
-ceulx de rivière à ce qu’ils ont les ongles fins, noirs, et aussi ont
-les piés rouges, et ceulx de paillier<a name="FNanchor_662_662" id="FNanchor_662_662"></a><a href="#Footnote_662_662" class="fnanchor">[662]</a> les ont jaunes. <i>Item</i>,
-ont la creste<a name="FNanchor_663_663" id="FNanchor_663_663"></a><a href="#Footnote_663_663" class="fnanchor">[663]</a> du bec, c’est assavoir le dessus, vert tout au
-long, et aucunes fois les masles ont au travers du col, endroit le
-hasterel<a name="FNanchor_664_664" id="FNanchor_664_664"></a><a href="#Footnote_664_664" class="fnanchor">[664]</a>, une tache blanche, et sont tous d’un plumage et ont la
-plume de dessus la teste très ondoiant.</p>
-
-<p><i>Item</i>, coulons ramiers sont bons en yver, et congnoist-l’en les vieulx
-à ce que les venneaulx<a name="FNanchor_665_665" id="FNanchor_665_665"></a><a href="#Footnote_665_665" class="fnanchor">[665]</a> de leurs<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-90" id="page_vol-2-90"></a>{v. 2, p.90}</span> esles sont tout d’une couleur
-noire, et les jeunes d’un an ont les venneaulx cendrés et le surplus
-noir.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’en congnoist l’aage d’un lièvre au nombre des pertuis qui
-sont dessoubs la queue, car pour tant de pertuis, tant d’ans.</p>
-
-<p><i>Item</i>, les perdris qui ont les plumes bien serrées et bien joinctes
-à la char, et sont arrangéement et bien joinctes et sont comme les
-plumes sont sur un esprivier, sont fresches tuées: et celles dont les
-plumes se haussent contremont et laissent la char et se desrangent de
-leur siége et vont sans ordre çà et là, sont vieilles tuées.&mdash;<i>Item</i>, à
-tirer les plumes du braier<a name="FNanchor_666_666" id="FNanchor_666_666"></a><a href="#Footnote_666_666" class="fnanchor">[666]</a>, le sent-l’en.</p>
-
-<p><i>Item</i>, la carpe qui a l’escaille blanche et non mie jaune ne rousse,
-est de bonne eaue. Celle qui a gros yeulx et saillans hors de la teste,
-et le palais et langue mols et ouny, est grasse. Et <i>nota</i>, se vous
-voulez porter une carpe vive par tout un jour, entortilliez-la en foing
-moullié et la portez le ventre dessus, et la portez sans luy donner
-air, c’est assavoir en bouges ou en sac.</p>
-
-<p>La saison des truites commence en<a name="FNanchor_667_667" id="FNanchor_667_667"></a><a href="#Footnote_667_667" class="fnanchor">[667]</a>..... et dure jusques à
-Septembre. Les blanches sont bonnes en yver, et les vermeilles<a name="FNanchor_668_668" id="FNanchor_668_668"></a><a href="#Footnote_668_668" class="fnanchor">[668]</a> en
-esté. Le meilleur de la truite est la queue, et de la carpe c’est la
-teste.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’anguille qui a menue teste, becque délié,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-91" id="page_vol-2-91"></a>{v. 2, p.91}</span> cuir reluisant,
-ondoiant et estincelant, petis yeulx, gros corps et blanc ventre, est
-la franche. L’autre est à grosse teste, sor<a name="FNanchor_669_669" id="FNanchor_669_669"></a><a href="#Footnote_669_669" class="fnanchor">[669]</a> ventre, et cuir gros
-et brun.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Cy-après s’ensuivent aucuns disners et soupers de grans seigneurs et
-autres, et notes sur lesquels vous pourrez choisir, reconqueillir<a name="FNanchor_670_670" id="FNanchor_670_670"></a><a href="#Footnote_670_670" class="fnanchor">[670]</a>
-et aprendre des quels mets qu’il vous plaira, selon les saisons et les
-viandes qui seront ès païs où vous serez, quant vous aurez à donner à
-disner ou à soupper.</p>
-
-<div class="headd">
-<p class="c">I. <span class="smcap">Disner a jour de char, servi de trente et un mès a six
-assiettes.</span></p>
-</div>
-
-<p>Première assiette. Garnache<a name="FNanchor_671_671" id="FNanchor_671_671"></a><a href="#Footnote_671_671" class="fnanchor">[671]</a> et tostées<a name="FNanchor_672_672" id="FNanchor_672_672"></a><a href="#Footnote_672_672" class="fnanchor">[672]</a>, pastés de veel,
-pastés de pinparneaux, boudins et saucisses.</p>
-
-<p>Seconde assiette. Civé de lièvres et les costellettes, pois coulés,
-saleure et grosse char, une soringue d’anguilles (12)<a name="FNanchor_673_673" id="FNanchor_673_673"></a><a href="#Footnote_673_673" class="fnanchor">[673]</a> et autre
-poisson.</p>
-
-<p>Tierce assiette. Rost: connins, perdris, chappons, etc., lux, bars,
-carpes, et un potage escartelé (35, 36, 37).</p>
-
-<p>Quarte assiette. Oiseaulx de rivière à la dodine, ris engoulé (37),
-bourrée à la sausse chaude et anguilles renversées (26).<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-92" id="page_vol-2-92"></a>{v. 2, p.92}</span></p>
-
-<p>Quinte assiette. Pastés d’aloés, ruissolles, lait lardé (41), flaonnés
-succrés.</p>
-
-<p>Sixième assiette. Poires et dragées, neffles et nois pelées. Ypocras et
-le mestier<a name="FNanchor_674_674" id="FNanchor_674_674"></a><a href="#Footnote_674_674" class="fnanchor">[674]</a>.</p>
-
-<div class="headd">
-<p class="c">II. <span class="smcap">Autre disner de char de vint-quatre mets a six assiettes.</span></p>
-</div>
-
-<p>Première assiette. Pastés de veel menu déhaché à gresse et mouelle de
-beuf, pastés de pinparneaux, boudins, saucisses, pipefarce, et pastés
-norrois <i>de quibus</i> (41).</p>
-
-<p>Seconde assiette. Civé de lièvre (16) et brouet d’anguille (17); fèves
-coulées, saleures, grosse char, s.<a name="FNanchor_675_675" id="FNanchor_675_675"></a><a href="#Footnote_675_675" class="fnanchor">[675]</a> beuf et mouton.</p>
-
-<p>Tiers mets. Rost: chappons, connins, veel et perdris, poisson d’eaue
-doulce et de mer, aucun taillis (36) avec doreures (39).</p>
-
-<p>Quart mets. Mallars de rivière à la dodine, tanches aux soupes et
-bourrées à la sausse chaude<a name="FNanchor_676_676" id="FNanchor_676_676"></a><a href="#Footnote_676_676" class="fnanchor">[676]</a> (26), pastés de chappons de haulte
-gresse à la souppe de la gresse et du persil.</p>
-
-<p>Quint mets. Un boulli lardé, ris engoulé, anguilles renversées, aucun
-rost de poisson de mer ou d’eaue doulce, roissolles (41), crespes et
-vielz sucre (41).</p>
-
-<p>La sixième assiette et derrenière pour yssue. Flanciaux succrés et lait
-lardé, neffles, noix pellées, poires cuites et la dragée. Ypocras et le
-mestier.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-93" id="page_vol-2-93"></a>{v. 2, p.93}</span></p>
-
-<div class="headd">
-<p class="c">III. <span class="smcap">Autre disner de char.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mès. Pastés de beuf et roissoles, poirée noire, lamproies à
-froide sauge, un brouet d’Alemaigne de char, une sausse blanche de
-poisson et une arbolastre, et grosse char de beuf et mouton.</p>
-
-<p>Second mès. Rost de char, poissons d’eaue doulce, poissons de mer, une
-cretonnée de char, raniolles<a name="FNanchor_677_677" id="FNanchor_677_677"></a><a href="#Footnote_677_677" class="fnanchor">[677]</a>, un rosé de lapereaulx et de bourrées
-à la sausse chaude,<a name="FNanchor_678_678" id="FNanchor_678_678"></a><a href="#Footnote_678_678" class="fnanchor">[678]</a> d’oiselets tourtes Pisaines (<i>id est</i> de Pise
-en Lombardie, et dit-l’en tourtes Lombardes, et y a des oiselets parmi
-la farce, et en plusieurs lieux cy-après dit tourtes Lombardes).</p>
-
-<p>Tiers mès. Tenches aux souppes, blanc mengier paré, lait lardé,
-crottes, queue de sanglier à la sausse chaude, chappons à la dodine,
-pastés de bresmes et de saumon, pleis en l’eaue et leschefrite et
-darioles.</p>
-
-<p>Quart mès. Fromentée, venoison, rost de poissons, froide sauge,
-anguilles renversées, gelées de poisson, pastés de chappons à là soupe
-courte.</p>
-
-<div class="headd">
-<p class="c">IV. <span class="smcap">Autre disner de char.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mès. Pastés norrois (40), un brouet camelin de char, bignés de
-mouelle de beuf, soringue d’anguilles, loche en eaue et froide sauge,
-grosse char et poisson de mer.</p>
-
-<p>Second mès. Rost le meilleur que on peut et poisson<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-94" id="page_vol-2-94"></a>{v. 2, p.94}</span> doulx, un bouli
-lardé, un tieule<a name="FNanchor_679_679" id="FNanchor_679_679"></a><a href="#Footnote_679_679" class="fnanchor">[679]</a> de char, pastés de chappons et crespes, pastés de
-bresmes, d’anguilles, et blanc mengier.</p>
-
-<p>Tiers mets. Froumentée, venoison, lamproie à la sausse chaude (26),
-leschefrites, bresmes en rost et darioles, esturgon et gelée.</p>
-
-<div class="headd">
-<p class="c">V. <span class="smcap">Autre disner de char.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets et assiette. Pastés de beuf et de mouelle, civé de lièvre,
-grosse char, un brouet blanc de connins, chappons et venoison aux
-souppes, porée blanche, navés, oés salées et eschinées.</p>
-
-<p>Second mets. Rost le meilleur etc., un rosé d’aloés, un blanc mengier,
-nomblès et queue de sanglier à la sausse chaude (26), pastés de
-chappons gras, frittures et pastés norroix.</p>
-
-<p>Tierce assiette. Fromentée, venoison, dorures de pluseurs manières,
-oés et chappons gras à la dodine, darioles de cresme et leschefrites
-sucrées, bourrées à la galentine chaude (26), gelée de chappons,
-connins, poucins<a name="FNanchor_680_680" id="FNanchor_680_680"></a><a href="#Footnote_680_680" class="fnanchor">[680]</a>, lapereaux et cochons.</p>
-
-<p>Quarte assiette. Ypocras et le mestier pour issue.</p>
-
-<div class="headd">
-<p class="c">VI. <span class="smcap">Autre disner de char.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Fèves frasées, un brouet de cannelle (13), un civé de
-lièvre noir (16), un brouet vert d’anguilles (17), harenc sor, grosse
-char, navès, tanches aux souppes, oés et eschinées salées, roissolles
-de mouelle de beuf (4) et hastelés de beuf <i>ut p<sup>a</sup></i><a name="FNanchor_681_681" id="FNanchor_681_681"></a><a href="#Footnote_681_681" class="fnanchor">[681]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-95" id="page_vol-2-95"></a>{v. 2, p.95}</span></p>
-
-<p>Second mets. Rost le meilleur que on puet, poisson doulx, poisson de
-mer, plais en l’eaue, bourrées à la sausse chaude <i>ut</i><a name="FNanchor_682_682" id="FNanchor_682_682"></a><a href="#Footnote_682_682" class="fnanchor">[682]</a> lamproions
-(26), un gravé d’aloés g. i. g.<a name="FNanchor_683_683" id="FNanchor_683_683"></a><a href="#Footnote_683_683" class="fnanchor">[683]</a>, de fleur de peschier, blanc
-mengier parti, tourtes Lombardes, pastés de venoison et d’oiselets,
-cretonnée d’Espaigne, harenc frais.</p>
-
-<p>Tiers mès. Froumentée, venoison, dorures, gelées de poisson, chappons
-gras à la dodine, rost de poisson, leschefrites et darioles, anguilles
-renversées, escrevices, crespes et pipefarces.</p>
-
-<div class="headd">
-<p class="c">VII. <span class="smcap">Autre disner de char.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Poirée blanche, hastelés de beuf, grosse char, civé de
-veel, du brouet houssé.</p>
-
-<p>Second mets. Rost de char, poisson de mer et d’eaue doulce, ranioles
-Lombardes, une cretonnée d’Espaigne.</p>
-
-<p>Tiers mets. Lamproies, alause<a name="FNanchor_684_684" id="FNanchor_684_684"></a><a href="#Footnote_684_684" class="fnanchor">[684]</a>, un rosé, lait lardé et croutes de
-lait, tourtes Pisaines <i>id est</i> Lombardes, darioles de cresme.</p>
-
-<p>Quart mets. Froumentée, venoison, doreures, pastés de bresmes et de
-gornaux, anguilles renversées, chappons gras à la dodine.</p>
-
-<p>Yssue est ypocras et le mestier.&mdash;Boute-hors; vin et espices.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">VIII. <span class="smcap">Autre disner de char.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Grosse char, pastés norrois, bignés de mouelle de beuf,
-brouet camelin de char, soringue<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-96" id="page_vol-2-96"></a>{v. 2, p.96}</span> d’anguilles, loches en eaue, poisson
-de mer et froide sauge.</p>
-
-<p>Second mets. Rost le meilleur qu’on pourra, poisson doulx, un tieule de
-char, un bouli lardé de chevrel, pastés de chapons, crespes, pastés de
-bresmes et d’anguilles et blanc mengier.</p>
-
-<p>Tiers mets. Froumentée, venoison, doreures, lamproies à la sausse
-chaude, leschefrites et darioles, bresmes en rost, boulis au verjus,
-esturgon et gelée.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">IX. <span class="smcap">Autre disner de char.</span></p>
-</div>
-<p>Premier mets. Poreaux blans, pastés de beuf, oyes et eschinées, civé de
-lièvre et de connins, un geneste d’aloés, grosse char.</p>
-
-<p>Second mets. Rost: queue de sanglier à la sausse chaude (26), blanc
-mengier parti, dodines d’oés, lait lardé et croutes, venoison,
-doreures, gelées, croutes au lait à la dodine, pastés de chapons,
-froide sauge, pastés de vache et talemouse.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">X. <span class="smcap">Autre disner de char.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Pois coulés, harenc, anguilles salées, civé
-d’oestres<a name="FNanchor_685_685" id="FNanchor_685_685"></a><a href="#Footnote_685_685" class="fnanchor">[685]</a> noir, un brouet d’amandes, tieule, un bouli de brochets
-et d’anguilles, une cretonnée, un brouet vert d’anguilles, pastés
-d’argent.</p>
-
-<p>Second mets. Poisson de mer, poisson doulx, pastés de bresme et de
-saumon, anguilles renversées, une arboulastre brune, tanches à un bouli
-lardé, un blanc mengier, crespes, lettues, losenges, orillettes et
-pastés norrois, lux et saumons farcis.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-97" id="page_vol-2-97"></a>{v. 2, p.97}</span></p>
-
-<p>Tiers mets. Fromentée, venoison, doreures de pommeaulx et de pès
-d’Espaigne et de chastellier, rost de poisson, gelée, lamproies,
-congres et turbos à la sausse vert, bresmes au vert jus, leschefrites,
-darioles et l’entremès grant.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">XI. <span class="smcap">Autre disner.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Pastés de beuf et roissoles, porée noire, un gravé de
-lamproies, un brouet d’Alemaigne de char, un brouet georgié de char,
-une sausse blanche de poisson, une arboulastre.</p>
-
-<p>Second mets. Rost de char, poisson de mer, poisson doulx, une cretonnée
-de char, ranioles, un rosé de lapereaulx et d’oiselets, bourrées à la
-sausse chaude (26), tourtes Pisaines.</p>
-
-<p>Tiers mets. Tanches aux souppes, blanc mengier parti, lait lardé et
-croittes<a name="FNanchor_686_686" id="FNanchor_686_686"></a><a href="#Footnote_686_686" class="fnanchor">[686]</a>, queues de sanglier à la sausse chaude (26), chapons
-à la dodine, pastés de bresmes et de saumon, plais en l’eaue,
-leschefrictes<a name="FNanchor_687_687" id="FNanchor_687_687"></a><a href="#Footnote_687_687" class="fnanchor">[687]</a> et darioles.</p>
-
-<p>Quart mets. Fromentée, venoison, doreures, rost de poisson, froide
-sauge, anguilles renversées, gelée de poisson, pastés de chappons.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">XII. <span class="smcap">Autre disner.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Fèves frasées, un brouet de canelle, un civé de lièvre
-noir ou brouet d’anguilles vert, harens sors, grosse char, navets,
-tanches aux souppes, oés et eschinées salées, roissolles de mouelle de
-beuf.</p>
-
-<p>Second mets. Rost le meilleur qu’on peut, poisson<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-98" id="page_vol-2-98"></a>{v. 2, p.98}</span> d’eaue doulce,
-poisson de mer, plais en l’eaue, bourrées à la sausse chaude, un gravé
-d’aloués en couleur de fleur de peschier, blanc mengier parti, tourtes
-Lombardes, pastés de venoison et d’oiselés, cretonnée d’Espaigne,
-harens frais.</p>
-
-<p>Tiers mets. Froumentée, venoison, doreures, gelée de poissons, chappons
-gras à la dodine, rost de poisson, leschefrictes et darioles, anguilles
-renversées, escrevices, crespes et pipefarces.</p>
-
-<div class="headd"
-><p>XIII. <span class="smcap">Autre disner de char.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Un brouet d’Alemaingne, choulx cabus, une soringue
-d’anguilles, navez, pastés de beuf, grosse char.</p>
-
-<p>Second mets. Rost le meilleur qu’on pourra avoir, oés grasses à la
-dodine, poisson d’eaue doulce, blanc mengier, une arboulastre, pastés
-norrois, crespes, lait lardé, tourtes de lait.</p>
-
-<p>Tiers mets. Pastés de chapon à la doudine, ris engoulé, queue de
-sanglier à la sausse chaude, leschefrictes et darioles succrées.</p>
-
-<p>Quart mets. Fromentée, venoison, doreures, anguilles renversées, rost
-de bresmes.</p>
-
-<p>La teste de sanglier à l’entremès.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">XIV. <span class="smcap">Autre disner de char.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Poreaulx blancs à chappons, oé à l’eschinée et à
-l’andoulle rostie, pièces de beuf et de mouton, un brouet gorgé<a name="FNanchor_688_688" id="FNanchor_688_688"></a><a href="#Footnote_688_688" class="fnanchor">[688]</a> de
-lièvres, de veel, de connins.</p>
-
-<p>Second mets. Chappons, perdris, connins, plouviers<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-99" id="page_vol-2-99"></a>{v. 2, p.99}</span>, cochons farcis,
-faisans pour les seigneurs<a name="FNanchor_689_689" id="FNanchor_689_689"></a><a href="#Footnote_689_689" class="fnanchor">[689]</a>, gelée de char et de poisson.</p>
-
-<p>L’entremets. Lux et carpes.</p>
-
-<p>L’entremets eslevé<a name="FNanchor_690_690" id="FNanchor_690_690"></a><a href="#Footnote_690_690" class="fnanchor">[690]</a>. Cine, paons, butors, hérons et autres choses.</p>
-
-<p>L’issue. Venoison, ris engoulé, pastés de chappons, flaons de cresme,
-darioles, anguilles renversées, fruit, oublées<a name="FNanchor_691_691" id="FNanchor_691_691"></a><a href="#Footnote_691_691" class="fnanchor">[691]</a>, estrées<a name="FNanchor_692_692" id="FNanchor_692_692"></a><a href="#Footnote_692_692" class="fnanchor">[692]</a> et le
-claré<a name="FNanchor_693_693" id="FNanchor_693_693"></a><a href="#Footnote_693_693" class="fnanchor">[693]</a>.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">XV. <span class="smcap">Autre disner de vint quatre mets</span><a name="FNanchor_694_694" id="FNanchor_694_694"></a><a href="#Footnote_694_694" class="fnanchor">[694]</a> <span class="smcap">a trois
-assiètes.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Pois coulés, anguilles salées et harenc, poireaux aux
-amandes, grosse char, un brouet jaunet, une salemine, poisson de mer,
-civé d’oïtres.</p>
-
-<p>Second mets. Rost, poisson doulx, poisson de mer, un brouet de Savoie,
-un brouet lardé d’anguilles renversées.</p>
-
-<p>Tiers mets. Rost de bresmes, galentine, cine, chapons pelerins, gelée,
-blanc mengier parti, plais en<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-100" id="page_vol-2-100"></a>{v. 2, p.100}</span> l’eaue, turbos à la soucie, darioles de
-cresme, lamproies à la sausse chaude, doreures, ris engoulé, etc.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">SOUPERS.<br />
-XVI. <span class="smcap">Souper de char a quatre assiètes.</span></p>
-</div>
-
-<p>Première assiète. Seymé, poules aux herbes, brouet de vertjus et de
-poullaille, une espinbesche de un bouly lardé, brochereaulx et loche en
-eaue, rougé et chastelongnes salées.</p>
-
-<p>Second mets. Rost le meilleur que on peut de char et poisson, et drois
-au persil et au vinaigre, poisson à la galantine, une sausse blanche
-sur poisson, et fraze de char.</p>
-
-<p>Tiers mets. Pastés de chapons, bécuit de brochets et d’anguilles,
-laittues, tubesches et une arboulastre, poisson, crespes et pipefarces.</p>
-
-<p>Quart mets. Gelée, escrevices, plais en l’eaue, ables et froide sauge,
-nomblès à la sausse chaude, pastés de vache et talemouses.&mdash;Potage pour
-faire yssue, appellé gelée.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">XVII. <span class="smcap">Autre souper de char.</span></p>
-</div>
-
-<p>Première assiète. Chapons aux herbes, une comminée, poix daguenets,
-loches au jaunel, venoison aux souppes.</p>
-
-<p>Second mets. Rost le meilleur qu’on peut avoir, gelée, blanc mengier
-parti, flanceaulx de cresme bien succrés.</p>
-
-<p>Tiers mets. Pastés de chapons, froides sauges, espaules de mouton
-farcies, brochetons à un rebouly, venoison à la queue de sanglier,
-escrevices.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-101" id="page_vol-2-101"></a>{v. 2, p.101}</span></p>
-
-<div class="headd"><p class="c">XVIII. <span class="smcap">Autre souper de char.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Trois manières de potages, chapons entiers en un blanc
-brouet, une chaudumée de beschets, venoison aux souppes, loches et
-anguilles tronsonnées dessus.</p>
-
-<p>Second mets. Rost, chapons, connins, perdris, plouviers, mesles<a name="FNanchor_695_695" id="FNanchor_695_695"></a><a href="#Footnote_695_695" class="fnanchor">[695]</a>,
-oiselets, chevriaulx, un blanc mengier sus, etc., lux carpes et bars,
-etc., anguilles renversées.&mdash;Faisans et cines pour entremets.</p>
-
-<p>Tiers mets. Venoison à la froumentée, pastés de turtres et d’alouettes,
-tartes, escrevices, harens frais, fruit, claré, nieulles<a name="FNanchor_696_696" id="FNanchor_696_696"></a><a href="#Footnote_696_696" class="fnanchor">[696]</a>, neffles,
-poires, noix pelées.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">XIX. <span class="smcap">Disners de poisson pour caresme.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets et assiète. Pommes cuites, grosses figues de Prouvence
-rosties et fueilles de lorier par-dessus, le cresson et le soret au
-vinaigre, poix coulés, anguilles salées, harens blans, gravé sur
-friture de mer et d’eaue doulce.</p>
-
-<p>Second mets. Carpes, lux, soles, rougés, saumons, anguilles.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">XX. <span class="smcap">Autre disner de poisson pour caresme.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Pommes cuites, etc., comme dessus.</p>
-
-<p>Second mets. Carpes, lux, soles, rougés, saumon, anguilles renversées à
-la boe et une arboulastre.</p>
-
-<p>Tiers mets. Pinperneaulx rostis, merlans fris, marsouin poudré à l’eaue
-et fromentée, crespes et pastés norrois. Yssue: figues et roisins,
-ypocras et le mestier, comme dessus est dit.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-102" id="page_vol-2-102"></a>{v. 2, p.102}</span></p>
-
-<div class="headd"><p class="c">XXI. <span class="smcap">Autre disner de poisson.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Pois coulés, purée, civé d’oïstres, une sausse blanche de
-brochets et de perches, porée de cresson, harens, graspoix, anguilles
-salées, loches en l’eaue.</p>
-
-<p>Second mets. Poisson d’eaue doulce et de mer, turbot à la soucie,
-taillis, un bécuit, anguilles en galentine.</p>
-
-<p>Tiers mets. Rost le plus bel et le meilleur qu’on pourra avoir, blans
-pastés, larras, loche au waymel, escrevices, perches au percil et au
-vinaigre, tanches aux souppes, gelée.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">XXII. <span class="smcap">Autre disner de poisson.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Pois coulés, harens, porée, anguilles salées, oïstres,
-une salaminée de brochets et de carpes.</p>
-
-<p>Second mets. Poisson d’eaue doulce, une soringue d’anguilles, pastés
-norrois et blanc mengier parti, une arboulastre, pastés, bignés.</p>
-
-<p>Tiers mets. Rost le meilleur, etc., ris engoulé, tartres, leschefrayes
-et darioles, pastés de saumon et de bresme, une chaudumée.</p>
-
-<p>Quart mets. Taillis, crespes, pipefarces, escherois, loche frite<a name="FNanchor_697_697" id="FNanchor_697_697"></a><a href="#Footnote_697_697" class="fnanchor">[697]</a>,
-doreures, congres et turbos au soucié<a name="FNanchor_698_698" id="FNanchor_698_698"></a><a href="#Footnote_698_698" class="fnanchor">[698]</a>, tourtes Lombardes,
-anguilles renversées.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">XXIII. <span class="smcap">Autre disner de poisson.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Pommes cuites, figues grasses, Garnache, cresson et
-poulés, pois coulés, aloze, anguille<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-103" id="page_vol-2-103"></a>{v. 2, p.103}</span> salée, harens et craspois, brouet
-blanc sur perches, et sèches à un gravé sur friture.</p>
-
-<p>Second mets. Poisson doulx le meilleur qu’on peut et poisson de mer,
-anguilles renversées, bourrées à la sausse chaude, tenches aux souppes,
-escrevices, pastés de bresmes et plais en l’eaue.</p>
-
-<p>Tiers mets. Fromentée au marsouin, pastés norrois et maquereaulx
-rostis, pinperneaulx en rost et crespes, oïttres, sèches frites avec un
-bescuit de brochereaulx.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c">XXIV. <span class="smcap">Autre disner de poisson.</span></p>
-</div>
-
-<p>Premier mets. Pois coulés, harenc, anguilles salées, civé d’oïttres
-noir, un brouet d’amandes, tieule, un bouly de brochets et d’anguilles,
-une cretonnée, un brouet vert d’anguilles, pastés d’argent.</p>
-
-<p>Second mets. Poisson de mer, poisson doulx, pastés de bresmes et de
-saumon, anguilles renversées, une arboulastre brune, tanches à un bouly
-lardé, un blanc mengier, crespes, lettues, losenges, orillettes et
-pastés norrois, lux et saumon farcis.</p>
-
-<p>Tiers mets. Fromentée au pourpois<a name="FNanchor_699_699" id="FNanchor_699_699"></a><a href="#Footnote_699_699" class="fnanchor">[699]</a>, doreures de pommeaulx et de
-pets d’Espaigne et de chastellier, rost de poisson, gelée, lamproies,
-congres et turbot à la sausse vert, bresmes au vert jus, leschefroies,
-darioles et l’entremès: puis Desserte, l’Issue et le Boutehors.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><span class="smcap">Cy après s’ensuivent aucuns incidens servans auques</span><a name="FNanchor_700_700" id="FNanchor_700_700"></a><a href="#Footnote_700_700" class="fnanchor">[700]</a> <span class="smcap">a
-ce propos.</span></p>
-</div>
-
-<p><i>Primo</i>, L’appareil que fist faire M. de Laigny<a name="FNanchor_701_701" id="FNanchor_701_701"></a><a href="#Footnote_701_701" class="fnanchor">[701]</a> pour<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-104" id="page_vol-2-104"></a>{v. 2, p.104}</span> un disner
-qu’il fist à Monseigneur de Paris, le président, procureur et advocas
-du Roy et son autre conseil<a name="FNanchor_702_702" id="FNanchor_702_702"></a><a href="#Footnote_702_702" class="fnanchor">[702]</a>, montans<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-105" id="page_vol-2-105"></a>{v. 2, p.105}</span> à huit escuelles<a name="FNanchor_703_703" id="FNanchor_703_703"></a><a href="#Footnote_703_703" class="fnanchor">[703]</a>.</p>
-
-<p><i>Primo</i>, appareil de draps à tendre, vaisselle de sale<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-106" id="page_vol-2-106"></a>{v. 2, p.106}</span> et de cuisine,
-may, herbe vert à mettre sur table, aiguières et hanaps à pié, deux
-dragouers, salières d’argent, pain de deux jours pour chappeler et pour
-tranchouers. Pour cuisine: deux grans paelles, deux cuviers à eaue et
-deux balais.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que Mons<sup>r</sup>. de Paris ot trois escuiers de ses gens pour luy
-servir, et fut servi seul et à couvert<a name="FNanchor_704_704" id="FNanchor_704_704"></a><a href="#Footnote_704_704" class="fnanchor">[704]</a>. Et Mons<sup>r</sup>. le Président,
-un escuier, et fut servi seul et non couvert. <i>Item</i>, par le dit de
-Mons<sup>r</sup>. le président, le procureur du Roy fut audessus de l’advocat
-du Roy.</p>
-
-<p>Les assietes et mès s’ensuivent: Garnache deux quartes, c’est à deux
-personnes une chopine<a name="FNanchor_705_705" id="FNanchor_705_705"></a><a href="#Footnote_705_705" class="fnanchor">[705]</a>, mais c’est sur le trop, car il souffist
-à trois une chopine et que les seconds en aient. Eschaudés chaulx,
-pommes de rouvel rosties et dragée blanche dessus, un quarteron: figues
-grasses rosties, cinq quarterons: soret et cresson, rommarin.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-107" id="page_vol-2-107"></a>{v. 2, p.107}</span></p>
-
-<p>Potages, c’est assavoir salemine de six becquets et six tanches, poirée
-vert, et harenc blanc, un quarteron: six anguilles d’eaue doulce salées
-d’un jour devant et trois mellus trempés d’une nuit devant.</p>
-
-<p>Pour les potages: amandes, six livres; pouldre de gingembre, demie
-livre; saffren, demie once; menues espices, deux onces; pouldre de
-canelle, un quarteron; dragée, demie livre.</p>
-
-<p>Poisson de mer: soles, gournaulx, congres, turbot, saumon. Poisson
-d’eaue doulce: lux faudis<a name="FNanchor_706_706" id="FNanchor_706_706"></a><a href="#Footnote_706_706" class="fnanchor">[706]</a>, deux carpes de Marne<a name="FNanchor_707_707" id="FNanchor_707_707"></a><a href="#Footnote_707_707" class="fnanchor">[707]</a> faudisses,
-bresme.</p>
-
-<p>Entremès: plays, lemproie à la boe. Rost: et convient autres touailles
-et seize<a name="FNanchor_708_708" id="FNanchor_708_708"></a><a href="#Footnote_708_708" class="fnanchor">[708]</a> pommes d’orenge, marsouin à sa sausse, maquereaux, soles,
-bresmes, aloses à la cameline ou au vertjus, ris et amandes frictes
-dessus; succre pour ris et pour pommes, une livre; petites serviettes.</p>
-
-<p>Pour desserte: composte, et dragée blanche et vermeille mise
-par-dessus: rissoles, flaonnés, figues, dates, raisins, avelaines.</p>
-
-<p>Ypocras et le mestier sont l’issue. Ypocras deux quartes, et est le
-surplus comme dit est dessus de Garnache<a name="FNanchor_709_709" id="FNanchor_709_709"></a><a href="#Footnote_709_709" class="fnanchor">[709]</a>, oublies deux cens et les
-supplications<a name="FNanchor_710_710" id="FNanchor_710_710"></a><a href="#Footnote_710_710" class="fnanchor">[710]</a>. Et <i>nota</i>, pour chascune escuelle l’en prent huit
-oublies et quatre supplications et quatre estriers, et est largement;
-et coustent huit deniers pour escuelle.</p>
-
-<p>Vin et espices sont le Boute-hors. Au laver, grâces et aler en la
-chambre de parement; et lors les servans<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-108" id="page_vol-2-108"></a>{v. 2, p.108}</span> disnent, et assez tost après
-vin et espices<a name="FNanchor_711_711" id="FNanchor_711_711"></a><a href="#Footnote_711_711" class="fnanchor">[711]</a>; et puis congié.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>L’ordenance des nopces que fera maistre Helye en May, à un mardy;
-disner seulement pour vint escuelles.</p>
-
-<p>Assiette: beurre, rien, pour ce qu’il est jour de char. <i>Item</i>,
-cerises, rien, pour ce que nulles n’en estoient trouvées; et pour ce
-assiette nulle.</p>
-
-<p>Potages: chapons au blanc mengier, grenade et dragée vermeille
-par-dessus.</p>
-
-<p>Rost: en chascun plat un quartier de chevrel: quartier de chevrel est
-meilleur que aignel; un oison, deux poucins et sausses à ce; orenges,
-cameline, vertjus, et à ce fraîches touailles ou serviettes.</p>
-
-<p>Entremès: gelée d’escrevices, de loches, lapereaux et cochon. Desserte:
-froumentée et venoison. Yssue: ypocras et le mestier. Boute-hors: vin
-et espices.</p>
-
-<p>L’ordonnance du souper que fera ce jour est telle pour dix escuelles.</p>
-
-<p>Froide sauge de moitiés de poucins, de petites oés, et vinaigrette
-de ce mesmes mets pour icelluy soupper en un plat. Un pasté de deux
-lappereaulx et deux flaons (jasoit-ce que aucuns dient que à nopces
-franches convient darrioles), et en l’autre plat la frase de chevreaulx
-et les demies testes dorées.</p>
-
-<p>Entremets: gelée comme dessus. Issue: pommes et fromage sans ypocras,
-car il est hors de saison<a name="FNanchor_712_712" id="FNanchor_712_712"></a><a href="#Footnote_712_712" class="fnanchor">[712]</a>.</p>
-
-<p>Dancer, chanter, vin et espices et torches à alumer.</p>
-
-<p>Or convient<a name="FNanchor_713_713" id="FNanchor_713_713"></a><a href="#Footnote_713_713" class="fnanchor">[713]</a> la quantité des choses dessus dictes et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-109" id="page_vol-2-109"></a>{v. 2, p.109}</span> leurs
-appartenances et le pris d’icelles, et qui les pourverra<a name="FNanchor_714_714" id="FNanchor_714_714"></a><a href="#Footnote_714_714" class="fnanchor">[714]</a> et
-marchandera.</p>
-
-<p>Au boulengier, dix douzaines de blanc pain plat cuit d’un jour devant
-et de un denier pièce<a name="FNanchor_715_715" id="FNanchor_715_715"></a><a href="#Footnote_715_715" class="fnanchor">[715]</a>.</p>
-
-<p>Pain de tranchouers, trois douzaines de demi pié d’ample et quatre dois
-de large de haut, cuit de quatre jours devant et sera brun, ou qu’il
-soit pris ès halles pain de Corbueil<a name="FNanchor_716_716" id="FNanchor_716_716"></a><a href="#Footnote_716_716" class="fnanchor">[716]</a>.</p>
-
-<p>Eschançonnerie: trois paires de vins.</p>
-
-<p>Au bouchier, demy mouton pour faire la souppe aux compaignons et un
-quartier de lart pour larder; le maistre os d’un trumeau de beuf pour
-cuire avecques les chapons pour avoir le chaudeau à faire le blanc
-mengier; un quartier de veel devant pour servir au blanc mengier. Les
-seconds<a name="FNanchor_717_717" id="FNanchor_717_717"></a><a href="#Footnote_717_717" class="fnanchor">[717]</a>, un trumel de veel derrière ou des piés de veel, pour
-avoir l’eaue pour la gelée. Venoison<a name="FNanchor_718_718" id="FNanchor_718_718"></a><a href="#Footnote_718_718" class="fnanchor">[718]</a>, un pié en quarreure.</p>
-
-<p>A l’oubloier convient ordonner: <i>primo</i>, pour le service de la pucelle,
-douzaine et demie de gauffres fourrées<a name="FNanchor_719_719" id="FNanchor_719_719"></a><a href="#Footnote_719_719" class="fnanchor">[719]</a>, trois sols; douzaine et
-demie de gros bastons,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-110" id="page_vol-2-110"></a>{v. 2, p.110}</span> six sols; douzaine et demie de portes<a name="FNanchor_720_720" id="FNanchor_720_720"></a><a href="#Footnote_720_720" class="fnanchor">[720]</a>,
-dix-huit deniers; douzaine et demie d’estriers, dix-huit deniers; un
-cent de galettes succrées, huit deniers.</p>
-
-<p><i>Item</i>, fut marchandé à luy pour vint escuelles, pour le jour des
-nopces au disner, et six escuelles pour les serviteurs, qu’il aura six
-deniers pour escuelle, et servira chascune escuelle de huit oublies,
-quatre supplications et quatre estriers.</p>
-
-<p>Au poullaillier, vint chappons, deux sols parisis la pièce; cinq
-chevriaulx, quatre sols parisis; vint oisons, trois sols parisis
-pièce; cincquante poucins, douze deniers parisis pièce; c’est assavoir
-quarante rostis pour le disner, cinq pour la gelée et cinq au souper
-pour froide sauge. Cincquante lappereaux, c’est assavoir quarante pour
-le disner, lesquels seront en rost, et dix pour la gelée, et cousteront
-douze deniers parisis chascun. Un maigre cochon, pour la gelée, quatre
-sols parisis; douze paires de pigons pour le soupper, dix deniers
-parisis la paire.&mdash;A luy convient enquérir de la venoison.</p>
-
-<p>Es halles, pain pour tranchouers, trois douzaines. Pommes grenades pour
-blanc mengier, trois qui cousteront.... Pommes d’orenges, cincquante
-qui cousteront<a name="FNanchor_721_721" id="FNanchor_721_721"></a><a href="#Footnote_721_721" class="fnanchor">[721]</a>.... Six frommages nouveaulx et un vieil, et trois
-cens œufs.</p>
-
-<p>Est assavoir que chascun fromage doit fournir six<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-111" id="page_vol-2-111"></a>{v. 2, p.111}</span> tartelettes, et
-aussi pour chascun fromage convient trois œufs.</p>
-
-<p>Ozeille pour faire vertjus pour les poucins, sauge et percil pour faire
-la froide sauge, deux cens pommes de blandureau.</p>
-
-<p>Deux balais et une pele pour la cuisine, et du sel<a name="FNanchor_722_722" id="FNanchor_722_722"></a><a href="#Footnote_722_722" class="fnanchor">[722]</a>.</p>
-
-<p>Au saussier, trois chopines de cameline pour disner et souper et une
-quarte de vertjus d’ozeille.</p>
-
-<p>A l’espicier: dix livres d’amande, quatorze deniers la livre.&mdash;Trois
-livres fourment mondé<a name="FNanchor_723_723" id="FNanchor_723_723"></a><a href="#Footnote_723_723" class="fnanchor">[723]</a>, huit deniers la livre.&mdash;Une livre pouldre
-de gingembre-coulombin, onze sols.&mdash;Un quarteron gingembre-mesche,
-cinq sols<a name="FNanchor_724_724" id="FNanchor_724_724"></a><a href="#Footnote_724_724" class="fnanchor">[724]</a>.&mdash;Demie livre canelle batue, cinq sols.&mdash;Deux livres
-ris batus, deux sols.&mdash;Deux livres succre en pierre, seize sols.&mdash;Une
-once de saffren, trois sols.&mdash;Un quarteron clou<a name="FNanchor_725_725" id="FNanchor_725_725"></a><a href="#Footnote_725_725" class="fnanchor">[725]</a> et graine entre,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-112" id="page_vol-2-112"></a>{v. 2, p.112}</span>
-six sols.&mdash;Demi quarteron poivre long, quatre sols.&mdash;Demi quarteron
-garingal<a name="FNanchor_726_726" id="FNanchor_726_726"></a><a href="#Footnote_726_726" class="fnanchor">[726]</a>, cinq sols.&mdash;Demi quarteron macis<a name="FNanchor_727_727" id="FNanchor_727_727"></a><a href="#Footnote_727_727" class="fnanchor">[727]</a>, trois sols quatre
-deniers.&mdash;Demi quarteron feuille lorier vert, six deniers.&mdash;Deux livres
-bougie grosse et menue, trois sols quatre deniers la livre, valent six
-sols huit deniers.&mdash;Torches de trois livres la pièce, six; flambeaux de
-une livre la pièce, six; c’est assavoir trois sols la livre à l’achat,
-et la reprise six deniers moins pour la livre<a name="FNanchor_728_728" id="FNanchor_728_728"></a><a href="#Footnote_728_728" class="fnanchor">[728]</a>.</p>
-
-<p>A luy espices de chambre<a name="FNanchor_729_729" id="FNanchor_729_729"></a><a href="#Footnote_729_729" class="fnanchor">[729]</a>, c’est assavoir orengat, une livre, dix
-sols.&mdash;Chitron<a name="FNanchor_730_730" id="FNanchor_730_730"></a><a href="#Footnote_730_730" class="fnanchor">[730]</a>, une livre, douze sols.&mdash;Anis vermeil, une livre,
-huit sols.&mdash;Succre rosat<a name="FNanchor_731_731" id="FNanchor_731_731"></a><a href="#Footnote_731_731" class="fnanchor">[731]</a>, une livre, dix sols.&mdash;Dragée blanche,
-trois livres, dix sols la livre.&mdash;A luy hypocras, trois quartes, dix
-sols la quarte, et querra tout.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-113" id="page_vol-2-113"></a>{v. 2, p.113}</span></p>
-
-<p>Somme que ceste espicerie monta à douze francs, à compter ce qui fut
-ars des torches<a name="FNanchor_732_732" id="FNanchor_732_732"></a><a href="#Footnote_732_732" class="fnanchor">[732]</a>, et petit demoura d’espices; ainsi peut estre pris
-demi franc pour escuelle<a name="FNanchor_733_733" id="FNanchor_733_733"></a><a href="#Footnote_733_733" class="fnanchor">[733]</a>.</p>
-
-<p>A la Pierre-au-Lait<a name="FNanchor_734_734" id="FNanchor_734_734"></a><a href="#Footnote_734_734" class="fnanchor">[734]</a>, un sextier de bon lait non esburré et sans
-eaue, pour faire la froumentée.</p>
-
-<p>En Grève<a name="FNanchor_735_735" id="FNanchor_735_735"></a><a href="#Footnote_735_735" class="fnanchor">[735]</a>, un cent de costerez de Bourgongne, treize sols; deux
-sacs de charbon, dix sols.</p>
-
-<p>A la Porte-de-Paris<a name="FNanchor_736_736" id="FNanchor_736_736"></a><a href="#Footnote_736_736" class="fnanchor">[736]</a>: may, herbe vert, violette, chappeaulx, un
-quart de sel blanc, un quart de sel<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-114" id="page_vol-2-114"></a>{v. 2, p.114}</span> gros, un cent d’escrevices, une
-chopine de loche, deux pots de terre, l’un d’un sextier pour la gelée,
-et l’autre de deux quartes pour la cameline.</p>
-
-<p>Or avons <i>primo</i> le service en général, et secondement où les matières
-seront trouvées: or convient, tiercement, trouver sur ce administreurs
-et officiers.</p>
-
-<p><i>Primo</i>, convient un clerc ou varlet qui fera finance d’erbe vert,
-violette, chapeaulx, lait, fromages, œufs, busche, charbon, sel, cuves
-et cuviers tant pour sale que pour garde-mengiers, vertjus, vinaigre,
-ozeille, sauge, percil, aulx nouveaulx, deux balais, une pesle et
-telles menues choses.</p>
-
-<p><i>Item</i>, un queux et ses varlets qui cousteront deux francs de loyer,
-sans les autres drois, mais le queux paiera varlets et portages, et
-dient: <i>à plus d’escuelles, plus de loyer</i>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, deux porte-chappes<a name="FNanchor_737_737" id="FNanchor_737_737"></a><a href="#Footnote_737_737" class="fnanchor">[737]</a>, dont l’un chappelera pain et fera
-tranchouers et sallieres de pain, et porteront et le sel et le pain
-et tranchouers aux tables, et fineront pour la sale de deux ou trois
-couloueres pour gecter le gros relief<a name="FNanchor_738_738" id="FNanchor_738_738"></a><a href="#Footnote_738_738" class="fnanchor">[738]</a> comme souppes, pain trenché
-ou brisié, tranchouers, chars et telles choses: et deux seaulx pour
-gecter et recueillir brouets, sausses et choses coulans<a name="FNanchor_739_739" id="FNanchor_739_739"></a><a href="#Footnote_739_739" class="fnanchor">[739]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-115" id="page_vol-2-115"></a>{v. 2, p.115}</span></p>
-
-<p><i>Item</i>, convient un ou deux porteurs d’eaue. <i>Item</i>, sergens grans et
-fors à garder l’uis.</p>
-
-<p><i>Item</i>, deux escuiers de cuisine et deux aides avec eulx pour le
-dressouer de cuisine, desquels l’un ira marchander de l’office de
-cuisine, de paticerie et du linge pour six tables; ausquelles convient
-deux grans pos de cuivre pour vint escuelles, deux chaudières, quatre
-couloueres, un mortier et un pestail<a name="FNanchor_740_740" id="FNanchor_740_740"></a><a href="#Footnote_740_740" class="fnanchor">[740]</a>, six grosses nappes pour
-cuisine, trois grans pos de terre à vin, un grant pot de terre pour
-potage, quatre jattes et quatre cuillers de bois, une paelle de fer,
-quatre grans paelles à ance, deux trépiers et une cuillier de fer.
-Et aussi marchandera de la vaisselle d’estain: c’est assavoir dix
-douzaines d’escuelles, six douzaines de petits plas, deux douzaines et
-demie de grans plas, huit quartes, deux douzaines de pintes, deux pos à
-aumosne<a name="FNanchor_741_741" id="FNanchor_741_741"></a><a href="#Footnote_741_741" class="fnanchor">[741]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-116" id="page_vol-2-116"></a>{v. 2, p.116}</span></p>
-
-<p><i>Item</i>, que<a name="FNanchor_742_742" id="FNanchor_742_742"></a><a href="#Footnote_742_742" class="fnanchor">[742]</a> l’ostel; sur quoy est assavoir que l’ostel de
-Beauvais<a name="FNanchor_743_743" id="FNanchor_743_743"></a><a href="#Footnote_743_743" class="fnanchor">[743]</a> cousta à Jehan du Chesne<a name="FNanchor_744_744" id="FNanchor_744_744"></a><a href="#Footnote_744_744" class="fnanchor">[744]</a> quatre francs; tables,
-tresteaulx, fourmes <i>et similia</i>, cinq francs; et la chappellerie luy
-cousta quinze francs.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-117" id="page_vol-2-117"></a>{v. 2, p.117}</span></p>
-
-<p>Et l’autre escuier de cuisine ou son aide ira avecques le queux vers le
-bouchier, vers le poullaillier, l’espicier, etc., marchander, choisir
-et faire apporter, et paier portages; et auront une huche fermant à
-clef où seront les espices, etc., et tout distribueront par raison et
-mesure. Et après ce, eulx ou leurs aides retrairont et mettront en
-garde le surplus en corbeillons et corbeilles,<a name="FNanchor_745_745" id="FNanchor_745_745"></a><a href="#Footnote_745_745" class="fnanchor">[745]</a> en huche fermant
-pour eschever le gast et excès des mesnies.</p>
-
-<p>Deux autres escuiers convient pour le dressouer de sale, qui livreront
-cuilliers et les recouvreront: livreront hanaps, et verseront tel
-vin comme chascun leur demandera pour ceulx qui seront à table, et
-recouvreront la vaisselle<a name="FNanchor_746_746" id="FNanchor_746_746"></a><a href="#Footnote_746_746" class="fnanchor">[746]</a>.</p>
-
-<p>Deux autres escuiers pour l’eschançonnerie, lesquels livreront vin pour
-porter au dressouer, aux tables et ailleurs; et auront un varlet qui
-traiera le vin.</p>
-
-<p>Deux des plus honnestes et mieulx savans<a name="FNanchor_747_747" id="FNanchor_747_747"></a><a href="#Footnote_747_747" class="fnanchor">[747]</a>, qui compaigneront
-tousjours le marié et avec luy yront devant les mets.</p>
-
-<p>Deux maistres d’ostel pour faire lever<a name="FNanchor_748_748" id="FNanchor_748_748"></a><a href="#Footnote_748_748" class="fnanchor">[748]</a> et ordener l’assiette des
-personnes<a name="FNanchor_749_749" id="FNanchor_749_749"></a><a href="#Footnote_749_749" class="fnanchor">[749]</a>, un asséeur et deux serviteurs pour chascune table,
-qui serviront et desserviront: getteront le relief ès corbeilles, les
-sausses et brouets ès seilles ou cuviers, et retrairont et apporteront
-la desserte des mets aux escuiers de cuisine ou autres qui<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-118" id="page_vol-2-118"></a>{v. 2, p.118}</span> seront
-ordonnés à la sauver, et ne porteront riens ailleurs.</p>
-
-<p>L’office du maistre d’ostel est de pourveoir des salières pour la
-grant table; hanaps, quatre douzaines; gobelets couvers dorés, quatre;
-aiguières, six; cuilliers d’argent, quatre douzaines; quartes d’argent,
-quatre; pos à aumosne, deux; dragouers, deux.</p>
-
-<p>Une chappelière<a name="FNanchor_750_750" id="FNanchor_750_750"></a><a href="#Footnote_750_750" class="fnanchor">[750]</a> qui livrera chappeaulx le jour du regard<a name="FNanchor_751_751" id="FNanchor_751_751"></a><a href="#Footnote_751_751" class="fnanchor">[751]</a> et
-le jour des nopces.</p>
-
-<p>L’office des femmes est de faire provision de tapisseries, de ordonner
-à les tendre, et par espécial la chambre parer et le lit qui sera
-benoist<a name="FNanchor_752_752" id="FNanchor_752_752"></a><a href="#Footnote_752_752" class="fnanchor">[752]</a>.</p>
-
-<p>Lavendière pour tressier<a name="FNanchor_753_753" id="FNanchor_753_753"></a><a href="#Footnote_753_753" class="fnanchor">[753]</a>.</p>
-
-<p>Et <i>nota</i> que se le lit est couvert de drap, il convient penne de menu
-vair: mais s’il est couvert de sarge, de broderie, ou couste-pointe de
-cendail, non.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>L’ordonnance pour les nopces Hautecourt<a name="FNanchor_754_754" id="FNanchor_754_754"></a><a href="#Footnote_754_754" class="fnanchor">[754]</a>, pour vint escuelles, ou
-mois de Septembre:</p>
-
-<p>Assiette: roisins et pesches ou petis pastés.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-119" id="page_vol-2-119"></a>{v. 2, p.119}</span></p>
-
-<p>Potages: civé, quatre lièvres et veau; ou pour blanc mengier vint
-chappons, deux sols quatre deniers pièce, ou poules.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-120" id="page_vol-2-120"></a>{v. 2, p.120}</span></p>
-
-<p>Rost: cinq cochons, vint hétoudeaux, deux sols quatre deniers pièce;
-quarante perdriaux, deux sols quatre deniers pièce. Mortereul
-ou<a name="FNanchor_755_755" id="FNanchor_755_755"></a><a href="#Footnote_755_755" class="fnanchor">[755]</a>...<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-121" id="page_vol-2-121"></a>{v. 2, p.121}</span></p>
-
-<p>Gelée: dix poucins, douze deniers; dix lappereaulx, un cochon;
-escrevices, un cent et demy.</p>
-
-<p>Fromentée, venoison, poires et noix. <i>Nota</i> que pour la fromentée
-convendra trois cens œufs.</p>
-
-<p>Tartelettes et autres choses, ypocras et le mestier, vin et espices.</p>
-
-<p>Souper.&mdash;Gravé de douze douzaines d’oiselets ou de dix canets, ou
-bouly lardé de venoison fresche. Pastés de quarante lappereaulx, vint
-poucins, quarante pigons; quarante darioles ou soixante tartelettes.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que trois oiselets en une escuelle, c’est assez; toutesvoies
-quant l’en a jugiers<a name="FNanchor_756_756" id="FNanchor_756_756"></a><a href="#Footnote_756_756" class="fnanchor">[756]</a> de chappons <i>vel similia</i>, l’en met trois
-oiselès et demi jugier avec, en l’escuelle.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>LA QUANTITÉ DES CHOSES DESSUS-DICTES.</small></p>
-</div>
-
-<p>Au boulengier, <i>ut supra</i> ès autres nopces précédens.</p>
-
-<p>Au pasticier, <i>ut supra</i>.</p>
-
-<p>Eschançonnerie, <i>ut supra</i>.</p>
-
-<p>Au bouchier, trois quartiers de mouton pour faire les souppes aux
-compaignons, un quartier de lart pour larder, un quartier de veel de
-devant pour le blanc mengier; pour les servans, venoison.</p>
-
-<p>A l’oubloier, douzaine et demie de gauffres fourrées faites, c’est
-assavoir de fleur de farine pettrie aux œufs et des leches de frommage
-mises dedens, et dix-huit autres gauffres pettries aux œufs et sans
-fromage. <i>Item</i>, douzaine et demie de gros bastons, c’est assavoir<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-122" id="page_vol-2-122"></a>{v. 2, p.122}</span>
-farine pettrie aux œufs et pouldre de gingembre batue ensemble et mis
-en la fourme, et aussi gros comme une andoulle: et lors mettre entre
-deux fers sur le feu. <i>Item</i>, douzaine et demie d’autres bastons et
-autant de portes.</p>
-
-<p><i>Item</i>, convient au dit regard envoier (oultre le fait dudit oubloier)
-cinquante pommes de blandureau, les chappeaulx et les ménestriers.</p>
-
-<p><i>Item</i>, audit oubloier, le service du jour des nopces <i>ut supra</i> ès
-nopces précédens.</p>
-
-<p>Au poullaillier, les rots et la volaille et venoison <i>ut supra</i>.</p>
-
-<p>Ès halles et à la Porte-de-Paris, les choses appartenans <i>ut supra</i>.</p>
-
-<p>Au saussier, une quarte de cameline pour le disner, et à soupper deux
-quartes de moustarde.</p>
-
-<p>A l’espicier, espices de chambre: dragée, succre rosat, noisettes
-confites, chitron et <i>manus-christi</i><a name="FNanchor_757_757" id="FNanchor_757_757"></a><a href="#Footnote_757_757" class="fnanchor">[757]</a>, quatre livres pour tout.
-<i>Item</i>, ypocras. Espices de cuisine: poudre blanche, une livre; poudre
-fine, demie livre; poudre de canelle, demie livre pour blanc mengier.
-Menues espices, deux onces. Succre en pierre, trois livres; trois
-pommes grenades; dragée blanche et vermeille, demie livre; amandes, six
-livres; fleur de ris, une livre; un quart de froment mondé.</p>
-
-<p>Au cirier furent prinses torches et flambeaux à<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-123" id="page_vol-2-123"></a>{v. 2, p.123}</span> trois sols la livre,
-et à deux sols six deniers de reprinse.</p>
-
-<p><i>Item</i>, pour louage de linge, c’est assavoir pour six tables, trois
-grans pos de cuivre, pour seize douzaines d’escuelles, deux chaudières,
-deux<a name="FNanchor_758_758" id="FNanchor_758_758"></a><a href="#Footnote_758_758" class="fnanchor">[758]</a> couloueres, un mortier, un pestail, six grosses nappes pour
-cuisine, trois grans pos de terre à vin, un grant pot de terre pour
-potage, quatre jattes, quatre cuilliers de bois, une paelle de fer,
-quatre grans paelles à ance, deux trépiés et une cuillier de fer
-percée; pour ce, cinquante-six sols parisis.</p>
-
-<p>Vaisselle d’estain: dix douzaines d’escuelles, six douzaines de petis
-plas, deux douzaines et demie de grans plas, huit quartes, deux
-douzaines de pintes, deux pos à aumosne; pour tout ce, seize sols.</p>
-
-<p>En Grève, <i>ut supra</i> ès autres nopces.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que pour ce qu’ils<a name="FNanchor_759_759" id="FNanchor_759_759"></a><a href="#Footnote_759_759" class="fnanchor">[759]</a> estoient vefves, ils espousèrent bien
-matin en leurs robes noires et puis se vestirent d’autres.</p>
-
-<p><i>Nota</i> des mises extraordinaires pour les nopces Jehan du Chesne. Au
-queux quatre francs et demi, et aides et portages, un franc: pour
-tout, cinq francs et demi. Au concierge de Beauvais, quatre francs:
-pour tables tréteaulx <i>et similia</i>, cinq francs. A la chappellière,
-quinze frans. Eaue, vint sols. Menestrels huit francs, sans les
-cuillers et autres courtoisies<a name="FNanchor_760_760" id="FNanchor_760_760"></a><a href="#Footnote_760_760" class="fnanchor">[760]</a>; et feront le regart<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-124" id="page_vol-2-124"></a>{v. 2, p.124}</span><a name="FNanchor_761_761" id="FNanchor_761_761"></a><a href="#Footnote_761_761" class="fnanchor">[761]</a> et les
-acrebades<a name="FNanchor_762_762" id="FNanchor_762_762"></a><a href="#Footnote_762_762" class="fnanchor">[762]</a>. Sergens deux frans. Herbe vert, huit sols. Flambeaux et
-torches, dix frans. Vaisselle de cuisine, nappes, touailles et voirres,
-sept frans. Pots d’estain, quatre frans.</p>
-
-<h2>DE LA DEUXIÈME DISTINCTION<br /><br />
-LE QUINT ARTICLE</h2>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>QUI PARLE DE COMMANDER, DEVISER ET FAIRE FAIRE TOUTES MANIÈRES DE
-POTAIGES, CIVÉS, SAULSES ET TOUTES AUTRES VIANDES.</small></p></div>
-
-<p>Or convient maintenant monstrer des appareils des viandes dessus
-nommées, mais, <i>primo</i>, te convient savoir aucuns termes généraulx
-lesquels tu pourras recueillir plus largement par aucunes additions qui
-sont çà et là parmi ce livre, c’est assavoir des lieures des potages,
-comme de pain, d’œufs, d’amidon, de fleur<a name="FNanchor_763_763" id="FNanchor_763_763"></a><a href="#Footnote_763_763" class="fnanchor">[763]</a>, etc., et par tous les
-potages lians.</p>
-
-<p><i>Item</i>, pour garder que ton potage ne s’aourse, tu le dois remuer ou
-fons du pot et regarder que les tisons ne touchent au fons, et s’il est
-jà commencé à aourser, tu le dois tantost changier en un autre pot<a name="FNanchor_764_764" id="FNanchor_764_764"></a><a href="#Footnote_764_764" class="fnanchor">[764]</a>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, de lait garder de tourner.</p>
-
-<p><i>Item</i>, que le pot ne s’envoise de dessus le feu.</p>
-
-<p>Ès potaiges, l’en doit mettre les espices très bien broiées et non
-coulées, et au plus tart. Ès sausses et en gelée <i>secus</i><a name="FNanchor_765_765" id="FNanchor_765_765"></a><a href="#Footnote_765_765" class="fnanchor">[765]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-125" id="page_vol-2-125"></a>{v. 2, p.125}</span></p>
-
-<p>Congnoistre espices, comme devant le quint article<a name="FNanchor_766_766" id="FNanchor_766_766"></a><a href="#Footnote_766_766" class="fnanchor">[766]</a>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <span class="smcap">POUR PORS TUER</span>.&mdash;L’en dit que l’en doit tuer les
-masles ès mois de Novembre, et les fumelles en Décembre; et ainsi est
-leur saison, à l’exemple que l’en dit: <i>géline de Février</i>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, pour faire boudins, aiez le sang du porc recueilli en un bel
-bacin ou paelle, et quant vous aurez entendu à vostre pourcel veoir
-deffaire, et fait laver très bien et mis cuire vostre froissure, et
-tandis qu’elle cuira, ostez du fons du bacin les coles du sang et
-gettez hors; et après, aiez oignons pelés et mincés jusques à la
-montance de la moitié du sang, avec la montance de la moitié de la
-gresse qui est entre les boyaulx, que l’on appelle l’entrecerelle<a name="FNanchor_767_767" id="FNanchor_767_767"></a><a href="#Footnote_767_767" class="fnanchor">[767]</a>
-des boyaulx, mincée menue comme dés, ensemble un petit de sel broyé, et
-gettez ou sang. Puis, aiez gingembre, clou, et pou de poivre, et broiez
-tout ensemble. Puis, aiez les menus boyaulx bien lavés, renversés et
-essangés<a name="FNanchor_768_768" id="FNanchor_768_768"></a><a href="#Footnote_768_768" class="fnanchor">[768]</a> en rivière courant, et pour oster la freschumée<a name="FNanchor_769_769" id="FNanchor_769_769"></a><a href="#Footnote_769_769" class="fnanchor">[769]</a>,
-aiez-les mis en une paelle sur le feu, et remuez; puis, mettez sel
-avec; et faites seconde fois, et encores troisième fois: et puis lavez,
-et après renversez et les lavez, puis mettez essuier sur une touaille;
-et les pousser et estraindre<a name="FNanchor_770_770" id="FNanchor_770_770"></a><a href="#Footnote_770_770" class="fnanchor">[770]</a> pour seicher. (L’en dit l’entrecerele
-et sont les gras boiaulx qui ont gresse dedens que l’en arrache à
-un coustel). Après ce que vous aurez mis et adjousté par esgales
-portions et quantités, pour autant de sang<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-126" id="page_vol-2-126"></a>{v. 2, p.126}</span> moitié d’oignons, et pour
-autant de sang, au quart de gresse, et puis quant vos boudins seront
-de ce emplis, faites-les cuire en une paelle en l’eaue de froissure,
-et picquiez d’une espingle quant ils s’enflent, ou autrement ils
-crèveroient.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que le sang se garde bien deux jours, voire trois, puis que les
-espices sont dedens. Et aucuns pour espices, ont poulieul<a name="FNanchor_771_771" id="FNanchor_771_771"></a><a href="#Footnote_771_771" class="fnanchor">[771]</a>, grant
-sarriette, ysope, marjolaine, queullis<a name="FNanchor_772_772" id="FNanchor_772_772"></a><a href="#Footnote_772_772" class="fnanchor">[772]</a> quant ils sont en fleur et
-puis séchés, pilés, pour espices. Et quant à la froissure, mettez-la en
-un pot de cuivre pour cuire au feu, tout entière et sans sel, et mettez
-le long de la gorge dehors le pot, car par la froissure s’escumera; et
-quant elle sera cuite, si l’ostez et pour faire le potage la regardez.</p>
-
-<p>Pour faire boudins de foie, prenez deux morceaulx de foie, deux
-morceaulx de mol, un morcel de gresse, et mettez en un bouel<a name="FNanchor_773_773" id="FNanchor_773_773"></a><a href="#Footnote_773_773" class="fnanchor">[773]</a>
-avecques du sang: et au surplus comme dessus.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que l’en fait bien boudins du sang d’une oé<a name="FNanchor_774_774" id="FNanchor_774_774"></a><a href="#Footnote_774_774" class="fnanchor">[774]</a>, mais qu’elle
-soit maigre, car de la maigre les boyaulx sont plus larges que de la
-grasse.</p>
-
-<p><i>Quæritur</i><a name="FNanchor_775_775" id="FNanchor_775_775"></a><a href="#Footnote_775_775" class="fnanchor">[775]</a> comment les boyaulx seront renversés pour laver;
-<i>responsio</i>: à un fil de lin et un fil d’archal long comme la verge
-d’un jaugeur.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que aucuns pendent en Pasquerés<a name="FNanchor_776_776" id="FNanchor_776_776"></a><a href="#Footnote_776_776" class="fnanchor">[776]</a> leurs pourceaulx, et
-l’air les jaunist; et pour ce les vault mieulx tenir ou salouer comme
-ils font en Picardie, combien que la char n’en soit pas si ferme, ce
-semble; toutesvoies est-ce trop plus bel service du lart qui est bel et
-blanc que du jaune, car quelque bonté qu’il ait ou<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-127" id="page_vol-2-127"></a>{v. 2, p.127}</span> jaune, il est trop
-reprouchié et donne descouragement quant l’en le voit<a name="FNanchor_777_777" id="FNanchor_777_777"></a><a href="#Footnote_777_777" class="fnanchor">[777]</a>.</p>
-
-<p>Pour faire andoulles.&mdash;<i>Nota</i> que les andoulles sont faictes du boiau
-culier et autres boyaulx gros, lesquels gros sont remplis des autres
-pour faire saucisses; et iceulx boyaulx menus, quant l’en les veult
-mettre ès andoulles, sont fendus au long en quatre parties. <i>Item</i>,
-de la pance qui est fendue par lesches, fait-l’en andoulles; <i>item</i>,
-de la char qui est dessoubs les costelettes; <i>item</i> des fagoés et
-autres choses qui sont entour la haste-menue, quant l’en ne veult
-point retenir celle haste-menue entière.&mdash;Mais premièrement, iceulx
-boyaulx sont deffreschumés en la paelle avec du sel, deux ou trois
-fois, comme dessus est dit des boyaulx pour boudins. Et les autres
-choses dessus-dictes, dont le dit boyau culier et autres dont l’en
-fait andouilles doivent estre remplis, seront premièrement plungiés et
-pouldrés de la pouldre de poivre demie once, et du fanoil un sixain,
-broiés avec un petit de sel et attrempéement mis, tout broié menu,
-avec les espices; et quant icelles andoulles sont ainsi ensachées et
-emplies, l’en les porte saler avec le lart et dessus le lart.</p>
-
-<p>Costelettes de fresche saleure, rosties sur le gril.</p>
-
-<p>Eschinées et jambons salés de trois jours naturels, aux pois.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que se un jambon est salé de longue saleure comme d’un mois,
-il convient dès le soir devant le mettre tremper en eaue froide, et
-l’endemain rere<a name="FNanchor_778_778" id="FNanchor_778_778"></a><a href="#Footnote_778_778" class="fnanchor">[778]</a> et laver en eaue chaude pour mettre cuire, ou
-mettre<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-128" id="page_vol-2-128"></a>{v. 2, p.128}</span> cuire <i>primo</i> en eaue et en vin, et gecter ceste première
-boulure, et puis cuire en autre eaue.</p>
-
-<p>Cy après s’ensuivent tous les noms particuliers qui sont ès yssues d’un
-porc, qui sont vendues à la tripperie sept blans.</p>
-
-<p><i>Primo</i>, quant le porc est décoré<a name="FNanchor_779_779" id="FNanchor_779_779"></a><a href="#Footnote_779_779" class="fnanchor">[779]</a>, le sang et les coles yssent
-premièrement, et en fait-l’en boudins qui veult. <i>Item</i> et en la
-froissure sont et appartiennent 1º en sain; 2º la haste-menue; 3º le
-chaudun<a name="FNanchor_780_780" id="FNanchor_780_780"></a><a href="#Footnote_780_780" class="fnanchor">[780]</a>.</p>
-
-<p>Le sain est le sain qui est entre les boyaulx et la haste-menue.
-La froisseure, c’est le foie, le mol, le cuer et la langue. La
-haste-menue, c’est la rate: et à icelle tient bien la moitié du foie
-et les rongnons; et l’autre moitié du foie tient à la froissure,
-entre le mol et le cuer. Le chaudun, ce sont les boyaulx que l’en dit
-l’entrecerele des boyaulx, et aussi sont-ce les boyaulx menus dont l’en
-fait boudins et saucisses, et aussi en est la pance.</p>
-
-<p>Ès yssues du mouton a la froissure à laquelle sont la panse et
-la caillette, les quatre piés et la teste; et couste tout, deux
-parisis<a name="FNanchor_781_781" id="FNanchor_781_781"></a><a href="#Footnote_781_781" class="fnanchor">[781]</a> à la tripperie.</p>
-
-<p>Les yssues du veel coustent à la triperie, deux blans, c’est assavoir
-la froissure, et y a la teste et la fraze et la pance et les quatre
-piés.</p>
-
-<p><i>Nota</i>, la fraze<a name="FNanchor_782_782" id="FNanchor_782_782"></a><a href="#Footnote_782_782" class="fnanchor">[782]</a> c’est la caillette, la pance et les boyaulx,
-lesquels les tripiers vendent tous nettoiés,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-129" id="page_vol-2-129"></a>{v. 2, p.129}</span> lavés et appareillés,
-trempans en belle eaue nette; mais ceulx qui les achettent ne
-s’attendent pas aux tripiers de leur appareil, mais les lavent en deux
-ou en trois paires d’eaues chaudes, et les eschaudument de nouvel avec
-du sel; et puis mettre cuire en eaue sans sel, tant que toute icelle
-soit beue, puis nourrir d’eaue de mouton, et mettre des herbes, de
-l’eaue, et du saffran en un plat avecques la fraze, et mengier comme
-trippes, au sel et au vertjus.</p>
-
-<p><i>Nota</i>, cy grant diversité de langage, car ce que l’en dit du porc
-la fressure, c’est le foie, le mol et le cuer; et ce que l’en dit la
-fressure de mouton, c’est la teste, la pance, la caillette et les
-quatre piés; et ce que l’en dit la fressure d’un veel, c’est la teste,
-la fraze, la pance et les quatre piés; et ce que l’en dit la fressure
-d’un beuf, c’est la pance, le psaultier, la franche-mule, la rate, le
-mol et le foie et les quatre piés; et de venoison, autrement et par
-autres noms. (<i>Quæritur</i><a name="FNanchor_783_783" id="FNanchor_783_783"></a><a href="#Footnote_783_783" class="fnanchor">[783]</a> la cause de ceste diversité sur ce seul
-mot fressure.)</p>
-
-<p><span class="smcap">Venoison de cerf ou autre.</span>&mdash;Qui la veult saler en esté, la
-convient saler en cuvier ou baignoire<a name="FNanchor_784_784" id="FNanchor_784_784"></a><a href="#Footnote_784_784" class="fnanchor">[784]</a>, gros sel broié, et après
-séchier au soleil. Seimier<a name="FNanchor_785_785" id="FNanchor_785_785"></a><a href="#Footnote_785_785" class="fnanchor">[785]</a> <i>id est</i> le coyer, qui est salé, l’en
-le doit cuire en la première eaue et vin pour le premier boullon pour
-oster son sel: et puis getter eaue et vin, et après mettre parcuire en
-boullon de char et des navès, et servir par lesches avec de l’eaue en
-un plat et venoison.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-130" id="page_vol-2-130"></a>{v. 2, p.130}</span></p>
-
-<p><i>Item</i>, qui a navès jeunes et petis, l’en la doit cuire en eaue et sans
-vin pour le premier boullon, puis getter l’eaue, et puis parcuire en
-eaue et vin et des chateingnes dedens, ou qui n’a chateingnes, de la
-sauge: puis servir comme dessus.</p>
-
-<p>En Juin et en Juillet, beuf et mouton salé par pièces est bien cuit à
-l’eaue et aux ciboulles; salé du matin au vespre ou d’un jour au plus.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<p>Les bouchiers de Paris<a name="FNanchor_786_786" id="FNanchor_786_786"></a><a href="#Footnote_786_786" class="fnanchor">[786]</a> tiennent que en un beuf,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-131" id="page_vol-2-131"></a>{v. 2, p.131}</span> selon leur stile
-et leur parler, n’a que quatre membres principaulx: c’est assavoir les
-deux espaules, les deux cuisses, et le corps de devant tout au long,
-et le corps de derrière tout au long. Car les espaules et les cuisses
-levées, l’en fent le beuf par les deux costés et fait-l’en du devant
-une pièce, et du derrière une autre; et ainsi est apporté le corps du
-beuf à l’estal, se le beuf est petit ou moïen: mais s’il est grant, la
-pièce de devant est fendue depuis en deux tout au long, et la pièce
-de derrière aussi, pour apporter plus aisiéement. Ainsi avons-nous
-maintenant du beuf six pièces, dont les deux poictrines sont levées
-au premier, et puis les deux souppis qui là tiennent qui sont bien de
-trois piés de long et demy-pié de large, eu venant par en bas et non
-pas par en hault. Et puis couppe-l’en le flanchet: et puis si a la
-surlonge qui n’est mie grantment plus<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-132" id="page_vol-2-132"></a>{v. 2, p.132}</span> espais de trois dois<a name="FNanchor_787_787" id="FNanchor_787_787"></a><a href="#Footnote_787_787" class="fnanchor">[787]</a> ou
-de deux. Puis, si a la longe qui est au plus près de l’eschine, qui
-est espoisse d’une grosse poignée; puis si a le filet que l’en appelle
-le nomblet, qui est bien d’un pié de long et non plus; et tient l’un
-bout au col et l’autre au rongnon, et est du droit de celluy qui tient
-les piés des beufs à l’escorcher, et le vent à un petit estal qui est
-au-dessous<a name="FNanchor_788_788" id="FNanchor_788_788"></a><a href="#Footnote_788_788" class="fnanchor">[788]</a> de la grant Boucherie; et est de petite valeur.</p>
-
-<p><i>Item</i>, selon ce que les beufs sont grans, l’en fait et vent à la
-Porte<a name="FNanchor_789_789" id="FNanchor_789_789"></a><a href="#Footnote_789_789" class="fnanchor">[789]</a> plus de pièces de l’un des membres devisés que de l’autre.
-Si ne sçay comment la taille des bourgois<a name="FNanchor_790_790" id="FNanchor_790_790"></a><a href="#Footnote_790_790" class="fnanchor">[790]</a> se peut proportionner
-en compte justement avec les bouchiers, car le bon beuf couste vingt
-livres où l’autre ne couste que douze<a name="FNanchor_791_791" id="FNanchor_791_791"></a><a href="#Footnote_791_791" class="fnanchor">[791]</a>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, les yssues du beuf coustent à la triperie huit sous: c’est
-assavoir la fressure en laquelle sont la pance, le saultier<a name="FNanchor_792_792" id="FNanchor_792_792"></a><a href="#Footnote_792_792" class="fnanchor">[792]</a>, la
-franche mule<a name="FNanchor_793_793" id="FNanchor_793_793"></a><a href="#Footnote_793_793" class="fnanchor">[793]</a>, la rate, le mol<a name="FNanchor_794_794" id="FNanchor_794_794"></a><a href="#Footnote_794_794" class="fnanchor">[794]</a>, le foie et les quatre piés.</p>
-
-<p><i>Item</i>, à Besiers, depuis la Saint-Andry<a name="FNanchor_795_795" id="FNanchor_795_795"></a><a href="#Footnote_795_795" class="fnanchor">[795]</a> qui est devant Noël, l’en
-sale les moutons par quartiers, par bien frotter de sel et refrotter,
-et tant et tant, et puis mettre les quartiers l’un sur l’autre huit
-jours, et puis mettre à la cheminée.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-133" id="page_vol-2-133"></a>{v. 2, p.133}</span></p>
-
-<p>Se tu veulx saler char de beuf ou de mouton en yver, aies de gros sel
-et le sèche en la paelle très-bien, puis le broies bien menu, et sales.</p>
-
-<p>Et <i>nota</i> que en Juin et Juillet mouton veult estre trempé, puis salé.</p>
-
-<p><span class="smcap">Langue de beuf salée.</span> En la saison qu’il fait bon saler,
-prenez des langues de beuf une quantité et les parboulez un petit, puis
-les réez et pelez, puis les salez l’une sur l’autre, et les laissiez
-en sel huit ou dix jours, puis les pendez à la cheminée, le remenant
-de l’iver: puis les pendez en un lieu sec, un an ou deux ou trois ou
-quatre.</p>
-
-<p><span class="smcap">Oé</span> doit estre salée de trois jours naturels.</p>
-
-<p><span class="smcap">Fouques</span> salées de deux jours sont bonnes aux choux.</p>
-
-<p><span class="smcap">Coulons ramiers</span> aussi; <i>nota</i> que ils viennent de trois ans en
-trois ans.</p>
-
-<p>Se un lièvre est pris quinze jours ou trois sepmaines devant Pasques,
-ou en autre temps que l’en le vueille garder, effondrez-le et lui ostez
-les entrailles, puis luy fendez la pel<a name="FNanchor_796_796" id="FNanchor_796_796"></a><a href="#Footnote_796_796" class="fnanchor">[796]</a> de la teste et luy rompez
-et cassez, et faictes une ouverture ou test et ostez la cervelle et
-emplez le creux de sel et recousez la pel; il se gardera un mois s’il
-est pendu par les oreilles.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que un des meilleurs morceaulx ou pièces de dessus le beuf, soit
-à rostir ou cuire en l’eaue, c’est le noyau du beuf; et <i>nota</i> que
-le noyau du beuf est la pièce après le col et les espaules. Et aussi
-icelle pièce est souverainement bonne tranchée par lesches, mise en
-pasté; et quant le pasté est cuit, gettez dedens sausse de lamproye.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-134" id="page_vol-2-134"></a>{v. 2, p.134}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Anguille.</span> Faictes-la mourir en sel et la laissiez illec trois
-jours naturels toute entière, puis soit eschaudée, osté le limon,
-tranchée par tronçons, cuite en l’eaue et aux ciboules. Et se vous
-la voulez saler du vespre au matin, estuviez-la et effondrez, puis
-tranchiez par tronçons, et salez et frottez très-bien chascun tronçon
-en fort sel; et se vous la voulez plus avancer, broyez du sel et
-frottez chascune couppure de tronçon et la hochez en sel entre deux
-escuelles. Cuite comme dessus et mengée à la moustarde.</p>
-
-<p><span class="smcap">Harenc quaque</span> soit mis en eaue fresche et laissié trois jours
-et trois nuis tremper en foison d’icelle eaue, et au bout de trois
-jours soit lavé et mis en autre eaue fresche deux jours tremper, et
-chascun jour changier son eaue deux fois. Et toutesvoies le menu et
-petit harenc veult moins tremper, et aussi est d’aucun harenc qui de sa
-nature veult moins tremper l’un que l’autre.</p>
-
-<p><span class="smcap">Harenc sor.</span> L’en congnoist le bon à ce qu’il est meigre et a
-le dos espois, ront et vert; et l’autre est gras et jaune ou a le dos
-plat et sec.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><span class="smcap">Potages communs sans espices et non lians.</span></p>
-</div>
-
-<p>Et primò <span class="smcap">POTAGE DE POIS VIELZ</span>.&mdash;Convient eslire<a name="FNanchor_797_797" id="FNanchor_797_797"></a><a href="#Footnote_797_797" class="fnanchor">[797]</a>, et
-savoir aux gens du lieu la nature des pois d’icelluy lieu, (car
-communément les pois ne cuisent pas bien d’eaue de puis: et en aucuns
-lieux ils cuisent bien d’eaue de fontaine et d’eaue de rivière,
-comme à Paris, et en autres lieux, ils ne cuisent point d’eaue de
-fontaine<a name="FNanchor_798_798" id="FNanchor_798_798"></a><a href="#Footnote_798_798" class="fnanchor">[798]</a>,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-135" id="page_vol-2-135"></a>{v. 2, p.135}</span> comme à Bésiers) et ce sceu, il les convient laver en
-une paelle avec de l’eaue tiède, puis mettre en un pot et de l’eaue
-tiède avec au feu, et faire boulir tant qu’ils soient bayens<a name="FNanchor_799_799" id="FNanchor_799_799"></a><a href="#Footnote_799_799" class="fnanchor">[799]</a>. Puis
-purer<a name="FNanchor_800_800" id="FNanchor_800_800"></a><a href="#Footnote_800_800" class="fnanchor">[800]</a> la purée et la mettre à part, puis emplir le pot aux pois
-d’eaue tiède et mettre au feu et les repurer secondement, qui veult
-avoir plus largement purée: et puis remettre sans eaue, car ils en
-gecteront assez et bouldront en icelle; et ne convient point mettre la
-cuillier dedens le pot puis qu’ils sont purés, mais hocher le pot et
-les pois ensemble, et petit à petit les paistre de l’eaue tiède ou plus
-chaude que tiède et non de la froide, et faire boulir et cuire du tout
-avant que tu y mettes quelque chose que eaue chaude soit de la char ou
-autre: ne n’y met sel, ne lart, ne affaitement quelsconques jusques à
-ce qu’ils soient tous cuis. De l’eaue du lart y pues tu bien mettre et
-de l’eaue de la char, mais l’en n’y doit point mettre de sel, non mie
-bouter la cuillier, jusques à ce qu’ils soient bien cuis; toutesvoies,
-l’en les peut bien remuer à tout le pot.</p>
-
-<p>A jour de char, l’en doit, après ce qu’ils sont purés, paistre de
-l’eau du lart et de la char, et quant ils seront presque cuis, l’en
-peut mettre le lart dedens; et quant l’en trait le lart d’iceulx pois,
-l’en le doit laver de l’eaue de la char, afin qu’il en soit plus bel à
-mettre par lesches sur la char, et qu’il n’appere point crotté de pois.</p>
-
-<p>A jour de poisson, quant les pois sont cuis, l’en doit avoir oignons
-qui aient autant cuit comme les pois en<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-136" id="page_vol-2-136"></a>{v. 2, p.136}</span> un pot et le lart en autre
-pot<a name="FNanchor_801_801" id="FNanchor_801_801"></a><a href="#Footnote_801_801" class="fnanchor">[801]</a>, et<a name="FNanchor_802_802" id="FNanchor_802_802"></a><a href="#Footnote_802_802" class="fnanchor">[802]</a> que de l’eaue du lart l’en paist et sert les pois,
-tout ainsi, à jour de poisson, quant l’en a mis ses pois au feu en
-un pot, l’en doit mettre à part ses ongnons mincés<a name="FNanchor_803_803" id="FNanchor_803_803"></a><a href="#Footnote_803_803" class="fnanchor">[803]</a> en un autre
-pot, et de l’eaue des oignons servir et mettre dedens les pois en
-paissant; et quant tout ce est cuit, frire les oignons et en mettre la
-moictié ès pois, et l’autre en la purée dont il sera parlé cy-après,
-et lors mettre du sel. Et se à ce jour de poisson ou en karesme il y a
-craspois<a name="FNanchor_804_804" id="FNanchor_804_804"></a><a href="#Footnote_804_804" class="fnanchor">[804]</a>, l’en doit faire des craspois comme de lart en jour de
-char.</p>
-
-<p>Quant est de pois nouveaulx, aucunes fois ils sont cuis à jour de char
-et à l’eaue de char et du percil broié, pour faire potage vert, et
-c’est à jour de char; et à jour de poisson, l’en les cuit au lait, du
-gingembre et du saffran dedens; et aucunes fois à la cretonnée dont il
-sera parlé cy-après.</p>
-
-<p>De tous iceulx pois, soient viels, soient nouveaulx, l’en en peut faire
-de coulés en un buletel<a name="FNanchor_805_805" id="FNanchor_805_805"></a><a href="#Footnote_805_805" class="fnanchor">[805]</a>, estamine<a name="FNanchor_806_806" id="FNanchor_806_806"></a><a href="#Footnote_806_806" class="fnanchor">[806]</a> ou sacs<a name="FNanchor_807_807" id="FNanchor_807_807"></a><a href="#Footnote_807_807" class="fnanchor">[807]</a>; mais les
-vielz pois, l’en les doit jaunir de saffran broyé dont l’eaue soit mise
-boulir avec les pois et le saffran avec la purée.</p>
-
-<p>Autres pois y a qui sont en cosse avec du lart dedans.</p>
-
-<p><i>Item</i>, cretonnée de pois nouveaulx, trouverez vous ou chappitre
-ensuivant.</p>
-
-<p>De purée à jour de char l’en ne tient compte. A jour de poisson et en
-karesme, l’en frit les oignons dont cy-dessus ou chappitre précédent
-est parlé, et puis l’uille en quoy les oignons sont fris et iceulx
-oignons<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-137" id="page_vol-2-137"></a>{v. 2, p.137}</span> l’en met dedans<a name="FNanchor_808_808" id="FNanchor_808_808"></a><a href="#Footnote_808_808" class="fnanchor">[808]</a> avec chappeleures de pain, gingembre, clo
-et graine broiés: et deffait de vinaigre et vin, et y met-l’en un petit
-de saffren, puis dressiez souppes<a name="FNanchor_809_809" id="FNanchor_809_809"></a><a href="#Footnote_809_809" class="fnanchor">[809]</a> en l’escuelle.</p>
-
-<p><i>Item</i>, de purée fait l’en civé<a name="FNanchor_810_810" id="FNanchor_810_810"></a><a href="#Footnote_810_810" class="fnanchor">[810]</a> à jour de poisson. Si ne le remue
-point et l’oste tantost de dessus le feu, etc.<a name="FNanchor_811_811" id="FNanchor_811_811"></a><a href="#Footnote_811_811" class="fnanchor">[811]</a></p>
-
-<p><i>Item</i>, de purée aliez<a name="FNanchor_812_812" id="FNanchor_812_812"></a><a href="#Footnote_812_812" class="fnanchor">[812]</a> vostre porée de bettes et sera très-bon
-potage, mais que vous n’y mettez point d’autre eaue; et est pour porée
-de karesme<a name="FNanchor_813_813" id="FNanchor_813_813"></a><a href="#Footnote_813_813" class="fnanchor">[813]</a>.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que si tost que tu apparcevras que ton potage s’aoursera, si
-le fay plus cler, car il s’aourse d’estre trop espois; et le remue
-tousjours ou fons du pot qui aura esté aoursé, avant que tu y mettes
-riens plus.</p>
-
-<p>Véez-cy comment l’en cuit les oignons: en l’eaue longuement avant les
-pois, et tant que l’eaue soit toute dégastée au cuire; puis y met-l’en
-de la purée pour les parcuire et oster la saveur de l’eaue.</p>
-
-<p>Aussy les oïttres sont <i>primo</i> lavées en eaue chaude, puis parboulies,
-puis doivent estre parcuites en la purée afin que la saveur d’icelles
-demeure en la purée, et non point escumées, puis oster les oïttres et
-frire qui veult, et en mettre une partie ès escuelles, et de l’autre
-partie font mès.</p>
-
-<p><span class="smcap">Fèves</span> vieilles qui sont pour cuire à toute l’escorce doivent
-estre trempées et mises au feu en un pot dès le soir devant et toute
-la nuit; puis getter celle eaue, et mettre cuire en une autre eaue,
-puis les purer comme<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-138" id="page_vol-2-138"></a>{v. 2, p.138}</span> pois, pour oster celle première forte saveur, et
-puis cuire à l’eaue de la char et au lart comme dit est devant à l’eaue
-des pois, ou à jour de poisson à l’eaue doulce, et puis après mettre
-de l’uile: ou à l’eaue des oignons et aux oignons. Et qui en veult de
-coulés, fasse comme des pois.</p>
-
-<p><i>Item</i>, les fèves seront frasées en Pasquerés en ceste manière, c’est
-assavoir qui en vouldra de frasées, il les convient eslire, laver, et
-sans tremper mettre les fèves à toute l’escorce en un pot au feu en
-eaue frémiant, et laissiez boulir jusques à ce que l’escorce soit ridée
-et grédelié; et puis tiré arrière du feu, et puisié à une cuillier,
-et les escorcher et fraser en leur chaleur, l’une cuillerée après
-l’autre, et getter en eaue froide. Après ce, les convient laver en eaue
-tiède comme les pois, puis les mettre cuire en eaue froide, et quant
-elles seront boulies comme bayennes, les purer: et getter la purée, et
-remplir de boullon de char se c’est à jour de char, ou d’autre eaue se
-c’est à jour de poisson; à affaitier à l’uille et à l’oignon bien cuit,
-puis frit: ou affaitié au beurre. Et pevent estre reverdies de fueilles
-de fèves nouvelles broyées, deffaites d’eaue chaude et coulées; puis
-faire comme des autres, soit à jour de char au lart, ou à jour de
-poisson.</p>
-
-<p><i>Item</i>, cretonnée de fèves nouvelles se fait comme vous trouverez ou
-chappitre ensuivant.</p>
-
-<p><i>Item</i>, qui veult en tous les mois de l’an mengier fèves sentans et
-ayans saveur de fèves nouvelles, aiez et plantez chascun mois des
-fèves, et de ce qui sera le plus tendre qui croistra dehors terre
-prenez ainsi comme une pongnée, et broyez et mettez en vos fèves, et
-vos fèves blanchiront et aront couleur et saveur de fèves nouvelles.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-139" id="page_vol-2-139"></a>{v. 2, p.139}</span></p>
-
-<p><i>Item</i>, fèves nouvelles doivent premièrement estre cuites jusques à
-bayennes<a name="FNanchor_814_814" id="FNanchor_814_814"></a><a href="#Footnote_814_814" class="fnanchor">[814]</a>, puis purer, et après boulir dedens la purée grosses
-souppes de deux dois d’espois et de pain brun, puis mettre en un
-chascun<a name="FNanchor_815_815" id="FNanchor_815_815"></a><a href="#Footnote_815_815" class="fnanchor">[815]</a> des fèves deux d’icelles souppes et du sel par-dessus.</p>
-
-<p><i>Item</i>, quant elles sont baiennes et purées, l’en les peut frire à
-la gresse de la ribelette<a name="FNanchor_816_816" id="FNanchor_816_816"></a><a href="#Footnote_816_816" class="fnanchor">[816]</a> puis mettre un petit de pouldre<a name="FNanchor_817_817" id="FNanchor_817_817"></a><a href="#Footnote_817_817" class="fnanchor">[817]</a>
-par-dessus.</p>
-
-<p>L’en congnoist les fèves des marais à ce qu’elles sont plates, et
-les fèves des champs sont rondes.&mdash;<i>Item</i>, à la dent l’en les treuve
-doulces et l’escorce tendre, et les autres au contraire.</p>
-
-<p><i>Item</i>, qui veult fraser fèves nouvelles, il les convient premièrement
-fendre au long au coustel, et quant tout est fendu, les peler à la main.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que en Aoust commence-l’en à mengier fèves et pois coulés à la
-char salée; et <i>nota</i> que un jambon de porc doit estre salé de trois
-jours naturels, et lors est fin bon.</p>
-
-<p><i>Nota</i> encores de fèves et de pois, que cretonnée de fèves et de pois
-est ou chappitre des <i>Potages lians</i>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Porée.</span> Trois manières de porées sont selon le dit des queux
-qui les nomment, l’une porée blanche, l’autre porée vert, l’autre porée
-noire.</p>
-
-<p>Porée blanche est dicte ainsi pour ce qu’elle est faite du blanc des
-poireaux, à l’eschinée, à l’andoulle et au jambon, ès saisons d’automne
-et d’iver, à jour de char; et sachez que nulle autre gresse que le porc
-n’y est<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-140" id="page_vol-2-140"></a>{v. 2, p.140}</span> bonne. Et premièrement l’en eslit, lave, mince et esverde les
-poreaux, c’est assavoir en esté, quant iceulx poreaux sont jeunes: mais
-en yver, quant iceulx poreaux sont plus viels et plus durs, il les
-convient pourboulir en lieu d’esverder, et se c’est à jour de poisson,
-après ce que dit est, il les convient mettre en un pot avec de l’eaue
-chaude et ainsi cuire, et aussi cuire des oignons mincés, puis frire
-les oignons, et après frire iceulx poreaux avec les oignons qui jà sont
-fris; puis mettre tout cuire en un pot et du lait de vache, se c’est en
-charnage<a name="FNanchor_818_818" id="FNanchor_818_818"></a><a href="#Footnote_818_818" class="fnanchor">[818]</a> et à jour de poisson; et se c’est en karesme, l’en y met
-lait d’amandes. Et se c’est à jour de char, quant iceulx poreaux d’esté
-sont esverdés, ou les poreaux d’iver pourboulis comme dit est, l’en
-les met en un pot cuire en l’eaue des saleures, ou du porc et du lart
-dedans.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que aucunesfois à poreaux, l’en fait lioison de pain.</p>
-
-<p><i>Item</i>, porée blanche de bettes se fait comme dessus en eaue de mouton
-et beuf ensemble, mais non point de porc; et à jour de poisson, au lait
-ou d’amandes ou de vache.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <span class="smcap">DE CRESSON EN KARESME AU LAIT D’AMANDES</span>. Prenez
-votre cresson et le mettez pourboulir et une pongnée de bettes avec
-des hachées, et les friolez en huille, puis la mettez boulir en lait
-d’amandes; et en charnage, friolez au lart et au beurre tant qu’il
-soit cuit<a name="FNanchor_819_819" id="FNanchor_819_819"></a><a href="#Footnote_819_819" class="fnanchor">[819]</a>, puis destrempez de l’eaue de la char; ou au frommage
-et dressiez tantost, car il roussiroit. Toutesvoies<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-141" id="page_vol-2-141"></a>{v. 2, p.141}</span>, se l’en y met
-percil, il ne doit point estre esverdé.</p>
-
-<p>Une espèce de porée<a name="FNanchor_820_820" id="FNanchor_820_820"></a><a href="#Footnote_820_820" class="fnanchor">[820]</a> que l’en dit espinars et ont plus longues
-feuilles, plus gresles et plus vers que porée commune, et aussi l’en
-appelle espinoches, et se menguent au commencement de karesme.</p>
-
-<p>Nouvelle et première porée<a name="FNanchor_821_821" id="FNanchor_821_821"></a><a href="#Footnote_821_821" class="fnanchor">[821]</a>. Eslisiez-le, et à eslire ostez les
-grosses costes comme l’en fait des choulx, puis les mettez en eaue
-frémiant sans mincer, et aiez en un pot eaue clere, ou purée, et du
-sel, et mettez la porée dedens icelluy pot cuire, et puis dréciez et
-mettez huille d’olive ou vertjus en l’escuelle, et n’y ait point de
-percil.</p>
-
-<p>Aucunes fois et le plus souvent l’en frit les espinars tous crus, et
-quant ils sont bien fris, l’en met de l’eaue un petit, comme l’en fait
-souppe à l’uille.</p>
-
-<p><i>Aliter</i>, porée de bettes nouvelles soit esverdée en esté quant elle
-est jeune, ou pourboulie en yver quant elle est droite porée vieille,
-selon la considération de sa vieillesse.</p>
-
-<p>Porée de bettes qui est lavée, puis mincée et pourboulie, se tient plus
-vert que celle qui premièrement est pourboulie et puis hachée. Mais
-encores est plus verte et meilleur celle qui est esleue, puis lavée
-et puis mincée bien menu, puis esverdée en eaue froide, puis changer
-l’eaue et laissier tremper en autre eaue, puis espraindre par pelottes
-et mettre au pot boulir ou boullon avec le lart et de l’eaue de mouton;
-et quant elle a un petit bouli et l’en le veult drécier, que l’en mette
-dedens du percil esleu, lavé et haché, et un petit de fanoul jeune, et
-boulir un boullon seulement.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-142" id="page_vol-2-142"></a>{v. 2, p.142}</span></p>
-
-<p>Tout considéré, la porée moins boulue et non pourboulie est la plus
-vert, et le percil ne doit point estre boulu, se très-petit non, car en
-boulant il pert sa saveur.</p>
-
-<p>Porée verte à jour de poisson. Soit eslite, mincée, puis lavée en eaue
-froide sans pourboulir, puis cuite au vertjus et pou d’eaue, et mettre
-du sel, et soit drécée toute boulant bien espoisse sans cler, puis l’en
-mettra dedens, au fons de l’escuelle, dessoubs la porée, du beurre salé
-ou frais qui veult, ou frommage ou frommagée ou vertjus viel.</p>
-
-<p>Porée de minces<a name="FNanchor_822_822" id="FNanchor_822_822"></a><a href="#Footnote_822_822" class="fnanchor">[822]</a> est en saison, de Janvier jusques à Pasques, et
-encore après.</p>
-
-<p>Et <i>nota</i> que à faire porée au lait d’amandes, le lait ne doit point
-estre coulé par l’estamine; en aucuns autres potages ou à boire, si
-fait.</p>
-
-<p>Porée noire est celle qui est faite à la ribelette de lart; c’est
-assavoir que la porée est esleue, lavée, puis mincée et esverdée en
-eaue boulant, puis fritte en la gresse des lardons; et puis alaier<a name="FNanchor_823_823" id="FNanchor_823_823"></a><a href="#Footnote_823_823" class="fnanchor">[823]</a>
-d’eaue chaude frémiant (et dient aucuns, qui la laveroit d’eaue froide,
-qu’elle seroit plus laide et noire), puis convient mettre sur chascune
-escuelle deux lardons.</p>
-
-<p><span class="smcap">Choulx</span> sont de cinq manières: les meilleurs sont ceulx qui ont
-esté férus de la gelée, et sont tendres et tost cuis; et en temps de
-gelée ne les convient point pourboulir, et en temps pluyeux, si. (Et
-commence à iceulx pour ce que ce sont de celle année les premiers crus,
-<i>scilicet</i> puis Avril<a name="FNanchor_824_824" id="FNanchor_824_824"></a><a href="#Footnote_824_824" class="fnanchor">[824]</a>, et puis va en descendant vers vendenges,
-Nouel et Pasques.)<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-143" id="page_vol-2-143"></a>{v. 2, p.143}</span></p>
-
-<p>Choulx blanc sont en la fin d’Aoust.</p>
-
-<p>Pommes de chou, sur la fin de vendenges. Et quant la pomme d’icelluy
-chou, laquelle est ou milieu, est ostée, l’en arrache et replante en
-terre nouvelle le tronc de ce chou, et en yssent larges feuilles qui
-s’espandent: et tient un chou grant place, et l’en appelle iceulx
-choulx nommés<a name="FNanchor_825_825" id="FNanchor_825_825"></a><a href="#Footnote_825_825" class="fnanchor">[825]</a> choulx Rommains, et sont mengiés en yver; et des
-troncs, se ils sont replantés, yssent de petits choulx que l’en appelle
-minces, que l’en mengue avec les herbes crues en vinaigre; et qui en a
-foison, ils sont bons esleus, lavés en eaue chaude, et tous entiers mis
-cuire avec un petit d’eaue: et puis quant ils sont cuis, mettre du sel
-et de l’uile, et dréciés bien espois sans eaue, et mettre de l’uille
-d’olive dessus en karesme. Puis y a autres choulx que l’en appelle
-choulx pasquerés pour ce que l’en les mengue en Pasquerez<a name="FNanchor_826_826" id="FNanchor_826_826"></a><a href="#Footnote_826_826" class="fnanchor">[826]</a>, mais
-ils sont semés dès Aoust; et quant après la semence ils sont percreus
-demy-pié de hault, l’en les arrache et plante-l’en ailleurs, et sont
-souvent arrousés.</p>
-
-<p>Aussi tous les choulx dessusdis sont premièrement semés, puis quant ils
-sont creus à demy-pié de hault, sont ostés et replantés.</p>
-
-<p>Et premièrement des pommes, est assavoir que quant icelles pommes sont
-effeuillées, eslites et mincées, il les convient très-bien pourboulir,
-et longuement plus que les autres choulx, car les choulx Rommains
-se veullent le vert des feuilles dessirer par pesches<a name="FNanchor_827_827" id="FNanchor_827_827"></a><a href="#Footnote_827_827" class="fnanchor">[827]</a>, et le
-jaune, c’est assavoir les arrestes ou veines<a name="FNanchor_828_828" id="FNanchor_828_828"></a><a href="#Footnote_828_828" class="fnanchor">[828]</a>,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-144" id="page_vol-2-144"></a>{v. 2, p.144}</span> escachées<a name="FNanchor_829_829" id="FNanchor_829_829"></a><a href="#Footnote_829_829" class="fnanchor">[829]</a> ou
-mortier, puis tout ensemble esverder en eaue chaude, puis espraindre
-et mettre en un pot et de l’eaue tiède, qui n’a assez eaue de char: et
-puis servir du plus gras et<a name="FNanchor_830_830" id="FNanchor_830_830"></a><a href="#Footnote_830_830" class="fnanchor">[830]</a> de l’eaue de la char, et plusieurs y
-broient du pain.</p>
-
-<p>Et sachez que choulx veulent estre mis au feu dès bien matin, et cuire
-très-longuement et plus longuement que nul autre potage, et à bon feu
-et fort, et doivent tremper en gresse de beuf et non autre, soient
-pommes ou choulx ou quels qu’ils soient, excepté minces. Sachez aussi
-que eaue grasse de beuf et de mouton y est propre, mais non mie de
-porc; celle de porc n’est pas bonne fors pour poreaux.</p>
-
-<p>Après, l’en fait choulx, à jour de poisson, après ce qu’ils sont
-pourboulis, cuire en eaue tiède: et mettre de l’uille et du sel.</p>
-
-<p><i>Item</i>, avec ce, aucuns y mettent du gruyau<a name="FNanchor_831_831" id="FNanchor_831_831"></a><a href="#Footnote_831_831" class="fnanchor">[831]</a>. <i>Item</i>, en lieu
-d’uille, aucuns y mettent beurre.</p>
-
-<p>A jour de char<a name="FNanchor_832_832" id="FNanchor_832_832"></a><a href="#Footnote_832_832" class="fnanchor">[832]</a>, l’en y met pigons, saussisses et lièvre,
-fourques<a name="FNanchor_833_833" id="FNanchor_833_833"></a><a href="#Footnote_833_833" class="fnanchor">[833]</a> et foison lart.</p>
-
-<p><span class="smcap">Navets</span> sont durs et mal cuisans jusques à ce qu’ils aient esté
-au froit et à la gelée; l’en leur oste la teste, la queue et autres
-barbillons ou racines, puis sont rés, puis lavés en deux ou en trois
-paires d’eaues chaudes, bien chaudes, puis cuire en chaude eaue de
-char, soit porc, beuf, ou mouton.</p>
-
-<p><i>Item</i>, en Beausse, puis qu’ils sont cuis, l’en les tronçonne et frit
-en la paelle, et gecte l’en pouldre par dessus.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-145" id="page_vol-2-145"></a>{v. 2, p.145}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Menus de piés.</span> Prenez jugiers<a name="FNanchor_834_834" id="FNanchor_834_834"></a><a href="#Footnote_834_834" class="fnanchor">[834]</a> et foies et faites cuire
-en vin et en eaue, premièrement les jugiers et au derrenier les
-foies, puis les mettez en un plat et du percil mincié et du vinaigre
-par-dessus. <i>Item</i>, de pié de beuf et de mouton et de chevrel.</p>
-
-<p><span class="smcap">Gramose</span><a name="FNanchor_835_835" id="FNanchor_835_835"></a><a href="#Footnote_835_835" class="fnanchor">[835]</a> est faite<a name="FNanchor_836_836" id="FNanchor_836_836"></a><a href="#Footnote_836_836" class="fnanchor">[836]</a> de la char froide du giste qui est
-demourée du disner et de l’eaue d’icelle char demourée comme dessus, en
-la manière qui s’ensuit: <i>primo</i>, il convient batre quatre ou six œufs,
-c’est assavoir moyeul et blanc, et batre, batre, et tant qu’ils soient
-dégoutans comme eaue, car autrement ils se tourneroient; et mettre
-autant de vertjus comme les œufs montent, et faire boulir avec l’eaue
-de la char; et d’autre part faire la char par lesches, et mettre deux
-pièces en l’escuelle, et le brouet par-dessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Souppe despourveue.</span> Aiez du percil et frisiez en beurre, puis
-gettez de l’eaue boulant dessus et faites boulir: et mettre du sel, et
-dréciez vos souppes comme en purée<a name="FNanchor_837_837" id="FNanchor_837_837"></a><a href="#Footnote_837_837" class="fnanchor">[837]</a>.</p>
-
-<p><i>Aliter</i>, se vous avez du beuf froit, si le trenchiez bien menu, puis
-broiez un pou de pain allayé de vertjus et coulez par l’estamine; mise
-en un plat et de la pouldre dessus. Chauffez sur le charbon. C’est bon
-pour trois personnes.</p>
-
-<p><i>Aliter</i>, à jour de poisson, prenez de l’eaue et mettez frémir et des
-amandes dedans; puis escorchez les amandes et les broyez et allaiez
-d’eaue tiède, coulez et mettez boulir avec pouldre de gingembre et
-saffran, et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-146" id="page_vol-2-146"></a>{v. 2, p.146}</span> dréciez par escuelles; et en chascune escuelle, une pièce
-de poisson frit.</p>
-
-<p><i>Aliter</i>, à jour de char, prenez du chaudeau de la char, et aiez
-pain trempé ou maigre<a name="FNanchor_838_838" id="FNanchor_838_838"></a><a href="#Footnote_838_838" class="fnanchor">[838]</a> de l’eaue de la char, puis broyez, et six
-œufs: puis coulez et mettez en un pot avec de l’eaue grasse, espices,
-vertjus, vinaigre et saffran; faictes boulir un bouillon, puis dréciez
-par escuelles.</p>
-
-<p><i>Item</i>, et qui en une hostellerie, en haste, treuve eaue de char et il
-en veult faire potage, il peut gecter ens des espices et faire boulir,
-puis, au derrenier, filer des œufs et drécier.</p>
-
-<p><i>Aliter</i>, à jour de poisson, broyez du pain, et destrempez d’eaue, de
-vertjus et du vinaigre, et mettez sur le feu; et quand il frémira,
-mettez jus<a name="FNanchor_839_839" id="FNanchor_839_839"></a><a href="#Footnote_839_839" class="fnanchor">[839]</a>, et mettez les moyeux dedans; puis mettez sur le feu
-et faites à petit feu tant chauffer qu’il bouille, et mettez pouldres
-d’espices et faites vostre souppe.</p>
-
-<p><i>Aliter</i>, faites boulir ou pot un petit de lart, et quant il sera la
-moitié cuit, aiez un maquerel frais, et découpez par tronçons et le
-mettez cuire avec, et puis ostez tout, et mettez du percil hachié
-boulir une onde<a name="FNanchor_840_840" id="FNanchor_840_840"></a><a href="#Footnote_840_840" class="fnanchor">[840]</a> et dréciez.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour congnoistre bon frommage.</span> Bon frommage a six conditions.
-<i>Non Argus, nec Helena, nec Maria Magdalena, sed Lazarus et Martinus,
-respondens pontifici.</i><a name="FNanchor_841_841" id="FNanchor_841_841"></a><a href="#Footnote_841_841" class="fnanchor">[841]</a></p>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-2-147" id="page_vol-2-147"></a>{v. 2, p.147}</span></p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Non mie blanc comme Hélaine,<br /></span>
-<span class="i0">Non mie plourant com Magdalaine,<br /></span>
-<span class="i0">Non Argus, mais du tout avugle,<br /></span>
-<span class="i0">Et aussi pesant comme un bugle<a name="FNanchor_842_842" id="FNanchor_842_842"></a><a href="#Footnote_842_842" class="fnanchor">[842]</a>:<br /></span>
-<span class="i0">Contre le poulce soit rebelle,<br /></span>
-<span class="i0">Et qu’il ait tigneuse cotelle<a name="FNanchor_843_843" id="FNanchor_843_843"></a><a href="#Footnote_843_843" class="fnanchor">[843]</a>.<br /></span>
-<span class="i2">Sans yeulx, sans plourer, non pas blanc,<br /></span>
-<span class="i0">Tigneulx, rebelle, bien pesant.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>En Juillet, jambon de porc frais cuit à l’eaue jaune et au vertjus de
-grain, un petit de gingembre et de pain: à la sausse rapée.</p>
-
-<p><i>Item</i>, au soupper, char salée du matin cuite à l’eaue et aux ciboules,
-soit beuf ou mouton.</p>
-
-<p>En pois nouveaulx cuis pour mengier en la cosse, l’en doit mettre
-du lart à jour de char: et à jour de poisson, quant ils sont cuis,
-l’en pure l’eaue, et l’en met dessoubs du beurre salé fondre, et puis
-hochier.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>AUTRES POTAGES QUI SONT A ESPICES ET NOS LIANS.</small></p>
-</div>
-
-<p><i>Primo</i>, <i>nota</i> que toutes espices qui doivent estre mises en potages
-doivent estre bien broyées et non coulées, excepté pour gelée; et en
-tous potages, l’en doit mettre les espices le plus tart que l’en puet,
-car tant plus perdent de leur saveur comme plus tost sont mises: et
-doit-l’en couler le pain broyé.</p>
-
-<p>Potage à jour de poisson, <i>vide<a name="FNanchor_844_844" id="FNanchor_844_844"></a><a href="#Footnote_844_844" class="fnanchor">[844]</a> pagina proxima præcedente</i>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-148" id="page_vol-2-148"></a>{v. 2, p.148}</span></p>
-
-<p><i>Aliter</i>, prenez amandes, eschaudez et pelez et broiez: deffaites
-d’eaue tiède; faites boulir avec pouldre fine et saffran, et en
-chascune escuelle soit mise une moitié de sole frite et du potage
-dessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Courges.</span> Soit pelée l’escorce, car c’est le meilleur: et
-toutesvoies qui vouldra mettre ce<a name="FNanchor_845_845" id="FNanchor_845_845"></a><a href="#Footnote_845_845" class="fnanchor">[845]</a> dedans, soient ostés les grains,
-jàsoit-ce que l’escorce seule vault mieulx, puis convient tranchier
-l’escorce pelée par morceaux, puis pourboulir, puis hacher longuement,
-puis mettre cuire en gresse de beuf: à la parfin jaunir de saffren ou
-getter dessus du saffren par filés, l’un çà, l’autre là; ce que les
-queux dient <i>frangié de saffran</i>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Hericot de mouton.</span> Despeciez-le par petites pièces, puis le
-mettez pourboulir une onde, puis le frisiez en sain de lart, et frisiez
-avec des oignons menus minciés et cuis, et deffaites du boullon de
-beuf, et mettez avec macis, percil, ysope et sauge, et faites boulir
-ensemble<a name="FNanchor_846_846" id="FNanchor_846_846"></a><a href="#Footnote_846_846" class="fnanchor">[846]</a>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <span class="smcap">PASTÉ EN POT DE MOUTON</span>. Prenez de la cuisse<a name="FNanchor_847_847" id="FNanchor_847_847"></a><a href="#Footnote_847_847" class="fnanchor">[847]</a>,
-et gresse ou mouelle de beuf ou de veel haché menu et oignons menus
-hachiés, et faictes boulir et cuire en un pot bien couvert à bien petit
-de boullon de char ou autre eaue, puis mettez boulir dedens espices, et
-un petit de vinaigre pour aguisier, et dréciez en un plat.</p>
-
-<p><i>Item</i>, qui veult saler mouton en temps chault, il le convient tremper
-avant, et puis pouldrer de gros sel broyé.</p>
-
-<p><span class="smcap">Mouton ausoerre</span><a name="FNanchor_848_848" id="FNanchor_848_848"></a><a href="#Footnote_848_848" class="fnanchor">[848]</a>. Despeciez le mouton par pièces,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-149" id="page_vol-2-149"></a>{v. 2, p.149}</span> puis
-lavez et mettez cuire en eaue, puis broyez foison percil et pain, et
-coulez, et mettez ou pot avec espices.</p>
-
-<p><span class="smcap">Mouton au jaunet.</span> Despeciez le tout cru, et soit du flanchet;
-et le cuisiez en eaue, puis y broyez une cloche de gingembre et du
-saffran, et allaiez de vertjus, de vin et de vinaigre<a name="FNanchor_849_849" id="FNanchor_849_849"></a><a href="#Footnote_849_849" class="fnanchor">[849]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Trippes au jaunet.</span> Qui veult cuire trippes, il n’y convient
-point mettre de sel au cuire, car elles noirciroient.&mdash;<i>Item</i>, les
-piés, la queue et la caillette qui sont noires, doivent cuire à part,
-et la pance et autres choses blanches, d’autre part<a name="FNanchor_850_850" id="FNanchor_850_850"></a><a href="#Footnote_850_850" class="fnanchor">[850]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Trumel de beuf</span><a name="FNanchor_851_851" id="FNanchor_851_851"></a><a href="#Footnote_851_851" class="fnanchor">[851]</a> <span class="smcap">au jaunet.</span>✝ Soit cuit
-longuement; et qui veult, de la poullaille tuée de deux jours ou d’un
-jour devant soit boulie longuement avec, et des herbes, et puis mis du
-saffran dedans<a name="FNanchor_852_852" id="FNanchor_852_852"></a><a href="#Footnote_852_852" class="fnanchor">[852]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Potage d’une petite oé.</span> Cuisiez très bien vostre petite oé et
-frisiez: puis broiez gingembre, clou, graine et poivre long, du percil
-et un petit de sauge, destrampez de l’eaue de la char ou de la petite
-oé, et mettez du fromage gratuisié<a name="FNanchor_853_853" id="FNanchor_853_853"></a><a href="#Footnote_853_853" class="fnanchor">[853]</a>, et servez en chascune escuelle
-trois pièces de petite oé<a name="FNanchor_854_854" id="FNanchor_854_854"></a><a href="#Footnote_854_854" class="fnanchor">[854]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet de chapons.</span> Cuisiez vos chapons en eaue et en vin,
-puis si les despeciez par membres et frisiez en sain, puis broiez les
-braons<a name="FNanchor_855_855" id="FNanchor_855_855"></a><a href="#Footnote_855_855" class="fnanchor">[855]</a> de vos chapons et les<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-150" id="page_vol-2-150"></a>{v. 2, p.150}</span> foies et amandes, et deffaites
-de vostre boullon et faites boulir, puis prenez gingembre, canelle,
-girofle, garingal, poivre long et graine de paradis, et deffaites de
-vinaigre et faites boulir; et au dressier, mettez vostre grain<a name="FNanchor_856_856" id="FNanchor_856_856"></a><a href="#Footnote_856_856" class="fnanchor">[856]</a> par
-escuelles, et dressiez le potage sus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Chapons aux herbes.&mdash;Veel aux herbes.</span> En yver chapons tués,
-mouillés et puis mis six jours à la gelée, et en esté mors de deux
-jours (sans soleil) ou estouffés soubs une couste; mettez cuire en eaue
-et du lart avec pour donner appétit, et mettez percil, sauge, coq et
-ysope, un petit de vertjus pour aiguisier, et du gingembre bien petit,
-et saffran pour donner couleur. C’est potage propre s’il fait froit,
-mais s’il fait chault, il ne convient n’en l’un n’en l’autre<a name="FNanchor_857_857" id="FNanchor_857_857"></a><a href="#Footnote_857_857" class="fnanchor">[857]</a> fors
-lart et saffran<a name="FNanchor_858_858" id="FNanchor_858_858"></a><a href="#Footnote_858_858" class="fnanchor">[858]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Gravé d’oiselets ou d’autre char.</span> Soient plumés à sec<a name="FNanchor_859_859" id="FNanchor_859_859"></a><a href="#Footnote_859_859" class="fnanchor">[859]</a>,
-puis aiez du gras du lart décoppé comme par morceaulx quarrés, et
-mettez au fer de la paelle<a name="FNanchor_860_860" id="FNanchor_860_860"></a><a href="#Footnote_860_860" class="fnanchor">[860]</a> et en traiez la graisse et là les
-frisiez; puis mettez cuire ou boullon de la char, puis prenez pain
-hallé sur le gril ou chappelleures de pain trempées ou boullon de
-la char et un petit de vin; puis prenez gingembre, girofle, graine
-et fleur de canelle et les foies, et les broyez; et puis coulez
-vostre pain et boullon par l’estamine et les espices broyées à fin
-et sans couler; et mettre boulir<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-151" id="page_vol-2-151"></a>{v. 2, p.151}</span> avec vos oiselets et un petit de
-vertjus.&mdash;<i>Item</i>, qui n’a boullon, si mette purée de pois.&mdash;<i>Item</i>, ne
-doit point estre trop lyant, mais claret; doncques ne convient-il que
-le pain ou les foies pour lier<a name="FNanchor_861_861" id="FNanchor_861_861"></a><a href="#Footnote_861_861" class="fnanchor">[861]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Gravé ou seymé</span><a name="FNanchor_862_862" id="FNanchor_862_862"></a><a href="#Footnote_862_862" class="fnanchor">[862]</a> est potage d’iver. Pelez oignons et les
-cuisiez tous hachiés, puis les frisiez en un pot; or convient avoir
-vostre poullaille fendue sur le dos et hallée sur le gril au feu de
-charbon, ou se c’est veel, aussi; et qu’ils soient mis par morceaulx
-soit veel, ou par quartiers se c’est poulaille, et les mettez avec
-les oignons dedans le pot; puis avoir pain blanc harlé sur le gril et
-trempé au boullon d’autre char: et puis broyez gingembre, clou, graine
-et poivre long, deffaire de vertjus et de vin, sans couler, mettre
-d’une part: puis broyer le pain et couler par l’estamine et mettre au
-brouet, et tout couler ensemble et boulir; puis drécier.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que l’en dit <i>seurfrire</i> pour ce que c’est en un pot, et se
-c’estoit en une paelle de fer, l’en diroit <i>frire</i>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Gravé d’escrevices.</span> Mettez boulir vos escrevices, et quant
-elles seront cuites, soient eslites comme qui les vouldroit mengier, et
-ostez le mauvais de dedans, puis aiez des amandes pelées et broyées,
-deffaites<a name="FNanchor_863_863" id="FNanchor_863_863"></a><a href="#Footnote_863_863" class="fnanchor">[863]</a> de purée de pois coulée par l’estamine, et du pain
-harlé ou des chappeleures trempées en purée, broyées et coulées par
-l’estamine, puis aiez gingembre, canelle, graine et clou: broyez,
-et tout mis en un pot, et un<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-152" id="page_vol-2-152"></a>{v. 2, p.152}</span> petit de vinaigre et boulu ensemble,
-puis drécié par escuelles, et soit mis dedens chascune escuelle les
-escrevisses frictes en huille et de l’autre poisson frit.</p>
-
-<p><i>Item</i>, qui veult faire <i>tuille d’escrevisses</i>, ainsi se peut-il faire,
-mais forment les escailles des escrevisses<a name="FNanchor_864_864" id="FNanchor_864_864"></a><a href="#Footnote_864_864" class="fnanchor">[864]</a>.</p>
-
-<p>Et qui au brayer<a name="FNanchor_865_865" id="FNanchor_865_865"></a><a href="#Footnote_865_865" class="fnanchor">[865]</a> veult trouver grant avantaige, face les coquilles
-des escrevisses seicher en un four dedens un pot ou en une paelle de
-terre, puis broier en un mortier à espicier, et puis couler à leur plus
-délié sasses, puis de rechief séchier au four, puis broyer et sasser,
-et après mettre ou potage; et croy que ce serre.</p>
-
-<p><span class="smcap">Boussac de connins.</span> Premièrement, les connins de garenne
-sont congneus à ce qu’ils ont le hasterel<a name="FNanchor_866_866" id="FNanchor_866_866"></a><a href="#Footnote_866_866" class="fnanchor">[866]</a>, c’est assavoir depuis
-les oreilles jusques vers les espaules, de couleur entre tanné<a name="FNanchor_867_867" id="FNanchor_867_867"></a><a href="#Footnote_867_867" class="fnanchor">[867]</a>
-et jaune, et sont tous blans soubs les ventres, et tous les quatre
-membres par dedans jusques au pié, et ne doivent avoir nulle autre
-tache blanche parmi le corps.&mdash;<i>Item</i>, l’en congnoist qu’ils sont
-dedans leur premier an, à ce qu’ils ont en la jointe des jambes de
-devant un petit osselet emprès le pié, et est agu. Et quant ils sont
-surannés, la jointe est toute ounie; et aussi est-il des lièvres et
-des chiens.&mdash;<i>Item</i>, l’en congnoist qu’ils sont de fresche prise à
-ce qu’ils n’ont pas les yeulx enfoncés: l’en ne leur peut ouvrir les
-dens; ils se tiennent droit sur leurs piés; et quant il est cuit, le
-ventre luy demeure entier. Et s’il est de vieille prise, il a les yeulx
-enfoncés: l’en<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-153" id="page_vol-2-153"></a>{v. 2, p.153}</span> luy euvre de légier la gueule: l’en ne le peut tenir
-droit; et quant il est cuit, il a le ventre despecié. En yver, connins
-pris de huit jours sont bons, et en esté, de quatre jours, mais qu’ils
-n’aient sentu le soleil.</p>
-
-<p>Et quant ils sont bien choisis et escorchiés, puis les despeciez par
-pièces quarrées, et les mettez parboulir, puis reffaire en eaue froide:
-puis en chascune pièce, de chascun costé, trois lardons; puis les
-mettez boulir en eaue et du vin après. Adonc broyez gingembre, graine,
-clo de giroffle, et destrempez ou boullon de beuf ou du leur<a name="FNanchor_868_868" id="FNanchor_868_868"></a><a href="#Footnote_868_868" class="fnanchor">[868]</a>, et
-d’un petit de vertjus, et mettez dedens le pot et faites boulir jusques
-au cuire.</p>
-
-<p><i>Item</i>, ainsi se fait un seymé, mais l’en y met oignons fris, et
-un petit de pain ou chappelleures pour lier. (<i>Et doncques c’est
-civé<a name="FNanchor_869_869" id="FNanchor_869_869"></a><a href="#Footnote_869_869" class="fnanchor">[869]</a>.</i>)</p>
-
-<p><i>Item</i>, ainsi est fait un bouly lardé de veau, de chevrel ou cerf.</p>
-
-<p><span class="smcap">Boussac de lièvre.</span> <i>Nota</i> que du lièvre freschement pris et
-tantost mengié, la char est plus tendre que de lièvre gardé.</p>
-
-<p><i>Item</i>, lièvre pris de quinze jours vault mieulx, mais que le soleil ne
-l’ait atouchié; c’est assavoir quinze jours ou fort de l’iver: en esté,
-six jours ou huit au plus et sans soleil.</p>
-
-<p><i>Item</i>, sachiez que se le lièvre est mengié frais prins, la char en est
-plus tendre, et ne le convient point laver, mais harler ou rostir avec
-son sang.</p>
-
-<p>Boussac de lièvre ou de connin se fait ainsi: harlez le lièvre en la
-broche ou sur le gril, puis le découpez par membres, et mettez frire
-en sain ou en lart: puis<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-154" id="page_vol-2-154"></a>{v. 2, p.154}</span> aiez pain brûlé ou chappelleures deffais de
-boullon de beuf et de vin, et coulez, et faites boulir ensemble; puis
-prenez gingembre, clo de giroffle et graine; deffait de vertjus et soit
-brun-noir et non trop lyant.&mdash;<i>Nota</i> que les espices doivent estre
-broyées avant que<a name="FNanchor_870_870" id="FNanchor_870_870"></a><a href="#Footnote_870_870" class="fnanchor">[870]</a> le pain.</p>
-
-<p>De connin se fait-il ainsi, sauf tant<a name="FNanchor_871_871" id="FNanchor_871_871"></a><a href="#Footnote_871_871" class="fnanchor">[871]</a> que le connin est parbouli,
-puis refait en eaue froide, et puis lardé, etc.<a name="FNanchor_872_872" id="FNanchor_872_872"></a><a href="#Footnote_872_872" class="fnanchor">[872]</a></p>
-
-<p><span class="smcap">Rosé de lappereaux</span>, d’allouettes, de menus oiseaux ou de
-poucins. Lappereaulx soient escorchiés, découppés, pourboulis,
-reffais en eaue froide et lardés: les poucins soient eschaudés pour
-plumer<a name="FNanchor_873_873" id="FNanchor_873_873"></a><a href="#Footnote_873_873" class="fnanchor">[873]</a>, puis reffais, découppés et lardés, et les allouettes ou
-oiselets soient plumés seulement pour pourboulir en eaue de char; puis
-avoir du gras du lart découppé comme par morceaulx quarrés, et mettez
-au fer de la paelle, et en traiant les chaons<a name="FNanchor_874_874" id="FNanchor_874_874"></a><a href="#Footnote_874_874" class="fnanchor">[874]</a>, et laissiez la
-gresse: et là frire vostre grain<a name="FNanchor_875_875" id="FNanchor_875_875"></a><a href="#Footnote_875_875" class="fnanchor">[875]</a>, ou mettre vostre grain boulir
-sur le charbon et souvent tourner en un pot avec du sain<a name="FNanchor_876_876" id="FNanchor_876_876"></a><a href="#Footnote_876_876" class="fnanchor">[876]</a>. Et en
-ce faisant, aiez des amandes pelées, et deffaites du boullon de beuf
-et coulez par l’estamine, puis aiez gingembre, clo de giroffle, cèdre
-autrement dit <i>alixandre</i><a name="FNanchor_877_877" id="FNanchor_877_877"></a><a href="#Footnote_877_877" class="fnanchor">[877]</a>, deffaites du boullon et coulez, et le
-grain cuit et trestout soit mis dedans un pot et bouly ensemble et du
-sucre largement; puis dréciez par escuelles et des espices dorées par
-dessus.</p>
-
-<p>Cèdre vermeil est un fust<a name="FNanchor_878_878" id="FNanchor_878_878"></a><a href="#Footnote_878_878" class="fnanchor">[878]</a> que l’en vent sur les espiciers, et est
-dit <i>cèdre dont l’en fait manches à cousteaulx</i>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Venoison de cerf.</span> Pour ce que la char en est plus<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-155" id="page_vol-2-155"></a>{v. 2, p.155}</span> dure que
-de bichot<a name="FNanchor_879_879" id="FNanchor_879_879"></a><a href="#Footnote_879_879" class="fnanchor">[879]</a> ne de chevrel, soit pourboulie et lardée au long: et au
-cuire, soit mis du vin grant foison, et au parcuire, du macis broié; et
-soit mengié à la cameline.&mdash;<i>Item</i>, en pasté, soit pourboulie, lardée
-au long, et mengiée froide à la cameline.</p>
-
-<p>Et qui la veult saler en esté, il convient mettre gros sel fondre en
-eaue, puis y tremper la venoison, et après seicher au soleil<a name="FNanchor_880_880" id="FNanchor_880_880"></a><a href="#Footnote_880_880" class="fnanchor">[880]</a>.</p>
-
-<p>Et se vous voulez faire une pièce de beuf sembler venoison de cerf ou
-d’ours, se vous estes en pays d’ours, prenez du nomblet de beuf ou du
-giste, puis le parboulez et lardez, embrochiez et rostissiez; et soit
-mengié à la queue de sanglier<a name="FNanchor_881_881" id="FNanchor_881_881"></a><a href="#Footnote_881_881" class="fnanchor">[881]</a>. Soit le beuf pourbouly, puis lardé
-au long après ce qu’il sera trenchié par loppins, et puis mettre la
-queue de sanglier bien chaude en plat pardessus vostre beuf qui <i>primo</i>
-soit rosty ou bouté en eaue boulant et retiré tantost, pour ce qu’il
-est plus tendre que cerf.</p>
-
-<p><span class="smcap">Beuf comme venoison d’ours.</span> Du giste de bœuf. Fait-l’en sausse
-noire de gingembre, clo de giroffle, poivre long, graine, etc. Et
-met-l’en en chascune escuelle, deux escuelles<a name="FNanchor_882_882" id="FNanchor_882_882"></a><a href="#Footnote_882_882" class="fnanchor">[882]</a>, et le mengue-l’en à
-saveur d’ours<a name="FNanchor_883_883" id="FNanchor_883_883"></a><a href="#Footnote_883_883" class="fnanchor">[883]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Chevrel sauvage</span><a name="FNanchor_884_884" id="FNanchor_884_884"></a><a href="#Footnote_884_884" class="fnanchor">[884]</a> au boussac claret et non lyant: soit
-escorchié, puis bouté en eaue boulant et retiré tantost pour ce qu’il
-est plus tendre que cerf, et lardé au long, puis mis cuire en meigre
-eaue de char qui l’a, ou autre: du vin, espices broyées en gros, et
-dréciez vostre grain dedens<a name="FNanchor_885_885" id="FNanchor_885_885"></a><a href="#Footnote_885_885" class="fnanchor">[885]</a>.&mdash;<i>Item</i>, chevrel sauvaige, ainsi
-comme il est dit de chevrel ou chappitre cy-dessus.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-156" id="page_vol-2-156"></a>{v. 2, p.156}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Sanglier frais</span> soit cuit en eaue avec du vin et mengié au
-poivre chault, et le salé cuit comme dessus et mengié à la moustarde;
-c’est ou fort de l’iver, mais au commencement, il se mengut aux espices
-et aux souppes.</p>
-
-<p>A la Nostre-Dame en Mars<a name="FNanchor_886_886" id="FNanchor_886_886"></a><a href="#Footnote_886_886" class="fnanchor">[886]</a>, commencent les appareils des cervoisons,
-et dit-l’en <i>à la my-May, my-teste</i><a name="FNanchor_887_887" id="FNanchor_887_887"></a><a href="#Footnote_887_887" class="fnanchor">[887]</a>, pour ce que lors le cerf a
-boulu la moitié de sa teste, mais le droit cuer des cervoisons commence
-à la Saincte-Croix en May<a name="FNanchor_888_888" id="FNanchor_888_888"></a><a href="#Footnote_888_888" class="fnanchor">[888]</a>, et de là croist le cerf en venoison
-jusques à la Magdalaine, et peut estre chacié le cerf jusques à la
-Saincte-Croix en Septembre; et lors se passe sa saison.</p>
-
-<p><i>Item</i>, au deffaire, l’en luy oste premièrement les deytiés<a name="FNanchor_889_889" id="FNanchor_889_889"></a><a href="#Footnote_889_889" class="fnanchor">[889]</a>, ce
-sont les c......ns, avec lesquels sont les neux<a name="FNanchor_890_890" id="FNanchor_890_890"></a><a href="#Footnote_890_890" class="fnanchor">[890]</a>, le jargeau<a name="FNanchor_891_891" id="FNanchor_891_891"></a><a href="#Footnote_891_891" class="fnanchor">[891]</a>,
-le franc-boyau, etc. Et sont ses deytiés pourboulis, puis cuis, mengiés
-à la sausse chaude.</p>
-
-<p><i>Item</i>, en un cerf sont les espaules, la hampe, les cuisses, le foie,
-les nomblès, les lardés, la queue scilicet le semier, les deux costés,
-et c’est tout.</p>
-
-<p><i>Item</i>, la char par pièces fresche, il semble que sans pourboulir l’en
-la doit mettre en eaue boulant, et tantost retirer et larder au long,
-et est boulie et lardée au long, puis boulie en eaue, et appelle-l’en
-le potage <i>bouly lardé aux espices et aux souppes</i>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, les nomblets<a name="FNanchor_892_892" id="FNanchor_892_892"></a><a href="#Footnote_892_892" class="fnanchor">[892]</a> sont rostis à la sausse chaude.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-157" id="page_vol-2-157"></a>{v. 2, p.157}</span></p>
-
-<p><i>Item</i>, les lardés c’est ce qui est entre les costés et l’eschine; et
-sont meilleurs en pasté que autrement.</p>
-
-<p><i>Item</i>, aussi d’un cerf frais, l’en le mengue à la sausse chaude quant
-il est mis en rost.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’en fait présent de la teste et du pié aux seigneurs, et cela
-n’est point mengaille: ce n’est fors pour savoir quel et de quel aage
-le cerf estoit; mais de mengaille, l’en fait présent du seymier, de la
-hampe et des deux costés.</p>
-
-<p><i>Item</i>, la queue est dicte le seymier: et qui la veult saler, il
-convient oster tous les os ce que l’en puet, car il contient une grant
-partie du dos.</p>
-
-<p><i>Item</i>, la hampe c’est la poictrine, et est bonne salée; et sale-l’en
-la venoison du cerf tout ainsi comme la char de beuf.</p>
-
-<p><i>Item</i>, toute la brouaille, excepté le foie, est pour la cuirié des
-chiens, et l’appelle-l’en le <i>hu</i><a name="FNanchor_893_893" id="FNanchor_893_893"></a><a href="#Footnote_893_893" class="fnanchor">[893]</a>.</p>
-
-<p>En Septembre l’en commence à chacier les bestes noires jusques à la
-Saint-Martin d’iver.&mdash;<i>Item</i>, tous les quatre membres sont appellés
-jambons, comme d’un porc. <i>Item</i>, d’un sanglier a la hure, les costés,
-l’eschinée, les nomblès, les quatre jambons; c’est tout. <i>Item</i>, des
-yssues l’en ne retient fors le foie qui semble qu’il soit propre pour
-faire soutil brouet d’Angleterre.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-158" id="page_vol-2-158"></a>{v. 2, p.158}</span></p>
-
-<p><i>Item</i>, la char fresche est cuite et appareilliée en eaue et aux
-espices comme le cerf.</p>
-
-<p>Du bourbelier, c’est le nomblet. (<i>Combien que en cest endroit, l’en
-dit bien nomblets d’une part, et bourbelier de l’autre.</i>)</p>
-
-<p><i>Item</i>, le sanglier salé se mengue à la fourmentée. La teste se cuit
-entière, et moitié vin, moitié eaue. Les joes en sont bonnes par
-lesches sur le gril.</p>
-
-<p><span class="smcap">Bichot sauvage</span> au boussac claret et non liant: soit
-escorchiés, puis boulis ou boutés en eaue boulant et retiré tantost,
-pour ce qu’il est plus tendre<a name="FNanchor_894_894" id="FNanchor_894_894"></a><a href="#Footnote_894_894" class="fnanchor">[894]</a> que cerf; et lardés au long; puis
-mis cuire en maigre eaue de char qui l’a, ou en autre, avec du vin,
-espices broiées; et dréciez vostre grain dedans<a name="FNanchor_895_895" id="FNanchor_895_895"></a><a href="#Footnote_895_895" class="fnanchor">[895]</a>.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>AUTRES POTAGES LIANS DE CHAR.</small></p>
-</div>
-
-<p><span class="smcap">Brouet de fressure de pourcel.</span> Broiez du gingembre, clo,
-graine, etc., puis deffaites de vinaigre et vin, puis aiez pain rosti
-et trempé en vinaigre, broiez et coulez: et mettre tout ensemble; et
-ayez vostre fressure cuite, couppée par plusieurs morceaulx et frite
-en sain doulx. Puis mettez du chaudeau des boudins, ou du chaudeau du
-chaudun en un pot, avec vostre pain broié après vos espices broyées, et
-faites boulir; puis gettez dedans vostre pot les morceaulx de vostre
-friture et faites boulir un boullon, et dréciez.</p>
-
-<p><span class="smcap">Fèves nouvelles.</span> Faites-les boulir plus que bayennes, puis
-prenez foison percil et petit de sauge et d’isope, et broiez très bien,
-et après ce broiez du pain, et une pongnée d’icelles mesmes fèves qui
-soient pelées broiez avec pour lier, puis couler par l’estamine: puis<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-159" id="page_vol-2-159"></a>{v. 2, p.159}</span>
-friolez le remanant de vos fèves en lart, se c’est à jour de char, ou
-en huille ou beurre, se c’est à jour de poisson; puis mettez vos fèves
-en eaue de char, se c’est à jour de char, ou en l’eaue des fèves, se
-c’est à jour de poisson.</p>
-
-<p><span class="smcap">Cretonnée de pois nouveaulx</span> ou fèves nouvelles. Cuisiez-les
-jusques au purer<a name="FNanchor_896_896" id="FNanchor_896_896"></a><a href="#Footnote_896_896" class="fnanchor">[896]</a>, et les purez<a name="FNanchor_897_897" id="FNanchor_897_897"></a><a href="#Footnote_897_897" class="fnanchor">[897]</a>, puis prenez lait de vache
-bien frais, et dictes à celle qui le vous vendra qu’elle ne le vous
-baille point s’elle y a mis eaue, car moult souvent elles agrandissent
-leur lait<a name="FNanchor_898_898" id="FNanchor_898_898"></a><a href="#Footnote_898_898" class="fnanchor">[898]</a>, et s’il n’est bien frais ou qu’il y ait eaue, il
-tournera. Et icelluy lait boulez premièrement et avant que vous y
-mettez riens, car encores tourneroit-il: puis broiez premièrement
-gingembre pour donner appétit, et saffran pour jaunir: jàsoit-ce
-que qui le veult faire lyant de moieulx d’œufs filés<a name="FNanchor_899_899" id="FNanchor_899_899"></a><a href="#Footnote_899_899" class="fnanchor">[899]</a> dedans,
-iceulx moieulx d’œufs jaunissent assez et si font lioison, mais le
-lait se tourne plus tost de moyeulx d’œufs que de lioison de pain et
-du saffran pour coulourer. Et pour ce, qui veult lier de pain, il
-convient que ce soit pain non levé et blanc, et sera mis tremper en
-une escuelle avec du lait ou avec du boullon de la char, puis broyé et
-coulé par l’estamine; et quant vostre pain est coulé et vos espices
-non coulées, mettez tout boulir avec vos pois; et quant tout sera
-cuit, mettez adonc vostre lait et du saffren. Encores povez-vous faire
-autre lioison, c’est assavoir des pois mesmes ou des fèves broyées,
-puis coulées; si prenez laquelle lioison que mieulx vous<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-160" id="page_vol-2-160"></a>{v. 2, p.160}</span> plaira. Car
-quant est de lioison de moieulx d’œufs, il les convient batre, couler
-par l’estamine, et filer dedens le lait, après ce qu’il a bien boulu
-et qu’il est trait arrière du feu avec les pois nouveaulx ou fèves
-nouvelles et les espices. Le plus seur est que l’en preigne un petit du
-lait, et destremper les œufs en l’escuelle, et puis encores autant, et
-encores, tant que les moieux soient bien destrempés à la cuillier avec
-foison de lait, puis mettre ou pot qui est hors du feu, et le potage ne
-se tournera point. Et se le potage est espois, allayez-le de l’eaue de
-la char. Ce fait, il vous convient avoir poucins escartelés, veel, ou
-petite oé cuit, puis frit, et en chascune escuelle mis deux ou trois
-morceaulx et du potage pardessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Cretonnée</span> à jour de poisson; soit la friture faite de tanches,
-brochets, soles ou limandes frites.</p>
-
-<p><span class="smcap">Chaudun de pourceau</span>, <i>scilicet</i> les boyaulx, doivent estre
-vuidés à la rivière, puis lavés en eaue tiède par deux fois, et mettre
-en une paelle d’arain et froter très bien en sel et eaue, puis relaver
-en eaue tiède. Aucuns les lavent en sel et en vinaigre, et quant ils
-sont très bien lavés soit par vinaigre ou sans vinaigre qui veult, l’en
-les trenche par tronçons, et sont embrochiés par hastelets et rostis
-sur le gril et mengiés au vertjus de grain. Et qui en veult faire
-potage, il le reconvient mettre cuire tout entier en un pot de terre et
-puis mettre esgouter en un plat, puis découpper par menus morceaulx,
-et frisiés en sain de lart; puis broiez pain premièrement, puis macis,
-garingal, saffran, gingembre, clo, graine, canelle: destrempé de
-bouillon et mis d’une part; puis broiez pain brulé ou chappeleures, et
-soient allaiés du chaudeau et coulés par<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-161" id="page_vol-2-161"></a>{v. 2, p.161}</span> l’estamine et mis en eaue
-de char ou de chaudeau de lui mesmes, ou moitié d’un moitié d’autre,
-et boulu tout ensemble avec vin vermeil, vertjus et vinaigre. En yver
-doit estre brun et drécié comme dessus, et en esté soit plus cler et
-jaunet; et aiez du vertjus de grain cuit en eaue dedens un drappel, ou
-des groiselles, et quant vous drécerez vos escuelles, mettez six ou
-huit morceaulx du chaudun, puis du potage dessus, et par dessus six ou
-huit grains de vertjus, ou groiselles par dessus en chascune escuelle.
-Et aucuns font le potage des espices et lait comme cy-dessus est dit de
-cretonnée.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que le sel et vinaigre ostent la freschumée. Et ce que dit est
-en ceste addition est du chaudun que l’en mengue en Juillet, et les
-autres hastelets qui sont fais en Décembre, sont fais de toutes pièces
-comme de foie, de mol et des autres pièces du chaudun, et est ce que
-ces povres cuisent en bacins à laver parmy ces rues<a name="FNanchor_900_900" id="FNanchor_900_900"></a><a href="#Footnote_900_900" class="fnanchor">[900]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Comminée de poulaille.</span> Mettez-la par morceaulx cuire en l’eaue
-et un petit de vin, puis la frisiez en sain, puis prenez un petit de
-pain, trempez en vostre boullon, et <i>primo</i> prenez du gingembre et
-du commin<a name="FNanchor_901_901" id="FNanchor_901_901"></a><a href="#Footnote_901_901" class="fnanchor">[901]</a>, deffait de vertjus, broyez et coulez et mettez tout
-ensemble avec du boullon de char ou de poulaille, et puis lui donnez
-couleur ou de saffran ou d’œufs ou des moyeux<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-162" id="page_vol-2-162"></a>{v. 2, p.162}</span> coulés par l’estamine
-et filés ou potage après ce qu’il sera trait hors du feu. <i>Item</i>, le
-meilleur est de le faire de lait tel comme dit est, puis broyer vostre
-pain après vos espices, mais il convient que le lait soit premièrement
-bouly afin qu’il ne s’aourse; et après ce que le potage sera tout fait,
-le lait soit mis dedans vin (<i>Il me semble qu’il n’y sert de rien</i>) et
-la frisiez. Plusieurs ne la frisent point, jàsoit-ce que c’est le plus
-friant.</p>
-
-<p>(<i>Pain est lioison, et il dit après œufs qui est autre lioison, et
-il doit souffire de l’une, si comme il est dit ou chappitre de la
-cretonnée.</i>)</p>
-
-<p>(<i>Vertjus et vin.&mdash;Qui veult faire son potage de lait, il n’y convient
-ne vin ne vertjus.</i>)<a name="FNanchor_902_902" id="FNanchor_902_902"></a><a href="#Footnote_902_902" class="fnanchor">[902]</a></p>
-
-<p><span class="smcap">Comminée a jour de poisson.</span> Frisiez vostre poisson, puis pelez
-amandes et broyez, et deffaites de purée ou de boullon de poisson et
-faites lait<a name="FNanchor_903_903" id="FNanchor_903_903"></a><a href="#Footnote_903_903" class="fnanchor">[903]</a>, mais lait de vache est plus appétissant, jàsoit-ce
-qu’il n’est mie si sain pour malades; et au surplus faites comme
-dessus. <i>Item</i>, à jour de char, qui ne treuve lait de vache, se peut
-faire de lait d’amandes, et la char comme dessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Hardouil</span><a name="FNanchor_904_904" id="FNanchor_904_904"></a><a href="#Footnote_904_904" class="fnanchor">[904]</a> <span class="smcap">de chapons.</span>✝ Despeciez-les
-par membres ou quartiers, puis les cuisiez en eaue, puis friolez en
-sain de lart: et tandis, broyez gingembre, canelle, giroffle et graine,
-et deffaites de vertjus, et ne soit point coulé, mais sorissiez<a name="FNanchor_905_905" id="FNanchor_905_905"></a><a href="#Footnote_905_905" class="fnanchor">[905]</a>
-pain sur le gril, broyez après les espices, et destrempez de vertjus,
-puis passez le dit pain par l’estamine et faites tout boulir. Et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-163" id="page_vol-2-163"></a>{v. 2, p.163}</span> au
-drécier, mettez vostre grain par escuelles et le potage tout chault
-dessus<a name="FNanchor_906_906" id="FNanchor_906_906"></a><a href="#Footnote_906_906" class="fnanchor">[906]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Hochepot de volaille</span> est fait ainsi et soit non claret. L’en
-les doit despecier par morceaulx; ainsi fait-l’en d’oé quant elle
-est dure et maigre, car les grasses sont rosties.&mdash;<i>Item</i>, des viels
-coulons. Ainsi est fait <i>rouillée de beuf</i><a name="FNanchor_907_907" id="FNanchor_907_907"></a><a href="#Footnote_907_907" class="fnanchor">[907]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet de canelle.</span> Despeciez vostre poulaille ou autre char,
-puis la cuisiez en eaue et mettez du vin avec, et friolez: puis prenez
-des amandes crues et séchées à toute l’escorce et sans peler, et
-canelle grant foison, et si broyez très bien, et deffaites de vostre
-boullon ou de boullon de beuf, et faites boulir avec vostre grain: puis
-broyez gingembre, giroffle et graine, etc., et soit liant<a name="FNanchor_908_908" id="FNanchor_908_908"></a><a href="#Footnote_908_908" class="fnanchor">[908]</a> et sor.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet georgé</span><a name="FNanchor_909_909" id="FNanchor_909_909"></a><a href="#Footnote_909_909" class="fnanchor">[909]</a>, <span class="smcap">brouet houssié.</span>✝
-Prenez poulaille despecée par quartiers, veau ou telle char comme
-vous vouldrez despeciés par pièces, et faites boulir avec du lart: et
-d’autre part aiez en un pot, avec du sain, oignons menus minciés qui y
-cuiront et friront. Aiez aussi du pain harlé sur le greil<a name="FNanchor_910_910" id="FNanchor_910_910"></a><a href="#Footnote_910_910" class="fnanchor">[910]</a>, puis le
-mettez tremper avec du boullon de vostre char et du vin dedans, puis
-broyez gingembre, canelle, poivre long, saffren, giroffle et graine et
-les foies, et les broyez si bien qu’il n’y convengne point couler: et
-destrempez de vertjus, vin et vinaigre. Et quant les espices seront
-ostées du mortier, broyez vostre pain, et si le deffaites de ce en quoy
-il a trempé, et coulez par l’estamine, et mettez<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-164" id="page_vol-2-164"></a>{v. 2, p.164}</span> espices et du percil
-effeullié qui veult, tout boulir avec le sain et des oignons, et adonc
-frisiez vostre grain. Et doit ce potage estre brun de sain et liant
-comme soringue.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que tousjours l’en doit broyer les espices le premier; et en
-potages, l’en ne coule point les espices, et après l’en broie et coule
-le pain.</p>
-
-<p>(<i>Je croy qu’il n’y convient vin ne vinaigre.</i>)</p>
-
-<p><i>Nota</i> que pour le percil seulement est-il dit brouet <i>houssié</i>,
-car ainsi comme l’en dit ailleurs <i>frangié</i> de saffran<a name="FNanchor_911_911" id="FNanchor_911_911"></a><a href="#Footnote_911_911" class="fnanchor">[911]</a>, aussi
-peut-l’en dire <i>houssié</i> ce qui est de percil; et c’est la manière de
-parler des queux.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet rousset</span> est fait comme brouet georgé cy dessus, sauf
-tant que l’en n’y met point de saffran, de vin, ne de vinaigre, et
-l’en y met plus plantureusement canelle, et les oignons couppés par
-rouelles<a name="FNanchor_912_912" id="FNanchor_912_912"></a><a href="#Footnote_912_912" class="fnanchor">[912]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Une vinaigrette.</span> Prenez la menue-haste d’un porc, laquelle
-soit bien lavée et eschaudée, puis rostie comme à demy sur le greil:
-puis minciez par morceaux, puis les mettez en un pot de terre, du sain
-et des oignons couppés par rouelles, et mettez le pot sur le charbon,
-et hochiez souvent. Et quant tout sera bien frit ou cuit, si y mettez
-du boullon de beuf, et faites tout boulir, puis broiez pain halé<a name="FNanchor_913_913" id="FNanchor_913_913"></a><a href="#Footnote_913_913" class="fnanchor">[913]</a>,
-gingembre, graine, saffran, etc., et deffaites de vin et de vinaigre,
-et faites tout boulir, et doit estre brune. (<i>Brune. Comment sera-elle
-brune, s’il n’y a du pain hallé?</i>&mdash;Item, <i>je croy qu’elle doit estre
-liant, car je la treuve ou chapitre des potages<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-165" id="page_vol-2-165"></a>{v. 2, p.165}</span> lians, cy-devant; et
-par ces deux raisons, je croy qu’il y convient du pain harlé pour lier
-et tenir brune</i>.)</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet blanc.</span> Prenez chapons, poulets ou poucins tués par
-avant de temps convenable, ou tous entiers ou par moitié ou par
-quartiers, et du veel par pièces, et les cuisiez avec du lart en
-l’eaue et au vin: et quant ils seront cuis, si les traiez, puis prenez
-des amandes, si les pelez et broiez et deffaites de l’eaue de vostre
-poulaille, c’est assavoir de la plus clere, sans fondrille ou trouble
-aucun, et puis les coulez par l’estamine; puis prenez gingembre blanc
-paré ou pelé, avec graine de paradis, allayé comme dessus, et coulez à
-une bien déliée estamine, et meslez avec le lait d’amandes. Et si n’est
-assez espois, si coulez de la fleur d’amidon ou ris qui soit boulis, et
-luy donnez goust de vertjus, et y mettez du succre blanc grant foison.
-Et quant l’en aura drécié, si pouldrez par-dessus une espice que l’en
-appelle coriandre vermeille et des grains de la pomme de grenade avec
-dragée et amandes friolées, piquées en chascune escuelle sur le bout.
-Soit veu cy-après à ce propos, de blanc mengier.</p>
-
-<p><span class="smcap">Blanc mengier</span> de chapons pour malades. Cuisiez-le en eaue tant
-qu’il soit bien cuit, puis broiez amandes grant foison et du braon<a name="FNanchor_914_914" id="FNanchor_914_914"></a><a href="#Footnote_914_914" class="fnanchor">[914]</a>
-du chapon, et soit bien broyé et deffait de vostre boullon, et passé
-parmy l’estamine: puis mettez bien boulir, tant qu’il soit bien liant
-et espais; puis broyez gingembre blanc paré et les autres espices
-contenues cy-dessus ou brouet blanc.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet d’Alemaigne.</span> Prenez char de connins, de poullaille ou
-de veel, et despeciez par pièces: puis cuis<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-166" id="page_vol-2-166"></a>{v. 2, p.166}</span> en l’eaue comme à moitié,
-puis friolés au sain de lart; puis aiez de l’oignon menu mincié en
-un pot, sur le charbon, et du sain dedans le pot, et hochez le pot
-souvent: puis broyez gingembre, canelle, graine de paradis, noix
-muguettes, des foies rostis en une brochette sur le gril, et du saffren
-deffait de vertjus, et soit sur le jaune et liant. Et <i>primo</i> pain
-sori sur le gril, broyé et passé par l’estamine: et soit tout avec des
-fueilles de percil mis boulir ensemble ou dit pot et du sucre dedans;
-et au drécier, mettez trois ou quatre morceaulx de vostre grain en
-l’escuelle et du brouet dessus, et du sucre par-dessus le brouet.</p>
-
-<p>(Nota <i>qu’il fault; car aucuns queux dient que brouet d’Alemaigne
-ne doit point estre jaune, et cestuy dit que si fait<a name="FNanchor_915_915" id="FNanchor_915_915"></a><a href="#Footnote_915_915" class="fnanchor">[915]</a>. Et
-doncques, s’il doit estre jaune, ne doit mie le saffran estre passé
-par l’estamine, mais doit estre bien broyé et allayé et mis ainsi ou
-potage; car cellui qui est passé, c’est pour donner couleur: celluy qui
-est mis par-dessus, est dit frangié.</i>)</p>
-
-<p><span class="smcap">Soubtil brouet d’Angleterre.</span> Prenez chastaignes cuites pelées,
-et autant ou plus de moyeux d’œufs durs et du foye de porc: broyez tout
-ensemble, destrempez d’eaue tiède, puis coulez par l’estamine; puis
-broyez gingembre, canelle, girofle, graine, poivre long, garingal et
-saffran pour donner couleur et faites boulir ensemble<a name="FNanchor_916_916" id="FNanchor_916_916"></a><a href="#Footnote_916_916" class="fnanchor">[916]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet de Savoie.</span> Prenez chapons ou poulés et faites boulir
-avec du lart bien maigre et les foyes: et quant ce sera demi cuit,
-traiez-les, puis mettez de la<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-167" id="page_vol-2-167"></a>{v. 2, p.167}</span> mie de pain tremper ou boullon, puis
-broyez gingembre, canelle, saffran, et les ostez; puis broyez les foyes
-et du percil foison, puis coulez, et après broyez et coulez le pain,
-puis boulez tout ensemble<a name="FNanchor_917_917" id="FNanchor_917_917"></a><a href="#Footnote_917_917" class="fnanchor">[917]</a>.</p>
-
-<p>(<i>Et</i> nota <i>que le saffran fait le brouet jaune, et le percil le fait
-vert: ainsi semble que ce soit mauvaise couleur. Mais il semble que
-la couleur seroit plus certaine se de pain estoit noirci, car le pain
-noirci et saffren font vert, et percil aussi fait vert.</i>)</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet de vertjus et de poulaille.</span> (C’est en esté.) Mettez
-cuire par quartiers vostre poulaille ou du veel ou poucins, en boullon
-ou autre eaue avec du lart, vin et vertjus, et que le goust de vertjus
-passe: puis frisiez vostre grain en bon sain doulx, et aiez moyeux
-d’œufs et pouldre fine batue ensemble et coulez par l’estamine; puis
-filez vos œufs dedans le pot à vostre boullon et à petit fil<a name="FNanchor_918_918" id="FNanchor_918_918"></a><a href="#Footnote_918_918" class="fnanchor">[918]</a>, et
-remuez fort à la cuillier, et que le pot soit arrière du feu: puis aiez
-percil effueillié et vertjus de grain bouly ou boullon de la char,
-dedans la cuillier, et que le pot soit arrière du feu, ou autrement
-bouli en un autre petit pot en eaue clere pour oster la première
-verdeur; puis drécez vostre grain<a name="FNanchor_919_919" id="FNanchor_919_919"></a><a href="#Footnote_919_919" class="fnanchor">[919]</a>, et gettez du potage par-dessus,
-et par-dessus tout mettez vostre percil et vertjus de grain bouly<a name="FNanchor_920_920" id="FNanchor_920_920"></a><a href="#Footnote_920_920" class="fnanchor">[920]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet vergay.</span> Cuisiez telle char comme vous vouldrez en eaue,
-ou un pou de vin, ou en boullon de char, vin et lart pour donner goust,
-puis friolez vostre char, puis broiez gingembre, saffran, percil et un
-petit<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-168" id="page_vol-2-168"></a>{v. 2, p.168}</span> de sauge, qui veult, et des moyeux d’œufs filez par une cuillier
-pertuisée, tous crus, pour lier, ou pain broyé allayé du boullon, et
-mettre boulir ensemble et du vertjus; et aucuns y mettent du fromage,
-et c’est raison<a name="FNanchor_921_921" id="FNanchor_921_921"></a><a href="#Footnote_921_921" class="fnanchor">[921]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Rappé.</span> Mettez vostre char cuire, puis la friolez en sain, puis
-broyez graine, gingembre, etc., et deffaites de vertjus: puis aiez pain
-trempé ou boullon de la char, broyé et passé par l’estamine, et mettez
-espices, pain et chaudeau tout boulu ensemble; puis aiez vertjus de
-grain ou groiseilles qui soient boulies une onde en la paelle percée,
-ou en autre eaue ou drapel<a name="FNanchor_922_922" id="FNanchor_922_922"></a><a href="#Footnote_922_922" class="fnanchor">[922]</a>, estamine, ou autrement, c’est assavoir
-pour oster la première verdeur, puis dréciez vostre grain par escuelles
-et du potage dessus, et par-dessus, vostre vertjus de grain.</p>
-
-<p><span class="smcap">Geneste</span> est dit <i>geneste</i> pour ce qu’il est jaune comme fleur
-de geneste, et est jauni de moyeux d’œufs et de saffran, et se fait en
-esté en lieu de civé et est frit<a name="FNanchor_923_923" id="FNanchor_923_923"></a><a href="#Footnote_923_923" class="fnanchor">[923]</a> comme dit sera cy après, fors
-tant qu’il n’y a nuls oignons.</p>
-
-<p><span class="smcap">Civé de veel.</span> Non lavé, non pourbouli, demy cuit en la broche
-ou sur le gril, puis le despeciez par pièces et friolez en sain avec
-grant quantité d’oignons par avant cuis: puis prenez pain roussi
-seulement, ou chappelleures de pain non brûlé, pour ce qu’il seroit
-trop noir pour civé de veel; (jàsoit-ce que icelluy pain roussi seroit
-bon<a name="FNanchor_924_924" id="FNanchor_924_924"></a><a href="#Footnote_924_924" class="fnanchor">[924]</a> civé de lièvre.) Et soit icelluy pain trempé ou boullon
-de beuf et un petit de vin ou de purée de pois, et en le trempant,
-broyez gingembre,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-169" id="page_vol-2-169"></a>{v. 2, p.169}</span> canelle, giroffle, graine de paradis, et du saffran
-largement pour jaunir et pour lui donner couleur, et destrempez de
-vertjus, vin et vinaigre, puis broyez vostre pain et coulez par
-l’estamine: et mettez vos espices, le pain coulé, ou chaudeau, et
-faites tout boulir ensemble; et soit plus sur le jaune que sur le brun,
-agu de vinaigre, et attrempé d’espices.&mdash;Et <i>nota</i> qu’il y convient
-largement saffran, et eschever à y mettre noix muguettes ne canelle,
-pour ce qu’ils roussissent.</p>
-
-<p><span class="smcap">Civé de lièvre.</span> Premièrement, fendez le lièvre par la
-poictrine: et s’il est de fresche prise, comme d’un ou de deux jours,
-ne le lavez point, mais le mettez harler sur le greil, <i>id est</i> roidir
-sur bon feu de charbon ou en la broche; puis aiez des oignons cuis et
-du sain en un pot, et mettez vos oignons avec le sain et vostre lièvre
-par morceaulx, et les friolez au feu en hochant le pot très souvent,
-ou le friolez au fer de la paelle. Puis harlez et brûlez du pain et
-trempez en l’eaue de la char avec vinaigre et vin: et aiez avant broyé
-gingembre, graine, giroffle, poivre long, noix muguettes et canelle, et
-soient broyés et destrempés de vertjus et vinaigre ou boullon de char;
-requeilliez, et mettez d’une part. Puis broyez vostre pain, deffaites
-du boullon, et coulez le pain et non les espices par l’estamine, et
-mettez le boullon, les oignons et sain, espices et pain brûlé, tout
-cuire ensemble, et le lièvre aussi; et gardez que le civé soit brun,
-aguisé de vinaigre, attrempé de sel et d’espices.</p>
-
-<p><i>Nota.</i> Vous cognoistrez l’aage d’un lièvre aux trous qui sont dessoubs
-la queue, car pour tant de pertuis tant d’ans.</p>
-
-<p><span class="smcap">Civé de connins</span> comme dessus.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-170" id="page_vol-2-170"></a>{v. 2, p.170}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Tuille de char.</span> Prenez escrevices cuites, et en ostez la char
-des queues: et le surplus, c’est assavoir coquilles et charquois<a name="FNanchor_925_925" id="FNanchor_925_925"></a><a href="#Footnote_925_925" class="fnanchor">[925]</a>,
-broyez très longuement; et après, ayez amandes sans peler, et soient
-eslites et lavées en eaue chaude comme pois, et avec l’escorce soient
-broyées avec ce que dit est, et avec ce broyez mie de pain sori sur
-le gril. Or devez-vous avoir cuit en eaue en vin et en sel, chapons,
-poucins et poulés despeciés tous crus par quartiers, ou veel despecié
-par morceaulx, et de l’eaue d’icelle cuiture devez destremper et
-deffaire ce que vous avez broyé, puis couler par l’estamine; puis
-rebroyez les relais<a name="FNanchor_926_926" id="FNanchor_926_926"></a><a href="#Footnote_926_926" class="fnanchor">[926]</a> et coulez arrière: puis gingembre, canelle,
-clou et poivre long destrempé de vertjus sans vinaigre, puis boulez
-tout ensemble. Or soit vostre grain cuit en sain de porc par morceaulx
-ou quartiers, et dréciez vostre grain par escuelles et mettez du potage
-par dessus, et sur le potage, en chascune escuelle, quatre ou cinq
-queues d’escrevices et du sucre par dessus pouldré.</p>
-
-<p><span class="smcap">Houssebarre</span><a name="FNanchor_927_927" id="FNanchor_927_927"></a><a href="#Footnote_927_927" class="fnanchor">[927]</a> <span class="smcap">de char</span>✝ est fait en
-haste à un soupper quant gens surviennent despourveuement. Pour dix
-escuelles, prenez vint lesches de la char froide de disner<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-171" id="page_vol-2-171"></a>{v. 2, p.171}</span> et du
-giste de beuf; et soient les lesches petites comme lesches de lart,
-et les frisiez en sain au fer de la paelle. <i>Item</i>, ayez de six œufs
-les moyeux et un petit de vin blanc, et soit tout batu ensemble tant
-comme à ennuy, puis mis avec de l’eaue de la char et du vertjus viel
-et non nouvel, car il tourneroit: et tout bouly sans la char; et après
-dréciez par escuelles, et en chascune escuelle deux lesches de char.
-Aucuns drecent le brouet par escuelles, et en un plat, devant quatre
-personnes, cinq lesches de char et du brouet avec; et c’est quant il y
-a plus de gens et mains de char<a name="FNanchor_928_928" id="FNanchor_928_928"></a><a href="#Footnote_928_928" class="fnanchor">[928]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Houssebarre de poisson.</span> Aiez des carrelets appareillés et
-lavés, puis séchiés, essuiés entre deux touailles et fris et mis en un
-plat et deux en un autre: qui font deux plats. <i>Item</i>, aiez deux onces
-de coriandre et de cercuis non confis, dont l’une<a name="FNanchor_929_929" id="FNanchor_929_929"></a><a href="#Footnote_929_929" class="fnanchor">[929]</a> couste un blanc,
-et soit broyé et destrempé de vin et vertjus, puis bouli et getté sur
-les deux plats.</p>
-
-<p><span class="smcap">Potage de Lombars.</span> Quant la char est cuite, si la traiez et
-mettez l’eaue de la char en un autre pot, mais gardez bien que il
-n’y coule ne fondrilles, ne osselets; puis aiez moyeux d’œufs batus
-longuement avec du vertjus et pouldre, et filez dedans le pot en filant
-et en remuant, puis faites vos souppes<a name="FNanchor_930_930" id="FNanchor_930_930"></a><a href="#Footnote_930_930" class="fnanchor">[930]</a>.</p>
-
-<div class="headd">
-<p class="c"><small>AUTRES POTAGES LIANS SANS CHAIR.</small></p>
-</div>
-
-<p><span class="smcap">Brouet vergay d’anguilles</span>, escorchiez <i>i</i>.<a name="FNanchor_931_931" id="FNanchor_931_931"></a><a href="#Footnote_931_931" class="fnanchor">[931]</a> estauvez<a name="FNanchor_932_932" id="FNanchor_932_932"></a><a href="#Footnote_932_932" class="fnanchor">[932]</a><span class="pgnum"><a name="page_vol-2-172" id="page_vol-2-172"></a>{v. 2, p.172}</span>
-ou eschaudez les anguilles et les mettez cuire en l’eaue avec du vin
-par très bien menus morceaulx, puis broyez percil et pain ars, et
-coulez par l’estamine: et aiez avant broyé gingembre paré et saffren,
-et faictes tout boulir ensemble, et à la parfin mettez morceaulx de
-fromage comme dés quarrés<a name="FNanchor_933_933" id="FNanchor_933_933"></a><a href="#Footnote_933_933" class="fnanchor">[933]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet sarrasinois.</span> Escorchiez l’anguille et découppez par
-bien menus tronçons, puis pouldrez de sel et frisiez en huile; puis
-broyez gingembre, canelle, giroffle, graine, garingal, poivre long
-et saffran pour donner couleur, et<a name="FNanchor_934_934" id="FNanchor_934_934"></a><a href="#Footnote_934_934" class="fnanchor">[934]</a> de vertjus, et boulir tout
-ensemble avec les anguilles qui d’elles mêmes font lioison.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet vert d’œufs et de fromage.</span> Prenez percil et un pou de
-frommage et de sauge et bien pou de saffren, pain trempé, et deffaites
-de purée de pois ou d’eaue boulie, broyez et coulez: et aiez broyé
-gingembre deffait de vin, et mettez boulir; puis mettez du frommage
-dedens et des œufs pochés en eaue, et soit vert gay.&mdash;<i>Item</i>, aucuns
-n’y mettent point de pain, mais en lieu de pain convient lart.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet d’Alemaigne d’œufs pochés en huille</span>,<a name="FNanchor_935_935" id="FNanchor_935_935"></a><a href="#Footnote_935_935" class="fnanchor">[935]</a> puis prenez
-amandes et les pelez, broyez et coulez: mincez oignons par rouelles, et
-soient cuis en eaue, puis fris en huille, et faites tout boulir; puis
-broyez gingembre, canelle, giroffle et un pou de saffran deffait de
-vertjus,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-173" id="page_vol-2-173"></a>{v. 2, p.173}</span> et au derrain<a name="FNanchor_936_936" id="FNanchor_936_936"></a><a href="#Footnote_936_936" class="fnanchor">[936]</a> mettez vos espices ou potage, et boulir un
-boullon, et soit bien liant et non trop jaune.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brouet blanc</span> se peut faire des lus, des carpes et des bars,
-comme il est dit cy-dessus de la poulaille.</p>
-
-<p><span class="smcap">Soringue d’anguilles.</span> Estauvez ou escorchiez, puis tronçonnez
-vos anguilles: puis aiez oignons cuis par rouelles et percil effueillé,
-et mettez tout frire en huille; puis broyez gingembre, canelle,
-giroffle, graine et saffren, et deffaites de vertjus, et ostez du
-mortier. Puis aiez pain harlé broyé et deffait de purée, et coulez
-par l’estamine, puis mettez dedans la purée, et faites boulir tout
-ensemble, et l’assavourez de vin, de vertjus et vinaigre; et soit
-claret<a name="FNanchor_937_937" id="FNanchor_937_937"></a><a href="#Footnote_937_937" class="fnanchor">[937]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Gravé ou seymé</span> (car c’est tout un) de loche ou autre poisson
-froit ou chault, soit perche ou autre de ceste nature. Frisiez sans
-farine en huille, puis la tenez devant le feu: mais avant ce, aiez pain
-harlé broyé et deffait d’un petit de vin, d’eaue boulie ou purée, et
-passez par l’estamine, et mettez en un pot; puis affinez gingembre,
-canelle, giroffle, graine et saffren pour donner couleur, deffait de
-vinaigre, et aiez des oignons minciés cuis, et les frisiez<a name="FNanchor_938_938" id="FNanchor_938_938"></a><a href="#Footnote_938_938" class="fnanchor">[938]</a> en
-huille, puis mettez tout boulir ensemble en un pot avec la purée ou
-eaue boulie, excepté la loche frite de laquelle vous mettez six ou huit
-en l’escuelle ou plus, et du brouet par dessus; et ne soit pas jaune,
-mais roux.</p>
-
-<p><span class="smcap">Chaudumée d’un brochet.</span> <i>Primo</i>, à appareillier un brochet,
-luy convient tirer les boyaux par l’oreille, et oste-l’en l’amer, et
-puis reboute-l’en les boyaux dedans, et après l’en les<a name="FNanchor_939_939" id="FNanchor_939_939"></a><a href="#Footnote_939_939" class="fnanchor">[939]</a> rostit sur
-le greil. Se le brochet est petit,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-174" id="page_vol-2-174"></a>{v. 2, p.174}</span> soit rosti tout entier: et s’il est
-plus grandelet, soit encisé en plusieurs lieux au travers, et ainsi
-rosti. Puis aiez saffren largement, poivre long, giroffle et graine, et
-soit tout bien broyé et deffait de vertjus, vin, et vinaigre très-petit
-comme néant, broyé et osté du mortier; puis aiez pain harlé trempé en
-purée de pois ou en eaue de poisson, ou moitié vin moitié vertjus, et
-soit broyé, puis coulé par l’estamine, et tout mis ensemble soit bouly
-et mis en plats sur le brocherel, et soit jaune.</p>
-
-<p>Ainsi se peut faire <i>galentine de poisson froit</i>, sauf tant que l’en
-n’y met point de purée, car pour ce<a name="FNanchor_940_940" id="FNanchor_940_940"></a><a href="#Footnote_940_940" class="fnanchor">[940]</a> ne se garde pas longuement,
-mais y met-l’en de la gresse du poisson.</p>
-
-<p><span class="smcap">Civé d’oïttres.</span> Eschaudez et lavez très bien les oïttres,
-les cuisiez pour<a name="FNanchor_941_941" id="FNanchor_941_941"></a><a href="#Footnote_941_941" class="fnanchor">[941]</a> un seul boullon, et les mettez esgouter, et les
-friolez avec de l’oignon cuit en huille; puis prenez pain harlé ou
-chappelleures grant foison, et mettez tremper en purée de pois ou en
-l’eaue boulie des oïttres et du vin plain<a name="FNanchor_942_942" id="FNanchor_942_942"></a><a href="#Footnote_942_942" class="fnanchor">[942]</a>, et coulez: puis prenez
-canelle, giroffle, poivre long, graine et saffran pour donner couleur,
-broyez et destrempez de vertjus et vinaigre et mettez d’une part; puis
-broyez vostre pain harlé ou chappeleures avec la purée ou eaue des
-oïttres et aussi les oïttres puis qu’elles ne seroient assez cuites.</p>
-
-<p><span class="smcap">Civés d’œufs</span><a name="FNanchor_943_943" id="FNanchor_943_943"></a><a href="#Footnote_943_943" class="fnanchor">[943]</a>. Pochez œufs à l’uille, puis aiez<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-175" id="page_vol-2-175"></a>{v. 2, p.175}</span> oignons
-par rouelles cuis, et les friolez à l’uille, puis mettez boulir en vin,
-vertjus et vinaigre, et faites boulir tout ensemble; puis mettez en
-chascune escuelle trois ou quatre œufs, et gettez vostre brouet dessus,
-et soit non liant.</p>
-
-<p><span class="smcap">Souppe en moustarde.</span> Prenez de l’uille en quoy vous avez
-pochés vos œufs, du vin, de l’eaue, et tout boulir en une paelle de
-fer: puis prenez les croustes du pain et les mettez harler sur le gril,
-puis en faittes souppes quarrées, et mettez boulir; puis retraiez
-vostre souppe, et mettez en un plat ressuier: et dedans le boullon
-mettez de la moustarde, et faites boulir. Puis mettez vos souppes par
-escuelles, et versez vostre boullon dessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Lait de vache lié.</span> Soit pris le lait à eslite<a name="FNanchor_944_944" id="FNanchor_944_944"></a><a href="#Footnote_944_944" class="fnanchor">[944]</a>, comme dit
-est cy-devant ou chappitre des potages<a name="FNanchor_945_945" id="FNanchor_945_945"></a><a href="#Footnote_945_945" class="fnanchor">[945]</a>, et soit bouly une onde,
-puis mis hors du feu: puis y filez par l’estamine grant foison de
-moieux d’œufs et ostez le germe, et puis broyez une cloche de gingembre
-et saffren, et mettez dedans, et tenez chaudement emprès le feu; puis
-ayez des œufs pochés en eaue et mettez deux ou trois œufs pochés en
-l’escuelle, et le lait dessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Espimbèche de rougets.</span> Espaulez<a name="FNanchor_946_946" id="FNanchor_946_946"></a><a href="#Footnote_946_946" class="fnanchor">[946]</a>, pourboulez et rosticiez
-vos rougets: puis aiez vertjus et pouldre, cameline et percil: tout
-bouly ensemble, et gettez sus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Potage jaunet ou sausse jaunette</span> sur poisson froit ou chault.
-Frisiez en huille, sans point de farine, loche, perche pelée ou autre
-de ceste nature, puis broyez amandes, et deffaites le plus de vin et de
-vertjus et coulez, et mettez au feu: puis broyez gingembre, giroffle<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-176" id="page_vol-2-176"></a>{v. 2, p.176}</span>,
-graine et saffren, et deffaites de vostre boullon, et quant le potage
-aura bouly, mettez vos espices; et au drécier mettez du sucre, et soit
-liant.</p>
-
-<p><span class="smcap">Millet.</span> Lavez-le en trois paires d’eaue et puis le mettez en
-une paelle de fer sécher sur le feu, et hochiez bien, qu’il n’arde;
-et puis le mettez en lait de vache frémiant, et n’y mettez point la
-cuillier jusques à tant qu’il ait bien bouly, et puis le mettez jus de
-dessus le feu<a name="FNanchor_947_947" id="FNanchor_947_947"></a><a href="#Footnote_947_947" class="fnanchor">[947]</a>, et le batez du dos de la cuillier<a name="FNanchor_948_948" id="FNanchor_948_948"></a><a href="#Footnote_948_948" class="fnanchor">[948]</a> tant qu’il
-soit bien espois.</p>
-
-<p>La nature du lait est telle que se le lait est trait et mis en un très
-bel et net vaissel de terre ou de bois ou d’estain et non mie d’arain
-ne de cuivre, et en iceulx vaiseaulx le tenir en repos sans remuer ou
-changier en divers vaisseaulx, ne transporter çà ne là, il se garde
-bien jour et demi ou deux jours, et ne se tourne point au boulir, mais
-que l’en le remue quant il s’esmeut au boulir; et n’y convient point
-mettre de sel jusques au descendre du feu, ou au moins quant l’en y
-veult mettre les souppes, et y puet-on mettre des souppes de pain levé
-ou autre, que jà ne se tournera puis que le lait sera ainsi gouverné
-comme dit est.&mdash;<i>Item</i>, et se le lait n’est frais ou que tu aies doubte
-qu’il ne tourne en la paelle, si y met un petit de fleur<a name="FNanchor_949_949" id="FNanchor_949_949"></a><a href="#Footnote_949_949" class="fnanchor">[949]</a> et le
-mouveras très bien, et jà ne se tournera. Et se tu en veulx faire
-boulie, si desmelle <i>primo</i> ta fleur et ton lait et du sel, puis met
-boulir et le muef<a name="FNanchor_950_950" id="FNanchor_950_950"></a><a href="#Footnote_950_950" class="fnanchor">[950]</a> très bien. Et se tu en veulx faire<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-177" id="page_vol-2-177"></a>{v. 2, p.177}</span> potage,
-si y met pour chascune pinte de lait les moyeux de demy quarteron
-d’œufs, les germes ostés, très bien batus ensemble à part eulx, et
-puis rebattus avec du lait; et puis tout filé en la paelle, et puis
-très bien remué le lait qui bout: puis faire souppes. Et qui veult une
-cloche de gingembre et du saffran, <i>fiat</i>.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>ROST DE CHAR.</small></p></div>
-
-<p><span class="smcap">Langue de beuf</span> fresche soit parboulie, pelée, lardée et
-rostie, et mengée à la cameline.</p>
-
-<p><i>Item</i>, est assavoir que la langue du vieil vault mieulx que la langue
-du jeune beuf, si comme aucuns dient; autres dient le contraire.</p>
-
-<p>En Gascongne, quant il commence à faire froit, ils achètent des
-langues, les parboullissent et pelent, et puis les salent l’une sur
-l’autre en un salouer et laissent huit jours, puis les pendent à la
-cheminée tout l’iver, et en esté, hault, à sec; et ainsi se gardent
-bien dix ans. Et puis sont cuites en eaue et vin qui veult, et mengées
-à la moustarde.</p>
-
-<p><i>Aliter</i>, langue de beuf vieil soit parboulie, pelée et nettoiée: puis
-embrochée, boutonnée de clous de giroffle, rostie, et mengée à la
-cameline.</p>
-
-<p><span class="smcap">Allouyaux de beuf.</span> Faictes lesches de la char du trumel, et
-enveloppez dedens mouelle et gresse de beuf: embrochiez, rostissiez et
-mengiez au sel.</p>
-
-<p><span class="smcap">Mouton rosti</span> au sel menu ou au vertjus et vinaigre. L’espaule
-soit première embrochée et tournée devant le feu jusques à ce qu’elle
-ait getté sa gresse, puis soit lardée de percil<a name="FNanchor_951_951" id="FNanchor_951_951"></a><a href="#Footnote_951_951" class="fnanchor">[951]</a>: et non plus tost
-pour deux causes,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-178" id="page_vol-2-178"></a>{v. 2, p.178}</span> l’une car adonc elle est meilleur à larder, l’autre
-car qui plus tost la larderoit, le percil s’ardroit avant que l’espaule
-fust rostie.</p>
-
-<p>Porc eschaudé, rosty en la broche: et mettre du sain doulx en la
-paelle, et au bout d’un baston avoir des plumes, et oindre l’escorce
-ou couanne du porc afin qu’elle ne s’arde et endurcisse ou larder. Et
-autel convient-il faire à un cochon<a name="FNanchor_952_952" id="FNanchor_952_952"></a><a href="#Footnote_952_952" class="fnanchor">[952]</a>, ou le larder; et est mengié
-au vertjus de grain ou vertjus vieil et ciboule.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pourcelet farci.</span> Le pourcelet tué et acouré<a name="FNanchor_953_953" id="FNanchor_953_953"></a><a href="#Footnote_953_953" class="fnanchor">[953]</a> par la gorge
-soit eschaudé en eaue boulant, puis pelé: puis prenez de la char meigre
-de porc, et ostez le gras et les issues du pourcelet et mettez cuire en
-l’eaue, et prenez vint œufs et les cuisiez durs, et des chastaingnes
-cuites en l’eaue et pelées: puis prenez les moyeux des œufs,
-chastaingnes, fin fromage vieil, et char d’un cuissot de porc cuit, et
-en hachez, puis broyez avec du saffran et pouldre de gingembre grant
-foison entremellée parmy la char; et se vostre char revient trop dure,
-si l’alaiez de moyeux d’œufs. Et ne fendez pas vostre cochon parmy le
-ventre, mais parmy le cousté le plus petit trou que vous pourrez: puis
-le mettez en broche, et après boutez vostre farce dedans, et recousez
-à une grosse aguille; et soit mengié ou au poivre jaunet se c’est en
-yver, ou à la cameline se c’est en esté.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que j’ay bien veu pourcelet lardé, et est très bon. Et ainsi le
-fait-l’en maintenant et des pigons aussi.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-179" id="page_vol-2-179"></a>{v. 2, p.179}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Connins</span> pourboulis, lardés, en rost, à la cameline.</p>
-
-<p>L’en scet bien se un connin est gras etc.<a name="FNanchor_954_954" id="FNanchor_954_954"></a><a href="#Footnote_954_954" class="fnanchor">[954]</a></p>
-
-<p><span class="smcap">Veel rosty.</span> Soit harlé au feu en la broche et sans laver, puis
-lardé, rosti, et mengié à la cameline. Aucuns le pourboulent, lardent,
-puis embrochent. Ainsi le souloit<a name="FNanchor_955_955" id="FNanchor_955_955"></a><a href="#Footnote_955_955" class="fnanchor">[955]</a>-l’en faire.</p>
-
-<p><span class="smcap">Chevreaulx, agneaulx.</span> Boutez en eaue boullant et tirez
-hors tantost, et harlez en la broche; puis rostis et mengiés à la
-cameline<a name="FNanchor_956_956" id="FNanchor_956_956"></a><a href="#Footnote_956_956" class="fnanchor">[956]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Bourbelier de sanglier</span><a name="FNanchor_957_957" id="FNanchor_957_957"></a><a href="#Footnote_957_957" class="fnanchor">[957]</a>. <i>Primo</i> le convient mettre en
-eaue boulant, et bien tost retraire et boutonner de giroffle; mettre
-rostir, et baciner<a name="FNanchor_958_958" id="FNanchor_958_958"></a><a href="#Footnote_958_958" class="fnanchor">[958]</a> de sausse faicte d’espices, c’est assavoir
-gingembre, canelle, giroffle, graine, poivre long et noix muguettes,
-destrempé de vertjus, vin et vinaigre, et sans boulir l’en baciner;
-et quant il sera rosti, si boulez tout ensemble. Et ceste sausse est
-appellée <i>queue de sanglier</i><a name="FNanchor_959_959" id="FNanchor_959_959"></a><a href="#Footnote_959_959" class="fnanchor">[959]</a>, et la trouverez cy-après (<i>et là il
-la fait liant de pain: et cy, non</i>).</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour contrefaire d’une pièce de beuf, venoison d’ours.</span> Prenez
-de là pièce d’emprès le flanchet, et soit tronçonnée par gros tronçons
-comme bouly lardé, puis pourbouli, lardé et rosti: et puis boulez une
-queue de sanglier<a name="FNanchor_960_960" id="FNanchor_960_960"></a><a href="#Footnote_960_960" class="fnanchor">[960]</a> et mettez vostre grain<a name="FNanchor_961_961" id="FNanchor_961_961"></a><a href="#Footnote_961_961" class="fnanchor">[961]</a> peu boulir, et
-gettez sausse et tout en un plat.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-180" id="page_vol-2-180"></a>{v. 2, p.180}</span></p>
-
-<p>Toute venoison fresche sans baciner se mengue à la cameline.</p>
-
-<p><span class="smcap">Oés</span> rosties à l’aillet blanc en yver, ou à la jance.</p>
-
-<p>Et <i>nota</i> que en Aoust et Septembre, quant les oisons sont aussi grans
-comme père et mère, l’en congnoist les jeunes à ce que quant l’en
-appuie son poulce sur leur becq, il fond soubs le poulce, et aux autres
-non.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <i>nota</i> que oisons mis en mue, se ils sont bien petis, ils
-engressent jusques au neuvième jour, et après amaigrissent: mais les
-oés engressent toujours sans défrire<a name="FNanchor_962_962" id="FNanchor_962_962"></a><a href="#Footnote_962_962" class="fnanchor">[962]</a>; et soit l’un, soit l’autre,
-il les convient tenir seichement et garder de mouillier leurs piés, ne
-estre sur lictière moitte, mais finement seiche, et garder de baigner
-ne mengier verdure, et ne voient point de clarté, et soient peus de
-fourment cuit, et abeuvrés de lait meigre ou de l’eaue en quoy le
-fourment aura cuit, et ne leur convient donner autre buvrage, et soient
-peus de bonne avoine.</p>
-
-<p>A Paris, les oiers engressent leurs oisons de farine etc.<a name="FNanchor_963_963" id="FNanchor_963_963"></a><a href="#Footnote_963_963" class="fnanchor">[963]</a></p>
-
-<p><span class="smcap">Chapons, gélines</span>, faisandés de deux ou de trois jours,
-embrochiés, flambés, et rostis, mettez au vertjus avec leur gresse;
-bouly, à la poictevine ou à la jance.</p>
-
-<p><span class="smcap">Poucins</span> gros comme hétoudeaux<a name="FNanchor_964_964" id="FNanchor_964_964"></a><a href="#Footnote_964_964" class="fnanchor">[964]</a> en Juillet, tués<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-181" id="page_vol-2-181"></a>{v. 2, p.181}</span> deux
-jours devant, et rostis, flambés, mengiés au moust qui se fait en tout
-temps de vin, vertjus et foison sucre.</p>
-
-<p>Pour les faisander, il les convient saigner, et incontinent les mettre
-et faire morir en un seel d’eaue froide, et tantost remettre en un
-aultre seel d’eaue très froide, et il sera faisandé ce matin mesmes
-comme de deux jours tué<a name="FNanchor_965_965" id="FNanchor_965_965"></a><a href="#Footnote_965_965" class="fnanchor">[965]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Menus oiseaulx.</span> Plumez à sec et laissiez les piés, et
-embrochiez parmy le corps: et entre deux mettre une pièce de lart gras
-tanné<a name="FNanchor_966_966" id="FNanchor_966_966"></a><a href="#Footnote_966_966" class="fnanchor">[966]</a> comme une fueille.</p>
-
-<p><span class="smcap">Malars de rivière.</span> En yver, quant les jeunes etc.<a name="FNanchor_967_967" id="FNanchor_967_967"></a><a href="#Footnote_967_967" class="fnanchor">[967]</a></p>
-
-<p><i>Item</i>, malars de rivière plumez à sec, puis mettre sur la flambe:
-ostez la teste et la gettez, et laissiez les piés; puis mettez en
-broche et une leschefrite dessoubs pour requeillir la gresse, et mettre
-des oignons dedans qui se frisent en la gresse. Et quant l’oisel est
-cuit, mettez du lart et du percil en la leschefrite, et boulez tout
-ensemble, et des tostées dedans, et l’oisel par pièces; ou soit mengié
-au sel menu.</p>
-
-<p><i>Item</i>, autrement se peut faire. Mettez en la leschefrite des oignons
-comme dit est, et quant l’oisel sera cuit, si mettez en la leschefrite
-un petit de vertjus et moitié vin, moitié vinaigre, et tout bouli
-ensemble, et après mis la tostée. Et ceste derrenière sausse est
-appellée <i>le Saupiquet</i>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Paon</span>, <i>Faisans</i>, <i>Cigoignes</i>, <i>Héron</i>, <i>Outardes</i>, <i>Grues</i>,
-<i>Gentes</i>, <i>Butor</i>, <i>Cormorant</i>, soient plumés à sec ou saignés comme le
-cigne, et laissez à ceulx à qui il appartient<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-182" id="page_vol-2-182"></a>{v. 2, p.182}</span> les testes et queues, et
-aux autres testes et piés<a name="FNanchor_968_968" id="FNanchor_968_968"></a><a href="#Footnote_968_968" class="fnanchor">[968]</a>: et du surplus comme du cigne.</p>
-
-<p><i>Item</i>, au faisant à qui l’en oste la queue, l’en luy reboute deux ou
-trois plumes quant il est rosty, mais atourné<a name="FNanchor_969_969" id="FNanchor_969_969"></a><a href="#Footnote_969_969" class="fnanchor">[969]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Coulons ramiers</span> sont bons en yver; et congnoist-l’en les viels
-à ce qu’ils ont les venneaux des esles tout d’une couleur noire, et
-les jeunes qui sont de celluy an ont le bout des venneaux cendrés et
-le surplus noir comme les autres<a name="FNanchor_970_970" id="FNanchor_970_970"></a><a href="#Footnote_970_970" class="fnanchor">[970]</a>; et sont bons en pasté, à la
-cameline frois, ou tous chaulx à la sausse d’oiseaulx de rivière, ou
-rostis longuement comme beuf et mengiés au sel, ou à la dodine, par
-pièces, en un plat, comme oiseaulx de rivière.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que à Bésiers, l’en vent de deux paires<a name="FNanchor_971_971" id="FNanchor_971_971"></a><a href="#Footnote_971_971" class="fnanchor">[971]</a> de coulons ramiers,
-les uns petis, et ceulx ne sont pas les meilleurs, car les grans
-sont de meilleur saveur et menguent le glan au bois comme font les
-pourceaulx; et les mengue-l’en au boussac comme un connin, et mis par
-quartiers: et aucunes fois à la sausse des halebrans, et en rost à la
-dodine; ou qui en veult garder, soient mis en pasté lardés. Et sont en
-saison de la<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-183" id="page_vol-2-183"></a>{v. 2, p.183}</span> Saint-Andry jusques en karesme, et ne viennent fors de
-trois ans en trois ans.</p>
-
-<p><span class="smcap">Plouviers et videcoqs.</span> Plumer à sec, bruler et laissier les
-piés; rostir et mengier au sel.</p>
-
-<p>Et <i>nota</i> que trois paires d’oiseaulx sont, que les aucuns queux
-rostissent sans effondrer; <i>scilicet</i> aloés, turtres et plouviers,
-pour ce que leurs bouyaulx sont gras et sans ordure, car aloés ne
-menguent fors pierettes et sablon: turtres, graine de genèvre et herbes
-souef-flairans: et plouviers vent<a name="FNanchor_972_972" id="FNanchor_972_972"></a><a href="#Footnote_972_972" class="fnanchor">[972]</a>.</p>
-
-<p>Perdrix s’adouent vers la my Février, et adonc s’envolent deux et deux:
-et en Pasqueret se doivent cuire en l’eaue, avec char de beuf, un
-boullon largement; puis les tirer et rostir.</p>
-
-<p><i>Item</i>, les perdris qui ont les plumes etc<a name="FNanchor_973_973" id="FNanchor_973_973"></a><a href="#Footnote_973_973" class="fnanchor">[973]</a>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, perdrix se doivent plumer à sec, et copper les ongles et la
-teste, reffaire en eaue boulant, puis boutonner de venoison qui en a,
-ou lart, et mengier au sel menu, ou à l’eaue froide et eaue rose et un
-petit de vin, ou en eaue rose les trois pars, jus de pomme d’orenge et
-vin, le quart<a name="FNanchor_974_974" id="FNanchor_974_974"></a><a href="#Footnote_974_974" class="fnanchor">[974]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Cigne.</span> Plumez comme un poucin ou une oé, eschaudez, ou
-reffait; embrochiez, arçonnez<a name="FNanchor_975_975" id="FNanchor_975_975"></a><a href="#Footnote_975_975" class="fnanchor">[975]</a> en quatre<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-184" id="page_vol-2-184"></a>{v. 2, p.184}</span> lieux, et rostissiez à
-tout les piés et bec tout entier, et la teste sans plumer; et mengié au
-poivre jaunet.</p>
-
-<p><i>Item</i>, qui veult, l’en le dore.</p>
-
-<p><i>Item</i>, au tuer, soit fendu de la teste jusques aux espaules.</p>
-
-<p><i>Item</i>, sont aucune fois escorchiés et revestus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Cigne revestu</span> en sa pel à toute la plume. Prenez-la et
-l’enflez par entre les espaules, et le fendez au long du ventre: puis
-ostez la pel à tout le col couppé emprès les espaules, tenant au corps
-les piés; puis mettre en broche, et l’arçonnez et dorez. Et quant il
-sera cuit, soit revestu en sa pel, et que le col soit bien droit ou
-plat; et soit mengié au poivre jaunet<a name="FNanchor_976_976" id="FNanchor_976_976"></a><a href="#Footnote_976_976" class="fnanchor">[976]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-185" id="page_vol-2-185"></a>{v. 2, p.185}</span></p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>PASTÉS.</small></p></div>
-
-<p><span class="smcap">Poucins</span> soient mis en pasté, le dos dessoubs et la poictrine
-dessus, et larges lesches de lart sur la poictrine; et puis couvers.</p>
-
-<p><i>Item</i>, à la mode Lombarde, quant les poucins sont plumés et
-appareillés, aiez œufs batus, c’est assavoir moyeux et aubuns<a name="FNanchor_977_977" id="FNanchor_977_977"></a><a href="#Footnote_977_977" class="fnanchor">[977]</a>,
-avec vertjus et pouldre, et mouillez vos poucins dedans: puis mettez en
-pasté<a name="FNanchor_978_978" id="FNanchor_978_978"></a><a href="#Footnote_978_978" class="fnanchor">[978]</a> et des lesches de lart comme dessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Champignons</span> d’une nuit sont les meilleurs, et sont petits et
-vermeils dedans, clos dessus: et les convient peler, puis laver en
-eaue chaude et pourboulir; qui en veult mettre en pasté, si y mette de
-l’uille, du frommage et de la pouldre.</p>
-
-<p><i>Item</i>, mettez-les entre deux plats sur charbons, et mettez un petit de
-sel, du frommage et de la pouldre. L’en les treuve en la fin de May et
-en Juin.</p>
-
-<p><span class="smcap">Escheroys</span><a name="FNanchor_979_979" id="FNanchor_979_979"></a><a href="#Footnote_979_979" class="fnanchor">[979]</a>. Lavez-les en deux ou en trois paires d’eaues
-chaudes, puis les enfarinez et frisiez en huille.</p>
-
-<p><i>Item</i>, après ce, aucuns les mettent en pasté avec grant foison
-d’oignons et tronçons de harenc ou d’anguille et pouldre.</p>
-
-<p><i>Nota.</i> Pastés doivent estre au large et la viande à large dedans.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pastés de venoison fresche.</span> Il convient à venoison pourboulir
-et escumer, puis larder et faire pastés:<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-186" id="page_vol-2-186"></a>{v. 2, p.186}</span> et ainsi se font pastés de
-toute venoison fresche; et se doit tailler à grans lopins comme billes,
-et pour ce dit-l’en <i>pasté de bouly lardé</i>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pastés de beuf.</span> Aiez bon beuf et jeune et en ostez toute la
-gresse, et le meigre soit mis par morceaulx cuire un boullon, et après
-porté sur<a name="FNanchor_980_980" id="FNanchor_980_980"></a><a href="#Footnote_980_980" class="fnanchor">[980]</a> le pastissier hachier: et la gresse avec mouelle de beuf.</p>
-
-<p>La char d’une joe de beuf trenchée par lesches et mise en pasté;
-et puis quant le pasté est cuit, convient getter de la sausse d’un
-halebran dedans.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pastés de mouton.</span> Bien hachiés menus avec des ciboules.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pastés de veau.</span> Prenez de la rouelle de la cuisse, et convient
-mettre avec, près d’autant de gresse de beuf; et de ce fait-l’en six
-bons pastés d’assiette<a name="FNanchor_981_981" id="FNanchor_981_981"></a><a href="#Footnote_981_981" class="fnanchor">[981]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-187" id="page_vol-2-187"></a>{v. 2, p.187}</span></p>
-
-<div class="headd">
-<p class="c"><small>POISSON D’EAUE DOULCE.</small></p></div>
-
-<p>A cuire poisson convient premièrement mettre l’eaue frémir et du sel,
-et puis mettre les testes boulir un petit, puis les queues, et boulir
-ensemble, et puis le remenant.</p>
-
-<p>Tout poisson freschement mort est ferme sur le poulce et dur, et a
-l’oreille vermeille; et s’il est vieil mort, <i>secus</i>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Bar</span> soit en eaue cuit, et mengié à la sausse vert.</p>
-
-<p><span class="smcap">Barbelet</span><a name="FNanchor_982_982" id="FNanchor_982_982"></a><a href="#Footnote_982_982" class="fnanchor">[982]</a> en esté soit cuit en eaue et le tiers vin,
-foison percil et oseille, et cuire longuement: et il sera ferme.</p>
-
-<p><span class="smcap">Barbillons</span> rostis au vertjus, les petis en yver au potage ou à
-la jance fris; <i>item</i>, en yver, au poivre aigret ou jaunet, car c’est
-tout un.</p>
-
-<p><span class="smcap">Perche</span> soit sans escharder<a name="FNanchor_983_983" id="FNanchor_983_983"></a><a href="#Footnote_983_983" class="fnanchor">[983]</a> cuite en eaue, et puis soit
-pelée: au vinaigre et au percil soit mise; la frite soit mise au
-gravé<a name="FNanchor_984_984" id="FNanchor_984_984"></a><a href="#Footnote_984_984" class="fnanchor">[984]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Tanche</span> eschaudée, et osté le limon comme d’une anguille,
-puis soit cuite en eaue: mengée à la sausse vert. La frite en potage;
-la renversée, rostie et pouldrée de pouldre de canelle, et puis soit
-plungée en vinaigre et huille tandis que l’en la rostira, et mengée à
-la cameline. Et notez que à la renverser, il la convient fendre au long
-du dos, teste et tout, puis renverser, et mettre une essaule<a name="FNanchor_985_985" id="FNanchor_985_985"></a><a href="#Footnote_985_985" class="fnanchor">[985]</a> entre
-les deux couannes, puis lier de fil et rostir.</p>
-
-<p><span class="smcap">Bresme</span> soit cuite en eaue, mengée à la sausse vert: et la
-rostie au vertjus<a name="FNanchor_986_986" id="FNanchor_986_986"></a><a href="#Footnote_986_986" class="fnanchor">[986]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Lus</span><a name="FNanchor_987_987" id="FNanchor_987_987"></a><a href="#Footnote_987_987" class="fnanchor">[987]</a> se doit cuire en eaue frémiant et un petit de vin,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-188" id="page_vol-2-188"></a>{v. 2, p.188}</span>
-et mettre la teste premièrement et puis la queue, et faire boulir une
-onde: puis mettre le remenant. Lus se mengue à la sausse vert quant il
-est cuit en eaue. Aucunes fois l’en en fait potage, et est frit aucunes
-fois; le frit est mengié à la jance.</p>
-
-<p>D’un lus on en peut mengier la moitié cuite en eaue, et l’autre moitié
-salée d’un jour ou de deux jours, voire de huit jours, mais en ce cas
-l’en le doit mettre tremper pour dessaller, puis pourboulir et après
-esgouter, puis frire et mengier à la jance. Quant du lus frais est
-demouré de disner, au souper l’en en fait charpie.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brochet</span> est bon au chaudumé.</p>
-
-<p>Des brochets le laitié vault mieux que l’ouvé, se ce n’est quant l’en
-veult faire roissolles, car de l’ouvé broyé l’en fait roissoles.</p>
-
-<p><span class="smcap">Aloze</span> salée, cuite en l’eaue et mengée à la moustarde ou
-au vin et à la ciboule. La fresche<a name="FNanchor_988_988" id="FNanchor_988_988"></a><a href="#Footnote_988_988" class="fnanchor">[988]</a> entre en saison en Mars. La
-convient appareillier par l’oreille, escharder, cuire en eaue, et
-mengier à la cameline; et celle qui sera en pasté, convient premier
-escharder, puis mettre en pasté et de la cameline bien clère dedans le
-pasté quant il est presque cuit, et icelle sausse faire boulir. <i>Item</i>,
-aloze appareilliée comme dessus, sans escharder, puis rostir au four
-avec percil et moitié vertjus, l’autre moitié vin et vinaigre<a name="FNanchor_989_989" id="FNanchor_989_989"></a><a href="#Footnote_989_989" class="fnanchor">[989]</a>; et
-est en saison depuis Février jusques en Juin.</p>
-
-<p><span class="smcap">Fuites</span><a name="FNanchor_990_990" id="FNanchor_990_990"></a><a href="#Footnote_990_990" class="fnanchor">[990]</a> comme alozes.</p>
-
-<p><span class="smcap">Carpes.</span> Aucuns aiment mieulx la laictié que l’ouvée, <i>et e
-contrario</i>. Et <i>nota</i> que la brehaigne<a name="FNanchor_991_991" id="FNanchor_991_991"></a><a href="#Footnote_991_991" class="fnanchor">[991]</a> vault mieulx que nulle des
-deux autres.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-189" id="page_vol-2-189"></a>{v. 2, p.189}</span></p>
-
-<p>La carpe qui a l’escaille blanche etc.<a name="FNanchor_992_992" id="FNanchor_992_992"></a><a href="#Footnote_992_992" class="fnanchor">[992]</a></p>
-
-<p><i>Item</i>, à l’appareillier, ostez-luy l’amer qui est droitement ou
-gouttron<a name="FNanchor_993_993" id="FNanchor_993_993"></a><a href="#Footnote_993_993" class="fnanchor">[993]</a> de la gorge, et ce fait, l’en peut mettre cuire la teste
-toute entière, et elle se cuira tout nettement; et se l’amer n’en
-estoit osté, la teste demourroit tousjours sanglante et amère. Et pour
-ce, quant l’amer n’est osté entier et sans crever, l’en doit tantost
-laver la place et frotter de sel, et se l’amer est osté entier, l’en
-ne doit point laver la teste ne autre chose, mais convient mettre
-premièrement boulir la teste et assez tost après la queue, et puis
-après le remenant, et tout à petit feu.<a name="FNanchor_994_994" id="FNanchor_994_994"></a><a href="#Footnote_994_994" class="fnanchor">[994]</a> La carpe cuite se mengue à
-la sausse vert, et se demourant en y a, l’en en met en galentine.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <span class="smcap">Carpe a l’estouffée</span>. <i>Primo</i>, mettez des oignons
-minciés en un pot cuire avec de l’eaue, et quant les oignons seront
-bien cuis, gettez la teste et assez tost après la queue dedans, et
-assez tost après les tronçons, et couvrez fort sans ce qu’il en ysse
-point d’alaine<a name="FNanchor_995_995" id="FNanchor_995_995"></a><a href="#Footnote_995_995" class="fnanchor">[995]</a>. Et quant elle sera cuite, si aiez fait vostre
-affaitement de gingembre, canelle et saffran, allayé de vin et un petit
-de vertjus, c’est assavoir le tiers, et faites tout boulir ensemble, et
-bien couvert; et puis dréciez par escuelles<a name="FNanchor_996_996" id="FNanchor_996_996"></a><a href="#Footnote_996_996" class="fnanchor">[996]</a>.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que les Alemans dient des François qu’ils se mettent en grant
-péril de mengier leurs carpes si pou cuites. Et a-l’en veu que se
-François et Alemans ont un queux François qui leur cuise carpes,
-icelles carpes cuites à la guise de France, les Alemans prendront leur<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-190" id="page_vol-2-190"></a>{v. 2, p.190}</span>
-part et la feront recuire plus assez que devant, et les François non.</p>
-
-<p><span class="smcap">Truittes.</span> Leur saison commence en May. (<i>Item, leur saison est
-de Mars jusques en Septembre.</i>) Les blanches etc.<a name="FNanchor_997_997" id="FNanchor_997_997"></a><a href="#Footnote_997_997" class="fnanchor">[997]</a> La truitte qui
-ou palais a deux petites veines noires, est vermeille.</p>
-
-<p>Truitte soit cuite en eaue et foison vin vermeil, doit estre mengiée à
-la cameline et doit estre mise cuire par tronçons de deux dois. A jour
-de char, en pasté, l’en les doit couvrir de larges lardons<a name="FNanchor_998_998" id="FNanchor_998_998"></a><a href="#Footnote_998_998" class="fnanchor">[998]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Anguilles.</span> Celle qui a la menue teste, becque etc.<a name="FNanchor_999_999" id="FNanchor_999_999"></a><a href="#Footnote_999_999" class="fnanchor">[999]</a></p>
-
-<p>Anguillettes fresches estauvées et tronçonnées, cuites en eaue avec
-foison de percil, puis mettre du frommage lesche: puis traiez les
-tronçons, et faites souppes, et en chascune escuelle quatre tronçons;
-ou cuire des oignons, puis cuites en celle eaue, et un petit d’espices
-et saffran<a name="FNanchor_1000_1000" id="FNanchor_1000_1000"></a><a href="#Footnote_1000_1000" class="fnanchor">[1000]</a> et oignons en un pot, et faire la souppe.</p>
-
-<p>Grosse anguille cuite en l’eaue et au percil se mengue aux aillets
-blans; en pasté, du frommage et de la pouldre fine. La grosse,
-renversée<a name="FNanchor_1001_1001" id="FNanchor_1001_1001"></a><a href="#Footnote_1001_1001" class="fnanchor">[1001]</a>, à la sausse chaude comme une lamproie.</p>
-
-<p>Se vous voulez garder anguille, faites-la mourir en sel, et la laissiez
-trois jours naturels toute entière: puis soit eschaudée, osté le
-limon, trenchée par tronçons, cuite en l’eaue et la ciboule, et en la
-parfin mettez du vin. Et se vous la voulez saler du matin au soir,
-appareilliez-la et la tronçonnez, et mettez les tronçons en gros sel;
-et se vous la voulez plus avancier, broyez sel noir<a name="FNanchor_1002_1002" id="FNanchor_1002_1002"></a><a href="#Footnote_1002_1002" class="fnanchor">[1002]</a> et frottez
-chascune coppure<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-191" id="page_vol-2-191"></a>{v. 2, p.191}</span> du tronçon, et avec ce, la hochiez en sel entre deux
-escuelles<a name="FNanchor_1003_1003" id="FNanchor_1003_1003"></a><a href="#Footnote_1003_1003" class="fnanchor">[1003]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Anguille renversée.</span> Prenez une grosse anguille et l’estauvez,
-puis la fendez par le dos au long de l’areste d’un costé et d’autre,
-en telle manière que vous ostiez d’une part l’areste, queue et teste
-tout ensemble, puis lavez et ploiez icelle à l’envers, c’est assavoir
-la char par dehors, et soit liée loing à loing: et la mettez cuire
-en vin vermeil, puis la traiez et couppez le fil à un coustel ou
-forcettes<a name="FNanchor_1004_1004" id="FNanchor_1004_1004"></a><a href="#Footnote_1004_1004" class="fnanchor">[1004]</a>, et mettez reffroidier sur une touaille; puis aiez
-gingembre, canelle, clo de giroffle, fleur de canelle, graine, noix
-muguettes<a name="FNanchor_1005_1005" id="FNanchor_1005_1005"></a><a href="#Footnote_1005_1005" class="fnanchor">[1005]</a>, et broyez et mettez d’une part: puis aiez pain brulé
-et broyez très bien, et ne soit point coulé, mais deffaites du vin
-où l’anguille aura cuit, et boulez tout en une paelle de fer, et y
-mettez du vertjus, du vin<a name="FNanchor_1006_1006" id="FNanchor_1006_1006"></a><a href="#Footnote_1006_1006" class="fnanchor">[1006]</a>, et du vinaigre<a name="FNanchor_1007_1007" id="FNanchor_1007_1007"></a><a href="#Footnote_1007_1007" class="fnanchor">[1007]</a>, et gettez sur
-l’anguille<a name="FNanchor_1008_1008" id="FNanchor_1008_1008"></a><a href="#Footnote_1008_1008" class="fnanchor">[1008]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pinpernaux</span> ont luisant et deliée pel et ne sont point
-limonneux comme sont anguilles. L’en les doit eschauder et rostir sans
-effondrer, <i>scilicet</i> les frais, et les salés qui sont séchés, rostir
-et mengier au vertjus<a name="FNanchor_1009_1009" id="FNanchor_1009_1009"></a><a href="#Footnote_1009_1009" class="fnanchor">[1009]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Loche</span> cuite en eaue au percil et au bon frommage,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-192" id="page_vol-2-192"></a>{v. 2, p.192}</span> mengée à la
-moustarde. La frite, en potage et à l’aillet vert. La cuite en l’eaue,
-à la moustarde soit mengée: et au frire soit effleurée<a name="FNanchor_1010_1010" id="FNanchor_1010_1010"></a><a href="#Footnote_1010_1010" class="fnanchor">[1010]</a> celle qui
-sera frite.</p>
-
-<p><span class="smcap">Gaymeau</span> cuit en l’eaue, mengié à la moustarde: ou qui veult, à
-l’aillet vert.</p>
-
-<p><span class="smcap">Lamproyons</span> rostis verdelets, mengiés à la sausse chaude comme
-cy dessoubs sera dit à la lamproye; et se ils sont cuis en eaue, soient
-mengiés à la moustarde: et se ils sont cuis en pasté, gettez la sausse
-chaude dessus les pastés, et faites boulir<a name="FNanchor_1011_1011" id="FNanchor_1011_1011"></a><a href="#Footnote_1011_1011" class="fnanchor">[1011]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Lamproies.</span> Il est assavoir que les aucuns saignent la lamproie
-avant ce que ils les estauvent, et aucuns les estauvent avant ce qu’ils
-les saignent ne eschaudent. Pour la saigner, premièrement lavez très
-bien vos mains, puis fendez-lui la gueule parmy le menton, <i>id est</i>
-joignant du baulièvre, et boutez vostre doit dedens et arrachez la
-langue, et faites la lemproie saignier en un plat, et lui boutez une
-petite brochette dedans la gueule pour la faire mieulx saigner. Et se
-vos dois ou vos mains sont touilliés de sang, si les lavez, et la plaie
-aussi, de vinaigre, et faites couler dedans le plat, et gardez ce sang,
-car c’est la gresse.</p>
-
-<p>Quant à l’estauver, aiez de l’eaue chauffée, sur le feu, frémiant,
-et l’estauvez comme une anguille: d’un coustel non pointu luy pelez
-et ratissiez la gueulle par dedens, et gettez hors les riffleures,
-puis l’embrochiez et faites rostir verdelette. Et pour faire la
-boe<a name="FNanchor_1012_1012" id="FNanchor_1012_1012"></a><a href="#Footnote_1012_1012" class="fnanchor">[1012]</a>, prenez<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-193" id="page_vol-2-193"></a>{v. 2, p.193}</span> gingembre, canelle, poivre long, graine et une
-noix muguette, et broyez et mettez d’une part: puis aiez du pain
-brulé tant qu’il soit noir, et le broyez et deffaites de vinaigre et
-le coulez par l’estamine; puis mettez boulir le sang, vos espices et
-le pain, tout ensemble, un boullon tant seulement, et se le vinaigre
-est trop fort, si le attrempez de vin ou de vertjus; et adonc c’est
-boue: et est noire, espoisse à point et non pas trop, et le vinaigre
-un pou passant<a name="FNanchor_1013_1013" id="FNanchor_1013_1013"></a><a href="#Footnote_1013_1013" class="fnanchor">[1013]</a>, et salé un petit; puis versez tout chault sur la
-lamproye, et laissiez suer<a name="FNanchor_1014_1014" id="FNanchor_1014_1014"></a><a href="#Footnote_1014_1014" class="fnanchor">[1014]</a>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’en peut faire autre sausse plus briefve. Prenez le sang et du
-vinaigre et du sel, et quant la lamproie sera rostie verdelette, boulez
-icelle sausse un bouillon seulement et gettez sur vostre lamproye, et
-laissiez suer entre deux plats.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <span class="smcap">LAMPROIE BOULIE</span>. Saignez-la comme devant est dit, et
-gardez le sang: puis la mettez cuire en vinaigre et en vin plain<a name="FNanchor_1015_1015" id="FNanchor_1015_1015"></a><a href="#Footnote_1015_1015" class="fnanchor">[1015]</a>
-et un pou d’eaue, et quant elle sera cuite verdelette, si la traiez
-hors du feu et la mettez reffroidier sur une nappe; puis prenez pain
-brulé et deffaites de vostre boullon et coulez parmi une estamine, et
-puis mettez boulir le sang avec, et mouvez bien qu’il n’arde: et quant
-il sera bouly, si versez en un mortier ou en une jatte nette, et mouvez
-tousjours jusques à tant qu’il soit reffroidié; puis broyez gingembre,
-canelle, fleur de canelle, giroffle, graine de paradis, noix muguettes
-et poivre long, et deffaites de vostre boullon, et mettez dedans un
-plat comme dit est devant; et doit estre noir<a name="FNanchor_1016_1016" id="FNanchor_1016_1016"></a><a href="#Footnote_1016_1016" class="fnanchor">[1016]</a>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <span class="smcap">LAMPROIE A L’ESTOUFFÉE</span>. Ostez le sang de la<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-194" id="page_vol-2-194"></a>{v. 2, p.194}</span> lamproye
-comme dessus, puis l’estauvez en eaue bien chaude. Après ce, ayez
-vostre sausse preste de boulir, et soit clere, et mettez vostre
-lamproye en un pot et vostre sausse dessus, et faites très bien couvrir
-d’un couvescle bien joignant et juste, et faites boulir; puis retournez
-une fois la lamproie ce dessus dessoubs<a name="FNanchor_1017_1017" id="FNanchor_1017_1017"></a><a href="#Footnote_1017_1017" class="fnanchor">[1017]</a> ou pot, et faites cuire
-verdelette. Et s’elle ne moulle toute en sausse, il n’y a pas péril,
-mais que le pot soit bien couvert; puis la mettez toute entière en un
-plat sur la table<a name="FNanchor_1018_1018" id="FNanchor_1018_1018"></a><a href="#Footnote_1018_1018" class="fnanchor">[1018]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Escrevices</span> cuites en l’eaue et en vin, mengées au vinaigre.</p>
-
-<p><span class="smcap">Ables</span> cuites en l’eaue et au percil, mengées à la moustarde.</p>
-
-<p><span class="smcap">Gardons et rosses</span><a name="FNanchor_1019_1019" id="FNanchor_1019_1019"></a><a href="#Footnote_1019_1019" class="fnanchor">[1019]</a>. C’est friture, et les convient
-effonder, puis enfleurer, puis frire; mengier à la sausse vert<a name="FNanchor_1020_1020" id="FNanchor_1020_1020"></a><a href="#Footnote_1020_1020" class="fnanchor">[1020]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Vendoises</span> comme dessus, ou rosties sans escharder<a name="FNanchor_1021_1021" id="FNanchor_1021_1021"></a><a href="#Footnote_1021_1021" class="fnanchor">[1021]</a>,
-et mengier au vertjus d’ozeille; et est assavoir que vendoises sont
-assez plus grans que ables, et sont rondes plus que gardons<a name="FNanchor_1022_1022" id="FNanchor_1022_1022"></a><a href="#Footnote_1022_1022" class="fnanchor">[1022]</a>, car
-gardons sont plas.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>POISSON DE MER RONT.</small></p></div>
-
-<p>Poisson de mer ront en yver, et le plat en esté.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que nulle marée n’est bonne quant elle est chassée par temps
-pluyeulx ou moicte.</p>
-
-<p><span class="smcap">Brette</span><a name="FNanchor_1023_1023" id="FNanchor_1023_1023"></a><a href="#Footnote_1023_1023" class="fnanchor">[1023]</a> affaitié comme un rouget, cuite comme une raye,
-et ainsi pelée: mengée aux aulx camelins. Et est la brette aussi comme
-chien de mer, mais brette est<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-195" id="page_vol-2-195"></a>{v. 2, p.195}</span> plus petite et plus doulce et meilleure,
-et dit-l’en que c’est la femelle du chien: et est brune sur le dos, et
-le chien est roux.</p>
-
-<p><span class="smcap">Chien de mer</span> comme la brette. Et <i>nota</i> que de l’un et de
-l’autre le foie est bon à mettre en pasté, et de la pouldre fine parmy;
-et aucuns y mettent du frommage, et est bon.</p>
-
-<p><span class="smcap">Mulet</span> est dit <i>migon</i><a name="FNanchor_1024_1024" id="FNanchor_1024_1024"></a><a href="#Footnote_1024_1024" class="fnanchor">[1024]</a> en Languedoc, et est eschardé
-comme une carpe, puis effondré au long du ventre, cuit en l’eaue, et du
-percil dessus, puis reffroidié en son eaue; et puis mengié à la sausse
-vert, et meilleur à l’orenge. <i>Item</i>, il est bon en pasté.</p>
-
-<p><span class="smcap">Morue</span> n’est point dicte à Tournay s’elle n’est salée, car la
-fresche est dicte <i>cableaux</i><a name="FNanchor_1025_1025" id="FNanchor_1025_1025"></a><a href="#Footnote_1025_1025" class="fnanchor">[1025]</a>, et, se mengue et est cuite comme
-dit sera cy-après de morue.</p>
-
-<p><i>Item</i>, quant icelle morue est prise ès marches de la mer, et l’en
-veult icelle garder dix ou douze ans, l’en l’effondre, et luy oste-l’en
-la teste, et est seichée à l’air et au soleil, et non mie au feu ou à
-la fumée; et ce fait, elle est nommée <i>stofix</i><a name="FNanchor_1026_1026" id="FNanchor_1026_1026"></a><a href="#Footnote_1026_1026" class="fnanchor">[1026]</a>. Et quant l’en
-l’a tant gardée et l’en la veult mengier, il la convient batre d’un
-maillet de bois bien une heure, et puis mettre tremper en eaue tiède
-bien douze heures ou plus, puis cuire et escumer très bien comme beuf;
-puis mengier à la moustarde ou mengier trempée au beurre. Et se rien
-en demeure au soir, soit par pièces petites comme charpie frit, et mis
-pouldre dessus.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-196" id="page_vol-2-196"></a>{v. 2, p.196}</span></p>
-
-<p>Aussi de morue fresche, s’aucune partie en demeure pour le soir ou
-pour l’endemain<a name="FNanchor_1027_1027" id="FNanchor_1027_1027"></a><a href="#Footnote_1027_1027" class="fnanchor">[1027]</a>, faictes-en de la charpie et le frisez à pou de
-beurre, et puis ostez de la paelle, et puis vuidiez tout le beurre que
-riens n’y demeure, et la refrisiez à sec, et filez pardessus des œufs
-batus: puis mettez en plateaux ou escuelles et pouldre fine pardessus.
-Et s’il n’y a œufs, si se fait-il bien<a name="FNanchor_1028_1028" id="FNanchor_1028_1028"></a><a href="#Footnote_1028_1028" class="fnanchor">[1028]</a>.</p>
-
-<p>Morue fresche, appareillée et cuite comme gournaut et du vin blanc au
-cuire, et mengée à la jance; et la salée, mengée au beurre ou mengée
-à la moustarde. La salée, pou trempée, sent trop le sel, et la trop
-trempée n’est pas bonne; et pour ce, qui l’achaitte, doit essaier à la
-dent et en mengier un petit<a name="FNanchor_1029_1029" id="FNanchor_1029_1029"></a><a href="#Footnote_1029_1029" class="fnanchor">[1029]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Maquerel</span> frais entre en saison en Juin, jàsoit-ce que l’en en
-treuve dès le mois de Mars. Affaitiez par l’oreille, puis l’essuiez
-d’un net torchon, et sans laver aucunement soit mis rostir, puis mengié
-à la cameline ou à sel menu; et salé, au vin et à l’eschaloigne<a name="FNanchor_1030_1030" id="FNanchor_1030_1030"></a><a href="#Footnote_1030_1030" class="fnanchor">[1030]</a>.
-Et si en met-on en pasté, et pouldre dessus<a name="FNanchor_1031_1031" id="FNanchor_1031_1031"></a><a href="#Footnote_1031_1031" class="fnanchor">[1031]</a>.</p>
-
-<p>Ton est un poisson qui est trouvé en la mer ou estans marinaulx des
-parties de Languedoc, et n’a aucunes arestes fors l’eschine, et a dure
-pel, et se doit cuire en eaue et se mengue au poivre jaunet<a name="FNanchor_1032_1032" id="FNanchor_1032_1032"></a><a href="#Footnote_1032_1032" class="fnanchor">[1032]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Langoustes</span> sont grans escrevices, et sont bonnes cuites en
-l’eaue, et leur convient estouper d’estoupes la queue par où l’en l’a
-vuidée et aussi la gueule et les piés qui sont rompus, et tous les
-autres lieux par lesquels aucune liqueur puisse yssir de son corps, et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-197" id="page_vol-2-197"></a>{v. 2, p.197}</span>
-puis cuire en l’eaue ou en four, et mengié au vinaigre. Toutesvoies,
-qui la veult rostir au four, il ne la convient jà estouper, mais
-souffit qu’elle soit mise cuire enverse<a name="FNanchor_1033_1033" id="FNanchor_1033_1033"></a><a href="#Footnote_1033_1033" class="fnanchor">[1033]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Congre.</span> Eschaudez-le et estauvez comme une anguille, puis
-mis en la paelle et salé comme le rouget, et le cuisiez longuement
-comme beuf; et en la parfin mettre boulir avec du percil, puis le
-laissiez<a name="FNanchor_1034_1034" id="FNanchor_1034_1034"></a><a href="#Footnote_1034_1034" class="fnanchor">[1034]</a> refaire en son eaue, puis dréciez et mengiez à la sausse
-vert. Aucuns le mettent roussir sur le gril<a name="FNanchor_1035_1035" id="FNanchor_1035_1035"></a><a href="#Footnote_1035_1035" class="fnanchor">[1035]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Tumbe</span><a name="FNanchor_1036_1036" id="FNanchor_1036_1036"></a><a href="#Footnote_1036_1036" class="fnanchor">[1036]</a>, <span class="smcap">Rouget</span>, <span class="smcap">Gournaut</span>,
-<span class="smcap">Grimondin</span>, soient affaitiés par le ventre et lavés très bien,
-puis soient mis en la paelle et du sel pardessus, et puis l’eaue
-froide; (et ainsi est-il du poisson de mer, jàsoit-ce que poisson
-d’eaue doulce il convient premièrement que l’eaue soit frémiant),
-puis soient cuis à petit feu, et mis hors de dessus le feu; laissiez
-reffaire en leur eaue et mengiez à la cameline. Toutesvoies, les
-grimondins, en esté, fendus sont au long du dos par les espaules,
-rostis sur le greil<a name="FNanchor_1037_1037" id="FNanchor_1037_1037"></a><a href="#Footnote_1037_1037" class="fnanchor">[1037]</a> et arrousés de beurre et mengiés au
-vertjus. <i>Nota</i> que tumbe est le plus grant, et sont prises en la mer
-d’Angleterre. Gournaut est le plus grant après, et sont toutes ces
-deux espèces de couleur tannée<a name="FNanchor_1038_1038" id="FNanchor_1038_1038"></a><a href="#Footnote_1038_1038" class="fnanchor">[1038]</a>. Le rouget est le plus petit et
-le plus rouge, et le grimondin est le mendre de tous et est tanné,
-tavellé<a name="FNanchor_1039_1039" id="FNanchor_1039_1039"></a><a href="#Footnote_1039_1039" class="fnanchor">[1039]</a>, et de diverses couleurs; et tous sont comme d’une nature
-et d’une saveur.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-198" id="page_vol-2-198"></a>{v. 2, p.198}</span></p>
-
-<p><i>Item</i>, rougets sont bons au chaudumé de vertjus de pouldre et de
-saffran.</p>
-
-<p><span class="smcap">Saumon</span> frais soit baconné<a name="FNanchor_1040_1040" id="FNanchor_1040_1040"></a><a href="#Footnote_1040_1040" class="fnanchor">[1040]</a>, et gardez l’eschine pour
-rostir; puis despeciez par dales cuites en eaue, et du vin et du sel au
-cuire; mengié au poivre jaunet ou à la cameline et en pasté, qui veult,
-pouldré<a name="FNanchor_1041_1041" id="FNanchor_1041_1041"></a><a href="#Footnote_1041_1041" class="fnanchor">[1041]</a> d’espices; et se le saumon est salé, soit mengié au vin
-et à la ciboule par rouelles<a name="FNanchor_1042_1042" id="FNanchor_1042_1042"></a><a href="#Footnote_1042_1042" class="fnanchor">[1042]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Aigrefin</span> appareillié comme le rouget, et le convient un pou
-laissier froidir en son eaue, et soit mengié à la jance<a name="FNanchor_1043_1043" id="FNanchor_1043_1043"></a><a href="#Footnote_1043_1043" class="fnanchor">[1043]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Orfin</span> affaitié par l’oreille, cuit en l’eaue, mengié à la
-cameline: ou mis par tronçons, et sur les tronçons mettre pouldre fine
-et huille d’olive<a name="FNanchor_1044_1044" id="FNanchor_1044_1044"></a><a href="#Footnote_1044_1044" class="fnanchor">[1044]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Porc de mer</span>, <span class="smcap">Marsouin</span>, <span class="smcap">Pourpois</span><a name="FNanchor_1045_1045" id="FNanchor_1045_1045"></a><a href="#Footnote_1045_1045" class="fnanchor">[1045]</a> est
-tout un, et le poisson entier doit estre fendu par le ventre comme un
-pourcel; et du foye et fressure l’en fait brouet et potage comme d’un
-porc. <i>Item</i>, l’en le despièce et fend comme un porc, par le dos, et
-aucunes fois est rosti en la broche à toute sa couanne, et puis mengié
-à la sausse chaude comme brulis<a name="FNanchor_1046_1046" id="FNanchor_1046_1046"></a><a href="#Footnote_1046_1046" class="fnanchor">[1046]</a> en yver. Autrement, est cuit en
-eaue et mis du vin avec, puis de la pouldre et du saffran, et mis en un
-plat dedans son eaue comme venoison; puis broyez gingembre, canelle,
-giroffle, graine, poivre long et saffran, et deffaites de vostre
-boullon, et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-199" id="page_vol-2-199"></a>{v. 2, p.199}</span> mettez hors du mortier d’une part; <i>item</i>, broyez pain
-harlé, deffait de l’eaue de vostre poisson et coulé par l’estamine,
-et faictes boulir tout ensemble, et soit claret; puis dréciez comme
-venoison. Ou faites poivre noir, et soit vostre poisson, sans laver,
-cuit moitié eaue moitié vin, et mis en plas: et gettez vostre sausse
-dessus comme galentine, et dréciez. Et quant vous en vouldrez mengier,
-prenez un petit de la sauce qui est froide, et mettez ou eaue de char,
-ou de celle mesmes, ou vinaigre <i>et similia</i>, et mettez sur le feu en
-une escuelle chauffer<a name="FNanchor_1047_1047" id="FNanchor_1047_1047"></a><a href="#Footnote_1047_1047" class="fnanchor">[1047]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Merlus</span> doit estre despecié par morceaux quarrés comme
-eschiquier, puis tremper une nuit seulement, puis le oster hors de
-l’eaue, et après mettez séchier sur une touaille; puis mettez vostre
-huille boulir, puis frisiez à pou d’huille vos pièces de merlus, et
-mengiez à la moustarde ou à jance d’aulx. Merlus est fait, ce semble,
-de morue<a name="FNanchor_1048_1048" id="FNanchor_1048_1048"></a><a href="#Footnote_1048_1048" class="fnanchor">[1048]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Esturgon.</span> Eschaudez, ostez le limon, couppez la teste et
-la fendez en deux. Et premièrement le fendez au long par le ventre
-comme l’en fait un pourcel, puis soit vuidié, tronçonné, et mis cuire
-en vin et en eaue et que le vin passe; et que à la mesure qu’il se
-esboudra<a name="FNanchor_1049_1049" id="FNanchor_1049_1049"></a><a href="#Footnote_1049_1049" class="fnanchor">[1049]</a> que l’en y mette tousjours vin. Et congnoist-l’en qu’il
-est cuit, quant la couanne se liève de légier; et ce que l’en mengue
-chaut, l’en y met de l’eaue du bouly et espices comme se ce feust
-venoison: et ce que l’en veult garder doit estre mis refroidier, et
-mengier au percil et au vinaigre<a name="FNanchor_1050_1050" id="FNanchor_1050_1050"></a><a href="#Footnote_1050_1050" class="fnanchor">[1050]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-200" id="page_vol-2-200"></a>{v. 2, p.200}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Esturgon contrefait de veel</span> pour six escuelles. Prenez le soir
-devant, ou le bien matin, six testes de veel sans escorcher, et les
-plumez en eaue chaude comme un cochon, et les cuisiez en vin, et mettez
-une chopine de vinaigre et du sel dedans, et faites boulir tant qu’il
-soit tout pourry de cuire; puis laissiez les testes refroidier et ostez
-les os. Puis prenez un quartier de bonne grosse toile, et mettez tout
-dedans, c’est assavoir l’une sur l’autre en la mendre place que vous
-pourrez, puis cousez de bon fort fil, comme un oreillier quarré, puis
-le mettez entre deux belles ais et le chargiez très fort, et laissiez
-la nuit en la cave; et puis le tailliez par lesches, la couenne dehors
-comme venoison, et mettez du percil et du vinaigre, et ne mettez que
-deux lesches en chascun plat. <i>Item</i>, qui ne trouveroit assez testes,
-l’en le peut faire d’un veel entrepelé<a name="FNanchor_1051_1051" id="FNanchor_1051_1051"></a><a href="#Footnote_1051_1051" class="fnanchor">[1051]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Craspois</span><a name="FNanchor_1052_1052" id="FNanchor_1052_1052"></a><a href="#Footnote_1052_1052" class="fnanchor">[1052]</a>. C’est balaine salée, et doit estre par
-lesches<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-201" id="page_vol-2-201"></a>{v. 2, p.201}</span> tout cru, et cuit en eaue comme lart; et servir avec vos pois.</p>
-
-<p><span class="smcap">Merlant salé</span> est bon quant sa noe<a name="FNanchor_1053_1053" id="FNanchor_1053_1053"></a><a href="#Footnote_1053_1053" class="fnanchor">[1053]</a> est entière, et son
-ventre blanc et entier; et est bon au chaudumé de beurre, de vertjus et
-de moustarde; et le frais, frit, à la jance.</p>
-
-<p><span class="smcap">Vive</span> a trois lieux périlleux à touchier, c’est assavoir les
-arestes qui sont sur le dos près de la teste, les deux oreilles; et
-à ce ne convient touchier fors au coustel, et tout ce getter hors,
-et tirer la brouaille par l’oreille, et puis enciser au travers en
-pluseurs lieux, la rostir, et mengier au vertjus et beurre, ou vertjus
-et pouldre.</p>
-
-<p><i>Aliter</i>, cuisiez-la en l’eaue un petit, puis la frisiez en beurre,
-puis boulez du vertjus avec le remenant du beurre, et getter sus.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>POISSON DE MER PLAT.</small></p></div>
-
-<p><span class="smcap">Raye</span> affaitié par endroit le nombril, et gardez le foye, et la
-despeciez par pièces, puis la mettez cuire comme plays, puis la pelez
-et la mengiez aux aulx camelins.</p>
-
-<p>Raye est bonne en Septembre, et meilleur en Octobre, car lors elle
-mengue les harens frais. Celle qui n’a que une queue est <i>notrée</i>,
-et les autres qui ont pluseurs queues, non. Et encores est-il autre
-poisson pareil à raye qui a nom <i>Tire</i>, mais il n’a nul aguillon sur le
-dos; et si est plus grant et plus tavellé de noir<a name="FNanchor_1054_1054" id="FNanchor_1054_1054"></a><a href="#Footnote_1054_1054" class="fnanchor">[1054]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-202" id="page_vol-2-202"></a>{v. 2, p.202}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Galentine pour raie</span> en esté. Broyez amandes et deffaites
-d’eaue boulie, et coulez par l’estamine; puis broyez gingembre et aulx,
-et deffaites d’icelluy lait d’amandes et passez par l’estamine, et
-boulez tout ensemble et mettez sur les pièces de la raye.</p>
-
-<p>Raye qui une fois a esté cuite, s’elle est frite sans farine en huille
-et mengée chaude à la cameline, elle est bonne et meilleur que en
-galentine froide.</p>
-
-<p>Raye doit estre lavée en plusieurs eaues, puis cuire en petit boullon
-et par quartiers, puis peler et laissier refroidier: mais aucuns la
-pourboulent en eaue sans sel, puis la tirent, la pellent et nettoient
-très bien, et mettent sur beau feurre; puis mettent en une paelle, sur
-le feu, de l’eaue et du sel frémier, puis cuire la raye à petit feu.
-Et qui veult, l’en en frit une partie de celle qui est pourboulye, et
-ceste raye se garde bien huit jours<a name="FNanchor_1055_1055" id="FNanchor_1055_1055"></a><a href="#Footnote_1055_1055" class="fnanchor">[1055]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Plays</span><a name="FNanchor_1056_1056" id="FNanchor_1056_1056"></a><a href="#Footnote_1056_1056" class="fnanchor">[1056]</a> <span class="smcap">et quarrelet</span> sont aucques<a name="FNanchor_1057_1057" id="FNanchor_1057_1057"></a><a href="#Footnote_1057_1057" class="fnanchor">[1057]</a> d’une
-nature. La plus grant est nommée <i>plays</i>, et la petite <i>quarrelet</i>, et
-est tavellée de rouge sur le dos; et sont bons du flo<a name="FNanchor_1058_1058" id="FNanchor_1058_1058"></a><a href="#Footnote_1058_1058" class="fnanchor">[1058]</a> de Mars,
-et meilleurs du flo d’Avril. Affaitiez par devers le dos audessoubs de
-l’oreille: bien lavée, et mise en la paelle et du sel dessus, et cuite
-en l’eaue comme un rouget; et mengiez au vin et au sel.</p>
-
-<p><i>Item</i>, quarrelets sont bons fris à la fleur<a name="FNanchor_1059_1059" id="FNanchor_1059_1059"></a><a href="#Footnote_1059_1059" class="fnanchor">[1059]</a> et mengiés à la
-sausse vert<a name="FNanchor_1060_1060" id="FNanchor_1060_1060"></a><a href="#Footnote_1060_1060" class="fnanchor">[1060]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Limandes</span> sont tavellées de jaune ou roux par le dos, et ont
-l’oreille devers le blanc<a name="FNanchor_1061_1061" id="FNanchor_1061_1061"></a><a href="#Footnote_1061_1061" class="fnanchor">[1061]</a>; soient fris à la fleur et mengiés à la
-sausse vert, ou fris par moitié et mengiés au civé ou au gravé<a name="FNanchor_1062_1062" id="FNanchor_1062_1062"></a><a href="#Footnote_1062_1062" class="fnanchor">[1062]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-203" id="page_vol-2-203"></a>{v. 2, p.203}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Poles</span><a name="FNanchor_1063_1063" id="FNanchor_1063_1063"></a><a href="#Footnote_1063_1063" class="fnanchor">[1063]</a>, <span class="smcap">SOLES</span> sont d’une nature; et sont les
-poles tavellées par le dos. Il les convient escharder et affaitier
-comme la plays, laver et mettre en la paelle, et du sel dessus et
-de l’eaue, puis faire cuire, et à la parfin mettre du percil avec;
-puis laissier reffaire en leur eaue, et mengier à la sausse vert ou
-au beurre avec de leur eaue chaude, ou au chaudumé de vertjus vieil,
-moustarde et beurre chauffé ensemble.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’en les rostit sur le greil<a name="FNanchor_1064_1064" id="FNanchor_1064_1064"></a><a href="#Footnote_1064_1064" class="fnanchor">[1064]</a> et du feurre moullié entre
-deux; et celles ne doivent point estre eschardées et sont mengées au
-vertjus d’oseille.</p>
-
-<p><i>Item</i>, aussi sont eschaudées celles que l’en doit frire, et doivent
-estre enfleurées, puis frites, mengées à la sausse vert<a name="FNanchor_1065_1065" id="FNanchor_1065_1065"></a><a href="#Footnote_1065_1065" class="fnanchor">[1065]</a>, et mises
-au civé ou gravé.</p>
-
-<p><span class="smcap">Turbot</span> est dit <i>Ront</i> à Bésiers. Soit eschardé, appareillié
-comme dessus et mengié à la sausse vert, ou mis au soucié<a name="FNanchor_1066_1066" id="FNanchor_1066_1066"></a><a href="#Footnote_1066_1066" class="fnanchor">[1066]</a>; et
-vault mieulx froit de deux jours.</p>
-
-<p><span class="smcap">Barbue</span> eschardée, appareilliée comme dessus, cuite et mengée,
-car tout est d’une espèce et d’une saveur, fors tant que la barbue est
-plus petite<a name="FNanchor_1067_1067" id="FNanchor_1067_1067"></a><a href="#Footnote_1067_1067" class="fnanchor">[1067]</a>, et le turbot greigneur et meilleur.</p>
-
-<p><span class="smcap">Bresme</span>, <span class="smcap">BAITTE</span><a name="FNanchor_1068_1068" id="FNanchor_1068_1068"></a><a href="#Footnote_1068_1068" class="fnanchor">[1068]</a> eschardée, cuite en eaue, mengée
-à la cameline ou mise en pasté à la pouldre<a name="FNanchor_1069_1069" id="FNanchor_1069_1069"></a><a href="#Footnote_1069_1069" class="fnanchor">[1069]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Tante</span><a name="FNanchor_1070_1070" id="FNanchor_1070_1070"></a><a href="#Footnote_1070_1070" class="fnanchor">[1070]</a> cuite en eaue ou rostie, mengée au vertjus.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-204" id="page_vol-2-204"></a>{v. 2, p.204}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Dorée</span> appareilliée par le costé au long, cuite en eaue, ou en
-rost, mengée au vertjus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Ales</span> rosties en filopant<a name="FNanchor_1071_1071" id="FNanchor_1071_1071"></a><a href="#Footnote_1071_1071" class="fnanchor">[1071]</a>, mengées à la moustarde; ou
-pelées, puis cuites en l’eaue un très petit, puis enfarinées, frites à
-l’uille, et mengées à la jance ou aux aillets.</p>
-
-<p><span class="smcap">Flays</span><a name="FNanchor_1072_1072" id="FNanchor_1072_1072"></a><a href="#Footnote_1072_1072" class="fnanchor">[1072]</a>. De ce ne convient faire nul compte, car ils
-ne sont en saison fors quant le quarrel<a name="FNanchor_1073_1073" id="FNanchor_1073_1073"></a><a href="#Footnote_1073_1073" class="fnanchor">[1073]</a> font soubs le pié. Ce
-poisson n’est point tavelé de rouge sur le dos comme sont quarrelets,
-et si ont le dos bien noir.</p>
-
-<p><span class="smcap">Hanons</span><a name="FNanchor_1074_1074" id="FNanchor_1074_1074"></a><a href="#Footnote_1074_1074" class="fnanchor">[1074]</a>. <i>Nota</i> que les hanons qui sont ensemble
-amoncelés et se entretiennent à une masse sans esparpillier ou
-départir, et sont vermeils et de vive couleur, sont frais: et ceulx qui
-ne s’entretiennent et sont esparpilliés et de fade ou morte couleur,
-sont de vieille prise. Soient esleus, puis lavez très bien et eschaudez
-en deux ou trois eaues bien chaudes, et puis refais en eaue froide,
-puis seicher sur une touaille bien petit au feu, et soient fris en
-huille avec oignons cuis, et après poudrés d’espices et mengiés aux
-aillets vers clarets, reverdis de blé ou d’ozeille<a name="FNanchor_1075_1075" id="FNanchor_1075_1075"></a><a href="#Footnote_1075_1075" class="fnanchor">[1075]</a> ou de feuille
-de sanemonde ou de barbarin.</p>
-
-<p><span class="smcap">Moules</span><a name="FNanchor_1076_1076" id="FNanchor_1076_1076"></a><a href="#Footnote_1076_1076" class="fnanchor">[1076]</a> soient cuites en grant feu et hastivement,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-205" id="page_vol-2-205"></a>{v. 2, p.205}</span> en
-très petit d’eaue et de vin sans sel, mengées au vinaigre. <i>Item</i>,
-quant elles sont cuites avec vertjus vieil et percil, puis mettez
-beurre frais, c’est très bon potage.</p>
-
-<p>Moules sont les meilleurs ou commencement du nouvel temps de Mars.
-Moule de Quayeu<a name="FNanchor_1077_1077" id="FNanchor_1077_1077"></a><a href="#Footnote_1077_1077" class="fnanchor">[1077]</a> est rousse, ronde au travers et longuette, et la
-moule de Normandie est noire.</p>
-
-<p><span class="smcap">Escrevices.</span> Cuisiez-les en eaue et vin plus que d’eaue, et
-escumez, puis mettez un petit de sel (jàsoit-ce que aucuns dient que
-non, pour ce que le sel noircist<a name="FNanchor_1078_1078" id="FNanchor_1078_1078"></a><a href="#Footnote_1078_1078" class="fnanchor">[1078]</a>).</p>
-
-<p><span class="smcap">Escrevices de mer</span> doivent estre cuites en four, et dit-l’en
-<i>lengoustes</i>, et convient estouper tous les pertuis à la guise du
-fournier, et mengier trenchiée au vinaigre et à la ciboule.</p>
-
-<p><span class="smcap">Seiche conrée</span><a name="FNanchor_1079_1079" id="FNanchor_1079_1079"></a><a href="#Footnote_1079_1079" class="fnanchor">[1079]</a> soit pelée, puis despeciée par morceaulx,
-puis la mettez en une paelle sur le feu et du sel avec, et remuez
-souvent, et qu’elle soit bien séchée; puis la mettez en une nappe, et
-l’espraignez bien et seichez çà et là par la nappe; puis l’enfarinez
-en farine, et frisiez en foison d’uille ou à oignons ou sans oignons,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-206" id="page_vol-2-206"></a>{v. 2, p.206}</span>
-puis pouldrez d’espices dessus, et mengiez aux aillets reverdis de blé.</p>
-
-<p><i>Item</i>, aucuns après ce qu’elle est pelée et mise par morceaulx, la
-tiennent et remuent longuement en la paelle pour getter son humeur et
-sa liqueur laquelle l’en doit souvent getter et purer. Et quant elle
-ne gette plus rien, l’en l’essuye comme dessus, et puis la frit-l’en
-en foison d’uille longuement, tant qu’elle devient grédelié<a name="FNanchor_1080_1080" id="FNanchor_1080_1080"></a><a href="#Footnote_1080_1080" class="fnanchor">[1080]</a> et
-recroquillée comme chaons<a name="FNanchor_1081_1081" id="FNanchor_1081_1081"></a><a href="#Footnote_1081_1081" class="fnanchor">[1081]</a> de lart, et adonc est mise en un plat
-et de la pouldre fine dessus, et ainsi mengée. Et en la paelle où est
-demourée l’uille toute chaude sur le feu, laquelle huille a receu la
-freschumée de la sèche, dont elle vault pis, l’en doit getter du vin
-froit qui par fumée fait yssir la freschumée; et ainsi l’uille demeure
-bonne pour potages, et meilleur que autres qui ne sont mie cuites.</p>
-
-<p><i>Item</i>, qui n’auroit autre viande que sèche, et elle fust frite aux
-oignons comme dessus, puis mise en deux plats et avoir bonne jance aux
-aulx boulie et gettée dessus, ce seroit appétit assez passable<a name="FNanchor_1082_1082" id="FNanchor_1082_1082"></a><a href="#Footnote_1082_1082" class="fnanchor">[1082]</a>.</p>
-
-<p>Sèche fresche soit lavée très bien, puis mise en une paelle ou four
-avec de l’eaue, du vertjus, de l’uille et des ciboules nouvelles, et
-cuite; mais <i>primo</i> soient ostés l’os et l’amer.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>ŒUFS DE DIVERS APPAREILS.</small></p></div>
-
-<p><span class="smcap">Une arboulastre</span> ou deux d’œufs. Prenez du coq<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-207" id="page_vol-2-207"></a>{v. 2, p.207}</span> deux fueilles
-seulement, et de rue moins la moitié ou néant<a name="FNanchor_1083_1083" id="FNanchor_1083_1083"></a><a href="#Footnote_1083_1083" class="fnanchor">[1083]</a>, car sachez qu’il
-est fort et amer: de l’ache, ténoisie<a name="FNanchor_1084_1084" id="FNanchor_1084_1084"></a><a href="#Footnote_1084_1084" class="fnanchor">[1084]</a>, mente et sauge, de chascun
-au regart de quatre fueilles ou moins, car chascun est fort: marjolaine
-un petit plus, fenoul plus, et percil encores plus; mais de porée,
-bettes, feuilles de violettes, espinars et laitues, orvale, autant
-de l’un comme de l’autre, tant que de tout vous aiez deux poignées
-largement: eslisez et lavez en eaue froide, puis les espraignez et
-ostez toute l’eaue, et broyez deux cloches de gingembre; puis mettez
-ou mortier à deux ou à trois fois vos herbes avec le dit gingembre
-broyé, et broyez l’un avec l’autre. Et puis aiez seize œufs bien
-batus ensemble, moyeux et aubuns, et broyez et meslez ou mortier avec
-ce que dit est, puis partez en deux, et faites deux alumelles<a name="FNanchor_1085_1085" id="FNanchor_1085_1085"></a><a href="#Footnote_1085_1085" class="fnanchor">[1085]</a>
-espesses qui seront frites par la manière qui s’ensuit: premièrement
-vous chaufferez très bien vostre paelle à huille, beurre ou autre telle
-gresse que vous vouldrez, et quant elle sera bien chaude de toutes
-pars, et par espécial devers la queue, meslez et espandez vos œufs
-parmy la paelle et tournez à une palette souvent ce dessus dessoubs,
-puis gettez de bon frommage gratuisé<a name="FNanchor_1086_1086" id="FNanchor_1086_1086"></a><a href="#Footnote_1086_1086" class="fnanchor">[1086]</a> pardessus; et sachez que ce
-est ainsi fait pour ce<a name="FNanchor_1087_1087" id="FNanchor_1087_1087"></a><a href="#Footnote_1087_1087" class="fnanchor">[1087]</a> qui brayeroit<a name="FNanchor_1088_1088" id="FNanchor_1088_1088"></a><a href="#Footnote_1088_1088" class="fnanchor">[1088]</a> le<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-208" id="page_vol-2-208"></a>{v. 2, p.208}</span> frommage avec les
-herbes et œufs, quant l’en cuideroit frire son alumelle, le frommage
-qui seroit dessoubs se tendroit à la paelle; et ainsi fait-il d’une
-allumelle d’œufs, qui mesle les œufs avec le frommage. Et pour ce l’en
-doit premièrement mettre les œufs en la paelle, et mettre le frommage
-dessus, et puis couvrir des bors des œufs: et autrement se prendroient
-à la paelle. Et quant vos herbes seront frites en la paelle, si donnez
-forme quarrée ou ronde à vostre arboulastre et la mengiez ne trop
-chaude ne trop froide.</p>
-
-<p><span class="smcap">Œufs perdus.</span> Rompez l’escaille et gettez moieulx et aubuns sur
-charbons ou sur brèse bien chaude, et après les nettoyez et mengiez.</p>
-
-<p><span class="smcap">Œufs heaumés.</span> Cassez le bout et vuidiez l’aubun, et le moyeu
-estant en la coquille, mettez et asséez icelle coquille sur une tuille,
-le trou de la coquille dessoubs.</p>
-
-<p><span class="smcap">Alumelle</span><a name="FNanchor_1089_1089" id="FNanchor_1089_1089"></a><a href="#Footnote_1089_1089" class="fnanchor">[1089]</a> <span class="smcap">frite au sucre.</span>✝ Ostez tous
-les aubuns et batez les moyeux, puis mettez du sucre en la paelle et
-il se fondra, et après ce frisiez dedans vos aubuns, puis mettez en un
-plat, et du sucre dessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Œufs perdus.</span> Prenez quatre moyeux d’œufs et les batez, et du
-sucre en pierre batu et en pouldre, et soit tout batu ensemble très
-bien, puis coulé en l’estamine, puis frit au fer de la paelle et après
-trenchié par losenges; puis avecques aultre allumelle d’œufs pochés,
-soient icelles losenges mises ou plat et fine pouldre par-dessus<a name="FNanchor_1090_1090" id="FNanchor_1090_1090"></a><a href="#Footnote_1090_1090" class="fnanchor">[1090]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire belle allumelle d’œufs.</span> Prenez sept œufs et
-des<a name="FNanchor_1091_1091" id="FNanchor_1091_1091"></a><a href="#Footnote_1091_1091" class="fnanchor">[1091]</a> deux ostez les aubuns et les mettez en une<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-209" id="page_vol-2-209"></a>{v. 2, p.209}</span> escuelle, et tous
-les autres cassez sur<a name="FNanchor_1092_1092" id="FNanchor_1092_1092"></a><a href="#Footnote_1092_1092" class="fnanchor">[1092]</a> moyeux, et batez tout ensemble, et frisiez;
-et ils seront jaunes.</p>
-
-<p><i>Aliter</i>, prenez dix ou douze œufs et ostez les aubuns et batez les
-moyeux, puis les frisiez en huille, et soient bien espandus en la
-paelle et couppés par losenges, et chascune losenge retournée à la
-palette ce dessoubs dessus, puis mettre en un plat demye allumelle
-d’œufs fris communément et quatre losenges de ces moyeux, et du succre
-fris communément.</p>
-
-<p><span class="smcap">Arboulastre en tartre faicte en la paelle.</span> Aiez vos œufs et
-herbes et une cloche de gingembre batues, meslées et broyées comme
-devant est dit, puis aiez de la paste pestrie ainsi comme pour le fons
-d’une tartre, et chauffez vostre paelle à huille ou autre gresse: puis
-mettez vostre paste pestrie dedans le fons de la paelle, puis mettez la
-farce de vostre tartre avec frommage gratuisié meslé parmi à souffisant
-planté. Et pour ce que le dessoubs, c’est assavoir la paste qui fait
-le fons de la tartre, seroit cuit avant que le dessus feust guères
-eschauffé, il convient avoir une autre paelle dont le fons soit bien
-eschauffé, torché et nettoyé, et soit icelle paelle plaine de charbon
-ardant, et la mettez par dedans l’autre paelle, près et joignant de
-la farce, pour icelle eschauffer et cuire à l’essuyé<a name="FNanchor_1093_1093" id="FNanchor_1093_1093"></a><a href="#Footnote_1093_1093" class="fnanchor">[1093]</a> et aussi à
-ouni<a name="FNanchor_1094_1094" id="FNanchor_1094_1094"></a><a href="#Footnote_1094_1094" class="fnanchor">[1094]</a> comme la paste.</p>
-
-<p><span class="smcap">Œufs a la tenoisie</span><a name="FNanchor_1095_1095" id="FNanchor_1095_1095"></a><a href="#Footnote_1095_1095" class="fnanchor">[1095]</a>. Broyez un petit de gingembre et de
-la tenoisie, et allaiez de vinaigre, coulez et mettez en un plat et des
-œufs durs pelés tous entiers.</p>
-
-<p><i>Nota</i> <span class="smcap">DE LA NATURE DES ŒUFS</span>. Mettez-les cuire en eaue boulant
-et le moyeu ne sera point dur, toutesvoies se<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-210" id="page_vol-2-210"></a>{v. 2, p.210}</span> vous ne les avez
-moulliés en eaue froide premièrement: mais se vous les y avez moulliés
-et incontinent vous les mettez en potage boullant, ils durciront bien.
-<i>Item</i>, se vous les mettez en eaue frémiant et les laissiez sur le feu,
-ils seront tantost durs. <i>Item</i>, soient mols, soient durs<a name="FNanchor_1096_1096" id="FNanchor_1096_1096"></a><a href="#Footnote_1096_1096" class="fnanchor">[1096]</a>, si
-tost qu’ils sont cuis, vous les mettez en eaue froide, ils seront plus
-aisiés à peler.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>ENTREMÈS, FRITURES ET DORURES.</small></p>
-</div>
-
-<p><span class="smcap">Froumentée</span><a name="FNanchor_1097_1097" id="FNanchor_1097_1097"></a><a href="#Footnote_1097_1097" class="fnanchor">[1097]</a>. Premièrement, vous convient monder vostre
-froument ainsi comme l’en fait orge mondé, puis sachiez que pour dix
-escuelles convient une livre de froument mondé, lequel on treuve
-aucunes fois sur les espiciers tout mondé pour un blanc<a name="FNanchor_1098_1098" id="FNanchor_1098_1098"></a><a href="#Footnote_1098_1098" class="fnanchor">[1098]</a> la livre.
-Eslisiez-le et le cuisiez en eaue dès le soir, et le laissiez toute
-nuit couvert emprès le feu en eaue comme tiède, puis le trayez et
-eslisez. Puis boulez du lait en une paelle et ne le mouvez point, car
-il tourneroit: et incontinent, sans attendre, le mettez en un pot qu’il
-ne sente l’arain; et aussi, quant il est froit, si ostez la cresme de
-dessus afin que icelle cresme ne face tourner la fourmentée, et de
-rechief faites boulir le lait et un petit de froument avec, mais qu’il
-n’y ait guères de froument; puis prenez moyeux d’œufs et les coulez,
-c’est assavoir pour chascun sextier de lait un cent d’œufs, puis prenez
-le lait boulant, et batre les œufs avec le lait, puis reculer le pot
-et getter les œufs, et reculer; et se l’en veoit qu’il se voulsist
-tourner, mettre le pot en plaine paelle d’eaue. A jour de poisson,
-l’en prend lait: à jour de char, du boullon de la char; et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-211" id="page_vol-2-211"></a>{v. 2, p.211}</span> convient
-mettre saffran se les œufs ne jaunissent assez: <i>item</i>, demie cloche de
-gingembre<a name="FNanchor_1099_1099" id="FNanchor_1099_1099"></a><a href="#Footnote_1099_1099" class="fnanchor">[1099]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Faulx grenon.</span> Cuisiez en eaue et en vin des foies et des
-jugiers<a name="FNanchor_1100_1100" id="FNanchor_1100_1100"></a><a href="#Footnote_1100_1100" class="fnanchor">[1100]</a> de poulaille, ou de char de veel, ou d’une cuisse de porc
-ou de mouton, puis la hachiez bien menuement et friolez au saing de
-lart: puis broyez gingembre, canelle, giroffle, graine, vin, vertjus,
-boullon de beuf ou de celluy mesmes, et des moyeux grant foison, et
-coulez dessus vostre char, et faites bien boulir ensemble. Aucuns y
-mettent du saffran, car il doit estre sur jaune couleur, et aucuns y
-mettent pain harlé, broyé et coulé, car il doit estre liant et d’œufs
-et de pain, et si doit estre aigre de vertjus. Et au drécier, sur
-chascune escuelle, pouldrez pouldre de canelle<a name="FNanchor_1101_1101" id="FNanchor_1101_1101"></a><a href="#Footnote_1101_1101" class="fnanchor">[1101]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Mortereul</span> est fait comme faulx grenon, sauf tant que la char
-est broyée ou mortier avec espices de canelle: et n’y a point de pain,
-mais pouldre de canelle pardessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Taillis</span> à servir comme en karesme. Prenez fins roisins, lait
-d’amandes bouli, eschaudés, galettes et croutes de pain blanc et pommes
-couppées par menus morceaulx quarrés, et faites boulir vostre lait, et
-saffren<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-212" id="page_vol-2-212"></a>{v. 2, p.212}</span> pour lui donner couleur, et du succre, et puis mettez tout
-ensemble tant qu’il soit bien liant pour tailler<a name="FNanchor_1102_1102" id="FNanchor_1102_1102"></a><a href="#Footnote_1102_1102" class="fnanchor">[1102]</a>. L’en en sert en
-karesme en lieu de riz.</p>
-
-<p><span class="smcap">Poucins farcis.</span> Il convient souffler un poucin quant il est
-tout vif, et est soufflé par le col; puis liez le col et laissiez
-mourir: puis eschaudé, plumé, effondré, reffait et farcy.</p>
-
-<p><i>Item</i>, autrement, quant il est du tout appareillié pour mettre en
-broche, par endroit le pertuis là où l’en l’a effondré, l’en luy
-dessevre<a name="FNanchor_1103_1103" id="FNanchor_1103_1103"></a><a href="#Footnote_1103_1103" class="fnanchor">[1103]</a> au doit la pel de la char, puis l’en le farcist au bout
-du doit, et recoust-l’en à sourget<a name="FNanchor_1104_1104" id="FNanchor_1104_1104"></a><a href="#Footnote_1104_1104" class="fnanchor">[1104]</a>, endroit le trou, la pel avec
-la char, et met-l’en en broche.</p>
-
-<p>Et <i>nota</i> que la farce est faite de percil et un petit de sauge avec
-œufs durs et beurre, tout hachié ensemble, et mettre parmi pouldre fine
-avec. A chascun poucin convient trois œufs, blanc et tout.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour engresser poucins</span>, mettez-les en orbe<a name="FNanchor_1105_1105" id="FNanchor_1105_1105"></a><a href="#Footnote_1105_1105" class="fnanchor">[1105]</a> lieu, et leur
-nettoiez leur auget ou abeuvrouer neuf fois ou dix le jour, et leur
-donnez à chascune fois nouvelle paisson, et fresche et nouvelle eaue;
-c’est assavoir pour paisson, avoine batue que l’en doit dire <i>gruyau
-d’avoine</i>, destrempé en lait ou matons<a name="FNanchor_1106_1106" id="FNanchor_1106_1106"></a><a href="#Footnote_1106_1106" class="fnanchor">[1106]</a> de lait un petit; et aient
-le pié sec jusques à neuf jours.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour engresser une oé en trois jours</span>, paissez-la de mie de
-pain chault trempé en matons ou lait maigre<a name="FNanchor_1107_1107" id="FNanchor_1107_1107"></a><a href="#Footnote_1107_1107" class="fnanchor">[1107]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire perdriaulx de poucins</span>, il convient avoir petites
-poulettes, et les tuer un ou deux jours devant,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-213" id="page_vol-2-213"></a>{v. 2, p.213}</span> puis appareillier, et
-copper les jambes et les cols, oster les charcois<a name="FNanchor_1108_1108" id="FNanchor_1108_1108"></a><a href="#Footnote_1108_1108" class="fnanchor">[1108]</a> et getter hors,
-rompre la granche<a name="FNanchor_1109_1109" id="FNanchor_1109_1109"></a><a href="#Footnote_1109_1109" class="fnanchor">[1109]</a>, et pousser les cuisses pour faire la char plus
-courte, puis boutonner et rostir, et mengier au sel comme perdriaulx.</p>
-
-<p><span class="smcap">Poulaille farcée autrement</span><a name="FNanchor_1110_1110" id="FNanchor_1110_1110"></a><a href="#Footnote_1110_1110" class="fnanchor">[1110]</a>. Prenez vos poulles et
-leur couppez le gavion, puis les eschaudez et plumez, et gardez que
-au plumer la peau ne soit dessirée; puis les reffaites en eaue, puis
-prenez un tuel et le boutez entre cuir et char, et le<a name="FNanchor_1111a_1111a" id="FNanchor_1111a_1111a"></a><a href="#Footnote_1111_1111" class="fnanchor">[1111]</a> soufflez:
-puis le<a name="FNanchor_1111_1111" id="FNanchor_1111_1111"></a><a href="#Footnote_1111_1111" class="fnanchor">[1111]</a> fendez entre deux espaules et n’y faictes pas trop grant
-trou, et en tirez hors les charcois, et le<a name="FNanchor_1112_1112" id="FNanchor_1112_1112"></a><a href="#Footnote_1112_1112" class="fnanchor">[1112]</a> laissiez à sa peau les
-cuisses, les esles, le cul<a name="FNanchor_1113_1113" id="FNanchor_1113_1113"></a><a href="#Footnote_1113_1113" class="fnanchor">[1113]</a> à tout la teste et piés. Et pour faire
-la farce, prenez char de mouton, de veel et de porc et du braon<a name="FNanchor_1114_1114" id="FNanchor_1114_1114"></a><a href="#Footnote_1114_1114" class="fnanchor">[1114]</a>
-des poulles; hachiez tout ensemble tout cru, puis le broyez en un
-mortier, et des œufs tous crus avec et de bon fromage de gain<a name="FNanchor_1115_1115" id="FNanchor_1115_1115"></a><a href="#Footnote_1115_1115" class="fnanchor">[1115]</a> et
-de bonne pouldre d’espices et bien pou de saffren, et saler à point.
-Puis emplez vos poulles et ce trou soit recousu<a name="FNanchor_1116_1116" id="FNanchor_1116_1116"></a><a href="#Footnote_1116_1116" class="fnanchor">[1116]</a>, et du remenant
-de vostre farce faites-en pommes ainsi comme<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-214" id="page_vol-2-214"></a>{v. 2, p.214}</span> pasteaulx de guède<a name="FNanchor_1117_1117" id="FNanchor_1117_1117"></a><a href="#Footnote_1117_1117" class="fnanchor">[1117]</a>,
-et mettez cuire en boullon de beuf ou en belle eaue<a name="FNanchor_1118_1118" id="FNanchor_1118_1118"></a><a href="#Footnote_1118_1118" class="fnanchor">[1118]</a> boulant, et
-du saffran grant foison, et qu’il ne boulle pas trop fort qu’ils ne se
-despiècent; puis les enhastez en une broche bien déliée. Et pour les
-dorer, prenez grant foison de moieux d’œufs et les batez bien en un pou
-de saffren broyé avec, et les en dorer; et qui veult dorer vert, si
-broye la verdure et puis des moyeux d’œufs grant foison bien batus et
-passés par l’estamine pour la verdure, et en dorer poulaille quant elle
-sera cuite et vos pommes. Et dréciez vostre broche ou vaissel où vostre
-doreure sera, et gettez tout au long vostre doreure, et remettez au feu
-par deux fois ou par trois, afin que vostre doreure se preingne; et
-gardez que vostre doreure n’ait pas trop grant<a name="FNanchor_1119_1119" id="FNanchor_1119_1119"></a><a href="#Footnote_1119_1119" class="fnanchor">[1119]</a> feu afin qu’elle
-ne arde.</p>
-
-<p><span class="smcap">Ris engoulé</span> à jour de mengier char. Eslisez-le et le lavez en
-deux ou en trois paires d’eaues chaudes, et mettez ressuer sur le feu,
-puis le mettez en lait de vache frémiant, et broyez du saffran pour
-le jaunir: deffait de vostre lait, et puis mettez dedans du gras du
-boullon de beuf<a name="FNanchor_1120_1120" id="FNanchor_1120_1120"></a><a href="#Footnote_1120_1120" class="fnanchor">[1120]</a>.</p>
-
-<p><i>Aliter</i>, <span class="smcap">RIS</span>. Eslisez-le et le lavez en deux ou trois paires
-d’eaues chaudes tant que l’eaue reviengne toute clère, puis le faites
-ainsi comme demy cuire, puis le purez et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-215" id="page_vol-2-215"></a>{v. 2, p.215}</span> mettez sur tranchouers en
-plas pour esgouter et séchier devant le feu: puis cuisiez bien espois
-avec l’eaue de la gresse de la char de beuf et avec du saffran, se
-c’est à jour de char: et se c’est à jour de poisson, n’y mettez pas
-eaue de char, mais en ce lieu mettez amandes bien forment broyées et
-sans couler; puis succrer et sans saffren.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire une froide sauge</span>, prenez vostre poulaille et mettez
-par quartiers, et la mettez cuire en eaue avec du sel, puis la mettez
-reffroidier: puis broyez gingembre, fleur de canelle, graine, giroffle,
-et broyez bien sans couler; puis broyez du pain trempé en l’eaue des
-poucins, percil le plus, sauge et un pou de saffren en la verdure pour
-estre vertgay, et les coulez par l’estamine, (et aucuns y coulent<a name="FNanchor_1121_1121" id="FNanchor_1121_1121"></a><a href="#Footnote_1121_1121" class="fnanchor">[1121]</a>
-des moyeux d’œufs durs) et deffaites de bon vinaigre: et icelles
-deffaites, mettez sur vostre poulaille, et avec et pardessus icelle
-poulaille mettez des œufs durs par quartiers et gettez vostre sausse
-pardessus tout.</p>
-
-<p><i>Aliter</i>, prenez le poucin et le plumez, puis le mettez boulir et du
-sel tant qu’il soit cuit, puis l’ostez et le mettez par quartiers
-reffroidier: puis mettez cuire des œufs durs en l’eaue, et mettez du
-pain tremper en vin et vertjus ou vinaigre, et autant de l’un comme de
-l’autre; puis prenez du percil et de la sauge, puis broyez gingembre,
-graine, et coulez par l’estamine, et coulez les moyeux d’œufs et mettez
-des œufs durs par quartiers dessus les poucins, et puis mettez vostre
-sausse pardessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Sous de pourcelet</span> se fait ainsi comme d’une froide sauge,
-sans y mettre nuls œufs et point de sauge ne de<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-216" id="page_vol-2-216"></a>{v. 2, p.216}</span> pain. Il est fait du
-groing, des oreilles, de la queue, des jarrets cours<a name="FNanchor_1122_1122" id="FNanchor_1122_1122"></a><a href="#Footnote_1122_1122" class="fnanchor">[1122]</a>, et des
-quatre trotignons<a name="FNanchor_1123_1123" id="FNanchor_1123_1123"></a><a href="#Footnote_1123_1123" class="fnanchor">[1123]</a> bien cuis et très bien plumés, puis mis en
-sausse de percil broyé, vinaigre et espices.</p>
-
-<p><span class="smcap">Potage parti ou</span><a name="FNanchor_1124_1124" id="FNanchor_1124_1124"></a><a href="#Footnote_1124_1124" class="fnanchor">[1124]</a> <span class="smcap">faulx grenon.</span>✝ Prenez
-une cuisse de mouton ou foies et jugiers de poulailles, et les mettez
-cuire très bien en eaue et en vin, et les tranchez comme quarrés: puis
-broyez gingembre, canelle, giroffle et un pou de saffren et graine de
-paradis, et deffaites de vin et de vertjus, du bouillon de char, (de
-celluy mesmes ou de la char à cuire<a name="FNanchor_1125_1125" id="FNanchor_1125_1125"></a><a href="#Footnote_1125_1125" class="fnanchor">[1125]</a>,) et puis ostez du mortier;
-puis aiez pain hazé<a name="FNanchor_1126_1126" id="FNanchor_1126_1126"></a><a href="#Footnote_1126_1126" class="fnanchor">[1126]</a> trempé en vin et vertjus, broyez très bien,
-et après ce le passez par l’estamine, et faictes tout boulir ensemble,
-puis prenez la char et la frisiez au lart et la gettez dedans, et
-prenez dedens<a name="FNanchor_1127_1127" id="FNanchor_1127_1127"></a><a href="#Footnote_1127_1127" class="fnanchor">[1127]</a> moieux d’œufs passés par l’estamine, et gettez
-dedans pour lier. Et après dréciez par escuelles, et gettez dessus
-pouldre de canelle et sucre: c’est assavoir gettez sur la moitié de
-l’escuelle et non sur l’autre; et l’apelle-l’en <i>Potage parti</i><a name="FNanchor_1128_1128" id="FNanchor_1128_1128"></a><a href="#Footnote_1128_1128" class="fnanchor">[1128]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Flaons en karesme.</span> Affaitiez et estauvez anguilles:
-cuisiez-les après en si chaude eaue que vous en puissiez oster la char
-sans les arestes, et laissiez aussi la teste et la queue, et ne prenez
-que la char; et broyez<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-217" id="page_vol-2-217"></a>{v. 2, p.217}</span> du saffren ou mortier, puis broyez dessus
-la char de l’anguille, destrempez de vin blanc, et de ce faites vos
-flaons; et succrez pardessus.</p>
-
-<p><i>Item</i>, flaons ont saveur de frommage quant l’en les fait de laittences
-de lus, de carpes, amandes ou amidon broyés, et du saffren destrempé de
-vin et de sucre foison dessus.</p>
-
-<p><i>Item</i>, se font de char de tanches, lus, carpes, et amidon, saffran,
-deffait de vin blanc et succre dessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Tarte jacobine.</span> Prenez des anguilles et les eschaudez et
-tronçonnez par petis tronçons qui n’aient que demy doit d’espois, et
-prenez de la cloche<a name="FNanchor_1129_1129" id="FNanchor_1129_1129"></a><a href="#Footnote_1129_1129" class="fnanchor">[1129]</a>, du frommage de gain<a name="FNanchor_1130_1130" id="FNanchor_1130_1130"></a><a href="#Footnote_1130_1130" class="fnanchor">[1130]</a> esmié, et puis
-cela soit porté au four et que l’en face une tarte, et que l’en pouldre
-du frommage au fons, et puis que l’en mette l’anguille debout, et puis
-du frommage un lit, et puis un lit de cols<a name="FNanchor_1131_1131" id="FNanchor_1131_1131"></a><a href="#Footnote_1131_1131" class="fnanchor">[1131]</a> d’escrevices, et
-tousjours, tant comme chascun durera, un lit d’un et un lit d’autre. Et
-puis boulez du lait, et puis boulez<a name="FNanchor_1132_1132" id="FNanchor_1132_1132"></a><a href="#Footnote_1132_1132" class="fnanchor">[1132]</a> du saffran et du gingembre,
-graine, giroffle, et puis destrampez du lait, et puis mettez dedans la
-tartre quant elle aura esté un pou au four, et mettez du sel dedans le
-lait, et qu’elle ne soit point couverte; et pongnez<a name="FNanchor_1133_1133" id="FNanchor_1133_1133"></a><a href="#Footnote_1133_1133" class="fnanchor">[1133]</a> les piés des
-escrevices, et faites un joly couvescle à par soy<a name="FNanchor_1134_1134" id="FNanchor_1134_1134"></a><a href="#Footnote_1134_1134" class="fnanchor">[1134]</a>, pour mettre
-dessus quant elle sera cuite.</p>
-
-<p><span class="smcap">Autre tartre.</span> <i>Nota</i> que de la farcissure d’un cochon
-peut-l’en faire une tartre couverte, et que la farce soit bien faite.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-218" id="page_vol-2-218"></a>{v. 2, p.218}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire une tourte</span>, prenez quatre pongnées de bettes, deux
-poignées de percil, une pongnée de cerfueil, un brain de fanoil et deux
-pongnées d’espinoches<a name="FNanchor_1135_1135" id="FNanchor_1135_1135"></a><a href="#Footnote_1135_1135" class="fnanchor">[1135]</a>, et les eslisez et lavez en eaue froide,
-puis hachiez bien menu: puis broyez de deux paires de frommages, c’est
-assavoir du mol et du moïen, et puis mettez des œufs avec ce, moyeu et
-aubun, et les broyez parmi le frommage; puis mettez les herbes dedans
-le mortier et broyez tout ensemble, et aussi mettez-y de la pouldre
-fine. Ou en lieu de ce aiez premièrement broyé ou mortier deux cloches
-de gingembre, et sur ce broyez vos frommages, œufs et herbes, et puis
-gettez du vieil frommage de presse<a name="FNanchor_1136_1136" id="FNanchor_1136_1136"></a><a href="#Footnote_1136_1136" class="fnanchor">[1136]</a> ou autre gratuisé<a name="FNanchor_1137_1137" id="FNanchor_1137_1137"></a><a href="#Footnote_1137_1137" class="fnanchor">[1137]</a> dessus
-celles herbes, et portez au four, et puis faites faire une tartre et la
-mengez chaude.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire quatre plats de gelée de char</span>, prenez un cochon et
-quatre piés de veau et faites plumer deux poucins et deux lappereaulx
-tous meigres, et fault oster la gresse, et seront fendus tout au long
-tous crus, excepté le cochon qui est par morceaulx: et puis mettez en
-une paelle trois quartes de vin blanc ou claret, une pinte de vinaigre,
-une chopine de vertjus, faictes boulir et escumer fort; puis mettez
-dedans en un petit drapelet délié le quart d’une once de saffran
-pour donner couleur ambrine, et faictes boulir char et tout ensemble
-avec un pou de sel; puis prenez dix ou douze cloches de gingembre
-blanc<a name="FNanchor_1138_1138" id="FNanchor_1138_1138"></a><a href="#Footnote_1138_1138" class="fnanchor">[1138]</a> ou cinq ou six cloches de garingal, demie once de graine de
-paradis, trois ou quatre pièces de folium de macis, pour deux<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-219" id="page_vol-2-219"></a>{v. 2, p.219}</span> blans,
-citoual<a name="FNanchor_1139_1139" id="FNanchor_1139_1139"></a><a href="#Footnote_1139_1139" class="fnanchor">[1139]</a>: cubebbes<a name="FNanchor_1140_1140" id="FNanchor_1140_1140"></a><a href="#Footnote_1140_1140" class="fnanchor">[1140]</a>, espic<a name="FNanchor_1141_1141" id="FNanchor_1141_1141"></a><a href="#Footnote_1141_1141" class="fnanchor">[1141]</a> pour trois blans: fueilles
-de lorier, six nois muguettes; puis les escachiez en un mortier et
-mettez en un sachet et mettez boulir avec la char tant qu’elle soit
-cuite, puis la traiez et mettez sécher sur une nappe blanche, puis
-prenez pour le meilleur plat les piés, le groin et les oreilles: et
-du remenant aux autres. Puis prenez une belle touaille<a name="FNanchor_1142_1142" id="FNanchor_1142_1142"></a><a href="#Footnote_1142_1142" class="fnanchor">[1142]</a> sur deux
-tresteaux, et versez tout vostre chaudeau dedans, excepté les espices
-que vous osterez, et mettez couler pour potage, et ne la remuez point
-afin qu’elle reviengne plus clère. Mais s’elle ne couloit bien, si
-faites feu d’une part et d’autre pour la tenir chaude pour mieulx
-couler, et la coulez avant deux ou trois fois qu’elle ne soit bien
-clère<a name="FNanchor_1143_1143" id="FNanchor_1143_1143"></a><a href="#Footnote_1143_1143" class="fnanchor">[1143]</a>, ou parmi une nappe en trois doubles. Puis prenez vos plas
-et dréciez vostre char dedans, et aiez des escrevices cuites, dont vous
-mettrez dessus votre char des cuisses et la queue; de vostre gelée,
-laquelle sera réchauffée, versez tant dessus la char que la char baigne
-et soit couverte dedans, car il n’y doit avoir que un petit de char,
-puis mettre une nuit refroidier en la cave, et au matin poigniez dedans
-clos de giroffle et fueilles de lorier et fleur de canelle, et semez
-anis vermeil. <i>Nota</i> que pour la faire prendre en deux heures, il
-convient avoir graine de coings, philicon<a name="FNanchor_1144_1144" id="FNanchor_1144_1144"></a><a href="#Footnote_1144_1144" class="fnanchor">[1144]</a> et gomme de cerisier,
-et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-220" id="page_vol-2-220"></a>{v. 2, p.220}</span> tout ce faire conquasser et mettre en un sac de toile boulir avec
-la char.</p>
-
-<p><i>Item</i>, à jour de poisson, l’en fait gelée comme dessus, de lus, de
-tanches, de bresmes, d’anguilles, d’escrevices et de loche. Et quant
-le poisson est cuit, l’en le met essuier et sécher sur une belle nappe
-blanche, et le peler et nettoier très bien, et getter les peleures ou
-bouillon.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <span class="smcap">POUR FAIRE GELÉE BLEUE</span>, prenez dudit boullon, soit
-poisson ou char, et mettez en une belle paelle et faites boulir encores
-sur le feu, et prenez sus un espicier deux onces de tournesot<a name="FNanchor_1145_1145" id="FNanchor_1145_1145"></a><a href="#Footnote_1145_1145" class="fnanchor">[1145]</a> et
-le mettez boulir avec tant qu’il ait bonne couleur, puis l’espraingnez
-et ostez: et puis prenez une pinte de loche<a name="FNanchor_1146_1146" id="FNanchor_1146_1146"></a><a href="#Footnote_1146_1146" class="fnanchor">[1146]</a> et le cuisiez autre
-part, et eschaudez la loche en vos plats, et laissiez couler le boullon
-comme dessus, et laissiez refroidier. <i>Item</i>, de ce mesmes se fait un
-bleu. Et se vous voulez faire armoirie dessus la gelée, prenez or ou
-argent, lequel que mieulx vous plaira, et de l’aubun d’un œuf tracez à
-une plumette, et mettez de l’or dessus à une pincette.</p>
-
-<p><i>Aliter</i>, <span class="smcap">POUR VINT PLAS DE GELÉE</span> convient dix lappereaulx
-meigres, dix poucins meigres, une chopine de loche qui peut valoir
-trois sols: un cent d’escrevices qui ne soient pas de Marne, six sols:
-un cochon meigre, trois sols huit deniers; (et combien qu’il soit
-meigre, encores convient-il oster la gresse d’entre la<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-221" id="page_vol-2-221"></a>{v. 2, p.221}</span> couenne et
-la char, et faire petis morceaulx quarrés,) trois espaules de veau,
-quatre sols: huit quartes de vin pour cuire le veau tout en vin, deux
-quartes de vinaigre: demie aulne de toile de lin, deux sols. <i>Item</i>, il
-convient cuire le veel tout en vin et vinaigre, et escumer et mettre
-du sel dedans, puis traire<a name="FNanchor_1147_1147" id="FNanchor_1147_1147"></a><a href="#Footnote_1147_1147" class="fnanchor">[1147]</a>, et cuire les lappereaulx et poucins,
-et escumer, et mettre la moitié du lorier et mettre du saffren en une
-toile ou sachet pour cuire avec: aussi mettre les espices bien petit
-moulues ou mortier de pierre; et quant tout est cuit, si le faictes
-couler parmy l’estamine et toile, et regetter tant qu’il soit bien
-cler; puis cuisiez la loche d’une part et les escrevisses d’autre, et
-prenez les queues des escrevisses, et faites vos plats chascun de demy
-lappereau, demy poucin, six loches et quatre<a name="FNanchor_1148_1148" id="FNanchor_1148_1148"></a><a href="#Footnote_1148_1148" class="fnanchor">[1148]</a> queues d’escrevices;
-et les mettez en la cave ou celier, et asséez vos plats bien drois, et
-gettez vostre gelée dessus et l’emplez bien. Et le lendemain<a name="FNanchor_1149_1149" id="FNanchor_1149_1149"></a><a href="#Footnote_1149_1149" class="fnanchor">[1149]</a>,
-mettez sur chascun plat violette blanche, grenade et dragée vermeille
-et quatre fueilles de lorier.</p>
-
-<p><span class="smcap">Une andouille d’esté.</span> Prenez une fressure d’aignel ou chevrel
-et ostez la taye, et le remenant cuisiez en eaue et un petit de sel:
-et quant elle sera cuite, si la hachez bien menu ou broyez, puis ayez
-six moyeux d’œufs et pouldre fine, une cuillier d’argent, et hatez tout
-ensemble en une escuelle; puis mettez et meslez vostre fressure avec
-vos moyeux d’œufs et pouldre, puis estendez tout sur la coiffe ou taye,
-et entortilliez en guise d’andouille, puis liez de fil laschement du
-long, et puis au travers bien dru; et puis rostir sur le<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-222" id="page_vol-2-222"></a>{v. 2, p.222}</span> greil, puis
-ostez le fil et servir. <i>Vel sic</i>: faites-en pommettes, c’est assavoir
-de la taye mesmes, et icelles pommettes frisiez en sain de porc doulx.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pommeaulx.</span> Prenez d’un cuissot de mouton le meigre tout cru,
-et autant de la cuisse de porc meigre: soit tout ensemble hachié bien
-menu, puis broyez ou mortier gingembre, graine, giroffle, et mettez en
-pouldre sur vostre char hachée, et puis destrempez d’aubun et non pas
-du moyeu; puis paumoyez<a name="FNanchor_1150_1150" id="FNanchor_1150_1150"></a><a href="#Footnote_1150_1150" class="fnanchor">[1150]</a> aux mains les espices et la char toute
-crue en luy donnant forme de pomme, puis quant la forme est bien faite,
-l’en les met cuire en l’eaue avec du sel, puis les ostez, et ayez de
-broches de couldre<a name="FNanchor_1151_1151" id="FNanchor_1151_1151"></a><a href="#Footnote_1151_1151" class="fnanchor">[1151]</a> et les embrochiez et mettez rostir; et quant
-ils se roussiront, ayez percil broyé et passé par l’estamine et de la
-fleur<a name="FNanchor_1152_1152" id="FNanchor_1152_1152"></a><a href="#Footnote_1152_1152" class="fnanchor">[1152]</a> meslée ensemble, ne trop cler ne trop espois, et ostez vos
-pommeaulx de dessus le feu et mettez un plat dessoubs, et en tournant
-la broche sur le plat, oingnez vos pommeaulx, puis mettez au feu tant
-de fois que les pommeaulx deviennent<a name="FNanchor_1153_1153" id="FNanchor_1153_1153"></a><a href="#Footnote_1153_1153" class="fnanchor">[1153]</a> bien vers.</p>
-
-<p><span class="smcap">Renoulles</span><a name="FNanchor_1154_1154" id="FNanchor_1154_1154"></a><a href="#Footnote_1154_1154" class="fnanchor">[1154]</a>. Pour les prendre, aiez une ligne et un ameçon
-avec esche<a name="FNanchor_1155_1155" id="FNanchor_1155_1155"></a><a href="#Footnote_1155_1155" class="fnanchor">[1155]</a> de char ou d’un drap vermeil, et icelles renoulles
-prises, couppez-les à travers parmi le corps emprès les cuisses et
-vuidiez ce qu’il y sera emprès le cul, et prenez desdictes renoulles
-les deux cuisses, coupez les piés, et lesdites cuisses pelez toutes
-crues, puis aiez eaue froide et les lavez; et se les cuisses demeurent
-une nuit en eaue froide, de tant sont-elles meilleurs et plus tendres.
-Et ainsi trempées, soient<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-223" id="page_vol-2-223"></a>{v. 2, p.223}</span> lavées en eaue tiède, puis mises et essuites
-en une touaille; lesdictes cuisses, ainsi lavées et essuites, soient
-en farine touillées, <i>id est</i> enfarinées, et puis frites en huille,
-sain ou autre liqueur, et soient mises en une escuelle et de la pouldre
-dessus<a name="FNanchor_1156_1156" id="FNanchor_1156_1156"></a><a href="#Footnote_1156_1156" class="fnanchor">[1156]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Limassons</span> que l’en dit <i>escargols</i>, convient prendre à matin.
-Prenez les limassons jeunes, petis, et qui ont coquilles noires, des
-vignes ou des seurs<a name="FNanchor_1157_1157" id="FNanchor_1157_1157"></a><a href="#Footnote_1157_1157" class="fnanchor">[1157]</a>, puis les lavez en tant d’eaue qu’ils ne
-gettent plus d’escume: puis les lavez une fois en sel et vinaigre et
-mettez cuire en eaue. Puis il vous convient traire iceulx limassons de
-la coquerette au bout d’une espingle ou aguille, et puis leur devez
-oster leur queue, qui est noire, car c’est leur m..de; et puis laver,
-mettre cuire et boulir en eaue, et puis les traire et mettre en un
-plat ou escuelle, à mengier au pain. Et aussi dient aucuns qu’ils sont
-meilleurs fris en huille et oignon ou autre liqueur après ce qu’ils
-sont ainsi cuis que dit est dessus, et sont mengiés à la pouldre, et
-sont pour riches gens<a name="FNanchor_1158_1158" id="FNanchor_1158_1158"></a><a href="#Footnote_1158_1158" class="fnanchor">[1158]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pastés norrois</span> sont fais de foie de morue et aucunes fois
-du poisson hachié avec. Et fault premièrement un petit pourboulir,
-puis hacher, et mis en petis pastés de trois deniers pièce et de la
-pouldre fine pardessus. Et quant le pasticier les apporte non cuis ou
-four, sont fris tous entiers en huille et c’est à jour de poisson; et
-à jour de char, l’en les fait de mouelle de beuf qui est reffaite,
-c’est à dire que l’en met icelle<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-224" id="page_vol-2-224"></a>{v. 2, p.224}</span> mouelle dedans une cuillier percée,
-et met-l’en icelle cuillier percée avec la mouelle dedans le bouillon
-du pot à la char, et l’y laisse-l’en autant comme l’en laisseroit un
-poucin plumé en l’eaue chaude pour reffaire; et puis la met-l’en en
-eaue froide, puis couppe-l’en la mouelle et arrondist-l’en comme gros
-jabets<a name="FNanchor_1159_1159" id="FNanchor_1159_1159"></a><a href="#Footnote_1159_1159" class="fnanchor">[1159]</a> ou petites boulettes, puis porte-l’en au pasticier qui les
-met quatre et quatre ou trois en un pasté et de la pouldre fine dessus.
-Et sans cuire ou four sont cuis en sain.</p>
-
-<p>Et qui en veult faire <i>buignets de mouelle</i>, convient la reffaire en la
-manière<a name="FNanchor_1160_1160" id="FNanchor_1160_1160"></a><a href="#Footnote_1160_1160" class="fnanchor">[1160]</a>, puis prendre de la fleur et des moyeux d’œufs et faire
-le<a name="FNanchor_1161_1161" id="FNanchor_1161_1161"></a><a href="#Footnote_1161_1161" class="fnanchor">[1161]</a> paste, prendre chascun morcel de mouelle et frire au sain. Des
-buignets quérez le remenant.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>AUTRES ENTREMÈS.</small></p></div>
-
-<p><span class="smcap">Lait lardé.</span> Prenez lait de vache ou de brebis et mettez
-fremier sur le feu, et gettez des lardons et du saffran: et aiez œufs,
-<i>scilicet</i> blanc et moyeux, bien batus, et gettez à ung coup, sans
-mouvoir, et faites boulir tout ensemble, et après l’ostez hors du feu
-et laissiez tourner; ou, sans œufs, le fait-l’en tourner de vertjus.
-Et quant il est refroidié, l’en le lie bien fort en une pièce de toile
-ou estamine et luy donne-l’en quelque forme que l’en veult, ou plate
-ou longue et chargié d’une grosse pierre laissiez reffroidier sur un
-dréçouer toute nuit, et l’endemain lachié et frit au fer de la paelle,
-et se frit de luy mesmes sans autre gresse<a name="FNanchor_1162_1162" id="FNanchor_1162_1162"></a><a href="#Footnote_1162_1162" class="fnanchor">[1162]</a>, ou<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-225" id="page_vol-2-225"></a>{v. 2, p.225}</span> à gresse qui
-veult; et est mis en plas ou escuelles comme lesche de lart, et lardé
-de giroffle et de pignolat. Et qui le veult faire vert, si preigne du
-tournesol.</p>
-
-<p><span class="smcap">Rissolles a jour de poisson.</span> Cuisiez chastaingnes à petit feu
-et les pelez, et aiez durs œufs et du frommage pelé et hachez tout bien
-menu; puis les arrousez d’aubuns d’œufs, et meslez parmy pouldre et
-bien petit de sel délié, et faites vos rissoles, puis les frisiez en
-grant foison d’uille et succrez.</p>
-
-<p>Et <i>nota</i>, en karesme, en lieu d’œufs et frommage, mettez merlus et
-escheroys cuis, bien menu hachiés, ou char de brocherès ou d’anguilles,
-figues et dates hachées.</p>
-
-<p><i>Item</i>, au commun<a name="FNanchor_1163_1163" id="FNanchor_1163_1163"></a><a href="#Footnote_1163_1163" class="fnanchor">[1163]</a>, l’en les fait de figues, roisins, pommes
-hastées et noix pelées pour contrefaire le pignolat, et pouldre
-d’espices: et soit la paste très bien ensaffrenée, puis soient frites
-en huille. S’il y convient lieure<a name="FNanchor_1164_1164" id="FNanchor_1164_1164"></a><a href="#Footnote_1164_1164" class="fnanchor">[1164]</a>, amidon lie et ris aussi.
-<i>Item</i>, char de langouste de mer y est bonne en lieu de char.</p>
-
-<p><span class="smcap">Rissolles en jour de char</span> sont en saison depuis la Saint
-Remy<a name="FNanchor_1165_1165" id="FNanchor_1165_1165"></a><a href="#Footnote_1165_1165" class="fnanchor">[1165]</a>. Prenez un cuissot de porc, et ostez toute la gresse qu’il
-n’y en demeure point, puis mettez le meigre cuire en un pot et du sel
-largement: et quant elle sera presque cuite, si la traiez et aiez œufs
-durs cuis, et hachiez aubun et moyeu, et d’autre part hachiez vostre
-grain bien menu, puis meslez œufs et char tout ensemble, et mettez
-pouldre dessus, puis mettez en paste et frisiez au sain de luy mesmes.
-Et <i>nota</i> que c’est propre farce pour cochon; et aucunes fois les queux
-l’achetent des oubloiers<a name="FNanchor_1166_1166" id="FNanchor_1166_1166"></a><a href="#Footnote_1166_1166" class="fnanchor">[1166]</a> pour farcir<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-226" id="page_vol-2-226"></a>{v. 2, p.226}</span> cochons: mais toutesvoies,
-à farcir cochon, il est bon de y mettre bon vieil frommage.</p>
-
-<p><i>Item</i>, à la court des seigneurs comme Monseigneur de Berry, quant l’en
-y tue un beuf, de la mouelle l’en fait rissolles<a name="FNanchor_1167_1167" id="FNanchor_1167_1167"></a><a href="#Footnote_1167_1167" class="fnanchor">[1167]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Crespes.</span> Prenez de la fleur et destrempez d’œufs tant moyeux
-comme aubuns, osté le germe, et le deffaites d’eaue, et y mettez du sel
-et du vin, et batez longuement ensemble: puis mettez du sain sur le
-feu en une petite paelle de fer, ou moitié sain ou<a name="FNanchor_1168_1168" id="FNanchor_1168_1168"></a><a href="#Footnote_1168_1168" class="fnanchor">[1168]</a> moitié beurre
-frais, et faites<a name="FNanchor_1169_1169" id="FNanchor_1169_1169"></a><a href="#Footnote_1169_1169" class="fnanchor">[1169]</a> fremier; et adonc aiez une escuelle percée d’un
-pertuis gros comme vostre petit doit, et adonc mettez de celle boulie
-dedans l’escuelle en commençant ou milieu, et laissiez filer tout
-autour de la paelle; puis mettez en un plat, et de la pouldre de succre
-dessus<a name="FNanchor_1170_1170" id="FNanchor_1170_1170"></a><a href="#Footnote_1170_1170" class="fnanchor">[1170]</a>. Et que la paelle dessusdite de fer ou d’arain tiengne
-trois choppines, et ait le bort demy doy de hault, et soit aussi large
-ou dessus comme en bas, ne plus ne moins; et pour cause.</p>
-
-<p><span class="smcap">Crespes a la guise de Tournay.</span> <i>Primo</i>, il vous convient avoir
-fait provision d’une paelle d’arain tenant une quarte, dont la gueule
-ne soit point plus large que le fons, se très petit non, et soient les
-bors de hauteur quatre doie ou trois doie et demye largement. <i>Item</i>,
-convient estre garni de beurre salé, et fondre, escumer et nettoier,
-et puis verser en une autre paelle, et laissier tout le sel et de
-sain frais bien net autant de l’un comme de l’autre. Puis prenez des
-œufs et les frisiez, et de la moitié d’iceulx ostez les aubuns, et
-le remenant d’iceulx soient batus avec tous les aubuns et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-227" id="page_vol-2-227"></a>{v. 2, p.227}</span> moieux,
-puis prenez le tiers ou le quart de vin blanc tiède, et meslez tout
-ensemble: puis prenez la plus belle fleur de fourment que vous pourrez
-avoir, et puis batez ensemble tant et tant, comme à l’ennuy d’une ou
-de deux personnes, et ne soit vostre paste ne clère ne espoisse, mais
-telle qu’elle se puisse légièrement couler parmi un pertuis aussi
-gros comme un petit doy; puis mettez vostre beurre et vostre sain sur
-le feu ensemble, autant d’un comme d’autre, tant qu’il bouille, puis
-prenez vostre paste et emplez une escuelle ou une grant cuillier de
-bois percée, et filez dedans vostre gresse, premièrement ou milieu
-de la paelle, puis en tournyant jusques à ce que vostre paelle soit
-plaine; et que l’en bate tousjours vostre paste sans cesser pour faire
-des autres crespes. Et icelle crespe qui est en la paelle convient
-soubslever à une brochette ou fuisel<a name="FNanchor_1171_1171" id="FNanchor_1171_1171"></a><a href="#Footnote_1171_1171" class="fnanchor">[1171]</a>, et tourner ce dessus
-dessoubs pour cuire, puis oster, mettre en un plat, et commencier à
-l’autre; et que l’en ait tousjours meu et batu la paste sans cesser.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pipefarces.</span> Prenez des moyeux d’œufs et de la fleur et du
-sel, et un pou de vin, et batez fort ensemble, et du frommage tranchié
-par lesches, et puis toulliez<a name="FNanchor_1172_1172" id="FNanchor_1172_1172"></a><a href="#Footnote_1172_1172" class="fnanchor">[1172]</a> les lesches de frommage dedans la
-paste, et puis la frisiez dedans une paelle de fer et du sain dedens.
-Aussi en fait-l’en de mouelle de beuf.</p>
-
-<p><span class="smcap">Une arboulaste</span><a name="FNanchor_1173_1173" id="FNanchor_1173_1173"></a><a href="#Footnote_1173_1173" class="fnanchor">[1173]</a> <span class="smcap">de char pour quatre
-personnes.</span>✝ Se vous avez fait tuer un chevrel, vous povez
-faire assiette<a name="FNanchor_1174_1174" id="FNanchor_1174_1174"></a><a href="#Footnote_1174_1174" class="fnanchor">[1174]</a> de la pance, mulette ou caillette, saultier, etc.,
-au jaunet avec du lart et du foie, mol, fressure et autres trippes.
-Cuisez-les très bien en eaue, puis les<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-228" id="page_vol-2-228"></a>{v. 2, p.228}</span> hachiez à deux cousteaulx comme
-porée, et<a name="FNanchor_1175_1175" id="FNanchor_1175_1175"></a><a href="#Footnote_1175_1175" class="fnanchor">[1175]</a> faites hachier au pasticier très bien menus, ou broyez
-ou mortier avec sauge ou mente, etc., comme dessus.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que du chevrel les boyaulx ne sont point laissiés avec la
-fressure comme ils sont laissiés avec la fressure du porc; la raison
-est car les boyaulx du porc sont larges et se pevent laver, retourner
-et renverser à la rivière, et les boyaulx de chevrel, non; mais toutes
-les autres choses y sont laissiées comme au porc, <i>scilicet</i> la teste,
-le gosier et le col, le foie, le mol ou pomon, car c’est tout un, la
-rate menue et le cuer. Et tout ensemble est appellé fressure: et autel
-de porc<a name="FNanchor_1176_1176" id="FNanchor_1176_1176"></a><a href="#Footnote_1176_1176" class="fnanchor">[1176]</a>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, quant l’en parle des hastelets de chaudun<a name="FNanchor_1177_1177" id="FNanchor_1177_1177"></a><a href="#Footnote_1177_1177" class="fnanchor">[1177]</a> de porc que
-l’en mengue en Juillet, qui sont lavés en sel et en vinaigre, ce sont
-les boyaulx qui sont gras, qui sont tranchés par lopins de quatre doie
-de long, et mengiés au vertjus nouvel.</p>
-
-<p><span class="smcap">Escheroys</span><a name="FNanchor_1178_1178" id="FNanchor_1178_1178"></a><a href="#Footnote_1178_1178" class="fnanchor">[1178]</a> les plus nouveaulx mis hors de terre et frais
-tirés, cueillis en Janvier, Février, etc., sont les meilleurs; et sont
-les plus frais congneus à ce que au plaier ils se rompent, et les
-viels tirés hors de terre se ployent. Il les convient rere et oster le
-mauvais au coustel comme on fait les navets, puis les convient laver
-très bien en eaue tiède, puis pourboulir un petit, puis les mettre
-essuier sur une touaille, puis enfleurer<a name="FNanchor_1179_1179" id="FNanchor_1179_1179"></a><a href="#Footnote_1179_1179" class="fnanchor">[1179]</a>, puis frire, puis
-drécier par petis platelets arrangéement, et mettre du succre dessus.</p>
-
-<p><i>Item</i>, qui en veult faire pastés, il les convient faire<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-229" id="page_vol-2-229"></a>{v. 2, p.229}</span> comme dessus
-jusques au frire, et lors les mettre en pasté, rompus en deux les trop
-longs, et au lieu du succre dont dessus est parlé, convient mettre
-figues couppées par menus morceaulx et des roisins avec.</p>
-
-<p><span class="smcap">Buignets d’œuves</span><a name="FNanchor_1180_1180" id="FNanchor_1180_1180"></a><a href="#Footnote_1180_1180" class="fnanchor">[1180]</a> <span class="smcap">de lus.</span>✝ Il convient
-mettre les œuves en eaue et avec du sel, et bien cuire: laissier
-refroidier, puis mettre par morceaulx et envelopper en paste et œufs,
-et frire à l’uille.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>SAULCES NON BOULIES.</small></p></div>
-
-<p><span class="smcap">Moustarde.</span> Se vous voulez faire provision de moustarde pour
-garder longuement, faites-la en vendenges de moulx doulx. Et aucuns
-dient que le moust soit bouly. <i>Item</i>, se vous voulez faire moustarde
-en un village à haste, broyez du senevé en un mortier et deffaites de
-vinaigre, et coulez par l’estamine; et se vous la voulez tantost faire
-parer<a name="FNanchor_1181_1181" id="FNanchor_1181_1181"></a><a href="#Footnote_1181_1181" class="fnanchor">[1181]</a>, mettez-la en un pot devant le feu. <i>Item</i>, et se vous la
-voulez faire bonne et à loisir, mettez le senevé tremper par une nuit
-en bon vinaigre, puis le faites bien broyer au moulin, et bien petit à
-petit destremper de vinaigre: et se vous avez des espices qui soient de
-remenant de gelée, de claré, d’ypocras on de saulces, si soient broyées
-avec, et après la laissier parer.</p>
-
-<p><span class="smcap">Vertjus d’ozeille.</span> Broyez l’ozeille très bien sans les
-bastons, et deffaites de vertjus vieil blanc, et ne coulez point
-l’ozeille, mais soit bien broyée; <i>vel sic</i>: broyez percil et ozeille
-ou la feuille du blé. <i>Item</i> du bourgon de vigne, c’est assavoir jeune
-bourgon et tendre, sans point de tuyau.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-230" id="page_vol-2-230"></a>{v. 2, p.230}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Cameline.</span> <i>Nota</i> que à Tournay, pour faire cameline, l’en
-broyé gingembre, canelle et saffren et demye noix muguette: destrempé
-de vin, puis osté du mortier; puis aiez mie de pain blanc, sans bruler,
-trempé en eaue froide et broyez au mortier, destrempez de vin et
-coulez, puis boulez tout, et mettez au derrain du succre roux: et ce
-est cameline d’yver. Et en esté la font autelle, mais elle n’est point
-boulie.</p>
-
-<p>Et à vérité, à mon goust, celle d’iver est bonne, mais en<a name="FNanchor_1182_1182" id="FNanchor_1182_1182"></a><a href="#Footnote_1182_1182" class="fnanchor">[1182]</a> est
-trop meilleure celle qui s’ensuit: broyez un pou de gingembre et foison
-canelle, puis ostez, et aiez pain hazé<a name="FNanchor_1183_1183" id="FNanchor_1183_1183"></a><a href="#Footnote_1183_1183" class="fnanchor">[1183]</a> trempé ou chappeleures
-foison en vinaigre broyées et coulées.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que trois différences sont entre gingembre de mesche et
-gingembre coulombin. Car le gingembre de mesche a l’escorce plus brune,
-et si est le plus mol à trenchier au coustel et plus blanc dedans que
-l’autre; <i>item</i>, meilleur et tousjours plus cher<a name="FNanchor_1184_1184" id="FNanchor_1184_1184"></a><a href="#Footnote_1184_1184" class="fnanchor">[1184]</a>.</p>
-
-<p>Le garingal qui est le plus vermeil violet en la taille, est le
-meilleur<a name="FNanchor_1185_1185" id="FNanchor_1185_1185"></a><a href="#Footnote_1185_1185" class="fnanchor">[1185]</a>.</p>
-
-<p>Des noix muguettes les plus pesans sont les meilleurs et les plus
-fermes en la taille. Et aussi le garingal pesant et ferme en la taille,
-car il y en a de heudry<a name="FNanchor_1186_1186" id="FNanchor_1186_1186"></a><a href="#Footnote_1186_1186" class="fnanchor">[1186]</a>, pourry et légier comme mort bois; celluy
-n’est pas bon, mais celluy qui est pesant et ferme contre le coustel
-comme le noyer<a name="FNanchor_1187_1187" id="FNanchor_1187_1187"></a><a href="#Footnote_1187_1187" class="fnanchor">[1187]</a>, celluy est bon.</p>
-
-<p><span class="smcap">Aulx camelins pour raye.</span> Broyez gingembre, aulx et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-231" id="page_vol-2-231"></a>{v. 2, p.231}</span> croustes
-de pain blanc trempées en vinaigre, ou pain ars, et deffaites de
-vinaigre; et se vous y mettez du foye il en vauldroit mieulx.</p>
-
-<p><span class="smcap">Saulce d’aulx blanche ou verte pour oisons ou beuf.</span> Broyez
-une doulce<a name="FNanchor_1188_1188" id="FNanchor_1188_1188"></a><a href="#Footnote_1188_1188" class="fnanchor">[1188]</a> d’aulx et de la mie de pain blanc sans bruler, et
-destrempez de vertjus blanc; et qui la veult verte pour poisson, si
-broye du percil et de l’ozeille ou de l’un d’iceulx ou rommarin<a name="FNanchor_1189_1189" id="FNanchor_1189_1189"></a><a href="#Footnote_1189_1189" class="fnanchor">[1189]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Aulx moussus a harens frais.</span> Broyez les aulx sans peler, et
-soient pou broyés et deffais de moust, et dréciez à toutes les peleures.</p>
-
-<p><span class="smcap">Saulce vert d’espices.</span> Broyez très bien gingembre, clo,
-graine, et ostez du mortier: puis broyez percil ou salemonde<a name="FNanchor_1190_1190" id="FNanchor_1190_1190"></a><a href="#Footnote_1190_1190" class="fnanchor">[1190]</a>,
-ozeille, marjolaine, ou l’un ou les deux des quatre, et de la mie de
-pain blanc trempé en vertjus, et coulez et rebroyez très bien, puis
-recoulez et mettez tout ensemble et assavourez de vinaigre.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que c’est bon <i>soucié</i>, mais qu’il n’y ait pain.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que pour toutes espices, pluseurs n’y mettent fors des fueilles
-de rommarin.</p>
-
-<p><span class="smcap">Un soucié vergay a garder poisson de mer.</span> Prenez percil,
-sauge, sanemonde, vinaigre, et coulez; mais avant aiez broyé coq,
-ysope, ozeille, toute<a name="FNanchor_1191_1191" id="FNanchor_1191_1191"></a><a href="#Footnote_1191_1191" class="fnanchor">[1191]</a>, marjolaine, gingembre, fleur de canelle,
-poivre long, giroffle, graine, et osté hors du mortier, et mettez
-dessus vostre poisson quant tout sera passé; et soit vergay. Et aucuns
-y mettent sanemonde à toute la racine.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que le mot <i>soucié</i><a name="FNanchor_1192_1192" id="FNanchor_1192_1192"></a><a href="#Footnote_1192_1192" class="fnanchor">[1192]</a> est dit de <i>soux</i> pour ce qu’il est
-fait comme soux de pourcel.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-232" id="page_vol-2-232"></a>{v. 2, p.232}</span></p>
-
-<p>Pour poisson d’eaue doulce ainsi se fait chaudumé, fors tant que l’en
-n’y met nulles herbes, et en lieu d’herbes, l’en y met saffren et noix
-muguettes et vertjus, et doit estre fin jaune et bouly, et mis tout
-chault sur le poisson froit.</p>
-
-<p>Au brochier, taillez au travers et rostis sur le greil.</p>
-
-<p>La saulce d’un chappon rosti est de le despescier par membres, et
-mettre sur les jointes du sel et du vertjus, et le tiers vin blanc ou
-vermeil; et poucer<a name="FNanchor_1193_1193" id="FNanchor_1193_1193"></a><a href="#Footnote_1193_1193" class="fnanchor">[1193]</a> fort comme un poucin.</p>
-
-<p><i>Item</i>, en esté, la saulce d’un poucin rostis est moitié vinaigre,
-moitié eaue rose, et froissié, etc. <i>Item</i>, le jus d’orenge y est bon.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>SAULCES BOULIES.</small></p></div>
-
-<p><i>Nota</i>, que en Juillet le vertjus vieil est bien foible et le verjus
-nouvel est trop vert: et pour<a name="FNanchor_1194_1194" id="FNanchor_1194_1194"></a><a href="#Footnote_1194_1194" class="fnanchor">[1194]</a> ce, en vendenges, le vertjus
-entremellé moitié vieil moitié nouvel est le meilleur. <i>Item</i>, en
-potage, l’en deffoiblist de purée, mais en Janvier, Février, etc., le
-nouvel est le meilleur.</p>
-
-<p><span class="smcap">Cameline a la guise de Tournay</span>, quérez ou chappitre
-précédent<a name="FNanchor_1195_1195" id="FNanchor_1195_1195"></a><a href="#Footnote_1195_1195" class="fnanchor">[1195]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Poivre jaunet ou aigret.</span> Prenez gingembre, saffren, puis
-preingne-l’en pain rosty deffait d’eaue de char, (et encores vault
-mieux la meigre eaue<a name="FNanchor_1196_1196" id="FNanchor_1196_1196"></a><a href="#Footnote_1196_1196" class="fnanchor">[1196]</a> de choulx,) puis boulir, et au boulir mettre
-le vinaigre.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-233" id="page_vol-2-233"></a>{v. 2, p.233}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Poivre noir</span><a name="FNanchor_1197_1197" id="FNanchor_1197_1197"></a><a href="#Footnote_1197_1197" class="fnanchor">[1197]</a>. Prenez clou de giroffle et un pou de
-poivre, gingembre, et broyez très bien: puis broyez pain ars destrempé
-en meigre eaue de char ou en meigre eaue de choulx qui mieulx vault,
-puis soit bouly en une paelle de fer, et au boulir soit mis du
-vinaigre; puis mettez en un pot au feu pour tenir chault. <i>Item</i>,
-pluseurs y mettent de la canelle.</p>
-
-<p><span class="smcap">Galentine pour carpe.</span> Broyez saffren, gingembre, giroffle,
-graine, poivre long et noix muguettes, et deffaictes de la grasse eaue
-en quoy la carpe aura cuit, et y mettez vertjus, vin et vinaigre;
-et soit lié d’un petit de<a name="FNanchor_1198_1198" id="FNanchor_1198_1198"></a><a href="#Footnote_1198_1198" class="fnanchor">[1198]</a> pain hazé très bien broyé, et sans
-couler, (jàsoit-ce que le pain coulé fait plus belle saulce,) et soit
-tout bouly et getté sur le poisson cuit, puis mis en plats. Et est
-bon reschauffé ou plat sur le gril, meilleur que tout froit. <i>Nota</i>
-qu’elle est bonne et belle sans saffren; et <i>nota</i> qu’il souffist que
-en chascun plat ait deux tronçons de carpe et quatre gougons fris.</p>
-
-<p><span class="smcap">Le saupiquet pour connin ou pour oiseau de rivière ou coulon
-ramier.</span> Frisiez oignons en bon sain, ou vous les mincez et mettez
-cuire en la leschefrite avec eaue de beuf, et n’y mettez vertjus ne
-vinaigre jusques au boulir: et lors mettez moitié vertjus moitié vin et
-un petit de vinaigre, et que les espices passent. Puis prenez moitié
-vin moitié vertjus et un petit de vinaigre, et mettez tout en la
-leschefrite dessoubs le connin, coulon ou oisel de rivière; et quant
-ils seront cuis, si boulez la saulce, et aiez des tostées<a name="FNanchor_1199_1199" id="FNanchor_1199_1199"></a><a href="#Footnote_1199_1199" class="fnanchor">[1199]</a> et
-mettez dedens avec l’oisel.</p>
-
-<p><span class="smcap">Calimafrée ou saulce paresseuse.</span> Prenez de la moustarde<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-234" id="page_vol-2-234"></a>{v. 2, p.234}</span> et de
-la pouldre de gingembre et un petit de vinaigre, et la gresse et l’eaue
-de la carpe, et boulez ensemble: et se vous voulez faire ceste saulce
-pour un chappon, ou lieu que l’en met la gresse et l’eaue de la carpe,
-mettez vertjus, vinaigre et la gresse du chappon.</p>
-
-<p><span class="smcap">Jance de lait de vache.</span> Broyez gingembre, moyeux d’œufs sans
-le germe, et soient crus passés par l’estamine avec lait de vache: ou
-pour paour de tourner, soient les moyeux d’œufs cuis, puis broyés et
-passés par l’estamine; deffaictes de lait de vache, et faites bien
-boulir<a name="FNanchor_1200_1200" id="FNanchor_1200_1200"></a><a href="#Footnote_1200_1200" class="fnanchor">[1200]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Jance a aulx.</span> Broyez gingembre, aulx, amandes, et deffaites de
-bon vertjus et puis boulez; et aucuns y mettent le tiers de vin blanc.</p>
-
-<p><span class="smcap">Jance</span> se fait en ceste manière: prenez amandes, mettez en eaue
-chaude, pelez, broyez, et du gingembre deux cloches aussi; ou y mettez
-de la pouldre, un pou d’aulx, et du pain blanc, pou plus que d’amandes,
-qui ne soit point brûlé, destrempé de vertjus blanc et le quart de vin
-blanc: couler, puis faire très bien boulir, et drécier par escuelles.
-Et en doit-l’en plus drécier que d’autre saulce<a name="FNanchor_1201_1201" id="FNanchor_1201_1201"></a><a href="#Footnote_1201_1201" class="fnanchor">[1201]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Une poitevine.</span> Broyez gingembre, giroffle, graine et des
-foies, puis ostez du mortier: puis broyez pain brûlé, vin et vertjus et
-eaue, de chascun le tiers, et faictes boulir, et de la gresse du rost
-dedans, puis versez sur vostre rost ou par escuelles<a name="FNanchor_1202_1202" id="FNanchor_1202_1202"></a><a href="#Footnote_1202_1202" class="fnanchor">[1202]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Moust pour hétoudeaux.</span> Prenez roisins nouveaulx<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-235" id="page_vol-2-235"></a>{v. 2, p.235}</span> et noirs, et
-les escachiez<a name="FNanchor_1203_1203" id="FNanchor_1203_1203"></a><a href="#Footnote_1203_1203" class="fnanchor">[1203]</a> ou mortier, et boulez un bouillon, puis coulez par
-une estamine: et lors gettez dessus pouldre, petit de gingembre et plus
-de canelle, ou de canelle seulement <i>quia melior</i>, et meslez un petit
-à une cuillier d’argent, et gettez croustes ou pain broyé ou œufs ou
-chastaignes, pour lier, dedans: du succre roux, et dréciez.</p>
-
-<p>(<i>Item</i>, à ce propos, sachiez que <i>Arquenet</i><a name="FNanchor_1204_1204" id="FNanchor_1204_1204"></a><a href="#Footnote_1204_1204" class="fnanchor">[1204]</a> est espice qui rent
-rouge couleur et est aussi comme garingal; et la convient tremper en
-vin et en l’eaue de la char, puis broyer.)</p>
-
-<p><i>Item</i>, et qui veult faire ce moust dès la Saint Jehan et avant que
-l’en treuve aucuns roisins, faire le convient de cerises, merises,
-guines, vin de meures, avec pouldre de canelle, sans gingembre, se
-petit non, boulir comme dessus, puis mettre du succre dessus<a name="FNanchor_1205_1205" id="FNanchor_1205_1205"></a><a href="#Footnote_1205_1205" class="fnanchor">[1205]</a>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, et après ce que l’en ne treuve nuls roisins, <i>scilicet</i> en
-Novembre, l’en fait le moust de prunelles de haye, ostés les noiaux,
-puis broyées ou escachées ou mortier, faire boulir avec les escorces,
-puis passer par l’estamine, mettre la pouldre, et tout comme dessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Saulce briefve pour chappon.</span> Ayez de belle eaue nette, et
-mettez en la leschefrite dessoubs le chappon quant il rostist, et
-arrousez tousdis<a name="FNanchor_1206_1206" id="FNanchor_1206_1206"></a><a href="#Footnote_1206_1206" class="fnanchor">[1206]</a> le chappon, puis broyez une doulce<a name="FNanchor_1207_1207" id="FNanchor_1207_1207"></a><a href="#Footnote_1207_1207" class="fnanchor">[1207]</a> d’ail
-et destrempez d’icelle eaue<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-236" id="page_vol-2-236"></a>{v. 2, p.236}</span> et boulez, puis dréciez. Comme <i>jance</i>
-elle est bonne, qui mieulx n’a.</p>
-
-<p><span class="smcap">Saulce a mettre boulir en pastés de halebrans, canets, lappereaulx
-ou connins de garenne.</span> Prenez foison de bonne canelle, gingembre,
-giroffle, graine, demie noix muguette et macis, garingal, et broyez
-très bien, et deffaites de vertjus moitié et vinaigre moitié, et soit
-la saulce clère. Et quant le pasté sera ainsi comme cuit, soit icelle
-saulce gettée dedans et remis au four boulir un seul bouillon.</p>
-
-<p>(<i>Nota</i> que <i>Halebrans</i> sont les petis canets qui ne pevent voler
-jusques à tant qu’ils ont eu de la pluye d’Aoust.)</p>
-
-<p>Et <i>nota</i> que en yver l’en y met plus gingembre pour estre plus forte
-d’espices, car en yver toutes saulces doivent estre plus fortes que en
-esté.</p>
-
-<p><span class="smcap">Une queue de sanglier.</span> Prenez nomblets de porc, lièvres
-et<a name="FNanchor_1208_1208" id="FNanchor_1208_1208"></a><a href="#Footnote_1208_1208" class="fnanchor">[1208]</a> oiseaulx de rivière, et les mettez en la broche, et une
-leschefrite dessoubs, et du vin franc<a name="FNanchor_1209_1209" id="FNanchor_1209_1209"></a><a href="#Footnote_1209_1209" class="fnanchor">[1209]</a> et du vinaigre. Et puis
-prenez graine, gingembre, giroffle, noix muguettes et du poivre long
-et canelle, et broyez et ostez du mortier: puis broyez pain brûlé et
-trempé en vin franc, et le coulez par l’estamine; et puis coulez tout
-ce qui est en la leschefrite et les espices et le pain en une paelle de
-fer ou en un pot avec eaue de la char, et y mettez le rost de quoy vous
-le ferez, et l’ayez avant boutonné de doux de giroffle.</p>
-
-<p>Ainsi convient faire à un <i>Bourberel<a name="FNanchor_1210_1210" id="FNanchor_1210_1210"></a><a href="#Footnote_1210_1210" class="fnanchor">[1210]</a> de sanglier</i>.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que les noix muguettes, macis et garingal font douloir la teste.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-237" id="page_vol-2-237"></a>{v. 2, p.237}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Saulce rappée.</span> Eschaudez trois ou quatre grappes de vertjus,
-puis en broyez une partie et ostez le marc d’icelluy vertjus: et puis
-broyez du gingembre et allaiez d’icellui vertjus et mettez en une
-escuelle; puis broyez les escorces du vertjus autrefois broyé, et
-destrempez de vertjus blanc et coulez; et mettez tout en icelle<a name="FNanchor_1211_1211" id="FNanchor_1211_1211"></a><a href="#Footnote_1211_1211" class="fnanchor">[1211]</a>
-escuelle et meslez tout ensemble, puis dréciez et mettez des grains
-dessus. <i>Nota</i>, en Juillet, quant le vertjus engrossist, est au jambon
-ou pié de porc<a name="FNanchor_1212_1212" id="FNanchor_1212_1212"></a><a href="#Footnote_1212_1212" class="fnanchor">[1212]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Saulce pour un chappon ou poule.</span> Mettez tremper un très petit
-de mie de pain blanc en vertjus et du saffran, puis soit broyé: puis
-le mettez en la leschefrite, et les quatre parties de vertjus et la
-cinquième partie de la gresse de la poule ou chappon et non plus, car
-le plus seroit trop, et faites boulir en la leschefrite, et dréciez par
-escuelles.</p>
-
-<p><span class="smcap">Saulce pour oeufs pochiés en huile.</span> Aiez des oignons cuis
-et pourboulis moult longuement comme choulx, puis les frisiez: après
-vuidiez la paelle où vous avez frit vos œufs que rien n’y demeure, et
-en icelle mettez l’eaue et oignons et le quart de vinaigre, c’est à
-dire que le vinaigre face le quart de tout, et boulez, et gettez sur
-vos œufs.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>BUVRAGES POUR MALADES.</small></p></div>
-
-<p><span class="smcap">Tizanne doulce.</span> Prenez de l’eaue et faites boulir, puis mettez
-pour chascun sextier<a name="FNanchor_1213_1213" id="FNanchor_1213_1213"></a><a href="#Footnote_1213_1213" class="fnanchor">[1213]</a> d’eaue une escuelle d’orge largement, et ne
-chault s’elle est à toute l’escorce<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-238" id="page_vol-2-238"></a>{v. 2, p.238}</span>, et pour deux parisis<a name="FNanchor_1214_1214" id="FNanchor_1214_1214"></a><a href="#Footnote_1214_1214" class="fnanchor">[1214]</a> de
-réglisse, <i>item</i>, des figues, et soit tant bouly que l’orge crève; puis
-soit coulée en deux ou trois toiles, et mis en chascun gobelet grant
-foison de succre en roche. Puis est bonne icelle orge<a name="FNanchor_1215_1215" id="FNanchor_1215_1215"></a><a href="#Footnote_1215_1215" class="fnanchor">[1215]</a> à donner à
-mengier à la poulaille pour engressier.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que la bonne réglisse est la plus nouvelle, et est en la taille
-de vive couleur vergaie, et la vieille est de plus fade et morte, et
-sèche.</p>
-
-<p><span class="smcap">Bouillon.</span> Pour faire quatre sextiers de bouillon, il convient
-avoir la moitié d’un pain brun d’un denier, de levain, levé de trois
-jours<a name="FNanchor_1216_1216" id="FNanchor_1216_1216"></a><a href="#Footnote_1216_1216" class="fnanchor">[1216]</a>: <i>item</i>, de son, le quart largement d’un boissel, et mettre
-cinq sextiers d’eaue en une paelle, et quant elle fremiera, mettre le
-son en l’eaue et tant boulir que tout s’appetice du cinquième ou plus;
-puis oster de dessus le feu et laissier refroidier jusques à tiède,
-puis couler par une estamine ou sas, ou<a name="FNanchor_1217_1217" id="FNanchor_1217_1217"></a><a href="#Footnote_1217_1217" class="fnanchor">[1217]</a> destremper le levain en
-eaue et mettre ou tonnel, et laissier deux ou trois jours parer<a name="FNanchor_1218_1218" id="FNanchor_1218_1218"></a><a href="#Footnote_1218_1218" class="fnanchor">[1218]</a>;
-puis encaver et laissier esclarcir, et puis boire.</p>
-
-<p><i>Item</i>, qui le veult faire meilleur, il y convient mettre une pinte de
-miel bien bouly et bien escumé.</p>
-
-<p><span class="smcap">Bochet.</span> Pour faire six sextiers de bochet, prenez six pintes
-de miel bien doulx, et le mettez en une chaudière sur le feu et le
-faites boulir, et remuez si longuement que il laisse à soy croistre,
-et que vous véez qu’il gette bouillon aussi comme petites orines<a name="FNanchor_1219_1219" id="FNanchor_1219_1219"></a><a href="#Footnote_1219_1219" class="fnanchor">[1219]</a>
-qui se creveront<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-239" id="page_vol-2-239"></a>{v. 2, p.239}</span>, et au crever getteront un petit de fumée aussi
-comme notre: et lors faites-le mouvoir, et lors mettez sept sextiers
-d’eaue et les faites tant boulir qu’ils reviengnent à six sextiers,
-et tousjours mouvoir. Et lors le mettez en un cuvier pour refroidier
-jusques à tant qu’il soit ainsi comme tiède; et lors le coulez en un
-sas, et après<a name="FNanchor_1220_1220" id="FNanchor_1220_1220"></a><a href="#Footnote_1220_1220" class="fnanchor">[1220]</a> le mettez en un tonnel et y mettez une choppine de
-leveçon<a name="FNanchor_1221_1221" id="FNanchor_1221_1221"></a><a href="#Footnote_1221_1221" class="fnanchor">[1221]</a> de cervoise, car c’est ce qui le fait piquant, (et qui y
-mettroit levain de pain, autant vauldroit pour saveur, mais la couleur
-en seroit plus fade,) et couvrez bien et chaudement pour parer. Et se
-vous le voulez faire très bon, si y mettez une once de gingembre, de
-poivre long, graine de paradis et cloux de giroffle autant de l’un que
-de l’autre, excepté des cloux de giroffle dont il y aura le moins, et
-les mettez en un sachet de toile et gettez dedans. Et quant il y aura
-esté deux ou trois jours et le bochet sentira assez les espices et
-il piquera assez, si ostez le sachet et l’espraignez et le mettez en
-l’autre baril que vous ferez. Et ainsi vous servira bien celle pouldre
-jusques à trois ou quatre fois.</p>
-
-<p><i>Item.</i> <span class="smcap">Autre bochet de quatre ans de garde</span>, <i>et peut-l’en
-faire une queue ou plus ou moins à une fois qui veult</i>. Mettez les
-trois pars d’eaue et la quatrième de miel, faites boulir et escumer
-tant qu’il déchée du dixième, et puis gettez en un vaissel: puis
-remplez vostre chaudière et faictes comme devant, tant que vous en aiez
-assez; puis laissiez refroidier et puis remplez vostre queue: adonc,
-vostre bochet gettera comme moust qui se pare. Si le vous convient
-tousjours tenir<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-240" id="page_vol-2-240"></a>{v. 2, p.240}</span> plain afin qu’il gette, et après six sepmaines ou un
-mois l’en doit traire tout le bochet jusques à la lye et le mettre en
-cuve ou en autre vaissel, puis deffoncier le vaissel où il estoit,
-oster la lye, eschauder, laver, renfoncer, et remplir de ce qui est
-demouré, et garder; et ne chault s’il est en vuidenge. Et adonc aiez
-quatre onces et demie de pouldre fine de fine canelle et une once et
-demie de clou de giroffle et une de graine batus et mis en un sachet de
-toile et pendus à une cordelette au bondonnail.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que de l’escume qui en est ostée, prenez pour chascun pot
-d’icelle douze pos d’eaue, et boulez ensemble, et ce sera bon bochet
-pour les mesgnies<a name="FNanchor_1222_1222" id="FNanchor_1222_1222"></a><a href="#Footnote_1222_1222" class="fnanchor">[1222]</a>. <i>Item</i>, d’autre miel que d’escume se fait à
-autele portion<a name="FNanchor_1223_1223" id="FNanchor_1223_1223"></a><a href="#Footnote_1223_1223" class="fnanchor">[1223]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Beuvrage d’eaue rousse d’un chappon.</span> Mettez vostre chappon ou
-poule en un pot bien net et qui soit tout neuf plommé<a name="FNanchor_1224_1224" id="FNanchor_1224_1224"></a><a href="#Footnote_1224_1224" class="fnanchor">[1224]</a> et bien
-couvert, que rien n’en puisse yssir, et mettez vostre pot dedans une
-paelle plaine d’eaue et faites boulir tant que le chappon ou poule soit
-cuit dedans le pot; puis ostez le chappon ou poule, et de l’eaue qu’il
-aura faicte dedans le pot donnez au malade à<a name="FNanchor_1225_1225" id="FNanchor_1225_1225"></a><a href="#Footnote_1225_1225" class="fnanchor">[1225]</a> boire.</p>
-
-<p><span class="smcap">Buvrage de noisettes.</span> Pourboulez et pelez, puis mettez en eaue
-froide, puis les broyez et allaiez d’eaue boulie et coulez: broyez et
-coulez deux fois, puis mettez reffroidier en la cave; et vault mieulx
-assez que tizanne.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-241" id="page_vol-2-241"></a>{v. 2, p.241}</span></p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><span class="smcap">Buvrage de lait d’amandes.</span> Comme dessus.</p>
-
-<p class="c"><small>POTAGES POUR MALADES.</small></p></div>
-
-<p><span class="smcap">Chaudeau flament.</span> Mettez un pou d’eaue boulir, puis pour
-chascune escuelle quatre moyeux d’œufs batus avec vin blanc<a name="FNanchor_1226_1226" id="FNanchor_1226_1226"></a><a href="#Footnote_1226_1226" class="fnanchor">[1226]</a>, et
-versez à fil<a name="FNanchor_1227_1227" id="FNanchor_1227_1227"></a><a href="#Footnote_1227_1227" class="fnanchor">[1227]</a> en vostre eaue et remuez très bien, et du sel y
-mettez bien à point; et quant il aura bien boulu, tirez-le arrière du
-feu.</p>
-
-<p><i>Nota.</i> Qui n’en fait fors une escuelle pour un malade, l’en y met cinq
-moyeux.</p>
-
-<p><span class="smcap">Orge mondé</span><a name="FNanchor_1228_1228" id="FNanchor_1228_1228"></a><a href="#Footnote_1228_1228" class="fnanchor">[1228]</a> <span class="smcap">ou gruiau d’orge.</span> Mettez l’orge
-tremper en un bacin ainsi comme demie heure, puis la purez et mettez
-en un mortier de cuivre et pilez d’une pilette de bois, puis la mettez
-séchier: et quant elle sera sèche, si la vennez. Et quant vous en
-vouldrez faire potage, mettez-la cuire en un petit pot avec de l’eaue,
-et quant elle sera ainsi comme baienne<a name="FNanchor_1229_1229" id="FNanchor_1229_1229"></a><a href="#Footnote_1229_1229" class="fnanchor">[1229]</a>, purez-la et la mettez
-avec du lait d’amandes boulir; et aucuns le coulent. <i>Item</i>, l’en y met
-du succre foison.</p>
-
-<p><span class="smcap">Lait d’amandes.</span> Pourboulez et pelez vos amandes, puis les
-mettez en eaue froide, puis les broyez et destrempez de l’eaue où
-les oignons auront cuit et coulez par une estamine: puis frisiez les
-oignons, et mettez dedans un petit de sel, et faites boulir sur le
-feu, puis mettez les souppes. Et se vous faites lait d’amandes pour
-malades, n’y mettez aucuns oignons, et ou lieu de l’eaue d’oignons
-pour destremper les amandes et dont dessus est parlé, mettez-y et les
-destrempez<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-242" id="page_vol-2-242"></a>{v. 2, p.242}</span> d’eaue tiède nette et faites boulir, et n’y mettez point de
-sel, mais succre foison. Et se vous en voulez faire pour boire, si le
-coulez à l’estamine ou par deux toiles, et succre foison au boire.</p>
-
-<p><span class="smcap">Coulis d’un poulet.</span> Cuisiez le poulet tant qu’il soit tout
-pourry de cuire, et le broyez et tous les os en un mortier, puis
-deffaites de son boullon, coulez, et mettez du succre<a name="FNanchor_1230_1230" id="FNanchor_1230_1230"></a><a href="#Footnote_1230_1230" class="fnanchor">[1230]</a>.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que les os doivent estre boulis les premiers: puis ostez du
-mortier, coulez, et nettoiez le mortier; puis broyez la char<a name="FNanchor_1231_1231" id="FNanchor_1231_1231"></a><a href="#Footnote_1231_1231" class="fnanchor">[1231]</a> et
-grant foison succre.</p>
-
-<p><span class="smcap">Un coulis de perche, ou de tanche, ou de sole, ou
-d’escrevices.</span> Cuisiez-la en eaue et gardez le boullon, puis broyez
-amandes et de la perche avec, et deffaites de vostre boullon, et coulez
-et mettez tout boulir; puis dréciez vostre perche et mettez du succre
-dessus. Et soit claret, et foison succre<a name="FNanchor_1232_1232" id="FNanchor_1232_1232"></a><a href="#Footnote_1232_1232" class="fnanchor">[1232]</a>.</p>
-
-<p>Le meilleur coulis qui soit à jour de char, ce sont les cols des
-poulets et poucins. Et doit-l’en broyer cols, testes et os, puis broyer
-à fort, et deffaire d’eaue de joe de beuf ou de giste de beuf, et
-couler.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que après les grans chaleurs de Juing, potages d’espices
-viennent en saison, et après la Saint Remy, civé de veel, de lièvre,
-d’oïttres, etc.</p>
-
-<p><span class="smcap">Gruyau</span> convient cuire comme boyen<a name="FNanchor_1233_1233" id="FNanchor_1233_1233"></a><a href="#Footnote_1233_1233" class="fnanchor">[1233]</a>, puis purer et mettre
-cuire avec le lait d’amandes comme dit est<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-243" id="page_vol-2-243"></a>{v. 2, p.243}</span> prouchainement cy-dessus
-d’orge mondé, et foison succre.</p>
-
-<p><span class="smcap">Ris.</span> Eslisez-le et lavez, etc.<a name="FNanchor_1234_1234" id="FNanchor_1234_1234"></a><a href="#Footnote_1234_1234" class="fnanchor">[1234]</a></p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>AUTRES MENUES CHOSES QUI NE SONT DE NECCESSITÉ.</small></p></div>
-
-<p><span class="smcap">C’est la manière de faire composte</span><a name="FNanchor_1235_1235" id="FNanchor_1235_1235"></a><a href="#Footnote_1235_1235" class="fnanchor">[1235]</a>. <i>Nota</i> qu’il fault
-commencier à la Sainct Jehan qui est vingt-quatrième jour de Juing.</p>
-
-<p>Premièrement, vous prendrez cinq cens de noix nouvelles environ la
-Sainct Jehan, et gardez que l’escorce ne le noyau ne soient encores
-formés et que l’escorce ne soit encores trop dure ne trop tendre,
-et les pelez tout entour, et puis les perciez en trois lieux tout
-oultre ou en croix. Et puis les mettez tremper en eaue de Saine ou
-de fontaine, et la changez chascun jour: et les fault tremper de
-dix à douze jours et lesquelles<a name="FNanchor_1236_1236" id="FNanchor_1236_1236"></a><a href="#Footnote_1236_1236" class="fnanchor">[1236]</a> deviennent comme noires, et
-que au macher vous n’y puissiez assavourer aucune amertume; et puis
-les mettre boulir une onde en eaue doulce par l’espace de dire une
-<i>miserelle</i><a name="FNanchor_1237_1237" id="FNanchor_1237_1237"></a><a href="#Footnote_1237_1237" class="fnanchor">[1237]</a>, et<a name="FNanchor_1238_1238" id="FNanchor_1238_1238"></a><a href="#Footnote_1238_1238" class="fnanchor">[1238]</a> tant comme vous verrez qu’il appartiendra à
-ce qu’elles ne soient trop dures ne trop moles. Après vuidiez l’eaue,
-et après les mettez esgouter sur un sac<a name="FNanchor_1239_1239" id="FNanchor_1239_1239"></a><a href="#Footnote_1239_1239" class="fnanchor">[1239]</a>, et puis fondez du miel
-un sextier ou tant qu’elles puissent toutes tremper, et qu’il soit
-coulé et escumé: et quant il<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-244" id="page_vol-2-244"></a>{v. 2, p.244}</span> sera reffroidié ainsi comme tiède, si
-y mettez vos noix et les laissiez deux ou trois jours, et puis si
-les mettez esgouter, et prenez tant de vostre miel qu’elles puissent
-tremper dedans, et mettez sur le feu le miel et le faites très bien
-boulir un boullon seulement et l’escumez, et ostez de dessus le feu: et
-mettez en chascun pertuis de vos noix un clou de giroffle d’un costé,
-et un petit de gingembre coupé de l’autre, et après les mettez en miel
-quant il sera tiède. Et si les tournez deux ou trois<a name="FNanchor_1240_1240" id="FNanchor_1240_1240"></a><a href="#Footnote_1240_1240" class="fnanchor">[1240]</a> fois le
-jour, et au bout de trois<a name="FNanchor_1241_1241" id="FNanchor_1241_1241"></a><a href="#Footnote_1241_1241" class="fnanchor">[1241]</a> jours si les ostez: et recuisiez<a name="FNanchor_1242_1242" id="FNanchor_1242_1242"></a><a href="#Footnote_1242_1242" class="fnanchor">[1242]</a>
-miel, et s’il n’en y a assez, si en mettez et le boulez et escumez
-et boulez, puis mettez vos noix dedans; et ainsi chascune sepmaine
-jusques à un mois. Et puis les laissiez en un pot de terre ou en un
-poinçon<a name="FNanchor_1243_1243" id="FNanchor_1243_1243"></a><a href="#Footnote_1243_1243" class="fnanchor">[1243]</a>, et retournez chascune sepmaine une fois.</p>
-
-<p>Prendrez, environ la Toussains, des gros navets, et les pelez et fendez
-en quatre quartiers, et puis mettez cuire en eaue: et quant ils seront
-un petit cuis, si les ostez et mettez en eaue froide pour attendrir,
-et puis les mettez esgouter; et prenez du miel et fondez ainsi comme
-cellui des noix, et gardez que vous ne cuisiez trop vos navets.</p>
-
-<p><i>Item</i>, à la Toussains, vous prendrez des garroittes<a name="FNanchor_1244_1244" id="FNanchor_1244_1244"></a><a href="#Footnote_1244_1244" class="fnanchor">[1244]</a> tant que
-vous y vouldrez mettre, et qu’elles soient bien<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-245" id="page_vol-2-245"></a>{v. 2, p.245}</span> raclées et décopées
-par morceaux, et qu’elles soient cuites comme les navets. (Garroites
-sont racines rouges que l’en vent ès Halles par pongnées, et chascune
-pongnée un blanc.)</p>
-
-<p><i>Item</i>, prenez des poires d’angoisse et les fendez en quatre quartiers,
-et les cuisiez ainsi comme les navets, et ne les pelez point; et les
-faites ne plus ne moins comme les navets.</p>
-
-<p><i>Item</i>, quant les courges sont en saison, si en prenez ne des plus
-dures ne des plus tendres, et les pelez et ostez le cuer de dedans et
-mettez en quartiers, et faites tout ainsi comme des navets.</p>
-
-<p><i>Item</i>, quant les pesches sont en saison, si en prenez des plus dures
-et les pelez et fendez.</p>
-
-<p><i>Item</i>, environ la Saint Andry<a name="FNanchor_1245_1245" id="FNanchor_1245_1245"></a><a href="#Footnote_1245_1245" class="fnanchor">[1245]</a>, prenez des racines de percil
-et de fanoil, et les resez<a name="FNanchor_1246_1246" id="FNanchor_1246_1246"></a><a href="#Footnote_1246_1246" class="fnanchor">[1246]</a> pardessus, et en mettez par petites
-pièces, et fendez le fanoil parmi et ostez le dureillon du dedans, et
-n’ostez pas celluy du percil, et les gouvernez tout ainsi comme les
-choses dessusdictes, ne plus ne moins.</p>
-
-<p>Et quant toutes vos confitures seront prestes, vous pourrez faire ce
-qui appartient, dont la recepte s’ensuit.</p>
-
-<p>Premièrement, pour cinq cens de noix, prenez une livre de sennevé et
-demie livre d’anis, un quarteron et demi fanoil, un quarteron et demi
-coriande, un quarteron et demi karvy<a name="FNanchor_1247_1247" id="FNanchor_1247_1247"></a><a href="#Footnote_1247_1247" class="fnanchor">[1247]</a>, c’est assavoir une semence
-que l’en mengue en dragée, et mettez toutes ces choses en pouldre: et
-puis faites toutes ces choses broyer en un moulin à moustarde et le
-destrempez bien espois et de très bon vinaigre, et mettez en un pot
-de terre. Et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-246" id="page_vol-2-246"></a>{v. 2, p.246}</span> puis prenez demie livre de raffle<a name="FNanchor_1248_1248" id="FNanchor_1248_1248"></a><a href="#Footnote_1248_1248" class="fnanchor">[1248]</a>, c’est assavoir
-une racine que l’en vent sur les herbiers<a name="FNanchor_1249_1249" id="FNanchor_1249_1249"></a><a href="#Footnote_1249_1249" class="fnanchor">[1249]</a>, et la raclez très
-bien et la décopez le plus menuement que vous pourrez et la faictes
-mouldre à un moulin à moustarde, et le destrempez de vinaigre. <i>Item</i>,
-prenez demi quarteron de fust de giroffle dit <i>baston de giroffle</i>,
-demi quarteron de canelle, demi quarteron de poivre, demi quarteron
-de mesche<a name="FNanchor_1250_1250" id="FNanchor_1250_1250"></a><a href="#Footnote_1250_1250" class="fnanchor">[1250]</a>, demi quarteron de noix muguettes, demi quarteron de
-graine de paradis, et faites de toutes ces choses pouldre. <i>Item</i>,
-prenez demi once de saffran d’Ort<a name="FNanchor_1251_1251" id="FNanchor_1251_1251"></a><a href="#Footnote_1251_1251" class="fnanchor">[1251]</a> séché et batu et une once
-de ceudre vermeille, c’est assavoir un fust que l’en vent sur les
-espiciers<a name="FNanchor_1252_1252" id="FNanchor_1252_1252"></a><a href="#Footnote_1252_1252" class="fnanchor">[1252]</a> et est dit <i>cèdre dont l’en fait manches à cousteaulx</i>.
-Et puis prenez douze livres<a name="FNanchor_1253_1253" id="FNanchor_1253_1253"></a><a href="#Footnote_1253_1253" class="fnanchor">[1253]</a> de bon miel dur et blanc et le faites
-fondre sur le feu, et quant il sera bien cuit et escumé, si le laissiez
-rasseoir, puis le coulez, et le cuisiez encores: et s’il rent escume,
-encores le convient couler, sinon le convient laissier reffroidier;
-puis destrempez vostre moustarde de bon vin vermeil et vinaigre par
-moitié et mettez dedans le miel. Vous destrempez vos pouldres de vin
-et vinaigre et mettez ou miel, et en vin chault boulez un petit vos
-cèdres, et après mettez le saffran avec les autres choses, et une autre
-pongnée de sel gros. <i>Item</i>, et après ces choses, prenez deux livres
-de roisins que l’en dit roisins de Digne, c’est assavoir qui sont
-petis et n’ont aucuns noyaux dedans ne pepins quelxconques, et soient
-nouveaulx, et les pilez très bien en un mortier<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-247" id="page_vol-2-247"></a>{v. 2, p.247}</span> et les destrempez de
-bon vinaigre, puis les coulez parmi une estamine, et mettez avec les
-autres choses. <i>Item</i>, se vous y mettez quatre ou cinq pintes de moust
-ou de vin cuit, la saulce en vauldroit mieulx.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire condoignac</span><a name="FNanchor_1254_1254" id="FNanchor_1254_1254"></a><a href="#Footnote_1254_1254" class="fnanchor">[1254]</a>, prenez des coings et les pelez,
-puis fendez par quartiers, et ostez l’ueil<a name="FNanchor_1255_1255" id="FNanchor_1255_1255"></a><a href="#Footnote_1255_1255" class="fnanchor">[1255]</a> et les pepins, puis
-les cuisiez en bon vin rouge et puis soient coulés parmi une estamine:
-puis prenez du miel et le faites longuement boulir et escumer, et après
-mettez vos coings dedans et remuez très bien, et le faites tant boulir
-que le miel se reviengne à moins la moitié; puis gettez dedans pouldre
-d’ypocras, et remuez tant qu’il soit tout froit, puis taillez par
-morceaulx et les gardez.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pouldre fine.</span> Prenez gingembre blanc 1º
-<img src="images/image-pg-247a.png" class="cntr" width="10" height="16" alt="un
-symbol" title="" />
-(une once et une drachme?) canelle triée
-<img src="images/image-pg-247b.png" width="20" height="17" class="cntr" alt="un
-symbol" title="" /><a name="FNanchor_3_3" id="FNanchor_3_3"></a><a href="#Footnote_3_3" class="fnanchor">[3]</a> (un quarteron?) giroffle et graine de chascun demi quart
-d’once, et de succre en pierre
-<img src="images/image-pg-247b.png" class="cntr" width="20" height="17" alt="un symbol" title="" /><a name="FNanchor_1256_1256" id="FNanchor_1256_1256"></a><a href="#Footnote_1256_1256" class="fnanchor">[1256]</a> (un
-quarteron?) et faictes pouldre.</p>
-
-<p><span class="smcap">Confiture de noix.</span> Prenez, avant la Saint Jehan, noix
-nouvelles et les pelez et perciez, et mettez en eaue fresche tremper
-par neuf jours, et chascun jour renouvellez l’eaue: puis les laissiez
-sécher, et emplez les pertuis de clous de giroffle et de gingembre, et
-mettez boulir en miel, et illec les laissiez en conserve.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire eaue a laver mains sur table.</span> Mettez boulir de la
-sauge, puis coulez l’eaue, et faites refroidier jusques à plus que
-tiède. Ou vous mettez comme dessus<a name="FNanchor_1257_1257" id="FNanchor_1257_1257"></a><a href="#Footnote_1257_1257" class="fnanchor">[1257]</a> camomille ou marjolaine, ou
-vous mettez du<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-248" id="page_vol-2-248"></a>{v. 2, p.248}</span> rommarin: et cuire avec l’escorce d’orenge. Et aussi
-fueilles de lorier y sont bonnes.</p>
-
-<p><span class="smcap">Ypocras.</span> Pour faire pouldre d’ypocras, prenez un quarteron de
-très fine canelle triée à la dent<a name="FNanchor_1258_1258" id="FNanchor_1258_1258"></a><a href="#Footnote_1258_1258" class="fnanchor">[1258]</a>, et demy quarteron de fleur
-de canelle fine, une once de gingembre de mesche trié fin blanc et
-une once de graine de paradis, un sizain<a name="FNanchor_1259_1259" id="FNanchor_1259_1259"></a><a href="#Footnote_1259_1259" class="fnanchor">[1259]</a> de noix muguettes et
-de garingal ensemble, et faites tout battre ensemble. Et quant vous
-vouldrez faire l’ypocras, prenez demye once largement et sur le plus de
-ceste pouldre et deux quarterons de succre, et les meslez ensemble, et
-une quarte de vin à la mesure de Paris.</p>
-
-<p>Et <i>nota</i> que la pouldre et le succre meslés ensemble, font <i>pouldre de
-duc</i>.</p>
-
-<p>Pour une quarte ou quarteron<a name="FNanchor_1260_1260" id="FNanchor_1260_1260"></a><a href="#Footnote_1260_1260" class="fnanchor">[1260]</a> d’ypocras à la mesure de Bésiers,
-Carcassonne, ou Montpellier, prenez cinq drames de canelle fine triée
-et mondée, gingembre blanc trié et paré, trois drames: de giroffle,
-graine, macis, garingal, noix muguettes, espic nardy<a name="FNanchor_1261_1261" id="FNanchor_1261_1261"></a><a href="#Footnote_1261_1261" class="fnanchor">[1261]</a>, de tout
-ensemble une drame et un quart: du premier le plus et des autres en
-dévalant moins et moins<a name="FNanchor_1262_1262" id="FNanchor_1262_1262"></a><a href="#Footnote_1262_1262" class="fnanchor">[1262]</a>. Soit faicte pouldre, et avec ce soit mis
-une livre et demi quarteron, au gros poix<a name="FNanchor_1263_1263" id="FNanchor_1263_1263"></a><a href="#Footnote_1263_1263" class="fnanchor">[1263]</a>, de succre en roche
-broyé, et meslé parmi les autres devant dictes espices et mis; et soit
-du vin et le succre mis et fondu en un plat sur<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-249" id="page_vol-2-249"></a>{v. 2, p.249}</span> le feu, et mis la
-pouldre, et meslez avec: puis mis en la chausse, et coulé tant de fois
-qu’il rechée tout cler vermeil.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que le sucre et la canelle doivent passer comme maistres<a name="FNanchor_1264_1264" id="FNanchor_1264_1264"></a><a href="#Footnote_1264_1264" class="fnanchor">[1264]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Sauge.</span> Pour faire un poinçon<a name="FNanchor_1265_1265" id="FNanchor_1265_1265"></a><a href="#Footnote_1265_1265" class="fnanchor">[1265]</a> de sauge, prenez deux
-livres de sauge et rongnez les bastons<a name="FNanchor_1266_1266" id="FNanchor_1266_1266"></a><a href="#Footnote_1266_1266" class="fnanchor">[1266]</a>, puis mettez les feuilles
-dedans le poinçon. <i>Item</i>, aiez demie once de giroffle mis en un sachet
-de toile et pendu dedans le poinçon à une cordelette; <i>item</i>, l’en
-peut mettre demie once de lorier dedans: <i>item</i>, demy quarteron de
-gingembre de mesche, demi quarteron de poivre long et demi quarteron de
-lorier. Et qui veult faire la<a name="FNanchor_1267_1267" id="FNanchor_1267_1267"></a><a href="#Footnote_1267_1267" class="fnanchor">[1267]</a> sauge sur table en yver, ait en une
-aiguière de l’eaue de sauge, et verse sur son vin blanc en un hanap.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire sur table vin blanc devenir vermeil</span>, prenez en esté
-des fleurs vermeilles qui croissent ès blefs, que l’en appelle perceau
-ou neelle ou passe-rose, et les laissiez séchier tant qu’elles puissent
-estre mises en pouldre, et en gettez secrètement ou voirre avec le vin,
-et il devenra vermeil.</p>
-
-<p><span class="smcap">Se vous voulez avoir vertjus</span><a name="FNanchor_1268_1268" id="FNanchor_1268_1268"></a><a href="#Footnote_1268_1268" class="fnanchor">[1268]</a> <span class="smcap">a Noel sur la
-treille</span>, quant vous verrez que la grappe à son commencement<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-250" id="page_vol-2-250"></a>{v. 2, p.250}</span> se
-descouvrera, et avant qu’elle soit en fleur, coppez la grappe par la
-queue, et la tierce fois laissiez-la revenir jusques à Noél.</p>
-
-<p>Maistre Jehan de Hautecourt<a name="FNanchor_1269_1269" id="FNanchor_1269_1269"></a><a href="#Footnote_1269_1269" class="fnanchor">[1269]</a> dit que l’en doit coupper le cep
-audessoubs de la grappe, et l’autre bourgon de dessoubs getteroit
-grappe nouvelle.</p>
-
-<p><span class="smcap">Se vous voulez en Novembre et en Décembre faire avoir a poires
-d’angoisse vermeille couleur</span>, mettez du foing au cuire, et couvrez
-le pot tellement qu’il n’en isse point de fumée. <i>Nota</i> qu’il convient
-mettre sur les poires de la graine de fanoil qui est bolue en vin
-nouvel et puis séchée, ou dragée<a name="FNanchor_1270_1270" id="FNanchor_1270_1270"></a><a href="#Footnote_1270_1270" class="fnanchor">[1270]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire sel blanc</span>, prenez du gros sel une pinte et trois
-pintes d’eaue, et mettez sur le feu tant que tout soit fondu ensemble,
-puis coulez parmi une nappe, touaille ou estamine, puis mettez sur
-le feu et faictes très bien boulir et escumer: et qu’il bouille si
-longuement qu’il soit ainsi comme tout sec, et que les petis boullons
-qui auront getté eaue deviennent tous secs; puis ostez le sel de la
-paelle et estandez sur une nappe au soleil pour sécher.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour escripre sur le papier lettre que nul ne verra se le papier
-n’est chauffé</span>, prenez sel armoniac ou salmoniac et mettez tremper
-et fondre avec eaue: puis escripvez de ce et laissiez seicher. Et ce
-durera environ huit jours.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire glus</span>, il convient peler le houx quant il<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-251" id="page_vol-2-251"></a>{v. 2, p.251}</span> est en
-sa séve, (et est communément ou mois de May jusques à Aoust,) et puis
-boulir l’escorce en eaue tant que la taie de dessus se sépare: puis
-pelez, et quant la taye sera pelée, enveloppez le demourant de fueilles
-d’yèbles, de seun<a name="FNanchor_1271_1271" id="FNanchor_1271_1271"></a><a href="#Footnote_1271_1271" class="fnanchor">[1271]</a>, ou autres larges feuilles, et soit mis en
-lieu froit comme en cave, ou dedans terre ou en un fumier froit, par
-l’espace de neuf jours ou plus, tant qu’il soit pourry. Et puis la
-convient piler comme porée de choulx et mettre par tourteaux comme
-guède<a name="FNanchor_1272_1272" id="FNanchor_1272_1272"></a><a href="#Footnote_1272_1272" class="fnanchor">[1272]</a>, et puis aler laver les tourteaux l’un après l’autre et
-despecier comme cire; et ne soit pas trop lavée en la première eaue ne
-trop roide<a name="FNanchor_1273_1273" id="FNanchor_1273_1273"></a><a href="#Footnote_1273_1273" class="fnanchor">[1273]</a> eaue. Et après l’en peut tout ensemble despecier et
-paumaier<a name="FNanchor_1274_1274" id="FNanchor_1274_1274"></a><a href="#Footnote_1274_1274" class="fnanchor">[1274]</a> en eaue bien courant, et mettre en un pot et conserver
-bien couvert.</p>
-
-<p>Et qui veult faire glus pour eaue, il convient eschauffer un petit
-d’uille, et là destremper sa glus: et puis gluer sa ligne.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’en fait autre glus de fromment.</p>
-
-<p><span class="smcap">Se vous voulez garder roses vermeilles</span>, prenez des boutons
-une douzaine, et les assemblez ainsi comme en une pelotte, et puis les
-enveloppez de lin et liez de fil ainsi comme une pelotte, et faites
-pelottes tant comme vous vouldrez garder de roses; et puis les mettez
-en une cruche de terre de Beauvais<a name="FNanchor_1275_1275" id="FNanchor_1275_1275"></a><a href="#Footnote_1275_1275" class="fnanchor">[1275]</a> et non mie d’autre terre, et
-l’emplez de vertjus: et à la mesure que le vertjus se dégastera<a name="FNanchor_1276_1276" id="FNanchor_1276_1276"></a><a href="#Footnote_1276_1276" class="fnanchor">[1276]</a>,
-si le remplez, mais que le vertjus soit très bien paré<a name="FNanchor_1277_1277" id="FNanchor_1277_1277"></a><a href="#Footnote_1277_1277" class="fnanchor">[1277]</a>. Et quant
-vous les vouldrez très<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-252" id="page_vol-2-252"></a>{v. 2, p.252}</span> bien espanir, si les ostez des estouppes et les
-mettez en eaue tiède, et les laissiez un petit tremper.</p>
-
-<p><i>Item</i>, pour garder roses en une autre manière, prenez des boutons
-tant comme vous vouldrez, et les boutez en une bouteille de terre de
-Beauvais, tant comme il en y pourra entrer. Après prenez du plus délié
-sablon que vous pourrez, et mettez dedens la boutaille tant comme vous
-y pourrez mettre, et puis l’estoupez très bien que rien n’y puisse
-yssir ne entrer, et mettez la boutaille dedans une eaue courant; et là
-se gardera la rose toute l’année.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire eaue rose sans chappelle</span><a name="FNanchor_1278_1278" id="FNanchor_1278_1278"></a><a href="#Footnote_1278_1278" class="fnanchor">[1278]</a>, prenez un bacin à
-barbier, et liez d’un cueuvrechief tout estendu sur la gueule à guise
-de tabour, et puis mettez vos roses sur le cueuvrechief, et dessus vos
-roses asséez le cul d’un autre bacin où il ait cendres chaudes et du
-charbon vif.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire eaue rose sans chappelle et sans feu</span>, prenez
-deux bacins de voirre, et en faictes comme dit est au blanc de ceste
-cédule<a name="FNanchor_1279_1279" id="FNanchor_1279_1279"></a><a href="#Footnote_1279_1279" class="fnanchor">[1279]</a>, et en lieu de cendres et charbon, mettez tout au soleil:
-et à la chaleur d’icelluy l’eau se fera.</p>
-
-<p>Les roses de Prouvins sont les meilleures à mettre en robes, mais il
-les convient sécher, et à la my-Aoust sasser par un crible afin que les
-vers chéent parmi les pertuis du crible, et après ce espandre sur les
-robes.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire eaue rose de Damas</span>, mettez sur les pasteaulx de
-roses, du rosé batu<a name="FNanchor_1280_1280" id="FNanchor_1280_1280"></a><a href="#Footnote_1280_1280" class="fnanchor">[1280]</a>. <i>Vel sic</i>: gettez l’eau distillée du premier
-lit sur le second et sur le tiers et sur<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-253" id="page_vol-2-253"></a>{v. 2, p.253}</span> le quart; et elle, ainsi
-remise par quatre fois, devendra rouge<a name="FNanchor_1281_1281" id="FNanchor_1281_1281"></a><a href="#Footnote_1281_1281" class="fnanchor">[1281]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire eaue rose vermeille.</span> Prenez une fiole de voirre et
-l’emplez à moitié de bonne eaue rose et l’autre moitié emplez de roses
-vermeilles, c’est assavoir des pampes<a name="FNanchor_1282_1282" id="FNanchor_1282_1282"></a><a href="#Footnote_1282_1282" class="fnanchor">[1282]</a> de jeunes roses dont le
-bout de la pampe qui est blanc sera couppé, et la laissiez neuf jours
-au soleil et les nuis aussi, et puis coulez.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire pondre, couver et nourrir oiseaulx en une cage.</span>
-<i>Nota</i> que en la cage de Hesdin<a name="FNanchor_1283_1283" id="FNanchor_1283_1283"></a><a href="#Footnote_1283_1283" class="fnanchor">[1283]</a>, qui est la plus grant de ce
-royaulme, ne en la cage du Roy à Saint-Pol<a name="FNanchor_1284_1284" id="FNanchor_1284_1284"></a><a href="#Footnote_1284_1284" class="fnanchor">[1284]</a>, ne en la cage
-Messire Hugues Aubriot<a name="FNanchor_1285_1285" id="FNanchor_1285_1285"></a><a href="#Footnote_1285_1285" class="fnanchor">[1285]</a>,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-254" id="page_vol-2-254"></a>{v. 2, p.254}</span> ne porent oncques estre couvés et après
-parnourris<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-255" id="page_vol-2-255"></a>{v. 2, p.255}</span> petis oiseaulx, et en la cage Charlot<a name="FNanchor_1286_1286" id="FNanchor_1286_1286"></a><a href="#Footnote_1286_1286" class="fnanchor">[1286]</a> si font<a name="FNanchor_1287_1287" id="FNanchor_1287_1287"></a><a href="#Footnote_1287_1287" class="fnanchor">[1287]</a>,
-<i>scilicet</i><span class="pgnum"><a name="page_vol-2-256" id="page_vol-2-256"></a>{v. 2, p.256}</span> pons, couvés, nourris et parnourris. Ou premier cas<a name="FNanchor_1288_1288" id="FNanchor_1288_1288"></a><a href="#Footnote_1288_1288" class="fnanchor">[1288]</a>,
-le deffault vient parceque les petis oiseaulx sont peus<a name="FNanchor_1289_1289" id="FNanchor_1289_1289"></a><a href="#Footnote_1289_1289" class="fnanchor">[1289]</a> de
-chenevis qui est chault et sec, et n’ont que boire<a name="FNanchor_1290_1290" id="FNanchor_1290_1290"></a><a href="#Footnote_1290_1290" class="fnanchor">[1290]</a>. Et ou second
-cas<a name="FNanchor_1291_1291" id="FNanchor_1291_1291"></a><a href="#Footnote_1291_1291" class="fnanchor">[1291]</a>, l’en leur donne mouron ou lasseron, chardons de champs
-trampans en eaue souvent renouvellée et tousjours fresche, rafreschie
-trois fois le jour, et en vaisseaulx de plont qui est frais, et là
-dedans avec le lasseron et le mouron tout vert, tout de chardons
-des champs dont le pié trempe en eaue bien avant<a name="FNanchor_1292_1292" id="FNanchor_1292_1292"></a><a href="#Footnote_1292_1292" class="fnanchor">[1292]</a>, du chenevis
-escachié et trié et osté les coquilles, moullié et trempé en eaue.
-<i>Item</i>, que l’en leur mette en la cage de la laine cardée et des plumes
-pour faire leur ny. Et ainsi ay-je en cages veu nourrir turtres<a name="FNanchor_1293_1293" id="FNanchor_1293_1293"></a><a href="#Footnote_1293_1293" class="fnanchor">[1293]</a>,
-linottes, chardonnerels<a name="FNanchor_1294_1294" id="FNanchor_1294_1294"></a><a href="#Footnote_1294_1294" class="fnanchor">[1294]</a>, pondre et parnourrir. <i>Item</i>, et
-aussi doit-l’en donner des chenilles, verets, mouchettes, yraignes,
-sautereaux, papillons, channevis nouvel en herbe et moullié et trempé.
-<i>Item</i>, yraignes, chenilles et telles choses qui sont molles au bec de
-l’oiselet qui est tendre.</p>
-
-<p>(Et de telles choses les paons nourissent<a name="FNanchor_1295_1295" id="FNanchor_1295_1295"></a><a href="#Footnote_1295_1295" class="fnanchor">[1295]</a> leurs poucins, car l’en
-a bien veu à une geline couver les œufs d’une paonne avec les œufs
-d’une geline, et se escloent les œufs en un mesmes temps, mais les
-petis paons ne povoient mie vivre longuement pour ce qu’ils ont le becq
-trop tendre, et la geline ne leur quéroit mie choses moles<a name="FNanchor_1296_1296" id="FNanchor_1296_1296"></a><a href="#Footnote_1296_1296" class="fnanchor">[1296]</a> selon
-leur nature, et les poucins vivoient<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-257" id="page_vol-2-257"></a>{v. 2, p.257}</span> bien de blé ou paste molle, ce
-qui n’est pas si propre nourreçon aux paons.&mdash;Encores véez-vous que qui
-bailleroit à une geline le plus bel froument et mieulx criblé du monde,
-si le gatteroit<a name="FNanchor_1297_1297" id="FNanchor_1297_1297"></a><a href="#Footnote_1297_1297" class="fnanchor">[1297]</a>-elle pour trouver verets ou mouchettes.)</p>
-
-<p><i>Item</i>, en la fin d’Avril convient aler au bois quérir des branchettes
-fourchées de trois fourchons, et clouer contre le mur et couvrir
-d’autre verdure, et là dedans ce fourchon font leur ny.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour garir des dens.</span> Prenez un pot de terre à couvercle ou un
-pot sans couvercle qui aura un tranchouer dessus, et l’emplez d’eaue
-et mettez boulir: puis vous despouillez, couchiez, et soit vostre
-chief très bien couvert, puis aiez le pot à couvercle, et soit bien
-arsillié<a name="FNanchor_1298_1298" id="FNanchor_1298_1298"></a><a href="#Footnote_1298_1298" class="fnanchor">[1298]</a> entour et un trou ou millieu, ou il<a name="FNanchor_1299_1299" id="FNanchor_1299_1299"></a><a href="#Footnote_1299_1299" class="fnanchor">[1299]</a> soit couvert
-d’un tranchouer percié ou millieu. Et sur le pertuis vous adentez<a name="FNanchor_1300_1300" id="FNanchor_1300_1300"></a><a href="#Footnote_1300_1300" class="fnanchor">[1300]</a>
-gueulle bée pour aspirer la fumée de l’eaue qui passera par le pertuis,
-et soient mises de sauge ou autres herbes dedans, et se tenir bien
-couvert.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire sablon a mettre a orloges</span><a name="FNanchor_1301_1301" id="FNanchor_1301_1301"></a><a href="#Footnote_1301_1301" class="fnanchor">[1301]</a>. Prenez le limon
-qui se chiet du siage de marbre quant l’en sie ces grans tumbes de
-marbre noir, puis le boulez très bien en vin comme une pièce de char et
-l’escumez, et puis le mettez seicher au soleil, puis le mettez boulir,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-258" id="page_vol-2-258"></a>{v. 2, p.258}</span>
-escumer, et puis séchier par neuf fois: et ainsi sera bon.</p>
-
-<p><span class="smcap">Poisons pour tuer cerf ou sanglier</span><a name="FNanchor_1302_1302" id="FNanchor_1302_1302"></a><a href="#Footnote_1302_1302" class="fnanchor">[1302]</a>. Prenez la racine de
-l’herbe d’électoire qui fait fleur de couleur d’azur, et broyez en un
-mortier et mettez en un sac ou drappel et l’espraignez pour avoir le
-jus: et mettez icelluy jus en un bacin au soleil, et la nuit soit mis à
-couvert à sec que eaue ne autre liqueur moite ne l’attouche, et tant la
-mettez et remettez à la chaleur du soleil qu’elle se tienne conglutinée
-et prise comme cire gommée, et la mettez en une boiste bien close. Et
-quant en vouldrez traire<a name="FNanchor_1303_1303" id="FNanchor_1303_1303"></a><a href="#Footnote_1303_1303" class="fnanchor">[1303]</a>, si en mettez entre les barbillons<a name="FNanchor_1304_1304" id="FNanchor_1304_1304"></a><a href="#Footnote_1304_1304" class="fnanchor">[1304]</a>
-et la douille du fer afin que quant la beste sera ferue, cela fiere
-et attouche à la char, car qui autrement<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-259" id="page_vol-2-259"></a>{v. 2, p.259}</span> le feroit, c’est assavoir
-qui oindroit autrement le fer, quant il entreroit dedans le cuir de la
-beste, l’ointure demourroit dedans<a name="FNanchor_1305_1305" id="FNanchor_1305_1305"></a><a href="#Footnote_1305_1305" class="fnanchor">[1305]</a>, et le coup ne vauldroit.</p>
-
-<p><span class="smcap">Médecine pour garir de morsure de chien ou autre beste
-arragée.</span> Prenez une crouste de pain et escripvez ce qui s’ensuit:
-✝ <i>Bestera</i> ✝ <i>bestie</i><a name="FNanchor_1306_1306" id="FNanchor_1306_1306"></a><a href="#Footnote_1306_1306" class="fnanchor">[1306]</a> ✝ <i>nay</i> [un
-croix] <i>brigonay</i> ✝ dictera ✝ <i>sagragan</i> ✝
-<i>es</i> ✝ <i>domina</i> ✝ <i>fiat</i> ✝ <i>fiat</i> ✝
-<i>fiat</i> ✝.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire d’un ver</span><a name="FNanchor_1307_1307" id="FNanchor_1307_1307"></a><a href="#Footnote_1307_1307" class="fnanchor">[1307]</a> <span class="smcap">bon sanglier.</span> Prenez un
-ver de deux ans ou environ, et ou mois de May ou de Juing le faites
-chastrer, et en la saison de porchoisons<a name="FNanchor_1308_1308" id="FNanchor_1308_1308"></a><a href="#Footnote_1308_1308" class="fnanchor">[1308]</a> le faictes chasser,
-fouaillier<a name="FNanchor_1309_1309" id="FNanchor_1309_1309"></a><a href="#Footnote_1309_1309" class="fnanchor">[1309]</a> et deffaire comme un sanglier. <i>Vel sic</i>: prenez d’un
-porc privé qui soit brulé, et le cuisiez en moitié eaue moitié vin, et
-servez en un plat d’icelluy chaudeau, des<a name="FNanchor_1310_1310" id="FNanchor_1310_1310"></a><a href="#Footnote_1310_1310" class="fnanchor">[1310]</a> navets et chastaingnes
-et la venoison. <i>Sic</i> 3º.....<a name="FNanchor_1311_1311" id="FNanchor_1311_1311"></a><a href="#Footnote_1311_1311" class="fnanchor">[1311]</a></p>
-
-<p><i>Nota</i> que chandelle mise en bran<a name="FNanchor_1312_1312" id="FNanchor_1312_1312"></a><a href="#Footnote_1312_1312" class="fnanchor">[1312]</a> se garde souverainement. <i>Nota</i>
-qui veut faire chandelle, l’en doit avant faire sécher au feu très bien
-le limignon<a name="FNanchor_1313_1313" id="FNanchor_1313_1313"></a><a href="#Footnote_1313_1313" class="fnanchor">[1313]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour oster eaue de vin.</span> Mettez eaue et vin en une tasse, et
-aiez du fil de coton et plungez l’un bout au<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-260" id="page_vol-2-260"></a>{v. 2, p.260}</span> fons de la tasse, et
-l’autre bout soit pendant sur le bort et audessoubs et dehors de la
-tasse, et vous verrez que par icellui bout l’eaue dégoutera comme
-blanche. Et quant l’eaue sera toute dégoutée, vous verrez le vin
-vermeil dégouter. (<i>Il semble que pareillement d’une queue de vin se
-peut faire.</i>)</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire vin cuit</span>, prenez de la cuve ou tonne la mère
-goute, c’est à dire la fleur du vin<a name="FNanchor_1314_1314" id="FNanchor_1314_1314"></a><a href="#Footnote_1314_1314" class="fnanchor">[1314]</a>, soit blanc ou vermeil,
-tant comme vous en vouldrez, et le mettez en un vaissel de terre, et
-le faites boulir à petit et attrempé bouillon et à feu de très sèche
-buche et cler feu, sans tant soit petit de fumée, et ostez l’escume à
-une palette de fust percée et non de fer. Et soit tant bouly, se la
-vendenge est verde pour celle année, que le vin reviengne au tiers,
-et s’elle est meure, que le vin reviengne au quart<a name="FNanchor_1315_1315" id="FNanchor_1315_1315"></a><a href="#Footnote_1315_1315" class="fnanchor">[1315]</a>. Et après
-le mettez reffroidier en un cuvier ou autre net vaissel de bois, et
-icellui refroidié, le mettez au poinçon; et le tiers ou quart an
-vauldra mieulx que le premier an. Et gardez en lieu moyen, ne chault
-ne froit, et aiez retenu en un petit vaissel d’icelluy vin boulu, pour
-remplir tousjours le tonnellet, car vous savez que le vin se veult
-tousjours tenir plain.</p>
-
-<p><span class="smcap">A servir de trippes au jaunet.</span> Ou vous les prendrez crues,
-ou cuites. Si crues, mettez-les cuire en un pot en eaue et sans sel,
-et d’autre part mettez cuire une pièce de giste de beuf ou de la
-joe sans sel. Et quant les deux<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-261" id="page_vol-2-261"></a>{v. 2, p.261}</span> pots bouldront, paissiez le pot de
-trippes de l’eaue du beuf et faites plus cuire les trippes que le beuf;
-et quant les trippes seront presque cuites, si y mettez du lart, et
-faites boulir et cuire avec: et sur le point que l’en doit tirer hors
-les trippes du pot, mettez du saffran, et quant le saffran aura assez
-jauni, traiez les trippes, et mettez du sel en l’eaue se vous voulez.
-Si cuites<a name="FNanchor_1316_1316" id="FNanchor_1316_1316"></a><a href="#Footnote_1316_1316" class="fnanchor">[1316]</a>, si les mettez plus parcuire en l’eaue du giste et sans
-sel; et du remenant comme dessus.</p>
-
-<p>Qui veult cuire trippes, etc.<a name="FNanchor_1317_1317" id="FNanchor_1317_1317"></a><a href="#Footnote_1317_1317" class="fnanchor">[1317]</a></p>
-
-<p><span class="smcap">Heriçon</span> soit coupé par la gorge, escorché et effondré,
-puis refait comme un poucin, puis pressié en une touaille et illec
-très bien essuié; et après ce rosti et mengé à la cameline, ou en
-pasté à la sausse de hallebran. <i>Nota</i> que se le heriçon ne se veult
-destortillier, l’en le doit mettre en l’eaue chaude, et lors il
-s’estendra.</p>
-
-<p><span class="smcap">Escurieux</span> soient escorchiés, effondrés, reffais comme connins,
-rostis, ou en pasté: mengiés à la cameline ou à la sausse de hallebrans
-en pasté.</p>
-
-<p><span class="smcap">Turtres</span> sont bonnes en rost et en pasté, et en Septembre sont
-en saison, voire dès Aoust. Toutesvoies en rost elles serrent<a name="FNanchor_1318_1318" id="FNanchor_1318_1318"></a><a href="#Footnote_1318_1318" class="fnanchor">[1318]</a>
-merveilleusement; et qui en a foison et il les veult nourrir et garder,
-il leur convient tondre ou plumer le cul, car autrement leur fiente les
-estouperoit, et par ce mourroient.</p>
-
-<p><span class="smcap">Gauffres</span> sont faites par quatre manières. L’une que l’en bat
-des œufs en une jatte, et puis du sel et du vin, et gette-l’en de la
-fleur, et destremper l’un avec l’autre,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-262" id="page_vol-2-262"></a>{v. 2, p.262}</span> et puis mettre en deux fers
-petit à petit, à chascune fois autant de paste comme une lesche de
-frommage est grande, et estraindre entre deux fers, et cuire d’une part
-et d’autre; et se le fer ne se délivre bien de la paste, l’en l’oint
-avant d’un petit drappelet mouillé en huille ou en sain.&mdash;La deuxième
-manière est comme la première, mais l’en y met du frommage, c’est
-assavoir que l’en estend la paste comme pour faire tartre ou pasté,
-puis met-l’en le frommage par lesches ou milieu et recueuvre-l’en les
-deux bors; ainsi demeure le frommage entre deux pastes et ainsi est mis
-entre deux fers.&mdash;La tierce manière, si est de gauffres <i>couléisses</i>,
-et sont dictes <i>couléisses</i> pour ce seulement que la paste est plus
-clère et est comme boulie clère, faicte comme dessus; et gecte-l’en
-avec, du fin frommage esmié à la gratuise<a name="FNanchor_1319_1319" id="FNanchor_1319_1319"></a><a href="#Footnote_1319_1319" class="fnanchor">[1319]</a>; et tout mesler
-ensemble.&mdash;La quarte manière est de fleur pestrie à l’eaue, sel et vin,
-sans œufs ne frommage.</p>
-
-<p><i>Item</i>, les gauffriers font un autre service que l’en dit <i>gros
-bastons</i> qui sont fais de farine pestrie aux œufs et pouldre de
-gingembre batus ensemble, et puis aussi gros et ainsi fais comme
-andouilles; mis entre deux fers.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>AUTRES MENUES CHOSES DIVERSES QUI NE DÉSIRENT POINT DE CHAPPITRE.</small></p></div>
-
-<p><span class="smcap">Pour dessaller tous potages sans y mettre ne oster</span>, Prenez une
-nappe bien blanche et mettez sur vostre pot, et le retournez souvent;
-et convient le pot estre loing du feu<a name="FNanchor_1320_1320" id="FNanchor_1320_1320"></a><a href="#Footnote_1320_1320" class="fnanchor">[1320]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-263" id="page_vol-2-263"></a>{v. 2, p.263}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Pour oster l’arsure d’un potage</span>, prenez un pot nouvel et
-mettez vostre potage dedans, puis prenez un pou de levain et le liez
-dedans un drappel blanc, et gettez dedans vostre pot, et ne luy
-laissiez guères demourer.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire liqueur pour seigner</span><a name="FNanchor_1321_1321" id="FNanchor_1321_1321"></a><a href="#Footnote_1321_1321" class="fnanchor">[1321]</a> <span class="smcap">linge.</span> Prenez
-camboïs, c’est le limon noir qui est aux deux bouts de l’essieul de
-la charette, et mettez de l’arrement<a name="FNanchor_1322_1322" id="FNanchor_1322_1322"></a><a href="#Footnote_1322_1322" class="fnanchor">[1322]</a>, et allaiez d’uille et de
-vinaigre et boulez tout ensemble, et puis chauffez vostre merque<a name="FNanchor_1323_1323" id="FNanchor_1323_1323"></a><a href="#Footnote_1323_1323" class="fnanchor">[1323]</a>
-et moulliez dedans, et asséez dessus vostre linge.</p>
-
-<p><span class="smcap">Se tu veulx faire bonne esche</span><a name="FNanchor_1324_1324" id="FNanchor_1324_1324"></a><a href="#Footnote_1324_1324" class="fnanchor">[1324]</a> pour alumer du feu au
-fusil, pren de l’escume<a name="FNanchor_1325_1325" id="FNanchor_1325_1325"></a><a href="#Footnote_1325_1325" class="fnanchor">[1325]</a> de noyer qui sont surannées, et puis
-la<a name="FNanchor_1326_1326" id="FNanchor_1326_1326"></a><a href="#Footnote_1326_1326" class="fnanchor">[1326]</a> met en un pot plain de lessive bien forte, toute entière, ou
-par pièces du large de deux dois, lequel que tu vouldras, et la fais
-boulir tousjours par l’espace de deux jours et une nuit du moins. Et se
-tu n’as de la lessive, si prens de bonnes cendres et met avec de l’eaue
-et fais comme charrée<a name="FNanchor_1327_1327" id="FNanchor_1327_1327"></a><a href="#Footnote_1327_1327" class="fnanchor">[1327]</a>, puis mets ton escume boulir dedans par
-l’espace dessusdit, et la fournis tousjours tant comme elle bouldra.
-Se tu la fais<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-264" id="page_vol-2-264"></a>{v. 2, p.264}</span> boulir en lessive, fournis-la de lessive; se tu la
-bouls en la charrée, si la fournis d’eaue; et toutes voies en quoy que
-tu la boules, se tu povoies finer de pis..t pour la fournir, elle en
-vauldroit mieulx. Et quant elle sera ainsy boulie, si la pures<a name="FNanchor_1328_1328" id="FNanchor_1328_1328"></a><a href="#Footnote_1328_1328" class="fnanchor">[1328]</a>,
-et puis la lave en belle eaue nette pour la ressuier, puis la met au
-soleil seicher ou en la cheminée, loing du feu, qu’elle ne s’arde, car
-il la convient sécher attrempéement et à loisir; et quant elle sera
-seiche et on s’en vouldra aidier, si la fault batre d’un maillet ou
-d’un baston, tant quelle deviengne ainsi comme espurge<a name="FNanchor_1329_1329" id="FNanchor_1329_1329"></a><a href="#Footnote_1329_1329" class="fnanchor">[1329]</a>. Et quant
-on veult alumer du feu, si en fault prendre ainsi comme le gros d’un
-pois et mettre sur son caillou, et on a tantost du feu; si ne fault
-que des mesches ensouffrées, et alumer la chandeille. Et la doit-l’en
-garder nettement et sèchement.</p>
-
-<p><span class="smcap">Fouques</span><a name="FNanchor_1330_1330" id="FNanchor_1330_1330"></a><a href="#Footnote_1330_1330" class="fnanchor">[1330]</a> doivent estre très bien rosties, et sont
-meilleurs cuites en potage que en rost, car en rost elles sont trop
-sèches, et veulent estre arrousées de leur gresse, et avoir le feu
-devant.&mdash;<i>Item</i>, elle sont très bonnes fresches aux choulx.&mdash;<i>Item</i>,
-mettez de l’eaue et des oignons en un petit pot et la fouque, puis
-laissiez boulir comme une pièce de beuf, puis broyez des menues
-espices, et allaiez les deux pars vertjus et la troisième vinaigre,
-et vous aurez bon potage.&mdash;<i>Item</i>, fouques salées de deux jours sont
-bonnes au potage.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que le seymier d’un cerf, c’est le quoier et<a name="FNanchor_1331_1331" id="FNanchor_1331_1331"></a><a href="#Footnote_1331_1331" class="fnanchor">[1331]</a> la queue; et
-quant il est frais, il est cuit à l’eaue et au<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-265" id="page_vol-2-265"></a>{v. 2, p.265}</span> vin, aux espices et
-saffran et soupes en esté: et en yver au poivre<a name="FNanchor_1332_1332" id="FNanchor_1332_1332"></a><a href="#Footnote_1332_1332" class="fnanchor">[1332]</a>; et ainsi est-il
-du sanglier frais.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire trois pintes d’encre</span>, prenez des galles<a name="FNanchor_1333_1333" id="FNanchor_1333_1333"></a><a href="#Footnote_1333_1333" class="fnanchor">[1333]</a> et de
-gomme<a name="FNanchor_1334_1334" id="FNanchor_1334_1334"></a><a href="#Footnote_1334_1334" class="fnanchor">[1334]</a> de chascun deux onces, couperose trois onces; et soient les
-galles cassées et mises tremper trois jours, puis mises boulir en trois
-quartes d’eaue de pluye ou de mare coye<a name="FNanchor_1335_1335" id="FNanchor_1335_1335"></a><a href="#Footnote_1335_1335" class="fnanchor">[1335]</a>. Et quant ils auront
-assez boulu et tant que l’eau sera esboulie près de la moitié, c’est
-assavoir qu’il n’y ait mais que trois pintes, lors le convient oster du
-feu, et mettre la couperose et gomme, et remuer tant qu’il soit froit,
-et lors mettre en lieu froit et moite. Et <i>nota</i> que quant elle passe
-trois sepmaines, elle empire.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire orengat</span>, mettez en cinq quartiers les peleures
-d’une orenge et raclez à un coustel la mousse qui est dedans, puis les
-mettez tremper en bonne eaue doulce par neuf jours, et changez l’eaue
-chascun jour: puis les boulez en eaue doulce une seule onde, et ce
-fait, les faictes estendre sur une nappe et les laissiez essuier très
-bien, puis les mettez en un pot et du miel tant qu’ils soient tous
-couvers, et faites boulir à petit feu et escumer, et quant vous croirez
-que le miel soit cuit, (pour essaier s’il est cuit, ayez de l’eaue en
-une escuelle, et faites dégouter en icelle eaue une goutte d’icelluy
-miel, et s’il s’espant, il n’est pas cuit: et se icelle goute de miel
-se tient en l’eau sans espandre, il est cuit;) et lors devez traire
-vos peleures d’orenge, et d’icelles faites par ordre un lit, et gettez
-pouldre<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-266" id="page_vol-2-266"></a>{v. 2, p.266}</span> de gingembre dessus, puis un autre, et getter etc., <i>usque in
-infinitum</i>; et laissier un mois ou plus, puis mengier.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour faire saulsisses.</span> Quant vous aurez tué vostre pourcel,
-prenez de la char des costelettes, premièrement de l’endroit que l’en
-appelle le filet<a name="FNanchor_1336_1336" id="FNanchor_1336_1336"></a><a href="#Footnote_1336_1336" class="fnanchor">[1336]</a>, et après de l’autre endroit des costelettes
-et de la plus belle gresse, autant de l’un comme de l’autre, en telle
-quantité que vouldrez faire de saulsisses; et faictes très menuement
-mincer et détranchier par un pasticier. Puis broyez du fenoul et
-un petit de sel menu, et après ce requeillez vostre fenoul broyé,
-et meslez très bien parmi le quart d’autant de pouldre fine; puis
-entremeslez très bien vostre char, vos espices et vostre fenoul, et
-après emplez les boyaulx, c’est assavoir les menus. (Et sachiez que les
-boyaulx d’un vielz porc sont meilleurs à ce, que d’un jeune, pour ce
-qu’ils sont plus gros.) Et après ce, les mettez quatre jours à la fumée
-ou plus, et quant vous les vouldrez mengier, si les mettez en eaue
-chaude et boulir une onde, et puis mettre sur le greil.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pour dessaller beurre</span>, mettez-le en une escuelle sur le feu
-pour fondre, et le sel dévalera ou fons de l’escuelle, lequel sel ainsi
-dévalé est bon ou potage, et le remenant du beurre demeure doulx.
-Aultrement, mettez vostre beurre salé en eaue doulce fresche, et le
-pestrissiez et paumoiez dedens, et le sel demourra en l’eaue.</p>
-
-<p>(<i>Item</i>, <i>nota</i> que les mouches ne queurent point sus à un cheval qui
-est oint de beurre ou de vielz oint salé.)<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-267" id="page_vol-2-267"></a>{v. 2, p.267}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Bourbotte</span><a name="FNanchor_1337_1337" id="FNanchor_1337_1337"></a><a href="#Footnote_1337_1337" class="fnanchor">[1337]</a> est de pareille fourme à un chavessot, mais
-il est plus grant assez: et est cuite en eaue, puis peler comme une
-perche, puis faire boulir cameline ou galentine et getter sus; ou rosty
-et mis en pasté avec de la pouldre.</p>
-
-<p><span class="smcap">Poires</span> à leur commencement, <i>scilicet</i> en Octobre et Novembre,
-et qu’elles sont de nouvel queillies, sont dures et fortes, et lors
-l’en les doit cuire en l’eaue: et quant ce sont poires d’angoisse,
-pour leur faire avoir belle couleur, l’en doit mettre du foing dedans
-le pot où elles cuisent, et après sont rosties; mais après ce, quant
-elles sont plus fannées et ramoities pour la moiteur du temps, l’en ne
-les met point cuire en eaue, mais en la brese seulement; <i>scilicet</i> en
-Février et en Mars.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pies</span>, <span class="smcap">CORNILLAS</span><a name="FNanchor_1338_1338" id="FNanchor_1338_1338"></a><a href="#Footnote_1338_1338" class="fnanchor">[1338]</a>, <span class="smcap">CHOÉS</span><a name="FNanchor_1339_1339" id="FNanchor_1339_1339"></a><a href="#Footnote_1339_1339" class="fnanchor">[1339]</a>. L’en
-les tue aux matelas<a name="FNanchor_1340_1340" id="FNanchor_1340_1340"></a><a href="#Footnote_1340_1340" class="fnanchor">[1340]</a> qui sont<a name="FNanchor_1341_1341" id="FNanchor_1341_1341"></a><a href="#Footnote_1341_1341" class="fnanchor">[1341]</a> grosse pilette<a name="FNanchor_1342_1342" id="FNanchor_1342_1342"></a><a href="#Footnote_1342_1342" class="fnanchor">[1342]</a>, et de
-foibles arbalestres peut-l’en traire à iceulx cornillas<a name="FNanchor_1343_1343" id="FNanchor_1343_1343"></a><a href="#Footnote_1343_1343" class="fnanchor">[1343]</a> qui sont
-sur les branches, mais à ceulx qui sont ès nys convient traire de plus
-fors bastons pour abatre nit et tout. Il les convient escorcher, puis
-pourboulir avec du lart, puis découpper par morceaulx, et frioler avec
-des œufs comme charpie.</p>
-
-<p><span class="smcap">Teste de mouton</span> soit très cuite, puis ostez les os, et hachez
-le demourant bien menu, et gettez pouldre fine dessus.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-268" id="page_vol-2-268"></a>{v. 2, p.268}</span></p>
-
-<p>Se vous voulez faire provision de vinaigre, vuidiez le tonnellet de
-vostre vielz vinaigre, puis lavez le tonnellet très bien de très bon
-vinaigre et non mie d’eaue chaude ne froide: après, mettez les laveures
-en un vaisseau de bois ou de terre et non mie d’arain ou de fer, et
-illec laissiez reposer et rasseoir vos rainsseures: puis vuidiez le
-cler et le coulez, et mettre de rechief ou tonnellet, et l’emplez
-d’aultre bon vinaigre, et mettez au soleil et au chault, le fons percié
-en six lieux et destoupé de jour, et de nuit et par brouillas<a name="FNanchor_1344_1344" id="FNanchor_1344_1344"></a><a href="#Footnote_1344_1344" class="fnanchor">[1344]</a>
-estoupez tout; et quant le soleil revient, destoupez comme devant.</p>
-
-<p><span class="smcap">Le rique-menger.</span> Prenez deux pommes aussi grosses que deux
-œufs ou pou plus, et les pelez, et ostez les pepins, puis les découppez
-par menus morceaulx, puis les mettez pourboulir en une paelle de fer,
-puis purez l’eaue, et mettez seicher le rique-menger: puis mettre
-beurre pour frioler, et en friolant filez deux œufs dessus en remuant;
-et quant tout sera friolé, gettez pouldre fine dessus, et soit
-frangé<a name="FNanchor_1345_1345" id="FNanchor_1345_1345"></a><a href="#Footnote_1345_1345" class="fnanchor">[1345]</a> de saffran, et mengiez au pain ou mois de Septembre.</p>
-
-<p><span class="smcap">Lièvre rosty.</span> J’ai vu rostir lièvre enveloppé en la toile de
-la fressure d’un porc que l’en dit la crespine et couste trois blans,
-et par ce le lièvre n’est autrement lardé. <i>Item</i>, je l’ay veu larder.</p>
-
-<p><span class="smcap">La char d’une joe de beuf</span>, etc.<a name="FNanchor_1346_1346" id="FNanchor_1346_1346"></a><a href="#Footnote_1346_1346" class="fnanchor">[1346]</a></p>
-
-<p>En la <span class="smcap">HASTE-MENUE</span> d’un pourcel n’a aucun appareil à faire,
-fors la laver et embrocher et envelopper de sa taye et cuire longuement.</p>
-
-<p><span class="smcap">Poules farcies coulourées ou dorées.</span> Elles sont <i>primo</i>
-soufflées, et toute la char dedans ostée, puis<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-269" id="page_vol-2-269"></a>{v. 2, p.269}</span> remplies d’autre char,
-puis coulourées ou dorées comme dessus<a name="FNanchor_1347_1347" id="FNanchor_1347_1347"></a><a href="#Footnote_1347_1347" class="fnanchor">[1347]</a>: mais il y a trop à faire,
-et n’est pas ouvrage pour le queux d’un bourgois, non mie<a name="FNanchor_1348_1348" id="FNanchor_1348_1348"></a><a href="#Footnote_1348_1348" class="fnanchor">[1348]</a> d’un
-chevalier simple; et pour ce, je le laisse.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <span class="smcap">DES ESPAULES DE MOUTON</span>, <i>quia nichil est nisi pena et
-labor</i>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, <span class="smcap">LES HÉRIÇONS</span> sont fais de caillettes de mouton et est
-grant frais et grant labour et pou d’onneur et de prouffit, et pour ce
-<i>nichil hic</i>.</p>
-
-<p><span class="smcap">Amigdala</span> <i>recentia recipe, et ab eis cum gladio remove etiam
-subtiliter primum corticem, et postea perforetur quodlibet amigdalum
-uno foramine in medio. Et iis peractis dicta amigdala ponentur in aqua
-dulci, in qua stent per quinque vel sex dies, sed qualibet die fiat
-mutatio aque semel in die. Deinde lapsis quinque vel sex diebus, dicta
-amigdala extrahentur a dicta aqua et ponentur in aliqua aqua<a name="FNanchor_1349_1349" id="FNanchor_1349_1349"></a><a href="#Footnote_1349_1349" class="fnanchor">[1349]</a>
-ubi stent per unum diem naturalem ad exsicandum et removendum vaporem
-dicte aque; postea habeatur sufficiens quantitas boni et optimi mellis
-respectu quantitatis dictarum amigdalarum, et illud mel buliatur
-et decoquatur bene et sufficienter, et decoquendo purgetur. Et cum
-decoctum fuerit et refrigeratum, ponatur in quolibet foramine dicti
-amigdali unum gariofilum: et repositis omnibus dictis amigdalis
-in aliquo bono vase terreo, ponatur desuper (item fiat de nucibus
-conficiendis, sed ille habent<a name="FNanchor_1350_1350" id="FNanchor_1350_1350"></a><a href="#Footnote_1350_1350" class="fnanchor">[1350]</a> stare in aqua per novem dies,
-qualibet die mutanda;) dictum mel bene decoctum et dispositum pro
-mensura debita coperiente dicta amigdala, et elapsis duobus mensibus,
-postea comedantur</i><a name="FNanchor_1351_1351" id="FNanchor_1351_1351"></a><a href="#Footnote_1351_1351" class="fnanchor">[1351]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-270" id="page_vol-2-270"></a>{v. 2, p.270}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Tetines de vache.</span> Cuites avec la char et mangées comme la
-char.&mdash;<i>Item</i>, salée à la moustarde.&mdash;<i>Item</i>, aucunes fois trenchée par
-lesches, et rosties sur le greil, toute fresche cuite.</p>
-
-<p><span class="smcap">Estourneaux.</span> Soient plumés à sec<a name="FNanchor_1352_1352" id="FNanchor_1352_1352"></a><a href="#Footnote_1352_1352" class="fnanchor">[1352]</a>, effondrés<a name="FNanchor_1353_1353" id="FNanchor_1353_1353"></a><a href="#Footnote_1353_1353" class="fnanchor">[1353]</a>,
-puis couppez les cols et les piés, puis reffais, mis en pasté et deux
-lesches de lart audessus: ou découppez les membres par morceaulx comme
-un oison, et mis à la charpie, c’est à dire que de la cuisse l’en face
-trois pièces, et laisse-l’en en chascune pièce les os: des esles aussi
-et du résidu semblablement, et puis frire aux œufs en la paelle comme
-charpie. Il semble qu’il les convient <i>primo</i> cuire à demi avant que
-frire.</p>
-
-<p><span class="smcap">Allouettes en rost.</span> Plumez à sec, puis couppez les cols et
-ne les effondrez pas. Soient reffaites, et n’aient point les jambes
-couppées, et les embrochiez au travers et entre deux tesmoings<a name="FNanchor_1354_1354" id="FNanchor_1354_1354"></a><a href="#Footnote_1354_1354" class="fnanchor">[1354]</a>
-de lart. <i>Item</i>, en pasté, l’en coupe jambes et testes, et les
-effondre-l’en, et dedans le trou l’en boute fin frommage, et les
-mengue-l’en au sel.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-271" id="page_vol-2-271"></a>{v. 2, p.271}</span></p>
-
-<p><span class="smcap">Lièvre</span> pourbouly, puis lardé, mis en pasté et de la pouldre,
-et mengié à la cameline; et est viande d’esté.</p>
-
-<p><span class="smcap">Connin</span> en esté.</p>
-
-<p><span class="smcap">Porc en pasté.</span> Mis en pasté et du vertjus de grain<a name="FNanchor_1355_1355" id="FNanchor_1355_1355"></a><a href="#Footnote_1355_1355" class="fnanchor">[1355]</a>
-dessus.</p>
-
-<p><span class="smcap">Oés</span>, <span class="smcap">POULES</span>, <span class="smcap">CHAPPONS</span> despeciez par pièces,
-et mis en pasté, excepté les chappons de haulte gresse qui ne se
-despiecent point; et de chascune oé l’en fait trois pastés.</p>
-
-<p><span class="smcap">Oiseaulx de rivière.</span> En pasté, et de la saulce cameline ou
-meilleur mise dedans le pasté quant il est cuit; la teste, les jambes
-et piés sont hors.</p>
-
-<p><span class="smcap">Pigons</span> en pasté, cols et testes et les piés couppés, et deux
-lesches de lart dessus: ou en rost, et soient lardés.</p>
-
-<p><span class="smcap">Monder orge ou fromment pour faire froumentée.</span> Il convient
-eaue très chaude, et mettre le fromment ou orge dedans icelle eaue
-chaude, et laver et paulmoïer<a name="FNanchor_1356_1356" id="FNanchor_1356_1356"></a><a href="#Footnote_1356_1356" class="fnanchor">[1356]</a> très bien et longuement: puis
-getter et purer toute l’eau, et laissier essuier le fourment ou orge
-et puis le piler à un pestail<a name="FNanchor_1357_1357" id="FNanchor_1357_1357"></a><a href="#Footnote_1357_1357" class="fnanchor">[1357]</a> de bois, puis vanner à un bacin à
-laver.</p>
-
-<p><span class="smcap">Buvrages de avelines.</span> Eschaudez-les et pelez et mettez en eaue
-froide, puis soient très bien broyées et deffaites d’eaue boulue, puis
-coulées à l’estamine.</p>
-
-<p><span class="smcap">Sardines</span>, effondrées, cuites en eaue, et mengées à la
-moustarde.</p>
-
-<p><span class="smcap">Harenc nouvellet</span> commence en Avril et dure jusques à la Saint
-Remy que les harens frais commencent; et est cuit en eaue, et après
-l’en y fait les bonnes souppes grosses que l’en mengue au vertjus
-vieil, mais<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-272" id="page_vol-2-272"></a>{v. 2, p.272}</span> avant, et si tost qu’il est cuit et trait de la paelle,
-l’en le doit mettre en belle eaue fresche, et le convient nettoier et
-oster les escailles, teste et queue.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>HIC FINIT</small><a name="FNanchor_1358_1358" id="FNanchor_1358_1358"></a><a href="#Footnote_1358_1358" class="fnanchor">[1358]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-273" id="page_vol-2-273"></a>{v. 2, p.273}</span></p>
-</div>
-
-<h2><a name="APPENDICE_A_LARTICLE_V" id="APPENDICE_A_LARTICLE_V"></a>APPENDICE A L’ARTICLE V<br /><br />
-<small>DE LA DEUXIÈME DISTINCTION.</small></h2>
-
-<p><i>Pour faire ung lot de bon ypocras</i> prenés une onches de cinamonde
-nommée longue canelle en pippe, avec unes cloche de gingembre et autant
-de garingal, bien estampé<a name="FNanchor_1359_1359" id="FNanchor_1359_1359"></a><a href="#Footnote_1359_1359" class="fnanchor">[1359]</a> ensemble, et puis prenés ung livre de
-bon çuquere<a name="FNanchor_1360_1360" id="FNanchor_1360_1360"></a><a href="#Footnote_1360_1360" class="fnanchor">[1360]</a>: et tout cela broyés ensamble et destrempés avec ung
-lot du milleur vin de Beaune que pourés finer et le laissir tremper
-ungne heure ou deux. Et puis le coullés parmy ung chause<a name="FNanchor_1361_1361" id="FNanchor_1361_1361"></a><a href="#Footnote_1361_1361" class="fnanchor">[1361]</a> par
-pluiseurs fois tant qui soit bien cler.</p>
-
-<p><i>Pour avoir des caordes et pompons</i><a name="FNanchor_1362_1362" id="FNanchor_1362_1362"></a><a href="#Footnote_1362_1362" class="fnanchor">[1362]</a> fault planter en bonne terre
-et crasse deux ou trois pans<a name="FNanchor_1363_1363" id="FNanchor_1363_1363"></a><a href="#Footnote_1363_1363" class="fnanchor">[1363]</a> de parfont, et quattre grains au
-cop<a name="FNanchor_1364_1364" id="FNanchor_1364_1364"></a><a href="#Footnote_1364_1364" class="fnanchor">[1364]</a> ensamble par longhes rengues<a name="FNanchor_1365_1365" id="FNanchor_1365_1365"></a><a href="#Footnote_1365_1365" class="fnanchor">[1365]</a>, et trois piés largement
-de plache<a name="FNanchor_1366_1366" id="FNanchor_1366_1366"></a><a href="#Footnote_1366_1366" class="fnanchor">[1366]</a> de tous costés. Et quant y seront crut de la haulteur
-de deux paumes, les fault racourchir desus deux dois de lonc, et les
-arouser deux fois la sepmaine tant qui soient grant; et les fault
-planter environ le quatre Mars ou à l’entrée d’Averil. Mais pour
-che<a name="FNanchor_1367_1367" id="FNanchor_1367_1367"></a><a href="#Footnote_1367_1367" class="fnanchor">[1367]</a> que nostre pays est froit, fault aviser plache hors des frois
-vens et en bon solleil; et dient les gardineus de Portigal<a name="FNanchor_1368_1368" id="FNanchor_1368_1368"></a><a href="#Footnote_1368_1368" class="fnanchor">[1368]</a> que
-fiens de cheval bien court et bien pourit, et oussy les fientes des
-bestes que on tuue, il est très bon: et affin qui ne faillent, tout
-est neceschitez que on en plante depuis le my Mars jusques à la fin
-d’Averil, par toutes les quinsainnes, affin que on garde les plus biaus
-et que on deffeuche<a name="FNanchor_1369_1369" id="FNanchor_1369_1369"></a><a href="#Footnote_1369_1369" class="fnanchor">[1369]</a> cheux qui porroient enpeschier les aultres à
-croistre, car comme desus est dyt, y fault à quatre grains trois piés
-de large tout entour.</p>
-
-<p><i>Item, pour lappreux rosti</i> etc.<a name="FNanchor_1370_1370" id="FNanchor_1370_1370"></a><a href="#Footnote_1370_1370" class="fnanchor">[1370]</a></p>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-2-274" id="page_vol-2-274"></a>{v. 2, p.274}</span></p>
-
-<p><i>Item, pour faire de sukere<a name="FNanchor_1371_1371" id="FNanchor_1371_1371"></a><a href="#Footnote_1371_1371" class="fnanchor">[1371]</a> rosart</i> en plate, il fault pour
-une livere de sukere ung pinte et demie<a name="FNanchor_1372_1372" id="FNanchor_1372_1372"></a><a href="#Footnote_1372_1372" class="fnanchor">[1372]</a> de bonne eaue rose,
-et faire boilier ensamble, et tant qu’il fache le fillet entre deux
-doés<a name="FNanchor_1373_1373" id="FNanchor_1373_1373"></a><a href="#Footnote_1373_1373" class="fnanchor">[1373]</a>; mais ensois que on maeste<a name="FNanchor_1374_1374" id="FNanchor_1374_1374"></a><a href="#Footnote_1374_1374" class="fnanchor">[1374]</a> boilier, il fault mettre
-le glerre d’un ouf<a name="FNanchor_1375_1375" id="FNanchor_1375_1375"></a><a href="#Footnote_1375_1375" class="fnanchor">[1375]</a> à chascun livere de sukere, et le fault bien
-batre tout en escume: et puis laissir rassir en yauve<a name="FNanchor_1376_1376" id="FNanchor_1376_1376"></a><a href="#Footnote_1376_1376" class="fnanchor">[1376]</a> et estamper
-ledit sukere tout en pouvre, et tout meller ensamble, et puis boillier
-comme dessus; et puis avoir del fluer<a name="FNanchor_1377_1377" id="FNanchor_1377_1377"></a><a href="#Footnote_1377_1377" class="fnanchor">[1377]</a> de amidon, et mettre en
-ung délié drappelet ousy<a name="FNanchor_1378_1378" id="FNanchor_1378_1378"></a><a href="#Footnote_1378_1378" class="fnanchor">[1378]</a> gros que ung estuet<a name="FNanchor_1379_1379" id="FNanchor_1379_1379"></a><a href="#Footnote_1379_1379" class="fnanchor">[1379]</a> ou deux,
-et prendre ung plat bachin, et tapper sur le cuel dudit bachin le
-fluer à tout le drappelet, tant que le fluer se espaert<a name="FNanchor_1380_1380" id="FNanchor_1380_1380"></a><a href="#Footnote_1380_1380" class="fnanchor">[1380]</a> dessus
-bien temmené<a name="FNanchor_1381_1381" id="FNanchor_1381_1381"></a><a href="#Footnote_1381_1381" class="fnanchor">[1381]</a>, et puis jettés vostre rossart<a name="FNanchor_1382_1382" id="FNanchor_1382_1382"></a><a href="#Footnote_1382_1382" class="fnanchor">[1382]</a> dessus ledit
-bachin quant il fait le fillet, et puis laissir couler l’espesseur
-du hule<a name="FNanchor_1383_1383" id="FNanchor_1383_1383"></a><a href="#Footnote_1383_1383" class="fnanchor">[1383]</a> d’un coutel ou plus espès. Et puis quant il est ung
-peu réfroidié, royés<a name="FNanchor_1384_1384" id="FNanchor_1384_1384"></a><a href="#Footnote_1384_1384" class="fnanchor">[1384]</a> à tout ung coutel et ung rieughelet<a name="FNanchor_1385_1385" id="FNanchor_1385_1385"></a><a href="#Footnote_1385_1385" class="fnanchor">[1385]</a>
-des pettites losenghe dessus de deux doés<a name="FNanchor_1386_1386" id="FNanchor_1386_1386"></a><a href="#Footnote_1386_1386" class="fnanchor">[1386]</a> de grant ou environ.
-Et quant ledit sukere rossart sera réfroidié sur le bachin, rostelle
-jus<a name="FNanchor_1387_1387" id="FNanchor_1387_1387"></a><a href="#Footnote_1387_1387" class="fnanchor">[1387]</a> et le rompez par losenghe, et le mettés en ung laye de
-dragié. Et est boen pour mengier pour conforter l’estomac.</p>
-
-<p><i>Pour fere encquere<a name="FNanchor_1388_1388" id="FNanchor_1388_1388"></a><a href="#Footnote_1388_1388" class="fnanchor">[1388]</a> sans boullier.</i> Pour deux pintes d’yauvve de
-plue<a name="FNanchor_1389_1389" id="FNanchor_1389_1389"></a><a href="#Footnote_1389_1389" class="fnanchor">[1389]</a> ou de mares, il fault prendre deux onzes de noies de galle,
-deux onzes de copperot<a name="FNanchor_1390_1390" id="FNanchor_1390_1390"></a><a href="#Footnote_1390_1390" class="fnanchor">[1390]</a> et deux onzes ·<i>S</i>·<a name="FNanchor_1391_1391" id="FNanchor_1391_1391"></a><a href="#Footnote_1391_1391" class="fnanchor">[1391]</a> de gomme arrabe
-cler comme or; et fault rompre le nois de galle bien menu, et mettre
-temprer trois jours dedens une pintte d’yauwe dessusdite, et batre sept
-ou huit fois le jour environ le demy sept psalmen<a name="FNanchor_1392_1392" id="FNanchor_1392_1392"></a><a href="#Footnote_1392_1392" class="fnanchor">[1392]</a> les trois jours
-durant, et puis rompre le copperot bien menu et mettre avecque les nois
-de galle, et battre encore trois jours comme devant; se sont six jours
-acomply largement. Et fault prendre l’aultre<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-275" id="page_vol-2-275"></a>{v. 2, p.275}</span> pintte d’yauwe et mettre
-le gomme dedens quant on met les nois temprer; et les six jours passé,
-il fault mettre ledit yauwe de gomme quant il est fonduee avec l’yauwe
-des nois et de copperot, et les mouvoir tout trois ensamble ung jour ou
-deux comme dessus. Et dedens ung mois ou six septimaines r’oter l’encre
-hors de le mattere<a name="FNanchor_1393_1393" id="FNanchor_1393_1393"></a><a href="#Footnote_1393_1393" class="fnanchor">[1393]</a> et le mettre en ung aultre pot de piere.</p>
-
-<p><i>Item</i>, et sus le mattere dessus dicte puelt-on mettre pintte ·<i>S</i>·
-d’yauwe de plue ou de mares, et mettre avecques le quart des nois,
-copperot, et gomme dessusdite, avecque le mattere de l’encre qui a esté
-fecte devant, et le battre cinq ou six jours comme dessus; et est bon
-commung encre.</p>
-
-<p><i>Item</i>, pour escripre sur papier, il ne fault point mettre de vin ne
-de vinergre, mès quant on veult escripre sur parchemin, pour ung lot
-d’yauwe, on peult prendre une my-pintte de vin ou de vinergre.</p>
-
-<p>&nbsp;</p>
-
-<div class="headd"><p><span class="smcap">Chi après s’ensieut que Hotin le quisenier qui fu a Monseigneur de
-Roubais a envoyé par escript pour faire aulcuns brouès qui servent a
-appointier viandes sur car et sur poisson.</span></p></div>
-
-<p><i>Item, pour lapreaulx roti</i>, pour la sauche à mettre sus, prenés ung
-pau de pain roti, et le mettés tremper en boullon et du vin et vergus,
-et le mains la moitié de vinesgre, et mettés tremprer le pain dedens;
-et prenés canelle le plus, et gingembre et ung peu de povre<a name="FNanchor_1394_1394" id="FNanchor_1394_1394"></a><a href="#Footnote_1394_1394" class="fnanchor">[1394]</a>, de
-claus<a name="FNanchor_1395_1395" id="FNanchor_1395_1395"></a><a href="#Footnote_1395_1395" class="fnanchor">[1395]</a>, ou de nois musscade, et coulés tout ensamble, et au boulir
-du sucre dedens; et au servir de la dragié pardesus.</p>
-
-<p>Et pour jouvenes oisons paraillement.</p>
-
-<p><i>Item, pigons au sucre.</i> Rotisiés vous pigons: rotisiés du pain,
-canelle, gingembre et menus espèces<a name="FNanchor_1396_1396" id="FNanchor_1396_1396"></a><a href="#Footnote_1396_1396" class="fnanchor">[1396]</a> le mains, vin et vinesgre au
-couler et du lart fondu dedens et faittes boullir; et quant il bout,
-mettez les pigons dedens et du sucre au pot.</p>
-
-<p><i>Pouchins</i>, <i>perdris</i> à l’eauwe benitte d’yauwe roze ou d’orengue ou à
-l’ongnon.</p>
-
-<p><i>Item, perdris ou perdrisieux.</i> Faicte-les rostir, et les mettés en
-pot<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-276" id="page_vol-2-276"></a>{v. 2, p.276}</span> ou en telle<a name="FNanchor_1397_1397" id="FNanchor_1397_1397"></a><a href="#Footnote_1397_1397" class="fnanchor">[1397]</a> de l’iauwe roze et du vinesgre, et mettés
-boullir tout ensamble, et du sel; et le couvres bien, tant que vous
-vorés servir.</p>
-
-<p>Et pour <i>l’orengue de pouchins, ou de perdris ou de pigons</i>, prenés les
-orenges et les copés en vergus blanc et vin blanc, et mettés boullir:
-et du gingembre au boullir, et mettés vous chozes<a name="FNanchor_1398_1398" id="FNanchor_1398_1398"></a><a href="#Footnote_1398_1398" class="fnanchor">[1398]</a> dedens boullir.</p>
-
-<p><i>Pour pouchins roti à l’eauwe benitte d’ongnons</i>, prenés ongnons par
-roelles, et frisiez en sain de lart et vergus, et pau de vinesgre et
-gingembre, et boulés en pot ou en telle et mettés vous pouchins dedens
-jusque au servir.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>POUR POTAGES.</small></p></div>
-
-<p><i>Item, brouès d’Allemaigne.</i> Prenés amandes et les broiés, et peu de
-blanc pain avecques, et au couller vergus et vin blanc et boullon dous,
-et gingembre et du safren, et tout boulli ensamble, et du sucre dedens;
-et mettés vous brouès sur chappons rotis ou boullis, oisons ou jouvenes
-connins, et mettés au boullir ung peu d’ongnons fris en sain de lart
-dedens bien menus.</p>
-
-<p><i>Item, brouès de fleur de peschier.</i><a name="FNanchor_1399_1399" id="FNanchor_1399_1399"></a><a href="#Footnote_1399_1399" class="fnanchor">[1399]</a> Prenés amandes broiés et
-blanc pain avecques, et tremper en boulon dous: vergus, gingembre au
-couler. Et quant il bout, prenés du tornissot<a name="FNanchor_1400_1400" id="FNanchor_1400_1400"></a><a href="#Footnote_1400_1400" class="fnanchor">[1400]</a> trempré en vin
-bien chault, et ly bailliés couleur de fleur de pieuquier<a name="FNanchor_1401_1401" id="FNanchor_1401_1401"></a><a href="#Footnote_1401_1401" class="fnanchor">[1401]</a>; pour
-chappons rotis, ou oisons, ou jouvenes connins rotis, ou sur chappons
-boullis.</p>
-
-<p><i>Item, pour faire Aragondis</i>, prenés cresme douche et le faittes
-boullir en ung pot de terre, et prenés moieux d’œus et fleur et le
-coulés, et de le cresme avecques pour mieux passer, et mettés du burre
-doulx largement dedens le pot, et filés les eux<a name="FNanchor_1402_1402" id="FNanchor_1402_1402"></a><a href="#Footnote_1402_1402" class="fnanchor">[1402]</a> dedens le pot,
-et du sucre dedens le pot, et le mettés arière du fu<a name="FNanchor_1403_1403" id="FNanchor_1403_1403"></a><a href="#Footnote_1403_1403" class="fnanchor">[1403]</a> que il
-n’aerde<a name="FNanchor_1404_1404" id="FNanchor_1404_1404"></a><a href="#Footnote_1404_1404" class="fnanchor">[1404]</a>.</p>
-
-<p><i>Pour brouet d’Engeltaire.</i> Prenés poisons de mer ou d’eauwe douche,
-ch’est à sçavoir<a name="FNanchor_1405_1405" id="FNanchor_1405_1405"></a><a href="#Footnote_1405_1405" class="fnanchor">[1405]</a> œus cuit en l’eaue durs et frisiés au burre, ou
-eurs<a name="FNanchor_1406_1406" id="FNanchor_1406_1406"></a><a href="#Footnote_1406_1406" class="fnanchor">[1406]</a> pausiés<a name="FNanchor_1407_1407" id="FNanchor_1407_1407"></a><a href="#Footnote_1407_1407" class="fnanchor">[1407]</a> au burre qui n’a du poison. <i>Item</i>, pour le
-brouet<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-277" id="page_vol-2-277"></a>{v. 2, p.277}</span> à mettre sus, prenés pain blanc trempré en purée, et moieux
-d’oeux et du gingembre et canelle le plus et vergus, et coulés tout
-ensamble, et au boullir largement du persin, izope, et peu de safren,
-et largement burre dedens le brouet.</p>
-
-<p><i>Pour brochès au romarin</i>, mettés-les bien rôtir sur le gri, qui soient
-tout cuit. <i>Item</i>, pour le brouet à mettre sus: vin vermel, vergus,
-ung bien peu de vinesgre et du gingembre et du romarin, et mettés tout
-boullir ensamble en telle de terre: et quant les brochès sont cuit,
-mettés-les dedens.</p>
-
-<p><i>Item, sivé d’oïtres ou de moule ou d’oeus fris.</i> Prenés pain roti sur
-le gri, et mettés tremprer en pourée, et prenés le pain, vinesgre et
-le mains de vergus et du vin, canelle le plus et gingembre, et peu de
-menus especes, et coulés tout ensamble: et au boulir ongnons fris et du
-safren et le faites bien boulir; et quant il est cuit, mette-le en ung
-pot de terre, et frisiés les oïtres ou les moules, et mettés-les boulir
-avecque le brouet. Et pour les oeus fris, mettés en plas et le brouet
-pardessus.</p>
-
-<p><i>Pour petis patés de poison</i>, prenés tourbot ung peu boulir et
-hasiés<a name="FNanchor_1408_1408" id="FNanchor_1408_1408"></a><a href="#Footnote_1408_1408" class="fnanchor">[1408]</a> bien menus gingembre et safren, et du burre dous dedens,
-et bien hasiet ensamble; et faites vous patés en fachon de la court et
-ne les laisiés point chéquier<a name="FNanchor_1409_1409" id="FNanchor_1409_1409"></a><a href="#Footnote_1409_1409" class="fnanchor">[1409]</a> au four.</p>
-
-<div class="headd"><p class="c"><small>FIN DE L’APPENDICE A L’ARTICLE V.</small></p></div>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-2-278" id="page_vol-2-278"></a>{v. 2, p.278}</span></p>
-
-<p class="figcenter">
-<a href="images/image-pg-278.png">
-<img class="enlargeimage"
-src="images/enlarge-image.jpg"
-alt=""
-width="18"
-height="14" />
-<br />
-<img src="images/image-pg-278_sml.png" width="450" height="231" alt="CHASSE A L’ÉPERVIER EN 1379 (Mss. du Roi Suppt.
-Fr 63212)" title="" /></a>
-<br />
-<span class="caption">CHASSE A L’ÉPERVIER EN 1379 (Mss. du Roi Suppt.
-Fr 63212)</span>
-</p>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-2-279" id="page_vol-2-279"></a>{v. 2, p.279}</span></p>
-
-<p class="figcenter">
-<img src="images/image-pg-279a.png" width="400" height="149" alt="" title="" />
-</p>
-
-<h1>LE MÉNAGIER<br /><br />
-<small>DE PARIS.</small></h1>
-
-<h2><a name="LE_DEUXIEME_ARTICLE1410" id="LE_DEUXIEME_ARTICLE1410"></a>LE DEUXIÈME ARTICLE<a name="FNanchor_1410_1410" id="FNanchor_1410_1410"></a><a href="#Footnote_1410_1410" class="fnanchor">[1410]</a><br /><br />
-DE LA TROISIÈME DISTINCTION,</h2>
-
-<div class="headd"><p class="c">LEQUEL EST DE SAVOIR NOURRIR ET FAIRE VOLER L’ESPREVIER.</p>
-</div>
-
-<p class="nind">
-<span class="letra">
-<img src="images/image-pg-279b.png" width="200" height="196" alt="E" title="E" /></span>N acomplissant ce que je vous ay promis cy dessus, chière seur, je
-met cy-après ce que je sçay d’espreveterie, afin que en la saison
-vous y esbatiez se vostre plaisir y est. Et sur ce, au commencement,
-vous devez savoir que l’en tient communément que un bon espreveteur,
-en<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-280" id="page_vol-2-280"></a>{v. 2, p.280}</span> la saison, recroist<a name="FNanchor_1411_1411" id="FNanchor_1411_1411"></a><a href="#Footnote_1411_1411" class="fnanchor">[1411]</a> d’espreveterie neuf chiens et trois
-chevaulx se il veult bien continuer et faire son devoir au mestier. Et
-aussi tient-l’en que le droit cuer de la saison d’espreveterie bonne
-ne dure que environ six sepmaines que il convient voler aux cailles,
-c’est assavoir depuis le mois de Juillet que l’en treuve les volées
-des premiers perdriaux, jusques en Aoust qu’ils deviennent fors,
-qu’il convient voler aux cailles. Et lors se affoiblie le déduit, car
-depuis que les perdriaulx sont faillis et que l’en ne treuve que les
-pères et les mères qui sont fors, l’en ne les peut prendre fors au
-<i>voulon</i><a name="FNanchor_1412_1412" id="FNanchor_1412_1412"></a><a href="#Footnote_1412_1412" class="fnanchor">[1412]</a> c’est assavoir au sourdre<a name="FNanchor_1413_1413" id="FNanchor_1413_1413"></a><a href="#Footnote_1413_1413" class="fnanchor">[1413]</a>, et de ce sera parlé
-cy-après, quant l’en parlera du voler, mais à ce commencement il sera
-premièrement parlé des chiens, et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-281" id="page_vol-2-281"></a>{v. 2, p.281}</span> après du cheval: et en oultre de la
-nourreture et duisson<a name="FNanchor_1414_1414" id="FNanchor_1414_1414"></a><a href="#Footnote_1414_1414" class="fnanchor">[1414]</a> de l’esprevier prins ou ny, et en oultre
-sera parlé du <i>branchier</i>, et en oultre du <i>muier</i>.</p>
-
-<p>Premièrement, qui veult avoir bon déduit de l’esprevier, il est
-neccessité que assez tost après Pasques l’espreveteur se garnisse
-d’espaignols<a name="FNanchor_1415_1415" id="FNanchor_1415_1415"></a><a href="#Footnote_1415_1415" class="fnanchor">[1415]</a> et qu’il les maine souvent aux champs quérir les
-cailles et les perdris, et dès lors les duise et chastie, et tant face
-que au moins en Juing il en soit pourveu de trois bons, duis pour le
-mestier, qui congnoissent les oiseaulx: et que dès lors il les mette
-au lien et les garde bien, car en celle saison ceulx qui en sont
-despourveus les emblent voulentiers. Et les doit-l’en attacher et faire
-leurs gistes et leur lit dessoubs ou en coste<a name="FNanchor_1416_1416" id="FNanchor_1416_1416"></a><a href="#Footnote_1416_1416" class="fnanchor">[1416]</a> la perche où son
-esprevier sera perchié quant il<a name="FNanchor_1417_1417" id="FNanchor_1417_1417"></a><a href="#Footnote_1417_1417" class="fnanchor">[1417]</a> l’aura, afin que lors l’esprevier
-les voie continuelment et les congnoisse, et aussi qu’ils congnoissent
-l’esprevier.</p>
-
-<p>Et est assavoir que tous espaignols qui sont bons pour la chace du
-lièvre ne sont pas bons pour le déduit de l’esprevier, car ceulx qui
-sont bons pour le lièvre queurent après et le chassent, et quant ils
-l’ataignent, le mordent, arrestent et tuent, se à ce sont duis: et
-autel pourroient-ils faire à l’esprevier. Et pour ce, ceulx qui scevent
-bien trouver les perdris et la caille et ne queurent point après
-l’esprevier, ou s’ils y vont, si sont-ils si duis que tantost qu’ils
-voient que l’esprevier a liée<a name="FNanchor_1418_1418" id="FNanchor_1418_1418"></a><a href="#Footnote_1418_1418" class="fnanchor">[1418]</a> et abatue la perdris ou autre oisel
-et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-282" id="page_vol-2-282"></a>{v. 2, p.282}</span> la tient soubs lui, s’arrestent et ne s’approuchent point, iceulx
-espaignols sont bons, et les autres non. <i>Item</i>, ceulx qui sont jeunes
-et fors et roides et qui sont trop hastifs, trop loingtains<a name="FNanchor_1419_1419" id="FNanchor_1419_1419"></a><a href="#Footnote_1419_1419" class="fnanchor">[1419]</a>, ne
-sont pas bons pour ce qu’ils queurent trop devant et trop loing de
-l’esprevier, et quant ils treuvent la perdris ou autre oisel et ils
-la font lever, l’esprevier qui est loing ne puet venir à temps et se
-lasse de voler après, et en la fin n’y peut attaindre et demeure lassé
-et blasmé, et si n’est point sa faulte, car il a bien volé, mais est
-la faulte de l’espreveteur qui n’a par avant mis ses chiens en si
-grant subjection qu’ils s’arrestassent à son escry<a name="FNanchor_1420_1420" id="FNanchor_1420_1420"></a><a href="#Footnote_1420_1420" class="fnanchor">[1420]</a>. Et qui pis
-est, se l’esprevier est ainsi deux fois foulé<a name="FNanchor_1421_1421" id="FNanchor_1421_1421"></a><a href="#Footnote_1421_1421" class="fnanchor">[1421]</a>, il craindra à y
-plus voler et ne s’embatera<a name="FNanchor_1422_1422" id="FNanchor_1422_1422"></a><a href="#Footnote_1422_1422" class="fnanchor">[1422]</a> plus, car l’esprevier se resjoïst
-et enhardist quant il est tousjours audessus et met à mercy tout ce à
-qui il vole, et au contraire se effroidist et attardist quant il est
-foulé ou grévé par les oiseaulx. Et par ce me semble qu’il convient que
-l’espreveteur soit sage d’avoir duit ses chiens pour quérir près de
-lui, et de donner le vol à point: et pour ce je croy que les espaignols
-aagiés qui queurent ainsi comme deux ou trois toises devant l’esprevier
-sont bons. Et puisqu’ainsi est que l’en ne scet au commencement quels
-ils seront, celuy qui a entention de les mettre en besoingne en la
-saison d’espreveterie, les doit devant le temps affaitier et tenir
-liés et en subjection de verges ou de fouet, afin qu’ils le craignent
-et que quant il les menra aux champs et il les escriera ou appellera:
-<i>Arrière! arrière!</i> qu’ils s’arrestent et l’attendent, et retournent
-à leur maistre s’ils voient qu’il tourne autre<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-283" id="page_vol-2-283"></a>{v. 2, p.283}</span> chemin. Et s’ils sont
-ainsi duis, ils ne feront nul mal à l’oisel quant l’en les escriera, et
-seront bons.</p>
-
-<p><i>Item</i>, il est assavoir de la nature des jeunes chiens que tant plus
-les menrez aux champs souvent, de jour en jour et de heure en heure,
-et plus leur donrez de paine et de travail à querre ès champs depuis
-l’aube du jour jusques à la nuit, et l’endemain et chascun jour
-commencier, et plus les chastierez, puis qu’ils seront bien nourris et
-ensemble, plus vous craindront et aimeront et suivront voulentiers et
-seront bons. Mais soiez diligent que si tost que vous serez à l’ostel,
-que vous mesmes, ou vos gens devant vous, donnez très bien à mengier à
-vos chiens, puis à boire, en une paelle<a name="FNanchor_1423_1423" id="FNanchor_1423_1423"></a><a href="#Footnote_1423_1423" class="fnanchor">[1423]</a>, d’eaue bonne et nette:
-et puis soient couchiés sur belle lictière de feurre en quelque lieu
-chault, ou au feu s’ils sont moulliés ou crottés, et soient tousjours
-tenus à la subjection du fouet. Et se ainsi le faites, ils ne donront
-nul ennuy à la table ne au dressouer, ne ne coucheront sur les lis: et
-s’ainsi ne le faites, vous povez savoir que quant ils ont traveillié et
-ont fain, pour ce qu’il est nécessité qu’ils vivent, ils quierent soubs
-la table et happent sur le dressouer ou en la cuisine une pièce de
-char ou viande, et s’entremordent et font des ennuis pour pourchassier
-leur vie, et en ce faisant se traveillent et ne reposent point et si
-demeurent truans et diffamés, et c’est vostre faulte et non la leur. Et
-pour ce, se vous voulez estre tenu bon espreveteur, pensez premièrement
-à vostre esprevier et de vos chiens, et puis de vous.</p>
-
-<p>(<i>Item</i>, aucuns dient que à chiens qui abaient<a name="FNanchor_1424_1424" id="FNanchor_1424_1424"></a><a href="#Footnote_1424_1424" class="fnanchor">[1424]</a> l’en<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-284" id="page_vol-2-284"></a>{v. 2, p.284}</span> leur doit
-donner à mengier du poulmon de mouton ou de brebis, et ils n’abaieront
-plus. Ce qu’il en est, je ne sçay.)</p>
-
-<p><i>Item</i>, il convient estre pourveu et avoir un cheval basset et aisié
-pour monter et descendre souvent, qui soit paisible au chevauchier,
-sans fretillier ne tournoier, ne tirer la bride, ne regiber, ne faire
-autres empeschemens qui doient empescher à l’esprevier quant il sera
-réclamé<a name="FNanchor_1425_1425" id="FNanchor_1425_1425"></a><a href="#Footnote_1425_1425" class="fnanchor">[1425]</a>: et qu’il se tiengne tout coy et tout arresté, attende
-son maistre quant il sera descendu, et aussy se tiengne bien coy et
-bien paisible au remonter.</p>
-
-<p>Et pour ce que je vous ay devant dit qu’il est neccessité d’avoir
-des premiers espreviers, sachiez que les espreviers commencent à
-couver, c’est assavoir les premiers, à la Saint-George qui est le
-vint-troisième jour d’Avril, et couvent six sepmaines. Et pour ce, dès
-le temps dessus dit jusques au commencement de Juing, l’en doit espier
-les aires des espreviers, lesquels l’en peut trouver et aparcevoir
-tant par leurs aires comme par leurs charniers, car communément leur
-charnier est fait sur un arbre qui a regart à leur aire et est aussi
-comme au trait d’un arc de leur dit aire; et sur icelluy hault arbre
-les espreviers descharnent<a name="FNanchor_1426_1426" id="FNanchor_1426_1426"></a><a href="#Footnote_1426_1426" class="fnanchor">[1426]</a> les coulons ramiers et autres oiseaulx
-qu’ils ont prins, et laissent cheoir les os à terre, et détrenchent à
-leur becq et despiècent la char qu’ils portent en leur aire à leurs
-faons qui lors ont le becq trop tendre: et par les ossellez<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-285" id="page_vol-2-285"></a>{v. 2, p.285}</span> peut-l’en
-apparcevoir le charnier, et par le charnier peut-l’en trouver l’aire.</p>
-
-<p>Et est à noter que en la fin du mois de May ou au commencement du mois
-de Juing les premiers espreviers d’icelle saison escloent. Si convient
-lors entendre de soy pourveoir d’iceulx premiers espreviers, car les
-premiers espreviers sont plus tost avanciés et près de voler. Et pour
-ce que chascun désire avoir des premiers espreviers, et pour les avoir
-tous bons espreveteurs sont tousjours traitres et larrons l’un à
-l’autre, tellement que l’un frère les voulroit embler à l’autre, pour
-laquelle chose, qui veult avoir des premiers espreviers, il doit faire
-tant enquerre et encerchier qu’il sache aucun aire des premiers<a name="FNanchor_1427_1427" id="FNanchor_1427_1427"></a><a href="#Footnote_1427_1427" class="fnanchor">[1427]</a>,
-et les prendre ou ny avant que<a name="FNanchor_1428_1428" id="FNanchor_1428_1428"></a><a href="#Footnote_1428_1428" class="fnanchor">[1428]</a> nul autre.</p>
-
-<p>(Et est assavoir que les meilleurs et plus fors espreviers sont ceulx
-qui se paissent de coulons ramiers ou autres gros oiseaulx, et ceulx
-font leurs aires sur bas arbres pour ce qu’ils ne pevent porter hault
-si gros oiseaulx.)</p>
-
-<p>Or convient-il donc savoir comment ils seront nourris se ils sont
-pris si jeunes que ils n’aient que deux jours. Et sachiez sur ce
-au commencement il<a name="FNanchor_1429_1429" id="FNanchor_1429_1429"></a><a href="#Footnote_1429_1429" class="fnanchor">[1429]</a> est bon qu’ils soient nourris plusieurs
-espreviers ensemble, ou esprevier et mouchez<a name="FNanchor_1430_1430" id="FNanchor_1430_1430"></a><a href="#Footnote_1430_1430" class="fnanchor">[1430]</a>, on esprevier et
-poucins, afin qu’ils s’entrejoingnent et gardent la chaleur naturelle
-l’un à l’autre; et ceste chaleur naturelle est leur<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-286" id="page_vol-2-286"></a>{v. 2, p.286}</span> souveraine
-nourreture, car se ils seuffrent tant soit petit de pluie ne de
-froidure, ils sont en adventure de mourir, et pour ce est-il bon d’en
-mettre pluseurs ensemble pour ce qu’ils se joindront et garderont la
-chaleur naturelle l’un de l’autre. Et si est bon qu’ils soient en un
-petit clotet<a name="FNanchor_1431_1431" id="FNanchor_1431_1431"></a><a href="#Footnote_1431_1431" class="fnanchor">[1431]</a>, par manière de ny, fait de foin délié bien batu, de
-plume, de coton, d’estoupes ou de telles molles choses, et mis en une
-cage à poucins, en une cuve ou en un cuvier ou en un autre vaissel de
-bois qui soit long et large tellement qu’ils puissent esmeutir<a name="FNanchor_1432_1432" id="FNanchor_1432_1432"></a><a href="#Footnote_1432_1432" class="fnanchor">[1432]</a>
-loing d’eulx; et se leur ny n’est bien molet, l’en peut mettre soubs
-eulx un drap linge<a name="FNanchor_1433_1433" id="FNanchor_1433_1433"></a><a href="#Footnote_1433_1433" class="fnanchor">[1433]</a> bien délié pour garder leurs ongles. Et
-espécialment soient gardés et maintenus en bonne chaleur naturelle,
-comme aucunes fois du feu de charbon entour eulx, et soient sur deux
-tresteaulx hault en leur cage, ou aucune fois au soleil: aucune fois,
-s’il fait froit de nuit, soient couvers d’une robe, et d’une rais<a name="FNanchor_1434_1434" id="FNanchor_1434_1434"></a><a href="#Footnote_1434_1434" class="fnanchor">[1434]</a>
-pour les chas, et qu’ils aient air largement. Et soit souvent regardé
-qu’ils n’aient ne trop froit ne trop chault; et mesmement<a name="FNanchor_1435_1435" id="FNanchor_1435_1435"></a><a href="#Footnote_1435_1435" class="fnanchor">[1435]</a> de
-nuit les convient-il ainsi garder, et de jour les convient-il paistre
-tant de fois le jour comme ils auront enduit<a name="FNanchor_1436_1436" id="FNanchor_1436_1436"></a><a href="#Footnote_1436_1436" class="fnanchor">[1436]</a>, et commencier dès
-le bien matin à souleil levant ou avant, car les espreviers qui sont
-bien peus en leur jeunesse ne crient point quant ils sont sur le poing,
-et les autres si font; et les convient paistre de bonne char chaulde,
-nouvel tuée, d’oiselets escorchiés dont la chair, sans aucune gresse,
-soit bien menue haschée, jusques à ce qu’ils aient le becq fort pour
-tirer cuers<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-287" id="page_vol-2-287"></a>{v. 2, p.287}</span> de volaille, des cuers de mouton dont vous recouvrerez
-aux bouchiers, et qui mieulx ne peut, de pigons: jàsoit-ce que ce
-soit trop grosse char et trop orgueilleuse, qui<a name="FNanchor_1437_1437" id="FNanchor_1437_1437"></a><a href="#Footnote_1437_1437" class="fnanchor">[1437]</a> peut recouvrer
-d’autre char; <i>item</i>, le filet<a name="FNanchor_1438_1438" id="FNanchor_1438_1438"></a><a href="#Footnote_1438_1438" class="fnanchor">[1438]</a> de porc qui est dedens la cuisse
-est meilleur que cuer de mouton: mais à l’esprevier qui vole, l’en ne
-doit pas donner deux gorgées<a name="FNanchor_1439_1439" id="FNanchor_1439_1439"></a><a href="#Footnote_1439_1439" class="fnanchor">[1439]</a> l’une après l’autre, pour ce qu’il
-est trop délié, trop laxatif et trop courant et coulant. Et de quoy que
-vous paissiez vostre esprevier, gardez que vous ne luy donniez deux
-gorgées l’une sur l’autre, c’est à dire que vous ne le paissiez mie la
-seconde fois jusques à ce qu’il ait enduit la première; et puis soit
-peu afin qu’il n’ait nulle fain, car autrement<a name="FNanchor_1440_1440" id="FNanchor_1440_1440"></a><a href="#Footnote_1440_1440" class="fnanchor">[1440]</a>, s’il n’est très
-bien nourry en sa jeunesse, il ne volera jà bien, ne ne sera fort en
-la saison d’espreveterie. Et aussi se vostre esprevier avoit aucune
-fain, les bons espreveteurs l’appercevroient à l’areste des plumes où
-il auroit raies de travers, et tant de roies qu’il y auroit et tant
-de fains jugeroit-l’en que l’esprevier auroit eues<a name="FNanchor_1441_1441" id="FNanchor_1441_1441"></a><a href="#Footnote_1441_1441" class="fnanchor">[1441]</a>; si vous en
-mocqueroit-l’en de non avoir bien gouverné vostre esprevier.</p>
-
-<p>Et <i>nota</i> que à trois choses congnoist-l’en en jeunesse l’esprevier
-du mouschet: <i>item</i>, que le mouschet a la teste et le becq sur<a name="FNanchor_1442_1442" id="FNanchor_1442_1442"></a><a href="#Footnote_1442_1442" class="fnanchor">[1442]</a>
-le rond, et l’esprevier sur le long: <i>item</i>, le mouchet a la
-jambette greslette et plus courte que l’esprevier: <i>item</i>, au cry le
-congnoissent aucuns.</p>
-
-<p><i>Item</i>, en leur très grant jeunesse, l’en les doit tenir<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-288" id="page_vol-2-288"></a>{v. 2, p.288}</span> très
-nettement et paistre souvent<a name="FNanchor_1443_1443" id="FNanchor_1443_1443"></a><a href="#Footnote_1443_1443" class="fnanchor">[1443]</a>, et très seichement de blancs
-drappellez souvent remués dessoubs leurs piés, et du foing, et changier
-souvent, et laver et sécher leurs drappellets. Et soient en un pennier,
-et soit ledit pennier couvert de beaulx drappeaulx; et soient tenus
-chaudement par feu ou par soleil, et de nuit soit mis l’esprevier<a name="FNanchor_1444_1444" id="FNanchor_1444_1444"></a><a href="#Footnote_1444_1444" class="fnanchor">[1444]</a>
-entre deux draps au lit, couchié avec une personne pour garder chaleur
-naturelle, et l’endemain au feu ou au soleil. Et ainsi, jusques à ce
-qu’il soit temps de les mettre en la ferme<a name="FNanchor_1445_1445" id="FNanchor_1445_1445"></a><a href="#Footnote_1445_1445" class="fnanchor">[1445]</a>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, se vous povez, faites que les costés du vaissel ou ferme où
-vostre esprevier sera, ne soit mie clos d’ais, mais de trailles<a name="FNanchor_1446_1446" id="FNanchor_1446_1446"></a><a href="#Footnote_1446_1446" class="fnanchor">[1446]</a>
-ou de filé, afin que l’esmeut de l’esprevier saille dehors, car quant
-l’esmeut demeure dedans le vaissel, il put.</p>
-
-<p><i>Item</i>, tant comme l’esprevier plus s’efforcera<a name="FNanchor_1447_1447" id="FNanchor_1447_1447"></a><a href="#Footnote_1447_1447" class="fnanchor">[1447]</a>, il se
-souldra<a name="FNanchor_1448_1448" id="FNanchor_1448_1448"></a><a href="#Footnote_1448_1448" class="fnanchor">[1448]</a> sur les jointes<a name="FNanchor_1449_1449" id="FNanchor_1449_1449"></a><a href="#Footnote_1449_1449" class="fnanchor">[1449]</a>; et lors, quant il s’estera<a name="FNanchor_1450_1450" id="FNanchor_1450_1450"></a><a href="#Footnote_1450_1450" class="fnanchor">[1450]</a>,
-le peut-l’en mettre en la ferme qui sera faite de cinq piés de long
-et de trois piés de lé<a name="FNanchor_1451_1451" id="FNanchor_1451_1451"></a><a href="#Footnote_1451_1451" class="fnanchor">[1451]</a> et de trois piés de hault. Et a<a name="FNanchor_1452_1452" id="FNanchor_1452_1452"></a><a href="#Footnote_1452_1452" class="fnanchor">[1452]</a>
-besoing d’une cuve ou d’un cuvier souvent nectoié ou changié, couvert
-d’une rais, ouquel cuvier ou cuve il ait du foing au fons et un viel
-drappel linge dessus pour luy garder ses ongles sains comme dessus,
-et illec s’enforcera et sera plus fort sur ses piés.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-289" id="page_vol-2-289"></a>{v. 2, p.289}</span> Et ainsi comme
-plus croistra, l’en ne le paistra pas si souvent, que quatre fois le
-jour; et après, quant il sera plus fort et qu’il volletera, l’en lui
-doit mettre en la ferme ou cuvier un petit bloc<a name="FNanchor_1453_1453" id="FNanchor_1453_1453"></a><a href="#Footnote_1453_1453" class="fnanchor">[1453]</a> de trois dois de
-hault, couvert pour ses ongles comme dit est. Et quant il commencera
-à soy perchier sur icelluy bloc, l’en luy fera autre travers dedans
-la ferme deux perchettes de demi pié de hault<a name="FNanchor_1454_1454" id="FNanchor_1454_1454"></a><a href="#Footnote_1454_1454" class="fnanchor">[1454]</a>, sur lesquelles
-perchettes il, de sa propre nature, volera de l’une à l’autre et
-passera par-dessoubs, et sa nature luy enseignera à duire ses eles et
-son vol; et lors ne sera peu<a name="FNanchor_1455_1455" id="FNanchor_1455_1455"></a><a href="#Footnote_1455_1455" class="fnanchor">[1455]</a> que trois fois le jour. Et est bon
-que lors et par avant sa ferme soit mise à terre une fois le jour, en
-une place où les chiens repairent entour luy, et qu’ils le voient et
-congnoissent, et luy eulx, et soit peu devant eulx, afin que quant il
-volera et aura prins et tendra sa proie aux champs et ils surviennent,
-qu’il ne s’esbaïsse mie pour eulx, ne que eulx ne le descongnoissent.
-Et dès lors en avant convendra soy prendre garde quant il aura deux
-mercqs<a name="FNanchor_1456_1456" id="FNanchor_1456_1456"></a><a href="#Footnote_1456_1456" class="fnanchor">[1456]</a><span class="pgnum"><a name="page_vol-2-290" id="page_vol-2-290"></a>{v. 2, p.290}</span> frans, car lors le conviendra-il mettre ès gets<a name="FNanchor_1457_1457" id="FNanchor_1457_1457"></a><a href="#Footnote_1457_1457" class="fnanchor">[1457]</a> et
-paistre sur le poing, et puis le perchier et tenir paisiblement sur
-son poing tant qu’il ait enduit et avalé sa gorgée. Et le doit-l’en à
-ce commencement tenir si court que au reget de son débat<a name="FNanchor_1458_1458" id="FNanchor_1458_1458"></a><a href="#Footnote_1458_1458" class="fnanchor">[1458]</a> il ne
-mefface à son balay<a name="FNanchor_1459_1459" id="FNanchor_1459_1459"></a><a href="#Footnote_1459_1459" class="fnanchor">[1459]</a>.</p>
-
-<p>Et depuis que vostre esprevier sera premier mis sur le poing, gardez
-que par vous ne par autre il n’ait aucun desplaisir; et sachiez, chière
-seur, que toutes choses qui vers luy survendroient<a name="FNanchor_1460_1460" id="FNanchor_1460_1460"></a><a href="#Footnote_1460_1460" class="fnanchor">[1460]</a> soudainement,
-hastivement ou tempestivement<a name="FNanchor_1461_1461" id="FNanchor_1461_1461"></a><a href="#Footnote_1461_1461" class="fnanchor">[1461]</a>, soit personne, beste, pierre,
-estueil<a name="FNanchor_1462_1462" id="FNanchor_1462_1462"></a><a href="#Footnote_1462_1462" class="fnanchor">[1462]</a>, baston, ou autre chose, lui font desplaisir et le
-tourmentent fort. <i>Item</i>, chière seur, sachiez que se vostre esprevier
-vous lie et estraint fort, sachiez que c’est signe qu’il a fain, et
-sinon<a name="FNanchor_1463_1463" id="FNanchor_1463_1463"></a><a href="#Footnote_1463_1463" class="fnanchor">[1463]</a>, car quant il a fain il estraint, et quant il<a name="FNanchor_1464_1464" id="FNanchor_1464_1464"></a><a href="#Footnote_1464_1464" class="fnanchor">[1464]</a> gorge,
-non. Et toutesvoies s’il vous lie ou estraint, ne vous courrouciez de
-riens ne lui aussi, mais le descharnez tout bellement, sans vous ne lui
-courroucier, quelque douleur qu’il vous face sentir, car se vous le
-courroucez une seule fois, jà puis ne vous aimera.</p>
-
-<p><i>Item</i>, il vous convient continuer à le tenir souvent sur le poing
-et entre gent tant et si longuement que vous pourrez. Et se tandis
-que vous disnerez, dormirez ou pour autre chose, laisserez vostre
-esprevier, si soit perchié à grant air, hors de la moiteur de la pluie
-et de l’ardeur du soleil, et qu’il ne voie nuls poucins,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-291" id="page_vol-2-291"></a>{v. 2, p.291}</span> pigons ne
-aultre volaille, ne ne soit en péril de chas, et que rien soudain ne
-puisse venir sur luy.</p>
-
-<p>Et sachiez, chière seur, que s’il est perchié tantost après ce qu’il
-sera peu, il se tendra bien paisible jusques à ce qu’il ait enduit,
-mais après ce, se il bat à la perche, c’est signe qu’il a fain ou
-qu’il veult estre sur le poing: et pour ce est bon qu’il ait tousjours
-gens devant luy, afin que s’il se batoit et se pendist<a name="FNanchor_1465_1465" id="FNanchor_1465_1465"></a><a href="#Footnote_1465_1465" class="fnanchor">[1465]</a>, qu’il
-fust tantost secourus et relevés. Sachiez aussi que quant il a esté
-longuement sur le poing et qu’il a tous ses sept mercqs (jàsoit-ce que
-j’aye bien veu tel qui en avoit huit), et aussi quant le troisième noir
-mercq<a name="FNanchor_1466_1466" id="FNanchor_1466_1466"></a><a href="#Footnote_1466_1466" class="fnanchor">[1466]</a> du balay passe le bout dès eles, il est adonc tenu pour
-fourmé, et doit-l’en penser de le baignier, qui le fait avancier pour
-oindre<a name="FNanchor_1467_1467" id="FNanchor_1467_1467"></a><a href="#Footnote_1467_1467" class="fnanchor">[1467]</a>, desrouillier et mettre à point ses plumes, et mieulx
-voler: et de la manière du baignier sera dit cy-après.</p>
-
-<p><i>Item</i>, et au bout des longes doit avoir un petit bâtonnet, afin que
-se l’esprevier s’entreprenoit, que au bout du bâtonnet, sans mettre la
-main, l’en luy mette ses plumes à point: ou l’en doit remuer et tourner
-son poing, afin qu’il se débate autre fois, car au rebat<a name="FNanchor_1468_1468" id="FNanchor_1468_1468"></a><a href="#Footnote_1468_1468" class="fnanchor">[1468]</a> les<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-292" id="page_vol-2-292"></a>{v. 2, p.292}</span>
-plumes reviennent à leur point. Et tousjours, tantost qu’il est peu,
-l’en le doit tenir si souef et en place si propre et si paisible qu’il
-n’ait cause de soy débatre sur sa gorge, car s’il se débatoit sur sa
-gorge qu’il auroit lors prinse, il seroit en adventure de la getter; et
-qui n’a loisir de le tenir en place paisible, l’en le doit perchier. Et
-sachiez en cest endroit que les bons espreveteurs dient un tel proverbe:</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Au lier et au deslier,<br /></span>
-<span class="i0">Te tien saisy de l’esprevier.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>Si povez maintenant adviser sur le poing et sur la perche se vostre
-esprevier peut rien valoir. Premièrement, les aucuns espreviers se
-perchent tout droit et sont moult esveilliés et regardent fièrement et
-espoventeusement<a name="FNanchor_1469_1469" id="FNanchor_1469_1469"></a><a href="#Footnote_1469_1469" class="fnanchor">[1469]</a> quant ils veillent, et quant ils dorment, si
-se tiennent-ils bien droit sur un pié et ont l’autre en leur plume,
-et ainsi dorment, et c’est signe de bon esprevier et sain. Les autres
-espreviers se couchent sur le ventre au travers de la perche, ainsi
-comme un chappon, et ainsi se reposent en dormant et en veillant: et
-n’est ne trop bon ne trop mauvais signe, car il leur vient de nature.
-Et les autres sont tousjours raemplis et endormis et ont un pié en leur
-plume, et c’est signe de fétardie<a name="FNanchor_1470_1470" id="FNanchor_1470_1470"></a><a href="#Footnote_1470_1470" class="fnanchor">[1470]</a> ou de maladie.</p>
-
-<p><i>Item</i>, quant est à congnoistre l’esprevier par son plumage, il
-est assavoir que les uns<a name="FNanchor_1471_1471" id="FNanchor_1471_1471"></a><a href="#Footnote_1471_1471" class="fnanchor">[1471]</a> espreviers sont de plumage blanc et
-délié.....[1472], à travers de péris.....<a name="FNanchor_1472_1472" id="FNanchor_1472_1472"></a><a href="#Footnote_1472_1472" class="fnanchor">[1472]</a>,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-293" id="page_vol-2-293"></a>{v. 2, p.293}</span> tendres ou roux
-assis en leur poictrine ainsi comme par ordre et à droite ligne, et
-sont bien merlés ou goutés<a name="FNanchor_1473_1473" id="FNanchor_1473_1473"></a><a href="#Footnote_1473_1473" class="fnanchor">[1473]</a> ou brueil<a name="FNanchor_1474_1474" id="FNanchor_1474_1474"></a><a href="#Footnote_1474_1474" class="fnanchor">[1474]</a>, c’est assavoir entre
-les cuisses et le balay, et ont bonnes<a name="FNanchor_1475_1475" id="FNanchor_1475_1475"></a><a href="#Footnote_1475_1475" class="fnanchor">[1475]</a> les plumes qui sont à
-l’endroit des costés sur les cuisses. Et iceulx espreviers dit-l’en que
-ils sont bons pour dames, car ils sont tost réclamés et rendent tost
-leur proie et viennent voulentiers au sifflet et aiment leur maistre,
-et sont paisibles et peu hardis. Les autres sont de plus gros, plus dur
-et plus aspre plumage, et ont plus grosses mailles, et sont les tuyaux
-de leurs plumes plus durs d’autant comme les plumes d’une vielle géline
-ou d’un viel coq sont plus aspres et plus dures que d’un jeune chappon,
-ou comme un laboureur des champs a plus dure coanne que le fils d’un
-roy: et sont cueuretés de cueres<a name="FNanchor_1476_1476" id="FNanchor_1476_1476"></a><a href="#Footnote_1476_1476" class="fnanchor">[1476]</a> entre-changablement<a name="FNanchor_1477_1477" id="FNanchor_1477_1477"></a><a href="#Footnote_1477_1477" class="fnanchor">[1477]</a> assis
-çà et là, sans ligne et sans ordre, et ont une petite teste et uns
-gros yeulx estincelans comme un serpent, et sont moult esveilliés; et
-ceulx sont aspres, roides et hardis, et sont plus fors à réclamer, plus
-glouts et plus despis à paistre, et plus félons en toutes choses; et
-mettent leur proie entre leurs eles, et la défendent aux ongles et au
-becq. Et mesmes, quant on les paist, ils estrainguent et saillent au
-visage et mordent:<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-294" id="page_vol-2-294"></a>{v. 2, p.294}</span> et convient avoir un gant en la main destre, dont
-les dois du gant soient couppés, pour doubte des esgratineures: et
-portent voulentiers au couvert<a name="FNanchor_1478_1478" id="FNanchor_1478_1478"></a><a href="#Footnote_1478_1478" class="fnanchor">[1478]</a>; mais se ils sont bien nourris et
-bien réclamés, un bon espreveteur s’en aide mieulx que des devant dis,
-car ils sont plus hardis, plus sages, et plus fors assez.</p>
-
-<p><i>Item</i>, les uns ont jambes et piés rouges, et dit-l’en que ceulx sont
-de aire de jeune mouchet: et les aultres qui ont jambes et piés jaunes,
-dit-l’en qu’ils sont de aire de vieilz mouchet. Les aucuns ont jambes
-rondes et les autres sur le plat, <i>scilicet</i> sur le demi ront; de
-ceulx ne sçay-je quel signe c’est: mais en somme, l’esprevier qui est
-de grant corsage, qui a teste de serpent, c’est assavoir menue teste
-sèche, qui est bien chappé<a name="FNanchor_1479_1479" id="FNanchor_1479_1479"></a><a href="#Footnote_1479_1479" class="fnanchor">[1479]</a>, gros yeulx saillans et esveilliés,
-gros par les espaules, plumage dur et roide, mailletté de grosses
-mailles aspres et dures: qui ait bons serceaulx, bons cousteaulx,
-bonnes longues plumes, bons venneaulx<a name="FNanchor_1480_1480" id="FNanchor_1480_1480"></a><a href="#Footnote_1480_1480" class="fnanchor">[1480]</a>, bonnes....<a name="FNanchor_1481_1481" id="FNanchor_1481_1481"></a><a href="#Footnote_1481_1481" class="fnanchor">[1481]</a>, sans
-balay a sain, grant ouverture endroit le bouel, courtes jambes
-grossettes, ses ongles entiers, c’est assavoir du pessouer<a name="FNanchor_1482_1482" id="FNanchor_1482_1482"></a><a href="#Footnote_1482_1482" class="fnanchor">[1482]</a> et du
-charnier et de la grant et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-295" id="page_vol-2-295"></a>{v. 2, p.295}</span> petite sangle, et que le remenant de son
-corps et de ses piés soit tenu entier: qui soit bien esveillié et se
-perche bel: tel esprevier est d’eslite.</p>
-
-<p>Toutesvoies quel qu’il soit, puis que vous le vouldrez nourrir pour
-vous, au commencement qui<a name="FNanchor_1483_1483" id="FNanchor_1483_1483"></a><a href="#Footnote_1483_1483" class="fnanchor">[1483]</a> sera mis sur le poing, si luy bailliez
-beaulx gects, surlonges que l’en dit petites longes, touret<a name="FNanchor_1484_1484" id="FNanchor_1484_1484"></a><a href="#Footnote_1484_1484" class="fnanchor">[1484]</a> et
-grans longes, et les acoustumez de petit à petit et de plus loing en
-plus loing à voler à vous, sur vostre poing, quérir sa proie pour soy
-paistre.</p>
-
-<p>Or est temps, chière seur, que je vous parle de congnoistre l’ésmeut
-de l’esprevier. Si sachiez, chière seur, que quant l’esprevier si a
-esmeuti, par l’esmeut l’en peut jugier s’il est sain ou non: car s’il
-esmeut loing, et l’esmeut est fin, blanc, liant et bien moulu, il est
-bon. Et s’il est pers<a name="FNanchor_1485_1485" id="FNanchor_1485_1485"></a><a href="#Footnote_1485_1485" class="fnanchor">[1485]</a>, vert, ou roulx comme lessive, ou cler
-comme eaue, ou qu’il ait un neu noir en l’es-meut, à ce voit-l’en que
-l’esprevier n’est pas sain, et lors le fault curer, et donner plume
-par la manière que dit sera cy-après quant l’en parlera du réclamer
-et affaitier pour voler, car jusques à ce que l’en le réclame sans
-commande<a name="FNanchor_1486_1486" id="FNanchor_1486_1486"></a><a href="#Footnote_1486_1486" class="fnanchor">[1486]</a>, n’est-il jà trop grant besoing de lui donner plume ne
-trop souvent curer, fors par une fois la sepmaine.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-296" id="page_vol-2-296"></a>{v. 2, p.296}</span></p>
-
-<p>Mais en cest endroit d’espreveterie, le convient plus que devant
-tenir sur le poing et le porter aux plais<a name="FNanchor_1487_1487" id="FNanchor_1487_1487"></a><a href="#Footnote_1487_1487" class="fnanchor">[1487]</a> et entre les gens
-aux églises<a name="FNanchor_1488_1488" id="FNanchor_1488_1488"></a><a href="#Footnote_1488_1488" class="fnanchor">[1488]</a> et ès autres assamblées, et emmy les rues, et le
-tenir jour et nuit le plus continuelment que l’en pourra, et aucune
-fois le perchier emmi les rues pour veoir gens, chevaulx, charettes,
-chiens, et toutes choses congnoistre; et soit en l’ombre, et qu’il
-n’y ait nuls pigons, poucins ne autre volaille qu’il voie comme dit
-est. Et aucunes fois à l’ostel soit perchié sur les chiens, et que
-les chiens le voient, et il eulx. Ce fait, le convient réclamer en
-un secret lieu, petit à petit et de plus loing en plus loing, tant
-qu’il reviengne du long de ses longes; puis le convient réclamer à
-la commande ou recréance: et puis en pluseurs<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-297" id="page_vol-2-297"></a>{v. 2, p.297}</span> lieux et en espécial
-aux champs et ès prés à recréance: et puis sans recréance, à pié à
-pluseurs fois, présens les chiens; et puis à cheval le convient-il
-réclamer, et de dessus les arbres, tant qu’il congnoisse le cheval.
-Et adonc est neccessité que vous prenez bien garde, comme dit est
-dessus, à son esmeut qu’il soit net: et comme dit est dessus, le noir
-donne enseignement qu’il est ort par dedans. Et s’ainsi est qu’il y
-ait trop de noir, si lui donnez au vespre char de poucin ou cuer de
-mouton trempés et bien lavés en eaue un petit chaudette et espraint;
-et se vous n’avez eaue tiède, fors froide, si y trempez vostre char,
-puis l’espraingnez fort et eschauffez par force d’espraindre entre
-deux esseules<a name="FNanchor_1489_1489" id="FNanchor_1489_1489"></a><a href="#Footnote_1489_1489" class="fnanchor">[1489]</a>, puis en paissiez vostre esprevier comme dessus,
-car char lavée l’amaigrist. Et à ce donner ne doit-on point son oisel
-appeller ne réclamer, mais prendre sur la perche sans siffler ou
-réclamer, et paistre sans dire mot, car la char ne luy est mie bien
-savoureuse, et pour ce, qui à ce donner le réclameroit, quant l’en le
-réclameroit après et depuis, il cuideroit que ce fust autele viande
-comme devant: si seroit plus lent et tardif à y venir.</p>
-
-<p><i>Item</i>, avec ce que dit est, quant il sera gorgié souffisamment, l’en
-luy doit donner, en lieu de plume, aussi gros de coton comme une fève
-enveloppé en char, à deux fois: ou faire tirer les plumes de l’aleron
-d’une perdris, et s’il en avale, c’est bonne plume<a name="FNanchor_1490_1490" id="FNanchor_1490_1490"></a><a href="#Footnote_1490_1490" class="fnanchor">[1490]</a>; et aussi
-coton moullié en eaue: et dit-l’en que petite plume est la meilleur; et
-ne luy doit-l’en donner viande par-dessus<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-298" id="page_vol-2-298"></a>{v. 2, p.298}</span> sa plume, car ce que l’en
-donroit par dessus ne pourroit passer les mailles de l’estomac<a name="FNanchor_1491_1491" id="FNanchor_1491_1491"></a><a href="#Footnote_1491_1491" class="fnanchor">[1491]</a>
-pour la plume qui seroit au devant. Et sachiez que quant l’esprevier
-vole et se paist de son vol, il ne luy convient point donner d’autre
-plume, car il en prent assez des oiseaulx dont il se paist; et la plume
-de l’aleron de l’ele est bonne plume. Et doit-l’en<a name="FNanchor_1492_1492" id="FNanchor_1492_1492"></a><a href="#Footnote_1492_1492" class="fnanchor">[1492]</a> le soir que
-l’en luy a donné plume, nettoier la place dessoubs l’esprevier pour
-trouver l’endemain sa plume. Et l’endemain, quant vous serez levée,
-regardez à son esmeut s’il est plus net que devant; et se l’esprevier a
-esmeuti loing, c’est signe qu’il est fort: s’il a esmeuti près, c’est
-au contraire; se son esmeut est fin blanc, pâteux et bien molu, c’est
-signe qu’il est sain: se l’esmeut est vert, ou qu’il y ait trop de
-noir, c’est signe qu’il n’est pas sain. Et aussi gardez s’il a gecté
-sa plume orde ou necte. Et se vous avez apparceu par deux ou par trois
-fois que l’esprevier soit lent de gecter sa plume, si lui donnez avec
-le coton un ou deux grains de fourment, car ce l’avancera de la gecter;
-et quant icelle sera par luy gectée au matin, si le paissiez de bonne
-viande et chaude, et au soir luy redonnez plume comme devant: et ainsi
-de soir en soir jusques à ce qu’il soit net.</p>
-
-<p>Et soiez adverti que depuis ce, comme dit est dessus, que vostre
-esprevier commencera à voler, <i>item</i> ainsi le convient deux fois la
-sepmaine nettoyer, et aussi baignier deux fois la sepmaine, à certain
-jour, entre tierce et midi, en un jardin ou préel<a name="FNanchor_1493_1493" id="FNanchor_1493_1493"></a><a href="#Footnote_1493_1493" class="fnanchor">[1493]</a>, au soleil,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-299" id="page_vol-2-299"></a>{v. 2, p.299}</span>
-et en si large bacin que ses eles ne se batent aux bors, et le tenir à
-la commande ou recréance, afin que sans congié il ne s’en voit<a name="FNanchor_1494_1494" id="FNanchor_1494_1494"></a><a href="#Footnote_1494_1494" class="fnanchor">[1494]</a>
-essorer<a name="FNanchor_1495_1495" id="FNanchor_1495_1495"></a><a href="#Footnote_1495_1495" class="fnanchor">[1495]</a>; et au commencement doit-l’en rebondir et ressatir<a name="FNanchor_1496_1496" id="FNanchor_1496_1496"></a><a href="#Footnote_1496_1496" class="fnanchor">[1496]</a>
-l’eaue sur la teste et le col, à une vergette<a name="FNanchor_1497_1497" id="FNanchor_1497_1497"></a><a href="#Footnote_1497_1497" class="fnanchor">[1497]</a>, pour le moullier:
-et puis qu’il sera baignié, le convient-il essuyer au soleil de midi.
-Toutesvoies, aucuns lui donnent plume chascun soir, et baignent
-chascun jour quant il a enduit, et en soy baignant ou quant il est
-baignié le réclament: et pendant le temps que vous baignerez vostre
-esprevier, se le soleil se convertissoit en pluie, ou se en cheminant
-il plouvoit sur vostre oisel, il le convient essuyer à très bon feu sur
-un trestel<a name="FNanchor_1498_1498" id="FNanchor_1498_1498"></a><a href="#Footnote_1498_1498" class="fnanchor">[1498]</a> ou au soleil. Mais gardez-vous bien que jamais vous ne
-le mettez sur perche moulliée, car si tost qu’il a le pié moullié, il
-devient enrumé et malade: si gardez tousjours qu’il ait le pié sec et
-chault. Et après ce qu’il sera ainsi séchié, il voulera de très bonne
-ele.</p>
-
-<p>En cest endroit d’espreveterie, devez-vous congnoistre savoir-mon<a name="FNanchor_1499_1499" id="FNanchor_1499_1499"></a><a href="#Footnote_1499_1499" class="fnanchor">[1499]</a>
-s’il est trop maigre ou trop gras: car s’il est trop maigre, il est
-foible, et s’il est trop gras, il est lent et pesant; et sachiez
-que quant il se tient acrempeli<a name="FNanchor_1500_1500" id="FNanchor_1500_1500"></a><a href="#Footnote_1500_1500" class="fnanchor">[1500]</a> ou bossu, et a les yeulx plus
-vers et jaunes entour, et démonstre chière pesant, et ne se tient
-droit, esveillé, sur le poing et à la perche, il est malade: et c’est
-parcequ’il est maigre; et le convient paistre un jour ou deux d’un
-nomblet de porc pour revenir. Et s’il se tient droit et esveillié, et
-les yeulx luy saillent, il est sain; mais qu’il ne soit trop gras. Et
-se<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-300" id="page_vol-2-300"></a>{v. 2, p.300}</span> vous apparcevez qu’il le soit trop, pour mettre à raison il le
-convient paistre de char lavée ou de beuf.</p>
-
-<p>Et quant il est réclamé à pié à la commande et qu’il congnoist les
-chiens et il n’est trop maigre ne trop gras, et curé et net, il le
-convient enoiseler et luy baillier à vouler des petis poucins aux
-champs, premièrement à pié, et puis à cheval. Et quant il les aura
-volés, liés et abatus, si descendez et alez à luy tout bellement, et de
-loing vous agenoilliez, puis doulcement aussi comme à quatre piés<a name="FNanchor_1501_1501" id="FNanchor_1501_1501"></a><a href="#Footnote_1501_1501" class="fnanchor">[1501]</a>
-petit à petit, et mettez vostre main vers les piés de vostre esprevier
-et prenez sa proie en souslevant les piés de l’esprevier, et faites
-paistre sur sa proie. Et se vous le voulez afaictier pour la pie,
-si le faites voler aux champs à poucins ou pigons vérés<a name="FNanchor_1502_1502" id="FNanchor_1502_1502"></a><a href="#Footnote_1502_1502" class="fnanchor">[1502]</a> blans
-et tavellés<a name="FNanchor_1503_1503" id="FNanchor_1503_1503"></a><a href="#Footnote_1503_1503" class="fnanchor">[1503]</a> de noir comme la pie est; et aucunes fois, quant
-l’en en peut finer, il convient avoir des jeunes pias<a name="FNanchor_1504_1504" id="FNanchor_1504_1504"></a><a href="#Footnote_1504_1504" class="fnanchor">[1504]</a>, et les y
-faire voler aux champs, et estre garny d’unes petites turquoises<a name="FNanchor_1505_1505" id="FNanchor_1505_1505"></a><a href="#Footnote_1505_1505" class="fnanchor">[1505]</a>
-propres à ce, afin que si tost que l’esprevier aura lié le piat, l’en
-luy rompe les jambes et le becq afin que l’esprevier en soit tousjours
-audessus et ait l’avantaige du piat sans estre blécié. Et se l’en ne
-peut finer de piat, mais seulement de forte pie, il convient que l’en
-luy couppe ou rompe le becq et les ongles et deux ou trois des maistres
-plumes de chascune ele; et l’esprevier ainsi duit volera aux pies en la
-saison, et toutesvoies sa nature l’enseigne plus que estrange doctrine.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’en dit que la personne, les chiens et le cheval qu’il a
-acointié et acoustumé à veoir ne lui doivent point estre changiés,
-c’est assavoir que se un esprevier<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-301" id="page_vol-2-301"></a>{v. 2, p.301}</span> avoit esté gouverné par un
-homme<a name="FNanchor_1506_1506" id="FNanchor_1506_1506"></a><a href="#Footnote_1506_1506" class="fnanchor">[1506]</a> blanc chevauchant un cheval noir, et l’en le bailloit ès
-mains d’un moine noir chevauchant un cheval blanc, ou d’un escuier,
-chevalier ou bourgois, ou d’une femme, ou d’autre personne vestue
-d’autre habit, ou en autres mains que ès mains de cellui qu’il
-auroit apris, l’esprevier qui auroit mescongnoissance d’icelluy
-nouvel maistre, ne seroit si réclamé à luy comme à son maistre qu’il
-congnoissoit et qui l’avoit nourry. Et pour ce, cellui ne le devroit
-laissier tenir ne paistre à autre fors à luy.</p>
-
-<p>Chière seur, avant que vous commenciez à voler à droit essient<a name="FNanchor_1507_1507" id="FNanchor_1507_1507"></a><a href="#Footnote_1507_1507" class="fnanchor">[1507]</a>,
-il vous convient et est neccessité d’avoir cerchié et enquis aux
-compaignons du païs où sont les volées des perdris; et sachiez que
-en païs estrange et ou repaire<a name="FNanchor_1508_1508" id="FNanchor_1508_1508"></a><a href="#Footnote_1508_1508" class="fnanchor">[1508]</a>, la souveraine queste que bon
-espreveteur puisse faire, si est d’enquérir aux bergiers et vachiers et
-autres gens d’aval les champs, s’ils ont veues aucunes perdrix et où
-est leur commun repaire, et puis aler celle part. Mais sur toute rien
-gardez-vous que chiens de bergiers ne autres chiens estranges que vous
-ne congnoissez et qui ne congnoissent vos oiseaulx, et espécialment
-mastins, ne vous suivent, car vostre esprevier ne voleroit pas si
-voulentiers ne si hardiement, et s’il avoit abatu ou lié un oisel, si
-seroit en aventure d’estre par eulx tué; et moult de fois en est ainsi
-advenu.</p>
-
-<p><i>Item</i>, chière seur, en cest endroit d’espreveterie, aux jours que vous
-ne vouldrez voler, vous convient acoustumer à paistre vostre esprevier
-dès le bien matin, afin que à celle heure quant vous volerez, il ait
-tousjours fain; si volera mieulx, car les bons espreveteurs<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-302" id="page_vol-2-302"></a>{v. 2, p.302}</span> se lièvent
-dès l’aube du jour, et dès lors vont voler, mais toutesvoies que leur
-esprevier ait gecté sa plume, et aussi qu’il ne pleuve ne face grant
-vent, car se vous volez par grant vent, le vent emportera vostre
-esprevier qu’il n’en pourra mais, et se moquera-l’en de vous.</p>
-
-<p><i>Item</i>, ne volez pas près de bois, ne de haie, ne de vigne, ou de
-fossés ou autre empeschement d’eaues.</p>
-
-<p><i>Item</i>, ne volez pas aux petits oiseaulx, car ils sont trop roides et
-scevent les tours des buissons où ils ont acoustumé à repairier, et
-pour ce l’esprevier fault; si se travaille fort pour ce que iceulx
-menus oiseaulx sont fors, et si n’emportent mie si grant honneur pour
-l’espreveteur ne pour l’esprevier comme perdris qui volent foiblement
-et sont plus tost prinses; et aussi quant les menus oiseaulx se boutent
-ès buissons, l’esprevier qui vole après se lasse et descourage; pour
-sa hardiesse et faire son devoir se ront souvent sa queue et ses eles
-telement que en la fin il en demeure tout diffamé, et n’en peut mais.
-Toutesvoies, se vostre esprevier y vole, et vous véez que pour ce faire
-vostre esprevier ait la teste d’aucunes de ses plumes quassées, si la
-moulliez tantost de vostre salive endroit la quasseure, et quant vous
-viendrez à l’ostel, d’eaue non mie chaude, mais moins que tiède, et
-elle se raffermera: sinon<a name="FNanchor_1509_1509" id="FNanchor_1509_1509"></a><a href="#Footnote_1509_1509" class="fnanchor">[1509]</a> elle se rompra. Et s’il a son balay
-rompu, il n’en vauldra pas pis pour voler aux cailles, à perdris et à
-gros oiseaulx qui volent droit à terre<a name="FNanchor_1510_1510" id="FNanchor_1510_1510"></a><a href="#Footnote_1510_1510" class="fnanchor">[1510]</a>, mais il en est plus lait,
-et si ne suit mie si bien<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-303" id="page_vol-2-303"></a>{v. 2, p.303}</span> petis oiseaulx qui se plient, comme l’aloé
-qui gauchist<a name="FNanchor_1511_1511" id="FNanchor_1511_1511"></a><a href="#Footnote_1511_1511" class="fnanchor">[1511]</a> comme à esquierre, et si ne peut monter après l’aloé.</p>
-
-<p><i>Item</i>, s’il advenoit que vostre esprevier ait l’une des parties de
-sa queue rompue, l’en doit rongner aux forces<a name="FNanchor_1512_1512" id="FNanchor_1512_1512"></a><a href="#Footnote_1512_1512" class="fnanchor">[1512]</a> l’autre partie,
-afin qu’il vole justement. Et jàsoit-ce que l’esprevier qui a la queue
-rompue en soit plus lait, toutesvoies il n’en vault de riens pis pour
-voler au gros, mais pour voler aux menus, si fait.</p>
-
-<p>L’aloé de gibier, c’est l’aloé de cest an qui a courte queue, sans
-blancheur, toute rousse de rousseur cendrée, et ne chante point au
-sourdre<a name="FNanchor_1513_1513" id="FNanchor_1513_1513"></a><a href="#Footnote_1513_1513" class="fnanchor">[1513]</a>, et vole droit et se rassiet près. Et la vieille aloé à
-longue queue, dont aucunes des pennes sont fines blanches<a name="FNanchor_1514_1514" id="FNanchor_1514_1514"></a><a href="#Footnote_1514_1514" class="fnanchor">[1514]</a> et au
-sourdre pipe et dit: <i>Andrieu</i>, et vole par ondées et plie son vol par
-esquierres, puis à destre, puis à senestre, et se assiet loing, celle
-n’est pas de gibier, ne n’y doit-l’en point voler ès mois d’Aoust et de
-Septembre: mais en Septembre, quant elle mue, la queue luy chiet, et
-est de gibier pour ce qu’elle est foible.</p>
-
-<p><i>Item</i>, il est dit dessus et il est vray que tout bon espreveteur doit
-garder qu’il ne vole à menus oyseaulx roides, comme à l’aloé vieille,
-moissons<a name="FNanchor_1515_1515" id="FNanchor_1515_1515"></a><a href="#Footnote_1515_1515" class="fnanchor">[1515]</a> vielz et autres qui sont près des buissons, pour ce
-que incontinent qu’ils voient l’esprevier, ils s’y boutent, et fault
-l’esprevier à les lier, et ront sa queue et despièce ses eles ou
-buisson, et par ce se lasse et descourage de voler; mais le pis est que
-aucunes fois l’esprevier qui est ainsi lassé ne revient point à son
-maistre, mais s’envole et se repose sur un grant arbre. Et est certain
-que les espreviers<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-304" id="page_vol-2-304"></a>{v. 2, p.304}</span> ainsi lassés sont plus tardis et plus lens à
-revenir de dessus un grant arbre, maison ou autre hault lieu que dessus
-un bas, se grant fain ne les y muet; et à ce besoing convient avoir ou
-poucins ou autre oisel vif pour voleter devant eulx, en les réclamant
-sans monstrer le visaige.</p>
-
-<p>Ces choses veues et faites, vous povez aler voler; et le premier jour
-que vous volerez, soiez garni de poucin ou autre oysel vif pour y
-faire voler vostre esprevier se vous ne trouvez autre oisel, et au
-premier oisel que vostre esprevier prendra aux champs, si tost qu’il
-l’aura abatu et le tendra entre ses piés, il convient descendre et
-aler à luy à long trait, et se garde-l’en de toute hastiveté, et que
-l’espreveteur s’agenoille bellement et loing, et bellement estende ses
-bras, et doulcement preigne et liève sa proie et l’oisel dessus, puis
-rompe la teste à l’oisel et du cervel paisse son esprevier<a name="FNanchor_1516_1516" id="FNanchor_1516_1516"></a><a href="#Footnote_1516_1516" class="fnanchor">[1516]</a>. Et se
-l’esprevier vous lie des ongles, si vous descharnez ongle après l’autre
-tout bellement, sans tirer ne le courroucier.</p>
-
-<p><i>Item</i>, quant vostre esprevier est gorgé, vous le povez tenir sur la
-main nue et sans gant, car lors il ne vous estraindra point; mais avant
-qu’il soit peu, s’il a fain, si ne vous y fiez point, car lors il
-estraint fort et tant que sang en fait saillir. Et à ce jugent aucuns
-se l’esprevier est fort ou non, car quant ils sentent parmi le gant
-que l’esprevier estraint fort, ils jugent qu’il est fort: sinon, non.
-<i>Item</i>, tenez-le adonc en place si paisiblement qu’il n’ait cause de
-soy débatre sur sa gorgée, car il seroit en aventure de la gecter, ou<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-305" id="page_vol-2-305"></a>{v. 2, p.305}</span>
-se vous n’avez loisir de le tenir sur le poing en place convenable et
-paisible, si le perchiez en lieu paisible où il voie gens, chiens et
-chevaulx etc., et ne voie point pigons ne autre poulaille<a name="FNanchor_1517_1517" id="FNanchor_1517_1517"></a><a href="#Footnote_1517_1517" class="fnanchor">[1517]</a>.</p>
-
-<p>Et la deuxième fois que vous volerez, laissez vostre esprevier<a name="FNanchor_1518_1518" id="FNanchor_1518_1518"></a><a href="#Footnote_1518_1518" class="fnanchor">[1518]</a>
-deux vols ou trois le jour et non plus, et le paissiez comme dessus: et
-la troisième fois, deux ou trois vols et non plus; et puis aux autres
-jours vole tant comme il pourra, à tant d’oiseaulx comme vous trouverez.</p>
-
-<p><i>Item</i>, et se vous apparcevez qu’il porte au couvert, si
-l’embraellez<a name="FNanchor_1519_1519" id="FNanchor_1519_1519"></a><a href="#Footnote_1519_1519" class="fnanchor">[1519]</a> et laissiez prendre<a name="FNanchor_1520_1520" id="FNanchor_1520_1520"></a><a href="#Footnote_1520_1520" class="fnanchor">[1520]</a> deux ou trois fois, et
-ne le gectez plus sur arbre quant vous le vouldrez paistre, et il se
-chastiera d’illec en avant.</p>
-
-<p><i>Item</i>, commenciez à aler voler chascun jour au matin dès le bien
-matin et volez jusques à tierce<a name="FNanchor_1521_1521" id="FNanchor_1521_1521"></a><a href="#Footnote_1521_1521" class="fnanchor">[1521]</a>, et lors mettez vostre esprevier
-en un pré ou champ, et s’il ne porte au couvert, sur un pré<a name="FNanchor_1522_1522" id="FNanchor_1522_1522"></a><a href="#Footnote_1522_1522" class="fnanchor">[1522]</a>
-ou arbre, et le réclamez d’illec et paissiez, et puis le perchiez
-et<a name="FNanchor_1523_1523" id="FNanchor_1523_1523"></a><a href="#Footnote_1523_1523" class="fnanchor">[1523]</a> reposez et laissiez passer le chault, et après volez au
-serain<a name="FNanchor_1524_1524" id="FNanchor_1524_1524"></a><a href="#Footnote_1524_1524" class="fnanchor">[1524]</a>. Car qui ou mois de Juillet et dès lors, voleroit, jusques
-à la my-Aoust, par trop chault, l’esprevier si s’efforceroit hault et
-loing, et à la première rivière ou eaue qu’il verroit d’en hault, s’en
-yroit baignier, puis se ressuieroit sur un arbre, et là se pouroindroit
-telement et si à grant loisir qu’il n’auroit plume sur lui qu’il ne
-remuast au becq l’une après l’autre, tout à loisir, et sans trop
-grant<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-306" id="page_vol-2-306"></a>{v. 2, p.306}</span> diligence ne pourroit estre trouvé; et s’il estoit retrouvé, si
-ne pourroit-il estre reprins sans trop grant attendue. Mais après la
-my-Aoust il ne s’efforcera<a name="FNanchor_1525_1525" id="FNanchor_1525_1525"></a><a href="#Footnote_1525_1525" class="fnanchor">[1525]</a> mie si voulentiers; et toutesvoies,
-ainsi comme il est dit dessus, soiez tousjours garni de vif poucin
-rousset, semblant à perdris, afin que se vous ne trouvez autres foibles
-oiseaulx, que vous volez aux champs de ce poucin que vous aurez porté,
-et luy donnez de la cervelle et du surplus ses drois, et l’en paissiez;
-puis ostez la gorge et les boyaulx du poucin, si s’en gardera mieulx,
-et l’en pourrez paistre à l’une fois des eles, l’autre fois des
-cuisses, puis au derrenier du charquois<a name="FNanchor_1526_1526" id="FNanchor_1526_1526"></a><a href="#Footnote_1526_1526" class="fnanchor">[1526]</a>. Et se vous n’avez trouvé
-poucin, si soiez pourveu de pigon, jàsoit-ce que ce soit chaude viande
-et trop aigre à l’esprevier qui vole, car la saveur luy en demeure
-longuement et le soustient sans fain plus que autre viande; et<a name="FNanchor_1527_1527" id="FNanchor_1527_1527"></a><a href="#Footnote_1527_1527" class="fnanchor">[1527]</a> en
-reffuse le poing, et<a name="FNanchor_1528_1528" id="FNanchor_1528_1528"></a><a href="#Footnote_1528_1528" class="fnanchor">[1528]</a> tient l’esprevier orguilleux.</p>
-
-<p><i>Item</i>, vous prenez bien garde que dès ce que vous commencerez à
-voler, dès lors vous ne courrouciez vostre esprevier, et que rien
-ne l’approuche soudainement, effondréement ne tempesteusement, soit
-personne, chien, cheval ou autre chose, et mesmement par derrière, car
-de ce qui luy survient par derrière est-il plus tourmenté et s’effroie
-plus.</p>
-
-<p><i>Item</i>, quant vous serez en queste, si aiez tousjours l’œil à vostre
-esprevier et à vos espaignols, et quant<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-307" id="page_vol-2-307"></a>{v. 2, p.307}</span> vous verrez qu’ils mouveront
-la queue à desvuidier<a name="FNanchor_1529_1529" id="FNanchor_1529_1529"></a><a href="#Footnote_1529_1529" class="fnanchor">[1529]</a> une place, si férez tantost de l’esperon
-droit à eulx, afin que quant la perdris sourdra, vostre esprevier soit
-prouchain. Et se plusieurs perdris saillent, dont vostre esprevier
-suive, lie et abate l’une, entendez tousjours à vostre oisel, et
-criez à vos compaignons qu’ils remerquent les autres, et quant vostre
-esprevier aura eu son droit du cervel, si vous remettez en queste au
-remerc<a name="FNanchor_1530_1530" id="FNanchor_1530_1530"></a><a href="#Footnote_1530_1530" class="fnanchor">[1530]</a>, afin que vous aiez tous les autres oiseaulx l’un après
-l’autre.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’en doit quérir les perdris ès grans chaumes et yèbles et
-bruières, et environ les gerbes qui sont demourées aux champs, car là
-se paissent les perdris et les perdriaux du grain d’icelles gerbes,
-et sont voulentiers ès lieux couvers et non mie ès jachières<a name="FNanchor_1531_1531" id="FNanchor_1531_1531"></a><a href="#Footnote_1531_1531" class="fnanchor">[1531]</a> ne
-autres lieux descouvers, tant pour doubte de chault comme pour doubte
-que le faulx-perdriel<a name="FNanchor_1532_1532" id="FNanchor_1532_1532"></a><a href="#Footnote_1532_1532" class="fnanchor">[1532]</a> et les oiseaulx de proie ne les voient. Et
-quant le chault est levé, icelles perdris et aussi les cailles sont ès
-grans genestes, ès vignes et ès vesses, ès poisières<a name="FNanchor_1533_1533" id="FNanchor_1533_1533"></a><a href="#Footnote_1533_1533" class="fnanchor">[1533]</a> et ès blés
-qui sont sur le pié et qui donnent grant ombre, pour estre freschement.</p>
-
-<p><i>Item</i>, en ce temps l’en ne pourroit pas faire queste<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-308" id="page_vol-2-308"></a>{v. 2, p.308}</span> ès vignes pour
-ce que l’en y feroit trop de dommage à ceulx à qui les vignes sont,
-et aussi les perdris y auroient trop d’avantage et l’esprevier trop
-d’encombrier pour les fueilles et eschallas, mais les bons espreveteurs
-qui<a name="FNanchor_1534-a_1534-a" id="FNanchor_1534-a_1534-a"></a><a href="#Footnote_1534_1534"
-class="fnanchor">[1534]</a> les remerquent et<a name="FNanchor_1534_1534" id="FNanchor_1534_1534"></a><a href="#Footnote_1534_1534" class="fnanchor">[1534]</a> puis se mettent en queste ou remercq par
-les champs ou buissons, et au voulon<a name="FNanchor_1535_1535" id="FNanchor_1535_1535"></a><a href="#Footnote_1535_1535" class="fnanchor">[1535]</a> l’esprevier les prent.</p>
-
-<p>Se l’esprevier porte au couvert, et son maistre le réclame et siffle,
-il ne luy doit pas monstrer son visage<a name="FNanchor_1536_1536" id="FNanchor_1536_1536"></a><a href="#Footnote_1536_1536" class="fnanchor">[1536]</a>.</p>
-
-<p><i>Item</i>, sachiez que depuis que l’esprevier aura commencié à voler, il
-ne doit vivre de nulle char de boucherie ne d’autres, fors que de sa
-proie, car de jour en jour, continuelment, sans cesser, il doit voler
-sans repos, car qui un jour le repose, il le recule pour trois jours.</p>
-
-<p><i>Item</i>, sachiez que le<a name="FNanchor_1537_1537" id="FNanchor_1537_1537"></a><a href="#Footnote_1537_1537" class="fnanchor">[1537]</a> déduit de perdriaulx dure jusques à la
-mi-Aoust, et adonc commence le déduit des cailles pour ce que alors
-deviennent fortes, et voulentiers se tiennent près des bois et des
-haies. En Aoust l’en treuve bien des perdris qui en cest an furent
-couvées au plus tart, et se adouèrent<a name="FNanchor_1538_1538" id="FNanchor_1538_1538"></a><a href="#Footnote_1538_1538" class="fnanchor">[1538]</a> plus tart que les autres
-et n’estoient pas assez aagées quant la saison de chauchier<a name="FNanchor_1539_1539" id="FNanchor_1539_1539"></a><a href="#Footnote_1539_1539" class="fnanchor">[1539]</a> fut,
-et ne sont pas toutes réparées<a name="FNanchor_1540_1540" id="FNanchor_1540_1540"></a><a href="#Footnote_1540_1540" class="fnanchor">[1540]</a> ou mois d’Aoust et ont encores
-leurs plumes à saing<a name="FNanchor_1541_1541" id="FNanchor_1541_1541"></a><a href="#Footnote_1541_1541" class="fnanchor">[1541]</a>, et ou tuyau<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-309" id="page_vol-2-309"></a>{v. 2, p.309}</span> a un neu, et ne sont pas
-si fortes comme les pères et les mères qui ont esté muées<a name="FNanchor_1542_1542" id="FNanchor_1542_1542"></a><a href="#Footnote_1542_1542" class="fnanchor">[1542]</a>, et
-pour ce sont plus légières à prendre à l’esprevier que ne sont les
-pères et les mères, se ce n’est toutesvoies quant freschement et
-tantost après que iceulx pères et mères ont couvé et qu’ils nourissent
-et tiennent encores soubs eulx leurs perdriaulx, car lors sont-ils
-dévestus de leurs plumes et sont maigres et foibles et pevent bien
-estre arrestés par l’esprevier; mais quant ils sont revestus de leurs
-plumes et renforcées, il n’y fait nul voler fors au voulon, comme dit
-est, ou<a name="FNanchor_1543_1543" id="FNanchor_1543_1543"></a><a href="#Footnote_1543_1543" class="fnanchor">[1543]</a> après leur premier vol par remercq, car au second vol
-sont-elles plus lassées qu’ils ne furent au premier. Et est grant péril
-de mettre son esprevier en essay de les prendre en plains champs du
-premier vol, car se l’esprevier se lasse à tirer après, ou se il lie la
-perdris et elle est si forte qu’elle l’emporte, ou qu’il soit autrement
-foulé soit par cest oisel ou par autre, jà puis n’y volera voulentiers.</p>
-
-<p>En la saison d’Aoust, l’en peult voler aux faisandeaulx<a name="FNanchor_1544_1544" id="FNanchor_1544_1544"></a><a href="#Footnote_1544_1544" class="fnanchor">[1544]</a> aux
-oustardes, aux laperiaulx, aux levrats,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-310" id="page_vol-2-310"></a>{v. 2, p.310}</span> aux raales des champs<a name="FNanchor_1545_1545" id="FNanchor_1545_1545"></a><a href="#Footnote_1545_1545" class="fnanchor">[1545]</a>
-qui sont roux, et aux cailles, ou au moins en la my-Aoust; et en
-Septembre doit-l’en voler tout au long du jour sans retourner à l’ostel
-puis qu’il ne face ne trop grant chault ne trop grant pluie ne trop
-grant vent; et doit-l’en savoir que ou mois de Septembre il ne se
-essore<a name="FNanchor_1546_1546" id="FNanchor_1546_1546"></a><a href="#Footnote_1546_1546" class="fnanchor">[1546]</a> mie si voulentiers comme en Aoust.</p>
-
-<p><i>Item</i>, pour ce que les nuis sont en Septembre plus longues, il
-convient donner au soir, en la fin de Septembre, plus grosse gorgée,
-et petite au matin; mais tousjours<a name="FNanchor_1547_1547" id="FNanchor_1547_1547"></a><a href="#Footnote_1547_1547" class="fnanchor">[1547]</a> aiez lors en mémoire que
-c’est mauvaise<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-311" id="page_vol-2-311"></a>{v. 2, p.311}</span> paisson que de caille et de pigon, car c’est char de
-dure digestion et demeure longuement en l’estomac. L’esprevier s’en
-enorguillist et reffuse le poing comme dit est dessus.</p>
-
-<p><i>Item</i>, en la fin dudit mois de Septembre et après, quant le voler des
-cailles et perdris est failli, et mesmes en l’iver, l’en peut voler
-comme dit est aux pies, aux choés, aux cercelles qui sont en rivière ou
-autres qui sont tavelées et ont longues jambes et sont aux champs et
-courent à pié parmi le gravier d’eaue<a name="FNanchor_1548_1548" id="FNanchor_1548_1548"></a><a href="#Footnote_1548_1548" class="fnanchor">[1548]</a>, aux merles, aux mauvis,
-aux gois<a name="FNanchor_1549_1549" id="FNanchor_1549_1549"></a><a href="#Footnote_1549_1549" class="fnanchor">[1549]</a>, aux videcocqs et aux merles. Et à ce peut-l’en aler
-à pié et avoir l’arc et le boujon<a name="FNanchor_1550_1550" id="FNanchor_1550_1550"></a><a href="#Footnote_1550_1550" class="fnanchor">[1550]</a>, que<a name="FNanchor_1551_1551" id="FNanchor_1551_1551"></a><a href="#Footnote_1551_1551" class="fnanchor">[1551]</a> quant le merle se
-boute en un buisson et ne se ose partir pour l’esprevier qui est dessus
-et l’espie, la dame ou damoiselle qui scet traire, le peut tuer<a name="FNanchor_1552_1552" id="FNanchor_1552_1552"></a><a href="#Footnote_1552_1552" class="fnanchor">[1552]</a>
-du bougon<a name="FNanchor_1553_1553" id="FNanchor_1553_1553"></a><a href="#Footnote_1553_1553" class="fnanchor">[1553]</a>. (Et ainsi de temps en temps peut-on avoir déduit de
-son esprevier, quant l’en le veult garder pour muer.) Et quant l’en
-ne treuve plus à le paistre de son voler, l’en luy donne congié. Et
-sachiez que dès la première nuit qu’il aura geu dehors, il est devenu
-sauvage se il se paist de luy mesmes, et pour ce le convient l’endemain
-recouvrer, à l’aube<a name="FNanchor_1554_1554" id="FNanchor_1554_1554"></a><a href="#Footnote_1554_1554" class="fnanchor">[1554]</a>.</p>
-
-<p>Et, belle seur, s’il est ainsi que vous le voulez muer<a name="FNanchor_1555_1555" id="FNanchor_1555_1555"></a><a href="#Footnote_1555_1555" class="fnanchor">[1555]</a>, pour
-ce que autant couste à muer un mauvais esprevier comme un bon, aiez
-premièrement regart se vostre esprevier a esté bel et bon et paisible,
-car icelluy doit-l’en muer; et s’il a esté autre, ne prenez plus de
-paine,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-312" id="page_vol-2-312"></a>{v. 2, p.312}</span> car encores seroit-il pire après la mue. Toutesvoies, se muer
-le voulez, il le convient paistre de chaude viande, comme de gélines,
-soris, rats, et d’autres oiseaulx gaignés aux fillés et à l’arbaleste,
-jàsoit-ce que c’est le meilleur que l’esprevier vole tant comme l’en
-trouvera à voler, et par espécial tout le karesme, car à fort et
-souvent gecte-il plus naturelment ses plumes pour muer: et tousjours le
-convient-il, comme dit est devant, curer et donner plume.<a name="FNanchor_1556_1556" id="FNanchor_1556_1556"></a><a href="#Footnote_1556_1556" class="fnanchor">[1556]</a> Quant à
-l’esprevier que l’en veult muer, aucuns donnent des estouppes hachées,
-et aussi dient aucuns que c’est bonne plume que des pastes de lièvre
-et de connins batues d’un bon martel sur une enclume et ostés les os.
-Et tousjours le convient baignier et tenir sur la perche, et tousjours
-paistre de bonne viande chaude et vive, qui peut, très diligemment,
-et garder mieulx que devant, et le paistre à tout le moins trois fois
-le jour jusques à la my-May; et lors luy convient arracher toutes ses
-plumes de la queue. Aucuns dient que le meilleur est au croissant de
-May, ou autrement la queue ne revient point (c’est au commencement du
-mois de Juing); et la convient arrachier ainsi qu’il s’ensuit: c’est
-assavoir que aucun tiengne l’esprevier entre ses mains, et l’autre
-luy compressera la char du bout de la queue, à laquelle char les
-tuyaulx des plumes de la queue se tiennent: et quant la char est ainsi
-tenue pour le sauver<a name="FNanchor_1557_1557" id="FNanchor_1557_1557"></a><a href="#Footnote_1557_1557" class="fnanchor">[1557]</a>, l’en doit arracher les plumes l’une après
-l’autre, tout en un jour. Et dit-l’en que d’autant que l’esprevier a
-la queue arrachée devant la Saint-Jehan, d’autant est-il prest plus
-tost devant la my-Aoust (et jàsoit-ce que aucuns<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-313" id="page_vol-2-313"></a>{v. 2, p.313}</span> dient qu’il convient
-avant baignier le<a name="FNanchor_1558_1558" id="FNanchor_1558_1558"></a><a href="#Footnote_1558_1558" class="fnanchor">[1558]</a>.... de l’esprevier en karesme, dont je ne tien
-compte); et ladicte queue arrachée, le convient mettre en une mue qui
-soit de quatre piés de long et quatre piés de large, de trois piés de
-hault, et soit couverte de bonne toile pour le vent, et y ait fenestre
-pour avoir air. Et en icelle mue ait une perche, laquelle perche
-sera de demi-pié de hault, et sera l’une des moitiés feutrée, et en
-l’autre moitié, du long, aura une chanlatte<a name="FNanchor_1559_1559" id="FNanchor_1559_1559"></a><a href="#Footnote_1559_1559" class="fnanchor">[1559]</a> coulant en laquelle
-l’en luy donra sa viande sans touchier à luy. Et le convient lors
-très diligemment garder de trop chault et de trop froit, et mettre et
-tenir de jour au soleil et garder; et le gardez de courroux, d’effroy
-et d’aucun autre encombrier, et le paistre de très bonnes viandes et
-chaudes et hachées, tant qu’il soit remis sus; et aucunes fois luy
-convient donner et mettre en sa mue un oisel, et de ce il mesmes se
-paist, et ce en lui donne plume<a name="FNanchor_1560_1560" id="FNanchor_1560_1560"></a><a href="#Footnote_1560_1560" class="fnanchor">[1560]</a>; et à luy sont bons rats et
-souris, cuer de mouton chault, nomblet de porc chault. Et sera bien de
-sept sepmaines à deux mois avant qu’il soit prest.</p>
-
-<p>La chose qui plus tost avance un esprevier, c’est ce que en la saison
-qu’il doit muer, l’en le paisse de deux jours en deux jours des glandes
-du col de mouton. Et toutesvoies dit-l’en que quant les plumes de la
-queue et des esles sont revenues, il souffist, car de son dos ne du
-surplus ne peut chaloir. Et lors il seroit plus grant dommage, qui le
-perdroit, quant l’en a eu tant de peine: et pour ce est-il le plus
-bel et le meilleur et le<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-314" id="page_vol-2-314"></a>{v. 2, p.314}</span> plus seur d’essaier sagement et cautement
-s’il se tendra paisible sur le poing, et le paistre dessus; sinon
-y remédier sagement, et le veillier<a name="FNanchor_1561_1561" id="FNanchor_1561_1561"></a><a href="#Footnote_1561_1561" class="fnanchor">[1561]</a> et mettre au bas<a name="FNanchor_1562_1562" id="FNanchor_1562_1562"></a><a href="#Footnote_1562_1562" class="fnanchor">[1562]</a>.
-<i>Item</i>, est le plus seur de le réclamer à la commande, car toute chose
-désire sa franchise et retourne de légier à sa nature, et pour ce
-s’en convient contregarder. Et aussi comme ils donnent plus de paine,
-aussi valent-ils mieulx que les autres, car iceulx sont enoiselés et
-congnoissent leurs oiseaulx, les chiens, chevaulx, et sont plus fors.</p>
-
-<p>Puis que je vous ay parlé de la nature des espreviers que l’en dit
-nyais pour ce qu’ils furent pris ou ny, à présent je vueil parler de
-ceulx que l’en dit <i>branchiers</i>, <i>ramages</i> ou <i>rameges</i>, qui est tout
-un: et en après, je parleray des <i>muiers</i><a name="FNanchor_1563_1563" id="FNanchor_1563_1563"></a><a href="#Footnote_1563_1563" class="fnanchor">[1563]</a> d’une ou de pluseurs
-mues.</p>
-
-<p>L’esprevier est dit branchier ou ramage<a name="FNanchor_1564_1564" id="FNanchor_1564_1564"></a><a href="#Footnote_1564_1564" class="fnanchor">[1564]</a> pour ce que, quant il
-soit pris, il vole sur les rainceaux ou sur les branches. Et est
-certain qu’il convient que l’esprevier ramage soit enoisellé<a name="FNanchor_1565_1565" id="FNanchor_1565_1565"></a><a href="#Footnote_1565_1565" class="fnanchor">[1565]</a> que
-l’en doie espérer qu’il descende à la muete des pans; toutesvoies,
-avant qu’il soit enoiselé, peut-l’en appareillier une belle place
-devant l’aire de l’esprevier, et quant il sera enoiselé tendre ses
-pans, et mettre en muette poucin ou pigon ou autre oisel à quoy<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-315" id="page_vol-2-315"></a>{v. 2, p.315}</span> il
-doie descendre. Et encores est il bon que près des guilles<a name="FNanchor_1566_1566" id="FNanchor_1566_1566"></a><a href="#Footnote_1566_1566" class="fnanchor">[1566]</a> ait
-espreviers ou mouchets qui crient et volent, et par ce l’esprevier
-branchier descent plus tost à la muete. Et tantost qu’il est ou filé,
-il convient<a name="FNanchor_1567_1567" id="FNanchor_1567_1567"></a><a href="#Footnote_1567_1567" class="fnanchor">[1567]</a> qu’il soit pris bien doulcement, et que l’un le
-tiengne par les esles du corps, et l’autre le prent par le becq et
-le cillera<a name="FNanchor_1568_1568" id="FNanchor_1568_1568"></a><a href="#Footnote_1568_1568" class="fnanchor">[1568]</a>. Et incontinent lui convient mettre ses gets et
-sonnettes<a name="FNanchor_1569_1569" id="FNanchor_1569_1569"></a><a href="#Footnote_1569_1569" class="fnanchor">[1569]</a>, et le mettre et tenir sur le poing et remuer et garder
-qu’il ne dorme point, et luy offrir le vespre prouchain la char lavée
-en eaue tiède. Et se il se paist sur le poing, c’est le premier bon
-signe: et s’il ne se paist, il convient garder qu’il ne dorme et le
-veillier de nuit; et qui ne le peut toute nuit veiller, si le perche
-sur une perche branlant qui sera attachée à deux cordes par les deux
-boux, et tirera-l’en aucunes fois celle perche pour la faire branler,
-afin que l’esprevier ne dorme. Et quant il aura esté veillé une nuit
-ou deux et qu’il sera asseuré sur le poing et s’y paistra voulentiers,
-dès la deuxième fois qu’il sera peu le convient dessillier et le tenir
-entre gent, et garder qu’il ne dorme fors très petit. S’il est très
-bien asseuré, l’en le doit du tout asseurer<a name="FNanchor_1570_1570" id="FNanchor_1570_1570"></a><a href="#Footnote_1570_1570" class="fnanchor">[1570]</a> et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-316" id="page_vol-2-316"></a>{v. 2, p.316}</span> laisser à son
-aise, puis réclamer et gouverner comme dessus.</p>
-
-<p>Et se l’esprevier qui ainsi est pris aux pans est mué de haye<a name="FNanchor_1571_1571" id="FNanchor_1571_1571"></a><a href="#Footnote_1571_1571" class="fnanchor">[1571]</a>,
-il convient qu’il soit mis au bas par veiller, et affamé<a name="FNanchor_1572_1572" id="FNanchor_1572_1572"></a><a href="#Footnote_1572_1572" class="fnanchor">[1572]</a> par la
-manière que dessus, jàsoit ce qu’il soit plus fort à affaitier et n’est
-mie de si bon retour<a name="FNanchor_1573_1573" id="FNanchor_1573_1573"></a><a href="#Footnote_1573_1573" class="fnanchor">[1573]</a> comme l’esprevier <i>sor</i>, c’est assavoir
-cellui d’un an<a name="FNanchor_1574_1574" id="FNanchor_1574_1574"></a><a href="#Footnote_1574_1574" class="fnanchor">[1574]</a>.</p>
-
-<p>Toutesvoies, est-il bien aucuns espreviers qui dès l’année passée ont
-esté le plus tart couvés et ont esté si tardis que à paine ont-ils esté
-fors quant les premiers avoient jà fait leur saison, et ceulx sont
-<i>mués de haye</i>, et toutesvoies n’ont-ils point pont<a name="FNanchor_1575_1575" id="FNanchor_1575_1575"></a><a href="#Footnote_1575_1575" class="fnanchor">[1575]</a> ne couvé
-en ceste année pour ce que leur jeunesse leur a tolu<a name="FNanchor_1576_1576" id="FNanchor_1576_1576"></a><a href="#Footnote_1576_1576" class="fnanchor">[1576]</a>, et sont
-pris aussi après leur mue. Et ceulx congnoist-l’en à ce que souvent
-advient que encores tiennent-ils du sor, c’est à dire de la plume de
-l’année précédent, et en ceulx peut-l’en avoir plus d’espérance que en
-ceulx qui sont plus vieils et ont plus volé ou sont de pluseurs mues,
-lesquels aucuns<a name="FNanchor_1577_1577" id="FNanchor_1577_1577"></a><a href="#Footnote_1577_1577" class="fnanchor">[1577]</a> congnoissent bien et pour ce les refusent.</p>
-
-<p><i>Item</i>, il est assavoir que l’esprevier mué garde mieulx sa queue pour
-ce qu’il n’entre point au buisson après sa proie, mais vole par dessus:
-et l’esprevier nyais y entre.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’esprevier mué de haye a les yeulx rouges et les piés jaunes.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-317" id="page_vol-2-317"></a>{v. 2, p.317}</span></p>
-
-<p>Aucunefois, d’aventure, sont prins les espreviers à la glus, et lors
-les convient desgluer l’une plume après l’autre, à la main, et que
-les<a name="FNanchor_1578_1578" id="FNanchor_1578_1578"></a><a href="#Footnote_1578_1578" class="fnanchor">[1578]</a> dois soient moulliés en lait.</p>
-
-<p>Or nous convient parler des <i>muiers</i> qui sont de deux manières, c’est
-assavoir les uns qui sont mués en la ferme<a name="FNanchor_1579_1579" id="FNanchor_1579_1579"></a><a href="#Footnote_1579_1579" class="fnanchor">[1579]</a> et les autres qui sont
-mués de haye. Les mués en la ferme sont bons à voler et sont les plus
-riches<a name="FNanchor_1580_1580" id="FNanchor_1580_1580"></a><a href="#Footnote_1580_1580" class="fnanchor">[1580]</a>. Les mués de haye sont congneus à ce qu’ils ont les yeulx
-plus rouges et les piés plus jaunes. C’est assavoir que iceulx mués de
-haye sont plus doubteux à voler, car jàsoit ce que ils aient esté bien
-silliés, bien veilliés et très bien réclamés à commande ou à recréance,
-qui est tout un, toutesvoies, quant l’en les fait voler, communément
-ils se essorent fort<a name="FNanchor_1581_1581" id="FNanchor_1581_1581"></a><a href="#Footnote_1581_1581" class="fnanchor">[1581]</a> et adonc une bouffée de vent les emporte
-maulgré eulx, et tantost qu’ils ont perdu leur maistre, et mesmement si
-tost que d’eulx mesmes ils se sont peus une fois, ils sont retournés à
-leur première nature, ne puis ne veulent revenir au réclamer.</p>
-
-<p>Esprevier hagart<a name="FNanchor_1582_1582" id="FNanchor_1582_1582"></a><a href="#Footnote_1582_1582" class="fnanchor">[1582]</a> est celluy qui est de mue de haye: et s’il est
-d’un an, il tient du sor aucunement, car s’il ne tient du sor c’est
-signe qu’il tient de deux mues<a name="FNanchor_1583_1583" id="FNanchor_1583_1583"></a><a href="#Footnote_1583_1583" class="fnanchor">[1583]</a>. <i>Item</i>, le mué a yeulx bien
-rouges, et bien jaunes les piés, et plus fortes et roides plumes et
-autrement coulourées<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-318" id="page_vol-2-318"></a>{v. 2, p.318}</span>; et voit l’en bien les plumes sorées<a name="FNanchor_1584_1584" id="FNanchor_1584_1584"></a><a href="#Footnote_1584_1584" class="fnanchor">[1584]</a> parmi
-les autres, car elles sont noires par dessus, et les autres sont mieulx
-coulourées.</p>
-
-<p><i>Item</i>, de l’esprevier, le mouchet est le masle: et du lannier le
-lanneret est le masle; et des autres comme l’austour, le faucon, etc.,
-l’en dit le masle <i>tiercelet</i>.</p>
-
-<p>Chière amie, sachiez que des autres oiseaulx de proie, l’en dit
-tiercelet d’ostour celluy qui est masle, et est le plus petit; le
-ostour est la fumelle et est plus grant. <i>Item</i>, tiercelet de faucon
-est le masle, et est le plus petit, et n’est pas bon pour povre
-homme, car l’en ne le peut arrester<a name="FNanchor_1585_1585" id="FNanchor_1585_1585"></a><a href="#Footnote_1585_1585" class="fnanchor">[1585]</a>; le faucon est la fumelle,
-et communément l’en l’appelle <i>faucon gentil</i>. <i>Item</i>, tiercelet
-d’esmerillon est le masle, et l’esmerillon est dit le fourme<a name="FNanchor_1586_1586" id="FNanchor_1586_1586"></a><a href="#Footnote_1586_1586" class="fnanchor">[1586]</a> et
-est la fumelle, et volent ensemble, et sont réclamés au loirre<a name="FNanchor_1587_1587" id="FNanchor_1587_1587"></a><a href="#Footnote_1587_1587" class="fnanchor">[1587]</a>.
-<i>Item</i>, tiercelet de<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-319" id="page_vol-2-319"></a>{v. 2, p.319}</span> hobe<a name="FNanchor_1588_1588" id="FNanchor_1588_1588"></a><a href="#Footnote_1588_1588" class="fnanchor">[1588]</a> est masle: le fourmé est la fumelle.
-<i>Item</i>, le lanneret est le masle et est plus fort et vault mieulx; le
-lannier est la fumelle.</p>
-
-<p><i>Se un esprevier a la jaunisse, comment garira-il?</i>&mdash;<i>Recipe</i>: Où
-il n’a point de maladie, il ne convient point de garison: et il est
-certain que la jaunisse leur vient d’aise et de santé et pour les
-bonnes et chaudes viandes qu’il mengue, et pour ce ne sont point
-malades.</p>
-
-<p>Se un esprevier a ruine, monstrez luy rue<a name="FNanchor_1589_1589" id="FNanchor_1589_1589"></a><a href="#Footnote_1589_1589" class="fnanchor">[1589]</a>. <i>Item</i>, faites le
-tenir longuement au feu, à vespre. <i>Item</i>, faites luy tirer<a name="FNanchor_1590_1590" id="FNanchor_1590_1590"></a><a href="#Footnote_1590_1590" class="fnanchor">[1590]</a> de la
-queue d’un pourcelet ou d’un pourcel où il n’ait point de char. <i>Item</i>,
-aiez boiste ou autre vaissel où il ait encens et du feu, et faites que
-la fumée lui adresse au becq: et lors il toussira et esternuera, et
-hochera la teste et gettera la rume; et soit sa perche<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-320" id="page_vol-2-320"></a>{v. 2, p.320}</span> feutrée, et luy
-tenu chaudement. <i>Item</i>, le faites tirer à l’aleron d’un poucin, et en
-la main en laquelle vous tendrez l’aleron, tenez, avec, une branche de
-rue, afin qu’il en ait l’oudeur en tirant. Et, soit sur le poing, soit
-sur la perche, gardez qu’il ait penne<a name="FNanchor_1591_1591" id="FNanchor_1591_1591"></a><a href="#Footnote_1591_1591" class="fnanchor">[1591]</a> ou feutre bien sec et bien
-chault soubs le pié, et nuit et jour soit devant le feu ou près du feu
-ou en lieu chault; et aiez tousjours en vostre sein penne ou feutre ou
-autre chose chaude pour luy changer souvent<a name="FNanchor_1592_1592" id="FNanchor_1592_1592"></a><a href="#Footnote_1592_1592" class="fnanchor">[1592]</a> et lui baillier le
-chault.</p>
-
-<p>Se un esprevier est malade tellement qu’il regette sa viande quant il a
-esté peu, ouvrez luy à deux mains le becq et luy boutez dedans la gorge
-aussi gros comme une fève de beurre frais, et une heure ou deux après
-si le paissiez de bonne char vive.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’en congnoist espreviers qui sont trop gras à taster
-par dessoubs l’esle comme une géline. Et aussi quant il a la
-fourcelle<a name="FNanchor_1593_1593" id="FNanchor_1593_1593"></a><a href="#Footnote_1593_1593" class="fnanchor">[1593]</a> my-partie et pourfilée et il baille; adonc l’en luy
-doit donner à boire de l’eaue fresche pour refroider dedans le corps,
-et petit paistre, pour amaigrir.</p>
-
-<p>L’esprevier qui a sourcils blans est le meilleur par raison.</p>
-
-<p><i>Item</i>, espreviers nyais ou ramages ne sont mie si bons comme ceulx qui
-sont pris à la rais ou à la crecerelle<a name="FNanchor_1594_1594" id="FNanchor_1594_1594"></a><a href="#Footnote_1594_1594" class="fnanchor">[1594]</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-321" id="page_vol-2-321"></a>{v. 2, p.321}</span></p>
-
-<p>Des autres maladies d’esprevier, véez en la page ensuivant les remèdes
-des maladies des faucons, et ouvrez selon ce.</p>
-
-<p>Des oyseaulx de proye affaitiés, l’aigle<a name="FNanchor_1595_1595" id="FNanchor_1595_1595"></a><a href="#Footnote_1595_1595" class="fnanchor">[1595]</a>, le griffon et
-l’ottour<a name="FNanchor_1596_1596" id="FNanchor_1596_1596"></a><a href="#Footnote_1596_1596" class="fnanchor">[1596]</a> volent au chevrel sauvage, aux lièvres, aux oustardes,
-mais que on ait un levrier affaitié pour eulx.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-322" id="page_vol-2-322"></a>{v. 2, p.322}</span></p>
-
-<p>Le tiercelet d’ostour vole aux lièvres, aux perdris, aux connins, aux
-malars<a name="FNanchor_1597_1597" id="FNanchor_1597_1597"></a><a href="#Footnote_1597_1597" class="fnanchor">[1597]</a> et aux plouviers.</p>
-
-<p>L’en ne paist l’ottour que une fois le jour en yver: en esté, deux; un
-cuer de mouton est assez à paistre l’ottour une fois, et le tient en
-estat. <i>Item</i>, d’une rouelle de mouton; <i>item</i>, d’un pigon, perdris,
-etc. Un cuer de porc engraisse, et dit-l’en: <i>hausse</i>; un cuer de
-chièvre ou de bouc <i>abaisse</i>, <i>id est</i> amaigrit; un pié de mouton est
-pour tirer.</p>
-
-<p>Quant l’en le baigne, l’en luy oste les longes, et il se baigne au bort
-de la rivière et se pouroint<a name="FNanchor_1598_1598" id="FNanchor_1598_1598"></a><a href="#Footnote_1598_1598" class="fnanchor">[1598]</a> et puis vient.</p>
-
-<p>Pour un ottour, une géline est à trois jours; l’en le paist un jour
-du foie, du jugier et du col à toute la plume, la teste et le cervel;
-l’autre jour, d’une esle et puis la cuisse; et l’autre jour autant.</p>
-
-<p><i>Item</i>, en karesme il se mue et est bien trois ou quatre mois avec du
-foing ou de la rame<a name="FNanchor_1599_1599" id="FNanchor_1599_1599"></a><a href="#Footnote_1599_1599" class="fnanchor">[1599]</a> et trois perches pour percher; et le paistre
-adonc de chaude viande comme turtres, coulons, perdris, poucins tous
-vifs. <i>Item</i>, quant ils sont mués, les convient veillier bien quatre,
-six ou huit nuys, puis réclamer petit à petit à la commande comme au
-commencement<a name="FNanchor_1600_1600" id="FNanchor_1600_1600"></a><a href="#Footnote_1600_1600" class="fnanchor">[1600]</a>.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que le faucon lannier doit estre perchié à un pié et demi de
-terre pour le duire à voler bas à la perdris; et le gentil se perche
-hault.</p>
-
-<p><i>Item.</i> <i>Nota</i> que jàsoit-ce que l’esprevier et l’ostour soient peus
-entre le pouce et le doit démonstratif, toutesvoies les autres oiseaulx
-sont peus à plain poing.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-323" id="page_vol-2-323"></a>{v. 2, p.323}</span></p>
-
-<p>La char lavée en eaue tiède est donnée pour abaissier et amaigrir.</p>
-
-<p>Quant l’esmeut est blanc et cler et que un petit de noir est au bout,
-<i>scilicet</i> premier yssu du ventre, il est bon: autrement, non. Et quant
-ou millieu de l’esmeut a aucune chose rousse et grosse ou millieu, il
-signifie que l’oisel soit bas. Si le convient baissier<a name="FNanchor_1601_1601" id="FNanchor_1601_1601"></a><a href="#Footnote_1601_1601" class="fnanchor">[1601]</a>.</p>
-
-<p>Le faucon lannier est dit <i>villain</i><a name="FNanchor_1602_1602" id="FNanchor_1602_1602"></a><a href="#Footnote_1602_1602" class="fnanchor">[1602]</a> pour ce qu’il se paist de
-toutes chars, comme beuf, mouton, chièvre. Et <i>nota</i> que chièvre
-abaisse<a name="FNanchor_1603_1603" id="FNanchor_1603_1603"></a><a href="#Footnote_1603_1603" class="fnanchor">[1603]</a>.</p>
-
-<p>L’esmeut qui est gecté loing est bon.</p>
-
-<p>Le dit lannier est de gros maillé<a name="FNanchor_1604_1604" id="FNanchor_1604_1604"></a><a href="#Footnote_1604_1604" class="fnanchor">[1604]</a>, et est plus gros que le
-lanneret qui est de plus déliée maille, et vole plus hault et avec les
-faucons gentils: et ce ne fait point le lannier.</p>
-
-<p>Autres faucons y a qui sont de Flandres et sont dis faucons <i>Sacres</i>,
-et sont d’un petit moins déliée maille,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-324" id="page_vol-2-324"></a>{v. 2, p.324}</span> et ont les piés jaunes<a name="FNanchor_1605_1605" id="FNanchor_1605_1605"></a><a href="#Footnote_1605_1605" class="fnanchor">[1605]</a>
-et sont comme entre le gentil et le villain, et sont bons, comme l’en
-dit communément, réclamés au loirre, ou d’omme quant ils reviennent
-bien au loirre.</p>
-
-<p>Le faucon gentils est de plus déliée maille que nul et a les piés
-jaunes, et est peu de cuer de mouton le moins, mais le plus de pigons
-et de poulaille.</p>
-
-<p>Autres faucons y a que l’en appelle <i>harrottes</i><a name="FNanchor_1606_1606" id="FNanchor_1606_1606"></a><a href="#Footnote_1606_1606" class="fnanchor">[1606]</a> et viennent de
-Grenade et sont moult petis et très bons pour le héron, la grue et
-l’oustarde: et sont icelles harrottes ainsi que tercelés qui sont les
-masles des faucons de pardeçà.</p>
-
-<p>Faucons pèlerins<a name="FNanchor_1607_1607" id="FNanchor_1607_1607"></a><a href="#Footnote_1607_1607" class="fnanchor">[1607]</a> sont ceulx qui sont pris au filé et se sont peus
-et ont volé aux champs, et sont <i>gentis</i> nommés.</p>
-
-<p><i>Item</i>, le lannier ne vole fors aux perdris et aucunes fois au connin
-et au lièvre, et non plus. Et les autres volent à l’oisel de rivière,
-au héron, à la grue, à l’oustarde etc.</p>
-
-<p>L’ottour vole à tout, mais non pas le tiercelet d’ottour.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-325" id="page_vol-2-325"></a>{v. 2, p.325}</span></p>
-
-<p>Des faucons villains, la fumelle est dit lannier ou le fourmé, et le
-masle est dit tiercelet<a name="FNanchor_1608_1608" id="FNanchor_1608_1608"></a><a href="#Footnote_1608_1608" class="fnanchor">[1608]</a>.</p>
-
-<p>Le faucon gentil est noir. Et le faucon lannier est le plus tendre.
-Et le faucon pèlerin est le meilleur qui soit et est le plus gros et
-plus formé de membres que tous. Et à celluy qui les veult gouverner ne
-convient mengier aulx, oignons, poireaux.</p>
-
-<p><i>Item</i>, quant aucun oisel de proye baille par trois fois de renc<a name="FNanchor_1609_1609" id="FNanchor_1609_1609"></a><a href="#Footnote_1609_1609" class="fnanchor">[1609]</a>
-et fait mate chière<a name="FNanchor_1610_1610" id="FNanchor_1610_1610"></a><a href="#Footnote_1610_1610" class="fnanchor">[1610]</a>, c’est signe qu’il est malade d’une maladie
-que les fauconniers appellent <i>le fils</i>, et est un ver qui les point.
-Et à les garir convient les paistre de char en laquelle sera enveloppé
-du saffren, et les vers en meurent.</p>
-
-<p>Et se un faucon a la pépie, il convient avoir un des brocherons d’une
-espine blanche et lui passer par trois jours, trois fois chascun jour,
-dedens la narine, et par trois jours lui mettre sur la langue des
-figues vertes, prises sur l’arbre.&mdash;<i>Item</i>, vous sarez qu’il a la pépie
-quant il fait mate chière et ne se veult ou peut paistre et aucunesfois
-baille.</p>
-
-<p>Se vostre oisel est pouilleux, vous le verrez au soleil, car sur toute
-sa teste verrez-vous les poux bougier; et lors convient avoir de
-l’orpiment<a name="FNanchor_1611_1611" id="FNanchor_1611_1611"></a><a href="#Footnote_1611_1611" class="fnanchor">[1611]</a>, du meilleur, et<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-326" id="page_vol-2-326"></a>{v. 2, p.326}</span> est la fueille meilleur, et soit
-très bien broyé et finement, et très déliément sassé; et convient
-estre trois personnes: l’un qui tendra l’oisel, l’autre qui tendra
-l’orpiment, et l’autre qui l’orpimentera. Et puis convient getter de
-l’eaue dessus comme un cousturier fait, à la bouche, puis le paistre
-d’une poulle chaude, puis perchier, et luy oster le gant qui est
-chargié d’orpiment, car l’orpiment est trop fort: et puis l’endemain
-voler.</p>
-
-<p><i>Nota</i> que en May le faucon commence à muer, et le convient paistre de
-chaude viande; et sachiez que rats est propre viande pour luy.</p>
-
-<p><i>Item</i>, l’en le mue bien sur le poing.</p>
-
-<p class="c">FIN.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-327" id="page_vol-2-327"></a>{v. 2, p.327}</span></p>
-
-<h2><a name="TABLE_ALPHABETIQUE_DES_MATIERES" id="TABLE_ALPHABETIQUE_DES_MATIERES"></a>TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.</h2>
-
-<p class="c"><i>N. B.</i> La lettre <i>a</i> indique le premier volume: la lettre <i>b</i> le
-second.</p>
-
-<p class="c"><a href="#A">A</a>,
-<a href="#B">B</a>,
-<a href="#C">C</a>,
-<a href="#D">D</a>,
-<a href="#E">E</a>,
-<a href="#F">F</a>,
-<a href="#G">G</a>,
-<a href="#H">H</a>,
-<a href="#I">I</a>,
-<a href="#J">J</a>,
-<a href="#K">K</a>,
-<a href="#L">L</a>,
-<a href="#M">M</a>,
-<a href="#N">N</a>,
-<a href="#O">O</a>,
-<a href="#P">P</a>,
-<a href="#Q">Q</a>,
-<a href="#R">R</a>,
-<a href="#S">S</a>,
-<a href="#T">T</a>,
-<a href="#U">U</a>,
-<a href="#V">V</a>,
-<a href="#W">W</a>,
-<a href="#Y">Y</a>,
-<a href="#Z">Z</a></p>
-
-<p class="nind">
-<span class="alph"><a name="A" id="A">A</a></span><br />
-
-<i>A</i> (Manuscrit),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-liv"><small>liv</small></a>.<br />
-
-<i>Abaisser</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-322">322</a>.<br />
-
-<i>Abattis.</i> V. <i>Issues</i>.<br />
-
-<i>Abbés et mariés</i> (Histoire des),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-145">145</a>.<br />
-
-<i>Abbés</i> assistans au parlement,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.<br />
-
-<i>Ables</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>,
-<a href="#page_vol-2-194"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Abraham</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-78">78</a>.<br />
-
-<i>Abstinence</i> de viande,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlv"><small>xlv</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Acarot</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvii"><small>xlvii</small></a>.<br />
-
-<i>Accessiones historicæ</i>, cité
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxv"><small>lxv</small></a>.<br />
-
-<i>Accide</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-17">17</a>.<br />
-
-<i>Acouré</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-178">178</a>.<br />
-
-<i>Acrebades</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-124">124</a>.<br />
-
-<i>Acrobates</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-124">124</a>.<br />
-
-<i>Actéa</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-258">258</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Adam</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-77">77</a>,
-<a href="#page_vol-1-98">98</a>,
-<a href="#page_vol-1-166">166</a>.<br />
-
-<i>Additions</i> faites au livre de cuisine,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxii"><small>xxxii</small></a> et
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-124">124</a>,
-<a href="#page_vol-2-161"> 2</a>.<br />
-
-<i>Additions et corrections</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>lxxvii</small></a>.<br />
-
-<i>Adenter</i> (S’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-257">257</a>.<br />
-
-<i>Adouer</i> (S’), expl.
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-308">308</a>.<br />
-
-<i>Adultère</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-52">52</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Loi des juifs c. l’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-67">67</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pardonné,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-182">182</a>,
-<a href="#page_vol-1-183">183</a>,
-<a href="#page_vol-1-237">237</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Avocat</i>.</span><br />
-
-<i>Afeutrement</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-53">53</a>.<br />
-
-<i>Affaires</i> du dehors confiées au mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-168">168</a>.<br />
-
-<i>Affaitement</i> de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-295">295</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Agar</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-80">80</a>.<br />
-
-<i>Agneau</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-221">221</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;roti,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-179">179</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Agnès</span> la béguine (Dame), intendante de l’auteur,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-57">57</a>,
-<a href="#page_vol-2-61"> 2</a> et suiv., 70.<br />
-
-<i>Aides</i> des écuyers de cuisine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>,
-<a href="#page_vol-2-117"> 2</a>.<br />
-
-<i>Aigles</i> dressés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-321">321</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Aigneaux</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxx"><small>lxx</small></a>.<br />
-
-<i>Aigrefin</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-198">198</a>.<br />
-
-<i>Aiguières</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>,
-<a href="#page_vol-2-118"> 2</a>.<br />
-
-<i>Ailes</i> des oiseaux. De quoi composées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>.<br />
-
-<i>Aires</i> des éperviers,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-284">284</a>.<br />
-
-<i>Alause.</i> V. <i>Aloze</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Albéric</span> de Trois-Fontaines,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxv"><small>lxv</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-92">92</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-124">124</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Albertan</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-186">186</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Alençon</span> (Pierre d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>lxxxi</small></a>.<br />
-
-<i>Ales</i>, (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-
-<i>Alixandre</i>, (espèce de cèdre),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-154">154</a>,
-<a href="#page_vol-2-246"> 2</a>.<br />
-
-<i>Aljubarota</i> (Bataille d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxvi"><small>lxvi</small></a>.<br />
-
-<i>Allayer</i>, expl.
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-142">142</a>.<br />
-
-<i>Allemagne</i> (Brouet d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-165">165</a>,
-<a href="#page_vol-2-172"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-276">276</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Oiseaux de proie en),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.</span><br />
-
-<i>Allemans</i>, aiment la carpe très-cuite,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-189">189</a>.<br />
-
-<i>Alloges</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-257">257</a>.<br />
-
-<i>Aloé.</i> V. <i>Alouette</i>, <i>Geneste</i>, <i>Gravé</i>, <i>Rosé</i>, <i>Pasté</i>.<br />
-
-<i>Alouettes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>,
-<a href="#page_vol-2-183"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en pasté, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en rosé,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-154">154</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en rost,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-270">270</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Espèces d’)
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-303">303</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;prises à l’estourse,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlix"><small>xlix</small></a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-328" id="page_vol-2-328"></a>{v. 2, p.328}</span></span><br />
-
-<i>Aloze</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>,
-<a href="#page_vol-2-95"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-102">102</a>,
-<a href="#page_vol-2-188">188</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la cameline,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.</span><br />
-
-<i>Alumelle</i> (aumelette),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-207">207</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;belle,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-208">208</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;frite au sucre, <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Alun</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-68">68</a>.<br />
-
-<i>Amadou</i> (Sorte d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-263">263</a>.<br />
-
-<i>Amandes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Buvrage d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-241">241</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;confites,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-269">269</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Lait d’), 241.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;leur prix, 110.</span><br />
-
-<i>Ambassadeurs</i> Vénitiens, cités,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-
-<i>Ambrine</i> (Couleur),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-218">218</a>.<br />
-
-<i>Amende</i> honorable,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>,
-<a href="#page_vol-2-120"> 2</a>.<br />
-
-<i>Amis.</i> Quels sont les meilleurs,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-199">199</a>.<br />
-
-<i>Amitié</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-55">55</a>.<br />
-
-<i>Anchois</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-
-<i>Andouilles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-127">127</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’esté,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-221">221</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Andresel</span> (Aubert d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-150">150</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Guillaume, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Jehan, sire d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxx"><small>lxxx</small></a> et suiv., 148 et suiv.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Jehanne d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-150">150</a>.</span><br />
-
-<i>Andresel</i> (Château d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-153">153</a>.<br />
-
-<i>Andrieu</i>, (cri de l’alouette),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-303">303</a>.<br />
-
-<i>Ane</i> (Conditions de l’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-72">72</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son dos nécessaire au serviteur,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-23">23</a>.</span><br />
-
-<i>Anges</i> (Des),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-17">17</a>.<br />
-
-<i>Angleterre</i> (Brouet d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-157">157</a>,
-<a href="#page_vol-2-166"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-276">276</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Mer d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-197">197</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Oiseaux de proie en),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Otages en),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxx"><small>lxxx</small></a>.</span><br />
-
-<i>Anglois</i>,
-
-<i>a</i>., 93, 95.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à Melun,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxx"><small>lxxx</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.</span><br />
-
-<i>Anguille</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-190">190</a>,
-<a href="#page_vol-2-216"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-217">217</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la boe,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;aux aillets blancs,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-190">190</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment la tuer, l’estuver et la cuire,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-134">134</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;conservée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-191">191</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en galentine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;franche,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-90">90</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;renversée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>, etc., et 191.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>,
-<a href="#page_vol-2-99"> 2</a>, etc., et 107.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;V. <i>Brouet</i> et <i>Soringue</i>.</span><br />
-
-<i>Anguillettes</i> fraîches,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-190">190</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Anguillier</span> (Dame de l’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-240">240</a>.<br />
-
-<i>Anis.</i> Son prix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Anjou</span> (Louis duc d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxii"><small>xxii</small></a>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-147">147</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa consommation de fleurs,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-52">52</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Marie d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>.</span><br />
-
-<i>Anjou</i> (Vin d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-38">38</a>.<br />
-
-<i>Annuaire de la Bibliothèque royale de Belgique.</i> Cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lv"><small>lv</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Anselme</span> (le père),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxv"><small>lxv</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxx"><small>LXX</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-
-<i>Ante</i> coupée,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-159">159</a>.<br />
-
-<i>Août</i> (Chasse en),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-305">305</a>,
-<a href="#page_vol-2-309"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Apicius</span> (Cœlius), ouvrage curieux et peu lu,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxvi"><small>xxxvi</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Détails sur ce livre,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxvii"><small>xxxvii</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Marcus), <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Apocalypse</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-62">62</a>.<br />
-
-<i>Appareil</i> des festins,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-103">103</a>.<br />
-
-<i>Appendice</i> à l’art. <a href="#page_vol-1-v"><small>V</small></a> de la deuxième distinction,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-273">273</a>.<br />
-
-<i>Appointemens</i> du procureur-général en 1384,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.<br />
-
-<i>Aragondis</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-276">276</a>.<br />
-
-<i>Arbalestre</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Chasse des pies à l’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-267">267</a>.</span><br />
-
-<i>Arboulastre</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-97"> 2</a>, etc.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;brune,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de char,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-227">227</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’œufs,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-206">206</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en tartre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-209">209</a>.</span><br />
-
-<i>Arc</i> (Chasse à l’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-258">258</a> et 311.<br />
-
-<i>Arc-à-jalet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.<br />
-
-<i>Archevéché</i> de Paris (Censive de l’), 254.<br />
-
-<i>Archives</i> de Saint-Lô,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxv"><small>xxxv</small></a>.<br />
-
-<i>Arcilié</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-257">257</a>.<br />
-
-<i>Arçonner</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-183">183</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Arcq</span> (M. Douët d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxii"><small>lxii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Arcussia</span> (Ch. d’) cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxv"><small>lxv</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxviii"><small>lxxxviii</small></a>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-90">90</a>,
-<a href="#page_vol-2-280"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-281">281</a>,
-<a href="#page_vol-2-288">288</a>,
-<a href="#page_vol-2-291">291</a>,
-<a href="#page_vol-2-294">294</a>,
-<a href="#page_vol-2-295">295</a>,
-<a href="#page_vol-2-298">298</a>,
-<a href="#page_vol-2-307">307</a>,
-<a href="#page_vol-2-308">308</a>,
-<a href="#page_vol-2-310">310</a>,
-<a href="#page_vol-2-311">311</a>,
-<a href="#page_vol-2-317">317</a>,
-<a href="#page_vol-2-319">319</a>,
-<a href="#page_vol-2-321">321</a>,
-<a href="#page_vol-2-323">323</a>,
-<a href="#page_vol-2-324">324</a>,.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-329" id="page_vol-2-329"></a>{v. 2, p.329}</span><br />
-
-<i>Argent.</i> Sa dépréciation,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxi"><small>xxxi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxii"><small>lxxxii</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son prix au <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>.</span><br />
-
-<i>Argenterie</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xl"><small>xl</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xli"><small>xli</small></a>.<br />
-
-<i>Arménie</i>, (Violette d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-45">45</a>.<br />
-
-<i>Armoirie</i> sur gelée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-220">220</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Arnoullet</span> (Olivier),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxiii"><small>XXXIII</small></a>.<br />
-
-<i>Arquenet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-235">235</a>.<br />
-
-<i>Arquinetta</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-230">230</a>,
-<a href="#page_vol-2-235"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Arrablay</span> (Jeanne d’), dame d’Andresel,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>,
-<a href="#page_vol-1-150">150</a>,
-<a href="#page_vol-1-151">151</a>.<br />
-
-<i>Arras</i> (Prévot de l’église d’),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxx"><small>LXXX</small></a>.<br />
-
-<i>Arrement</i>, Quid?
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-263">263</a>.<br />
-
-<i>Arroche</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-47">47</a>.<br />
-
-<i>Arrogans</i> à éviter,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-177">177</a>.<br />
-
-<i>Arrogante</i> femme,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-97">97</a>.<br />
-
-<i>Arroser</i> (Comment),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>.<br />
-
-<i>Arsenic</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-64">64</a>,
-<a href="#page_vol-2-325"> 2</a>.<br />
-
-<i>Arsilié</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-257">257</a>.<br />
-
-<i>Arsin</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-198">198</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Artois</span> (Chevalereux comte d’),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvii"><small>LXVII</small></a>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Asséeur</i>, expl.,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.<br />
-
-<i>Assiettes</i> creuses pour chaque convive, quand usitées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-105">105</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de métal étoient-elles connues?
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.</span><br />
-
-<i>Assiette</i> des personnes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Les ordonner,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Pastés d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-186">186</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;synonyme de <i>service</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-94">94</a>,
-<a href="#page_vol-2-101">101</a>,
-<a href="#page_vol-2-108">108</a>,
-<a href="#page_vol-2-118">118</a>,
-<a href="#page_vol-2-227">227</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Aubin</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiii"><small>LXXIII</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Aubri de Montdidier</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-92">92</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Aubriot</span>, (Hugues),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Chanson sur lui,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvii"><small>LXXXVII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-253">253</a></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Récit de sa fuite,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xix"><small>XIX</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Rondeaux sur lui,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvii"><small>LXXXVII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa maison,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-253">253</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses oiseaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-253">253</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Audiger</span>, cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>.<br />
-
-<i>Auffémont</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-249">249</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <span class="smcap">Offémont</span>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Augustin</span> (Saint), cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-39">39</a>,
-<a href="#page_vol-1-63">63</a>,
-<a href="#page_vol-1-70">70</a>.<br />
-
-<i>Aulx</i> camelins,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-230">230</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;moussus,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-231">231</a>.</span><br />
-
-<i>Aumelette</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-207">207</a>,
-<a href="#page_vol-2-208"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Alumelle</i>.</span><br />
-
-<i>Aumône.</i> V. <i>Corbeille</i> et <i>Pot</i>.<br />
-
-<i>Aune</i> (Feuilles d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.<br />
-
-<i>Auques</i>, expliqué,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvii"><small>LXXXVII</small></a>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-103">103</a>.<br />
-
-<i>Auteur</i> du Ménagier, a pu connoître Tristan du Bos,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxx"><small>LXXX</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;a pu consulter un traité de chasse italien, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;craint d’ennuyer sa femme,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-1">1</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Il étoit Parisien,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxvii"><small>XXVII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;incrédule sur des recettes qu’il transcrit,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-66">66</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;n’a pas été du parti bourguignon, <a href="#page_vol-1-lvi"><small>LVI</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;n’a pas terminé la troisième distinction,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvii"><small>XLVII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;obligé par un avocat,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-185">185</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;peu au fait des enfans,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-185">185</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Pour qui il écrit,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxiii"><small>XXIII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;respecte l’ouvrage de Bruyant,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-3">3</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa bibliothèque,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxvi"><small>XXVI</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa délicatesse,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxiv"><small>XXIV</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa modestie, <a href="#page_vol-1-xxiv"><small>XXIV</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses emprunts,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxi"><small>xxxi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xxxv"><small>xxxv</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;se sert d’expressions <i>crues</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses fenêtres non vitrées,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxii"><small>LXXXII</small></a>, et 174.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses variations,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliv"><small>XLIV</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son âge,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxiii"><small>XXIII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son état et sa position,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxv"><small>xxv</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xxvi"><small>xxvi</small></a>, etc.;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-269">269</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son nom inconnu, <a href="#page_vol-1-xxv"><small>XXV</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son père,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-227">227</a>,
-<a href="#page_vol-1-240">240</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son style,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxix"><small>XXIX</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">(V. <i>Remarques</i>, et <i>Femme de l’auteur</i>.)</span><br />
-
-<i>Auteurs</i> cités (Liste des),
-
-<i>a</i>,<span class="smcap"> LXV</span>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pourquoi donnée,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxi"><small>LXI</small></a>.</span><br />
-
-<i>Autour</i>, a trois serceaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-90">90</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;A quoi il vole, 310, 321, 322, 324.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment nourri, 322.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-330" id="page_vol-2-330"></a>{v. 2, p.330}</span></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;baigné, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mué, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pû, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;réclamé et veillé, <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Autourserie</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-319">319</a>.<br />
-
-<i>Auvergne</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-53">53</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Auvergne</span> (Le comte-dauphin d’),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>LXXXI</small></a>.<br />
-
-<i>Auxerre</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-296">296</a>.<br />
-
-<i>Avarice</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-44">44</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-12">12</a>.<br />
-
-<i>Avelaines</i> ou <i>avelines</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Breuvage d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-271">271</a>.</span><br />
-
-<i>Avillon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-294">294</a>.<br />
-
-<i>Avignon</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxi"><small>xxi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>lxxxi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-183">183</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-46">46</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Laitues d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-46">46</a>.</span><br />
-
-<i>Avives</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-78">78</a>.<br />
-
-<i>Avocat</i> notable, adultère
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-185">185</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du roi,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa place à table,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Ayala</span> (Pedro Lopez de), cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>,
-<a href="#page_vol-2-324"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Détails sur lui,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.</span><br />
-
-<i>Azincourt</i> (Regnault d’),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxix"><small>XXIX</small></a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="B" id="B">B</a></span><br />
-
-<i>B</i> (Manuscrit),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lv"><small>LV</small></a>.<br />
-
-<i>Baciner</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-179">179</a>.<br />
-
-<i>Baconner</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-198">198</a>.<br />
-
-<i>Baguette</i> pliée en faisant amende,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-120">120</a>.<br />
-
-<i>Baignoire</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-129">129</a>.<br />
-
-<i>Baillemens</i> de l’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-325">325</a>.<br />
-
-<i>Bailly</i> de Tournay,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxix"><small>lxxix</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-139">139</a>.<br />
-
-<i>Bain</i> de l’autour,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-322">322</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-298">298</a>.</span><br />
-
-<i>Baisers</i> (Usage de donner des),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>LXXVII</small></a>.<br />
-
-<i>Baisser</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.<br />
-
-<i>Baitte</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-203">203</a>.<br />
-
-<i>Balai</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>,
-<a href="#page_vol-2-111"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;derrière une porte,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-146">146</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Effet qu’il produit aux femmes, 147.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;V. <i>Balay</i>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Balam</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-87">87</a>,
-<a href="#page_vol-1-88">88</a>.<br />
-
-<i>Balay</i> (queue),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-290">290</a>,
-<a href="#page_vol-2-294"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;A quoi sert,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-302">302</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Mercqs du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-291">291</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rompu,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-303">303</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Queue</i>.</span><br />
-
-<i>Balayer</i> la maison,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Balbi</span> (Jean),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-89">89</a>.<br />
-
-<i>Baleine</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-200">200</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Balsac</span> (Pierre de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-255">255</a>.<br />
-
-<i>Bancs</i> des églises,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-15">15</a>.<br />
-
-<i>Banquiers</i> (housses),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>.<br />
-
-<i>Bar</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-101"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-187">187</a>.<br />
-
-<i>Bar-sur-Aube</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-153">153</a>.<br />
-
-<i>Barat</i> (Description de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-24">24</a>.<br />
-
-<i>Barbarin</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-
-<i>Barbelet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-187">187</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Barbier</span> (Colin, le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>,
-<a href="#page_vol-2-120"> 2</a>.<br />
-
-<i>Barbillons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-187">187</a>.<br />
-
-<i>Barbillons</i> de flèche,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-258">258</a>.<br />
-
-<i>Barbotte</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-267">267</a>.<br />
-
-<i>Barbue</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-203">203</a>.<br />
-
-<i>Barguaigné</i> (Cheval), acheté dans quel cas,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-76">76</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Baron</span> (M.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>LXXIV</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Barrois</span> (M.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lii"><small>LII</small></a>.<br />
-
-<i>Barte</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-203">203</a>.<br />
-
-<i>Bas</i> (Mettre au),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-314">314</a>.<br />
-
-<i>Baseillecoq</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-46">46</a>.<br />
-
-<i>Basilic</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-46">46</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bastin de Breban</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-237">237</a>.<br />
-
-<i>Bateaux</i>, expliqué,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-147">147</a>.<br />
-
-<i>Batterie</i> de cuisine,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.<br />
-
-<i>Batteurs</i> en grange,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>,
-<a href="#page_vol-2-56"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Baux</span> (Guillaume des),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bauyn</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxix"><small>LXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Bavards</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-178">178</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;comparés aux pétrins et aux battes d’un moulin,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-48">48</a>.</span><br />
-
-<i>Bayens</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-135">135</a>,
-<a href="#page_vol-2-139"> 2</a>.<br />
-
-<i>Beaucamp</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxx"><small>LXXX</small></a>.<br />
-
-<i>Beauce</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-144">144</a>.<br />
-
-<i>Beaune</i> (Vin de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-38">38</a>,
-<a href="#page_vol-2-273"> 2</a>.<br />
-
-<i>Beauté</i> (Concierge de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>.<br />
-
-<i>Beauvais</i> (Hôtel de), où situé,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-331" id="page_vol-2-331"></a>{v. 2, p.331}</span><br />
-
-<i>Beauvais</i> (Terre de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-251">251</a>,
-<a href="#page_vol-2-252"> 2</a>.<br />
-
-<i>Bécasse.</i> V. <i>Videcoq</i>.<br />
-
-<i>Bécuit</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de brochereaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-103">103</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de brochets et d’anguilles,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-190">190</a>.</span><br />
-
-<i>Béguines</i> (Sur les),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-57">57</a>.<br />
-
-<i>Beignets.</i> V. <i>Bignés</i> et <i>Buignets</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Bellay</span> (Agnès du),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-151">151</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Belon</span>, cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-194">194</a>,
-<a href="#page_vol-2-195"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-197">197</a>,
-<a href="#page_vol-2-198">198</a>,
-<a href="#page_vol-2-200">200</a>,
-<a href="#page_vol-2-203">203</a>,
-<a href="#page_vol-2-204">204</a>,
-<a href="#page_vol-2-205">205</a>,
-<a href="#page_vol-2-206">206</a>.<br />
-
-<i>Bénédiction</i> du lit nuptial,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvi"><small>LXXXVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Benoiston de Chateauneuf</span>, cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvi"><small>XLVI</small></a>.<br />
-
-<i>Berger</i> de l’auteur (Robin le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-
-<i>Bergers</i> savent où est le gibier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-301">301</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Calendrier</i>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Bernard de Montlhéry</span>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>,
-<a href="#page_vol-2-120"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Berry</span> (le duc de), cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiii"><small>lxxxiii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>,
-<a href="#page_vol-1-95">95</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-46">46</a>,
-<a href="#page_vol-2-53"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-254">254</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Rissoles faites chez lui,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-226">226</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa consommation,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlv"><small>XLV</small></a>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa dépense en 1373,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxv"><small>LXV</small></a> (la duchesse en payoit sa part, <i>ib.</i>).</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa position à Paris,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lvi"><small>LVI</small></a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Bertran</span> le vieil (Le philosophe), cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-58">58</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Beschir</span> (L’émir). Ses oiseaux,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>.<br />
-
-<i>Bésiers</i>, cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-132">132</a>,
-<a href="#page_vol-2-182"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-203">203</a>,
-<a href="#page_vol-2-248">248</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Eau de)
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-135">135</a>.</span><br />
-
-<i>Besogne</i> à diviser entre les domestiques,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>.<br />
-
-<i>Bêtes</i> affouragées la nuit,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-71">71</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;noires, quand chassées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-157">157</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Sangliers</i>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sauvages s’apprivoisent,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-95">95</a>,
-<a href="#page_vol-1-144">144</a>.</span><br />
-
-<i>Bettes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>,
-<a href="#page_vol-2-49"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-137">137</a>,
-<a href="#page_vol-2-140">140</a>.<br />
-
-<i>Beurre.</i> Comment le déssaller,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-266">266</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salé chasse les mouches des chevaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-266">266</a>.</span><br />
-
-<i>Beuvrage</i> d’eau rousse d’un chapon,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-240">240</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Buvrage</i>.</span><br />
-
-<i>Beyrouth</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bezu-le-Long</span> (Armes de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Bible.</i> L’auteur l’avoit et la faisoit lire à sa femme,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-62">62</a>.<br />
-
-<i>Bibliophiles.</i> V. <i>Société</i>.<br />
-
-<i>Bibliothèque</i> de Charles V,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xviii"><small>XVIII</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’auteur du <i>Ménagier</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxvi"><small>XXVI</small></a>.</span><br />
-
-<i>Bibliothèque des théreuticographes</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;<i>historique de la France</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxv"><small>LXV</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;<i>protypographique</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lii"><small>LII</small></a>.</span><br />
-
-<i>Bicêtre</i> (Château de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-173">173</a>.<br />
-
-<i>Bichot</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-155">155</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sauvage,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-158">158</a>.</span><br />
-
-<i>Bierre</i> (Levure de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-239">239</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bigne</span> (Gaces de la). V. <i>Bugne</i>.<br />
-
-<i>Bignés</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mouelle de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-95"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Blanc</i>, (monnoie),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-69">69</a>,
-<a href="#page_vol-2-86"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-128">128</a>.<br />
-
-<i>Blanc-mengier</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-165">165</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Chaudeau à faire le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-109">109</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Épices pour le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;paré,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;parti,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-95">95</a>,
-<a href="#page_vol-2-96"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Veau pour le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Volaille pour le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Blanche de Navarre</span>, reine de France,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-148">148</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Blanchet</span> (Louis),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Blanchets</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-13">13</a>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Blaze</span> (M. Elzear),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxii"><small>LXXII</small></a>.<br />
-
-<i>Blé</i>, par qui acheté pour le roi,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix du),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxi"><small>XXXI</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">Vertjus de blé vert,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-229">229</a>.</span><br />
-
-<i>Bloc</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-289">289</a>.<br />
-
-<i>Blois</i> (Dame de) très-pudique,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxviii"><small>LXXVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Bloqueaux</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-172">172</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Boccace</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-99">99</a>.<br />
-
-<i>Bochet</i> (tisanne),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-238">238</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de quatre ans de garde,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-239">239</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour les domestiques,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-240">240</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-332" id="page_vol-2-332"></a>{v. 2, p.332}</span></span><br />
-
-<i>Bockede</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Bœuf</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Allouyaux de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-177">177</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;amenés de Savoie à Paris,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvi"><small>XLVI</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mangé comme ours,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-155">155</a>,
-<a href="#page_vol-2-179"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Conditions du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-72">72</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;consommés à Paris,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xliii"><small>xliii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xlvi"><small>xlvi</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>,
-<a href="#page_vol-2-83"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-84">84</a>,
-<a href="#page_vol-2-85">85</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Cuir de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Division du) par les bouchers,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>,
-<a href="#page_vol-2-87"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-130">130</a>,
-<a href="#page_vol-2-131">131</a>, etc.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Langues de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-133">133</a>,
-<a href="#page_vol-2-177"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Mouelle de), en pasté,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-223">223</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Noyau de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-133">133</a>, en pasté,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-186">186</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-132">132</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Rouillée de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-163">163</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salé,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-130">130</a>,
-<a href="#page_vol-2-133"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Saulce pour le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-131">131</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Trumel de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-231">231</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Boileau</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxviii"><small>XXXVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Bonbons</i> (épices de chambre),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>.<br />
-
-<i>Bondonnail</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-68">68</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bonfons</span> (Jean). Quand lui et sa veuve imprimèrent,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxiii"><small>XXXIII</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Nicolas, <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Bonne-dame</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-47">47</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bonnefons</span> (Nic. de), cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-105">105</a>.<br />
-
-<i>Bonnes gens</i> (Qui a affaire à), il se repose, (proverbe)
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.<br />
-
-<i>Borde-le-Vicomte</i> (La),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxx"><small>LXXX</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Borel d’Hauterive</span> (M.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxiii"><small>LXIII</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bos</span> (Tristan du),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxix"><small>LXXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Bouche</i>, porte du corps,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-60">60</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Pourquoi nous n’en avons qu’une, <i>ib.</i></span><br />
-
-<span class="smcap">Boucher</span> d’Argis,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvi"><small>LXXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Bouchers</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-54">54</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à Paris,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ce qu’ils fournissent à un repas de noces,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-109">109</a>,
-<a href="#page_vol-2-121"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment défont un bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-130">130</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment ils exerçoient leur profession,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leurs richesses,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>.</span><br />
-
-<i>Bouchère</i> (Luxe d’une riche),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>.<br />
-
-<i>Boucheries</i> de Paris. Remarques sur elles,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliv"><small>XLIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Saint-Benoît,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliv"><small>XLIV</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Saint-Éloy,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliv"><small>XLIV</small></a> et
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-84">84</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du Roi,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">(La grande),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvi"><small>XLVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Bouchet</span> (Guill.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-307">307</a>,
-<a href="#page_vol-2-321"> 2</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Boucicaut</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-148">148</a>.<br />
-
-<i>Boudins</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-125">125</a>,
-<a href="#page_vol-2-128">128</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de foie, 126.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oie, <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Boueil</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-293">293</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Brayer</i>.</span><br />
-
-<i>Bougie.</i> Son prix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>.<br />
-
-<i>Bougon</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.<br />
-
-<i>Bouilli lardé</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-93"> 2</a>, etc. et 153.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au verjus,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;aux espices et aux soupes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de brochets et d’anguilles,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chevrel,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de venoison fraîche,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>.</span><br />
-
-<i>Bouillie</i> (Recette pour la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-176">176</a>.<br />
-
-<i>Bouillon.</i> Quel est le meilleur,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>,
-<a href="#page_vol-2-88"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(tisanne),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-238">238</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Chaudeau</i> et <i>Eau</i>.</span><br />
-
-<i>Boujon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.<br />
-
-<i>Boulanger</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>,
-<a href="#page_vol-2-56"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-109">109</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Montmorency,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-161">161</a>.</span><br />
-
-<i>Boulogne</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>LXXXI</small></a>.<br />
-
-<i>Boulogne</i> la Grasse,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-110">110</a>,
-<a href="#page_vol-1-113">113</a>.<br />
-
-<i>Bourbelier</i> de sanglier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-157">157</a>,
-<a href="#page_vol-2-179"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-236">236</a>.<br />
-
-<i>Bourberel</i> de sanglier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-236">236</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bourbon</span> (Louis duc de). Sa consommation,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <span class="smcap">Charles</span>.</span><br />
-
-<i>Bourbotte</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-267">267</a>.<br />
-
-<i>Bourgage</i>, expliqué,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-140">140</a>.<br />
-
-<i>Bourgeois</i> avoient droit de chasse et chassoient à l’oiseau,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlviii"><small>XLVIII</small></a> et suiv.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Paris, arrêtés,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-136">136</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Queux d’un),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-269">269</a>.</span><br />
-
-<i>Bourgeoise</i> de Paris sauve son mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-135">135</a>.<br />
-
-<i>Bourgeoisie</i> parisienne au <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxv"><small>XXV</small></a>.<br />
-
-<i>Bourges</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-333" id="page_vol-2-333"></a>{v. 2, p.333}</span><br />
-
-<span class="smcap">Bourgogne</span> (Le duc de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-253">253</a>,
-<a href="#page_vol-2-254"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa consommation,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Marguerite de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.</span><br />
-
-<i>Bourgogne</i> (Vin de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-38">38</a>.<br />
-
-<i>Bourgon</i> de vigne (Vertjus de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-229">229</a>.<br />
-
-<i>Bourguignon</i> (Parti) à Paris,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lvi"><small>lvi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lvii"><small>lvii</small></a>.<br />
-
-<i>Bourrache</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-47">47</a>.<br />
-
-<i>Bourrée</i> à la galantine chaude,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la sausse chaude,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-97">97</a>, etc.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;faite avec des lamproies?
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-95"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Boussac</i> de connins,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-152">152</a>,
-<a href="#page_vol-2-153"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de lièvre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-153">153</a>.</span><br />
-
-<i>Boutehors</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-95">95</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-107">107</a>,
-<a href="#page_vol-2-108">108</a>.<br />
-
-<i>Bouteille</i> en terre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-252">252</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Boutelier</span> (Jehan),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-139">139</a>.<br />
-
-<i>Boutonner</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>.<br />
-
-<i>Bouvier</i> (Josson le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-
-<i>Boyaux</i> de porc. Comment lavés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-126">126</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Brabant</span> (Le duc de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.<br />
-
-<i>Brabant</i> (Oiseaux en),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bragelongne</span> (Le ch. de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-83">83</a>.<br />
-
-<i>Bran</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-76">76</a>.<br />
-
-<i>Branchier</i> (Épervier),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-314">314</a>.<br />
-
-<i>Braons</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-149">149</a>,
-<a href="#page_vol-2-165"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-213">213</a>.<br />
-
-<i>Brayer</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-190">190</a>,
-<a href="#page_vol-2-293"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-313">313</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Avantage pour le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-152">152</a>.</span><br />
-
-<i>Brayeul</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-293">293</a>.<br />
-
-<i>Brennée</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-79">79</a>.<br />
-
-<i>Bresmes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-187">187</a>,
-<a href="#page_vol-2-203"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au vertjus,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-97">97</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en rost,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>,
-<a href="#page_vol-2-98"> 2</a>, etc.</span><br />
-
-<span class="smcap">Bretez</span> (L.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiii"><small>LXXIII</small></a>.<br />
-
-<i>Brette.</i> Ce que c’est et comment apprêtée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-194">194</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Breul</span> (J. du),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvii"><small>LXVII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.<br />
-
-<i>Breuvage.</i> V. <i>Beuvrage</i> et <i>Buvrage</i>.<br />
-
-<i>Bric</i>, (jeu),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-71">71</a>,
-<a href="#page_vol-1-72">72</a>.<br />
-
-<i>Brie</i> en 1358,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxx"><small>lxxx</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-148">148</a>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<i>Brochereaux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>.<br />
-
-<i>Brochets</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-160">160</a>,
-<a href="#page_vol-2-232"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au romarin,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-277">277</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Chaudumé d’un),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-173">173</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;laités et œuvés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>,
-<a href="#page_vol-2-188"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Brochetons</i> à un rebouly,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>.<br />
-
-<i>Brochier</i> (brochet?),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-232">232</a>.<br />
-
-<i>Broderie</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Brongniart</span> (M. Adolphe),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-258">258</a>.<br />
-
-<i>Brouet</i> blanc,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-165">165</a>,
-<a href="#page_vol-2-173"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;blanc de connins,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-95">95</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;blanc sur perches,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-103">103</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;camelin de chair,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-95"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’Alemaigne,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-98"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-165">165</a>,
-<a href="#page_vol-2-172">172</a>,
-<a href="#page_vol-2-276">276</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’amandes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’Angleterre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-157">157</a>,
-<a href="#page_vol-2-166"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-276">276</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’anguilles,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’anguilles, verd,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>,
-<a href="#page_vol-2-97"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cannelle,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>,
-<a href="#page_vol-2-97"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-163">163</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chapons,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-149">149</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de fleur de pêcher,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-276">276</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de fressure de porc,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-158">158</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Savoie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-166"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de vertjus et de poulaille,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>,
-<a href="#page_vol-2-167"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;georgié,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-97">97</a>,
-<a href="#page_vol-2-98"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-163">163</a>,
-<a href="#page_vol-2-164">164</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;houssié,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-95">95</a>,
-<a href="#page_vol-2-163"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;jaunet,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;larde d’anguilles renversces,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rousset,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-165">165</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sarrasinois,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-172">172</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vergay,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-167">167</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vergay d’anguilles,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-171">171</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vert d’œufs et de fromage,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-172">172</a>.</span><br />
-
-<i>Brouetiers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-53">53</a>.<br />
-
-<i>Brueil</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-293">293</a>.<br />
-
-<i>Bruges</i> (Inventaire de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-liii"><small>LIII</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Oiseaux de proie à),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.</span><br />
-
-<i>Brulis</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-198">198</a>.<br />
-
-<i>Brulliau</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-198">198</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Brun</span> (Anthoine),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-137">137</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Colin), <i>ib.</i></span><br />
-
-<span class="smcap">Brunet</span> (M.), cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>LXXIV</small></a> <i>et passim</i>.<br />
-
-<i>Bruxelles</i> (Inventaire de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-liii"><small>LIII</small></a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-334" id="page_vol-2-334"></a>{v. 2, p.334}</span><br />
-
-<span class="smcap">Bruyant</span> (Jean),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-3">3</a>,
-<a href="#page_vol-2-4"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bryant</span> (Jean),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-3">3</a>,
-<a href="#page_vol-2-4"> 2</a>.<br />
-
-<i>Buche</i> achetée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Buchon</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Budé</span> (Jean),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxviii"><small>LXVIII</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Buffon</span>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bugne</span> (Gaces de la),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxix"><small>LXIX</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlix"><small>xlix</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-l"><small>l</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-186">186</a>,
-<a href="#page_vol-2-280"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-284">284</a>,
-<a href="#page_vol-2-296">296</a>,
-<a href="#page_vol-2-309">309</a>,
-<a href="#page_vol-2-321">321</a>,
-<a href="#page_vol-2-324">324</a>.</span><br />
-
-<i>Buignets</i> de mouelle,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-224">224</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’œuves de lus,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-229">229</a>.</span><br />
-
-<i>Buissons</i> dangereux pour l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-302">302</a>.<br />
-
-<i>Buletel</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-136">136</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bullet</span>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-92">92</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Bureau</span> (Pierre),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>.<br />
-
-<i>Bureaux</i> de placement,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-58">58</a>.<br />
-
-<i>Burgos</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Buron</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxx"><small>LXX</small></a>.<br />
-
-<i>Butors</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôtis,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-181">181</a>.</span><br />
-
-<i>Buvrage</i> d’avelines,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-271">271</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de lait d’amandes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-241">241</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de noisettes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-240">240</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour malades,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-237">237</a>.</span><br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="C" id="C">C</a></span><br />
-
-<i>C</i> (Manuscrit),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lii"><small>lii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lvii"><small>lvii</small></a>.<br />
-
-<i>Cabillau.</i> V. <i>Cableaux</i>.<br />
-
-<i>Cabinet généalogique.</i> Ce que c’est,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxv"><small>LXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Cableaux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-195">195</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Caboche</span>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-84">84</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Caccon</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-70">70</a>.<br />
-
-<i>Cages</i> chez diverses personnes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-253">253</a>.<br />
-
-<i>Cailles</i> (Chasse aux),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-308">308</a>,
-<a href="#page_vol-2-310"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en pasté,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-186">186</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Vol aux),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>.</span><br />
-
-<i>Caillette</i> de mouton,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-128">128</a> et 129.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de veau, <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Calais</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<i>Calendrier des bergers</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxvii"><small>lxvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-29">29</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-223">223</a>.<br />
-
-<i>Calimafrée</i>, ou saulce paresseuse,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-233">233</a>.<br />
-
-<i>Camboïs</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-263">263</a>.<br />
-
-<i>Cambray</i> (Traité de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-139">139</a>.<br />
-
-<i>Camelot</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-66">66</a>.<br />
-
-<i>Campagne</i> (Vie à la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-
-<i>Cameline</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-175">175</a>,
-<a href="#page_vol-2-177"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-178">178</a>,
-<a href="#page_vol-2-179">179</a>,
-<a href="#page_vol-2-180">180</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;achetée au saussier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-111">111</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Tournay, d’hiver et d’été,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-230">230</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Aulx</i>.</span><br />
-
-<i>Canards</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>. V. <i>Mallars</i>.<br />
-
-<i>Canets</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-236">236</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en gravé,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>.</span><br />
-
-<i>Canelle</i> battue,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-111">111</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;triée à la dent,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-248">248</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Cange</span> (Ch. du Fresne, sieur du). Objections à ce grand homme. V. <i>Coretum</i>, <i>Enfeutrure</i>, <i>Milion</i>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;cité, <i>passim</i>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Cantamus</span>, roi de Hongrie (ou plutôt des Abares),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-
-<i>Caordes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-273">273</a>.<br />
-
-<i>Carcassonne</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-248">248</a>.<br />
-
-<i>Cardamomon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-68">68</a>,
-<a href="#page_vol-2-111"> 2</a>.<br />
-
-<i>Carpe</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>,
-<a href="#page_vol-2-91"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-99">99</a>.
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-188">188</a>,
-<a href="#page_vol-2-189"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à l’estouffée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-189">189</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment l’apprêter,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-189">189</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Marne, <i>faudisse</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en galentine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-233">233</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;plus cuite en Allemagne qu’en France,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-189">189</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;portée vive,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-90">90</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quelle est la bonne,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-90">90</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa tête,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-90">90</a>.</span><br />
-
-<i>Carrelets</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-171">171</a>,
-<a href="#page_vol-2-202"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-
-<i>Carrottes.</i> V. <i>Garroites</i>.<br />
-
-<i>Cartes</i> à jouer,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxx"><small>xxx</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-71">71</a>,
-<a href="#page_vol-1-72">72</a>.<br />
-
-<i>Carvi</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-245">245</a>.<br />
-
-<i>Cassemuseaux</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Catafago</span> (M.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>.<br />
-
-<i>Catholicon</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-89">89</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-335" id="page_vol-2-335"></a>{v. 2, p.335}</span><br />
-
-<i>Caution</i> (Accusés élargis sous), 233.<br />
-
-<i>Cayeux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-205">205</a>.<br />
-
-<i>Cèdre</i> alixandre ou vermeil, ou dont l’on fait manches à couteaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-154">154</a>,
-<a href="#page_vol-2-246"> 2</a>.<br />
-
-<i>Cédule</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-252">252</a>.<br />
-
-<i>Celle</i> (La),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<i>Cendail</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Cerceaux</i> (plumes),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-90">90</a>. V. <i>Serceaux</i>.<br />
-
-<i>Cercelles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.<br />
-
-<i>Cerf.</i> Chassé quand,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Cimier du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>,
-<a href="#page_vol-2-264"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment défait et mangé,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>,
-<a href="#page_vol-2-157"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Couart du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Hampe du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Menus droits de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Poison pour le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-258">258</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Quoier du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa tête et son pied donnés aux seigneurs,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-157">157</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Seymier de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-264">264</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Venaison de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-154">154</a>.</span><br />
-
-<i>Cerises</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-53">53</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;On n’en trouve pas en mai,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>.</span><br />
-
-<i>Cerisier</i> enté sur vigne,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-51">51</a>.<br />
-
-<i>Cervaisons.</i> Quand commencent,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>.<br />
-
-<i>Cervoise</i> (Leveçon de), (levure de bierre),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-239">239</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Cerxès</span> (Le philosophe),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Cessoles</span> (J. de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-
-<i>Cet an.</i> Que signifie cette expression,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxiii"><small>XXXIII</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Chabannes</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-151">151</a>.<br />
-
-<i>Chace dou cerf</i>, citée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-157">157</a>.<br />
-
-<i>Chair</i> (Grosse), (bœuf et mouton),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-93">93</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;lavée, donnée à l’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-297">297</a>,
-<a href="#page_vol-2-323"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Chaleur</i> (Effet de la) sur l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-305">305</a>.<br />
-
-<i>Chamberières.</i> Les veiller de près,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Long article sur elles,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;peuvent supplanter la femme,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-130">130</a>.</span><br />
-
-<i>Chambre</i> arrosée,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;balayée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Bètes de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;démeublée n’a pas de mouches,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de parement,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Champagne</span> (Armes de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Champagne</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Champier</span> (Bruyère),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvii"><small>LXVII</small></a>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-206">206</a>.<br />
-
-<i>Champignons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-185">185</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Champflory</span> (Jeanne de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>LXXVII</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Champollion</span> (M. Aimé),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxvii"><small>lxvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxii"><small>lxxxii</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.<br />
-
-<i>Champs</i> (Vol pour),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-301">301</a>.<br />
-
-<i>Chandelier</i> à platine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-71">71</a>.<br />
-
-<i>Chandeliers</i> (marchands),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.<br />
-
-<i>Chandelle</i> (Recette pour la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>,
-<a href="#page_vol-2-259"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment l’éteindre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-71">71</a>.</span><br />
-
-<i>Chanlatte</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-313">313</a>.<br />
-
-<i>Chansons</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxix"><small>xxxix</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-72">72</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sur Aubriot,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvii"><small>LXXXVII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-253">253</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Chantepie</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxx"><small>LXX</small></a>.<br />
-
-<i>Chanter</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>.<br />
-
-<i>Chaons</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-154">154</a>,
-<a href="#page_vol-2-206"> 2</a>.<br />
-
-<i>Chapeaux</i> (de fleurs),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>,
-<a href="#page_vol-2-114"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-116">116</a>,
-<a href="#page_vol-2-118">118</a>,
-<a href="#page_vol-2-122">122</a>.<br />
-
-<i>Chapellerie</i> (fleurs),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.<br />
-
-<i>Chapelière</i> (marchande de fleurs),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>.<br />
-
-<i>Chaperon</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-14">14</a>,
-<a href="#page_vol-1-15">15</a>.<br />
-
-<i>Chapons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-94">94</a>, etc., 165.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la calimafrée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-234">234</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la dodine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-94"> 2</a>, etc.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la saulce briefve,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-235">235</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au blanc manger,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;aux herbes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>,
-<a href="#page_vol-2-150"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Brouet de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-149">149</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment <i>poussés</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-232">232</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment tués et attendris,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>,
-<a href="#page_vol-2-150"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Consommé de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-240">240</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de haute graisse,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-271">271</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;entiers en un blanc brouet,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;faisandés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>,
-<a href="#page_vol-2-150"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Hardouil de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-162">162</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-336" id="page_vol-2-336"></a>{v. 2, p.336}</span></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Jugiers de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pèlerins,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-110">110</a>,
-<a href="#page_vol-2-119"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rosti,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-180">180</a>;</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">à quelle sauce,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-232">232</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Saulce pour un),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-237">237</a>.</span><br />
-
-<i>Chappé</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-294">294</a>.<br />
-
-<i>Charbon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son prix, 113.</span><br />
-
-<i>Charcois</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-170">170</a>,
-<a href="#page_vol-2-213"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-306">306</a>.<br />
-
-<i>Chardonnerels</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-256">256</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Charles V</span>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxvi"><small>lxvi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxviii"><small>lxviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-148">148</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-84">84</a>,
-<a href="#page_vol-2-109"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-324">324</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;donne un hôtel à Aubriot,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Remarques sur son règne,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xvii"><small>XVII</small></a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Charles VI</span>, entre à Paris en 1383,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-136">136</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son ordonnance sur la chasse,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlviii"><small>XLVIII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;son séjour à Rouen,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-135">135</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Charles II</span>, roi de Navarre,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>LXXIV</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Charles</span>, cardinal de Bourbon,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Charlot</span> (Cage de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-255">255</a>.<br />
-
-<i>Charnage</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-140">140</a>.<br />
-
-<i>Charnalité</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-40">40</a>.<br />
-
-<i>Charnier</i> des éperviers,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-284">284</a>.<br />
-
-<i>Charnier</i> (ongle),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-294">294</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Charny</span> (Jacqueline de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-14">14</a>.<br />
-
-<i>Charquois</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-170">170</a>,
-<a href="#page_vol-2-213"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-306">306</a>.<br />
-
-<i>Charrée</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-263">263</a>.<br />
-
-<i>Charrons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.<br />
-
-<i>Chartiers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-57">57</a>,
-<a href="#page_vol-2-62"> 2</a>.<br />
-
-<i>Chasse</i> (Ordonnance de 1397 sur la),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlviii"><small>XLVIII</small></a>. V. <i>Août</i>, <i>Arbalestre</i>, <i>Arc</i>, <i>Cailles</i>, <i>Lièvre</i>, <i>Perdrix</i>, <i>Septembre</i>.<br />
-
-<i>Chasse</i> à l’épervier. Comment et par qui pratiquée au <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlviii"><small>xlviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xlix"><small>xlix</small></a>, <a href="#page_vol-1-l"><small>L</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa durée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en Orient,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-321">321</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Partie de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-l"><small>L</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Traité de la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-279">279</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Esprevier</i> et <i>Fauconnerie</i>.</span><br />
-
-<i>Chastaignes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-259">259</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;avec venaison,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-130">130</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en rissoles,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-225">225</a>.</span><br />
-
-<i>Chasteau de labour</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-4">4</a>,
-<a href="#page_vol-2-36"> 2</a>.<br />
-
-<i>Chastelet</i> ou <i>Chastelier</i> en Brie,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<i>Chastelet</i> (Place du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prisons du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Chastellux</span> (Seigneurs de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-296">296</a>.<br />
-
-<i>Chastelongnes</i> salées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>.<br />
-
-<i>Chasteté</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-60">60</a>.<br />
-
-<i>Chateingnes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-130">130</a>,
-<a href="#page_vol-2-225"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-259">259</a>.<br />
-
-<i>Chats</i>, dangereux pour l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-286">286</a>,
-<a href="#page_vol-2-291"> 2</a>.<br />
-
-<i>Chauchier</i>, expl.
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-308">308</a>.<br />
-
-<i>Chaudeau</i> flament,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-241">241</a>. V. <i>Bouillon</i>.<br />
-
-<i>Chaudières</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>.<br />
-
-<i>Chaudumée</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>, etc.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de beschets,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’un brochet,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-173">173</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Limats au),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour poisson d’eau douce,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-232">232</a>.</span><br />
-
-<i>Chaudun.</i> Ce que c’est,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-128">128</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de pourceau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-160">160</a>,
-<a href="#page_vol-2-228"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vendu dans les rues,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-161">161</a>.</span><br />
-
-<i>Chaumont-en-Bassigny</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-153">153</a>.<br />
-
-<i>Chausses</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>,
-<a href="#page_vol-1-238">238</a>,
-<a href="#page_vol-1-239">239</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Chauveron</span> (Audouin),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-136">136</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.<br />
-
-<i>Chemin de pauvreté et de richesse</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-4">4</a>.<br />
-
-<i>Chemin</i> ferré,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-35">35</a>.<br />
-
-<i>Cheminée</i> fumeuse équivaut à femme rioteuse,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.<br />
-
-<i>Chemise</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-13">13</a>,
-<a href="#page_vol-1-14">14</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;jetée sur la chandelle,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-71">71</a>.</span><br />
-
-<i>Chêne.</i> V. <i>Chesne</i>.<br />
-
-<i>Chenilles.</i> Comment tuées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-50">50</a>.<br />
-
-<i>Chère</i> (apparence), du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>.<br />
-
-<i>Chervis</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-228">228</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Chesne</span> (Jean du),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Note sur lui,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.</span><br />
-
-<i>Chesne.</i> (Plusieurs arbres entés sur un),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-51">51</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-337" id="page_vol-2-337"></a>{v. 2, p.337}</span><br />
-
-<i>Cheval</i>, offert pour une patenostre dite sans distraction,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-21">21</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;paissant en gué (proverbe),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-70">70</a>. V. <i>Chevaux</i>.</span><br />
-
-<i>Chevalereux</i> comte d’<span class="smcap">Artois</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvii"><small>LXVII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Chevalier</i> de la Tour,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxvii"><small>lxvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-7">7</a>,
-<a href="#page_vol-1-240">240</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.<br />
-
-<i>Chevaliers</i> peu riches chassent à l’épervier,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlix"><small>XLIX</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;avec des bourgeois, <a href="#page_vol-1-l"><small>L</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Queux des simples chevaliers,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-269">269</a>.</span><br />
-
-<i>Chevaux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Achat de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-72">72</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Age des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-73">73</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leurs conditions,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-72">72</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;L’épervier s’y habitue,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-300">300</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’espreveteur,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>,
-<a href="#page_vol-2-284"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;frottés de graisse salée pour les mouches,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-266">266</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Maladies des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-73">73</a> et suiv.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Soins à eux donnés,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-175">175</a>.</span><br />
-
-<i>Chevreaux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>,
-<a href="#page_vol-2-108"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-155">155</a>,
-<a href="#page_vol-2-221">221</a>,
-<a href="#page_vol-2-227">227</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;consommés par le roi, etc.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Fressure de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-228">228</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leur prix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-110">110</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rostis,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-179">179</a>.</span><br />
-
-<i>Chevrel</i>. V. <i>Chevreau</i>.<br />
-
-<i>Chevrel</i> sauvage (chevreuil), au boussac,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-155">155</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;chassé à l’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-321">321</a>.</span><br />
-
-<i>Chien</i>. Aime son maître,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-92">92</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment soigné,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-175">175</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Niort,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-93">93</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;enragé,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-259">259</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;étranges, dangereux pour l’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-301">301</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;petits,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.</span><br />
-
-<i>Chiens espagnols</i> (Choix et éducation des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-281">281</a>,
-<a href="#page_vol-2-282"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;L’épervier s’y habitue,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-300">300</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;nécessaires à l’épreveteur,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;L’épervier se perche sur eux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-296">296</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;placés près de l’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-289">289</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;leur quête,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-306">306</a>,
-<a href="#page_vol-2-307"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Chien</i> de mer,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-195">195</a>. V. <i>Brette</i>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Foie de) en pâté, <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Chinon</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>.<br />
-
-<i>Chisay</i> (Combat de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>.<br />
-
-<i>Chitron</i> (citron confit),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>.<br />
-
-<i>Choés</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-267">267</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Volaux),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.</span><br />
-
-<i>Choses</i> (Menues), qui ne désirent pas de chapitre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-262">262</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;qui ne sont de nécessité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-243">243</a>.</span><br />
-
-<i>Choucas</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-267">267</a>.<br />
-
-<i>Choulx</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>,
-<a href="#page_vol-2-48"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-50">50</a>,
-<a href="#page_vol-2-142">142</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;avec lard, pigeons, etc.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-144">144</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;blancs, 48, 143.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;cabus, 48, 98.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment cuits,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-144">144</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Maistre Réné,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Les meilleurs,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-142">142</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pasquerés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-49">49</a>,
-<a href="#page_vol-2-143"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Plantation des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-143">143</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Pommesde),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-48">48</a>,
-<a href="#page_vol-2-49"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-143">143</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;romains,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-48">48</a>,
-<a href="#page_vol-2-143"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Choysne</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Christine de Pisan</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxvii"><small>lxvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxiii"><small>lxxxiii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-186">186</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-147">147</a>.<br />
-
-<i>Chroniques</i> de Saint-Denis,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxvii"><small>lxvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>lxxxi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-148">148</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-253">253</a>.<br />
-
-<i>Cidre.</i> V. <i>Pommes</i> (Breuvage de).<br />
-
-<i>Cigne</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-101"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment tué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-184">184</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;revestu,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-184">184</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rosti, 183, 184.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;servi en entremets,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-184">184</a>.</span><br />
-
-<i>Cigoigne</i> rostie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-181">181</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Cigongne</span> (M. A.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Ciller</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-315">315</a>.<br />
-
-<i>Cimier</i> du cerf;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>,
-<a href="#page_vol-2-129"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-156">156</a>,
-<a href="#page_vol-2-157">157</a>,
-<a href="#page_vol-2-264">264</a>.<br />
-
-<i>Cincenelles</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-172">172</a>.<br />
-
-<i>Cincenellier</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-172">172</a>.<br />
-
-<i>Cine</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>. V. <i>Cigne</i>.<br />
-
-<i>Cire.</i> Son prix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>.<br />
-
-<i>Cirier</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>.<br />
-
-<i>Citoual</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>,
-<a href="#page_vol-2-219"> 2</a>.<br />
-
-<i>Citron</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>.<br />
-
-<i>Civé</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-153">153</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de connins,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>,
-<a href="#page_vol-2-169"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de lièvre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-94">94</a>. etc., 119, 169.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de moules,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-277">277</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de veel, 95, 119, 168.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-338" id="page_vol-2-338"></a>{v. 2, p.338}</span></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oestres (huîtres) noir,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’œufs,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-174">174</a>:</span><br />
-<span style="margin-left: 2em;">fris, 277.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oïttres,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-102"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-174">174</a>,
-<a href="#page_vol-2-277">277</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Saison des civés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-242">242</a>.</span><br />
-
-<i>Claré</i> ou <i>Clairet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-101"> 2</a>.<br />
-
-<i>Clémence</i> d’un mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-182">182</a>.<br />
-
-<i>Clerc</i> ou varlet chargé d’acheter certaines choses,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;marié,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Clere</span> (Le sire de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>LXXXI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Clinchamp</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxx"><small>LXX</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Clisson</span> (Olivier de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-321">321</a>.<br />
-
-<i>Clotet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-286">286</a>.<br />
-
-<i>Clou</i> de girofle,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-111">111</a>.<br />
-
-<i>Cochon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en tarte,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-217">217</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;farci,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-225"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;maigre, 110, 121.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour la gelée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-220">220</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son prix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-220">220</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rosti,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-178">178</a>. V. <i>Porc</i>.</span><br />
-
-<i>Cœur</i> (Maîtriser son),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-177">177</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Proverbe sur le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-15">15</a>.</span><br />
-
-<i>Cœurs</i> dans le plumage de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-293">293</a>.<br />
-
-<i>Coiffes</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-14">14</a>,
-<a href="#page_vol-1-15">15</a>.<br />
-
-<i>Coin</i> borgne,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-52">52</a>.<br />
-
-<i>Coings</i> confits,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-247">247</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Colbert</span> (J. B.),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxviii"><small>lxviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxi"><small>lxxi</small></a>.<br />
-
-<i>Comin.</i> V. <i>Cumin</i>.<br />
-
-<i>Commande</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-295">295</a>,
-<a href="#page_vol-2-296"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-299">299</a>.<br />
-
-<i>Commandemens</i> du mari à suivre,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-96">96</a>,
-<a href="#page_vol-1-131">131</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sans en demander la cause, 134.</span><br />
-
-<i>Commère</i> bavarde,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-180">180</a>.<br />
-
-<i>Comminée</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de poulaille,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-161">161</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de poisson,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-162">162</a>.</span><br />
-
-<i>Compiègne</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-249">249</a>.<br />
-
-<i>Compostes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-243">243</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;avec dragées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Comte</span> (Aymery),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>.<br />
-
-<i>Concierges</i> louoient les hôtels,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’hôtel de Beauvais,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.</span><br />
-
-<i>Condoignac</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-247">247</a>.<br />
-
-<i>Confession</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-23">23</a>,
-<a href="#page_vol-1-31">31</a>.<br />
-
-<i>Confiegs</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>.<br />
-
-<i>Confitures</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-244">244</a>,
-<a href="#page_vol-2-245"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de noix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-247">247</a>.</span><br />
-
-<i>Congres</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-97">97</a>,
-<a href="#page_vol-2-102"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-197">197</a>.<br />
-
-<i>Conjuration</i> contre avives et farcin,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-78">78</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;c. la rage,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-259">259</a>.</span><br />
-
-<i>Connins</i> (Age des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-152">152</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Boussac de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-152">152</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;consommés par le duc de Berry,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Les connoître,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>,
-<a href="#page_vol-2-152"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;gras et tendres,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rostis,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>, etc. 179.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Saison des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-271">271</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Sauce pour),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-236">236</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Saupiquet pour),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-233">233</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;volés par le lanier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-324">324</a>.</span><br />
-
-<i>Conseil</i> de la boucherie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-81">81</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Mellibée,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-189">189</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du Roi,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quels sont les bons,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-194">194</a>,
-<a href="#page_vol-1-199">199</a>.</span><br />
-
-<i>Conseillers</i> des grands seigneurs,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-199">199</a>.<br />
-
-<i>Consommation</i> individuelle varie,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvi"><small>XLVI</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;a baissé depuis 1789, <i>ib.</i> V. <i>Paris</i>.</span><br />
-
-<i>Contrition</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-21">21</a>.<br />
-
-<i>Convoitise</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-21">21</a>.<br />
-
-<i>Coraux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>.<br />
-
-<i>Corbeil</i> (Pain de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-38">38</a>,
-<a href="#page_vol-2-109"> 2</a>.<br />
-
-<i>Corbeille</i> de l’aumône,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Corbie</span> (Arnault de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.<br />
-
-<i>Corbeux</i> (Cheval). Comment le dire aux marchands,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-75">75</a>.<br />
-
-<i>Cordon</i> bleu mis en parallèle avec la camisole rouge,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-83">83</a>.<br />
-
-<i>Cordonniers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>,
-<a href="#page_vol-2-56"> 2</a>.<br />
-
-<i>Coretum</i>, mot cru fautif, dans Du Cange,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-295">295</a>.<br />
-
-<i>Coriandre</i> sur des plats,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-165">165</a>,
-<a href="#page_vol-2-171"> 2</a>.<br />
-
-<i>Cormorant</i> rosti,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-181">181</a>.<br />
-
-<i>Corneilles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-267">267</a>.<br />
-
-<i>Cornillas</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-267">267</a>.<br />
-
-<i>Corps</i> de derrière (du bœuf),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-131">131</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de devant, <i>ib.</i><span class="pgnum"><a name="page_vol-2-339" id="page_vol-2-339"></a>{v. 2, p.339}</span></span><br />
-
-<i>Corrections et additions</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>LXXVII</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Corrozet</span> (G.),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxviii"><small>lxviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>lxxxv</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>,
-<a href="#page_vol-2-113"> 2</a>.<br />
-
-<i>Cost</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<i>Costelettes</i> de porc,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-127">127</a>.<br />
-
-<i>Coterets</i> de Bourgogne,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>.<br />
-
-<i>Cotignac</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-247">247</a>.<br />
-
-<i>Coton</i> donné à l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-297">297</a>.<br />
-
-<i>Cotte</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-13">13</a>,
-<a href="#page_vol-1-14">14</a>.<br />
-
-<i>Couart</i> du cerf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>.<br />
-
-<i>Coucher</i> des domestiques,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-71">71</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Coucy</span> (Le Sire de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>LXXXI</small></a>.<br />
-
-<i>Couleur.</i> Comment la faire revenir,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-66">66</a>.<br />
-
-<i>Coulis</i> d’écrevisses, perches, etc.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-242">242</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’un poulet,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-242">242</a>.</span><br />
-
-<i>Coulombin</i> (Gingembre),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-230">230</a>.<br />
-
-<i>Coulons</i> ramiers,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>,
-<a href="#page_vol-2-133"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-182">182</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment connaître leur âge et les manger,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-182">182</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de deux espèces à Béziers, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Saupiquet pour),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-223">223</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vieux en hochepot,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-163">163</a>.</span><br />
-
-<i>Couloueres</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>,
-<a href="#page_vol-2-115"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-123">123</a>.<br />
-
-<i>Couper</i> verdures (Quand),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>.<br />
-
-<i>Courbes</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-73">73</a>.<br />
-
-<i>Courges</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-47">47</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment cuites,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-148">148</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;confites,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-245">245</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Courmont</span> (M. de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>.<br />
-
-<i>Couronné</i> (Cheval),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>.<br />
-
-<i>Couronnelles</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Courtenay</span> (Généalogie de), citée,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-152">152</a>.<br />
-
-<i>Cousin</i> (insecte),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-172">172</a>.<br />
-
-<i>Cousine</i> de la femme de l’auteur, peu obéissante à son mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-156">156</a>.<br />
-
-<i>Cousteaulx</i> (plumes),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>,
-<a href="#page_vol-2-294"> 2</a>.<br />
-
-<i>Couste-pointe</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-160">160</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Cousturier</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>,
-<a href="#page_vol-2-56"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;arrose le drap,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-67">67</a>,
-<a href="#page_vol-2-326"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Couteaux</i> (Manches de), en cèdre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-154">154</a>,
-<a href="#page_vol-2-246"> 2</a>. V. <i>Cousteaux</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Couveignon</span> (Pierre de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>LXXVII</small></a>.<br />
-
-<i>Couvert</i> de table au <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>.<br />
-
-<i>Couvert</i> (Oiseau qui porte au),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-294">294</a>,
-<a href="#page_vol-2-305"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-308">308</a>.<br />
-
-<i>Couverte</i> (Vol à la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>.<br />
-
-<i>Couvertoirs</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>.<br />
-
-<i>Couvrechef</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-14">14</a>,
-<a href="#page_vol-1-15">15</a>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>,
-<a href="#page_vol-1-238">238</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-252">252</a>.<br />
-
-<i>Couvrefeu</i>, heure du souper,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-39">39</a>.<br />
-
-<i>Coyer</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-129">129</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Craon</span> (J. de), s<sup>r</sup> de la Suze,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>.<br />
-
-<i>Crapaudine</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>.<br />
-
-<i>Crape</i> du cheval, 75, 77.<br />
-
-<i>Crapeux</i> (Cheval),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>.<br />
-
-<i>Craspois</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-136">136</a>,
-<a href="#page_vol-2-200">200</a>.<br />
-
-<i>Créanciers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.<br />
-
-<i>Crecerelle</i> (<i>quid?</i>)
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-320">320</a>.<br />
-
-<i>Crédit</i> (Achats à),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-25">25</a>,
-<a href="#page_vol-2-56"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Crescens</span> (Pierre de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxviii"><small>LXVIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-246">246</a>.<br />
-
-<i>Crespes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-94"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-226">226</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la guise de Tournay,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-226">226</a>.</span><br />
-
-<i>Crespine</i> de porc,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-268">268</a>.<br />
-
-<i>Cresson</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>,
-<a href="#page_vol-2-106"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au vinaigre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Porée de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-140">140</a>.</span><br />
-
-<i>Creteil</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-133">133</a>.<br />
-
-<i>Cretonnée</i>, à jour de poisson,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-160">160</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chair,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-97"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’Espaigne,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-95">95</a>,
-<a href="#page_vol-2-98"> 2</a>, etc.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de pois et fèves,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-159">159</a>.</span><br />
-
-<i>Crime</i> impuni en appelle d’autres,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-214">214</a>,
-<a href="#page_vol-1-216">216</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;racheté,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-215">215</a>.</span><br />
-
-<i>Crotet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-286">286</a>.<br />
-
-<i>Crottes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>.<br />
-
-<i>Croutes</i> au lait à la dodine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de lait,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-95">95</a>,
-<a href="#page_vol-2-96"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Cruches</i> en terre de Beauvais,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-251">251</a>.<br />
-
-<i>Cubèbe</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>,
-<a href="#page_vol-2-219"> 2</a>.<br />
-
-<i>Cueres</i> sur l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-293">293</a>.<br />
-
-<i>Cuereté</i> (Plumage),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-293">293</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-340" id="page_vol-2-340"></a>{v. 2, p.340}</span><br />
-
-<i>Cuevrechief.</i> V. <i>Couvrechef</i>.<br />
-
-<i>Cuillers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-105">105</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’argent,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de bois,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de fer,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de fer percée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>, V. <i>Mouelle</i>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;données aux ménestrels,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.</span><br />
-
-<i>Cuisine</i> du moyen âge comparée à la cuisine romaine,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxvi"><small>XXXVI</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Idée erronée de Lister, sur la), <a href="#page_vol-1-xxxvii"><small>XXXVII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;quand simplifiée, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;modifiée au <a href="#page_vol-1-xvi"><small>XVI</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxviii"><small>XXXVIII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Termes généraux de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>,
-<a href="#page_vol-2-124"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Traité de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-124">124</a>.</span><br />
-
-<i>Cuisine</i> nétoyée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-69">69</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Objets nécessaires à la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Richard de la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-69">69</a>.</span><br />
-
-<i>Cuisinier.</i> V. <i>Queux</i>.<br />
-
-<i>Cuisinier françois</i>, cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxviii"><small>XXXVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Cuisses</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-131">131</a>.<br />
-
-<i>Cuisson</i> de la carpe,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>,
-<a href="#page_vol-2-189"> 2</a>.<br />
-
-<i>Cumin</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-161">161</a>. V. <i>Comminée</i>.<br />
-
-<i>Curée</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-157">157</a>.<br />
-
-<i>Cures</i>. V. <i>Plumes</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Cuvelier</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>.<br />
-
-<i>Cuviers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.<br />
-
-<i>Cygne.</i> V. <i>Cigne</i>.<br />
-
-<i>Cyros</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-201">201</a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="D" id="D">D</a></span><br />
-
-<i>Daintiers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>. V. <i>Deytiés</i>.<br />
-
-<i>Damas</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Drap de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-66">66</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Eau rose de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-252">252</a>.</span><br />
-
-<i>Dames.</i> (Éperviers bons pour),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-293">293</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Dampierre</span> (Aubert de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-136">136</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Daniel</span> (le prophète),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-64">64</a>,
-<a href="#page_vol-1-66">66</a>.<br />
-
-<i>Danse</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-2">2</a>,
-<a href="#page_vol-1-72">72</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>.<br />
-
-<i>Danseurs</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-77">77</a>.<br />
-
-<i>Darioles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-94"> 2</a> etc. 121.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cresme,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>,
-<a href="#page_vol-2-95"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;necessaires à un repas de noces,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>.</span><br />
-
-<i>Dattes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>,
-<a href="#page_vol-2-112"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-225">225</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Dauvergne</span> (Famille),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-83">83</a>.<br />
-
-<i>Débat</i> (Reget du) de l’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-290">290</a>. V. <i>Rebat</i>.<br />
-
-<i>Débats</i>, naissent de dettes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.<br />
-
-<i>Débiteurs</i>, croient toujours devoir moins,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.<br />
-
-<i>Débonnaireté</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-56">56</a>.<br />
-
-<i>Déception</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-46">46</a>.<br />
-
-<i>Déchaussé</i> (Mari), au feu,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-168">168</a>.<br />
-
-<i>Décoré</i>, dans le sens de tuer,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-128">128</a>,
-<a href="#page_vol-2-178"> 2</a>.<br />
-
-<i>Décours</i> de la lune,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>.<br />
-
-<i>Défaire</i>, expliq.
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-151">151</a>.<br />
-
-<i>Défenses</i> du mari à suivre,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-97">97</a>.<br />
-
-<i>Dégaster</i>, expl.
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-251">251</a>.<br />
-
-<i>Délices</i> de la campagne, cités,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlii"><small>xlii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xliii"><small>xliii</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>,
-<a href="#page_vol-2-105"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-130">130</a>.<br />
-
-<i>Délié</i> sur la pointe (Cheval),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-76">76</a>.<br />
-
-<i>Demandes</i> d’ébatement par dés, par rocs et rois,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-7">7</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;subtiles, <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Dentés</i> (daintiers),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>,
-<a href="#page_vol-2-156"> 2</a>.<br />
-
-<i>Dent</i> (Canelle triée à la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-248">248</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-73">73</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Mal de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-257">257</a>.</span><br />
-
-<i>Dépense</i>, à écrire,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>. V. <i>Papier</i>.<br />
-
-<i>Dés</i> (Jeu des). Usures qui s’y faisoient,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-46">46</a>.<br />
-
-<i>Désafeutré</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>.<br />
-
-<i>Désespération</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-41">41</a>.<br />
-
-<i>Désespoir</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-41">41</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Desmarès</span> (Jean),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-136">136</a>, <a href="#page_vol-1-lxxxiii"><small>LXXXIII</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxxxvi"><small>LXXXVI</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-136">136</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-105">105</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Idete),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxii"><small>LXXXII</small></a>.</span><br />
-
-<i>Désobéissantes</i> (Femmes),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-156">156</a>.<br />
-
-<i>Despensier</i> (Maistre Jehan le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>,
-<a href="#page_vol-2-58"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-69">69</a>,
-<a href="#page_vol-2-70">70</a>,
-<a href="#page_vol-2-72">72</a>,
-<a href="#page_vol-2-76">76</a>,
-<a href="#page_vol-2-80">80</a>,
-<a href="#page_vol-2-86">86</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Despiés</span> (Louis),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxix"><small>LXXIX</small></a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-341" id="page_vol-2-341"></a>{v. 2, p.341}</span><br />
-
-<span class="smcap">Dessalles</span> (M.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxii"><small>LXII</small></a>.<br />
-
-<i>Desserte</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-103">103</a>,
-<a href="#page_vol-2-107"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-108">108</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;expliqué,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Par qui serrée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.</span><br />
-
-<i>Dessevrer</i>, expl.
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-212">212</a>.<br />
-
-<i>Destinée</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-18">18</a>.<br />
-
-<i>Desvuidier</i>, expl.
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-307">307</a>.<br />
-
-<i>Détourné</i> dans le sens de dressé?
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>.<br />
-
-<i>Détraction</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-37">37</a>.<br />
-
-<i>Dettes</i> (Ne pas payer ses),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-26">26</a>.<br />
-
-<i>Deuil</i> des reines,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des veufs,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.</span><br />
-
-<i>Deytiés</i> du cerf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment mangés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Dheulland</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiii"><small>LXXIII</small></a>.<br />
-
-<i>Diable.</i> Père de l’avare, 58.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;philosophe, 56.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses commandements, 47.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses fritures,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-31">31</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son Église, 48.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses miracles, 48.</span><br />
-
-<i>Dialecte</i> flamand,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Digne</i> (Raisins de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-246">246</a>.<br />
-
-<i>Diligence</i>, chemin de richesse,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-17">17</a>.<br />
-
-<i>Diligens</i> (Comment rendre ses gens),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-
-<i>Diners</i> (Ordonner),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de grands seigneurs,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>.</span><br />
-
-<i>Discorde</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-31">31</a>,
-<a href="#page_vol-1-34">34</a>.<br />
-
-<i>Distinction</i> première,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-9">9</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;deuxième,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-1">1</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;troisième,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-279">279</a>.</span><br />
-
-<i>Dit</i> des pays,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxviii"><small>LXVIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-246">246</a>.<br />
-
-<i>Documens</i> cités,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxv"><small>LXV</small></a>.<br />
-
-<i>Dodine</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>.</span><br />
-
-<i>Domestiques</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>,
-<a href="#page_vol-2-56"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Les chauffer,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-70">70</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leur dîner,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-69">69</a>,
-<a href="#page_vol-2-107"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;malades,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-71">71</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Organiser leur service,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>,
-<a href="#page_vol-2-69"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leur tenue pendant le repas,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-70">70</a>. V. <i>Chamberières</i>, <i>Mesnies</i>, <i>Varlets</i>.</span><br />
-
-<i>Domination</i> d’une femme insupportable à un mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-236">236</a>.<br />
-
-<i>Dorée</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-
-<i>Dorée</i> verte (Volaille),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-214">214</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Dormans</span> (Miles de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-
-<i>Dorures</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-94"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Chap. des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-210">210</a>. V. <i>Pès d’Espagne</i>.</span><br />
-
-<i>Dos</i> (Tendre), du cheval dangereux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>.<br />
-
-<i>Dot</i> d’une nièce de boucher,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Double</span> (Martin),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-
-<i>Doulce</i> pour gousse,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-231">231</a>,
-<a href="#page_vol-2-235"> 2</a>.<br />
-
-<i>Dour</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-47">47</a>.<br />
-
-<i>Dragées</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a> (bis), 122.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leur prix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sur la gelée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-221">221</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sur les pommes cuites,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vermeilles sur les chapons,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>.</span><br />
-
-<i>Dragouers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>,
-<a href="#page_vol-2-118"> 2</a>.<br />
-
-<i>Draps</i> à tendre la salle de festin,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-105">105</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Damas,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-66">66</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;<i>estou</i> ou <i>estru</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Les visiter,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-65">65</a>.</span><br />
-
-<i>Drapiers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.<br />
-
-<i>Dressoir</i> de cuisine,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>,
-<a href="#page_vol-2-117"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de salle,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Drobille</span> (Raoul),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiii"><small>LXXXIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>.<br />
-
-<i>Drois</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au percil et au vinaigre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;menus d’un cerf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Duchesne</span> (André),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxviii"><small>LXVIII</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Jehan,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Duclos</span> (M.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxiii"><small>LXIII</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Dureau de la Malle</span> (M.), cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvii"><small>XLVII</small></a>.<br />
-
-<i>Durié</i> (cheval),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-73">73</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-342" id="page_vol-2-342"></a>{v. 2, p.342}</span><br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="E" id="E">E</a></span><br />
-
-<i>N. B.</i> Voir à <i>Es</i> certains mots écrits aujourd’hui par <i>E</i>, comme <i>escrevices</i>,<br />
-<i>espices</i>, etc.<br />
-
-<i>Eau</i> à laver mains sur table,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-247">247</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;bénite d’eau rose, 275.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;bénite d’oignons, 276.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;chaude donnée au cheval, 77, 79.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;cuisant bien les pois, 134.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;grasse de bœuf, 144.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ôtée du vin, 259.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son prix, 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rose de Damas, 252.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rose en sausse, 183, 275.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rose faite sans chapelle et sans feu, 252.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rose vermeille, 253.</span><br />
-
-<i>Échecs</i> (Jeu des),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-184">184</a>.<br />
-
-<i>Échevins de la Pierre au lait.</i> Ce que c’est,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Écorcheurs</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-81">81</a>,
-<a href="#page_vol-2-84"> 2</a>.<br />
-
-<i>Ectoire</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-258">258</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de canarade,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-63">63</a>.</span><br />
-
-<i>Écussons</i>, accollés depuis quand,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Eddaouleh</span> (Choudjà et Seïf),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Édouard</span>, roi d’Angleterre,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>LXXXI</small></a> et suiv.<br />
-
-<i>Effleurer</i> dans le sens d’enfariner,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-192">192</a>.<br />
-
-<i>Efforcer</i> (S’), expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-306">306</a>.<br />
-
-<i>Église</i> (Bancs d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-15">15</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Éperviers portés à l’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-296">296</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;n’est pas lièvre,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-48">48</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Tenue d’une femme à l’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-15">15</a>,
-<a href="#page_vol-1-16">16</a>.</span><br />
-
-<i>Électoire.</i> V. <i>Ectoire</i>.<br />
-
-<i>Élire</i>, expl.,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvi"><small>LXXXVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-134">134</a>.<br />
-
-<i>Ellébore</i> noir,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-258">258</a>.<br />
-
-<i>Empiéter</i>, expl.
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-281">281</a>.<br />
-
-<i>Encre.</i> Manière de la faire,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-265">265</a>;<br />
-<span style="margin-left: 1em;">sans bouillir,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-274">274</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour papier et parchemin,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-275">275</a>.</span><br />
-
-<i>Encyclopédie</i>, citée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-295">295</a>.<br />
-
-<i>Enfans</i> abandonnés de leurs marastres s’enamourent ailleurs,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-170">170</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;adultérins,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-182">182</a>,
-<a href="#page_vol-1-185">185</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mènent le bateau d’Aubriot,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>.</span><br />
-
-<i>Enfant</i> trouvé seul dans une maison,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-95">95</a>.<br />
-
-<i>Enfeutreure</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-53">53</a>.<br />
-
-<i>Enfleurer</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-192">192</a>,
-<a href="#page_vol-2-194"> 2</a>, etc.<br />
-
-<i>Engins</i> à détruire les rats,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-64">64</a>.<br />
-
-<i>Engraisser</i> les oies,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;un cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-76">76</a>,
-<a href="#page_vol-2-77"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Enhaster</i> p. <i>embrocher</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-214">214</a>.<br />
-
-<i>Ennemis</i> réconciliés à fuir,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-201">201</a>.<br />
-
-<i>Enseigne</i> (témoignage),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-133">133</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-40">40</a>.<br />
-
-<i>Ensorcellement</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-170">170</a>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.<br />
-
-<i>Enter</i>, quand,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>,
-<a href="#page_vol-2-44"> 2</a>.<br />
-
-<i>Entes</i> curieuses,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-50">50</a>,
-<a href="#page_vol-2-51"> 2</a>. V. <i>Ante</i>.<br />
-
-<i>Entrecercle</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-125">125</a>,
-<a href="#page_vol-2-128"> 2</a>.<br />
-
-<i>Entrecerelle</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-125">125</a>,
-<a href="#page_vol-2-128"> 2</a>.<br />
-
-<i>Entremès</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-101"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-107">107</a>,
-<a href="#page_vol-2-108">108</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Tête de sanglier en),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-98">98</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Chapitre des), 6, 210, 224.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;<i>élevé</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;grand,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-97">97</a>.</span><br />
-
-<i>Entretaille</i> (Cheval qui s’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>,
-<a href="#page_vol-2-75"> 2</a>.<br />
-
-<i>Entretiens de Colbert avec Bouin</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxviii"><small>LXVIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-83">83</a>.<br />
-
-<i>Entreveschier</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-26">26</a>.<br />
-
-<i>Envie</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-36">36</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-10">10</a>.<br />
-
-<i>Épagneuls</i>, V. <i>Chiens</i>.<br />
-
-<i>Éperons</i> (Essayer le cheval aux),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-76">76</a>.<br />
-
-<i>Épervier</i>, V. <i>Esprevier</i>.<br />
-
-<i>Épine-vinette</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-
-<i>Épitaphes</i> de Paris,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiii"><small>LXXIII</small></a>.<br />
-
-<i>Éponge</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-64">64</a>,
-<a href="#page_vol-2-66"> 2</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-343" id="page_vol-2-343"></a>{v. 2, p.343}</span><br />
-
-<i>Epoux</i> bénis dans leur lit,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvi"><small>LXXXVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;peuvent pécher,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-15">15</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;solidaires l’un de l’autre,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-184">184</a>.</span><br />
-
-<i>Escargols</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-223">223</a>. V. <i>Limasson</i>.<br />
-
-<i>Eschalat</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-47">47</a>.<br />
-
-<i>Eschaloigne</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-196">196</a>.<br />
-
-<i>Eschançonnerie</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.<br />
-
-<i>Escharder</i> (écailler?),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-187">187</a>.<br />
-
-<i>Eschaudés</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.<br />
-
-<i>Esche</i> pour allumer du feu,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-263">263</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(appât),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-222">222</a>.</span><br />
-
-<i>Escheroys</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>,
-<a href="#page_vol-2-185"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-225">225</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en pasté, 228.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;expliqué, <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Eschervis</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-228">228</a>.<br />
-
-<i>Eschier</i> (briquet),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-42">42</a>.<br />
-
-<i>Eschinées</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>,
-<a href="#page_vol-2-127"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salées, 97.</span><br />
-
-<i>Escrevices</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-95">95</a>,
-<a href="#page_vol-2-98"> 2</a>, etc.; 114, 121, 170, 194, 205.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Coulis d’), 242.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mer, 205.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en gravé, 151.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en tarte jacobine, 217</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en tuille, 152.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;non de Marne, 220.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix des), 220.</span><br />
-
-<i>Escrocs</i> logés à la Pierre au Lait,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Escuelles (A plus d’), plus de loyer</i>, (proverbe),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oiselets, 121.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oublies, 107, 110.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Esturgon pour six), 200.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;louées en grand nombre, 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Quantité d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>: répondant au nombre des convives, 105, 108, 109, 113.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Signification de ce mot douteuse,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-105">105</a>.</span><br />
-
-<i>Escuiers</i> peu riches, chassent à l’épervier,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlix"><small>xlix</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-l"><small>l</small></a>.<br />
-
-<i>Escuier</i> de cuisine,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xl"><small>xl</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xlii"><small>xlii</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>,
-<a href="#page_vol-2-117"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’évêque de Paris,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;devant les mets, 117.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour la salle et les vins,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.</span><br />
-
-<i>Escurieux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-261">261</a>.<br />
-
-<i>Esmerillon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>.<br />
-
-<i>Esmeut</i> de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-288">288</a>,
-<a href="#page_vol-2-295"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-297">297</a>,
-<a href="#page_vol-2-298">298</a>,
-<a href="#page_vol-2-323">323</a>.<br />
-
-<i>Espagne</i> (Oiseaux en),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.<br />
-
-<i>Espagnols</i> (Chiens),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-281">281</a>,
-<a href="#page_vol-2-282"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-283">283</a>.<br />
-
-<i>Espaingnos</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-281">281</a>.<br />
-
-<i>Esparvain</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-73">73</a>,
-<a href="#page_vol-2-75"> 2</a>.<br />
-
-<i>Espaules</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-131">131</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mouton,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>,
-<a href="#page_vol-2-177"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-269">269</a>.</span><br />
-
-<i>Espic</i> (nard),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-219">219</a>.<br />
-
-<i>Espices</i>, (Abus des),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxvi"><small>xxxvi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xxxviii"><small>xxxviii</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à mettre ès boudins,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-125">125</a>,
-<a href="#page_vol-2-126"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment broyées et coulées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment mises en potages et sausses, 124, 147, 164.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chambre,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cuisine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Douze francs d’épices dans un repas,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;menues, 122.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Potages d’), 242.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour les potages, 107.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Saulce vert d’), 231.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;serrées avec soin, 117,</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Hiver</i> et <i>Mal de tête</i>.</span><br />
-
-<i>Espicier</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ce qu’il fournit,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-111">111</a>.</span><br />
-
-<i>Espimbèche</i> de rougets,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-175">175</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’un bouli lardé,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>.</span><br />
-
-<i>Espinars</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>,
-<a href="#page_vol-2-49"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment cuits, 141.</span><br />
-
-<i>Espinoches</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-141">141</a>.<br />
-
-<i>Espreveteur.</i> Comment il évite les obstacles,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-308">308</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;doit penser à son oiseau et à ses chiens avant tout,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-283">283</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Il lui faut neuf chiens et trois chevaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ne doit pas chasser seul,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlix"><small>XLIX</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;refuse les vieux éperviers,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-316">316</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;s’agenouille pour reprendre son oiseau, 304.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses gants,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-293">293</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;traître et larron à ses confrères,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-285">285</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-344" id="page_vol-2-344"></a>{v. 2, p.344}</span></span><br />
-
-<i>Esprevier</i> (Traité de l’). Bien fait, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>, V. <i>Chasse</i>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Où placé dans les manuscrits,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvii"><small>XLVII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-79">79</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Seul article de la troisième distinction traité par l’auteur,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvii"><small>XLVII</small></a>.</span><br />
-
-<i>Esprevier</i>, à sourcils blancs,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-320">320</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Combien doit voler,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-305">305</a>,
-<a href="#page_vol-2-310"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment repu, 322.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;couve à la Saint-Georges, 284.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’élite, 295.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;devient sauvage dès qu’il s’est pu lui-même, 311.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Esclavon et Lombard, 310.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;félon, saute au visage,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-293">293</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;foulé (lassé) se dégoûte,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-281">281</a>,
-<a href="#page_vol-2-309"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pouilleux, 325.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pris à la glu, 317.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Proverbe sur lui,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-292">292</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quel est le plus fort,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-285">285</a>,
-<a href="#page_vol-2-292"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-294">294</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quels oiseaux il peut prendre, 310.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses maladies, 319, 320.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses ongles, 294.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son aire et charnier, 284.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son esmeut, 295.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;trop gras, 320.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vieux, à refuser,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-316">316</a>.</span><br />
-
-<i>Esprevier branchier ou ramage</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-314">314</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment le prendre, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Le dompter et le dresser, 315.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ne vaut pas le mué, 320.</span><br />
-
-<i>Esprevier en mue</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Chairs bonnes pour lui, 312, 313.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa mue ou cage,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-313">313</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Soins qu’il exige, 313.</span><br />
-
-<i>Esprevier hagart.</i> V. <i>Esprevier mué de haye</i>.<br />
-
-<i>Esprevier mué</i>, n’entre point au buisson,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-316">316</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;plus fort que le niais,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-314">314</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quand il peut voler,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-314">314</a>.</span><br />
-
-<i>Esprevier mué de haye.</i> Ce que c’est,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-316">316</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;difficile à dresser, 316, 317.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;se laisse emporter, 317.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses yeux et piés, 316, 317.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son plumage, 317.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;tient du sor, <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Esprevier mué en la ferme</i> est le meilleur,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-317">317</a>.<br />
-
-<i>Esprevier niais.</i> Bien repu,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-286">286</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;bon pour les dames, 293.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Combien de vols il peut faire par jour, 305, 310.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment déniché et nourri,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-285">285</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment le baigner, 298.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment le faire voler la première fois, 304.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment l’enoiseler, 300.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment vole les vieilles perdrix, 309.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;couché au lit, 288.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;craint la surprise et le bruit, 306.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;craint l’humidité, 299.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’élite, 294, 295.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;difficile à réclamer d’un arbre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-304">304</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Effet de la chaleur sur lui, 305.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;entre aux buissons, 316.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Le repos lui nuit, 308.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Le traiter avec douceur, 290.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Le vent l’emporte,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-302">302</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mange un poussin en trois fois, 306.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ne vaut pas le mué, 320.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Obstacles qu’il craint, 302, 303.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;perché sur les chiens, 296.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Petits oiseaux, mauvais gibier pour lui, 302, 303.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;porté en public, 296.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour la pie, 300.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quand le paistre, 301.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quand lui donner chair lavée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-297">297</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quel est le bon, 292, 294.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;qui porte au couvert, 305.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Raffermir ses plumes cassées, 302.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;s’accoutume à l’homme et au cheval, 300.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa nourriture, 308, 310.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;serre fort son maître, 304.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses <i>faims</i> marquées sur ses plumes, 287.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses jambes, 294.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son esmeut, 295, 297, 298.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-345" id="page_vol-2-345"></a>{v. 2, p.345}</span></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son plumage, 292,</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;tenu chaudement, 286.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;touché avec un petit bâton, 291.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;toujours avec du monde, 291.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;trop maigre ou trop gras, 299.</span><br />
-
-<i>Esprevier sor</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-316">316</a>.<br />
-
-<i>Esprit</i> (Le Saint), Ses commandemens,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-58">58</a>.<br />
-
-<i>Espurge</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-64">64</a>,
-<a href="#page_vol-2-66"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-264">264</a>.<br />
-
-<i>Essais.</i> N’en pas faire à l’égard de son mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-168">168</a>.<br />
-
-<i>Esseules</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-297">297</a>.<br />
-
-<i>Essorer.</i> Diverses acceptions de ce mot,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-299">299</a>,
-<a href="#page_vol-2-306"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-310">310</a>,
-<a href="#page_vol-2-317">317</a>.<br />
-
-<i>Estain.</i> V. <i>Vaisselle</i>.<br />
-
-<i>Estamine</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-136">136</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Estampes</span> (Le comte d’),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lix"><small>LIX</small></a>.<br />
-
-<i>Estans marinaux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-196">196</a>.<br />
-
-<i>Estauver.</i> Ce que c’est,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-171">171</a>,
-<a href="#page_vol-2-190"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-191">191</a>,
-<a href="#page_vol-2-192">192</a>,
-<a href="#page_vol-2-193">193</a>,
-<a href="#page_vol-2-194">194</a>,
-<a href="#page_vol-2-197">197</a>,
-<a href="#page_vol-2-216">216</a>.<br />
-
-<i>Esteuf</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-290">290</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Estienne</span> (Charles),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-200">200</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Henri), cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxviii"><small>xxxviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>lxxvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-79">79</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-11">11</a>.</span><br />
-
-<i>Estourncaux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-270">270</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Estouteville</span> (Jacques d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-255">255</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Jean d’), <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Robert d’), <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Estrade</i> sur la table,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>.<br />
-
-<i>Estrées</i> (pâtisserie). V. <i>Estriers</i>.<br />
-
-<i>Estriers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-107"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-110">110</a>.<br />
-
-<i>Estueil</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-290">290</a>.<br />
-
-<i>Esturgon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>,
-<a href="#page_vol-2-96"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-199">199</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;contrefait de veel,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-200">200</a>.</span><br />
-
-<i>Esverder</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Esvreux</span> (Jehan d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>.<br />
-
-<i>Etaux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>,
-<a href="#page_vol-2-82"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-132">132</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Combien d’), par boucher,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliv"><small>XLIV</small></a>;</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des halles,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-200">200</a>.</span><br />
-
-<i>Evangile</i>, cité <i>passim</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Eve</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-78">78</a>,
-<a href="#page_vol-1-128">128</a>.<br />
-
-<i>Exagération</i> des bavards,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-180">180</a>.<br />
-
-<i>Exécuteurs</i> de testamens, infidèles,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-44">44</a>.<br />
-
-<i>Expressions</i> crues au <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="F" id="F">F</a></span><br />
-
-<span class="smcap">Fail</span> (Noël du),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Faims</i> de l’épervier marquées sur ses plumes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-287">287</a>.<br />
-
-<i>Faisan</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-101"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment servi sous Louis <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en entremets, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôti,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-181">181</a>,
-<a href="#page_vol-2-182"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Faisandeaulx</i> (Vol aux),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-309">309</a>.<br />
-
-<i>Faisander</i> (pour mortifier),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>,
-<a href="#page_vol-2-180"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-181">181</a>. etc.<br />
-
-<i>Familles</i> de la boucherie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.<br />
-
-<i>Fanoil</i> (Graine de), sur des poires,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-250">250</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Racines de) confites,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-245">245</a>.</span><br />
-
-<i>Farce</i> achetée toute faite,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-225">225</a>.<br />
-
-<i>Farcin</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-78">78</a>.<br />
-
-<i>Farine.</i> V. <i>Fleur</i>.<br />
-
-<i>Fatalisme</i> (Contre le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-18">18</a>.<br />
-
-<i>Faucheurs</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>,
-<a href="#page_vol-2-57"> 2</a>.<br />
-
-<i>Faucon</i> (Divers noms du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-324">324</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;<i>gentil</i>, 318, 324, 325.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;<i>harrotte</i>, 324.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;lanier, V. <i>Lanier</i>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Maladies du), 325.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Manière de l’orpimenter, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Mue du), 326.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;<i>pèlerin</i>, 324, 325.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sauvage volant l’outarde, 310.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;<i>tagarote</i>, 324.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;<i>vilain</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.</span><br />
-
-<i>Fauconnerie</i> au <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlviii"><small>xlviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-l"><small>l</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au <a href="#page_vol-1-xix"><small>XIX</small></a><sup>e</sup> siècle en Hollande et en Syrie,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-li"><small>li</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lii"><small>lii</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Sur la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-182">182</a>,
-<a href="#page_vol-2-319"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Fauconnerie</i> d’Arcussia,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxv"><small>LXV</small></a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-346" id="page_vol-2-346"></a>{v. 2, p.346}</span><br />
-
-<i>Fauconnier</i> ne doit point manger d’oignons,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-325">325</a>.<br />
-
-<i>Faudis.</i> Mot non expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.<br />
-
-<i>Faulx-Grenon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-211">211</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ou potage parti,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-216">216</a>.</span><br />
-
-<i>Faulx-perdriel</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-307">307</a>.<br />
-
-<i>Fautes</i> des plumes de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-287">287</a>.<br />
-
-<i>Faye-Montjeau</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Félibien</span> (D. M.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxix"><small>LXIX</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-83">83</a>,
-<a href="#page_vol-2-84"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-254">254</a>.<br />
-
-<i>Femme</i> abandonnée de son amant,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-183">183</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;adultère demande pardon à son mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-182">182</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;brûlée vive,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-128">128</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’un procureur général ne sait pas lire,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;faisant élever l’enfant adultérin de son mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-185">185</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;indulgente pour son mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-237">237</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;laissant noyer son mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-126">126</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;obéissant sans répliquer,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-152">152</a>,
-<a href="#page_vol-1-154">154</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pondant un œuf,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-180">180</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pressée, s’exprime grossièrement,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;voulant aimer,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-158">158</a>,
-<a href="#page_vol-1-162">162</a>.</span><br />
-
-<i>Femme de l’auteur</i>, chargée de surveiller et non de faire elle-même,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-3">3</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;chaste,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-62">62</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;consultoit son mari sur le choix de ses domestiques,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-57">57</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de bonne et vertueuse famille,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-3">3</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mariée à quinze ans,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-1">1</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ne fréquentoit pas les grands seigneurs,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-2">2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;orpheline,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-4">4</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;savoit s’attacher son mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-240">240</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses bonnes dispositions,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxiii"><small>xxiii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-2">2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son âge,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxiii"><small>xxiii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-1">1</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;tirée hors de sa parenté et de son pays,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-4">4</a>.</span><br />
-
-<i>Femmes</i> arrêtées par le Prévôt de Paris,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;baisant la bouche de leurs parens,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>LXXVII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;bavardes,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-178">178</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Beaucoup sont bonnes,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-194">194</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;chassoient à l’oiseau,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlviii"><small>xlviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xlix"><small>xlix</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment portent leurs armoiries,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;dissimulées,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-157">157</a>,
-<a href="#page_vol-1-176">176</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;doivent avoir horreur du sang,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxiv"><small>XXIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-59">59</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;doivent être discrètes,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-177">177</a>;</span><br />
-<span style="margin-left: 2em;">parler chastement,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-59">59</a>;</span><br />
-<span style="margin-left: 2em;">tout dire à leurs maris,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-181">181</a>,</span><br />
-<span style="margin-left: 2em;">et tout savoir,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-132">132</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;effrontées,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-14">14</a>,
-<a href="#page_vol-1-61">61</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;maîtresses de l’hôtel après leurs maris,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-59">59</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;moins obéissantes que les moines,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-146">146</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ne font qu’un avec leurs maris,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-130">130</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ne pas discuter avec elles,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-42">42</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;orgueilleuses,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-141">141</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rioteuses équivalent à cheminées fumeuses,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sages, comment se conduisent envers leurs maris,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-185">185</a>,
-<a href="#page_vol-1-186">186</a>.</span><br />
-
-<i>Femmes célèbres de l’ancienne France.</i> Ouvrage de M. de Lincy,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-
-<i>Fenêtres</i> dangereuses pour les jeunes chambrières,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-71">71</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vitrées,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxii"><small>lxxxii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-173">173</a>.</span><br />
-
-<i>Fenouil</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-45">45</a>,
-<a href="#page_vol-2-245"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-250">250</a>. V. <i>Fanoil</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Ferté-Chauderon</span> (Barons de la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-296">296</a>.<br />
-
-<i>Fer</i> de la paelle (Frire au). Expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-150">150</a>,
-<a href="#page_vol-2-224"> 2</a>.<br />
-
-<i>Fericy</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<i>Ferme</i> (cage), expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-288">288</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Ferreira</span> (Diog. Fern.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Fesses</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-72">72</a>,
-<a href="#page_vol-2-75"> 2</a>.<br />
-
-<i>Festin</i> de l’abbé de Lagny,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-103">103</a>.<br />
-
-<i>Feu</i> couvert le soir,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-71">71</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-347" id="page_vol-2-347"></a>{v. 2, p.347}</span><br />
-
-<i>Feuilles</i> d’aune prennent les puces,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.<br />
-
-<i>Feurre</i> dans les maisons,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mouillé avec le poisson,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-203">203</a>.</span><br />
-
-<i>Fèves</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-45">45</a>,
-<a href="#page_vol-2-49"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;coulées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-138"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des champs,
-
-<i>a</i>,<small>LXXXVI</small>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-139">139</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des marais,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvi"><small>LXXXVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>,
-<a href="#page_vol-2-139"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;frasées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>,
-<a href="#page_vol-2-97"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-138">138</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;nouvelles, 139.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;nouvelles en potage, 158.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;nouvelles frasées, 139.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Rectification sur les),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvi"><small>LXXXVI</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vieilles, comment cuites,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-137">137</a>;</span><br />
-<span style="margin-left: 2em;">comment rendues savoureuses,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-138">138</a>.</span><br />
-
-<i>Fèvres</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.<br />
-
-<i>Figues</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Provence rôties,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;grasses, 102.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;grasses rôties, 106.</span><br />
-
-<i>Filet</i> ou nomblet de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-131">131</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de porc,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-266">266</a>.</span><br />
-
-<i>Fille</i> pauvre. Son ménage,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-237">237</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Filleul</span> (Jehan),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-136">136</a>.<br />
-
-<i>Filoper</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-
-<i>Filopes</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-172">172</a>.<br />
-
-<i>Fils</i>, maladie d’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-325">325</a>.<br />
-
-<i>Firecy</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<i>Flamand</i> (Dialecte),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Flambeaux</i> (bougies). Leur prix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>,
-<a href="#page_vol-2-124"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Flament</span> (Jeh. le),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxvi"><small>XXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Flanchet</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-130">130</a>,
-<a href="#page_vol-2-131"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mouton, 87.</span><br />
-
-<i>Flanciaux</i> de cresme bien sucrés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sucrés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>. V. <i>Flaonnés et Flaons</i>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Flandre</span> (Marie de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>.<br />
-
-<i>Flandres</i> (Fêtes ou foires de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-76">76</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Retour de) en 1383,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-135">135</a>.</span><br />
-
-<i>Flaonnés</i> sucrés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-107"> 2</a>.<br />
-
-<i>Flaons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ayant saveur de fromage, 217.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cresme, 99.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en caresme, 216. V. <i>Flanciaux</i> et <i>Flaonnés</i>.</span><br />
-
-<i>Flatteurs</i> (Domestiques), dangereux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-59">59</a>.<br />
-
-<i>Flays</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-
-<i>Flèches</i> empoisonnées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-258">258</a>.<br />
-
-<i>Flet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-
-<i>Fleur</i> (de farine),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-67">67</a>,
-<a href="#page_vol-2-202"> 2</a>, etc.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de ris, 122.</span><br />
-
-<i>Fleur des antiquités de Paris</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxviii"><small>LXVIII</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;<i>de toute cuisine</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxv"><small>XXXV</small></a>.</span><br />
-
-<i>Fleurs</i> (Usage des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-52">52</a>,
-<a href="#page_vol-2-118"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-253">253</a>. V. <i>Chapelière</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Fleury</span> (Sire Jehan de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxvi"><small>XXVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>,
-<a href="#page_vol-2-120"> 2</a>.<br />
-
-<i>Flo</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-202">202</a>.<br />
-
-<i>Floqueaux</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-172">172</a>.<br />
-
-<i>Foie</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-128">128</a>,
-<a href="#page_vol-2-129"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-132">132</a>,
-<a href="#page_vol-2-145">145</a>,
-<a href="#page_vol-2-211">211</a>,
-<a href="#page_vol-2-216">216</a>.<br />
-
-<i>Fol</i> pense à sa fortune,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-4">4</a>.<br />
-
-<i>Follette</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-47">47</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Folleville</span> (Jehan de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Fontaine</span> (Jean de la), cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Fontaines</span> (Maistre Jehan de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxii"><small>lxxxii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxvi"><small>lxxxvi</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Fontaines-Guérin</span> (Hard. de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxv"><small>LXXV</small></a>. V. <i>Trésor de Vénerie</i>.<br />
-
-<i>Formé</i> (femelle),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>,
-<a href="#page_vol-2-325"> 2</a>.<br />
-
-<i>Formes</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>,
-<a href="#page_vol-2-116"> 2</a>.<br />
-
-<i>Fornication</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-51">51</a>.<br />
-
-<i>Fort-Hu</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-157">157</a>.<br />
-
-<i>Fortille</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxii"><small>LXXII</small></a>.<br />
-
-<i>Fortune</i> ou chevance. Y penser,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-2">2</a>.<br />
-
-<i>Fouace</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Fouaillier</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-259">259</a>.<br />
-
-<i>Fougère</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-172">172</a>.<br />
-
-<i>Fouldre</i> (Vol au),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>.<br />
-
-<i>Foule</i> (Mot d’une femme dans la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.<br />
-
-<i>Fouleurs</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>.<br />
-
-<i>Fouques</i> aux choux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-144">144</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en potage et salées, 264.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salées, 133.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-348" id="page_vol-2-348"></a>{v. 2, p.348}</span></span><br />
-
-<i>Four</i> (Hotel du), à Yerre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>.<br />
-
-<i>Fourcelle</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-320">320</a>.<br />
-
-<i>Fourme</i> sur couronelle,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>.<br />
-
-<i>Fourmé</i> (femelle),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>,
-<a href="#page_vol-2-325"> 2</a>.<br />
-
-<i>Fourmes</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>,
-<a href="#page_vol-2-116"> 2</a>.<br />
-
-<i>Fourmiers</i> (housses),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>.<br />
-
-<i>Fourmis.</i> Comment les détruire,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-48">48</a>.<br />
-
-<i>Fourniers</i> (Proverbe sur les),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-36">36</a>.<br />
-
-<i>Fourques.</i> V. <i>Fouques</i>.<br />
-
-<i>Fourreurs</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>.<br />
-
-<i>Fourrures</i> à visiter,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-65">65</a>.&mdash;mouillées, 66.<br />
-
-<i>Fraise.</i> V. <i>Fraze</i>.<br />
-
-<i>Framboisiers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<i>Franc-boyau</i> du cerf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>.<br />
-
-<i>Franche-mule</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-129">129</a>,
-<a href="#page_vol-2-132"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Franchières</span>, cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.<br />
-
-<i>François</i>, cuisent peu la carpe,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-189">189</a>.<br />
-
-<i>Frangé</i> de safran, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-148">148</a>,
-<a href="#page_vol-2-268"> 2</a>.<br />
-
-<i>Fraude</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-45">45</a>.<br />
-
-<i>Fraze</i> de chair,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chevreaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Frédéric II</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxix"><small>LXIX</small></a>; cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>,
-<a href="#page_vol-2-289"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-295">295</a>,
-<a href="#page_vol-2-321">321</a>.<br />
-
-<i>Freschumée</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-125">125</a>,
-<a href="#page_vol-2-206"> 2</a>.<br />
-
-<i>Fressure</i> de chevreau et de porc,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-228">228</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Brouet de fressure de pourcel, 158. V. <i>Froissure</i>.</span><br />
-
-<i>Frioul</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-70">70</a>.<br />
-
-<i>Frire</i>, en quoi diffère de seurfrire,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-151">151</a>.<br />
-
-<i>Fritures</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Chapitre des), 210.</span><br />
-
-<i>Froide-sauge</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-215">215</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de moitiés de poucins, 108, 111. V. <i>Sauge</i>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Froissart</span>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlvi"><small>xlvi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>lxxxi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>,
-<a href="#page_vol-1-148">148</a>.<br />
-
-<i>Froissure.</i> Ce que c’est,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-128">128</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chevreau, 228.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mouton,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-128">128</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de porc, comment cuite,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-126">126</a>,
-<a href="#page_vol-2-158"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-228">228</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Diverses significations de ce mot,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-129">129</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’un bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-129">129</a>,
-<a href="#page_vol-2-132"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Fromage</i> dans les gauffres,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>,
-<a href="#page_vol-2-262"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de gain, 213.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de presse, 218.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mol, moyen, 218.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour <i>Issue</i>, 108.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour tartelettes, 110.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quel est le bon, 146.</span><br />
-
-<i>Froment</i> (Grains de) donnés à l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-298">298</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mondé, 111, 122, 210, 271.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son prix,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxi"><small>XXXI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-109">109</a>,
-<a href="#page_vol-2-111"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-238">238</a>.</span><br />
-
-<i>Fromentée</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-94"> 2</a>, etc., 210, 271.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au marsouin,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-103">103</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au pourpois, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Lait pour la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Trois cents œufs pour la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>. V. <i>Venoison</i>.</span><br />
-
-<i>Fruit</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-101"> 2</a>.<br />
-
-<i>Fuites</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-188">188</a>.<br />
-
-<i>Fusée</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-73">73</a>.<br />
-
-<i>Fuselé</i> (Cheval),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-73">73</a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="G" id="G">G</a></span><br />
-
-<i>Gage</i> plié,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-120">120</a>.<br />
-
-<i>Galanga</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>. V. <i>Garingal</i>.<br />
-
-<i>Galentine</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-100"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de poisson froid, 174.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour carpe, 233.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour raye, 202.</span><br />
-
-<i>Gallettes</i> sucrées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-110">110</a>.<br />
-
-<i>Galles</i> pour encre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-265">265</a>.<br />
-
-<i>Galoise</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.<br />
-
-<i>Galop</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-75">75</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Gand-Vilain</span> (Charyte de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Gant</i> de l’espreveteur,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-294">294</a>.<br />
-
-<i>Garde-mangers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>.<br />
-
-<i>Gardons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-194">194</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-349" id="page_vol-2-349"></a>{v. 2, p.349}</span><br />
-
-<i>Garingal</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Fait mal à la tête, 236.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quel est le bon, 230.</span><br />
-
-<i>Garnache</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-102"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quelle quantité il en falloit,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.</span><br />
-
-<i>Garnement</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-67">67</a>.<br />
-
-<i>Garnison</i>, expl.,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-237">237</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-64">64</a>,
-<a href="#page_vol-2-67"> 2</a>.<br />
-
-<i>Garroittes</i> confites,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-244">244</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leur prix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-245">245</a>.</span><br />
-
-<i>Garrot</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>.<br />
-
-<i>Gascogne</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-177">177</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Vin de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-38">38</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Gaston-Phœbus</span>, comte de Foix,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxx"><small>LXX</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-46">46</a>.<br />
-
-<i>Gauchières</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-307">307</a>.<br />
-
-<i>Gauffres.</i> Comment faites,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-261">261</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;couléisses, 262.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;fourrées, 109, 121.</span><br />
-
-<i>Gauffriers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-262">262</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Gautier</span>, marquis de Saluces,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-100">100</a>.<br />
-
-<i>Gaulois</i>, empoisonnoient leurs flèches,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-258">258</a>.<br />
-
-<i>Gavion</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-73">73</a>.<br />
-
-<i>Gaymeau</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-192">192</a>.<br />
-
-<i>Geais</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.<br />
-
-<i>Gelée</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>, etc.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;bleue, 220.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">Ce qu’on sème dessus, 219.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment la faire, 218.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chapons, 94.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de char, 218, 220.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’écrevices, etc., 108.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de poisson, 93, 95, 220.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(potage), 100.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Poucins, cochon, etc., pour la), 110, 121.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Veau pour la), 109,</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Violette sur la), 221.</span><br />
-
-<i>Géline</i> couve des paons,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-256">256</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de février,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-125">125</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;gratte toujours, 257.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mangée en trois jours par un autour, 322.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôtie, 180.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;V. <i>Poules</i>.</span><br />
-
-<i>Geneste</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-168">168</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’aloés, 96.</span><br />
-
-<i>Gente</i> rôtie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-181">181</a>.<br />
-
-<i>Georgé</i> (Brouet),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-97">97</a>,
-<a href="#page_vol-2-98"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-163">163</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Gérard</span>, abbé de Saint-Germain des Prés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-84">84</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Géraud</span> (M.), cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlvi"><small>xlvi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xlvii"><small>xlvii</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxxvi"><small>LXXVI</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>.<br />
-
-<i>Gerfaut</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>.<br />
-
-<i>Gésiers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-145">145</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mal dit pour <i>gigier</i>, 211.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;V. <i>Jugiers</i>.</span><br />
-
-<i>Gets</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-290">290</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Ghistelles</span> (Jean de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Marguerite de), propriétaire de mon manuscrit du <i>Ménagier</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a> et suivantes;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-272">272</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Giac</span> (Pierre de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.<br />
-
-<i>Giesles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-315">315</a>.<br />
-
-<i>Gigier</i>, mieux dit que <i>gésier</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-211">211</a>.<br />
-
-<i>Gingembre</i> blanc,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-218">218</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;coulombin, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;dans les gauffres, 122.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mesche, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;En quoi le <i>coulombin</i> diffère du <i>g. de mesche</i>, 230.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;verd, 230.</span><br />
-
-<i>Giroffle</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-111">111</a>. (Baston de), 246.<br />
-
-<i>Giroflée</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-45">45</a>.<br />
-
-<i>Gisors</i> (Vicomte de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-152">152</a>.<br />
-
-<i>Gîte</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>.<br />
-
-<i>Glandes</i> de mouton bonnes à l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-313">313</a>.<br />
-
-<i>Gloutonnie</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-47">47</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-13">13</a>.<br />
-
-<i>Glu</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>,
-<a href="#page_vol-1-173">173</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de froment,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-251">251</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Manière de la faire, 250.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour eau, 251.</span><br />
-
-<i>Gobelets</i> couverts, dorés,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Godefroy</span> (Denis),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxx"><small>lxx</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-237">237</a>.<br />
-
-<i>Gois</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.<br />
-
-<i>Gomme</i> de cerisier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-219">219</a>.<br />
-
-<i>Goujons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-233">233</a>.<br />
-
-<i>Gourdes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-273">273</a>.<br />
-
-<i>Gourme</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-73">73</a>.<br />
-
-<i>Gournaut</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-196">196</a>,
-<a href="#page_vol-2-197"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Goussencourt</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Goutière</i> (mangeoire),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-350" id="page_vol-2-350"></a>{v. 2, p.350}</span><br />
-
-<i>Gouttron</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-189">189</a>.<br />
-
-<i>Grâces</i> (Dire les),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.<br />
-
-<i>Grain</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-150">150</a>,
-<a href="#page_vol-2-154"> 2</a>.<br />
-
-<i>Graine</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-151">151</a>. V. <i>Gravé</i>.<br />
-
-<i>Graine de paradis</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-67">67</a>,
-<a href="#page_vol-2-111"> 2</a>.<br />
-
-<i>Grains</i>, à remuer,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-64">64</a>.<br />
-
-<i>Graisse.</i> Son prix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>.<br />
-
-<i>Gramose</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-145">145</a>.<br />
-
-<i>Granche</i> (estomac),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-213">213</a>.<br />
-
-<i>Grand cuisinier</i>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxiv"><small>xxxiv</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xlii"><small>xlii</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-171">171</a>,
-<a href="#page_vol-2-184"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-211">211</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Plats tirés du), 145 (2), 148 (2), 149 (4), 150 (2), 151, 154, 155, 163 (4), 164 (2), 166, 167 (2), 171, 172 (2), 174, 177, 179 (5), 180, 181, 183 (3), 185, 187 (6), 188, 189 (2), 190 (2), 191 (3), 192 (2), 193 (2), 194 (3), 195, 196 (3), 197 (3), 198 (3), 199 (3), 200, 201, 202 (3), 203 (4), 204, 208, 211, 212, 223 (2), 226, 234 (2), 241.</span><br />
-
-<i>Grande-boucherie</i> (Étal au-dessous de la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-132">132</a>. V. <i>Boucherie</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Grantpré</span> (Le comte de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>LXXXI</small></a>.<br />
-
-<i>Graspois</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>,
-<a href="#page_vol-2-200"> 2</a>. V. <i>Craspois</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Gratien</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-98">98</a>.<br />
-
-<i>Gratuise</i> (râpe?),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-262">262</a>.<br />
-
-<i>Gratuisié</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-149">149</a>,
-<a href="#page_vol-2-207"> 2</a>.<br />
-
-<i>Gravé</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-151">151</a>,
-<a href="#page_vol-2-173"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’aloés, couleur de fleur de peschier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-95">95</a>,
-<a href="#page_vol-2-98"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-276">276</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de canets, 121.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de lamproies, 97.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’escrevices, 151.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oiselets, 121, 150.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sur friture, 101.</span><br />
-
-<span class="smcap">Graville</span> (L’amiral de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-255">255</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Anne de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-255">255</a>.</span><br />
-
-<i>Grédelié</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-206">206</a>.<br />
-
-<i>Greffe?</i>
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-68">68</a>.<br />
-
-<i>Greffes</i> curieuses,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-50">50</a>,
-<a href="#page_vol-2-51"> 2</a>. V. <i>Ente</i> et <i>Enter</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Grégoire</span> (Saint), cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-63">63</a>.<br />
-
-<i>Grenache.</i> V. <i>Garnache</i>.<br />
-
-<i>Grenade.</i><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Pommes de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-110">110</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sur chapons, 108.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sur la gelée, 221.</span><br />
-
-<i>Grenade</i> (Faucon de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-324">324</a>.<br />
-
-<i>Greniers</i> à visiter,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-64">64</a>.<br />
-
-<i>Grenouilles.</i> V. <i>Renoulles</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Grésy</span> (M. Eugène), cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lix"><small>lix</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxx"><small>lxxx</small></a>.<br />
-
-<i>Grève</i> (Place de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>.<br />
-
-<i>Griffon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-321">321</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Grille</span> (M.),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-151">151</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Grimault</span> (Grimoald),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-69">69</a>,
-<a href="#page_vol-1-70">70</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Grimoald</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-69">69</a>,
-<a href="#page_vol-1-70">70</a>.<br />
-
-<i>Grimondin</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-197">197</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Gringore</span> (Pierre), a copié J. Bruyant,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-4">4</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Grisélidis</span> (Hist. de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-1-103">103</a> et suiv., 141.<br />
-
-<i>Gros-bastons</i> (oublies),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-109">109</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Recette des), 121, 262.</span><br />
-
-<i>Gros-bout</i> de poitrine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>.<br />
-
-<i>Groseillers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-49">49</a>.<br />
-
-<i>Groseilles</i> sur des plats,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-161">161</a>,
-<a href="#page_vol-2-170"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Grosia</span> (Martin),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-146">146</a>.<br />
-
-<i>Gruau.</i> V. <i>Gruyau</i>.<br />
-
-<i>Grue</i> rostie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-181">181</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Vol de la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-324">324</a>.</span><br />
-
-<i>Grumel</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>,
-<a href="#page_vol-2-87"> 2</a>.<br />
-
-<i>Gruyau</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-242">242</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’avoine, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-212">212</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’orge, 241.</span><br />
-
-<i>Guède</i> (Pasteaux ou Tourteaux de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-214">214</a>,
-<a href="#page_vol-2-251"> 2</a>.<br />
-
-<i>Guedes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-315">315</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Guesclin</span> (Bertrand du),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-324">324</a>.<br />
-
-<i>Guides</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-315">315</a>.<br />
-
-<i>Guilles</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-315">315</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Guise</span> (Tapisserie à la maison de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiii"><small>LXXIII</small></a>.<br />
-<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-351" id="page_vol-2-351"></a>{v. 2, p.351}</span><br />
-
-<span class="alph"><a name="H" id="H">H</a></span><br />
-
-<i>Hacher</i> à deux couteaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-228">228</a>.<br />
-
-<i>Hadou</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-198">198</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Hainaut</span> (Guillaume comte de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.<br />
-
-<i>Haine</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-38">38</a>.<br />
-
-<i>Halebrans</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-236">236</a>.<br />
-
-<i>Halles</i> (Les),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Étaux des), 200.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Pain vendu aux), 109, 110.</span><br />
-
-<i>Hampe</i> du cerf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-131">131</a>,
-<a href="#page_vol-2-156"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-157">157</a>.<br />
-
-<i>Hanaps</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>,
-<a href="#page_vol-2-117"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Hanons</i> (coquillage),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-
-<i>Harang.</i> V. <i>Harenc</i>.<br />
-
-<i>Hardouil</i> de chapons,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-162">162</a>.<br />
-
-<i>Harenc</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-200">200</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;blanc, 101.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;frais, 95, 98. V. <i>Aulx moussus</i>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;nouvellet, 271.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;quaque, 134.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sor, 94, 97, 134.</span><br />
-
-<span class="smcap">Hargicourt</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Hargneux</i> (Proverbe sur les),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.<br />
-
-<i>Haricot.</i> V. <i>Hericot</i>.<br />
-
-<i>Haricots</i> dits fèves,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvi"><small>LXXXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Harpayes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-307">307</a>.<br />
-
-<i>Harpe</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-72">72</a>.<br />
-
-<i>Hastelets</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-161">161</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de bœuf, 94, 95.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chaudun de porc, 228.</span><br />
-
-<i>Haste-menue</i>, (ou rate),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-128">128</a>,
-<a href="#page_vol-2-268"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de porc, 164.</span><br />
-
-<i>Hasterel</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>.<br />
-
-<i>Hausser</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-322">322</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Hautecourt</span> (Maître Jehan de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>,
-<a href="#page_vol-2-250"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-382">382</a>.<br />
-
-<i>Haye-du-Puis</i> (La),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxv"><small>XXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Hazé</i>, pour brûlé,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-216">216</a>.<br />
-
-<i>Heilly</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxx"><small>LXXX</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Helye</span>, (Maistre),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Hemery</span> (Jeanne),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxix"><small>XXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Herbe verte</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>,
-<a href="#page_vol-2-124"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;dans les maisons,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-184">184</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Où achetée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>,
-<a href="#page_vol-2-114"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Herbolata</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-207">207</a>.<br />
-
-<i>Heriçons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-261">261</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;factices,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-269">269</a>.</span><br />
-
-<i>Hericot</i> de mouton,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-148">148</a>.<br />
-
-<i>Héron</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôti, 181.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Vol du), 324.</span><br />
-
-<i>Hesdin</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-253">253</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Hestomesnil</span>, (Jehan de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xix"><small>XIX</small></a>.<br />
-
-<i>Hétoudeaux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-180">180</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Moust pour), 234.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix des), 120.</span><br />
-
-<i>Histoire de Bourgogne</i>, citée,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lix"><small>LIX</small></a>.<br />
-
-<i>Histoire généalogique des grands officiers, etc.</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xl"><small>xl</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lviii"><small>lviii</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxv"><small>LXV</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-152">152</a>.<br />
-
-<i>Histoire sur Bible</i>, citée,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-128">128</a>,
-<a href="#page_vol-1-129">129</a>.<br />
-
-<i>Historieur</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-128">128</a>,
-<a href="#page_vol-1-129">129</a>.<br />
-
-<i>Hiver</i> (Épices plus usitées en),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-236">236</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Fleurs gardées en), 44.</span><br />
-
-<i>Hobe</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-319">319</a>.<br />
-
-<i>Hobereau</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>,
-<a href="#page_vol-2-319"> 2</a>.<br />
-
-<i>Hochepot</i> de volaille,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-163">163</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Hollande</span> (G. duc de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.<br />
-
-<i>Hommage</i> attaqué faute d’un baiser,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxviii"><small>LXXVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Hommes</i> à fuir,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-77">77</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Honcourt</span> (M. Guy de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-381">381</a>.<br />
-
-<i>Honneur</i> d’une femme à garder,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-184">184</a>.<br />
-
-<i>Horloges</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-257">257</a>.<br />
-
-<i>Hôtel</i> mené par la femme,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-59">59</a>. V. <i>Maison</i>.<br />
-
-<i>Hôtel</i> d’Aubriot,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-255">255</a>,
-<a href="#page_vol-2-380"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Galeran de Montigny, 255.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des Tournelles, 254.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du <i>Porc-épic</i>, 254.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du Prévôt de Paris, 255.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Saint-Paul, 253.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-352" id="page_vol-2-352"></a>{v. 2, p.352}</span></span><br />
-
-<i>Hotellerie</i> (Potage à faire dans une),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-146">146</a>.<br />
-
-<i>Hotels</i> loués par les concierges,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Hotin</span>, cuisinier de M. de Roubais,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lix"><small>lix</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lx"><small>lx</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-275">275</a>.<br />
-
-<i>Hotteurs</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>.<br />
-
-<i>Houpelande</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-14">14</a>.<br />
-
-<i>Hourdouil</i> de chapons,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-162">162</a>.<br />
-
-<i>Houssebarre</i> de chair,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-170">170</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de poisson, 171.</span><br />
-
-<i>Houssié</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-164">164</a>, V. <i>Brouet</i>.<br />
-
-<i>Houx</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-250">250</a>.<br />
-
-<i>Hu</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-157">157</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Huber</span>, cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>,
-<a href="#page_vol-2-302"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-307">307</a>,
-<a href="#page_vol-2-309">309</a>,
-<a href="#page_vol-2-319">319</a>.<br />
-
-<i>Huitres.</i> V. <i>Oïstres</i>, <i>oïttres</i>, <i>cive</i>, etc.<br />
-
-<i>Hule</i> d’un couteau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-274">274</a>.<br />
-
-<i>Humilité</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-53">53</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Huzard</span> (M.),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lii"><small>lii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxvi"><small>lxvi</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxvii"><small>LXVII</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>LXXIV</small></a>.<br />
-
-<i>Hyères</i> (L’abbesse d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Hypocras.</i> V. <i>Ypocras</i>.<br />
-
-<i>Hypocrisie</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-29">29</a>,
-<a href="#page_vol-1-34">34</a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="I" id="I">I</a></span><br />
-
-<i>Ierre</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Ile Nostre-Dame</i>, ou <i>Saint-Louis</i>, à Paris,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-93">93</a>.<br />
-
-<i>Imprimeurs</i> anciens négligeoient les livres non sérieux,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxiv"><small>XXXIV</small></a>.<br />
-
-<i>Improviste</i> (Souper à l’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-170">170</a>. V. <i>Hotellerie</i>.<br />
-
-<i>Inconvenance</i> dans les noms de certains mets,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.<br />
-
-<i>Inobédience</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-29">29</a>,
-<a href="#page_vol-1-32">32</a>.<br />
-
-<i>Inventaire</i> de R. Picque,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxx"><small>LXX</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.<br />
-
-<i>Ire</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-38">38</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-10">10</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Isaac</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-82">82</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Isabeau de Bavière</span> aimoit les animaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa dépense de bouche, 85.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses enfans,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxii"><small>XXII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Isebarre</span> (Augustin),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-
-<i>Issue</i> de table,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-94"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-95">95</a>,
-<a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-100">100</a>,
-<a href="#page_vol-2-101">101</a>,
-<a href="#page_vol-2-103">103</a>,
-<a href="#page_vol-2-108">108</a>.<br />
-
-<i>Issues</i> de bœuf et leur prix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-132">132</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mouton et leur prix, 128.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de porc, 128.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de sanglier, 157.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de veau et leur prix, 128.</span><br />
-
-<i>Ivresse</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-49">49</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses inconvéniens,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-14">14</a>,
-<a href="#page_vol-2-70"> 2</a>.</span><br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="J" id="J">J</a></span><br />
-
-<i>Jabets</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-224">224</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Jacob</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-85">85</a>.<br />
-
-<i>Jacobins</i> de Londres,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>LXXXI</small></a>.<br />
-
-<i>Jactance</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-29">29</a>,
-<a href="#page_vol-1-33">33</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Jaillot</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Jalet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-224">224</a>.<br />
-
-<i>Jambes</i> de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-294">294</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du cheval, 74.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;enflées, 77.</span><br />
-
-<i>Jambons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-127">127</a>,
-<a href="#page_vol-2-237"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment dessalés, 127.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;frais, 147.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salés de trois jours, 139.</span><br />
-
-<i>Jance</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-234">234</a>,
-<a href="#page_vol-2-236"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à aulx, 234.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de lait de vache, 234.</span><br />
-
-<i>Jardinage</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>.<br />
-
-<i>Jargeau</i> du cerf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>.<br />
-
-<i>Jarrets</i> courts,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-216">216</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du cheval, 74.</span><br />
-
-<span class="smcap">Jassaud</span> (Hôtel de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(MM, de), <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Jattes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-353" id="page_vol-2-353"></a>{v. 2, p.353}</span><br />
-
-<i>Jaunet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-149">149</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;V. <i>Loche</i>, <i>Mouton</i>, <i>potage</i>, <i>sausse</i>, <i>tripes</i>, <i>trumel</i>.</span><br />
-
-<i>Jaunisse</i> de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-319">319</a>.<br />
-
-<i>Javart</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-75">75</a>,
-<a href="#page_vol-2-77"> 2</a>.<br />
-
-<i>Javel</i> (Bois de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Jean</span> (Le roi),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>LXXXI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Jean de Brie</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xix"><small>XIX</small></a>.<br />
-
-<i>Jean le Blanc</i> (oiseau),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-307">307</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Jean le Despensier</span> (Maistre),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Jean Sans Peur</span>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Jeanne</span>, comtesse de Boulogne et d’Auvergne,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-46">46</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Jeanne d’Évreux</span>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Jehannicola</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-103">103</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Jérôme</span> (Saint), cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-39">39</a>,
-<a href="#page_vol-1-62">62</a>.<br />
-
-<i>Jets</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-290">290</a>.<br />
-
-<i>Jeux</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlvii"><small>xlvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>lxxvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-7">7</a>,
-<a href="#page_vol-1-71">71</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;illicites,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-59">59</a>.</span><br />
-
-<i>Jeu des échecs moralisé</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-186">186</a>.<br />
-
-<i>Jombarde</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Josephe</span> (L’historien),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-78">78</a>.<br />
-
-<i>Joubarbe</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<i>Joue</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>,
-<a href="#page_vol-2-86"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-88">88</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Jouvenel</span> (Jehan),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxvi"><small>XXVI</small></a>. V. <span class="smcap">Juvenal des Ursins</span>.<br />
-
-<i>Joyaux</i> d’une riche bouchère,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>.<br />
-
-<i>Jugiers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>. V. <i>Gésiers</i>.<br />
-
-<i>Juifs</i> en France,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxii"><small>XXII</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment punissent l’adultère, 67.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quand chassés, 68.</span><br />
-
-<i>Juive</i> assommée,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-
-<i>Jurer</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-38">38</a>,
-<a href="#page_vol-1-43">43</a>,
-<a href="#page_vol-1-46">46</a>.<br />
-
-<i>Jurés</i> de la boucherie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-81">81</a>.<br />
-
-<i>Juridiction</i> de la grande boucherie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-81">81</a>.<br />
-
-<i>Justice</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-57">57</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Juvenal des Ursins</span> (Jean),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxx"><small>lxx</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-173">173</a>. V. <span class="smcap">Jouvenel</span>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="K" id="K">K</a></span><br />
-
-<i>Karvy</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-245">245</a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="L" id="L">L</a></span><br />
-
-<span class="smcap">Laban</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-85">85</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Labat</span> (Gilles). Ce qu’il étoit,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxviii"><small>lxxviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-137">137</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Laborde</span> (Le comte de), cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.<br />
-
-<i>Labour (Chasteau de)</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-4">4</a>,
-<a href="#page_vol-2-36"> 2</a>.<br />
-
-<i>Laboureur</i> a la coanne plus dure qu’un prince, 293.<br />
-
-<i>Laboureurs</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>,
-<a href="#page_vol-2-57"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lacabane</span> (M. Léon),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxv"><small>LXXV</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Ladehors</span> (Oudin de la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Famille de bouchers, <i>ib.</i> et 83.</span><br />
-
-<i>Lagny</i> (Abbé de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-103">103</a>,
-<a href="#page_vol-2-104"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-105">105</a>.<br />
-
-<i>Lait.</i> Comment l’empécher de tourner,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-176">176</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de vache, lié, 175.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Jance de), 234.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;lardé, 92, 93, 95, etc., 224.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;non écrémé ni mélangé, 113.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Potage de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-176">176</a>,
-<a href="#page_vol-2-177"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;souvent mélangé, 159.</span><br />
-
-<i>Lait</i> d’amandes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-241">241</a>.<br />
-
-<i>Laitances</i> de carpes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-217">217</a>.<br />
-
-<i>Laitière</i> (Jehanneton la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-
-<i>Laitues</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-46">46</a>,
-<a href="#page_vol-2-96"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lallemant</span> (Nic. et Rich.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lamarre</span>, cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>,
-<a href="#page_vol-2-84"> 2</a>.<br />
-
-<i>Lamproie</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-192">192</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à froide sauge, 93.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la boue, 192.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la sauce chaude,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à l’estouffée, 193.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;bouillie, 193.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Sauce de), 133.</span><br />
-
-<i>Lamproyons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-192">192</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-354" id="page_vol-2-354"></a>{v. 2, p.354}</span><br />
-
-<i>Lancerel</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>.<br />
-
-<i>Lancerons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>.<br />
-
-<i>Landal</i> (Château de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<i>Laneret</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>,
-<a href="#page_vol-2-319"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-323">323</a>,
-<a href="#page_vol-2-325">325</a>.<br />
-
-<i>Langoustes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-196">196</a>,
-<a href="#page_vol-2-205"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-225">225</a>.<br />
-
-<i>Langue</i> à retenir,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-177">177</a>,
-<a href="#page_vol-1-178">178</a>.<br />
-
-<i>Langue</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-177">177</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salée et fumée, 133, 177.</span><br />
-
-<i>Languedoc</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-195">195</a>,
-<a href="#page_vol-2-196"> 2</a>.<br />
-
-<i>Lanier</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>,
-<a href="#page_vol-2-319"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-325">325</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;dit <i>faucon vilain</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>,
-<a href="#page_vol-2-323">323</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;perché bas, <a href="#page_vol-2-322">322</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quels oiseaux il prend, <a href="#page_vol-2-324">324</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vole bas, <a href="#page_vol-2-322">322</a>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Lannoy</span> (Agnès de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Lapereaux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-110">110</a>,
-<a href="#page_vol-2-121"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-236">236</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en rosé, 154.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôtis, 275.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Vol aux), 309.</span><br />
-
-<i>Lapins.</i> V. <i>Connins</i>.<br />
-
-<i>Larcin</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-45">45</a>.<br />
-
-<i>Lard</i> acheté au boucher,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;aux choux, 144.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de caresme, 200.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;jaune, déplaît, 126.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son prix, 85.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sur les pois, 135.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Témoins de), 270.</span><br />
-
-<i>Larder</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de percil, 177.</span><br />
-
-<i>Lardés</i> du cerf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>,
-<a href="#page_vol-2-157"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Larivière</span> (Armes de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>. V. <i>Rivière</i>.<br />
-
-<i>Larras</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Laserna-Santander</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Lauderburg</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Laurier</i> (Feuilles de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>,
-<a href="#page_vol-2-112"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Laval</span> (Généalogie de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxviii"><small>LXVIII</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;<span class="smcap">Loué</span> (Madame de), 240.</span><br />
-
-<i>Lavande</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<i>Lavandière.</i> Son emploi le jour des noces,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Laver</i> les mains au sortir de table,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lazarus</span>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-146">146</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lebarbier</span>, (Colin),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>,
-<a href="#page_vol-2-120"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Leber</span> (M.),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxviii"><small>lxviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lebeuf</span> (Jean),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxi"><small>lxxi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxvi"><small>lxxvi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-133">133</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-296">296</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Leblond</span> (M.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxix"><small>LXIX</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Leczinska</span> (Marie),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lefèvre</span> (Guill.), dit <span class="smcap">Verjus</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-81">81</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Le Flament</span> (Jehan),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxvi"><small>XXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Légende dorée</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-62">62</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Legois</span>, boucher, émeutier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-84">84</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Legrand d’Aussy</span>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxviii"><small>xxxviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xxxix"><small>xxxix</small></a>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxxi"><small>LXXI</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxxv"><small>LXXV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-38">38</a>,
-<a href="#page_vol-2-110"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-200">200</a>,
-<a href="#page_vol-2-205">205</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Leibnitz</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxv"><small>LXV</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Le Mazier</span> (Henri),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-140">140</a>.<br />
-
-<i>Lendemain</i> pour <i>l’endemain</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-196">196</a>,
-<a href="#page_vol-2-221"> 2</a>.<br />
-
-<i>Lengoustes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-196">196</a>,
-<a href="#page_vol-2-205"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-225">225</a>.<br />
-
-<i>Lentisque</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-67">67</a>.<br />
-
-<i>Leschefrayes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>.<br />
-
-<i>Leschefrites</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-97"> 2</a>, etc.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;écrit <i>leschefrayes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a> et 103.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sucrées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>,
-<a href="#page_vol-2-98"> 2</a>, etc.</span><br />
-
-<i>Leschefroies</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-103">103</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lesclat</span> (Pierre de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiii"><small>LXXXIII</small></a>.<br />
-
-<i>Lettres</i> des reines,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-75">75</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;que nul ne verra,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-250">250</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;qu’on doit ou qu’on ne doit pas lire,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-76">76</a>.</span><br />
-
-<i>Lettues</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-46">46</a>,
-<a href="#page_vol-2-96"> 2</a>.<br />
-
-<i>Leurre</i>, décrit,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Oiseaux de), <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Leurrer</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-284">284</a>,
-<a href="#page_vol-2-318"> 2</a>.<br />
-
-<i>Levain</i> de pain,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-239">239</a>.<br />
-
-<i>Lève-cul</i> (Vol à),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>.<br />
-
-<i>Lever</i> d’une femme,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-9">9</a>.<br />
-
-<i>Levrats</i> (Vol aux),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-309">309</a>.<br />
-
-<i>Levreaux.</i> V. <i>Levrats</i>.<br />
-
-<i>Levrière</i> tuée,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-161">161</a>.<br />
-
-<i>Liaisons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>.<br />
-
-<i>Libre arbitre</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-19">19</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lie</span> (Lia),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-86">86</a>.<br />
-
-<i>Lier</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-281">281</a>.<br />
-
-<i>Lieures.</i> V. <i>Liaisons</i>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-355" id="page_vol-2-355"></a>{v. 2, p.355}</span><br />
-
-<i>Lieurs</i> de fardeaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-53">53</a>.<br />
-
-<i>Lièvre</i> (Age d’un),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-90">90</a>,
-<a href="#page_vol-2-169"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;aux choux, 144.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Civé de), 91, 169.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment couru par les épagneuls, 281.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Conditions du), 72.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en boussac, 153.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en civé, 91, 169.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;conservé, 133.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pourbouli, 271.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quand plus tendre, 153.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôti, 268.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Vol au), 321, 324.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Levrats</i>.</span><br />
-
-<i>Lille</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxix"><small>LXXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Limaçons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-223">223</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mangés par les riches et les Lombards, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Limats</i>.</span><br />
-
-<i>Limandes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>,
-<a href="#page_vol-2-160"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-202">202</a>.<br />
-
-<i>Limats</i> au chaudumé,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Limoges</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-95">95</a>.<br />
-
-<i>Lin</i> (Toile de). Son prix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-221">221</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lincy</span> (M. de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxix"><small>XXIX</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-36">36</a>,
-<a href="#page_vol-2-62"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-83">83</a>,
-<a href="#page_vol-2-251">251</a>,
-<a href="#page_vol-2-255">255</a>.<br />
-
-<i>Linge.</i> Comment marqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-263">263</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de table, 115. V. <i>Touailles</i> et <i>Serviettes</i>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Liqueur pour le marquer, 263.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;loué à quel prix, 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour <i>mince</i>, 286.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;propre donné au mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-168">168</a>.</span><br />
-
-<i>Linote</i> en cage,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-256">256</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vendue très-cher,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Lippomano</span> (Jérôme),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-
-<i>Liqueur</i> pour <i>seigner</i> (marquer), le linge,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-263">263</a>.<br />
-
-<i>Lis.</i> V. <i>Lys</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Lister</span>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxvi"><small>xxxvi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xxxvii"><small>xxxvii</small></a>.<br />
-
-<i>Lit</i> nuptial (Bénédiction du),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvi"><small>LXXXVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>. V. <i>Lits</i>.<br />
-
-<i>Litière</i>, à quoi sert aux oies,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>.<br />
-
-<i>Lits</i> au <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-160">160</a>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>,
-<a href="#page_vol-1-172">172</a>,
-<a href="#page_vol-1-238">238</a>,
-<a href="#page_vol-1-239">239</a>.<br />
-
-<i>Livre d’amours</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiii"><small>LXXXIII</small></a>.<br />
-
-<i>Livre</i> de dépense,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-58">58</a>.<br />
-
-<i>Livre des déduits</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxix"><small>LXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Livre fort excellent de cuisine</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxiii"><small>XXXIII</small></a>.<br />
-
-<i>Livres</i> anciens non sérieux, mal imprimés,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxiv"><small>XXXIV</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’auteur,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxvi"><small>xxvi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-62">62</a>. V. <i>Ouvrages</i>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Lobineau</span> (Dom G. A.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxix"><small>LXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Loche</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-175">175</a>,
-<a href="#page_vol-2-191"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-382">382</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au jaunel, 100.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au waymel, 102.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en eau, 93, etc.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;et anguilles tronçonnées dessus, 101.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;frite, 102.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son prix, 220.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vendue à la mesure, 114, 220.</span><br />
-
-<i>Loirre</i> (leurre),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>.<br />
-
-<i>Lombarde</i> (Mode), en fait de pasté,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-185">185</a>.<br />
-
-<i>Lombardie</i> (Chasse en),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-310">310</a>.<br />
-
-<i>Lombards</i>, mangeurs de limaçons,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-223">223</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Potage de), 171.</span><br />
-
-<i>Londres</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>LXXXI</small></a>.<br />
-
-<i>Longe</i> (chair),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>,
-<a href="#page_vol-2-87"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-130">130</a>,
-<a href="#page_vol-2-132">132</a>.<br />
-
-<i>Longes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-295">295</a>,
-<a href="#page_vol-2-297"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Longueil</span> (J. de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>,
-<a href="#page_vol-2-120"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Longueville</span> (F. d’Orléans, duc de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lix"><small>LIX</small></a>.<br />
-
-<i>Losenges</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’œufs, 209.</span><br />
-
-<span class="smcap">Loth</span> et sa femme,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-142">142</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lotrian</span> (Alain),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxv"><small>XXXV</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lottin de Charny</span> (Marie Aimée),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lottin</span> (Erreur de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxiv"><small>XXXIV</small></a>.<br />
-
-<i>Louens</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-186">186</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Louis</span> le Jeune, roi de France,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-133">133</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Louis XIII,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-307">307</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Louis XIV, 82.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;abordé facilement,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxii"><small>LXXII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Petits pois à lui présentés, <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Loups.</i> Comment les détruire,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-63">63</a>.<br />
-
-<i>Lourgable</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-24">24</a>.<br />
-
-<i>Loyer</i> au <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiii"><small>LXXXIII</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lucas</span> (Cl.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiii"><small>LXXIII</small></a>.<br />
-
-<i>Luceau</i> (brochet),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-356" id="page_vol-2-356"></a>{v. 2, p.356}</span><br />
-
-<span class="smcap">Lucifer</span> (Désobéissance de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-129">129</a>,
-<a href="#page_vol-1-177">177</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Lucrèce</span> (Hist. de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-70">70</a>.<br />
-
-<i>Lus</i> ou <i>Lux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>,
-<a href="#page_vol-2-91"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-96">96</a>,
-<a href="#page_vol-2-99">99</a>, etc., 187.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;faudis, 107,</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Œufs de), 229.</span><br />
-
-<span class="smcap">Luxembourg</span> (Jacques de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lix"><small>LIX</small></a>.<br />
-
-<i>Luxure</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-50">50</a>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-14">14</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cœur,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-51">51</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Luynes</span> (Le connétable de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>LXXIV</small></a>.<br />
-
-<i>Lys</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-49">49</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Abbaye du),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-148">148</a>.</span><br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="M" id="M">M</a></span><br />
-
-<span class="smcap">Macaire</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-92">92</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Macé</span> (N.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>.<br />
-
-<i>Machault</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Machaut</span> (Perrenelle de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-120">120</a>.<br />
-
-<i>Machès</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-186">186</a>.<br />
-
-<i>Machination</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-37">37</a>.<br />
-
-<i>Macis</i> ou fleur de muscade,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-67">67</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;fait mal à la tête, 237.</span><br />
-
-<i>Mâcon</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Macrobe</span>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-179">179</a>.<br />
-
-<i>Madre</i> (Coupes de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a><br />
-
-<i>Magasin pittoresque</i>, cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>LXXVII</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Maignac</span> (Aymeri de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.<br />
-
-<i>Mailles</i> des plumes de l’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-293">293</a>,
-<a href="#page_vol-2-294"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-323">323</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de son estomac, 298.</span><br />
-
-<i>Maillotins</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xx"><small>xx</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxiii"><small>lxxxiii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-135">135</a>.<br />
-
-<i>Mains</i> (Eau à laver les),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-247">247</a>.<br />
-
-<i>Maire</i> de la boucherie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-81">81</a>.<br />
-
-<i>Maison</i> bien tenue,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;découverte chasse l’homme,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;fermée au soir,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-70">70</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Hotel</i>.</span><br />
-
-<i>Maison réglée</i>, citée,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xliii"><small>xliii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxi"><small>lxxi</small></a>.<br />
-
-<i>Maison rustique</i>, citée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-46">46</a>,
-<a href="#page_vol-2-180"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-207">207</a>,
-<a href="#page_vol-2-214">214</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Maisons</span> (N. de Longueil),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxi"><small>LXXI</small></a>. V. <i>Longueil</i>.<br />
-
-<i>Maistre d’hostel</i> de la Varenne, cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>.<br />
-
-<i>Maître</i> (Aimer son),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-23">23</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;doit donner l’exemple, 60.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(L’épervier s’habitue à son),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-301">301</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;L’être de soi-même,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-178">178</a>.</span><br />
-
-<i>Maître d’hôtel</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xl"><small>xl</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xlii"><small>xlii</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-67">67</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses attributions,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>,
-<a href="#page_vol-2-118"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Maître</i> de la grande boucherie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-81">81</a>.<br />
-
-<i>Mal</i> de tête causé par les épices,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-236">236</a>.<br />
-
-<i>Mal</i> se guérit par le bien,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-207">207</a>.<br />
-
-<i>Malandre</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>,
-<a href="#page_vol-2-77"> 2</a>.<br />
-
-<i>Malars</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;dde rivière à la dodine, 92</span><br />
-
-<i>Malen</i> (mal en?)
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-73">73</a>. dodine, 92.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôtis, 181.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Canards</i>.</span><br />
-
-<i>Mâles</i> des oiseaux de proie; leurs noms,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Maligny</span> (Jeanne de), dame d’Andresel,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-150">150</a>.<br />
-
-<i>Mallars</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-181">181</a>.<br />
-
-<i>Malle</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-172">172</a>.<br />
-
-<i>Manche</i> (Archives de la),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxv"><small>XXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Mandagores</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-89">89</a>.<br />
-
-<i>Manger</i> combien de fois par jour,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-49">49</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sans mâcher,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-49">49</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Mangeur</span> (Pierre le), cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-77">77</a>.<br />
-
-<i>Manteaux</i> de deux draps,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-161">161</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’une bouchère,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>.</span><br />
-
-<i>Mantes</i> (Fortifications de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-191">191</a>.<br />
-
-<i>Manus-Christi</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>.<br />
-
-<i>Manuscrits</i> du <i>Ménagier</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lii"><small>LII</small></a> et suivantes.<br />
-
-<i>Maquereau.</i> V. <i>Maquerel</i>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-357" id="page_vol-2-357"></a>{v. 2, p.357}</span><br />
-
-<i>Maquerel</i> en potage,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-146">146</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;frais, 196.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôti, 103.</span><br />
-
-<i>Maquerelles</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-133">133</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-
-<i>Marchander</i> toujours,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>. V. <i>Barguaigné</i>, 76.<br />
-
-<i>Marchands</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-44">44</a>,
-<a href="#page_vol-1-46">46</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oiseaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>,
-<a href="#page_vol-2-323"> 2</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Marchant</span> (Guiot),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvii"><small>LXVII</small></a>.<br />
-
-<i>Marchepiés</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>.<br />
-
-<i>Marchiau</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Marc-Paul</span>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-321">321</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Maréchal</span>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-16">16</a>.<br />
-
-<i>Maréchal</i> ferrant,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son salaire, 79.</span><br />
-
-<i>Marée</i> mauvaise par temps pluyeux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-194">194</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Mares</span> (Herlin des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Marès</span> (Jean des). V. <span class="smcap">Desmarès</span>.<br />
-
-<i>Mari</i> clément,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-182">182</a>,
-<a href="#page_vol-1-183">183</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;dérangé, comment le ramener, 185.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en voyage, pense au retour, 168.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sauvé de l’eau, 128.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Second) difficile à trouver, 168.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Soins à lui donner, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;souverain chez lui, 99.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Maris</i>.</span><br />
-
-<i>Mariage</i> (But du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-15">15</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en deuil,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Marie</span> d’Anjou, reine de France. Ses fenêtres,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>.<br />
-
-<i>Marié</i> servoit à table,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.<br />
-
-<i>Mariés</i> divisés font un pacte,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-126">126</a>.<br />
-
-<i>Maris</i> aiment moins leurs femmes quand elles désobéissent,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-142">142</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;désirent la présence de leurs femmes, 175.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;doivent tout leur dire, 132.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;jeunes, prompts à changer, 143.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leur heureuse vie, 139.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;luxurieux pèchent, 52.</span><br />
-
-<i>Marjolaine</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>,
-<a href="#page_vol-2-44"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-45">45</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Marnef</span> (Enguilb. de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Marouette</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.<br />
-
-<i>Marques</i> des plumes de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-287">287</a>. V. <i>Mercqs</i>.<br />
-
-<i>Marquets</i> chevelus,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<i>Marsouin</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-198">198</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à sa sauce, 107.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;poudré à l’eau, 101.</span><br />
-
-<span class="smcap">Martinus</span>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-146">146</a>.<br />
-
-<i>Massepains</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>.<br />
-
-<i>Mastic</i>, ou encens de Perse,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-67">67</a>.<br />
-
-<i>Matelas</i> (flèche),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-267">267</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Mathieu</span> (Saint), cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-63">63</a>.<br />
-
-<i>Matin.</i> Ce que c’est,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-9">9</a>.<br />
-
-<i>Mâtins</i> tuent les éperviers,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-301">301</a>.<br />
-
-<i>Matons</i> de lait, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-212">212</a>.<br />
-
-<i>Mauvis</i> (Vol du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.<br />
-
-<i>May</i> (arbre coupé),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-184">184</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>,
-<a href="#page_vol-2-113"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-114">114</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Mazier</span> (Henri le),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxix"><small>LXXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Médecins</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-189">189</a>.<br />
-
-<i>Médisance</i> permise aux chambrières, dans quel cas,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-59">59</a>.<br />
-
-<i>Melle</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Mellibée</span> (Histoire de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-186">186</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.<br />
-
-<i>Mello</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-249">249</a>.<br />
-
-<i>Mellus</i>, (<i>merlus</i>?)
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.<br />
-
-<i>Melons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-273">273</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Melun</span> (Jehan de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxx"><small>LXXX</small></a>.<br />
-
-<i>Melun</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxvii"><small>lxxxvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Siége de), 148.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Vitrail à), <a href="#page_vol-1-lix"><small>LIX</small></a>.</span><br />
-
-<i>Membres</i> s’aiment entre eux,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-55">55</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;secrets. Ne pas les nommer,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-59">59</a>.</span><br />
-
-<i>Mémoires pour servir à l’histoire de France et de Bourgogne</i>, cités,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>.<br />
-
-<i>Mémoriaux de la chambre des comptes</i> (Note sur les),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>LXXIV</small></a>.<br />
-
-<i>Ménage</i> (Avoir soin de son),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-1">1</a>.<br />
-
-<i>Ménager de Paris.</i> Article de M. le baron de Reiffenberg sur ce livre,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lv"><small>LV</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment connu de l’éditeur, <a href="#page_vol-1-lii"><small>LII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Conjectures sur le sort du manuscrit original de ce livre, <a href="#page_vol-1-lvi"><small>LVI</small></a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-358" id="page_vol-2-358"></a>{v. 2, p.358}</span></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;écrit de 1392 à 1394, <a href="#page_vol-1-xxii"><small>XXII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;La partie culinaire importante, <a href="#page_vol-1-xxxv"><small>XXXV</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;longtemps inconnu, <a href="#page_vol-1-lii"><small>LII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Manuscrits du), <a href="#page_vol-1-lii"><small>LII</small></a> et suiv.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;signalé en 1843, <a href="#page_vol-1-lv"><small>LV</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son orthographe varie, <a href="#page_vol-1-lxi"><small>LXI</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son texte revu soigneusement, <a href="#page_vol-1-lxi"><small>LXI</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Système suivi dans l’édition de ce livre, <a href="#page_vol-1-lx"><small>LX</small></a> et suiv.</span><br />
-
-<i>Ménagière</i>, (Femme de l’auteur,)
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-53">53</a>.<br />
-
-<i>Ménestrels</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ce qu’ils faisoient aux noces, <i>ib.</i> et 124.</span><br />
-
-<span class="smcap">Menestrier</span> (Le père),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxx"><small>XXX</small></a>.<br />
-
-<i>Ménestriers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-124">124</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Menot</span>, cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>LXXVII</small></a>.<br />
-
-<i>Mensonge</i> est utile,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-26">26</a>.<br />
-
-<i>Menthe</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<i>Menue-haste.</i> V. <i>Haste</i>.<br />
-
-<i>Menues choses</i>, qui ne désirent point de chapitre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-262">262</a>.<br />
-
-<i>Menues espices</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>.<br />
-
-<i>Menus</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;répétés,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>.</span><br />
-
-<i>Menus</i> de piés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-145">145</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;droits du cerf,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>.</span><br />
-
-<i>Menus</i> oiseaulx rôtis,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-181">181</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Mena</span> (Gonz. de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Mer</i> d’Angleterre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-197">197</a>. V. <i>Chien</i>, <i>Porc</i>, etc.<br />
-
-<i>Mercqs</i> de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-289">289</a> et 291, V. <i>Marques</i>.<br />
-
-<i>Mercure de France</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-296">296</a>.<br />
-
-<i>Mère-goutte</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-260">260</a>.<br />
-
-<i>Merlant</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salé, 201.</span><br />
-
-<i>Merles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Chasse aux), 311.</span><br />
-
-<i>Merluche</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-199">199</a>.<br />
-
-<i>Merlus</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-199">199</a>. V. <i>Mellus</i>.<br />
-
-<i>Mers</i> ou <i>Merts</i>. V. <i>Mercqs</i>.<br />
-
-<i>Mesche</i> (Gingembre de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-230">230</a>,
-<a href="#page_vol-2-246"> 2</a>.<br />
-
-<i>Mesches</i> ensouffrées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-264">264</a>.<br />
-
-<i>Mesnies</i> (domestiques) abusent des épices,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.<br />
-
-<i>Messe</i> (Explication des cérémonies de la),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-17">17</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;perdue par paresse, 41.</span><br />
-
-<i>Mestier</i> (oublie),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxix"><small>xxxix</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xliii"><small>xliii</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-94"> 2</a>, etc., 121.<br />
-
-<i>Métayer</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(<i>Eudeline</i> femme du), <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Mets.</i> Diverses significations de ce mot,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;inconvenans,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pris dans le sens actuel,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-99">99</a>, (intitulé des menus, <a href="#page_vol-1-i"><small>I</small></a>, <a href="#page_vol-1-ii"><small>II</small></a>, <a href="#page_vol-1-xv"><small>XV</small></a>).</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pris pour service,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-93"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Savoir les ordonner, 80.</span><br />
-
-<i>Meute</i> des pans,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-314">314</a>.<br />
-
-<i>Miel</i> (Boisson au). V. <i>Bochet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-238">238</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Mignon</span> (Denisette),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.<br />
-
-<i>Migon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-195">195</a>.<br />
-
-<i>Milion</i> (oiseau),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-321">321</a>.<br />
-
-<i>Millet</i>, comment cuit,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-176">176</a>.<br />
-
-<i>Minces.</i> Ce que c’est,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-48">48</a>,
-<a href="#page_vol-2-143"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Porée de), 143.</span><br />
-
-<i>Miserelle</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-243">243</a>.<br />
-
-<i>Miséricorde</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-58">58</a>.<br />
-
-<i>Modus et Ratio</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlix"><small>xlix</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-li"><small>li</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxxii"><small>LXXII</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-29">29</a>,
-<a href="#page_vol-1-48">48</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-157"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-290">290</a>,
-<a href="#page_vol-2-293">293</a>,
-<a href="#page_vol-2-314">314</a>,
-<a href="#page_vol-2-315">315</a>,
-<a href="#page_vol-2-316">316</a>,
-<a href="#page_vol-2-325">325</a>.<br />
-
-<i>Modus et Ratio de divine contemplation</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxii"><small>LXXII</small></a>.<br />
-
-<i>Moëlle.</i> V. <i>Mouelle</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Moigne</span> (Lucas le),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Moine de Saint-Denis</i>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-135">135</a>.<br />
-
-<i>Moines</i> plus obéissans que les femmes,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-146">146</a>.<br />
-
-<i>Moissonneurs.</i> V. Soieurs,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>,
-<a href="#page_vol-2-57"> 2</a>.<br />
-
-<i>Moissons</i> (moineaux),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-303">303</a>.<br />
-
-<i>Mol</i> (mou) de porc, etc.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-128">128</a>,
-<a href="#page_vol-2-129"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-132">132</a>.<br />
-
-<i>Molettes</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>,
-<a href="#page_vol-2-75"> 2</a>.<br />
-
-<i>Molissent</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxix"><small>LXIX</small></a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-359" id="page_vol-2-359"></a>{v. 2, p.359}</span><br />
-
-<i>Molle</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-203">203</a>.<br />
-
-<i>Mon</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-37">37</a>,
-<a href="#page_vol-2-299"> 2</a>.<br />
-
-<i>Monde</i>, forêt pleine de lions, etc.,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-57">57</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Monstrelet</span>, cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Monstreul</span> (Tassart de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-139">139</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Montaigu</span> (Jean de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.<br />
-
-<i>Montgeron</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxvi"><small>XXVI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Montgison</span> (Marie de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxvi"><small>XXVI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Montglat</span> (M. et M<sup>me</sup> de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Montigny</span> (Galeran de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-255">255</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Raoul de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-150">150</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Montmorency</span> (Généalogie de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxviii"><small>LXVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Montpellier</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-248">248</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Morais</span> (C. de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxii"><small>LXXII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-319">319</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Morant</span> (Colin),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>,
-<a href="#page_vol-2-120"> 2</a>.<br />
-
-<i>Moret</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<i>Morfondu</i> (Cheval),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-78">78</a>.<br />
-
-<i>Morillon</i> (raisin),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-67">67</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Morin</span> (Dom Guillaume),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-151">151</a>.<br />
-
-<i>Mortereul</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-211">211</a>.<br />
-
-<i>Mortier</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>.<br />
-
-<i>Morue</i> (Détails sur la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-195">195</a>,
-<a href="#page_vol-2-196"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Foie de morue en pasté, 223.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Manière de l’acheter, la preparer, etc., 195.</span><br />
-
-<i>Mouches.</i> Comment s’en garantir,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-172">172</a>.<br />
-
-<i>Mouchet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-285">285</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment les distinguer, 287.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour attirer les éperviers, 315, 318.</span><br />
-
-<i>Mouelle</i> (Buignets de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-224">224</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en rissoles, 226.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Pastés norrois de), 223.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Pipefarces de), 227.</span><br />
-
-<i>Moules</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en civé, 277.</span><br />
-
-<i>Moulin</i> à moutarde,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-245">245</a>,
-<a href="#page_vol-2-246"> 2</a>.<br />
-
-<i>Mourillon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-67">67</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Mousse</span> (Guillaume de la),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-95">95</a>.<br />
-
-<i>Moust.</i> Comment fait,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-181">181</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour hétoudeaux, 234.</span><br />
-
-<i>Moustarde.</i> Comment faite,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-229">229</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour un dîner, 122.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Soupe en), 175.</span><br />
-
-<i>Moustiquière</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-172">172</a>.<br />
-
-<i>Mouton</i> au jaunet,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-149">149</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ausoerre, 148.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Brichet de), 87.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Épaules de), 177.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Ép. farcies de), 269.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Flanchet de), 87.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Glandes de), 313.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Héricot de), 148.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Pasté de), 148, 186.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Poulmon de), 284.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix du), 86, 87.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôti, 177.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salé, 132, 133, 148.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Tête de), 267.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">V. <i>Issue</i> et <i>Pommeaux</i>.</span><br />
-
-<i>Moutons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>,
-<a href="#page_vol-2-63"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;consommés à Paris,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>,
-<a href="#page_vol-2-83"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-84">84</a>,
-<a href="#page_vol-2-85">85</a>.</span><br />
-
-<i>Moyen état</i> (Gens de). Ce que c’est,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-l"><small>L</small></a>.<br />
-
-<i>Mucé-en-Auxois</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>.<br />
-
-<i>Mue</i> de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ou cage pour l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-313">313</a>.</span><br />
-
-<i>Muete</i> des pans,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-314">314</a>.<br />
-
-<i>Muge</i> ou <i>Mugeon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-195">195</a>.<br />
-
-<i>Mulet</i> (Poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-195">195</a>.<br />
-
-<i>Mungon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-195">195</a>.<br />
-
-<i>Municipalité</i> parisienne en 1847 très-peu zélée pour l’histoire de Paris,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.<br />
-
-<i>Murmuration</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-37">37</a>.<br />
-
-<i>Muscade.</i> V. <i>Noix maguettes</i>.<br />
-
-<i>Massy-la-Fosse</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>.<br />
-
-<i>Mystère</i> de Griselidis,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-99">99</a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="N" id="N">N</a></span><br />
-
-<span class="smcap">Nangis</span> (Guillaume de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvi"><small>LXXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Nappe</i> (filet),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-314">314</a>.<br />
-
-<i>Nappes</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à franges, 163.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;changées pendant le repas, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cuisine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;différentes de touailles, 250.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;dites indifféremment touailles ou nappes, 219.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;grosses, 115.</span><br />
-
-<i>Nard</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>,
-<a href="#page_vol-2-219"> 2</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-360" id="page_vol-2-360"></a>{v. 2, p.360}</span><br />
-
-<span class="smcap">Nassau</span> (Comte de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-139">139</a>.<br />
-
-<i>Navarrois</i> au château de Melun,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<i>Navets</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-49">49</a>,
-<a href="#page_vol-2-94"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-97">97</a>. etc.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;avec venaison, 130.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment cuits, 144.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;confits, 244.</span><br />
-
-<span class="smcap">Neelle</span> (Jean de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-249">249</a>.<br />
-
-<i>Neelle</i> fleur,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-249">249</a>.<br />
-
-<i>Neffles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a> (bis), 101.<br />
-
-<i>Négligence</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-40">40</a>.<br />
-
-<i>Neux</i> du cerf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>.<br />
-
-<i>Nevers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-296">296</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Nicot</span>, cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-47">47</a> et ailleurs.<br />
-
-<i>Nid</i> des oiseaux captifs, comment fait,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-256">256</a>,
-<a href="#page_vol-2-257"> 2</a>. V. <i>Aire</i>.<br />
-
-<i>Nieulles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>.<br />
-
-<i>Niort</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>.<br />
-
-<i>Nobles</i> s’embrassoient,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>LXXVII</small></a>.<br />
-
-<i>Noces</i> (Devis de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a> et suiv.<br />
-
-<i>Noe</i> expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-201">201</a>.<br />
-
-<i>Noël</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>.<br />
-
-<i>Noël</i> du <a href="#page_vol-1-xvi"><small>XVI</small></a><sup>e</sup> siècle rempli de termes culinaires,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Noisettes</i> (Buvrage de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-240">240</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;confites, 122. V. <i>Avelaines</i>.</span><br />
-
-<i>Noix</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;confites, 243, 247.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pelées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-101"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Noix muguettes</i> font douloir la tête,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-236">236</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quelles sont les bonnes, 230.</span><br />
-
-<i>Nom</i> écrit, donné en témoignage de stipulation,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-132">132</a>.<br />
-
-<i>Nomblès</i> ou <i>Nomblet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-130">130</a>,
-<a href="#page_vol-2-131"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-132">132</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la sauce chaude, 100.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cerf, 156.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de porc, 236; donné à l’épervier, 299.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de sanglier, 94, 157 (ou bourbelier).</span><br />
-
-<i>Nombres</i> qui renvoient à d’anciennes tables,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>.<br />
-
-<i>Normandie</i> (Moule de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-205">205</a>.<br />
-
-<i>Normands</i> boivent beaucoup,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-192">192</a>.<br />
-
-<i>Norwége</i> (Sacres de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.<br />
-
-<i>Notre-Dame</i> de Mars,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-156">156</a>.<br />
-
-<i>Notre-Dame</i> de Paris,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-16">16</a>,
-<a href="#page_vol-1-133">133</a>.<br />
-
-<i>Nourrices</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-58">58</a>.<br />
-
-<i>Nourriture</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-76">76</a>.<br />
-
-<i>Nouvelliste de la Manche</i>, cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxv"><small>XXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Noyau</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>,
-<a href="#page_vol-2-133"> 2</a>.<br />
-
-<i>Noyer</i> (Escume de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-263">263</a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="O" id="O">O</a></span><br />
-
-<i>Obéir</i> à son mari,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-96">96</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Bien vient d’), 128.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;comment, dans les cas douteux, 155.</span><br />
-
-<i>Observations</i> de l’auteur. V. <i>Remarques</i>.<br />
-
-<i>Obstacles</i> au vol de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-302">302</a>,
-<a href="#page_vol-2-308"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Odinet</span> <i>de Sens</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>.<br />
-
-<i>Oé.</i> V. <i>Oies</i>.<br />
-
-<i>Œil</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-77">77</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’un fruit, 247.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Proverbe sur l’), 15.</span><br />
-
-<i>Œuf</i> pondu,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-180">180</a>.<br />
-
-<i>Œufs</i> (Arboulastre d’), 206.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la ténoisie, 209.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Alumelle d’), 208.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Chapitre des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-206">206</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Civé d’), 174, 277.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment les cuire, durcir, etc., 209.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;heaumés, 208.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;perdus, 208.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pochés en brouet, 172.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour la fromentée, 121.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour la pâtisserie, 110, 111.</span><br />
-
-<span class="smcap">Offémont</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lii"><small>LII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-249">249</a>.<br />
-
-<i>Officiers</i> nécessaires à un grand repas,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-361" id="page_vol-2-361"></a>{v. 2, p.361}</span><br />
-
-<i>Offrande</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-19">19</a>.<br />
-
-<i>Oies</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>,
-<a href="#page_vol-2-94"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-96">96</a>,
-<a href="#page_vol-2-271">271</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à l’eschinée et à l’andoulle rostie, 98.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Boudin d’), 126.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment engraissées, 88; en trois jours, 212.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en potage, 149.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;grasses à la dodine, 98.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;petites, 160.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix des), 110.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôties, 180.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salées, 94, 97, 133. V. <i>Oisons</i>.</span><br />
-
-<i>Oignons.</i> Comment cuits,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-136">136</a>,
-<a href="#page_vol-2-137"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leur odeur odieuse aux faucons, 325.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Tuent les mouches,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-173">173</a>.</span><br />
-
-<i>Oiseau de paradis</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-183">183</a>.<br />
-
-<i>Oiseau saint Martin</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-307">307</a>.<br />
-
-<i>Oiseaux</i> bons pour l’autour,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-322">322</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;comment servis, 182.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;dans la pâte d’une tourte, 93.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chambre ou en cage,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>,
-<a href="#page_vol-2-253"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-256">256</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Marchand d’), 62.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;petits sont un mauvais gibier pour l’épervier, 302, 303. V. <i>Oiselets</i>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;qu’on ne vide pas, 183.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôtis, 181.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;s’aiment et se suivent,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-92">92</a>.</span><br />
-
-<i>Oiseaux de proie</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-92">92</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de leurre ou <i>rameurs</i>, de poing ou <i>voiliers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>,
-<a href="#page_vol-2-319"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leurs droits, 182.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leurs maladies, 325.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leurs noms, 318.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Marchands d’), 323.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quand ils suivoient les chiens,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxviii"><small>LXXVIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>.</span><br />
-
-<i>Oiseaux de rivière</i> à la dodine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en pâté, 271.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Saupiquet pour), 233.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;volés par le lanier, 324.</span><br />
-
-<i>Oiselets.</i> Combien en une écuelle,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en gravé, 121, 150.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en rosé, 154. V. <i>Oiseaux</i>.</span><br />
-
-<i>Oisons.</i> Comment connoître leur âge,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-180">180</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment les engraisser, 180.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;consommés par le roi, etc., 85.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôtis, 275.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Saulce pour), 231. V. <i>Oies</i>.</span><br />
-
-<i>Oïttres</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Civé d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-174">174</a>,
-<a href="#page_vol-2-277"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment cuites, 137.</span><br />
-
-<i>Ongles</i> de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-294">294</a>.<br />
-
-<i>Onglet</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-131">131</a>.<br />
-
-<i>Oraison.</i> Qualités qui lui sont nécessaires,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-61">61</a>. V. <i>Prières</i>.<br />
-
-<i>Orangers</i> bien connus en France au <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-110">110</a>.<br />
-
-<i>Oranges</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;avec du poisson, 195.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de poucins, 276.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Jus d’) sur perdrix, 183, et sur poucin, 232.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Pommes d’), 107, 110.</span><br />
-
-<i>Ordonnances</i> de février 1349-50, et 3 mai 1351 sur les épices,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de février 1350-1,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-57">57</a>,
-<a href="#page_vol-2-58"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de 1387 et 1388 sur la maison du roi,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xl"><small>xl</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-237">237</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>.</span><br />
-
-<i>Ordre</i> donné à tous n’est pas exécuté,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>.<br />
-
-<i>Oreilles</i> de cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-73">73</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’homme tirées pour frapper la mémoire,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-40">40</a>.</span><br />
-
-<i>Orengat</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>,
-<a href="#page_vol-2-265"> 2</a>.<br />
-
-<i>Orenge.</i> V. <i>Oranges</i>.<br />
-
-<i>Orfin</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-198">198</a>.<br />
-
-<i>Orge</i> en boisson et donnée à la poulaille,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-238">238</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mondée, 241, 271.</span><br />
-
-<span class="smcap">Orgemont</span> (Pierre d’),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xix"><small>xix</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-148">148</a>.<br />
-
-<i>Orgueil</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-29">29</a>,
-<a href="#page_vol-1-31">31</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-9">9</a>.<br />
-
-<i>Orillettes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>.<br />
-
-<i>Orilliers</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-238">238</a>.<br />
-
-<i>Orine</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-238">238</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Orléans</span> (Le duc d’), cité dans le <i>Ménagier</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxii"><small>xxii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>lxxxi</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-380">380</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sa consommation,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ses maisons, 254. V. <i>Longueville</i>.</span><br />
-
-<i>Orloges</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-257">257</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-362" id="page_vol-2-362"></a>{v. 2, p.362}</span><br />
-
-<i>Orphie</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-198">198</a>.<br />
-
-<i>Orpiment</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-325">325</a>.<br />
-
-<i>Orte</i> (Saffran d’),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-246">246</a>.<br />
-
-<i>Orthographe du Ménagier</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxi"><small>LXI</small></a>.<br />
-
-<i>Orvale</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<i>Oscille</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>,
-<a href="#page_vol-2-46"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Vertjus d’), 111, 229.</span><br />
-
-<i>Otages</i> en Angleterre,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>lxxxi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<i>Ottour.</i> V. <i>Autour</i>.<br />
-
-<i>Oublées.</i> V. <i>Oublies</i>.<br />
-
-<i>Oublies</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-107"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-109">109</a>,
-<a href="#page_vol-2-110">110</a>,
-<a href="#page_vol-2-121">121</a>.<br />
-
-<i>Oubloier</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ce qu’il fournit pour une noce, 109.</span><br />
-
-<i>Ours</i> apprivoisés,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-144">144</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Venaison d’) contrefaite,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-155">155</a>,
-<a href="#page_vol-2-179"> 2</a>.</span><br />
-
-<i>Outarde</i> rostie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-181">181</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Vol à l’), 309, 310, 321, 324.</span><br />
-
-<i>Ouvrages</i> cités,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxv"><small>LXV</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;consultés par l’auteur,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxii"><small>XXXII</small></a> et suiv. V. <i>Livres</i>.</span><br />
-
-<i>Oyers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>.<br />
-
-<i>Ozeille.</i> V. <i>Oseille</i>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="P" id="P">P</a></span><br />
-
-<span class="smcap">Pacy</span> (Jacques de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-253">253</a>.<br />
-
-<i>Paelle</i> à anse,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à faire les crespes, 226.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à faire les fritures d’enfer,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-31">31</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cuisine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de fer, 115, 123.</span><br />
-
-<i>Pages</i> du duc de Berry. Leur nourriture,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>.<br />
-
-<i>Parler</i> folement,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-48">48</a>.<br />
-
-<i>Paille</i> dans les maisons,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.<br />
-
-<i>Paillier</i> (Canards de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>.<br />
-
-<i>Pain</i> blanc plat,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-109">109</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;brun, 236.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;chapelé, 114.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment le broyer, 87.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;cornu (proverbe), 36.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de bouche, 38.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chapitre,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Corbeil, 38, 109.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de tranchoirs, leur dimension, 109, 110.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;meilleur que froment (proverbe), 21.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour tranchoirs et pour chapeler, 106.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix du), 109.</span><br />
-
-<i>Paire</i> d’eaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-214">214</a>.<br />
-
-<i>Paisibles</i> (Gens), à rechercher,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>,
-<a href="#page_vol-2-56"> 2</a>.<br />
-
-<i>Paissonoir</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-294">294</a>.<br />
-
-<i>Paix</i> (Éloge de la),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-56">56</a>.<br />
-
-<i>Palettes</i> pour tuer les mouches,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-173">173</a>.<br />
-
-<i>Pampes</i> de rose,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-253">253</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Pamphile</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiii"><small>LXXXIII</small></a>.<br />
-
-<i>Panais</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<i>Pance</i> de mouton, porc, veau, etc.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-128">128</a>,
-<a href="#page_vol-2-129"> 2</a>.<br />
-
-<i>Panoit</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<i>Paons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment nourris,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-256">256</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en entremets,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôtis,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-181">181</a>.</span><br />
-
-<i>Papier</i> (Dépenses écrites sur),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>,
-<a href="#page_vol-2-58"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Encre pour), 275.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;huilé aux fenêtres,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Papirius</span> (Histoire de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-179">179</a>.<br />
-
-<i>Parchemin</i> aux fenêtres,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-173">173</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Encre pour le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-275">275</a>.</span><br />
-
-<i>Parement</i> (Chambre de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.<br />
-
-<i>Parer</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-238">238</a>.<br />
-
-<i>Paresse</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-39">39</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-11">11</a>,
-<a href="#page_vol-2-17"> 2</a>.<br />
-
-<i>Paris</i> (Consommation de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xliii"><small>xliii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xlv"><small>xlv</small></a>, <a href="#page_vol-1-xlvi"><small>XLVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Eaux de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-134">134</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Évêque de Paris à table, 104, 106.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;maltraité en 1383,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-135">135</a>,
-<a href="#page_vol-1-136">136</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Oiseaux de proie vendus à), 323.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Population de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xliii"><small>xliii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xlvi"><small>xlvi</small></a>. V. <i>Boucheries</i>, <i>Épitaphes</i>, <i>Hôtels</i>, <i>Rues</i>, etc.</span><br />
-
-<i>Paris sous Philippe le Bel</i>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlvi"><small>xlvi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xlvii"><small>xlvii</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-363" id="page_vol-2-363"></a>{v. 2, p.363}</span><br />
-
-<span class="smcap">Paris</span> (M. Paulin), cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xix"><small>xix</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxii"><small>lxii</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxviii"><small>LXVIII</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-186">186</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-4">4</a>,
-<a href="#page_vol-2-253"> 2</a>.<br />
-
-<i>Parisis</i> (monnoie),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-128">128</a>.<br />
-
-<i>Parlement</i> (Registres du). Leur style,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxix"><small>XXIX</small></a>. V. <i>Plaidoieries</i>.<br />
-
-<i>Parler</i> peu,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-178">178</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-16">16</a>.<br />
-
-<i>Paroles</i> abondantes ou plaisantes nuisent,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-178">178</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;déshonnêtes à défendre aux domestiques,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-59">59</a>.</span><br />
-
-<i>Part de Dieu</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.<br />
-
-<i>Partie</i> de chasse au <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-l"><small>L</small></a>.<br />
-
-<i>Parvis</i> (Boucherie du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-83">83</a>,
-<a href="#page_vol-2-84"> 2</a>.<br />
-
-<i>Pasquerés</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-49">49</a>,
-<a href="#page_vol-2-126"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-138">138</a>,
-<a href="#page_vol-2-143">143</a>,
-<a href="#page_vol-2-183">183</a>.<br />
-
-<i>Passage Charlemagne</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-255">255</a>.<br />
-
-<i>Passerose</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-249">249</a>.<br />
-
-<i>Pasteaux</i> de guède,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-214">214</a>.<br />
-
-<i>Pastés</i> blancs,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Chapitre des), 185.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’aloés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’anguilles, 94.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’argent, 96.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de bœuf, 93, 94, etc., 133, 186.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de bœuf et de mouelle, 94.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de bouli lardé, 186.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de bresmes et saumon, 93, 94, etc.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chapons, 92, 93, 98.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’escheroys, 185, 228.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de gibier, 186.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de gornaux, 95.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de lapereaux, 108, 121.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de maquerel, 196.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mouton, 186.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mulet, 195.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de pigons, 271.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de pinparneaux, 91, 92.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de porc, 271.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de potirons,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de poucins,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-185">185</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de turtres et d’alouettes, 101.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de vache, 96, 100.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de veau ou veel, 91, 92, 186.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de venoison, 155, et d’oiselets, 95, 97, 185.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oés, poules, etc., 271.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oiseaux, 271.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en pot, de mouton, 148.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;norrois, 92, 93, etc., 223.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Petits), 118, 277.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Sauce à mettre en), 236.</span><br />
-
-<span class="smcap">Pastourel</span> (Jean),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-105">105</a>.<br />
-
-<i>Patenostre</i> dite sans distraction,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-21">21</a>.<br />
-
-<i>Patisseries</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.<br />
-
-<i>Paturon</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Paul</span> (Saint), cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-56">56</a>,
-<a href="#page_vol-1-59">59</a>,
-<a href="#page_vol-1-63">63</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Paul-Diacre</span>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-
-<i>Paulmoïer</i> ou <i>Paumoyer</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-222">222</a>,
-<a href="#page_vol-2-271"> 2</a>.<br />
-
-<i>Pauvreté</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-18">18</a>.<br />
-
-<i>Pavot</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<i>Pêches</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>,
-<a href="#page_vol-2-245"> 2</a>.<br />
-
-<i>Péchés</i> mortels,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-28">28</a>.<br />
-
-<i>Pele</i> (poële),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-111">111</a>. V. <i>Paele</i>.<br />
-
-<i>Pénanciers</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-175">175</a>.<br />
-
-<i>Penne</i> sous le pied de l’oiseau enrhumé,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-320">320</a>. V. <i>Fourrure</i>.<br />
-
-<i>Pépie</i> des oiseaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-325">325</a>.<br />
-
-<i>Perceau</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-249">249</a>.<br />
-
-<i>Perche</i> branlant pour éveiller l’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-315">315</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’épervier, garnie, 313.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mouillée, dangereuse, 299.</span><br />
-
-<i>Perche</i> (mesure),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-47">47</a>.<br />
-
-<i>Perche</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-175">175</a>,
-<a href="#page_vol-2-187"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au percil, 102.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Coulis de), 242.</span><br />
-
-<i>Percil.</i> V. <i>Persil</i>.<br />
-
-<i>Perdriaulx</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-186">186</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à l’eau rose, 275.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à l’orange, 276.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Chasse aux),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>,
-<a href="#page_vol-2-308"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;faits de poucins, 212.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mangés au sel, 213.</span><br />
-
-<i>Perdrix</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>,
-<a href="#page_vol-2-91"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-98">98</a>,
-<a href="#page_vol-2-101">101</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à l’eau rose, 275.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à l’orange, 276.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Chasse des), 307.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment mangées, 183.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;jeunes, bonnes à chasser, 309.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Où les chercher, 301, 307.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quand adouées, 183.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quelles sont les fraîches, 90.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vieilles à prendre au voulon, 309.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;volées par le lanier, 324.</span><br />
-
-<span class="smcap">Periers</span> (Bonavent. des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-380">380</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-364" id="page_vol-2-364"></a>{v. 2, p.364}</span><br />
-
-<i>Péronne</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lix"><small>LIX</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-381">381</a>.<br />
-
-<i>Pers</i> (bleu). (Comment détacher les robes de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-66">66</a>.<br />
-
-<i>Perse</i> (Princes de), chassent à l’oiseau,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>.<br />
-
-<i>Persil</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-45">45</a>,
-<a href="#page_vol-2-46"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-49">49</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Racines de persil confites, 245. V. <i>Houssié</i> et <i>Larder</i>.</span><br />
-
-<i>Pertes</i> (village),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Péruse</span> (Comtesse de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-110">110</a>,
-<a href="#page_vol-1-113">113</a>, etc.<br />
-
-<i>Pès</i> de Chastellier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-97">97</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’Espaigne, <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Pesches</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;confites, 245.</span><br />
-
-<i>Pessouer</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-294">294</a>.<br />
-
-<i>Pestail</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-271">271</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Petit</span> (Jean),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Pétrarque</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-1-124">124</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Pharaon</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-79">79</a>.<br />
-
-<i>Philicon (quid?)</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-219">219</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Philippe Auguste</span>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-84">84</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Philippe de Valois</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-139">139</a>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Philippe le Bel.</span> Compte de ce prince,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>.<br />
-
-<i>Pias</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-300">300</a>.<br />
-
-<i>Picard</i> (Dialecte),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lvii"><small>LVII</small></a>.<br />
-
-<i>Picardie</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-126">126</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Picque</span> (Richard),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxx"><small>LXX</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>,
-<a href="#page_vol-2-115"> 2</a>.<br />
-
-<i>Pieds</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-129">129</a>,
-<a href="#page_vol-2-132"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-145">145</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cheval, 74, 77.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chevreau, 145.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mouton, 129, 132, 145,</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;lavés,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>,
-<a href="#page_vol-1-238">238</a>.</span><br />
-
-<i>Pierre-au-lait</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Échevins de la),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Pierre</span> (François), dit <i>La Varenne</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxviii"><small>XXXVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Pies</i> (Dresser l’épervier aux),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-300">300</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;tuées à l’arbalète et mangées, 267.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Vol aux), 311.</span><br />
-
-<i>Pigeons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>,
-<a href="#page_vol-2-110"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-121">121</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à l’orange, 276.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au sucre, 275.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;avec choux, 144.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;consommés à la cour, 85.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en pasté, 271.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;lardés, 178.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mauvaise nourriture pour l’épervier, 287, 306, 311.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sauvegarde singulière,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-69">69</a>. V. <i>Coulons</i>.</span><br />
-
-<i>Pignolat</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-225">225</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;contrefait, <i>ib.</i></span><br />
-
-<i>Pigons</i>, V. <i>Pigeons</i>.<br />
-
-<i>Pilette</i> (flèche),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-267">267</a>.<br />
-
-<i>Pince-mérille</i> (jeu),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>lxxvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-71">71</a>.<br />
-
-<i>Pinperneaux</i> en pâté, 91, 92.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôtis,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-191">191</a>.</span><br />
-
-<i>Pintes</i> (à boire),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’étain, 123.</span><br />
-
-<i>Pipefarces</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-95"> 2</a>, etc., 227.<br />
-
-<span class="smcap">Pisan</span> (Chr. de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvii"><small>LXVII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>.<br />
-
-<i>Pise</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>. V. <i>Tourtes</i>.<br />
-
-<i>Pivoine</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-49">49</a>.<br />
-
-<i>Placebo</i> (Jouer de), (flatter,)
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-25">25</a>.<br />
-
-<i>Plaideurs</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-44">44</a>.<br />
-
-<i>Plaidoieries</i> du parlement,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxii"><small>LXXII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a> et <i>passim</i>. V. <i>Plais</i> et <i>Parlement</i>.<br />
-
-<i>Plain</i> (Vin),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-174">174</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-193">193</a>.</span><br />
-
-<i>Plais</i> (Épervier porté aux),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-296">296</a>.<br />
-
-<i>Plais.</i> Voyez <i>Plies</i>.<br />
-
-<i>Plaisir</i> du mari le premier suivi,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-97">97</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;quel qu’il soit, 155.</span><br />
-
-<i>Plan de tapisserie</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiii"><small>LXXIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-255">255</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Turgot,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiii"><small>LXXIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Plancher</span> (Dom),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lix"><small>LIX</small></a>.<br />
-
-<i>Planter</i> (Quand),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>,
-<a href="#page_vol-2-44"> 2</a>.<br />
-
-<i>Plastreau</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-68">68</a>.<br />
-
-<i>Plat</i> (Cheval). Ce que c’est,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>.<br />
-
-<i>Plats.</i> Comment servis,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xli"><small>xli</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xlii"><small>xlii</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;couverts,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;grands, 115, 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;petits en étain, 115; en grand nombre, 123.</span><br />
-
-<i>Plays.</i> V. <i>Plies</i>.<br />
-
-<i>Pleiges</i> (répondans), des domestiques,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-58">58</a>. V. <i>Caution</i>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-365" id="page_vol-2-365"></a>{v. 2, p.365}</span><br />
-
-<i>Plies</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>,
-<a href="#page_vol-2-202"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en l’eau, 93, 95, 97, etc.</span><br />
-
-<i>Plommé</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-240">240</a>.<br />
-
-<i>Plouviers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-98">98</a>,
-<a href="#page_vol-2-101"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mangent du vent, non vidés, 183.</span><br />
-
-<i>Pluie</i> mauvaise pour l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-299">299</a>.<br />
-
-<i>Plumage</i> de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-292">292</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des canards, 89.</span><br />
-
-<i>Plumer</i> à sec,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-181">181</a>.<br />
-
-<i>Plumes</i> cassées, comment les raffermir,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-302">302</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’épervier marquées par les <i>faims</i>, 287.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des ailes des oiseaux, 89.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des perdrix, 90.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ou cures pour l’épervier, 297, 298, 312.</span><br />
-
-<i>Pluviers.</i> V. <i>Plouviers</i>.<br />
-
-<i>Poële.</i> V. <i>Paele</i>.<br />
-
-<i>Poëliers</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvii"><small>LXXXVII</small></a>.<br />
-
-<i>Poids</i> (Gros), expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-248">248</a>.<br />
-
-<i>Poinçon</i> (tonneau). Sa contenance,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-244">244</a>,
-<a href="#page_vol-2-249"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-260">260</a>.<br />
-
-<i>Poireaux.</i> V. <i>Poreaux</i>.<br />
-
-<i>Poirée.</i> V. <i>Porée</i>.<br />
-
-<i>Poires</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-121"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;confites, 245.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;cuites, 92, 267.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’angoisse, 267.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vermeilles en hiver, 250.</span><br />
-
-<i>Pois</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-49">49</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au craspois, 136.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au lard, 135, 136.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;coulés, 91, 96, etc., 136.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;daguenets, 100.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Dans quelle eau cuisent, 134.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en cosse et au lard, 136.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;nouveaux, 136.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;percés, 50.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vieils en potage, 134.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vieils jaunis, 136.</span><br />
-
-<i>Poisières</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-307">307</a>.<br />
-
-<i>Poisons</i> pour cerf ou sanglier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-258">258</a>.<br />
-
-<i>Poisson</i> d’eau douce,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-93"> 2</a>; (Chapitre du), 187.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mer, 92, 93.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mer, plat (Chapitre du), 201.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mer, rond (Chapitre du), 194.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;froid au potage jaunet, 175.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en galentine, 174.</span><br />
-
-<i>Poitevine</i> (Sauce),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-234">234</a>.<br />
-
-<i>Poitiers</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>.<br />
-
-<i>Poitou</i> (Chevauchée de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlv"><small>XLV</small></a>. V. <i>Niort</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Poitrine</span> (Jeh.),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>,
-<a href="#page_vol-2-120"> 2</a>.<br />
-
-<i>Poitrine</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>,
-<a href="#page_vol-2-87"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-131">131</a>.<br />
-
-<i>Poivre</i> aigret ou jaunet,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-178">178</a>,
-<a href="#page_vol-2-232"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;long, 112.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;noir, 233.</span><br />
-
-<i>Poles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-203">203</a>.<br />
-
-<i>Pommeaux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-97">97</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-222">222</a>.<br />
-
-<i>Pommes</i> (Breuvage de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-79">79</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;cuites, 101, etc.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de blandureau, 111, 122.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de rouvel rôties, 106.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en riquemenger, 268. V. <i>Oranges</i> et <i>Grenades</i>.</span><br />
-
-<i>Pommettes</i> de fressure d’agneau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-222">222</a>.<br />
-
-<i>Pompons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-273">273</a>.<br />
-
-<i>Ponctuation</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxi"><small>LXI</small></a>.<br />
-
-<i>Pont-sur-Yonne</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-
-<i>Pontife</i> (Fromage comparé au),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-146">146</a>,
-<a href="#page_vol-2-147"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Pontonnier</span> (Jean le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>.<br />
-
-<i>Porcs</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>,
-<a href="#page_vol-2-266"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-268">268</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Boyaux de) comment lavés, 160, 228.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Chaudun de), 160.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;consommés à Paris,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>,
-<a href="#page_vol-2-83"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-84">84</a>,
-<a href="#page_vol-2-85">85</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en pasté,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-271">271</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en rissole, 225.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;eschaudés et rostis, 178.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Filet de cuisse de), 287.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Fressure et boyaux de), 158, 228.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Hastelets de chaudun de), 228.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Issues de), 128.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;jaunis à l’air, 126.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mis au saloir en Picardie, 126.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Pieds de), 237.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quand les tuer, 125. V. <i>Cochon</i>, <i>Pourceau</i>, <i>Pourcel</i>, <i>Pourcelet</i>, <i>Sous</i>, <i>Ver</i>, <i>Vinaigrette</i>.</span><br />
-
-<i>Porc de mer</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-198">198</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en entremets,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-366" id="page_vol-2-366"></a>{v. 2, p.366}</span></span><br />
-
-<i>Porc épic</i> (Hôtel du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.<br />
-
-<i>Poreaux</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-50">50</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à chapons, 98.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;aux amandes, 99.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;blancs, 96.</span><br />
-
-<i>Porée</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>,
-<a href="#page_vol-2-47"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au lait d’amandes, 142.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;blanche, 94, 95, 139.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;blanche de bettes, 140.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de bettes, 137, 140.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cresson, 102, au lait d’amandes, 140.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de minces, 142.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’été, de caresme, etc., 48, 49.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;noire, 93, 97, etc., 142.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;nouvelle, 141.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;verte, 107, 139, 141, 142.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vieille, 141.</span><br />
-
-<i>Portages</i> (ports), des provisions,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.<br />
-
-<i>Porte de Paris</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-132">132</a>.<br />
-
-<i>Portes</i> (oublies?),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-110">110</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>.<br />
-
-<i>Portechappes</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>.<br />
-
-<i>Portefaix.</i> Leur caractère,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>.<br />
-
-<i>Porteurs</i> à l’enfeutrure,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-53">53</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’eau, 115.</span><br />
-
-<i>Portugais</i> à la cour de Bourgogne,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-273">273</a>.<br />
-
-<i>Portugal</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Jardiniers de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-273">273</a>.</span><br />
-
-Potage aoursé (brûlé),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>,
-<a href="#page_vol-2-124"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-137">137</a>,
-<a href="#page_vol-2-263">263</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Lombards, 171.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de pois vieils, 134.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’une petite oé, 149.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;écartelé, 91, 216.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;jaunet, 175.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;maigre, 148.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;parti, ou faux grenon, 216.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour faire issue, appelé <i>Gelée</i>, 100.</span><br />
-
-<i>Potages</i> à épices non lians,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-147">147</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;communs sans épices, 134.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’épices, leur saison, 242.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Épices pour les), 107.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;lians, 87.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;lians de chair, 158.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Manière de les dessaler et d’en ôter l’arsure, 262, 263.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;qui s’en vont sur le feu, 88.</span><br />
-
-<span class="smcap">Potard</span> (Jean),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Potarde</span> (Perrette),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-
-<i>Potirons</i> (Pâté de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Pots</i>, à aumône,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>,
-<a href="#page_vol-2-118"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-123">123</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Combien loués, 124.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cuivre pour la vaisselle, 115, 122.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de diverses sortes, 115.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de terre, à vin, 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour la gelée et la cameline, 114.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour potages, 123.</span><br />
-
-<i>Poucins</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>,
-<a href="#page_vol-2-160"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la mode lombarde, 185.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à l’eau bénite, 275.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à l’eau b. d’oignons, 276.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à l’orange, 276.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à porter à la chasse, 300, 306.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Combien pour un dîner, 110.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment engraissés, 212.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment faisandés, 181.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en froide sauge, 215.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en pasté, 185.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en rosé, 154.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;farcis, 212.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mangés en trois fois par l’épervier, 306.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;nourris avec des éperviers, 285.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Perdreaux faits de), 212.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix des), 110, 121.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôtis, 180, 232. V. <i>Poulets</i>.</span><br />
-
-<i>Poudre</i> blanche,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de canelle, 122.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de duc, 248.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;fine, 122, 247.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour tuer les loups, 63.</span><br />
-
-<i>Poulailles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;farcées, 213.</span><br />
-
-<i>Poulaillier.</i> Ce qu’il fournit pour un repas de noces,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-110">110</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du roi, etc., 85.</span><br />
-
-<i>Poules</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>,
-<a href="#page_vol-2-271"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;aux herbes, 100.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;farcies, 268.</span><br />
-
-<i>Poulet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-165">165</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Coulis d’un), 242.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Cols de poulets en coulis, <i>ib.</i></span><br />
-
-<span class="smcap">Poupart</span> (Charles), argentier du roi,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxx"><small>XXX</small></a>.<br />
-
-<i>Pourceau</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Groin de), nécessaire au serviteur, 23.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;jaunit à l’air, 126. V. <i>Porc</i>,<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-367" id="page_vol-2-367"></a>{v. 2, p.367}</span> <i>Pourcel</i>, <i>Pourcelet</i>, <i>Cochon</i>, etc.</span><br />
-
-<i>Pourcel</i> (Soux de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-231">231</a>.<br />
-
-<i>Pourcelet</i> farci,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-178">178</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;lardé, 178.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Sous de), 215.</span><br />
-
-<i>Pourpois</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-103">103</a>,
-<a href="#page_vol-2-198"> 2</a>.<br />
-
-<i>Poux</i> des oiseaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-325">325</a>.<br />
-
-<i>Précautions</i> à prendre avec les hommes de peine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>.<br />
-
-<i>Président</i> du parlement,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment placé et servi à table, 106.</span><br />
-
-<i>Présomption</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-42">42</a>.<br />
-
-<i>Presse.</i> V. <i>Foule</i>.<br />
-
-<i>Prêter</i> 12 pour 13,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-46">46</a>.<br />
-
-<i>Prêtres</i> discrets,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-162">162</a>.<br />
-
-<i>Prévôts</i> de Paris,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>,
-<a href="#page_vol-2-255"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Hôtel des), 255.</span><br />
-
-<i>Prières</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-10">10</a>,
-<a href="#page_vol-1-11">11</a>,
-<a href="#page_vol-1-12">12</a>. V. <i>Oraison</i>.<br />
-
-<i>Prime</i> (Heure de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-48">48</a>.<br />
-
-<i>Prix</i>, cités dans le <i>Ménagier</i>, comment les interpréter,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxi"><small>XXXI</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la bougie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-112">112</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la canelle, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la chair, 128, 132.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la cire, 112.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la graisse, 82.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la loche, 220.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’argent, 86.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la vaisselle, 124.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la volaille, 110, 119, 120, 121.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’eau, 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’herbe verte, 124.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’ypocras, 112.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des amandes, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des bonbons, 112.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des carrotes, 245.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des cochons, 120, 220.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des cuirs de bœuf, 82.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des écrevisses, 220.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des épices, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des flambeaux, 112, 124.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des fleurs, 116, 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des ménestrels, 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des morceaux de bœuf, 86, 87.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des moutons, 82.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des nappes, 124.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des oublies, 107, 109.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des perdreaux, 120.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des pots d’étain, 124.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des sergens, 124.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des tables, tréteaux, etc., 116, 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des torches, 112, 124.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des verres, 124.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du blé, 109, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du bois à brûler, 113.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du charbon, 113.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du froment mondé, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du galanga, 112.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du gingembre, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du girofle, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du macis, 112.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du mouton, 86, 87.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’un cuisinier, 114, 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’un hôtel pour une noce, 116, 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du pain, 109.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du poivre, 112.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du ris, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du safran, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du sucre, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du veau, 86, 87, 221.</span><br />
-
-<i>Procureur</i> au chatelet et au parlement,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxviii"><small>lxxviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>lxxxv</small></a>.<br />
-
-<i>Procureur du roi</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>, et note.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Où placé à table,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.</span><br />
-
-<i>Procureur général.</i> Remarques sur ces mots,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxviii"><small>lxxviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxix"><small>lxxix</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>,
-<a href="#page_vol-2-106"> 2</a>.<br />
-
-<i>Prouesse</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-57">57</a>.<br />
-
-<i>Provence</i> (Figues de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>.<br />
-
-<i>Proverbes</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxvii"><small>lxxxvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>,
-<a href="#page_vol-1-178">178</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-4">4</a>,
-<a href="#page_vol-2-15"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-21">21</a>,
-<a href="#page_vol-2-37">37</a>,
-<a href="#page_vol-2-56">56</a>,
-<a href="#page_vol-2-70">70</a>,
-<a href="#page_vol-2-114">114</a>,
-<a href="#page_vol-2-125">125</a>,
-<a href="#page_vol-2-156">156</a>,
-<a href="#page_vol-2-292">292</a>.<br />
-
-<i>Proverbiale</i> (Façon de parler),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvii"><small>XLVII</small></a>.<br />
-
-<i>Provins</i> (Roses de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-252">252</a>.<br />
-
-<i>Provisions</i>, par qui achetées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.<br />
-
-<i>Prudence</i>, femme de Mellibée,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-186">186</a> et suiv.<br />
-
-<i>Prunelles</i> de haie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-235">235</a>.<br />
-
-<i>Prunier</i> enté sur vigne,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-51">51</a>.<br />
-
-<i>Psaultier</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-129">129</a>,
-<a href="#page_vol-2-132"> 2</a>.<br />
-
-<i>Pucelle</i> (Conditions de la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-72">72</a>.<br />
-
-<i>Puces.</i> Comment les chasser,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.<br />
-
-<i>Purée</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-135">135</a>,
-<a href="#page_vol-2-137"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;A quoi elle sert, 136, 137.</span><br />
-
-<i>Purer</i>, expliqué,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-135">135</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-368" id="page_vol-2-368"></a>{v. 2, p.368}</span><br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="Q" id="Q">Q</a></span><br />
-
-<i>Quadragésimal spirituel</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiii"><small>LXXIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-45">45</a>.<br />
-
-<i>Quarrel</i> fondant sous le pied,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ou <i>Quarreau</i> (brochet), 88.</span><br />
-
-<i>Quarrelet</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-202">202</a>.<br />
-
-<i>Quartes.</i> Ce que c’est,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’argent,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’étain, 115, 123.</span><br />
-
-<i>Quatre-de-chiffre</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>.<br />
-
-<i>Quayeu</i> (Moule de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-205">205</a>.<br />
-
-<i>Quelboe</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-
-<i>Quelrel</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-204">204</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Quentin</span> (Thomas),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-237">237</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Quentine</span> (Jeanne la),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-237">237</a>.<br />
-
-<i>Queue</i> (tonneau),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-67">67</a>.<br />
-
-<i>Queue</i> de cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-72">72</a>,
-<a href="#page_vol-2-75"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-312">312</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de sanglier, 155, 179.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de sanglier à la sauce chaude, 93, 96.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Sauce dite <i>Queue de sanglier</i>, 179, 236.</span><br />
-
-<i>Queue.</i> V. <i>Balay</i>.<br />
-
-<i>Queue-en-Brie</i> (La),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Queurie.</i> V. <i>Cuisine</i>.<br />
-
-<i>Queux</i> (Grand), de France,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>.<br />
-
-<i>Queux</i> (Aides des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Attributions d’un),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;loué, 114.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Salaire d’un), 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Terme technique des), 164.</span><br />
-
-<i>Qui féri</i> (jeu),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-71">71</a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="R" id="R">R</a></span><br />
-
-<i>Raales</i> des champs,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-310">310</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Rachel</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-85">85</a>.<br />
-
-<i>Rafan</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-246">246</a>.<br />
-
-<i>Raffle</i> racine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-246">246</a>.<br />
-
-<i>Rage</i> (Conjuration contre la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-259">259</a>.<br />
-
-<i>Raie.</i> V. <i>Raye</i>.<br />
-
-<i>Raifort</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-246">246</a>.<br />
-
-<i>Raisin.</i> V. <i>Roisins</i>.<br />
-
-<i>Raison.</i> Avantages qu’elle procure,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-29">29</a>.<br />
-
-<i>Ramage</i> (Épervier),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-314">314</a>,
-<a href="#page_vol-2-320"> 2</a>.<br />
-
-<i>Ramiers</i> (Coulons),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>,
-<a href="#page_vol-2-133"> 2</a>.<br />
-
-<i>Ramolles.</i> V. <i>Raniolles</i>.<br />
-
-<i>Rancune</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-40">40</a>.<br />
-
-<i>Rangs</i> peu marqués dans les relations sociales,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-l"><small>L</small></a>. V. <i>Bourgeois</i>.<br />
-
-<i>Raniolles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-97"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;lombardes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-95">95</a>.</span><br />
-
-<i>Rape</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-77">77</a>.<br />
-
-<i>Rapine</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-45">45</a>.<br />
-
-<i>Rappé</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-168">168</a>.<br />
-
-<i>Rate</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-132">132</a>.<br />
-
-<i>Ratières</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-64">64</a>.<br />
-
-<i>Rats</i>, bons pour les oiseaux, 312, 313, 326.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment les détruire,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-64">64</a>.</span><br />
-
-<i>Raves</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-49">49</a>.<br />
-
-<i>Raye</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-201">201</a>,
-<a href="#page_vol-2-202"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Aulx camelins pour), 201, 230.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;bouclée, lisse, etc., 201.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Galentine pour), 202.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;notrée, 201.</span><br />
-
-<span class="smcap">Raymonde</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-
-<i>Rebat</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-291">291</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Rebecca</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-85">85</a>.<br />
-
-<i>Recettes</i> dont l’auteur doute. V. <i>Remarques</i>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;empruntées,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxiv"><small>XXXIV</small></a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-369" id="page_vol-2-369"></a>{v. 2, p.369}</span></span><br />
-
-<i>Réclamer</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-284">284</a>,
-<a href="#page_vol-2-296"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-297">297</a>,
-<a href="#page_vol-2-299">299</a>, etc., 314.<br />
-
-<i>Recommanderesses</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-58">58</a>.<br />
-
-<i>Recoupes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>.<br />
-
-<i>Recréance</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-295">295</a>,
-<a href="#page_vol-2-296"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-297">297</a>,
-<a href="#page_vol-2-299">299</a>, etc.<br />
-
-<i>Recueil de tous les oiseaux de proie</i>, etc.,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Redefort</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxix"><small>LXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Regard</i> (Joli passage sur le),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-14">14</a>.<br />
-
-<i>Regard</i> (Jour du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>,
-<a href="#page_vol-2-122"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-124">124</a>.<br />
-
-<i>Réglisse</i> (Quelle est la bonne),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-238">238</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Reiffenberg</span> (M. le baron de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-liii"><small>LIII</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son article sur le <i>Ménagier</i>, <a href="#page_vol-1-lv"><small>LV</small></a>.</span><br />
-
-<i>Reims</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxx"><small>LXX</small></a>.<br />
-
-<i>Reine</i> (Dépense de la) et de ses enfans,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>.<br />
-
-<i>Reine</i> de Navarre,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-240">240</a>.<br />
-
-<i>Reines</i> blanches,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de France ne lisent seules que les lettres autographes des rois,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-75">75</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;n’embrassent que le roi, 76,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-381">381</a>.</span><br />
-
-<i>Réjouir</i> (Tout le monde aime à se),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-154">154</a>.<br />
-
-<i>Relations des ambassadeurs vénitiens</i>, citées,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvii"><small>XLVII</small></a>.<br />
-
-<i>Religieux de Saint-Denis</i>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-135">135</a>,
-<a href="#page_vol-1-136">136</a>.<br />
-
-<i>Remarques</i> critiques<a name="FNanchor_1612_1612" id="FNanchor_1612_1612"></a>
-<a href="#Footnote_1612_1612" class="fnanchor">[1612]</a> de l’auteur sur des recettes,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxi"><small>XXXI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-66">66</a>,
-<a href="#page_vol-2-85"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-106">106</a>,
-<a href="#page_vol-2-129">129</a>,
-<a href="#page_vol-2-153">153</a>,
-<a href="#page_vol-2-158">158</a>,
-<a href="#page_vol-2-161">161</a>,
-<a href="#page_vol-2-164">164</a>,
-
-<a href="#page_vol-2-166">166</a>, <a href="#page_vol-2-167">167</a>,
-<a href="#page_vol-2-179">179</a>,
-<a href="#page_vol-2-190">190</a>,
-<a href="#page_vol-2-235">235</a>,
-<a href="#page_vol-2-236">236</a>,
-<a href="#page_vol-2-269">269</a>.<br />
-
-<i>Remèdes</i> pour les chevaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-77">77</a>.<br />
-
-<i>Remere</i>, expl.
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-307">307</a>.<br />
-
-<i>Renart</i> (Conditions du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-72">72</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Recette pour les détruire, 63.</span><br />
-
-<span class="smcap">Renaud</span> de Louens,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-186">186</a>.<br />
-
-<i>Renodie</i> (La). V. <i>Sainte-Aulaire</i>.<br />
-
-<i>Renoulles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-222">222</a>.<br />
-
-<i>Renseignemens</i> à prendre sur les chambrières,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-57">57</a>.<br />
-
-<i>Renverser</i> une anguille,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-191">191</a>.<br />
-
-<i>Repas</i> des domestiques,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-70">70</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Ordre d’un),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-103">103</a> et suiv.</span><br />
-
-<i>Repos</i> trompe les gens,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-40">40</a>.<br />
-
-<i>Reprise</i> des torches par l’épicier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.<br />
-
-<i>Requêtes</i> de l’hôtel,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxix"><small>LXXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Ressatir</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-299">299</a>.<br />
-
-<i>Restes</i> des tables,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.<br />
-
-<i>Restraintif</i> pour les chevaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-77">77</a>,
-<a href="#page_vol-2-79"> 2</a>.<br />
-
-<i>Retrait</i> de la reine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-
-<i>Rets saillant</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-314">314</a>.<br />
-
-<i>Révolution</i> a diminué la consommation de la viande,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvi"><small>XLVI</small></a>.<br />
-
-<i>Rhombus</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-203">203</a>.<br />
-
-<i>Rhume</i> de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-319">319</a>,
-<a href="#page_vol-2-320"> 2</a>.<br />
-
-<i>Riagal</i> (aconit),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-64">64</a>.<br />
-
-<i>Ribaude.</i> Mauvais mot,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.<br />
-
-<i>Ribelette</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-139">139</a>,
-<a href="#page_vol-2-142"> 2</a>.<br />
-
-<i>Richebourg</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lix"><small>LIX</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Richemont</span> (Arthur de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.<br />
-
-<i>Riches</i> gens mangent des limaçons,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-223">223</a>.<br />
-
-<i>Rique-menger</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-268">268</a>.<br />
-
-<i>Rire</i> (Comment),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-26">26</a>.<br />
-
-<i>Ris</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-214">214</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;battu, 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;engoulé, 91, 92, 98, etc.; 214, 243.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;et amandes frites dessus, 107.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Fleur de), 122.</span><br />
-
-<i>Rissoles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-88">88</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-93">93</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à jour de poisson,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-225">225</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à jour de chair, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de brochet, 188.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-370" id="page_vol-2-370"></a>{v. 2, p.370}</span></span><br />
-
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mouelle de bœuf, 84, 97, etc.; 226.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en carême, 225.</span><br />
-
-<span class="smcap">Rivière</span> (Bureau de la),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-46">46</a>,
-<a href="#page_vol-2-380"> 2</a>.<br />
-
-<i>Robe</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-67">67</a>.<br />
-
-<i>Robes</i> à visiter,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-65">65</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment les détacher, nétoyer, etc.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-65">65</a> et suiv.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’une bouchère, 82.</span><br />
-
-<i>Robeslinges</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>,
-<a href="#page_vol-1-238">238</a>,
-<a href="#page_vol-1-239">239</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Rochefort</span> (Jean de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-150">150</a>.<br />
-
-<i>Rochelle</i> (Vin de la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-38">38</a>.<br />
-
-<i>Rocs</i> d’échiquier,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xlvii"><small>xlvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-7">7</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-381">381</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Rodoald</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-70">70</a>.<br />
-
-<i>Rogne</i> du cheval (gale),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-75">75</a>,
-<a href="#page_vol-2-77"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Rohan</span> (Vicomte de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-321">321</a>.<br />
-
-<i>Roi</i> (Consommation du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Étaux du), 200.</span><br />
-
-<i>Roi-qui-ne-ment</i> (Jeu du),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-7">7</a>.<br />
-
-<i>Roi (Ne pour), ne pour roc</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvii"><small>XLVII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-380">380</a>.<br />
-
-<i>Rois.</i> Étoffe grossière, ou vêtement grossier,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiii"><small>LXXXIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-32">32</a>.<br />
-
-<i>Roisins</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>,
-<a href="#page_vol-2-118"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Digne, sans pepins, 246.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;sans pepins, 50. V. <i>Morillon</i> et <i>Moust</i>.</span><br />
-
-<i>Roissoles.</i> V. <i>Rissoles</i>.<br />
-
-<i>Romain</i> (Pauvre) fait empereur,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-98">98</a>.<br />
-
-<i>Romaine</i> (Histoire de la),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-158">158</a>.<br />
-
-<i>Romaine</i> (Laitue),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-46">46</a>.<br />
-
-<i>Romainville</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Roman de la Rose</i>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-75">75</a>.<br />
-
-<i>Romarin</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-53">53</a>,
-<a href="#page_vol-2-106"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-231">231</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Manière de l’envoyer loin, 53.</span><br />
-
-<i>Roménie</i> (Sacres de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Romilde</span>, duchesse de Frioul,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-70">70</a>.<br />
-
-<i>Rondeaux</i> sur Aubriot,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvii"><small>LXXXVII</small></a>.<br />
-
-<i>Rongne</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-75">75</a>,
-<a href="#page_vol-2-77"> 2</a>.<br />
-
-<i>Ront</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-203">203</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Roquefort</span> (J. B. B. de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxi"><small>LXXI</small></a>, etc.<br />
-
-<span class="smcap">Roquelaure</span> (G. J. B. duc de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-83">83</a>.<br />
-
-<i>Rosé</i> (plat),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-95">95</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’alouettes, 94, 97, 154.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de lapereaux, 93, 97, 154.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de poucins, 154.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oiselets, 154.</span><br />
-
-<i>Rosé</i>, (<i>quid</i>?),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-252">252</a>.<br />
-
-<i>Roses</i> de Prouvins,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-252">252</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;gardées en hiver, 52, 251, 252. V. <i>Fleurs</i>.</span><br />
-
-<i>Rosiers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-49">49</a>.<br />
-
-<i>Rosses</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-194">194</a>.<br />
-
-<i>Rost</i> de char (Chapitre du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-177">177</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Le meilleur qu’on peut, 93, 95, etc.</span><br />
-
-<i>Rôtisseur.</i> V. <i>Oyers</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Roubais</span> (Isabelle de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lix"><small>LIX</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Jean de), <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Marguerite, dame de), <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a> et suiv.;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-272">272</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Pierre de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lviii"><small>lviii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lix"><small>lix</small></a>, <a href="#page_vol-1-lx"><small>LX</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-275">275</a>; prend Péronne en 1465,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lix"><small>LIX</small></a>.</span><br />
-
-<i>Roubais</i> (Église de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lix"><small>LIX</small></a>.<br />
-
-<i>Rouen</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-135">135</a>.<br />
-
-<i>Rouget</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>,
-<a href="#page_vol-2-101"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-197">197</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Espimbèche de), 175.</span><br />
-
-<i>Rougir.</i> Bon signe chez une chambrière,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-59">59</a>.<br />
-
-<i>Rouillée</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-163">163</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Rousseau</span> (Guiot),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-
-<i>Rousset</i> (Brouet),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-164">164</a>.<br />
-
-<i>Rue</i> Charlemagne,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Culture-Ste-Catherine, 254.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’Avignon,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Braque,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-84">84</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Galilée, 255.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Jouy,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la Heaumerie, 113.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la Pierre-au-Lait,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>. V. <i>Pierre</i>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la Savonnerie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la Verrerie, 116.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de la Vieille-Monnoie, 113.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Lormerie, <i>ib.</i></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des Arcis, 113.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des Billettes,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des Écrivains, 113.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-371" id="page_vol-2-371"></a>{v. 2, p.371}</span></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des Prêtres-Saint-Paul, 254, 255.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du Mûrier,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du Petit-Crucifix,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du Porche-Saint-Jacques,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Jean-Lecomte,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Percée,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Saint-Antoine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-254">254</a>,
-<a href="#page_vol-2-255"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Saint-Jacques-la-Boucherie, 113.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Simon-le-Franc, 116.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Trognon,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>. V. <i>Tenue</i>.</span><br />
-
-<i>Rue</i> (Plante),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-319">319</a>,
-<a href="#page_vol-2-320"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Ruel</span> (Jeh. de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-120">120</a>.<br />
-
-<i>Rues</i> (Éperviers portés dans les),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-296">296</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leurs noms constamment changés par la municipalité actuelle de Paris, 254.</span><br />
-
-<i>Rues et églises de Paris</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>LXXIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-52">52</a>.<br />
-
-<i>Ruissoles.</i> V. <i>Rissoles</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Rumigny</span> (M. le marquis de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lv"><small>LV</small></a>.<br />
-
-<i>Ruses innocentes</i>, citées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-314">314</a>.<br />
-
-<i>Russie</i> (Sacres de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Rutebeuf</span>, cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-57">57</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Rymer</span>, cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxx"><small>LXXX</small></a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="S" id="S">S</a></span><br />
-
-<i>Sablon</i> pour horloges,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-257">257</a>.<br />
-
-<i>Sacres</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>,
-<a href="#page_vol-2-323"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;employés en Asie,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;ont les pieds bleus,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-324">324</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;originaires de Tartarie et du Turkestan,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>.</span><br />
-
-<i>Saffran</i> d’Ort,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-246">246</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix du), 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Remède pour les oiseaux, 325. V. <i>Frangié</i>.</span><br />
-
-<i>Sage</i> et fou. Qui l’est,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-28">28</a>.<br />
-
-<i>Sage</i> homme laissé par sa femme,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-183">183</a>.<br />
-
-<i>Saïda</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>.<br />
-
-<i>Saignée</i> (Détails sur la),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-164">164</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-76">76</a>,
-<a href="#page_vol-2-77"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-79">79</a>.</span><br />
-
-<i>Sain</i> de porc,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-128">128</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Saint-Aignan</span> (Le duc de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxi"><small>LXXI</small></a>.<br />
-
-<i>Saint-André-des-Ars</i> (Église de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-16">16</a>.<br />
-
-<i>Saint-Benoît</i> (Boucherie de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliv"><small>XLIV</small></a>.<br />
-
-<i>Saint-Denis-du-Chastel</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-95">95</a>.<br />
-
-<i>Saint-Éloi</i> (Boucherie de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliv"><small>XLIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-84">84</a>.<br />
-
-<i>Saint-Francbourg-de-Senlis</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxix"><small>LXIX</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Saint-Germain</span> (Guillaume de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.<br />
-
-<i>Saint-Germain</i> (Boucherie de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-83">83</a>,
-<a href="#page_vol-2-84"> 2</a>.<br />
-
-<i>Saint-Jacques</i> (Pèlerins de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-183">183</a>.<br />
-
-<i>Saint-Jacques-la-Boucherie</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>.<br />
-
-<i>Saint-Lô</i> (Archives de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxv"><small>XXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Saint-Maixent</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>.<br />
-
-<i>Saint-Marcel</i> (Boucherie de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliv"><small>XLIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-83">83</a>,
-<a href="#page_vol-2-84"> 2</a>.<br />
-
-<i>Saint-Martin</i> (Boucherie de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-84">84</a>.<br />
-
-<i>Saint-Nicolas</i> (Boucherie de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-84">84</a>.<br />
-
-<i>Saint-Paul</i> (Quartier),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliv"><small>XLIV</small></a>.<br />
-
-<i>Saint-Pol</i> (Cage du roi à l’hôtel),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-253">253</a>.<br />
-
-<i>Saint-Severin</i> (Église de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiii"><small>LXXIII</small></a>.<br />
-
-<i>Saint-Thibaut</i> (Prieur de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Saint-Victor</i> (Abbaye de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiii"><small>LXXIII</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Saint-Yon</span> (Guillaume de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvi"><small>XLVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>,
-<a href="#page_vol-2-83"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Sainte-Aulaire</span> (François de), sieur de La Renodie,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>LXXIV</small></a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-372" id="page_vol-2-372"></a>{v. 2, p.372}</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>,
-<a href="#page_vol-2-287"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-288">288</a>,
-<a href="#page_vol-2-289">289</a>,
-<a href="#page_vol-2-293">293</a>,
-<a href="#page_vol-2-317">317</a>,
-<a href="#page_vol-2-323">323</a>.</span><br />
-
-<i>Sainte-Geneviève</i> (Boucherie de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliv"><small>XLIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-83">83</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Sainte-Palaye</span> (La Curne de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-380">380</a>.<br />
-
-<i>Salaminée.</i> V. <i>Salemine</i>.<br />
-
-<i>Salemine</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-102"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de becquets et tanches,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.</span><br />
-
-<i>Saleure</i> (Viande salée),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>.<br />
-
-<i>Salières</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’argent,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de pain,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>.</span><br />
-
-<i>Salle</i> à manger, sa description,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-105">105</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;où les gens entrent et s’arrêtent,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-61">61</a>.</span><br />
-
-<i>Saloirs</i> en Picardie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-126">126</a>.<br />
-
-<i>Saluces</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-99">99</a>.<br />
-
-<i>Samois</i> (Pont de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Sancerre</span> (Le comte de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxix"><small>LXXIX</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Le maréchal de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-137">137</a>.</span><br />
-
-<i>Sandal</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Sandras de Courtilz</span>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxviii"><small>LXVIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-83">83</a>.<br />
-
-<i>Sang</i> doit faire horreur aux femmes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-59">59</a>.<br />
-
-<i>Sanglant.</i> Mot de malédiction,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiii"><small>LXXXIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-59">59</a>.<br />
-
-<i>Sangle</i> (ongle),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-294">294</a>,
-<a href="#page_vol-2-295"> 2</a>.<br />
-
-<i>Sanglier</i> (Bourbelier ou Bourberel de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-179">179</a>,
-<a href="#page_vol-2-236"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;comment cuit, 158.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;fait d’un ver, 259.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Foie de), 157.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;frais, comment mangé, 156, 265.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Membres du), 157.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Poison pour le), 258.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salé, 158.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Tête et joues de), 158. V. <i>Bêtes noires</i>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Sansonet.</span> Marchand d’oiseaux et voleur,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Sara</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-79">79</a>.<br />
-
-<i>Sarcelles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-311">311</a>.<br />
-
-<i>Sardines</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-271">271</a>.<br />
-
-<i>Sarge</i> (serge),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Sariette</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<i>Sas</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-136">136</a>.<br />
-
-<i>Satin</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-66">66</a>.<br />
-
-<i>Satisfaction</i> (De la),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-27">27</a>.<br />
-
-<i>Sauce.</i> V. <i>Saulce</i>.<br />
-
-<i>Saucisse.</i> V. <i>Saulsisse</i>.<br />
-
-<i>Sauge</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>,
-<a href="#page_vol-2-249"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;dans la venaison, 130.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Froide), 93, 96, 215.</span><br />
-
-<span class="smcap">Saugete</span> (Jean),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-15">15</a>.<br />
-
-<i>Saulce</i> à mettre boulir en pasté de hallebrans,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-236">236</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;blanche de brochets et de perche, 102.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;blanche de poisson, 93, 97.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;briefve pour chapon, 235.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’aulx blanche ou verte, 231.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de lamproie, 133.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;jaunette,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-175">175</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;paresseuse, 233.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour chapon ou poule, 237.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour œufs pochés, 237.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;râpée, 237.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vert d’espices, 231.</span><br />
-
-<i>Saulces</i> boulies (Chapitre des),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-232">232</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;liantes, 87.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;non boulies (Chap. des), 229.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;plus fortes en hiver, 236.</span><br />
-
-<i>Saulsisses</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-92"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Manière de les faire, 266.</span><br />
-
-<i>Saultier.</i> V. <i>Psaultier</i>.<br />
-
-<i>Saumons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Dalles de), 198.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;farcis, 96, 103.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;frais, 198.</span><br />
-
-<i>Saupiquet</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvi"><small>LXXXVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-181">181</a>,
-<a href="#page_vol-2-233"> 2</a>.<br />
-
-<i>Saussier</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Ce qu’il fournit,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-111">111</a>.</span><br />
-
-<i>Saut</i> de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Sauval</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>lxxiv</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxviii"><small>lxxviii</small></a>, <a href="#page_vol-1-lxxxv"><small>LXXXV</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>,
-<a href="#page_vol-2-84"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-116">116</a>,
-<a href="#page_vol-2-253">253</a>,
-<a href="#page_vol-2-254">254</a>,
-<a href="#page_vol-2-255">255</a>.<br />
-
-<i>Sauvegarde</i> singulière pour une femme,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-69">69</a>.<br />
-
-<i>Savoie</i> (Bœufs de) amenés à Paris en 1422,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvi"><small>XLVI</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Brouet de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-166">166</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-373" id="page_vol-2-373"></a>{v. 2, p.373}</span></span><br />
-
-<span class="smcap">Savoie</span> (Agnès de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lix"><small>LIX</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Scappi</span> (Barth.), cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-207">207</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Schefer</span> (M.), cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Schneider</span> (Jo.-Gott.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxix"><small>LXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Seaulx</i> pour recueillir les restes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-114">114</a>.<br />
-
-<i>Sèche</i> à un gravé, etc.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-103">103</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;conrée, 205.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Étaux à), 200.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;fraîche, 206.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;frite, 103.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salée, consolation du carême, 206.</span><br />
-
-<i>Seconds</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>,
-<a href="#page_vol-2-109"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Secousse</span> (D. F.),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>LXXIV</small></a>.<br />
-
-<i>Secrets</i> du mari à garder,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-179">179</a>.<br />
-
-<i>Sedile</i> (bloc),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-289">289</a>.<br />
-
-<i>Seiche.</i> V. <i>Sèche</i>.<br />
-
-<i>Seigneur</i> abusant d’une bourgeoise,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-139">139</a>.<br />
-
-<i>Seigneurs</i> à fuir,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-77">77</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Gens de cour de) à éviter, 177.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(ou oncles du roi). Rissoles faites chez eux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-226">226</a>.</span><br />
-
-<i>Seimier</i> de cerf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>,
-<a href="#page_vol-2-129"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-156">156</a>,
-<a href="#page_vol-2-157">157</a>,
-<a href="#page_vol-2-264">264</a>.<br />
-
-<i>Seine</i> (Eau de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-68">68</a>,
-<a href="#page_vol-2-243"> 2</a>.<br />
-
-<i>Sel</i> armoniac,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-250">250</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;blanc, 113, 250.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;gros, 113.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;noir, 190.</span><br />
-
-<i>Semer</i> (Quand),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>.<br />
-
-<i>Semier.</i> V. <i>Seimier</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Sendabad</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-158">158</a>.<br />
-
-<i>Senlis</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxix"><small>LXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Sens</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-
-<i>Septembre</i> (Chasse en), 310, 311.<br />
-
-<i>Septembresse</i>, (<i>quid</i>?),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-49">49</a>.<br />
-
-<i>Sept sages de Rome</i>, cités,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-158">158</a>.<br />
-
-<i>Serceaux</i> (plumes),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>,
-<a href="#page_vol-2-294"> 2</a>.<br />
-
-<i>Serge</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Sergens</i> pour garder les portes,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>,
-<a href="#page_vol-2-124"> 2</a>.<br />
-
-<i>Serpentine</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-49">49</a>.<br />
-
-<i>Serres</i> de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-294">294</a>.<br />
-
-<i>Servans.</i> Leur dîner,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.<br />
-
-<i>Serviettes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Petites),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>.</span><br />
-
-<i>Service</i> des domestiques à organiser,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.<br />
-
-<i>Serviteurs.</i> Comment doivent être pour leurs maîtres,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-22">22</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de trois espèces, 53.</span><br />
-
-<i>Setier.</i> V. <i>Sextier</i>.<br />
-
-<i>Seun</i> (Feuille de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-251">251</a>.<br />
-
-<i>Seur</i> (Feuille de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-223">223</a>,
-<a href="#page_vol-2-251"> 2</a>.<br />
-
-<i>Seurfrire</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-151">151</a>.<br />
-
-<i>Seurmontain</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-67">67</a>.<br />
-
-<i>Sextier</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-68">68</a>,
-<a href="#page_vol-2-237"> 2</a>.<br />
-
-<i>Seymé</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>,
-<a href="#page_vol-2-151"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-173">173</a>.<br />
-
-<i>Seymier</i> de cerf. V. <i>Seimier</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Sicile</span> (Le roi de), duc d’Anjou,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>.<br />
-
-<i>Siffler</i> l’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-297">297</a>,
-<a href="#page_vol-2-308"> 2</a>.<br />
-
-<i>Signes</i> douteux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-247">247</a>.<br />
-
-<i>Siller</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-315">315</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Silvestre</span> (Israël),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xx"><small>XX</small></a>.<br />
-
-<i>Simonie</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-46">46</a>.<br />
-
-<i>Simplicité</i> de mœurs d’un procureur général en 1383,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-104">104</a>.<br />
-
-<i>Singes</i> apprivoisés,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-144">144</a>.<br />
-
-<i>Singularité</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-31">31</a>.<br />
-
-<i>Sizain</i>, (<i>quid</i>?),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-248">248</a>.<br />
-
-<i>Sobriété</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-59">59</a>.<br />
-
-<i>Société de l’histoire de France</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvi"><small>LXXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Société des bibliophiles.</i> Sa composition,
-
-<i>a</i>, préliminaires; publie le <i>Ménagier</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-liv"><small>LIV</small></a>.<br />
-
-<i>Société des bibliophiles de Reims</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxx"><small>LXX</small></a>.<br />
-
-<i>Sodomie</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-52">52</a>.<br />
-
-<i>Soie</i> (Robe de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-66">66</a>.<br />
-
-<i>Soieurs</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>,
-<a href="#page_vol-2-57"> 2</a>.<br />
-
-<i>Soins d’une femme pour son mari</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Soissons</span> (Comtesse de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxi"><small>LXXI</small></a>.<br />
-
-<i>Soles</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>,
-<a href="#page_vol-2-160"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-203">203</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Coulis de), 242.</span><br />
-
-<i>Solidarité</i> de deux époux,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-184">184</a>.<br />
-
-<i>Sommières</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxi"><small>XXI</small></a>.<br />
-
-<i>Son.</i> Comment donné aux chevaux,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-77">77</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-374" id="page_vol-2-374"></a>{v. 2, p.374}</span><br />
-
-<i>Songe de pestilence.</i> Ce que c’est,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxii"><small>LXXII</small></a>; cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-29">29</a>.<br />
-
-<i>Sonnettes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-315">315</a>.<br />
-
-<i>Sorcelleries.</i> Quelles sont les meilleures,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-170">170</a>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.<br />
-
-<i>Sorées</i> (Plumes),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-316">316</a>,
-<a href="#page_vol-2-318"> 2</a>.<br />
-
-<i>Soret</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-106">106</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au vinaigre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>.</span><br />
-
-<i>Soringue</i> d’anguilles,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>,
-<a href="#page_vol-2-93"> 2</a>, etc.; 173.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Potage liant comme), 164.</span><br />
-
-<span class="smcap">Sottenghien</span> (Jehan de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-139">139</a>.<br />
-
-<i>Soubtil brouet d’Angleterre</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-166">166</a>.<br />
-
-<i>Soubuse</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-307">307</a>.<br />
-
-<i>Soucié</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-203">203</a>,
-<a href="#page_vol-2-231"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Étymologie de ce mot, 231.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vergay, à garder poisson de mer, 231.</span><br />
-
-<span class="smcap">Soudant</span> (Jean),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-
-<i>Souliers</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-169">169</a>,
-<a href="#page_vol-1-239">239</a>.<br />
-
-<i>Soupe</i> dans le sens actuel,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;dépourvue, 145, 146.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en moustarde, 175.</span><br />
-
-<i>Souper</i> en juillet,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-147">147</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;fait en hâte, 170.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Heure du), 39.</span><br />
-
-<i>Soupers</i> (Devis de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de noces, 108.</span><br />
-
-<i>Souppis</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-131">131</a>.<br />
-
-<i>Source</i> (Vol à la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>.<br />
-
-<i>Souricières</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-64">64</a>.<br />
-
-<i>Sous</i> de pourcelet,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-215">215</a>,
-<a href="#page_vol-2-231"> 2</a>.<br />
-
-<i>Souterraine</i> (La),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-94">94</a>.<br />
-
-<i>Soux.</i> V. <i>Sous</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Stadler</span> (M. de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-68">68</a>.<br />
-
-<i>Statistique</i> du <i>Ménagier</i> peu sûre,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a> et suiv.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Mauvaise) de l’ouvrage intitulé les <i>Rues et églises de Paris</i>, <a href="#page_vol-1-xlv"><small>XLV</small></a>.</span><br />
-
-<i>Stipulation</i> (Objets donnés en témoignage de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-132">132</a>,
-<a href="#page_vol-1-133">133</a>.<br />
-
-<i>Stockfisch</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-195">195</a>.<br />
-
-<i>Stofix</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-195">195</a>.<br />
-
-<i>Style</i> de l’auteur et du <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxix"><small>XXIX</small></a> et <a href="#page_vol-1-xxx"><small>XXX</small></a>.<br />
-
-<i>Subtilité</i> des femmes,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-167">167</a>.<br />
-
-<i>Sucre</i> en pierre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-122">122</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en roche, 238.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix du), 111.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rosat, 112, 122, 274.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vieil, 92.</span><br />
-
-<i>Sucreries</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>.<br />
-
-<i>Suffisance</i> (contentement de peu),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-21">21</a>.<br />
-
-<i>Supplément aux corrections</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-380">380</a>.<br />
-
-<i>Supplications</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>,
-<a href="#page_vol-2-110"> 2</a>.<br />
-
-<i>Sur</i>, pris pour chez,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-154">154</a>,
-<a href="#page_vol-2-186"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-220">220</a>,
-<a href="#page_vol-2-246">246</a>.<br />
-
-<i>Surcot</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-13">13</a>,
-<a href="#page_vol-1-14">14</a>.<br />
-
-<i>Surlonge</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>,
-<a href="#page_vol-2-87"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-130">130</a>,
-<a href="#page_vol-2-131">131</a>.<br />
-
-<i>Surlonges</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-295">295</a>.<br />
-
-<i>Suros</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-74">74</a>,
-<a href="#page_vol-2-75"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Susanne</span> (Histoire de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-64">64</a>.<br />
-
-<i>Suzerain</i> qui veut être embrassé,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxviii"><small>LXXVIII</small></a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="T" id="T">T</a></span><br />
-
-<i>Table</i> de ce livre (Remarques sur la),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxii"><small>LXII</small></a>.<br />
-
-<i>Table</i> (Détails sur le service de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>, et suiv.;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Tables</i> au <a href="#page_vol-1-xiv"><small>XIV</small></a><sup>e</sup> siècle,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xl"><small>xl</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxiii"><small>lxxxiii</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;louées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.</span><br />
-
-<i>Taches.</i> Comment les ôter,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-65">65</a>.<br />
-
-<i>Taille</i> (Créance ou crédit sur),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>,
-<a href="#page_vol-2-86"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la boucherie, 132.</span><br />
-
-<span class="smcap">Taillevent</span> (Guill. Tirel dit),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xix"><small>xix</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xxxiii"><small>xxxiii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-237">237</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Édition et manuscrits de son ouvrage,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxv"><small>xxxv</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>lxxiv</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;encore réimprimé en 1602, <a href="#page_vol-1-xxxviii"><small>XXXVIII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;figure à tort dans le P. Anselmé, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rappelle l’ouvrage d’Apicius, <a href="#page_vol-1-xxxvii"><small>XXXVII</small></a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-375" id="page_vol-2-375"></a>{v. 2, p.375}</span></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-166">166</a>,
-<a href="#page_vol-2-168"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-172">172</a>,
-<a href="#page_vol-2-211">211</a>,
-<a href="#page_vol-2-240">240</a>,
-<a href="#page_vol-2-241">241</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Plats analogues à ceux de Taillevent ou copiés,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-148">148</a>,
-<a href="#page_vol-2-154"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-163">163</a>,
-<a href="#page_vol-2-166">166</a>,
-<a href="#page_vol-2-173">173</a>,
-<a href="#page_vol-2-176">176</a>,
-<a href="#page_vol-2-183">183</a>,
-<a href="#page_vol-2-211">211</a>,
-<a href="#page_vol-2-212">212</a>,
-<a href="#page_vol-2-213">213</a>,
-<a href="#page_vol-2-214">214</a>,
-<a href="#page_vol-2-234">234</a>,
-<a href="#page_vol-2-242">242</a> (2),
-<a href="#page_vol-2-262">262</a> (2).</span><br />
-
-<i>Taillis</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-102"> 2</a>, etc., 211.<br />
-
-<i>Talemouse</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-96">96</a>.<br />
-
-<i>Taloches</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-119">119</a>.<br />
-
-<i>Talon</i> de collier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Tancarville</span> (Comte de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Tanche</i> de mer,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-203">203</a>.<br />
-
-<i>Tanche</i> (Coulis de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-242">242</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de mer, 203.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;frite, 187.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;renversée, 187.</span><br />
-
-<i>Tanches</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-160">160</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à un bouli lardé, 96, 103.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;aux soupes, 92, 93.</span><br />
-
-<i>Tanné</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvii"><small>LXXXVII</small></a>.<br />
-
-<i>Tante</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-203">203</a>.<br />
-
-<i>Tapisseries</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>. V. <i>Guise</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Tardif</span> (G<sup>me</sup>), cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-316">316</a>,
-<a href="#page_vol-2-321"> 2</a>.<br />
-
-<i>Tartarie</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-323">323</a>.<br />
-
-<i>Tarte</i> de la farcissure d’un cochon,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-217">217</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;jacobine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-217">217</a>.</span><br />
-
-<i>Tartelettes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-111">111</a>,
-<a href="#page_vol-2-121"> 2</a>.<br />
-
-<i>Tartes</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-101">101</a>,
-<a href="#page_vol-2-102"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Tason</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-70">70</a>.<br />
-
-<i>Taverne</i> est l’église du diable,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-48">48</a>.<br />
-
-<i>Temple</i> (Boucherie du),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-83">83</a>,
-<a href="#page_vol-2-4"> 2</a>.<br />
-
-<i>Temps</i> pluvieux. A quoi bon,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>.<br />
-
-<i>Tenoisie</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-207">207</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Œufs à la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-209">209</a>.</span><br />
-
-<i>Tenue</i> d’une femme dans la rue,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-15">15</a>.<br />
-
-<i>Térébentine</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.<br />
-
-<i>Termes</i> de cuisine,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>,
-<a href="#page_vol-2-125"> 2</a>.<br />
-
-<i>Terre</i> à foulons,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-65">65</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Beauvais, 251, 252.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de robes, 65.</span><br />
-
-<i>Tesmoings</i> de lard,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-270">270</a>.<br />
-
-<i>Teste</i> de mouton,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-267">267</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de sanglier, 98.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du cheval, 73.</span><br />
-
-<i>Testes</i> (Demies), dorées (de chevreaux?),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oiseaux, données aux faucons, 182.</span><br />
-
-<i>Tétines</i> de vaches,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-270">270</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Theux</span> (M. de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lv"><small>LV</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Thibert</span> (Louis),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Famille), <i>ib.</i> et 83.</span><br />
-
-<span class="smcap">Thomas</span> (Jehan),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxii"><small>LXXXII</small></a>.<br />
-
-<i>Tierce</i> (Heure de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-48">48</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-305">305</a>.<br />
-
-<i>Tiercelet</i> d’autour et de faucon, etc.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-318">318</a>,
-<a href="#page_vol-2-324"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-325">325</a>.<br />
-
-<i>Tiers</i> (jeu),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-72">72</a>.<br />
-
-<i>Tieule.</i> V. <i>Tuile</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>.<br />
-
-<i>Tinel</i>, expliqué,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-163">163</a>.<br />
-
-<i>Tire</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-201">201</a>.<br />
-
-<i>Tire-d’aîle</i> (Vol à),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-309">309</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Tirel</span> (G<sup>me</sup>). V. <i>Taillevent</i>.<br />
-
-<i>Tirer</i> (Faire) l’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-319">319</a>,
-<a href="#page_vol-2-320"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-322">322</a>.<br />
-
-<i>Tiron</i> (Censive de), à Paris,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-253">253</a> et 254.<br />
-
-<span class="smcap">Tite-Live</span>, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-70">70</a>.<br />
-
-<i>Tizanne</i> doulce,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-237">237</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Tobie</span> (Le jeune),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-91">91</a>.<br />
-
-<i>Toile cirée</i> aux fenêtres,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-173">173</a>.<br />
-
-<i>Toise</i> (Vol à la),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>.<br />
-
-<i>Tombe</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-197">197</a>.<br />
-
-<i>Tombes</i> de marbre noir,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-257">257</a>.<br />
-
-<i>Ton</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-196">196</a>.<br />
-
-<i>Tonnelet</i> à compote,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-52">52</a>,
-<a href="#page_vol-2-244"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-260">260</a>.<br />
-
-<i>Tonnelliers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>.<br />
-
-<i>Torches</i> à allumer,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>,
-<a href="#page_vol-2-124"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leur prix, 112, 113, 122.</span><br />
-
-<i>Tostées</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-91">91</a>.<br />
-
-<i>Touailles</i> changées,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-107">107</a>,
-<a href="#page_vol-2-108"> 2</a>.<br />
-
-<i>Tour</i>, prison d’Aubriot,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xx"><small>XX</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Tour-Landry</span> (Geoffroy de là). Son ouvrage,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxv"><small>xxxv</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxvii"><small>lxvii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-240">240</a>.<br />
-
-<i>Touret</i> (rouet),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-237">237</a>.<br />
-
-<i>Touret</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-295">295</a>.<br />
-
-<i>Tournay</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-195">195</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Bailli de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxix"><small>lxxix</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-139">139</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-381">381</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Cameline de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-230">230</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-376" id="page_vol-2-376"></a>{v. 2, p.376}</span></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Crespes à la guise de), 227.</span><br />
-
-<i>Tournesis</i> (Bailli de). V. <i>Tournay</i>.<br />
-
-<i>Tournesot</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-220">220</a>,
-<a href="#page_vol-2-225"> 2</a>.<br />
-
-<i>Tourny</i> près Vernon,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-191">191</a>.<br />
-
-<i>Tourte</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-218">218</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de lait, 98 (p. e. <i>Croutes</i>).</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;lombardes ou pisaines, 93, 95, etc.</span><br />
-
-<i>Toussaint</i> (La),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>.<br />
-
-<i>Toutebonne</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-44">44</a>.<br />
-
-<i>Trailles</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-288">288</a>.<br />
-
-<i>Tranchées</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-78">78</a>.<br />
-
-<i>Tranchoirs</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xli"><small>xli</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxii"><small>lxxxii</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-105">105</a>,
-<a href="#page_vol-2-114"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;englués,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-171">171</a>.</span><br />
-
-<i>Tranchoisons</i> (tranchées), du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-78">78</a>.<br />
-
-<i>Trehoigner</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-26">26</a>.<br />
-
-<i>Trente-six tableaux</i> (Les), (livre sur les jeux),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvii"><small>LXXVII</small></a>.<br />
-
-<i>Trépiers</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-115">115</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>.<br />
-
-<i>Trésor</i> de Dom Villevieille,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>LXXIV</small></a>.<br />
-
-<i>Trésor de Santé.</i> Note sur ce livre,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxv"><small>LXXV</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlii"><small>XLII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>,
-<a href="#page_vol-2-183"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-203">203</a>,
-<a href="#page_vol-2-211">211</a>,
-<a href="#page_vol-2-219">219</a>,
-<a href="#page_vol-2-228">228</a>.</span><br />
-
-<i>Trésor de Vénerie</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxv"><small>LXXV</small></a>; cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-99">99</a>,
-<a href="#page_vol-2-129"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-157">157</a>,
-<a href="#page_vol-2-211">211</a>.<br />
-
-<i>Tressier</i> (mot difficile à expliquer),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Tréteaux</i> loués,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-116">116</a>,
-<a href="#page_vol-2-123"> 2</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Trinquant</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-151">151</a>.<br />
-
-<i>Triperie</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-128">128</a>.<br />
-
-<i>Tripes</i> au jaunet,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-149">149</a>,
-<a href="#page_vol-2-260"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment vendues, 129, 161.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de chevreaux, 227.</span><br />
-
-<span class="smcap">Tripier</span> (M. Léon),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxii"><small>LXII</small></a>.<br />
-
-<i>Trois-Fontaines</i> (Albéric de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxv"><small>LXV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-124">124</a>.<br />
-
-<i>Trot</i> du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-75">75</a>.<br />
-
-<i>Trotignons</i>, (<i>quid</i>?),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-216">216</a>.<br />
-
-<i>Truans</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-39">39</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;montrent leurs plaies,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-25">25</a>.</span><br />
-
-<i>Truites</i> en pasté, 190.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leur queue, meilleure partie, 190.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Leur saison,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxiv"><small>LXXXIV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-90">90</a>,
-<a href="#page_vol-2-190"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vermeilles, 190.</span><br />
-
-<i>Trumeau</i> de bœuf,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-86">86</a>,
-<a href="#page_vol-2-109"> 2</a>; au jaunet, 149.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de veau, 109.</span><br />
-
-<i>Trumel.</i> V. <i>Trumeau</i>.<br />
-
-<i>Tubesches</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>.<br />
-
-<i>Tuile</i> de chair,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-94">94</a>,
-<a href="#page_vol-2-96"> 2</a>, etc., 170.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’écrevisses, 152.</span><br />
-
-<i>Tumbe</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-197">197</a>.<br />
-
-<i>Tumbes</i> de marbre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-257">257</a>.<br />
-
-<i>Turbos</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-203">203</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la sauce verte,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-97">97</a>,
-<a href="#page_vol-2-103"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la soucie,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-100">100</a>,
-<a href="#page_vol-2-102"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;au soucié,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-102">102</a>.</span><br />
-
-<span class="smcap">Turgot</span> (M. Et.). V. <i>Plan</i>.<br />
-
-<i>Turkestan</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-li"><small>LI</small></a>.<br />
-
-<i>Turtres</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-256">256</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment les garder et les manger,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-261">261</a></span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;non vidées, 183.</span><br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="U" id="U">U</a></span><br />
-
-<i>Ueil</i> (œil), d’un fruit, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-247">247</a>.<br />
-
-<i>Université</i> de Paris. Vers pour elle contre Aubriot,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvii"><small>LXXXVII</small></a>.<br />
-
-<i>Usure</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-46">46</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Uxelles</span> (Le M<sup>is</sup> d’), gourmet,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxviii"><small>XXXVIII</small></a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-377" id="page_vol-2-377"></a>{v. 2, p.377}</span><br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="V" id="V">V</a></span><br />
-
-<i>Vacher</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-57">57</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Arnoul le), 62.</span><br />
-
-<i>Vachers</i> savent où est le gibier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-301">301</a>.<br />
-
-<i>Vaches</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Oreilles de), nécessaires au serviteur, 23.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Tétines de), 270.</span><br />
-
-<i>Vaine</i> gloire,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-30">30</a>.<br />
-
-<i>Vair</i> (Menu),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-118">118</a>.<br />
-
-<i>Vaisselle</i> de cuisine, combien louée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-124">124</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cuisine, d’argent,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’étain, louée, 115, 123.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Où placée,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Par qui serrée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;volée en 1406, 62.</span><br />
-
-<i>Vanité</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-41">41</a>.<br />
-
-<i>Vanneaux</i> (Plumes dites). Ce que c’est,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>,
-<a href="#page_vol-2-294"> 2</a>. V. <i>Couteaux et Serceaux</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Varenne</span> (La),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxviii"><small>XXXVIII</small></a>.<br />
-
-<i>Variétés historiques</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxv"><small>LXXV</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.<br />
-
-<i>Varlet</i> pour tirer le vin,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;prêchant à table (proverbe), 70.</span><br />
-
-<i>Varlets</i> d’hôtel,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du duc de Berry. Leur nourriture, 85.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;tranchans,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-163">163</a>.</span><br />
-
-<i>Veau</i> (ainsi écrit), 186, 221. V. <i>Veel</i>.<br />
-
-<i>Veaux</i> consommés à Paris,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-82">82</a> et suiv.<br />
-
-<i>Veel</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-160"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-168">168</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;aux herbes, 150.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en gravé ou seymé, 151.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en manière d’esturgon, 200.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en pasté, 186.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;entrepelé, 200.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Fraise et issues de), 128.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix du), 221.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rosti, 179.</span><br />
-
-<i>Veiller</i> l’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-314">314</a>,
-<a href="#page_vol-2-315"> 2</a>; sans se fatiguer trop, 315.<br />
-
-<i>Venaison.</i> V. <i>Venoison</i>.<br />
-
-<i>Vendangeurs</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-54">54</a>.<br />
-
-<i>Vendoises</i> (goujons?),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-194">194</a>.<br />
-
-<i>Vendredi absolu</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-85">85</a>.<br />
-
-<i>Vénerie</i> peu convenable aux femmes,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlix"><small>XLIX</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Venette</span> (Jean de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxvi"><small>lxxvi</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-148">148</a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-380">380</a>.<br />
-
-<i>Vengeance</i> défendue aux domestiques,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-60">60</a>.<br />
-
-<i>Venise</i> (Douceur d’un mari de),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-182">182</a>.<br />
-
-<i>Venneaulx</i> (plumes),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-89">89</a>,
-<a href="#page_vol-2-294"> 2</a>.<br />
-
-<i>Venoison</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-93">93</a>,
-<a href="#page_vol-2-94"> 2</a>, etc., 121.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la queue de sanglier, 100.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à la froumentée, 101.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;aux soupes, 94.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment apprêtée, 129, 130, 156.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de cerf, 154.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’ours (en bœuf), 155, 179.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en pasté, 155, 185.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Par qui vendue,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-109">109</a>,
-<a href="#page_vol-2-110"> 2</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;rôtie, 180.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;salée, 155, 157.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vendue au pied quarré, 109.</span><br />
-
-<i>Vent</i> emporte l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-302">302</a>,
-<a href="#page_vol-2-317"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;nourriture du pluvier, 183.</span><br />
-
-<i>Ver</i> (vérat), mangé comme sanglier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-259">259</a>.<br />
-
-<i>Vérés</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-300">300</a>.<br />
-
-<i>Verge</i> d’un jaugeur,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-126">126</a>.<br />
-
-<i>Verjus.</i> V. <i>Vertjus</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Verjus</span> (G<sup>me</sup> Lefèvre, dit),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xl"><small>XL</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-81">81</a>.<br />
-
-<i>Vermandois</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxix"><small>LXXIX</small></a>.<br />
-
-<i>Vernon</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>,
-<a href="#page_vol-1-152">152</a>.<br />
-
-<i>Verre</i> (Bassins de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-252">252</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;moulu, jeté dans l’œil du cheval, 78.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix du),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-lxxxii"><small>lxxxii</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-173">173</a>,
-<a href="#page_vol-1-174">174</a>.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-378" id="page_vol-2-378"></a>{v. 2, p.378}</span></span><br />
-
-<span class="smcap">Verrier</span> (Le), de la Conterie,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxvi"><small>LXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Verrières.</i> V. <i>Verre</i>.<br />
-
-<i>Vers.</i> D’où naissent,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-65">65</a>.<br />
-
-<i>Vertjus</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-66">66</a>,
-<a href="#page_vol-2-67"> 2</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à Noël sur la treille, 249.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à visiter le soir, 71.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment mélangé, 232.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Consommation énorme de), 249.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de blé, 229.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de bourgeon de vigne, 229.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oseille, 111, 229.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Grains de vertjus sur un potage, 161.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;le meilleur, 232.</span><br />
-
-<i>Vertus</i> (Les sept),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-28">28</a>.<br />
-
-<i>Vêtemens</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-13">13</a>. (Voir les noms de chaque vêtement.)<br />
-
-<i>Vétir</i> (Se bien),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-26">26</a>.<br />
-
-<i>Veufs</i> mariés en deuil,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-123">123</a>.<br />
-
-<i>Veuve.</i> Son triste état,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-168">168</a>.<br />
-
-<i>Viande</i> vendue au morceau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-132">132</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;vendue par semaine dans un étal,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xlvi"><small>XLVI</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment la choisir,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-87">87</a>.</span><br />
-
-<i>Viandier.</i> Ce que c’est,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxvi"><small>LXXVI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-80">80</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son importance,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxv"><small>xxxv</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xxxix"><small>xxxix</small></a>.</span><br />
-
-<i>Viandier</i> de Saint-Lô, cité,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-xxxv"><small>xxxv</small></a>,
-<a href="#page_vol-1-xlii"><small>xlii</small></a>.<br />
-
-<i>Vices</i> de la femme à cacher,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-181">181</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du mari aussi, 178.</span><br />
-
-<i>Videcoqs</i> (bécasses),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-183">183</a>,
-<a href="#page_vol-2-311"> 2</a>.<br />
-
-<i>Vieil</i> homme, vindicatif,
-
-<i>a</i>, 265.<br />
-
-<i>Vielz-sucre</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>.<br />
-
-<i>Vierge</i> (La sainte). Prière à elle adressée,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-11">11</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Son obéissance, 128.</span><br />
-
-<i>Vieux</i> aiment les jeunes femmes,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-158">158</a>.<br />
-
-<i>Vigne</i> (Bourgeon de), en vertjus,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-229">229</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;entée sur cerisier, 51.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;gêne la chasse, 308.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Quand plantée, 44.</span><br />
-
-<i>Vignerons</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-56">56</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Vilain</span> (L’abbé), cité,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-113">113</a>.<br />
-
-<i>Village</i> (Vie au),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-62">62</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Villars</span> (M. de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxv"><small>LXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Villedieu</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxvii"><small>LXXXVII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-251">251</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Villeoille</span> (M. A. de La), cité,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxv"><small>XXXV</small></a>.<br />
-
-<i>Villeneuve-lès-Avignon</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxi"><small>LXXXI</small></a>.<br />
-
-<span class="smcap">Villevielle</span> (Dom),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxiv"><small>LXXIV</small></a>.<br />
-
-<i>Vin</i> aux chevaux (eau),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-38">38</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;à visiter le soir, 71.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;blanc devenu vermeil, 249.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;capary,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxxix"><small>XXXIX</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment conservé et servi,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xli"><small>XLI</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-117">117</a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment séparé de l’eau, 259.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Comment soigné et guéri, 67.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;cuit, 260.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de Beaune, 38, 273.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;de divers lieux, 38.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;des domestiques, 70.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Espèces de), 109.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;et épices,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-121">121</a>, etc.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Fleur du), 260.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;franc, 236.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;plain, 174, 193.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Pour le faire fort, 68.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Tirer le vin sans lui donner vent, 69.</span><br />
-
-<i>Vinaigre</i> (Provision de),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-268">268</a>.<br />
-
-<i>Vinaigrette</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-108">108</a>,
-<a href="#page_vol-2-164"> 2</a>.<br />
-
-<i>Vincennes</i>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-135">135</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Viole</span> (Famille),
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-151">151</a>.<br />
-
-<i>Violette</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-43">43</a>,
-<a href="#page_vol-2-45"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-113">113</a>,
-<a href="#page_vol-2-114">114</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;mise sur de la gelée,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-221">221</a>.</span><br />
-
-<i>Virginité.</i> Son prix,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-75">75</a>.<br />
-
-<i>Visage</i>. Cacher son visage à l’oiseau,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-308">308</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;Épervier y sautant, 293.</span><br />
-
-<i>Vitres.</i> V. <i>Verre</i>.<br />
-
-<span class="smcap">Vitry</span> (Michelle de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xxvi"><small>XXVI</small></a>.<br />
-
-<i>Vive</i> (poisson),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-201">201</a>.<br />
-
-<i>Vives</i> (avives), maladie du cheval,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-78">78</a>.<br />
-
-<span class="smcap">Vivonne</span> (Armes de),
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lviii"><small>LVIII</small></a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Hughes de), 95.</span><br />
-
-<i>Voirre.</i> V. <i>Verre</i>.<br />
-
-<i>Vol</i> de l’épervier (Obstacles au),
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-302">302</a>,<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;pour champs,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxviii"><small>LXXXVIII</small></a>.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;premier de la perdrix, rapide, b, 309. V. <i>Faisan</i>, <i>Perdrix</i>, <i>Tire d’aîle</i>, <i>Vols</i>, <i>Voulon</i>, etc.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-379" id="page_vol-2-379"></a>{v. 2, p.379}</span></span><br />
-
-<i>Volaille</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-167">167</a>,
-<a href="#page_vol-2-211"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-215">215</a>,
-<a href="#page_vol-2-216">216</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;en gravé ou seymé, 151.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Hochepot de), 163. V. <i>Comminée</i>, <i>Poulaille</i>.</span><br />
-
-<i>Voler</i> pendant combien de temps en septembre,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-310">310</a>.<br />
-
-<i>Voleurs</i> de chiens,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-281">281</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;d’oiseaux, 285.</span><br />
-
-<i>Vols</i> de l’épervier. Lesquels sont possibles,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-310">310</a>. V. <i>Vol.</i><br />
-
-<i>Voulon</i>, expl.,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-280">280</a>,
-<a href="#page_vol-2-309"> 2</a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="W" id="W">W</a></span><br />
-
-<i>Wertaing</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxx"><small>LXXX</small></a>.<br />
-
-<i>Windesore</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-lxxxii"><small>LXXXII</small></a>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="Y" id="Y">Y</a></span><br />
-
-<i>Yenville</i> en Beauce,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-149">149</a>.<br />
-
-<i>Yeux</i> de l’épervier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-293">293</a>,
-<a href="#page_vol-2-294"> 2</a>,
-<a href="#page_vol-2-299">299</a>.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;du cheval, 73.</span><br />
-
-<span class="smcap">Yolent</span> le Pelletier,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-52">52</a>.<br />
-
-<i>Ypocras</i>,
-
-<i>a</i>, <a href="#page_vol-1-xliii"><small>XLIII</small></a>;
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-92">92</a>,
-<a href="#page_vol-2-94"> 2</a>, etc., 107, 121, 122, 273.<br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;hors de saison en hiver, 108.</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Pouldre d’), 248 (<i>bis</i>).</span><br />
-<span style="margin-left: 1em;">&mdash;(Prix de l’), 112.</span><br />
-
-<span class="smcap">Ysmael</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-83">83</a>,
-<a href="#page_vol-1-84">84</a>.<br />
-
-<i>Ysope</i>,
-
-<i>b</i>, <a href="#page_vol-2-49">49</a>.<br />
-
-<i>Yssue.</i> V. <i>Issue</i>.<br />
-
-<i>Yvresse.</i> V. <i>Ivresse</i>.<br />
-
-<br />
-<span class="alph"><a name="Z" id="Z">Z</a></span><br />
-
-<span class="smcap">Zelphan</span>,
-
-<i>a</i>,
-<a href="#page_vol-1-86">86</a>.<br />
-</p>
-
-<p class="c">FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-380" id="page_vol-2-380"></a>{v. 2, p.380}</span></p>
-
-<h2><a name="SUPPLEMENT_AUX_CORRECTIONS" id="SUPPLEMENT_AUX_CORRECTIONS"></a>SUPPLÉMENT AUX CORRECTIONS.</h2>
-
-<p>Tome I, p. <small>VI</small>, l. 13, au lieu de <i>philantrophie</i>, lisez
-<i>philanthropie</i>.</p>
-
-<p>Tome I, p. <small>XXI</small>, ligne 16 de la note, avant <i>J’ai
-appris</i>, ajoutez:</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Dans un mémoire très-curieux sur le meurtre du duc d’Orléans, lu à
-l’Académie des Inscriptions en 1748 (tome <small>XXI</small>, p.
-519), le savant Bonamy a parlé en passant de cette maison et dit
-qu’on voyoit encore, lorsqu’il écrivoit, un grand corps de logis
-de l’hôtel d’Aubriot. Il est fâcheux qu’il n’ait pas donné plus de
-détails sur ce sujet.</p></div>
-
-<p>Tome I, p. <small>XLVII</small>, note 1, <i>Ne pour roi, ne pour roc.</i></p>
-
-<div class="blockquot"><p>Cette expression se trouve encore dans les contes de Bonaventure
-des Périers (Conte 125. Des épitaphes de l’Arétin... et de son
-amie Madelaine)... <i>Étant du tout enclin à la médisance, il
-n’épargnoit (comme on dit en commun proverbe), ni roi ni roc.</i></p></div>
-
-<p>Tome I, p. <small>LVI</small>, ligne 4 de la note.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Au lieu de: Après la mort de Charles V, lisez: Au commencement du
-<small>XV</small><sup>e</sup> siècle, surtout.</p></div>
-
-<p>Tome I, p. <small>LXVI</small>, ligne 11, note sur Ayala. L’auteur
-avoit été en France, <i>ajoutez</i>:</p>
-
-<div class="blockquot"><p>En 1378. Il conclut à Paris, comme plénipotentiaire du roi Jean
-de Castille, un traité avec la France, le 4 février 1378-9.
-(<i>Histoire de du Guesclin</i>, 1666, in-fº, p. 403.) Il est nommé
-dans cet acte messire Pierre Louppe d’Ayalla, chevalier et
-banicour (<i>vexillarius</i>) du roi de Castille, gouverneur de la
-province de Guipuscoa (<i>sui presidis in provincia Guispuque</i>).
-Bureau de la Rivière étoit un des plénipotentiaires françois.</p></div>
-
-<p><span class="pgnum"><a name="page_vol-2-381" id="page_vol-2-381"></a>{v. 2, p.381}</span></p>
-
-<p>Tome I, p. <small>LXXVI</small>, l. 3, Venette..., <i>avant</i> M. Géraud,
-<i>ajoutez</i>:</p>
-
-<div class="blockquot"><p>La Curne de Sainte-Palaye, dans deux mémoires (Acad. des Inscr.,
-VIII, 570 et XIII, 520).</p></div>
-
-<p>Tome I, ligne 6, au lieu de <i>semble</i>, lisez <i>semblent</i>.</p>
-
-<p>Tome I, p. <small>LXXVII</small> et 76, passages relatifs aux reines de
-France.</p>
-
-<div class="blockquot"><p>L’étiquette de la cour était bien changée à l’égard des reines au
-<small>XVI</small><sup>e</sup> siècle. L’auteur d’un journal de l’année
-1562, qui a été imprimé dans la <i>Revue rétrospective</i> (1<sup>re</sup>
-série, tome V), raconte que le prince de Condé étant sur le point
-de traiter avec la cour au commencement de juillet 1562, l’amiral
-de Coligny et son frère d’Andelot demandèrent à se retirer hors de
-France jusqu’à la majorité du roi. La reine Catherine de Médicis
-eut, le 5, le 6 ou le 7 juillet, une entrevue avec l’amiral près
-d’Orléans, dans le but de changer cette détermination. L’auteur
-du journal, qui fréquentait la cour puisqu’il rapporte en deux
-endroits les paroles que lui adressèrent directement la reine mère
-et le roi de Navarre, raconte (p. 178) que l’amiral ayant mis pied
-à terre pour faire la révérence à la reine, cette princesse <i>le
-recueillit humainement et le baisa à la bouche comme les reines de
-France ont accoutumé de baiser les grands officiers du roi</i>.</p></div>
-
-<p>Tome I, p. <small>LXXX</small>, ajoutez à la note sur le bailly de
-Tournay:</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Messire Tristan du Bos fut, suivant Froissart (I, 374) et l’auteur
-de la chronique M<sup>ss</sup> du Roi 9656 et 10297, chargé de garder le
-roi de Navarre, Charles le Mauvais, dans la tour d’Arleux, en
-1356. L’auteur de cette chronique dit que Tristan, qu’il qualifie
-de <i>chevalier de renom</i>, fut pris à Amiens par la bourgeoisie de
-la ville (en 1357) et forcé de délivrer Charles le Mauvais. Selon
-d’autres auteurs cette délivrance eut lieu à force ouverte et à
-main armée.</p>
-
-<p>Il fut bailli de Troyes et de Meaux en 1360 et 1362 et chargé
-de prendre possession des forteresses occupées par les Anglois
-en Champagne, Brie, etc., bailli de Vermandois en 1373, maître
-des requêtes et réformateur de la province de Reims en juin 1383
-(Titres de Clerambaut).<span class="pgnum"><a name="page_vol-2-382" id="page_vol-2-382"></a>{v. 2, p.382}</span></p>
-
-<p>Le même Tristan du Bos est encore cité dans Froissart à l’occasion
-de la position qu’il occupa à Tournay. Froissart raconte (éd. du
-Panthéon, II, 223), que le roi se préparant à aller en Flandre,
-envoya à Tournay, en octobre 1382, les évêques de Beauvais,
-d’Auxerre et de Laon, messire Guy de Honcourt et <i>messire Tristan
-du Bois</i>, comme commissaires pour traiter avec les Flamands et les
-empêcher de s’allier aux Anglois. On trouve dans cet historien
-le texte de la lettre écrite le 16 octobre par les commissaires
-à Philippe d’Artevelt, et la réponse de celui-ci en date du 20.
-Il ajoute que cette réponse fut communiquée par messire Tristan
-du Bois, <i>gouverneur de Tournay</i>, aux prévôts et jurés (<i>voy.</i> t.
-I, p. 139), et que les commissaires allèrent ensuite rejoindre la
-cour à Péronne.</p>
-
-<p>Tristan du Bos fut encore, en 1389, un des trois commissaires
-chargés d’instruire le procès d’Audoin Chauveron, prévôt de Paris
-(<i>Acad. des Inscr.</i>, XX, 492). Il a du mourir fort âgé, s’il est,
-comme je pense, le même qui gardoit le roi de Navarre en 1356.</p>
-
-<p>Henri le Masier (<i>voy.</i> t. I, p. 140), nommé en 1388 bailli de
-Tournay, et qui est celui cité dans le <i>Ménagier</i>, si ce n’est
-pas Tristan du Bos, étoit, en 1399, chevalier, sire de Beausart,
-maître d’hôtel du roi et encore bailli de Tournay (Titres de
-Clerambaut).</p></div>
-
-<p>Tome II, p. 118, note sur Jean de Hautecourt, ajoutez:</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Je serois porté à croire que ce Hautecourt étoit avocat au
-parlement et que c’est lui qui est cité (malgré la différence des
-noms qui peut tenir à une écriture négligée) dans les registres du
-parlement (Matinées III, 66 vº, 4 février 1400-1), comme avocat,
-et ayant obtenu un congé de huit jours pour aller à Étampes. Son
-nom y est écrit M<sup>e</sup> Jehan de <i>Hanucourt</i>.</p></div>
-
-<p>Tome II, p. 217, note 1, au lieu de <i>du gingembre</i>, lisez:</p>
-
-<div class="blockquot"><p>Peut-être de la cloche de gingembre, peut-être aussi de la loche
-(poisson).</p></div>
-
-<p class="c">
-ACHEVÉ D’IMPRIMER, A PARIS, CHEZ CRAPELET ET LAHURE,<br />
-LE XXVI NOVEMBRE MDCCCXLVII.<br />
-</p>
-
-<div class="footnotes"><h3>NOTES:</h3>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1_1" id="Footnote_1_1"></a><a href="#FNanchor_1_1"><span class="label">[1]</span></a> Voir la Notice ci-après, page 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_2_2" id="Footnote_2_2"></a><a href="#FNanchor_2_2"><span class="label">[2]</span></a> La Société des Bibliophiles ne publiant plus de volumes
-de mélanges dans lesquels les notices nécrologiques de ses membres
-prenaient naturellement place, a décidé que cette notice sur un de ses
-membres les plus illustres et les plus regrettés serait imprimée en
-tête de <i>Ménagier de Paris</i>, qui était déjà sous presse à l’époque de
-la mort de M. le duc de Poix. (<i>Note de la Société.</i>)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_3_3" id="Footnote_3_3"></a><a href="#FNanchor_3_3"><span class="label">[3]</span></a> Il était de l’Académie française, et particulièrement
-occupé de grammaire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_4_4" id="Footnote_4_4"></a><a href="#FNanchor_4_4"><span class="label">[4]</span></a> Il prit ce nom après la mort de son père et de son frère
-aîné, qui l’avaient porté.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_5_5" id="Footnote_5_5"></a><a href="#FNanchor_5_5"><span class="label">[5]</span></a> Le 12 mai et jours suivants. Elle produisit en cinq
-vacations 3188 livres sterling 14 sch. 6 d. Le catalogue, contenant 952
-numéros et 72 pages, est intitulé: <i>Catalogue of the splendid library
-(imported from Paris) of a distinguished collector; which will be sold
-by auction by Mr. Evans</i>. 1835, in-8º.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_6_6" id="Footnote_6_6"></a><a href="#FNanchor_6_6"><span class="label">[6]</span></a> La seconde bibliothèque de M. le duc de Poix, formant
-un ensemble de plus de douze mille volumes, se trouve maintenant à
-Mouchy le Châtel chez M<sup>me</sup> la vicomtesse de Noailles, M. le duc de
-Poix ayant disposé par testament de sa bibliothèque en faveur de son
-petit-fils, possesseur futur de Mouchy le Châtel.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_7_7" id="Footnote_7_7"></a><a href="#FNanchor_7_7"><span class="label">[7]</span></a> C’est la partie des Chroniques de Saint-Denis qui traite
-des règnes de Jean II et de Charles V (tome VI de l’édition donnée par
-M. Paris). Voir, à se sujet, le mémoire de M. Lacabane, t. II, p. 57 de
-la bibliothèque de l’École des chartes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_8_8" id="Footnote_8_8"></a><a href="#FNanchor_8_8"><span class="label">[8]</span></a> Jean de Brie, natif de Villiers sur Rongnon, près
-Coulommiers, qui écrivit en 1379 le traité du <i>bon Bergier, que</i>,
-dit-il, <i>il n’eust voulu bailler et manifester à nul autre qu’au roy</i>
-(éd. V<sup>e</sup> Trepperel et J. Janot, s. d. fº A 8 vº). Il étoit alors
-au service de Jean de Hestomesnil, conseiller au parlement en 1373
-et ensuite maître des requêtes, mort au commencement de mars 1380-1,
-qui a pu l’aider à écrire ce traité dont le style et les pensées sont
-remarquables. Au reste, Jean de Brie n’étoit plus berger quand il
-écrivit son livre.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_9_9" id="Footnote_9_9"></a><a href="#FNanchor_9_9"><span class="label">[9]</span></a> Voy. ci-après, p. <small>XXXV</small>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_10_10" id="Footnote_10_10"></a><a href="#FNanchor_10_10"><span class="label">[10]</span></a> T. I, p. 148.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_11_11" id="Footnote_11_11"></a><a href="#FNanchor_11_11"><span class="label">[11]</span></a> <i>Ibid.</i>, p. 93.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_12_12" id="Footnote_12_12"></a><a href="#FNanchor_12_12"><span class="label">[12]</span></a> On trouve dans tous les historiens la mention des
-services qu’Aubriot rendit à la ville de Paris pendant sa prévôté,
-ainsi que le récit de sa disgrâce. J’aurai cependant occasion de parler
-de lui avec détail dans mon mémoire sur les Maillotins (voir t. I,
-p. 136). Je préciserai et j’appuierai de faits inédits les causes de
-ses malheurs. En attendant, je crois devoir consigner dans cette note
-l’extrait d’un récit contemporain de sa délivrance, que j’ai rencontré
-dans mes recherches, et qui donne sur le procès, la fuite et le lieu
-de la résidence de cet homme éminent des renseignemens qui paroissent
-avoir été inconnus à tous les historiens. Voici ce curieux document:
-«.....Il a commis hérésie et en fu en procès devant l’évesque et devant
-le maistre des hérites. Avant la sentence il supplia à l’ecglise qu’il
-fust réintégrez, et y fu receus et fu absols: et fu déclaré qu’il avoit
-esté hérites, et pour pénitence on li assigna les prisons de l’évesque
-de Paris; et pour la grant repentance qu’il avoit, l’évesque et le
-maistre des hérites le relevèrent de ce qui (<i>qu’ils</i>) porent et se li
-réservèrent la miséricorde de sainte Ecglise, et li ordenèrent pour
-prison le plus biau lieu de la tour de la maison épiscopal.» (<i>C’est
-cette grande tour quarrée, crénelée, qu’on voit dans deux vues de
-l’église Notre Dame et de l’évêché, gravées par Israël Silvestre, et
-surtout dans la planche ayant quatre vers au bas: D’un costé, vous
-voyez, etc.</i>) «Il ala voluntairement en prison pour faire sa pénitence
-et y demeura l’espace de dix mois. Le jour que les gens de ceste ville
-(<i>Paris</i>) furent esmeus il alèrent en la maison de l’évesque, et par
-force et violence rompirent les prisons. Et quant le giolier dist à
-messire Hugues que les gens de la ville l’estoient allé quérir, il
-dist que ne s’en iroit point, et li demanda une hache que tenoit; et
-le giolier li dist que ne li en bailleroit point, et que se il faisait
-semblant de soy mettre à défense, il les feroit tuer. Et finablement
-les gens de ceste ville le prindrent et mittrent sus un petit cheval et
-le menèrent en sa maison et disoient que le feroient leur capitaine.
-Après, il s’en volt retorner en prison, mais il fu conseillez par
-aucuns de ses amis qu’il s’en alast devers le pape.... Le suer (<i>soir</i>)
-il se parti de son hostel et se fist passer l’eaue par deux enfans»,
-(<i>il est remarquable de voir secondé dans sa délivrance par deux enfans
-l’homme qui avoit rendu aux juifs les enfans que leur avoit enlevés le
-peuple de Paris</i>), «et à peines qu’il ne fu noiez. Il estoit malades et
-s’en ala par Bourgoigne, non pas par aucunes de ses maisons, et demoura
-malades seize jours à Mucé en Auxois» (<i>Mussy-la-Fosse, anciennement
-du bailliage de Semur-en-Auxois plutôt que Mussy situé à 7 lieues de
-Mâcon</i>), «et de là ala à Mascon, et illec aussin demoura malades et se
-fit mettre en l’eaue, et ala jusques à Avignon. Il ne pot pas parler
-ne si tost avoir assès (<i>accès</i>) au pape, mais il parla à un cardinal
-et li dist et exposa tout ce que dit est et se soubmist en l’ordenance
-du pape. Le pape et le collége li ordenèrent lieu où il seroit et fu
-bonne pièce à Sommières» (<i>petite ville entre Montpellier et Nîmes.
-Il y avoit aussi un lieu ainsi nommé près Saulx en Bourgogne</i>), «et a
-tousjours esté et est par l’ordenance du pape et du collége, etc.» Il
-est bon de savoir que ce récit présente la version d’Hugues Aubriot
-lui-même, et il semble permis de douter qu’il eût si grande envie de
-rester dans les prisons de l’évêque.
-</p><p>
-J’ai parlé avec détail, t. II, p. 254, de la maison qu’Aubriot habita
-rue de Jouy, et j’ai donné la suite des propriétaires de cette maison
-(ultérieument rebâtie) de 1369 à 1573. J’ai appris depuis qu’elle avoit
-appartenu, à la fin du <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle, à M. Nicolas de
-Jassaud, sieur de Lalande, conseiller d’État, et à Marie de Flandre, sa
-femme: puis à leur fils, M. Augustin Nicolas de Jassaud, marié en 1697
-à Marie-Aimée Lottin de Charny. Une de ses filles, Angélique-Geneviève
-de Jassaud, la possédoit en 1772, qu’elle épousa M. Macé, secrétaire
-du roi. Cette dame mourut en 1776, et légua à ses deux nièces cette
-maison, connue encore dans le quartier sous le nom d’hôtel Jassaud.
-Elle appartient aujourd’hui à M. de Courmont, conseiller-maître à
-la cour des comptes, qui a bien voulu me la faire voir en détail.
-Il existe encore dans une pièce du rez-de-chaussée quelques restes
-d’ornemens paroissant remonter au règne de Louis XV. Les lettres A.
-N. D. J. entrelacées (Augustin-Nicolas de Jassaud) se font voir au
-plafond. Il y a sous la cour deux étages de caves. Cette maison été
-divisée au <small>XVII</small><sup>e</sup> ou au <small>XVIII</small><sup>e</sup>
-siècle; la partie qui fait le coin de la rue Percée paroît être depuis
-longtemps une propriété distincte.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_13_13" id="Footnote_13_13"></a><a href="#FNanchor_13_13"><span class="label">[13]</span></a> T. II, p. 85 et 86.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_14_14" id="Footnote_14_14"></a><a href="#FNanchor_14_14"><span class="label">[14]</span></a> T. I, p. 135.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_15_15" id="Footnote_15_15"></a><a href="#FNanchor_15_15"><span class="label">[15]</span></a> Mémoriaux de la chambre des comptes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_16_16" id="Footnote_16_16"></a><a href="#FNanchor_16_16"><span class="label">[16]</span></a> Voir T. I, p. 67.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_17_17" id="Footnote_17_17"></a><a href="#FNanchor_17_17"><span class="label">[17]</span></a> Charles, duc de Guyenne, né le 6 février 1391 (mort le 11
-janvier 1400); Isabelle, depuis reine d’Angleterre, née le 9 novembre
-1389, et Jeanne, depuis duchesse de Bretagne, née le 24 janvier 1390.
-Elle eut encore une autre fille (Marie, religieuse à Poissy) le 24 août
-1393.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_18_18" id="Footnote_18_18"></a><a href="#FNanchor_18_18"><span class="label">[18]</span></a> T. II, p. 142. Voy. ci-après p. <small>XXXII</small>,
-note 3.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_19_19" id="Footnote_19_19"></a><a href="#FNanchor_19_19"><span class="label">[19]</span></a> T. I, p. 3 et 4.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_20_20" id="Footnote_20_20"></a><a href="#FNanchor_20_20"><span class="label">[20]</span></a> <i>Ibid.</i>, p. 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_21_21" id="Footnote_21_21"></a><a href="#FNanchor_21_21"><span class="label">[21]</span></a> T. I, p. 3, et t. II, p. 53.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_22_22" id="Footnote_22_22"></a><a href="#FNanchor_22_22"><span class="label">[22]</span></a> T. II, p. 71, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_23_23" id="Footnote_23_23"></a><a href="#FNanchor_23_23"><span class="label">[23]</span></a> T. II, p. 61 et suivantes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_24_24" id="Footnote_24_24"></a><a href="#FNanchor_24_24"><span class="label">[24]</span></a> T. II, p. 59.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_25_25" id="Footnote_25_25"></a><a href="#FNanchor_25_25"><span class="label">[25]</span></a> T. I, p. 3.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_26_26" id="Footnote_26_26"></a><a href="#FNanchor_26_26"><span class="label">[26]</span></a> T. I, p. 125.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_27_27" id="Footnote_27_27"></a><a href="#FNanchor_27_27"><span class="label">[27]</span></a> T. I, p. 186.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_28_28" id="Footnote_28_28"></a><a href="#FNanchor_28_28"><span class="label">[28]</span></a> Poules farcies, t. II, p. 269.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_29_29" id="Footnote_29_29"></a><a href="#FNanchor_29_29"><span class="label">[29]</span></a> J’aurois bien voulu trouver parmi les hommes notables
-appartenant à la haute bourgeoisie ou à la magistrature un personnage
-dont la vie reproduisît les circonstances qui nous sont connues dans
-la vie de l’auteur; plusieurs noms se sont présentés à mon esprit:
-malheureusement mes espérances soutenues plus d’une fois par la
-découverte d’une série de similitudes, ont toujours fini par être
-définitivement déçues. C’est-ainsi qu’après avoir cru longtemps pouvoir
-présenter une conjecture raisonnable en attribuant la composition du
-<i>Ménagier</i> à Sire Jehan de Fleury dernier prévôt des marchands en
-1383 et conseiller au parlement, j’ai été subitement arrêté par la
-découverte de la date de sa mort arrivée en 1389, avant l’époque où
-cet ouvrage a sûrement été écrit.&mdash;L’intimité dans laquelle le duc de
-Berry admettoit l’avocat Jean Jouvenel, père de l’historien, m’avoit
-donné aussi quelques doutes à son égard, mais, Jouvenel étant mort
-en 1431 ne peut guère s’être trouvé à Melun en 1358, et ce qui rend
-surtout impossible de lui attribuer le <i>Ménagier</i>, c’est que Michelle
-de Vitry, sa femme, avoit ses parens vivans à Paris en 1393, et n’étoit
-pas d’ailleurs de meilleure maison que lui.&mdash;La position de Jean le
-Flament, trésorier des guerres en 1371, et des aides pour la guerre de
-1388 à 94, présente aussi plusieurs analogies avec celle de l’auteur du
-<i>Ménagier</i>, mais ou j’ignore le nom de sa femme, ou si c’est lui dont
-il est parlé comme alors décédé, dans les registres du parlement de
-Poitiers (plaidoy. du 30 juillet et arrêt du 17 août 1425), il avoit
-épousé Marie de Montgison (Montgiron dans l’arrêt), <i>damoiselle</i>. Or
-Montgison est Montgeron près de Paris, et je n’en vois pas d’autre
-existant dans le royaume (voir Expilly). Elle étoit donc aussi
-parisienne; ce qui ne concorde pas avec les paroles de l’auteur (t. I,
-p. 4).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_30_30" id="Footnote_30_30"></a><a href="#FNanchor_30_30"><span class="label">[30]</span></a> Il avoit lu tous les ouvrages suivans et en possédoit
-une grande partie: la Bible, la Légende dorée, saint Jérôme (<i>la Vie
-des Pères</i>), saint Augustin, saint Grégoire, l’Histoire sur Bible
-(<i>de Pierre Le Mangeur</i>), Tite Live, le Roman de la Rose, l’historien
-Josèphe, le Catholicon, le Décret (<i>de Gratien</i>), l’histoire de
-Grisélidis par Pétrarque, les sept Sages de Rome, le Songe de Scipion
-(par Cicéron, commenté par Macrobe), le Jeu des échecs moralisé de
-J. de Cessoles, le Chemin de pauvreté et de richesse de J. Bruyant,
-Mellibée et Prudence. On trouve encore dans son livre la mention du
-philosophe Cerxès, de Paul Diacre et du philosophe Bertran le Viel;
-mais il les cite d’après d’autres auteurs. Le premier de ces ouvrages
-n’a peut-être jamais existé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_31_31" id="Footnote_31_31"></a><a href="#FNanchor_31_31"><span class="label">[31]</span></a> Au moins dans sa famille. Voir t. I, p. 156.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_32_32" id="Footnote_32_32"></a><a href="#FNanchor_32_32"><span class="label">[32]</span></a> Voir surtout t. II, p. 53.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_33_33" id="Footnote_33_33"></a><a href="#FNanchor_33_33"><span class="label">[33]</span></a> T. I, p. 75 et 76.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_34_34" id="Footnote_34_34"></a><a href="#FNanchor_34_34"><span class="label">[34]</span></a> Je l’ai trouvé mentionné avec cette qualité depuis que
-j’ai fait la note sur lui, t. II, p. 116: Voir les <i>corrections et
-additions</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_35_35" id="Footnote_35_35"></a><a href="#FNanchor_35_35"><span class="label">[35]</span></a> Dans les registres du conseil surtout, quand la cour
-compensoit les dépens.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_36_36" id="Footnote_36_36"></a><a href="#FNanchor_36_36"><span class="label">[36]</span></a> On en verra la preuve dans l’histoire de Jeanne Hemery et
-de Regnault d’Azincourt, publiée par M. de Lincy dans la bibliothèque
-de l’École des Chartes (2<sup>e</sup> S., t. III, p. 316). On en peut dire
-autant de certains accords; tel est celui de Jean de Hautecourt, donné
-t. II, p. 119.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_37_37" id="Footnote_37_37"></a><a href="#FNanchor_37_37"><span class="label">[37]</span></a> T. I, p. 135.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_38_38" id="Footnote_38_38"></a><a href="#FNanchor_38_38"><span class="label">[38]</span></a> T. I, p. 44.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_39_39" id="Footnote_39_39"></a><a href="#FNanchor_39_39"><span class="label">[39]</span></a> T. I, p. 156.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_40_40" id="Footnote_40_40"></a><a href="#FNanchor_40_40"><span class="label">[40]</span></a> T. II, p. 54.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_41_41" id="Footnote_41_41"></a><a href="#FNanchor_41_41"><span class="label">[41]</span></a> Que diroient vos amis, <i>que présumeroit votre cœur</i>,
-quant il s’en apercevroit? (T. I, p. 130.)&mdash;Avec son mari, l’en ne doit
-mie besongner par aguet ou malice, mais plainement et rondement, cœur à
-cœur (<i>ibid.</i>, p. 158).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_42_42" id="Footnote_42_42"></a><a href="#FNanchor_42_42"><span class="label">[42]</span></a> Ce compte, qui n’est plus connu que par la mention qu’en
-a consignée le père Menestrier, t. II, p. 175 de sa <i>Bibliothèque
-instructive</i>, ne commençoit qu’à février 1392-3. Le témoignage
-du <i>Ménagier</i> composé entre juin 1392 et septembre 1394 (voy. p.
-<small>XXII</small>), pourroit donc être antérieur de quelques mois, et
-s’il est postérieur, il l’est de bien peu.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_43_43" id="Footnote_43_43"></a><a href="#FNanchor_43_43"><span class="label">[43]</span></a> Il faut tenir compte, dans ces prix, non-seulement de la
-différence considérable de poids qui existoit entre les monnoies de la
-fin du <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle et celles du même nom employées
-depuis (le marc d’argent, qui valoit alors 6 livres, valant aujourd’hui
-52 francs), mais encore de la dépréciation de l’argent. Un setier de
-blé (un hectolitre et demi environ), qui se vend aujourd’hui, dans les
-années ordinaires, environ 30 francs, coûtant alors moyennement 16
-sous, on peut multiplier par 35 ou 40 les chiffres énoncés, pour avoir
-idée de ce qu’ils représentoient pour les contemporains.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_44_44" id="Footnote_44_44"></a><a href="#FNanchor_44_44"><span class="label">[44]</span></a> J’aurois pu retrancher les deux derniers de ces épisodes
-sans nuire beaucoup à l’intérêt du livre, mais j’ai mieux aimé
-publier le <i>Ménagier</i> tel que son auteur l’avoit conçu, et sans être
-<i>estrippellé</i>, comme lui-même aimoit à donner les ouvrages des autres.
-(Voy. t. II, p. 3.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_45_45" id="Footnote_45_45"></a><a href="#FNanchor_45_45"><span class="label">[45]</span></a> On lit (t. II, p. 66), après une recette pour ôter les
-taches, ces mots que j’ai mis entre parenthèses: <i>ce que je ne croy
-pas</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_46_46" id="Footnote_46_46"></a><a href="#FNanchor_46_46"><span class="label">[46]</span></a> Voir t. II, p. 124, l’endroit où il est parlé des
-<i>additions</i> faites au livre: p. 129, le passage relatif à la
-signification du mot <i>fressure</i>; même volume, p. 93, sa remarque sur
-les <i>tourtes pisaines</i>, appelées ailleurs <i>tourtes lombardes</i>, et aussi
-les passages en italiques, p. 164, 166, 167, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_47_47" id="Footnote_47_47"></a><a href="#FNanchor_47_47"><span class="label">[47]</span></a> Un passage où il est parlé des choux, t. II, p. 142,
-dans lequel il est dit: <i>et commence à iceulx pour ce que ce sont de</i>
-<span class="smcap">CELLE</span> <i>année les premiers crus</i>, scilicet <i>puis avril, et
-puis</i> <span class="smcap">VA</span> <i>en descendant vers vendenges, Nouel et Pasques</i>,
-pourroit faire penser que l’auteur s’est servi, au moins pour une
-partie du <i>Viandier</i>, de notes faites exprès pour lui et l’année
-même où le <i>Ménagier</i> a été écrit. En effet, le mot <i>va</i> prouve que
-<i>commence</i> n’est pas là à la première personne et que l’auteur ne parle
-pas pour lui. Donc, puisqu’il remarque que le rédacteur primitif de
-ce passage règcelle ale l’ordre de son discours d’après le mois où
-commençoit l’année actuelle (<i>celle année</i>), il en résulte que la note
-ou l’ouvrage consulté avoit été rédigée cette même année, et alors,
-à moins de supposer une coïncidence fortuite bien moins probable au
-<small>XIV</small><sup>e</sup> siècle qu’elle ne pourroit l’être aujourd’hui,
-on seroit porté à conclure que les élémens de cette partie du travail
-de l’auteur lui auront été fournis par quelque queux ou écuyer de
-cuisine profondément instruit des détails de son art.&mdash;Je suis
-toutefois loin de rien affirmer à cet égard, et je remarque même que
-l’auteur ayant dit dans le <i>traité de l’Épervier</i> (p. 303), l’<i>alouette
-de cest an</i>, pour l’alouette de l’année, il se pourroit que <i>celle
-année</i> fût de même employé pour <i>l’année</i> dans le passage qui donne
-lien à cette note, et qu’Avril eût été désigné de préférence, comme
-étant le mois le plus habituellement le premier de l’année, au moins le
-second, et en tout cas celui où ces choux commençoient à croître.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_48_48" id="Footnote_48_48"></a><a href="#FNanchor_48_48"><span class="label">[48]</span></a> Jean Bonfons imprimoit, en 1566, <i>le Voyage de Charles
-IX</i>, et son fils, Nicolas Bonfons, imprimoit en 1574, les <i>Nouveaux
-Comptes moralisés</i>, à la même adresse que celle où avoient demeuré son
-père Jean Bonfons et sa mère, veuve de Jean. Lottin s’est trompé quand
-il fait vivre Jean Bonfons en 1606.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_49_49" id="Footnote_49_49"></a><a href="#FNanchor_49_49"><span class="label">[49]</span></a> Voir sur Guillaume Tirel dit Taillevent, queux de Charles
-V en 1361 et écuyer de cuisine de Charles VI en 1386, l’article que
-j’ai publié dans le <i>Bulletin</i> du bibliophile de Techener, nº de
-juin 1843. M. de la Villegille, qui prépare une édition critique
-réellement la première de ce curieux ouvrage par la manière dont elle
-sera exécutée, a bien voulu me prêter pendant toute la durée de mon
-travail les copies faites par lui des deux manuscrits de Taillevent.
-Il existe dans les archives de la préfecture de la Manche à Saint-Lô
-un registre des recettes de la baronnie de la Haye du Puis pour 1454
-à la fin duquel est un <i>Viandier</i> (voir le <i>Nouvelliste de la Manche</i>
-du 3 février 1847) qui paroît être une leçon de Taillevent. Je n’en
-ai eu connoissance qu’après l’impression de la partie culinaire du
-<i>Ménagier</i>. Il existe encore sur le même sujet un volume que j’aurois
-bien voulu consulter, c’est la <i>Fleur de toute cuisine... revue et
-corrigée par Pierre Pidoux</i>. Paris, Al. Lotrian, 1543, in-16 goth.,
-mais je n’ai pu le voir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_50_50" id="Footnote_50_50"></a><a href="#FNanchor_50_50"><span class="label">[50]</span></a> Ce seigneur qui florissoit en 1350, a écrit en 1372
-pour l’éducation de ses filles un Traité assez célèbre dont les deux
-imprimés sont véritablement introuvables et de plus assez défectueux;
-je donnerai, soit pour la Société des bibliophiles, soit pour mon
-propre compte si les autres publications entreprises par la société ne
-lui permettoient pas de s’occuper de celle-ci, une édition nouvelle
-de ce livre sur le plan et dans la forme de la présente édition du
-<i>Ménagier de Paris</i>, et j’ai déjà recueilli quelques renseignemens sur
-l’auteur, sa famille et les personnages qu’il cite.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_51_51" id="Footnote_51_51"></a><a href="#FNanchor_51_51"><span class="label">[51]</span></a> Amsterdam, 1709, in-8º. Il prouve que ce traité ne peut
-avoir été écrit par <i>Marcus Apicius</i>, fameux gourmand vivant sous
-Tibère et dont a parlé Athénée (ce qui n’a pas empêché plusieurs
-auteurs modernes d’attribuer à M. Apicius ce traité qu’ils n’ont
-sûrement pas ouvert); et d’après certaines expressions employées
-dans l’ouvrage, il pense qu’il doit avoir été écrit par un affranchi
-africain. Le nom d’Apicius <i>Cœlius</i> peut, suivant lui, être un
-pseudonyme destiné à rappeler <i>Marcus</i> Apicius.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_52_52" id="Footnote_52_52"></a><a href="#FNanchor_52_52"><span class="label">[52]</span></a> Je ne prétends pas dire cependant qu’il n’y ait pas eu
-au <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle surtout quelques modifications au
-service, quelques introductions de plats nouveaux. On peut voir sur
-ce sujet Legrand d’Aussy et un passage de l’apologie pour Hérodote,
-d’Henri Estienne, non cité par Legrand, t. II, p. 16 de l’éd. de 1735.
-Au reste, Henri Estienne avance bien des choses démenties par le
-<i>Ménagier</i>. (Il dit par exemple qu’on jetoit autrefois les issues du
-veau et du mouton, et qu’on ne mangeoit pas de perdreaux.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_53_53" id="Footnote_53_53"></a><a href="#FNanchor_53_53"><span class="label">[53]</span></a> Boileau dans sa satyre III (1665), tourne en ridicule
-l’usage des épices.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_54_54" id="Footnote_54_54"></a><a href="#FNanchor_54_54"><span class="label">[54]</span></a> Il avoit été pendant dix ans écuyer de cuisine de Louis
-Chaalon du Blé, marquis d’Uxelles, tué en 1658 au siége de Gravelines,
-père du maréchal, et ayant obtenu lui-même un brevet de maréchal
-de France. Il est dit dans la dédicace de ce livre, adressée à ce
-seigneur, que sa table avoit été <i>chérie</i> à Paris et dans les armées
-par les princes, les maréchaux, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_55_55" id="Footnote_55_55"></a><a href="#FNanchor_55_55"><span class="label">[55]</span></a> Il faut au reste remarquer que Taillevent étoit réimprimé
-en 1602 à Lyon et non à Paris, et il se pourroit que Paris eût été plus
-<i>avancé</i> que Lyon en fait de cuisine.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_56_56" id="Footnote_56_56"></a><a href="#FNanchor_56_56"><span class="label">[56]</span></a> On comprendroit bien mieux les ouvrages littéraires
-écrits au moyen âge si l’on pouvoit connoître tous les usages de
-la vie commune à cette époque, tous les noms techniques des objets
-qui frappoient journellement les regards des auteurs et de leurs
-contemporains. Penseroit-on qu’il pût être utile de consulter un
-<i>Viandier</i> pour lire un Noël du <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle?
-Voici cependant un Noël tiré du recueil de <i>Lucas Le Moigne, curé
-de Notre-Dame du Puy la Garde en Poitou</i> (volume unique appartenant
-à notre confrère M. Cigongne), dont la lecture est singulièrement
-éclaircie par celle du <i>Ménagier</i>. Ce Noël se chantoit sur l’air de
-l’hymne: <i>Conditor alme siderum</i>.
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0"><i>Conditor</i> le jour de Nouel<br /></span>
-<span class="i0">Fist ung bancquet le nompareil<br /></span>
-<span class="i0">Que fut faict passé a longtemps<br /></span>
-<span class="i0">Et si le fit à tous venans. Nouel.<br /></span>
-<span class="i0"><br /></span>
-<span class="i0">Il y avoit perdris, chappons,<br /></span>
-<span class="i0">Oyseaulx saulvaiges, des hairons:<br /></span>
-<span class="i0">Levraulx, congnilx, aussi faisans,<br /></span>
-<span class="i0">Pour toutes manières de gens. Nouel.<br /></span>
-<span class="i0"><br /></span>
-<span class="i0">Une grant hure de sanglier,<br /></span>
-<span class="i0">Ypocras, aussi le mestier,<br /></span>
-<span class="i0">Vin Capary et faye Montjeau<br /></span>
-<span class="i0">Pour enluminer leur musseau. Nouel.<br /></span>
-<span class="i0"><br /></span>
-<span class="i0">Biscuyt, pain d’orge et gasteaulx,<br /></span>
-<span class="i0">Fouace, choysne, cassemuseaulx,<br /></span>
-<span class="i0">pain de chappitre et eschauldez<br /></span>
-<span class="i0">Mangerez si le demandez. Nouel.<br /></span>
-<span class="i0"><br /></span>
-<span class="i0">Aussi y avoit aulx, oignons,<br /></span>
-<span class="i0">Et ung pasté de potirons<br /></span>
-<span class="i0">Avec les choux-maistre-René<br /></span>
-<span class="i0">Et des lymatz au chaudumé. Nouel.<br /></span>
-<span class="i0"><br /></span>
-<span class="i0">Il y vint ung bon bouteiller<br /></span>
-<span class="i0">Qui ne cessa onc de verser,<br /></span>
-<span class="i0">Tant que ung barault il aseicha<br /></span>
-<span class="i0"><i>In sempiterna secula</i>.<br /></span>
-<span class="i5"><i>Amen.</i> Nouel.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_57_57" id="Footnote_57_57"></a><a href="#FNanchor_57_57"><span class="label">[57]</span></a> Il y a dans les <i>Mémoires pour servir à l’Histoire de
-France et de Bourgogne</i>, Paris, 1729, in-4º, II<sup>e</sup> partie, p. 58,
-un article curieux sur le queux du duc de Bourgogne qui auroit été
-supérieur aux écuyers de cuisine; mais ce queux me paroît être un
-officier dans le genre du <i>grand queux de France</i>, non aussi important
-toutefois. Dans les ordonnances de 1386-7 et 1388-9 sur l’organisation
-de la maison du roi, les écuyers de cuisine sont nommés avant les
-simples queux. (Voir sur les grands queux de France l’<i>Histoire
-généalogique des grands officiers de la couronne</i>, t. VIII, p. 825,
-où se trouvent aussi des premiers queux et même de simples queux qui
-n’auroient pas dû y figurer, et entre autres Taillevent et Guillaume
-Lefèvre, dit Verjus. V. t. II, p. 81 du <i>Ménagier</i>.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_58_58" id="Footnote_58_58"></a><a href="#FNanchor_58_58"><span class="label">[58]</span></a> Je crois qu’il faut adopter la leçon du manuscrit B, II,
-117, n. 4.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_59_59" id="Footnote_59_59"></a><a href="#FNanchor_59_59"><span class="label">[59]</span></a> Vases contenant une quarte (deux pintes) de vin.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_60_60" id="Footnote_60_60"></a><a href="#FNanchor_60_60"><span class="label">[60]</span></a> Voir cependant T. II, p. 114, n. 3.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_61_61" id="Footnote_61_61"></a><a href="#FNanchor_61_61"><span class="label">[61]</span></a> Ici vases à <i>couler</i>, à <i>passer</i>, <i>passoires</i>, comme cela
-est bien expliqué dans du Cange à <i>Colum</i>, 3, et non <i>entonnoir</i>, comme
-cela est dit dans le même ouvrage à <i>Collum</i> 3 et à <i>Coloeria</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_62_62" id="Footnote_62_62"></a><a href="#FNanchor_62_62"><span class="label">[62]</span></a> Il y avoit cependant alors un grand luxe d’argenterie.
-J’ai vu dans les registres du Parlement (<i>Matinées</i>, 9 avril 1396-7),
-que Guillaume des Baux, gentilhomme qui recevoit souvent le duc
-d’Anjou, avoit <i>vaisselle de cuisine</i> d’argent. Sa fortune n’étoit
-cependant évaluée qu’à 6,000 liv., ce qui, en tenant compte de la
-diminution du poids et même de la dépréciation de la monnoie, ne peut
-représenter plus de 240,000 fr. d’aujourd’hui.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_63_63" id="Footnote_63_63"></a><a href="#FNanchor_63_63"><span class="label">[63]</span></a> V. T. II, p. 114, n. 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_64_64" id="Footnote_64_64"></a><a href="#FNanchor_64_64"><span class="label">[64]</span></a> A cette époque le vin n’étoit pas mis en bouteilles: on
-prenoit directement au tonneau le vin nécessaire à la consommation
-journalière.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_65_65" id="Footnote_65_65"></a><a href="#FNanchor_65_65"><span class="label">[65]</span></a> Ce mot a cependant quelquefois aussi la même
-signification qu’aujourd’hui (V. T. II, p. 99, n. 6), et il désigne
-une fois (T. II, p. 137) un mets solide, sec, par opposition à un mets
-liquide mis dans une écuelle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_66_66" id="Footnote_66_66"></a><a href="#FNanchor_66_66"><span class="label">[66]</span></a> Au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle c’étoit le maître
-d’hôtel qui remplissoit cet office, le chapeau sur la tête, le manteau
-sur le dos, la serviette sur l’épaule et l’épée au côté. Voir les
-<i>Délices de la campagne</i>, éd. de 1673, figure de la page 145, et
-le <i>Maistre d’hostel</i> de la Varenne, à la suite de son <i>Cuisinier
-françois</i>, éd. d’Amsterdam, Mortier, p. 318.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_67_67" id="Footnote_67_67"></a><a href="#FNanchor_67_67"><span class="label">[67]</span></a> Placeur, poseur, d’<i>asseoir</i>, <i>poser</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_68_68" id="Footnote_68_68"></a><a href="#FNanchor_68_68"><span class="label">[68]</span></a> Ce mot désigne ordinairement dans les récits de festins
-princiers une espèce de représentation théâtrale. (Voir Legrand
-d’Aussy, t. III, p. 373, et les <i>Chroniques de Saint-Denis</i>, t. VI,
-p. 387), mais la signification que je lui donne ici résulte des
-menus X, XIII, XIV, et du chapitre des entremets du <i>Ménagier</i>.
-Dans le Ms. de Saint-Lô (V. p. <small>XXXV</small>, n. 1), il est
-dit que le <i>porc de mer</i> doit être coupé par lesches et <i>détourné</i>
-(<i>atourné</i>, dressé?) <i>par manière d’entremets sur un blanc doublier</i>
-(nappe). Enfin la recette donnée dans le <i>Grand Cuisinier</i> pour dorer
-et orner un cigne (voir t. II, p. 184, note), est ainsi intitulée
-<i>Entremets d’un cigne doré</i>. L’usage de servir les paons, faisans,
-etc., avec cette recherche, paroît s’être prolongé jusque dans le
-<small>XVII</small><sup>e</sup> siècle. Le <i>Thrésor de santé</i>, imprimé en 1607,
-mais qui peut, il est vrai, avoir été écrit antérieurement, donne
-encore une recette de cigne doré. En France, sous la minorité de Louis
-XIV, le faisan étoit servi avec une aile non plumée, outre la tête et
-le col qu’on lui laisse encore aujourd’hui.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_69_69" id="Footnote_69_69"></a><a href="#FNanchor_69_69"><span class="label">[69]</span></a> Je ne puis du moins comprendre autrement <i>l’entremets
-élevé</i> dont il est parlé dans le Menu XIV.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_70_70" id="Footnote_70_70"></a><a href="#FNanchor_70_70"><span class="label">[70]</span></a> On voit cependant T. II, p. 108, une <i>desserte</i> composée
-de fromentée et de venaison, mais s’il n’y a pas erreur, c’est au moins
-une exception.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_71_71" id="Footnote_71_71"></a><a href="#FNanchor_71_71"><span class="label">[71]</span></a> Ce mot se trouve encore dans l’<i>Instruction pour les
-festins</i>, insérée dans les <i>Délices de la campagne</i>, et avec la même
-signification de dessert supplémentaire. Il paroît s’être perdu peu
-de temps après, car il n’est plus employé dans la <i>Maison réglée</i>
-d’Audiger, imprimée à Paris en 1692, in-12.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_72_72" id="Footnote_72_72"></a><a href="#FNanchor_72_72"><span class="label">[72]</span></a> V. T. II, p. 99.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_73_73" id="Footnote_73_73"></a><a href="#FNanchor_73_73"><span class="label">[73]</span></a> Cette consommation a été, en 1846, la population de Paris
-étant évaluée à un million d’habitans, de 104,329 bœufs, vaches ou
-taureaux, 84,260 veaux, et 486,445 moutons. La consommation seroit donc
-à peu près triplée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_74_74" id="Footnote_74_74"></a><a href="#FNanchor_74_74"><span class="label">[74]</span></a> Je n’ai vu cette boucherie citée que dans une plaidoierie
-du Parlement de septembre 1388.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_75_75" id="Footnote_75_75"></a><a href="#FNanchor_75_75"><span class="label">[75]</span></a> On pourroit cependant répondre qu’il considéroit
-Saint-Marcel comme un faubourg et non comme un quartier de Paris.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_76_76" id="Footnote_76_76"></a><a href="#FNanchor_76_76"><span class="label">[76]</span></a> La dépense ordinaire de l’hôtel du duc de Berry, sans
-compter celle de sa garde-robe, des gages et pensions qu’il payoit, et
-surtout sans celle de ses bâtimens, s’éleva en juin 1373 à 1165 fr.;
-en juillet à 1431 fr.; en août à 1535 fr.; en septembre à 1542 fr.; en
-octobre à 1430 fr.; à 2054 fr. en novembre; à 1654 fr. en décembre. Il
-est dit dans le compte qui me fournit ces chiffres (Arch. du Roy. K.
-250-1), que cette dépense comprenoit les gages <i>des gens de l’ostel qui
-ne s’étoient pas armés en la chevauchée de Poitou</i>. Ceux qui avoient
-fait l’expédition n’y étoient donc pas compris. La duchesse avoit sa
-maison à part et remboursoit au duc six francs par chaque jour qu’elle
-et ses gens vivoient à ses dépens. Il est probable que la dépense du
-duc de Berry s’augmenta quand, après la mort de Charles V, il put
-puiser largement dans le Trésor.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_77_77" id="Footnote_77_77"></a><a href="#FNanchor_77_77"><span class="label">[77]</span></a> Ce seroit cependant faire tort à l’auteur que d’assimiler
-ses renseignemens à la ridicule statistique de Paris qui se trouve
-dans les <i>Rues et églises de Paris</i>. On lit dans cet ouvrage, imprimé
-au commencement du <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle, qu’on comptoit à
-Paris dès le règne de Charles VI, 872,000 <i>ménagers</i> ou chefs de
-famille, sans les prêtres, écoliers et autres extravagans <i>qui sont
-sans nombre</i>. La consommation de cette multitude est fixée aux chiffres
-très-insuffisans de 73,000 bœufs, 730,000 moutons, et 365,000 veaux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_78_78" id="Footnote_78_78"></a><a href="#FNanchor_78_78"><span class="label">[78]</span></a> Voir sur la diminution, depuis 1789, de la consommation
-de la viande par chaque individu, les <i>Recherches de Benoiston de
-Chasteauneuf</i>, 1821, in-8º, 1<sup>re</sup> partie, p. 67. Cette diminution
-relative, qui date de 1789, a toujours été en croissant depuis, et
-c’est là un fait bien remarquable et digne d’être médité.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_79_79" id="Footnote_79_79"></a><a href="#FNanchor_79_79"><span class="label">[79]</span></a> Il falloit bien au reste que la consommation de Paris fût
-très-considérable. J’ai vu dans les registres du Parlement la preuve
-qu’en 1422 on amenoit même de Savoie des bœufs à Paris (14 juillet
-1422). Une ville pour laquelle des approvisionnemens arrivent de si
-loin est nécessairement très-peuplée. Au reste, il existe d’autres
-données qui permettent d’établir assez positivement le chiffre de la
-population parisienne à la fin du <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle. On
-peut, si l’on veut, négliger comme trop vague ce que dit Froissart (t.
-II, p. 259 de l’éd. du Panthéon) à l’occasion du retour de Flandres en
-1383, de la partie de cette population capable de porter les armes,
-mais, comme Paris comptoit en 1328 61,098 feux que M. Géraud dans son
-<i>Paris sous Philippe le Bel</i> évalue par des calculs très-modérés,
-peut-être même trop modérés, à 275,000 habitans, comme ce chiffre a
-dû s’élever pendant le règne de Charles V et les premières années de
-Charles VI, il semble qu’on ne peut guère évaluer la population de
-Paris à la fin du <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle à moins de 3 ou 400,000
-habitans. Voir pour plus de détails sur la population de la France au
-<small>XIV</small><sup>e</sup> siècle, le mémoire de M. Dureau de La Malle
-(Acad. des inscr., T. XIV, 2<sup>e</sup> p. p. 36); pour Paris l’excellent
-travail de M. Géraud, p. 465 de <i>Paris sous Philippe le Bel</i>, et pour
-le <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle les <i>Relations des ambassadeurs
-vénitiens</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_80_80" id="Footnote_80_80"></a><a href="#FNanchor_80_80"><span class="label">[80]</span></a> T. I, p. 7. Ces demandes d’ébatement ou jeux semblent
-avoir donné lieu à une manière de parler proverbiale que je trouve
-consignée dans les plaidoieries civiles du Parlement à la date du
-27 juin 1392. <i>Acarot dit que s’il s’en mesloit plus, qu’il lui
-trancheroit la teste, et dit que</i> pour roy ne pour roc <i>il ne lairoit
-que il ne lui couppast la teste</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_81_81" id="Footnote_81_81"></a><a href="#FNanchor_81_81"><span class="label">[81]</span></a> L’ordonnance de Charles VI du 10 janvier 1396-7 ne défend
-la chasse qu’aux non-nobles laboureurs et autres non privilégiés, (les
-habitans d’un assez grand nombre de villages avoient droit de chasse)
-et non autorisés par des personnes ayant elles-mêmes droit de chasse.
-Cette ordonnance reconnoit de la manière la plus formelle le droit de
-chasse aux <i>bourgeois vivans de leurs possessions et rentes</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_82_82" id="Footnote_82_82"></a><a href="#FNanchor_82_82"><span class="label">[82]</span></a> <i>Modus</i>, feuillet 101.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_83_83" id="Footnote_83_83"></a><a href="#FNanchor_83_83"><span class="label">[83]</span></a> Voir l’article sur lui, p. <small>LXIX</small>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_84_84" id="Footnote_84_84"></a><a href="#FNanchor_84_84"><span class="label">[84]</span></a> Ed. Vérard, feuillet X <small>V</small>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_85_85" id="Footnote_85_85"></a><a href="#FNanchor_85_85"><span class="label">[85]</span></a> <i>Ib.</i>, feuillet X <small>IV</small>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_86_86" id="Footnote_86_86"></a><a href="#FNanchor_86_86"><span class="label">[86]</span></a> S’il a été aidé par quelque ouvrage antérieur, peut-être
-seroit-ce par un traité italien, attendu le nom de <i>faucon vilain</i>
-qu’il donne au lanier, et qui lui étoit encore donné en Italie au
-<small>XVII</small><sup>e</sup> siècle. Voy. aussi T. II, p. 310, la note sur
-le vol du faisan par l’épervier.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_87_87" id="Footnote_87_87"></a><a href="#FNanchor_87_87"><span class="label">[87]</span></a> La chasse à l’oiseau est encore actuellement pratiquée
-en Syrie. L’émir Beschir, prince des Druses, avoit des oiseaux dressés
-qui furent pillés en 1840, lorsque les événemens le contraignirent
-à quitter le pays, et rachetés depuis par M. Catafago, vice-consul
-d’Autriche à Saïda (près Beyrouth), qui les possède encore aujourd’hui.
-A Damas, Choudjà’ Eddaouleh et Seïf Eddaouleh, neveux du schah actuel
-de Perse, retirés en Syrie, chassent aux perdrix avec des sacres (voy.
-T. II, p. 323). M. Schefer, second drogman du consulat général de
-Smyrne, a fait avec ces princes une chasse dans laquelle deux sacres
-prirent en une heure et demie quinze ou vingt perdrix. D’après le récit
-circonstancié qu’il a bien voulu me faire, ces oiseaux nommés <i>sacres</i>
-dans le pays, originaires de Tartarie ou du Turkestan, certainement
-les <i>sacres</i> de nos anciens fauconniers, et par conséquent oiseaux de
-haut vol (<i>rameurs</i>, selon Huber; voy. T. II, p. 318), sont cependant
-dressés comme l’étoient autrefois les oiseaux de poing (<i>voiliers</i>,
-selon Huber); ils partent du poing de leur maître quand le gibier se
-lève, et se perchent sur les buissons quand la perdrix s’y est remisée,
-pour la prendre plus facilement dès qu’elle en sort. C’est bien là
-la manière de l’autour et de l’épervier, mais l’identité d’origine
-septentrionale et de nom ne permet pas de douter que ces oiseaux ne
-soient bien nos sacres.
-</p><p>
-M. d’Offémont, dont j’ai parlé dans une note de ma <i>Chace dou cerf</i>,
-1840, in-8º, comme ayant créé en 1838 une association destinée à faire
-renaître la fauconnerie (association dont le siége est en Hollande et
-qui continue à prospérer), frappé des difficultés qu’il a dû surmonter
-dans <i>l’affaitement</i> des oiseaux, malgré les secours qu’il avoit
-rencontrés dans les anciens ouvrages de fauconnerie, a l’intention
-d’écrire sur ce sujet un traité assez détaillé pour suppléer aux
-omissions des anciens auteurs. Il m’a montré des notes et quelques
-dessins qui donnent l’idée la plus avantageuse de son travail.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_88_88" id="Footnote_88_88"></a><a href="#FNanchor_88_88"><span class="label">[88]</span></a> Par suite de mon goût pour les livres de chasse, j’avois
-eu l’honneur de faire la connoissance de M. Huzard. Il m’a bien souvent
-admis avec une extrême complaisance dans sa précieuse bibliothèque,
-mais le hasard a fait qu’il ne m’avoit jamais montré son manuscrit du
-<i>Ménagier</i>. Son catalogue (Paris, 1842) forme 3 vol. in-8º. La vente a
-eu lieu en 1843.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_89_89" id="Footnote_89_89"></a><a href="#FNanchor_89_89"><span class="label">[89]</span></a> Paris, 1830, in-4º. Voici les indications données par cet
-ouvrage:
-</p><p>
-1º Inventaire de Bruges vers 1467.
-</p><p>
-Nº 836. Ung autre livre en parchemin couvert d’ais jaunes, intitulé au
-dehors: <i>C’est le Mesnagier de Paris</i>; comançant au second feuillet,
-<i>Salvacion de l’âme</i>, et au dernier <i>n’est autrement</i>. (C’est le
-manuscrit A, voir ci-après p. <small>LIV</small>.)
-</p><p>
-Nº 1202. Ung autre livre de cuir vermeille, appellé <i>le Mesnagier</i>,
-est escript partie en longue luigne et partie par deux coulombes;
-quemenchant ou second feuillet <i>Vous moismes</i> et le dernier feuillet,
-<i>a dicta aqua</i>. (C’est le manuscrit B dans lequel se trouve le <i>Chemin
-de povreté</i> en effet écrit à deux colonnes (coulombes). Voir ci-après
-p. <small>LV</small>.)
-</p><p>
-2º Inventaire fait à Bruxelles le 15 novembre 1487.
-</p><p>
-Nº 1758. Ung autre grant volume couvert de cuir, garni à tout deux
-cloans de léton, intitulé: <i>C’est le Mesnagier de Paris</i>; comenchant ou
-second feuillet, <i>Salvacion de l’âme</i> et finissant ou derrenier, <i>et
-oster les entrailles, testes et qhues. Hic finit.</i> (A)
-</p><p>
-Nº 1759. Ung autre grand volume couvert de cuir rouge, à tout deux
-cloans de léton, intitulé comme le dessus: <i>Le Mesnagier de Paris et
-autres choses de dévotion</i>; comenchant ou second feuillet, <i>Vous-mesmes
-vo</i>, et finissant ou derrenier, <i>et oster les entrailles, testes et
-qhues</i>. (B)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_90_90" id="Footnote_90_90"></a><a href="#FNanchor_90_90"><span class="label">[90]</span></a> T. I, p. 9.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_91_91" id="Footnote_91_91"></a><a href="#FNanchor_91_91"><span class="label">[91]</span></a> Les second et dernier feuillets commencent par les mêmes
-mots que ceux signalés comme initiaux de ces mêmes feuillets dans le
-manuscrit de Bourgogne. C’est ce même manuscrit qui est indiqué comme
-manquant ultérieurement dans les inventaires de Bruxelles. (Nº 2269 de
-la <i>Bibliothèque protypographique</i>.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_92_92" id="Footnote_92_92"></a><a href="#FNanchor_92_92"><span class="label">[92]</span></a> Cet article a donc paru peu de mois avant la vente de la
-première partie de la Bibliothèque Huzard. Il est singulier qu’un livre
-si longtemps inconnu soit remarqué et étudié, on pourroit dire exhumé,
-dans la même année, à Bruxelles et à Paris à la fois.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_93_93" id="Footnote_93_93"></a><a href="#FNanchor_93_93"><span class="label">[93]</span></a> Si l’on entre dans le détail de l’histoire du règne de
-Charles VI, il semble (autant qu’on puisse en pareille matière déduire
-un principe général de faits particuliers même nombreux) qu’une partie
-notable de la haute bourgeoisie parisienne s’étoit attachée après
-la mort de Charles V au duc de Berry, prince toujours besogneux, et
-redoutable par ce motif aux provinces soumises à son autorité, mais
-affable et de mœurs faciles, qualités appréciées de tout temps et
-souvent au delà de leur valeur réelle par les classes moyennes et
-inférieures des villes. On verra encore que même dans les momens
-où les exigences de la politique amenoient ou forçoient le duc de
-Berry à se réunir aux Bourguignons, les bourgeois ou parlementaires
-ses conseillers et partisans, n’en étoient pas mieux vus du duc de
-Bourgogne à qui ils rendoient probablement les sentimens de défiance et
-de haine qu’ils lui inspiroient.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_94_94" id="Footnote_94_94"></a><a href="#FNanchor_94_94"><span class="label">[94]</span></a> Les familles de Larivière en Guyenne, et de Bezu le Long,
-portent aussi de gueules au chevron d’hermines.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_95_95" id="Footnote_95_95"></a><a href="#FNanchor_95_95"><span class="label">[95]</span></a> Champagne, Goussencourt, Hargicourt et Vivonne portent
-également d’hermines au chef de gueules.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_96_96" id="Footnote_96_96"></a><a href="#FNanchor_96_96"><span class="label">[96]</span></a> Depuis le <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle, au lieu d’avoir
-ainsi un seul écusson parti (divisé en deux par une ligne verticale)
-les femmes portent deux écus dont le premier est celui de leurs maris.
-Les reines de France ont continué longtemps à partir leur écusson, et
-je crois que Marie Leczinska est la première qui ait porté deux écus
-accollés.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_97_97" id="Footnote_97_97"></a><a href="#FNanchor_97_97"><span class="label">[97]</span></a> <i>L’Histoire généalogique des grands officiers de la
-couronne</i>, T. III, p. 726, l’appelle Jean, ce qui est une erreur.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_98_98" id="Footnote_98_98"></a><a href="#FNanchor_98_98"><span class="label">[98]</span></a> Elle est enterrée dans l’église paroissiale de Roubais,
-chapelle de Sainte-Croix ou des Sept Douleurs. (Cabinet généalogique.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_99_99" id="Footnote_99_99"></a><a href="#FNanchor_99_99"><span class="label">[99]</span></a> Chambellan du roi de France, frère du connétable de
-Saint-Paul décapité en 1475: il mourut en 1487.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_100_100" id="Footnote_100_100"></a><a href="#FNanchor_100_100"><span class="label">[100]</span></a> Mon ami M. Eugène Grésy qui s’occupe depuis longtemps
-de l’histoire et de la topographie de Melun, me signale un vitrail
-de la chapelle Saint-Antoine en l’église Saint-Aspais de Melun, dans
-lequel les armes d’Agnès de Savoie, femme, de 1466 à 1508, de François
-I<sup>er</sup> d’Orléans, duc de Longueville, vicomte de Melun, sont placées
-dans un écusson parti, avant celles de son mari. Mais, je le répète, de
-telles erreurs sont très-rares, surtout à mesure qu’on s’éloigne des
-temps modernes. Si Isabelle de Roubais avoit épousé un Ghistelles en
-premières noces, je n’aurois pas hésité à voir en elle la propriétaire
-de mon manuscrit. Au reste, il est bien probable que ce manuscrit lui
-aura été donné par sa mère, et que les recettes de <i>Hotin</i> auront été
-recueillies pour elle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_101_101" id="Footnote_101_101"></a><a href="#FNanchor_101_101"><span class="label">[101]</span></a> C’est lui qui prit par surprise, en 1465, la ville de
-Péronne et le comte d’Étampes qui s’y étoit renfermé, <i>Histoire de
-Bourgogne</i>, de dom Plancher, T. IV, p. 337.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_102_102" id="Footnote_102_102"></a><a href="#FNanchor_102_102"><span class="label">[102]</span></a> Voy. T. II, p. 275.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_103_103" id="Footnote_103_103"></a><a href="#FNanchor_103_103"><span class="label">[103]</span></a> Quand un ouvrage cité en abrégé dans un endroit du livre
-est indiqué ailleurs avec plus de détail, je ne l’ai pas compris dans
-cette liste. La table donnera le moyen de retrouver l’endroit où le
-titre est donné <i>in extenso</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_104_104" id="Footnote_104_104"></a><a href="#FNanchor_104_104"><span class="label">[104]</span></a> Rymer date ces pièces de 1363, mais c’est de 1363
-nouveau style, c’est-à-dire en faisant commencer l’année au 1<sup>er</sup>
-janvier et non à Pâques. En effet, suivant la Chronique de Saint-Denis,
-dont l’exactitude chronologique est irrécusable, le roi Jean, qui étoit
-entré à Avignon le 20 novembre 1362, s’embarqua à Boulogne le 3 janvier
-1363 (1364 nouveau style) pour retourner en Angleterre, et y mourut le
-8 avril suivant.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_105_105" id="Footnote_105_105"></a><a href="#FNanchor_105_105"><span class="label">[105]</span></a> Il n’y en a que dix-huit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_106_106" id="Footnote_106_106"></a><a href="#FNanchor_106_106"><span class="label">[106]</span></a> Le second article relatif à la chasse de l’épervier
-est le seul qu’on trouve dans les trois manuscrits du <i>Ménagier</i>,
-encore est-il mal placé entre les troisième et quatrième articles
-de la seconde distinction. Cette circonstance pourroit faire croire
-que l’auteur n’a pas suivi jusqu’au bout de son livre le plan et la
-division établis ci-dessus, et qu’il a peut-être omis de traiter le
-sujet des premier et troisième articles de la troisième distinction.
-</p><p>
-On comprend de quel genre pouvoient être les ébattemens du troisième
-article, et on a dans le <i>Dodechedron de fortune</i> l’exemple de demandes
-<i>avérées et répondues par le sort des dés</i>. Mais que faut-il entendre
-par <i>rocs</i> et par <i>rois</i>? On sait que le Roc a été remplacé par la Tour
-dans le jeu d’échecs, et n’existe plus que comme pièce héraldique dans
-les armoiries de quelques familles. Étoit-ce donc à l’aide des rocs et
-des rois d’échecs que ces demandes d’ébattemens étoient répondues?
-</p><p>
-Il est parlé dans le <i>Chevalier de la Tour</i> (chap. 124 du ms. du
-roi, 7403) de chevaliers et dames jouant au <i>roy qui ne ment pour
-dire vérité du nom de s’amie</i>. C’est peut-être d’un jeu analogue que
-l’auteur du <i>Ménagier</i> a parlé ou comptoit parler dans cet article.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_107_107" id="Footnote_107_107"></a><a href="#FNanchor_107_107"><span class="label">[107]</span></a> <i>Chemise.</i> Ce mot avoit alors la même signification
-qu’aujourd’hui. Voir Du Cange au mot <i>Camisa</i>.&mdash;<i>Blanchet</i>, vêtement
-court, sorte de camisole de drap ou flanelle blanche qu’on mettoit
-par-dessus la chemise. Ce mot est encore cité dans cette acception par
-le dictionnaire de Trévoux. Blanchet signifioit par extension le drap
-blanc dont étoit fait le vêtement du même nom.&mdash;<i>Coste</i>, qui seroit
-mieux écrit cotte, comme au-dessous, signifie ici robe, voir Du Cange,
-citation de la Vie des Pères, à <i>Surcotium</i>.&mdash;<i>Surcot</i>, vêtement de
-dessus, mais en général moins chaud et plus habillé que la houppelande.
-J’ai vu dans les <i>Plaidoiries criminelles du parlement</i> une bourgeoise
-<i>venant d’une noce pour laquelle elle avoit vestu un surcot</i>, à qui une
-de ses parentes dit <i>qu’il est tard</i>, qu’elle dépouille son surcot et
-que elle lui baillera <i>une houpelande et un chaperon</i>. (Avril 1404-5.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_108_108" id="Footnote_108_108"></a><a href="#FNanchor_108_108"><span class="label">[108]</span></a> La coiffe enveloppoit toute la tête et étoit placée
-immédiatement sur les cheveux. Le mot de <i>cueuvrechief</i> paroît désigner
-ici une sorte de bonnet placé sous le chaperon. Les couvrechef et
-coiffes étoient d’étoffe légère. Un inventaire dressé en 1384 des
-biens meubles de Jacqueline de Charny, femme de Jehan Saugete, écuyer,
-mentionne <i>quinze quevrechiefs de soie et trois de lin pour atour et
-dix-neuf coiffes de soie jaune, de cendal et de toile ou fil</i>. (Reg. du
-P. Jugés <small>XXXII</small>. 94.) Quant au chaperon, dont la forme a
-varié, celui dont il s’agit ici me paroît devoir être la coiffure que
-porte la femme dans la planche de la page 9. L’auteur de la plaidoirie
-citée page 14 parle d’un amant qui coupa un morceau du chaperon de
-sa maîtresse pour avoir un souvenir d’elle. La forme du chaperon
-représenté dans la planche fait bien voir comment cela étoit possible.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_109_109" id="Footnote_109_109"></a><a href="#FNanchor_109_109"><span class="label">[109]</span></a> Il sembleroit par ces mots qu’on n’avoit pas alors
-de bancs <i>réservés</i> dans les églises. La mention la plus ancienne
-que j’aie vu de cette attribution individuelle des bancs aux
-paroissiens est dans une délibération du conseil de fabrique de
-Saint-André-des-Ars, en date du 2 février 1577, qui parle des bancs
-affectés aux paroissiens, et de ceux qui d’<i>ancienneté</i> ont coutume
-de s’y mettre. Les églises collégiales n’avoient de bancs qu’autant
-qu’elles étoient en même temps paroissiales, c’est-à-dire qu’il y avoit
-des fonts baptismaux, et qu’on y faisoit le prône. (<i>Traité des Droits
-honorifiques</i>, par Maréchal, 1762, tom. I, p. 278 et 284). On m’a
-affirmé qu’avant la révolution il n’y avoit pas de bancs dans l’église
-cathédrale de Paris.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_110_110" id="Footnote_110_110"></a><a href="#FNanchor_110_110"><span class="label">[110]</span></a> Var. B <i>Gréel</i>, Graduel.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_111_111" id="Footnote_111_111"></a><a href="#FNanchor_111_111"><span class="label">[111]</span></a> <i>Estour</i>, secours, nourriture du corps, et généralement
-tout ce qui sert à la vie. (V. Du Cange, au mot <i>Estorium</i>);
-<i>lourgable</i>, susceptible d’être consommé, de <i>lurcare</i>, dévorer.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_112_112" id="Footnote_112_112"></a><a href="#FNanchor_112_112"><span class="label">[112]</span></a> Avoir soin.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_113_113" id="Footnote_113_113"></a><a href="#FNanchor_113_113"><span class="label">[113]</span></a> Je n’ai jamais vu ce mot: seroit-il ici pour
-<i>trahaigner</i>, traîner, tergiverser?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_114_114" id="Footnote_114_114"></a><a href="#FNanchor_114_114"><span class="label">[114]</span></a> <i>Reverchier</i> signifie retourner: je crois
-qu’<i>entreveschier</i> veut dire <i>intervertir</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_115_115" id="Footnote_115_115"></a><a href="#FNanchor_115_115"><span class="label">[115]</span></a> Pour fixer votre idée, pour connoître.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_116_116" id="Footnote_116_116"></a><a href="#FNanchor_116_116"><span class="label">[116]</span></a> Aussi, également.&mdash;Var. B <i>presque</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_117_117" id="Footnote_117_117"></a><a href="#FNanchor_117_117"><span class="label">[117]</span></a> Cette nomenclature des vices et des vertus contraires se
-retrouve dans plusieurs ouvrages du moyen âge. Elle est avec de grands
-développemens dans le <i>Calendrier des Bergers</i>, et elle a donné lieu
-à une sorte de roman allégorique curieux et bien écrit dans la suite
-mystique du Modus et Ratio, intitulée <i>le Songe de Pestilence</i>, et
-imprimée sous le titre de <i>Modus et Ratio de divine contemplacion</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_118_118" id="Footnote_118_118"></a><a href="#FNanchor_118_118"><span class="label">[118]</span></a> Vif désir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_119_119" id="Footnote_119_119"></a><a href="#FNanchor_119_119"><span class="label">[119]</span></a> Brûlent (de frire). V. ci-après <i>le Viandier</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_120_120" id="Footnote_120_120"></a><a href="#FNanchor_120_120"><span class="label">[120]</span></a> Poêle à frire.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_121_121" id="Footnote_121_121"></a><a href="#FNanchor_121_121"><span class="label">[121]</span></a> Il paraît manquer quelque chose, comme <i>perte des âmes</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_122_122" id="Footnote_122_122"></a><a href="#FNanchor_122_122"><span class="label">[122]</span></a> Vrai.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_123_123" id="Footnote_123_123"></a><a href="#FNanchor_123_123"><span class="label">[123]</span></a> Procès.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_124_124" id="Footnote_124_124"></a><a href="#FNanchor_124_124"><span class="label">[124]</span></a> Manque <i>se comparer</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_125_125" id="Footnote_125_125"></a><a href="#FNanchor_125_125"><span class="label">[125]</span></a> <i>... d’icelui.</i></p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_126_126" id="Footnote_126_126"></a><a href="#FNanchor_126_126"><span class="label">[126]</span></a> Mal erré, <i>male erravi</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_127_127" id="Footnote_127_127"></a><a href="#FNanchor_127_127"><span class="label">[127]</span></a> Sous son plus mauvais jour.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_128_128" id="Footnote_128_128"></a><a href="#FNanchor_128_128"><span class="label">[128]</span></a> Loué.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_129_129" id="Footnote_129_129"></a><a href="#FNanchor_129_129"><span class="label">[129]</span></a> Je ne me souciois pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_130_130" id="Footnote_130_130"></a><a href="#FNanchor_130_130"><span class="label">[130]</span></a> En secret.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_131_131" id="Footnote_131_131"></a><a href="#FNanchor_131_131"><span class="label">[131]</span></a> De la gloire auprès d’eux, pour qu’ils parlassent de
-moi.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_132_132" id="Footnote_132_132"></a><a href="#FNanchor_132_132"><span class="label">[132]</span></a> Je pensois.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_133_133" id="Footnote_133_133"></a><a href="#FNanchor_133_133"><span class="label">[133]</span></a> Il paroît manquer quelque chose comme: <i>Je disois mes
-péchés les moins grands</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_134_134" id="Footnote_134_134"></a><a href="#FNanchor_134_134"><span class="label">[134]</span></a> Parée.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_135_135" id="Footnote_135_135"></a><a href="#FNanchor_135_135"><span class="label">[135]</span></a> Ce mot n’est que dans B. Faut-il lire <i>à parties</i>?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_136_136" id="Footnote_136_136"></a><a href="#FNanchor_136_136"><span class="label">[136]</span></a> Gourmands et par extension débauchés.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_137_137" id="Footnote_137_137"></a><a href="#FNanchor_137_137"><span class="label">[137]</span></a> Joyeux.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_138_138" id="Footnote_138_138"></a><a href="#FNanchor_138_138"><span class="label">[138]</span></a> <i>Empêcher</i> vaudroit mieux.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_139_139" id="Footnote_139_139"></a><a href="#FNanchor_139_139"><span class="label">[139]</span></a> Défendu, refusé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_140_140" id="Footnote_140_140"></a><a href="#FNanchor_140_140"><span class="label">[140]</span></a> Croupit?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_141_141" id="Footnote_141_141"></a><a href="#FNanchor_141_141"><span class="label">[141]</span></a> Sa fortune.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_142_142" id="Footnote_142_142"></a><a href="#FNanchor_142_142"><span class="label">[142]</span></a> Antecrist fait les miracles en sa maison tout au
-contraire: sa maison est la taverne, et quant ceulx qui voyent bien
-clair y viennent, ils s’en partent tous aveugles.&mdash;<i>Modus et Racio</i>,
-édit. 1839, feuillet 65 vº.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_143_143" id="Footnote_143_143"></a><a href="#FNanchor_143_143"><span class="label">[143]</span></a> Chez les Romains, avant la première guerre punique,
-les jours se divisoient en quatre parties: 1º de 6 heures à 9 heures,
-c’était l’heure de <i>prime</i>; 2º de 9 heures à midi, c’est ce qu’on
-nommoit <i>tierce</i>; 3º de midi à trois heures, c’étoit l’heure de
-<i>sexte</i>; 4º <i>none</i> commençoit à 3 heures et finissoit au coucher du
-soleil. Cette ancienne division du temps fut adoptée par la primitive
-église et les noms en sont restés aux offices.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_144_144" id="Footnote_144_144"></a><a href="#FNanchor_144_144"><span class="label">[144]</span></a> Si chère qu’elle soit.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_145_145" id="Footnote_145_145"></a><a href="#FNanchor_145_145"><span class="label">[145]</span></a> Pourtant, cependant.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_146_146" id="Footnote_146_146"></a><a href="#FNanchor_146_146"><span class="label">[146]</span></a> De maintenant à un jour.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_147_147" id="Footnote_147_147"></a><a href="#FNanchor_147_147"><span class="label">[147]</span></a> Thériaque: remède.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_148_148" id="Footnote_148_148"></a><a href="#FNanchor_148_148"><span class="label">[148]</span></a> Prochain.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_149_149" id="Footnote_149_149"></a><a href="#FNanchor_149_149"><span class="label">[149]</span></a> Ennui, désœuvrement. V. Du Cange aux mots <i>Accidia</i>,
-<i>Acedia</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_150_150" id="Footnote_150_150"></a><a href="#FNanchor_150_150"><span class="label">[150]</span></a> Manquent quelques mots, comme: <i>qui y mettent</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_151_151" id="Footnote_151_151"></a><a href="#FNanchor_151_151"><span class="label">[151]</span></a> L’avare.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_152_152" id="Footnote_152_152"></a><a href="#FNanchor_152_152"><span class="label">[152]</span></a> Peut-être manque-t-il quelques mots comme <i>ils auront</i>,
-<i>etc.</i></p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_153_153" id="Footnote_153_153"></a><a href="#FNanchor_153_153"><span class="label">[153]</span></a> Il semble que le sens de la phrase exigeroit
-<i>gloutonnie</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_154_154" id="Footnote_154_154"></a><a href="#FNanchor_154_154"><span class="label">[154]</span></a> En desroi, égaré.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_155_155" id="Footnote_155_155"></a><a href="#FNanchor_155_155"><span class="label">[155]</span></a> C’est l’ouvrage de Jacques de Voragine, archevêque de
-Gênes.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_156_156" id="Footnote_156_156"></a><a href="#FNanchor_156_156"><span class="label">[156]</span></a> De saint Jérôme.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_157_157" id="Footnote_157_157"></a><a href="#FNanchor_157_157"><span class="label">[157]</span></a> Donner envie, goût.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_158_158" id="Footnote_158_158"></a><a href="#FNanchor_158_158"><span class="label">[158]</span></a> C’était Sédécias.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_159_159" id="Footnote_159_159"></a><a href="#FNanchor_159_159"><span class="label">[159]</span></a> Captivité.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_160_160" id="Footnote_160_160"></a><a href="#FNanchor_160_160"><span class="label">[160]</span></a> Helcias.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_161_161" id="Footnote_161_161"></a><a href="#FNanchor_161_161"><span class="label">[161]</span></a> Huile.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_162_162" id="Footnote_162_162"></a><a href="#FNanchor_162_162"><span class="label">[162]</span></a> Doucement, paisiblement.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_163_163" id="Footnote_163_163"></a><a href="#FNanchor_163_163"><span class="label">[163]</span></a> Serviteurs, <i>servientes</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_164_164" id="Footnote_164_164"></a><a href="#FNanchor_164_164"><span class="label">[164]</span></a> Visage.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_165_165" id="Footnote_165_165"></a><a href="#FNanchor_165_165"><span class="label">[165]</span></a> Cachées.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_166_166" id="Footnote_166_166"></a><a href="#FNanchor_166_166"><span class="label">[166]</span></a> La Vulgate dit <i>sub prino</i>, c’est le chêne <i>ilex</i>,
-l’yeuse.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_167_167" id="Footnote_167_167"></a><a href="#FNanchor_167_167"><span class="label">[167]</span></a> <i>Sub schino</i>, c’est le lentisque d’où découle dans
-l’Archipel et en Perse non le macis, mais le mastic ou encens de Perse,
-sorte de gomme aromatique avec laquelle les Perses enduisoient leurs
-outres, suivant Strabon. Le <i>macis</i> dont parle ici l’auteur est aussi
-appelé <i>fleur de muscade</i>; c’est la seconde écorce de la noix muscade.
-Nous verrons le macis employé dans <i>le Viandier</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_168_168" id="Footnote_168_168"></a><a href="#FNanchor_168_168"><span class="label">[168]</span></a> Les juifs furent chassés par ordonnance du 17 septembre
-1394, et cette ordonnance fut ponctuellement et promptement exécutée.
-On en a la preuve dans des lettres de rémission accordées en janvier
-1394(5), à un certain Guiot Rousseau de Pertes, près Melun, pour avoir
-assommé et volé, entre Pont-sur-Yonne et Sens, au bois de Javel, une
-vieille juive qu’il s’étoit chargé de conduire sur son cheval, de Melun
-à Sens, <i>ne croyant autant mesfaire que s’elle eust esté chrestienne et
-se recordant que par les juifs qui ont demouré ou temps passé à Meleun
-il avoit esté destruit presque de toute sa chevance</i>. Il est dit dans
-ces lettres, qui m’ont été communiquées par M. de Stadler, que cette
-juive <i>alloit rejoindre aucuns juifs qui pour certaine ordenance sur
-ce faicte se partoient hors du royaume</i>. (J. Reg. 147, 36.) Ce passage
-prouve bien positivement que <i>le Ménagier</i> a été écrit avant septembre
-1394.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_169_169" id="Footnote_169_169"></a><a href="#FNanchor_169_169"><span class="label">[169]</span></a> Philosophe chaldéen qui, suivant Jacques de Cessoles,
-auteur du <i>Jeu des échecs moralisé</i>, auroit inventé le jeu d’échecs.
-L’auteur du <i>Ménagier</i> cite ici l’ouvrage de J. de Cessoles, dans
-lequel on trouve, au chapitre de la Reine, les histoires de Romilde, de
-Lucrèce, de Papirius, qu’il va raconter aussi, mais en les développant.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_170_170" id="Footnote_170_170"></a><a href="#FNanchor_170_170"><span class="label">[170]</span></a> Oui.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_171_171" id="Footnote_171_171"></a><a href="#FNanchor_171_171"><span class="label">[171]</span></a> De Bénévent.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_172_172" id="Footnote_172_172"></a><a href="#FNanchor_172_172"><span class="label">[172]</span></a> S’en détournèrent, de <i>desmouvoir</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_173_173" id="Footnote_173_173"></a><a href="#FNanchor_173_173"><span class="label">[173]</span></a> Cette duchesse est Romilde, veuve de Gisulfe, duc de
-Frioul, tué en 611, dans une bataille contre les Abares. Après la mort
-de son mari dont elle avoit eu quatre fils et quatre filles, elle fut
-assiégée par le khan des Abares dans Forojulium, aujourd’hui <i>Civita di
-Friuli</i>. Éprise de la figure du khan, elle lui offrit (et non à un de
-ses chevaliers) la place et sa main; son offre fut acceptée, mais le
-khan, maître de la place, fit empaler Romilde et emmena ses enfans et
-les principaux citoyens en captivité. Les quatre princes s’échappèrent
-sur la route. Les deux aînés, Tason et Caccon, furent ducs de Frioul,
-de 621 à 635. Le troisième, Rodoald, fut duc de Bénévent, de 642 à 647,
-et le dernier, Grimoald, fut duc de Bénévent après son frère, et roi
-des Lombards en 662; il mourut en 671. On a assez peu de renseignemens
-sur l’origine de plusieurs de nos reines de la première race. Je n’ai
-pas trouvé qu’aucune d’elles ait été sœur de Grimoald. La même histoire
-est racontée avec quelques-unes des inexactitudes de l’auteur du
-<i>Ménagier</i>, dans le <small>LVIII</small><sup>e</sup> chapitre du <i>Compendion
-historial</i>; Paris, Ant. Vérard, 1509.&mdash;Elle est tirée de Paul Diacre.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_174_174" id="Footnote_174_174"></a><a href="#FNanchor_174_174"><span class="label">[174]</span></a> L’auteur du <i>Jeu des Échecs moralisé</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_175_175" id="Footnote_175_175"></a><a href="#FNanchor_175_175"><span class="label">[175]</span></a> Invita, de <i>semondre</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_176_176" id="Footnote_176_176"></a><a href="#FNanchor_176_176"><span class="label">[176]</span></a> Par telle convention.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_177_177" id="Footnote_177_177"></a><a href="#FNanchor_177_177"><span class="label">[177]</span></a> État, disposition d’esprit.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_178_178" id="Footnote_178_178"></a><a href="#FNanchor_178_178"><span class="label">[178]</span></a> Les occupations que l’auteur donne ici aux Romaines
-étoient sans aucun doute celles des femmes de son temps, et ce passage
-est certainement un des plus curieux de son livre. Le <i>bric</i>, qui
-me paroît la même chose que la <i>briche</i> ou <i>bricque</i>, est déjà cité
-au <small>XIII</small><sup>e</sup> siècle dans les œuvres de Rutebeuf (<i>de
-Brichemer</i>), on y jouoit assis et à l’aide d’un petit bâton.&mdash;<i>Qui
-féry?</i> me paroît évidemment notre <i>main chaude</i>.&mdash;Le jeu de
-<i>pince-merille</i> est écrit <i>pince-morille</i> dans les jeux de Gargantua
-(Rabelais, livre I, chapitre <small>XXII</small>), c’est tout ce que
-j’en connois.&mdash;Le <i>tiers</i> étoit une sorte de colin-maillard dont il est
-parlé dans Rabelais, les Arrêts d’amour et des lettres de rémission
-de 1391, citées par Du Cange au mot <i>Tertium</i>.&mdash;La mention des cartes
-comme <i>jeu d’ébatement</i>, dans un ouvrage écrit sûrement en 1393, est
-fort importante, et nous paroît démontrer la réalité de la distinction
-établie par M. Duchesne entre les cartes jeux <i>d’ébatement</i>, jeux
-d’enfans, <i>naibi</i>, et les cartes devenues quelques années après jeu
-de hasard. En lisant ce passage du <i>Ménagier</i> on comprend que les
-cartes aient pu être connues en 1369, et ne pas figurer cependant parmi
-les jeux de hasard défendus cette année par Charles V. (Voy. <i>Jeux
-de Cartes tarots</i>, publiés par la Société des Bibliophiles, 1844,
-in-folio, p. 4.)</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_179_179" id="Footnote_179_179"></a><a href="#FNanchor_179_179"><span class="label">[179]</span></a> Un peu loin, à une petite distance.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_180_180" id="Footnote_180_180"></a><a href="#FNanchor_180_180"><span class="label">[180]</span></a> Le visage baissé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_181_181" id="Footnote_181_181"></a><a href="#FNanchor_181_181"><span class="label">[181]</span></a> Bleues, violettes.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_182_182" id="Footnote_182_182"></a><a href="#FNanchor_182_182"><span class="label">[182]</span></a> Poudreux; ou faut-il lire <i>les gens, pouldres</i>
-(poussière) <i>et fumées</i>, etc.?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_183_183" id="Footnote_183_183"></a><a href="#FNanchor_183_183"><span class="label">[183]</span></a> Var. Br. <i>à peine</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_184_184" id="Footnote_184_184"></a><a href="#FNanchor_184_184"><span class="label">[184]</span></a> Evite, esquive.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_185_185" id="Footnote_185_185"></a><a href="#FNanchor_185_185"><span class="label">[185]</span></a> Car le fait (l’adultère) n’est pas à craindre. Je n’ai
-vu ce curieux usage mentionné nulle part ailleurs.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_186_186" id="Footnote_186_186"></a><a href="#FNanchor_186_186"><span class="label">[186]</span></a> Pierre le Mangeur, chancelier de l’Université de Paris,
-mort en 1179. Voir les <i>Mss. françois</i> de M. Paris, t. II, p. 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_187_187" id="Footnote_187_187"></a><a href="#FNanchor_187_187"><span class="label">[187]</span></a> L’historien Flavius Josèphe.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_188_188" id="Footnote_188_188"></a><a href="#FNanchor_188_188"><span class="label">[188]</span></a> S’attachera, <i>adhærebit</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_189_189" id="Footnote_189_189"></a><a href="#FNanchor_189_189"><span class="label">[189]</span></a> Prononciation parisienne du mot <i>mesnie</i>, suite,
-famille. Voir H. Estienne, <i>Précellence du Lang. françois</i>, p. 179.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_190_190" id="Footnote_190_190"></a><a href="#FNanchor_190_190"><span class="label">[190]</span></a> Près, comme <i>Villers-Coste-Retz</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_191_191" id="Footnote_191_191"></a><a href="#FNanchor_191_191"><span class="label">[191]</span></a> Stérile. Encore employé pour les biches en terme de
-vénerie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_192_192" id="Footnote_192_192"></a><a href="#FNanchor_192_192"><span class="label">[192]</span></a> Élève.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_193_193" id="Footnote_193_193"></a><a href="#FNanchor_193_193"><span class="label">[193]</span></a> Allusion à l’incarnation de N. S. J. C.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_194_194" id="Footnote_194_194"></a><a href="#FNanchor_194_194"><span class="label">[194]</span></a> Outre ou petit baril, <i>boucellus</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_195_195" id="Footnote_195_195"></a><a href="#FNanchor_195_195"><span class="label">[195]</span></a> Bersabée.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_196_196" id="Footnote_196_196"></a><a href="#FNanchor_196_196"><span class="label">[196]</span></a> Voyage.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_197_197" id="Footnote_197_197"></a><a href="#FNanchor_197_197"><span class="label">[197]</span></a> Couché.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_198_198" id="Footnote_198_198"></a><a href="#FNanchor_198_198"><span class="label">[198]</span></a> Voir sur cette plante et sur la <i>main de gloire</i> les
-curieux articles du Dictionnaire de Trévoux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_199_199" id="Footnote_199_199"></a><a href="#FNanchor_199_199"><span class="label">[199]</span></a> Ouvrage qui est à la fois une grammaire, une rhétorique,
-et un dictionnaire, et qui fut écrit en 1286 par Jehan Balhi de Gênes,
-religieux dominicain.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_200_200" id="Footnote_200_200"></a><a href="#FNanchor_200_200"><span class="label">[200]</span></a> Sauvages.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_201_201" id="Footnote_201_201"></a><a href="#FNanchor_201_201"><span class="label">[201]</span></a> Sans doute <i>choucas</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_202_202" id="Footnote_202_202"></a><a href="#FNanchor_202_202"><span class="label">[202]</span></a> Var. A, <i>melles</i>, faute ou nom d’oiseau que je ne
-connois pas. Tiercelet, pris seul, est le nom du faucon mâle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_203_203" id="Footnote_203_203"></a><a href="#FNanchor_203_203"><span class="label">[203]</span></a> Domestiques.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_204_204" id="Footnote_204_204"></a><a href="#FNanchor_204_204"><span class="label">[204]</span></a> Macaire étoit le nom de l’assassin. Aubri de Montdidier
-étoit le maître du chien. Bullet, dans une intéressante dissertation
-sur cette histoire (<i>Mythol. fr.</i>, p. 64), remarque qu’elle figure
-pour la première fois dans la chronique romanesque d’Albéric de
-Trois-Fontaines, auteur du <small>XIII</small><sup>e</sup> siècle, qui la place
-à l’année 780. Il pense que cet auteur l’a prise dans quelqu’ancien
-roman ou chanson de geste.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_205_205" id="Footnote_205_205"></a><a href="#FNanchor_205_205"><span class="label">[205]</span></a> C’est la portion de l’île Saint-Louis qui est entre la
-rue des Deux Ponts et le pont Louis-Philippe, et qui étoit séparée
-par un petit bras de la Seine ordinairement à sec en été, de l’autre
-portion appelée l’île aux Vaches. Quoique le chapitre de Paris eût
-des droits à la propriété de cette île et en fût en tout cas haut
-justicier, elle servoit de promenade et de lieu de réjouissance
-publique. Le 8 mars 1400, le procureur du roi parlant pour les
-marchands de Paris et les droits de la navigation, contre le chapitre,
-et faisant peut-être allusion au prétendu combat de Macaire et du
-chien, disoit que <i>dès Charlemaine l’île dessus dite fut appliquée à
-la chose publique</i> (Reg. du Parl., Plaid. civ.). Les lices qu’y voyoit
-à la fin du <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle l’auteur du <i>Ménagier</i>
-pouvoient bien provenir de la grande fête (mystères, tournois d’enfans
-au-dessous de dix ans, etc.) qui y fut donnée à la Pentecôte de 1313,
-lorsque Philippe le Bel et ses trois fils, et le roi d’Angleterre
-prirent la croix (<i>Chron. métrique</i> de God. de Paris, 1827, p. 188), ou
-peut-être aussi de quelque autre solennité plus récente.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_206_206" id="Footnote_206_206"></a><a href="#FNanchor_206_206"><span class="label">[206]</span></a> Les ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon et le
-connétable du Guesclin conquirent presque tout le Poitou sur les
-Anglois, en 1372: ils revinrent à Paris le 11 décembre, et le lendemain
-le duc de Berry fit hommage au roi son frère du comté de Poitiers (Reg.
-du Parl., Plaid. civ.).
-</p><p>
-Mais Niort et quelques autres places étoient restées au pouvoir des
-Anglois. Du Guesclin ayant défait à Chisay les garnisons angloises
-réunies sous le commandement de messire Jehan d’Esvreux, fit, suivant
-Cuvelier, mettre à ses soldats les cottes d’armes des Anglois, et prit
-ainsi Niort par surprise.
-</p><p>
-Froissart (t. I, p. 665 de l’édition du <i>Panth. litt.</i> donnée par M.
-Buchon) dit que le combat de Chisay eut lieu le 21 mars 1372 (1373, n.
-st.), et cette date se trouve en effet confirmée par les comptes du
-duc de Berry dans lesquels on voit figurer, à la date du 30 mars, un
-messager envoyé par le duc à la duchesse pour lui annoncer que <i>messire
-Jehan d’Esvreux a esté déconfit</i>. La prise de Niort dut suivre presque
-immédiatement le combat de Chisay, surtout si le stratagème raconté par
-Cuvelier fut en effet mis en œuvre par du Guesclin. Niort étoit en tout
-cas pris au moins dès le 28 avril. Quoique l’occupation de cette ville
-ait eut lieu presque sans coup férir, c’est bien certainement en cette
-occasion qu’avoit péri le maître du chien dont parle notre auteur, soit
-que ce fût un soldat de l’armée françoise, soit qu’il fût un des hommes
-de la ville, bons François de cœur suivant tous les historiens.
-</p><p>
-Le duc de Berry, qui après l’hommage du comté de Poitiers avoit été en
-Berry et en Auvergne réunir des hommes et de l’argent (il étoit, le 11
-janvier 1372-3, et encore le 22 mars, à Bourges), n’arriva en Poitou
-que dans les premiers jours d’avril. Il étoit les 28 et 30 mars et le
-2 avril à la Souterraine, petite ville de la Marche, sur la route de
-Clermont à Poitiers, attendant probablement ses troupes, et les 15, 18
-et 19 avril, à Poitiers. On voit bien dans ses comptes qu’il envoya
-un courrier de Niort le 28 avril, mais il partit aussi des courriers
-ce même jour de Poitiers, de Saint-Maixent et de Melle, et si le duc
-a été le même jour dans ces quatre villes, il a fait une journée
-de vingt-cinq lieues, ce qui, sans être impossible, est cependant
-difficile. Il étoit à Poitiers le 30 avril, et paroît y être resté tout
-mai, tout juin, et jusqu’au 11 ou 15 juillet, mais il étoit le 18 de
-ce mois à Niort et y séjourna au moins jusqu’au 23 (il y consomma six
-setiers de blé; fol. 105 vº). Il étoit de retour à Poitiers le 26.
-</p><p>
-Il me paroît bien probable que le fait raconté par notre auteur comme
-témoin oculaire, a dû se passer à Niort pendant le séjour que fit le
-duc dans cette ville <i>en juillet 1373</i>. On pourroit opposer qu’au 18
-juillet il y avoit déjà plus de trois mois que Niort étoit pris et le
-maître du chien mort, mais cet animal pouvoit continuer depuis lors
-à vivre sur la tombe de son maître, et le fait n’en étoit que plus
-remarquable et plus digne d’être signalé au duc de Berry. Au reste, si
-le séjour de ce prince à Niort le 28 avril 1373 n’étoit pas douteux,
-il vaudroit certainement mieux reporter à cette date l’histoire qui a
-donné lieu à cette note.
-</p><p>
-Guillaume de la Mousse, attaché à la maison du duc de Berry, étoit
-châtelain de Niort en novembre 1373, et Hugues de Vivonne, chevalier,
-en étoit capitaine le 25 juillet 1374.
-</p><p>
-Le duc de Berry avoit certainement beaucoup de défauts, mais on ne peut
-lui refuser d’avoir été charitable. Les comptes qui nous restent de
-lui sont remplis de mentions d’aumônes. J’ai entre autres remarqué, à
-l’année 1370, beaucoup de dons faits à des chevaliers et écuyers pris
-par les Anglois à la belle défense de Limoges, et soixante sols donnés
-en août 1370 <i>à un povre enfant de village qui fu trouvés tout seul en
-l’oustel où mondit Sr. se lougha à Saint Denis du Chastel</i> (Comptes du
-duc de Berry, Arch. du Roy., reg. K, 250, 1).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_207_207" id="Footnote_207_207"></a><a href="#FNanchor_207_207"><span class="label">[207]</span></a> Sérieusement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_208_208" id="Footnote_208_208"></a><a href="#FNanchor_208_208"><span class="label">[208]</span></a> Plutôt.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_209_209" id="Footnote_209_209"></a><a href="#FNanchor_209_209"><span class="label">[209]</span></a> Surtout.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_210_210" id="Footnote_210_210"></a><a href="#FNanchor_210_210"><span class="label">[210]</span></a> Le Décret de Gratien, bénédictin du
-<small>XII</small><sup>e</sup> siècle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_211_211" id="Footnote_211_211"></a><a href="#FNanchor_211_211"><span class="label">[211]</span></a> Le trône, fauteuil.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_212_212" id="Footnote_212_212"></a><a href="#FNanchor_212_212"><span class="label">[212]</span></a> A la fortune.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_213_213" id="Footnote_213_213"></a><a href="#FNanchor_213_213"><span class="label">[213]</span></a> Écrite d’abord en italien par Boccace, la charmante
-histoire de Grisélidis fut ensuite paraphrasée et mise en latin par
-Pétrarque. Elle a été traduite plusieurs fois en françois, et même
-a fourni le sujet d’un Mystère composé en 1395 probablement par un
-Parisien, puisque l’auteur y parle du <i>beau gibet de Montfaucon</i>. Bibl.
-roy., Cangé, 7999, 3. Il y a à la Bibl. Roy. plusieurs manuscrits de
-traductions anciennes de Grisélidis. J’en ai examiné quatre. La version
-du <i>Ménagier</i>, toute différente de celle du nº 7387, diffère légèrement
-de celles des n<sup>os</sup> 7403 et 7568, mais est tout à fait la même que
-celle du nº 7999.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_214_214" id="Footnote_214_214"></a><a href="#FNanchor_214_214"><span class="label">[214]</span></a> Le Mont Viso.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_215_215" id="Footnote_215_215"></a><a href="#FNanchor_215_215"><span class="label">[215]</span></a> Comptoit, prisoit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_216_216" id="Footnote_216_216"></a><a href="#FNanchor_216_216"><span class="label">[216]</span></a> Volonté, pouvoir, de <i>potestas</i>; <i>femme de poste</i>, femme
-non libre, serve. V. <span class="smcap">Du Cange</span>, à <i>Posta</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_217_217" id="Footnote_217_217"></a><a href="#FNanchor_217_217"><span class="label">[217]</span></a> Pareillement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_218_218" id="Footnote_218_218"></a><a href="#FNanchor_218_218"><span class="label">[218]</span></a> Voler; chasser avec l’oiseau.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_219_219" id="Footnote_219_219"></a><a href="#FNanchor_219_219"><span class="label">[219]</span></a> En grandes troupes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_220_220" id="Footnote_220_220"></a><a href="#FNanchor_220_220"><span class="label">[220]</span></a> A leur vouloir, à leurs volontés.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_221_221" id="Footnote_221_221"></a><a href="#FNanchor_221_221"><span class="label">[221]</span></a> Portant doucement son cavalier, ayant le pas doux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_222_222" id="Footnote_222_222"></a><a href="#FNanchor_222_222"><span class="label">[222]</span></a> D’une même manière.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_223_223" id="Footnote_223_223"></a><a href="#FNanchor_223_223"><span class="label">[223]</span></a> Avec la tête baissée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_224_224" id="Footnote_224_224"></a><a href="#FNanchor_224_224"><span class="label">[224]</span></a> Avec attrait.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_225_225" id="Footnote_225_225"></a><a href="#FNanchor_225_225"><span class="label">[225]</span></a> Sincère, vraie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_226_226" id="Footnote_226_226"></a><a href="#FNanchor_226_226"><span class="label">[226]</span></a> Exécuter, accomplir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_227_227" id="Footnote_227_227"></a><a href="#FNanchor_227_227"><span class="label">[227]</span></a> Var. Mss. A, <i>quant est de celle de</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_228_228" id="Footnote_228_228"></a><a href="#FNanchor_228_228"><span class="label">[228]</span></a> Que fait.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_229_229" id="Footnote_229_229"></a><a href="#FNanchor_229_229"><span class="label">[229]</span></a> Par bonne disposition, par zèle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_230_230" id="Footnote_230_230"></a><a href="#FNanchor_230_230"><span class="label">[230]</span></a> Transporté, placé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_231_231" id="Footnote_231_231"></a><a href="#FNanchor_231_231"><span class="label">[231]</span></a> Cette coutume de donner un objet quelconque en
-témoignage et comme preuve de stipulation remonte à une haute
-antiquité. Nos ancêtres l’avoient conservée des Romains. L’abbé Le Beuf
-raconte, d’après Étienne de Paris, un des plus curieux exemples de cet
-usage. Le roi Louis le Jeune ayant couché à Creteil qui appartenoit au
-chapitre de Paris, le chapitre lui ferma le lendemain les portes de
-l’église cathédrale: mais le roi consentit à payer la dépense qu’il
-avoit faite à Creteil et les portes lui furent ouvertes. Alors, pour
-marquer son intention par un acte extérieur, le roi mit de sa propre
-main une baguette sur l’autel, etc. (<i>Histoire du Diocèse de Paris</i>,
-XII, 12.) Voir aussi <span class="smcap">Du Cange</span> au mot <i>Signum</i>, 11.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_232_232" id="Footnote_232_232"></a><a href="#FNanchor_232_232"><span class="label">[232]</span></a> Dissimulées.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_233_233" id="Footnote_233_233"></a><a href="#FNanchor_233_233"><span class="label">[233]</span></a> Ici, <i>gâté</i> plutôt que <i>méprisé</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_234_234" id="Footnote_234_234"></a><a href="#FNanchor_234_234"><span class="label">[234]</span></a> Pourvu que.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_235_235" id="Footnote_235_235"></a><a href="#FNanchor_235_235"><span class="label">[235]</span></a> Il n’y a eu, ni sous la régence, ni sous le règne de
-Charles V, de révolte dont la punition ait présenté des circonstances
-semblables à celles qu’on remarque dans ce passage du <i>Ménagier de
-Paris</i>, mais il me paroît au contraire s’appliquer parfaitement aux
-exécutions qui eurent lieu en 1383, au retour de la campagne de
-Flandre, et je crois que par <i>une des plus grans cités de ce royaume</i>
-il faut entendre Paris et non pas Rouen qui fut le théâtre de scènes
-analogues, mais non aussi sanglantes à beaucoup près. Cette expression
-aura été suggérée à l’auteur par sa prudence, afin de ne pas désigner
-trop clairement à ses contemporains les personnes dont il parloit.
-</p><p>
-Suivant le Religieux de Saint-Denis (liv. III, chap.
-<small>IV</small>), Charles VI (encore presque enfant, et agissant sous
-l’influence de ses oncles) auroit <i>appris à Rouen</i>, où il auroit alors
-séjourné trois jours, la sédition des <i>maillotins</i> de Paris. Il auroit
-à cette même époque, (qu’il faudroit placer dans les premiers jours de
-mars 1381-2, puisque la sédition des <i>maillotins</i> commença le 1<sup>er</sup>
-de ce mois), puni de mort les chefs d’une sédition dite <i>la Harelle</i>
-qui auroit eu lieu antérieurement à Rouen. Le Moine de Saint-Denis
-est dans l’erreur au moins quant à la date et à la durée du séjour de
-Charles VI dans cette ville. Il résulte de nombre de pièces du registre
-120 du Trésor des Chartes, que le roi entra à Rouen pour la première
-fois depuis son sacre le 29 mars 1381-2 seulement, et qu’il y étoit
-encore au moins le 4 avril. Il étoit le 1<sup>er</sup> mars à Vincennes. En
-tous cas ces exécutions paroissent avoir été trop peu nombreuses pour
-qu’on reconnoisse en elles celles dont parle notre auteur. (Le registre
-120 ne contient la mention que de l’exécution d’un valet à Rouen.) Il
-en est de même des poursuites auxquelles donna lieu la même sédition,
-onze mois après, en mars 1382-3 qui, suivant Farin (<i>Histoire de
-Rouen</i>, 1668, in-12, I, 527), ne coûtèrent la vie qu’à deux misérables.
-D’ailleurs le roi n’étoit pas présent, contrairement à ce que me semble
-indiquer le récit du <i>Ménagier</i>. Notre auteur paroît en outre avoir
-eu peu de relations avec Rouen qu’il ne nomme pas une fois dans son
-livre, et il résulte de son récit qu’il connoissoit la bourgeoise dont
-il parle. Il est donc plus naturel de supposer qu’elle étoit de la même
-ville que lui, c’est-à-dire de Paris.
-</p><p>
-La sédition des <i>maillotins</i> commença le 1<sup>er</sup> mars 1381-2. Le prévôt
-de Paris fit bien, peu de temps après, quelques exécutions, mais elles
-ne portèrent que sur des gens obscurs et furent peu nombreuses. Il n’en
-est pas de même de la sanglante punition que le roi infligea à la ville
-de Paris à son retour de Flandre à raison des mêmes événemens.
-</p><p>
-Vainqueur à Rosebecque, le 27 novembre 1382, le roi entre à Paris le 11
-janvier 1382-3. Le 12 et les jours suivans trois cents riches bourgeois
-sont arrêtés: huit jours après on en conduit deux au supplice, et
-les exécutions se succèdent rapidement. On voit dans des lettres de
-rémission qu’Audouin Chauveron prévôt de Paris et des gens d’armes
-alloient nuit et jour prendre plusieurs bourgeois <i>dont des aucuns l’on
-faisoit hastives exécutions</i>, et que l’on <i>faisoit justice de jour en
-jour d’aucuns des habitans de Paris</i>. (Voir ci-après, p. 138. <i>Chascun
-jour.</i>) Le 27 janvier, jour de la publication de l’ordonnance qui
-abolissoit la prévôté des marchands, douze notables habitans de Paris,
-parmi lesquels étoit le célèbre Jean Desmares, avocat général, victime
-innocente de la haine des ducs de Berry et de Bourgogne, périrent
-encore sur l’échafaud. Cent personnes furent ainsi exécutées du 19 ou
-20 au 27 ou 28 janvier: les autres prisonniers furent condamnés à des
-amendes pécuniaires souvent égales ou supérieures à la valeur de tous
-leurs biens.
-</p><p>
-Il me paroît impossible de ne pas reconnoître dans ces événemens
-ceux auxquels fait allusion l’auteur du <i>Ménagier</i>, mais quel est ce
-seigneur et quelle est cette femme <i>de très grant nom en bourgeoisie</i>?
-Pour découvrir quelque trace de cette mystérieuse histoire, j’ai
-parcouru les registres 120 à 128 du Trésor des Chartes depuis mars
-1381-2 jusqu’en avril 1385-6. Parmi les quarante-sept pièces relatives
-à ces événemens (sur lesquels je donnerai peut-être un jour un mémoire
-détaillé), j’ai remarqué trois et surtout deux lettres de rémission
-qui pourroient s’appliquer au mari dont notre auteur nous a transmis
-l’histoire.
-</p><p>
-La première, en date d’août 1383, est accordée à Jehan Filleul, notaire
-au Châtelet, alors âgé de vingt-six ans, qui avouoit avoir pris part
-à toutes les délibérations hostiles au rétablissement des impôts,
-et avoir conseillé à Aubert de Dampierre, riche drapier, l’un des
-suppliciés, de faire soulever la ville pour empêcher son arrestation.
-</p><p>
-Il n’est pas dit dans les lettres de rémission qu’il fut emprisonné
-mais qu’il s’enfuit de Paris. Cependant il est cité dans le Religieux
-de Saint-Denis (en qualité d’avocat au Châtelet, ce qui est une erreur)
-parmi les trois cents bourgeois arrêtés depuis le 12 janvier, et si,
-comme il y a lieu de le croire, cette assertion est exacte, pour qu’il
-ait pu s’absenter de Paris, il faut qu’il ait été relâché au moins
-provisoirement. Or, il eut besoin d’une bien forte protection pour
-échapper ainsi au châtiment que lui auroient certainement valu les
-faits dont il s’avouoit coupable. On mentionne dans la rémission qu’il
-avoit une <i>jeune femme</i>; son nom de famille n’est pas donné, mais la
-position du mari peut faire supposer qu’elle étoit d’une bonne famille
-bourgeoise. (R. 123, 83.)
-</p><p>
-Colin Brun, drapier, étoit <i>jeunes homs, issu de bonnes gens et de bon
-lignage, fils d’Anthoine Brun homme ancien de l’aage de quatre-vingt
-seize ans lequel s’estoit bien porté envers les prédécesseurs du roi
-qu’il avoit servis en son mestier de draperie</i>. Il étoit marié depuis
-deux ans à une jeune femme qui en avril 1383 venoit d’accoucher de son
-premier enfant. Il avoit été condamné à deux mille francs d’amende
-et au bannissement. Le roi lui remit le bannissement et la moitié de
-l’amende. Il n’étoit coupable que d’avoir assisté aux réunions et aux
-prises d’armes. (R. 122, 217.)
-</p><p>
-Giles Labat, procureur général au parlement, mari d’une femme de
-dix-huit ans, et père de deux enfans dont l’aîné n’avoit que trois ans,
-obtint, en juillet 1383, des lettres de rémission. Il étoit accusé
-d’avoir cherché dans les maisons, et fait conduire en prison, des
-hommes d’armes, et fut gracié à la requête du maréchal de Sancerre,
-mais je n’ai pas vu qu’il eût été emprisonné; il avoit pris la fuite
-lors du retour de Flandre, et de plus, le caractère du maréchal ne
-permet guère de lui attribuer cette aventure. (R. 123, 14.)
-</p><p>
-J’ai bien encore vu des lettres de rémission accordées à des habitans
-de Paris mariés à de jeunes femmes, mais leur position ne m’a pas paru
-convenir au mari cité en cet endroit du <i>Ménagier</i>, et qui devoit
-appartenir à la haute bourgeoisie parisienne.
-</p><p>
-Je suis au reste loin d’affirmer que le mari dont parle notre auteur
-soit un de trois Parisiens que je viens de nommer: je me borne
-seulement à signaler les rapports qui existent entre leur position
-(surtout celle de Jean Filleul) et la sienne.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_236_236" id="Footnote_236_236"></a><a href="#FNanchor_236_236"><span class="label">[236]</span></a> On sait que cette ville, berceau de notre monarchie,
-cessa d’appartenir à la France seulement en 1521, qu’elle fut prise par
-le comte de Nassau général de Charles-Quint. Elle fut définitivement
-cédée à l’empereur par le traité de Cambray (1529). L’administration et
-la juridiction de Tournay ont souvent varié. En 1340, le roi Philippe
-de Valois avoit donné la justice aux prévôts et jurés, magistrats
-populaires, mais à la charge de ressortir du bailli de Vermandois. En
-1370 ils obtinrent le privilége de ressortir directement du parlement
-de Paris. Il y avoit alors un bailli de Tournesis officier royal, mais
-sans juridiction sur Tournay et sa banlieue. (Tassart de Monstreul
-l’étoit en 1371, Jehan de Sottenghien en 1379 et Jehan Boutelier
-en 1380.) Mais, en 1383, Charles VI institua un bailliage royal à
-Tournay. Les appels des prévôts et jurés étoient portés devant le
-bailli qui avoit la haute administration de la ville et du Tournesis.
-Tournay se soumit avec peine à cet état de choses, et les registres
-du parlement contiennent un grand nombre de difficultés suscitées au
-bailli par les prévôts et jurés dans l’exercice de sa juridiction. En
-1389, les prévôts et jurés obtinrent de nouveau des lettres du roi
-portant que les appels de leurs jugemens seroient portés directement au
-parlement de Paris, mais le procureur du roi s’opposa formellement à
-l’entérinement de ces lettres qui n’étoient pas encore enregistrées en
-1394. Toutefois ils avoient obtenu d’autres lettres du roi pour jouir
-provisoirement de ce privilége, malgré le défaut d’enregistrement.
-</p><p>
-Il est assez difficile de savoir qui est le bailli de Tournay dont
-parle l’auteur du <i>Ménagier</i>: je ne pense pas qu’on puisse appliquer
-cette qualification à un des baillis de <i>Tournesis</i>; elle doit désigner
-un des baillis nommés de 1383 à 1393. Je n’ai trouvé que le nom de
-Henri Le Mazier qui fut reçu à la chambre des comptes comme bailli de
-Tournay, en 1388. (Mém. E.&mdash;Voir sur le bailliage de Tournay, Reg.
-du Parl. Plaid. civiles, 25 nov. 1371.&mdash;20 nov. 1380.&mdash;17 janvier
-1390-1.&mdash;7 déc. 1394.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_237_237" id="Footnote_237_237"></a><a href="#FNanchor_237_237"><span class="label">[237]</span></a> Dom Carpentier explique bourgage par <i>bienvenue</i> (V.
-Gloss. de Du Cange au mot <i>Bourgagium</i>). Il sembleroit plutôt qu’on
-doive entendre par ce mot une partie de plaisir faite avec une somme
-composée de contributions individuelles, telle qu’une poule, par
-assimilation à l’impôt du même nom que payoient annuellement les
-bourgeois de quelques villes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_238_238" id="Footnote_238_238"></a><a href="#FNanchor_238_238"><span class="label">[238]</span></a> Glorieuse, qui se rengorge.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_239_239" id="Footnote_239_239"></a><a href="#FNanchor_239_239"><span class="label">[239]</span></a> En premier, un.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_240_240" id="Footnote_240_240"></a><a href="#FNanchor_240_240"><span class="label">[240]</span></a> D’esgarder, regarder; <i>voyons</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_241_241" id="Footnote_241_241"></a><a href="#FNanchor_241_241"><span class="label">[241]</span></a> Occasions.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_242_242" id="Footnote_242_242"></a><a href="#FNanchor_242_242"><span class="label">[242]</span></a> S’engouent, raffolent.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_243_243" id="Footnote_243_243"></a><a href="#FNanchor_243_243"><span class="label">[243]</span></a> Négligent. <i>Nonchalance</i>, indifférence, de <i>chaloir</i>,
-intéresser, soucier.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_244_244" id="Footnote_244_244"></a><a href="#FNanchor_244_244"><span class="label">[244]</span></a> Ce <i>qui</i> s’applique aux maris des femmes désobéissantes
-et négligées.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_245_245" id="Footnote_245_245"></a><a href="#FNanchor_245_245"><span class="label">[245]</span></a> Retirer, contraire d’<i>acharner</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_246_246" id="Footnote_246_246"></a><a href="#FNanchor_246_246"><span class="label">[246]</span></a> Voy. ci-après, page 158.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_247_247" id="Footnote_247_247"></a><a href="#FNanchor_247_247"><span class="label">[247]</span></a> La lumière.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_248_248" id="Footnote_248_248"></a><a href="#FNanchor_248_248"><span class="label">[248]</span></a> Quand j’aurois dû.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_249_249" id="Footnote_249_249"></a><a href="#FNanchor_249_249"><span class="label">[249]</span></a> Instrumens que je crois avoir été des petits vases,
-comme depuis les <i>gobelets</i>, dont les <i>bateleurs</i> se servoient pour
-faire leurs tours, et dont ils ont pris leur nom. Voy. Du Cange aux
-mots <i>Bastaxius</i> et <i>Batus</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_250_250" id="Footnote_250_250"></a><a href="#FNanchor_250_250"><span class="label">[250]</span></a> Allusion à l’opinion suivant laquelle les sorcières
-alloient au sabat sur un balai.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_251_251" id="Footnote_251_251"></a><a href="#FNanchor_251_251"><span class="label">[251]</span></a> Le château de Melun, et par suite la partie de la ville
-située du côté du Gâtinois, furent livrés aux Navarrois et Anglois par
-la reine Blanche le 4 août 1358, quatre jours après la mort d’Est.
-Marcel et la rentrée du Régent à Paris, mais la partie de la ville
-située en Brie resta françoise, et messire Jean d’Andresel étoit dès
-le même mois d’août capitaine pour le Régent (depuis Charles V) de
-Melun et de Brie (J. Reg. 86, 219.&mdash;Secousse, II, 89). Il paroît avoir
-d’abord partagé la défense de cette partie de la ville avec le premier
-maréchal Boucicaut qu’on voit (J. Reg. 86, 458) avoir fait abattre des
-maisons pour fortifier cette portion de Melun en août 1358. Il est
-probable que M. d’Andresel étoit sous ses ordres à cette époque.
-</p><p>
-Les circonstances désastreuses où se trouvoit alors la France ne
-permirent pas au Régent d’assiéger, au moins immédiatement, le
-château de Melun, quoique sa garnison anglo-navarroise génât beaucoup
-l’approvisionnement de Paris. Jean d’Andresel dut se borner à garantir
-la partie de la ville restée françoise, et autant que possible le
-reste de la Brie, des attaques de cette garnison. En juin 1359, le
-régent ayant reçu des États assemblés à Paris les moyens de résister
-plus efficacement à l’ennemi, se rendit en personne à Melun (<i>Chron.
-de Saint-Denis</i>, <span class="smcap">CXII</span>), et fit fortifier l’abbaye du Lys.
-C’est alors que, suivant le carme Jean de Venette continuateur de
-Nangis, Froissart, Cuvelier et Villani (cité par Secousse, I, 383),
-Melun auroit été assiégé dans les formes par le Régent. Le silence
-que garde sur ce <i>siége</i> la Chronique de Saint-Denis rédigée pour
-cette époque par Pierre d’Orgemont avec une admirable précision, donne
-tout lieu de douter de l’exactitude du récit de Froissart, et surtout
-de la narration romanesque de Cuvelier. Il paroît bien probable que
-ce siége ne fut qu’une espèce de blocus levé peu de temps après, le
-Régent ayant quitté l’armée le 31 juillet par suite des propositions
-de paix du roi de Navarre, et le traité ayant été signé le 21 août. Au
-reste, malgré la conclusion de la paix, les Navarrois occupoient encore
-Melun en septembre 1359. Jean de Venette qui prétend que cette ville
-fut immédiatement évacuée ne peut balancer à cet égard le témoignage
-formellement contraire de Pierre d’Orgemont, mais on peut toujours
-induire de son assertion que cette prolongation d’occupation ne fut pas
-de longue durée.
-</p><p>
-D’après ce qui précède, il faut placer la curieuse aventure racontée
-par l’auteur du <i>Ménagier</i>, entre août 1358 et septembre ou octobre
-1359. Peut-être même pourroit-on remarquer qu’il est difficile de
-penser que le sire d’Andresel ait eu avant la cessation des hostilités
-le loisir ou le désœuvrement qu’on lui attribue dans ce récit, et ait
-pu sans crainte abandonner son commandement pour aller dîner chez lui
-à quatre lieues de Melun. Il sembleroit alors qu’on devroit placer
-cette aventure entre le départ de Charles V et l’évacuation de Melun,
-c’est-à-dire du 1<sup>er</sup> août 1359 à septembre ou octobre suivant.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_252_252" id="Footnote_252_252"></a><a href="#FNanchor_252_252"><span class="label">[252]</span></a> Jean sire d’Andresel, chevalier, étoit issu d’une
-ancienne et illustre maison alliée, au <small>XII</small><sup>e</sup> siècle,
-à celle de Garlande. Il étoit fils aîné de Jean d’Andresel, chambellan
-très-aimé du roi Philippe de Valois, et fut, à cause de cette
-similitude de prénom, dit <i>le Jeune</i>, jusqu’à la mort de son père,
-arrivée entre mars 1344-5 et février 1346-7<a href="#ft-a"><sup>{a}</sup></a>. Il fut chambellan du
-Dauphin, puis du roi Jean<a href="#ft-a"><sup>{a}</sup></a>, et ensuite de Charles V. Compris dans la
-première promotion des chevaliers de l’Etoile<a href="#ft-b"><sup>{b}</sup></a>en janvier 1351-2, il
-étoit en 1353 capitaine de l’un des châteaux de Vernon, et reçut du roi
-en 1354 deux mille quatre cents écus d’or comme indemnité de ce qu’il
-avoit dépensé pour la garde du château de Landal en Bretagne que le roi
-lui avoit donné à titre d’héritage et lui avoit ensuite repris<a href="#ft-a"><sup>{a}</sup></a><a name="anc-a" id="anc-a"></a>. Il
-avoit épousé, au moins dès 1346, Jeanne d’Arrablay, fille d’un maître
-d’hôtel du roi et nièce d’un chancelier de France<a href="#ft-c"><sup>{c}</sup></a>
-<a name="anc-c" id="anc-c"></a>. En août 1358 il
-étoit capitaine de Melun et de Brie<a href="#ft-d"><sup>{d}</sup></a><a name="anc-d" id="anc-d"></a>, en août 1359 capitaine général
-de cette dernière province<a href="#ft-e"><sup>{e}</sup></a><a name="anc-e" id="anc-e"></a>. Cette même année le régent lui donna,
-probablement pour récompense de ses services en Brie, les paroisses
-du Chastelier (le Châtelet?), Marchiau (Machault?), Firecy (Féricy?),
-Champagne et la Celle (sous Moret?), situées dans cette province<a href="#ft-f"><sup>{f}</sup></a><a name="anc-f" id="anc-f"></a>,
-et lui accorda des lettres de rémission dont on n’a conservé qu’une
-simple mention<a href="#ft-g"><sup>{g}</sup></a><a name="anc-g" id="anc-g"></a> pour tout ce que lui et ses complices (sans doute
-les gens d’armes sous ses ordres) avoient fait en Brie, dans les
-châtellenies de Melun et de Moret et au pont de Samois. Après le
-traité de Bretigny il fut, avec plusieurs princes du sang et quelques
-seigneurs des plus illustres de cette époque, au nombre des otages
-du roi Jean que le roi d’Angleterre emmena avec lui de Calais le 31
-octobre 1360<a href="#ft-h"><sup>{h}</sup></a><a name="anc-h" id="anc-h"></a>. Il étoit de retour en France au moins au commencement
-de 1366, car étant en personne<a href="#ft-i"><sup>{i}</sup></a><a name="anc-i" id="anc-i"></a> à Yenville en Beauce, il y passa
-le 1<sup>er</sup> avril 1365-6 le contrat d’un nouveau mariage avec Jeanne de
-Maligny veuve avec enfans de Jean seigneur de Rochefort et du Puiset
-(elle l’avoit épousé en 1347<a href="#ft-j"><sup>{j}</sup></a><a name="anc-j" id="anc-j"></a>). Il prend dans cet acte les qualités
-de chambellan du roi et de <i>premier grand chambellan d’Orlenois et
-de Valois</i>. Jean d’Andresel mourut au commencement de 1368 laissant
-une succession obérée, malgré ses nombreuses terres, ses fonctions
-éminentes et les dons des rois qu’il avoit servis. Le 7 mars 1367-8
-Jeanne de Maligny sa veuve se présenta devant le Parlement, et jetant
-sa ceinture dans le parc (espace qui séparoit les avocats et la cour),
-déclara renoncer aux meubles et aux dettes de sa succession<a href="#ft-k"><sup>{k}</sup></a><a name="anc-k1" id="anc-k1"></a>. Elle
-fut obligée, pour obtenir son douaire (Tournenfuye, etc.), de recourir
-à la protection de Charles V<a href="#ft-k"><sup>{k}</sup></a><a name="anc-k" id="anc-k"></a> et de plaider contre messire Aubert et
-Guillaume d’Andresel ses beaux-frères<a href="#ft-l"><sup>{l}</sup></a><a name="anc-l" id="anc-l"></a><a href="#ft-m"><sup>{m}</sup></a>. Elle se remaria ensuite
-en troisièmes noces à Raoul de Montigny, chevalier. Jean d’Andresel
-laissa deux filles, Marguerite et Jeanne, <i>nées de deux mères
-différentes</i><a href="#ft-l"><sup>{l}</sup></a><a name="anc-l1" id="anc-l1"></a>, et mariées toutes deux dans la maison de Montmorency.
-Six mois après sa mort, sa seconde fille encore mineure n’avoit pas
-encore de tuteur, et ses exécuteurs testamentaires n’avoient pas encore
-accepté la charge qu’il leur avoit laissée<a href="#ft-m"><sup>{m}</sup></a><a name="anc-m" id="anc-m"></a>.
-</p><p>
-Quoiqu’on ignore la date de la mort de Jeanne d’Arrablay, il faudroit
-lui attribuer l’aventure qui donne lieu à cette note, s’il étoit
-certain que Jean d’Andresel n’eût été marié que deux fois. (Nous avons
-vu en effet qu’il n’épousa Jeanne de Maligny qu’en 1366.) Mais il
-faut remarquer que dans les nombreuses pièces relatives au douaire
-de Jeanne de Maligny il n’est dit nulle part que Jeanne d’Andresel,
-fille encore mineure de Jean en 1368, ait eu cette dame pour mère, et
-cependant elle est citée (mais non nommée) comme <i>héritière mineure</i>
-de Jean (quorum unus <i>aut una</i> adhuc minor ætatis) dans l’arrêt du
-21 juillet 1368 rendu au profit de Jeanne de Maligny, et comme fille
-mineure de Jean dans la plaidoirie du 5 juin 1368. Si elle eût été
-fille de Jeanne de Maligny n’est-il pas naturel de supposer qu’on
-l’auroit mentionné dans la plaidoirie et dans l’arrêt? Faut-il donc
-croire que le sire d’Andresel eut une seconde femme après Jeanne
-d’Arrablay et avant Jeanne de Maligny, et que cette seconde femme, mère
-de Jeanne d’Andresel, a pu être en 1359 dame d’Andresel et héroïne de
-cette aventure? Dom Guillaume Morin qui a donné dans son <i>Histoire du
-Gâtinois</i>, etc. (Paris, 1630, in-4º, 461) une généalogie ridicule de
-la famille Viole dans laquelle il fait de notre Jean d’Andresel (enté
-par lui dans cette famille contre toute preuve et toute raison) deux
-personnages nommés l’un Pierre et l’autre Jean, marie le premier à
-Agnès de Chabannes et le second à Anne du Bellay. Je me suis demandé
-à cause de cette assertion si Jean d’Andresel n’auroit pas été marié
-en secondes noces à une Chabannes ou à une du Bellay, mais on ne voit
-rien de semblable ni dans la généalogie de Chabannes donnée dans La
-Chenaye des Bois, ni dans la généalogie manuscrite de du Bellay par
-Trinquant, appartenant à la bibliothèque publique d’Angers et que M.
-Grille a bien voulu consulter pour moi exprès sur ce point. Les choses
-étant ainsi, je crois que jusqu’à ce qu’on ait une preuve ou au moins
-un indice plus positif d’un mariage intermédiaire de M. d’Andresel,
-il ne faut pas s’arrêter au silence des plaidoirie et arrêt de 1368,
-qui est en définitive plutôt une absence de preuve qu’un argument
-contraire; on peut donc raisonnablement croire que Jean d’Andresel fut
-marié deux fois seulement, que Jeanne sa seconde fille étoit fille de
-Jeanne de Maligny, et que Jeanne d’Arrablay est l’héroïne de l’histoire
-du <i>Ménagier</i>. J’ajouterai en passant que les expressions réservées
-dont se sert notre auteur (<i>du surplus je me tais et pour cause</i>)
-donnent lieu de craindre pour la mémoire de Jean d’Andresel que cette
-plaisanterie n’ait été l’occasion d’une scène violente, si ce n’est
-tragique.
-</p><p>
-Il y a au Cabinet généalogique une lettre de ce seigneur qui me semble
-présenter tous les caractères d’un autographe. Je crois devoir la
-donner ici comme propre à faire connoître avantageusement son éducation
-et son style épistolaire. Elle se rapporte à une avance qui lui fut
-faite le 1<sup>er</sup> mars 1353-4 par le vicomte de Gisors pour servir à
-réparer les fortifications de Vernon. La voici:
-</p><p>
-«Vicomte, cher ami, je vous envoie un mandement du roy de la somme de
-cent livres par. que vous me baillastes et dont vous avez mes lettres
-soubs mon scel faisans mention desdites cent livres, car le mandement
-du roy fait bien mention comment je les ay mises ès réparations de la
-ville de Vernon et comment vous me rendez ma dicte lettre. Si faictes
-que en ce par vous n’ait deffaut et je vous en prie, et se vous
-voulez chose que je puisse faire, faites-le moi savoir et je le ferai
-voulentiers et de cuer. Nostre Sire vous gart. Escript à Paris le mardi
-au soir <small>VIII</small><sup>e</sup> jour d’avril (1354).
-</p>
-<p class="r">
-«<span class="smcap">J. d’Andesel</span>, chambell. le roy.»<br />
-</p>
-
-<p>
-Sceau: un lion chargé d’une bande.
-</p>
-
-<p class="nind">
-<a name="ft-a" id="ft-a"></a><sup>{a}</sup>Titres originaux du Cabinet généalogique.&mdash;
-<a name="ft-b" id="ft-b"></a><sup>{b}</sup>Du Cange au mot <i>Stella</i>.&mdash;
-<a name="ft-c" id="ft-c"></a><sup>{c}</sup>Hist. des gr. of. de la Cour. VI, 307-8.&mdash;
-<a name="ft-d" id="ft-d"></a><sup>{d}</sup>J. Reg. 86, 219.&mdash;
-<a name="ft-e" id="ft-e"></a><sup>{e}</sup>J. Reg. 90, 326.&mdash;
-<a name="ft-f" id="ft-f"></a><sup>{f}</sup>Trésor de dom Villevieille.&mdash;
-<a name="ft-g" id="ft-g"></a><sup>{g}</sup>Table des Mém. de la Ch. des comptes.&mdash;
-<a name="ft-h" id="ft-h"></a><sup>{h}</sup>Chr. de S. Denis, <span class="smcap">CXXXIV</span>.&mdash;
-<a name="ft-i" id="ft-i"></a><sup>{i}</sup>J. 158, n<sup>os</sup> 25 et 26.&mdash;
-<a name="ft-j" id="ft-j"></a><sup>{j}</sup>Généalogie de Courtenay, in-fol. Pr. 366.&mdash;
-<a name="ft-k" id="ft-k"></a><sup>{k}</sup>Reg. du Parl., conseil et plaid. à la date citée.&mdash;
-<a name="ft-l" id="ft-l"></a><sup>{l}</sup>Duchesne, Montmorency, Pr. 379, 380.&mdash;
-<a name="ft-m" id="ft-m"></a><sup>{m}</sup>Arrêt du 21 juillet 1368, Jugés, <small>XX</small>, 337.
-</p>
-
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_253_253" id="Footnote_253_253"></a><a href="#FNanchor_253_253"><span class="label">[253]</span></a> Des ciseaux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_254_254" id="Footnote_254_254"></a><a href="#FNanchor_254_254"><span class="label">[254]</span></a> Nager.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_255_255" id="Footnote_255_255"></a><a href="#FNanchor_255_255"><span class="label">[255]</span></a> Roman dont le premier auteur est l’Indien Sendabad, et
-qui fut successivement traduit dans presque toutes les langues. Notre
-auteur me paroît avoir ajouté au texte qu’il avoit lu bien des détails
-qui donnent des notions curieuses sur les usages de son temps. On
-peut s’en assurer en comparant ce passage du <i>Ménagier</i> à l’endroit
-correspondant d’une version françoise du même ouvrage écrite en vers
-au <small>XIII</small><sup>e</sup> siècle, et imprimée assez incorrectement
-à Tubingen, 1836, in-8º (V. p. 97). Cette édition est précédée d’une
-longue et savante dissertation sur le Roman des Sept Sages.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_256_256" id="Footnote_256_256"></a><a href="#FNanchor_256_256"><span class="label">[256]</span></a> Jeune arbre fruitier <i>enté</i>, greffé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_257_257" id="Footnote_257_257"></a><a href="#FNanchor_257_257"><span class="label">[257]</span></a> Être, exister, <i>stare</i>, <i>je laisserai cela</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_258_258" id="Footnote_258_258"></a><a href="#FNanchor_258_258"><span class="label">[258]</span></a> Aujourd’hui courte-pointes, couvre-pieds.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_259_259" id="Footnote_259_259"></a><a href="#FNanchor_259_259"><span class="label">[259]</span></a> Manteau doublé, ou peut-être aussi manteau <i>parti</i>, de
-draps de deux couleurs.&mdash;En juillet 1401 l’évêque de Paris réclamant
-comme clerc un prisonnier que le procureur du roi soutenoit être en
-habit laïque citoit à l’appui de son dire un arrêt qui avoit reconnu
-comme clerc un boulanger de Montmorency lequel étoit marié et avoit
-chaperon à cornette double <i>de deux divers draps</i>. (Plaid. criminelles
-du Parl.) Ces mots indiquent certainement deux couleurs différentes
-dans les draps du chaperon, mais il semble qu’ici (outre qu’il n’y a
-pas le mot <i>divers</i>), dans l’état où se trouvoit le seigneur rentrant
-mouillé de la chasse, il est plus naturel de croire qu’il s’agit d’un
-manteau doublé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_260_260" id="Footnote_260_260"></a><a href="#FNanchor_260_260"><span class="label">[260]</span></a> Grande chaise à dossier.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_261_261" id="Footnote_261_261"></a><a href="#FNanchor_261_261"><span class="label">[261]</span></a> Coussin, <i>carreau</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_262_262" id="Footnote_262_262"></a><a href="#FNanchor_262_262"><span class="label">[262]</span></a> Escabeau.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_263_263" id="Footnote_263_263"></a><a href="#FNanchor_263_263"><span class="label">[263]</span></a> Var. B. <i>roe</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_264_264" id="Footnote_264_264"></a><a href="#FNanchor_264_264"><span class="label">[264]</span></a> Piétiner, remuer les pattes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_265_265" id="Footnote_265_265"></a><a href="#FNanchor_265_265"><span class="label">[265]</span></a> Lessive.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_266_266" id="Footnote_266_266"></a><a href="#FNanchor_266_266"><span class="label">[266]</span></a> Peut-être faudroit-il <i>bagues</i>, effets, joyaux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_267_267" id="Footnote_267_267"></a><a href="#FNanchor_267_267"><span class="label">[267]</span></a> Conseil.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_268_268" id="Footnote_268_268"></a><a href="#FNanchor_268_268"><span class="label">[268]</span></a> Grande salle à manger, et par extension grand festin,
-cour plénière.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_269_269" id="Footnote_269_269"></a><a href="#FNanchor_269_269"><span class="label">[269]</span></a> Service.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_270_270" id="Footnote_270_270"></a><a href="#FNanchor_270_270"><span class="label">[270]</span></a> Var. A. <i>disposer</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_271_271" id="Footnote_271_271"></a><a href="#FNanchor_271_271"><span class="label">[271]</span></a> Bas montant très-haut et s’attachant aux <i>braies</i>, sorte
-de culotte.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_272_272" id="Footnote_272_272"></a><a href="#FNanchor_272_272"><span class="label">[272]</span></a> Ici, bonnets de nuit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_273_273" id="Footnote_273_273"></a><a href="#FNanchor_273_273"><span class="label">[273]</span></a> Sorte de chemise d’homme. On voit dans un compte de
-la chambre de Philippe le Bel, en 1307, <i>des toiles pour draps</i> (de
-lit) <i>et robelinges, c’est chemises</i> (sic). Il est dit dans la grande
-ordonnance des métiers de Paris, rendue par le roi Jean en février
-1350-1, que la façon d’une <i>robe-linge à homme, d’œuvre commune</i>,
-devoit être payée 8 deniers aux couturiers, celle d’une chemise à femme
-4 deniers seulement. (Collect. Leber, XIX, 38, 316.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_274_274" id="Footnote_274_274"></a><a href="#FNanchor_274_274"><span class="label">[274]</span></a> Sorte de culotte ou caleçon.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_275_275" id="Footnote_275_275"></a><a href="#FNanchor_275_275"><span class="label">[275]</span></a> Il est probable qu’au temps où notre auteur écrivoit il
-y avoit peu de gens assez éclairés pour avoir une pareille opinion sur
-les sorcelleries.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_276_276" id="Footnote_276_276"></a><a href="#FNanchor_276_276"><span class="label">[276]</span></a> Morceaux de pain plats, <i>tartines</i>, qu’on mettoit au
-fond des plats et des assiettes de métal pour couper la viande sans les
-rayer.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_277_277" id="Footnote_277_277"></a><a href="#FNanchor_277_277"><span class="label">[277]</span></a> Peut-être hérissé, frotté à rebrousse-poil, <i>estrusser</i>
-signifiant frotter.&mdash;Var. A et C. <i>estou</i>.&mdash;Le drap <i>estru</i> ou <i>estou</i>
-me paroît devoir désigner en tout cas un drap à longs poils dans
-lesquels les puces pouvoient s’embarrasser. Les draps étoient d’abord
-faits à longs poils et ne devenoient ras qu’après avoir passé par les
-mains des <i>tondeurs de draps</i>. C’étoit un métier important et riche au
-moyen âge.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_278_278" id="Footnote_278_278"></a><a href="#FNanchor_278_278"><span class="label">[278]</span></a> Voy. p. 13.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_279_279" id="Footnote_279_279"></a><a href="#FNanchor_279_279"><span class="label">[279]</span></a> Paille, et je crois aussi feuillées ou herbes qu’on
-répandoit dans l’intérieur des maisons.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_280_280" id="Footnote_280_280"></a><a href="#FNanchor_280_280"><span class="label">[280]</span></a> Fourrures; nous avons déjà vu p. 169 qu’on en mettoit
-sur les lits pour servir de couvertures. On portoit aussi beaucoup de
-vêtemens fourrés.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_281_281" id="Footnote_281_281"></a><a href="#FNanchor_281_281"><span class="label">[281]</span></a> Petite mouche, <i>cousin</i>, moustique. On disoit aussi
-<i>cincenaude</i>. Var. B. <i>cincerelles</i>. Voy. <span class="smcap">Du Cange</span> à
-<i>Zinzala</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_282_282" id="Footnote_282_282"></a><a href="#FNanchor_282_282"><span class="label">[282]</span></a> Ou <i>cincenaudier</i>, <i>moustiquière</i>, grand rideau, sorte
-de cloche d’étoffe claire qui enveloppe exactement un lit et empêche
-les cousins ou moustiques d’approcher. Var. B. <i>cincenier</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_283_283" id="Footnote_283_283"></a><a href="#FNanchor_283_283"><span class="label">[283]</span></a> Petites touffes, <i>flocons</i> de fougère. Var. A.
-<i>bloqueaulx de feuchelle</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_284_284" id="Footnote_284_284"></a><a href="#FNanchor_284_284"><span class="label">[284]</span></a> Fils, ficelles. Var. A. <i>et afilez</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_285_285" id="Footnote_285_285"></a><a href="#FNanchor_285_285"><span class="label">[285]</span></a> Franges, <i>effiloques</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_286_286" id="Footnote_286_286"></a><a href="#FNanchor_286_286"><span class="label">[286]</span></a> Le fiel.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_287_287" id="Footnote_287_287"></a><a href="#FNanchor_287_287"><span class="label">[287]</span></a> Secouez.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_288_288" id="Footnote_288_288"></a><a href="#FNanchor_288_288"><span class="label">[288]</span></a> Petites baguettes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_289_289" id="Footnote_289_289"></a><a href="#FNanchor_289_289"><span class="label">[289]</span></a> Quoique les vitres aient été connues dès le temps de
-Théodose le Grand, qui mourut en 395, elles furent bien longtemps
-réservées pour les églises et les palais des rois. Elles étoient
-ordinairement chargées de peintures. Les fenêtres vitrées que le duc
-de Berry fit mettre à son château de Bicêtre étoient d’assez haut
-prix pour que les Parisiens, avant de brûler ce bel édifice, en 1411,
-aient eu soin de les emporter <i>avec les beaux huis</i> (peut-être au
-reste étoit-ce des vitraux peints.&mdash;Juv. des Ursins, in-fol., 230).
-On voit ici que l’auteur du <i>Ménagier</i>, quoique riche puisqu’il
-avoit, ainsi que nous le remarquerons plus tard, un train de maison
-considérable, n’avoit ses fenêtres fermées qu’à l’aide de toile ou de
-parchemin. J’ignore à quelle époque la fermeture des fenêtres par le
-moyen de vitres devint d’usage commun. Une dissertation sur ce sujet,
-insérée dans <i>le Mercure de France</i> d’octobre 1738 et réimprimée dans
-la collection Leber (t. XVI, p. 410), avec notes et addition, ne
-traite que des vitres des églises et des palais, et ne dit rien de
-celles des particuliers. Le verre étoit encore d’un très-haut prix
-au <small>XV</small><sup>e</sup> siècle. On voit dans un compte de la reine
-Marie d’Anjou de l’année 1454 la mention de deux mains de papier et
-<i>d’huille à l’oindre pour estre plus cler</i>, achetés pour garnir six
-châssis de bois que la reine avoit fait placer dans la chambre où
-logea le roi de Sicile à Chinon quand il vint l’y voir. (K. reg. 55,
-fol. 99 et 102, indiqué par M. d’Arcq.) Sauval (III, 417) cite bien un
-compte du domaine de Paris pour 1474 où l’on remarque <i>deux panneaux
-de verre blanc neuf pour le comptouer</i> de madame de Montglat (femme de
-Pierre Bureau, seigneur de Monglat, trésorier de France et concierge
-de Beauté), mais c’étoit une dépense faite aux frais de l’État et qui
-pouvoit être assez élevée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_290_290" id="Footnote_290_290"></a><a href="#FNanchor_290_290"><span class="label">[290]</span></a> Siéges sans dossier.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_291_291" id="Footnote_291_291"></a><a href="#FNanchor_291_291"><span class="label">[291]</span></a> Sur le plancher.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_292_292" id="Footnote_292_292"></a><a href="#FNanchor_292_292"><span class="label">[292]</span></a> Votre mari.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_293_293" id="Footnote_293_293"></a><a href="#FNanchor_293_293"><span class="label">[293]</span></a> On leur donne du miel? (dans leur eau?) Je ne sais
-ce que veut dire ici <i>mis au bas</i> (ordinairement <i>rabaissé</i>). Il
-paroîtroit par ce passage qu’on déferroit les chevaux quand ils
-revenoient de voyage.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_294_294" id="Footnote_294_294"></a><a href="#FNanchor_294_294"><span class="label">[294]</span></a> Les maris, souverains (maîtres) de la maison.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_295_295" id="Footnote_295_295"></a><a href="#FNanchor_295_295"><span class="label">[295]</span></a> Pénitenciers, ceux qui font pénitence.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_296_296" id="Footnote_296_296"></a><a href="#FNanchor_296_296"><span class="label">[296]</span></a> Maîtriser, retenir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_297_297" id="Footnote_297_297"></a><a href="#FNanchor_297_297"><span class="label">[297]</span></a> Plaisanterie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_298_298" id="Footnote_298_298"></a><a href="#FNanchor_298_298"><span class="label">[298]</span></a> A propos? Var. B. <i>attrait</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_299_299" id="Footnote_299_299"></a><a href="#FNanchor_299_299"><span class="label">[299]</span></a> Premièrement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_300_300" id="Footnote_300_300"></a><a href="#FNanchor_300_300"><span class="label">[300]</span></a> Un mai à sa porte et de l’herbe verte dans les salles de
-sa maison.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_301_301" id="Footnote_301_301"></a><a href="#FNanchor_301_301"><span class="label">[301]</span></a> Joyeusement. Var. B. <i>esclatéement</i>. C. <i>esbaudement</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_302_302" id="Footnote_302_302"></a><a href="#FNanchor_302_302"><span class="label">[302]</span></a> Difficulté.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_303_303" id="Footnote_303_303"></a><a href="#FNanchor_303_303"><span class="label">[303]</span></a> Il manque le commencement de la phrase dont le sens
-devoit être: <i>Elle prit soin de la fille de son mari, puis quand elle
-fut en âge</i>,...</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_304_304" id="Footnote_304_304"></a><a href="#FNanchor_304_304"><span class="label">[304]</span></a> L’<i>Histoire de Mélibée et de Prudence</i>, écrite en
-latin en 1246, par Albertan, avocat de Brescia, a été traduite au
-moins trois fois en françois. (Voir les <i>Manuscrits français</i> de M.
-Paris, t. V, p. 58.) La traduction donnée par l’auteur du <i>Ménagier</i>
-est celle de frère Renaud de Louens à qui l’on doit une traduction
-de Boëce écrite en 1366. Ce passage du <i>Ménagier</i> à été collationné
-sur le manuscrit du roi, 7072<sup>3.3.</sup>, qui donne une bonne leçon de
-<i>Mélibée et de Prudence</i>. J’ai mis entre crochets les passages qui,
-bien que paroissant devoir faire partie du texte, sont omis dans les
-trois manuscrits du <i>Ménagier</i>, et j’ai noté au bas des pages quelques
-variantes importantes.&mdash;L’<i>Histoire de Mélibée et de Prudence</i> a eu un
-grand succès au moyen âge, et a été imprimée plusieurs fois (voy. le
-<i>Manuel du Libraire</i>, qui l’attribue à tort à Christine de Pisan, au
-mot <i>Mélibée</i>; elle se retrouve aussi à la suite du <i>Jeu des Échecs
-moralisés</i>, Paris, Michel Le Noir, 1505, in-4º.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_305_305" id="Footnote_305_305"></a><a href="#FNanchor_305_305"><span class="label">[305]</span></a> Se contînt.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_306_306" id="Footnote_306_306"></a><a href="#FNanchor_306_306"><span class="label">[306]</span></a> Var. M. du R. <i>selon ce que dit Jhésu-Syrac</i>. Cette
-sentence est dans les <i>Proverbes</i>, <small>XV</small>, 13, et non dans
-l’<i>Ecclésiastique</i> ni dans Sénèque.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_307_307" id="Footnote_307_307"></a><a href="#FNanchor_307_307"><span class="label">[307]</span></a> <i>Ecclesiast.</i> <small>XXX</small>, 25.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_308_308" id="Footnote_308_308"></a><a href="#FNanchor_308_308"><span class="label">[308]</span></a> Vers, mites.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_309_309" id="Footnote_309_309"></a><a href="#FNanchor_309_309"><span class="label">[309]</span></a> Alliés.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_310_310" id="Footnote_310_310"></a><a href="#FNanchor_310_310"><span class="label">[310]</span></a> Soutenir une partie, un parti, contre son adversaire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_311_311" id="Footnote_311_311"></a><a href="#FNanchor_311_311"><span class="label">[311]</span></a> Espions.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_312_312" id="Footnote_312_312"></a><a href="#FNanchor_312_312"><span class="label">[312]</span></a> Ordinairement <i>sentinelles</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_313_313" id="Footnote_313_313"></a><a href="#FNanchor_313_313"><span class="label">[313]</span></a> Var. <i>escharnirent</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_314_314" id="Footnote_314_314"></a><a href="#FNanchor_314_314"><span class="label">[314]</span></a> Le bon conseil (la bonne décision) manque quand on en a
-le plus besoin.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_315_315" id="Footnote_315_315"></a><a href="#FNanchor_315_315"><span class="label">[315]</span></a> D’abord Rabbi Moïse Séphardi, né en 1062, à Huesca
-en Aragon, se fit chrétien en 1106. Il a composé la <i>Discipline de
-clergie</i>, publiée par la Société des Bibliophiles, en 1824, et à
-Berlin, en 1827, in-4.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_316_316" id="Footnote_316_316"></a><a href="#FNanchor_316_316"><span class="label">[316]</span></a> Var. A. B. C. <i>Jhérémias</i>. Cette sentence est en effet
-dans l’Ecclésiastique (<small>XXV</small>, 30), livre de la Bible écrit
-par Jésus fils de Sirach.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_317_317" id="Footnote_317_317"></a><a href="#FNanchor_317_317"><span class="label">[317]</span></a> Var. <i>propos</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_318_318" id="Footnote_318_318"></a><a href="#FNanchor_318_318"><span class="label">[318]</span></a> Le M. du Roi ajoute: <i>à femme que à homme, car il
-apparut premier</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_319_319" id="Footnote_319_319"></a><a href="#FNanchor_319_319"><span class="label">[319]</span></a> Var. <i>fumière</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_320_320" id="Footnote_320_320"></a><a href="#FNanchor_320_320"><span class="label">[320]</span></a> Var. M. du R. <i>A l’homme en adjutoire, mais en dommage
-et en nuisement</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_321_321" id="Footnote_321_321"></a><a href="#FNanchor_321_321"><span class="label">[321]</span></a> Avis, plan, projet.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_322_322" id="Footnote_322_322"></a><a href="#FNanchor_322_322"><span class="label">[322]</span></a> Var. A. B. C. <i>Jhérémias</i> (c’est l’Ecclés<sup>que</sup>,
-<small>XIX</small>, 8).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_323_323" id="Footnote_323_323"></a><a href="#FNanchor_323_323"><span class="label">[323]</span></a> En parlant à ton conseiller.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_324_324" id="Footnote_324_324"></a><a href="#FNanchor_324_324"><span class="label">[324]</span></a> Var. <i>Et de laquelle le prince se desjusne matin</i>. Le
-reste de cette phrase n’est pas dans le manuscrit 7072<sup>3.3</sup>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_325_325" id="Footnote_325_325"></a><a href="#FNanchor_325_325"><span class="label">[325]</span></a> Var. <i>Lequel conseil je t’ay dit dessus que tu dois
-eschever et fuir</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_326_326" id="Footnote_326_326"></a><a href="#FNanchor_326_326"><span class="label">[326]</span></a> Var. <i>Tu l’aies essayé</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_327_327" id="Footnote_327_327"></a><a href="#FNanchor_327_327"><span class="label">[327]</span></a> <i>Le sage qui doubte eschiève tous maux.</i></p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_328_328" id="Footnote_328_328"></a><a href="#FNanchor_328_328"><span class="label">[328]</span></a> Guivre, vipère. Variante mauvaise des manuscrits A. B.
-C. mure (souris).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_329_329" id="Footnote_329_329"></a><a href="#FNanchor_329_329"><span class="label">[329]</span></a> A force de se défier des autres leur ont montré à les
-tromper.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_330_330" id="Footnote_330_330"></a><a href="#FNanchor_330_330"><span class="label">[330]</span></a> Var. <i>d’eschaffaulx</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_331_331" id="Footnote_331_331"></a><a href="#FNanchor_331_331"><span class="label">[331]</span></a> Guérites, tourelles à mettre des sentinelles.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_332_332" id="Footnote_332_332"></a><a href="#FNanchor_332_332"><span class="label">[332]</span></a> Frais.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_333_333" id="Footnote_333_333"></a><a href="#FNanchor_333_333"><span class="label">[333]</span></a> C’est le secrétaire d’État de Théodoric, m. vers 562.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_334_334" id="Footnote_334_334"></a><a href="#FNanchor_334_334"><span class="label">[334]</span></a> Combien.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_335_335" id="Footnote_335_335"></a><a href="#FNanchor_335_335"><span class="label">[335]</span></a> Var. du M. du R.: <i>de tes ennemis; de la vengence se
-engendrera autre vengence, hayne, contens, guerre et dégustemens de tes
-biens</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_336_336" id="Footnote_336_336"></a><a href="#FNanchor_336_336"><span class="label">[336]</span></a> Var. (mauvaise) <i>David</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_337_337" id="Footnote_337_337"></a><a href="#FNanchor_337_337"><span class="label">[337]</span></a> Se retirent, se retiennent.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_338_338" id="Footnote_338_338"></a><a href="#FNanchor_338_338"><span class="label">[338]</span></a> Négligeant de faire; en ne faisant pas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_339_339" id="Footnote_339_339"></a><a href="#FNanchor_339_339"><span class="label">[339]</span></a> Faire droit, rendre la justice.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_340_340" id="Footnote_340_340"></a><a href="#FNanchor_340_340"><span class="label">[340]</span></a> Au moyen âge, quand les criminels n’étoient pas des
-gens de la basse classe, les juges se bornoient le plus souvent à les
-condamner à des amendes envers le roi et à des dommages et intérêts
-envers la partie lésée; mais ces amendes et dommages étoient souvent
-très-élevés et de nature à ruiner ceux à qui on les infligeoit. On
-voit dans les registres du Parlement et dans le <i>Trésor des Chartes</i>
-de fréquens exemples de cette coutume, souvenir des anciennes lois
-barbares où l’on trouve le tarif et la taxe de chaque crime suivant la
-condition du criminel et celle de la victime.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_341_341" id="Footnote_341_341"></a><a href="#FNanchor_341_341"><span class="label">[341]</span></a> Var. <i>ses péchiés lui semblent plus pesans, sa peine lui
-semble</i>....</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_342_342" id="Footnote_342_342"></a><a href="#FNanchor_342_342"><span class="label">[342]</span></a> Var. <i>attrempance</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_343_343" id="Footnote_343_343"></a><a href="#FNanchor_343_343"><span class="label">[343]</span></a> Sans doute l’auteur du <i>Liber de Amore</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_344_344" id="Footnote_344_344"></a><a href="#FNanchor_344_344"><span class="label">[344]</span></a> Le pape Innocent III, ou Innocent, moine anglois. L’un
-des deux est auteur de la <i>Moralisatio Scaccarii</i>, voy. Fabricius,
-1754, in-4º, t. IV, p. 34.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_345_345" id="Footnote_345_345"></a><a href="#FNanchor_345_345"><span class="label">[345]</span></a> Var. <i>assez légièrement fiert li glaives maintenant
-l’un, jà tantost l’autre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_346_346" id="Footnote_346_346"></a><a href="#FNanchor_346_346"><span class="label">[346]</span></a> Transigiez, traitiez.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_347_347" id="Footnote_347_347"></a><a href="#FNanchor_347_347"><span class="label">[347]</span></a> De longtemps.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_348_348" id="Footnote_348_348"></a><a href="#FNanchor_348_348"><span class="label">[348]</span></a> Cautions.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_349_349" id="Footnote_349_349"></a><a href="#FNanchor_349_349"><span class="label">[349]</span></a> Cautions.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_350_350" id="Footnote_350_350"></a><a href="#FNanchor_350_350"><span class="label">[350]</span></a> C’étoit aussi l’usage le plus fréquent dans la
-jurisprudence du Parlement de Paris. On voit constamment dans les
-registres du Criminel, des accusés élargis sous caution, tantôt dans
-l’enceinte du Palais seulement, tantôt dans celle des bastides (portes)
-de Paris, à la charge de se représenter à une époque fixée, quelquefois
-en personne et quelquefois par procureur.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_351_351" id="Footnote_351_351"></a><a href="#FNanchor_351_351"><span class="label">[351]</span></a> Irritation.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_352_352" id="Footnote_352_352"></a><a href="#FNanchor_352_352"><span class="label">[352]</span></a> Difficilement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_353_353" id="Footnote_353_353"></a><a href="#FNanchor_353_353"><span class="label">[353]</span></a> Voy. ci-devant, p. 99.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_354_354" id="Footnote_354_354"></a><a href="#FNanchor_354_354"><span class="label">[354]</span></a> Provision en général. Voy. Du Cange aux mots <i>Garnire</i>,
-<i>Garnisio</i>. L’ordonnance de l’hôtel du roi, faite au Louvre en janvier
-1386-7, défend que personne ne demande aucune chose <i>sur les garnisons
-faites pour la dépense de l’hostel, soit blés, avenes, foing, busche</i>,
-Taillevent (c’est Guill. Tirel, auteur du <i>Viandier</i>, et alors écuyer
-de cuisine du roi) est chargé par la même ordonnance de <i>gouverner
-les garnisons</i> (Den. Godefroy, H. de Ch., VI, 712, 715). La reine
-avoit aussi un maître de ses garnisons. Bastin de Breban, revêtu de
-cet office en 1371, étoit alors poursuivi pour avoir pris, au nom de
-la reine (en vertu du droit de prise), des vins qu’il avoit payés à
-vil prix et vendus dans sa taverne à son profit (Plaid. civiles du
-Parlement, 4 décembre 1371).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_355_355" id="Footnote_355_355"></a><a href="#FNanchor_355_355"><span class="label">[355]</span></a> Rouet à filer.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_356_356" id="Footnote_356_356"></a><a href="#FNanchor_356_356"><span class="label">[356]</span></a> D’une bonne famille.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_357_357" id="Footnote_357_357"></a><a href="#FNanchor_357_357"><span class="label">[357]</span></a> Ce passage, joint à ceux des pages 160 et 169,
-nous fait bien connoître la manière dont on étoit couché au
-<small>XIV</small><sup>e</sup> siècle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_358_358" id="Footnote_358_358"></a><a href="#FNanchor_358_358"><span class="label">[358]</span></a> Souliers.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_359_359" id="Footnote_359_359"></a><a href="#FNanchor_359_359"><span class="label">[359]</span></a> L’histoire de Jeanne la Quentine a été reproduite dans
-les Nouvelles de la reine de Navarre qui l’attribue à une bourgeoise de
-Tours (38<sup>e</sup> Nouvelle ou 8<sup>e</sup> de la 4<sup>e</sup> journée). Mais l’auteur du
-<i>Ménagier</i> donnant les noms et disant qu’il la tenoit de son père, on
-ne peut douter qu’elle ne soit en effet arrivée à Paris. La reine de
-Navarre a pu entendre raconter cette histoire à quelqu’un qui l’avoit
-lue dans le <i>Ménagier</i>, et en placer la scène à Tours. Elle a donné
-également (Nouvelle 37<sup>e</sup>), en l’attribuant à une dame de Laval-Loué,
-et avec quelques variantes, un exemple analogue d’indulgence conjugale
-rapporté par le chevalier de La Tour comme positivement arrivé à la
-dame de L’Anguillier sa tante. Le chevalier de La Tour raconte (chap.
-<small>XVII</small>) que son oncle étoit «à merveilles luxurieux, tant
-qu’il en avoit tousjours une ou deux à son hostel, et bien souvent
-se levoit de delez sa femme et aloit à ses foles femmes; et quant il
-venoit de folie, il trouvoit la chandelle allumée, et l’eaue et le
-touaillon à laver ses mains: et elle lui prioit qu’il lavast ses mains;
-et il disoit qu’il venoit des chambres.&mdash;Et pour tant Monseigneur que
-vous venez des chambres, avez-vous plus grant besoin de vous laver.»
-C’est autant d’humilité que la bourgeoise, mais avec une délicatesse
-qui sent déjà la femme de qualité.
-</p><p>
-J’avois espéré trouver le nom et par suite la profession de <i>Thomas
-Quentin</i> dans le <i>Livre de la Taille</i> en 1313 (Paris, 1827, in-8º), car
-le père de l’auteur du <i>Ménagier</i> et Thomas Quentin qu’il connoissoit,
-ont pu vivre dès cette époque, mais son nom n’y figure pas. Je l’ai
-aussi cherché inutilement dans les comptes de la prévôté de Paris
-donnés par Sauval et dans le recueil manuscrit des <i>Épitaphes de
-Paris</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_360_360" id="Footnote_360_360"></a><a href="#FNanchor_360_360"><span class="label">[360]</span></a> Vous ne pouvez en cela être remplacée par personne.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_361_361" id="Footnote_361_361"></a><a href="#FNanchor_361_361"><span class="label">[361]</span></a> Copeau, morceau.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_362_362" id="Footnote_362_362"></a><a href="#FNanchor_362_362"><span class="label">[362]</span></a> Séparer du reste.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_363_363" id="Footnote_363_363"></a><a href="#FNanchor_363_363"><span class="label">[363]</span></a> Var. Bryant.&mdash;C’est à l’auteur du <i>Ménagier</i> que nous
-devons de connoître la profession de J. Bruyant, qui n’est indiquée
-dans aucun des deux manuscrits de son poëme qui sont à la Bibliothèque
-du Roi. Cette édition du <i>Chemin de Povreté</i>, outre qu’elle a été
-collationnée sur les trois manuscrits du <i>Ménagier</i>, a été revue sur
-le manuscrit du Roi, nº 7201 (décrit T. VI, p. 240, des Manuscrits
-françois de M. Paris), qui a donné souvent d’utiles variantes. Il
-résulte de l’explicit du second manuscrit (S.-Victor, 275), cité par M.
-Paris, et que je n’ai pas pu voir, que ce poëme a été écrit en 1342.
-</p><p>
-En 1500 le célèbre Pierre Gringore donna sous le titre de <i>Chasteau de
-Labour</i> une imitation <i>paraphrasée</i>, mais une imitation très-positive
-de ce poëme. C’est le même plan, ce sont les mêmes personnages
-allégoriques et souvent les mêmes détails. Le <i>Chasteau de Labour</i>
-vaut sans doute beaucoup mieux que le <i>Chemin de Povreté</i>, mais il est
-fâcheux que Gringore se soit approprié l’idée de Jean Bruyant sans
-faire part à ses lecteurs de l’obligation qu’il avoit au poëte de
-<small>XIV</small><sup>e</sup> siècle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_364_364" id="Footnote_364_364"></a><a href="#FNanchor_364_364"><span class="label">[364]</span></a> Se garnir, assurer sa subsistance.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_365_365" id="Footnote_365_365"></a><a href="#FNanchor_365_365"><span class="label">[365]</span></a> Garantir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_366_366" id="Footnote_366_366"></a><a href="#FNanchor_366_366"><span class="label">[366]</span></a> Fortune.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_367_367" id="Footnote_367_367"></a><a href="#FNanchor_367_367"><span class="label">[367]</span></a> Féries, jours de fête.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_368_368" id="Footnote_368_368"></a><a href="#FNanchor_368_368"><span class="label">[368]</span></a> Mauvais heur, malheur.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_369_369" id="Footnote_369_369"></a><a href="#FNanchor_369_369"><span class="label">[369]</span></a> Se montra.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_370_370" id="Footnote_370_370"></a><a href="#FNanchor_370_370"><span class="label">[370]</span></a> Reprirent, de r’avoir.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_371_371" id="Footnote_371_371"></a><a href="#FNanchor_371_371"><span class="label">[371]</span></a> Tira.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_372_372" id="Footnote_372_372"></a><a href="#FNanchor_372_372"><span class="label">[372]</span></a> Poussa.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_373_373" id="Footnote_373_373"></a><a href="#FNanchor_373_373"><span class="label">[373]</span></a> S’attacha? Var. 7201, <i>destrouça</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_374_374" id="Footnote_374_374"></a><a href="#FNanchor_374_374"><span class="label">[374]</span></a> Vite.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_375_375" id="Footnote_375_375"></a><a href="#FNanchor_375_375"><span class="label">[375]</span></a> Gris de fer. Plus ordinairement employé pour désigner la
-robe d’un cheval.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_376_376" id="Footnote_376_376"></a><a href="#FNanchor_376_376"><span class="label">[376]</span></a> Sorcière.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_377_377" id="Footnote_377_377"></a><a href="#FNanchor_377_377"><span class="label">[377]</span></a> Poitrine.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_378_378" id="Footnote_378_378"></a><a href="#FNanchor_378_378"><span class="label">[378]</span></a> manier, pétrir?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_379_379" id="Footnote_379_379"></a><a href="#FNanchor_379_379"><span class="label">[379]</span></a> Tourmenter.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_380_380" id="Footnote_380_380"></a><a href="#FNanchor_380_380"><span class="label">[380]</span></a> Bûche.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_381_381" id="Footnote_381_381"></a><a href="#FNanchor_381_381"><span class="label">[381]</span></a> Réjouit.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_382_382" id="Footnote_382_382"></a><a href="#FNanchor_382_382"><span class="label">[382]</span></a> Sentive, du sens, maladie morale?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_383_383" id="Footnote_383_383"></a><a href="#FNanchor_383_383"><span class="label">[383]</span></a> Diablerie.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_384_384" id="Footnote_384_384"></a><a href="#FNanchor_384_384"><span class="label">[384]</span></a> A aucun prix, d’aucune manière.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_385_385" id="Footnote_385_385"></a><a href="#FNanchor_385_385"><span class="label">[385]</span></a> Attristé, ému.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_386_386" id="Footnote_386_386"></a><a href="#FNanchor_386_386"><span class="label">[386]</span></a> Qui doit être pendu ne sera pas noyé, il faut subir son
-sort.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_387_387" id="Footnote_387_387"></a><a href="#FNanchor_387_387"><span class="label">[387]</span></a> Aller, marcher.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_388_388" id="Footnote_388_388"></a><a href="#FNanchor_388_388"><span class="label">[388]</span></a> Faire mal, agir sottement.&mdash;Les richesses sont inutiles
-quand on les a seulement en sa vieillesse et qu’on n’en peut plus
-jouir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_389_389" id="Footnote_389_389"></a><a href="#FNanchor_389_389"><span class="label">[389]</span></a> Mauvaise, infâme.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_390_390" id="Footnote_390_390"></a><a href="#FNanchor_390_390"><span class="label">[390]</span></a> Supporter.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_391_391" id="Footnote_391_391"></a><a href="#FNanchor_391_391"><span class="label">[391]</span></a> Secoué, remué.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_392_392" id="Footnote_392_392"></a><a href="#FNanchor_392_392"><span class="label">[392]</span></a> Profit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_393_393" id="Footnote_393_393"></a><a href="#FNanchor_393_393"><span class="label">[393]</span></a> En en recevant une récompense sur laquelle nul ne peut
-rien fonder de solide.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_394_394" id="Footnote_394_394"></a><a href="#FNanchor_394_394"><span class="label">[394]</span></a> Domination.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_395_395" id="Footnote_395_395"></a><a href="#FNanchor_395_395"><span class="label">[395]</span></a> Chiens mâtins.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_396_396" id="Footnote_396_396"></a><a href="#FNanchor_396_396"><span class="label">[396]</span></a> A ton aide. Ce vers ne rime pas avec le précédent à
-moins qu’on ne prononce <i>ayé</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_397_397" id="Footnote_397_397"></a><a href="#FNanchor_397_397"><span class="label">[397]</span></a> Moitié, de son côté.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_398_398" id="Footnote_398_398"></a><a href="#FNanchor_398_398"><span class="label">[398]</span></a> Capitaine.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_399_399" id="Footnote_399_399"></a><a href="#FNanchor_399_399"><span class="label">[399]</span></a> Cours.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_400_400" id="Footnote_400_400"></a><a href="#FNanchor_400_400"><span class="label">[400]</span></a> Il manque ici dans les manuscrits un vers qui cependant
-n’est pas nécessaire à l’intelligence de la phrase.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_401_401" id="Footnote_401_401"></a><a href="#FNanchor_401_401"><span class="label">[401]</span></a> Tolérance.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_402_402" id="Footnote_402_402"></a><a href="#FNanchor_402_402"><span class="label">[402]</span></a> Fermeté.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_403_403" id="Footnote_403_403"></a><a href="#FNanchor_403_403"><span class="label">[403]</span></a> Retenue.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_404_404" id="Footnote_404_404"></a><a href="#FNanchor_404_404"><span class="label">[404]</span></a> Murmure.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_405_405" id="Footnote_405_405"></a><a href="#FNanchor_405_405"><span class="label">[405]</span></a> Mauvais vers mis là pour la rime, et dont le sens est
-<i>et de soi-même ne se modère</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_406_406" id="Footnote_406_406"></a><a href="#FNanchor_406_406"><span class="label">[406]</span></a> Mot auquel je ne connois pas de sens. Les manuscrits
-A, B, C, portent <i>ma seur mesure</i>, ce qui est un contre-sens; le sens
-exige <i>male</i>, mauvaise.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_407_407" id="Footnote_407_407"></a><a href="#FNanchor_407_407"><span class="label">[407]</span></a> Les manuscrits A, B, C, portent <i>brouet</i> (sauce). On
-trouve dans Roquefort, <i>brouvette</i>, tombereau dans lequel étoient
-conduits les criminels au supplice.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_408_408" id="Footnote_408_408"></a><a href="#FNanchor_408_408"><span class="label">[408]</span></a> De bon nid, de bonne race, dont on a fait un seul mot,
-<i>débonnaire</i>. Voir Henry Estienne, <i>Précellence du langage françois</i>,
-p. 93.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_409_409" id="Footnote_409_409"></a><a href="#FNanchor_409_409"><span class="label">[409]</span></a> Fin, rusé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_410_410" id="Footnote_410_410"></a><a href="#FNanchor_410_410"><span class="label">[410]</span></a> Var. B, <i>en sa fiance est Couardie</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_411_411" id="Footnote_411_411"></a><a href="#FNanchor_411_411"><span class="label">[411]</span></a> Maltraité.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_412_412" id="Footnote_412_412"></a><a href="#FNanchor_412_412"><span class="label">[412]</span></a> Pourtant.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_413_413" id="Footnote_413_413"></a><a href="#FNanchor_413_413"><span class="label">[413]</span></a> Énervés; on disoit plus souvent <i>afétardis</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_414_414" id="Footnote_414_414"></a><a href="#FNanchor_414_414"><span class="label">[414]</span></a> Relevé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_415_415" id="Footnote_415_415"></a><a href="#FNanchor_415_415"><span class="label">[415]</span></a> Subtilité.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_416_416" id="Footnote_416_416"></a><a href="#FNanchor_416_416"><span class="label">[416]</span></a> Suit.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_417_417" id="Footnote_417_417"></a><a href="#FNanchor_417_417"><span class="label">[417]</span></a> Il fait faire mains maux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_418_418" id="Footnote_418_418"></a><a href="#FNanchor_418_418"><span class="label">[418]</span></a> L’éducation.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_419_419" id="Footnote_419_419"></a><a href="#FNanchor_419_419"><span class="label">[419]</span></a> Affamé comme un loup.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_420_420" id="Footnote_420_420"></a><a href="#FNanchor_420_420"><span class="label">[420]</span></a> Paroît.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_421_421" id="Footnote_421_421"></a><a href="#FNanchor_421_421"><span class="label">[421]</span></a> Enchérissement sur la médisance.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_422_422" id="Footnote_422_422"></a><a href="#FNanchor_422_422"><span class="label">[422]</span></a> Libertinage.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_423_423" id="Footnote_423_423"></a><a href="#FNanchor_423_423"><span class="label">[423]</span></a> Se rebuter.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_424_424" id="Footnote_424_424"></a><a href="#FNanchor_424_424"><span class="label">[424]</span></a> Horreur.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_425_425" id="Footnote_425_425"></a><a href="#FNanchor_425_425"><span class="label">[425]</span></a> Gros trait d’arbalète.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_426_426" id="Footnote_426_426"></a><a href="#FNanchor_426_426"><span class="label">[426]</span></a> Passage, position.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_427_427" id="Footnote_427_427"></a><a href="#FNanchor_427_427"><span class="label">[427]</span></a> Var. 7201, <i>deuvier</i> (dévier, périr?). En laissant
-<i>deviner</i> il semble qu’on peut entendre ces deux vers ainsi: Regard qui
-fait rêver les amoureux insensés et dans lequel ils croient follement
-lire les sentiments qu’ils inspirent.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_428_428" id="Footnote_428_428"></a><a href="#FNanchor_428_428"><span class="label">[428]</span></a> Plaît.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_429_429" id="Footnote_429_429"></a><a href="#FNanchor_429_429"><span class="label">[429]</span></a> Matin.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_430_430" id="Footnote_430_430"></a><a href="#FNanchor_430_430"><span class="label">[430]</span></a> Vraiment.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_431_431" id="Footnote_431_431"></a><a href="#FNanchor_431_431"><span class="label">[431]</span></a> C’est la raison qui parle et qui appelle la mesure, la
-modération, sa sœur.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_432_432" id="Footnote_432_432"></a><a href="#FNanchor_432_432"><span class="label">[432]</span></a> Réglée.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_433_433" id="Footnote_433_433"></a><a href="#FNanchor_433_433"><span class="label">[433]</span></a> Var. B, <i>défeuillée</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_434_434" id="Footnote_434_434"></a><a href="#FNanchor_434_434"><span class="label">[434]</span></a> Var. B, C, <i>plus attrait</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_435_435" id="Footnote_435_435"></a><a href="#FNanchor_435_435"><span class="label">[435]</span></a> En poursuivant, dans la suite.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_436_436" id="Footnote_436_436"></a><a href="#FNanchor_436_436"><span class="label">[436]</span></a> Escrime.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_437_437" id="Footnote_437_437"></a><a href="#FNanchor_437_437"><span class="label">[437]</span></a> Bouclier.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_438_438" id="Footnote_438_438"></a><a href="#FNanchor_438_438"><span class="label">[438]</span></a> Je crois que ce vers doit être écrit ainsi: <i>En qui veut
-à parler emprendre</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_439_439" id="Footnote_439_439"></a><a href="#FNanchor_439_439"><span class="label">[439]</span></a> Son.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_440_440" id="Footnote_440_440"></a><a href="#FNanchor_440_440"><span class="label">[440]</span></a> Fleur de la farine.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_441_441" id="Footnote_441_441"></a><a href="#FNanchor_441_441"><span class="label">[441]</span></a> Ce <i>qui</i> se rapporte à <i>l’adresse</i>. Les vers entre
-crochets ne sont que dans 7201.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_442_442" id="Footnote_442_442"></a><a href="#FNanchor_442_442"><span class="label">[442]</span></a> Var. A, B, C, <i>paré</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_443_443" id="Footnote_443_443"></a><a href="#FNanchor_443_443"><span class="label">[443]</span></a> Demeurer.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_444_444" id="Footnote_444_444"></a><a href="#FNanchor_444_444"><span class="label">[444]</span></a> S’y soustraire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_445_445" id="Footnote_445_445"></a><a href="#FNanchor_445_445"><span class="label">[445]</span></a> Branche d’arbre tordue avec laquelle on lie les fagots.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_446_446" id="Footnote_446_446"></a><a href="#FNanchor_446_446"><span class="label">[446]</span></a> Laïques.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_447_447" id="Footnote_447_447"></a><a href="#FNanchor_447_447"><span class="label">[447]</span></a> Défait, en désordre. Var. 7201, <i>descarré</i> (dérangé?) et
-<i>encarré</i>, au vers suivant.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_448_448" id="Footnote_448_448"></a><a href="#FNanchor_448_448"><span class="label">[448]</span></a> Bourbiers.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_449_449" id="Footnote_449_449"></a><a href="#FNanchor_449_449"><span class="label">[449]</span></a> Dedans.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_450_450" id="Footnote_450_450"></a><a href="#FNanchor_450_450"><span class="label">[450]</span></a> Peut-être.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_451_451" id="Footnote_451_451"></a><a href="#FNanchor_451_451"><span class="label">[451]</span></a> Acte nuisible.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_452_452" id="Footnote_452_452"></a><a href="#FNanchor_452_452"><span class="label">[452]</span></a> C’est la raison qui parle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_453_453" id="Footnote_453_453"></a><a href="#FNanchor_453_453"><span class="label">[453]</span></a> Se rapporte à <i>maintient</i> au vers précédent. <i>Il ment
-celui qui maintient que destinée, etc.</i></p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_454_454" id="Footnote_454_454"></a><a href="#FNanchor_454_454"><span class="label">[454]</span></a> Détourné.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_455_455" id="Footnote_455_455"></a><a href="#FNanchor_455_455"><span class="label">[455]</span></a> Déconfit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_456_456" id="Footnote_456_456"></a><a href="#FNanchor_456_456"><span class="label">[456]</span></a> Accroupi, retiré.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_457_457" id="Footnote_457_457"></a><a href="#FNanchor_457_457"><span class="label">[457]</span></a> Conduit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_458_458" id="Footnote_458_458"></a><a href="#FNanchor_458_458"><span class="label">[458]</span></a> Var. 7201, <i>clèrement et apparcevoir</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_459_459" id="Footnote_459_459"></a><a href="#FNanchor_459_459"><span class="label">[459]</span></a> Les pans de ta robe.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_460_460" id="Footnote_460_460"></a><a href="#FNanchor_460_460"><span class="label">[460]</span></a> Coupée en deux, différente. Var B. et 7201, <i>impartie</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_461_461" id="Footnote_461_461"></a><a href="#FNanchor_461_461"><span class="label">[461]</span></a> Excite.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_462_462" id="Footnote_462_462"></a><a href="#FNanchor_462_462"><span class="label">[462]</span></a> Précipités.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_463_463" id="Footnote_463_463"></a><a href="#FNanchor_463_463"><span class="label">[463]</span></a> Matés, lassés.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_464_464" id="Footnote_464_464"></a><a href="#FNanchor_464_464"><span class="label">[464]</span></a> Naturels, naïfs.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_465_465" id="Footnote_465_465"></a><a href="#FNanchor_465_465"><span class="label">[465]</span></a> En toute situation.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_466_466" id="Footnote_466_466"></a><a href="#FNanchor_466_466"><span class="label">[466]</span></a> Critiquer.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_467_467" id="Footnote_467_467"></a><a href="#FNanchor_467_467"><span class="label">[467]</span></a> Trouves.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_468_468" id="Footnote_468_468"></a><a href="#FNanchor_468_468"><span class="label">[468]</span></a> Le M<sup>es</sup> 7201 ajoute:
-</p>
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">La fait crainte à lui obéir:<br /></span>
-<span class="i0">Tu le pues clèrement véir.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_469_469" id="Footnote_469_469"></a><a href="#FNanchor_469_469"><span class="label">[469]</span></a> Moitié, portion.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_470_470" id="Footnote_470_470"></a><a href="#FNanchor_470_470"><span class="label">[470]</span></a> Mérite son affection.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_471_471" id="Footnote_471_471"></a><a href="#FNanchor_471_471"><span class="label">[471]</span></a> Fiel.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_472_472" id="Footnote_472_472"></a><a href="#FNanchor_472_472"><span class="label">[472]</span></a> Aille, quoi qu’il en soit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_473_473" id="Footnote_473_473"></a><a href="#FNanchor_473_473"><span class="label">[473]</span></a> Tromperie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_474_474" id="Footnote_474_474"></a><a href="#FNanchor_474_474"><span class="label">[474]</span></a> Blâme.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_475_475" id="Footnote_475_475"></a><a href="#FNanchor_475_475"><span class="label">[475]</span></a> Reproche.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_476_476" id="Footnote_476_476"></a><a href="#FNanchor_476_476"><span class="label">[476]</span></a> Difficultueux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_477_477" id="Footnote_477_477"></a><a href="#FNanchor_477_477"><span class="label">[477]</span></a> De même, tu ne dois pas être difficile.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_478_478" id="Footnote_478_478"></a><a href="#FNanchor_478_478"><span class="label">[478]</span></a> Si tu penses bien à ce qu’elle t’a dit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_479_479" id="Footnote_479_479"></a><a href="#FNanchor_479_479"><span class="label">[479]</span></a> Intelligence, compréhension.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_480_480" id="Footnote_480_480"></a><a href="#FNanchor_480_480"><span class="label">[480]</span></a> Tromperie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_481_481" id="Footnote_481_481"></a><a href="#FNanchor_481_481"><span class="label">[481]</span></a> Chicane.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_482_482" id="Footnote_482_482"></a><a href="#FNanchor_482_482"><span class="label">[482]</span></a> Droit, puissance.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_483_483" id="Footnote_483_483"></a><a href="#FNanchor_483_483"><span class="label">[483]</span></a> En arrière: de rester.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_484_484" id="Footnote_484_484"></a><a href="#FNanchor_484_484"><span class="label">[484]</span></a> Spécial, dévoué.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_485_485" id="Footnote_485_485"></a><a href="#FNanchor_485_485"><span class="label">[485]</span></a> Sans dépenser ton avoir qu’il faut tenir serré.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_486_486" id="Footnote_486_486"></a><a href="#FNanchor_486_486"><span class="label">[486]</span></a> Autant que tu le pourras.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_487_487" id="Footnote_487_487"></a><a href="#FNanchor_487_487"><span class="label">[487]</span></a> Joyeux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_488_488" id="Footnote_488_488"></a><a href="#FNanchor_488_488"><span class="label">[488]</span></a> Tromper.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_489_489" id="Footnote_489_489"></a><a href="#FNanchor_489_489"><span class="label">[489]</span></a> Satisfaire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_490_490" id="Footnote_490_490"></a><a href="#FNanchor_490_490"><span class="label">[490]</span></a> Prendre à crédit.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_491_491" id="Footnote_491_491"></a><a href="#FNanchor_491_491"><span class="label">[491]</span></a> Compte mal (à ton avantage).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_492_492" id="Footnote_492_492"></a><a href="#FNanchor_492_492"><span class="label">[492]</span></a> Assigner.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_493_493" id="Footnote_493_493"></a><a href="#FNanchor_493_493"><span class="label">[493]</span></a> Convenablement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_494_494" id="Footnote_494_494"></a><a href="#FNanchor_494_494"><span class="label">[494]</span></a> Agréable.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_495_495" id="Footnote_495_495"></a><a href="#FNanchor_495_495"><span class="label">[495]</span></a> Tromperie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_496_496" id="Footnote_496_496"></a><a href="#FNanchor_496_496"><span class="label">[496]</span></a> Observateur.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_497_497" id="Footnote_497_497"></a><a href="#FNanchor_497_497"><span class="label">[497]</span></a> Mot dont j’ignore le sens ici.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_498_498" id="Footnote_498_498"></a><a href="#FNanchor_498_498"><span class="label">[498]</span></a> Caresser.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_499_499" id="Footnote_499_499"></a><a href="#FNanchor_499_499"><span class="label">[499]</span></a> Amasse.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_500_500" id="Footnote_500_500"></a><a href="#FNanchor_500_500"><span class="label">[500]</span></a> Var. B. <i>je ment</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_501_501" id="Footnote_501_501"></a><a href="#FNanchor_501_501"><span class="label">[501]</span></a> Établir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_502_502" id="Footnote_502_502"></a><a href="#FNanchor_502_502"><span class="label">[502]</span></a> Moquerie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_503_503" id="Footnote_503_503"></a><a href="#FNanchor_503_503"><span class="label">[503]</span></a> Cacher.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_504_504" id="Footnote_504_504"></a><a href="#FNanchor_504_504"><span class="label">[504]</span></a> Il me paroît impossible d’entendre par ces mots,
-très-distinctement écrits dans tous les manuscrits, <i>ceux qui habillent
-les rois</i>. Je crois que <i>rois</i> doit désigner ici quelque étoffe
-grossière. L’auteur ne termine d’ailleurs que très-rarement deux vers
-de suite par le même mot pris dans la même acception.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_505_505" id="Footnote_505_505"></a><a href="#FNanchor_505_505"><span class="label">[505]</span></a> Exciter, pousser.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_506_506" id="Footnote_506_506"></a><a href="#FNanchor_506_506"><span class="label">[506]</span></a> Parvenir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_507_507" id="Footnote_507_507"></a><a href="#FNanchor_507_507"><span class="label">[507]</span></a> Prendre. (Cela n’est utile qu’à ceux dont la robe est
-déchirée, qui n’ont pas de quoi se vêtir?)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_508_508" id="Footnote_508_508"></a><a href="#FNanchor_508_508"><span class="label">[508]</span></a> C’est le titre de l’ouvrage de Gringore; voy. la note 1,
-§ 2, page 4.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_509_509" id="Footnote_509_509"></a><a href="#FNanchor_509_509"><span class="label">[509]</span></a> C’est le commencement qui décide de tout l’œuvre. Voir
-sur ce très-ancien proverbe, <i>Livre des proverbes français</i> de M. Le
-Roux de Lincy, II, 148.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_510_510" id="Footnote_510_510"></a><a href="#FNanchor_510_510"><span class="label">[510]</span></a> Vers omis dans 7201 qui ajoute après le suivant: <i>Et, ne
-finast-il, détonner</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_511_511" id="Footnote_511_511"></a><a href="#FNanchor_511_511"><span class="label">[511]</span></a> Désireux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_512_512" id="Footnote_512_512"></a><a href="#FNanchor_512_512"><span class="label">[512]</span></a> Expression usitée jusqu’au <small>XVII</small><sup>e</sup>
-siècle et dont il est bien difficile de déterminer le sens précis. Si
-on adopte l’opinion de Nicod, ce mot représente quelquefois le
-<span title="grec: môn">μὡν</span> et d’autres fois le <span title="grec: men">μεν</span> des Grecs; dans le second
-cas, ce passage signifieroit: <i>Il n’a certes pas</i> (ce défaut).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_513_513" id="Footnote_513_513"></a><a href="#FNanchor_513_513"><span class="label">[513]</span></a> Var. 7201.
-</p>
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Lors regarday moult voulontiers<br /></span>
-<span class="i0">De ces ouvriers la contenance.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_514_514" id="Footnote_514_514"></a><a href="#FNanchor_514_514"><span class="label">[514]</span></a> C’étoit du gros pain qu’on apportoit de Corbeil à
-Paris, le plus ordinairement par la Seine. Voy. Le Grand d’Aussy, I,
-105. Nous verrons dans le <i>Viandier</i> qu’on s’en servoit pour faire des
-<i>tranchouers</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_515_515" id="Footnote_515_515"></a><a href="#FNanchor_515_515"><span class="label">[515]</span></a> De l’eau.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_516_516" id="Footnote_516_516"></a><a href="#FNanchor_516_516"><span class="label">[516]</span></a> Petit pain fait pour une seule personne. Voy. Le Grand
-d’Aussy, I, 116.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_517_517" id="Footnote_517_517"></a><a href="#FNanchor_517_517"><span class="label">[517]</span></a> Var. B. <i>de Bourgongne et Angevin</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_518_518" id="Footnote_518_518"></a><a href="#FNanchor_518_518"><span class="label">[518]</span></a> Voir sur ce vin d’Auvergne si estimé au moyen âge, Le
-Grand d’Aussy, III, 5.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_519_519" id="Footnote_519_519"></a><a href="#FNanchor_519_519"><span class="label">[519]</span></a> En passant.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_520_520" id="Footnote_520_520"></a><a href="#FNanchor_520_520"><span class="label">[520]</span></a> Var. 7201:
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Ne qu’il pourroit sans autre vivre.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_521_521" id="Footnote_521_521"></a><a href="#FNanchor_521_521"><span class="label">[521]</span></a> Briquet; <i>esca</i>, <i>esche</i> signifiant l’amadou ou au moins
-une matière inflammable aux étincelles provenant du briquet.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_522_522" id="Footnote_522_522"></a><a href="#FNanchor_522_522"><span class="label">[522]</span></a> De la lune.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_523_523" id="Footnote_523_523"></a><a href="#FNanchor_523_523"><span class="label">[523]</span></a> Var. A. <i>Perrecin</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_524_524" id="Footnote_524_524"></a><a href="#FNanchor_524_524"><span class="label">[524]</span></a> Mettre de la terre par-dessus.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_525_525" id="Footnote_525_525"></a><a href="#FNanchor_525_525"><span class="label">[525]</span></a> Cost, <i>costus</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_526_526" id="Footnote_526_526"></a><a href="#FNanchor_526_526"><span class="label">[526]</span></a> autrement <i>orvale</i>; <i>sclarea, horminum magnum</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_527_527" id="Footnote_527_527"></a><a href="#FNanchor_527_527"><span class="label">[527]</span></a> Panais? Var. B. <i>Pavot</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_528_528" id="Footnote_528_528"></a><a href="#FNanchor_528_528"><span class="label">[528]</span></a> C’est ce qu’on appelle <i>faire blanchir</i> les épinards,
-les faire bouillir et changer l’eau.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_529_529" id="Footnote_529_529"></a><a href="#FNanchor_529_529"><span class="label">[529]</span></a> Joubarbe.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_530_530" id="Footnote_530_530"></a><a href="#FNanchor_530_530"><span class="label">[530]</span></a> Resserrer.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_531_531" id="Footnote_531_531"></a><a href="#FNanchor_531_531"><span class="label">[531]</span></a> Var. B. <i>Violiers</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_532_532" id="Footnote_532_532"></a><a href="#FNanchor_532_532"><span class="label">[532]</span></a> La <i>Violette de caresme</i> doit être la violette dite de
-<i>Mars</i> dans la <i>Maison rustique</i>, etc., et dans le singulier livre
-intitulé le <i>Quadragésimal spirituel</i>, ch. <small>VIII</small>. C’est
-la violette commune. Quant à celle d’Arménie, je ne la vois citée que
-dans le <i>Ménagier</i>. Ce pourroit être la violette de Parme.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_533_533" id="Footnote_533_533"></a><a href="#FNanchor_533_533"><span class="label">[533]</span></a> Basilic.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_534_534" id="Footnote_534_534"></a><a href="#FNanchor_534_534"><span class="label">[534]</span></a> Semée l’année précédente.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_535_535" id="Footnote_535_535"></a><a href="#FNanchor_535_535"><span class="label">[535]</span></a> Il y a de l’art à la cueillir.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_536_536" id="Footnote_536_536"></a><a href="#FNanchor_536_536"><span class="label">[536]</span></a> Il ne monte pas.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_537_537" id="Footnote_537_537"></a><a href="#FNanchor_537_537"><span class="label">[537]</span></a> C’est le fameux Bureau de La Rivière, favori de Charles
-V, mort le 16 août 1400, et enterré dans l’abbaye de Saint-Denis.
-La laitue d’Avignon me paroît être sans doute la même que notre
-Romaine, seule espèce de laitue à graine blanche qu’on connût encore
-au <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle (voy. <i>Maison rustique</i>, 1570, ch.
-<small>XIV</small>). C’est donc à Bureau de La Rivière que nous devons
-cette salade devenue d’un usage si commun. Bureau de La Rivière a
-dû aller plusieurs fois à Avignon; mais il y passa notamment en mai
-1389 avec Jeanne, comtesse de Boulogne et d’Auvergne, qu’il avoit été
-demander en mariage pour le duc de Berry à Gaston Phébus, comte de
-Foix, son tuteur. Cette princesse qui l’avoit prise en amitié, lui
-sauva la vie en 1392, quand ce grand homme faillit être sacrifié aux
-haines des oncles du roi. (Voir Froissart à l’année 1392.) Est-ce donc
-ce voyage de 1389 qui nous a valu la Romaine?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_538_538" id="Footnote_538_538"></a><a href="#FNanchor_538_538"><span class="label">[538]</span></a> C’est quatre pouces. La perche (mesure de longueur) des
-environs de Paris étoit de 18 pieds et le <i>dour</i> ou quatre pouces. Je
-sais bien que Nicod donne au dour quatre doigts, ou la longueur d’un
-poing serré, ou enfin le <i>quart</i> du pied-de-Roi, et le fait venir du
-grec <span title="grec: dôron">δὡρον</span>, et que Du Cange l’évalue aussi à <i>trois
-pouces</i>, mais la valeur de <i>quatre pouces</i> est constamment attribuée
-au dour dans tous les anciens terriers des environs de Paris. Cette
-circonstance me semble devoir fixer la longueur du dour à quatre
-pouces. J’ajouterai que ce passage du <i>Ménagier</i> me paroît confirmer
-cette évaluation, puisqu’il est plus naturel que l’auteur fasse varier
-la profondeur de la plantation de quatre à six pouces que de trois à
-six, ce qui constitueroit une différence de moitié.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_539_539" id="Footnote_539_539"></a><a href="#FNanchor_539_539"><span class="label">[539]</span></a> Ou un morceau de drap (au lieu du fétu de paille) afin
-que l’eau en découle goutte à goutte sur le pied de la plante.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_540_540" id="Footnote_540_540"></a><a href="#FNanchor_540_540"><span class="label">[540]</span></a> <i>Arroches</i>, plante potagère appelée aussi <i>Follete</i> ou
-<i>Bonne-Dame</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_541_541" id="Footnote_541_541"></a><a href="#FNanchor_541_541"><span class="label">[541]</span></a> Aussi.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_542_542" id="Footnote_542_542"></a><a href="#FNanchor_542_542"><span class="label">[542]</span></a> Du temps de Pâques (à manger à Pâques).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_543_543" id="Footnote_543_543"></a><a href="#FNanchor_543_543"><span class="label">[543]</span></a> Couper les poirées montées à graine.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_544_544" id="Footnote_544_544"></a><a href="#FNanchor_544_544"><span class="label">[544]</span></a> La Notre-Dame de septembre?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_545_545" id="Footnote_545_545"></a><a href="#FNanchor_545_545"><span class="label">[545]</span></a> Var. B. <i>Dour</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_546_546" id="Footnote_546_546"></a><a href="#FNanchor_546_546"><span class="label">[546]</span></a> De la lune.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_547_547" id="Footnote_547_547"></a><a href="#FNanchor_547_547"><span class="label">[547]</span></a> L’Annonciation, 25 mars.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_548_548" id="Footnote_548_548"></a><a href="#FNanchor_548_548"><span class="label">[548]</span></a> De la grosseur.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_549_549" id="Footnote_549_549"></a><a href="#FNanchor_549_549"><span class="label">[549]</span></a> Il semble qu’il faudroit <i>et</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_550_550" id="Footnote_550_550"></a><a href="#FNanchor_550_550"><span class="label">[550]</span></a> A. et C. ajoutent: <i>qu’elle soit si fort serrée</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_551_551" id="Footnote_551_551"></a><a href="#FNanchor_551_551"><span class="label">[551]</span></a> Nos ancêtres faisoient une grande consommation de
-roses et d’autres fleurs en général. Nous verrons tout à l’heure dans
-les menus de grands repas, l’acquisition de chapeaux ou couronnes de
-fleurs pour les convives. On voit dans les comptes du duc d’Anjou
-pour 1379, un don de dix francs fait par mandement de ce prince, en
-date du 8 juin, <i>à Yolent, jadis femme de feu Gillet Le Pelletier, en
-récompensation de ce que depuis que Monseigneur estoit venus en la
-ville de Paris</i> (c’étoit en mai seulement) <i>elle l’avoit très-bien
-servi de roses et de flours</i> (K. 52, 3, fol. 93 vº et 101). L’auteur
-des <i>Rues et églises de Paris</i>, qui écrivoit tout au commencement du
-<small>XVI</small><sup>e</sup> siècle, estimoit à quinze mille écus la dépense
-annuelle qui se faisoit à Paris, «en chapeau de fleurs, bouquets et may
-verds tant pour noces que confrairies, baptêmes, images des églises,
-audiences de Parlement.... le Trésor, Chastelet et aussi pour festins
-et banquets qui se font en l’Université en faisant les gradués et
-autrement.»</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_552_552" id="Footnote_552_552"></a><a href="#FNanchor_552_552"><span class="label">[552]</span></a> Ce doit être, sans aucun doute, une pièce de feutre ou
-un coussin bourré, que les porte-faix mettoient sur leur tête ou sur
-leur épaule afin que les fardeaux ne les blessassent pas. On disoit
-aussi <i>la feutreure</i>. Voy. Du Cange à <i>Feutrum</i>, où ce mot ne semble
-pas bien expliqué.&mdash;Il me paroît de même que dans les exemples cités
-dans Du Cange au mot <i>Feltrum</i>, <i>afeutrement</i> signifie le coussin
-garnissant la selle, et qu’un cheval <i>désafeutré</i>, signifie un cheval
-privé de sa selle plutôt que de housse et de couverture. Il est parlé
-d’un <i>porteur d’afeutrure</i> dans le mariage des quatre fils Aymon, t. I,
-pag. 369 des <i>Mystères du <small>XV</small><sup>e</sup> siècle</i>, de M. Jubinal.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_553_553" id="Footnote_553_553"></a><a href="#FNanchor_553_553"><span class="label">[553]</span></a> Maître-d’hôtel ou intendant: <i>Dispensator</i>; de là les
-Spencer en Angleterre. Froissart appelle toujours Hugues Spencer, <i>Hue
-le Despensier</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_554_554" id="Footnote_554_554"></a><a href="#FNanchor_554_554"><span class="label">[554]</span></a> Moqueurs.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_555_555" id="Footnote_555_555"></a><a href="#FNanchor_555_555"><span class="label">[555]</span></a> Les trois manuscrits ajoutent ici la phrase suivante qui
-paroît singulièrement placée en cet endroit: <i>Et nota que qui veult
-faire chandelle de suif, il est neccessaire de très bien faire sécher
-son lumignon au feu</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_556_556" id="Footnote_556_556"></a><a href="#FNanchor_556_556"><span class="label">[556]</span></a> On trouve dans la grande ordonnance rendue par le roi
-Jean, en février 1350-1, pour remédier à l’augmentation de prix de
-toutes choses et surtout de la main-d’œuvre, produite par la peste de
-1348 et la disette, le montant des salaires exigibles par quelques
-domestiques. On y voit que les chambrières des bourgeois de Paris
-gagnoient 30 sols par an et leurs chaussures; un vacher gardant trente
-vaches, 50 sols; les meilleurs chartiers sept livres; les soyeurs
-(scieurs, moissonneurs) de grain, 2 sols 1/2 par jour. Les laboureurs
-ne pouvoient prendre que 24 s. pour la façon d’un arpent à 4 labours,
-et les faucheurs de prés que 4 s. par arpent, etc. (Le marc d’argent
-valoit alors 6 fr.: aujourd’hui 52 fr.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_557_557" id="Footnote_557_557"></a><a href="#FNanchor_557_557"><span class="label">[557]</span></a> Sorte d’ordre ou association religieuse, tenant le
-milieu entre la vie laïque et la vie monastique (voy. <i>Œuvres de
-Rutebeuf</i>, t. I, pag. 160). Nous verrons plus loin (p. 61) que cette
-dame Agnès la béguine, quoique sous les ordres de la jeune femme de
-l’auteur, étoit cependant pour elle une sorte de duègne ou gouvernante.
-Il résulte de cet article que l’auteur du <i>Ménagier</i> avoit un grand
-nombre de domestiques.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_558_558" id="Footnote_558_558"></a><a href="#FNanchor_558_558"><span class="label">[558]</span></a> Livre de dépense.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_559_559" id="Footnote_559_559"></a><a href="#FNanchor_559_559"><span class="label">[559]</span></a> Ses répondans. Il y avoit dès lors et sans doute
-antérieurement des <i>recommanderesses</i> ou femmes tenant des espèces <i>de
-bureaux de placemens</i>. L’ordonnance de 1351, déjà citée p. 56, leur
-assigne 18 deniers pour leur salaire d’avoir placé une chambrière, et
-2 sols pour une nourrice, <i>à prendre tant d’une partie comme d’autre</i>,
-et leur défend, <i>sous peine de pilori</i>, de louer ou recommander la même
-chambrière ou nourrice plus d’une fois dans la même année.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_560_560" id="Footnote_560_560"></a><a href="#FNanchor_560_560"><span class="label">[560]</span></a> Se quereller.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_561_561" id="Footnote_561_561"></a><a href="#FNanchor_561_561"><span class="label">[561]</span></a> L’auteur, se sert, en cet endroit, d’expressions qu’il
-étoit difficile de reproduire, et manque lui-même au précepte qu’il
-vient de donner à sa femme quelques lignes plus haut. Néanmoins
-la délicatesse qu’il témoigne ici, <i>au moins en intention</i>, est
-remarquable pour son époque. On étoit alors si peu scrupuleux que ces
-expressions étoient employées pour désigner certains mets de figure
-fort inconvenante. Voy. Legrand d’Aussy, t. II, pages 304, 305.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_562_562" id="Footnote_562_562"></a><a href="#FNanchor_562_562"><span class="label">[562]</span></a> La gentille, la galante. Voir au ch. <span class="smcap">CXXII</span> du
-chevalier de La Tour, la curieuse histoire d’une association amoureuse
-dite des Galois et Galoises.
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Par ce point-là je n’entends, quant à moi,<br /></span>
-<span class="i0">Tours ni porteaux, mais gentilles Galoises.<br /></span>
-<span class="i6"><span class="smcap">La Fontaine</span>, <i>les Rémois</i>.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_563_563" id="Footnote_563_563"></a><a href="#FNanchor_563_563"><span class="label">[563]</span></a> Tabourets de toute la longueur des bancs. Les banquiers
-et les formiers étoient des housses placées sur les bancs et les formes
-(escabelles). Un <i>banquier à</i> (orné de figures d’) <i>oiseaux</i> est cité
-dans l’Inventaire de R. Picque, archevêque de Reims (1389) au ch.
-des <i>couvertoirs et tapis</i>. On voit dans la planche pag. 9 du t. I,
-l’auteur et sa femme assis sur un <i>banc</i> recouvert d’un <i>banquier</i>; ils
-s’appuient sur des <i>coustes</i> ou <i>oreillers</i>, et la femme a les pieds
-sur un <i>marchepié</i> qui paroît à la droite de l’homme.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_564_564" id="Footnote_564_564"></a><a href="#FNanchor_564_564"><span class="label">[564]</span></a> On verra dans les comptes d’Isabeau de Bavière pour les
-années 1408 et 1409 (Archiv. du Roy. K., 268), dont notre collègue M.
-de Lincy donnera de longs et très-curieux extraits dans son appendice
-de la première partie des <i>Femmes célèbres de l’ancienne France</i>,
-actuellement sous presse, que cette princesse dépensoit des sommes
-considérables en <i>bêtes de chambre</i>, mais des gens de condition plus
-modeste mettoient aussi un assez haut prix à de certains oiseaux. En
-1406, Augustin Isebarre, changeur de Paris, accusé d’avoir eu des
-acointances avec un certain Sansonet marchand d’oiseaux qui avoit, avec
-d’autres, volé pour 4,000 liv. de vaisselle et joyaux dans le <i>retrait</i>
-(cabinet) de la reine, disoit qu’il l’avoit connu parce qu’<i>un sien
-varlet lui dit que Sansonet avoit une très bonne linotte, et l’acheta
-40 sols</i>. (La valeur de 2 ou 3 septiers de blé.) Nous verrons plus loin
-(à la fin du <i>Viandier</i>) l’auteur parler encore d’oiseaux, et notamment
-de ceux d’Hugues Aubriot.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_565_565" id="Footnote_565_565"></a><a href="#FNanchor_565_565"><span class="label">[565]</span></a> <i>Recipe.</i></p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_566_566" id="Footnote_566_566"></a><a href="#FNanchor_566_566"><span class="label">[566]</span></a> Voir l’art. <small>V</small> de cette distinction au
-chapitre des <i>Menues choses</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_567_567" id="Footnote_567_567"></a><a href="#FNanchor_567_567"><span class="label">[567]</span></a> Graisse. Var. A. <i>Sang</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_568_568" id="Footnote_568_568"></a><a href="#FNanchor_568_568"><span class="label">[568]</span></a> Mettre une bête morte là où il mettra ensuite son
-poison.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_569_569" id="Footnote_569_569"></a><a href="#FNanchor_569_569"><span class="label">[569]</span></a> Mettre à l’air, sécher.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_570_570" id="Footnote_570_570"></a><a href="#FNanchor_570_570"><span class="label">[570]</span></a> Provisions en général, voy. t. I, pag. 237.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_571_571" id="Footnote_571_571"></a><a href="#FNanchor_571_571"><span class="label">[571]</span></a> Aisselles, petits ais, petites planches.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_572_572" id="Footnote_572_572"></a><a href="#FNanchor_572_572"><span class="label">[572]</span></a> Aconit, en espagnol <i>rejagar</i>. (<span class="smcap">Nicot.</span>)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_573_573" id="Footnote_573_573"></a><a href="#FNanchor_573_573"><span class="label">[573]</span></a> L’auteur a voulu parler ici de l’<i>éponge</i>, car je ne
-vois pas que ce qu’il dit de l’<i>espurge</i> puisse convenir en rien à
-l’herbe qui porte ce nom (<i>Cataputia.</i>&mdash;Voy. Nicot et le <i>Grant herbier
-en françois</i>). Plus loin il emploie encore le mot <i>espurge</i> évidemment
-pour désigner l’éponge.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_574_574" id="Footnote_574_574"></a><a href="#FNanchor_574_574"><span class="label">[574]</span></a> La plus grande partie de la poussière.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_575_575" id="Footnote_575_575"></a><a href="#FNanchor_575_575"><span class="label">[575]</span></a> Var. C. <i>vergettes</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_576_576" id="Footnote_576_576"></a><a href="#FNanchor_576_576"><span class="label">[576]</span></a> Sans doute <i>terre à foulons</i>, argile dont on se sert
-encore quelquefois pour enlever les taches de graisse, surtout sur le
-bois.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_577_577" id="Footnote_577_577"></a><a href="#FNanchor_577_577"><span class="label">[577]</span></a> De couleur bleue.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_578_578" id="Footnote_578_578"></a><a href="#FNanchor_578_578"><span class="label">[578]</span></a> Ces mots qui se trouvent dans les trois manuscrits me
-paroissent être une observation critique, un doute de l’auteur sur
-une recette qu’il transcrivoit. Nous trouverons encore de semblables
-remarques dans le cinquième article de cette distinction.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_579_579" id="Footnote_579_579"></a><a href="#FNanchor_579_579"><span class="label">[579]</span></a> Le vêtement (auquel est joint la fourrure). On appelloit
-souvent <i>robe</i> un habit complet, et <i>garnement</i> chaque vêtement
-composant la <i>robe</i>; ainsi, dans ce cas, le surcot, le corset, la
-cotte, le manteau étoient dits <i>garnemens</i>. Voir la collection Le Ber,
-<small>XIX</small>, 156, 374, 383, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_580_580" id="Footnote_580_580"></a><a href="#FNanchor_580_580"><span class="label">[580]</span></a> Fleur de farine: nous verrons souvent dans le <i>Viandier</i>
-le mot fleur employé seul dans ce sens.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_581_581" id="Footnote_581_581"></a><a href="#FNanchor_581_581"><span class="label">[581]</span></a> Suppléez <i>tant qu’elle revienne</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_582_582" id="Footnote_582_582"></a><a href="#FNanchor_582_582"><span class="label">[582]</span></a> Gros tonneau qui contenoit, à la mesure de Paris, 54
-setiers de 8 pintes (la pinte 2 livres pesant d’eau, un peu plus qu’une
-bouteille ordinaire, 93 centilitres) ou 391 litres 76.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_583_583" id="Footnote_583_583"></a><a href="#FNanchor_583_583"><span class="label">[583]</span></a> Nom parisien du raisin noir. Voir le Dict. de
-Nicot.&mdash;Var. B. <i>mourillons</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_584_584" id="Footnote_584_584"></a><a href="#FNanchor_584_584"><span class="label">[584]</span></a> Var. A. <i>la sente</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_585_585" id="Footnote_585_585"></a><a href="#FNanchor_585_585"><span class="label">[585]</span></a> <i>Sileos</i> ou <i>siler montanum</i> dans le <i>Grant herbier</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_586_586" id="Footnote_586_586"></a><a href="#FNanchor_586_586"><span class="label">[586]</span></a> <i>Cardamomon</i>, employé souvent dans le <i>Viandier</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_587_587" id="Footnote_587_587"></a><a href="#FNanchor_587_587"><span class="label">[587]</span></a> Var. B. <i>d’un</i>. Percer d’un greffoir ou d’un petit bâton
-aiguisé?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_588_588" id="Footnote_588_588"></a><a href="#FNanchor_588_588"><span class="label">[588]</span></a> Vide.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_589_589" id="Footnote_589_589"></a><a href="#FNanchor_589_589"><span class="label">[589]</span></a> Le setier contenoit 8 pintes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_590_590" id="Footnote_590_590"></a><a href="#FNanchor_590_590"><span class="label">[590]</span></a> Coussinet, emplâtre.&mdash;Les blancs frappés sous le règne
-de Charles VI, avoient 11 à 12 lignes de diamètre.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_591_591" id="Footnote_591_591"></a><a href="#FNanchor_591_591"><span class="label">[591]</span></a> La quarte ou pot contenoit deux pintes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_592_592" id="Footnote_592_592"></a><a href="#FNanchor_592_592"><span class="label">[592]</span></a> Rez-de-chaussée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_593_593" id="Footnote_593_593"></a><a href="#FNanchor_593_593"><span class="label">[593]</span></a> Outre le temps convenable: trop longtemps.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_594_594" id="Footnote_594_594"></a><a href="#FNanchor_594_594"><span class="label">[594]</span></a> S’accouder.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_595_595" id="Footnote_595_595"></a><a href="#FNanchor_595_595"><span class="label">[595]</span></a> Coudes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_596_596" id="Footnote_596_596"></a><a href="#FNanchor_596_596"><span class="label">[596]</span></a> S’en voise, s’en aille, fuie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_597_597" id="Footnote_597_597"></a><a href="#FNanchor_597_597"><span class="label">[597]</span></a> Avec un large pied.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_598_598" id="Footnote_598_598"></a><a href="#FNanchor_598_598"><span class="label">[598]</span></a> Instruire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_599_599" id="Footnote_599_599"></a><a href="#FNanchor_599_599"><span class="label">[599]</span></a> En jetant leur chemise dessus? On sait que nos pères
-couchoient sans aucun vêtement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_600_600" id="Footnote_600_600"></a><a href="#FNanchor_600_600"><span class="label">[600]</span></a> Suppléez: <i>et pendant que</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_601_601" id="Footnote_601_601"></a><a href="#FNanchor_601_601"><span class="label">[601]</span></a> En état d’empêchement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_602_602" id="Footnote_602_602"></a><a href="#FNanchor_602_602"><span class="label">[602]</span></a> Il y en a dix-huit. Ces conditions du bon cheval ont été
-souvent imprimées au <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_603_603" id="Footnote_603_603"></a><a href="#FNanchor_603_603"><span class="label">[603]</span></a> Les hanches. On appeloit en termes de vénerie un chien
-bien harpé celui qui avoit les hanches larges et grosses. Voy. Salnove.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_604_604" id="Footnote_604_604"></a><a href="#FNanchor_604_604"><span class="label">[604]</span></a> Ou <i>coite</i>, de <i>quies</i>? S’il se tient bien en repos?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_605_605" id="Footnote_605_605"></a><a href="#FNanchor_605_605"><span class="label">[605]</span></a> Fumier, litière.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_606_606" id="Footnote_606_606"></a><a href="#FNanchor_606_606"><span class="label">[606]</span></a> Je n’ai pu trouver la signification de ce mot.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_607_607" id="Footnote_607_607"></a><a href="#FNanchor_607_607"><span class="label">[607]</span></a> Uni.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_608_608" id="Footnote_608_608"></a><a href="#FNanchor_608_608"><span class="label">[608]</span></a> Qu’il n’ait ni courbes ni fusées.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_609_609" id="Footnote_609_609"></a><a href="#FNanchor_609_609"><span class="label">[609]</span></a> S’il a des durillons?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_610_610" id="Footnote_610_610"></a><a href="#FNanchor_610_610"><span class="label">[610]</span></a> Il semble que ce doit être garrot.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_611_611" id="Footnote_611_611"></a><a href="#FNanchor_611_611"><span class="label">[611]</span></a> Voir ci-après, p. 75, note 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_612_612" id="Footnote_612_612"></a><a href="#FNanchor_612_612"><span class="label">[612]</span></a> De l’autre côté.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_613_613" id="Footnote_613_613"></a><a href="#FNanchor_613_613"><span class="label">[613]</span></a> Le paturon.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_614_614" id="Footnote_614_614"></a><a href="#FNanchor_614_614"><span class="label">[614]</span></a> Var. A. <i>subaudeure</i>, enflure?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_615_615" id="Footnote_615_615"></a><a href="#FNanchor_615_615"><span class="label">[615]</span></a> Les manuscrits A et B, répètent ici textuellement
-ce qui précède depuis <i>tu dois aller au costé</i> jusqu’à <i>Fourme sur
-couronnelle</i>; il n’y a de plus ici que les mots <i>malandre est</i>, etc.,
-placés, p. 74, entre crochets.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_616_616" id="Footnote_616_616"></a><a href="#FNanchor_616_616"><span class="label">[616]</span></a> Var. A. <i>stourcées</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_617_617" id="Footnote_617_617"></a><a href="#FNanchor_617_617"><span class="label">[617]</span></a> Sortir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_618_618" id="Footnote_618_618"></a><a href="#FNanchor_618_618"><span class="label">[618]</span></a> Grappe.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_619_619" id="Footnote_619_619"></a><a href="#FNanchor_619_619"><span class="label">[619]</span></a> A la même hauteur.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_620_620" id="Footnote_620_620"></a><a href="#FNanchor_620_620"><span class="label">[620]</span></a> Marchandé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_621_621" id="Footnote_621_621"></a><a href="#FNanchor_621_621"><span class="label">[621]</span></a> Assuré.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_622_622" id="Footnote_622_622"></a><a href="#FNanchor_622_622"><span class="label">[622]</span></a> Son.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_623_623" id="Footnote_623_623"></a><a href="#FNanchor_623_623"><span class="label">[623]</span></a> Pour vendre chèrement. Var. B. <i>prouvende</i>, ration.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_624_624" id="Footnote_624_624"></a><a href="#FNanchor_624_624"><span class="label">[624]</span></a> Phrase obscure qui me paroît signifier que le remède des
-malandres sert aussi pour l’enflure des jambes de derrière.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_625_625" id="Footnote_625_625"></a><a href="#FNanchor_625_625"><span class="label">[625]</span></a> Sorte de résine.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_626_626" id="Footnote_626_626"></a><a href="#FNanchor_626_626"><span class="label">[626]</span></a> Blancs d’œufs.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_627_627" id="Footnote_627_627"></a><a href="#FNanchor_627_627"><span class="label">[627]</span></a> Tamisé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_628_628" id="Footnote_628_628"></a><a href="#FNanchor_628_628"><span class="label">[628]</span></a> Var. A. <i>du seing de sain</i>. J’ignore ce que peut
-signifier ici le mot <i>saing</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_629_629" id="Footnote_629_629"></a><a href="#FNanchor_629_629"><span class="label">[629]</span></a> Tuyau, chalumeau.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_630_630" id="Footnote_630_630"></a><a href="#FNanchor_630_630"><span class="label">[630]</span></a> Avives, glandes derrière la mâchoire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_631_631" id="Footnote_631_631"></a><a href="#FNanchor_631_631"><span class="label">[631]</span></a> Cacher?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_632_632" id="Footnote_632_632"></a><a href="#FNanchor_632_632"><span class="label">[632]</span></a> La valeur de deux setiers de blé environ, donnée au
-maréchal pour le traitement assez compliqué de cette maladie.
-</p><p>
-Les manuscrits donnent ensuite un Traité de l’épervier que l’auteur
-avoit annoncé devoir faire le 2<sup>e</sup> article de la 3<sup>e</sup> distinction.
-J’ai pensé devoir rétablir la division indiquée par l’auteur et suivie
-jusqu’ici par lui, et j’ai renvoyé à la fin du livre le Traité de la
-chasse à l’épervier.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_633_633" id="Footnote_633_633"></a><a href="#FNanchor_633_633"><span class="label">[633]</span></a> Le Ms. C porte avant ces mots, <i>Cy commence le
-Viandier</i>. C’est pourquoi j’ai renvoyé au <i>Viandier</i> dans diverses
-notes de cet ouvrage.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_634_634" id="Footnote_634_634"></a><a href="#FNanchor_634_634"><span class="label">[634]</span></a> On appeloit ainsi l’espace placé entre les rues
-Saint-Denis, Pierre-à-Poisson et la Grande-Boucherie, devant laquelle
-il se prolongeoit jusqu’à la rue Pied-de-Bœuf. (Voir Corrozet, éd.
-1543, le Plan de Turgot, etc.) Cet espace est aujourd’hui compris
-dans la place du Châtelet. Mais l’auteur désigne ici sous ce nom,
-la grande boucherie de la Porte-Paris, connue sous le seul titre de
-<i>Grande-Boucherie</i>, sur l’emplacement de laquelle la grande maison de
-la place du Châtelet qui fait face au pont au Change, me semble avoir
-été construite.
-</p><p>
-On peut voir dans du Breuil (éd. 1612, p. 1053), mais mieux dans
-Sauval (I, 623), les <i>Variétés historiques</i> (I, 170), et surtout
-dans le <i>Traité de la Police</i> de Lamarre, des détails sur l’origine
-de cet établissement dont l’existence signalée dès le commencement
-du <small>XII</small><sup>e</sup> siècle remontoit peut-être aux-temps de la
-domination Romaine. La propriété des étaux de cette boucherie, au
-nombre de trente-deux au <small>XV</small><sup>e</sup> siècle, et plus tard de
-vingt-neuf, et le droit d’être reçu maître boucher (à sept ans et un
-jour), appartenoient exclusivement aux rejetons mâles d’un petit nombre
-de familles. A leur joyeux avénement seulement les rois de France
-pouvoient faire un nouveau maître boucher comme ils faisoient au reste
-un nouveau maître de chaque profession. (C’est ainsi qu’en 1436, Oudin
-de Ladehors tige d’une de ces familles dont il est parlé ci-dessus,
-parvint à la maîtrise par cession de Guillaume Lefèvre dit <i>Verjus</i>
-queux du roi Charles VII, que ce prince avoit créé maître boucher à son
-joyeux avénement et confirmé à son entrée dans Paris). Mais plus tard
-ce droit paroît être tombé en désuétude, s’il ne fut pas racheté par
-les bouchers.
-</p><p>
-Depuis 1358 au moins, la grande boucherie étoit le siége d’une
-importante juridiction devant laquelle les bouchers pouvoient
-évoquer toutes leurs causes, et dont les appels se relevoient devant
-le parlement. Cette juridiction se composoit: 1º d’un <i>maire</i>
-ordinairement membre du Châtelet (avocat du roi, conseiller ou avocat
-au Châtelet), qui me semble avoir dû être nommé par le roi ou le
-prévôt de Paris encore en 1430, car dans le registre de la boucherie
-pour cette année, son nom est placé avant celui du <i>maître</i>, ce qui
-n’auroit pas eu lieu, je crois, s’il n’eût tenu ses pouvoirs que de la
-communauté. En 1461, il étoit élu par le <i>maître</i> en présence, et je
-pense par les suffrages des quatre jurés, du procureur et du receveur
-de la communauté, de deux écorcheurs jurés et des maîtres bouchers; 2º
-<i>d’un maître de la grande boucherie</i> (un des bouchers les plus riches)
-nommé à vie par douze électeurs désignés eux-mêmes par tous les maîtres
-bouchers. Le maire, et le maître ne siégeoient pas ordinairement tous
-les deux à la fois, et il n’est pas facile de définir les différences
-existant entre leurs attributions. La puissance du maire me semble au
-reste avoir été successivement restreinte; ainsi, tandis qu’en 1431 il
-désigne le <i>maître</i> pour <i>tenir ses plais</i>, ce qui semble placer le
-pouvoir judiciaire dans la personne du <i>maire</i>, on voit la communauté
-décider, en 1470, que <i>le maître sera nommé et intitulé aux lettres
-et actes qui se feront en la justice de la boucherie, excepté quand
-on besognera contre le maître, sera nommé et intitulé le maire</i> (les
-actes et jugemens seront rendus en son nom); 3º d’un procureur (au
-Châtelet); 4º d’un tabellion qui étoit aussi ordinairement procureur
-au Châtelet. Les quatre jurés nommés annuellement, le vendredi d’après
-la Saint-Jacques (25 juillet), par quatre électeurs désignés par la
-communauté, remplissoient l’office de ministère public devant ce
-tribunal, et pouvoient provisoirement et par eux-mêmes saisir des
-viandes suspectes, et comme aussi le <i>maire</i> et le <i>maître</i>, envoyer
-préventivement en prison les malfaiteurs. Cette juridiction avoit
-le plus souvent à juger les violences des garçons bouchers, des
-malversations commerciales, des réclamations de dettes contractées
-par des bouchers, etc. La boucherie avoit en outre un <i>conseil de
-parlement</i> et un <i>conseil de Châtelet</i>; c’étoient deux membres de ces
-juridictions chargés des intérêts de la communauté et rétribués par
-elle.&mdash;La mairie de la grande boucherie dura jusqu’en 1673, que Louis
-XIV la réunit au Châtelet.
-</p><p>
-Les rejetons mâles des familles propriétaires de cet établissement
-étoient tenus d’exercer par eux-mêmes ou au moins <i>de leurs deniers</i> la
-profession de leurs pères. On voit dans Lamarre (t. II, p. 560), qu’au
-<small>XVI</small><sup>e</sup> siècle, beaucoup de descendans de ces anciennes
-familles occupoient des positions assez élevées, et avoient abandonné
-le commerce de la boucherie; mais il ne faut pas croire qu’aux
-<small>XIV</small><sup>e</sup> et <small>XV</small><sup>e</sup> siècle ces riches
-bouchers s’occupassent par eux-mêmes des <i>détails</i> de leur profession.
-Beaucoup avoient pour tailler et vendre leurs chairs, des valets
-répondans du produit de la vente, et se bornoient à les surveiller et à
-traiter en grand et par des facteurs le commerce des bestiaux destinés
-à l’approvisionnement de Paris.
-</p><p>
-Un arrêt rendu en 1383 (7 mars) pour Jehan Le Pontonnier et Louis
-Thibert héritiers, à cause de leurs femmes, de Guillaume de Saint-Yon,
-contre la veuve de ce dernier, établit d’une manière aussi curieuse
-que certaine, l’étendue et la nature des richesses très-diverses que
-possédoit ce boucher, le plus riche de la Porte-Paris, et la nature
-de ses occupations commerciales. Il est dit qu’il étoit propriétaire
-de trois étaux: qu’<i>il y faisoit vendre</i> chaque semaine des viandes
-pour 200 livres parisis, sur quoi il bénéficioit de 20 ou 30 livres;
-il avoit une rente de 600 livres, quatre maisons de campagne près
-Paris, bien fournies de meubles et d’instrumens aratoires: de grandes
-coupes, des hanaps, des aiguières, des tasses d’argent de grand prix,
-des coupes de madre avec des pieds d’argent d’une valeur de 100 fr.
-et plus; sa femme avoit pour plus de 1 000 fr. de joyaux, ceintures,
-bourses, épingliers; des robes longues et courtes bien fourrées, 3
-manteaux fourrés de gris: de très-beau linge. Il possédoit en outre
-300 cuirs de bœuf valant bien 24 s. la pièce, 800 mesures de graisse
-valant 3 s. et demi, et 800 moutons de 10 s.; 5 ou 600 florins d’argent
-comptant. On évaluoit ses biens meubles à 12 000 florins. Son sceau
-étoit d’argent; il avoit donné 2 000 florins de dot à ses deux nièces,
-et avoit dépensé 3 000 florins à rebâtir sa maison de Paris (Jugés,
-XXX, 198 vº). Après cette énumération de richesses énormes pour le
-temps, peut-on s’étonner de l’influence si puissante de ces maîtres
-bouchers, signalée dans tous les historiens du <small>XV</small><sup>e</sup>
-siècle?
-</p><p>
-La famille de ce Guillaume de Saint-Yon, que Du Breuil et l’abbé Lebeuf
-ont cru, mais sans preuve, être issue de celle des anciens seigneurs
-de Saint-Yon près Montlhéry (Lebeuf, X, 260), étoit la plus puissante
-de la grande boucherie. Elle y exerçoit, comme aussi celle Thibert,
-la profession de boucher au moins dès 1260 (Reg. de la Boucherie).
-Au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle, ces deux familles restées seules
-des vingt existantes en 1260, étoient avec celles de Ladehors et
-Dauvergne, en possession exclusive des vingt-neuf étaux de la grande
-boucherie; elles furent réduites à trois en 1660, par l’extinction des
-Dauvergne. Plusieurs de leurs membres étoient sans doute sortis du
-commerce de la boucherie pour occuper des emplois plus importans, et
-étoient seulement propriétaires d’étaux qu’ils louoient, mais d’autres
-étoient restés dans ce commerce, et c’est assurément à un descendant de
-l’ancienne famille Thibert qu’il faut attribuer l’histoire singulière
-du boucher de ce nom chez le chevalier de Bragelongne, vers 1680.
-Sandras de Courtilz rapporte dans les <i>entretiens de Colbert avec
-Bouin</i> (Bauyn, I, 67), que ce boucher, qui étoit gros joueur, couroit
-chez le chevalier dès qu’il avoit vendu sa viande, et là, avec son
-tablier et sa camisole rouge, jouoit 3 ou 400 pistoles à la fois. Le
-duc de Roquelaure (Gaston-Jean-Baptiste, mort en 1683), qui connoissoit
-cependant Thibert, voulant un jour le plaisanter sur sa mise, s’écria:
-<i>Masse à la camisole rouge!</i> en mettant une poignée de louis sur la
-table. Le boucher, sans s’émouvoir, accepta le défi en répondant
-aussitôt: <i>Top et tingue au cordon bleu!</i> et ayant eu les dés et les
-rieurs pour lui, releva gaiement l’argent du duc.
-</p><p>
-(J’ai consulté pour cette note les 106 premières pages, années
-1430 à 1483, de l’extrait du registre de la grande boucherie, nº
-290 du Cabinet généalogique, dont mon ami M. de Lincy m’a signalé
-l’existence.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_635_635" id="Footnote_635_635"></a><a href="#FNanchor_635_635"><span class="label">[635]</span></a> Var. C. <i>seize</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_636_636" id="Footnote_636_636"></a><a href="#FNanchor_636_636"><span class="label">[636]</span></a> Cette boucherie, située sur la Montagne
-Sainte-Geneviève, existoit au moins dès 1245, selon Sauval. Elle avoit
-été fondée par une émigration des bouchers de Saint-Marcel.&mdash;Suivant
-une plaidoirie du 30 avril 1377 (Félibien, t. IV, p. 532), ces deux
-boucheries, que l’auteur du <i>Ménagier</i> a peut-être confondues à dessein
-à cause de leur communauté d’origine, existoient de toute antiquité;
-elles auroient compté anciennement cent vingt bouchers, mais n’en
-avoient plus alors que trente-cinq. Au temps de Sauval, il n’y avoit
-plus que quatorze étaux. Les Le Gois, chefs des émeutiers parisiens au
-<small>XV</small><sup>e</sup> siècle, étoient bouchers de Sainte-Geneviève.
-</p><p>
-On croit que la boucherie du Parvis était la plus ancienne de Paris.
-Lamarre dit que Philippe Auguste en fit don à l’évêque de Paris quand
-les bouchers l’eurent abandonnée pour se fixer à la Porte-Paris.
-Suivant Sauval, ce prince n’auroit fait que les confirmer dans une
-possession antérieure. Caboche étoit écorcheur dans cette boucherie en
-1411.
-</p><p>
-On ignore l’époque du premier établissement de la boucherie de
-Saint-Germain; peut-être étoit-elle aussi ancienne que l’abbaye.
-Elle n’avoit d’abord que trois étaux, mais en 1274 l’abbé Gérard en
-fit bâtir seize autres dans l’endroit où est aujourd’hui la rue des
-Boucheries. (Félibien, I, 429.)
-</p><p>
-La boucherie du Temple fut établie par les Templiers. Ils transigèrent
-à ce sujet avec les bouchers de la Porte-Paris en 1182, selon Félibien,
-mais seulement en 1282 selon Lamarre que je crois avoir été mieux
-informé. Elle étoit rue de Braque et se composoit de deux étaux
-seulement.
-</p><p>
-La boucherie de Saint-Martin me paroît devoir être la même que celle
-dite de Saint-Nicolas-des-Champs, et qui étoit située rue Saint-Martin,
-au coin de la rue Aumaire. Sauval qui est à ma connoissance le seul
-auteur qui en parle, ne cite rien de plus ancien à son sujet que la
-réparation faite en 1426 de la maison où elle étoit située.
-</p><p>
-Il est étonnant que l’auteur du <i>Ménagier</i> n’ait pas parlé ici de
-la boucherie de Saint-Éloi établie rue Saint-Paul par le prieur de
-Saint-Éloi, en vertu des lettres du régent (depuis Charles V) en date
-du 30 novembre 1358. (Trés. de Chartres, 90, 131.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_637_637" id="Footnote_637_637"></a><a href="#FNanchor_637_637"><span class="label">[637]</span></a> Var. A. <i>trente-deux</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_638_638" id="Footnote_638_638"></a><a href="#FNanchor_638_638"><span class="label">[638]</span></a> Var. A. <i>trente-deux</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_639_639" id="Footnote_639_639"></a><a href="#FNanchor_639_639"><span class="label">[639]</span></a> Cela fait 3130 moutons, 512 bœufs, 528 porcs (538
-suivant A), et 306 veaux (310 suivant A et 320 suivant C). Voir dans
-l’Introduction mes observations sur ces renseignemens statistiques.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_640_640" id="Footnote_640_640"></a><a href="#FNanchor_640_640"><span class="label">[640]</span></a> Vendredi saint. C’est encore l’époque <i>de la foire aux
-jambons</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_641_641" id="Footnote_641_641"></a><a href="#FNanchor_641_641"><span class="label">[641]</span></a> Porcs salés. Voy. Du Cange au mot <i>Lardum</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_642_642" id="Footnote_642_642"></a><a href="#FNanchor_642_642"><span class="label">[642]</span></a> Le duc d’Orléans.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_643_643" id="Footnote_643_643"></a><a href="#FNanchor_643_643"><span class="label">[643]</span></a> Suppléez: <i>c’est ainsi</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_644_644" id="Footnote_644_644"></a><a href="#FNanchor_644_644"><span class="label">[644]</span></a> Aujourd’hui <i>talon de collier</i>, chair levée sur les
-trois dernières côtes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_645_645" id="Footnote_645_645"></a><a href="#FNanchor_645_645"><span class="label">[645]</span></a> C’est-à-dire comme 20 est à 25 ou un cinquième en moins
-que le Roi. Ce devoit donc être par semaine 96 moutons, 12 ou 13 bœufs,
-autant de veaux, 9 ou 10 porcs, 160 lards par an, et par jour 480
-volailles, 160 paires de pigeons, 40 chevreaux, 40 oisons.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_646_646" id="Footnote_646_646"></a><a href="#FNanchor_646_646"><span class="label">[646]</span></a> En marquant sur une taille la quantité prise chaque
-fois, comme cela se fait encore pour le pain.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_647_647" id="Footnote_647_647"></a><a href="#FNanchor_647_647"><span class="label">[647]</span></a> <i>Gros bout</i> de poitrine. Voir sur la longe, etc., p.
-130.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_648_648" id="Footnote_648_648"></a><a href="#FNanchor_648_648"><span class="label">[648]</span></a> Les blancs valoient 10 deniers, mais l’auteur doit
-entendre ici par ce mot le petit blanc, monnoie de compte de 5 deniers.
-C’est comme s’il disoit que le prix de cette pièce varie de 4 sols 2
-deniers à 3 sols. Le marc d’argent (52 fr. de notre monnoie) valoit 6
-l. 5 s.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_649_649" id="Footnote_649_649"></a><a href="#FNanchor_649_649"><span class="label">[649]</span></a> Ou trumeau, partie de la cuisse et aussi de la jambe de
-devant.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_650_650" id="Footnote_650_650"></a><a href="#FNanchor_650_650"><span class="label">[650]</span></a> Bouillon.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_651_651" id="Footnote_651_651"></a><a href="#FNanchor_651_651"><span class="label">[651]</span></a> Ligne laissée en blanc dans les manuscrits.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_652_652" id="Footnote_652_652"></a><a href="#FNanchor_652_652"><span class="label">[652]</span></a> Je n’ai pas vu ce mot dans les anciens auteurs de
-vénerie; ce doit être le quoier ou cimier (croupe) du cerf.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_653_653" id="Footnote_653_653"></a><a href="#FNanchor_653_653"><span class="label">[653]</span></a> Cuisine.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_654_654" id="Footnote_654_654"></a><a href="#FNanchor_654_654"><span class="label">[654]</span></a> Liaisons.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_655_655" id="Footnote_655_655"></a><a href="#FNanchor_655_655"><span class="label">[655]</span></a> Passer au tamis.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_656_656" id="Footnote_656_656"></a><a href="#FNanchor_656_656"><span class="label">[656]</span></a> S’attachent au fond du pot, brûlent.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_657_657" id="Footnote_657_657"></a><a href="#FNanchor_657_657"><span class="label">[657]</span></a> Les petits sont appelés <i>lancerons</i>: les moyens,
-<i>brochets</i>: les plus gros, <i>quarreaux</i> (<i>Délices de la campagne</i>, ch.
-<small>XVIII</small>).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_658_658" id="Footnote_658_658"></a><a href="#FNanchor_658_658"><span class="label">[658]</span></a> Plies.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_659_659" id="Footnote_659_659"></a><a href="#FNanchor_659_659"><span class="label">[659]</span></a> <i>Oyeurs</i>, rôtisseurs.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_660_660" id="Footnote_660_660"></a><a href="#FNanchor_660_660"><span class="label">[660]</span></a> Petite mangeoire portative.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_661_661" id="Footnote_661_661"></a><a href="#FNanchor_661_661"><span class="label">[661]</span></a> Canards mâles, et ici canards en général.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_662_662" id="Footnote_662_662"></a><a href="#FNanchor_662_662"><span class="label">[662]</span></a> D’abord lieu où on resserroit <i>la paille</i>, et par
-extension <i>basse-cour</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_663_663" id="Footnote_663_663"></a><a href="#FNanchor_663_663"><span class="label">[663]</span></a> Var. B. <i>crouste</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_664_664" id="Footnote_664_664"></a><a href="#FNanchor_664_664"><span class="label">[664]</span></a> Nuque.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_665_665" id="Footnote_665_665"></a><a href="#FNanchor_665_665"><span class="label">[665]</span></a> Suivant l’empereur Frédéric II, chapitre
-<small>L</small>, les ailes des oiseaux se composent de vingt-six
-plumes: 1º quatre plus près du corps dites <i>corales</i> ou les <i>coraux</i>;
-2º les douze suivantes, qui sont les <i>vanneaux</i>; 3º dix autres
-extérieures (<i>forinsecæ</i>), dites les <i>couteaux</i>, à l’exception de la
-dernière qu’on appelle le <i>cerceau</i> (<i>saxellus</i>); les fauconniers
-postérieurs parlent bien du <i>cerceau</i> (seul des oiseaux de proie,
-l’autour avoit trois plumes portant ce nom), des <i>couteaux</i> et des
-<i>vanneaux</i> (d’Arcussia, éd. 1627, p. 248, dit que ce sont les plumes
-adhérentes au second os de l’aile, et cette définition concorde bien
-avec celle de l’empereur Frédéric II), mais non des <i>coraux</i> ou plumes
-corales.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_666_666" id="Footnote_666_666"></a><a href="#FNanchor_666_666"><span class="label">[666]</span></a> Ventre.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_667_667" id="Footnote_667_667"></a><a href="#FNanchor_667_667"><span class="label">[667]</span></a> Espace laissé en blanc dans les manuscrits.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_668_668" id="Footnote_668_668"></a><a href="#FNanchor_668_668"><span class="label">[668]</span></a> Saumonnées.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_669_669" id="Footnote_669_669"></a><a href="#FNanchor_669_669"><span class="label">[669]</span></a> Jaune.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_670_670" id="Footnote_670_670"></a><a href="#FNanchor_670_670"><span class="label">[670]</span></a> Recueillir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_671_671" id="Footnote_671_671"></a><a href="#FNanchor_671_671"><span class="label">[671]</span></a> Vin de Grenache. Voy. Legrand d’Aussy, t. III, p. 48.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_672_672" id="Footnote_672_672"></a><a href="#FNanchor_672_672"><span class="label">[672]</span></a> Rôties.&mdash;On trouvera, en recourant à la table, les
-endroits du <i>Ménagier</i> où sont décrits la plupart des plats qui vont
-figurer dans ces menus. Je me dispenserai donc le donner ici des
-explications qui feroient presque toujours double emploi.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_673_673" id="Footnote_673_673"></a><a href="#FNanchor_673_673"><span class="label">[673]</span></a> Ces nombres en chiffres arabes, placés ici entre
-parenthèses, devoient renvoyer à des feuillets d’un manuscrit ou à
-des numéros de chapitres, et ne se rapportent à rien dans les trois
-manuscrits que j’ai sous les yeux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_674_674" id="Footnote_674_674"></a><a href="#FNanchor_674_674"><span class="label">[674]</span></a> Sorte d’oublie plus mince que la gaufre, faite de
-farine, d’eau, de vin blanc et de sucre, et cuite entre deux fers.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_675_675" id="Footnote_675_675"></a><a href="#FNanchor_675_675"><span class="label">[675]</span></a> <i>Scilicet</i>, savoir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_676_676" id="Footnote_676_676"></a><a href="#FNanchor_676_676"><span class="label">[676]</span></a> Ce plat ne se retrouve ni dans <i>le Ménagier</i>, ni dans
-<i>le Grand cuisinier</i>, ni dans Taillevent. Il me semble résulter du menu
-<small>VI</small> qu’il pouvoit se faire avec des lamproies.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_677_677" id="Footnote_677_677"></a><a href="#FNanchor_677_677"><span class="label">[677]</span></a> Ce plat est ainsi écrit dans le Ms. B. Cependant, dans
-<i>le Grand cuisinier de toutes cuisines</i>, il est écrit <i>ramolle</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_678_678" id="Footnote_678_678"></a><a href="#FNanchor_678_678"><span class="label">[678]</span></a> La phrase comme je l’ai ponctuée ne paroît pas
-naturelle, mais on ne peut lire <i>à la sausse chaude d’oiselets</i>;
-peut-être manque-t-il un mot (<i>gravé</i> ou <i>pasté</i>) avant <i>d’oiselets</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_679_679" id="Footnote_679_679"></a><a href="#FNanchor_679_679"><span class="label">[679]</span></a> Sans doute une <i>tuile de chair</i>. Voir à l’art. V.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_680_680" id="Footnote_680_680"></a><a href="#FNanchor_680_680"><span class="label">[680]</span></a> Les mots qui suivent jusqu’à la fin de ce menu ne sont
-pas dans le Ms. B.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_681_681" id="Footnote_681_681"></a><a href="#FNanchor_681_681"><span class="label">[681]</span></a> B. ajoute, après un espace laissé en blanc, <i>de porc ut
-p<sup>a</sup></i> (<i>ut proxima?</i>).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_682_682" id="Footnote_682_682"></a><a href="#FNanchor_682_682"><span class="label">[682]</span></a> Comme.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_683_683" id="Footnote_683_683"></a><a href="#FNanchor_683_683"><span class="label">[683]</span></a> J’ignore le sens de cette abréviation, mais comme on
-trouve plus loin <i>un gravé d’aloés en couleur de fleur de peschier</i>
-(voir l’<i>Appendice</i> à l’art. V), ce doit être ici le même plat.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_684_684" id="Footnote_684_684"></a><a href="#FNanchor_684_684"><span class="label">[684]</span></a> Var. B. <i>à sausse</i>, ce qui me paroît défectueux, à moins
-qu’on ne lise <i>à la sausse chaude</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_685_685" id="Footnote_685_685"></a><a href="#FNanchor_685_685"><span class="label">[685]</span></a> D’huîtres.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_686_686" id="Footnote_686_686"></a><a href="#FNanchor_686_686"><span class="label">[686]</span></a> Croûtes ou crottes au lait, plat sucré.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_687_687" id="Footnote_687_687"></a><a href="#FNanchor_687_687"><span class="label">[687]</span></a> Var. B. <i>leschefroies</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_688_688" id="Footnote_688_688"></a><a href="#FNanchor_688_688"><span class="label">[688]</span></a> Georgé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_689_689" id="Footnote_689_689"></a><a href="#FNanchor_689_689"><span class="label">[689]</span></a> Je ne pense pas que l’auteur parle ici du faisan
-présenté solennellement (comme le paon) aux convives pour faire un
-vœu, car s’il en étoit ainsi, il n’en auroit pas parlé au pluriel.
-Il me paroît seulement indiquer par ces mots que le faisan étoit un
-gibier recherché, réservé aux seigneurs (et auquel ne touchoient pas
-les <i>servans</i> ou ceux qui dînoient ensuite?). Il ne faudroit cependant
-pas croire que le faisan fût autrefois plus rare qu’aujourd’hui. On
-trouve dans le <i>Modus</i> un chapitre qui enseigne à prendre cet oiseau,
-et dans un grand nombre d’aveux rendus par des seigneurs Angevins
-aux <small>XIV</small><sup>e</sup> et <small>XV</small><sup>e</sup> siècles, on voit
-figurer des garennes à perdrix et <i>à faisans</i>. Voir la note sur Jean de
-Craon, sieur de La Suze, dans mon édition du <i>Trésor de Vénerie</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_690_690" id="Footnote_690_690"></a><a href="#FNanchor_690_690"><span class="label">[690]</span></a> Voir l’Introduction.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_691_691" id="Footnote_691_691"></a><a href="#FNanchor_691_691"><span class="label">[691]</span></a> Oublies.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_692_692" id="Footnote_692_692"></a><a href="#FNanchor_692_692"><span class="label">[692]</span></a> Estriers, sortes d’oublies.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_693_693" id="Footnote_693_693"></a><a href="#FNanchor_693_693"><span class="label">[693]</span></a> Clairet, sorte d’hypocras fait avec du miel au lieu de
-sucre, et du vin blanc au lieu de rouge.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_694_694" id="Footnote_694_694"></a><a href="#FNanchor_694_694"><span class="label">[694]</span></a> Quoique ce menu se termine par un etc., il me paroît
-impossible de croire qu’il ait pu s’appliquer à un repas de 24
-<i>services</i>, et je crois que <i>mets</i>, dans cet intitulé, signifie <i>plat</i>,
-comme dans ceux des menus I et II ci-dessus.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_695_695" id="Footnote_695_695"></a><a href="#FNanchor_695_695"><span class="label">[695]</span></a> Merles.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_696_696" id="Footnote_696_696"></a><a href="#FNanchor_696_696"><span class="label">[696]</span></a> Pâtisserie légère, et peut-être sorte d’oublies.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_697_697" id="Footnote_697_697"></a><a href="#FNanchor_697_697"><span class="label">[697]</span></a> N’est que dans B.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_698_698" id="Footnote_698_698"></a><a href="#FNanchor_698_698"><span class="label">[698]</span></a> Var. A. C. <i>au sucre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_699_699" id="Footnote_699_699"></a><a href="#FNanchor_699_699"><span class="label">[699]</span></a> Gros poisson salé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_700_700" id="Footnote_700_700"></a><a href="#FNanchor_700_700"><span class="label">[700]</span></a> Aussi.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_701_701" id="Footnote_701_701"></a><a href="#FNanchor_701_701"><span class="label">[701]</span></a> L’abbé de Lagny.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_702_702" id="Footnote_702_702"></a><a href="#FNanchor_702_702"><span class="label">[702]</span></a> Les autres membres du conseil du Roi.
-</p><p>
-Il y avoit, en 1379, un abbé de Lagny qui assistoit au parlement,
-soit qu’il en fût membre, soit qu’il fût du grand conseil du Roi (il
-résulte en effet d’une ordonnance de Charles VI, adressée le 21 janvier
-1388-9 aux présidens du parlement, que les abbés et prieurs membres
-du conseil du Roi avoient seuls le droit d’assister aux délibérations
-du parlement (<i>Ord. antiquæ</i>, A. 119 vº), et il est bien à croire que
-c’est de lui qu’il s’agit ici. Je l’ai vu pour la première fois nommé
-comme assistant au parlement le 1<sup>er</sup> mars 1378-9 (<i>Plaid. civiles</i>).
-Il y avoit sans doute peu de temps qu’il avoit droit d’y venir; il se
-pourroit donc que le dîner dont notre auteur nous donne le menu, fût un
-dîner de bienvenue qui auroit eu lieu à cette époque. Pâques tombant
-le 10 avril 1379, on étoit alors en Carême, et en effet le dîner est
-maigre.
-</p><p>
-Si j’ai rencontré vrai dans cette conjecture, et si ce dîner a en effet
-eu lieu en 1379, M. de Paris est Aymery de Maignac, évêque de Paris,
-le persécuteur d’Hugues Aubriot, le protecteur persévérant de tous les
-soi-disant clercs que le prévôt de Paris faisoit arrêter comme accusés
-d’assassinat, de vol, etc., qui, dès 1381 (<i>Plaid. civ.</i>, juillet),
-pendant qu’Hugues Aubriot étoit encore dans ses prisons, lançoit des
-monitoires contre Audouin Chauveron son successeur, et faisoit dire
-au procureur du Roi que si on laissoit faire l’évêque, <i>il vaudroit
-mieux au prévost aller glaner qu’estre prévost</i>. Le président (sans
-doute le premier président) est Arnault de Corbie, depuis chancelier de
-France, un des hommes d’État les plus illustres et les plus honorables
-du <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle, mort en 1413 à un âge fort avancé.
-Le procureur du Roi est Guillaume de Saint-Germain, d’abord avocat
-célèbre ou <i>solennel</i> au Châtelet, puis procureur général au parlement
-ou procureur du Roi (ce qui étoit la même chose), depuis 1365 jusqu’à
-sa mort arrivée en février 1383-4. (Il est du moins affirmé dans la
-plaidoirie citée plus bas, qu’il occupa ces fonctions dix-huit ou
-dix-neuf ans.) Il avoit en cette qualité 100 fr. de gages fixes et
-500 fr. de don annuel. Il étoit au reste fort simple, car suivant
-les plaidoiries de ses héritiers, <i>il n’estoit que lui cinquiesme
-en son hostel, et n’avoit cheval ne asne, et n’y chaloit de quels
-draps il fust vestus, mais qu’il fust de couleur</i>. Sa femme Denisette
-Mignon ne savoit ni lire ni écrire. (<i>Plaid. civiles du Parlement</i>,
-mai 1386.) J’ai dit, t. I, p. 137, que Giles Labat étoit procureur
-général au parlement en 1381, <i>parceque cette qualité lui est donnée
-dans les lettres de rémission que j’ai citées</i>, mais à moins qu’on ne
-suppose qu’il y a eu interruption dans les fonctions de Guillaume de
-Saint-Germain, ce qui me paroît peu probable d’après les termes de la
-plaidoirie, il se pourroit que Giles Labat n’eût été que <i>procureur</i> au
-parlement, et que <i>général</i> eût été ajouté par erreur par l’écrivain de
-la chancellerie. En tout cas, Giles Labat étoit simplement <i>procureur
-au parlement</i> en 1385.) Des deux avocats du Roi, l’un peut être
-Jean Pastourel, qui exerçoit cet emploi en 1364 et 73, mais l’autre
-étoit certainement le célèbre Jean Des Mares ou Des Marès, mort si
-malheureusement en 1382. (Voir t. I, p. 136.&mdash;<i>Arch. jud.</i>, tables de
-Lenain, t. III, IV, VI, VII.)
-</p><p>
-J’ai vu avec étonnement que le nom de famille de cet abbé de Lagny et
-sa position dans le conseil du Roi, ont été inconnus aux auteurs de la
-<i>Gallia Christiana</i>. Ils se bornent à citer, dans leur liste des abbés
-de Lagny, un Jean IV, vivant en 1357 et 1367, et ensuite Pierre II du
-nom, vivant en 1396 (VII, 503). Le nôtre peut être l’un des deux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_703_703" id="Footnote_703_703"></a><a href="#FNanchor_703_703"><span class="label">[703]</span></a> Le mot écuelle signifie ordinairement une assiette
-creuse, mais il est évident qu’il y a ici et dans d’autres passages
-de cet ouvrage, un rapport certain et connu du temps de l’auteur
-entre le nombre des écuelles et celui des convives. On sait qu’on
-mangeoit sur des <i>tranchoirs</i> ou morceaux de pain plats, mais cet
-usage qu’on comprend quand il s’agit de viandes solides, ne pouvoit
-s’appliquer aux sauces et potages qui devoient évidemment se prendre
-à l’aide de cuillers dans des vases creux. Voici un repas montant à
-<i>huit</i> écuelles, et qui est servi à <i>seize</i> convives (voir p. 106,
-n. 2, et p. 107, n. 3). On pourroit donc supposer qu’on servoit une
-écuelle par deux convives, (dans tout l’Orient on place encore au
-milieu de la table un grand plat ordinairement de pilau, etc., dans
-lequel chacun prend avec les doigts; puis <i>entre deux convives</i>, un
-petit plat creux contenant des mets liquides qu’ils prennent tous
-deux avec des cuillers) que deux personnes mangeoient ainsi ensemble
-les mets liquides, et que par suite, un repas d’un certain <i>nombre
-d’écuelles</i> signifioit un repas d’un nombre double de convives. On
-seroit même d’autant plus porté à penser qu’une écuelle servoit à deux
-convives au moins, que l’usage des assiettes creuses <i>personnelles</i>
-étoit encore nouveau et peu général sous la minorité de Louis XIV. On
-en a la preuve dans les <i>Délices de la campagne</i>, ouvrage de Nicolas
-de Bonnefons, valet de chambre du Roi dont de la 1<sup>re</sup> édition est,
-je crois, de 1653, et dans lequel on lit (p. 250 de la 5<sup>e</sup> éd. de
-1673, article de l’<i>Instruction pour les festins</i>): «Les assiettes
-des conviés seront creuses aussi afin que l’on puisse se présenter du
-potage et s’en servir à soi-même ce que chacun en désirera manger,
-<i>sans prendre cuillerée à cuillerée dans le plat, à cause du dégoust
-que l’on peut avoir les uns des autres de la cueilliere qui au sortir
-de la bouche puisera dans le plat sans l’essuïer auparavant</i>.» Il
-me paroît bien résulter de l’instruction donnée en cet endroit par
-l’auteur sur l’utilité des assiettes creuses, qu’alors cet usage étoit
-encore bien nouveau. (Voir pour plus de détails la note 374 du <i>Palais
-Mazarin</i>, par M. le comte de Laborde.) Cela étant, il n’est guère
-possible de supposer qu’au <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle on servît une
-écuelle ou assiette creuse à chaque convive personnellement. Cependant,
-nous verrons plus loin, (article du <i>Houssebarre de chair</i>) l’auteur
-conseiller de mettre ordinairement deux <i>lesches</i> ou languettes de
-chair <i>dans chaque écuelle</i>, mais quand on a <i>plus de convives et moins
-de chair</i>, de servir le brouet seul dans des écuelles, et dans un plat
-<i>cinq lesches</i> pour <i>quatre</i> personnes. Il sembleroit positif, d’après
-ce passage, que deux lesches dans chaque écuelle étoient un service
-plus abondant que cinq <i>lesches</i> pour quatre personnes, et que par
-conséquent une écuelle de deux lesches étoit pour une seule personne
-en temps ordinaire. (Voir en outre p. 114, n. 3.) Il m’est impossible
-de faire concorder ces deux passages du <i>Ménagier</i>, et je les livre à
-l’examen éclairé de mes lecteurs.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_704_704" id="Footnote_704_704"></a><a href="#FNanchor_704_704"><span class="label">[704]</span></a> Dans des plats couverts, servis seulement pour lui,
-comme c’étoit l’usage pour le roi, les ducs, etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_705_705" id="Footnote_705_705"></a><a href="#FNanchor_705_705"><span class="label">[705]</span></a> La quarte contenoit deux pintes et la pinte deux
-chopines; il y avoit donc seize convives. Voy. p. 107, note 3.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_706_706" id="Footnote_706_706"></a><a href="#FNanchor_706_706"><span class="label">[706]</span></a> Mot que je ne comprends pas.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_707_707" id="Footnote_707_707"></a><a href="#FNanchor_707_707"><span class="label">[707]</span></a> L’abbaye de Lagny avoit droit de pêche dans la Marne.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_708_708" id="Footnote_708_708"></a><a href="#FNanchor_708_708"><span class="label">[708]</span></a> Une pour chaque convive?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_709_709" id="Footnote_709_709"></a><a href="#FNanchor_709_709"><span class="label">[709]</span></a> L’auteur veut dire que c’est trop de deux quartes
-d’hypocras, comme il a dit plus haut que c’étoit trop de deux quartes
-de vin de Grenache.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_710_710" id="Footnote_710_710"></a><a href="#FNanchor_710_710"><span class="label">[710]</span></a> Sorte d’oublies.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_711_711" id="Footnote_711_711"></a><a href="#FNanchor_711_711"><span class="label">[711]</span></a> B. ajoute: <i>et le vin</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_712_712" id="Footnote_712_712"></a><a href="#FNanchor_712_712"><span class="label">[712]</span></a> L’auteur du <i>Trésor de santé</i> conseille de n’en user
-qu’au fort de l’hiver.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_713_713" id="Footnote_713_713"></a><a href="#FNanchor_713_713"><span class="label">[713]</span></a> S. e. <i>dire</i> ou <i>déclarer</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_714_714" id="Footnote_714_714"></a><a href="#FNanchor_714_714"><span class="label">[714]</span></a> Var. A. C. <i>payera</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_715_715" id="Footnote_715_715"></a><a href="#FNanchor_715_715"><span class="label">[715]</span></a> Le prix du setier de blé, à l’époque où l’auteur
-écrivoit, varioit de 13 à 20 sols. En prenant 16 s. pour prix moyen, et
-en appliquant à ce prix le règlement du prix du pain fait par Charles V
-en 1372, il en résulte qu’un pain d’un denier de la meilleure qualité
-pesoit tout cuit six onces. Cette quantité de pain et de provisions
-paroît bien considérable pour un diner de vingt écuelles (quarante
-personnes?), et un souper de dix (vingt personnes?), mais on peut
-supposer qu’elle servoit aussi à un grand nombre de domestiques, de
-<i>compagnons</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_716_716" id="Footnote_716_716"></a><a href="#FNanchor_716_716"><span class="label">[716]</span></a> C’étoit du gros pain, et probablement bis. Voir
-ci-dessus, page 38, note 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_717_717" id="Footnote_717_717"></a><a href="#FNanchor_717_717"><span class="label">[717]</span></a> Nous avons déjà vu plus haut, p. 106, <i>et que les
-seconds en aient</i>. Je ne sais s’il faut entendre par là les serviteurs
-ou peut-être aussi des gens d’une position moins élevée qui dînoient
-après les premiers convives.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_718_718" id="Footnote_718_718"></a><a href="#FNanchor_718_718"><span class="label">[718]</span></a> Nous verrons, pages 110 et 122, que les poulaillers
-vendoient aussi de la venaison.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_719_719" id="Footnote_719_719"></a><a href="#FNanchor_719_719"><span class="label">[719]</span></a> Avec du fromage dedans. Voy. p. 121.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_720_720" id="Footnote_720_720"></a><a href="#FNanchor_720_720"><span class="label">[720]</span></a> Je ne trouve nulle part ce mot qui paroît désigner une
-espèce d’oublies.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_721_721" id="Footnote_721_721"></a><a href="#FNanchor_721_721"><span class="label">[721]</span></a> L’auteur n’a pas mis de prix aux grenades et aux
-oranges, sans doute parce que leur prix varioit. Legrand d’Aussy,
-I, 250, cite un compte du dauphin Humbert, de 1333, où il est parlé
-d’orangers, et passe ensuite de là au règne de Louis XIV. On voit par
-ce passage du <i>Ménagier</i>, que les oranges étoient fréquemment servies
-sur les tables parisiennes au <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_722_722" id="Footnote_722_722"></a><a href="#FNanchor_722_722"><span class="label">[722]</span></a> Var. B. <i>du teil</i>. On trouve dans Roquefort <i>teille</i>,
-grande terrine de bois; nous verrons dans l’Appendice, ce mot désigner
-un vase de terre.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_723_723" id="Footnote_723_723"></a><a href="#FNanchor_723_723"><span class="label">[723]</span></a> Plus loin (chapitre des <i>Entremets</i>, <i>Fromentée</i>),
-l’auteur dit que ce froment mondé coûtoit un <i>blanc</i> la livre chez les
-épiciers. Je crois avoir eu de bonnes raisons pour fixer la valeur
-du blanc à 5 deniers (voir p. 86, n. 4), et en effet la livre de
-froment mondé, au prix de 5 d., mettroit déjà le setier au prix de
-100 sols, somme assez supérieure au prix moyen de 16 s. du setier de
-blé ordinaire au <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle (voir p. 109), pour
-représenter les frais de mondage, le profit du détaillant, etc. Le prix
-de 8 deniers donné ici mettroit le setier à 160 s. Au reste, cette
-différence peut s’expliquer par la qualité du froment mondé dont on
-prenoit sans doute le plus beau pour un repas de noces, et par les
-variations du prix du blé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_724_724" id="Footnote_724_724"></a><a href="#FNanchor_724_724"><span class="label">[724]</span></a> L’auteur, au chapitre des <i>Sauces non bouillies</i>,
-nous apprend que le <i>gingembre de mesche</i> avoit l’écorce plus brune,
-étoit plus mou au couteau, plus blanc, meilleur et plus cher que le
-<i>colombin</i>; et en effet, on voit ici qu’il coûtoit 20 s. la livre et
-le <i>colombin</i> 11, mais je n’ai rien pu trouver sur les différences
-d’origine ou d’espèce qui causoient sans doute celle des noms de ces
-deux gingembres.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_725_725" id="Footnote_725_725"></a><a href="#FNanchor_725_725"><span class="label">[725]</span></a> Girofle. Je crois que la <i>graine</i> en est aussi, et que
-l’auteur ne veut pas parler ici de la graine de paradis, <i>cardamomon</i>,
-qui ne devoit pas être vendue mêlée au girofle. Nous verrons souvent la
-graine de paradis désignée sous le seul nom de <i>graine</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_726_726" id="Footnote_726_726"></a><a href="#FNanchor_726_726"><span class="label">[726]</span></a> Racine de <i>galanga</i>, plante des Indes orientales.
-L’auteur, chapitre des <i>Sauces non bouillies</i>, dit que le meilleur est
-le plus dur, le plus pesant, et celui dont la couleur violette est la
-plus vive. Ces mots prouvent qu’il parloit du petit <i>galanga</i> qui vient
-des Indes, et qui est en effet rougeâtre, tandis que le grand, qui
-croît en Chine, est de couleur blanchâtre on cendrée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_727_727" id="Footnote_727_727"></a><a href="#FNanchor_727_727"><span class="label">[727]</span></a> Fleur de muscade, deuxième écorce de la noix muscade
-ou <i>muguette</i>, comme on l’appeloit au temps de l’auteur. Toutes ces
-épices figurent dans les ordonnances de février 1349(50) et 3 mai 1351,
-relatives à des droits supportés par certaines denrées à l’entrée de
-Paris. On y voit que le poivre, le sucre, le gingembre, la cannelle, le
-ris, l’anis, le safran et le girofle venoient à Paris par balles, et
-que le cubèbe (employé aussi quelquefois dans la cuisine), le macis, la
-graine de paradis, le poivre long, les noix muguettes, l’espic (nard),
-le garingal, le citonal, les dattes, les pignons, etc., venoient sans
-doute par plus petites quantités, puisqu’ils sont taxés par livre (4
-deniers en 1350, et 6 en 1351).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_728_728" id="Footnote_728_728"></a><a href="#FNanchor_728_728"><span class="label">[728]</span></a> C’est-à-dire que l’épicier reprenoit les bouts à raison
-de 2 s. 6 d. la livre. On ne perdoit donc que 6 deniers par livre pour
-la façon.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_729_729" id="Footnote_729_729"></a><a href="#FNanchor_729_729"><span class="label">[729]</span></a> Épices, <i>bonbons</i>, servis dans le salon ou <i>chambre de
-parement</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_730_730" id="Footnote_730_730"></a><a href="#FNanchor_730_730"><span class="label">[730]</span></a> Citron confit?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_731_731" id="Footnote_731_731"></a><a href="#FNanchor_731_731"><span class="label">[731]</span></a> Sucre blanc clarifié et cuit dans de l’eau de rose.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_732_732" id="Footnote_732_732"></a><a href="#FNanchor_732_732"><span class="label">[732]</span></a> En comptant seulement ce qu’on brûla de cire, le reste
-étant rendu à l’épicier.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_733_733" id="Footnote_733_733"></a><a href="#FNanchor_733_733"><span class="label">[733]</span></a> Je ne sais comment l’auteur établit son compte,
-puisqu’il y avoit vingt écuelles au dîner, dix au souper, et qu’il en
-compte encore six au dîner des <i>servans</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_734_734" id="Footnote_734_734"></a><a href="#FNanchor_734_734"><span class="label">[734]</span></a> La Pierre-au-Lait, place où l’on vendoit le lait,
-auroit été située devant le portail de Saint-Jacques la Boucherie,
-et dans la partie de la rue des Écrivains située entre celles du
-Petit-Crucifix et des Arcis, suivant M. Géraud (<i>Paris sous Philippe
-le Bel</i>, p. 256); mais l’abbé Vilain, auteur d’une très-bonne histoire
-de Saint-Jacques la Boucherie, tout en reconnaissant que la grande
-porte de Saint-Jacques s’appeloit <i>la porte de la Pierre-au-Lait</i>,
-croit devoir, suivant les titres qu’il avoit consultés, donner le
-nom de <i>Pierre-au-Lait</i> seulement à la partie de la rue dite depuis
-des Écrivains, comprise entre celle du Petit-Crucifix et celle de
-la Vieille-Monnoie (ce qui est nommé <i>Lormerie</i> sur le plan de
-M. Géraud). Suivant le même abbé Vilain, la rue dite depuis de
-<i>Saint-Jacques la Boucherie</i> auroit encore été dite de la Vannerie
-au <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle. Il faudroit en conclure que la rue
-Saint-Jacques, nommée dans le rôle de la taille de 1292 comme attenant
-à <i>la Pierre-au-Lait</i>, seroit la rue du Crucifix, dite autrefois et
-encore au <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle, rue du Porche. Voir l’abbé
-Vilain, pages 17, 19, 58, 74, 251, 252. L’auteur d’une nomenclature
-des rues de Paris par tenans et aboutissans, insérée dans une édition
-de Corrozet de 1543, confirme complétement l’assertion de l’abbé
-Vilain en ce qui touche la position de <i>la Pierre-au-Lait</i>, au moins
-au <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle. En effet, suivant cet auteur, la
-Pierre-au-Lait touchoit aux rues des Écrivains, de la Vieille-Monnoie,
-de la Savonnerie et de la Haulmerie; enfin, entre la rue de la
-Vieille-Monnoie et celle de la Savonnerie, il met: <i>la Pierre-au-Lait
-ainsi qu’elle se comporte</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_735_735" id="Footnote_735_735"></a><a href="#FNanchor_735_735"><span class="label">[735]</span></a> La place de Grève.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_736_736" id="Footnote_736_736"></a><a href="#FNanchor_736_736"><span class="label">[736]</span></a> Voir ci-devant, p. 80.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_737_737" id="Footnote_737_737"></a><a href="#FNanchor_737_737"><span class="label">[737]</span></a> Dans l’ordonnance de 1388 sur l’organisation de la
-maison du Roi, on voit figurer à la panneterie, des officiers dits
-porte-chapes; une de leurs attributions étoit d’acheter les blés
-nécessaires à la consommation du Roi. Leur nom pouvait venir de ce
-qu’ils portoient le coffre où l’on enfermoit le pain du Roi, de <i>capa</i>,
-dans le sens de <i>capsa</i>. (Voy. Du Cange à <i>Capiger</i>.) Mais ce passage
-du <i>Ménagier</i> pourroit faire croire qu’il viendroit plutôt d’un
-instrument à chapeler le pain qui auroit été dit <i>chape</i> ou <i>chaple</i>;
-<i>capellare</i>, <i>capulare</i>, signifiant couper.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_738_738" id="Footnote_738_738"></a><a href="#FNanchor_738_738"><span class="label">[738]</span></a> Les restes solides.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_739_739" id="Footnote_739_739"></a><a href="#FNanchor_739_739"><span class="label">[739]</span></a> Il résulte de ce passage que les convives pouvoient
-avoir aussi des restes <i>liquides</i> à ôter de devant eux. Cela ne
-se conçoit guère avec des écuelles communes à deux personnes,
-et nécessairement renouvelées avec chaque mets. Les assiettes
-<i>personnelles</i> de métal étoient-elles donc déjà en usage? (Voy. p. 105,
-n. 1.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_740_740" id="Footnote_740_740"></a><a href="#FNanchor_740_740"><span class="label">[740]</span></a> Var. B. <i>petueil</i>, pilon.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_741_741" id="Footnote_741_741"></a><a href="#FNanchor_741_741"><span class="label">[741]</span></a> Vases placés sur la table ou sur un dressoir, et dans
-lesquels on faisoit remettre une portion des mets qu’on avoit devant
-soi pour être ensuite donnée aux pauvres. C’étoit la même pensée
-éminemment charitable et chrétienne qui faisoit donner aux pauvres
-la première part du gâteau des Rois, dite pour ce motif <i>la part de
-Dieu</i>. Les pots à aumône étoient de grande dimension, car on en voit
-un en argent de 12 marcs 2 onces 1/2 prisé 40 fr. d’or dans le compte
-d’exécution de la reine Jeanne d’Évreux en 1372 (Coll. Leber, XIX,
-143), et un aussi d’argent du poids de 11 marcs, et prisé 60 livres
-parisis dans l’inventaire de Richard Picque, archevêque de Reims,
-mort en 1389 (Reims, 1842, in-8º, p. 9). On voit encore dans ce même
-document (p. 63), <i>une grande escuelle à aumosne</i>, et enfin, p. 53,
-un dressoir pour mettre <i>la corbeille à l’aumosne</i>. Dans l’apologie
-du duc de Bourgogne par Jean Petit (Monstrelet, éd. du <i>Panthéon</i>, p.
-84, c. <small>I</small>), il est aussi parlé d’une viande prétendue
-empoisonnée qui fut enlevée de la table du Roi et mise dans <i>la
-corbeille de l’aumône</i>. (Une telle aumône auroit été peu charitable,
-mais il est bien probable que cette histoire étoit tout entière de
-l’invention de Jean sans Peur ou de Jean Petit.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_742_742" id="Footnote_742_742"></a><a href="#FNanchor_742_742"><span class="label">[742]</span></a> Pour <i>de</i>?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_743_743" id="Footnote_743_743"></a><a href="#FNanchor_743_743"><span class="label">[743]</span></a> C’est l’hôtel de l’évêque de Beauvais, soit celui que
-paroît avoir possédé personnellement rue de la Verrerie, le célèbre
-Miles de Dormans, évêque de Beauvais, mort en 1387 (Sauval, II, 109),
-soit plutôt l’hôtel des évêques de Beauvais, <i>rue des Billettes</i>,
-qui appartenoit à leur évêché, et que Charles, cardinal de Bourbon,
-vendit 30 000 livres en 1572 (Père Anselme, II, 303). Sauval n’a pas
-su où étoit situé cet hôtel.&mdash;On lit dans la relation de l’ambassade
-de Jérôme Lippomano en France, en 1577, que les concierges des maisons
-de Paris les louoient au jour ou au mois pendant les absences de
-leurs maîtres (<i>Amb. vénitiens</i>, 1838, in-4º, II, 609); c’étoit déjà
-l’usage au <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle, car il est dit plus loin
-que Jean Duchesne paya les 4 francs mentionnés ici au <i>concierge de
-l’hôtel de Beauvais</i>, qui lui loua aussi des tables, tréteaux, etc. <i>La
-chapellerie</i> signifie ici les chapeaux ou couronnes de fleurs.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_744_744" id="Footnote_744_744"></a><a href="#FNanchor_744_744"><span class="label">[744]</span></a> Il y avoit en 1385 un Jehan Duchesne attaché au
-Châtelet, peut-être en qualité d’audiencier, qui, suivant toute
-apparence, est le même dont l’auteur du <i>Ménagier</i> nous raconte
-les noces. Il est cité dans les registres des plaidoiries civiles
-du parlement de février 1384 (5). Il y est dit qu’il y avoit alors
-<i>plusieurs meschans femmes diffamées d’estre maq......es</i>, et que le
-prévôt de Paris avoit ordonné qu’elles fussent enfermées au Châtelet.
-Un jour, une femme nommée Perrette Potarde (femme de J. Potard,
-chevaucheur de la reine Blanche), <i>petitement renommée</i>, passoit par
-la rue Simon-le-Franc. Là étoient Martin Double, avocat du roi au
-Châtelet, Jehan du Chesne et plusieurs autres, qui affirmèrent à un
-sergent qu’elle étoit du métier proscrit par le prévôt. Quelque temps
-après, elle vint au Châtelet, <i>en bas en l’auditoire des audienciers</i>;
-Jehan du Chesne l’ayant aperçue, la montra du doigt à Jehan Soudant
-examinateur au Châtelet, <i>si comme il voulsist dire: C’est elle,
-prenez-la</i>. Soudant l’ayant fait arrêter par un sergent, on la
-conduisoit dans les prisons du Châtelet, lorsqu’en arrivant au guichet
-elle cria qu’elle en appeloit, mais Martin Double passant là, dit au
-sergent: <i>Boutez hardiment puisqu’elle est si près</i>. Perrette plaidoit
-contre Soudant et le sergent, et les accusoit de l’avoir sacrifiée aux
-haines de Jean du Chesne et autres; en effet, Soudant fut condamné à 40
-liv. de dommages et 60 liv. d’amende.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_745_745" id="Footnote_745_745"></a><a href="#FNanchor_745_745"><span class="label">[745]</span></a> S. e. <i>renfermées</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_746_746" id="Footnote_746_746"></a><a href="#FNanchor_746_746"><span class="label">[746]</span></a> Passage bien curieux pour l’histoire du service de
-table. Il y avoit, outre le dressoir de salle où étoit la vaisselle, le
-vin, etc., un dressoir de cuisine où l’on dressoit les plats, et d’où
-ils étoient apportés sur la table. Voir sur ce second dressoir, la p.
-115, et l’apologie du duc de Bourgogne déjà citée, p. 115, note 2.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_747_747" id="Footnote_747_747"></a><a href="#FNanchor_747_747"><span class="label">[747]</span></a> Var. C. <i>servans</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_748_748" id="Footnote_748_748"></a><a href="#FNanchor_748_748"><span class="label">[748]</span></a> Var. B. <i>laver</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_749_749" id="Footnote_749_749"></a><a href="#FNanchor_749_749"><span class="label">[749]</span></a> Pour faire asseoir, pour placer les convives.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_750_750" id="Footnote_750_750"></a><a href="#FNanchor_750_750"><span class="label">[750]</span></a> Marchande de couronnes de fleurs.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_751_751" id="Footnote_751_751"></a><a href="#FNanchor_751_751"><span class="label">[751]</span></a> Repas ou fête donnée (quelquefois rendue par les parents
-des mariés) le lendemain des noces ou quelques jours après. On disoit
-en Normandie <i>Racroc de noces</i> (Voy. du Cange au mot <i>Receptum</i>) et
-à Troyes <i>Regaust</i>. (Parl. Criminel, XI, 5 déc. 1384.) Voy. sur le
-<i>regard</i>, pages 122 et 123.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_752_752" id="Footnote_752_752"></a><a href="#FNanchor_752_752"><span class="label">[752]</span></a> On sait qu’autrefois le lit nuptial étoit béni; on voit
-même dans une miniature du <i>Chevalereux comte d’Artois</i>, reproduite
-dans l’édition curieuse qu’a donnée M. Barrois de ce joli roman (p.
-27), un prêtre bénissant le lit dans lequel le comte d’Artois et sa
-nouvelle épouse sont déjà couchés.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_753_753" id="Footnote_753_753"></a><a href="#FNanchor_753_753"><span class="label">[753]</span></a> Tresser, natter. Mais que tressoit-on, et pourquoi
-est-ce une lavandière?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_754_754" id="Footnote_754_754"></a><a href="#FNanchor_754_754"><span class="label">[754]</span></a> Nous verrons plus loin (chapitre des <i>Menues choses</i>)
-ce Hautecourt nommé <i>maistre Jehan de Hautecourt</i>. Il me paroît bien
-que c’est le même qui transigea, le 3 juin 1385, avec l’abbesse
-d’Hyères, sur un procès que l’abbesse lui avoit intenté (elle concluoit
-contre lui, en janvier 1384 (5), à 1 000 fr. d’amende pour elle et 2
-000 pour le Roi, etc., <i>Plaid. civ.</i>). Sire Jean de Fleury, dernier
-prévôt des marchands en 1382, le fameux trésorier Bernard de Montlhéry
-cité dans <i>Christine de Pisan</i>, et Jehan de Longueil, conseiller au
-parlement, étoient ses amis; il y a donc lieu de croire qu’il étoit
-dans une position assez élevée pour pouvoir faire une noce aussi
-dispendieuse que celle dont nous avons ici le menu. Quant à sa qualité
-de <i>clerc</i> qui ressort de la pièce suivante (<i>Colin Morant pour ce
-qu’il est lay</i>), elle ne doit pas empêcher de croire qu’il ait pu se
-marier, rien n’étant à cette époque plus fréquent que de voir des gens
-mariés, exerçant toute espèce de profession, et revêtus cependant de
-la qualité religieuse de clerc, qui les mettait à l’abri de beaucoup
-d’éventualités fâcheuses.
-</p><p>
-Il est dit dans cet accord que maître Jehan de Hautecourt et ses
-consors iront le jour de la fête saint Pierre et saint Paul (29 juin)
-en l’abbaye d’Hyères, vers madame l’abbesse ayant en sa compagnie
-autant de ses religieuses qu’elle voudra et M. de Folleville
-(conseiller au parlement, devenu en 1389 prévôt de Paris), maître
-Jean de Fontaines et maître Raoul Drobille (son procureur); alors,
-continue l’accord, «maistre Jehan et ses consors salueront et feront la
-révérence à ladite Madame l’abbesse si comme à son estat appartient, et
-oultre ledit maistre Jehan dira pour lui, Aymery Comte, Odinet de Sens,
-Herlin des Mares et Colin Morant, teles paroles:
-</p><p>
-«Madame, vous avez fait proposer contre nous en parlement comment nous
-venismes en l’esglise de céans, armés et garnis d’espées, de taloches
-et de longs cousteaux, environ demie lieue de nuit, et entrasmes en
-l’ostel du Four, tenant nos bastons et espées toutes nues, et je, Jehan
-de Hautecourt, demandoie où estoient Colin le Barbier et Jehannin
-Poitrine qui avoient batu mon varlet, et que se je les trouvoie,
-jamais ils ne mengeroient de pain: et que je feroie pendre ledit Colin
-le Barbier, et que vous, Madame, ne teniez avec vous que larrons et
-murtriers: et cerchasmes ledit hostel du Four, et frappasmes nos espées
-et cousteaux dedans les liz pour savoir se lesdis Colin le Barbier et
-Jehan Poitrine y estoient muciés. <i>Item</i>, que par la court de céans et
-jusques à la chambre de vous, Madame, nous chassasmes lesdis Colin le
-Barbier et Jehan Poitrine, en criant après eulx: <i>A mort! à mort!</i> Et
-que ledit Poitrine à moy, et par espécial Perrenelle de Machaut, pour
-cuider appaisier la noise en disant que lesdites dames, leurs familiers
-et esglise, estoient en la sauve-garde du Roy et que je me gardasse
-de meffaire à eulx, que je deubs respondre que aussi estoie-je en la
-sauve-garde du Roy, et que de vous, Madame, je ne tenoie compte, ne
-desdites dames, ne leurs amis, et que vous en feissiez du mieulx que
-vous pouriez, et que se je tenoie lesdis Colin et Poitrine, que je les
-tueroie. Et pour ce avez fait conclure contre nous en amende honnorable
-et prouffitable. Madame, nous créons bien que vous avez esté informée
-contre nous, et pour ce vous estes tenue à malcontente de nous. Et en
-vérité, Madame, onques jour de nos vies nous ne fusmes en l’esglise
-de céans pour vous ne vos gens injurier en fait ne en parole, ne ne
-vourrions faire en aucune manière, ainçois nous vourrions et avons
-tousjours voulu faire à nos povoirs service et plaisir, et se par
-aucune manière vous nous avez sceu aucun mal gré et par ce avons esté
-hors de vostre bonne grâce, nous vous supplions qu’il vous plaise à le
-nous pardonner.»
-</p><p>
-«Et après ces choses ainsi dictes, ladicte Madame respondra teles
-paroles ou en substance:
-</p><p>
-«Maistre Jehan, nous avons esté informé des choses dessusdictes
-souffisamment, si comme il nous a semblé, et pour ce les avons-nous
-fait proposer contre vous en parlement pour garder le droit de nous et
-de nostre Esglise, mais nonobstant ce, pour l’amour de sire Jehan de
-Ruel, sire Jehan de Fleury, Bernart de Montleheri et de maistre Jehan
-de Longueil, vos amis, qui nous en ont escript et requis, et pour ce
-aussi que vous vous en excusez à nous, nous le vous pardonnons.»
-</p><p>
-«<i>Item</i>, cedit jour et heure, Colin Morant pour ce qu’il est lay, après
-ces choses, le chapperon avalé et un genoul à terre, dira à Madame en
-substance les paroles dessus dites en tant qu’il touche l’accusation
-de Madame l’abbesse et du procureur du Roy et aussi son excusation, et
-puis dira:
-</p><p>
-«Madame, se en aucune manière je vous ai meffait ne mesdit ès choses
-dessus dictes, je le vous amende à vostre pure volenté.»
-</p><p>
-«En ploiant son gaige (<i>celui qui faisoit amende honorable plioit une
-baguette que lui remettoit l’huissier</i>): laquelle amende elle recevra
-et puis dira:
-</p><p>
-«Pour l’amour de sire Jehan de Rueil, sire Jehan de Fleury, Bernart de
-Montleheri et maistre Jehan de Longueil qui m’en ont escript et requis,
-je te quitte l’amende.»fu attains et féru d’un estoc ou costé à sang,
-et à plaie ouverte d’une espée. <i>Item</i>, pour ce que les dames de céans
-furent moult effréées et vindrent</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_755_755" id="Footnote_755_755"></a><a href="#FNanchor_755_755"><span class="label">[755]</span></a> Ligne laissée en blanc dans les manuscrits.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_756_756" id="Footnote_756_756"></a><a href="#FNanchor_756_756"><span class="label">[756]</span></a> Var. B. <i>joziers</i>. <i>Jugier</i> est meilleur.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_757_757" id="Footnote_757_757"></a><a href="#FNanchor_757_757"><span class="label">[757]</span></a> Du Cange cite, au mot <i>Manus</i>, un compte de 1334 imprimé
-parmi les preuves de l’<i>Histoire de Nîmes</i>, dans lequel on voit deux
-massepains, l’un de <i>manu-christi</i>, et l’autre de <i>confiegs</i>. Il semble
-que ces mots doivent désigner un fruit ou une amande, mais je n’ai pu
-découvrir lequel.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_758_758" id="Footnote_758_758"></a><a href="#FNanchor_758_758"><span class="label">[758]</span></a> Var. A. <i>quatre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_759_759" id="Footnote_759_759"></a><a href="#FNanchor_759_759"><span class="label">[759]</span></a> Les deux nouveaux mariés.&mdash;Il est si bien probable
-qu’alors on gardoit toute sa vie le deuil de son conjoint.&mdash;Les reines
-portoient ainsi tout le reste de leur vie le deuil du roi auquel elles
-survivoient, et elles le portoient en blanc. On les appeloit alors,
-pour les distinguer de la nouvelle reine, <i>reines blanches</i>: de là tant
-de maisons dites <i>de la reine Blanche</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_760_760" id="Footnote_760_760"></a><a href="#FNanchor_760_760"><span class="label">[760]</span></a> Et autres présens qu’on leur faisoit pendant le repas.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_761_761" id="Footnote_761_761"></a><a href="#FNanchor_761_761"><span class="label">[761]</span></a> Ce mot doit conserver ici la même signification que
-ci-dessus, pages 118 et 122; l’auteur veut sans doute dire que pour ce
-prix ils joueront aussi le jour du regard.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_762_762" id="Footnote_762_762"></a><a href="#FNanchor_762_762"><span class="label">[762]</span></a> Si ce mot ne désigne pas nos <i>acrobates</i> d’aujourd’hui
-(les ménétriers étoient aussi danseurs de corde; voir une citation
-d’Albéric de Trois-Fontaines à l’année 1237, dans Du Cange, au mot
-<i>Ministellus</i>), il signifie soit histrions, soit farces ou récits
-plaisans. Voy. Du Cange aux mots <i>Acroama</i> et <i>Acroamata</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_763_763" id="Footnote_763_763"></a><a href="#FNanchor_763_763"><span class="label">[763]</span></a> Fleur de farine.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_764_764" id="Footnote_764_764"></a><a href="#FNanchor_764_764"><span class="label">[764]</span></a> Voir ci-dessus, p. 88.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_765_765" id="Footnote_765_765"></a><a href="#FNanchor_765_765"><span class="label">[765]</span></a> Au contraire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_766_766" id="Footnote_766_766"></a><a href="#FNanchor_766_766"><span class="label">[766]</span></a> Au IV<sup>e</sup> article, ci-dessus, p. 111, mais ce n’est
-qu’une nomenclature incomplète.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_767_767" id="Footnote_767_767"></a><a href="#FNanchor_767_767"><span class="label">[767]</span></a> J’écris ainsi ce mot à causé des deux <i>l</i>. Peut-être
-<i>entrecercle</i> est-il le vrai nom.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_768_768" id="Footnote_768_768"></a><a href="#FNanchor_768_768"><span class="label">[768]</span></a> Échanger le linge c’est le mettre dans l’eau et le
-tordre avant de le mettre à la lessive.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_769_769" id="Footnote_769_769"></a><a href="#FNanchor_769_769"><span class="label">[769]</span></a> L’humidité.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_770_770" id="Footnote_770_770"></a><a href="#FNanchor_770_770"><span class="label">[770]</span></a> Var. B. <i>estandre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_771_771" id="Footnote_771_771"></a><a href="#FNanchor_771_771"><span class="label">[771]</span></a> Pouliot, herbe odoriférante.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_772_772" id="Footnote_772_772"></a><a href="#FNanchor_772_772"><span class="label">[772]</span></a> Cueillis.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_773_773" id="Footnote_773_773"></a><a href="#FNanchor_773_773"><span class="label">[773]</span></a> Boyau.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_774_774" id="Footnote_774_774"></a><a href="#FNanchor_774_774"><span class="label">[774]</span></a> Oie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_775_775" id="Footnote_775_775"></a><a href="#FNanchor_775_775"><span class="label">[775]</span></a> On demande.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_776_776" id="Footnote_776_776"></a><a href="#FNanchor_776_776"><span class="label">[776]</span></a> Temps de Pâques.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_777_777" id="Footnote_777_777"></a><a href="#FNanchor_777_777"><span class="label">[777]</span></a> De là le proverbe: <i>vilain comme lard jaune</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_778_778" id="Footnote_778_778"></a><a href="#FNanchor_778_778"><span class="label">[778]</span></a> Ratisser, gratter.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_779_779" id="Footnote_779_779"></a><a href="#FNanchor_779_779"><span class="label">[779]</span></a> Paré; mais plutôt faute, pour <i>décolé</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_780_780" id="Footnote_780_780"></a><a href="#FNanchor_780_780"><span class="label">[780]</span></a> Cette phrase est évidemment défectueuse. Il semble que
-l’auteur veuille dire qu’il y a <i>la fresure</i>, puis <i>le sain</i>, <i>la
-haste-menue</i> et <i>le chaudun</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_781_781" id="Footnote_781_781"></a><a href="#FNanchor_781_781"><span class="label">[781]</span></a> Sans doute deux blancs parisis.&mdash;Il y a eu une monnoie
-d’argent dite <i>parisis</i>, mais, suivant Le Blanc, elle n’a été en usage
-que sous Philippe de Valois, et elle avoit d’ailleurs trop de valeur
-pour que les issues du mouton aient pu valoir deux de ces pièces.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_782_782" id="Footnote_782_782"></a><a href="#FNanchor_782_782"><span class="label">[782]</span></a> Cependant l’auteur distingue plus haut la panse de la
-fraise.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_783_783" id="Footnote_783_783"></a><a href="#FNanchor_783_783"><span class="label">[783]</span></a> <i>On demande</i>, mais l’auteur n’en savoit pas la raison.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_784_784" id="Footnote_784_784"></a><a href="#FNanchor_784_784"><span class="label">[784]</span></a> Il paroît manquer ici quelque mots comme: <i>avec de l’eau
-et</i>.... Cette recette est répétée plus loin (chap. des <i>potages à
-espices</i>). Voir sur ce sujet le <i>Trésor de Vénerie</i>, p. 62, et note 56.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_785_785" id="Footnote_785_785"></a><a href="#FNanchor_785_785"><span class="label">[785]</span></a> Mieux <i>cimier</i>, c’est la croupe ou quoier (de queue) du
-cerf; l’auteur en parle encore plus loin.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_786_786" id="Footnote_786_786"></a><a href="#FNanchor_786_786"><span class="label">[786]</span></a> On trouve dans les <i>Délices de la campagne</i> (voir pag.
-105), quelques détails sur les différentes parties des bœufs, mais
-l’auteur écrivant pour des lecteurs qui connoissoient les noms qu’il
-emploie, ne définit pas nettement ces noms, et on ne peut tirer de ses
-paroles que des inductions.
-</p><p>
-La manière de distribuer la chair des bœufs est complétement changée
-aujourd’hui, et il est bien difficile, pour ne pas dire impossible,
-de donner exactement les noms actuels et la définition des diverses
-parties que nomme ici l’auteur du <i>Ménagier</i>. Voici cependant le
-très-foible résultat de renseignemens soigneusement recueillis sur ce
-sujet.
-</p><p>
-On appelle aujourd’hui <i>flanchet</i> la membrane qui retient les
-intestins, le bas-ventre, et il semble que ce mot n’a jamais pu
-désigner en effet qu’une partie située sur les flancs de l’animal.
-Cependant, plus haut, l’auteur place le flanchet au quartier de devant
-d’un mouton. Le Dictionnaire de Trévoux définit le flanchet <i>partie
-qu’on coupe au bas-bout du bœuf, vers les cuisses, et qui fait partie
-de la surlonge</i>.
-</p><p>
-La <i>surlonge</i>, nécessairement différente de ce qui porte aujourd’hui ce
-nom (chair des dernières basses côtes qui se trouve sous l’épaule après
-qu’elle est levée), doit être l’extrémité de la longe, c’est-à-dire une
-partie de la culotte (<i>Délices de la campagne</i>, p. 193).
-</p><p>
-La longe, valant le double de la surlonge (pages 86, 87), comprenoit
-les aloyaux et le filet. Les Anglois ont conservé le mot <i>loin</i> pour
-désigner le filet.
-</p><p>
-Dom Carpentier pense que nomblet, <i>numbile</i>, désigne la <i>longe</i>,
-<i>l’eschinée</i>. Mais ce passage du <i>Ménagier</i> prouve que cette opinion
-est erronée, puisque l’auteur distingue le nomblet de la longe, et
-qu’on ne peut supposer qu’à aucune époque la partie du bœuf dite
-aujourd’hui le filet ait été le profit de l’écorcheur et <i>de petite
-valeur</i>. Faisant ensuite allusion à la définition des veneurs, Dom
-Carpentier exprime l’idée que le mot nomblet, s’il ne signifie pas la
-longe, pourroit venir d’<i>umbilicus</i>, nombril, à raison de l’endroit
-où le nomblès est levé. Des anciens veneurs, l’auteur anonyme du
-<i>Roi Modus</i>, qui a été copié en cet endroit par Phébus, est le plus
-explicite. Les nomblès sont, suivant lui, <i>une char et une gresse avec
-les rognons, qui est par dedens, endroit les longes, près des deux
-cuisses</i>. Cette définition, de même que les expressions de l’auteur
-du <i>Ménagier</i>, concordent avec la position et la nature du morceau
-dit aujourd’hui <i>onglet</i>, peut-être par corruption de <i>nomblet</i>, dans
-la boucherie de Paris: c’est un morceau de viande de douze à quinze
-pouces de long (l’auteur donne la dimension de la longueur du morceau
-de viande qui forme l’onglet, mais quand il dit qu’il touche d’un bout
-au <i>col</i> et de l’autre au rognon, il joint évidemment à l’onglet la
-membrane dite la <i>hampe</i>, car il est physiquement impossible qu’il
-n’y ait qu’un pied de distance entre le cou et le rognon d’un bœuf)
-qui forme l’extrémité de la <i>hampe</i> ou membrane qui sépare le foie et
-la rate d’avec la panse et les intestins. L’onglet touche en effet la
-graisse qui enveloppe le rognon, et la hampe, continuation nerveuse
-de l’onglet, va se rattacher, non pas au cou, mais à la poitrine. Les
-côtes de l’animal commencent à la hauteur de l’onglet.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_787_787" id="Footnote_787_787"></a><a href="#FNanchor_787_787"><span class="label">[787]</span></a> Ce mot n’est que dans le Ms. C, mais est cependant
-nécessaire au sens.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_788_788" id="Footnote_788_788"></a><a href="#FNanchor_788_788"><span class="label">[788]</span></a> Var. A et C, <i>au dessus</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_789_789" id="Footnote_789_789"></a><a href="#FNanchor_789_789"><span class="label">[789]</span></a> A la Porte-Paris, à la grande boucherie.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_790_790" id="Footnote_790_790"></a><a href="#FNanchor_790_790"><span class="label">[790]</span></a> La taille sur laquelle chaque bourgeois faisoit marquer
-la viande qu’il prenoit, sans la payer chaque jour. Voy. ci-dessus,
-page 88. Je pense que c’est ainsi qu’on doit entendre ce passage,
-plutôt que de croire qu’il s’agit ici d’une taille (impôt) levée sur la
-viande.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_791_791" id="Footnote_791_791"></a><a href="#FNanchor_791_791"><span class="label">[791]</span></a> A cause du plus grand nombre de pièces et de
-l’augmentation de leur volume résultant de la plus forte dimension de
-l’animal. Il semble résulter de ce passage qu’on vendoit la viande au
-morceau et non au poids.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_792_792" id="Footnote_792_792"></a><a href="#FNanchor_792_792"><span class="label">[792]</span></a> L’estomac.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_793_793" id="Footnote_793_793"></a><a href="#FNanchor_793_793"><span class="label">[793]</span></a> Second estomac.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_794_794" id="Footnote_794_794"></a><a href="#FNanchor_794_794"><span class="label">[794]</span></a> Le poumon.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_795_795" id="Footnote_795_795"></a><a href="#FNanchor_795_795"><span class="label">[795]</span></a> 30 novembre.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_796_796" id="Footnote_796_796"></a><a href="#FNanchor_796_796"><span class="label">[796]</span></a> Peau.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_797_797" id="Footnote_797_797"></a><a href="#FNanchor_797_797"><span class="label">[797]</span></a> Dans le courant de cet article, <i>élire</i> signifie
-<i>éplucher</i> (ici <i>écosser</i>) et non choisir. Nous verrons (chap. du
-<i>gravé d’écrevices</i>) l’auteur dire d’<i>élire</i> des écrevices; <i>comme si
-l’on vouloit les manger</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_798_798" id="Footnote_798_798"></a><a href="#FNanchor_798_798"><span class="label">[798]</span></a> Les Mss. ajoutent <i>et d’eaue de fontaine</i>; peut-être
-faudroit-il lire <i>et d’eaue de rivière</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_799_799" id="Footnote_799_799"></a><a href="#FNanchor_799_799"><span class="label">[799]</span></a> Béans, crevés? Nous verrons plus loin les fèves
-<i>bayennes</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_800_800" id="Footnote_800_800"></a><a href="#FNanchor_800_800"><span class="label">[800]</span></a> Purer signifie, dans cette partie du <i>Ménagier</i>,
-égoutter, séparer le liquide du solide, et la purée est la partie
-liquide. (Voy. p. 137, n. 4, et p. 139.)</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_801_801" id="Footnote_801_801"></a><a href="#FNanchor_801_801"><span class="label">[801]</span></a> Cuis à part, comme le lard aux jours de chair.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_802_802" id="Footnote_802_802"></a><a href="#FNanchor_802_802"><span class="label">[802]</span></a> Suppléez, <i>ainsi</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_803_803" id="Footnote_803_803"></a><a href="#FNanchor_803_803"><span class="label">[803]</span></a> Coupés par tranches (morceaux minces).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_804_804" id="Footnote_804_804"></a><a href="#FNanchor_804_804"><span class="label">[804]</span></a> Baleine salée; voir le chapitre des <i>poissons de mer
-ronds</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_805_805" id="Footnote_805_805"></a><a href="#FNanchor_805_805"><span class="label">[805]</span></a> Bluteau, grand tamis long composé de plusieurs cercles.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_806_806" id="Footnote_806_806"></a><a href="#FNanchor_806_806"><span class="label">[806]</span></a> Tamis d’étoffe claire.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_807_807" id="Footnote_807_807"></a><a href="#FNanchor_807_807"><span class="label">[807]</span></a> Sas, tamis de crin.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_808_808" id="Footnote_808_808"></a><a href="#FNanchor_808_808"><span class="label">[808]</span></a> Dans la purée.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_809_809" id="Footnote_809_809"></a><a href="#FNanchor_809_809"><span class="label">[809]</span></a> Tartines de pain.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_810_810" id="Footnote_810_810"></a><a href="#FNanchor_810_810"><span class="label">[810]</span></a> Voy. le <i>civé d’huitres</i> au chapitre <i>des Potages lians
-sans chair</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_811_811" id="Footnote_811_811"></a><a href="#FNanchor_811_811"><span class="label">[811]</span></a> Cette phrase, qui se trouve déjà p. 88, l. 5, paroît
-placée ici par une erreur commune aux trois manuscrits.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_812_812" id="Footnote_812_812"></a><a href="#FNanchor_812_812"><span class="label">[812]</span></a> Var. B. <i>alaiez</i>, délayez. La purée étoit évidemment
-très-claire et une sorte de bouillon de légumes.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_813_813" id="Footnote_813_813"></a><a href="#FNanchor_813_813"><span class="label">[813]</span></a> Les manuscrits répètent ici les §§ 1 et 2, p. 88, et §7,
-p. 87.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_814_814" id="Footnote_814_814"></a><a href="#FNanchor_814_814"><span class="label">[814]</span></a> Jusqu’à ce qu’elles soient crevées? (béantes). Voy. p.
-135, n. 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_815_815" id="Footnote_815_815"></a><a href="#FNanchor_815_815"><span class="label">[815]</span></a> Chaque plat?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_816_816" id="Footnote_816_816"></a><a href="#FNanchor_816_816"><span class="label">[816]</span></a> On voit page 142 que l’auteur appelle ainsi la réunion
-de plusieurs lardons fondans dans la poële.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_817_817" id="Footnote_817_817"></a><a href="#FNanchor_817_817"><span class="label">[817]</span></a> D’épices. Sans doute poudre fine.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_818_818" id="Footnote_818_818"></a><a href="#FNanchor_818_818"><span class="label">[818]</span></a> Tout le temps de l’année qui n’est pas le carême.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_819_819" id="Footnote_819_819"></a><a href="#FNanchor_819_819"><span class="label">[819]</span></a> Donné, avec quelques notables différences cependant,
-sous le titre de <i>Porée de cresson</i>, dans le manuscrit de Taillevent
-conservé à la Bibliothèque Mazarine.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_820_820" id="Footnote_820_820"></a><a href="#FNanchor_820_820"><span class="label">[820]</span></a> Suppléez <i>est</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_821_821" id="Footnote_821_821"></a><a href="#FNanchor_821_821"><span class="label">[821]</span></a> Ces quatre mots pourroient s’appliquer aux épinards. Il
-faudroit, dans ce cas, supprimer l’alinéa.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_822_822" id="Footnote_822_822"></a><a href="#FNanchor_822_822"><span class="label">[822]</span></a> Voy. pages 48 et 143.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_823_823" id="Footnote_823_823"></a><a href="#FNanchor_823_823"><span class="label">[823]</span></a> Délayer.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_824_824" id="Footnote_824_824"></a><a href="#FNanchor_824_824"><span class="label">[824]</span></a> On sait que l’année commençoit alors à Pâques. Les
-années 1392, 1393 et 1394, dans lesquelles on peut fixer l’époque de
-la composition du <i>Ménagier</i> (ainsi que je crois l’avoir démontré dans
-l’Introduction), commencèrent toutes trois en Avril.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_825_825" id="Footnote_825_825"></a><a href="#FNanchor_825_825"><span class="label">[825]</span></a> Les trois manuscrits portent <i>nommés</i>; je crois qu’il
-faut lire <i>pommés</i> ou <i>pommes</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_826_826" id="Footnote_826_826"></a><a href="#FNanchor_826_826"><span class="label">[826]</span></a> Temps de Pâques.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_827_827" id="Footnote_827_827"></a><a href="#FNanchor_827_827"><span class="label">[827]</span></a> Déchirer par pièces.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_828_828" id="Footnote_828_828"></a><a href="#FNanchor_828_828"><span class="label">[828]</span></a> Cotons.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_829_829" id="Footnote_829_829"></a><a href="#FNanchor_829_829"><span class="label">[829]</span></a> Écrasés.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_830_830" id="Footnote_830_830"></a><a href="#FNanchor_830_830"><span class="label">[830]</span></a> <i>Et</i> paroît être de trop.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_831_831" id="Footnote_831_831"></a><a href="#FNanchor_831_831"><span class="label">[831]</span></a> Gruau. Var. A, <i>grumiau</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_832_832" id="Footnote_832_832"></a><a href="#FNanchor_832_832"><span class="label">[832]</span></a> Ces mots ne sont que dans le Ms. C.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_833_833" id="Footnote_833_833"></a><a href="#FNanchor_833_833"><span class="label">[833]</span></a> Foulque, oiseau de rivière.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_834_834" id="Footnote_834_834"></a><a href="#FNanchor_834_834"><span class="label">[834]</span></a> Gésiers. Var. mauvaise de B. <i>josiers</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_835_835" id="Footnote_835_835"></a><a href="#FNanchor_835_835"><span class="label">[835]</span></a> On trouve la même recette (<i>gramouse</i>), sauf plusieurs
-mots omis, dans <i>le Grand cuisinier de toutes cuisines</i>, Paris, V<sup>e</sup>
-J<sup>n</sup> Bonfons, in-16, s. d., fº 28. (Voir l’Introduction.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_836_836" id="Footnote_836_836"></a><a href="#FNanchor_836_836"><span class="label">[836]</span></a> Var. B. <i>fait</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_837_837" id="Footnote_837_837"></a><a href="#FNanchor_837_837"><span class="label">[837]</span></a> <i>Gr. Cuis.</i>, fº 28 vº, identique.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_838_838" id="Footnote_838_838"></a><a href="#FNanchor_838_838"><span class="label">[838]</span></a> Peut-être dans la partie maigre du bouillon, dans <i>du
-bouillon dégraissé</i>, par opposition avec l’eau grasse dont l’auteur va
-parler.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_839_839" id="Footnote_839_839"></a><a href="#FNanchor_839_839"><span class="label">[839]</span></a> A bas, hors du feu.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_840_840" id="Footnote_840_840"></a><a href="#FNanchor_840_840"><span class="label">[840]</span></a> Var. A. C. <i>ondée</i>. (Jeter un bouillon.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_841_841" id="Footnote_841_841"></a><a href="#FNanchor_841_841"><span class="label">[841]</span></a> La traduction en vers explique suffisamment le
-commencement de cet aphorisme culinaire. <i>Lazarus</i> (ladre) paroît
-répondre à <i>teigneux</i>; <i>Martinus</i> signifie dur, obstiné (<i>rebelle</i>)
-par allusion à Martin Grosia, professeur de droit à Bologne au
-<small>XII</small><sup>e</sup> siècle, dont la dureté et l’entêtement étoient
-passés en proverbe au dire du cardinal Baronius, cité par Du Cange au
-mot <i>Martinus</i>. Il semble donc que <i>respondens pontifici</i> soit traduit
-par <i>pesant</i>. Est-ce par allusion à la solennité, à la <i>gravité</i>
-pontificale? Christine de Pisan a employé le mot <i>pontifical</i> dans le
-sens de solennel en parlant du duc d’Anjou. (<i>Hault et pontifical en
-son maintien.</i> Voy. Du Cange à <i>Pontifex</i>.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_842_842" id="Footnote_842_842"></a><a href="#FNanchor_842_842"><span class="label">[842]</span></a> Bœuf.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_843_843" id="Footnote_843_843"></a><a href="#FNanchor_843_843"><span class="label">[843]</span></a> Cotte, vêtement, ici <i>enveloppe</i>, extérieur.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_844_844" id="Footnote_844_844"></a><a href="#FNanchor_844_844"><span class="label">[844]</span></a> Suppléez <i>in</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_845_845" id="Footnote_845_845"></a><a href="#FNanchor_845_845"><span class="label">[845]</span></a> Ainsi, pour le dedans (<i>ce qui est dedans</i>). L’auteur,
-d’après le même principe, dit plus loin (<i>lamproie à l’étouffée</i>): <i>ce</i>
-dessus dessous.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_846_846" id="Footnote_846_846"></a><a href="#FNanchor_846_846"><span class="label">[846]</span></a> <i>G. C.</i>, 9 vº.&mdash;On trouve une recette presque identique
-dans le manuscrit de Taillevent conservé à la Bibliothèque royale.
-(Celles du Taillevent de la B. Maz. et l’imprimé diffèrent).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_847_847" id="Footnote_847_847"></a><a href="#FNanchor_847_847"><span class="label">[847]</span></a> Suppléez: <i>de mouton</i>. <i>G. C.</i>, 21.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_848_848" id="Footnote_848_848"></a><a href="#FNanchor_848_848"><span class="label">[848]</span></a> A la mode d’Ausoerre (d’Auxerre)? ou faut-il lire <i>au
-soerre</i>, au soir (à souper)?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_849_849" id="Footnote_849_849"></a><a href="#FNanchor_849_849"><span class="label">[849]</span></a> <i>G. C.</i>, 31 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_850_850" id="Footnote_850_850"></a><a href="#FNanchor_850_850"><span class="label">[850]</span></a> <i>G. C.</i>, <i>ib.</i>, quelques différences.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_851_851" id="Footnote_851_851"></a><a href="#FNanchor_851_851"><span class="label">[851]</span></a> Morceau de la cuisse.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_852_852" id="Footnote_852_852"></a><a href="#FNanchor_852_852"><span class="label">[852]</span></a> <i>G. C.</i>, 31 vº, quelques différences.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_853_853" id="Footnote_853_853"></a><a href="#FNanchor_853_853"><span class="label">[853]</span></a> Râpé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_854_854" id="Footnote_854_854"></a><a href="#FNanchor_854_854"><span class="label">[854]</span></a> <i>G. C.</i>, 5.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_855_855" id="Footnote_855_855"></a><a href="#FNanchor_855_855"><span class="label">[855]</span></a> L’auteur du <i>Grand Cuisinier</i> a remplacé ce mot (article
-du blanc-manger de chapon, feuillet 9 vº) par <i>foie</i>; et, en effet,
-cette interprétation pourroit convenir aux passages du <i>Ménagier</i>
-où se rencontre le mot <i>braon</i>. Roquefort l’explique par <i>gras des
-fesses</i>, mais on voit que ce ne peut être la signification de ce mot.
-Dans l’exemple cité par Roquefort, il s’agit d’un cerf que les chiens
-tiennent aux nerfs et aux <i>braons</i>. Je crois que dans cet exemple
-<i>braon</i> est synonyme de <i>daintiers</i>, et par suite que le mot <i>braon</i>
-signifie <i>intestins</i> en général.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_856_856" id="Footnote_856_856"></a><a href="#FNanchor_856_856"><span class="label">[856]</span></a> <i>Pain</i> dans le <i>G. C.</i> qui donne cette recette (feuillet
-1 vº); mais <i>grain</i> est répété plusieurs fois dans le <i>Ménagier</i> pour
-désigner la partie solide d’un mets composé de solide et de liquide.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_857_857" id="Footnote_857_857"></a><a href="#FNanchor_857_857"><span class="label">[857]</span></a> Que ce soit chapon ou veau aux herbes, il n’y faut que
-lard et safran.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_858_858" id="Footnote_858_858"></a><a href="#FNanchor_858_858"><span class="label">[858]</span></a> <i>G. C.</i>, 11 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_859_859" id="Footnote_859_859"></a><a href="#FNanchor_859_859"><span class="label">[859]</span></a> Sans les mettre dans l’eau chaude, comme on faisoit le
-plus souvent et comme on le fait encore en Orient.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_860_860" id="Footnote_860_860"></a><a href="#FNanchor_860_860"><span class="label">[860]</span></a> Dans la poêle encore vide, sans beurre ou autre graisse
-mise préalablement?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_861_861" id="Footnote_861_861"></a><a href="#FNanchor_861_861"><span class="label">[861]</span></a> <i>G. C.</i>, 28, dit <i>graine</i> d’oiselés. Cependant j’écris
-gravé, parce que ce mot est ainsi dans le Ms. B où les <i>u</i> (ou <i>v</i>)
-sont bien distincts des <i>n</i> dans les mots écrits en gros caractères, et
-je mets un accent sur l’<i>e</i> parce que ce mot étant du masculin (voy.
-les menus <small>VI</small> et <small>XII</small>, etc., où il est
-dit <i>un</i> gravé), il semble qu’on devoit plutôt dire un grav<i>é</i> qu’un
-grav<i>e</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_862_862" id="Footnote_862_862"></a><a href="#FNanchor_862_862"><span class="label">[862]</span></a> On devoit prononcer ainsi, car on lit <i>semée</i> dans
-Taillevent imprimé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_863_863" id="Footnote_863_863"></a><a href="#FNanchor_863_863"><span class="label">[863]</span></a> Délayées, mouillées.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_864_864" id="Footnote_864_864"></a><a href="#FNanchor_864_864"><span class="label">[864]</span></a> Je crois que cette phrase signifie que la tuille
-d’écrevisses se fait comme le gravé, sauf qu’on met dessus les
-écailles, ou sauf qu’elle est dressée de manière à représenter des
-écailles d’écrevisse.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_865_865" id="Footnote_865_865"></a><a href="#FNanchor_865_865"><span class="label">[865]</span></a> Var. de B, que je crois mauvaise, <i>broyer</i>. Il me semble
-que c’est une recette aphrodisiaque.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_866_866" id="Footnote_866_866"></a><a href="#FNanchor_866_866"><span class="label">[866]</span></a> Nuque.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_867_867" id="Footnote_867_867"></a><a href="#FNanchor_867_867"><span class="label">[867]</span></a> Couleur feuille-morte.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_868_868" id="Footnote_868_868"></a><a href="#FNanchor_868_868"><span class="label">[868]</span></a> Du bouillon des lapins.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_869_869" id="Footnote_869_869"></a><a href="#FNanchor_869_869"><span class="label">[869]</span></a> Observation de l’auteur. Voy. p. 162.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_870_870" id="Footnote_870_870"></a><a href="#FNanchor_870_870"><span class="label">[870]</span></a> Mot de trop.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_871_871" id="Footnote_871_871"></a><a href="#FNanchor_871_871"><span class="label">[871]</span></a> Seulement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_872_872" id="Footnote_872_872"></a><a href="#FNanchor_872_872"><span class="label">[872]</span></a> <i>G. C.</i>, 17 vº.&mdash;Presque pareil mais abrégé dans
-Taillevent imprimé, feuille D 4 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_873_873" id="Footnote_873_873"></a><a href="#FNanchor_873_873"><span class="label">[873]</span></a> Voy. ci-devant p. 150, note 4.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_874_874" id="Footnote_874_874"></a><a href="#FNanchor_874_874"><span class="label">[874]</span></a> La partie du lard qui ne fond pas à la poêle et se
-grille: les <i>grésillons</i>. Var. A, <i>les champs</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_875_875" id="Footnote_875_875"></a><a href="#FNanchor_875_875"><span class="label">[875]</span></a> Partie solide du mets. Voy. 150, n. 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_876_876" id="Footnote_876_876"></a><a href="#FNanchor_876_876"><span class="label">[876]</span></a> Var. B, <i>sang</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_877_877" id="Footnote_877_877"></a><a href="#FNanchor_877_877"><span class="label">[877]</span></a> Cèdre rouge.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_878_878" id="Footnote_878_878"></a><a href="#FNanchor_878_878"><span class="label">[878]</span></a> Bois. C’est sans doute ce cèdre que l’auteur a appelé
-ci-dessus <i>alixandre</i> et qui donnoit la couleur au <i>rosé</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_879_879" id="Footnote_879_879"></a><a href="#FNanchor_879_879"><span class="label">[879]</span></a> Faon, très-jeune cerf.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_880_880" id="Footnote_880_880"></a><a href="#FNanchor_880_880"><span class="label">[880]</span></a> Voy. ci-devant, p. 129.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_881_881" id="Footnote_881_881"></a><a href="#FNanchor_881_881"><span class="label">[881]</span></a> Sausse ainsi nommée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_882_882" id="Footnote_882_882"></a><a href="#FNanchor_882_882"><span class="label">[882]</span></a> Faute. Ce doit être deux lèches ou morceaux.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_883_883" id="Footnote_883_883"></a><a href="#FNanchor_883_883"><span class="label">[883]</span></a> Et ainsi on le mange au goût d’ours. Voy. ci-après, p.
-179.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_884_884" id="Footnote_884_884"></a><a href="#FNanchor_884_884"><span class="label">[884]</span></a> Ce mot paroît être de trop d’après la fin de ce
-paragraphe.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_885_885" id="Footnote_885_885"></a><a href="#FNanchor_885_885"><span class="label">[885]</span></a> <i>G. C.</i>, 17 vº. Voy. p. 158, §4.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_886_886" id="Footnote_886_886"></a><a href="#FNanchor_886_886"><span class="label">[886]</span></a> Le 25.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_887_887" id="Footnote_887_887"></a><a href="#FNanchor_887_887"><span class="label">[887]</span></a> On disoit autrefois: <i>My-Mai, my-teste: my-Juin,
-my-graisse.&mdash;A la Magdeleine, venaison pleine.</i></p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_888_888" id="Footnote_888_888"></a><a href="#FNanchor_888_888"><span class="label">[888]</span></a> 3 mai; c’est de ce jour que tous les anciens auteurs
-font commencer la saison de chasser le cerf.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_889_889" id="Footnote_889_889"></a><a href="#FNanchor_889_889"><span class="label">[889]</span></a> Le nom étoit dès lors <i>daintiers</i>, et <i>deytiés</i> a
-toujours été une faute.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_890_890" id="Footnote_890_890"></a><a href="#FNanchor_890_890"><span class="label">[890]</span></a> Chair placée entre le cou et les épaules.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_891_891" id="Footnote_891_891"></a><a href="#FNanchor_891_891"><span class="label">[891]</span></a> Veine du cœur.&mdash;Ces différentes parties du cerf
-constituoient les menus droits ou morceaux recherchés, réservés au
-seigneur qui les mangeoit souvent après la chasse même.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_892_892" id="Footnote_892_892"></a><a href="#FNanchor_892_892"><span class="label">[892]</span></a> Voir ci-dessus, p. 131. Les <i>lardés</i> sont la longe.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_893_893" id="Footnote_893_893"></a><a href="#FNanchor_893_893"><span class="label">[893]</span></a> Après la curée, deux veneurs placés à une certaine
-distance, et ayant chacun une portion des entrailles du cerf,
-appeloient successivement les chiens en criant, en <i>huant</i>, et leur
-donnoient à manger ces entrailles. Cette opération, dite le <i>hu</i> ou
-<i>fort-hu</i>, avoit pour but d’accoutumer les chiens à revenir promptement
-et en toute circonstance à la voix des veneurs. Voir sur le <i>hu</i>, l’art
-de défaire un cerf, les noms de ses différentes parties et les droits
-des veneurs aux <small>XIII</small><sup>e</sup> et <small>XIV</small><sup>e</sup>
-siècles, <i>la chace dou cerf</i>, 1840, in-8º, p. 23, et le glossaire,
-<i>Modus et ratio</i>, 1839, in-8º, feuillet 22 et suiv.; et le <i>Tresor de
-Venerie</i>, p. 53 et suiv., et note 51.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_894_894" id="Footnote_894_894"></a><a href="#FNanchor_894_894"><span class="label">[894]</span></a> Var. A, <i>tardis</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_895_895" id="Footnote_895_895"></a><a href="#FNanchor_895_895"><span class="label">[895]</span></a> Même recette que celle du <i>chevrel</i>, p. 155.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_896_896" id="Footnote_896_896"></a><a href="#FNanchor_896_896"><span class="label">[896]</span></a> Jusqu’à ce qu’ils soient écrasés et réduits en pâte à
-force de cuire.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_897_897" id="Footnote_897_897"></a><a href="#FNanchor_897_897"><span class="label">[897]</span></a> Otez-les de l’eau. Voy. p. 135, n. 2.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_898_898" id="Footnote_898_898"></a><a href="#FNanchor_898_898"><span class="label">[898]</span></a> On voit que cet usage n’est pas nouveau.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_899_899" id="Footnote_899_899"></a><a href="#FNanchor_899_899"><span class="label">[899]</span></a> Versés doucement et de haut, de manière à faire filer la
-liqueur versée comme on le voit du sirop, etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_900_900" id="Footnote_900_900"></a><a href="#FNanchor_900_900"><span class="label">[900]</span></a> On voit dans Lamarre, t. II, art. <i>de la Triperie</i>, que
-toutes les tripes de la grande boucherie étoient achetées en gros par
-des tripiers (appartenant à six familles seulement), préparées par
-eux pendant la nuit, et vendues dès le matin à de pauvres femmes qui
-les colportoient dans les rues dans des bassins de cuivre jaune. On
-rencontre encore aujourd’hui, au marché des Innocens et ailleurs, des
-femmes qui vendent ainsi des tripes cuisant sur un fourneau qu’elles
-portent sur un éventaire.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_901_901" id="Footnote_901_901"></a><a href="#FNanchor_901_901"><span class="label">[901]</span></a> Cumin, écrit encore <i>comin</i> dans le dictionnaire de
-Nicot. C’est cette plante qui donnoit le nom de <i>cominée</i> au plat.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_902_902" id="Footnote_902_902"></a><a href="#FNanchor_902_902"><span class="label">[902]</span></a> Ces deux alinéas sont des observations critiques de
-l’auteur sur des recettes qu’il copioit.&mdash;Nous avons déjà vu et nous
-verrons encore souvent de semblables réflexions.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_903_903" id="Footnote_903_903"></a><a href="#FNanchor_903_903"><span class="label">[903]</span></a> Des amandes broyées.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_904_904" id="Footnote_904_904"></a><a href="#FNanchor_904_904"><span class="label">[904]</span></a> Var. B, <i>hourdouil</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_905_905" id="Footnote_905_905"></a><a href="#FNanchor_905_905"><span class="label">[905]</span></a> Griller, sécher, de <i>sor</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_906_906" id="Footnote_906_906"></a><a href="#FNanchor_906_906"><span class="label">[906]</span></a> <i>G. C.</i>, 29.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_907_907" id="Footnote_907_907"></a><a href="#FNanchor_907_907"><span class="label">[907]</span></a> Remplacé par <i>rouelle de beuf</i> dans le <i>G. C.</i>, f. 29,
-où cette recette se trouve, mais avec des fautes.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_908_908" id="Footnote_908_908"></a><a href="#FNanchor_908_908"><span class="label">[908]</span></a> <i>G. C.</i>, 1 vº., fautif.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_909_909" id="Footnote_909_909"></a><a href="#FNanchor_909_909"><span class="label">[909]</span></a> Écrit Georget dans le <i>G. C.</i>, f. 2 (incomplet), et
-Taillevent imprimé. Taillevent fait deux articles distincts de ces deux
-brouets.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_910_910" id="Footnote_910_910"></a><a href="#FNanchor_910_910"><span class="label">[910]</span></a> Gril.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_911_911" id="Footnote_911_911"></a><a href="#FNanchor_911_911"><span class="label">[911]</span></a> Voir ci-dessus, p. 148. Il est probable que ce potage
-était sursemé de persil, comme les courges l’étoient de safran.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_912_912" id="Footnote_912_912"></a><a href="#FNanchor_912_912"><span class="label">[912]</span></a> <i>G. C.</i>, 2.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_913_913" id="Footnote_913_913"></a><a href="#FNanchor_913_913"><span class="label">[913]</span></a> Ces deux mots ne sont pas dans la même recette donnée
-par le <i>G. C.</i>, f. 29, et, en effet, leur présence rend inutile
-l’observation qui suit: <i>Brune</i>, etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_914_914" id="Footnote_914_914"></a><a href="#FNanchor_914_914"><span class="label">[914]</span></a> Voy. p. 149, n. 7. Var. A (ici seulement), <i>bracon</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_915_915" id="Footnote_915_915"></a><a href="#FNanchor_915_915"><span class="label">[915]</span></a> Taillevent manuscrit dit cependant aussi que ce brouet
-doit être <i>sur le jaune</i>, et l’imprimé ordonne le safran pour lui
-<i>donner couleur</i> (a. <small>IV</small>, vº).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_916_916" id="Footnote_916_916"></a><a href="#FNanchor_916_916"><span class="label">[916]</span></a> <i>G. C.</i>, f. 2 vº, presque identique à Taillevent
-manuscrit.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_917_917" id="Footnote_917_917"></a><a href="#FNanchor_917_917"><span class="label">[917]</span></a> Le <i>G. C.</i>, qui donne cette recette (f. 2 vº), la
-termine ainsi: Nota <i>le persil fait le brouet vert et le saffren le
-fait jaune, par quoy il est de mauvaise couleur</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_918_918" id="Footnote_918_918"></a><a href="#FNanchor_918_918"><span class="label">[918]</span></a> A petit jet, à petit filet.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_919_919" id="Footnote_919_919"></a><a href="#FNanchor_919_919"><span class="label">[919]</span></a> Var. A, <i>puis ostez et le dréciez et gettez</i>, etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_920_920" id="Footnote_920_920"></a><a href="#FNanchor_920_920"><span class="label">[920]</span></a> <i>G. C.</i>, 3 (fautes).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_921_921" id="Footnote_921_921"></a><a href="#FNanchor_921_921"><span class="label">[921]</span></a> Le Taillevent, manuscrit (Mazarine), qui donne aussi une
-recette pour ce brouet, dit de plus de <i>le passer par la verdure pour
-estre vergay</i>. Ce potage devoit donc son nom à sa couleur <i>verd-gaie</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_922_922" id="Footnote_922_922"></a><a href="#FNanchor_922_922"><span class="label">[922]</span></a> Dans un linge.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_923_923" id="Footnote_923_923"></a><a href="#FNanchor_923_923"><span class="label">[923]</span></a> <i>Sic</i> peut-être pour <i>fait</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_924_924" id="Footnote_924_924"></a><a href="#FNanchor_924_924"><span class="label">[924]</span></a> Sup. <i>pour</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_925_925" id="Footnote_925_925"></a><a href="#FNanchor_925_925"><span class="label">[925]</span></a> Du Cange explique <i>carcasium</i>, <i>carcosium</i>, par
-<i>cadaver</i>, <i>intestinum</i>. Ici le mot <i>carquois</i> signifie évidemment
-le haut du corps de l’écrevisse, <i>la carcasse</i>. Nous le retrouverons
-encore deux fois dans le cours de cet ouvrage, comme signifiant
-sûrement une fois <i>la carcasse</i>, le corps du poulet, dont on a enlevé
-les membres et <i>la chair</i>, et une autre fois (<i>Traité de l’épervier</i>)
-le même corps séparé seulement des membres.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_926_926" id="Footnote_926_926"></a><a href="#FNanchor_926_926"><span class="label">[926]</span></a> Ce qui est <i>laissé</i>, ce qui reste dans l’étamine.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_927_927" id="Footnote_927_927"></a><a href="#FNanchor_927_927"><span class="label">[927]</span></a> Peut-être faudroit-il écrire et prononçoit-on
-Houss<i>é</i>barr<i>é</i>: brouet <i>houssé</i> (voy. ci-devant p. 163), et <i>barré</i>,
-traversé par <i>lesches</i> ou languettes de chair. Cependant il n’est pas
-parlé de persil dans la recette de ce plat, et l’auteur nous dit qu’on
-ne disoit <i>houssé</i> que d’un plat sursemé de persil. (Voir p. 164.)</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_928_928" id="Footnote_928_928"></a><a href="#FNanchor_928_928"><span class="label">[928]</span></a> Voy. p. 106.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_929_929" id="Footnote_929_929"></a><a href="#FNanchor_929_929"><span class="label">[929]</span></a> Une once.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_930_930" id="Footnote_930_930"></a><a href="#FNanchor_930_930"><span class="label">[930]</span></a> <i>G. C.</i>, 5.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_931_931" id="Footnote_931_931"></a><a href="#FNanchor_931_931"><span class="label">[931]</span></a> <i>Id est?</i> c’est-à-dire.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_932_932" id="Footnote_932_932"></a><a href="#FNanchor_932_932"><span class="label">[932]</span></a> D’après les nombreux passages du <i>Viandier</i>, où ce mot
-est employé, et surtout d’après celui-ci, je crois qu’il signifie:
-dépouiller l’anguille de sa peau (peut-être en l’exposant à la vapeur
-de l’eau, en <i>l’étuvant</i>). L’éditeur du <i>Grand Cuisinier</i>, qui a
-reproduit plusieurs recettes où se trouve ce mot, ne paroît pas l’avoir
-compris: tantôt il le supprime, tantôt il le remplace par <i>échauder</i> ou
-<i>entamer</i>. <i>Échauder</i> remplace également <i>estauver</i> dans la recette de
-la <i>soringue d’anguilles</i>, donnée par Taillevent. (Voir ci-après, p.
-173.) Cependant, d’après l’article des lamproies que nous verrons plus
-loin, il est impossible de croire que ce mot soit tout à fait synonyme
-d’échauder.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_933_933" id="Footnote_933_933"></a><a href="#FNanchor_933_933"><span class="label">[933]</span></a> <i>G. C.</i>, f. 51 vº.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_934_934" id="Footnote_934_934"></a><a href="#FNanchor_934_934"><span class="label">[934]</span></a> Il manque peut-être ici: <i>et defaites de vin et</i>. Ces
-mots sont en cet endroit de la même recette donnée f. 51 vº du <i>G. C.</i></p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_935_935" id="Footnote_935_935"></a><a href="#FNanchor_935_935"><span class="label">[935]</span></a> Il manque sans doute ici: <i>Pochez œufs en huile</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_936_936" id="Footnote_936_936"></a><a href="#FNanchor_936_936"><span class="label">[936]</span></a> En dernier lieu.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_937_937" id="Footnote_937_937"></a><a href="#FNanchor_937_937"><span class="label">[937]</span></a> Taillevent manuscrit (Bibl. royale) donne une recette
-presque identique de ce plat.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_938_938" id="Footnote_938_938"></a><a href="#FNanchor_938_938"><span class="label">[938]</span></a> Var. B, <i>refrisiez</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_939_939" id="Footnote_939_939"></a><a href="#FNanchor_939_939"><span class="label">[939]</span></a> Le?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_940_940" id="Footnote_940_940"></a><a href="#FNanchor_940_940"><span class="label">[940]</span></a> Var. A, <i>purée</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_941_941" id="Footnote_941_941"></a><a href="#FNanchor_941_941"><span class="label">[941]</span></a> Var. B, <i>puis</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_942_942" id="Footnote_942_942"></a><a href="#FNanchor_942_942"><span class="label">[942]</span></a> Voy. p. 193, n. 3.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_943_943" id="Footnote_943_943"></a><a href="#FNanchor_943_943"><span class="label">[943]</span></a> Peut-être faut-il transporter le point après <i>pochés</i>
-et supposer que ce mot, qui paroît nécessaire à l’intitulé de la
-recette, étoit répété dans l’original. La recette du même plat (presque
-identique) commence ainsi dans le Taillevent manuscrit (Bib. Mazarine).
-L’éditeur du <i>Gr. Cuis.</i> qui donne cette même recette (f. 50 vº),
-l’intitule <i>Civé d’œufs pochés à l’huile</i> et commence par ces mots:
-<i>Prens des œufs et les fris en bonne huile</i>.&mdash;Voir ci-après au chapitre
-des <i>sauces</i> bouillies.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_944_944" id="Footnote_944_944"></a><a href="#FNanchor_944_944"><span class="label">[944]</span></a> Var. B, <i>eslire</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_945_945" id="Footnote_945_945"></a><a href="#FNanchor_945_945"><span class="label">[945]</span></a> <i>Lians de chair</i>, p. 159.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_946_946" id="Footnote_946_946"></a><a href="#FNanchor_946_946"><span class="label">[946]</span></a> Je ne comprends pas ce mot.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_947_947" id="Footnote_947_947"></a><a href="#FNanchor_947_947"><span class="label">[947]</span></a> Otez-le du feu.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_948_948" id="Footnote_948_948"></a><a href="#FNanchor_948_948"><span class="label">[948]</span></a> Le Taillevent manuscrit (Bib. royale), qui donne cette
-recette, ajoute ici ces mots qui paroissent omis dans les manuscrits du
-<i>Ménagier</i>: <i>Puis le remettez sur le feu et un pou de saffran et mettez
-boullir tant</i>, etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_949_949" id="Footnote_949_949"></a><a href="#FNanchor_949_949"><span class="label">[949]</span></a> S. e. de farine (voir ci-après chap. des <i>Crêpes</i>).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_950_950" id="Footnote_950_950"></a><a href="#FNanchor_950_950"><span class="label">[950]</span></a> Remue.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_951_951" id="Footnote_951_951"></a><a href="#FNanchor_951_951"><span class="label">[951]</span></a> Cette recette s’arrête ici dans le <i>G. C.</i>, f. 15.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_952_952" id="Footnote_952_952"></a><a href="#FNanchor_952_952"><span class="label">[952]</span></a> Jeune porc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_953_953" id="Footnote_953_953"></a><a href="#FNanchor_953_953"><span class="label">[953]</span></a> Redoublement du mot tuer qui précède, <i>acorer</i> ou
-<i>acourer</i> signifiant percer ou ôter le cœur. Voy. Du Cange, au mot
-<i>Acorarius</i>. Le mot <i>décoré</i> que j’ai cru (p. 128, n. 1) une faute pour
-<i>décolé</i>, doit avoir la même racine.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_954_954" id="Footnote_954_954"></a><a href="#FNanchor_954_954"><span class="label">[954]</span></a> <i>G. C.</i>, 16. Répétition du § 3 de la page 88.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_955_955" id="Footnote_955_955"></a><a href="#FNanchor_955_955"><span class="label">[955]</span></a> Avoit coutume, <i>solebat</i>.&mdash;<i>G. C.</i>, 15 vº.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_956_956" id="Footnote_956_956"></a><a href="#FNanchor_956_956"><span class="label">[956]</span></a> <i>G. C</i>., 15 vº.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_957_957" id="Footnote_957_957"></a><a href="#FNanchor_957_957"><span class="label">[957]</span></a> Voir ci-devant, p. 158.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_958_958" id="Footnote_958_958"></a><a href="#FNanchor_958_958"><span class="label">[958]</span></a> Mariner?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_959_959" id="Footnote_959_959"></a><a href="#FNanchor_959_959"><span class="label">[959]</span></a> Le <i>G. C.</i>, qui donne cette recette, mais avec beaucoup
-de fautes, la termine en ajoutant après ces mots: <i>et le fait-on lyant
-de pain</i>. Voy. p. 155.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_960_960" id="Footnote_960_960"></a><a href="#FNanchor_960_960"><span class="label">[960]</span></a> Il semble qu’il s’agit là d’une queue de sanglier
-véritable donnant au mets une saveur très-prononcée, et non plus de la
-sausse du même nom, comme j’avois cru devoir l’interpréter, p. 155, n.
-3, à l’occasion d’une recette analogue de ce même plat.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_961_961" id="Footnote_961_961"></a><a href="#FNanchor_961_961"><span class="label">[961]</span></a> Var., Ms. C, <i>char ou grain</i>. Voy. p. 150, n. 1.&mdash;<i>G.
-C.</i>, 16.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_962_962" id="Footnote_962_962"></a><a href="#FNanchor_962_962"><span class="label">[962]</span></a> Diminuer, perdre de leur graisse.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_963_963" id="Footnote_963_963"></a><a href="#FNanchor_963_963"><span class="label">[963]</span></a> Ici l’auteur répète dans les mêmes termes ce qu’il a dit
-page 88, ligne dernière.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_964_964" id="Footnote_964_964"></a><a href="#FNanchor_964_964"><span class="label">[964]</span></a> Ce mot se trouve dans tous les ouvrages de cuisine et
-d’économie rurale, mais il n’est nulle part clairement expliqué. Il
-signifie ou de très-jeunes chapons (Voir Nicot qui le traduit par
-<i>capus junior</i>), ou plutôt des poulets d’un an ou un peu plus, sur le
-point d’être chaponnés (<i>Maison rustique</i>, 1570, 28 vº). Le <i>G. C.</i> qui
-donne cette recette p. 18, supprime les trois premiers mots: <i>Poucins
-gros comme</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_965_965" id="Footnote_965_965"></a><a href="#FNanchor_965_965"><span class="label">[965]</span></a> Voy. ci-devant p. 89&mdash;<i>G. C.</i>, 18.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_966_966" id="Footnote_966_966"></a><a href="#FNanchor_966_966"><span class="label">[966]</span></a> Amincie, réduite, comme le cuir se durcit et se condense
-par l’opération du tannage?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_967_967" id="Footnote_967_967"></a><a href="#FNanchor_967_967"><span class="label">[967]</span></a> Répétition dans les mêmes termes du § 2 de la page 89.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_968_968" id="Footnote_968_968"></a><a href="#FNanchor_968_968"><span class="label">[968]</span></a> Comme les oiseaux étoient souvent pris par le moyen
-de la fauconnerie, ils ne paroissoient sur la table que privés des
-portions qui constituoient les <i>droits</i> de l’oiseau chasseur. La tête
-de la perdrix et du canard, la cuisse de la grue, etc., appartenoient
-à l’oiseau. Ce qui étoit d’abord le résultat des habitudes des
-fauconniers devint plus tard une règle d’étiquette culinaire. C’est
-pourquoi l’auteur dit: <i>Laissez à ceux</i> (des oiseaux servis sur la
-table) <i>à qui il appartient</i>.&mdash;Ce qui précède est certain pour les
-têtes et les pieds, mais je ne me rappelle pas avoir vu que les queues
-des oiseaux pris à la chasse aient quelquefois été le sujet <i>d’un droit
-de fauconnerie</i>. Les seigneurs ont cependant pu se réserver la queue du
-héron ou d’autres oiseaux, mais peut-être aussi laissoit-on la queue
-simplement aux oiseaux dont les plumes étoient les plus brillantes et
-produisoient le meilleur effet sur la table.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_969_969" id="Footnote_969_969"></a><a href="#FNanchor_969_969"><span class="label">[969]</span></a> Dressé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_970_970" id="Footnote_970_970"></a><a href="#FNanchor_970_970"><span class="label">[970]</span></a> Voy. ci-dessus, p. 89.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_971_971" id="Footnote_971_971"></a><a href="#FNanchor_971_971"><span class="label">[971]</span></a> Deux sortes, deux espèces.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_972_972" id="Footnote_972_972"></a><a href="#FNanchor_972_972"><span class="label">[972]</span></a> Je trouve ce même préjugé consigné dans le <i>Thrésor de
-santé</i>, Lyon, 1616, in-8º, p. 226. «On croit qu’il vit de l’air comme
-l’oiseau de paradis, en latin <i>manucodiata</i>, qu’on nous apporte des
-Moluques, parce qu’on ne luy treuve rien du monde dans le gisier. Il
-ne se doit éventrer.» <i>G. C.</i>, 19.&mdash;Le premier alinéa est reproduit
-presque identiquement dans Taillevent manuscrit (Bibl. royale).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_973_973" id="Footnote_973_973"></a><a href="#FNanchor_973_973"><span class="label">[973]</span></a> Voir ci-dessus, p. 90, lignes 6, 7, 8, 12, 13.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_974_974" id="Footnote_974_974"></a><a href="#FNanchor_974_974"><span class="label">[974]</span></a> <i>G. C.</i>, 14 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_975_975" id="Footnote_975_975"></a><a href="#FNanchor_975_975"><span class="label">[975]</span></a> Je crois que ce mot signifie ici attacher à la broche à
-l’aide de petites brochettes retenant le rôti comme les arçons d’une
-selle retiennent le cavalier. Le <i>G. C.</i> qui donne cette recette, f.
-19, dit en effet: <i>Arçonnez de brochettes</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_976_976" id="Footnote_976_976"></a><a href="#FNanchor_976_976"><span class="label">[976]</span></a> Le <i>Grand Cuisinier</i> donne (f. 27 vº) une recette bien
-plus détaillée d’un cygne ainsi apprêté. Je crois devoir la reproduire
-ici.
-</p><p>
-«Prenez un cigne, et l’appareillez et le mettez rostir tant qu’il
-soit tout cuit, puis faictes de la paste aux œufs, aussi claire que
-papel, et la coulez dessus ledict cigne en tournant en la broche tant
-que la paste se puisse cuire dessus, et gardez qu’il n’y ait rien
-rompu ne aisles ne cuisses, et mettez le col du cigne ainsi comme s’il
-nageoit en eau, et pour le faire tenir en ce poinct, il faut mettre
-une brochette en la teste qui vienne respondre entre les deux aisles,
-passant tout outre, tant qu’elle tienne le col ferme, et une autre
-broche au dessouz des aisles, et une autre parmy les cuisses, et une
-autre au plus près des pates et à chacun pied trois pour estendre les
-pieds: et quant il sera bien cuit et bien doré de paste, tirez hors les
-broches, excepté celle du col, puis faictes une terrasse de paste bise,
-qui soit espoisse et forte, et qu’elle soit d’un poulce d’espaisseur,
-faicte à beaux carneaux tout autour, et qu’elle soit de deux pieds de
-long, et d’un pied et demy de large, ou un peu plus, puis la faictes
-cuire sans bouillir, et la faictes peindre en verd comme un pré herbu,
-et faictes dorer vostre cigne de peau d’argent, excepté environ deux
-doigts près du col, lequel faut dorer, et le bee et les pieds, puis
-ayez un manteau volant, qui soit de sandal vermeil par dedans, et
-dessus ledict manteau armoyez de telles armes que vous voudrez, et
-autour du cigne hait (<i>ait</i> ou <i>huit?</i>) banières, les bastons de deux
-pieds et demy de long à banières de sandal, armoyez de telles armes
-que dessus, et mettez tout en plat de la façon de la terrasse, et le
-présentez à qui vous voudrez.»</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_977_977" id="Footnote_977_977"></a><a href="#FNanchor_977_977"><span class="label">[977]</span></a> Blancs d’œufs.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_978_978" id="Footnote_978_978"></a><a href="#FNanchor_978_978"><span class="label">[978]</span></a> <i>G. C.</i>, fº 22 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_979_979" id="Footnote_979_979"></a><a href="#FNanchor_979_979"><span class="label">[979]</span></a> Je n’ai pu trouver la signification de ce mot: il me
-semble devoir désigner une espèce de champignon. Il y a ci-après
-(<i>chapitre des entremets</i>) un article plus détaillé sur les
-<i>escheroys</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_980_980" id="Footnote_980_980"></a><a href="#FNanchor_980_980"><span class="label">[980]</span></a> Nous avons déjà vu, p. 154, que le cèdre ronge se
-vendoit <i>sur</i> (pour <i>chez</i>) les épiciers.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_981_981" id="Footnote_981_981"></a><a href="#FNanchor_981_981"><span class="label">[981]</span></a> De service, à servir en grand repas?&mdash;Gaces de la Bugne,
-premier chapelain des rois Jean, Charles V et Charles VI, mort en 1383
-ou 1384, a donné dans son <i>Livre des déduits</i>, commencé en 1359 et fini
-entre 1373 et 1377, une recette de pâté assez détaillée pour figurer
-utilement ici.
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Si puis dire que grant profit<br /></span>
-<span class="i0">Peut bien venir de tel déduit,<br /></span>
-<span class="i0">Car on peut faire un tel pasté<br /></span>
-<span class="i0">Qu’onques meilleur ne fut tasté;<br /></span>
-<span class="i0">Et pour ce ne me vueil pas taire<br /></span>
-<span class="i0">Qu’au jeune ne l’apreigne à faire.<br /></span>
-<span class="i0">Trois perdriaulx gros et reffais<br /></span>
-<span class="i0">Ou millieu du pasté me mets,<br /></span>
-<span class="i0">Mais gardes bien que tu ne failles<br /></span>
-<span class="i0">A moy prendre six grosses cailles<br /></span>
-<span class="i0">De quoy tu les apuyeras:<br /></span>
-<span class="i0">Et puis après tu me prendras<br /></span>
-<span class="i0">Une douzaine d’alouetes<br /></span>
-<span class="i0">Qu’environ les cailles me mettes.<br /></span>
-<span class="i0">Et puis prendras de ces machès<br /></span>
-<span class="i0">Et de ces petis oiselès:<br /></span>
-<span class="i0">Selon ce que tu en auras,<br /></span>
-<span class="i0">Le pasté m’en billeteras.<br /></span>
-<span class="i0">Or te fault faire pourvéance<br /></span>
-<span class="i0">D’un pou de lart, sans point de rance,<br /></span>
-<span class="i0">Que tu tailleras comme dès:<br /></span>
-<span class="i0">S’en sera le pasté pouldrés.<br /></span>
-<span class="i0">Se tu le veulx de bonne guise,<br /></span>
-<span class="i0">De verjus la grappe y soit mise,<br /></span>
-<span class="i0">D’un bien poy de sel soit poudré,<br /></span>
-<span class="i0">Si en sera plus sevouré.<br /></span>
-<span class="i0">Se tu veulx que du pasté taste<br /></span>
-<span class="i0">Fay mettre des œufs en la paste;<br /></span>
-<span class="i0">Les croutes, un poi rudement,<br /></span>
-<span class="i0">Faictes de flour de pur froument,<br /></span>
-<span class="i0">Et se veulx faire comme saige,<br /></span>
-<span class="i0">N’y met espices ne fromaige:<br /></span>
-<span class="i0">Ou four bien à point chaut le met,<br /></span>
-<span class="i0">Qui de cendre ait l’atre bien net;<br /></span>
-<span class="i0">Et quant sera bien à point cuit<br /></span>
-<span class="i0">Il n’est si bon mengier, ce cuit.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-</div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_982_982" id="Footnote_982_982"></a><a href="#FNanchor_982_982"><span class="label">[982]</span></a> Barbeau, <i>G. C.</i>, 56, ainsi que la précédente recette et
-la suivante.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_983_983" id="Footnote_983_983"></a><a href="#FNanchor_983_983"><span class="label">[983]</span></a> Écailler?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_984_984" id="Footnote_984_984"></a><a href="#FNanchor_984_984"><span class="label">[984]</span></a> <i>G. C.</i>, 68.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_985_985" id="Footnote_985_985"></a><a href="#FNanchor_985_985"><span class="label">[985]</span></a> Latte. Var. A, <i>essaugle</i>. <i>G. C.</i>, 70 (très-fautif).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_986_986" id="Footnote_986_986"></a><a href="#FNanchor_986_986"><span class="label">[986]</span></a> <i>G. C.</i>, 56.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_987_987" id="Footnote_987_987"></a><a href="#FNanchor_987_987"><span class="label">[987]</span></a> Brochet, Voy. p. 88.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_988_988" id="Footnote_988_988"></a><a href="#FNanchor_988_988"><span class="label">[988]</span></a> <i>Franche</i> (faute?), ci-dessus, p. 88.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_989_989" id="Footnote_989_989"></a><a href="#FNanchor_989_989"><span class="label">[989]</span></a> <i>G. C.</i>, 55 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_990_990" id="Footnote_990_990"></a><a href="#FNanchor_990_990"><span class="label">[990]</span></a> Var. A, <i>fenes</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_991_991" id="Footnote_991_991"></a><a href="#FNanchor_991_991"><span class="label">[991]</span></a> Stérile.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_992_992" id="Footnote_992_992"></a><a href="#FNanchor_992_992"><span class="label">[992]</span></a> Répétition du § 3 de la p. 90.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_993_993" id="Footnote_993_993"></a><a href="#FNanchor_993_993"><span class="label">[993]</span></a> C’est l’endroit où cesse le gosier et commence
-l’œsophage.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_994_994" id="Footnote_994_994"></a><a href="#FNanchor_994_994"><span class="label">[994]</span></a> Ici seulement commence la recette du <i>G. C.</i>, fº 58 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_995_995" id="Footnote_995_995"></a><a href="#FNanchor_995_995"><span class="label">[995]</span></a> De vapeur?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_996_996" id="Footnote_996_996"></a><a href="#FNanchor_996_996"><span class="label">[996]</span></a> <i>G. C.</i>, 58 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_997_997" id="Footnote_997_997"></a><a href="#FNanchor_997_997"><span class="label">[997]</span></a> Répétition de la fin du § 4 de la p. 90.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_998_998" id="Footnote_998_998"></a><a href="#FNanchor_998_998"><span class="label">[998]</span></a> <i>G. C.</i>, 70 (sauf le paragraphe <i>leur saison</i> qui est
-omis).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_999_999" id="Footnote_999_999"></a><a href="#FNanchor_999_999"><span class="label">[999]</span></a> Répétition du § 5 de la p. 90.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1000_1000" id="Footnote_1000_1000"></a><a href="#FNanchor_1000_1000"><span class="label">[1000]</span></a> <i>G. C.</i>, f. 52, s’arrête là.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1001_1001" id="Footnote_1001_1001"></a><a href="#FNanchor_1001_1001"><span class="label">[1001]</span></a> Retournée, voy. ci-après, p. 191.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1002_1002" id="Footnote_1002_1002"></a><a href="#FNanchor_1002_1002"><span class="label">[1002]</span></a> Gros sel gris?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1003_1003" id="Footnote_1003_1003"></a><a href="#FNanchor_1003_1003"><span class="label">[1003]</span></a> <i>G. C.</i>, 52.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1004_1004" id="Footnote_1004_1004"></a><a href="#FNanchor_1004_1004"><span class="label">[1004]</span></a> Ciseaux.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1005_1005" id="Footnote_1005_1005"></a><a href="#FNanchor_1005_1005"><span class="label">[1005]</span></a> Une main un peu postérieure à celle du corps du volume
-a ajouté ici dans le Ms. C: <i>Quatre onces et trois los de vin pour
-quatre grosses anguilles</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1006_1006" id="Footnote_1006_1006"></a><a href="#FNanchor_1006_1006"><span class="label">[1006]</span></a> <i>Ib.</i>, <i>une pinte</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1007_1007" id="Footnote_1007_1007"></a><a href="#FNanchor_1007_1007"><span class="label">[1007]</span></a> <i>Ib.</i>, 3 (demie-) <i>pinte</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1008_1008" id="Footnote_1008_1008"></a><a href="#FNanchor_1008_1008"><span class="label">[1008]</span></a> <i>G. C.</i>, 52 vº.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1009_1009" id="Footnote_1009_1009"></a><a href="#FNanchor_1009_1009"><span class="label">[1009]</span></a> <i>G. C.</i>, 67.&mdash;Il me semble résulter de ce passage du
-<i>Ménagier</i> que ce poisson dit par erreur <i>poisson de mer</i> dans le
-dictionnaire de Trévoux, est une espèce d’anguille. Il est souvent
-nommé avec l’anguille dans les exemples cités par Du Cange au mot
-<i>Piprenella</i>. Ce poisson est encore cité dans un arrêt du 31 janvier
-1365-6, rendu au sujet de la mort d’un receveur de l’impôt levé
-pour les fortifications de Mantes, qu’on disoit avoir été tué par
-des habitans de Tourny, près Vernon, et qui paroît être seulement
-mort d’une indigestion de <i>pimpreneaux</i>. (<i>In quo quidem prandio,
-pimprenellos male decoctos comederant; et illuc per longum tempus
-steterant, ac vinum de tanto ac tali ad tantum et tale, et postmodum de
-poto ad potum, more Normannorum, biberant, etc.</i>)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1010_1010" id="Footnote_1010_1010"></a><a href="#FNanchor_1010_1010"><span class="label">[1010]</span></a> Ce mot signifie ici poudré de fleur de farine, ailleurs
-<i>enfleurer</i>. Le <i>G. C.</i> qui donne cette recette f. 63, remplace ces
-mots par: <i>Avant que la frisez, treffeuillez-la de farine</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1011_1011" id="Footnote_1011_1011"></a><a href="#FNanchor_1011_1011"><span class="label">[1011]</span></a> <i>G. C.</i>, 63.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1012_1012" id="Footnote_1012_1012"></a><a href="#FNanchor_1012_1012"><span class="label">[1012]</span></a> Boue, sausse épaisse.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1013_1013" id="Footnote_1013_1013"></a><a href="#FNanchor_1013_1013"><span class="label">[1013]</span></a> Dominant.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1014_1014" id="Footnote_1014_1014"></a><a href="#FNanchor_1014_1014"><span class="label">[1014]</span></a> <i>G. C.</i>, 63 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1015_1015" id="Footnote_1015_1015"></a><a href="#FNanchor_1015_1015"><span class="label">[1015]</span></a> Vin <i>uni</i> (<i>planus</i>), doux, (à boire), par opposition à
-<i>vin-aigre</i>?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1016_1016" id="Footnote_1016_1016"></a><a href="#FNanchor_1016_1016"><span class="label">[1016]</span></a> <i>G. C.</i>, 64.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1017_1017" id="Footnote_1017_1017"></a><a href="#FNanchor_1017_1017"><span class="label">[1017]</span></a> Voy. p. 148, n. 1.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1018_1018" id="Footnote_1018_1018"></a><a href="#FNanchor_1018_1018"><span class="label">[1018]</span></a> <i>G. C.</i>, 64.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1019_1019" id="Footnote_1019_1019"></a><a href="#FNanchor_1019_1019"><span class="label">[1019]</span></a> Poisson qui tient de la brême et du gardon suivant
-Belon (p. 319 de la <i>Nature des poissons</i>, 1555, in-8º obl.).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1020_1020" id="Footnote_1020_1020"></a><a href="#FNanchor_1020_1020"><span class="label">[1020]</span></a> <i>G. C.</i>, 62.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1021_1021" id="Footnote_1021_1021"></a><a href="#FNanchor_1021_1021"><span class="label">[1021]</span></a> Var. A, <i>eschauder</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1022_1022" id="Footnote_1022_1022"></a><a href="#FNanchor_1022_1022"><span class="label">[1022]</span></a> <i>G.C.</i>, 72 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1023_1023" id="Footnote_1023_1023"></a><a href="#FNanchor_1023_1023"><span class="label">[1023]</span></a> Belon, qui cite plusieurs espèces de chiens de mer, ne
-dit rien de la brette.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1024_1024" id="Footnote_1024_1024"></a><a href="#FNanchor_1024_1024"><span class="label">[1024]</span></a> Var. A, <i>mungon</i>. Le <i>G. C.</i> qui supprime <i>en
-Languedoc</i>, écrit <i>mugeon</i> (66 vº). Belon dit qu’on le nomme <i>muge</i> à
-Marseille.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1025_1025" id="Footnote_1025_1025"></a><a href="#FNanchor_1025_1025"><span class="label">[1025]</span></a> Cabillau. Cette distinction existe aujourd’hui aussi à
-Paris. Belon ne l’a pas connue et se borne à dire qu’on connoît mieux
-la morue salée que fraîche (p. 122).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1026_1026" id="Footnote_1026_1026"></a><a href="#FNanchor_1026_1026"><span class="label">[1026]</span></a> Stockfisch (<i>bâton de poisson</i> en
-hollandois.&mdash;<i>Trévoux</i>).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1027_1027" id="Footnote_1027_1027"></a><a href="#FNanchor_1027_1027"><span class="label">[1027]</span></a> Var. B, <i>le lendemain</i> (ce doit être un des plus
-anciens exemples de cette locution devenue depuis d’usage général au
-lieu de <i>l’endemain</i>. Voy. plus loin à la recette des <i>vingt plats de
-gelée</i>).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1028_1028" id="Footnote_1028_1028"></a><a href="#FNanchor_1028_1028"><span class="label">[1028]</span></a> Suppléez <i>sans cela</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1029_1029" id="Footnote_1029_1029"></a><a href="#FNanchor_1029_1029"><span class="label">[1029]</span></a> <i>G. C.</i>, 65 (fautif).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1030_1030" id="Footnote_1030_1030"></a><a href="#FNanchor_1030_1030"><span class="label">[1030]</span></a> Échalotte.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1031_1031" id="Footnote_1031_1031"></a><a href="#FNanchor_1031_1031"><span class="label">[1031]</span></a> <i>G. C.</i>, 65 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1032_1032" id="Footnote_1032_1032"></a><a href="#FNanchor_1032_1032"><span class="label">[1032]</span></a> <i>G. C.</i>, 70 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1033_1033" id="Footnote_1033_1033"></a><a href="#FNanchor_1033_1033"><span class="label">[1033]</span></a> Renversée. <i>G. C.</i>, 64 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1034_1034" id="Footnote_1034_1034"></a><a href="#FNanchor_1034_1034"><span class="label">[1034]</span></a> Le Ms. C ajoute: <i>Refroidier et</i>...</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1035_1035" id="Footnote_1035_1035"></a><a href="#FNanchor_1035_1035"><span class="label">[1035]</span></a> <i>G. C.</i>, 60 (très-fautif.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1036_1036" id="Footnote_1036_1036"></a><a href="#FNanchor_1036_1036"><span class="label">[1036]</span></a> Suivant Belon, <i>tumbe</i> est le nom rouennais du
-gournault. Ce dernier est une espèce de rouget, mais il est plus grand,
-de couleur plus sombre, et a les ailes bleuâtres et non rouges.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1037_1037" id="Footnote_1037_1037"></a><a href="#FNanchor_1037_1037"><span class="label">[1037]</span></a> <i>G. C.</i>, 60 vº (très-fautif).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1038_1038" id="Footnote_1038_1038"></a><a href="#FNanchor_1038_1038"><span class="label">[1038]</span></a> Couleur de tan, feuille-morte.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1039_1039" id="Footnote_1039_1039"></a><a href="#FNanchor_1039_1039"><span class="label">[1039]</span></a> Tacheté.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1040_1040" id="Footnote_1040_1040"></a><a href="#FNanchor_1040_1040"><span class="label">[1040]</span></a> Fumé. Voy. Du Cange au mot <i>Baco</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1041_1041" id="Footnote_1041_1041"></a><a href="#FNanchor_1041_1041"><span class="label">[1041]</span></a> Peut-être faut-il lire <i>pouldre</i> en sous-entendant
-<i>avec</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1042_1042" id="Footnote_1042_1042"></a><a href="#FNanchor_1042_1042"><span class="label">[1042]</span></a> <i>G. C.</i>, 69.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1043_1043" id="Footnote_1043_1043"></a><a href="#FNanchor_1043_1043"><span class="label">[1043]</span></a> <i>G. C.</i>, 72 vº.&mdash;Suivant Belon, ce poisson, lorsqu’il
-étoit salé, s’appeloit du <i>hadou</i>, en anglois <i>hadoch</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1044_1044" id="Footnote_1044_1044"></a><a href="#FNanchor_1044_1044"><span class="label">[1044]</span></a> <i>G. C.</i>, 72 vº, <i>arsin</i>.&mdash;Sans doute l’<i>orphie</i>, sorte
-d’anguille de mer qu’on pêche sur les côtes de Normandie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1045_1045" id="Footnote_1045_1045"></a><a href="#FNanchor_1045_1045"><span class="label">[1045]</span></a> L’auteur semble dire que ces trois noms désignent un
-même poisson. Belon fait des deux premiers deux espèces différentes et
-ne parle pas du <i>pourpois</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1046_1046" id="Footnote_1046_1046"></a><a href="#FNanchor_1046_1046"><span class="label">[1046]</span></a> On trouve dans Roquefort <i>brulliau</i>, sorte de poisson.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1047_1047" id="Footnote_1047_1047"></a><a href="#FNanchor_1047_1047"><span class="label">[1047]</span></a> <i>G. C.</i>, 67 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1048_1048" id="Footnote_1048_1048"></a><a href="#FNanchor_1048_1048"><span class="label">[1048]</span></a> <i>G. C.</i>, 65 vº.&mdash;La merluche est au moins de la famille
-des morues, <i>aselli</i> en latin.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1049_1049" id="Footnote_1049_1049"></a><a href="#FNanchor_1049_1049"><span class="label">[1049]</span></a> Var. B, <i>esbolera</i>.&mdash;Réduira à force de bouillir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1050_1050" id="Footnote_1050_1050"></a><a href="#FNanchor_1050_1050"><span class="label">[1050]</span></a> <i>G. C.</i>, 61 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1051_1051" id="Footnote_1051_1051"></a><a href="#FNanchor_1051_1051"><span class="label">[1051]</span></a> <i>G. C.</i>, 61 vº.&mdash;J’ignore ce que signifie <i>entrepelé</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1052_1052" id="Footnote_1052_1052"></a><a href="#FNanchor_1052_1052"><span class="label">[1052]</span></a> Il est parlé du <i>craspois</i> ou <i>graspois</i> dans bien des
-auteurs du moyen âge, mais il n’y a à ma connoissance que l’auteur
-du <i>Ménagier</i> qui fasse connoître ce que c’étoit. Un procès qui dura
-plusieurs années au parlement de Paris et qui étoit relatif à <i>sept
-étaux</i>, dont cinq à sèches et deux à craspois que le roi possédoit
-aux halles de Paris, nous apprend que le craspois ne venoit à Paris
-qu’en carême: c’étoit le <i>lard de carême</i>, le poisson des pauvres;
-quarante mille personnes vivoient pendant le carême de craspois, de
-sèches et de harans. Ces poissons étoient vendus par environ mille
-pauvres marchandes, à qu’il étoit seulement défendu de se tenir
-sous <i>le couvert</i> des halles où étoient les grands étaux (<i>Plaid.
-civiles</i>, 7, 12, 14 et 19 mars 1380-1, 1<sup>er</sup> mars 1383-4; <i>Jugés</i>,
-<small>XXXII</small>, p. 93).
-</p><p>
-Belon ne nomme pas le <i>craspois</i>, mais il confirme cependant
-l’explication du <i>Ménagier</i>. «Ce poisson, dit-il en parlant de la
-baleine, est couvert de cuir noir dur et espez sous lequel y a du
-<i>lard</i> environ l’esposseur d’un grand pied, <i>qui est ce que l’on vend
-en quaresme</i>.»
-</p><p>
-Legrand d’Aussy qui a parlé avec détail de la baleine salée comme
-nourriture maigre des pauvres, d’après Charles Estienne (II, 83), a
-ignoré que le <i>craspois</i> fût le nom de cet aliment. Au reste, l’auteur
-du <i>Trésor de santé</i> dit que la baleine salée, quoique cuite pendant
-<i>vingt-quatre heures</i>, étoit toujours <i>fort dure et indigestible</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1053_1053" id="Footnote_1053_1053"></a><a href="#FNanchor_1053_1053"><span class="label">[1053]</span></a> Nageoire.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1054_1054" id="Footnote_1054_1054"></a><a href="#FNanchor_1054_1054"><span class="label">[1054]</span></a> <i>G. C.</i>, 68 vº, dit <i>Cyros</i> au lieu de <i>Tire</i>, et
-<i>naturelle</i> pour <i>notrée</i>, mais ce doit être une faute. <i>Notrée</i> semble
-devoir désigner une espèce de raie comme la raie <i>bouclée</i>, <i>lisse</i>,
-etc. Je ne vois au reste aucune espèce de raie qui ait plus d’une
-queue.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1055_1055" id="Footnote_1055_1055"></a><a href="#FNanchor_1055_1055"><span class="label">[1055]</span></a> <i>G. C.</i>, 62.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1056_1056" id="Footnote_1056_1056"></a><a href="#FNanchor_1056_1056"><span class="label">[1056]</span></a> Plies.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1057_1057" id="Footnote_1057_1057"></a><a href="#FNanchor_1057_1057"><span class="label">[1057]</span></a> Presque.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1058_1058" id="Footnote_1058_1058"></a><a href="#FNanchor_1058_1058"><span class="label">[1058]</span></a> Flot, <i>marée</i> de mars (la grande marée de l’équinoxe
-vers le 21 mars).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1059_1059" id="Footnote_1059_1059"></a><a href="#FNanchor_1059_1059"><span class="label">[1059]</span></a> De farine.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1060_1060" id="Footnote_1060_1060"></a><a href="#FNanchor_1060_1060"><span class="label">[1060]</span></a> <i>G. C.</i>, 68 (très-fautif).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1061_1061" id="Footnote_1061_1061"></a><a href="#FNanchor_1061_1061"><span class="label">[1061]</span></a> Tirant sur le blanc, pâle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1062_1062" id="Footnote_1062_1062"></a><a href="#FNanchor_1062_1062"><span class="label">[1062]</span></a> <i>G. C.</i>, 65.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1063_1063" id="Footnote_1063_1063"></a><a href="#FNanchor_1063_1063"><span class="label">[1063]</span></a> Belon dit que la seule manière de distinguer ces deux
-espèces est de les mettre à plat, regardant <i>contremont</i> (en haut, en
-l’air): dans cette position la bouche de la pole sera à gauche et celle
-de la sole à droite.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1064_1064" id="Footnote_1064_1064"></a><a href="#FNanchor_1064_1064"><span class="label">[1064]</span></a> Gril.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1065_1065" id="Footnote_1065_1065"></a><a href="#FNanchor_1065_1065"><span class="label">[1065]</span></a> <i>G. C.</i>, 66, dit <i>molles</i> et <i>solles</i>; mais la <i>molle</i>
-est différente de la <i>pole</i>. Voir <i>Trésor de santé</i>, pages 249 et 250,
-et surtout Belon.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1066_1066" id="Footnote_1066_1066"></a><a href="#FNanchor_1066_1066"><span class="label">[1066]</span></a> Var. A et <i>G. C.</i> (70 vº), <i>au succre</i>. Je crois qu’on
-disoit <i>une soucie</i> et <i>un soucié</i> (voy. <i>sauces non bouillies</i>). Ront
-vient de <i>rhombus</i>, nom latin du turbot, en italien <i>rombo</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1067_1067" id="Footnote_1067_1067"></a><a href="#FNanchor_1067_1067"><span class="label">[1067]</span></a> <i>G. C.</i>, 56.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1068_1068" id="Footnote_1068_1068"></a><a href="#FNanchor_1068_1068"><span class="label">[1068]</span></a> Var. A, <i>Barte</i>. Je ne vois rien sur ce poisson dans
-Belon, qui parle de la <i>brême de mer</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1069_1069" id="Footnote_1069_1069"></a><a href="#FNanchor_1069_1069"><span class="label">[1069]</span></a> <i>G. C.</i>, 58 vº.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1070_1070" id="Footnote_1070_1070"></a><a href="#FNanchor_1070_1070"><span class="label">[1070]</span></a> Peut-être faut-il lire <i>tance</i> pour tanche (de mer).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1071_1071" id="Footnote_1071_1071"></a><a href="#FNanchor_1071_1071"><span class="label">[1071]</span></a> Seroit-ce coupées par lanières, par morceaux? Voir t.
-I, p. 172. J’ignore ce que c’est que l’<i>ale</i>, à moins qu’on ne suppose
-que c’est l’anchois, <i>halecula</i> en latin.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1072_1072" id="Footnote_1072_1072"></a><a href="#FNanchor_1072_1072"><span class="label">[1072]</span></a> <i>Flez</i> ou flet, espèce de plie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1073_1073" id="Footnote_1073_1073"></a><a href="#FNanchor_1073_1073"><span class="label">[1073]</span></a> Var. A, <i>quelrel</i>. Var. C, <i>quelboe</i>. Peut-être le
-quarrelet; l’auteur auroit-il voulu dire ici: <i>Quand le carrelet
-(qui vaut mieux) est très-commun, se trouve à chaque pas</i>? Cependant
-<i>quarrel</i> signifie en général carreau, <i>pavé</i>, mais en prenant ce mot
-dans son acception ordinaire, je ne vois plus de sens à la pensée de
-l’auteur.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1074_1074" id="Footnote_1074_1074"></a><a href="#FNanchor_1074_1074"><span class="label">[1074]</span></a> Suivant Belon, c’est le nom rouennais du coquillage dit
-<i>pétoncle</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1075_1075" id="Footnote_1075_1075"></a><a href="#FNanchor_1075_1075"><span class="label">[1075]</span></a> <i>G. C.</i>, 62 vº, finit en ajoutant après oseille: <i>ou
-d’autre verdure</i>. La sanemonde est connue; <i>barbarin</i> pourroit être
-synonyme de <i>berberis</i>, épine-vinette.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1076_1076" id="Footnote_1076_1076"></a><a href="#FNanchor_1076_1076"><span class="label">[1076]</span></a> Var. B, <i>mooles</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1077_1077" id="Footnote_1077_1077"></a><a href="#FNanchor_1077_1077"><span class="label">[1077]</span></a> Sans doute Cayeux, bourg de Picardie situé sur le bord
-de la mer, à deux lieues de Saint-Valery. Legrand d’Aussy (t. II, p.
-82) dit qu’il y a un poisson de ce nom différent du coquillage, mais
-il ne donne pas le motif de son opinion à cet égard, et je ne vois ce
-poisson mentionné nulle part. Il faut d’ailleurs remarquer qu’ici les
-moules viennent après les <i>hanons</i>, sorte de coquillage.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1078_1078" id="Footnote_1078_1078"></a><a href="#FNanchor_1078_1078"><span class="label">[1078]</span></a> Var. B, <i>nourrist</i>. Si l’on adopte ce mot qui me paroît
-beaucoup moins bon que <i>noircit</i>, il faudroit fermer la parenthèse
-après <i>non</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1079_1079" id="Footnote_1079_1079"></a><a href="#FNanchor_1079_1079"><span class="label">[1079]</span></a> Préparée (voy. Du Cange au mot <i>Conredium</i>), ce doit
-être la sèche <i>confite avec la saulce aigre</i> (marinée), comme Belon dit
-(p. 340) qu’on l’apprêtoit de son temps <i>pour la rendre plus facile
-á manger et à digérer</i>. On voit que l’auteur distingue ici la sèche
-<i>conrée</i> de la fraîche.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1080_1080" id="Footnote_1080_1080"></a><a href="#FNanchor_1080_1080"><span class="label">[1080]</span></a> Plissé, froncé, racorni par la chaleur du feu,
-<i>grediller</i> dans Nicot qui le dit synonyme de <i>grésiller</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1081_1081" id="Footnote_1081_1081"></a><a href="#FNanchor_1081_1081"><span class="label">[1081]</span></a> Voy. p. 154.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1082_1082" id="Footnote_1082_1082"></a><a href="#FNanchor_1082_1082"><span class="label">[1082]</span></a> On voit que l’auteur ne fait pas grand cas de ce
-poisson. Du temps de Belon comme au <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle
-(voy. p. 200, n. 2), il n’étoit guère mangé que par les pauvres.
-Bruyère-Champier préfère à la sèche fraîche la salée qui, dit-il, est
-la consolation du carême: <i>jejunia verna egregie solantur</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1083_1083" id="Footnote_1083_1083"></a><a href="#FNanchor_1083_1083"><span class="label">[1083]</span></a> C’est-à-dire moins d’une feuille ou pas du tout.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1084_1084" id="Footnote_1084_1084"></a><a href="#FNanchor_1084_1084"><span class="label">[1084]</span></a> Plante dite <i>Ténaisie</i> dans la <i>Maison rustique</i>.&mdash;Ce
-plat aura été nommé <i>arboulaste</i> à cause des herbes qui entroient dans
-sa composition. Les Italiens avoient aussi au <small>XVI</small><sup>e</sup>
-siècle un plat tout à fait analogue dit <i>Herbolata</i> (Bart. Scappi,
-cuisinier du pape Paul V, 1570, in-4º, f. 360 vº).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1085_1085" id="Footnote_1085_1085"></a><a href="#FNanchor_1085_1085"><span class="label">[1085]</span></a> Aumelette. Le mot <i>alumelle</i>, qui vient de <i>lamella</i>,
-diminutif de <i>lamina</i>, signifie ordinairement la lame, le tranchant
-d’une épée, d’une hache, etc. (voy. Du Cange à <i>Alemella</i>). C’est sans
-doute à cause de leur forme aplatie, <i>laminée</i>, que les œufs ainsi
-accommodés auront été dits <i>alumelle</i>, puis par corruption <i>alumette</i>
-(p. 208, n. 1), et enfin <i>aumelette</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1086_1086" id="Footnote_1086_1086"></a><a href="#FNanchor_1086_1086"><span class="label">[1086]</span></a> Râpé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1087_1087" id="Footnote_1087_1087"></a><a href="#FNanchor_1087_1087"><span class="label">[1087]</span></a> Suppléez: <i>que</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1088_1088" id="Footnote_1088_1088"></a><a href="#FNanchor_1088_1088"><span class="label">[1088]</span></a> Broyeroit.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1089_1089" id="Footnote_1089_1089"></a><a href="#FNanchor_1089_1089"><span class="label">[1089]</span></a> Var. A., <i>alumette</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1090_1090" id="Footnote_1090_1090"></a><a href="#FNanchor_1090_1090"><span class="label">[1090]</span></a> <i>G. C.</i>, 50 (<i>aumelette</i> au lieu d’<i>allumelle</i>).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1091_1091" id="Footnote_1091_1091"></a><a href="#FNanchor_1091_1091"><span class="label">[1091]</span></a> <i>De</i> vaudroit mieux, car le nombre de sept étant
-impair, je ne crois pas que l’auteur ait voulu dire d’ôter le blanc
-d’un œuf sur deux.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1092_1092" id="Footnote_1092_1092"></a><a href="#FNanchor_1092_1092"><span class="label">[1092]</span></a> Suppléez <i>les</i> (sur les moyeux des deux œufs cassés
-d’abord).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1093_1093" id="Footnote_1093_1093"></a><a href="#FNanchor_1093_1093"><span class="label">[1093]</span></a> En faisant évaporer l’humidité, à l’étouffée?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1094_1094" id="Footnote_1094_1094"></a><a href="#FNanchor_1094_1094"><span class="label">[1094]</span></a> Uni, lisse.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1095_1095" id="Footnote_1095_1095"></a><a href="#FNanchor_1095_1095"><span class="label">[1095]</span></a> Voy. p. 207.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1096_1096" id="Footnote_1096_1096"></a><a href="#FNanchor_1096_1096"><span class="label">[1096]</span></a> Suppléez: <i>se</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1097_1097" id="Footnote_1097_1097"></a><a href="#FNanchor_1097_1097"><span class="label">[1097]</span></a> Var. A, <i>Fourmentée</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1098_1098" id="Footnote_1098_1098"></a><a href="#FNanchor_1098_1098"><span class="label">[1098]</span></a> Voy. p. 111, n. 2.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1099_1099" id="Footnote_1099_1099"></a><a href="#FNanchor_1099_1099"><span class="label">[1099]</span></a> On trouve des recettes de ce plat très-usité au moyen
-âge dans le Taillevent manuscrit et imprimé, dans le <i>Grand Cuisinier</i>
-(ff. 41, 45), et dans le <i>Trésor de santé</i>, p. 24. Celle du <i>Ménagier</i>
-est la plus complète. On mangeoit presque toujours la vénaison à la
-fromentée. On a pu le remarquer dans les <i>Menus</i> qui précèdent (p. 93,
-etc.), et Hardoyn de Fontaines Guérin le dit positivement dans son
-<i>Trésor de vénerie</i> (p. 51 et note 56).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1100_1100" id="Footnote_1100_1100"></a><a href="#FNanchor_1100_1100"><span class="label">[1100]</span></a> Var. B, <i>jusiers</i>, plus conforme à <i>gésier</i> qui a
-prévalu aujourd’hui quoique tout à fait dissemblable de <i>giger</i>, racine
-de ce mot employée par Festus et Lucilius. Le peuple dit <i>gigier</i> avec
-beaucoup plus de raison.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1101_1101" id="Footnote_1101_1101"></a><a href="#FNanchor_1101_1101"><span class="label">[1101]</span></a> <i>G. C.</i>, 30. Même recette que dans Taillevent imprimé
-et manuscrit.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1102_1102" id="Footnote_1102_1102"></a><a href="#FNanchor_1102_1102"><span class="label">[1102]</span></a> Épais à pouvoir le tailler (<i>à couper au couteau</i>). <i>G.
-C.</i>, 74. La recette de Taillevent est presque la même.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1103_1103" id="Footnote_1103_1103"></a><a href="#FNanchor_1103_1103"><span class="label">[1103]</span></a> Sépare.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1104_1104" id="Footnote_1104_1104"></a><a href="#FNanchor_1104_1104"><span class="label">[1104]</span></a> Surjet.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1105_1105" id="Footnote_1105_1105"></a><a href="#FNanchor_1105_1105"><span class="label">[1105]</span></a> Obscur.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1106_1106" id="Footnote_1106_1106"></a><a href="#FNanchor_1106_1106"><span class="label">[1106]</span></a> Cailles, lait caillé. (<i>Brique de lait</i>, <i>maton</i>
-signifiant proprement brique. Voy. Du Cange à <i>Matto</i>.)</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1107_1107" id="Footnote_1107_1107"></a><a href="#FNanchor_1107_1107"><span class="label">[1107]</span></a> Lait de beurre.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1108_1108" id="Footnote_1108_1108"></a><a href="#FNanchor_1108_1108"><span class="label">[1108]</span></a> Les <i>carcasses</i>. Voy. p. 170, n. 1.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1109_1109" id="Footnote_1109_1109"></a><a href="#FNanchor_1109_1109"><span class="label">[1109]</span></a> Ce doit être l’estomac où est le grain mangé par
-l’animal: <i>granea</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1110_1110" id="Footnote_1110_1110"></a><a href="#FNanchor_1110_1110"><span class="label">[1110]</span></a> Cette recette est dans Taillevent, imprimé et
-manuscrit, mais avec plusieurs différences dont l’une est que
-Taillevent défend de <i>refaire</i> les volailles, contrairement à ce qui
-est dit ici.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1111_1111" id="Footnote_1111_1111"></a><a href="#FNanchor_1111_1111"><span class="label">[1111]</span></a> Il faudroit <i>les</i> ou <i>la</i> (la poule); Taillevent dit:
-<i>l’enflez, puis</i> la <i>fendez</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1112_1112" id="Footnote_1112_1112"></a><a href="#FNanchor_1112_1112"><span class="label">[1112]</span></a> Mot qui paroît de trop.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1113_1113" id="Footnote_1113_1113"></a><a href="#FNanchor_1113_1113"><span class="label">[1113]</span></a> Ce doit être le <i>col</i> comme dans Taillevent.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1114_1114" id="Footnote_1114_1114"></a><a href="#FNanchor_1114_1114"><span class="label">[1114]</span></a> <i>Broyons</i> dans Taillevent, manuscrit Bibl. Mazarine, et
-<i>blancs</i> dans le manuscrit de la Bibl. Royale.&mdash;Foies, intestins. Voy.
-p. 149, n. 7.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1115_1115" id="Footnote_1115_1115"></a><a href="#FNanchor_1115_1115"><span class="label">[1115]</span></a> Je ne sais quel est ce fromage. Le dictionnaire de
-Trévoux cite bien un fromage dit d’<i>Anguin</i>, mais sa composition ne
-me paroît pas convenir à l’emploi fait ici du fromage de gain. Le
-Taillevent imprimé dit <i>fromage de guin</i>: le manuscrit de la Bibl.
-Royale, <i>de gain</i>, et le manuscrit de la Bibl. Mazarine, <i>fin fromage</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1116_1116" id="Footnote_1116_1116"></a><a href="#FNanchor_1116_1116"><span class="label">[1116]</span></a> Ces deux mots ne sont que dans C.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1117_1117" id="Footnote_1117_1117"></a><a href="#FNanchor_1117_1117"><span class="label">[1117]</span></a> Il est dit dans la <i>Maison rustique</i>, éd. de 1570, p.
-105, que quand on a exprimé au pressoir l’aquosité de la guède, on
-rédige le marc <i>par petites pastilles</i> qu’on fait sécher au soleil, et
-que ces pastilles sont jetées dans les cuves où l’on met les laines
-à teindre. Ce sont ces <i>pastilles</i> ou <i>pasteaux</i>, sans doute d’une
-grosseur fixée par l’usage et connue, que notre auteur prend ici pour
-terme de comparaison.&mdash;Cette phrase, depuis <i>soit recousu</i> jusqu’à <i>et
-pour les dorer</i>, n’est pas dans Taillevent.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1118_1118" id="Footnote_1118_1118"></a><a href="#FNanchor_1118_1118"><span class="label">[1118]</span></a> Le manuscrit A ajoute <i>de bœuf</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1119_1119" id="Footnote_1119_1119"></a><a href="#FNanchor_1119_1119"><span class="label">[1119]</span></a> Ce mot n’est que dans le Ms. C.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1120_1120" id="Footnote_1120_1120"></a><a href="#FNanchor_1120_1120"><span class="label">[1120]</span></a> C’est la même recette que celle de Taillevent. (Ms.
-Bibl. Royale.)</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1121_1121" id="Footnote_1121_1121"></a><a href="#FNanchor_1121_1121"><span class="label">[1121]</span></a> Var. B, <i>pour couleur</i>, au lieu de <i>y coulent</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1122_1122" id="Footnote_1122_1122"></a><a href="#FNanchor_1122_1122"><span class="label">[1122]</span></a> Le jarret de devant, ou la dernière, la plus courte
-articulation?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1123_1123" id="Footnote_1123_1123"></a><a href="#FNanchor_1123_1123"><span class="label">[1123]</span></a> Extrémité du pied?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1124_1124" id="Footnote_1124_1124"></a><a href="#FNanchor_1124_1124"><span class="label">[1124]</span></a> Ce mot n’est pas dans le manuscrit A.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1125_1125" id="Footnote_1125_1125"></a><a href="#FNanchor_1125_1125"><span class="label">[1125]</span></a> Var. C. <i>où la char aura cuit</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1126_1126" id="Footnote_1126_1126"></a><a href="#FNanchor_1126_1126"><span class="label">[1126]</span></a> Ce mot doit être synonyme de <i>harlé</i>, hâlé, grillé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1127_1127" id="Footnote_1127_1127"></a><a href="#FNanchor_1127_1127"><span class="label">[1127]</span></a> Mot qui est de trop, à moins qu’on ne lise <i>de deus</i>
-(deux).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1128_1128" id="Footnote_1128_1128"></a><a href="#FNanchor_1128_1128"><span class="label">[1128]</span></a> Parce qu’il étoit ainsi divisé par une ligne verticale
-en deux portions de couleur différente, comme <i>un écusson parti</i> en
-blason. Le potage écartelé dont il est question dans les <i>Menus</i> devoit
-se faire d’une manière analogue, sauf qu’il étoit <i>écartelé</i> (divisé en
-quatre portions par deux lignes en croix), au lieu d’être <i>parti</i>. Voy.
-p. 211 un autre <i>faulx grenon</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1129_1129" id="Footnote_1129_1129"></a><a href="#FNanchor_1129_1129"><span class="label">[1129]</span></a> Du gingembre.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1130_1130" id="Footnote_1130_1130"></a><a href="#FNanchor_1130_1130"><span class="label">[1130]</span></a> Voy. ci-dessus, p. 213.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1131_1131" id="Footnote_1131_1131"></a><a href="#FNanchor_1131_1131"><span class="label">[1131]</span></a> Sans doute queues.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1132_1132" id="Footnote_1132_1132"></a><a href="#FNanchor_1132_1132"><span class="label">[1132]</span></a> Ce doit être <i>boulez</i>, ou plutôt <i>broyez</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1133_1133" id="Footnote_1133_1133"></a><a href="#FNanchor_1133_1133"><span class="label">[1133]</span></a> Piquez les pattes d’écrevisses dans la tarte.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1134_1134" id="Footnote_1134_1134"></a><a href="#FNanchor_1134_1134"><span class="label">[1134]</span></a> A part, séparément.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1135_1135" id="Footnote_1135_1135"></a><a href="#FNanchor_1135_1135"><span class="label">[1135]</span></a> Épinards. Voy. p. 141.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1136_1136" id="Footnote_1136_1136"></a><a href="#FNanchor_1136_1136"><span class="label">[1136]</span></a> Pressé?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1137_1137" id="Footnote_1137_1137"></a><a href="#FNanchor_1137_1137"><span class="label">[1137]</span></a> Râpé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1138_1138" id="Footnote_1138_1138"></a><a href="#FNanchor_1138_1138"><span class="label">[1138]</span></a> Sans doute gingembre de mesche. Voy. p. 230.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1139_1139" id="Footnote_1139_1139"></a><a href="#FNanchor_1139_1139"><span class="label">[1139]</span></a> Racine d’arbre autrement dite <i>zedoaria</i>, suivant
-Jacques de Vitry cité par Du Cange au mot <i>Zedoaria</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1140_1140" id="Footnote_1140_1140"></a><a href="#FNanchor_1140_1140"><span class="label">[1140]</span></a> C’est le poivre de cubèbe, employé aujourd’hui
-seulement dans la pharmacie.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1141_1141" id="Footnote_1141_1141"></a><a href="#FNanchor_1141_1141"><span class="label">[1141]</span></a> Le nard, <i>spica nardi</i>, dans le <i>Trésor de Santé</i>. Voy.
-aussi Du Cange à <i>Spicus</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1142_1142" id="Footnote_1142_1142"></a><a href="#FNanchor_1142_1142"><span class="label">[1142]</span></a> Var. B, <i>toile</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1143_1143" id="Footnote_1143_1143"></a><a href="#FNanchor_1143_1143"><span class="label">[1143]</span></a> Il semble qu’il faudroit <i>et la couler deux ou trois
-fois avant qu’elle</i>, etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1144_1144" id="Footnote_1144_1144"></a><a href="#FNanchor_1144_1144"><span class="label">[1144]</span></a> Peut-être ce mot désigne-t-il la <i>filicule</i>, plante
-astringente de l’espèce des fougères.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1145_1145" id="Footnote_1145_1145"></a><a href="#FNanchor_1145_1145"><span class="label">[1145]</span></a> Tournesol. Fruit de l’<i>heliotropium tricoccum</i>. Voy.
-Trévoux.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1146_1146" id="Footnote_1146_1146"></a><a href="#FNanchor_1146_1146"><span class="label">[1146]</span></a> Ce mot désigne ici le poisson du même nom qui semble
-avoir été ainsi vendu à la mesure, car nous allons voir (article des
-<i>vingt plats de gelée</i>) l’auteur parler d’une <i>chopine</i> de loche qui,
-répartie entre vingt plats, donnoit six loches par plat. Si son calcul
-n’est pas erroné (comme celui qu’il fait des écrevisses), une chopine
-de loche auroit contenu cent vingt loches environ.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1147_1147" id="Footnote_1147_1147"></a><a href="#FNanchor_1147_1147"><span class="label">[1147]</span></a> Oter le veau.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1148_1148" id="Footnote_1148_1148"></a><a href="#FNanchor_1148_1148"><span class="label">[1148]</span></a> Il en faudroit cinq pour employer les cent écrevisses
-dans vingt plats.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1149_1149" id="Footnote_1149_1149"></a><a href="#FNanchor_1149_1149"><span class="label">[1149]</span></a> Ainsi dans les trois manuscrits. Voy. p. 196, n..</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1150_1150" id="Footnote_1150_1150"></a><a href="#FNanchor_1150_1150"><span class="label">[1150]</span></a> Frappez, pressez de la paume de la main.&mdash;Var. fautive
-de A, <i>paronoyez</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1151_1151" id="Footnote_1151_1151"></a><a href="#FNanchor_1151_1151"><span class="label">[1151]</span></a> Noisetier.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1152_1152" id="Footnote_1152_1152"></a><a href="#FNanchor_1152_1152"><span class="label">[1152]</span></a> Farine.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1153_1153" id="Footnote_1153_1153"></a><a href="#FNanchor_1153_1153"><span class="label">[1153]</span></a> Var. B, <i>demeurent</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1154_1154" id="Footnote_1154_1154"></a><a href="#FNanchor_1154_1154"><span class="label">[1154]</span></a> Grenouilles.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1155_1155" id="Footnote_1155_1155"></a><a href="#FNanchor_1155_1155"><span class="label">[1155]</span></a> Appât, <i>esca</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1156_1156" id="Footnote_1156_1156"></a><a href="#FNanchor_1156_1156"><span class="label">[1156]</span></a> <i>G. C.</i>, 68 vº (tronqué).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1157_1157" id="Footnote_1157_1157"></a><a href="#FNanchor_1157_1157"><span class="label">[1157]</span></a> Sureaux, suivant Roquefort. (Voy. plus loin R. de la
-glux.) Le <i>G. C.</i>, qui donne cette recette (f. 73 vº), dit <i>aux vignes
-et aux jardins</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1158_1158" id="Footnote_1158_1158"></a><a href="#FNanchor_1158_1158"><span class="label">[1158]</span></a> On trouve a la fin du <i>Calendrier des Bergiers</i> (Paris,
-1493, in-fº, f. N vj) une pièce très-bizarre sur le limaçon, dans
-laquelle on lui dit: <i>Oncques Lombard ne te mangeat, A telle saulce que
-(nous) ferons, Si te mettront en ung grant plat, Au poyvre noir et aux
-ongnons</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1159_1159" id="Footnote_1159_1159"></a><a href="#FNanchor_1159_1159"><span class="label">[1159]</span></a> Ainsi écrit dans les trois Manuscrits; mais ce doit
-être <i>jalet</i>, caillou rond (<i>galet</i>) ou balle de plomb qu’on lançoit
-avec une arbalète dite arc à jalet: de <i>jaculum</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1160_1160" id="Footnote_1160_1160"></a><a href="#FNanchor_1160_1160"><span class="label">[1160]</span></a> Suppléez <i>que dessus</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1161_1161" id="Footnote_1161_1161"></a><a href="#FNanchor_1161_1161"><span class="label">[1161]</span></a> Sans doute <i>la</i> paste et non <i>le</i> past<i>é</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1162_1162" id="Footnote_1162_1162"></a><a href="#FNanchor_1162_1162"><span class="label">[1162]</span></a> Ce passage confirme l’explication donnée p. 150, n. 5.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1163_1163" id="Footnote_1163_1163"></a><a href="#FNanchor_1163_1163"><span class="label">[1163]</span></a> Pour les repas ordinaires?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1164_1164" id="Footnote_1164_1164"></a><a href="#FNanchor_1164_1164"><span class="label">[1164]</span></a> Liaison.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1165_1165" id="Footnote_1165_1165"></a><a href="#FNanchor_1165_1165"><span class="label">[1165]</span></a> 1<sup>er</sup> octobre.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1166_1166" id="Footnote_1166_1166"></a><a href="#FNanchor_1166_1166"><span class="label">[1166]</span></a> Ce doit être une faute pour <i>oyers</i>, rôtisseurs.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1167_1167" id="Footnote_1167_1167"></a><a href="#FNanchor_1167_1167"><span class="label">[1167]</span></a> Var. B, <i>roissoles</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1168_1168" id="Footnote_1168_1168"></a><a href="#FNanchor_1168_1168"><span class="label">[1168]</span></a> Ce mot paroît de trop.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1169_1169" id="Footnote_1169_1169"></a><a href="#FNanchor_1169_1169"><span class="label">[1169]</span></a> Var. A, <i>mettez</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1170_1170" id="Footnote_1170_1170"></a><a href="#FNanchor_1170_1170"><span class="label">[1170]</span></a> <i>G. C.</i>, f. 74, s’arrête-là: un peu abrégé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1171_1171" id="Footnote_1171_1171"></a><a href="#FNanchor_1171_1171"><span class="label">[1171]</span></a> Fuseau.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1172_1172" id="Footnote_1172_1172"></a><a href="#FNanchor_1172_1172"><span class="label">[1172]</span></a> Rouler, sausser. Var. A, <i>coulez</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1173_1173" id="Footnote_1173_1173"></a><a href="#FNanchor_1173_1173"><span class="label">[1173]</span></a> Var. B, <i>arboulastre</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1174_1174" id="Footnote_1174_1174"></a><a href="#FNanchor_1174_1174"><span class="label">[1174]</span></a> Service, mets.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1175_1175" id="Footnote_1175_1175"></a><a href="#FNanchor_1175_1175"><span class="label">[1175]</span></a> Sans doute faute pour <i>ou</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1176_1176" id="Footnote_1176_1176"></a><a href="#FNanchor_1176_1176"><span class="label">[1176]</span></a> Voy. p. 129.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1177_1177" id="Footnote_1177_1177"></a><a href="#FNanchor_1177_1177"><span class="label">[1177]</span></a> Voy. p. 161.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1178_1178" id="Footnote_1178_1178"></a><a href="#FNanchor_1178_1178"><span class="label">[1178]</span></a> J’ai dit p. 185 que ce mot pouvoit signifier une
-sorte de champignons; mais je crois que ce sont plutôt les racines du
-<i>chervis</i> (<i>siser</i>) désignées et décrites sous le nom d’<i>eschervis</i>
-dans le <i>Trésor de Santé</i>, p. 432.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1179_1179" id="Footnote_1179_1179"></a><a href="#FNanchor_1179_1179"><span class="label">[1179]</span></a> Enfariner.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1180_1180" id="Footnote_1180_1180"></a><a href="#FNanchor_1180_1180"><span class="label">[1180]</span></a> Œufs.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1181_1181" id="Footnote_1181_1181"></a><a href="#FNanchor_1181_1181"><span class="label">[1181]</span></a> Se préparer, se faire.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1182_1182" id="Footnote_1182_1182"></a><a href="#FNanchor_1182_1182"><span class="label">[1182]</span></a> Peut-être: <i>en esté</i>. Var. B, mais résultat d’une
-correction: <i>encores</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1183_1183" id="Footnote_1183_1183"></a><a href="#FNanchor_1183_1183"><span class="label">[1183]</span></a> Rôti.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1184_1184" id="Footnote_1184_1184"></a><a href="#FNanchor_1184_1184"><span class="label">[1184]</span></a> Voy. p. 111. J’ai aussi vu du <i>gingembre vert</i>,
-mentionné dans les registres du parlement (<i>Plaid. civiles</i>, 29 avril
-1392), à propos d’une affaire de droit maritime, et aussi dans Du Cange
-au mot <i>Arquinetta</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1185_1185" id="Footnote_1185_1185"></a><a href="#FNanchor_1185_1185"><span class="label">[1185]</span></a> Voy. p. 112.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1186_1186" id="Footnote_1186_1186"></a><a href="#FNanchor_1186_1186"><span class="label">[1186]</span></a> Gâté.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1187_1187" id="Footnote_1187_1187"></a><a href="#FNanchor_1187_1187"><span class="label">[1187]</span></a> Var. A. C, <i>noir</i>. Je ne vois pas qu’il y ait eu du
-galanga noir.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1188_1188" id="Footnote_1188_1188"></a><a href="#FNanchor_1188_1188"><span class="label">[1188]</span></a> Gousse.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1189_1189" id="Footnote_1189_1189"></a><a href="#FNanchor_1189_1189"><span class="label">[1189]</span></a> B écrit ici: <i>raoulmarin</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1190_1190" id="Footnote_1190_1190"></a><a href="#FNanchor_1190_1190"><span class="label">[1190]</span></a> Sans doute <i>sanemonde</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1191_1191" id="Footnote_1191_1191"></a><a href="#FNanchor_1191_1191"><span class="label">[1191]</span></a> Toute-bonne? Voir ci-devant, p. 44, n. 2.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1192_1192" id="Footnote_1192_1192"></a><a href="#FNanchor_1192_1192"><span class="label">[1192]</span></a> Nous avons vu ci-dessus (<i>Menus</i> 15 et 21) des turbots
-<i>à la</i> soucie. L’auteur faisant ici et ailleurs ce mot masculin, je
-pense qu’il faut lire en cet endroit <i>soucié</i>, et qu’on disoit <i>une
-soucie</i> et <i>un soucié</i>, mais plus souvent le dernier.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1193_1193" id="Footnote_1193_1193"></a><a href="#FNanchor_1193_1193"><span class="label">[1193]</span></a> Sans doute <i>pousser</i>. Nous avons déjà vu, p. 213 (<i>pour
-faire perdriaulx de poucins</i>) qu’on <i>poussoit</i> les cuisses du poucin
-<i>pour faire la char plus courte</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1194_1194" id="Footnote_1194_1194"></a><a href="#FNanchor_1194_1194"><span class="label">[1194]</span></a> Var. A. C., <i>puis</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1195_1195" id="Footnote_1195_1195"></a><a href="#FNanchor_1195_1195"><span class="label">[1195]</span></a> P. 230.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1196_1196" id="Footnote_1196_1196"></a><a href="#FNanchor_1196_1196"><span class="label">[1196]</span></a> Var. B, <i>le meigre d’eaue</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1197_1197" id="Footnote_1197_1197"></a><a href="#FNanchor_1197_1197"><span class="label">[1197]</span></a> Voy. p. 223, n. 3.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1198_1198" id="Footnote_1198_1198"></a><a href="#FNanchor_1198_1198"><span class="label">[1198]</span></a> Ce mot n’est que dans C.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1199_1199" id="Footnote_1199_1199"></a><a href="#FNanchor_1199_1199"><span class="label">[1199]</span></a> Rôties.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1200_1200" id="Footnote_1200_1200"></a><a href="#FNanchor_1200_1200"><span class="label">[1200]</span></a> <i>G. C.</i>, 74 vº.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1201_1201" id="Footnote_1201_1201"></a><a href="#FNanchor_1201_1201"><span class="label">[1201]</span></a> <i>Ib.</i>, réuni avec la recette précédente en un seul
-article et fautif.&mdash;Cette recette paroît la même que la précédente,
-mais améliorée et complétée.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1202_1202" id="Footnote_1202_1202"></a><a href="#FNanchor_1202_1202"><span class="label">[1202]</span></a> Presque identique avec la recette de la <i>sauce
-poitevine</i> dans le Taillevent manuscrit, défigurée dans l’imprimé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1203_1203" id="Footnote_1203_1203"></a><a href="#FNanchor_1203_1203"><span class="label">[1203]</span></a> Écrasez.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1204_1204" id="Footnote_1204_1204"></a><a href="#FNanchor_1204_1204"><span class="label">[1204]</span></a> Cette épice est sans doute la même que l’<i>arquinetta</i>
-citée dans des lettres du roi Richard II, en faveur de marchands
-de Gênes (1380); mais ce ne peut être un bois sudorifique comme le
-conjecture dom Carpentier (voir <i>Glossaire</i> de Du Cange, au mot
-<i>Arquinetta</i>). Je ne vois pas au reste pourquoi l’auteur parle de cette
-épice à propos d’une recette où elle n’est pas employée.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1205_1205" id="Footnote_1205_1205"></a><a href="#FNanchor_1205_1205"><span class="label">[1205]</span></a> Var. B, <i>roux</i>, au lieu de <i>dessus</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1206_1206" id="Footnote_1206_1206"></a><a href="#FNanchor_1206_1206"><span class="label">[1206]</span></a> Toujours.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1207_1207" id="Footnote_1207_1207"></a><a href="#FNanchor_1207_1207"><span class="label">[1207]</span></a> Gousse.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1208_1208" id="Footnote_1208_1208"></a><a href="#FNanchor_1208_1208"><span class="label">[1208]</span></a> Var. B, <i>ou</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1209_1209" id="Footnote_1209_1209"></a><a href="#FNanchor_1209_1209"><span class="label">[1209]</span></a> Véritable (non aigri); comme nous avons vu p. 193, du
-vin <i>plain</i>?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1210_1210" id="Footnote_1210_1210"></a><a href="#FNanchor_1210_1210"><span class="label">[1210]</span></a> Bourbelier. Voy. p. 158 et 179.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1211_1211" id="Footnote_1211_1211"></a><a href="#FNanchor_1211_1211"><span class="label">[1211]</span></a> Var. B, <i>une</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1212_1212" id="Footnote_1212_1212"></a><a href="#FNanchor_1212_1212"><span class="label">[1212]</span></a> L’auteur veut sans doute dire qu’alors cette sauce se
-sert avec du jambon, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1213_1213" id="Footnote_1213_1213"></a><a href="#FNanchor_1213_1213"><span class="label">[1213]</span></a> Sans doute le setier de huit pintes plutôt que celui
-d’une demi-pinte (ou chopine).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1214_1214" id="Footnote_1214_1214"></a><a href="#FNanchor_1214_1214"><span class="label">[1214]</span></a> Il y avoit une petite monnoie d’argent de ce nom valant
-un denier un quart.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1215_1215" id="Footnote_1215_1215"></a><a href="#FNanchor_1215_1215"><span class="label">[1215]</span></a> Le manuscrit B fait orge masculin; mais c’est par suite
-de corrections un peu postérieures au corps du texte.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1216_1216" id="Footnote_1216_1216"></a><a href="#FNanchor_1216_1216"><span class="label">[1216]</span></a> En prenant les bases établies ci-dessus, p. 109, n. 2,
-un pain brun (ou <i>debrode</i> ou <i>faitis</i>, bis,) d’un denier devoit peser
-tout cuit dix-huit onces.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1217_1217" id="Footnote_1217_1217"></a><a href="#FNanchor_1217_1217"><span class="label">[1217]</span></a> Var. B, <i>puis</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1218_1218" id="Footnote_1218_1218"></a><a href="#FNanchor_1218_1218"><span class="label">[1218]</span></a> Se faire.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1219_1219" id="Footnote_1219_1219"></a><a href="#FNanchor_1219_1219"><span class="label">[1219]</span></a> Ordinairement <i>origine</i> (<i>interdum urina</i>): mais ici,
-sans doute <i>globules</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1220_1220" id="Footnote_1220_1220"></a><a href="#FNanchor_1220_1220"><span class="label">[1220]</span></a> A et B répètent <i>lors</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1221_1221" id="Footnote_1221_1221"></a><a href="#FNanchor_1221_1221"><span class="label">[1221]</span></a> Sans doute levure de bière.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1222_1222" id="Footnote_1222_1222"></a><a href="#FNanchor_1222_1222"><span class="label">[1222]</span></a> Domestiques.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1223_1223" id="Footnote_1223_1223"></a><a href="#FNanchor_1223_1223"><span class="label">[1223]</span></a> Dans la même proportion.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1224_1224" id="Footnote_1224_1224"></a><a href="#FNanchor_1224_1224"><span class="label">[1224]</span></a> Plombé. Ce mot semble signifier ici étamé. Le
-Taillevent manuscrit qui donne une recette analogue de ce même plat,
-dit <i>plombé par dedans</i>. Il résulte de la recette de Taillevent qu’on
-mettoit dans ce pot la poule ou chapon sans eau.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1225_1225" id="Footnote_1225_1225"></a><a href="#FNanchor_1225_1225"><span class="label">[1225]</span></a> <i>A</i> n’est que dans le manuscrit C.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1226_1226" id="Footnote_1226_1226"></a><a href="#FNanchor_1226_1226"><span class="label">[1226]</span></a> Le <i>G. C.</i>, qui donne la même recette (f. 28 vº) mais
-avec quelques modifications, dit ici <i>avec du vin blanc les deux pars
-et le tiers d’eau</i>. Le vin est également mélangé d’eau dans la recette
-de Taillevent.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1227_1227" id="Footnote_1227_1227"></a><a href="#FNanchor_1227_1227"><span class="label">[1227]</span></a> En le faisant <i>filer</i>. Voy. p. 159, n. 4.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1228_1228" id="Footnote_1228_1228"></a><a href="#FNanchor_1228_1228"><span class="label">[1228]</span></a> Voy. p. 271.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1229_1229" id="Footnote_1229_1229"></a><a href="#FNanchor_1229_1229"><span class="label">[1229]</span></a> Crevée. Voy. p. 139.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1230_1230" id="Footnote_1230_1230"></a><a href="#FNanchor_1230_1230"><span class="label">[1230]</span></a> Le Taillevent manuscrit (Bibl. Roy.) donne cette
-recette avec cette différence qu’après <i>couler</i> on lit: <i>Mettez boulir,
-et, qui veult, pouldre de succre pardessus et non pas trop liant</i>.
-Il est probable que ces mots ont été omis dans les manuscrits du
-<i>Ménagier</i>, car le manuscrit A termine ainsi cet alinéa: <i>coulez et
-mette</i> (ici un espace vide) <i>et du succre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1231_1231" id="Footnote_1231_1231"></a><a href="#FNanchor_1231_1231"><span class="label">[1231]</span></a> Le manuscrit B ajoute <i>à fort</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1232_1232" id="Footnote_1232_1232"></a><a href="#FNanchor_1232_1232"><span class="label">[1232]</span></a> Même recette que dans le Taillevent manuscrit.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1233_1233" id="Footnote_1233_1233"></a><a href="#FNanchor_1233_1233"><span class="label">[1233]</span></a> Bayen, crevé.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1234_1234" id="Footnote_1234_1234"></a><a href="#FNanchor_1234_1234"><span class="label">[1234]</span></a> Répétition du dernier paragraphe de la p. 214.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1235_1235" id="Footnote_1235_1235"></a><a href="#FNanchor_1235_1235"><span class="label">[1235]</span></a> Les trois manuscrits portent après cet intitulé: <i>Fault
-commencier à la Sainct Jehan</i>. Ces mots paroissent une répétition
-anticipée de ce qui suit.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1236_1236" id="Footnote_1236_1236"></a><a href="#FNanchor_1236_1236"><span class="label">[1236]</span></a> La phrase est obscure et probablement défectueuse.
-Peut-être faut-il lire <i>lez qu’elles</i>, en prenant l’adverbe <i>lez</i>
-(<i>jaxta</i>, <i>secundum</i>, <i>ad</i>,) dans le sens de <i>jusque</i>; mais je ne l’ai
-jamais vu ainsi employé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1237_1237" id="Footnote_1237_1237"></a><a href="#FNanchor_1237_1237"><span class="label">[1237]</span></a> Le psaume <i>Miserere</i>, comme l’auteur dit ailleurs, le
-temps de dire une patenôtre, etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1238_1238" id="Footnote_1238_1238"></a><a href="#FNanchor_1238_1238"><span class="label">[1238]</span></a> Var. B, <i>ou</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1239_1239" id="Footnote_1239_1239"></a><a href="#FNanchor_1239_1239"><span class="label">[1239]</span></a> Sans doute <i>sas</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1240_1240" id="Footnote_1240_1240"></a><a href="#FNanchor_1240_1240"><span class="label">[1240]</span></a> Var. B, <i>trois ou quatre</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1241_1241" id="Footnote_1241_1241"></a><a href="#FNanchor_1241_1241"><span class="label">[1241]</span></a> Id. <i>quatre</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1242_1242" id="Footnote_1242_1242"></a><a href="#FNanchor_1242_1242"><span class="label">[1242]</span></a> Suppl. <i>le</i> (le miel d’où on a retiré les noix).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1243_1243" id="Footnote_1243_1243"></a><a href="#FNanchor_1243_1243"><span class="label">[1243]</span></a> Tonneau contenant une demi-queue. Mais peut-être ici
-est-ce un tonneau plus petit. Ce qui augmente mon doute, c’est que
-l’auteur dit plus loin, p. 249, qu’il faut deux livres de sauge pour
-faire un poinçon d’eau de sauge; il semble que cela ne suffiroit pas
-pour cent quatre-vingt-quinze litres d’eau. (<i>Tonnelet</i> est donné comme
-synonyme de Poinçon, p. 260.)</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1244_1244" id="Footnote_1244_1244"></a><a href="#FNanchor_1244_1244"><span class="label">[1244]</span></a> Carottes.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1245_1245" id="Footnote_1245_1245"></a><a href="#FNanchor_1245_1245"><span class="label">[1245]</span></a> 30 novembre.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1246_1246" id="Footnote_1246_1246"></a><a href="#FNanchor_1246_1246"><span class="label">[1246]</span></a> Ratissez.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1247_1247" id="Footnote_1247_1247"></a><a href="#FNanchor_1247_1247"><span class="label">[1247]</span></a> Graine du Carvi (<i>carvi officinarum</i> ou <i>cuminum
-pratense</i>), plante originaire de la Carie en Asie Mineure.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1248_1248" id="Footnote_1248_1248"></a><a href="#FNanchor_1248_1248"><span class="label">[1248]</span></a> Peut-être est-ce le raifort, <i>raffanus</i>, <i>rafan</i>,
-dans Crescens qui dit qu’on <i>en use principalement à faire compote de
-navets</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1249_1249" id="Footnote_1249_1249"></a><a href="#FNanchor_1249_1249"><span class="label">[1249]</span></a> Chez les herboristes.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1250_1250" id="Footnote_1250_1250"></a><a href="#FNanchor_1250_1250"><span class="label">[1250]</span></a> Gingembre de mesche. Voy. p. 111.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1251_1251" id="Footnote_1251_1251"></a><a href="#FNanchor_1251_1251"><span class="label">[1251]</span></a> Nom de lieu. On lit dans le <i>Dit des pays</i> (impr. au
-<small>XVI</small><sup>e</sup> siècle): <i>En Orte est le bon saffran</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1252_1252" id="Footnote_1252_1252"></a><a href="#FNanchor_1252_1252"><span class="label">[1252]</span></a> Voir ci-devant, p. 154.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1253_1253" id="Footnote_1253_1253"></a><a href="#FNanchor_1253_1253"><span class="label">[1253]</span></a> Var. A, et C, <i>une livre</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1254_1254" id="Footnote_1254_1254"></a><a href="#FNanchor_1254_1254"><span class="label">[1254]</span></a> Var. B (mais résultat d’une correction postérieure),
-<i>cotignac</i>: c’est le nom actuel.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1255_1255" id="Footnote_1255_1255"></a><a href="#FNanchor_1255_1255"><span class="label">[1255]</span></a> Sans doute le nœud qui est à l’extrémité du fruit,
-opposé à la queue.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1256_1256" id="Footnote_1256_1256"></a><a href="#FNanchor_1256_1256"><span class="label">[1256]</span></a> Je crois que ce signe, reproduit exactement ici d’après
-le Ms. B, est un 4. Il figure aussi dans les <i>Menus</i> I, II, IV, VI.
-Voy. p. 91, n. 5. Il est remplacé dans le Ms. A par <img src="images/image-pg-247d.png"
-width="18" height="37" class="cntr" alt="un symbol" title="un symbol" />
-(un gros ou drachme). Voy. pour la <i>poudre de duc</i>, aussi
-estimée que celle-ci au <small>XIV</small><sup>e</sup> siècle, p. 248.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1257_1257" id="Footnote_1257_1257"></a><a href="#FNanchor_1257_1257"><span class="label">[1257]</span></a> Au lieu de sauge.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1258_1258" id="Footnote_1258_1258"></a><a href="#FNanchor_1258_1258"><span class="label">[1258]</span></a> Goûtée, comme cela est dit p. 196, pour la morue?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1259_1259" id="Footnote_1259_1259"></a><a href="#FNanchor_1259_1259"><span class="label">[1259]</span></a> Un sixième d’once plutôt que six noix.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1260_1260" id="Footnote_1260_1260"></a><a href="#FNanchor_1260_1260"><span class="label">[1260]</span></a> Var. B, <i>quarton</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1261_1261" id="Footnote_1261_1261"></a><a href="#FNanchor_1261_1261"><span class="label">[1261]</span></a> <i>Spicus nardi</i>, nard.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1262_1262" id="Footnote_1262_1262"></a><a href="#FNanchor_1262_1262"><span class="label">[1262]</span></a> En allant toujours en diminuant, c’est-à-dire qu’il y
-ait moins de graine de paradis que de girofle, moins de macis que de
-graine, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1263_1263" id="Footnote_1263_1263"></a><a href="#FNanchor_1263_1263"><span class="label">[1263]</span></a> La livre en usage dans le Midi n’étoit que de treize
-onces; l’auteur ayant au commencement de ce paragraphe adopté la mesure
-de Béziers, prévient ici qu’il reprend les poids en usage à Paris.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1264_1264" id="Footnote_1264_1264"></a><a href="#FNanchor_1264_1264"><span class="label">[1264]</span></a> Dominer.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1265_1265" id="Footnote_1265_1265"></a><a href="#FNanchor_1265_1265"><span class="label">[1265]</span></a> Voy. p. 244, n. 4.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1266_1266" id="Footnote_1266_1266"></a><a href="#FNanchor_1266_1266"><span class="label">[1266]</span></a> Les cotons.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1267_1267" id="Footnote_1267_1267"></a><a href="#FNanchor_1267_1267"><span class="label">[1267]</span></a> Var. B, <i>le</i> (saug<i>é</i>?)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1268_1268" id="Footnote_1268_1268"></a><a href="#FNanchor_1268_1268"><span class="label">[1268]</span></a> On voit par plusieurs passages du <i>Ménagier</i> quelle
-consommation nos ancêtres faisoient de verjus. Cependant j’ai vu avec
-étonnement les paroles suivantes dans une plaidoirie du 9 avril 1385-6,
-prononcée pour Jean II de Neelle, seigneur d’Auffémont et de Mello
-qui plaidoit contre les religieux de Saint-Corneille de Compiègne
-pour conserver le droit de conduire, par eau et sans droits, de Mello
-à Auffémont, le vin nécessaire à sa consommation: <i>A Auffémont il ne
-croist pas chascun an huit queues de vin et n’y croist que pour avoir
-du vertjus pour l’ostel d’Auffémont</i>. L’avocat prétendoit-il donc
-qu’on usoit à l’hôtel d’Auffémont six ou sept queues de verjus par an
-(la queue de 391 litres)? Quelque nombreuse maison qu’ait eue Jean de
-Neelle, très-grand seigneur à la vérité, il seroit difficile de croire
-à une semblable consommation de verjus.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1269_1269" id="Footnote_1269_1269"></a><a href="#FNanchor_1269_1269"><span class="label">[1269]</span></a> Voir la note sur lui, p. 118: et sur deux Hautecourt
-qui pouvoient être ses descendans vers 1500, Sauval, III, 605.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1270_1270" id="Footnote_1270_1270"></a><a href="#FNanchor_1270_1270"><span class="label">[1270]</span></a> Nous avons déjà vu plusieurs fois cet usage de semer
-des dragées, des grains de Grenade, etc. sur de certains mets.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1271_1271" id="Footnote_1271_1271"></a><a href="#FNanchor_1271_1271"><span class="label">[1271]</span></a> Je ne sais quelle est cette feuille; le manuscrit A dit
-<i>seur</i>, mais ce ne peut être la feuille de <i>sureau</i> qui est petite.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1272_1272" id="Footnote_1272_1272"></a><a href="#FNanchor_1272_1272"><span class="label">[1272]</span></a> Voy. p. 214, n. 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1273_1273" id="Footnote_1273_1273"></a><a href="#FNanchor_1273_1273"><span class="label">[1273]</span></a> Dure, telle que l’eau de puits.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1274_1274" id="Footnote_1274_1274"></a><a href="#FNanchor_1274_1274"><span class="label">[1274]</span></a> Pétrir.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1275_1275" id="Footnote_1275_1275"></a><a href="#FNanchor_1275_1275"><span class="label">[1275]</span></a> M. de Lincy, t. I, p. 210 de ses <i>Proverbes françois</i>,
-cite le suivant: <i>On fait des godès à Beauvais et des poales à
-Villedieu</i>. J’ignore quelle étoit la qualité spéciale de la terre de
-Beauvais.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1276_1276" id="Footnote_1276_1276"></a><a href="#FNanchor_1276_1276"><span class="label">[1276]</span></a> Sera bu par les roses, disparoîtra.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1277_1277" id="Footnote_1277_1277"></a><a href="#FNanchor_1277_1277"><span class="label">[1277]</span></a> Bien fait, à point.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1278_1278" id="Footnote_1278_1278"></a><a href="#FNanchor_1278_1278"><span class="label">[1278]</span></a> Alambic de plomb.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1279_1279" id="Footnote_1279_1279"></a><a href="#FNanchor_1279_1279"><span class="label">[1279]</span></a> Au recto de ce feuillet, <i>schedula</i> d’où nous avons
-fait <i>cédule</i>, (billet, petite feuille volante,) signifiant aussi
-feuillet.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1280_1280" id="Footnote_1280_1280"></a><a href="#FNanchor_1280_1280"><span class="label">[1280]</span></a> Teinture rose? Je n’ai rien trouvé sur ce mot.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1281_1281" id="Footnote_1281_1281"></a><a href="#FNanchor_1281_1281"><span class="label">[1281]</span></a> Var. A, <i>rousse</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1282_1282" id="Footnote_1282_1282"></a><a href="#FNanchor_1282_1282"><span class="label">[1282]</span></a> Feuilles. Du Cange mentionne au mot <i>Pampa</i> une
-redevance féodale en 1270, d’un <i>plain panier de penpes de roses à
-faire eaue-rose</i>. Voy. sur l’usage des roses et des fleurs la note 3 de
-la page 52, et Sauval, t. III, p. 517, 521, 526, 632.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1283_1283" id="Footnote_1283_1283"></a><a href="#FNanchor_1283_1283"><span class="label">[1283]</span></a> La volière du château d’Hesdin ville d’Artois où les
-ducs de Bourgogne de la dernière race résidoient souvent. La ville
-d’Hesdin, rasée en 1553 par Charles-Quint, est maintenant un bourg dit
-le <i>Vieil-Hesdin</i> situé à une lieue environ du Hesdin actuel qui est
-l’ancien village du Mesnil agrandi et fortifié en 1554 par le duc de
-Savoie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1284_1284" id="Footnote_1284_1284"></a><a href="#FNanchor_1284_1284"><span class="label">[1284]</span></a> L’hôtel Saint-Paul, rue Saint-Antoine, à Paris. Voy.
-sur les volières de cet hôtel et le goût de Charles V pour les oiseaux,
-Sauval, II, 282.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1285_1285" id="Footnote_1285_1285"></a><a href="#FNanchor_1285_1285"><span class="label">[1285]</span></a> C’est le célèbre prévôt de Paris. Il est fait allusion
-à son goût pour les oiseaux dans une curieuse chanson faite contre
-lui au moment de sa disgrâce et publiée pour la première fois dans
-l’édition des <i>Chroniques de Saint-Denis</i>, donnée par M. Paulin Paris
-(T. VI, p. 478).
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Courroucié es de tes oiseaux<br /></span>
-<span class="i0">Qu’oïr ne pues chanter en caige,<br /></span>
-<span class="i0">Mais bien pues faire les appeaulx<br /></span>
-<span class="i0">Pour chanter en ton geolaige.<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>
-Mais où étoit placée cette volière si remarquée au
-<small>XIV</small><sup>e</sup> siècle? Étoit-ce dans cette maison de plaisir
-avec jardin qu’Aubriot auroit eue près des Célestins suivant Sauval?
-(II, 154.) Mais il semble peu probable, attendu l’extrême proximité
-des deux emplacemens, que ce jardin, dont Aubriot jouissoit en 1366
-ou 1368 (S. III, 126) soit resté sa propriété en même temps que sa
-maison d’<i>habitation ordinaire</i> aussi avec jardin. C’est là qu’étoit
-bien plutôt placée la volière dont parle l’auteur du <i>Ménagier</i>. Ce
-dernier hôtel est désigné seulement, dans les registres du Parlement,
-comme situé <i>près l’église Saint-Paul et dans la censive de l’abbé de
-Tiron</i>, et il y est dit qu’<i>Aubriot l’avoit acheté de Jacques de Pacy
-et ses frères</i>, mais c’est bien encore le même que celui dont il est
-parlé dans Félibien (T. I, p. 661), et qui est dit <i>avoir été donné à
-Aubriot par Charles V</i>. Aubriot l’acheta bien effectivement, mais le
-Roi le paya, on du moins donna en 1369 quinze cents francs d’or à son
-prévôt, afin qu’il l’achetât et vint demeurer plus près de lui (Sauval,
-II, 154). Cette apparente différence d’origine (je crois avoir démontré
-qu’elle n’est qu’apparente) ne pourroit en outre prévaloir contre la
-coïncidence des limites assignées à cet hôtel par Félibien (entre
-la rue de Jouy et la rue Percée) et celles de la censive de l’abbé
-de Tiron. En effet, parmi les localités soumises à cette censive,
-la plus rapprochée de l’église Saint-Paul étoit précisément placée
-entre la rue Percée, la rue de Jouy (dite postérieurement à 1543, des
-<i>Prêtres Saint-Paul</i>, et <i>Charlemagne</i> depuis quelques mois, par suite
-de l’incompréhensible et odieuse persistance de l’édilité parisienne
-à anéantir les anciens noms des rues), diverses propriétés ayant
-leur façade sur la rue Saint-Antoine, et les anciens murs de Paris
-(<i>Atlas des plans de la censive de l’Archevêché</i>, f. 43.&mdash;Archives
-du roy. Seine, nº 64). Pierre de Giac, chancelier de France, grand
-accapareur de biens, se disposoit à acheter cet hôtel en février
-1383-4, et se fit alors donner par le Roi, pour douze deniers de cens
-annuel, les anciens murs de Paris, avec les deux tours y comprises,
-auxquels joignoit le jardin. Giac le vendit en 1397 au duc d’Orléans
-pour 8,000 livres et deux autres maisons (Champollion, II, 11). Cet
-hôtel fut alors connu sous le nom du <i>Porc-Épic</i>, sans doute à cause
-de l’ordre de ce nom institué par le duc d’Orléans, et dont l’insigne
-devoit figurer sur la porte, les vitraux, etc. On peut voir dans les
-d’<i>Orléans</i> de M. Aimé Champollion (II, 13) des détails bien curieux
-sur les vitraux de cette maison. En 1404, le duc de Berry l’ayant
-reçue du duc d’Orléans en échange de l’hôtel des Tournelles, la donna
-au célèbre et malheureux Jean de Montaigu (Sauval, II, 153). Après sa
-mort arrivée le 17 octobre 1409, le roi (ou plutôt le duc de Bourgogne
-usant du pouvoir royal), donna l’hôtel du <i>Porc-Épic</i> à Guillaume duc
-de Hollande et comte de Hainaut (Sauval, II, 81). Il en jouissoit en
-1413 et 1417 (S. III, 281). En octobre 1418, après la surprise de
-Paris par les Bourguignons, une nouvelle donation en fut faite au
-duc et à la duchesse de Brabant, gendre et fille du duc Guillaume
-(J. reg. 170, n. 207). Je n’ai pas vu qu’il ait été rendu au fils de
-Jean de Montaigu comme le furent ses autres biens, mais il ne pouvoit
-appartenir au duc de Hollande en 1438, comme on pourroit le croire
-d’après un compte de cette année donné par Sauval (III, 655.&mdash;Le duc
-de Bourgogne étoit alors seul duc de Hollande). Cet hôtel appartint
-ensuite à l’illustre Arthur de Richemont connétable de France, dont la
-femme, Marguerite de Bourgogne, y mourut en 1441 (Sauval, II, 146).
-Il passa ensuite à Robert d’Estouteville, prévôt de Paris (mort en
-1479), qui payoit les douze deniers de cens pour les murs en 1472 et
-1476 (S. III, 403 et 425. Il avoit toutefois une autre maison <i>à sa
-vie</i>, rue de Galilée.&mdash;Ib., 338). C’est sans doute à cause de Robert
-d’Estouteville, et peut-être de son fils Jacques, prévôt de Paris après
-lui de 1479 à 1509, qui a pu posséder le même hôtel, que cet hôtel fut
-alors appelé et est désigné sur le plan de tapisserie (commencement
-du <small>XVI</small><sup>e</sup> siècle), sous le titre d’<i>Hostel du Prévost
-de Paris</i>. Sauval dit bien qu’il appartenoit en 1533 à leur cousin
-Jean d’Estouteville, aussi prévôt de Paris, mais il n’en donne pas de
-preuve. Il n’en donne pas non plus au sujet de l’attribution qu’il
-fait (II, 152) de ce même hôtel à l’amiral de Graville, mais cela est
-très-probable. On sait en effet que l’amiral de Graville, petit-fils
-de la fille de Jean de Montaigu, jouit de tous ses biens, et l’on voit
-en outre dans Sauval (III, 629) que Pierre de Balsac son gendre, et
-Anne de Graville sa fille, cette femme célèbre comme poëte et comme
-bibliophile (voy. <i>les Femmes célèbres de l’ancienne France</i>, par M.
-de Lincy) avoient payé les douze deniers de cens pour les vieux murs
-de la ville, et par conséquent très-probablement possédé et habité
-cet hôtel. Ils en avoient transporté la jouissance à Guillaume le
-Gentilhomme, avocat en parlement, qui payoit le cens en 1573. Si Sauval
-ne s’est pas trompé quand il a dit (II, 152) que cet hôtel appartenoit
-en 1533 aux héritiers de l’amiral de Graville et à Jean d’Estouteville
-prévôt de Paris, il y auroit lieu de croire qu’il avoit alors été
-divisé. Aujourd’hui, si l’on entre dans le <i>Passage Charlemagne</i> (rue
-Saint-Antoine, nº 102, et rue des Prêtres-Saint-Paul, nº 22), on
-arrive après avoir fait quelques pas dans une cour spacieuse, et l’on
-voit une belle maison bâtie (suivant toute apparence, par l’amiral de
-Graville) sur l’emplacement de l’hôtel du Porc-Épic. On y remarque une
-charmante tourelle, mais l’ensemble de cette élégante construction
-est défiguré par l’adjonction d’une quantité de replâtrages modernes.
-L’hôtel d’Aubriot, auquel succéda celui-ci, occupoit tout le coin de la
-rue des Prêtres Saint-Paul (depuis une poterne ouverte dans les vieux
-murs) et de la rue Percée, à peu près jusqu’à l’emplacement actuel
-du nº 8 de cette rue, où devoit finir la censive de Tiron (en 1418,
-jusqu’à l’hôtel de Galeran de Montigny, chevalier, de la maison du duc
-de Berry, massacré lors de l’entrée des Bourguignons). Son jardin,
-compris aujourd’hui en partie dans le collége Charlemagne (d’abord
-maison professe des jésuites), s’étendoit jusqu’aux anciens murs et les
-suivoit jusqu’à la rue Saint-Antoine, à la hauteur environ de la rue
-Culture Sainte-Catherine.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1286_1286" id="Footnote_1286_1286"></a><a href="#FNanchor_1286_1286"><span class="label">[1286]</span></a> C’est sans doute le nom d’un bourgeois de Paris, mais
-je ne connois rien sur ce nom.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1287_1287" id="Footnote_1287_1287"></a><a href="#FNanchor_1287_1287"><span class="label">[1287]</span></a> Var. B, <i>sont</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1288_1288" id="Footnote_1288_1288"></a><a href="#FNanchor_1288_1288"><span class="label">[1288]</span></a> Dans le cas où les oiseaux ne couvent pas, comme cela
-étoit pour les volières du Roi et d’Aubriot.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1289_1289" id="Footnote_1289_1289"></a><a href="#FNanchor_1289_1289"><span class="label">[1289]</span></a> Nourris.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1290_1290" id="Footnote_1290_1290"></a><a href="#FNanchor_1290_1290"><span class="label">[1290]</span></a> Au moins de l’eau trop rarement renouvellée.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1291_1291" id="Footnote_1291_1291"></a><a href="#FNanchor_1291_1291"><span class="label">[1291]</span></a> Dans le cas où les oiseaux couvent, etc., comme cela
-avoit lieu dans la volière de Charlot.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1292_1292" id="Footnote_1292_1292"></a><a href="#FNanchor_1292_1292"><span class="label">[1292]</span></a> Var. A et B ajoutent ici <i>par le pié</i>, qui est une
-répétition.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1293_1293" id="Footnote_1293_1293"></a><a href="#FNanchor_1293_1293"><span class="label">[1293]</span></a> Tourterelles ou grives (<i>turdus</i>).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1294_1294" id="Footnote_1294_1294"></a><a href="#FNanchor_1294_1294"><span class="label">[1294]</span></a> Var. B, <i>chardonnereulx</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1295_1295" id="Footnote_1295_1295"></a><a href="#FNanchor_1295_1295"><span class="label">[1295]</span></a> Ce mot nécessaire au sens n’est que dans le manuscrit
-C.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1296_1296" id="Footnote_1296_1296"></a><a href="#FNanchor_1296_1296"><span class="label">[1296]</span></a> Var. A, C, <i>tendres</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1297_1297" id="Footnote_1297_1297"></a><a href="#FNanchor_1297_1297"><span class="label">[1297]</span></a> Sans doute: <i>gratteroit</i>. Var. B, mauvaise et résultant
-d’une correction: <i>laisseroit</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1298_1298" id="Footnote_1298_1298"></a><a href="#FNanchor_1298_1298"><span class="label">[1298]</span></a> Je pense que ce mot doit signifier ici bouché, fermé
-(<i>arcile</i>, diminutif d’<i>arca</i>, signifie un coffret, voy. Du Cange), et
-seroit mieux écrit <i>arcilié</i> qu’ar<i>s</i>ilié, ce qui sembleroit le faire
-dériver d’<i>arsé</i>, brûlé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1299_1299" id="Footnote_1299_1299"></a><a href="#FNanchor_1299_1299"><span class="label">[1299]</span></a> Le pot sans couvercle.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1300_1300" id="Footnote_1300_1300"></a><a href="#FNanchor_1300_1300"><span class="label">[1300]</span></a> Mettez vos dents.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1301_1301" id="Footnote_1301_1301"></a><a href="#FNanchor_1301_1301"><span class="label">[1301]</span></a> Var. A, <i>à loges</i>; B, <i>alloges</i>. Il s’agit ici
-d’horloges à sablier, sans doute les seules que les particuliers
-pussent alors se procurer. Toutefois, on connoissoit les horloges à
-rouages avant l’époque où le <i>Ménagier</i> a été écrit.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1302_1302" id="Footnote_1302_1302"></a><a href="#FNanchor_1302_1302"><span class="label">[1302]</span></a> L’usage d’empoisonner les flèches remonte aux Gaulois.
-Il en est parlé dans Pline et dans Aulugelle. Les Gaulois employoient
-à cet usage une plante dite <i>limeum</i>, autrement <i>thora</i>, que Linnée
-dit être la dixième espèce de renoncule (<i>ranunculus thora</i>) et aussi
-de l’ellébore. (Voy. la Bibl. des Théreuticographes, 1763, p. 168.)
-Les auteurs du dictionnaire de Trévoux disent qu’on se servoit encore,
-de leur temps, du <i>thora</i>, dans les Alpes, pour empoisonner les
-flèches.&mdash;On ne trouve de recettes semblables ni dans le <i>Modus</i> ni
-dans <i>Phébus</i>; c’est une recette à l’usage des gens chassant <i>pour la
-cuisine</i>, pour le profit, et dénués d’équipages suffisans.
-</p><p>
-La fleur du <i>thora</i> est jaune, ce n’est donc pas de cette plante qu’il
-s’agit ici; mais ce peut être l’<i>aconitum napellus</i>, qui a la fleur
-d’un beau bleu. Quant à l’<i>ectoire de canarade</i>, cité p. 63 de ce
-volume, M. Adolphe Brongniart, mon cousin, pense que c’est l’<i>actea</i> ou
-l’ellébore noire (vulgairement <i>Rose de Noël</i>, parce qu’elle fleurit à
-cette époque) qui a la fleur blanche et croît dans le midi de l’Europe,
-ou plutôt l’<i>actea spicata</i>, plus commune dans toute l’Europe, désignée
-aussi quelquefois sous le nom d’<i>ellébore noire</i>, et qui a de petites
-fleurs blanches. La racine de ces deux plantes est un poison violent;
-elle est de couleur noire.&mdash;Au reste, si les propriétés de ces plantes
-conviennent aux <i>ectoires</i> ou <i>électoires</i> (plantes à faire des
-électuaires?) dont parle l’auteur, il n’en est pas de même de leur nom,
-ce qui doit laisser des doutes sur leur identité avec celles citées
-dans le <i>Ménagier</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1303_1303" id="Footnote_1303_1303"></a><a href="#FNanchor_1303_1303"><span class="label">[1303]</span></a> Tirer à l’arc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1304_1304" id="Footnote_1304_1304"></a><a href="#FNanchor_1304_1304"><span class="label">[1304]</span></a> Les deux barbes ou arêtes du fer qui empêchent la
-flèche de sortir de la plaie.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1305_1305" id="Footnote_1305_1305"></a><a href="#FNanchor_1305_1305"><span class="label">[1305]</span></a> Dans le cuir.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1306_1306" id="Footnote_1306_1306"></a><a href="#FNanchor_1306_1306"><span class="label">[1306]</span></a> Var. B. <i>bestic</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1307_1307" id="Footnote_1307_1307"></a><a href="#FNanchor_1307_1307"><span class="label">[1307]</span></a> Vérat, porc non coupé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1308_1308" id="Footnote_1308_1308"></a><a href="#FNanchor_1308_1308"><span class="label">[1308]</span></a> Saison de chasser le sanglier qui succédoit aux
-<i>cervaisons</i>, c’est-à-dire qu’elle commençoit après le milieu de
-septembre et finissoit vers le printemps.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1309_1309" id="Footnote_1309_1309"></a><a href="#FNanchor_1309_1309"><span class="label">[1309]</span></a> Passer au feu.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1310_1310" id="Footnote_1310_1310"></a><a href="#FNanchor_1310_1310"><span class="label">[1310]</span></a> Var. A et C, <i>de navets, de chastaignes à la venaison</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1311_1311" id="Footnote_1311_1311"></a><a href="#FNanchor_1311_1311"><span class="label">[1311]</span></a> Je pense que ces mots sont le commencement d’une
-troisième recette, <i>pour faire d’un ver bon sanglier</i>. J’avois d’abord
-cru qu’il falloit mettre un point après <i>chastaingnes</i>, et comprendre
-que la venaison véritable s’accommodoit de la même manière, mais alors
-le 3º n’a plus de sens. Avec la ponctuation que j’ai adoptée, venaison
-signifieroit ici la chair du prétendu sanglier.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1312_1312" id="Footnote_1312_1312"></a><a href="#FNanchor_1312_1312"><span class="label">[1312]</span></a> Son.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1313_1313" id="Footnote_1313_1313"></a><a href="#FNanchor_1313_1313"><span class="label">[1313]</span></a> Var. B, <i>limegnon</i>; C, <i>lumignon</i>. Voy. p. 56, note 1.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1314_1314" id="Footnote_1314_1314"></a><a href="#FNanchor_1314_1314"><span class="label">[1314]</span></a> Le Ms. B ajoute ici <i>foulé</i> qui est mauvais, la mère
-goutte étant ce qui sort de la cuve avant que le raisin soit foulé.
-C’est le jus des raisins les plus mûrs qui s’écrasent en tombant dans
-la cuve.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1315_1315" id="Footnote_1315_1315"></a><a href="#FNanchor_1315_1315"><span class="label">[1315]</span></a> Il semble qu’il faudroit, au contraire, faire réduire
-plus le vin quand le raisin n’est pas bien mûr. Peut-être faut-il
-comprendre qu’on le fait revenir ou réduire d’<i>un tiers</i> au lieu de <i>au
-tiers</i>, et d’<i>un quart</i> au lieu de <i>au quart</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1316_1316" id="Footnote_1316_1316"></a><a href="#FNanchor_1316_1316"><span class="label">[1316]</span></a> Si vous les achetez toutes cuites.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1317_1317" id="Footnote_1317_1317"></a><a href="#FNanchor_1317_1317"><span class="label">[1317]</span></a> Répétition du § 2 de la p. 149.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1318_1318" id="Footnote_1318_1318"></a><a href="#FNanchor_1318_1318"><span class="label">[1318]</span></a> Échauffent; c’est aussi le sens de ce mot, p. 152, ce
-qui ne contredit pas l’explication donnée en cet endroit du but de la
-recette.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1319_1319" id="Footnote_1319_1319"></a><a href="#FNanchor_1319_1319"><span class="label">[1319]</span></a> Râpe?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1320_1320" id="Footnote_1320_1320"></a><a href="#FNanchor_1320_1320"><span class="label">[1320]</span></a> Cette recette et la suivante sont dans le Taillevent
-manuscrit avec peu de différences.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1321_1321" id="Footnote_1321_1321"></a><a href="#FNanchor_1321_1321"><span class="label">[1321]</span></a> Marquer.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1322_1322" id="Footnote_1322_1322"></a><a href="#FNanchor_1322_1322"><span class="label">[1322]</span></a> Le mot <i>arramentum</i> a dans la basse latinité plusieurs
-significations (<i>airain</i>, <i>arrangement</i>), mais dont aucune ne me paroît
-convenir au sens de cette phrase.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1323_1323" id="Footnote_1323_1323"></a><a href="#FNanchor_1323_1323"><span class="label">[1323]</span></a> Ainsi le linge se marquoit alors à l’aide d’une griffe
-ou d’un sceau.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1324_1324" id="Footnote_1324_1324"></a><a href="#FNanchor_1324_1324"><span class="label">[1324]</span></a> Matière inflammable sous les étincelles du briquet.
-Voy. p. 42 et Du Cange, au mot <i>Esca</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1325_1325" id="Footnote_1325_1325"></a><a href="#FNanchor_1325_1325"><span class="label">[1325]</span></a> Écorce ou peut-être les fleurs du noyer. On ne voit
-pas pourquoi l’auteur ayant mis l’<i>écume</i> au singulier, dit ensuite
-<i>qui sont surannées</i> au pluriel. J’avois pensé que <i>noyer</i> étoit une
-faute pour <i>noix</i> et qu’il s’agissoit là de brou de noix; mais le brou
-de noix ne me paroît pas pouvoir se détacher entier, et il me semble
-difficile qu’on puisse le couper par <i>pièces de la largeur de deux</i>
-doigts.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1326_1326" id="Footnote_1326_1326"></a><a href="#FNanchor_1326_1326"><span class="label">[1326]</span></a> Var. A, C, <i>les</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1327_1327" id="Footnote_1327_1327"></a><a href="#FNanchor_1327_1327"><span class="label">[1327]</span></a> Mélange épais d’eau et de cendre qui reste au fond du
-cuvier quand on a coulé la lessive.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1328_1328" id="Footnote_1328_1328"></a><a href="#FNanchor_1328_1328"><span class="label">[1328]</span></a> Égouttes, presses.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1329_1329" id="Footnote_1329_1329"></a><a href="#FNanchor_1329_1329"><span class="label">[1329]</span></a> Éponge.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1330_1330" id="Footnote_1330_1330"></a><a href="#FNanchor_1330_1330"><span class="label">[1330]</span></a> Oiseau de rivière.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1331_1331" id="Footnote_1331_1331"></a><a href="#FNanchor_1331_1331"><span class="label">[1331]</span></a> Var. B, <i>i</i> (<i>id est</i>); le cimier est la croupe du
-cerf. Voy. p. 129.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1332_1332" id="Footnote_1332_1332"></a><a href="#FNanchor_1332_1332"><span class="label">[1332]</span></a> Ce mot et les huit précédens ne sont que dans le
-manuscrit B.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1333_1333" id="Footnote_1333_1333"></a><a href="#FNanchor_1333_1333"><span class="label">[1333]</span></a> C’est beaucoup mieux que <i>noix de galles</i> comme on
-l’a dit depuis, puisque les galles ne sont pas un fruit mais une
-excroissance du chêne.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1334_1334" id="Footnote_1334_1334"></a><a href="#FNanchor_1334_1334"><span class="label">[1334]</span></a> Le Ms. C ajoute <i>arrabic</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1335_1335" id="Footnote_1335_1335"></a><a href="#FNanchor_1335_1335"><span class="label">[1335]</span></a> Tranquille, stagnante, <i>quieta</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1336_1336" id="Footnote_1336_1336"></a><a href="#FNanchor_1336_1336"><span class="label">[1336]</span></a> Ce seroit les premières côtes, les plus proches des
-hanches, si l’explication que j’ai donnée du filet ou nomblet est
-bonne.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1337_1337" id="Footnote_1337_1337"></a><a href="#FNanchor_1337_1337"><span class="label">[1337]</span></a> On ne trouve dans Belon ni la <i>bourbotte</i> ni le
-<i>chavessot</i>; seulement cet auteur dit que la lote étoit dite barbotte
-à Paris. Mais il ne peut être question ici de la lote qui n’a pas
-d’écailles et ne pouvoit, par conséquent, se peler comme la perche.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1338_1338" id="Footnote_1338_1338"></a><a href="#FNanchor_1338_1338"><span class="label">[1338]</span></a> Corneilles.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1339_1339" id="Footnote_1339_1339"></a><a href="#FNanchor_1339_1339"><span class="label">[1339]</span></a> Plutôt choucas (corneille à dos gris) que chouette.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1340_1340" id="Footnote_1340_1340"></a><a href="#FNanchor_1340_1340"><span class="label">[1340]</span></a> Trait d’arbalète.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1341_1341" id="Footnote_1341_1341"></a><a href="#FNanchor_1341_1341"><span class="label">[1341]</span></a> Var. (que je crois mauvaise) des Mss. A et B, <i>ont</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1342_1342" id="Footnote_1342_1342"></a><a href="#FNanchor_1342_1342"><span class="label">[1342]</span></a> Traits d’arbalète non aigus, avec lesquels on tiroit
-aux oiseaux. Voy. une citation de Wats dans Du Cange, au mot <i>Pilatus</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1343_1343" id="Footnote_1343_1343"></a><a href="#FNanchor_1343_1343"><span class="label">[1343]</span></a> Var. B, <i>cornillaux</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1344_1344" id="Footnote_1344_1344"></a><a href="#FNanchor_1344_1344"><span class="label">[1344]</span></a> Brouillards, temps humides.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1345_1345" id="Footnote_1345_1345"></a><a href="#FNanchor_1345_1345"><span class="label">[1345]</span></a> Voy. p. 166.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1346_1346" id="Footnote_1346_1346"></a><a href="#FNanchor_1346_1346"><span class="label">[1346]</span></a> Voy. p. 186, § 2.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1347_1347" id="Footnote_1347_1347"></a><a href="#FNanchor_1347_1347"><span class="label">[1347]</span></a> Voy. p. 213.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1348_1348" id="Footnote_1348_1348"></a><a href="#FNanchor_1348_1348"><span class="label">[1348]</span></a> Non pas, pas même. Ce passage est un de ceux qui
-établissent la position que l’auteur occupoit dans la société.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1349_1349" id="Footnote_1349_1349"></a><a href="#FNanchor_1349_1349"><span class="label">[1349]</span></a> Ce mot est fautif.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1350_1350" id="Footnote_1350_1350"></a><a href="#FNanchor_1350_1350"><span class="label">[1350]</span></a> <i>Debent.</i></p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1351_1351" id="Footnote_1351_1351"></a><a href="#FNanchor_1351_1351"><span class="label">[1351]</span></a> Prenez des amandes nouvelles et ôtez adroitement, au
-couteau, leur première écorce. Ensuite percez chaque amande d’un trou
-au milieu. Ce fait, lesdites amandes soient mises en eau douce et y
-restent cinq ou six jours, mais que l’eau soit changée une fois chaque
-jour. Ensuite, après cinq ou six jours, lesdites amandes soient tirées
-de l’eau et posées sur une (nappe?), où elles restent un jour naturel
-pour sécher et ôter l’humidité de l’eau. Ayez ensuite une quantité
-suffisante d’excellent miel, proportionnellement à celle desdites
-amandes; faites-le bouillir et cuire bien et suffisamment, et l’écumez,
-et, quant il sera cuit et réfroidi, mettez dans le trou de chaque
-amande un clou de girofle, et ayant replacé toutes les amandes dans un
-bon vase de terre, mettez dessus (<i>item</i>, pour confire des noix; mais
-elles doivent rester neuf jours dans de l’eau renouvelée chaque jour)
-ledit miel bien cuit et en quantité suffisante pour couvrir entièrement
-les amandes qui pourront être mangées après deux mois.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1352_1352" id="Footnote_1352_1352"></a><a href="#FNanchor_1352_1352"><span class="label">[1352]</span></a> Sans être mis dans l’eau chaude.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1353_1353" id="Footnote_1353_1353"></a><a href="#FNanchor_1353_1353"><span class="label">[1353]</span></a> Vidés.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1354_1354" id="Footnote_1354_1354"></a><a href="#FNanchor_1354_1354"><span class="label">[1354]</span></a> Ce sont évidemment des petites hardes de lard.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1355_1355" id="Footnote_1355_1355"></a><a href="#FNanchor_1355_1355"><span class="label">[1355]</span></a> En grain.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1356_1356" id="Footnote_1356_1356"></a><a href="#FNanchor_1356_1356"><span class="label">[1356]</span></a> Pétrir.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1357_1357" id="Footnote_1357_1357"></a><a href="#FNanchor_1357_1357"><span class="label">[1357]</span></a> Pilon.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1358_1358" id="Footnote_1358_1358"></a><a href="#FNanchor_1358_1358"><span class="label">[1358]</span></a> C’est ici que se terminent les deux manuscrits les
-plus anciens (A et B) du <i>Ménagier de Paris</i>. Cependant mon manuscrit
-(C) ajoute encore quelques recettes qui sont tellement analogues à
-celles qui précèdent, que je crois devoir les donner comme appendice.
-Elles paroissent avoir été écrites peu de temps après le corps du
-texte; elles sont dans le dialecte picard ou flamand, et ont évidemment
-été recueillies dans la maison de Madame de Roubais (Marguerite de
-Ghistelle). Voy. l’Introduction.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1359_1359" id="Footnote_1359_1359"></a><a href="#FNanchor_1359_1359"><span class="label">[1359]</span></a> Battu, écrasé.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1360_1360" id="Footnote_1360_1360"></a><a href="#FNanchor_1360_1360"><span class="label">[1360]</span></a> Sucre.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1361_1361" id="Footnote_1361_1361"></a><a href="#FNanchor_1361_1361"><span class="label">[1361]</span></a> Une chausse.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1362_1362" id="Footnote_1362_1362"></a><a href="#FNanchor_1362_1362"><span class="label">[1362]</span></a> Melons. Je ne sais ce que peut signifier <i>caordes</i>,
-peut-être est-ce <i>gourdes</i>, sorte de courge.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1363_1363" id="Footnote_1363_1363"></a><a href="#FNanchor_1363_1363"><span class="label">[1363]</span></a> Empans.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1364_1364" id="Footnote_1364_1364"></a><a href="#FNanchor_1364_1364"><span class="label">[1364]</span></a> D’un coup, à la fois.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1365_1365" id="Footnote_1365_1365"></a><a href="#FNanchor_1365_1365"><span class="label">[1365]</span></a> Rangs.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1366_1366" id="Footnote_1366_1366"></a><a href="#FNanchor_1366_1366"><span class="label">[1366]</span></a> Place.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1367_1367" id="Footnote_1367_1367"></a><a href="#FNanchor_1367_1367"><span class="label">[1367]</span></a> Ce.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1368_1368" id="Footnote_1368_1368"></a><a href="#FNanchor_1368_1368"><span class="label">[1368]</span></a> Jardiniers de Portugal. Il y avoit des Portugais à la
-cour de Bourgogne. Vasque Made de Villelobe, Portugais, traducteur du
-<i>Triomphe des Dames</i> (imprimé à Paris, chez Pierre Sergent, in-4º,
-gothique), étoit écuyer d’écurie du duc de Bourgogne.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1369_1369" id="Footnote_1369_1369"></a><a href="#FNanchor_1369_1369"><span class="label">[1369]</span></a> Déface? arrache.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1370_1370" id="Footnote_1370_1370"></a><a href="#FNanchor_1370_1370"><span class="label">[1370]</span></a> Répétition presque textuelle, mais fautive, des §§ 4,
-5, 6, 7, 8 de la page 275 ci-après.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1371_1371" id="Footnote_1371_1371"></a><a href="#FNanchor_1371_1371"><span class="label">[1371]</span></a> Sucre rosat.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1372_1372" id="Footnote_1372_1372"></a><a href="#FNanchor_1372_1372"><span class="label">[1372]</span></a> <i>Et</i>
-<img src="images/image-pg-274.png" class="cntr" width="20" height="26" alt="un symbol" title="" />.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1373_1373" id="Footnote_1373_1373"></a><a href="#FNanchor_1373_1373"><span class="label">[1373]</span></a> Qu’il file entre deux doigts, si on en prend une
-goutte.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1374_1374" id="Footnote_1374_1374"></a><a href="#FNanchor_1374_1374"><span class="label">[1374]</span></a> Avant qu’on mette bouillir.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1375_1375" id="Footnote_1375_1375"></a><a href="#FNanchor_1375_1375"><span class="label">[1375]</span></a> Œuf.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1376_1376" id="Footnote_1376_1376"></a><a href="#FNanchor_1376_1376"><span class="label">[1376]</span></a> Laisser rasseoir en eau.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1377_1377" id="Footnote_1377_1377"></a><a href="#FNanchor_1377_1377"><span class="label">[1377]</span></a> De la fleur.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1378_1378" id="Footnote_1378_1378"></a><a href="#FNanchor_1378_1378"><span class="label">[1378]</span></a> Aussi.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1379_1379" id="Footnote_1379_1379"></a><a href="#FNanchor_1379_1379"><span class="label">[1379]</span></a> Esteuf, balle.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1380_1380" id="Footnote_1380_1380"></a><a href="#FNanchor_1380_1380"><span class="label">[1380]</span></a> Épande, répande?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1381_1381" id="Footnote_1381_1381"></a><a href="#FNanchor_1381_1381"><span class="label">[1381]</span></a> Démené, remué?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1382_1382" id="Footnote_1382_1382"></a><a href="#FNanchor_1382_1382"><span class="label">[1382]</span></a> Sucre fondu en eau-rose.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1383_1383" id="Footnote_1383_1383"></a><a href="#FNanchor_1383_1383"><span class="label">[1383]</span></a> <i>Hulle</i> signifie en allemand enveloppe. Est-ce ici la
-gaine d’un couteau?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1384_1384" id="Footnote_1384_1384"></a><a href="#FNanchor_1384_1384"><span class="label">[1384]</span></a> Rayez.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1385_1385" id="Footnote_1385_1385"></a><a href="#FNanchor_1385_1385"><span class="label">[1385]</span></a> Une règle?</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1386_1386" id="Footnote_1386_1386"></a><a href="#FNanchor_1386_1386"><span class="label">[1386]</span></a> Doigts.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1387_1387" id="Footnote_1387_1387"></a><a href="#FNanchor_1387_1387"><span class="label">[1387]</span></a> <i>Rostez-le.</i> Otez-le hors du bassin?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1388_1388" id="Footnote_1388_1388"></a><a href="#FNanchor_1388_1388"><span class="label">[1388]</span></a> Encre.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1389_1389" id="Footnote_1389_1389"></a><a href="#FNanchor_1389_1389"><span class="label">[1389]</span></a> Eau de pluie.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1390_1390" id="Footnote_1390_1390"></a><a href="#FNanchor_1390_1390"><span class="label">[1390]</span></a> Couperose.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1391_1391" id="Footnote_1391_1391"></a><a href="#FNanchor_1391_1391"><span class="label">[1391]</span></a> Et un scrupule?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1392_1392" id="Footnote_1392_1392"></a><a href="#FNanchor_1392_1392"><span class="label">[1392]</span></a> La moitié du temps nécessaire pour dire les sept
-psaumes de la pénitence, comme nous avons vu dans le <i>Ménagier</i>, un
-<i>Pater</i>, un <i>Miserere</i>, etc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1393_1393" id="Footnote_1393_1393"></a><a href="#FNanchor_1393_1393"><span class="label">[1393]</span></a> Les matières qui ont servi à faire l’encre, le marc.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1394_1394" id="Footnote_1394_1394"></a><a href="#FNanchor_1394_1394"><span class="label">[1394]</span></a> Poivre.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1395_1395" id="Footnote_1395_1395"></a><a href="#FNanchor_1395_1395"><span class="label">[1395]</span></a> Clous de girofle.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1396_1396" id="Footnote_1396_1396"></a><a href="#FNanchor_1396_1396"><span class="label">[1396]</span></a> Menues-épices (<i>species</i>), moins (que de cannelle et
-gingembre).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1397_1397" id="Footnote_1397_1397"></a><a href="#FNanchor_1397_1397"><span class="label">[1397]</span></a> Teille, vase de terre. Suppl. <i>avec</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1398_1398" id="Footnote_1398_1398"></a><a href="#FNanchor_1398_1398"><span class="label">[1398]</span></a> Vos poussins ou perdrix.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1399_1399" id="Footnote_1399_1399"></a><a href="#FNanchor_1399_1399"><span class="label">[1399]</span></a> Voy. p. 95.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1400_1400" id="Footnote_1400_1400"></a><a href="#FNanchor_1400_1400"><span class="label">[1400]</span></a> Tournesol. Voy. p. 220.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1401_1401" id="Footnote_1401_1401"></a><a href="#FNanchor_1401_1401"><span class="label">[1401]</span></a> Pêcher. Mettez assez de tournesol pour lui donner la
-couleur de fleur de pêcher.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1402_1402" id="Footnote_1402_1402"></a><a href="#FNanchor_1402_1402"><span class="label">[1402]</span></a> Œufs.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1403_1403" id="Footnote_1403_1403"></a><a href="#FNanchor_1403_1403"><span class="label">[1403]</span></a> Feu.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1404_1404" id="Footnote_1404_1404"></a><a href="#FNanchor_1404_1404"><span class="label">[1404]</span></a> Brûle.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1405_1405" id="Footnote_1405_1405"></a><a href="#FNanchor_1405_1405"><span class="label">[1405]</span></a> Il semble qu’il faudroit <i>ou</i> puisque ce plat se
-faisoit avec du poisson, ou avec des œufs à défaut de poisson.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1406_1406" id="Footnote_1406_1406"></a><a href="#FNanchor_1406_1406"><span class="label">[1406]</span></a> Œufs?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1407_1407" id="Footnote_1407_1407"></a><a href="#FNanchor_1407_1407"><span class="label">[1407]</span></a> Pochés?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1408_1408" id="Footnote_1408_1408"></a><a href="#FNanchor_1408_1408"><span class="label">[1408]</span></a> Hachez.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1409_1409" id="Footnote_1409_1409"></a><a href="#FNanchor_1409_1409"><span class="label">[1409]</span></a> Sécher.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1410_1410" id="Footnote_1410_1410"></a><a href="#FNanchor_1410_1410"><span class="label">[1410]</span></a> Le seul que contiennent les manuscrits. Voir
-l’Introduction et T. I, p. 7, note 1; voir aussi T. II, p. 79, n. 1.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1411_1411" id="Footnote_1411_1411"></a><a href="#FNanchor_1411_1411"><span class="label">[1411]</span></a> Augmente sa maison, son train, plutôt que <i>fatigue</i>,
-<i>use</i>. Gaces de La Bugne borne le train de l’épreveteur à quatre chiens
-et deux chevaux (Ed. Verard, X 5).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1412_1412" id="Footnote_1412_1412"></a><a href="#FNanchor_1412_1412"><span class="label">[1412]</span></a> Cette manière de voler semble bien devoir être celle
-que d’Arcussia (V<sup>e</sup> partie, ch. <small>XVI</small>, et Confér.
-30) appelle voler à <i>la toise</i> (et aussi Sainte-Aulaire, p. 103) ou
-<i>source</i>, à <i>lève-cul</i> ou à <i>la couverte</i>. C’est quand on lâchoit
-l’oiseau de poing tout près de sa proie, au moment où elle s’enlevoit,
-et qu’il l’empiétoit avant qu’elle eût eu le temps de se mettre en
-aile. Les oiseaux de poing prenoient presque toujours leur gibier
-de cette manière, soit à son premier départ, soit <i>à la remise</i>,
-c’est-à-dire au second vol. Dans ce dernier cas ils attendoient souvent
-sur un arbre ou sur une haie que les chiens fissent repartir l’oiseau
-chassé. Huber, dans ses <i>Observations sur le vol des oiseaux de proie</i>
-(1784, in-4º, p. 36), a très-bien expliqué cette manière de voler qu’il
-appelle <i>le saut</i> et qui est propre aux oiseaux de poing. Il dit que le
-saut résulte d’un élancement qui part de la plante des pieds puis d’une
-forte et brusque contraction des ailes. Il distingue le saut montant,
-le saut de niveau (tous deux ne portent que 6 ou 7 toises) et le saut
-plongeant, qui est le plus puissant.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1413_1413" id="Footnote_1413_1413"></a><a href="#FNanchor_1413_1413"><span class="label">[1413]</span></a> Jaillir, s’élancer. Je ne sais si ce mot s’applique ici
-à l’épervier ou au brusque départ de l’oiseau chassé. C’est presque la
-même expression que celle de <i>vol à la source</i> employée par d’Arcussia:
-Le Ms. A porte <i>fouldre</i>, mot qui ne seroit pas ici sans signification,
-car Huber dit que le départ <i>au saut</i> est aussi prompt que <i>l’éclair</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1414_1414" id="Footnote_1414_1414"></a><a href="#FNanchor_1414_1414"><span class="label">[1414]</span></a> Éducation, de <i>duire</i>, dresser.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1415_1415" id="Footnote_1415_1415"></a><a href="#FNanchor_1415_1415"><span class="label">[1415]</span></a> Var. A, <i>espaingnos</i>. Chiens d’Espagne dits aujourd’hui
-<i>épagneuls</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1416_1416" id="Footnote_1416_1416"></a><a href="#FNanchor_1416_1416"><span class="label">[1416]</span></a> A côté.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1417_1417" id="Footnote_1417_1417"></a><a href="#FNanchor_1417_1417"><span class="label">[1417]</span></a> Il faudroit <i>l’en</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1418_1418" id="Footnote_1418_1418"></a><a href="#FNanchor_1418_1418"><span class="label">[1418]</span></a> Lier, en terme de fauconnerie, c’est quand l’oiseau a
-enserré sa proie. D’Arcussia veut qu’on réserve ce mot pour les oiseaux
-de leurre et qu’on dise <i>empiéter</i> pour ceux de poing (p. 177).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1419_1419" id="Footnote_1419_1419"></a><a href="#FNanchor_1419_1419"><span class="label">[1419]</span></a> Qui s’éloignent trop.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1420_1420" id="Footnote_1420_1420"></a><a href="#FNanchor_1420_1420"><span class="label">[1420]</span></a> Cri, appel.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1421_1421" id="Footnote_1421_1421"></a><a href="#FNanchor_1421_1421"><span class="label">[1421]</span></a> Lassé, vaincu.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1422_1422" id="Footnote_1422_1422"></a><a href="#FNanchor_1422_1422"><span class="label">[1422]</span></a> Se précipiter avec entraînement, fondre, d’<i>immittere</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1423_1423" id="Footnote_1423_1423"></a><a href="#FNanchor_1423_1423"><span class="label">[1423]</span></a> Poêle, poêlon.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1424_1424" id="Footnote_1424_1424"></a><a href="#FNanchor_1424_1424"><span class="label">[1424]</span></a> Var. A, <i>abéent</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1425_1425" id="Footnote_1425_1425"></a><a href="#FNanchor_1425_1425"><span class="label">[1425]</span></a> Réclamer l’oiseau c’est le faire revenir sur son poing.
-On a dit quelquefois par extension un oiseau <i>réclamé</i> pour un oiseau
-<i>dressé</i>. Les oiseaux de leurre étoient rappelés à l’aide du leurre:
-aussi disoit-on pour eux <i>leurrer</i> et non <i>réclamer</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1426_1426" id="Footnote_1426_1426"></a><a href="#FNanchor_1426_1426"><span class="label">[1426]</span></a> Var. A, <i>déchairent</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1427_1427" id="Footnote_1427_1427"></a><a href="#FNanchor_1427_1427"><span class="label">[1427]</span></a> Var. A, <i>d’espreviers</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1428_1428" id="Footnote_1428_1428"></a><a href="#FNanchor_1428_1428"><span class="label">[1428]</span></a> <i>Que</i> est de trop à moins qu’il ne manque la fin de la
-phrase comme: <i>ne l’ait découvert</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1429_1429" id="Footnote_1429_1429"></a><a href="#FNanchor_1429_1429"><span class="label">[1429]</span></a> Il faudroit: <i>qu’il</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1430_1430" id="Footnote_1430_1430"></a><a href="#FNanchor_1430_1430"><span class="label">[1430]</span></a> C’est le mâle de l’épervier, beaucoup plus petit que la
-femelle, et que l’on employoit beaucoup moins. Gaces de La Bugne dit
-qu’il servoit aux apprentis fauconniers à faire leur éducation (Ed.
-Vérard, L v).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1431_1431" id="Footnote_1431_1431"></a><a href="#FNanchor_1431_1431"><span class="label">[1431]</span></a> Enfoncement, creux, de <i>claustrum</i>. Var. B, <i>crotet</i>,
-petite grotte, trou, de <i>crypta</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1432_1432" id="Footnote_1432_1432"></a><a href="#FNanchor_1432_1432"><span class="label">[1432]</span></a> Fienter.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1433_1433" id="Footnote_1433_1433"></a><a href="#FNanchor_1433_1433"><span class="label">[1433]</span></a> Mince, délicat.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1434_1434" id="Footnote_1434_1434"></a><a href="#FNanchor_1434_1434"><span class="label">[1434]</span></a> Filet.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1435_1435" id="Footnote_1435_1435"></a><a href="#FNanchor_1435_1435"><span class="label">[1435]</span></a> Surtout.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1436_1436" id="Footnote_1436_1436"></a><a href="#FNanchor_1436_1436"><span class="label">[1436]</span></a> Digéré.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1437_1437" id="Footnote_1437_1437"></a><a href="#FNanchor_1437_1437"><span class="label">[1437]</span></a> Pour qui.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1438_1438" id="Footnote_1438_1438"></a><a href="#FNanchor_1438_1438"><span class="label">[1438]</span></a> Var. A, <i>fielet</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1439_1439" id="Footnote_1439_1439"></a><a href="#FNanchor_1439_1439"><span class="label">[1439]</span></a> Repas. Sous-entendez <i>de ce filet de porc</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1440_1440" id="Footnote_1440_1440"></a><a href="#FNanchor_1440_1440"><span class="label">[1440]</span></a> Var. B, <i>certainement</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1441_1441" id="Footnote_1441_1441"></a><a href="#FNanchor_1441_1441"><span class="label">[1441]</span></a> Sainte-Aulaire dit la même chose (p. 45); il ajoute que
-ces <i>fautes</i> ou <i>marques</i> placées en travers des plumes les font rompre
-facilement aux premiers efforts de l’oiseau.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1442_1442" id="Footnote_1442_1442"></a><a href="#FNanchor_1442_1442"><span class="label">[1442]</span></a> Tirant sur le rond, un peu rond.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1443_1443" id="Footnote_1443_1443"></a><a href="#FNanchor_1443_1443"><span class="label">[1443]</span></a> Ces trois mots interrompent le sens et seroient mieux
-placés avant <i>tenir nettement</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1444_1444" id="Footnote_1444_1444"></a><a href="#FNanchor_1444_1444"><span class="label">[1444]</span></a> Var. B, <i>le pennier</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1445_1445" id="Footnote_1445_1445"></a><a href="#FNanchor_1445_1445"><span class="label">[1445]</span></a> L’auteur entend par ce mot une cage ou caisse de bois
-dont il nous donne ci-après les dimensions. Le même mot a été employé
-par d’Arcussia, mais sans explication, et par Sainte-Aulaire (p. 180 à
-186) qui paroit en faire un terme général pour désigner un lieu fermé
-comme une chambre, etc., et semble dire indifféremment: mettre les
-oiseaux à la ferme ou à la mue.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1446_1446" id="Footnote_1446_1446"></a><a href="#FNanchor_1446_1446"><span class="label">[1446]</span></a> Treillage, grillage.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1447_1447" id="Footnote_1447_1447"></a><a href="#FNanchor_1447_1447"><span class="label">[1447]</span></a> Prendre de la force.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1448_1448" id="Footnote_1448_1448"></a><a href="#FNanchor_1448_1448"><span class="label">[1448]</span></a> Se soulèvera.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1449_1449" id="Footnote_1449_1449"></a><a href="#FNanchor_1449_1449"><span class="label">[1449]</span></a> Jointures, jarrets.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1450_1450" id="Footnote_1450_1450"></a><a href="#FNanchor_1450_1450"><span class="label">[1450]</span></a> Se tiendra debout.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1451_1451" id="Footnote_1451_1451"></a><a href="#FNanchor_1451_1451"><span class="label">[1451]</span></a> Large.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1452_1452" id="Footnote_1452_1452"></a><a href="#FNanchor_1452_1452"><span class="label">[1452]</span></a> Il y a, il est.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1453_1453" id="Footnote_1453_1453"></a><a href="#FNanchor_1453_1453"><span class="label">[1453]</span></a> Billot de bois sur lequel on plaçoit l’oiseau.
-Sainte-Aulaire dit qu’il doit avoir deux pieds de haut. Il est vrai
-qu’il parle de celui à l’usage des oiseaux parvenus à leur taille (p.
-66 et 106). L’empereur Frédéric II conseille de le faire en forme de
-cône renversé et ferré, de manière qu’on puisse l’enfoncer facilement
-en terre. Il l’appelle <i>sedile</i>. Il dit que le faucon cillé est mieux
-sur le bloc que sur la perche, et qu’on ne doit mettre sur le bloc
-qu’un seul faucon (voy. ch. <small>L</small> et <small>LI</small> du
-second livre).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1454_1454" id="Footnote_1454_1454"></a><a href="#FNanchor_1454_1454"><span class="label">[1454]</span></a> Phrase qui paroît défectueuse.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1455_1455" id="Footnote_1455_1455"></a><a href="#FNanchor_1455_1455"><span class="label">[1455]</span></a> Repu.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1456_1456" id="Footnote_1456_1456"></a><a href="#FNanchor_1456_1456"><span class="label">[1456]</span></a> Var. A, <i>merts</i>. Je crois que ce sont ces barres ou
-marques noires qui traversent les plumes de la queue de l’épervier
-(Sainte-Aulaire, p. 25), et dont il est aussi parlé sons le nom de
-<i>mers de la queue</i> dans le Modus (feuillet 77 vº). L’auteur veut donc
-dire ici qu’il faut pour mettre les jets à l’oiseau, attendre qu’il
-soit parvenu au moment de sa croissance où sa queue est assez longue
-pour qu’on y voie déjà deux barres noires. Voir ci-après p. 291.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1457_1457" id="Footnote_1457_1457"></a><a href="#FNanchor_1457_1457"><span class="label">[1457]</span></a> Petites lanières de cuir qui s’attachoient aux jambes
-de l’oiseau et auxquelles on ajoutoit les vervelles, et quand l’oiseau
-étoit sur la perche, la longe et le touret.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1458_1458" id="Footnote_1458_1458"></a><a href="#FNanchor_1458_1458"><span class="label">[1458]</span></a> Quand après s’être débattu, jeté en avant de sa perche
-il y est retenu et rappelé par sa longe.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1459_1459" id="Footnote_1459_1459"></a><a href="#FNanchor_1459_1459"><span class="label">[1459]</span></a> Queue des oiseaux de poing. Le mot de queue étoit
-réservé aux oiseaux de leurre.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1460_1460" id="Footnote_1460_1460"></a><a href="#FNanchor_1460_1460"><span class="label">[1460]</span></a> Var. A, C, <i>sur luy surviennent</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1461_1461" id="Footnote_1461_1461"></a><a href="#FNanchor_1461_1461"><span class="label">[1461]</span></a> Impétueusement, de <i>tempête</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1462_1462" id="Footnote_1462_1462"></a><a href="#FNanchor_1462_1462"><span class="label">[1462]</span></a> Depuis <i>esteuf</i>, balle de jeu de paume.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1463_1463" id="Footnote_1463_1463"></a><a href="#FNanchor_1463_1463"><span class="label">[1463]</span></a> Suppléez <i>non</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1464_1464" id="Footnote_1464_1464"></a><a href="#FNanchor_1464_1464"><span class="label">[1464]</span></a> Suppléez <i>a</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1465_1465" id="Footnote_1465_1465"></a><a href="#FNanchor_1465_1465"><span class="label">[1465]</span></a> Si en se débattant il tomboit de la perche et y restoit
-suspendu par sa longe.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1466_1466" id="Footnote_1466_1466"></a><a href="#FNanchor_1466_1466"><span class="label">[1466]</span></a> Ce passage confirme l’explication donnée précédemment,
-mais je n’ai rien trouvé dans les auteurs qui puisse déterminer où sont
-placés les sept <i>merqs</i> dont parle l’auteur. Je vois sur un épervier
-qui est sous mes yeux 1º 4 barres (ou <i>merqs</i>) noires (dont une un peu
-cachée par les petites plumes du croupion) <i>sur</i> le balai, 2º 4 id. en
-dessous; et enfin 6, mais assez mal marquées sur le dessous des grandes
-plumes de l’aile. Mais on sait combien l’âge change le plumage des
-oiseaux de proîe, et j’ignore si l’oiseau que j’ai sous les yeux cet un
-<i>niais</i> ou un <i>mué</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1467_1467" id="Footnote_1467_1467"></a><a href="#FNanchor_1467_1467"><span class="label">[1467]</span></a> Graisser, mouiller de sa salive.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1468_1468" id="Footnote_1468_1468"></a><a href="#FNanchor_1468_1468"><span class="label">[1468]</span></a> La seconde secousse, le second effort de l’oiseau. Voir
-d’Arcussia, V<sup>e</sup> partie, ch. <small>IX</small>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1469_1469" id="Footnote_1469_1469"></a><a href="#FNanchor_1469_1469"><span class="label">[1469]</span></a> Var. B, <i>espoventablement</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1470_1470" id="Footnote_1470_1470"></a><a href="#FNanchor_1470_1470"><span class="label">[1470]</span></a> Paresse.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1471_1471" id="Footnote_1471_1471"></a><a href="#FNanchor_1471_1471"><span class="label">[1471]</span></a> Var. A, C, <i>bas</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1472_1472" id="Footnote_1472_1472"></a><a href="#FNanchor_1472_1472"><span class="label">[1472]</span></a> Espaces laissés vides dans les manuscrits. Peut-être
-y avoit-il <i>marqué à travers de petits cœurs brun tendres ou roux</i>.
-La différence avec l’autre genre de plumage dont il va être parlé
-auroit donc consisté dans la dimension et la disposition des marques
-en forme de cœur; l’auteur du Modus dit également: <i>Les uns sont de
-menues plumes traversaines et blanches; autres sont de grosses plumes
-traversaines et grosses nouées; autres sont de plumes que nous appelons
-mauvisées</i> (mal disposées, mal semées).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1473_1473" id="Footnote_1473_1473"></a><a href="#FNanchor_1473_1473"><span class="label">[1473]</span></a> Semés.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1474_1474" id="Footnote_1474_1474"></a><a href="#FNanchor_1474_1474"><span class="label">[1474]</span></a> Var. A, <i>boueil</i>. C’est le brayer, le bas-ventre, dit
-<i>brayeul</i> dans le roi Modus.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1475_1475" id="Footnote_1475_1475"></a><a href="#FNanchor_1475_1475"><span class="label">[1475]</span></a> Le manuscrit B ajoute ·<i>S</i>· (<i>scilicet?</i>).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1476_1476" id="Footnote_1476_1476"></a><a href="#FNanchor_1476_1476"><span class="label">[1476]</span></a> <i>L’espervier a communément l’estomac blanc émaillé de
-marques noires faites la plupart en cœur. Le dessus noir ou gris fort
-obscur èsquelles y a certaines mailles ou plumes blanchâtres sur les
-reins</i> (Sainte-Aulaire, p. 25). L’auteur a fait le mot <i>cueureté</i> pour
-dire semé de cœurs, comme on dit <i>fleur-de-lise</i>, <i>étoilé</i>, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1477_1477" id="Footnote_1477_1477"></a><a href="#FNanchor_1477_1477"><span class="label">[1477]</span></a> En changeant d’ordre, muablement.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1478_1478" id="Footnote_1478_1478"></a><a href="#FNanchor_1478_1478"><span class="label">[1478]</span></a> Charrient au couvert, dans un buisson, etc., pour s’en
-paître, l’oiseau qu’ils ont pris.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1479_1479" id="Footnote_1479_1479"></a><a href="#FNanchor_1479_1479"><span class="label">[1479]</span></a> Je crois que c’est l’oiseau dont les ailes sont bien
-disposées; bien jointes au corps et croisant bien sur la queue.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1480_1480" id="Footnote_1480_1480"></a><a href="#FNanchor_1480_1480"><span class="label">[1480]</span></a> Voy. sur les vanneaux, couteaux et cerceaux, la note 6
-de la page 89.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1481_1481" id="Footnote_1481_1481"></a><a href="#FNanchor_1481_1481"><span class="label">[1481]</span></a> Espace laissé vide dans les manuscrits. <i>Sans</i> doit
-être défectueux ainsi que <i>a</i>: le balay signifiant la queue. L’auteur a
-dû écrire quelque chose comme <i>bonnes pennes, puissans balay et sain</i>,
-etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1482_1482" id="Footnote_1482_1482"></a><a href="#FNanchor_1482_1482"><span class="label">[1482]</span></a> Var. B, <i>paissonoir</i>. Ces différens noms des ongles
-de l’épervier ne sont à ma connoissance donnés qu’ici. D’Arcussia
-les désigne simplement sous la dénomination de premier, second, et
-troisième, en commençant par celui du premier doigt de devant: celui
-de derrière auroit été dit <i>avillon</i>. Ici les <i>sangles</i> pourroient
-être les serres du grand doigt du milieu et du doigt de derrière: le
-<i>paissoir</i>, l’ongle du pouce, et le <i>charnier</i> celui du quatrième
-doigt.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1483_1483" id="Footnote_1483_1483"></a><a href="#FNanchor_1483_1483"><span class="label">[1483]</span></a> Qu’il.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1484_1484" id="Footnote_1484_1484"></a><a href="#FNanchor_1484_1484"><span class="label">[1484]</span></a> Instrument de cuivre, quelquefois d’argent, destiné à
-empêcher la longe de s’embarrasser. Ce sont deux demi-anneaux en forme
-d’étriers réunis par une goupille qui traverse les deux côtés plats,
-lesquels tournent l’un sur l’autre. D’Arcussia l’appelle <i>tournet</i>
-(131), et l’empereur Frédéric II <i>tornetum</i> (II, 40). Il est représenté
-dans les planches de <i>l’Encyclopédie</i> (XII, fig. 2). C’est certainement
-au touret qu’est relatif le passage cité dans Du Cange à <i>Coretum</i>, et
-il faut sans doute y lire <i>Toretum</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1485_1485" id="Footnote_1485_1485"></a><a href="#FNanchor_1485_1485"><span class="label">[1485]</span></a> Bleu.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1486_1486" id="Footnote_1486_1486"></a><a href="#FNanchor_1486_1486"><span class="label">[1486]</span></a> Plus loin <i>recréance</i>, filière, longue ficelle attachée
-aux longes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1487_1487" id="Footnote_1487_1487"></a><a href="#FNanchor_1487_1487"><span class="label">[1487]</span></a> Aux plaidoiries, au palais.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1488_1488" id="Footnote_1488_1488"></a><a href="#FNanchor_1488_1488"><span class="label">[1488]</span></a> Gaces de La Bugne conseille également de porter
-l’épervier
-</p>
-
-<div class="poetry">
-<div class="poem"><div class="stanza">
-<span class="i0">Là ou les gens sont amassés,<br /></span>
-<span class="i0">Soit en l’église ou autre part.<br /></span>
-<span class="i5">(S v, vº, c. 1.)<br /></span>
-</div></div>
-</div>
-
-<p>
-On voit, d’après ces deux témoignages, qu’il étoit permis à tous
-les laïques d’entrer dans l’église avec un oiseau sur le poing.
-Il en résulte donc que quand on a remarqué que les barons de La
-Ferté-Chauderon et les seigneurs de Chastellux entroient dans le chœur
-des églises cathédrales de Nevers et d’Auxerre en costume moitié
-militaire, moitié ecclésiastique, et avec un oiseau sur le poing, ce
-fait n’étoit (au moins <i>au commencement du</i> <small>XV</small><sup>e</sup>
-<i>siècle</i>) une particularité qu’à cause de leur costume, de la qualité
-de chanoines héréditaires de ces églises possédée par ces seigneurs, et
-peut-être aussi à cause de la place qu’ils occupoient dans le chœur par
-suite de leur dignité. (Voy. à ce sujet les <i>Mercures</i> de juin 1732, p.
-1248, de mars et d’avril 1733, p. 472 et 730, et l’<i>Histoire d’Auxerre</i>
-de Lebeuf, T. I, p. 809.) On voit encore, dans une pièce de 1464 citée
-par l’abbé Lebeuf (T. II, pièce 241), que les trésoriers des églises
-d’Auxerre et de Nevers avoient le droit d’assister aux offices en habit
-non ecclésiastique et avec un épervier sur le poing; mais ce droit
-étoit dès lors contesté ou au moins remarqué. Il faut donc en conclure
-ou que l’usage avoit dès lors changé, ou qu’il étoit borné aux laïques.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1489_1489" id="Footnote_1489_1489"></a><a href="#FNanchor_1489_1489"><span class="label">[1489]</span></a> Petits ais, petites planches, lattes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1490_1490" id="Footnote_1490_1490"></a><a href="#FNanchor_1490_1490"><span class="label">[1490]</span></a> On appeloit <i>plume</i>, et plus souvent depuis <i>cure</i>, une
-petite boulette de filasse, de coton, ou de plumes qu’on faisoit avaler
-à l’oiseau pour faire passer les parties grossières de sa nourriture
-qui seroient restées dans son estomac.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1491_1491" id="Footnote_1491_1491"></a><a href="#FNanchor_1491_1491"><span class="label">[1491]</span></a> Probablement les filamens ou nerfs de cette poche que
-d’Arcussia appelle la gorge ou sachet supérieur. C’est la partie qui
-suit immédiatement le gosier, et qu’on dit vulgairement <i>la gave</i>. Voir
-d’Arcussia, chap. 1 de la IV<sup>e</sup> partie, p. 233.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1492_1492" id="Footnote_1492_1492"></a><a href="#FNanchor_1492_1492"><span class="label">[1492]</span></a> <i>L’en</i> n’est que dans le Ms. C.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1493_1493" id="Footnote_1493_1493"></a><a href="#FNanchor_1493_1493"><span class="label">[1493]</span></a> Préau.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1494_1494" id="Footnote_1494_1494"></a><a href="#FNanchor_1494_1494"><span class="label">[1494]</span></a> Aille.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1495_1495" id="Footnote_1495_1495"></a><a href="#FNanchor_1495_1495"><span class="label">[1495]</span></a> Sécher.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1496_1496" id="Footnote_1496_1496"></a><a href="#FNanchor_1496_1496"><span class="label">[1496]</span></a> Faire jaillir, mais j’ignore la racine de ce mot. Var.
-B, <i>ressortir</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1497_1497" id="Footnote_1497_1497"></a><a href="#FNanchor_1497_1497"><span class="label">[1497]</span></a> Baguette.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1498_1498" id="Footnote_1498_1498"></a><a href="#FNanchor_1498_1498"><span class="label">[1498]</span></a> Tréteau.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1499_1499" id="Footnote_1499_1499"></a><a href="#FNanchor_1499_1499"><span class="label">[1499]</span></a> Savoir: <i>utrum</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1500_1500" id="Footnote_1500_1500"></a><a href="#FNanchor_1500_1500"><span class="label">[1500]</span></a> Retiré, accroupi. Voy. p. 20.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1501_1501" id="Footnote_1501_1501"></a><a href="#FNanchor_1501_1501"><span class="label">[1501]</span></a> Sup.: <i>avancez</i>. V. p. 394.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1502_1502" id="Footnote_1502_1502"></a><a href="#FNanchor_1502_1502"><span class="label">[1502]</span></a> Moucheté, de <i>varius</i>, comme la fourrure de <i>vair</i> et
-le <i>vairé</i> du blason.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1503_1503" id="Footnote_1503_1503"></a><a href="#FNanchor_1503_1503"><span class="label">[1503]</span></a> Tachetés.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1504_1504" id="Footnote_1504_1504"></a><a href="#FNanchor_1504_1504"><span class="label">[1504]</span></a> Jeunes pies.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1505_1505" id="Footnote_1505_1505"></a><a href="#FNanchor_1505_1505"><span class="label">[1505]</span></a> Tenailles.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1506_1506" id="Footnote_1506_1506"></a><a href="#FNanchor_1506_1506"><span class="label">[1506]</span></a> Peut-être faute, pour <i>moine</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1507_1507" id="Footnote_1507_1507"></a><a href="#FNanchor_1507_1507"><span class="label">[1507]</span></a> Véritablement, sérieusement.&mdash;Var. A, <i>ensient</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1508_1508" id="Footnote_1508_1508"></a><a href="#FNanchor_1508_1508"><span class="label">[1508]</span></a> Dans le lieu de sa demeure?</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1509_1509" id="Footnote_1509_1509"></a><a href="#FNanchor_1509_1509"><span class="label">[1509]</span></a> Sans cette précaution.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1510_1510" id="Footnote_1510_1510"></a><a href="#FNanchor_1510_1510"><span class="label">[1510]</span></a> L’auteur ne donnoit donc pas tout à fait dans l’opinion
-erronée, et cependant générale, suivant laquelle la queue (ou balai,
-voy. p. 290, n. 3) servoit de gouvernail à l’oiseau. On a reconnu
-depuis qu’elle ne lui sert qu’à monter et à descendre. Voy. Huber,
-<i>Observ. sur le vol des oiseaux de proie</i>, p. 13.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1511_1511" id="Footnote_1511_1511"></a><a href="#FNanchor_1511_1511"><span class="label">[1511]</span></a> Se détourne, fait des crochets.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1512_1512" id="Footnote_1512_1512"></a><a href="#FNanchor_1512_1512"><span class="label">[1512]</span></a> Ciseaux.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1513_1513" id="Footnote_1513_1513"></a><a href="#FNanchor_1513_1513"><span class="label">[1513]</span></a> Quand elle part. Voy. p. 280, n. 3.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1514_1514" id="Footnote_1514_1514"></a><a href="#FNanchor_1514_1514"><span class="label">[1514]</span></a> Entièrement, vraiment <i>blanches</i>, comme l’émeut <i>fin
-blanc</i> ci-dessus, p. 298.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1515_1515" id="Footnote_1515_1515"></a><a href="#FNanchor_1515_1515"><span class="label">[1515]</span></a> C’est le moineau suivant Nicot.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1516_1516" id="Footnote_1516_1516"></a><a href="#FNanchor_1516_1516"><span class="label">[1516]</span></a> Répétition avec variantes du § 1, p. 300.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1517_1517" id="Footnote_1517_1517"></a><a href="#FNanchor_1517_1517"><span class="label">[1517]</span></a> Ce paragraphe, qui paroît hors de propos au milieu des
-instructions relatives aux premiers vols de l’épervier, est en outre
-une répétition, mais non textuelle, de ce qu’on a déjà vu page 290.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1518_1518" id="Footnote_1518_1518"></a><a href="#FNanchor_1518_1518"><span class="label">[1518]</span></a> Il paroît manquer ici <i>faire</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1519_1519" id="Footnote_1519_1519"></a><a href="#FNanchor_1519_1519"><span class="label">[1519]</span></a> Embrouillez (ses longes dans les branches du buisson où
-il aura charrié sa proie).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1520_1520" id="Footnote_1520_1520"></a><a href="#FNanchor_1520_1520"><span class="label">[1520]</span></a> Var. B, <i>pendre</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1521_1521" id="Footnote_1521_1521"></a><a href="#FNanchor_1521_1521"><span class="label">[1521]</span></a> Neuf heures. Voy. t. I, p. 48.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1522_1522" id="Footnote_1522_1522"></a><a href="#FNanchor_1522_1522"><span class="label">[1522]</span></a> S. d. faute pour <i>buisson</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1523_1523" id="Footnote_1523_1523"></a><a href="#FNanchor_1523_1523"><span class="label">[1523]</span></a> A et C ajoutent <i>vous</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1524_1524" id="Footnote_1524_1524"></a><a href="#FNanchor_1524_1524"><span class="label">[1524]</span></a> Au soir.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1525_1525" id="Footnote_1525_1525"></a><a href="#FNanchor_1525_1525"><span class="label">[1525]</span></a> Var. bonne du Ms. B, mais résultat d’une correction
-postérieure au corps du texte: <i>s’essorera</i>. Au reste, <i>s’efforcer</i> est
-bon, quoique je ne l’aie pas vu employé par les autres auteurs dans le
-sens de s’essorer, prendre, son <i>essor</i>, <i>s’emporter</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1526_1526" id="Footnote_1526_1526"></a><a href="#FNanchor_1526_1526"><span class="label">[1526]</span></a> Corps, carcasse. Voy. p. 170, n. 1, et p. 213.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1527_1527" id="Footnote_1527_1527"></a><a href="#FNanchor_1527_1527"><span class="label">[1527]</span></a> S.-e. l’épervier.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1528_1528" id="Footnote_1528_1528"></a><a href="#FNanchor_1528_1528"><span class="label">[1528]</span></a> S.-e. la chair du pigeon.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1529_1529" id="Footnote_1529_1529"></a><a href="#FNanchor_1529_1529"><span class="label">[1529]</span></a> Dévider. Ce mot exprime très-bien l’action du chien qui
-suit une trace.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1530_1530" id="Footnote_1530_1530"></a><a href="#FNanchor_1530_1530"><span class="label">[1530]</span></a> Au lieu remarqué, où les autres perdrix se sont
-remisées.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1531_1531" id="Footnote_1531_1531"></a><a href="#FNanchor_1531_1531"><span class="label">[1531]</span></a> Var. A, <i>gauchières</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1532_1532" id="Footnote_1532_1532"></a><a href="#FNanchor_1532_1532"><span class="label">[1532]</span></a> Oiseau de proie ignoble (non susceptible d’être
-dressé), grand destructeur de perdrix, classé par Huber (p. 16) dans la
-classe des harpayes, avec la <i>Soubuse</i>, le <i>Jean-le-Blanc</i> et l’<i>oiseau
-Saint-Martin</i>. Huber semble croire que ces quatre noms désignent le
-même oiseau (peut-être à différens âges). G. Bouchet (<i>Recueil des
-oiseaux de proie</i>) a consacré au <i>faux-perdrieu</i> un article étendu, et
-on voit dans d’Arcussia (<i>Fauconnerie du Roi</i>, p. 399) que Louis XIII
-voloit cet oiseau avec des faucons dressés à voler la corneille.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1533_1533" id="Footnote_1533_1533"></a><a href="#FNanchor_1533_1533"><span class="label">[1533]</span></a> Pièces de terre cultivées en pois. <i>Pisaria.</i></p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1534_1534" id="Footnote_1534_1534"></a><a href="#FNanchor_1534_1534"><span class="label">[1534]</span></a> <i>Qui</i> ou <i>et</i> sont de trop. Si l’on supprime <i>et</i>, il
-faudroit une virgule après <i>remerquent</i>.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1535_1535" id="Footnote_1535_1535"></a><a href="#FNanchor_1535_1535"><span class="label">[1535]</span></a> Au saut. Voy. p. 280.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1536_1536" id="Footnote_1536_1536"></a><a href="#FNanchor_1536_1536"><span class="label">[1536]</span></a> Voy. p. 304.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1537_1537" id="Footnote_1537_1537"></a><a href="#FNanchor_1537_1537"><span class="label">[1537]</span></a> B ajoute <i>premier</i>, qui me paroît inutile et peut être
-une correction de <i>se l’épervier</i>, qui est dans le Ms. A et est tout à
-fait fautif.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1538_1538" id="Footnote_1538_1538"></a><a href="#FNanchor_1538_1538"><span class="label">[1538]</span></a> S’accouplèrent. D’Arcussia (1627, p. 209, 220) emploie
-le même mot, et dit aussi <i>le temps de l’adouée</i>; c’est pourquoi
-j’aime mieux lire <i>adouèrent</i> qu’<i>adonnèrent</i>, comme l’écrit le Ms. B
-(<i>adoñerent</i>).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1539_1539" id="Footnote_1539_1539"></a><a href="#FNanchor_1539_1539"><span class="label">[1539]</span></a> Pour <i>cochier</i> je lis: cochier, cocher.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1540_1540" id="Footnote_1540_1540"></a><a href="#FNanchor_1540_1540"><span class="label">[1540]</span></a> En état, à leur taille.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1541_1541" id="Footnote_1541_1541"></a><a href="#FNanchor_1541_1541"><span class="label">[1541]</span></a> Tuyaux des plumes pleins de sang comme les jeunes
-oiseaux.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1542_1542" id="Footnote_1542_1542"></a><a href="#FNanchor_1542_1542"><span class="label">[1542]</span></a> Le Ms. B seul ajoute: <i>et ne sont pas les plumes de
-leurs eles si roides comme leurs pères et leurs mères qui ont esté
-muées</i>. Ces mots paroissent être une bonne variante et non la suite du
-membre de phrase précédent.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1543_1543" id="Footnote_1543_1543"></a><a href="#FNanchor_1543_1543"><span class="label">[1543]</span></a> Il semble qu’il faudroit lire <i>et</i>, de manière à
-restreindre la possibilité de prendre, même au <i>voulon</i>, la perdrix
-ainsi forte, au cas où elle est déjà lassée d’un premier vol. Mais on
-peut aussi comprendre que l’auteur, en défendant plus bas d’essayer
-de la prendre, en plein champ, du premier vol, a seulement entendu
-défendre de la faire voler <i>à tire-d’aile</i> (en <i>tirant après</i>) par
-l’épervier. Cette manière de voler (mouvement répété des ailes) est
-employée par l’oiseau de poing en ligne horizontale ou de haut en
-bas. Dans le premier cas, il n’entreprend ainsi que le gibier le plus
-faible, et cette attaque lui réussit bien moins que le <i>saut</i> (ou
-<i>voulon</i>), qui est son plus grand moyen. (Voy. Huber, p. 37.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1544_1544" id="Footnote_1544_1544"></a><a href="#FNanchor_1544_1544"><span class="label">[1544]</span></a> Gaces de La Bugne dit aussi (X v) que l’épervier peut
-prendre le faisan; mais au <small>XVII</small><sup>e</sup> siècle qu’on peut
-cependant regarder comme celui où la fauconnerie atteignit sa plus
-grande perfection, en France, on ne faisoit plus voler l’épervier aux
-faisandeaux: c’est du moins ce qui me semble résulter d’un passage
-de d’Arcussia (V<sup>e</sup> partie, chap. <small>XXV</small>), dans lequel
-il remarque, comme une chose notable, que cette chasse avoit lieu en
-Lombardie, où, dit-il, les éperviers sont en plus de réputation qu’en
-autre pays.
-</p><p>
-Quant au vol de l’outarde par l’épervier, il est plus étonnant, et on
-seroit tenté de penser ou qu’il y a erreur dans le nom de l’oiseau
-chassé ou que l’auteur a entendu parler ici de la chasse de l’outarde
-faite avec l’autour, oiseau tout à fait semblable de conformation
-(sauf la grosseur), de mœurs et de vol à l’épervier, puisque tous les
-auteurs les confondent dans les préceptes qu’ils donnent sur la manière
-de les dresser. L’autour, beaucoup plus fort que l’épervier, prenoit
-l’outarde ou du moins la retenoit jusqu’à ce que les chiens vinssent
-le secourir et la tuer; mais ce fait même étoit regardé avec raison
-comme surprenant, attendu la faiblesse relative de l’autour (Voy. Gaces
-de La Bugne, f. X 2 vº), et le récit d’une chasse à l’outarde faite
-par un faucon sauvage dans d’Arcussia (<i>Fauconnerie</i>, p. 227 et aussi
-là même <i>Convy</i>, p. 52). L’épervier qui est un assez petit oiseau,
-pouvoit-il donc égaler l’autour et le faucon dans cette chasse? La
-même réflexion se présente à l’esprit pour le vol aux lapereaux et aux
-levrauts, que je n’ai vu indiqué dans aucun autre auteur. Remarquons
-toutefois qu’il y avoit, suivant d’Arcussia, une espèce d’éperviers
-venant d’Esclavonie, et tellement courageux qu’ils entreprenoient <i>tout
-ce qu’on leur montroit</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1545_1545" id="Footnote_1545_1545"></a><a href="#FNanchor_1545_1545"><span class="label">[1545]</span></a> Auj. de genêt.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1546_1546" id="Footnote_1546_1546"></a><a href="#FNanchor_1546_1546"><span class="label">[1546]</span></a> Monter à une hauteur telle qu’il perde son maître.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1547_1547" id="Footnote_1547_1547"></a><a href="#FNanchor_1547_1547"><span class="label">[1547]</span></a> Var. B, <i>toutesvoies</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1548_1548" id="Footnote_1548_1548"></a><a href="#FNanchor_1548_1548"><span class="label">[1548]</span></a> Peut-être la marouette.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1549_1549" id="Footnote_1549_1549"></a><a href="#FNanchor_1549_1549"><span class="label">[1549]</span></a> Geais.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1550_1550" id="Footnote_1550_1550"></a><a href="#FNanchor_1550_1550"><span class="label">[1550]</span></a> Ou <i>bougon</i>, flèche à grosse tête, à bout obtus,
-<i>sagitta capitata</i>, suivant Nicot.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1551_1551" id="Footnote_1551_1551"></a><a href="#FNanchor_1551_1551"><span class="label">[1551]</span></a> Afin que.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1552_1552" id="Footnote_1552_1552"></a><a href="#FNanchor_1552_1552"><span class="label">[1552]</span></a> Var. A, <i>tirer</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1553_1553" id="Footnote_1553_1553"></a><a href="#FNanchor_1553_1553"><span class="label">[1553]</span></a> D’Arcussia (V<sup>e</sup> partie,, ch. <small>XXV</small>) dit
-la même chose; seulement il est question, dans son livre, d’un arc à
-jalet (arbalète lançant des balles de plomb) et non d’un arc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1554_1554" id="Footnote_1554_1554"></a><a href="#FNanchor_1554_1554"><span class="label">[1554]</span></a> Avant qu’il ait eu le temps de chasser et de se paître.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1555_1555" id="Footnote_1555_1555"></a><a href="#FNanchor_1555_1555"><span class="label">[1555]</span></a> Le garder pendant le temps qu’il est en mue.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1556_1556" id="Footnote_1556_1556"></a><a href="#FNanchor_1556_1556"><span class="label">[1556]</span></a> B ajoute: <i>laquelle plume</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1557_1557" id="Footnote_1557_1557"></a><a href="#FNanchor_1557_1557"><span class="label">[1557]</span></a> Pour le garantir, l’empêcher de se débattre.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1558_1558" id="Footnote_1558_1558"></a><a href="#FNanchor_1558_1558"><span class="label">[1558]</span></a> Espace laissé en blanc dans les trois manuscrits:
-peut-être est-ce le croupion ou le <i>brayer</i> (ventre), afin d’attendrir
-la peau où tiennent les plumes de la queue.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1559_1559" id="Footnote_1559_1559"></a><a href="#FNanchor_1559_1559"><span class="label">[1559]</span></a> Gouttière, petit canal (mangeoire avec coulisse
-dessous).</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1560_1560" id="Footnote_1560_1560"></a><a href="#FNanchor_1560_1560"><span class="label">[1560]</span></a> Voy. p. 297.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1561_1561" id="Footnote_1561_1561"></a><a href="#FNanchor_1561_1561"><span class="label">[1561]</span></a> L’empêcher de dormir.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1562_1562" id="Footnote_1562_1562"></a><a href="#FNanchor_1562_1562"><span class="label">[1562]</span></a> L’abaisser, le dompter en le nourrissant peu.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1563_1563" id="Footnote_1563_1563"></a><a href="#FNanchor_1563_1563"><span class="label">[1563]</span></a> Muées.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1564_1564" id="Footnote_1564_1564"></a><a href="#FNanchor_1564_1564"><span class="label">[1564]</span></a> Les autres auteurs distinguent le <i>branchier</i> du
-<i>ramage</i>. Ce dernier nom désignoit l’oiseau qui avoit été assez
-longtemps libre et vivant de sa chasse: il tenoit le milieu entre le
-<i>branchier</i> et le <i>sor</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1565_1565" id="Footnote_1565_1565"></a><a href="#FNanchor_1565_1565"><span class="label">[1565]</span></a> S.-e. <i>avant</i>. C’est seulement quand il sera assez âgé
-pour avoir déjà pris des oiseaux qu’il descendra à la <i>meute des pans</i>.
-On appeloit meute un bâton fourchu auquel étoit attaché un oiseau
-vivant que l’oiseleur faisoit remuer pour attirer dans les <i>pans</i>,
-dans les filets, celui ou ceux qu’il désiroit prendre. (Voy. <i>Modus</i>,
-f. 127.) Plus tard on appela ainsi l’oiseau attaché au piquet fourchu
-(<i>Ruses innocentes</i>, 1695, in-8, p. 144). Le filet dont il est ici
-question est certainement le <i>rets-saillant</i> ou <i>nappe</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1566_1566" id="Footnote_1566_1566"></a><a href="#FNanchor_1566_1566"><span class="label">[1566]</span></a> <i>Giesles</i>, dans le Modus, et plus tard <i>guide</i> ou
-<i>guede</i>. Ce sont les bâtons qui terminent les pans du rets-saillant et
-auxquels s’attachent les cordes qui fixent les extrémités des pans à
-des piquets enfoncés en terre. La corde que tire l’oiseleur pour faire
-rabattre les pans est aussi attachée aux deux <i>guilles</i> placées de son
-côté. (Voir le <i>Modus</i> de 1839, f. 126. Les cages représentées dans la
-figure indiquent bien l’endroit où devoient être placés les mouchets
-dont parle l’auteur du <i>Ménagier</i>.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1567_1567" id="Footnote_1567_1567"></a><a href="#FNanchor_1567_1567"><span class="label">[1567]</span></a> Les manuscrits ajoutent: <i>comment qu’il soit</i>. Ces mots
-me paroissent une répétition fautive des trois précédens.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1568_1568" id="Footnote_1568_1568"></a><a href="#FNanchor_1568_1568"><span class="label">[1568]</span></a> Passer un fil dans la première paupière des deux yeux
-de l’oiseau, puis réunir et tordre les deux bouts du fil sur son bec.
-L’épervier devait être cillé de manière à voir un peu derrière lui. On
-obtenoit ce résultat en lui perçant la paupière plus près du bec que du
-milieu de l’œil. (Voy. <i>Modus</i>, f. 96, vº.)</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1569_1569" id="Footnote_1569_1569"></a><a href="#FNanchor_1569_1569"><span class="label">[1569]</span></a> Grelots attachés aux jambes de l’oiseau.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1570_1570" id="Footnote_1570_1570"></a><a href="#FNanchor_1570_1570"><span class="label">[1570]</span></a> Peut-être faut-il lire <i>aasier</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1571_1571" id="Footnote_1571_1571"></a><a href="#FNanchor_1571_1571"><span class="label">[1571]</span></a> On verra ci-après l’explication de ce terme. C’est sans
-doute ce que l’auteur du <i>Roi Modus</i> appelle <i>mué du bois</i> (f. 95, vº).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1572_1572" id="Footnote_1572_1572"></a><a href="#FNanchor_1572_1572"><span class="label">[1572]</span></a> Var. B, <i>affaitiés</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1573_1573" id="Footnote_1573_1573"></a><a href="#FNanchor_1573_1573"><span class="label">[1573]</span></a> Il ne revient pas si facilement à son maître.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1574_1574" id="Footnote_1574_1574"></a><a href="#FNanchor_1574_1574"><span class="label">[1574]</span></a> L’oiseau de proie <i>sor</i> est celui qui a atteint sa
-taille, mais n’a pas encore mué. Son nom lui vient de la couleur
-jaunâtre (ou <i>sorette</i>, comme dit Tardif, chap. <small>XV</small>) de
-ses plumes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1575_1575" id="Footnote_1575_1575"></a><a href="#FNanchor_1575_1575"><span class="label">[1575]</span></a> Pondu.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1576_1576" id="Footnote_1576_1576"></a><a href="#FNanchor_1576_1576"><span class="label">[1576]</span></a> Les en a empêchés.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1577_1577" id="Footnote_1577_1577"></a><a href="#FNanchor_1577_1577"><span class="label">[1577]</span></a> Le Ms. C ajoute: <i>bons espreveteurs</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1578_1578" id="Footnote_1578_1578"></a><a href="#FNanchor_1578_1578"><span class="label">[1578]</span></a> C. ajoute: <i>plumes et</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1579_1579" id="Footnote_1579_1579"></a><a href="#FNanchor_1579_1579"><span class="label">[1579]</span></a> V. p. 288, n. 3.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1580_1580" id="Footnote_1580_1580"></a><a href="#FNanchor_1580_1580"><span class="label">[1580]</span></a> Les premiers, les meilleurs.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1581_1581" id="Footnote_1581_1581"></a><a href="#FNanchor_1581_1581"><span class="label">[1581]</span></a> Var. B, <i>hault</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1582_1582" id="Footnote_1582_1582"></a><a href="#FNanchor_1582_1582"><span class="label">[1582]</span></a> D’Arcussia (p. 8 et 36) et Sainte-Aulaire (p. 12)
-disent aussi que le faucon <i>hagart</i> (on mué des champs) est celui qui a
-déjà mué une fois. D’Arcussia fait dériver ce nom du mot hébreu <i>agar</i>,
-signifiant étranger. Il semble qu’il doit plutôt signifier <i>égaré</i>,
-<i>sauvage</i>, à moins qu’attendu l’explication qu’en donne ici notre
-auteur, on ne le fasse venir de <i>haga</i>, haie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1583_1583" id="Footnote_1583_1583"></a><a href="#FNanchor_1583_1583"><span class="label">[1583]</span></a> Qu’il a deux ans.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1584_1584" id="Footnote_1584_1584"></a><a href="#FNanchor_1584_1584"><span class="label">[1584]</span></a> Var. B, <i>sores</i>.&mdash;Les plumes qui sont restées de son
-premier plumage, de son plumage sor.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1585_1585" id="Footnote_1585_1585"></a><a href="#FNanchor_1585_1585"><span class="label">[1585]</span></a> Peut-être l’auteur veut-il dire que cet oiseau se
-laissoit emporter par son ardeur et conduisoit le fauconnier à de
-trop grandes distances; mais cet inconvénient étoit propre à tous les
-oiseaux de haute volerie ou de leurre.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1586_1586" id="Footnote_1586_1586"></a><a href="#FNanchor_1586_1586"><span class="label">[1586]</span></a> On appelle <i>formé</i>, par opposition à <i>tiercelet</i> (plus
-petit d’un tiers), la femelle des oiseaux de proie.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1587_1587" id="Footnote_1587_1587"></a><a href="#FNanchor_1587_1587"><span class="label">[1587]</span></a> Leurre, instrument en osier en forme de fer à cheval
-allongé qu’on recouvroit des ailes de l’oiseau ou de la peau du
-quadrupède (lièvre ou lapin), qu’on vouloit accoutumer l’oiseau de
-proie à voler. (Voy. les planches de l’<i>Encyclopédie</i>, pl. 12, fig.
-4). On plaçoit la viande destinée à la nourriture de l’oiseau sur le
-leurre, et il s’y paissoit. Il en résultoit qu’il connoissoit le leurre
-et qu’il revenoit à son maître dès que celui-ci l’appeloit en tournant
-cet instrument: c’est ce qu’on appeloit <i>leurrer</i>. Les oiseaux, ainsi
-dressés (le faucon, le gerfaut, le lanier, le sacre, le hobereau et
-l’émerillon étoient seuls susceptibles d’être dressés au leurre),
-suivoient les chiens pendant la quete en volant et fondoient sur leur
-proie aussitôt qu’elle se levoit, à la différence des oiseaux de
-poing (autour et épervier), qui restoient sur le poing de leur maître
-jusqu’à ce que les chiens eussent fait lever le gibier. Les oiseaux de
-leurre ou de haute volerie étoient en outre seuls propres à certains
-vols, tels que ceux du héron, du milan, etc. Huber, dans son excellent
-ouvrage (malheureusement trop abrégé et sorte de prospectus d’un autre
-plus étendu qu’il comptoit composer) sur le vol des oiseaux de proie, a
-décrit d’une manière bien remarquable les différens moyens employés par
-ces deux espèces d’oiseaux en conséquence de la forme de leurs ailes,
-et partant de ce principe fondamental que les anciens fauconniers n’ont
-pas connu, il appelle les premiers <i>rameurs</i> et les seconds <i>voiliers</i>.
-L’instruction de ces deux espèces d’oiseaux devoit donc différer, et
-en effet celle des premiers constituoit l’art de la fauconnerie et
-celle des autres l’autourserie; les langues de ces deux arts, comme
-leurs principes eux-mêmes, présentoient de notables différences qu’on
-peut voir dans d’Arcussia, p. 176, et dans <i>le Veritable Fauconnier</i>
-de Morais, p. 9 et 115. Une des principales étoit que les oiseaux de
-leurre étoient chaperonnés, tandis que ceux de poing ne l’étoient pas.
-Ces derniers mangeoient sur le poing de leurs maîtres, les premiers sur
-le leurre, etc.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1588_1588" id="Footnote_1588_1588"></a><a href="#FNanchor_1588_1588"><span class="label">[1588]</span></a> Hobereau.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1589_1589" id="Footnote_1589_1589"></a><a href="#FNanchor_1589_1589"><span class="label">[1589]</span></a> Plante bien connue, <i>ruta</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1590_1590" id="Footnote_1590_1590"></a><a href="#FNanchor_1590_1590"><span class="label">[1590]</span></a> Tirailler, déchirer avec son bec. On donnoit ainsi à
-<i>tirer</i> aux oiseaux des morceaux secs et nerveux, tels que pattes de
-lièvre ou de lapin et de volailles qu’on appeloit alors <i>tiroirs</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1591_1591" id="Footnote_1591_1591"></a><a href="#FNanchor_1591_1591"><span class="label">[1591]</span></a> Étoffe ou fourrure. On se servoit ordinairement de peau
-de lièvre pour cet usage.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1592_1592" id="Footnote_1592_1592"></a><a href="#FNanchor_1592_1592"><span class="label">[1592]</span></a> Changer souvent l’étoffe ou feutre que l’oiseau a sous
-la patte et la remplacer par une autre échauffée dans son sein.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1593_1593" id="Footnote_1593_1593"></a><a href="#FNanchor_1593_1593"><span class="label">[1593]</span></a> La poitrine, le poitrail. Les oiseaux gras ont, en
-effet, la poitrine bombée et séparée au milieu par une petite fente.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1594_1594" id="Footnote_1594_1594"></a><a href="#FNanchor_1594_1594"><span class="label">[1594]</span></a> Nom d’un oiseau de proie ignoble (c’est-à-dire non
-susceptible d’être dressé); mais je n’ai pas vu qu’on se soit servi de
-cet oiseau comme du duc ou de la chouette pour attirer les oiseaux dans
-les filets; peut-être est-ce aussi le nom d’un filet ou autre engin,
-mais je ne le trouve nulle part avec cette signification.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1595_1595" id="Footnote_1595_1595"></a><a href="#FNanchor_1595_1595"><span class="label">[1595]</span></a> Il y a eu quelques exemples d’aigles dressés pour
-la chasse, mais on n’a jamais fait un emploi suivi de ces oiseaux.
-Gaces de La Bugne parle d’une espèce d’aigle qu’il appelle <i>milion</i>
-(qui paroît être l’aigle fauve à marque blanche sur la tête), qui
-prenoit la grue et l’oie sauvage (f. X vj). Il dit que cet oiseau
-étoit rare en France, et le regardant comme une curiosité plutôt que
-comme un oiseau utile, il s’écrie que <i>ne desplaise au milion. Il
-n’est vol ne mès de faulcon</i> (L. V). L’illustre connétable Olivier
-de Clisson avoit un <i>milion</i> dressé qu’il légua au vicomte de Rohan,
-son gendre. (Voyez le mot <i>Milio</i> dans Du Cange où ce mot est mal
-traduit par <i>milan</i>. Le milan n’a jamais pu être dressé et n’a jamais
-été redoutable aux faucons comme le dit l’empereur Frédéric II, l.
-II, ch. <small>LXIX</small> du <i>Milion</i>, associé par lui à l’aigle
-et au vautour.) Tardif qui compila un <i>Traité de fauconnerie</i> à la
-fin du <small>XV</small><sup>e</sup> siècle, s’est assez étendu sur le vol de
-l’aigle, mais on ne sauroit conclure de son ouvrage purement théorique
-et traduit en partie d’auteurs orientaux que l’aigle fût communément
-employé de son temps en France par les fauconniers. Guillaume Bouchet,
-qui écrivoit en 1567, dit que le poids de l’aigle étoit cause que les
-fauconniers des princes en dressoient rarement, et d’Arcussia (<i>Convy</i>,
-p. 28 et XV<sup>e</sup> <i>lettre de Philoïerax</i>) raconte des essais faits de
-son temps pour dresser des aigles. L’aigle n’a donc jamais été employé
-habituellement dans la fauconnerie. Quant au <i>griffon</i>, ce mot désigne
-sans doute le <i>gerfaut</i>, ainsi nommé dans Marc-Paule et le plus gros
-des oiseaux de leurre; je serois au reste tenté de croire que l’auteur
-parle ici d’après des récits exagérés ou fabuleux de chasses faites en
-pays étrangers.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1596_1596" id="Footnote_1596_1596"></a><a href="#FNanchor_1596_1596"><span class="label">[1596]</span></a> Tardif est le seul écrivain qui dise que l’autour vole
-le chevreuil (<i>il fiert petit chevreul et l’empesche tant que les
-chiens le prennent plus faciment</i>), et je crois qu’il y a tout lieu
-de douter que cette chasse, qui s’est faite en Asie, ait jamais été
-pratiquée en France.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1597_1597" id="Footnote_1597_1597"></a><a href="#FNanchor_1597_1597"><span class="label">[1597]</span></a> Canards.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1598_1598" id="Footnote_1598_1598"></a><a href="#FNanchor_1598_1598"><span class="label">[1598]</span></a> Il graisse ses plumes.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1599_1599" id="Footnote_1599_1599"></a><a href="#FNanchor_1599_1599"><span class="label">[1599]</span></a> Petites branches d’arbre.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1600_1600" id="Footnote_1600_1600"></a><a href="#FNanchor_1600_1600"><span class="label">[1600]</span></a> Comme on a fait d’abord pour les dresser ou comme
-ci-dessus p. 296.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1601_1601" id="Footnote_1601_1601"></a><a href="#FNanchor_1601_1601"><span class="label">[1601]</span></a> Baisser, abaisser signifient <i>maigrir</i>. Voy. p. 322.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1602_1602" id="Footnote_1602_1602"></a><a href="#FNanchor_1602_1602"><span class="label">[1602]</span></a> Baisser, abaisser signifient <i>maigrir</i>. Voy. p. 322.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1603_1603" id="Footnote_1603_1603"></a><a href="#FNanchor_1603_1603"><span class="label">[1603]</span></a> Cette qualification n’est pas donnée au lanier par
-les anciens fauconniers, et d’Arcussia nous apprend (<i>Conférence</i>,
-p. 7) que de son temps le lanier étoit appelé, seulement en Italie,
-<i>faucon vilain</i>, par opposition au <i>faucon gentil</i>. Au temps où Buffon
-écrivoit, on ne se servoit plus en France ni de laniers ni de sacres,
-et il n’a pu décrire ces deux espèces. Il est fâcheux qu’il n’ait pas
-consulté Sainte-Aulaire et d’Arcussia qui donnent de grands détails sur
-ces oiseaux (p. 16, 20, 28, et d’A. 39, 48). Ces deux auteurs n’ont
-cependant pas su d’où le sacre était originaire. Franchières a dit
-(Liv. I, <small>VI</small>) qu’il venoit de Russie et de Tartarie, et
-Pedro Lopez de Ayala qui écrivoit à la fin du <small>XIV</small><sup>e</sup>
-siècle un savant traité de fauconnerie resté inédit, confirme à peu
-près cette opinion, puisqu’il le dit originaire de Norwége. Il dit
-qu’il y a aussi des sacres en Roménie. Notre auteur dit que cet oiseau
-est originaire de Flandre, parce qu’il en voyoit sans doute apporter
-à Paris par les marchands venant de ce pays. Ayala nous apprend que
-ces marchands d’oiseaux parcouroient d’abord les cours d’Allemagne,
-puis venoient à Bruges; de là à Paris, puis en Brabant; de Brabant en
-Angleterre, et enfin en Espagne.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1604_1604" id="Footnote_1604_1604"></a><a href="#FNanchor_1604_1604"><span class="label">[1604]</span></a> Les mailles (Voy. p. 293) dessinées sur son plumage
-sont larges.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1605_1605" id="Footnote_1605_1605"></a><a href="#FNanchor_1605_1605"><span class="label">[1605]</span></a> C’est une erreur. Le sacre (comme le lanier et le
-gerfaut) a les jambes et les pieds bleus.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1606_1606" id="Footnote_1606_1606"></a><a href="#FNanchor_1606_1606"><span class="label">[1606]</span></a> C’est le faucon <i>tagarote</i> des Espagnols (voy.
-d’Arcussia, p. 52) que du Guesclin rapporta d’Espagne à Charles V,
-comme on le voit dans Gaces de La Bugne (f. X iij). Cet auteur, ainsi
-qu’Ayala, le dit originaire d’Afrique.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1607_1607" id="Footnote_1607_1607"></a><a href="#FNanchor_1607_1607"><span class="label">[1607]</span></a> D’Arcussia s’est élevé le premier contre l’opinion
-suivant laquelle les différens noms du faucon (<i>gentil</i>, <i>pèlerin</i>,
-<i>passager</i>, etc.) constitueroient des espèces différentes. Il dit que
-le faucon <i>gentil</i> est celui qu’on prend du 15 juin au 15 septembre, le
-<i>pèlerin</i> celui qui est pris du 15 septembre au mois de janvier, et que
-les variétés remarquées dans leur plumage proviennent des différences
-d’âge, de nourriture, etc. (Voy. p. 7 et 28.) Au reste notre auteur dit
-aussi que le faucon pèlerin est le même que le faucon gentil.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1608_1608" id="Footnote_1608_1608"></a><a href="#FNanchor_1608_1608"><span class="label">[1608]</span></a> Mais plutôt lanneret. C’est une répétition de ce que
-nous avons vu ci-dessus, p. 318 et 319.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1609_1609" id="Footnote_1609_1609"></a><a href="#FNanchor_1609_1609"><span class="label">[1609]</span></a> De suite.</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1610_1610" id="Footnote_1610_1610"></a><a href="#FNanchor_1610_1610"><span class="label">[1610]</span></a> Mauvaise mine.</p></div>
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-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1611_1611" id="Footnote_1611_1611"></a><a href="#FNanchor_1611_1611"><span class="label">[1611]</span></a> Minéral qui se trouve dans les mines d’or et de cuivre
-et dont on tire l’arsenic. Le meilleur est celui qui se lève par
-écailles ou feuilles comme le talc. L’auteur veut parler de celui-là
-quand il dit plus bas que la feuille est meilleure, car il ne me paroît
-pas qu’il veuille désigner ici la plante dite <i>orpin</i> ou <i>anacampseros</i>
-vulgò <i>faba crassa</i>, suivant Bauhin, et <i>telephium</i> ou <i>crassula
-major</i>, dans le dictionnaire de Nicot. L’auteur du <i>Roi Modus</i>
-conseille de ne pas employer l’orpiment, comme trop dangereux (f. 92).</p></div>
-
-<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1612_1612" id="Footnote_1612_1612"></a><a href="#FNanchor_1612_1612"><span class="label">[1612]</span></a> Je n’ai noté que celles qui me paroissent certaines,
-mais il y a bien d’autres passages qui peuvent avoir été ajoutés par
-l’auteur.</p></div>
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-</div>
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-<hr class="full" />
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-To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
-and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
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-
-
-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
-Foundation
-
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-state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
-Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
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-works.
-
-Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
-concept of a library of electronic works that could be freely shared
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-
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-
-
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-
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-
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-
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