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Orton, -Hans Pieterse and the Online Distributed Proofreading Team -at http://www.pgdp.net (This file was produced from images -generously made available by the Bibliothèque nationale -de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) - - - - - - - - - - Au lecteur. - - L'orthographe d'origine a été conservée, mais les erreurs - typographiques évidentes ont été corrigées. - - Quelques erreurs plus importantes, entre autres sur le genre - des mots, ont été rectifiées après vérification dans les - dictionnaires spécialisés. La liste de ces corrections se - trouve à la fin du texte. - - Le texte en gras est rendu =ainsi=, le texte en italiques _ainsi_. - Les caractères en exposant sont représentés comme «Mlle» pour les - abréviations courantes, comme par exemple «M{de}» (Marchande) pour - les autres. - - - - - DICTIONNAIRE - - DU - - BON LANGAGE - - - CONTENANT - - LES DIFFICULTÉS DE LA LANGUE FRANÇAISE - LES RÈGLES ET LES FAUTES DE PRONONCIATION - LES LOCUTIONS VICIEUSES - LES WALLONNISMES, LES FLANDRICISMES, ETC. - - par - - =l'abbé N.-J. CARPENTIER= - - DIRECTEUR DE L'ÉCOLE MOYENNE DE St-BARTHÉLEMI A LIÉGE ET - INSPECTEUR CANTONAL DES ÉCOLES PRIMAIRES DU RESSORT DE LA MÊME VILLE - - Ce n'est pas assez d'apprendre à bien - parler et à bien écrire; il faut encore - et avant tout _désapprendre_ à mal - parler et à mal écrire. - - - LIÉGE - L. GRANDMONT-DONDERS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE - 1860 - - - - - _Les formalités prescrites par la loi ont été remplies._ - - Tout exemplaire non revêtu de la griffe de l'auteur - sera réputé contrefait. - - - [Signature de l'auteur] - - - - - PRÉFACE. - - -La difficulté de se corriger des vices de prononciation et de langage -est un fait généralement reconnu par les hommes de l'enseignement, et -par les personnes qui ont fait une étude quelque peu approfondie de -la langue française. L'un des plus grands écrivains dont s'honore la -littérature française, se fondant sur son expérience personnelle, ne -craint pas de dire qu'il est rare que l'on se défasse entièrement de la -rouille du provincialisme, à moins que l'on n'ait reçu de bonne heure, -là où la langue se parle le mieux, c'est-à-dire dans la capitale, une -éducation soignée. - -A quoi faut-il attribuer cette infériorité du provincial dans l'usage -de la langue? - -Nous pensons qu'une des causes principales de ce fait, sinon la -principale, est que, jusqu'à présent, l'on ne s'est pas assez attaché, -dans l'enseignement de la langue maternelle, à signaler les taches -qui en ternissent la pureté dans la bouche ou sous la plume de ceux -qui la parlent ou l'écrivent. Cette partie _négative_, et pourtant -essentielle, d'un cours complet de langue française a été, il faut -le dire, singulièrement négligée dans nos écoles primaires et nos -établissements d'instruction moyenne. Sans doute les bons traités de -prononciation, les bonnes grammaires et les bons dictionnaires ne nous -manquent point. Grâce à ces guides éclairés, nous parvenons à connaître -les règles du bon langage; mais n'est-il pas vrai que ces manuels, pour -la plupart, oublient trop qu'ils s'adressent à des personnes qui ont -à se corriger des défauts originels de terroir? Ce n'est pas assez, à -notre sens, d'apprendre à bien parler et à bien écrire; il faut encore, -et avant tout, _désapprendre_ à mal parler et à mal écrire. - -Nous nous sommes proposé de combler cette grave lacune de -l'enseignement. Nous nous adressons donc aux wallons et aux flamands, -voire même aux lecteurs que notre _Dictionnaire_ pourrait rencontrer en -France, et nous les avertissons de prendre garde à certains défauts de -prononciation qu'ils semblent ne pas soupçonner; nous leur signalons -une foule d'expressions, de termes, de tournures, que réprouve le bon -langage, ou que condamne un goût sûr et sévère: nous cherchons, en un -mot, à les _déprovincialiser_, s'il nous est permis de parler ainsi. - -Mais ce n'est que la moitié de notre tâche. Voulant donner à notre -ouvrage un caractère de généralité qui en fasse un véritable manuel, -même pour les personnes qui ont reçu une éducation complète, nous avons -passé en revue les difficultés de la langue française. Nous avons -désiré qu'à l'aide de notre _Dictionnaire_ on pût trouver la solution -prompte et catégorique des doutes qui se présentent journellement -touchant le genre des noms, la signification de certains mots risqués, -la prononciation, la synonymie, la paronymie et les règles les plus -controversées de la lexicologie et de la syntaxe. - -C'est assez dire que notre ouvrage offre, à chaque page, deux parties -bien distinctes: une partie _négative_, destinée à signaler les -vices et les fautes de langage, et une partie _positive_, qui traite -sommairement des difficultés qui sont de nature à embarrasser dans la -conversation et dans la rédaction. - -On nous demandera peut-être pourquoi nous avons cru devoir écarter la -forme du _manuel_ proprement dit, pour adopter celle du _dictionnaire_. - -Si l'on veut bien tenir compte de notre but, on comprendra sans peine -pourquoi nous avons accordé la préférence à cette dernière forme. Nous -avons eu en vue, en effet, non-seulement les élèves, mais encore les -personnes qui ont terminé leur éducation. Or, si les élèves peuvent -s'accommoder d'un manuel et s'en servir avec fruit, il n'en est pas -ainsi des gens du monde qui demanderont surtout à trouver dans notre -ouvrage un répertoire utile qu'ils puissent consulter à toute heure -et sans difficulté. Il y a plus: si même nous n'avions eu en vue, en -rédigeant notre _Dictionnaire_, que les élèves de nos établissements -d'instruction publique, il nous eût été difficile, sinon impossible, -d'adopter un ordre logique quelconque, par exemple, un plan calqué -sur les grandes divisions de la grammaire. Car enfin nous écrivons non -seulement pour les élèves des écoles primaires, mais encore pour ceux -qui fréquentent les cours de l'enseignement secondaire ou moyen. Or, -tel plan qui eût été parfaitement approprié au degré d'instruction et -d'intelligence de ceux-ci, aurait présenté pour ceux-là d'inévitables -inconvénients. - -Ces considérations justifient pleinement, ce nous semble, le choix que -nous avons fait de l'ordre alphabétique. D'ailleurs les numéros par -lesquels nous avons eu soin de distinguer nos remarques, permettront -aux maîtres qui feront usage de notre _Dictionnaire_ d'y joindre les -avantages qui résultent d'une méthode plus logique et mieux adaptée aux -besoins divers d'un enseignement gradué. - -On nous reprochera peut-être d'avoir signalé certaines fautes de -prononciation ou de langage, trop communes ou trop populaires. Ce -reproche tombe de lui-même, si l'on veut bien ne pas oublier que nous -écrivons pour les enfants des écoles primaires aussi bien que pour les -élèves des établissements moyens ou pour les hommes instruits, et que, -en définitive, le français est une langue à peu près étrangère pour -tout le monde. - -On n'est guère plus fondé, croyons-nous, à nous faire un grief de nos -répétitions fréquentes. Qui ne sait, en effet, que la répétition est -l'âme de l'instruction? Qui ignore que les élèves surtout ne savent -bien que ce qu'on leur a fait répéter à satiété et sous toutes les -formes? Nous en appelons ici à l'expérience de nos confrères dans -l'enseignement. - -Nous ne prétendons point donner notre _Dictionnaire_ comme un code -du langage de tout point irréprochable. Nous sommes des premiers à -reconnaître toutes les difficultés inhérentes à la rédaction d'un -ouvrage de ce genre; et partant nous conviendrons sans peine qu'il est -loin encore d'avoir ce degré de perfection dont il est susceptible, -et qu'une critique éclairée pourra y découvrir plus d'une lacune et y -signaler peut-être des inexactitudes. - -C'est pourquoi nous sommes disposé à tenir compte des observations -que l'on voudra bien nous communiquer. Ces observations même nous les -appelons de tous nos voeux, convaincu que nous sommes que pour arriver -à faire un bon ouvrage classique, ce n'est pas trop du concours des -lumières de tous ceux qui s'intéressent au sort des lettres et aux -progrès de l'enseignement. - - - - - OUVRAGES CONSULTÉS. - - -Dictionnaire de l'Académie. - -Dictionnaire universel de la langue française, par M. Bescherelle, aîné. - -Nouveau Dictionnaire universel de la langue française, par M. J. -Poitevin. - -Dictionnaire flamand-français, etc., par l'abbé Olinger. - -Dictionnaire wallon-français, etc., par J. Cambresier;--item, par -L. Remacle, 2 vol.;--item, par Hubert;--Dictionnaire étymologique -wallon, par Ch. Grandgagnage. - -Grammaire française, par l'abbé J.-J. Péters;--item, par Poitevin, -Noël et Chapsal, Napoléon Landais, Girault-Duvivier, Mauvy, etc., etc. - -Cours de Prononciation, etc., par Fréd. Hennebert;--item, par L. -Remacle; item, par Joseph de Malvin-Cazal;--item, par le R. P. -Mansion, de la Compagnie de Jésus, etc., etc. - -Synonymes français, par l'abbé Girard. - -Dictionnaire synonymique de la langue française, par J.-Ch. Laveaux. - -Dictionnaire des synonymes de la langue française, par M. Lafaye. - -Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de -la langue française, par J.-Ch. Laveaux, édition de Ch. Marty-Laveaux. - -Dictionnaire raisonné des difficultés et exceptions de la langue -française, par Th. Soulice et Sardou. - -Dictionnaire des difficultés de la langue française, par C.-V. Boiste, -édition de Ch. Nodier. - -Remarques sur le Dictionnaire de l'Académie, par B. Pautex. - -Les Omnibus du langage, par D. Lévi Alvarès et C.-L. Merle, dernière -édition de Paris. - -Dictionnaire wallon-français, à l'usage des habitants de la province de -Luxembourg, par J.-B. Dasnoy. - -Du bon Langage et des locutions à éviter, par Mme la comtesse -Drohojowska. - -Belgicismes ou les vices de langage et de prononciation les plus -communs en Belgique, corrigés, etc., par Joseph Benoit. - -Le Complément des grammaires et des dictionnaires français, par le même. - -Nouveau manuel de la pureté du langage, par F. Biscarat, édition de A. -Boniface. - -Le Langage vicieux corrigé, par B. Jullien. - -Flandricismes, Wallonnismes et expressions impropres de la langue -française, par un ancien professeur (M. Poyart). - -Dictionnaire des locutions vicieuses, etc., par M. D. R. - -Manuel de la conversation ou traité de la pureté du langage; Bruxelles, -chez Deprez-Parent. - -Les Omnibus liégeois. - -Les Omnibus montois, par L. Dethier, typographe. - - - - - ERRATA. - - - _Chambrale_, page 65, ligne 17: lisez _chambranle_. - _Chambrale_, page 65, ligne 19: lisez _chambranle_. - _Estompe_, page 153, ligne 15, dernier mot de l'alinéa: lisez _estombe_. - _Alevain_, page 258, ligne 34: lisez _alevin_. - - - - - DICTIONNAIRE - - DU BON LANGAGE. - - - - - A - - -=A=, prép.--Ne dites pas: _le cheval à mon père, le livre à mon frère, -la fête à maman_, etc.; dites, _le cheval de mon père, le livre de mon -frère, la fête de maman_.--_La barque à Caron_ fait exception à cette -règle. (Acad.) - -2. Ne dites pas: _un ami à moi, à lui_; dites, _un de mes amis, un de -ses amis_; on disait autrefois, et bien gracieusement, _un mien ami, un -sien ami_. - -3. Ne dites pas: _nous étions à dix à table; nous avons soupé à huit_; -dites, _nous étions huit à table; nous étions huit à ce souper_, ou -_nous avons soupé au nombre de huit_. - -4. Ne dites pas: _il a mis son fils aux Jésuites_; dites, _chez les -Jésuites_, et mieux, _au collége des Jésuites_. (Wall. et Fland.) - -5. Ne dites pas: _je demeure à la rue Hors-Château; à quelle rue -demeurez-vous_; dites, _je demeure dans la rue Hors-Château_, -ou simplement, _je demeure rue Hors-Château; dans quelle rue -demeurez-vous_. - -6. _C'est à vous de parler_, c'est à vous qu'il appartient, qu'il -convient de parler, et, _c'est à vous à parler_, votre tour de parler -est venu. (Acad.) - -Cependant les bons écrivains n'ont pas toujours observé cette -distinction: _Dieu me l'a donné, c'est à moi à en prendre soin._ -(Bernardin de Saint-Pierre.) - -7. La préposition _à_ s'emploie entre deux noms de nombre, lorsque le -sens permet d'augmenter le premier; ainsi on dit: _il a fait cinq à six -lieues; il a perdu quinze à vingt francs; il a invité trente à quarante -personnes; il a perdu quinze francs et demi; il a fait cinq lieues et -un quart; perdu quinze francs et demi, seize francs; invité trente et -une, trente-deux personnes_, etc.--Mais lorsque le sens ne permet -pas d'augmenter le premier des deux nombres, c'est la conjonction -_ou_ qu'il faut employer; on dira donc: _il a perdu quinze ou seize -centimes; il a invité trente ou trente et une personnes_, etc. - -=Aa.=--Les deux _a_ se prononcent et sont brefs: _A-aron, Isa-ac, -Ba-al_. - -=Abaisser.=--Ne dites pas: _abaissez-vous pour ramasser ce qui est -tombé_; dites: _baissez-vous_. - -=Abasourdir=, v. a., rendre sourd, étourdir: prononcez l'_s_ dure. - -=Abattoir=, s. m., endroit où l'on tue les bestiaux; le mot _abattage_, -dans ce sens, n'est pas français. - -=Abattue=, dans le sens de _remise, abri_, n'est pas français. - -=Abbaye=, s. f., couvent régi par un abbé, prononcez: _Abé-î_ et non -_abai-ïe_. - -=Abbé=, s'écrit avec deux _b_, et fait au féminin _abbesse_: on ne -prononce qu'un _b_ dans _abbaye, abbé, abbesse, abbatial_. - -=Abîme=, s. m.: on écrit aussi, mais plus rarement, _abyme, abymer_. - -=Abîmer.=--Ce mot signifie gâter, et non salir, souiller, comme en -wallon; vous pouvez donc dire: _mon chapeau a été abîmé par la pluie_; -mais ne dites pas: _mon pantalon est abîmé par la boue_; vous direz -dans ce cas: _mon pantalon est crotté, éclaboussé, sali, couvert de -boue_. - -=Able=, s. f., ablette, petit poisson; prononcez _able_ (_a_ bref.) - -=Able=, terminaison qui a l'_a_ long seulement dans les substantifs -de deux syllabes: _diable, fable_ (_diâble, fâble_), excepté _table_, -qui a l'_a_ bref. L'_a_ est bref dans tous les autres cas: _aimable, -blamable, formidable_, etc.--Les wallons sont exposés à supprimer -l'_l_ et à changer le _b_ en _p_; les flamands de leur côté, prononcent -trop souvent _bèle_ au lieu de _ble_: ainsi les premiers diront: -_fâpe, tape, diâpe, aimape, estimape_; les derniers diront _fâbèle, -tâbèle, diabèle, aimabèle, estimabèle_. Il faut donc prononcer toutes -ces lettres finales et particulièrement l'_l_, et les prononcer sans -intercaler un _e_ entre le _b_ et l'_l_, et l'important, c'est d'y -exercer impitoyablement les élèves dès leur plus tendre enfance. - -=Abloucner=, attacher, serrer avec une boucle: ce mot n'est pas -français; dites, _boucler_: _bouclez vos jarretières_. (Wall.) - -=Aboutonner=, attacher avec des boutons: ce mot n'est pas français, -dites _boutonner_. (Wall.) - -=Aboyer.=--On ne doit pas dire: _aboyer quelqu'un ou sur quelqu'un_, -mais aboyer _à, contre_ ou _après_ quelqu'un. _Un chien qui aboie -aux voleurs, contre tous les passants, après tout le monde; tous ses -créanciers aboient après lui_. En parlant des petits chiens, on emploie -ordinairement le verbe _japper_: _le chien ne fait que japper_. - -=Abraham=, n. pr.: prononcez _Abrahame_. - -=Abre, Abrer; Adre, Adrer; Avre, Avrer= (terminaisons en): l'_a_ est -long dans ces terminaisons, _sabre, sabrer, cadre, cadrer, navre, -navrer_. Cette règle s'applique aux dérivés de ces mots, auxquels il -faut ajouter les analogues _madré, madrée_. - -=Abréviations.=--Les principales abréviations sont les suivantes: - -J.-C. Jésus-Christ. - -N. S. Notre Seigneur. - -N. S. J.-C. Notre Seigneur Jésus-Christ. - -S. S. Sa Sainteté (le Pape). - -S. P. Saint Père (le Pape). - -S. M. Sa Majesté. - -S. M. I. Sa majesté impériale (un empereur). - -S. M. I. et R. Sa majesté impériale et royale. - -S. M. B. Sa majesté britannique (le souverain de la Grande-Bretagne). - -S. M. C. Sa majesté catholique (le souverain d'Espagne). - -S. M. T. C. Sa majesté très-chrétienne (le souverain de France). - -S. M. T. F. Sa majesté très-fidèle (le souverain de Portugal). - -S. H. Sa Hautesse (le Sultan). - -S. A. Son altesse. (Se dit d'un prince du sang ou d'un prince régnant). - -S. A. I. Son altesse impériale. (Idem). - -S. A. R. Son altesse royale. (Idem). - -S. A. S. Son altesse sérénissime. - -S. Exc. Son excellence. (Se dit d'un ministre, d'un ambassadeur). - -S. Em. Son éminence (se dit d'un cardinal). - -Mgr. Monseigneur. (Se dit d'un évêque, prince, etc.) - -M. Monsieur. - -Me Maître. (Se dit des notaires, avoués, avocats). - -MM. Messieurs.--Mme ou M{e} Madame. - -Mlle Mademoiselle.--M{d} Marchand. - -M{de} Marchande.--N{gt} Négociant. - -=Acacia=, s. m., arbre: prononcez _acacia_ et non _acazia_. - -=Acalender=, mot wallon; dites: _cette boutique est bien achalandée_, -et non: _acalendée_. - -=Accessit=, s. m.--Le _t_ se prononce au singulier et au pluriel: -l'Académie écrit au pluriel _deux accessit_, et fait remarquer que -plusieurs écrivent _des accessits_: nous admettrions volontiers cette -dernière orthographe. - -=Accourir, Apparaître, Disparaître= et =Résulter=, prennent -indifféremment _avoir_ ou _être_: _j'ai accouru, je suis accouru -pour la fête; un spectre lui avait apparu, lui était apparu; mon -argent a disparu, est disparu; qu'a-t-il résulté de là? qu'en est-il -résulté?_ (Acad.)--Mais _paraître, comparaître_ et _reparaître_ ne -prennent qu'_avoir_, ainsi que _périr, contrevenir_ et _subvenir_: _la -troisième livraison de ce livre a paru; satan et ses anges ont péri -par orgueil; on a subvenu à ses besoins_. (Acad.)--C'est donc une -faute de dire: _ce livre est paru; cet ouvrage est paru depuis quinze -jours_. - -=Accroc=, s. m., déchirure (le _cinq_ des wallons); obstacle, embarras; -on ne prononce pas le _c_ final et on ne fait sentir qu'un des deux -_c_: _acrô_ (_ô_ long). - -=Accroche=, dans le sens d'_agrafe_, n'est pas français. - -=Acculé.=--Ne dites pas _des souliers acculés_; dites _des souliers -éculés_, pour signifier des souliers qui s'abaissent par derrière sur -le talon.--On dit aussi: _éculer ses souliers, ses bottes s'éculent_. - -=A ce que.=--Ne dites pas: _j'arrangerai cette affaire de manière à ce -que tout le monde soit content_; dites simplement, _de manière que tout -le monde soit content_. - -=Achéron=, s. m., t. de mythol., fleuve des enfers: prononcez _achéron_ -et non _akéron_. - -=Acheter=, v. a.--Ne dites pas: _j'ai acheté ma maison pour dix mille -francs; j'ai vendu mon cheval pour huit cents francs_; mais dites: -_j'ai acheté ma maison dix mille francs; j'ai vendu mon cheval huit -cents francs_. (Wall.) Mais on dira bien: _ce négociant a acheté hier -pour mille francs; j'ai vendu des meubles pour deux cents francs_. - -=Achever=, v. a.--Prononcez _achever, ach'ver_ et non _ach'fer_; il en -est de même de _échevin, cheville, écheveau_, etc.--Voyez la lettre -_v_. - -=Aclaircir, Raclaircir=, ne sont pas français; c'est _éclaircir_ qu'il -faut dire. - -=Acolyte=, s. m., clerc qui a reçu un des quatre ordres mineurs, nommé -l'ordre des acolytes; ce mot ne figure pas dans les dictionnaires dans -le sens de _enfant de choeur_; cependant, vu son usage fréquent dans -notre pays, nous n'oserions pas le condamner absolument.--_Choral_, -dans ce sens, n'est pas français. - -=Acte=, s. masculin et non féminin; prononcez: _ac-te_, en faisant -sentir le _t_ et non _ake_; _acte de foi_, prononcez de même _pacte, -tact, compact, entr'acte_, etc. - -=Actualité=, s. f.--_question palpitante d'actualité_: cette -expression, dit M. Francis Wey, est un des fruits de la révolution de -Juillet; avant 1833, il n'était pas question de cette horrible façon de -parler. - -=Addition.=--Écrivez et prononcez les deux _d_.--Lorsqu'une consonne -est doublée dans le même mot, ou se trouve à la fin d'un mot et répétée -au commencement du mot suivant, les flamands n'en font ordinairement -sentir qu'une; c'est une faute qu'ils doivent soigneusement éviter: -ainsi ils prononceront: _adition, alusion, aluvion, acessit, -colaboration, peti table, aide-camp_, au lieu de _ad-dition, al-lusion, -al-luvion, ac-cessit, col-laboration, petite table, aide de camp_. - -=Adéquat=, adj., entier, total, complet: prononcez _adekoua_. - -=Adjectif=:--(prononcez _ad-jectif_, et non _at-jectif_ ni -_ag'-jectif_). Les wallons placent quelquefois abusivement l'adjectif -devant son substantif; ainsi ils disent: _un neuf chapeau, un blanc -pantalon, une propre chemisette_, etc.; il faut dire: _un chapeau neuf, -un pantalon blanc, une chemisette propre_. - -Certains adjectifs pourtant peuvent ou doivent précéder le substantif; -l'essentiel est donc de bien les connaître; par ex.: on dit très-bien: -_une belle maison, un petit livre, un homme grand_ et _un grand homme_, -etc. - -=Ad libitum=, loc. adv., à volonté: prononcez _ad libitome_. - -=Administration=, s. f.: ne dites pas: _on a porté hier -l'administration à M. Pierre; M. Pierre a reçu hier l'administration_; -dites: _on a administré hier M. Pierre, M. Pierre a été administré -hier_; ou bien, _on a porté hier le viatique, l'extrême-onction, -les derniers sacrements à..... M. a reçu hier le viatique, -l'extrême-onction, les derniers sacrements_. (Fland.) - -=Adorer=, v. n.--Ne dites pas: _j'adore la musique; j'adore les -asperges, les petits pois_; dites: _je raffole de la musique, je suis -friand des asperges, des petits pois_. - -=Ad patres=, loc. lat., signifiant littéralement, _vers les pères_: -_aller ad patres_, mourir; _envoyer ad patres_, faire mourir: prononcez -_patrèsse_. - -=Age=, s. masculin.--Ne dites pas: _c'est à nos âges surtout qu'il -faut éviter les excès_; dites: _c'est à notre âge surtout...._ Cette -faute est assez commune. - -2. _Age_, dans le corps ou à la fin des mots, doit se prononcer -_age_ et non _ache_: _âge, fromage, rivage, tapage, ménagement, -déménagement_, etc., et non _ache, fromache, rivache, tapache, -ménachement, déménachement_. (Wall.)--_Ache_, d'un autre côté, doit -se prononcer _ache_ et non _age_: _hache, vache, cravache, il crache, -crachement_, etc., et non _hage, vage, cravage, il crage, cragement_. -(Fland.) - -=Aéré=, adj., qui a de l'air, qui est en bel air.--Dites: _cet -appartement est bien aéré_; ne dites pas: _cet appartement est bien -airé_. - -=Affaire= (_Avoir_).--_Avoir affaire de_, c'est avoir besoin de: -_j'ai affaire d'argent; j'ai affaire de vous, ne sortez pas_. - -2. _Avoir affaire à quelqu'un_, suppose pouvoir, autorité, force, -supériorité de la part de ceux à qui on a affaire; et dépendance, -infériorité, besoin de la part de ceux qui ont affaire; celui qui -veut obtenir une grâce, une faveur, _a affaire au ministre_ ou _à ses -commis_, et non _avec le ministre_, etc.; _il a affaire à un homme dur -et méchant, à un homme plus rusé, plus fort que lui_. - -3. _Avoir affaire avec quelqu'un_, suppose concours d'affaires, -discussions, différends, contestations: _un commis a affaire avec le -ministre; un associé a affaire avec son associé; il faut éviter d'avoir -affaire avec les fripons; j'ai eu affaire avec cet homme-là au tribunal -de commerce_. Remarquez qu'_avoir affaire_ s'écrit en deux mots (et non -_avoir à faire_) dans les quatre acceptions qui précèdent. - -=Affiler, Effiler.=--_Affiler_, signifie donner le fil à un tranchant; -_effiler_, c'est défaire un tissu fil à fil: _j'ai affilé la lame de -mon canif; j'ai effilé ma cravate_. - -=Affligé=, adj.: ce mot ne peut pas s'employer comme synonyme -d'_estropié_: _c'est un estropié_ (et non _un affligé_) _qui demande -l'aumône_. - -=Agace=, s. f., oiseau qu'on nomme plus communément _pie_; quelques-uns -écrivent, _agasse_. (Acad.) - -=Agenda=, s. m., carnet où l'on inscrit jour par jour ce que l'on doit -faire: le plur. est _agendas_: prononcez _aginda_ et non _agène-da_. - -=Ag, Agde, Age, Agme, Agne, Agre, Agru=, toutes finales brèves, excepté -le seul mot _âge_. (M. J. BENOIT, _le Complément des Grammaires_, etc.) - -=Agir.=--Ne dites pas: _il en a mal agi avec moi_; dites: _il a mal -agi avec moi_. - -2. Ne dites pas: _quand il a s'agi de parler_; dites _quand il s'est -agi_; dites de même: _il se fût agi, il s'était agi, il se sera agi, il -se serait agi, il se fût agi, qu'il se soit agi, qu'il se fût agi_. - -=Agonisant=: prononcez _agonizant_ et non _agonis-sant_. - -=Ai=, au lieu de _oi_.--Autrefois on écrivait: _connoître, paroître, -j'aimois, il vendroit_, etc.: aujourd'hui on écrit communément: -_connaître, paraître, j'aimais, il vendrait_. - -=Ai, Aie, Aye=, (terminaisons en)--Généralement on fait trop sentir -l'_i_ et l'_e_ des syllabes en _ai, aie, aye_. On prononce par exemple, -_que j'aiïe, hai-ïe, clai-ïe, gai-ïe, pai-ïe_, etc., tandis qu'on doit -dire: _que j'aî, haî, claî, gaî, paî_, (_aî long_). Il en est de même -des mots en _oie_ et en _oye_, tels que _soie, voie_, que je _croie_, -etc., qu'il faut prononcer _soî, voî_, que je _croî_, etc., (_oî_ long) -et non: _soi-ïe, voi-ïe_, que je _croi-ïe_. (Wall.) - -=Aider=, v. a.--_Aider quelqu'un_, c'est lui prêter plus ou -moins d'assistance: _il faut aider les pauvres; aidez-le à -descendre_.--_Aider à quelqu'un_, c'est, le plus souvent, l'assister en -partageant ses efforts: _aidez à cet homme à soulever ce fardeau_. - -=Aide de camp=, s. m.--Ce mot s'écrit sans trait d'union; faites -sentir les deux _d_. - -=Aides, Aises.=--_Je connais les aides, les aises d'une maison_, pour -signifier les corridors, les chambres, les escaliers, la distribution -d'une maison, n'est pas français; dites: _je connais les êtres_, subst. -m. pl., et prononcez l'_r_ fortement, ainsi que dans toutes les finales -en _dre, tre, gre, bre, fre, vre, cre_, etc. - -=Aigle=, s'emploie au _féminin_, 1º dans le sens d'enseigne militaire: -_les aigles romaines_, (les enseignes des légions romaines); 2º dans -le sens d'armoiries: _l'aigle impériale_ (les armes de l'empire -d'Autriche qui sont _une aigle_ à deux têtes).--Dans tout autre sens, -_aigle_, s'emploie au masculin: _l'aigle fier et courageux, un aigle -femelle_;--_c'est un aigle_, c'est-à-dire, un homme qui a un esprit -supérieur. - -=Aiguë=, (tréma), fém. de _aigu_: voyez _gu, guë_. - -=Aiguière.=--Prononcez: _aighière_; de même _aiguiérée, anguille_. -Voyez _gu_. - -=Aiguiser=, v. a.--Prononcez l'_u_ et l'_i_ séparément: _aighuiser_ -et non _aighouiser_, ou _aighiser_. Il en est de même de: _aiguille, -aiguillade, aiguillée, aiguillon, aiguillonner, aiguisement_ et de tous -les dérivés du mot _aigu_. Voyez _gu_. - -=Aile= ou =Ale=, s. f., espèce de bière anglaise: prononcez -_èle_:--L'Académie écrit _aile_. - -=Aill.=--La syllabe _aill_ est longue au milieu des mots qui expriment -une action, une chose plus ou moins méprisable ou ridicule, tels -que _brailler, bretailler, bretailleur, se chamailler, éraillure, -haillon, railler, railleur, rimailler, rimailleur_. Elle est brève -dans les mots qui n'ont aucune signification désagréable: _ailleurs, -caillou, maillot, paillette, tressaillir, vaillant, vaillance_: le mot -_poulailler_ a l'_a_ long, parce qu'il dérive de l'ancien substantif -féminin _poulaille_. - -2. Les substantifs en _aille_, tous du genre féminin, ont généralement -l'_a_ long ainsi que leurs dérivés: _bataille, batailler_, (excepté -_bataillon_); _paille_ (les dérivés _paillasse, paillasson_ -exceptés); _taille, tailler_, etc.; excepté _limaille, médaille, -représaille_.--_Versailles, Noailles, la Fouraille, Aywaille_, etc., -ont aussi l'_a_ long. - -3. Les substantifs en _ail_, tous du genre masculin, ont au contraire -l'_a_ doux: _ail, bail, corail, détail, éventail, travail_, et leurs -dérivés; il faut y ajouter les noms propres: _Montmirail, Gail_, etc. -(HENNEBERT.) - -=Aimer.= Ce verbe exige la préposition _à_ devant un infinitif: ne -dites pas: _cet enfant aime de jouer, cet élève aime de lire_: dites, -_cet enfant aime à jouer, cet élève aime à lire_. - -2. Ne dites pas: _mon professeur aime à ce que mes devoirs soient -bien écrits_; dites: _mon professeur aime que mes devoirs soient bien -écrits_. - -3. _Aimer mieux_, devant un infinitif rejette toute préposition: _il -aime mieux jouer, il aime mieux étudier_. Cependant on peut dire -également: _cet enfant aime mieux jouer qu'étudier_, et _cet enfant -aime mieux jouer que d'étudier_. (Acad.) - -Aux temps composés, _mieux_ précède le participe passé: _j'ai mieux -aimé_. - -4. Prononcez _émer_ et non _èmer_: il en est de même de tous les mots -où _ai_, première syllabe, est suivi d'une syllabe sonore: _aisé, -j'aidai_, etc. - -=Ain.=--L'_n_ des substantifs terminés en _ain_ ne se lie pas avec la -voyelle du mot suivant: _le pain est fort cher_ (et non _le pain n'est -fort cher_); _cet homme est vain et fier_ (et non _vain n'et fier_). - -=Aine=, _eine_ et _ène_.--Prononcez _vène_ et non _vain-ne_:--_huitaine, -dizaine, douzaine, vaine, certaine, lointaine, veine, il mène, il -amène_, etc. (Wall.) - -=Ainsi.=--_Est-ce bien vrai? Oui, c'est ainsi_: on dit plutôt, dans -le style familier: _c'est comme cela_ ou _comme ça_, forme abrégée de -_cela_. - -2. _Ainsi_ n'est pas toujours synonyme de _donc_: ne dites pas: _vous -voilà ainsi, vous partez ainsi_; dites: _vous voilà donc, vous partez -donc_. - -=Air=, s. m.: _air frais, air chaud, air froid_: v. _avoir l'air_. - -=Airer=, pour _aérer_ est un barbarisme: _lieu aéré, aérer une pièce_ -et non _lieu airé_, etc. - -=Ajamber, Ajambée=, ne sont pas français; dites: _enjamber, enjambée_. - -=Ajoute.=--Ce mot n'est pas français, et doit être remplacé par -_allonge, rallonge_, ou _addition_, suivant le sens: _mettre une -allonge_ ou _une rallonge à une jupe; la table est trop petite, -mettez-y une allonge_ ou _une rallonge; l'auteur a fait à son livre -de nombreuses additions_.--Prononcez _allon-ge_, et non: _allon-che_. -Voyez les mots _prononciation_ et _finales_. - -=Alargir=, barb.: _alargir une robe, un habit_: dites _élargir_. - -=Albinos=, s. m. et f., race d'hommes blafards.--Prononcez _albinoce_. - -=Alcoran=, s. m., livre sacré des Mahométans.--Ne dites pas: -_l'Alcoran_, mais _le Coran_. En effet, il est à remarquer que _al_ -en arabe correspond à notre article _le, la_; d'où il suit que vous -ne pouvez pas plus dire _l'Alcoran_, que _la labible, le lelivre, la -laplume_. - -=Alentour=, autrefois préposition, est devenu adverbe; on dira donc: -_je me promène autour du parc; j'étais dans le parc, et mon ami se -promenait alentour_. _Alentour_ ne peut avoir de complément et doit -toujours s'employer adverbialement. - -2. Ne dites pas: _il travaille autour, à l'entour de sa maison, de son -devoir_; dites: _il travaille à sa maison, à son devoir_. - -=Alentours=, s. m. pl., n'a pas de sing., et signifie les lieux -circonvoisins: _les alentours de Liége sont très-pittoresques_. - -=A l'envi=, expression adverbiale qui signifie _avec émulation, à qui -mieux mieux_: c'est une faute très-commune que d'écrire _à l'envie_. - -=Alexandre, Alexandrine, Alexandrie=; l'_x_ est dure dans ces mots: -_Alekçandre_ et non _Aleg-zandre_. - -=A l'honneur.=--Ne dites pas: _Liége a érigé une statue à l'honneur de -Grétry_; dites _en l'honneur de Grétry_. - -=Aller.=--L'Académie admet _je vais_ et _je vas_, mais elle ajoute que -cette dernière forme s'emploie rarement et seulement dans le langage -familier. - -2. _Je fus, tu fus, il fut_, etc., pour _j'allai, tu allas, il alla_, -etc., se disent très-bien, quoi qu'en pensent Lévy, Boinvilliers, -Chapsal, Poitevin, Girault-Duvivier, etc.: cette forme est consacrée -par l'autorité de l'Académie et de plusieurs bons écrivains, notamment -Corneille, M{e} de Sévigné: il ne peut donc rester l'ombre de doute -sur cette question. Voyez la grammaire de M. l'abbé Péters, nº 584, où -l'auteur fait justice des raisons spécieuses de ses contradicteurs. - -3. Employez: _a été_, lorsque vous croyez qu'on est de retour: _Pierre -a été à l'église, mais il n'y est resté qu'un instant._ Employez: _est -allé_, lorsque vous croyez qu'on n'est pas de retour. _Mon père est -allé à Paris, et il y séjournera trois mois._ Le wallon ici est un bon -guide. - -4. Ne dites pas: _Monsieur le baron a été ici_ (_chez nous_); dites: -_Monsieur le baron est venu ici._ - -5. Ne dites pas: _je me suis en allé; on les a fait en aller_; dites: -_je m'en suis allé; on les a fait partir_. Ne dites pas: _je m'y vais_, -mais _j'y vais_. - -6. Ne dites pas: _mon frère va sur vingt ans_; dites: _mon frère aura -bientôt vingt ans_, ou _est dans sa vingtième année_. - -7. Ne dites pas: _aller, voyager, revenir sur la terre, sur l'eau_; -dites: _aller, voyager, revenir par eau, par terre_: _j'ai été à Namur -et j'en suis revenu par eau_. - -8. Ne dites pas: _il a voulu me faire aller_; dites: _se jouer de moi, -se moquer de moi, me plaisanter, me faire poser, m'en faire accroire_, -selon le sens. - -9. Ne dites pas: _j'ai plusieurs endroits à aller_; dites: _je dois -aller dans plusieurs endroits; j'ai plusieurs endroits à voir, à -visiter; il faut que j'aille dans plusieurs endroits_. - -10. _Allez! Allez!_ formule aussi inconvenante que: _vous en avez -menti_; dites: _vous plaisantez sans doute; parlez-vous sérieusement ou -pour plaisanter; apparemment vous plaisantez_. - -11. _Aller avec_ veut être suivi d'un régime: ne dites pas: _vous -partez, je m'en vais avec_; dites: _je m'en vais avec vous_: _avec_ est -une préposition et non un adverbe. (Wall.) - -12. Ne dites pas: _comment va? comment vous va? comment va-t-il?_ -dites: _comment va votre santé? comment vous en va?_ et mieux, _comment -vous portez-vous?_ (Acad.) Ne dites pas non plus: _Comment va-t-il avec -vous?_ dites: _comment vous portez-vous?_ (Fland.) - -13. Par raison d'euphonie, on supprime ordinairement la particule _y_ -devant le futur _irai, iras, ira_, etc. _Ira-t-il à Rome? Il ira?_ Mais -ce ne serait pas une faute de l'exprimer. - -=Allocation, Allocution, Allodial, Allodialité, Alluvion, Allusion=: -dans tous ces mots, prononcez les deux _ll_. - -=Allonge=, dans le sens d'_élan_, d'_escousse_, n'est pas français; ne -dites pas _j'ai pris mon allonge pour sauter_; dites: _mon élan, mon -escousse_. - -=Allonger= (_s'_).--Ne dites pas: _les jours s'allongent_; dites: _les -jours croissent_. - -=Allumer.=--Ne dites pas: _allumez la lumière, le feu_; dites: -_allumez la bougie, la lampe; faites du feu_. - -2. _Allumer_, dans le sens d'_éclairer_, n'est pas français. (Wall.) - -=Almanach= est masculin et se prononce _almana_. Ne dites pas -_armanach_ ou _almanak_; ne dites pas non plus _une almanach placante_; -dites: _un almanach de comptoir_. - -=Aloès=, s. m.--Prononcez _aloèce_. - -=Alors= pour _ensuite_: _alors_ est un adverbe de temps qui signifie: -_à cette époque, dans ce temps-là_, comme quand on dit: _il était -autrefois bien riche; alors il se voyait entouré de flatteurs; dans ce -temps-là ou alors, nous étions heureux_. Mais on emploie abusivement -_alors_ pour _ensuite, puis, après, après cela_, en disant par exemple: -_nous dinâmes, alors nous prîmes le café, alors nous nous promenâmes_; -il faut dire: _ensuite nous prîmes le café, ensuite...._ Dites encore: -_nous avons été à la messe, ensuite nous sommes venus déjeuner, puis -nous sommes partis_, etc., et non: _alors, alors...._ Prononcez _alor_ -et non _alorse_. - -=Alouette=, s. f., oiseau.--Ne confondez pas ce mot avec _luette_, -morceau de chair saillant placé à l'entrée du gosier: _il a la luette -enflée; remettre la luette_: et non: _il a l'alouette_, etc.--Voyez -_oue_. - -=Amadou=, subst. masculin: _votre amadou n'est pas sec_ et non _votre -amadou n'est pas sèche_.--Ne dites pas _amadoue_. - -=Amancher.=--Ne dites pas: =amancher un balai=; dites _emmancher un -balai_. - -=Amande=: voyez _noix_ et _noyaux_. - -=Amateur=, s. m.--L'Académie ne reconnaît point de féminin à ce -mot. Beaucoup de personnes, à l'imitation de J.-J. Rousseau, disent -_amatrice_. - -=Amblève=, rivière de Belgique, qui prend sa source en Prusse et se -jette dans l'Ourthe. On doit écrire _Amblève_ et non _Emblève_: 1º -parce qu'on prononce invariablement _Amblève_ et non _Imblève_; 2º -parce que l'_a_ figure dans le mot latin _Amblavia_ et dans le mot -_Amel_ qui en est le nom allemand; 3º parce que le mot _Amblève_ vient -du germain _Ambla_, aune (arbre) et _Ahva_, eau (rivière des -aunes).--Il nous paraît donc tout-à-fait impossible de justifier la -seconde orthographe (_Emblève_). - -=Amelette=, pour _omelette_ ou _amulette_, n'est pas français. - -=Amer=, s., boisson, est masculin: _cet amer n'est pas violent_: -écrivez _amer_ et prononcez _amère_. - -=Ami=, s. m.--On ne dit pas _être ami avec quelqu'un_, mais _de -quelqu'un_: _je suis l'ami de Pierre_ ou _Pierre est mon ami; je suis -son ami, il est mon ami_. - -=Amical, ale=, adj., n'a point de pluriel masculin (Acad.); quelques -grammairiens disent _amicals_; Boiste et Boinvilliers disent _amicaux_: -nous préférerions cette dernière forme, si le pluriel d'amical devenait -nécessaire. (SOULICE et SARDOU). - -=Amict=, s. masculin, sorte de linge bénit dont le prêtre se couvre les -épaules: prononcez _ami_ et non _emike_ ni _amik-te_. - -=Amitié=, s. f.--Prononcez _amiti-é_ et non _ami-tchi-é_.--Voyez _ti_. - -=Amitieux.=--Ce mot n'est pas français; remplacez-le par _carressant, -aimant, aimable, affectueux_; _cet enfant est fort carressant_. - -=Amment=, se prononce _aman_ et non _an-man_: _apparamment, -constamment, précipitamment_.--Il en est de même de _emment_: -_récemment, prudemment_. - -=Amen=: prononcez _amène_. - -=Amnistie=, s. f., =Armistice=, s. m.--L'_amnistie_ est un pardon -accordé par le souverain.--L'_armistice_ est une suspension d'armes: -on faisait autrefois ce dernier mot du féminin. - -=Amont=, s. m. =Aval=, s. m.--Amont est le côté (d'en haut) d'où -vient la rivière; il est opposé à l'_aval_, côté vers lequel descend -la rivière: _ces bateaux viennent d'amont_ (descendent); _ils viennent -d'aval_ (ils montent). - -=Amour= est masculin: _l'amour des mères est le plus généreux de tous -les amours; sculpter, peindre de petits amours_.--Dans le sens de -passion, il est ordinairement masculin au singulier et féminin au -pluriel: _un fol amour, de folles amours_; et, par extension: _mon -pays, mon premier amour, mes plus chères amours_. - -=Amouracher=; ne dites pas: _enmouracher_. - -=An=, s. m., année: ne dites pas _à la nouvel an_; dites: _au nouvel -an_ ou _à la nouvelle année_. - -=Ancêtres=, subs. m. pl., ayeux, n'a pas de singulier: prononcez -_ancê-tres_ et non _ancète_ ni _ancè-tère_. - -=Anche=, s. féminin, tuyau pour pousser l'air dans les instruments à -vent: _une anche de clarinette_.--Prononcez _anche_ et non _ange_. - -=Anchois=, s. masculin: _de bons anchois_. - -=Ancienne=, fém. de _ancien_; prononcez _anciène_ et non: _ancien-ne_. - -=Andain=, s. m., rangée de foin qu'un faucheur coupe à la fois. - -=Andante=, t. de musique: prononcez _andanté_ et non _andante_. - -=Ane= est masculin et fait _ânesse_ au féminin: _A laver la tête d'un -âne on perd sa lessive_. - -=Ange=, s. masculin, esprit céleste: _l'ange gardien_; prononcez: -_an-ge_, et non _an-che_, et appuyez fortement sur le _g_. - -=Angelus=, s. m.--Ne dites pas: _sonner les angelus_; dites: _sonner -l'angelus_: ce mot ne se prend pas au pluriel et se prononce _angeluce_. - -=Angora=, s. m., chat; ne dites pas _angola_. - -=Anguille=, s. f., poisson: prononcez _anghille_, en mouillant les _l_, -et sans faire sentir l'_u_: voyez _gu_. - -=Anis=, s. m., plante, graine, dragées: prononcez _ani_ et non -_anizes_.--Dites _anisette_ et non _anis_ pour désigner la boisson qui -porte ce nom. - -=Annales=, s. f. plur.--Faites sentir les deux _n_, _an-nales_, ainsi -que dans les mots suivants: _annal, annaliste, annate, Anna_ (subst. -pr.), _annexe, Annibal, annihiler, annoter, annuaire, annuel, annuité_. - -=Année=, s. f.--Prononcez _a-né_, _é_ long, et non _an-né_ ni -_a-néïe_: voyez _é, ie_ et _an_. - -=Anniversaire=, cérémonie qui se fait le même jour chaque année, est un -substantif masculin: _le second anniversaire; un anniversaire solennel_. - -=Annoté=, part.--Ne dites pas: _tous les articles de mon magasin sont -annotés en chiffres connus_; dites, _sont marqués_. - -=Anoblir= et =Ennoblir.=--_Anoblir_, c'est rendre noble en donnant un -titre de noblesse: _le roi l'avait anobli_. _Ennoblir_, c'est élever, -donner de la noblesse: _ces sentiments vous ennoblissent; les beaux -arts ennoblissent une langue_.--_Ennoblir_, prononcez _an-noblir_ et -non _a-noblir_. - -=Anonyme=, qui est sans nom: _ouvrage anonyme_; _pseudonyme_, qui a un -faux nom: _le pseudonyme de cet ouvrage est N._ (c'est-à-dire N. est un -nom faux, il n'en est pas le véritable auteur). - -=Antechrist=, s. m., en un seul mot: prononcez _antecri_;--_Christ_, -Prononcez _Chris-te_;--_Jésus-Christ_, prononcez _Jésucri_. - -=Antichambre= est _féminin_ comme _chambre_: _une belle antichambre_. - -=Anticipativement=: ce mot n'est pas français; dites donc, _la -rétribution est de 100 frs. par an, payable d'avance_ ou _par avance et -par trimestre_, et non, _payable anticipativement_. - -=Antique= est opposé à _moderne_;--_ancien_ à _nouveau_;--_vieux_ -à _neuf_: _dans une chapelle antique on voyait d'anciens règlements -écrits sur de vieux parchemins_. - -=Ao, Aon, Aou.=--L'_a_ est bref dans ces trois combinaisons: _cacao, -chaos, Lycaon, Phaon, Pharaon_.--L'_o_ est nul dans _Craon_ (ville), -_faon, Laon_ (ville), _paon_; lisez donc _Cran, fan, Lan, pan_. Il en -est de même des dérivés _faonner, paonne, paonneau, paonnier, Laonais, -Craonais_ qu'il faut prononcer _faner, pane, paneau, panier, Lanais, -Cranais_.--C'est l'_a_ qui s'élide dans _aoriste_ (voyez ce mot), -_août, aoûteron, curaçao, Saône_ (rivière), _Saonais, Saint-Laon_ -(ville), _saoul, saouler_ (on écrit généralement aujourd'hui _soûl, -souler_) _taon_ (insecte); on prononce donc _oriste_ (quelques-uns -prononcent _aoriste_ et _saône_), _oût, oûteron, sône, curaço, Sonais, -Saint-Lon, sou, souler, ton_.--L'_a_ et l'_o_ se prononcent dans -_aorte, aortique_ et dans _aoûté_, participe passé du verbe _aoûter_ -(qui ne s'emploie plus guère qu'à ce temps): pron. _aorte, aortique, -aoûté_. (HENNEBERT). - -=Août=, s. m., huitième mois de l'année: voyez _ao, aon, aou_. - -=Apercevoir=, v. a., s'écrit avec un seul _p_. - -=Apothicaire= ne se dit plus aujourd'hui; on dit _pharmacien_. - -=Apparution, Disparution=: écrivez et prononcez, _apparition, -disparition_;--cependant on dit _comparution_, action de comparaître -en justice. - -=Appas= ou =Pas=, dans le sens de _marche_, de _degré_ d'un escalier, -de _seuil_ d'une porte, n'est pas français. - -=Appel=, s. m.--Dites _appeau_, en parlant des instruments avec -lesquels on imite le chant des oiseaux. - -=Appeler.=--Dites _appeler_ d'un jugement et non: _rappeler_. - -=Appendice=, s. m.: on prononce _ap'paindice_ et non _apandice_. - -=Applanter= n'est pas français: ne dites donc pas: _cette prairie est -applantée d'arbres_; dites: _plantée d'arbres, garnie d'arbres_. - -=Applaudir=, v. a. et n.--_Applaudir quelqu'un_ ou _quelque chose_, -c'est, 1º battre des mains en signe d'approbation: _on a vivement -applaudi le poète; on a surtout applaudi le dernier vers_; 2º louer: -_chacun l'a applaudi d'une si bonne action; on ne peut qu'applaudir un -pareil trait_. (Acad.) - -2. _Applaudir à quelqu'un_ ou _à quelque chose_, c'est l'approuver: -_s'il faisait cette bonne action, tout le monde lui applaudirait; -j'applaudis à votre bonne conduite_. - -=Appliquer=, v. a.--Ne dites pas: _une amende de cinq francs est -appliquée à tout membre qui, etc._; dites, _est infligée_. - -=Appointements=, s. m. pluriel: _ses appointements_ (et non _son -appointement_) _sont de 2000 frs._: voyez _gage_. - -=Apprendre.=--Ne dites pas: _ma soeur s'est apprise elle-même à -broder_; dites: _ma soeur a appris d'elle-même à broder_. - -2. On dit très-bien _j'apprends la musique_ (j'enseigne) _à cet -enfant_. (Acad.) - -3. Ne dites pas: _j'ai appris cela auprès de lui_; dites _de lui_. - -=Apportez= _votre ami, votre frère_, pour _amenez votre ami, votre -frère_, est un flandricisme. - -=Apprenti=, s. m., et non _apprentif_, fait au féminin _apprentie_ et -non _apprentise_ ni _apprentisse, apprentive_. - -=Apprêt=, s. m., préparatif: prononcez _aprè_. - -=Apprêter=, v. a. et n. Ne dites pas: _cela prête à rire_, pour -signifier que telle chose rend ridicule, donne à rire, donne une -occasion de rire; dites: _cela apprête à rire; si vous faites telle -chose, vous apprêterez à rire à tout le monde_. (Acad.) - -=Après.=--Ne dites pas: _on demande après vous; chercher après -quelqu'un_; dites: _on vous demande, chercher quelqu'un_. - -2. On dit très-bien: _courir, attendre après quelqu'un_. (Acad.) Avis à -certains grammairiens qui condamnent ces expressions. - -3. Ne dites pas: _il est en colère, il est fâché après vous_, mais -_... contre vous_;--_il est occupé après ce travail_, mais _... à ce -travail_. - -4. Ne dites pas: _mettez les chevaux après la voiture_; dites, _mettez -les chevaux à la voiture_. - -5. Ne dites pas: _la clef est après la porte_, dites, _la clef est à la -porte_. (Fland.) - -6. _Par après_ n'est pas français; dites simplement _après_. - -=Après-dînée, Après-soupée= sont des subst. _féminins_ et s'emploient -de préférence à _après-dîné, après-dîner_, ou _après-soupé, -après-souper_ qui sont du masculin. Le pluriel est _après-dînées, -après-soupées_; l'Académie ne donne pas le plur. de _après-midi_. -_Après-midi_ est également du _féminin_, quoique plusieurs le fassent -du _masculin_. (Acad.) - -=Aquatique, Aquarelle, Aquatile, Aquarium, Aqua-viva, Aquador, -Aquariens, Aqua-tinta=: prononcez _akouatique, akouarelle, akouatile_; -etc. Voyez _qu_. - -=Aqueduc=, s. m., canal pour conduire l'eau: prononcez _akeduc_ et non -_akéduc, akèduc_. - -=A quia=, loc. adv.--_Être, mettre à quia_, être réduit, réduire -quelqu'un à ne pouvoir répondre: _cet élève a été dix fois à quia -pendant la classe_: prononcez _akuia_ et non _a kouia_. Voyez _qu_. - -=Aquilin, Aquilon=: prononcez _akilin, akilon_. Voyez _qu_. - -=Ar= et =Arr=, au commencement des mots, sont brefs: _arrondissement_, -prononcez _arondissement_, et non _ârondissement_; _arroser_, _a-roser_ -et non _âroser_. - -=Arbalète=, s. f.--On dit une _arbalète_ et un _arbalétrier_. - -=Arborer=, dans le sens de _d'arbres plantés_, n'est pas français: -ainsi ne dites pas, _une prairie bien arborée_; dites _une prairie bien -garnie d'arbres_. - -=Arc=, s. m., =Arc de triomphe=, s. m., (sans traits d'union), -prononcez _arke_.--_Arc-boutant, arc-bouter, arc-doubleau_; prononcez -_arboutant, arbouter, ardoubleau_. _Arc-en-ciel_ se prononce -_arkenciel_, même au pluriel, qui s'écrit _arcs-en-ciel_. (Acad.) Voyez -_c final_. - -=Archaïsme=, s. m.--Mot antique, tour de phrase suranné;--_archange_, -s. m.;--_archéologie_, s. f., science des monuments de l'antiquité; ---_archéologique_, adj.;--_archéologue_, s. m.;--_archétype_, s. m., -terme didactique, original, patron, modèle;--_archiépiscopal, ale_, -adj.;--_archiépiscopat_, s. m.;--_archontat_, s. m., dignité de -l'archonte;--_archonte_, s. m., titre des principaux magistrats grecs, -surtout à Athènes.--Dans tous ces mots _ch_ se prononce comme _k_; -partout ailleurs _arch_ ou _archi_ se prononce comme le _ch_ français, -dans _franchise, chemise_, etc. - -=Archal= (_fil d'_), prononcez l'_l_.--Ne dites pas _du fil d'archat_ -ou d'_aréchal_, mais _du fil d'archal_. - -=Archelle=, n'est pas français; c'est _osier_ qu'il faut dire. - -=Ardoisier=, s. m.: celui qui possède ou qui exploite une carrière -d'ardoises; ne dites pas _ardoisier_ pour désigner un ouvrier couvreur; -mais dites _couvreur en ardoise_, comme on dit _couvreur en chaume, en -tuile_. - -=Are=, est un subst. _masculin_: _un are de terre_. - -=Are= et =Arre=, ont l'_a_ grave dans les substantifs de deux -syllabes dont l'_a_ n'est point initial; _gare, barre, gare, tare_, -etc.--Ajoutez l'adjectif _rare_, le verbe _je narre_ et tous les -dérivés, à l'exception de _narratif, narration, narrateur_. L'_a_ est -moyen dans _lares, mare, phare, tiare_; il est bref dans les dérivés -_barrique, barricade, barricader_. (HENNEBERT.) - -=Arêt.=--Ne dites pas: _j'ai manqué d'avaler une arêt_ (de poisson); -dites _une arête_. - -=Argot=, s. m.--Ne confondez pas _argot_ avec _ergot_: _argot_ est -le jargon des filous qui n'est intelligible qu'entre eux; _ergot_ est -cette corne molle que les chevaux porte entre les jambes; _ergot_ -signifie encore une sorte de petit ongle pointu qui se trouve aux pieds -de certains animaux: _les ergots d'un coq_.--Ne dites pas: _cet homme -est bien argoté_, mais, _cet homme est intelligent, instruit, rusé, -entend bien ses intérêts_, selon le sens. - -=Argus=, s. m., espion domestique; prononcez _arguce_.--Voyez _s -finale_. - -=Arlequin.=--Ne dites pas _harlequin_. (_h_ aspirée.) - -=Armes=, s. f. pl.--Ne dites pas: _la garnison est sur les armes_; -dites _la garnison est sous les armes_. (Wall.) - -=Armistice=, s. m.: voyez _amnistie_. - -=Armoire= est du féminin: _une belle et grande armoire_: les wallons -font souvent ce mot du masculin. - -=Arrérages=, s. m. pl., revenus arriérés; écrivez et prononcez -_arrérages_ et non _arriérages_. - -=Arrhes=, s. f. pl., argent donné pour assurer l'exécution d'un marché -verbal; le mot _errhes_ pour _arrhes_ n'est pas français. Voyez _rh_. - -=Arrière=, interj.--Écrivez et prononcez _arrière_ et non _errière_. - -_En arrière de._--C'est une faute de dire: _Ne faites pas en arrière -de lui, ce que vous n'oseriez faire devant lui_; dites: _ne faites pas -hors de sa présence ce que..._ Mais on peut dire: _il me loue en ma -présence et me déchire en arrière_. (Acad.) - -2. Ne dites pas: _mettez-vous arrière de moi_; dites: _éloignez-vous, -retirez-vous de moi_. - -3. Ne dites pas: _ils sont retournés en arrière_, mais: _ils s'en sont -retournés, ils ont rebroussé chemin_. - -=Arrondir, Arroser=: prononcez, _arondir, aroser_. - -=Arsenic=, s. m.--Prononcez _arsenik_. (Acad.) Devant une consonne on -ne prononce pas le _c_: _l'arseni se volatilise au feu_. - -=Artillerie, Artilleur=: mouillez les _ll_. - -=Artiste=, s. m. et f.--Ce mot s'emploie abusivement aujourd'hui comme -synonyme de _acteur, actrice_; _ce ténor est un grand acteur_ et non -_un grand artiste_. Voyez _t_. - -=As= final.--L'_a_ est long dans les mots terminés en _as_ au -singulier: _amas, bas, cas, compas, coutelas, damas, échalas, frimas, -gras, lilas, ramas, repas, tas, trépas_, etc., ainsi que dans leurs -dérivés _amasser, basse, casser, compasser, grasse_, etc. Pour quelques -mots de cette classe, l'_a_ s'est fort adouci dans le langage à la -mode: ainsi pour _ananas, bras, cabas, cadenas, chasselas, cervelas, -embarras, fracas, matelas, tracas, taffetas, verglas_.--L'_a_ est -encore long dans les noms propres _Lucas, Thomas_, comme dans ceux où -l'_s_ finale se prononce: _Agésilas, Damas, Epaminondas, Stanislas, -Vaugelas_, etc. (HENNEBERT.) - -=As=, subst. masculin, carte, poids, monnaie: prononcez _âce_; _les as -sont égaux_ et non _égales_. - -=Ascension=, s. f., action de monter, fête: prononcez _as'sension_ -(prononcez les 2 _s_ dures). - -=Ase= et =Aze=, à la fin des mots, ont l'_a_ long, pourvu que l'on -y retrouve l'_s_ douce ou le _z_: _base, case, gaze, évase, écrase, -phrase_, etc., ainsi que leurs dérivés _baser, caser, gazer_, etc.; il -en est de même des noms propres _Anastase, Caucase, Métastase, Pégase_, -etc. - -=Asion, Assion, Ation= (les trois terminaisons en) sont toujours -graves, d'après quelques grammairiens: prononcez _persuâsion, pâssion, -nâtion_, etc. Cette règle, qui comprend un grand nombre de mots (1193), -ne souffrirait aucune exception. Elle serait même applicable aux -dérivés où _ion_ se change en _io_; ainsi _pâssionné, nâtional_, etc.; -mais lorsque _ion_ disparaît entièrement, comme dans _dominateur, -natif, persuadé_, etc., l'_a_ redeviendrait doux (bref).--(HENNEBERT.) - -D'un autre côté, de bons grammairiens, et en grand nombre, prétendent -que l'_a_ des terminaisons _asion, assion, ation_ est _toujours bref_. -Nous pensons donc que l'une et l'autre prononciation sont bonnes; -cependant, comme l'usage, à peu près général en Belgique, paraît être -de faire ces sortes d'_a_ brefs, nous admettrions plus volontiers la -seconde prononciation, et nous croyons même, qu'à peine de s'exposer -à se singulariser, il faut l'adopter, au moins dans notre pays.--Il -va sans dire qu'on doit prononcer nettement _acion_ et non _achon, -achion_, etc.; il en est de même des finales en _ition, sion_, etc.: -_transition, session_. - -=Asme, Aspe, Asque= (terminaisons en): faites sentir l'_s_ et l'_m_: -_cataplas-me, spas-me, enthousias-me, asth-me_ (_as-me_), _jas-pe, -cas-que_, etc., et non _cataplasse, spasse, enthousiasse, asse, jasse, -casse_, ni _cataplam-se, enthousiam-se, am-se_, ni _cataplame, spame, -enthousiame_, etc. Il en est de même des terminaisons en _isme_: -_catéchisme, schisme, barbarisme_. - -=Aspect=, s. m.--Prononcez _aspek_; prononcez de même _respect, -suspect_ (_respèk, suspek_); _abject_ se prononce _abjekte_. Voyez _ct_. - -=Aspergès=, s. m., goupillon, prononcez _aspergèce_. - -=Aspic=, s. m., petit serpent venimeux: prononcez _aspik_ et non -_aspi_. Voyez _c final_ et _broc_. - -=Aspiral=, pour _la spirale_ ou le ressort _spiral_ est une faute -grossière; vous direz donc: _la spirale de cette montre est cassée_ et -non _l'aspiral_. - -=Aspirer.=--On dit _aspirer à quelque chose_ et non _après quelque -chose_; _il aspire aux honneurs_ et non _après les honneurs_. - -=Assassiner, Assassin, Assassinat=:--prononcez _assaciner, assacin, -assacinat_ et non _assaziner, assazin, assazinat_, ni _azaziner, -azazin, azazinat_. - -2. _Assassineur_, pour _assassin_, n'est pas français. - -=Asseoir=, v. a.--Indicatif présent: _je m'assieds, tu t'assieds, -il s'assied, nous nous asseyons, vous vous asseyez, ils s'asseyent_; -imparf.: _je m'asseyais_, etc.; fut.: _je m'assiérai_, etc.; _je -m'assiérais; assieds-toi_, etc.; _que je m'asseye_, etc.; _s'asseyant_, -etc. L'Académie reconnaît aussi pour bonne la conjugaison suivante: -_Je m'assois, tu t'assois, il s'assoit, nous nous assoyons, vous vous -assoyez, ils s'assoient; je m'assoyais_, etc.; _je m'assoirai_, etc.; -_je m'assoirais_, etc.; _assois-toi, assoyons-nous, assoyez-vous; -que je m'assoie_, etc.; _s'assoyant_.--Il s'ensuit que l'expression -_assoyez-vous_ est très-française. - -=Assez=, doit toujours être placé devant le mot qu'il modifie; ne dites -donc pas: _j'ai mangé assez, j'ai du papier assez, je suis malheureux -assez_; dites: _j'ai assez mangé, j'ai assez de papier, je suis assez -malheureux_. (Wall.) - -2. Ne dites pas: _il a eu assez avec cela_; dites: _il a eu assez de -cela_ ou _il en a eu assez_. - -3. Ne dites pas: _il a été assez sot de se fâcher_; dites: _pour se -fâcher_. (Wall.) - -4. _Assez capable pour_ n'est pas français; dites _capable de_. _Assez_ -ne va pas bien avec _capable_, excepté quand cet adjectif n'est suivi -de rien et qu'il est employé pour _habile, intelligent_, etc.: ainsi -l'on dit: _il est assez capable_, c'est-à-dire _assez habile_. - -5. On ne dit pas non plus _capable pour_, mais _capable de_; _il est -capable de tenir tête à trois hommes_. - -6. _Assez suffisant_, pour _suffisant_, est un pléonasme ridicule, ne -dites donc pas: _ce repas est assez suffisant pour dix personnes_; le -mot _suffisant_ rend tout à fait l'idée; _assez_ est de trop; dites _ce -repas est suffisant_. - -=Assiette à soupe=, signifie assiette propre à contenir de la soupe; -_assiette de soupe_ signifie une assiette qui contient actuellement de -la soupe; il en est de même de _verre à vin, pot à fleur_, etc., et -_verre de vin, pot de fleur_.--Prononcez _a-ciette_ et non _achette_ -ni _agette_. - -=Assis.=--Ne dites pas: _soyez assis_, mais _asseyez-vous_ ou -_assoyez-vous_; ne dites pas non plus _se mettre assis_ pour -_s'asseoir_. - -=Assister= signifie _donner quelques secours, secourir_, par exemple, -à un mendiant; mais il ne se dit pas dans le sens _d'aider quelqu'un à -faire quelque chose_; vous ne direz donc pas: _assistez-moi à porter ce -fardeau_, mais _aidez-moi à..._ - -=Assomption=, s. f., fête catholique: prononcez le _p, assomp'cion_ et -non _assom'-cion_. - -=Assujettir, Assujettissement=: prononcez _as'sujétir, -as'sujétissement_. - -=Assurer=, v. a.--_Assurer une chose à quelqu'un_, c'est affirmer, -certifier cette chose: _il leur assura que le fait était vrai_. Vous -ne direz donc pas: _je les ai assurés que mon père était malade_, -mais _je leur ai assuré..._--_Assurer quelqu'un d'une chose_, c'est -engager quelqu'un à regarder cette chose comme certaine, à y croire; -_assurez-le de mon respect, de mon dévouement; vous pouvez l'assurer -que je prendrai en mains ses intérêts_. - -2. _S'assurer_, avec les prépos. _dans, en_, signifie établir sa -confiance: _il faut s'assurer en Dieu; malheur à celui qui ne s'assure -que dans ses richesses_. (Acad.) - -3. _S'assurer de quelqu'un_, c'est s'assurer de sa protection, de son -suffrage; il signifie aussi arrêter, emprisonner: _assurez-vous de cet -homme_. - -4. _S'assurer d'une chose_, c'est s'en procurer la certitude ou -simplement se procurer cette chose, s'en rendre maître. - -=Astérisque= (étoile qui indique un renvoi) est _masculin_ et se -prononce _astériske_ et non _astérisse_: _un astérisque indique un -renvoi_. Voyez _t final_. - -=Asthme=, s. m., maladie de poitrine, courte haleine: prononcez _asme_ -et non _amse_;--_asthmatique_, prononcez _asmatique_. Voyez _asme_. - -=At= (terminaison en): voyez _t_ final. - -=Ation= (terminaison en): voyez _asion_. - -=Atlas=, s. m.: prononcez _atlâce_: _le mont Atlas, un atlas de -géographie_. V. _s finale_. - -=Atmosphère= est un subst. _féminin_: _atmosphère chargée de vapeurs_. - -=Atome=, s. m. (_o_ sans accent circonflexe), corpuscule: prononcez -_atôme_ (_ô_ long). - -=Atteindre=, v. a.--Si le complément de ce verbe est un nom de -personne, ce complément est toujours direct: _atteindre son ennemi; -atteindre ceux qui marchent devant; il osait se flatter d'atteindre -Racine_.--Si c'est un nom de chose, le complément est direct ou -indirect, suivant le sens du verbe.--1º _Atteindre_, signifiant -parvenir à un terme dont on était plus ou moins éloigné: _nous -atteindrons ce village dans la nuit; nous partîmes en même temps, mais -j'atteignis le but avant lui_; et au figuré: _nous atteignons enfin -le terme de nos souffrances; atteindre l'âge de raison; atteindre -son but_, réussir dans ce que l'on s'est proposé.--2º _Atteindre_, -signifiant toucher à une chose assez éloignée pour qu'on ne puisse y -arriver _sans effort_: _atteindre au plancher; atteindre au but_; et au -figuré: _atteindre à la perfection; atteindre au sublime_. - -=Atteinte=, s. f.--Ne dites pas _une atteinte d'apoplexie_, mais _une -attaque d'apoplexie_. - -=Attelée=, s. f., n'est pas français; dites _un attelage_: _il lui -manque un cheval à son attelage_. - -=Atteler=, v. a.--Ne dites pas: _il faut atteler le chien_; dites _il -faut attacher_... _Atteler_ signifie attacher à une voiture. - -=Attendre après quelqu'un= se dit très-bien. (Acad.) - -=Attention=, s. f.--Dites _avoir, faire, prêter attention_, et non -_prendre, donner attention_. (Fland.) - -=Au.=--_Au_ a le son de _o_ bref devant la lettre _r_: j'_aurai_, tu -_sauras_, il _aura_, nous _saurons, aurore, Aurillac, Centaure, Laure_, -etc.; prononcez j'_orai_, tu _soras_, il _ora_, nous _sorons, orore, -Orillac, Centore, Lore_. Il n'y a point d'exception à cette règle: -_vaurien_ se prononce _vôrien_, parce que ce mot doit être pris pour -une contraction de _vaut rien_; _Beaurevoir, Beauregard, Maurepas_, -et autres noms propres semblables, n'ont aussi l'_au_ long que pour -une raison analogue.--_Au_ a le son de _o_ bref au commencement des -mots devant _g_ guttural ou la syllabe _to_: _augmenter, augurer, -augural, autographe, autocrate, autorité, autoriser, Auguste_, etc.--Il -en est de même devant l'articulation composée _st_: _austral, austère, -austérité, holocauste, causticité, caustique, Austerlitz, Austrasie_, -etc.--Enfin il est encore bref, par exception, dans les mots suivants: -_auberge, aubergiste, audace, audience, aulique, aumône, auspice, -autel, authentique, auxiliaire, cauchemar, cauchois, fauteuil, glauber, -mauvais, mauviette, naufrage, paupière, rauque, épaulette_ (mais -non _épaule_); ajoutons les noms propres _Sainte-Aulaire, Ausche, -Auvergne, Caulaincourt, Paul, Waux-Hall_; les dérivés suivent la même -prononciation.--_Pourceaugnac_ a aussi l'_au_ bref. (HENNEBERT.) - -=Auberge= est du _féminin_: _une bonne auberge_. - -=Aucun= et =Nul= se mettent au pluriel: 1º lorsqu'ils sont joints à un -nom qui n'a pas de singulier: _aucuns frais, nuls frais_; 2º lorsque -le substantif auquel ils sont joints, a, au pluriel, une signification -particulière: _on ne lui a rendu aucuns devoirs_, c'est-à-dire, on ne -lui a fait _aucunes funérailles_; _vous n'avez aucuns soins, nuls soins -pour vos parents_, c'est-à-dire point _d'attentions_ pour eux; _ce -domestique ne reçoit aucuns gages, nuls gages_, c.-à-d., ce domestique -ne gagne aucun salaire, n'a point _de gages_.--_Aucuns, d'aucuns_ -s'emploient dans le style naïf et badin pour _quelques-uns_: _aucuns ou -d'aucuns croient que je l'ai fait de propos délibéré_. (Acad.) - -=Augmenter.= Ne dites pas: _les grains, les vins augmentent tous les -jours_, pour exprimer qu'ils sont à la hausse; dites: _le prix des -grains, des vins, augmente, s'élève_, etc. Voyez _diminuer_. - -=Aujourd'hui.=--On peut dire: _on a remis l'affaire à aujourd'hui; -jusqu'aujourd'hui_ ou _jusqu'à aujourd'hui_. (Acad.) Prononcez -_aujourd'hui_ et non _aujourd'houi_ ni _aujord'hui_. - -=Aumône=, s. f. Prononcez _ômône_ (les deux _ô_ longs). Plusieurs -grammairiens prononcent _omône_ (le 1er _o_ bref). - -=Aune=, arbre (quelques-uns écrivent _aulne_), est du _masculin_; -_aune_, mesure, est du _féminin_. - -=Auparavant= est adverbe: il ne peut donc avoir de régime comme -_avant_, qui est préposition. Ne dites donc pas: _auparavant de partir; -je suis arrivé auparavant les autres_, mais, _avant de partir; je -suis arrivé avant les autres_. Mais vous direz très-bien: _il avait -reçu auparavant des lettres de son père; je suis arrivé longtemps -auparavant_, parce qu'ici il est adverbe. - -=Auprès de, Au prix de, Près de=: voyez _prix_. - -2. Ne dites pas: _je demeure auprès de la place St-Lambert_; dites _... -près de la place St-Lambert_. - -=Auspice=, présage, protection, est du masculin; _j'ai commencé sous -d'heureux auspices_: prononcez _ospice_ (_o_ bref). - -=Aussi... Comme=, pour _aussi... que_: _cette maison-ci est pour le -moins aussi belle comme la vôtre_; dites: _aussi belle que la vôtre_. -(Fland.) - -2. _Aussi pas._--_Vous n'êtes pas riche et moi aussi pas; je ne l'ai -pas fait aussi_; dites: _ni moi non plus; je ne l'ai pas fait non -plus_. (Fland.) - -=Aussitôt=, adv.: Ne dites pas: _il est parti aussitôt vous; je -partirai aussitôt la diligence arrivée, votre lettre reçue_; dites: -_il est parti aussitôt que vous; je partirai dès que la diligence -sera arrivée, dès que j'aurai reçu votre lettre_ ou _aussitôt après -l'arrivée de la diligence, après la réception de votre lettre_. - -=Automne= est du masc. et du fém., mais plus souvent du masculin: _un -automne sec_; prononcez _otone_; mais dans _autom-nal_, faites sentir -l'_m_. - -=Autour=, prép.: voyez _alentour_. - -=Autre.=--_Rien d'autre_ est une locution vicieuse; dites: _rien -autre, rien autre chose, pas autre chose_. - -2. Monsieur est-il ici?--Oui.--N'y a-t-il _personne d'autre_? -c'est encore une mauvaise locution; dites: _n'y a-t-il point d'autre -personne, personne autre, nul autre, aucun autre_. - -3. Ne dites pas non plus: _quelqu'un d'autre, quelque chose d'autre_; -dites: _quelque autre, quelque autre chose; adressez-vous à quelque -autre personne_ ou _à quelque autre_;--_c'est autre chose que j'exige_. - -4. Ne dites pas: _je l'ai trouvé tout autre que je pensais_; dites _... -que je ne pensais_. - -5. _Nous autres, vous autres_. En espagnol, _nous_ et _vous_ sont -toujours suivis de _autres_, même dans la conjugaison: _nous autres -aimons; vous autres aimez; nous autres parlerons, vous autres -parlerez_, etc. Il en est à peu près de même en wallon où l'on fait -également, surtout dans certains dialectes, un trop fréquent usage -de ces expressions. Le génie de la langue française n'autorise -l'usage de ces expressions que dans des cas assez rares, et seulement -lorsqu'on veut exprimer une opposition à d'autres personnes dont on -vient de parler, ou insister particulièrement sur les mots _nous, -vous_: _Je m'en vais me promener; vous autres, vous irez étudier_; -_nos professeurs nous ont recommandé de bien étudier; nous autres_ -(les élèves paresseux), _nous préférons de nous amuser_; _les anciens -ont cru que le soleil tournait autour de la terre; nous autres, nous -croyons que c'est la terre qui tourne autour du soleil_.--Les Wallons -ne sauraient trop se mettre en garde contre l'usage impropre ou vicieux -de ces locutions. - -=Auxiliaire=, s. m., prononcez _okcilière_, (_o_ bref) et non -_augziliaire_. - -2. Plusieurs verbes prennent tantôt _avoir_ et tantôt _être_, selon -qu'ils expriment principalement une _action_ ou principalement un -_état_, en d'autres termes, selon que l'on peut faire les questions: -_qu'a-t-il fait?_ ou bien _qu'est-il devenu, qu'est-il, où est-il -maintenant?_ Ainsi on dit avec _avoir_ et avec _être_: _sa fortune a -augmenté rapidement_ et _sa fortune est augmentée du double_;--_le prix -du pain a encore baissé hier_ et _le prix du pain est baissé_;--_la -fièvre a cessé à minuit_ et _la fièvre est cessée depuis hier_;--_le -vent a changé tout à coup_ et _le vent est changé_;--_les eaux ont crû -rapidement_ et _les eaux sont crues_;--_ce billet a échu hier_ et _ce -billet est échu depuis hier_;--_sa maladie a beaucoup empiré en peu -de temps_ et _sa maladie est bien empirée_;--_son bail a expiré à la -St-Jean_ et _son bail est expiré_;--_cet enfant a bien grandi en un an_ -et _cet enfant est bien grandi_;--_le baromètre a monté lentement_ et -_le baromètre est monté_;--_il a monté quatre fois à sa chambre pendant -la journée_ et _il est monté à sa chambre depuis une heure_;--_son -fusil a parti tout à coup_ (Acad.) et _il est parti pour Paris_;--_la -procession a passé dans notre rue_ et _la procession est passée depuis -une heure_;--_il a sorti mais il vient de rentrer_ (Acad.) et _il est -sorti mais il va rentrer_;--_les poètes disent que Vulcain a tombé -du Ciel pendant un jour entier_ (Acad.) et _elle releva son enfant -qui était tombé_.--Les exemples que nous citons ici de l'Académie, ne -sont pas à imiter, attendu qu'ils nous paraissent être de véritables -exceptions.--On construit également avec _avoir_ ou _être_ les verbes -_camper, débarquer, décroître, dégénérer, diminuer, échouer, embellir, -enlaidir, grossir, hausser, vieillir_, etc. - -=Avant, Devant.=--_Avant_, se dit du temps: _je suis parti avant -vous_;--_devant_ se dit du lieu, de la situation: _placez-vous devant -votre condisciple, devant cette porte_. - -2. Ne dites pas: _avant que je parte, j'irai vous voir_; dites: _avant -de partir..._ - -3. _Avant que_, d'après l'Académie, n'est jamais suivi de la négative: -_j'irai le voir, avant qu'il parte; sauvons-nous avant que l'orage -vienne_; et non _avant qu'il ne parte, avant que l'orage ne vienne_. - -4. Ne dites pas: _avant que faisiez-vous_; dites _auparavant, -autrefois, avant cette époque_, etc.: _avant_, étant préposition, doit -toujours être suivi d'un complément. - -=Avant de, Avant que de.=--On dit _avant de_ ou _avant que de_: -_avant de venir_, ou _avant que de venir_, (Acad.); _les athlètes se -frottaient d'huile, avant que de lutter_. (Id.) Ajoutons pourtant que -_avant de_ est préférable, et que _avant que de_ nous paraît suranné. - -=Avant-hier.=--Beaucoup de personnes prononcent mal ce mot: l'_h_ -d'_hier_ étant muette, on doit faire sonner le _t_, et prononcer -_avan-t-hier_, et non _avan-hier_, encore moins _avan-z-hier_; -prononcez de même _dès hier_, (_dè zière_); cependant dans la -conversation on peut dire avan-hier. - -=Avec=, est une préposition qui demande un régime; c'est donc une -faute de dire: _Je m'en vais à Liége, venez avec_; dites: _venez avec -moi_.--Cependant l'Académie admet dans le langage familier _avec_ sans -régime: _il prit mon manteau et partit avec_. - -2. C'est encore à tort que l'on donne à _avec_ le sens de _aussi_; -ne dites donc pas: _mon frère a bien réussi dans ses concours et moi -avec_; dites: _et moi aussi_. (Wall.) - -3. _Avec_ ne peut pas non plus s'employer pour _de_: ne dites pas: _que -puis-je faire avec ces livres_; dites: _de ces livres_. (Wall.) - -4. Ne dites pas: _avec qui parliez-vous?_ dites: _à qui parliez-vous?_ -(Wall.) - -5. Ne dites pas: _j'ai eu une maladie de coeur, j'ai beaucoup souffert -avec_; dites: _j'en ai beaucoup souffert_. - -6. Ne dites pas: _il est dur avec les pauvres_, mais _... envers les -pauvres_. - -7. Ne dites pas: _vous vous ferez des ennemis avec vos plaisanteries_; -mais _... par vos plaisanteries_. (Wall.) - -8. Ne dites pas: _je suis ami avec lui_; dites: _je suis son ami_. -(Wall.) - -9. Ne dites pas: _voilà les compagnons que je suis venu avec_; dites -_... avec lesquels je suis venu_. (Wall.) - -10. Ne dites pas: _j'ai bien ri avec cet homme, avec cette -aventure_;--_il vit avec le produit de sa ferme_;--_il est parti avec -le premier convoi, avec la diligence_;--dites: _j'ai bien ri de cet -homme, de cette aventure_;--_il vit du produit de sa ferme_;--_il est -parti par le premier convoi, par la diligence_. (Wall.) - -11. Ne dites pas: _cet élève est entré au séminaire avec une année de -philosophie_; dites _... après une année_. (Wall.) - -12. _Content avec cela; fâché avec cela_; dites: _je suis content de -cela, fâché de cela_, ou bien, _j'en suis content, j'en suis fâché_. - -13. Ne dites pas: _il est parti avec une pluie battante_; dites _... -par une pluie battante_.--On dit également: _par le temps qui court_. - -14. Ne dites pas: _il va avec ceci comme avec cela_; dites: _il en est -de ceci comme de cela_. (Fland.) - -15. Ne dites pas: _je ne me mêle pas avec cela_, dites _... de cela_. -(Fland.) - -16. Ne dites pas: _prendre quelqu'un avec le collet_; dites _... au -collet, par le collet_. (Fland.) - -17. _Avec ce temps-là_: ne dites pas: _vous serez enrhumé avec ce -temps-là_; dites _... par ce temps-là_. (Fland.) - -18. Ne dites pas: _j'ai fait acheter ce livre avec le messager_; dites -_... par le messager_. (Fland.) - -19. Notez cependant que l'on peut dire indifféremment: _déjeuner, -dîner, souper d'un poulet_ ou _avec un poulet_; _de radis_ ou _avec des -radis_. (Académie, aux mots _matin_ et _radis_.) - -20. Prononcez _avek_ et non _avè_; _avec nous_ (avèk' nous) et non _avè -nous_. - -=Aveine, Avoine.=--On dit l'un et l'autre; _avoine_, (prononcez -_avo-anne_), est plus en usage. - -=Aveuglement=, s. m., cécité.--=Aveuglément=, (avec accent aigu) -adverbe, à l'aveugle ou en aveugle: _qui agit aveuglément ne peut pas -voir; il est frappé d'aveuglement_.--_Aveuglement_, perte de la vue, -ne s'emploie plus aujourd'hui au sens propre; on dit _cécité_: _il a -été frappé de cécité par la foudre_. - -=Avis=, s. m.--Prononcez _avi_ et non _avice_ devant une consonne, et -_avize_ devant une voyelle: _avis au public_. - -=Avoir.=--_Il y a._ Évitez de le multiplier, au commencement des mots, -à la manière des enfants: _il y a Pierre qui m'a frappé; il y a Paul -qui m'a poussé_, etc.; dites simplement: _Pierre m'a frappé, Paul m'a -poussé_.--Prononcez comme c'est écrit et non _igna, ignia_. - -2. Ne dites pas: _mes frères veulent avoir que cet événement soit -arrivé telle année_; dites: _mes frères prétendent, soutiennent..._ -(Wall.) - -3. Ne dites pas: _mon maître en a toujours sur moi_ ou _à moi_; dites: -_mon maître m'en veut, me gronde toujours_. (Wall.) - -4. Ne dites pas: _j'ai eu ce livre à un tel_; dites: _d'un tel_. - -5. _Avoir bon._--Voyez le mot _bon_. - -6. _Avoir_, impersonnel, s'emploie mal avec un verbe impersonnel; ne -dites pas: _il n'y a qu'à pleuvoir, qu'à neiger_, etc.; dites: _s'il -vient à pleuvoir, à neiger_. (Wall.) - -7. Ne dites pas: _quelle heure avons-nous? nous avons trois heures_; -dites: _quelle heure est-il? il est trois heures_.--Mais on dira bien: -_quelle heure avez-vous?_ pour demander quelle heure il est à votre -montre. - -8. Ne dites pas: _nous avons aujourd'hui le dix_; dites: _c'est -aujourd'hui le dix_. - -9. _Avoir peu de chose à dire chez soi_: dites: _avoir peu d'autorité, -peu de pouvoir_. (Wall.) - -10. Ne dites pas: _je vous redois dix centimes.--Oh! je les aurai bien -une autre fois_; dites: _vous me les donnerez une autre fois_. - -11. Ne dites pas: _l'élève qui n'aura pas eu ses devoirs, sera puni_; -dites: _qui n'aura pas fait, qui n'aura pas apporté ses devoirs_. - -12. _Avoir une chose dans l'oeil_, pour: _voir une chose_, est un -flandricisme; dites: _j'ai l'oeil sur lui, là-dessus, je le surveille_. - -13. Ne dites pas: _voilà une jolie montre; combien vous -coûte-t-elle?--Je l'ai eue_; dites: _on m'en a fait cadeau_. - -14. Pour l'emploi de l'auxiliaire _avoir_ et _être_, voyez le mot -_auxiliaire_. - -15. _Avoir de quoi_, être riche ou dans l'aisance. (Acad.) - -16. _Vous en aurez_, vous serez châtié, maltraité. (Acad.) - -17. _Je l'aurai, je saurai bien l'avoir_, se dit en parlant d'une -personne dont on espère se venger; cette manière de parler vieillit. -(Acad.)--Voyez _ravoir_. - -18. _Contre qui en a-t-il, en avez-vous?_ c'est-à-dire, contre qui -est-il, êtes-vous fâché, en colère? On dit aussi: _à qui en a-t-il?_ -(Acad.) - -19. Mais _à qui en a-t-il, à qui en avez-vous, en avez-vous à moi_, -dans le sens de: _à qui parlez-vous_, etc., sont des barbarismes. - -=Avoir l'air.=--L'adjectif ou le participe qui suit _avoir l'air_, -s'accorde avec _air_ ou avec le sujet de la proposition.--Il s'accorde -avec _air_, si la qualité qu'il exprime peut convenir au mot _air_: -_la tuile a l'air plus gai que le chaume; cette fille a l'air hardi; -cette femme a l'air hardi; cette femme a l'air méprisant_: on peut dire -d'un air, d'un extérieur, qu'il est _gai, hardi, méprisant_.--Mais -il s'accorde avec le sujet de la proposition, lorsqu'il exprime -une qualité qui ne peut convenir au mot air; on dit: _elle a l'air -contente; ils ont l'air fâchés; cette viande a l'air d'être fraîche; -ces légumes n'ont pas l'air d'être cuits_. (Acad.) Parce qu'on ne peut -pas dire d'un air qu'il est _content, fâché, frais, cuit_. - -=Avre, Avrer= ont toujours l'_a_ long: _cadavre, navrer_. - -=Avril=, 4e mois de l'année: prononcez _avrille_ (_l_ mouillée); -prononcez de même _baril, péril_. Voyez _l_ mouillée. - -=Ayant=, part. prés.--Prononcez, _ai-iant_ et non _a-yan_: l'_y_ ici -représente deux _i_ qu'il faut faire sentir comme dans: _royal, moyen, -citoyen_, etc. - -=Aye=, que _j'aye_: écrivez avec un _i_ simple: on ne met pas d'_y_ -devant un _e_ muet. Voyez _ai, aie_. - -=Axiome= (_o_ sans accent circonflexe), s. m., vérité, maxime évidente -par elle-même; prononcez _axiôme_ (_ô_ long). Voyez _o_. - - - - - B - - -=B.=--C'est à tort que les wallons prononcent généralement le _b_ -des syllabes en _be_, comme un _p_: dites donc: une _syllabe_, -une _trombe_, il _tombe_, une _bombe_, un _verbe_, un _adverbe_, -la _barbe_, _enjambement_; et non: une _syllape_, une _trompe_, -il _tompe_, une _bompe_, un _verpe_, un _adverpe_, la _barpe_, -_enjampement_. - -=Babil=, s. m.--Prononcez _babille_ en mouillant l'_l_; prononcez de -même les mots suivants: _babillage, babillard, babillement, babiller_. -Voyez _l_ mouillée. - -=Bac=, s. m., ne s'emploie pas pour _cabaret_; dites: _cet homme ne -fréquente que les cabarets, les tavernes, les cabarets borgnes_. - -=Bacchus=: prononcez l'_s_ finale. Voyez _s_. - -=Bacon de lard=, mot wallon; dites, _flèche de lard_. - -=Baguer=, _débaguer, débagage_, pour transporter des meubles d'une -maison à une autre, ne sont pas français; dites _déménager_. (Wall.) - -=Bai, Baie=, adj., qui est d'un rouge brun: _cheval bai_; prononcez -_bé_ et non _bè_. - -=Baigner=: voyez _promener_. - -=Baignoire=, s. f.; dites _une baignoire_ et non _un baignoir_. - -=Baille=, n'est pas français; ne dites pas, _on fait des bailles quand -on a faim_; mais, _on fait des bâillements_, ou _on bâille_. - -2. Ne dites pas, _bâiller aux corneilles_ (regarder bouche béante); -dites _bayer_, et prononcez _bè-ïé_. - -3. Dans _bailler_, donner, livrer par convention ou par bail, l'_a_ est -bref; dans _bâiller_, ouvrir involontairement la bouche, l'_a_ est long -et marqué d'un accent circonflexe. - -=Bailli=, au féminin _baillive_, de l'ancien masculin _baillif_; -_bailleresse_ est le féminin de _bailleur_ (de fonds). - -=Baïonnette=, s. f.--On écrivait anciennement _bayonnette_. - -=Baise.=--On ne dit pas, _donnez une baise à maman_; mais, _donnez un -baiser à maman, embrassez maman_. - -=Baisser=, v. n.--Ne dites pas: _les jours baissent déjà en juillet_; -dites, _décroissent, diminuent_. - -=Balance=, s. f., machine à peser, s'emploie au singulier: _cette -balance n'est pas juste_ et non _ces balances_. - -=Balier, Baliure, Balieur=, pour _balayer, balayure, balayeur_, -sont des expressions vicieuses; prononcez _balai-ier, balai-iure, -balai-ieur_. - -=Balziner=, pour lambiner, lanterner, muser, est wallon. - -=Banal, ale=, adj., trivial; il fait au plur. masc. _banaux_: _un -compliment banal, des fours banaux_. - -=Baptême=, s. m.--Le _p_ ne se prononce pas: _batême_; prononcez -de même _Baptiste, baptismal, baptistaire, baptistère, baptiser, -débaptiser_ (changer de nom). Voyez _p_. - -=Barbarisme=, s. m.--Il ne faut pas le confondre avec le solécisme. -Il y a plusieurs sortes de barbarisme: ainsi un mot forgé, altéré ou -détourné du sens que l'usage lui donne;--un adverbe employé comme une -préposition;--des prépositions, des conjonctions ou d'autres mots -employés ou omis mal à propos;--un nom employé à un genre ou à un -nombre que l'usage lui refuse;--un verbe présenté sous une forme qui -n'est pas autorisée par l'usage, par ex.: _il soye, il aye_, pour _il -soit, il ait_, sont autant de barbarismes. Prononcez _barbaris'-me_ et -non _barbarisse_ ni _barbarim'se_.--Voyez _solécisme_. - -=Barbe.=--On dit très-bien: _faire sa barbe, se faire la barbe, se -faire faire la barbe_, comme on dit _se raser la barbe_ ou simplement -_se raser_. (Acad.) - -=Barboter=, n'est pas français; dites _grommeler, marmoter_. - -=Barette.=--_Faire barette_, expression vicieuse, connue des écoliers; -dites, _faire l'école buissonnière_. - -=Baril=, s. m.: prononcez _bari_. - -=Baromètre=, s. masculin; dites _un baromè-tre_ et non _baromette_ ni -_baronette_. - -=Barres=, jeu d'écolier, est un substantif _féminin_ qui ne s'emploie -qu'au _pluriel_: _jouer aux barres_.--On ne prononce qu'une _r_ ainsi -que dans _barrer, barreau, barrette, barricade, barricader, barrière, -barrique_. - -=Barthélemi= et non _Barthélémi_, ni _Bartholomi, Bartholomé_; on écrit -aussi _Barthélemy_.--Voyez _y_. - -=Bartiau.=--Ne dites pas: _cet élève a fait aujourd'hui le bartiau_; -dites, _... a fait l'école buissonnière, a manqué l'école_: _bartiau_ -est un mot wallon du Hainaut. - -=Bas.=--Ne dites pas: _j'ai vu cet acteur bas de la scène_, mais, _je -l'ai vu hors de la scène, à la ville_. - -2. Ne dites pas: _il est tombé, il s'est jeté, il a sauté en bas de son -cheval, de l'échelle, de l'arbre_, etc.; dites, _à bas de son cheval_. - -3. Ne dites pas: _descendre en bas, monter en haut_; dites simplement -_descendre, monter_. Voyez _haut_. - -4. Ne dites pas: _cette maison n'est bonne qu'à mettre bas_; dites, -_qu'à mettre à bas_. - -5. Ne dites pas: _j'ai mis bas ce grand garçon_; dites, _je l'ai -renversé, je l'ai terrassé_. - -6. Ne dites pas: _j'ai tiré l'oiseau bas_ ou _en bas_ (au tir à l'arc -ou à l'arbalète); dites, _j'ai abattu l'oiseau_. - -7. Ne dites pas: _tirez la clef bas_ ou _en bas de la serrure_; dites, -_tirez_ ou _ôtez la clef de la serrure_. - -8. Ne dites pas: _le tonneau est bas_ ou _en bas_, pour signifier qu'il -est vide ou presque vide; dites, _le vin, la bière_, etc. _est bas_, -pour exprimer que le tonneau est _vide_; et dites, _le vin, la bière_, -etc. _est au bas_, pour signifier que le tonneau est _presque vide_. - -=Bassin, Bourse.=--Le _bassin_ se dit du plat où l'on reçoit les -offrandes à la messe, ainsi que du petit vase dont on se sert pour -aller à la quête à l'église.--La _bourse_ sert également pour la quête -et se dit d'un petit sac attaché au bout d'un manche. - -=Bât=, s. m., selle de bêtes de somme; prononcez _bâ_ (_â_ long);--mais -l'_a_ est bref dans _il bat_, 3e pers. du prés. de l'ind. du v. -_battre_. - -=Bateau, Tableau=: prononcez _batô, tablô_ (_a_ bref) et non _bâtô, -tâblô_. - -=Bâtisse=, s. f., construction d'un bâtiment quant à la maçonnerie; -prononcez _bâtisse_ (_â_ long) et non _batisse_ ni _batize_; prononcez -de même _bâtir, bâtiment, bâton_ (_â_ long). - -=Batiste=, s. f., toile de lin très-fine; _Baptiste_, nom propre: -prononcez _batis-te_ et non _batisse_. - -=Bâtonnade=, n'est pas français; dites _bastonnade_. - -=Battante=, dans le sens de _volet_, n'est pas français: _fermez les -volets_ et non _les battantes_. - -=Beau=, _belle_, adj.--Ne dites pas: _c'était beau pour voir_; dites, -_c'était beau à voir_. (Fland.) - -=Beaucoup=, adv.--Ne dites pas: _il y avait beaucoup de peuple au -sermon_: dites, _beaucoup de monde_. - -2. _Beaucoup_, dans le sens de plusieurs, ne s'emploie seul que quand -il est précédé d'un déterminatif; on dit, _nous sommes beaucoup, -il y en a beaucoup_; mais on ne dira point, _beaucoup ont pensé_, -c'est-à-dire, _beaucoup de personnes ont pensé_; dans ce cas, il doit -toujours être suivi de _gens, personnes_. - -3. _Beaucoup_ est précédé de la préposition _de_ quand il est après -l'adjectif; ainsi on dit: _il est beaucoup plus grand_, et _il est plus -grand de beaucoup_.--Prononcez _bôcou_ et non _bocou_ ni _bôcoupe_; le -_p_ se prononce devant une voyelle ou une _h_ muette: _on l'a beaucoup -admiré_. - -=Beaufays=, village à deux lieues de Liége: prononcez _Beaufa-ïî_ et -non _Beaufai-î_, par la raison qu'il faut conserver aux noms propres -leur prononciation indigène ou de la localité. - -=Bécasse=, oiseau: prononcez _bécace_ et non _bégace_. - -=Béchée=, s. f.--Ce mot n'est pas français; il faut dire, _becquée_ ou -_béquée_: _cet oiseau donne la becquée à ses petits_; on dit de même -_becqueter_ ou _béqueter_. - -=Béelzébut=, _Belzébut, Belzébuth_, le diable: prononcez _Belzébute_. - -=Bègue.=--Ne dites pas: _cet enfant bègue_, mais _cet enfant bégaye_; -_bègue_, est subst. et adj. - -=Belge=: prononcez _Bel-ge_ et non _Bel-che_. - -=Ben= pour _bien_; ne dites pas: _ce jardin est ben joli_; mais, _bien -joli_. - -=Bénir=, v. a.--_Bénir_ a deux participes passés: _bénit, bénite_ et -_béni, bénie_. Le premier se dit de certaines choses sur lesquelles -la bénédiction du prêtre a été donnée avec les cérémonies prescrites: -_pain bénit, eau bénite, maison bénite, crucifix bénit, image, médaille -bénite; les drapeaux ont été bénits_.--Le second participe a -toutes les autres significations de son verbe, et s'emploie surtout -en parlant des personnes: _un peuple béni de Dieu; l'Ange dit à -la Sainte-Vierge: vous êtes bénie entre toutes les femmes_ (Acad.); -_toutes les nations de la terre ont été bénies en Jésus-Christ_ -(comblées de biens, de bénédictions par J.-C.) - -=Berce=, pour _berceau_, n'est pas français. - -=Berlue=, s. f., éblouissement passager; prononcez _berlû_ et non -_berlu-we_. - -2. Ne dites pas: _cet homme a la brelue_, mais _la berlue_. - -=Bernique=, est français: _je croyais le trouver chez lui, mais -bernique!_ - -=Berriques= est un mot wallon qu'il faut traduire par _besicles_ ou -_lunettes_. - -=Besoin.=--Prononcez _bezo-in_ et non _bezo-an_. - -2. Ne dites pas: _je n'ai rien besoin, je l'ai besoin_; dites, _je n'ai -besoin de rien, j'en ai besoin_. (Fland.) - -3. Ne dites pas: _voulez-vous que je vous aide?--Ce n'est pas besoin_; -dites, _c'est inutile, ce n'est pas nécessaire_. (Fland.) - -4. Ne dites pas non plus: _je n'en ai pas de besoin_; dites, _je n'en -ai pas besoin_. - -=Beurre=, s. m.--On dit une _motte_ de beurre (et non _tartine_), pour -signifier un morceau de beurre arrangé en forme de petit pain. - -=Beurré=, s. m., sorte de poire fondante: _beurré blanc_. - -2. _Beurrée_, s. f., tranche de pain recouverte de beurre; on dit aussi -_tartine_. - -=Bey=, gouverneur turc: prononcez _bè_. - -=Bibliophile, Bibliomane.=--Le _bibliomane_ est celui qui a la passion, -la fureur de posséder des livres, non pas tant pour s'instruire que -pour en repaître sa vue et se féliciter de les avoir. La bibliomanie -est l'excès ou l'aberration de la bibliophilie.--Le _bibliophile_ -est celui qui aime sagement et honorablement les livres, qui a du -goût pour les bons ouvrages et qui sait les discerner d'avec les -mauvais. Les qualités du bibliophile et du bibliographe se confondent; -mais quelquefois les bibliophiles les plus instruits et les plus -raisonnables tombent dans la bibliomanie. - -=Bien=, s. et adv.--Voyez le mot _rien_ pour la prononciation de -_bien_. - -=Bienfaisance, Bienfaisant.=--Prononcez, mais n'écrivez pas, -_bienfesance, bienfesant_. - -=Biez=, s. m.--Ce mot ne se dit que du canal d'un moulin; dans toute -autre acception il faut se servir du mot _canal_. - -=Bijoutière.=--C'est à tort qu'on désigne sous ce nom une _modiste_ ou -_monteuse de modes_. - -=Bileux=, n'est pas français, dites, _bilieux_: _cet homme est d'un -tempérament bilieux_. - -=Bille=, s. f. (_ll_ mouillées), boule d'ivoire pour jouer au -billard.--Petites boules de pierre ou de marbre qui servent à des jeux -d'enfants; on dit quelquefois aussi _gobille_ (BESCHERELLE). Voyez -_chique_. - -=Billet=, s. m.--_Billet de faire part_ ou simplement _billet de -part_, billet, lettre, ordinairement imprimée, par laquelle on annonce -un mariage, une naissance, un décès, qui intéresse celui qui écrit; -prononcez _billet_, _ll_ mouillées. Voyez _mortuaire_. - -=Bis=, _bise_, adj., brun; prononcez _bi_: _du pain bis_. - -2. _Bis_, interj., encore une fois; prononcez _bice_. - -=Bisbille=, s. f. (_ll_ mouillées), querelle sur des riens; ne dites -pas _bisbisse_. - -=Biser=, dans le sens de faire de la bise, n'est pas français; dites -donc _il fait de la bise, nous avons vent du Nord_ et non _il bise_. - -=Bisquer=, v. n., pester, être de mauvaise humeur, être vexé; ce mot -figure dans les dictionnaires, mais il est populaire. - -=Bissextile=, adj.: prononcez _bis-sex-tile_ et non _bizextile, -bizectile, bisek_. - -=Bivac= ou =Bivouac=, s. m., garde en plein air; prononcez _bivaque_; -il en est de même de _bivaquer, bivouaquer_. - -=Blague=, s. f., est un petit sachet où les fumeurs mettent le tabac. - -=Blaguer, Blagueur, Blague=, sont des expressions triviales et -populaires; remplacez-les par _hâbler, hâbleur, hâblerie_. - -=Blamer=, dans le sens de _flamber_, jeter de la flamme, n'est pas -français; c'est un mot wallon. - -=Blanc.=--Ce mot n'est jamais synonyme de _pâle_; ne dites donc -pas d'un convalescent qu'il est encore bien _blanc_, qu'il est -_blanc-mort_; dites, qu'il est encore bien _pâle_, qu'il est _pâle -comme un mort_. (Wall.) - -2. Ne dites pas non plus: _il est blanc comme un lait, comme un satin_; -dites, _il est blanc comme lait, comme du lait, comme le lait; comme -satin, comme du satin, comme le satin_. - -=Blanchisserie= ou =Blancherie= (et non _blanchierie_), le lieu où l'on -blanchit la toile ou la cire. - -=Blette=, adj. sans masculin: _poire blette_, poire molle qui n'est pas -encore gâtée. - -=Bloc=, s. m.--On prononce le _c_ final, quand le mot est isolé ou à -la fin d'une phrase ou lorsqu'il est suivi d'un mot commençant par une -voyelle ou une _h_ muette: _acheter toutes les marchandises en bloc_ -(bloque), _un bloc_ (blo) _de marbre_. Voyez _c_. - -=Blocus=, s. m., action de cerner une place; prononcez _blocuce_. Voyez -_s finale_. - -=Blouser=, v. act., tromper; _se blouser_, se tromper: ces termes sont -populaires et familiers. - -=Bluet=, s. m., (on écrit plus rarement _bleuet_), espèce de fleur -bleue qui croît dans les blés; on l'appelle aussi _barbeau_: prononcez -_bluè, bleuè_ et non _blu-wet_, etc. - -=Boa=, s. m., grand serpent; prononcez _bo-a_ en deux syllabes. - -=Boeuf=, s. m., quadrupède ruminant; prononcez _beu-fe_; on prononce au -pluriel _beû_, ainsi que _boeuf gras_ (_beû gras_), _boeuf salé_ (_beû -salé_); dans _nerf-de-boeuf_ on ne prononce l'_f_ que dans _boeuf_; il -en est de même de _oeuf_ (_eufe_) et _oeufs_ (_eû_). - -=Boire.=--On dit, _prendre du café, du thé, du chocolat_; on dit -également _prendre_ et non _boire une médecine_. Voyez _café_. - -=Boîte=, s. f., pour ventouse, est wallon; ne dites donc pas: _on lui a -mis six boîtes à la jambe_, mais, _six ventouses_. - -2. Il s'emploie absolument pour _tabatière_: _une belle boîte_; -prononcez _boate_ et non _boète_ ni _boéte_. - -=Bon=, adj., _avoir bon_, est un grossier wallonnisme; ne dites donc -pas: _on a si bon, pendant l'hiver, auprès du feu_; dites, _on est si -bien, il fait si bon..._ - -2. Ne dites pas: _mon camarade a bon de me tourmenter_; dites, _mon -camarade prend plaisir, a du plaisir, s'amuse à..._ - -3. Ne dites pas: _comme je ne suis pas assez riche, je ne pourrais pas -faire cette énorme dépense, c'est bon pour vous_; dites, _c'est bon à -vous_. - -4. _Pour le bon, pour de bon_, expressions usitées chez les enfants, -surtout au jeu, sont des wallonnismes et doivent être remplacées par -_tout de bon_ ou un équivalent, comme, _pour quelque chose_; on dit -également _pour rire_ ou _pour rien_ dans le sens contraire. - -5. Ne dites pas: _ce commerçant a bon à vivre_; mais, _vit bien, vit à -l'aise, est dans l'aisance_. (Wall.) - -6. _Tout de bon_, sérieusement, est français: _jusqu'ici il -plaisantait, mais à présent il se fâche tout de bon_, et non _pour de -bon, pour le bon_, etc. - -7. _Bon pour_: ne dites pas _ce fruit est bon pour manger_; mais, _à -manger_; ne dites pas non plus: _cette église est belle pour voir_; -mais, _à voir_: ce sont là des flandricismes. - -8. Ne dites pas: _j'ai bon trois sous_ ou _trois sous de bon_, pour -indiquer que vous avez donné trois sous de trop, et que l'on vous doit -trois sous; dites, _il me revient trois sous_. (Fland.) - -9. Ne dites pas: _le dites-vous en bon?_ dites, _le dites-vous -sérieusement?_ (Fland.) - -10. On dit: _il est bon de faire, de dire_ et _il fait bon faire, -dire_: _il est bon de savoir modérer ses désirs; il fait bon marcher, -se promener, étudier_, etc. - -=Bonheur=, s. m.--Il n'a point de pluriel à moins qu'on ne l'emploie -comme synonyme _d'événement heureux_: _il lui est arrivé plusieurs -bonheurs en un jour_. (Acad.) - -=Bonhommes.=--Ne dites pas: _M. est un marchand de bonhommes_; dites, -_M. est un marchand de jouets, un bimbelotier_. - -=Boni=, s. m., t. de finances; au pluriel _bonis_. - -=Bonne d'enfant.=--Ne dites pas _garde-d'enfant_ ni _garde-enfant_. - -=Bonnet=, s. m., vêtement de tête: _bonnette_ est wallon. - -=Bonté=, s. f.--_Ayez la bonté de vous asseoir_, est une formule -comique de politesse; dites, _asseyez-vous, je vous prie_. - -=Bordeaux=, n. pr. de ville: écrivez et prononcez _Bordeaux_ et non -_Bourdeaux_. - -=Borgne=, adj. et s., fait au féminin _borgne_; _borgnesse_ est un -terme bas et injurieux qui se dit d'une femme ou d'une fille borgne; -_borgnette_ n'est pas français. - -=Bosseler.=--Ne dites pas: _j'ai bosselé ma lampe en la laissant -tomber_; dites, _j'ai bossué_... _Bossuer_ signifie _faire des bosses_ -à un métal; _bosseler_ signifie travailler en bosse. - -=Bouc=, s. m.: prononcez _bouque_. - -=Boucan=, s. m., tapage, vacarme; ce mot est français. - -=Bouche.=--Ne dites pas: _je le lui dirai de bouche_; mais, _de vive -voix_, ou _en face, sans détours, nettement_. - -2. Ne dites pas: _il a toujours la pipe en bouche_; dites, _à la -bouche_. Voyez _main_. - -3. D'après les exemples que donne l'Académie, on peut dire la _bouche_ -ou la _gueule_ d'un barbeau, etc. En parlant des bêtes de somme et de -trait, on dit la _bouche_ d'un âne, d'un boeuf, d'un chameau, d'un -cheval, d'un éléphant; on dit aussi la _bouche_ d'une carpe, d'une -grenouille, d'un saumon; le mot _gueule_ s'applique particulièrement -aux animaux carnassiers. Voyez _gueule_. - -=Bouchon=, s. m.--Ne dites pas, _un bouchon_ de cheminée; mais, _un -devant_ de cheminée. - -=Boucle=, s. f.: prononcez et écrivez _bou-cle_ et non _bou-que, -blou-que_ ni _boukèle_. - -=Bouger.=--Ce verbe est neutre et ne peut avoir de régime; ne dites -donc pas: _il se bouge_; mais, _il bouge_;--_ne vous bougez pas de -là_; mais, _ne bougez point de là_;--_bougez-vous_; mais, _ôtez-vous, -retirez-vous, faites place_;--_vous bougez tout_; mais, _vous touchez -à tout, vous dérangez tout_.--Ainsi _bouger quelque chose_ et _se -bouger_ sont des barbarismes. - -=Bouilleau= pour _bouleau_.--Ne dites pas _un balai de bouilleau_, -mais, de _bouleau_. - -=Boulancer.=--Ne dites pas: _il m'a boulancé_, pour _il m'a rudoyé, -bousculé_. (Wall.) - -=Boulet=, s. m.--Ne dites pas, _un boulet de neige_, mais _une boule, -une pelote de neige; se battre à coup de pelotes de neige_. Voyez -_briquette_. - -=Boulette=, dans le sens de balourdise, bévue, étourderie, est -français, mais il est familier. Voyez _hochet_. - -=Boulevard=, s. m.--Autrefois on écrivait _boulevart_. - -=Bouli= et =Boulie.=--Écrivez et prononcez _bouilli_ et _bouillie_, en -mouillant les _ll_. - -=Bouloire=, s. f., vaisseau de métal pour faire bouillir l'eau; écrivez -et prononcez _bouilloire_. - -=Bouquette=, mot wallon, en français _crêpe_, s. f., sorte de petite -omelette faite avec de la farine de _sarrazin_: _à Liége, on mange des -crêpes à Noël_; et non, _des bouquettes_; _j'ai acheté de la farine de -sarrazin_; et non, _de la farine de bouquette_. - -2. Ne dites pas: _jeu de bouquette_, mais, _jeu d'osselets_: _jouer aux -osselets_. - -=Bourg=, s. m., gros village: prononcez _bour-ke_. Cependant on ne fait -pas entendre le _g_ de _bourg_ à la fin des mots: _Limbourg, Cobourg, -faubourg_, que l'on prononce _Limbour, Cobour, faubour_. - -=Bourgmestre=, s. m.--On prononce _bourgue-mestre_ (Acad.), et non -_bourkmaître, bourkmaîse, bourgue-maître, bourguemaisse_. - -=Bourse=, s. f.--Ne dites pas: _je suis allé en bourse_; dites, _à la -bourse_. Voyez _bassin_. - -=Bouteille= (_ll_ mouillées, et non _boutèle_).--Ne dites pas: _le -médecin m'a prescrit cette bouteille_; mais, _cette médecine, cette -drogue, cette potion_. - -=Boutique=, s. f.--Ne dites pas: _mon père fait boutique_; dites, -_tient boutique, a un magasin, fait commerce_. (Wall.) - -2. Ne dites pas: _mon domestique soigne les chevaux et fait en même -temps à la boutique_; dites, _et sert à la boutique, s'occupe de la -boutique_. (Wall.) - -3. Ne dites pas non plus: _ce négociant fait dans les draps, dans les -épiceries_; dites, _vend les draps, les épiceries, fait le commerce de -draps_, etc. (Wall.) - -=Bouton=, s. m.--_Le bouton d'une serrure, d'un verrou_, est la partie -saillante et arrondie à l'aide de laquelle on pousse et on tire le pêne -d'une serrure ou un verrou; on dit dans un sens analogue, _le bouton -d'un tiroir, d'un couvercle_, etc. (Acad.) _Le bouton d'une porte_ est -la pièce de fer ou de cuivre qui est ordinairement de forme ronde ou -ovale, et qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir: _tournez le -bouton_. (Acad.) - -=Boyard= ou =Boïard=, seigneur russe; prononcez _bo-ï-ard_. - -=Brader=, n'est pas français; rendez ce mot par, _perdre, prodiguer, -gâcher, vendre à trop bas prix_, selon le sens: _il vend sa marchandise -à trop bas prix, il la gâche_. - -=Brahme=, _Brahmane, Brahmanisme, Brahmanique_; prononcez _brâ-me, -brâ-mane_, etc., sans faire sentir l'_h_. - -=Braire=, v. n., ne se dit que du cri peu harmonieux de l'âne; c'est -donc à tort que les wallons le disent des personnes. - -=Bras=, s. m.--Ne dites pas: _elle tenait son enfant dans les bras_; -dites, _dans ses bras_. - -=Brâs= ou =Brai=, pour signifier l'orge préparée pour faire de la -bière, n'est pas français; dites, _malt_: _en Angleterre, l'impôt sur -le malt est considérable_. (Acad.) La _drèche_ est le marc (le résidu) -de l'orge qui a été ainsi employée. - -=Brasse.=--Ne dites pas: _il m'a pris à brasse-corps et m'a renversé_; -dites, _à bras-le-corps_. - -=Brasserie=, s. f., lieu où l'on fait la bière; ne dites pas _brassine_. - -=Brave=, adj.--_Un homme brave_, est un homme qui a de la bravoure, du -courage; _un brave homme_ est un homme honnête, bon, obligeant; il est -familier dans ce dernier cas. - -2.--_Brave_, subst., se dit uniquement d'un homme qui a de la -bravoure; vous ne direz donc pas à un écolier: _faites vos devoirs -comme un brave_; dites, _comme un sage, comme un bon écolier_, ou bien, -_faites sagement, tranquillement vos devoirs_; _brave_, dans cette -acception est tout-à-fait wallon. - -=Breloque= (_battre la_).--Cette locution vicieuse est fort usitée, -surtout dans le Hainaut, pour signifier _radoter_. - -=Brevet=, s. m., =Breveter=; prononcez comme c'est écrit et non, -_brévet, bréveter_ ni _brefeter_. - -=Brichauder, Briscader.=--Ces mots ne sont pas français; c'est -_gaspiller, prodiguer_, qu'il faut dire. - -=Brick=, s. m., petit navire armé; prononcez _bri-ke_; on écrit aussi, -mais moins souvent, _brig_. - -=Brièveté=, s. f.: prononcez _briè-ve-té_ et non _brié-fe-té_. Voyez -_v_. - -=Brigadier=, s. m.--Prononcez l'_a_ bref et non _brigâdier_; prononcez -de même _saladier_ et les autres mots de la même terminaison. - -=Brillant=, adj.--_Un brillant éclat_ est un pléonasme vicieux, car -tout éclat est nécessairement brillant. - -=Bris=, s. m., terme de palais, fracture, rupture; prononcez l'_s_, -_bri-ce_. (Acad.) - -=Brise-feu=, s. m.; ne dites pas _un brise-feu_; dites _un écran_. - -=Broc=, s. m., grand vase pour le vin; prononcez _brô_; le _c_ ne se -prononce qu'en poésie et dans la locution _de bric et de broc_. Voyez -_c final_. - -=Brosse=, pour _balai_, n'est pas français. - -=Brosseter=, nettoyer avec la brosse, n'est pas français: dites -_brosser_. (Wall.) - -=Brouet=, s. m., bouillon au lait et au sucre; prononcez _brou-è_ (deux -syllabes) et non _broè_ ni _brou-wet_. - -=Brouette=, s. f.; prononcez _brou-ette_ et non _brou-wette_. - -2. _Faire brouette_, terme du jeu de quilles, ne rien abattre, est une -expression wallonne; dites, _faire chou blanc_. - -=Broiement= ou =Broîment=, s. m., action de broyer: prononcez -_broi-ment_ et non _broy-ï-ment_. - -=Brou=, s. m., enveloppe verte des noix, des amandes et des fruits à -coquille; ce mot ne s'emploie pas au pluriel. _Écale_ signifie la même -chose, et se dit en outre: 1º, de certains légumes: _écales de pois, -écales de fèves_; 2º, de la couverture solide de l'oeuf, qui porte -aussi le nom de _coque_ et de _coquille_: _j'ai brisé l'écale, la -coque, la coquille de mon oeuf_. Mais _cale_ n'est français dans aucune -de ces acceptions: _cales de noix_, est donc une faute grossière; -écrivez et prononcez _écale_ et non _écaille_.--_Cale_, s. f., se -dit d'un morceau de bois, de pierre, etc. qu'on place sous un objet -quelconque pour le mettre de niveau ou lui donner de l'assiette. - -=Brouillamini=, s. m., désordre, confusion: _embrouillamini_ n'est pas -français. - -=Brouillard= (_papier_); voyez _buvard_ et _tache_. - -=Brouillasser=, n'est pas français; dites, _il fait, il y a du -brouillard, il bruine_. - -=Brouilleur.=--Ne dites pas d'un mauvais écrivain, _c'est un -brouilleur de papier_; dites, _... un barbouilleur_. - -=Bru=, s. f.--On dit ordinairement _belle fille_. - -=Bruit=, s. m.--Voyez _mener_. - -=Brûler= (avec un accent circonflexe), employé impersonnellement, est -un flandricisme: _on sonne le tocsin, il brûle quelque part_; dites, -_il y a un incendie_; ne dites pas non plus: _il a brûlé cette nuit_; -mais, _il y a eu un incendie cette nuit_. - -2. Ne dites pas: _mon feu brûle bien, ma lampe brûle bien_; dites, _mon -feu flambe bien, ma lampe éclaire bien_. - -3. _Brûler du café_, pour _rôtir, griller, torréfier du café_, est -une expression wallonne et flamande tout à la fois. _Brûler du -café_, signifie: _consumer du café par le feu_; or ce n'est pas là ce -qu'on veut dire quand on emploie cette locution; dites donc _griller, -rôtir_ du café et mieux _torréfier_ qui nous paraît le mot propre; -_torréfaction_ est l'action de torréfier. - -=Brûle-bout=: voyez _profit_. - -=Brut=, adj.--On prononce le _t_: _du sucre brut_ (_brute_). - -=Bruxelles=, ville capitale de la Belgique; prononcez _Brucè-les_, -d'après le flamand _Brussel_, et non _Bruk-celles_; ne dites pas -_Bruxelaire_ ni _Brusselaire_; c'est _Bruxellois_ (Bru-cellois) qu'il -faut dire. - -=Bu=, ne s'emploie pas avec l'auxiliaire _être_ en parlant des -personnes; ne dites donc pas d'un homme ivre: _il est bu_, mais _il a -bu, il est gris, il est ivre, il a une pointe, une petite pointe de -vin, de liqueur_. - -=Bûche de bois=, est un pléonasme vicieux; dites simplement, _bûche_, -pièce de gros bois de chauffage; on dira pourtant _une bûche de bois de -hêtre, de bois flotté_. - -2. On dit _tirer à la bûchette, à la courte paille_; et non, _à la -bûche_. - -=Buée=, s. f., ancien mot français, aujourd'hui inusité; dites -_lessive_. - -=Buffleteries=, s. f., tout ce qui dans l'équipement militaire, est -fait d'une peau préparée à la manière de la peau de buffle; écrivez et -prononcez _buffleteries_, et non _buffeteries_. - -=Bure=, puits de mines, est du _féminin_: _cette bure est profonde_. - -=Bureau.=--Ne dites pas: _mon père écrit sur un bureau_; mais, _dans -un bureau_. - -=Busculer=, n'est pas français; dites _bousculer_. - -=Buse.=--Ne dites pas: _la buse_ ou _les buses du poêle_, mais _le -tuyau_ ou _les tuyaux du poêle_; _buse_ dans ce sens est un mot wallon. - -=But=, s. m., point où l'on vise, terme, fin; le _t_ se prononce -lorsque le mot termine la phrase, ou quand il est devant une voyelle ou -une _h_ muette. - -2. Ne le confondez pas avec _butte_, s. f., qui signifie un petit -tertre, une petite élévation de terre. - -3. On ne _remplit_ pas un but, comme on remplit un tonneau; on -_l'atteint_: _il a atteint son but_. - -=But-à-but=, loc. adv., également, sans aucun avantage de part ni -d'autre; on l'emploie surtout au jeu: _jouer but-à-but, être but-à-but_. - -=Buvable=, adj., est français, mais il est familier; on dit plutôt -_potable_. - -=Buvard.=--_Papier buvard_ n'est pas français; dites, _papier -brouillard_, pour signifier le papier dont on se sert pour faire sécher -l'écriture fraîche. - -2. _Le buvard_, s. m., est une sorte d'album où toutes les feuilles -sont de papier brouillard, et dont on se sert pour faire sécher -l'écriture fraîche. - - - - - C - - -=C final.=--Il ne se fait sentir qu'après une voyelle non nasale ou -une consonne: _arsenic_ (quelques-uns prononcent _arseni_ contrairement -à l'Académie), _bac, hamac, lac, bec, pic, roc, bouc, caoutchouc, -duc, busc_, etc.; excepté pourtant dans _arc-boutant, arc-bouter, -arc-doubleau, broc_, (voyez ce mot), _accroc, raccroc, escroc, estomac, -tabac, lacs_ (filets), _cric, échecs_ (jeu), _porc_ (on prononce -ordinairement le _c_ quand il est à la fin de la phrase et devant une -voyelle), _marc_ (poids), _Saint-Marc_, employé comme déterminatif, -tels que _la place Saint-Marc, le lion Saint-Marc_; mais dans saint -_Marc_, l'évangéliste, _Marc_, nom d'homme, le _c_ se fait sentir; -_amict_ ne fait sentir ni le _c_ ni le _t_. Dans le discours soutenu, -la liaison peut avoir lieu pour les substantifs _estomac, instinct_, -suivis d'un adjectif: _estoma-kaffaibli, instin-kadmirable_.--Le _c_ -se prononce également dans les noms propres _Armagnac, Brissac, Balzac, -Cavaignac_ (prononcez _Cavagnac_), _Cognac, Nérac, Ravaillac_. - -=Ça=, interjection familière, dont les wallons abusent trop souvent -dans les locutions suivantes: _oui, ça! non, ça_; régulièrement il faut -la supprimer. - -2. _Il fera ça_ ou _cela mieux une autre fois_, est une locution -wallonne; dites, _il fera d'autant mieux..._ ou _en revanche, il fera -mieux_. (Wall.) - -3. Les flamands doivent éviter de commencer leurs phrases par le mot -_ça_: _ça est vrai, ça est bon, ça je dis, ça j'ai répondu, ça je ne -sais pas_; ils doivent dire simplement, _c'est vrai, c'est bon, je dis -cela, j'ai répondu cela, je ne le sais pas_, à moins qu'on ne veuille -insister particulièrement ou établir une sorte d'opposition: _ceci -est faux, cela est vrai; ceci est mauvais, cela est bon_; quant aux -expressions _ça_ ou _cela je dis_, etc., cette inversion n'est jamais -permise en français; il faut alors recourir à une autre tournure, par -ex.: _voici ce que dis, voilà ce que j'ai répondu_. - -4. _Il est comme ça, c'est son caractère_, est une expression française. - -=Cabaret=, s. m.: faites le premier _a_ bref. - -=Cabas=, s. m., petit panier; l'_s_ ne se prononce pas. - -2. _Aller à cabasse_, est une locution wallonne; dites, _aller bras -dessus, bras dessous_. - -=Cabeliaud=, n'est pas français; dites _cabillaud_ (_ll_ mouill.) - -=Cabus=, adj. m., sans féminin, pommé; il ne se dit qu'avec le mot -_chou_: _des choux cabus_; on ne prononce pas l'_s_.--_Cabusette_ -n'est pas français; dites _laitue pommée_. - -=Cacao=, s. m., amande du cacaoyer, base du chocolat; prononcez -_caca-o_. - -=Cachément, Cachettement=: ces mots ne sont pas français; dites _en -cachette, secrètement, en secret_. - -=Cacis= ou =Cassis=, s. m., arbuste, liqueur; prononcez _câci-ce_. - -=Cacophonie=, s. f., son ou accord désagréable; ne dites pas -_cacaphonie_. - -=Cadastre=, s. m.; prononcez _cadas-tre_ et non _cadasse_ ni -_ca-das-tère_. - -=Cadavre=, s. m., corps mort; prononcez _cada-vre_ et non _cada-fe_ ni -_cada-vère_: _cadavre inanimé_ est un pléonasme ridicule. - -=Cadeau=, s. m.--Ne dites pas: _j'ai reçu ce livre en cadeau_; dites, -_on m'a fait cadeau de ce livre_. - -=Cadenas=, s. m., serrure mobile; ne dites pas _loquet_ pour _cadenas_; -le loquet en effet est une fermeture très-simple que l'on met aux -portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est dormant; -il correspond assez bien au mot wallon _cliche, clichette_. - -2. Ne confondez pas non plus le _loquet_ ou le _cadenas_ avec la -_targette_, qui est une petite plaque de métal, portant un verrou -plat, et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les -fermer.--Prononcez _ca-d'-na_ et non _ca-ne-na_. - -=Cadre=, s. m.--Ne dites pas: _j'ai acheté de beaux cadres_, pour -_de beaux tableaux_: un _cadre_ n'est que la bordure du tableau, de -l'estampe. Voyez _quadre_. - -=Café=, s. m.; prononcez _café_ et non _cafet_. - -2. On ne dit pas, _boire le café_, mais _prendre le café_: _boire_ ne -se dit que des liqueurs faites pour servir de boisson, pour désaltérer, -comme _l'eau, le vin, la bière_, etc. Voyez _boire_. - -=Cafouiller= ou =Fafouiller=, pour =Farfouiller=, sont des barbarismes: -_farfouiller_ signifie fouiller dans quelque chose avec désordre. - -=Cahier=, s. m.; prononcez _ca-ié_, (_h_ muette) et non _ca-iet_ ni -_ca-hier_, en aspirant l'_h_. - -=Cahotement=, s. m.--Ce mot n'est pas français; dites _cahot_, pour -exprimer les sauts que fait une voiture sur un chemin raboteux; et -_cahotage_, pour marquer l'effet, le mouvement que produisent les -_cahots_. - -=Cahotte=, s. f., mot wallon, morceau de papier roulé en pointe de -manière à pouvoir contenir quelque chose, se traduit en français par -_sac, sachet, cornet_ et _rouleau_ qu'il ne faut pas confondre; on dit: -_un cornet de tabac, de café_; _un rouleau de pièces de cinq francs_. - -=Caillé=, part.; dites, _du lait caillé_ et _une dent cariée_. - -=Caisse=, s. f.--Ne dites pas, _une caisse de montre_; dites, _une -boîte de montre_. - -=Câlin=, adj. (l'_a_ est long).--Ce mot signifie _flatteur, cajoleur_: -_un petit câlin, cet homme a l'air câlin; prendre un ton câlin_; mais -il ne faut pas l'employer dans le sens de _méchant_ ou de _saligaud, -salaud, crapuleux_. (Wall.) - -=Caleçon=, s. m., sorte de culotte; ne dites pas, _caneçon_. - -=Calendrier républicain.=--Pendant la révolution française, la -Convention voulant faire commencer l'année au jour où la république -avait été proclamée, abolit l'ère vulgaire, et data l'ère républicaine -du 22 septembre 1792, le jour même de l'équinoxe d'automne. Les -mois, au nombre de douze, se composaient uniformément de 30 jours, -et étaient rangés dans l'ordre suivant: _vendémiaire, brumaire, -frimaire_,--_nivôse, pluviôse, ventôse_,--_germinal, floréal, -prairial_,--_messidor, thermidor_ et _fructidor_. L'année était -complétée par des jours épagomènes au nombre de 5, et de 6 dans -les années _sextiles_. Au lieu de la division du mois en semaines, -on adoptait une division en 3 décades, dont les jours s'appelaient -_primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, -nonidi, décadi_. Le jour était divisé en 10 parties ou heures. Les -noms des saints et des fêtes du calendrier grégorien étaient remplacés -par une série de noms de plantes, de métaux, d'animaux, d'instruments -aratoires. Exemple: vendémiaire, primidi, _raisin_; duodi, _safran_, -etc. Le 1er des jours complémentaires fut consacré à la vertu, le 2e -au génie, le 3e au travail, le 4e à l'opinion; le 5e était la fête des -récompenses; le 6e, dans les années sextiles, la fête de la révolution. -La période de 4 ans, au bout de laquelle avait lieu cette addition du -6e jour, formait une _franciade_.--Le _Calendrier républicain_ avait -été imaginé par Romme. La signification de ces mois n'était vraie que -pour le climat de Paris. Il a duré moins de 14 ans; sa 14e année, -commencée le 23 septembre 1805, finit le 31 décembre suivant: sur un -rapport de Laplace au Sénat, un sénatus-consulte du 21 fructidor an -XIII rétablit le calendrier grégorien à compter du 1er janvier 1806. - - (_Dictionnaire_ de DEZOBRY et BACHELET). - -=Calotte=, _gifle, pétard_, coup donné sur la tête ou au visage avec -la main; remplacez ces mots par _taloche, claque, soufflet_: _gifle_ -et _calotte_ pourtant figurent dans les dictionnaires, mais ils sont -populaires. - -=Calque=, s., est masculin: _un beau calque_. - -=Calquer, Décalquer=, v. n.--_Calquer_, c'est transporter les traits -d'un dessin sur un papier: _calquer un dessin, un plan_.--_Décalquer_, -c'est reporter le calque d'un dessin sur du papier, sur une toile, sur -une planche, etc. - -=Calville= (pomme).--Dites _pomme calville_ ou _pomme de calville_ et -non _calvine_ ni _calvi_. - -=Camail=, s., vêtement ecclésiastique, et des chanoines ainsi que des -évêques en particulier; ce mot est masculin; le pluriel est _camails_. - -=Cambouis=, s. m., graisse noire formée du vieux oing, dont on a enduit -les roues; écrivez et prononcez _cambouis_ et non _cambuis_. - -=Campagne.=--_Être à la campagne_, c'est être en promenade à la -campagne ou être dans une maison de campagne, pour y passer quelque -temps; _être en campagne_, c'est être en mouvement, hors de chez soi, -qu'on voyage pour son plaisir ou pour ses affaires: _quand il est à -la campagne, il met tous ses gens en campagne, pour lui procurer des -vivres_. Ces observations s'appliquent également aux locutions: _aller -à la campagne_ et _aller en campagne_. - -=Canaille=, s. f.--Ne dites pas: _cette personne est une canaille; -ce commissaire est une canaille qui mérite la potence_. Ce mot n'est -pas français dans ce sens; remplacez-le selon le sens par: _un gueux, -coquin, fripon; un bandit, malfaiteur, vagabond; un drôle, un maraud, -un gredin, un pied-plat, un infâme, un chenapan_.--_Canaille_ est un -terme de mépris qui se dit de la plus vile populace: _il fut insulté -par la canaille_.--Il se dit aussi des gens de toute condition pour -lesquels on veut témoigner du mépris: _il nous traite de canaille_.--Il -se dit quelquefois, par plaisanterie, des petits enfants qui font du -bruit, qui importunent: _faites taire cette petite canaille_. - -=Cangrène=: voyez _gangrène_. - -=Caout-chouc=, s. m., résine élastique; prononcez _caoute-chouke_. - -=Capable=, adj.--On dit: _cet homme est capable de bien se battre_, et -non, _à, pour se battre_; _capable_ n'est jamais suivi des prépositions -_à_ ou _pour_.--Voyez _susceptible_ et _assez_. - -=Capillaire=, _capillarité, capillation, capillature_: prononcez les -deux _ll_ sans les mouiller. - -=Capitaine=: prononcez comme c'est écrit, _capitaine_ et non _captaine_. - -=Capot=, adj., 1º confus, interdit; 2º terme de jeu, qui n'a fait -aucune levée; cet adjectif est des deux genres et des deux nombres; -ne dites donc pas d'une femme: _elle est demeurée capote_; mais -_capot_.--Prononcez _capo_ (_o_ bref). - -2. N'employez pas _capot_ dans le sens de _frit, fricassé, cassé, -brisé, perdu_: _cet homme est frit; cet argent est fricassé; tout est -frit; ce vase est cassé; cette canne est brisée; cet homme est perdu_ -(et non _capot_ ni _capote_). (Fland.) - -=Capote=, ne se dit proprement que d'une espèce de redingote à l'usage -des soldats; dans tout autre cas, servez-vous des mots _redingote, -frac_ (s. m. _un frac_). - -=Caprice=, est masculin: _un caprice bizarre_. - -=Capuce=, s. m.; ne dites pas: _il rabattit sa capuche sur son visage_; -dites, _son capuce_, ou bien, _son capuchon_, (couverture de tête qui -fait partie de l'habillement de certains religieux.)--_Capuche_ n'est -pas français. - -=Car en effet=, pléon. vicieux; dites seulement, _car_ ou bien _en -effet_; ces deux locutions signifient la même chose. - -=Caracole=, est un mot wallon; dites _limaçon_ ou _colimaçon_. - -=Caramel=, bonbon, est un s. m.: _aimez-vous le caramel? le caramel est -bon pour le rhume; mettre du caramel dans une sauce_. (Acad.) Quoique -l'Académie ne donne pas d'exemple de ce mot employé au pluriel, nous -croyons pourtant qu'on peut dire _des caramels_, pour désigner les -petits bonbons sucrés, de forme carrée ou oblongue, renfermés dans du -papier: _cet enfant aime mieux les caramels que les dragées_. - -=Carbonaro=, s. m., au pl., _carbonari_, nom des membres d'une société -secrète d'Italie; ce mot signifie proprement _charbonnier_. - -=Caresse=, s. f.--Ne dites pas: _donner des caresses_; dites, _faire -des caresses_. - -=Carolus=, s. m., ancienne monnaie: prononcez _caroluce_ et non -_carluce_. - -=Carotte=, s. f.--_Tirer une carotte_ à quelqu'un, c'est-à-dire, -obtenir adroitement d'une personne ce qu'elle n'avait nulle envie de -donner, est une locution basse et populaire. - -=Carpette=, mot anglais qui n'est pas francisé; dites, _tapis de pied_, -comme on dit, _tapis de table, tapis de billard_: _carpette_ se dit en -français d'un gros drap rayé pour emballage. - -=Carré=, ne peut pas s'employer pour _quadrille_ (sorte de -danse).--_Carré_ ne se dit pas non plus pour _palier_: _nous logeons -sur le même palier_ et non, _sur le même carré_. - -=Carreau=, s. m.--On doit dire un _carré de papier_ ou un _quart -de feuille_, et non un _carreau de papier_: _écrire une note sur un -carré de papier_; mais on dit, _un carreau de vitre_ ou simplement _un -carreau_. - -=Carrosse=, voiture suspendue, est masculin: _un beau carrosse_.--Ne -dites pas: _il roule carrosse, il roule en carrosse_; dites, _il a un -carrosse, il a un équipage_. - -=Carrousel=, s. m., tournois: prononcez _carou-zèle_ et non _caroucèle_. - -=Cartabelle=, s. f., le petit livre qui indique la manière de réciter -l'office, se nomme, en français, _un directoire_; _cartabelle_ ne -figure pas dans les dictionnaires, mais il est usité en Belgique. - -=Carte=, s. f.--Ne dites pas _une carte de mort_, mais _un billet de -part, un billet d'enterrement_. - -2. Ne dites pas: _ce professeur donne des leçons à un franc la carte_; -dites, _à un franc le cachet_. - -=Carter=, dans le sens de _mêler_ ou de _faire les cartes_, n'est pas -français; _écarter_ (et non _carter_) est un terme du jeu de piquet. - -=Cas.=--_En cas que, au cas que_, se disent indifféremment et sont des -locutions conjonctives qui régissent le subjonctif. - -2. On dit _en cas d'empêchement, en cas de malheur_; et non, _au cas -d'empêchement_, etc. - -3. _Cas_ (_faire_): on dit, _faire cas, faire grand cas_, ou _ne faire -nul cas de quelqu'un_ ou _de quelque chose_; on ne dit pas, _faire du -cas, faire un grand cas de..._; toutefois, on dit très-bien: _j'en fais -beaucoup de cas_. - -=Casaque=, habillement dont on se sert comme d'un manteau, et qui a -ordinairement les manches fort larges: ce mot est féminin. - -=Casemate=, s. f., souterrain voûté d'une citadelle: prononcez -_cazemate_ et non _cacemate_ ni _casemaque_. - -=Casino=, s. m., société de jeu, de danse: prononcez _cazino_ et non -_cacino_. - -=Cassonade=, s. f., sucre non raffiné: prononcez _cassona-de_ et non -_cassona-te_ ni _castonnade_. - -=Casuel= (accidentel), ne doit pas s'employer pour _cassant, fragile_; -il faut dire: _la porcelaine est cassante, fragile_, et non _casuelle_. - -=Cataplasme=, est masculin: _appliquer un cataplasme_; prononcez -_cataplas-me_ et non _catapla-me_. Voyez _asme_. - -=Catéchisme=, s. m.: prononcez _catéchis-me_ et non _catéchime, -catéchisse, catéchim-se, catégisme_. - -=Catherine=, n. pr.: écrivez et prononcez _Catherine_ et non -_Cathérine_. - -=Cause= (_à_).--_A cause que_, signifiant _parce que_, est français, -quoi qu'en disent MM. Chapsal et Poitevin; au mot _par_, l'Académie -dit: _parce que, à cause que_; et au mot _cause_, elle dit: _à cause -que, parce que_. - -2. Ne dites pas: _c'est cause de vous que j'ai perdu mon livre_; dites, -_c'est à cause de vous_. - -3. Ne dites pas non plus: _je suis tombé, c'est vous la cause_; mais, -_c'est à cause de vous_ ou _c'est vous qui en êtes la cause_. - -=Causer=, dans le sens de _parler_; ne dites pas: _je lui ai causé -longtemps_; mais, _j'ai causé longtemps avec lui; j'ai causé avec lui -de cette affaire_ (et non _je lui ai causé de cette affaire_). - -2. Ne dites pas: _nous nous causerons une autre fois_; dites, _nous -causerons..._--_Se causer_ n'est pas français. - -=Causette=, n'est pas français; dites _causerie_ ou _conversation_, -selon le sens. - -=Causeur=, fait au féminin _causeuse_ et non _causeresse_. - -=Cave=, _Esclave, Rave_, etc.: prononcez comme c'est écrit, et non -_ca-fe, escla-fe, ra-fe_. Voyez _v final_. - -=Ce, Cela.=--Ne dites pas: _cela ne vient pas à huit jours_; dites, -_huit jours de plus ou de moins n'y font rien_ ou _ne font rien à -l'affaire_. (Fland.) - -2. Ne dites pas: _c'est ce que je me plains_; mais, _c'est ce dont je -me plains_. - -3. Ne dites pas: _c'est moi qui a, c'est moi qui est; c'est vous qui -a, c'est vous qui est_; dites, _c'est moi qui ai, c'est moi qui suis; -c'est vous qui avez, c'est vous qui êtes; c'est nous qui avons, qui -sommes_, etc. - -4. _Ça_ ou _cela voulait bien tomber que telle ou telle chose était -arrivée_.--Quand on veut parler d'une circonstance favorable, d'un -heureux hasard, qui arrive dans un certain temps, on dit en flamand: -_ça voulait bien tomber que..._ Cette expression ne peut pas s'employer -en français; il faut dire par exemple: _c'était une circonstance -favorable, un heureux hasard que votre frère aîné fût là pour prendre -votre défense_. (Fland.) - -5. Ne dites pas: _cela m'étonne que, cela ne me surprend pas que..._ -dites, _je m'étonne que_ ou _je suis étonné que; je ne suis pas surpris -que..._ - -6. _Cela va sans parler_, barbar.; dites, _cela va sans dire_. - -7. Ne dites pas: _c'est aujourd'hui quatre mois que Jean est mort_; -dites, _il y a aujourd'hui quatre mois que..._ (Fland.) - -8. Ne dites pas non plus: _ça été hier trois ans que...; ce sera demain -six semaines que..._ dites, _il y a eu hier trois ans que...; il y aura -demain six semaines que..._ (Fland.) - -9. _C'est... c'était_.--Ne dites pas: _c'est bien étonnant que...; -c'est temps de dîner; c'était dix heures, quand nous arrivâmes; c'était -minuit précis, lorsque les voleurs entrèrent; c'était temps qu'il se -corrigeât_; mais dites, _il est bien étonnant; il est temps; il était -dix heures; il était minuit précis; il était temps qu'il se corrigeât_. -(Fland.) - -10. Ne dites pas: _c'est beau temps aujourd'hui_; dites, _il fait beau -temps, il fait beau aujourd'hui_. (Fland.) - -11. Ne dites pas: _c'est fini avec moi, avec lui_; dites, _c'est fait -de moi, de lui_. (Fland.) - -12. Ne dites pas: _c'est inconcevable les arbres qu'il y a dans ce -jardin_; dites, _vous ne sauriez croire combien il y a d'arbres..._ -(Fland.) - -13. Ne dites pas: _c'est certain que les enfants étaient plus soumis -autrefois_; dites, _il est certain..._ - -14. Ne dites pas: _c'est midi, c'est six heures; il est temps que je -retourne_; dites, _il est midi, il est six heures..._ (Fland.) - -15. Ne dites pas: _saluez ce Monsieur_; dites, _saluez Monsieur_. -_Ce_, devant _monsieur, dame, demoiselle_ ou devant un nom propre, est -toujours injurieux. Ne dites pas: _celui-ci, celle-ci prétend que_ (en -parlant d'une personne présente) _cette chose est_; ce terme est impoli -et inconvenant; dites, _Monsieur, Madame, Jean, Jeanne, prétend que..._ - -16. _C'est à vous à_, signifie ordinairement, _c'est votre tour de_: -_c'est à vous à jouer_;--_c'est à vous de_ veut dire, _c'est votre -droit de_: _c'est à vous de jouer le premier_; ou, _c'est votre devoir -de_: _c'est à vous de donner l'exemple_. - -=Céleri=, s. m., plante potagère: prononcez _cél'ri_ et non _céléri_. - -=Cence, Cencier.=--Ces mots ne sont guère usités; on dit plus -communément, _ferme, fermier_. - -=Cendrisse.=--Ce mot n'est pas français; dites: _cendres_. - -=Cens=, s. m., redevance en argent: prononcez _sance_. - -=Censé, ée=, réputé, est simplement _adjectif_: _vous êtes censé -l'avoir fait_; ne le confondez pas avec _sensé_, qui a du bon sens, qui -est conforme à la raison: _personne sensée, discours sensé_. - -2. _Censément_, n'est pas français; ne dites pas: _il est censément -docteur_; dites, _il est censé docteur_. - -=Cent= et =Vingt=, prennent une _s_ quand ils sont précédés d'un autre -adjectif numéral qui les multiplie: _quatre-vingts enfants; ils sont -quatre-vingts; deux cents hommes; ils sont deux cents_.--_Exceptions_: -quoique multipliés par un autre adjectif numéral, _vingt_ et _cent_ -sont invariables:--1º quand ils sont suivis d'un autre nombre: -_quatre-vingt-un ans, quatre-vingt-deux ans, deux cent trois ans_, -etc.; _Mathusalem vécut neuf cent soixante-neuf ans_.--2º Quand ils -sont employés par abréviation pour _vingtième, centième_, parce -qu'alors ils déterminent un substantif _singulier_ exprimé ou -sous-entendu: _numéro quatre-vingt, page deux cent, l'an trois cent, en -dix-sept cent, l'an mil huit cent, l'an mil huit cent cinquante-neuf_, -c'est-à-dire, _numéro quatre-vingtième, page deux centième, l'an -mil huit centième_, etc.--_Cent_, employé pour _centaine_, devient -substantif et prend la marque du pluriel: _deux cents de fagots_. - -=Centaure.=--Ne dites pas: _ce musicien a une voix de centaure_; -dites, _une voix de stentor_.--_Centaure_ est un monstre fabuleux, -tandis que _Stentor_ est le nom d'un grec célèbre par la force de sa -voix. - -=Centime, Décime=, sont masculins comme les termes du système décimal: -_un centime, un décime_ (dix centimes).--_Cents_ est aussi masculin: -_un cents_; mais ce mot ne peut plus s'employer aujourd'hui, en -Belgique, que pour désigner la monnaie hollandaise qui correspond -à peu près à nos pièces de deux centimes; remplacez donc ce mot par -le mot _centime_: _deux centimes, pièce de deux centimes, cela coûte -quatre centimes_, etc. - -=Cep=, s. m., pied de vigne: prononcez _cèpe_. - -=Cerf=, s. m., bête fauve de l'ordre des ruminants; prononcez _cerfe_, -lorsqu'il est seul ou à la fin d'un mot et _cère_ lorsqu'il s'appuie -sur un autre mot. (POITEVIN, _Dict._)--Dans _serf_ (au fém. _serve_) -on fait toujours sentir l'_f_. (Acad.) - -=Cerise, Cerisier.=--Ne dites pas _cérise, cérisier_. - -=Certain, aine=, adj.--_Une certaine chose_, est une chose non -désignée; _une chose certaine_, est une chose vraie, sûre. - -=Cesser, Décesser.=--_Il ne décesse de parler_, est une expression -vicieuse, quoique très-commune; dites, _il ne cesse, il ne discontinue -pas de parler, il ne déparle pas_. - -=Ceux=, pr. p.--Ne dites pas: _il y en a de ceux qui parlent_; dites, -_il y en a qui parlent_: prononcez _ceu_ et non _ceuze_. - -=Ch.=--Les flamands sont exposés à le prononcer comme une _s_: _un -sien, un sin, il se casse, panasse, siersier, siez, sicorée_, etc., au -lieu de, _un chien, il se cache, panache, chercher, chez, chicorée_, -etc.--Ils ne doivent pas non plus donner à _che_ le son de _ge_: -_panage, cravage, il se cage, il se fâge_, pour _panache, cravache, il -se cache, il se fâche_. Voyez _archaïsme_ et _sch_. - -=Chacun.=--On ne dit pas, _un chacun, un quelqu'un_; on dit -simplement, _chacun, quelqu'un_. - -2. Ne dites pas: _ces livres me coûtent deux francs chaque; nous avons -eu dix francs chaque_; dites, _six francs chacun_, ou _chaque livre -me coûte deux francs; nous avons eu dix francs chacun_; _chaque_ est -adjectif et veut toujours un substantif après lui. - -=Chair=, s. f.--Ne dites pas: _il est noir de chair_; dites, _il a la -peau noire_. Voyez _noir_. - -=Chaire prêchoire=, barb.--Dites _chaire de vérité_ ou simplement -_chaire_ (n'écrivez pas _chair_); ne dites pas non plus _chaise_. - -=Chako=, s. m.: on écrit aussi _schako_ et _shako_; au plur. _chakos_. - -=Chaland=, signifie _pratique, acheteur_: _il a perdu ses chalands; un -nouveau chaland; attirer les chalands_. - -=Châle=, s. m., vêtement de femme: on écrit aussi, mais moins souvent, -_schall_ et _shall_. - -=Chalet=, s. m., nom des maisons des paysans suisses, etc.; prononcez -l'_a_ et l'_e_ brefs, _chalet_ et non _châlet_ ni _chalais_. - -=Chambellan=, s. m., officier de la chambre du roi; ne dites pas -_chamberlan_ ni _chambrelan_. - -=Chambran=, s. m., barb.; dites _chambranle_ pour désigner -l'encadrement de bois qui se place aux portes, aux cheminées: le -_chambranle_; (masculin). - -=Champignon.=--Dites, _il y a un champignon à la chandelle_, et non, -_il y a un voleur_. - -=Chandeleur=, s. f., fête de la Purification, 2 fév.; _la fête de la -Chandeleur_; ne dites pas _la Chandeleuse_. - -=Chandelle de cire=, pour _cierge_ ou _bougie_.--Le mot _chandelle_ -se dit plus communément pour la _chandelle de suif_: les chandelles -d'autel se nomment ordinairement _cierges_ et quelquefois _chandelles_; -_bougie_ se dit des chandelles fines. - -=Changer.=--Ne dites pas à une personne mouillée: _changez-vous, allez -vous changer_ ou _allez changer_; mais, _changez de linge, changez de -chemise, changez de vêtement_. - -2. _Changer pour, changer contre_: ces deux locutions se disent -indifféremment: _il a changé sa vieille vaisselle pour_ ou _contre de -la neuve_. - -=Chanvre= et =Chènevis=.--Le _chanvre_ est la plante et le _chènevis_ -est la graine du chanvre; d'où il suit que l'on doit dire: _donnez du -chènevis à votre pinson_, et non, _du chanvre_. - -=Chaque=, adj. indéf.--Ne dites pas: _il fait un voyage chaque huit -jours_; dites, _tous les huit jours_. - -2. Ne dites pas: _nous jouerons chaque à tour_; dites, _tour-à-tour_. -Voyez _chacun_. - -=Char à banc=, s. m., s'écrit sans trait d'union; au pluriel _chars à -bancs_. - -=Charcutier=, s. m.--Autrefois on nommait _chaircutier_, celui qui -vend de la viande de porc; aujourd'hui on dit seulement _charcutier, -charcutière_ (et non _charcuitier, ière_). - -=Chardonneret=, s. m., oiseau; ne dites pas, _chardonnet_. - -=Charité=, s. f.--_Les dames de charité_, sont les dames du monde qui -concourent à une oeuvre de bienfaisance; _les dames de la charité_, -sont des religieuses qui soignent les pauvres, les malades, etc., et -qu'on appelle ordinairement _Soeurs de la charité_. - -2. Ce mot peut se mettre au pluriel dans le sens d'aumônes: _cette dame -fait de très-grandes charités_; et dans cette expression proverbiale: -_prêter des charités à quelqu'un_, c'est-à-dire, chercher à faire -accroire faussement qu'il a dit ou fait quelque chose de mal. - -=Charlatan=, s. m., n'a point de fém. correspondant. - -=Charpie=, s. f., linge effilé qu'on met sur une plaie.--_Poix_, -s. f., matière résineuse qui provient des pins ou des sapins: _le -cordonnier enduit son ligneul de poix_ (et non de _charpie_.) (Wall.) - -=Charrée.=--Ne dites pas, _une charrée de bois_, mais, _une charretée -de bois_. - -=Charron= et =Charretier=.--Le _charron_, est un ouvrier qui fait -des charriots; le _charretier_ est le conducteur d'une charrette; les -wallons sont exposés à employer _charron_ pour _charretier_. - -2. _Charretier_, s. m.; on dit au féminin, _une charretière_. - -=Chasse=, s. f., action de chasser; prononcez _chace_ (_a_ bref); -=Châsse=, s. f., coffre pour les reliques; prononcez _châce_ (_a_ long). - -=Chasselas=, s. m., raisin; prononcez _chass'là_. - -=Châssis=, s. m., cadre de vitrage; prononcez _châci_. - -=Château=: voyez _maison_. - -=Châtier=, _Châtiment, Châtiable_: prononcez _châthier_, etc., _â_ long -et _ié_ diphthongue. Voyez _ti_. - -=Chaud.=--Ne dites pas: _j'ai chaud les mains, les pieds_ ou _des -mains, des pieds_; dites, _j'ai chaud aux mains, aux pieds_; ou bien, -_j'ai les mains, les pieds chauds_. Il en est de même de _avoir froid_. -Voyez _froid_. - -=Chauffer.=--Dites, _échauffer_ un appartement et non, _chauffer_. - -=Chaufferette= et =Couvet=, ustensile pour chauffer les mains, les -pieds; ne dites pas, _chauffette_. - -=Chausson=, s. m., sorte de pâtisserie qui contient de la marmelade, de -la compote ou des confitures, et qui est faite d'un rond de pâte replié -sur lui-même; c'est ce qui se nomme en wallon liégeois _golzâ_. - -=Chauveté=, s. f., état de ce qui est chauve; ce mot n'est pas -français; dites _calvitie_: _cette calvitie a été causée par la -maladie_. - -=Chef=, s. m.--Ne dites pas: _j'ai dix ans de chef, d'employé_, etc.; -dites, _il y a dix ans que je suis chef, employé; j'ai dix ans de -service_. - -=Chemin de fer.=--Dites: _je suis venu par le chemin de fer, par tel -convoi_ et non, _avec le chemin de fer, avec tel convoi_; ne dites pas -non plus: _je suis venu par_ ou _avec la vapeur_. - -=Chenal=, s. m., conduit de bois ou de plomb qui recueille les eaux du -toit et les porte dans la gouttière ou dans le tuyau de descente; on -dit plus souvent, _chéneau_, pluriel, _chéneaux_; _chenal_, quoique -l'Académie n'en dise rien, doit faire au pluriel _chenaux_. - -=Chenil=, s. m., logement des chiens de chasse: prononcez _ch'ni_ et -non _chenile_. - -=Cheptel=, s. m., bail de bestiaux; prononcez _chètèle_. - -=Cher, Chère=, adj., s'emploie souvent comme adverbe pour modifier un -verbe, et alors il est invariable: _ces étoffes sont-elles chères_ -(adj.)?--_je les ai payées cher_. (adv.) - -=Chercher= _après quelqu'un_ ou _après quelque chose_, est une locution -vicieuse; dites, _chercher quelqu'un_ ou _quelque chose_: _qui -cherchez-vous?--Je cherche mon frère, je cherche ma montre_. - -2. _Chercher querelle._--Les enfants disent souvent _c'est lui qui -me cherche; qui est venu me chercher_; _chercher_, pris dans ce sens, -n'est pas français; il faut dire: _c'est lui qui me cherche querelle, -qui me cherche noise_, ou _qui m'agace, qui me provoque_. - -3 _Chercher_, ne peut pas s'employer dans le sens _d'apprendre_; ne -dites donc pas: _où avez-vous cherché cette nouvelle_; dites, _où -avez-vous appris cette nouvelle?_ - -4. Ne dites pas: _où avez-vous cherché pour ce mot?_ dites, _où -avez-vous cherché ce mot?_ (Fland.) - -5. Ne dites pas non plus, _voir après quelqu'un_; dites, _chercher -quelqu'un_. - -=Chérif=, s. m., prince chez les Arabes ou chez les Maures. Il ne faut -pas le confondre avec _schérif_ ou _shérif_, officier municipal en -Angleterre. - -=Chétif insecte=: prononcez _chéti-finsecte_ et non _chéti-vinsecte_. - -=Cheval=, s. m.: prononcez _cheval_ en appuyant fortement sur l'_e_ -et non _jeval_ ni _ch'fal_; il en est de même de _chevaux, cheveu, -cheville, achever, écheveau, échevin_. - -=Chevrettes=, s. f., petites écrevisses de mer; ce mot n'est pas -français; dites _crevettes_: _aimez-vous les crevettes?_ - -=Chevrons=, s. m. (en wallon, _wère_), pièces de bois placées sur les -_pannes_ (en wallon _viennes_), et qui soutiennent les _lattes_ sur -lesquelles on pose la tuile ou l'ardoise; voyez _panne_.--_Chevron_ -se dit aussi de deux morceaux de galon assemblés en angle, que les -militaires ont le droit de porter sur la manche gauche de leur habit, -après un certain temps de service: _ce soldat a deux, a trois chevrons_. - -=Chez.=--Les Wallons abusent singulièrement de ce mot; ainsi ils -diront: _la servante de chez Simon_, pour _la servante de Simon_; _j'ai -passé devant chez Pierre_, pour _devant la maison de Pierre_; _c'est un -élève de chez les Jésuites_, pour _des Jésuites_. - -=Chic=, s. m.--_Cet homme a du chic; cet ouvrier n'a pas le chic_; -etc.--Cette expression est de la dernière familiarité; on peut en dire -autant de _chicard, chicarder_. - -=Chicaneur, euse, Chicanier, ère=, adj. et s.--Le _chicaneur_ aime à -chicaner, principalement en affaires; le _chicanier_ conteste, vétille -sur les moindres choses. - -=Chien=, s. m., animal domestique; prononcez _chi-in_ et non _chian, -siïn, chin_. - -=Chiffon de pain=, gros morceau de pain, n'est pas français; dites, -_quignon de pain_. - -=Chine.=--Écrivez et prononcez _échine_: _il s'est rompu l'échine_ -(épine du dos). - -=Chiper=, prendre, dérober, est français, mais il est très-populaire. - -=Chipote=, dans le sens de _chipotier, chipotière_, n'est pas français. - -=Chipoteur.=--Ce mot n'est pas plus français que _façonneur, -tripoteur, rancuneur_ ou _rancuneux_; dites, _chipotier, façonnier, -tripotier, rancunier, ière_. Cependant on dit également bien -_chicaneur, euse_, et _chicanier, ière_. Voyez ces mots. - -=Chique=, s. m., petite boule de pierre ou de marbre qui sert à des -jeux d'enfants; ce mot est wallon; dites, _bille_ (_ll_ mouillées): -_gobille_ se dit quelquefois aussi pour _bille_. (BESCHERELLE.) - -=Chiragre=, s.f.;--_chirographaire_, adj. des 2 genres;--_chirologie_, -s. f.;--_chiromancie_, s. f.; _chiromancien_ adj.;--_chiste_, terme de -chir. (on écrit plus souvent _kyste_; ne confondez pas avec _schiste_, -pierre lamellée), s. m.--Dans tous ces mots, _chi_ se prononce _ki_. - -=Chirer=, pour _déchirer_, n'est pas français. - -=Chirurgien=: prononcez _chirurgien_ et non _chirugien, cherurgien, -cirugien, cirurgien_. - -=Choir=, v. n. et défectif.--Il ne s'emploie qu'à l'infinitif et au -participe passé _chu, chue_, qui se construit avec _être_: _il est chu_. - -=Cholédologie=, s. f.;--_cholédoque_, adj., masculin sans -fémin.;--_choléra_,--_cholérique_,--_chondrologie_, s. f;--_choraïque_, -adj.;--_chorée_, s. m.;--_chorus_, s. m.;--_chorège_, s. -m.;--_chorégraphie_, s. f.;--_chorégraphe_, s. m.;--_chorégraphique_, -adj.;--_chorévêque_, s. m.;--_choriambe_, s. m.;--_chorion_, s. -m.;--_choriste_, subst. des deux genres;--_chorographie_, s. -f.;--_chorographique_, adj.;--_choroïde_, s. f. Dans tous ces mots, -_cho_ se prononce _ko_. - -=Choléra-morbus= ou simplement =Choléra=: prononcez _koléra-morbuce, -koléra_ (Acad.)--L'Académie écrit aussi _coléra-morbus_. - -=Choquer=, ne s'emploie pas pour signifier _pousser, bousculer, -heurter_: _il m'a heurté en passant_, et non, _.... choqué_; _ces deux -convois se sont heurtés_, et non _... choqués_. - -=Chose=, s. f.--Évitez de vous servir de ce mot pour désigner, à la -manière des enfants, une personne dont vous ne vous rappelez pas le -nom: _chose m'a dit; j'ai vu chose; j'ai dit à chose_. - -2. Ne dites pas: _oh! Monsieur, c'était quelque chose!_ ajoutez, _de -beau, de magnifique_; ou bien dites, _c'était beau à voir_. (Fland.) - -3. Ne dites pas: _il est fait la même chose que l'autre_; dites, _il -est fait comme l'autre, absolument comme l'autre_, ou, _de même, tout -de même que l'autre_. (Fland.) - -4. Prononcez _chô-ze_ (_ô_ long) et non _choze_ ni _chôce_. - -5. _Chose_ (_quelque_).--_Quelque chose_ est féminin dans le sens de -_quelle que soit la chose_: _quelque chose que je lui aie dite_; ou -au pluriel: _quelques choses que je lui aie dites, je n'ai pu le -convaincre_.--Il est masculin quand il signifie _une chose_: _quelque -chose de fâcheux; quelque chose qu'il m'a dit m'a surpris_. - -6. _Chose_ (_autre_).--_Autre chose_ est masculin: _quelque chose est -promis, autre chose est accordé_. - -=Choser=, n'est pas français; ne dites pas: _qu'est-ce que vous chosez -là?_ dites, _qu'est-ce que vous faites là?_ - -=Choucroute=, s. f., chou aigre et salé; il s'écrit sans trait d'union -et en un seul mot. - -=Chrême=, s. masculin, huile sacrée, mêlée de baume: _le saint -Chrême_;--_crème_ (acc. grave), s. féminin, la partie la plus grasse du -lait et nom de certaines liqueurs. - -=Chrestomathie=, s. f., choix de morceaux d'auteurs réputés classiques -dans une langue morte ou étrangère: _la chrestomathie grecque de -Boscha_.--Prononcez _chrestomathie_ (comme _sympathie_) et non -_chrestomacie_. - -=Chrétienté=, s. f., pays chrétien; écrivez et prononcez _chrétienté_ -(_créthi-inté_), et non, _chrétienneté_ (_créthi-ènn'té_). - -=Christ=: on prononce l'_s_ et le _t_ dans ce mot: _Chris-te_; on ne -les prononce pas dans _Jésus-Christ, antechrist_: _Jésu-cri, antecri_. - -=Chut=, interj., paix, silence: prononcez _chute_. - -=Chute=, s. f., mouvement d'une chose qui tombe, malheur, etc.: ce mot -s'écrit sans accent circonflexe sur l'_u_. - -=Ci.=--Les gens du peuple disent: _cet homme ici, ce jardin ici_; il -faut dire, _cet homme-ci, ce jardin-ci_ (avec le trait d'union). - -2. _Ci-inclus, ci-joint_; voyez _inclus_. - -=Cicérone=, s. m., guide des étrangers en Italie; prononcez _cicérôné_ -et non _tchitchérôné_ ni _chichérôné_. - -=Cicogne=, s. f., grand oiseau de passage; on prononce et on écrit -aujourd'hui, _cigogne_. - -=Cigare=, est masculin: _un cigare_, et non, _une cigare_. - -=Ciguë=, s. f., herbe vénéneuse; prononcez _cighû_ (_u_ long) et non -_cighe_ ni _cighu-we_. - -=Cil=, s. m., poil des paupières: prononcez _cille_ (_l_ mouillée). -(Acad.) - -=Cime=, s. f., le sommet d'une montagne, d'un arbre, etc.; écrivez -_cime_ et non _cîme_. - -=Cimetière=, est masculin: _porter un mort au cimetière_; il faut bien -se garder de prononcer _cimetchière, cimitière_ ou _cimetié_. Voyez -_ti_. - -=Cinq.=--Devant une consonne, prononcez _cin_; _cin_ francs, _cin_ -femmes; le _q_ se fait entendre lorsque _cinq_ est seul ou bien -lorsqu'il est devant une voyelle ou une _h_ muette et à la fin d'une -phrase: _cinq arbres_ (_cinque_), _cinq hommes_ (_cinque_); _nous -sommes cinq_ (_cinque_); _cinq_ (_cinque_) _multiplié par cinq_ -(_cinque_). - -2. Ne dites pas: _en tombant j'ai fait un cinq à mon pantalon_ (une -déchirure); dites, _j'ai fait un accroc_ (_akrô_). - -=Cypaye=, s. m., soldat indien: prononcez _cipa-ye_, (comme _paille_) -et non _cipaî_, (comme _je paie, tu paies_). (Acad.) - -=Circonspect=, adj.; prononcez _circonspek_; cependant on peut aussi -prononcer _circonspè_. - -=Ciseau=, s. m. pl., instrument des couturières à deux branches, -s'emploie ordinairement au _pluriel_: _prêtez-moi vos ciseaux_. ---Cependant il s'emploie quelquefois au _singulier_: _on n'a pas encore -mis le ciseau dans cette étoffe; le chirurgien lui a donné trois coups -de ciseau_. (Acad.) - -2. _Ciseau_, au singulier, est un instrument de menuisier. - -=Clair, e=, adj.--Ne dites pas: _le général fit une charge le sabre -au clair_; dites, _le sabre au vent, au poing, le sabre haut, le sabre -dégaîné_. - -=Claquer, Craquer=, v. n.--On dit, _claquer des mains; faire claquer -un fouet; ses dents claquent; il claque des dents_.--On dit: _ce lit -craque; ce biscuit craque sous la dent_. - -=Classe=, s. f., ordre, leçon: prononcez _clâce_. - -=Claude=: voyez _reine-claude_. - -=Clayon=, s. m. ou =Plat d'osier=, se dit de la petite claie ronde sur -laquelle on met du gâteau, de la tarte, etc. - -=Clef=, s. f.--On prononce _clé_ même devant une voyelle; quelques-uns -écrivent _clé_. (Acad.) - -2. Dites: _tirez la clef de la serrure_ et non, _tirez la clef en bas -de la serrure_. - -3. Dites également: _la clef est à la porte_ et non _après la porte_. - -=Clématite=, s. f., plante; ne dites pas, _clémentine_. - -=Clerc=, s. m., ecclésiastique, praticien; prononcez _clère_; le _c_ -final se prononce dans la locution: _de clerc à maître_. - -=Cliche, Clichette=, s. f., mots wallons, que l'on fait trop souvent -français.--Il faut le rendre, d'après ses acceptions diverses, par les -mots: _loquet, clenche, clinche, bouton_ et _targette_. - -2. Le _loquet_ est l'ensemble d'une fermeture très-simple que l'on -met aux portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est -dormant; il est composé d'un _battant_, d'un _mentonnet_, d'un _levier_ -ou _bascule_ et d'un _bouton_. - -3. Le _mentonnet_ est la pièce de fer, fixée au chambranle de la porte, -qui reçoit le bout de la clenche ou du loquet, pour tenir la porte -fermée. - -4. Le _levier_ ou _bascule_ est proprement un petit levier faisant -bascule, sur lequel on appuie pour lever le loquet d'une porte; les -mots _clenche_ ou _clinche_ correspondent très-bien à _lever_ et -_bascule_. - -5. Le _battant_ est la pièce de fer horizontale qui se lève ou se -baisse à l'aide du levier et s'adapte au mentonnet pour fermer la porte. - -6. Le _bouton_ est une pièce de fer ou de cuivre qui est ordinairement -de forme ronde ou ovale, en forme de croix brisée ou de crosse, et -qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir: _tournez le bouton_ -(Acad.)--N'employez pas les mots _pommeau, clenche, clinche, crossette_ -pour le mot _bouton_. - -7. Le _loqueteau_ est un petit loquet que l'on met ordinairement aux -volets ou aux carreaux mobiles d'en haut d'une fenêtre, et auquel on -attache un cordon, afin de pouvoir les ouvrir et les fermer aisément. - -8. _Targette_, s. f., petite plaque de métal qui porte un verrou plat, -et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les fermer. - -=Client=, s. m.--Les commerçants ont des _pratiques_, les hommes de -loi ont _des clients_.--Prononcez _cli-an_ et non _cli-ian_. - -=Cligne-musette=, s. f., jeu d'enfants, où l'un ferme les yeux, -tandis que les autres se cachent pour qu'il les cherche: _jouer à -cligne-musette_ ou _à la cligne-musette_.--Écrivez _cligne-musette_ -(trait d'union) et non _clignemusette_ ni _cligne-mussette_. - -=Clissé, ée=, adj., qui est garni, enveloppé d'une clisse (ou clayon), -espèce de petite claie faite d'osier, de jonc: _bouteille clissée, -gourde clissée_. - -=Cloaque=, s. m., égout: prononcez _clo-ake_ (deux syllabes). - -=Cloche=, s. f., manteau de femme garni d'un capuchon et nommé -_pelisse_ dans certaines localités wallonnes. - -=Cloche-pied= (_à_), loc. adv., sur un pied; ne dites pas: _courir à -croche-pied_, mais, _à cloche-pied_. - -=Cloporte=, s. m., insecte (en wallon _cochon de cave_, en flamand -_duizendbeen_); ne dites pas _clou-à-porte_, mais _cloporte_. - -=Clou=, s. m., petit flegmon très-douloureux qui a son siége dans la -peau, est français: on l'appelle aussi _furoncle_ (s. m.), surtout en -terme de médecine. - -=Clouer= et =Clouter=, ont une différence de signification bien -marquée: _clouter_, c'est garnir de clous; _clouer_, c'est attacher -avec des clous; d'où il suit qu'on ne peut pas dire _clouer un clou_, -pas plus que _chanter un chant_; dites _mettre, placer, ficher un clou, -attacher avec un clou_ ou _des clous_. - -2. Prononcez _clou-er, je cloû_ et non _clou-wer, je clou-we_. - -=Club=, s. m., société politique; prononcez _clu-be_ et non _clupe_; -plusieurs prononcent _cloube_, d'autres _clobe_. (Acad.) - -=Cocasse=, adj. des 2 genres, plaisant, comique, ridicule; ce terme est -populaire: _personne cocasse, vêtement cocasse_. - -=Code=, s. m., recueil de lois; prononcez _code_ (_o_ bref) et non -_côde_ (_o_ long) ni _co-te_. - -=Coetera= (_et_): voyez _et coetera_. - -=Coeur= (_Avoir_).--Ne dites pas: _qu'ai-je coeur; je n'en ai coeur_; -dites, _que m'importe; cela m'est égal, peu m'importe_. - -2. _Avoir coeur_ (_cure_), est la vieille locution française _avoir -cure_ (habere curam), avoir soin, avoir souci de... Il est à regretter -qu'elle soit tombée en désuétude; elle n'est plus usitée que dans -quelques phrases familières, comme: _a beau parler qui n'a cure de bien -faire_. - -3. Ne dites pas: _j'ai le coeur malade_; dites _j'ai mal au coeur_. - -=Coi=, adj., calme, tranquille; le féminin était autrefois _coie_; on -ne dit plus aujourd'hui que _coite_. - -2. Ce mot n'est guère usité que dans ces phrases familières: _se tenir -coi, demeurer coi_. (Acad.) - -3. La locution, _chambre coite_, (chambre bien fermée et bien chaude) a -vieilli. (Acad.) - -=Coing=, s. m., fruit astringent; on ne prononce pas le _g_. - -=Coléreux=, adj.--Ne dites pas, _c'est un homme coléreux_; dites, -_c'est un homme colère_ ou _colérique_. - -=Colidor=: ce mot n'est pas français; écrivez _corridor_ et prononcez -_coridor_. - -=Colla, Colle, Colli, Collo, Collu=, initiales qui font toujours -entendre les deux _l_: _collatéral, collation, collection, collision, -colloque, collusion_. - -=Colle=, s. f., menterie, hâblerie: _quelle colle il débite là!_ ce -terme est populaire. - -=Colophane=, _de la colophane_, résine, est féminin; ne dites pas -_colaphane_. - -=Colorer, Colorier.=--_Colorer_, c'est donner la couleur, de la -couleur: _le soleil colore les fruits; un vif incarnat colorait son -visage; les raisins commencent à se colorer; le safran colore l'eau; -l'art de colorer une injustice, le verre, le cristal_. Au figuré, -_colorer_ signifie, donner une belle apparence à quelque chose de -mauvais: _colorer un mensonge; vice coloré_.--_Colorier_, c'est -appliquer les couleurs convenables sur une estampe, sur un dessin: -_je veux colorier cette lithographie; gravure coloriée; frontispice -colorié; ce peintre colorie mieux qu'il ne dessine_. - -=Colza=, s. m., chou sauvage et huile tirée de sa graine; écrivez et -prononcez _colza_ et non _golza_. Voyez _chausson_. - -=Combien.=--Ne dites pas: _le combien du mois sommes-nous aujourd'hui? -nous sommes le combien du mois?_ mais dites, _quel quantième du mois -avons-nous; quel est le quantième du mois?_ ne dites pas non plus: _le -quantième avons-nous_; mais, _quel quantième..._ - -2. _Combien est-ce que vous demandez pour?_--Cette manière de demander -le prix d'une marchandise n'est pas française; dites, _combien -vendez-vous..._ - -3. Ne dites pas non plus: _combien est-ce que vous avez payé pour ce -livre?_ dites, _combien avez-vous payé ce livre?_ - -=Commandement=, s. m., ordre.--Prononcez comman-d'-ment (en faisant -sentir le _d_) et non _comman-n'-ment_ (en remplaçant le _d_ par une -_n_); il en est de même de, _je demandais, je demeure, mandement, -admettre, admission, administrer_, etc. - -=Commander.=--On commande _quelque chose à quelqu'un_ et l'on commande -_à quelqu'un_; ne dites donc pas: _il faut savoir commander ses -ouvriers_; mais, _à ses ouvriers_. - -2. _Commander quelqu'un_, ne se dit que quand il s'agit de commandement -militaire: _dix hommes furent commandés pour cette expédition; le -régiment des guides est commandé par le colonel N._--_Commander à_ et -_le_: voyez _présider_. - -=Comme.=--Ce mot ne peut pas être employé pour _que_, à la manière des -flamands; ainsi ne dites pas: _il est aussi grand comme moi; vous avez -reçu autant comme moi_; dites, _il est aussi grand que moi; vous avez -reçu autant que moi_. - -2. _Il neige comme; vous êtes comme si gai_, sont des expressions -barbares; il est bien plus simple de dire: _il paraît qu'il neige; vous -me semblez_ ou _vous m'avez l'air d'être gai_. - -3. _Comme pour._--Ne dites pas: _j'étais comme pour pleurer, comme -pour mourir_; mais dites, _j'étais disposé à pleurer, j'étais sur le -point de pleurer, j'allais pleurer; on aurait dit que j'allais mourir_, -etc. - -4. _Comme si_, ou _si_, ne doivent jamais être suivis du conditionnel -(ce serait un flandricisme): _c'est comme si vous viendriez me voir; -s'il aurait fait ses devoirs, il ne serait pas puni_; dites, _c'est -comme s'il venait me voir; s'il avait fait ses devoirs_, etc. - -5. _Comme de juste_, est un barbarisme; dites, _comme il est juste, -comme il est raisonnable_, et mieux _comme de raison_. - -6. _Comme il parle_, au lieu de, _à l'entendre_, est un flandricisme; -ne dites donc pas: _comme il parle, on le prendrait pour le premier -avocat du pays_; dites, _à l'entendre parler, on le prendrait..._ - -7. Ne dites pas: _il m'a dit comme ça, qu'il allait partir_: retranchez -_comme ça_, qui est inutile et ridicule. - -8. Ne dites pas: _comment est-ce qu'on dit, qu'on fait?_ dites, -_comment dit-on, comment fait-on?_ - -9. Ne dites pas: _si j'étais comme vous, voici ce que je ferais_; -dites, _si j'étais de vous, si j'étais à votre place..._ - -10. _Comme tout._--Ne dites pas: _il est sage comme tout_; dites, _il -est fort sage, il est parfaitement sage_. - -=Commencer, Finir.=--On dit, _commencer par, finir par_ et non -_commencer avec, finir avec_: _il commence son déjeuner par le café et -finit par des fruits_. - -2. _Commencer de_, désigne une action qui aura de la durée: _il avait -commencé d'écrire sa lettre_.--_Commencer à_, désigne une action qui -aura du progrès, de l'accroissement: _cet enfant commence à parler, à -lire; le jour commence à luire_. - -=Comment.=--_Comment va-t-il avec vous; comment vous va; comment vous -va-t-il?_--Remplacez ces expressions par: _comment vous portez-vous, -comment va votre santé, comment vous en va?_ (Acad.)--_Comment va-t-il -avec vous_, est un flandricisme; _comment vous va_ et _comment vous -va-t-il_, sont des expressions incorrectes. - -2. Il y a de ridicules façons de parler, auxquelles on se laisse -aller quelquefois par insouciance ou par imitation; de ce nombre sont -celles-ci: (_comment vous portez-vous?_) _comme vous voyez; pas mal et -vous, et la vôtre; comme un homme qui vient de chez son notaire_; un -spirituel magistrat, afin d'éviter un compliment banal, abordait ses -amis en leur disant: _pas mal et vous?_ - -3. _Comment ce que._--_Comment ce qu'on fait; comment ce qu'on dit?_ -locutions employées par le bas peuple; il faut dire, _comment fait-on, -comment dit-on?_ - -4. Ne dites pas non plus: _comment est-ce qu'on raconte ce malheur? -comment est-ce que cela est arrivé?_ Dites: _comment raconte-t-on ce -malheur? comment cela est-il arrivé?_ - -=Commerce.=--Ne dites pas: _mon frère fait commerce_; mais, _est dans -le commerce, fait le commerce; il est commerçant, négociant_. - -2. Ne dites pas: _les commerces ne vont pas_; dites, _le commerce ne va -pas_. - -3. Ne dites pas: _je fais plusieurs commerces_; dites, _j'ai_ ou -_j'exploite plusieurs branches de commerce_. - -=Commodité.=--Ne dites pas: _cette famille a bien la commodité, a -bien le moyen, est fortunée; mon cousin a bien la commodité de tenir -un cheval_; dites, _cette famille est, vit dans l'aisance, elle est -riche, elle a de la fortune_; _mon cousin a bien les moyens_ (et non -_le moyen_) _de..., est assez riche pour_... _Moyen_, dans le sens de -_richesses_, ne s'emploie qu'au pluriel; vous ne direz donc pas avec -les wallons: _mon voisin a bien le moyen_; dites, _mon voisin vit dans -l'aisance, a de la fortune_, etc. - -=Commun, une=, adj.--_Commune voix_, désigne l'unanimité des -suffrages, des voix; _la voix commune_ est la voix vulgaire, la rumeur -publique. - -=Compacte=, adj. des deux genres, très-resserré, peu poreux; cet -adjectif s'écrit au masculin comme au féminin; prononcez _compak-te_ et -non _compake_. - -=Comparer.=--On dit souvent par inadvertance: _cette étoffe, cette -maison n'est pas à comparaître à celle-là_; il faut dire, _à comparer_. - -2. _Comparer à, comparer avec_.--Le premier suppose une analogie, -un rapport commun de ressemblance entre les deux termes. _Comparer -avec_ éloigne l'idée de ce rapport, de cette ressemblance: _il n'y -a point d'église que l'on puisse comparer à celle de Saint-Pierre à -Rome_;--_que l'on compare la docilité, la soumission du chien avec la -fierté et la férocité du tigre_. (BUFFON.) - -=Comparoir=, v. n., usité seulement à l'infinitif; mais il a vieilli et -l'on dit aujourd'hui _comparaître_. - -=Comparution=, s. f., action de comparaître devant le juge; ce mot -s'écrit et se prononce _comparution_, quoique l'on dise _apparition_ et -_disparition_. - -=Compendium=, s. m., abrégé; prononcez _conpindiome_: _un compendium de -théologie_. - -=Comperose=, s. f., vitriol; écrivez et prononcez _couperose_. - -=Complet=, adj. fait au fém., _complète_ et non _complette_. - -=Complétement=, adv., d'une manière complète, s'écrit avec un accent -aigu. - -=Compliment=, s. m.--Ne dites pas: _allons, Monsieur, sans compliment, -acceptez notre dîner_; dites, _sans cérémonie, sans façon_.--_Sans -compliment_, signifie, sans flatterie: _je vous dis sans compliment que -votre dessin est fort beau_. - -=Compris=, part. passé de _comprendre_.--_Y compris, non compris_, -sont invariables, comme prépositions, lorsqu'ils précèdent le -substantif, et ils s'accordent avec lui lorsqu'ils le suivent: _combien -y avait-il de régiments y compris l'artillerie? il a dix mille francs -de revenu, non compris la maison où il loge_; ou bien, _la maison où il -loge non comprise_. - -=Compte= (_en fin de_) locution triviale, irrégulière et barbare; son -équivalent consacré est, _au bout du compte_, qui n'est pas élégant. -(FRANCIS WEY.) - -=Compter.=--Ne dites pas: _il faut compter que je n'ai presque pas été -me promener cette année_; dites, _à peine ai-je été me promener..._ -On ne prononce pas le _p_ dans _compter, comptant, compte, comptoir, -comptable, comptabilité_. - -2. _Compter, espérer, promettre._--Ces verbes marquent une chose à -venir; on dit, _compter, espérer, promettre qu'une chose sera_; ne -dites donc pas: _je compte que vous êtes sage; j'espère que vous avez -bien travaillé; je vous promets que j'ai dit la vérité_; dites: _je -crois que vous êtes sage; j'aime à croire, j'ai la confiance que vous -avez bien travaillé; je vous assure que j'ai dit la vérité_. - -3. _Compter_, dans le sens de _se proposer, croire_, ne prend point -la préposition _de_ devant un infinitif: ainsi vous direz: _il compte -partir demain_ et non _de partir_ (Acad.) - -4. Ne dites pas: _comptez que j'ai été malade et ne vous étonnez pas -que j'aie perdu de l'embonpoint_; dites, _apprenez, sachez que j'ai été -malade_. - -=Concetti=, s. m. pluriel, pensées brillantes et sans justesse; ce -mot, en France, est toujours pris en mauvaise part; le singulier est -_concetto_, mais il est peu usité. - -=Concombre=, subst., plante potagère, est masculin. - -=Condamner, Condamnation, Condamnable=: prononcez _condaner, -condanable, condanation_; l'_a_ de _dam_ est bref, tandis qu'il est -long dans _damner, damnation, damnable_ (_dâner, dânation, dânable_). - -=Conditionnel.=--C'est une faute d'employer le conditionnel après la -conjonction _si_: _si vous feriez, si vous iriez, si j'aurais écrit_, -etc.; dites, _si vous faisiez, si vous alliez, si j'avais écrit_, etc.: -c'est là un latinisme et un flandricisme tout à la fois. - -2. C'est encore une faute que d'employer le conditionnel présent ou -passé pour l'imparfait ou le plus-que-parfait du subjonctif: _je -voudrais que vous feriez vos devoirs, j'aurais désiré que vous auriez -bien étudié_; cette faute est très-commune chez les wallons; pour -l'éviter, il suffira de se rappeler que les verbes qui expriment -_la volonté, le désir, un ordre_, fussent-ils même employés au -conditionnel, gouvernent le subjonctif. - -=Conduire, Conduite=: prononcez _conduire, conduite_ (_ui_ diphthongue) -et non _condouire, condouite_, ni _condu-wire, condu-wite_.--Il en est -de même de toutes les syllabes en _ui_, comme _lui, je suis, je puis, -puissant, suite, fuite, fuir_. - -=Confesse=, s., qui n'a point de genre; il ne s'emploie que précédé -de l'une des prépositions _à_ ou _de_: _aller à confesse, venir de -confesse_. - -=Confiance=, s. f.--On a confiance, on met sa confiance _en_ ou -_dans_; devant l'article il faut _dans_: _avoir confiance en quelqu'un; -mettre sa confiance en Dieu; mettre sa confiance dans les richesses; -avoir confiance dans l'avenir_. - -=Confirmer=, v. a., conférer le sacrement de confirmation: _l'évêque -seul peut confirmer_; ne dites donc pas: _j'ai confirmé l'année -dernière dans l'église de St-Antoine_; dites, _j'ai été confirmé..._ - -=Confiteor=, au pluriel, _des confiteor_; on prononce _confitéor_. -(Acad.) - -=Confort= ou =Comfort=, s. m., assistance, secours: _donner aide et -confort_; dans cette acception il est vieux.--Aujourd'hui il se dit, -pour signifier le bien-être matériel, le bien-être de la vie: _les -Anglais ont un grand amour pour le confort_; prononcez _con-fort_. - -=Confortable= ou =Comfortable=, adj., qui a rapport au confort, -au bien-être matériel de la vie: _les anglomanes emploient à tout -propos le mot confortable; ils vous diront d'une maison qu'elle est -confortable_, etc.--_Confortable_, s'emploie aussi substantivement et -se dit de tout ce qui contribue au bien-être matériel: _les Anglais ont -un grand amour pour le confortable_. - -=Confrère, Collègue.=--_Confrère_ se dit de tous les individus d'un -corps, d'une société; les gens du même état sont aussi confrères. -_Collègue_ a une signification plus restreinte; il s'applique aux -individus qui agissent ensemble et de concert.--Les professeurs d'un -même établissement sont collègues, mais ils sont confrères par rapport -aux professeurs d'autres établissements. - -=Conjoncture, Conjecture.=--_Conjoncture_, signifie circonstance et -_conjecture_, supposition. _Dans les malheureuses conjonctures, on fait -de fausses conjectures._ - -=Connaissance.=--Dites: _j'ai rencontré quelqu'un de ma connaissance_ -ou _une de mes connaissances_ et non, _quelqu'un de mes connaissances_. - -=Connaisseur.=--On dit: _ce monsieur est connaisseur en musique, en -peinture_; et non, _connaisseur de musique, de peinture_. - -=Connaître=, v. a.--On ne dit pas: _je connais ma leçon; il connaît -son discours_; mais, _je sais ma leçon; il sait son discours_; -cependant on dit très-bien: _je connais tel livre, telle personne, -telle maison, telle langue_. - -=Consanguin, ine=, s.: voyez _germain_. - -=Consanguinité=, s. f., parenté du côté du père; l'_u_ fait diphthongue -avec _i_ (Acad.); il ne le fait pas dans _consanguin, consanguine_ où -le _g_ est dur. - -=Conscription, Milice.=--On dit, _tirer à la conscription, à la -milice_, etc., ou bien: _tirer au sort pour la conscription, pour la -milice_. On tombe _à_ la conscription, _à_ la milice et non _dans_ ou -_de_ la conscription, etc. Voyez _réquisition_. - -=Conseiller quelqu'un= et =à quelqu'un=.--_Conseiller quelqu'un_, veut -dire en général, qu'on lui donne des conseils: _son avocat le conseille -bien_, c'est-à-dire, lui donne de bons conseils; _les courtisans -conseillent parfois mal les souverains_, c'est-à-dire, leur donnent de -mauvais conseils.--Mais si l'on exprime l'objet du conseil que l'on -donne, on doit dire, _conseiller à quelqu'un_: _je lui ai conseillé -de changer de conduite; la prudence conseille aux jeunes gens de fuir -l'oisiveté et les mauvaises compagnies_. - -=Conseilleur.=--Ce mot est vieux et ne s'emploie plus guère que dans -le proverbe: _les conseilleurs ne sont pas les payeurs_; il faut -dans les autres cas se servir du mot _conseiller_ (n'écrivez pas -_conseillier_). - -=Consentir.=--Ne dites pas: _j'ai consenti dans la proposition qu'on -m'a faite_; mais _j'ai consenti à la proposition..._ - -=Conséquent=, se dit d'une personne qui est d'accord avec elle-même ou -avec ses principes: _cet homme est conséquent dans ses projets, dans -sa conduite_; c'est-à-dire qu'il est _le même_ dans ses projets, dans -sa conduite qu'en tout autre occasion. (Acad.)--Appliqué aux choses, -il a à peu près le sens de l'adjectif _conforme_: _il a une conduite -conséquente à ses principes_. (Acad.) Mais jamais ce mot ne peut -signifier, _considérable, important_; il ne faut pas dire: _une affaire -conséquente, une somme conséquente, des propriétés conséquentes_; -mais, _une affaire importante, une somme considérable, des propriétés -considérables_ ou _de grandes propriétés_. Ce qui a pu donner lieu à -cet emploi vicieux du mot _conséquent_, c'est qu'on dit très-bien, _de -conséquence_, pour signifier _qui peut avoir des suites importantes_: -_une affaire de conséquence, une affaire de nulle conséquence_. (Acad.) - -2. Prononcez _concéquent_ et non _conzéquent_ ni _conzèquent_. - -=Consister=: prononcez _concister_ et non _conzister_. - -=Consolable=, adj.--On ne le dit que des personnes (Acad.); cependant, -au mot _consoler_, nous trouvons dans le Diction. de l'Académie -l'exemple: _consoler la douleur_. Or, si l'on dit consoler la douleur, -il suit nécessairement que _la douleur est consolable_. Il y a plus: -d'après l'Académie, on peut dire: _douleur inconsolable_; et qu'est-ce -qu'_une douleur inconsolable_ sinon _une douleur qui n'est pas -consolable_? Voyez _inconsolable_. - -=Consoler, Console, Consolation, Consolant=, etc.; prononcez l'_s_ dure -et non _conzoler, conzole, conzolation_, etc. - -=Consommer, Consumer.=--_Consommer_, v. a., achever, accomplir, mettre -en sa perfection. Il se dit aussi en parlant des choses que l'on -détruit en les faisant servir aux usages de la vie, comme vin, bière, -viande, bois et toutes sortes de provisions: _nous avons consommé nos -provisions_. - -=Consulte= pour =Consultation=, conférence que l'on tient sur une -affaire ou sur une maladie.--Ne dites pas: _mon père est très-malade, -il y a eu hier trois consultes_; dites, _... trois consultations_. -Prononcez _conçultations_ (_s_ dure) et non _conzultation_. - -2. _Consumer_, v. a., détruire, user, réduire à rien, sans but utile -ou nécessaire pour celui qui détruit: _le feu a consumé tout le bois; -l'incendie a consumé la maison; la rouille consume le fer; les chagrins -le consument_.--_Consumer_ signifie aussi, employer sans réserve; -_j'ai consumé tout mon temps à cet ouvrage_. - -3. Prononcez l'_s_ dure: _conçumer, conçomer_ et non _conzumer, -conzomer_. - -=Contact=, s. m., attouchement; prononcez les deux consonnes finales: -_contak-te_; prononcez de même _compact, tact_. - -=Contempteur=, s. m., qui méprise; il n'a point de féminin -correspondant.--_Contemptible_, adj., vil et méprisable: dans ces deux -mots on prononce le _p_. - -=Contenir=, v. a.--Ne dites pas: _le bateau à vapeur contenait un -prêtre, un officier et deux avocats_; dites, _dans le bateau à vapeur -étaient..._ - -=Content=, adj.--On doit dire, _être content de quelqu'un_ et non -_sur_ ou _après quelqu'un_. - -2. Ne dites pas: _irons-nous à Verviers?--Je suis content_; dites, -_volontiers_. - -3. Ne dites pas: _je suis content de ce qu'il me quitte_; dites, _je -suis content qu'il me quitte_. - -4. Ne dites pas: _il était content pour avoir terminé ses devoirs_; -dites, _d'avoir terminé..._ - -=Contenter= (_se_), v. pron.--Ne dites pas: _je me contente avec du -pain et des fruits pour mon déjeuner_; dites, _je me contente de pain -et de fruits..._ - -=Contigu, Proche=: voyez _proche_. - -=Continuer à, Continuer de.=--_Continuer à_, c'est poursuivre sans -interruption une chose commencée, avec une intention dirigée vers un -but: _il continuait à lui dire des injures, à le frapper; continuer à -bien vivre; il continuait à faire la guerre_.--_Continuer de_ signifie -_ne pas cesser_, avec idée d'interruption: _continuez de vous former -le style_; ou bien, _ne pas cesser_, sans interruption, mais en même -temps sans que la phrase indique une intention dirigée vers un but: _il -continue de pleurer; la rivière continua de couler_. - -=Contradicteur=, s. m., n'a point de correspondant féminin. - -=Contraindre=, v. a.--Devant un infinitif on dit, _contraindre à_ et -_contraindre de_; Laveaux établit une distinction qui nous paraît assez -juste.--_Contraindre à_ suppose un but, une tendance, une action; il -faut donc préférer _à_ toutes les fois que ces idées sont comprises -dans la phrase, et _de_, dans tous les autres cas: _on le contraignit à -marcher, à s'avancer, à se battre_: il s'agit ici d'une action.--Mais -on dira: _on le contraignit de se taire, de se tenir en repos, de -prendre la fuite, de s'enfuir, de rester_; c'est ici une cessation -d'action.--L'Académie a observé cette différence dans ces deux phrases: -_on le contraignit à se battre; la ville fut contrainte de se rendre_. - -=Contre.=--Ne dites pas: _je suis contre les plaisirs du monde, parce -qu'ils détournent des devoirs envers Dieu_; dites, _je suis opposé aux -plaisirs, j'ai de la répugnance pour...._ - -2. On ne dit pas, _être fâché sur quelqu'un; le chien aboie sur les -passants_, mais, _être fâché contre quelqu'un; le chien aboie contre -les, après les_ ou _aux passants_. - -3. Ne dites pas: _laisser la porte toute contre_, mais _tout contre_. - -4. Ne dites pas: _il a passé tout contre moi sans me reconnaître_; -dites, _tout près de moi_; on dit, _s'asseoir près de quelqu'un_ et -non, _contre quelqu'un_. Mais en parlant des choses, on dit bien: -_j'étais assis contre le mur; ce champ est contre le bois_ (pour dire -qu'il y touche). - -5. L'expression _par contre_, n'est pas française, rendez-la par: _en -revanche, mais, du reste, du moins, au contraire_: _il avait mal dîné, -mais, en revanche, il a bien soupé; il est bourru, du reste il est bon -et humain; si cet ouvrage n'a pas le mérite de la perfection, il a du -moins celui de la nouveauté_. - -=Contredire=, _dédire, interdire, médire, prédire_, font à la -seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif, vous -_contredisez_, vous _dédisez_, vous _interdisez_, vous _médisez_, vous -_prédisez_;--_maudire_ fait, vous _maudissez_.--Il n'y a que _dire_ et -_redire_ qui fassent, vous _dites_, vous _redites_. - -=Contrefaction=, s. f., action de contrefaire, de falsifier, terme -de jurisprudence.--On dit plus souvent, dans le langage ordinaire, -_contrefaçon_. - -=Contremander=, révoquer l'ordre qu'on a donné; ne dites pas -_décommander_. - -=Contrevention=, s. m., infraction pour _contravention_; -_contraventoirement_ pour _en contravention_ et _contraventaire_ pour -_contrevenant_, ne sont pas français. - -=Contumace=, s. f., t. de jurisprud. crimin., le refus, le défaut que -fait un accusé de comparaître devant le tribunal où il est appelé: -_être en état de contumace; condamner par contumace_. Il est souvent -synonyme de _contumax_, adj. de deux genres, t. de jurispr. crimin., -accusé ou prévenu qui est en état de contumace et auquel on fait -un procès: _accusé contumax, il est contumax_; il s'emploie aussi -substantivement: _le contumax vient de se présenter devant ses juges_. - -=Convenir=, signifiant _plaire_, veut _avoir_; signifiant _être -d'accord_ ou _avouer_, il prend _être_: _cette maison nous ayant -convenu, nous sommes bientôt convenus du prix_; _le propriétaire est -convenu lui-même que nous n'avions pas été difficiles_. - -=Copeau=, s. m., éclat de bois (en wallon, _estalle_, en flamand, -_spaender, krol_); dites, _brûler des copeaux_ et non des _skafelings_, -de _l'escaufelin_. - -=Coquemar=, s. m., espèce de pot de fer-blanc, de cuivre, etc., ayant -un long bec, et qui sert à faire bouillir ou chauffer de l'eau, du -café: _faire bouillir de l'eau dans un coquemar_. Dites _cafetière, -chocolatière, théière, laitière_, pour désigner le vase d'argent, de -terre, de fer-blanc, de porcelaine, etc., qui sert à faire ou à servir -du café, du chocolat, du thé, du lait. - -=Coran=: voyez _alcoran_. - -=Corbeille d'enfant=, le linge, les langes, le maillot et tout ce qui -est destiné pour un enfant nouveau-né; _corbeille_, dans ce sens, n'est -pas français; dites _layette_. - -=Coroner=, s. m., officier de justice en Angleterre; on fait sentir -l'_r_ finale: _coronère_. - -=Corpendu= ou =Court-pendu=, espèce de pomme rouge; ces mots ne sont -pas français; dites _capendu_, s. m.: _un bon capendu_. - -=Corps=, s. m.--_Corps à corps_: prononcez _cor à cor_ et non _cor za -cor_. - -2. Ne dites pas: _il réclamait à corps et à cri_; dites, _à cor et à -cri_, c'est-à-dire, à toute force. - -=Corpulence=, s. f., taille de l'homme considérée par rapport à sa -grandeur et à sa grosseur: _cet homme a de la corpulence, il est -corpulent_; _corporence_ et _corporent_ ne sont pas français. - -=Coriace=, adj., dur comme le cuir: _cette viande est coriace_; ne -dites pas, _tiliasse_. - -=Correct, e=, adj., sans faute; on fait sentir les deux _r_ et les -deux lettres finales, même au masculin: _cor-rek-te_; prononcez de -même le _c_ et le _t_ dans _abject, contact, direct, exact, infect, -strict, tact_.--Faites également sentir les deux _r_ dans _correcteur, -correction, correctif, correctionnel, corrégidor, corrélatif, -corrélation, corroborer, corroboration, corroder, corrodant, corrosion, -correspondre, correspondant, corrompre, corruption, corrupteur, -corruptible, corroyer, corroyeur_. - -=Corridor=, s. m., galerie; ne dites pas, _colidor_; prononcez -_coridor_. - -=Corset=, s. m.--Les femmes seules portent des _corsets_; ne demandez -donc pas à un homme, _avez-vous mis votre corset de laine, de coton?_ -dites, _votre gilet de laine, de coton_. - -=Corsionnaire=, plante potagère dont la racine, noire en dessus -et blanche en dedans, se mange cuite, comme le salsifis; dites, -_scorsonère_ (subst. _féminin_) et non _corsionnaire_; on la nomme -autrement, _salsifis noir_ ou _salsifis d'Espagne_. - -=Cortès=, s. féminin pluriel, assemblée des États (chambres, parlement) -en Espagne et en Portugal: prononcez _cortèce_. - -=Cosaque=, s. m.: prononcez _cozaque_ (_o_ bref) et non _côsaque_ (_ô_ -long). - -=Côté=, s. m.--Prononcez _cô-té_ (_ô_ long) et non _co-té_ (_o_ bref). - -2. Ne dites pas: _de l'autre de côté_; dites, _de l'autre côté_. - -3. Ne dites pas: _de tous côtés_ ou _de tous les côtés_ pour _partout_, -à la manière des wallons: _on rencontre des injustices de tous côtés ou -de tous les côtés_; dites, _partout_. - -4. N'employez pas non plus _côtés_ pour pays, environs: _il demeure de -vos côtés, ce malheur est arrivé de ses côtés_; dites: _il demeure dans -vos environs, dans votre pays; ce malheur est arrivé dans son pays_. -Cependant on dit très-bien: _il demeure du côté de Verviers; il est du -côté de Namur_. (Acad.) - -=Côte, Côtelettes=: prononcez l'_ô_ long et non _cote, cotelettes_. - -=Cou=, s. m.--Quelquefois on dit par euphonie _col_, surtout en -poésie. (Acad.) - -2. Ne dites pas: _quelle belle cravate vous avez dans le cou_; mais, -_quelle belle cravate vous avez au cou_. - -3. _Cou-de-pied_, s. m., haut du pied; ne dites pas: _coude-pied, -coup-de-pied, cou-du-pied_.--Le pluriel est _cous-de-pied_. - -=Coucher, Promener, Baigner.=--Ces verbes, employés _pronominalement_, -doivent toujours être accompagnés de _me, te, se, nous, vous, se_; -ainsi ne dites pas: _je vais coucher, promener, baigner_, mais, _je -vais me coucher, me promener, me baigner_. - -=Coudre=, v. a., fut., _je coudrai_, (et non _je couserai_); cond. _je -coudrais_; impératif, _couds, cousons, cousez_; prés. du subj., _que -je couse, que tu couses_; ind. prés., _je couds, nous cousons, vous -cousez, ils cousent_; passé déf., _je cousis, tu cousis_, etc., (et -non _je cousus_, etc.); imparf. du subj., _que je cousisse, que tu -cousisses_, etc. (et non _que je coususse_, etc.) - -=Couenne=, s. f., peau de porc; écrivez et prononcez _couenne_ (_ou en_ -diphthongue) et non _couanne_ ni _couaine_. - -=Couler, Courir.=--En parlant des liquides, il faut se servir du -verbe _couler_: _cette fontaine coule doucement; ce tonneau, ce baril -coule de toutes parts_. Cependant, lorsqu'il s'agit d'un liquide qui -marche régulièrement et précipitamment, on emploie quelquefois le verbe -_courir_: _le ruisseau qui court dans la prairie; l'eau qui court; le -sang court dans les veines_. Mais il n'est jamais permis de dire: _ce -vase court; le lait court dans le feu_; il faut dire, _ce vase coule; -le lait coule dans le feu_. - -2. Le verbe _courir_ se conjugue avec l'auxiliaire _avoir_: ne dites -donc pas, _je suis couru_, mais _j'ai couru_. Mais il prend l'auxil. -_être_ quand il signifie _être suivi, être recherché_: _cet ouvrage est -fort couru; ce prédicateur est fort couru_. - -3. _Je cours à la ville; il court à perdre haleine; il part avec lui_: -prononcez _je cour à la ville; il cour à perdre haleine; il par avec -lui_. Mais au pl. _ils courent avec lui_ (_il cour-tavec_), etc.; il en -est de même dans les cas analogues. - -=Couleur d'isabelle=, couleur mitoyenne entre le blanc et le jaune, -mais dans laquelle le jaune domine; dites, _couleur isabelle_, -quoiqu'on dise également bien, _couleur de rose_ et _couleur rose_. - -2. _Couleurs_ (_peindre sous des_).--«On ne peint pas plus sous des -couleurs que l'on ne dessine sous un crayon. Ce contre-sens, ou plutôt -ce non-sens, provient de la confusion qui s'est faite à la longue entre -deux locutions analogues: _peindre avec des couleurs_;--_voir_ ou -_peindre sous un jour_.» (Francis WEY). Il est donc plus correct de -dire: _peindre avec des couleurs_. - -3. _Couleur_, est féminin: _une couleur changeante_; il est masculin, -lorsque, avec le nom qui le suit, il désigne une couleur particulière -ou une chose ayant cette couleur: _le couleur de feu, le couleur de -rose, un beau couleur de feu, un joli couleur de rose_, comme on dit, -_le rouge, le rose, un joli rose_, etc. - -=Coup.=--Ne dites pas: _cet homme a fait les cent coups_ (locution -populaire); dites, _a fait mille folies, mille excès_. - -2. _Boire un coup d'eau, un coup de vin; au coup de midi, au coup de -trois heures_, sont des expressions françaises. - -=Couper=, v. a.--Ne dites pas: _le vent, la grêle, la neige coupent le -visage_; dites, _... cinglent le visage_. - -=Couperose=, s. f., vitriol; ne dites pas _comperose_. - -=Couple=, est féminin, lorsqu'il signifie simplement le nombre _deux_, -sans idée d'union, d'assortiment, d'assemblage: _une couple d'oeufs, -une couple de pigeons, une couple de serviettes_.--Il est _masculin_ -1º quand il désigne le mâle et la femelle: _un couple de pigeons suffit -pour peupler une volière_; 2º quand il désigne des êtres animés, unis -par un sentiment ou pour toute autre cause qui les rend propres à agir -de concert: _un couple d'amis; un couple de fripons; un beau couple de -chiens_. (Acad.)--Prononcez _cou-ple_ et non _coupe, coupèle_. - -=Courant.=--On doit dire, _le cinq, le six, le dix du courant_. Ici -on ne pourrait pas supprimer l'article, parce que le mot _mois_ est -sous-entendu; c'est comme si l'on disait _le cinq, le six, le dix du -mois courant_. - -=Courrier=, s. m., se dit de la totalité des lettres qu'on écrit ou -qu'on reçoit par un seul ordinaire: _lire son courrier, faire son -courrier_. - - (BESCHERELLE, POITEVIN). - -=Courroie=, lien de cuir, est féminin; n'écrivez pas _corroi_.--Prononcez -_courroî_ et non _courroiïe_. - -=Cours=, s. m., flux, course, étude; prononcez _cour_ (_ou_ long) même -devant une voyelle et non _cource_. - -2. Ne dites pas: _il donne un cours d'italien; le professeur donne son -cours_; dites, _il fait un cours, il fait son cours_.--Mais on dit, -_donner des leçons_, (quand il s'agit de leçons particulières): voyez -_leçon_. - -=Court, e=, adj.--Ne dites pas: _je suis à court d'argent; le -prédicateur est resté à court_; dites, _je suis court d'argent; le -prédicateur est resté court_. - -=Coûter.=--Ne dites pas, _coûte qui coûte_, mais, _coûte que coûte_ ou -_quoi qu'il en coûte_; prononcez _coûter_ (_oû_ long) et non _couter_ -(_ou_ bref). - -2. _Coûter gros_:--_cela doit vous coûter gros, ce n'est pas le -Pérou_, sont des expressions populaires dont il faut éviter l'emploi; -dites, _coûter beaucoup, bel et bon_. - -3. Ne dites pas: _les leçons de mon fils me coûtent dans les cent -francs par mois_; dites, _à peu près cent francs par mois; me -reviennent à près de cent francs par mois_. Voyez _cher_. - -=Coutil=, s. m., toile forte; prononcez _couti_ et non _coutile_. - -=Couturière.=--_Tailleuse_ est un mot provincial qui n'est pas admis -par l'Académie. - -=Couvent=, s. m. Ne dites pas: _elle est entrée dans le couvent à 18 -ans_, dites, _au couvent_, comme on dit _entrer au service_ pour se -faire soldat. _Entrer dans le couvent_, c'est y aller pour le visiter, -pour y voir quelqu'un. - -=Couvert= pour _couvercle_; =Couverte= pour _couverture, malle, -mallette_.--On ne dit point le _couvert_, mais le _couvercle_ d'une -tabatière, d'une cafetière, d'un vase quelconque; on ne dit pas la -_couverte_, mais la _couverture_ d'un lit, d'une chaise, d'un livre (ce -qui sert à couvrir le lit, la chaise, le livre). - -2. On ne dit point _la couverte_ d'un écolier, mais _la malle_ et -mieux _la mallette_ pour désigner le sac, ordinairement en cuir, où il -renferme ses livres et ses papiers et qu'il porte suspendu à son dos à -l'aide d'une courroie. - -=Couvi=, adjectif, qui ne s'emploie qu'au _masculin_; il se dit, d'un -oeuf à demi couvé ou gâté pour avoir été gardé trop longtemps: _un oeuf -couvi, des oeufs couvis_. Prononcez _couvi_ et non _couvice_. - -=Crabe=, poisson qui ressemble à une écrevisse et dont on mange la -chair; ce mot est masculin: _un gros crabe_. Prononcez _crâbe_ (_â_ -long). - -=Crachat=, s. m., dans le sens de décoration, est de mauvais ton. - -=Craie=, s. f.: prononcez _craî_ (_aî_ long) et non _craiïe_. - -=Craindre=, v. a.--Ne dites pas: _je crains qu'il tombe_; dites, _je -crains qu'il ne tombe_. - -=Crainte.=--Ne dites pas: _je n'irai pas, crainte d'être entraîné_; -dites, _de crainte d'être entraîné_. - -=Cran=, s. m., entaille qu'on fait à un corps dur pour accrocher ou -arrêter quelque chose: _craner_, faire un cran.--Ne dites pas _crain, -crèner_. - -=Crâne=, s. m., tapageur, homme qui fait le rodomont: _c'est un crâne, -faire le crâne_; on l'emploie quelquefois adjectivement: _il est crâne, -il a l'air crâne_: ce mot est très-familier. (Acad.) C'est à tort que -les wallons donnent à ce mot d'autres acceptions. - -2. _Crane_ (mot wallon), se rend par _robinet_ (et non _robin_.) - -=Crapaud.=--Dans certaines localités, on a assez l'habitude de donner -aux enfants le nom de ce sale animal; il faut employer un des mots -suivants: _marmot, mioche, marmouset_, etc. - -=Crapule=, s. f., débauche, habitude grossière, excès dans le boire et -le manger; il se dit quelquefois et par extension de ceux qui vivent -dans la crapule: _n'allez pas avec ces libertins, c'est de la crapule_. -(Acad.) Mais ce mot ne peut pas s'employer pour _petit peuple, lie du -peuple, populace, gens sans éducation, gens de rien_. - -=Craque=, _craquer, craqueur, craquerie_, menterie, se vanter, hâbler, -hâbleur, hâblerie; ces mots, à l'exception de _craquer_, figurent dans -le dictionnaire de l'Académie, mais ils sont de mauvais goût. - -=Crasser, se Crasser=, figurent dans les dictionnaires; mais _crasser_ -se dit surtout des armes à feu; vous direz donc: _cet enfant encrasse -ses habits_, plutôt que, _... crasse..._ - -=Crasseux=, pour _ladre, très-avare_, est familier; _crasserie_, -avarice sordide, n'est pas français; dites, _crasse_ et mieux -_ladrerie_. - -=Créancier, Débiteur.=--Le _créancier_ est celui à qui on doit;--_le -débiteur_ est celui qui doit. - -=Créer=, v. a.--Prononcez _cré-er_ et non _cré-ier_; prononcez de -même _créateur, créature, création; agréable, agréer, fléau, géant, -Gédéon, néant, Léopold, Napoléon, récréer, réel, réellement, suppléer, -théâtre_, etc. - -=Crème=, s. f.: voyez _chrême_. - -=Crémer, Écrémer.=--_Crémer_ est un verbe neutre et signifie se -couvrir de crème; il ne se dit que du lait: _en été le lait crème plus -qu'en hiver_. _Écrémer_ est un verbe actif qui signifie ôter la crème -de dessus le lait: _allez écrémer le lait, du lait_. - -=Crêpe=, subst., est masculin et féminin; il est masculin, lorsqu'il -signifie un morceau d'étoffe noire et claire qu'on porte en signe de -deuil: _il porte un crêpe à son chapeau_. Il est féminin, lorsqu'il -signifie une pâte qu'on fait cuire en l'étendant sur la poêle; il -correspond assez bien au mot wallon _bouquette_ et au mot flamand -_struif_. - -=Crésane= ou =Creusane=, espèce de poire; dites _crassane_ et non -_creusane_ ni _crésane_. - -=Cresson à la noix=, n'est pas français; dites, _cresson alénois_. - -=Crête= (_de_), c'est-à-dire, sur le côté le moins large, n'est pas -français; dites _de champ_: _mettre de champ, poser de champ des -briques, des pierres, des solives_. - -=Crétin=, s. m., habitant goîtreux des Alpes, sourd, muet et idiot, -et au figuré, homme stupide; ce mot n'a pas de féminin; écrivez et -prononcez _crétin, crétinisme_ et non _cretin, cretinisme_ ni _crètin, -crètinisme_. - -=Crever=, v. neutre, signifie parfois _mourir_; en ce sens il ne se dit -que des animaux: _ce chien avala du poison et il en creva_. (Acad.) - -=Cric=, s. m., machine à lever; prononcez _cri_. - -=Cric-Crac=, interj., bruit d'une fracture: prononcez _crike-crake_. - -=Crier=, terme générique dont on se sert pour exprimer le cri -particulier de chaque animal; il est ridicule de dire: _ce chien, ce -chat, ces grenouilles, ces corbeaux ne font que crier_: les animaux ont -chacun un cri particulier, et ce cri a un terme propre qui le désigne -et qu'il importe de bien connaître. - -2. _Crier après quelqu'un_; dites, _appeler quelqu'un_. - -3. Ne dites pas: _mon professeur m'a crié_; dites, _... grondé, -réprimandé_. - -4. _Crier sur quelqu'un_; on dit: _crier contre quelqu'un_.--Prononcez -_cri-er_ et non _cri-ier_. - -=Croc=, s. m., instrument pour accrocher: prononcez _crô_; communément -le _c_ final ne se prononce point (Acad.);--_croc-en-jambe_, tour de -lutte; prononcez _crokanjambe_.--Voyez _c final_. - -=Croche-pied=: voyez _cloche-pied_. - -=Croire=, v. a.--Ne dites pas: _ne croyez pas à cet homme, il vous -trompe_; dites, _ne croyez pas cet homme_; _croire à quelqu'un_, c'est -croire à son existence: _croire aux revenants_. - -2. Ne dites pas: _j'ai n'y crois rien_; dites, _je n'en crois rien_. - -3. Ne dites pas: _j'ai cru être malade_; mais, _j'ai pensé, j'ai failli -être malade_. - -=Croisée, Fenêtre.=--L'Académie définit ainsi le mot _croisée_: -fenêtre, ouverture qu'on laisse dans le mur d'un bâtiment pour donner -du jour à l'intérieur et qui est quelquefois divisée par un montant et -par une ou plusieurs traverses.--Il se prend aussi pour le châssis -vitré (la fenêtre proprement dite) qui sert à fermer cette ouverture. -Les gens de bonne compagnie disent toujours _fenêtre_, à moins qu'ils -ne veuillent parler d'une ancienne espèce de fenêtre à montants et à -traverses en maçonnerie ou en bois. - -=Croître=, v. n.--Écrivez _je croîs, tu croîs, il croît_ (accent -circonfl. pour distinguer ces personnes des personnes correspondantes -du prés. de l'ind. de _croire_); _nous croissons_, etc.; passé déf., -_je crûs, tu crûs, il crût_, (nous crûmes, vous crûtes), _ils crûrent_ -(accent circ. pour la même raison); fut., _je croîtrai, tu croîtras_, -etc. (accent circ. à toutes les personnes de même qu'au cond.); _je -croîtrais_, etc.; part. passé, _crû, crûe_. - -=Croix=, s. f.--Ne dites pas _faire une croix_, pour _faire le signe -de la croix_; voyez _pile_. - -=Crolle=, ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut dire, -_boucle, anneau, cheveux frisés_: _une boucle de cheveux; friser à -boucles; être frisé par anneaux_.--_Croller_ n'est pas français non -plus; dites, _boucler, friser, crêper_. - -2. _Crolle_ ne s'emploie pas non plus pour _copeau_ (éclat, morceau de -bois que la hache, le rabot, etc., font tomber du bois): _gros copeaux, -menus copeaux; brûler des copeaux_; le mot _crolle_, dans cette -acception, est flamand. - -=Cron= ou =Cromp=, pour _tortu, courbé, arqué, voûté, de travers_ -et _crombain_, pour _bancal, bancroche_, ne sont pas français, mais -flamands. - -=Croque-noix, Croque-noisettes=, ne sont pas français; dites, -_casse-noix, casse-noisettes_. - -=Croquer=, v. a., ne s'emploie pas dans le sens d'_offenser_, de -_piquer, piquer au vif_. - -=Croup=, s. m., maladie, espèce d'angine; prononcez _croupe_. - -=Croustillant.=--Ne dites pas: _cette pâtisserie est croustillante_; -dites, _est croquante_. - -2. N'employez pas non plus ce mot pour _plaisant, drôle_: _des contes -croustillants_; dites, _croustilleux_; ce dernier mot est familier et -signifie plaisant, libre, graveleux. (Acad.) - -=Croûte=, s. f., en style d'atelier, se dit des tableaux sans valeur: -_ce peintre ne fait que des croûtes_.--Mais il ne s'applique pas aux -personnes; ne dites donc pas: _ce peintre n'est qu'une croûte_. - -=Cru=, s. m., terroir où quelque chose croît; il n'est guère usité -qu'en parlant des produits agricoles et surtout du vin: _ces foins, ces -denrées sont de mon cru; du vin de mon cru, de son cru, de votre cru; -ce vin-là est d'un bon cru_.--_Vin du cru_ se dit du vin fait avec le -raisin recueilli dans l'endroit même où on le consomme: _nous voulûmes -goûter du vin du cru; il faut se défier du vin du cru_; on peut dire -également _du vin du pays_ (et non _de pays_). - -=Crucifix=, s. m.; prononcez _crucifi_ et non _crus'fi_. - -=Cruel, elle, Cruauté=; prononcez _cru-el, cru-auté_ et non _cru-wel, -cru-wauté_. - -2. _Un cruel enfant_ est un enfant insupportable; _un enfant cruel_ est -un enfant porté à la cruauté. - -=Ct.=--Ces deux consonnes finales se prononcent dans _tact, exact, -contact, correct, direct, infect, abject, strict_; mais il y a -exception pour _amict, district_ et pour toutes les terminaisons -_pect_, tels que _respect, aspect, suspect, circonspect_, etc.; -prononcez _ami, distrik, respèk, aspèk, suspèk_, etc.--Bien qu'on -entende souvent dire _respè, aspè, suspè_, pour _respèk_, etc., cette -prononciation n'est pas généralement admise par les grammairiens. -(HENNEBERT.) - -=Cueillir=, v. a., détacher de la tige; ne dites pas, _cueiller_; -prononcez _keuillir_. - -=Cuiller=, s. _féminin_; on prononce et quelques-uns écrivent -_cuillère_. (Acad.) - -=Cuire=, v. a.--On _cuit_ les aliments et l'on fait _bouillir_ les -liquides; ne dites donc pas _l'eau est cuite; faites cuire le lait_; -dites, _l'eau a bouilli, est bouillante; faites bouillir le lait_. - -=Cul=, s. m., derrière d'une charrette, d'un tombereau: _mettez cela -au cul de la charrette; mettre une charrette à cul_ (les timons en -l'air).--On ne prononce point l'_l_ et quelques-uns la suppriment dans -l'écriture; prononcez de même _cul-de-jatte_ (estropié), _cul-de-lampe_ -(ornement d'architecture), _cul-de-sac_ (impasse). - -2. _Cul de chandelle_ pour _bout de chandelle_ et _hochecul_ pour -_hochequeue_ (oiseau), ne sont pas français: _hochequeue_ est masculin. - -=Culotte.=--On peut dire indifféremment _une culotte, des culottes, -une paire de culottes_; il n'en est pas de même du mot _pantalon_, qui -dans ce sens ne s'emploie qu'au singulier: _j'ai mis un pantalon neuf_ -et non, _des pantalons neufs_. - -=Cumulet=, n'est pas français dans le sens de _culbute_; dites donc, -_faire des culbutes_ et non, _des cumulets_. - -=Curée=, dans le sens de _charogne_, n'est pas français. - -=Curer, Écurer.=--_Curer_, c'est nettoyer quelque chose de creux: -_curer un fossé, un égoût, un étang_, etc.--_Écurer_, c'est -nettoyer avec du sablon ou quelque chose de semblable: _écurer la -vaissette_.--Voyez _récureur_. - -=Curieux.=--Ne dites pas: _il est si curieux pour sa toilette, pour -les livres_; dites, _il a tant de soin de sa toilette; il aime tant les -livres_. - -Ne dites pas: _je suis curieux comment cela tournera_; dites, _je suis -curieux de voir, de savoir comment cela tournera_. - -=Cutée= ou =Cuitée=, la quantité de pains qu'on fait cuire à la -fois dans un four; ces mots ne sont pas français; dites, _cuite_ ou -_fournée_. - -=Cutter=, s. m., petit navire de guerre; on prononce et plusieurs -écrivent _cotré_. - -=Cuvelle=, n'est pas français; dites, _cuve, cuvier, cuveau, -cuvette_.--La _cuve_ est un vaisseau de grande dimension; le _cuvier_, -est la cuve où l'on fait la lessive; le _cuveau_, est une petite cuve; -la _cuvette_, est un vase dont on se sert pour se laver les mains; -prononcez _cuve_ et non _cufe_. - -=Czar=, souverain, _Czarine_, impératrice de Russie; prononcez _Czar, -Czarine_; quelques-uns écrivent et disent, _tzar_. (Acad.) - - - - - D - - -=D.=--C'est à tort que l'on prononce souvent le _d_ des syllabes -en _de_ comme un _t_: _timite, timitement, raite, ronte, corte, -humite, Enéite_, au lieu de _timi-de, timi-de-ment, rai-de, ron-de, -cor-de, humi-de, Enéi-de_. Cependant à la fin d'un adjectif, suivi -immédiatement de son substantif commençant par une voyelle ou une _h_ -muette, _d_ a le son de _t_: _un grand ignorant, la grande armée_; -prononcez _gran-t-ignorant, la gran-te-armée_. Il en est de même, -lorsque cette lettre est à la fin d'un verbe suivi de _il, elle_: -_répond-il, entend-elle_? (_répon-t-il, enten-t-elle_.) - -2. On ne prononce pas le _d_ final dans les adjectifs qui ne sont -pas suivis immédiatement de leur substantif. _Un abîme profond -effraie_ (_profon effraie_). On ne le prononce pas non plus dans les -substantifs, même lorsqu'ils sont suivis de leur adjectif: on dira -donc _un froid_ (_froi_) _excessif_, _un bord_ (_bor_) _escarpé_, sans -aucune liaison. Mais il faut excepter le _d_ final dans les locutions -suivantes: _de pied en cap, de fond en comble_, où le _d_ prend le son -de _t_. - -3. Prononcez les deux _d_ dans _addition, additionnel, additionner, -adducteur, adduction_ et _reddition_. - -4. _D'à moi, d'à toi, d'à lui_, etc.; les personnes peu instruites -disent seules: _ce livre est d'à moi, d'à toi, d'à lui_, etc.; il faut -dire, _ce livre est à moi, à toi, à lui_, etc. - -=D'abord que=, ne peut pas s'employer pour, _puisque_ ou _aussitôt -que_; ne dites donc pas: _d'abord que je suis innocent, je ne dois pas -être puni; d'abord que vous aurez fini vos devoirs, vous apprendez vos -leçons_; dites, _puisque je suis innocent...; aussitôt, dès que vous -aurez fini vos devoirs..._ (Wall.) - -=Dada=, est un terme enfantin qui signifie _cheval_; mais il ne faut -pas le confondre avec _dadais, dandin_, qui veulent dire _niais_: -_c'est un grand dadais, un vrai dandin_. - -=Dahlia=, s. m., plante d'ornement; prononcez _dalia_. - -=Daigner=, ne doit jamais être suivi de la préposition _de_; ainsi ne -dites pas: _daignez de m'accorder votre protection_, mais, _daignez -m'accorder..._--Prononcez _dai-gner_ et non _dai-gne-ner_; il en est -de même de _dédaigner, enseigner_, etc. Voyez _gne_. - -=Daim=, s. m., bête fauve qui tient le milieu entre le cerf et le -chevreuil; la femelle s'appelle _daine_, que l'on prononce _dine_. - -=Daler, Thaler, Taler=, s. m., monnaie d'Allemagne; prononcez _dalère, -thalère, talère_; on dit plus souvent _thaler_ que _taler_ ou _daler_. - -=Damas=, ville de Syrie; prononcez _Damâce_; _damas_, s. m., étoffe, -fruit, acier; prononcez _damâ_. - -=Dame=: voyez _monsieur_ et _époux_. - -=Damner, Damnation, Damnable=; prononcez _dâner, dânation, dânable_, en -supprimant l'_m_ et en allongeant l'_a_: voyez _condamner_. - -=Danger.=--Ne dites pas: _il n'y a pas de danger que j'aille jouer, -car mes parents me l'ont défendu_; dites, _je me garderai bien; je n'ai -garde; je ne veux pas aller jouer_;--_ne pouvoir mal_, dans ce sens, -est également un wallonisme. - -=Dangereux= et _dangereusement_, employés pour _probable, -vraisemblable_ et _probablement_, _vraisemblablement, apparemment_, -sont de véritables barbarismes. Ainsi ne dites pas: _cela est -bien dangereux; cela arrivera dangereusement demain_; mais dites, -_cela est bien probable, vraisemblable; cela arrivera probablement, -vraisemblablement demain_--Prononcez _danj'reux_ et non _danchereux_ -ni _dangéreux, dangèreux_; item, _dangereusement_. - -=Dank.=--C'est une expression qu'il faut laisser aux flamands, puisque -nous pouvons dire _merci_. - -=Dans.=--Ne dites pas: _j'ai beaucoup voyagé dans les flamands, dans -les wallons_; dites, _chez les flamands, chez les wallons_, ou _dans le -pays flamand, dans le pays wallon_. - -2. Ne dites pas: _je vais m'asseoir dans le soleil; je me promène dans -le soleil; il est agréable de se réchauffer dans le soleil_; mais -dites, _je vais m'asseoir au soleil; je me promène au soleil; il est -agréable de se réchauffer au soleil_. - -3. Ne dites pas: _je suis dans un grand mal de tête_; dites, _j'ai un -grand mal de tête_. - -4. Ne dites pas: _s'il était dans mon pouvoir_ ou _dans ma puissance -de vous rendre service_; mais dites, _s'il était en mon pouvoir, en ma -puissance..._ - -5. Ne dites pas: _il a fait ce voyage dans deux heures_; dites, _en -deux heures_. - -6. Ne dites pas: _il y a dans les quarante ans_; dites, _il y a à peu -près_ ou _environ quarante ans_. (Wall.) - -7. Ne dites pas: _cela coûte dans les trois cents francs_; dites, -_environ, à peu près trois cents francs_. (Wall.) - -8. Ne dites pas: _je me trouvais dans la place Saint-Lambert_; dites, -_sur la place..._ (Fland.) - -9. Ne dites pas: _j'étais dans la fenêtre, dans la pluie_; dites, _à la -fenêtre, à la pluie_; on dit, _se tenir, se mettre à la fenêtre, à la -pluie, au vent_. - -10. Ne dites pas: _je serai, j'irai dans l'hôtel d'Angleterre à 4 -heures_; dites, _à l'hôtel d'Angleterre..._ - -11. Ne dites pas: _l'un dans l'autre_; mais, _l'un portant l'autre_: -_les différents vols qu'on m'a faits, m'ont causé, l'un portant -l'autre, une perte de mille francs_. (Wall.) - -=Dante=, célèbre poète italien, auteur de la _Divine Comédie_: on dit -_Dante_, et non _le Dante_; mais on dit _le Tasse_ et non _Tasse_. - -=Dartre=, s. f., maladie de peau; écrivez et prononcez _dar-tre_, et -non _dar-te_ ni _dar-tère_. - -=Date= (époque), _dater, datif_.--Gardez-vous bien de marquer l'_a_ -d'un accent circonflexe: _une vieille date_ (et non _dâte_); _ce décret -est daté de telle ville_ (et non _dâté_). On prononce pourtant _dâte_, -(_â_ long).--Ne confondez pas _date, époque_, avec _datte_, fruit du -_dattier_. - -=Davantage=, adv. (et non d'avantage), s'emploie toujours sans -complément; ainsi on ne dira pas: _il a davantage de livres; il en a -davantage que son frère_; mais il faudra dire: _il a plus de livres; il -en a plus que son frère_. - -2. Il ne faut pas le confondre avec _plus_: celui-ci s'emploie pour -exprimer directement une comparaison: _votre soeur est plus âgée -que vous_; mais on dira fort bien: _elle a vingt ans, vous en avez -davantage_. _Davantage_ ne doit pas non plus être suivi d'un adjectif; -on ne doit pas dire: _il est davantage âgé, davantage estimé_; il faut -dire _plus âgé, plus estimé_. - -3. Les grammairiens prétendent que _davantage_ ne doit jamais être -suivi de la préposition _de_ ni de la conjonction _que_. Cette -règle est vraie, si _de_ ou _que_ forment, avec ce qui les suit, un -_complément_ de l'adverbe _davantage_: _il a davantage de livres; -il en a davantage que son frère_. Mais si _de_ ou _que_ et les mots -qui suivent, sont un complément du _verbe_ de la proposition, il n'y -a point de faute à les placer après _davantage_. Ainsi la phrase -suivante est correcte: _ne nous étonnons donc pas et ne nous effrayons -pas davantage des reproches que nous avons encourus_: dans cette -phrase, _des reproches_ sont le complément des verbes _étonnons_ et -_effrayons_. - -4. Les bons grammairiens condamnent l'emploi de _davantage_ dans le -sens de _le plus_; ne dites donc pas: _de tous les jeux celui des -barres est celui qui me plaît davantage_: dites _le plus_. En général, -_davantage_ ne doit se placer que là où le sens permet l'emploi des -locutions équivalentes à _de plus, en outre, de surcroît_ et toutes -les fois qu'il n'a pas de complément.--Voyez SOULICE et SARDOU, -_Dictionnaire_, etc. - -=De=, syllabe muette, dans le corps ou au commencement d'un mot; -doit se prononcer _de_ et non _ne_: _command'-ment, man-d'-ment, -ma-d'-moiselle, len-d'-main, je lui ai d'-mandé; panier d'-noix_, etc., -et non _comman-n'-ment, man-n'-ment, ma-n'-moiselle, len-n'main; je lui -ai n'-mandé; panier n'noix_, à moins toutefois qu'on ne veuille faire -sentir l'_e_ de _de_ et prononcer: _comman-de-ment, ma-de-moiselle; je -lui ai de-mandé, j'irai de-main, lendemain_, etc.--Prononcez de même -_ad-mettre, ad-ministrer, ad-mission, ad-ministration_, etc. - -2. Ne dites pas: _j'ai rêvé de la nuit, du jour_, dites: _j'ai rêvé la -nuit, le jour_. - -3. Faut-il dire: _quel est le plus habile de cet homme-ci ou de -celui-là?_ ou bien: _quel est le plus habile, cet homme-ci ou -celui-là?_ L'Académie adopte la première orthographe; elle ne partage -donc pas l'opinion des grammairiens qui suppriment _de_. - -4. Dites: _le livre de mon frère, la maison de mon cousin_, et non, _le -livre à mon frère_ ou _d'à mon frère_; _la maison à mon cousin_ ou _d'à -mon cousin_. - -5. On dit, _le deux janvier, le trois février_, etc., et _le deux de -janvier, le trois de février_, etc. (Acad.) Cependant la première -manière de s'exprimer nous paraît plus usitée. - -6. Ne dites pas: _il est le quart de huit heures_; dites, _il est huit -heures moins un quart_. Voyez _quart_. - -7. Ne dites pas: _mon frère est le 5e de 36 dans sa classe_; dites, -_... sur 36..._ - -8. Ne dites pas: _d'un coup de massue il cassa la tête de son ami_; -dites, _il cassa la tête à son ami_. - -9. Ne dites pas: _cela ne me fait de rien, ne m'est de rien_; dites, -_cela ne me fait rien, ne m'est rien_. - -10. Ne dites pas: _j'y penserai de la nuit, j'y travaillerai du matin, -du jour_; dites, _... pendant la nuit, dans la matinée, pendant la -journée_. - -11. La particule _de_, devant les noms propres de noblesse, s'écrit -avec un petit _d_ et non avec le _D_ majuscule: _de Montmorency, de -Ligne, d'Oultremont, d'Orléans_. On écrit _De_ avec une majuscule, -lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on sépare la -particule du nom. - -12. Après les verbes _espérer, souhaiter, désirer_, on peut exprimer -ou sous-entendre la préposition _de_ devant l'infinitif: _j'espère -réussir_ ou _de réussir_; _je désire aller_ ou _d'aller avec vous_, -etc.--_Compter_, dans le sens de, _se proposer, croire_, ne prend -point la préposition _de_ devant un infinitif; ainsi vous direz: _il -compte partir demain_ et non _de partir_. (Acad.) - -13. Dans la conversation et le style familier, _de_ se supprime souvent -après les prépositions _hors, près, vis-à-vis_, lorsqu'elles sont -suivies d'un nom de chose: _il est logé hors la barrière, il demeure -près la porte Saint-Antoine, vis-à-vis l'église_. (Acad.) Mais devant -un nom de personne ou un pronom, on doit employer _de_: _il était près -de Paul, vis-à-vis de vous_, et non _près Paul, vis-à-vis vous_. - -14. L'emploi de la préposition _de_ est vicieux dans cette phrase: _la -moitié de huit est de quatre_; dites, _est quatre_. - -15. On peut exprimer ou sous-entendre la préposition _de_ devant un -infinitif après _c'est... que, mieux... que, plutôt que_: ainsi vous -pouvez dire: _c'est quelque chose que faire_ ou _que de faire un beau -rêve_; _il vaut mieux étudier que de_ ou _que jouer_; _plutôt que de_ -ou _que m'exposer à une correction, je préfère faire mes devoirs_. -Néanmoins l'usage général est d'exprimer la préposition _de_. - -16. _Il ne fait que sortir_, signifie, il sort à chaque instant; _il ne -fait que de sortir_, veut dire, il vient de sortir. - -17. L'usage permet également de dire: _on dirait un fou_, et _on dirait -d'un fou_. - -18. Ne dites pas: _si j'étais toi, si j'étais lui, si j'étais vous; si -j'étais à la place de_, etc., _je ferais telle chose_; mais dites, _si -j'étais que de toi, de lui_, etc., et mieux, _si j'étais de toi, de -lui_, etc. - -19. On emploie ordinairement la préposition _de_, devant un participe -passé précédé d'un adjectif numéral ou d'un nom collectif; on dit: _il -y eut cent hommes de tués et un grand nombre de femmes de blessées_, -plutôt que: _il y eut cent hommes tués et un grand nombre de femmes -blessées_;--mais on doit la supprimer devant un adjectif qualificatif: -_dans cette ville il n'y a pas quatre monuments remarquables_. -Cependant lorsque le nom qui précède le participe ou l'adjectif, est -représenté par le pronom _en_, on exprime la préposition: _sur mille -hommes, il y en eut cent de tués; parmi tant de monuments, il n'y en a -pas un de remarquable_. - -=Débâcle=, rupture et descente de glaces, est féminin; prononcez -_débâ-cle_. - -=Déballer.=--Ne dites pas: _ce marchand est déballé à l'hôtel -de l'Europe_; dites, _... a déballé_, car il n'a déballé que ses -marchandises, et il ne s'est pas déballé lui-même. - -=Débine=, s. f.--_Être dans la débine_, c'est-à-dire, dans la gêne; -cette expression est triviale et même tout-à-fait populaire. Voyez -_blaguer_. - -=Débiser.=--Ne dites pas: _j'ai les mains et les lèvres toutes -débisées_; dites, _toutes gercées par la bise, par la gelée, par le -froid; le froid gerce les lèvres, les mains_. - -=Débit=, s. m., vente, trafic; le _t_ ne se prononce pas.--Ne dites -pas: _vendre en gros et en débit_; dites, _... en détail_. - -=Débiteur=, qui doit, fait au féminin _débitrice_. - -=Débours=, argent qu'on a avancé pour le compte de quelqu'un; ce mot a -vieilli; dites _déboursés_ (au plur.) et non _débourses_. (Acad.) - -=Décaméron=, s. m., ouvrage contenant le récit des événements de dix -jours; prononcez _décamérone_. - -=Décanat, Doyenné.=--Le _décanat_ est la dignité du doyen: _ce curé a -été promu à un décanat_. Le _doyenné_ est le pays qui ressortit à un -doyen: _le doyenné de Sprimont se compose de vingt paroisses_. - -=Décéder=, v. n., prend le verbe _être_ dans ses temps composés. Ce -mot n'est guère usité, dit l'Académie, qu'en termes de jurisprudence -et d'administration, et en parlant des personnes; il s'emploie aussi -au participe passé dans les inscriptions; dans tout autre cas on se -sert du verbe _mourir_. Ces observations s'appliquent également au -substantif _décès_. - -=Décemment=, adv., d'une manière décente; prononcez _déçaman_; -prononcez de même, _apparemment, prudemment, négligemment_. - -=Décemvir=, s. m., l'un des dix magistrats de Rome; prononcez -_décèm'vir, décèm'virat_. - -=Décennal=, adj., qui dure dix ans: prononcez _décèn'nal_. - -=Décesser=, n'est plus en usage; il faut dire _cesser, discontinuer_. - -=Décider=, devant un infinitif, demande la préposition _à_: _cette -raison m'a décidé à partir_ (et non _de_ partir); _je me suis décidé -à rester_. Cependant lorsqu'il signifie, prendre une résolution, -déterminer ce que l'on doit faire, il prend _de_: _nous nous décidâmes -de partir sur-le-champ_. - -=Décime= (pièce de dix centimes), _centime, cents_, sont _masculins_: -_un décime, un centime, un cents_. Voyez _centime_ et _cents_. - -=Déclicher=, est un mot wallon: dites, _lever la clenche, le loquet_. - -=Décombres=, débris, est un substantif _masculin_ pluriel sans -singulier: _il faut faire enlever ces décombres_. - -=Décommander=, révoquer un ordre, n'est pas français; dites -_contremander_. - -=Décorum=, s. m., bienséance; il n'est guère usité que dans ces -phrases: _garder, observer le décorum_, garder les bienséances; -_blesser le décorum_, choquer les bienséances; prononcez _décorome_; il -n'a point de pluriel. - -=Découcher= (_se_), n'est pas français; dites _se lever_.--_Découcher_, -v. n. et a., signifie, coucher hors de chez soi, ou être cause que -quelqu'un quitte le lit où il couche: _depuis huit jours, il a découché -trois fois; le maître de la maison m'avait offert son lit, mais je n'ai -pas voulu le découcher_. - -=Décrémer= le lait, ôter la crème de dessus le lait; ce mot n'est pas -français; il faut dire _écrémer_. Voyez _chrême_ et _crémer_. - -=Décret=, s. m., loi, ordonnance; prononcez _décrè_ et non _decrè_. - -=Décrottoir=, s. m., est une lame de fer destinée à décrotter la -chaussure; _décrottoire_, s. féminin, est une brosse ronde pour -décrotter la chaussure. - -=Dedans=, adv. de lieu, ne prend pas de complément; ainsi ne dites pas, -_dedans la maison, dedans ma chambre_, mais, _dans la maison, dans ma -chambre_. - -2. _Donner dedans_, c'est se laisser tromper comme un sot; _mettre -quelqu'un dedans_, c'est le tromper: ces locutions sont populaires. -(Acad.) - -=Défaufiler= et =Défiler=, (défaire un tissu fil à fil) ne sont pas -français; dites _éfaufiler_ et _effiler_. - -=Déficeler=, ôter la ficelle, n'est pas français. - -=Déficit=, s. m., ce qui manque; prononcez _déficite_. Quoique -l'Académie dise qu'il est invariable au pluriel, nous pensons que -_déficit_, qui a un accent sur l'_e_, est un mot tout-à-fait français, -et qu'il doit par conséquent être soumis aux règles de la grammaire; -ainsi nous écririons plutôt _des déficits_, avec une _s_ que sans _s_. - -=Défier=, v. actif: _je l'en défie_ et non, _je lui en défie_. - -=Définitive= (=en=), loc. adv., en résumé; ne dites pas et ne prononcez -pas _en définitif_. - -=Dégommer=, v. a., dans le sens de destituer, ruiner, déconsidérer, est -français, mais il est populaire. - -=Dégouttant=, signifie qui dégoutte: _ce linge n'est pas sec, il est -encore tout dégouttant_. Ne confondez pas ce mot avec _dégoûtant_, qui -donne du dégoût: _malpropreté dégoûtante_; prononcez _oû_ long dans -_dégoûtant_ et _ou_ bref dans _dégouttant_. - -=Dégrafer=, détacher une agrafe; ne dites pas _désagrafer_. - -=Dégriffer=, n'est pas français; c'est _égratigner_ qu'il faut dire. - -=Déguisé.=--Ce mot ne s'emploie pas comme substantif; ne dites donc -pas: _j'ai vu plus de trente déguisés pendant le carnaval_; dites, -_plus de trente masques_. - -2. Ne dites pas: _la petite vérole l'a déguisé_; dites, _l'a -défiguré_.--_Déguiser_ signifie masquer, travestir. - -=Déhonté=, adj., éhonté; ce mot, rejeté par quelques grammairiens, est -admis par l'Académie: _un homme déhonté, une femme déhontée_. - -=Dehors=, adv. de lieu, opposé à _dedans_, comme _hors_ est opposé à -_dans_; _dehors_ doit toujours être employé sans complément: _restez -dedans, j'irai dehors_. - -2. Il est ridicule de mettre _dehors_ après les verbes _boire, aller, -tomber_, etc.; ainsi ne dites pas: _buvez votre verre dehors; le feu va -dehors; la bouteille est dehors_; dites tout simplement, _buvez, videz -votre verre; le feu s'éteint; la bouteille est vide_. - -3. Ne dites pas non plus: _je sais ma leçon dehors_; dites, _je sais ma -leçon par coeur_. (Fland.) - -4. Ne dites pas: _quelques historiens racontent qu'il tomba autrefois -des pluies de sang dehors le ciel_; dites, _qu'il tomba du ciel..._ -(Fland.) - -5. Ne dites pas: _on a sonné dehors que le pain est baissé_; dites, _on -a annoncé au son de la clochette que..._ (Fland.) - -6. Ne dites pas: _il m'a donné cela dehors; j'ai eu ma carte dehors_ -(t. de jeu de cartes); dites, _il m'a donné cela; j'ai eu ma carte_ (en -retranchant _dehors_). (Fland.)--Prononcez _dehors_ et non _déhors_. - -=Déjà=, adv.: prononcez _déjà_ (_é_ fermé) et non _dejà_ ni _dèjà_. - -_Déjeter_.--Ce verbe ne s'emploie que pronominalement et signifie -se courber, se contourner: _le bois de cette table s'est déjeté; sa -colonne vertébrale s'est un peu déjetée_. - -2. Mais il ne faut pas l'employer dans le sens de bouleverser, -déranger, mettre en désordre, bousculer, agiter, secouer: _bouleverser -tout dans une chambre; on a bousculé mes livres; nous fûmes -horriblement bousculés dans la foule_. _Se déjeter_ ne doit pas non -plus s'employer au lieu de, _se débattre, s'agiter_: _se débattre comme -un possédé; un oiseau qui se débat quand on le tient; ce malade s'agite -continuellement_.--Prononcez _déj'ter_ et non _déch'ter_. - -=Déjeuner, Dîner, Souper, Goûter.=--Ces verbes veulent la préposition -_de_ devant le nom de la chose dont on déjeune, dîne, soupe, etc.: -_déjeuner de chocolat, dîner de cotelettes, souper de fruits_. -Cependant on peut aussi employer _avec_: _il déjeune tous les matins -avec du chocolat; déjeuner avec du beurre et des radis_. (Acad. aux -mots _matin_ et _radis_.) Nous ferons remarquer du reste que de bons -écrivains n'ont pas craint de dire _déjeuner avec_, etc., devant le nom -de la chose mangée. - -2. Il est à remarquer que l'_u_ de _déjeuner_, s. ou v., n'est pas -marqué d'un accent circonflexe, quoiqu'il soit formé de la particule -_de_ et du verbe _jeûner_. Prononcez _déjeuner_ et non _d'jeuner_. - -=Délabrement=, s. m., état délabré; l'_a_ est long de même que dans -_encadrement_ et dans tous les autres mots où se retrouvent les -syllabes _abre, adre, avre_. Voyez _abre_. - -=Délibérer=, v. a.--Ne dites pas: _ce soldat est délibéré du service_; -dites, _est quitte, délivré, libéré du service_. - -=Délice= et =Orgue= sont masculins au singulier et féminins au pluriel: -_un grand délice, de grandes délices; un bon orgue, de bonnes orgues_. -Cependant ils sont masculins au pluriel lorsque dans une même phrase, -ils s'emploient au singulier et au pluriel: _un de mes plus grands -délices était d'étudier; cet orgue est un des meilleurs que j'aie -entendus et un des plus beaux que j'aie jamais vus_. - -=Déloger= et =Découcher.=--_Déloger_ signifie quitter le logement, -décamper; _découcher_ veut dire, coucher hors de chez soi: _il déloge à -la fin du mois; je vous ferai bien déloger de là; depuis huit jours il -a découché trois fois_. Voyez _découcher_. - -=Demain.=--On peut dire _demain au matin et demain matin_; mais cette -dernière locution est préférable. (Acad.) - -=Demander=, v. a.--_Demander excuse_ est une expression incorrecte; -dites, _je vous fais, je vous offre, je vous présente mes excuses_. - -2. Ne dites pas: _mon maître vous demande de venir_; dites, _vous prie -de venir_ ou _d'aller le trouver_. - -3. Ne dites pas: _demander après quelqu'un_ ou _après quelque chose_; -mais, _demander quelqu'un, demander quelque chose_. - -4. Après _demander_, il faut _que_ et non _à ce que_: _je demande qu'on -répare mon honneur_, et non, _à ce qu'on répare...._ - -5. _Demander_, suivi d'un infinitif, régit les prépositions _à_ et -_de_, suivant le sens: la prép. _à_, lorsque l'action, exprimée par -chacun des deux verbes est faite par la même personne: _il demande à -entrer; Philoclès demanda au roi à se retirer_.--La prép. _de_, dans -le cas contraire: _je vous demande de m'écouter_. - -=Déméfier= (=se=), barb.; dites, _se défier_ ou _se méfier_. - -=Démêler=, v. a.--On ne dit pas, _démêler les cartes_, mais, _mêler_ -ou _battre les cartes_. - -=Demeurer=, prend _avoir_ quand il signifie: 1º _habiter_: _il a -demeuré trois ans à Bruxelles; il demeure dans telle rue_ (plutôt -que, _il reste_); 2º _tarder_: _il a demeuré longtemps en chemin_; 3º -_employer plus ou moins de temps à quelque chose_: _il n'a demeuré -qu'une heure à faire cela_.--_Rester_ prend également _avoir_ dans le -sens de _séjourner_: _il a resté deux jours à Lyon_. (Acad.) Dans tout -autre sens, _demeurer_ et _rester_ prennent l'auxiliaire _être_: _il -est demeuré, il est resté mille hommes sur la place; elle est demeurée, -elle est restée court, seule, veuve_, etc. - -=Demi, ie=, placé devant un substantif, reste invariable: _une -demi-heure, des demi bouteilles_; il reste également invariable -lorsqu'il entre dans la composition d'un mot: _des demi-heures, des -demi-lunes, des demi-tons, des demi-dieux, des demi-frères_.--Placé -après son substantif, il en prend le genre, mais il s'écrit toujours au -singulier: _deux kilo et demi, deux livres et demie_.--_Demi, demie_ -s'emploient substantivement, le premier pour désigner _une moitié -d'unité_, le second pour signifier _demi-heure_: _quatre demis valent -deux unités; cette pendule sonne les heures et les demies_. (Acad.) -Prononcez _demi_ et non _démi_ ni _dèmi_. - -2. _Deux heures et demie, deux heures et un quart_; ne faites pas la -liaison de l'_s_ finale du mot _heures_ avec le mot suivant. Voyez -_liaisons affectées_. - -=Demi-frère=, s. m., celui qui n'est frère que du côté paternel ou du -côté maternel; les expressions _frère germain, frère consanguin_ et -_frère utérin_ ne sont guère usitées qu'en jurisprudence. (Acad.) - -=Démission=, s. f.--Ne dites-pas: _dès que j'aurai ma démission, je -me retirerai à la campagne_; dites, _dès que j'aurai ma retraite, ma -pension..._ La _démission_ est l'acte par lequel on se démet d'une -dignité, d'un emploi: _démission volontaire, démission forcée; donner -sa démission_. - -2. N'employez pas non plus le mot _démission_, dans le sens de -_destitution_, qui est la privation _forcée_ d'une charge, d'un emploi, -etc.: _prononcer la destitution d'un fonctionnaire_. - -=Demoiselle.=--Une dame, faisant allusion à ses jeunes années, dit -ordinairement: _quand j'étais demoiselle_; il serait mieux de remplacer -_demoiselle_ par le mot _fille_; mais il est encore mieux de dire -_avant mon mariage_, ou d'employer quelque tour analogue à celui-là. -Voyez _monsieur_ et _époux_. - -2. Ne dites pas: _comment se porte votre demoiselle_ (en parlant à son -père ou à sa mère)? dites, _comment se porte mademoiselle votre fille_ -ou _mademoiselle N.?_ Il en est de même des mots _dame, madame_, quand -on s'adresse au mari. - -=Denier=, s. m., petite monnaie; ne dites pas _dernier à Dieu_, -mais _denier à Dieu_: prononcez _de-nié_ et non _dé-nié_ ni -_degnier_.--Voyez _ni_. - -=Dénouement, dénouer, déjouer, jouer=, etc.; prononcez _dénoû-ment, -dénou-er, déjou-er, jou-er_, et non _dénou-we-ment, denou-wer, -déjou-wer, jou-wer_. - -=Dent=, s. féminin: _une dent, de belles dents_. - -2. On dit très-bien d'un enfant, _qu'il fait ses dents, qu'il fait des -dents_, pour signifier que les dents lui viennent. (Acad.) - -3. Ne dites pas: _j'ai les dents longues quand je mange du fruit -vert_; dites, _j'ai les dents agacées, quand..._ ou bien, _ces fruits -m'agacent les dents..._ Voyez _long_. - -4. Ne dites pas: _se laisser tirer une dent_; dites, _se faire arracher -une dent_. (Fl.)--Prononcez _dan_ et non _dante_. - -=Dentelle=, disposition des dents, n'est pas français; dites _denture_. - -=Denture=, s. f., ordre dans lequel les dents sont rangées; ce mot est -français: _ce jeune homme à une belle denture_. - -=Dépareiller, Déparier.=--_Dépareiller_, c'est ôter ou perdre une ou -plusieurs choses pareilles; un ouvrage est _dépareillé_ par un seul -volume égaré ou perdu, même quand on a remplacé ce volume, s'il n'est -pas en tout semblable aux autres. _Déparier_, c'est ôter l'une des deux -choses qui font la paire: _déparier des gants, des souliers; déparier -des pigeons_, c'est séparer le mâle de la femelle. Il en est de même de -_appareiller_ et _apparier_. - -=Déparler=, cesser de parler, ne s'emploie qu'avec la négative; on ne -doit donc pas dire: _il déparle_, mais on dit, _il ne déparle pas_ (il -ne cesse pas de parler.) - -=Dépêcher= (=se=), devant un infinitif, veut la préposition _de_: -_dépêchez-vous de partir_ (et non _à partir_). - -2. Gardez-vous de dire: _dépêchez-vous vite_; dites simplement -_dépêchez-vous_. - -=Dépendre=, doit être suivi de la préposition _de_ et non de _à_: _cela -ne dépend que de vous_, et non, _cela ne dépend qu'à vous_. (Fland.) - -=Dépenses.=--Ne dites pas; _il a fait beaucoup de dépenses autour de -sa maison_; dites, _à sa maison_. - -=Dépenseur=, n'est pas français; dites _dépensier_. - -=Dépersuader=, n'est pas français; dites _dissuader, déconseiller_. - -=Déplorable=, adj., se dit des choses: _un événement déplorable_; -et quelquefois des personnes dans le style soutenu: _une famille -déplorable_. (Acad.) - -=Dépositaire=, subst. des deux genres, celui ou celle à qui on confie -un dépôt; _déposant_ est celui qui confie le dépôt. Prononcez _dépô_ -(_ô_ long) et non _dépo_ (_o_ bref). Voyez _légataire_. - -=De profundis=, s. m.; prononcez _de profondice_. - -=Depuis=, prép. et adv.--Ne dites pas: _il nous arriva hier plusieurs -accidents, depuis que nous fûmes sortis_; dites, _après que nous..._ - -2. Ne dites pas non plus: _depuis Liége jusqu'à Huy il y a six lieues_; -dites, _de Liége à Huy_.... _Depuis_ indique un certain espace de temps -et non la distance. - -3. Prononcez _depui_ (_ui_ diphthongue) et non _dépui_ ni _depoui_; -prononcez de même, je _suis_, je _puis, lui, aujourd'hui, ensuite, -puissant, puits, Huy_, etc. Voyez _ui_. - -=Déranger=, dans le sens de déranger la santé, indisposer, incommoder, -est français, quoi qu'en disent certains grammairiens: _j'ai mangé hier -un peu plus qu'à l'ordinaire, et cela m'a dérangé_. (Acad.) - -=Dernier, ière=; prononcez _der-nier_ et non _der-gnier_. - -2. _La dernière année de sa vie_, est l'année où il est mort; _l'année -dernière_, est l'an qui vient de s'écouler. Voy. _ni_. - -=Derrière.=--Ne dites pas: _il me loue en ma présence, et, derrière -moi_ ou _en arrière, il me déchire_; dites, _en mon absence, quand je -suis absent, il me déchire_; ou bien, _par derrière il me déchire_. - -2. Ne dites pas: _il est caché par derrière la porte_; dites, _... -derrière la porte_. - -3. Ne dites pas non plus: _il loge par derrière_; dites, _... sur le -derrière_. - -=Des, Les, Mes, Tes, Ses.=--Prononcez _dè, lè, mè, tè, sè_, et non -_dé, lé, mé, té, sé_. - -=Descendre=, v. a. ou n., se conjugue avec l'auxiliaire _avoir_ et avec -l'auxiliaire _être_, selon que l'on considère l'action ou le résultat, -ou selon que l'on peut répondre à l'une où à l'autre de ces questions: -_qu'a-t-il fait?_--_où est-il? qu'est-il devenu_? _il a descendu_ -(_qu'a-t-il fait?_) _la montagne au galop_; _votre père est-il en -haut? non, il est descendu_ (_où est-il?_); _j'ai descendu_ (_qu'ai-je -fait?_) _l'escalier en moins d'une minute_; _il y a plus de dix minutes -que je suis descendu_ (_où suis-je, que suis-je devenu?_). - -2. Ne dites pas, _descendre en bas, monter en haut_; dites simplement -_descendre, monter_: il est clair en effet qu'on ne peut pas _descendre -en haut_ ni _monter en bas_; voyez _haut_. Prononcez _dècen-dre_ et non -_d'cendre_. - -=Désagrafer=, n'est pas français; dites _dégrafer_. - -=Déshonnête, Malhonnête=, adj.--Ces mots n'ont pas la même -signification: _une action déshonnête_ est une action contraire à la -pureté; _une action malhonnête_ est contraire à la civilité, à la bonne -foi, à la droiture. - -=Désir=, s. m.: prononcez _désir_ et non _desir_ ni _d'sir_; il en est -de même de _désirer, désireux_. - -=Désirer=, v. a.--_Désirer de faire_ ou _désirer faire_.--On doit -le faire suivre de la préposition _de_, lorsqu'il exprime un désir -dont l'accomplissement est incertain, difficile ou indépendant de la -volonté: _désirer de réussir; il y a longtemps que je désirais de vous -rencontrer; je désirerais bien d'en être débarrassé_. (Acad.)--Quand, -au contraire, ce verbe exprime un désir dont l'accomplissement est -certain ou facile et plus ou moins dépendant de la volonté, il -s'emploie sans la préposition _de_: _je désire le voir; il désire vous -parler_. (Acad.) - -2. Nous ferons remarquer que l'on emploie l'infinitif quand le verbe -régi se rapporte au sujet du verbe _désirer_, et que l'on se sert de -_que_ avec le subjonctif, quand il ne s'y rapporte pas: _je désire -partir; je désire que vous partiez_. (LAVEAUX). - -3. Prononcez _désirer_ et non _desirer_ ni _dèsirer_: anciennement on -écrivait néanmoins _desir, desirer, desireux, desirable_, et l'Académie -dit que plusieurs écrivent et prononcent de la sorte, mais dans tous -les exemples qu'elle donne elle écrit _désir, désirer, désireux, -désirable_. - -=Désister.=--Ce verbe est essentiellement pronominal; on doit dire -_se désister_ et non _désister de quelque chose_; _se désister d'un -procès_. Ce serait une faute tout aussi grave d'employer ce verbe dans -le sens de _cesser, discontinuer_. - -=Dès lors=: prononcez _dès lor_ et non _dès lorse_. - -=Dessein= et =Dessin=.--Écrivez sans _e_ devant l'_i_, quand il s'agit -du travail d'un dessinateur: _dessin_, d'où vient le mot _dessiner_. - -=Dessert=, s. m. et non _desserf_, ce qu'on sert à la fin d'un repas: -prononcez _dessère_. - -=Desserte=, s. f., ce qui reste d'un repas, ce qu'on a ôté de dessus -la table.--Ce mot se dit aussi des fonctions attachées au service -d'une cure, d'une chapelle: _le prêtre chargé de la desserte de cette -chapelle_. - -=Dessous, Dedans=, sont des adverbes comme _dedans, dehors, -auparavant_; d'où il suit qu'ils ne peuvent être suivis d'un -complément; vous ne direz donc pas, _dessous la table; dessus le -bureau_, mais, _sous la table, sur le bureau_.--Prononcez _deçu, -deçou_ et non _déçu, déçou_ ni _dèçu, dèçou_. - -2. Cependant _dessus, dessous_ s'emploient comme prépositions: 1º -lorsqu'ils sont liés par une des conjonctions _et, ni, ou_: _j'ai -cherché inutilement dessus et dessous le lit_; (Acad.) 2º lorsqu'ils -sont précédés d'une autre préposition: _ôtez cela de dessous moi_. - -3. _Dessous de tasse._--Cette expression n'est pas française; il faut -dire _soucoupe_. - -=Dessus=, adv.--Ne dites pas: _la roue lui a passé dessus_; dites, -_lui a passé sur le corps_, comme on dit, _le boulet lui a passé bien -près de la tête; le coup lui a passé sous les bras, entre les jambes_. -Voyez _sens_. - -=De suite= et =Tout de suite.=--Ne confondez pas ces deux -expressions: _de suite_ signifie ce qui se fait l'un après l'autre -sans interruption: _il ne saurait dire deux mots de suite_;--_tout -de suite_, ce qui a lieu sans délai, sur-le-champ: _il faut que -les enfants obéissent tout de suite_. Prononcez _de suite_ (_ui_ -diphthongue) et non _de souite_. - -2. Ne dites pas _toute de suite_ pour _tout de suite_.--Voyez _suite_. - -=Déteindre=, v. a., faire perdre la couleur à quelque chose: _le -vinaigre déteint les étoffes; le soleil déteint toutes les couleurs_. -Ce verbe est également pronominal: _cette étoffe se déteint_. - -2. Il s'emploie aussi neutralement pour _se déteindre_: _cette étoffe -déteint beaucoup; ces cravates déteignent sur le linge_. (Acad.) - -=Détritus=, s. m., débris de formation naturelle: _détritus de -végétaux_, prononcez _détrituce_. - -=Dettes.=--Ne dites pas: _je suis dans vos dettes_, ni _je suis sur -vos dettes_; dites, _j'ai une dette à vous payer, je vous dois quelque -chose, je suis votre débiteur_. - -=Deux=, adj.--Ne dites pas: _nous sommes à deux, nous étions à trois_: -dites simplement, _nous sommes deux, nous étions trois_. - -2. Ne dites pas non plus: _ils étaient leurs trois; ils sont leurs -deux_; dites, _ils étaient trois, ils sont deux_;--ce _leurs_ est un -grossier wallonisme. - -3. Ne dites pas non plus: _deux et deux sont quatre_, mais, _font -quatre_. - -4. _Tous deux_ et _tous les deux_.--L'Académie, d'accord avec les -bons grammairiens et les auteurs les plus corrects, ne trouve aucune -différence entre ces deux expressions, et en autorise indifféremment -l'emploi: ainsi lorsqu'on veut exprimer l'idée de simultanéité, il vaut -mieux employer le mot _ensemble_: _Pierre et Paul iront ensemble à la -chasse_, que de recourir à cette locution _tous deux_. Prononcez _deû_ -et non _deuce_. - -=Deuxième, Second=: voyez _second_. - -=Devancer=, v. a.: prononcez _devancer_ et non _dévancer_ ni _dèvancer_. - -=Devant.=--Ne dites pas: _le jour de devant_, mais, _la veille_; ni -_le jour d'après_, mais, _le lendemain_. - -2. _Devant_ indique généralement le lieu, la place; _avant_ indique -plus spécialement le temps: _retirez-vous, ne vous placez pas devant -moi; laissez-le courir, j'arriverai pourtant avant lui_. - -3. Ne dites pas: _faites vos devoirs devant d'aller jouer_, mais, -_avant d'aller jouer_. - -=Devanture=, quoi qu'en disent quelques grammairiens, se dit de la face -antérieure et de la façade d'une maison: _la devanture d'une maison_. -(Acad.) - -=Devenir=, ne peut pas s'employer pour _venir_; ne dites donc pas: _je -deviens de la ville_, mais, _je viens de la ville_: prononcez (_je_) -_deviens_ et non _déviens_ ni _dèviens_. - -=Deviner=, v. a.: prononcez _deviner, devin_ et non _déviner, dévin_. - -=Devinette=, n'est pas français; dites _énigme, rébus_: _pourriez-vous -deviner cette énigme, ce rébus_. - -=Devis=, s. m., propos, état d'architecture: prononcez _devi_. - -=Dévoiement=: prononcez _dévoament_ sans faire sentir l'_e_ ni un _y_, -et non _dévoyement_. - -=Devoir=, s. m.--Ne dites pas, _rendre le dernier devoir à un mort_; -dites, _les derniers devoirs_. - -2. _Devoir_, v.--Beaucoup de personnes disent: _j'ai dû rire_, sans -vouloir indiquer par là qu'elles ont été forcées de rire; dites -simplement: _j'ai ri, je n'ai pu m'empêcher de rire, c'était risible_. - -3. Les locutions wallonnes, _il ne devrait pas, il ne pourrait pas -valoir_, se traduisent par, _il ne faudrait pas, il ne serait pas à -désirer, il ne ferait pas beau voir_. - -4. Ne dites pas: _nous allons devoir partir_; dites, _nous partirons -bientôt, nous allons partir; nous serons bientôt obligés de partir; il -faudra que nous partions_. - -5. Ne dites pas, _nous de-ve-rions, vous de-ve-riez_, mais, _nous -de-vrions, vous de-vriez_. - -=Dévouement, Dévouer=: prononcez _dévoûment, dévou-er, je me dévoû_, et -non _dévou-wement, dévou-wer, je me dévou-we_. - -=Dey=, s. m., gouverneur de Tunis et ancien gouverneur d'Alger: -prononcez _dè_ et non _deye_. - -=Di.=--Prononcez _di_ et non _gi, tgi_, en donnant à _di_ un son à peu -près équivalent au _g_ wallon ou italien: _Dieu, diamant, diamètre, -diable, vous demandiez, mendier, mendiant_, etc.--Voyez _ti_. - -=Dia=, cri des charretiers pour faire tourner les chevaux à -gauche.--Voyez _hue_. - -=Diable=, s. m., démon: prononcez _diâble_, _iâ_ diphthongue longue -et non _diable_, ni _diape_. Le féminin _diablesse_ est un terme -d'injure qui se dit ordinairement d'une femme méchante et acariâtre; il -s'emploie aussi dans le sens de, _bon diable, bonne diablesse; pauvre -diable, pauvre diablesse; méchant diable, méchante diablesse; grand -diable, grande diablesse_. - -2. Dites, _faire le diable à quatre_ et non, _en quatre_. - -=Diacre=, s. m., clerc promu au diaconat: prononcez _dia-cre_ (_i_ -bref) et non _diâcre_ ni _diaque_; il en est de même de _sous-diacre_. - -=Diagnostic=, s. m., connaissance des symptômes d'une maladie; -prononcez _diagh'nostik_ (_g_ dur). - -=Dialecte=, s. m., idiome particulier dérivé de la langue nationale; -prononcez _dialek-te_ et non _dialek_. - -=Dicace, Ducace=, ne sont pas français; dites _kermesse, fête_. - -=Dictamen=, s. m., sentiment de la conscience; prononcez _diktamène_. - -=Diction, Dictionnaire.= Prononcez _dikcion, dikcionère_ et non -_dikchon, dikchonnère_; il en est de même de tous les mots terminés -en _tion, tier, tié_: _accusation, formation, cabaretier, amitié_, et -non _accusachon, formachon, cabarecher, amiché_ (_ch_ des wallons, -équivalant à _tch_ ou au _c_ des italiens). - -=Dièse=, s. m., signe pour hausser la note d'un demi-ton; prononcez -_diè-ze_ et non _diè-ce_. - -=Dieu=: prononcez _Dieu_ (en appuyant sur _di_) et non _Djieu_ ni -_chieu_ (_ch_ wallon).--Voyez _di_. - -=Différer=, dans le sens de _disconvenir_, n'est pas français; dites -donc, _je n'en disconviens pas; disconvenez-vous du fait?_ et non, _je -n'en diffère pas; différez-vous du fait?_ - -2. Dans le sens de, _remettre à un autre temps_, il régit la prép. _de_ -devant un infinitif: _ne différez pas de partir_. - -=Difficile.=--Ne dites pas: _j'ai difficile, j'ai facile d'apprendre -par coeur; tu as bien facile, tu as bien difficile_; dites, _j'éprouve, -tu éprouves, j'ai, tu as de la difficulté, de la facilité pour..._ -ou bien, _j'apprends difficilement, malaisément, avec peine, avec -difficulté, facilement, aisément, avec facilité_; dites encore, (au -lieu de _tu as bien facile, bien difficile_) _c'est bien facile, bien -aisé, bien difficile, mal aisé_: cette locution, qui se rencontre -fréquemment chez les wallons, est tout-à-fait vicieuse. - -2. Ne dites pas non plus: _il fait facile_, il _fait difficile de -marcher_; dites, _on a de la peine, on éprouve de la difficulté à -marcher; on marche avec peine, difficilement_; ou bien, _on marche -facilement, aisément, sans peine; il est facile, difficile de_, etc. - -3. Ne dites pas non plus: _ces livres sont difficiles_ ou _faciles à se -procurer_; dites, _il est difficile, facile de se procurer ces livres_. - -4. Quand _facile à, difficile à, aisé à, bon à_, sont suivis d'un -infinitif, ce dernier a un sens passif: _ce livre est difficile à -lire_, c'est-à-dire, _à être lu_; ainsi ces adjectifs, dans ce sens, ne -peuvent régir un verbe pronominal. - -5. _Être difficile à vivre_, c'est-à-dire, être d'un caractère -difficile, d'un commerce difficile, avec qui il est difficile de vivre, -est une locution correcte, quoi qu'en disent certains grammairiens, -plus orthodoxes que l'Académie. - -=Digestion=, s. f., coction dans l'estomac; prononcez _digess'thion_ et -non _digécion, digession, dijection_. - -2. On dit, _ces aliments sont digestibles_, faciles à digérer, ou -_indigestes_, difficiles à digérer. _Digeste_ et _digestif_ dans le -sens de _digestible_ ne sont pas français. - -=Digne=, adj.--Dans une phrase affirmative, il se dit également -du bien et du mal: _il est digne de récompense, il est digne de -châtiment_; mais dans une phrase négative, il ne se dit que du bien: -_il n'est pas digne de votre amitié_. On ne dira donc pas: _il n'est -pas digne du supplice_; il faut se servir d'une autre tournure de -phrase, par exemple: _il ne mérite pas le supplice_.--_Indigne_ ne -se dit non plus que du bien: _il est indigne d'être puni_, serait une -faute. - -2. Prononcez _digne_ (et non _dine_), _di-gnement, di-gnité, indi-gner, -indi-gnement_, et non _dign'-nement, dign'-nité, indign'-ner, -indign'-nement_. Voyez _gn_. - -=Diligence.=--On dit, _aller, être dans la_ ou _en diligence_, et non, -_sur la diligence_, à moins qu'il ne soit question de l'impériale; -prononcez _diligence_, et non _déligence_. - -=Diminuer.=--Ne dites pas, _les grains, les vins diminuent_, pour -signifier qu'ils sont à la baisse; dites, _le prix des grains, des vins -diminue, baisse_. Voyez _augmenter_. - -=Diminutif.=--Évitez d'ajouter le mot _petit_ à un diminutif: _une -petite barquette, une petite statuette, un petit saumonet_; dites -simplement, _une barquette, une statuette, un saumonet_, à moins -que vous ne vouliez insister sur les petites dimensions de cette -_statuette_, etc.; ainsi _une petite statuette_ est une statue -doublement petite. - -=Dînatoire=, adj.--Ce mot ne figure pas dans l'Académie et n'est -usité que dans l'expression suivante, _déjeuner dînatoire_, déjeuner -qui tient lieu de dîner; on dit mieux dans ce sens, _déjeuner-dîner_. -(Acad.) - -=Dîner= _de_ et _avec_: voyez _déjeuner_. - -2. _Dîner, dînée, dîné_ (_avant, après-dînée_, etc.): voyez _après_. - -=Diocèse=, s. m., pays administré par un évêque; prononcez _diocè-ze_, -et non _diocè-ce_. - -=Diplôme=, s. m., charte, acte public; prononcez _diplôme_ (_ô_ long). - -=Dire=, v. a.--On rencontre trop souvent de ces impitoyables parleurs -qui vous assomment à chaque phrase de leurs éternels _dis-je, dit-il, -qui dit, qu'il dit_; c'est une faute qu'il faut éviter avec d'autant -plus de soin, qu'elle n'est propre qu'à rendre ridicule celui qui en a -contracté l'habitude. - -2. _Dire_ ne s'emploie pas dans le sens de _promettre_; il faut donc -condamner les locutions flamandes: _je lui ai dit de venir, il m'a dit -de venir_; remplacez-les par _je lui ai promis de venir; il m'a promis -de venir_; ou bien, _je lui ai dit que je viendrai_, etc. - -3. Ne dites pas: _je me suis laissé à dire_; cette locution n'a pas -le sens que les wallons y attachent; dites, _j'ai cédé; j'ai cédé aux -instances_. - -4. _Dire_ et _redire_, font à la 2e p. pl. du prés. de l'ind., _vous -dites, vous redites_; tous les autres composés font, _vous médisez, -vous contredisez_, etc. - -=Direct, Indirect=: prononcez _direk-te, indirek-te_. - -=Directement=, adv.--Ne dites pas: _ce remède m'a guéri directement_; -dites, _sur le-champ_. - -=Disciple=: voyez _élève_. - -=Discompte.=--Ce mot n'est pas français; c'est _escompte_ qu'il faut -dire. On emploie aussi à tort le mot _discompte_ pour signifier le _bon -poids_. - -=Disconvenir=, se conjugue toujours avec l'auxiliaire _être_: _il n'en -est pas disconvenu_. - -=Discord=, adj., qui n'est point d'accord: _instrument discord_; il n'a -pas de féminin. - -=Disert=, adj., qui parle bien et aisément; prononcez _dizère_. - -=Disparution.=--Ce mot n'est pas français; dites, _disparition, -apparition_; mais il faut dire _comparution_. - -=Dispos=, adj., léger, agile; il ne se dit que des personnes: _un homme -gaillard et dispos_; cet adjectif n'a pas de féminin. - -=Disposer=, v. a.--Ne dites pas: _j'ai disposé sur vous 1000 francs_; -dites, _de 1000 francs_. - -=Disputer= (=se=), dans le sens de _se quereller_, s'emploie rarement; ne -dites donc pas: _ces enfants se disputent sans cesse_; dites plutôt, -_ces enfants se querellent sans cesse_, ou _disputent sans cesse_. - -2. Ne dites pas: _son père le dispute toujours_; dites, _le gronde, le -querelle toujours_. - -=Distiller=, _distillerie, distillateur, distillation_: les _ll_ ne se -mouillent pas et l'on n'en prononce qu'une. - -=Distinct, te=, adj.--Prononcez _distink'te_ et non _distinke_, ni -_distin_. - -=District=, s. m., juridiction; prononcez _distrik_, sans faire sentir -le _t_ final. - -=Dit.=--Lorsque ce participe est placé immédiatement après un article -ou un adjectif possessif, il ne forme avec lui qu'un seul mot: _ledit -lieu, ladite maison, mondit seigneur, sondit procès-verbal_. - -2. Ne dites pas: _franchement dit, il a raison_; dites, _à franchement -parler, il a raison; franchement, il a raison_. - -=Divers=, adj., différent; au masculin, prononcez _divère_ et non -_diverce_. - -=Divin=, adj., placé devant un mot qui commence par une voyelle ou une -_h_ muette, se prononce comme le féminin _divine_: _divin auteur, divin -oracle_. - -=Divis= et =Indivis= sont invariables: posséder _par divis, par -indivis_; l'_s_ ne se prononce pas. - -=Dix.=--Prononcez _dice_ quand il est isolé; _dize_, devant une -voyelle ou une _h_ muette; _di_, devant un mot commençant par une -consonne ou une _h_ aspirée: _dix, dix héros, dix personnes, dix -hommes_. - -=Dixième=, adj.--Prononcez _dizième, vingtième_ et non _dizièm-me, -vingtièm-me_. - -=Docte=, adj., savant.--Prononcez _dok-te_ et non _dok_. - -=Docteur=, s. m., se dit quelquefois absolument pour _médecin_: -_consultez votre docteur_. Ce sens est familier, et le mot _médecin_ ou -_docteur en médecine_, selon le sens, est préférable. (Acad.) - -=Doge=, s. m., chef de la république de Venise; on dit _dogaresse_ pour -la femme du _doge_; prononcez _doge_ et non _doche_. - -=Dogme=, s. m., vérité de foi; prononcez _dogh-me_ (_g_ dur) et non -_dome_, ni _doghe_ ni _doh'me_. - -=Doigt=, s. m.--Prononcez _doa_; on ne fait pas sentir le _g_ non plus -dans _doigter, doigtier_. - -2. Ne dites pas: _j'ai un mauvais doigt, un doigt blanc_; dites, _j'ai -mal à un doigt, j'ai un panaris_. - -=Dompter, Dompteur, Domptable.=--Dans ces mots, le _p_ ne se prononce -pas; dites _donter, donteur_, etc.; mais dans _indompté, indomptable_, -on fait sentir le _p_, et l'_m_ se prononce comme _n_. (Acad.) Voyez -_p_. - -=Don=, s. m.--Ne dites pas: _don par M. N._; dites, _don de M. N._, ou -_donné par M. N._, et mieux, _offert par M. N._ - -=Donc=, conj., par conséquent.--Le _c_ a le son de _k_, lorsque _donc_ -est au commencement ou à la fin d'une phrase, ou lorsqu'il est suivi -d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette: _votre frère -vous aime, donc_ (donke) _vous devez l'aimer; allons, venez donc; votre -frère est donc_ (donke) _arrivé_. Hors ces trois cas, on ne fait pas -sentir le _c_: _votre frère est donc_ (don) _sorti_. - -=Donner.=--Ne dites pas, _donnez-moi-z'en_, mais _donnez-m'en_. - -2. Ne dites pas: _donner le dernier_, pour _administrer -l'extrême-onction_. (Fland.) - -3. Ne dites pas: _je me suis donné à connaître_, mais, _je me suis fait -connaître_. (Wall.) - -4. Ne dites pas non plus: _cet homme m'a donné des sottises_, mais -plutôt, _m'a dit des sottises_, et mieux, _m'a dit des injures_. - -5. Ne dites pas: _j'ai été le dernier au concours, mais je n'en donne -rien_; dites, _ça m'est égal, ça m'est indifférent_. (Fland.) - -6. Ne dites pas: _donner des caresses_; dites, _faire des caresses_. - -7. Ne dites pas: _donner leçon de musique, d'allemand_, etc.; dites, -_donner des leçons de musique..._ - -8. Ne dites pas: _donner le bonjour, le bonsoir_; dites, _souhaiter le -bonjour, le bonsoir_. - -=Dont=, pron. rel.--Ne dites pas: _la ville dont je viens_, mais, _la -ville d'où je viens_: _dont_ exprime simplement la relation; _d'où_ se -dit du lieu. - -2. Ne dites pas: _les livres que j'ai besoin_, mais, _les livres dont -j'ai besoin_. Prononcez _don_ et non _donte_. - -=Dormir=, ne s'emploie pas pour _coucher_; ne dites pas: _j'ai dormi -chez mon frère_, mais, _j'ai couché chez mon frère_; dites de même, -_nous avons couché ensemble_, et non, _nous avons dormi ensemble_; -mais vous direz bien: _je me suis couché sur l'herbe et j'y ai dormi_: -_dormir_ signifie être dans le sommeil. - -=Dortoir, Abattoir, Lavoir.=--Ces mots s'écrivent sans _e_ final, -tandis qu'il doit figurer dans _réfectoire, conservatoire, laboratoire, -baignoire_. - -=Dos=, s. m., partie postérieure; prononcez _dô_. - -2. Ne dites pas: _lier les mains derrière le dos_, ce qui serait un -contresens; dites, _lier les mains au dos_. - -=Dôse=, petite pustule qui vient sur la peau, est un mot wallon; dites, -_pustule, bube, cloche, élevure, ampoule_:--_avoir des élevures sur la -peau; la morsure du cousin produit une bube, une ampoule_. - -=Dot=, s. f., bien apporté en mariage: _une dot considérable_; -prononcez _dote_. - -=Douairière=, s. f., veuve qui jouit d'un douaire; prononcez -_douèrière_; quelques-uns prononcent _douarière_. - -=Douanier=, s. m., commis de la douane; prononcez _douanié_, et non -_doua-gnié_. Voyez _ni_. - -=Double.=--_Faire double_, c'est-à-dire faire toutes les mains aux -cartes; dites mieux, _faire capot, faire la vole_. Prononcez, _dou-ble_ -et non _doupe_ ni _doubèle_. - -=Douche=, est une effusion d'eau d'un lieu élevé sur une partie malade; -n'employez pas ce mot pour _chaudron, grande chaudière, cuveau_. - -=Douter.=--Ne dites pas: _je doute si vous gagnerez votre procès_: -dites, _je doute que vous gagniez votre procès_. - -=Douzaine.=--On dit _une douzaine, une huitaine, une dizaine, une -vingtaine, une centaine_, mais on ne dit pas _une troisaine, une -cinquaine, une sixaine, une septaine, une onzaine_, etc. - -=Douze heures.=--Dites _midi_ ou _minuit_, selon qu'il s'agit du jour -ou de la nuit. Prononcez _dou-ze_ et non _dou-ce_. - -=Doxal=, n'est pas français; dites _jubé_. - -=Doyen=, s. m.: prononcez _doa-i-in_ et non _do-i-in_ ni _doa-in_. - -=Drachme=, s. f., monnaie, poids; prononcez _draghme_ (_g_ dur); -quelques-uns l'écrivent ainsi. - -=Dragon=, s. m. tache qui vient sur la prunelle des hommes et des -chevaux: _avoir un dragon dans l'oeil_; ce mot est français: voyez -_taie_. - -2. _Dragon_, pour _cerf-volant_, n'est pas français. - -=Drap.=--Ne dites pas, _un drap de mains_; dites, _un essuie-mains_.--Ne -dites pas non plus, _un drap d'enfant_; dites _une couche_. - -=Drève.=--Ce mot est flamand; dites, _une avenue, une allée d'arbres_: -_l'avenue du château_. - -=Dringuelle=, mot flamand, qu'il faut rendre par une des expressions -suivantes: _pourboire, épingle, pot-de-vin_.--Les _épingles_ (au -plur.), se disent de la libéralité que l'on donne aux femmes: _voilà -pour les épingles des filles; ce sont les épingles de madame_;--le -_pourboire_ se donne aux hommes, domestiques, commissionnaires, -cochers;--_le pot-de-vin_ est ce qui se donne par manière de présent -au-delà du prix qui a été convenu pour un marché; _le pourboire_ se -donne aux personnes d'un rang inférieur; _le pot-de-vin_ se donne à des -personnes d'une position plus élevée. - -=Drogman=, s. m., interprète dans les pays orientaux; prononcez -_drogh'man_ et non _drogh'mane_: (_g_ dur). - -=Droguer=, v. n., attendre, se morfondre: _il m'a fait droguer pendant -deux heures_; ce terme est populaire; dites préférablement, _attendre, -se morfondre, faire le pied de grue_;--_croquer le marmot_ est -familier. - -=Droit.=--Ne dites pas: _cette femme marche droite à son but_; dites, -_droit à son but_; _droit_ est ici adverbe, et dans ce cas, _marcher -droit_ signifie _marcher en droite ligne, directement, par le plus -court chemin_. - -Néanmoins, si vous voulez parler de la tenue, du maintien, vous direz, -_cette femme marche droite_ (a une bonne tenue, ne se tient pas -courbée). - -En d'autres mots, _droit_ est adverbe quand il modifie un verbe: -_marchez droit devant vous, mesdames, et vous arriverez bientôt_; il -est adjectif, quand il modifie un sujet ou un complément: _marchez -droite, mademoiselle, et tenez votre bougie plus droite_. - -=Drôle.=--Bien des personnes se trompent dans l'emploi de ce mot: -_drôle_, (adjectif) gaillard, plaisant, original: _cet homme est bien -drôle; c'est un drôle d'homme, un drôle de corps; avoir une tournure -drôle, une drôle de tournure; voilà qui est drôle; un conte fort -drôle_. (Acad.) - -2. _Drôle_ s'emploie aussi comme substantif masculin, et se dit d'un -homme, d'un enfant, lorsqu'on leur attribue quelque qualité dont il -faut plus ou moins se défier, ou qu'on leur impute quelque chose dont -on est contrarié, mécontent, etc.: _c'est un drôle bien rusé; c'est -un petit drôle bien éveillé; je surpris le drôle au moment où...; ah! -monsieur le drôle, vous osez..._ (Acad.) - -3. Il se dit dans un sens tout à fait injurieux, d'un polisson, d'un -mauvais sujet, d'un homme qu'on méprise: _c'est un drôle, un petit -drôle, qui se fait chasser de partout; vous êtes un drôle, un grand -drôle_. Ce mot est toujours pris en mauvaise part comme _substantif_, -et il est familier dans ces trois acceptions (Acad.) - -4. Prononcez _drôle_ (_ô_ long) et non _drole_ (_o_ bref). - -=Drôlement=, adv., d'une manière drôle; prononcez et écrivez -_drôlement_ (_ô_ long) et non _drôledement_; prononcez également _o_ -long dans _drôlerie, drôlesse, drôlatique_. - -=Druide=, s. m., prêtre gaulois; prononcez _druide_ (_ui_ diphth.) et -non _dru-wide_ ni _druite_. - -=Ducasse= ou =Ducace=, n'est pas français; dites, _fête, kermesse_ et -voyez ce dernier mot. - -=Duègne=, s. f., gouvernante; prononcez _duègne_ (_gne_ mouillé) et non -_duène, du-ègne, du-wègne_. - -=Dupe=, s. f.--Ce mot est toujours du féminin, quoiqu'on puisse -l'appliquer à des noms du genre masculin: _cet homme a été la dupe de -son bon coeur; cette femme a été la dupe de sa bonne foi_. - -=Dur, e=, adj.--_Cela me tombe dur_, pour _cela m'est dur, m'est -pénible, me contrarie_, est un flandricisme. - -2. Ne dites pas: _il est si dur avec ses domestiques_; dites, _... -envers ses domestiques_ ou _à l'égard de ses domestiques_. - -=Durant.=--Cette préposition se place quelquefois après le mot qu'elle -régit: _il a six mille francs de pension sa vie durant_ (et non -_durante_); _six ans durant_ (et non _durants_). - -2. _Durant que_, n'est pas français; dites _pendant que_ ou _tandis -que_, selon le sens. - -=Dussai-je=, n'est pas français; écrivez et prononcez _dussé-je_, -puisqu'on dit _que je dusse, que tu dusses_. - -=Duumvir=, s. m., magistrat romain; prononcez _duom'vir_; item -_duumvirat_. - - - - - E - - -=E.=--L'_e_ muet doit conserver son son naturel dans la prononciation; -c'est donc une faute grossière de le prononcer comme un _è_ ouvert; -dites, _petit, peser, peler, lever, le livre, brevet, cerise, -demander_, etc., et non _pètit, pèser, pèler, lèver, lè livre, brèvet, -cèrise, dèmander_, etc. - -2. L'_é_ fermé, suivi d'un _e_ muet, se prononce très-long; il faut -donc bien se garder d'intercaler dans la prononciation un _i_ ou un _y_ -entre l'_é_ et l'_e_: _fumée, aimée, blâmée, levée_, etc.; prononcez -_fumé, aimé, blâmé, levé_ (_é_ très-long pour le distinguer d'un -_é_ isolé ou du masculin, par exemple, _fumé, aimé_, etc.); mais ne -prononcez pas: _fuméïe, aiméïe, blâméïe, levéïe_. - -3. _E_ pour _ai_, dans le verbe faire et ses composés; quoiqu'on écrive -très-bien _je ferai, je ferais_, écrivez cependant, _faisant, nous -faisons, je faisais, bienfaisant, bienfaisance_, et prononcez cet _ai_ -comme un _e_ muet. - -=Eau=, s. f.--_Avoir l'eau_, est une locution vicieuse; dites, _être -hydropique, avoir une hydropisie_; prononcez _ô_ (_ô_ long en serrant -les lèvres et non _o_, _o_ ouvert, en desserrant les lèvres.) - -=Ébène=, s.--Ce mot est féminin: _ébène grise_; prononcez _ébène_ et -non _ébin-ne_. - -=Ébouler= (=s'=), =Écrouler= (=s'=).--La terre s'éboule; les murailles et -les bâtiments s'écroulent; ne dites donc pas: _la terre s'écroula sous -nos pieds_; dites, _s'éboula...._ - -=Écaille.=--Ne dites pas: _les écailles d'un pot, d'un vase_ (brisé); -dites, _les têts_. - -2. Ne dites pas: _des écailles de noix_; des _écailles d'oeufs, de -pois, de fèves_: dites, _des écales de noix, d'oeufs_. Dites au -contraire des _écailles_ et non des _écales_ de poissons.--_Brou_ est -synonyme d'_écale_; _cale_ dans ce sens n'est pas français. - -=Écaler, Écosser, Écorcer, Écorcher, Écailler, Peler, Éplucher.= ---_Écaler_, signifie ôter l'_écale_ des noix, des oeufs: _il faut -écaler ces noix, ces oeufs_.--_Écosser_ se dit particulièrement des -pois, des fèves et de quelques autres graines: _elle écosse des fèves; -vendre des pois écossés_.--_Écorcer_ veut dire ôter l'_écorce_ du -bois: _on écorce le bois au printemps_ (le bois écorcé se nomme _bois -pelard_.)--_Écorcher_, c'est ôter la peau d'un animal, le dépouiller: -_écorcher un cheval; il s'est écorché la main_.--_Écailler_ se dit -des poissons dont on ôte _les écailles_: _on n'a pas bien écaillé ce -brochet_.--_Peler_, c'est ôter la peau d'un fruit: _peler une pomme, -une poire; peler des pommes de terre_; la peau, que l'on a ôtée de -dessus les choses qui se pèlent, se nomme _pelure_.--_Éplucher_, c'est -nettoyer des herbes, des graines, etc., en ôter les ordures et ce qu'il -y a de mauvais, de gâté: _éplucher des herbes, de la salade, éplucher -du riz_. Il se dit aussi en parlant des étoffes, des laines, des soies, -etc. et signifie en enlever ce qu'il peut y avoir de faux, de mauvais, -de reprochable en quelque chose: _éplucher des draps, des laines, des -soies_. (Acad.)--C'est donc une faute de dire, _éplucher des pommes de -terre_, pour, _peler des pommes de terre_. - -=Écarter=, signifie rejeter les cartes dont on ne veut pas se servir, -comme au jeu de piquet; _faire les cartes_ ou _donner les cartes_, -exprime la distribution que l'un des joueurs fait des cartes après les -avoir _battues_ (et mieux _mêlées_) et lorsqu'elles ont été _coupées_: -ne confondez pas ces termes. - -=Échalasser=, mettre des échalas à une houblonnière, à une vigne; ne -dites pas _échalader_. - -=Échange= et =Change=, sont masculins: _vous n'avez pas gagné au -change; vous avez fait un échange avantageux_.--Prononcez _chan-je, -échan-je_ et non _chan-che, échan-che_. - -=Échapper à, Échapper de.=--_Échapper à_ signifie se soustraire, se -dérober à, être préservé de: _échapper à la fureur des ennemis, à la -tempête, au danger, à la mort_.--_Échapper de_, signifie cesser d'être -où l'on était, sortir de: _échapper des mains des ennemis, du naufrage, -du feu, du danger_. - -2. _Échapper_ se conjugue avec _être_, lorsqu'il se dit d'une chose -dite ou faite par imprudence, par indiscrétion, par mégarde, par -négligence: _à peine cette parole me fut-elle échappée que je sentis -mon imprudence; son secret lui est échappé_.--_Échapper_ se conjugue -avec _avoir_, quand il se dit d'une chose qu'on a oublié de dire -ou de faire ou qu'on n'a pas remarquée: _ce mot, cette date, son -nom m'a échappé; cette observation lui a échappé; j'ai eu beau lire -attentivement, cette faute m'a échappé_. - -3. _L'échapper belle_, c'est éviter heureusement un péril dont on était -menacé: _tu l'as échappé belle_. - -=Écharde=, petit éclat de bois, une épine, un piquant de chardon qui -entre dans la chair; ne le confondez pas avec _écharpe_, bande d'étoffe. - -=Échasse=, n'est guère usité qu'au pluriel; prononcez _échâce_ (_â_ -long). (Acad.) - -=Échauffourée=, s. f., action téméraire; écrivez et prononcez -_échauffourée_ et non _échaffourée_. - -=Èche.= Les mots terminés en _èche_ sont marqués d'un accent -circonflexe ou d'un accent grave: _calèche, flamèche, flèche, mèche, -sèche, bêche, dépêche, pêche, prêche_, etc. - -=Échec=, s. m.--Faites sentir le _c_, excepté lorsqu'il s'agit du _jeu -des échecs_: _tant d'échecs_ (_échek_) _ne découragent pas cet auteur_; -_jouer aux échecs_ (_échè_). - -=Écheveau=, s. m., assemblage de fils de chanvre, de soie, de laine, -repliés en plusieurs tours, afin qu'ils ne se mêlent point: prononcez -_écheveau_, et non _échefeau_.--_Échet_, pour _écheveau_, n'est pas -français. Voyez _cheval_. - -=Échevin.= s. m., magistrat municipal: prononcez _échevin_ et non -_ej'vin_ ni _échefin_; prononcez de même _achever, cheville, cheval_, -etc. Voyez _cheval_. - -=Écho=, s. m., son réfléchi: prononcez _ékô_ (_ô_ long) et non _éko_ -(_o_ bref). - -=Éclabousser=, faire jaillir la boue; ne dites pas _esclabousser_. - -=Éclair=, est masculin: _un éclair_ et non _une éclair_. - -=Éclairer.=--On dit maintenant: _éclairer une personne qui descend -l'escalier; éclairez monsieur; vous l'éclairez mal_; autrefois dans le -même sens, on disait _éclairer à_. (Acad.) - -=Écolier=: voyez _élève_. - -=Écorces, Écosses=, de pois, de fèves; ces mots ne sont pas français; -dites _cosses_. Voyez _écaler_. - -=Écoute.=--Ne dites pas: _donner écoute aux médisances_; dites, -_prêter l'oreille aux...; écouter les médisances_. - -=Écran, Paravent.=--On se sert de _l'écran_ pour garantir de la -chaleur du feu; _le paravent_, garantit contre le vent ou l'air -extéreur. Voyez _brise-feu_. - -=Écraser=, v. a., aplatir et briser; prononcez _écrâser_ (_â_ long). - -=Écrémer=, v. a.: voyez _crémer_. - -=Écreper, Écrepure.=--Ces mots, fort en usage dans le Hainaut, pour -signifier _ratisser, ratissure_, ne sont pas français. - -=Écrevisse.=--Écrivez et prononcez _écrevisse_, et non _écrévisse, -écrèvisse, égrevisse_. - -=Écritoire, Encrier.=--_L'écritoire_ est un petit meuble qui contient -ou renferme les choses nécessaires pour écrire, encre, papier, plume, -canif, etc.; ce mot est féminin: _écritoire bien garnie; une écritoire -de bureau_.--Il ne faut pas confondre _l'écritoire_ avec _l'encrier_, -qui est un petit vase de verre, de porcelaine, de plomb, etc., dans -lequel on met uniquement l'encre: _encrier de verre, de plomb_. - -=Écrivain.=--La signification la plus ordinaire, est celle d'auteur -de quelque ouvrage de littérature, et dans ce sens il est toujours -masculin, même lorsqu'il se dit d'une femme: _cette femme est un -écrivain de mérite_. _Écrivain_ se dit plus rarement dans le sens -_d'employé_, de _commis_, d'_expéditionnaire_, qui tient les écritures. - -=Écrou=, s. m., trou dans lequel entre la vis; ne dites pas _égrou_. - -=Écrouelles=, s. f., humeurs froides; ne dites pas _égrouelles_. - -=Écrouler= (=s'=): voyez _ébouler_. - -=Écuelle=, s. f., pièce de vaisselle, d'argent, d'étain, de bois, de -terre, etc., qui sert le plus communément à mettre du bouillon, du -potage; prononcez _ékwelle_ (_uel_ font une seule syllabe) et non -_écu-elle_; prononcez de même _écuellée_, (plein une écuelle). - -=Écumoire=, s. f., ustensile qui sert à écumer le bouillon, etc.; -_écumette_ n'est pas français. - -=Éden=, s. m., paradis terrestre; prononcez _édène_. - -=Éduquer=, est un mot populaire; dites donc: _cet enfant est bien -élevé_ et non _bien éduqué_. - -=Effendi=, s. m., titre des fonctionnaires turcs; prononcez _éfindi_. -Quelques-uns écrivent _éfendi_. (Acad.) - -=Effets=, s. m. pl.--Ne dites pas: _vous allez à la promenade, -ayez soin de vos effets_; dites, ayez _soin de vos habits, de vos -vêtements_. Les _effets_ sont les objets, les meubles à l'usage d'une -personne: _emporter ses effets_; il ne se dit pas des vêtements en -particulier. - -=Effort=, s. m.--Ne dites pas: _il s'est fait un effort dans les -reins_; dites, _il s'est donné un tour de reins_. - -=Égal, e=, adj.--Ne dites pas: _cela est égal pour moi; cela m'est -tout égal_; dites, _cela m'est égal, parfaitement égal; cela m'importe -peu_. - -2. Ne dites pas: _voulez-vous jouer avec moi?--Cela m'est égal_; -dites, _volontiers, comme vous voudrez_. - -=Égaler, Égaliser.=--_Égaler_ se dit des personnes et des choses: _la -mort égale tous les hommes, tous les rangs_.--_Égaliser_ ne se dit que -des choses: _égaliser les lots d'un partage, un terrain_. (Acad.) - -2. Lorsqu'on dit: _cinq multiplié par quatre égale vingt_, le mot -_égale_ est la 3e personne du présent de l'indicatif du verbe _égaler_ -et non un _adjectif_; en conséquence, il faut écrire _égale_ et non -_égal_. - -=Ége.=--Tous les mots terminés en _ége_ portent un accent aigu et -non un accent grave, sur l'_e_ qui précède le _g_: _barége, collége, -cortége, Liége, manége, piége, siége, abrége, assiége, protége_, -etc.--Cependant il est généralement d'usage de prononcer ces sortes -d'_é_ comme s'ils étaient marqués d'un accent grave: _barège, collège, -cortège, Liège, manège_, etc.; et cet usage est fondé sur cette -grande loi de la prononciation qui veut qu'une syllabe muette soit -précédée d'une syllabe grave. Malgré notre respect pour l'autorité de -l'Académie, nous regrettons vivement qu'elle n'ait pas adopté cette -dernière orthographe, comme elle l'a fait pour les finales en _èche_ -et en _êche_; nous sommes convaincu qu'elle devra un jour se déjuger, -parce que l'usage est plus fort que les règles faites d'autorité. - -=Éger.=--Les verbes en _éger_ conservent l'accent aigu dans tous les -temps et dans toutes les personnes. - -=Égnime, Égnimatique=: écrivez et prononcez _énigh-me, énigh-matique_ -(_g_ dur). - -=Égoïste.=--Prononcez _égoïs-te_, et non _égoïce_; prononcez de même -_catéchis-te, sophis-te, pos-te, Égyp-te, pis-te, cul-te, cuis-tre, -fich-tre, mons-tre, ellip-se, éclip-se_, etc.--Voyez _st_ et _finales_. - -=Égratigner.=--Dites, _le chat a égratigné cet enfant_, et non, _a -gratté_; dites également, _égratignure_ et non _gratte_. - -=Éhonté=,--On dit aussi _déhonté_. (Acad.) Voyez ce dernier mot. - -=Élaguer, Émonder.=--_Élaguer_ un arbre, en retrancher les branches -superflues et nuisibles, soit à son développement, soit à la nourriture -des branches fécondes.--_Émonder_ un arbre, le rendre propre et -agréable à la vue, par la soustraction de tout ce qui le gâte et le -défigure. - -=Élancer, Élancement=: voyez _lancer, lancement_. - -=Élève, Disciple, Écolier, Étudiant.=--Un _élève_ reçoit les leçons de -la bouche même du maître; il se dit aussi cependant des enfants et des -jeunes gens qui fréquentent une école, un collége ou qui y vivent en -pension.--Le _disciple_ suit les doctrines d'un savant mort ou vivant: -_les disciples de Socrate, les disciples de N. S. J.-C., les disciples -de St.-Simon_.--_L'écolier_ étudie dans une école, un collége ou une -pension: _il y a des écoliers qui sont mauvais élèves, et qui ne sont -jamais disciples des grands écrivains_.--_L'étudiant_ suit les cours -d'une université ou d'une école publique: _un étudiant en droit, en -médecine_. - -=Élever, Lever.=--On _lève_, en dressant ce qui est couché, en -haussant; dites donc, _levez les mains, les yeux au ciel_ et non -_élevez..._ On _élève_, en plaçant dans un lieu ou dans un rang plus -éminent: _élever sa pensée vers le ciel_. - -=Élixir=, liqueur spiritueuse, est masculin: _excellent élixir_; ne -dites pas _élexir_. - -=Elles=, pluriel de _elle_: _elles sont bavardes_; prononcez _elles_ et -non _elses_. - -2. Ne dites pas, _elle l'est si bonne_, mais _elle est si bonne_. - -=Embarbouiller=, n'est pas français; dites _barbouiller_. - -=Embarlificoter, Emberlificoter=, sont des expressions absurdes. - -=Embarras.=--Ne dites pas: _cet homme fait bien son embarras_ ou _de -ses embarras_ ou _ses embarras_; pour signifier qu'il se donne de -grands airs, qu'il fait l'important; il faut dire: _cet homme fait de -l'embarras_, ou _fait l'important_. - -2. Ne dites pas avec les wallons: _ce n'est pas l'embarras, mais je -voudrais bien le voir_; dites, _malgré cela, quoi qu'il en soit, je -voudrais..._ Prononcez _ambarâ_ (_â_ long). - -=Emberlucoquer= (=s'=), v. a. et pron., se coiffer d'une opinion, s'en -préoccuper tellement qu'on en juge aussi mal que si on avait la berlue; -ne dites pas _emberticoquer_. - -=Embêter.=--Ce mot est bas et populaire; on peut le rendre par -_ennuyer, fatiguer, tuer, impatienter, scier, scier le dos_: _cela -m'ennuie; vous m'impatientez par vos discours; il me scie; cette -affaire me scie le dos_. - -=Emblaver.=--Ne dites pas: _vous emblavez toute la table_; dites, -_vous embarrassez..._ - -=Emblève=, rivière: voyez _Amblève_. - -=Embonpoint=, s. m.--Ce mot est un de ceux où, par exception, _n_ se -trouve devant _p_. - -=Embouchoir=, s. m., terme de bottier; c'est un instrument de bois -en forme de jambe dont on se sert pour élargir les bottes, ou pour -empêcher qu'elles ne se retrécissent; on dit plus communément -_embauchoir_. (Acad.) - -=Embouler.=--_Un écheveau de fil emboulé_, barbar.; dites, _mêlé_; -_embouler_ n'est pas français. - -=Embrasement=, s. m., grand incendie; prononcez _embrazement_; un -_embrassement_ est l'action d'embrasser et se prononce _embracement_. - -=Embrouillamini=, s. m., désordre, confusion; ce mot n'est pas -français; dites _brouillamini_. - -=Embûches=, s. f. pl.: voyez _tendre_. - -=Éminent, Imminent=, _péril éminent, péril imminent_.--_Éminent_ donne -l'idée d'un mal, d'un péril qu'on peut regarder comme très-grand, mais -dont on a le temps d'examiner la grandeur; et _imminent_ donne l'idée -d'un mal, d'un péril qu'on peut regarder comme présent et où le hasard -nous engage; l'un s'envisage avec crainte; l'autre, avec effroi. On -dira d'un malheureux qui doit expier son crime sur l'échafaud, qu'il -est dans un péril _éminent_; mais d'un criminel qu'on mène au supplice -ou d'un homme surpris par les voleurs, on dira qu'il est dans un péril -_imminent_. - -=Emmalgame, Emmouracher, Ennuiter=: écrivez et prononcez _amalgame, -amouracher, anuiter_. - -=Emmancher=, mettre un manche; ne dites pas _amancher_. - -=Emment= (_terminaisons en_); se prononcent _a-ment_ et non _an-ment_: -_prudemment, ardemment_. - -=Emmurailler, Murailler=, entourer de murs, ne sont pas français; dites -_murer_ ou _entourer, fermer de murs_. - -=Émoluments=, s. m. pl.: voyez _gage_. - -=Émoucher= _la chandelle_.--Dites _moucher la chandelle_; _émoucher_ -veut dire chasser les mouches. - -=Émouchettes, Épinces.=--On ne dit ni l'un ni l'autre dans le sens de -_pinces, mouchettes_ (ce dernier ne s'emploie qu'au pluriel). - -=Émoudre=, v. a., aiguiser sur une meule: _émoudre des couteaux, -des ciseaux_; les verbes _émouler, remouler_ ne sont pas -français.--Cependant on dit également bien _émouleur_ et _rémouleur_, -pour désigner celui qui fait profession d'émoudre, de rémoudre, -d'aiguiser les couteaux, les ciseaux. (Acad.) - -=Empêche=, n'est pas français; dites _empêchement_. - -=Empêché, Occupé.=--Il ne faut point confondre ces deux mots: -_empêché_ se dit d'une personne qui a de l'embarras, un empêchement; -_occupé_ se dit d'une personne qui a de l'occupation, qui travaille à -quelque chose; ne dites donc pas: _j'ai été ce matin voir mon ami, il -était empêché à rendre ses comptes; la servante est empêchée à faire -le dîner_; il faut dire, _il était occupé à rendre ses comptes; la -servante est occupée à faire le dîner_. Mais l'on dira bien: _s'il me -vient une visite, dites que je suis empêché_, c'est-à-dire, _que j'ai -de l'empêchement_. - -=Empêcher.=--Ne dites pas: _Victor voulait se battre, je l'ai -empêché_; dites, _je l'en ai empêché_. - -2. Ne dites pas non plus: _je lui empêcherai bien de sortir_; dites, -_je l'empêcherai bien de sortir_. - -3. _Empêcher quelque chose à quelqu'un_, est une locution vicieuse; il -faut dire, _empêcher quelqu'un de faire quelque chose_. - -=Empereur=, s. m.: prononcez _emp'reur_, et non _empèreur_ ni -_empéreur_. - -=Emplâtre=, est masculin: _appliquer un emplâtre; quel emplâtre que cet -homme-là!_ prononcez _emplâ-tre_ et non _emplâ-te_, ni _emplâ-tère_. - -=Emplette=, est féminin et ne se dit que d'un achat de petits meubles -ou de certaines marchandises vendues en détail: on fait emplette d'une -boîte, d'un couteau et non d'une maison, de cent kilogrammes de café. - -=Employé.=--Ne dites pas: _le voilà ruiné, c'est bien employé_; dites, -_il le mérite bien; il a ce qu'il mérite; c'est bien fait; il paie sa -faute_. - -=Empocheter=, mettre en poche; dites _empocher_: _à mesure qu'il gagne -de l'argent au jeu, il l'empoche_. - -=Empois=, colle d'amidon, est masculin: _de l'empois épais_. - -=Emporter=, v. a.--Ne dites pas: _cet élève a emporté tous les prix de -sa classe_; dites, _a remporté..._ - -=Empresser= (=s'=), prend la prép. _à_ devant un infinitif, lorsqu'il -signifie, agir avec une ardeur inquiète, se donner du mouvement -pour réussir: _celui qui paraît le plus empressé à nous plaire, est -plus occupé de lui que de nous_. Il prend _de_, lorsqu'il veut dire -simplement _se hâter_: _s'empresser de parler; je m'empresserai de -l'avertir_. - -=Emprunter.=--Il prend _à_ et _de_ devant le nom de la personne qui -prête, lorsqu'il signifie, demander et recevoir en prêt: _emprunter -de l'argent à quelqu'un_ ou _de quelqu'un; emprunter une pensée à -un auteur ou d'un auteur; emprunter un mot au latin_ ou _du latin_. -Cependant, dans le sens de _tirer, recevoir, devoir à_, il prend -toujours _de_: _ce raisonnement emprunte_ (tire) _de la circonstance -présente une nouvelle force; la lune emprunte_ (reçoit) _sa lumière du -soleil_. Voyez _prêter_. - -=En.=--Ne dites pas: _en Féronstrée, en Vinave-d'Ile_, mais, _dans la -rue Féronstrée, dans la rue Vinave-d'Ile_. - -2. Ne dites pas: _je n'en ai qu'un de canif_; dites, _je n'ai qu'un -canif_; _en_ est de trop. - -3. Ne dites pas: _avoir part en l'amitié de quelqu'un_, mais, _à -l'amitié de quelqu'un_. - -4. Ne dites pas: _une robe garnie en argent, en or, en dentelle_, mais, -_une robe garnie d'argent, d'or, de dentelle_. On dit au contraire, -_une montre en or, une chaîne en argent, une fourchette en argent_ et -non _une montre d'or, une chaîne, une fourchette d'argent_. - -5. On dit _en l'honneur_ et non _à l'honneur_: _on fait à la paroisse -une neuvaine en l'honneur de St Roch; j'ai donné un dîner en l'honneur -de Pierre_. - -6. Ne dites pas: _je n'irai pas à Verviers en semaine_; dites, _dans la -semaine_. (Fland.) - -7. Ne dites pas: _les oignons sont bons en salade_; dites, _dans la -salade_, à moins que vous ne vouliez indiquer une salade faite aux -oignons. - -8. Ne dites pas: _fait en l'hôtel de ville_; dites, _fait à l'hôtel -de ville_ ou _dans l'hôtel de ville_. On dit cependant bien, _fait en -séance_ ou _en la séance de..._ - -9. Ne dites pas: _je l'ai rencontré en bourse, en foire_; dites, _à la -bourse, à la foire_. (Fland.) - -10. Ne dites pas: _cet enfant est toujours en rue_; dites, _dans la -rue_. - -11. Ne dites pas: _il a toujours la pipe en bouche, une canne en main_; -dites, _à la bouche, à la main_. - -12. Ne dites pas: _il s'ensuit de là, j'en conclus de là_; dites, _il -s'ensuit, j'en conclus_ ou bien, _il suit de là, je conclus de là_. - -13. Ne dites pas: _je m'en vais voir_; dites, _je vais voir_; _en_ est -de trop. Ne dites pas non plus: _je me suis en allé_; dites, _je m'en -suis allé_. - -14. Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut remplacer _son, sa, -ses, leur, leurs_ par l'article _le, la, les_ et le pronon _en_ lorsque -l'objet possesseur et l'objet possédé se trouvent dans des propositions -différentes; d'après eux, il faudrait dire: _j'ai parcouru la ville de -Liége, les rues en sont belles_; et ce serait une faute de dire: _j'ai -parcouru..., ses rues sont belles_.--M. l'abbé Péters (_Grammaire_, nº -325) a fait bonne justice de cette prétendue règle, et a démontré, par -des exemples tirés des meilleurs auteurs, que l'on peut, dans ce cas, -faire usage de l'adjectif possessif. - -15. _En agir_: voyez _agir_. - -=Encatharré=, n'est pas français; dites _enrhumé_. - -=Encensoir=, est masculin: _un encensoir d'argent_. - -=Enchifrené=, enrhumé du cerveau; _enchifrènement_, rhume de cerveau; -ne dites pas, _enchiferné, enchifernement_. - -=Enclos=, s. m., enceinte, espace clos: prononcez _anclô_ (_ô_ long.) - -=Encoignure=, s. f., angle de deux murs; on prononce et plusieurs -écrivent _encognure_ (Acad.): _on a placé une armoire dans cette -encoignure_. - -=Encombre=, embarras, est masculin; prononcez _encom-bre_ et non -_encom-pe_ ni _encombère_. - -=Encore pas=, est un barbarisme; dites _pas encore_: _avez-vous -déjeuné? pas encore_ (et non _encore pas_). - -2. Ne dites pas: _cela m'est encore arrivé; je l'ai encore vu_; dites, -_cela m'est déjà arrivé, je l'ai déjà vu_: _encore_ n'a pas le sens de -_déjà_. - -3. Ne dites pas: _cette personne est encore aimable_; dites, _cette -personne est assez aimable_. - -4. Ne dites pas: _il est encore toujours au lit_; dites, _il est encore -au lit_. - -5. Ne dites pas: _j'entendis hier quelqu'un, et encore un homme -d'esprit, qui soutenait cette erreur_; dites, _et même un homme -d'esprit_. - -=Encourir.=--Ne dites pas: _je m'encours à l'école; je m'encours pour -ne pas être aperçu_; dites, _je cours à l'école; je m'enfuis pour ne -pas être aperçu_. - -=En débit=, n'est pas français; dites _en détail_: _ce marchand vend en -gros et en détail_. - -=Endêver=, avoir grand dépit de quelque chose: _il endêve de cela; -faire endêver quelqu'un_: il est familier. - -=Endormir=, est français dans le sens d'_engourdir_: _cette attitude -forcée m'a endormi la jambe; avoir un bras endormi_. - -=Endroit=, signifie le beau côté d'une étoffe, celui qui est opposé à -_l'envers_: _voilà l'endroit de ce drap; quel est l'endroit?_ - -2. _A l'endroit de quelqu'un_, ne signifie pas, _vis-à-vis de -quelqu'un_, mais, _à son égard, envers lui_: cette manière de parler à -vieilli. (Acad.) - -=En exprès, A l'exprès, Par exprès=: voyez _exprès_. - -=Enfant=, est masculin: _cette fille est un enfant gâté; cette mère a -perdu tous ses enfants_ (toutes filles); il est quelquefois féminin au -singulier en parlant d'une très-jeune fille: _c'est une belle enfant; -la pauvre enfant_. (Acad.) Il est encore féminin: 1º lorsque, employé -comme terme d'amitié, il se dit d'une fille ou d'une femme: _ma chère -enfant, ne craignez rien_; 2º dans cette phrase: _c'est une bonne -enfant_, c'est-à-dire, une personne, fille ou femme, d'un caractère -doux et facile. (M. l'abbé PÉTERS). - -2. Ne dites pas: _j'ai levé cet enfant_, mais, _je suis parrain, -marraine de cet enfant_, ou, _je l'ai tenu sur les fonts baptismaux_. - -=Enfantise=, n'est pas français; dites _enfantillage_. - -=Enfiler=, dans le sens de _tromper, enjôler_, est tout-à-fait -populaire. - -=Enfin.=--Évitez de multiplier cette expression dans une narration; ne -l'employez pas non plus quand vous êtes gêné pour vous rappeler ou dire -quelque chose: _enfin.... enfin..._: dans ces sortes de cas, _enfin_ -n'a pas de sens. - -=Enflammation, Enflammable=, ne sont pas français; il faut dire -_inflammation, inflammable_. - -=Enforcir=, v. a., rendre plus fort: _la bonne nourriture a enforci ce -cheval; enforcir un mur_. Il ne se dit guère en parlant des personnes. - -2. Il s'emploie aussi avec le pronom et signifie, devenir plus fort: -_il s'enforcira; ce vin s'enforcit à la gelée_.--Il s'emploie comme -neutre dans le même sens: _ce cheval enforcit tous les jours_. (Acad.) - -=Enfuir= (=s'=): prononcez _enfu-ir_ et non _enfou-ir_; _enfouir_, c'est -cacher sous terre. Voyez _ui_. - -=Engager, S'engager=, devant un infinitif, demandent la préposition -_à_: _je l'ai engagé à dîner; il s'est engagé à venir nous voir_. - -=Engeler=, n'est pas français; dites _geler_: _je suis gelé de froid; -le vin gèle; la Meuse est gelée_. Prononcez _geler_ et non _gèler_. - -=Engelure=, s. f., est français: _avoir des engelures aux pieds, aux -mains; ses engelures lui démangent beaucoup_. - -=Engouer=, embarrasser le gosier: prononcez _engou-er_, et non -_engou-wer_.--_Engouement_, état engoué, passion: prononcez, -_engoûment_, (_oû_ long) et non _engou-wement_. - -=Engrais=, s. m.--Dites, _mettre des boeufs, des moutons à l'engrais_ -et non, _en graisse_ ni _sur graisse_. - -=Engraisser, Graisser.=--Ces verbes correspondent respectivement aux -substantifs _engrais_ et _graisse_; on doit donc dire: _engraisser -une terre, un animal; cette personne a beaucoup engraissé depuis un -an_;--et en se servant du verbe _graisser_: _graisser des bottes, des -souliers; graisser les roues d'une voiture; graisser son linge, ses -habits_. - -=Engrener=, _engrenage, engrenure_; prononcez _engrener, engrenage, -engrenure_, et non _engrèner, engrènage, engrènure_. - -=Engueuler=, n'est pas français; on peut le rendre par _huer, accabler, -poursuivre de huées, d'injures_: _il se fit huer de tout le monde; la -canaille le poursuivit de ses huées_. - -=Énigme=, est féminin: prononcez _énigh-me_ (_g_ dur) et non _énime, -enih'me, énihe, énik_. - -=En imposer=: voyez _imposer_. - -=Enivrer=, _enivrant, enivrement_: prononcez _an-nivrer, an-nivrant, -an-nivrement_, et non _énivrer, énivrant, énivrement_. - -=Enjeu=, ce qu'on met au jeu pour commencer à jouer; ne dites pas -_mettre au pot_; dites, _faire l'enjeu_. - -=Enjoué=, _enjouement_: prononcez _enjou-é, enjoû-ment_ (_oû_ long) et -non _enjou-wé, enjou-wement_. - -=Ennemi=: prononcez _ènemi_, et non _ain-nemi_. - -=Ennoblir=, v. a.: voyez _anoblir_. - -=Ennui=, _ennuyer, ennuyant, ennuyeux_: prononcez _an-nui_ (_ui_ -diphthongue et non _oui_); _an-nuyer, an-nuyant, en-nuyeux_. - -=Ennuyant, Ennuyeux.=--_Ennuyant_, qui chagrine, qui importune ou qui -contrarie actuellement, dans le moment même: _quelle soirée ennuyante; -quel temps ennuyant!_ - -2. _Ennuyeux, euse_, signifie, qui a la qualité d'ennuyer, qui est -propre à ennuyer, qui ennuie habituellement: _temps ennuyeux, livre -ennuyeux; cet homme est bien ennuyeux_. - -=Enorgueillir=, rendre, devenir orgueilleux; prononcez -_an-norgheuillir_ et non _énorgheuillir_, ni _énorgheillir_. - -=Enregistrer, Enregistrement=: prononcez _enregis'tré, enregis'treman_ -et non _enrégis'tré, enrégistrement_. - -=Enrouer, Enrouement=: prononcez _enrou-er, enroûment_, (_oû_ long) et -non _enrou-wer, enrou-wement_. Voyez _rauque_. - -=Enrouiller=, est français; mais ou dit plus ordinairement _rouiller_ -(_ll_ mouillées). (Acad.): _l'humidité enrouille_ et mieux, _rouille le -fer_. - -=Enseigne=, est masculin, lorsqu'il désigne un grade: _un enseigne de -vaisseau_; il est féminin, quand il désigne l'emblème d'un commerçant: -_une belle enseigne_. - -=Enseigner.=--Ne dites pas: _cet enfant a été bien enseigné_; dites, -_bien instruit_; prononcez _ensei-gner, ensei-gnant, ensei-gnement_, et -non _enseign'ner, enseign'nant, enseign'nement_.--Voyez _gn_. - -2. _Enseigner_, dans le sens d'indiquer, faire connaître quelque chose -que ce soit, est français: _enseignez-moi sa maison, enseignez-nous le -chemin_. - -=Enserrer=, dans le sens de _enfermer, enclore_, est vieux; ne dites -pas: _j'ai enserré le chien_; dites, _... enfermé_. (Acad.) Mais on dit -bien, _enserrer des fleurs_, c'est-à-dire, les mettre en serre. - -=Ensevelir=: prononcez _encev'lir_ et non _encèv'lir_ ni _ensèvélir_. - -=En sorte.=--Ne dites pas: _il a fait si bien en sorte qu'on lui a -pardonné_; dites, _il a fait si bien qu'on lui a pardonné_. - -=Ensuite=, suivi de la prép. _de_, ne s'emploie guère que dans ces deux -phrases: _ensuite de cela, ensuite de quoi_ (Acad.), et dans ce cas il -est préposition. - -=Ensuivre= (=s'=), v. essent. pron.--Il ne se dit qu'à la 3e -pers. tant du sing. que du pluriel, et s'emploie le plus souvent -impersonnellement: _il s'ensuit que vous aviez tort_. L'Académie ne -donne qu'un seul exemple de ce verbe à un temps composé et c'est une -phrase de barreau: _le tribunal cassa la procédure et tout ce qui -s'était ensuivi_. Dans le langage ordinaire, on met généralement le -verbe _être_ entre la préposition _en_ et le participe _suivi_: _il -s'en est suivi de grands maux; et tout ce qui s'en est suivi_. - -2. _Il s'ensuit_ veut l'indicatif après lui; _il ne s'ensuit pas_, veut -le subjonctif. - -3. _Il s'ensuit de cela_, est un pléonasme vicieux; dites, _il -s'ensuit_ ou bien _il suit de cela_. - -=Entendre.=--_Entendre la raillerie_, c'est avoir le talent de railler: -_peu de personnes entendent la fine et innocente raillerie_.--_Entendre -raillerie_, c'est ne point s'offenser d'une raillerie: _vous entendez -très-bien raillerie, quand d'autres que moi vous font la guerre sur vos -petits défauts_. - -2. Ne dites pas: _j'ai entendu de mon voisin que Paul vient de mourir_; -dites, _j'ai appris de...; j'ai ouï dire, j'ai entendu dire..._ -(Fland.) Prononcez _enten-dre_ et non _enten-te_ ni _enten-tre_ ni -_entendère_. - -3. _S'entend_ (et non _c'entend_, ni _sentant_) a à peu près le même -sens que _c'est-à-dire, je veux dire, bien entendu_: _vous aurez tous -une récompense, s'entend, ceux qui l'auront méritée_. - -=En-tête=, ce qui s'écrit au-dessus d'une lettre, d'un tableau; ce mot -est français et masculin: _écrire un en-tête à un tableau; écrire des -en-têtes de lettres_. (BESCHERELLE.) - -=Entièreté=, n'est pas français; dites, _la totalité, le tout, le -montant_: _il paya le montant, le total de la dépense_ ou _toute la -dépense_.--Prononcez _enti-er_ et non _entchi-er_, Voyez _ti_. - -=Entre.=--L'_e_ final de _entre_ ne s'élide que dans la composition -des mots devant une voyelle; on écrit _entre eux, entre elles, entre -autres_ et _entr'actes, s'entr'aider, s'entr'aimer, s'entr'égorger, -entr'ouvrir_, etc. Si le mot suivant commence par une consonne, -on réunit les deux mots par un trait, d'union: _s'entre-déchirer, -s'entre-nuire_, etc. On écrit cependant en un seul mot: _s'entremettre, -s'entretenir, s'entrevoir_. - -2. _Entre les deux_, médiocrement; dites, _entre-deux_: _fait-il froid? -entre-deux_. - -3. _Entre, Parmi._--Entre signifie _au milieu de_; c'est pour cela -qu'en général il ne se dit que de deux objets ou de deux sortes -d'objets: _entre eux deux; entre la crainte et l'espérance; entre les -hommes et les animaux_.--_Parmi_ signifie _dans le nombre de_, et -c'est pour cette raison qu'il ne s'emploie qu'avec un pluriel indéfini -signifiant plus de deux ou avec un collectif: _parmi eux, parmi les -élèves, parmi le peuple_.--Cependant _entre_ se dit quelquefois pour -_parmi_: _entre les merveilles de la nature; il fut trouvé entre les -morts; la sainte Vierge Marie est bénie entre toutes les femmes_. -(Acad.) - -=Entrefaites=, s. f., ne s'emploie guère qu'au pluriel et dans ces -locutions adverbiales; _sur ces entrefaites, dans ces entrefaites_, -pendant ce temps-là. On dit cependant quelquefois au singulier: _dans -l'entrefaite, dans cette entrefaite_. (Acad.) - -=Entreprendre= (=s'=).--Ne dites pas: _il vient de s'entreprendre avec -son ami_; dites, _il vient d'avoir querelle_ ou _de se quereller avec son -ami_. - -2. On dit très-bien pourtant: _entreprendre quelqu'un_, c'est-à-dire, -se mettre à le poursuivre, à le tourmenter, à le persécuter, à le -railler: _si j'entreprends cet homme-là, je lui ferai voir du pays_. - -=Entrer=, prend l'auxiliaire _être_; _je suis entré; nous sommes -entrés_. - -2. On peut dire par hypallage: _ce chapeau n'entre pas dans ma tête; -enfoncer son chapeau dans sa tête; ces bas n'entrent pas dans mes -jambes_. (Acad.) - -=Entretemps=, est un substantif et non un adverbe: ne dites donc pas: -_écrivez votre lettre, entretemps je lirai_; dites, _dans l'entre-temps -je lirai_. - -2. Ce mot est peu usité et ne se dit pas au pluriel. (Acad.); -_entre-temps_ s'écrit avec un trait d'union. - -=Envenimer=, infecter de venin, aigrir; prononcez _envenimer_ et non -_envènimer, m'envénimer_. - -=Envergure=, s. f., étendue des ailes; ne dites pas _enverjure_. - -=Envers=, prép., à l'égard: voyez _vis-à-vis_. Prononcez _envers eux_, -(_envèreux_) et non _envèrz'eu_. - -=Envier, Porter envie.=--_Envier_, se dit des choses et quelquefois des -personnes: _je ne lui envie point son bonheur; tout le monde l'envie_ -(Acad.); _les gens en place sont ordinairement enviés_ (id.)--_Porter -envie_, ne se dit que des personnes: _Caïn portait envie à Abel_. - -=Environ= _six ou huit_, est un pléonasme; car _environ_ et _ou_ ont la -même signification; dites, _six ou huit_, ou bien _environ six à huit_. - -=En voie=: voyez _voie_. - -=Envoyer.=--Ne dites pas: _j'ai envoyé ce ballot avec la diligence_; -dites, _par la diligence_. - -=Épais=, adj., fait au féminin _épaisse_ et non _épaise_. - -=Épargner=: voyer _éviter_. - -=Épaule=, s. f.: prononcez _épôle_ (_ô_ long). - -=Épeautre=, espèce de blé, est masculin. - -=Épellation=, s. f., action d'épeler; prononcez _épèl'lation_. - -=Éperon=, (et non _épron_), s. f., fer pour piquer le cheval; prononcez -_ép'ron_ et non _épéron_ ni _épèron_. - -=Épidémie, Contagion.=--_Épidémie_, désigne une maladie qui se -communique par l'air; _contagion_, une maladie qu'on gagne par le -contact: _jusqu'à présent les médecins sont partagés sur la question de -savoir si le choléra est épidémique ou contagieux_. - -=Épiderme=, première peau, est _masculin_. - -=Épincette=, n'est pas français; dites _pincettes_. - -=Épine, Noble épine=, pour signifier un arbrisseau à fleurs blanches, -n'est pas français; dites _aubépine_. - -=Épion, Épionner=, sont des barbarismes; dites _espion, espionner_. - -=Épisode=, action incidente liée à l'action principale, est _masculin_: -_un triste épisode_; prononcez _épizo-de_, et non _épizo-te_. - -=Épitaphe=, inscription de tombeau, est _féminin_: _une glorieuse -épitaphe_. - -=Éplucher=: voyez _écaler_. - -=Époux=, s. m.--Dans la conversation, il est contraire au bon usage -de dire: _mon époux, son époux; mon épouse, son épouse; sa dame, sa -demoiselle_; dites, _mon mari, son mari; ma femme, sa femme; ma fille, -sa fille_. Ces mots _époux, épouse, dame, demoiselle_, ne peuvent être -précédés de l'adjectif possessif, sans trahir, chez les personnes qui -les emploient ainsi, une éducation peu relevée. - -=Équateur, Équation=: prononcez _écouateur, écouation_. - -=Équerre=, est féminin: _une fausse équerre_. - -=Équestre=, _équiangle, équidique, équidistant, équilatéral, -équilatère, équimultiple, équipollence, équiries, équitation_: -prononcez _écues-tre, écui-angle, écuidique, écuitation,..._ et non, -_ekestre, ekiangle, ekidique, ekitation,..._ ni _écouestre, écouiangle, -écouidique, écouitation...._ - -2. On ne saurait trop s'attacher dans la prononciation à bien -distinguer _ui, ues_ de _oui, oues_; beaucoup de personnes, ne -soupçonnant pas même cette différence, prononcent généralement et -impertubablement les _ui_ comme des _oui_, et font, par exemple -_enfouir_ (se cacher sous terre) de s'_enfuir_ (prendre la fuite): -voyez _aiguiser_ et _ui_. - -=Équinoxe=, _équinoxial, équerre, équivaloir, équivalent_; prononcez -_ékinoxe, ékère, ékivaloir_, etc. - -=Er= _final_.--Dans le discours soutenu, et surtout dans les vers, -l'_r_ finale dans l'infinitif des verbes en _er_ se lie avec la voyelle -du mot suivant; _er_ se prononce alors _ère_ et non _ére_: _aimer à -jouer; folâtrer et rire_. Dans la conversation, ces sortes de liaisons -seraient affectées et ridicules. (HENNEBERT.) - -=Érésipèle=, tumeur inflammatoire sur la peau, est masculin, _érésipèle -dartreux_; on disait autrefois _érysipèle_, ce qui est plus conforme à -l'étymologie. - -2. Ne dites pas _résipèle_: _mon frère à la résipèle_; ne dites pas non -plus _la rose_ pour _l'érésipèle_. - -=Ergot=: voyez _argot_. - -=Ériger.=--Ne dites pas: _le canal a été érigé en 1850_; dites, _... -creusé_.--_Ériger_, signifie _élever_: _ériger un monument, une -statue_. - -=Ermite=, _ermitage, erminette_ (sorte de hache): on écrit aussi, mais -moins souvent, _hermite, hermitage, herminette_. - -=Errer=, _errant, erratum, errata, erratique, errements; erreur, -erroné_: faites sentir les deux _r_, et prononcez _er'rer, er'rant, -er'ratum_, etc. - -=Errière=: voyez _arrière_. - -=Éruption, Irruption.=--_Éruption_, se dit de l'évacuation subite d'un -liquide et de toute sortie prompte et avec efforts. - -2. _Irruption_, au contraire, signifie, entrée soudaine et imprévue des -ennemis dans un pays. Il faut donc dire: _le Vésuve vient de faire une -éruption_; _les ennemis ont fait une irruption dans notre pays_. - -=Escadre=, s. f., flotte de guerre; prononcez _escâ-dre_ (_â_ long) et -non _escate_ ni _escadère_. - -=Escalier.=--Ne confondez pas ce mot avec _marche, degré_: -_l'escalier_ est l'ensemble des marches qui conduisent d'un étage à un -autre; ne dites donc pas _monter les escaliers_, s'il ne s'agit que -d'un étage; dites _monter les degrés_ ou _l'escalier_; ne prononcez pas -_escayer_. - -=Escarole=, s. f., espèce de chicorée à larges feuilles; on écrit -aussi, mais moins souvent, _scariole_. - -=Escient= (_à mon, à ton, à son_, etc.), sciemment, avec connaissance; -prononcez _ècian_ et non _èci-in_. - -=Esclabousser=, n'est pas français; dites _éclabousser_. - -=Esclandre=, malheur avec éclat, est masculin: _il est arrivé un grand -esclandre dans cette famille_. Prononcez _esclan-dre_ et non _esclante_ -ni _esclandère_. - -=Esclopé=, n'est pas français; dites _éclopé_ (qui marche avec peine). - -=Escouer=, n'est pas français; dites _secouer_. - -=Escroc=: prononcez _escrô_: _un vil escroc_. V. _c final_. - -=Espace=, est masculin, excepté lorsqu'il désigne ces petites pièces -de métal que, dans les imprimeries, on met entre les caractères pour -séparer les mots l'un de l'autre: _un long espace de temps; mettre -une forte espace entre deux mots_. - -=Espadon=, s. m., épée grande et large; dites _espadon, espadonner_, et -non _espadron, espadronner_. - -=Espèce=: _toute espèce_, voyez _sorte_. - -=Espérer, Promettre, Compter=, doivent être suivis d'un futur: voyez -_compter_. - -2. _Espérer_, suivi d'un infinitif, ne régit point de préposition, -lorsque l'espérance paraît fondée, et il demande la préposition _de_, -si l'on espère avec quelque doute: _j'espère le revoir aujourd'hui_; -_peut-on espérer de vous revoir aujourd'hui?_ Voilà pourquoi avec un -adverbe qui exprime la certitude, on dit: _j'espère bien partir demain_ -et non _j'espère bien de partir_.--_Espérer_, à l'infinitif, suivi -d'un verbe aussi à l'infinitif, régit toujours la préposition _de_, -parce qu'alors l'espérance est vague, incertaine: _on m'a fait espérer -de le revoir_. - -=Espiègle=, adj. et subst. des deux genres; prononcez _espiè-gle_ et -non _espiégle_ ni _espièk_, ni _espièguèle_; ne dites pas non plus, _un -spiègle, c'est un spiègle_. - -=Esquelette.=--Ne dites pas _un esquelette_, mais _un squelette_; -_squelette_ est masculin. - -=Esquinancie=, s. f., inflammation du gosier; on écrit aussi, mais plus -rarement, _squinancie_; ne dites pas _esquilancie_. - -=Essart=, s. m., =Essartage=, s. m., =Essarter=, v. a.--Ces mots -figurent dans les dictionnaires de Bescherelle et de Poitevin. - -2. _Essart_ se dit d'un terrain inculte, qui peut ou doit être essarté, -défriché; _l'essartage_ (ou _essartement_) est l'action d'essarter, -la manière d'essarter, l'effet de cette action; _essarter_, c'est -défricher en arrachant les bois, les épines, etc. - -3. On dit également _écobuer_ qui signifie proprement écroûter la -surface du sol, et brûler sur place les tranches de gazon ainsi -enlevées.--Les mots _sart, sartage, sarter, sartager_, ne sont pas -français. - -=Essayer=, dans le sens de _goûter, savourer, déguster_, n'est pas -français: _goûtez ce vin_ (et non _essayez_); _goûtez cette viande_ (et -non _essayez_). - -2. _Essayer_, devant un infinitif, prend la préposition _à_, lorsqu'il -signifie _s'exercer à_: _un enfant essaie à marcher_; dans les autres -acceptions, il prend _de_: _j'ai essayé de le persuader_.--_S'essayer_ -veut toujours la préposition _à_: _s'essayer à nager_. - -3. _Essayer_, signifiant tâcher, faire ses efforts, demande un régime -indirect: _essayez-y_ (et non _essayez-le_); _je ne sais si j'en -viendrai à bout; je n'y ai pas essayé_ (et non _je ne l'ai pas essayé_). - -=Est=, s. m., Orient: on prononce le _t_: _es-te_. - -=Est-ce.=--Ne dites pas: _plus savant est-on, plus est-ce qu'on aime -l'étude; plus vous en dites, moins est-ce qu'on vous croit_; dites, -_plus on est savant, plus on aime l'étude; plus vous en dites, moins on -vous croit_. - -=Estaminet=, _Café chez Hubert_; c'est une mauvaise locution; -dites, _estaminet, café tenu par Hubert_ ou bien simplement, -_estaminet-Hubert, café-Hubert_. - -=Estoc=, s. m., longue épée ancienne; ne dites pas: _frapper de stoc et -de taille_, mais, _d'estoc et de taille_; prononcez _estok_. - -=Estomac=, s. m.--Prononcez _estoma_ et non _estomak_. - -2. Ne confondez pas _estomac_ avec _poitrine_: _il a une large -poitrine; je lui ai frappé sur la poitrine_ (et non _estomac_); -_estomac_ ne se dit que de la poche qui sert à digérer et qui se trouve -au-dessous du thorax ou de la poitrine proprement dite. - -=Estomaquer=, ne s'emploie que _pronominalement_, et signifie se -tenir offensé de ce qu'une personne a dit ou fait, _s'en formaliser_; -mais il ne signifie jamais _surprendre, stupéfier, interdire_, comme -dans l'idiome wallon: _il s'est estomaqué (formalisé) de ce que je -ne lui ai pas rendu sa visite assez tôt; il n'a pas sujet de s'en -estomaquer;--je fus bien surpris de sa réponse; cette nouvelle l'a -stupéfié_ (et non _estomaqué_). - -=Estompe=, s. f.; _dessin à l'estompe_; ne dites pas _estombe_. - -=Étable=, est féminin: prononcez _éta-ble_. - -=Étal, Étau.=--Un _étal_, est une sorte de table chez les bouchers; -plur. _étaux_;--un _étau_, est une machine de serrurier, à tenir, à -serrer les objets que l'on travaille; plur. _étaux_. - -=Étiquet=, n'est pas français; dites _étiquettes_. - -=Étiqueter=: on ne double jamais le _t_: _les apothicaires étiquètent -leurs fioles_. (Acad.) - -=Étisie= et =Phthisie=, _étique_ et _phtisique_, se disent -indifféremment; cependant on dit plus ordinairement _phthisie_ que -_étisie_, et _étique_ que _phthisique_. - -=Étonner.=--Il faut dire: _je m'étonne, je suis étonné que..._ et non, -_ça m'étonne que..._ - -2. Ne dites pas: _je m'étonne ce qu'il a pu faire; je m'étonne s'il a -fait sa besogne_; dites, _je suis curieux de savoir, je désire vivement -savoir_, etc. - -=Étouffe, Touffe=, pour _étouffant_, sont des barbarismes: _il fait -étouffant, on étouffe de chaleur_, et non, _il fait touffe, étouffe_. - -=Être=, v. s.: prononcez _ê-tre_ et non _ê-te_ ni _êtère_. - -2. Ne dites pas: _cela est-il à votre goût_; dites, _cela est-il de -votre goût?_ - -3. _Être chaud, être froid_, au lieu de _avoir chaud, avoir froid_, -sont des flandricismes. - -4. _Être en voie, chasser quelqu'un en voie, jeter quelque chose en -voie_, sont des wallonismes: dites _être parti; chasser quelqu'un; -jeter quelque chose_: voyez _voie_. - -5. _Être fâché à quelqu'un ou sur quelqu'un_; dites, _être fâché contre -quelqu'un_. (Wall.) - -6. _Être gagné_, pour _avoir gagné_: ne dites pas, si vous avez gagné -au jeu, _je suis gagné_; dites, _j'ai gagné_. - -7. _Être perdu_: ne dites pas: _vous avez mal joué, vous êtes perdu_; -dites, _vous avez perdu_. - -8. _Être quitte d'une chose_, pour _avoir perdu cette chose_.--_Être -quitte de..._, ne se dit que d'une chose que l'on est bien aise de -ne plus avoir: _je suis quitte de la fièvre_. Mais quand on regrette -une chose, on ne peut pas dire qu'on en est quitte. Bien des gens -disent abusivement: _je suis quitte de mon enfant_, pour dire: _il est -mort_;--_je suis quitte de ma montre, de mon parapluie_, pour, _ma -montre m'a été volée, j'ai perdu mon parapluie_. - -9. _Être vice d'une personne, d'une chose_, pour, _en être -dégoûté_:--_ne soyez pas dégoûté_ (et non _vice_) _de moi, buvez -hardiment dans mon verre_. (Fland.) - -10. Ne dites pas: _est-ce là votre livre? oui, c'est lui_; dites, _oui, -ce l'est_, ou bien _c'est mon livre_. - -11. Ne dites pas: _sont-ce là vos parents? oui, ce les sont_; dites, -_oui, ce sont eux_; ne dites pas: _sont-ce là vos nièces? oui ce les -sont_; dites, _oui, ce sont elles_. Quand on parle de choses inanimées, -on doit répondre: _ce l'est, ce les sont_; mais il faut répondre: -_c'est lui, c'est elle, ce sont eux, ce sont elles_, quand on parle de -personnes. - -12. Ne dites pas: _vous savez ce qui en est_; dites, _ce qu'il en est_. - -13. Ne dites pas: _où est l'affaire; où sont les actions du chemin de -fer?_ dites, _où en est l'affaire, où en sont les actions...?_ - -14. Ne dites pas: _nous sommes à trois; ils sont leurs deux_; dites, -_nous sommes trois, ils sont deux_. - -15. Ne dites pas: _six et six sont douze_, mais, _font douze_. - -16. Ne dites pas: _c'est à vous à qui je parle_; dites, _c'est à vous -que je parle_. - -17. _Je fus_, se dit très-bien pour _j'allai_: voyez _aller_. - -18. _C'est à vous, c'est à vous de_: voyez _à_. - -19. _Être à la campagne, en campagne_: voyez _campagne_. - -=Étudiant=, s. m., se dit de celui qui suit les cours d'une université -ou d'une école publique: _un étudiant en droit, en médecine; il y a -beaucoup d'étudiants à cette université_. Il ne se dit pas pour les -_élèves_ d'une école, d'un collége. Voyez _élève_. - -=Étudier.=--Ne dites pas: _mon fils étudie avocat_ ou _l'avocat_; -dites, _étudie le droit_ ou _pour être avocat_. - -=Étuve, Poêle.=--Une _étuve_ est un lieu clos dont on élève assez -la température pour faire transpirer; un _poêle_ (ou _poile_) est un -fourneau de fonte, de tôle, etc., à l'aide duquel on échauffe les -chambres, escaliers, etc.; ne dites donc pas: _j'ai fait mettre une -étuve dans ma chambre_; dites, _... un poêle_. - -=Eucharistie=, _eucologe, Eugène, Eulalie, Euphémie, euphémisme, -Euphrate, Europe, Eustache, Euterpe_, etc.: prononcez _eu_ et non _u_ -ni _é_; _Europe_ et non _Urope_, ni _Erope_, ni _Eurôpe_. - -=Eux=: prononcez _eû_, et non _eûce_. - -=Évaluer=,(_u-er_ et non _u-wer_) et _estimer_, devant ou après un nom -de nombre, ou un adverbe de quantité, peuvent être accompagnés de la -préposition _à_ ou employés sans préposition: _à combien_ ou _combien -a-t-on évalué votre maison? sa propriété fut évaluée cent mille francs_ -ou _à cent mille francs; cette terre a été évaluée tant_ ou _à tant_. - -=Évangile=, est masculin: _le saint Évangile; le premier, le dernier -Évangile..._ - -=Éventaire=, s. m., plateau d'osier sur lequel sont placés les noix, -les légumes, etc., que vendent certains marchands en parcourant les -rues. Ne confondez pas ce mot avec _inventaire_, état détaillé des -meubles, des marchandises, etc. - -=Évêque=: prononcez _évêque_, (_ê_ long). - -=Évier=, s. m., pierre d'une cuisine, d'où s'écoulent les eaux; ne -dites pas _levier_ ni _lévier_ ni _pierre à relaver_; on dit pourtant -_pierre à laver_. - -=Éviter, Épargner.=--_Éviter_ ne veut pas dire épargner; ne dites -donc pas: _je vous éviterai cette peine; je veux vous éviter ce -désagrément_; dites, _je vous épargnerai cette peine; je veux vous -épargner ce désagrément_, (littéralement, _je vous ferai éviter, je -veux vous faire éviter_;--mais ce n'est pas moi qui éviterai, c'est -vous qui devez éviter). - -=Évoquer, Invoquer=: voyez _invoquer_. - -=Ex.=--Cette particule, dans la composition de certains mots, se -prononce toujours _eks_: _ex-ministre, ex-législateur_, il faut se -garder de prononcer _èce_ ni _ek_: voyez _x_. - -=Exact=, adj.: prononcez _èkzak-te_, et non _èkza_, ni _èkzak_. - -=Examen=, s. m.: prononcez _ègzamin_; quelques-uns disent _ègzamène_. - -2. Ne dites pas: _j'ai fait mes examens à Liége_; dites, _j'ai subi, -j'ai passé mes examens..._ - -=Excellent=, n'admet ni comparatif, ni superlatif; ne dites donc pas -_plus excellent, très-excellent_. - -=Excepté=, _passé, supposé, y compris, vu, approuvé_ et quelques -autres participes, employés sans auxiliaire, s'accordent avec le -substantif qui les précède _immédiatement_, parce qu'on sous-entend -l'auxiliaire _être_: _mes amis_ (étant) _exceptés; cette époque_ -(étant) _passée; ces faits_ (étant) _supposés; cette somme y_ (étant) -_comprise; les pièces_ (ayant été) _vues et approuvées_.--Mais ils -sont invariables, quand le substantif les suit immédiatement, parce -qu'alors on sous-entend l'auxiliaire _avoir_: _excepté mes amis; passé -cette époque; supposé ces faits; y compris cette somme; vu et approuvé -l'écriture ci-dessus; reçu cent francs_; c'est-à-dire, _ayant excepté_ -mes amis; _ayant passé_ cette époque; _ayant supposé_ ces faits; _y -ayant compris_ cette somme; _j'ai vu et j'ai approuvé_ l'écriture -ci-dessus; _j'ai reçu_ cent francs. - -=Excessivement=, adv.--Ne dites pas, _excessivement beau, joli, -agréable_; dites, _extrêmement_.--_Excessivement_, est l'adverbe -d'_excessif_, et ne peut s'appliquer à une qualité qu'on regarde -actuellement comme bonne. - -=Exclu=, part. passé de _exclure_, fait au féminin _exclue_ et non -_excluse_: prononcez _eks'-clu, eks'-clure_, etc. et non _esclu, -esclure_. - -=Excusable, Inexcusable=: voyez _impardonnable_. - -=Excuse.=--On dit: _je vous fais excuse, je vous fais bien excuse, -je vous en fais mille excuses_, ou _je vous demande pardon_; mais, -_demander excuse_, est une locution vicieuse.--Prononcez _ègs'-cu-ze_ -et non _es-cuze_, ni _ègs'cuce_; prononcez de même _excuser, -excusable_, etc. - -=Exemple.=--Ce mot est masculin, excepté lorsqu'il désigne un modèle -d'écriture; dans ce dernier cas, il est masculin et féminin, mais -l'Académie semble préférer le masculin: _vous avez un bel exemple -devant les yeux; son maître de calligraphie lui donne tous les jours de -nouveaux exemples_. - -2. On dit très-bien: _suivre_ ou _imiter l'exemple de quelqu'un_; -_suivez son exemple; imiter l'exemple, la conduite de quelqu'un_. -(Acad.) Prononcez _egzam-ple_ et non _ekçample_ ni _egzampe_ ni -_egzampelle_: prononcez de même _exemplaire, exempt, exempter, -exemption, exorde_. - -=Exempt, Exempter, Exemption=: le _p_ ne se prononce pas dans les deux -premiers, mais il se fait sentir dans le dernier: _exemp'tion_. - -=Exigu=, _exil, exhaler, exhalaison, exeat, exequatur, exarchat_: -prononcez _èg'zigu, èg'zile, èg'zaler, èg'zéat_ (_x_ douce) et non -_èg'cigu, èg'cile, èg'çaler, èg'céat_. - -=Exorde=, commencement d'un discours, est _masculin_: _cet exorde est -trop long_. - -=Expert=, _expertiser, expliquer, explication, explicite, exprès, -expressément, exploiter, expédient, expirer, exposer, exterminer, -extravagant, expérience, explosion, exploit, extérieur, extraire, -extrait_, etc.: prononcez _èkspert, èkspliquer, èksplication_, etc. -en faisant sentir l'_x_ et non simplement une _s, espert, espliquer, -esplication, esprès, esploit, estravagant_, etc. - -=Expirer=, v. n., signifiant mourir, et _passer_, dans le sens de _être -admis_, prennent toujours _avoir_: _dès qu'il eut expiré_ (Acad.); _ce -mot a passé dans notre langue_. (Acad.)--Voyez _Auxiliaire_. - -=Explicitement, Explicite=: voyez _implicitement_. - -=Exporter, Exportation=: voyez _importer_. - -=Exprès, Expressément.=--On entend assez souvent confondre ces deux -adverbes, et cependant ils sont loin d'avoir le même sens. _Exprès_ -veut dire _à dessein_ et _expressément_ signifie _formellement, -explicitement_, au moyen d'expressions claires, en toutes lettres: _il -le fait exprès_ (et non expressément) _pour me fâcher_; _il a fait -bâtir cet appartement exprès pour ses amis_; _il est venu exprès, tout -exprès_ (et non _expressément_) _pour demander cette place_;--_cela -est énoncé expressément_ (en toutes lettres) _dans le contrat_; _je lui -avais commandé, défendu expressément_ (clairement) _de faire telle -chose_. - -2. _A l'exprès, en exprès, par exprès_, sont des barbarismes; dites -simplement _exprès_ et prononcez _ègs'prè_ et non _es'prè_. - - - - - F - - -=F.=--Quand elle est finale, elle se prononce presque toujours, même -devant une consonne: _vif désir, soif brûlante, un boeuf très-maigre, -une soif ardente_, etc. Il faut en excepter quelques mots, tels que -_clef_ dont l'_f_ ne se prononce ni au singulier ni au pluriel; _oeuf -frais_ (_eû_), _oeuf dur_ (_eû_), _nerf-de-boeuf_ (_nèr-de-beufe_); -_cerf-volant_ (_cère_), _cerf-dix-cors_ (_cèr_), _chef-d'oeuvre_ -(_chè_), _boeuf-gras_ (_beû_). Le mot _neuf_ forme aussi une exception: -voyez ce mot. - -2. Les flamands doivent se garder de prononcer _f_ finale ou la syllabe -_fe_ comme _v_ ou _ve_: _un parafe_ et non _un parave_; _un bref_ et -non _un brève_; _un if_ (arbre) et non _ive_; _une griffe_ (ongle -crochu) et non _une grive_ (oiseau); _ce cheval piaffe_ et non _piave_; -_piaffement_ et non _piavement_. - -=Fabricant=, s. m.--Quelques-uns écrivent _fabriquant_ (Acad.) Il -nous semble que l'on doit réserver cette seconde orthographe pour le -participe présent du verbe _fabriquer_: _un fabricant d'étoffes; un -ouvrier fabriquant des étoffes_. - -2. Le subst. _fabricant_ n'a pas de correspondant féminin; ne dites -donc pas: _Madame N., fabricante de corsets_; dites, _faiseuse de -corsets_. - -=Fabricien= et =Fabricier=: on dit plus ordinairement _marguillier_ -(_marguillier_ et non _margueiller_). - -=Face=, se dit du visage entier et ne doit pas s'employer comme -synonyme de _joue_: _une face de carême; avoir une grosse face, une -face rubiconde;--avoir une fluxion à la joue; joue droite, joue -gauche_. - -2. Ne dites pas: _en face le palais_, mais _en face du palais_. ---Prononcez _face_ et non _faze_. - -=Facétie=, s. f., plaisanterie: prononcez _facécie_;--_ti_ se prononce -également _ci_ dans les dérivés _facétieux, facétieusement_. - -=Fâcher.=--On doit dire; _se fâcher, être fâché contre_ quelqu'un et -non _à, sur_, ou _après quelqu'un_: _il est horriblement fâché contre -vous_ et non _à vous, sur vous, après vous_; _je me suis fâché contre -lui_ (et non _sur lui, après lui, à lui_). Prononcez _fâcher_ (_â_ -long) et non _facher_ (_a_ bref). - -=Facile.=--Ne dites pas: _j'ai facile, j'ai bien facile; vous avez -bien facile; j'ai facile d'apprendre mes leçons; vous avez facile de -faire ce problème_; mais dites: _il m'est facile, c'est bien facile, -cela m'est bien facile, bien aisé; cela vous est bien facile, bien -aisé; vous avez de la facilité pour apprendre vos leçons_ ou _vous -apprenez facilement vos leçons; vous ferez facilement ce problème_, -etc., ou une autre tournure;--mais _avoir facile, avoir difficile_, -sont des locutions véritablement wallonnes et qu'il faut proscrire du -langage correct. Voyez _difficile_. - -=Façon=, s. f.: voyez _compliment_. - -=Façonneur, Façonneux=, qui fait trop de façons; ces mots ne sont pas -français; dites _façonnier_: _que vous êtes façonnier; cette femme est -trop façonnière_. - -=Fac-simile=, s. m., imitation parfaite; prononcez _fac-similé_: au -pluriel, des _fac-simile_ (invar.) - -=Facteur.=--Ne dites pas _le porteur de lettres_, mais _le facteur de -la poste_ ou simplement, _le facteur_. - -=Factieux=, adj., séditieux; prononcez _fac-cieux_; _ti_ se prononce de -même dans _faction, factionnaire_. - -=Factotum=, s. m., qui se mèle de tout; prononcez _factôtome_: on -prononçait autrefois _factoton_. - -=Factum=, s. m., mémoire pour un procès; prononcez _factome_. - -=Faculté=, s. m.; ne dites pas _fagulté_. - -=Faible=, adj.: ce mot et ses dérivés s'écrivaient autrefois _foible_; -l'Académie a adopté exclusivement _faible, faiblesse, faiblir_, etc. -Prononcez _fè-ble_ et non _fèpe_ ni _fèbelle_. - -2. _Faible, fort_.--_Cela est faible, cela est fort_, sont des -exclamations dont les flamands abusent et qu'il faut rendre presque -toujours par un équivalent.--_Cela est fort_, est français dans -certains cas et se dit d'une chose qui étonne désagréablement, qui -paraît extraordinaire, ou difficile à croire: _cela est fort, paraît -fort; voilà qui est fort_.--_Cela est faible_ pour exprimer le -contraire de, _cela est fort_, ou pour signifier que tel propos qu'on -vous tient ou telle réponse qu'on vous fait, ou telle action dont -on vous parle, n'a pas grande importance ou est blâmable: dans ces -diverses acceptions cette locution n'est pas française. - -3. Ne dites pas non plus: _cette viande est faible_ pour signifier, -qu'elle a peu de goût; dites, _cette viande est fade_. - -=Faiblir=, _tomber faible_.--Ne dites pas: _cette femme est tombée -faible, a faibli à l'église_; dites, _s'est trouvée mal, est tombée en -faiblesse, en syncope, en pamoison; s'est évanouie; il lui a pris une -faiblesse; elle est tombée en faiblesse_. - -=Faïence, Faïencier, Faïencerie=: on écrivait autrefois _fayence, -fayencier, fayencerie_. - -=Faillir.=--Devant un infinitif il demande _à_ ou _de_, mais _de_ -est plus en usage: _j'ai failli de tomber, à tomber; j'ai failli de -l'oublier, à l'oublier; cet événement faillit de retarder, à retarder -notre départ_. Néanmoins on supprime souvent toute préposition, surtout -dans le langage familier: _il faillit être assassiné; il a failli nous -arriver un malheur_. - -=Faim=, s. f.--_Si_ et _très_ ne peuvent modifier des substantifs, et -par conséquent ne peuvent se placer devant _faim, soif, peur_; ne dites -donc pas: _j'ai si faim, si soif; très-faim, très-soif_, etc.; dites, -_j'ai grand'faim, grand'soif; fort faim, fort soif; mourir de faim, -avoir une faim dévorante_, etc. Voyez _très_ et _si_. - -=Faîne=, s. f.: prononcez _fène_ et non _fa-ïne_: _de l'huile de faîne, -ramasser des faînes_. - -=Fainéant, e=, subst.--Ne dites pas _fainiant_, ni _féniant_, ni -_fègnant_. - -=Faire.=--Ne dites pas à table: _j'ai bien fait_, pour signifier que -vous n'avez plus d'appétit: dites, _j'ai assez mangé, je n'ai plus -besoin de rien_. - -2. Ne dites pas: _deux et deux fait quatre_, mais, _font quatre_. - -3. Faire _avec_.--Ne dites pas pour inviter quelqu'un à partager votre -repas: _voulez-vous faire avec nous_; dites, _voulez-vous partager -notre repas; voulez-vous dîner, manger avec nous; voulez-vous prendre -un verre de vin?_ - -4. Ne dites pas non plus pour inviter quelqu'un à se mettre de la -partie: _voulez-vous faire avec?_ dites, _voulez-vous être des nôtres, -venir avec nous, faire la partie avec nous?_ - -5. _Faire dans_ telle ou telle chose pour, _faire le commerce_ de telle -ou telle chose, est une locution vicieuse; ne dites pas: _il fait dans -le papier, dans les draps_; dites, _il fait le commerce du papier, des -draps; il vend du papier, des draps_, etc. (Wall.) - -6. Ne dites pas: _cela ne me fait de rien_; dites, _cela ne me fait -rien, m'importe peu, ne m'importe guère, m'est bien égal_. - -7. Ne dites pas: _je ne fais rien qui ne soit de faire_; dites, _qui -soit blâmable, condamnable, répréhensible_. - -8. Ne dites pas: _ça je fais, ça je ne fais pas_; dites, _je fais ça et -je ne fais pas ça_. (Fland.) - -9. Ne dites pas: _j'ai fait mes trois cafés ce soir_; dites, _j'ai été -dans trois cafés_, ou bien, _dans mes trois cafés_, si c'est affaire -d'habitude. - -10. _Faire tourmenter_, est un wallonisme; ne dites pas: _mon camarade -me fait tourmenter_; dites simplement, _me tourmente_:--_faire -tourmenter_ signifierait charger quelqu'un de tourmenter, comme, _faire -battre, faire rendre_. (Wall.) - -11. _Faire_ pour _rendre_.--Ne dites pas: _l'oisiveté nous fait -vicieux; la vertu nous fait aimables_; dites, _l'oisiveté nous rend -vicieux; la vertu nous rend aimables_. - -12. Ne dites pas: _je ne sais quoi faire, je ne sais quoi dire, quoi -répondre_; dites, _je ne sais que faire, que dire, que répondre_. - -13. Ne dites pas: _je ne sais que faire avec cela_; dites, _je ne sais -que faire de cela_. - -14. Ne dites pas: _vous êtes dans l'embarras, savez-vous ce que vous -faites_ ou _ce que vous fassiez_; dites, _savez-vous ce qu'il faut -faire_. - -15. _Faire la messe, lire la messe_, pour, _dire la messe, célébrer la -messe_ est un flandricisme.--_faire une messe_ se dit d'un musicien -qui compose une messe. - -16. _Faire une somme_, pour, _faire une addition_, etc.; ne dites pas: -_faites-moi cette somme_; dites, _faites-moi cette addition, cette -soustraction_, etc. - -17. _Se faire._--Ne dites pas: _il s'est fait fatigué; vous vous ferez -malade_; dites, _il s'est fatigué; vous vous rendrez malade_. - -18. _Il fait._--Ne dites pas: _il fait beau de se promener_; dites, -_il fait beau pour se promener_. - -19. _Faire_, se met souvent pour un autre verbe qu'on ne peut pas -répéter: _cet homme n'aime pas tant le jeu qu'il faisait_ (et non -_qu'il le faisait_); _nous nous entretînmes de cette nouvelle, comme -nous aurions fait de toute autre_ (et non _comme nous l'aurions fait_) -(Acad.) - -20. _Ne faire que, ne faire que de_.--_Ne faire que_, marque ou une -action fréquemment répétée: _cet enfant ne fait qu'aller et venir_; ou -une action instantanée: _attendez-moi, je ne fais qu'aller et revenir_, -c'est-à-dire, je vais et reviens en un moment.--_Ne faire que de_, -marque une action qui vient d'avoir lieu: _il ne fait que d'arriver_, -c'est-à-dire, _il vient d'arriver_. - -21. _Faire excuse._--Voyez _excuse_. - -22. On dit, _avoir affaire_ et non _à faire_ à quelqu'un: _avoir -affaire à plus fort que soi; si vous ne vous corrigez pas, vous aurez -affaire à moi_. Voyez _affaire_. - -23. _Faire les cartes._--Voyez _écarter_. - -24. _Se faire prêtre, religieux_, pour, embrasser l'état ecelésiastique -ou religieux, sont des expressions françaises. - -25. L'Académie écrit, _faisant, nous faisons, je faisais_, ainsi que -les dérivés _faisable, bienfaisant, bienfaisance, contrefaisant_; mais -il faut prononcer _ai_ comme si ces mots étaient écrits avec un _e_: -_fesant, nous fesons, je fesais, fesable, bienfesant, bienfesance, -contrefesant_. Il faut donc condamner l'orthographe que Voltaire avait -mise à la mode et d'après laquelle on écrivait, _fesant, je fesais, -bienfesance_, etc. Voyez _e pour ai_. - -26. _Fait-à-fait, à fait, fait et à mesure_.--Ces expressions ne sont -pas françaises; il faut dire, _à mesure, au fur et à mesure, à fur -et mesure, successivement, tour-à-tour_:--_on vous paiera à mesure -que vous travaillerez; vous n'avez qu'à travailler et on vous paiera -à mesure; travaillez, vous serez payé au fur et à mesure, à fur et -mesure; vous serez payé à mesure de votre travail_. Il faut préférer _à -mesure_, à _au fur et à mesure, fur et mesure_. - -27. _Être au fait, mettre au fait, se mettre au fait_, c'est-à-dire -être bien instruit de, s'instruire de... sont des expressions -françaises: _quand vous serez au fait de votre métier; cette jeune -fille est bien au fait du ménage; il se fut bientôt mis au fait de son -nouvel emploi_. - -28. _Au fait._--Ne dites pas: _au fait de la comète, je vais vous -conter une histoire_; dites, _à propos de la comète...._ - -29. Ne dites pas non plus: _c'est au fait de rire, de plaisanter_, -etc.; dites, _c'est pour rire, c'est pour plaisanter_. - -=Faisan=, (coq sauvage), _faisandeau, faisanderie, faiseur_ (ouvrier): -prononcez _fesan, fesandeau, fesanderie, feseur_. - -=Fait=, s. m.--Dans _voies de fait_, (violences) prononcez _fête_. - -=Falloir=, v. n.--Ne dites pas: _voilà ce qui nous faut, ce qui nous -fallait_; dites, _ce qu'il nous faut, ce qu'il nous fallait_. - -2. Ne dites pas: _il faut mieux étudier que jouer_; dites, _il vaut -mieux..._ - -=Fameux=, adj., renommé, célèbre, insigne dans son genre: _fameux -orateur, siège fameux, fameux voleur; c'est un fameux imbécile; voilà -une fameuse bêtise_. - -2. Les wallons abusent de ce mot en l'appliquant à des choses d'une -importance médiocre; ainsi ils diront: _c'est un fameux, vous êtes un -fameux_, etc., au lieu de: _c'est un espiègle, vous êtes un original_, -etc.;--_on nous a servi un fameux jambon_, (ou _un terrible jambon_); -dites, _un grand, un très-grand, un énorme jambon_. - -3. Ne dites pas non plus: _goûtez-moi ce vin.--Fameux!_ dites, -_excellent, délicieux_.--_Vin fameux_, pour _vin renommé_, est trivial. - -=Faner=, v. a., signifie étendre l'herbe pour la faire sécher: _faner -le foin_.--_Faner_ ne peut pas s'employer neutralement; ne dites pas: -_ces fleurs commencent à faner_; dites, _... à se faner_. - -=Fange=, s. f.--Beaucoup de wallons désignent, fort improprement, par -ce mot une grande étendue de terrain inculte et couvert de bruyère; le -mot _fange_ a une tout autre signification. Traduisez par _bruyère, -lande_, ou même par _fagne_ qui figure dans quelques dictionnaires. - -=Faon=, (petit d'une biche), _faonner_: prononcez _fan, faner_. - -=Faquin=, est un terme de mépris qui signifie, homme de rien, qui -fait des actions basses: _ce n'est qu'un faquin; on l'a traité comme -un faquin; c'est un métier de faquin_: _fieffé faquin_.--Il ne faut -donc pas employer ce mot dans le sens de, _freluquet, coquet, pimpant, -élégant_: _il était extrêmement pimpant; vous voilà bien pimpant -aujourd'hui; faire le pimpant_; etc. - -=Farce=, se dit des actions qui ont quelque chose de plaisant, de -bouffon ou de ridicule: _faire une farce, des farces; faire une farce -à quelqu'un; une bonne farce; quelle farce! il nous a donné la farce; -c'est une farce que cela; c'est une vraie farce_. (Acad.)--_Faire -ses farces_ (expression populaire), c'est se divertir d'une manière -bouffonne: ces _jeunes gens font leurs farces, ont fait leurs farces_. -(Acad.) - -2. _Farceur_, se dit d'un homme qui fait des bouffonneries, qui est -dans l'habitude d'en faire: _un farceur insipide_. (Acad.)--Il suit -de là que les mots français _farce_ et _farceur_ ne correspondent pas -exactement aux mots wallons _farce_ et _farceur_; ceux-ci en effet ont -une acception un peu détournée et se disent ordinairement d'un _tour_, -d'une _plaisanterie_, d'une _mystification_, d'une _espièglerie_: _cet -écolier ne pense qu'à jouer des tours; je lui ai joué un bon tour; on -m'a fait une méchante plaisanterie; vous avez fait là une dangereuse -espièglerie_. - -3. Rendez le mot _farceur_ par _plaisant, qui aime les tours, -espiègle_, etc., selon le sens. - -4. Ne dites pas _farce_ pour _farceur_: _cet homme est farceur; oh! que -c'est farce!_ Cependant ce mot peut se dire des choses: _une action -farce, une parole farce, un maintien farce_. (BESCHERELLE.) - -5. Le verbe _farcer_, faire une farce, figure dans les dictionnaires de -Bescherelle et de Poitevin. - -=Fashion= (mode), =Fashionable= (à la mode), mots anglais: prononcez -_fachion, fachionable_; néanmoins plusieurs prononcent _fassion, -fassionnable_. - -=Fastes=, s. m. pluriel, histoire; ce mot est masculin: _les fastes -glorieux de l'empire_. - -=Fat=, adj., impertinent; prononcez _fate_. - -=Fatal, ale=, adj.--Le pluriel est _fatals_, mais il est peu usité. - -=Faubourg.=--Prononcez _fôbour_.--_Bourg final_, ne fait pas entendre -le _g; Limbourg, Luxembourg, Cobourg_; tandis que _bourg_, gros -village, se prononce _bourke_. - -=Faubourien, ienne=, adj. et s., homme du faubourg ou qui appartient au -faubourg; ne dites pas _faubourier_, ni _faubourtier_. - -=Faute.=--Ne dites pas: _c'est de ma faute, si tu as perdu ton -procès_; dites, _c'est ma faute_ ou _c'est à moi la faute, si_, etc. - -2. Ne dites pas non plus: _une faute d'attention_; il faut dire, _une -faute d'inattention_ ou simplement, _une inattention, une inadvertance_: -_c'est une inadvertance; pardonnez-lui ses inadvertances; c'est une -pure inattention, une faute d'inattention_.--On dira très-bien au -contraire: _cet élève s'est trompé faute d'attention_ (l'attention lui -a fait défaut). - -=Faux=, s. f., instrument d'agriculture: _la faux du temps_.--On -écrivait autrefois _faulx_. - -=Faux, fausse=, adj.--Une _fausse corde_ est une corde qui n'est pas -au son voulu; une _corde fausse_ est celle qui donne toujours un son -faux. - -2. Une _fausse porte_ est une porte ignorée des importuns; une _porte -fausse_ est une porte figurée. - -3. Un _faux jour_ est un jour mauvais pour un tableau; un _jour faux_ -est un jour mal distribué dans le tableau. - -=Féconder, Fécond=, etc.: prononcez _fékonder, fékond_, etc., et non -_fégonder, fégond_. - -=Femme.=--_Ma femme, mon mari_; voyez _époux_. - -=Fenaison=, s. f., action de couper le foin; temps où on le coupe: on -dit aussi, mais moins souvent, _fanaison_: _pendant la fanaison_; on -dit également _fanage_ et _fauchaison_. - -=Fénelon=, n. pr.--On écrit et on prononce communément aujourd'hui en -France, _Fénelon_ et non _Fénélon_. - -=Fenêtre, Croisée=: voyez _croisée_. - -=Fenil=, s. m., lieu où l'on serre le foin; prononcez _fenile_. - -=Fer à cheval, fer de cheval.=--On dit _fer à cheval_, quand il s'agit -d'une table, d'un escalier ou de tout autre objet qui a la forme d'un -fer qu'on met sous le pied d'un cheval: _préparez une table de 30 -couverts et disposez-la en fer à cheval_.--On dit _fer de cheval_, -quand il s'agit du fer même qu'on met au pied du cheval. - -=Férir=, v. déf., frapper; vieux mot qui n'est plus usité que dans -cette locution: _sans coup férir_. - -=Ferlaté=, falsifié; dites _frelaté_: _du vin frelaté_. - -=Ferraille, Ferrure, Ferronnerie.=--Le premier se dit collectivement -d'une certaine quantité de vieux morceaux de fer usés ou rouillés: _ce -n'est que de la ferraille; vendeur de vieille ferraille_.--_Ferrure_ -signifie garniture de fer: _ferrure d'une porte; ferrure bien faite; la -ferrure de ces roues n'est pas assez forte; la ferrure d'un vaisseau; -les ferrures d'un gouvernail_.--_Ferronnerie_, s'emploie pour -désigner les ouvrages de fer en général;--le marchand qui vend de la -ferronnerie prend le nom de _ferronnier_: _acheter des chenets chez un -ferronnier_. - -=Ferré= ou =Ferret=, perche munie d'un crochet de fer, à deux branches, -l'une droite et l'autre courbe, dont on se sert pour pousser une -barque; ces mots ne sont pas français; dites _gaffe_: _pousser la -barque au large avec la gaffe_. - -=Fertin=, menu poisson ou choses de peu de valeur; dites _fretin_. - -=Fesser=, ne signifie pas _clisser, entrelacer, ficeler_; vous direz -donc: _une bouteille clissée_, et non _... fessée_. - -=Festival=, s. m., grande fête musicale: le pluriel est _festivals_. - -=Feu.=--Ne dites pas: _le feu est dehors_, ou _est déteint_; dites, -_est éteint_. - -2. Ne dites pas: _il y a eu feu_, ou _le feu cette nuit-ci_; dites, _il -y a eu un incendie_. - -3. =Feu, Feue.= adj.--_Feu_ s'accorde avec son substantif, lorsqu'il -le précède _immédiatement_: _la feue reine, sa feue tante_; mais il -reste invariable, quand il en est séparé par l'_article_ ou par un -_adjectif possessif_: _feu la reine, feu sa tante_. - -=Fève=, s. f., =Féverole=, s. f.: prononcez _fè-ve, fé-v'role_ et non -_fè-fe, fé-f'role_. - -=Fiacre=, s. m., voiture de place; prononcez _fia-cre_ (_ia_ diphth.) -et non _fiaque, fiakère_. - -=Fibre=, filament délié des chairs, des plantes, est _féminin_: _la -fibre charnue, les fibres ligneuses_. Prononcez _fi-bre_ et non _fi-pe_ -ni _fibère_. - -=Ficelle=, s. f.--Ne dites pas; _cet homme est un peu ficelle_; dites, -_est sujet à caution, est un fripon, un friponneau_. - -=Ficher.=--Ne dites pas, _je m'en fiche_; dites, _je ne m'en soucie -pas, je m'en moque_: _ficher_, dans ce sens, n'est pas français. - -2. Ne dites pas non plus: _il lui a fiché_ ou _fichu un soufflet_; -dites, _il lui a donné, appliqué, administré un soufflet_. - -=Fichu, ue=, est un terme de mépris, bas et populaire, dont on ne doit -pas se servir: _voilà un fichu compliment_. - -=Fief=, s. m., domaine noble: prononcez _fièfe_. - -=Fiente=, s. m., excrément de bête: prononcez _fiante_ (_ian_ diphth.) - -=Fier, ère.= adj. hautain.--_Fier homme_ (iron.), homme de peu de -mérite;--_homme fier_, qui a de la fierté.--Prononcez le masc. _fier_ -comme le fém. _fière_. - -=Fier=, v., commettre à la fidélité: prononcez _fié, confié, défié, -méfié_ (_ié_ diphth.) - -2. Ne dites pas: _cet homme n'est pas à fier_ (flandr.); dites, _cet -homme n'est pas sûr, ne mérite pas confiance_; ou bien, _on ne peut pas -se fier à cet homme_. - -=Fièvre=, s. f.--Ne dites pas: _j'ai eu les fièvres_; dites _j'ai -eu la fièvre_. Prononcez _fiè-vre_ et non _fiévre_ ni _fiè-fe_ ni -_fièvère_. - -=Fignoler=, v. n., faire l'élégant; ce mot est populaire. - -=Figue= (_faire la_), mépriser quelqu'un, le braver, le défier, se -moquer de lui: _il fait la figue à tous ses ennemis_. (Acad.) - -=Fil=, de lin, de soie, etc.; prononcez _file_ (_l_ non mouillée). - -2. _Fil d'arka_: écrivez et prononcez _fil d'archal_. - -=Filial, ale=, adj.--Il n'y a point d'exemple du pluriel dans -l'Académie: _respect filial, piété filiale_. Des grammairiens lui -donnent le pluriel _filials_; Boinvilliers a dit, _des sentiments -filiaux_. - -=Fille=, s. f., _filleul, fillette_: mouillez les _il_, et ne dites pas -_file, fileul, filette_.--Il en est de même de: _anguille, bastille, -camomille, cédille, charmille, chenille, cheville, coquille, esquille, -étrille, famille, faucille, goupille, grille, guenille, lentille, -pacotille, pastille, peccadille, quille, roquille, souquenille, -vanille, vétille, vrille_, etc. Voyez _époux_ et _demoiselle_. - -=Filosenne=, est un mot wallon qui se traduit par _cordon, cordon de -coton, cordon de soie_.--_Filoselle_, dont on serait peut-être tenté -de se servir, est un substantif féminin qui sert à désigner une espèce -de grosse soie ou de fleuret, provenant de la bourre de la bonne soie -et des cocons de rebut: _des bas de filoselle_;--comme on le voit, -_filoselle_ n'est pas du tout le _filosenne_ wallon. - -=Filou=, n'a pas de féminin; ne dites donc pas _filoute_. - -=Fils=, s. m.--Quoique les grammairiens ne soient pas d'accord, nous -pensons qu'il faut prononcer _fice_ même devant une consonne; _le -repentir est fils de la vertu_. - -=Fin.=--Ne dites pas: _vous avez pris la bille trop fine_; dites, _... -trop fin_. - -=Finales= (_syllabes, lettres_).--Nous ne saurions trop appeler -l'attention des professeurs et des élèves sur la nécessité de bien -prononcer les lettres et syllabes finales des mots. Les flamands aussi -bien que les wallons ont à se mettre en garde contre plusieurs fautes; -les premiers adoucissent généralement les fortes, tandis que les -derniers renforcent les douces: les _f_, les _p_, les _k_, les _ch_, -les _t_ deviendront des _v_, des _b_, des _g_, des _d_ dans la bouche -d'un flamand; tandis que les wallons sont portés à faire des _f_, des -_k_, des _ch_, des _p_, des _t_, là où il n'y a que des _v_, des _g_, -des _b_, des _d_: donnons quelques exemples: un flamand prononcera -_parave_ pour _parafe_; _attague_ pour _attaque_; _vage_ pour _vache_; -_une pombe_ pour _une pompe_; _il écoude_ pour _il écoute_. Le wallon -à son tour dira: _brafe_ pour _brave_; _fromache_ pour _fromage_; _une -blaque_ pour _une blague_; _une bompe_ pour _une bombe_; _la bisse_ -pour _la bise_, etc.--Ces défauts de prononciation, outre qu'ils -prêtent au ridicule, donnent toujours une pauvre idée de l'éducation de -celui qui n'a pas su s'en corriger; les professeurs donc ne sauraient -y veiller de trop près, d'abord en prêchant d'exemple, et ensuite en -se montrant d'une sévérité inexorable à l'encontre de ces défauts de -prononciation de terroir. - -2. Les wallons ont également beaucoup de peine à bien faire sentir les -deux consonnes de certains mots, comme: _est, ouest, tact, contact, -lest, exact, infect, casque, secte, texte, prétexte, mixte, reste, il -résulte, il inculque, liste, moraliste, burlesque, kiosque_, etc.; -généralement, ils négligent la dernière consonne et prononcent: _esse, -ouesse, take, contake, lesse, exake, infèke, casse, sèke, texe, mixe, -resse_, etc. - -3. Il y a d'autres finales que les wallons et les flamands ne -prononcent pas mieux: ce sont les _ble_, les _ple_, les _gle_, les -_dre_, les _tre_, etc.--Supposons les mots: _aimable, exemple, règle, -vendre, ventre_, etc.: un flamand prononcera _aimabèle, exempèle, -règuèle, vendère, ventère_, tandis qu'un wallon dira, _aimape, exempe, -rèke, vente, vente_.--Ces vices de prononciation, pourtant si communs -même chez les personnes les plus instruites, proviennent en très-grande -partie de ce que les instituteurs et les professeurs n'ont pas assez -exercé, n'ont pas brisé leurs élèves à la bonne prononciation. Nous -recommandons beaucoup, comme un moyen de se corriger de ces sortes -de défauts, la lecture ou la déclamation faite en commun et à haute -voix; deux jeunes gens, vraiment désireux de se défaire de cette -rouille de naissance ou de terroir, se réunissent: l'un fait la lecture -et l'autre exerce charitablement l'office de censeur, mais d'un -censeur impitoyable; et nous leur garantissons qu'en peu de temps ils -parviendront à se faire une prononciation correcte.--Il y a encore -d'autres finales que les wallons ou les flamands massacrent sans pitié: -nous avons eu soin de les signaler en leur lieu et place. - -4. _Final, ale_, adj., qui finit, qui termine.--L'Académie ne donne -point d'exemple du pluriel masculin; de bons grammairiens disent -_finals_.--Ce mot s'emploie substantivement, au féminin, pour -signifier la dernière syllabe d'un mot: _la finale de ce mot est -longue_. - -5. _Finale_, terme de musique, morceau d'ensemble qui termine un opéra, -un choeur, etc.; il est _masculin_: _il y a du brio dans ce finale_. - -=Finalement=, signifie la même chose qu'_enfin_; ne dites donc pas, -_enfin finalement_; un seul de ces mots suffit.--Ne dites pas non -plus, _en fin finale_. - -=Finard=, adj., fin, rusé dans les petites choses; ce mot n'est pas -français; dites, _finaud, finaude_;--ce dernier mot est familier et ne -se dit qu'en mauvaise part; il se prend aussi substantivement. - -=Finaud, e=, qui est fin, rusé dans de petites choses: _c'est un -finaud_.--_Finard_ n'est pas français: voyez ce mot. - -=Finir.=--Ne dites pas: _je suis fini_, pour exprimer que vous avez -gagné: dites, _j'ai fini_. - -2. _C'est fini avec moi_, disent les flamands, lorsqu'ils se croient -sur le point de mourir; dites, _c'est fini de moi, c'est fait de moi_. - -3. Ne dites pas: _Nous avions fini avec lui_; dites, _nous en avions -fini avec lui; je suis pressé d'en finir avec cet homme_. - -4. Ne dites pas: _la fête finit avec un feu d'artifice_; dites, _... -par un feu d'artifice_. - -5. _Finir_, devant un infinitif, demande la préposition _de_: -_avez-vous fini de parler_ et non _à parler?_ - -=Fisc=, s. m., trésor de l'État; prononcez _fis'que_. - -=Fiscal, ale=, adj.; le pluriel est _fiscaux_: _droits fiscaux_. (Acad.) - -=Fixement=, adv., d'une manière fixe: _regarder fixement_:--prononcez -et écrivez _fixement_ et non _fixément_. - -=Fixer=, signifie _arrêter, attacher_; jamais il ne veut dire _regarder -quelqu'un_ ou _regarder fixement_; dites, dans ce sens, _fixer les -yeux, la vue, ses regards sur quelqu'un_ ou _quelque chose_; ne dites -pas: _il nous a longtemps fixés_; dites, _il nous a longtemps regardés_ -ou _regardés fixement; il a longtemps fixé les yeux sur nous_, et -mieux, _il a eu longtemps les yeux fixés sur nous_. - -2. _Fixer les regards de quelqu'un_, c'est devenir l'objet de son -attention. - -=Flairer, Fleurer.=--_Flairer_, c'est sentir par l'odorat: _flairez -cette rose_.--_Fleurer_, c'est répandre une odeur: _cela fleure -bon_.--_Flairer_ ne signifie jamais _puer_. (Wall.) - -=Flamber=, v. n., jeter de la flamme; ne dites pas _flammer_ ni -_blamer_. - -=Flanquer=, dans le sens de _jeter, lancer_, est français, mais -populaire: _flanquer un soufflet, un coup de poing, une assiette à la -tête de quelqu'un_. (Acad.) - -=Flegme=, s. m., sang-froid; prononcez _fleghme_ en faisant sentir un -_g_ dur.--Ne dites pas: _il est flegme_, mais, _... flegmatique...._ - -=Fleuraison=, s. f., le développement et l'épanouissement des -fleurs; l'époque où les plantes fleurissent; l'état des plantes -en fleur. L'Académie donne aussi le mot _floraison_, et renvoie à -_fleuraison_.--Quoi qu'il en soit, le mot _floraison_ nous paraît être -aujourd'hui plus usité que _fleuraison_. - -=Fleur de lis=: voyez _lis_. - -=Fleur d'orange.=--Quoique, à la rigueur, on peut dire _fleur -d'oranger_, la première expression est pourtant reçue et consacrée -par l'Académie: un médecin, un pharmacien pourront néanmoins dire -_fleur d'oranger_, mais dans le style ordinaire et dans le style de la -conversation, on dit _fleur d'orange_. - -2. Le mot _fleur_ seul, ne signifie pas _farine_; dites donc, _allez -m'acheter une livre de fleur de farine_; et non, _... une livre de -fleur_. - -=Fleurir.=--Au propre, il signifie, _être en fleur_: _les pêchers -fleurissaient déjà, lorsque la gelée est survenue; les prés -fleurissants, les plaines fleurissantes_.--Employé au figuré, -c'est-à-dire, lorsqu'il signifie, _être dans un état de prospérité, -de splendeur; être en crédit, en honneur, en réputation_, il fait -_florissant, florissante_; _les lettres étaient alors très-florissantes_. -Lorsqu'on parle d'une personne ou d'une collection de personnes, comme -d'une ville, d'un peuple, d'un état, il fait toujours _florissait_ à -l'imparfait de l'indicatif: _Athènes florissait sous Périclès; ces -empires florissaient alors_.--Mais quand on parle de choses, il -fait _fleurissait_ et _florissait_: _les sciences fleurissaient_ ou -_florissaient sous le règne de ce prince_. (Acad.) - -=Flic-Flac=, bruit de plusieurs coups de fouet, de plusieurs soufflets -donnés coup sur coup. - -=Floche= pour signifier _houppe, gland_, n'est pas français; _il a un -gland à son bonnet_ et non, _... une floche_. - -=Floquet=, mot wallon; dites _noeud, boucle_: _nouer à boucles; un beau -noeud_. - -=Flouer, Floueur, Flouerie=, sont des termes populaires: dites plutôt -_tromper, trompeur, tromperie; duper, dupeur, duperie_, etc. - -=Fluide=, adj., qui coule aisément; prononcez _flui-de_ (_ui_ diphth.) -et non _flu-ide_ ni _flu-wide_, ni _fluite_. - -=Flume= ou =Flimme=, humeurs que l'on jette en crachant; ce mot n'est -pas français; dites _flegme, crachat_. - -=Flux=, s. m., mouvement de la mer, dévoiement; prononcez _flu_, l'_x_, -dans _flux_ et _reflux_, ne se prononce pas devant une consonne et il -prend le son de _z_ devant une voyelle: _le flux_ (_z_) _et le reflux -de la mer_. - -=Foible=: voyez _faible_. - -=Foie=, viscère, est masculin: _pâté de foie gras_; prononcez _foî_ et -non _foye_. - -=Fois.=--Ne dites pas: _une fois pour tout_, mais, _une fois pour -toutes_. - -2. Ne dites pas: _je lui avais dit ça l'autre fois_; dites, _l'autre -jour_. - -3. Ne dites pas: _toutes fois qu'il vient, je m'en vais_; dites, -_toutes les fois_ ou _chaque fois qu'il vient_. - -4. _De fois à autres_, de temps en temps, est une locution française. - -5. Les flamands emploient très-mal l'expression _une fois; dites -une fois, venez une fois, laissez-moi voir une fois_, etc.--Il faut -absolument bannir ce flandricisme du langage correct et le supprimer -entièrement, ou bien, lorsque le sens le permet, le rendre par _ça! -donc, un peu_: _ça! dites-moi, venez-donc, laissez-moi voir un -peu_.--Il en est de même du mot _seulement_ que les flamands emploient -si souvent d'une manière impropre et à peu près dans le même sens -qu'_une fois_: _courez seulement, aidez-moi seulement_; etc. Remplacez -ce ridicule _seulement_ par le mot que le sens vous indiquera, comme -_çà, donc, un peu_, etc. - -=Foison=, s. f., ne prend pas l'article et n'a point de pluriel: _il y -aura foison de fruits cette année_;--on l'emploie aussi comme adverbe, -précédé de la préposition _à_: _il y a de tout à foison_. Prononcez -_foizon_ et non _foisson_. - -=Folio=, s. m.; mot emprunté du latin et qui signifie feuillet: _folio -4, au folio 20_.--On appelle _folio recto_ ou simplement _recto_, la -première page du feuillet, et _folio verso_ ou simplement _verso_, le -revers ou la seconde page;--au pluriel _folios_. - -2. _In-folio_, se dit du format d'un livre où la feuille est pliée en -deux: _saint Thomas a écrit vingt volumes in-folio_; au pluriel _des -in-folio_. - -=Foncer=, v. a.--Ne dites pas, _foncer une porte_; dites, _enfoncer -une porte_: _foncer_, c'est mettre un fond: _foncer un tonneau_. - -=Fond, Fonds, Fonts.=--_Fond_ s'écrit sans _s_ toutes les fois qu'il -signifie l'endroit le plus bas, le plus intérieur, le plus éloigné de -l'entrée, de l'abord, de l'ouverture d'une chose creuse; _le fond d'un -puits, d'un tonneau, d'un sac, d'un abîme, d'une boutique, d'un cachot, -d'une haie, d'un port; le fond d'un chapeau, d'un coffre_.--_Fond_ -(sans _s_) se dit aussi d'un terrain considéré surtout par rapport à -son degré de fermeté, à sa qualité, à sa composition: _bâtir sur un -fond peu solide; vous avez choisi là un bien mauvais fond; un fond -d'argile_.--_Fond_, en parlant d'étoffes, signifie la première ou la -plus basse tissure sur laquelle on a fait quelque dessin ou quelque -ouvrage; il se dit aussi de l'étoffe même sur laquelle on brode, du -champ sur lequel les figures d'un tableau sont peintes, des plans -plus reculés d'un tableau: _velours à fond d'or, broderie sur fond -de satin; un paysage sert de fond au tableau_.--Au figuré, _fond_ -signifie ce qu'il y a d'essentiel dans une chose, et il est opposé à -l'accessoire, à l'apparence, à la forme: _le fond d'une doctrine, le -fond d'un ouvrage, le fond d'une histoire, le fond d'un procès, un fond -de raison, la forme l'emporte sur le fond_. - -2. _Fonds_ (avec une _s_) signifie le sol d'une terre, d'un champ, -d'un héritage, somme d'argent plus ou moins considérable: _cultiver -un fonds, bâtir sur son fonds, sur le fonds d'autrui; le fonds de la -banque; fonds social; bailleur de fonds; être en fonds; les fonds -publics; le fonds_ (le capital) _et le revenu; fonds de commerce; fonds -de magasin_.--Au figuré, on le dit de la capacité, du savoir, de -l'esprit, de la probité: cet _homme a un fonds de vertu, un grand fonds -d'esprit_.--_Biens-fonds_ se dit des biens immeubles.--_Le fonds et -le très-fonds_, c'est le fonds (le sol, la propriété, etc.) et tout ce -qui en dépend: on écrit aussi _tréfonds_. - -3. _Fonts_, s. m. pluriel (on ne prononce ni le _t_ ni l'_s_): c'est -le bassin où l'on conserve l'eau dont le prêtre se sert pour baptiser: -_les fonts baptismaux; tenir un enfant sur les fonts_. - -=Fondation=, s. f., =Fondement=, s. m.--_Fondation_ signifie l'ensemble -des ouvrages nécessaires pour asseoir les fondements d'un édifice; -on l'emploie ordinairement au pluriel. Les fondations d'un édifice -comprennent l'excavation du terrain, et, lorsqu'il est nécessaire, le -pilotis à établir pour affermir le sol: _faire les fondations d'un -bâtiment_. L'Académie fait remarquer que ce mot s'emploie quelquefois -_abusivement_ pour les fondements mêmes.--_Fondation_ signifie encore -_le fossé_, la tranchée qu'on fait pour y placer des fondements: -_creuser la fondation, les fondations_.--_Fondement_ se dit quelquefois -au pluriel du fossé que l'on creuse pour commencer à bâtir; cependant, -le mot _fondation_ est préférable dans ce sens.--_Fondement_ signifie -encore, et c'est là son acception ordinaire, la maçonnerie qui sert de -base à un édifice, à une construction, et qui se fait dans la terre -jusqu'au rez-de-chaussée; il s'emploie surtout au pluriel: _poser, -jeter les fondements d'un édifice_. (Acad.) - -=Force=, s. f.--Ne dites pas: _il y avait force de monde_; dites, -_beaucoup de monde_. - -2. Ne dites pas: _il a force d'argent, force de bijoux, force d'amis_; -retranchez _de_ et dites, _force argent, force bijoux, force amis_. - -3. _De force que._--Ne dites pas: _elle est tombée de force qu'elle -riait_; dites, _elle est tombée à force de rire_. On peut aussi -remplacer _de force que_ par _tant_, comme dans ces phrases: _il a -fallu me porter, tant j'étais faible; il tremblait de tous ses membres, -tant il avait peur_ (et non _de force que j'étais faible_ ou _qu'il -avait peur_.) - -=Forceps=, s. m., instrument de chirurgie: prononcez _forcep-ce_, en -faisant sentir le _p_ et l'_s_. - -=Forcer.=--Ne dites pas: _on lui a forcé de se taire_; dites, _on l'a -forcé de se taire_; _forcer_ est un verbe actif. - -2. Ne dites pas: _il fut forcé malgré lui_; dites simplement, _il fut -forcé_, car c'est toujours malgré soi qu'on est forcé. - -3. _Forcer_, suivi d'un infinitif, prend la préposition _à_ ou _de_: -_il fut forcé de partir; on le força à signer_. (Acad.) - -=Forcettes=, n'est pas français; dites _forceps_. - -=Format=, _d'un livre_: voyez _in-douze_. - -=Fort.=--_Cela est fort_, Flandr.:--voyez _faible_. - -2. _Fort en_ et _fort sur_. On dit: _cet élève est fort sur la -philosophie, sur l'histoire; elle est très-forte sur le piano, sur la -harpe_; mais on dit: _il est fort aux échecs, au piquet_. (Acad.) - -3. _Fort_ (_se faire_).--Dans l'expression verbale _se faire fort_, -c'est-à-dire, s'engager à quelque chose, _fort_ est toujours -invariable: _elle se fait fort de l'obtenir; ils se faisaient fort -d'une chose qui ne dépendait pas d'eux_. (Acad.) - -4. _Il est fort et hardi_:--ne prononcez pas _for-té hardi_ mais -_for-é hardi_.--Dans _fort_, adj., le _t_ ne se lie pas avec la -voyelle qui suit; il en est de même des mots en _ard, ord, ort_, comme -_hasard, abord, port, sort, mort_, etc.; et des verbes terminés en -_ert, ort_.--Mais le _t_ final de _fort_ adverbe, se lie avec le mot -suivant dont il détermine le sens: _homme fort habile, fort incommode, -fort à l'aise_. - -=Fortement=, adv.--Ne dites pas: _il pleut fortement, il gèle -fortement_; dites, _il pleut fort, il gèle fort_. - -2. Ne dites pas: _sa perte sera fortement ressentie_; dites, _sera -vivement ressentie_, parce qu'il s'agit ici d'un sentiment; _fortement_ -(avec énergie, _au figuré_) ne se dit en effet que de l'_esprit_ et non -_du coeur_: _c'est un ouvrage fortement pensé; il a parlé fortement_. -(Acad.) - -=Fortifier=, v. ac.--Ne dites pas: _cet enfant a beaucoup fortifié -depuis un an_; dites, _s'est beaucoup fortifié_. - -=Fortuné=, adj., signifie _heureux_; c'est à tort donc que quelques-uns -l'emploient dans le sens de riche, qui a de la fortune: _un homme -fortuné_; dites, _un homme riche_ ou _qui a de la fortune_. - -=Forum=, s. m., place où le peuple discutait les affaires publiques à -Rome: prononcez _forome_. - -=Fosse=, s. f.--Ne dites pas: _il a la fosse au menton_; dites, _... -la fossette..._ - -=Fou=, signifie quelquefois, excessif, prodigieux: _il y avait à la -fête un monde fou; un luxe fou; il en demandait un prix fou_ (et non -_de fou_). - -=Foudre=, est _masculin_, lorsqu'il désigne, 1º une certaine -représentation de la foudre: _les armes de l'empire français sont un -aigle tenant un foudre dans ses serres_; 2º une grande tonne propre à -contenir les liquides: _le célèbre foudre d'Heidelberg_: et dans les -deux expressions suivantes: _un foudre de guerre_, un grand capitaine, -comme Napoléon 1er; _un foudre d'éloquence_, un grand orateur, comme -Bossuet.--Il est _féminin_, quand il désigne le tonnerre: _être -frappé de la foudre; la foudre sillonne les nues_. Cependant, dans ce -sens, il est quelquefois masculin en poésie et dans le style soutenu: -_être frappé du foudre; expirer sous les foudres vengeurs_. (M. l'abbé -Péters, _Grammaire_.)--Prononcez _fou-dre_ et non _fou-de, fou-te_ ni -_foudère_. - -=Fouet, Fouetter=: prononcez _fouè, fouèter_. - -=Fouine=, s. f., grosse belette: prononcez _fouine_ (_oui_ diphth.) et -non _fou-ine_ ni _fouwine_. - -=Fouir=, signifie creuser la terre avec un instrument: _il faut fouir -bien avant pour trouver de l'eau dans cet endroit_.--Mais si l'on veut -parler du travail du sanglier, du cochon, de la taupe, etc., on se sert -du verbe _fouiller_: _les sangliers, les cochons fouillent; la taupe a -fouillé là_.--Enfin on dira _bècher_, et non _fouir_, un jardin, une -terre.--Prononcez _fou-ir_ et non _fou-wir_. - -=Fourche= (_à la_), négligemment, grossièrement; cette locution est -française: _cela est fait à la fourche_. - -=Fourchu.=--Ne dites pas: _pied fourchu_, mais _pied fourché_, pied -fendu en deux; on dit aussi _chemin fourché_ quand il se divise en -deux.--_Fourchu_ a le même sens, mais il ne s'emploie que dans -certaines locutions comme _menton fourchu, barbe fourchue, faire -l'arbre fourchu_ (mettre la tête en bas, les pieds en haut, écartés -l'un de l'autre.) - -=Fourmille.=--Ne dites pas: _une fourmille d'enfants_, pour indiquer -un grand nombre d'enfants; dites, _une fourmilière d'enfants, une -marmaille d'enfants_. - -=Fournil=, s. m., lieu où est le four; prononcez _fourni_. - -=Fouter= (=se=), est un terme ignoble et sévèrement proscrit; les -auteurs par pudeur dissimulent ce mot par la lettre initiale suivie de -points suspensifs: _f....._ - -=Frac=, redingotte, est masculin: _un beau frac_; prononcez _fraque_. - -=Fragment=, s. m., morceau: prononcez le _g_ dur. - -=Fraîchir=, ne signifie pas _mouiller_: _il craint de se mouiller_ (et -non _de se fraîchir_) _les pieds_. - -=Frais=, féminin _fraîche_ (il faut se garder de dire _fraîche_ -au masculin).--Ce mot signifie, _un peu froid, récent, non salé, -brillant, vigoureux_: _il fait froid en hiver; il fait frais dans les -belles nuits d'été; un vent frais_ (un peu froid); _une nuit fraîche; -avoir les mains fraîches_ (froides); _du pain frais_ (nouveau); _du -porc frais_ (non salé); _mettre des fleurs dans un vase avec de -l'eau pour les tenir fraîches; ce vieillard est encore très-frais_ -(vigoureux). - -2. _Frais_, ne peut pas s'employer dans le sens de _mouillé, trempé, -humide_: _je suis mouillé_ (et non _frais_) _comme un canard_; _il est -tout trempé_ (et non _frais_) _de sueur_; _il a pleuré, il a encore les -yeux tout humides_ (et non _tout frais_); _la terre est encore tout -humide_ (et non _toute fraîche_). (Wall.) - -3. _Faire frais_, signifie faire un peu froid et non _faire humide, -faire mouillé_.--Ne dites jamais _frisse_ pour _frais_: _frisse_ est -wallon. - -=Fraisil=, s. m., cendre du charbon de terre dans une forge: prononcez -_fraisi_ et non _fraisile_. - -=Franc=, adj., ne peut pas s'employer dans le sens de hardi, effronté, -qui a de l'assurance; ne dites donc pas: _ce déclamateur est franc -devant le public_; dites, _ce déclamateur a de l'assurance_, etc. - -2. Un _franc menteur_ est un menteur avéré; un _homme franc_ est un -homme sincère. - -3. _Franc de port._--Dans cette expression, l'adjectif _franc_, -est invariable, quand il précède le substantif qu'il modifie: _vous -recevrez franc de port_ (franco) _la lettre que je vous envoie_. Il -s'accorde, quand il vient après ce substantif: _la lettre que j'ai -reçue était franche de port_. - -4. Le _c_ de _franc_ ne se prononce que devant une voyelle: _un franc -animal_ (fran-k'animal). - -5. _Franc_, s. m.--Ne dites pas: _un franc et demi, un franc et -quart_; dites, _un franc et cinquante centimes, un franc et vingt-cinq -centimes_. - -=Frangipane=, s. f., sorte de pâtisserie; écrivez et prononcez -_frangipane_ et non _franchipane_. - -=Frappant neuf.=--Ne dites pas, _un habit tout frappant neuf_, mais, -_tout battant neuf_. - -=Frayeux=, pour _coûteux, dispendieux, dépensier_, n'est pas -français: _les voyages sont coûteux_ (et non _frayeux_); _une femme -très-dépensière_ (et non _très-frayeuse_). - -=Fredaine=, s. f.--Écrivez et prononcez _fredaine_ et non _frèdaine_, -ni _ferdaine_. - -=Freluquet=, s. m., damoiseau;--écrivez et prononcez _freluquet_ et -non _fréluquet_ ni _ferluquet_. - -=Frères=, _consanguins, utérins, germains_: voyez _germain_. - -=Fret=, s. m., louage d'un vaisseau; prononcez _frète_. - -=Friand=, de, adj., qui aime la chère fine et délicate: prononcez -_fri-an_ et non _fri-ian_. - -2. _Friand, Gourmand_, adj.--_Friand_ se dit de celui qui aime, -recherche, connaît et savoure les morceaux délicats.--Le _gourmand_ -aime à faire bonne chère; le _glouton_ et le _goinfre_ semblent, dans -leur voracité, vouloir tout engloutir dans leur estomac. - -=Fricandeau.=--C'est du veau lardé; ne dites pas, un _frécandeau_. - -=Fricassée=, ne se dit que des viandes fricassées: _manger d'une -fricassée de poulets; une fricassée de pieds de mouton_.--_Fricassée_, -dans le sens que les wallons lui donnent, c'est-à-dire _du lard ou du -jambon cuit dans la poêle avec des oeufs battus_, se rend en français -par le mot _omelette_. - -=Fricasser, Frire.=--_Fricasser_, c'est faire cuire dans la poêle, -dans une casserole, etc., quelque chose après l'avoir coupé par -morceaux: _fricasser des poulets, des navets, des carottes, des pommes -de terre_, etc. - -2. _Frire_, c'est faire cuire dans une poêle avec du beurre roux ou du -sain-doux ou de l'huile: _frire des oeufs, des côtelettes; le beurre -frit dans la poêle; poisson frit, artichauts frits, pommes de terre -frites_. - -=Fricot=, signifie ragoût, viande fricassée, toute sorte de mets, -régal, bon repas, etc., mais il est populaire. - -=Frileux, euse=, adj.: _les vieillards sont frileux_; ne dites pas -_frilieux_ ni _fruleux_. - -=Frimousse=, s. f., mine, visage: _quelle frimousse!_--Ce terme est -méprisant et populaire. - -=Fringale=, s. f.--Ce mot n'est pas français; dites _faim canine_. - -=Friper=, dans le sens de manger avec avidité, goulûment, est français, -mais il est bas. - -=Frisquin= (_saint_), tout ce qu'on possède: on doit dire _frusquin, -saint-frusquin, saint-crepin_: _il a perdu tout son frusquin, -son saint-frusquin; perdre son saint-crepin; porter tout son -saint-crepin_;--_saint-frusquin_ se dit principalement de l'argent et -des nippes et _saint-crepin_, de la fortune en général.--Écrivez et -prononcez _crepin_ et non _crépin_ ni _crespin_. - -=Froc=, s. m., habit de moine: prononcez _froke_. - -=Froid.=--On ne dit pas _avoir froid_ (ou _avoir chaud_) _des pieds, -des mains_, etc.; on ne dit pas non plus _avoir froid_ (ou _avoir -chaud_) _les pieds, les mains_, etc.;--on doit dire: _avoir froid_ (ou -_avoir chaud_) _aux pieds, aux mains_, etc. Par conséquent on doit dire -en parlant des mains, des pieds, etc.: _j'y ai eu froid_ (ou _chaud_) -et non _j'en ai eu froid_. - -2. Ne dites pas: _j'ai gagné un froid qui me fait tousser_; dites, -_j'ai gagné un rhume; je suis pris, j'ai été pris, saisi d'une -fraîcheur, d'un rhume, d'un refroidissement_. - -3. _Froid_ (_battre_), v. n., est français et signifie recevoir une -proposition d'une manière à faire voir qu'on n'est pas disposé à -l'accepter. - -4. _Faire froid_, et plus souvent, _battre froid à quelqu'un_, c'est le -recevoir avec moins d'empressement, avec un visage moins ouvert qu'à -l'ordinaire. (Acad.) - -=Froidir=, v. n. et pronom., devenir froid: _il a laissé froidir son -dîner_: ce mot est vieux, on dit plutôt _refroidir, se refroidir_. - -=Froidure, froideur, froid.= _Froidure_ se dit uniquement -du froid répandu dans l'air: _j'ai supporté la froidure des -climats_.--_Froideur_ s'emploie toujours au figuré et signifie -indifférence, insensibilité: _je n'ai pu endurer la froideur des -grands_.--Beaucoup de personnes emploient abusivement ces expressions -pour le mot _froid_. - -=Fromage.=--Dites _un fromage d'Edam_ (espèce de fromage de Hollande -fabriqué à Edam) et non _fromage de dames_.--Prononcez _froma-ge_ et -non _froma-che_. - -=Frugale, ale=, adj., qui vit de peu; ce mot n'a pas de pluriel -masculin (Acad.)--Quelques grammairiens disent _frugals_, d'autres, -_frugaux_. Cette dernière forme serait préférable, si le plur. masc. -devenait nécessaire. - -=Fruit=, s. m.--On ne dit pas: _manger un fruit_, mais, _manger du -fruit_.--Ne dites pas non plus: _il lui a donné un fruit pour son -goûter_; dites, _il lui a donné du fruit_ ou bien, _il lui a donné une -pomme, une poire, un raisin_. - -=Fumé.=--Ne dites pas, _de la viande enfumée, un jambon enfumé_, mais, -_de la viande fumée, un jambon fumé_. - -=Funéraire=, adj.--Ne dites pas: _un service funéraire, un service -mortuaire_; dites, _un service funèbre_. - -2. _Funèbre_, est un adjectif propre à dépeindre tout ce qui accompagne -les funérailles, et par extension tout ce qui a un air de mort: _pompe, -appareil, honneurs, ornements, chant, convoi funèbres; images funèbres; -oiseaux funèbres_... - -3. _Funéraire_ est, comme _mortuaire_, un terme abstrait, de légiste, -d'homme d'affaires, d'intendant, qui convient surtout, sinon -uniquement, dans la locution, _frais funéraires_; on dit un _drap -mortuaire, registre mortuaire, extrait mortuaire, droits mortuaires_. - -=Fur.=--_Au fur et à mesure, à fur et mesure_: ces deux expressions -signifient _à mesure, à proportion_: _je travaillerai au fur et à -mesure que vous m'apporterez de l'ouvrage_; voyez _fait-à-fait_. - -=Furieux=, _furieusement_.--Ces mots s'emploient figurément et -familièrement dans le sens de prodigieux, qui est excessif et -extraordinaire dans son genre, et alors il précède toujours le -substantif: _c'est un furieux mangeur, un furieux menteur; voilà -un furieux travail; il s'est donné un furieux coup, une furieuse -entorse; il fait une furieuse dépense; voilà un furieux poisson; -il est furieusement grand, il est furieusement riche; il ment -furieusement; elle est furieusement laide_. (Ac.)--Voyez _terrible_ et -_terriblement_. - -=Fusil=, s. m.--L'_l_ finale ne sonne pas (_fuzi_), non plus que dans -les mots _baril, chenil, coutil, fenil, outil, persil, sourcil_. - - - - - G - - -=G.=--Devant _a, o, u_, il se prononce dur; devant _e_ et _i_ il -s'amollit et se prononce comme _j_. - -2. Dans le premier cas, les flamands doivent se garder de prononcer -le _g_ du gosier; ils ne doivent pas prononcer _ghagner, ghobelet, -ghide_, mais _gagner, gobelet, guide_.--Devant _e_ et _i_ ils doivent -éviter de le prononcer comme _se, sé_ ou _sié_: _sibier, siémir, silet, -sielée, fromase_, etc., pour _gibier, gémir, gilet, gelée, fromage_. - -3. Les wallons, de leur côté, sont exposés à prononcer la syllabe _ge_ -comme _che_: _ramache, plumache, rouche, horloche, prodiche, granche, -sonche, lochement, juchement, prolonchement_, etc., au lieu de _ramage, -plumage, rouge, horloge, prodige, grange, songe, logement, jugement, -prolongement_.--Nous recommandons beaucoup aux professeurs, d'abord -de se surveiller eux-mêmes et ensuite de donner à leurs élèves force -exercices, afin de les initier bon gré mal gré à la bonne prononciation. - -4. Le _g_ final, suivi d'une voyelle se prononce ordinairement comme -_k_: _un long hiver_; à la fin de certains mots il ne se prononce pas, -même devant une voyelle: _étang, seing_, etc. - -=Gage.=--En parlant du salaire des domestiques et des gens de service, -ce mot ne s'emploie qu'au pluriel: _gagner de gros gages_ (et non _un -gros gage_); _les gages d'un laquais, d'une servante_.--_Appointements_ -se dit des emplois plus relevés;--_honoraires_ et _émoluments_ se -disent des professeurs, des médecins, des avocats, et de ceux dont on -obtient quelque conseil ou quelque service honorable.--Prononcez _gaje_ -et non _gache_. - -=Gageure=, s. f., pari; prononcez _gajure_ (Acad.); il faut préférer -les mots _pari_ et _parier_ aux mots _gageure_ et _gager_. - -2. _Gager, Parier_.--Ne dites pas _gager, parier pour une somme_, -mais, _gager, parier une somme_: _je gage, je parie cent francs, ma -montre, ma tête que...._ - -=Gagne=, dans le sens de _gain_, et _gagnage_, dans le sens de -_ouvrage, travail, gain_, ne sont pas français. - -=Gagner.=--Ne dites pas en parlant du jeu: _je suis gagné, je suis -perdu_; dites, _j'ai gagné, j'ai perdu_.--On dit _gagner_ une bataille -et _remporter_ une victoire.--Prononcez _gagner_ (_a_ bref) et non -_gâgner_ (_â_ long). - -=Gaiement=, adv. =Gaieté=, s. f.: on écrit aussi _gaiment, gaîté_. - -=Galant, te=, adj.--Un _galant homme_ est un homme poli et serviable; -un _homme galant_ est celui qui cherche à plaire. - -=Galette, Gauffre.=--Une _galette_ est une espèce de gâteau cuit au -four, qui a la forme d'un pain aplati.--Les _gauffres_ sont cuites -entre deux fers et présentent à la surface de petits carreaux ou des -dessins en relief.--Il faut donc nommer _gauffre_ ce qu'on appelle -généralement _galette_:--_galet_, dans ce sens, n'est pas français. - -=Galop=, s. m., dans le sens de _savon, réprimande, semonce, saccade, -garde_, est un terme populaire: prononcez _galô_ (_ô_ long). - -=Gangrène=, s. f.--On prononce _cangrène_ selon l'Académie qui écrit -aussi _cangrène_; nous ferons toutefois remarquer que la prononciation -_gangrène_ commence à être en faveur; il en est de même de _gangrener, -gangreneux_. - -2. Ne dites pas _gangrin-ne_ mais _gangrè-ne_; prononcez _gangrener, -gangreneux_ et non _gangrèner, gangrèneux_. - -=Garçons=, s. m.--Ne dites pas: _les garçons ne sont pas à la maison_; -dites, _les enfants, mes enfants, mes frères..._ - -=Garde à= (=prendre=), et =Prendre garde de=.--_Prendre garde à_, -s'emploie surtout avec un substantif pour complément: _prenez garde à -ce cheval, à ce fossé_.--Avec un verbe, on met plutôt _de_: _prenez -garde de tomber, prenez garde de vous brûler_. - -2. Quand on met _à_ devant un infinitif, c'est pour indiquer ce qu'il -faut faire et non ce qu'il ne faut pas faire: _prenez garde à ne pas -tomber; prenez garde à bien conserver votre équilibre; prenez garde à -bien sauter_. - -3. _Garde_, s., est féminin, quand il désigne tout un corps: _la garde -royale, la garde d'honneur, la garde nationale, la garde civique_. Mais -il est masculin, quand il désigne une ou plusieurs personnes tirées -d'un corps: _un garde royal, un garde civique_, c'est-à-dire, un homme -qui fait partie de la garde royale, de la garde civique. - -4. _Garde-enfants_ ou _garde-d'enfants_: dites _une bonne d'enfants_ ou -simplement _une bonne_. - -5. _Garde-champêtre_, s. m.: prononcez _gar-de-cham-pê-tre_ et non -_garte-champette_ ni _garde-champêtère_. - -6. _Garde-Chasse_, s. m.: prononcez _gar-de chasse_ et non -_garte-chasse_; il en est de même de _garde-corps, garde-fou, -garde-forestier, garde-malade_, etc. - -7. _Garde-robe_, s. f.: prononcez _gar-de-ro-be_ et non _gart'rope_. - -=Gare, Garde.=--On dit _gare dessous, gare l'eau, gare la bombe, -gare le fouet; frapper sans dire gare; si vous faites cela, gare les -conséquences_. Mais il faut dire _garde_ (et non _gare_) _à vous_ -(sous-entendu _prenez_.) - -=Garni.=--On dit, _une robe garnie d'or, de dentelle; un chapeau -garni de fleurs_, et non, une _robe garnie en or, en dentelle, ... en -fleurs_. (Acad.) - -=Garnisaire.=--Prononcez _garnizaire_ et non _garnissaire_, homme en -garnison chez un débiteur ou chez le débiteur du gouvernement. - -=Gasse=, est wallon, dans le sens de _banquet, gala_. - -=Gastrique=, est un adj.; il signifie qui tient ou appartient à -l'estomac: _le suc gastrique_. - -=Gastrite=, s. f., est une inflammation de l'estomac: _il souffre d'une -gastrite_ et non d'une _gastrique_. - -=Gâter, Gâteau=: prononcez _â_ long: _gâter, gâteau_. - -=Gaudron, Gaudronner=, pour _goudron, goudronner_, sont des -barbarismes.--_Gaudronner_ et _godronner_ ont une toute autre -signification. - -=Gaz=, s. m., fluide aériforme: prononcez _gâze_ et non _gâce_. - -=Gaze=, s. f., espèce d'étoffe: prononcez _gâze_ et non _gâce_. - -=Geai=, s. m., oiseau.--Ne dites pas, _noir comme du geai_ mais -_noir comme du jais_ ou _comme jais_: le _jais_ est une pierre noire -susceptible d'un beau poli. - -=Géant=, fait _géante_ et non _géane_ au féminin. - -=Gelée, Gelure=, s. f.--Ne dites pas: _j'ai des gelées_ ou _des -gelures aux pieds_, mais, _j'ai des engelures aux pieds_: prononcez -_geler, gelée_ et non _gèler, gèlée_. - -=Geler=: voyez _engeler_. - -=Gémeaux=: voyez _jumeau_. - -=Général=, s. et adj.: prononcez _général_ et non _gènèral_ ni -_gènèrâl_. - -=Génie.=--_Officier de génie_ signifie, officier qui a du génie; -_officier du génie_ se dit d'un officier qui appartient au corps nommé -_le génie_: on peut donc être officier _du génie_ sans être officier -_de génie_ et vice-versâ.--Prononcez _génî_ (_î_ long) et non _géniïe_. - -=Genièvre=, s. m., boisson: prononcez _geniè-vre_ et non _genièfe_ ni -_genèvre_. - -=Genre des mots.=--Nous donnons la liste des mots dont le genre -peut paraître douteux et de ceux auxquels on donne souvent un genre -contraire à l'usage. - -2. Noms _masculins_ auxquels on donne quelquefois, par erreur, le genre -_féminin_: - - abîme abreuvoir acabit - accessoire acrostiche acte - adage affront âge - alambic albâtre aloi - alvéole amadou amalgame - ambe amour (au sing.) amidon - anachronisme anathème anchois - âne angora animalcule - anniversaire antidote antre - aphte apologue appareil - appel appendice après-dîner - après-souper aqueduc arc - are armistice arrosoir - article artifice as - astérisque asthme atome - âtre auditoire augure - auspice autel automate - automne avé balustre - bec-figue bifteck brou - calque calville capendu - caprice caramel catafalque - centime cents chambranle - chanvre cigare comble - concombre crabe crêpe - déciare décime décombres (plur.) - décrottoir, délice dialecte - v. le _Dict._ - échange éclair élixir - éloge emblème embouchoir - émétique emplâtre emploi - encensoir encombre en-tête - entonnoir entr'acte entre-sol - épeautre épiderme épilogue - épisode épithalame équinoxe - érésipèle esclandre escompte - espace étage éteignoir - eucologe évangile éventail - éventaire exemple, exorde - v. le _Dict._ - fastes finale (d'opéra) frac - garde, gens, gîte - v. le mot _garde_. v. le mot _gens_. - globule gramme hameçon - hanneton harmonica hectare - héliotrope hémisphère hémistiche - héritage hochequeue horoscope - hortensia hospice hôtel - hydrogène hymne hypocondre - (chant ou poésie - profane) - if incendie indice - insecte insigne interstice - intervalle inventaire iris - isthme ivoire légume - leurre libelle litige - litre losange, mânes - v. le _Dict._ - manganèse mastic monticule - myriagramme naphte obélisque - obstacle obus omnibus - ongle opuscule orage - oratoire orchestre ordre - organe orgue (au sing.) ours - outil outrage ouvrage - ovale oxigène panache - paradoxe parafe pécule - pénates perce-oreille pétale - pétiole pique planisphère - (couleur du jeu - de cartes.) - plantoir platine (métal.) plâtre - pleurs pore prêche - quadrille quelque chose, remise (une voit.) - v. le _Dict._ - rouge-gorge sabre saule - simple squelette soque - (plante médicin.) - stade steppe store - tire-ligne trèfle trombone - tulle ulcère uniforme - ustensile ventricule vignoble - viscére vivres (pl.) volatile - -3. Noms _féminins_ que, par erreur, on fait quelquefois _masculins_: - - aire alcove allonge - amnistie amorce amour (au pl.) - ampoule anagramme anicroche - antichambre antienne après-dînée - après-midi après-soupée arbalète - archives arête armoire - arrhes arrière-boutique arrière-cour - atmosphère auberge avant-cour - avant-garde avant-scène averse - balançoire barres pl. (jeu) batiste - boutique bure (puits) casaque - cendrillon cible colophane - débâcle décrottoire délice (au pl.) - (voy. le _Dict._) - dent disparate ébauche - ébène écaille écale - écharde échasse écritoire - écumoire emplette énigme - épigramme épitaphe épithète - équerre équivoque esquisse - établi fibre filosèle - friche garde, glaire - v. le _Dict._ - glissoire glu héliotrope - herse hydre hyène - hymne idole immondice - (chant d'église.) - impériale insomnie insulte - jujube laideron lavasse - losange, manche, martre ou marte - v. le _Dict._ v. le _Dict._ - mécanique mésange nacre - oasis obole obsèques (pl.) - office, v. le _Dict._ offre oie - ombrelle orge, v. le _Dict._ orgue (au pl.) - ouïe paroi passoire - patenôtre pédale perce-neige - poudre (médica.) primevère quelque chose, - v. le _Dict._ - réglisse relevailles (pl.) sauvegarde - sentinelle simarre soie (crin.) - stalle tirelire tôle - vertèbre vis volatille - -Pour les substantifs qui, d'après leurs différentes acceptions ou leurs -divers genres, ont des genres doubles, voyez le _Dictionnaire_. - -4. =Genre=, s. m.--Ne dites pas: _cette plaisanterie, cette manière de -parler est de bon, de mauvais genre_; dites, _de bon, de mauvais goût; -de bon, de mauvais ton_. - -5. Ne dites pas: _homme de bon genre, femme de mauvais genre_; dites, -_homme du bon ton, femme du mauvais ton_.--On dit aussi: _homme qui -sait bien le monde, qui sait bien son monde, homme du grand monde_. - -6. Ne dites pas: _être vêtu dans le bon genre_; dites, _avec goût, à la -mode, à la dernière mode_.--Prononcez _jan-re_ et non _jâ-re_. - -=Gens.=--_Gens_, veut au féminin les adjectifs qui le précèdent, et au -masculin ceux qui le suivent: _de dangereuses gens, des gens dangereux; -quelles gens! de telles gens sont à plaindre; je m'accommode de -certaines gens, mais non de toutes gens_.--_Exceptions_: Les adjectifs -_tel, quel, certain, maints, tout_, se mettent au masculin:--1º quand -l'adjectif qui les suit n'a qu'une seule terminaison pour les deux -genres: _quels braves gens! certains honnêtes gens; maints jeunes gens; -tous les jeunes gens_.--2º Quand le substantif _gens_ est suivi d'un -ou de plusieurs mots qui restreignent sa signification: _quels gens -adroits! certains gens d'affaires; tous les gens sensés; tous gens bien -connus; tous ces gens-là; tous les gens de loi, d'église_, etc.--3º -Quand ils ne sont pas suivis immédiatement de leur substantif: _quels -sont ces gens-là? tels sont les gens que vous fréquentez_.--_Lequel_ -suit la même règle: _lesquels de ces bonnes gens voulez-vous -récompenser?_--Quant aux participes passés, ils se mettent toujours -au masculin: _instruits par l'expérience, les vieilles gens sont -ordinairement prudents; ce sont les meilleures gens que j'aie jamais -vus_. (M. l'abbé PÉTERS, _Grammaire_.) - -2. On prononce _gean_, devant une consonne ou une _h_ aspirée ou -lorsque _gens_ est seul ou à la fin d'une phrase: _gens peureux, gens -hardis_. Devant une voyelle ou une _h_ muette, prononcez _geanze_: -_gens instruits, gens habiles_.--Ce mot n'a pas de singulier; en -vers, dans les genres légers, _gent_ s'emploie pour _race_: _la gent -trotte-menu_ (les souris), _la gent marécageuse_ (les grenouilles). -(LAFONTAINE.) - -=Gentil=, adj.--L'_l_ ne se prononce que devant une voyelle et dans -les mots composés, et il prend alors le son mouillé _un gentil_ -(genti) _garçon_; _un gentil_ (gentille) _enfant_; _la gentillesse_ -(gentiliesse); _un gentilhomme_ (gentiliome); _gentilhommerie_ -(gentiliomerie). - -2. Un _gentilhomme_ est un homme de naissance noble; un homme _gentil_ -est un homme d'un commerce agréable, de manières affables. - -3. Au pluriel, l'_l_ ne se prononce pas: _de gentils_ (gentis) -_enfants_, _des gentilshommes_ (gentisomes); _les gentils_ (genti), -c'est-à-dire, les payens, les idolâtres. - -4. Au féminin, _gentille_, les _ll_ sont également mouillées: _une -gentille fille_. - -5. _Gentil_ signifie joli, agréable, gracieux et non _laborieux, -actif_: _ce bijou est gentil; des manières gentilles; une chanson fort -gentille; faire le gentil_ (l'agréable). - -=Gentleman=, s. m., titre en Angleterre: prononcez _dgenn'tlemène_. - -=Geôlier, Geôle, Geôlage=: l'_o_ est long, et l'_e_ ne se fait pas -sentir: _jôlier, jôle, jôlage_. - -=Géranium=, s. m., plante: prononcez _géraniome_. - -=Germains, Consanguins, Utérins.=--Des frères _germains_ sont enfants -du même père et de la même mère;--des frères _consanguins_ sont -enfants du même père, mais de différentes mères;--des frères _utérins_ -sont enfants de la même mère, mais de pères différents. - -=Gérofle=, s. f.; _girofle_ est plus usité: _des clous de -girofle_.--Prononcez le _fle_. - -=Gestion=, s. f., action de gérer: prononcez _ges'thion_ en faisant -sentir l'_s_ et le _t_ comme dans gesticuler; ne dites pas _gécion_. - -=Gibelotte.=--On dit une _gibelotte de lapin_; le mot _civet_ se dit -proprement du ragoût fait de chair de lièvre. - -=Gifle= et =Gifler= sont français, mais populaires; dites, _tape, -claque, soufflet, taloche_. Il faut en dire autant de _calotte_.--Au -lieu de _gifler_ et de _calotter_, dites _taper, claquer, souffleter_: -_je vous taperai; elle soufflette son enfant pour les moindres choses_. - -=Gigier=, n'est pas français; dites _gésier_, pour signifier le second -ventre de certains oiseaux qui se nourrissent de graines. - -=Gigot=, s. m.: le _t_ ne se prononce pas.--C'est mal s'exprimer que -de dire un _gigot de mouton_, car le mot gigot signifie à lui seul une -cuisse de mouton; dites simplement un _gigot_. - -2. On ne dit pas _une gigue de mouton_, mais on dit une _gigue de -chevreuil_. - -3. Ce mot n'est pas français dans le sens de mauvaise monnaie. - -=Gingembre=, s. m., racine des Indes qui a un goût de poivre; écrivez -et prononcez _gingembre_ et non _gingenvre_. - -=Gironnée=, capacité du giron, n'est pas français. - -=Gisant=, _gisons, gisez, gisent, gisait, gisement_, etc.--Quelques-uns -doublent l'_s_, et quoiqu'il en soit, on doit prononcer l'_s_ dure -comme si elle était double: _son cadavre gisait_ (gissait) _dans son -sang_. - -=Gît.=--_Ci-gît_, formule ordinaire par laquelle on commence les -épitaphes; l'Académie ne dit pas si, lorsqu'il est question de -plusieurs personnes, on doit dire _ci-gisent_; nous pensons que la -grammaire l'exige. - -=Gîte.=--Ce mot est masculin: _chercher un gîte_. - -=Glaire=, humeur visqueuse, est féminin: _glaires teintes de sang_. - -=Glissoire, Glissade, Glissement.=--Beaucoup de personnes, et surtout -les écoliers, confondent ces trois mots.--Une _glissoire_ est un -chemin frayé sur la glace pour glisser en jouant; une _glissade_ se dit -de l'action de glisser involontairement; un _glissement_ se dit de -l'action de glisser: ce dernier mot est peu usité.--_Glisse_, dans le -sens de _glissoire_, n'est pas français. - -=Gloire.=--Ne dites pas: _je me fais gloire d'être votre ami; je -m'en fais gloire_; dites, _je fais gloire d'être votre ami; j'en fais -gloire_.--Cependant on dit quelquefois _se faire une gloire de quelque -chose_. (Acad.) - -=Gloriette=, dans le sens de berceau, de cabinet de verdure, est -français. (_Bescherelle, Poitevin_). - -=Glorieux=, plein de vanité, de bonne opinion de lui-même, est -français: _il a du mérite, mais il est un peu glorieux; il est sot -et glorieux; c'est un esprit glorieux_. Il s'emploie quelquefois -substantivement dans un sens analogue: _les glorieux se font haïr; -c'est un glorieux, c'est une petite glorieuse_. (Acad.) - -=Gne, Gn.=--Prononcez _ensei-gner, enseigne-ment, dési-gner, -dési-gnation, dai-gner, i-gnorant, i-gnorer, a-gneau, ma-gnifique_, -etc., et non _enseign'ner, enseign'nement, désign'ner, désign'nation, -daign'ner, ign'norant, ign'norer, agn'neau, magn'nifique_.--Les -flamands, de leur côté, doivent éviter dans la prononciation de ces -mots de séparer le _g_ de l'_n_ et de donner au premier le son d'un _h_ -ou bien le son guttural de leur _g_: _i-gnorant, ma-gnifique_, etc., et -non _ih-norant, mah-nifique_ ni _igh'-norant, magh-nifique_. - -=Godaille=, s. f., mauvaise boisson, mauvais vin; _godailler_, boire -avec excès;--ces mots sont français mais populaires: _c'est un -ivrogne, il ne fait que godailler_. - -=Goëlette=, s. f., bâtiment léger; prononcez _goèlette_ (_oè_ diphth.) - -=Golza=, s. m., plante oléagineuse; écrivez et prononcez _colza_ et non -_golza_. Voyez _chausson_. - -=Gomme=, s. f.; prononcez l'_o_ bref comme dans _homme_: _gomme_ et non -_gô-me_. - -=Goulée=, correspond à _gueule_ et ne se dit guère qu'en parlant des -animaux: _brebis qui bêle perd sa goulée_.--En parlant des personnes, -on doit se servir du mot _bouchée_: _une bouchée de pain_. - -=Goulus= (_pois_), pois que l'on mange avec la cosse; ne dites pas -_pois gourmands_. - -=Gourmet=, s. m., celui qui sait bien connaître et goûter les vins, les -mets; _gourmeur_ n'est pas français. - -=Goût.= s. m.--Ne dites pas: _j'ai du goût de sortir, j'ai du goût de -pleurer_; dites, _j'ai envie de pleurer, de sortir_. - -2. Ne dites pas: _cela est-il à votre goût?_ dites, _cela est-il de -votre goût?_ - -=Goûter.=--On dit _goûter un mets, goûter d'un mets_ et _goûter à un -mets_.--On goûte _un mets_ pour savoir s'il est bon ou mauvais; on -goûte _d'un mets_ quand on en mange comme aliment; on goûte _à un mets_ -pour savoir s'il y manque quelque chose et dans le dessein d'ajouter -ce qui y manque. Dites, _j'ai goûté ce vin-là et je l'ai trouvé bon; -j'ai mangé du rôti, mais je n'ai pas goûté du lièvre; le cuisinier a -goûté dix fois à cette sauce avant de la servir_. - -2. Ne dites pas comme on entend dire tous les jours: _ce beurre ne me -goûte pas; ce rôti m'a bien goûté; cela me goûte, cela ne me goûte -pas_, pour exprimer que quelque chose est ou n'est pas de votre goût. -Il est clair en effet que les personnes seules, et non les choses -inanimées, peuvent goûter, c'est-à-dire exercer le sens du goût. -Dites donc: _cela est de mon goût_ et non _cela me goûte_;--_j'ai -trouvé ce rôti bon, excellent_ et non _ce rôti m'a bien goûté_;--_ce -beurre est bon, a un bon goût, est de mon goût_ et non _ce beurre me -goûte_;--_cela me semble bon, cela me plaît, cela a un bon goût, cela -est de mon goût_, et non _cela me goûte_. - -3. Ne dites pas, comme on dit en flamand: _cela goûte bon_; dites, -_cela est d'un bon goût_. - -4. Ne dites pas: _j'avais goût de sortir_; dites _... envie de sortir_. - -=Goutte.=--Ne dites pas: _mon frère ressemble à mon père comme deux -gouttes d'eau_; dites, _mon père et mon frère se ressemblent comme deux -gouttes d'eau_ (se ressemblent). - -2. _Goutte_, employé adverbialement pour donner plus de force à la -négation, ne se dit que dans, _ne voir goutte, n'entendre goutte_: _il -fait bien obscur ici, je ne vois goutte, je n'y vois goutte; c'est -un homme qui ne voit goutte dans ses affaires; je n'entends goutte_ -(_je ne comprends rien_) _à ce qu'il dit; cette affaire est fort -embrouillée, je n'y entends goutte_. (Acad.)--Ne dites, _je n'y vois -goutte_, que lorsque le pronom _y_ se rapporte à un objet dont on -vient de parler, comme dans notre premier exemple où _y_ se rapporte -à _chambre_; c'est donc une faute de dire _je n'y vois goutte_, pour -exprimer simplement que vous avez la vue mauvaise, sans vouloir faire -entendre que vous ne voyez rien dans une chambre, dans un livre, ou -tout autre objet déjà exprimé. - -3. Ne dites pas: _la marmite goutte_, pour exprimer que l'eau s'en -échappe par une fente; dites _la marmite fuit_. - -4. Ne dites pas: _avoir les gouttes_, mais _avoir la goutte_; voyez -_fièvre_. - -5. Prononcez _oû_ long dans _goûter, goûte, dégoûter, dégoûtant_, et -_ou_ bref dans _goutter, goutte, dégoutter, dégouttant_. - -=Goutter=, dans le sens de tomber goutte à goutte, n'est pas français; -dites _dégoutter_: _il pleuvait il n'y a qu'un moment, les toits -dégouttent encore_ (et non _gouttent_); _quand il pleut sur le curé, il -dégoutte sur le vicaire_ (et non _il goutte_). - -2. Ne dites pas: _il goutte, il commence à goutter_, en parlant de la -pluie: dites, _il tombe des gouttes d'eau, il commence à pleuvoir_. - -=Gouttière=, ne signifie pas, _eau de pluie_, mais un _canal_ par où -l'eau s'écoule des toits; ne dites donc pas _un seau de gouttière_, -mais _un seau d'eau de pluie_. - -=Gouverne=, dans le sens de direction, est français: _je vous dis cela -pour votre gouverne_. - -=Gozette.=--Ne dites pas: _ce boulanger fait de bonnes gozettes_; -dites, _ce boulanger fait de bons chaussons_. (Wall.) Voyez _chausson_. - -=Grâce.=--_Avoir bonne grâce, avoir mauvaise grâce_, devant un -infinitif, demandent la préposition _à_: _il a bonne grâce, mauvaise -grâce à faire_ (et non _de faire_) _telle chose_. - -=Gracier=, v. act., remettre la peine à un criminel, est français; on -l'emploie souvent au passif: _il a été gracié_. (Acad.) - -=Gracieux, euse=, adj.--N'écrivez pas _grâcieux_ mais _gracieux_ et -prononcez _a_ bref;--il en est de même des mots _disgracieux, gracier, -graciable, gracieuseté_, etc. Mais _a_ est long dans: _grâce, disgrâce, -les trois Grâces, le Havre-de-Grâce, Grâce-Montegnée_. - -=Gradué=, s. m., celui qui a pris des degrés dans une des facultés -de théologie, de droit, de médecine, des lettres. On dit: _c'est un -gradué; les gradués de l'université_.--Prononcez _gradu-é, gradu-el, -gradu-er_ et non _gradu-wé, gradu-wel, gradu-wer_. - -=Grain=, se dit du fruit et de la semence du froment, de l'épeautre, -du seigle, de l'avoine, de l'orge, etc. Mais se serait une faute de -l'employer pour désigner les froments, les seigles, l'épeautre en -herbe et de dire: _les grains sont beaux; scier les grains; du grain -en gerbe_; dites, _les blés, les froments_, etc., _sont beaux; scier -les blés, les froments_, etc.; _du blé en gerbe_.--_Blé_ est un terme -générique qui se dit de toutes les plantes qui produisent le grain dont -on fait le pain. - -=Grammaire.=--L'Académie ne dit pas que les deux _m_ se prononcent, -et les personnes qui parlent bien n'en font entendre qu'une seule -dans ce mot et dans _grammairien_ (gra-mairien), _grammatical_ -(gra-matical) _grammaticalement_ (gra-maticalement), _grammatiste_ -(gra-matiste).--Prononcez donc _gra-maire_ et non _gram'maire_, ni -_gran-maire_ comme dans _grand'mère_, ce qui serait excessivement -ridicule: _une grand'mère qui fait des fautes de grammaire_. Voyez _mm_. - -=Grand.=--L'adjectif féminin _grand'_ est toujours invariable.--On -dit _grand'chère_ (il n'a pas de pluriel).--_Grand'chose, -grand'croix_; le pluriel est _grands-croix_ (Acad. au mot -croix).--_Grand'garde_; le pluriel est _grand'gardes_.--_Grand'faim_: -il n'a pas de pluriel.--_Grand'mère_; le pluriel est _grand'mères_. ---_Grand'messe_: on peut dire aussi _grande messe_; le pluriel est -_grand'messes_.--_Grand'oncle_: prononcez _grantoncle_; le pluriel est -_grands-oncles_.--_Grand'peine_ (_à_), difficilement.--_Grand'père_: -le pluriel est _grands-pères_.--_Grand'peur_.--_Grand'pitié_. ---_Grand'soif_.--_Grand'tante_; le pluriel est _grand'tantes_. ---_Grand'route_ ne se trouve pas dans les dictionnaires. - -2. _Un grand homme_ est un homme d'un grand génie; _un homme grand_ -est un homme de grande taille.--_Une grande dame_ est une dame de -haute condition; _une dame grande_, une dame de haute stature. Mais on -dit: _un grand homme noir, une grande dame blonde_. _Un homme à l'air -grand_, dont la physionomie annonce de la noblesse d'âme; _un homme -du grand air_, qui vit à la manière des grands seigneurs. (SOULICE et -SARDOU.) - -3. _Grande armée_: ne prononcez pas _gran-tarmée_, mais _gran-d'armée_, -comme _darme_ dans _gendarme_.--Mais au masculin devant une voyelle ou -une _h_ muette, ce _d_ final a le son de _t_: _grand_ (_t_) _homme, -grand_ (_t_) _arbre_. - -4. _Grand'chose_, s. fém.--On dit: _il n'a pas fait grand'chose de -beau, de bon_, c'est-à-dire, _grand'chose de ce qui est beau, de ce qui -est bon_.--Ne dites pas _grande chose_.--Voyez _chose_. - -=Grandeur=, s. f.--Il ne faut pas employer ce mot comme synonyme de -_gloire_: _la gloire_ (et non _la grandeur_) _le perdra; faire une -chose par nécessité et non par gloire_. - -=Grandir=, v. n., se conjugue avec _avoir_ ou avec _être_, selon que le -sens permet de poser l'une ou l'autre des deux questions: _qu'a-t-il -fait_ ou _que lui est-il arrivé?_--_cet enfant a bien grandi en peu de -temps; vous êtes bien grandi_.--Voyez _vieillir_. - -=Granit=, s. m., pierre dure: prononcez _granite_. - -=Gras, asse=, adj.--Ne dites pas: _il fait gras_, mais _il fait chaud, -l'air est étouffant_. - -=Grasseyer=, v. n., parler gras: écrivez et prononcez =grasseyer=, -_grasseyement_ et non _gracier, graciement_. - -=Gratis=, adv., sans frais: prononcez _grâtice_. - -=Gratte=, n'est pas français; il faut dire _égratignure, marque_: _se -faire une égratignure_. - -=Gratter=, signifie frotter, râcler et ne doit pas s'employer pour -_égratigner_: _le chat l'a égratigné; s'il ne mord, il égratigne_. Mais -on dira: _le chat gratte à la porte; gratter une muraille; se gratter -l'oreille en signe d'embarras_. - -=Gratuit, Gratuitement=: prononcez _gratuit, gratuitement_ (_a_ bref) -et non _gratu-wit, gratu-witement_. - -=Grave=, adj., pesant, sérieux: prononcez _grâ-ve_ (_â_ long) et non -_grâ-fe_. - -2. _Grave_ (_il_), du verbe graver: prononcez _gra-ve_ (_a_ bref). - -=Greffe=, s., petite branche pour greffer, est _féminin_: une belle -greffe de pommier.--_Greffe_, lieu d'un tribunal où sont déposées les -minutes des jugements, des arrêts, etc., est _masculin_: _les pièces -sont au greffe_. - -2. _Greffe_, petit brin de bois, de baleine, etc., dont les enfants qui -apprennent à lire, touchent les lettres qu'ils veulent épeler; ce mot -est wallon;--en français on dit _touche_. - -=Grelot, Grelotter=: prononcez, _grelot, grelotter_ (_e_ muet) et non -_grèlot, grèlotter_. - -=Grenade.=--Ne nommez pas ainsi les petites écrevisses de mer qu'on -colporte aux estaminets; dites, _chevrette_ et mieux _crevette_. - -=Grenier=: écrivez et prononcez _grenier_ (_e_ muet) et non _grènier_ -ni _gregnier_.--Dites _au grenier_ et non _sur le grenier_. - -=Grenouille=, s. f.: prononcez _grenouille_ (_e_ muet et _ll_ -mouillées) et non _grènouille_. - -=Grésil=, s. m., menue gelée: prononcez _grésile_. - -=Grève= ou =Gravelle=, gros sable mêlé de fort petits cailloux, de -fort petites pierres, sont des barbarismes qu'il faut rendre par -_gravier_: _il n'y a pas de terre franche en cet endroit-là, ce n'est -que du gravier_.--_Grève_, s. f., signifie proprement un lieu plat et -uni, couvert de gravier, de sable, le long de la mer ou d'une grande -rivière: _les vagues se déploient sur la grève; la grève était couverte -de débris_.--_La Grève_ se dit, à Paris, d'une place publique qui -est située sur le bord de la Seine et où l'on faisait autrefois les -exécutions. - -=Gribouillette=, s. f., jeu d'enfants; on dit _jeter une chose à la -gribouillette_, c'est-à-dire la jeter au milieu d'une troupe d'enfants -qui cherchent à s'en saisir. - -=Grière.=--Ne dites pas: _du fromage de grière_, mais du fromage de -_Gruyère_ (ville de Suisse). - -=Grièveté=, s. f., énormité: prononcez _grièv'té_ et non _grièf'té_. - -=Griffer=, v. n.--Ne dites pas: _le chat m'a griffé_; dites, _le chat -m'a égratigné_.--_Griffer_ signifie, prendre avec la griffe: _les -oiseaux qui griffent sont le perroquet_, etc. - -=Griffon.=--Ne dites pas un _griffon_, pour indiquer une écriture mal -formée qu'on lit difficilement; dites _un griffonnage_. - -=Grignon=, est le côté jaune et doré de la croûte du pain; ne dites pas -_grignot_ ni _grignotte_. - -=Gril, Grille.=--Les _ll_ de ces mots sont mouillées, cependant -_gril_, dans le langage familier, se prononce _gri_. (Acad.)--_Le gril_ -(masculin) est un ustensile de cuisine sur lequel on fait rôtir de la -viande, du poisson, etc.: _mettre du boudin sur le gril_.--_La grille_ -est formée de plusieurs barreaux de bois ou de fer se traversant les -uns les autres pour empêcher qu'on ne passe par une fenêtre, par une -ouverture;--_grille_ signifie aussi des barres de fer sur lesquelles on -place le charbon dans un fourneau, dans un poêle au-dessus du cendrier. - -=Grillon=, espèce de cigale à chant monotone; ne dites pas _criquillon_ -ni _criquion, crition_. - -=Gringalet=, s. m., homme faible, débile, sans force; ce mot est -français: _ce n'est qu'un gringalet_. - -=Grippe=, s. f.--_Prendre quelqu'un en grippe_, ou _se prendre de -grippe contre quelqu'un_, se prévenir défavorablement contre lui, sans -pouvoir rendre raison de sa prévention.--Ces deux locutions sont -françaises; la première était seule admise autrefois. - -=Gripper=, attraper, saisir subitement; ce mot est français: _ce chat a -grippé un morceau de viande; il a grippé la souris à la sortie du trou; -on lui a grippé sa bourse_; on dit aussi _griffer_. - -=Grogner=, v. n., gronder, gourmander, murmurer, réprimander; ce mot -est français: _il ne cesse de grogner après moi_. - -=Grognon=, adj., qui grogne actuellement ou qui a l'habitude de -grogner; les vrais mots sont _grogneur_ et _grognard_; mais le mot -_grognon_ est aujourd'hui fort usité et admis par l'Académie comme un -adjectif des deux genres. Voyez _groin_. - -=Groin=, museau du cochon, ne dites pas _grognon_. - -=Gros.=--_Donner gros, valoir gros_, sont des expressions triviales -et qu'il faut éviter d'employer; dites donc: _cette charge doit -lui valoir, lui rapporter beaucoup_ et non, _cette charge doit lui -valoir gros_. Dites encore: _je donnerais beaucoup pour avoir de -l'instruction_, et non, _je donnerais gros..._ - -=Grossier=, _impoli, rustique_: voyez _rustique_. - -=Groom=, s. m., petit laquais; prononcez _groûme_. - -=Grouiller, Grouillement=: _le ventre lui grouille; grouillement des -intestins_: ne dites pas, _grouler, groulement_. - -=Gruger=, dans le sens de tromper, n'est pas français. - -=Gruyère= (_fromage de_).--_Gruyère_ est une petite ville de Suisse -d'où ce fromage a tiré son nom. Ne dites pas _fromage de Gruère_ ni _de -Grière_. - -=Gu= et =Guë= sont sonores à la fin des mots, mais ces deux -terminaisons ne comprennent que les cinq masculins _aigu, ambigu, -contigu, exigu, zagu_, les six féminins _aiguë, ambiguë, ciguë, -contiguë, exiguë, besaiguë_ ou _besaguë_, et le verbe _j'arguë_. ---L'Académie met le tréma sur l'_e_ et non sur l'_u_. - -2. _Gu_ est également sonore, et fait diphthongue avec la voyelle -suivante dans _aiguille_ et ses dérivés, _aiguillon_ et ses dérivés, -_aiguillade_ (mais non _aiguillat_, terme d'histoire naturelle), -_aiguiser, aiguisement, ambiguïté, contiguïté, exiguïté, arguez, nous -arguons, vous arguez_, etc.--Ajoutez _consanguinité, sanguinification_ -(mais non _sanguin, sanguinaire, sanguinolent, sanguine_ qui ont l'_u_ -muet et où l'on ne fait entendre qu'un _g_ dur), _inextinguible, -linguiste, linguistique, onguiculé, Guise_ (nom propre).--Il faut -prendre garde cependant de prononcer dans ces mots _gui_ comme _goui_; -on évitera ce défaut en s'exerçant d'abord à appuyer fortement sur -l'_u_ et à le séparer en quelque sorte de la voyelle suivante; plus -tard on rétablira la diphthongue. - -3. Dans tous les autres mots, _gu_ a la valeur d'un _g_ dur et l'_u_ ne -se fait pas sentir: _anguille, guérir, gui, guignon, guichet, guise_, -etc. - -=Guenille, Guenipe.=--Une _guenille_ est un haillon, un chiffon;--une -_guenipe_ ou _guinche_ est une femme malpropre: _cet homme ne porte -que des guenilles; cette femme est une franche guenipe_.--Prononcez -_guenille_, (_ll_ mouillées), _guenipe_ (_e_ muet) et non _guènille, -guè-nipe_. - -=Guère=, ou =Guères=, adv.--On n'écrit _guères_ (_s_) que dans les vers, -lorsqu'il est nécessaire à la rime ou à la mesure. - -2. _Guère_ est toujours accompagné de la négation; dites donc: _il ne -s'en est guère fallu_, et non, _il s'en est guère fallu_.--Quoique -l'on dise: _il s'en faut de beaucoup_, on ne peut pas dire pourtant: -_il ne s'en faut de guère_: dites, _il ne s'en faut guère_. - -=Guêtre=, s. f., sorte de chaussure qui couvre la jambe: prononcez -_guê-tre_ et non _guette_; dites _se guêtrer_, mettre des guêtres, et -non _se guetter_. - -=Guette.=--Ne dites pas: _ce chien est de bonne guette_, mais _de bon -guet_. - -=Gueule=, s. f., la bouche de certains quadrupèdes carnassiers et -de plusieurs poissons. On dit la _gueule_ d'un chien, d'un loup, -d'un lion, d'un crocodile, d'un requin, etc.--La _gueule_ est une -grande bouche d'animal carnassier, armée de fortes dents: voyez -_bouche_.--Prononcez _gueule_ et non _gueuille_. - -=Gueuler, Gueulard=, termes bas; dites _criailler, criailleur_. - -=Gueusard=, coquin, est populaire. (Acad.) - -=Gueux=, adj., nécessiteux, indigent, mendiant; il signifie quelquefois -aussi coquin, fripon: _ne vous fiez pas à cet homme-là, c'est un gueux_. - -=Gui=, s. m., plante parasite qui naît sur les branches de certains -arbres, du poirier, du pommier, de l'aubépine, du chêne, du peuplier, -etc.: _le gui donne de la glu_.--Prononcez _ghi_ (_g_ dur) et non -_gu-i_: voyez _gu_. - -=Guide=, celui qui guide, qui conduit, est masculin;--_guide_, rêne, -est féminin: _la guide du côté droit_.--Prononcez _ghi-de_ et non -_gu-ide_ ni _ghi-te_; mais dans _le Guide_, nom de peintre, _gui_ fait -dipthongue. - -=Guignonnant=, adj.: _perdre cinq parties de suite, c'est guignonnant_ -(c'est du guignon, du malheur, c'est contrariant). Ce mot figure dans -les dictionnaires et est d'un fréquent usage au jeu.--Ne dites pas: -_guignon guignolant_, mais _guignon guignonnant_. - -=Guinée=, s. f., monnaie d'Angleterre, pièce de 25 francs: prononcez -_ghinée_ et non _gu-inée_. - -=Gutta-percha=, gomme résineuse: prononcez _gutta-perka_; ce mot est -féminin: _de la gutta-percha_. (POITEVIN). - -=Guttural=, adj., qui appartient au gosier: on prononce les deux _t_. - - - - - H - - -=H.=--L'_h_ est muette ou aspirée. Elle est _muette_, quand elle ne se -prononce pas, comme dans _l'homme, l'histoire, adhérer, inhumer_, qu'on -prononce comme s'il y avait _l'omme, l'istoire, adérer, inumer_. Elle -est _aspirée_, quand elle se prononce un peu du gosier, comme dans _le -héros, la haine, les hiboux_.--Cependant on peut aussi ne pas faire -sentir l'_h_ aspirée et dire: _le éros, la aine, les iboux_. Cette -prononciation est préférable, mais il faut éviter dans ce cas de faire -l'_élision_ de la voyelle ou la _liaison_ de la consonne qui la précède -avec la voyelle qui la suit: ainsi vous ne direz pas _l'éros, l'aine, -lè-ziboux_, mais _le éros, la aine, lè iboux_.--L'usage seul peut -servir de guide pour distinguer ces deux sortes d'_h_; dans le doute, -il faut avoir soin de recourir au dictionnaire; cette recommandation -est d'autant plus importante, surtout pour les étrangers, que l'erreur -ici prêterait souverainement au ridicule.--Dans notre _Dictionnaire_, -l'astérisque * indique que l'_h_ est _aspirée_. - -=Habile=, adj.--Il régit la préposition _à_ devant un infinitif et les -prépositions _en_ ou _dans_ devant un nom: _habile à manier le pinceau; -habile dans les affaires, habile en affaires_. - -2. _Habile_, signifie capable, intelligent, adroit, savant: _un -ouvrier habile, un avocat habile, un habile général_; on le dit -quelquefois en mauvaise part: _il est habile à tromper; c'est un habile -fripon_.--_Habile_ signifie aussi, en terme de jurisprudence, qui est -capable ou qui a droit de faire une chose: _être habile à succéder_. - -3. _Habile_ se dit aussi populairement pour _diligent, expéditif_: _ce -copiste est habile, il aura bientôt écrit ce mémoire_. (Acad.) - -4. Mais _habile_ (ou _habïe, abïe_) ne peut jamais s'employer -adverbialement dans le sens de _vite_: _accourez habile; allez habile; -habile! habile!_ dites, _accourez vite; allez vite; vite! vite!_ -(Wall.) Prononcez _abile_ et non _abille_ (_ll_ mouillées). - -=Habileté= et =Habilité.=--Il ne faut pas confondre ces deux mots; -l'_habileté_ est la qualité de ce qui est habile, le talent, le savoir, -la capacité, l'intelligence.--_Habilité_ n'est guère en usage que -comme terme de jurisprudence et dans cette locution, _habilité à -succéder_ (aptitude à). (Acad.) - -=Habiller= _de neuf_: voyez _neuf_. - -=Habit.=--Ce mot indique plus spécialement un vêtement d'homme; en -parlant d'une femme, employez le mot _vêtement, robe, jupe_, etc.: -_maman a mis sa plus belle robe_, et non, _son plus bel habit_. - -2. _Un nouvel habit_, est un habit différent de celui que l'on vient de -quitter; _un habit nouveau_ est un habit de nouvelle mode. - -*=Hache.=--L'_h_ est aspirée ainsi que dans tous les mots dérivés, -_hacher, hachette, hachis_, etc.--Prononcez _ha-che_ et non _hage_. - -*=Haie=, s. f., clôture d'épines, de ronces, etc.; prononcez _haî_ -(_aî_ long) et non _hai-ïe_. - -*=Haïe=, interj., cri pour animer les chevaux: prononcez _ha-î_ (deux -syll.) - -*=Haine=, _haïr, haïssable, haineux_.--Dites, _je hais, tu hais, -il hait, hais_ (impératif) et non, _je haïs, tu haïs, il haït, -haïs_.--Partout ailleurs écrivez et prononcez _ha-ïr, ha-ï, ha-ïssais_, -etc. - -*=Haire= et =Hère=.--_Haire_, s. féminin, est une espèce de petite -chemise rude que l'on met sur la peau par esprit de mortification: -_revêtir la haire et le cilice_. - -2. _Hère_, s. masculin, se dit par dérision d'un homme sans -considération, sans fortune, sans mérite; on ne l'emploie guère que -dans la locution: _pauvre hère; c'est un pauvre hère_. (Acad.) - -=Hakcelle=, n'est pas français; dites _paille hachée_ (à l'aide du -_hache-paille_). - -=Haleine, Alène.=--L'_haleine_ est le souffle de la respiration; -l'_alène_ est un instrument de cordonnier. - -*=Haleter=, être hors d'haleine. - -*=Halo=, s. m., cercle lumineux autour des astres. - -*=Halte=, s. f. et interj.--Prononcez _halte_ et non _hale_. - -*=Hamac=, s. m., lit suspendu dans les navires: prononcez _hamaque_. - -=Hameçon=, s. masculin, crochet pour prendre les poissons; l'_h_ est -muette: _prendre du poisson à l'hameçon_. - -*=Han=, s. m., terme populaire pour exprimer le bruit sourd que fait un -homme qui frappe un coup avec effort. - -*=Hanche=, s. f., partie du corps où tient la cuisse; prononcez -_han-che_ et non _han-ge_. - -*=Hanneton=, s. m.:--l'_h_ est aspirée: _les enfants font la guerre -aux hannetons_. - -*=Happelopin=, est un mot français qui signifie valet fripon et -gourmand. - -*=Happer=, se dit proprement d'un chien, lorsqu'il prend avidement -avec la gueule ce qu'on lui jette: _on lui jeta un morceau et il le -happa_.--Il signifie figurément et familièrement, attraper, saisir, -surprendre à l'improviste: _il s'est laissé happer par les huissiers; -les gendarmes l'ont happé_.--Mais il ne signifie jamais _voler_ comme -en wallon. - -*=Haquet=, s. m., espèce de charrette longue et étroite, sans -ridelles, qui sert surtout à voiturer des tonneaux: _un haquet de -brasseur_;--_haquetier_ est le conducteur du haquet. - -*=Hardes=, s. f. pl., tout ce qui est nécessaire pour l'habillement; il -n'a pas de singulier. - -*=Hardi=, _hardiesse, hardiment_, etc.: l'_h_ est aspirée. - -*=Hareng=, (le _g_ ne se prononce pas), _harengaison, harengère, -harangade, haranguière_; l'_h_ est aspirée dans tous ces mots. - -*=Haricot= (le _t_ ne se prononce pas): ne dites pas _des zaricots_, -mais _des haricots_ (_h_ aspirée). - -*=Haridelle=, s. f., un mauvais cheval maigre: _une vieille haridelle_. - -=Harlequin=, n'est pas français; écrivez _arlequin_: _un habit -d'arlequin_. - -=Harmonier, Harmoniser=, v. a. ou pr., mettre en harmonie: le dernier -verbe, quoique mal fait, est le plus en usage. - -*=Harnais.=--L'_h_ est aspirée ainsi que dans tous les dérivés: -_harnacher, harnachement_, etc.--On dit aussi _harnois_ pour -_harnais_, mais seulement en poésie et dans le style soutenu. - -*=Harpe=, _harpiste, harpeur, harpie, harpon_. - -*=Hart=, s. f., espèce de lien d'osier ou de bois très-souple pour lier -les fagots; corde qui servait à étrangler les criminels condamnés à la -peine de mort: _mériter la hart, la hart au cou_.--Prononcez _hare_. - -*=Hasard=, _hasarder, hasardeux, hasardeusement_: l'_h_ est aspirée -dans ces mots; ne dites donc pas: _je joue à l'hasard; j'hasarde cette -somme_, etc.; mais, _je joue au hasard, je hasarde_,... - -2. _Hasard_, ne s'emploie au pluriel que dans le sens de _péril, -risques_: _les hasards de la guerre_. - -3. _Hasarder_, devant un infinitif, demande la préposition _de_;--_se -hasarder_ veut _à_: _hasarder de faire une chose_; _je me hasarderai à -faire cette démarche_. - -*=Hâte=, _hâter, hâtif_, etc.: prononcez l'_â_ long. - -2. Ne dites pas: _à toute hâte_ (_toute âte_) mais _à toute hâte_ (_h_ -aspirée). - -*=Hâter= (=se=) régit la prépos. _de_: _se hâter de répondre_. - -*=Haut.=--Ne dites pas, _monter en haut, descendre en bas_, mais -simplement, _monter_ et _descendre_, à moins qu'on ne veuille dire -_tout en haut, tout en bas_, par opposition à ce qui est _moins haut, -moins bas_: _montez en haut_ (_de l'échelle_) c'est-à-dire, _allez -jusqu'au dernier échelon_ et ne vous arrêtez pas à mi-chemin. - -2. Ne dites pas non plus _monter en haut_ pour, _monter à l'étage_; -dites, _monter au premier, au second_. - -3. Ne dites pas: _les élèves appliqués pourront passer dans une classe -plus haute_; dites, _dans une classe supérieure_ et mieux, _pourront -monter d'une classe_: cette dernière locution est généralement employée -en France dans ce cas.--Voyez _descendre_. - -4. _Haut ton_ et _ton haut_, ne sont pas synonymes: _prendre le haut -ton_, signifie prendre le ton, les manières de la haute société; -_prendre un ton haut_, veut dire prendre un ton fier, arrogant, -menaçant. - -*=Hautain=, adj., fier, orgueilleux, fait au féminin _hautaine_ et non -_hautine_; prononcez _hautène_ (au fém.) et non _hautin-ne_. - -*=Hautement=, adv.--Ce mot, dit l'Académie, n'est guère d'usage -au propre; au figuré, il signifie hardiment, librement.--Il ne -faut pas le confondre avec l'adverbe _haut_: on dit _hautement_ sa -pensée, c'est-à-dire, hardiment, résolument; on dit, _il parle haut_, -c'est-à-dire, d'une voix haute. - -*=Havet=, s. m., croc, crochet en fer, est français. - -*=Havir=, v. a., se dit de la viande qui se dessèche au feu sans cuire -en dedans; ce mot est peu usité, dit l'Académie. - -*=Havre-sac=, s. m., sac de soldat, d'ouvrier; ne dites pas -_havère-sac_ ni _havur-sac_ ni _hafe-sac_. - -=Hébreu.=--L'_h_ est muette: _ce que vous me dites est de l'hébreu -pour moi_ (je n'y vois goutte), et non, _du hébreu_. - -=Hectare, Hectolitre=, sont masculins; l'_h_ est muette ainsi que dans -tous les mots qui appartiennent au système légal des poids et mesures. - -*=Hein.=--Interjection familière dont on accompagne quelquefois une -interrogation ou une phrase qui exprime l'étonnement: _voulez-vous, -hein?--Hein, que dites-vous là?_--Prononcez _hin_. - -=Hélas=, interj. (et non _hélàs_): prononcez _élâce_ (_â_ long) et non -_éla_ ni _élâ_. - -=Héliotrope=, genre de plantes; ce substantif est masculin: _de beaux -héliotropes_. - -*=Hem=, interjection dont on se sert pour appeler: _hem, hem, venez çà_. - -=Hémi=, mot qui commence plusieurs termes de sciences, d'arts et qui -signifie _demi_; il est invariable et l'_h_ est muette. - -=Hémisphère=, s., la moitié d'une sphère, est masculin: _l'un et -l'autre hémisphère_. - -=Hémorragie=, s. f.--Puisque ce mot signifie par lui-même _perte de -sang_, vous ne pouvez pas plus dire _une hémorragie de sang_ que du feu -chaud, de l'eau humide; dites simplement _une hémorragie_. - -*=Hennir=, _hennissement_ (cri du cheval): prononcez _hanir, -hanissement_. - -*=Henri=, n. pr.--Dans la conversation seulement l'_h_ devient -muette.--L'_h_ est également aspirée dans _Henriette_. - -=Héritance=, n'est pas français; dites _héritage, succession_; ce mot -s'est dit autrefois pour _hérédité_. - -*=Hernie=, _herniaire, hernieux_. - -*=Héron=, _héros, herse, herser, héraut, hérisson_.--L'_h_ -d'_héroïsme, héroïque, héroïne_ est muette. - -=Hésiter=, devant un infinitif, demande la préposition _à_: _il -n'hésita pas à_ (et non _de_) _répondre_: l'_h_ est muette. - -*=Hêtre=, s. m., arbre; prononcez _hè-tre_, et non _hè-te_, ni -_hè-tère_. - -=Heure, Lieue.=--_Heure_ est une mesure de temps et _lieue_ une mesure -de chemin; dites donc: _il y a six lieues de Liége à Huy_, et non _il -y a six heures_; mais vous pourrez dire: _nous avons fait six lieues_ -(de chemin) _en cinq heures_ (de temps).--Nous n'oserions cependant -pas condamner absolument, surtout dans la conversation et dans le -style épistolaire qui n'est qu'une conversation écrite, l'emploi du -mot _heure_ pour _lieue_, quoiqu'il soit préférable, au demeurant, de -conserver à chaque mot sa véritable signification. - -2. Si vous ignorez quelle heure il est, dites, _quelle heure -est-il?_--Si vous entendez l'heure sonner et que vous vouliez savoir -l'heure qui sonne, dites: _quelle heure est-ce?_ - -3. Ne dites pas: _il est arrivé à ces heures-ci, vers ces heures-ci_; -dites, _à cette heure-ci, vers cette heure-ci_. - -4. Ne dites pas non plus: _j'irai vous voir vers les une heure_, mais, -_vers une heure_. - -5. Ne dites pas: _dix heures est sonné_, mais, _dix heures sont -sonnées_. - -6. Ne dites pas: _une heure de temps_; dites, simplement _une heure_. - -7. Ne dites pas: _le quart avant quatre_ ou _pour quatre_, mais, -_quatre heures moins un quart_. - -8. Ne dites pas: _ce malade doit prendre des pilules tout les -demi-heures, tout les deux heures; il part un courrier tout les -vingt-quatre heures_; dites, _toutes les demi-heures, toutes les deux -heures, toutes les vingt-quatre heures_.--On dira de même: _je vais -voir mes parents toutes les trois semaines_, et non _tout les trois -semaines_, etc. _Tout_ ici est adjectif et non adverbe et doit par -conséquent prendre le genre et le nombre du nom auquel il se rapporte. - -9. Ne dites pas: _je suis à bonne heure_, mais _de bonne heure_;--_trop -de bonne heure_, mais _de trop bonne heure_;--_de plus bonne heure_, -mais _de meilleure heure_. - -10. _Quatre heures_, ne peut pas se dire pour désigner le léger repas -entre le dîner et le souper; dites _goûter_: _je m'en vais goûter; j'ai -fait un bon goûter_. - -*=Heurler=, n'est pas français; dites _hurler_. - -*=Heurter=, v. a., toucher, choquer rudement; ne dites pas avec maintes -personnes _hurter_. - -*=Heurtoir=, s. m., marteau pour frapper à une porte. - -=Hiatus.=--L'Académie écrit _l'hiatus_ (_h_ muette); prononcez -_hiatuce_. - -*=Hibou=, s. m., oiseau nocturne. - -*=Hie=, s. f., instrument dont on se sert pour enfoncer les pavés; -on l'appelle communément _demoiselle_.--C'est aussi un instrument -qui sert à enfoncer des pieux en terre et que l'on nomme vulgairement -_mouton_. (Acad.) - -=Hier=, adv.--Prononcez _avan-t-hier, dès_ (_z_) _hier_, et non -_avan-hier_ ni _avan-z-hier_, ni _dè-hier_; cependant, dans la -conversation, on peut dire _avan'hier_. - -=Historien, Historiographe=, s. m.--_Historien_, celui qui écrit -l'histoire;--_historiographe_, celui qui est nommé par un brevet du -prince pour écrire l'histoire du temps: _Racine était historiographe de -Louis XIV sans être historien_. - -*=Hoche=, s. f.: voyez _taille_. - -*=Hochequeue=, s., sorte de petit oiseau, ainsi appelé parce qu'il -remue continuellement la queue; ce mot est masculin: _un jeune -hochequeue_.--_Hochecul_ n'est pas français. - -*=Hocher=, secouer, branler: _hocher la tête; hocher un arbre pour en -faire tomber les fruits_. - -*=Hochet= (de houille) n'est pas français; dites _briquette_ (et non -_boulette_). - -*=Hollande=, _Hollandais, Hongrie, Hongrois_.--L'_h_ est aspirée dans -tous ces mots. Ne dites donc pas: _en n'Hollande, les z'hollandais_, -mais _en Hollande, les hollandais_. - -2. On disait autrefois _de l'eau de la reine d'Hongrie_; quelques -personnes disent encore _de la toile d'Hollande, du fromage -d'Hollande_: cet usage, dit Ch. Nodier, est celui des blanchisseuses -et de l'office; il ne doit pas faire loi au salon.--Aujourd'hui on -dit _de l'eau de la reine de Hongrie, de la toile, du fromage de -Hollande_.--Prononcez _Holan-de_ et non _Hol-lande_ ni _Holan-te_. - -*=Hom=, interj., exclamation qui exprime le doute, la défiance: _hom! -il est encore bien jeune_; prononcez _home_. - -*=Homard=, s. m., grosse écrevisse de mer: _un homard, des homards_ et -non _un n'homard, des z'homards_.--Prononcez _homare_. - -*=Honnête=, adj.--_Un homme honnête_ est un homme poli; _un honnête -homme_ est un homme de probité. - -=Honneur=, s., est masculin. - -2. Ne dites pas: _on a érigé à Liége une statue à l'honneur de Grétry_, -mais, _en l'honneur_ ou _en honneur de Grétry_. - -3. Ne dites pas: _cet élève fera de l'honneur à son professeur_; mais, -_... fera honneur à son professeur_. - -4. Ne dites pas: _vous en avez de l'honneur_; mais, _cela vous fait -honneur_. - -=Honoraires=, s. m. pl.: voyez _gage_. - -=Honoré, ée=, adj.--Ne dites pas: _en réponse à votre honorée du 24 -juillet_; dites, _en réponse à votre lettre..._ - -*=Honte, Honteux.=--L'_h_ est aspirée: ainsi ne dites pas, _cela est -t'honteux_, mais _cela est honteux_ (en aspirant l'_h_). - -2. Ne dites pas: _j'étais honteux pour me présenter ainsi_; dites, _... -de me présenter ainsi_. - -=Hôpital=, s. m.: prononcez _hopital_ (_o_ bref). Voyez _o_. - -*=Hoquet=, mouvement convulsif de l'estomac; prononcez _hoquè_, et non -_hoquette_ ni _hiquette_, qui ne sont pas français. - -=Horloge=, est féminin: _une horloge bien réglée_ et non _un horloge -bien réglé_. - -2. Ne dites pas: _je l'ai attendu deux heures d'horloge_; dites, _deux -heures durant_, ou _deux heures tout entières_. - -=Horr=, _initial_, fait toujours entendre les deux _rr_: _horreur, -horrible, horriblement, horripilation_. - -*=Hors=, prép.--Ne dites pas: _j'ai lu hors d'un livre une anecdote -fort amusante_; dites, _j'ai lu dans un livre..._ (Fland.) - -2. Ne dites pas: _on a cherché les plus beaux dehors_; dites, _on en a -pris, on en a choisi les plus beaux_. - -3. Ne dites pas: _il passe son temps à regarder hors de la fenêtre_; -dites, _à regarder par la fenêtre_. - -4. Ne dites pas: _je suis sorti hors de chez moi vers quatre heures_; -mais, _je suis sorti de chez moi..._ - -5. Ne dites pas: _Monsieur est-il ici? non, il est hors ville_; dites, -_il est absent, en voyage, à la campagne, il est sorti de la ville_. - -6. Ne dites pas: _on lui a pris son argent hors de sa poche_; dites, -_... de sa poche_. - -7. Ne dites pas: _je vais tirer mon mouchoir hors de ma poche_; dites, -_de ma poche_, comme on dit, _tirer de l'argent de son coffre, de sa -bourse, de sa poche; tirer l'épée du fourreau_. - -8. N'employez pas _hors_ qui est préposition pour _dehors_ qui est -adverbe;--_hors_ doit toujours être suivi d'un complément: _hors -d'ici, hors de la maison, hors du pays_. Lors donc que _hors_ n'a -pas de complément et qu'il devrait être placé isolément, il faut le -remplacer par l'adverbe _dehors_ qui correspond à _dedans_; dites donc: -_votre père est-il à la maison? non, il est dehors_, et non, _il est -hors_.--_Dehors_, de son côté, étant adverbe, ne peut pas avoir de -complément; ne dites donc pas: _mon jardin est dehors de la ville_ ou -_dehors ville_, mais _hors de la ville_.--Il en est de même de _dans_ -et _dedans_; _avant_ et _auparavant_; _sur_ et _dessus_; _sous_ et -_dessous_, etc. - -=Hortensia=, s., arbrisseau du Japon, est _masculin_: _un bel -hortensia_. - -=Hostie=, s. f., ne doit pas s'employer dans le sens de _pain à -cacheter_; il ne se dit que du pain que le prêtre consacre à la messe. - -=Hôte=, _hôtesse_, s., qui tient un cabaret, une auberge; celui qui -vient manger; celui qui héberge, qui donne l'hospitalité ou qui est -hébergé: prononcez _ôte_ (_ô_ long). - -=Hôtel=, _hôtellerie, hôtelier_: prononcez _otel, otell'rie, otelier_ -(_o_ bref): on dit _un hôtel_ et non _une hôtel_.--Voyez _o_ et -_maison_. - -*=Houe=, s. f., instrument de fer, large et recourbé, qui a un manche -de bois, et avec lequel on remue la terre en la tirant vers soi: _vigne -labourée à la houe_.--Prononcez _hoû_ (_oû_ long) et non _hou-we_. - -*=Houer=, v. a., labourer une terre avec la houe: _il faut houer cette -terre_.--Il est aussi neutre: _ce vigneron ne fait que houer toute la -journée_.--Prononcez _hou-er_ et non _hou-wer_. - -*=Houille=, s. f.--Ne dites pas: _le marchand d'houille_, mais, _le -marchand de houille_ (_h_ aspirée). - -*=Houp=, interjection pour appeler: prononcez _houpe_. - -*=Houppe, Huppe.=--Une _houppe_ est un assemblage de laine, de fil -qui se nomme autrement _gland_; (voyez _floche_); une _huppe_ est une -touffe de plumes que certains oiseaux portent sur la tête: _mettre -des houppes à des chevaux de carosse; la houppe d'une ceinture, d'un -bonnet;--la huppe_ (et non _la houppe_) _d'une alouette_.--On dit -aussi _huppé_ dans ce sens: _poule huppée_. - -*=Houssard, Husard, Hussard.=--L'_h_ est aspirée dans les trois mots: -voyez _hussard_. - -*=Hoyau=, s. m., sorte de houe à deux fourchons, qui sert à fouir la -terre. - -=Hubert=, n. pr.--D'après nous, l'_h_ devrait être aspirée, -puisqu'elle l'est en wallon; cependant beaucoup de personnes la font -muette. - -*=Huche=, s. f., grand coffre de bois dont on se sert principalement -pour pétrir le pain et pour l'y serrer. - -*=Hue=, _huhau, hurhau_, (_h_ aspirée), cri des charretiers pour faire -avancer les chevaux et pour les faire tourner à droite. Voyez _dia_. - -*=Huée=, s. f., cri pour effrayer, se moquer. - -*=Huer=, faire des huées: prononcez _hu-é, hu-er_ et non _hu-éïe, huwé, -huwer_. - -=Huile à brûler=: on dit plus généralement _huile de lampe, huile à -quinquet_. - -=Huiles= (_saintes_).--Les huiles dont on se sert pour -l'extrême-onction et l'extrême-onction elle-même; dans ces acceptions, -_huile_ ne se dit qu'au pluriel: _ce malade a reçu les saintes huiles_, -(et non _la sainte huile_). - -=Huissier=, s. m., officier de justice: l'_h_ est muette; dites donc -_l'huissier, les (z') huissiers_ et non _le huissier, les -huissiers_.--Beaucoup de personnes, même parmi celles qui ont reçu un -certain degré d'instruction, aspirent imperturbablement l'_h_ de ce -mot et s'exposent ainsi au ridicule. - -=Huit.=--On dit _le huit, le huitième_; nous étions _huit_ (sans -lier l'_s_ avec _huit_):--_huit_, quoique écrit avec une _h_ muette, -n'admet pas plus d'élision ni de liaison que si l'_h_ était aspirée. - -2. Ne dites pas: _aujourd'hui, hier, demain en huit, en quinze_; mais, -_d'aujourd'hui, de demain en huit, en quinze_. (Acad.) - -3. Ne dites pas: _cela est arrivé aujourd'hui, hier en huit, en quinze, -en trois semaines_; dites, _il y a aujourd'hui, il y a eu hier huit -jours, quinze jours, trois semaines que cela est arrivé_. (Fland.) - -4. Prononcez _huite_ et non _houite_; le _t_ ne se prononce pas devant -une consonne: _huit personnes_ (_hui personnes_.) - -*=Hulan=, s. m.: voyez _uhlan_. - -*=Hulotte= ou =Huette=, s. f., espèce de hibou. - -=Humeur.=--_Être d'humeur à..._, marque l'inclination naturelle ou -habituelle: _il n'est pas d'humeur à souffrir une insulte_;--_être -en humeur de..._ dénote une disposition actuelle qui n'est pas une -habitude: _je suis en humeur de faire ce qu'on voudra_. - -=Humidité.=--Ne dites pas: _les humidités sont plus nuisibles que les -gelées_; dites, _l'humidité est plus nuisible..._ - -*=Huppe=, s. f., oiseau: voyez _houppe_. - -=Hurluberlu=, s. m., terme familier qui signifie inconsidéré, brusque, -étourdi: _c'est un hurluberlu; agir en hurluberlu_.--Ne dites pas -_hurluburlu_ ni _hurtuberlu_. - -*=Hurter=, v. a. rencontrer durement, choquer, blesser: écrivez et -prononcez _heurter_. - -*=Huy=, ville: prononcez _Huy_ et non _Houy_. - -=Hydromel=, boisson faite d'eau et de miel; ce mot est masculin: -_l'hydromel est adoucissant_. - -=Hyène=, s. f., loup d'Asie; l'_h_ est muette: _l'hyène_ et non _la -hyène_. - -=Hyménée=, mariage, est masculin ainsi qu'_hymen_: ne dites pas -_hymenée_. - -=Hymne=, est du masculin: _un hymne guerrier; Seigneur, quels -hymnes sont dignes de vous?_--Il s'emploie ordinairement au féminin, -en parlant des hymnes qu'on chante à l'église: _entonner une hymne; -chanter une belle hymne_. - -=Hypocondre=, s. m., homme bizarre, mélancolique: prononcez -_hypocon-dre_ et non _hypocon-de_ ni _hypo-conte_ ni _hypocondère_. - - - - - I - - -=I= _euphonique_.--Dans certains dialectes wallons on intercale -souvent un _i_ entre deux voyelles qui se suivent dans le même mot -ou entre deux mots placés l'un à la suite de l'autre; cet _i_ que -l'on pourrait appeler _euphonique_, semble avoir pour but de faire -disparaître l'hiatus; mais, quoi qu'il en soit, il est fautif et il -faut soigneusement l'éviter.--Prononcez donc _Caïn, Noé, Noël, Saül, -Canaan, Napoléon, un-à-un, prier, prière, crier, oublier, oublieux, -il cria, ils crièrent, ouvrier, linéaire_; et non, _Caïe-ïn, Noïé, -Noïel, Saïul, Canaïan, Napoléïon, un-à-ïun, pri-ïer, pri-ïère, -cri-ïer, oubli-ïer, oubli-ïeux, il cri-ïa, ils cri-ïèrent, ouvri-ïer, -liné-ïaire_.--Dites encore: _cet homme est né à Ans, à Anvers_; et -non, _à ïAns, à ïAnvers_;--_j'ai été à Ostende, à Arlon_, et non, -_j'ai ïété à ïOstende, à ïArlon_;--_il est allé avec son papa et sa -maman_, et non, _il est allé ïavec son papa ïet sa maman_. - -2. Cette sorte d'_i_ est également fautive dans la prononciation du -latin; vous direz donc _De-us, me-us, grati-a, glori-a, benedicti-o, -di-es, terti-us, confite-or_, etc., et non, _De-ïus, me-ïus, grati-ïa, -glori-ïa, benedicti-ïo, di-ïes, terti-ïus, confite-ïor_.--Voyez _u_. - -=Ibidem=, signifie dans le même lieu; _idem_, la même chose; _item_, de -plus.--Prononcez _ibidème, idème, itème_. - -=Ichneumon=, s. m. (rat, insecte), _ichonographie_, s. f., (plan -d'édifice), _ichnographique_, adj.; _ichoreux, euse_, adj. (séreux -et âcre); _ichthyolithe_, s. m., (poisson pétrifié), _ichthyologie_, -s. f., (histoire naturelle des poissons), _ichthyologique_, -adj., _ichthyologiste_, s. m. (celui qui étudie l'ichthyologie), -_ichthyophage_, s. m. (qui vit de poissons):--dans tous ces mots _ch_ -se prononce _k_. - -=Ici.=--Ne dites pas: _ces livres ici, ces jours ici, ces enfants -ici_, mais, _ces livres-ci, ces jours-ci, ces enfants-ci_. - -2. Ne dites pas: _d'ici à là nous comptons deux lieues_; dites, -_d'ici-là..._; mais il faut dire, _d'ici à demain, d'ici à Tongres_. - -3. Ne dites pas non plus: _ici à Liége on dîne vers une heure_; mais, -_à Liége on dîne vers une heure_. - -=Idéal, ale=, adj.--L'Académie ne dit pas si cet adjectif a un -pluriel masculin; Buffon a dit, _des êtres idéaux_ et la plupart -des grammairiens approuvent ce pluriel.--Prononcez _idéal_ et non -_idé-ial_. - -=Idée.=--On a dans l'_idée_ ce qu'on pense, ce qu'on croit; on a -dans la _tête_ ce qu'on veut, on y travaille: nos imaginations, nos -espérances, nos pensées sont dans l'_idée_; nos desseins, nos projets, -nos résolutions sont dans la _tête_. - -2. Ne dites pas: _cela m'est sorti de l'idée_; dites, _de la mémoire_; -ou bien, _était sorti de ma mémoire_; ou bien, _je n'y pense plus_. - -3. Ne dites pas: _l'idée lui a pris d'aller à Verviers_, mais, _il lui -a pris l'idée, l'idée lui est venue, il a pris la résolution, il a -formé le projet de..._ - -4. Ne dites pas: _vous ferez mon habit une idée plus grand, une idée -plus petit_; dites, _... un peu plus grand, un peu plus petit_. - -=Idem=, le même: prononcez _idème_ et voyez _ibidem, item_. - -=Idiotisme.=--C'est une façon de parler propre au génie particulier -de chaque langue, et qui, traduite mot à mot dans une autre langue, -passerait justement pour une locution barbare. - - 2. _Anglicisme_, idiotisme de la langue anglaise; - _Flandricisme_, idiotisme de la langue flamande; - _Gallicisme_, idiotisme de la langue française; - _Germanisme_, idiotisme de la langue allemande; - _Hébraïsme_, idiotisme de la langue hébraïque; - _Hellénisme_, idiotisme de la langue grecque; - _Hispanisme_, idiotisme de la langue espagnole; - _Latinisme_, idiotisme de la langue latine; - _Lusitanisme_, idiotisme de la langue portugaise; - _Wallonnisme_, idiotisme de la langue wallonne. - -Prononcez, _idiotis-me, wallonnis-me, flandricis-me, gallicis-me_, -etc.; et non, _idiotisse, wallonnisse, flandricisse, gallicisse_, ni -_idiotim-se, wallonnim-se, flandricim-se, gallicim-se_. - -=Idole=, s., est féminin: _une idole de bois_; on le faisait autrefois -du masculin. - -=Ie.=--_I_, suivi d'un _e_ muet, se prononce long et l'_e_ ne se fait -pas entendre du tout; il faut se garder aussi de faire sentir un second -_i_ après l'_i_: _Marie_, prononcez _Marî_ (_î_ long); _vie_, _vî_ -(_î_ long); _envie_, _envî_ (_î_ long); _Julie_, _Julî_ (_î_ long); -_Italie_, _Italî_ (_î_ long); _il crie_, _il crî_ (_î_ long); _je me -fie_, _je me fî_, (_î_ long); _je publie_, _je publî_ (_î_ long); -_punie_, _punî_ (_î_ long); _crucifiement_, _crucifîment_ (_î_ long); -_maniement_, _manîment_ (_î_ long); _je prierai_, _je prîrai_ (_î_ -long), etc.--Mais ne prononcez pas: _Mariïe, viïe, enviïe, Juliïe, -Italiïe, il criïe, je me fiïe, je publiïe, crucifiïement, maniïement, -je priïerai_, etc.--Voyez _ée, oue, ue_. - -=Ié, Ier, Iez.=--Prononcez _ami-ti-é, cabare-ti-er, charcu-ti-er, vous -ache-ti-ez, vous je-ti-ez_, etc., et non, _cabaretchier, amitchié, -charcu-tchier, vous ache-tchiez, vous je-tchiez_, etc.--Voyez _ti_ et -_di_. - -2. Prononcez de même: _pa-nier, de-nier, cordon-nier, der-nier, -doua-nier; vous don-niez, vous son-niez, nous son-nions_, etc.; -et non, _pa-gnier, de-gnier, cordon-gnier, der-gnier, doua-gnier; -nous don-gnions, nous son-gnions, vous don-gniez, vous son-gniez_, -etc.--Voyez _ni_. - -=Igname=, s. m., (plante), _igné, ée_, adj., (de feu), _ignicole_, adj. -(qui adore le feu), _ignition_, s. f. (combustion):--dans tous ces -mots on prononce le _g_ dur: _igh'name, igh'né, igh'nicole, igh'nition_ -(à peu près comme _ikname, ikné, iknicole, iknition_). - -=Ignorer=, _ignorant, ignominie_: prononcez _i-gnorer, i-gnorant, -i-gnominie_, et non, _igh'norer, igh'norant, igh'nominie_, ni -_ign'norer, ign'norant, ign'nominie_, ni _ih'norer, ih'norant, -ih'nominie_.--Voyez _gn_. - -=Il= pour =On=.--Les flamands disent _il sonne_, pour, _on sonne_; _il -frappe_, pour, _on frappe_, etc. - -2. _Il_ (impers.) se dit des choses inanimées et _on_, des personnes. - -3. =Il y a.=--Ne dites pas: _c'est aujourd'hui un an que mon père est -mort_; mais, _il y a aujourd'hui un an..._ (Fland.) - -=Ill=, au commencement des mots, ne se mouille pas; il en est de même -des terminaisons _illaire, illation_;--au contraire, _illard, illet, -illot, illac_, se mouillent toujours. - -=Illégal=, _illégitime, illettré, illicite, illinois, illisible, -illumination, illuminer, illustre, illustrer, Illyrie_:--dans tous ces -mots les deux _ll_ se prononcent;--le plur. masc. de _illégal_ est -_illégaux_. - -=Illisible.=--Voyez _inlisible_. - -=Illustré, ée=, adj.--_Un ouvrage illustré_ est un ouvrage orné de -gravures, lithographies, portraits, etc. - -=Imaginer, s'imaginer.=--Imaginer, c'est se représenter quelque chose -dans l'esprit, créer, inventer. Ce verbe ne doit jamais être suivi -de _que_ ni d'un infinitif; on ne doit pas dire: _j'imagine qu'il le -fera; il imagine qu'il est recherché_; on doit dire: _je m'imagine -que... il s'imagine être recherché_.--Mais, on _imagine des tours, des -expédients, de nouveaux procédés_, etc., c'est-à-dire, on les invente. - -2. _S'imaginer_, v. a. pr., c'est se figurer une chose, croire, penser, -présumer, se persuader; les pronoms _me, te, se_, etc., sont régimes -indirects, et par conséquent le participe ne s'accorde jamais avec eux: -_ce n'est pas aussi difficile que vous vous l'imaginiez_. - -3. _S'imaginer_ ne demande point de préposition devant l'infinitif qui -suit: on dit, _il s'imagine être un grand docteur_ et non, _d'être un -grand docteur_. - -=Iman=, s. m., prêtre turc; prononcez _iman_ et non _imane_. - -=Imbroglio=, s. m., confusion; prononcez _imbroillo_, ou _imbroille_, -sans faire sentir l'_i_ de _io_ et en mouillant le _gl_. - -=Imiter.=--On dit _imiter l'exemple_ ou _suivre l'exemple de -quelqu'un_. (Acad.) - -=Immaculé, ée=, adj., sans tache de péché.--Dans ce mot et dans tous -ceux qui commencent par _imm_, on prononce les deux _mm_ et l'_i_ -conserve le son qui lui est propre (_ime'maculé, ime'mense_, etc., et -non _ain-maculé, ain-mense_). - -=Immanquable=, adj., infaillible; prononcez _ime-manquable_, comme -_immense_ et non _ain-manquable_. Toutefois, Lévy et Bescherelle -donnent cette dernière prononciation. - -=Immédiat=, adj.--On ne prononce pas le _t_. - -=Imminent, te=, adj.: voyez _éminent_. - -=Immoral, ale=, adj.--L'Académie ne donne point d'exemple du pluriel -masculin; cependant rien n'empêche de dire _immoraux_ comme on dit -_moraux_. - -=Impardonnable, Pardonnable; Excusable, Inexcusable.=--Une faute -est _pardonnable_ ou _impardonnable_, parce qu'on dit _pardonner une -faute_;--une personne n'est ni l'un ni l'autre, parce qu'on ne dit -pas _pardonner une personne_;--mais une personne est _excusable, -inexcusable_ et _une faute_ l'est également, parce qu'on dit _excuser -quelqu'un, excuser quelque chose_. - -=Imparfait de l'indicatif.=--Les flamands sont exposés à employer -_l'imparfait de l'indicatif_ pour le _passé défini_ ou le _passé -indéfini_; ainsi ils diront: _je recevais cette semaine une lettre de -mon frère_; au lieu de, _j'ai reçu cette semaine..._;--_j'écrivais -hier, la semaine dernière une lettre à mon père_; au lieu de, -_j'écrivis hier, la semaine dernière une lettre...._--Pour éviter -ces sortes de fautes, il est important de bien connaître les règles -touchant l'emploi de _l'imparfait_ ainsi que du _passé défini_ et du -_passé indéfini_. - -2. Or, l'imparfait de l'indicatif affirme une chose comme ayant eu lieu -en même temps qu'une autre chose: _j'ai appris que vous étiez malade la -semaine dernière; vous écriviez quand je suis entré; je jouais pendant -que vous faisiez vos devoirs_.--_Le passé défini_ affirme une chose -comme ayant eu lieu dans une période de temps _entièrement passée_, -au moment où l'on parle: _je reçus une lettre l'année dernière, le -mois passé, la semaine dernière, hier_. Mais on ne dira pas: _je reçus -une lettre cette semaine_, parce que la semaine où l'on est, n'est -pas entièrement écoulée. On ne dira pas même: _je reçus une lettre ce -matin_, parce que, pour employer le passé défini, il faut au moins une -nuit d'intervalle entre le moment où l'on parle et celui où la chose a -eu lieu. - -Le _passé indéfini_ affirme une chose comme ayant eu lieu dans un temps -qui est ou qui n'est pas entièrement écoulé: _j'ai reçu une lettre la -semaine dernière; j'ai reçu une lettre cette semaine_. - -3. Les flamands doivent également éviter un autre écueil: c'est de -remplacer régulièrement leur _imparfait_ par le _passé défini_, lequel -a, comme nous venons de le voir, son emploi bien déterminé: _je jouai, -quand vous faisiez vos devoirs; vous écrivîtes, quand je suis entré_, -etc. - -=Imparfait du subjonctif.=--C'est une faute d'employer le conditionnel -présent ou passé au lieu de l'imparfait ou du plus-que-parfait du -subjonctif après les verbes qui gouvernent le subjonctif: _je voudrais -que vous iriez porter cette lettre à la poste; j'aurais voulu que vous -seriez rentré à dix heures_; dites, _je voudrais que vous allassiez...; -j'aurais voulu que vous fussiez rentré..._--Cet emploi vicieux du -conditionnel pour le subjonctif a lieu ordinairement après un verbe -employé lui-même au conditionnel. - -2. Beaucoup de personnes prononcent la première et la deuxième -personnes de l'imparfait du subjonctif comme la première ou la deuxième -personne du passé défini: _que j'aima, que tu aimas_ pour _que -j'aimasse, que tu aimasses_;--_que je finis, que tu finis_, pour _que -je finisse, que tu finisses_;--_que je reçus, que tu reçus_ pour _que -je reçusse, que tu reçusses_;--_que je rendis, que tu rendis_, pour -_que je rendisse, que tu rendisses_. - -=Impartial=, adj., qui est juste, qui n'est ni pour ni contre -quelqu'un; _partial_, qui est injuste, qui est pour ou contre -quelqu'un; _impartialité_, qualité de celui qui est impartial; -_partialité_, qualité de celui qui est partial.--Nous avons souvent -entendu confondre ces mots. - -2. L'Académie ne donne point d'exemple du plur. masc.; La Harpe a dit, -_des juges impartiaux_:--en général les grammairiens approuvent ce -pluriel.--Le plur. masc. _partiaux_ (de _partial_) est peu usité. - -=Impasse=, s. féminin.--C'est une rue sans issue, ou un _cul-de-sac_ -(prononcez _cu-de-sac_).--_Impasse_ ne signifie nullement -_impolitesse, injure, insulte, outrage, passe-droit_. - -=Implicitement, Explicitement.=--_Explicitement_ signifie, d'une -manière explicite, développée, en termes clairs, formels, précis, -en toutes lettres: _ce criminel a explicitement demandé sa -grâce_.--_Implicitement_ signifie, d'une manière implicite, enveloppée, -c'est-à-dire, en termes qui ne sont ni exprès, ni formels, ni clairs: -_il m'a fait implicitement entendre que je pouvais compter sur lui_. ---Il faut en dire autant des adjectifs _implicite_ et _explicite_. - -=Impoli, Grossier, Rustique=: voyez _rustique_. - -=Import=, dans le sens de _montant_, n'est pas français: _je vous -paierai le montant de vos fournitures_ et non _l'import_. - -=Importer, Exporter.=--On _importe_ quand on fait arriver dans son -pays les productions, les marchandises étrangères: _on importe en -Belgique le café, le thé_.--On exporte, quand on transporte des -marchandises, des productions hors d'un pays: _la Belgique exporte des -armes à feu en Asie, en Amérique_, etc.--La différence que nous venons -d'établir, s'applique aux substantifs _importation_ et _exportation_. - -=Imposer, En imposer.=--_Imposer_, c'est inspirer du respect, de la -crainte (c'est _être imposant_): _la figure de cet homme impose_.--_En -imposer_ a été pris souvent dans le même sens, mais il signifie plus -exactement _tromper, surprendre, abuser, en faire accroire_: _ne le -croyez pas, il en impose; il m'en avait imposé par son air de douceur_. - -=Impossible=, adj.--Ne dites pas: _il m'est impossible de pouvoir vous -rendre ce service_ (pléon. vic.); dites: _il m'est impossible de vous -rendre ce service_, ou _je ne peux pas vous rendre ce service_. - -=Imprégner=, _imprégnation_: mouillez _gn_, comme dans _ensei-gner_; -cependant, quelques grammairiens prétendent qu'il faut prononcer -_impreghnation_ (_g_ dur). - -=Impression.=--Ne dites pas: _ce discours m'a fait impression_, mais, -_a fait impression sur moi, m'a impressionné_. - -=Impromptu=, s. m., ce qui se fait sur-le-champ; vers improvisés: -prononcez _impromp'tu_. - -L'Académie écrit _impromptu_; d'après elle, il s'écrit sans _s_ au -pluriel; cependant elle fait remarquer que quelques-uns l'écrivent -avec une _s_: _des impromptus_ (en un seul mot). Nous ferons observer -toutefois que _in-promptu_, conservant sa forme latine, ne peut pas -prendre d'_s_ au pluriel. - -=In=: voyez _in-douze_. - -=Inanimé= (_cadavre_), pléonasme vicieux; dites simplement _cadavre_. - -=Inattention.=--Ne dites pas: _c'est faute d'inattention qu'il a -laissé passer cette faute sans la corriger_; c'est en effet à cause -de son inattention (et non _par défaut d'inattention_, ou à cause de -son _attention_), qu'il a laissé passer la faute; dites, _c'est par -inattention_ ou _faute d'attention qu'il a laissé passer..._--Voyez -_faute_, 2. - -=Incendie=, est masculin: _il ne faut qu'une étincelle pour allumer un -grand incendie_. - -2. Ne dites pas: _compagnie d'assurance contre incendie_; dites, -_contre l'incendie_. - -=Incessamment=, signifie _sans cesse_: _il travaille incessamment_.--Il -signifie aussi _sans délai, au plus tôt_: _nous partirons incessamment; -cet ouvrage paraîtra incessamment_.--Ne dites donc point: _nous -partirons très-incessamment, cet ouvrage paraîtra très-incessamment_, -car cela signifierait _très sans délai, très au plus tôt_, ce qui est -absurde. - -=Inclus, Incluse=, part. passé du verbe inusité _inclure_.--_Ci-inclus_: -cette locution s'emploie comme _adverbe_ (et reste par conséquent -invariable), lorsqu'elle précède le verbe ou le substantif: _vous -trouverez ci-inclus copie du contrat; ci-inclus, vous trouverez -copie du contrat_.--Néanmoins, si le substantif est précédé d'un -article ou d'un adjectif déterminatif, _ci-inclus_ est _adjectif_ et -s'accorde, pourvu toutefois qu'il ne commence pas la phrase: _vous -trouverez ci-incluse la copie du contrat_ et _ci-inclus la copie du -contrat_.--Après le substantif, _ci-inclus_ est toujours adjectif: -_la lettre ci-incluse_.--Ces observations s'appliquent également à la -locution _ci-joint_. - -=Incognito=, s. m., sans être connu: mouillez _gn_ comme dans _agneau_ -et ne dites pas _incogh'nito, incoknito_. (Acad.) - -=Inconnu=, demande la préposition _à_ devant son régime, tandis que -_connu_ demande la préposition _de_: _il est inconnu à tout le monde_; -_il est connu de tout le monde_.--Cependant, en poésie et dans le -style soutenu, on peut mettre _de_ devant le régime _d'inconnu_: -_l'hymen est inconnu de la pudique abeille_. (DELILLE.) - -=Inconsolable=, adj.--L'Académie ne le dit pas seulement des -personnes, elle le dit aussi de la douleur: _homme inconsolable, -douleur inconsolable_.--Prononcez _inconçolable_. (_s_ dure) et non -_inconzolable_ ni _inconsolape_.--Voyez _consolable_. - -=Indemne=, adj., dédommagé; prononcez _indèm'ne_. - -=Indemniser= (dédommager), _indemnité_ (dédommagement); prononcez -_indam'nizer, indam'nité_. - -=Index=, s. m., table d'un livre, deuxième doigt; prononcez _indekce_ -et non _indêke_. - -=Indice=, signe apparent, est masculin: _j'en ai de grands indices_. - -=Indigeste=, adj.: voyez _digestion_. - -=Indigestion=, s. f., défaut de digestion; prononcez _ti_ comme dans -_menti_: _indiges'thion_ et non _indigècion_; il en est de même -de _digestion, combustion, mixtion, suggestion, question, bastion, -Ephestion, Péthion_.--Voyez _digestion_ et _digestif_. - -=Indigne=: voyez _digne_. - -=Indignité=, s. f.--Prononcez _indi-gnité_ (en mouillant _gn_) et non -_indign'nité_ ni _indigh'nité_--Voyez _gn_. - -=Indomptable=, _indompté_: voyez _dompter_. - -=In-douze=, _in-dix-huit, in-quarto, in-vingt-quatre; in-trente-deux, -in-folio_: prononcez _ain-douze, ain-dix-huit; ain-quarto_, etc., et -non _ine-douze, ine-dix-huit, ine-quarto_.--_In-octavo_: prononcez -_ine-octavo_. - -=Induire à erreur, Induire en erreur.=--_Induire à erreur_, c'est être -la cause volontaire ou involontaire de l'erreur où tombe une personne: -_il fut induit à erreur par un faux bruit_.--_Induire en erreur_, -c'est tromper à dessein, avec intention: _il voulait m'induire en -erreur_. (Acad.) - -=Indulgent.=--On dit _indulgent pour_ ou _envers_: _il est indulgent -pour ses amis, envers ses enfants_;--_indulgent à_ se dit aussi, mais -il est peu usité. - -=Indult=, s. m., privilége ecclésiastique; prononcez _indulte_ et non -_indule_. - -=Inénarrable=, adj., qu'on ne peut conter; prononcez _inénar'rable_, en -faisant sentir les deux _rr_. - -=Inestimable=, adj.--Ce mot veut dire _qui ne peut pas être estimé_ -à cause de son grand prix: _un diamant d'une valeur inestimable, un -service inestimable_.--Ce serait donc un barbarisme de faire de ce mot -le contraire d'estimable, qui n'est pas estimable, qui n'est pas digne -d'estime. - -=Inexact=, adjectif, qui n'est pas exact; prononcez _inexac-te_. - -=Inexpugnable=, adj., qu'on ne peut prendre d'assaut; prononcez -_inekspugh'nable_ (_g_ dur). - -=Inextinguible=, adj., qu'on ne peut éteindre; prononcez -_inekstinguible_ (_ui_ diphth.) et non _inekstinghible_, ni -_inekstinghouible_. - -=Infaisable=, adj., non faisable: prononcez _infesable_ et non -_infaisable_ ni _infèsable_. - -=Infect=, adj., puant, corrompu: prononcez _infecte_ et non _infèke_. - -=Infectation.=--Ne dites pas: _c'est une infectation_ en parlant -de mauvaise odeur; dites, _c'est une infection_ (_infect, infecter, -infection_). - -=Infecter, Infester.=--_Infecter_ (_infect_), c'est corrompre ou -incommoder par communication de quelque chose de puant, de contagieux -ou de venimeux: _ces égoûts infectent la ville de leurs émanations -délétères; il nous infecte de son haleine; le choléra a infecté -toute la province; il infecta le pays de sa pernicieuse doctrine_. -(Acad.)--_Infester_, c'est ravager tourmenter par des actes fréquents -de violence et de brigandage: _les pirates infestaient toutes les -côtes; le pays était infesté par des brigands_. - -=Infinité=, employé seul ou avec un pluriel veut le verbe au pluriel: -_une infinité sont d'avis; une infinité de personnes ont péri_. Mais -si ce mot est suivi d'un collectif singulier, le verbe se met au -singulier: _une infinité de monde est venue le voir; une infinité de -peuple a pris les armes_. Précédé de _en_, il régit le pluriel: _il -y en a une infinité qui disent_ (sous-entendu _de gens_).--Cette -remarque est applicable aux collectifs partitifs et aux adverbes de -quantité, _un grand nombre, une foule, peu, beaucoup, toute sorte, -toute espèce_; ainsi l'on dira: _toute sorte de monde est venu; toute -sorte de personnes sont venues_. - -=Inflammation=: ne dites pas _enflammation_. - -=Informer.=--On informe _quelqu'un de quelque chose_; ne dites donc -pas: _j'informe que_, mais, _je vous informe de..., j'informe le public -de..._--_Informer_ ne peut jamais être suivi de _que_, par la raison -que la proposition qui suit ce _que_ tiendrait lieu de régime direct -d'_informer_, ce qui ne serait pas correct (on informe quelqu'un de -_quelque chose_). Dites donc _j'ai l'honneur de vous informer de tel -fait, de telle circonstance_, et non, _j'ai l'honneur de vous informer -que_, phrase vicieuse adoptée à tort par nos administrations.--Si l'on -ne peut pas remplacer le _que_ par _de_ suivi d'un substantif, il faut -remplacer _informer_ par un autre verbe, tels que _annoncer, faire -savoir, donner avis, porter à la connaissance_, etc. Voyez _prévenir_. - -=Ingrédient=, s. m., partie d'un mélange; prononcez _ingrédian_ et non -_ingrédiain_. - -=Inhérent=, _inhérence_: prononcez _inéran, inérence_.--_Adhérent, -incohérent, incohérence_; prononcez _adéran, incoéran, incoérance_. - -=Inhibition=, s. f., défense: prononcez _inibition_. - -=Inhumer= (enterrer), _inhumation_ (action d'enterrer), _inhumain, -inhumanité_; prononcez _inumer, inumation, inumain, inumanité_. - -=Initial, ale=, adj.--L'Académie ne donne point d'exemple du -plur. masc.--Dumarsais, Beauzée, Boinvilliers et quelques autres -grammairiens, disent _initials_.--Prononcez _inicial, inicier, -iniciation_ (_initier, initiation_). - -=Inlisible, Illisible.=--L'Académie admet ces deux mots comme -parfaitement synonymes; mais l'usage a consacré le dernier: _écriture -illisible_.--Quelques grammairiens pourtant s'ingénient à établir une -différence entre ces deux mots: _illisible_, se dirait de l'écriture -qu'on ne peut pas lire; _manuscrit illisible_;--_inlisible_ se dirait -d'un ouvrage ennuyeux à lire, d'un style fatiguant: _ce poème est -inlisible_.--Nous croyons que généralement on ne tient pas compte de -cette nuance et que _illisible_ est à peu près exclusivement usité. - -=Inn=, au commencement des mots: les deux _nn_ se font sentir excepté -dans _innocent_ et ses dérivés. - -=Innocent=, dans le sens de, qui a l'esprit faible, borné, est -français: _c'est un innocent, un grand innocent; vous faites -l'innocent_. (Acad.) - -=Innommé=, adj., sans nom: prononcez _ine'nomé_ et non _ain-nomé_. - -=Innover= (introduire des nouveautés), _innovation_: prononcez les deux -_nn_. - -=In-octavo=, s. et adj.: prononcez _ine-octavo_. Voyez _in-douze_. - -=Inonder, Inondation=: ne prononcez qu'une _n_ et ne dites pas -_in'-nonder, in'-nondation_. - -=In-partibus= (on sous-entend _infidelium_), se dit de celui qui a -un titre d'évêché dans un pays occupé par les infidèles: _évêque -in-partibus_:--prononcez _ine-partibuce_. - -=In-petto=, adv., dans l'intérieur du coeur, en secret: _cardinal nommé -in-petto_; prononcez les deux _tt_, _ine pet'to_. - -=In-plano=, s. m., se dit du format d'un livre où la feuille imprimée -ne contient qu'une page de chaque côté: prononcez _ine-plano_. - -=Insatiable=, adj., qu'on ne peut rassasier: prononcez _inçaciable_ et -non _inçathiable_, ni _inçaziable_.--On dit aussi _irrassatiable_, -mais ce mot est peu usité. - -=Insçu= (_à l'_): on écrit plus souvent et mieux _insu_. - -=Insecte=, petit animal articulé, est masculin: _un chétif -insecte_.--Prononcez _insek-te_ et non _insèke_. - -=Insigne=, _insister, insurgé, insurrection, insipide, insulter_: -prononcez l'_s_ dure comme dans _insensé_ et non comme _z_ dans -_désirer_. - -=Insipide=, adj., qui n'a nul goût, nulle saveur.--C'est une faute -d'employer _insipide_, dans le sens de _sciant, ennuyeux, importun, -insupportable, impatientant_, et de dire, _voilà des enfants bien -insipides_, au lieu de, _bien ennuyeux, bien insupportables, bien -impatientants_, etc. - -=Instinct=, s. m., esprit des animaux; prononcez _instin_, et non -_instinke_. - -=Institut=, s. m., établissement où l'on enseigne une ou plusieurs -sciences, un ou plusieurs arts; ce mot n'est pas français dans ce -sens et ne figure dans aucun dictionnaire; dites _école de commerce, -école de médecine, école normale, école militaire_, etc.--Il faut -en dire autant de _institut d'enseignement_; dites, _école, collége, -pensionnat, maison d'éducation_, selon le sens.--Cependant le mot -_institution_, pour signifier un établissement destiné à l'instruction -et à l'éducation de la jeunesse, est aujourd'hui consacré par l'usage -et figure dans de bons dictionnaires: _institution de jeunes gens, -institution de demoiselles, chef d'institution_. - -=Instrument=: voyez _jouer_. - -=Insulter.=--_Insulter quelqu'un_, c'est l'outrager de faits ou de -paroles: _il l'a insulté publiquement_.--_Insulter à_, c'est manquer à -ce qu'on doit aux personnes ou aux choses: _il ne faut pas insulter aux -malheureux; il ne faut pas insulter à leur misère_. - -=Intact=, adj., auquel on n'a pas touché: prononcez _intak-te_ et non -_intake_. - -=Intellect=, s. m., intelligence: prononcez _intel-lek-te_; ---_intellect, intellectuel, intelligence, intelligent, intelligible, -intelligiblement_: dans tous ces mots on fait sentir les deux _ll_. - -=Intention.=--Ne dites pas, _je suis d'intention_; mais, _j'ai -l'intention de faire telle chose_. - -=Interdire=, se conjugue comme _médire_: _vous interdisez_ et non _vous -interdites_. - -=Intérêt=, s. m.--Ne dites pas: _ce domestique est sur les intérêts de -son maître_; dites, _ce domestique soigne les intérêts, a à coeur les -intérêts de son maître_. - -=Intérim=, s. m., entretemps: prononcez _ain-térime_ et non -_ine-térime_; il ne s'emploie pas au pluriel. - -=Interjeter=, v. a.--Il ne double point le _t_ devant un _e_ muet, -comme _jeter_: _ils interjètent appel de ce jugement_. - -=Interligne=, est masculin, excepté lorsqu'il se dit des lames de métal -que, dans les imprimeries, on place entre les lignes pour les séparer -et les maintenir: _écrire dans un interligne; la largeur d'une -interligne_. - -=Interpeller, Interpellation=, requérir, sommer, action de...: -prononcez les deux _ll_. - -=Interrègne=, s. m., intervalle de deux règnes: prononcez les deux _rr_. - -=Interroger=, _interrogation, interrompre, interruption, -interrupteur_:--dans ces mots et leurs dérivés, on ne prononce qu'une -_r_. - -=Interstice=, intervalle de temps; ce mot est masculin: _les -interstices sont remplis_. - -=Intervalle=, est masculin: _ce fou a de bons intervalles_. - -=Introït=, s. masculin, prière au commencement de la messe: prononcez -_aintro-ite_ et non _inetroïte_ ni _intro-iït_. - -=Intrus=, participe passé du verbe inusité _intrure_, qui est introduit -contre le droit dans quelque dignité ecclésiastique; prononcez _aintru_ -et non _intruce_; le féminin est _intruse_.--Il est adjectif et -substantif. - -=Invectiver=, dire des choses injurieuses, est un verbe neutre; on ne -doit donc pas dire _invectiver quelqu'un_, mais, _invectiver contre -quelqu'un_ comme on dit _invectiver contre le vice_. - -=Inventaire=, pour signifier ce plateau d'osier que portent devant -elles les marchandes de fruits, de légumes, de poissons, etc.; ce mot -n'est pas français; il faut dire _éventaire_ (s. m.): voyez ce mot. - -=Inventeur=, fait au féminin _inventrice_. - -=Inviter=, suivi d'un infinitif, demande la préposition _à_: _il m'a -invité à dîner_. (Acad.) - -=Invoquer, Évoquer.=--On _évoque_ les morts;--on _n'invoque_ que -Dieu, les saints, les vivants, les choses inanimées. - -=Ipécacuana=, s. m., racine brune ou grise; ne dites pas _ipicacuana_. - -=Irai.=-Ne dites pas: _j'irai z'à Stavelot demain_, mais _j'irai à..._; -la terminaison _ais_ appartient à l'imp. de l'ind. et au condit. prés. -et non au futur simple. - -=Iris=, arc-en-ciel, plante, est masculin; on l'a fait autrefois du -féminin.--_Iris_, personnage mythologique (messagère de Junon), est -féminin.--Prononcez _irice_ dans les deux cas. - -=Irr=, au commencement des mots:--on fait sentir les deux _rr_: -_ir'riter, ir'résistible, ir'récusable, ir'ruption_, etc. - -=Irruption=, s. f.: voyez _éruption_. - -=Isle=, s. f., _islot_, s. m.; écrivez et prononcez _île, îlot_. - -=Isme, Iste=, à la fin des mots.--Prononcez distinctement l'_s_ et -l'_m_ ainsi que l'_s_ et le _t_: _catéchis-me, schis-me, barbaris-me, -wallonnis-me_ et non _catéchisse, schisse, barbarisse_, etc., ni -_catéchim-se, schim-se, barbarim-se_.--Prononcez de même _catéchis-te, -calvinis-te, résis-te, persis-te, Baptis-te_, et non _catéchisse, -calvinisse_, etc.--Voyez _finales_. - -=Israël.=--Prononcez _Is'ra-èle_ et non _Is'raïèle_ ni _I-zraèle, -Isra-éle_ (_é_ fermé). - -=Isthme=, s. masculin, langue de terre entre deux mers; prononcez -_is'me_.--_Isthmique_, prononcez _is'mique_. - -=Italianisme, Italicisme, Italisme=, idiotisme de la langue -italienne; ces trois mots sont français, mais _italicisme_ est -préférable.--Prononcez _italicis-me_ et non _italcisse_ ni -_italicim-se_: voyez _idiotisme_. - -=Item=, adv., de plus: prononcez _itème_. Voyez _ibidem, idem_. - -=Ivoire=, est masculin: _cet ivoire est bien blanc_. - -=Ivraie=, s. f., mauvaise herbe: prononcez _ivrai_ (_ai_ long) et non -_i'vrai-ïe_. - -=Ivre=, adj.--Ne dites pas: _il s'est fait ivre_, pour _il s'est -enivré_; cela signifierait, _il a feint d'être ivre_. - -2. _Ivre-mort_ et _mort-ivre_, font au féminin _ivre-morte, -morte-ivre_, et au pluriel _ivres-morts, morts-ivres, ivres-mortes, -mortes-ivres_. - -=Ivresse=, s. f., se dit au pluriel dans le sens de _passions_: _le -réveil suit de près vos trompeuses ivresses_. (J.-B. ROUSSEAU.) - -2. Il peut également s'employer au pluriel dans le sens propre, d'après -Laveaux, pour signifier des états d'ivresse particuliers et distingués -les uns des autres: _dans ses fréquentes ivresses, il ne connaît plus -personne_. - -=Ivrogne=, adj. et s. m.--Le féminin correspondant est _ivrognesse_. - - - - - J - -=J.=--_Je_ ne doit pas se prononcer _che_; _où suis-je, que dis-je, -j'ai jeté, se déjeter_, etc., et non, _où vais-che, que dis-che, j'ai -cheté, se décheter_. (Wall.) - -=Jaconas=, s. m., espèce de mousseline: _une robe de jaconas_; l'_s_ ne -se prononce pas.--_Jaconade_ n'est pas français. - -=Jadis=, adv., autrefois.--Il s'emploie quelquefois adjectivement avec -le mot _temps_: _les bonnes gens du temps jadis; cela était bon au -temps jadis_: cet emploi est familier. (Acad.)--Prononcez _jadice_. - -=Jais=, s. m., bitume d'un noir luisant.--Ne dites pas: _cela est noir -comme un geai_, mais, _comme jais_ ou _comme du jais_.--Voyez _geai, -jaune_ et _lait_.--Prononcez _jè_ (long). - -=Jalouser.=--Ce verbe est actif et il faut dire: _ce marchand jalouse -ses concurrents_ (et non _contre_, ou _sur ses concurrents_); _les gens -du même métier se jalousent entre eux_ (et non _jalousent l'un contre -l'autre, l'un sur l'autre_). - -=Jalousie.=--Gardez-vous bien d'écrire ou de prononcer _jalouserie_. - -=Jamais.=--Prononcez _jamais_ et non _jamain_. - -=Jambe.=--Ne dites pas: _mettre la jambe à quelqu'un pour le faire -tomber_; dites, _donner le croc-en-jambe à quelqu'un..._--Le _c_ de -_croc_ se prononce fortement; prononcez _jambe_ et non _jampe_. - -=Jambonneau=, s. m., petit jambon: _jambonnet_ n'est pas français. - -=Jarreté=, qui a les jambes de derrière tournées en dedans et si peu -ouvertes que les jarrets se touchent presque en marchant: _je ne veux -point de ce mulet, il est jarreté_.--Ne dites point _jarreteux_ ni -_jerreteux_. - -=Jauger=, mesurer un vase pour voir s'il est de la mesure dont il doit -être; ne dites ni _jaucher_ ni _gauger_. - -=Jaune.=--Ne dites pas: _il est jaune comme un safran_, mais, _comme -safran_ ou _comme du safran_. - -2. Ne dites pas: _ces poires sont jaunes_, mais, _sont mûres_. - -=Je.=--Lorsqu'on élide l'_e_, il faut se garder de prononcer _je_ -comme _che_: _il faut que je fasse mes devoirs_ et non, _que ch'fasse -mes devoirs_. - -=Jésus.=--Voyez _antechrist_ et _Christ_. - -=Jet d'eau=, eau qui jaillit d'un tuyau; ne dites pas _jeu d'eau_, qui -est français, mais qui a un sens plus particulier. - -2. _Jet_, dans le sens de _levure_, n'est pas français. - -=Jeter.=--Ne prononcez pas le _j_ placé devant un _e_ muet comme un -_che_: _je l'ai jeté_ (_jeté_ et non _ch'té_) _par la fenêtre_; nous -_jetons_ (et non nous _ch'tons_), _vous jetez_ (et non _vous ch'tez_), -_je jetterai_ (et non _je ch'terai_).--Il en est de même du substantif -_jetée_ et des dérivés de _jeter_.--Voyez _je_. - -=Jeu=, s. m.--Ne dites pas: _je ne puis plus jouer qu'un jeu_; dites, -_je ne puis plus jouer qu'une partie_. - -=Jeune=, peu âgé: prononcez _jeune_ (_eu_ bref);--_jeûne_, abstinence, -prononcez _jeûne_ (_eû_ long);--prononcez de même _jeûner, jeûneur, -déjeuner_ (_déjeuner_ s'écrit sans accent circonflexe.) - -2. Quand l'adjectif _jeune_ est précédé de l'article, on ne peut pas le -placer indifféremment devant ou après le substantif: _le jeune Pline_ -signifie que Pline n'est pas âgé, tandis que _Pline-le-Jeune_ se dit -pour le distinguer de _Pline-l'Ancien_. - -3. On dit _jeune homme_ au singulier et _jeunes gens_ au pluriel; quand -il s'agit de filles, on dit mieux aujourd'hui _jeune personne, jeunes -personnes_ que _jeune fille, jeunes filles_. - -4. Ne dites pas, _un vieux jeune homme_, pour désigner un homme d'un -certain âge qui vit dans le célibat; dites, _un vieux garçon, un -vieux célibataire_; dites de même _une vieille fille, une vieille -demoiselle_:--_célibataire_ ne se dit pas des femmes. - -5. Ne dites pas: _du fromage jeune, du beurre jeune_; dites, _du -fromage, du beurre frais, nouveau_. - -6. _Jeune_, employé comme substantif, ne peut pas se dire d'un animal -nouvellement né; il faut se servir du mot _petit_ dans cette acception: -_les petits_ (et non _les jeunes_) _d'une chatte, d'un pigeon, d'un -corbeau_.--Cependant en parlant de grives, de perdrix, par exemple, on -pourrait dire: _les jeunes sont tendres et délicates, tandis que les -vieilles sont plus coriaces_.--Ici _jeune_ est pris comme adjectif et -est opposé à _vieux_. - -=Jeunesse=, s. f.--Ne dites pas: _laissez rire ces jeunesses, c'est -leur âge_; dites, _laissez rire ces jeunes gens_, ou bien, _ces jeunes -personnes_, selon le cas. - -=Joailler=, s. m., qui fabrique et vend des joyaux; ne dites pas -_jouailler_:--_jouailler_, c'est jouer petit jeu. - -=Jockey=, s. m., mot anglais.--Prononcez _jokè_. - -=Joint, te=: _ci-joint_: voyez _ci-inclus_, au mot _inclus_. - -=Jointée=, s. f., autant que les deux mains rapprochées peuvent -contenir: _une jointée d'orge, une jointée d'avoine_. - -=Joli, Beau.=--_Joli_, offre l'idée de quelque chose de gentil, -qui plaît; _beau_ se dit de ce qui est grand, de ce qui inspire de -l'admiration.--D'où il suit que _joli_ ne peut pas se dire d'une -composition large et sérieuse ou d'une scène grandiose de la nature; -ne dites donc pas: _Athalie est une jolie tragédie; la mer, le lever -du soleil est une jolie chose_, etc.; dites, _Athalie est une belle -tragédie_... Mais vous direz très-bien: _Perrault a écrit de jolis -contes; Lafontaine a fait de jolies fables_, etc. - -2. Ne dites pas: _voilà un joli enterrement_;--_joli_ en effet exclut -toute idée de tristesse, de douleur; dites, _un bel enterrement_. - -=Joliment=, adv., se dit dans un langage très-familier pour _beaucoup, -extrêmement_: _il l'a joliment puni; vous vous êtes joliment trompé_. -(Acad.)--Beaucoup de personnes font un étrange abus de ce mot et -disent par exemple: _il a joliment neigé, j'ai joliment dormi, j'ai -joliment faim_, etc. Nous pensons qu'il faut rejeter ces sortes de -locutions. - -=Jouer.=--Ne dites pas, _jouer avec les cartes_ ni _jouer une carte_, -mais, _jouer aux cartes_. (Flandr.)--Voyez _jeu_. - -2. Ne dites pas d'un musicien: _il joue si bien sur le piano, sur le -violon_, etc.; mais, _il joue si bien du piano, du violon_. - -3. Ne dites pas: _jouer banqueroute_, mais _faire banqueroute_. -(Flandr.) - -4. Ne dites pas: _jouer dans la tête_, en parlant d'idées, de chimères, -de ce qu'on appelle faire des châteaux en Espagne; dites, _passer par -la tête_:--_ce sont de vaines idées qui vous passent par la tête_. - -5. _Jouer_, est un mot générique qui se dit _de tous les instruments -de musique_, et dans cette acception il est neutre et doit être -accompagné de la préposition _de_: _jouer de l'orgue, du piano, du -violon_, etc. - -6. On _bat_ la caisse, le tambour, les timbales.--On _donne_ du -cor.--On _sonne_ du cor et de la trompette.--On _pince_ la harpe, -la guitare, le luth, le téorbe.--On _touche_ l'orgue, le piano, -l'harmonium. - -7. Prononcez _jou-er_ et non _jou-wer_; _je joue_, (_je joû_, -_oû_ long), et non _jou-we_; _je jou-ais_, et non _je jou-wais_; -_je jouerai_ (_je joûrai_, _oû_ long), et non _je jou-we-rai_, -etc.--Prononcez de même _jou-eur_, et non _jou-weur_. - -=Jouereau=, s. m., qui joue mal à quelque jeu ou qui hasarde peu au -jeu; prononcez _joûrau_. - -=Joueur de tours=, se dit aussi bien que _faiseur de tours_. - -=Joug=, s. m.--Prononcez _jougue_, en faisant sentir le _g_ même -devant une consonne: _un joug pesant, un joug honteux, un joug -honorable_. - -=Jouir.=--On jouit de quelque chose _d'agréable, d'avantageux_;--ne -dites donc pas: il _jouit d'une mauvaise santé, d'une mauvaise -réputation_; dites, _il a une mauvaise santé, une mauvaise réputation_. - -2. Prononcez: _jou-ir, je jou-is, je jou-issais, jou-issance_ et non -_jou-wir, je jou-wis, je jou-wissais, jou-wissance_. - -=Jour.=--_Faire son bonjour, faire ses dévotions_, sont des locutions -françaises. (Acad.) - -2. On dit, _jour ouvrable, jour ouvrier_, et non _jour d'ouvrier_. - -3. Ne dites pas: _c'est mon jour aujourd'hui, demain_; dites, _c'est ma -fête aujourd'hui, demain_. (Flandr.) - -4. Ne dites pas: _cela est arrivé un jour au matin, un jour au soir_; -dites, _... un matin, un soir_. - -5. On dit indifféremment: _vivre au jour le jour_ et _vivre au jour -la journée_, c'est-à-dire, s'inquiéter peu du lendemain, être sans -prévoyance. (Acad.) - -6. Ne dites pas: _au jour d'aujourd'hui l'instruction est bien -répandue_; dites, _aujourd'hui_ ou _à présent_ ou _au siècle où nous -sommes_, ou bien, selon le sens, _à l'heure qu'il est, l'instruction -est bien répandue_. - -7. Ne dites pas: _quel jour avons-nous?_ dites, _quel jour est-il, quel -jour sommes-nous, quel jour est-ce aujourd'hui?_ - -8. Ne dites pas: _jour bien employé, mal employé_; dites, _journée bien -employée..._--_La journée_ est le _jour_ par rapport à la manière dont -il s'est passé. - -9. _Jour civil_, espace de vingt-quatre heures qui se prend de minuit -à minuit.--_Jour naturel_, temps qui s'écoule entre le lever et le -coucher du soleil.--_Jour astronomique_, espace de vingt-quatre heures -solaires moyennes, d'un midi à l'autre.--_Jours complémentaires_, -dans le calendrier républicain, se disait des cinq ou six jours que -l'on comptait à la fin de l'année, pour compléter le nombre de trois -cent soixante-cinq ou de trois cent soixante-six jours, les mois de ce -calendrier n'étant chacun que de trente jours. - -10. _Jours gras_, les derniers jours du carnaval qui sont le jeudi, le -dimanche, le lundi et le mardi. - -11. Les noms des jours de la semaine s'écrivent sans majuscules: -_dimanche, lundi, mardi_, etc.--Voyez _calendrier républicain_. - -=Jourd'hui=, le jour actuel, appartient au vieux langage; il ne -s'employait qu'avec _le_ ou _ce_.--_Ce jourd'hui_ est encore usité au -palais. - -=Journal.=--Ne dites pas: _j'ai lu cette nouvelle sur le journal, sur -la gazette_, etc., mais, _dans le journal, dans la gazette_, comme on -dit, _j'ai lu dans tel livre_. - -=Journellement=, tous les jours, chaque jour: _il étudie journellement -cinq heures consécutives_.--_Journalièrement_ n'est pas français. - -=Jubé=, s. m., espèce de tribune élevée dans une église; ne dites pas -_doxal_ ni _toxal_. - -=Juge.=--Prononcez _ju-ge, je ju-ge, je ju-gerai, jugement_ et non -_ju-che, je ju-che, je ju-cherai, ju-chement_. - -=Juger=, v. a. et n.--Ne dites pas: _il juge tout_ ou _sur tout à tort -et à travers_; dites, _il juge de tout_ ou _il tranche sur tout..._ - -2. _Juger quelqu'un_ ou _quelque chose_, c'est décider comme _juge_ ou -_arbitre_, ou bien exprimer _d'une manière tranchante_, une opinion, un -avis: _juger un procès_ (comme _juge_); _jugez-nous_ (comme _arbitre_), -_je vous prie_; _vous jugez_ (décidez sur le mérite de) _cet homme trop -sévèrement_. - -3. _Juger de_, c'est avoir, énoncer une opinion; cette forme est plus -vague et surtout moins pédantesque: _juger sainement des choses; juger -de la pièce par l'échantillon; il ne faut pas juger des gens sur -l'apparence_. (_Belgicismes_, par M. J. BENOIT.) - -=Juif=, fait au féminin _juive_ et non _juifresse_ ni _juivresse_. ---Faites sentir l'_f_ de _juif_ au singulier et au pluriel; prononcez -_ju-if, ju-ive_, et non _jou-if, joui-ve_ (_ui_ diphth. et non _oui_). - -=Juillet.=--Prononcez _ju-illet_ (_ui_ diphth.) et non _jou-illet_, ni -_ju-let, julette_: on mouille les _ll_. - -=Juin.=--Prononcez _ju-in_ (_ui_ diphth.) et non _jeun, jun_ ni -_jou-in_. - -=Jujube=, est féminin: _de la jujube_.--Prononcez _juju-be_ et non -_juju-pe_. - -=Jumeau, Jumelle=, se dit de deux ou de plusieurs enfants nés -ensemble.--Ne le confondez pas avec _gémeau_, subst. masculin, qui -n'est usité qu'au pluriel _Gémeaux_, pour signifier l'un des douze -signes du zodiaque. - -=Junte=, s. f., nom que l'on donne à différents conseils en Espagne et -en Portugal: _la junte du commerce_. Prononcez _jonte_. - -=Jurer=, se dit pour _blasphémer_; _jurement_ se dit également dans le -sens de _blasphème_, imprécation, exécration. (Acad.) - -=Jury, Juré, Juriste.=--Le _jury_ est le corps, la réunion des -jurés;--le _juré_ est un membre du jury;--le _juriste_ est celui qui -écrit sur des matières de droit.--Quelques-uns écrivent _juri_, dit -l'Académie, qui cependant a adopté _jury_.--Beaucoup de personnes -confondent les deux mots _jury_ et _juré_. - -=Jus=, s. m.--Ne dites pas: _cet enfant tousse, il faut lui donner du -jus_; dites, _... du jus de réglisse_. - -=Jusque=, prép., exige toujours à sa suite une préposition avec son -complément: _jusque dans les enfers, jusque par-dessus la tête, jusqu'à -nouvel ordre_. - -2. On écrit quelquefois _jusques_ avec une _s_ à la fin, lorsque ce -mot est suivi d'un autre mot commençant par une voyelle; alors on fait -sentir la liaison entre _jusques_ et le mot suivant: _jusques au ciel, -jusques à quand_. - -3. _Jusque_, suivi de _là_, adverbe, prend toujours un trait d'union: -_ils en vinrent jusque-là_, et non _jusqu'à-là_ qui n'est pas français. - -4. On dit _jusqu'à hier, jusqu'à demain, jusqu'à midi, jusqu'à Paris, -jusqu'à Namur_, et non pas _jusque Paris, jusque Namur_.--On peut -dire _jusqu'aujourd'hui_ et _jusqu'à aujourd'hui_, mais le premier est -préférable.--Prononcez _jusque_ (_e_ muet) et non _jusquè_. - -=Juste.=--_Comme de juste_ est une expression aussi vicieuse que le -seraient _comme de vrai, comme de faux_; dites _comme de raison, comme -il est juste_. - -2. Ne dites pas: _il est sept heures justes_; dites, _il est sept -heures précises_.--Mais on dira bien: _il est arrivé juste à -l'heure du dîner_; _juste_, est ici adverbe et signifie _justement, -exactement_. Prononcez _jus-te_ et non _jusse_. - -=Justement.=--Dites, _ce chasseur tire juste; peser juste; cela entre -juste; chanter juste; il a deviné juste; il raisonne juste_, etc., et -non _justement_. - -2. _Justement_ signifie _avec justice_: _il a été condamné justement_. - -3. Il signifie aussi la même chose que _précisément_: _je suis arrivé -justement quand on se mettait à table_. - -4. Ne dites pas: _vous venez à propos, il est justement arrivé_; dites, -_il vient d'arriver, il ne fait que d'arriver_.--Voyez _faire_. - - - - - K - - -=Kakatoès=, s. m., sorte de perroquet huppé: prononcez _kakatoua_. -(Acad.) - -=Karat=, s. m.: on écrit plus souvent _carat_. - -=Keepsake=, s. m., souvenir (mot anglais): prononcez _kip'sèke_. - -=Kermesse= ou =Karmesse=, s. f., nom qu'on donne en Belgique et en -Hollande aux fêtes annuelles communales ou paroissiales. (Acad.) - -2. _Ducace_ ou _dicace_ se dit également pour _kermesse_ dans ces pays; -mais ce mot n'a pas été adopté par l'Académie, attendu qu'il n'est -qu'une corruption du mot _dédicace_, lequel ne se dit que de cérémonies -ou de fêtes religieuses. - -=Kilogramme.=--On dit souvent par abréviation, dans le commerce: -_kilo, cinquante kilos_. (Acad.) - -2. Quoi qu'en dise l'Académie, le pluriel _kilos_ est un véritable -barbarisme, car il n'est pas permis de mettre la marque du pluriel à -une abréviation, à la moitié d'un mot: on doit donc écrire _cinquante -kilo_, ou mieux _cinquante kilog._ et mieux encore _cinquante -kilogrammes_.--Ne dites pas _kulo_ ni _tilo_ pour _kilo_. - -=Kinine=, s. f.: on écrit plus souvent _quinine_. - -=Kiosque=, s. m., pavillon de jardin: prononcez _kios-que_ et non -_kiosse_. - -=Kip-kap=, mot flamand: dites _mou de veau_. - -=Kirsch-wasser= (ou simplement _kirsch_), eau-de-vie de cerises: -prononcez _kirche-ouaceur_ (_eur_ bref), _kirche_. - -=Knout=, s. m., supplice du fouet en Russie: prononcez _knoute_. - -=Koekebak=, mot flamand estropié, par lequel on désigne souvent des -_crêpes_ (_bouquettes_ en wallon). - -=Kopeck=, s. m., monnaie russe d'environ quatre centimes; on écrit -aussi _copeck_.--Prononcez _kopèke_. - -=Koran=, s. m.: on écrit plus souvent _Coran_: voyez _Alcoran_. - -=Kreutzer=, s. m., monnaie allemande: prononcez _kreutzère_; -quelques-uns prononcent _krètche_. - -=Kyrie-eleison=, s. m., prononcez_ ki-ri-é-éleis-sone_, et non -_ki-ri-é-élei-zone_. - - - - - L - - -=L.=--Il y a deux sortes d'_l_: l'_l_ simple et l'_l_ mouillée.--L'_l_ -simple est celle qui ne fait entendre qu'une seule articulation, -qu'elle soit simple en effet comme dans _bal, bel, fil, col, nul_, -etc., ou double comme dans _balle, bulle, ville, molle, collége_, -etc.--L'_l_ mouillée, dont la prononciation est particulière à la -langue française, est presque toujours indiquée par la présence d'un -_i_ devant cette consonne; elle se prononce alors, non d'après sa -valeur ordinaire, mais avec une sorte de mollesse, en faisant entendre -un _i_ après elle, indépendamment de celui qui la précède réellement; -ainsi _billard, piller, tilleul, bouillon, mouiller, ailleurs, -bouteille, cueille, meilleur_, etc., se prononcent comme s'il y avait -_biliard, pilier, tilieul, boulion, moulier, alieurs, bouteillie, -cueillie, melieur_.--Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut -prononcer à la manière des wallons et du peuple de Paris: _biïard, -piïer, tiïeul, bouiïon, aiïeurs, bouteiïe, cueiïe, meiïeur, mouiïer_, -etc., en supprimant entièrement l'_l_ et en la remplaçant par deux _i_ -ou par un _y_.--Nous pensons que la première prononciation est plus -généralement reçue dans notre pays. Au reste, cette question étant -très-controversée, chacun peut adopter telle prononciation qu'il lui -semblera bon.--Nous ajouterons pourtant que bon nombre de grammairiens -recommandent la première prononciation dans le discours soutenu et la -seconde dans la conversation ordinaire. - -2. _L_ finale est mouillée dans les mots suivants: _avril, babil, -cil, fenil, grésil, gril, mil_ ou _millet_ et _péril_. (Acad.)--Elle -ne se prononce pas dans: _baril, chenil, fournil, fusil, outil, -persil, sourcil, coutil, courtil, gentil_ (voyez ce mot), _gril_ (dans -le langage familier), _nombril, soûl, cul-de-jatte, cul-de-lampe, -cul-de-sac_. (Acad.)--_Lle_ finales se mouillent dans les mots -suivants: _aiguille, anguille, bille, cocomille, cédille, charmille, -cheville, coquille, esquille, étrille, famille, faucille, fille, -goupille, grille, guenille, lentille, pacotille, pastille, quille, -roquille, vétille, vrille_, etc. - -=La.=--Le pronom _le_ est invariable et s'emploie toujours au masculin -quand il tient la place d'un adjectif: _Madame, êtes-vous malade? -je le suis_ (et non _je la suis_); _Mesdames, êtes-vous contentes -de ce discours? nous le sommes_ (et non _nous les sommes_).--Mais -si l'adjectif est précédé d'un article, _le, la, les_ s'accordent -avec lui en genre et en nombre, parce qu'alors l'adjectif devient -substantif: _Madame, êtes-vous la malade dont on m'a parlé? je la -suis_ (et non _je le suis_); _Mesdames, êtes-vous les parentes de -Monsieur? nous les sommes_ (et non _nous le sommes_).--De même, en -s'adressant à des hommes, vous direz: _êtes-vous soldats, médecins, -avocats, Messieurs?--nous le sommes_: (ces subst. sont pris ici -adjectivement).--Mais vous direz: _êtes-vous les soldats de Sébastopol, -Messieurs?--Nous les sommes_: (le subst. ici est un véritable -substantif). - -2. =Là= (avec un accent grave pour le distinguer de l'article _la_) -et =Ci=, adv. dém., se mettent souvent à la suite des pronoms -démonstratifs, et dans ce cas, on doit mettre un trait d'union entre -_là_ et _ci_ et les mots qui les précèdent: _celui-ci, celui-là, ce -temps-là, cet homme-là_. - -3. Il s'emploie quelquefois par une sorte de redondance, et pour donner -plus de force à la phrase, et dans ce cas, il ne faut pas de trait -d'union: _c'est là du courage; c'est là ce que vous auriez dû faire_. - -4. Ne dites pas: _c'est là où je l'ai vu_; dites, _c'est là que je l'ai -vu_. - -5. Ne dites pas: _vous êtes venu chez moi, je n'étais pas là_; dites, -_je n'y étais pas, je n'étais pas à la maison, j'étais absent_. - -6. _De là_, sans trait d'union, signifie de ce lieu-là, de ce point-là, -de ce sujet-là, de cette chose-là; _de là à la ville il y a cinq cents -pas; tirez-vous de là; de là sont venues les guerres civiles_. - -7. _Delà_, prép., s'écrit en un seul mot, c'est-à-dire, sans trait -d'union entre _de_ et _là_: _delà la rivière, delà les monts; il est -de delà les monts, par delà le cap de Bonne-Espérance_.--Dans ces -derniers cas, toutefois, on dit de préférence _au delà des monts, au -delà du cap de Bonne-Espérance_. - -8. _Deçà_ et _delà_, de côté et d'autre: _j'ai perdu ma bourse, je l'ai -cherchée deçà et delà; il était à cheval, jambe deçà, jambe delà_, -c'est-à-dire à califourchon. - -9. _En delà_, signifie plus loin. - -10. _Par-ci, par-là, jusque-là_, s'écrivent avec un trait d'union. - -11. =La, la=, sans accent grave, locution familière, espèce -d'interjection: _la, la, ne pleurez plus; la, la, en voilà -assez_.--_La, la_ (sans accent grave); adv.: _a-t-il bien travaillé? -la, la_,--c'est-à-dire, médiocrement. - -12. =La=, s. m., note de musique: prononcez _lâ_ (_a_ long). - -=Le, La=, art.--1º L'article _la_ ne se met que devant les noms -des femmes célèbres par leurs crimes.--2º Ce tour que les français -emploient rarement parce qu'il n'est pas honnête, est plus ordinaire -dans la langue italienne: _Le Tasse, la Pansarosa, la Ristori_. - -2. Ne dites pas: _il a pris son enfant sur le bras et l'a emporté_; -dites, _sur son bras_. - -3. Ne dites pas: _l'un jour il travaille et l'autre il ne fait rien_; -dites, _un jour il travaille..._ - -4. Ne dites pas: _l'un ou l'autre de mes parents vient me chercher_; -dites, _un de mes parents, quelqu'un de mes parents vient..._ - -5. Ne dites pas: _parler le français, l'allemand_; dites, _parler -français, allemand_. - -6. Ne dites pas: _tout alla comme je désirais_; dites, _comme je le -désirais_. - -7. Écrivez et prononcez: _je l'ai vu, vous l'avez reçu_, etc., et non -_je l'lai vu, vous l'l'avez reçu_. - -8. _Ledit, ladite_, etc.: voyez _dit_. - -=Labarum=, s. m., étendard de Constantin; prononcez _labarome_. - -=Labour=, s. m.--ne dites pas, _des chevaux de labourage_, mais, _des -chevaux de labour_. - -=Laboureur=, s. m., celui qui par état laboure la terre; ce mot n'a pas -de correspondant féminin. - -=Lac=, s. m., ne se dit que d'une grande étendue d'eau, et ne peut pas -s'employer comme synonyme de _mare_, de _flaque_: _dans ce village -on abreuve les bestiaux à une mare; il y a des flaques d'eau dans ce -chemin_.--Il est à remarquer qu'une _flaque_ est moins grande qu'une -_mare_; c'est plutôt ce qu'on désigne, en wallon, sous le nom de -_potai_.--Prononcez _lake_ au sing. et au pluriel. - -=Lacer=, serrer avec un lacet;--_délacer, enlacer, laceure, lacet_: -tous ces mots s'écrivent avec un _c_. - -=Lâche=, _lâcher, lâcheté, lâchement_: prononcez l'_â_ long. - -=Lâcher=, v. a.--D'après l'Académie, il faut dire: _lâcher de l'eau_ -(uriner) et non _lâcher l'eau_ comme on le dit vulgairement. - -=Lacs=, s. m., cordon délié, noeud coulant pour prendre divers oiseaux -ou le gibier; au figuré, piége, embarras;--l'orthographe de ce mot est -la même au singulier qu'au pluriel:--prononcez _lâ_. - -=Lacune=, s. f., vide, interruption; ne le confondez pas avec _lagune_, -petit lac, flaque d'eau. - -=Ladre=, subst., avare, au féminin _ladresse_. (Acad.) - -=Lady=, s. f., titre que l'on donne en Angleterre aux femmes et aux -filles de personnes titrées; au pluriel _ladys_. Prononcez _lédi_. -(Acad.) - -=Lai, Laie=, adj., laïque: _frère lai, moine lai_, c'est-à-dire, qui -n'est point destiné à la prêtrise; on se sert aussi de ce mot comme -substantif. Prononcez _lè_, son bref, comme dans _laid_ (désagréable.) - -=Laïc=: voyez _laïque_. - -=Laideron=, s. f., jeune fille ou jeune femme laide; l'Académie n'admet -point la forme _laideronne_: _c'est une petite laideron_ et non -_laideronne_. - -=Laineux, Lanugineux.=--_Laineux_ se dit des moutons et des étoffes -qui ont beaucoup de laine; il se dit aussi des plantes ou parties de -plantes qui sont couvertes de poils imitant la laine;--_lanugineux_ ne -se dit que des parties des plantes, feuilles, fruits, tiges, etc., qui -sont couvertes d'une espèce de duvet semblable à la laine ou au coton. - -2. Quoique la laine ne paraisse guère _mangeable_, on trouve cependant -dans l'Académie le dicton: _se laisser manger la laine sur le dos_; ce -qui signifie, souffrir tout, ne pas savoir se défendre.--Prononcez -_laine_ (_lène_), _laineux_ (_lèneux_) et non _lain-ne, lain-neux_. - -=Laïque=, adj. des deux genres; quelques-uns écrivent _laïc_ au -masculin (Acad.);--il est aussi substantif masculin;--il se dit d'une -personne qui n'appartient pas au clergé. - -=Laisse= (je, tu, il), du verbe _laisser_, a l'_ai_ long;--il est bref -dans _laisse_, s. f., corde pour mener les chiens. - -2. Ne dites pas _mener les chiens à la laisse_, mais, _en laisse_. - -=Laisser=, pour _faire_, est un flandricisme; ne dites pas: _je me suis -laissé faire un habit; j'ai laissé relier mon manuel; je me suis laissé -saigner_, etc.; dites, _je me suis fait faire un habit; j'ai fait -relier mon manuel; je me suis fait saigner_. - -2. Ne dites pas: _laisser la porte sur la serrure_; dites, _laisser la -porte à demi-fermée_ ou _entrou'verte_. - -3. Ne dites pas: _laissez-nous aller_ pour _allons, partons_. (Fland.) - -4. Ne dites pas: _je me suis laissé à dire_; dites, _j'ai cédé_ ou -_je me suis rendu, j'ai accédé, acquiescé à ses instances, à ses -sollicitations, à sa demande_. (Wall.) - -5. Ne dites pas: _je me suis laissé dire_: il ne s'agit pas ici d'une -permission à donner; dites simplement, _on m'a dit_. - -6. On dit indifféremment, _ne pas laisser de_ ou _ne pas laisser que -de_: _il ne faut pas laisser d'aller toujours votre chemin; il est -pauvre, mais il ne laisse pas que d'être honnête homme_; la seconde -expression est pourtant moins usitée que la première. - -=Lait=, s. m.--Prononcez _lè_ (_è_ bref).--Ne dites pas: _une carpe à -lait_, mais, _une carpe à laite_ ou _à laitance_ (substance blanche et -molle ressemblant à du lait caillé). - -2. Ne dites pas: _il est blanc comme un lait_; dites, _il est blanc -comme lait_ ou _comme du lait_. Voyez _jais, geai_ et _jaune_. - -3. _Lait de beurre_ ou _babeurre_ (et non _lait battu_), espèce de -petit lait qui reste dans la baratte après qu'on a fait le beurre. - -4. _Petit-lait_ ou _lait clair_, sérosité ou liquide qui se sépare du -lait lorsqu'il se caille: _prenez un verre de petit-lait pour vous -rafraîchir_. - -5. _Lait coupé_, lait dans lequel on a mis une portion d'un autre -liquide: _lait coupé avec du bouillon_. - -6. _Lait de poule_, jaune d'oeuf délayé dans de l'eau chaude avec du -sucre. - -=Laitière=, s. f., femme qui fait le métier de vendre du lait; ne dites -pas, _femme au lait_.--Prononcez _laiti-ère_ et non _laitchi-ère_. -Voyez _ti_ et _di_. - -=Lamperon, Lampion.=--Le _lamperon_ est le petit tuyau ou la languette -qui tient la mèche, (le coton) dans une lampe.--Le _lampion_ est un -vaisseau de verre, de terre ou de fer blanc que l'on place dans une -lanterne ou dont on se sert pour faire des illuminations. - -=Lancées, Lançures, Lancements=, ne sont pas français; dites, -_élancements_: _j'ai des élancements dans la tête, au doigt_.--Voyez -le mot suivant. - -=Lancer=, faire ressentir dans quelque partie du corps une douleur vive -et aiguë avec agitation; dites _élancer_ et non _lancer_: _la tête -m'élance, le doigt m'élance_. - -=Lande, Lente=, s. f.--Une _lande_ est une grande étendue de terre -inculte et stérile: _les Ardennes et la Campine sont pleines de -landes_.--Une _lente_ est l'oeuf d'où sortent les poux et qui -s'attachent aux cheveux des enfants et des personnes malpropres (ne -dites pas _lende_).--Voyez _fange_. - -=Landier=, s. m., gros chenet de fer qui sert à la cuisine pour élever -le bois autour de l'âtre et le faire brûler plus facilement.--Ne dites -pas _andier_. - -=Landwehr=, s. f., garde civique en Allemagne: prononcez _land'vère_. - -=Lange, Linge=, s. m.--Le _lange_ est le morceau de linge dont -on enveloppe les enfants au berceau;--le _linge_ se dit de toute -toile mise en oeuvre selon les différents usages auxquels on veut -l'employer.--Prononcez _lan-ge, lin-ge_, et non _lan-che, lin-che_. - -=Langue fumée.=--Ne dites pas _langue enfumée_.--Prononcez _lan-gue_ -et non _lan-ke_; prononcez de même _bague, harangue, figue_, etc. - -=Lanterne magique=, s. f., instrument d'optique; ne dites pas _lanterne -magie_. - -=Lapis=, s. m., pierre précieuse; on dit aussi _lapis-lazuli_; -prononcez _lapice-ladzuli_. - -=Lapisse=, s. m., mot wallon, _eau de son, eau blanche_: _il faut -donner de l'eau de son à ce cheval pour le rafraîchir_. - -=Lapoter=, mot wallon, boire en tirant avec la langue comme le chien; -en français, _laper_: _ce chien fait du bruit en lapant_. - -=Laps=, s. m., espace de temps; prononcez le _p_ et l'_s_, _lap'se_. - -=Laque=, s. f., ne se dit pas dans le sens de cire à cacheter; dites -_un bâton de cire à cacheter_ et non, _un bâton de laque_.--La -_laque_ est une sorte de gomme résine: _la laque sert à composer des -vernis_.--Ce mot est masculin quand on veut parler du vernis de Chine -ou des meubles qui en sont recouverts: _le beau laque de la Chine_. - -=Lard= (_bacon de_), mot wallon; dites _une flèche de lard_. - -=Large, Long, Haut.=--Ces adjectifs peuvent s'employer substantivement -au lieu de _largeur, longueur, hauteur_: _ce tableau a six pieds de -haut sur quatre de large; ces rideaux ont six aunes de long_.--Mais -vous ne pouvez pas dire: _cette chambre est six pieds longue, large, -haute_; dites, est _longue, large, haute de six pieds_, ou _a six pieds -de long, de large, de haut_. - -2. _Au large, au long et au large, du long et du large, en long et en -large_, sont des locutions adverbiales. - -3. _Large_ (_à grand_), est une locution wallonne; dites _largement, -grandement, amplement_: _il a été payé largement; il leur donna -amplement à manger_. - -4. Ne dites pas non plus: _il regarda tout large_, pour signifier, _il -fut étonné, surpris, stupéfait, stupéfié_.--(Wall.) Prononcez _large_ -et non _larche_. - -=Larynx=, s. m., partie supérieure de la trachée-artère, principal -instrument de la voix:--prononcez _laraink-ce_. - -=Las=, interj., hélas; il est du style naïf et familier. (Acad.) -Prononcez _lâce_. - -=Las, lasse=, adj., fatigué, ennuyé, dégoûté; l'_a_ est long au -masculin et au féminin et le masculin se prononce _lâ_ et non _lâce_ au -singulier et au pluriel: _je suis si las_ (lâ), _nous sommes si las_ -(lâ et non _lâce_). - -=Lasser=, v. a., fatiguer, causer de la fatigue, ennuyer, -dégoûter.--_Se lasser_ régit la prép. _à_ ou la prép. _de_: la prép. -_à_, lorsqu'il est pris dans le sens de _fatiguer_, et la prép. _de_, -lorsqu'il a le sens _d'ennuyer, dégoûter_: _on se lasse plus à rester -debout qu'à marcher; on se lasse d'entendre toujours les mêmes -plaintes_. - -=Latrines=, s. f. pluriel sans singulier, lieu où l'on satisfait à ses -besoins naturels. - -=Latte=, s. f., morceau de bois refendu selon son fil, long, mince, -étroit, que l'on attache avec des clous sur les _chevrons_ pour porter -la tuile, ou dans l'intérieur des bâtiments, sur la charpente pour -recevoir l'enduit de plâtre des plafonds et des cloisons: _une botte de -lattes; clouer des lattes; un grenier lambrissé sous des lattes_. - -=Latter=, v. a., garnir de lattes:--_il faut latter et contrelatter -cette cloison_; il s'emploie aussi absolument: _latter à claire-voie; -latter à lattes jointives_.--_Lattis_, s. m., ouvrage de lattes: -_couvrir un lattis avec des tuiles_.--Prononcez _lati_ et non _latice_. - -=Laudanum=, s. m., préparation d'opium; prononcez _lôdanome_.--Ne -dites pas _de l'eau d'ânon_. - -=Laudes=, s. f. pl., partie de l'office: prononcez _lô-de_ et non -_lô-te_. - -=Lauréole=, s. f., plante dont les feuilles ressemblent à celles du -laurier; ne dites pas _laurelle_ et prononcez _lo-réole_. - -=Laurier.=--Prononcez _lo-rier_ et non _lô-rier_. - -=Lavanche= et =Lavange=, s. f., se disent quelquefois pour _avalanche_. -(Acad.) - -=Lavande=, s. f., plante aromatique, labiée, portant de petites fleurs -bleues qui viennent par épi: _eau de lavande; mettre de la lavande dans -du linge_.--Ne prononcez pas _lavante_. - -=Lavandier, Lavandière.=--Un _lavandier_ est un officier, dans -certaines cours, chargé de veiller au blanchissage du linge.--Une -_lavandière_ est une femme qui lave le linge; ce mot est peu usité, on -dit plus souvent dans ce sens _blanchisseur, euse, lessiveur, euse_, et -quelquefois _laveur, laveuse_: _laveuse de linge_. - -=Lavasse=, s. f., pluie, subite, abondante et impétueuse: _il vint tout -à-coup une grande lavasse_.--Mais on ne peut pas dire: _il pleut à -lavasse_. - -2. _Lavasse_ signifie encore, vin, bière, bouillon, sauce, tisane où -l'on a mis trop d'eau: _ce n'est que de la lavasse_.--On dit aussi -_piquette_ dans le même sens, mais _lapette_ n'est pas français. - -=Laver=, ne peut pas s'employer dans le sens _d'arroser, d'irriguer_. - -2. _Laver_, s'emploie quelquefois absolument et alors il signifie se -laver les mains avant le repas: _ne voulez-vous pas laver_. (Acad.) -Dans toute autre acception, il faut exprimer la partie du corps qu'on -lave: _se laver les mains, la figure, les pieds_, etc. - -3. On ne dit pas: _laver ses mains, sa figure_, etc., mais _se laver -les mains, la figure_. - -=Lavette=, s. f., petit morceau de linge dont on se sert pour laver la -vaisselle. - -=Lavier, Lévier=, ne sont pas français; dites _évier_, pour signifier -une pierre en forme de table et légèrement creusée sur laquelle on -lave la vaisselle, et qui a un trou pour l'écoulement des eaux: _jeter -les eaux par l'évier; cette cuisine a un évier_.--On dit aussi _pierre -d'évier_ et _pierre à laver_. - -=Lavis=, s. m., =Lavure=, s. f.--_Lavis_ est un terme de peinture et -signifie la manière de colorier un dessin avec de l'encre de chine, du -bistre, etc.--Prononcez _lavi_.--_Lavure_ est l'eau qui a servi à -laver la vaisselle, les écuelles et n'est guère usité que dans cette -locution: _lavure de vaisselle, d'écuelles_.--_Lavure de vaisselle_ se -dit aussi, familièrement, d'un bouillon, d'un potage fade et insipide -où il y a trop d'eau. - -=Lazzarone.= s. m., nom que l'on donne aux dernières classes du peuple -napolitain; on dit au pluriel _lazzaroni_.--Prononcez, _lad'zaroné, -lad'zaroni_; le _z_ italien équivaut à _ds, dz_. - -=Lazzi=, s. m., mot italien qui signifie, action, mouvement, -geste bouffon dans la représentation des comédies: _les lazzi -d'Arlequin_.--Il se dit, par extension, de mauvaises plaisanteries -et de bouffonneries faites ailleurs qu'au théâtre: _il s'en est tiré -par des lazzi_. L'Académie dit que quelques-uns écrivent au pluriel -_lazzis_, mais dans les exemples qu'elle donne du pluriel, elle écrit -_lazzi_ sans _s_.--Prononcez _l'ad'zi_. - -=Le=, art. et pron.--Prononcez _le_ et non _lè_. - -2. _Le, la, les_, employés comme régimes directs, ne doivent jamais -s'omettre ni en vers ni en prose. Ce serait donc une faute de dire: _je -lui avais bien dit; donnez-lui; je ne suis pas ingrat, je lui rendrai -bien_; au lieu de: _je le lui avais bien dit; donnez-le-lui; je le lui -rendrai bien_. - -3. Cette règle est également applicable au pronom _en_. Ne dites donc -pas: _j'aurai plus de complaisance qu'ils n'ont; c'est là, soyez -certain, la cause de son refus_. Dites, _qu'ils n'en ont; soyez-en -certain_. - -4. Les phrases suivantes sont également incorrectes: _prêtez-moi-le, -montrez-nous-les, donnez-moi-le_, etc. Ici il faut placer le régime -direct le premier: _prêtez-le-moi; montrez-les-nous; donnez-le-moi_. - -5. =Les, Des, Mes, Tes, Ses.=--Prononcez _lè, dè, mè, tè, sè_, et non -_lé, dé, mé, té, sé_. - -6. =Lé=, s. m., largeur d'une étoffe entre deux _lisières_: _un lé de -drap_. Écrivez et prononcez _lé_ et non _lè_ ni _lit_. - -=Leçon=, s. f.--Ne dites pas: _je prends des leçons à un habile -professeur_; dites, _je prends des leçons d'un habile professeur_. - -2. On dit très-bien, _donner, prendre des leçons de musique, de -dessin, d'histoire_, etc. (Acad.);--mais _donner leçon de grec, de -latin_, etc., ne nous paraît pas assez correct; il faut dire, _donner -des leçons de ..._--_Donner, prendre des leçons_, se dit des leçons -particulières; mais quand il s'agit de leçons ou de cours publics, on -dit _faire un cours_ (et non _donner un cours_), _faire une leçon, -faire des leçons_.--Prononcez _leçon_ et non _lèçon_. - -=Lecteur=, _lectrice_, =Liseur=, _liseuse_.--La _lecteur_ est en -général celui qui lit, ou dont le métier est de lire à haute voix -devant une ou plusieurs personnes ou une communauté; _c'est un bon -lecteur, c'est une excellente lectrice; lecteur du roi, lectrice de la -reine_.--Le _liseur_ est celui qui aime à lire, qui ne fait que lire, -qui lit beaucoup et longtemps, qui lit avec passion; le _liseur_ est -un lecteur passionné: _c'est un grand liseur, une grande liseuse de -romans_. Il est familier. - -=Légataire=, subst. des deux genres, =Testateur=, _testatrice_. ---_Légataire_, est celui, celle à qui on fait un legs;--_testateur, -testatrice_, est celui, celle qui fait un testament.--Voyez -_dépositaire, signataire, locataire_. - -=Léger=, _légère_, adj., qui pèse peu, agile, volage; prononcez _légé_ -et non _l'gé_ ni _legé, lègé, légère_ (au masc.), quoique Rousseau et -Voltaire l'aient fait rimer avec _air_ et _cher_. - -=Législateur=, _législatrice_, =Légiste=.--_Légiste_, qui connaît ou -qui étudie les lois;--_législateur_, celui qui donne des lois à un -peuple: _Moïse fut le législateur des Hébreux_. - -=Législation, Législature.=--_Législation_ est le droit de faire -des lois: _en Belgique, la législation appartient au Roi et aux deux -Chambres_;--il se dit aussi du corps même des lois: _réformer la -législation_;--il se dit encore de la science, de la connaissance des -lois: _il est habile en législation_.--La _législature_, ce sont les -trois pouvoirs qui concourent à la confection des lois: _la législature -vient de décider une grande question_.--Il s'emploie souvent dans le -sens d'assemblée législative: _législature nombreuse, complète_.--Il -se dit encore de la période de temps qui s'écoule depuis l'installation -d'une assemblée législative, jusqu'à l'expiration de ses pouvoirs: -_pendant la première, la seconde législature_. - -=Legs=, s. m., ce qui est légué; prononcez _lè_ et non _lègue_. - -=Légume=, est masculin: _de bons légumes_ et non _de bonnes légumes_. - -=Lendemain.=--_Du jour au lendemain_;--quoi qu'en disent certains -grammairiens, cette expression est très-correcte et fort -usitée.--Prononcez _len-de-main_ et non _lan-ne-main_.--Voyez -_commandement_. - -=Lent à, Long à=, se disent indifféremment l'un pour l'autre; cependant -_lent à, longtemps à_, nous semblent préférables à _long à_: _ces -messieurs sont bien lents à venir, sont longtemps à venir_. - -=Lente=, s. f.: voyez _lande_. - -=Lesquels, Desquels=: prononcez _lèquèl, dèquèl_, et non _lès'quel, -dès'quel_ ni _lèquéle, dèquéle_. - -=Lest=, s. m., poids au fond du navire; prononcez _less'te_ et non -_lesse_. - -=Leste=, adj. des deux genres, léger, inconsidéré: prononcez _less'te_ -et non _lesse_. - -=Lettre=, s. f.--De quel genre sont les lettres de l'alphabet?--Si l'on -adopte l'appellation moderne, elles sont toutes du masculin; un _be_, -un _de_, un _pe_, un _re_, un _se_;--si l'on adopte, au contraire, -l'appellation ancienne et usuelle (c'est celle que nous avons nous-même -adoptée dans notre _Dictionnaire_), il faut consulter le son final de -la lettre: elle sera féminine si ce son final lui-même est féminin, -c'est-à-dire, s'il est censé se terminer par un _e_ muet: une _f_, une -_h_, une _l_, une _m_, une _r_, une _s_, une _x_, parce qu'on prononce -_effe, hache, elle, emme, enne, erre, esse, ikse_.--Elles sont du -masculin lorsque le son final est grave ou est censé se terminer par -une voyelle autre que l'_e_ muet: un _b_, un _c_, un _d_, un _g_, un -_j_, un _k_, un _p_, un _q_, un _t_, un _v, w_, qui se prononcent _bé, -cé, dé, gé, ji, ka, pé, ku, té, vé_. - -2. =Lettre=, s. f.--Ne dites pas, _mettre des mots par lettres -alphabétiques_, mais, _par ordre alphabétique_; en effet, toutes les -lettres sont alphabétiques. - -3. Ne dites pas, _le porteur de lettres_, mais, _le facteur_.--Prononcez -_let-tre_ et non _let-te_ ni _lettère_. - -=Leur.=--Ne dites pas: _ils étaient leur deux, leur trois_; dites, -_ils étaient deux, trois_ ou _eux deux, eux trois, elles deux, elles -trois_; comme on dit, _nous étions nous deux, vous étiez vous trois_, -et non _nous étions nos deux, vous étiez vos trois_. - -2. _Leur_, signifiant _d'eux, d'elles_, veut être devant son -substantif; dites en parlant de deux frères ou deux cousins: _je suis -leur parent_, c'est-à-dire, _le parent d'eux_, et non, _je leur suis -parent_, qui signifierait, _je suis parent à eux_, ce qui n'est pas -français. - -3. _Leur_, pronom, s'écrit sans s: ne dites donc pas, _je leurs z'ai -dit_; dites, _je leur ai dit_. - -=Levain=, s. m., =Alevin=, s. m.--Le _levain_ est une pâte aigrie -qui, mêlée à la pâte dont on veut faire le pain, la fait lever et -fermenter;--l'_alevin_, c'est du menu poisson pour peupler un étang, -un vivier; dites donc, _j'ai mis de l'alevin dans mon réservoir_, et -non pas _du levain_. - -=Levée=, s. f.--Ne dites pas: _il est capot, il n'a pas fait un seul -levé_; dites, _une seule levée_. - -=Lever=, v. ac., fait au futur _je lèverai, tu lèveras_, etc., et au -conditionnel, _je lèverais, tu lèverais_, etc., et non _je leverai, tu -leveras; je leverais, tu leverais_. - -2. Ne dites pas: _j'ai levé cet enfant_, pour dire, que vous êtes son -parrain; dites, _j'ai tenu cet enfant sur les fonts_, ou _je suis le -parrain de cet enfant_. - -3. On dit très-bien, dans le sens de percevoir, recueillir, rassembler, -ramasser, emporter: _lever les fruits d'une terre; lever les impôts, -des impôts; on lève annuellement tant de millions sur ce royaume; on -lève un droit sur cette denrée_;--on a dit de même autrefois, _lever -les rentes seigneuriales, la dîme_. - -4. Mais en parlant d'une somme d'argent, il faut dire _toucher_ et non -_lever_: _il a touché ses appointements_ (et non _levé_); _je lui ai -fait toucher telle somme_ (et non _lever_); _toucher de l'argent_ (et -non _lever_). (Acad.)--(Wall.)--Prononcez _lever_ et non _lèver_. - -=Lever-Dieu=, s. m., le moment de la messe où le prêtre élève la sainte -hostie; au plur., _lever-Dieu_; ne dites pas _Dieu-levé_. - -=Levier=: voyez _évier_. - -=Lèvre=, s. f.: prononcez _lèvre_, et non _lè-fe_ ni _lé-vère_. - -=Levûre=, s. f.--Ce substantif ne peut se mettre au pluriel que dans -les cas où il s'agirait de différentes espèces de levûres. Il n'est pas -plus correct de dire, _acheter des levûres, mettre des levûres dans la -pâte_, que de dire _acheter des levains, mettre des levains_; il faut -dire, _acheter de la levûre, mettre de la levûre_. Prononcez et écrivez -_levûre_ (accent circonflexe) et non _lèvure_. - -=Lexique=, s. m., dictionnaire; il se dit particulièrement des -dictionnaires grecs;--prononcez _lek-cique_, et non _lek-zique_; -prononcez de même ses dérivés, _lexicologie, lexicographie_, etc. - -=Lez=, adv., vieux mot signifiant à côté, proche de: _la Tombe -lez-Tournai_.--C'est à tort que l'on remplace _lez_ par _les_ ou _des_: -_Plessis-les-Tours_; il faudrait dire, _Plessis-lez-Tours_.--Prononcez -_lé_ et non _lè_, ni _lèze_. - -=Liaisons affectées.=--La conversation demande plus de laisser-aller -et un certain négligé que ne comporte pas le discours soutenu. Il faut -donc éviter, en parlant, de multiplier les liaisons; il faut même -s'attacher à les omettre le plus possible, surtout celles des _s_ et -des _t_ et surtout encore celles qui présenteraient, dans le même mot -ou dans deux mots qui se suivent, la répétition des mêmes consonnes ou -des mêmes sons,--c'est ainsi que les personnes de bon ton ne diront -jamais: _il est onze heures z'et un quart, onze heures z'et demie; deux -heures z'et demie_; elles diront avec beaucoup plus de naturel _il est -onze heures et un quart_, etc., en supprimant la liaison.--«Lier les -mots avec affectation dans les discours fut de tout temps le propre de -la pédanterie; c'est un défaut de maître d'écriture.» (FRANCIS WEY). - -=Liard=, s. m.--Ne dites pas: _je n'ai plus de petits liards_; dites, -_je n'ai plus de petite monnaie_.--Prononcez _liar_ (en une seule -syllabe) et non _li-ar_ ni _li-iar_. - -=Libelle=, écrit injurieux, diffamatoire, est masculin: _un libelle -violent_. - -=Libelliste=, s. m., auteur de libelle; prononcez _libel'liste_; et non -_libèliste_ ni _libel'lisse_. - -=Liber=, s. m., troisième partie de l'écorce; prononcez _libère_. - -=Libera=, s. m., prière pour les morts; prononcez _libéra_. - -=Libéral=, _libéralité, libérer_.--Prononcez _libéral, libéralité, -libérer_, et non, _libèral, libèralité, libèrer_. - -=Librairie, Mairie, Seigneurie.=--Dites _librai-rie, mai-rie, -seigneu-rie_, et non _librai-rerie, mai-rerie, seigneu-rerie_. - -=Libre=, adj.: prononcez _li-bre_ et non _li-pre, li-pe, libère_. - -=Licence=, s. f., grade que l'on prend dans les facultés de _théologie_ -(et autrefois dans celles de droit et de médecine); c'est le degré -entre le baccalauréat (le grade de bachelier) et le doctorat: _la -licence en théologie, en droit canon_;--_le licencié_ est celui qui a -pris le grade de la licence: _monsieur N. est licencié en théologie_. - -=Licet=, s. m., permission; prononcez _licète_. - -=Lichefrite=, s. f., ustensile de cuisine qui reçoit la graisse et le -jus de viandes qu'on fait rôtir; dites, _la lèchefrite_. - -=Lichen=, s. m., plante parasite qui croît sur les troncs d'arbres, sur -les rochers, sur les murs; prononcez _likène_. (Acad.) - -=Licol= ou =Licou=, s. m., lien de cuir ou de crin qu'on met autour -du cou des chevaux pour les attacher à l'auge, au ratelier.--_Licol_ -n'est employé qu'en poésie et devant une voyelle, pour éviter -l'hiatus;--_licou_ fait au pluriel _licous_. - -=Lier=, v., =Lien=, s. m.: prononcez _li-é, li-in_, et non _li-ié, -li-iin_. - -2. Ne dites pas: _lier les dents_; dites, _agacer les dents_. - -=Lierre=, s. m., plante; prononcez _lière_ (_iè_ diphth.) - -=Liesse=, s. f., joie; prononcez _li-èce_;--ce mot est vieux, dit -l'Académie. - -=Lieu.=--Les locutions, _donner lieu, trouver lieu, avoir lieu, y -avoir lieu_, demandent la préposition _à_ devant un substantif et la -préposition _de_ devant un infinitif: _je n'ai pas donné lieu à votre -colère; j'ai lieu de_ (et non _à_) _me plaindre de vous_. - -=Lieu-dit.=--Cette expression prend le trait d'union toutes les fois -qu'elle ne peut pas se remplacer par les mots _lieu nommé_; ainsi il -faut écrire: _cette pièce de terre est située à lieu dit_ (nommé) -_derrière-la-ville_; tandis que vous écrirez: _cette parcelle est -située à tel lieu-dit_. - -=Lieue=, s. f.: voyez _heure_. - -=Ligature=, s. f.--Ne dites pas: _la ligature d'un livre_, mais, _la -reliure d'un livre_. - -=Ligne=, s. f.--Ne dites pas: _une étoffe à ligne_, mais, _une étoffe -rayée_. - -2. Ne dites pas: _peignez cet enfant, et faites-lui sa ligne sur le -côté_, dites, _sa raie_.--La _raie_ est un trait tiré de long avec une -plume, un crayon, etc.; il se dit aussi d'une certaine séparation de -cheveux qui se fait naturellement ou avec le peigne sur le haut de la -tête. (Acad.) - -=Ligner.=--Ne dites pas: _ligner du papier_ (tirer des lignes); dites, -_règler du papier; cahier règlé_. - -=Ligneul=, s. m., =ligneux=, adj. et subst.--Le _ligneul_ est un fil -enduit de poix dont se servent les cordonniers; _ligneux_ signifie -qui a la nature ou la consistance du bois: _la coque de la noix est -ligneuse_: prononcez _li-gneux_ et non _ligh-neux_ (_g_ dur). - -=Lilas=, s. m., arbuste, fleur: prononcez _lilà_. - -=Limace=, s. f., ou =Limas=, s. m.; mollusque rampant, sans -coquille, de forme allongée, à quatre tentacules, et ordinairement -rougeâtre.--_Limaçon_, s. m., diffère de la limace et du limas en -ce qu'il porte une coquille; ne dites pas: _ce jardin est rempli de -limaçons_; dites, _de limaces_;--les wallons sont exposés à confondre -ces mots. - -=Limon, Timon.=--Le _limon_ est une des deux pièces de devant d'une -charrette ou d'un cabriolet entre lesquelles se place le cheval;--le -_timon_ est la pièce de bois de devant d'un carrosse, d'un chariot, des -deux côtés de laquelle on attelle les chevaux. - -=Linceul=, s. m.--Prononcez ce mot comme il est écrit, _linceul_ et -non _linceuille_ (_l_ mouillée);--il ne se dit que du drap de toile -dont on se sert pour ensevelir les morts.--Ne dites donc pas: _mettez -des linceuls au lit de monsieur_; dites, _mettez des draps au lit..._ -Dans cette acception on dit _drap_ et quelquefois _drap de lit_. - -=Linéaire=, adj., qui a rapport aux lignes; prononcez _liné-aire_ et -non _liné-iaire_ ni _lignéaire_. - -=Linger, ère=, s., celui, celle qui fait commerce de toile, qui vend, -qui fait du linge, qui travaille en linge.--Ce mot ne s'emploie pas -dans le sens de blanchisseuse, lavandière, laveur, euse, repasseuse. - -=Lingerie=, s. f.--On dit _un magasin de lingerie_ et non _de -lingeries_. - -=Lingual, ale=, adj., qui a rapport à la langue; prononcez -_lingoual_.--Le masculin _lingual_ n'a pas de pluriel. - -=Linguistique=, s. f., science des langues; _linguiste_, qui s'occupe -de la linguistique;--prononcez _lingu-ïs-tique, lingu-ïste_ (_ui_ -diphth.) et non _lingouistique, lingouiste_ ni _linghistique, -linghisse_. - -=Linteau, Liteau.=--Le _linteau_ est une pièce de bois, de pierre ou -même de fer en travers, au-dessus d'une porte ou d'une fenêtre pour -maintenir la maçonnerie;--le _liteau_ est une petite pièce de bois -couchée sur une autre; en terme de chasse, c'est le lieu où le loup -se repose pendant le jour; c'est aussi une raie rouge ou bleue sur du -linge de table, et dans cette acception on ne l'emploie guère qu'au -pluriel: _serviette à liteaux_ (et non _à linteaux_). - -=Lion=, _lionne, lionceau_.--Plusieurs auteurs disent que _ion_ est -diphthongue; nous ne saurions nous ranger à cette opinion; et nous -continuerons a prononcer, comme on le fait généralement: _li-on, -li-onne, li-on-ceau_. - -=Lippe=, s. f., la lèvre d'en bas, lorsqu'elle est trop grosse ou -trop avancée: _avoir une grosse lippe, une vilaine lippe_; ce mot est -familier. - -=Lippée=, s. f., bouchée et repas;--dans ce dernier cas, il est -toujours accompagné de _franche_: _une franche lippée_. - -=Lippu, ue=, adj., qui a une grosse lèvre: _les nègres sont lippus_; ce -mot est familier.--Il s'emploie plus ordinairement comme substantif: -_c'est un gros lippu_. (Acad.) - -=Liquéfaction=, s. f., action de liquéfier; prononcez _liku-éfaction_ -et non _likouéfaction_ ni _likéfaction_. - -=Liquide=, _liqueur, liquoriste, liquéfier, liquider, liquidateur_: ---prononcez _likide, likeur, likoriste, likéfier, likider, likidateur_. - -=Lire.=--Ne dites pas: _j'ai lu hors d'un livre, hors du journal_; -dites, _j'ai lu dans un livre, dans un journal_. (Fland.) - -2. Ne dites pas non plus: _j'ai lu sur la gazette, j'ai lu sur le -journal, sur la feuille_, etc.; dites, _j'ai lu dans la gazette, dans -le journal, dans la feuille, dans la revue, dans l'almanach, dans les_ -ou _aux annonces du journal_, etc. (Wall.) - -=Lis= (et non _lys_), s. m., plante bulbeuse qui porte des fleurs à six -pétales; prononcez _lice_ même devant une consonne, _lis_ (_lisse_) -_blanc, lis_ (_lisse_) _bleu_, etc. - -2. _Fleur de lis_, terme d'armoiries: _écu semé de fleurs de lis_; dans -ce cas on prononce _li_ sans faire sentir l'_s_. - -3. Poétiquement, _les lis_ se disait autrefois de la France: _l'empire -des lis, le trône des lis_; dans ce sens on prononce _lice_. - -=Liseré=, s. m., petite bordure faite sur une étoffe ou à un habit, un -gilet, avec un ruban uni ou brodé; ne dites pas _liseret_. - -=Liseur.=--Voyez _lecteur_. - -=Lisé-je, dormé-je=, grossier barbarisme; dites, _est-ce que je lis, -est-ce que je dors?_ - -=Lisse=, adj. des deux genres, uni, poli: _une étoffe lisse, du papier -lisse_. - -=Lit de camp, Lit de sangles.=--_Le lit de camp_ est un petit lit dont -le bois se démonte de manière qu'on peut le transporter facilement; il -se dit aussi d'une espèce de couchette formée de planches inclinées, -qui sert de lit dans un corps de garde.--_Le lit de sangles_ est un -lit fait de sangles, et quelquefois d'un morceau de coutil attaché à -deux longues pièces de bois soutenues par des pieds ou jambages qui se -croisent.--Comme on le voit, c'est à tort que l'on désigne, par _lit -de camp_, un _lit de sangles_. - -=Litanies=, s. f. pl., prière faite en l'honneur de Dieu, de la -Ste-Vierge et des saints, et composée d'une série d'invocations; dans -ce sens il ne s'emploie pas au singulier: _les litanies de tous les -saints, de belles litanies_.--_Litanie_, au singulier, se dit d'une -énumération longue et ennuyeuse: _il nous a fait une longue litanie de -ses peines, de ses plaintes_. - -=Liteau=: voyez _linteau_. - -=Litre=, s., unité de mesure de capacité, est masculin: _un litre de -bière_; prononcez _li-tre_ et non _lite, litère_. - -=Littéral, ale=, adj., qui est selon la lettre, conformé à la lettre: -_traduction littérale_.--L'Académie ne donne point de pluriel -masculin; Trévoux, Laveaux, Fabre, l'abbé d'Olivet et Boinvillers -disent, _des commentaires littéraux_. - -=Livrance, Livrement=, action de livrer une chose vendue, ne sont -pas français; il faut dire _livraison_: _j'ai fait une livraison -de six pièces de toile; je dois faire demain une livraison à tel -correspondant_. - -=Livre=, ancienne mesure remplacée aujourd'hui par le franc, est -féminin: _une livre tournois_. - -2. _Livre._--On dit _un livre de prières_ et non _un livre à prières_. -(Acad.)--Prononcez _livre_ et non _life_ ni _livère_. Voyez _lire_ et -_prière_. - -=Ll= _mouillées_: voyez _l_. - -=Llama=, et mieux =lama=, s. m., quadrupède ruminant du Pérou; -l'Académie dit qu'on mouille les deux _ll_ dans _llama_. - -=Llation, Llaire=, finales où les _ll_ sont rarement mouillées. - -=Locataire, Propriétaire.=--Le _locataire_ est celui qui tient à -loyer une maison, un jardin, etc.; le _propriétaire_ est celui à qui -appartient l'objet loué. Prononcez _locatère, propriétère_ et non -_locatére, propriétére_. - -=Locatis=, s. m., mauvais cheval de louage; prononcez _locatice_. - -=Loch=, s. m., instrument pour mesurer la vitesse du navire; prononcez -_loke_. - -=Locomotive=, s. f., remorqueur des chemins de fer; prononcez -_locomoti-ve_ et non _locomoti-fe_. - -=Lof=, s. m., t. de marine, le côté que le navire présente au vent: _ce -vaisseau va au lof; venir au lof_.--_Lofer_, signifie venir au lof. - -=Loger=, v. neutre dans le sens d'habiter, de demeurer dans une -maison.--Il est _actif_, dans le sens de donner le logement à -quelqu'un.--Avec le pron. personnel, _se loger_ signifie, prendre un -logement, disposer un logement. - -=Logeur=, _logeuse_, celui ou celle qui tient des chambres garnies pour -les ouvriers et les gens de la classe pauvre; il ne se dit pas de la -personne qui loge dans ces chambres garnies. - -=Logis=, s. m.--Ne dites pas: _j'ai été demander à logis dans cet -hôtel_; dites, _j'ai été demander à loger_ ou _le logement dans cet -hôtel_. - -2. Ne dites pas non plus: _je suis au logis dans cette auberge_; dites, -_je loge dans cette auberge_.--Prononcez _logi_ et non _logice_. - -3. Ne dites pas: _estaminet et logement_; dites, _logis_: le _logis_ -est une maison où on loge; _logement_ se dit du lieu où on loge et -plus particulièrement du domicile habituel, du lieu où l'on habite -ordinairement.--Prononcez _lo-jeman_ et non _lo-cheman_. - -=Loin.=--La locution, _bien loin s'en faut_, n'est pas française; il -faut dire, _tant s'en faut, loin de là_: _vous me demandez si j'ai -gagné au jeu, tant s'en faut qu'au contraire_. - -2. De _loin à loin_, se dit de la distance: _ces arbres sont plantés -de loin à loin_;--_de loin en loin_, se dit du temps: _il ne nous -vient voir que de loin en loin_. Cependant, dans le langage ordinaire, -on ne tient pas toujours compte de cette différence et l'on emploie -une locution pour l'autre.--Prononcez _loain_ (_oin_ diphth.) et non -_loan_. - -=Long=, adj., ne se dit pas de la taille; ne dites pas: _cet homme est -long_; dites, _cet homme est grand_ ou _de grande taille_. (Fland.) - -2. _Long_, pour _lent_, tardif, se dit très-bien: _dépêchez, que vous -êtes long; il est long à tout ce qu'il fait; les vieillards sont longs -en tout; ces arbres sont longs à pousser, à croître_.--Mais il ne peut -pas s'employer pour _loin_: _il y a loin d'ici à Rome_, et non, _il y a -long..._ - -3. Ne dites pas: _les fruits verts rendent_ ou _font les dents longues; -j'ai mangé du fruit vert, j'ai les dents longues_; dites, _les fruits -verts agacent les dents, j'ai les dents agacées_.--_Avoir les dents -longues, bien longues_, signifie être affamé après avoir été longtemps -sans manger. (Wall.) - -4. Ne dites pas: _j'ai le temps long; j'ai le temps long de le voir -arriver_; dites, _le temps me paraît long, je m'ennuie, je suis -impatient, il me tarde de le voir arriver; il me dure de..._ - -5. _Prendre le plus long, son plus long_, c'est aller en quelque lieu -par le plus long chemin: _vous êtes venu ici par telle rue, vous avez -pris le plus long; c'est le plus long de beaucoup; c'est votre plus -long_.--Il signifie aussi, figurément, se servir des moyens les moins -propres à faire réussir promptement ce qu'on a entrepris. - -6. _Le long, tout le long, tout du long, au long, tout le long de, tout -du long de_, locutions adverbiales; ne dites pas _tout de long_. - -=Longtemps=, adv., s'écrit en un mot et sans trait d'union. - -2. Ne dites pas: _il est longtemps_ ou _déjà longtemps arrivé_; -dites, _il est arrivé depuis longtemps_, ou, _il y a longtemps, déjà -longtemps qu'il est arrivé_;--ne dites pas: _il demeure longtemps à -Bruxelles; je suis ici longtemps_; dites, _il demeure depuis longtemps -à Bruxelles; je suis ici depuis longtemps_, ou bien, _il y a longtemps -qu'il demeure..., que je suis ici_. (Fland.) - -=Loquace, Loquacité=: prononcez _lokouace, lokouacité_, et non, -_lokace, lokacité_ ni _lokuace, lokuacité_. - -=Loque=, s. f., pièce, morceau d'une étoffe, d'une toile usée et -déchirée: _cet habit s'en va en loques, est en loques, tombe en loques_. - -2. _Loque_, s. f., chiffon: ce mot est français. (Acad.) - -=Loquèle=, s. f., langage trivial; prononcez _lokuèle_ (_uè_ diphth.) -et non _lokouèle_. - -=Loquet=, s. m., espèce de serrure mobile qui sert à fermer une porte, -une malle, une valise, etc., au moyen d'un anneau passé soit dans -un autre anneau, soit dans deux pitons;--ce mot n'est pas français -dans ce sens, il faut dire _cadenas_ (ne prononcez pas _cannenas_). -(Wall.)--Voyez _cliche_. - -=Loquetière=, s. f., clef qui sert à ouvrir plusieurs serrures; ce mot -n'est pas français; dites _passe-partout_. - -=Loquier=, n'est pas français; dites _chiffonnier_. - -=Lord=, s. m., titre d'honneur usité en Angleterre; le _d_ ne se -prononce pas. - -=Lors=, _dès lors, pour lors, lors de, alors_; prononcez _lore, alore_, -et non _lorce, alorce_. - -=Lorsque=, conj.--On prononce l'_s_, _lors'que_;--ne prononcez pas -_lorseque_ ni _lorsèque_.--L'_e_ ne s'élide que devant _il, ils, elle, -elles, on, un, une_: _lorsque Alexandre_ (et non _lorsqu'Alexandre_) -_pénétra dans l'Inde_. - -=Los=, s. m., louange (vieux langage): prononcez _loce_. - -=Losange.=--L'Académie fait ce mot du genre féminin; cependant dans -tous les traités de géométrie, on dit _un losange_, et tous les -professeurs le font du masculin.--On écrit aussi mais plus rarement -_lozange_. - -=Lot=, s. m., objet qui échoit à chacun des numéros gagnants à une -loterie; ne dites donc pas: _j'ai pris dix lots à cette loterie_; -dites, _j'ai pris dix numéros, dix billets_.--Ne dites pas non plus: -_j'ai pris dix actions_. (Fland.) - -=Louche=, s. f., se dit dans beaucoup de villes du Nord de la France -et en Belgique, pour désigner une grande cuiller à long manche avec -laquelle on sert le potage, la soupe: _douze couverts et la louche_. -(BESCHERELLE, POITEVIN, COMPLÉMENT du Dict. de l'Acad.)--On peut dire -également _cuiller à soupe_ et _grande cuiller_. - -=Louer, Loueur, Louange=, etc.: prononcez comme c'est écrit; -gardez-vous de prononcer _lou-wer, lou-weur, lou-wange_. - -=Louette= (_la_), morceau de chair à l'entrée du gosier: dites _la -luette_; prononcez _lu-ette_ et non _lu-wette_: _il a la luette -gonflée_ et non _l'alouette_ ni _la louette_. - -=Loueur, euse=, s., celui, celle qui fait métier de donner quelque -chose à louage: _un loueur de chevaux, de voitures, de vigilantes, de -chambres garnies; loueuse de chaises_, dans une église.--_Louageur, -euse_, n'est pas français. - -=Lourdise, Lourderie=, faute grossière contre le bon sens ou la -bienséance; ces mots ont la même signification, mais _lourdise_ -vieillit (Acad.): _il a fait une étrange lourderie_. - -=Loustic=, s. m., bouffon de corps de garde, mauvais plaisant.--Cette -expression est populaire et du même acabit que _blagueur, floueur_, etc. - -=Loyal, e, Loyauté=: prononcez _loi-ial, loi-iauté_ et non _lo-ial, -lo-iauté_. - -=Lucifer=, s. m.: prononcez _lucifère_. - -=Lui=, pronom.--_Lui, leur_, employés comme régimes indirects, _à -lui, à elle, à eux, à elles_, ne se disent que des personnes; quand -il s'agit des choses, il faut se servir du pronom _y_; ne dites pas, -_cette maison est trop petite, je lui ferai ajouter un étage_; dites, -_j'y ferai ajouter un étage_.--Il en est de même pour, _de lui, -d'elle, d'eux, d'elles_, qu'on remplace par _en_: _cet arbre va tomber, -n'en approchez pas_, et non _n'approchez pas de lui_. - -2. _Lui, elle, eux, elles_:--ne dites pas en parlant d'un canif, d'une -plume ou d'une chose inanimée: _c'est avec lui que j'ai taillé ma -plume; c'est avec elle que j'écris_; il faut se servir du nom et dire, -_c'est avec ce canif, avec cette plume que..._ - -3. Ne dites pas non plus, en parlant d'une chose, par exemple, d'un -arbre, d'une table, d'une maison: _j'étais sous lui; il est assis près -d'elle; il demeure dans elle_; dites, _j'étais dessous; il était assis -auprès; il y demeure_. - -4. _Lui, elle_, etc., suivis de _qui_, ne peuvent pas non plus se dire -des choses; ne dites donc point en parlant d'un couteau, d'une chaise: -_c'est lui qui est bon, c'est elle qui est large_; dites, _c'est ce -couteau, c'est cette table qui..._ - -5. _Leur_, placé devant un verbe, est pronom et ne prend pas d'_s_; ne -dites pas, _je leurs ai dit_ (_z'ai dit_), _je leurs ai écrit_ (_z'ai -écrit_), mais, _je leur ai dit, je leur ai écrit_. - -6. Ne dites pas: _l'aimant attire le fer à lui_; dites, _l'aimant -attire le fer à soi_.--Prononcez _lui_ (_ui_ diphth.) et non _lu-i_ ni -_lou-i_. - -=Luire, Luisant=, etc.: Prononcez _lui-re, lui-sant_ et non _lou-ire, -lou-isant_. - -=Lumignon=, s. m., bout de la mèche d'une bougie, d'une chandelle -ou d'une lampe allumée: _quand j'ai voulu moucher la chandelle, le -lumignon est tombé_.--Prononcez _lumignon_, en mouillant le _gn_. - -=Lunatique=, adj., qui subit l'influence de la lune; au figuré, -fantasque, capricieux: _il est lunatique_. - -=Lune=, s. f.--_Avoir des lunes_, être sujet à des fantaisies, à des -caprices, lubies, quintes, rats. - -=Lunette= et =Lunettes=.--_Lunette_, au singulier, se dit d'un -instrument composé d'un ou de plusieurs verres, taillés de manière -à faire voir les objets plus grands à l'oeil nu, ou à rendre la -vue plus nette et plus distincte: _regarder avec une lunette; -lunette d'approche, lunette de longue vue ou à longue vue; lunette -d'opéra_.--_Lunettes_, au pluriel, se dit de deux verres de lunette, -assemblés dans une même enchâssure, de manière à pouvoir être placés au -devant des deux yeux: _une paire de lunettes; il y a de bonnes et de -mauvaises lunettes; des lunettes vertes, bleues; lunettes à branches; -porter des lunettes, mettre des lunettes sur son nez; lire sans -lunettes_.--Voyez _ciseaux_. - -=Lunettier=, s. m., faiseur, marchand de lunettes; prononcez _lunètier_ -et non _lunetier_. - -=Lurer=, v. a., attirer quelqu'un par de belles promesses pour le -tromper; ce mot est wallon et se rend en français par le mot _leurrer_: -_il s'est laissé leurrer_. - -=Luron, onne=, s.--Le masculin se dit d'un homme joyeux et sans -souci, d'un bon vivant ou même, d'un homme vigoureux et déterminé; -et le féminin, d'une femme réjouie, décidée, qui ne s'effarouche pas -aisément: _c'est un luron, un bon luron; quelle luronne!_--Il est -populaire. (Acad.) - -=Lustre=, s. m., éclat, espèce de chandelier à plusieurs branches qu'on -suspend au plafond; espace de cinq ans: _je compte aujourd'hui sept -lustres_ (35 ans).--Prononcez _lus-tre_ et non _lus-tère_ ni _lusse_, -ni _luxe_. - -=Lut=, s. m., matière molle que l'on applique sur les bouchons de -certains vases, afin de prévenir l'évaporation du liquide: _lut de -terre glaise, lut de blanc d'oeuf et de chaux_:--prononcez _lute_. - -=Luth=, s. m., instrument de musique à cordes: prononcez _lute_. - -=Luthéranisme=, s. m., secte de Luther;--ne dites pas _luthérianisme_, -et ne prononcez pas _luthéran-isse_ ni _luthéranim-se_. - -=Lutter.=--Ce verbe ne s'emploie pas pronominalement: _lutter_ (et non -_se lutter_) _avec quelqu'un, contre quelqu'un; il est adroit, il lutte -bien_. - -=Luxe=, s. m., somptuosité: prononcez _luk-ce_ et non _luke_ ni _luce_. - -=Luxurieux, Luxueux.=--_Luxurieux_ veut dire impudique;--_luxueux_ -signifie qui vit dans le luxe, qui aime et recherche le luxe; ne dites -donc pas: _cet homme est luxurieux_, pour _cet homme aime le luxe_; -dites, _cet homme est luxueux_.--Nous ajouterons pourtant que le mot -_luxueux_ n'a pas fait fortune et n'est guère usité. - -=Lynx=, s. m., chat sauvage auquel les anciens attribuaient une vue -très-perçante: prononcez _laink-ce_. - - - - - M - - -=Mm.=--Les deux _m_ se font sentir dans _imm_ au commencement -des mots: _immense, immortel, immoler_, etc., de même que dans -_commensurable, incommensurable, commutation, commuer, commotion, -commémoration, commémoraison, commensal_, droit de _committimus, -lemming, lipogrammatique, mammaire, mammifère_, et dans les noms -propres _Ammon, Ammonites, Emma, Emmanuel, Emmaüs, Grammont, Jemmapes, -Mummius_.--Les personnes qui parlent bien ne font entendre qu'une _m_ -dans _grammaire, grammairien, grammatical, grammaticalement_, etc.; -ainsi que dans _inflammation_, ces mots étant usuels. (HENNEBERT.) - -=Macaroni=, s. m., pâte sèche et cylindrique des italiens; le pluriel -est _macaronis_; _manger des macaronis_. - -=Mâchefer=, s. m., scorie qui sort du fer à la forge, au fourneau et -lorsqu'on le bat rouge sur l'enclume: _le mâchefer pilé est très-bon à -faire du ciment_.--Ce mot se dit encore des _scories_ à demi vitreuses -qui s'agglomèrent dans les foyers et forment le résidu combustible de -diverses houilles. - -=Machiavel=, célèbre écrivain italien: prononcez _Makiavel_;--mais -dans _machiavélique, machiavéliquement, machiavélisme, machiavéliste_, -le _ch_ se prononce doux comme dans _chimère, déchirer_. - -=Machin=, s. m.--Ce mot, qui n'est pas français, est quelquefois -employé pour désigner ce dont on ne connaît pas le nom; dites _une -chose, un objet_ et selon le sens, _un outil, un instrument, un meuble, -une machine_, etc., quand il s'agit de ces sortes d'objets.--_Machine_, -dans ce sens, n'est pas français non plus. - -=Mâchurer=, barbouiller de noir, est français: _mâchurer du papier, des -habits, le visage_, etc.;--prononcez _mâchurer_ (_â_ long). - -=Madame=: voyez _monsieur_ et _époux_. - -=Mademoiselle=, s. f., titre qu'on donne ordinairement aux -filles.--C'est aussi le titre qu'on donnait anciennement à toute -femme mariée qui n'était pas noble.--Le mot _mademoiselle_, employé -absolument (seul) désignait autrefois la fille aînée de _Monsieur_, -frère du roi de France, ou bien de la première princesse du sang, tant -qu'elle n'était pas mariée. - -2. Quand on parle de plusieurs demoiselles ou qu'on leur adresse -la parole, l'usage veut qu'on les désigne par le mot _dames_; -_j'ai rencontré les dames Lambert en ville; bonjour, au revoir, -Mesdames_.--Prononcez _mademoiselle_ et non _mamzelle_ ni -_mane-moiselle_.--Voyez _monsieur_ et _époux_. - -=Magnanime=, _magnétisme, magnétique, magnétiser, magnifique, -magnificence_:--prononcez _gn_ comme dans _agneau, gagner_, etc., et -non _magh-nanime, magh-nétisme_, etc. ni _magne-nanime, magne-nifique_, -ni _mananime, manifique_, ni _mahe-nanime, mahe-nifique_. - -=Magnat=, s. m., grand en Hongrie: prononcez _magh-nat_, (_g_ dur). - -=Magnificat=, s. m., cantique de la Sainte-Vierge: prononcez -_magh-nificate_ (_g_ dur). - -=Mai=, s. m., ou _arbre de mai_, arbre orné de rubans et de guirlandes -qu'on plante devant une porte le premier jour de mai ou le jour de -l'installation d'un fonctionnaire, d'un curé, etc. - -2. _Mai_, se dit également en Belgique des branches ou rameaux au moyen -desquels on décore les rues ou les chemins par où passe une procession -ou un cortége triomphal. - -=Maigrir, Amaigrir.=--_Maigrir_, v. n., c'est devenir maigre; -_amaigrir_, v. a., c'est rendre maigre: _une personne maigrit_; -_l'usage de certains aliments amaigrit_. - -=Maille, Chique, Marbre=, pour signifier de petites boules de pierre -ou de marbre qui servent à des jeux d'enfants, d'écoliers, ne sont pas -français; il faut dire _bille_: _jouer aux billes_ (_ll_ mouillées). - -=Mailloter=, v. a., mettre un enfant dans le maillot; ce mot n'est pas -français, il faut dire _emmailloter_. - -=Main=, s. f.--Ne dites pas: _il a toujours la canne en main_; dites, -_à la main_.--Voyez _bouche_. - -=Main-d'oeuvre=, s. f., travail, façon de l'ouvrier; _main-forte_, s. -f., assistance donnée à l'autorité:--ces mots ne s'emploient pas au -pluriel. - -=Maint, te=, adj. (au masc. prononcez _min_ devant une consonne). ---Malgré l'idée de pluralité que renferme cet adjectif, il s'écrit -au singulier ainsi que le substantif qu'il qualifie et le verbe dont -celui-ci est sujet, excepté dans quelques locutions où on l'emploie -indifféremment au singulier et au pluriel: _maint homme, mainte femme, -mainte fois_, ou _maintes fois; par maints et mains travaux; il m'a -fait mainte et mainte difficulté_.--Ne prononcez pas _mai, maite_. - -=Maintenant=, adv., à présent: prononcez _mintenant_ et non _mè-tenant_. - -=Mairie=, _librairie, seigneurie_: ne dites pas, _mairerie, -librairerie, seigneurerie_. - -=Mais=, conj.--C'est un flandricisme de l'employer pour _seulement_; -ne dites donc pas: _il a mais peu de revenus; il nous a montré -mais une petite partie de sa bibliothèque_; dites, _il n'a que peu -de revenus; il nous a montré seulement une petite partie de sa -bibliothèque_.--Prononcez _mai_ et non _min_. - -=Maïs=, s. m., blé de Turquie: prononcez _ma-ï-ce_. - -=Maison=, s. f.--Il serait ridicule d'employer ce mot pour désigner la -première pièce d'une maison, c'est-à-dire, _la cuisine_. (Wall.) - -2. =Maison, Famille.=--_Famille_, se dit plus particulièrement de la -bourgeoise et _maison_, de la noblesse: _ce jeune homme est d'honnête -famille; ce gentilhomme est de bonne maison_. - -3. =Maison, Hôtel, Palais, Château.=--La classe moyenne habite des -_maisons_;--les grands habitent des _hôtels_;--les princes, des -_palais_;--enfin les habitations des gens riches, situées à la campagne -au milieu de leurs terres, portent le nom de _château_.--Autrefois -l'architecture seule établissait la différence; aujourd'hui, on la base -sur le rang et la fortune. - -=Maître=, fait au féminin _maîtresse_: _madame est la maîtresse de la -maison; cette femme est maîtresse_ (et non _maître_) _de ses passions, -de ses sentiments; maîtresse d'école, de piano; la maîtresse branche -d'un arbre_. - -2. Lorsque, par le mot _maître_ pris substantivement, on veut exprimer -une idée de suprématie, d'omnipotence, il s'emploie au masculin même -lorsqu'il se rapporte à un substantif féminin: _la Providence est le -maître; la Providence est notre maître_.--C'est donc dans ce sens -qu'une femme pourra dire: _le maître ici, c'est moi_. - -3. _Maître_, en termes de Palais, est un titre qu'on donne aux avocats, -aux avoués et aux notaires, lorsqu'il s'agit de l'exercice de leurs -fonctions: _maître N.; par-devant maître N._--On écrit par abréviation -_Me N., par-devant Me N._ - -4. _Maître d'hôtel, Maître ès arts_: l'Académie écrit ces mots sans -traits d'union. - -=Majesté=, s. f., titre particulier qu'on donne aux empereurs, aux -rois et à leurs épouses; on dit en leur parlant: _Votre Majesté, Vos -Majestés_ (deux majuscules), et en parlant d'eux, _Sa Majesté, Leurs -Majestés_ (deux majuscules); _Votre Majesté, Sire, a ordonné..., Sa -Majesté a décrété; Leurs Majestés sont arrivées à Liége_. - -2. Par abréviation on écrit: V. M. (_Votre majesté_); VV. MM. (_Vos -Majestés_), S. M. (_Sa Majesté_); LL. MM. (_Leurs Majestés_). - -3. Les _adjectifs_ et les _participes_ qui se rapportent à ce mot se -mettent au féminin, même lorsque _Sa Majesté, Votre Majesté_, désigne -un roi, un empereur et non une reine, une impératrice; on dit: _Votre -Majesté est jalouse du bonheur de ses peuples; Sa Majesté est aimée de -ses sujets_. Les _substantifs_ au contraire sont du masculin: _Votre -Majesté est le père et le protecteur de ses sujets_; et non pas, _est -la mère, la protectrice_, etc.--En conséquence les mots qui peuvent -s'employer substantivement et adjectivement, tels que _maître, ami, -ennemi_, etc., devront être du masculin, lorsqu'ils figurent dans la -phrase comme substantifs, c'est-à-dire, lorsqu'ils sont accompagnés de -l'article ou d'un adjectif, et ils prendront la forme du féminin s'ils -font la fonction d'adjectif. On dira donc: _Sa Majesté est le maître -d'y aller ou de ne pas y aller_; et absolument: _Sa Majesté est le -maître, l'ami du peuple; est un ennemi redoutable_.--Mais nous croyons -qu'il faudra dire: _Sa Majesté est maîtresse de telle ville; Sa Majesté -est amie du bien, ennemie du mal_.--On peut dire: _Votre Majesté -est le plus éclairé des rois_, parce qu'il y a ellipse du substantif -(_Votre Majesté est le roi le plus éclairé des rois_). Cependant il -vaut peut-être mieux prendre une autre tournure et dire par exemple: -_Vous êtes, Sire, le plus éclairé des rois_. - -4. _Sa Majesté Impériale_ (S. M. I.), se dit d'un empereur quelconque; -autrefois, il se disait en particulier de l'empereur d'Autriche que -l'on qualifiait aussi de _Sacrée Majesté_, mais seulement quand on lui -parlait. - -5. _Sa Majesté Très-Chrétienne_ (S. M. T. C.), se disait des rois de -France. - -6. _Sa Majesté Catholique_ (S. M. C.), le souverain d'Espagne. - -7. _Sa Majesté Très-Fidèle_ (S. M. T. F.), le roi de Portugal. - -8. _Sa Majesté Belge, Britannique, Hollandaise_, etc., le roi des -Belges, de la Grande-Bretagne, de Hollande, etc. - -=Major=, (_quinte_).--On disait autrefois et l'on dit encore -quelquefois _quinte major_ (Acad.): nous pensons qu'aujourd'hui on -nomme toujours _quinte majeure_, les cinq cartes de suite à commencer -par l'as. - -=Majorer, Majoration.=--Ces mots ne sont pas français; dites -_augmenter, payer une surtaxe, enfler_, selon le sens: _les lettres -chargées en sus du port des lettres ordinaires, paient une surtaxe fixe -de vingt centimes_; on ne peut donc pas dire, _les lettres chargées -sont soumises au port des lettres ordinaires, majoré d'une taxe fixe de -vingt centimes_.--Dites de même _mes appointements ont été augmentés_ -et non _majorés_; _mon compte a été enflé_ et non, _majoré_; _j'ai -obtenu une augmentation de traitement_ et non, _une majoration_. - -=Majuscule=, s. f. ou adj., lettre capitale ou simplement, capitale: ne -dites pas _majescule_. - -=Mal=, subst. m. ou adv.: prononcez l'_a_ bref et non _mâl_, ce qui -serait insupportable. - -2. Ne dites pas: _ce vin n'est pas mal_; dites, _ce vin n'est pas -mauvais_;--_mal_, ancien adjectif, ne s'emploie plus dans ce sens, que -dans quelques locutions particulières: _à la male heure, mourir de la -male faim_; partout ailleurs on dit _mauvais_. - -3. Ne dites pas: _il a des maux à la figure_; dites, _il a du mal à la -figure, il a des boutons, des humeurs..., à la figure_. - -4. Ne dites pas non plus: _j'ai un mal à un doigt_; dites selon le -sens, _j'ai du mal à un doigt, j'ai une plaie, une coupure, un petit -abcès à un doigt, j'ai un panaris..._ - -5. _Avoir mal, faire mal_.--Ces locutions ne doivent jamais être -suivies d'un régime direct, et ce serait une faute grave et même -ridicule de dire: _j'ai mal la tête, les dents, les pieds; faire mal -quelqu'un_, au lieu de dire, _j'ai mal à la tête, aux dents, aux pieds; -faire mal à quelqu'un_.--De même on doit dire: _j'ai de mauvais pieds, -j'y ai souvent mal; on m'a arraché la dent à laquelle j'avais mal; -prenez garde, vous allez faire du mal à cet enfant; je ne lui ai pas -fait mal_, et non pas: _je les ai souvent mal, la dent que j'avais -mal_, etc. - -6. Il serait encore plus ridicule de dire: _j'ai mal à ma tête_ ou _ma -tête, à mes dents_ ou _mes dents_, etc. - -7. Ne dites pas: _j'ai mal aux dents, c'est un mauvais mal_; dites, -_c'est un vilain mal_, car y a-t-il un mal qui soit bon? - -8. Ne dites pas: _je m'ai fait mal_; dites, _je me suis fait mal_. - -9. Ne dites pas: _je me suis fait mal de ce pauvre_; dites, _j'ai eu -pitié, compassion de ce pauvre_. - -10. Ne dites pas de quelqu'un qui vient d'échapper à un danger: _il ne -peut plus mal_; dites, _il est hors de danger_. - -11. _Ne pouvoir mal._ (Wall.)--Cette expression ne devrait jamais -sortir de la bouche d'une personne qui tient tant soit peu à parler -correctement; il faut dire _n'avoir garde, se garder de_:--_il n'a -garde_ (et non _il ne peut mal_) _de tromper, il est trop honnête -homme; irez-vous dans cette maison? je n'ai garde_ (et non _je ne -peux mal_), _on s'y ennuie trop; je me garderai bien_ (et non _je -ne peux mal_) _d'en manger_.--Rendez encore cette locution selon le -sens par: _il n'y a pas de risque, il n'y a pas de danger_:--_prenez -garde de tomber: il n'y a pas de danger_ (et non _je ne peux mal_); _ne -parlez pas de telle chose: il n'y a pas de risque_ (et non _je ne peux -mal_).--Voyez _pouvoir_. - -12. _Mal parler_ et _parler mal_: voyez _parler_. - -=Malade=, adj.--Faites les deux _a_ brefs. - -2. Ne dites pas: _il fait malade aujourd'hui_; dites, _il fait malsain_ -ou _... étouffant_, s'il s'agit d'un temps chaud. - -3. Ne dites pas non plus: _il se fait malade_; dites, _il se rend -malade_:--_se faire malade_ signifie _feindre une maladie_. - -=Maladieux.=--Ce mot n'est pas français; dites, _maladif, -valétudinaire_. - -=Malcomplaisant=: ce mot n'est pas français; dites, _peu complaisant_. - -=Malcontent, Mécontent.=--Ces deux mots expriment le déplaisir -que nous éprouvons, lorsque quelque chose ne réussit pas au gré -de nos espérances ou de nos désirs; mais _mécontent_ dit plus -que _malcontent_, en ce sens qu'il exprime l'humeur, le dépit, -le ressentiment contre la cause de ce déplaisir.--Un maître est -_malcontent_ (peu content) d'un domestique qui le sert maladroitement; -un maître est _mécontent_ (pas du tout content, fâché contre) d'un -domestique qui le trompe, qui le vole, qui lui manque de respect, qui -fait mal son service, par négligence ou par paresse;--un domestique -est _malcontent_ d'un maître qui ne lui donne pas des gratifications -qu'il avait espérées; il en est _mécontent_, s'il ne lui paie pas -ses gages;--nous sommes _malcontents_, lorsqu'après avoir conçu un -dessein, formé un plan, le succès ne répond pas à nos espérances, sans -qu'il y ait de la faute de personne; nous sommes _mécontents_ des -autres ou de nous-mêmes, si c'est par la faute des autres ou par la -nôtre. - -=Malentendu, Quiproquo.=--Un _quiproquo_ consiste à prendre une chose -pour une autre; un _malentendu_ vient de ce qu'on a mal compris.--Un -sourd qui n'entend pas distinctement répond à une question sur son -père, en parlant de son chien: c'est un _quiproquo_. Un ami à qui l'on -donne rendez-vous à une heure, n'arrive qu'à deux heures, parce qu'il a -mal compris: c'est un _malentendu_. - -=Malfaire=, v. n., faire de méchantes actions; il n'est usité qu'à -l'infinitif: _il ne se plaît qu'à malfaire_. - -=Malgré, Quoique.=--_Malgré_ est une préposition qui demande un régime -direct (un substantif, pronom, etc., mais jamais un verbe ni une -proposition);--_quoique_ est une conjonction qui ne peut pas avoir de -régime direct et qui régit toujours un verbe ou une proposition.--Ne -dites donc pas: _quoique ça_, mais _malgré ça_; ne dites pas, _malgré -qu'il soit pauvre_, mais _quoiqu'il soit pauvre_. - -2. _Malgré que_ dit l'Académie, ne s'emploie qu'avec le verbe _avoir_ -et dans ces sortes de phrases seulement: _malgré que j'en aie, malgré -qu'il en ait_, etc., c'est-à-dire, malgré moi, malgré lui, en dépit de -moi, en dépit de lui: _malgré qu'il en ait, nous savons son secret_, -c'est-à-dire, en dépit de lui ou _quel que soit le mal_ (mauvais) _gré -qu'il en ait_: le _que_ de _malgré que_ est donc ici pronom relatif et -complément direct de _aie, ait_, etc., et non la conjonction _que_. - -=Malhonnête=, adj.--Il a deux sens différents et se dit des personnes -et des choses.--Appliqué aux choses, il se met toujours après -le substantif; avec un nom de personne, il précède ou il suit le -substantif selon le sens: _un malhonnête homme_, est un homme qui -manque d'honneur, de probité; _un homme malhonnête_ est un homme -impoli, incivil, grossier.--Voyez _honnête_. - -=Malin=, adj., fait au féminin _maligne_ et non _maline_.--Ce mot -signifie proprement _méchant_, mais il peut aussi s'employer dans -le sens de _rusé, adroit_: _il est trop malin pour se laisser -attraper_.--Mais appliqué aux personnes, dans le sens de, qui a de -l'esprit, des moyens intellectuels, il n'est pas français; ne dites -donc pas: _cet enfant n'est pas malin_; dites, _cet enfant a peu -d'esprit_. (Wall.) - -=Malle=, et mieux =Mallette=, s. f., se dit de l'espèce de giberne en -cuir où les écoliers serrent leurs livres, cahiers, etc.:--_couverte, -couverture, portefeuille_, ne sont pas français dans ce sens. - -=Malle-poste=, s. f., voiture qui transporte les lettres et les -dépêches; le pluriel est _malles-poste_. - -=Maltraiter=, _traiter mal_.--_Maltraiter_, v. a., c'est traiter -durement en paroles et en actions, ou bien faire préjudice à quelqu'un: -_il l'a maltraité de coups, de paroles; cet homme a fort maltraité -son fils dans son testament_.--_Traiter mal_ signifie, mal régaler -quelqu'un ou bien en user mal avec lui. Aux temps composés, le génie -de la langue exige que l'adverbe _mal_ passe avant le participe: _il -m'a mal traité_;--de sorte qu'à la prononciation, cette expression -peut se confondre avec celle-ci, _il m'a maltraité_.--Pour éviter -l'équivoque, il suffira d'ajouter un modificatif, tel que _bien, -fort, assez_, à l'adverbe _mal_, qui alors pourra se placer après le -participe: _il m'a traité fort mal_. - -=Maman=, s. f., mère, terme enfantin: prononcez _maman_ et non -_man-man_. - -=Mameluk=, s. m., cavalier égyptien: prononcez _mam'louk_. - -=Mamezelle.=--Ce mot ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut -dire _mademoiselle_. Voyez ce mot. - -=M'amie=, abréviation de _mon amie_; ce mot s'écrit avec une apostrophe. - -=Manche.=--On dit _le manche_ pour désigner la poignée de tout -instrument, et _la manche_, quand il s'agit du vêtement du bras; dites -donc, _le manche d'un couteau, la manche d'un habit_.--Mais ne dites -pas, _le manche ou la manche du panier, de la marmite_; dites _l'anse_. - -2. Ne dites pas: _je n'étais pas dans sa bonne manche_; dites, _dans -ses bonnes grâces_, ou, _je n'étais pas bien sur ses papiers, dans ses -papiers_.--L'Académie fait remarquer que _être bien, être mal sur les -papiers, dans les papiers de quelqu'un_, est une locution familière. - -=Manchette, Garde-manche.=--Une _manchette_ est un ornement de -mousseline, de dentelle qui se met au bras, au poignet.--Un -_garde-manche_ ou _bout de manche_, est une fausse manche que l'on met -par-dessus la manche de l'habit, ou même de la chemise, quand on fait -un travail qui peut les salir. - -=Mânes=, s. m. pl., âmes des morts: _les mânes plaintifs_ (et -non _plaintives_) _de nos ayeux_: il est masculin et n'a pas de -singulier.--Prononcez _mânes_ (_â_ long). - -=Manger=, v. a.--Ne dites pas, _manger un fruit, un raisin_; dites, -_manger du fruit, du raisin_. - -2. Ne dites pas, si l'on vous consulte à table sur votre goût, _je -mange tout_; ce serait annoncer un appétit de Gargantua; dites, _je -mange de tout_. - -3. Ne dites pas: _nous avions dix personnes à manger_; dites, -_nous donnions à manger à dix personnes_. L'équivoque ici est -mauvaise.--Cependant on dit très-bien: _nous avions dix personnes à -dîner_. - -4. Les locutions, _venez manger ma soupe, j'irai demain manger votre -soupe_, sont familières et la bonne compagnie n'en fait point usage. - -=Mange-tout=, s. m., celui qui dissipe follement tout ce qu'il a, tout -ce qu'il gagne. - -2. Les wallons désignent par ce mot une espèce de haricot, mais il -n'est pas français dans ce sens. - -3. Le pluriel s'écrit comme le singulier: prononcez _man-ge-tout_ et -non _man-che-tout_. - -=Mangeure=, s. f., endroit mangé d'une étoffe, d'un pain, etc.: -_mangeure de vers, mangeure de souris_: prononcez _manjûre_. - -=Manier=, _manière, maniéré_, etc.--Prononcez ces mots comme ils sont -écrits et non _ma-gnier, ma-gnière, ma-gniéré_.--Voyez _ni_. - -=Manique=, s. f., morceau de cuir que les cordonniers mettent à leur -main pour qu'elle résiste au travail; ne dites pas _manicle_. - -=Manne=, s. f., nourriture que Dieu fit tomber du ciel pour nourrir -les Israélites dans le désert;--espèce de suc concret qui découle -naturellement ou par incision de certains végétaux et entre autres -du frêne à fleurs et du frêne à feuilles longues; dans ces deux -acceptions, on prononce _mâne_ (_â_ long).--L'_a_, au contraire est -bref, lorsque _manne_ désigne une espèce de panier à deux anses dont on -se sert pour mettre du linge.--Ne dites pas _mande_ (Flandr.) - -=Manoeuvre, Manouvrier.=--Le premier est l'homme de peine qui sert -un autre ouvrier: _le maçon ne travaille pas sans un manoeuvre_;--le -second se dit de tout homme de peine travaillant au compte d'un -entrepreneur. - -=Manquer=, v. a. et n.--On peut dire _manquer la messe, l'école, ses -prières_: voyez le Dictionnaire de l'Académie au mot _messe_. - -2. _Manquer_, signifie aussi courir quelque risque, être sur le point -d'éprouver quelque accident: _nous avons manqué de verser; il a manqué -d'être tué_.--Il est familier. (Acad.) - -=Manuel.=--Prononcez _manu-èle_ et non pas _manu-wèle_ ni _manu-éle_. - -=Manufacture=, s. f.: ne dites pas _manifacture_. - -=Manus= (=in=), s. m.--_Dire son in-manus_, recommander son âme à Dieu -avant de mourir: prononcez _ine-manuce_. - -=Maquée=, s. f., est un mot wallon, qu'il faut rendre par _caillebotte, -fromage blanc, fromage mou_. - -=Maraîcher, ère=, jardinier qui cultive un de ces terrains qu'on -appelle _marais_, où l'on fait venir des légumes, des herbages; ne -dites pas _maraîchier_. - -=Maraude=, s. f., pillage clandestin des soldats; se dit aussi des -écoliers qui vont à la picorée: on dit: _aller à la maraude_ et mieux, -_en maraude_; mais on ne dit pas: _aller à maraude_, (Acad.)--Prononcez -_marau-de_ et non _marau-te_. - -=Maravédis=, s. m., petite monnaie d'Espagne: prononcez _maravédi_ et -non _maravédice_, encore moins _maradévice_. - -=Marbre=, s. m., pierre calcaire: prononcez _mar-bre_ et non _mar-pe_ -ni _mar-bère_. - -=Marc=, s. m., poids;--résidu de fruits d'herbes ou d'autres -substances pressurées;--_du marc d'huile, du marc de café_ (et non _de -la marc de café_): on ne prononce pas le _c_, mais on le fait sentir -dans _Marc_, nom d'homme;--le _c_ est muet dans la _place St-Marc_ -(_mar_), _le lion de S.-Marc_ (_mar_), à Venise, _au marc_ (_mar_) _le -franc_.--Voyez _c final_. - -2. Une _mare_, est un amas d'eau dormante. - -=Marchand=, s. m.--Ne dites pas: _il fait le marchand de toiles; je -fais le marchand, je fais le brasseur_; dites _il est marchand..., je -suis marchand, je suis brasseur_. - -2. Ne dites pas non plus: _j'ai marchand_, pour signifier que vous -savez à qui vendre; dites, _j'ai acheteur, chaland, acquéreur_. - -=Marché.=--Ne dites pas: _le marché de grains, de légumes_, etc., -mais, _le marché aux grains, aux légumes_. - -2. _A bon marché_, loc. adv.--On dit _acheter, vendre à bon marché, -à trop bon marché, à meilleur marché_, et non, _acheter, vendre -bon marché, trop bon marché, meilleur marché_.--Il n'est pas plus -permis de supprimer la préposition _à_ devant _bon marché_ que devant -_bon compte, bas prix_: _avoir une chose à bon marché_ (et non _bon -marché_); _donner sa marchandise à bon marché, à trop bon marché; je -l'ai eu à meilleur marché_.--Cependant on peut dire: _cela ne vous -coûte que dix francs, c'est bon marché, c'est grand marché; le bon -marché m'a tenté_, tout comme on dirait, _c'est un bas prix, le bas -prix m'a tenté_. - -=Maréchal=, s. m.--_Maréchal de France, maréchal-ferrant_; prononcez -_maréchal_ (_é_ fermé) et non _marchal_ ni _marichal, marèchal_. - -=Marguerite=, s. commun et nom pr. de femme: écrivez et prononcez -_marguerite_ et non _marguérite_. - -=Marguillier=, s. m., celui qui a soin de tout ce qui regarde la -fabrique et l'oeuvre d'une paroisse ou les affaires d'une confrérie; -mais il ne se dit pas du clerc, sacristain ou chantre d'une -église.--Prononcez et écrivez _marguillier_ et non _marguèillier_. - -=Margotte=, s. f., branche qu'on met en terre pour qu'elle y prenne -racine; ce mot n'est pas français: dites _marcotte_. - -=Mari=, s. m., époux.--_Mon époux, mon épouse_, ne sont admis à aucun -titre par les gens de bon ton; on dit simplement _ma femme, mon mari_, -ou bien avec un peu plus de cérémonie, _monsieur_ ou _madame_, suivis -toujours du nom de famille (ce sont les domestiques seuls qui désignent -leurs maîtres par _monsieur_ et _madame_);--mais _mon mari, ma femme_, -sont préférables parce qu'ils sont plus simples. - -=Marier=, v. a., ne s'emploie jamais pour, _prendre en mariage_.--Ainsi -au lieu de dire: _il a marié une telle_, dites, _il a épousé une -telle_.--_Marier_, signifie unir un homme et une femme par le lien -conjugal, selon les lois de l'État ou en leur administrant le -sacrement de mariage. Dans cette acception il ne se dit que du prêtre -ou de l'officier de l'état-civil qui remplit l'une ou l'autre de ces -fonctions: _l'échevin N. les a mariés à défaut du bourgmestre; c'est le -vicaire qui les a mariés_. (Acad.)--Il se dit aussi de ceux qui font -ou procurent un mariage, soit par autorité paternelle, soit par office -d'amitié: _son père l'a marié à la fille, avec la fille d'un de ses -amis; cet homme a la manie de marier tout le monde_. (Acad.) - -2. _Marier_, joint au pronom personnel, signifie, lorsqu'on parle d'un -homme, prendre une femme, et lorsqu'on parle d'une femme, prendre un -mari: _il est d'âge à se marier; il s'est marié richement; il ne se -mariera pas_. - -3. Il s'emploie aussi dans le sens réciproque: _quand se marieront-ils? -ils se sont mariés l'an dernier_. (Acad.) - -4. Cependant on peut dire: _cette demoiselle s'est mariée_ (a épousé) -_à un étranger_; mais c'est une faute grossière de dire: _cette -demoiselle s'est mariée avec un étranger_.--_Avec_ s'emploie en prose -pour les choses: _sa voix se marie bien avec ou à son instrument_. - -=Marmelade=, s. f., confiture de fruits presque réduits en bouillie: -_marmelade d'abricots_.--_Cela est en marmelade_ (famil.), se dit -d'une chose _trop cuite et presque en bouillie_: et, figurément, de ce -qui _est fracassé, broyé_: _il a reçu un coup qui lui a mis la mâchoire -en marmelade_.--Ne dites pas _marmolade_. - -=Marmiton, Mirmidon, Mirliton.=--On appelle _marmiton_, celui qui -est chargé du plus bas emploi d'une cuisine.--_Mirmidon_ se dit, par -mépris, par raillerie, d'un jeune homme de très-petite taille et -figurément, de ceux qui ont des prétentions exagérées et ridicules.--Un -_Mirliton_ est une espèce de flûte formée d'un bout de roseau, de -sureau, de branc-ursine, et bouché par les deux bouts, avec une pelure -d'oignon ou un morceau de baudruche: _il est sale comme un marmiton; -voilà un plaisant mirmidon; ces mirmidons prononcent sur ce qu'ils ne -connaissent pas; les enfants jouent du mirliton_. - -=Marmonner=, v. n., signifie murmurer à voix basse; ne dites pas, avec -le peuple, _marronner_ qui signifiait autrefois, friser les cheveux en -grosses boucles.--Quelques dictionnaires emploient aussi _marronner_ -pour errer dans les bois en volant comme les nègres marrons:--il est -vieux dans ce sens. - -=Marquer.=--Ne dites pas: _il est marqué sur la gazette, sur une -lettre de..._; dites, _on lit dans la gazette, dans une lettre de..., -etc._, ou employez une phrase équivalente. - -=Marraine=, s. f., celle qui tient un enfant sur les fonts: prononcez -_mârène_ (_â_ long). - -=Marron, Marronnier=; prononcez _mâron, mâro-nier_ (_â_ long) et non -_maro-gnier_.--Voyez _ni_. - -=Mars=, dieu de la guerre; 3e mois de l'année;--il signifie également, -au pluriel, les menus grains qu'on sème au mois de mars, tels que -les orges, les avoines, les millets, etc.; _le temps a été bon -pour les mars cette année; s'il ne pleut pas, tous les mars sont -perdus_.--Quelques auteurs disent que _mars_, dans cette dernière -acception, peut aussi se rendre par _marsèche_ (la marsèche) ou par -_marsage_; mais nous pensons que _mars_ est préférable.--Dans toutes -ces acceptions, prononcez _marce_ et non _mâre_. - -2. Ne dites pas: _mars en carême_; dites, _marée en carême_.--Cette -expression signifie _à propos_: _arriver comme marée en carême_. - -=Marteau=, s. m.--Ne dites pas, _jeter la cognée après le marteau_; -dites, _jeter le manche après la cognée_, ce qui signifie renoncer de -dépit ou de désespoir à une entreprise. (Acad.) - -=Martyr, Martyre.=--_Martyr_, s. m., (au féminin _martyre_), est -celui qui a souffert pour la foi chrétienne, pour une doctrine ou -une foi quelconque;--_martyre_, s. m., est la mort ou les tourments -qu'endurent celui qui est martyr: _un évêque martyr, une vierge -martyre; le martyre de saint Laurent_. - -=Masque, Mascarade.=--Ne dites pas _un masqué_, pour indiquer une -personne déguisée; dites _un masque_.--Une _mascarade_ se dit d'une -réunion de _masques_, c'est-à-dire, de gens déguisés: _une troupe de -masques, un joli, un vilain masque; il faut laisser entrer les masques; -venez voir une belle mascarade_. - -=Massacrante=, adj. fém.--Il n'est usité que dans cette locution -familière: _humeur massacrante_, c'est-à-dire, humeur bourrue, -maussade, grondeuse, menaçante.--Cette expression est approuvée par -l'Académie; cependant elle n'est pas jolie, mais elle est énergique. - -=Masse=, s. f.--_Une masse de monde_, est une expression triviale; -dites, _une grande foule, une grande multitude, une grande quantité de -monde_. - -=Mastic=, est masculin: _du mastic_; et non _de la mastic_. - -=Mastouche.=--On donne abusivement ce nom à la _capucine_; dites donc, -_une belle capucine, couleur capucine_. - -=Mat, Mate=, adj., qui n'a point d'éclat: _argent mat, couleur mate_: -le masculin se prononce _mate_.--_Mat_, s. m., terme du jeu d'échecs, -coup où le roi, mis en échec, ne peut bouger sans être pris: _voilà un -beau mat, être échec et mat_.--Prononcez également _mate_. - -2. =Mât=, s. m., pièce de bois longue, ronde et droite qui porte la -voilure d'un navire: on ne prononce pas le _t_. - -3. =Mate=, adj., humide, un peu mouillé:--ce mot est wallon; dites, -_moite_ pour les deux genres: _il a le front moite; ces draps ne sont -pas bien séchés, ils sont encore moites_. - -=Mater=, v. a., rendre mat, mortifier: prononcez _mater_ (_a_ -bref);--_mâter_, v. a., garnir de mâts: prononcez _mâter_ (_â_ long). - -=Matériaux=, s. m. pl., les différentes matières qui entrent dans la -construction d'un bâtiment; il n'a pas de singulier.--Ne dites pas -_matéréaux_. - -=Mâtin=, s. m., gros chien de garde: l'_â_ est long;--_matin_, s. m., -la première partie du jour; l'_a_ est bref. - -2. =Matin.=--On dit très-bien, _hier matin, demain matin, demain -soir_; on peut dire aussi _demain au matin, demain au soir_; cependant -par une singulière bizarrerie, on doit dire _hier au soir_ et non _hier -soir_. - -3. Ne dites pas: _au matin, je prends une tasse de café_; dites, _le -matin_ et mieux _chaque matin, tous les matins..._--Voyez _soir_. - -=Matinal, Matineux, Matinier=, adj.--_Matinal_, qui s'est levé matin: -_vous êtes bien matinal aujourd'hui_; l'Académie ne donne aucun exemple -du pluriel masculin; nous pensons qu'il est inusité.--_Matineux, -matineuse_, qui est dans l'habitude de se lever matin: _il faut être -plus matineux que vous n'êtes_.--_Matinier, matinière_, qui appartient -au matin; il n'est guère usité que dans cette expression: _l'étoile -matinière_.--Prononcez _mati-nière_ et non _mati-gnière_.--Voyez _ni_. - -=Matou=, s. m., chat mâle; ne dites pas _marou_ ni _marcou_. - -=Maudire=, v. a., fait à la 2e pers. du près. de l'indic. et de -l'impér., _maudissez_, et non _maudisez, maudites_. - -=Mauvais, e=, adj.,--Ce mot peut s'employer dans le sens de _méchant_, -mais jamais comme synonyme de _fâché_: _que cet enfant est mauvais -(méchant)! oh! le mauvais; oh! la mauvaise_;--_il était si fâché, je -suis fâché_ et non _mauvais_. (Wall). - -2. _Mauvais mal, mauvaise maladie_, ne peuvent pas se dire pour _cruel -mal, cruelle douleur, cruelle, dangereuse maladie_:--_vous avez mal -aux dents, c'est un cruel mal_, et non _un mauvais mal_; _le typhus est -une dangereuse maladie_ et non _une mauvaise maladie_. - -3. Ne dites pas, _un mauvais doigt, une mauvaise jambe_, pour indiquer -que vous y éprouvez un mal quelconque; dites _j'ai mal au doigt, à la -jambe_, et non _j'ai un mauvais doigt, une mauvaise jambe_. - -4. _Mauvais air_, air ignoble;--_air mauvais_, air terrible.--Prononcez -_mo-vai_ (_o_ bref) et non _mó-vai_ (_ô_ long). - -=Maximum=, s. m., le plus haut degré: prononcez _mak-cimome_ et non -_mak-zimome_;--en terme technique, on dit au pluriel _maxima_ et -_minima_. - -=Me, le.=--Les personnes ignorantes seules disent: _donnez-mê-le_ pour -_donnez-le-moi_. - -=Méchant= _comme la gale_.--Dites, _mauvais comme la gale_: la raison -de ce choix est évidente; on dit que la gale est mauvaise, mais on ne -dit pas qu'elle est méchante. - -2. _Une méchante épigramme_, est une épigramme sans sel, sans mérite, -mal faite;--_une épigramme méchante_, est une épigramme mordante: il -en est de même de _méchants vers_ et de _vers méchants_, etc. - -=Mécontent, e=, adj.--On est mécontent _de_ quelqu'un et non _après, -sur_ ou _contre_ quelqu'un: _il est mécontent de vous, de son -fils_.--Voyez _malcontent_. - -=Mécredi=, s. m., barbar.:--écrivez et prononcez _mercredi_. - -=Médical, Médicinal=, adj.--_Médical_, qui appartient à la -médecine considérée comme science: _l'art médical, instrument -médical_;--_Médicinal_, qui a la vertu d'une médecine, d'un médicament: -_plante médicinale_. - -=Médire=, v. n., fait au présent de l'indicatif et à l'impératif, -_médisez_ et non _médites_. - -=Méfaire=, v. n., faire le mal, ne s'emploie qu'à l'infinitif et au -participe passé, _méfait_, qui se construit toujours avec l'auxiliaire -_avoir_. - -=Mégarde= (_par_), loc. adv., par inadvertance: _je me suis blessé par -mégarde_;--ne dites pas _par mégard_ (_mégar_). - -=Meilleur, e=, adj. comp.--Ne dites pas: _vous chantez meilleur que -moi_; dites, _vous chantez mieux que moi_:--_meilleur_ équivaut à -_plus bon_ et _mieux_ à _plus bien_. (Fland.) - -2. Ne dites pas, _j'ai meilleur que vous_; dites, _je suis mieux que -vous_ (Wall.)--Voyez _bon_. - -3. Dites, _je suis arrivé de meilleure heure que vous_ et non _de plus -bonne heure_.--Voyez _heure_. - -=Mélanger=:--voyez _mêler_. - -2. _Mêler à, mêler avec_.--Dans l'acception de mettre ensemble -plusieurs choses, les confondre, on dit _mêler avec_: _l'Ourthe mêle -à Liége ses eaux avec celles de la Meuse; mêler de l'eau avec du -vin_.--Mais au figuré on dit _mêler à_: _il sait mêler la douceur à la -sévérité; mêler les affaires aux plaisirs_. (Acad.)--Voltaire a dit -cependant: _les anciens Romains étaient trop austères pour mêler leurs -plaisirs avec leurs affaires_: cet exemple n'est pas à imiter. - -3. _Mêler, mélanger_.--_Mêler_ signifie mettre ensemble, -confondre;--_mélanger_, signifie, assembler, assortir; en _mêlant_ -les choses, on les dénature, on les brouille;--en les _mélangeant_, -on les combine dans le but d'obtenir de leur composition un résultat -avantageux, un produit nouveau. - -=Mélisse=, s. f., plante, boisson: ne dites pas _milisse_. - -=Melon=, s. m.--Ne dites pas _mélon_ ni _mèlon_. - -=Membour=, ne peut pas se dire pour _tuteur_ ni _membournie_ pour -_tutelle_: _cet enfant a perdu son tuteur_ et non _son membour_; _cet -homme est en tutelle_ et non, _en membournie_. (Wall.) - -=Membré, Membru=, adj.--_Membré_ ne s'emploie guère qu'avec l'adverbe -_bien_ et signifie, qui a des membres bien faits, bien proportionnés: -_il est bien membré_.--_Membru_, qui a les membres fort gros: _il est -bien membru_.--Il s'emploie aussi substantivement: _un gros membru_, -mais il est familier dans cette dernière acception. - -=Même=, adj. et adv.--Ne dites pas: _j'entreprendrai tout de même ce -long et pénible travail_; dites, _j'entreprendrai néanmoins, toutefois, -malgré ça, ce long et pénible travail_. - -2. Ne dites pas: _cette nouvelle paraît certaine, mais elle est tout de -même étrange_; dites, _elle est pourtant, néanmoins étrange_;--_tout -de même_ signifie de la même manière: _mon bureau est fait tout de même -que le vôtre_. - -3. Ne dites pas: _est-ce tout de même d'aller jouer_; dites, _est-ce -que je peux, est-il permis d'aller jouer, me donnez-vous la permission -de..._ (Wall.) - -4. Ne dites pas: _c'est tout de même pour moi_, ou _c'est pour moi le -même, c'est moi le même_; dites, _ça m'est égal, indifférent, m'importe -peu_ ou _peu m'importe_. - -5. Ne dites pas: _il a le même caractère de son frère_; dites, _que son -frère_. - -6. Ne dites pas: _voulez-vous venir avec nous?--Tout de même_;--dites, -_volontiers, avec plaisir_. - -7. _Tout de même, tout le même_.--Pour savoir laquelle de ces deux -expressions il faut employer, il suffit de voir si, en supprimant -_tout_, ou emploierait _de même_ ou _le même_: _il est tout le même -qu'il y a dix ans;--ces deux robes sont faites tout de même l'une -que l'autre_.--Prononcez _mê-me_ et non _min-me_. - -=Mémento=, s. m., marque pour se souvenir.--L'Académie ne donne point -d'exemple de pluriel; quant à nous, nous écririons _des mémentos_, -parce que l'accent sur l'_é_ donnant à ce mot le caractère de mot -français, il doit être soumis aux règles de la langue française et -prendre une _s_ au pluriel.--Prononcez _méminto_. - -=Menacer=, v. a.--Ne dites pas: _il menace une maladie, une étisie_, -mais, _il est menacé d'une maladie, d'une étisie_ ou _il couve une -maladie, une étisie_. - -2. Prononcez _menacer_ (_e_ muet) et non _mènacer_. - -=Mener=, v. a.--Prononcez _mener_ (_e_ muet) ou _m'ner_ et non -_mèner_.--Il en est de même des mots _amener, emmener_; cependant dans -les temps où l'_n_ est suivi d'un _e_ muet, le premier _e_ devient -grave et se prononce comme dans _père_: _je mène, je mènerai_ (ne -prononcez pas _je min-ne, je min-nerai_). - -2. Ne dites pas: _mener du bruit, mener du train_; dites _faire du -bruit, faire du train_:--ces _enfants font beaucoup de bruit, font du -train dans la classe_. - -=Menotte=, s. f., main d'enfant; liens de fer ou de corde cadenassés -qu'on met aux poignets de certains prisonniers pour leur ôter l'usage -des mains; dites _menotte_ et non _mènotte_ ni _manotte_ ni _minotte_. - -=Menteur=, fait au féminin _menteuse_ et non _menteresse_: _elle est -menteuse comme un laquais_. - -=Mentor=, s. m., gouverneur, guide: prononcez _mintor_ et non _mantor, -mennetor_. - -=Menu=, s. m.--Le _menu_ d'un repas est la note de ce qui doit y -entrer et non les mets comme on le pense assez généralement: _il y aura -demain vingt personnes à la table, il faut dresser le menu_. - -=Menuisier=, s. m.--Prononcez _menu-isier_ (_ui_ diphth.) et non -_menouisier_ ni _mènuisier_. - -=Méphitique=, adj., qui a une odeur fétide; qui produit des exhalaisons -nuisibles: _air méphitique_:--ne dites pas _méphétique_. - -=Mercredi=, s. m.--Ne dites pas _mécredi_ ni _mercrédi, -mercrèdi_.--Voyez _jour_, 11. - -=Mérelle=, s. f., jeu d'enfants où l'on pousse un palet (caillou, -pierre) avec le pied dans des cases tracées d'avance sur le sol: on dit -aujourd'hui marelle: _jouer à la marelle_. - -=Mérinos=, s. m. (on prononce _mérinoce_); mouton de race espagnole, sa -laine ou étoffe faite avec sa laine.--Il se prend aussi adjectivement -et s'écrit _mérinos_ pour les deux genres: _bélier mérinos, brebis -mérinos_.--Ne prononcez pas _mèrinos_. - -=Méritant, te.=--On dit très-bien: _c'est une personne bien méritante_ -(qui a du mérite). (Acad.) - -=Mérite=, s. m., s'emploie généralement au singulier: _il ne faut pas -être fier de son mérite_ et non _de ses mérites; cet homme a beaucoup -de mérite_ et non _de mérites_; _son mérite est au-dessus de tout -éloge_ et non _ses mérites_. - -=Mésange=, s. fém., petit oiseau: _voilà une jolie mésange_: prononcez -_mézange_ et non _messange_ ni _mézanche_. - -=Mésentendu=, n'est pas français; dites _malentendu_: voyez ce mot. - -=Messe=, s. f.--On dit _messe basse_ (et non _basse messe_) ou -_petite messe_, qui se dit sans chant;--_messe haute_, ou _grande -messe_ ou _grand'messe_, (et non _messe à chanter_), qui est chantée: -_grand'messe_ fait au pluriel _grand'messes_. - -2. On dit: _servir la messe_ et non _servir à la messe_. (Acad.) - -3. On dit, _aller à la messe_ et non _aller à messe_; mais on dit, -_aller à vêpres_ et non _aller aux vêpres_. - -4. On dit, _manquer la messe_ et non _à la messe_; (Acad., au mot -_messe_);--on dit _un livre de messe, un livre de prières_ et non _un -livre à prières_; (Acad., aux mots _messe_ et _prière_). - -5. _Faire la messe, lire la messe_, pour _dire la messe, célébrer la -messe_, est un flandricisme;--_faire une messe_, se dit d'un musicien -qui compose une messe. - -6. _Messe_, pour signifier le fruit du néflier, n'est pas français; -il faut dire _nèfle_: _une grosse nèfle_:--prononcez _nè-fle_ et non -_nèfe_ ni _nèfèle_. - -=Messieurs=, s. m. pl.--Ne dites pas: _les messieurs furent obligés de -rester debout pendant toute la séance_; dites, _les hommes..._--Mais on -peut dire _ces messieurs_, en parlant d'hommes désignés ou présents: -_je vais me promener, quant à ces messieurs_ (présents), _ils resteront -ici si bon leur semble_:--cependant, il est impoli de dire _ce -monsieur_. - -=Mesurer=, v. a. et pr.--On dit _se mesurer_ (lutter) _avec quelqu'un_ -et non _contre quelqu'un_. - -=Métal, Métail=, s. m.--_Métail_ est une composition de métaux;--_métal_ -indique un pur minéral: _l'or est un métal, le bronze est un -métail_.--Quoique _métail_ n'ait pas été admis par l'Académie, il -figure pourtant dans plusieurs dictionnaires. - -=Métallique=, adj., de métal; on prononce les deux _ll_: _métal'lique_. - -=Métier, Profession, Art.=--_Métier_, profession d'un état -manuel;--_profession_, carrière que l'on suit, emploi que l'on -occupe;--_art_, talent qu'on cultive:--_il a embrassé la noble -profession des armes; puisque vous voulez faire apprendre un état -manuel à votre fils, que ne choisissez-vous le métier de tailleur; -l'art fait l'artiste_. - -=Métis, Métisse=, adj. et subst., né de deux espèces: on prononce l'_s_ -de _métis_. - -=Mets=, s. m., aliment préparé pour un repas; on l'écrit avec une _s_, -même au singulier et on prononce _mè_;--l'_s_ se fait sentir devant -une voyelle: _un mets exquis_. - -=Mettre=, v. a.--Ne dites pas: _mettre_ ou _jouer dans la loterie_; -dites, _mettre_ ou _jouer à la loterie_. (Fland.) - -2. Ne dites pas: _il a mis ces pierres sur un_; dites, _il a mis ces -pierres les unes sur les autres_. (Fland.) - -3. Ne dites pas non plus, avec les flamands: _tout est sous un_; dites, -_tout est sens dessus dessous_. - -4. Ne dites pas: _mettre quelqu'un en bas de sa charge_; dites, -_déposer quelqu'un de sa charge_ ou _le destituer_. (Fland.) - -5. Ne dites pas, comme c'est généralement l'usage à Mons, à une -personne qui vous rend visite et que vous invitez à s'asseoir: -_veuillez vous mettre_; dites, _veuillez vous asseoir_, ou servez-vous -de toute autre phrase équivalente. - -6. Ne dites pas au condit.: _nous metterions, vous metteriez_; dites, -_nous mettrions, vous mettriez_. - -=Meublé=, garni de meubles, ne peut pas s'employer pour -_tapissé_:--_aussitôt que ma chambre a été tapissée, je l'ai meublée_. - -=Meubler=, v. a.--Ne dites pas _papier à meubler_; dites, _papier -peint, papier-tenture, papier de tapisserie_;--_tapis_, dans ce sens, -n'est pas français.--Voyez ce dernier mot. - -=Meulière, Molière=, s. f., =Molaire=, adj. et s. f.--La _meulière_ -est une pierre fort dure dont on fait les meules de moulin;--une -_molière_ est une carrière d'où l'on tire ces pierres; on appelle aussi -_terre molière_ une terre grasse et marécageuse.--On appelle enfin -_molaires_ ou _dents molaires_, les grosses dents qui servent à broyer -les aliments. - -=Meurir= pour =Mûrir=.--Ne dites pas: _les fruits ne meuriront pas -cette année_; dites, _ne mûriront pas..._ - -=Meurtre, Assassinat.=--Le _meurtre_ est un homicide commis avec -violence;--l'_assassinat_ est le meurtre commis avec préméditation, de -guet-apens. - -=Mévendre=, v. a., vendre une chose moins qu'elle ne vaut; _il y a -des temps ou les marchands sont obligés de mévendre_.--Il a vieilli. -(Acad.) - -=Mezzo-termine=, s. m., (littér., _moyen-terme_), parti moyen pour -concilier; le pluriel s'écrit comme le singulier:--prononcez -_med'zotèrminé_. - -=Mi.=--Abréviation du mot _demi, mi-chemin, mi-corps_, etc.--Quand -on le joint au mot _corps, jambe, chemin, mur, terme, sucre_, et -_côte_, on ne l'emploie qu'adverbialement avec la préposition _à_ et -sans article: _il n'y a de l'eau qu'à mi-jambe; cette poutre ne va -qu'à mi-mur; des confitures à mi-sucre_, etc.--Joint au mot _carême_ -et au nom des mois, il fait partie du substantif et doit être précédé -de l'article _la_, quoique les substantifs soient du masculin: _la -mi-carême, la mi-mai_;--excepté toutefois dans cette locution -proverbiale, _mi-mai, queue d'hiver_. - -2. _Mi-parti_ est un adjectif dont le féminin est _mi-partie_: _les -opinions ont été mi-parties; cette robe est mi-partie de blanc et de -rouge_. - -=Miche=, s. f., pain d'une grosseur médiocre, pesant au moins une livre -et quelquefois deux; il se dit aussi des pains ronds d'un poids plus -considérable: _une miche de douze livres_. (Acad). - -=Micheau=, s. m.--Ce mot n'est pas français:--au lieu de dire, _je -vais faire un voyage, je vous rapporterai votre micheau_, il faut dire: -_je vous rapporterai quelque chose, je vous rapporterai un cadeau_. -(Wall.) - -2. _Micheau_, n'est pas français non plus pour désigner de petits pains -au beurre; dites simplement _petit pain_ ou bien _miche au beurre_. - -=Micmac=, s. m., est un mot français qui signifie intrigue (et non -_pêle-mêle_), manigance, pratique secrète dont le but est blâmable: _il -y a eu bien du micmac dans cette affaire_. - -=Midi=, s. m., =Minuit=, s. m.--Ces deux mots sont du singulier et du -masculin; dites donc, _à midi précis, à minuit précis_, et non pas _à -midi précise, à minuit précise_. - -2. Dites de même, _sur le midi, sur le minuit, midi a sonné, à minuit -sonnant, vers midi, vers minuit_, etc., et non pas _sur les midis, sur -les minuits, midis ont sonné, à minuits sonnants_ ou _sonnantes, vers -les midis, vers les minuits_.--Cependant, on dit très-bien _vers les -dix heures, vers les onze heures_, etc. - -3. Ne dites pas non plus avec les flamands et les wallons: _il est -douze heures_; dites, _il est midi, il est minuit_.--Prononcez -_minu-it_ (_ui_ diphth.) et non _minouit_. - -4. Ne dites pas: _c'est midi, il est temps que je sorte_; dites, _il -est midi..._--Mais à la question: _quelle heure sonne?_ il faudra -répondre: _c'est midi_, c'est-à-dire, ce (l'heure) qui sonne est -midi, puisqu'on dit, _voilà midi qui sonne_. (Acad.) Ces observations -s'appliquent également au mot _minuit_. - -5. Ne dites pas: _je vous verrai ce midi_; dites, _à midi_. - -6. Ne dites pas: _il rentre toujours sur le midi_; dites _à midi, vers -midi_; dites de même, _avant midi, après midi, avant minuit, après -minuit, vers minuit_. - -7. Ne dites pas: _midi et quart, minuit et quart_; dites, _midi et un -quart, minuit et un quart_. Voyez _quart_ et _liaisons affectées_. - -8. Ne dites pas: _avez-vous fait midi, avez-vous mangé le midi_, dites, -_avez-vous dîné_? - -9. _Après-midi_, s. f.: _je vous ai attendu toute l'après-midi_. ---Plusieurs, dit l'Académie, le font du masculin;--le pluriel s'écrit -comme le singulier: _il passe toutes ses après-midi à étudier_, -c'est-à-dire, toutes ses heures de l'après-midi. - -=Mier=, v. a., mettre le pain en miettes, n'est pas français; dites -_émier_ ou _émietter_. - -=Miette, Mie=, s. f.--_Miette_ signifie petite partie, petit -morceau;--_mie_ ne se dit que de la partie du pain qui se trouve -entre les deux croûtes: _des miettes_ (et non _des mies_) _de sucre; -donnez m'en une miette; vous ne lui en avez donné qu'une miette_;--_il -n'a plus de dents, il ne mange plus que de la mie_ (et non _de la -miette_).--Prononcez _miette_ (_iette_ diphth.) et non _mi-ette_ ni -_mi-iette_. - -=Mieux=, adv. comp.--Dites, _c'est ma mère que j'aime le mieux, le -plus_, et non, _la mieux, la plus_: _le mieux_ est ici superlatif et -conséquemment invariable. - -2. Lorsque _mieux_ est suivi de deux infinitifs, on met ou l'on -supprime la préposition _de_ devant le second: _j'aime mieux vous -déplaire que vous tromper_, ou _que de vous tromper_.--L'emploi de la -préposition _de_ est néanmoins préférable. - -3. _Aimer mieux_ et _il vaut mieux_, suivis d'un infinitif, ne doivent -pas être suivis des prépositions _de_ ni _à_: _j'aime mieux étudier, il -vaut mieux étudier_, et non _d'étudier_ ni _à étudier_.--Voyez _aimer_ -et _valoir_. - -4. Ne dites pas: _il chante, il joue des mieux_; dites, _très-bien, -parfaitement_:--_des mieux_ n'est pas français dans ces sortes de -phrases. - -5. Ne dites pas: _il chante plutôt mieux que mal_; dites, _bien que -mal_, en opposant l'adverbe positif _bien_ à l'adverbe positif _mal_. - -6. Ne dites pas: _le temps s'est radouci, il fait mieux qu'hier_; -dites, _il fait meilleur qu'hier_, en sous-entendant le mot _temps_, -comme on dit, _il fait chaud, il fait froid, il fait bon_, etc. - -7. Il ne faut pas employer l'un pour l'autre _mieux_ et _plus_: _mieux_ -exprime la perfection, l'idée d'une supériorité de manière;--_plus_ -exprime l'extension, l'idée d'une quantité supérieure.--On ne doit pas -dire: _j'ai gagné mieux de cent francs, mieux que cent francs_; il faut -dire, _plus de cent francs_. - -8. _Mieux_, se met après les verbes dans les temps simples et entre -l'auxiliaire et le participe dans les temps composés: _j'aime mieux, -j'ai mieux aimé_. - -=Mille=, adj. num. card.--Ne dites pas: _le premier mille francs -est le plus difficile à gagner_; dites, _les premiers mille francs -sont..._; _francs_ étant substantif, impose le genre et le nombre. - -2. Ne dites pas: _il m'a comblé de mille éloges_; dites simplement, -_... d'éloges_. - -3. _Mille_ est adjectif numéral et substantif commun.--Comme -_adjectif_, il s'écrit de deux manières (et est naturellement -invariable): 1º _mille_, pour exprimer le nombre _dix fois cent_: -_mille francs, dix mille francs_. 2º _Mil_, dans l'expression des -dates: _Léopold premier, roi des Belges, est monté sur le trône -l'an mil huit cent trente et un_. Cependant on écrit _mille_ dans -l'expression des dates antérieures à la naissance de Jésus-Christ: -_le temple de Salomon fut achevé l'an mille cinq cent avant -Jésus-Christ_.--Comme _substantif commun_, c'est-à-dire, employé -pour représenter une mesure de chemin, _mille_ s'écrit avec une _s_ -au pluriel: _trois milles d'Angleterre font près d'une lieue de -France_.--Ne confondez pas dans la prononciation l'adjectif _mil_ (qui -se prononce _mile_) avec le substantif _mil_ (millet) où l'_l_ est -mouillée comme dans _babil, péril_. - -=Millésime=, s. m., date de monnaie; _millénaire_, adj., hérétique -ou qui contient mille; _millimètre_, s. m., millième partie d'un -mètre:--dans ces mots on prononce les deux _ll_. - -=Milliaire=, _milliard, milliasse, millième, millier, million, -millionnaire, millionnième, billion, trillion_, etc.:--dans tous ces -mots les _ll_ sont suivies d'un _i_ et on ne prononce qu'une _l_. - -=Minable=, adj., misérable, qui fait pitié: _air minable_;--qui -indique une grande misère: _vêtements minables_.--Cette expression -populaire est mauvaise sous tous les rapports, puisqu'elle ne tient à -aucune racine française ni étrangère qui puisse en faire comprendre le -sens et la rendre claire. (BESCHERELLE.) - -=Minéral, Minerai, Mine, Minière, Carrière.=--On donne le nom de -_minéraux_ (_é_ fermé) aux substances inorganiques qui entrent dans la -constitution de la terre; ils ne vivent pas et ne se reproduisent pas, -ce qui les distingue des végétaux et des animaux.--On donne le nom de -_minerais_ (_e_ muet) aux minéraux que l'on utilise pour en extraire -les métaux, tels que le fer, le zinc, le cuivre, le plomb, l'argent, -l'or, etc.--On appelle _mines_ les exploitations de minéraux: la loi -distingue les _mines_, les _minières_ et les _carrières_. Les _mines_ -s'exploitent dans la profondeur pour l'extraction des minerais et -de quelques autres substances, telles que la houille, le soufre, le -sel, etc. Les _minières_ sont des exploitations superficielles ou -très-rapprochées de la surface, et d'où l'on retire des minerais, de -la tourbe, etc. Les _carrières_ s'exploitent à la surface ou dans la -profondeur pour les matériaux de construction, calcaire, grès, ardoise, -argile, sable, pierre à plâtre, etc. - -=Miniature=, s. f., peinture délicate: on prononce ordinairement -_mignature_, dit l'Académie; cette prononciation vicieuse n'est donc -pas de rigueur, et l'on doit approuver ceux qui disent _mi-niature_. - -=Minimum=, s. m., le moindre degré: prononcez _minimome_.--Voyez -_maximum_. - -=Minou=, _minet, minette_, petit chat: _le minet joue avec le chien; -voilà une jolie petite minette_.--_Minou_ n'est pas français. - -=Minuit=: voyez _midi_. - -=Minute=, s. f.--Ne dites pas: _en une minute de temps; si vous avez -une minute de temps_; dites simplement, _en une minute; si vous avez -une minute_.--Voyez _heure_. - -=Minutie=, s. f., bagatelle; _minutieux_, adj.--Prononcez _minucie, -minucieux_. - -=Mi-parti=, _mi-partie_: voyez _mi_. - -=Miracle, Miraculeux=: l'_a_ est long dans le premier et bref dans le -second. - -=Mirmidon=: voyez _marmiton_. - -=Misérable=, adj.--Ne dites pas: _faites-lui l'aumône, c'est une -misérable femme, un misérable homme_; dites, _c'est une femme, un homme -misérable_ et mieux, _malheureux_.--On emploie mieux cet adjectif, -en l'appliquant à la condition: _être réduit à un état misérable; son -sort est misérable_; car, en général, appliqué aux personnes et employé -substantivement, il veut dire malhonnête, vicieux, débauché: _c'est un -misérable, un grand misérable_.--Il n'y a que quelques exemples, pris -dans le style élevé, où il emporte l'idée de _misère_: _il ne se faut -jamais moquer des misérables; les misérables et les malheureux méritent -des secours_. - -=Miserere=, s. m., psaume, colique: prononcez _mi-zéréré_. - -=Mite= ou =Teigne=, s. f., insecte qui ronge les vêtements: ne dites -pas _motte_. - -=Mitouche=: voyez _nitouche_. - -=Mixte=, adj., mêlé, mélangé: prononcez _miks-te_ et non _mixe_. - -=Mixtion=, s. f., mélange de drogues; _mixtionner_, faire ce -mélange.--Dans ces deux mots, _ti_ conserve sa prononciation naturelle, -c'est-à-dire, celle qu'il a dans les mots _menti, parti_: _miks-thion, -miks-thioner_. - -=Mode=, s. f.--Prononcez _mo-de_ et non _mo-te_ ni _môde_: _un habit à -la mode_. - -=Modeste=, adj.--Quoi qu'en disent certains grammairiens, _modeste_ se -dit bien des choses et signifie _médiocre, simple, sans éclat_: _avoir -un train, un équipage modeste, une table modeste; faire une dépense -modeste; il s'est borné à conserver le modeste héritage de ses pères_. -(Acad.)--Toutefois, nous croyons qu'on ne peut pas dire _un prix, une -somme, une taxe modeste_, mais bien, _un prix, une somme, une taxe -modique_. - -=Moelle=, s. f., substance molle dans les os, dans les bois; _moellon_, -pierre de construction: _moelleux_, rempli de moelle, souple, -gracieux:--dans tous ces mots _oe_ est diphthongue; prononcez _moèle, -moèlon, moèleux_; quelques-uns prononcent _moale, moa-lon_, etc. - -=Moeurs=, s. f. pl.; il n'a pas de singulier.--Prononcez _meurce_ et -non _meure_, soit seul, soit devant une consonne. - -=Moi=, pr. pers.--Ne dites pas: _donnez-moi-le; donnez-moi-la_; dites, -_donnez-le-moi, donnez-la-moi_. - -2. Ne dites pas: _mène-moi-z-y, amuse-toi-z-y; donne-moi-z-en, -sers-toi-z-en_, quoiqu'on puisse dire _mène-nous-y, amusez-vous-y, -donnez-nous-en, servez-vous-en_:--la vraie construction est _mène-m'y, -amuse-t-y, donne-m'en, sers-t'en_.--Cependant, comme ces finales sont -trop dures, il vaut mieux employer une autre tournure: _mène-moi dans -cet endroit, amuse-toi dans cette société_, etc. - -3. Ne dites pas: _un ami de moi me l'a assuré_; dites, _un de mes -amis...._ - -4. Dites, _c'est moi qui ai, qui suis; c'est nous qui sommes, qui -avons; c'est vous qui êtes, qui avez_: et non pas, _c'est moi qui -est, qui a; c'est nous qui sont, qui ont; c'est vous qui est, qui -a, qui sont, qui ont_, etc. - -5. Ne dites pas: _il a la jambe plus grosse que moi_; dites, _que la -mienne_. - -6. Ne dites pas: _le maître ne me refuserait pas cette permission, -moi_:--_moi_, est ici un régime indirect, il faut donc dire _à moi_ ou -prendre une autre tournure, comme: _quant à moi, le maître_, etc. - -7. Ne dites pas: _moi, je me vengerais; moi, je vais jouer_; dites -plutôt: _pour moi, je me vengerais, pour moi, je vais jouer_; ou bien, -_je me vengerais, moi; je vais jouer, moi_. - -8. Ne dites pas: _c'est moi, c'est vous la cause de son malheur_; -dites, _c'est moi qui suis, c'est vous qui êtes la cause de son -malheur_. - -=Moindre=, est le comparatif de _petit_; ne dites donc pas: _sa -position est plus moindre que la mienne_ ou _est la plus moindre de -toutes_; dites, _sa position est moindre que..., est la moindre de -toutes_. - -2. _Le moindre_ est le superlatif de _petit_; vous ne direz donc pas: -_il a relevé le moindre petit de mes défauts_; _petit_ est de trop; -dites, _le moindre de mes défauts_. - -3. Ne dites pas: _j'en ai moindre, je ne le donnerai pas à moindre_; -dites, _j'en ai moins, je ne le donnerai pas à moins_.--_Moindre_ est -adj. et ne peut pas s'employer pour _moins_ qui est adverbe.--Prononcez -_moin-dre_ et non _mointe_ ni _moandre, moindère_. - -=Moins=, adv.--_Au moins_ signifie pour le moins; _du moins_ exprime -une correction, une restriction: _comment, vous n'êtes pas au moins -général? vous êtes du moins colonel?_ - -2. Ne dites pas: _vous ne l'aurez pas, à moins que le demander_; dites, -_à moins de le demander_, ou _à moins que de le demander_:--_à moins_ -devant un infinitif veut la préposition _de_ seule ou précédée de -_que_; la forme _à moins que de_ est plus ancienne. - -3. Ne dites pas: _je ne le ferai pas à moins que de mille francs_; -dites, _à moins de mille francs_. - -4. Ne dites pas: _il est moins bon qu'il en a l'air_; dites, _qu'il -n'en a l'air_. - -5. Ne dites pas: _le moins que possible, le moins tard que possible_; -supprimez le _que_ et dites, _le moins possible, le moins tard -possible_. - -6. Ne dites pas: _à moins que vous jugiez à propos_; dites, _à moins -que vous ne jugiez à propos_:--_à moins que_ est toujours suivi de la -négation.--Prononcez _moins_ et non _moans_. - -=Mois=, s. m., douzième partie de l'année.--Les noms des mois -s'écrivent avec une petite lettre: _février, mars, avril_, et non -_Février, Mars, Avril_. (Acad.) - -=Moitié=, s. f.--Ne dites pas: _la moitié de six est de trois_; dites, -_est trois_.--Voyez _quart, tiers_. - -2. On dit _plus d'à moitié_ et non _plus qu'à moitié_: _ce vase est -plus d'à moitié plein_.--Prononcez _moiti-é_ et non _moi-tchié_.--Voyez -_ti_ et _di_. - -=Mon, Ton, Son=, etc., adj. pos.--Ne dites pas: _j'ai mal ma tête_ ou -_à ma tête; Pierre s'est cassé sa jambe_; dites, _j'ai mal à la tête; -Pierre s'est cassé la jambe_. - -2. Prononcez _mon, ton, son_, devant une voyelle ou une _h_ muette, en -conservant à ces mots leur prononciation propre et en ajoutant une _n_ -au mot suivant: _mon âme_ (_mon n'âme_), _ton âge_ (_ton n'âge_), _son -ouvrage_ (_son n'ouvrage_) et non _mo n'âme, to n'âge, so n'ouvrage_. - -=Monnaie=, _monnayer, monnayeur_: on a abandonné l'ancienne -orthographe, _monnoie, monnoyer, monnoyeur_. - -=Mons=, s. m., abréviation du mot _monsieur_.--Le roi de France -écrivant à un archevêque ou à un évêque disait: _mons l'Archevêque, -mons l'Évêque_; mais entre particuliers, cette expression est -méprisante: _mons un tel, mons Remy_.--Prononcez _monce_. - -=Monseigneur=, s. m., titre d'honneur, s'écrit en un mot.--Le -pluriel est _messeigneurs_; on l'emploie en parlant ou en écrivant -collectivement à plusieurs des personnes qui ont droit au titre de -_monseigneur_.--On disait autrefois _nosseigneurs_ dans les requêtes -présentées au conseil du roi, aux cours du parlement et aux autres -cours souveraines. (Acad.)--Cependant on ne tient généralement -pas compte de cette décision de l'Académie et l'on dit aujourd'hui -_nosseigneurs_ aussi bien et même mieux que _messeigneurs_: -_nosseigneurs les évêques de Belgique_;--on écrit aussi _Nos -Seigneurs_ en deux mots et avec des majuscules. - -2. _Mon seigneur_, s'emploie dans les prières: _mon seigneur et mon -Dieu_;--le vassal voulant désigner quel était son suzerain, disait -aussi: _un tel est mon seigneur, vous êtes mon seigneur_. - -=Monsieur=, s. m.--Prononcez _mocieu_ (en ne faisant sentir ni l'_n_ -ni l'_r_; cependant en poésie on fait quelquefois sentir l'_r_) et non -_m'cieu, mon-cieu_ ni _mon-cieure_;--le pluriel est _messieurs_ qu'on -prononce _mècieu_ (en supprimant l'_r_ et l'_s_) et non _mècheu_ ni -_mècieurce_. - -2. Si, vous adressant à un homme, vous lui parlez de sa femme, ne -dites pas simplement _madame_, mais ajoutez le nom de famille: _madame -Durand, madame la comtesse de Vergy_, ou bien dites, _madame votre -femme_.--De même si vous parlez à madame Durand de son mari, ne dites -pas, par exemple: _comment se porte monsieur?_ dites, _comment se porte -monsieur Durand?_--Un enfant, une femme, en parlant de son père ou de -son mari, ne dira pas non plus: _monsieur est sorti_, mais _mon père, -mon mari, est sorti_. - -3. Si vous parlez à un domestique de ses maîtres, vous direz simplement -_monsieur, madame, mademoiselle_, sans y ajouter le nom: _monsieur -est-il à la maison?_ et non _monsieur Durand est-il à la maison?_ - -4. Les mots _monsieur, madame, mademoiselle_, sont de rigueur pour -toutes les célébrités vivantes; on dira donc: _monsieur de Lamartine, -monsieur Guizot_, et non _Lamartine, Guizot_ tout uniment.--Les -acteurs seuls peuvent faire exception. - -5. _Ce, cette_, devant _monsieur, dame, demoiselle_, _ce monsieur, -cette dame, cette demoiselle_, est impoli; dites simplement _monsieur, -madame_:--_dites bonjour à monsieur, à madame, à mademoiselle_, et non -_à ce monsieur_, etc. - -6. Abstenez-vous de même, quand il s'agit de personnes présentes ou -respectables, de ces locutions: _cet homme, cette femme, cet individu, -celui-ci, celle-ci, cet homme-là, cette femme-là, cet individu-là, -lui, elle_, etc.; les gens bien élevés ne suppriment jamais les mots -_monsieur, madame, mademoiselle_, quand ils parlent d'un tiers, absent -ou présent:--cependant il faut éviter, en écrivant aussi bien qu'en -parlant, de répéter trop souvent ces mots: on se rendrait insupportable. - -7. Il est contraire au bon usage d'apostropher une personne par son nom -à la suite du mot _monsieur, madame, mademoiselle_; ainsi en parlant -à monsieur Durand, dites simplement, _monsieur_: _oui, monsieur; non, -monsieur_; dites de même, _oui, madame; oui, mademoiselle_--et non -_oui, monsieur Durand; oui, madame Durand; oui, mademoiselle Durand_. - -8. On donnait le titre de _monsieur_ (absolument) au frère du roi -de France qui n'était pas destiné à occuper le trône.--Voyez -_mademoiselle_. - -=Monter=, v. n.--Les temps composés se conjuguent avec l'auxiliaire -_avoir_, lorsqu'on veut exprimer l'action, et avec _être_, si l'on -veut exprimer _l'état_, ou bien, en d'autres mots, selon que l'on peut -répondre à l'une ou l'autre de ces questions: _qu'a-il-fait?--où -est-il, qu'est-il devenu?_--_il a monté_ (qu'a-t-il fait) _quatre fois -à sa chambre pendant la journée;--il est monté_ (où est-il) _à sa -chambre depuis une heure et il y est resté_.--Lorsque _monter_ est -employé activement, il prend toujours _avoir_: _il a monté l'escalier -en courant_. - -2. _Monter en haut, descendre en bas_, sont généralement des pléonasmes -vicieux; dites simplement _monter_ et _descendre_.--Voyez _haut_. - -=Monteuse=, une ouvrière en modes, une modiste: _monteuse de bonnets, -monteuse de modes_. (POITEVIN). - -=Monticule=, petite montagne, est masculin: _un monticule_. - -=Moquer= (=se=), v. essentiellement pronominal;--ne dites donc pas: _il -me moque toujours_; dites, _il se moque toujours de moi_. - -2. On dit indifféremment: _tu te ferais moquer de toi_ ou _tu te ferais -moquer_. (Acad.) - -3. Le participe passé _moqué_ s'emploie aussi dans un sens passif avec -le verbe être: _il fut moqué de tout le monde_. (Acad.) - -=Mordicus=, adv., avec ténacité:--_soutenir son opinion mordicus_: -prononcez _mordicuce_. - -=Mordre=, v. a.--_Il mord à belles dents_: prononcez _il mor à_ et non -_il mor t'à belles dents_.--Dans les mots terminés en _ord_ ou _ort_ -le _t_ final ne se lie point avec la voyelle ou l'_h_ muette qui suit. - -2. Ne dites pas: _les cousins m'ont mordu à la joue_; dites, _m'ont -piqué..._ (Acad.) - -=More=, s. m., peuple africain; _moresque_, adj.; _moricaud, aude_, -adj. et s.;--on écrit aussi _maure, mauresque, mauricaud_.--L'Académie -ne donne point le féminin correspondant de _maure_; quelques-uns -disent, _une maure_, d'autres, _une mauresque_. - -=Morigéner=, v. a., corriger;--ne dites pas _moriginer_ ni _morigérer_. - -=Mors=, s. m., frein:--on ne prononce pas l'_s_ excepté devant une -voyelle: _prendre le mors aux dents_; cependant beaucoup de personnes -ne font pas cette liaison. - -=Mort=, s. m.--Ne dites pas _un billet de mort_; dites _une lettre de -faire part, un billet d'enterrement, un billet d'obsèques_. - -2. =Mort, morte=, adj.--Dans quelques locutions, il a un sens différent, -selon qu'il précède ou qu'il suit le substantif.--_Mort-bois_, les -espèces de bois de peu de valeur, comme les ronces, les genêts;--_bois -mort_, arbre séché sur pied, branches qui ne reçoivent plus de sève. - -3. _Morte-eau_ se dit des marées les plus faibles;--_eau morte_, qui -ne coule point. - -4. _Mort-ivre_ se dit d'un homme; mais en parlant d'une femme, il faut -dire _ivre-morte_: voyer _ivre-mort_. - -5. _Mort-gage_, s. m.: le pluriel est _morts-gages_. - -6. _Mort-né_.--_Mort_ est invariable; il fait au féminin _mort-née_ -et au pluriel _mort-nés, mort-nées_: _une fille mort-née, des enfants -mort-nés_. - -7. _Morte-paye_, s. f.: le pluriel est _mortes-payes_. - -8. _Morte-saison_, s. f.: le pluriel est _mortes-saisons_. - -9. Ne dites pas du _mort-papier_, pour désigner du papier non collé -propre à faire sécher l'encre; dites du _papier brouillard_. - -=Mortuaire=, adj.--Ne dites pas _un service mortuaire_; dites _un -service funèbre_. - -2. Ne dites pas _une carte, un billet mortuaire_; dites, _une lettre de -faire part, un billet de faire part, un billet de part_, s'il s'agit de -la lettre destinée à annoncer le décès;--dites _billet d'enterrement, -billet d'obsèques_, s'il s'agit du billet destiné à être lu au prône à -l'église. - -3. _Domicile mortuaire_, terme de jurisprudence, lieu où une personne -avait son domicile légal au moment de son décès; dans le langage -ordinaire, on ne dit pas _domicile mortuaire_ ni _maison mortuaire_: -on dit, _domicile du défunt, de la défunte; maison du défunt, de la -défunte_. - -4. _Mortuaire_, adj., veut dire qui appartient au service, à la pompe -funèbre: _un drap mortuaire_. (Acad.) - -5. _Registre mortuaire_, registre où l'on inscrit les noms des -personnes décédées.--_Extrait mortuaire_, extrait qu'on tire de ce -registre. - -6. _Droits mortuaires_, droits perçus pour les cérémonies funèbres. - -7. _Mortuaire_, comme substantif, n'est pas français; ne dites donc pas -_la mortuaire_, pour _la maison, le domicile_ du défunt, de la défunte. - -=Mot=, s. m.: prononcez _mô_ et non _mote_. - -=Mote=, s. f., petit insecte; ce mot n'est pas français; dites _mite_, -s. f: _ce fromage est plein de mites_. - -=Motus=, interj., silence!--prononcez _motuce_. - -=Moucher=, v. a. et pr.--Ne dites pas: _je mouche vingt fois en une -heure_, mais, _je me mouche_. - -2. Ne dites pas non plus: _mouchez votre nez_, mais simplement, -_mouchez-vous_. - -3. Pourtant, on peut dire absolument, dans le même sens que s'il -était accompagné du pronom: _si cet enfant pouvait moucher, il serait -soulagé; il ne mouche presque point_. (Acad). - -4. On peut encore dire dans le sens absolu, _moucher, fatiguer_: _cet -enfant mouche beaucoup; ce cheval fatigue beaucoup_. - -5. Ne dites pas: _moucher une lumière_, mais _moucher une -chandelle_;--ne dites pas _émoucher_. - -=Moucheron=, s. m., bout de la mèche d'une chandelle allumée; ---_mouchures_, s. f. pl., ce qu'on a retranché ordinairement avec les -mouchettes.--_Moucheron_ se dit aussi de toute espèce de petite mouche, -mais _mouchette_, pour moucheron, n'est pas français. - -=Mouchettes=, s. f. pl., n'a pas de singulier: dites donc _les -mouchettes_ et non _la mouchette_ ni _l'émouchette_ ni _les -émouchettes_. - -=Mouchoir=, s. m., carré de toile qui sert à se moucher.--_Mouchoir -de cou_ se dit du fichu d'une femme; mais quand on parle d'un homme il -faut dire _cravate_ et non _mouchoir_ ni _mouchoir de cou_. - -=Moudre=, v. a.--Dites, _nous moulons, vous moulez, ils moulent, je -moudrai, il faut que je moule, il fallait que je moulusse_. - -=Moufle=, s. f., gros gant de cuir ou de laine où il n'y a pas de -séparation pour les doigts, excepté pour le pouce; prononcez _mou-fle_ -et non _moufe, moufèle_. - -=Moule=, s. f., mollusque bon à manger;--_moule_, s., est masculin, -quand il signifie un modèle creux donnant la forme déterminée à la -matière que l'on moule: _retirer un vase du moule_. - -=Moulin=, s. m.--Ne dites pas: _moulin à filer_; dites, -_rouet_:--prononcez _rou-et_ et non _rou-wet_. - -=Mourir=, v. n.--Ne dites pas: _il a été fait mourir_; dites, _il a -été exécuté, mis à mort; on l'a fait mourir_. - -2. Dites, _je meurs d'envie d'aller revoir mon pays_, et non, _je meurs -d'aller revoir mon pays_. - -=Mouron=, s. m., plante que l'on donne aux oiseaux; ne dites pas -_moron_. - -=Moussu, Mousseux=, adj.--_Moussu_ se dit de ce qui est couvert de -mousse;--_mousseux_, de ce qui mousse: _il a jeté une bouteille de -champagne mousseux sur ce rocher moussu_. - -=Moustache=, s. f.--Ce mot s'emploie généralement au singulier; ne -dites donc pas: _cet homme porte de longues moustaches_, mais, _une -longue moustache_; _il relève sa moustache_ et non _ses moustaches_; -_sa moustache grisonne_ et non _ses moustaches..._ - -=Moyen=, s. m., se dit, au pluriel seulement, des richesses, des -facultés pécuniaires: _je ne connais pas ses moyens; ses moyens ne sont -pas considérables_. (Ac.) - -2. Ne dites donc pas avec les wallons: _ce fermier a bien le moyen; -tu as bien le moyen de faire cette dépense_; dites, _ce fermier est -riche, a de la fortune; tes moyens te permettent de faire cette -dépense_.--Prononcez _moi-ien_ et non _moi-en_ ni _mo-ien_.--Voyez -_fortuné_. - -3. Ne dites pas: _les étrangers sont admis au moyen d'une légère -rétribution_; dites, _moyennant une légère rétribution_. - -=Moyennant que=, est une mauvaise expression qu'il faut remplacer par -_pourvu que, à condition que_;--_on vous donnera ce livre, pourvu que -vous soyez sage_ et non _moyennant que vous soyez sage_.--Prononcez -_moi-iènant_ et non _moi-ènan_, ni _mo-iènan, moi-ien-nan_. - -=Moyenné, ée=, adj.--Ne dites pas _un homme moyenné, un homme qui -n'est pas moyenné_; dites, _un homme riche, qui a de la fortune, qui -n'a pas de la fortune_.--Voyez _fortuné_. - -=Muffle=, s. m.--Ne dites pas: _c'est un muffle_; dites, _c'est un -orgueilleux, un vaniteux_.--_Muffle_ est une expression de bas étage. - -=Mufti=, s. m., le chef de la religion mahométane; on écrit aussi -_muphti_. - -=Mur=, s. m., clôture de pierres: prononcez l'_u_ bref;--_mûr_, adj. -(fruit), bon à cueillir; prononcez l'_u_ long; écrivez et prononcez de -même _mûrir, mûrement_. - -=Murailler=: voyez _emmurailler_. - -=Mûre=, s. f.--Ne dites pas: _feuilles de mûre_; dites, _feuilles -de mûrier_, comme on dit feuilles de chêne, de noyer, de vigne, -etc.--Voyez _orange_. - -=Muséum=, s. m., musée; l'Académie ne donne pas d'exemple du pluriel, -mais nous pensons qu'il faut écrire _des muséums_ avec l'_s_ comme on -écrit _des factums_: prononcez _muséome_ et non _musé-i-ome_. - -=Mustache=, n'est pas français; dites, _moustache_: _une moustache -noire_.--Voyez ce mot. - -=Mutuellement=, adv.--Ne dites pas: _ils se sont entre-nui, entraidés -mutuellement_; dites simplement, _ils se sont entre-nui, ils se sont -entraidés_. (Pléon. vicieux). - -=Myope, Presbyte.=--Une personne qui voit de près et non de loin, est -_myope_;--une personne, au contraire, qui voit de loin et non de près, -est _presbyte_. - - - - - N - - -=N.=--A la fin des mots, on doit faire sentir l'_n_ dans _abdomen, -Éden, hymen, le Tarn_ et dans tous les mots où elle est unie avec le -mot qui le suit, lorsque ce mot commence par une voyelle ou une _h_ -muette: ainsi, _ancien ami, vilain homme_ se prononcent _ancien n'ami, -vilain n'homme_.--Mais si l'_n_ se trouvait à la fin d'un _substantif_ -suivi immédiatement d'un adjectif commençant par une voyelle ou une _h_ -muette, on ne devrait point la prononcer: ainsi l'on dira, _une passion -aveugle_ et non _une passion n'aveugle_ ni _une passio n'aveugle_, -parce que le substantif n'est pas nécessairement lié avec l'adjectif -dans l'ordre grammatical. - -2. Il en est de même du mot _en_, soit préposition, soit -adverbe.--L'_n_ finale se fait sentir lorsque ce mot est suivi d'un -autre mot commençant par une voyelle ou une _h_ aspirée avec lequel -il a un rapport nécessaire, comme dans ces phrases: _agir en ami, -voyager en Allemagne_, que l'on prononce comme s'il y avait, _agir -en n'ami, voyager en n'Allemagne_.--Mais on dira: _allez-vous-en au -jardin, donnez-m'en un peu_, sans faire sentir l'_n_, parce que dans -ces phrases, le mot _en_ n'a pas un rapport nécessaire avec le mot qui -le suit. - -3. =Nn.=--Les deux _n_ se font sentir dans la prononciation de -_inn_ au commencement des mots, comme dans _inné, innover, innommé, -innombrable_, etc.; excepté _innocent_ et ses dérivés.--Elles se -font également sentir dans tous les mots qui sortent du langage -ordinaire, et dans les noms propres, tels que _annal_, adj., _annales, -annaliste, annate, biennal, bisannuel, conné, décennal, triennal, -vicennal, septennal, surannation; Anna, Annibal, Apennins, Brennus, -Cinna, Enna, Ennius, Porsenna_, etc.; mais _Cincinnatus_ se prononce -plus communément _Cinci-natuce_.--On prononce également les deux _n_ -dans _annuaire, annuel, annuité, annexe_, (l'Académie ne dit rien -d'_annexé_), _annihilation, annihiler, annoise, annoter, connexe, -connexion, connexité, annoter, annotation, annotateur, connivence, -ennéagone, henné_; et aussi dans _Jenny, Sennachérib_.--On ne prononce -qu'une _n_ dans les mots suivants: _banne, banneau, banner, banneret, -banneton, bannette, bannière, bannir, bannissable, bannissement_. -(HENNEBERT.) - -4. =N=, se redouble: 1º dans les mots commençant par le son _conn_ -suivi d'une voyelle, comme _connaître, connétable, connexe, -connivence_: il faut excepter _cône, conoïde_. - -2º Dans les terminaisons en _onner_, comme _couronner, tonner, -patronner_, etc.: on écrit cependant _détrôner_. - -3º En général _n_ se double devant une voyelle dans les dérivés -des mots terminés en on: _raison, raisonner_; _son, sonner, -résonner_; _pardon, pardonner_; _ton, entonner, détonner_ (sortir -du ton); _bon, bonne, bonnement_; _condition, conditionnel, -conditionnellement_.--Cette règle admet de nombreuses exceptions; -ainsi quoique _don_ fournisse _donner_, on écrit _donataire, donateur, -donation_; on écrit aussi _démoniaque_, qui dérive de _démon_; -_détoner_, (faire explosion) et _détonation_ (explosion); _limonade_ -de _limon_; _patronal, patronage_ de _patron_; _colonie, colonisation_ -de _colon_; _bonifier, bonification_ de _bon_; _cantonal_ de _canton_; -_national, nationalité_ de _nation_; _septentrional_ de _septentrion_; -_sonore_ de _son_; _bonheur, bonhomme_ de _bon_, etc. - -4º _N_ se double presque toujours après les voyelles _a, e, o_, quand -la syllabe est brève: _canne, colonne, méridienne_. - -5º Avec le son _en_ prononcé comme dans _moyen_, précédé d'un _i_ ou -d'un _y_, on double l'_n_ lorsqu'elle est suivie du son de l'_e_ muet: -_païen, païenne_; _il tient, ils tiennent_. - -5. Quand _n_ est redoublée, elle ne donne jamais à la voyelle -précédente le son nasal, si ce n'est dans _ennobli, ennui_ et leurs -dérivés.--Ainsi deux _nn_ ne servent qu'à rendre brève la syllabe -précédente: _anneau, année, innocent_ se prononcent comme s'il n'y -avait qu'une _n_. (SOULIER et SARDOU.) - -=Nacre=, s., matière blanche et brillante qui forme l'intérieur -d'un grand nombre de coquilles; ce mot est féminin: _de la -nacre_.--Prononcez _na-cre_ et non _nake_ ni _nakère_. - -=Naguère= ou =Naguères=, adv., il y a peu de temps. - -=Nain=, s., qui est d'une taille bien au-dessous de l'ordinaire; le -féminin est _naine_ et non _nine_: prononcez _nène_ et non _nain-ne, -nine_. - -=Naphte=, s. masculin, espèce de bitume très-subtil et très-ardent, -qui brûle dans l'eau: _du naphte_.--On le faisait autrefois du -féminin.--Prononcez _naf-te_ et non _nafe_. - -=Narrer=, v. a., raconter;--_narration, narratif, narrateur_:--dans -tous ces mots, faites entendre les deux _rr_. - -=Nasal, ale=, adj.--Quelques grammairiens disent que le pluriel -masculin est _nasals_; cependant l'Académie dit _os nasaux_. - -=Natal, ale=, adj.--Il se dit du lieu et de l'époque de la naissance: -_endroit natal, jour natal_.--Ce mot n'a pas de pluriel masculin -(Acad.); quelques grammairiens ont dit au pluriel _natals_. - -=Natif, ive=, adj., se dit des personnes en parlant du lieu où elles -ont pris naissance, et suppose ordinairement l'établissement fixe des -parents, l'éducation, etc.; à la différence de _né_, qui peut supposer -seulement la naissance accidentelle: _Grétry était natif de Liége_; -_Rubens est né_ (accidentellement) _à Cologne_. (Acad.) - -2. _Né natif_ est un sot pléonasme qui est assez commun chez les -personnes du peuple, mais qu'il faut éviter: _je suis natif de Namur_ -et non, _né natif de Namur_. - -=National, ale=, adj.--_Garde nationale_ et _garde national_: voyez -_garde_.--_National_ ne double pas l'_n_. - -=Naval, ale=, adj., qui est relatif aux vaisseaux de guerre; il -n'a point de pluriel suivant l'Académie; Laveaux, Levizac, etc.; -MM. Noël et Chapsal disent _navals_; Boinvilliers dit des _combats -navaux_.--Nous sommes de l'avis de l'Académie; on fait disparaître -la difficulté en remplaçant le substantif masculin par un synonyme -féminin: ainsi au lieu de dire _des combats navaux_, dites _des -batailles navales_. - -=Navet=, s. m., plante dont la racine sert à la nourriture des hommes -et des bestiaux; écrivez et prononcez _navet_ (_et_ bref) et non -_navai, navau_. - -=Navire, Vaisseau=, s. m.--_Vaisseau_ désigne un grand bâtiment de -guerre, un bâtiment de l'État;--_navire_ se dit plutôt des bâtiments -de commerce: on dira donc _un navire de soixante tonneaux, un vaisseau -de quatre-vingt-dix canons_.--Une frégate, un brick de guerre, une -gabarre même, ne sont pas des _vaisseaux_, ce sont des _navires_, ou -mieux des _bâtiments_. - -=Nayer= (=se=), =Se Nier=, v. p., ne sont pas français;--ne dites pas _ces -enfants se nayent, cette femme s'est nayée dans l'Ourthe_; dites, _ces -enfants se noient, cette femme s'est noyée..._ - -=Ne=, adv.--Il faut avoir soin de ne supprimer _ne_ que dans les -locutions reçues et autorisées; partout ailleurs ce sont de grossiers -solécismes.--Ne dites donc pas: _c'est délicat, point tortueux, -point cupide_; dites, _ce n'est point tortueux, ce n'est point -cupide_.--Prononcez _ne_ (_e_ muet) et non _nè_. - -2. _Ne... que_: voyez _seulement_. - -=Néanmoins=, adv., toutefois: prononcez _néan-moins_ et non _néamoins_. - -=Néant=, s. m.: prononcez _né-ant_ et non _né-iant_. - -=Nec-plus-ultra=, loc. adv., pour indiquer un terme qu'on ne peut -dépasser; on dit aussi, mais moins souvent, _non-plus-ultra_: -_l'Apollon du Belvédère est le nec-plus-ultra de la statuaire_. ---Prononcez _nèk-pluce-ultra, nonne-pluce-ultra_. - -=Nef=, s. f., navire (en style poétique); partie d'une église: _la -grande nef_.--Prononcez _nèfe_ et non _nève_. - -=Nèfle=, s. f., fruit du néflier; ne dites pas _messe_ pour -_nèfle_.--Prononcez _nèfle_ et non _nèfe_ ni _nèfèle_. - -=Négative=, s. f., proposition qui nie; mot qui sert à nier: _soutenir -la négative_.--Écrivez et prononcez _négati-ve_ et non _négatif_. - -=Négligemment=, adv., avec négligence; prononcez _néglijaman_ et non -_néglijan-man_. - -=Négoce=, s., trafic, commerce, est masculin: _un bon négoce_. ---Prononcez _négoce_ (_o_ bref). - -=Neige=, s. f.: prononcez _nei-ge_ et non _nei-che_. - -=Nenni=, mot invariable dont on se sert pour refuser; il n'est usité -que dans la conversation familière:--on prononce _nani_ et non _nèni_. - -=Néologie=, s. f., =Néologisme=, s. m.--_Néologie_, invention, emploi -de mots nouveaux;--_néologisme_, abus de la néologie.--Distinguez -et dites donc: _j'aime la néologie pleine de goût, dont Racine nous a -laissé tant d'exemples, mais je désapprouve le néologisme des poètes -romantiques_. - -=Nerf=, s. m., tendons des muscles.--L'_f_ ne se prononce pas -au pluriel; souvent même au singulier elle s'annule dans la -conversation.--On ne la prononce pas dans _nerf de boeuf_ où l'on ne -doit faire entendre que l'_f_ du mot _boeuf_.--Voyez ce dernier mot. - -=Nescio vos=, formule familière de refus, empruntée du latin; prononcez -_nes'cio voce_. - -=Net=, adj., propre, clair: prononcez _nète_ (_è_ bref); quelques-uns -prononcent _nè_ sans faire sentir le _t_. - -=Neuf=, nom de nombre.--L'_f_ de _neuf_ ne se prononce pas quand -il est suivi d'un substantif commençant par une consonne: _neuf -plumes, neuf livres_ (_neu plumes, neu livres_).--On la prononce, au -contraire, quand elle n'est suivie d'aucun mot, ou lorsqu'elle n'est -suivie ni d'un adjectif ni d'un substantif: _ils ne sont que neuf; -neuf et demi; ils étaient neuf en tout_.--Quand _neuf_ est suivi d'un -substantif qui commence par une voyelle ou une _h_ muette, on prononce -l'_f_ comme un =v=: _neuf écus, neuf ans, neuf hommes_ (_neuv écus, -neuv ans, neuv hommes_). - -2. =Neuf, euve=, adj., nouveau, se place après le substantif: _des -habits neufs, des souliers neufs_, et non _de neufs habits, de neufs -souliers_. - -3. Les flamands sont exposés à confondre les adjectifs _neuf, nouveau, -moderne_, attendu qu'ils rendent dans leur idiome ces trois mots par -le même adjectif; l'usage leur apprendra mieux que les règles l'emploi -de ces trois adjectifs; ainsi on doit dire: _un habit neuf, une maison -neuve, une nouvelle mode, un auteur moderne_, etc. - -4. Remettre, refaire un tableau, un bâtiment _à neuf_, c'est réparer -le tableau, le bâtiment; mais habiller quelqu'un _de neuf_, c'est lui -donner des habits entièrement neufs.--Faites sentir l'_f_ du masculin -_neuf_, au singulier et au pluriel, _neufe_ et non _neu_. - -=Neuvaine=, s. f., prière pendant neuf jours: ne dites pas -_neuvaime_.--Prononcez _neuvène_ et non _neuvain-ne_. - -=Neveu=, fait au féminin _nièce_ et non _neveuse_ ni _niége_. - -=Ni=, adv.--Ne dites pas: _et moi non plus_; dites, _ni moi non plus_. - -2. =Ni.=--Il faut éviter de prononcer _ni_ dans le corps d'un mot -comme _gni_: vous direz donc _ma-nière, la-nière, pa-nier, opi-nion, -cordon-nier, doua-nier, jardi-nier, commu-nier, commu-nion, ma-niaque, -nous don-nions, vous pardon-niez_, etc., et non, _ma-gnière, -la-gnière, pa-gnier, opi-gnion, cordon-gnier, doua-gnier, jardi-gnier, -commu-gnier, commu-gnion, ma-gniaque, nous don-gnions, vous -pardon-gniez_. - -=Niais, aise=, adj., sot, simple: prononcez _ni-è_ et non _ni-ïè_. - -=Nichet=, s. m., oeuf que l'on met dans un nid préparé pour la ponte -des poules; ne dites pas _niau_. - -=Nier=, v. a.--Ne dites pas: _je me suis fait nier_, pour signifier -que vous avez recommandé de dire que vous étiez sorti; dites avec -l'Académie, _je me suis fait céler_.--Prononcez _ni-er_ et non -_ni-ier_. - -=Nieule, Nule=, sont des barbarismes; dites _pain à cacheter_. - -=Nigaude, aude=, adj., sot et niais; ne dites pas _nigot_: prononcez -_nigô_ (_ô_ long). - -=Nitouche= (=sainte=), s. f., personne qui affecte des airs d'innocence, -de simplicité, de dévotion: _c'est une sainte-nitouche_;--ne dites pas -_sainte-mitouche_. - -=Noble épine=, s. f., arbrisseau épineux; il faut dire _aubépine_. - -=Noce=, s. f.--Lorsque ce mot signifie _mariage_, il ne se dit -qu'au pluriel: _il épousa une telle en premières noces, le jour de -ses noces_.--Lorsqu'il désigne le festin, les réjouissances qui -accompagnent le mariage, il se dit aussi bien au singulier qu'au -pluriel: _une noce de village; repas de noce, habits de noces; j'ai été -aujourd'hui à la noce, il n'a pas voulu faire de noces_.--Lorsqu'il -signifie toute l'assemblée, toute la compagnie qui se trouve à la noce, -il ne s'emploie qu'au singulier: _après le dîner, toute la noce s'est -dispersée_. - -2. Écrivez noce sans accent circonflexe et prononcez _noce_ (_o_ bref) -et non _nôce_. - -=Noël=, s. m., fête de la Nativité de N. S. J.-C.;--quoique ce mot -soit masculin, on peut dire _à la noël_ en sous-entendant le mot fête; -on dit également _à Noël_. - -2. _Un Noël_ est un cantique spirituel en l'honneur de la Nativité de -N. S. J.-C. - -3. Prononcez _noël_ (_oë_ diphth.) et non _no-èle_ ni _no-iêle, noéle_. - -=Noeud=, s. m.--Le _d_ ne se prononce pas, même devant une voyelle: -_un noeud indissoluble_. - -=Noir, e=, adj.--Ne dites pas: _il est noir de teint, de peau_; dites, -_il a le teint noir, ... la peau noire_. - -2. Ne dites pas _du café noir_; dites _du café à l'eau_, comme on dit -_café au lait, café à la crème_. - -=Noix, Noisettes.=--Ne dites pas: _ces noix, ces noisettes ont -d'excellents noyaux_, pour désigner la graine bonne à manger contenue -dans l'écale; dites _amande_:--_ces noisettes ont de petites amandes; -ces noix ont les amandes fort dures_ (et non _les noyaux_).--Voyez -_noyau_. - -=Nombre= (=noms de=).--Quand on écrit un nombre en toutes lettres, on met -un ou plusieurs traits d'union entre les adjectifs qui le composent, -depuis _dix-sept_ jusqu'à _quatre-vingt-dix-neuf_, excepté entre les -adjectifs _vingt, trente, quarante, cinquante, soixante_, et l'adjectif -_un_, qui s'unissent au moyen de la conjonction _et_: ainsi on écrit: -_vingt et un ans_, _vingt-deux, vingt-trois_, etc., _trente et un, -trente-deux, quarante et un, quarante-deux_, etc., et ainsi de suite -jusqu'à _quatre-vingts, quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux_, etc.--Mais -au-delà de _quatre-vingt-dix-neuf_, on n'emploie ni conjonction ni -trait d'union; on dit et on écrit: _cent un, cent deux, cent dix-sept, -cent vingt et un, trois cent soixante-dix_, etc.--Cependant au lieu de -_soixante-dix, soixante-onze_, etc., on dit aussi, et c'est mieux pour -l'euphonie, _soixante et dix, soixante et onze_, jusqu'à _soixante et -dix-neuf_. (Acad.) - -=Nonante, Octante, Septante.=--Ces mots ont vieilli; _octante_ même -n'est plus du tout en usage.--On les remplace par _quatre-vingt-dix, -quatre-vingts, soixante-dix_.--Cependant en arithmétique, on peut -encore faire faire usage de _nonante_ et de _septante_. - -=Non fait=, est un barbarisme; cependant on dit très-bien _si fait_ -dans la conversation familière: _je crois qu'il n'y a pas été.--Si -fait, il y a été_. - -=Non-pair, non-paire=, adj.--On dit plutôt _impair_: _un nombre -impair_. - -=Non pas=, est une négation renforcée, équivalant à _non, non_; mais il -ne peut pas s'employer pour _n'est-ce pas_. - -2. _J'ai reçu une lettre non affranchie_;--ne prononcez pas _non -n'affranchie_, mais _non affranchie_. - -=Nord=, s. m.--Le _d_ ne se prononce pas; il ne sonne pas non plus -dans _nord-ouest, nord-est_ (_nor-oueste, nor-este_). - -=Nos, Vos=, adj. poss.: prononcez _nô, vô_ (_ô_ long) et non _no, vo_ -(_o_ bref). - -=Nota=, s. m., mot latin qui signifie _remarquez, faites attention_; on -dit aussi _nota bene_ (_notabéné_). - -=Notariel=, adj.--Ne dites pas _un acte notariel_; dites _un acte -notarié_:--_notariel_ n'est pas français. - -=Notion=, s. f., connaissance: prononcez _nôcion_. - -=Notre, votre=, adj. poss., =le nôtre, le vôtre=, pron. poss.--On les -distingue dans la prononciation: ainsi _notre papier, votre plume_ se -prononcent _notre, votre_, (_o_ bref), tandis que dans _le nôtre, le -vôtre, les nôtres, les vôtres_, _ô_ est long:--prononcez _no-tre, -vo-tre_, etc., et non _note, vote_ ni _notère, votère_, etc. - -=Nourri.=--Ne dites pas: _vous êtes un mal nourri_; dites, _... un mal -élevé_. - -=Nous=, pron. pers.--Il est quelquefois employé dans le sens de _je_ ou -_moi_: ainsi dans les ordonnances le roi dit: _nous ordonnons_;--les -évêques, les personnes qui ont quelque autorité et les auteurs, -lorsqu'ils parlent d'eux-mêmes, se servent également de cette forme: -_nous mandons, nous déclarons, nous certifions, nous livrons au public -le fruit de longues veilles_.--Dans tous ces cas, les adjectifs, les -participes dépendant de _nous_, se mettent au singulier et non au -pluriel; _nous avons été critiqué injustement; nous serons juste envers -nos adversaires; nous nous sommes décidé à prendre cette mesure_, etc. - -2. Il en est de même du pronom _vous_ employé pour _tu, toi_. - -3. Ne dites pas: _c'est nous qui ont, c'est nous qui sont_, etc.; -dites, _c'est nous qui avons, c'est nous qui sommes_. - -4. _Nous autres, vous autres_: voyez _autre_. - -=Nouveau, Nouvel, elle=, adj.--_Un habit nouveau_, est un habit à la -mode nouvelle; _un nouvel habit_, est un habit nouvellement fait ou -nouvellement porté.--_Un habit neuf_ est un habit qui vient d'être -fait. - -2. L'adjectif _nouveau_, placé devant le substantif, éveille l'idée -de certains objets analogues à ceux que va désigner le substantif; il -exprime un rapport d'ordre, de succession, de nombre.--Placé après le -substantif, il équivaut à _récent_, ou spécifie une chose inconnue -jusque-là dans son genre.--On va chercher dans une bibliothèque de -_nouveaux_ livres; on reçoit d'un auteur un livre _nouveau_.--_Une -nouvelle faute_, c'est une dernière faute ajoutée à des fautes -antérieures;--_une faute nouvelle_, c'est une faute dans un genre -nouveau. - -3. Un _nouveau vin_ est un vin mis nouvellement en perce; un _vin -nouveau_ est un vin de l'année. - -=Noyau=, s. m., partie dure et ligneuse d'un fruit, abricot, -cerise, etc., qui contient une _amande_;--_l'amande_, est la graine -contenue dans _le noyau_; on mange _l'amande_ et non _le noyau_ de -la noisette, de l'aveline, etc.--Les wallons disent souvent _noyau_ -pour _amande_.--_Pierre, pierrette, pirette_, dans le sens de -_noyau_, ne sont pas français.--Prononcez _noi-ieau_ et non _no-ieau, -noi-au_.--Voyez _noix_. - -=Nu, nue=, adj.--Il est invariable, lorsqu'il précède le substantif: -_nu-tête, nu-jambes, nu-pieds_.--Cependant en terme de jurisprudence, -on dit _la nue propriété_, c'est-à-dire, la propriété du fonds dont un -autre a l'usufruit.--_Nu_, placé après le substantif, prend le genre -et le nombre du nom: _la tête nue, les pieds nus_. - -=Nuit=, s. f., _nuitée, nuitamment, nuire, nuisible_;--_ui_ forme -une diphthongue, laquelle ne compte dans les vers que pour une -syllabe;--prononcez donc _nuit, nuire_, etc., et non _nouit, nouire_ ni -_nu-it, nu-ire_.--V. _ui_. - -2. Ne dites pas: _il était dix heures à la nuit ou de la nuit_; dites, -_il était dix heures du soir_. - -3. Ne dites pas: _j'ai rêvé, je me suis éveillé de la nuit_; dites, -_pendant la nuit_ ou _la nuit_. - -4. Dites, _bonne nuit_ et non _bon soir_, lorsque vous prenez congé de -quelqu'un au moment d'aller vous coucher, autrement dites _bonsoir_ et -non _bonne nuit_: _la bonne nuit_, ne se dit pas. - -=Nul, nulle=, adj.; voyez _aucun_. - -=Nullité=, s. f., défaut qui rend nul: prononcez _nul'lité_ (en faisant -sentir les deux _ll_). - -=Numéro=, s. m., plur. _numéros_: prononcez _numéro_ et non _numèro, -numero_. - - - - - O - - -=O.=--L'_o_ marqué de l'accent circonflexe, est toujours long: -_alcôve, côte, diplôme, hôte_, excepté dans _hôtel, hôtellerie, rôti_ -et autres dérivés de _rôt_, lequel a conservé l'_ô_ long, ainsi que -dans _prévôtal, prévôtale, prévôtalement, hôpital_.--Voici la liste -d'un certain nombre de mots qui se prononcent avec l'_o_ long, bien que -la plupart d'entre eux ne portent pas toujours l'accent circonflexe: -_atome, axiome, enjôleur, fosse, fossé, geôle, godron, grosil, idiome, -motus, odeur_ (mais non _odorat_, _odoriférant_), _ôter, prône, prôner, -rapsode, rapsodie, symptôme, tome, zone_.--Les noms propres _Ancône, -Brantôme, Cobourg, Durosoy, Joseph, Rhône, Saône_, et les dérivés, -suivent la même prononciation. (HENNEBERT.)--Ajoutons que plusieurs -grammairiens prononcent _Joseph_, _o_ bref. - -=Oasis=, s. f., espace qui dans un désert de sable, offre de la -végétation; ce mot est féminin: _la grande oasis_.--Prononcez _oazice_ -et non _owazice, oazi_. - -=Obéissance, Soumission.=--La première est une conséquence de la -seconde;--la _soumission_ est dans la volonté et _l'obéissance_, -dans l'action: _celui qui se soumet à Dieu, obéit à sa volonté_: ---_obéissance_ ne s'emploie pas au pluriel.--Prononcez _obé-issance, -obé-ir_ et non _obéi-issance, obéi-ir_. - -=Obéré de dettes=, (pléon.)--_Obéré_ est tiré d'un mot latin qui -signifie _endetté_; il faut donc dire _obéré_ tout simplement, ou -_perdu de dettes, chargé de dettes_: _ce négociant est fort obéré_. - -=Obit=, s. m., service pour le repos de l'âme d'un mort: prononcez -_obite_. - -=Obliger=, devant un infinitif, demande _à_ ou _de_, lorsqu'il signifie -engager, contraindre: _l'envie de parvenir l'a obligé d'étudier; -vous m'obligerez à me fâcher_.--Il prend _de_, lorsqu'il veut dire, -rendre service, et lorsqu'il est employé au passif: _vous m'obligeriez -beaucoup d'aller lui parler; il fut obligé de sortir; je serai obligé -de vous punir_,--_S'obliger_ demande _à_: _prêtez-moi ce livre, je -m'oblige à vous le rendre_ (et non _de vous le rendre_) _dans deux -jours_. - -=Obliquité=, s. f., inclinaison; prononcez _oblikité_ et non -_oblikuité_. - -=Obsèques=, s. f. pl., funérailles solennelles.--Ce mot est féminin et -n'a pas de singulier; dites donc, _on lui a fait de belles_ (et non _de -beaux_) _obsèques; on a célébré des obsèques solennelles_ (et non _un -obsèque solennel_ ni _des obsèques solennels_.) - -2. Prononcez _ob-sèques_ et non _ob-zèques_. - -=Observer=, v. a,--Lorsque _observer_ s'emploie dans le sens de -_remarquer_, ce qui arrive souvent, il doit se construire comme ce -verbe: ainsi, puisqu'on ne dit pas, _je vous remarque que..._, mais -_je vous fais remarquer que_, on ne dit pas non plus, _je vous observe -que_, mais _je vous fais observer que_:--_je vous fais observer que -vous êtes dans l'erreur_, et non, _je vous observe que vous êtes dans -l'erreur_. - -2. Quelques personnes disent aussi, _faire une observation_, dans le -sens _de faire remarquer, de faire observer_; cette manière de parler -est incorrecte, car on ne peut pas plus dire _faire une observation à -quelqu'un_, qu'_observer à quelqu'un_;--il faut dire, _je vous ferai -faire cette observation; je vous prie de faire cette observation_. - -3. Prononcez _ob-cerver_ et non _ob-zerver_. Voyez _remarquer_. - -=Obtenir=, v. a., se faire accorder: prononcez _obtenir_ (_e_ muet) et -non _obtènir_. - -=Obus=, s. m., petite bombe: prononcez _obuze_. (Acad.) - -=Occiput=, s. m., le derrière de la tête: prononcez _ok-'cipute_. - -=Occuper=, v. a.--Ne dites pas, _il est occupé à mourir_; dites, _il -est près de mourir, sur le point de mourir_. (Flandr.) - -2. Ne dites pas: _il est occupé après ce travail depuis quinze jours_; -dites, _il est occupé à ce travail_. (Flandr.) - -3. On dit, _il est occupé à écrire_ et non _d'écrire_. - -4. _Occuper à_ (_s'_), _s'occuper de_.--_S'occuper à quelque chose_, c'est -y travailler: _il s'occupe à son jardin; il s'occupe à détruire les -abus_.--_S'occuper de quelque chose_, c'est y penser ou chercher les -moyens d'y réussir: _il s'occupe de son jardin; il s'occupe de détruire -les abus_.(Acad.) - -=Occurrence=, s. f., rencontre; prononcez _ocur'rence_. - -=Octave=, s., est féminin: _une octave solennelle_;--prononcez -_octa-ve_ et non _octa-fe_. - -=Octavo= (=in=): voyez _in-douze_. - -=Oculer=, signifie, greffer et ne se dit pas dans le sens de -communiquer une maladie par le virus; dites donc, _il faut faire -inoculer le vaccin à cet enfant_, et non _oculer_. - -=OEcuménique=, adj., universel: concile oecuménique;--_oe_ se prononce -_é_, ainsi que dans _oecuménicité, oecuméniquement_. - -=OEil=, (et non _oeuil_), s. m., organe de la vue.--On prononce -_euille_ (_ll_ mouillées); le pluriel est _yeux_; excepté dans -_oeils-de-boeuf_, fenêtres de forme ronde ou ovale (on prononce l'_f_ -de _boeuf_); _oeils-de-chat, oeils-de-serpent_, etc., noms de pierres -précieuses; _oeils-de-bouc_, coquillages; _oeils-de-chèvre_, plantes; -_oeils-d'or_, poissons, etc. - -2. Le pluriel _yeux_ se dit de certains trous qui se trouvent dans la -mie de pain et dans plusieurs espèces de fromage: _un pain qui a des -yeux, de grands yeux; un fromage qui n'a pas d'yeux_,--Il se dit aussi -de certaines marques de graisse qu'on aperçoit dans le bouillon: _ce -bouillon est très-gras, il a beaucoup d'yeux_. (Acad.) - -3. _Entre quatre yeux_, loc. adv., tête à tête: on prononce -ordinairement (mais on n'écrit jamais) _entre quatre-z-yeux_. -(Acad.)--Malgré l'autorité de l'Académie, nous ne conseillons pas de -prononcer ainsi cette phrase; nous ne voyons pas du reste ce que la -prononciation régulière, _quatre yeux_, peut avoir de désagréable à -l'oreille. - -=OEuf=, s. m.--L'_f_ ne se prononce qu'au singulier: _un oeuf_ -(_oeufe_), _des oeufs_ (_oeu_);--il en est de même du mot _boeuf_: -voyez ce mot. - -=OEuvre=, s., est _féminin_, quand il signifie une production de -l'esprit, une action morale, etc.: _les bonnes oeuvres sont commandées -par la charité; les oeuvres de Corneille sont belles et nobles_.--Il -est _masculin_, quand il signifie le recueil de toutes les estampes -d'un même graveur ou les ouvrages d'un musicien: _avoir tout l'oeuvre -de Hollar, de Callot_, etc.; _le premier, le second oeuvre de Grétry, -de Gevaert, de Grisard_.--On dit aussi le _grand oeuvre_, pour -désigner, en terme d'alchimie, la _pierre philosophale_, c'est-à-dire -la prétendue transmutation des métaux en or: _c'est un fou qui veut -trouver le grand oeuvre_. - -2. _Mettre en oeuvre_, se dit des choses et non des personnes; ne dites -donc pas: _je mets beaucoup d'ouvriers en oeuvre_; dites, _j'emploie -beaucoup d'ouvriers_. - -3. Prononcez _eu-vre_ (_eu_ bien ouvert) et non _eufe, oeuvère_. - -=Office=, lieu où l'on fait, où l'on prépare tout ce qui se met sur -la table pour le dessert, et dans lequel on garde le linge et la -vaisselle; il est _féminin_ dans ce sens: _une grande office_.--Dans -les autres acceptions, _office_ est masculin: _de bons offices, un -office solennel_. - -=Officine=, s. f., se dit quelquefois, chez les pharmaciens, pour -_laboratoire, boutique_. - -=Offre=, s., action d'offrir.--On l'a fait autrefois du masculin, -mais aujourd'hui il est toujours du féminin: _une offre -avantageuse_.--Prononcez _o-fre_ et non _ofe, ofère_. - -=Offrir=, v. a., devant un infinitif, demande la préposition -_de_;--_s'offrir_ prend _à_ ou _de_:--_il offre d'acheter_ (et non _à -acheter_) _ma maison à tel prix; il s'est offert de bonne grâce à y -aller_ ou _d'y aller_. - -=Ogre=, s. m., monstre qu'on suppose se nourrir de chair humaine: -_manger comme un ogre_;--le féminin est _ogresse_.--Prononcez _o-gre_ -et non _oke, oguère_. - -=Oie, Oye= (_terminaisons en_).--Les wallons font en général trop -sentir l'_i_ et l'_e_: ils prononcent, par exemple, _voi-ïe, soi-ïe, -j'envoi-ïe, que je croi-ïe, fourvoi-ïement_, etc.--_Oi_ suivi d'un _e_ -muet, devient une syllabe longue, mais on ne doit pas faire sentir un -second _i_ ni même l'_e_ muet: prononcez simplement _voî_ (_oî_ long), -_soî, j'envoî, que je croî, fourvoî-ment_.--Il en est de même de _aie, -aye, ée, ie, oue, ue_, etc. - -=Oignon=, s. m.--Prononcez _ognon_ en supprimant l'_i_; quelques-uns -même écrivent _ognon_ (Acad.): prononcez de même _ognonet, ognonière_. - -=Oiseleur, Oiselier=, s. m.--_L'oiseleur_, est celui qui -fait métier de prendre des oiseaux: il n'a point de féminin -correspondant.--_L'oiselier_, est celui dont le métier est d'élever, de -vendre des oiseaux. - -=Oiseux, Oisif=, adj.--_Oiseux_, qui par goût ou par habitude ne fait -rien ou ne fait que des riens: _gens oiseux et fainéants_.--Il se -dit aussi des choses et signifie inutile, vain, qui n'est bon à rien, -ne sert à rien: _des disputes, des questions oiseuses; une épithète -oiseuse_.--_Oisif, ive_, qui ne fait rien, qui n'a point d'occupation: -_un homme oisif_. - -2. On dit _vie oisive_, pour signifier la vie d'une personne -oisive.--Le premier se dit plus particulièrement des choses et le -second des personnes. - -=Olibrius=, s. m., étourdi qui fait l'entendu, qui se donne des airs: -prononcez _olibriuce_. - -=Ombreux, Ombragé, Ombrageux, Ombré=, adj.--_Ombreux_, où il -y a beaucoup d'ombre, qui fait de l'ombre; _forêt, vallée -ombreuse_;--_Ombragé_, qui fait de l'ombrage, _un superbe marronnier -ombrage sa maison; chemin ombragé d'ormes_.--_Ombrageux_ ne se dit au -propre que des chevaux, des mulets, etc., qui sont sujets à avoir peur -et à s'arrêter ou à se jeter subitement de côté quand ils voient leur -ombre ou quelque objet qui les surprend. - -2. _Ombrageux._--Il se dit figurément des personnes qui prennent trop -légèrement des soupçons, de l'ombrage sur des choses qui les regardent, -qui les intéressent: _c'est un homme fort ombrageux_. (Acad.) - -3. _Ombré_ est un terme d'art; il indique qu'on a représenté -non-seulement les linéaments des corps, mais les accidents d'ombre ou -de lumière: _tête ombrée, dessin ombré_. - -=On, L'on.=--_L'on_ ne s'emploie généralement que pour éviter un -concours désagréable de sons ou bien un hiatus; voilà pourquoi on -l'emploie plus particulièrement après _qui, que, quoi, et, si, ou, -où_;--il vaut mieux dire: _de qui l'on parle; si l'on dit; et l'on -croit; on se tait ou l'on parle bien; le pays où l'on va_, que de -dire: _de qui on parle; si on dit; et on croit; on se tait ou on parle -bien; le pays où on va_.--Cependant si le pronom était suivi d'un mot -commençant par la lettre _l_, il faudrait se servir de _on_ pour éviter -la rencontre de deux _l_: _si on lui dit, à qui on lit_, et non, _si -l'on lui dit, à qui l'on lit_.--_On_ doit toujours être préféré à -_l'on_ au commencement d'une phrase: _on rapporte_ (et non _l'on_) _que -l'empereur Nicolas penchait plutôt vers la guerre que vers la paix_. - -2. _On_ ne se dit que des hommes et jamais de Dieu; ainsi, au lieu de -dire: _au jour du jugement, on nous demandera compte du bien et du mal -que nous aurons fait_, dites: _Dieu nous demandera compte..._ - -=Oncle=, s. m.--Dites, _un tel est mon oncle_ et non _mon -mononcle_.--Prononcez _on-cle_ et non _onke, onkèle_. - -=Ongle=, quoique anciennement féminin, est aujourd'hui masculin: _avoir -les ongles trop longs et_ non _trop longues_.--Prononcez _on-gle_ et -non _onke, on-cle, onguèle_. - -=Onglet=, s. m., morceau d'étoffe ou de peau qui sert à couvrir le -doigt:--le mot _onglet_ n'a pas cette signification, il faut dire -_doigtier_. - -=Onze=, adj. num. card., qui se prend aussi substantivement.--Quoique -ce mot commence par une voyelle, il arrive quelquefois, et surtout -quand il est question de dates, qu'on prononce et qu'on écrit sans -élision l'article ou la particule qui le précède: _le onze du mois; de -onze qu'ils étaient, il en est mort dix; de vingt il n'en est resté -que onze_.--On dit aussi dans la conversation familière: _il n'en est -resté qu'onze_. - -2. Quand _onze_ est précédé d'un mot qui finit par une consonne, on ne -prononce pas plus la consonne finale que s'il y avait une aspiration: -_vers les onze heures; ils étaient onze_. - -3. Prononcez _on-ze_ et non _on-ce_. - -=Onzième=, adj. num. ord., se prend aussi substantivement.--La -première syllabe est ordinairement aspirée: _le onzième du mois; dans -sa onzième année; le cinq du onzième mois; il vivait au onzième siècle; -il a deux onzièmes dans cette affaire; il est le onzième sur la liste_; -quelques-uns disent _l'onzième_. (Acad.) - -2. Prononcez _onziè-me_ et non _onzièm-me_; prononcez de même -_deuxième, troisième, quatrième, vingtième_, etc. - -=Ophicléïde=, s. m., instrument de musique:--prononcez _ophiclé-ide_ -et non _ophicleite, ophiclé-ite_. - -=Ophtalmie=, s. f., maladie des yeux: prononcez _oftalmî_ et non -_optalmi-ïe_ ni _optalmî_. - -=Opuscule=, petit ouvrage, est masculin: _l'auteur de cet opuscule -fameux est un tel_. - -=Or=, s. m., ne se dit au pluriel que pour signifier les différentes -couleurs que l'on peut donner à l'or; _une boite de deux ors; des ors -de différentes couleurs_. (Acad.) - -=Orage=, est masculin: _les orages ont été fréquents cette année_. - -2. Ne dites pas _une tempête orageuse_ (pléon. vic.); dites simplement -_tempête_, parce qu'une tempête est toujours orageuse. - -=Oral, ale=, adj., qui est dit de vive voix.--Il n'est guère usité au -féminin qu'avec les substantifs _loi, tradition_ et au masculin avec -les substantifs masculins _enseignement_ et _examen_: il ne s'emploie -donc pas au pluriel. - -=Orange=, s. f.,--Quoiqu'on doive dire _des fleurs de fraisier, des -fleurs de pêcher_ et non _des fleurs de fraise, de pêche_, l'Académie -écrit cependant _un bouquet de fleurs d'orange_; et au mot _eau_, on -lit cet exemple: _eau de fleur d'orange_, où le mot _fleur_ est du -singulier.--Prononcez _orange_ et non _oranche_.--Voyez _fleur_. - -=Orang-outang=, s. m., grand singe à face humaine; le pluriel est -_orangs-outangs_.--Prononcez _oran-outan_; quelques-uns prononcent -_orangue-outan_. - -=Orateur=, n'a point de féminin: _une femme orateur; les passions sont -les seuls orateurs qui persuadent toujours_. - -=Oratorio=, s. m., petit drame en musique dont le sujet est tiré de -l'Écriture-Sainte; on peut écrire des _oratorios_ comme on écrit des -_duos_. - -=Orchestre.=--Autrefois on faisait ce mot du féminin; aujourd'hui -on ne le fait plus que du masculin:--prononcez _orkes-tre_ et non -_orkesse, orkestère_; prononcez de même _orchestrer, orchestration, -orchestique_. - -=Ordonner=, suivi d'un infinitif, demande la préposition _de_: _je lui -ai ordonné de_ et non _à sortir_. - -=Oreillette=, n'est pas français; dites _des boucles d'oreilles, des -pendants d'oreilles_.--On dit _les oreillettes du coeur_. - -=Orémus=, s. m., prière, oraison; _dire des orémus_.--Prononcez -_orémuce_. - -=Organe=, est masculin: _un bel organe_, et non _une belle organe_. - -=Orge=, est _féminin_: _voilà de belle orge, de belles orges_.--Il est -_masculin_ dans les deux expressions suivantes: _orge mondé_, orge bien -nettoyée; _orge perlé_, orge réduite en petits grains dépouillés de -leur son.--Prononcez _or-ge_ et non _or-che_. - -=Orgeat=, s. m., boisson rafraîchissante: prononcez _orja_. - -=Orgelet=, s. m., (ou _grain d'orge_), petite tumeur inflammatoire sur -le bord libre des paupières:--_j'ai un orgelet à l'oeil gauche_. - -=Orgue=: voyez _délice_. - -=Orgueil=, s. m.--L'_l_ finale est mouillée et ce mot se prononce -comme _deuil_; ne dites pas _orgheil, orghueule_: prononcez de même les -dérivés _orgueilleux, orgueilleusement, s'enorgueillir_. - -=Ormeau=, s. m., arbre; ne dites pas _un vieil ormeau_; dites, _un -vieil orme_;--les _ormeaux_ sont de jeunes ormes. - -=Ornière=, s. f., trace de roue de voiture: prononcez _or-nière_ et non -_or-gnière_.--Voyez _ni_. - -=Orteil=, s. m., doigt de pied: _se dresser sur ses orteils_;--il se -dit particulièrement et le plus souvent du gros doigt de pied: _avoir -la goutte à l'orteil, au gros orteil_: prononcez _orteille_ (_l_ -mouillée) et non _ortelle_. - -=Orthographier=, v. n.: _il sait bien orthographier_;--ce mot ne vient -pas _d'orthographe_ mais _d'orthographie_, qui est le nom ancien de -cette science;--ne dites pas _orthographer_. - -=Os=, s. m., partie dure du corps: prononcez _ô_ (long) et non _oce_; -on ne fait sentir l'_s_ que devant une voyelle où il sonne comme _z_: -_un amas d'os et de chair_.--Les _ossements_ sont un amas d'os. - -=Osciller=, _oscillation, oscillatoire_: on prononce les deux _ll_ sans -les mouiller. - -=Osier, Hart.=--_L'osier_ est un arbrisseau de la famille des -saules:--une _hart_ est un brin d'osier, de saule ou de tout autre bois -pliant: _lier avec de l'osier; délier la hart_ (et non _l'osier_) _d'un -fagot_.--Prononcez _hare_ (_h_ aspirée). - -=Où=, adv.--Ce mot ne peut jamais être employé pour _que_: ne dites -pas, _c'est là où je demeure_; dites, _c'est là que je demeure_; ne -dites pas, _c'est là où je vais_; dites, _c'est là que je vais_. - -2. Ne dites pas: _c'est le monsieur où je vais_; dites, _chez qui, chez -lequel je vais_. (Flandr.) - -3. Ne dites pas: _voici le verre où j'ai bu dedans_; dites, _voici le -verre dans lequel j'ai bu_. (Wall.) - -4. Ne dites pas: _la ville où nous y entrâmes deux jours après_; dites, -_la ville où nous entrâmes_ ou bien _et nous y entrâmes_, car _où_ -signifie _dans laquelle ville_ et _y_ signifie _dans cette ville_;--les -deux mots ensemble veulent donc dire _nous entrâmes dans laquelle -ville, dans cette ville_. - -5. Ne dites pas: _j'irai où que vous voudrez_; dites, _j'irai où vous -voudrez_. (Wall.) - -6. Ne dites pas: _il ne se passait pas de semaine où je n'allasse à -Liége_; dites, _que je n'allasse à Liége_. - -7. Ne dites pas: _où est-ce que vous êtes? où est-ce que cela est? où -est-ce que c'est que cela est?_--dites, _où êtes-vous, où cela est-il, -où est cela_. - -8. _Ou_, conj.:--_sept ou huit personnes_: voyez _à_. - -9. _Où_, adv. s'écrit avec un accent grave; et _ou_ conjonct., s'écrit -sans accent. - -=Ouate=, s. f., =Ouater=, v. a.--On prononce _ouète, ouèter_ -(_wète, wèter_), dit l'Académie;--nous pensons néanmoins que cette -prononciation est moins en usage que _ouate, ouater_ (_wate, water_). - -2. Les auteurs étant partagés sur la question de savoir si _ou_ est -aspiré ou non, nous croyons que l'on peut dire indifféremment _de la -ouate_ ou _de l'ouate_; l'Académie du reste donne des exemples de l'une -et de l'autre orthographe. - -=Oubli=, s. m., action d'oublier, ne s'emploie pas au pluriel. - -2. _Oublie_, s. f., sorte de pâtisserie fort mince et de forme ronde: -prononcez _oublî_ (_î_ long) et non _oubli-ïe_;--prononcez de même -_oublier, j'oublî(e), j'oubli-ais, j'oublî-(e)rai_ et non _oubli-ïer, -j'oubli-ïe, j'oubli-ïais, j'oubli-ïerai_. - -=Oublier à=, vieillit (Acad.): ainsi au lieu de dire: _il a oublié à -lire et à écrire_; dites, _il ne sait plus lire ni écrire_.--_Oublier -à_ signifie perdre l'usage, l'habitude; _oublier de_ veut dire perdre -le souvenir de quelque chose: _oublier à chanter, à écrire; j'ai -oublié d'apprendre ma leçon_. - -=Oublieux=, adj., =Oublieur=, subs. m.--_Oublieux_, qui est sujet à -oublier: _les vieillards sont oublieux_;--_l'oublieur_ est celui qui -fait ou vend des oublies:--_oublieur_ se prononce _oublieux_. (Acad.) - -=Oue.=--La syllabe _oue_, finale ou non, se prononce _oû_ (long) et non -_ou-we_:--_de la boue, une roue, engouement, enrouement_:--prononcez -_boû, roû, engoûment, enroûment_, et non _bou-we, rouwe, engou-wement, -enrou-wement_.--Voyez _ie_ et _ue_. - -2. _Ouer, ouir, ouet_, etc.:--prononcez _ou-er, ou-ir_, et non -_ou-wer, ou-wir_:--_jouer, louer, clouer; ouïr, jouir, jouet, -alouette, amadouer_ et non _jou-wer, lou-wer, clou-wer, amadou-wer, -ou-wir, jou-wir, jou-wet, alou-wette_. - -=Ouest=, s., m. le couchant du soleil: prononcez _ouèste_ (_ouè_ -diphth.) - -=Oui=, particule d'affirmation opposée à _non_.--Il s'emploie -quelquefois substantivement et alors, dit l'Académie, il se prononce -comme s'il était aspiré: _le oui et le non; il a dit ce oui à -regret_.--Nous ferons remarquer que l'Académie aspire encore ce mot -lorsqu'il n'est pas pris substantivement: _je crois que oui_.--On dit -aussi avec aspiration, c'est-à-dire, sans faire sentir la consonne -finale du mot qui précède _oui_: _mais oui, vraiment oui; dire le grand -oui_. - -=Ouï-dire=, s. m., ce qu'on sait par le seul dire d'autrui; ce mot est -invariable: _il ne faut pas s'arrêter aux ouï-dire_. - -=Ouïe=, s. f., sens des sons: _il a l'ouïe fine_ et non -_fin_:--prononcez _ouî_ non _ou-wi-ïe_ ni _ou-iïe_. - -2. =Ouïes=, au plur. sans sing., se dit des ouvertures placées aux deux -côtés de la tête des poissons et par lesquelles ils donnent issue à -l'eau qui est entrée dans leur bouche par la respiration. - -=Ouïr=, v. a., entendre, recevoir les sons par l'ouïe; on ne se sert -aujourd'hui presque plus de ce verbe qu'à l'infinitif et aux temps -formés du participe _ouï_ et du verbe _avoir_. - -=Ourler=, v. a., faire un ourlet (et non _une ourle_);--ne dites pas -_ourlir_. - -=Ours=, est masculin: _c'est un ours, un vrai ours; il est vêtu comme -un ours_; prononcez _ource_.--_Ourse_ est la femelle de l'ours. - -=Ousque.=--Ne dites pas _ouse qu'il est?_ dites, _où est-ce qu'il -est?_ ou, plus brièvement, _où est-il?_ - -=Outil=, s. m.: _un bon outil_, et non, _une bonne outil_.--Prononcez -_outi_ et non _outile_. - -=Outre=, prép.--Ne dites pas, _en outre de cela_, dites, _outre cela_ -ou _en outre_:--_en outre_ s'emploie sans complément.--Prononcez -_ou-tre_ et non _oute, outère_. - -=Ouvrable=, adj. m., consacré au travail; il n'est usité que dans -l'expression _jour ouvrable_; mais on dit aussi _jour ouvrier_. -(Acad.)--_Ouvrable_ dans le sens de _qui peut être ouvert_, n'est point -français. - -=Ouvrage=, s.--Ce mot, qui était quelquefois du féminin du temps de -Louis XIV, surtout en parlant des ouvrages des femmes, est toujours du -masculin aujourd'hui: _un bel ouvrage_ et non _une belle ouvrage_. - -=Ouvrier, ère=, s.:--prononcez _ouvri-é, ouvri-ère_ et non _ouvri-ié, -ouvri-ière_. - -=Ovale=, adj., qui a la forme d'un oeuf: _visage ovale_:--le masculin -est _ovale_ comme le féminin.--Il est aussi substantif masculin: _un -grand ovale_;--on le faisait autrefois du féminin. - - - - - P - - -=P.=--Le _p final_, ne se prononce pas dans les mots ordinaire: _drap, -galop, sirop, trop, coup, loup, corps, champ, temps, camp, exempt, -prompt, je romps_, etc., et dans les noms propres français qui dérivent -de noms communs: telle est la règle générale. - -2. Le _p_ se fait sentir dans _cap, laps, relaps, rapt, jalap, hanap, -julep, salep, concept_ (faites sentir le _t_), et aussi dans _cep_ -pris isolément.--Le _p_ muet, à la fin des mots, ne se lie pas avec -la voyelle suivante; on ne peut donc pas dire, _un loup enragé_ -(_lou-penragé_), etc. - -3. Il se prononce également dans _psaume, adoption, captieux, -contempteur, contemptible, exemption_ (quoiqu'on ne le prononce pas -dans _exempt, exempte, exempter_), _impromptu, rédempteur, rédemption, -rédemptoriste, reptile, septante, septantième, septembre, septenaire, -septennal, septentrion, septentrional, septuagénaire, septuagésime, -symptôme_; dans _accepter, excepter_ et leurs dérivés. - -4. Mais il ne se prononce pas dans presque tous les mots où il se -trouve entre deux consonnes, tels que: _Baptiste, saint Jean-Baptiste, -cheptel, baptême, baptiser, débaptiser, baptismal, baptistaire, -baptistère, comptabilité, comptable, comptant, compte, compter, -comptoir, décompte, décompter, mécompte, escompte, promptitude, -prompt, prompte, promptement, sculpture, sculpteur, sept, septième, -septier_ (ou _setier_), et leurs dérivés.--Ajoutez les noms propres -_Champfort, Champmeslé_.--D'après l'Académie on le supprime dans -_dompter_ (donter), _dompteur_ (donteur), _domptable_ (dontable), -tandis qu'il faut le prononcer dans _indompté, indomptable_. Nous ne -nous chargerons pas d'expliquer cette contradiction. - -=Pachus=, est une corruption du mot flamand _pak-huis_ et il faut le -rendre par le mot _magasin_:--quand un homme achète beaucoup de choses -de même nature, on dit, _qu'on croit qu'il veut en faire un magasin_ et -non _un pachus_. - -=Page=, s. féminin, dans le sens de page d'un livre, d'un cahier.--On -dit également _page dix_ et _page dixième; page vingt, page cent_ -et _page vingtième, page centième_, comme on dit, _chapitre dix_ et -_chapitre dixième, chapitre cent_ et _chapitre centième_. - -=Paiement=, _paîment, payement_, s. m., action de payer:--l'Académie -autorise ces trois orthographes, mais, dans tous les exemples qu'elle -donne, elle écrit _payement_:--dans ce dernier cas, prononcez -_pai-ïement_. - -=Païen, païenne=, adj. et subst.--On n'écrit plus aujourd'hui _payen, -payenne_:--prononcez _pa-ïien, pa-ïiène_ (et non _pa-ïiain-ne_). - -=Paillasse=, s. f.--Dites _une paillasse_ et non _un garde-paille_. - -=Paille=, s. f., le tuyau et l'épi du blé, du seigle, de l'orge, etc., -quand le grain en a été enlevé.--On entend aussi par _paille_ un -certain défaut de fusion dans les métaux. - -2. Ce mot ne s'emploie pas au pluriel, à moins qu'il ne s'agisse de -l'ensemble de la récolte: _les pailles sont belles; les pailles servent -à faire de la litière et du fumier_. - -=Pain=, s. m.--Ne dites pas _un pain enchanté_ ou _à chanter_; dites -_un pain à cacheter_. - -=Pair=, s. m., titre de dignité, on appelle _pairesse_ la femme d'un -_pair_. - -2. =Paire=, s. f., couple d'animaux de la même espèce, mâle et femelle: -_une paire de pigeons, de poulets_ (un mâle et une femelle); on dit -familièrement _une paire d'amis_.--On donne aussi ce nom à deux choses -de même espèce qui doivent nécessairement se trouver ensemble: _une -paire de gants, une paire de bas, une paire de souliers_; on dit aussi -_une paire de boeufs_ (deux boeufs propres à être attachés au même -joug.)--On le dit encore d'une chose unique composée de deux pièces: -_une paire de lunettes, une paire de pincettes_.--Voyez _couple_. - -=Palais=, _hôtel, maison, château_: voyez _maison_. - -=Pâle=, adj., blanchâtre, peu coloré; ne dites pas _voir pâle_, mais -_être pâle_. (Flandr.)--Prononcez _pâle_ (_â_ long). - -=Palefrenier=, (et non _palefermier, palefernier_), domestique -qui a soin des chevaux: prononcez _palefrenier_ (_e_ muet) et non -_palefrènier, palefre-gnier_.--Voy. _e_ et _ni_. - -=Palette=, est un mot wallon; rendez-le par _truelle_, s'il s'agit d'un -outil de maçon, et par _pelle à feu_ ou _pelle_, s'il est question d'un -instrument de cuisine: _enlevez les cendres dans la pelle_. - -=Palladium=, s. m.; statue de Pallas: prononcez _pal'ladiome_. - -=Palletée=, autant qu'il en peut tenir sur une pelle; ce mot n'est pas -français; dites _pellée, pellerée, pelletée_: _une pelletée de terre_. - -=Pallier=, v. a., déguiser, excuser; _palliatif_, qui pallie, -remède;--prononcez les deux _ll, pal'lier, pal'liatif_. - -=Pallium=, s. m., ornement des archevêques: prononcez _palliome_. - -=Palot=, s. m., terme de mépris, personne grossière et sans éducation: -prononcez _palo_ (_a_ et _o_ brefs). - -2. =Pâlot, otte=, adj., un peu pâle: prononcez _pâlo_ (_â_ long). - -=Palpitant d'actualité=: voyez _actualité_. - -=Palus=, s. m., marais: _les palus Méotides_; prononcez _paluce_. - -=Pampe, Pampre.=--La _pampe_ est la feuille du blé, de l'orge;--le -_pampre_ est une branche de vigne avec ses feuilles. - -=Pan, Basque=, partie découpée et tombante de certains vêtements: ---_pan_ se dit d'un manteau, d'une robe, d'une chemise;--_basque_ se -dit d'un habit, d'une veste, d'une casaque: _habit à petites basques, à -grandes basques; les pans d'un manteau, d'une chemise_. - -=Panacée=, s. f., remède à tous les maux: _tous les charlatans se -vantent d'avoir trouvé la panacée_. - -=Panaris=, s. m., inflammation au bout des doigts, accompagnée -d'élancements douloureux; ne dites pas, _un doigt blanc, un mauvais -doigt_.--Prononcez _panari_. - -=Pandectes=, s. f. pl. (ou _digeste_, s. m.), recueil des décisions des -anciens jurisconsultes romains que Justinien fit compiler: prononcez -_pandek-tes_ et non _pandèkes_;--_diges-te_ et non _digesse_. - -=Pandémonium=, s. m.--Lieu imaginaire où l'on suppose que Satan -assemble le conseil même des démons: _pandémoniome_. - -=Pandour= ou =Pandoure=, s. m., nom de certains soldats hongrois. - -=Panégyrique=, s. masculin, discours solennel à la louange de quelqu'un -et notamment d'un saint; ne dites pas _panégérique, panagérique_. - -=Panier=, s. m.: prononcez _pa-nier_ et non _pa-gnier_.--Voyez _ni_. - -=Panne=, employé pour _tuile_, n'est pas français. - -2. _Panne_, s. f. (en wallon _vienne_), pièce de bois placée -horizontalement sur la charpente d'un comble (toit) pour porter les -chevrons: voyez ce mot.--_Verne_ n'est pas français. - -3. _Panne_, se dit aussi, chez les ouvriers, de la partie du marteau -opposée au gros bout: _frapper de panne_. - -=Pantalon=: voyez _culotte_. - -=Pantomime=, s. f., espèce de drame où les acteurs suppléent à -la parole par le geste: écrivez et prononcez _pantomime_ et non -_pantomine_--Il se dit aussi de l'acteur qui s'exprime par gestes sans -proférer une parole: dans ce dernier cas il est masculin: _les anciens -avaient d'excellents pantomimes_. - -=Pantoufle=, s. f., chaussure de chambre: écrivez et prononcez -_pantou-fle_ et non _pantoufe, pantoufèle_. - -=Paon=, s. m., oiseau, papillon;--prononcez _pan_;--voyez _ao, aon, -aou_. - -=Papal, ale=, adj., qui appartient au pape: _pouvoir papal_; ce mot n'a -pas de pluriel masculin. - -=Papayer=, s. m., arbre des Indes: prononcez _pa-pa-îé_. - -=Pape=, s. m., le chef de l'Église; prononcez _pâpe_ (_â_ long). - -=Papeterie=, s. f., fabrique de papiers: prononcez _papet'rie_ et non -_papèt'rie_. - -=Papier=, s. m.--Ne dites pas: _papier passé, papier gris, mort -papier, papier de tache_, pour désigner du papier non collé qui prend -les taches et fait sécher l'encre; dites _papier brouillard_.--Voyez -_tapis_. - -=Papillon=, _papillonnage, papillonner, papillotage, papillotte, -papillotter_:--les _ll_ sont mouillées dans ces six mots. - -=Papin=, n'est pas français dans le sens de _cataplasme_.--D'après -Bescherelle, _papin_ se dit de farine bouillie dans de l'eau ou dans du -lait: _faire manger du papin à un enfant_. - -=Papyrus=, s. m., plante d'Égypte qui servait autrefois pour écrire: -prononcez _papiruce_. - -=Pâque=, fête des juifs, est _féminin_: _la Pâque des Juifs_. - -2. _Pâque_, et plus ordinairement _Pâques_, fête des chrétiens, est -_masculin_ et s'emploie régulièrement au singulier: _quand Pâques sera -venu; quand Pâques sera passé; le jour de Pâques, le temps de Pâques; -je vous paierai à Pâques; à Pâques prochain_. - -3. _Pâques fleuries_, le dimanche des Rameaux, qui précède -immédiatement celui de Pâques. - -4. _Pâques closes_, le dimanche de Quasimodo qui suit immédiatement -celui de Pâques;--_faire ses pâques_, faire ses dévotions, communier -un des jours de la quinzaine de _Pâques_: _se mettre en état de faire -de bonnes pâques_ (remarquez le petit _p_ de _pâques_): dans ces -trois expressions, _Pâques_ est féminin et ne se dit qu'au pluriel. -(Acad.)--L'_a_ est long dans ces mots, ainsi que dans _pâquerette_, -espèce de marguerite. - -5. _Pâque_.--Ne dites pas _une branche de pâque_, mais, _un rameau de -buis_, ou bien, _de buis bénit_, si c'est du buis bénit le jour des -Rameaux. - -=Paquebot=, s. m., petit bâtiment de mer qui transporte les lettres et -les passagers: prononcez _pak'bô_ et non _paquébô, paquèbô_. - -=Par=, prép.--La locution, _par après_, dans le sens de _après, -ensuite, depuis_, a vieilli, dit l'Académie. - -2. Il faut éviter l'emploi de _par_ devant le mot _Dieu_; cependant il -est des cas où _par_ vaut mieux que _de_: _l'univers a été créé par -Dieu_ et non, _de Dieu_. - -3. _Par trop_, loc. adv., beaucoup trop: _il est par trop pressant; il -est par trop importun_: cette locution est familière. (Acad.) - -4. Mais _par_ ne peut pas s'employer, comme en wallon, dans le sens de -_encore, en même temps_, etc.: _vous avez bien fait vos devoirs, mais -vous devez encore bien apprendre vos leçons; vous avez lu sa lettre; -lisez en même temps ma réponse_ (et non _par ma réponse_). - -=Paradoxe=, s. m., proposition contraire à l'opinion commune: _un vrai -paradoxe_.--Ce mot s'employait autrefois comme adjectif: _cette -opinion est trop paradoxe_. (Acad.) On dit aujourd'hui _paradoxal, -ale_.--Prononcez _paradokce_ et non _paradoke_. - -=Parapet=, s. m., mur à hauteur d'appui le long d'un pont, d'un quai, -d'un mur de fortification;--ne dites pas _parapel_. - -=Paraphe=, et plus souvent =Parafe=, marque qui accompagne -ordinairement la signature et qui en tient lieu quelquefois; ce mot est -_masculin_: _il a mis son parafe pour approuver ce compte_. - -2. _Parapher_ et plus souvent _parafer_, v. a., mettre son parafe.--Une -_pataraffe_ est une suite de traits mal formés, de lettres illisibles -et mal écrites: _votre dictée est une véritable pataraffe_. - -=Parapluie=, s. m.: prononcez _parapluî_ (_ui_ diphth.) et non -_paraplouî_. - -=Parasite=, s. m., qui fait métier d'aller manger à la table d'autrui, -etc.--Prononcez _parazite_ et non _paracite_. - -=Parce que=, s'écrit en deux mots, lorsqu'il signifie _à cause que_: -_il est tombé parce que le chemin est glissant_.--Il s'écrit en trois -mots, lorsqu'il signifie _par la chose que, par les choses que_ et que -l'on peut intercaler l'adjectif _tout_ entre _par_ et _ce_: _il m'a -assuré par ce qu'il y a de plus saint; par ce que vous venez de dire, -on doit conclure que..._--Voyez _cause que_ (_à_). - -=Pardon=, s. m.:--_demander pardon, faire des excuses_: voyez _excuse_. - -=Pardonnable=, adj., ne se dit guère que des choses (Acad.): _faute, -erreur pardonnable_; ne dites donc pas, _votre fils est pardonnable_; -dites _votre fils est excusable_: voyez _impardonnable_. - -=Pardonner=, v. a.--On pardonne une faute et on pardonne à -quelqu'un:--ne dites donc pas: _je le pardonne, je pardonne mes -ennemis_, mais, _je lui pardonne, je pardonne à mes ennemis_. - -=Pareil, eille=, adj.--Ne dites pas: _ils sont habillés pareil_; -dites, _ils sont habillés de même, tout de même; ils ont, ils portent -les mêmes vêtements_. - -=Parent, te=, s. m., se dit non seulement du père et de la mère, -mais de ceux de qui on descend et en général de ceux qui sont de la -même famille, qui sont de même sang, qui touchent par consanguinité -à quelqu'un; il se dit même de ceux qui sont simplement alliés. -(Acad).--_Proche_, subst. masculin, signifie aussi parent; dans ce cas -il n'est d'usage qu'au pluriel: _c'est un de mes proches; ce fut le -sentiment de tous ses proches_. (Acad.) - -=Paret= (ou _parait, paris_).--Sorte d'interjection familière que l'on -met à la fin d'une foule de phrases et qui n'ajoute absolument rien -au sens: _je veux sortir, paret; c'est un habit neuf, paret; j'avais -raison, paret_, etc.--Il suffit presque toujours de changer le ton de -la voix, pour éviter de s'en servir; d'autres fois, on la remplace par, -_voyez-vous, eh bien_, etc. (Wall.) - -=Parfaitement.=--Ne dites pas: _je suis très-parfaitement_ ou _fort -parfaitement_ ou _bien parfaitement convaincu_; dites simplement, _je -suis parfaitement convaincu_;--on ne peut rien ajouter à ce qui est -parfait. - -=Parier, Pari=, s'emploient de préférence _à gager, gageure_. - -2. Ne dites pas: _je parie pour cinq francs; pour combien -pariez-vous?_--dites _je parie cinq francs; combien pariez-vous?_ - -3. _Pariure_ n'est pas français: dites _pari, gageure_. - -=Parisis=, adj., ancienne monnaie de Paris: _un sou parisis_:--prononcez -_parizice_. - -=Parler mal= et =Mal parler=.--_Parler mal_ signifie employer des -expressions hors d'usage, user de termes équivoques, construire -péniblement ses phrases ou à contre-sens, prononcer d'une manière -incorrecte:--dans ce cas _parler mal_ s'emploie sans régime: _il -parle bien mal pour un académicien_.--_Mal parler_, c'est dire des -choses offensantes, tenir des propos inconsidérés, déplacés, qui -peuvent porter atteinte à la réputation de ceux dont on parle: _il ne -faut parler mal de personne_.--En résumé, _parler mal_, c'est parler -incorrectement et _mal parler_, c'est médire: _il ne faut point parler -mal devant les grammairiens ni mal parler des absents_. - -2. _Parler_, est un verbe neutre:--ne dites donc pas, _je l'ai parlé, -je vais la parler, les parler_; dites, _je lui ai parlé, je vais lui -parler, leur parler_. - -3. Ne dites pas, _il n'est pas à parler_; dites selon le sens, _on -craint de lui parler, il est inabordable_, ou bien _on ne peut lui -parler en ce moment, il n'est pas visible_. (Fland.) - -4. Ne dites pas non plus: _comme il parle, on croirait que son fils est -une merveille_, dites, _à l'entendre, on croirait que..._ - -5. Ne dites pas: _cela va sans parler_, dites, _cela va sans dire_. - -6. Ne dites pas: _parler avec quelqu'un_, mais _parler à quelqu'un_. - -7. Ne dites pas d'un vase _fêlé_, qu'il _parle latin_ ou qu'il _est -déchiré_;--ces expressions sont des flandriciens; dites simplement -qu'il _est fêlé_. - -8. L'usage permet souvent de supprimer la préposition qui devait suivre -le verbe _parler_, et au lieu de dire, _parler avec raison, parler -de chasse_, on dit simplement, _parler raison, parler chasse_:--_il -faut de bonne heure parler raison aux enfants; parler affaires; parler -musique, peinture, politique, littérature_, etc. - -=Parmi=, prép.: voyez _entre_. - -2. Ne dites pas: _on ne voit que lui parmi les rues_; dites, _dans les -rues_. - -3. Ne dites pas: _tous ses papiers ont volé parmi la chambre_; dites, -_dans la chambre_ ou _au milieu de la chambre_. - -4. Ne dites pas: _parmi payant, vous serez admis_ dites _en payant_ ou -_moyennant payement..._ - -5. Ne dites pas: _laquelle choisissez-vous parmi ces plumes_; dites, -_laquelle choisissez-vous de ces plumes_. - -6. Ne dites pas: _l'un parmi l'autre_, mais _l'un portant l'autre, l'un -tenant l'autre, l'un dans l'autre_. - -7. _Parmi que_, n'est pas français; il faut le rendre par _pourvu -que_:--_j'irai pourvu que_ (et non _parmi que_) _vous m'accompagniez_. - -=Paroi=, s. f., muraille:--il désigne plus particulièrement une -cloison de maçonnerie qui sépare une chambre ou quelque autre pièce -d'un appartement d'avec un autre: _les parois de cette chambre sont -humides_.--Il est vieux en ce sens, et l'on dit ordinairement -_cloison_. - -=Parole d'honneur=, _Dieu me pardonne! sur mon honneur, sur ma foi, ma -foi, aussi vrai que j'existe, je vous le jure_, et autres affirmations -du même genre, sont à la fois repoussées par la bonne compagnie et par -l'habitude de la vérité. - -=Parquet=, s. m.--Il ne faut pas confondre ce mot avec _pavé_ et -_plancher_:--un _parquet_ est un assemblage à compartiments, faits -de pièces de bois minces clouées sur des lambourdes, et qui forme le -plancher d'en bas d'une salle, d'une chambre, etc.: _un parquet de -bois de chêne, de bois de noyer, de marqueterie_.--Voyez _pavé_ et -_plancher_. - -=Parrain=, s. m., celui qui tient un enfant sur les fonts: prononcez -_pârain_ (_â_ long.) - -=Partager= _avec_, =Partager= _entre_.--Quand on conserve une portion -de ce que l'on partage, on doit dire _partager avec_: _il a partagé -sa fortune avec ses frères_.--Quand on ne se réserve rien pour soi -dans un partage, on doit dire _partager entre_: _il partagea entre les -pauvres tout ce qui lui restait_.--_Partager le travail aux ouvriers_, -c'est le répartir entre eux; on dit dans le même sens: _il partage -également sa tendresse entre tous ses enfants_. - -=Partial, Impartial, ale=, adj.--Plusieurs personnes confondent -ces deux mots:--_un homme partial_ est celui qui favorise avec une -préférence injuste et passionnée un parti, une personne, une opinion: -_un juge partial est un mauvais juge_ (le pluriel masc. _partiaux_ -est peu usité).--_Un homme impartial_ est celui qui est exempt de -partialité, qui ne sacrifie point la justice ou la vérité à des -préventions, à des affections, à des considérations particulières: -_juger d'une manière impartiale_.--La _partialité_ est un défaut, -tandis que _l'impartialité_ est une qualité.--Prononcez _parcial, -parcialité, parcialement, imparcial_, etc.--Voyez _impartial_. - -=Partibus= (=in=).--Il se dit de celui qui a un titre d'évêché dans un -pays occupé par les infidèles: _Frayssinous, évêque d'Hermopolis, était -un évêque in partibus_.--Prononcez _ine partibuce_. - -=Participer à, Participer de.=--_Participer à_ veut dire, _prendre -part à une chose_: _un associé dans une affaire participe aux profits -et aux pertes_. On le prend aussi dans le sens de _s'intéresser_: _je -participe à votre douleur_.--_Participer de_ signifie, _tenir de la -nature de quelque chose_: _le mulet participe de l'âne et le cheval_. - -=Particule.=--La particule _de_ qui accompagne les noms patronymiques -des familles nobles, s'écrit avec un petit _d_: _de Montalembert, de -Chateaubriand, d'Aremberg, d'Oultremont_.--Elle s'écrit avec un grand -_D_ lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on la sépare du -nom. - -=Particulièrement=, adv., signifie _singulièrement, spécialement, en -détail_, mais non, _séparément, en particulier_;--ne dites donc pas: -_je désire vous parler particulièrement_; dites, _en particulier, -séparément_. - -=Partisan=, s. m., celui qui est attaché à un parti, à une opinion, -à une personne: _les partisans de la république, les partisans du -libre-échange_, etc.--L'Académie ne reconnaît pas à ce mot de -correspondant féminin; le féminin _partisanne_, employé par quelques -auteurs, n'a pas été adopté généralement. - -=Partner=, s. m., l'associé avec qui l'on joue: _vous êtes mon -partner_.--L'Académie préfère l'orthographe suivante, _partenaire_. - -2. Ne dites pas _compagnon_ pour _partenaire_. - -=Pas vrai?=--Cette interrogation est souvent employée dans la -conversation pour dire, _n'est-il pas vrai?_--nous croyons qu'on ne -peut pas la tolérer.--Voyez _point_. - -2. Ne dites pas: _il ne peut souffrir personne, pas encore ses amis_; -dites, _pas même ses amis_. - -=Pascal, ale= (et non _paschal_), adj.--Le pluriel masculin _pascaux_ -n'est pas usité; plusieurs bons lexicographes disent des cierges -_pascals_;--quand à nous, nous pensons que _pascals_ choque l'oreille -et qu'on ne peut pas l'employer. - -=Pasquée=, (ou _pasquille_) s. f.--Nom que les liégeois donnent à une -chanson burlesque, comique ou satyrique;--ce mot n'est pas français; -rendez-le par _chanson, chansonnette_ ou _couplets burlesques, -satiriques, comiques_, et non par, _pasquinade_, qui signifie tout -autre chose, etc.--_Faire une pasquée sur_ ou _contre quelqu'un_, -c'est _le chansonner_. - -=Passager, ère=, adj.--Ne dites pas _une rue passagère, un chemin -passager_, pour signifier une rue où il passe beaucoup de monde ou un -chemin par lequel on a le droit de passer; dites _rue passante, chemin -passant_:--_la rue Féronstrée est une des rues les plus passantes de -Liége_. - -=Passe=, s. m. (mot wall.), aliment formé de son, de pommes de terre, -de farine, etc., que l'on donne au bétail pour l'engraisser; dites -_pâtée, soupe, ratatouille_. - -=Passement de temps=, loc. wall.:--dites _perte de temps_ ou _passe -temps_, selon le sens: _la musique est un passe temps_; _toutes ces -pertes de temps sont nuisibles à vos études_. - -=Passer=, v. n., demande _avoir_ ou _être_, selon que le sens permet de -répondre à l'une ou à l'autre de ces questions: _qu'a-t-il fait?_--ou -bien _où est-il? qu'est-il devenu_:--_il a passé à Liége l'année -dernière_ (qu'a-t-il fait?);--_il est passé en Amérique depuis tel -temps_ (où est-il, qu'est-il devenu)? - -2. Le participe passé s'emploie comme préposition dans le sens -d'_après_ et alors il est invariable: _passé dix heures vous ne me -trouverez plus_. - -3. On dit _prêter serment_ et non _passer serment_: _il fut admis à -prêter serment_. - -4. Ne dites pas: _la semaine passée, le mois passé, l'an passé_; dites, -_la semaine dernière, le mois dernier, l'an dernier_. - -5. On dit _repasser du linge_ et non _passer du linge_. - -6. On dit _donner, engager sa parole_, et non _passer sa parole_. - -7. Ne dites pas: _y avait-il beaucoup d'invités?--oui, passé les -quarante_;--dites, _plus de quarante_. - -=Passoire=, s. f., ustensile percé de petits trous pour passer le jus -des légumes ou des fruits écrasés:--_une passoire_ et non _un passoir_ -ni _une passerette_. - -=Pasteur=, s. m., titre des ministres protestants;--il ne s'emploie -pas dans le langage ordinaire comme synonyme de _curé catholique_; mais -dans le style relevé (oratoire, poétique), c'est une expression reçue: -_c'est un vieux pasteur qui n'est connu que sous le nom de curé_. -(CHATEAUB.) - -=Patarafe=: voyez _parafe_. - -=Patard=, s. m., petite monnaie ancienne; il ne s'emploie plus que dans -ces phrases familières: _je n'en donnerais pas un patard; cela ne vaut -pas un patard; il n'a pas un patard_. (Acad.)--Le mot wallon _patard_ -se rend par sou: _ce cahier coûte cinq sous_. - -=Patatras=, figure pour exprimer le bruit que fait un corps qui tombe -avec fracas: _il pose le pied maladroitement, et, patatras, le voilà -par terre_. - -=Pâté=, s. m., =Pâtée=, s. f.--Un _pâté_ est une sorte de -pâtisserie;--une _pâtée_ est une sorte de pâte pour engraisser les -dindons, une sorte de soupe pour nourrir les chiens, les chats, -etc.--Prononcez _pâté_ (_â_ long);--prononcez de même _pâte, pâtée, -pâtisserie, pâture, pâturage, pâturon_. - -=Patenôtre=, s. f. (et non _patenote, patenosse_), l'oraison dominicale -ou le _Pater noster_;--on comprend aussi sous ce nom l'_Avé_ et les -autres premières prières qu'on apprend aux enfants: _cet enfant sait -sa patenôtre_ (il est populaire).--Il se dit aussi de toute sorte -d'autres prières chrétiennes: _avez-vous achevé vos patenôtres?_ il est -familier et ne se dit qu'en plaisantant. - -2. _Patenôtres_, au pluriel, se dit populairement des grains d'un -chapelet, et d'un chapelet tout entier.--Prononcez _pâtenôtre_ (_ô_ -long) et non _pâtenote, patenotère_. - -=Pater= (prière chrétienne), est masculin et invariable: _dire cinq -Pater et cinq Avé_. - -2. _Pater_ et _Avé_ s'écrivent avec une majuscule. (Acad.) Prononcez -_pâtère_ (_â_ long). - -=Patère=, s. f., ornement en cuivre ou en tout autre métal qui supporte -les rideaux d'une croisée; dites _une patère_ et non _un patère_. - -=Pathos=, s. m., élévation de style affectée, boursoufflure: _c'est du -pathos_.--Prononcez _patôce_. - -=Patience=, s'emploie quelquefois absolument et en manière d'adverbe: -_si on lui laissait quelque chose, patience, mais on lui ôte tout;--eh -bien, patience_. - -=Pâtir=, v. n., souffrir;--on pâtit _de_ et non _à_ quelque chose: -_il a fait la faute et j'en pâtis_ (et non _j'y pâtis_).--Prononcez -_pâtir_ (_â_ long). - -=Pâtis=, s. m., terrain vague, friche où l'on met paître les -bestiaux;--_pâture, pâturer, pâturage_;--dans ces mots l'_â_ est -long;--l'_s_ de pâtis ne se prononce point. - -=Patois=, s. m., langage du peuple et des paysans, particulier à chaque -province; _chaque province a son patois; patois namurois, montois, -liégeois_. - -=Patraque=, s. f., machine usée ou mal faite et de peu de valeur; -personne faible et débile: _cette montre n'est qu'une patraque, une -vieille patraque; votre voiture est une patraque_;--_je ne suis plus -qu'une vieille patraque_. Ces expressions, quoique françaises, sont -triviales.--Ne dites pas _patracle_. - -=Patres= (=ad=), expression latine qui s'emploie dans ces phrases -familières: _aller ad patres_, mourir;--_envoyer ad patres_, faire -mourir.--Prononcez _ad'patrèsse_. - -=Patron, Patronne=, _Patronage_ (une _n_) _patronner_ (deux _n_), -_patronal_ (une _n_), _patronnesse_ (deux _n_):--une _patronnesse_, -dame qui dirige une fête ou une oeuvre de charité: _une dame -patronnesse_.--Voyez la lettre _n_ pour les cas où l'_n_ se redouble. - -=Pâture=, s. f.--N'employez pas ce mot dans le sens de _fourrage_: -_donner du fourrage au bétail_ (et non _de la pâture_). - -=Pause=, s. f., cessation, intervalle: _faire une pause_: prononcez -_pôze_ (_ô_ long) et non _pôce_. - -=Pauvre=, adj. et subst.; le substantif _pauvre_ a pour féminin -correspondant _pauvresse_ (femme pauvre qui mendie).--Dans le sens -ordinaire, l'adjectif _pauvre_ se met devant ou après le substantif: -_un pauvre homme, une pauvre femme, un pauvre artisan_ (Acad.); ou -bien, _un homme pauvre, une femme pauvre, un artisan pauvre_.--Dans -le sens de chétif, mauvais dans son genre, il se place ordinairement -devant le substantif: _il a fait un pauvre discours; c'est un pauvre -esprit, un pauvre poète; un pauvre musicien_. (Acad.)--Devant les -substantifs exprimant une idée de profession, d'attribution, il -se prend toujours dans ce dernier sens, c'est-à-dire, en mauvaise -part:--_un pauvre peintre_, c'est un mauvais peintre;--_un peintre -pauvre_, c'est un peintre sans fortune.--Prononcez _pau-vre_ et non -_paufe, pauvère_. - -2. Ne dites pas: _cela est pauvre, c'est pauvre_; dites, _cela -est misérable, c'est pitoyable_, ou bien, _disgracieux, triste, -déplorable_, selon le sens. (Fland.) - -=Pauvret, ette=, adj., diminutif de pauvre; terme de commisération, -d'affection: _le pauvret, la pauvrette ne sait où aller_; il est -familier. (Acad.) - -=Pauvreté=, s. f., ne s'emploie au pluriel que dans le sens de choses -sans valeur, basses, viles: _c'est un diseur de pauvretés; ce livre est -rempli de pauvretés_. - -=Pauvreteux=, n'est pas français; dites _chétif, pauvre, souffreteux, -malheureux_. - -=Pavage=, s. m., ouvrage fait avec des pavés: _un pavage bien fait; -pavage de grès, de pierre dure, de lave_;--il se dit aussi du travail -du paveur et des matériaux fournis par lui: _j'ai payé tant pour le -pavage de ma cour; un mémoire de pavage_. - -=Pavé=, s. m. morceau de grès, de pierre dure, de marbre, etc., dont on -se sert pour paver;--assemblage de pavés qui couvrent une aire, une -surface;--il se dit particulièrement en parlant d'un chemin, d'une -rue, etc.: _ne quittez pas le pavé; entretenir le pavé_.--Le mot -_pavée_ n'est pas français. - -=Pavement=, s. m., se dit de l'action de paver et des matériaux qu'on -emploie pour cet effet: _il a coûté tant pour le pavement de cette -cour_.--Il se dit plus particulièrement des ouvrages de luxe et de -goût qui forment les pavages intérieurs: _le pavement en mosaïque d'une -église; le pavement des édifices grecs et romains étaient souvent de -marbre de couleur_. (Acad.) Prononcez _pavement_ et non _pafement_. - -=Paver=, v. a., couvrir le terrain, le sol d'un chemin, d'une rue, -d'une cour, d'une écurie, d'une salle, etc., avec du grès, de la pierre -dure, du caillou, du marbre, de la brique, etc.--(Acad.) - -2. Il suit de là qu'on ne peut pas dire, _mettre un pavé en planches_; -on doit dire, _mettre un plancher ou planchéier_;--on ne peut pas dire -non plus _un pavé en planches_; dites un _plancher_.--Voyez _parquet_ -et _plancher_. - -3. Ne dites pas non plus: _paver en carreaux_; dites _carreler_. - -=Payant.=--Ne dites pas, _un mauvais payant_, mais, _un mauvais -payeur, une mauvaise paye_. - -=Paye=, s. f., solde des gens de guerre, celui qui paie; prononcez -l'_y_: _pai-ïe_;--l'Académie n'admet pas l'orthographe _paie_ qui -pourtant est reçue par plusieurs bons grammairiens. - -2. _Paye_, s. f., débiteur; ce mot est français: _c'est une bonne paye, -une mauvaise paye; d'une mauvaise paye on tire ce qu'on peut_. (Acad.) - -=Payement=, s. m.: voyez _paiement_. - -=Payeur=, s. m., celui qui paie; le féminin correspondant est _payeuse_. - -=Pays=, s. m., région, contrée;--il s'emploie aussi populairement dans -le sens de _compatriote_, et dans cette acception, on dit au féminin -_une payse_: _c'est mon pays, c'est un de mes pays; bonjour, pays; -elle est allée avec une de ses payses_.--Ce mot, dit l'Académie, est -populaire.--Prononcez _péi_. - -2. Dites, _du vin du pays_ et non _du vin de pays_: voyez _cru_. - -=Paysage, Paysan, anne=; prononcez _pé-izaje, péizan, péizane_ (et non -_péizan-ne_). - -=Peau=, s. f.--Ne dites pas: _il est noir de peau, de cheveux_, etc.; -dites, _il a la peau noire, les cheveux noirs_. - -=Peccable, impeccable=, adj., capable ou incapable de pécher; ---_peccadille_, s. f., faute légère; _peccante_, adj. f., terme de -médecine, qui pèche, _humeur peccante_;--_peccata_, s. m., se dit d'un -âne dans les combats publics d'animaux; _peccavi_, s. m., contrition, -repentir, _un bon peccavi_:--on prononce les deux _c_ dans tous ces -mots. - -=Pécher=, v. n., commettre un péché: prononcez _pécher_ (_é_ -aigu);--_pêcher_, v. a., prendre du poisson et _pêcher_, s. m., arbre -qui produit la pêche: prononcez _pêcher_ (_ê_ ouvert).--Il en est de -même de _péché, pécheur_ et _pêcheur, pêche_. - -=Pécule=, s. m., =Pécune=, s. f.--Le premier se dit du produit des -épargnes d'une personne qui ne travaille pas pour son compte: _il avait -amassé un pécule_.--_Pécune_ est un vieux mot qui signifie argent -comptant: _disette de pécune_. - -=Pécunier, ière=, adj., qui regarde l'argent, qui y a rapport; ce mot -n'est pas français;--dites, _pécuniaire_: _peine pécuniaire, intérêt -pécuniaire_.--Prononcez _pécu-niaire_ et non _pécu-gniaire_.--Voyez -_ni_. - -=Pédale=, s. f., gros tuyau d'orgue qu'on fait jouer avec le pied: _la -pédale_ et non _le pédale_. - -=Peindre=, v. a., =Peinturer= v. a.--Le premier signifie, représenter -les objets par les couleurs;--le second, peindre d'une seule couleur: -_peinturer une maison, un treillis_:--_peinturer_ étant peu usité -(Acad.), on peut le remplacer par _peindre_. - -=Peine=, s. f.--On lui a ordonné cela _sur peine, sous peine_ ou _à -peine de la vie_:--de ces trois façons de parler, _sous peine_ est -la plus usitée et la meilleure; (Acad.)--_sur peine_ nous paraît peu -correct. - -2. _Avoir de la peine, avoir peine_, devant un infinitif, demandent la -préposition _à_: _il aura beaucoup de peine à_ (et non _de_) _gagner -son procès; avoir de la peine à_ (et non _de_) _marcher; j'ai peine -à_ (et non _de_) _voir clair dans tout ceci_. - -3. Ne dites pas: _ce n'est pas les peines_ ou _cela ne vaut pas les -peines de vous déranger pour si peu_; dites, _ce n'est pas la peine, -cela ne vaut pas la peine de..._ - -4. Ne dites pas: _donnez-vous la peine de vous asseoir_; dites, -_veuillez vous asseoir, je vous prie de vous asseoir_.--Prononcez -_pène_ (_è_ bref) et non _pain-ne_. - -=Peineux, euse=, adj., veut dire qui a de la peine, qui est triste; -mais il ne signifie nullement, dans le sens wallon, _capot, confus, -interdit, penaud, interdit, décontenancé_.--_Semaine peineuse_, la -semaine sainte. (BESCHERELLE). - -=Pelard= (_bois_), chêne dont on a ôté l'écorce pour faire du tan -(_pelwai_ en wall.) - -=Peler=, v. a. et n., ôter le poil, la peau; il ne double point -l'_l_: _ce velours se pèle_.--Prononcez _peler_ (_e_ muet) et non -_pèler_.--Voyez _éplucher_. - -=Pèlerin, ine=, s.; _pèlerinage, pèlerine_, s. f. (vêtement de -femme):--écrivez et prononcez ces mots avec un accent _grave_ et non -un accent _aigu_ (Acad.)--Ne dites pas non plus _pèlèrin, pèlèrinage, -pèlèrine_, ni _pélérin, pélérinage, pélérin_, mais _pèlerin, -pèlerinage, pèlerine_ (le second _e_ est muet). - -=Pelle=, s. f., ustensile de cuisine pour frire, fricasser; ce mot -n'est pas français; dites _poêle_ et prononcez _poale_.--Une _pelle_ -(prononcez _pèle_) est un instrument de fer ou de bois, large et plat à -long manche: _pelle de four, pelle à feu, pelle de jardin_. - -=Pellicule=, s. f. peau très-mince, _il se forme une pellicule_ (ou -mieux _peau_) _sur le lait bouilli, sur l'encre_; _il y a dans un oeuf -deux pellicules, celle qui tapisse intérieurement la coque, et celle -qui enveloppe le jaune_.--On prononce les deux _ll_. - -=Pelure=, s. f., peau, enveloppe de certains fruits, de certaines -légumes: _pelure de pomme, de poire; du vin couleur de pelure -d'oignon_.--Ne dites pas _pelate, pelote_.--Voyez _éplucher, écaler_. - -=Pénal, ale=, adj., qui assujettit a des peines; il n'a point de -pluriel masculin; quelques grammairiens pourtant disent _des codes -pénals_. - -=Pénates=, adj. et subst.:--_les dieux pénates_ ou les _pénates_, -demeure, habitation;--ce mot est masculin et ne s'emploie qu'au -pluriel: _je reverrai mes pénates chéris_. - -=Pendant que, Tandis que.=--_Pendant que_ marque simplement la -simultanéité de deux événements, de deux choses: _pendant que vous -étiez en Espagne, j'étais en Italie_.--_Tandis que_ marque non pas -précisément la simultanéité de deux événements et de deux choses, mais -une opposition, soit entre les temps que cette conjonction indique et -un autre temps exprimé ou sous-entendu, soit entre deux actions qui se -font simultanément: _vous faites fort bien tandis que vous êtes jeune -de travailler à vous instruire, quand vous serez vieux il ne sera -plus temps_; _tandis que vous vous divertissez, je me consume dans le -chagrin_. - -=Pendre=, v. a.--Ne dites pas: _il était pendu après son père_; -dites, _il était pendu au cou de son père_, ou, selon le sens, _il -s'accrochait à son père_. - -=Pendule=, s., est _masculin_, lorsqu'il signifie le poids suspendu -qui, lorsqu'il est mis en mouvement, fait des oscillations -régulières;--il est _féminin_, lorsqu'il désigne une petite horloge de -salon: _la pendule est arrêtée_. - -=Pêne=, s. m.--C'est le morceau de fer qui sort de la serrure et -s'engage dans un crampon, (_gâche_) pour fermer une porte; _le pêne de -cette serrure est usé_.--Voyez _cliche_. - -=Pensée=, s. f., opération de l'intelligence: _une pensée généreuse_: -prononcez _pensée_ (_é_ long) et non _pensé-ïe_.--Voyez _ée, ie, ue, -oue_. - -=Penser=, v. n.--Ne dites pas: _j'ai d'autres choses à penser_; dites, -_j'ai à penser à bien d'autres choses_. - -2. Ne dites pas: _il n'a que lui à penser_; dites, _il n'a à penser -qu'à lui_. - -=Pensum=, s. m., au pluriel _pensums_, surcroît de travail qu'on exige -d'un écolier pour le punir: _on lui a donné pour pensum dix verbes à -faire; il a eu trois pensums cette semaine_.--Prononcez _pinsome_. - -=Pentacorde=, s. m., lyre à cinq cordes;--_pentagone_, adj. et s. -m., à cinq angles;--_pentamètre_, adj. et s. m., vers latin de cinq -pieds;--_pentandrie_, s. f., classe de plantes;--_pentapole_, s. f., -contrée qui a cinq villes principales;--_pentateuque_, s. m., nom -collectif des cinq premiers livres de la Bible:--_Pent_ se prononce -_pènt_ dans tous ces mots. (Acad.) - -=Pentecôte=, s. f., fête chrétienne; prononcez _pant'côte_ (_ô_ long). - -=Pépie=, s. f., petite peau blanche qui vient au bout de la langue des -oiseaux et les empêche de boire; ne dites pas _pépi, pipie_. - -=Pepin=, s. m., semence qui se trouve au centre de certains fruits: _un -pepin de pomme, de raisin, de groseille_: écrivez et prononcez _pepin_ -(_e_ muet) et non _pépin_ (Acad.);--plusieurs lexicographes écrivent -néanmoins _pépin_.--Le nom propre _Pépin_ s'écrit ordinairement avec -un accent aigu. - -=Pépinière= (et non _pepinière_), s. f., plant de petits -arbres: _planter une pépinière_.--Prononcez _pépi-nière_ et non -_pépi-gnière_.--Voyez _ni_. - -=Pequet=, s. m. (mot wall.), rameau de verdure qu'on attache à une -maison pour annoncer qu'on y vend des boissons; en français, on dit -_bouchon_: _un bouchon de cabaret_;--ce mot se dit quelquefois pour -le cabaret lui-même: _il n'y a dans ce village qu'un mauvais bouchon_. -(Acad.) - -=Percale=, s. f.--Ne prononcez pas _percaille_, mais _percale_ et -écrivez _percale, percaline_;--on écrit aussi, mais moins bien, -_perkale, perkaline_. - -=Perce-neige=, petite plante à fleurs blanches qui fleurit -en hiver;--ce mot est féminin: _une perce-neige, des perce-neige_. ---Prononcez _perce-neige_ et non _perce-neiche_. - -=Percepteur, Précepteur.=--Un _percepteur_ est celui qui est chargé -de recouvrer (de _percevoir_) les impôts, les deniers, les revenus; -il n'a pas de correspondant féminin.--Un _précepteur_ est celui qui -est chargé de l'instruction et de l'éducation d'un enfant, d'un jeune -homme; ce mot n'a pas de correspondant féminin; il peut cependant -se rapporter à un substantif féminin: _les femmes sont les vrais -précepteurs du bon ton et du bon goût_. - -=Percer=, v. a.--Ne dites pas: _voilà une pipe bien percée_; dites, -_bien culottée_. - -=Percha= (_gutta_): voyez _gutta-percha_. - -=Perclus=, adj., impotent, qui a perdu l'usage d'une partie de ses -membres: _il est perclus de tous ses membres; cette femme est percluse -d'un bras_.--Le féminin est _percluse_ et non _perclue_. - -=Perderai=, _perderais_, barb.; écrivez et prononcez _perdrai, -perdrais_. - -=Perdreau=, s. m., jeune perdrix de l'année;--_une perdrix_ (féminin) -est une gallinacée qui a plus d'une année. - -=Père=, s. m., _frère_, etc.: prononcez _père, frère, prière_, (_è_ -ouvert) et non _pére, frére, priére_. - -=Perfection=, s. f.--Ne dites pas: _il travaille à la perfection; il -joue du piano à la perfection_; dites, _en perfection_. - -=Péril=, s. m., risque, danger: L'_l_ est mouillée ainsi que dans -_périlleux, périlleusement_. - -=Période=, est masculin et féminin: il est _féminin_, lorsqu'il -signifie une révolution qui se renouvelle régulièrement;--un circuit -d'un nombre d'années déterminé;--une phrase composée de plusieurs -membres.--Il est _masculin_, lorsqu'il se dit du plus haut point -où une chose, une personne puisse arriver, est arrivé: _Napoléon est -arrivé au plus haut période de la grandeur; cet homme est au dernier -période de la vie_.--Il se dit aussi d'un espace de temps indéterminé: -_un long période de temps; dans un court période_. (Acad.)--Prononcez -_période_ et non _périote_. - -=Péripétie=, s. f., dénouement du drame: prononcez _péripécie_. - -=Périr=, v. neutre.--Dans les temps composés, il prend l'auxiliaire -_avoir_ (Ac.); cependant quelques écrivains l'ont conjugué avec _être_: -_tous ceux qui étaient sur ce navire sont péris_.--L'Académie ne se -sert que de l'auxiliaire _avoir_. - -2. _Périr_ étant un verbe neutre, ne dites pas: _ce sont les mauvaises -fréquentations qui ont péri ce jeune homme_; dites, _ce sont... qui ont -perdu..._ (Wall.) - -=Persan, ane, Perse.=--_Perse_ se dit des habitants de l'ancienne -Perse;--les habitants de la Perse moderne s'appellent _Persans_, ce -qui n'empêche pas qu'on ne donne aussi la qualification de _Persan_ aux -anciens Perses. - -=Persécuter=, _persécution, persécuteur, persévérer, persévérance, -persistance, persister_:--dans tous ces mots, l'_s_ étant précédée -d'une consonne, se prononce dure, comme dans _si, son, sa, ses_. - -=Persil=, s. m., plante potagère: prononcez _perci_ et non _percile_. - -=Personne=, s. f.--Ne dites pas: _n'y a-t-il personne d'autre à la -maison? personne d'autre que..._; dites, _n'y a-t-il pas d'autre -personne? personne autre que..._ Voyez _rien d'autre_. - -2. Ce mot est féminin, quand il désigne un individu déterminé et peut -être remplacé par _homme, femme_: _deux personnes différentes me l'ont -assuré; une personne, deux personnes; je ne connais aucune personne -aussi heureuse que cette femme_. - -3. Il est masculin, quand il est pris d'une manière indéterminée: -_personne oserait-il le nier? je ne connais personne d'aussi heureux -que cette femme_. - -=Perspective=, s. f., t. de peint.: écrivez et prononcez _perspective_ -et non _perspectife, perpective_. - -=Persuader=, _persuasion_: prononcez l'_s_ dure puisqu'elle est -précédée d'une consonne: _perçuader_, (l'_a_ est bref) _perçuasion_ et -non _perzuader, perzuasion_. - -=Perte=, s. f.--Ne dites pas: _j'ai fait de grandes dépenses à pure -perte_, mais, _en pure perte_. - -=Peser=, _pesant, pesanteur, peseur, peson_:--prononcez _pezer, -pezant, pezanteur_, etc. (_e_ muet), et non _pèzer, pèzant, pèzanteur_. - -=Pétale=, s., chacune des pièces qui composent la corolle d'une fleur; -ce mot est masculin: _un pétale blanc_. - -=Pétaud= ou =Petaud=, s. m.--Ce mot n'est usité que dans cette -locution: _c'est la cour du roi Pétaud_, c'est-à-dire, un lieu de -confusion, de désordre où personne ne s'entend. - -=Pétaudière= ou =Petaudière=, s. f., lieu où chacun veut être maître, -où il n'y a que désordre et confusion: _cette classe est une vraie -pétaudière_. - -=Péter=, v. n., se dit figurément de certaines choses qui font un bruit -subit et éclatant: _le bois de chêne pète dans le feu; le laurier et le -sel, jetés dans le feu, pètent; cette boite, cette fusée, ce fusil, ce -pistolet_ etc., _pètent bien; cette bouteille de vin mousseux a bien -pété; une corde de son violon, de sa harpe vient de péter; ce vin fait -péter les bouteilles_. (Acad.) - -2. Il signifie aussi _éclater, faire explosion_: _son fusil, son -pistolet lui a pété dans la main_. (Acad.) Mais il ne faut pas -l'employer dans le sens _fêler, s'étoiler_: _il ne faut pas exposer -ce vase à la gelée, il se fêlerait; un verre fêlé; carreau de vitre -étoilé_ (fêlé en forme d'étoile); _prenez garde que vos bouteilles ne -s'étoilent_. - -3. Ne dites pas, _des pommes de terre pétées_, dites _des pommes terre -grillées_. - -4. On écrit et on prononce _péter_ et non _pèter_; on ne redouble pas -le _t_ devant _e_ muet: _il pète, il pétera_. - -=Petiller=, v. n., éclater avec bruit; dans ce mot et dans _petillant, -petillement_, les _ll_ sont mouillées: plusieurs écrivent et prononcent -_pé_ au lieu de _pe_. - -=Pétiole=, s. masc., queue de feuilles; _pétiolé_, adj.; porté par un -pétiole:--prononcez _péciole, péciolé_. - -=Petit, Long.=--N'employez pas _petit_ pour _court_, ni _long_ pour -_grand_; dites, _cet habit est trop court_, et non _trop petit_; _cette -femme est grande_, et non _cette femme est longue_.--Prononcez _petit_ -(_e_ muet) et non _pètit_. - -2. Un _petit homme_, est un homme de petite taille;--un _homme petit_, -est un homme sans coeur, sans dignité, sans esprit. - -3. _Petit peu_ (_un_), _un tout peu, un tant soit peu_: ces locutions ne -sont pas françaises; dites, _un peu, très-peu, bien peu, tant soit peu, -un tantinet_.--Toutefois, dans la conversation, on admet _petit peu_ -comme représentant mieux la petitesse de la quantité. - -4. _Petit à petit_.--_Il a fait sa fortune petit à petit_.--Ne dites -pas _de petit à petit_. - -=Petto= (=in=), en secret, dans l'intérieur du coeur: prononcez _ine -pet'to_; les deux _tt_ se prononcent.--Voyez _in-petto_. - -=Pétulant, te=, adj., signifie remuant, vif, impétueux, brusque, et non -_mutin, têtu_; _il est fort pétulant; il est d'un naturel pétulant, -d'un caractère pétulant_ (remuant);--_voyez le petit mutin_ (et non -_pétulant_). - -=Peu=, adv.--Dans le langage familier _un peu_ est quelquefois -explétif et sert à adoucir l'impératif: _dites-moi un peu; venez ici un -peu, que je vous parle; voyons un peu comment vous vous y prendrez_. -(Acad.)--Les flamands doivent se garder de rendre ce _un peu_, par -_seulement, une fois_. - -2. Ne dites pas _un peu du pain_, mais _un peu de pain_. - -=Peuple=, s. m., nation, populace: prononcez _peuple_ (_eu_ bref) et -non _peupe, peupèle_. - -=Peur=, s. f.,--N'employez pas ce mot dans le sens de _soin, avoir -soin_: _cet écolier a soin de ses livres_ et non, _a peur de ses -livres_. (Wall.) - -2. Ne dites pas: _vous feriez peur les gens_; dites, _vous feriez peur -aux gens_. - -3. Ne dites pas: _vous m'avez fait prendre une peur_; dites, _vous -m'avez fait peur_. - -=Peut-être=, adv.--Prononcez _peut-être_ (_eu_ bref) pour le -distinguer de _(cela) peut être_ où l'_eu_ est long; ne dites pas -_peut-ête, peut-êtère_. - -=Ph=, se prononce comme _f_: _Philippe_ (_fi-lipe_ et non _flipe_); -_phare_ (_fare_), _philosophie_ (_filosofie_). - -=Phébus=, s. m., Apollon, le soleil (en style poét.), style obscur -et empoulé: _vous croyez avoir fait du sublime et ce n'est que du -phébus_.--Prononcez _fébuce_. - -=Phénix=, s. m., oiseau fabuleux qui renaissait, dit-on, de ses -cendres; personne unique ou rare dans son espèce: _vous êtes le phénix -des hôtes de ce bois_.--Prononcez _fénikce_ et non _fénik, fénice_. - -=Phrase=, s. f., assemblage de mots formant un sens: _une belle -phrase_.--Prononcez _frâze_ (_â_ long) et non _frâce_. - -=Piailleur, euse=, s., celui ou celle qui ne fait que piailler, crier -continuellement par dépit ou par méchanceté: _cet enfant est un -piailleur_.--Ne dites pas _piaillard_. - -=Piane-piane=, adv., lentement, à pas comptés: _marcher piane-piane_: -on ne prononce point les _e_. - -=Piano= ou =Forte-piano= ou =Piano-forte=, s. m., instrument de musique -à clavier: on prononce _forté_ et _piano_ (_ia_ bref et diphth.) et non -_pî-anno, pi-âno_. - -2. _Piano_, s. m., adj. et adv., terme de musique, doux, doucement, -avec douceur.--Le pluriel est _pianos_. - -=Piauler=, v. n., se dit des enfants qui se plaignent en pleurant: _cet -enfant ne fait que piauler_. - -=Pic=, s. m. (prononcez _pique_).--Ce mot a plusieurs significations -bien distinctes.--Le _pic_ est un instrument de fer courbé et pointu -vers le bout, et dont on se sert pour casser des morceaux de rocher et -pour ouvrir la terre: _il faut un pic pour ouvrir cette terre remplie -de cailloux_. - -2. _Pic_, en terme de géographie, se dit des montagnes très-hautes: _le -pic de Ténériffe_. - -3. _Pic_ est un oiseau grimpeur qui perce l'écorce des arbres avec son -bec, pour chercher des vers et des insectes. - -4. Enfin _pic_ est un terme de jeu de piquet.--Il ne faut pas le -confondre avec _pique_ qui signifie une des couleurs du jeu de cartes, -et est également masculin: _il tourne du pique_ ou _de pique_ ou -_pique_. - -=Picorée=, (_la_), a le même sens que le mot _maraude_; mais on dit -_aller à la picorée_ et non pas _en picorée_, quoiqu'on dise _aller en -maraude_ plutôt que _aller à la maraude_.--_Picoreur_, s. m., qui va à -la picorée: ce mot n'a pas de correspondant féminin.--V. _maraude_. - -=Picot.=--Ne dites pas: _cet enfant est tombé dans les picots_; dites, -_dans les orties_. - -=Pie=, s. f., oiseau de la famille des corbeaux; prononcez _pî_ (_î_ -long) et non _pi-ïe_. - -2. =Pie=, adj., pieux; il n'est usité qu'avec le mot _oeuvre, oeuvre -pie_, c'est-à-dire, oeuvre de charité faite en vue de plaire à Dieu. - -=Pièce, Place.=--Dites _un appartement composé de quatre pièces_ et -non _de quatre places_: prononcez _pièce_ (_è_ grave mais bref) et non -_piéce_. - -=Pied=, s. m.--Ne dites pas: _j'ai voyagé, j'ai fait le chemin de -pied, je suis venu de pied_; dites _j'ai voyagé,... à pied_. - -2. On peut dire par hypallage: _il n'avait point de souliers dans ses -pieds_, au lieu de: _il n'avait point ses pieds dans des souliers_. -(Acad.) - -3. _Pied bot_ (_bot_ n'a pas de féminin), pied contrefait: _avoir un -pied bot_:--il se dit également d'un homme qui a le pied contrefait: -_les deux frères sont pieds bots_; ne dites pas _pied à boule_ ni -_pitabole_. - -4. _De plain-pied_, locut. adv., sans monter ni descendre: _on va dans -cette chambre de plain-pied_.--N'écrivez pas _de-plein-pied_ et ne -dites pas _de plat pied_. - -5. _Pied droit._--Ne dites pas, _j'ai un pied droit pour mesurer_; -dites, _... un pied de roi_. - -=Piedsinte= ou =Piedsente=, n'est pas français; dites sentier. - -=Piége=, s. m., embûche: prononcez _piège_ (_è_ ouvert) et non -_pièche_.--Voyez _tendre_ et _ége_. - -=Pierre, Pierrette.=--Ne dites pas _des pierres d'abricot, des -pierrettes de cerise_, etc.; dites _des noyaux d'abricot, de -cerise_.--On nomme _pierre_ une espèce de gravier qui se trouve dans -certaines poires: _ces poires ont beaucoup de pierres_.--Voyez _noyau_ -et _amande_. - -2. _Pierre d'achoppement_, danger, obstacle; ne dites pas _pierre -d'achoquement_. - -3. On écrit _un tailleur de pierre_ et non _un tailleur de pierres_, -homme qui taille _la pierre_ et non le bois ni le fer; mais on dira _un -casseur de pierres_, homme qui casse _les pierres_. - -=Piété=, s. f., dévotion; ce mot n'a pas de pluriel. - -=Piètre=, adj., mesquin, chétif et de nulle valeur dans son genre: _un -habit piètre, un piètre ouvrier_; ne dites pas _peutre_.--Prononcez -_piè-tre_ (_piè_ diphth.) et non _piète, piètère_. - -=Pieux, se=, adj., qui a de la piété:--prononcez _pi-eu_ (deux syll.) -pour le distinguer de _pieu_ (pièce de bois pointue) qu'on prononce -_pieu_ (en une seule syll.) - -=Pile=, s. f., se dit de celui des deux côtés d'une pièce de monnaie où -sont empreintes les armes du souverain; le côté opposé se nomme _croix_ -ou _tête_: _n'avoir ni croix ni pile; jouons, jetons à croix-pile qui -l'aura; que retenez-vous, croix ou pile?_ - -2. _Pile_, s. f., soufflet, taloche: ce mot n'est pas français. - -=Piler=, v. a., écraser, broyer; écrivez et prononcez _piler_ et non -_piller_ (_ll_ mouillées).--Le vase de métal, de pierre, de faïence, -etc., dans lequel on pile, se nomme _mortier_: _un mortier de cuivre -sert d'enseigne à ce pharmacien_.--Le _pilon_ est l'instrument dont on -se sert pour piler dans un mortier: _un pilon de fer, de bois_. - -=Pilotis=, s. m., grosse pièce de bois pointue qu'on fait entrer en -terre avec force pour asseoir les fondements d'un édifice, etc.; ne -dites pas _pilote_, qui signifie, celui qui gouverne un vaisseau: -_Amsterdam est bâti sur pilotis_ et non, _... sur pilotes_. - -=Pince, Pincette=, s. f.--_Pince_ se dit d'une sorte de longues -tenailles dont on se sert pour remuer les grosses bûches dans une -cheminée: _il faut prendre cette bûche avec la pince_.--Il se dit -également dans plusieurs arts ou métiers, de certaines tenailles, les -unes grosses, les autres petites, qui servent à différents usages: _les -taillandiers, les serruriers ont de grosses pinces pour tenir leur -ouvrage, quand ils le mettent au feu; les horlogers, les arquebusiers -ont de petites pinces pour prendre et placer les goupilles et autres -pièces légères_.--_Pince_ signifie aussi un barre de fer aplatie par -un bout, et dont on se sert comme d'un levier: _lever une grosse pierre -avec une pince_. - -2. _Pincette_, s. f., et plus ordinairement _pincettes_ (au plur.), -ustensile de fer à deux branches égales, dont on se sert pour -accommoder le feu: _attiser le feu avec des pincettes_. On dit aussi -_tenailles_ dans ce sens.--Il se dit encore d'un instrument de fer, -dont on se sert pour s'arracher le poil: _il se fait la barbe avec la -pincette_.--Il se dit également, dans plusieurs arts ou métiers, de -petits instruments de fer à deux branches, dont on se sert pour prendre -ou pour placer certains objets qu'on ne pourrait ni prendre ni placer -facilement avec les doigts.--Ne dites point _épince, épincette_.--Voyez -_tenaille_. - -=Pinçon, Pincée, Pinson.=--_Pinçon_, s. m., se dit de la marque qui -reste sur la peau quand on a été pincé: _je me suis fait un pinçon -en fermant cette porte_. Mais on dit _avoir l'onglée_ et non _des -pinçons_, lorsqu'on veut parler de certaines douleurs qu'on ressent au -bout des doigts quand on y a eu fort froid: _je ne puis pas écrire, -j'ai l'onglée_.--_Pincée_, s. f., se dit de ce qu'on peut prendre de -certaines choses en les pinçant entre deux ou trois doigts: _une pincée -de sel_.--Le _pinson_, s. m., est une sorte de petit oiseau: _gai -comme un pinson_.--Voyez _pensum_. - -=Pipe=, s. f.--Dites _pipe bien culottée_, et non _pipe bien percée_ -ni _bien passée_. - -=Piquanterie=, n'est pas français: il faut dire _picoterie_, pour -signifier des paroles malignes et de nature à blesser; _picoter_ c'est -faire des picoteries; _il m'impatiente par des picoteries continuelles; -il l'a picoté pendant toute la soirée_. - -=Pique-assiettes=, n'est pas français; dites _piqueur d'assiettes, -piqueur de table_ ou _écornifleur_, pour désigner celui qui cherche à -manger aux dépens d'autrui. - -=Piqûre=, s. f., petite blessure que fait une chose ou un animal qui -pique: écrivez _piqûre_ (avec un accent circonflexe) et non _piqure_. - -=Pire, Pis.=--_Pire_, adj. comparatif de _mauvais_, (plus mauvais); au -superlatif on dit _le pire_ (le plus mauvais).--_Pis_, adv. comparatif -de _mal_ (plus mal); le superlatif est _le pis_.--Servez-vous de -_pire_, lorsque, en reversant le sens de la phrase, vous diriez -_meilleur_, et de _pis_, si c'est _mieux_ que vous emploieriez:--_tant -pis_ (tant mieux); _il va de mal en pis_ (en mieux); _le pis_ (le -mieux) _que j'y trouve_; _il est bien pire_ (bien meilleur) _qu'il -n'était_; _de deux maux, il faut éviter le pire_ (le meilleur); _ils -sont pis que_ (mieux) _jamais ensemble_. - -2. On ne dit pas: _plus pire, plus pis_, pas plus qu'on ne dit _plus -meilleur, plus mieux_. - -3. On ne fait sentir l'_s_ de _pis_ que devant une voyelle: _au pis -aller; qui pis est_. - -=Piteux, euse=, adj., qui excite la pitié, _un spectacle piteux, une -mine piteuse_.--Ne dites pas _pitieux_. - -=Pitié=, s. f., compassion pour les peines d'autrui; ce mot ne -s'emploie pas au pluriel.--On écrit _grand'-pitié_ ou _grande -pitié_ dans cette locution: _c'est grand'-pitié_ ou _grande pitié_. -(Acad.)--Prononcez _piti-é_ et non _pit-chié_.--Voyez _ti_ et _di_. - -=Place=, s. f.--On doit se servir du mot _pièce_, lors qu'on parle des -différentes parties d'une maison: _son appartement est composée de tant -de pièces_ (et non _de places_); _le salon est la plus belle pièce de -la maison; la seconde pièce; la salle_ ou _la pièce à manger_ (et -non _la place_). - -2, Ne dites pas, _à la place_ ou _en place d'étudier, il joue_; dites, -_au lieu d'étudier, il joue_. - -3. Ne dites pas: _Messieurs, mettez-vous à place_; dites, _en place_. - -=Placer= (=se=),--Ne dites pas: _placez-vous, je vous prie_; dites, -_asseyez-vous..._ - -=Placet=, s. m., demande écrite à l'effet d'obtenir une grâce, une -faveur du Roi; en parlant des ministres, des tribunaux, etc., on se -sert du mot _pétition_;--au pluriel, _placets_.--Prononcez _placè_ -(_è_ bref). - -=Plafonner=, v. a.--Ne dites pas _plafonner un mur_, mais, _plâtrer un -mur_: on ne plafonne que les plafonds. - -=Plaideur=, s. m., celui qui est en procès; au féminin, _plaideuse_. - -=Plaidoyer=, v. n., =Plaidoyeur=, s. m., ne sont pas français; il faut -dire _plaider, plaidailler, plaideur, plaidailleur_. - -=Plain, aine=, adj., plat, uni sans inégalité: _pays plain; la bataille -s'est donnée en plaine campagne; drap plain_. - -2. _Plain-pied._--Voyez _pied_. - -3. _Plain-chant_, s. m., le chant d'église: _on a exécuté une messe en -plain-chant_.--Il n'a pas de pluriel. - -=Plaindre=, v. a., signifie, entre autres acceptions, employer, donner -avec répugnance, à regret, d'une manière insuffisante: _il ne plaint -ni son temps ni ses soins quand il s'agit de rendre service; il plaint -le pain à ses domestiques; il plaint l'avoine à ses chevaux; il plaint -jusqu'aux habits qu'il donne à ses enfants_.--Il correspond assez bien -au mot wallon _mèskeûre_; le mot _keûre_ se rendrait également assez -bien par, _ne pas plaindre_: _je ne lui plains pas cette réprimande, il -l'a bien méritée_. - -=Plaine=, s. f. campagne: prononcez _plène_ (_è_ long) et non -_plain-ne_. - -=Plaire=, v. n.--Ne dites pas: _il faut bien plaire ses parents_; -dites, _à ses parents_. - -2. _Ce qui plaît_, signifie ce qui est agréable; _ce qu'il plaît_, -signifie ce que l'on veut.--Ne dites donc pas: _je fais ce qui me -plaît_, pour faire entendre que vous n'avez pas d'ordre à recevoir; -dites, _je fais ce qu'il me plaît_.--Au contraire, dites: _les gens -peu raisonnables sacrifient leurs intérêts à ce qui leur plaît_; -c'est-à-dire, _à ce qui leur est agréable_. - -3. Ne dites pas: _si vous plaît?_ pour engager quelqu'un à répéter -ce qu'il vient de dire; dites, _s'il vous plaît_ ou _plaît-il_, ou -_pardon, je n'ai pas entendu, je n'ai pas compris_. - -4. _Se plaire_, suivi d'un infinitif, demande la préposition _à_: _il -se plaît à étudier, à chasser_. - -=Plaisant, ante=, adj., agréable, qui plaît: _je ne trouve pas plaisant -que vous vous occupiez de moi_. Il est peu usité dans ce sens, et il ne -s'emploie que dans des phrases négatives. - -2. Il signifie plus ordinairement, qui divertit, qui fait rire: _il -nous a fait un conte plaisant; c'est le plus plaisant homme du monde; -il a des manières tout à fait plaisantes; histoire plaisante et -récréative_.--Ne dites donc pas d'un homme _qu'il est plaisant_, pour -faire entendre _qu'il est aimable_. - -3. _Plaisant_ se dit aussi, par une sorte de mépris, et pour signifier, -impertinent; ridicule: en ce sens, il précède toujours le substantif: -_c'est un plaisant homme, un plaisant visage; il a un plaisant habit; -je vous trouve plaisant de vouloir..._ - -=Plaisir=, s. m.--Ou dit _avoir du plaisir, avoir plaisir, y avoir -du plaisir à_,--et _avoir le plaisir, faire plaisir de_:--_vous -aurez du plaisir à_ (et non _de_) _causer avec lui; j'ai plaisir à -travailler avec lui_;--_vous me ferez plaisir de_ (non _à_) _parler -ainsi_.--Prononcez _plésire_ et non _plèsir_, ni _plési_. - -=Plan=, s. m.--Ne dites pas: _jeter son plan sur quelqu'un, sur -quelque chose_; dites, _jeter son plomb, son dévolu_: _il a jeté son -plomb sur cet emploi, jeter un dévolu, son dévolu sur quelqu'un, sur -quelque chose_. - -=Planchéier=, v. a., garnir de planches, faire un plancher: _j'ai fait -planchéier mon cabinet de bois_, (et non _de planches_) _de sapin_.--Ne -dites pas _plancheter_ ni _plancher_. - -=Plancher=, s. m.--On appelle ainsi les planches et les poutres qui -séparent deux étages ou qui sont placées sur l'aire du rez-de-chaussée: -_il est tombé sur le plancher; peindre les solives d'un plancher; -suspendre quelque chose au plancher_;--mais il ne faut pas dire, -monter _au plancher_, l'escalier _du plancher_, au lieu de monter _à -l'étage_, l'escalier _de l'étage_.--Si la maison a plusieurs étages, -on dit monter _au premier, au second_, etc.--Voyez _pavé_. - -=Plane=, s. f., outil tranchant et à deux poignées pour aplanir, rendre -unis des morceaux de bois des planches. - -=Planisphère=, carte où les deux moitiés du globe céleste ou du globe -terrestre sont représentées; ce mot est masculin: _la mappemonde est un -planisphère terrestre_. - -=Plantoir=, s. m., outil de bois, pointu et quelquefois ferré par -le bout, dont les jardiniers se servent pour faire dans la terre -les trous où ils veulent mettre des plantes ou des graines: _un bon -plantoir_.--_Une plantoire_ n'est pas français. - -=Planure=, s. f., bois que l'on retranche des pièces que l'on plane: -_se chauffer avec des planures_. - -=Plaquer=, dans le sens d'adhérer fortement, de coller, n'est pas -français: _ce papier est collé_ (et non _plaqué_) _sur du carton_; _ces -deux feuillets sont collés_ (et non _plaqués_). - -=Plat, ate=, adj.--_Le plat pays_ est le village par rapport à la -ville;--_un pays plat_ est la plaine par rapport aux montagnes. - -=Platine=, s., or blanc, est masculin: _le platine a été découvert en -Amérique_.--Dans toutes les autres acceptions, il est féminin: _la -platine d'un fusil, la platine d'une serrure_.--Plusieurs personnes se -servent à tort de ce mot pour indiquer un petit chandelier de cuisine; -il faut dire _bougeoir_. - -=Plâtre=, s. masculin: _du plâtre_. - -=Platrier=, s. m., celui qui prépare le plâtre ou qui le vend; ne dites -pas _plâtreur_. - -=Plein, eine=, adj.--_Tout plein_, sert quelquefois d'adverbe de -quantité, et alors, il signifie _beaucoup_: _on trouve tout plein de -gens qui pensent...; il y a tout plein de monde dans les rues; j'ai -tout plein de livres d'égarés; vous dites qu'il n'y a pas de boutique -dans cette rue, il y en a tout plein_.--Il est très familier. (Acad.) - -2. _Plein_ est invariable, lorsqu'il est séparé de son substantif par -un adjectif possessif: _il a plein ses poches d'argent_.--Il s'accorde -avec son substantif, quand il n'en est pas séparé: _il donne de -l'argent à pleines mains; il en a les poches pleines_. - -=Pléis=, poisson.--Ce mot n'est pas français; il vient apparemment du -flamand _pladys_; il faut dire _plie_. - -=Pléonasme vicieux=, surabondance de mots qui rendent le discours -diffus ou incorrect; nous en donnerons quelques exemples (prononcez -_plé-onas-me_ et non _pléïonasme, pléoname_). - -2. _Arrière._--_Les grecs épouvantés reculent en arrière_: on ne peut -pas reculer _en avant_; _arrière_ est donc de trop. - -3. _Allumer la lumière_; dires allumer la bougie, la chandelle, etc.; -on ne peut _allumer la lumière_; cependant, on peut dire _allumer le -feu_ ou _du feu_. - -4. _Assez._--_Vos raisons sont assez suffisantes_; l'idée exprimée par -le mot _assez_ est déjà renfermée dans le mot _suffisant_. - -5. _Aujourd'hui._--_Le jour d'aujourd'hui les enfants sont peu -soumis._--_Jour et aujourd'hui_ expriment la même idée. - -6. _Beaucoup._--_Ce discours est rempli de beaucoup de citations._ Il -ne pourrait pas être rempli de _peu_ de citations; _beaucoup_ est donc -superflu. - -7. _Borne._--_Cicéron a étendu les bornes et les limites de la -science._ Ces deux mots exprimant la même idée, l'un des deux suffit. - -8. _Brillant._--_Un brillant éclat_: _brillant_ est de trop, car tout -_éclat_ est brillant. - -9. _Charlemagne._--_Magne_ (du latin _magnus_) veut dire -_Charles-le-Grand_; ne dites donc pas _Charlemagne-le-Grand_, quoique -pourtant on puisse dire _le grand Charlemagne_, ce mot étant dans ce -cas considéré simplement comme un nom propre. - -10. _En._--_Les vainqueurs étaient au nombre de vingt mille, dont il -n'y en eut pas un seul de tué._ Retranchez _en_ ou bien dites: _dont il -n'y eut pas un seul de tué_. - -11. _Inanimé._--_Un cadavre inanimé_: y a-t-il des cadavres _animés_ -ou _vivants_? - -12. _Mon, ma, mes, ton, ta, tes, son, sa, ses_.--_J'ai mal à mon pied, -tu as mal à ta tête; il a mal à son bras_: est-ce qu'on peut avoir mal -au pied, à la tête, au bras d'un autre? - -13. _Malgré_.--_Il fut forcé malgré lui de partir_; c'est toujours -_malgré soi_ qu'on est _forcé_. - -14. _Mutuellement_.--_Il faut s'entr'aider mutuellement_: ce dernier -mot n'ajoute rien au sens.--Il en est de même de _l'un l'autre, les -uns les autres_ employés dans ce sens. - -15. _Orageux_.--_Une tempête orageuse_: il n'y a point de tempête sans -orage. - -16. _De part et d'autre_.--_Cet entretien se termina par des plaintes -réciproques de part et d'autres_: ces derniers mots sont superflus, car -_réciproque_ et _de part et d'autre_ signifient la même chose. - -17. _Partout_.--_Il y a des sots tout partout_: le dernier mot rend à -lui seul toute la pensée; supprimez _tout_. - -18. _Petit_.--_Un petit monticule, une petite maisonnette, une petite -barquette, un petit peu_: l'idée de _petit_ est marquée par _monticule, -maisonnette, barquette_ et _peu_; donc le mot _petit_ est de trop. - -19. _Puis_.--_Il va dîner, puis ensuite il ira chez nous; puis_ -signifie déjà _ensuite_. - -20. _Seulement_.--_Pour faire trembler les révoltés, le roi n'aurait -seulement qu'à se montrer_: _seulement_ est de trop, car l'idée qu'il -exprime est rendue par _ne... que_. - -21. _Temps_.--_Une heure de temps, un jour, une semaine, un mois, une -année de temps_:--_les heures, les jours_, etc., ne mesurent pas autre -chose que le _temps_. - -22. _Vite_.--_Dépêchez-vous vite_; peut-on se dépêcher _lentement_? - -23. _Voyons voir_: répétition barbare. - -24. _Nous entrâmes dans la maison où nous y trouvâmes des amis_: -retranchez _y_ ou bien dites: _et nous y trouvâmes des amis_. - -=Pleurésie=, s. f., maladie: ne dites pas _plurésie_ ni _purésie_. - -=Pleurs=, s. masculin, sans singulier, larmes: _des pleurs -amers_.--Bossuet a dit dans le style élevé, en parlant de l'enfer: _là -règne un pleur éternel_; mais ici le mot _pleur_ paraît être pris dans -un sens figuré, pour _peine, douleur_. - -=Pleuviner=, pour désigner une pluie fine qui tombe, n'est pas -français; dites _bruiner_ ou _pluviner_: _il commence à bruiner, à -pluviner_.--_Bruiner_ est préférable. - -=Pleuvoir=, fait au participe passé _plu_: _il y a longtemps qu'il -n'ait plu_ (et non _pleu_),--L'Académie ne donne pas de participe -présent. - -=Pli=, s. m., terme du jeu de cartes;--ne dites pas, _j'ai fait deux, -trois, six plis_; dites, _j'ai fait deux, trois, six levées_. - -=Plier, Ployer=, v. a.--Voici ce que dit le Dictionnaire de -l'Académie:--_plier_, mettre en un ou plusieurs doubles et avec un -certain ordre: _plier du linge, plier des habits, des hardes, des draps -de lit, des serviettes; pliez votre serviette, plier une lettre_, -etc.--_Plier_ signifie aussi courber, fléchir: _plier de l'osier, plier -des branches, des branches d'arbre, des branches de vigne pour en faire -un berceau, plier les genoux_. - -2. _Plier_ s'emploie figurément, et signifie, assujétir, soumettre, -faire céder, s'accoutumer: _il faudra plier ce jeune homme à la -bonne règle; plier son esprit, son humeur aux volontés, aux désirs -d'autrui_.--Il est aussi neutre, et signifie devenir courbé: _un -roseau, un bâton, une houssine, une baguette qui plie; la planche -pliait sous lui_.--Figurément, _plier sous le poids des affaires, -sous le poids des années; plier sous l'autorité, sous les ordres de -quelqu'un_. - -3. _Ployer_ veut dire, fléchir, courber: _ployer une branche d'arbre; -ployer le genou en marchant_.--Il signifie quelquefois, arranger une -chose en la pliant, en la mettant en rouleau, en paquet, etc. _ployez -votre marchandise; ployez votre serviette; ployez vos habits_. - -_Ployer_ s'emploie comme actif, comme neutre et avec le pronom -personnel dans presque toutes les acceptions du verbe _plier_, mais -seulement _en poésie_ et _dans le style élevé_;--dans _le langage -ordinaire_, on se sert de _ployer_. (Acad.) - -=Ploter=, v. a., battre, maltraiter; écrivez _peloter_ et prononcez -_ploter_: _on l'a bien peloté; il a été bien peloté dans cette -conversation, dans cette dispute_. - -=Pluie=, s. f., eau qui tombe des nuages: prononcez _pluî_ (_ui_ -diphth.) et non _pluiïe_, ni _plouî_. - -=Plume=, s. f.:--_c'est une belle plume_, pour, _il a une écriture_, -n'est pas français. - -=Pluriel, elle=, adj. et subst.--Quelques-uns, dit l'Académie, -écrivent _plurier_, et la plupart prononcent _plurié_;--nous pensons -que cette forme et cette prononciation sont surannées, et qu'il faut -aujourd'hui écrire et prononcer _pluriel_ (_plurièle, è_ bref). - -=Plus=, adv. de comp.--Prononcez _plu_ et non _plusse_: l'_s_ -cependant se prononce dans: _je dis plus, il a plus_ et dans -_plus-que-parfait_. - -2. Il a le même sens que _davantage_, mais on ne peut pas l'employer -pour _davantage_: voyez ce mot. - -3. _Plus d'à demi, plus d'à moitié_: ces locutions sont préférables à -celles-ci: _plus qu'à demi, plus qu'à moitié_. - -4. Ne dites pas: _il a plus que vingt ans; il a dépensé plus que cent -francs_; dites, _il a plus de vingt ans; il a dépensé plus de cent -francs_. - -5. Ne dites pas: _il est plus sage, il est moins sage comme vous_; -dites, _que vous_. - -6. Ne dites pas: _plus pauvre est-on, plus est-ce qu'on veut briller; -plus que je le connais, plus que je l'estime_; dites, _plus pauvre -est-on, plus veut-on briller; plus je le connais, plus je l'estime_. - -7. Ne dites pas: _je n'ai plus vu ce monsieur_, pour signifier que vous -le voyez pour la première fois; dites, _je ne l'ai pas encore vu, je ne -l'ai jamais vu_. - -8. _Plus pire, plus meilleur, plus pis, plus mieux_, sont des locutions -barbares. - -9. _Plus_ comparé à _mieux_; voyez ce dernier mot. - -10. _Plus tôt_ et _plutôt_.--_Plus tôt_, en deux mots, a rapport -au temps et est opposé à _plus tard_: _il est arrivé plus tôt (plus -tard) que vous_.--_Plutôt_, en un mot, éveille une idée de choix, de -préférence: _plutôt mourir que de me déshonorer_; c'est-à-dire, je -préfère, j'aime mieux mourir que... - -=Poche=, s. f.--Ne dites pas: _j'ai ce papier en poche_; dites, _dans -ma poche; mettre, serrer, fourrer quelque chose dans sa poche, dans -ses poches_.--_Mettre en poche_, (figuré et famil.) c'est _mettre en -réserve_ et appliquer à son profit un argent qu'on a reçu pour une -autre destination. - -=Poêle=, a plusieurs significations:--_poêle_, s. _masculin_ (et non -_poèle_ ni _poële_), drap mortuaire qui recouvre le cercueil; voile -qui recouvre la tête des mariés; sorte de dais.--_Poêle_ ou _poile_, -s. _masculin_ (et non _poèle_ ni _poële_), sorte de fourneau de terre -ou de fonte ou de tôle, par le moyen duquel on échauffe des chambres, -des serres, etc.--_Poêle_, s. _féminin_ (et non _poèle_ ni _poële_), -ustensile de cuisine à longue queue pour frire, fricasser;--_poêlon_, -petite poêle:--dans toutes ces diverses acceptions, prononcez _poale, -poalon, poalier_ et non _pèle_ ni _poèle_. - -=Poêlier=, s. m. (et non _poëlier_), artisan qui fait des poêles: -prononcez _poalier_ et non _poèlier_. - -=Poème=, s. m., ouvrage en vers;--_poète_:--l'_e_ est grave dans ces -mots; l'_o_ et l'_è_ forment deux syllabes de même que pour les dérivés -_poésie, poétereau, poétesse, poétique, poétiser_, etc. - -2. On doit se garder d'intercaler, dans la prononciation, un _i_ -entre l'_o_ et l'_e_; ne dites donc pas, _po-ïème, po-ïète, po-ïésie, -po-ïétique_, etc. - -=Poète=, s. m., celui qui cultive la poésie; au féminin, _poétesse_, -mais il est peu usité et l'on dit plus volontiers _une femme poète_. - -=Poigner=, n'est pas français; il faut dire _toucher, manier, -prendre dans la main_:--_regardez cela, mais n'y touchez pas; ne -touchez pas cela; manier un drap pour voir s'il est doux, s'il est -fin_.--_Empoigner_ est français. - -=Poignet=, _poignant, poignée, poignard_:--prononcez _poagnet, -poagnant, poagnée, poagnard_ et non _pognet, pognant, pognée, pognard_. - -=Poil=, s. m.--On ne dit pas un _poil_, mais bien un _grain_ de tabac, -d'avoine, de poudre à canon;--un _brin_ d'herbe, de fil, de soie, de -paille;--un _flocon_ de neige: _la grêle n'a pas laissé dans ce pré un -brin d'herbe; le seigle et le froment ont déjà poussé de beaux brins; -ces pauvres n'ont pas un brin de paille pour se coucher_. - -2. _Poil_ (_mort_).--Il faut traduire par _poil follet_, si l'on veut -désigner ces poils rares et légers qui viennent avant la barbe; _duvet_ -s'emploie aussi dans cette acception, surtout en poésie;--et par -_duvet_, si l'on veut parler des poils qui poussent aux jeunes oiseaux -avant les plumes: _ce jeune homme n'a encore que le poil follet; le -poil follet commence à lui pousser; ces petits moineaux ont encore leur -duvet_.--Prononcez _poale_ et non _poèle_. - -=Poindre=, v. n., n'est usité qu'à l'infinitif et au futur; il se -dit proprement du jour qui commence à paraître, et de plantes qui -commencent à pousser: _à peine le jour commençait à poindre; je -partirai dès que le jour poindra; dès que les herbes commencent à -poindre; le poil commence à lui poindre au menton_. - -2. Ne dites pas _pointer_ dans ce sens: _j'ai vu poindre_ (et non -_pointer_) _le jour_. - -3. Prononcez _poindre_ et non _poandre_ ni _poin-te, poindère_. - -=Point= (=à=).--Cette locution est française et signifie, _à propos_; -_il était ruiné, il a recueilli une grande succession, cela lui est -venu bien à point;--vous arrivez à point, bien à point;--tout vient à -point à qui peut attendre_. - -=Point, Pas.=--Ne dites pas: _il y a six mois que je ne l'ai pas vu_; -dites, _il y a six mois que je ne l'ai vu_. - -2. Ne dites pas: _ont-ils pas fait telle chose; viendra-t-il pas -aujourd'hui?_ dites, _n'ont-ils pas fait telle chose; ne viendra-t-il -pas aujourd'hui?_--Voyez _pas_. - -3. _Peu ou point, ni peu ni point_:--Ces locutions sont françaises: la -première signifie _presque point_ et la seconde, _point du tout_:--_il -a peu ou point de santé; il n'a d'esprit ni peu ni point_. - -4. Prononcez _point_ (en faisant sentir l'_in_ comme dans _pin_) et non -_poant_. - -=Pointilleux, euse=, celui qui aime à pointiller, à contester: _vous -êtes bien pointilleux_;--ne dites pas _pointilleur_. - -=Poireau= et =Porreau=, s. m.--Ces deux mots sont reçus, mais -_porreau_ paraît moins usité (Acad.):--cependant comme _porreau_ est -plus en usage en Belgique que _poireau_, nous pensons qu'il faut lui -donner la préférence, au moins dans la conversation: c'est une plante -potagère du genre des oignons: _une soupe aux porreaux_. - -2. _Poireau_ signifie aussi une excroissance qui vient sur la peau, -particulièrement aux mains: _il a les mains pleines de poireaux_;--il -se dit dans le même sens, en parlant des chevaux et des chiens: _un -cheval qui a des poireaux aux jambes; un petit chien qui a des poireaux -aux joues_.--On dit aussi _verrue_ dans ce sens.--_Poireau_: prononcez -_poareau_. - -=Pois goulus=, pois que l'on mange avec la cosse; ne dites pas _pois -gourmands_. - -=Poivrier, Poivrière.=--Le _poivrier_ est un arbrisseau qui produit -le poivre; il se dit aussi, d'un vase, d'une boîte où l'on conserve le -poivre;--la _poivrière_ est un ustensile de table de la forme d'une -salière dans lequel on met le poivre;--il se dit aussi d'un petit vase -en forme de poire dont l'extrémité est percée d'un petit trou et que -l'on secoue pour saupoudrer de poivre divers aliments. - -=Polder=, s. m., au pl., _polders_, vastes plaines de la Belgique qui -sont protégées par les digues: prononcez _pol-dre_. - -=Polichinelle=, s. m., sorte de marionnette; ne dites pas -_porichinelle_ ni _pourichinelle_. - -=Polir=, v. a.--Ne dites pas _polir_, dans le sens de repasser du -linge: _voilà des chemises bien repassées_, et non _bien polies_;--il -faut dire également _repasseuse_ et non _polisseuse_. - -=Pollen=, s. m. poussière fécondante des fleurs: prononcez _pol'lène_, -en faisant sentir les deux _ll_ et l'_n_. - -=Pommeau=: voyez _cliche_ et _bouton_. - -=Ponctuer=, _ponctuation, ponctuel, ponctualité_ etc.:--prononcez le -_c_ comme un _k_. - -=Pontonnier=, s. m., celui qui reçoit le droit exigé pour le passage -d'une rivière, soit sur un pont, soit dans un bac.--Prononcez -_ponto-nier_ et non _ponto-gnier_. - -=Poques= et =Poquettes=: ces mots ne sont pas français;--il faut dire -_petite vérole_: _mon frère a eu la petite vérole_ et non, _les poques, -les poquettes_. - -=Porc=, s. m., cochon:--le _c_ ne se fait pas sentir devant une -consonne: _du porc frais_ (_por_). - -=Porc-épic=, s. m., quadrupède dont le corps est hérissé de piquants; -au pluriel, _porcs-épic_:--prononcez _porképik_ au pluriel comme au -singulier. - -=Portant, te=, ne s'emploie qu'avec les adverbes _bien_ et _mal_: _mon -frère est bien portant, ma soeur est mal portante_ (_se porte bien, se -porte mal_). - -2. _L'un portant l'autre_, pour _l'un parmi l'autre_: voyez _parmi_. - -=Porte= _d'une agraffe_ (_la_), est une espèce de petit anneau où l'on -fait entrer le crochet d'une agraffe et qui sert à la retenir.--Ne -dites pas _oeillet_. - -=Porteballe=, s. m., s'écrit sans trait d'union et en un seul -mot.--Il se dit d'un marchand ambulant qui porte sur son dos une -balle de marchandises; au pluriel _des porteballes_:--ne dites pas -_porte-panier_. - -=Porte-cigare=, s. m., espèce de chalumet au bout duquel on adapte -un cigare;--étui pour renfermer plusieurs cigares;--au pluriel, -des _porte-cigare_ dans la première acception, et _porte-cigares_ -au singulier et au pluriel, dans la seconde;--dans ce cas, nous -préférerions le mot _étui à cigares_; on éviterait ainsi l'équivoque. - -=Portefaix, Portefeuille, Portemanteau=, s'écrivent sans trait d'union -et en un seul mot. - -=Porter=, s. m., espèce de bière anglaise: prononcez _portère_. - -=Porteur de lettres=, ne se dit pas; dites _facteur_. - -=Portion, Potion.=--_Portion_ signifie _part, partie_: _les -héritiers ont partagé tout le bien du défunt en quatre portions; -garçon, servez-moi une portion de fraises_.--_Potion_ ne désigne -qu'un remède liquide: _une potion calmante_ et non _une portion -calmante_.--Prononcez _porcion, pôcion_ (_ô_ long). - -=Possible=, adj.--_Il est possible que, est-il possible que_, veut le -subjonctif: _il est possible que je gagne_ (et non _que je gagnerai_) -_le gros lot_; _est-il possible que vous vous laissiez_ (et non _que -vous vous laisserez_) _toujours entraîner par vos camarades_. - -2. _Possible_ est invariable, comme attribut d'une proposition -elliptique, lorsqu'il est précédé des mots _plus, moins, le plus, -le moins_: _ils ne songent qu'à payer le moins d'impôts possible_, -c'est-à-dire, qu'il lui est possible. - -3. Ne dites pas: _cela peut être possible_; c'est un pléonasme vicieux; -dites simplement: _cela est possible_. - -4. Prononcez _possi-ble_ et non _possipe, possibèle_. - -=Poste=, s. f.: prononcez _pos-te_ et non _posse_. - -2. Ne dites pas d'un domestique qu'il est dans un bon _poste_; dites -qu'il est dans une bonne _condition_. - -3. _Papier de poste_ n'est pas admis par l'Académie, qui dit _papier à -lettres_. - -=Post-scriptum=, s. m., ce qui est ajouté à une lettre, ordinairement -après la signature: on l'indique par ces deux lettres: _P. S._--Au -pluriel des _post-scriptum_. (Acad.) Prononcez _poss'-scriptome_. - -=Posture=, s. f., signifie la position du corps, mais il n'est pas -synonyme de _statue_: _il y a des statues dans son jardin_ (et non _des -postures_). - -=Pot=, s. m., vase de terre ou de métal: prononcez _pô_ (_ô_ long); -l'_o_ devient bref dans _pot-à-l'eau, pot-au-lait, pot-au-feu_. - -2. Ce mot, suivi de la préposition _à_, marque la destination du _pot_; -et lorsqu'il est suivi de la préposition _de_, il indique l'usage -actuel du vase: _pot-à-l'eau, pot-au-lait, pot à fleurs_, etc., vases -propres à mettre de l'eau, du lait, des fleurs;--_pot d'eau, pot de -lait, pot de fleurs_, vase qui contient maintenant de l'eau, du lait, -des fleurs. - -3. Ne dites pas: _mettez au pot_ ou _à la potte_, pour, _mettez au jeu, -faites l'enjeu_. - -4. Ne dites pas, _il est bête comme un pot_; en effet, un pot ne -peut être ni bête ni intelligent; dites, _il est bête comme une -oie_;--cependant on peut dire d'une personne de peu d'intelligence, -_qu'elle est bouchée comme un pot_. - -5. On dit également bien, _il est sourd comme un pot_ (et non _comme -une porte_). - -=Potable=, adj., qui peut se boire, qu'on peut boire sans répugnance: -_eau potable, ce vin est déjà potable_;--prononcez _potable_, et non -_potape_ ni _potabèle_.--Voyez _buvable_. - -=Potassium=, s. m., nouveau métal: prononcez _potaciome_. - -=Pot-au-feu=, s. m., s'écrit avec des traits d'union;--au pluriel, des -_pot-au-feu_. (Acad.)--Ce mot signifie la quantité de viande destinée -à être mise dans le pot: _mettre un pot-au-feu, trois pot-au-feu_; un -_pot-au-feu de trois livres de viande, de trois livres_.--_Pot-au-feu_ -ne se dit pas du _bouilli_. - -=Pot-de-vin=, s. m., sorte de présent qui se fait en sus du prix -convenu pour un marché; au pluriel _des pots-de-vin_: _on lui donne -mille francs pour le pot-de-vin_.--Voyez _dringuelle_. - -=Pot pourri=, s. m., s'écrit sans trait d'union. - -=Poteau= (_d'eau_), petit amas d'eau formé par la pluie, etc., dans les -parties creuses des chemins;--ce mot n'est pas français; rendez-le par -_flaque_ ou _mare_ (la _flaque_ est plus petite que la _mare_): _il -y a des flaques d'eau dans ce chemin; dans ce village on abreuve les -bestiaux à une mare, à la mare_. - -=Potée=, s. f., ce qui est contenu dans un pot, ce que peut contenir un -pot: _une potée d'eau, une potée de bouillon, une potée de lait_. - -2. _Une potée d'enfants_, c'est un grand nombre d'enfants;--_éveillé -comme une potée de souris_, se dit d'un enfant fort vif, fort remuant -et fort gai. (Acad.)--Plusieurs lexicographes disent _éveillé comme -une portée de souris_. - -3. On ne dit pas, _une potée de fleurs_ ou simplement _une potée_; le -mot français est _pot de fleurs_. - -4. _Potée_ ne se dit pas non plus en français pour _quart de pinte_. - -=Potiquet=, n'est pas français; dites _petit pot_. - -=Potiron=, s. m., espèce de citrouille ronde: _manger du potiron_;--ne -dites pas _poturon_. - -=Potte=, n'est pas français; il faut dire _fossette_ pour désigner -un petit creux que les enfants font en terre pour y jeter et y faire -entrer des noix, des billes, des noyaux, etc.: _jouer à la fossette_. - -=Pouce=, s. m., le plus gros et le plus court des doigts de la main. - -2. On peut dire, manger _un morceau sur le pouce_, c'est-à-dire, _à la -hâte_;--l'Académie donne cet exemple: _manger, déjeuner sur le pouce_, -(à la hâte, sans prendre le temps de s'asseoir).--c'est donc à tort -que certains grammairiens condamnent la première locution. - -3. Ne dites pas _le pouce du pied_: dites _le gros orteil_ ou -simplement _l'orteil_. - -=Pouding=, s. m., sorte de mets anglais composé de différents -ingrédients: prononcez _poudingue_. - -=Poudre=, s. f., se dit de divers médicaments, simples ou composés, qui -sont sous la forme de poudre; ce mot est féminin: _poudre purgative; -une poudre d'une grande vertu_. - -=Poulain=, s. m., jeune cheval: le féminin correspondant est -_pouliche_;--on disait autrefois _poulaine_ ou _pouline_. - -=Poule=, s. f.; ne dites pas _pouille_. - -=Pouls=, s. m., battement des artères: prononcez _pou_ et non _poule_ -ni _pouce_. - -=Poumonie=, s. f., maladie de poumons; _poumonique_, qui en est -atteint;--ces mots ne sont pas français: dites _pulmonie, pulmonique_. - -=Poupard=, s. m., enfant au maillot, gros enfant: ne dites pas -_papard_.--On dit aussi _poupon, pouponne_. - -=Poupée=, s. f., jouet de petites filles; ne dites pas _poupe, pope_. - -=Pour=, prép.--Ne dites pas: _qui est-ce, qu'est-ce pour un homme, -pour une musique, pour un arbre, pour une fleur?_ dites simplement -_qui est-ce_ ou _quel est cet homme, quelle est cette musique, quel est -cet arbre, quelle est cette fleur?_ - -2. Ne dites pas: _pour à l'égard de votre frère_; dites, _pour votre -frère_ ou _à l'égard de votre frère_. - -3. Ne dites pas: _le vin est fait pour boire_; dites, _pour être -bu_.--Avec _pour_, évitez les verbes actifs pris dans un sens passif. - -4. Ne dites pas: _pour quant à moi_; dites, _pour moi_ ou _quant à moi_. - -5. Ne dites pas: _s'il est puni, c'est pour lui, car il l'a bien -mérité_; dites, _s'il est puni, tant pis pour lui..._ - -6. Ne dites pas: _c'est un long travail, j'en ai pour moi trois mois_; -dites, _j'en ai pour trois mois_. - -7. Ne dites pas: _tout est trop cher, ce n'est plus pour vivre_; dites, -_il n'y a plus moyen de vivre_. (Fland.) - -8. Ne dites pas, _le dites-vous pour de bon_; dites, _tout de bon_. - -9. Ne dites pas, _il dort pour quatre_; dites, _il dort comme quatre_. -(Fland.) - -10. Ne dites pas, _je n'oserais le faire, c'est bon vous_ ou _pour -vous_; dites, _c'est bon à vous_. - -=Pourboire=, s. m.: voyez _dringuelle_. - -=Pourpre=, s. m., couleur rouge foncée: prononcez _pour-pre_ et non -_pourpe_ ni _pourpère_. - -2. _Pourpre_, maladie dangereuse, est masculin: _il a la maladie du -pourpre_. - -=Pourquoi.=--Ne dites pas: _Dieu est juste, c'est pourquoi que nous -devons l'aimer_; dites, _c'est pourquoi nous devons l'aimer_. (Wall.) - -2. Ne dites pas: _pourquoi est-ce que vous faites cela; pourquoi est-ce -que c'est que vous faites cela?_--dites, _pourquoi faites-vous cela?_ - -=Poursuivre=, v. a., fait au part. passé _poursuivi_ et non _poursui_: -_il m'a poursuivi pendant une heure_;--la même observation s'applique -au verbe _suivre_. - -=Pourvu que=, loc. conj.: voyez _parmi que_. - -=Pousser=, v. a. et n.--On dit très-bien, _les arbres commencent à -pousser; ces fleurs poussent déjà_, pour signifier un accroissement -qui se produit dans les arbres et dans les plantes.--On dit également, -_les arbres commencent à pousser des boutons, des feuilles_;--mais -_pousser_, dans ce dernier sens, ne s'emploie pas comme verbe -neutre;--il faut dire, _les arbres poussent des boutons, des feuilles_, -etc., ou bien, _les arbres verdissent_. - -=Poussière=, s. f.--Ne dites pas, _j'ai une poussière dans l'oeil_; -dites, _j'ai un grain de poussière_ ou _j'ai de la poussière dans -l'oeil_. - -2. _Poudreux_, couvert de poussière, dans le langage ordinaire, est -infiniment préférable à _poussiéreux_:--_pousseux_ n'est pas français. - -=Poussin, Poulet.=--_Poussin_, petit poulet nouvellement éclos: _une -poule qui appelle_, qui _rassemble ses poussins_.--_Poulet_ se dit du -petit d'une poule, plus âgé et plus fort que le _poussin_: _manger du -poulet; élever, engraisser des poulets_. - -=Poutre=, s., grosse pièce de bois équarri qui soutient les solives -d'un plancher; ce mot est féminin: _la poutre est cassée_.--Prononcez -_pou-tre_ et non _poute_ ni _poutère_. - -=Poutrelle=, s. f., petite poutre: dans ce bâtiment il ne faut que des -poutrelles. - -=Pouvoir=, v. n.--_Il ne peut mal de tomber, de négliger ses devoirs_ -(Wall.): voyez _mal_. - -2. Ne dites pas: _le verre est cassé, je n'en peux rien_; dites _je n'y -puis rien, ce n'est pas ma faute_;--on dit encore: _on l'accuse fort -injustement de telle chose, il n'en peut mais_. - -3. Ne dites pas, _cet homme peut contre la boisson_ (Flandr.); dites, -_cet homme sait supporter la boisson_. (Flandr.) - -4. Ne dites pas: _cette dépense n'est pas trop forte pour lui, il peut -là contre_; dites, _il peut la faire sans se gêner_. (Fland.) - -5. _Pouvoir, savoir.--On ne saurait, on ne peut._--_On ne -saurait_ paraît plus propre à marquer l'impuissance morale où l'on est -de faire une chose;--_on ne peut_, semble marquer plus précisément et -avec plus d'énergie l'impossibilité de la chose en elle même. Ce qu'_on -ne saurait faire_ est trop difficile; ce qu'_on ne peut faire_ est -impossible: _on ne saurait bien servir deux maîtres; on ne peut pas -obéir en même temps à deux ordres opposés_. - -=Précepteur=, s. m.: voyez _Percepteur_. - -=Prêcher=, v. a.--Ne dites pas, _prêcher par exemple_; dites, _prêcher -d'exemple_. - -=Prédire=, v. a., se conjugue comme _médire_:--indic. prés., _vous -prédisez_; impér., _prédisez_. - -2. Ne dites pas: _tableau appartenant à M. X. prédit_; dites, _à M. X. -cité plus haut, déjà nommé_;--_susdit, susdite_ se dit aussi, surtout -dans le style de pratique. - -=Préférer=, v. a.--On dit _préférer faire_ et _préférer de faire_. - -2. Lorsqu'il est suivi de deux infinitifs mis en opposition, il faut -dire _préférer de... plutôt que de...._:--_il préféra de mourir plutôt -que de se rendre lâchement_. - -=Prélire=, v. a., t. d'imprim.: ne dites pas, _la vente se fera aux -conditions à prélire_; dites, aux _conditions indiquées plus haut, -ci-dessus mentionnées_. - -=Premier, ière=, adj. num. ord.--Prononcez _premier_ (_e_ muet) et non -_prémier, prèmier, promier_: prononcez de même _premièrement_. - -=Premièrement=, adv.--N'employez pas _premièrement_ pour _tout à -l'heure, il n'y a pas longtemps_: dites donc: _il est arrivé tout à -l'heure_ et non _il arrive premièrement_;--_je venais de dîner quand -vous êtes entré_, et non, _je dînais premièrement quand vous êtes -entré_;--_il vient de partir_ et non _il part premièrement_;--_Caïn -a rougi le premier_ ou _est le premier qui ait rougi la terre du sang -humain_, et non _Caïn a premièrement rougi la terre_. (Fland.) - -2. Ne dites pas: _dînons premièrement, nous verrons ensuite_; dites, -_dînons d'abord..._ - -=Prendre=, v. a.--_Prendre sa main, prendre son pied_, sont des -expressions ridicules et qui n'ont pas de sens;--au lieu de dire, _je -prends ma main et je lui donne un soufflet_; dites simplement, _je lui -donne un soufflet_. - -2. Ne dites pas, _ne prenez pas mauvais que je vous contredise_; dites, -_ne trouvez pas mauvais..._ (Fland.) - -3. Ne dites pas, _prenez attention à ce que vous faites_; dites, -_faites attention..._--Voyez _attention_. (Fland.) - -4. Ne dites pas, _prendre confiance en quelque chose_; dites, _mettre -sa confiance en quelque chose_. - -5. Ne dites pas, _l'idée lui a pris de sortir_; dites, _l'idée lui est -venue de sortir_. - -6. Ne dites pas, _prendre bon_, pour _trouver bon_ ou _prendre en bonne -part_. (Fland.) - -7. Ne dites pas au cond.: _nous prenderions, vous prenderiez_; dites, -_nous prendrions, vous prendriez_. - -=Preneur, Bailleur=, en style de notaire, font au féminin _preneuse_ et -_bailleresse_; dites _bailleresse de fonds_ et non _bailleuse de fonds_. - -=Prenker= ou =Prinquère=, est un mot du flamand vulgaire; rendez-le par -_hanneton_ (_h_ aspirée). - -=Près de= et =Prêt à=--_Près de_, loc. prép., signifie _sur le point -de_: _les beaux jours sont près de finir_.--_Prêt à_ est un adjectif -qui veut dire _disposé à_, et qui s'accorde avec le mot qu'il modifie: -_l'ignorant est toujours prêt à s'admirer_.--Ainsi _près de la mort_ -et _prêt à la mort_, ne présentent pas le même sens:--le premier -signifie _voisin_ de la mort et le second _préparé_ à mourir. - -2. _Près de, auprès de, au prix de_: voyez _prix_. - -=Presbyte=, adj. et s.: voyez _myope_. - -=Prescience=, s. f., connaissance de l'avenir: prononcez _press'ciance_ -et non _pré-ciance_. - -=Préséance=, s. f., droit de prendre place avant quelqu'un dans une -solennité:--prononcez l'_s_ dure, _précéance_. - -=Président à la cour=, et =Président de la cour=.--Un _président -à la cour_ est un président d'une chambre de la cour; le _premier_ -président d'une cour d'appel ou de cassation a seul le droit au titre -de _président de la cour_. - -=Présider=, occuper la première place dans une assemblée, s'emploie -avec ou sans la préposition _à_: _présider une compagnie, -présider l'assemblée_, ou _présider à une compagnie, présider à -l'assemblée_.--On dit de même _présider un concours_ et _présider à un -concours_. (Acad.) - -=Presque=, adv.:--L'_e_ ne s'élide que dans _presqu'île_: _un ouvrage -presque achevé_ (et non _presqu'achevé_),--cependant l'_e_ devant une -voyelle s'élide dans la prononciation. - -=Pressez-vous vite=, _hâtez-vous vite, dépêchez-vous vite_, sont des -pléonasmes vicieux; dites simplement, _pressez-vous, hâtez-vous, -dépêchez-vous_. - -=Présupposer=, _présupposition_: l'_s_ est dure dans ces mots. - -=Prêt à=: voyez _près de_. - -=Pretantaine=, s. f.--_Courir la pretantaine_, courir çà et là sans -sujet:--ne dites pas _prétentaine_ ni _pertaintaine_. - -=Prétendûment=, adv.--Ce mot est hors d'usage; il faut le remplacer -par le participe _prétendu, due_ ou _soi-disant_: _on a vérifié -la pièce prétendue fausse_ et non _prétendûment fausse_; _un tel, -soi-disant docteur_. - -=Prétendre.=--_Prétendre la première place_, c'est l'exiger comme -un droit; et _prétendre à la première place_, c'est y aspirer, c'est -travailler à l'obtenir. - -=Prêter, Emprunter.=--Il ne faut pas confondre ces deux mots:--_prêter_, -c'est _donner_ quelque chose à quelqu'un, lequel s'engage à vous le -rendre: _j'ai prêté de l'argent à mon frère pour le mettre à même de -payer ses dettes_;--_emprunter_, au contraire, c'est _recevoir_ quelque -chose de quelqu'un en s'engageant à le lui rendre: _j'ai emprunté de -l'argent à mon frère pour payer mes dettes_;--en un mot, celui qui -prête, _donne_ et celui qui emprunte, _reçoit_.--Il en est de même -des substantifs _prêt_ et _emprunt_.--Plusieurs wallons emploient -abusivement _prêter_ pour _emprunter_. - -=Prétexte=, s. m., raison apparente dont on se sert pour cacher le vrai -motif: prononcez _préteks-te_ (en faisant sentir l'_x_ et le _t_ final) -et non _prétekse_ ni _prétèke_. - -=Prêtre=, s. m.;--le féminin correspondant _prêtresse_ n'est usité -qu'en parlant du culte des faux dieux:--prononcez _prê-tre_ et non -_prê-te_ ni _prê-tère_. - -=Preuve=, s. f., ce qui établit la vérité: prononcez _preu-ve_ (_eu_ -bref) et non _preu-fe_ ni _preû-ve_. - -=Prévenir=, v. a., instruire, avertir quelqu'un d'une chose par -avance;--on peut dire, _prévenir quelqu'un d'une chose_ ou bien -_prévenir quelqu'une qu'une chose est, a été_ ou _sera_: _il m'a fait -prévenir de son arrivée; je vous préviens que vous aurez demain une -visite qui vous surprendra_. (Acad.) Voyez _informer_. - -2. _Prévenir d'avance_, est un pléonasme vicieux: _il m'a fait prévenir -de son arrivée_ et non _il m'a fait prévenir d'avance_. - -=Prévisant=, mot wallon, qui regarde de trop près à quelque chose; qui -est trop exact, trop ménager;--traduisez-le par _regardant_: _il ne -faut pas être si regardant, trop regardant; vous êtes trop regardant_. - -=Prévoir=, v. a., se conjugue comme voir, excepté au futur et au -conditionnel, où il fait, _je prévoirai, tu prévoiras_, etc., _je -prévoirais, tu prévoirais_, etc. - -2. _Prévoir d'avance_, est un pléonasme vicieux, car _prévoir_ signifie -par lui-même, _voir d'avance_. - -=Prévôt=, _prévôtal, prévôtalement_: l'_o_ est bref dans ces trois mots. - -=Prie-Dieu=, s. m., sorte de pupitre devant lequel on s'agenouille -pour faire ses prières; au pluriel des _prie-Dieu_.--Ne dites pas -_prié-Dieu_ et prononcez _prî-Dieu_ (_î_ long) et non _pri-ïe-Dieu_. - -=Prier=, v. n.: prononcez _pri-er_ et non _pri-ier_. - -2. Ne dites pas: _je vous prie le bon jour, le bon soir_; dites, _je -vous souhaite le bon jour, le bon soir_. - -3. On dit, _prier quelqu'un d'une chose_ ou _de faire quelque chose_. -(Acad.) - -=Prière=, s. f.--On dit _un livre de prières_ et non _un livre à -prières_. (Acad.)--Voyez _livre_. - -=Prieur=, s. m., dignité ecclésiastique; l'_i_ est long ainsi que dans -_prieure, prieuré_. - -=Primatie=, s. f., dignité du primat: prononcez _primacie_; ---_primatial_, prononcez _primacial_. - -=Primeur=, s. f., se dit au _singulier_ de la première saison des -fruits et des légumes: _les fraises, les pois sont chers dans la -primeur, dans leur primeur_.--Il se dit aussi en parlant du vin: -_certains vins sont bons dans la primeur_, c'est-à-dire, sont bons à -boire aussitôt après la vendange.--_Primeurs_, au pluriel, se dit des -fruits et des légumes précoces: _on a servi des primeurs_. - -=Priser=, v. n., prendre du tabac,--_priseur_, qui prend du tabac, -sont des mots français. - -=Prix=, s. m.--Ne dites pas: _ce marchand vend à des prix civils_; -dites, _à des prix modiques_ ou _à juste prix_. - -2. _Au prix de, auprès de, près de._--_Auprès de_ et _au prix de_ -s'emploient pour marquer la différence qu'il y a entre deux objets -comparés: _la terre n'est qu'un point auprès du reste de l'univers; -qu'est-ce que cette vie au prix de l'éternité!_--_Au prix de_ doit être -préféré, quand il s'agit de la valeur de deux objets: _qu'est-ce que -la science au prix de la vertu? ce service n'est rien au prix de celui -qu'il m'avait rendu_. (Acad.)--_Près de_ ne s'emploie plus pour _auprès -de, au prix de_: le vers suivant a donc cessé d'être correct: _pour -vous régler sur eux, que sont-ils près de vous?_ (Rac.)--Aujourd'hui on -dirait: _que sont-ils auprès_ ou _au prix de vous_. - -=Prochain, aine=, adj.--Ne dites pas: _j'irai vous voir lundi qui -vient, la semaine qui vient_, etc.; dites, _lundi prochain, la semaine -prochaine_. (Wall.) - -2. =Prochain=, s. m., chaque homme en particulier et tous les hommes en -général: _il faut aimer son prochain comme soi-même_.--Il ne s'emploie -pas au pluriel. - -=Proche=, voisin, est adjectif, adverbe et substantif: _les maisons -proches de la rivière sont sujettes aux inondations_; _les maisons qui -sont proche_ (près) _de la rivière_; _je demeure ici proche_ (près). - -2. _Proche_, précédé du verbe _être_ est adjectif ou préposition: _ces -maisons sont proches_ ou _proche de la ville_; mais précédé d'un autre -verbe, il est toujours préposition: _les maisons que l'on construit -proche de la ville_. - -3. _Proches_, au pluriel, est substantif et signifie les parents: -_c'est un de mes proches_;--voyez _parent_. - -4. _Proche, contigu_.--Deux objets sont _contigus_, lorsqu'ils se -touchent immédiatement, lorsqu'il y a entre eux un contact véritable: -_ces deux maisons sont contiguës_, c'est-à-dire qu'elles se touchent et -ne sont séparées par quoi que ce soit.--Au contraire, ces deux maisons -peuvent être proches l'une de l'autre, quoique étant séparées par une -ou plusieurs maisons, jardin, place, etc. - -=Procurer=, v. a.--Ne dites pas, _il s'est procuré d'une chambre, d'un -domestique_; dites, _il s'est procuré une chambre, un domestique_. -(Fland.) - -=Professeur=, s. m., n'a pas de correspondant féminin; on dit -_maîtresse_: _maîtresse de musique, de dessin, d'anglais_. - -=Profession=: voyez _métier_. - -=Proficiat=, n'est guère usité que dans cette locution: _souhaiter à -quelqu'un un bon proficiat_, c'est-à-dire, lui souhaiter une bonne -réussite;--il s'emploie quelquefois seul et signifie alors, _je vous -fais compliment, je vous félicite_:--_votre devoir est très-bien fait, -proficiat!_--Prononcez _proficiate_ et non _proféciate_. - -=Profil=, s. m., trait d'un objet vu de côté: prononcez _profile_ (_l_ -non mouillée). - -=Profit=, s. m., petit instrument de métal qui sert à brûler les -chandelles jusqu'au bout; ce mot n'est pas français; il faut dire -_binet_ ou _brûle-tout_. - -=Profiter=, est un verbe neutre; ne dites donc pas, _je n'ai rien -profité_, mais, _je n'ai profité de rien_. (Fland.) - -2. Ne dites pas, _j'ai profité cent francs dans cette soirée_; dites, -_j'ai gagné cent francs..._ (Fland.) - -3. Ne dites pas, _je profite beaucoup de lui_; dites, _avec lui_ ou -_dans sa fréquentation_. (Fland.) - -=Profondis= (=de=):--voyez _de profundis_. - -=Prolongation, Prolongement.=--_Prolongation_ signifie _le temps_ -qu'on ajoute à la durée fixe de quelque chose: _prolongation de congé, -de terme_.--_Prolongement_ veut dire l'extension, la continuation de -quelque portion _d'étendue, d'espace_: _prolongement d'un mur, d'un -chemin_. Voyez _proroger_. - -=Promener=, v. n.--Ne dites pas: _je vais promener, coucher, baigner_, -etc.; dites, _je vais me promener, me coucher, me baigner_. - -2. Cependant on peut dire, en sous-entendant _se_, _je l'ai envoyé -promener_. (Acad.)--Prononcez _promener_ (_e_ muet) et non _promèner_. - -=Promenoir, Promenade.=--La _promenade_ est l'action de se -promener;--le _promenoir_ est le lieu où l'on se promène.--Prononcez -_promenade, promenoir_ (_e_ muet) et non _promènade, promènoir_. - -=Promettre=, v. a.--Ne dites pas, _je vous promets que j'y suis allé_; -dites, _je vous assure_ ou _je vous certifie que..._--Voyez _compter_. - -=Prompt=, _prompte, promptement, promptitude_:--on ne prononce pas -le second _p_ dans ces mots: _pront, pronte, prontement, prontitude_. -(Acad.) - -=Prône=, s. masculin, instruction pendant la messe paroissiale: faites -l'_ô_ long ainsi que dans _prôner_. - -=Prononciation.=--Pour arriver à se former une bonne prononciation, -il importe, entre autres choses, aux wallons comme aux flamands, de -donner à chaque lettre son véritable son ou sa juste valeur. Nous nous -contenterons ici de dire un mot des lettres _douces_ et des lettres -_fortes_: on pourra s'en faire une idée exacte par le tableau suivant. - - =Douces.= =Fortes.= - - b--bombe p--pompe - c--ronce q, ke--rauque - d--ronde t--conte - g--bague q--barque - g--fromage ch--vache - j--il a jeté (j'té) ch--acheter (ache'ter) - v--grive f--griffe - z--douze c--pouce - s--blouse s (dure)--mousse - -L'important, avons-nous dit, est de conserver à chaque lettre sa valeur -naturelle, et de ne pas faire des douces des fortes et réciproquement: -que deviendra le mot _grive_, par exemple, si vous prononcez _griffe_? -il deviendra tout à fait méconnaissable. Or, les wallons et les -flamands, en ceci, pèchent précisément par les défauts contraires: -les wallons tendent à faire fortes toutes les douces, tandis que les -flamands sont exposés à adoucir toutes les fortes: ainsi _une grive_ -chez un wallon deviendra _une griffe_; et chez un flamand _une griffe_ -deviendra _une grive_.--Dans la liaison des mots c'est une faute -commune aux flamands d'adoucir les fortes: _mon père est allé_ (est -d'allé) _à Verviers; donc il n'ira pas chez vous_ (donc gu'il n'ira -pas) etc. - -2. _Prononciation d'un jugement_:--Cette expression est vicieuse;--il -faut dire _prononcé_: _le prononcé du jugement aura lieu samedi -prochain_. - -=Pronostic=, s. m., conjecture, jugement sur ce qui doit arriver: _ce -médecin fait ordinairement des pronostics fort justes_:--On écrivait -anciennement _prognostic_.--Prononcez _prognostique_. - -=Proportionné=, _proportionnément, proportionnel, proportionnellement_. ---Ces deux derniers sont des termes de mathématiques et ne se disent -qu'en parlant des quantités, des grandeurs, des nombres: _quantités -proportionnelles; échelle proportionnelle; réduire proportionnellement -un grand dessin à un petit;--la récompense fut proportionnée -au service_; _il n'a pas été récompensé proportionnément_ (et non -_proportionnellement_) _à son mérite_.--_Ti_ se prononce comme _ci_ -dans ces mots et dans _proportionné, proportion, proportionalité_. - -=Propre=, adj.--Il a un sens différent selon qu'il est placé -devant ou après le substantif: _mon propre habit_ indique l'habit -qui m'appartient; il n'est pas question ici de propreté mais de -_propriété_.--_Mon habit propre_, indique l'état de _propreté_ de -celui-ci.--_Les propres termes d'une lettre_ sont les mêmes mots, sans -y rien changer, rapportés fidèlement;--_des termes propres_ sont des -termes qui expriment nettement la pensée, et conformément aux règles de -la langue. - -2. Lorsque _propre_ signifie, _bien net, bien lavé, bien nettoyé_, -etc., il se met après son substantif: _apportez-moi une assiette -propre; voici un verre propre, vous avez des mains propres_.--Lorsqu'il -signifie, _qui appartient en propre, dont on est possesseur_, il se -place ordinairement devant le substantif: _vous avez mes propres gants; -il a été blessé par son propre cheval_. - -3. Ne dites pas, _vous êtes si propre avec cette robe_; dites, _vous -êtes si bien avec cette robe_. (Wall.) - -4. Ne dites pas, _c'est du propre que vous avez fait là_; dites, _c'est -une belle affaire, une jolie équipée, un beau tour, une belle besogne_, -selon le sens. - -5. Ne dites pas, _c'est du propre_ pour _cela est mal_, ni _je suis -propre_ pour signifier, que vous avez reçu un malencontre.--Prononcez -_pro-pre_ et non _pro-pe_ ni _pro-père_. - -=Prorata= (=au=), à proportion, à raison de: _au prorata de sa -fortune_;--ne dites pas _à prorata_. - -=Proroger, Prolonger= (_prorogation, prolongation_).--_Proroger_, -v. a., c'est prolonger le temps qui avait été pris, qui avait été -donné pour quelque chose: _on a prorogé le délai qu'on lui avait -accordé_; dans cette acception, il a à peu près le même sens que -_prolonger_.--_Proroger_, en terme de législation politique, signifie -suspendre les séances des Chambres par un acte de l'autorité royale, et -en remettre la continuation à un certain jour: _le roi a prorogé les -Chambres jusqu'au premier mars_. - -2. _Prolonger_, v. a., veut dire, faire durer plus longtemps, rendre -de plus longue durée: _prolonger la guerre, prolonger sa vie_.--Voyez -_prolongation, prolongement_. - -=Prose=, s. f., discours non assujetti à la mesure, tout ce qui n'est -pas vers: prononcez _prô-ze_ (_ô_ long) et non _pro-ze_ ni _prô-ce_. - -=Prospectus=, s. m., programme qui annonce d'avance le sujet, le prix, -le format d'un livre ou le but, les conditions d'un établissement -nouveau: prononcez _pros'pektuce_. - -=Proue=, s. f., partie de l'avant du vaisseau, par opposition à la -_poupe_: prononcez _proû_ (_oû_ long) et non _prou-we_. - -=Prouesse=, s. f., action de valeur: prononcez _prou-esse_ et non -_prou-wesse_. - -=Prune, Pruneau.=--_Prune_ se dit du fruit frais du prunier;--_pruneau_ -se dit de la prune séchée au four: _une compote aux pruneaux_. - -=Prusse=, _prussien, Russie, russe_:--l'_u_ est bref dans ces mots; -c'est donc une faute de prononcer _Prû-ce, prû-cien, Rû-cie, rû-ce_. - -=Psaume=, (et non _pseaume_), _psautier, psalmiste_: prononcez le _p_ -et non _saume, sautier, salmiste_. - -=Pseudonyme=, s. m., qui a un faux nom: ouvrage _pseudonyme_; _le -pseudonyme de cet ouvrage est M. Pierre_.--Prononcez le _p_. - -=Psychologie=, s. f., traité philosophique de l'âme; _psychologique, -psychologiste_:--prononcez le _p_ et le _ch_ a le son de _k_. - -=Puer=, s'emploie ordinairement sans régime: _cette viande pue_;--mais -il s'emploie quelquefois avec un régime: _cette chambre pue le musc_, -et non _après le musc_, comme on dit en flamand.--Prononcez _pu-er, il -pû, nous pu-ons_, etc., et non _pu-wer, il pu-we, nous pu-wons_. - -=Puîné=, _puînée_, adj., qui est né depuis un de ses frères -ou une de ses soeurs: _c'est mon frère puîné_;--on l'emploie -aussi substantivement comme synonyme de _cadet_: _c'est mon -puîné_.--Cependant, dans la conversation, l'on se sert plus -ordinairement du nom de _cadet_. (Acad.) - -=Puis=, adv., signifie ensuite.--Ne dites donc pas: _il va dîner, puis -ensuite il se rendra chez vous_; c'est comme si vous disiez _ensuite -ensuite il se rendra chez vous_.--Prononcez _puis_ (_ui_ diphth.) et -non _pou-is_; prononcez de même _puits, puisard, puissant, puissance, -puîné, puisque_, etc. - -=Puissant=, adj.--Ce mot ne signifie ni _gros_ ni _gras_; ainsi ne -dites pas _un homme puissant, une femme puissante_ pour désigner _un -homme gros_ ou _gras, corpulent_, etc. - -=Punch= (et non _épunch_), s. m., sorte de liqueur: prononcez _ponche_ -et non _punche_. - -=Purésie=: voyez _pleurésie_. - -=Purgatoire=, s. m.: ne dites pas _purcatoire_. - -=Purge=, s. f., est peu usité; employez de préférence _purgatif, -purgation, médecine_: _prendre un purgatif, une purgation, une -médecine_. - -=Pusillanime=, adj., lâche; _pusillanimité_, s. f., manque de -courage:--on prononce les deux _ll_ sans les mouiller et l'_s_ a le son -de _z_. - - - - - Q - - -=Q.=--On prononce _ku_ suivant l'appellation ancienne et usuelle, et -_ke_, suivant l'appellation moderne.--_Q_ ne s'écrit jamais sans être -suivi d'un _u_, si ce n'est dans quelques mots où il est final, _coq, -cinq_. Les deux lettres _qu_ se prononcent comme s'il n'y avait qu'un -simple _k_, excepté dans les mots que nous indiquerons ci-après. - -=Qua=, se prononce comme _coua_ dans les mots suivants: _quadragénaire, -quadragésimal, quadragésime, quadrangulaire, quadratrice, quadrifide, -quadriflore, quadrilobé, quadrivalve, quadrige, quadrilatère, -quadrinome, quadrumane, quadrupède, quadruple, quadrupler_, _quaker_ -ou _quacre_, _quanquam_ (_m_ finale), _quartidi, quartile, in-quarto, -quaternaire, quatuor, quartz, quartzeux_. - -2. _Qua_, se prononce comme _ka_ dans les mots suivants: _quadran_ -(ou _cadran_), _quadrat, quadratin, quadrature_, _quadre_ (ou _cadre_), -_quadrille, quai, qualité_, _quanquan_ (ou _cancan_), _quand, quant, -quantité, quart, quarteron, quasi, quaterne, quatrain, quatre, -quatre-vingt, quatrième, quarante_. - -=Quadran=, s. m., horloge solaire: prononcez _cadran_; on écrit plus -souvent _cadran_. - -=Quadrature=, s. f., en terme de géométrie et d'astronomie, prononcez -_coua_;--en terme d'horlogerie, prononcez _ka_. (Acad.) - -=Quadre=, s. m., bordure de bois, etc., autour d'un tableau: prononcez, -_cadre_ et non _cate_ ni _cadère_.--On écrit plus communément _cadre_. - -=Quadrille=, s., jeu, danse à quatre; ce mot est ordinairement -_masculin_, dit l'Académie, _danser un quadrille_: prononcez -_kadrille_, en mouillant les _ll_.--Il est _féminin_, lorsqu'il -signifie une troupe de chevaliers du même parti dans un carrousel: _la -première quadrille était magnifiquement vêtue_. - -=Quaker= ou =Quacre=, s. m., secte religieuse en Angleterre et aux -États-Unis;--on prononce _coa-cre_;--le féminin est _quakeresse_. - -=Quand, Quant.=--_Quand_, adv., signifie lorsque, dans le temps que, -dans quel temps: _quand Dieu créa le monde en six jours; j'irai vous -trouver, mais je ne puis vous dire quand_.--Il est aussi conjonction, -et alors il signifie, encore que, quoique, alors même que: _quand je le -voudrais, je ne le pourrais pas_; en ce sens, il veut le verbe suivant -au conditionnel.--Devant une voyelle le _d_ de _quand_ se prononce -comme _t_: _quand il voudra_.--Prononcez _can_ et non _kan-te_ devant -une consonne: _quand même_. - -2. _Quant_, adv., est toujours suivi de la préposition _à_, et -signifie _à l'égard de, pour ce qui est de_: _quant à lui, il fera -ce qu'il voudra; quant à ce qui est de moi_;--_quant à_, suivi -de _moi_ ou de _soi_, se prend aussi substantivement: _tenir son -quant-à-moi, son quant-à-soi; se tenir sur son quant-à-moi, sur son -quant-à-soi_, prendre un air réservé et fier, ne répondre qu'avec -circonspection.--On dit également _se mettre sur son quant-à-moi, sur -son quant-à-soi_, faire le suffisant, le hautain. - -3. Ne dites pas, _quant au reste_ pour _au reste_. (Wall.) - -4. Ne dites pas, _j'y serai quand vous_; dites, _en même temps que -vous, aussitôt que vous_. - -5. Ne dites pas, _quand je suis guéri, j'irai vous voir_; dites, _quand -je serai guéri..._ (Fland.) - -6. _Quant_, ne doit pas s'employer pour _quantième_: _quel quantième_ -(et non _le quant_ ni _le combien_, ni _le quantième_) _du mois -avons-nous_? _il a reçu des nouvelles toutes fraîches, mais je ne sais -pas de quel quantième elles sont_; _de quel quantième_ (et non _du -quant_ ni _du combien_, ni _du quantième_) _vous a-t-il écrit_? _montre -à quantièmes_.--Voyez _combien_. - -=Quanquam=, s. m. (on prononce _couan'couame_), harangue latine que -prononçait un écolier à l'ouverture de certaines thèses de philosophie -ou de théologie. - -=Quanquan=, s. m., terme corrompu du latin _quanquam_:--on prononce et -l'on écrit ordinairement _cancan_; il se dit populairement, surtout au -pluriel, des bavardages dans lesquels il entre de la médisance: _ces -bruits ne sont que des cancans_;--il signifie aussi faire beaucoup de -bruit d'une chose qui n'en vaut pas la peine: _faire des cancans, de -grands cancans_. - -=Quantes=, adj. f. pl., n'est usité que dans ces locutions familières: -_toutes et quantes fois que_ ou _toutes fois et quantes que_:--_je vous -prêterai des livres toutes et quantes fois que vous voudrez; je vous -accompagnerai chez lui toutes fois et quantes qu'il vous plaira_:--il a -vieilli. (Acad.) - -=Quantième=: ne dites pas _quantrième_;--voyez _quant_ et _combien_. - -=Quarré=, _quarrément, se quarrer, quarrure_:--on écrit ordinairement -_carré, carrément, se carrer, carrure_. - -=Quart.=--Ne dites pas: _il est le quart avant quatre heures, il est -le quart pour quatre heures_; dites, il est _trois heures trois quarts_ -ou _il est quatre heures moins un quart_. (Acad.) - -2. Ne dites pas non plus: _il est le quart après deux heures_; dites, -_il est deux heures et un quart_ ou _il est deux heures un quart_ (mais -non _deux heures et quart_). (Acad.) - -=Quarteron=, s. m., quatre onces, quart d'un cent, prononcez mais -n'écrivez pas _cartron_. - -=Quartier=, s. m.--Rien de plus commun que de voir affiché: _quartier -à louer_; il faut dire _appartement à louer_; _chambre_ ou _chambres -à louer_, car une maison ne se divise pas en _quartiers_, mais en -_appartements_. - -2. On dit très-bien _les quartiers d'une ville_. - -3. _Quartier_ se dit aussi de ce qui se paie de trois mois en trois -mois pour les loyers, pensions, rentes, gages, etc.: _il doit deux -quartiers de son loyer_; _le prix de la pension se paie par quartiers_ -(trimestres). - -4. Ne dites pas: _les soldats sont rentrés au quartier_; dites, _... à -la caserne_. - -=Quarto= (=in=), un ouvrage _in-quarto_, prononcez _ain-couarto_.--Voyez -_in-douze_. - -=Quasiment.=--Ce mot n'est plus en usage; dites, _presque, quasi_:--_il -est presque minuit; il n'arrive quasi jamais à temps_. - -=Quasimodo=, s. f., le dimanche après Pâques; on prononce _kasimodo_ et -_couasimodo_. - -=Quatre=, adj. num.--_Entre quatre yeux_, en tête à tête: _je lui -dirai cela entre quatre yeux_. Selon l'Académie, on prononce, -_ordinairement_, par euphonie, _entre quatre-z-yeux_;--quoi -qu'il en soit, la prononciation _entre quatre yeux_ nous paraît -préférable.--Voyez _oeil_. - -2. _Se mettre en quatre_, c'est s'employer de tout son pouvoir pour -rendre service: _c'est un homme qui se met en quatre pour ses amis_. -(Acad.) - -3. _Comme quatre_, veut dire beaucoup, excessivement: _il crie, il -fait du bruit comme quatre; il mange, il boit comme quatre; un oeuf -gros comme quatre; il a de l'esprit comme quatre_. (Acad.)--Prononcez -_qua-tre_ et non _quate_ ni _qua-tere_. - -=Quatre-vingts.=--On écrit _quatre-vingts hommes_, et -_quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux_, etc., _hommes_;--Voyez _cent_. - -=Quatrième=, adj. num.: on prononce _katrième_ (_î_ long) et non -_katri-aim-me_. - -=Que=, se prononce comme _ke_ dans _que, quenouille, querelle, -quereller, quel, quelque, quelqu'un, quérir, question, queue_.--Il -se prononce comme _cue_ (et non _coue_) dans _quérimonie, questeur, -questure_. - -2. Ne dites pas: _j'ai plus que trente ans_; dites, _j'ai plus de -trente ans_. - -3. Ne dites pas, _vous avez mis l'habit que vous êtes si bien avec_; -dites, _avec lequel vous êtes si bien_. - -4. Ne dites pas: _c'est la fenêtre qu'il y a des carreaux cassés_; -dites, _où il y a..., dans laquelle il y a..._ - -5. Ne dites pas: _de la manière qu'il agit, de la manière qu'il parle; -donnez-lui ce qu'il a besoin_;--_que_, pronom relatif est toujours -régime direct, et ne peut par conséquent s'employer qu'avec des verbes -actifs; dites donc: _de la manière dont il agit, de la manière dont il -parle; donnez-lui ce dont il a besoin_. - -6. Ne dites pas: _je vais vous dire qu'est-ce que c'est_; dites, _ce -que c'est_. - -7. Ne dites pas, _qu'est-ce qui vous a parlé_; dites, _qui est-ce qui -vous a parlé?_ - -8. Ne dites pas, _qu'est-ce qui vous appelle_, mais _qui est-ce qui -vous appelle_. - -9. Ne dites pas: _que veut-on dire, la chose est ainsi_; dites, _qu'y -faire la chose est ainsi_. (Fland.) - -10. Ne dites pas: _que vous n'ayez pas été trompé, est étrange_: dites, -_que..., cela est étrange_. - -11. Ne dites pas: _la plume que vous écrivez, que vous écrivez si bien -avec_; dites, _la plume avec laquelle vous écrivez..._: on n'écrit pas -une plume, mais, avec une plume. (Wall.) - -12. Ne dites pas: _quel beau temps qu'il fait; quel beau discours qu'il -a prononcé_; dites, _quel beau temps il fait, quel beau discours il a -prononcé_. (Wall.) - -13. Ne dites pas: _il fait tant de sottises; il arrange si mal ses -affaires que ce n'est pas pour dire_; dites, _qu'on ne saurait -l'exprimer, qu'on ne peut s'en faire une idée_, ou bien prenez une -autre tournure, mais, _ce n'est pas pour dire_, n'est pas supportable. - -=Quelque, Quelqu'un, Quelquefois=:--prononcez toujours l'_l_ et -non _quéque, quéqu'un, quéquefois_; prononcez également _quèlque, -quèlqu'un, quèlquefois_ et non _quélque, quélqu'un, quélquefois_. - -2. Ne dites pas: _Oh! Monsieur, c'était quelque chose_; dites, _c'était -beau, rare, magnifique_. (Fland.) - -=Quelqu'un= (=un=).--Ce pléonasme, admis autrefois, ne l'est plus du -tout aujourd'hui; il faut dire simplement _quelqu'un_:--_quelqu'un_ -(et non _un quelqu'un_) _me l'a dit_. - -2. _Quelqu'un, une_, substantif., signifiant _un, une entre -plusieurs_: _nous attendons des hommes, il en viendra quelqu'un_ -(un); _plusieurs femmes m'ont promis de venir, nous en aurons -quelqu'une_ (une).--_Quelqu'un_ pris absolument s'emploie pour -deux genres, et signifie une personne: _quelqu'un m'a dit; j'attends -ici quelqu'un_.--C'est pourquoi _quelqu'une m'a dit, j'attends ici -quelqu'une_, ne sont point des locutions françaises.--Au pluriel, -on dit absolument; _quelques-uns assurent le contraire_; mais on -ne dirait pas, en employant _quelques-uns_ comme régime du verbe: -_je connais quelques-uns_; il faut dire avec le pronom _en_, _j'en -connais quelques-uns_; et dans le cas, _quelques-uns_ n'est point pris -absolument, il se rapporte avec un substantif énoncé auparavant et dont -le pronom _en_ rappelle l'idée. - -=Quelque chose=, est masculin lorsqu'il signifie une chose: _j'ai -appris quelque chose de bon_; il est féminin lorsqu'il signifie, quelle -soit la chose ou quelle que fût la chose: _quelque chose qu'il m'ait -dite, je n'ai pas confiance en lui_.--Voyez _chose_. - -=Quelquefois=, ne peut pas s'employer pour _peut-être_ ou _par -hasard_: _Jean n'est pas encore de retour. Il est peut-être_ (et non -_quelquefois_) _malade_; _si par hasard le maître vous voyait, vous -seriez puni_, et non, _si quelquefois le maître_. - -=Quenouille=, s. f., canne pour filer: prononcez _kenouille_ (_e_ muet -et _ll_ mouillées) et non _quènouille_ ni _quenoule_. - -=Querelle, Quereller=:--prononcez _kerèle, kerèler, krèle, krèler_, et -non _kèrelle, kèrèller_ ni _kérelle_, et encore moins _karèle, karler_. - -=Questeur, Questure=:--prononcez _cuesteur, cuesture_ et non _kesteur, -kesture_ ni _couesteur, couesture_. - -=Question=, s. f., demande, proposition, torture:--prononcez -_kess'thion_ et non _kécion_; prononcez de même _questionner_. - -=Qu'est-ce qui=, se dit des choses et _qui est-ce qui_, des personnes: -ne dites donc pas, _qu'est-ce qui m'a appelé_, mais _qui est-ce qui m'a -appelé_. - -=Queue=, s. f.: prononcez _keû_ (_eû_ long) et non _keu-we_. - -2. On dit la _queue_ d'une poêle, d'une casserole; le _manche_ d'un -balai, d'une pelle; les _manches_ ou _mancherons_ d'une charrue; des -_tiges_, des _fanes_, et non des _queues_ de pommes de terre, de -navets, de carottes, de panais, de betteraves, etc. - -=Qui=, se prononce comme _ki_ dans _qui, quiconque, quidam_ (_kidan_), -_quillage, quille, quiller, quilliette, quillier, quinquina_ -(_kinkina_), _quitte, quitter, quiproquo_. - -2. Il se prononce comme _cui_ (et non _coui_) dans _quia (à), quibus, -quiescent, quiet, quiétisme, quiétiste, quiétude, quindécagone, -quindécemvir_ (_cuindécem'vir_), _quinquagénaire_ (_cuincouagénère_), -_quinquagésime_ (_cuinquouagésime_), _quinque_ (_cuincué_), -_quinquennal_ (_cuincuenn'nal_), _quinquennium_ (_cuincuèn'niome_), -_quinquenove_ (_cuinkenove_), _quinquerce_ (_cuincuerce_), -_quinquerème_ (_cuincuérème_), _quintetto_ (_cuintèt'to_), _quintetti_ -(_cuintèt'ti_), _quintidi, quintil, quintuple, quintupler, quitus_ -(_cuituce_). - -3. Ne dites pas: _c'est moi qui a, c'est moi qui est_; _c'est vous -qui ont, c'est vous qui sont_; _c'est nous qui ont, c'est nous qui -sont_:--_qui_ doit toujours s'accorder en genre, en nombre et en -personne avec son antécédent; dites donc, _c'est moi qui ai, qui suis_; -_c'est vous qui avez, qui êtes_; _c'est nous qui avons, qui sommes_, -etc. - -4. Ne dites pas: _c'est à vous à qui je parle; est-ce à moi à qui vous -en voulez_; dites, _c'est à vous que je parle; est-ce à moi que vous en -voulez?_ - -5. Ne dites pas: _parlez à tout qui vous voudrez_; dites, _parlez à qui -vous voudrez, à tous ceux que vous voudrez_. (Wall.) - -6. _A qui, de qui_.--_Qui_, précédé d'une préposition, ne peut se dire -que des personnes; on le remplace par _lequel, laquelle_, quand il -s'agit des choses: dites donc, _l'étude à laquelle_ (et non _à qui_) -_je consacre mon temps_; _le cheval sur lequel_ (et non _sur qui_) _je -suis monté_. - -=Quia= (=à=), terme usité seulement dans ces phrases proverbiales: _être -à quia, mettre à quia_, c'est-à-dire, être réduit ou réduire quelqu'un -à ne pouvoir répondre; prononcez _cuia_ (_a_ bref) et non _couia_ ni -_kiia_. - -=Quibus=, s. m., terme populaire qui n'est guère usité que dans cette -phrase: _avoir du quibus_, avoir de l'argent, être riche: prononcez -_cuibuce_ et non _couibuce_ ni _kibuce_. - -=Quiconque=, pron. indif., est masculin dans le sens général: -_quiconque est capable de mentir, est indigne d'être compté au nombre -des hommes_.--Employé pour désigner une femme, il est féminin: -_mesdames, quiconque de vous sera assez hardie pour médire de moi, je -l'en ferai repentir_. (Acad.) - -=Quidam=, s. m., désigne les personnes dont on ignore ou dont on -n'exprime pas le nom; _je fus accosté par un certain quidam, un quidam -de mauvaise mine_; le féminin _quidane_ n'est usité qu'en terme de -palais.--Prononcez _kidan_. - -=Quiet=, _quiétisme, quiétiste_: prononcez _cuiet, cuiétisme, -cuiétiste_, et non _coui_ ni _ki_. - -=Quille=, s. f.--Dites _jouer aux quilles_ et non _aux guilles_. - -=Quincaille, Quincaillerie, Quincaillier=:--on écrit aussi, mais moins -souvent, _clincaille, clincaillerie, clincaillier_. - -2. Le mot _quincaillerie_ ne s'emploie qu'au singulier: _marchand de -quincaillerie_.--Prononcez _kincaille_, etc. - -=Quine=, s. m., ne se dit pas pour désigner le jeu du _loto_: dites -donc _jouer au loto_ et non _à la quine_.--_Quine_ se dit au loto de -cinq numéros gagnant ensemble sur la même ligne horizontale ou de même -couleur; _j'ai un quine_ (il est masculin). - -=Quinine=, s. féminin (_de la quinine_), _quinquina_, s. m. (on dit -aussi _quina_):--prononcez _kinine, kinkina, kina_. - -=Quinquagénaire=, adj. et subst., qui est âgé de cinquante ans: -prononcez _cuincouagénère_. - -=Quinquagésime=, s. f., le _dimanche de la Quinquagésime_;--prononcez -_cuincouagézime_ et non _kinkagézime_. - -=Quinquennal, ale=, adj., qui dure cinq ans; le pluriel est -_quinquennaux_:--prononcez _cuincuèn'nal_ et non _kinkèn'nal_. - -=Quint=, adj., ne s'emploie guère que dans ces dénonciations, et -pour signifier _cinquième_ de nom:--_Charles-Quint_, empereur; -_Sixte-Quint_, pape. - -=Quintousse.=--Ce mot n'est pas français; il faut le rendre par -_coqueluche_: _cet enfant souffre beaucoup de la coqueluche_. - -=Quintuple=, adj., cinq fois autant; _quintupler_:--prononcez -_cuintuple, cuintupler_, et non _kintuple, kintupler_ ni _couintuple, -couintupe, cointupèle_, etc. - -=Quinze=, adj. num.--On dit _d'aujourd'hui, de demain, d'hier en -quinze_ et non, _aujourd'hui, demain, hier en quinze_. (Acad.) - -2. Ne dites pas: _cela est arrivé aujourd'hui, demain, hier en quinze_; -dites _cela est arrivé il y a aujourd'hui, il y aura demain, il y a eu -hier quinze jours_. (Fland.)--Voyez _huit_.--Prononcez _kin-ze_ et -non _kince_. - -=Quiproquo=, s. m., méprise, malentendu: _il a fait un quiproquo_. ---L'Académie écrit au pluriel _des quiproquo_; nous ne voyons pas -ce qui empêche décrire _des quiproquos_: le mot n'a plus la forme -ni la prononciation latine, il est donc tout-à-fait français: voyez -_malentendu_.--Prononcez _kiprokô_ (_ô_ long.) - -=Quitte=, adj.; le pluriel est _quittes_: _nous sommes quittes_. ---_Quitte_ signifie qui est délivré, débarrassé de quelque chose; il -suit de là qu'on est _quitte_ de quelque chose de mauvais, de gênant, -de fâcheux, comme d'une fièvre, d'un procès, etc.; mais on ne peut pas -dire que l'on est quitte de quelque chose auquel on était attaché ou -que l'on regardait comme un bien; ne dites donc pas, _il est quitte de -sa bourse, de son chapeau, de sa place, de ses parents_, etc.; dites, -_il a perdu, on lui a volé sa bourse, son chapeau_, etc. - -2. Ne dites pas, _je suis quitte avec vous_, mais, _... envers vous_. - -=Quitter=, v. a., dans le sens de _tenir quitte_, a pour régime direct -le nom de la personne et pour régime indirect le nom de la chose: -_donnez-moi la moitié de ce que vous me devez et je vous quitte du -reste_ (et non _le reste_); _je vous quitte de tout ce que vous me -devez_ (et non _tout ce que_); _je vous quitte des intérêts et du -principal; je vous en quitte_. (Acad.) - -2. Ne dites pas: _je connais un moyen de quitter les taches de -graisse_; dites, _... d'enlever, d'ôter, d'effacer les taches de -graisse_. (Fland.) - -3. Ne dites pas: _c'est là que nous avions quitté, reprenons notre -conversation_; dites, _c'est là que nous en étions restés..._ (Fland.) - -4. Ne dites pas: _quittez la table, ôtez la table_, pour _desservir_. - -5. On dit très-bien, _quitter son habit, sa robe, ses souliers_, etc., -dans le sens d'ôter quelque chose de dessus soi, de s'en dépouiller, de -s'en débarrasser. (Acad.) - -=Quoi=, pron.--Ne dites pas: _je ne sais quoi faire, quoi dire, quoi -répondre, quoi penser_, etc.; dites, _je ne sais que faire, que dire, -que répondre, que penser_. - -2. Ne dites pas _de quoi_ pour _quoi_: on vous fait une question que -vous ne comprenez pas, et pour vous la faire répéter vous dites, -_quoi?_ (et non _de quoi_), c'est-à-dire, que dites-vous, qu'avez-vous -dit? - -3. _Il a de quoi, ils ont de quoi_, locution triviale; dites, _il est -riche, il a de l'argent, il est dans l'aisance_, etc.--Voyez _fortuné, -moyen, moyenné_. - -4. Ne dites pas, _à quoi monte le budget_; dites, _à combien..._ - -=Quoique=, conj.--_Quoique_, en un mot, veut dire _encore que_: -_quoique vous ayez raison, je ne puis pourtant pas vous approuver -entièrement_;--_quoi que_, en deux mots, veut dire _quelque chose -que_; _quoi que vous fassiez, vous ne réussirez pas_. - -2. Ne dites pas, _quoique ça_, mais _malgré ça_ et mieux _malgré -cela_:--_malgré cela, je lui pardonne_.--Voyez _malgré_. - -3. Ne dites pas, _quoiqu'il fait beau, je reste à la maison_, dites, -_quoiqu'il fasse beau_... _Quoique_ gouverne toujours le subjonctif. - -=Quote=, adj.:--il n'est usité que dans cette expression _quote-part_, -qui ne s'emploie pas au pluriel: _il doit payer tant pour sa -quote-part_.--Prononcez _kote-part_. - - - - - R - - -=Rr.=--Les deux _r_ se font entendre dans les mots qui commencent, -1º par _err_, comme _errer, erreur, erroné_ et autres dérivés; 2º par -_irr_, comme _irraisonnable, irrasatiable, irrécusable, irrégulier, -irréligion, irritabilité_, etc.; 3º par _horr_, comme _horreur, -horrible, horripilation_ et aussi _abhorrer_. - -2. Les deux _r_ se prononcent également, 1º dans les futurs et les -conditionnels des verbes _mourir, acquérir, requérir, courir_, et -les dérivés; 2º dans _aberration, concurrence, concurrent, corroder, -corrosion, erratique, erre, errhin, errement, interrègne, inénarrable, -myrrhis, narration, narrateur, narratif, narré, narrer, occurrence, -terreur, terrible, torrent_ et le verbe _errer_ à l'infinitif et au -participe.--Les deux _r_ se prononcent dans les noms propres _Burrhus, -Pyrrha, Pyrrhon, Pirrhus, Verrès_, etc., et dans les mots dérivés -_pyrrhique, pyrrhonien_, etc. (HENNEBERT.) - -=Rabattu.=--Ne dites pas, _c'est du rabattu_ pour _c'est du rebattu, -c'est du rebâché_. - -=Raccroc=, s. m., coup imprévu du jeu: _il s'est sauvé par raccroc_: -prononcez _racrô_ (_ô_ long). - -=Raccuser.=--Ce mot n'est pas français pour signifier _redire par -méchanceté, ce qu'on a vu ou entendu_; il faut dire _rapporter, -rapporteur, dénoncer, dénonciateur_:--_c'est lui qui nous a rapportés; -les enfants sont rapporteurs_. - -=Rachever=, n'est pas français: dites _achever_. - -=Raclée=, s. f., volée de coups: _recevoir une bonne raclée_; ce terme -est populaire. - -=Racoudre=, n'est pas français: dites _recoudre_:--_votre manche est -décousue, faites-la recoudre_; s'il s'agit de raccommodage, dites -_raccommoder_. - -=Racquitter.=--Ce verbe est français: _il avait beaucoup perdu, -mais j'ai pris son jeu et je l'ai racquitté; il avait perdu tout son -argent, mais il s'est racquitté; essayez de vous racquitter; vous vous -racquitterez une autre fois_. - -=Radis=, s. m., légume:--l'_s_ ne se prononce pas. - -=Rafistoler=, n'est pas français; dites _réparer, raccommoder, -rarranger, retoucher_. - -=Rafle=, s. f., terme de jeu, enlever tout sans rien laisser;--au jeu -des dés, _rafle_ se dit quand les dés amènent chacun le même point: -_j'ai fait rafle de quatre_.--Prononcez _ra-fle_ et non _rafe_ ni -_rafèle_. - -=Rafraîchir.=--Dans le sens de faire un repas, de boire un coup, etc.; -il ne s'emploie que pronominalement: _nous sommes allés nous rafraîchir -à tel hôtel_ (et non _rafraîchir_). - -=Rahausse=, ce qui sert à hausser; dites _hausse_: _mettre une hausse à -des souliers, à des bottes; mettre des hausses aux pieds d'une table, -d'une armoire_. - -=Raide=, _raidir, raideur, raidillon_:--on écrit aussi _roide, roidir, -roideur, roidillon_.--En conversation, dit l'Académie, et quelquefois -dans le discours soutenu, on prononce _rède, rèdir, rèdeur, rèdillon_. -Il résulte de cette observation que l'on peut aussi prononcer _roide_ -(_roade_), _roidir_ (_roadir_), _roideur, roidillon_, mais seulement -dans le discours soutenu. - -=Raie=, s. f.; voyez _ligne_. - -=Raiguiser=, n'est pas français; il faut dire _aiguiser_ ou _aiguiser -de nouveau_, selon le sens: _allez aiguiser votre couteau; faites-le -aiguiser de nouveau_:--voyez _aiguiser_. - -=Rail=, s. m. pl., _rails_, barre, barreau: _raille_. - -=Raillerie= (_entendre_).--Voyez _entendre_. - -=Rail-way=, s. m., chemin de fer: prononcez _rail-wai_. - -=Raison=, s. f.--Ce mot ne s'emploie pas dans le sens de _querelle, -différend, démêlé_;--ne dites donc pas: _j'ai eu des raisons avec -lui_; dites, _j'ai eu une querelle, un différend avec lui_.--Mais -on dit fort bien, _conter ses raisons à quelqu'un_, c'est-à-dire, -l'instruire de ses affaires, de ses intérêts, lui explique les motifs -de la conduite qu'on a tenue. - -=Raisonnable=, adj.--Quelques personnes emploient à tort le mot -_raisonnable_ pour _moyen_, et le crieur d'une petite ville du Hainaut -terminait de la manière suivante l'annonce d'une vente de porcs: _il y -en a des grands, des petits et des raisonnables_. (OMNIBUS MONTOIS.) - -=Raja= ou =Rajah=, s. m., prince indou: prononcez _raja_. - -=Rallargir=, mot wallon: dites _rélargir_: _il est obligé de faire -rélargir tous ses habits_. - -=Rallonge, Rallonger.=--Ces mots sont français: _mettre une rallonge à -une robe, à une table; rallonger une jupe, une table_.--On dit aussi -dans le même sens _allonge, allonger_. - -=Ramonasse=, mot d'origine flamande qu'il faut rendre en français par -les mots _rave, raifort_ ou _radis_, selon le sens. - -=Ramponeau=, s. m., terme de cuisine; ce mot n'est pas français; dites -_filtre à café_. - -=Rance=, dans le sens de _crêpe_, est un mot wallon: _il a mis un crêpe -à son chapeau_. - -=Rancuneux, euse=, adj. qui garde rancune: ce mot n'est pas français: -dites _rancunier, ière_. - -=Ranger= (=se=), _de_, signifie se mettre de:--_se ranger à_, veut dire -adopter: _se ranger du parti, du côté de quelqu'un_; _se ranger à -l'avis_ (et non _de l'avis_) _de quelqu'un_. - -=Râpe=, s. f., =Râper=, v. a.: l'_â_ est long comme dans _pâté_. - -=Rapêcher=, retirer de l'eau: ce mot est wallon; dites _repêcher_: _il -était tombé au fond de la rivière, on l'a repêché à demi-mort_. - -=Raphaël=, n. pr.--Prononcez _Raphaèle_ et non _Rapha-yèle_. - -=Rapiécer, Rapiéceter, Rapétasser.=--_Rapiécer_, c'est raccommoder -en mettant une pièce ou des pièces;--_rapiéceter_, c'est remettre -sans cesse de nouvelles pièces;--_rapétasser_, c'est raccommoder -grossièrement de vieilles hardes. - -=Rappeler= (=se=): on dit, _se rappeler quelque chose_ et non _de quelque -chose_:--_je me le rappelle_ et non _je m'en rappelle_.--Il est -toutefois d'usage de dire: _je me rappelle d'avoir vu, d'avoir fait, -d'avoir écrit_. (Acad.), c'est-à-dire, je me rappelle _le fait_ d'avoir -vu, d'avoir fait, etc. - -2. _Rappeler_ (_en_), ne dites pas: _j'ai été condamné, mais je vais -en rappeler_; dites, _je vais en appeler, je vais en appel, je vais -interjeter appel_. - -=Rapport=, s. m.--Ne dites pas: _il m'en veut à rapport de vous_, ou -bien, _à rapport que je suis riche_; dites, _il m'en veut à cause de -vous_, ou bien _parce que je suis riche_. (Wall.) - -2. Ne dites pas, _il dit cela par rapport à vous_; dites, _il dit cela -à cause de vous_, ou _à votre adresse_, selon le sens. - -3. Ne dites pas: _je ne suis pas venu à l'école, à rapport que j'ai été -malade_; dites, _parce que j'ai été malade_. - -4. Ne dites pas: _sur le rapport de la conduite, je n'ai que de bons -renseignements à donner de mon domestique_; dites, _sous le rapport..._ - -=Rapt=, s. m., enlèvement par violence; on prononce le _p_ et le _t_, -(_rapte_). - -=Rare=, adj.--Dites, _il est rare que je le fasse, que nous le -fassions_ et non, _que je le fais, que nous le faisons_. - -=Ras, ase=, adj., qui a le poil coupé jusqu'à la peau ou qui a le poil -fort court, etc.--On dit _au ras de l'eau, à ras l'eau_, c'est-à-dire, -presque au niveau de l'eau: _cette embarcation est à ras l'eau_:--on -dit aussi _à rase terre_, c'est-à-dire, à fleur de terre, de niveau -avec le sol environnant: _dans la cour est un puits dont la margelle -est à rase terre_. - -2. Ne dites pas, _mesurer à rase_; dites, _mesurer à rase -mesure_.--Prononcez _raze_ au masculin comme au féminin. - -=Rasibus=, prép., tout près: _la balle lui passa rasibus du -front_.--Prononcez _rasibuce_. - -=Rassercir= ou =Rassercer=.--Ce mot n'est pas français; dites -_rentraire_, s'il s'agit de l'action de coudre ensemble deux morceaux -d'étoffe sans que la couture paraisse;--dites _ravauder_, pour -signifier, raccommoder de méchantes hardes à l'aiguille, sans pièces: -_ravauder des bas, une veste; aiguille à ravauder_. - -=Ratatouille=, s. f., ragoût grossier, composé ordinairement de viande -et de légumes: _quelle ratatouille nous servez-vous donc là? ce -traiteur ne donne que de la ratatouille_. (BESCHERELLE.) - -=Râteau=, _Râteler, Râtelier_, etc.--Prononcez l'_â_ comme dans -_pâté_: _un râteau à dents de fer; râteler des foins, des avoines, -manger à plus d'un râtelier_. - -=Rattaquer.=--Ne dites pas: _il a rattaqué à Bruxelles_; dites, _il a -appelé..., il a interjeté appel à Bruxelles_. - -=Rattendre=, n'est pas français; dites donc, _attendez-moi, attendez un -peu_ et non _rattendez-moi; rattendez un peu_. - -2. Ne dites pas, _on a rattendu un homme dans le bois_; dites, _on a -attaqué..._ - -=Rature, Effaçure=, s. f.--_Les ratures_ consistent en quelques -traits de plume qu'on passe sur ce qu'on écrit;--les _effaçures_ -se font à l'aide d'un grattoir; _un écrit plein de ratures, chargé -de ratures; l'effaçure n'empêche pas qu'on ne lise encore quelque -chose de ce qui était écrit_.--De même le verbe _raturer_ a une toute -autre signification que les verbes _gratter, effacer, ôter_: _il -est difficile d'avoir un style pur sans raturer_ (biffer, bâtonner) -_beaucoup_. - -=Rauque, Enroué.=--_Rauque_ ne se dit que de la voix et jamais des -personnes;--_enroué_ se dit également de la voix et des personnes, -mais il n'exprime qu'un effet passager, inaccoutumé: _une voix rauque_; -_cet homme a une voix forte, mais le son en est rauque_; _un homme -enroué_ (et non _rauque_); _avoir la voix enrouée, parler enroué_. - -2. Prononcez _roque_ (_o_ bref). - -=Ravauderie=, s. f., ne signifie pas _vieillerie, gueuserie, -bagatelle_: _on ne vend là que de la vieillerie; il ne se meuble que -de vieilleries_.--_Ravauderie_ veut dire, bavardage, discours, plein -de niaiseries, de bagatelles: _il ne dit que des ravauderies; quelle -ravauderie venez-vous nous conter_. - -=Ravoir.=--Ce verbe ne s'emploie qu'à l'infinitif; dans les autres -temps, il faut se servir de l'un des mots: _payer, se rétablir, avoir -de nouveau, reposséder, regagner, retenir, récupérer, recouvrer, -rattraper_:--_vous le payerez_ (et non _je vous raurai_); _cette -personne commence à se rétablir_ (et non _à se ravoir_); _si je puis -retenir mes papiers, je ne les lui donnerai plus;--je voudrais bien -retenir l'argent que je lui ai prêté;--il voudrait bien retenir ce -qu'il a dit;--je n'ai jamais pu récupérer mes déboursés dans cette -affaire;--il a recouvré sa bourse;--il cherche à recouvrer son -bien;--allez toujours devant, je vous aurai bientôt rattrapé;--il -a si bien fait qu'il a rattrapé la montre qu'on lui avait volée; on ne -m'y rattrapera plus;--bien fin qui m'y rattrapera_. - -=Rawette=, s. f., mot wallon qui se rend selon le sens par: _et le -reste, surcroît, cadeau_ ou une autre expression équivalente:--_son -emploi lui vaut par an mille francs et le reste_ (la locution _haïe -au bout_ a vieilli); _après ma journée j'ai dû faire une course d'une -lieue par surcroît; je vais vous acheter cette pièce d'étoffe, mais -vous me donnerez ce foulard en cadeau, vous me ferez cadeau de ce -foulard, vous me donnerez quelque chose en sus du marché_.--Voyez -_dringuelle_. - -=Rayé.=--En parlant d'étoffes, on dit un dessin _rayé_ et non un -dessin _à lignes_. - -=Re.=--Particule qui entre dans la composition d'un grand nombre -de mots, et qui sert à indiquer un sens _contraire_, comme dans -_repousser, rejeter, renvoyer_, etc.;--ou bien un sens _itératif_ (de -nouveau) comme dans _redire, refaire_;--ou un sens _augmentatif_ comme -dans _relâcher_, rendre plus lâche. - -=Rébarbatif, ive=, adj., rude, repoussant: _cet homme a toujours une -humeur rébarbative_.--_Rébarbaratif_ n'est pas français. - -=Rebelle=, adj. et s. =Rebeller= (=se=): prononcez _re_ et non _ré_ -ni _rè_.--Prononcez et écrivez, au contraire, _rébellion_ et non -_rebellion_. - -=Rebiffade=, s. f., mauvais accueil, refus avec mépris et -paroles.--_Rebuffade_ n'est pas français. - -=Rebiffer=, v. a. et n., regimber, ne pas vouloir, refuser;--_se -rebiffer_, est très-usité parmi le peuple, mais il ne figure pas dans -les dictionnaires. (BESCHERELLE). - -=Rebours=, s. m., sens contraire.--_A rebours, au rebours_, loc. adv. -et prép., en sens contraire: il _prend tout à rebours, au rebours de ce -qu'on lui dit_.--On ne prononce pas l'_s_.--_A la rebours_ n'est pas -français. - -=Rébus=, s. m., sorte de jeu d'esprit, allusion, équivoque: prononcez -_rébuce_. - -=Rébutoire= (=vice=).--Ce mot n'est pas français; dites _vice, cas -rédhibitoire_: _la pousse, la morve et la courbature sont des cas -rédhibitoires pour la vente d'un cheval_.--Prononcez _rédibitoire_. - -=Récépissé=, s. m., (au plur. _récépissés_), écrit par lequel on -reconnaît avoir reçu des papiers, des pièces, etc.: ne dites pas -_récipissé_. - -=Recette=, s. f., se dit de la composition de certains remèdes ou -médicaments ou bien d'un écrit enseignant la manière de faire cette -composition; mais quand il s'agit de la prescription d'un médecin -destinée au pharmacien, on se sert du mot ordonnance: _portez cette -ordonnance au pharmacien_. - -=Rechanger= (=se=), signifie, _changer de linge_: _vous êtes mouillé, -rechangez-vous_.--Mais il n'est pas français dans le sens de -se remplacer, se relever, faire quelque chose à tour de rôle, -alternativement: _cette besogne est très-fatiguante, mais nous pourrons -la faire à tour de rôle_. - -=Rèche=, adj., ce mot est français: rude au toucher:--_cette étoffe -est rèche, il a la peau rèche_;--aigre, rude au goût: _pomme rèche, -poire rèche_. - -2. _Rétif_, difficile à vivre: _je lui trouve l'esprit un peu rèche_. - -=Réchigner=, est un verbe _neutre_ qui signifie, témoigner par l'air de -son visage la mauvaise humeur où l'on est, le chagrin, la répugnance -qu'on éprouve: _qu'avez-vous à réchigner? il réchigne toujours; il -fait les choses de mauvaise grâce et en réchignant; c'est un homme qui -réchigne à tout_.--Mais il ne faut pas employer ce verbe _activement_ -ni _pronominalement_: _il s'est fait réchigner, il s'est réchigné_; -dites, _il s'est fait rabrouer, rembarrer; il réchigne_. - -=Réciproquer=, v. a., rendre la pareille, est familier et ne se dit que -par plaisanterie. (BESCHERELLE). - -=Récit=, _réciter, récitation_, etc.; écrivez et prononcez _ré_ et non -_re_. - -=Réclame=, s. f., annonce pour recommander un ouvrage, tel ou tel genre -d'industrie, de spéculation, etc.--N'employez pas ce mot dans le sens -de réclamation: _j'ai adressé une réclamation_ (et non _une réclame_) -_au bourgmestre_. - -=Récolte=, s. f.--Prononcez _récolte_ et non _recolte, récolle, -r'colte_;--prononcez de même les mots commençant par _ré_, comme -_réduire, réforme, réformer, réformation, répéter_, etc. - -=Récompenser=, n'est pas synonyme de _dédommager_; dites donc, _si la -nature l'a fait laid, elle l'a dédommagé_ (et non _récompensé_) _en lui -donnant de l'esprit_. - -=Reconnaissant, te=, adj.--On dit _reconnaissant envers_ quelqu'un, -_envers_ son bienfaiteur; mais on ne dit pas reconnaissant -_à_ quelqu'un; c'est donc une faute de dire: _je vous suis -très-reconnaissant de ce service_: dites, _je vous suis fort obligé, -bien obligé de ce service_. - -=Recouper=, signifie, couper de nouveau: _cet habit avait été mal -coupé, il a fallu le recouper; au jeu de cartes, lorsqu'on n'a pas -coupé net, il faut recouper_.--Mais n'employez pas ce mot dans le sens -de _rogner_: _il faut rogner ce bâton, il est trop long; rogner un -manteau, les bords d'un chapeau; se rogner les ongles_. - -=Recouvrer, Recouvrir.=--Il ne faut pas confondre ces deux mots: -_recouvrer_ signifie _rentrer en possession_ et _recouvrir_ veut dire -_couvrir une seconde fois_: dites donc, _j'ai recouvré la santé, les -biens que j'avais perdus_, et _on a recouvert mon toit_. - -=Recréer, Récréer.=--Ne confondez pas ces deux mots: _recréer_ -signifie _créer de nouveau_, donner une nouvelle existence, remettre -sur pied;--_récréer_ veut dire _divertir, réjouir_.--Prononcez -_recré-er_, et non _recré-i-er_. - -=Recrue=, nouvelle levée de gens de guerre;--soldat nouvellement -arrivé au service;--gens qui arrivent inopinément; ce mot est féminin: -_nos recrues se sont comportées dans cette affaire comme de vieux -soldats_. - -=Recto=, s. m., la première page d'un feuillet, se trouvant à droite, -lorsqu'on ouvre le livre; il se dit par opposition au _verso_ qui est -la seconde page;--_vous trouverez ce passage folio 24, recto_. - -=Recul=, s. m., mouvement d'une chose qui recule: on prononce l'_l_. - -=Recureur, euse=, s.--Ce mot n'est pas français; il faut dire -_écureur, euse_.--Cependant le verbe _récurer_ existe, mais _écurer_ -est préférable et plus usité. - -=Reddition=, s. f.--On dit _la distribution des prix_ et non _la -reddition des prix_;--on dit bien cependant _reddition de compte_, -mais _rendage de compte_ n'est pas français. - -2. Ne dites pas: _j'ai payé, j'ai reçu mes rendages_; dites, _... mes -fermages, mes rentes_. - -=Rédempteur=, _rédemption, rédemptoriste_:--dans ces mots on fait -sentir le _p_. - -=Rédhibition=, s. f., action pour faire cesser une vente; prononcez -_rédibition_.--Voyez _rebutoire_. - -=Rédicule=, s. m., petit sac dans lequel les femmes portent leur -mouchoir, leur bourse, etc.; écrivez et prononcez _ridicule_. - -=Réel=, _réellement, réalité, réaliste_, etc.--Prononcez _ré-el, -ré-ellement_, etc., et non _ré-i-el, ré-i-ellement_. - -=Reformer, Réformer.=--_Reformer_, c'est former de nouveau: _reformer -un régiment qu'on venait de licencier_;--_réformer_, c'est opérer une -réforme: _réformer la société, une loi_. - -=Refroidir=, s'emploie neutralement pour, _devenir froid_: _laissez -refroidir le bouillon_.--Ne dites pas _réfroidir_ ni _rafroidir_. - -=Refuser=, v. a.--Lorsqu'il est suivi d'un autre verbe à l'infinitif, -il régit la préposition _de_: _il refusa de manger, de se coucher_.--On -peut dire aussi: _il refusa à manger, à coucher_, mais dans le sens -de _il refusa de donner à manger, à coucher_, et alors _manger_ -et _coucher_ sont pris substantivement.--_Se refuser_, suivi d'un -infinitif, demande la préposition _à_: _il se refusa à le suivre_. - -=Refuge, Réfugier.=--Écrivez et prononcez _re_ dans _refuge_ et _ré_ -dans _réfugier_. - -=Regarder=, v. a.--Ne dites pas: _regarder hors de la fenêtre_, mais, -_par la fenêtre_. - -2. Ne dites pas, _regardez voir_, mais simplement, _regardez_. - -3. Ne dites pas: _après quoi regardez-vous? je regarde après mon -canif_; dites, _que cherchez-vous? je cherche mon canif_. - -4. _Regarder large_, dans le sens de, _être étonné, être stupéfié, -stupéfait_, est un grossier wallonnisme. - -=Regimber=, ruer, en parlant des animaux; au fig., refuser d'obéir:--ce -verbe est neutre et ne s'emploie pas pronominalement: _un inférieur qui -regimbe_ (et non _qui se regimbe_) _contre son supérieur_. - -=Registre=, s. m.--Quelques-uns prononcent et écrivent _regître_, -dit l'Académie, qui dans tous les exemples qu'elle donne, écrit -_registre_;--d'où il suit que cette dernière orthographe est -préférable: prononcez _r'gis'-tre_ et non _regisse, registère_ (ni -_régître_). - -=Règlement=, s. m., règle, statuts: écrivez et prononcez _règlement_ et -non _réglement_. - -=Régler=, v. a.--_Régler un cahier_, c'est tracer des lignes avec une -règle;--ne dites pas _ligner_. - -=Réglisse.=--Ce mot est féminin: _la réglisse est adoucissante_. - -2. On appelle _racine de réglisse_ ou simplement _réglisse_, la -racine de cette plante, et _jus de réglisse_, le suc de la même -plante préparé: _mettre de la racine de réglisse ou de la réglisse -dans une tisane; du jus de réglisse anisé; un bâton de jus de -réglisse_--Prononcez _réglisse_ et non _régli_. - -=Régnicole=, adj. et s. m., habitant naturel d'un pays, ou étranger -naturalisé: prononcez le _g_ dur, _regh'nicole_. - -=Regret=, s. m.--_Être aux regrets que_ ou _de_, n'est pas -français;--il faut dire, _avoir regret, avoir du regret, regretter_: -_j'ai regret que vous ne puissiez m'accompagner; j'ai du regret de vous -voir malade; je regrette qu'il soit parti seul_. - -2. _A regret_, est une locution adverbiale qui signifie avec -répugnance: _cet enfant obéit à regret_. - -=Reguérir= (=se=), n'est pas français; dites _guérir_ ou _se guérir_: _il -est guéri, il se guérira bientôt_. - -=Reguiser= ou =Raiguiser=, n'est pas français; dites simplement -_aiguiser_ ou _aiguiser de nouveau_, selon le sens. - -=Reine=, s. f., femme du roi: prononcez _rène_ et non _rain-ne_. - -2. _Reine-Claude_, s. f., espèce de prune très-estimée: prononcez comme -c'est écrit, _reine-Claude_ et non _reine glaude_. - -3. L'Académie écrit _des reines-Claude_:--quelques grammairiens -prétendent que ce mot doit rester invariable et ils écrivent -_des reine-Claude_, en sous-entendant _des prunes_ de la reine -Claude;--d'autres enfin, et nous nous rangeons à leur avis, soutiennent -qu'il faut pluraliser les deux mots et écrire des _reines-claudes_;--il -nous semble en effet que par suite d'un long et fréquent usage le mot -Claude a perdu sa qualité de nom propre et est devenu bel et bien nom -commun; voilà pourquoi nous voudrions également voir, écrire ce dernier -mot avec un _c_ minuscule. - -=Relâche=, interruption, discontinuation; ce mot est masculin: _sa -maladie commence à lui donner du relâche_. - -=Rélargir=, v. a. _Rendre plus large_ et _se rélargir_, sont français: -_faire rélargir ses habits_. - -=Relaver=, v. a.--Dites un _évier_ ou _pierre d'évier, pierre à -laver_, et non _pierre à relaver_: voyez _lavier_. - -=Reléguer=, _relation, rejaillir, rehausser_:--écrivez et prononcez -_re_ et non _ré_. - -=Rèler=, dans le sens de _se couvrir de givre_ ou de _bruiner_, n'est -pas français;--_rèler_ signifie se fendre de haut en bas sous la forme -d'une vis: _le suif se rèle_. - -=Relevailles=, cérémonie qui se fait à l'église, lorsqu'une femme -y va la première fois après ses couches pour se faire bénir par le -prêtre; ce mot est féminin et n'a pas de singulier: _le jour de ses -relevailles; c'est le curé qui a fait les relevailles de ma tante_. - -=Relevée=, s. f., le temps de l'après-dînée: _à deux heures de relevée; -l'audience de relevée; vacations de relevée_. - -2. Ce mot est un terme de procédure (Académie) qu'il faut bannir du -langage ordinaire en le remplaçant par les expressions _après-dînée_ ou -_après-midi, soir_. - -=Relieur=, s. m.--Dites simplement _un relieur_ et non _un relieur de -livres_. - -=Religion=, _religieux_, etc.: prononcez _religi-on, religi-eux_ et non -_religeon, religeux_. - -=Reliquat=, s. m., ce qui reste: _le reliquat d'un compte de -tutelle_;--prononcez _relika_; prononcez de même _reliquataire_. - -=Reluquer=, v. a., lorgner curieusement du coin de l'oeil; au fig., -avoir des vues sur une chose, la désirer;--_reluqueur, euse_, s., -celui, celle qui reluque:--ces mots sont français, mais très-familiers. - -=Remaigrir=, n'est pas français; dites _ramaigrir_, v. a. et n., rendre -maigre de nouveau ou redevenir maigre. - -=Remarquer=, v. a.--Ne dites pas: _je vous remarquerai que vous êtes -dans l'erreur_; dites, _je vous ferai remarquer_, comme on dit _je vous -ferai observer_: voyez ce dernier mot. - -=Remerciement=, _remercîment_, s. m., discours par lequel on -remercie:--la seconde orthographe est la plus usitée. - -=Remercier=, v. a.--On remercie _de_ quelque chose et non _pour_ -quelque chose: _je vous remercie de vos bontés_ et non _pour vos -bontés_. - -2. _Remercier_ s'emploie pour, _congédier, révoquer_: _remercier un -employé_;--mais _se remercier_, dans le sens de donner sa démission -d'un emploi, d'une charge, etc., n'est pas français. - -3. Prononcez _remerci-er_ et non _remerci-ier_. - -=Remolade=, _rémoulade_, s. f., espèce de sauce piquante;--le second -vieillit. - -=Remords=, s. m.--On ne prononce ni le _d_ ni l'_s_; cette dernière -lettre se fait sentir, lorsqu'elle est suivie d'un mot commençant par -une voyelle. Les poètes retranchent quelquefois l'_s_, mais cette -licence n'est point permise en prose.--_Remords_ ne peut pas se dire -pour exprimer le mauvais goût qui reste de quelque liqueur après qu'on -l'a bue; il faut dire _arrière-goût, déboire_:--_ce vin laisse un -arrière-goût; du vin qui a du déboire, quelque déboire_.--_Déboire_ -s'emploie aussi au figuré: _les plaisirs ont leur déboire; il a éprouvé -bien des déboires_. - -=Rémouleur= ou _Émouleur_, s. m., celui dont le métier consiste à -émoudre, à aiguiser les couteaux, les ciseaux, etc.; ce mot n'a pas de -correspondant féminin;--écrivez et prononcez _rémouleur, émouleur_ et -non _remouleur, emouleur_.--_Rémouler, émouler_ ne sont pas français; -c'est _émoudre_ ou _rémoudre_ qu'il faut dire. - -=Remuement= ou =remûment=, s. m., action de ce qui remue: prononcez -_remû-ment, remuer_ et non _remu-wement, remu-wer_.--Voyez _ue_. - -=Remplir=, v. a.--Ne dites pas _remplir un but_, mais _atteindre un -but_: voyez ce mot. - -=Rendre=, v. a.--Ne dites pas, _maison à rendre_, c'est-à-dire, _à -prendre sur rente_; dites _maison à arrenter_. - -2. Ne dites pas non plus: _on a bien rendu cette comédie_; dites, _on a -bien joué, bien représenté cette comédie_. - -3. Ne dites pas: _nous rende-rions, vous ren-de-riez_, mais, _nous -ren-drions, vous ren-driez_. - -=Renonce=, s. f., terme dont on se sert, à certains jeux de cartes -pour exprimer qu'on n'a point d'une certaine couleur; _renon_, n'est -pas français;--il faut dire _renonciation_ pour exprimer l'action de -renoncer à quelque chose: _je viens d'envoyer ma renonciation à mon -propriétaire_. - -=Renoncer=, v. n. et a.--Ne dites pas d'un malade: _il est renoncé -des médecins_; dites, _il est abandonné des médecins, les médecins ne -répondent plus de lui_. - -=Rentraire=, v. a., coudre, joindre bord à bord, etc.;--ne le -confondez pas avec _rentrer_ qui signifie entrer de nouveau. Voyez -_rassercir_. - -=Renverser=, v. a.--Ne dites pas: _il a renversé son vin sur la -table_; dites, _versé_, si c'est à dessein et _répandu_, si c'est par -étourderie ou par maladresse;--_renverser_ se dit du contenant: _il a -renversé le verre, la bouteille, l'encrier, la table_, etc. - -=Renvoi=, s. m., en terme de médecine se dit, surtout au pluriel, des -gorgées de substances gazeuses ou liquides, qui remontent de l'estomac -ou de l'oesophage dans la bouche, sans être accompagnées des efforts -qui caractérisent les vomissements. (Acad.)--_Aigreur_, s. f., se dit -des rapports que causent quelquefois les aliments mal digérés; et, dans -ce sens, on l'emploie plus ordinairement au pluriel qu'au singulier: -_cela donne des aigreurs, cause des aigreurs_. (Acad.)--Ainsi, quoi -qu'en disent certains auteurs, _renvoi_ est tout aussi français -_qu'aigreur_, avec cette différence toutefois que le premier semble -plutôt être un terme technique. - -=Repartie=, s. f., réplique, réponse prompte; prononcez _reparti_ et -non _répartî_ ni _réparti-ïe_. - -=Repartir, Ressortir.=--_Repartir_ (_re_), partir de nouveau ou -répliquer, et _ressortir_, sortir de nouveau, se conjuguent comme -_partir_ et _sortir_:--mais _répartir_ (_ré_), partager, distribuer, -et _ressortir_, être du ressort ou de la compétence de quelque -juridiction, se conjuguent comme _finir_:--_je repartis, je ressortis, -nous répartissons, nous ressortissons_, etc.--On dit _ressortir à_ et -non _de_: _cette affaire ressortit au juge de paix; les tribunaux de -première instance ressortissent aux cours d'appel_. - -=Repasser=, v. a.--On dit _repasser le linge_ et non _polir le linge_; -l'instrument qui sert à repasser le linge se nomme _fer à repasser_ -et non _polissoir_:--ce dernier mot s'emploie pour signifier un -instrument propre à polir, à l'usage des relieurs, des doreurs, des -cordonniers, etc. - -=Repasseur=, s. m., ouvrier qui repasse, aiguise les lames, couteaux, -etc.--Ce mot figure dans le dictionnaire de Bescherelle et dans celui -de Poitevin;--on dit très-bien _repasser_ des couteaux, rasoirs, etc.; -mais plusieurs grammairiens, à la suite de l'Académie, disent que -_repasseur_ n'est pas français. - -=Repasseuse=, s. f., ouvrière qui repasse le linge; ce mot n'a pas de -correspondant masculin. - -=Répété.=--Il ne faut pas dire _répété_ au lieu de _réputé_: _il est -réputé fort riche, il est réputé pour un homme de bien_. - -=Répliquer, Répondre.=--Ces verbes ne peuvent pas avoir un nom de -personne pour régime direct, et ce serait une faute très-grave de dire: -_ne_ LE _répondez pas_, _ne_ LE _répliquez pas_; _je ne_ LES _ai pas -répondu_; _il ne répond_ PERSONNE; dites, _ne_ LUI _répondez pas_, _ne_ -LUI _répliquez pas_; _je ne_ LEUR _ai pas répondu_; _il ne répond_ A -_personne_. - -=Répondre la messe.=--On ne dit pas _répondre à la messe_, mais -_répondre la messe_, c'est-à-dire, prononcer à haute voix les paroles -que doit dire celui qui sert la messe. (Acad.) - -2. Prononcez _répondre, répliquer_ et non _repondre, repliquer_. - -=Repos=, s. m.--Ne dites pas, _il n'est jamais de repos_; dites, _il -n'est jamais en repos_. - -=Reprendre=, v. a.--Ne dites pas, _on l'a repris du collége_; dites, -_on l'a retiré du collége_. - -=Représaille=, s. f., vengeance; ce mot s'emploie plutôt au pluriel -qu'au singulier.--Prononcez _reprézailles_ (_ll_ mouillées) et non -_repressaille_. - -=Réprimable=, adj., qui doit ou peut être réprimé: _abus réprimable_. - -=Réprimandable=, adj. qui peut ou doit être réprimandé.--Ce mot, -quoique figurant dans certains dictionnaires, nous paraît hasardé; -nous préférons, selon le sens, les mots _réprimable, blâmable, -repréhensible_, etc. - -=Répugner=, demande la préposition _à_ devant un infinitif: _il répugne -à faire cela_. (Acad.) - -=Requiem=, s. m., prière pour les morts: _messe de requiem_;--au -pluriel _requiem_. Prononcez _recui-ème_ et écrivez _requiem_. - -=Réquisition=, s. f.--Ne confondez pas ce mot avec _conscription_: ---_une réquisition_ est une levée extraordinaire d'hommes destinés -à l'armée;--_la conscription_ est la levée annuelle qui se fait en -Belgique, en France, etc.--Voyez _conscription_. - -=Réséda=, s. m.--Écrivez et prononcez _réséda_;--et non -_résida_;--_résette_ n'est pas français. - -=Résilier=, v. a.--Ne dites pas: _il a résilié sa place_; dites, _il a -renoncé à sa place, il a donné sa démission_. - -2. _Résilier_ signifie, casser, annuler, invalider et se dit d'un -contrat, d'une vente, d'un bail, d'un marché, etc.: _les juges ont -résilié ce contrat_. - -=Résoudre=, v. a., a deux participes, _résolu_ et _résous_.--Celui-ci -n'a pas de féminin et ne se dit que des choses qui se changent, qui -se convertissent en d'autres: _brouillard résous en pluie_.--Mais -on ne pourrait pas dire: _j'ai résous de partir; je me suis résous à -plaider_; il faut dire, _j'ai résolu de partir, je me suis résolu à -plaider_. - -2. _Résoudre_, employé activement, prend la préposition _de_ devant -un infinitif: _j'ai résolu de vendre ma maison_; cependant, s'il est -précédé de son régime direct, il prend la préposition _à_: _je me suis -résolu à vendre ma maison_. - -=Respect=, s. m.--L'Académie cite les locutions suivantes: _sauf le -respect, sauf respect, sauf votre respect, sauf le respect que je -vous dois, avec le respect que je vous dois_.--Ce sont des termes -d'adoucissement dont on se sert dans le style familier, quand on -veut dire quelque chose qui pourrait choquer ceux devant qui l'on -parle;--populairement on dit: _sauf le respect que je dois à la -compagnie_ et _parlant par respect_; mais il serait incorrect de dire, -_sous votre respect_ ou _sur votre respect_. - -2. C'est mal connaître la valeur des mots que de terminer ainsi une -lettre: _j'ai l'honneur d'être avec respect_; dites simplement, _je -suis avec respect_. - -3. Prononcez _respèk_; quelques-uns pourtant prononcent _respè_: voyez -_ct_. - -=Respectif, ive=, adj.--Ne dites pas avec les billets de part: _époux, -père, frère respectif_, etc.; retranchez le mot _respectif_, car il va -de soi que le défunt n'a pas été de son vivant époux, père, frère des -mêmes personnes. - -=Ressembler=, v. neutre, ne peut pas avoir de régime direct; ne -dites donc pas: _la fille ressemble la mère_, mais _ressemble à la -mère_.--Prononcez _reçambler, reçamblance_ et non _res'sembler, -res'semblance_; prononcez de même: _ressort, ressortir, ressaisir, -ressasser, ressentiment, ressentir, resserrer, ressource, ressouvenir, -ressouvenance, ressuer_, etc. - -=Ressortir=, v. n.: voyez _repartir_. - -=Ressusciter=, v. a. et n., ramener ou revenir à la vie: prononcez -_réçucité_. - -=Restaurant=, s. m., se dit de l'établissement d'un restaurateur; -_restauration_ n'est pas français dans ce sens;--le _restaurateur_ est -le traiteur chez qui on peut prendre ses repas à toute heure; ainsi -vous direz: _je dîne au restaurant_ et non _chez le restaurant_;--_chez -le restaurateur_ et non _au restaurateur_. - -=Reste= (=au=), =du reste=, loc. adv.--_Au reste_ s'emploie quand, après -avoir exposé un fait ou traité une matière, on ajoute quelque chose qui -a du rapport avec ce que l'on vient de dire: _c'est là ce qu'il y a -de plus sage; au reste, c'est aussi ce qu'il y a de plus juste_.--On -emploie _du reste_, quand ce qui suit ne complète pas le sens de ce qui -précède ou lorsque ce qui suit n'a pas une relation essentielle avec -ce que l'on a déjà dit: _il est capricieux; du reste, honnête homme_. -(Acad.)--Prononcez _res'te_ et non _res'se_.--Voyez _finales_, 2. - -=Rester=, v. n., suit la même règle pour l'emploi de l'auxiliaire que -le verbe _demeurer_; c'est-à-dire, qu'il se conjugue avec avoir ou -avec _être_ selon que le sens permet de répondre à l'une ou l'autre -de ces deux questions: _qu'a-t-il fait?_ ou bien, _où est-il?_--_On -l'attendait à Liége, mais il est resté à Mons; quand j'ai voulu prendre -cet outil, le manche m'est resté dans la main; il a resté deux jours -à Tongres_.--Voyez _demeurer_. - -2. _Rester dîner, rester loger_, etc., _quelque part_, est un -flandricisme; vous direz donc: _le roi a logé au palais_ ou bien _le -roi a resté au palais et y a logé_, et non _le roi est resté loger au -palais_;--_j'ai dîné chez un tel, un tel m'a retenu à dîner, je suis -resté à dîner chez un tel_, et non _je suis resté dîner chez un tel_. - -=Restituer=, v. a., rendre ce qu'on a pris: _restituer le bien -d'autrui_. - -2. Ne dites donc pas, _restituer un livre à sa place_; dites, _remettre -un livre à sa place_. - -3. Prononcez _restitu-er_ et non _restitu-wer_.--Voyez _ue_. - -=Résulter=, v. n. s'ensuivre, ne s'emploie qu'à l'infinitif et à la 3e -personne des autres temps: _il résulte de cette discussion; les maux -qui résultèrent de la guerre_. - -2. Il se conjugue avec _avoir_ ou avec _être_: _qu'a-t-il résulté de -là_? ou _qu'en est-il résulté_? - -=Résurrectionner=, n'est pas français: dites _ressusciter_. - -=Rétamer=, enduire la surface intérieure d'une couche d'étain fondu; ce -mot n'est pas français; dites _étamer_. - -=Rétention=, s. f.: dites _une rétention_ d'urine, et non _une -détention..._ - -=Retirer=, v. a.--Ne dites pas: _cette entreprise était difficile, -mais il s'en est bien retiré_; dites, _il s'en est bien tiré_. - -=Retour=, s. m.--_Avoir de retour, donner de retour_, dans le sens de -rendre, remettre, faire remettre, renvoyer, n'est pas français;--dites -donc, _prêtez-moi ce livre, je vous le renverrai ce soir_, etc., et -non, _vous l'aurez de retour..._ - -2. Ne dites pas: _il y a longtemps qu'il garde mon livre; tâchez de -l'avoir de retour_; dites, _tâchez de le ravoir_. - -3. Ne dites pas: _il a quitté le pays et demeure de tour chez ses -parents_; dites, _est retourné chez ses parents_. - -4. Ne dites pas non plus: _je lui ai envoyé un chien, et il m'enverra -de retour, un dindon_; dites, _il m'enverra un dindon en échange_.--_De -retour_, dans le cas précédent, signifierait ce qu'on ajoute, ce qu'on -joint à la chose qu'on troque contre une autre pour rendre le troc -égal: _voulez-vous troquer votre dictionnaire contre le mien? je vous -donnerai cinq francs de retour_. - -=Retourner=, v. n.--Pour savoir si l'on doit dire _retourner_ ou -_s'en retourner_, il suffit de voir si l'on dirait _aller_ ou _s'en -aller_:--_il est temps que nous nous en retournions_ (et non _que nous -retournions_); _il s'en retourna comme il était venu; elle s'en est -retournée; retourne-t-en; retournez à l'ouvrage_. - -2. On ne dit pas se retourner _sur_ quelqu'un, mais _vers_ -quelqu'un.--Comme on ne dit pas, _avancez en avant_, on ne doit pas -dire, _retournez en arrière_; il en est de même du verbe _reculer_. - -=Retrancher.=--_Retrancher de_, c'est ôter quelque chose d'un tout: -_retrancher un couplet d'une chanson_;--_retrancher à_, c'est priver -quelqu'un de quelque chose: _retrancher le vin à un malade; on lui a -retranché sa pension_. - -=Rets=, s. m., filet pour prendre des poissons, des oiseaux; ce mot -s'écrit au singulier comme au pluriel.--Prononcez _rè_. - -=Réunir=, v. a., dans le sens de posséder en même temps, n'admet qu'un -complément direct composé, et ne doit jamais être suivi de _à_ ni de -_avec_: _Turenne réunissait la prudence et la hardiesse_.--_Unir_ -veut un régime direct et un régime indirect précédé de _à_: _Turenne -unissait la prudence à la hardiesse_. Voyez _unir_. - -=Revanche=, s. f.--Écrivez et prononcez _revanche_ et non _revange_ -ni _revenge_;--dites de même _revancheur, revancher, se revancher_ -et non _revengeur, revenger, revanger, se revenger_ ni _se -revanger_:--_courage, je vais te revancher; pourquoi ne te revanches-tu -pas?_ - -=Revenir=, v. n., retourner à l'endroit d'où on était sorti: _je -reviens au gîte; je reviens d'un long voyage_.--Mais on ne peut pas -dire: _je reviens de la messe, je reviens de Bruxelles_; dites, _je -viens de la messe, je viens de Bruxelles_. - -2. Ne dites pas: _revenir sur l'eau, sur la terre_ pour, _revenir par -eau, par terre_. - -3. Ne dites pas non plus: _je ne puis revenir sur son nom_; dites, _je -ne puis me rappeler son nom_. - -=Rêver à, Rêver de, Rêver sur.=--_Rêver à_, c'est penser à quelque -chose étant éveillé: _rêver à une affaire_;--_rêver de_, c'est penser -à quelque chose étant endormi: _rêver de combats, de naufrages, de -quelqu'un_;--_rêver quelqu'un_ n'est pas français;--on dit _j'ai -rêvé de vous_ et non _je vous ai rêvé_; cependant on peut dire: _vous -avez rêvé cela, rêver combats, rêver naufrages_.--_Réver sur_, c'est -méditer profondément sur quelque chose: _rêver longtemps sur une -affaire_.--On ne dit pas _rêver après les honneurs_, pour, désirer -vivement, avec passion; on dit _rêver les honneurs, la fortune_. - -=Réverbère=, s. m., lanterne; prononcez _réverbère_, et non _reverbère_. - -=Revêtir=, se conjugue comme _vêtir_; il faut donc dire: _les formes -dont la pensée se revêt_ et non, _se revêtit_. - -=Reviser=, v. a., examiner de nouveau.--On écrit _reviser_, mais -_révision, réviseur_ ont un accent aigu. - -=Revoici, Revoilà=, prép.--Ces mots sont français: _le revoici, le -revoilà_. - -=Revoir=, v. a.--_A revoir_ est une locution dont on se sert pour dire -qu'il faut faire un nouvel examen d'un compte, d'un écrit, etc.: _à -côté de chaque article douteux de ce compte, j'ai mis: à revoir; revoir -un manuscrit, revoir des épreuves_.--_Au revoir_ (adieu), est une -expression de civilité dont on se sert en prenant congé de quelqu'un et -alors le mot _revoir_ est pris substantivement: _au revoir, jusqu'au -revoir_; _il ne lui a pas seulement dit au revoir_:--_à revoir_ dans -ce cas n'est pas français. - -=Rez=, prép. qui signifie, tout contre, joignant; il ne se dit plus que -dans ces locutions, _rez pied, rez terre_, à fleur de terre, au niveau -du sol: _couper des arbres rez terre_.--_Au rez_:--cette expression -n'est pas française, et se traduit par _contre, jusque contre, jusque, -joignant, rasibus_: _le coup lui passa rasibus du nez_. - -=Rh.=--Ces deux lettres se prononcent comme s'il n'y avait qu'une _r_: -le _h_ qui suit l'_r_ est purement étymologique. - -=Rhum=, s. m., eau-de-vie de sucre; quelques-uns écrivent _rum_, dit -l'Académie, qui cependant dans tous les exemples qu'elle donne, écrit -_rhum_.--Prononcez _rome_. - -=Rhumatique=, n'est français qu'en style de médecine et est synonyme -de _rhumatismal_: _goute rhumatique_;--dites donc, _cette maison est -insalubre, malsaine, humide_ et non _rhumatique_. - -=Rhume=, s. m.--Dites, _j'ai un rhume_, ou _je suis enrhumé_ et non -_j'ai le rhume_;--dites de même _j'ai un rhume_ et non _j'ai un froid_. - -=Ric-à-ric=, signifie tout juste, rigoureusement: _je le ferai payer -ric-à-ric; on lui a payé ric-à-ric tout ce qu'on lui devait; compter -ric-à-ric_. - -=Richard=, s. m., celui qui, dans une condition médiocre, a fait -fortune; ce mot n'a pas de correspondant féminin. - -=Ride=, pli qui se fait sur le front, sur le visage; ce mot est -féminin: _il a soixante ans et il n'a pas encore une seule ride_. - -=Ridicule=, adj., ne peut pas s'employer pour, _entêté, d'un avis -différent, difficile à contenter_:--_allons, ne soyez pas entêté_ (et -non _ridicule_) _et entendez raison_. (Fland.)--Prononcez et écrivez -_ridicule_ et non _rédicule_.--Voyez _rédicule_. - -=Rien=, s. m.--Ne dites pas: _cela n'est de rien, ne me fait de rien_; -dites, _cela n'est rien, ne me fait rien_. (Fland.) - -2. Ne dites pas: _je n'ai rien d'autre à lui dire_; dites, _je n'ai -rien autre chose à lui dire_. (Wall.) - -3. Ne dites pas, _il passe le jour à rien faire_, mais, _à ne rien -faire_. - -4. _Rien moins_, précédé du verbe _être_ et suivi d'un adjectif, a -le sens de la négation: _il n'est rien moins que sage_ (il n'est pas -sage).--Suivi d'un substantif ou accompagné d'un verbe, il peut avoir -le sens positif ou négatif, selon la circonstance: _vous lui devez de -la reconnaissance, car il n'est rien moins que votre bienfaiteur_ (il -est votre bienfaiteur); _il n'aspire à rien moins qu'à prendre votre -place_ (il aspire à prendre votre place ou bien il n'aspire pas le -moins du monde à prendre votre place). (Acad.) - -5. _Servir à rien, servir de rien_: voyez _servir_. - -6. La prononciation du mot _rien_ est soumise à quelques règles qui -sont également applicables au mot _bien_.--On doit faire sentir l'_n_ -et faire la liaison dans ces mots, lorsqu'ils sont suivis immédiatement -de l'adjectif ou de l'adverbe ou du verbe qu'ils modifient, si cet -adjectif, cet adverbe ou ce verbe commencent par une voyelle ou une _h_ -muette: _un homme bien honorable, bien aimable; rien à dire; rien à -vous écrire_.--Mais si les mots _bien_ et _rien_ sont suivis de tout -autre mot que de l'adjectif, de l'adverbe ou du verbe qu'ils modifient, -la consonne _n_, quoique placée devant une voyelle, aura un son nasal -et on ne fera pas la liaison, comme dans: _il parlait bien et à propos; -il ne voyait rien et n'entendait rien_. - -=Rifflard=, s. m., vieux parapluie qu'on ne peut pas porter comme une -canne: ce mot est familier. - -=Rincée=, s. f., volée de coups de bâton, correction manuelle: -_recevoir une fameuse rincée_:--ce mot est populaire. - -=Riole=, pour _rigole_, est un mot flamand (riool). - -=Ripopée=, s. f., signifie, mélange que les cabaretiers font -de différents restes de vin; il se dit également du mélange de -différentes sauces: _ce vin n'est que de la ripopée; quelle ripopée -faites-vous là?_--Mais il ne doit jamais s'employer comme synonyme -de _ribambelle_: _il m'a dit une ribambelle d'injures; il amena une -ribambelle d'enfants_. - -=Rire=, v. n.--Ne dites pas: _nous avons ri avec cela, avec cet -homme_; dites, _nous avons ri de cela, de cet homme_. - -2. On ne dit pas, _rire à larmes_, mais, _rire aux larmes_. - -3. Ne dites pas, _il en rit dessous son nez_; dites, _il en rit sous -cape_. - -4. Écrivez et prononcez: _je ris, tu ris, il rit_, et non _je rie, tu -rie, il rie_. (Wall.) - -=Risibel=, pour _érésipèle_, est un grossier flandricisme. - -=Risquant, Risqueux.=--Ces mots ne figurent pas dans les dictionnaires -et doivent se traduire par _risquable, dangereux, hasardeux_:--_une -affaire, un projet risquable; cela est bien hasardeux, bien risquable; -une entreprise hasardeuse_.--_Risquable_ signifie aussi, qu'on peut -risquer avec quelque chance de succès: _cette entreprise n'est pas -sûre, mais elle est risquable_. - -=Robe=, s. f.--On dit, _une robe de dentelle, de velours, de taffetas, -de satin_, etc., et non _une robe en dentelle, en velours_, etc.; dites -de même _un chapeau garni de, une robe garnie de..._ - -=Rochet=, s. m.: voyez _surplis_. - -=Roide=, _roideur, roidir_.--On prononce et on écrit généralement -aujourd'hui _raide, raideur, raidir_.--Voyez _raide_. - -=Ronde=, s. f., chanson qu'une personne chante seule, et dont le -refrain est répété par tous en dansant en rond: _danser une ronde; -ronde villageoise_. (Acad.)--On dit aussi _branle_ (s. f.) dans le -même sens.--C'est le _cramignon liégeois_. - -=Rosbif= ou =Roastbeef=, s. m., boeuf rôti; prononcez _ross'bif_. - -=Rose=, affection aiguë, inflammatoire, caractérisée par rougeur; ce -mot est _wallon_ et se rend en français par _érésipèle_, s. masculin: -_érésipèle dartreux_.--Voyez ce mot. - -=Rossignol=, s. m., oiseau; prononcez _ros'signol_ et non _rozignol_. - -=Rôti, Rôtir=, etc.; prononcez _roti, rotir_ (_o_ bref): voyez _o_. - -=Roué, ée=, adj., dans le sens de _finaud, retors_, n'est pas français. - -=Rougeaud, eaude=, adj., qui a naturellement le visage rouge: _un gros -rougeaud, une grosse rougeaude_;--ne dites pas _rougeot_ ni _rouget_. - -=Rouille, ée=, adj.--Dites _un fusil rouillé, un pistolet rouillé_ et -non, _enrouillé_;--mais on dit également bien: _l'humidité enrouille_ -et _rouille le fer_; _le fer s'enrouille_ et _se rouille_. - -=Roulette=, s. f., machine roulante où un enfant se tient debout sans -pouvoir tomber, et qui l'aide à marcher. - -=Royal, ale=, adj.--Prononcez _roi-ial_ et non _ro-ial_ ni -_roi-al_;--prononcez de même _royaume, royauté, royalement_. - -=Rude=, adj.--Ne dites pas, _ce maître est trop rude avec ses -ouvriers_; dites, _à ses ouvriers ou envers ses ouvriers_. - -=Rue=, s. f.--Ne dites pas: _votre fils est toujours sur la rue; je -vous ai rencontré en rue_; dites, _votre fils est toujours dans la rue; -je vous ai rencontré dans la rue_. - -2. _Rue sans fin, rue sans bout_: ces mots ne sont pas français; dites -_cul-de-sac_ et mieux _impasse_. - -3. Prononcez _rù_ et non _ru-we_: voyez _ue_. - -=Rumb=, s. m., nom que l'on donne à chacune des trente-deux parties -de la boussole de l'horizon desquelles part un des trente-deux vents: -prononcez le _b_, _rombe_. - -=Ruse=, s. f., dans le sens de _querelle, dispute, réprimande_, n'est -pas français. - -2. Il n'est pas français non plus dans le sens de _peine, mal, -embarras_: _il s'est donné beaucoup de mal_ (et non _de ruses_) _pour -conclure cette affaire_; _vous vous donnez beaucoup d'embarras_ (et non -_de ruses_). - -=Russie, russe=: l'_u_ est bref; ne dites donc pas _Rûcie, Rûce_: voyez -_Prusse_. - -=Rustaud, Rustre=, adj.--On est _rustaud_, faute d'éducation, faute -d'usage;--on est _rustre_ par humeur, par rudesse de caractère: les -manières du _rustaud_ sont ses formes; elles déplaisent, mais elles -n'offensent pas; les manières du _rustre_ sont ses moeurs, elles -choquent et elles offensent. - -=Rustique, Grossier, Impoli.=--C'est un plus grand défaut d'être -_rustique_ que d'être simplement _impoli_; et c'en est encore un plus -grand d'être _rustique_.--_L'impoli_ manque de belles manières, il -ne plaît pas; le _grossier_ en a de désagréables, il déplaît; le -_rustique_ en a de _choquantes_, il rebute.--L'impolitesse est le -défaut des gens d'une médiocre éducation; la grossièreté l'est de ceux -qui en ont une mauvaise; la rusticité, de ceux qui n'en ont point -eu.--On souffre l'_impoli_ dans le commerce du monde; on évite le -_grossier_; on se lie point du tout avec le _rustique_. (GIRARD) - - - - - S - - -=S.=--_S_, entre deux voyelles a le son de _z_: _rose, ruse, -agonisant, je refuse, j'arrose, je pèse_, etc.--Après une consonne, -elle a un son dur: _consister, persister, assister_; etc. (_concister, -percister, ascister_.) - -2. On sait que les mots terminés en _ase, ise, ose, use_, etc., -doivent se prononcer comme si l'_s_ était remplacée par un _z_: -_base_ (_baze_), _église_ (_églize_), _rose_ (_roze_), _arrosement_ -(_arrozement_), _déguisement_ (_déguizement_), _museler_ (_muzeler_), -_la Meuse_ (_Meuze_), _j'use_ (_j'uze_), _je méprise_ (_méprize_), -etc., et non _bace, églice, roce, la Meuce, j'uce, je méprice_;--les -wallons ne sauraient trop s'exercer sur ce point. - -3. L'_s_ finale sonne dans les mots suivants: _as, ambesas, atlas, -lampas_, les interjections _las_ et _hélas_, _stras, vasistas_;--_bis, -cassis_ ou _câcis, gratis, jadis, maïs, fils, lis_, (mais dans -_fleur-de-lis_, terme de blason, l'_s_ ne sonne pas)--_albatros, -mérinos, rhinocéros_;--_blocus, calus_, _choléra-morbus_ ou -_coléra-morbus_, _motus, omnibus, prospectus, rébus, ours, moeurs, mars_, -(nom du 3e mois, d'une planète, et d'une divinité mythologique);--l'_s_ -sonne également dans les mots tout latins: _ad patres, aloès, kermès, -de profundis, lapis, agnus, angelus, argus, blocus, chorus, foetus, -hiatus, motus, orémus, papyrus_, etc. - -4. L'_s_ finale sonne aussi dans les noms propres suivants: _Adonis, -Atlas, Argos, Bacchus, Brutus_, etc.--Il y a des noms propres français -où elle sonne également; ce sont: _Arras, Blacas, Calas, Carpentras, -Coutras, Cujas, du Bartas, Duras, Pézenas, Privas, Stanislas, Tartas, -Toyras, Varillas, Vaugelas, Agnès, Bruéys, Clovis, Genlis, la Lys_ -(rivière), _Médicis, Senlis_ et tous ceux en _us_: _Caylus, Fréjus, -Jansénius, Grotius, Nostradamus_, etc. - -5. Cependant elle ne sonne pas dans _Villers_, nom propre de lieu:--en -France on prononce _Vilère_ et en Belgique _Vilé_: _Villers-l'Evêque_. - -=Sabbat=, s. m., dernier jour de la semaine juive;--_sabbatine_, s. -f., autrefois thèse de controverse qui avait lieu ordinairement le -samedi (sabbat);--_sabbatique_, adj.;--_année sabbatique_, septième -année chez les juifs:--dans tous ces mots on ne fait sentir qu'un _b_. - -=Sable=, s. m., terre légère, gravier; prononcez _sâble_ (_â_ long). - -=Sableux, Sablonneux=, adj.--_Sableux_, n'est guère usité que dans -cette locution, _farine sableuse_, farine dans laquelle se trouve mêlé -du sable.--_Sablonneux_, lieu où il y a beaucoup de sable: _pays -sablonneux_. - -=Sablier=, s. m., petit vase contenant du sable propre à être répandu -sur l'écriture pour la sécher:--ne dites pas _sablière_ (lieu d'où on -extrait le sable). - -=Sabord, Babord, Tribord= et =Vibord=, ss. mm.--_Sabord_, embrasure -pour le service du canon dans un vaisseau;--_babord_, côté gauche -d'un vaisseau en partant de la _poupe_ (la partie de l'arrière -d'un vaisseau);--_tribord_, côté droit d'un navire, à partir de la -poupe;--_vibord_, grosse planche qui porte le pont supérieur d'un -vaisseau. - -=Sabre=, arme tranchante; ce mot est masculin, _un beau sabre_;--l'_â_ -est long ainsi que dans _sabrer_. - -=Sachet=, s. m., petit sac: _porter du camphre dans un sachet_; ---prononcez _sachet_ (_et_ bref) et non _sachai_ (_ai_ long). - -=Sacrement=, s. m.--On dit _sacrement_ et non _sacrament_, quoique -l'on dise bien _sacramental, ale, sacramentel, elle, sacramentalement, -sacramentellement_. - -=Sacristain=, s. m., et non _sacristiain_;--le féminin correspondant -est _sacristine_ et non _sacristaine_, qui désigne dans un couvent de -religieuses celle qui a soin de la sacristie. - -=Sage=, _sagement_: prononcez _sa-je, sa-jement_ et non _sache, -sachement_. - -2. Une _sage-femme_ est une accoucheuse; une _femme sage_ est une femme -qui a de la sagesse. - -=Saigner du nez=, veut dire, perdre du sang par le nez ou manquer de -courage: _il s'était chargé de faire cette proposition, mais il a -saigné du nez_ (Acad.);--_saigner au nez_ ou _par le nez_, dans le -sens de _saigner du nez_, n'es pas français;--mais _saigner au nez_, -dans le sens de pratiquer une saignée au nez, est français. - -=Saint, te=, adj.--Il s'écrit par une petite lettre devant le nom du -saint et sans trait d'union: _les apôtres saint Pierre et saint Paul_. -(Acad.)--L'Académie écrit avec une petite _s_ et sans trait d'union: -_la sainte Vierge_ (nous préférons _Sainte-Vierge_), _les saints Pères, -la sainte Trinité, la sainte Bible, la sainte Famille, la sainte -Église, l'Écriture sainte_;--et sans majuscule: _les saints anges, -les saints docteurs, les saints apôtres, le saint sacrement, la sainte -table, le saint père_.--Elle fait observer qu'en écrivant au pape, on -écrit: _Très-Saint Père_. - -2. Lorsqu'on veut désigner la fête, l'église mise sous l'invocation -d'un saint, une ville, un village, une rue qui porte le nom du saint, -ce mot s'écrit par une majuscule et se joint au mot suivant par un -trait d'union: _la Saint-Jean, l'église Saint-Antoine, la ville de -Saint-Hubert, le village de Saint-Hadelin, la rue Saint-Georges_, etc. - -3. Quand _saint_ est écrit par abréviation, l'_s_ est toujours -majuscule: _les apôtres S. Pierre et St. Paul, Ste Gudule, les SS. -Pères_; on voit que l'abréviation peut s'écrire de deux manières.--On -écrit _le Saint-Esprit_ et _l'Esprit saint_. - -4. _Sainte nitouche_ et non _sainte mitouche_:--voyez _nitouche_. - -=Salade=, s. f.--Prononcez _sa-lade_ (les deux _a_ brefs) et non -_salâde_ ni _salâte, slade_. - -=Saligaud, saligaude=, adj., personne malpropre;--prononcez ces mots -comme ils son écrits et non _saligot, saligotte_. - -=Salissant, te.=--Ne dites pas, _cette couleur est contre l'ordure_, -mais, _cette couleur n'est pas salissante_. - -=Saluer=, v. a.--Ne dites pas: _je l'ai salué d'un verre de bière_, -pour, _je lui ai présenté un verre de bière_;--ne dites pas non plus, -_on vous salue_ pour _je vous salue_. - -=Samson=, n. pr.: prononcez _San-son_ et non _Sameson_. - -=Sanctifier=, _sanctification, sanctuaire, sanction, sanctionner_: ---dans ces mots faites sentir légèrement le _c_ comme un _k_: _que -votre nom soit sanctifié; la sanctification du dimanche; sanctionner -une loi_. - -=Sanglier=, s. m., porc sauvage: prononcez _sanglîé_ (_i_ long). - -=Sanguin=, _sanguine, sanguinaire, sanguinolent_:--le _g_ est dur et -l'_u_ ne se prononce pas: _sanguin, sanguinaire, sanguinolent_;--mais -l'_u_ se fait sentir dans _sanguinification_, s. f. (transformation du -chyle en sang). - -=Sans que=, loc. conj., ne doit pas être suivi de _ne_: _il l'a fait -sans qu'on le lui ait dit_; _je ne puis parler sans qu'il m'interrompe_ -(et non _sans qu'il ne m'interrompe_). - -2. _Sans_, étant préposition, ne peut pas s'employer adverbialement; -ainsi ne dites pas: _je suis tellement habitué à me promener avec cet -ami que je ne puis m'en aller sans_; dites, _sans lui_. - -3. _Sans dessus dessous_; écrivez et voyez _sens dessus dessous_. - -4. _Sans devant derrière_; écrivez et voyez _sens devant derrière_. - -=Santé=, s. f., état de celui qui se porte bien.--Il ne se dit au -pluriel que lorsqu'il est en quelque sorte personnifié, comme dans -cette phrase: _il y a des santés faibles que peu de chose dérange_, -c'est-à-dire, il y a des personnes ayant une santé faible.--Mais on -ne dirait pas bien: _messieurs, ayez soin de vos santés, ménagez vos -santés; vos santés sont-elles bonnes?_ Dans tous ces exemples, _santé_ -doit être au singulier.--_Santé_ peut aussi se mettre au pluriel dans -le sens de _toast_: _porter des santés_. - -=Saoul, e=, adj., repu, rassasié; _saouler_, rassasier avec excès, -enivrer: prononcez _sou, souler_.--On écrit plus souvent _soûl, -soûler_:--ces termes sont bas et de mauvais ton. - -2. Ne dites pas d'une personne qu'elle est _une soûlée_; ce mot n'est -pas français;--employez le mot _ivrogne_ ou bien _soûlard, arde, -soûlaud, aude_;--ces deux derniers termes sont populaires et _soûlaud_ -ne figure que dans quelques dictionnaires. - -=Sarbacane=, s. f. (en flamand _blaespyp_), long tuyau de verre, de -bois, de fer-blanc, par lequel on peut, en soufflant, jeter des pois ou -autre chose; on peut même se parler au moyen d'une sarbacane, afin de -n'être entendu que d'une seule personne: _se jeter des pois avec une -sarbacane_. - -2. Ne dites pas _sarabacane_ ni _serbacane_. - -=Sarrau=, s. m., espèce de blouse grossière en toile, en coton que -portent les paysans, les rouliers, etc.; on écrit aussi, mais moins -souvent, _sarrot_.--Prononcez _sârô_ (_â_ et _ô_ longs). - -=Sart=, s. m., _sarter, sartage, sartager_:--ces mots ne sont pas -français: voyez _essart_. - -=Sas=, s. m., tissu de crin, de soie, etc., qui est entouré d'un cercle -de bois et qui sert à passer de la farine, du plâtre, des liquides, -etc.--On ne prononce l'_s_ finale que devant une voyelle ou une _h_ -muette. - -=Sasse= ou =Escope=, s. f., sorte de pelle de bois étroite et creuse -qui sert à prendre et à jeter l'eau hors des navires, chaloupes, -nacelles, etc. - -=Sauf votre respect=: voyez _respect_. - -=Saule=, arbre; ce mot est masculin: _un saule pleureur_. - -=Saume= ou =Same= (mot wallon), filet de pêche; en français, _trouble_ -ou _truble_, s. féminin. - -=Saumer=, v. n. (mot wallon), jeter ou tirer vers un but pour savoir -qui jouera le premier;--_abuter_ est le mot français: _abutons d'abord -et puis nous jouerons_. - -=Saunière= (et non _saunier_), s. f., vaisseau, espèce de coffre où -l'on conserve le sel;--_saunier_, s. m., ouvrier qui travaille à faire -le sel, celui qui débite, qui vend le sel. - -=Saur=, adj. m., ou =Saure=, adj. des deux genres, qui est de -couleur jaune, tirant sur le brun.--_Saure_ ne se dit guère que des -chevaux.--On écrit _hareng saur_, par abréviation de _saure_, et l'on -dit aussi, mais moins souvent, _hareng-sauret_. (Acad.)--L'Académie -écrit aussi _sor_, en renvoyant au mot _saure_. - -2. Ne dites pas _angletin_ ni _ingletin_, pour _hareng saur_. - -=Sauvage=, adj.--Ne dites pas d'un animal domestique _qu'il est -sauvage_; dites, _qu'il est farouche_. - -=Sauvagin, ine=, adj.--Il n'est guère usité que dans cette locution, -_goût sauvagin_, certain goût, certaine odeur qu'ont quelques animaux -de mer, d'étang, de marais;--il s'emploie plus ordinairement comme -substantif: _le canard sent le sauvagin_ et non _le sauvage_. - -=Sauver.=--Ne dites pas, _le prisonnier est sauvé hier_, pour indiquer -qu'il a pris la fuite; dites, _le prisonnier s'est sauvé_:--_est -sauvé_ signifierait _qu'il est hors de danger_. - -=Savoir, Pouvoir.=--_Savoir_ s'emploie dans le sens d'avoir le -pouvoir, la force, le moyen, l'adresse, l'habileté de faire quelque -chose: _je saurai bien le réduire; je saurai bien me défendre; je n'y -saurais que faire; je le voudrais bien, mais je ne saurais; je ne -saurais faire ce que vous me dites; ne sauriez-vous aller jusque-là? -il n'a su en venir à bout; il ne sait pas ouvrir cette porte, ayant la -clef dans sa main_.(Acad.)--Voyez _pouvoir_. - -2. _Faire à savoir_, c'est-à-dire, faire savoir:--il ne s'emploie -guère que dans les proclamations, les publications, les affiches, etc.: -_on fait à savoir que tels et tels héritages sont à vendre_. (Acad.) - -3. _Savoir à parler_, locution barbare; ne dites pas, _je ne sais pas à -parler de cette affaire; en savez-vous à parler?_ dites, _je n'ai pas -entendu parler de cette affaire, je n'ai pas connaissance, je ne suis -pas instruit, informé de cette affaire; en avez-vous entendu parler, en -avez-vous connaissance, en êtes vous informé, instruit_. - -4. _Sais-tu, savez, savez-vous_, sont autant de locutions vicieuses et -barbares que l'on n'entend que trop souvent en Belgique: _oui, non, -sais-tu; tu ne m'oublieras pas, sais-tu; sois bien sage, sais-tu; oui, -non, savez-vous; je ne suis pas méchant, savez-vous; il est riche, -savez-vous_.--Il faut s'attacher à faire disparaître de la conversation -cette phrase aussi ridicule que parasite et monotone;--il suffira la -plupart du temps de donner une autre inflexion à la voix; d'autres fois -on pourra la remplacer par _certes, certainement, assurément, sans -doute_, etc. - -5. Il faut en dire autant de _vois-tu, voyez-vous_, employés à peu près -dans le même sens et que certaines personnes répètent à satiété: ce -sont là des tics contre lesquels on ne saurait trop se mettre en garde. - -6. _Savez-vous quoi_, est encore une locution mauvaise; ne dites -donc pas: _savez-vous quoi? eh bien, vous ferez vos excuses et tout -s'arrangera pour le mieux_; dites, _savez-vous ce qu'il faut faire, ce -qu'il faut dire_, etc. - -7. Ne dites pas non plus: _savez-vous ce que vous fassiez? faites vos -excuses_, etc.; dites, _savez-vous ce qu'il faut faire, ce que vous -avez à faire, ce que vous devez_ ou _devriez faire_. (Wall.) - -=Sayer=, pour _essayer_, est un barbarisme; ne dites pas, _venez sayer -votre robe_, mais, _venez essayer votre robe_. - -=Scandale=, s. m., mauvais exemple: prononcez _scandale_ et non -_scane-dale_ ni _escandale_. - -=Scariole=, s. f.--On écrit plus souvent _escarole_, espèce de -chicorée qu'on mange en guise de salade. Ne dites pas _scarole_. - -=Sch=, d'origine allemande, et _sh_ anglais, se prononcent comme le -_ch_ français: _kirsh, schlague, shérif, schlich_, les noms propres -_Schaffhouse, Schelestadt, Ashanti, Cavandisch, Shéridan, Shore_, -etc.--_Goldsmith_ (écrivain anglais) se prononce _Gold'chmite_. - -=Scarlatine=, s. f., et adj.: _la scarlatine n'attaquait guère que les -enfants; la fièvre scarlatine_.--Écrivez et prononcez _scarlatine_ et -non _escarlatine_. - -=Sceau=, s. m., grand cachet: prononcez _sô_. - -=Sceller=, v. a., appliquer le sceau; ce verbe garde les deux _ll_ dans -toute sa conjugaison, ainsi que _seller_ (mettre la selle). - -=Scène=, s. f., spectacle, querelle; prononcez _cène_ (_è_ long):--ne -le confondez pas avec _cène_ (_la dernière cène_ de J.-C.) - -=Schah=, titre du souverain de la Perse; le pluriel est comme le -singulier: prononcez _châ_. - -=Schako=, s. m.--On écrit aussi _shako_ et l'on prononce _chacô_. - -=Schall=, s. m., vêtement de femme; on écrit aussi _shall_ et le plus -souvent _châle_; prononcez _châle_. - -=Scheik=, s. m., chef de tribu chez les arabes; on écrit ordinairement -_cheik_ et on prononce _chèk_. - -=Schelling= ou =Shelling=, s. m., monnaie anglaise d'un franc et vingt -centimes: prononcez _chelin_. - -=Schérif=, s. m.; on écrit ordinairement _shérif_, officier municipal -en Angleterre: prononcez _chérif_.--Ne le confondez pas avec _chérif_ -qui se dit d'un prince chez les Arabes et chez les Maures. - -=Scholaire=, _scholastique, scholiaste, scholie_, s'emploient moins -souvent que _scolaire, scolastique, scoliaste, scolie_. - -=Schooner=, goëlette;--prononcez _chounère_. - -=Schyte=, s. m., nom d'un ancien peuple; prononcez _cite_. - -=Scie=, _sciant, scier_, ennuyeux, ennuyer, etc.;--ces expressions -sont populaires: _quelle scie que cet homme-là; comme il est sciant, -comme il scie!_ - -=Sciemment=, adv., le sachant bien;--prononcez _ciaman_ et non -_cian-man_. - -=Science=, s. f.; prononcez _ci-ance_ (trois syllabes). - -=Scintiller=, _scintillant, scintillation_;--on prononce les deux _ll_ -sans les mouiller. - -=Sciure=, s. f.--Pour savoir si l'on doit mettre ce mot au singulier -ou au pluriel, il suffit de le remplacer par _farine_. De même que l'on -dirait _de la farine_ de froment, de même aussi l'on doit dire _de la -sciure_ et non _des sciures_ de bois; _sécher le pavé d'une cuisine -avec de la sciure_ (et non _des sciures_) _de bois_. - -=Scorbut=, s. m.:--on ne prononce pas le _t_. - -=Scorie=, s. f., substance terreuse ou pierreuse vitrifiée qui nage -sur la surface des métaux fondus.--On appelle _scories volcaniques_ -certains produits des volcans.--Voyez _mâchefer_. - -=Scorsonère=, s. f., légume, espèce de salsifis; ne dites pas -_scorsionère_ ni _corsionelle_;--remarquez que ce mot est féminin. - -=Sculpter=, _sculpteur, sculpture_:--prononcez _sculter, sculteur, -sculture_.--_Sculpterie_ n'est pas français. - -=Se=, pr. pers.--Ne dites pas: _quand se vient le soir, quand se vient -le jour_; dites, _quand le soir vient, quand le jour vient_. - -=Seau=, s. m., vaisseau propre à puiser, à porter de l'eau: prononcez -_sô_ et non _séau_ ni _siau, séïau, séhau_. - -=Sec=, fait au féminin _sèche_, et il n'y a que les gens qui n'ont reçu -aucune instruction qui puissent dire: _avoir la bouche sec, les mains -secs_. - -=Second=, adj. ord., deuxième.--Prononcez _cegon_ et non _sekon_;--le -_c_ se prononce également _g_, surtout dans la conversation, dans -_seconde, seconder, secondement, secondaire, secondairement_. (Acad.) - -2. On dit _Henri second, François second_ et mieux _Henri deux, -François deux_. - -3. _Second, deuxième_.--On ne peut se servir indifféremment des mots -_second_ et _deuxième_.--_Deuxième_ semble annoncer un _troisième_; -il éveille l'idée d'une série, tandis que _second_ éveille l'idée d'un -ordre seulement. On dira d'un ouvrage en deux volumes: _voici le -second volume_, et d'un ouvrage qui aura plus de deux volumes, _voici -le deuxième volume_.--On dit, par la même raison, je demeure _au -second_ et non _au deuxième_, même en parlant d'une maison qui a plus -de deux étages, parce qu'on ne veut pas faire l'énumération des étages -de la maison; on veut seulement indiquer que l'on demeure au-dessus du -premier. - -4. Prononcez l'_x_ de _deuxième_ et de _deuxièmement_ comme un _z_; -prononcez en outre _deuziè-me, deuziè-mement_ et non _deuzièm-me, -deuxièm-mement_. - -=Secousse=, s. f.: n'écrivez pas _sécousse_. - -=Secret=, s. m., _secrétaire, secrétariat_, etc.;--prononcez _secrè_ -(et non _sècrè_), _secrétaire_, etc., et non _segrè, segrétaire_. - -=Secrétaire, Secrétariat, Secrétairerie.=--C'est le second _e_ qui est -marqué de l'accent aigu et non le premier; n'écrivez et ne prononcez -donc pas: _sécretaire, sécretariat, sécretairerie_; écrivez de même -_secrètement_ et non _sécrètement_. - -=Sécrétion=, s. f., toute matière qui sort du corps;--ne prononcez pas -_secrétion_. - -=Sehu= ou _seyu_ ou _saou_:--ce mot n'est pas français; dites -_sureau_: _du thé de fleurs de sureau_. - -=Seigle= ou =Sègle=, s. m., sorte de blé; prononcez _sei-gle_ et non -_sei-ke, seiguèle_. - -=Seigneur=, s. m.--Prononcez _sè-gneur_ et non _sé-gnieur_ ni -_sègn'nieur_. - -=Seigneurie=, s. f., droit, terre de seigneur, titre d'honneur: ne -dites pas _séigneurerie_.--Voyez _mairie_. - -=Seize=, adj. num.--Prononcez _sei-ze_ et non _sei-ce_; prononcez de -même _onze, douze, treize, quatorze, quinze_. - -=Sellette.=--Mettre _quelqu'un sur la sellette, être sur la sellette_; -ne dites pas _selette_. - -=Semaille=, s. f., ensemencement des céréales et des autres plantes -objet de la grande culture, ne s'emploie guère qu'au pluriel: _les -semailles sont une opération importante pour un cultivateur_.--Il -se dit aussi des grains semés ou à semer: _semailles de froment; les -semailles commencent à lever_; _les semailles_ (et non _les semés_) -_sont de belle venue_.--Il se dit encore de la saison pendant laquelle -on ensemence les terres: _au temps des semailles, à la fin des -semailles_.--_Semaison_ est un vieux mot qui signifiait le temps où -l'on fait les semailles:--Bescherelle est d'avis qu'il faut rétablir -ce mot dans les dictionnaires. - -=Semaine=, s. f.--Ne dites pas: _j'irai vous voir à la semaine_; -dites, _la semaine prochaine_. - -2. Ne dites pas non plus, _la semaine qui vient, le mois qui vient, -l'année qui vient_; dites, _la semaine prochaine, le mois prochain, -l'année prochaine_. - -3. Les noms des jours de la semaine s'écrivent avec une petite lettre: -_dimanche, lundi_, etc. et non _Dimanche, Lundi_. (Acad.) - -4. Prononcez _semène_ et non _sèmène_ ni _semain-ne_. - -=Sembler=, v. n.--Ne dites pas: _vous semblez un gouverneur_; dites, -_vous avez l'air d'un gouverneur_. - -=Semer=, _semeur, semence, semis, semoir_:--prononcez _se_ et non _sè_. - -2. =Semer, Ensemencer.=--_Semer_ a rapport au grain:--_ensemencer_ a -rapport à la terre; _on sème le blé, on ensemence le champ_. - -=Semestre=, s. m., espace de six mois consécutifs; prononcez _semestre_ -et non _sémestre_ ni _semesse_ ni _semestère_. - -=Semi=, mot tiré du latin et qui signifie _demi_; il ne s'emploie -que devant un autre mot auquel on le joint par un trait d'union et -il ne prend jamais la marque du pluriel: _des semi-tons, des fleurs -semi-doubles_.--Écrivez et prononcez _semi_ et non _sémi_ ni _sèmi_. - -=Séminariste=, s. m., élève d'un séminaire;--le _séminaire_ est -l'établissement ecclésiastique lui-même; ne dites donc pas: -_j'ai rencontré deux séminaires sur le marché_; dites, _deux -séminaristes_.--Prononcez _séminaris-te_ et non _séminarisse_. - -=Semoule=, s. f., pâte de farine très-fine; d'après l'Académie, on doit -prononcer _semouille_.--N'écrivez pas _semouille_. - -=Sempiternel, nelle=, adj., perpétuel; prononcez _sainpiternel_. (Acad.) - -=Sénatus-consulte=, s. masculin, décision du sénat: _un -sénatus-consulte_; le pluriel est _sénatus-consultes_.--Prononcez -_sénatuce-consul-te_ (et non _sénatuce-consule_.) - -=Senor=, s. m., seigneur, monsieur;--_senora_, madame;--prononcez -_sègnore, sègnora_ comme dans _seigneur, enseigner_. - -=Sens=, s. m.--On fait sentir l'_s_ finale, lorsque après ce mot on -peut faire une pause, et elle devient nulle si la pause est impossible: -_mettez cette table de ce sens-là_ (_san-là_); _c'est un sot qui n'a -pas le sens_ (_san_) _commun_; _à mon sens_ (_sance_). - -2. _Sens dessus dessous_, loc. adv., qui se dit en parlant de la -situation d'un objet tourné de manière que ce qui devrait être dessus -ou en haut se trouve dessous ou en bas: _renverser un objet sens -dessus dessous_.--Il se dit aussi familièrement de ce qui est dans un -grand désordre et tout bouleversé: _tous mes papiers sont sens dessus -dessous; ma bibliothèque est sens dessus dessous_.--N'écrivez pas -_sans dessus dessous_. - -3. _Sens devant derrière_, loc. adv., dont on se sert en parlant de -la situation d'un objet tourné de telle façon que ce qui devrait être -devant se trouve derrière: _elle a mis son bonnet sens devant derrière; -sa perruque est sens devant derrière_.--N'écrivez pas _sans devant -derrière_. - -=Sensible=, adj., signifie qui est aisément ou vivement touché, mais -non, qui émeut.--Ne dites donc pas: _c'est un livre, c'est une pièce -très-sensible_; dites, _c'est un livre très-touchant, une pièce -très-touchante_. - -=Sente=, s. f., sentier.--L'Académie donne ce mot et renvoye -au mot _sentier_; il ne paraît être d'usage que dans les -campements.--_Pied-sente_ n'est pas français; dites _sentier_. - -=Senté-je=, expression barbare; dites _sens-je_ et mieux _est-ce que -je sens_, parce que _sens-je_ paraît dur.--Ne dites pas non plus -_dormé-je_, mais _est-ce que je dors_. - -=Sentinelle=, est féminin: _la sentinelle, une sentinelle_;--quelques -poètes ont fait ce mot du masculin: _ces nombreux sentinelles_ -(Delille): c'est une licence qu'il ne faut pas imiter. - -=Sentir.=--Dites, _cette fleur sent bon_ et non, _sent bonne_:--ici -_bon_ est adverbe. - -2. Ne dites pas: _ce couteau sent après l'oignon_; dites, _ce couteau -sent l'oignon_ (Fland.)--Voyez _puer_. - -=Seoir=, v. n., être assis.--Il n'est plus guère en usage qu'au -participe présent _séant_ et au participe passé _sis, sise_ qui -signifie _situé, située_: _tribunal séant à Liége; maison sise dans la -rue Hors-Château_.--Cependant, on dit encore, en poésie et dans le -langage familier, _sieds-toi_ pour _assieds-toi_. - -2. _Seoir_, v. n. être convenable à la personne, à la condition, -au lieu, au temps, etc.--Il n'est plus d'usage à l'infinitif et -n'a d'usitées que les formes suivantes: indic. prés., _il sied, ils -siéent_,--imp., _il seyait, ils seyaient_;--futur, _il siéra, ils -siéront_;--condit. prés., _il siérait, ils siéraient_;--part, prés., -_seyant_: il n'a point de temps composés.--On l'emploie souvent comme -impersonnel: _il vous sied bien_ (il vous appartient bien) _de vouloir -réformer les autres_. - -=Sept=, adj. num.--On ne prononce pas le _p_ dans _sept_ ni dans ses -composés _septième_ et _septièmement_; mais on le prononce dans tous -les autres: _septante, septembre, septenaire, septennal, septennalité, -septentrion, septentrional, septidi, septuagénaire, septuagésime, -septuple, septupler_, etc.--Quant au _t_ de _sept_, il ne se prononce -que lorsque ce mot est pris à part: _le nombre sept, ils étaient sept_, -ou lorsqu'il est suivi d'une voyelle on d'une _h_ muette: _sept amis, -sept hommes_.--Il faut ajouter à cette observation de l'Académie, que -le _t_ se prononce dans tous les cas lorsque le mot _sept_ est employé -substantivement: _le sept d'avril, le sept de trèfle; sept multiplié -par trois; un sept de chiffre_ ou simplement _un sept, le sept du mois_. - -=Septante=, adj. num., _soixante-dix_.--Il n'est plus guère usité -qu'en Belgique et dans le midi de la France ainsi que dans le -style de mathématiques; on le remplace partout ailleurs par le mot -_soixante-dix_. Il en est de même de _nonante_; quant à _octante_ il -n'est plus du tout en usage.--Prononcez le _p_, _sep'tante_. - -=Septennal, ale=, adj., qui arrive ou qui est renouvelé tous les -sept ans: _fête septennale_. On prononce le _p_ et les deux _nn_: -_sep'ten'nale_. - -=Septier=, s. m., mesure de grains, de liquides; on écrit plus souvent -_setier_.--Prononcer _cetié_ et non _cètié_ ni _cetchié_.--Voyez _ti_ -et _di_. - -=Séquestrer, Séquestration=: prononcez _sékestrer, sékestration_. - -=Sera.=--Ne dites pas: _sera lui qui aura la place, sera vous qui -partirez_; dites, _ce sera lui, ce sera vous qui..._ ou bien, s'il -s'agit d'une interrogation: _sera-ce lui..., sera-ce vous...?_ - -=Sérail=, s. m.; le pluriel est _sérails_. - -=Serein, eine=, adj., qui est clair, doux, calme;--_serin_ (et non -_serein_), s. m., sorte d'oiseau chanteur.--Prononcez _se_ et non -_sè_. - -=Sérénade, Aubade=, s. f.--Ils désignent l'un et l'autre un concert -de voix ou d'instruments donné dans la rue ou sous les fenêtres -de quelqu'un; la _sérénade_ se donne le soir et l'_aubade_ le -matin.--Prononcez _sérénade, aubade_ et non _sérénate, aubate_ ni -_sèrènade_; ne dites pas non plus _ombade_. - -=Serf=, adj. s., espèce d'esclave: prononcez _serfe_;--le féminin est -_serve_ (ne prononcez pas _serfe_).--V. _cerf_. - -=Sérincheur.=--Ne dites pas d'un mauvais musicien, _c'est un -sérincheur_; dites, _c'est un râcleur, un croque-note_.--(Les ouvriers -qu'on désigne sous le nom de _sérincheurs_, s'appellent _cardeurs_ en -français). - -=Serre.=--N'employez pas ce mot dans le sens de _serrure_ ou de -_batterie_ de fusil, de pistolet. - -=Serrer, Enserrer.=--_Serrer_ signifie étreindre, presser ou bien -mettre quelque chose dans un lieu où il ne soit exposé ni à être volé -ni à s'égarer ni à être gâté.--_Enserrer_ signifie mettre dans une -serre: _enserrer des orangers_. - -2. _Serrer_, ne peut pas s'employer pour _fermer_; ne dites donc pas, -_serrez la porte, la fenêtre, le livre_, etc.; dites, _fermez la -porte_, etc. - -3. _Serre-papier_, s. m., arrière-cabinet;--tablettes à compartiment -où l'on serre des papiers;--petit meuble pesant de marbre, de granit, -etc., qu'on met sur des papiers pour les tenir:--_presse-papiers_ -n'est pas français.--Le pluriel s'écrit comme le singulier. - -=Serrure=, s. f.--Ne dites pas, _laissez la porte sur la serrure_, -pour signifier ne pas la fermer entièrement; dites, _laissez la porte -entr'ouverte_, ou _laissez la porte tout contre_.--Prononcez _cèrure_. - -=Serveur de messe=, _servant de messe_: ces mots ne sont pas français; -dites _enfant de choeur_.--V. _acolyte_. - -=Service.=--Ne dites pas, _qu'y a-t-il de votre service?_ dites, _qu'y -a-t-il pour votre service_ ou _à votre service?_ - -2. Ne dites pas, _ce domestique n'est pas au service pour le moment_; -dites, _n'est pas en service_.--Mais lorsque _service_ est suivi d'un -complément, l'article est de rigueur: _être au service de quelqu'un; il -a été longtemps au service d'un tel_. - -3. _Service_, employé d'une manière absolue, signifie _le service -militaire_: _il a vieilli au service_. - -=Servir.=--_Servir à rien, servir de rien_.--Ce qui ne _sert à rien_ -aujourd'hui, peut servir demain à quelque chose: _il a des talents qui -ne lui servent à rien_.--Ce qui ne _sert de rien_ ne peut jamais être -d'aucune utilité: _les murmures contre les décrets de la Providence ne -servent de rien; vous êtes aveugle, des lunettes ne vous servent de -rien_. - -2. On dit _servir la messe, répondre la messe_ et non _à la messe_. - -=Serviteur=, s. m.--Le féminin correspondant est _servante_. - -=Seul, eule=, adj.--Un _seul homme_ est un homme unique; un _homme -seul_ est un homme isolé, retiré. - -=Seulement=, adv.--Ne dites pas: _dites-le seulement, faites-le -seulement, venez seulement, courez seulement, parlez seulement_, -etc.--Ce _seulement_ est un flandricisme qui, ordinairement, n'ajoute -rien au sens et qu'il faut faire disparaître entièrement en français, -ou bien remplacer, selon le sens, par _çà, donc, un peu, je vous -prie_, etc.:--_dites-le, faites-le, venez_, etc.,--_dites-le donc, -faites-le donc, venez-donc_;--_çà! dites-le, çà! faites-le, çà! -venez_;--_dites-le, je vous prie, faites-le, je vous prie, venez, je -vous prie_.--Voyez _fois_. - -2. Ne dites pas, _je n'ai seulement qu'à paraître, et il se taira_ -(pléon. vic.); dites, _je n'ai qu'à paraître..._ - -=Sexe=, s. m.: _le sexe masculin, féminin_:--prononcez _cekce_ et non -_cèke_. - -=Sexte=, s. f., une des petites heures de l'office;--s. m., le sixième -livre des Décrétales.--Prononcez _ceks'te_ et non _cêke_ ni _cekce_. - -=Si=, conj., ne s'élide que devant _il, ils_:--_s'il, s'ils_. - -2. _Si_ ne doit jamais être suivi du conditionnel; ne dites donc pas: -_si j'aurais le temps, j'irais le voir; si je l'aurais su, je n'y -serais pas allé_; dites, _si j'avais le temps, si je l'avais su..._ - -3. C'est également une faute d'employer le conditionnel au lieu du -subjonctif; ainsi vous ne direz pas: _je voudrais que cela serait; j'ai -craint qu'il ne viendrait pas_; dites, _je voudrais que cela fût, j'ai -craint qu'il ne vint pas_. - -4. Ne dites pas: _si j'étais vous_ ou _si j'étais comme vous, je ferais -telle chose_; dites, _si j'étais à votre place_ ou _si j'étais que de -vous, si j'étais de vous, je ferais telle chose_. - -5. _Si_ peut s'employer familièrement comme particule affirmative: -_vous dites que non et je dis que si; vous n'avez pas été là? si_.--On -dit également _si fait_: _je crois qu'il n'a pas été là; si fait, il y -a été_. - -6. Ne dites pas, _si longtemps que j'aurai une goutte de sang dans les -veines, je me défendrai_; dites, _tant que j'aurai..._ (Wall.) - -7. Ne dites pas, _si vite qu'il est levé, il étudie_; dites, _dès que, -aussitôt qu'il est levé..._ (Wall.) - -8. _Si_ peut s'employer au lieu de _tant_ devant un participe passé, et -au lieu de _tellement_ devant une locution adverbiale; on peut dire: -_si aimé, si à l'aise, si à propos, si en colère_, etc.--Il serait -trop rigoureux de condamner ces sortes d'expressions, dit Boniface. - -=Sibylle=, s. f., prophétesse dans l'antiquité; les _ll_ ne se -mouillent pas, _cibile_.--_Sibyllin_, adj., de sibylle, _vers -sibyllins_: prononcez les deux _ll_, _cibil'lin_.--Une _sébille_, s. f., -est un vase de bois, rond et creux: _jetons un sou dans la sébille de -ce pauvre aveugle_. - -=Sieste=, s. f., =Méridienne=, s. f.--_Sieste_, temps qu'on donne au -sommeil pendant la chaleur du jour;--_méridienne_, temps que l'on -donne au sommeil après le dîner. - -=Sieur=, s. m., abréviation de monsieur: prononcez _cieure_ en une -syllabe. - -=Signal=, _signifier, signification_: prononcez _si-gnal, -si-gnifier, si-gnification_ et non _sign'-nal, sign'-nification, -sign'-nifier_.--Voyez _gne_. - -=Signet=, s. m., ruban pour marquer dans un livre: autrefois on -supprimait le _g_ dans l'écriture et dans la prononciation; mais -aujourd'hui on écrit et on prononce _signet_. - -=Simple=, nom générique et vulgaire des herbes et des plantes -médicinales; ce substantif est masculin: _la mélisse est un simple -d'une grande vertu_. - -=Sinapisme=, s. m., cataplasme à la moutarde; prononcez _sinapis-me_ et -non _sinapisse_ ni _sinapim-se_. - -=Singulier=, s. m.:--prononcez _singulié_; mais faites sonner l'_r_ -finale de _singulier_, adjectif, lorsqu'il fait corps avec le mot qui -le suit: _quel singulier_ (_lière_) _homme_! _le singulier_ (_lière_) -_animal!_ - -=Sinon=, conj., autrement, sans quoi, ne doit jamais être précédé de -_ou_: _obéissez, sinon vous serez puni_, et non, _ou sinon..._ - -=Sirop=, s. masculin: _du sirop de pomme_;--prononcez _cirô_ (_ô_ -long) et non _cirot_ (_o_ bref) ni _sirope_.--On écrit plus rarement -_syrop_. - -=Sis, sise=, part. passé du verbe _seoir_; il ne s'emploie plus que -comme adjectif et en style de pratique (avoués, notaires, huissiers), -dans le sens de _situé, située_: _une maison sise rue des Mineurs_. -Voyez _seoir_. - -=Sitôt=, adv.--Ne dites pas, _sitôt l'arrivée de la diligence, je -partirai_; dites, _aussitôt après l'arrivée, aussitôt la diligence -arrivée; dès que la diligence sera arrivée_, etc. - -=Six=, adj. num.--Devant une consonne, l'_x_ ne se prononce pas: -_six personnes_;--elle sonne comme _z_ devant une voyelle ou une _h_ -muette: _six amis, six hommes_;--à la fin d'une phrase, après son -substantif, ou bien lorsqu'on l'emploie substantivement, on prononce -_six_ en faisant sonner l'_x_ comme une _s_: _de douze qu'ils étaient -il n'en est resté que six; le chapitre six traite de...; le six du -mois_.--Elle se prononce aussi, dans le corps de la phrase, lorsqu'il -est suivi d'un repos: _ils étaient six, tous de bonne humeur_. (Acad.) - -=Sixain=, s. m., petite pièce de poésie composée de six vers; prononcez -_cizin_. - -=Sixième, sixièmement.=--L'_x_ se prononce comme _z_; prononcez -_sizième, sizièm'ment_ et non _siziain-me, siziain-m'ment_. - -=Skaufelin=, est un mot flamand; dites des _copeaux_. - -=Sloop=, s. m., petit navire à un seul mât; on prononce et quelques-uns -écrivent _sloupe_. (Acad.) - -=Soc, Socle, Socque=, s. m.--Le _soc_ est un couteau de fer attaché -à la charrue, qui fend la terre et forme le sillon;--un _socle_ est -la base carrée d'une colonne, etc., le piédestal d'une statue, d'un -vase;--un _socque_ est une chaussure grossière qui en enveloppe une -autre et la préserve de la boue, de l'humidité. - -=Société=, s. f.--_Aller en société_, est une mauvaise locution; -il est mieux de dire, _aller dans le monde, dans le grand monde, -fréquenter le monde_. - -2. Ne dites pas, _je n'ai pu lui parler, il était en société_; dites, -_il était en compagnie_.--Prononcez _société_ et non _socièté_. - -=Soeurs=, _consanguines, germaines, utérines_: voyez _germain_. - -=Sofa=, s. m.: on écrit aussi _sopha_. - -=Soi-disant.=--Terme de pratique; il se dit aussi par raillerie ou -par mépris, dans le langage ordinaire et s'écrit au pluriel comme au -singulier: _un tel soi-disant docteur; de soi-disant docteurs_. - -=Soie=, s. f., étoffe; prononcez _soi_ et non _soi-ïe_. - -2. _Soie_, s. f., se dit, surtout au pluriel, du poil long et rude de -certains animaux: _des soies de cochon_. Il se dit aussi du poil long -et doux d'un barbet, d'un épagneul, d'un bichon: _cet épagneul a de -belles soies_.--Ce mot est féminin. - -=Soierie=, s. f., toute marchandise de soie: prononcez _soirie_ et non -_soi-ïeri-ïe_. - -=Soif=, s. f.--Voyez _faim_ et _si_. - -=Soigner=, v. a.--Ne dites pas: _je soignerai pour votre affaire_; -dites, _je soignerai votre affaire, j'aurai soin de votre affaire, je -m'occuperai de votre affaire_. - -2. Ne dites pas, _vous soignerez que tout soit prêt_; dites, _vous -aurez soin que tout soit prêt_. - -=Soin=, s. m.: prononcez _soin_ et non _soan_. - -=Soir=, s. m.--Dites _un matin, un soir_ au lieu de dire _un jour au -matin, un jour au soir_. - -2. Ne dites pas, _un jour sur le soir, un jour au soir_, dites _un -soir_:--_un soir il aperçut la lune au fond d'un puits_. - -3. On dit: _demain au soir_ (Acad. au mot _demain_) et _demain soir_ -(Acad. au mot _soir_);--on dit _hier au soir_, mais on ne dit pas bien -_hier soir_.--Voyez _matin_. - -=Soit=, adv., à la bonne heure: _soit, j'y consens_;--prononcez -_soite_. - -=Soixantaine=, _soixante, soixanter, soixantième_: dans ces quatre -mots, _x_ se prononce comme deux _ss_. - -=Solde=, est féminin, lorsqu'il signifie la paye des militaires: _faire -une retenue sur la solde des troupes_.--Il est masculin, lorsqu'il -signifie la différence entre _le doit_ et _l'avoir_ d'un compte ou -le payement qui se fait pour demeurer quitte de compte: _le solde -est de 300 francs au doit; le solde de votre compte se monte à 500 -francs_.--Prononcez _sol-de_ et non _sol-te_ ni _solle_. - -=Solécisme=, s. m., faute contre la syntaxe: _c'est moi qui a fait -cela_, est un solécisme;--prononcez _solécis-me_ et non _solécisse_, -ni _solécim'se_. Voyez _barbarisme_. - -=Soleil=, s. m.--Ne dites pas, _il fait soleil_, mais _il fait du -soleil_ comme on dit _il fait du vent_. - -2. Dites, _se reposer au soleil_ et non, _dans le soleil_.--Prononcez -_soleille_ (_ll_ mouill.) et non _solèle_. - -=Solennel, elle=, adj.--On prononce _solanel_ et non _solan-nel_ et -on fait l'_a_ bref; il en est de même de ses dérivés _solennellement, -solennisation, solenniser, solennité_.--Plusieurs, dit l'Académie, -écrivent _solemnel, solemnellement, solemnité_, etc., cette dernière -orthographe n'est plus guère usitée de nos jours. - -=Solive=, s. f., en wallon, _terrâsse_, pièce de charpente qui sert à -former et à soutenir le plancher d'une chambre, d'une salle, etc., et -qui porte sur les murs ou sur les poutres: _solive de brin, solive de -sciage_. - -=Solliciter=, _sollicitation, solliciteur, sollicitude_: dans tous ces -mots, on prononce les deux _ll_. - -2. Devant un infinitif, on dit _solliciter à_, quand l'action exprimée -par le second verbe n'a point pour but le sujet: _je l'ai sollicité -à faire cette démarche_.--On dit _solliciter de_ quand l'action -se termine au sujet: _je l'ai sollicité de venir me voir_: cette -distinction nous paraît un peu subtile.--Devant les substantifs et les -pronoms, on dit toujours _solliciter à_: _solliciter à la révolte; qui -est-ce qui vous a sollicité à cela?_ - -=Solo=, s. m.--L'Académie écrit _des solo_ sans _s_: mais puisqu'elle -met une _s_ au pluriel de _duo_ (_de beaux duos_), il est évident qu'il -faut écrire _des solos_ avec une _s_. - -=Somme, Sommeil=:--ils ne se disent que de l'homme;--on dit, _faire -un somme_, mais on ne dit pas, _faire un sommeil_. - -=Sommité=, s. f., sommet; on prononce les deux _mm_. - -=Somnambule=, adj., _somnambulisme_, s. m.;--_somnifère_, -adj.;--_somnolence_, subst.;--_somnolent, ente_, adj.:--dans tous ces -mots, on prononce l'_m_. - -=Somptuaire=, adj.;--_somptueusement_, adv.;--_somptueux, euse_, -adj.;--_somptuosité_, subst.:--dans la prononciation de ces mots, on -fait sentir le _p_. - -=Son, Sa, Ses=, adj. poss.--_Mon, ton, son_, suivis d'un mot -commençant par une voyelle ou une _h_ muette, ont un son nasal -très-prononcé: _mon ami, ton habit, son argent_, prononcez _mon-n'ami, -ton-n'habit, son-n'argent_ et non _mo-n'ami, to-n'habit, so-n'argent_. - -2. Ne dites pas: _mon frère parle si bien son français, son allemand_; -dites, _parle si bien le français, l'allemand_. - -3. Ne dites pas: _celui qui a recueilli ces omnibus, voudrait qu'on -touchât son français_; dites, _... voudrait qu'on parlât bien le -français_. - -4. _Son, sa, ses_, remplacés par le pronom _en_: voyez _en_. - -=Sonate=, s. f., pièce de musique instrumentale; ne dites pas _sonade_. - -=Songer=, v. n.--Ne dites pas: _j'ai songé de lui mille choses -désagréables_; dites, _j'ai pensé de lui mille choses désagréables_. - -2. Ne dites pas: _j'ai songé de vos commissions_ ou _songé de faire -la commission_; dites, _j'ai songé à vos commissions, à faire votre -commission_:--_songer quelque chose_ ou _de quelque chose_, c'est -_rêver quelque chose_ ou _de quelque chose_. - -=Sonnant=, part. prés., du verbe _sonner_.--Il est adjectif verbal, -lorsqu'il se dit d'un objet qui rend un son clair et distinct: _de -l'étain sonnant, airain sonnant_.--Il est aussi adjectif dans les -locutions _horloge, montre sonnante, espèces sonnantes_ (monnaies d'or -ou d'argent); _à l'heure sonnante; arriver à sept heures sonnantes; à -midi sonnant_, etc.:--et dans cette phrase du langage théologique, -_propositions mal sonnantes_, qu'on écrit aussi, _propositions -malsonnantes_, en un seul mot. - -=Sonner=, v. n. et v. a.--Quand il a pour sujet un mot qui désigne -l'heure, il prend l'auxiliaire _être_: on dit _minuit est sonné, midi -est sonné, huit heures sont sonnées_, et non _minuit a sonné, midi a -sonné, huit heures ont sonné_.--On dit aussi, _la messe est sonnée, -les vêpres sont sonnées_. - -2. Ne dites pas, _on sonne à messe, à vêpres_; dites, _on sonne la -messe, les vêpres_. - -3. Ne dites pas, _sonner à mort_, mais _sonner pour un mort_;--ni -_sonner une transe, une agonie_, mais _sonner le glas, un glas_.--Voyez -_transe_. - -4. On dit _sonner du cor, de la trompette_ et _jouer du cor, de la -trompette_.--Voyez _jouer_. - -=Sont.=--Ne dites pas, _cinq et cinq sont dix_; dites, _... font dix_. - -=Sor, Soret=, adj. m.: voyez _saure_. - -=Sôrot= ou =Saurot=: cette orthographe est vicieuse; dites, _sarrot_ et -mieux _sarreau_. - -=Sorte=, s. f.--Il est tout aussi incorrect de dire: _j'ai fait toute -sorte_ que de dire _j'ai fait toute espèce_; le sens n'est complet -qu'en ajoutant un des substantifs, _chose, marchandise, étoffe_, etc.; -il faut donc dire: _j'ai fait toutes sortes de choses_. - -2. Ne dites pas: _il a fait si bien en sorte qu'il a réussi_; dites, -_il a si bien fait qu'il a réussi_. - -3. _Toute sorte_ et _toute espèce_, se mettent indifféremment au -singulier et au pluriel, excepté lorsque le substantif qui suit ne -s'emploie pas au singulier: _nourrir toutes sortes de bêtes; souhaiter -toutes sortes de prospérités, toute sorte de bonheur à quelqu'un; -toute sorte de livres ne sont pas également bons; lire toute sorte -d'écriture; il ne faut pas se fier à toutes sortes de gens, à toutes -sortes de personnes; des marchandises de toute espèce_.--L'accord du -verbe ou de l'adjectif se fait, non pas avec _sorte, espèce_, mais avec -le substantif qui suit: _toute sorte de personnes sont_ (et non pas -_est_) _venues_; _une sorte de fruit qui est mûr_ (et non _mûre_) _en -hiver_. - -=Sortir=, v. n., demande _avoir_ ou _être_, selon que le sens permet de -répondre à l'une ou à l'autre de ces questions: _qu'a-t-il fait_, ou -bien, _où est-il, qu'est-il devenu?_--_il a sorti_ (qu'a-t-il fait?) -_mais il vient de rentrer_; _il est sorti_ (où est-il? qu'est-il -devenu?) _mais il va rentrer_. - -2. Ne dites pas, _il est sorti hors de la chambre, hors de la ville_; -dites, _il est sorti de la chambre, de la ville_. - -3. Ne dites pas, _sortez dehors_ ou _hors d'ici_; dites simplement -_sortez d'ici_. - -4. On dit très-bien, _sortir d'entendre la messe, sortir de dîner_, -etc., dans le sens de sortir du lieu où l'on a entendu la messe, où -l'on a fait le dîner. (Acad.) Mais on ne peut pas dire: _je sors de -faire telle chose, je sors d'être malade_; il faut dire, _je viens de -faire telle chose, je viens d'être malade_. - -5. Ne prononcez pas, _je sors z'avec vous_; prononcez, _je sor avec -vous_. - -6. Ne dites pas, _sortez votre casquette et dites bonsoir_; dites, -_ôtez votre casquette..._ - -7. Ne dites pas, _connaissez-vous le nouveau règlement qui vient de -sortir?_ dites, _qui vient de paraître_. - -8. _Sortir_ s'emploie aussi comme verbe actif dans quelques phrases du -style familier où il signifie, _faire sortir, tirer_:--_il est temps -de sortir les orangers de la serre; sortez ce cheval de l'écurie; -sortez la voiture de la remise; on l'a sorti d'une affaire fâcheuse_. -(Acad.) - -9. _Sortir_, v. a. et déf., usité en terme de jurisprudence; il -signifie, _obtenir, avoir_:--_cette sentence sortira son plein et -entier effet dans quinze jours_.--Dans ce sens, _sortir_ se conjugue -comme _finir_, mais il n'est usité qu'à la 3e personne: _il sortit, -ils sortissent; il sortissait, ils sortissaient_; subj. prés., _qu'il -sortisse, qu'ils sortissent_; part. prés., _sortissant_. - -=Sot, Sotte=, adj.--On ne prononce le _t_ de _sot_ que lorsqu'il est -suivi d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette: _un sot -enfant_ (_so-t'enfant_), _un sot_ (_so_) _personnage_; _c'est un sot_ -(_so_). - -2. Dites d'un homme qui est tombé en démence, _qu'il est devenu fou_ et -non, _qu'il est devenu sot_. - -=Sottise=, s. f., signifie aussi _injure_: _il m'a dit des_ ou _cent -sottises_ (_injures_). Cette expression pourtant paraît être de mauvais -ton. - -=Soucier= (=se=), signifie s'inquiéter, s'intéresser, faire cas, etc.: -_de quoi vous souciez-vous?_--Ainsi lorsqu'on veut exprimer une idée -d'indifférence, d'insouciance, de mépris, il faut accompagner le -verbe _se soucier_ de la négation: _je ne me soucie pas_ (et non _je -me soucie_) _de cet homme-là_; _je ne me soucie pas_ (et non _je me -soucie_) _qu'il vienne_; _je ne me soucie pas_ (et non _je me soucie_) -_de ce que l'on dit de moi_; _faites tout ce qu'il vous plaira, je ne -m'en soucie guère_ (et non _je m'en soucie_).--On peut cependant dire -ironiquement: _je me soucie bien de cet homme-là; qu'ai-je besoin de -lui?_ - -=Soucoupe=, s. f., espèce de petite assiette de porcelaine, de -faïence, etc., qui se place sous une tasse ou sous un gobelet de -même matière, propre à prendre du café, du chocolat, etc.: _verser -son café dans la soucoupe; la tasse et la soucoupe sont d'ancienne -porcelaine_.--_Soutasse_ n'est pas français. - -=Souffler, Siffler.=--Il existe entre ces deux verbes la même -différence qu'entre les substantifs _souffle_ et _sifflet_: _le vent -lui soufflait au nez; ce soufflet est troué, il ne souffle plus; -siffler pour faire boire un cheval; le vent siffle dans la serrure; il -entendait les balles qui lui sifflaient à l'oreille; cet acteur à été -sifflé_. - -=Souguenille=, s. f., long surtout de grosse toile: écrivez et -prononcez _souquenille_. - -=Souhaiter=, v. a.--Devant un infinitif, il est suivi ou non de la -préposition _de_: _souhaiter d'avoir un emploi; je souhaiterais -pouvoir vous obliger_. - -=Soûl=, adj., au fém. _soûle_.--On écrit plus rarement _saoul, -saoule_; on prononce _soû, soûle_, en ne faisant sentir l'_l_ qu'au -féminin. - -2. Dans le sens de _ivre_, il est bas et de mauvais goût. Voyez -_saoul_. - -=Soûlée=, employé substantivement dans le sens _d'ivrogne_, n'est pas -français; _mon voisin est un ivrogne_ et non _une soûlée_.--On dit -cependant, mais populairement, _soûlard, arde_, et _soûlaud, aude_. -Voyez _saoul_. - -=Soûler=, rassasier avec excès, enivrer; on écrit plus rarement -_saouler_.--Ce terme est bas. - -=Soulier=, s. m., chaussure; l'_l_ ne se mouille pas: _sou-lié_ et non -_souil-lié_ ni _souyié_. - -=Soupe=, s. f.--Ne dites pas: _je vous invite à la soupe, à manger la -soupe_; dites _je vous invite à dîner_. (Popul.) - -=Souper=, s. m.: on écrit aussi _soupé_. - -2. _Après-soupé_, s. féminin; on dit mieux _après-soupée_. - -=Soupied=, s. m.--On écrit plus ordinairement _sous-pied_: au pluriel, -_des soupieds_ et _des sous-pieds_. (Acad.) - -=Soupoudrer=, v. a.--Écrivez et prononcez _saupoudrer_, poudrer de -sel, de poivre, de farine, de sucre, etc. - -=Sourcil=, s. m., ligne de poils au-dessus de l'oeil; prononcez -_sourci_. - -=Sourciller=, v. n., =Sourcilleux=, adj.: mouillez les _ll_. - -=Sourd-muet, sourd et muet.=--Le _sourd et muet_ a deux infirmités -distinctes et indépendantes l'une de l'autre;--le _sourd-muet_ n'est -muet que parce qu'il n'entend pas, et il recouvrerait la parole, si -l'on pouvait lui rendre l'ouïe.--Cette distinction est fondée; mais, -dans la pratique, on n'en tient presque pas compte, attendu que le -résultat est le même.--Prononcez _mu-et_ et non _mu-wet_. - -=Sourdité=, n'est pas français; dites _surdité_. - -=Sous= _votre respect_, locution vicieuse: dites _sauf votre -respect_.--Voyez _respect_. - -=Souscription, Suscription.=--La _souscription_, c'est la signature -que l'on met au-dessous d'un acte pour l'approuver; c'est un engagement -de fournir une certaine somme pour une entreprise; c'est aussi une -reconnaissance donnée à un souscripteur.--La _suscription_ n'est autre -chose que l'adresse qui est écrite au dos d'une lettre. - -=Sous-curé=, s. m:--C'est l'_onder-pastoor_ des flamands; mais en -français on doit dire _vicaire_: _j'ai rencontré le curé et le vicaire -de la paroisse_. - -=Sous-diviser, sous-division=: on dit plus ordinairement _subdiviser, -subdivision_. - -=Sous-louer=, v. a., donner ou prendre à loyer une partie d'une maison, -d'une terre, etc., déjà louée par un locataire principal: _j'ai -sous-loué ma maison_.--Ne dites pas _sur-louer_. - -=Sous-main.=--Ne dites pas, _on a intrigué en sous main_, ni _en -dessous main_; dites, _on a intrigué sous main_. - -=Sous-pied=: voyez _soupied_. - -=Soutasse=, n'est pas français; dites _soucoupe_. - -=Soutenement=, s. m., t. de maçonnerie, appui, soutien.--Quelques-uns, -dit l'Académie, écrivent _soutènement_; nous pensons que cette dernière -orthographe est préférable, puisque l'Académie écrit _entretènement_ -avec un _è_, et _ténement_ avec un _é_. V. _ège_. - -=Souvenir=, v. et s. m.: prononcez _souvenir_ et non _soufenir_ ni -_soumenir_. - -=Souvent=, adv.--Ne dites pas: _je l'ai fait, je l'ai dit plus -souvent_, pour dire simplement que vous l'avez fait _souvent, assez -souvent_: dans ce cas il n'y a pas de comparaison; dites donc _je l'ai -fait, je l'ai dit assez souvent_. (Fland.) - -=Soye.=--Ne dites pas, _il faut que cela soye_; dites, _il faut que -cela soit_. - -=Spécimen=, s. m., modèle, échantillon: prononcez _spécimène_ au -singulier et au pluriel. - -=Spégulaire=, pour signifier la résine dont les musiciens se servent -pour frotter l'archet; ce mot n'est pas français; il faut dire -_colophane_, et ce mot est féminin: _de la colophane_. - -=Sphynx=, s. m., monstre fabuleux, insecte: prononcez _sfainkce_. - -=Spiral=, adj. ou s.--On dit _le ressort spiral_ ou simplement, _le -spiral d'une montre_; mais on ne peut pas dire _l'aspiral_ ni _la -spirale d'une montre_. - -=Spiritueux=, adj.--Ne dites pas, _une liqueur spirituelle_; mais _une -liqueur spiritueuse_. - -=Spleen=, s. m.; dégoût de la vie: _avoir le spleen; être dévoré du -spleen_; il n'a pas de pluriel;--prononcez _spline_ et non _spléne_ ni -_splène_. - -=Squelette=: s.--Ce mot est masculin: _un squelette d'homme_;--écrivez -et prononcez _squelette_ et non _squèlette, squélette_ ni _esquelette_. - -=Ss.=--Les deux _ss_ se font entendre dans _assentiment, dissension, -disséminer, essence, essentiel, transsuder, transsudation_.--Il -en est de même de _sc_ dans _adolescence, ascension, condescendre, -effervescence, efflorescence, résipiscence_. - -=St, St=, terme invariable, signe qu'on emploie dans l'écriture, pour -exprimer un son que forme quelquefois la voix, lorsqu'on appelle -quelqu'un: _st, st, venez ici tout de suite_.--Il se prononce _sit, -sit_, et on ne fait sentir l'_i_ que très-faiblement (Acad.) - -2. _St_ (_terminaisons en_): voyez _t_. - -=Stagnant, ante=, qui ne coule point: eau stagnante.--Stagnation, -s. f., état de ce qui ne coule point et au figuré, _stagnation -des affaires_, affaires de commerce qui languissent, qui sont -suspendues.--Dans ces deux mots, _gn_ se prononce dur. - -=Staminet=, s. m., cabaret; écrivez et prononcez _estaminet_: _les -estaminets de Bruxelles sont élégants_. - -=Stathouder=, s. m., chef de l'ancienne république de Hollande; -prononcez _stade-houdère_ ou _stade-oudère_. - -=Statue=, s. f.: écrivez et prononcez _statu_ et non _estatue_. Voyez -_ée, ie, oue, ue_. - -=Steam-boat=, s. m., bateau à vapeur: prononcez _stime-bote_. - -=Steamer=, s. m., bateau à vapeur: prononcez _stimère_ ou _stémère_. - -=Steeple-chase=, s. f., mot anglais, course à cheval faite à travers -des obstacles: prononcez _stipel-tchèsse_. - -=Stentor=, s. m., nom d'un guerrier grec au siége de Troie, et dont la -voix, dit-on, faisait seule plus d'effet que celle de cinquante hommes: -_il a une voix de stentor_; ne dites pas _une voix de centaure_. -L'Académie écrit _stentor_ avec une petite _s_. - -=Sterling=, s. m., monnaie d'Angleterre; il ne se dit point seul et il -est invariable: _cinquante livres sterling_;--la _livre sterling_ vaut -vingt-cinq francs;--prononcez _sterlain_. - -=Stigmate=, s. masculin, marque que laisse une plaie, cicatrice: _il -porte les stigmates de la petite vérole_.--_Stigmatiser_, v. a., -marquer avec un fer rouge, etc.: le _g_ se prononce dur dans ces -mots.--On écrit aussi, mais rarement, _stygmate, stygmatiser_. - -=Stockfisch=, s. masculin, sorte de morue salée et séchée à l'air; on -prononce et l'on écrit aussi _stokfiche_. - -=Store=, s. m., sorte de rideau qui se lève et se baisse; ce mot est -masculin: _des stores élégants_. - -=Stras=, s. m., composition qui imite le diamant; prononcez _strâce_: -on n'écrit pas _strasse_. - -=Strict, icte=, adj., étroit, resserré, sévère: on prononce le _c_ et -le _t_ final: _strik'te_. Voyez _finales_, _q_ et _t_. - -=Subitement=, adv.--Dites, _cet homme est mort subitement_ et non, -_est mort subite_. - -=Subjonctif=, s. m., mode verbal.--C'est une faute d'employer le -_présent_ pour l'_imparfait_ du subjonctif: _il faudrait que je -retourne à pied_; dites, _il faudrait que je retournasse à pied_.--Sans -doute, beaucoup de personnes se servent de cette tournure pour éviter -les formes disgracieuses de certains imparfaits du subjonctifs, -terminés en _asse, insse_, etc.--Quoi qu'il en soit de cette raison -d'euphonie, elle ne nous paraît pas suffisante pour se dispenser des -règles touchant la concordance des temps du subjonctif avec ceux de -l'indicatif; au surplus, dans les cas où l'oreille serait affectée -d'une manière désagréable, nous conseillons de faire disparaître le -subjonctif en recourant à un autre tour de phrase; ainsi au lieu de -dire, _il faudrait que je retournasse à pied_, dites simplement, _il me -faudrait retourner à pied_.--Voyez _conditionnel_ et _imparfait_. - -=Subsister=, _subsistance, subside, subséquent_: prononcez _subcister, -subcistance, subcide, subcéquent_ et non _subzister, subzistance, -subzide, subzéquent_. - -=Substance=, _substantiel, substituer_, etc.; faites sentir l'_s_ qui -suit le _b_: _subs'tance_ et non _subtance_. - -=Substanter=, v. a., entretenir la vie au moyen des aliments: ce -mot n'est pas français; dites _sustenter_: _il n'a pas de quoi se -sustenter_. - -=Subtiliser=, v. a., tromper, attraper: ce mot est français: _c'est un -voleur qui en subtilise un autre_. - -=Subvenir=, v. n., secourir, soulager: dans ses temps composés il prend -toujours l'auxiliaire avoir: _on a subvenu à ses besoins_. - -=Sucandi=, n'est pas français; dites, _sucre candi_. - -=Succade=, n'est pas français; dites, _sucrerie_: _cet enfant est -malade parce qu'il mange trop de sucrerie_, et non, _trop de succades_. - -=Succession=, s. f.--Prononcez _suk-cession_ et non _su-cession_. - -=Succès=, s. m., réussite, avantage, prononcez _sukcè_ (_è_ long). - -=Succinct, incte=, adj., =succinctement=, adv.--On fait sentir les -deux premiers _c_, en séparant les syllabes _suc-cinct_, mais le -dernier _c_ est nul;--le _t_ de _succinct_ se prononce. - -=Succomber=, v. n.--Il prend toujours _avoir_ dans ses temps composés: -_il a succombé glorieusement_. - -2. On dit _succomber sous_, lorsque le complément est représenté comme -un poids qui nous accable, qui nous fait ployer: _succomber sous le -poids, sous le faix, sous le travail_. (Acad.) - -3. On dit _succomber à_, pour signifier, céder à, se laisser aller à: -_succomber à la douleur, à la tentation_. (Idem.) - -=Sucre=, s. m., suc très-doux qu'on tire de la canne à sucre, de la -betterave: prononcez _sucre_ et non _suc_ ni _sukère_. - -2. Ne dites pas _du sucre andi_ pour signifier du sucre dépuré, -cristallisé; dites, _du sucre candi_. - -=Sucrer=, v. a.--On sucre l'eau, le lait, le café, les fraises, mais -on ne se sucre pas soi-même; vous ne direz donc pas à vos convives: -_sucrez-vous, êtes-vous sucré_, mais, _sucrez votre café, votre thé_, -etc.; _votre café, votre thé est-il sucré, avez-vous pris du sucre_, -etc. - -=Suer=, v. n.--Ne dites pas, _faites suer le linge au soleil_; dites -_faites sécher..._--Prononcez _suer_ et non _su-wer_. - -=Sueur=, s. f., liquide qui sort des pores: prononcez _sueur_ (_ueu_ -diphth.) et non, _su-eur_ ni _su-weur_. - -=Suffisant, ante=, part. et adj. verb.--_Assez suffisant_ est un -pléonasme vicieux; dites donc, _vos raisons sont suffisantes_, et non -_assez suffisantes_.--Prononcez _suffizant_ et non _suffissant_. - -=Suggérer=, v. a., insinuer, inspirer: prononcez _sugh'gérer_ (le -premier _g_ est dur). - -=Suggestion=, s. f., instigation: prononcez _sugh'jesthion_ (le premier -_g_ est dur et _ti_ se prononce comme dans _question_); ne prononcez -pas _suggécion_. - -=Suicider= (=se=), v. pr., se tuer, se donner la mort.--L'Académie -n'a pas admis ce mot, attendu qu'il présente étymologiquement, un -pléonasme ridicule; mais l'usage n'a pas tenu compte de l'arrêt de la -cour suprême ni des prescriptions du bon sens; et cette expression est -aujourd'hui généralement reçue malgré les lamentations de quelques -grammairiens boudeurs. - -=Suicidé=, qui s'est donné la mort.--Ce mot n'est pas français; il -faut dire _suicide_: _autrefois le corps des suicides était traîné -sur la claie_.--Prononcez _suicide, suicider_ (_ui_ diphth.) et non -_su-wicide, su-wicider_.--Voyez _ue_. - -=Suie=, s. f., =Suif=, s. m.--La _suie_ est une matière noire qui -s'attache à l'intérieur de la cheminée.--Le _suif_ est la graisse de -mouton ou de boeuf dont on se sert pour faire la chandelle: _chandelle -de suif_; _de la suie de cheminée_ et non _du suif_ ni _du soufre de -cheminée_.--Prononcez _sui, suif_ (_ui_ diphth.) et non _soui, souif_. - -=Suite=, s. f.--_De suite, tout de suite_.--_De suite_, loc. adv., -l'un après l'autre, sans interruption: _faites-les marcher de suite; -j'ai reçu vingt visites de suite; il ne saurait dire deux mots de -suite_. Il se dit encore de l'ordre dans lequel les choses doivent -être rangées: _ces livres, ces médailles ne sont pas de suite; -mettez-les, rangez-les bien de suite_.--_Tout de suite_, autre loc. -adv., signifiant sur-le-champ, aussitôt, sans délai: _il faut que les -enfants obéissent tout de suite; il faut aller chercher tout de suite -le médecin_.--La différence entre le sens de ces deux locutions n'est -pas tellement marquée qu'on ne puisse, dans beaucoup de circonstances, -les prendre l'une pour l'autre. En effet, combien de phrases où _sans -délai_ et _sans interruption_ présentent absolument le même résultat! -C'est ce que reconnaît très-bien l'Académie:--_tout de suite_, -dit-elle, signifie aussi _sans interruption_: _il but trois rasades -tout de suite; il a couru vingt postes tout de suite_. Dans ce sens, -ajoute-t-elle, souvent on dit simplement de suite.--Quoi qu'il -en soit, il vaut mieux ne pas confondre ces deux locutions et leur -conserver leur signification propre; la clarté du langage n'a qu'à y -gagner. - -2. Ne dites pas, _toute de suite_ pour _tout de suite_. - -3. _De suite que_.--Ne dites pas, _je vous préviendrai de suite qu'il -sera venu_; dites, _dès qu'il sera venu, aussitôt qu'il sera venu_. - -=Suivre=, v. a., fait au part. passé, _suivi_ et non _suit_: _il m'a -suivi_ (et non _suit_) _toute la journée_. - -=Sujet=, s. m.--Ce mot ne peut pas s'employer dans le sens de -domestique: _il change tous les jours de domestiques_, et non, _de -sujets_. - -=Sujétion=, s. f., dépendance, assiduité: prononcez _sujécion_. - -=Superstition, Superstitieux.=--Prononcez _supers'ticion, -supers'ticieux_ (en faisant sentir la seconde _s_), et non, -_superticion, superticieux_. - -=Suppléer=, v. a.--_Suppléer quelque chose_, c'est l'ajouter, le -fournir, lorsqu'il manque; fournir ce qu'il faut de surplus, et dans -ce cas on ajoute une chose de même nature: _il lui manquait six mille -francs, son père les a suppléés_; _suppléer ce qui manque dans un -auteur_, c'est-à-dire, remplir les lacunes qui se trouvent dans ses -ouvrages.--_Suppléer à quelque chose_, c'est le remplacer, en réparer -l'absence, le défaut, c'est-à-dire, remplacer cette chose par un -équivalent; _dans les temps de disette, on supplée au pain par le riz -et par les pommes de terre; la valeur supplée au génie_. Ici la chose -qui remplace n'est pas de la même nature que la chose remplacée. - -2. Quand il se dit des personnes, _suppléer_ est toujours -actif;--_suppléer quelqu'un_, c'est tenir sa place, faire ses -fonctions: _si vous ne pouvez venir, je vous suppléerai_.--Prononcez -_suplé-er_ et non _suplé-ïer_. - -=Suprématie=, s. f., supériorité: prononcez _suprémacie_. - -=Sûr= et =sur=.--_Sûr_, signifiant certain, s'écrit avec l'accent -circonflexe;--_sur_, qui a un goût acide et aigret et _sur_ -préposition, s'écrivent sans accent circonflexe. - -2. _Sûr_, adj., ne peut pas s'employer pour _sûrement, certainement_: -_j'irai vous voir certainement demain_, et non _sûr demain_. - -3. _Sur_, prép.--Ce mot donne lieu à beaucoup _d'omnibus_.--Ne dites -pas: _sur la rue, sur la foire, sur une chambre, sur le grenier, sur -le monde, sur un jour, sur un dimanche, sur une fois, jouer sur le -piano, sur le violon_, etc.; dites, _il est dans la rue_, ou _en rue_, -_à la foire, il a acheté ce cheval à la foire, dans une chambre, -(il demeure dans une chambre garnie), au grenier, (il est monté -au grenier), dans le monde, (il y a beaucoup de dangers dans le -monde), un jour, un dimanche, une fois (j'irai vous voir une fois, -un jour, un dimanche); il joue bien du piano, du violon_. - -4. Ne dites pas, _j'ai lu cette nouvelle sur le journal, sur la -gazette, sur un cahier_; dites _dans le journal, dans la gazette, dans -un cahier_. (Wall.) - -5. Ne dites pas, _mon père écrit sur un bureau_, mais, _dans un -bureau_. (Wall.) - -6. Ne dites pas, _j'ai fait la route sur trois heures_; mais, _en trois -heures_. (Wall.) - -7. Ne dites pas: _Ce monsieur vit sur ses rentes_, mais, _de ses -rentes_. (Wall.) - -8. Ne dites pas: _il est fâché sur vous_, _il est mécontent sur vous_ ou -_après vous_; dites, _il est fâché contre vous, il est mécontent de -vous_. (Wall.) - -9. Ne dites pas: _faites bouillir cela sur un litre d'eau_; dites, -_dans un litre d'eau_. (Fland.) - -10. Ne dites pas: _il a changé ses tableaux sur des meubles_, mais, -_contre des meubles_. - -11. Cependant l'usage permet de dire: _tirer sur quelqu'un; sur la fin -de l'hiver; il y a deux fenêtres sur la rue_; _je m'y rendrai sur les -neuf heures_ (vers les neuf heures). - -12. Ne dites pas: _sur le temps que vous irez en ville, j'écrirai ma -lettre_; dites, _pendant que vous irez..._ (Wall.) - -13. Ne dites pas: _le professeur en a toujours sur moi, tandis qu'il -laisse faire les autres_; dites, _le professeur m'avertit, me gronde, -me punit toujours, tandis que..._ (Wall.) - -14. Ne dites pas: _il a beaucoup appris sur le peu de temps qu'il a -étudié_, dites, _il a beaucoup appris pour le peu de temps qu'il a -étudié_. (Wall.) - -15. Ne dites pas: _sur cela, il est aisé de conclure que..._ dites, -_d'après cela, il est aisé de conclure_. - -=Surdité=, s. f., état sourd; ne dites pas _sourdité_. - -=Surfaire=, v. a., demander un prix trop élevé; il se conjugue comme -_faire_: _vous surfaites_. - -=Surjet.=--Ce mot, fort en usage pour désigner _la bonne mesure, le -bon pieds_, n'est pas français. - -=Surlouer=, n'est pas français; dites _sous-louer_: _j'ai sous-loué la -maison_ et non, _... surloué_. - -=Surplis=, s. m., =Rochet=, s. m., vêtement d'église, ordinairement en -toile et qui couvre le corps jusqu'au jambes; les manches du surplis -sont très larges, tandis que celles du _rochet_ sont des manches -ordinaires: ne dites pas _suplis_ ni _supplice_. - -=Surpris, e, Surprenant, te.=--Ne dites pas: _vous êtes surpris, il -est surprenant qu'il n'a pas fait votre commission_; dites, _qu'il -n'ait pas fait..._ (_subj._) - -=Sus=, prép., sur; il n'est guère usité que dans cette phrase: _courir -sus à quelqu'un_. - -2. _En sus_, adv. au delà, en outre: _il a touché des gratifications en -sus de ses appointements_. - -3. _Sus_, interj. famil. dont on se sert pour exhorter, pour exciter: -_sus, mes amis, sus donc, levez-vous; or sus, dites-nous..._ -Prononcez _suce_ et non _su_. - -=Susceptible=, adj., =Capable=, adj.--_Susceptible_, capable de -recevoir certaine qualité, certaine modification; il se dit également -des personnes et des choses: _la matière est susceptible de toute sorte -de formes; l'esprit de l'homme est susceptible de bonnes, de mauvaises -impressions; susceptible d'amour, de haine, susceptible du bien et du -mal_.--Il diffère de _capable_; en ce qu'il s'emploie toujours dans le -sens passif, tandis que _capable_ a un sens actif.--_Capable_, dans -le sens de, _qui est en état de faire une chose, qui a les qualités -requises pour_, se dit des choses aussi bien que des personnes, -contrairement à l'opinion de certains grammairiens: _seriez-vous -capable de porter ce fardeau? votre cheval n'est pas capable de traîner -cette voiture; cette digue n'est pas capable de résister à la violence -des flots_. (Acad.)--Mais _susceptible_ ne peut pas s'employer dans -ce sens; ne dites donc pas: _il est susceptible de se tromper comme un -autre_; dites, _il est capable de, il peut se tromper..._ - -2. _Susceptible_ se dit absolument des personnes, et signifie, qui est -facile à blesser, qui s'offense aisément: _un esprit, un caractère, un -homme susceptible_. - -=Susmentionné=: ce mot n'est pas français; dites, _mentionné ci-dessus_. - -=Suspect, ecte=, adj., qui est soupçonné ou qui mérite de l'être; on -prononce le _c_ et le _t_: _suspek-te_. - -=Syllabe=, _syllabique, syllabaire, monosyllabe_, etc., _syllepse, -syllogisme_: dans tous ces mots, prononcez les deux _ll_. - -=Symptôme=, s. m., signe, accident dont on tire quelque présage: _des -symptômes de fièvre_; prononcez le _p_: _cimp'tôme_ (_ô_ long). - -=Synode=, s., conseil épiscopal, ce mot est masculin: _le synode doit -statuer prochainement sur cette affaire_. - -=Synonymes, Homonymes, Paronymes=, s. m.--On donne le nom de -_synonymes_ aux mots qui ont une signification à peu près semblable, -comme _épée, glaive_;--les _homonymes_ sont les mots qui se prononcent -de la même manière, mais qui ont une signification différente: _saint, -sain, sein, seing_;--les _paronymes_ ont une prononciation _à peu -près_ semblable: _bayer, payer_; _boule, poule_. - -=Syrop=, s. m.--On écrit ordinairement _sirop_: voyez ce mot. - - - - - T - - -=T= ou =Te=, placés à la fin des mots et précédés d'une _s_ doivent -se faire sentir dans: _Ernest, lest, les-te, res-te, pos-te, pis-te, -cas-te, Augus-te, subsis-te, résis-te, Baptis-te, évangélis-te, -catéchis-te, calvinis-te, modis-te_, etc.--Ce serait une faute -grossière que de supprimer le _t_ et de prononcer: _Ernesse, lesse, -resse, posse, pisse, casse, Augusse, subsisse, résisse, Baptisse, -évangélisse, catéchisse, calvinisse, modisse_. - -2. _T final._--Il ne se fait sentir que dans un très-petit nombre de -mots ordinaires: _bat_, queue de poisson (et non _bât_, selle pour -les bêtes de somme), _fat, mat_, adjectif, _cobalt, opiat, et cætera, -fret, accessit, déficit, transit, granit_, l'adverbe _soit_ (à la bonne -heure), _dot, but, brut, lut, ut_, note de musique (il est muet dans -_bahut_), _caput, sept, huit, indult, fait_ dans l'expression _voies de -fait_; quelques grammairiens ajoutent _immédiat_ et _net_. - -3. Par décision du 11 mars 1819, l'Académie a décidé que le _t_ serait -maintenu dans le pluriel des mots terminés en _ant, ent_, soit afin de -distinguer le pluriel de _serments, parents_, etc., de ceux d'_examens, -païens_, etc., soit afin de faire connaître le singulier des mots -auxquels ils appartiennent. - -=Tabac=, s. m.: prononcez _taba_ et non _tabak_. - -=Tabatière=, s. f., boîte à tabac: voyez _boîte_.--Prononcez -_taba-tière_ et non _tabatchi-ère_: voyez _ti_. - -=Table=, s. f.: prononcez _ta-ble_ (_a_ bref). et non _tâble_, ni -_tape_ ni _tabèle_. - -2. Ne dites pas, _le dîner est à table_; dites, _le dîner est servi_. - -=Tablée=, s. f., réunion de personnes autour d'une table: _une tablée -d'amis_;--ce mot se trouve dans les dictionnaires, mais il n'est pas -admis par l'Académie. - -=Tablier=, s. m., pièce de toile, etc., qu'on met devant soi: prononcez -_tablier_ et non _tabilier_ ni _tabellier_. - -=Tacet=, s. m., terme de musique, silence: prononcez le _t_ final: -_tacette_. - -=Tache=, s. f., souillure: _il a des taches sur son habit_ (et non -_dans son habit_);--_tacher_, v. a., faire des taches: _tacher du -linge avec de l'encre_.--L'_a_ est bref dans ces deux mots, ainsi que -dans _tacheter_, qui signifie, barioler, marquer de diverses taches: -_le soleil lui a tacheté_ (et non _taché_) _le visage_. - -2. _Taché_, part. pas.--Ne dites pas, _Jean est taché de la petite -vérole_; dites, _... est marqué_. - -3. Ne dites pas, _du papier de tache_ ni _du papier buvard_; dites, _du -papier brouillard_. - -4. =Tâche=, s. f., ouvrage, occupation: _remplir sa tâche_;--_tâcher_, -v. n., s'efforcer, viser à:--l'_â_ est long et est marqué d'un accent -circonflexe dans ces deux mots. - -5. _Tâcher_, v. n., prend _à_ quand il signifie _viser à_: _il tâche à -m'embarrasser_.--Mais lorsque _tâcher_ exprime les efforts que l'on -fait pour venir à bout de quelque chose, il prend _de_: _je tâcherai de -vous satisfaire_.--Il est mieux de dire _tâcher de_ que _tâcher que_: -_je tâcherai de vous contenter_, et non, _je tâcherai que vous soyez -content_. - -=Tact=, s. m., toucher, l'un des cinq sens; prononcez le _c_ et le _t_ -final: _tak-te_. Voyez _finales_, 2. et _t_. - -=Taie=, s. f., sorte de sac qui enveloppe un oreiller; ne dites pas -_une tête d'oreiller_, mais _une taie d'oreiller_. - -2. _Taie_, s. f., certaine tache blanche et opaque qui se forme -quelquefois sur l'oeil: _il a une taie sur l'oeil, sur la cornée_: -prononcez _taî_, et non _tai-ïe_.--_Fleurette_ ou _florette_ n'est pas -français.--Voyez _dragon_. - -=Taillant=, s. m., le tranchant d'un couteau, d'une hache, d'un sabre, -etc.; ce mot est français: _prendre un couteau du côté du taillant_. - -=Taille=, s. f., se dit chez les boulangers, les bouchers, etc., d'un -petit bâton fendu en deux parties égales, sur lesquelles le vendeur -et l'acheteur font des coches ou petites entailles, pour marquer la -quantité de viande, de pain que l'un fournit à l'autre: _prendre à la -taille le pain chez le boulanger_. (Acad.)--On peut dire également -_coche_ (s. f.); mais _hoche_ n'est pas français. - -2. Ne dites pas: _salon pour la taille des cheveux_; dites, _salon pour -la coupe des cheveux_:--on _taille_ les pierres, les arbres, etc., et -on _coupe_ les cheveux. - -3. Ne dites pas: _voilà une belle taille de robe_; dites, _voilà un -beau corsage_. - -=Tailleuse=, s. f., se dit quelquefois pour _couturière_, celle -qui taille et coupe les vêtements de femme. (BESCHERELLE, -POITEVIN.)--Employez de préférence le mot _couturière_. - -=Tain=, s. m., mélange d'étain et de vif-argent que l'on applique -derrière les glaces pour en faire des miroirs: _le tain de ce miroir -est enlevé_; dites _le tain_ et non _l'étain_. - -=Tais-toi, Taisez-vous.=--Termes ridicules que certaines personnes -intercalent à chaque instant dans la conversation; ces mots n'ajoutent -rien au sens de la phrase; il suffit presque toujours de les supprimer, -en changeant le ton de la voix; on peut aussi les remplacer par un des -mots suivants: _certainement, n'est-ce pas, mais, comptez, voyez_, -etc.: _il fait bien chaud aujourd'hui!--oh! oui, certainement_ (et non -_taisez-vous_). (Wall.) - -=Talent=, s. m.--On dit _un homme de talent_ et non _un homme à -talent_. - -=Talus=, s. m., pente, inclinaison de haut en bas que l'on donne à un -terrain, etc.; prononcez _talu_ et non _taluce_. - -=Tambour de basque=, s. m., petit tambour à un seul fond, entouré de -grelots; ne dites pas _tambour de basse_. - -2. _Tambour_, s. m.--On bat _du tambour_ et non _le tambour_. - -=Tandis que=, conj.:--on fait sentir légèrement l'_s_, _tandisse que_ et -non _tandi que_.--Voyez _pendant que_. - -=Tant=, adv.--Ne dites pas _tant qu'à moi_ ni _pour tant qu'à moi_ au -lieu de _quant à moi, pour moi_:--_quant à moi, je ne l'ai point vu_. - -2. Ne dites pas _tant pire_, mais _tant pis_, comme on ne dit pas, -_tant meilleur_, mais _tant mieux_.--Voyez _pire_. - -3. Ne dites pas, _un tant soit peu_, mais _tant soit peu_: _attendez -tant soit peu; donnez-en, mettez-en tant soit peu_. - -=Tantième=, s. m.--Ne dites pas: _je ne sais pas au juste le tantième -de son traitement_; dites, _le chiffre de son traitement_. - -=Taon=, s. m., sorte de grosse mouche qui s'attache surtout aux -animaux: prononcez _ton_ et non _ta-on_. (Acad.) - -=Taper=, v. a., donner des tapes: _il l'a tapé, je vous taperai_.--On -dit aussi _taper du pied_; _voilà une réponse bien tapée, un mot bien -tapé_.--Mais il ne faut pas employer ce verbe comme synonyme de _jeter_. - -=Tapis, Tapisserie, Papier de couleur.=--Un _tapis_ est une pièce -d'étoffe, de toile cirée, etc., dont on couvre une table, le parquet -d'une chambre.--La _tapisserie_ est un ouvrage ordinairement fait à -l'aiguille ou au métier, et qui sert à revêtir et à parer les murs. -Lorsque la tapisserie est de papier, on l'appelle plus ordinairement -_papier peint_ ou _papier-tenture_ ou _papier de tapisserie_ (mais -jamais _tapis_).--On nomme _papier de couleur_ le papier coupé en -feuilles, de couleur rouge, jaune, marbrée, jaspée, etc., dont se -servent principalement les relieurs. - -=Tapissier, sière=, s. qui travaille en toutes sortes de meubles, -d'étoffes, etc.; ne dites pas _tapisseur_. - -=Taque= _de cheminée_, grande plaque de fer ou de fonte qu'on applique -au fond d'une cheminée; ce mot n'est pas français, dites, _plaque de -feu_ ou _plaque de cheminée_. (Wall.) - -=Taquiner=, v. a.--Ne dites pas, _cette affaire le taquine_; dites, -_l'inquiète, le tourmente_:--taquiner, tourmenter, impatienter pour de -minces sujets, ne peut avoir pour sujet qu'un nom de personne: _il m'a -taquiné tout un jour_. - -=Tarder=, v. n.--On peut dire _tarder de_, mais l'usage préfère -_tarder à_: _il tarde à venir_. (Acad).--Employé impersonnellement, -ce verbe régit _de_, quand c'est un infinitif qui suit: _il me tarde -d'achever mon ouvrage_. (Acad.) - -=Targette=, s. f.:--Voyez _cliche_. - -=Tarlarigot= ou =Tallarigot=, (_boire à_): il faut dire _boire à -tire-larigot_--Ce terme n'est employé que dans la phrase proverbiale -et populaire: _boire à tire-larigot_, boire excessivement; quelques-uns -prétendent qu'il faudrait écrire _tire la rigaud_. (Acad.) - -=Tarte=, s. f., pièce de pâtisserie: _tarte à la crème, aux -cerises_.--_Tartre_, s. masculin, dépôt terreux et salin produit -dans les tonneaux par la fermentation du vin;--sédiment crayeux et -salin qui s'attache aux dents: _il y a beaucoup de tartre sur vos -dents_.--Prononcez _tar-tre_ et non _tarte_ ni _tartère_. - -=Tartine=, s. f., tranche de pain recouverte de beurre, de confitures, -etc.: _tartine de beurre, de confitures_;--ce mot est français. - -=Tasson.=--Ce mot n'est pas français; dites _têt_ et mieux _tesson_, -débris de bouteille cassée, de pot cassé: _il s'est blessé en marchant -sur un tesson de bouteille_. - -2. Ne dites pas _tesson_, pour désigner un _blaireau_. (Wall.) - -=Tatouage=, s. m., action de tatouer, c'est-à-dire de barioler, peindre -le corps de diverses couleurs, etc.: (_oua, oue_ sont diphth.)--Ne -prononcez pas _tatou-wage, tatou-wer_.--Voyez _oue_ et _ue_. - -=Taupe=, s. f.: prononcez _tôpe_ (_ô_ long).--_Au_ se prononce -toujours _ô_ long, excepté: 1º devant un _g_ dur (_gue_) ou _to_: -_augure_ (_ogur_), _auguste_ (_oguste_), _automne_ (_otone_);--2º -devant _st_: _caustique_ (_costique_), _austère_ (_ostère_);--3º -devant _r_: _Laure_ (_Lore_), _taure_ (_tore_);--mais _vaurien_ (vaut -rien) se prononce _vôriain_ (_ô_ long). - -=Te Deum=, s. m., cantique de l'Église qui commence par ces mots; -au pluriel, des _Te Deum_.--L'Académie écrit _Te Deum_, sans trait -d'union et avec deux majuscules.--Prononcez _té déome_ et non _té -dé-ïome_.--V. _i_. - -=Tel et tel.=--Ces adjectifs ainsi que le substantif qui les suit, -s'emploient au singulier ou au pluriel, selon qu'on peut les faire -précéder de _un_ ou de _de_: _par telle et telle_ (par une telle et une -telle) _raison_; _il m'a dit telle et telle chose; avoir telle et telle -qualité; à telles et telles_ (à de telles et de telles) _conditions_. - -2. Ne dites pas: _combien coûte un tel livre?_--dites, _combien coûte -tel livre_ ou _ce livre?_ - -3. Ne dites pas: _un homme tel qu'il soit, ne me fait pas peur_; dites, -_un homme, quel qu'il soit, ne me fait pas peur_.--_Tel_ a un sens -positif et précis et gouverne l'indicatif: _tel qu'il est, ce livre est -à peine lisible_. - -=Tèle=, n'est pas français; dites, _une écuelle, une terrine_, et non -_une tèle_. - -=Tellement que.=--Ne dites pas: _il n'a point d'habits pour se -couvrir, tellement qu'il est malheureux; il a fait des progrès -étonnants, tellement qu'il est appliqué à l'étude_;--dites, _tellement -il est malheureux, tant il est malheureux_;--_tellement il s'est -appliqué à l'étude, tant il s'est appliqué à l'étude_ (en supprimant le -_que_). - -=Témoin, à témoin.=--_Témoin_ est invariable au commencement d'une -proposition: _votre frère est un bon élève, témoin les prix qu'il -remporte chaque année_.--_A témoin_ est invariable dans tous les -cas, parce que, dans chaque expression, _témoin_ est une abréviation -de témoignage: _je vous prends tous à témoin_.--Partout ailleurs, -_témoin_ est substantif et par conséquent variable: _les témoins ont -comparu; je vous prends pour témoins, Messieurs_.--Ce mot s'emploie -aussi, sans changer de genre, en parlant d'une femme: _cette femme est -un bon témoin_. - -=Tempe=, s. f., la partie de la tête qui est depuis l'oreille jusqu'au -front: _la tempe droite_; ne dites pas _le temple_ ni _la temple_. - -2. Ne dites pas non plus: _les tempes de la tête_; le mot _tempe_ -indique assez qu'il s'agit de la tête; dites simplement _les tempes_. - -=Tempester=, n'est pas français; il faut dire _tempêter, pester_: -_tempêter contre quelqu'un; tempêter pour rien, à propos de rien; c'est -un homme qui peste toujours contre l'autorité; il ne fait que pester_. - -=Temporaire, Temporel, elle=, adj.--_Temporaire_ signifie -momentané;--_temporel_, périssable: _les biens de ce monde sont -temporels; cette défense est sévère, mais elle n'est que temporaire_. - -=Temps=, s. m.--Le _p_ ne se prononce pas, mais c'est une faute que de -le supprimer dans l'écriture, comme le font quelques personnes. - -2. Ne dites pas d'une personne, _qu'elle a bien le temps_, pour -signifier qu'elle est assez riche; dites, _qu'elle est dans l'aisance, -qu'elle a de la fortune_. - -3. Ne dites pas: _en deux heures de temps, en trois mois de temps, en -quatre années de temps_; dites simplement, _en deux heures, en trois -mois, en quatre années_. - -4. Ne dites pas: _j'ai tout le temps de faire mes devoirs, je ne suis -pas si pressé_; dites, _j'ai le temps, j'ai encore le temps de..., j'ai -assez de temps, il me reste assez de temps pour faire mes devoirs..._ -(Wall.) - -5. Ne dites pas: _j'ai le temps long de voir arriver cette belle fête; -j'ai le temps long, je m'ennuie_;--dites, _il me tarde, je me réjouis -de voir arriver cette belle fête; le temps me paraît long, le temps -m'est long, je m'ennuie_. (Wall.) - -6. Ne dites pas: _j'ai vu le temps que les enfants avaient un grand -respect pour leur parents_; dites, _j'ai vu le temps où les enfants..._ -(Wall.) - -7. Ne dites pas: _dans le temps ce n'était pas comme ça_; dites, -_autrefois, anciennement, jadis_, selon que l'époque est plus ou moins -éloignée. (Wall.) - -8. Ne dites pas: _je n'ai pas le temps pour étudier_; dites, _je n'ai -pas le temps d'étudier_. (Fland.) - -9. On dit _de temps en temps_ et _de temps à autre_ (quelquefois). -(Acad.) - -=Ténacité=, s. f., qualité de ce qui est tenace, opiniâtreté; ne dites -pas _tenacité_, quoiqu'on dise _tenace_. - -=Tendant=, est adjectif verbal, lorsqu'il signifie _qui tend à_; il est -participe présent, lorsqu'on peut le remplacer par, _étant fait pour_: -_des discours tendants à prouver; une requête tendante à ce qu'il -plaise à la cour; semer des libelles tendants à la sédition_;--_ces -discours ne tendant point à éclaircir la matière, il convient..._ - -=Tendre=, v. a.--On dit, _tendre des filets_, _tendre_ ou _dresser un -piège_, _tendre_ ou _dresser des embûches_. - -=Tendreté=, s. f., qualité de ce qui est tendre; il se dit seulement -des viandes, des fruits, des légumes: _la tendreté d'un gigot, d'un -lièvre; la tendreté de ces légumes, de ces fruits_. - -=Tendron=, s. m., cartilages à l'extrémité de la poitrine de quelques -animaux; on dit _des tendrons de veau_ et non _des tendons de veau_. - -=Tendue=, s. f., action de tendre des piéges, des filets: _aller à la -tendue_; il se dit aussi de la place, de l'endroit où l'on a tendu -des piéges, des toiles, des filets: _ma tendue se trouve sur telle -campagne_.--On dit plus généralement _tenderie_, que quelques-uns -écrivent abusivement _tendrie_. - -=Ténèbres=, s. féminin pluriel: _les ténèbres sont épaisses_. - -=Tenir=, v. a.--Ne dites pas, _il faut tenir de soi_; dites, _il faut -se respecter, avoir de la dignité; il faut garder son quant-à-soi_. -(Wall.) - -2. Ne dites pas: _cet homme ne se tient pas de soi_; dites, _... ne se -respecte pas, ne conserve, ne garde pas sa dignité_. - -3. Ne dites pas, _tenir sa tête droite_, pour, _se porter bien, -conserver sa santé_:--_portez-vous bien, conservez votre santé_, et -non, _tenez_ ou _tâchez de tenir votre tête droite_. (Fland.) - -4. Ne dites pas d'une personne riche, _qu'elle tient voiture_; dites, -_qu'elle a équipage_ ou _qu'elle a un équipage_. - -5. Ne dites pas: _cet homme a tenu des emplois considérables_; dites, -_a occupé, a rempli..._ - -6. Ne dites pas: _cet acteur ne pourra tenir son rôle_; dites, _ne -pourra remplir_ ou _conserver, garder_, selon le sens. - -7. Ne dites pas, _il ne tient pas d'aller à la promenade_; dites, _il -ne tient pas à aller à la promenade_. (Wall.) - -8. Ne dites pas: _je n'ai pas besoin de mon chien, tenez-le avec_; -dites simplement, _gardez-le_. - -9. Ne dites pas: _on ne peut tenir les rossignols en hiver, le froid -les fait périr_; dites, _on ne peut conserver les rossignols..._ - -10. Ne dites pas: _j'aime à tenir des lapins à la campagne_; dites, -_j'aime à avoir, à soigner, à élever, à nourrir des lapins..._ (Wall.) - -11. Ne dites pas: _je ne me tiens pas à ce que tu dis, car tu mens_; -dites, _je ne m'en tiens pas_ ou _je ne m'arrête pas à ce que tu dis..._ - -=Ténor=, s. m., (et non _ténore_, mot italien): voix de taille, -chanteur; au pluriel _des ténors_.--_Taille_, signifiant _ténor_, -n'est presque plus usité. (Acad.) - -=Tentatif, ive=, adj.--Ne dites pas: _ce fruit est tentatif_; dites, -_ce fruit est appétissant_. - -=Terme=, s. m.--Ne dites pas: _je ne sais pas s'il le disait à terme -de plaisanterie_; dites, _en plaisantant, par plaisanterie_. - -2. Ne dites pas: _à terme de plaisanter, il parle très-sérieusement_; -dites, _au lieu de_ ou bien _loin de plaisanter..._ - -=Terre= (_à_ ou _par_).--Ne dites pas: _Jean est tombé à terre de tout -son long_; dites, _est tombé par terre..._--Voyez _tomber_. - -=Terriblement=, adv., signifie, dans le langage familier, _extrêmement, -excessivement_:--_il pleut, il neige extrêmement; gagner terriblement -au jeu; perdre terriblement; manger terriblement; il étudie -terriblement; il parle terriblement; il est terriblement ennuyeux_. -(Acad.) - -=Tertre=, s. masculin, éminence de terre dans une plaine, colline, -monticule: _tertre couvert de gazon_; prononcez _ter-tre_ et non -_terte_ ni _tertere_. - -=Testament=, s. m.--_Ancien Testament_ (avec deux majuscules et -sans trait d'union), les livres saints qui ont précédé la naissance -de J.-C.--_Nouveau Testament_ (avec deux majuscules et sans trait -d'union), les livres saints postérieurs à la naissance de J.-C. - -=Tétanos=, s. m., convulsion permanente des muscles: prononcez -_tétanôce_. - -=Tétard=, s. m., petit de la grenouille; prononcez _tétare_. - -=Tête=, s. f.; voyez _taie_. - -2. On ne dit pas, _la tête d'un sanglier, d'un saumon, d'un brochet_: -on dit _la hure_. - -3. Ne dites pas: _je ne sais où donner la tête_; dites, _je ne sais où -donner de la tête_. - -4. _En faire à sa tête, n'en faire qu'à sa tête_, c'est se conduire -à sa guise, sans consulter personne, sans tenir compte de l'avis des -autres. (Acad.) - -5. _Tête à tête_, loc. adv., seul à seul: _parler tête à tête_: on -l'écrit sans traits d'union.--_Tête-à-tête_, s. m., s'écrit avec des -traits d'union, et alors il se dit d'une conversation, d'une entrevue -seul à seul: _un long tête-à-tête; de fréquents tête-à-tête_. - -6. _En tête_, s. masculin (style admin.), ce qui s'écrit en tête d'une -lettre, d'un tableau: _faire imprimer des en tête de lettres; écrire -l'en tête d'un tableau_: ce mot est invariable. - -=Tétière= _de lit_, partie du lit sur laquelle repose la tête: ce mot -n'est pas français; il faut dire _chevet_. - -=Texte=, s. m., les propres paroles d'un auteur, etc. _l'avocat a -rapporté le texte de la loi_.--Prononcez l'_x_ et le _t_: _teks-te_ -et non _texe_. Prononcez également l'_x_ dans ses dérivés, _textuel, -textuellement_, etc. - -=Taler=, s. m.:--voyez _daler_. - -=Thé=, s. m.--C'est à tort qu'on appelle ainsi toute herbe propre à -faire de la tisane; il faut dire _herbe médicinale, herbe à tisane_. - -2. _Thé_, s. m., se dit de l'arbrisseau qui produit le thé et de -l'infusion de thé; il se dit également d'une collation dans laquelle on -sert du thé. (Acad.)--Mais ce mot n'est pas français, quand il s'agit -de l'eau dans laquelle on a fait bouillir ou infuser de l'orge, de la -réglisse, du chiendent ou autre substance, soit grain, soit racine, -fleurs, feuilles, ou bois, pour en composer un breuvage, une boisson -médicamenteuse:--dans cette acception, il faut dire tisane: _tisane -rafraîchissante; un verre de tisane; il ne boit que de la tisane_. -(Acad.) - -=Théâtre=, s. m.: prononcez _thé-â-tre_ et non _thé-iâtre_ ni _théâte, -théâtère_. - -=Théière=, s. f.; _thétière_ n'est pas français. - -=Théologie=, _théologien, théologal, théorie, théorème_, -etc.:--prononcez _thé-o_ et non _thé-io_. - -=Thésauriser=, v. n., amasser de l'argent; ne dites pas _trésoriser_. - -=Thuia= ou =Thuya=, s. m., sorte d'arbrisseau toujours vert. - -=Ti=, dans les syllabes en _tié, tier, tiers, tiez, tieu, tien, tion_, -etc., doit conserver sa prononciation propre: ainsi prononcez _amiti-é, -moiti-é, méti-er, cabareti-er, enti-er, volonti-ers, un ti-ers, vous -acheti-ez, vous éti-ez, Mathi-eu, ti-en, ti-ens, questi-on_, etc., -et non _ami-tchi-é, moitchi-é, métchi-er, cabarétchi-er, entchi-er, -volontchi-ers, un tchi-ers, vouz achetchi-ez, vous étchi-ez, Matchi-eu, -tchi-en, tchi-ens, questchi-on_.--Les wallons sont exposés à remplacer -_ti_ par un son qui équivaut plus au moins à leur _ch, tch_ (_planchî, -pochî, Macheu_):--voyez _di_. - -=Tic-tac=, s. m. et =Tactique=, s. f.--Ne confondez pas ces deux mots: -le premier ne se dit que du bruit d'un balancier, d'un moulin: _le -tic-tac d'une montre_.--Le second signifie la marche qu'on suit, les -moyens qu'on emploie pour réussir dans quelque affaire: _je vois votre -tactique, c'est une vieille tactique_. - -=Tiens=, est quelquefois interjection: _tiens!_ ou _tiens, tiens, c'est -étonnant_.--Dans ce cas il serait ridicule de remplacer _tiens_ par -_tenez_, pour parler plus poliment, attendu qu'il ne s'agit nullement -de l'impératif du verbe _tenir_. - -=Tiers, erce.=--Ne dites pas: _le tiers de douze est de quatre_; -dites, _est quatre_.--Voyez _ti_. - -=Tiliasse= ou =Tignasse=.--Ne dites pas: _la chair de ce dindon est -tiliasse_; dites, _est coriace_ (c'est-à-dire, résistante, difficile à -broyer). - -=Timon=, s. m.; voyez _limon_. - -=Timoré, ée=, adj., qui craint d'offenser Dieu ou qui porte très-loin -le scrupule: _conscience timorée_.--Il ne se dit pas dans le sens de -_timide_. - -=Tire-larigot=: voyez _tarlarigot_. - -=Tirelire=, petit vase, avec une fente en haut, par laquelle on fait -entrer des pièces de monnaie qu'on veut amasser; ce mot est féminin: -_ma tirelire n'est pas remplie de napoléons_. - -=Tirer=, v. a.--Ne dites pas: _le thé, le café a-t-il tiré?_ pour -demander s'il est infusé; dites, _le thé, le café est-il tiré?_ - -2. Ne dites pas: _mon voisin m'a tiré en justice_; dites, _m'a attrait -en justice, m'a fait assigner en justice, m'a fait citer_. (Fland.) - -3. Ne dites pas: _je vais tirer mon paletot, il fait très-chaud ici_; -dites, _je vais ôter mon paletot..._ (Fland.) - -4. Ne dites pas: _tirez votre casquette, votre chapeau_; dites, _ôtez -votre casquette, votre chapeau_ ou simplement, _découvrez-vous_. -(Fland.) - -5. Ne dites pas: _on lui a tiré une dent hier_; dites, _on lui a -arraché une dent hier_. (Fland.) - -6. Ne dites pas: _ce babillard m'a tiré en ridicule_; dites, _m'a -tourné en ridicule_. (Fland.) - -7. Ne dites pas, _il tire_, pour faire entendre que le vent se glisse -à travers quelque fente; dites, _le vent souffle_ ou bien, _il y a un -vent coulis; il vient un vent coulis par cette porte; je sens un vent -coulis qui me donne sur l'épaule; les vents coulis sont dangereux_. - -8. Ne dites pas: _cet enfant tire après son père_; dites, _ressemble à -son père, a des traits de son père_. (Wall.) - -9. Ne dites pas: _j'ai tiré_ ou _j'ai tiré bas deux lièvres_; dites, -_j'ai abattu_ ou _j'ai tué deux lièvres_. (Wall.)--_Tirer un lièvre_, -c'est simplement tirer dessus, mais non le _tuer_. - -10. On dit très-bien, _tirer sa révérence_, dans le sens de _faire sa -révérence_. - -11. On dit de deux ennemis déclarés, qu'_ils en sont aux couteaux -tirés, à couteaux tirés_ et non _à couteaux tirer_. - -=Tisonnier= ou =Tire-braise=, s. m., ustensile de fer recourbé vers le -bout, et qui sert à attiser le feu, à tirer les braises, etc.--Le mot -_fer_, dans ce sens, est wallon. - -=Toast=, s. m., proposition de boire à la santé de quelqu'un; au -pluriel _toasts_. On prononce et quelques-uns écrivent _toste_. (Acad.) - -2. _Toaster_, v. n., boire à la santé de quelqu'un: on prononce et on -écrit ordinairement _toster_. - -=Tohu-bohu=, s. m., confusion, mélange ou conflit d'opinions, de -système: _c'est un véritable tohu-bohu_. - -=Tôle=, s. f., fer battu et réduit en feuilles ou plaques minces, dont -on fait des poêles et d'autres ouvrages: _tuyaux de grosse tôle_.--Ce -mot est féminin; prononcez _tôle_ (_ô_ long). - -=Tollé.=--Mot emprunté du latin et qui n'est usité que dans des -locutions comme celle-ci: _crier tollé sur quelqu'un_, c'est-à-dire, -crier pour exciter l'indignation contre lui.--On prononce les deux -_ll_. - -=Tombée=, s. f.--Il ne s'emploie guère que dans cette locution: _à la -tombée de la nuit_, au moment où le jour tombe, où la nuit approche. -(Acad.) - -=Tomber=, v. n.--La plupart des grammairiens disent que le participe -de ce verbe ne se construit jamais avec l'auxiliaire _avoir_; cependant -plusieurs bons auteurs présentent plusieurs exemples de _tombé_ -combiné avec _avoir_; et l'Académie, de son côté, donne l'exemple -suivant: _les poètes disent que Vulcain a tombé du ciel pendant un jour -entier_.--Quoi qu'il en soit, nous pensons qu'il faut régulièrement le -construire avec _être_; dites donc, _je suis tombé, il est tombé_ et -non _j'ai tombé, il a tombé_. - -2. Ne dites pas: _ce malade est tombé hors de connaissance_ ou _sans -connaissance_; dites, _ce malade a perdu connaissance_. - -3. Ne dites pas: _prenez garde de ne pas tomber_, pour recommander de -ne pas tomber; dites, _prenez garde de tomber_. - -4. Ne dites pas d'un jeune milicien, _qu'il est tombé dedans_; dites -_qu'il a tiré un mauvais numéro; qu'il est désigné pour le service_. -(Wall.) - -5. _Tomber à terre, tomber par terre_.--Ce qui touche à la terre, -_tombe par terre_;--ce qui n'y touche pas, _tombe à terre_. Ainsi, un -arbre _tombe par terre_, et les fruits _tombent à terre_. - -=Tome, Volume.=--Noms qu'on donne aux livres matériellement pris -comme objets qui ont place dans les bibliothèques.--Le _tome_ est une -division ou une partie d'un ouvrage; un _tome_ en suppose d'autres, -c'est un commencement ou une suite.--Le _volume_, c'est tout ce qui -est réuni dans une même brochure ou dans une même reliure; c'est un -tout distinct. Quelquefois on fait mettre deux ou plusieurs _tomes_ -en un _volume_; c'est, par exemple, quand il n'y a qu'une table pour -tout l'ouvrage; on peut même réunir ainsi des ouvrages différents, des -opuscules qui aient peu ou point de rapports. Un _tome_ peut à son -tour être publié en deux ou plusieurs _volumes_.--En général, les -_tomes_ ont quelque rapport au contenu, au lieu que les _volumes_ ne se -considèrent qu'extrinsèquement, par rapport à la grosseur, au format, -au nombre. (LAFAYE)--Prononcez _tôme_ (_ô_ long). - -=Ton=, adj. poss.--_Mon, ton, son_, suivis d'un mot commençant par une -voyelle ou une _h_ muette, conservent leur prononciation naturelle et -l'on ajoute une seconde _n_ pour faire la liaison: _mon âme, ton ami, -son oncle_ se prononcent _mon n'âme, ton n'ami, son n'oncle_ et non -_mo-n'âme, to-n'ami, so-n'oncle_. - -2. _Ton_. s. m.--Ne dites pas: _ce jeune homme se donne des tons_, -dites, _fait l'important_. - -=Torcher=, v. a.--Ne dites pas: _je me suis torché le pied_; dites, -_je me suis foulé le pied_. - -=Torrent=, s. m., courant d'eau rapide: prononcez les deux _rr_, ainsi -que dans _torrentiel, torrentueux, torréfier, torréfaction_. - -=Tors, torse=, adj., qui est tordu ou qui en a la figure: _un cou tors, -un fil tors, une jambe torse_. - -2. On dit populairement _torte_ au féminin, en parlant de ce qui est -contourné, difforme: _jambes tortes, bouche torte_. (Acad.) - -=Tortoir=, s. m., et mieux =Garrot=, s. m., petite perche, bâton qu'on -passe dans une corde, dans un lien quelconque, pour serrer quelque -chose en tordant: _serrez davantage le garrot de cette malle, de cette -scie_. - -=Tory=, s. m., mot emprunté de l'anglais et qui désigne les partisans -des prérogations royales ou les conservateurs; au pluriel _torys_. -(Acad.)--Prononcez _tori_, ou _tôri_ à l'anglaise. - -=Toton=, s. m., espèce de dé qui est traversé d'une petite cheville -sur laquelle on le fait tourner, et qui est marqué de différentes -lettres sur ses faces latérales: _les totons sont ordinairement d'os ou -d'ivoire_.--Ne dites pas _tonton_. - -=Touche=, s. f.--Ne dites pas: _écrivez sur votre ardoise avec votre -touche_; dites, _avec votre crayon_.--On dit _crayon_ et _crayon -d'ardoise_;--_la touche_ est un petit brin de bois, de baleine, etc., -dont les enfants, qui apprennent à lire, se servent pour _toucher_ les -lettres. - -=Toucher=, v. a., en parlant de certains instruments de musique, -signifie _jouer_: _toucher la lyre, l'orgue, le piano; il touche le -piano agréablement, délicatement_.--C'est une faute de dire _toucher -du piano, toucher de l'orgue_, etc.--Voyez _jouer_. - -=Touiller=, v. a., mêler, brouiller: _touiller des oeufs_.--_Touiller_ -figure dans les dictionnaires comme terme populaire. - -=Toujours=, adv.--Les Wallons emploient abusivement _toujours_ dans le -sens de _cependant, pourtant, néanmoins, malgré cela_:--_quoique le -temps soit à la pluie, nous irons toujours (néanmoins) nous promener_; -_mon professeur m'a fort bien expliqué ce problème, mais je sens que -j'aurai toujours (pourtant) de la peine à en trouver la solution_. - -=Tour=, s. m.--On dit également, _c'est à mon tour de_ ou _à_, ou bien -_c'est mon tour de_ ou _à_: _c'est mon tour à vous aller voir; c'est -mon tour, c'est à mon tour de monter la garde_.--Voyez _a_, 6. - -=Tourelle=, s. f., petite tour; ne dites pas _tourette_. - -=Tourmenter=, v. a.--Ne dites pas: _Pierre me fait tourmenter, Paul -m'a fait tourmenter_, etc.; dites simplement _Pierre me tourmente, Paul -m'a tourmenté_, en supprimant le verbe _faire_, qui est ici de trop. -(Wall.)--Voyez _faire_, 10. - -=Tournement.=--Ne dites pas, _avoir des tournements de tête_; dites -avoir _des tournoiements de tête_ et mieux, _avoir des vertiges_. - -=Tournevis=, s. m., instrument de fer ou d'acier pour serrer ou -desserrer les vis: prononcez l'_s_ ainsi que dans _vis_. - -=Toursiveux=, adj. (mot wallon), malicieux, astucieux: _il est -malicieux comme un vieux singe; homme astucieux_. - -=Tous=, plur. de _tout_.--On fait sentir l'_s_ lorsque _tous_ est pris -substantivement ou qu'il est placé à la fin d'une phrase: _il faut se -faire tout à tous; tous l'ont vu; ils y étaient tous_. - -=Tout=, adj.--Ne dites pas, _une fois pour tout_; dites _une fois pour -toutes_ (sous-entendu _les fois_). - -2. _Tout_, reste au masculin devant un nom de ville féminin: _tout -Liége en parle; tout Bruxelles l'admira; tout Rome fut consterné; tout -Vienne apprit cette nouvelle fâcheuse_; c'est-à-dire, _tout le peuple_ -de Liége, de Bruxelles, de Rome, de Vienne... - -3. Ne dites pas, en terme de jeu, _pour de bon, pour le bon, pour -tout de bon, pour de rire_; dites, _pour rire_ et _tout de bon_ -(c'est-à-dire sérieusement, entièrement, de bon jeu, pour quelque -chose). - -4. Ne dites pas, _tout de long de la rivière_, mais _tout du long..._ - -5. Ne dites pas, _tous les deux heures, tous les vingt-quatre heures, -tous les trois semaines_; dites, _toutes les deux heures, toutes les -vingt-quatre heures, toutes les trois semaines_. - -6. On dit également bien: _ce n'est pas le tout_ ou _ce n'est pas tout -de bien réciter sa leçon, il faut encore la comprendre_. (Acad.) - -7. Ne dites pas, _il m'a fait tout peur_; dites, _il m'a fait peur_. -(Wall.) - -8. Ne dites pas: _il est malade tout comme tout, il est sage tout comme -tout_; dites, _il est fort malade, fort sage_. - -9. Ne dites pas: _il est heureux comme tout, il est pauvre comme tout_; -dites, _il est fort heureux, il est fort pauvre_. - -10. Ne dites pas: _vous m'éclaboussez et vous me salissez tout_; dites, -_... vous me salissez entièrement, tout à fait_. - -11. _Tout à fait_, est adverbe et ne peut par conséquent s'employer -comme substantif;--ne dites donc pas: _le nouveau propriétaire a changé -tout à fait dans cette maison_; dites, _a changé tout_.--Écrivez ce mot -sans traits d'union. (Acad.) - -12. _Tout plein_, beaucoup; cette expression est française: _il y -a tout plein de monde dans les rues;--j'ai tout plein de livres -d'égarés; vous dites qu'il n'y a pas de boutiques dans cette rue, il y -en a tout plein_. - -13. _Tout de suite_ et _de suite_: voyez _suite_. - -14. _Toute sorte, toute espèce_: voyez _sorte_. - -15. _Tous deux, tous les deux_: voyez _deux_.--On dit de même _tous -trois, tous quatre_ et _tous les trois, tous les quatre_;--au-delà de -ce dernier nombre jusqu'à _dix_, on supprime rarement l'article: _tous -les cinq, tous les six, tous les sept_, etc.;--au-delà de _dix_, on -l'emploie toujours: _tous les seize, tous les vingt_. - -16. _Tout à coup, tout d'un coup_.--_Tout à coup_ (sans traits -d'union) signifie _soudainement, subitement_: _ce mal l'a pris tout à -coup, comme il y pensait le moins_. (Acad.)--_Tout d'un coup_ signifie -_tout d'une fois, tout en même temps_: _il gagna mille écus tout d'un -coup_. (Acad.) - -=Toux=, est un substantif féminin: _j'ai la toux_;--ne dites pas -_tousse_. (Wall.) - -=Tracassement=, n'est pas français; dites _tracas, tracasserie_: _il -est dans le tracas du déménagement; il y a bien du tracas dans cette -maison; il passe sa vie à faire des tracasseries_. - -=Tracassier, ière=, subst.--Celui, celle qui aime à tracasser. On -l'emploie aussi adjectivement: _une administration tracassière_. - -=Traducteur=, s., celui qui traduit d'une langue en une autre. Ce mot -n'a pas, quoi qu'en disent certains grammairiens, de correspondant -féminin: _madame Dacier, traducteur d'Homère_ (et non _traductrice_). - -=Trafic=, s. m., négoce, commerce de marchandises: on prononce le _c_: -_trafike_. - -=Trahir, trahison.=--L'_h_ est muette dans ces mots; prononcez -_tra-ir, tra-ison_ et non _tra-hir, tra-hison_. - -=Train=, s. m.--_Faire du train_, pour, _faire du tapage_, est -français, mais populaire; cependant on ne dit pas _mener du -train_:--voyez _mener_. - -=Traîner=, être en langueur sans pouvoir se rétablir; ce mot est -français: _il y a longtemps qu'il traîne; il traînera encore quelque -temps_.--Prononcez _trèner_ et non _train-ner_. - -=Traîtrise.=--Ce mot n'est pas français: dites _trahison_. - -=Tramontane=, s. f.--_Perdre la tramontane_, c'est perdre la tête -comme les matelots qui, perdant l'étoile polaire (_tramontane_), ne -savent plus se diriger sur mer; ne dites pas _trémontade_. - -=Tranquille=, adj., calme, paisible.--Prononcez _trankile_ et non -_tranquille_ (_ll_ mouillées).--Prononcez de même une seule _l_ -non mouillée dans _tranquillement, tranquillité, tranquilliser, -tranquillisant_. - -2. _Laissez-moi donc tranquille?_ est impoli, pour dire: _n'en parlons -plus, je vous prie; brisons là-dessus, s'il vous plaît; assez sur ce -sujet, parlons d'autre chose, si vous le voulez bien_, etc. - -=Trans=, prép., dans la composition des mots, signifie au-delà, à -travers;--l'_s_ se fait sentir. - -=Transaction=, _transiger, transalpin, transitif, transition, -transitoire_:--prononcez l'_s_ douce: _tranzaction, tranziger, -tranzalpin_, etc. - -=Transe.=--Ne dites pas, _sonner une transe, une agonie_; dites -_sonner le glas, un glas funèbre_. Remarquez qu'on ne pourrait pas -dire: un tel est mort, on vient de sonner _son glas_; dites, on vient -de sonner _le glas_ (cloche funèbre), ou bien de sonner _son trépas, -son décès_. - -=Transir=, v. a. et n., pénétrer, engourdir de froid: _je suis transi -de froid_;--prononcez _trancir, tranci, trancissement_ et non -_tranzir, tranzi, tranzissement_. - -=Transit=, s. m., faculté de faire passer des marchandises sans -payer de droits d'entrée: prononcez _tranzite_, et non _trancite_ ni -_tranzi_. - -=Translater=, v. a., traduire d'une langue en une autre: ce mot est -vieux (Acad.); on dit plus communément aujourd'hui _traduire_. - -=Transvider=, verser une liqueur d'un vase dans un autre: ce mot n'est -pas français; il faut dire _transvaser_. - -=Trappe.=--Ce mot n'est pas français, dans le sens de _souricière, -ratière, taupière_, etc., instrument dont on se sert pour prendre les -souris, les rats, les taupes. (Wall.) - -=Travailler=, v. a. et n.--Ne dites pas, _il a travaillé longtemps -après cet ouvrage_; dites, _... à cet ouvrage_. (Fland.) - -=Travers.=--_A travers, au travers_, loc. prép.--La première est -toujours suivie d'un régime simple, et l'autre, de la préposition -_de_: _à travers les champs, au travers des champs_.--_A travers_ -désigne un passage libre, tandis que _au travers_ indique qu'il y a des -obstacles à surmonter pour se frayer un passage: _à travers la route, -au travers des ennemis_.--Mais l'Académie fait remarquer que cette -distinction n'est pas toujours observée: _on ne voyait le soleil qu'à -travers les nuages, qu'au travers du brouillard_. - -=Traverse=, s. f.--Ne dites pas _un chemin de travers_, mais, _un -chemin de traverse_, pour signifier un chemin particulier qui conduit -à un lieu où ne mène pas le grand chemin ou qui est plus court que ce -grand chemin. - -=Traverser=, v. a.--On ne dit pas _traverser un pont_, mais _passer un -pont_ ou _traverser la rivière_:--_traverser un pont_, en effet, c'est -passer du côté d'amont à celui d'aval, ou réciproquement, et non suivre -le pont dans sa longueur.--Cette observation s'applique également -aux rues, aux chemins, tandis qu'au contraire, une place peut être -traversée dans tous les sens. - -=Trayer=, _triller, trayage, trillage_, choisir ou l'action de choisir, -entre plusieurs choses, les meilleures seulement: ces mots ne sont pas -français; dites _trier, triage_.--_Chercher dehors_, pour _trier_, est -un flandricisme. - -=Trébucher=, est un verbe neutre qui ne peut pas s'employer -pronominalement; _se trébucher_ n'est pas plus français que _se tomber_ -ou _se marcher_:--_il ne peut pas faire un pas sans trébucher_ (et non -_sans se trébucher_.) - -=Trèfle=, s. m., plante ou l'une des quatre couleurs du jeu de -cartes; ce mot est masculin: _voilà de beau trèfle; je joue du -trèfle_.--Prononcez _trè-fle_ et non _trè-fe_ ni _trè-fèle_. - -=Trémontade=, n'est pas français: voyez _tramontane_. - -=Trente et un=: prononcez _trenté un_ et non _trenté iun_;--prononcez -de même _vingt et un, quarante et un_, etc.--Voyez _nombre_. - -=Très=, ne se joint qu'à un adjectif, à un participe ou à un adverbe, -et non à un substantif; on ne doit pas dire: _j'ai très-faim, -très-soif, très-raison, très-peur; il est très-matin_, etc.; il faut -dire, _j'ai bien faim, fort soif, extrêmement, terriblement faim, -soif_, etc. - -2. Remarquez que _très_ doit toujours être joint, par un trait d'union, -à l'adjectif, au participe ou à l'adverbe: _très-riche, très-aimé, -très-bien_. (Acad.) - -=Trésoriser=: voyez _thésauriser_. - -=Tressauter=, n'est pas français; dites donc, _ce coup de fusil ma fait -tressaillir_ et non, _tressauter_. - -=Tricheur=, _tricheuse_, celui, celle qui triche, qui trompe au jeu: -_trichard_ n'est pas français. - -=Tricoises=, s. f. pl., tenailles dont se servent les maréchaux pour -ferrer et déferrer les chevaux. (Acad.) Dans les autres acceptions, -dites _tenailles_. (Wall.) - -=Triennal, ale=, adj., qui dure trois ans: _période triennale_; ---prononcez les deux _nn_, _trien'nal_. - -=Trimbaler=, v. n., mener, conduire, faire courir, etc.; ce mot est -trivial. - -=Trimer=, v. n., marcher vite et avec fatigue; ce mot est -très-populaire; dites, _se tuer à marcher, à courir, à faire des -courses_. - -=Tringle=, s. f., verge de fer: prononcez _trin-gle_ et non _tringue_ -ni _trin-guèle_. - -=Trio=, s. m., musique à trois parties; au pluriel, _trios_. - -=Tripotier, ière=, s., celui, celle qui tripote, intrigant, -intrigante:--_tripoteur_ n'est pas français. - -=Triste=, adj.--_Un triste caractère_, est un caractère avec lequel on -ne peut pas vivre; _un caractère triste_, est celui qui est porté à la -tristesse. - -=Triumvir=, s. m., un des trois magistrats chargés de l'administration -dans l'ancienne Rome:--prononcez _triomevir_; prononcez de même -_triumviral, triumvirat_. (Acad.) - -=Troc=, s. m., échange de meubles, de nippes, de chevaux et autres -choses semblables: _faire un troc avec quelqu'un_.--Prononcez _troque_ -et non _tro_. - -=Trognon=, s. m., le coeur, le milieu d'un fruit dont on a ôté tout ce -qu'il y avait de meilleur à manger; il se dit principalement des poires -et des pommes.--_Le trognon d'un chou, un trognon de chou_, est la -tige d'un chou dont on a ôté les feuilles.--Ne dites pas _rognon_ dans -ce sens. - -=Trois-pieds=, n'est pas français; dites _trépied_. - -=Trombone=, s. m., espèce de grande trompette; on donne aussi ce nom -à celui qui joue cet instrument: ce mot est masculin dans ces deux -acceptions: _le son du trombone est grave; le premier trombone de -l'harmonie_. - -=Trompette=, est masculin, quand il désigne celui qui sonne de la -trompette: _le trompette de telle compagnie_.--Il est féminin dans les -autres acceptions. - -=Tronc=, s. m.; boîte placée dans les églises pour recevoir les -offrandes des personnes charitables: prononcez _tron_ et non -_tronke_.--Le mot _bloc_, employé pour _tronc_, n'est pas français. - -=Trône=, s. m., siége royal: prononcez _trône_ (_ô_ long) et non -_trone_ (_o_ bref). - -=Trop=, adv.--Ne dites pas, _il est trop courageux que pour se -rendre_; dites, _il est trop courageux pour se rendre_.--On ne -prononce le _p_ de _trop_ que pour faire la liaison devant une voyelle -ou une _h_ muette: _trop avare_ (ne dites pas _tro-z'avare_). - -=Trotte=, s. f., espace de chemin; ce mot figure dans le dictionnaire -de l'Académie comme terme populaire: _il y a une bonne trotte d'ici -là_.--Il est mieux de dire _traite, course_: _il y a une bonne traite, -une longue course d'ici là_. - -=Trouée=, s. f., ouverture, espace vide dans un bois, dans une haie, -etc.; ce mot est français: _il est facile de faire une trouée dans -ce bois; dans cette haie il y a une trouée par où nous pourrons -aisément passer_.--Prononcez _trou-é_ (_é_ long) et non _trou-wé_ ni -_trou-wéïe_.--Voyez _ue, oue, ie, é_, 2. - -=Troupe=, s. f.--En parlant de quelqu'un qui est au service, dites: -_il est dans les troupes_ et non, _dans la troupe_ ni _à la troupe_. - -=Trouver bon=, _trouver mauvais_, approuver, désapprouver, etc., sont -des expressions correctes. (Acad.) - -=Truand, ante=, s., vaurien, vagabond, qui mendie par fainéantise: -_cet homme est un vrai truand_.--Ce mot est substantif, et ne peut -s'employer comme synonyme de _paresseux, indolent_; du reste, il est -populaire et peu usité, dit l'Académie.--Prononcez _tru-and_ et non -_tru-want_.--Voyez _oue, ue_. - -=Truc=, s. m. _Avoir le truc_, avoir l'art, le secret, le talent, -être habile, rusé: _il a le truc, il s'en tirera bien_.--Ce mot est -populaire et sent un peu l'argot. - -=Truelle=, s. f.--Une _truelle_ est un instrument de maçon; il -ne faut pas employer ce mot comme synonyme de _pelle_.--Prononcez -_tru-elle_ et non _tru-welle_. - -=Truffe=, s. f., légume très-savoureux et très-odoriférant; écrivez et -prononcez _truffe_ et non _truffle_. - -=Trumeau, Glace.=--La partie du mur comprise entre deux fenêtres se -nomme _trumeau_; il se dit aussi des glaces, ordinairement hautes -et étroites, qui se mettent entre deux fenêtres ou qui sont placées -au-dessus d'une cheminée. - -=Tsar.= Voyez _czar_. - -=Tu-autem=, s. m., expression latine dont on se sert pour dire, le -point essentiel, le noeud, la difficulté d'une affaire: _c'est là le -tu-autem_.--On ne l'emploie pas au pluriel: prononcez _tu-autème_. - -=Tuer=, _tueur_ etc.--Prononcez _tu-er, tu-eur, je tû_, et non -_tu-wer, tu-weur, je tu-we_.--Voyez _oue, ue_. - -=Tuile=, s. f.--Dites _un toit couvert en tuiles_ ou _de tuiles_ et -non _un toit couvert en pannes_ ou _de pannes_: ce dernier mot est -flamand.--Prononcez _tu-ile_, et non _tou-ile_.--Voyez _ui_. - -=Tulle=, s. m., sorte de tissu en réseau, très-fin; ce mot est -masculin: _du tulle brodé_. - -2. _Tulle_, pierre tendre, rouge, propre à marquer: ce mot est wallon -et se rend en français par, _craie rouge_. - -=Tumulte=, s. m., grand mouvement accompagné de bruit et de désordre; -prononcez le _t_ final: _tumulte_ et non _tu-mule_.--Voyez _finales_, -2. et _t_. - -=Tuser=, mot wallon qui signifie, penser, réfléchir, être absorbé par -une idée;--il va sans dire qu'on ne peut pas l'employer en parlant -français. - -=Tutti=, terme de musique; prononcez les deux _tt_, _tut'ti_. - -=Tuyau=, s. m.: prononcez _tui-iau_ et non _tu-iau_. - -=Typhus=, s. m., maladie contagieuse: prononcez _typhuce_. - -=Tyran=, s. m.--On dit aussi _une femme tyran domestique_. - -=Tzar=, s. m.: voyez _czar_. - - - - - U - - -=Ubiquiste=, s. m., docteur en Sorbonne non résident;--homme à qui -les lieux sont indifférents, qui se trouve bien partout: prononcez -_ubikuiste_ (la diphth. _ui_ se fait sentir) et non _ubikiste_ ni -_ubikouiste_ ni _ubikuisse_;--prononcez de même _ubiquitaire, -ubiquité_. - -=Ue, uer.=--En général les wallons prononcent mal ces sortes de -syllabes, en intercalant abusivement un _w_ entre l'_u_ et l'_e, -er_; ainsi _avenue, cohue, vendue, contribue_ deviennent _avenu-we, -cohu-we, vendu-we, contribu-we_; de même _attribuer, puer, continuer_, -se prononcent _attribu-wer, pu-wer, continu-wer_.--C'est là une faute -grossière de prononciation: _ue_ doit se prononcer simplement _u_ long: -_avenû, cohû, vendû, contribû_: en appuyant sur l'_u_ suivi d'un _e_ -muet, on le distingue suffisamment d'un _u_ non suivi d'un _e_ et que -l'on fait bref. - -2. De même les syllabes _uer, uet, ué, uez, ua, uan, uo_, etc., doivent -conserver leur prononciation naturelle et ne pas se transformer en -_u-wer, u-wé, u-wez, u-wet, u-wa_, etc.: prononcez donc _attribu-er, -évalu-é, vous contribu-ez, mu-et, continu-ation, évalu-ation, du-o_ et -non _attribu-wer, évalu-wé, vous contribu-wez, mu-wet, continu-wation, -évalu-wation, du-wo_.--Le défaut de prononciation que nous signalons, -est extrêmement grossier, quoique pourtant il soit très-commun dans les -provinces wallonnes; nous devons en dire autant du défaut suivant. - -3. Les mêmes observations s'appliquent à la prononciation du latin: -vous direz donc _tu-us, su-us, sensu-um, defectu-i, cu-i, tribu-o, -tribu-i_, etc., et non _tu-wus, su-wus, sensu-wum, defectu-wi, cu-wi, -tribu-wo, tribu-wi_. - -=Uhlan=, s. m.--L'_u_ est aspiré; on écrit aussi _hulan_ et _houlan_ -(Acad.): espèce de lancier dans l'armée autrichienne. - -=Ui.=--Généralement les wallons ne font aucune différence en -_ui_ et _oui_ et prononcent de la même manière _Louis_ et _lui_, -_Huy_ et _oui_, _fouir_ et _fuir_; c'est un défaut dont il importe -souverainement de se corriger.--Conservez donc à la diphthongue _ui_ -son véritable son _ui_ (_u-i_) et ne la métamorphosez pas gauchement en -_oui_ (_ou-i_), ce qui est tout différent. - -=Ultimatum=, s. m., dernière condition d'un traité;, il n'a point de -plur.--Prononcez _ultimatome_. - -=Umble=, s. m., poisson qui ressemble beaucoup à la truite: on prononce -_omble_, mais on dit et l'on écrit communément _ombre, ombre-chevalier_. - -=Un, une=, adj. num. card.--Il s'emploie souvent comme substantif, -et alors il ne prend point d'_s_ au pluriel: _trois un de suite font -cent onze_.--Le masculin _un_ se prononce à peu près comme s'il y -avait _eun_ et le féminin _une_ se prononce _u-ne_: _un jardin, un -héros, une table_, etc.--Devant une voyelle ou une _h_ muette, _un_ -se prononce aussi _eun_, mais on le joint par une autre _n_ au mot -suivant: _un oiseau, un homme_ (eun-noi-seau, eun-nhomme et non pas, -_u-noiseau, u-nhomme_).--Dans les locutions _sur les une heure, vers -les une heure_, l'_s_ de l'article pluriel _les_ ne doit point se -joindre à l'adjectif _une_; on prononce _sur lè une heure, vers lè une -heure_: la raison en est que cet article pluriel n'appartenant point au -substantif _une heure_, mais à un substantif pluriel sous-entendu, tel -que _environs, moments_, etc., il repousse le singulier _une_. - -2. _L'un et l'autre, l'un ou l'autre_, etc., se prononcent _l'eun-net -l'autre, l'eun-nou l'autre_, ou bien sans joindre l'_n_ aux mots _et, -ou_. Mais lorsque _l'un_ est séparé de _l'autre_ par d'autres mots que -les conjonctions _et, ou_ et que la préposition _à_, l'_n_ de _l'un_ ne -se fait point sentir devant la voyelle du mot qui suit: ainsi _l'un est -riche, l'autre est pauvre; l'un aime à lire, l'autre à jouer_, ne se -prononcent point _l'eu-nest riche, l'eu-naime à lire_, etc. - -3. _Un chacun_: voyez _chacun_. - -4. _Un._ Ne dites pas: _c'est un de Verviers_; dites, _c'est un -Verviétois, c'est quelqu'un de Verviers_. - -5. Ne dites pas: _monsieur Pierre est de ceux qui fut décoré_; dites, -_un de ceux qui furent..._ - -6. _Un, premier_.--On dit _le premier janvier, le deux, le trois, le -dix janvier_; on dit de même _Léopold premier, Philippe deux, Philippe -trois, Philippe cinq_:--en vers cependant on peut dire _second_ dans -ce dernier cas: _François second_. - -7. Ne dites pas: _l'un jour ou l'autre, j'irai vous voir_, dites, _un -de ces jours-ci..._ - -8. Ne dites pas: _l'un jour il est gai, l'autre jour il est triste_; -dites, _un jour il est gai, l'autre jour il est triste_. - -9. Ne dites pas: _j'ai vu un qui était original_; dites, _j'en ai vu -un_ (s'il y a un substantif exprimé précédemment), ou _j'ai vu un -homme, j'ai vu quelqu'un..._ - -10. Ne dites pas: _je lui ai expédié un cinquante kilogrammes_; ôtez -_un_ et dites, _je lui ai expédié cinquante kilogrammes_. - -11. Ne dites pas: _c'est un des plus éloquents prédicateurs que nous -avons_; dites, _... que nous ayons_. - -12. Ne dites pas: _il n'y en avait pas un qui comprenait_; dites, _... -qui comprît_. - -13. Ne dites pas: _l'un ou l'autre de mes amis vient me prendre_; -dites, _un de mes amis vient me prendre_. - -=Uniforme=, s. masculin: _un uniforme neuf_ et non _une uniforme neuve_. - -=Union=, s. f.: prononcez _u-nion_ et non _u-gnion_: _l'union fait la -force_.--Voyez _ni_. - -=Unir=, v. a.--_Unir_, dans le sens propre, veut la préposition _à_ -ou la préposition _avec_: _unir un mot à un autre_ ou _avec un autre_. -(Acad.)--Au figuré, il ne prend que la préposition _à_: _Turenne -unissait la prudence à la hardiesse; ce jeune homme unit la modestie -au mérite_.--Son composé _réunir_ veut la préposition _à_, lorsqu'il -est employé au propre: _le cou réunit la tête au corps_. Mais au -figuré, dans le sens de posséder en même temps, _réunir_ veut que les -différents compléments directs soient joints par la conjonction _et_: -_Turenne réunissait la prudence et la hardiesse; ce jeune homme réunit -la modestie et le mérite_. - -=Université=, s. f.--Il n'y a en France qu'une université proprement -dite, et sous ce nom l'on comprend les académies, les facultés (de -droit, de médecine, de belles-lettres, etc., établies dans les -chefs-lieux des cours impériales ou cours d'appel), les colléges -impériaux, les colléges communaux, les pensions et les écoles -primaires;--ne dites donc pas: _ouvrage adopté par les universités de -France_, mais, _par l'Université de France_. - -=Us=, s. m. pl., les règles, la pratique qu'on a coutume de suivre en -quelques pays touchant certaines matières; il est presque toujours -joint au mot _coutumes_: _les us et coutumes_.--Prononcez _uce_. - -=Usage=, s. m.--En parlant des choses qui durent longtemps, employez -le mot _user_: _cette étoffe de drap est d'un bon user; il y a des -étoffes qui deviennent plus belles à l'user_.--_Usage_, dans ce sens, -n'est pas français. - -=User=, v. n.--Ne dites pas: _en usez-vous, je n'en use pas_: dites, -_en prenez-vous, prenez-vous du tabac, je n'en prends pas, je ne -prends pas de tabac_. On peut également se servir du mot _priser_, qui -ne figure pas dans le dictionnaire de l'Académie, mais qu'un usage -universel a consacré depuis longtemps: _prisez-vous? je ne prise pas_. - -=Ustensile=, s. masculin: _un ustensile de cuisine_. - -=Usufruit=, _usufruitier_.--Gardez-vous bien d'écrire ou de prononcer -_usurfruit, usurfruitier_: _il n'a pas cette terre en propre, il n'en a -que l'usufruit, il n'en est que l'usufruitier_. - -=Usurpateur=, s. m.--Le féminin correspondant est _usurpatrice_. - -=Utérin, ine=, s. m.: _frères, soeurs utérins, consanguins, germains_: -voyez _germain_. - - - - - V - - -=V.=--Il faut conserver à cette lettre sa prononciation naturelle dans -les mots terminés en _ve_, comme _vive, neuve, brève, brave, cave, -achève, achèvement, prévenir, il est venu, nous venons, manoeuvre, -livre, mouvement, bravement_, etc., et ne pas dire _vife, neufe, brèfe, -brafe, cafe, achèfe, achèfement, préfenir, il est fenu, nous fenons, -manoeufre, lifre, moufement, brafement_. - -2. Il en est de même de _cheville, écheveau, échevin, achever_, -etc., qu'il ne faut pas prononcer _ch'fille, éch'feau, éch'fin, -ach'fer_;--nous conseillons, pour la facilité de la prononciation, de -ne pas élider l'_e_ de _che_, mais d'y appuyer fortement, jusqu'à ce -qu'on soit en état de prononcer _éch'vin, ach'ver_, etc. - -3. Un autre défaut propre à certains dialectes wallons, c'est de -prononcer comme _me_ la syllabe muette _ve_ précédée d'une syllabe -sonore: _soumenir, nous menons, prémenir, circonmenir_, etc., au lieu -de _souvenir, nous venons, prévenir, circonvenir_. - -=Va.=--_Comme va, comment va-t-il?_--Voyez _aller_. - -=Vacances=, s. f. pluriel, temps pendant lequel les études cessent; -dans ce sens il ne s'emploie qu'au pluriel: _les petites, les grandes -vacances; de courtes, de longues vacances_. - -=Vacature.=--Ce mot n'est pas français, rendez-le par _vacance_, -temps pendant lequel une place, une dignité, un emploi n'est pas -rempli: _durant la vacance du Saint-Siège; la vacance d'une abbaye, -d'un bénéfice; il y a vacance de la chaire de littérature française -à l'université_;--on peut également faire usage du mot _vacation_, -qui signifie _quelquefois vacance_, dit l'Académie, en parlant de -choses non occupées, des places, des emplois non remplis, vacants: _la -vacation d'un emploi; un bénéfice en vacation; à la première vacation, -ces fonctions seront supprimées_. - -2. _Vacation_, se dit ordinairement de chacun des espaces de temps -que des personnes publiques (_notaires, experts_, etc.) emploient à -travailler à quelque affaire: _on paie tant aux experts par chaque -vacation_. - -=Vaciller=, v. n., _vacillation_, s. f.--Prononcez les deux _ll_ sans -les mouiller. - -=Vade-mecum=, s. m., se dit d'une chose que l'on porte commodément et -ordinairement avec soi; on dit aussi mais plus rarement, _veni-mecum_: -prononcez _vadé-mécome, véni-mécome_. - -=Vagabonder=, v. n., errer çà et là; on dit aussi _vagabonner_ (Acad.); -prononcez _vagabond, vagabonder_, etc., et non _vakabond, vakabonder_. - -=Vais=, 1re p. s. du prés. de l'ind. du v. _aller_; ne dites pas _je -m'y vais; je m'en y vais_; dites, _j'y vais_. - -=Vaisseau=, s. m.: voyez _navire_. - -=Val=, s. m., vallée; il n'est plus en usage que dans les noms propres: -_Val-St-Lambert, Val-Benoît, Val-Dieu, le château du Val, l'abbaye du -Val, l'église du Val-de-Grâce_.--Il a un pluriel qui n'est en usage -que dans cette phrase, _par monts et par vaux_, et dans quelques noms -de lieux, comme _les vaux de Cernai_. (Acad.) - -=Valet, Laquais=, s. m.--Le premier désigne un homme de service; le -second, un homme de suite; le _valet_ est pour l'utile, le _laquais_, -pour le luxe. - -=Valoir=, v. n., fait _valent_ et non _vaillent_ à la 3e pers. du plur. -du prés de l'indic.; de même il fait _vaille_ et non _vale_ au prés. du -subj.: _ils ne valent pas mieux_ (et non _vaillent_) _les uns que les -autres_; _il faut que je vaille_ (et non _vale_) _bien peu de chose à -leurs yeux_.--On dit aussi _vaille que vaille_ et non _vale qui vale_. - -2. _Valoir mieux_, suivi d'un infinitif, rejette toute préposition -comme _aimer mieux_: _il vaut mieux attendre_ (et non _d'attendre_) -_un peu_.--L'Académie donne l'exemple suivant: _il y a beaucoup -d'occasions où il vaut mieux se taire que de parler_: d'où nous -concluons que le second infinitif doit être précédé de la préposition -_de_. - -3. Dans ce sens ne dites pas: _il faut mieux, il faudrait mieux, il eût -mieux fallu_, etc.; dites, _il vaut mieux, il vaudrait mieux, il eût -mieux valu_. - -4. Ne dites pas non plus, _valoir plus_ pour _valoir mieux_: _il vaut -mieux_ (et non _il vaut plus_) _se taire que de parler trop_. - -=Vanille=, s. f., _vanillier_, s. m., plante d'Amérique: on mouille les -deux _ll_. - -=Vapeur=, s. f., _vapeur_, s. m.--Tout le monde sait ce que c'est _la -vapeur_;--_un vapeur_, c'est un bateau à vapeur: ce masculin n'est pas -encore admis par l'Académie, mais il est employé partout, et ne peut -manquer d'être admis un jour. - -=Vaquer=, v. n., =Vaguer=, v. n.--_Vaquer_ se dit proprement -des emplois, des charges, des dignités, et signifie _être -vacant_;--_vaguer_, c'est errer çà et là, aller de côté et d'autre à -l'aventure. - -=Variation=, s. f., signifie changement;--ne dites donc pas: _ce -marchand d'estampes a une belle et riche variation de gravures_; dites, -_une belle et riche variété_. - -=Vasistas=, s. m., petite partie d'une porte ou d'une fenêtre, laquelle -peut s'ouvrir et se fermer à volonté; prononcez _vazis'tâsse_. (Acad.) - -=Vaste=, adj., qui est d'une _fort grande_ étendue: _vastes campagnes, -vaste mer, vastes déserts_, etc. - -2. Ne dites donc pas: _vaste jardin, vaste maison à vendre_; dites, -_grand jardin, grande maison..._ - -=Vaudeville=, s. m., chanson populaire et pièce de théâtre: prononcez -_vôd'ville_ et non _vodéville_. - -=Vaux=, s. m., pluriel de _val_: voyez ce mot. - -=Vauxhall=, s. m., jardin public: prononcez _vokçal_ (_o_ bref). On -écrit aussi _wauxhall_. - -=Veille=, s. f., ne doit pas s'employer comme synonyme de _veillée, -soirée_: _aller tous les jours à la veillée_ (et non _à la veille_); -_les veillées, les soirées sont longues en hiver_. - -=Veine=, s. f., canal du sang; prononcez _vène_ et non _vain-ne_. - -=Vélin=, s. m., peau de veau préparée: _reliure en vélin, papier -vélin_:--écrivez et prononcez _vélin_ et non _velin_. - -=Vendange= et =Vidange=: voyez _vidange_. - -=Vendition=, _vendue_: ces mots ne sont pas français; c'est _vente_ -qu'il faut dire: _vente de bois, vente de meubles_. - -=Vendre=, v. a.--On dit _vendre, acheter à bon marché_ et non, _bon -marché_; on dit également _acheter, vendre telle chose dix francs, -cent francs_ et non, _pour dix francs, pour cent francs_.--Prononcez -_ven-dre_ et non _ven-te_ ni _ven-dère_.--Voyez _acheter_. - -=Venimeux=, _vénéneux_, adj.--_Vénéneux_ ne se dit que des plantes, des -végétaux: _la ciguë est une plante vénéneuse_;--_venimeux_ ne se dit -que des animaux: _la dent de la vipère est fort venimeuse_.--Écrivez -et prononcez _venimeux, venin, envenimer_ et non _vénimeux, vénin, -envénimer_. - -=Venir=, v. n.--Ne dites pas: _je ne puis pas venir à son nom_; -dites, _son nom ne me vient pas, je ne puis pas trouver son nom, me -rappeler son nom_. - -2. _Venir à rien_, ne peut pas s'employer dans le sens de _se -réduire à rien_; ne dites donc pas: _cette eau est venue à rien par -l'évaporation_; mais, _cette eau s'est réduite à rien..._ - -3. Ne dites pas: _je viens, je sors de monsieur le curé; je vais au -juge de paix_; dites, _je viens, je sors de chez M. le curé; je vais -chez le juge de paix_. (Fland. et Wall.) - -4. Ne dites pas non plus: _je vous paierai bientôt.--Bien, cela ne -vient pas à huit jours_;--dites, _ce ne sont pas huit jours qui font -l'affaire_; ou bien, _huit jours de plus ou de moins n'y font rien_. -(Fland.) - -5. Ne dites pas: _on vous attend, Monsieur.--Dites que je viens tout -de suite_; il faut dire: _dites que j'y vais tout de suite_. (Fland.) - -6. Ne dites pas: _je l'ai attendu inutilement, il avait pourtant dit -de venir_; il faut dire _... il avait pourtant dit qu'il viendrait_. -(Fland.) - -7. Ne dites pas: _cela ne vient pas encore au marché_; dites, _cela ne -se vend pas encore au marché_. (Fland.) - -8. Ne dites pas: _cela vient dans la grammaire à telle page; cette -scène vient dans tel acte_; dites, _cela se trouve dans..._ (Fland.) - -9. Ne dites pas: _ce chapeau vient roux; cet homme vient maigre_; -dites, _... devient roux, devient maigre_. - -10. Ne dites pas: _il n'y a pas d'apparence que cette ferme vienne à -louer_; dites, _il n'y a pas d'apparence que cette ferme se loue_. - -11. Ne dites pas: _la semaine qui vient, le mois qui vient, l'année -qui vient_; dites, _la semaine prochaine, le mois prochain, l'année -prochaine_.--Voyez _passé_. - -12. Ne dites pas: _nous vien-de-rions, vous vien-de-riez_, mais _nous -vien-drions, vous vien-driez_. - -13. N'employez pas _venir_ pour _provenir_: _le papier de Chine vient -du mûrier_; dites, _... provient du mûrier_. - -=Ventre=, s. m.--Dites, _avoir mal au ventre, avoir des maux de -ventre_ ou mieux, _des coliques_, et non _avoir mal de ventre_. -Prononcez _ven-tre_ et non _ven-te_ ni _ven-tère_. - -=Ventriloque=, adj. des deux genres et s. m.; il se dit d'une personne -ayant la voix sourde et caverneuse: _ventroloque_ n'est pas français. - -=Vêpres=, s. f. plur., office divin qu'on chante après midi;--on dit -_aller à vêpres_ et non _aller aux vêpres_; ont peut dire également -sans article: _chanter vêpres en musique; il est à vêpres_. Prononcez -_vê-pres_ et non _vé-pes_ ni _vêpères_.--Voyez _messe_. - -=Véreux, euse=, adj.--Ce mot est français, et se dit au propre des -fruits dans lesquels se trouvent des vers, et au figuré d'une personne -ou d'une chose suspecte: _pomme véreuse, prune véreuse; il y a quelque -chose de véreux dans cette affaire; créance véreuse_. - -=Vergettes=, s. f. pl., brosse pour les habits; on dit aussi _une -vergette_. (Acad.) - -=Verglas=, s. m., pluie qui se glace sur le sol: on ne prononce pas -l'_s_: _verglâ_. - -=Vermicelle=, ou _vermicel_, s. m., _violoncelle_, s. m.--On prononce -aujourd'hui ces mots à la française: _vermicelle, violoncelle_ et non -_vermichelle, violonchelle_. - -=Verre=, s. m.--Dites _un verre de montre_ et non _une glace de -montre_. - -=Vers=, s. m., terme de poésie: prononcez _vère_ et non _verse_. - -2. =Vers=, prép.--Ne dites pas: _j'irai vers quatre heures_, mais, -_vers les quatre heures_. (Acad.)--Ne dites pas non plus, _se -retourner sur quelqu'un_, mais, _vers quelqu'un_.--Prononcez _vèr_ et -non _verse_. - -3. Prononcez _vers Audenaerde_ (vèr Audenaerde); _il est allé je ne -sais vers où_ (ver où). Il en est de même du substantif _vers_: _vers -alexandrin_ (vèr alexandrin). - -4. L'_s_ finale sonne dans _Anvers_. En France on prononce quelquefois -_Anvère_; il est muet dans _envers_ (anvèr), _tiers, thiers, travers, -univers_ et dans les verbes _je sers, je perds_, etc. - -5. La finale _ers_ se prononce _é_ dans _Angers, Villiers, Louviers, -Noirmoutiers, Tiviers, Tilliers_, noms de villes.--Dans tous ces mots -l'_s_ ne sonne jamais, même devant une voyelle: _ver à soie_ et _vers à -soie_ se prononcent également _vèr à soie_. - -=Verse= (_à_), loc. adv.; on ne l'emploie que dans cette phrase: _il -pleut à verse_. - -=Verso=, s. m., la seconde page, le revers d'un feuillet; on le dit par -opposition à _recto_, la première page du feuillet: _vous trouverez ce -passage folio 42 verso_. - -=Vésicatoire=, s. m., médicament externe: prononcez _vézicatoire_ et -non _vécicatoire, visicatoire, virsicatoire_. - -=Vétille=, s. f., bagatelle: les _ll_ sont mouillées ainsi que dans -_vétiller, vétilleux_.--_Vétille de rien_ est un pléonasme vicieux. - -=Vêtir=, _revêtir_, font au prés. de l'ind.: _nous vêtons, vous vêtez, -ils se vêtent; nous revêtons, vous revêtez, ils revêtent_;--_vêtissent, -revêtissent_ sont la 3e pers. plur. du prés. du subj. - -=Veto=, mot emprunté du latin et qui signifie _je m'oppose_: _le roi -a mis le veto, son veto à cette loi_;--ce mot ne s'emploie pas au -pluriel et se prononce _vèto_. (Acad.) - -=Vêtu, Habillé.=--_Vêtu_ signifie simplement couvert de -vêtements;--_habillé_ ajoute à l'idée de vêtu celle d'une certaine -recherche, d'un certain goût, d'un certain ordre dans la mise. - -=Veuille, Veuillez=, _veux, voulez_: voyez _vouloir_. - -=Viande=, s. f., chair dont on se nourrit: _ian_ est diphthongue. - -=Vicaire=, s. m.: voyez _sous-curé_. - -=Vice=, dans la composition des mots, reste invariable au pluriel: _des -vice-amiraux, des vice-présidents_. - -=Vice-versâ=, mots latins dont on se sert adverbialement pour signifier -_réciproquement_: _il y a des personnes dont la figure attire et le -caractère repousse, et vice-versâ_.--On prononce _vicé_. (Acad.) - -=Vicoter=, vivre petitement, subsister avec peine; ce mot n'est pas -français; dites _vivoter_: _il ne fait que vivoter_. (Wall.) - -=Vidange, Vendange=, s. f.--La _vidange_ est l'action de vider;--la -_vendange_ est la récolte du raisin pour faire le vin. - -=Vider=, v. a.--_Vider_, c'est faire le vide, c'est rendre vide; ainsi, -_vider son verre_, c'est le boire; c'est donc à tort que quelques -personnes emploient ce mot dans le sens de _verser_; ainsi vous ne -direz pas, _quand j'aurai débouché la bouteille, je vous en viderai un -verre_; dites, _je vous en verserai un verre_. (Wall.)--_Vide, vider_ -s'écrivent et se prononcent _vide, vider_ et non _vuide, vuider_. - -=Vieil= ou =Vieux=, adj. m., =Vieille=, adj. f.--Lorsque cet adjectif -est employé au masculin après son substantif, on doit toujours se -servir de _vieux_. On dit plus ordinairement _vieil_ devant un -substantif commençant par une voyelle ou une _h_ muette; l'Académie -pourtant donne les exemples: _un vieil homme_ et _un vieux homme_. - -2. L'_l_ est mouillée dans _vieil, vieillir_ et dans leurs composés; -mais elle ne l'est pas dans _vielle_, instrument de musique, que l'on -prononce _vièle_. - -3. _Vieux_, signifiant avancé en âge; ne dites pas à un enfant: _vous -paraissez plus vieux que votre frère_, puisque ni l'un ni l'autre ne -sont vieux; dites, _vous paraissez plus âgé que votre frère_. - -4. Ne dites pas d'un homme âgé, _c'est un vieux_; dites, _c'est un -homme âgé, sur l'âge, un vieillard_ ou _un vieil homme_. - -=Vieillard=, s. m., =Vieillesse=, s. f. (_ll_ mouill.)--Ne dites pas -_vieulard, vieulesse_, ni _vièlard, vièlesse_. - -=Vieillir=, v. n.--Il suit les mêmes règles pour le choix des -auxiliaires que le verbe _grandir_: voyez ce mot. - -=Vif, vive=, adj.--_Je le lui dirai de vive voix_ (_vive_ et non -_vif_), veut dire, _je le lui dirai en parlant, en employant la -parole_, c'est-à-dire, je ne le dirai pas par intermédiaire ou personne -tierce ou par lettre.--Mais si vous vouliez signifier que vous le -diriez _franchement, catégoriquement, formellement_, il faut vous -servir d'une des expressions suivantes: _je le lui dirai nettement, -carrément, franchement, sans détours, en face_. - -=Vigne=, _vigneron_: _gn_ est mouillé; ne prononcez donc pas _vine, -vineron_. - -=Vignoble=, s. m., territoire planté de vignes; ce mot est masculin: -_un riche vignoble_. - -=Vilain, aine=, adj., laid, sale, tout ce qui déplaît à la vue.--_Un -vilain homme_ est un homme dont les moeurs, la conduite sont honteuses; -_un homme vilain_ est un homme laid, ladre, avare. - -=Vilenie=, s. f., action basse et vile; prononcez _vilenî_ et non -_vilénie_ ni _vilènie_. - -=Ville= (=à la=), =en Ville=.--_A la ville_ signifie _dans la ville_, -par opposition à la campagne; _il a passé l'été dans son château, il -va revenir à la ville_.--_En ville_ se prend par opposition à la -maison qu'on habite: _vous êtes venu pour me voir, j'étais en ville_, -c'est-à-dire, je n'étais pas chez moi. - -2. Ne dites donc pas: _il est venu en ville, il a son bureau en ville_; -dites, _à la ville_. - -=Villers=, nom propre.--En France, on prononce _Vilère_ et en Belgique -_Vilé_.--_Villerse_ est donc une prononciation qui ne se justifie -aucunement et qui ressemble plutôt à du flamand qu'à du français ou à -du wallon. - -=Vin=, s. m.--On dit mieux, _du vin de Bordeaux, de Bourgogne, du -Rhin_, etc., que _du Bordeaux, du Bourgogne, du Rhin_.--On ne dit pas -_du vin de pays_, mais _du vin du pays_.--Voyez _cru_. - -=Vingt=, adj. num.--Prononcez _vin_ devant une consonne, excepté si -le mot qui suit _vingt_ est lui-même un nom de nombre: _vingt-deux, -vingt-trois_ (_vinte-deux, vinte-trois_). - -2. _Vingt et un_: prononcez _vinté-un_ et non _vinté-iun_.--Voyez -_cent_. - -=Violoncelle=, s. m.: voyez _vermicelle_. - -=Virus=, s. m., t. de médecine, venin, agent de contagion; prononcez -_viruce_. - -=Vis=, s., pièce de bois ou de métal, cannelée en spirale; ce mot est -féminin et se prononce _vice_: _une forte vis_.--Prononcez de même -_tournevis_. - -=Vis-à-vis=, loc. prép.--Quoique la plupart des grammairiens -condamnent cette expression employée dans le sens de _envers, à -l'égard_, nous ne pouvons pas nous ranger à leur avis, attendu -qu'un usage, à peu près universel aujourd'hui, nous paraît l'avoir -suffisamment consacrée. Nous dirons donc indifféremment et sans -scrupule: _il est fier vis-à-vis de ses inférieurs ou envers ses -inférieurs_; _il a été ingrat vis-à-vis de moi_ ou _envers moi_. - -=Visite=, s. f.--_Rendre visite à quelqu'un_, c'est l'aller visiter, -et _rendre à quelqu'un sa visite_, c'est faire à quelqu'un une visite -après en avoir reçu une de lui. (Acad.) - -=Vite=, adj., des deux genres, qui se meut, qui court avec célérité, -avec grande promptitude; il ne se dit que des animaux et de certaines -choses dont le mouvement est rapide: _cheval vite, fort vite, comme le -vent; mouvement très-vite; il a le pouls fort vite; un copiste qui a la -main fort vite_. (Acad.) - -2. Les flamands font en général un usage trop fréquent de l'adjectif -_vite_: _vous êtes trop vite_;--il faut dans ce cas employer l'adverbe -et le joindre à un autre verbe que le verbe _être_: par exemple, _vous -allez trop vite, vous me pressez trop_, etc. - -3. Ainsi ne dites pas: _vous avez été trop vite à parler_; dites, _vous -avez parlé trop vite_ ou _vous avez été trop prompt à parler, trop -empressé à parler_. - -4. _Vite_, adv., avec vitesse.--_Dépêchez-vous vite_ est un -pléonasme vicieux.--_Vitement_, adv., vite: _aller vitement, courez -vitement_:--il est familier. (Acad.) - -=Vitre=, s., pièce de verre qui se met à une fenêtre: _carreau de -vitre; il manque là une vitre_; ce mot est féminin.--Prononcez _vitre_ -et non _vite_ ni _vitère_. - -=Vitrine=, s. f., ne figure pas dans le dictionnaire de l'Académie; -selon Bescherelle, il se dit, dans quelques provinces, du vitrage d'une -boutique. - -=Vitriol=, s.--Ce mot est masculin: _du vitriol blanc_. - -=Vivat=, s. m., acclamation, applaudissement; il est invariable au -pluriel: _des vivat_.--Prononcez _vivate_. (Acad.) - -=Vivre=, v. n.--Ne dites pas: _cette propriété me rapporte assez pour -vivre_; dites, _pour me faire vivre_. (Wall.) - -2. Ne dites pas: _vivre sur ses rentes, il vit avec des pommes de -terre_, mais _vivre de ses rentes, il vit de pommes de terre_. (Wall.) - -3. _Vivre_, s. m., nourriture: _le vivre et le vêtement_. (Acad.) On -l'emploie surtout au pluriel, et alors il signifie toutes les choses -dont une personne peut se nourrir: _les vivres sont fort chers dans -cette ville; de bons vivres, des vivres frais_. - -4. L'_i_ est long dans le substantif _vivre_, tandis qu'il est bref -dans le verbe _vivre_. - -=Vlà= ou =V'là=, mauvaise construction de _voilà_. - -=Voie= (=en=).--Cette expression qui est toute wallonne et quelquefois -aussi flamande, se traduit de différentes manières suivant le verbe -auquel elle est jointe. - -2. _Aller en voie_, s'en aller, se retirer, s'ôter, s'éloigner: -_ôtez-vous de mon soleil; allons-nous-en d'ici_. - -3. _Balayer en voie_, balayer: _balayez ces ordures_. - -4. _Chasser en voie_, chasser: _la nuit nous chassa_. - -5. _Couper en voie_, couper, retrancher, élaguer: _il faut couper -plusieurs branches à cet arbre_. - -6. _Courir en voie_, s'enfuir, s'échapper, se sauver. - -7. _Envoyer en voie_, envoyer, renvoyer, envoyer promener: _il -m'impatientait à tel point, que j'ai fini par l'envoyer promener_. - -8. _Être en voie_, être parti, être sorti, être en voyage, être absent, -n'être plus. - -9. _Gratter en voie_, gratter, enlever, ôter, emporter, effacer. - -10. _Jeter en voie_, jeter: _c'est un homme d'ordre qui ne jette rien_. - -11. _Mener en voie_, emmener: _emmener cet homme, je vous prie_. - -12. _Mettre en voie_, ôter, ranger, mettre ailleurs, mettre dehors, -renvoyer. - -13. _Porter en voie_, emporter. - -14. _Pousser en voie_, pousser de côté, dehors. - -15. _Tirer en voie_, ôter: _il y a trop de bois dans le feu, ôtez-en la -moitié_. - -16. _Voler en voie_, s'envoler: _il n'y a plus que le nid, les oiseaux -s'en sont envolés_. - -=Voilà=, prép.--Ne dites pas: _voilà où que nous en étions; voilà -oùsque, où est-ce que nous en étions_; dites, _voilà où nous en étions_. - -=Voile=, s., est féminin, quand il signifie une pièce de toile -très-forte que l'on attache aux mâts des navires, bateaux, etc., pour -recevoir le vent: _il avait tendu ses voiles_.--Dans les autres -acceptions, _voile_ est masculin. - -=Voir=, v. a., =Regarder=, v. a.--_Voir_, c'est recevoir les images -des objets; _regarder_, c'est voir avec attention, c'est fixer ses -regards sur un objet;--les yeux s'ouvrent pour _voir_; ils se tournent -pour _regarder_.--Faute de faire cette distinction, les personnes qui -traduisent du flamand, disent, _je vois sur vous_, au lieu de, _je vous -regarde_. - -2. _Voir après._--Ne dites pas: _on est allé voir après le médecin_; -dites, _on est allé chercher le médecin_. (Wall.) - -3. _Se voir avec._--Ne dites pas: _il ne se voit plus avec ses -parents_; dites, _il ne voit plus ses parents_. (Wall.) - -4. _Voir pâle_, pour, _être pâle_, est un flandricisme: _il a donc été -malade, car il est bien pâle_, et non _il voit bien pâle_. - -5. Ne dites pas: _je l'ai vu et parlé_; dites, _je l'ai vu et lui ai -parlé_:--_parler_ est un verbe neutre. - -6. Ne dites pas avec les petits marchands: _voyez voir, regarder -voir_:--dites simplement, _voyez, regarder_. - -7. _En voir_, pour, souffrir, avoir de l'embarras, avoir se donner du -mal, est un vrai wallonnisme; ne dites donc pas: _il en a vu beaucoup -dans sa maladie; il en a bien vu pour gagner son procès_; dites, _il -a souffert beaucoup dans sa maladie; il s'est donné bien du mal pour -gagner son procès_. - -8. _En voir de grises_, pour, _souffrir_, est également un expression -wallonne. - -9. Il en faut dire autant de _voir quelqu'un volontiers_ pour, _aimer, -estimer quelqu'un_. - -10. _Voir goutte, n'y voir goutte_: voyez _goutte_. - -=Voire=, adv., signifie, _même_: _tout le monde était de cet avis, -voire monsieur un tel qui n'est jamais de l'avis de personne_.--On -le joint souvent au mot _même_: _ce remède est inutile, voire même -pernicieux_.--_Voire_, dans ce sens, s'écrit avec un _e_ final. -(Acad.) - -=Voisin=, _voisinage_: ne prononcez pas _woisin, woisinage_. - -=Voix=, s. f.--_Je le lui dirai de vive voix_: voyez _vif_. - -=Volage=; adj., qui est changeant et léger: _coeur volage; la jeunesse -est volage_. (Acad.)--Mais il ne s'emploie pas dans le sens de: -_étourdi, dissipé, inattentif_; ne dites donc point: _ce petit garçon -ne peut rien apprendre, il est trop volage_; dites, _il est trop -étourdi_, ou _trop dissipé_, ou _trop inattentif_, selon le sens. - -=Vole=, s. f., terme du jeu de cartes pour indiquer que l'un des deux -joueurs fait toutes les mains: _il a fait la vole_.--Ne dites pas -_volte_. - -=Volée=, s. f.--Ne dites pas: _on lui a administré une volée_; dites, -_une volée de coups, une volée de coups de bâton_ (c'est-à-dire, _un -grand nombre de coups_). - -=Volontaire=, adj., indocile, rétif, entêté, qui prétend faire ce qu'il -veut; c'est donc à tort que certaines personnes emploient ce mot comme -synonyme de _soumis, docile, de bonne volonté_. - -=Volume, Tome=: voyez _tome_. - -=Vos=, adj. poss. pl.--C'est un grossier wallonnisme de dire: _ah! -vos bavards! ah! vos menteurs!_ Il faut prendre une autre tournure -et dire, par exemple: _ah! bavards que vous êtes, menteurs que vous -êtes!_--Prononcez _vô, nô_ (_ô_ long) et non _vo, no_ (_o_ bref). - -=Votre=, adj. poss.; voyez _notre_ et _nos_. - -2. Ne commencez pas une lettre par ces mots: _j'ai reçu la vôtre_; -dites, _j'ai reçu votre lettre_, parce que _le mien, le nôtre_, etc., -supposent un substantif exprimé précédemment. - -=Voui=, particule d'affirm.; dites _oui_. - -=Vouloir=, v. a., fait _veulent_ à la 3e pers. plur. du prés. de -l'indic., et il faut bien se garder de prononcer _veuillent_ comme au -subjonctif: _il y a des enfants qui veulent être menés par la crainte_. - -2. _Veuille, veuillez, veux, voulez_, sont les deux impératifs de -vouloir:--_veuille_ et _veuillez_ sont moins énergiques, moins absolus -que _veux, voulez_;--_veuille_, (et _veuillez_) signifie, aie la -bonté, la complaisance;--_veux_ (et _voulez_) signifie, aie la force, -le courage, le caractère: _veux bien et tu arriveras; voulez une bonne -fois et vous remporterez la victoire; veuillez m'écrire et je vous -répondrai_. - -3. Lorsqu'on consulte quelqu'un sur ce que l'on doit faire, il est -ridicule de dire: _veux-je faire telle chose?_ il faut dire, _dois-je -faire, faut-il faire telle chose, voulez-vous que je fasse telle -chose:--faut-il vous aider?_ - -4. Après le conditionnel, _je voudrais, nous voudrions, j'aurais -voulu_, etc., employez l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif -et non le conditionnel: _je voudrais que vous vinssiez tel jour; -j'aurais voulu que vous eussiez fait telle chose_, et non, _que vous -viendriez, que vous auriez fait..._ - -5. Ne dites pas: _faites comme vous voulez, ce sera toujours bien_; -dites, _faites comme vous voudrez..._: le futur est plus poli en ce -qu'il laisse une plus grande latitude. - -6. Ne dites pas: _voulons-nous faire une promenade?_ dites, -_voulez-vous faire une promenade?_--Il va sans dire que celui qui -propose est toujours censé _vouloir_.--Voyez _plaire_. - -7. Ne dites pas: _retirez-vous, je ne vous veux pas_: dites, _je ne -veux pas de vous_. - -=Vous.=--Ne dites pas: _partez sur-le-champ pour vous revenir de bonne -heure_; dites, _... pour revenir de bonne heure_. - -=Voyage=, _voyelle_: prononcez _voi-iage, voi-ielle_ et non _voi-age, -voi-elle_ ni _vo-iage, vo-ielle_. - -=Vrai, pas vrai?= pour dire, _n'ai-je pas raison?_--cette phrase est -vicieuse; dites, _n'est-il pas vrai?_ - -=Vuit=, mauvaise prononciation du mot _huit_. - - - - - W - - -=Wagon= ou =Waggon=, s. m., sorte de voiture employée au chemin de fer: -prononcez _ouagon_; plusieurs prononcent et écrivent _vagon_. - -=Wallon, onne=, s. et adj.--Prononcez _oualon_. - -=Wallonnisme=, s. m.: voyez _idiotisme_. - -=Whig=, s. m., nom d'un parti politique en Angleterre: _les whigs sont -opposés aux torys_.--Prononcez _ouigue_. - -=Wiskey=, s. m., sorte d'eau-de-vie de grain: on prononce _ouiski_. - -=Wiski=, s. m., sorte de cabriolet léger et très-élevé: prononcez -_ouiski_. - -=Whist=, s. m., sorte de jeu de carte: on prononce _ouiste_ et non -_ouisse_.--Quelques-uns disent _wisk_, qu'on prononce _ouiske_. (Acad.) - - - - - X - - -=X.=--On doit beaucoup exercer les enfants wallons à bien prononcer -cette lettre; nous avons toujours remarqué en effet qu'ils en viennent -difficilement à bout; et cela se conçoit très-bien quand on pense que -cette lettre ne figure généralement dans le wallon que sous la forme -d'une _s_ ou d'un _k_. - -=Xh.=--Dans certains noms propres d'hommes ou de lieux de notre -pays l'_h_ est précédée d'une _x_, laquelle rend l'aspiration plus -forte: _Xhovémont, Xhavée, Xhoris, Xhendremael, Fexhe, Xhardé, -Xheneumont_, etc.--Il faut conserver à ces mots la prononciation -reçue dans le pays, en aspirant fortement l'_h_ et en ne tenant aucun -compte de l'_x_.--Les étrangers et certains gallomanes s'obstinent -maladroitement à vouloir prononcer ces mots à la française et disent -imperturbablement _Xovément, Xavée, Xoris, Xendremael, Fexe_, etc. ou -_Covèmont, Cavée, Coris, Quendremael, Fèke_... C'est manquer à la -grande règle de prononciation, qui veut que l'on conserve aux noms -étrangers leur prononciation locale. - - - - - Y - - -=Y.=--Nous pensons que d'ici à peu de temps l'_y_ doit disparaître de -tous les mots _français_ où il peut être remplacé par _i_ sans nuire -à la prononciation. Ainsi on écrit aujourd'hui _Tournai, Courtrai, -Remi, faïence, païen_, etc., de préférence à _Tournay, Courtray, Remy, -fayence, payen_.--Nous conviendrons pourtant que pour _Barthélemi_, -les auteurs abandonnent plus difficilement la vieille orthographe, et -que plusieurs continuent à écrire _Barthélemy_.--Quant à nous, il nous -paraît que, pour rester logique, il faut également faire disparaître -cet _y_ et écrire _Barthélemi_. - -2. Ne dites pas: _mène-moi-z-y; promène-toi-z-y en attendant_; -dites, _mène-moi dans ce lieu, dans cet endroit_ ou _veuille m'y -mener_;--_promène-toi là_ ou _dans ce lieu_. - -3. Aujourd'hui on ne met plus de tréma sur l'_y_. - -=Yacht=, s. m., petit bâtiment à voiles et à rames, qui sert pour la -promenade. Prononcez _iake_, et l'_y_ est aspiré: _les yachts sont -forts communs en Hollande et en Angleterre_ (_lè-yaques_ et non _lè -z'iaques_.) (Acad.) - -=Yankee=, s. et adj., sobriquet des Américains: prononcez _ian'ki_. - -=Yatagan=, s. m., sorte de poignard turc: l'_y_ est aspiré. - -=Yeux=, s. m. pl.: _entre quatre-z-yeux_: voyez _quatre_. - -2. _OEil bleu, yeux bleus_, pour, _oeil poché, yeux pochés_, est une -expression flamande. - -3. _Yeux_: prononcez _ieu_ et non _jeu_. - -=Yole=, s. f., sorte de petit canot léger: prononcez _iole_ (_i_ -aspiré). - - - - - Z - - -=Z.=--Évitez de prononcer la finale _z_ ou _ze_ comme _ce_: prononcez -_gaz, on-ze, dou-ze, trei-ze_, etc., et non _gace, once, douce, treice_. - -=Zéro=, s. m.--On dit souvent _zéro en chiffre_, pour dire un homme, -une chose sans valeur; c'est une faute et il faut dire: _zéro sans -chiffres_. - -=Zest=, interj., pour se moquer: _il se vante de faire telle chose, -zest!_--Prononcez le _t_, _zeste_ et non _zesse_. - -2. _Zest_, s. m.--Il n'est usité que dans cette locution proverbiale -et familière; _être entre le zist et le zest_, qui se dit d'une -personne fort incertaine sur le parti qu'elle doit prendre ou d'une -chose qui n'est ni bonne ni mauvaise.--Prononcez le _t_ dans _zist_ et -dans _zest_. (Acad.) - -3. _Zeste_, s. m.--Espèce de cloison, de séparation membraneuse qui -divise en quatre l'intérieur d'une noix: _le zeste d'une noix_. - -=Zigzag=, s. m., ligne formant des angles aigus; le pluriel est -_zigzags_.--Prononcez les _g_ durs. - -=Zinc=, s. m., métal d'un blanc bleuâtre;--_zinguer_, couvrir -de _zinc_;--_zingueur_, ouvrier qui travaille le zinc:--on dit -également, mais moins souvent quoique plus régulièrement, _zinquer, -zinqueur_. - -=Zizanie=, s. f., ivraie, mauvaise graine qui vient parmi le bon grain; -il n'est plus en usage au propre. Au figuré, il signifie désunion, -mésintelligence: _ils étaient bien unis, quelqu'un a semé la zizanie -parmi eux, entre eux_.--Écrivez et prononcez _zizanie_ et non -_sizanie_. - -=Zollverein=, association douanière en Allemagne: prononcez, -_tsol-fe-reine_ (à l'allemande) et mieux _zol-verène_. - -=Zone=, s. f., (_o_ sans accent circonflexe), chacune des cinq -divisions de la terre, entres les pôles. Prononcez _zône_ (_ô_ long). - -=Zoologie=, s. f., science qui a pour objet les animaux.--Ne -dites pas: _avez-vous été voir la zoologie d'Anvers?_ dites, _le -jardin zoologique_.--Quant à cette dernière expression, _jardin -zoologique_, nous ne voyons pas, malgré l'opinion de certains -grammairiens, ce qu'elle peut avoir de répréhensible; ne dit-on pas -_jardin botanique_?--Au reste, par quel autre mot voudrait-on la -remplacer: _jardin botanique, jardin des plantes, jardin-ménagerie, -jardin-muséum_? Mais un _jardin botanique_ a pour objet la culture -des plantes, exclusivement, comme son nom l'indique;--un _jardin des -plantes_ n'est qu'un jardin botanique, si l'on s'en tient à la valeur -des termes; et si le _jardin des plantes de Paris_ est en même temps un -_jardin zoologique_, ce n'est pas à coup sûr sa dénomination qui nous -l'apprend;--_un jardin-muséum_? mais quel _muséum_ renferme-t-il? on -ferait bien de le dire;--quant à _jardin-ménagerie_, nous n'avons rien -à en dire, quoique pourtant, de tous les mots précédents, c'est celui -qui nous paraît rendre le mieux la chose; mais après tout, ce terme -nous semble peu convenable et d'une composition peu heureuse, outre -qu'il n'est nullement prouvé qu'il ait été mieux accueilli et qu'il -soit d'un plus fréquent usage que _jardin zoologique_. - - - FIN. - - - * * * * * - - - Modifications: - - En plus des erreurs signalées par l'auteur (voir Errata) - et des erreurs typographiques évidentes, les corrections - suivantes ont été apportées. - - Page 2 =Abasourdi= remplacé par =Abasourdir=. - Page 59 =Carte=: «s. m.» remplacé par «s. f.» - Page 68 =Cher, Chère=: «ai» inséré (_je les ai payées cher_). - Page 83 =Consanguin, ine=: «s. f.» remplacé par «s.» - Page 96 =Cric=: «s. f.» remplacé par «s. m.» - Page 101 =Daim=: «s. f.» par «s. m.» - Page 170 =Fièvre=: «s. m.» par «s. f.» - Page 174 =Fleur d'orange=: «dût» par «peut» (on peut dire _fleur - d'oranger_). - Page 209 =Hardi=: astérisque ajoutée. - Page 210 =Hasard=, 3. _Hasarder_: numéro inséré. - Page 222 =Igname=: «_ignée-ée_» remplacé par «_igné, ée_». - Page 262 =Limace=: «rempant» par «rampant» (mollusque rampant, - sans coquille) - Page 271 =Lune=: «s. m.» remplacé par «s. f.» - Page 301 =Miniature=: «s. m.» par «s. f.» - Page 310 =Moucher=: après item nº 3, inséré item nº 4 qui - se trouvait à la page 390 (sous =Promener=) - dans l'original. - Page 310 =Mouron=: «s. f.» remplacé par «s. m.» - Page 333 =Oue=, 2. _Ouer, ouir, ouet_: «ouir» remplacé par - «jouir» (_jouir_, _jouet_, _alouette_). - Page 352 =Peine=, 2. _Avoir de la peine_: «de peine» inséré - (_il aura beaucoup de peine à gagner son procès_). - Page 353 =Pelure=: «s. m.» remplacé par «s. f.» - Page 356 =Perfection=: «s. m.» par «s. f.» - Page 358 =Perte=: «s. m.» par «s. f.» - Page 385 =Près de=, 2.: paragraphe situé sous =Prescience= - dans l'original. - Page 438 = Savoir, Pouvoir=, 7. Ne dites pas non plus: «vous» - inséré (_ce que vous devez_ ou _devriez faire_). - Page 439 =Sceau=: «s. f.» remplacé par «s. m.» - Page 492 =Tulle =: «s. f.» par «s. m.» - Page 496 =Us=: «est» inséré (il est presque toujours joint). - - - - - -End of Project Gutenberg's Dictionnaire du bon langage, by N.-J. Carpentier - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DICTIONNAIRE DU BON LANGAGE *** - -***** This file should be named 43926-8.txt or 43926-8.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/4/3/9/2/43926/ - -Produced by Anna Tuinman, Hugo Voisard, Mark C. 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