summaryrefslogtreecommitdiff
path: root/43926-8.txt
diff options
context:
space:
mode:
Diffstat (limited to '43926-8.txt')
-rw-r--r--43926-8.txt21478
1 files changed, 0 insertions, 21478 deletions
diff --git a/43926-8.txt b/43926-8.txt
deleted file mode 100644
index 90063fa..0000000
--- a/43926-8.txt
+++ /dev/null
@@ -1,21478 +0,0 @@
-Project Gutenberg's Dictionnaire du bon langage, by N.-J. Carpentier
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org
-
-
-Title: Dictionnaire du bon langage
-
-Author: N.-J. Carpentier
-
-Release Date: October 10, 2013 [EBook #43926]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: ISO-8859-1
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DICTIONNAIRE DU BON LANGAGE ***
-
-
-
-
-Produced by Anna Tuinman, Hugo Voisard, Mark C. Orton,
-Hans Pieterse and the Online Distributed Proofreading Team
-at http://www.pgdp.net (This file was produced from images
-generously made available by the Bibliothèque nationale
-de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
-
-
-
-
-
-
-
-
-
- Au lecteur.
-
- L'orthographe d'origine a été conservée, mais les erreurs
- typographiques évidentes ont été corrigées.
-
- Quelques erreurs plus importantes, entre autres sur le genre
- des mots, ont été rectifiées après vérification dans les
- dictionnaires spécialisés. La liste de ces corrections se
- trouve à la fin du texte.
-
- Le texte en gras est rendu =ainsi=, le texte en italiques _ainsi_.
- Les caractères en exposant sont représentés comme «Mlle» pour les
- abréviations courantes, comme par exemple «M{de}» (Marchande) pour
- les autres.
-
-
-
-
- DICTIONNAIRE
-
- DU
-
- BON LANGAGE
-
-
- CONTENANT
-
- LES DIFFICULTÉS DE LA LANGUE FRANÇAISE
- LES RÈGLES ET LES FAUTES DE PRONONCIATION
- LES LOCUTIONS VICIEUSES
- LES WALLONNISMES, LES FLANDRICISMES, ETC.
-
- par
-
- =l'abbé N.-J. CARPENTIER=
-
- DIRECTEUR DE L'ÉCOLE MOYENNE DE St-BARTHÉLEMI A LIÉGE ET
- INSPECTEUR CANTONAL DES ÉCOLES PRIMAIRES DU RESSORT DE LA MÊME VILLE
-
- Ce n'est pas assez d'apprendre à bien
- parler et à bien écrire; il faut encore
- et avant tout _désapprendre_ à mal
- parler et à mal écrire.
-
-
- LIÉGE
- L. GRANDMONT-DONDERS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE
- 1860
-
-
-
-
- _Les formalités prescrites par la loi ont été remplies._
-
- Tout exemplaire non revêtu de la griffe de l'auteur
- sera réputé contrefait.
-
-
- [Signature de l'auteur]
-
-
-
-
- PRÉFACE.
-
-
-La difficulté de se corriger des vices de prononciation et de langage
-est un fait généralement reconnu par les hommes de l'enseignement, et
-par les personnes qui ont fait une étude quelque peu approfondie de
-la langue française. L'un des plus grands écrivains dont s'honore la
-littérature française, se fondant sur son expérience personnelle, ne
-craint pas de dire qu'il est rare que l'on se défasse entièrement de la
-rouille du provincialisme, à moins que l'on n'ait reçu de bonne heure,
-là où la langue se parle le mieux, c'est-à-dire dans la capitale, une
-éducation soignée.
-
-A quoi faut-il attribuer cette infériorité du provincial dans l'usage
-de la langue?
-
-Nous pensons qu'une des causes principales de ce fait, sinon la
-principale, est que, jusqu'à présent, l'on ne s'est pas assez attaché,
-dans l'enseignement de la langue maternelle, à signaler les taches
-qui en ternissent la pureté dans la bouche ou sous la plume de ceux
-qui la parlent ou l'écrivent. Cette partie _négative_, et pourtant
-essentielle, d'un cours complet de langue française a été, il faut
-le dire, singulièrement négligée dans nos écoles primaires et nos
-établissements d'instruction moyenne. Sans doute les bons traités de
-prononciation, les bonnes grammaires et les bons dictionnaires ne nous
-manquent point. Grâce à ces guides éclairés, nous parvenons à connaître
-les règles du bon langage; mais n'est-il pas vrai que ces manuels, pour
-la plupart, oublient trop qu'ils s'adressent à des personnes qui ont
-à se corriger des défauts originels de terroir? Ce n'est pas assez, à
-notre sens, d'apprendre à bien parler et à bien écrire; il faut encore,
-et avant tout, _désapprendre_ à mal parler et à mal écrire.
-
-Nous nous sommes proposé de combler cette grave lacune de
-l'enseignement. Nous nous adressons donc aux wallons et aux flamands,
-voire même aux lecteurs que notre _Dictionnaire_ pourrait rencontrer en
-France, et nous les avertissons de prendre garde à certains défauts de
-prononciation qu'ils semblent ne pas soupçonner; nous leur signalons
-une foule d'expressions, de termes, de tournures, que réprouve le bon
-langage, ou que condamne un goût sûr et sévère: nous cherchons, en un
-mot, à les _déprovincialiser_, s'il nous est permis de parler ainsi.
-
-Mais ce n'est que la moitié de notre tâche. Voulant donner à notre
-ouvrage un caractère de généralité qui en fasse un véritable manuel,
-même pour les personnes qui ont reçu une éducation complète, nous avons
-passé en revue les difficultés de la langue française. Nous avons
-désiré qu'à l'aide de notre _Dictionnaire_ on pût trouver la solution
-prompte et catégorique des doutes qui se présentent journellement
-touchant le genre des noms, la signification de certains mots risqués,
-la prononciation, la synonymie, la paronymie et les règles les plus
-controversées de la lexicologie et de la syntaxe.
-
-C'est assez dire que notre ouvrage offre, à chaque page, deux parties
-bien distinctes: une partie _négative_, destinée à signaler les
-vices et les fautes de langage, et une partie _positive_, qui traite
-sommairement des difficultés qui sont de nature à embarrasser dans la
-conversation et dans la rédaction.
-
-On nous demandera peut-être pourquoi nous avons cru devoir écarter la
-forme du _manuel_ proprement dit, pour adopter celle du _dictionnaire_.
-
-Si l'on veut bien tenir compte de notre but, on comprendra sans peine
-pourquoi nous avons accordé la préférence à cette dernière forme. Nous
-avons eu en vue, en effet, non-seulement les élèves, mais encore les
-personnes qui ont terminé leur éducation. Or, si les élèves peuvent
-s'accommoder d'un manuel et s'en servir avec fruit, il n'en est pas
-ainsi des gens du monde qui demanderont surtout à trouver dans notre
-ouvrage un répertoire utile qu'ils puissent consulter à toute heure
-et sans difficulté. Il y a plus: si même nous n'avions eu en vue, en
-rédigeant notre _Dictionnaire_, que les élèves de nos établissements
-d'instruction publique, il nous eût été difficile, sinon impossible,
-d'adopter un ordre logique quelconque, par exemple, un plan calqué
-sur les grandes divisions de la grammaire. Car enfin nous écrivons non
-seulement pour les élèves des écoles primaires, mais encore pour ceux
-qui fréquentent les cours de l'enseignement secondaire ou moyen. Or,
-tel plan qui eût été parfaitement approprié au degré d'instruction et
-d'intelligence de ceux-ci, aurait présenté pour ceux-là d'inévitables
-inconvénients.
-
-Ces considérations justifient pleinement, ce nous semble, le choix que
-nous avons fait de l'ordre alphabétique. D'ailleurs les numéros par
-lesquels nous avons eu soin de distinguer nos remarques, permettront
-aux maîtres qui feront usage de notre _Dictionnaire_ d'y joindre les
-avantages qui résultent d'une méthode plus logique et mieux adaptée aux
-besoins divers d'un enseignement gradué.
-
-On nous reprochera peut-être d'avoir signalé certaines fautes de
-prononciation ou de langage, trop communes ou trop populaires. Ce
-reproche tombe de lui-même, si l'on veut bien ne pas oublier que nous
-écrivons pour les enfants des écoles primaires aussi bien que pour les
-élèves des établissements moyens ou pour les hommes instruits, et que,
-en définitive, le français est une langue à peu près étrangère pour
-tout le monde.
-
-On n'est guère plus fondé, croyons-nous, à nous faire un grief de nos
-répétitions fréquentes. Qui ne sait, en effet, que la répétition est
-l'âme de l'instruction? Qui ignore que les élèves surtout ne savent
-bien que ce qu'on leur a fait répéter à satiété et sous toutes les
-formes? Nous en appelons ici à l'expérience de nos confrères dans
-l'enseignement.
-
-Nous ne prétendons point donner notre _Dictionnaire_ comme un code
-du langage de tout point irréprochable. Nous sommes des premiers à
-reconnaître toutes les difficultés inhérentes à la rédaction d'un
-ouvrage de ce genre; et partant nous conviendrons sans peine qu'il est
-loin encore d'avoir ce degré de perfection dont il est susceptible,
-et qu'une critique éclairée pourra y découvrir plus d'une lacune et y
-signaler peut-être des inexactitudes.
-
-C'est pourquoi nous sommes disposé à tenir compte des observations
-que l'on voudra bien nous communiquer. Ces observations même nous les
-appelons de tous nos voeux, convaincu que nous sommes que pour arriver
-à faire un bon ouvrage classique, ce n'est pas trop du concours des
-lumières de tous ceux qui s'intéressent au sort des lettres et aux
-progrès de l'enseignement.
-
-
-
-
- OUVRAGES CONSULTÉS.
-
-
-Dictionnaire de l'Académie.
-
-Dictionnaire universel de la langue française, par M. Bescherelle, aîné.
-
-Nouveau Dictionnaire universel de la langue française, par M. J.
-Poitevin.
-
-Dictionnaire flamand-français, etc., par l'abbé Olinger.
-
-Dictionnaire wallon-français, etc., par J. Cambresier;--item, par
-L. Remacle, 2 vol.;--item, par Hubert;--Dictionnaire étymologique
-wallon, par Ch. Grandgagnage.
-
-Grammaire française, par l'abbé J.-J. Péters;--item, par Poitevin,
-Noël et Chapsal, Napoléon Landais, Girault-Duvivier, Mauvy, etc., etc.
-
-Cours de Prononciation, etc., par Fréd. Hennebert;--item, par L.
-Remacle; item, par Joseph de Malvin-Cazal;--item, par le R. P.
-Mansion, de la Compagnie de Jésus, etc., etc.
-
-Synonymes français, par l'abbé Girard.
-
-Dictionnaire synonymique de la langue française, par J.-Ch. Laveaux.
-
-Dictionnaire des synonymes de la langue française, par M. Lafaye.
-
-Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de
-la langue française, par J.-Ch. Laveaux, édition de Ch. Marty-Laveaux.
-
-Dictionnaire raisonné des difficultés et exceptions de la langue
-française, par Th. Soulice et Sardou.
-
-Dictionnaire des difficultés de la langue française, par C.-V. Boiste,
-édition de Ch. Nodier.
-
-Remarques sur le Dictionnaire de l'Académie, par B. Pautex.
-
-Les Omnibus du langage, par D. Lévi Alvarès et C.-L. Merle, dernière
-édition de Paris.
-
-Dictionnaire wallon-français, à l'usage des habitants de la province de
-Luxembourg, par J.-B. Dasnoy.
-
-Du bon Langage et des locutions à éviter, par Mme la comtesse
-Drohojowska.
-
-Belgicismes ou les vices de langage et de prononciation les plus
-communs en Belgique, corrigés, etc., par Joseph Benoit.
-
-Le Complément des grammaires et des dictionnaires français, par le même.
-
-Nouveau manuel de la pureté du langage, par F. Biscarat, édition de A.
-Boniface.
-
-Le Langage vicieux corrigé, par B. Jullien.
-
-Flandricismes, Wallonnismes et expressions impropres de la langue
-française, par un ancien professeur (M. Poyart).
-
-Dictionnaire des locutions vicieuses, etc., par M. D. R.
-
-Manuel de la conversation ou traité de la pureté du langage; Bruxelles,
-chez Deprez-Parent.
-
-Les Omnibus liégeois.
-
-Les Omnibus montois, par L. Dethier, typographe.
-
-
-
-
- ERRATA.
-
-
- _Chambrale_, page 65, ligne 17: lisez _chambranle_.
- _Chambrale_, page 65, ligne 19: lisez _chambranle_.
- _Estompe_, page 153, ligne 15, dernier mot de l'alinéa: lisez _estombe_.
- _Alevain_, page 258, ligne 34: lisez _alevin_.
-
-
-
-
- DICTIONNAIRE
-
- DU BON LANGAGE.
-
-
-
-
- A
-
-
-=A=, prép.--Ne dites pas: _le cheval à mon père, le livre à mon frère,
-la fête à maman_, etc.; dites, _le cheval de mon père, le livre de mon
-frère, la fête de maman_.--_La barque à Caron_ fait exception à cette
-règle. (Acad.)
-
-2. Ne dites pas: _un ami à moi, à lui_; dites, _un de mes amis, un de
-ses amis_; on disait autrefois, et bien gracieusement, _un mien ami, un
-sien ami_.
-
-3. Ne dites pas: _nous étions à dix à table; nous avons soupé à huit_;
-dites, _nous étions huit à table; nous étions huit à ce souper_, ou
-_nous avons soupé au nombre de huit_.
-
-4. Ne dites pas: _il a mis son fils aux Jésuites_; dites, _chez les
-Jésuites_, et mieux, _au collége des Jésuites_. (Wall. et Fland.)
-
-5. Ne dites pas: _je demeure à la rue Hors-Château; à quelle rue
-demeurez-vous_; dites, _je demeure dans la rue Hors-Château_,
-ou simplement, _je demeure rue Hors-Château; dans quelle rue
-demeurez-vous_.
-
-6. _C'est à vous de parler_, c'est à vous qu'il appartient, qu'il
-convient de parler, et, _c'est à vous à parler_, votre tour de parler
-est venu. (Acad.)
-
-Cependant les bons écrivains n'ont pas toujours observé cette
-distinction: _Dieu me l'a donné, c'est à moi à en prendre soin._
-(Bernardin de Saint-Pierre.)
-
-7. La préposition _à_ s'emploie entre deux noms de nombre, lorsque le
-sens permet d'augmenter le premier; ainsi on dit: _il a fait cinq à six
-lieues; il a perdu quinze à vingt francs; il a invité trente à quarante
-personnes; il a perdu quinze francs et demi; il a fait cinq lieues et
-un quart; perdu quinze francs et demi, seize francs; invité trente et
-une, trente-deux personnes_, etc.--Mais lorsque le sens ne permet
-pas d'augmenter le premier des deux nombres, c'est la conjonction
-_ou_ qu'il faut employer; on dira donc: _il a perdu quinze ou seize
-centimes; il a invité trente ou trente et une personnes_, etc.
-
-=Aa.=--Les deux _a_ se prononcent et sont brefs: _A-aron, Isa-ac,
-Ba-al_.
-
-=Abaisser.=--Ne dites pas: _abaissez-vous pour ramasser ce qui est
-tombé_; dites: _baissez-vous_.
-
-=Abasourdir=, v. a., rendre sourd, étourdir: prononcez l'_s_ dure.
-
-=Abattoir=, s. m., endroit où l'on tue les bestiaux; le mot _abattage_,
-dans ce sens, n'est pas français.
-
-=Abattue=, dans le sens de _remise, abri_, n'est pas français.
-
-=Abbaye=, s. f., couvent régi par un abbé, prononcez: _Abé-î_ et non
-_abai-ïe_.
-
-=Abbé=, s'écrit avec deux _b_, et fait au féminin _abbesse_: on ne
-prononce qu'un _b_ dans _abbaye, abbé, abbesse, abbatial_.
-
-=Abîme=, s. m.: on écrit aussi, mais plus rarement, _abyme, abymer_.
-
-=Abîmer.=--Ce mot signifie gâter, et non salir, souiller, comme en
-wallon; vous pouvez donc dire: _mon chapeau a été abîmé par la pluie_;
-mais ne dites pas: _mon pantalon est abîmé par la boue_; vous direz
-dans ce cas: _mon pantalon est crotté, éclaboussé, sali, couvert de
-boue_.
-
-=Able=, s. f., ablette, petit poisson; prononcez _able_ (_a_ bref.)
-
-=Able=, terminaison qui a l'_a_ long seulement dans les substantifs
-de deux syllabes: _diable, fable_ (_diâble, fâble_), excepté _table_,
-qui a l'_a_ bref. L'_a_ est bref dans tous les autres cas: _aimable,
-blamable, formidable_, etc.--Les wallons sont exposés à supprimer
-l'_l_ et à changer le _b_ en _p_; les flamands de leur côté, prononcent
-trop souvent _bèle_ au lieu de _ble_: ainsi les premiers diront:
-_fâpe, tape, diâpe, aimape, estimape_; les derniers diront _fâbèle,
-tâbèle, diabèle, aimabèle, estimabèle_. Il faut donc prononcer toutes
-ces lettres finales et particulièrement l'_l_, et les prononcer sans
-intercaler un _e_ entre le _b_ et l'_l_, et l'important, c'est d'y
-exercer impitoyablement les élèves dès leur plus tendre enfance.
-
-=Abloucner=, attacher, serrer avec une boucle: ce mot n'est pas
-français; dites, _boucler_: _bouclez vos jarretières_. (Wall.)
-
-=Aboutonner=, attacher avec des boutons: ce mot n'est pas français,
-dites _boutonner_. (Wall.)
-
-=Aboyer.=--On ne doit pas dire: _aboyer quelqu'un ou sur quelqu'un_,
-mais aboyer _à, contre_ ou _après_ quelqu'un. _Un chien qui aboie
-aux voleurs, contre tous les passants, après tout le monde; tous ses
-créanciers aboient après lui_. En parlant des petits chiens, on emploie
-ordinairement le verbe _japper_: _le chien ne fait que japper_.
-
-=Abraham=, n. pr.: prononcez _Abrahame_.
-
-=Abre, Abrer; Adre, Adrer; Avre, Avrer= (terminaisons en): l'_a_ est
-long dans ces terminaisons, _sabre, sabrer, cadre, cadrer, navre,
-navrer_. Cette règle s'applique aux dérivés de ces mots, auxquels il
-faut ajouter les analogues _madré, madrée_.
-
-=Abréviations.=--Les principales abréviations sont les suivantes:
-
-J.-C. Jésus-Christ.
-
-N. S. Notre Seigneur.
-
-N. S. J.-C. Notre Seigneur Jésus-Christ.
-
-S. S. Sa Sainteté (le Pape).
-
-S. P. Saint Père (le Pape).
-
-S. M. Sa Majesté.
-
-S. M. I. Sa majesté impériale (un empereur).
-
-S. M. I. et R. Sa majesté impériale et royale.
-
-S. M. B. Sa majesté britannique (le souverain de la Grande-Bretagne).
-
-S. M. C. Sa majesté catholique (le souverain d'Espagne).
-
-S. M. T. C. Sa majesté très-chrétienne (le souverain de France).
-
-S. M. T. F. Sa majesté très-fidèle (le souverain de Portugal).
-
-S. H. Sa Hautesse (le Sultan).
-
-S. A. Son altesse. (Se dit d'un prince du sang ou d'un prince régnant).
-
-S. A. I. Son altesse impériale. (Idem).
-
-S. A. R. Son altesse royale. (Idem).
-
-S. A. S. Son altesse sérénissime.
-
-S. Exc. Son excellence. (Se dit d'un ministre, d'un ambassadeur).
-
-S. Em. Son éminence (se dit d'un cardinal).
-
-Mgr. Monseigneur. (Se dit d'un évêque, prince, etc.)
-
-M. Monsieur.
-
-Me Maître. (Se dit des notaires, avoués, avocats).
-
-MM. Messieurs.--Mme ou M{e} Madame.
-
-Mlle Mademoiselle.--M{d} Marchand.
-
-M{de} Marchande.--N{gt} Négociant.
-
-=Acacia=, s. m., arbre: prononcez _acacia_ et non _acazia_.
-
-=Acalender=, mot wallon; dites: _cette boutique est bien achalandée_,
-et non: _acalendée_.
-
-=Accessit=, s. m.--Le _t_ se prononce au singulier et au pluriel:
-l'Académie écrit au pluriel _deux accessit_, et fait remarquer que
-plusieurs écrivent _des accessits_: nous admettrions volontiers cette
-dernière orthographe.
-
-=Accourir, Apparaître, Disparaître= et =Résulter=, prennent
-indifféremment _avoir_ ou _être_: _j'ai accouru, je suis accouru
-pour la fête; un spectre lui avait apparu, lui était apparu; mon
-argent a disparu, est disparu; qu'a-t-il résulté de là? qu'en est-il
-résulté?_ (Acad.)--Mais _paraître, comparaître_ et _reparaître_ ne
-prennent qu'_avoir_, ainsi que _périr, contrevenir_ et _subvenir_: _la
-troisième livraison de ce livre a paru; satan et ses anges ont péri
-par orgueil; on a subvenu à ses besoins_. (Acad.)--C'est donc une
-faute de dire: _ce livre est paru; cet ouvrage est paru depuis quinze
-jours_.
-
-=Accroc=, s. m., déchirure (le _cinq_ des wallons); obstacle, embarras;
-on ne prononce pas le _c_ final et on ne fait sentir qu'un des deux
-_c_: _acrô_ (_ô_ long).
-
-=Accroche=, dans le sens d'_agrafe_, n'est pas français.
-
-=Acculé.=--Ne dites pas _des souliers acculés_; dites _des souliers
-éculés_, pour signifier des souliers qui s'abaissent par derrière sur
-le talon.--On dit aussi: _éculer ses souliers, ses bottes s'éculent_.
-
-=A ce que.=--Ne dites pas: _j'arrangerai cette affaire de manière à ce
-que tout le monde soit content_; dites simplement, _de manière que tout
-le monde soit content_.
-
-=Achéron=, s. m., t. de mythol., fleuve des enfers: prononcez _achéron_
-et non _akéron_.
-
-=Acheter=, v. a.--Ne dites pas: _j'ai acheté ma maison pour dix mille
-francs; j'ai vendu mon cheval pour huit cents francs_; mais dites:
-_j'ai acheté ma maison dix mille francs; j'ai vendu mon cheval huit
-cents francs_. (Wall.) Mais on dira bien: _ce négociant a acheté hier
-pour mille francs; j'ai vendu des meubles pour deux cents francs_.
-
-=Achever=, v. a.--Prononcez _achever, ach'ver_ et non _ach'fer_; il en
-est de même de _échevin, cheville, écheveau_, etc.--Voyez la lettre
-_v_.
-
-=Aclaircir, Raclaircir=, ne sont pas français; c'est _éclaircir_ qu'il
-faut dire.
-
-=Acolyte=, s. m., clerc qui a reçu un des quatre ordres mineurs, nommé
-l'ordre des acolytes; ce mot ne figure pas dans les dictionnaires dans
-le sens de _enfant de choeur_; cependant, vu son usage fréquent dans
-notre pays, nous n'oserions pas le condamner absolument.--_Choral_,
-dans ce sens, n'est pas français.
-
-=Acte=, s. masculin et non féminin; prononcez: _ac-te_, en faisant
-sentir le _t_ et non _ake_; _acte de foi_, prononcez de même _pacte,
-tact, compact, entr'acte_, etc.
-
-=Actualité=, s. f.--_question palpitante d'actualité_: cette
-expression, dit M. Francis Wey, est un des fruits de la révolution de
-Juillet; avant 1833, il n'était pas question de cette horrible façon de
-parler.
-
-=Addition.=--Écrivez et prononcez les deux _d_.--Lorsqu'une consonne
-est doublée dans le même mot, ou se trouve à la fin d'un mot et répétée
-au commencement du mot suivant, les flamands n'en font ordinairement
-sentir qu'une; c'est une faute qu'ils doivent soigneusement éviter:
-ainsi ils prononceront: _adition, alusion, aluvion, acessit,
-colaboration, peti table, aide-camp_, au lieu de _ad-dition, al-lusion,
-al-luvion, ac-cessit, col-laboration, petite table, aide de camp_.
-
-=Adéquat=, adj., entier, total, complet: prononcez _adekoua_.
-
-=Adjectif=:--(prononcez _ad-jectif_, et non _at-jectif_ ni
-_ag'-jectif_). Les wallons placent quelquefois abusivement l'adjectif
-devant son substantif; ainsi ils disent: _un neuf chapeau, un blanc
-pantalon, une propre chemisette_, etc.; il faut dire: _un chapeau neuf,
-un pantalon blanc, une chemisette propre_.
-
-Certains adjectifs pourtant peuvent ou doivent précéder le substantif;
-l'essentiel est donc de bien les connaître; par ex.: on dit très-bien:
-_une belle maison, un petit livre, un homme grand_ et _un grand homme_,
-etc.
-
-=Ad libitum=, loc. adv., à volonté: prononcez _ad libitome_.
-
-=Administration=, s. f.: ne dites pas: _on a porté hier
-l'administration à M. Pierre; M. Pierre a reçu hier l'administration_;
-dites: _on a administré hier M. Pierre, M. Pierre a été administré
-hier_; ou bien, _on a porté hier le viatique, l'extrême-onction,
-les derniers sacrements à..... M. a reçu hier le viatique,
-l'extrême-onction, les derniers sacrements_. (Fland.)
-
-=Adorer=, v. n.--Ne dites pas: _j'adore la musique; j'adore les
-asperges, les petits pois_; dites: _je raffole de la musique, je suis
-friand des asperges, des petits pois_.
-
-=Ad patres=, loc. lat., signifiant littéralement, _vers les pères_:
-_aller ad patres_, mourir; _envoyer ad patres_, faire mourir: prononcez
-_patrèsse_.
-
-=Age=, s. masculin.--Ne dites pas: _c'est à nos âges surtout qu'il
-faut éviter les excès_; dites: _c'est à notre âge surtout...._ Cette
-faute est assez commune.
-
-2. _Age_, dans le corps ou à la fin des mots, doit se prononcer
-_age_ et non _ache_: _âge, fromage, rivage, tapage, ménagement,
-déménagement_, etc., et non _ache, fromache, rivache, tapache,
-ménachement, déménachement_. (Wall.)--_Ache_, d'un autre côté, doit
-se prononcer _ache_ et non _age_: _hache, vache, cravache, il crache,
-crachement_, etc., et non _hage, vage, cravage, il crage, cragement_.
-(Fland.)
-
-=Aéré=, adj., qui a de l'air, qui est en bel air.--Dites: _cet
-appartement est bien aéré_; ne dites pas: _cet appartement est bien
-airé_.
-
-=Affaire= (_Avoir_).--_Avoir affaire de_, c'est avoir besoin de:
-_j'ai affaire d'argent; j'ai affaire de vous, ne sortez pas_.
-
-2. _Avoir affaire à quelqu'un_, suppose pouvoir, autorité, force,
-supériorité de la part de ceux à qui on a affaire; et dépendance,
-infériorité, besoin de la part de ceux qui ont affaire; celui qui
-veut obtenir une grâce, une faveur, _a affaire au ministre_ ou _à ses
-commis_, et non _avec le ministre_, etc.; _il a affaire à un homme dur
-et méchant, à un homme plus rusé, plus fort que lui_.
-
-3. _Avoir affaire avec quelqu'un_, suppose concours d'affaires,
-discussions, différends, contestations: _un commis a affaire avec le
-ministre; un associé a affaire avec son associé; il faut éviter d'avoir
-affaire avec les fripons; j'ai eu affaire avec cet homme-là au tribunal
-de commerce_. Remarquez qu'_avoir affaire_ s'écrit en deux mots (et non
-_avoir à faire_) dans les quatre acceptions qui précèdent.
-
-=Affiler, Effiler.=--_Affiler_, signifie donner le fil à un tranchant;
-_effiler_, c'est défaire un tissu fil à fil: _j'ai affilé la lame de
-mon canif; j'ai effilé ma cravate_.
-
-=Affligé=, adj.: ce mot ne peut pas s'employer comme synonyme
-d'_estropié_: _c'est un estropié_ (et non _un affligé_) _qui demande
-l'aumône_.
-
-=Agace=, s. f., oiseau qu'on nomme plus communément _pie_; quelques-uns
-écrivent, _agasse_. (Acad.)
-
-=Agenda=, s. m., carnet où l'on inscrit jour par jour ce que l'on doit
-faire: le plur. est _agendas_: prononcez _aginda_ et non _agène-da_.
-
-=Ag, Agde, Age, Agme, Agne, Agre, Agru=, toutes finales brèves, excepté
-le seul mot _âge_. (M. J. BENOIT, _le Complément des Grammaires_, etc.)
-
-=Agir.=--Ne dites pas: _il en a mal agi avec moi_; dites: _il a mal
-agi avec moi_.
-
-2. Ne dites pas: _quand il a s'agi de parler_; dites _quand il s'est
-agi_; dites de même: _il se fût agi, il s'était agi, il se sera agi, il
-se serait agi, il se fût agi, qu'il se soit agi, qu'il se fût agi_.
-
-=Agonisant=: prononcez _agonizant_ et non _agonis-sant_.
-
-=Ai=, au lieu de _oi_.--Autrefois on écrivait: _connoître, paroître,
-j'aimois, il vendroit_, etc.: aujourd'hui on écrit communément:
-_connaître, paraître, j'aimais, il vendrait_.
-
-=Ai, Aie, Aye=, (terminaisons en)--Généralement on fait trop sentir
-l'_i_ et l'_e_ des syllabes en _ai, aie, aye_. On prononce par exemple,
-_que j'aiïe, hai-ïe, clai-ïe, gai-ïe, pai-ïe_, etc., tandis qu'on doit
-dire: _que j'aî, haî, claî, gaî, paî_, (_aî long_). Il en est de même
-des mots en _oie_ et en _oye_, tels que _soie, voie_, que je _croie_,
-etc., qu'il faut prononcer _soî, voî_, que je _croî_, etc., (_oî_ long)
-et non: _soi-ïe, voi-ïe_, que je _croi-ïe_. (Wall.)
-
-=Aider=, v. a.--_Aider quelqu'un_, c'est lui prêter plus ou
-moins d'assistance: _il faut aider les pauvres; aidez-le à
-descendre_.--_Aider à quelqu'un_, c'est, le plus souvent, l'assister en
-partageant ses efforts: _aidez à cet homme à soulever ce fardeau_.
-
-=Aide de camp=, s. m.--Ce mot s'écrit sans trait d'union; faites
-sentir les deux _d_.
-
-=Aides, Aises.=--_Je connais les aides, les aises d'une maison_, pour
-signifier les corridors, les chambres, les escaliers, la distribution
-d'une maison, n'est pas français; dites: _je connais les êtres_, subst.
-m. pl., et prononcez l'_r_ fortement, ainsi que dans toutes les finales
-en _dre, tre, gre, bre, fre, vre, cre_, etc.
-
-=Aigle=, s'emploie au _féminin_, 1º dans le sens d'enseigne militaire:
-_les aigles romaines_, (les enseignes des légions romaines); 2º dans
-le sens d'armoiries: _l'aigle impériale_ (les armes de l'empire
-d'Autriche qui sont _une aigle_ à deux têtes).--Dans tout autre sens,
-_aigle_, s'emploie au masculin: _l'aigle fier et courageux, un aigle
-femelle_;--_c'est un aigle_, c'est-à-dire, un homme qui a un esprit
-supérieur.
-
-=Aiguë=, (tréma), fém. de _aigu_: voyez _gu, guë_.
-
-=Aiguière.=--Prononcez: _aighière_; de même _aiguiérée, anguille_.
-Voyez _gu_.
-
-=Aiguiser=, v. a.--Prononcez l'_u_ et l'_i_ séparément: _aighuiser_
-et non _aighouiser_, ou _aighiser_. Il en est de même de: _aiguille,
-aiguillade, aiguillée, aiguillon, aiguillonner, aiguisement_ et de tous
-les dérivés du mot _aigu_. Voyez _gu_.
-
-=Aile= ou =Ale=, s. f., espèce de bière anglaise: prononcez
-_èle_:--L'Académie écrit _aile_.
-
-=Aill.=--La syllabe _aill_ est longue au milieu des mots qui expriment
-une action, une chose plus ou moins méprisable ou ridicule, tels
-que _brailler, bretailler, bretailleur, se chamailler, éraillure,
-haillon, railler, railleur, rimailler, rimailleur_. Elle est brève
-dans les mots qui n'ont aucune signification désagréable: _ailleurs,
-caillou, maillot, paillette, tressaillir, vaillant, vaillance_: le mot
-_poulailler_ a l'_a_ long, parce qu'il dérive de l'ancien substantif
-féminin _poulaille_.
-
-2. Les substantifs en _aille_, tous du genre féminin, ont généralement
-l'_a_ long ainsi que leurs dérivés: _bataille, batailler_, (excepté
-_bataillon_); _paille_ (les dérivés _paillasse, paillasson_
-exceptés); _taille, tailler_, etc.; excepté _limaille, médaille,
-représaille_.--_Versailles, Noailles, la Fouraille, Aywaille_, etc.,
-ont aussi l'_a_ long.
-
-3. Les substantifs en _ail_, tous du genre masculin, ont au contraire
-l'_a_ doux: _ail, bail, corail, détail, éventail, travail_, et leurs
-dérivés; il faut y ajouter les noms propres: _Montmirail, Gail_, etc.
-(HENNEBERT.)
-
-=Aimer.= Ce verbe exige la préposition _à_ devant un infinitif: ne
-dites pas: _cet enfant aime de jouer, cet élève aime de lire_: dites,
-_cet enfant aime à jouer, cet élève aime à lire_.
-
-2. Ne dites pas: _mon professeur aime à ce que mes devoirs soient
-bien écrits_; dites: _mon professeur aime que mes devoirs soient bien
-écrits_.
-
-3. _Aimer mieux_, devant un infinitif rejette toute préposition: _il
-aime mieux jouer, il aime mieux étudier_. Cependant on peut dire
-également: _cet enfant aime mieux jouer qu'étudier_, et _cet enfant
-aime mieux jouer que d'étudier_. (Acad.)
-
-Aux temps composés, _mieux_ précède le participe passé: _j'ai mieux
-aimé_.
-
-4. Prononcez _émer_ et non _èmer_: il en est de même de tous les mots
-où _ai_, première syllabe, est suivi d'une syllabe sonore: _aisé,
-j'aidai_, etc.
-
-=Ain.=--L'_n_ des substantifs terminés en _ain_ ne se lie pas avec la
-voyelle du mot suivant: _le pain est fort cher_ (et non _le pain n'est
-fort cher_); _cet homme est vain et fier_ (et non _vain n'et fier_).
-
-=Aine=, _eine_ et _ène_.--Prononcez _vène_ et non _vain-ne_:--_huitaine,
-dizaine, douzaine, vaine, certaine, lointaine, veine, il mène, il
-amène_, etc. (Wall.)
-
-=Ainsi.=--_Est-ce bien vrai? Oui, c'est ainsi_: on dit plutôt, dans
-le style familier: _c'est comme cela_ ou _comme ça_, forme abrégée de
-_cela_.
-
-2. _Ainsi_ n'est pas toujours synonyme de _donc_: ne dites pas: _vous
-voilà ainsi, vous partez ainsi_; dites: _vous voilà donc, vous partez
-donc_.
-
-=Air=, s. m.: _air frais, air chaud, air froid_: v. _avoir l'air_.
-
-=Airer=, pour _aérer_ est un barbarisme: _lieu aéré, aérer une pièce_
-et non _lieu airé_, etc.
-
-=Ajamber, Ajambée=, ne sont pas français; dites: _enjamber, enjambée_.
-
-=Ajoute.=--Ce mot n'est pas français, et doit être remplacé par
-_allonge, rallonge_, ou _addition_, suivant le sens: _mettre une
-allonge_ ou _une rallonge à une jupe; la table est trop petite,
-mettez-y une allonge_ ou _une rallonge; l'auteur a fait à son livre
-de nombreuses additions_.--Prononcez _allon-ge_, et non: _allon-che_.
-Voyez les mots _prononciation_ et _finales_.
-
-=Alargir=, barb.: _alargir une robe, un habit_: dites _élargir_.
-
-=Albinos=, s. m. et f., race d'hommes blafards.--Prononcez _albinoce_.
-
-=Alcoran=, s. m., livre sacré des Mahométans.--Ne dites pas:
-_l'Alcoran_, mais _le Coran_. En effet, il est à remarquer que _al_
-en arabe correspond à notre article _le, la_; d'où il suit que vous
-ne pouvez pas plus dire _l'Alcoran_, que _la labible, le lelivre, la
-laplume_.
-
-=Alentour=, autrefois préposition, est devenu adverbe; on dira donc:
-_je me promène autour du parc; j'étais dans le parc, et mon ami se
-promenait alentour_. _Alentour_ ne peut avoir de complément et doit
-toujours s'employer adverbialement.
-
-2. Ne dites pas: _il travaille autour, à l'entour de sa maison, de son
-devoir_; dites: _il travaille à sa maison, à son devoir_.
-
-=Alentours=, s. m. pl., n'a pas de sing., et signifie les lieux
-circonvoisins: _les alentours de Liége sont très-pittoresques_.
-
-=A l'envi=, expression adverbiale qui signifie _avec émulation, à qui
-mieux mieux_: c'est une faute très-commune que d'écrire _à l'envie_.
-
-=Alexandre, Alexandrine, Alexandrie=; l'_x_ est dure dans ces mots:
-_Alekçandre_ et non _Aleg-zandre_.
-
-=A l'honneur.=--Ne dites pas: _Liége a érigé une statue à l'honneur de
-Grétry_; dites _en l'honneur de Grétry_.
-
-=Aller.=--L'Académie admet _je vais_ et _je vas_, mais elle ajoute que
-cette dernière forme s'emploie rarement et seulement dans le langage
-familier.
-
-2. _Je fus, tu fus, il fut_, etc., pour _j'allai, tu allas, il alla_,
-etc., se disent très-bien, quoi qu'en pensent Lévy, Boinvilliers,
-Chapsal, Poitevin, Girault-Duvivier, etc.: cette forme est consacrée
-par l'autorité de l'Académie et de plusieurs bons écrivains, notamment
-Corneille, M{e} de Sévigné: il ne peut donc rester l'ombre de doute
-sur cette question. Voyez la grammaire de M. l'abbé Péters, nº 584, où
-l'auteur fait justice des raisons spécieuses de ses contradicteurs.
-
-3. Employez: _a été_, lorsque vous croyez qu'on est de retour: _Pierre
-a été à l'église, mais il n'y est resté qu'un instant._ Employez: _est
-allé_, lorsque vous croyez qu'on n'est pas de retour. _Mon père est
-allé à Paris, et il y séjournera trois mois._ Le wallon ici est un bon
-guide.
-
-4. Ne dites pas: _Monsieur le baron a été ici_ (_chez nous_); dites:
-_Monsieur le baron est venu ici._
-
-5. Ne dites pas: _je me suis en allé; on les a fait en aller_; dites:
-_je m'en suis allé; on les a fait partir_. Ne dites pas: _je m'y vais_,
-mais _j'y vais_.
-
-6. Ne dites pas: _mon frère va sur vingt ans_; dites: _mon frère aura
-bientôt vingt ans_, ou _est dans sa vingtième année_.
-
-7. Ne dites pas: _aller, voyager, revenir sur la terre, sur l'eau_;
-dites: _aller, voyager, revenir par eau, par terre_: _j'ai été à Namur
-et j'en suis revenu par eau_.
-
-8. Ne dites pas: _il a voulu me faire aller_; dites: _se jouer de moi,
-se moquer de moi, me plaisanter, me faire poser, m'en faire accroire_,
-selon le sens.
-
-9. Ne dites pas: _j'ai plusieurs endroits à aller_; dites: _je dois
-aller dans plusieurs endroits; j'ai plusieurs endroits à voir, à
-visiter; il faut que j'aille dans plusieurs endroits_.
-
-10. _Allez! Allez!_ formule aussi inconvenante que: _vous en avez
-menti_; dites: _vous plaisantez sans doute; parlez-vous sérieusement ou
-pour plaisanter; apparemment vous plaisantez_.
-
-11. _Aller avec_ veut être suivi d'un régime: ne dites pas: _vous
-partez, je m'en vais avec_; dites: _je m'en vais avec vous_: _avec_ est
-une préposition et non un adverbe. (Wall.)
-
-12. Ne dites pas: _comment va? comment vous va? comment va-t-il?_
-dites: _comment va votre santé? comment vous en va?_ et mieux, _comment
-vous portez-vous?_ (Acad.) Ne dites pas non plus: _Comment va-t-il avec
-vous?_ dites: _comment vous portez-vous?_ (Fland.)
-
-13. Par raison d'euphonie, on supprime ordinairement la particule _y_
-devant le futur _irai, iras, ira_, etc. _Ira-t-il à Rome? Il ira?_ Mais
-ce ne serait pas une faute de l'exprimer.
-
-=Allocation, Allocution, Allodial, Allodialité, Alluvion, Allusion=:
-dans tous ces mots, prononcez les deux _ll_.
-
-=Allonge=, dans le sens d'_élan_, d'_escousse_, n'est pas français; ne
-dites pas _j'ai pris mon allonge pour sauter_; dites: _mon élan, mon
-escousse_.
-
-=Allonger= (_s'_).--Ne dites pas: _les jours s'allongent_; dites: _les
-jours croissent_.
-
-=Allumer.=--Ne dites pas: _allumez la lumière, le feu_; dites:
-_allumez la bougie, la lampe; faites du feu_.
-
-2. _Allumer_, dans le sens d'_éclairer_, n'est pas français. (Wall.)
-
-=Almanach= est masculin et se prononce _almana_. Ne dites pas
-_armanach_ ou _almanak_; ne dites pas non plus _une almanach placante_;
-dites: _un almanach de comptoir_.
-
-=Aloès=, s. m.--Prononcez _aloèce_.
-
-=Alors= pour _ensuite_: _alors_ est un adverbe de temps qui signifie:
-_à cette époque, dans ce temps-là_, comme quand on dit: _il était
-autrefois bien riche; alors il se voyait entouré de flatteurs; dans ce
-temps-là ou alors, nous étions heureux_. Mais on emploie abusivement
-_alors_ pour _ensuite, puis, après, après cela_, en disant par exemple:
-_nous dinâmes, alors nous prîmes le café, alors nous nous promenâmes_;
-il faut dire: _ensuite nous prîmes le café, ensuite...._ Dites encore:
-_nous avons été à la messe, ensuite nous sommes venus déjeuner, puis
-nous sommes partis_, etc., et non: _alors, alors...._ Prononcez _alor_
-et non _alorse_.
-
-=Alouette=, s. f., oiseau.--Ne confondez pas ce mot avec _luette_,
-morceau de chair saillant placé à l'entrée du gosier: _il a la luette
-enflée; remettre la luette_: et non: _il a l'alouette_, etc.--Voyez
-_oue_.
-
-=Amadou=, subst. masculin: _votre amadou n'est pas sec_ et non _votre
-amadou n'est pas sèche_.--Ne dites pas _amadoue_.
-
-=Amancher.=--Ne dites pas: =amancher un balai=; dites _emmancher un
-balai_.
-
-=Amande=: voyez _noix_ et _noyaux_.
-
-=Amateur=, s. m.--L'Académie ne reconnaît point de féminin à ce
-mot. Beaucoup de personnes, à l'imitation de J.-J. Rousseau, disent
-_amatrice_.
-
-=Amblève=, rivière de Belgique, qui prend sa source en Prusse et se
-jette dans l'Ourthe. On doit écrire _Amblève_ et non _Emblève_: 1º
-parce qu'on prononce invariablement _Amblève_ et non _Imblève_; 2º
-parce que l'_a_ figure dans le mot latin _Amblavia_ et dans le mot
-_Amel_ qui en est le nom allemand; 3º parce que le mot _Amblève_ vient
-du germain _Ambla_, aune (arbre) et _Ahva_, eau (rivière des
-aunes).--Il nous paraît donc tout-à-fait impossible de justifier la
-seconde orthographe (_Emblève_).
-
-=Amelette=, pour _omelette_ ou _amulette_, n'est pas français.
-
-=Amer=, s., boisson, est masculin: _cet amer n'est pas violent_:
-écrivez _amer_ et prononcez _amère_.
-
-=Ami=, s. m.--On ne dit pas _être ami avec quelqu'un_, mais _de
-quelqu'un_: _je suis l'ami de Pierre_ ou _Pierre est mon ami; je suis
-son ami, il est mon ami_.
-
-=Amical, ale=, adj., n'a point de pluriel masculin (Acad.); quelques
-grammairiens disent _amicals_; Boiste et Boinvilliers disent _amicaux_:
-nous préférerions cette dernière forme, si le pluriel d'amical devenait
-nécessaire. (SOULICE et SARDOU).
-
-=Amict=, s. masculin, sorte de linge bénit dont le prêtre se couvre les
-épaules: prononcez _ami_ et non _emike_ ni _amik-te_.
-
-=Amitié=, s. f.--Prononcez _amiti-é_ et non _ami-tchi-é_.--Voyez _ti_.
-
-=Amitieux.=--Ce mot n'est pas français; remplacez-le par _carressant,
-aimant, aimable, affectueux_; _cet enfant est fort carressant_.
-
-=Amment=, se prononce _aman_ et non _an-man_: _apparamment,
-constamment, précipitamment_.--Il en est de même de _emment_:
-_récemment, prudemment_.
-
-=Amen=: prononcez _amène_.
-
-=Amnistie=, s. f., =Armistice=, s. m.--L'_amnistie_ est un pardon
-accordé par le souverain.--L'_armistice_ est une suspension d'armes:
-on faisait autrefois ce dernier mot du féminin.
-
-=Amont=, s. m. =Aval=, s. m.--Amont est le côté (d'en haut) d'où
-vient la rivière; il est opposé à l'_aval_, côté vers lequel descend
-la rivière: _ces bateaux viennent d'amont_ (descendent); _ils viennent
-d'aval_ (ils montent).
-
-=Amour= est masculin: _l'amour des mères est le plus généreux de tous
-les amours; sculpter, peindre de petits amours_.--Dans le sens de
-passion, il est ordinairement masculin au singulier et féminin au
-pluriel: _un fol amour, de folles amours_; et, par extension: _mon
-pays, mon premier amour, mes plus chères amours_.
-
-=Amouracher=; ne dites pas: _enmouracher_.
-
-=An=, s. m., année: ne dites pas _à la nouvel an_; dites: _au nouvel
-an_ ou _à la nouvelle année_.
-
-=Ancêtres=, subs. m. pl., ayeux, n'a pas de singulier: prononcez
-_ancê-tres_ et non _ancète_ ni _ancè-tère_.
-
-=Anche=, s. féminin, tuyau pour pousser l'air dans les instruments à
-vent: _une anche de clarinette_.--Prononcez _anche_ et non _ange_.
-
-=Anchois=, s. masculin: _de bons anchois_.
-
-=Ancienne=, fém. de _ancien_; prononcez _anciène_ et non: _ancien-ne_.
-
-=Andain=, s. m., rangée de foin qu'un faucheur coupe à la fois.
-
-=Andante=, t. de musique: prononcez _andanté_ et non _andante_.
-
-=Ane= est masculin et fait _ânesse_ au féminin: _A laver la tête d'un
-âne on perd sa lessive_.
-
-=Ange=, s. masculin, esprit céleste: _l'ange gardien_; prononcez:
-_an-ge_, et non _an-che_, et appuyez fortement sur le _g_.
-
-=Angelus=, s. m.--Ne dites pas: _sonner les angelus_; dites: _sonner
-l'angelus_: ce mot ne se prend pas au pluriel et se prononce _angeluce_.
-
-=Angora=, s. m., chat; ne dites pas _angola_.
-
-=Anguille=, s. f., poisson: prononcez _anghille_, en mouillant les _l_,
-et sans faire sentir l'_u_: voyez _gu_.
-
-=Anis=, s. m., plante, graine, dragées: prononcez _ani_ et non
-_anizes_.--Dites _anisette_ et non _anis_ pour désigner la boisson qui
-porte ce nom.
-
-=Annales=, s. f. plur.--Faites sentir les deux _n_, _an-nales_, ainsi
-que dans les mots suivants: _annal, annaliste, annate, Anna_ (subst.
-pr.), _annexe, Annibal, annihiler, annoter, annuaire, annuel, annuité_.
-
-=Année=, s. f.--Prononcez _a-né_, _é_ long, et non _an-né_ ni
-_a-néïe_: voyez _é, ie_ et _an_.
-
-=Anniversaire=, cérémonie qui se fait le même jour chaque année, est un
-substantif masculin: _le second anniversaire; un anniversaire solennel_.
-
-=Annoté=, part.--Ne dites pas: _tous les articles de mon magasin sont
-annotés en chiffres connus_; dites, _sont marqués_.
-
-=Anoblir= et =Ennoblir.=--_Anoblir_, c'est rendre noble en donnant un
-titre de noblesse: _le roi l'avait anobli_. _Ennoblir_, c'est élever,
-donner de la noblesse: _ces sentiments vous ennoblissent; les beaux
-arts ennoblissent une langue_.--_Ennoblir_, prononcez _an-noblir_ et
-non _a-noblir_.
-
-=Anonyme=, qui est sans nom: _ouvrage anonyme_; _pseudonyme_, qui a un
-faux nom: _le pseudonyme de cet ouvrage est N._ (c'est-à-dire N. est un
-nom faux, il n'en est pas le véritable auteur).
-
-=Antechrist=, s. m., en un seul mot: prononcez _antecri_;--_Christ_,
-Prononcez _Chris-te_;--_Jésus-Christ_, prononcez _Jésucri_.
-
-=Antichambre= est _féminin_ comme _chambre_: _une belle antichambre_.
-
-=Anticipativement=: ce mot n'est pas français; dites donc, _la
-rétribution est de 100 frs. par an, payable d'avance_ ou _par avance et
-par trimestre_, et non, _payable anticipativement_.
-
-=Antique= est opposé à _moderne_;--_ancien_ à _nouveau_;--_vieux_
-à _neuf_: _dans une chapelle antique on voyait d'anciens règlements
-écrits sur de vieux parchemins_.
-
-=Ao, Aon, Aou.=--L'_a_ est bref dans ces trois combinaisons: _cacao,
-chaos, Lycaon, Phaon, Pharaon_.--L'_o_ est nul dans _Craon_ (ville),
-_faon, Laon_ (ville), _paon_; lisez donc _Cran, fan, Lan, pan_. Il en
-est de même des dérivés _faonner, paonne, paonneau, paonnier, Laonais,
-Craonais_ qu'il faut prononcer _faner, pane, paneau, panier, Lanais,
-Cranais_.--C'est l'_a_ qui s'élide dans _aoriste_ (voyez ce mot),
-_août, aoûteron, curaçao, Saône_ (rivière), _Saonais, Saint-Laon_
-(ville), _saoul, saouler_ (on écrit généralement aujourd'hui _soûl,
-souler_) _taon_ (insecte); on prononce donc _oriste_ (quelques-uns
-prononcent _aoriste_ et _saône_), _oût, oûteron, sône, curaço, Sonais,
-Saint-Lon, sou, souler, ton_.--L'_a_ et l'_o_ se prononcent dans
-_aorte, aortique_ et dans _aoûté_, participe passé du verbe _aoûter_
-(qui ne s'emploie plus guère qu'à ce temps): pron. _aorte, aortique,
-aoûté_. (HENNEBERT).
-
-=Août=, s. m., huitième mois de l'année: voyez _ao, aon, aou_.
-
-=Apercevoir=, v. a., s'écrit avec un seul _p_.
-
-=Apothicaire= ne se dit plus aujourd'hui; on dit _pharmacien_.
-
-=Apparution, Disparution=: écrivez et prononcez, _apparition,
-disparition_;--cependant on dit _comparution_, action de comparaître
-en justice.
-
-=Appas= ou =Pas=, dans le sens de _marche_, de _degré_ d'un escalier,
-de _seuil_ d'une porte, n'est pas français.
-
-=Appel=, s. m.--Dites _appeau_, en parlant des instruments avec
-lesquels on imite le chant des oiseaux.
-
-=Appeler.=--Dites _appeler_ d'un jugement et non: _rappeler_.
-
-=Appendice=, s. m.: on prononce _ap'paindice_ et non _apandice_.
-
-=Applanter= n'est pas français: ne dites donc pas: _cette prairie est
-applantée d'arbres_; dites: _plantée d'arbres, garnie d'arbres_.
-
-=Applaudir=, v. a. et n.--_Applaudir quelqu'un_ ou _quelque chose_,
-c'est, 1º battre des mains en signe d'approbation: _on a vivement
-applaudi le poète; on a surtout applaudi le dernier vers_; 2º louer:
-_chacun l'a applaudi d'une si bonne action; on ne peut qu'applaudir un
-pareil trait_. (Acad.)
-
-2. _Applaudir à quelqu'un_ ou _à quelque chose_, c'est l'approuver:
-_s'il faisait cette bonne action, tout le monde lui applaudirait;
-j'applaudis à votre bonne conduite_.
-
-=Appliquer=, v. a.--Ne dites pas: _une amende de cinq francs est
-appliquée à tout membre qui, etc._; dites, _est infligée_.
-
-=Appointements=, s. m. pluriel: _ses appointements_ (et non _son
-appointement_) _sont de 2000 frs._: voyez _gage_.
-
-=Apprendre.=--Ne dites pas: _ma soeur s'est apprise elle-même à
-broder_; dites: _ma soeur a appris d'elle-même à broder_.
-
-2. On dit très-bien _j'apprends la musique_ (j'enseigne) _à cet
-enfant_. (Acad.)
-
-3. Ne dites pas: _j'ai appris cela auprès de lui_; dites _de lui_.
-
-=Apportez= _votre ami, votre frère_, pour _amenez votre ami, votre
-frère_, est un flandricisme.
-
-=Apprenti=, s. m., et non _apprentif_, fait au féminin _apprentie_ et
-non _apprentise_ ni _apprentisse, apprentive_.
-
-=Apprêt=, s. m., préparatif: prononcez _aprè_.
-
-=Apprêter=, v. a. et n. Ne dites pas: _cela prête à rire_, pour
-signifier que telle chose rend ridicule, donne à rire, donne une
-occasion de rire; dites: _cela apprête à rire; si vous faites telle
-chose, vous apprêterez à rire à tout le monde_. (Acad.)
-
-=Après.=--Ne dites pas: _on demande après vous; chercher après
-quelqu'un_; dites: _on vous demande, chercher quelqu'un_.
-
-2. On dit très-bien: _courir, attendre après quelqu'un_. (Acad.) Avis à
-certains grammairiens qui condamnent ces expressions.
-
-3. Ne dites pas: _il est en colère, il est fâché après vous_, mais
-_... contre vous_;--_il est occupé après ce travail_, mais _... à ce
-travail_.
-
-4. Ne dites pas: _mettez les chevaux après la voiture_; dites, _mettez
-les chevaux à la voiture_.
-
-5. Ne dites pas: _la clef est après la porte_, dites, _la clef est à la
-porte_. (Fland.)
-
-6. _Par après_ n'est pas français; dites simplement _après_.
-
-=Après-dînée, Après-soupée= sont des subst. _féminins_ et s'emploient
-de préférence à _après-dîné, après-dîner_, ou _après-soupé,
-après-souper_ qui sont du masculin. Le pluriel est _après-dînées,
-après-soupées_; l'Académie ne donne pas le plur. de _après-midi_.
-_Après-midi_ est également du _féminin_, quoique plusieurs le fassent
-du _masculin_. (Acad.)
-
-=Aquatique, Aquarelle, Aquatile, Aquarium, Aqua-viva, Aquador,
-Aquariens, Aqua-tinta=: prononcez _akouatique, akouarelle, akouatile_;
-etc. Voyez _qu_.
-
-=Aqueduc=, s. m., canal pour conduire l'eau: prononcez _akeduc_ et non
-_akéduc, akèduc_.
-
-=A quia=, loc. adv.--_Être, mettre à quia_, être réduit, réduire
-quelqu'un à ne pouvoir répondre: _cet élève a été dix fois à quia
-pendant la classe_: prononcez _akuia_ et non _a kouia_. Voyez _qu_.
-
-=Aquilin, Aquilon=: prononcez _akilin, akilon_. Voyez _qu_.
-
-=Ar= et =Arr=, au commencement des mots, sont brefs: _arrondissement_,
-prononcez _arondissement_, et non _ârondissement_; _arroser_, _a-roser_
-et non _âroser_.
-
-=Arbalète=, s. f.--On dit une _arbalète_ et un _arbalétrier_.
-
-=Arborer=, dans le sens de _d'arbres plantés_, n'est pas français:
-ainsi ne dites pas, _une prairie bien arborée_; dites _une prairie bien
-garnie d'arbres_.
-
-=Arc=, s. m., =Arc de triomphe=, s. m., (sans traits d'union),
-prononcez _arke_.--_Arc-boutant, arc-bouter, arc-doubleau_; prononcez
-_arboutant, arbouter, ardoubleau_. _Arc-en-ciel_ se prononce
-_arkenciel_, même au pluriel, qui s'écrit _arcs-en-ciel_. (Acad.) Voyez
-_c final_.
-
-=Archaïsme=, s. m.--Mot antique, tour de phrase suranné;--_archange_,
-s. m.;--_archéologie_, s. f., science des monuments de l'antiquité;
---_archéologique_, adj.;--_archéologue_, s. m.;--_archétype_, s. m.,
-terme didactique, original, patron, modèle;--_archiépiscopal, ale_,
-adj.;--_archiépiscopat_, s. m.;--_archontat_, s. m., dignité de
-l'archonte;--_archonte_, s. m., titre des principaux magistrats grecs,
-surtout à Athènes.--Dans tous ces mots _ch_ se prononce comme _k_;
-partout ailleurs _arch_ ou _archi_ se prononce comme le _ch_ français,
-dans _franchise, chemise_, etc.
-
-=Archal= (_fil d'_), prononcez l'_l_.--Ne dites pas _du fil d'archat_
-ou d'_aréchal_, mais _du fil d'archal_.
-
-=Archelle=, n'est pas français; c'est _osier_ qu'il faut dire.
-
-=Ardoisier=, s. m.: celui qui possède ou qui exploite une carrière
-d'ardoises; ne dites pas _ardoisier_ pour désigner un ouvrier couvreur;
-mais dites _couvreur en ardoise_, comme on dit _couvreur en chaume, en
-tuile_.
-
-=Are=, est un subst. _masculin_: _un are de terre_.
-
-=Are= et =Arre=, ont l'_a_ grave dans les substantifs de deux
-syllabes dont l'_a_ n'est point initial; _gare, barre, gare, tare_,
-etc.--Ajoutez l'adjectif _rare_, le verbe _je narre_ et tous les
-dérivés, à l'exception de _narratif, narration, narrateur_. L'_a_ est
-moyen dans _lares, mare, phare, tiare_; il est bref dans les dérivés
-_barrique, barricade, barricader_. (HENNEBERT.)
-
-=Arêt.=--Ne dites pas: _j'ai manqué d'avaler une arêt_ (de poisson);
-dites _une arête_.
-
-=Argot=, s. m.--Ne confondez pas _argot_ avec _ergot_: _argot_ est
-le jargon des filous qui n'est intelligible qu'entre eux; _ergot_ est
-cette corne molle que les chevaux porte entre les jambes; _ergot_
-signifie encore une sorte de petit ongle pointu qui se trouve aux pieds
-de certains animaux: _les ergots d'un coq_.--Ne dites pas: _cet homme
-est bien argoté_, mais, _cet homme est intelligent, instruit, rusé,
-entend bien ses intérêts_, selon le sens.
-
-=Argus=, s. m., espion domestique; prononcez _arguce_.--Voyez _s
-finale_.
-
-=Arlequin.=--Ne dites pas _harlequin_. (_h_ aspirée.)
-
-=Armes=, s. f. pl.--Ne dites pas: _la garnison est sur les armes_;
-dites _la garnison est sous les armes_. (Wall.)
-
-=Armistice=, s. m.: voyez _amnistie_.
-
-=Armoire= est du féminin: _une belle et grande armoire_: les wallons
-font souvent ce mot du masculin.
-
-=Arrérages=, s. m. pl., revenus arriérés; écrivez et prononcez
-_arrérages_ et non _arriérages_.
-
-=Arrhes=, s. f. pl., argent donné pour assurer l'exécution d'un marché
-verbal; le mot _errhes_ pour _arrhes_ n'est pas français. Voyez _rh_.
-
-=Arrière=, interj.--Écrivez et prononcez _arrière_ et non _errière_.
-
-_En arrière de._--C'est une faute de dire: _Ne faites pas en arrière
-de lui, ce que vous n'oseriez faire devant lui_; dites: _ne faites pas
-hors de sa présence ce que..._ Mais on peut dire: _il me loue en ma
-présence et me déchire en arrière_. (Acad.)
-
-2. Ne dites pas: _mettez-vous arrière de moi_; dites: _éloignez-vous,
-retirez-vous de moi_.
-
-3. Ne dites pas: _ils sont retournés en arrière_, mais: _ils s'en sont
-retournés, ils ont rebroussé chemin_.
-
-=Arrondir, Arroser=: prononcez, _arondir, aroser_.
-
-=Arsenic=, s. m.--Prononcez _arsenik_. (Acad.) Devant une consonne on
-ne prononce pas le _c_: _l'arseni se volatilise au feu_.
-
-=Artillerie, Artilleur=: mouillez les _ll_.
-
-=Artiste=, s. m. et f.--Ce mot s'emploie abusivement aujourd'hui comme
-synonyme de _acteur, actrice_; _ce ténor est un grand acteur_ et non
-_un grand artiste_. Voyez _t_.
-
-=As= final.--L'_a_ est long dans les mots terminés en _as_ au
-singulier: _amas, bas, cas, compas, coutelas, damas, échalas, frimas,
-gras, lilas, ramas, repas, tas, trépas_, etc., ainsi que dans leurs
-dérivés _amasser, basse, casser, compasser, grasse_, etc. Pour quelques
-mots de cette classe, l'_a_ s'est fort adouci dans le langage à la
-mode: ainsi pour _ananas, bras, cabas, cadenas, chasselas, cervelas,
-embarras, fracas, matelas, tracas, taffetas, verglas_.--L'_a_ est
-encore long dans les noms propres _Lucas, Thomas_, comme dans ceux où
-l'_s_ finale se prononce: _Agésilas, Damas, Epaminondas, Stanislas,
-Vaugelas_, etc. (HENNEBERT.)
-
-=As=, subst. masculin, carte, poids, monnaie: prononcez _âce_; _les as
-sont égaux_ et non _égales_.
-
-=Ascension=, s. f., action de monter, fête: prononcez _as'sension_
-(prononcez les 2 _s_ dures).
-
-=Ase= et =Aze=, à la fin des mots, ont l'_a_ long, pourvu que l'on
-y retrouve l'_s_ douce ou le _z_: _base, case, gaze, évase, écrase,
-phrase_, etc., ainsi que leurs dérivés _baser, caser, gazer_, etc.; il
-en est de même des noms propres _Anastase, Caucase, Métastase, Pégase_,
-etc.
-
-=Asion, Assion, Ation= (les trois terminaisons en) sont toujours
-graves, d'après quelques grammairiens: prononcez _persuâsion, pâssion,
-nâtion_, etc. Cette règle, qui comprend un grand nombre de mots (1193),
-ne souffrirait aucune exception. Elle serait même applicable aux
-dérivés où _ion_ se change en _io_; ainsi _pâssionné, nâtional_, etc.;
-mais lorsque _ion_ disparaît entièrement, comme dans _dominateur,
-natif, persuadé_, etc., l'_a_ redeviendrait doux (bref).--(HENNEBERT.)
-
-D'un autre côté, de bons grammairiens, et en grand nombre, prétendent
-que l'_a_ des terminaisons _asion, assion, ation_ est _toujours bref_.
-Nous pensons donc que l'une et l'autre prononciation sont bonnes;
-cependant, comme l'usage, à peu près général en Belgique, paraît être
-de faire ces sortes d'_a_ brefs, nous admettrions plus volontiers la
-seconde prononciation, et nous croyons même, qu'à peine de s'exposer
-à se singulariser, il faut l'adopter, au moins dans notre pays.--Il
-va sans dire qu'on doit prononcer nettement _acion_ et non _achon,
-achion_, etc.; il en est de même des finales en _ition, sion_, etc.:
-_transition, session_.
-
-=Asme, Aspe, Asque= (terminaisons en): faites sentir l'_s_ et l'_m_:
-_cataplas-me, spas-me, enthousias-me, asth-me_ (_as-me_), _jas-pe,
-cas-que_, etc., et non _cataplasse, spasse, enthousiasse, asse, jasse,
-casse_, ni _cataplam-se, enthousiam-se, am-se_, ni _cataplame, spame,
-enthousiame_, etc. Il en est de même des terminaisons en _isme_:
-_catéchisme, schisme, barbarisme_.
-
-=Aspect=, s. m.--Prononcez _aspek_; prononcez de même _respect,
-suspect_ (_respèk, suspek_); _abject_ se prononce _abjekte_. Voyez _ct_.
-
-=Aspergès=, s. m., goupillon, prononcez _aspergèce_.
-
-=Aspic=, s. m., petit serpent venimeux: prononcez _aspik_ et non
-_aspi_. Voyez _c final_ et _broc_.
-
-=Aspiral=, pour _la spirale_ ou le ressort _spiral_ est une faute
-grossière; vous direz donc: _la spirale de cette montre est cassée_ et
-non _l'aspiral_.
-
-=Aspirer.=--On dit _aspirer à quelque chose_ et non _après quelque
-chose_; _il aspire aux honneurs_ et non _après les honneurs_.
-
-=Assassiner, Assassin, Assassinat=:--prononcez _assaciner, assacin,
-assacinat_ et non _assaziner, assazin, assazinat_, ni _azaziner,
-azazin, azazinat_.
-
-2. _Assassineur_, pour _assassin_, n'est pas français.
-
-=Asseoir=, v. a.--Indicatif présent: _je m'assieds, tu t'assieds,
-il s'assied, nous nous asseyons, vous vous asseyez, ils s'asseyent_;
-imparf.: _je m'asseyais_, etc.; fut.: _je m'assiérai_, etc.; _je
-m'assiérais; assieds-toi_, etc.; _que je m'asseye_, etc.; _s'asseyant_,
-etc. L'Académie reconnaît aussi pour bonne la conjugaison suivante:
-_Je m'assois, tu t'assois, il s'assoit, nous nous assoyons, vous vous
-assoyez, ils s'assoient; je m'assoyais_, etc.; _je m'assoirai_, etc.;
-_je m'assoirais_, etc.; _assois-toi, assoyons-nous, assoyez-vous;
-que je m'assoie_, etc.; _s'assoyant_.--Il s'ensuit que l'expression
-_assoyez-vous_ est très-française.
-
-=Assez=, doit toujours être placé devant le mot qu'il modifie; ne dites
-donc pas: _j'ai mangé assez, j'ai du papier assez, je suis malheureux
-assez_; dites: _j'ai assez mangé, j'ai assez de papier, je suis assez
-malheureux_. (Wall.)
-
-2. Ne dites pas: _il a eu assez avec cela_; dites: _il a eu assez de
-cela_ ou _il en a eu assez_.
-
-3. Ne dites pas: _il a été assez sot de se fâcher_; dites: _pour se
-fâcher_. (Wall.)
-
-4. _Assez capable pour_ n'est pas français; dites _capable de_. _Assez_
-ne va pas bien avec _capable_, excepté quand cet adjectif n'est suivi
-de rien et qu'il est employé pour _habile, intelligent_, etc.: ainsi
-l'on dit: _il est assez capable_, c'est-à-dire _assez habile_.
-
-5. On ne dit pas non plus _capable pour_, mais _capable de_; _il est
-capable de tenir tête à trois hommes_.
-
-6. _Assez suffisant_, pour _suffisant_, est un pléonasme ridicule, ne
-dites donc pas: _ce repas est assez suffisant pour dix personnes_; le
-mot _suffisant_ rend tout à fait l'idée; _assez_ est de trop; dites _ce
-repas est suffisant_.
-
-=Assiette à soupe=, signifie assiette propre à contenir de la soupe;
-_assiette de soupe_ signifie une assiette qui contient actuellement de
-la soupe; il en est de même de _verre à vin, pot à fleur_, etc., et
-_verre de vin, pot de fleur_.--Prononcez _a-ciette_ et non _achette_
-ni _agette_.
-
-=Assis.=--Ne dites pas: _soyez assis_, mais _asseyez-vous_ ou
-_assoyez-vous_; ne dites pas non plus _se mettre assis_ pour
-_s'asseoir_.
-
-=Assister= signifie _donner quelques secours, secourir_, par exemple,
-à un mendiant; mais il ne se dit pas dans le sens _d'aider quelqu'un à
-faire quelque chose_; vous ne direz donc pas: _assistez-moi à porter ce
-fardeau_, mais _aidez-moi à..._
-
-=Assomption=, s. f., fête catholique: prononcez le _p, assomp'cion_ et
-non _assom'-cion_.
-
-=Assujettir, Assujettissement=: prononcez _as'sujétir,
-as'sujétissement_.
-
-=Assurer=, v. a.--_Assurer une chose à quelqu'un_, c'est affirmer,
-certifier cette chose: _il leur assura que le fait était vrai_. Vous
-ne direz donc pas: _je les ai assurés que mon père était malade_,
-mais _je leur ai assuré..._--_Assurer quelqu'un d'une chose_, c'est
-engager quelqu'un à regarder cette chose comme certaine, à y croire;
-_assurez-le de mon respect, de mon dévouement; vous pouvez l'assurer
-que je prendrai en mains ses intérêts_.
-
-2. _S'assurer_, avec les prépos. _dans, en_, signifie établir sa
-confiance: _il faut s'assurer en Dieu; malheur à celui qui ne s'assure
-que dans ses richesses_. (Acad.)
-
-3. _S'assurer de quelqu'un_, c'est s'assurer de sa protection, de son
-suffrage; il signifie aussi arrêter, emprisonner: _assurez-vous de cet
-homme_.
-
-4. _S'assurer d'une chose_, c'est s'en procurer la certitude ou
-simplement se procurer cette chose, s'en rendre maître.
-
-=Astérisque= (étoile qui indique un renvoi) est _masculin_ et se
-prononce _astériske_ et non _astérisse_: _un astérisque indique un
-renvoi_. Voyez _t final_.
-
-=Asthme=, s. m., maladie de poitrine, courte haleine: prononcez _asme_
-et non _amse_;--_asthmatique_, prononcez _asmatique_. Voyez _asme_.
-
-=At= (terminaison en): voyez _t_ final.
-
-=Ation= (terminaison en): voyez _asion_.
-
-=Atlas=, s. m.: prononcez _atlâce_: _le mont Atlas, un atlas de
-géographie_. V. _s finale_.
-
-=Atmosphère= est un subst. _féminin_: _atmosphère chargée de vapeurs_.
-
-=Atome=, s. m. (_o_ sans accent circonflexe), corpuscule: prononcez
-_atôme_ (_ô_ long).
-
-=Atteindre=, v. a.--Si le complément de ce verbe est un nom de
-personne, ce complément est toujours direct: _atteindre son ennemi;
-atteindre ceux qui marchent devant; il osait se flatter d'atteindre
-Racine_.--Si c'est un nom de chose, le complément est direct ou
-indirect, suivant le sens du verbe.--1º _Atteindre_, signifiant
-parvenir à un terme dont on était plus ou moins éloigné: _nous
-atteindrons ce village dans la nuit; nous partîmes en même temps, mais
-j'atteignis le but avant lui_; et au figuré: _nous atteignons enfin
-le terme de nos souffrances; atteindre l'âge de raison; atteindre
-son but_, réussir dans ce que l'on s'est proposé.--2º _Atteindre_,
-signifiant toucher à une chose assez éloignée pour qu'on ne puisse y
-arriver _sans effort_: _atteindre au plancher; atteindre au but_; et au
-figuré: _atteindre à la perfection; atteindre au sublime_.
-
-=Atteinte=, s. f.--Ne dites pas _une atteinte d'apoplexie_, mais _une
-attaque d'apoplexie_.
-
-=Attelée=, s. f., n'est pas français; dites _un attelage_: _il lui
-manque un cheval à son attelage_.
-
-=Atteler=, v. a.--Ne dites pas: _il faut atteler le chien_; dites _il
-faut attacher_... _Atteler_ signifie attacher à une voiture.
-
-=Attendre après quelqu'un= se dit très-bien. (Acad.)
-
-=Attention=, s. f.--Dites _avoir, faire, prêter attention_, et non
-_prendre, donner attention_. (Fland.)
-
-=Au.=--_Au_ a le son de _o_ bref devant la lettre _r_: j'_aurai_, tu
-_sauras_, il _aura_, nous _saurons, aurore, Aurillac, Centaure, Laure_,
-etc.; prononcez j'_orai_, tu _soras_, il _ora_, nous _sorons, orore,
-Orillac, Centore, Lore_. Il n'y a point d'exception à cette règle:
-_vaurien_ se prononce _vôrien_, parce que ce mot doit être pris pour
-une contraction de _vaut rien_; _Beaurevoir, Beauregard, Maurepas_,
-et autres noms propres semblables, n'ont aussi l'_au_ long que pour
-une raison analogue.--_Au_ a le son de _o_ bref au commencement des
-mots devant _g_ guttural ou la syllabe _to_: _augmenter, augurer,
-augural, autographe, autocrate, autorité, autoriser, Auguste_, etc.--Il
-en est de même devant l'articulation composée _st_: _austral, austère,
-austérité, holocauste, causticité, caustique, Austerlitz, Austrasie_,
-etc.--Enfin il est encore bref, par exception, dans les mots suivants:
-_auberge, aubergiste, audace, audience, aulique, aumône, auspice,
-autel, authentique, auxiliaire, cauchemar, cauchois, fauteuil, glauber,
-mauvais, mauviette, naufrage, paupière, rauque, épaulette_ (mais
-non _épaule_); ajoutons les noms propres _Sainte-Aulaire, Ausche,
-Auvergne, Caulaincourt, Paul, Waux-Hall_; les dérivés suivent la même
-prononciation.--_Pourceaugnac_ a aussi l'_au_ bref. (HENNEBERT.)
-
-=Auberge= est du _féminin_: _une bonne auberge_.
-
-=Aucun= et =Nul= se mettent au pluriel: 1º lorsqu'ils sont joints à un
-nom qui n'a pas de singulier: _aucuns frais, nuls frais_; 2º lorsque
-le substantif auquel ils sont joints, a, au pluriel, une signification
-particulière: _on ne lui a rendu aucuns devoirs_, c'est-à-dire, on ne
-lui a fait _aucunes funérailles_; _vous n'avez aucuns soins, nuls soins
-pour vos parents_, c'est-à-dire point _d'attentions_ pour eux; _ce
-domestique ne reçoit aucuns gages, nuls gages_, c.-à-d., ce domestique
-ne gagne aucun salaire, n'a point _de gages_.--_Aucuns, d'aucuns_
-s'emploient dans le style naïf et badin pour _quelques-uns_: _aucuns ou
-d'aucuns croient que je l'ai fait de propos délibéré_. (Acad.)
-
-=Augmenter.= Ne dites pas: _les grains, les vins augmentent tous les
-jours_, pour exprimer qu'ils sont à la hausse; dites: _le prix des
-grains, des vins, augmente, s'élève_, etc. Voyez _diminuer_.
-
-=Aujourd'hui.=--On peut dire: _on a remis l'affaire à aujourd'hui;
-jusqu'aujourd'hui_ ou _jusqu'à aujourd'hui_. (Acad.) Prononcez
-_aujourd'hui_ et non _aujourd'houi_ ni _aujord'hui_.
-
-=Aumône=, s. f. Prononcez _ômône_ (les deux _ô_ longs). Plusieurs
-grammairiens prononcent _omône_ (le 1er _o_ bref).
-
-=Aune=, arbre (quelques-uns écrivent _aulne_), est du _masculin_;
-_aune_, mesure, est du _féminin_.
-
-=Auparavant= est adverbe: il ne peut donc avoir de régime comme
-_avant_, qui est préposition. Ne dites donc pas: _auparavant de partir;
-je suis arrivé auparavant les autres_, mais, _avant de partir; je
-suis arrivé avant les autres_. Mais vous direz très-bien: _il avait
-reçu auparavant des lettres de son père; je suis arrivé longtemps
-auparavant_, parce qu'ici il est adverbe.
-
-=Auprès de, Au prix de, Près de=: voyez _prix_.
-
-2. Ne dites pas: _je demeure auprès de la place St-Lambert_; dites _...
-près de la place St-Lambert_.
-
-=Auspice=, présage, protection, est du masculin; _j'ai commencé sous
-d'heureux auspices_: prononcez _ospice_ (_o_ bref).
-
-=Aussi... Comme=, pour _aussi... que_: _cette maison-ci est pour le
-moins aussi belle comme la vôtre_; dites: _aussi belle que la vôtre_.
-(Fland.)
-
-2. _Aussi pas._--_Vous n'êtes pas riche et moi aussi pas; je ne l'ai
-pas fait aussi_; dites: _ni moi non plus; je ne l'ai pas fait non
-plus_. (Fland.)
-
-=Aussitôt=, adv.: Ne dites pas: _il est parti aussitôt vous; je
-partirai aussitôt la diligence arrivée, votre lettre reçue_; dites:
-_il est parti aussitôt que vous; je partirai dès que la diligence
-sera arrivée, dès que j'aurai reçu votre lettre_ ou _aussitôt après
-l'arrivée de la diligence, après la réception de votre lettre_.
-
-=Automne= est du masc. et du fém., mais plus souvent du masculin: _un
-automne sec_; prononcez _otone_; mais dans _autom-nal_, faites sentir
-l'_m_.
-
-=Autour=, prép.: voyez _alentour_.
-
-=Autre.=--_Rien d'autre_ est une locution vicieuse; dites: _rien
-autre, rien autre chose, pas autre chose_.
-
-2. Monsieur est-il ici?--Oui.--N'y a-t-il _personne d'autre_?
-c'est encore une mauvaise locution; dites: _n'y a-t-il point d'autre
-personne, personne autre, nul autre, aucun autre_.
-
-3. Ne dites pas non plus: _quelqu'un d'autre, quelque chose d'autre_;
-dites: _quelque autre, quelque autre chose; adressez-vous à quelque
-autre personne_ ou _à quelque autre_;--_c'est autre chose que j'exige_.
-
-4. Ne dites pas: _je l'ai trouvé tout autre que je pensais_; dites _...
-que je ne pensais_.
-
-5. _Nous autres, vous autres_. En espagnol, _nous_ et _vous_ sont
-toujours suivis de _autres_, même dans la conjugaison: _nous autres
-aimons; vous autres aimez; nous autres parlerons, vous autres
-parlerez_, etc. Il en est à peu près de même en wallon où l'on fait
-également, surtout dans certains dialectes, un trop fréquent usage
-de ces expressions. Le génie de la langue française n'autorise
-l'usage de ces expressions que dans des cas assez rares, et seulement
-lorsqu'on veut exprimer une opposition à d'autres personnes dont on
-vient de parler, ou insister particulièrement sur les mots _nous,
-vous_: _Je m'en vais me promener; vous autres, vous irez étudier_;
-_nos professeurs nous ont recommandé de bien étudier; nous autres_
-(les élèves paresseux), _nous préférons de nous amuser_; _les anciens
-ont cru que le soleil tournait autour de la terre; nous autres, nous
-croyons que c'est la terre qui tourne autour du soleil_.--Les Wallons
-ne sauraient trop se mettre en garde contre l'usage impropre ou vicieux
-de ces locutions.
-
-=Auxiliaire=, s. m., prononcez _okcilière_, (_o_ bref) et non
-_augziliaire_.
-
-2. Plusieurs verbes prennent tantôt _avoir_ et tantôt _être_, selon
-qu'ils expriment principalement une _action_ ou principalement un
-_état_, en d'autres termes, selon que l'on peut faire les questions:
-_qu'a-t-il fait?_ ou bien _qu'est-il devenu, qu'est-il, où est-il
-maintenant?_ Ainsi on dit avec _avoir_ et avec _être_: _sa fortune a
-augmenté rapidement_ et _sa fortune est augmentée du double_;--_le prix
-du pain a encore baissé hier_ et _le prix du pain est baissé_;--_la
-fièvre a cessé à minuit_ et _la fièvre est cessée depuis hier_;--_le
-vent a changé tout à coup_ et _le vent est changé_;--_les eaux ont crû
-rapidement_ et _les eaux sont crues_;--_ce billet a échu hier_ et _ce
-billet est échu depuis hier_;--_sa maladie a beaucoup empiré en peu
-de temps_ et _sa maladie est bien empirée_;--_son bail a expiré à la
-St-Jean_ et _son bail est expiré_;--_cet enfant a bien grandi en un an_
-et _cet enfant est bien grandi_;--_le baromètre a monté lentement_ et
-_le baromètre est monté_;--_il a monté quatre fois à sa chambre pendant
-la journée_ et _il est monté à sa chambre depuis une heure_;--_son
-fusil a parti tout à coup_ (Acad.) et _il est parti pour Paris_;--_la
-procession a passé dans notre rue_ et _la procession est passée depuis
-une heure_;--_il a sorti mais il vient de rentrer_ (Acad.) et _il est
-sorti mais il va rentrer_;--_les poètes disent que Vulcain a tombé
-du Ciel pendant un jour entier_ (Acad.) et _elle releva son enfant
-qui était tombé_.--Les exemples que nous citons ici de l'Académie, ne
-sont pas à imiter, attendu qu'ils nous paraissent être de véritables
-exceptions.--On construit également avec _avoir_ ou _être_ les verbes
-_camper, débarquer, décroître, dégénérer, diminuer, échouer, embellir,
-enlaidir, grossir, hausser, vieillir_, etc.
-
-=Avant, Devant.=--_Avant_, se dit du temps: _je suis parti avant
-vous_;--_devant_ se dit du lieu, de la situation: _placez-vous devant
-votre condisciple, devant cette porte_.
-
-2. Ne dites pas: _avant que je parte, j'irai vous voir_; dites: _avant
-de partir..._
-
-3. _Avant que_, d'après l'Académie, n'est jamais suivi de la négative:
-_j'irai le voir, avant qu'il parte; sauvons-nous avant que l'orage
-vienne_; et non _avant qu'il ne parte, avant que l'orage ne vienne_.
-
-4. Ne dites pas: _avant que faisiez-vous_; dites _auparavant,
-autrefois, avant cette époque_, etc.: _avant_, étant préposition, doit
-toujours être suivi d'un complément.
-
-=Avant de, Avant que de.=--On dit _avant de_ ou _avant que de_:
-_avant de venir_, ou _avant que de venir_, (Acad.); _les athlètes se
-frottaient d'huile, avant que de lutter_. (Id.) Ajoutons pourtant que
-_avant de_ est préférable, et que _avant que de_ nous paraît suranné.
-
-=Avant-hier.=--Beaucoup de personnes prononcent mal ce mot: l'_h_
-d'_hier_ étant muette, on doit faire sonner le _t_, et prononcer
-_avan-t-hier_, et non _avan-hier_, encore moins _avan-z-hier_;
-prononcez de même _dès hier_, (_dè zière_); cependant dans la
-conversation on peut dire avan-hier.
-
-=Avec=, est une préposition qui demande un régime; c'est donc une
-faute de dire: _Je m'en vais à Liége, venez avec_; dites: _venez avec
-moi_.--Cependant l'Académie admet dans le langage familier _avec_ sans
-régime: _il prit mon manteau et partit avec_.
-
-2. C'est encore à tort que l'on donne à _avec_ le sens de _aussi_;
-ne dites donc pas: _mon frère a bien réussi dans ses concours et moi
-avec_; dites: _et moi aussi_. (Wall.)
-
-3. _Avec_ ne peut pas non plus s'employer pour _de_: ne dites pas: _que
-puis-je faire avec ces livres_; dites: _de ces livres_. (Wall.)
-
-4. Ne dites pas: _avec qui parliez-vous?_ dites: _à qui parliez-vous?_
-(Wall.)
-
-5. Ne dites pas: _j'ai eu une maladie de coeur, j'ai beaucoup souffert
-avec_; dites: _j'en ai beaucoup souffert_.
-
-6. Ne dites pas: _il est dur avec les pauvres_, mais _... envers les
-pauvres_.
-
-7. Ne dites pas: _vous vous ferez des ennemis avec vos plaisanteries_;
-mais _... par vos plaisanteries_. (Wall.)
-
-8. Ne dites pas: _je suis ami avec lui_; dites: _je suis son ami_.
-(Wall.)
-
-9. Ne dites pas: _voilà les compagnons que je suis venu avec_; dites
-_... avec lesquels je suis venu_. (Wall.)
-
-10. Ne dites pas: _j'ai bien ri avec cet homme, avec cette
-aventure_;--_il vit avec le produit de sa ferme_;--_il est parti avec
-le premier convoi, avec la diligence_;--dites: _j'ai bien ri de cet
-homme, de cette aventure_;--_il vit du produit de sa ferme_;--_il est
-parti par le premier convoi, par la diligence_. (Wall.)
-
-11. Ne dites pas: _cet élève est entré au séminaire avec une année de
-philosophie_; dites _... après une année_. (Wall.)
-
-12. _Content avec cela; fâché avec cela_; dites: _je suis content de
-cela, fâché de cela_, ou bien, _j'en suis content, j'en suis fâché_.
-
-13. Ne dites pas: _il est parti avec une pluie battante_; dites _...
-par une pluie battante_.--On dit également: _par le temps qui court_.
-
-14. Ne dites pas: _il va avec ceci comme avec cela_; dites: _il en est
-de ceci comme de cela_. (Fland.)
-
-15. Ne dites pas: _je ne me mêle pas avec cela_, dites _... de cela_.
-(Fland.)
-
-16. Ne dites pas: _prendre quelqu'un avec le collet_; dites _... au
-collet, par le collet_. (Fland.)
-
-17. _Avec ce temps-là_: ne dites pas: _vous serez enrhumé avec ce
-temps-là_; dites _... par ce temps-là_. (Fland.)
-
-18. Ne dites pas: _j'ai fait acheter ce livre avec le messager_; dites
-_... par le messager_. (Fland.)
-
-19. Notez cependant que l'on peut dire indifféremment: _déjeuner,
-dîner, souper d'un poulet_ ou _avec un poulet_; _de radis_ ou _avec des
-radis_. (Académie, aux mots _matin_ et _radis_.)
-
-20. Prononcez _avek_ et non _avè_; _avec nous_ (avèk' nous) et non _avè
-nous_.
-
-=Aveine, Avoine.=--On dit l'un et l'autre; _avoine_, (prononcez
-_avo-anne_), est plus en usage.
-
-=Aveuglement=, s. m., cécité.--=Aveuglément=, (avec accent aigu)
-adverbe, à l'aveugle ou en aveugle: _qui agit aveuglément ne peut pas
-voir; il est frappé d'aveuglement_.--_Aveuglement_, perte de la vue,
-ne s'emploie plus aujourd'hui au sens propre; on dit _cécité_: _il a
-été frappé de cécité par la foudre_.
-
-=Avis=, s. m.--Prononcez _avi_ et non _avice_ devant une consonne, et
-_avize_ devant une voyelle: _avis au public_.
-
-=Avoir.=--_Il y a._ Évitez de le multiplier, au commencement des mots,
-à la manière des enfants: _il y a Pierre qui m'a frappé; il y a Paul
-qui m'a poussé_, etc.; dites simplement: _Pierre m'a frappé, Paul m'a
-poussé_.--Prononcez comme c'est écrit et non _igna, ignia_.
-
-2. Ne dites pas: _mes frères veulent avoir que cet événement soit
-arrivé telle année_; dites: _mes frères prétendent, soutiennent..._
-(Wall.)
-
-3. Ne dites pas: _mon maître en a toujours sur moi_ ou _à moi_; dites:
-_mon maître m'en veut, me gronde toujours_. (Wall.)
-
-4. Ne dites pas: _j'ai eu ce livre à un tel_; dites: _d'un tel_.
-
-5. _Avoir bon._--Voyez le mot _bon_.
-
-6. _Avoir_, impersonnel, s'emploie mal avec un verbe impersonnel; ne
-dites pas: _il n'y a qu'à pleuvoir, qu'à neiger_, etc.; dites: _s'il
-vient à pleuvoir, à neiger_. (Wall.)
-
-7. Ne dites pas: _quelle heure avons-nous? nous avons trois heures_;
-dites: _quelle heure est-il? il est trois heures_.--Mais on dira bien:
-_quelle heure avez-vous?_ pour demander quelle heure il est à votre
-montre.
-
-8. Ne dites pas: _nous avons aujourd'hui le dix_; dites: _c'est
-aujourd'hui le dix_.
-
-9. _Avoir peu de chose à dire chez soi_: dites: _avoir peu d'autorité,
-peu de pouvoir_. (Wall.)
-
-10. Ne dites pas: _je vous redois dix centimes.--Oh! je les aurai bien
-une autre fois_; dites: _vous me les donnerez une autre fois_.
-
-11. Ne dites pas: _l'élève qui n'aura pas eu ses devoirs, sera puni_;
-dites: _qui n'aura pas fait, qui n'aura pas apporté ses devoirs_.
-
-12. _Avoir une chose dans l'oeil_, pour: _voir une chose_, est un
-flandricisme; dites: _j'ai l'oeil sur lui, là-dessus, je le surveille_.
-
-13. Ne dites pas: _voilà une jolie montre; combien vous
-coûte-t-elle?--Je l'ai eue_; dites: _on m'en a fait cadeau_.
-
-14. Pour l'emploi de l'auxiliaire _avoir_ et _être_, voyez le mot
-_auxiliaire_.
-
-15. _Avoir de quoi_, être riche ou dans l'aisance. (Acad.)
-
-16. _Vous en aurez_, vous serez châtié, maltraité. (Acad.)
-
-17. _Je l'aurai, je saurai bien l'avoir_, se dit en parlant d'une
-personne dont on espère se venger; cette manière de parler vieillit.
-(Acad.)--Voyez _ravoir_.
-
-18. _Contre qui en a-t-il, en avez-vous?_ c'est-à-dire, contre qui
-est-il, êtes-vous fâché, en colère? On dit aussi: _à qui en a-t-il?_
-(Acad.)
-
-19. Mais _à qui en a-t-il, à qui en avez-vous, en avez-vous à moi_,
-dans le sens de: _à qui parlez-vous_, etc., sont des barbarismes.
-
-=Avoir l'air.=--L'adjectif ou le participe qui suit _avoir l'air_,
-s'accorde avec _air_ ou avec le sujet de la proposition.--Il s'accorde
-avec _air_, si la qualité qu'il exprime peut convenir au mot _air_:
-_la tuile a l'air plus gai que le chaume; cette fille a l'air hardi;
-cette femme a l'air hardi; cette femme a l'air méprisant_: on peut dire
-d'un air, d'un extérieur, qu'il est _gai, hardi, méprisant_.--Mais
-il s'accorde avec le sujet de la proposition, lorsqu'il exprime
-une qualité qui ne peut convenir au mot air; on dit: _elle a l'air
-contente; ils ont l'air fâchés; cette viande a l'air d'être fraîche;
-ces légumes n'ont pas l'air d'être cuits_. (Acad.) Parce qu'on ne peut
-pas dire d'un air qu'il est _content, fâché, frais, cuit_.
-
-=Avre, Avrer= ont toujours l'_a_ long: _cadavre, navrer_.
-
-=Avril=, 4e mois de l'année: prononcez _avrille_ (_l_ mouillée);
-prononcez de même _baril, péril_. Voyez _l_ mouillée.
-
-=Ayant=, part. prés.--Prononcez, _ai-iant_ et non _a-yan_: l'_y_ ici
-représente deux _i_ qu'il faut faire sentir comme dans: _royal, moyen,
-citoyen_, etc.
-
-=Aye=, que _j'aye_: écrivez avec un _i_ simple: on ne met pas d'_y_
-devant un _e_ muet. Voyez _ai, aie_.
-
-=Axiome= (_o_ sans accent circonflexe), s. m., vérité, maxime évidente
-par elle-même; prononcez _axiôme_ (_ô_ long). Voyez _o_.
-
-
-
-
- B
-
-
-=B.=--C'est à tort que les wallons prononcent généralement le _b_
-des syllabes en _be_, comme un _p_: dites donc: une _syllabe_,
-une _trombe_, il _tombe_, une _bombe_, un _verbe_, un _adverbe_,
-la _barbe_, _enjambement_; et non: une _syllape_, une _trompe_,
-il _tompe_, une _bompe_, un _verpe_, un _adverpe_, la _barpe_,
-_enjampement_.
-
-=Babil=, s. m.--Prononcez _babille_ en mouillant l'_l_; prononcez de
-même les mots suivants: _babillage, babillard, babillement, babiller_.
-Voyez _l_ mouillée.
-
-=Bac=, s. m., ne s'emploie pas pour _cabaret_; dites: _cet homme ne
-fréquente que les cabarets, les tavernes, les cabarets borgnes_.
-
-=Bacchus=: prononcez l'_s_ finale. Voyez _s_.
-
-=Bacon de lard=, mot wallon; dites, _flèche de lard_.
-
-=Baguer=, _débaguer, débagage_, pour transporter des meubles d'une
-maison à une autre, ne sont pas français; dites _déménager_. (Wall.)
-
-=Bai, Baie=, adj., qui est d'un rouge brun: _cheval bai_; prononcez
-_bé_ et non _bè_.
-
-=Baigner=: voyez _promener_.
-
-=Baignoire=, s. f.; dites _une baignoire_ et non _un baignoir_.
-
-=Baille=, n'est pas français; ne dites pas, _on fait des bailles quand
-on a faim_; mais, _on fait des bâillements_, ou _on bâille_.
-
-2. Ne dites pas, _bâiller aux corneilles_ (regarder bouche béante);
-dites _bayer_, et prononcez _bè-ïé_.
-
-3. Dans _bailler_, donner, livrer par convention ou par bail, l'_a_ est
-bref; dans _bâiller_, ouvrir involontairement la bouche, l'_a_ est long
-et marqué d'un accent circonflexe.
-
-=Bailli=, au féminin _baillive_, de l'ancien masculin _baillif_;
-_bailleresse_ est le féminin de _bailleur_ (de fonds).
-
-=Baïonnette=, s. f.--On écrivait anciennement _bayonnette_.
-
-=Baise.=--On ne dit pas, _donnez une baise à maman_; mais, _donnez un
-baiser à maman, embrassez maman_.
-
-=Baisser=, v. n.--Ne dites pas: _les jours baissent déjà en juillet_;
-dites, _décroissent, diminuent_.
-
-=Balance=, s. f., machine à peser, s'emploie au singulier: _cette
-balance n'est pas juste_ et non _ces balances_.
-
-=Balier, Baliure, Balieur=, pour _balayer, balayure, balayeur_,
-sont des expressions vicieuses; prononcez _balai-ier, balai-iure,
-balai-ieur_.
-
-=Balziner=, pour lambiner, lanterner, muser, est wallon.
-
-=Banal, ale=, adj., trivial; il fait au plur. masc. _banaux_: _un
-compliment banal, des fours banaux_.
-
-=Baptême=, s. m.--Le _p_ ne se prononce pas: _batême_; prononcez
-de même _Baptiste, baptismal, baptistaire, baptistère, baptiser,
-débaptiser_ (changer de nom). Voyez _p_.
-
-=Barbarisme=, s. m.--Il ne faut pas le confondre avec le solécisme.
-Il y a plusieurs sortes de barbarisme: ainsi un mot forgé, altéré ou
-détourné du sens que l'usage lui donne;--un adverbe employé comme une
-préposition;--des prépositions, des conjonctions ou d'autres mots
-employés ou omis mal à propos;--un nom employé à un genre ou à un
-nombre que l'usage lui refuse;--un verbe présenté sous une forme qui
-n'est pas autorisée par l'usage, par ex.: _il soye, il aye_, pour _il
-soit, il ait_, sont autant de barbarismes. Prononcez _barbaris'-me_ et
-non _barbarisse_ ni _barbarim'se_.--Voyez _solécisme_.
-
-=Barbe.=--On dit très-bien: _faire sa barbe, se faire la barbe, se
-faire faire la barbe_, comme on dit _se raser la barbe_ ou simplement
-_se raser_. (Acad.)
-
-=Barboter=, n'est pas français; dites _grommeler, marmoter_.
-
-=Barette.=--_Faire barette_, expression vicieuse, connue des écoliers;
-dites, _faire l'école buissonnière_.
-
-=Baril=, s. m.: prononcez _bari_.
-
-=Baromètre=, s. masculin; dites _un baromè-tre_ et non _baromette_ ni
-_baronette_.
-
-=Barres=, jeu d'écolier, est un substantif _féminin_ qui ne s'emploie
-qu'au _pluriel_: _jouer aux barres_.--On ne prononce qu'une _r_ ainsi
-que dans _barrer, barreau, barrette, barricade, barricader, barrière,
-barrique_.
-
-=Barthélemi= et non _Barthélémi_, ni _Bartholomi, Bartholomé_; on écrit
-aussi _Barthélemy_.--Voyez _y_.
-
-=Bartiau.=--Ne dites pas: _cet élève a fait aujourd'hui le bartiau_;
-dites, _... a fait l'école buissonnière, a manqué l'école_: _bartiau_
-est un mot wallon du Hainaut.
-
-=Bas.=--Ne dites pas: _j'ai vu cet acteur bas de la scène_, mais, _je
-l'ai vu hors de la scène, à la ville_.
-
-2. Ne dites pas: _il est tombé, il s'est jeté, il a sauté en bas de son
-cheval, de l'échelle, de l'arbre_, etc.; dites, _à bas de son cheval_.
-
-3. Ne dites pas: _descendre en bas, monter en haut_; dites simplement
-_descendre, monter_. Voyez _haut_.
-
-4. Ne dites pas: _cette maison n'est bonne qu'à mettre bas_; dites,
-_qu'à mettre à bas_.
-
-5. Ne dites pas: _j'ai mis bas ce grand garçon_; dites, _je l'ai
-renversé, je l'ai terrassé_.
-
-6. Ne dites pas: _j'ai tiré l'oiseau bas_ ou _en bas_ (au tir à l'arc
-ou à l'arbalète); dites, _j'ai abattu l'oiseau_.
-
-7. Ne dites pas: _tirez la clef bas_ ou _en bas de la serrure_; dites,
-_tirez_ ou _ôtez la clef de la serrure_.
-
-8. Ne dites pas: _le tonneau est bas_ ou _en bas_, pour signifier qu'il
-est vide ou presque vide; dites, _le vin, la bière_, etc. _est bas_,
-pour exprimer que le tonneau est _vide_; et dites, _le vin, la bière_,
-etc. _est au bas_, pour signifier que le tonneau est _presque vide_.
-
-=Bassin, Bourse.=--Le _bassin_ se dit du plat où l'on reçoit les
-offrandes à la messe, ainsi que du petit vase dont on se sert pour
-aller à la quête à l'église.--La _bourse_ sert également pour la quête
-et se dit d'un petit sac attaché au bout d'un manche.
-
-=Bât=, s. m., selle de bêtes de somme; prononcez _bâ_ (_â_ long);--mais
-l'_a_ est bref dans _il bat_, 3e pers. du prés. de l'ind. du v.
-_battre_.
-
-=Bateau, Tableau=: prononcez _batô, tablô_ (_a_ bref) et non _bâtô,
-tâblô_.
-
-=Bâtisse=, s. f., construction d'un bâtiment quant à la maçonnerie;
-prononcez _bâtisse_ (_â_ long) et non _batisse_ ni _batize_; prononcez
-de même _bâtir, bâtiment, bâton_ (_â_ long).
-
-=Batiste=, s. f., toile de lin très-fine; _Baptiste_, nom propre:
-prononcez _batis-te_ et non _batisse_.
-
-=Bâtonnade=, n'est pas français; dites _bastonnade_.
-
-=Battante=, dans le sens de _volet_, n'est pas français: _fermez les
-volets_ et non _les battantes_.
-
-=Beau=, _belle_, adj.--Ne dites pas: _c'était beau pour voir_; dites,
-_c'était beau à voir_. (Fland.)
-
-=Beaucoup=, adv.--Ne dites pas: _il y avait beaucoup de peuple au
-sermon_: dites, _beaucoup de monde_.
-
-2. _Beaucoup_, dans le sens de plusieurs, ne s'emploie seul que quand
-il est précédé d'un déterminatif; on dit, _nous sommes beaucoup,
-il y en a beaucoup_; mais on ne dira point, _beaucoup ont pensé_,
-c'est-à-dire, _beaucoup de personnes ont pensé_; dans ce cas, il doit
-toujours être suivi de _gens, personnes_.
-
-3. _Beaucoup_ est précédé de la préposition _de_ quand il est après
-l'adjectif; ainsi on dit: _il est beaucoup plus grand_, et _il est plus
-grand de beaucoup_.--Prononcez _bôcou_ et non _bocou_ ni _bôcoupe_; le
-_p_ se prononce devant une voyelle ou une _h_ muette: _on l'a beaucoup
-admiré_.
-
-=Beaufays=, village à deux lieues de Liége: prononcez _Beaufa-ïî_ et
-non _Beaufai-î_, par la raison qu'il faut conserver aux noms propres
-leur prononciation indigène ou de la localité.
-
-=Bécasse=, oiseau: prononcez _bécace_ et non _bégace_.
-
-=Béchée=, s. f.--Ce mot n'est pas français; il faut dire, _becquée_ ou
-_béquée_: _cet oiseau donne la becquée à ses petits_; on dit de même
-_becqueter_ ou _béqueter_.
-
-=Béelzébut=, _Belzébut, Belzébuth_, le diable: prononcez _Belzébute_.
-
-=Bègue.=--Ne dites pas: _cet enfant bègue_, mais _cet enfant bégaye_;
-_bègue_, est subst. et adj.
-
-=Belge=: prononcez _Bel-ge_ et non _Bel-che_.
-
-=Ben= pour _bien_; ne dites pas: _ce jardin est ben joli_; mais, _bien
-joli_.
-
-=Bénir=, v. a.--_Bénir_ a deux participes passés: _bénit, bénite_ et
-_béni, bénie_. Le premier se dit de certaines choses sur lesquelles
-la bénédiction du prêtre a été donnée avec les cérémonies prescrites:
-_pain bénit, eau bénite, maison bénite, crucifix bénit, image, médaille
-bénite; les drapeaux ont été bénits_.--Le second participe a
-toutes les autres significations de son verbe, et s'emploie surtout
-en parlant des personnes: _un peuple béni de Dieu; l'Ange dit à
-la Sainte-Vierge: vous êtes bénie entre toutes les femmes_ (Acad.);
-_toutes les nations de la terre ont été bénies en Jésus-Christ_
-(comblées de biens, de bénédictions par J.-C.)
-
-=Berce=, pour _berceau_, n'est pas français.
-
-=Berlue=, s. f., éblouissement passager; prononcez _berlû_ et non
-_berlu-we_.
-
-2. Ne dites pas: _cet homme a la brelue_, mais _la berlue_.
-
-=Bernique=, est français: _je croyais le trouver chez lui, mais
-bernique!_
-
-=Berriques= est un mot wallon qu'il faut traduire par _besicles_ ou
-_lunettes_.
-
-=Besoin.=--Prononcez _bezo-in_ et non _bezo-an_.
-
-2. Ne dites pas: _je n'ai rien besoin, je l'ai besoin_; dites, _je n'ai
-besoin de rien, j'en ai besoin_. (Fland.)
-
-3. Ne dites pas: _voulez-vous que je vous aide?--Ce n'est pas besoin_;
-dites, _c'est inutile, ce n'est pas nécessaire_. (Fland.)
-
-4. Ne dites pas non plus: _je n'en ai pas de besoin_; dites, _je n'en
-ai pas besoin_.
-
-=Beurre=, s. m.--On dit une _motte_ de beurre (et non _tartine_), pour
-signifier un morceau de beurre arrangé en forme de petit pain.
-
-=Beurré=, s. m., sorte de poire fondante: _beurré blanc_.
-
-2. _Beurrée_, s. f., tranche de pain recouverte de beurre; on dit aussi
-_tartine_.
-
-=Bey=, gouverneur turc: prononcez _bè_.
-
-=Bibliophile, Bibliomane.=--Le _bibliomane_ est celui qui a la passion,
-la fureur de posséder des livres, non pas tant pour s'instruire que
-pour en repaître sa vue et se féliciter de les avoir. La bibliomanie
-est l'excès ou l'aberration de la bibliophilie.--Le _bibliophile_
-est celui qui aime sagement et honorablement les livres, qui a du
-goût pour les bons ouvrages et qui sait les discerner d'avec les
-mauvais. Les qualités du bibliophile et du bibliographe se confondent;
-mais quelquefois les bibliophiles les plus instruits et les plus
-raisonnables tombent dans la bibliomanie.
-
-=Bien=, s. et adv.--Voyez le mot _rien_ pour la prononciation de
-_bien_.
-
-=Bienfaisance, Bienfaisant.=--Prononcez, mais n'écrivez pas,
-_bienfesance, bienfesant_.
-
-=Biez=, s. m.--Ce mot ne se dit que du canal d'un moulin; dans toute
-autre acception il faut se servir du mot _canal_.
-
-=Bijoutière.=--C'est à tort qu'on désigne sous ce nom une _modiste_ ou
-_monteuse de modes_.
-
-=Bileux=, n'est pas français, dites, _bilieux_: _cet homme est d'un
-tempérament bilieux_.
-
-=Bille=, s. f. (_ll_ mouillées), boule d'ivoire pour jouer au
-billard.--Petites boules de pierre ou de marbre qui servent à des jeux
-d'enfants; on dit quelquefois aussi _gobille_ (BESCHERELLE). Voyez
-_chique_.
-
-=Billet=, s. m.--_Billet de faire part_ ou simplement _billet de
-part_, billet, lettre, ordinairement imprimée, par laquelle on annonce
-un mariage, une naissance, un décès, qui intéresse celui qui écrit;
-prononcez _billet_, _ll_ mouillées. Voyez _mortuaire_.
-
-=Bis=, _bise_, adj., brun; prononcez _bi_: _du pain bis_.
-
-2. _Bis_, interj., encore une fois; prononcez _bice_.
-
-=Bisbille=, s. f. (_ll_ mouillées), querelle sur des riens; ne dites
-pas _bisbisse_.
-
-=Biser=, dans le sens de faire de la bise, n'est pas français; dites
-donc _il fait de la bise, nous avons vent du Nord_ et non _il bise_.
-
-=Bisquer=, v. n., pester, être de mauvaise humeur, être vexé; ce mot
-figure dans les dictionnaires, mais il est populaire.
-
-=Bissextile=, adj.: prononcez _bis-sex-tile_ et non _bizextile,
-bizectile, bisek_.
-
-=Bivac= ou =Bivouac=, s. m., garde en plein air; prononcez _bivaque_;
-il en est de même de _bivaquer, bivouaquer_.
-
-=Blague=, s. f., est un petit sachet où les fumeurs mettent le tabac.
-
-=Blaguer, Blagueur, Blague=, sont des expressions triviales et
-populaires; remplacez-les par _hâbler, hâbleur, hâblerie_.
-
-=Blamer=, dans le sens de _flamber_, jeter de la flamme, n'est pas
-français; c'est un mot wallon.
-
-=Blanc.=--Ce mot n'est jamais synonyme de _pâle_; ne dites donc
-pas d'un convalescent qu'il est encore bien _blanc_, qu'il est
-_blanc-mort_; dites, qu'il est encore bien _pâle_, qu'il est _pâle
-comme un mort_. (Wall.)
-
-2. Ne dites pas non plus: _il est blanc comme un lait, comme un satin_;
-dites, _il est blanc comme lait, comme du lait, comme le lait; comme
-satin, comme du satin, comme le satin_.
-
-=Blanchisserie= ou =Blancherie= (et non _blanchierie_), le lieu où l'on
-blanchit la toile ou la cire.
-
-=Blette=, adj. sans masculin: _poire blette_, poire molle qui n'est pas
-encore gâtée.
-
-=Bloc=, s. m.--On prononce le _c_ final, quand le mot est isolé ou à
-la fin d'une phrase ou lorsqu'il est suivi d'un mot commençant par une
-voyelle ou une _h_ muette: _acheter toutes les marchandises en bloc_
-(bloque), _un bloc_ (blo) _de marbre_. Voyez _c_.
-
-=Blocus=, s. m., action de cerner une place; prononcez _blocuce_. Voyez
-_s finale_.
-
-=Blouser=, v. act., tromper; _se blouser_, se tromper: ces termes sont
-populaires et familiers.
-
-=Bluet=, s. m., (on écrit plus rarement _bleuet_), espèce de fleur
-bleue qui croît dans les blés; on l'appelle aussi _barbeau_: prononcez
-_bluè, bleuè_ et non _blu-wet_, etc.
-
-=Boa=, s. m., grand serpent; prononcez _bo-a_ en deux syllabes.
-
-=Boeuf=, s. m., quadrupède ruminant; prononcez _beu-fe_; on prononce au
-pluriel _beû_, ainsi que _boeuf gras_ (_beû gras_), _boeuf salé_ (_beû
-salé_); dans _nerf-de-boeuf_ on ne prononce l'_f_ que dans _boeuf_; il
-en est de même de _oeuf_ (_eufe_) et _oeufs_ (_eû_).
-
-=Boire.=--On dit, _prendre du café, du thé, du chocolat_; on dit
-également _prendre_ et non _boire une médecine_. Voyez _café_.
-
-=Boîte=, s. f., pour ventouse, est wallon; ne dites donc pas: _on lui a
-mis six boîtes à la jambe_, mais, _six ventouses_.
-
-2. Il s'emploie absolument pour _tabatière_: _une belle boîte_;
-prononcez _boate_ et non _boète_ ni _boéte_.
-
-=Bon=, adj., _avoir bon_, est un grossier wallonnisme; ne dites donc
-pas: _on a si bon, pendant l'hiver, auprès du feu_; dites, _on est si
-bien, il fait si bon..._
-
-2. Ne dites pas: _mon camarade a bon de me tourmenter_; dites, _mon
-camarade prend plaisir, a du plaisir, s'amuse à..._
-
-3. Ne dites pas: _comme je ne suis pas assez riche, je ne pourrais pas
-faire cette énorme dépense, c'est bon pour vous_; dites, _c'est bon à
-vous_.
-
-4. _Pour le bon, pour de bon_, expressions usitées chez les enfants,
-surtout au jeu, sont des wallonnismes et doivent être remplacées par
-_tout de bon_ ou un équivalent, comme, _pour quelque chose_; on dit
-également _pour rire_ ou _pour rien_ dans le sens contraire.
-
-5. Ne dites pas: _ce commerçant a bon à vivre_; mais, _vit bien, vit à
-l'aise, est dans l'aisance_. (Wall.)
-
-6. _Tout de bon_, sérieusement, est français: _jusqu'ici il
-plaisantait, mais à présent il se fâche tout de bon_, et non _pour de
-bon, pour le bon_, etc.
-
-7. _Bon pour_: ne dites pas _ce fruit est bon pour manger_; mais, _à
-manger_; ne dites pas non plus: _cette église est belle pour voir_;
-mais, _à voir_: ce sont là des flandricismes.
-
-8. Ne dites pas: _j'ai bon trois sous_ ou _trois sous de bon_, pour
-indiquer que vous avez donné trois sous de trop, et que l'on vous doit
-trois sous; dites, _il me revient trois sous_. (Fland.)
-
-9. Ne dites pas: _le dites-vous en bon?_ dites, _le dites-vous
-sérieusement?_ (Fland.)
-
-10. On dit: _il est bon de faire, de dire_ et _il fait bon faire,
-dire_: _il est bon de savoir modérer ses désirs; il fait bon marcher,
-se promener, étudier_, etc.
-
-=Bonheur=, s. m.--Il n'a point de pluriel à moins qu'on ne l'emploie
-comme synonyme _d'événement heureux_: _il lui est arrivé plusieurs
-bonheurs en un jour_. (Acad.)
-
-=Bonhommes.=--Ne dites pas: _M. est un marchand de bonhommes_; dites,
-_M. est un marchand de jouets, un bimbelotier_.
-
-=Boni=, s. m., t. de finances; au pluriel _bonis_.
-
-=Bonne d'enfant.=--Ne dites pas _garde-d'enfant_ ni _garde-enfant_.
-
-=Bonnet=, s. m., vêtement de tête: _bonnette_ est wallon.
-
-=Bonté=, s. f.--_Ayez la bonté de vous asseoir_, est une formule
-comique de politesse; dites, _asseyez-vous, je vous prie_.
-
-=Bordeaux=, n. pr. de ville: écrivez et prononcez _Bordeaux_ et non
-_Bourdeaux_.
-
-=Borgne=, adj. et s., fait au féminin _borgne_; _borgnesse_ est un
-terme bas et injurieux qui se dit d'une femme ou d'une fille borgne;
-_borgnette_ n'est pas français.
-
-=Bosseler.=--Ne dites pas: _j'ai bosselé ma lampe en la laissant
-tomber_; dites, _j'ai bossué_... _Bossuer_ signifie _faire des bosses_
-à un métal; _bosseler_ signifie travailler en bosse.
-
-=Bouc=, s. m.: prononcez _bouque_.
-
-=Boucan=, s. m., tapage, vacarme; ce mot est français.
-
-=Bouche.=--Ne dites pas: _je le lui dirai de bouche_; mais, _de vive
-voix_, ou _en face, sans détours, nettement_.
-
-2. Ne dites pas: _il a toujours la pipe en bouche_; dites, _à la
-bouche_. Voyez _main_.
-
-3. D'après les exemples que donne l'Académie, on peut dire la _bouche_
-ou la _gueule_ d'un barbeau, etc. En parlant des bêtes de somme et de
-trait, on dit la _bouche_ d'un âne, d'un boeuf, d'un chameau, d'un
-cheval, d'un éléphant; on dit aussi la _bouche_ d'une carpe, d'une
-grenouille, d'un saumon; le mot _gueule_ s'applique particulièrement
-aux animaux carnassiers. Voyez _gueule_.
-
-=Bouchon=, s. m.--Ne dites pas, _un bouchon_ de cheminée; mais, _un
-devant_ de cheminée.
-
-=Boucle=, s. f.: prononcez et écrivez _bou-cle_ et non _bou-que,
-blou-que_ ni _boukèle_.
-
-=Bouger.=--Ce verbe est neutre et ne peut avoir de régime; ne dites
-donc pas: _il se bouge_; mais, _il bouge_;--_ne vous bougez pas de
-là_; mais, _ne bougez point de là_;--_bougez-vous_; mais, _ôtez-vous,
-retirez-vous, faites place_;--_vous bougez tout_; mais, _vous touchez
-à tout, vous dérangez tout_.--Ainsi _bouger quelque chose_ et _se
-bouger_ sont des barbarismes.
-
-=Bouilleau= pour _bouleau_.--Ne dites pas _un balai de bouilleau_,
-mais, de _bouleau_.
-
-=Boulancer.=--Ne dites pas: _il m'a boulancé_, pour _il m'a rudoyé,
-bousculé_. (Wall.)
-
-=Boulet=, s. m.--Ne dites pas, _un boulet de neige_, mais _une boule,
-une pelote de neige; se battre à coup de pelotes de neige_. Voyez
-_briquette_.
-
-=Boulette=, dans le sens de balourdise, bévue, étourderie, est
-français, mais il est familier. Voyez _hochet_.
-
-=Boulevard=, s. m.--Autrefois on écrivait _boulevart_.
-
-=Bouli= et =Boulie.=--Écrivez et prononcez _bouilli_ et _bouillie_, en
-mouillant les _ll_.
-
-=Bouloire=, s. f., vaisseau de métal pour faire bouillir l'eau; écrivez
-et prononcez _bouilloire_.
-
-=Bouquette=, mot wallon, en français _crêpe_, s. f., sorte de petite
-omelette faite avec de la farine de _sarrazin_: _à Liége, on mange des
-crêpes à Noël_; et non, _des bouquettes_; _j'ai acheté de la farine de
-sarrazin_; et non, _de la farine de bouquette_.
-
-2. Ne dites pas: _jeu de bouquette_, mais, _jeu d'osselets_: _jouer aux
-osselets_.
-
-=Bourg=, s. m., gros village: prononcez _bour-ke_. Cependant on ne fait
-pas entendre le _g_ de _bourg_ à la fin des mots: _Limbourg, Cobourg,
-faubourg_, que l'on prononce _Limbour, Cobour, faubour_.
-
-=Bourgmestre=, s. m.--On prononce _bourgue-mestre_ (Acad.), et non
-_bourkmaître, bourkmaîse, bourgue-maître, bourguemaisse_.
-
-=Bourse=, s. f.--Ne dites pas: _je suis allé en bourse_; dites, _à la
-bourse_. Voyez _bassin_.
-
-=Bouteille= (_ll_ mouillées, et non _boutèle_).--Ne dites pas: _le
-médecin m'a prescrit cette bouteille_; mais, _cette médecine, cette
-drogue, cette potion_.
-
-=Boutique=, s. f.--Ne dites pas: _mon père fait boutique_; dites,
-_tient boutique, a un magasin, fait commerce_. (Wall.)
-
-2. Ne dites pas: _mon domestique soigne les chevaux et fait en même
-temps à la boutique_; dites, _et sert à la boutique, s'occupe de la
-boutique_. (Wall.)
-
-3. Ne dites pas non plus: _ce négociant fait dans les draps, dans les
-épiceries_; dites, _vend les draps, les épiceries, fait le commerce de
-draps_, etc. (Wall.)
-
-=Bouton=, s. m.--_Le bouton d'une serrure, d'un verrou_, est la partie
-saillante et arrondie à l'aide de laquelle on pousse et on tire le pêne
-d'une serrure ou un verrou; on dit dans un sens analogue, _le bouton
-d'un tiroir, d'un couvercle_, etc. (Acad.) _Le bouton d'une porte_ est
-la pièce de fer ou de cuivre qui est ordinairement de forme ronde ou
-ovale, et qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir: _tournez le
-bouton_. (Acad.)
-
-=Boyard= ou =Boïard=, seigneur russe; prononcez _bo-ï-ard_.
-
-=Brader=, n'est pas français; rendez ce mot par, _perdre, prodiguer,
-gâcher, vendre à trop bas prix_, selon le sens: _il vend sa marchandise
-à trop bas prix, il la gâche_.
-
-=Brahme=, _Brahmane, Brahmanisme, Brahmanique_; prononcez _brâ-me,
-brâ-mane_, etc., sans faire sentir l'_h_.
-
-=Braire=, v. n., ne se dit que du cri peu harmonieux de l'âne; c'est
-donc à tort que les wallons le disent des personnes.
-
-=Bras=, s. m.--Ne dites pas: _elle tenait son enfant dans les bras_;
-dites, _dans ses bras_.
-
-=Brâs= ou =Brai=, pour signifier l'orge préparée pour faire de la
-bière, n'est pas français; dites, _malt_: _en Angleterre, l'impôt sur
-le malt est considérable_. (Acad.) La _drèche_ est le marc (le résidu)
-de l'orge qui a été ainsi employée.
-
-=Brasse.=--Ne dites pas: _il m'a pris à brasse-corps et m'a renversé_;
-dites, _à bras-le-corps_.
-
-=Brasserie=, s. f., lieu où l'on fait la bière; ne dites pas _brassine_.
-
-=Brave=, adj.--_Un homme brave_, est un homme qui a de la bravoure, du
-courage; _un brave homme_ est un homme honnête, bon, obligeant; il est
-familier dans ce dernier cas.
-
-2.--_Brave_, subst., se dit uniquement d'un homme qui a de la
-bravoure; vous ne direz donc pas à un écolier: _faites vos devoirs
-comme un brave_; dites, _comme un sage, comme un bon écolier_, ou bien,
-_faites sagement, tranquillement vos devoirs_; _brave_, dans cette
-acception est tout-à-fait wallon.
-
-=Breloque= (_battre la_).--Cette locution vicieuse est fort usitée,
-surtout dans le Hainaut, pour signifier _radoter_.
-
-=Brevet=, s. m., =Breveter=; prononcez comme c'est écrit et non,
-_brévet, bréveter_ ni _brefeter_.
-
-=Brichauder, Briscader.=--Ces mots ne sont pas français; c'est
-_gaspiller, prodiguer_, qu'il faut dire.
-
-=Brick=, s. m., petit navire armé; prononcez _bri-ke_; on écrit aussi,
-mais moins souvent, _brig_.
-
-=Brièveté=, s. f.: prononcez _briè-ve-té_ et non _brié-fe-té_. Voyez
-_v_.
-
-=Brigadier=, s. m.--Prononcez l'_a_ bref et non _brigâdier_; prononcez
-de même _saladier_ et les autres mots de la même terminaison.
-
-=Brillant=, adj.--_Un brillant éclat_ est un pléonasme vicieux, car
-tout éclat est nécessairement brillant.
-
-=Bris=, s. m., terme de palais, fracture, rupture; prononcez l'_s_,
-_bri-ce_. (Acad.)
-
-=Brise-feu=, s. m.; ne dites pas _un brise-feu_; dites _un écran_.
-
-=Broc=, s. m., grand vase pour le vin; prononcez _brô_; le _c_ ne se
-prononce qu'en poésie et dans la locution _de bric et de broc_. Voyez
-_c final_.
-
-=Brosse=, pour _balai_, n'est pas français.
-
-=Brosseter=, nettoyer avec la brosse, n'est pas français: dites
-_brosser_. (Wall.)
-
-=Brouet=, s. m., bouillon au lait et au sucre; prononcez _brou-è_ (deux
-syllabes) et non _broè_ ni _brou-wet_.
-
-=Brouette=, s. f.; prononcez _brou-ette_ et non _brou-wette_.
-
-2. _Faire brouette_, terme du jeu de quilles, ne rien abattre, est une
-expression wallonne; dites, _faire chou blanc_.
-
-=Broiement= ou =Broîment=, s. m., action de broyer: prononcez
-_broi-ment_ et non _broy-ï-ment_.
-
-=Brou=, s. m., enveloppe verte des noix, des amandes et des fruits à
-coquille; ce mot ne s'emploie pas au pluriel. _Écale_ signifie la même
-chose, et se dit en outre: 1º, de certains légumes: _écales de pois,
-écales de fèves_; 2º, de la couverture solide de l'oeuf, qui porte
-aussi le nom de _coque_ et de _coquille_: _j'ai brisé l'écale, la
-coque, la coquille de mon oeuf_. Mais _cale_ n'est français dans aucune
-de ces acceptions: _cales de noix_, est donc une faute grossière;
-écrivez et prononcez _écale_ et non _écaille_.--_Cale_, s. f., se
-dit d'un morceau de bois, de pierre, etc. qu'on place sous un objet
-quelconque pour le mettre de niveau ou lui donner de l'assiette.
-
-=Brouillamini=, s. m., désordre, confusion: _embrouillamini_ n'est pas
-français.
-
-=Brouillard= (_papier_); voyez _buvard_ et _tache_.
-
-=Brouillasser=, n'est pas français; dites, _il fait, il y a du
-brouillard, il bruine_.
-
-=Brouilleur.=--Ne dites pas d'un mauvais écrivain, _c'est un
-brouilleur de papier_; dites, _... un barbouilleur_.
-
-=Bru=, s. f.--On dit ordinairement _belle fille_.
-
-=Bruit=, s. m.--Voyez _mener_.
-
-=Brûler= (avec un accent circonflexe), employé impersonnellement, est
-un flandricisme: _on sonne le tocsin, il brûle quelque part_; dites,
-_il y a un incendie_; ne dites pas non plus: _il a brûlé cette nuit_;
-mais, _il y a eu un incendie cette nuit_.
-
-2. Ne dites pas: _mon feu brûle bien, ma lampe brûle bien_; dites, _mon
-feu flambe bien, ma lampe éclaire bien_.
-
-3. _Brûler du café_, pour _rôtir, griller, torréfier du café_, est
-une expression wallonne et flamande tout à la fois. _Brûler du
-café_, signifie: _consumer du café par le feu_; or ce n'est pas là ce
-qu'on veut dire quand on emploie cette locution; dites donc _griller,
-rôtir_ du café et mieux _torréfier_ qui nous paraît le mot propre;
-_torréfaction_ est l'action de torréfier.
-
-=Brûle-bout=: voyez _profit_.
-
-=Brut=, adj.--On prononce le _t_: _du sucre brut_ (_brute_).
-
-=Bruxelles=, ville capitale de la Belgique; prononcez _Brucè-les_,
-d'après le flamand _Brussel_, et non _Bruk-celles_; ne dites pas
-_Bruxelaire_ ni _Brusselaire_; c'est _Bruxellois_ (Bru-cellois) qu'il
-faut dire.
-
-=Bu=, ne s'emploie pas avec l'auxiliaire _être_ en parlant des
-personnes; ne dites donc pas d'un homme ivre: _il est bu_, mais _il a
-bu, il est gris, il est ivre, il a une pointe, une petite pointe de
-vin, de liqueur_.
-
-=Bûche de bois=, est un pléonasme vicieux; dites simplement, _bûche_,
-pièce de gros bois de chauffage; on dira pourtant _une bûche de bois de
-hêtre, de bois flotté_.
-
-2. On dit _tirer à la bûchette, à la courte paille_; et non, _à la
-bûche_.
-
-=Buée=, s. f., ancien mot français, aujourd'hui inusité; dites
-_lessive_.
-
-=Buffleteries=, s. f., tout ce qui dans l'équipement militaire, est
-fait d'une peau préparée à la manière de la peau de buffle; écrivez et
-prononcez _buffleteries_, et non _buffeteries_.
-
-=Bure=, puits de mines, est du _féminin_: _cette bure est profonde_.
-
-=Bureau.=--Ne dites pas: _mon père écrit sur un bureau_; mais, _dans
-un bureau_.
-
-=Busculer=, n'est pas français; dites _bousculer_.
-
-=Buse.=--Ne dites pas: _la buse_ ou _les buses du poêle_, mais _le
-tuyau_ ou _les tuyaux du poêle_; _buse_ dans ce sens est un mot wallon.
-
-=But=, s. m., point où l'on vise, terme, fin; le _t_ se prononce
-lorsque le mot termine la phrase, ou quand il est devant une voyelle ou
-une _h_ muette.
-
-2. Ne le confondez pas avec _butte_, s. f., qui signifie un petit
-tertre, une petite élévation de terre.
-
-3. On ne _remplit_ pas un but, comme on remplit un tonneau; on
-_l'atteint_: _il a atteint son but_.
-
-=But-à-but=, loc. adv., également, sans aucun avantage de part ni
-d'autre; on l'emploie surtout au jeu: _jouer but-à-but, être but-à-but_.
-
-=Buvable=, adj., est français, mais il est familier; on dit plutôt
-_potable_.
-
-=Buvard.=--_Papier buvard_ n'est pas français; dites, _papier
-brouillard_, pour signifier le papier dont on se sert pour faire sécher
-l'écriture fraîche.
-
-2. _Le buvard_, s. m., est une sorte d'album où toutes les feuilles
-sont de papier brouillard, et dont on se sert pour faire sécher
-l'écriture fraîche.
-
-
-
-
- C
-
-
-=C final.=--Il ne se fait sentir qu'après une voyelle non nasale ou
-une consonne: _arsenic_ (quelques-uns prononcent _arseni_ contrairement
-à l'Académie), _bac, hamac, lac, bec, pic, roc, bouc, caoutchouc,
-duc, busc_, etc.; excepté pourtant dans _arc-boutant, arc-bouter,
-arc-doubleau, broc_, (voyez ce mot), _accroc, raccroc, escroc, estomac,
-tabac, lacs_ (filets), _cric, échecs_ (jeu), _porc_ (on prononce
-ordinairement le _c_ quand il est à la fin de la phrase et devant une
-voyelle), _marc_ (poids), _Saint-Marc_, employé comme déterminatif,
-tels que _la place Saint-Marc, le lion Saint-Marc_; mais dans saint
-_Marc_, l'évangéliste, _Marc_, nom d'homme, le _c_ se fait sentir;
-_amict_ ne fait sentir ni le _c_ ni le _t_. Dans le discours soutenu,
-la liaison peut avoir lieu pour les substantifs _estomac, instinct_,
-suivis d'un adjectif: _estoma-kaffaibli, instin-kadmirable_.--Le _c_
-se prononce également dans les noms propres _Armagnac, Brissac, Balzac,
-Cavaignac_ (prononcez _Cavagnac_), _Cognac, Nérac, Ravaillac_.
-
-=Ça=, interjection familière, dont les wallons abusent trop souvent
-dans les locutions suivantes: _oui, ça! non, ça_; régulièrement il faut
-la supprimer.
-
-2. _Il fera ça_ ou _cela mieux une autre fois_, est une locution
-wallonne; dites, _il fera d'autant mieux..._ ou _en revanche, il fera
-mieux_. (Wall.)
-
-3. Les flamands doivent éviter de commencer leurs phrases par le mot
-_ça_: _ça est vrai, ça est bon, ça je dis, ça j'ai répondu, ça je ne
-sais pas_; ils doivent dire simplement, _c'est vrai, c'est bon, je dis
-cela, j'ai répondu cela, je ne le sais pas_, à moins qu'on ne veuille
-insister particulièrement ou établir une sorte d'opposition: _ceci
-est faux, cela est vrai; ceci est mauvais, cela est bon_; quant aux
-expressions _ça_ ou _cela je dis_, etc., cette inversion n'est jamais
-permise en français; il faut alors recourir à une autre tournure, par
-ex.: _voici ce que dis, voilà ce que j'ai répondu_.
-
-4. _Il est comme ça, c'est son caractère_, est une expression française.
-
-=Cabaret=, s. m.: faites le premier _a_ bref.
-
-=Cabas=, s. m., petit panier; l'_s_ ne se prononce pas.
-
-2. _Aller à cabasse_, est une locution wallonne; dites, _aller bras
-dessus, bras dessous_.
-
-=Cabeliaud=, n'est pas français; dites _cabillaud_ (_ll_ mouill.)
-
-=Cabus=, adj. m., sans féminin, pommé; il ne se dit qu'avec le mot
-_chou_: _des choux cabus_; on ne prononce pas l'_s_.--_Cabusette_
-n'est pas français; dites _laitue pommée_.
-
-=Cacao=, s. m., amande du cacaoyer, base du chocolat; prononcez
-_caca-o_.
-
-=Cachément, Cachettement=: ces mots ne sont pas français; dites _en
-cachette, secrètement, en secret_.
-
-=Cacis= ou =Cassis=, s. m., arbuste, liqueur; prononcez _câci-ce_.
-
-=Cacophonie=, s. f., son ou accord désagréable; ne dites pas
-_cacaphonie_.
-
-=Cadastre=, s. m.; prononcez _cadas-tre_ et non _cadasse_ ni
-_ca-das-tère_.
-
-=Cadavre=, s. m., corps mort; prononcez _cada-vre_ et non _cada-fe_ ni
-_cada-vère_: _cadavre inanimé_ est un pléonasme ridicule.
-
-=Cadeau=, s. m.--Ne dites pas: _j'ai reçu ce livre en cadeau_; dites,
-_on m'a fait cadeau de ce livre_.
-
-=Cadenas=, s. m., serrure mobile; ne dites pas _loquet_ pour _cadenas_;
-le loquet en effet est une fermeture très-simple que l'on met aux
-portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est dormant;
-il correspond assez bien au mot wallon _cliche, clichette_.
-
-2. Ne confondez pas non plus le _loquet_ ou le _cadenas_ avec la
-_targette_, qui est une petite plaque de métal, portant un verrou
-plat, et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les
-fermer.--Prononcez _ca-d'-na_ et non _ca-ne-na_.
-
-=Cadre=, s. m.--Ne dites pas: _j'ai acheté de beaux cadres_, pour
-_de beaux tableaux_: un _cadre_ n'est que la bordure du tableau, de
-l'estampe. Voyez _quadre_.
-
-=Café=, s. m.; prononcez _café_ et non _cafet_.
-
-2. On ne dit pas, _boire le café_, mais _prendre le café_: _boire_ ne
-se dit que des liqueurs faites pour servir de boisson, pour désaltérer,
-comme _l'eau, le vin, la bière_, etc. Voyez _boire_.
-
-=Cafouiller= ou =Fafouiller=, pour =Farfouiller=, sont des barbarismes:
-_farfouiller_ signifie fouiller dans quelque chose avec désordre.
-
-=Cahier=, s. m.; prononcez _ca-ié_, (_h_ muette) et non _ca-iet_ ni
-_ca-hier_, en aspirant l'_h_.
-
-=Cahotement=, s. m.--Ce mot n'est pas français; dites _cahot_, pour
-exprimer les sauts que fait une voiture sur un chemin raboteux; et
-_cahotage_, pour marquer l'effet, le mouvement que produisent les
-_cahots_.
-
-=Cahotte=, s. f., mot wallon, morceau de papier roulé en pointe de
-manière à pouvoir contenir quelque chose, se traduit en français par
-_sac, sachet, cornet_ et _rouleau_ qu'il ne faut pas confondre; on dit:
-_un cornet de tabac, de café_; _un rouleau de pièces de cinq francs_.
-
-=Caillé=, part.; dites, _du lait caillé_ et _une dent cariée_.
-
-=Caisse=, s. f.--Ne dites pas, _une caisse de montre_; dites, _une
-boîte de montre_.
-
-=Câlin=, adj. (l'_a_ est long).--Ce mot signifie _flatteur, cajoleur_:
-_un petit câlin, cet homme a l'air câlin; prendre un ton câlin_; mais
-il ne faut pas l'employer dans le sens de _méchant_ ou de _saligaud,
-salaud, crapuleux_. (Wall.)
-
-=Caleçon=, s. m., sorte de culotte; ne dites pas, _caneçon_.
-
-=Calendrier républicain.=--Pendant la révolution française, la
-Convention voulant faire commencer l'année au jour où la république
-avait été proclamée, abolit l'ère vulgaire, et data l'ère républicaine
-du 22 septembre 1792, le jour même de l'équinoxe d'automne. Les
-mois, au nombre de douze, se composaient uniformément de 30 jours,
-et étaient rangés dans l'ordre suivant: _vendémiaire, brumaire,
-frimaire_,--_nivôse, pluviôse, ventôse_,--_germinal, floréal,
-prairial_,--_messidor, thermidor_ et _fructidor_. L'année était
-complétée par des jours épagomènes au nombre de 5, et de 6 dans
-les années _sextiles_. Au lieu de la division du mois en semaines,
-on adoptait une division en 3 décades, dont les jours s'appelaient
-_primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi,
-nonidi, décadi_. Le jour était divisé en 10 parties ou heures. Les
-noms des saints et des fêtes du calendrier grégorien étaient remplacés
-par une série de noms de plantes, de métaux, d'animaux, d'instruments
-aratoires. Exemple: vendémiaire, primidi, _raisin_; duodi, _safran_,
-etc. Le 1er des jours complémentaires fut consacré à la vertu, le 2e
-au génie, le 3e au travail, le 4e à l'opinion; le 5e était la fête des
-récompenses; le 6e, dans les années sextiles, la fête de la révolution.
-La période de 4 ans, au bout de laquelle avait lieu cette addition du
-6e jour, formait une _franciade_.--Le _Calendrier républicain_ avait
-été imaginé par Romme. La signification de ces mois n'était vraie que
-pour le climat de Paris. Il a duré moins de 14 ans; sa 14e année,
-commencée le 23 septembre 1805, finit le 31 décembre suivant: sur un
-rapport de Laplace au Sénat, un sénatus-consulte du 21 fructidor an
-XIII rétablit le calendrier grégorien à compter du 1er janvier 1806.
-
- (_Dictionnaire_ de DEZOBRY et BACHELET).
-
-=Calotte=, _gifle, pétard_, coup donné sur la tête ou au visage avec
-la main; remplacez ces mots par _taloche, claque, soufflet_: _gifle_
-et _calotte_ pourtant figurent dans les dictionnaires, mais ils sont
-populaires.
-
-=Calque=, s., est masculin: _un beau calque_.
-
-=Calquer, Décalquer=, v. n.--_Calquer_, c'est transporter les traits
-d'un dessin sur un papier: _calquer un dessin, un plan_.--_Décalquer_,
-c'est reporter le calque d'un dessin sur du papier, sur une toile, sur
-une planche, etc.
-
-=Calville= (pomme).--Dites _pomme calville_ ou _pomme de calville_ et
-non _calvine_ ni _calvi_.
-
-=Camail=, s., vêtement ecclésiastique, et des chanoines ainsi que des
-évêques en particulier; ce mot est masculin; le pluriel est _camails_.
-
-=Cambouis=, s. m., graisse noire formée du vieux oing, dont on a enduit
-les roues; écrivez et prononcez _cambouis_ et non _cambuis_.
-
-=Campagne.=--_Être à la campagne_, c'est être en promenade à la
-campagne ou être dans une maison de campagne, pour y passer quelque
-temps; _être en campagne_, c'est être en mouvement, hors de chez soi,
-qu'on voyage pour son plaisir ou pour ses affaires: _quand il est à
-la campagne, il met tous ses gens en campagne, pour lui procurer des
-vivres_. Ces observations s'appliquent également aux locutions: _aller
-à la campagne_ et _aller en campagne_.
-
-=Canaille=, s. f.--Ne dites pas: _cette personne est une canaille;
-ce commissaire est une canaille qui mérite la potence_. Ce mot n'est
-pas français dans ce sens; remplacez-le selon le sens par: _un gueux,
-coquin, fripon; un bandit, malfaiteur, vagabond; un drôle, un maraud,
-un gredin, un pied-plat, un infâme, un chenapan_.--_Canaille_ est un
-terme de mépris qui se dit de la plus vile populace: _il fut insulté
-par la canaille_.--Il se dit aussi des gens de toute condition pour
-lesquels on veut témoigner du mépris: _il nous traite de canaille_.--Il
-se dit quelquefois, par plaisanterie, des petits enfants qui font du
-bruit, qui importunent: _faites taire cette petite canaille_.
-
-=Cangrène=: voyez _gangrène_.
-
-=Caout-chouc=, s. m., résine élastique; prononcez _caoute-chouke_.
-
-=Capable=, adj.--On dit: _cet homme est capable de bien se battre_, et
-non, _à, pour se battre_; _capable_ n'est jamais suivi des prépositions
-_à_ ou _pour_.--Voyez _susceptible_ et _assez_.
-
-=Capillaire=, _capillarité, capillation, capillature_: prononcez les
-deux _ll_ sans les mouiller.
-
-=Capitaine=: prononcez comme c'est écrit, _capitaine_ et non _captaine_.
-
-=Capot=, adj., 1º confus, interdit; 2º terme de jeu, qui n'a fait
-aucune levée; cet adjectif est des deux genres et des deux nombres;
-ne dites donc pas d'une femme: _elle est demeurée capote_; mais
-_capot_.--Prononcez _capo_ (_o_ bref).
-
-2. N'employez pas _capot_ dans le sens de _frit, fricassé, cassé,
-brisé, perdu_: _cet homme est frit; cet argent est fricassé; tout est
-frit; ce vase est cassé; cette canne est brisée; cet homme est perdu_
-(et non _capot_ ni _capote_). (Fland.)
-
-=Capote=, ne se dit proprement que d'une espèce de redingote à l'usage
-des soldats; dans tout autre cas, servez-vous des mots _redingote,
-frac_ (s. m. _un frac_).
-
-=Caprice=, est masculin: _un caprice bizarre_.
-
-=Capuce=, s. m.; ne dites pas: _il rabattit sa capuche sur son visage_;
-dites, _son capuce_, ou bien, _son capuchon_, (couverture de tête qui
-fait partie de l'habillement de certains religieux.)--_Capuche_ n'est
-pas français.
-
-=Car en effet=, pléon. vicieux; dites seulement, _car_ ou bien _en
-effet_; ces deux locutions signifient la même chose.
-
-=Caracole=, est un mot wallon; dites _limaçon_ ou _colimaçon_.
-
-=Caramel=, bonbon, est un s. m.: _aimez-vous le caramel? le caramel est
-bon pour le rhume; mettre du caramel dans une sauce_. (Acad.) Quoique
-l'Académie ne donne pas d'exemple de ce mot employé au pluriel, nous
-croyons pourtant qu'on peut dire _des caramels_, pour désigner les
-petits bonbons sucrés, de forme carrée ou oblongue, renfermés dans du
-papier: _cet enfant aime mieux les caramels que les dragées_.
-
-=Carbonaro=, s. m., au pl., _carbonari_, nom des membres d'une société
-secrète d'Italie; ce mot signifie proprement _charbonnier_.
-
-=Caresse=, s. f.--Ne dites pas: _donner des caresses_; dites, _faire
-des caresses_.
-
-=Carolus=, s. m., ancienne monnaie: prononcez _caroluce_ et non
-_carluce_.
-
-=Carotte=, s. f.--_Tirer une carotte_ à quelqu'un, c'est-à-dire,
-obtenir adroitement d'une personne ce qu'elle n'avait nulle envie de
-donner, est une locution basse et populaire.
-
-=Carpette=, mot anglais qui n'est pas francisé; dites, _tapis de pied_,
-comme on dit, _tapis de table, tapis de billard_: _carpette_ se dit en
-français d'un gros drap rayé pour emballage.
-
-=Carré=, ne peut pas s'employer pour _quadrille_ (sorte de
-danse).--_Carré_ ne se dit pas non plus pour _palier_: _nous logeons
-sur le même palier_ et non, _sur le même carré_.
-
-=Carreau=, s. m.--On doit dire un _carré de papier_ ou un _quart
-de feuille_, et non un _carreau de papier_: _écrire une note sur un
-carré de papier_; mais on dit, _un carreau de vitre_ ou simplement _un
-carreau_.
-
-=Carrosse=, voiture suspendue, est masculin: _un beau carrosse_.--Ne
-dites pas: _il roule carrosse, il roule en carrosse_; dites, _il a un
-carrosse, il a un équipage_.
-
-=Carrousel=, s. m., tournois: prononcez _carou-zèle_ et non _caroucèle_.
-
-=Cartabelle=, s. f., le petit livre qui indique la manière de réciter
-l'office, se nomme, en français, _un directoire_; _cartabelle_ ne
-figure pas dans les dictionnaires, mais il est usité en Belgique.
-
-=Carte=, s. f.--Ne dites pas _une carte de mort_, mais _un billet de
-part, un billet d'enterrement_.
-
-2. Ne dites pas: _ce professeur donne des leçons à un franc la carte_;
-dites, _à un franc le cachet_.
-
-=Carter=, dans le sens de _mêler_ ou de _faire les cartes_, n'est pas
-français; _écarter_ (et non _carter_) est un terme du jeu de piquet.
-
-=Cas.=--_En cas que, au cas que_, se disent indifféremment et sont des
-locutions conjonctives qui régissent le subjonctif.
-
-2. On dit _en cas d'empêchement, en cas de malheur_; et non, _au cas
-d'empêchement_, etc.
-
-3. _Cas_ (_faire_): on dit, _faire cas, faire grand cas_, ou _ne faire
-nul cas de quelqu'un_ ou _de quelque chose_; on ne dit pas, _faire du
-cas, faire un grand cas de..._; toutefois, on dit très-bien: _j'en fais
-beaucoup de cas_.
-
-=Casaque=, habillement dont on se sert comme d'un manteau, et qui a
-ordinairement les manches fort larges: ce mot est féminin.
-
-=Casemate=, s. f., souterrain voûté d'une citadelle: prononcez
-_cazemate_ et non _cacemate_ ni _casemaque_.
-
-=Casino=, s. m., société de jeu, de danse: prononcez _cazino_ et non
-_cacino_.
-
-=Cassonade=, s. f., sucre non raffiné: prononcez _cassona-de_ et non
-_cassona-te_ ni _castonnade_.
-
-=Casuel= (accidentel), ne doit pas s'employer pour _cassant, fragile_;
-il faut dire: _la porcelaine est cassante, fragile_, et non _casuelle_.
-
-=Cataplasme=, est masculin: _appliquer un cataplasme_; prononcez
-_cataplas-me_ et non _catapla-me_. Voyez _asme_.
-
-=Catéchisme=, s. m.: prononcez _catéchis-me_ et non _catéchime,
-catéchisse, catéchim-se, catégisme_.
-
-=Catherine=, n. pr.: écrivez et prononcez _Catherine_ et non
-_Cathérine_.
-
-=Cause= (_à_).--_A cause que_, signifiant _parce que_, est français,
-quoi qu'en disent MM. Chapsal et Poitevin; au mot _par_, l'Académie
-dit: _parce que, à cause que_; et au mot _cause_, elle dit: _à cause
-que, parce que_.
-
-2. Ne dites pas: _c'est cause de vous que j'ai perdu mon livre_; dites,
-_c'est à cause de vous_.
-
-3. Ne dites pas non plus: _je suis tombé, c'est vous la cause_; mais,
-_c'est à cause de vous_ ou _c'est vous qui en êtes la cause_.
-
-=Causer=, dans le sens de _parler_; ne dites pas: _je lui ai causé
-longtemps_; mais, _j'ai causé longtemps avec lui; j'ai causé avec lui
-de cette affaire_ (et non _je lui ai causé de cette affaire_).
-
-2. Ne dites pas: _nous nous causerons une autre fois_; dites, _nous
-causerons..._--_Se causer_ n'est pas français.
-
-=Causette=, n'est pas français; dites _causerie_ ou _conversation_,
-selon le sens.
-
-=Causeur=, fait au féminin _causeuse_ et non _causeresse_.
-
-=Cave=, _Esclave, Rave_, etc.: prononcez comme c'est écrit, et non
-_ca-fe, escla-fe, ra-fe_. Voyez _v final_.
-
-=Ce, Cela.=--Ne dites pas: _cela ne vient pas à huit jours_; dites,
-_huit jours de plus ou de moins n'y font rien_ ou _ne font rien à
-l'affaire_. (Fland.)
-
-2. Ne dites pas: _c'est ce que je me plains_; mais, _c'est ce dont je
-me plains_.
-
-3. Ne dites pas: _c'est moi qui a, c'est moi qui est; c'est vous qui
-a, c'est vous qui est_; dites, _c'est moi qui ai, c'est moi qui suis;
-c'est vous qui avez, c'est vous qui êtes; c'est nous qui avons, qui
-sommes_, etc.
-
-4. _Ça_ ou _cela voulait bien tomber que telle ou telle chose était
-arrivée_.--Quand on veut parler d'une circonstance favorable, d'un
-heureux hasard, qui arrive dans un certain temps, on dit en flamand:
-_ça voulait bien tomber que..._ Cette expression ne peut pas s'employer
-en français; il faut dire par exemple: _c'était une circonstance
-favorable, un heureux hasard que votre frère aîné fût là pour prendre
-votre défense_. (Fland.)
-
-5. Ne dites pas: _cela m'étonne que, cela ne me surprend pas que..._
-dites, _je m'étonne que_ ou _je suis étonné que; je ne suis pas surpris
-que..._
-
-6. _Cela va sans parler_, barbar.; dites, _cela va sans dire_.
-
-7. Ne dites pas: _c'est aujourd'hui quatre mois que Jean est mort_;
-dites, _il y a aujourd'hui quatre mois que..._ (Fland.)
-
-8. Ne dites pas non plus: _ça été hier trois ans que...; ce sera demain
-six semaines que..._ dites, _il y a eu hier trois ans que...; il y aura
-demain six semaines que..._ (Fland.)
-
-9. _C'est... c'était_.--Ne dites pas: _c'est bien étonnant que...;
-c'est temps de dîner; c'était dix heures, quand nous arrivâmes; c'était
-minuit précis, lorsque les voleurs entrèrent; c'était temps qu'il se
-corrigeât_; mais dites, _il est bien étonnant; il est temps; il était
-dix heures; il était minuit précis; il était temps qu'il se corrigeât_.
-(Fland.)
-
-10. Ne dites pas: _c'est beau temps aujourd'hui_; dites, _il fait beau
-temps, il fait beau aujourd'hui_. (Fland.)
-
-11. Ne dites pas: _c'est fini avec moi, avec lui_; dites, _c'est fait
-de moi, de lui_. (Fland.)
-
-12. Ne dites pas: _c'est inconcevable les arbres qu'il y a dans ce
-jardin_; dites, _vous ne sauriez croire combien il y a d'arbres..._
-(Fland.)
-
-13. Ne dites pas: _c'est certain que les enfants étaient plus soumis
-autrefois_; dites, _il est certain..._
-
-14. Ne dites pas: _c'est midi, c'est six heures; il est temps que je
-retourne_; dites, _il est midi, il est six heures..._ (Fland.)
-
-15. Ne dites pas: _saluez ce Monsieur_; dites, _saluez Monsieur_.
-_Ce_, devant _monsieur, dame, demoiselle_ ou devant un nom propre, est
-toujours injurieux. Ne dites pas: _celui-ci, celle-ci prétend que_ (en
-parlant d'une personne présente) _cette chose est_; ce terme est impoli
-et inconvenant; dites, _Monsieur, Madame, Jean, Jeanne, prétend que..._
-
-16. _C'est à vous à_, signifie ordinairement, _c'est votre tour de_:
-_c'est à vous à jouer_;--_c'est à vous de_ veut dire, _c'est votre
-droit de_: _c'est à vous de jouer le premier_; ou, _c'est votre devoir
-de_: _c'est à vous de donner l'exemple_.
-
-=Céleri=, s. m., plante potagère: prononcez _cél'ri_ et non _céléri_.
-
-=Cence, Cencier.=--Ces mots ne sont guère usités; on dit plus
-communément, _ferme, fermier_.
-
-=Cendrisse.=--Ce mot n'est pas français; dites: _cendres_.
-
-=Cens=, s. m., redevance en argent: prononcez _sance_.
-
-=Censé, ée=, réputé, est simplement _adjectif_: _vous êtes censé
-l'avoir fait_; ne le confondez pas avec _sensé_, qui a du bon sens, qui
-est conforme à la raison: _personne sensée, discours sensé_.
-
-2. _Censément_, n'est pas français; ne dites pas: _il est censément
-docteur_; dites, _il est censé docteur_.
-
-=Cent= et =Vingt=, prennent une _s_ quand ils sont précédés d'un autre
-adjectif numéral qui les multiplie: _quatre-vingts enfants; ils sont
-quatre-vingts; deux cents hommes; ils sont deux cents_.--_Exceptions_:
-quoique multipliés par un autre adjectif numéral, _vingt_ et _cent_
-sont invariables:--1º quand ils sont suivis d'un autre nombre:
-_quatre-vingt-un ans, quatre-vingt-deux ans, deux cent trois ans_,
-etc.; _Mathusalem vécut neuf cent soixante-neuf ans_.--2º Quand ils
-sont employés par abréviation pour _vingtième, centième_, parce
-qu'alors ils déterminent un substantif _singulier_ exprimé ou
-sous-entendu: _numéro quatre-vingt, page deux cent, l'an trois cent, en
-dix-sept cent, l'an mil huit cent, l'an mil huit cent cinquante-neuf_,
-c'est-à-dire, _numéro quatre-vingtième, page deux centième, l'an
-mil huit centième_, etc.--_Cent_, employé pour _centaine_, devient
-substantif et prend la marque du pluriel: _deux cents de fagots_.
-
-=Centaure.=--Ne dites pas: _ce musicien a une voix de centaure_;
-dites, _une voix de stentor_.--_Centaure_ est un monstre fabuleux,
-tandis que _Stentor_ est le nom d'un grec célèbre par la force de sa
-voix.
-
-=Centime, Décime=, sont masculins comme les termes du système décimal:
-_un centime, un décime_ (dix centimes).--_Cents_ est aussi masculin:
-_un cents_; mais ce mot ne peut plus s'employer aujourd'hui, en
-Belgique, que pour désigner la monnaie hollandaise qui correspond
-à peu près à nos pièces de deux centimes; remplacez donc ce mot par
-le mot _centime_: _deux centimes, pièce de deux centimes, cela coûte
-quatre centimes_, etc.
-
-=Cep=, s. m., pied de vigne: prononcez _cèpe_.
-
-=Cerf=, s. m., bête fauve de l'ordre des ruminants; prononcez _cerfe_,
-lorsqu'il est seul ou à la fin d'un mot et _cère_ lorsqu'il s'appuie
-sur un autre mot. (POITEVIN, _Dict._)--Dans _serf_ (au fém. _serve_)
-on fait toujours sentir l'_f_. (Acad.)
-
-=Cerise, Cerisier.=--Ne dites pas _cérise, cérisier_.
-
-=Certain, aine=, adj.--_Une certaine chose_, est une chose non
-désignée; _une chose certaine_, est une chose vraie, sûre.
-
-=Cesser, Décesser.=--_Il ne décesse de parler_, est une expression
-vicieuse, quoique très-commune; dites, _il ne cesse, il ne discontinue
-pas de parler, il ne déparle pas_.
-
-=Ceux=, pr. p.--Ne dites pas: _il y en a de ceux qui parlent_; dites,
-_il y en a qui parlent_: prononcez _ceu_ et non _ceuze_.
-
-=Ch.=--Les flamands sont exposés à le prononcer comme une _s_: _un
-sien, un sin, il se casse, panasse, siersier, siez, sicorée_, etc., au
-lieu de, _un chien, il se cache, panache, chercher, chez, chicorée_,
-etc.--Ils ne doivent pas non plus donner à _che_ le son de _ge_:
-_panage, cravage, il se cage, il se fâge_, pour _panache, cravache, il
-se cache, il se fâche_. Voyez _archaïsme_ et _sch_.
-
-=Chacun.=--On ne dit pas, _un chacun, un quelqu'un_; on dit
-simplement, _chacun, quelqu'un_.
-
-2. Ne dites pas: _ces livres me coûtent deux francs chaque; nous avons
-eu dix francs chaque_; dites, _six francs chacun_, ou _chaque livre
-me coûte deux francs; nous avons eu dix francs chacun_; _chaque_ est
-adjectif et veut toujours un substantif après lui.
-
-=Chair=, s. f.--Ne dites pas: _il est noir de chair_; dites, _il a la
-peau noire_. Voyez _noir_.
-
-=Chaire prêchoire=, barb.--Dites _chaire de vérité_ ou simplement
-_chaire_ (n'écrivez pas _chair_); ne dites pas non plus _chaise_.
-
-=Chako=, s. m.: on écrit aussi _schako_ et _shako_; au plur. _chakos_.
-
-=Chaland=, signifie _pratique, acheteur_: _il a perdu ses chalands; un
-nouveau chaland; attirer les chalands_.
-
-=Châle=, s. m., vêtement de femme: on écrit aussi, mais moins souvent,
-_schall_ et _shall_.
-
-=Chalet=, s. m., nom des maisons des paysans suisses, etc.; prononcez
-l'_a_ et l'_e_ brefs, _chalet_ et non _châlet_ ni _chalais_.
-
-=Chambellan=, s. m., officier de la chambre du roi; ne dites pas
-_chamberlan_ ni _chambrelan_.
-
-=Chambran=, s. m., barb.; dites _chambranle_ pour désigner
-l'encadrement de bois qui se place aux portes, aux cheminées: le
-_chambranle_; (masculin).
-
-=Champignon.=--Dites, _il y a un champignon à la chandelle_, et non,
-_il y a un voleur_.
-
-=Chandeleur=, s. f., fête de la Purification, 2 fév.; _la fête de la
-Chandeleur_; ne dites pas _la Chandeleuse_.
-
-=Chandelle de cire=, pour _cierge_ ou _bougie_.--Le mot _chandelle_
-se dit plus communément pour la _chandelle de suif_: les chandelles
-d'autel se nomment ordinairement _cierges_ et quelquefois _chandelles_;
-_bougie_ se dit des chandelles fines.
-
-=Changer.=--Ne dites pas à une personne mouillée: _changez-vous, allez
-vous changer_ ou _allez changer_; mais, _changez de linge, changez de
-chemise, changez de vêtement_.
-
-2. _Changer pour, changer contre_: ces deux locutions se disent
-indifféremment: _il a changé sa vieille vaisselle pour_ ou _contre de
-la neuve_.
-
-=Chanvre= et =Chènevis=.--Le _chanvre_ est la plante et le _chènevis_
-est la graine du chanvre; d'où il suit que l'on doit dire: _donnez du
-chènevis à votre pinson_, et non, _du chanvre_.
-
-=Chaque=, adj. indéf.--Ne dites pas: _il fait un voyage chaque huit
-jours_; dites, _tous les huit jours_.
-
-2. Ne dites pas: _nous jouerons chaque à tour_; dites, _tour-à-tour_.
-Voyez _chacun_.
-
-=Char à banc=, s. m., s'écrit sans trait d'union; au pluriel _chars à
-bancs_.
-
-=Charcutier=, s. m.--Autrefois on nommait _chaircutier_, celui qui
-vend de la viande de porc; aujourd'hui on dit seulement _charcutier,
-charcutière_ (et non _charcuitier, ière_).
-
-=Chardonneret=, s. m., oiseau; ne dites pas, _chardonnet_.
-
-=Charité=, s. f.--_Les dames de charité_, sont les dames du monde qui
-concourent à une oeuvre de bienfaisance; _les dames de la charité_,
-sont des religieuses qui soignent les pauvres, les malades, etc., et
-qu'on appelle ordinairement _Soeurs de la charité_.
-
-2. Ce mot peut se mettre au pluriel dans le sens d'aumônes: _cette dame
-fait de très-grandes charités_; et dans cette expression proverbiale:
-_prêter des charités à quelqu'un_, c'est-à-dire, chercher à faire
-accroire faussement qu'il a dit ou fait quelque chose de mal.
-
-=Charlatan=, s. m., n'a point de fém. correspondant.
-
-=Charpie=, s. f., linge effilé qu'on met sur une plaie.--_Poix_,
-s. f., matière résineuse qui provient des pins ou des sapins: _le
-cordonnier enduit son ligneul de poix_ (et non de _charpie_.) (Wall.)
-
-=Charrée.=--Ne dites pas, _une charrée de bois_, mais, _une charretée
-de bois_.
-
-=Charron= et =Charretier=.--Le _charron_, est un ouvrier qui fait
-des charriots; le _charretier_ est le conducteur d'une charrette; les
-wallons sont exposés à employer _charron_ pour _charretier_.
-
-2. _Charretier_, s. m.; on dit au féminin, _une charretière_.
-
-=Chasse=, s. f., action de chasser; prononcez _chace_ (_a_ bref);
-=Châsse=, s. f., coffre pour les reliques; prononcez _châce_ (_a_ long).
-
-=Chasselas=, s. m., raisin; prononcez _chass'là_.
-
-=Châssis=, s. m., cadre de vitrage; prononcez _châci_.
-
-=Château=: voyez _maison_.
-
-=Châtier=, _Châtiment, Châtiable_: prononcez _châthier_, etc., _â_ long
-et _ié_ diphthongue. Voyez _ti_.
-
-=Chaud.=--Ne dites pas: _j'ai chaud les mains, les pieds_ ou _des
-mains, des pieds_; dites, _j'ai chaud aux mains, aux pieds_; ou bien,
-_j'ai les mains, les pieds chauds_. Il en est de même de _avoir froid_.
-Voyez _froid_.
-
-=Chauffer.=--Dites, _échauffer_ un appartement et non, _chauffer_.
-
-=Chaufferette= et =Couvet=, ustensile pour chauffer les mains, les
-pieds; ne dites pas, _chauffette_.
-
-=Chausson=, s. m., sorte de pâtisserie qui contient de la marmelade, de
-la compote ou des confitures, et qui est faite d'un rond de pâte replié
-sur lui-même; c'est ce qui se nomme en wallon liégeois _golzâ_.
-
-=Chauveté=, s. f., état de ce qui est chauve; ce mot n'est pas
-français; dites _calvitie_: _cette calvitie a été causée par la
-maladie_.
-
-=Chef=, s. m.--Ne dites pas: _j'ai dix ans de chef, d'employé_, etc.;
-dites, _il y a dix ans que je suis chef, employé; j'ai dix ans de
-service_.
-
-=Chemin de fer.=--Dites: _je suis venu par le chemin de fer, par tel
-convoi_ et non, _avec le chemin de fer, avec tel convoi_; ne dites pas
-non plus: _je suis venu par_ ou _avec la vapeur_.
-
-=Chenal=, s. m., conduit de bois ou de plomb qui recueille les eaux du
-toit et les porte dans la gouttière ou dans le tuyau de descente; on
-dit plus souvent, _chéneau_, pluriel, _chéneaux_; _chenal_, quoique
-l'Académie n'en dise rien, doit faire au pluriel _chenaux_.
-
-=Chenil=, s. m., logement des chiens de chasse: prononcez _ch'ni_ et
-non _chenile_.
-
-=Cheptel=, s. m., bail de bestiaux; prononcez _chètèle_.
-
-=Cher, Chère=, adj., s'emploie souvent comme adverbe pour modifier un
-verbe, et alors il est invariable: _ces étoffes sont-elles chères_
-(adj.)?--_je les ai payées cher_. (adv.)
-
-=Chercher= _après quelqu'un_ ou _après quelque chose_, est une locution
-vicieuse; dites, _chercher quelqu'un_ ou _quelque chose_: _qui
-cherchez-vous?--Je cherche mon frère, je cherche ma montre_.
-
-2. _Chercher querelle._--Les enfants disent souvent _c'est lui qui
-me cherche; qui est venu me chercher_; _chercher_, pris dans ce sens,
-n'est pas français; il faut dire: _c'est lui qui me cherche querelle,
-qui me cherche noise_, ou _qui m'agace, qui me provoque_.
-
-3 _Chercher_, ne peut pas s'employer dans le sens _d'apprendre_; ne
-dites donc pas: _où avez-vous cherché cette nouvelle_; dites, _où
-avez-vous appris cette nouvelle?_
-
-4. Ne dites pas: _où avez-vous cherché pour ce mot?_ dites, _où
-avez-vous cherché ce mot?_ (Fland.)
-
-5. Ne dites pas non plus, _voir après quelqu'un_; dites, _chercher
-quelqu'un_.
-
-=Chérif=, s. m., prince chez les Arabes ou chez les Maures. Il ne faut
-pas le confondre avec _schérif_ ou _shérif_, officier municipal en
-Angleterre.
-
-=Chétif insecte=: prononcez _chéti-finsecte_ et non _chéti-vinsecte_.
-
-=Cheval=, s. m.: prononcez _cheval_ en appuyant fortement sur l'_e_
-et non _jeval_ ni _ch'fal_; il en est de même de _chevaux, cheveu,
-cheville, achever, écheveau, échevin_.
-
-=Chevrettes=, s. f., petites écrevisses de mer; ce mot n'est pas
-français; dites _crevettes_: _aimez-vous les crevettes?_
-
-=Chevrons=, s. m. (en wallon, _wère_), pièces de bois placées sur les
-_pannes_ (en wallon _viennes_), et qui soutiennent les _lattes_ sur
-lesquelles on pose la tuile ou l'ardoise; voyez _panne_.--_Chevron_
-se dit aussi de deux morceaux de galon assemblés en angle, que les
-militaires ont le droit de porter sur la manche gauche de leur habit,
-après un certain temps de service: _ce soldat a deux, a trois chevrons_.
-
-=Chez.=--Les Wallons abusent singulièrement de ce mot; ainsi ils
-diront: _la servante de chez Simon_, pour _la servante de Simon_; _j'ai
-passé devant chez Pierre_, pour _devant la maison de Pierre_; _c'est un
-élève de chez les Jésuites_, pour _des Jésuites_.
-
-=Chic=, s. m.--_Cet homme a du chic; cet ouvrier n'a pas le chic_;
-etc.--Cette expression est de la dernière familiarité; on peut en dire
-autant de _chicard, chicarder_.
-
-=Chicaneur, euse, Chicanier, ère=, adj. et s.--Le _chicaneur_ aime à
-chicaner, principalement en affaires; le _chicanier_ conteste, vétille
-sur les moindres choses.
-
-=Chien=, s. m., animal domestique; prononcez _chi-in_ et non _chian,
-siïn, chin_.
-
-=Chiffon de pain=, gros morceau de pain, n'est pas français; dites,
-_quignon de pain_.
-
-=Chine.=--Écrivez et prononcez _échine_: _il s'est rompu l'échine_
-(épine du dos).
-
-=Chiper=, prendre, dérober, est français, mais il est très-populaire.
-
-=Chipote=, dans le sens de _chipotier, chipotière_, n'est pas français.
-
-=Chipoteur.=--Ce mot n'est pas plus français que _façonneur,
-tripoteur, rancuneur_ ou _rancuneux_; dites, _chipotier, façonnier,
-tripotier, rancunier, ière_. Cependant on dit également bien
-_chicaneur, euse_, et _chicanier, ière_. Voyez ces mots.
-
-=Chique=, s. m., petite boule de pierre ou de marbre qui sert à des
-jeux d'enfants; ce mot est wallon; dites, _bille_ (_ll_ mouillées):
-_gobille_ se dit quelquefois aussi pour _bille_. (BESCHERELLE.)
-
-=Chiragre=, s.f.;--_chirographaire_, adj. des 2 genres;--_chirologie_,
-s. f.;--_chiromancie_, s. f.; _chiromancien_ adj.;--_chiste_, terme de
-chir. (on écrit plus souvent _kyste_; ne confondez pas avec _schiste_,
-pierre lamellée), s. m.--Dans tous ces mots, _chi_ se prononce _ki_.
-
-=Chirer=, pour _déchirer_, n'est pas français.
-
-=Chirurgien=: prononcez _chirurgien_ et non _chirugien, cherurgien,
-cirugien, cirurgien_.
-
-=Choir=, v. n. et défectif.--Il ne s'emploie qu'à l'infinitif et au
-participe passé _chu, chue_, qui se construit avec _être_: _il est chu_.
-
-=Cholédologie=, s. f.;--_cholédoque_, adj., masculin sans
-fémin.;--_choléra_,--_cholérique_,--_chondrologie_, s. f;--_choraïque_,
-adj.;--_chorée_, s. m.;--_chorus_, s. m.;--_chorège_, s.
-m.;--_chorégraphie_, s. f.;--_chorégraphe_, s. m.;--_chorégraphique_,
-adj.;--_chorévêque_, s. m.;--_choriambe_, s. m.;--_chorion_, s.
-m.;--_choriste_, subst. des deux genres;--_chorographie_, s.
-f.;--_chorographique_, adj.;--_choroïde_, s. f. Dans tous ces mots,
-_cho_ se prononce _ko_.
-
-=Choléra-morbus= ou simplement =Choléra=: prononcez _koléra-morbuce,
-koléra_ (Acad.)--L'Académie écrit aussi _coléra-morbus_.
-
-=Choquer=, ne s'emploie pas pour signifier _pousser, bousculer,
-heurter_: _il m'a heurté en passant_, et non, _.... choqué_; _ces deux
-convois se sont heurtés_, et non _... choqués_.
-
-=Chose=, s. f.--Évitez de vous servir de ce mot pour désigner, à la
-manière des enfants, une personne dont vous ne vous rappelez pas le
-nom: _chose m'a dit; j'ai vu chose; j'ai dit à chose_.
-
-2. Ne dites pas: _oh! Monsieur, c'était quelque chose!_ ajoutez, _de
-beau, de magnifique_; ou bien dites, _c'était beau à voir_. (Fland.)
-
-3. Ne dites pas: _il est fait la même chose que l'autre_; dites, _il
-est fait comme l'autre, absolument comme l'autre_, ou, _de même, tout
-de même que l'autre_. (Fland.)
-
-4. Prononcez _chô-ze_ (_ô_ long) et non _choze_ ni _chôce_.
-
-5. _Chose_ (_quelque_).--_Quelque chose_ est féminin dans le sens de
-_quelle que soit la chose_: _quelque chose que je lui aie dite_; ou
-au pluriel: _quelques choses que je lui aie dites, je n'ai pu le
-convaincre_.--Il est masculin quand il signifie _une chose_: _quelque
-chose de fâcheux; quelque chose qu'il m'a dit m'a surpris_.
-
-6. _Chose_ (_autre_).--_Autre chose_ est masculin: _quelque chose est
-promis, autre chose est accordé_.
-
-=Choser=, n'est pas français; ne dites pas: _qu'est-ce que vous chosez
-là?_ dites, _qu'est-ce que vous faites là?_
-
-=Choucroute=, s. f., chou aigre et salé; il s'écrit sans trait d'union
-et en un seul mot.
-
-=Chrême=, s. masculin, huile sacrée, mêlée de baume: _le saint
-Chrême_;--_crème_ (acc. grave), s. féminin, la partie la plus grasse du
-lait et nom de certaines liqueurs.
-
-=Chrestomathie=, s. f., choix de morceaux d'auteurs réputés classiques
-dans une langue morte ou étrangère: _la chrestomathie grecque de
-Boscha_.--Prononcez _chrestomathie_ (comme _sympathie_) et non
-_chrestomacie_.
-
-=Chrétienté=, s. f., pays chrétien; écrivez et prononcez _chrétienté_
-(_créthi-inté_), et non, _chrétienneté_ (_créthi-ènn'té_).
-
-=Christ=: on prononce l'_s_ et le _t_ dans ce mot: _Chris-te_; on ne
-les prononce pas dans _Jésus-Christ, antechrist_: _Jésu-cri, antecri_.
-
-=Chut=, interj., paix, silence: prononcez _chute_.
-
-=Chute=, s. f., mouvement d'une chose qui tombe, malheur, etc.: ce mot
-s'écrit sans accent circonflexe sur l'_u_.
-
-=Ci.=--Les gens du peuple disent: _cet homme ici, ce jardin ici_; il
-faut dire, _cet homme-ci, ce jardin-ci_ (avec le trait d'union).
-
-2. _Ci-inclus, ci-joint_; voyez _inclus_.
-
-=Cicérone=, s. m., guide des étrangers en Italie; prononcez _cicérôné_
-et non _tchitchérôné_ ni _chichérôné_.
-
-=Cicogne=, s. f., grand oiseau de passage; on prononce et on écrit
-aujourd'hui, _cigogne_.
-
-=Cigare=, est masculin: _un cigare_, et non, _une cigare_.
-
-=Ciguë=, s. f., herbe vénéneuse; prononcez _cighû_ (_u_ long) et non
-_cighe_ ni _cighu-we_.
-
-=Cil=, s. m., poil des paupières: prononcez _cille_ (_l_ mouillée).
-(Acad.)
-
-=Cime=, s. f., le sommet d'une montagne, d'un arbre, etc.; écrivez
-_cime_ et non _cîme_.
-
-=Cimetière=, est masculin: _porter un mort au cimetière_; il faut bien
-se garder de prononcer _cimetchière, cimitière_ ou _cimetié_. Voyez
-_ti_.
-
-=Cinq.=--Devant une consonne, prononcez _cin_; _cin_ francs, _cin_
-femmes; le _q_ se fait entendre lorsque _cinq_ est seul ou bien
-lorsqu'il est devant une voyelle ou une _h_ muette et à la fin d'une
-phrase: _cinq arbres_ (_cinque_), _cinq hommes_ (_cinque_); _nous
-sommes cinq_ (_cinque_); _cinq_ (_cinque_) _multiplié par cinq_
-(_cinque_).
-
-2. Ne dites pas: _en tombant j'ai fait un cinq à mon pantalon_ (une
-déchirure); dites, _j'ai fait un accroc_ (_akrô_).
-
-=Cypaye=, s. m., soldat indien: prononcez _cipa-ye_, (comme _paille_)
-et non _cipaî_, (comme _je paie, tu paies_). (Acad.)
-
-=Circonspect=, adj.; prononcez _circonspek_; cependant on peut aussi
-prononcer _circonspè_.
-
-=Ciseau=, s. m. pl., instrument des couturières à deux branches,
-s'emploie ordinairement au _pluriel_: _prêtez-moi vos ciseaux_.
---Cependant il s'emploie quelquefois au _singulier_: _on n'a pas encore
-mis le ciseau dans cette étoffe; le chirurgien lui a donné trois coups
-de ciseau_. (Acad.)
-
-2. _Ciseau_, au singulier, est un instrument de menuisier.
-
-=Clair, e=, adj.--Ne dites pas: _le général fit une charge le sabre
-au clair_; dites, _le sabre au vent, au poing, le sabre haut, le sabre
-dégaîné_.
-
-=Claquer, Craquer=, v. n.--On dit, _claquer des mains; faire claquer
-un fouet; ses dents claquent; il claque des dents_.--On dit: _ce lit
-craque; ce biscuit craque sous la dent_.
-
-=Classe=, s. f., ordre, leçon: prononcez _clâce_.
-
-=Claude=: voyez _reine-claude_.
-
-=Clayon=, s. m. ou =Plat d'osier=, se dit de la petite claie ronde sur
-laquelle on met du gâteau, de la tarte, etc.
-
-=Clef=, s. f.--On prononce _clé_ même devant une voyelle; quelques-uns
-écrivent _clé_. (Acad.)
-
-2. Dites: _tirez la clef de la serrure_ et non, _tirez la clef en bas
-de la serrure_.
-
-3. Dites également: _la clef est à la porte_ et non _après la porte_.
-
-=Clématite=, s. f., plante; ne dites pas, _clémentine_.
-
-=Clerc=, s. m., ecclésiastique, praticien; prononcez _clère_; le _c_
-final se prononce dans la locution: _de clerc à maître_.
-
-=Cliche, Clichette=, s. f., mots wallons, que l'on fait trop souvent
-français.--Il faut le rendre, d'après ses acceptions diverses, par les
-mots: _loquet, clenche, clinche, bouton_ et _targette_.
-
-2. Le _loquet_ est l'ensemble d'une fermeture très-simple que l'on
-met aux portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est
-dormant; il est composé d'un _battant_, d'un _mentonnet_, d'un _levier_
-ou _bascule_ et d'un _bouton_.
-
-3. Le _mentonnet_ est la pièce de fer, fixée au chambranle de la porte,
-qui reçoit le bout de la clenche ou du loquet, pour tenir la porte
-fermée.
-
-4. Le _levier_ ou _bascule_ est proprement un petit levier faisant
-bascule, sur lequel on appuie pour lever le loquet d'une porte; les
-mots _clenche_ ou _clinche_ correspondent très-bien à _lever_ et
-_bascule_.
-
-5. Le _battant_ est la pièce de fer horizontale qui se lève ou se
-baisse à l'aide du levier et s'adapte au mentonnet pour fermer la porte.
-
-6. Le _bouton_ est une pièce de fer ou de cuivre qui est ordinairement
-de forme ronde ou ovale, en forme de croix brisée ou de crosse, et
-qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir: _tournez le bouton_
-(Acad.)--N'employez pas les mots _pommeau, clenche, clinche, crossette_
-pour le mot _bouton_.
-
-7. Le _loqueteau_ est un petit loquet que l'on met ordinairement aux
-volets ou aux carreaux mobiles d'en haut d'une fenêtre, et auquel on
-attache un cordon, afin de pouvoir les ouvrir et les fermer aisément.
-
-8. _Targette_, s. f., petite plaque de métal qui porte un verrou plat,
-et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les fermer.
-
-=Client=, s. m.--Les commerçants ont des _pratiques_, les hommes de
-loi ont _des clients_.--Prononcez _cli-an_ et non _cli-ian_.
-
-=Cligne-musette=, s. f., jeu d'enfants, où l'un ferme les yeux,
-tandis que les autres se cachent pour qu'il les cherche: _jouer à
-cligne-musette_ ou _à la cligne-musette_.--Écrivez _cligne-musette_
-(trait d'union) et non _clignemusette_ ni _cligne-mussette_.
-
-=Clissé, ée=, adj., qui est garni, enveloppé d'une clisse (ou clayon),
-espèce de petite claie faite d'osier, de jonc: _bouteille clissée,
-gourde clissée_.
-
-=Cloaque=, s. m., égout: prononcez _clo-ake_ (deux syllabes).
-
-=Cloche=, s. f., manteau de femme garni d'un capuchon et nommé
-_pelisse_ dans certaines localités wallonnes.
-
-=Cloche-pied= (_à_), loc. adv., sur un pied; ne dites pas: _courir à
-croche-pied_, mais, _à cloche-pied_.
-
-=Cloporte=, s. m., insecte (en wallon _cochon de cave_, en flamand
-_duizendbeen_); ne dites pas _clou-à-porte_, mais _cloporte_.
-
-=Clou=, s. m., petit flegmon très-douloureux qui a son siége dans la
-peau, est français: on l'appelle aussi _furoncle_ (s. m.), surtout en
-terme de médecine.
-
-=Clouer= et =Clouter=, ont une différence de signification bien
-marquée: _clouter_, c'est garnir de clous; _clouer_, c'est attacher
-avec des clous; d'où il suit qu'on ne peut pas dire _clouer un clou_,
-pas plus que _chanter un chant_; dites _mettre, placer, ficher un clou,
-attacher avec un clou_ ou _des clous_.
-
-2. Prononcez _clou-er, je cloû_ et non _clou-wer, je clou-we_.
-
-=Club=, s. m., société politique; prononcez _clu-be_ et non _clupe_;
-plusieurs prononcent _cloube_, d'autres _clobe_. (Acad.)
-
-=Cocasse=, adj. des 2 genres, plaisant, comique, ridicule; ce terme est
-populaire: _personne cocasse, vêtement cocasse_.
-
-=Code=, s. m., recueil de lois; prononcez _code_ (_o_ bref) et non
-_côde_ (_o_ long) ni _co-te_.
-
-=Coetera= (_et_): voyez _et coetera_.
-
-=Coeur= (_Avoir_).--Ne dites pas: _qu'ai-je coeur; je n'en ai coeur_;
-dites, _que m'importe; cela m'est égal, peu m'importe_.
-
-2. _Avoir coeur_ (_cure_), est la vieille locution française _avoir
-cure_ (habere curam), avoir soin, avoir souci de... Il est à regretter
-qu'elle soit tombée en désuétude; elle n'est plus usitée que dans
-quelques phrases familières, comme: _a beau parler qui n'a cure de bien
-faire_.
-
-3. Ne dites pas: _j'ai le coeur malade_; dites _j'ai mal au coeur_.
-
-=Coi=, adj., calme, tranquille; le féminin était autrefois _coie_; on
-ne dit plus aujourd'hui que _coite_.
-
-2. Ce mot n'est guère usité que dans ces phrases familières: _se tenir
-coi, demeurer coi_. (Acad.)
-
-3. La locution, _chambre coite_, (chambre bien fermée et bien chaude) a
-vieilli. (Acad.)
-
-=Coing=, s. m., fruit astringent; on ne prononce pas le _g_.
-
-=Coléreux=, adj.--Ne dites pas, _c'est un homme coléreux_; dites,
-_c'est un homme colère_ ou _colérique_.
-
-=Colidor=: ce mot n'est pas français; écrivez _corridor_ et prononcez
-_coridor_.
-
-=Colla, Colle, Colli, Collo, Collu=, initiales qui font toujours
-entendre les deux _l_: _collatéral, collation, collection, collision,
-colloque, collusion_.
-
-=Colle=, s. f., menterie, hâblerie: _quelle colle il débite là!_ ce
-terme est populaire.
-
-=Colophane=, _de la colophane_, résine, est féminin; ne dites pas
-_colaphane_.
-
-=Colorer, Colorier.=--_Colorer_, c'est donner la couleur, de la
-couleur: _le soleil colore les fruits; un vif incarnat colorait son
-visage; les raisins commencent à se colorer; le safran colore l'eau;
-l'art de colorer une injustice, le verre, le cristal_. Au figuré,
-_colorer_ signifie, donner une belle apparence à quelque chose de
-mauvais: _colorer un mensonge; vice coloré_.--_Colorier_, c'est
-appliquer les couleurs convenables sur une estampe, sur un dessin:
-_je veux colorier cette lithographie; gravure coloriée; frontispice
-colorié; ce peintre colorie mieux qu'il ne dessine_.
-
-=Colza=, s. m., chou sauvage et huile tirée de sa graine; écrivez et
-prononcez _colza_ et non _golza_. Voyez _chausson_.
-
-=Combien.=--Ne dites pas: _le combien du mois sommes-nous aujourd'hui?
-nous sommes le combien du mois?_ mais dites, _quel quantième du mois
-avons-nous; quel est le quantième du mois?_ ne dites pas non plus: _le
-quantième avons-nous_; mais, _quel quantième..._
-
-2. _Combien est-ce que vous demandez pour?_--Cette manière de demander
-le prix d'une marchandise n'est pas française; dites, _combien
-vendez-vous..._
-
-3. Ne dites pas non plus: _combien est-ce que vous avez payé pour ce
-livre?_ dites, _combien avez-vous payé ce livre?_
-
-=Commandement=, s. m., ordre.--Prononcez comman-d'-ment (en faisant
-sentir le _d_) et non _comman-n'-ment_ (en remplaçant le _d_ par une
-_n_); il en est de même de, _je demandais, je demeure, mandement,
-admettre, admission, administrer_, etc.
-
-=Commander.=--On commande _quelque chose à quelqu'un_ et l'on commande
-_à quelqu'un_; ne dites donc pas: _il faut savoir commander ses
-ouvriers_; mais, _à ses ouvriers_.
-
-2. _Commander quelqu'un_, ne se dit que quand il s'agit de commandement
-militaire: _dix hommes furent commandés pour cette expédition; le
-régiment des guides est commandé par le colonel N._--_Commander à_ et
-_le_: voyez _présider_.
-
-=Comme.=--Ce mot ne peut pas être employé pour _que_, à la manière des
-flamands; ainsi ne dites pas: _il est aussi grand comme moi; vous avez
-reçu autant comme moi_; dites, _il est aussi grand que moi; vous avez
-reçu autant que moi_.
-
-2. _Il neige comme; vous êtes comme si gai_, sont des expressions
-barbares; il est bien plus simple de dire: _il paraît qu'il neige; vous
-me semblez_ ou _vous m'avez l'air d'être gai_.
-
-3. _Comme pour._--Ne dites pas: _j'étais comme pour pleurer, comme
-pour mourir_; mais dites, _j'étais disposé à pleurer, j'étais sur le
-point de pleurer, j'allais pleurer; on aurait dit que j'allais mourir_,
-etc.
-
-4. _Comme si_, ou _si_, ne doivent jamais être suivis du conditionnel
-(ce serait un flandricisme): _c'est comme si vous viendriez me voir;
-s'il aurait fait ses devoirs, il ne serait pas puni_; dites, _c'est
-comme s'il venait me voir; s'il avait fait ses devoirs_, etc.
-
-5. _Comme de juste_, est un barbarisme; dites, _comme il est juste,
-comme il est raisonnable_, et mieux _comme de raison_.
-
-6. _Comme il parle_, au lieu de, _à l'entendre_, est un flandricisme;
-ne dites donc pas: _comme il parle, on le prendrait pour le premier
-avocat du pays_; dites, _à l'entendre parler, on le prendrait..._
-
-7. Ne dites pas: _il m'a dit comme ça, qu'il allait partir_: retranchez
-_comme ça_, qui est inutile et ridicule.
-
-8. Ne dites pas: _comment est-ce qu'on dit, qu'on fait?_ dites,
-_comment dit-on, comment fait-on?_
-
-9. Ne dites pas: _si j'étais comme vous, voici ce que je ferais_;
-dites, _si j'étais de vous, si j'étais à votre place..._
-
-10. _Comme tout._--Ne dites pas: _il est sage comme tout_; dites, _il
-est fort sage, il est parfaitement sage_.
-
-=Commencer, Finir.=--On dit, _commencer par, finir par_ et non
-_commencer avec, finir avec_: _il commence son déjeuner par le café et
-finit par des fruits_.
-
-2. _Commencer de_, désigne une action qui aura de la durée: _il avait
-commencé d'écrire sa lettre_.--_Commencer à_, désigne une action qui
-aura du progrès, de l'accroissement: _cet enfant commence à parler, à
-lire; le jour commence à luire_.
-
-=Comment.=--_Comment va-t-il avec vous; comment vous va; comment vous
-va-t-il?_--Remplacez ces expressions par: _comment vous portez-vous,
-comment va votre santé, comment vous en va?_ (Acad.)--_Comment va-t-il
-avec vous_, est un flandricisme; _comment vous va_ et _comment vous
-va-t-il_, sont des expressions incorrectes.
-
-2. Il y a de ridicules façons de parler, auxquelles on se laisse
-aller quelquefois par insouciance ou par imitation; de ce nombre sont
-celles-ci: (_comment vous portez-vous?_) _comme vous voyez; pas mal et
-vous, et la vôtre; comme un homme qui vient de chez son notaire_; un
-spirituel magistrat, afin d'éviter un compliment banal, abordait ses
-amis en leur disant: _pas mal et vous?_
-
-3. _Comment ce que._--_Comment ce qu'on fait; comment ce qu'on dit?_
-locutions employées par le bas peuple; il faut dire, _comment fait-on,
-comment dit-on?_
-
-4. Ne dites pas non plus: _comment est-ce qu'on raconte ce malheur?
-comment est-ce que cela est arrivé?_ Dites: _comment raconte-t-on ce
-malheur? comment cela est-il arrivé?_
-
-=Commerce.=--Ne dites pas: _mon frère fait commerce_; mais, _est dans
-le commerce, fait le commerce; il est commerçant, négociant_.
-
-2. Ne dites pas: _les commerces ne vont pas_; dites, _le commerce ne va
-pas_.
-
-3. Ne dites pas: _je fais plusieurs commerces_; dites, _j'ai_ ou
-_j'exploite plusieurs branches de commerce_.
-
-=Commodité.=--Ne dites pas: _cette famille a bien la commodité, a
-bien le moyen, est fortunée; mon cousin a bien la commodité de tenir
-un cheval_; dites, _cette famille est, vit dans l'aisance, elle est
-riche, elle a de la fortune_; _mon cousin a bien les moyens_ (et non
-_le moyen_) _de..., est assez riche pour_... _Moyen_, dans le sens de
-_richesses_, ne s'emploie qu'au pluriel; vous ne direz donc pas avec
-les wallons: _mon voisin a bien le moyen_; dites, _mon voisin vit dans
-l'aisance, a de la fortune_, etc.
-
-=Commun, une=, adj.--_Commune voix_, désigne l'unanimité des
-suffrages, des voix; _la voix commune_ est la voix vulgaire, la rumeur
-publique.
-
-=Compacte=, adj. des deux genres, très-resserré, peu poreux; cet
-adjectif s'écrit au masculin comme au féminin; prononcez _compak-te_ et
-non _compake_.
-
-=Comparer.=--On dit souvent par inadvertance: _cette étoffe, cette
-maison n'est pas à comparaître à celle-là_; il faut dire, _à comparer_.
-
-2. _Comparer à, comparer avec_.--Le premier suppose une analogie,
-un rapport commun de ressemblance entre les deux termes. _Comparer
-avec_ éloigne l'idée de ce rapport, de cette ressemblance: _il n'y
-a point d'église que l'on puisse comparer à celle de Saint-Pierre à
-Rome_;--_que l'on compare la docilité, la soumission du chien avec la
-fierté et la férocité du tigre_. (BUFFON.)
-
-=Comparoir=, v. n., usité seulement à l'infinitif; mais il a vieilli et
-l'on dit aujourd'hui _comparaître_.
-
-=Comparution=, s. f., action de comparaître devant le juge; ce mot
-s'écrit et se prononce _comparution_, quoique l'on dise _apparition_ et
-_disparition_.
-
-=Compendium=, s. m., abrégé; prononcez _conpindiome_: _un compendium de
-théologie_.
-
-=Comperose=, s. f., vitriol; écrivez et prononcez _couperose_.
-
-=Complet=, adj. fait au fém., _complète_ et non _complette_.
-
-=Complétement=, adv., d'une manière complète, s'écrit avec un accent
-aigu.
-
-=Compliment=, s. m.--Ne dites pas: _allons, Monsieur, sans compliment,
-acceptez notre dîner_; dites, _sans cérémonie, sans façon_.--_Sans
-compliment_, signifie, sans flatterie: _je vous dis sans compliment que
-votre dessin est fort beau_.
-
-=Compris=, part. passé de _comprendre_.--_Y compris, non compris_,
-sont invariables, comme prépositions, lorsqu'ils précèdent le
-substantif, et ils s'accordent avec lui lorsqu'ils le suivent: _combien
-y avait-il de régiments y compris l'artillerie? il a dix mille francs
-de revenu, non compris la maison où il loge_; ou bien, _la maison où il
-loge non comprise_.
-
-=Compte= (_en fin de_) locution triviale, irrégulière et barbare; son
-équivalent consacré est, _au bout du compte_, qui n'est pas élégant.
-(FRANCIS WEY.)
-
-=Compter.=--Ne dites pas: _il faut compter que je n'ai presque pas été
-me promener cette année_; dites, _à peine ai-je été me promener..._
-On ne prononce pas le _p_ dans _compter, comptant, compte, comptoir,
-comptable, comptabilité_.
-
-2. _Compter, espérer, promettre._--Ces verbes marquent une chose à
-venir; on dit, _compter, espérer, promettre qu'une chose sera_; ne
-dites donc pas: _je compte que vous êtes sage; j'espère que vous avez
-bien travaillé; je vous promets que j'ai dit la vérité_; dites: _je
-crois que vous êtes sage; j'aime à croire, j'ai la confiance que vous
-avez bien travaillé; je vous assure que j'ai dit la vérité_.
-
-3. _Compter_, dans le sens de _se proposer, croire_, ne prend point
-la préposition _de_ devant un infinitif: ainsi vous direz: _il compte
-partir demain_ et non _de partir_ (Acad.)
-
-4. Ne dites pas: _comptez que j'ai été malade et ne vous étonnez pas
-que j'aie perdu de l'embonpoint_; dites, _apprenez, sachez que j'ai été
-malade_.
-
-=Concetti=, s. m. pluriel, pensées brillantes et sans justesse; ce
-mot, en France, est toujours pris en mauvaise part; le singulier est
-_concetto_, mais il est peu usité.
-
-=Concombre=, subst., plante potagère, est masculin.
-
-=Condamner, Condamnation, Condamnable=: prononcez _condaner,
-condanable, condanation_; l'_a_ de _dam_ est bref, tandis qu'il est
-long dans _damner, damnation, damnable_ (_dâner, dânation, dânable_).
-
-=Conditionnel.=--C'est une faute d'employer le conditionnel après la
-conjonction _si_: _si vous feriez, si vous iriez, si j'aurais écrit_,
-etc.; dites, _si vous faisiez, si vous alliez, si j'avais écrit_, etc.:
-c'est là un latinisme et un flandricisme tout à la fois.
-
-2. C'est encore une faute que d'employer le conditionnel présent ou
-passé pour l'imparfait ou le plus-que-parfait du subjonctif: _je
-voudrais que vous feriez vos devoirs, j'aurais désiré que vous auriez
-bien étudié_; cette faute est très-commune chez les wallons; pour
-l'éviter, il suffira de se rappeler que les verbes qui expriment
-_la volonté, le désir, un ordre_, fussent-ils même employés au
-conditionnel, gouvernent le subjonctif.
-
-=Conduire, Conduite=: prononcez _conduire, conduite_ (_ui_ diphthongue)
-et non _condouire, condouite_, ni _condu-wire, condu-wite_.--Il en est
-de même de toutes les syllabes en _ui_, comme _lui, je suis, je puis,
-puissant, suite, fuite, fuir_.
-
-=Confesse=, s., qui n'a point de genre; il ne s'emploie que précédé
-de l'une des prépositions _à_ ou _de_: _aller à confesse, venir de
-confesse_.
-
-=Confiance=, s. f.--On a confiance, on met sa confiance _en_ ou
-_dans_; devant l'article il faut _dans_: _avoir confiance en quelqu'un;
-mettre sa confiance en Dieu; mettre sa confiance dans les richesses;
-avoir confiance dans l'avenir_.
-
-=Confirmer=, v. a., conférer le sacrement de confirmation: _l'évêque
-seul peut confirmer_; ne dites donc pas: _j'ai confirmé l'année
-dernière dans l'église de St-Antoine_; dites, _j'ai été confirmé..._
-
-=Confiteor=, au pluriel, _des confiteor_; on prononce _confitéor_.
-(Acad.)
-
-=Confort= ou =Comfort=, s. m., assistance, secours: _donner aide et
-confort_; dans cette acception il est vieux.--Aujourd'hui il se dit,
-pour signifier le bien-être matériel, le bien-être de la vie: _les
-Anglais ont un grand amour pour le confort_; prononcez _con-fort_.
-
-=Confortable= ou =Comfortable=, adj., qui a rapport au confort,
-au bien-être matériel de la vie: _les anglomanes emploient à tout
-propos le mot confortable; ils vous diront d'une maison qu'elle est
-confortable_, etc.--_Confortable_, s'emploie aussi substantivement et
-se dit de tout ce qui contribue au bien-être matériel: _les Anglais ont
-un grand amour pour le confortable_.
-
-=Confrère, Collègue.=--_Confrère_ se dit de tous les individus d'un
-corps, d'une société; les gens du même état sont aussi confrères.
-_Collègue_ a une signification plus restreinte; il s'applique aux
-individus qui agissent ensemble et de concert.--Les professeurs d'un
-même établissement sont collègues, mais ils sont confrères par rapport
-aux professeurs d'autres établissements.
-
-=Conjoncture, Conjecture.=--_Conjoncture_, signifie circonstance et
-_conjecture_, supposition. _Dans les malheureuses conjonctures, on fait
-de fausses conjectures._
-
-=Connaissance.=--Dites: _j'ai rencontré quelqu'un de ma connaissance_
-ou _une de mes connaissances_ et non, _quelqu'un de mes connaissances_.
-
-=Connaisseur.=--On dit: _ce monsieur est connaisseur en musique, en
-peinture_; et non, _connaisseur de musique, de peinture_.
-
-=Connaître=, v. a.--On ne dit pas: _je connais ma leçon; il connaît
-son discours_; mais, _je sais ma leçon; il sait son discours_;
-cependant on dit très-bien: _je connais tel livre, telle personne,
-telle maison, telle langue_.
-
-=Consanguin, ine=, s.: voyez _germain_.
-
-=Consanguinité=, s. f., parenté du côté du père; l'_u_ fait diphthongue
-avec _i_ (Acad.); il ne le fait pas dans _consanguin, consanguine_ où
-le _g_ est dur.
-
-=Conscription, Milice.=--On dit, _tirer à la conscription, à la
-milice_, etc., ou bien: _tirer au sort pour la conscription, pour la
-milice_. On tombe _à_ la conscription, _à_ la milice et non _dans_ ou
-_de_ la conscription, etc. Voyez _réquisition_.
-
-=Conseiller quelqu'un= et =à quelqu'un=.--_Conseiller quelqu'un_, veut
-dire en général, qu'on lui donne des conseils: _son avocat le conseille
-bien_, c'est-à-dire, lui donne de bons conseils; _les courtisans
-conseillent parfois mal les souverains_, c'est-à-dire, leur donnent de
-mauvais conseils.--Mais si l'on exprime l'objet du conseil que l'on
-donne, on doit dire, _conseiller à quelqu'un_: _je lui ai conseillé
-de changer de conduite; la prudence conseille aux jeunes gens de fuir
-l'oisiveté et les mauvaises compagnies_.
-
-=Conseilleur.=--Ce mot est vieux et ne s'emploie plus guère que dans
-le proverbe: _les conseilleurs ne sont pas les payeurs_; il faut
-dans les autres cas se servir du mot _conseiller_ (n'écrivez pas
-_conseillier_).
-
-=Consentir.=--Ne dites pas: _j'ai consenti dans la proposition qu'on
-m'a faite_; mais _j'ai consenti à la proposition..._
-
-=Conséquent=, se dit d'une personne qui est d'accord avec elle-même ou
-avec ses principes: _cet homme est conséquent dans ses projets, dans
-sa conduite_; c'est-à-dire qu'il est _le même_ dans ses projets, dans
-sa conduite qu'en tout autre occasion. (Acad.)--Appliqué aux choses,
-il a à peu près le sens de l'adjectif _conforme_: _il a une conduite
-conséquente à ses principes_. (Acad.) Mais jamais ce mot ne peut
-signifier, _considérable, important_; il ne faut pas dire: _une affaire
-conséquente, une somme conséquente, des propriétés conséquentes_;
-mais, _une affaire importante, une somme considérable, des propriétés
-considérables_ ou _de grandes propriétés_. Ce qui a pu donner lieu à
-cet emploi vicieux du mot _conséquent_, c'est qu'on dit très-bien, _de
-conséquence_, pour signifier _qui peut avoir des suites importantes_:
-_une affaire de conséquence, une affaire de nulle conséquence_. (Acad.)
-
-2. Prononcez _concéquent_ et non _conzéquent_ ni _conzèquent_.
-
-=Consister=: prononcez _concister_ et non _conzister_.
-
-=Consolable=, adj.--On ne le dit que des personnes (Acad.); cependant,
-au mot _consoler_, nous trouvons dans le Diction. de l'Académie
-l'exemple: _consoler la douleur_. Or, si l'on dit consoler la douleur,
-il suit nécessairement que _la douleur est consolable_. Il y a plus:
-d'après l'Académie, on peut dire: _douleur inconsolable_; et qu'est-ce
-qu'_une douleur inconsolable_ sinon _une douleur qui n'est pas
-consolable_? Voyez _inconsolable_.
-
-=Consoler, Console, Consolation, Consolant=, etc.; prononcez l'_s_ dure
-et non _conzoler, conzole, conzolation_, etc.
-
-=Consommer, Consumer.=--_Consommer_, v. a., achever, accomplir, mettre
-en sa perfection. Il se dit aussi en parlant des choses que l'on
-détruit en les faisant servir aux usages de la vie, comme vin, bière,
-viande, bois et toutes sortes de provisions: _nous avons consommé nos
-provisions_.
-
-=Consulte= pour =Consultation=, conférence que l'on tient sur une
-affaire ou sur une maladie.--Ne dites pas: _mon père est très-malade,
-il y a eu hier trois consultes_; dites, _... trois consultations_.
-Prononcez _conçultations_ (_s_ dure) et non _conzultation_.
-
-2. _Consumer_, v. a., détruire, user, réduire à rien, sans but utile
-ou nécessaire pour celui qui détruit: _le feu a consumé tout le bois;
-l'incendie a consumé la maison; la rouille consume le fer; les chagrins
-le consument_.--_Consumer_ signifie aussi, employer sans réserve;
-_j'ai consumé tout mon temps à cet ouvrage_.
-
-3. Prononcez l'_s_ dure: _conçumer, conçomer_ et non _conzumer,
-conzomer_.
-
-=Contact=, s. m., attouchement; prononcez les deux consonnes finales:
-_contak-te_; prononcez de même _compact, tact_.
-
-=Contempteur=, s. m., qui méprise; il n'a point de féminin
-correspondant.--_Contemptible_, adj., vil et méprisable: dans ces deux
-mots on prononce le _p_.
-
-=Contenir=, v. a.--Ne dites pas: _le bateau à vapeur contenait un
-prêtre, un officier et deux avocats_; dites, _dans le bateau à vapeur
-étaient..._
-
-=Content=, adj.--On doit dire, _être content de quelqu'un_ et non
-_sur_ ou _après quelqu'un_.
-
-2. Ne dites pas: _irons-nous à Verviers?--Je suis content_; dites,
-_volontiers_.
-
-3. Ne dites pas: _je suis content de ce qu'il me quitte_; dites, _je
-suis content qu'il me quitte_.
-
-4. Ne dites pas: _il était content pour avoir terminé ses devoirs_;
-dites, _d'avoir terminé..._
-
-=Contenter= (_se_), v. pron.--Ne dites pas: _je me contente avec du
-pain et des fruits pour mon déjeuner_; dites, _je me contente de pain
-et de fruits..._
-
-=Contigu, Proche=: voyez _proche_.
-
-=Continuer à, Continuer de.=--_Continuer à_, c'est poursuivre sans
-interruption une chose commencée, avec une intention dirigée vers un
-but: _il continuait à lui dire des injures, à le frapper; continuer à
-bien vivre; il continuait à faire la guerre_.--_Continuer de_ signifie
-_ne pas cesser_, avec idée d'interruption: _continuez de vous former
-le style_; ou bien, _ne pas cesser_, sans interruption, mais en même
-temps sans que la phrase indique une intention dirigée vers un but: _il
-continue de pleurer; la rivière continua de couler_.
-
-=Contradicteur=, s. m., n'a point de correspondant féminin.
-
-=Contraindre=, v. a.--Devant un infinitif on dit, _contraindre à_ et
-_contraindre de_; Laveaux établit une distinction qui nous paraît assez
-juste.--_Contraindre à_ suppose un but, une tendance, une action; il
-faut donc préférer _à_ toutes les fois que ces idées sont comprises
-dans la phrase, et _de_, dans tous les autres cas: _on le contraignit à
-marcher, à s'avancer, à se battre_: il s'agit ici d'une action.--Mais
-on dira: _on le contraignit de se taire, de se tenir en repos, de
-prendre la fuite, de s'enfuir, de rester_; c'est ici une cessation
-d'action.--L'Académie a observé cette différence dans ces deux phrases:
-_on le contraignit à se battre; la ville fut contrainte de se rendre_.
-
-=Contre.=--Ne dites pas: _je suis contre les plaisirs du monde, parce
-qu'ils détournent des devoirs envers Dieu_; dites, _je suis opposé aux
-plaisirs, j'ai de la répugnance pour...._
-
-2. On ne dit pas, _être fâché sur quelqu'un; le chien aboie sur les
-passants_, mais, _être fâché contre quelqu'un; le chien aboie contre
-les, après les_ ou _aux passants_.
-
-3. Ne dites pas: _laisser la porte toute contre_, mais _tout contre_.
-
-4. Ne dites pas: _il a passé tout contre moi sans me reconnaître_;
-dites, _tout près de moi_; on dit, _s'asseoir près de quelqu'un_ et
-non, _contre quelqu'un_. Mais en parlant des choses, on dit bien:
-_j'étais assis contre le mur; ce champ est contre le bois_ (pour dire
-qu'il y touche).
-
-5. L'expression _par contre_, n'est pas française, rendez-la par: _en
-revanche, mais, du reste, du moins, au contraire_: _il avait mal dîné,
-mais, en revanche, il a bien soupé; il est bourru, du reste il est bon
-et humain; si cet ouvrage n'a pas le mérite de la perfection, il a du
-moins celui de la nouveauté_.
-
-=Contredire=, _dédire, interdire, médire, prédire_, font à la
-seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif, vous
-_contredisez_, vous _dédisez_, vous _interdisez_, vous _médisez_, vous
-_prédisez_;--_maudire_ fait, vous _maudissez_.--Il n'y a que _dire_ et
-_redire_ qui fassent, vous _dites_, vous _redites_.
-
-=Contrefaction=, s. f., action de contrefaire, de falsifier, terme
-de jurisprudence.--On dit plus souvent, dans le langage ordinaire,
-_contrefaçon_.
-
-=Contremander=, révoquer l'ordre qu'on a donné; ne dites pas
-_décommander_.
-
-=Contrevention=, s. m., infraction pour _contravention_;
-_contraventoirement_ pour _en contravention_ et _contraventaire_ pour
-_contrevenant_, ne sont pas français.
-
-=Contumace=, s. f., t. de jurisprud. crimin., le refus, le défaut que
-fait un accusé de comparaître devant le tribunal où il est appelé:
-_être en état de contumace; condamner par contumace_. Il est souvent
-synonyme de _contumax_, adj. de deux genres, t. de jurispr. crimin.,
-accusé ou prévenu qui est en état de contumace et auquel on fait
-un procès: _accusé contumax, il est contumax_; il s'emploie aussi
-substantivement: _le contumax vient de se présenter devant ses juges_.
-
-=Convenir=, signifiant _plaire_, veut _avoir_; signifiant _être
-d'accord_ ou _avouer_, il prend _être_: _cette maison nous ayant
-convenu, nous sommes bientôt convenus du prix_; _le propriétaire est
-convenu lui-même que nous n'avions pas été difficiles_.
-
-=Copeau=, s. m., éclat de bois (en wallon, _estalle_, en flamand,
-_spaender, krol_); dites, _brûler des copeaux_ et non des _skafelings_,
-de _l'escaufelin_.
-
-=Coquemar=, s. m., espèce de pot de fer-blanc, de cuivre, etc., ayant
-un long bec, et qui sert à faire bouillir ou chauffer de l'eau, du
-café: _faire bouillir de l'eau dans un coquemar_. Dites _cafetière,
-chocolatière, théière, laitière_, pour désigner le vase d'argent, de
-terre, de fer-blanc, de porcelaine, etc., qui sert à faire ou à servir
-du café, du chocolat, du thé, du lait.
-
-=Coran=: voyez _alcoran_.
-
-=Corbeille d'enfant=, le linge, les langes, le maillot et tout ce qui
-est destiné pour un enfant nouveau-né; _corbeille_, dans ce sens, n'est
-pas français; dites _layette_.
-
-=Coroner=, s. m., officier de justice en Angleterre; on fait sentir
-l'_r_ finale: _coronère_.
-
-=Corpendu= ou =Court-pendu=, espèce de pomme rouge; ces mots ne sont
-pas français; dites _capendu_, s. m.: _un bon capendu_.
-
-=Corps=, s. m.--_Corps à corps_: prononcez _cor à cor_ et non _cor za
-cor_.
-
-2. Ne dites pas: _il réclamait à corps et à cri_; dites, _à cor et à
-cri_, c'est-à-dire, à toute force.
-
-=Corpulence=, s. f., taille de l'homme considérée par rapport à sa
-grandeur et à sa grosseur: _cet homme a de la corpulence, il est
-corpulent_; _corporence_ et _corporent_ ne sont pas français.
-
-=Coriace=, adj., dur comme le cuir: _cette viande est coriace_; ne
-dites pas, _tiliasse_.
-
-=Correct, e=, adj., sans faute; on fait sentir les deux _r_ et les
-deux lettres finales, même au masculin: _cor-rek-te_; prononcez de
-même le _c_ et le _t_ dans _abject, contact, direct, exact, infect,
-strict, tact_.--Faites également sentir les deux _r_ dans _correcteur,
-correction, correctif, correctionnel, corrégidor, corrélatif,
-corrélation, corroborer, corroboration, corroder, corrodant, corrosion,
-correspondre, correspondant, corrompre, corruption, corrupteur,
-corruptible, corroyer, corroyeur_.
-
-=Corridor=, s. m., galerie; ne dites pas, _colidor_; prononcez
-_coridor_.
-
-=Corset=, s. m.--Les femmes seules portent des _corsets_; ne demandez
-donc pas à un homme, _avez-vous mis votre corset de laine, de coton?_
-dites, _votre gilet de laine, de coton_.
-
-=Corsionnaire=, plante potagère dont la racine, noire en dessus
-et blanche en dedans, se mange cuite, comme le salsifis; dites,
-_scorsonère_ (subst. _féminin_) et non _corsionnaire_; on la nomme
-autrement, _salsifis noir_ ou _salsifis d'Espagne_.
-
-=Cortès=, s. féminin pluriel, assemblée des États (chambres, parlement)
-en Espagne et en Portugal: prononcez _cortèce_.
-
-=Cosaque=, s. m.: prononcez _cozaque_ (_o_ bref) et non _côsaque_ (_ô_
-long).
-
-=Côté=, s. m.--Prononcez _cô-té_ (_ô_ long) et non _co-té_ (_o_ bref).
-
-2. Ne dites pas: _de l'autre de côté_; dites, _de l'autre côté_.
-
-3. Ne dites pas: _de tous côtés_ ou _de tous les côtés_ pour _partout_,
-à la manière des wallons: _on rencontre des injustices de tous côtés ou
-de tous les côtés_; dites, _partout_.
-
-4. N'employez pas non plus _côtés_ pour pays, environs: _il demeure de
-vos côtés, ce malheur est arrivé de ses côtés_; dites: _il demeure dans
-vos environs, dans votre pays; ce malheur est arrivé dans son pays_.
-Cependant on dit très-bien: _il demeure du côté de Verviers; il est du
-côté de Namur_. (Acad.)
-
-=Côte, Côtelettes=: prononcez l'_ô_ long et non _cote, cotelettes_.
-
-=Cou=, s. m.--Quelquefois on dit par euphonie _col_, surtout en
-poésie. (Acad.)
-
-2. Ne dites pas: _quelle belle cravate vous avez dans le cou_; mais,
-_quelle belle cravate vous avez au cou_.
-
-3. _Cou-de-pied_, s. m., haut du pied; ne dites pas: _coude-pied,
-coup-de-pied, cou-du-pied_.--Le pluriel est _cous-de-pied_.
-
-=Coucher, Promener, Baigner.=--Ces verbes, employés _pronominalement_,
-doivent toujours être accompagnés de _me, te, se, nous, vous, se_;
-ainsi ne dites pas: _je vais coucher, promener, baigner_, mais, _je
-vais me coucher, me promener, me baigner_.
-
-=Coudre=, v. a., fut., _je coudrai_, (et non _je couserai_); cond. _je
-coudrais_; impératif, _couds, cousons, cousez_; prés. du subj., _que
-je couse, que tu couses_; ind. prés., _je couds, nous cousons, vous
-cousez, ils cousent_; passé déf., _je cousis, tu cousis_, etc., (et
-non _je cousus_, etc.); imparf. du subj., _que je cousisse, que tu
-cousisses_, etc. (et non _que je coususse_, etc.)
-
-=Couenne=, s. f., peau de porc; écrivez et prononcez _couenne_ (_ou en_
-diphthongue) et non _couanne_ ni _couaine_.
-
-=Couler, Courir.=--En parlant des liquides, il faut se servir du
-verbe _couler_: _cette fontaine coule doucement; ce tonneau, ce baril
-coule de toutes parts_. Cependant, lorsqu'il s'agit d'un liquide qui
-marche régulièrement et précipitamment, on emploie quelquefois le verbe
-_courir_: _le ruisseau qui court dans la prairie; l'eau qui court; le
-sang court dans les veines_. Mais il n'est jamais permis de dire: _ce
-vase court; le lait court dans le feu_; il faut dire, _ce vase coule;
-le lait coule dans le feu_.
-
-2. Le verbe _courir_ se conjugue avec l'auxiliaire _avoir_: ne dites
-donc pas, _je suis couru_, mais _j'ai couru_. Mais il prend l'auxil.
-_être_ quand il signifie _être suivi, être recherché_: _cet ouvrage est
-fort couru; ce prédicateur est fort couru_.
-
-3. _Je cours à la ville; il court à perdre haleine; il part avec lui_:
-prononcez _je cour à la ville; il cour à perdre haleine; il par avec
-lui_. Mais au pl. _ils courent avec lui_ (_il cour-tavec_), etc.; il en
-est de même dans les cas analogues.
-
-=Couleur d'isabelle=, couleur mitoyenne entre le blanc et le jaune,
-mais dans laquelle le jaune domine; dites, _couleur isabelle_,
-quoiqu'on dise également bien, _couleur de rose_ et _couleur rose_.
-
-2. _Couleurs_ (_peindre sous des_).--«On ne peint pas plus sous des
-couleurs que l'on ne dessine sous un crayon. Ce contre-sens, ou plutôt
-ce non-sens, provient de la confusion qui s'est faite à la longue entre
-deux locutions analogues: _peindre avec des couleurs_;--_voir_ ou
-_peindre sous un jour_.» (Francis WEY). Il est donc plus correct de
-dire: _peindre avec des couleurs_.
-
-3. _Couleur_, est féminin: _une couleur changeante_; il est masculin,
-lorsque, avec le nom qui le suit, il désigne une couleur particulière
-ou une chose ayant cette couleur: _le couleur de feu, le couleur de
-rose, un beau couleur de feu, un joli couleur de rose_, comme on dit,
-_le rouge, le rose, un joli rose_, etc.
-
-=Coup.=--Ne dites pas: _cet homme a fait les cent coups_ (locution
-populaire); dites, _a fait mille folies, mille excès_.
-
-2. _Boire un coup d'eau, un coup de vin; au coup de midi, au coup de
-trois heures_, sont des expressions françaises.
-
-=Couper=, v. a.--Ne dites pas: _le vent, la grêle, la neige coupent le
-visage_; dites, _... cinglent le visage_.
-
-=Couperose=, s. f., vitriol; ne dites pas _comperose_.
-
-=Couple=, est féminin, lorsqu'il signifie simplement le nombre _deux_,
-sans idée d'union, d'assortiment, d'assemblage: _une couple d'oeufs,
-une couple de pigeons, une couple de serviettes_.--Il est _masculin_
-1º quand il désigne le mâle et la femelle: _un couple de pigeons suffit
-pour peupler une volière_; 2º quand il désigne des êtres animés, unis
-par un sentiment ou pour toute autre cause qui les rend propres à agir
-de concert: _un couple d'amis; un couple de fripons; un beau couple de
-chiens_. (Acad.)--Prononcez _cou-ple_ et non _coupe, coupèle_.
-
-=Courant.=--On doit dire, _le cinq, le six, le dix du courant_. Ici
-on ne pourrait pas supprimer l'article, parce que le mot _mois_ est
-sous-entendu; c'est comme si l'on disait _le cinq, le six, le dix du
-mois courant_.
-
-=Courrier=, s. m., se dit de la totalité des lettres qu'on écrit ou
-qu'on reçoit par un seul ordinaire: _lire son courrier, faire son
-courrier_.
-
- (BESCHERELLE, POITEVIN).
-
-=Courroie=, lien de cuir, est féminin; n'écrivez pas _corroi_.--Prononcez
-_courroî_ et non _courroiïe_.
-
-=Cours=, s. m., flux, course, étude; prononcez _cour_ (_ou_ long) même
-devant une voyelle et non _cource_.
-
-2. Ne dites pas: _il donne un cours d'italien; le professeur donne son
-cours_; dites, _il fait un cours, il fait son cours_.--Mais on dit,
-_donner des leçons_, (quand il s'agit de leçons particulières): voyez
-_leçon_.
-
-=Court, e=, adj.--Ne dites pas: _je suis à court d'argent; le
-prédicateur est resté à court_; dites, _je suis court d'argent; le
-prédicateur est resté court_.
-
-=Coûter.=--Ne dites pas, _coûte qui coûte_, mais, _coûte que coûte_ ou
-_quoi qu'il en coûte_; prononcez _coûter_ (_oû_ long) et non _couter_
-(_ou_ bref).
-
-2. _Coûter gros_:--_cela doit vous coûter gros, ce n'est pas le
-Pérou_, sont des expressions populaires dont il faut éviter l'emploi;
-dites, _coûter beaucoup, bel et bon_.
-
-3. Ne dites pas: _les leçons de mon fils me coûtent dans les cent
-francs par mois_; dites, _à peu près cent francs par mois; me
-reviennent à près de cent francs par mois_. Voyez _cher_.
-
-=Coutil=, s. m., toile forte; prononcez _couti_ et non _coutile_.
-
-=Couturière.=--_Tailleuse_ est un mot provincial qui n'est pas admis
-par l'Académie.
-
-=Couvent=, s. m. Ne dites pas: _elle est entrée dans le couvent à 18
-ans_, dites, _au couvent_, comme on dit _entrer au service_ pour se
-faire soldat. _Entrer dans le couvent_, c'est y aller pour le visiter,
-pour y voir quelqu'un.
-
-=Couvert= pour _couvercle_; =Couverte= pour _couverture, malle,
-mallette_.--On ne dit point le _couvert_, mais le _couvercle_ d'une
-tabatière, d'une cafetière, d'un vase quelconque; on ne dit pas la
-_couverte_, mais la _couverture_ d'un lit, d'une chaise, d'un livre (ce
-qui sert à couvrir le lit, la chaise, le livre).
-
-2. On ne dit point _la couverte_ d'un écolier, mais _la malle_ et
-mieux _la mallette_ pour désigner le sac, ordinairement en cuir, où il
-renferme ses livres et ses papiers et qu'il porte suspendu à son dos à
-l'aide d'une courroie.
-
-=Couvi=, adjectif, qui ne s'emploie qu'au _masculin_; il se dit, d'un
-oeuf à demi couvé ou gâté pour avoir été gardé trop longtemps: _un oeuf
-couvi, des oeufs couvis_. Prononcez _couvi_ et non _couvice_.
-
-=Crabe=, poisson qui ressemble à une écrevisse et dont on mange la
-chair; ce mot est masculin: _un gros crabe_. Prononcez _crâbe_ (_â_
-long).
-
-=Crachat=, s. m., dans le sens de décoration, est de mauvais ton.
-
-=Craie=, s. f.: prononcez _craî_ (_aî_ long) et non _craiïe_.
-
-=Craindre=, v. a.--Ne dites pas: _je crains qu'il tombe_; dites, _je
-crains qu'il ne tombe_.
-
-=Crainte.=--Ne dites pas: _je n'irai pas, crainte d'être entraîné_;
-dites, _de crainte d'être entraîné_.
-
-=Cran=, s. m., entaille qu'on fait à un corps dur pour accrocher ou
-arrêter quelque chose: _craner_, faire un cran.--Ne dites pas _crain,
-crèner_.
-
-=Crâne=, s. m., tapageur, homme qui fait le rodomont: _c'est un crâne,
-faire le crâne_; on l'emploie quelquefois adjectivement: _il est crâne,
-il a l'air crâne_: ce mot est très-familier. (Acad.) C'est à tort que
-les wallons donnent à ce mot d'autres acceptions.
-
-2. _Crane_ (mot wallon), se rend par _robinet_ (et non _robin_.)
-
-=Crapaud.=--Dans certaines localités, on a assez l'habitude de donner
-aux enfants le nom de ce sale animal; il faut employer un des mots
-suivants: _marmot, mioche, marmouset_, etc.
-
-=Crapule=, s. f., débauche, habitude grossière, excès dans le boire et
-le manger; il se dit quelquefois et par extension de ceux qui vivent
-dans la crapule: _n'allez pas avec ces libertins, c'est de la crapule_.
-(Acad.) Mais ce mot ne peut pas s'employer pour _petit peuple, lie du
-peuple, populace, gens sans éducation, gens de rien_.
-
-=Craque=, _craquer, craqueur, craquerie_, menterie, se vanter, hâbler,
-hâbleur, hâblerie; ces mots, à l'exception de _craquer_, figurent dans
-le dictionnaire de l'Académie, mais ils sont de mauvais goût.
-
-=Crasser, se Crasser=, figurent dans les dictionnaires; mais _crasser_
-se dit surtout des armes à feu; vous direz donc: _cet enfant encrasse
-ses habits_, plutôt que, _... crasse..._
-
-=Crasseux=, pour _ladre, très-avare_, est familier; _crasserie_,
-avarice sordide, n'est pas français; dites, _crasse_ et mieux
-_ladrerie_.
-
-=Créancier, Débiteur.=--Le _créancier_ est celui à qui on doit;--_le
-débiteur_ est celui qui doit.
-
-=Créer=, v. a.--Prononcez _cré-er_ et non _cré-ier_; prononcez de
-même _créateur, créature, création; agréable, agréer, fléau, géant,
-Gédéon, néant, Léopold, Napoléon, récréer, réel, réellement, suppléer,
-théâtre_, etc.
-
-=Crème=, s. f.: voyez _chrême_.
-
-=Crémer, Écrémer.=--_Crémer_ est un verbe neutre et signifie se
-couvrir de crème; il ne se dit que du lait: _en été le lait crème plus
-qu'en hiver_. _Écrémer_ est un verbe actif qui signifie ôter la crème
-de dessus le lait: _allez écrémer le lait, du lait_.
-
-=Crêpe=, subst., est masculin et féminin; il est masculin, lorsqu'il
-signifie un morceau d'étoffe noire et claire qu'on porte en signe de
-deuil: _il porte un crêpe à son chapeau_. Il est féminin, lorsqu'il
-signifie une pâte qu'on fait cuire en l'étendant sur la poêle; il
-correspond assez bien au mot wallon _bouquette_ et au mot flamand
-_struif_.
-
-=Crésane= ou =Creusane=, espèce de poire; dites _crassane_ et non
-_creusane_ ni _crésane_.
-
-=Cresson à la noix=, n'est pas français; dites, _cresson alénois_.
-
-=Crête= (_de_), c'est-à-dire, sur le côté le moins large, n'est pas
-français; dites _de champ_: _mettre de champ, poser de champ des
-briques, des pierres, des solives_.
-
-=Crétin=, s. m., habitant goîtreux des Alpes, sourd, muet et idiot,
-et au figuré, homme stupide; ce mot n'a pas de féminin; écrivez et
-prononcez _crétin, crétinisme_ et non _cretin, cretinisme_ ni _crètin,
-crètinisme_.
-
-=Crever=, v. neutre, signifie parfois _mourir_; en ce sens il ne se dit
-que des animaux: _ce chien avala du poison et il en creva_. (Acad.)
-
-=Cric=, s. m., machine à lever; prononcez _cri_.
-
-=Cric-Crac=, interj., bruit d'une fracture: prononcez _crike-crake_.
-
-=Crier=, terme générique dont on se sert pour exprimer le cri
-particulier de chaque animal; il est ridicule de dire: _ce chien, ce
-chat, ces grenouilles, ces corbeaux ne font que crier_: les animaux ont
-chacun un cri particulier, et ce cri a un terme propre qui le désigne
-et qu'il importe de bien connaître.
-
-2. _Crier après quelqu'un_; dites, _appeler quelqu'un_.
-
-3. Ne dites pas: _mon professeur m'a crié_; dites, _... grondé,
-réprimandé_.
-
-4. _Crier sur quelqu'un_; on dit: _crier contre quelqu'un_.--Prononcez
-_cri-er_ et non _cri-ier_.
-
-=Croc=, s. m., instrument pour accrocher: prononcez _crô_; communément
-le _c_ final ne se prononce point (Acad.);--_croc-en-jambe_, tour de
-lutte; prononcez _crokanjambe_.--Voyez _c final_.
-
-=Croche-pied=: voyez _cloche-pied_.
-
-=Croire=, v. a.--Ne dites pas: _ne croyez pas à cet homme, il vous
-trompe_; dites, _ne croyez pas cet homme_; _croire à quelqu'un_, c'est
-croire à son existence: _croire aux revenants_.
-
-2. Ne dites pas: _j'ai n'y crois rien_; dites, _je n'en crois rien_.
-
-3. Ne dites pas: _j'ai cru être malade_; mais, _j'ai pensé, j'ai failli
-être malade_.
-
-=Croisée, Fenêtre.=--L'Académie définit ainsi le mot _croisée_:
-fenêtre, ouverture qu'on laisse dans le mur d'un bâtiment pour donner
-du jour à l'intérieur et qui est quelquefois divisée par un montant et
-par une ou plusieurs traverses.--Il se prend aussi pour le châssis
-vitré (la fenêtre proprement dite) qui sert à fermer cette ouverture.
-Les gens de bonne compagnie disent toujours _fenêtre_, à moins qu'ils
-ne veuillent parler d'une ancienne espèce de fenêtre à montants et à
-traverses en maçonnerie ou en bois.
-
-=Croître=, v. n.--Écrivez _je croîs, tu croîs, il croît_ (accent
-circonfl. pour distinguer ces personnes des personnes correspondantes
-du prés. de l'ind. de _croire_); _nous croissons_, etc.; passé déf.,
-_je crûs, tu crûs, il crût_, (nous crûmes, vous crûtes), _ils crûrent_
-(accent circ. pour la même raison); fut., _je croîtrai, tu croîtras_,
-etc. (accent circ. à toutes les personnes de même qu'au cond.); _je
-croîtrais_, etc.; part. passé, _crû, crûe_.
-
-=Croix=, s. f.--Ne dites pas _faire une croix_, pour _faire le signe
-de la croix_; voyez _pile_.
-
-=Crolle=, ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut dire,
-_boucle, anneau, cheveux frisés_: _une boucle de cheveux; friser à
-boucles; être frisé par anneaux_.--_Croller_ n'est pas français non
-plus; dites, _boucler, friser, crêper_.
-
-2. _Crolle_ ne s'emploie pas non plus pour _copeau_ (éclat, morceau de
-bois que la hache, le rabot, etc., font tomber du bois): _gros copeaux,
-menus copeaux; brûler des copeaux_; le mot _crolle_, dans cette
-acception, est flamand.
-
-=Cron= ou =Cromp=, pour _tortu, courbé, arqué, voûté, de travers_
-et _crombain_, pour _bancal, bancroche_, ne sont pas français, mais
-flamands.
-
-=Croque-noix, Croque-noisettes=, ne sont pas français; dites,
-_casse-noix, casse-noisettes_.
-
-=Croquer=, v. a., ne s'emploie pas dans le sens d'_offenser_, de
-_piquer, piquer au vif_.
-
-=Croup=, s. m., maladie, espèce d'angine; prononcez _croupe_.
-
-=Croustillant.=--Ne dites pas: _cette pâtisserie est croustillante_;
-dites, _est croquante_.
-
-2. N'employez pas non plus ce mot pour _plaisant, drôle_: _des contes
-croustillants_; dites, _croustilleux_; ce dernier mot est familier et
-signifie plaisant, libre, graveleux. (Acad.)
-
-=Croûte=, s. f., en style d'atelier, se dit des tableaux sans valeur:
-_ce peintre ne fait que des croûtes_.--Mais il ne s'applique pas aux
-personnes; ne dites donc pas: _ce peintre n'est qu'une croûte_.
-
-=Cru=, s. m., terroir où quelque chose croît; il n'est guère usité
-qu'en parlant des produits agricoles et surtout du vin: _ces foins, ces
-denrées sont de mon cru; du vin de mon cru, de son cru, de votre cru;
-ce vin-là est d'un bon cru_.--_Vin du cru_ se dit du vin fait avec le
-raisin recueilli dans l'endroit même où on le consomme: _nous voulûmes
-goûter du vin du cru; il faut se défier du vin du cru_; on peut dire
-également _du vin du pays_ (et non _de pays_).
-
-=Crucifix=, s. m.; prononcez _crucifi_ et non _crus'fi_.
-
-=Cruel, elle, Cruauté=; prononcez _cru-el, cru-auté_ et non _cru-wel,
-cru-wauté_.
-
-2. _Un cruel enfant_ est un enfant insupportable; _un enfant cruel_ est
-un enfant porté à la cruauté.
-
-=Ct.=--Ces deux consonnes finales se prononcent dans _tact, exact,
-contact, correct, direct, infect, abject, strict_; mais il y a
-exception pour _amict, district_ et pour toutes les terminaisons
-_pect_, tels que _respect, aspect, suspect, circonspect_, etc.;
-prononcez _ami, distrik, respèk, aspèk, suspèk_, etc.--Bien qu'on
-entende souvent dire _respè, aspè, suspè_, pour _respèk_, etc., cette
-prononciation n'est pas généralement admise par les grammairiens.
-(HENNEBERT.)
-
-=Cueillir=, v. a., détacher de la tige; ne dites pas, _cueiller_;
-prononcez _keuillir_.
-
-=Cuiller=, s. _féminin_; on prononce et quelques-uns écrivent
-_cuillère_. (Acad.)
-
-=Cuire=, v. a.--On _cuit_ les aliments et l'on fait _bouillir_ les
-liquides; ne dites donc pas _l'eau est cuite; faites cuire le lait_;
-dites, _l'eau a bouilli, est bouillante; faites bouillir le lait_.
-
-=Cul=, s. m., derrière d'une charrette, d'un tombereau: _mettez cela
-au cul de la charrette; mettre une charrette à cul_ (les timons en
-l'air).--On ne prononce point l'_l_ et quelques-uns la suppriment dans
-l'écriture; prononcez de même _cul-de-jatte_ (estropié), _cul-de-lampe_
-(ornement d'architecture), _cul-de-sac_ (impasse).
-
-2. _Cul de chandelle_ pour _bout de chandelle_ et _hochecul_ pour
-_hochequeue_ (oiseau), ne sont pas français: _hochequeue_ est masculin.
-
-=Culotte.=--On peut dire indifféremment _une culotte, des culottes,
-une paire de culottes_; il n'en est pas de même du mot _pantalon_, qui
-dans ce sens ne s'emploie qu'au singulier: _j'ai mis un pantalon neuf_
-et non, _des pantalons neufs_.
-
-=Cumulet=, n'est pas français dans le sens de _culbute_; dites donc,
-_faire des culbutes_ et non, _des cumulets_.
-
-=Curée=, dans le sens de _charogne_, n'est pas français.
-
-=Curer, Écurer.=--_Curer_, c'est nettoyer quelque chose de creux:
-_curer un fossé, un égoût, un étang_, etc.--_Écurer_, c'est
-nettoyer avec du sablon ou quelque chose de semblable: _écurer la
-vaissette_.--Voyez _récureur_.
-
-=Curieux.=--Ne dites pas: _il est si curieux pour sa toilette, pour
-les livres_; dites, _il a tant de soin de sa toilette; il aime tant les
-livres_.
-
-Ne dites pas: _je suis curieux comment cela tournera_; dites, _je suis
-curieux de voir, de savoir comment cela tournera_.
-
-=Cutée= ou =Cuitée=, la quantité de pains qu'on fait cuire à la
-fois dans un four; ces mots ne sont pas français; dites, _cuite_ ou
-_fournée_.
-
-=Cutter=, s. m., petit navire de guerre; on prononce et plusieurs
-écrivent _cotré_.
-
-=Cuvelle=, n'est pas français; dites, _cuve, cuvier, cuveau,
-cuvette_.--La _cuve_ est un vaisseau de grande dimension; le _cuvier_,
-est la cuve où l'on fait la lessive; le _cuveau_, est une petite cuve;
-la _cuvette_, est un vase dont on se sert pour se laver les mains;
-prononcez _cuve_ et non _cufe_.
-
-=Czar=, souverain, _Czarine_, impératrice de Russie; prononcez _Czar,
-Czarine_; quelques-uns écrivent et disent, _tzar_. (Acad.)
-
-
-
-
- D
-
-
-=D.=--C'est à tort que l'on prononce souvent le _d_ des syllabes
-en _de_ comme un _t_: _timite, timitement, raite, ronte, corte,
-humite, Enéite_, au lieu de _timi-de, timi-de-ment, rai-de, ron-de,
-cor-de, humi-de, Enéi-de_. Cependant à la fin d'un adjectif, suivi
-immédiatement de son substantif commençant par une voyelle ou une _h_
-muette, _d_ a le son de _t_: _un grand ignorant, la grande armée_;
-prononcez _gran-t-ignorant, la gran-te-armée_. Il en est de même,
-lorsque cette lettre est à la fin d'un verbe suivi de _il, elle_:
-_répond-il, entend-elle_? (_répon-t-il, enten-t-elle_.)
-
-2. On ne prononce pas le _d_ final dans les adjectifs qui ne sont
-pas suivis immédiatement de leur substantif. _Un abîme profond
-effraie_ (_profon effraie_). On ne le prononce pas non plus dans les
-substantifs, même lorsqu'ils sont suivis de leur adjectif: on dira
-donc _un froid_ (_froi_) _excessif_, _un bord_ (_bor_) _escarpé_, sans
-aucune liaison. Mais il faut excepter le _d_ final dans les locutions
-suivantes: _de pied en cap, de fond en comble_, où le _d_ prend le son
-de _t_.
-
-3. Prononcez les deux _d_ dans _addition, additionnel, additionner,
-adducteur, adduction_ et _reddition_.
-
-4. _D'à moi, d'à toi, d'à lui_, etc.; les personnes peu instruites
-disent seules: _ce livre est d'à moi, d'à toi, d'à lui_, etc.; il faut
-dire, _ce livre est à moi, à toi, à lui_, etc.
-
-=D'abord que=, ne peut pas s'employer pour, _puisque_ ou _aussitôt
-que_; ne dites donc pas: _d'abord que je suis innocent, je ne dois pas
-être puni; d'abord que vous aurez fini vos devoirs, vous apprendez vos
-leçons_; dites, _puisque je suis innocent...; aussitôt, dès que vous
-aurez fini vos devoirs..._ (Wall.)
-
-=Dada=, est un terme enfantin qui signifie _cheval_; mais il ne faut
-pas le confondre avec _dadais, dandin_, qui veulent dire _niais_:
-_c'est un grand dadais, un vrai dandin_.
-
-=Dahlia=, s. m., plante d'ornement; prononcez _dalia_.
-
-=Daigner=, ne doit jamais être suivi de la préposition _de_; ainsi ne
-dites pas: _daignez de m'accorder votre protection_, mais, _daignez
-m'accorder..._--Prononcez _dai-gner_ et non _dai-gne-ner_; il en est
-de même de _dédaigner, enseigner_, etc. Voyez _gne_.
-
-=Daim=, s. m., bête fauve qui tient le milieu entre le cerf et le
-chevreuil; la femelle s'appelle _daine_, que l'on prononce _dine_.
-
-=Daler, Thaler, Taler=, s. m., monnaie d'Allemagne; prononcez _dalère,
-thalère, talère_; on dit plus souvent _thaler_ que _taler_ ou _daler_.
-
-=Damas=, ville de Syrie; prononcez _Damâce_; _damas_, s. m., étoffe,
-fruit, acier; prononcez _damâ_.
-
-=Dame=: voyez _monsieur_ et _époux_.
-
-=Damner, Damnation, Damnable=; prononcez _dâner, dânation, dânable_, en
-supprimant l'_m_ et en allongeant l'_a_: voyez _condamner_.
-
-=Danger.=--Ne dites pas: _il n'y a pas de danger que j'aille jouer,
-car mes parents me l'ont défendu_; dites, _je me garderai bien; je n'ai
-garde; je ne veux pas aller jouer_;--_ne pouvoir mal_, dans ce sens,
-est également un wallonisme.
-
-=Dangereux= et _dangereusement_, employés pour _probable,
-vraisemblable_ et _probablement_, _vraisemblablement, apparemment_,
-sont de véritables barbarismes. Ainsi ne dites pas: _cela est
-bien dangereux; cela arrivera dangereusement demain_; mais dites,
-_cela est bien probable, vraisemblable; cela arrivera probablement,
-vraisemblablement demain_--Prononcez _danj'reux_ et non _danchereux_
-ni _dangéreux, dangèreux_; item, _dangereusement_.
-
-=Dank.=--C'est une expression qu'il faut laisser aux flamands, puisque
-nous pouvons dire _merci_.
-
-=Dans.=--Ne dites pas: _j'ai beaucoup voyagé dans les flamands, dans
-les wallons_; dites, _chez les flamands, chez les wallons_, ou _dans le
-pays flamand, dans le pays wallon_.
-
-2. Ne dites pas: _je vais m'asseoir dans le soleil; je me promène dans
-le soleil; il est agréable de se réchauffer dans le soleil_; mais
-dites, _je vais m'asseoir au soleil; je me promène au soleil; il est
-agréable de se réchauffer au soleil_.
-
-3. Ne dites pas: _je suis dans un grand mal de tête_; dites, _j'ai un
-grand mal de tête_.
-
-4. Ne dites pas: _s'il était dans mon pouvoir_ ou _dans ma puissance
-de vous rendre service_; mais dites, _s'il était en mon pouvoir, en ma
-puissance..._
-
-5. Ne dites pas: _il a fait ce voyage dans deux heures_; dites, _en
-deux heures_.
-
-6. Ne dites pas: _il y a dans les quarante ans_; dites, _il y a à peu
-près_ ou _environ quarante ans_. (Wall.)
-
-7. Ne dites pas: _cela coûte dans les trois cents francs_; dites,
-_environ, à peu près trois cents francs_. (Wall.)
-
-8. Ne dites pas: _je me trouvais dans la place Saint-Lambert_; dites,
-_sur la place..._ (Fland.)
-
-9. Ne dites pas: _j'étais dans la fenêtre, dans la pluie_; dites, _à la
-fenêtre, à la pluie_; on dit, _se tenir, se mettre à la fenêtre, à la
-pluie, au vent_.
-
-10. Ne dites pas: _je serai, j'irai dans l'hôtel d'Angleterre à 4
-heures_; dites, _à l'hôtel d'Angleterre..._
-
-11. Ne dites pas: _l'un dans l'autre_; mais, _l'un portant l'autre_:
-_les différents vols qu'on m'a faits, m'ont causé, l'un portant
-l'autre, une perte de mille francs_. (Wall.)
-
-=Dante=, célèbre poète italien, auteur de la _Divine Comédie_: on dit
-_Dante_, et non _le Dante_; mais on dit _le Tasse_ et non _Tasse_.
-
-=Dartre=, s. f., maladie de peau; écrivez et prononcez _dar-tre_, et
-non _dar-te_ ni _dar-tère_.
-
-=Date= (époque), _dater, datif_.--Gardez-vous bien de marquer l'_a_
-d'un accent circonflexe: _une vieille date_ (et non _dâte_); _ce décret
-est daté de telle ville_ (et non _dâté_). On prononce pourtant _dâte_,
-(_â_ long).--Ne confondez pas _date, époque_, avec _datte_, fruit du
-_dattier_.
-
-=Davantage=, adv. (et non d'avantage), s'emploie toujours sans
-complément; ainsi on ne dira pas: _il a davantage de livres; il en a
-davantage que son frère_; mais il faudra dire: _il a plus de livres; il
-en a plus que son frère_.
-
-2. Il ne faut pas le confondre avec _plus_: celui-ci s'emploie pour
-exprimer directement une comparaison: _votre soeur est plus âgée
-que vous_; mais on dira fort bien: _elle a vingt ans, vous en avez
-davantage_. _Davantage_ ne doit pas non plus être suivi d'un adjectif;
-on ne doit pas dire: _il est davantage âgé, davantage estimé_; il faut
-dire _plus âgé, plus estimé_.
-
-3. Les grammairiens prétendent que _davantage_ ne doit jamais être
-suivi de la préposition _de_ ni de la conjonction _que_. Cette
-règle est vraie, si _de_ ou _que_ forment, avec ce qui les suit, un
-_complément_ de l'adverbe _davantage_: _il a davantage de livres;
-il en a davantage que son frère_. Mais si _de_ ou _que_ et les mots
-qui suivent, sont un complément du _verbe_ de la proposition, il n'y
-a point de faute à les placer après _davantage_. Ainsi la phrase
-suivante est correcte: _ne nous étonnons donc pas et ne nous effrayons
-pas davantage des reproches que nous avons encourus_: dans cette
-phrase, _des reproches_ sont le complément des verbes _étonnons_ et
-_effrayons_.
-
-4. Les bons grammairiens condamnent l'emploi de _davantage_ dans le
-sens de _le plus_; ne dites donc pas: _de tous les jeux celui des
-barres est celui qui me plaît davantage_: dites _le plus_. En général,
-_davantage_ ne doit se placer que là où le sens permet l'emploi des
-locutions équivalentes à _de plus, en outre, de surcroît_ et toutes
-les fois qu'il n'a pas de complément.--Voyez SOULICE et SARDOU,
-_Dictionnaire_, etc.
-
-=De=, syllabe muette, dans le corps ou au commencement d'un mot;
-doit se prononcer _de_ et non _ne_: _command'-ment, man-d'-ment,
-ma-d'-moiselle, len-d'-main, je lui ai d'-mandé; panier d'-noix_, etc.,
-et non _comman-n'-ment, man-n'-ment, ma-n'-moiselle, len-n'main; je lui
-ai n'-mandé; panier n'noix_, à moins toutefois qu'on ne veuille faire
-sentir l'_e_ de _de_ et prononcer: _comman-de-ment, ma-de-moiselle; je
-lui ai de-mandé, j'irai de-main, lendemain_, etc.--Prononcez de même
-_ad-mettre, ad-ministrer, ad-mission, ad-ministration_, etc.
-
-2. Ne dites pas: _j'ai rêvé de la nuit, du jour_, dites: _j'ai rêvé la
-nuit, le jour_.
-
-3. Faut-il dire: _quel est le plus habile de cet homme-ci ou de
-celui-là?_ ou bien: _quel est le plus habile, cet homme-ci ou
-celui-là?_ L'Académie adopte la première orthographe; elle ne partage
-donc pas l'opinion des grammairiens qui suppriment _de_.
-
-4. Dites: _le livre de mon frère, la maison de mon cousin_, et non, _le
-livre à mon frère_ ou _d'à mon frère_; _la maison à mon cousin_ ou _d'à
-mon cousin_.
-
-5. On dit, _le deux janvier, le trois février_, etc., et _le deux de
-janvier, le trois de février_, etc. (Acad.) Cependant la première
-manière de s'exprimer nous paraît plus usitée.
-
-6. Ne dites pas: _il est le quart de huit heures_; dites, _il est huit
-heures moins un quart_. Voyez _quart_.
-
-7. Ne dites pas: _mon frère est le 5e de 36 dans sa classe_; dites,
-_... sur 36..._
-
-8. Ne dites pas: _d'un coup de massue il cassa la tête de son ami_;
-dites, _il cassa la tête à son ami_.
-
-9. Ne dites pas: _cela ne me fait de rien, ne m'est de rien_; dites,
-_cela ne me fait rien, ne m'est rien_.
-
-10. Ne dites pas: _j'y penserai de la nuit, j'y travaillerai du matin,
-du jour_; dites, _... pendant la nuit, dans la matinée, pendant la
-journée_.
-
-11. La particule _de_, devant les noms propres de noblesse, s'écrit
-avec un petit _d_ et non avec le _D_ majuscule: _de Montmorency, de
-Ligne, d'Oultremont, d'Orléans_. On écrit _De_ avec une majuscule,
-lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on sépare la
-particule du nom.
-
-12. Après les verbes _espérer, souhaiter, désirer_, on peut exprimer
-ou sous-entendre la préposition _de_ devant l'infinitif: _j'espère
-réussir_ ou _de réussir_; _je désire aller_ ou _d'aller avec vous_,
-etc.--_Compter_, dans le sens de, _se proposer, croire_, ne prend
-point la préposition _de_ devant un infinitif; ainsi vous direz: _il
-compte partir demain_ et non _de partir_. (Acad.)
-
-13. Dans la conversation et le style familier, _de_ se supprime souvent
-après les prépositions _hors, près, vis-à-vis_, lorsqu'elles sont
-suivies d'un nom de chose: _il est logé hors la barrière, il demeure
-près la porte Saint-Antoine, vis-à-vis l'église_. (Acad.) Mais devant
-un nom de personne ou un pronom, on doit employer _de_: _il était près
-de Paul, vis-à-vis de vous_, et non _près Paul, vis-à-vis vous_.
-
-14. L'emploi de la préposition _de_ est vicieux dans cette phrase: _la
-moitié de huit est de quatre_; dites, _est quatre_.
-
-15. On peut exprimer ou sous-entendre la préposition _de_ devant un
-infinitif après _c'est... que, mieux... que, plutôt que_: ainsi vous
-pouvez dire: _c'est quelque chose que faire_ ou _que de faire un beau
-rêve_; _il vaut mieux étudier que de_ ou _que jouer_; _plutôt que de_
-ou _que m'exposer à une correction, je préfère faire mes devoirs_.
-Néanmoins l'usage général est d'exprimer la préposition _de_.
-
-16. _Il ne fait que sortir_, signifie, il sort à chaque instant; _il ne
-fait que de sortir_, veut dire, il vient de sortir.
-
-17. L'usage permet également de dire: _on dirait un fou_, et _on dirait
-d'un fou_.
-
-18. Ne dites pas: _si j'étais toi, si j'étais lui, si j'étais vous; si
-j'étais à la place de_, etc., _je ferais telle chose_; mais dites, _si
-j'étais que de toi, de lui_, etc., et mieux, _si j'étais de toi, de
-lui_, etc.
-
-19. On emploie ordinairement la préposition _de_, devant un participe
-passé précédé d'un adjectif numéral ou d'un nom collectif; on dit: _il
-y eut cent hommes de tués et un grand nombre de femmes de blessées_,
-plutôt que: _il y eut cent hommes tués et un grand nombre de femmes
-blessées_;--mais on doit la supprimer devant un adjectif qualificatif:
-_dans cette ville il n'y a pas quatre monuments remarquables_.
-Cependant lorsque le nom qui précède le participe ou l'adjectif, est
-représenté par le pronom _en_, on exprime la préposition: _sur mille
-hommes, il y en eut cent de tués; parmi tant de monuments, il n'y en a
-pas un de remarquable_.
-
-=Débâcle=, rupture et descente de glaces, est féminin; prononcez
-_débâ-cle_.
-
-=Déballer.=--Ne dites pas: _ce marchand est déballé à l'hôtel
-de l'Europe_; dites, _... a déballé_, car il n'a déballé que ses
-marchandises, et il ne s'est pas déballé lui-même.
-
-=Débine=, s. f.--_Être dans la débine_, c'est-à-dire, dans la gêne;
-cette expression est triviale et même tout-à-fait populaire. Voyez
-_blaguer_.
-
-=Débiser.=--Ne dites pas: _j'ai les mains et les lèvres toutes
-débisées_; dites, _toutes gercées par la bise, par la gelée, par le
-froid; le froid gerce les lèvres, les mains_.
-
-=Débit=, s. m., vente, trafic; le _t_ ne se prononce pas.--Ne dites
-pas: _vendre en gros et en débit_; dites, _... en détail_.
-
-=Débiteur=, qui doit, fait au féminin _débitrice_.
-
-=Débours=, argent qu'on a avancé pour le compte de quelqu'un; ce mot a
-vieilli; dites _déboursés_ (au plur.) et non _débourses_. (Acad.)
-
-=Décaméron=, s. m., ouvrage contenant le récit des événements de dix
-jours; prononcez _décamérone_.
-
-=Décanat, Doyenné.=--Le _décanat_ est la dignité du doyen: _ce curé a
-été promu à un décanat_. Le _doyenné_ est le pays qui ressortit à un
-doyen: _le doyenné de Sprimont se compose de vingt paroisses_.
-
-=Décéder=, v. n., prend le verbe _être_ dans ses temps composés. Ce
-mot n'est guère usité, dit l'Académie, qu'en termes de jurisprudence
-et d'administration, et en parlant des personnes; il s'emploie aussi
-au participe passé dans les inscriptions; dans tout autre cas on se
-sert du verbe _mourir_. Ces observations s'appliquent également au
-substantif _décès_.
-
-=Décemment=, adv., d'une manière décente; prononcez _déçaman_;
-prononcez de même, _apparemment, prudemment, négligemment_.
-
-=Décemvir=, s. m., l'un des dix magistrats de Rome; prononcez
-_décèm'vir, décèm'virat_.
-
-=Décennal=, adj., qui dure dix ans: prononcez _décèn'nal_.
-
-=Décesser=, n'est plus en usage; il faut dire _cesser, discontinuer_.
-
-=Décider=, devant un infinitif, demande la préposition _à_: _cette
-raison m'a décidé à partir_ (et non _de_ partir); _je me suis décidé
-à rester_. Cependant lorsqu'il signifie, prendre une résolution,
-déterminer ce que l'on doit faire, il prend _de_: _nous nous décidâmes
-de partir sur-le-champ_.
-
-=Décime= (pièce de dix centimes), _centime, cents_, sont _masculins_:
-_un décime, un centime, un cents_. Voyez _centime_ et _cents_.
-
-=Déclicher=, est un mot wallon: dites, _lever la clenche, le loquet_.
-
-=Décombres=, débris, est un substantif _masculin_ pluriel sans
-singulier: _il faut faire enlever ces décombres_.
-
-=Décommander=, révoquer un ordre, n'est pas français; dites
-_contremander_.
-
-=Décorum=, s. m., bienséance; il n'est guère usité que dans ces
-phrases: _garder, observer le décorum_, garder les bienséances;
-_blesser le décorum_, choquer les bienséances; prononcez _décorome_; il
-n'a point de pluriel.
-
-=Découcher= (_se_), n'est pas français; dites _se lever_.--_Découcher_,
-v. n. et a., signifie, coucher hors de chez soi, ou être cause que
-quelqu'un quitte le lit où il couche: _depuis huit jours, il a découché
-trois fois; le maître de la maison m'avait offert son lit, mais je n'ai
-pas voulu le découcher_.
-
-=Décrémer= le lait, ôter la crème de dessus le lait; ce mot n'est pas
-français; il faut dire _écrémer_. Voyez _chrême_ et _crémer_.
-
-=Décret=, s. m., loi, ordonnance; prononcez _décrè_ et non _decrè_.
-
-=Décrottoir=, s. m., est une lame de fer destinée à décrotter la
-chaussure; _décrottoire_, s. féminin, est une brosse ronde pour
-décrotter la chaussure.
-
-=Dedans=, adv. de lieu, ne prend pas de complément; ainsi ne dites pas,
-_dedans la maison, dedans ma chambre_, mais, _dans la maison, dans ma
-chambre_.
-
-2. _Donner dedans_, c'est se laisser tromper comme un sot; _mettre
-quelqu'un dedans_, c'est le tromper: ces locutions sont populaires.
-(Acad.)
-
-=Défaufiler= et =Défiler=, (défaire un tissu fil à fil) ne sont pas
-français; dites _éfaufiler_ et _effiler_.
-
-=Déficeler=, ôter la ficelle, n'est pas français.
-
-=Déficit=, s. m., ce qui manque; prononcez _déficite_. Quoique
-l'Académie dise qu'il est invariable au pluriel, nous pensons que
-_déficit_, qui a un accent sur l'_e_, est un mot tout-à-fait français,
-et qu'il doit par conséquent être soumis aux règles de la grammaire;
-ainsi nous écririons plutôt _des déficits_, avec une _s_ que sans _s_.
-
-=Défier=, v. actif: _je l'en défie_ et non, _je lui en défie_.
-
-=Définitive= (=en=), loc. adv., en résumé; ne dites pas et ne prononcez
-pas _en définitif_.
-
-=Dégommer=, v. a., dans le sens de destituer, ruiner, déconsidérer, est
-français, mais il est populaire.
-
-=Dégouttant=, signifie qui dégoutte: _ce linge n'est pas sec, il est
-encore tout dégouttant_. Ne confondez pas ce mot avec _dégoûtant_, qui
-donne du dégoût: _malpropreté dégoûtante_; prononcez _oû_ long dans
-_dégoûtant_ et _ou_ bref dans _dégouttant_.
-
-=Dégrafer=, détacher une agrafe; ne dites pas _désagrafer_.
-
-=Dégriffer=, n'est pas français; c'est _égratigner_ qu'il faut dire.
-
-=Déguisé.=--Ce mot ne s'emploie pas comme substantif; ne dites donc
-pas: _j'ai vu plus de trente déguisés pendant le carnaval_; dites,
-_plus de trente masques_.
-
-2. Ne dites pas: _la petite vérole l'a déguisé_; dites, _l'a
-défiguré_.--_Déguiser_ signifie masquer, travestir.
-
-=Déhonté=, adj., éhonté; ce mot, rejeté par quelques grammairiens, est
-admis par l'Académie: _un homme déhonté, une femme déhontée_.
-
-=Dehors=, adv. de lieu, opposé à _dedans_, comme _hors_ est opposé à
-_dans_; _dehors_ doit toujours être employé sans complément: _restez
-dedans, j'irai dehors_.
-
-2. Il est ridicule de mettre _dehors_ après les verbes _boire, aller,
-tomber_, etc.; ainsi ne dites pas: _buvez votre verre dehors; le feu va
-dehors; la bouteille est dehors_; dites tout simplement, _buvez, videz
-votre verre; le feu s'éteint; la bouteille est vide_.
-
-3. Ne dites pas non plus: _je sais ma leçon dehors_; dites, _je sais ma
-leçon par coeur_. (Fland.)
-
-4. Ne dites pas: _quelques historiens racontent qu'il tomba autrefois
-des pluies de sang dehors le ciel_; dites, _qu'il tomba du ciel..._
-(Fland.)
-
-5. Ne dites pas: _on a sonné dehors que le pain est baissé_; dites, _on
-a annoncé au son de la clochette que..._ (Fland.)
-
-6. Ne dites pas: _il m'a donné cela dehors; j'ai eu ma carte dehors_
-(t. de jeu de cartes); dites, _il m'a donné cela; j'ai eu ma carte_ (en
-retranchant _dehors_). (Fland.)--Prononcez _dehors_ et non _déhors_.
-
-=Déjà=, adv.: prononcez _déjà_ (_é_ fermé) et non _dejà_ ni _dèjà_.
-
-_Déjeter_.--Ce verbe ne s'emploie que pronominalement et signifie
-se courber, se contourner: _le bois de cette table s'est déjeté; sa
-colonne vertébrale s'est un peu déjetée_.
-
-2. Mais il ne faut pas l'employer dans le sens de bouleverser,
-déranger, mettre en désordre, bousculer, agiter, secouer: _bouleverser
-tout dans une chambre; on a bousculé mes livres; nous fûmes
-horriblement bousculés dans la foule_. _Se déjeter_ ne doit pas non
-plus s'employer au lieu de, _se débattre, s'agiter_: _se débattre comme
-un possédé; un oiseau qui se débat quand on le tient; ce malade s'agite
-continuellement_.--Prononcez _déj'ter_ et non _déch'ter_.
-
-=Déjeuner, Dîner, Souper, Goûter.=--Ces verbes veulent la préposition
-_de_ devant le nom de la chose dont on déjeune, dîne, soupe, etc.:
-_déjeuner de chocolat, dîner de cotelettes, souper de fruits_.
-Cependant on peut aussi employer _avec_: _il déjeune tous les matins
-avec du chocolat; déjeuner avec du beurre et des radis_. (Acad. aux
-mots _matin_ et _radis_.) Nous ferons remarquer du reste que de bons
-écrivains n'ont pas craint de dire _déjeuner avec_, etc., devant le nom
-de la chose mangée.
-
-2. Il est à remarquer que l'_u_ de _déjeuner_, s. ou v., n'est pas
-marqué d'un accent circonflexe, quoiqu'il soit formé de la particule
-_de_ et du verbe _jeûner_. Prononcez _déjeuner_ et non _d'jeuner_.
-
-=Délabrement=, s. m., état délabré; l'_a_ est long de même que dans
-_encadrement_ et dans tous les autres mots où se retrouvent les
-syllabes _abre, adre, avre_. Voyez _abre_.
-
-=Délibérer=, v. a.--Ne dites pas: _ce soldat est délibéré du service_;
-dites, _est quitte, délivré, libéré du service_.
-
-=Délice= et =Orgue= sont masculins au singulier et féminins au pluriel:
-_un grand délice, de grandes délices; un bon orgue, de bonnes orgues_.
-Cependant ils sont masculins au pluriel lorsque dans une même phrase,
-ils s'emploient au singulier et au pluriel: _un de mes plus grands
-délices était d'étudier; cet orgue est un des meilleurs que j'aie
-entendus et un des plus beaux que j'aie jamais vus_.
-
-=Déloger= et =Découcher.=--_Déloger_ signifie quitter le logement,
-décamper; _découcher_ veut dire, coucher hors de chez soi: _il déloge à
-la fin du mois; je vous ferai bien déloger de là; depuis huit jours il
-a découché trois fois_. Voyez _découcher_.
-
-=Demain.=--On peut dire _demain au matin et demain matin_; mais cette
-dernière locution est préférable. (Acad.)
-
-=Demander=, v. a.--_Demander excuse_ est une expression incorrecte;
-dites, _je vous fais, je vous offre, je vous présente mes excuses_.
-
-2. Ne dites pas: _mon maître vous demande de venir_; dites, _vous prie
-de venir_ ou _d'aller le trouver_.
-
-3. Ne dites pas: _demander après quelqu'un_ ou _après quelque chose_;
-mais, _demander quelqu'un, demander quelque chose_.
-
-4. Après _demander_, il faut _que_ et non _à ce que_: _je demande qu'on
-répare mon honneur_, et non, _à ce qu'on répare...._
-
-5. _Demander_, suivi d'un infinitif, régit les prépositions _à_ et
-_de_, suivant le sens: la prép. _à_, lorsque l'action, exprimée par
-chacun des deux verbes est faite par la même personne: _il demande à
-entrer; Philoclès demanda au roi à se retirer_.--La prép. _de_, dans
-le cas contraire: _je vous demande de m'écouter_.
-
-=Déméfier= (=se=), barb.; dites, _se défier_ ou _se méfier_.
-
-=Démêler=, v. a.--On ne dit pas, _démêler les cartes_, mais, _mêler_
-ou _battre les cartes_.
-
-=Demeurer=, prend _avoir_ quand il signifie: 1º _habiter_: _il a
-demeuré trois ans à Bruxelles; il demeure dans telle rue_ (plutôt
-que, _il reste_); 2º _tarder_: _il a demeuré longtemps en chemin_; 3º
-_employer plus ou moins de temps à quelque chose_: _il n'a demeuré
-qu'une heure à faire cela_.--_Rester_ prend également _avoir_ dans le
-sens de _séjourner_: _il a resté deux jours à Lyon_. (Acad.) Dans tout
-autre sens, _demeurer_ et _rester_ prennent l'auxiliaire _être_: _il
-est demeuré, il est resté mille hommes sur la place; elle est demeurée,
-elle est restée court, seule, veuve_, etc.
-
-=Demi, ie=, placé devant un substantif, reste invariable: _une
-demi-heure, des demi bouteilles_; il reste également invariable
-lorsqu'il entre dans la composition d'un mot: _des demi-heures, des
-demi-lunes, des demi-tons, des demi-dieux, des demi-frères_.--Placé
-après son substantif, il en prend le genre, mais il s'écrit toujours au
-singulier: _deux kilo et demi, deux livres et demie_.--_Demi, demie_
-s'emploient substantivement, le premier pour désigner _une moitié
-d'unité_, le second pour signifier _demi-heure_: _quatre demis valent
-deux unités; cette pendule sonne les heures et les demies_. (Acad.)
-Prononcez _demi_ et non _démi_ ni _dèmi_.
-
-2. _Deux heures et demie, deux heures et un quart_; ne faites pas la
-liaison de l'_s_ finale du mot _heures_ avec le mot suivant. Voyez
-_liaisons affectées_.
-
-=Demi-frère=, s. m., celui qui n'est frère que du côté paternel ou du
-côté maternel; les expressions _frère germain, frère consanguin_ et
-_frère utérin_ ne sont guère usitées qu'en jurisprudence. (Acad.)
-
-=Démission=, s. f.--Ne dites-pas: _dès que j'aurai ma démission, je
-me retirerai à la campagne_; dites, _dès que j'aurai ma retraite, ma
-pension..._ La _démission_ est l'acte par lequel on se démet d'une
-dignité, d'un emploi: _démission volontaire, démission forcée; donner
-sa démission_.
-
-2. N'employez pas non plus le mot _démission_, dans le sens de
-_destitution_, qui est la privation _forcée_ d'une charge, d'un emploi,
-etc.: _prononcer la destitution d'un fonctionnaire_.
-
-=Demoiselle.=--Une dame, faisant allusion à ses jeunes années, dit
-ordinairement: _quand j'étais demoiselle_; il serait mieux de remplacer
-_demoiselle_ par le mot _fille_; mais il est encore mieux de dire
-_avant mon mariage_, ou d'employer quelque tour analogue à celui-là.
-Voyez _monsieur_ et _époux_.
-
-2. Ne dites pas: _comment se porte votre demoiselle_ (en parlant à son
-père ou à sa mère)? dites, _comment se porte mademoiselle votre fille_
-ou _mademoiselle N.?_ Il en est de même des mots _dame, madame_, quand
-on s'adresse au mari.
-
-=Denier=, s. m., petite monnaie; ne dites pas _dernier à Dieu_,
-mais _denier à Dieu_: prononcez _de-nié_ et non _dé-nié_ ni
-_degnier_.--Voyez _ni_.
-
-=Dénouement, dénouer, déjouer, jouer=, etc.; prononcez _dénoû-ment,
-dénou-er, déjou-er, jou-er_, et non _dénou-we-ment, denou-wer,
-déjou-wer, jou-wer_.
-
-=Dent=, s. féminin: _une dent, de belles dents_.
-
-2. On dit très-bien d'un enfant, _qu'il fait ses dents, qu'il fait des
-dents_, pour signifier que les dents lui viennent. (Acad.)
-
-3. Ne dites pas: _j'ai les dents longues quand je mange du fruit
-vert_; dites, _j'ai les dents agacées, quand..._ ou bien, _ces fruits
-m'agacent les dents..._ Voyez _long_.
-
-4. Ne dites pas: _se laisser tirer une dent_; dites, _se faire arracher
-une dent_. (Fl.)--Prononcez _dan_ et non _dante_.
-
-=Dentelle=, disposition des dents, n'est pas français; dites _denture_.
-
-=Denture=, s. f., ordre dans lequel les dents sont rangées; ce mot est
-français: _ce jeune homme à une belle denture_.
-
-=Dépareiller, Déparier.=--_Dépareiller_, c'est ôter ou perdre une ou
-plusieurs choses pareilles; un ouvrage est _dépareillé_ par un seul
-volume égaré ou perdu, même quand on a remplacé ce volume, s'il n'est
-pas en tout semblable aux autres. _Déparier_, c'est ôter l'une des deux
-choses qui font la paire: _déparier des gants, des souliers; déparier
-des pigeons_, c'est séparer le mâle de la femelle. Il en est de même de
-_appareiller_ et _apparier_.
-
-=Déparler=, cesser de parler, ne s'emploie qu'avec la négative; on ne
-doit donc pas dire: _il déparle_, mais on dit, _il ne déparle pas_ (il
-ne cesse pas de parler.)
-
-=Dépêcher= (=se=), devant un infinitif, veut la préposition _de_:
-_dépêchez-vous de partir_ (et non _à partir_).
-
-2. Gardez-vous de dire: _dépêchez-vous vite_; dites simplement
-_dépêchez-vous_.
-
-=Dépendre=, doit être suivi de la préposition _de_ et non de _à_: _cela
-ne dépend que de vous_, et non, _cela ne dépend qu'à vous_. (Fland.)
-
-=Dépenses.=--Ne dites pas; _il a fait beaucoup de dépenses autour de
-sa maison_; dites, _à sa maison_.
-
-=Dépenseur=, n'est pas français; dites _dépensier_.
-
-=Dépersuader=, n'est pas français; dites _dissuader, déconseiller_.
-
-=Déplorable=, adj., se dit des choses: _un événement déplorable_;
-et quelquefois des personnes dans le style soutenu: _une famille
-déplorable_. (Acad.)
-
-=Dépositaire=, subst. des deux genres, celui ou celle à qui on confie
-un dépôt; _déposant_ est celui qui confie le dépôt. Prononcez _dépô_
-(_ô_ long) et non _dépo_ (_o_ bref). Voyez _légataire_.
-
-=De profundis=, s. m.; prononcez _de profondice_.
-
-=Depuis=, prép. et adv.--Ne dites pas: _il nous arriva hier plusieurs
-accidents, depuis que nous fûmes sortis_; dites, _après que nous..._
-
-2. Ne dites pas non plus: _depuis Liége jusqu'à Huy il y a six lieues_;
-dites, _de Liége à Huy_.... _Depuis_ indique un certain espace de temps
-et non la distance.
-
-3. Prononcez _depui_ (_ui_ diphthongue) et non _dépui_ ni _depoui_;
-prononcez de même, je _suis_, je _puis, lui, aujourd'hui, ensuite,
-puissant, puits, Huy_, etc. Voyez _ui_.
-
-=Déranger=, dans le sens de déranger la santé, indisposer, incommoder,
-est français, quoi qu'en disent certains grammairiens: _j'ai mangé hier
-un peu plus qu'à l'ordinaire, et cela m'a dérangé_. (Acad.)
-
-=Dernier, ière=; prononcez _der-nier_ et non _der-gnier_.
-
-2. _La dernière année de sa vie_, est l'année où il est mort; _l'année
-dernière_, est l'an qui vient de s'écouler. Voy. _ni_.
-
-=Derrière.=--Ne dites pas: _il me loue en ma présence, et, derrière
-moi_ ou _en arrière, il me déchire_; dites, _en mon absence, quand je
-suis absent, il me déchire_; ou bien, _par derrière il me déchire_.
-
-2. Ne dites pas: _il est caché par derrière la porte_; dites, _...
-derrière la porte_.
-
-3. Ne dites pas non plus: _il loge par derrière_; dites, _... sur le
-derrière_.
-
-=Des, Les, Mes, Tes, Ses.=--Prononcez _dè, lè, mè, tè, sè_, et non
-_dé, lé, mé, té, sé_.
-
-=Descendre=, v. a. ou n., se conjugue avec l'auxiliaire _avoir_ et avec
-l'auxiliaire _être_, selon que l'on considère l'action ou le résultat,
-ou selon que l'on peut répondre à l'une où à l'autre de ces questions:
-_qu'a-t-il fait?_--_où est-il? qu'est-il devenu_? _il a descendu_
-(_qu'a-t-il fait?_) _la montagne au galop_; _votre père est-il en
-haut? non, il est descendu_ (_où est-il?_); _j'ai descendu_ (_qu'ai-je
-fait?_) _l'escalier en moins d'une minute_; _il y a plus de dix minutes
-que je suis descendu_ (_où suis-je, que suis-je devenu?_).
-
-2. Ne dites pas, _descendre en bas, monter en haut_; dites simplement
-_descendre, monter_: il est clair en effet qu'on ne peut pas _descendre
-en haut_ ni _monter en bas_; voyez _haut_. Prononcez _dècen-dre_ et non
-_d'cendre_.
-
-=Désagrafer=, n'est pas français; dites _dégrafer_.
-
-=Déshonnête, Malhonnête=, adj.--Ces mots n'ont pas la même
-signification: _une action déshonnête_ est une action contraire à la
-pureté; _une action malhonnête_ est contraire à la civilité, à la bonne
-foi, à la droiture.
-
-=Désir=, s. m.: prononcez _désir_ et non _desir_ ni _d'sir_; il en est
-de même de _désirer, désireux_.
-
-=Désirer=, v. a.--_Désirer de faire_ ou _désirer faire_.--On doit
-le faire suivre de la préposition _de_, lorsqu'il exprime un désir
-dont l'accomplissement est incertain, difficile ou indépendant de la
-volonté: _désirer de réussir; il y a longtemps que je désirais de vous
-rencontrer; je désirerais bien d'en être débarrassé_. (Acad.)--Quand,
-au contraire, ce verbe exprime un désir dont l'accomplissement est
-certain ou facile et plus ou moins dépendant de la volonté, il
-s'emploie sans la préposition _de_: _je désire le voir; il désire vous
-parler_. (Acad.)
-
-2. Nous ferons remarquer que l'on emploie l'infinitif quand le verbe
-régi se rapporte au sujet du verbe _désirer_, et que l'on se sert de
-_que_ avec le subjonctif, quand il ne s'y rapporte pas: _je désire
-partir; je désire que vous partiez_. (LAVEAUX).
-
-3. Prononcez _désirer_ et non _desirer_ ni _dèsirer_: anciennement on
-écrivait néanmoins _desir, desirer, desireux, desirable_, et l'Académie
-dit que plusieurs écrivent et prononcent de la sorte, mais dans tous
-les exemples qu'elle donne elle écrit _désir, désirer, désireux,
-désirable_.
-
-=Désister.=--Ce verbe est essentiellement pronominal; on doit dire
-_se désister_ et non _désister de quelque chose_; _se désister d'un
-procès_. Ce serait une faute tout aussi grave d'employer ce verbe dans
-le sens de _cesser, discontinuer_.
-
-=Dès lors=: prononcez _dès lor_ et non _dès lorse_.
-
-=Dessein= et =Dessin=.--Écrivez sans _e_ devant l'_i_, quand il s'agit
-du travail d'un dessinateur: _dessin_, d'où vient le mot _dessiner_.
-
-=Dessert=, s. m. et non _desserf_, ce qu'on sert à la fin d'un repas:
-prononcez _dessère_.
-
-=Desserte=, s. f., ce qui reste d'un repas, ce qu'on a ôté de dessus
-la table.--Ce mot se dit aussi des fonctions attachées au service
-d'une cure, d'une chapelle: _le prêtre chargé de la desserte de cette
-chapelle_.
-
-=Dessous, Dedans=, sont des adverbes comme _dedans, dehors,
-auparavant_; d'où il suit qu'ils ne peuvent être suivis d'un
-complément; vous ne direz donc pas, _dessous la table; dessus le
-bureau_, mais, _sous la table, sur le bureau_.--Prononcez _deçu,
-deçou_ et non _déçu, déçou_ ni _dèçu, dèçou_.
-
-2. Cependant _dessus, dessous_ s'emploient comme prépositions: 1º
-lorsqu'ils sont liés par une des conjonctions _et, ni, ou_: _j'ai
-cherché inutilement dessus et dessous le lit_; (Acad.) 2º lorsqu'ils
-sont précédés d'une autre préposition: _ôtez cela de dessous moi_.
-
-3. _Dessous de tasse._--Cette expression n'est pas française; il faut
-dire _soucoupe_.
-
-=Dessus=, adv.--Ne dites pas: _la roue lui a passé dessus_; dites,
-_lui a passé sur le corps_, comme on dit, _le boulet lui a passé bien
-près de la tête; le coup lui a passé sous les bras, entre les jambes_.
-Voyez _sens_.
-
-=De suite= et =Tout de suite.=--Ne confondez pas ces deux
-expressions: _de suite_ signifie ce qui se fait l'un après l'autre
-sans interruption: _il ne saurait dire deux mots de suite_;--_tout
-de suite_, ce qui a lieu sans délai, sur-le-champ: _il faut que
-les enfants obéissent tout de suite_. Prononcez _de suite_ (_ui_
-diphthongue) et non _de souite_.
-
-2. Ne dites pas _toute de suite_ pour _tout de suite_.--Voyez _suite_.
-
-=Déteindre=, v. a., faire perdre la couleur à quelque chose: _le
-vinaigre déteint les étoffes; le soleil déteint toutes les couleurs_.
-Ce verbe est également pronominal: _cette étoffe se déteint_.
-
-2. Il s'emploie aussi neutralement pour _se déteindre_: _cette étoffe
-déteint beaucoup; ces cravates déteignent sur le linge_. (Acad.)
-
-=Détritus=, s. m., débris de formation naturelle: _détritus de
-végétaux_, prononcez _détrituce_.
-
-=Dettes.=--Ne dites pas: _je suis dans vos dettes_, ni _je suis sur
-vos dettes_; dites, _j'ai une dette à vous payer, je vous dois quelque
-chose, je suis votre débiteur_.
-
-=Deux=, adj.--Ne dites pas: _nous sommes à deux, nous étions à trois_:
-dites simplement, _nous sommes deux, nous étions trois_.
-
-2. Ne dites pas non plus: _ils étaient leurs trois; ils sont leurs
-deux_; dites, _ils étaient trois, ils sont deux_;--ce _leurs_ est un
-grossier wallonisme.
-
-3. Ne dites pas non plus: _deux et deux sont quatre_, mais, _font
-quatre_.
-
-4. _Tous deux_ et _tous les deux_.--L'Académie, d'accord avec les
-bons grammairiens et les auteurs les plus corrects, ne trouve aucune
-différence entre ces deux expressions, et en autorise indifféremment
-l'emploi: ainsi lorsqu'on veut exprimer l'idée de simultanéité, il vaut
-mieux employer le mot _ensemble_: _Pierre et Paul iront ensemble à la
-chasse_, que de recourir à cette locution _tous deux_. Prononcez _deû_
-et non _deuce_.
-
-=Deuxième, Second=: voyez _second_.
-
-=Devancer=, v. a.: prononcez _devancer_ et non _dévancer_ ni _dèvancer_.
-
-=Devant.=--Ne dites pas: _le jour de devant_, mais, _la veille_; ni
-_le jour d'après_, mais, _le lendemain_.
-
-2. _Devant_ indique généralement le lieu, la place; _avant_ indique
-plus spécialement le temps: _retirez-vous, ne vous placez pas devant
-moi; laissez-le courir, j'arriverai pourtant avant lui_.
-
-3. Ne dites pas: _faites vos devoirs devant d'aller jouer_, mais,
-_avant d'aller jouer_.
-
-=Devanture=, quoi qu'en disent quelques grammairiens, se dit de la face
-antérieure et de la façade d'une maison: _la devanture d'une maison_.
-(Acad.)
-
-=Devenir=, ne peut pas s'employer pour _venir_; ne dites donc pas: _je
-deviens de la ville_, mais, _je viens de la ville_: prononcez (_je_)
-_deviens_ et non _déviens_ ni _dèviens_.
-
-=Deviner=, v. a.: prononcez _deviner, devin_ et non _déviner, dévin_.
-
-=Devinette=, n'est pas français; dites _énigme, rébus_: _pourriez-vous
-deviner cette énigme, ce rébus_.
-
-=Devis=, s. m., propos, état d'architecture: prononcez _devi_.
-
-=Dévoiement=: prononcez _dévoament_ sans faire sentir l'_e_ ni un _y_,
-et non _dévoyement_.
-
-=Devoir=, s. m.--Ne dites pas, _rendre le dernier devoir à un mort_;
-dites, _les derniers devoirs_.
-
-2. _Devoir_, v.--Beaucoup de personnes disent: _j'ai dû rire_, sans
-vouloir indiquer par là qu'elles ont été forcées de rire; dites
-simplement: _j'ai ri, je n'ai pu m'empêcher de rire, c'était risible_.
-
-3. Les locutions wallonnes, _il ne devrait pas, il ne pourrait pas
-valoir_, se traduisent par, _il ne faudrait pas, il ne serait pas à
-désirer, il ne ferait pas beau voir_.
-
-4. Ne dites pas: _nous allons devoir partir_; dites, _nous partirons
-bientôt, nous allons partir; nous serons bientôt obligés de partir; il
-faudra que nous partions_.
-
-5. Ne dites pas, _nous de-ve-rions, vous de-ve-riez_, mais, _nous
-de-vrions, vous de-vriez_.
-
-=Dévouement, Dévouer=: prononcez _dévoûment, dévou-er, je me dévoû_, et
-non _dévou-wement, dévou-wer, je me dévou-we_.
-
-=Dey=, s. m., gouverneur de Tunis et ancien gouverneur d'Alger:
-prononcez _dè_ et non _deye_.
-
-=Di.=--Prononcez _di_ et non _gi, tgi_, en donnant à _di_ un son à peu
-près équivalent au _g_ wallon ou italien: _Dieu, diamant, diamètre,
-diable, vous demandiez, mendier, mendiant_, etc.--Voyez _ti_.
-
-=Dia=, cri des charretiers pour faire tourner les chevaux à
-gauche.--Voyez _hue_.
-
-=Diable=, s. m., démon: prononcez _diâble_, _iâ_ diphthongue longue
-et non _diable_, ni _diape_. Le féminin _diablesse_ est un terme
-d'injure qui se dit ordinairement d'une femme méchante et acariâtre; il
-s'emploie aussi dans le sens de, _bon diable, bonne diablesse; pauvre
-diable, pauvre diablesse; méchant diable, méchante diablesse; grand
-diable, grande diablesse_.
-
-2. Dites, _faire le diable à quatre_ et non, _en quatre_.
-
-=Diacre=, s. m., clerc promu au diaconat: prononcez _dia-cre_ (_i_
-bref) et non _diâcre_ ni _diaque_; il en est de même de _sous-diacre_.
-
-=Diagnostic=, s. m., connaissance des symptômes d'une maladie;
-prononcez _diagh'nostik_ (_g_ dur).
-
-=Dialecte=, s. m., idiome particulier dérivé de la langue nationale;
-prononcez _dialek-te_ et non _dialek_.
-
-=Dicace, Ducace=, ne sont pas français; dites _kermesse, fête_.
-
-=Dictamen=, s. m., sentiment de la conscience; prononcez _diktamène_.
-
-=Diction, Dictionnaire.= Prononcez _dikcion, dikcionère_ et non
-_dikchon, dikchonnère_; il en est de même de tous les mots terminés
-en _tion, tier, tié_: _accusation, formation, cabaretier, amitié_, et
-non _accusachon, formachon, cabarecher, amiché_ (_ch_ des wallons,
-équivalant à _tch_ ou au _c_ des italiens).
-
-=Dièse=, s. m., signe pour hausser la note d'un demi-ton; prononcez
-_diè-ze_ et non _diè-ce_.
-
-=Dieu=: prononcez _Dieu_ (en appuyant sur _di_) et non _Djieu_ ni
-_chieu_ (_ch_ wallon).--Voyez _di_.
-
-=Différer=, dans le sens de _disconvenir_, n'est pas français; dites
-donc, _je n'en disconviens pas; disconvenez-vous du fait?_ et non, _je
-n'en diffère pas; différez-vous du fait?_
-
-2. Dans le sens de, _remettre à un autre temps_, il régit la prép. _de_
-devant un infinitif: _ne différez pas de partir_.
-
-=Difficile.=--Ne dites pas: _j'ai difficile, j'ai facile d'apprendre
-par coeur; tu as bien facile, tu as bien difficile_; dites, _j'éprouve,
-tu éprouves, j'ai, tu as de la difficulté, de la facilité pour..._
-ou bien, _j'apprends difficilement, malaisément, avec peine, avec
-difficulté, facilement, aisément, avec facilité_; dites encore, (au
-lieu de _tu as bien facile, bien difficile_) _c'est bien facile, bien
-aisé, bien difficile, mal aisé_: cette locution, qui se rencontre
-fréquemment chez les wallons, est tout-à-fait vicieuse.
-
-2. Ne dites pas non plus: _il fait facile_, il _fait difficile de
-marcher_; dites, _on a de la peine, on éprouve de la difficulté à
-marcher; on marche avec peine, difficilement_; ou bien, _on marche
-facilement, aisément, sans peine; il est facile, difficile de_, etc.
-
-3. Ne dites pas non plus: _ces livres sont difficiles_ ou _faciles à se
-procurer_; dites, _il est difficile, facile de se procurer ces livres_.
-
-4. Quand _facile à, difficile à, aisé à, bon à_, sont suivis d'un
-infinitif, ce dernier a un sens passif: _ce livre est difficile à
-lire_, c'est-à-dire, _à être lu_; ainsi ces adjectifs, dans ce sens, ne
-peuvent régir un verbe pronominal.
-
-5. _Être difficile à vivre_, c'est-à-dire, être d'un caractère
-difficile, d'un commerce difficile, avec qui il est difficile de vivre,
-est une locution correcte, quoi qu'en disent certains grammairiens,
-plus orthodoxes que l'Académie.
-
-=Digestion=, s. f., coction dans l'estomac; prononcez _digess'thion_ et
-non _digécion, digession, dijection_.
-
-2. On dit, _ces aliments sont digestibles_, faciles à digérer, ou
-_indigestes_, difficiles à digérer. _Digeste_ et _digestif_ dans le
-sens de _digestible_ ne sont pas français.
-
-=Digne=, adj.--Dans une phrase affirmative, il se dit également
-du bien et du mal: _il est digne de récompense, il est digne de
-châtiment_; mais dans une phrase négative, il ne se dit que du bien:
-_il n'est pas digne de votre amitié_. On ne dira donc pas: _il n'est
-pas digne du supplice_; il faut se servir d'une autre tournure de
-phrase, par exemple: _il ne mérite pas le supplice_.--_Indigne_ ne
-se dit non plus que du bien: _il est indigne d'être puni_, serait une
-faute.
-
-2. Prononcez _digne_ (et non _dine_), _di-gnement, di-gnité, indi-gner,
-indi-gnement_, et non _dign'-nement, dign'-nité, indign'-ner,
-indign'-nement_. Voyez _gn_.
-
-=Diligence.=--On dit, _aller, être dans la_ ou _en diligence_, et non,
-_sur la diligence_, à moins qu'il ne soit question de l'impériale;
-prononcez _diligence_, et non _déligence_.
-
-=Diminuer.=--Ne dites pas, _les grains, les vins diminuent_, pour
-signifier qu'ils sont à la baisse; dites, _le prix des grains, des vins
-diminue, baisse_. Voyez _augmenter_.
-
-=Diminutif.=--Évitez d'ajouter le mot _petit_ à un diminutif: _une
-petite barquette, une petite statuette, un petit saumonet_; dites
-simplement, _une barquette, une statuette, un saumonet_, à moins
-que vous ne vouliez insister sur les petites dimensions de cette
-_statuette_, etc.; ainsi _une petite statuette_ est une statue
-doublement petite.
-
-=Dînatoire=, adj.--Ce mot ne figure pas dans l'Académie et n'est
-usité que dans l'expression suivante, _déjeuner dînatoire_, déjeuner
-qui tient lieu de dîner; on dit mieux dans ce sens, _déjeuner-dîner_.
-(Acad.)
-
-=Dîner= _de_ et _avec_: voyez _déjeuner_.
-
-2. _Dîner, dînée, dîné_ (_avant, après-dînée_, etc.): voyez _après_.
-
-=Diocèse=, s. m., pays administré par un évêque; prononcez _diocè-ze_,
-et non _diocè-ce_.
-
-=Diplôme=, s. m., charte, acte public; prononcez _diplôme_ (_ô_ long).
-
-=Dire=, v. a.--On rencontre trop souvent de ces impitoyables parleurs
-qui vous assomment à chaque phrase de leurs éternels _dis-je, dit-il,
-qui dit, qu'il dit_; c'est une faute qu'il faut éviter avec d'autant
-plus de soin, qu'elle n'est propre qu'à rendre ridicule celui qui en a
-contracté l'habitude.
-
-2. _Dire_ ne s'emploie pas dans le sens de _promettre_; il faut donc
-condamner les locutions flamandes: _je lui ai dit de venir, il m'a dit
-de venir_; remplacez-les par _je lui ai promis de venir; il m'a promis
-de venir_; ou bien, _je lui ai dit que je viendrai_, etc.
-
-3. Ne dites pas: _je me suis laissé à dire_; cette locution n'a pas
-le sens que les wallons y attachent; dites, _j'ai cédé; j'ai cédé aux
-instances_.
-
-4. _Dire_ et _redire_, font à la 2e p. pl. du prés. de l'ind., _vous
-dites, vous redites_; tous les autres composés font, _vous médisez,
-vous contredisez_, etc.
-
-=Direct, Indirect=: prononcez _direk-te, indirek-te_.
-
-=Directement=, adv.--Ne dites pas: _ce remède m'a guéri directement_;
-dites, _sur le-champ_.
-
-=Disciple=: voyez _élève_.
-
-=Discompte.=--Ce mot n'est pas français; c'est _escompte_ qu'il faut
-dire. On emploie aussi à tort le mot _discompte_ pour signifier le _bon
-poids_.
-
-=Disconvenir=, se conjugue toujours avec l'auxiliaire _être_: _il n'en
-est pas disconvenu_.
-
-=Discord=, adj., qui n'est point d'accord: _instrument discord_; il n'a
-pas de féminin.
-
-=Disert=, adj., qui parle bien et aisément; prononcez _dizère_.
-
-=Disparution.=--Ce mot n'est pas français; dites, _disparition,
-apparition_; mais il faut dire _comparution_.
-
-=Dispos=, adj., léger, agile; il ne se dit que des personnes: _un homme
-gaillard et dispos_; cet adjectif n'a pas de féminin.
-
-=Disposer=, v. a.--Ne dites pas: _j'ai disposé sur vous 1000 francs_;
-dites, _de 1000 francs_.
-
-=Disputer= (=se=), dans le sens de _se quereller_, s'emploie rarement; ne
-dites donc pas: _ces enfants se disputent sans cesse_; dites plutôt,
-_ces enfants se querellent sans cesse_, ou _disputent sans cesse_.
-
-2. Ne dites pas: _son père le dispute toujours_; dites, _le gronde, le
-querelle toujours_.
-
-=Distiller=, _distillerie, distillateur, distillation_: les _ll_ ne se
-mouillent pas et l'on n'en prononce qu'une.
-
-=Distinct, te=, adj.--Prononcez _distink'te_ et non _distinke_, ni
-_distin_.
-
-=District=, s. m., juridiction; prononcez _distrik_, sans faire sentir
-le _t_ final.
-
-=Dit.=--Lorsque ce participe est placé immédiatement après un article
-ou un adjectif possessif, il ne forme avec lui qu'un seul mot: _ledit
-lieu, ladite maison, mondit seigneur, sondit procès-verbal_.
-
-2. Ne dites pas: _franchement dit, il a raison_; dites, _à franchement
-parler, il a raison; franchement, il a raison_.
-
-=Divers=, adj., différent; au masculin, prononcez _divère_ et non
-_diverce_.
-
-=Divin=, adj., placé devant un mot qui commence par une voyelle ou une
-_h_ muette, se prononce comme le féminin _divine_: _divin auteur, divin
-oracle_.
-
-=Divis= et =Indivis= sont invariables: posséder _par divis, par
-indivis_; l'_s_ ne se prononce pas.
-
-=Dix.=--Prononcez _dice_ quand il est isolé; _dize_, devant une
-voyelle ou une _h_ muette; _di_, devant un mot commençant par une
-consonne ou une _h_ aspirée: _dix, dix héros, dix personnes, dix
-hommes_.
-
-=Dixième=, adj.--Prononcez _dizième, vingtième_ et non _dizièm-me,
-vingtièm-me_.
-
-=Docte=, adj., savant.--Prononcez _dok-te_ et non _dok_.
-
-=Docteur=, s. m., se dit quelquefois absolument pour _médecin_:
-_consultez votre docteur_. Ce sens est familier, et le mot _médecin_ ou
-_docteur en médecine_, selon le sens, est préférable. (Acad.)
-
-=Doge=, s. m., chef de la république de Venise; on dit _dogaresse_ pour
-la femme du _doge_; prononcez _doge_ et non _doche_.
-
-=Dogme=, s. m., vérité de foi; prononcez _dogh-me_ (_g_ dur) et non
-_dome_, ni _doghe_ ni _doh'me_.
-
-=Doigt=, s. m.--Prononcez _doa_; on ne fait pas sentir le _g_ non plus
-dans _doigter, doigtier_.
-
-2. Ne dites pas: _j'ai un mauvais doigt, un doigt blanc_; dites, _j'ai
-mal à un doigt, j'ai un panaris_.
-
-=Dompter, Dompteur, Domptable.=--Dans ces mots, le _p_ ne se prononce
-pas; dites _donter, donteur_, etc.; mais dans _indompté, indomptable_,
-on fait sentir le _p_, et l'_m_ se prononce comme _n_. (Acad.) Voyez
-_p_.
-
-=Don=, s. m.--Ne dites pas: _don par M. N._; dites, _don de M. N._, ou
-_donné par M. N._, et mieux, _offert par M. N._
-
-=Donc=, conj., par conséquent.--Le _c_ a le son de _k_, lorsque _donc_
-est au commencement ou à la fin d'une phrase, ou lorsqu'il est suivi
-d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette: _votre frère
-vous aime, donc_ (donke) _vous devez l'aimer; allons, venez donc; votre
-frère est donc_ (donke) _arrivé_. Hors ces trois cas, on ne fait pas
-sentir le _c_: _votre frère est donc_ (don) _sorti_.
-
-=Donner.=--Ne dites pas, _donnez-moi-z'en_, mais _donnez-m'en_.
-
-2. Ne dites pas: _donner le dernier_, pour _administrer
-l'extrême-onction_. (Fland.)
-
-3. Ne dites pas: _je me suis donné à connaître_, mais, _je me suis fait
-connaître_. (Wall.)
-
-4. Ne dites pas non plus: _cet homme m'a donné des sottises_, mais
-plutôt, _m'a dit des sottises_, et mieux, _m'a dit des injures_.
-
-5. Ne dites pas: _j'ai été le dernier au concours, mais je n'en donne
-rien_; dites, _ça m'est égal, ça m'est indifférent_. (Fland.)
-
-6. Ne dites pas: _donner des caresses_; dites, _faire des caresses_.
-
-7. Ne dites pas: _donner leçon de musique, d'allemand_, etc.; dites,
-_donner des leçons de musique..._
-
-8. Ne dites pas: _donner le bonjour, le bonsoir_; dites, _souhaiter le
-bonjour, le bonsoir_.
-
-=Dont=, pron. rel.--Ne dites pas: _la ville dont je viens_, mais, _la
-ville d'où je viens_: _dont_ exprime simplement la relation; _d'où_ se
-dit du lieu.
-
-2. Ne dites pas: _les livres que j'ai besoin_, mais, _les livres dont
-j'ai besoin_. Prononcez _don_ et non _donte_.
-
-=Dormir=, ne s'emploie pas pour _coucher_; ne dites pas: _j'ai dormi
-chez mon frère_, mais, _j'ai couché chez mon frère_; dites de même,
-_nous avons couché ensemble_, et non, _nous avons dormi ensemble_;
-mais vous direz bien: _je me suis couché sur l'herbe et j'y ai dormi_:
-_dormir_ signifie être dans le sommeil.
-
-=Dortoir, Abattoir, Lavoir.=--Ces mots s'écrivent sans _e_ final,
-tandis qu'il doit figurer dans _réfectoire, conservatoire, laboratoire,
-baignoire_.
-
-=Dos=, s. m., partie postérieure; prononcez _dô_.
-
-2. Ne dites pas: _lier les mains derrière le dos_, ce qui serait un
-contresens; dites, _lier les mains au dos_.
-
-=Dôse=, petite pustule qui vient sur la peau, est un mot wallon; dites,
-_pustule, bube, cloche, élevure, ampoule_:--_avoir des élevures sur la
-peau; la morsure du cousin produit une bube, une ampoule_.
-
-=Dot=, s. f., bien apporté en mariage: _une dot considérable_;
-prononcez _dote_.
-
-=Douairière=, s. f., veuve qui jouit d'un douaire; prononcez
-_douèrière_; quelques-uns prononcent _douarière_.
-
-=Douanier=, s. m., commis de la douane; prononcez _douanié_, et non
-_doua-gnié_. Voyez _ni_.
-
-=Double.=--_Faire double_, c'est-à-dire faire toutes les mains aux
-cartes; dites mieux, _faire capot, faire la vole_. Prononcez, _dou-ble_
-et non _doupe_ ni _doubèle_.
-
-=Douche=, est une effusion d'eau d'un lieu élevé sur une partie malade;
-n'employez pas ce mot pour _chaudron, grande chaudière, cuveau_.
-
-=Douter.=--Ne dites pas: _je doute si vous gagnerez votre procès_:
-dites, _je doute que vous gagniez votre procès_.
-
-=Douzaine.=--On dit _une douzaine, une huitaine, une dizaine, une
-vingtaine, une centaine_, mais on ne dit pas _une troisaine, une
-cinquaine, une sixaine, une septaine, une onzaine_, etc.
-
-=Douze heures.=--Dites _midi_ ou _minuit_, selon qu'il s'agit du jour
-ou de la nuit. Prononcez _dou-ze_ et non _dou-ce_.
-
-=Doxal=, n'est pas français; dites _jubé_.
-
-=Doyen=, s. m.: prononcez _doa-i-in_ et non _do-i-in_ ni _doa-in_.
-
-=Drachme=, s. f., monnaie, poids; prononcez _draghme_ (_g_ dur);
-quelques-uns l'écrivent ainsi.
-
-=Dragon=, s. m. tache qui vient sur la prunelle des hommes et des
-chevaux: _avoir un dragon dans l'oeil_; ce mot est français: voyez
-_taie_.
-
-2. _Dragon_, pour _cerf-volant_, n'est pas français.
-
-=Drap.=--Ne dites pas, _un drap de mains_; dites, _un essuie-mains_.--Ne
-dites pas non plus, _un drap d'enfant_; dites _une couche_.
-
-=Drève.=--Ce mot est flamand; dites, _une avenue, une allée d'arbres_:
-_l'avenue du château_.
-
-=Dringuelle=, mot flamand, qu'il faut rendre par une des expressions
-suivantes: _pourboire, épingle, pot-de-vin_.--Les _épingles_ (au
-plur.), se disent de la libéralité que l'on donne aux femmes: _voilà
-pour les épingles des filles; ce sont les épingles de madame_;--le
-_pourboire_ se donne aux hommes, domestiques, commissionnaires,
-cochers;--_le pot-de-vin_ est ce qui se donne par manière de présent
-au-delà du prix qui a été convenu pour un marché; _le pourboire_ se
-donne aux personnes d'un rang inférieur; _le pot-de-vin_ se donne à des
-personnes d'une position plus élevée.
-
-=Drogman=, s. m., interprète dans les pays orientaux; prononcez
-_drogh'man_ et non _drogh'mane_: (_g_ dur).
-
-=Droguer=, v. n., attendre, se morfondre: _il m'a fait droguer pendant
-deux heures_; ce terme est populaire; dites préférablement, _attendre,
-se morfondre, faire le pied de grue_;--_croquer le marmot_ est
-familier.
-
-=Droit.=--Ne dites pas: _cette femme marche droite à son but_; dites,
-_droit à son but_; _droit_ est ici adverbe, et dans ce cas, _marcher
-droit_ signifie _marcher en droite ligne, directement, par le plus
-court chemin_.
-
-Néanmoins, si vous voulez parler de la tenue, du maintien, vous direz,
-_cette femme marche droite_ (a une bonne tenue, ne se tient pas
-courbée).
-
-En d'autres mots, _droit_ est adverbe quand il modifie un verbe:
-_marchez droit devant vous, mesdames, et vous arriverez bientôt_; il
-est adjectif, quand il modifie un sujet ou un complément: _marchez
-droite, mademoiselle, et tenez votre bougie plus droite_.
-
-=Drôle.=--Bien des personnes se trompent dans l'emploi de ce mot:
-_drôle_, (adjectif) gaillard, plaisant, original: _cet homme est bien
-drôle; c'est un drôle d'homme, un drôle de corps; avoir une tournure
-drôle, une drôle de tournure; voilà qui est drôle; un conte fort
-drôle_. (Acad.)
-
-2. _Drôle_ s'emploie aussi comme substantif masculin, et se dit d'un
-homme, d'un enfant, lorsqu'on leur attribue quelque qualité dont il
-faut plus ou moins se défier, ou qu'on leur impute quelque chose dont
-on est contrarié, mécontent, etc.: _c'est un drôle bien rusé; c'est
-un petit drôle bien éveillé; je surpris le drôle au moment où...; ah!
-monsieur le drôle, vous osez..._ (Acad.)
-
-3. Il se dit dans un sens tout à fait injurieux, d'un polisson, d'un
-mauvais sujet, d'un homme qu'on méprise: _c'est un drôle, un petit
-drôle, qui se fait chasser de partout; vous êtes un drôle, un grand
-drôle_. Ce mot est toujours pris en mauvaise part comme _substantif_,
-et il est familier dans ces trois acceptions (Acad.)
-
-4. Prononcez _drôle_ (_ô_ long) et non _drole_ (_o_ bref).
-
-=Drôlement=, adv., d'une manière drôle; prononcez et écrivez
-_drôlement_ (_ô_ long) et non _drôledement_; prononcez également _o_
-long dans _drôlerie, drôlesse, drôlatique_.
-
-=Druide=, s. m., prêtre gaulois; prononcez _druide_ (_ui_ diphth.) et
-non _dru-wide_ ni _druite_.
-
-=Ducasse= ou =Ducace=, n'est pas français; dites, _fête, kermesse_ et
-voyez ce dernier mot.
-
-=Duègne=, s. f., gouvernante; prononcez _duègne_ (_gne_ mouillé) et non
-_duène, du-ègne, du-wègne_.
-
-=Dupe=, s. f.--Ce mot est toujours du féminin, quoiqu'on puisse
-l'appliquer à des noms du genre masculin: _cet homme a été la dupe de
-son bon coeur; cette femme a été la dupe de sa bonne foi_.
-
-=Dur, e=, adj.--_Cela me tombe dur_, pour _cela m'est dur, m'est
-pénible, me contrarie_, est un flandricisme.
-
-2. Ne dites pas: _il est si dur avec ses domestiques_; dites, _...
-envers ses domestiques_ ou _à l'égard de ses domestiques_.
-
-=Durant.=--Cette préposition se place quelquefois après le mot qu'elle
-régit: _il a six mille francs de pension sa vie durant_ (et non
-_durante_); _six ans durant_ (et non _durants_).
-
-2. _Durant que_, n'est pas français; dites _pendant que_ ou _tandis
-que_, selon le sens.
-
-=Dussai-je=, n'est pas français; écrivez et prononcez _dussé-je_,
-puisqu'on dit _que je dusse, que tu dusses_.
-
-=Duumvir=, s. m., magistrat romain; prononcez _duom'vir_; item
-_duumvirat_.
-
-
-
-
- E
-
-
-=E.=--L'_e_ muet doit conserver son son naturel dans la prononciation;
-c'est donc une faute grossière de le prononcer comme un _è_ ouvert;
-dites, _petit, peser, peler, lever, le livre, brevet, cerise,
-demander_, etc., et non _pètit, pèser, pèler, lèver, lè livre, brèvet,
-cèrise, dèmander_, etc.
-
-2. L'_é_ fermé, suivi d'un _e_ muet, se prononce très-long; il faut
-donc bien se garder d'intercaler dans la prononciation un _i_ ou un _y_
-entre l'_é_ et l'_e_: _fumée, aimée, blâmée, levée_, etc.; prononcez
-_fumé, aimé, blâmé, levé_ (_é_ très-long pour le distinguer d'un
-_é_ isolé ou du masculin, par exemple, _fumé, aimé_, etc.); mais ne
-prononcez pas: _fuméïe, aiméïe, blâméïe, levéïe_.
-
-3. _E_ pour _ai_, dans le verbe faire et ses composés; quoiqu'on écrive
-très-bien _je ferai, je ferais_, écrivez cependant, _faisant, nous
-faisons, je faisais, bienfaisant, bienfaisance_, et prononcez cet _ai_
-comme un _e_ muet.
-
-=Eau=, s. f.--_Avoir l'eau_, est une locution vicieuse; dites, _être
-hydropique, avoir une hydropisie_; prononcez _ô_ (_ô_ long en serrant
-les lèvres et non _o_, _o_ ouvert, en desserrant les lèvres.)
-
-=Ébène=, s.--Ce mot est féminin: _ébène grise_; prononcez _ébène_ et
-non _ébin-ne_.
-
-=Ébouler= (=s'=), =Écrouler= (=s'=).--La terre s'éboule; les murailles et
-les bâtiments s'écroulent; ne dites donc pas: _la terre s'écroula sous
-nos pieds_; dites, _s'éboula...._
-
-=Écaille.=--Ne dites pas: _les écailles d'un pot, d'un vase_ (brisé);
-dites, _les têts_.
-
-2. Ne dites pas: _des écailles de noix_; des _écailles d'oeufs, de
-pois, de fèves_: dites, _des écales de noix, d'oeufs_. Dites au
-contraire des _écailles_ et non des _écales_ de poissons.--_Brou_ est
-synonyme d'_écale_; _cale_ dans ce sens n'est pas français.
-
-=Écaler, Écosser, Écorcer, Écorcher, Écailler, Peler, Éplucher.=
---_Écaler_, signifie ôter l'_écale_ des noix, des oeufs: _il faut
-écaler ces noix, ces oeufs_.--_Écosser_ se dit particulièrement des
-pois, des fèves et de quelques autres graines: _elle écosse des fèves;
-vendre des pois écossés_.--_Écorcer_ veut dire ôter l'_écorce_ du
-bois: _on écorce le bois au printemps_ (le bois écorcé se nomme _bois
-pelard_.)--_Écorcher_, c'est ôter la peau d'un animal, le dépouiller:
-_écorcher un cheval; il s'est écorché la main_.--_Écailler_ se dit
-des poissons dont on ôte _les écailles_: _on n'a pas bien écaillé ce
-brochet_.--_Peler_, c'est ôter la peau d'un fruit: _peler une pomme,
-une poire; peler des pommes de terre_; la peau, que l'on a ôtée de
-dessus les choses qui se pèlent, se nomme _pelure_.--_Éplucher_, c'est
-nettoyer des herbes, des graines, etc., en ôter les ordures et ce qu'il
-y a de mauvais, de gâté: _éplucher des herbes, de la salade, éplucher
-du riz_. Il se dit aussi en parlant des étoffes, des laines, des soies,
-etc. et signifie en enlever ce qu'il peut y avoir de faux, de mauvais,
-de reprochable en quelque chose: _éplucher des draps, des laines, des
-soies_. (Acad.)--C'est donc une faute de dire, _éplucher des pommes de
-terre_, pour, _peler des pommes de terre_.
-
-=Écarter=, signifie rejeter les cartes dont on ne veut pas se servir,
-comme au jeu de piquet; _faire les cartes_ ou _donner les cartes_,
-exprime la distribution que l'un des joueurs fait des cartes après les
-avoir _battues_ (et mieux _mêlées_) et lorsqu'elles ont été _coupées_:
-ne confondez pas ces termes.
-
-=Échalasser=, mettre des échalas à une houblonnière, à une vigne; ne
-dites pas _échalader_.
-
-=Échange= et =Change=, sont masculins: _vous n'avez pas gagné au
-change; vous avez fait un échange avantageux_.--Prononcez _chan-je,
-échan-je_ et non _chan-che, échan-che_.
-
-=Échapper à, Échapper de.=--_Échapper à_ signifie se soustraire, se
-dérober à, être préservé de: _échapper à la fureur des ennemis, à la
-tempête, au danger, à la mort_.--_Échapper de_, signifie cesser d'être
-où l'on était, sortir de: _échapper des mains des ennemis, du naufrage,
-du feu, du danger_.
-
-2. _Échapper_ se conjugue avec _être_, lorsqu'il se dit d'une chose
-dite ou faite par imprudence, par indiscrétion, par mégarde, par
-négligence: _à peine cette parole me fut-elle échappée que je sentis
-mon imprudence; son secret lui est échappé_.--_Échapper_ se conjugue
-avec _avoir_, quand il se dit d'une chose qu'on a oublié de dire
-ou de faire ou qu'on n'a pas remarquée: _ce mot, cette date, son
-nom m'a échappé; cette observation lui a échappé; j'ai eu beau lire
-attentivement, cette faute m'a échappé_.
-
-3. _L'échapper belle_, c'est éviter heureusement un péril dont on était
-menacé: _tu l'as échappé belle_.
-
-=Écharde=, petit éclat de bois, une épine, un piquant de chardon qui
-entre dans la chair; ne le confondez pas avec _écharpe_, bande d'étoffe.
-
-=Échasse=, n'est guère usité qu'au pluriel; prononcez _échâce_ (_â_
-long). (Acad.)
-
-=Échauffourée=, s. f., action téméraire; écrivez et prononcez
-_échauffourée_ et non _échaffourée_.
-
-=Èche.= Les mots terminés en _èche_ sont marqués d'un accent
-circonflexe ou d'un accent grave: _calèche, flamèche, flèche, mèche,
-sèche, bêche, dépêche, pêche, prêche_, etc.
-
-=Échec=, s. m.--Faites sentir le _c_, excepté lorsqu'il s'agit du _jeu
-des échecs_: _tant d'échecs_ (_échek_) _ne découragent pas cet auteur_;
-_jouer aux échecs_ (_échè_).
-
-=Écheveau=, s. m., assemblage de fils de chanvre, de soie, de laine,
-repliés en plusieurs tours, afin qu'ils ne se mêlent point: prononcez
-_écheveau_, et non _échefeau_.--_Échet_, pour _écheveau_, n'est pas
-français. Voyez _cheval_.
-
-=Échevin.= s. m., magistrat municipal: prononcez _échevin_ et non
-_ej'vin_ ni _échefin_; prononcez de même _achever, cheville, cheval_,
-etc. Voyez _cheval_.
-
-=Écho=, s. m., son réfléchi: prononcez _ékô_ (_ô_ long) et non _éko_
-(_o_ bref).
-
-=Éclabousser=, faire jaillir la boue; ne dites pas _esclabousser_.
-
-=Éclair=, est masculin: _un éclair_ et non _une éclair_.
-
-=Éclairer.=--On dit maintenant: _éclairer une personne qui descend
-l'escalier; éclairez monsieur; vous l'éclairez mal_; autrefois dans le
-même sens, on disait _éclairer à_. (Acad.)
-
-=Écolier=: voyez _élève_.
-
-=Écorces, Écosses=, de pois, de fèves; ces mots ne sont pas français;
-dites _cosses_. Voyez _écaler_.
-
-=Écoute.=--Ne dites pas: _donner écoute aux médisances_; dites,
-_prêter l'oreille aux...; écouter les médisances_.
-
-=Écran, Paravent.=--On se sert de _l'écran_ pour garantir de la
-chaleur du feu; _le paravent_, garantit contre le vent ou l'air
-extéreur. Voyez _brise-feu_.
-
-=Écraser=, v. a., aplatir et briser; prononcez _écrâser_ (_â_ long).
-
-=Écrémer=, v. a.: voyez _crémer_.
-
-=Écreper, Écrepure.=--Ces mots, fort en usage dans le Hainaut, pour
-signifier _ratisser, ratissure_, ne sont pas français.
-
-=Écrevisse.=--Écrivez et prononcez _écrevisse_, et non _écrévisse,
-écrèvisse, égrevisse_.
-
-=Écritoire, Encrier.=--_L'écritoire_ est un petit meuble qui contient
-ou renferme les choses nécessaires pour écrire, encre, papier, plume,
-canif, etc.; ce mot est féminin: _écritoire bien garnie; une écritoire
-de bureau_.--Il ne faut pas confondre _l'écritoire_ avec _l'encrier_,
-qui est un petit vase de verre, de porcelaine, de plomb, etc., dans
-lequel on met uniquement l'encre: _encrier de verre, de plomb_.
-
-=Écrivain.=--La signification la plus ordinaire, est celle d'auteur
-de quelque ouvrage de littérature, et dans ce sens il est toujours
-masculin, même lorsqu'il se dit d'une femme: _cette femme est un
-écrivain de mérite_. _Écrivain_ se dit plus rarement dans le sens
-_d'employé_, de _commis_, d'_expéditionnaire_, qui tient les écritures.
-
-=Écrou=, s. m., trou dans lequel entre la vis; ne dites pas _égrou_.
-
-=Écrouelles=, s. f., humeurs froides; ne dites pas _égrouelles_.
-
-=Écrouler= (=s'=): voyez _ébouler_.
-
-=Écuelle=, s. f., pièce de vaisselle, d'argent, d'étain, de bois, de
-terre, etc., qui sert le plus communément à mettre du bouillon, du
-potage; prononcez _ékwelle_ (_uel_ font une seule syllabe) et non
-_écu-elle_; prononcez de même _écuellée_, (plein une écuelle).
-
-=Écumoire=, s. f., ustensile qui sert à écumer le bouillon, etc.;
-_écumette_ n'est pas français.
-
-=Éden=, s. m., paradis terrestre; prononcez _édène_.
-
-=Éduquer=, est un mot populaire; dites donc: _cet enfant est bien
-élevé_ et non _bien éduqué_.
-
-=Effendi=, s. m., titre des fonctionnaires turcs; prononcez _éfindi_.
-Quelques-uns écrivent _éfendi_. (Acad.)
-
-=Effets=, s. m. pl.--Ne dites pas: _vous allez à la promenade,
-ayez soin de vos effets_; dites, ayez _soin de vos habits, de vos
-vêtements_. Les _effets_ sont les objets, les meubles à l'usage d'une
-personne: _emporter ses effets_; il ne se dit pas des vêtements en
-particulier.
-
-=Effort=, s. m.--Ne dites pas: _il s'est fait un effort dans les
-reins_; dites, _il s'est donné un tour de reins_.
-
-=Égal, e=, adj.--Ne dites pas: _cela est égal pour moi; cela m'est
-tout égal_; dites, _cela m'est égal, parfaitement égal; cela m'importe
-peu_.
-
-2. Ne dites pas: _voulez-vous jouer avec moi?--Cela m'est égal_;
-dites, _volontiers, comme vous voudrez_.
-
-=Égaler, Égaliser.=--_Égaler_ se dit des personnes et des choses: _la
-mort égale tous les hommes, tous les rangs_.--_Égaliser_ ne se dit que
-des choses: _égaliser les lots d'un partage, un terrain_. (Acad.)
-
-2. Lorsqu'on dit: _cinq multiplié par quatre égale vingt_, le mot
-_égale_ est la 3e personne du présent de l'indicatif du verbe _égaler_
-et non un _adjectif_; en conséquence, il faut écrire _égale_ et non
-_égal_.
-
-=Ége.=--Tous les mots terminés en _ége_ portent un accent aigu et
-non un accent grave, sur l'_e_ qui précède le _g_: _barége, collége,
-cortége, Liége, manége, piége, siége, abrége, assiége, protége_,
-etc.--Cependant il est généralement d'usage de prononcer ces sortes
-d'_é_ comme s'ils étaient marqués d'un accent grave: _barège, collège,
-cortège, Liège, manège_, etc.; et cet usage est fondé sur cette
-grande loi de la prononciation qui veut qu'une syllabe muette soit
-précédée d'une syllabe grave. Malgré notre respect pour l'autorité de
-l'Académie, nous regrettons vivement qu'elle n'ait pas adopté cette
-dernière orthographe, comme elle l'a fait pour les finales en _èche_
-et en _êche_; nous sommes convaincu qu'elle devra un jour se déjuger,
-parce que l'usage est plus fort que les règles faites d'autorité.
-
-=Éger.=--Les verbes en _éger_ conservent l'accent aigu dans tous les
-temps et dans toutes les personnes.
-
-=Égnime, Égnimatique=: écrivez et prononcez _énigh-me, énigh-matique_
-(_g_ dur).
-
-=Égoïste.=--Prononcez _égoïs-te_, et non _égoïce_; prononcez de même
-_catéchis-te, sophis-te, pos-te, Égyp-te, pis-te, cul-te, cuis-tre,
-fich-tre, mons-tre, ellip-se, éclip-se_, etc.--Voyez _st_ et _finales_.
-
-=Égratigner.=--Dites, _le chat a égratigné cet enfant_, et non, _a
-gratté_; dites également, _égratignure_ et non _gratte_.
-
-=Éhonté=,--On dit aussi _déhonté_. (Acad.) Voyez ce dernier mot.
-
-=Élaguer, Émonder.=--_Élaguer_ un arbre, en retrancher les branches
-superflues et nuisibles, soit à son développement, soit à la nourriture
-des branches fécondes.--_Émonder_ un arbre, le rendre propre et
-agréable à la vue, par la soustraction de tout ce qui le gâte et le
-défigure.
-
-=Élancer, Élancement=: voyez _lancer, lancement_.
-
-=Élève, Disciple, Écolier, Étudiant.=--Un _élève_ reçoit les leçons de
-la bouche même du maître; il se dit aussi cependant des enfants et des
-jeunes gens qui fréquentent une école, un collége ou qui y vivent en
-pension.--Le _disciple_ suit les doctrines d'un savant mort ou vivant:
-_les disciples de Socrate, les disciples de N. S. J.-C., les disciples
-de St.-Simon_.--_L'écolier_ étudie dans une école, un collége ou une
-pension: _il y a des écoliers qui sont mauvais élèves, et qui ne sont
-jamais disciples des grands écrivains_.--_L'étudiant_ suit les cours
-d'une université ou d'une école publique: _un étudiant en droit, en
-médecine_.
-
-=Élever, Lever.=--On _lève_, en dressant ce qui est couché, en
-haussant; dites donc, _levez les mains, les yeux au ciel_ et non
-_élevez..._ On _élève_, en plaçant dans un lieu ou dans un rang plus
-éminent: _élever sa pensée vers le ciel_.
-
-=Élixir=, liqueur spiritueuse, est masculin: _excellent élixir_; ne
-dites pas _élexir_.
-
-=Elles=, pluriel de _elle_: _elles sont bavardes_; prononcez _elles_ et
-non _elses_.
-
-2. Ne dites pas, _elle l'est si bonne_, mais _elle est si bonne_.
-
-=Embarbouiller=, n'est pas français; dites _barbouiller_.
-
-=Embarlificoter, Emberlificoter=, sont des expressions absurdes.
-
-=Embarras.=--Ne dites pas: _cet homme fait bien son embarras_ ou _de
-ses embarras_ ou _ses embarras_; pour signifier qu'il se donne de
-grands airs, qu'il fait l'important; il faut dire: _cet homme fait de
-l'embarras_, ou _fait l'important_.
-
-2. Ne dites pas avec les wallons: _ce n'est pas l'embarras, mais je
-voudrais bien le voir_; dites, _malgré cela, quoi qu'il en soit, je
-voudrais..._ Prononcez _ambarâ_ (_â_ long).
-
-=Emberlucoquer= (=s'=), v. a. et pron., se coiffer d'une opinion, s'en
-préoccuper tellement qu'on en juge aussi mal que si on avait la berlue;
-ne dites pas _emberticoquer_.
-
-=Embêter.=--Ce mot est bas et populaire; on peut le rendre par
-_ennuyer, fatiguer, tuer, impatienter, scier, scier le dos_: _cela
-m'ennuie; vous m'impatientez par vos discours; il me scie; cette
-affaire me scie le dos_.
-
-=Emblaver.=--Ne dites pas: _vous emblavez toute la table_; dites,
-_vous embarrassez..._
-
-=Emblève=, rivière: voyez _Amblève_.
-
-=Embonpoint=, s. m.--Ce mot est un de ceux où, par exception, _n_ se
-trouve devant _p_.
-
-=Embouchoir=, s. m., terme de bottier; c'est un instrument de bois
-en forme de jambe dont on se sert pour élargir les bottes, ou pour
-empêcher qu'elles ne se retrécissent; on dit plus communément
-_embauchoir_. (Acad.)
-
-=Embouler.=--_Un écheveau de fil emboulé_, barbar.; dites, _mêlé_;
-_embouler_ n'est pas français.
-
-=Embrasement=, s. m., grand incendie; prononcez _embrazement_; un
-_embrassement_ est l'action d'embrasser et se prononce _embracement_.
-
-=Embrouillamini=, s. m., désordre, confusion; ce mot n'est pas
-français; dites _brouillamini_.
-
-=Embûches=, s. f. pl.: voyez _tendre_.
-
-=Éminent, Imminent=, _péril éminent, péril imminent_.--_Éminent_ donne
-l'idée d'un mal, d'un péril qu'on peut regarder comme très-grand, mais
-dont on a le temps d'examiner la grandeur; et _imminent_ donne l'idée
-d'un mal, d'un péril qu'on peut regarder comme présent et où le hasard
-nous engage; l'un s'envisage avec crainte; l'autre, avec effroi. On
-dira d'un malheureux qui doit expier son crime sur l'échafaud, qu'il
-est dans un péril _éminent_; mais d'un criminel qu'on mène au supplice
-ou d'un homme surpris par les voleurs, on dira qu'il est dans un péril
-_imminent_.
-
-=Emmalgame, Emmouracher, Ennuiter=: écrivez et prononcez _amalgame,
-amouracher, anuiter_.
-
-=Emmancher=, mettre un manche; ne dites pas _amancher_.
-
-=Emment= (_terminaisons en_); se prononcent _a-ment_ et non _an-ment_:
-_prudemment, ardemment_.
-
-=Emmurailler, Murailler=, entourer de murs, ne sont pas français; dites
-_murer_ ou _entourer, fermer de murs_.
-
-=Émoluments=, s. m. pl.: voyez _gage_.
-
-=Émoucher= _la chandelle_.--Dites _moucher la chandelle_; _émoucher_
-veut dire chasser les mouches.
-
-=Émouchettes, Épinces.=--On ne dit ni l'un ni l'autre dans le sens de
-_pinces, mouchettes_ (ce dernier ne s'emploie qu'au pluriel).
-
-=Émoudre=, v. a., aiguiser sur une meule: _émoudre des couteaux,
-des ciseaux_; les verbes _émouler, remouler_ ne sont pas
-français.--Cependant on dit également bien _émouleur_ et _rémouleur_,
-pour désigner celui qui fait profession d'émoudre, de rémoudre,
-d'aiguiser les couteaux, les ciseaux. (Acad.)
-
-=Empêche=, n'est pas français; dites _empêchement_.
-
-=Empêché, Occupé.=--Il ne faut point confondre ces deux mots:
-_empêché_ se dit d'une personne qui a de l'embarras, un empêchement;
-_occupé_ se dit d'une personne qui a de l'occupation, qui travaille à
-quelque chose; ne dites donc pas: _j'ai été ce matin voir mon ami, il
-était empêché à rendre ses comptes; la servante est empêchée à faire
-le dîner_; il faut dire, _il était occupé à rendre ses comptes; la
-servante est occupée à faire le dîner_. Mais l'on dira bien: _s'il me
-vient une visite, dites que je suis empêché_, c'est-à-dire, _que j'ai
-de l'empêchement_.
-
-=Empêcher.=--Ne dites pas: _Victor voulait se battre, je l'ai
-empêché_; dites, _je l'en ai empêché_.
-
-2. Ne dites pas non plus: _je lui empêcherai bien de sortir_; dites,
-_je l'empêcherai bien de sortir_.
-
-3. _Empêcher quelque chose à quelqu'un_, est une locution vicieuse; il
-faut dire, _empêcher quelqu'un de faire quelque chose_.
-
-=Empereur=, s. m.: prononcez _emp'reur_, et non _empèreur_ ni
-_empéreur_.
-
-=Emplâtre=, est masculin: _appliquer un emplâtre; quel emplâtre que cet
-homme-là!_ prononcez _emplâ-tre_ et non _emplâ-te_, ni _emplâ-tère_.
-
-=Emplette=, est féminin et ne se dit que d'un achat de petits meubles
-ou de certaines marchandises vendues en détail: on fait emplette d'une
-boîte, d'un couteau et non d'une maison, de cent kilogrammes de café.
-
-=Employé.=--Ne dites pas: _le voilà ruiné, c'est bien employé_; dites,
-_il le mérite bien; il a ce qu'il mérite; c'est bien fait; il paie sa
-faute_.
-
-=Empocheter=, mettre en poche; dites _empocher_: _à mesure qu'il gagne
-de l'argent au jeu, il l'empoche_.
-
-=Empois=, colle d'amidon, est masculin: _de l'empois épais_.
-
-=Emporter=, v. a.--Ne dites pas: _cet élève a emporté tous les prix de
-sa classe_; dites, _a remporté..._
-
-=Empresser= (=s'=), prend la prép. _à_ devant un infinitif, lorsqu'il
-signifie, agir avec une ardeur inquiète, se donner du mouvement
-pour réussir: _celui qui paraît le plus empressé à nous plaire, est
-plus occupé de lui que de nous_. Il prend _de_, lorsqu'il veut dire
-simplement _se hâter_: _s'empresser de parler; je m'empresserai de
-l'avertir_.
-
-=Emprunter.=--Il prend _à_ et _de_ devant le nom de la personne qui
-prête, lorsqu'il signifie, demander et recevoir en prêt: _emprunter
-de l'argent à quelqu'un_ ou _de quelqu'un; emprunter une pensée à
-un auteur ou d'un auteur; emprunter un mot au latin_ ou _du latin_.
-Cependant, dans le sens de _tirer, recevoir, devoir à_, il prend
-toujours _de_: _ce raisonnement emprunte_ (tire) _de la circonstance
-présente une nouvelle force; la lune emprunte_ (reçoit) _sa lumière du
-soleil_. Voyez _prêter_.
-
-=En.=--Ne dites pas: _en Féronstrée, en Vinave-d'Ile_, mais, _dans la
-rue Féronstrée, dans la rue Vinave-d'Ile_.
-
-2. Ne dites pas: _je n'en ai qu'un de canif_; dites, _je n'ai qu'un
-canif_; _en_ est de trop.
-
-3. Ne dites pas: _avoir part en l'amitié de quelqu'un_, mais, _à
-l'amitié de quelqu'un_.
-
-4. Ne dites pas: _une robe garnie en argent, en or, en dentelle_, mais,
-_une robe garnie d'argent, d'or, de dentelle_. On dit au contraire,
-_une montre en or, une chaîne en argent, une fourchette en argent_ et
-non _une montre d'or, une chaîne, une fourchette d'argent_.
-
-5. On dit _en l'honneur_ et non _à l'honneur_: _on fait à la paroisse
-une neuvaine en l'honneur de St Roch; j'ai donné un dîner en l'honneur
-de Pierre_.
-
-6. Ne dites pas: _je n'irai pas à Verviers en semaine_; dites, _dans la
-semaine_. (Fland.)
-
-7. Ne dites pas: _les oignons sont bons en salade_; dites, _dans la
-salade_, à moins que vous ne vouliez indiquer une salade faite aux
-oignons.
-
-8. Ne dites pas: _fait en l'hôtel de ville_; dites, _fait à l'hôtel
-de ville_ ou _dans l'hôtel de ville_. On dit cependant bien, _fait en
-séance_ ou _en la séance de..._
-
-9. Ne dites pas: _je l'ai rencontré en bourse, en foire_; dites, _à la
-bourse, à la foire_. (Fland.)
-
-10. Ne dites pas: _cet enfant est toujours en rue_; dites, _dans la
-rue_.
-
-11. Ne dites pas: _il a toujours la pipe en bouche, une canne en main_;
-dites, _à la bouche, à la main_.
-
-12. Ne dites pas: _il s'ensuit de là, j'en conclus de là_; dites, _il
-s'ensuit, j'en conclus_ ou bien, _il suit de là, je conclus de là_.
-
-13. Ne dites pas: _je m'en vais voir_; dites, _je vais voir_; _en_ est
-de trop. Ne dites pas non plus: _je me suis en allé_; dites, _je m'en
-suis allé_.
-
-14. Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut remplacer _son, sa,
-ses, leur, leurs_ par l'article _le, la, les_ et le pronon _en_ lorsque
-l'objet possesseur et l'objet possédé se trouvent dans des propositions
-différentes; d'après eux, il faudrait dire: _j'ai parcouru la ville de
-Liége, les rues en sont belles_; et ce serait une faute de dire: _j'ai
-parcouru..., ses rues sont belles_.--M. l'abbé Péters (_Grammaire_, nº
-325) a fait bonne justice de cette prétendue règle, et a démontré, par
-des exemples tirés des meilleurs auteurs, que l'on peut, dans ce cas,
-faire usage de l'adjectif possessif.
-
-15. _En agir_: voyez _agir_.
-
-=Encatharré=, n'est pas français; dites _enrhumé_.
-
-=Encensoir=, est masculin: _un encensoir d'argent_.
-
-=Enchifrené=, enrhumé du cerveau; _enchifrènement_, rhume de cerveau;
-ne dites pas, _enchiferné, enchifernement_.
-
-=Enclos=, s. m., enceinte, espace clos: prononcez _anclô_ (_ô_ long.)
-
-=Encoignure=, s. f., angle de deux murs; on prononce et plusieurs
-écrivent _encognure_ (Acad.): _on a placé une armoire dans cette
-encoignure_.
-
-=Encombre=, embarras, est masculin; prononcez _encom-bre_ et non
-_encom-pe_ ni _encombère_.
-
-=Encore pas=, est un barbarisme; dites _pas encore_: _avez-vous
-déjeuné? pas encore_ (et non _encore pas_).
-
-2. Ne dites pas: _cela m'est encore arrivé; je l'ai encore vu_; dites,
-_cela m'est déjà arrivé, je l'ai déjà vu_: _encore_ n'a pas le sens de
-_déjà_.
-
-3. Ne dites pas: _cette personne est encore aimable_; dites, _cette
-personne est assez aimable_.
-
-4. Ne dites pas: _il est encore toujours au lit_; dites, _il est encore
-au lit_.
-
-5. Ne dites pas: _j'entendis hier quelqu'un, et encore un homme
-d'esprit, qui soutenait cette erreur_; dites, _et même un homme
-d'esprit_.
-
-=Encourir.=--Ne dites pas: _je m'encours à l'école; je m'encours pour
-ne pas être aperçu_; dites, _je cours à l'école; je m'enfuis pour ne
-pas être aperçu_.
-
-=En débit=, n'est pas français; dites _en détail_: _ce marchand vend en
-gros et en détail_.
-
-=Endêver=, avoir grand dépit de quelque chose: _il endêve de cela;
-faire endêver quelqu'un_: il est familier.
-
-=Endormir=, est français dans le sens d'_engourdir_: _cette attitude
-forcée m'a endormi la jambe; avoir un bras endormi_.
-
-=Endroit=, signifie le beau côté d'une étoffe, celui qui est opposé à
-_l'envers_: _voilà l'endroit de ce drap; quel est l'endroit?_
-
-2. _A l'endroit de quelqu'un_, ne signifie pas, _vis-à-vis de
-quelqu'un_, mais, _à son égard, envers lui_: cette manière de parler à
-vieilli. (Acad.)
-
-=En exprès, A l'exprès, Par exprès=: voyez _exprès_.
-
-=Enfant=, est masculin: _cette fille est un enfant gâté; cette mère a
-perdu tous ses enfants_ (toutes filles); il est quelquefois féminin au
-singulier en parlant d'une très-jeune fille: _c'est une belle enfant;
-la pauvre enfant_. (Acad.) Il est encore féminin: 1º lorsque, employé
-comme terme d'amitié, il se dit d'une fille ou d'une femme: _ma chère
-enfant, ne craignez rien_; 2º dans cette phrase: _c'est une bonne
-enfant_, c'est-à-dire, une personne, fille ou femme, d'un caractère
-doux et facile. (M. l'abbé PÉTERS).
-
-2. Ne dites pas: _j'ai levé cet enfant_, mais, _je suis parrain,
-marraine de cet enfant_, ou, _je l'ai tenu sur les fonts baptismaux_.
-
-=Enfantise=, n'est pas français; dites _enfantillage_.
-
-=Enfiler=, dans le sens de _tromper, enjôler_, est tout-à-fait
-populaire.
-
-=Enfin.=--Évitez de multiplier cette expression dans une narration; ne
-l'employez pas non plus quand vous êtes gêné pour vous rappeler ou dire
-quelque chose: _enfin.... enfin..._: dans ces sortes de cas, _enfin_
-n'a pas de sens.
-
-=Enflammation, Enflammable=, ne sont pas français; il faut dire
-_inflammation, inflammable_.
-
-=Enforcir=, v. a., rendre plus fort: _la bonne nourriture a enforci ce
-cheval; enforcir un mur_. Il ne se dit guère en parlant des personnes.
-
-2. Il s'emploie aussi avec le pronom et signifie, devenir plus fort:
-_il s'enforcira; ce vin s'enforcit à la gelée_.--Il s'emploie comme
-neutre dans le même sens: _ce cheval enforcit tous les jours_. (Acad.)
-
-=Enfuir= (=s'=): prononcez _enfu-ir_ et non _enfou-ir_; _enfouir_, c'est
-cacher sous terre. Voyez _ui_.
-
-=Engager, S'engager=, devant un infinitif, demandent la préposition
-_à_: _je l'ai engagé à dîner; il s'est engagé à venir nous voir_.
-
-=Engeler=, n'est pas français; dites _geler_: _je suis gelé de froid;
-le vin gèle; la Meuse est gelée_. Prononcez _geler_ et non _gèler_.
-
-=Engelure=, s. f., est français: _avoir des engelures aux pieds, aux
-mains; ses engelures lui démangent beaucoup_.
-
-=Engouer=, embarrasser le gosier: prononcez _engou-er_, et non
-_engou-wer_.--_Engouement_, état engoué, passion: prononcez,
-_engoûment_, (_oû_ long) et non _engou-wement_.
-
-=Engrais=, s. m.--Dites, _mettre des boeufs, des moutons à l'engrais_
-et non, _en graisse_ ni _sur graisse_.
-
-=Engraisser, Graisser.=--Ces verbes correspondent respectivement aux
-substantifs _engrais_ et _graisse_; on doit donc dire: _engraisser
-une terre, un animal; cette personne a beaucoup engraissé depuis un
-an_;--et en se servant du verbe _graisser_: _graisser des bottes, des
-souliers; graisser les roues d'une voiture; graisser son linge, ses
-habits_.
-
-=Engrener=, _engrenage, engrenure_; prononcez _engrener, engrenage,
-engrenure_, et non _engrèner, engrènage, engrènure_.
-
-=Engueuler=, n'est pas français; on peut le rendre par _huer, accabler,
-poursuivre de huées, d'injures_: _il se fit huer de tout le monde; la
-canaille le poursuivit de ses huées_.
-
-=Énigme=, est féminin: prononcez _énigh-me_ (_g_ dur) et non _énime,
-enih'me, énihe, énik_.
-
-=En imposer=: voyez _imposer_.
-
-=Enivrer=, _enivrant, enivrement_: prononcez _an-nivrer, an-nivrant,
-an-nivrement_, et non _énivrer, énivrant, énivrement_.
-
-=Enjeu=, ce qu'on met au jeu pour commencer à jouer; ne dites pas
-_mettre au pot_; dites, _faire l'enjeu_.
-
-=Enjoué=, _enjouement_: prononcez _enjou-é, enjoû-ment_ (_oû_ long) et
-non _enjou-wé, enjou-wement_.
-
-=Ennemi=: prononcez _ènemi_, et non _ain-nemi_.
-
-=Ennoblir=, v. a.: voyez _anoblir_.
-
-=Ennui=, _ennuyer, ennuyant, ennuyeux_: prononcez _an-nui_ (_ui_
-diphthongue et non _oui_); _an-nuyer, an-nuyant, en-nuyeux_.
-
-=Ennuyant, Ennuyeux.=--_Ennuyant_, qui chagrine, qui importune ou qui
-contrarie actuellement, dans le moment même: _quelle soirée ennuyante;
-quel temps ennuyant!_
-
-2. _Ennuyeux, euse_, signifie, qui a la qualité d'ennuyer, qui est
-propre à ennuyer, qui ennuie habituellement: _temps ennuyeux, livre
-ennuyeux; cet homme est bien ennuyeux_.
-
-=Enorgueillir=, rendre, devenir orgueilleux; prononcez
-_an-norgheuillir_ et non _énorgheuillir_, ni _énorgheillir_.
-
-=Enregistrer, Enregistrement=: prononcez _enregis'tré, enregis'treman_
-et non _enrégis'tré, enrégistrement_.
-
-=Enrouer, Enrouement=: prononcez _enrou-er, enroûment_, (_oû_ long) et
-non _enrou-wer, enrou-wement_. Voyez _rauque_.
-
-=Enrouiller=, est français; mais ou dit plus ordinairement _rouiller_
-(_ll_ mouillées). (Acad.): _l'humidité enrouille_ et mieux, _rouille le
-fer_.
-
-=Enseigne=, est masculin, lorsqu'il désigne un grade: _un enseigne de
-vaisseau_; il est féminin, quand il désigne l'emblème d'un commerçant:
-_une belle enseigne_.
-
-=Enseigner.=--Ne dites pas: _cet enfant a été bien enseigné_; dites,
-_bien instruit_; prononcez _ensei-gner, ensei-gnant, ensei-gnement_, et
-non _enseign'ner, enseign'nant, enseign'nement_.--Voyez _gn_.
-
-2. _Enseigner_, dans le sens d'indiquer, faire connaître quelque chose
-que ce soit, est français: _enseignez-moi sa maison, enseignez-nous le
-chemin_.
-
-=Enserrer=, dans le sens de _enfermer, enclore_, est vieux; ne dites
-pas: _j'ai enserré le chien_; dites, _... enfermé_. (Acad.) Mais on dit
-bien, _enserrer des fleurs_, c'est-à-dire, les mettre en serre.
-
-=Ensevelir=: prononcez _encev'lir_ et non _encèv'lir_ ni _ensèvélir_.
-
-=En sorte.=--Ne dites pas: _il a fait si bien en sorte qu'on lui a
-pardonné_; dites, _il a fait si bien qu'on lui a pardonné_.
-
-=Ensuite=, suivi de la prép. _de_, ne s'emploie guère que dans ces deux
-phrases: _ensuite de cela, ensuite de quoi_ (Acad.), et dans ce cas il
-est préposition.
-
-=Ensuivre= (=s'=), v. essent. pron.--Il ne se dit qu'à la 3e
-pers. tant du sing. que du pluriel, et s'emploie le plus souvent
-impersonnellement: _il s'ensuit que vous aviez tort_. L'Académie ne
-donne qu'un seul exemple de ce verbe à un temps composé et c'est une
-phrase de barreau: _le tribunal cassa la procédure et tout ce qui
-s'était ensuivi_. Dans le langage ordinaire, on met généralement le
-verbe _être_ entre la préposition _en_ et le participe _suivi_: _il
-s'en est suivi de grands maux; et tout ce qui s'en est suivi_.
-
-2. _Il s'ensuit_ veut l'indicatif après lui; _il ne s'ensuit pas_, veut
-le subjonctif.
-
-3. _Il s'ensuit de cela_, est un pléonasme vicieux; dites, _il
-s'ensuit_ ou bien _il suit de cela_.
-
-=Entendre.=--_Entendre la raillerie_, c'est avoir le talent de railler:
-_peu de personnes entendent la fine et innocente raillerie_.--_Entendre
-raillerie_, c'est ne point s'offenser d'une raillerie: _vous entendez
-très-bien raillerie, quand d'autres que moi vous font la guerre sur vos
-petits défauts_.
-
-2. Ne dites pas: _j'ai entendu de mon voisin que Paul vient de mourir_;
-dites, _j'ai appris de...; j'ai ouï dire, j'ai entendu dire..._
-(Fland.) Prononcez _enten-dre_ et non _enten-te_ ni _enten-tre_ ni
-_entendère_.
-
-3. _S'entend_ (et non _c'entend_, ni _sentant_) a à peu près le même
-sens que _c'est-à-dire, je veux dire, bien entendu_: _vous aurez tous
-une récompense, s'entend, ceux qui l'auront méritée_.
-
-=En-tête=, ce qui s'écrit au-dessus d'une lettre, d'un tableau; ce mot
-est français et masculin: _écrire un en-tête à un tableau; écrire des
-en-têtes de lettres_. (BESCHERELLE.)
-
-=Entièreté=, n'est pas français; dites, _la totalité, le tout, le
-montant_: _il paya le montant, le total de la dépense_ ou _toute la
-dépense_.--Prononcez _enti-er_ et non _entchi-er_, Voyez _ti_.
-
-=Entre.=--L'_e_ final de _entre_ ne s'élide que dans la composition
-des mots devant une voyelle; on écrit _entre eux, entre elles, entre
-autres_ et _entr'actes, s'entr'aider, s'entr'aimer, s'entr'égorger,
-entr'ouvrir_, etc. Si le mot suivant commence par une consonne,
-on réunit les deux mots par un trait, d'union: _s'entre-déchirer,
-s'entre-nuire_, etc. On écrit cependant en un seul mot: _s'entremettre,
-s'entretenir, s'entrevoir_.
-
-2. _Entre les deux_, médiocrement; dites, _entre-deux_: _fait-il froid?
-entre-deux_.
-
-3. _Entre, Parmi._--Entre signifie _au milieu de_; c'est pour cela
-qu'en général il ne se dit que de deux objets ou de deux sortes
-d'objets: _entre eux deux; entre la crainte et l'espérance; entre les
-hommes et les animaux_.--_Parmi_ signifie _dans le nombre de_, et
-c'est pour cette raison qu'il ne s'emploie qu'avec un pluriel indéfini
-signifiant plus de deux ou avec un collectif: _parmi eux, parmi les
-élèves, parmi le peuple_.--Cependant _entre_ se dit quelquefois pour
-_parmi_: _entre les merveilles de la nature; il fut trouvé entre les
-morts; la sainte Vierge Marie est bénie entre toutes les femmes_.
-(Acad.)
-
-=Entrefaites=, s. f., ne s'emploie guère qu'au pluriel et dans ces
-locutions adverbiales; _sur ces entrefaites, dans ces entrefaites_,
-pendant ce temps-là. On dit cependant quelquefois au singulier: _dans
-l'entrefaite, dans cette entrefaite_. (Acad.)
-
-=Entreprendre= (=s'=).--Ne dites pas: _il vient de s'entreprendre avec
-son ami_; dites, _il vient d'avoir querelle_ ou _de se quereller avec son
-ami_.
-
-2. On dit très-bien pourtant: _entreprendre quelqu'un_, c'est-à-dire,
-se mettre à le poursuivre, à le tourmenter, à le persécuter, à le
-railler: _si j'entreprends cet homme-là, je lui ferai voir du pays_.
-
-=Entrer=, prend l'auxiliaire _être_; _je suis entré; nous sommes
-entrés_.
-
-2. On peut dire par hypallage: _ce chapeau n'entre pas dans ma tête;
-enfoncer son chapeau dans sa tête; ces bas n'entrent pas dans mes
-jambes_. (Acad.)
-
-=Entretemps=, est un substantif et non un adverbe: ne dites donc pas:
-_écrivez votre lettre, entretemps je lirai_; dites, _dans l'entre-temps
-je lirai_.
-
-2. Ce mot est peu usité et ne se dit pas au pluriel. (Acad.);
-_entre-temps_ s'écrit avec un trait d'union.
-
-=Envenimer=, infecter de venin, aigrir; prononcez _envenimer_ et non
-_envènimer, m'envénimer_.
-
-=Envergure=, s. f., étendue des ailes; ne dites pas _enverjure_.
-
-=Envers=, prép., à l'égard: voyez _vis-à-vis_. Prononcez _envers eux_,
-(_envèreux_) et non _envèrz'eu_.
-
-=Envier, Porter envie.=--_Envier_, se dit des choses et quelquefois des
-personnes: _je ne lui envie point son bonheur; tout le monde l'envie_
-(Acad.); _les gens en place sont ordinairement enviés_ (id.)--_Porter
-envie_, ne se dit que des personnes: _Caïn portait envie à Abel_.
-
-=Environ= _six ou huit_, est un pléonasme; car _environ_ et _ou_ ont la
-même signification; dites, _six ou huit_, ou bien _environ six à huit_.
-
-=En voie=: voyez _voie_.
-
-=Envoyer.=--Ne dites pas: _j'ai envoyé ce ballot avec la diligence_;
-dites, _par la diligence_.
-
-=Épais=, adj., fait au féminin _épaisse_ et non _épaise_.
-
-=Épargner=: voyer _éviter_.
-
-=Épaule=, s. f.: prononcez _épôle_ (_ô_ long).
-
-=Épeautre=, espèce de blé, est masculin.
-
-=Épellation=, s. f., action d'épeler; prononcez _épèl'lation_.
-
-=Éperon=, (et non _épron_), s. f., fer pour piquer le cheval; prononcez
-_ép'ron_ et non _épéron_ ni _épèron_.
-
-=Épidémie, Contagion.=--_Épidémie_, désigne une maladie qui se
-communique par l'air; _contagion_, une maladie qu'on gagne par le
-contact: _jusqu'à présent les médecins sont partagés sur la question de
-savoir si le choléra est épidémique ou contagieux_.
-
-=Épiderme=, première peau, est _masculin_.
-
-=Épincette=, n'est pas français; dites _pincettes_.
-
-=Épine, Noble épine=, pour signifier un arbrisseau à fleurs blanches,
-n'est pas français; dites _aubépine_.
-
-=Épion, Épionner=, sont des barbarismes; dites _espion, espionner_.
-
-=Épisode=, action incidente liée à l'action principale, est _masculin_:
-_un triste épisode_; prononcez _épizo-de_, et non _épizo-te_.
-
-=Épitaphe=, inscription de tombeau, est _féminin_: _une glorieuse
-épitaphe_.
-
-=Éplucher=: voyez _écaler_.
-
-=Époux=, s. m.--Dans la conversation, il est contraire au bon usage
-de dire: _mon époux, son époux; mon épouse, son épouse; sa dame, sa
-demoiselle_; dites, _mon mari, son mari; ma femme, sa femme; ma fille,
-sa fille_. Ces mots _époux, épouse, dame, demoiselle_, ne peuvent être
-précédés de l'adjectif possessif, sans trahir, chez les personnes qui
-les emploient ainsi, une éducation peu relevée.
-
-=Équateur, Équation=: prononcez _écouateur, écouation_.
-
-=Équerre=, est féminin: _une fausse équerre_.
-
-=Équestre=, _équiangle, équidique, équidistant, équilatéral,
-équilatère, équimultiple, équipollence, équiries, équitation_:
-prononcez _écues-tre, écui-angle, écuidique, écuitation,..._ et non,
-_ekestre, ekiangle, ekidique, ekitation,..._ ni _écouestre, écouiangle,
-écouidique, écouitation...._
-
-2. On ne saurait trop s'attacher dans la prononciation à bien
-distinguer _ui, ues_ de _oui, oues_; beaucoup de personnes, ne
-soupçonnant pas même cette différence, prononcent généralement et
-impertubablement les _ui_ comme des _oui_, et font, par exemple
-_enfouir_ (se cacher sous terre) de s'_enfuir_ (prendre la fuite):
-voyez _aiguiser_ et _ui_.
-
-=Équinoxe=, _équinoxial, équerre, équivaloir, équivalent_; prononcez
-_ékinoxe, ékère, ékivaloir_, etc.
-
-=Er= _final_.--Dans le discours soutenu, et surtout dans les vers,
-l'_r_ finale dans l'infinitif des verbes en _er_ se lie avec la voyelle
-du mot suivant; _er_ se prononce alors _ère_ et non _ére_: _aimer à
-jouer; folâtrer et rire_. Dans la conversation, ces sortes de liaisons
-seraient affectées et ridicules. (HENNEBERT.)
-
-=Érésipèle=, tumeur inflammatoire sur la peau, est masculin, _érésipèle
-dartreux_; on disait autrefois _érysipèle_, ce qui est plus conforme à
-l'étymologie.
-
-2. Ne dites pas _résipèle_: _mon frère à la résipèle_; ne dites pas non
-plus _la rose_ pour _l'érésipèle_.
-
-=Ergot=: voyez _argot_.
-
-=Ériger.=--Ne dites pas: _le canal a été érigé en 1850_; dites, _...
-creusé_.--_Ériger_, signifie _élever_: _ériger un monument, une
-statue_.
-
-=Ermite=, _ermitage, erminette_ (sorte de hache): on écrit aussi, mais
-moins souvent, _hermite, hermitage, herminette_.
-
-=Errer=, _errant, erratum, errata, erratique, errements; erreur,
-erroné_: faites sentir les deux _r_, et prononcez _er'rer, er'rant,
-er'ratum_, etc.
-
-=Errière=: voyez _arrière_.
-
-=Éruption, Irruption.=--_Éruption_, se dit de l'évacuation subite d'un
-liquide et de toute sortie prompte et avec efforts.
-
-2. _Irruption_, au contraire, signifie, entrée soudaine et imprévue des
-ennemis dans un pays. Il faut donc dire: _le Vésuve vient de faire une
-éruption_; _les ennemis ont fait une irruption dans notre pays_.
-
-=Escadre=, s. f., flotte de guerre; prononcez _escâ-dre_ (_â_ long) et
-non _escate_ ni _escadère_.
-
-=Escalier.=--Ne confondez pas ce mot avec _marche, degré_:
-_l'escalier_ est l'ensemble des marches qui conduisent d'un étage à un
-autre; ne dites donc pas _monter les escaliers_, s'il ne s'agit que
-d'un étage; dites _monter les degrés_ ou _l'escalier_; ne prononcez pas
-_escayer_.
-
-=Escarole=, s. f., espèce de chicorée à larges feuilles; on écrit
-aussi, mais moins souvent, _scariole_.
-
-=Escient= (_à mon, à ton, à son_, etc.), sciemment, avec connaissance;
-prononcez _ècian_ et non _èci-in_.
-
-=Esclabousser=, n'est pas français; dites _éclabousser_.
-
-=Esclandre=, malheur avec éclat, est masculin: _il est arrivé un grand
-esclandre dans cette famille_. Prononcez _esclan-dre_ et non _esclante_
-ni _esclandère_.
-
-=Esclopé=, n'est pas français; dites _éclopé_ (qui marche avec peine).
-
-=Escouer=, n'est pas français; dites _secouer_.
-
-=Escroc=: prononcez _escrô_: _un vil escroc_. V. _c final_.
-
-=Espace=, est masculin, excepté lorsqu'il désigne ces petites pièces
-de métal que, dans les imprimeries, on met entre les caractères pour
-séparer les mots l'un de l'autre: _un long espace de temps; mettre
-une forte espace entre deux mots_.
-
-=Espadon=, s. m., épée grande et large; dites _espadon, espadonner_, et
-non _espadron, espadronner_.
-
-=Espèce=: _toute espèce_, voyez _sorte_.
-
-=Espérer, Promettre, Compter=, doivent être suivis d'un futur: voyez
-_compter_.
-
-2. _Espérer_, suivi d'un infinitif, ne régit point de préposition,
-lorsque l'espérance paraît fondée, et il demande la préposition _de_,
-si l'on espère avec quelque doute: _j'espère le revoir aujourd'hui_;
-_peut-on espérer de vous revoir aujourd'hui?_ Voilà pourquoi avec un
-adverbe qui exprime la certitude, on dit: _j'espère bien partir demain_
-et non _j'espère bien de partir_.--_Espérer_, à l'infinitif, suivi
-d'un verbe aussi à l'infinitif, régit toujours la préposition _de_,
-parce qu'alors l'espérance est vague, incertaine: _on m'a fait espérer
-de le revoir_.
-
-=Espiègle=, adj. et subst. des deux genres; prononcez _espiè-gle_ et
-non _espiégle_ ni _espièk_, ni _espièguèle_; ne dites pas non plus, _un
-spiègle, c'est un spiègle_.
-
-=Esquelette.=--Ne dites pas _un esquelette_, mais _un squelette_;
-_squelette_ est masculin.
-
-=Esquinancie=, s. f., inflammation du gosier; on écrit aussi, mais plus
-rarement, _squinancie_; ne dites pas _esquilancie_.
-
-=Essart=, s. m., =Essartage=, s. m., =Essarter=, v. a.--Ces mots
-figurent dans les dictionnaires de Bescherelle et de Poitevin.
-
-2. _Essart_ se dit d'un terrain inculte, qui peut ou doit être essarté,
-défriché; _l'essartage_ (ou _essartement_) est l'action d'essarter,
-la manière d'essarter, l'effet de cette action; _essarter_, c'est
-défricher en arrachant les bois, les épines, etc.
-
-3. On dit également _écobuer_ qui signifie proprement écroûter la
-surface du sol, et brûler sur place les tranches de gazon ainsi
-enlevées.--Les mots _sart, sartage, sarter, sartager_, ne sont pas
-français.
-
-=Essayer=, dans le sens de _goûter, savourer, déguster_, n'est pas
-français: _goûtez ce vin_ (et non _essayez_); _goûtez cette viande_ (et
-non _essayez_).
-
-2. _Essayer_, devant un infinitif, prend la préposition _à_, lorsqu'il
-signifie _s'exercer à_: _un enfant essaie à marcher_; dans les autres
-acceptions, il prend _de_: _j'ai essayé de le persuader_.--_S'essayer_
-veut toujours la préposition _à_: _s'essayer à nager_.
-
-3. _Essayer_, signifiant tâcher, faire ses efforts, demande un régime
-indirect: _essayez-y_ (et non _essayez-le_); _je ne sais si j'en
-viendrai à bout; je n'y ai pas essayé_ (et non _je ne l'ai pas essayé_).
-
-=Est=, s. m., Orient: on prononce le _t_: _es-te_.
-
-=Est-ce.=--Ne dites pas: _plus savant est-on, plus est-ce qu'on aime
-l'étude; plus vous en dites, moins est-ce qu'on vous croit_; dites,
-_plus on est savant, plus on aime l'étude; plus vous en dites, moins on
-vous croit_.
-
-=Estaminet=, _Café chez Hubert_; c'est une mauvaise locution;
-dites, _estaminet, café tenu par Hubert_ ou bien simplement,
-_estaminet-Hubert, café-Hubert_.
-
-=Estoc=, s. m., longue épée ancienne; ne dites pas: _frapper de stoc et
-de taille_, mais, _d'estoc et de taille_; prononcez _estok_.
-
-=Estomac=, s. m.--Prononcez _estoma_ et non _estomak_.
-
-2. Ne confondez pas _estomac_ avec _poitrine_: _il a une large
-poitrine; je lui ai frappé sur la poitrine_ (et non _estomac_);
-_estomac_ ne se dit que de la poche qui sert à digérer et qui se trouve
-au-dessous du thorax ou de la poitrine proprement dite.
-
-=Estomaquer=, ne s'emploie que _pronominalement_, et signifie se
-tenir offensé de ce qu'une personne a dit ou fait, _s'en formaliser_;
-mais il ne signifie jamais _surprendre, stupéfier, interdire_, comme
-dans l'idiome wallon: _il s'est estomaqué (formalisé) de ce que je
-ne lui ai pas rendu sa visite assez tôt; il n'a pas sujet de s'en
-estomaquer;--je fus bien surpris de sa réponse; cette nouvelle l'a
-stupéfié_ (et non _estomaqué_).
-
-=Estompe=, s. f.; _dessin à l'estompe_; ne dites pas _estombe_.
-
-=Étable=, est féminin: prononcez _éta-ble_.
-
-=Étal, Étau.=--Un _étal_, est une sorte de table chez les bouchers;
-plur. _étaux_;--un _étau_, est une machine de serrurier, à tenir, à
-serrer les objets que l'on travaille; plur. _étaux_.
-
-=Étiquet=, n'est pas français; dites _étiquettes_.
-
-=Étiqueter=: on ne double jamais le _t_: _les apothicaires étiquètent
-leurs fioles_. (Acad.)
-
-=Étisie= et =Phthisie=, _étique_ et _phtisique_, se disent
-indifféremment; cependant on dit plus ordinairement _phthisie_ que
-_étisie_, et _étique_ que _phthisique_.
-
-=Étonner.=--Il faut dire: _je m'étonne, je suis étonné que..._ et non,
-_ça m'étonne que..._
-
-2. Ne dites pas: _je m'étonne ce qu'il a pu faire; je m'étonne s'il a
-fait sa besogne_; dites, _je suis curieux de savoir, je désire vivement
-savoir_, etc.
-
-=Étouffe, Touffe=, pour _étouffant_, sont des barbarismes: _il fait
-étouffant, on étouffe de chaleur_, et non, _il fait touffe, étouffe_.
-
-=Être=, v. s.: prononcez _ê-tre_ et non _ê-te_ ni _êtère_.
-
-2. Ne dites pas: _cela est-il à votre goût_; dites, _cela est-il de
-votre goût?_
-
-3. _Être chaud, être froid_, au lieu de _avoir chaud, avoir froid_,
-sont des flandricismes.
-
-4. _Être en voie, chasser quelqu'un en voie, jeter quelque chose en
-voie_, sont des wallonismes: dites _être parti; chasser quelqu'un;
-jeter quelque chose_: voyez _voie_.
-
-5. _Être fâché à quelqu'un ou sur quelqu'un_; dites, _être fâché contre
-quelqu'un_. (Wall.)
-
-6. _Être gagné_, pour _avoir gagné_: ne dites pas, si vous avez gagné
-au jeu, _je suis gagné_; dites, _j'ai gagné_.
-
-7. _Être perdu_: ne dites pas: _vous avez mal joué, vous êtes perdu_;
-dites, _vous avez perdu_.
-
-8. _Être quitte d'une chose_, pour _avoir perdu cette chose_.--_Être
-quitte de..._, ne se dit que d'une chose que l'on est bien aise de
-ne plus avoir: _je suis quitte de la fièvre_. Mais quand on regrette
-une chose, on ne peut pas dire qu'on en est quitte. Bien des gens
-disent abusivement: _je suis quitte de mon enfant_, pour dire: _il est
-mort_;--_je suis quitte de ma montre, de mon parapluie_, pour, _ma
-montre m'a été volée, j'ai perdu mon parapluie_.
-
-9. _Être vice d'une personne, d'une chose_, pour, _en être
-dégoûté_:--_ne soyez pas dégoûté_ (et non _vice_) _de moi, buvez
-hardiment dans mon verre_. (Fland.)
-
-10. Ne dites pas: _est-ce là votre livre? oui, c'est lui_; dites, _oui,
-ce l'est_, ou bien _c'est mon livre_.
-
-11. Ne dites pas: _sont-ce là vos parents? oui, ce les sont_; dites,
-_oui, ce sont eux_; ne dites pas: _sont-ce là vos nièces? oui ce les
-sont_; dites, _oui, ce sont elles_. Quand on parle de choses inanimées,
-on doit répondre: _ce l'est, ce les sont_; mais il faut répondre:
-_c'est lui, c'est elle, ce sont eux, ce sont elles_, quand on parle de
-personnes.
-
-12. Ne dites pas: _vous savez ce qui en est_; dites, _ce qu'il en est_.
-
-13. Ne dites pas: _où est l'affaire; où sont les actions du chemin de
-fer?_ dites, _où en est l'affaire, où en sont les actions...?_
-
-14. Ne dites pas: _nous sommes à trois; ils sont leurs deux_; dites,
-_nous sommes trois, ils sont deux_.
-
-15. Ne dites pas: _six et six sont douze_, mais, _font douze_.
-
-16. Ne dites pas: _c'est à vous à qui je parle_; dites, _c'est à vous
-que je parle_.
-
-17. _Je fus_, se dit très-bien pour _j'allai_: voyez _aller_.
-
-18. _C'est à vous, c'est à vous de_: voyez _à_.
-
-19. _Être à la campagne, en campagne_: voyez _campagne_.
-
-=Étudiant=, s. m., se dit de celui qui suit les cours d'une université
-ou d'une école publique: _un étudiant en droit, en médecine; il y a
-beaucoup d'étudiants à cette université_. Il ne se dit pas pour les
-_élèves_ d'une école, d'un collége. Voyez _élève_.
-
-=Étudier.=--Ne dites pas: _mon fils étudie avocat_ ou _l'avocat_;
-dites, _étudie le droit_ ou _pour être avocat_.
-
-=Étuve, Poêle.=--Une _étuve_ est un lieu clos dont on élève assez
-la température pour faire transpirer; un _poêle_ (ou _poile_) est un
-fourneau de fonte, de tôle, etc., à l'aide duquel on échauffe les
-chambres, escaliers, etc.; ne dites donc pas: _j'ai fait mettre une
-étuve dans ma chambre_; dites, _... un poêle_.
-
-=Eucharistie=, _eucologe, Eugène, Eulalie, Euphémie, euphémisme,
-Euphrate, Europe, Eustache, Euterpe_, etc.: prononcez _eu_ et non _u_
-ni _é_; _Europe_ et non _Urope_, ni _Erope_, ni _Eurôpe_.
-
-=Eux=: prononcez _eû_, et non _eûce_.
-
-=Évaluer=,(_u-er_ et non _u-wer_) et _estimer_, devant ou après un nom
-de nombre, ou un adverbe de quantité, peuvent être accompagnés de la
-préposition _à_ ou employés sans préposition: _à combien_ ou _combien
-a-t-on évalué votre maison? sa propriété fut évaluée cent mille francs_
-ou _à cent mille francs; cette terre a été évaluée tant_ ou _à tant_.
-
-=Évangile=, est masculin: _le saint Évangile; le premier, le dernier
-Évangile..._
-
-=Éventaire=, s. m., plateau d'osier sur lequel sont placés les noix,
-les légumes, etc., que vendent certains marchands en parcourant les
-rues. Ne confondez pas ce mot avec _inventaire_, état détaillé des
-meubles, des marchandises, etc.
-
-=Évêque=: prononcez _évêque_, (_ê_ long).
-
-=Évier=, s. m., pierre d'une cuisine, d'où s'écoulent les eaux; ne
-dites pas _levier_ ni _lévier_ ni _pierre à relaver_; on dit pourtant
-_pierre à laver_.
-
-=Éviter, Épargner.=--_Éviter_ ne veut pas dire épargner; ne dites
-donc pas: _je vous éviterai cette peine; je veux vous éviter ce
-désagrément_; dites, _je vous épargnerai cette peine; je veux vous
-épargner ce désagrément_, (littéralement, _je vous ferai éviter, je
-veux vous faire éviter_;--mais ce n'est pas moi qui éviterai, c'est
-vous qui devez éviter).
-
-=Évoquer, Invoquer=: voyez _invoquer_.
-
-=Ex.=--Cette particule, dans la composition de certains mots, se
-prononce toujours _eks_: _ex-ministre, ex-législateur_, il faut se
-garder de prononcer _èce_ ni _ek_: voyez _x_.
-
-=Exact=, adj.: prononcez _èkzak-te_, et non _èkza_, ni _èkzak_.
-
-=Examen=, s. m.: prononcez _ègzamin_; quelques-uns disent _ègzamène_.
-
-2. Ne dites pas: _j'ai fait mes examens à Liége_; dites, _j'ai subi,
-j'ai passé mes examens..._
-
-=Excellent=, n'admet ni comparatif, ni superlatif; ne dites donc pas
-_plus excellent, très-excellent_.
-
-=Excepté=, _passé, supposé, y compris, vu, approuvé_ et quelques
-autres participes, employés sans auxiliaire, s'accordent avec le
-substantif qui les précède _immédiatement_, parce qu'on sous-entend
-l'auxiliaire _être_: _mes amis_ (étant) _exceptés; cette époque_
-(étant) _passée; ces faits_ (étant) _supposés; cette somme y_ (étant)
-_comprise; les pièces_ (ayant été) _vues et approuvées_.--Mais ils
-sont invariables, quand le substantif les suit immédiatement, parce
-qu'alors on sous-entend l'auxiliaire _avoir_: _excepté mes amis; passé
-cette époque; supposé ces faits; y compris cette somme; vu et approuvé
-l'écriture ci-dessus; reçu cent francs_; c'est-à-dire, _ayant excepté_
-mes amis; _ayant passé_ cette époque; _ayant supposé_ ces faits; _y
-ayant compris_ cette somme; _j'ai vu et j'ai approuvé_ l'écriture
-ci-dessus; _j'ai reçu_ cent francs.
-
-=Excessivement=, adv.--Ne dites pas, _excessivement beau, joli,
-agréable_; dites, _extrêmement_.--_Excessivement_, est l'adverbe
-d'_excessif_, et ne peut s'appliquer à une qualité qu'on regarde
-actuellement comme bonne.
-
-=Exclu=, part. passé de _exclure_, fait au féminin _exclue_ et non
-_excluse_: prononcez _eks'-clu, eks'-clure_, etc. et non _esclu,
-esclure_.
-
-=Excusable, Inexcusable=: voyez _impardonnable_.
-
-=Excuse.=--On dit: _je vous fais excuse, je vous fais bien excuse,
-je vous en fais mille excuses_, ou _je vous demande pardon_; mais,
-_demander excuse_, est une locution vicieuse.--Prononcez _ègs'-cu-ze_
-et non _es-cuze_, ni _ègs'cuce_; prononcez de même _excuser,
-excusable_, etc.
-
-=Exemple.=--Ce mot est masculin, excepté lorsqu'il désigne un modèle
-d'écriture; dans ce dernier cas, il est masculin et féminin, mais
-l'Académie semble préférer le masculin: _vous avez un bel exemple
-devant les yeux; son maître de calligraphie lui donne tous les jours de
-nouveaux exemples_.
-
-2. On dit très-bien: _suivre_ ou _imiter l'exemple de quelqu'un_;
-_suivez son exemple; imiter l'exemple, la conduite de quelqu'un_.
-(Acad.) Prononcez _egzam-ple_ et non _ekçample_ ni _egzampe_ ni
-_egzampelle_: prononcez de même _exemplaire, exempt, exempter,
-exemption, exorde_.
-
-=Exempt, Exempter, Exemption=: le _p_ ne se prononce pas dans les deux
-premiers, mais il se fait sentir dans le dernier: _exemp'tion_.
-
-=Exigu=, _exil, exhaler, exhalaison, exeat, exequatur, exarchat_:
-prononcez _èg'zigu, èg'zile, èg'zaler, èg'zéat_ (_x_ douce) et non
-_èg'cigu, èg'cile, èg'çaler, èg'céat_.
-
-=Exorde=, commencement d'un discours, est _masculin_: _cet exorde est
-trop long_.
-
-=Expert=, _expertiser, expliquer, explication, explicite, exprès,
-expressément, exploiter, expédient, expirer, exposer, exterminer,
-extravagant, expérience, explosion, exploit, extérieur, extraire,
-extrait_, etc.: prononcez _èkspert, èkspliquer, èksplication_, etc.
-en faisant sentir l'_x_ et non simplement une _s, espert, espliquer,
-esplication, esprès, esploit, estravagant_, etc.
-
-=Expirer=, v. n., signifiant mourir, et _passer_, dans le sens de _être
-admis_, prennent toujours _avoir_: _dès qu'il eut expiré_ (Acad.); _ce
-mot a passé dans notre langue_. (Acad.)--Voyez _Auxiliaire_.
-
-=Explicitement, Explicite=: voyez _implicitement_.
-
-=Exporter, Exportation=: voyez _importer_.
-
-=Exprès, Expressément.=--On entend assez souvent confondre ces deux
-adverbes, et cependant ils sont loin d'avoir le même sens. _Exprès_
-veut dire _à dessein_ et _expressément_ signifie _formellement,
-explicitement_, au moyen d'expressions claires, en toutes lettres: _il
-le fait exprès_ (et non expressément) _pour me fâcher_; _il a fait
-bâtir cet appartement exprès pour ses amis_; _il est venu exprès, tout
-exprès_ (et non _expressément_) _pour demander cette place_;--_cela
-est énoncé expressément_ (en toutes lettres) _dans le contrat_; _je lui
-avais commandé, défendu expressément_ (clairement) _de faire telle
-chose_.
-
-2. _A l'exprès, en exprès, par exprès_, sont des barbarismes; dites
-simplement _exprès_ et prononcez _ègs'prè_ et non _es'prè_.
-
-
-
-
- F
-
-
-=F.=--Quand elle est finale, elle se prononce presque toujours, même
-devant une consonne: _vif désir, soif brûlante, un boeuf très-maigre,
-une soif ardente_, etc. Il faut en excepter quelques mots, tels que
-_clef_ dont l'_f_ ne se prononce ni au singulier ni au pluriel; _oeuf
-frais_ (_eû_), _oeuf dur_ (_eû_), _nerf-de-boeuf_ (_nèr-de-beufe_);
-_cerf-volant_ (_cère_), _cerf-dix-cors_ (_cèr_), _chef-d'oeuvre_
-(_chè_), _boeuf-gras_ (_beû_). Le mot _neuf_ forme aussi une exception:
-voyez ce mot.
-
-2. Les flamands doivent se garder de prononcer _f_ finale ou la syllabe
-_fe_ comme _v_ ou _ve_: _un parafe_ et non _un parave_; _un bref_ et
-non _un brève_; _un if_ (arbre) et non _ive_; _une griffe_ (ongle
-crochu) et non _une grive_ (oiseau); _ce cheval piaffe_ et non _piave_;
-_piaffement_ et non _piavement_.
-
-=Fabricant=, s. m.--Quelques-uns écrivent _fabriquant_ (Acad.) Il
-nous semble que l'on doit réserver cette seconde orthographe pour le
-participe présent du verbe _fabriquer_: _un fabricant d'étoffes; un
-ouvrier fabriquant des étoffes_.
-
-2. Le subst. _fabricant_ n'a pas de correspondant féminin; ne dites
-donc pas: _Madame N., fabricante de corsets_; dites, _faiseuse de
-corsets_.
-
-=Fabricien= et =Fabricier=: on dit plus ordinairement _marguillier_
-(_marguillier_ et non _margueiller_).
-
-=Face=, se dit du visage entier et ne doit pas s'employer comme
-synonyme de _joue_: _une face de carême; avoir une grosse face, une
-face rubiconde;--avoir une fluxion à la joue; joue droite, joue
-gauche_.
-
-2. Ne dites pas: _en face le palais_, mais _en face du palais_.
---Prononcez _face_ et non _faze_.
-
-=Facétie=, s. f., plaisanterie: prononcez _facécie_;--_ti_ se prononce
-également _ci_ dans les dérivés _facétieux, facétieusement_.
-
-=Fâcher.=--On doit dire; _se fâcher, être fâché contre_ quelqu'un et
-non _à, sur_, ou _après quelqu'un_: _il est horriblement fâché contre
-vous_ et non _à vous, sur vous, après vous_; _je me suis fâché contre
-lui_ (et non _sur lui, après lui, à lui_). Prononcez _fâcher_ (_â_
-long) et non _facher_ (_a_ bref).
-
-=Facile.=--Ne dites pas: _j'ai facile, j'ai bien facile; vous avez
-bien facile; j'ai facile d'apprendre mes leçons; vous avez facile de
-faire ce problème_; mais dites: _il m'est facile, c'est bien facile,
-cela m'est bien facile, bien aisé; cela vous est bien facile, bien
-aisé; vous avez de la facilité pour apprendre vos leçons_ ou _vous
-apprenez facilement vos leçons; vous ferez facilement ce problème_,
-etc., ou une autre tournure;--mais _avoir facile, avoir difficile_,
-sont des locutions véritablement wallonnes et qu'il faut proscrire du
-langage correct. Voyez _difficile_.
-
-=Façon=, s. f.: voyez _compliment_.
-
-=Façonneur, Façonneux=, qui fait trop de façons; ces mots ne sont pas
-français; dites _façonnier_: _que vous êtes façonnier; cette femme est
-trop façonnière_.
-
-=Fac-simile=, s. m., imitation parfaite; prononcez _fac-similé_: au
-pluriel, des _fac-simile_ (invar.)
-
-=Facteur.=--Ne dites pas _le porteur de lettres_, mais _le facteur de
-la poste_ ou simplement, _le facteur_.
-
-=Factieux=, adj., séditieux; prononcez _fac-cieux_; _ti_ se prononce de
-même dans _faction, factionnaire_.
-
-=Factotum=, s. m., qui se mèle de tout; prononcez _factôtome_: on
-prononçait autrefois _factoton_.
-
-=Factum=, s. m., mémoire pour un procès; prononcez _factome_.
-
-=Faculté=, s. m.; ne dites pas _fagulté_.
-
-=Faible=, adj.: ce mot et ses dérivés s'écrivaient autrefois _foible_;
-l'Académie a adopté exclusivement _faible, faiblesse, faiblir_, etc.
-Prononcez _fè-ble_ et non _fèpe_ ni _fèbelle_.
-
-2. _Faible, fort_.--_Cela est faible, cela est fort_, sont des
-exclamations dont les flamands abusent et qu'il faut rendre presque
-toujours par un équivalent.--_Cela est fort_, est français dans
-certains cas et se dit d'une chose qui étonne désagréablement, qui
-paraît extraordinaire, ou difficile à croire: _cela est fort, paraît
-fort; voilà qui est fort_.--_Cela est faible_ pour exprimer le
-contraire de, _cela est fort_, ou pour signifier que tel propos qu'on
-vous tient ou telle réponse qu'on vous fait, ou telle action dont
-on vous parle, n'a pas grande importance ou est blâmable: dans ces
-diverses acceptions cette locution n'est pas française.
-
-3. Ne dites pas non plus: _cette viande est faible_ pour signifier,
-qu'elle a peu de goût; dites, _cette viande est fade_.
-
-=Faiblir=, _tomber faible_.--Ne dites pas: _cette femme est tombée
-faible, a faibli à l'église_; dites, _s'est trouvée mal, est tombée en
-faiblesse, en syncope, en pamoison; s'est évanouie; il lui a pris une
-faiblesse; elle est tombée en faiblesse_.
-
-=Faïence, Faïencier, Faïencerie=: on écrivait autrefois _fayence,
-fayencier, fayencerie_.
-
-=Faillir.=--Devant un infinitif il demande _à_ ou _de_, mais _de_
-est plus en usage: _j'ai failli de tomber, à tomber; j'ai failli de
-l'oublier, à l'oublier; cet événement faillit de retarder, à retarder
-notre départ_. Néanmoins on supprime souvent toute préposition, surtout
-dans le langage familier: _il faillit être assassiné; il a failli nous
-arriver un malheur_.
-
-=Faim=, s. f.--_Si_ et _très_ ne peuvent modifier des substantifs, et
-par conséquent ne peuvent se placer devant _faim, soif, peur_; ne dites
-donc pas: _j'ai si faim, si soif; très-faim, très-soif_, etc.; dites,
-_j'ai grand'faim, grand'soif; fort faim, fort soif; mourir de faim,
-avoir une faim dévorante_, etc. Voyez _très_ et _si_.
-
-=Faîne=, s. f.: prononcez _fène_ et non _fa-ïne_: _de l'huile de faîne,
-ramasser des faînes_.
-
-=Fainéant, e=, subst.--Ne dites pas _fainiant_, ni _féniant_, ni
-_fègnant_.
-
-=Faire.=--Ne dites pas à table: _j'ai bien fait_, pour signifier que
-vous n'avez plus d'appétit: dites, _j'ai assez mangé, je n'ai plus
-besoin de rien_.
-
-2. Ne dites pas: _deux et deux fait quatre_, mais, _font quatre_.
-
-3. Faire _avec_.--Ne dites pas pour inviter quelqu'un à partager votre
-repas: _voulez-vous faire avec nous_; dites, _voulez-vous partager
-notre repas; voulez-vous dîner, manger avec nous; voulez-vous prendre
-un verre de vin?_
-
-4. Ne dites pas non plus pour inviter quelqu'un à se mettre de la
-partie: _voulez-vous faire avec?_ dites, _voulez-vous être des nôtres,
-venir avec nous, faire la partie avec nous?_
-
-5. _Faire dans_ telle ou telle chose pour, _faire le commerce_ de telle
-ou telle chose, est une locution vicieuse; ne dites pas: _il fait dans
-le papier, dans les draps_; dites, _il fait le commerce du papier, des
-draps; il vend du papier, des draps_, etc. (Wall.)
-
-6. Ne dites pas: _cela ne me fait de rien_; dites, _cela ne me fait
-rien, m'importe peu, ne m'importe guère, m'est bien égal_.
-
-7. Ne dites pas: _je ne fais rien qui ne soit de faire_; dites, _qui
-soit blâmable, condamnable, répréhensible_.
-
-8. Ne dites pas: _ça je fais, ça je ne fais pas_; dites, _je fais ça et
-je ne fais pas ça_. (Fland.)
-
-9. Ne dites pas: _j'ai fait mes trois cafés ce soir_; dites, _j'ai été
-dans trois cafés_, ou bien, _dans mes trois cafés_, si c'est affaire
-d'habitude.
-
-10. _Faire tourmenter_, est un wallonisme; ne dites pas: _mon camarade
-me fait tourmenter_; dites simplement, _me tourmente_:--_faire
-tourmenter_ signifierait charger quelqu'un de tourmenter, comme, _faire
-battre, faire rendre_. (Wall.)
-
-11. _Faire_ pour _rendre_.--Ne dites pas: _l'oisiveté nous fait
-vicieux; la vertu nous fait aimables_; dites, _l'oisiveté nous rend
-vicieux; la vertu nous rend aimables_.
-
-12. Ne dites pas: _je ne sais quoi faire, je ne sais quoi dire, quoi
-répondre_; dites, _je ne sais que faire, que dire, que répondre_.
-
-13. Ne dites pas: _je ne sais que faire avec cela_; dites, _je ne sais
-que faire de cela_.
-
-14. Ne dites pas: _vous êtes dans l'embarras, savez-vous ce que vous
-faites_ ou _ce que vous fassiez_; dites, _savez-vous ce qu'il faut
-faire_.
-
-15. _Faire la messe, lire la messe_, pour, _dire la messe, célébrer la
-messe_ est un flandricisme.--_faire une messe_ se dit d'un musicien
-qui compose une messe.
-
-16. _Faire une somme_, pour, _faire une addition_, etc.; ne dites pas:
-_faites-moi cette somme_; dites, _faites-moi cette addition, cette
-soustraction_, etc.
-
-17. _Se faire._--Ne dites pas: _il s'est fait fatigué; vous vous ferez
-malade_; dites, _il s'est fatigué; vous vous rendrez malade_.
-
-18. _Il fait._--Ne dites pas: _il fait beau de se promener_; dites,
-_il fait beau pour se promener_.
-
-19. _Faire_, se met souvent pour un autre verbe qu'on ne peut pas
-répéter: _cet homme n'aime pas tant le jeu qu'il faisait_ (et non
-_qu'il le faisait_); _nous nous entretînmes de cette nouvelle, comme
-nous aurions fait de toute autre_ (et non _comme nous l'aurions fait_)
-(Acad.)
-
-20. _Ne faire que, ne faire que de_.--_Ne faire que_, marque ou une
-action fréquemment répétée: _cet enfant ne fait qu'aller et venir_; ou
-une action instantanée: _attendez-moi, je ne fais qu'aller et revenir_,
-c'est-à-dire, je vais et reviens en un moment.--_Ne faire que de_,
-marque une action qui vient d'avoir lieu: _il ne fait que d'arriver_,
-c'est-à-dire, _il vient d'arriver_.
-
-21. _Faire excuse._--Voyez _excuse_.
-
-22. On dit, _avoir affaire_ et non _à faire_ à quelqu'un: _avoir
-affaire à plus fort que soi; si vous ne vous corrigez pas, vous aurez
-affaire à moi_. Voyez _affaire_.
-
-23. _Faire les cartes._--Voyez _écarter_.
-
-24. _Se faire prêtre, religieux_, pour, embrasser l'état ecelésiastique
-ou religieux, sont des expressions françaises.
-
-25. L'Académie écrit, _faisant, nous faisons, je faisais_, ainsi que
-les dérivés _faisable, bienfaisant, bienfaisance, contrefaisant_; mais
-il faut prononcer _ai_ comme si ces mots étaient écrits avec un _e_:
-_fesant, nous fesons, je fesais, fesable, bienfesant, bienfesance,
-contrefesant_. Il faut donc condamner l'orthographe que Voltaire avait
-mise à la mode et d'après laquelle on écrivait, _fesant, je fesais,
-bienfesance_, etc. Voyez _e pour ai_.
-
-26. _Fait-à-fait, à fait, fait et à mesure_.--Ces expressions ne sont
-pas françaises; il faut dire, _à mesure, au fur et à mesure, à fur
-et mesure, successivement, tour-à-tour_:--_on vous paiera à mesure
-que vous travaillerez; vous n'avez qu'à travailler et on vous paiera
-à mesure; travaillez, vous serez payé au fur et à mesure, à fur et
-mesure; vous serez payé à mesure de votre travail_. Il faut préférer _à
-mesure_, à _au fur et à mesure, fur et mesure_.
-
-27. _Être au fait, mettre au fait, se mettre au fait_, c'est-à-dire
-être bien instruit de, s'instruire de... sont des expressions
-françaises: _quand vous serez au fait de votre métier; cette jeune
-fille est bien au fait du ménage; il se fut bientôt mis au fait de son
-nouvel emploi_.
-
-28. _Au fait._--Ne dites pas: _au fait de la comète, je vais vous
-conter une histoire_; dites, _à propos de la comète...._
-
-29. Ne dites pas non plus: _c'est au fait de rire, de plaisanter_,
-etc.; dites, _c'est pour rire, c'est pour plaisanter_.
-
-=Faisan=, (coq sauvage), _faisandeau, faisanderie, faiseur_ (ouvrier):
-prononcez _fesan, fesandeau, fesanderie, feseur_.
-
-=Fait=, s. m.--Dans _voies de fait_, (violences) prononcez _fête_.
-
-=Falloir=, v. n.--Ne dites pas: _voilà ce qui nous faut, ce qui nous
-fallait_; dites, _ce qu'il nous faut, ce qu'il nous fallait_.
-
-2. Ne dites pas: _il faut mieux étudier que jouer_; dites, _il vaut
-mieux..._
-
-=Fameux=, adj., renommé, célèbre, insigne dans son genre: _fameux
-orateur, siège fameux, fameux voleur; c'est un fameux imbécile; voilà
-une fameuse bêtise_.
-
-2. Les wallons abusent de ce mot en l'appliquant à des choses d'une
-importance médiocre; ainsi ils diront: _c'est un fameux, vous êtes un
-fameux_, etc., au lieu de: _c'est un espiègle, vous êtes un original_,
-etc.;--_on nous a servi un fameux jambon_, (ou _un terrible jambon_);
-dites, _un grand, un très-grand, un énorme jambon_.
-
-3. Ne dites pas non plus: _goûtez-moi ce vin.--Fameux!_ dites,
-_excellent, délicieux_.--_Vin fameux_, pour _vin renommé_, est trivial.
-
-=Faner=, v. a., signifie étendre l'herbe pour la faire sécher: _faner
-le foin_.--_Faner_ ne peut pas s'employer neutralement; ne dites pas:
-_ces fleurs commencent à faner_; dites, _... à se faner_.
-
-=Fange=, s. f.--Beaucoup de wallons désignent, fort improprement, par
-ce mot une grande étendue de terrain inculte et couvert de bruyère; le
-mot _fange_ a une tout autre signification. Traduisez par _bruyère,
-lande_, ou même par _fagne_ qui figure dans quelques dictionnaires.
-
-=Faon=, (petit d'une biche), _faonner_: prononcez _fan, faner_.
-
-=Faquin=, est un terme de mépris qui signifie, homme de rien, qui
-fait des actions basses: _ce n'est qu'un faquin; on l'a traité comme
-un faquin; c'est un métier de faquin_: _fieffé faquin_.--Il ne faut
-donc pas employer ce mot dans le sens de, _freluquet, coquet, pimpant,
-élégant_: _il était extrêmement pimpant; vous voilà bien pimpant
-aujourd'hui; faire le pimpant_; etc.
-
-=Farce=, se dit des actions qui ont quelque chose de plaisant, de
-bouffon ou de ridicule: _faire une farce, des farces; faire une farce
-à quelqu'un; une bonne farce; quelle farce! il nous a donné la farce;
-c'est une farce que cela; c'est une vraie farce_. (Acad.)--_Faire
-ses farces_ (expression populaire), c'est se divertir d'une manière
-bouffonne: ces _jeunes gens font leurs farces, ont fait leurs farces_.
-(Acad.)
-
-2. _Farceur_, se dit d'un homme qui fait des bouffonneries, qui est
-dans l'habitude d'en faire: _un farceur insipide_. (Acad.)--Il suit
-de là que les mots français _farce_ et _farceur_ ne correspondent pas
-exactement aux mots wallons _farce_ et _farceur_; ceux-ci en effet ont
-une acception un peu détournée et se disent ordinairement d'un _tour_,
-d'une _plaisanterie_, d'une _mystification_, d'une _espièglerie_: _cet
-écolier ne pense qu'à jouer des tours; je lui ai joué un bon tour; on
-m'a fait une méchante plaisanterie; vous avez fait là une dangereuse
-espièglerie_.
-
-3. Rendez le mot _farceur_ par _plaisant, qui aime les tours,
-espiègle_, etc., selon le sens.
-
-4. Ne dites pas _farce_ pour _farceur_: _cet homme est farceur; oh! que
-c'est farce!_ Cependant ce mot peut se dire des choses: _une action
-farce, une parole farce, un maintien farce_. (BESCHERELLE.)
-
-5. Le verbe _farcer_, faire une farce, figure dans les dictionnaires de
-Bescherelle et de Poitevin.
-
-=Fashion= (mode), =Fashionable= (à la mode), mots anglais: prononcez
-_fachion, fachionable_; néanmoins plusieurs prononcent _fassion,
-fassionnable_.
-
-=Fastes=, s. m. pluriel, histoire; ce mot est masculin: _les fastes
-glorieux de l'empire_.
-
-=Fat=, adj., impertinent; prononcez _fate_.
-
-=Fatal, ale=, adj.--Le pluriel est _fatals_, mais il est peu usité.
-
-=Faubourg.=--Prononcez _fôbour_.--_Bourg final_, ne fait pas entendre
-le _g; Limbourg, Luxembourg, Cobourg_; tandis que _bourg_, gros
-village, se prononce _bourke_.
-
-=Faubourien, ienne=, adj. et s., homme du faubourg ou qui appartient au
-faubourg; ne dites pas _faubourier_, ni _faubourtier_.
-
-=Faute.=--Ne dites pas: _c'est de ma faute, si tu as perdu ton
-procès_; dites, _c'est ma faute_ ou _c'est à moi la faute, si_, etc.
-
-2. Ne dites pas non plus: _une faute d'attention_; il faut dire, _une
-faute d'inattention_ ou simplement, _une inattention, une inadvertance_:
-_c'est une inadvertance; pardonnez-lui ses inadvertances; c'est une
-pure inattention, une faute d'inattention_.--On dira très-bien au
-contraire: _cet élève s'est trompé faute d'attention_ (l'attention lui
-a fait défaut).
-
-=Faux=, s. f., instrument d'agriculture: _la faux du temps_.--On
-écrivait autrefois _faulx_.
-
-=Faux, fausse=, adj.--Une _fausse corde_ est une corde qui n'est pas
-au son voulu; une _corde fausse_ est celle qui donne toujours un son
-faux.
-
-2. Une _fausse porte_ est une porte ignorée des importuns; une _porte
-fausse_ est une porte figurée.
-
-3. Un _faux jour_ est un jour mauvais pour un tableau; un _jour faux_
-est un jour mal distribué dans le tableau.
-
-=Féconder, Fécond=, etc.: prononcez _fékonder, fékond_, etc., et non
-_fégonder, fégond_.
-
-=Femme.=--_Ma femme, mon mari_; voyez _époux_.
-
-=Fenaison=, s. f., action de couper le foin; temps où on le coupe: on
-dit aussi, mais moins souvent, _fanaison_: _pendant la fanaison_; on
-dit également _fanage_ et _fauchaison_.
-
-=Fénelon=, n. pr.--On écrit et on prononce communément aujourd'hui en
-France, _Fénelon_ et non _Fénélon_.
-
-=Fenêtre, Croisée=: voyez _croisée_.
-
-=Fenil=, s. m., lieu où l'on serre le foin; prononcez _fenile_.
-
-=Fer à cheval, fer de cheval.=--On dit _fer à cheval_, quand il s'agit
-d'une table, d'un escalier ou de tout autre objet qui a la forme d'un
-fer qu'on met sous le pied d'un cheval: _préparez une table de 30
-couverts et disposez-la en fer à cheval_.--On dit _fer de cheval_,
-quand il s'agit du fer même qu'on met au pied du cheval.
-
-=Férir=, v. déf., frapper; vieux mot qui n'est plus usité que dans
-cette locution: _sans coup férir_.
-
-=Ferlaté=, falsifié; dites _frelaté_: _du vin frelaté_.
-
-=Ferraille, Ferrure, Ferronnerie.=--Le premier se dit collectivement
-d'une certaine quantité de vieux morceaux de fer usés ou rouillés: _ce
-n'est que de la ferraille; vendeur de vieille ferraille_.--_Ferrure_
-signifie garniture de fer: _ferrure d'une porte; ferrure bien faite; la
-ferrure de ces roues n'est pas assez forte; la ferrure d'un vaisseau;
-les ferrures d'un gouvernail_.--_Ferronnerie_, s'emploie pour
-désigner les ouvrages de fer en général;--le marchand qui vend de la
-ferronnerie prend le nom de _ferronnier_: _acheter des chenets chez un
-ferronnier_.
-
-=Ferré= ou =Ferret=, perche munie d'un crochet de fer, à deux branches,
-l'une droite et l'autre courbe, dont on se sert pour pousser une
-barque; ces mots ne sont pas français; dites _gaffe_: _pousser la
-barque au large avec la gaffe_.
-
-=Fertin=, menu poisson ou choses de peu de valeur; dites _fretin_.
-
-=Fesser=, ne signifie pas _clisser, entrelacer, ficeler_; vous direz
-donc: _une bouteille clissée_, et non _... fessée_.
-
-=Festival=, s. m., grande fête musicale: le pluriel est _festivals_.
-
-=Feu.=--Ne dites pas: _le feu est dehors_, ou _est déteint_; dites,
-_est éteint_.
-
-2. Ne dites pas: _il y a eu feu_, ou _le feu cette nuit-ci_; dites, _il
-y a eu un incendie_.
-
-3. =Feu, Feue.= adj.--_Feu_ s'accorde avec son substantif, lorsqu'il
-le précède _immédiatement_: _la feue reine, sa feue tante_; mais il
-reste invariable, quand il en est séparé par l'_article_ ou par un
-_adjectif possessif_: _feu la reine, feu sa tante_.
-
-=Fève=, s. f., =Féverole=, s. f.: prononcez _fè-ve, fé-v'role_ et non
-_fè-fe, fé-f'role_.
-
-=Fiacre=, s. m., voiture de place; prononcez _fia-cre_ (_ia_ diphth.)
-et non _fiaque, fiakère_.
-
-=Fibre=, filament délié des chairs, des plantes, est _féminin_: _la
-fibre charnue, les fibres ligneuses_. Prononcez _fi-bre_ et non _fi-pe_
-ni _fibère_.
-
-=Ficelle=, s. f.--Ne dites pas; _cet homme est un peu ficelle_; dites,
-_est sujet à caution, est un fripon, un friponneau_.
-
-=Ficher.=--Ne dites pas, _je m'en fiche_; dites, _je ne m'en soucie
-pas, je m'en moque_: _ficher_, dans ce sens, n'est pas français.
-
-2. Ne dites pas non plus: _il lui a fiché_ ou _fichu un soufflet_;
-dites, _il lui a donné, appliqué, administré un soufflet_.
-
-=Fichu, ue=, est un terme de mépris, bas et populaire, dont on ne doit
-pas se servir: _voilà un fichu compliment_.
-
-=Fief=, s. m., domaine noble: prononcez _fièfe_.
-
-=Fiente=, s. m., excrément de bête: prononcez _fiante_ (_ian_ diphth.)
-
-=Fier, ère.= adj. hautain.--_Fier homme_ (iron.), homme de peu de
-mérite;--_homme fier_, qui a de la fierté.--Prononcez le masc. _fier_
-comme le fém. _fière_.
-
-=Fier=, v., commettre à la fidélité: prononcez _fié, confié, défié,
-méfié_ (_ié_ diphth.)
-
-2. Ne dites pas: _cet homme n'est pas à fier_ (flandr.); dites, _cet
-homme n'est pas sûr, ne mérite pas confiance_; ou bien, _on ne peut pas
-se fier à cet homme_.
-
-=Fièvre=, s. f.--Ne dites pas: _j'ai eu les fièvres_; dites _j'ai
-eu la fièvre_. Prononcez _fiè-vre_ et non _fiévre_ ni _fiè-fe_ ni
-_fièvère_.
-
-=Fignoler=, v. n., faire l'élégant; ce mot est populaire.
-
-=Figue= (_faire la_), mépriser quelqu'un, le braver, le défier, se
-moquer de lui: _il fait la figue à tous ses ennemis_. (Acad.)
-
-=Fil=, de lin, de soie, etc.; prononcez _file_ (_l_ non mouillée).
-
-2. _Fil d'arka_: écrivez et prononcez _fil d'archal_.
-
-=Filial, ale=, adj.--Il n'y a point d'exemple du pluriel dans
-l'Académie: _respect filial, piété filiale_. Des grammairiens lui
-donnent le pluriel _filials_; Boinvilliers a dit, _des sentiments
-filiaux_.
-
-=Fille=, s. f., _filleul, fillette_: mouillez les _il_, et ne dites pas
-_file, fileul, filette_.--Il en est de même de: _anguille, bastille,
-camomille, cédille, charmille, chenille, cheville, coquille, esquille,
-étrille, famille, faucille, goupille, grille, guenille, lentille,
-pacotille, pastille, peccadille, quille, roquille, souquenille,
-vanille, vétille, vrille_, etc. Voyez _époux_ et _demoiselle_.
-
-=Filosenne=, est un mot wallon qui se traduit par _cordon, cordon de
-coton, cordon de soie_.--_Filoselle_, dont on serait peut-être tenté
-de se servir, est un substantif féminin qui sert à désigner une espèce
-de grosse soie ou de fleuret, provenant de la bourre de la bonne soie
-et des cocons de rebut: _des bas de filoselle_;--comme on le voit,
-_filoselle_ n'est pas du tout le _filosenne_ wallon.
-
-=Filou=, n'a pas de féminin; ne dites donc pas _filoute_.
-
-=Fils=, s. m.--Quoique les grammairiens ne soient pas d'accord, nous
-pensons qu'il faut prononcer _fice_ même devant une consonne; _le
-repentir est fils de la vertu_.
-
-=Fin.=--Ne dites pas: _vous avez pris la bille trop fine_; dites, _...
-trop fin_.
-
-=Finales= (_syllabes, lettres_).--Nous ne saurions trop appeler
-l'attention des professeurs et des élèves sur la nécessité de bien
-prononcer les lettres et syllabes finales des mots. Les flamands aussi
-bien que les wallons ont à se mettre en garde contre plusieurs fautes;
-les premiers adoucissent généralement les fortes, tandis que les
-derniers renforcent les douces: les _f_, les _p_, les _k_, les _ch_,
-les _t_ deviendront des _v_, des _b_, des _g_, des _d_ dans la bouche
-d'un flamand; tandis que les wallons sont portés à faire des _f_, des
-_k_, des _ch_, des _p_, des _t_, là où il n'y a que des _v_, des _g_,
-des _b_, des _d_: donnons quelques exemples: un flamand prononcera
-_parave_ pour _parafe_; _attague_ pour _attaque_; _vage_ pour _vache_;
-_une pombe_ pour _une pompe_; _il écoude_ pour _il écoute_. Le wallon
-à son tour dira: _brafe_ pour _brave_; _fromache_ pour _fromage_; _une
-blaque_ pour _une blague_; _une bompe_ pour _une bombe_; _la bisse_
-pour _la bise_, etc.--Ces défauts de prononciation, outre qu'ils
-prêtent au ridicule, donnent toujours une pauvre idée de l'éducation de
-celui qui n'a pas su s'en corriger; les professeurs donc ne sauraient
-y veiller de trop près, d'abord en prêchant d'exemple, et ensuite en
-se montrant d'une sévérité inexorable à l'encontre de ces défauts de
-prononciation de terroir.
-
-2. Les wallons ont également beaucoup de peine à bien faire sentir les
-deux consonnes de certains mots, comme: _est, ouest, tact, contact,
-lest, exact, infect, casque, secte, texte, prétexte, mixte, reste, il
-résulte, il inculque, liste, moraliste, burlesque, kiosque_, etc.;
-généralement, ils négligent la dernière consonne et prononcent: _esse,
-ouesse, take, contake, lesse, exake, infèke, casse, sèke, texe, mixe,
-resse_, etc.
-
-3. Il y a d'autres finales que les wallons et les flamands ne
-prononcent pas mieux: ce sont les _ble_, les _ple_, les _gle_, les
-_dre_, les _tre_, etc.--Supposons les mots: _aimable, exemple, règle,
-vendre, ventre_, etc.: un flamand prononcera _aimabèle, exempèle,
-règuèle, vendère, ventère_, tandis qu'un wallon dira, _aimape, exempe,
-rèke, vente, vente_.--Ces vices de prononciation, pourtant si communs
-même chez les personnes les plus instruites, proviennent en très-grande
-partie de ce que les instituteurs et les professeurs n'ont pas assez
-exercé, n'ont pas brisé leurs élèves à la bonne prononciation. Nous
-recommandons beaucoup, comme un moyen de se corriger de ces sortes
-de défauts, la lecture ou la déclamation faite en commun et à haute
-voix; deux jeunes gens, vraiment désireux de se défaire de cette
-rouille de naissance ou de terroir, se réunissent: l'un fait la lecture
-et l'autre exerce charitablement l'office de censeur, mais d'un
-censeur impitoyable; et nous leur garantissons qu'en peu de temps ils
-parviendront à se faire une prononciation correcte.--Il y a encore
-d'autres finales que les wallons ou les flamands massacrent sans pitié:
-nous avons eu soin de les signaler en leur lieu et place.
-
-4. _Final, ale_, adj., qui finit, qui termine.--L'Académie ne donne
-point d'exemple du pluriel masculin; de bons grammairiens disent
-_finals_.--Ce mot s'emploie substantivement, au féminin, pour
-signifier la dernière syllabe d'un mot: _la finale de ce mot est
-longue_.
-
-5. _Finale_, terme de musique, morceau d'ensemble qui termine un opéra,
-un choeur, etc.; il est _masculin_: _il y a du brio dans ce finale_.
-
-=Finalement=, signifie la même chose qu'_enfin_; ne dites donc pas,
-_enfin finalement_; un seul de ces mots suffit.--Ne dites pas non
-plus, _en fin finale_.
-
-=Finard=, adj., fin, rusé dans les petites choses; ce mot n'est pas
-français; dites, _finaud, finaude_;--ce dernier mot est familier et ne
-se dit qu'en mauvaise part; il se prend aussi substantivement.
-
-=Finaud, e=, qui est fin, rusé dans de petites choses: _c'est un
-finaud_.--_Finard_ n'est pas français: voyez ce mot.
-
-=Finir.=--Ne dites pas: _je suis fini_, pour exprimer que vous avez
-gagné: dites, _j'ai fini_.
-
-2. _C'est fini avec moi_, disent les flamands, lorsqu'ils se croient
-sur le point de mourir; dites, _c'est fini de moi, c'est fait de moi_.
-
-3. Ne dites pas: _Nous avions fini avec lui_; dites, _nous en avions
-fini avec lui; je suis pressé d'en finir avec cet homme_.
-
-4. Ne dites pas: _la fête finit avec un feu d'artifice_; dites, _...
-par un feu d'artifice_.
-
-5. _Finir_, devant un infinitif, demande la préposition _de_:
-_avez-vous fini de parler_ et non _à parler?_
-
-=Fisc=, s. m., trésor de l'État; prononcez _fis'que_.
-
-=Fiscal, ale=, adj.; le pluriel est _fiscaux_: _droits fiscaux_. (Acad.)
-
-=Fixement=, adv., d'une manière fixe: _regarder fixement_:--prononcez
-et écrivez _fixement_ et non _fixément_.
-
-=Fixer=, signifie _arrêter, attacher_; jamais il ne veut dire _regarder
-quelqu'un_ ou _regarder fixement_; dites, dans ce sens, _fixer les
-yeux, la vue, ses regards sur quelqu'un_ ou _quelque chose_; ne dites
-pas: _il nous a longtemps fixés_; dites, _il nous a longtemps regardés_
-ou _regardés fixement; il a longtemps fixé les yeux sur nous_, et
-mieux, _il a eu longtemps les yeux fixés sur nous_.
-
-2. _Fixer les regards de quelqu'un_, c'est devenir l'objet de son
-attention.
-
-=Flairer, Fleurer.=--_Flairer_, c'est sentir par l'odorat: _flairez
-cette rose_.--_Fleurer_, c'est répandre une odeur: _cela fleure
-bon_.--_Flairer_ ne signifie jamais _puer_. (Wall.)
-
-=Flamber=, v. n., jeter de la flamme; ne dites pas _flammer_ ni
-_blamer_.
-
-=Flanquer=, dans le sens de _jeter, lancer_, est français, mais
-populaire: _flanquer un soufflet, un coup de poing, une assiette à la
-tête de quelqu'un_. (Acad.)
-
-=Flegme=, s. m., sang-froid; prononcez _fleghme_ en faisant sentir un
-_g_ dur.--Ne dites pas: _il est flegme_, mais, _... flegmatique...._
-
-=Fleuraison=, s. f., le développement et l'épanouissement des
-fleurs; l'époque où les plantes fleurissent; l'état des plantes
-en fleur. L'Académie donne aussi le mot _floraison_, et renvoie à
-_fleuraison_.--Quoi qu'il en soit, le mot _floraison_ nous paraît être
-aujourd'hui plus usité que _fleuraison_.
-
-=Fleur de lis=: voyez _lis_.
-
-=Fleur d'orange.=--Quoique, à la rigueur, on peut dire _fleur
-d'oranger_, la première expression est pourtant reçue et consacrée
-par l'Académie: un médecin, un pharmacien pourront néanmoins dire
-_fleur d'oranger_, mais dans le style ordinaire et dans le style de la
-conversation, on dit _fleur d'orange_.
-
-2. Le mot _fleur_ seul, ne signifie pas _farine_; dites donc, _allez
-m'acheter une livre de fleur de farine_; et non, _... une livre de
-fleur_.
-
-=Fleurir.=--Au propre, il signifie, _être en fleur_: _les pêchers
-fleurissaient déjà, lorsque la gelée est survenue; les prés
-fleurissants, les plaines fleurissantes_.--Employé au figuré,
-c'est-à-dire, lorsqu'il signifie, _être dans un état de prospérité,
-de splendeur; être en crédit, en honneur, en réputation_, il fait
-_florissant, florissante_; _les lettres étaient alors très-florissantes_.
-Lorsqu'on parle d'une personne ou d'une collection de personnes, comme
-d'une ville, d'un peuple, d'un état, il fait toujours _florissait_ à
-l'imparfait de l'indicatif: _Athènes florissait sous Périclès; ces
-empires florissaient alors_.--Mais quand on parle de choses, il
-fait _fleurissait_ et _florissait_: _les sciences fleurissaient_ ou
-_florissaient sous le règne de ce prince_. (Acad.)
-
-=Flic-Flac=, bruit de plusieurs coups de fouet, de plusieurs soufflets
-donnés coup sur coup.
-
-=Floche= pour signifier _houppe, gland_, n'est pas français; _il a un
-gland à son bonnet_ et non, _... une floche_.
-
-=Floquet=, mot wallon; dites _noeud, boucle_: _nouer à boucles; un beau
-noeud_.
-
-=Flouer, Floueur, Flouerie=, sont des termes populaires: dites plutôt
-_tromper, trompeur, tromperie; duper, dupeur, duperie_, etc.
-
-=Fluide=, adj., qui coule aisément; prononcez _flui-de_ (_ui_ diphth.)
-et non _flu-ide_ ni _flu-wide_, ni _fluite_.
-
-=Flume= ou =Flimme=, humeurs que l'on jette en crachant; ce mot n'est
-pas français; dites _flegme, crachat_.
-
-=Flux=, s. m., mouvement de la mer, dévoiement; prononcez _flu_, l'_x_,
-dans _flux_ et _reflux_, ne se prononce pas devant une consonne et il
-prend le son de _z_ devant une voyelle: _le flux_ (_z_) _et le reflux
-de la mer_.
-
-=Foible=: voyez _faible_.
-
-=Foie=, viscère, est masculin: _pâté de foie gras_; prononcez _foî_ et
-non _foye_.
-
-=Fois.=--Ne dites pas: _une fois pour tout_, mais, _une fois pour
-toutes_.
-
-2. Ne dites pas: _je lui avais dit ça l'autre fois_; dites, _l'autre
-jour_.
-
-3. Ne dites pas: _toutes fois qu'il vient, je m'en vais_; dites,
-_toutes les fois_ ou _chaque fois qu'il vient_.
-
-4. _De fois à autres_, de temps en temps, est une locution française.
-
-5. Les flamands emploient très-mal l'expression _une fois; dites
-une fois, venez une fois, laissez-moi voir une fois_, etc.--Il faut
-absolument bannir ce flandricisme du langage correct et le supprimer
-entièrement, ou bien, lorsque le sens le permet, le rendre par _ça!
-donc, un peu_: _ça! dites-moi, venez-donc, laissez-moi voir un
-peu_.--Il en est de même du mot _seulement_ que les flamands emploient
-si souvent d'une manière impropre et à peu près dans le même sens
-qu'_une fois_: _courez seulement, aidez-moi seulement_; etc. Remplacez
-ce ridicule _seulement_ par le mot que le sens vous indiquera, comme
-_çà, donc, un peu_, etc.
-
-=Foison=, s. f., ne prend pas l'article et n'a point de pluriel: _il y
-aura foison de fruits cette année_;--on l'emploie aussi comme adverbe,
-précédé de la préposition _à_: _il y a de tout à foison_. Prononcez
-_foizon_ et non _foisson_.
-
-=Folio=, s. m.; mot emprunté du latin et qui signifie feuillet: _folio
-4, au folio 20_.--On appelle _folio recto_ ou simplement _recto_, la
-première page du feuillet, et _folio verso_ ou simplement _verso_, le
-revers ou la seconde page;--au pluriel _folios_.
-
-2. _In-folio_, se dit du format d'un livre où la feuille est pliée en
-deux: _saint Thomas a écrit vingt volumes in-folio_; au pluriel _des
-in-folio_.
-
-=Foncer=, v. a.--Ne dites pas, _foncer une porte_; dites, _enfoncer
-une porte_: _foncer_, c'est mettre un fond: _foncer un tonneau_.
-
-=Fond, Fonds, Fonts.=--_Fond_ s'écrit sans _s_ toutes les fois qu'il
-signifie l'endroit le plus bas, le plus intérieur, le plus éloigné de
-l'entrée, de l'abord, de l'ouverture d'une chose creuse; _le fond d'un
-puits, d'un tonneau, d'un sac, d'un abîme, d'une boutique, d'un cachot,
-d'une haie, d'un port; le fond d'un chapeau, d'un coffre_.--_Fond_
-(sans _s_) se dit aussi d'un terrain considéré surtout par rapport à
-son degré de fermeté, à sa qualité, à sa composition: _bâtir sur un
-fond peu solide; vous avez choisi là un bien mauvais fond; un fond
-d'argile_.--_Fond_, en parlant d'étoffes, signifie la première ou la
-plus basse tissure sur laquelle on a fait quelque dessin ou quelque
-ouvrage; il se dit aussi de l'étoffe même sur laquelle on brode, du
-champ sur lequel les figures d'un tableau sont peintes, des plans
-plus reculés d'un tableau: _velours à fond d'or, broderie sur fond
-de satin; un paysage sert de fond au tableau_.--Au figuré, _fond_
-signifie ce qu'il y a d'essentiel dans une chose, et il est opposé à
-l'accessoire, à l'apparence, à la forme: _le fond d'une doctrine, le
-fond d'un ouvrage, le fond d'une histoire, le fond d'un procès, un fond
-de raison, la forme l'emporte sur le fond_.
-
-2. _Fonds_ (avec une _s_) signifie le sol d'une terre, d'un champ,
-d'un héritage, somme d'argent plus ou moins considérable: _cultiver
-un fonds, bâtir sur son fonds, sur le fonds d'autrui; le fonds de la
-banque; fonds social; bailleur de fonds; être en fonds; les fonds
-publics; le fonds_ (le capital) _et le revenu; fonds de commerce; fonds
-de magasin_.--Au figuré, on le dit de la capacité, du savoir, de
-l'esprit, de la probité: cet _homme a un fonds de vertu, un grand fonds
-d'esprit_.--_Biens-fonds_ se dit des biens immeubles.--_Le fonds et
-le très-fonds_, c'est le fonds (le sol, la propriété, etc.) et tout ce
-qui en dépend: on écrit aussi _tréfonds_.
-
-3. _Fonts_, s. m. pluriel (on ne prononce ni le _t_ ni l'_s_): c'est
-le bassin où l'on conserve l'eau dont le prêtre se sert pour baptiser:
-_les fonts baptismaux; tenir un enfant sur les fonts_.
-
-=Fondation=, s. f., =Fondement=, s. m.--_Fondation_ signifie l'ensemble
-des ouvrages nécessaires pour asseoir les fondements d'un édifice;
-on l'emploie ordinairement au pluriel. Les fondations d'un édifice
-comprennent l'excavation du terrain, et, lorsqu'il est nécessaire, le
-pilotis à établir pour affermir le sol: _faire les fondations d'un
-bâtiment_. L'Académie fait remarquer que ce mot s'emploie quelquefois
-_abusivement_ pour les fondements mêmes.--_Fondation_ signifie encore
-_le fossé_, la tranchée qu'on fait pour y placer des fondements:
-_creuser la fondation, les fondations_.--_Fondement_ se dit quelquefois
-au pluriel du fossé que l'on creuse pour commencer à bâtir; cependant,
-le mot _fondation_ est préférable dans ce sens.--_Fondement_ signifie
-encore, et c'est là son acception ordinaire, la maçonnerie qui sert de
-base à un édifice, à une construction, et qui se fait dans la terre
-jusqu'au rez-de-chaussée; il s'emploie surtout au pluriel: _poser,
-jeter les fondements d'un édifice_. (Acad.)
-
-=Force=, s. f.--Ne dites pas: _il y avait force de monde_; dites,
-_beaucoup de monde_.
-
-2. Ne dites pas: _il a force d'argent, force de bijoux, force d'amis_;
-retranchez _de_ et dites, _force argent, force bijoux, force amis_.
-
-3. _De force que._--Ne dites pas: _elle est tombée de force qu'elle
-riait_; dites, _elle est tombée à force de rire_. On peut aussi
-remplacer _de force que_ par _tant_, comme dans ces phrases: _il a
-fallu me porter, tant j'étais faible; il tremblait de tous ses membres,
-tant il avait peur_ (et non _de force que j'étais faible_ ou _qu'il
-avait peur_.)
-
-=Forceps=, s. m., instrument de chirurgie: prononcez _forcep-ce_, en
-faisant sentir le _p_ et l'_s_.
-
-=Forcer.=--Ne dites pas: _on lui a forcé de se taire_; dites, _on l'a
-forcé de se taire_; _forcer_ est un verbe actif.
-
-2. Ne dites pas: _il fut forcé malgré lui_; dites simplement, _il fut
-forcé_, car c'est toujours malgré soi qu'on est forcé.
-
-3. _Forcer_, suivi d'un infinitif, prend la préposition _à_ ou _de_:
-_il fut forcé de partir; on le força à signer_. (Acad.)
-
-=Forcettes=, n'est pas français; dites _forceps_.
-
-=Format=, _d'un livre_: voyez _in-douze_.
-
-=Fort.=--_Cela est fort_, Flandr.:--voyez _faible_.
-
-2. _Fort en_ et _fort sur_. On dit: _cet élève est fort sur la
-philosophie, sur l'histoire; elle est très-forte sur le piano, sur la
-harpe_; mais on dit: _il est fort aux échecs, au piquet_. (Acad.)
-
-3. _Fort_ (_se faire_).--Dans l'expression verbale _se faire fort_,
-c'est-à-dire, s'engager à quelque chose, _fort_ est toujours
-invariable: _elle se fait fort de l'obtenir; ils se faisaient fort
-d'une chose qui ne dépendait pas d'eux_. (Acad.)
-
-4. _Il est fort et hardi_:--ne prononcez pas _for-té hardi_ mais
-_for-é hardi_.--Dans _fort_, adj., le _t_ ne se lie pas avec la
-voyelle qui suit; il en est de même des mots en _ard, ord, ort_, comme
-_hasard, abord, port, sort, mort_, etc.; et des verbes terminés en
-_ert, ort_.--Mais le _t_ final de _fort_ adverbe, se lie avec le mot
-suivant dont il détermine le sens: _homme fort habile, fort incommode,
-fort à l'aise_.
-
-=Fortement=, adv.--Ne dites pas: _il pleut fortement, il gèle
-fortement_; dites, _il pleut fort, il gèle fort_.
-
-2. Ne dites pas: _sa perte sera fortement ressentie_; dites, _sera
-vivement ressentie_, parce qu'il s'agit ici d'un sentiment; _fortement_
-(avec énergie, _au figuré_) ne se dit en effet que de l'_esprit_ et non
-_du coeur_: _c'est un ouvrage fortement pensé; il a parlé fortement_.
-(Acad.)
-
-=Fortifier=, v. ac.--Ne dites pas: _cet enfant a beaucoup fortifié
-depuis un an_; dites, _s'est beaucoup fortifié_.
-
-=Fortuné=, adj., signifie _heureux_; c'est à tort donc que quelques-uns
-l'emploient dans le sens de riche, qui a de la fortune: _un homme
-fortuné_; dites, _un homme riche_ ou _qui a de la fortune_.
-
-=Forum=, s. m., place où le peuple discutait les affaires publiques à
-Rome: prononcez _forome_.
-
-=Fosse=, s. f.--Ne dites pas: _il a la fosse au menton_; dites, _...
-la fossette..._
-
-=Fou=, signifie quelquefois, excessif, prodigieux: _il y avait à la
-fête un monde fou; un luxe fou; il en demandait un prix fou_ (et non
-_de fou_).
-
-=Foudre=, est _masculin_, lorsqu'il désigne, 1º une certaine
-représentation de la foudre: _les armes de l'empire français sont un
-aigle tenant un foudre dans ses serres_; 2º une grande tonne propre à
-contenir les liquides: _le célèbre foudre d'Heidelberg_: et dans les
-deux expressions suivantes: _un foudre de guerre_, un grand capitaine,
-comme Napoléon 1er; _un foudre d'éloquence_, un grand orateur, comme
-Bossuet.--Il est _féminin_, quand il désigne le tonnerre: _être
-frappé de la foudre; la foudre sillonne les nues_. Cependant, dans ce
-sens, il est quelquefois masculin en poésie et dans le style soutenu:
-_être frappé du foudre; expirer sous les foudres vengeurs_. (M. l'abbé
-Péters, _Grammaire_.)--Prononcez _fou-dre_ et non _fou-de, fou-te_ ni
-_foudère_.
-
-=Fouet, Fouetter=: prononcez _fouè, fouèter_.
-
-=Fouine=, s. f., grosse belette: prononcez _fouine_ (_oui_ diphth.) et
-non _fou-ine_ ni _fouwine_.
-
-=Fouir=, signifie creuser la terre avec un instrument: _il faut fouir
-bien avant pour trouver de l'eau dans cet endroit_.--Mais si l'on veut
-parler du travail du sanglier, du cochon, de la taupe, etc., on se sert
-du verbe _fouiller_: _les sangliers, les cochons fouillent; la taupe a
-fouillé là_.--Enfin on dira _bècher_, et non _fouir_, un jardin, une
-terre.--Prononcez _fou-ir_ et non _fou-wir_.
-
-=Fourche= (_à la_), négligemment, grossièrement; cette locution est
-française: _cela est fait à la fourche_.
-
-=Fourchu.=--Ne dites pas: _pied fourchu_, mais _pied fourché_, pied
-fendu en deux; on dit aussi _chemin fourché_ quand il se divise en
-deux.--_Fourchu_ a le même sens, mais il ne s'emploie que dans
-certaines locutions comme _menton fourchu, barbe fourchue, faire
-l'arbre fourchu_ (mettre la tête en bas, les pieds en haut, écartés
-l'un de l'autre.)
-
-=Fourmille.=--Ne dites pas: _une fourmille d'enfants_, pour indiquer
-un grand nombre d'enfants; dites, _une fourmilière d'enfants, une
-marmaille d'enfants_.
-
-=Fournil=, s. m., lieu où est le four; prononcez _fourni_.
-
-=Fouter= (=se=), est un terme ignoble et sévèrement proscrit; les
-auteurs par pudeur dissimulent ce mot par la lettre initiale suivie de
-points suspensifs: _f....._
-
-=Frac=, redingotte, est masculin: _un beau frac_; prononcez _fraque_.
-
-=Fragment=, s. m., morceau: prononcez le _g_ dur.
-
-=Fraîchir=, ne signifie pas _mouiller_: _il craint de se mouiller_ (et
-non _de se fraîchir_) _les pieds_.
-
-=Frais=, féminin _fraîche_ (il faut se garder de dire _fraîche_
-au masculin).--Ce mot signifie, _un peu froid, récent, non salé,
-brillant, vigoureux_: _il fait froid en hiver; il fait frais dans les
-belles nuits d'été; un vent frais_ (un peu froid); _une nuit fraîche;
-avoir les mains fraîches_ (froides); _du pain frais_ (nouveau); _du
-porc frais_ (non salé); _mettre des fleurs dans un vase avec de
-l'eau pour les tenir fraîches; ce vieillard est encore très-frais_
-(vigoureux).
-
-2. _Frais_, ne peut pas s'employer dans le sens de _mouillé, trempé,
-humide_: _je suis mouillé_ (et non _frais_) _comme un canard_; _il est
-tout trempé_ (et non _frais_) _de sueur_; _il a pleuré, il a encore les
-yeux tout humides_ (et non _tout frais_); _la terre est encore tout
-humide_ (et non _toute fraîche_). (Wall.)
-
-3. _Faire frais_, signifie faire un peu froid et non _faire humide,
-faire mouillé_.--Ne dites jamais _frisse_ pour _frais_: _frisse_ est
-wallon.
-
-=Fraisil=, s. m., cendre du charbon de terre dans une forge: prononcez
-_fraisi_ et non _fraisile_.
-
-=Franc=, adj., ne peut pas s'employer dans le sens de hardi, effronté,
-qui a de l'assurance; ne dites donc pas: _ce déclamateur est franc
-devant le public_; dites, _ce déclamateur a de l'assurance_, etc.
-
-2. Un _franc menteur_ est un menteur avéré; un _homme franc_ est un
-homme sincère.
-
-3. _Franc de port._--Dans cette expression, l'adjectif _franc_,
-est invariable, quand il précède le substantif qu'il modifie: _vous
-recevrez franc de port_ (franco) _la lettre que je vous envoie_. Il
-s'accorde, quand il vient après ce substantif: _la lettre que j'ai
-reçue était franche de port_.
-
-4. Le _c_ de _franc_ ne se prononce que devant une voyelle: _un franc
-animal_ (fran-k'animal).
-
-5. _Franc_, s. m.--Ne dites pas: _un franc et demi, un franc et
-quart_; dites, _un franc et cinquante centimes, un franc et vingt-cinq
-centimes_.
-
-=Frangipane=, s. f., sorte de pâtisserie; écrivez et prononcez
-_frangipane_ et non _franchipane_.
-
-=Frappant neuf.=--Ne dites pas, _un habit tout frappant neuf_, mais,
-_tout battant neuf_.
-
-=Frayeux=, pour _coûteux, dispendieux, dépensier_, n'est pas
-français: _les voyages sont coûteux_ (et non _frayeux_); _une femme
-très-dépensière_ (et non _très-frayeuse_).
-
-=Fredaine=, s. f.--Écrivez et prononcez _fredaine_ et non _frèdaine_,
-ni _ferdaine_.
-
-=Freluquet=, s. m., damoiseau;--écrivez et prononcez _freluquet_ et
-non _fréluquet_ ni _ferluquet_.
-
-=Frères=, _consanguins, utérins, germains_: voyez _germain_.
-
-=Fret=, s. m., louage d'un vaisseau; prononcez _frète_.
-
-=Friand=, de, adj., qui aime la chère fine et délicate: prononcez
-_fri-an_ et non _fri-ian_.
-
-2. _Friand, Gourmand_, adj.--_Friand_ se dit de celui qui aime,
-recherche, connaît et savoure les morceaux délicats.--Le _gourmand_
-aime à faire bonne chère; le _glouton_ et le _goinfre_ semblent, dans
-leur voracité, vouloir tout engloutir dans leur estomac.
-
-=Fricandeau.=--C'est du veau lardé; ne dites pas, un _frécandeau_.
-
-=Fricassée=, ne se dit que des viandes fricassées: _manger d'une
-fricassée de poulets; une fricassée de pieds de mouton_.--_Fricassée_,
-dans le sens que les wallons lui donnent, c'est-à-dire _du lard ou du
-jambon cuit dans la poêle avec des oeufs battus_, se rend en français
-par le mot _omelette_.
-
-=Fricasser, Frire.=--_Fricasser_, c'est faire cuire dans la poêle,
-dans une casserole, etc., quelque chose après l'avoir coupé par
-morceaux: _fricasser des poulets, des navets, des carottes, des pommes
-de terre_, etc.
-
-2. _Frire_, c'est faire cuire dans une poêle avec du beurre roux ou du
-sain-doux ou de l'huile: _frire des oeufs, des côtelettes; le beurre
-frit dans la poêle; poisson frit, artichauts frits, pommes de terre
-frites_.
-
-=Fricot=, signifie ragoût, viande fricassée, toute sorte de mets,
-régal, bon repas, etc., mais il est populaire.
-
-=Frileux, euse=, adj.: _les vieillards sont frileux_; ne dites pas
-_frilieux_ ni _fruleux_.
-
-=Frimousse=, s. f., mine, visage: _quelle frimousse!_--Ce terme est
-méprisant et populaire.
-
-=Fringale=, s. f.--Ce mot n'est pas français; dites _faim canine_.
-
-=Friper=, dans le sens de manger avec avidité, goulûment, est français,
-mais il est bas.
-
-=Frisquin= (_saint_), tout ce qu'on possède: on doit dire _frusquin,
-saint-frusquin, saint-crepin_: _il a perdu tout son frusquin,
-son saint-frusquin; perdre son saint-crepin; porter tout son
-saint-crepin_;--_saint-frusquin_ se dit principalement de l'argent et
-des nippes et _saint-crepin_, de la fortune en général.--Écrivez et
-prononcez _crepin_ et non _crépin_ ni _crespin_.
-
-=Froc=, s. m., habit de moine: prononcez _froke_.
-
-=Froid.=--On ne dit pas _avoir froid_ (ou _avoir chaud_) _des pieds,
-des mains_, etc.; on ne dit pas non plus _avoir froid_ (ou _avoir
-chaud_) _les pieds, les mains_, etc.;--on doit dire: _avoir froid_ (ou
-_avoir chaud_) _aux pieds, aux mains_, etc. Par conséquent on doit dire
-en parlant des mains, des pieds, etc.: _j'y ai eu froid_ (ou _chaud_)
-et non _j'en ai eu froid_.
-
-2. Ne dites pas: _j'ai gagné un froid qui me fait tousser_; dites,
-_j'ai gagné un rhume; je suis pris, j'ai été pris, saisi d'une
-fraîcheur, d'un rhume, d'un refroidissement_.
-
-3. _Froid_ (_battre_), v. n., est français et signifie recevoir une
-proposition d'une manière à faire voir qu'on n'est pas disposé à
-l'accepter.
-
-4. _Faire froid_, et plus souvent, _battre froid à quelqu'un_, c'est le
-recevoir avec moins d'empressement, avec un visage moins ouvert qu'à
-l'ordinaire. (Acad.)
-
-=Froidir=, v. n. et pronom., devenir froid: _il a laissé froidir son
-dîner_: ce mot est vieux, on dit plutôt _refroidir, se refroidir_.
-
-=Froidure, froideur, froid.= _Froidure_ se dit uniquement
-du froid répandu dans l'air: _j'ai supporté la froidure des
-climats_.--_Froideur_ s'emploie toujours au figuré et signifie
-indifférence, insensibilité: _je n'ai pu endurer la froideur des
-grands_.--Beaucoup de personnes emploient abusivement ces expressions
-pour le mot _froid_.
-
-=Fromage.=--Dites _un fromage d'Edam_ (espèce de fromage de Hollande
-fabriqué à Edam) et non _fromage de dames_.--Prononcez _froma-ge_ et
-non _froma-che_.
-
-=Frugale, ale=, adj., qui vit de peu; ce mot n'a pas de pluriel
-masculin (Acad.)--Quelques grammairiens disent _frugals_, d'autres,
-_frugaux_. Cette dernière forme serait préférable, si le plur. masc.
-devenait nécessaire.
-
-=Fruit=, s. m.--On ne dit pas: _manger un fruit_, mais, _manger du
-fruit_.--Ne dites pas non plus: _il lui a donné un fruit pour son
-goûter_; dites, _il lui a donné du fruit_ ou bien, _il lui a donné une
-pomme, une poire, un raisin_.
-
-=Fumé.=--Ne dites pas, _de la viande enfumée, un jambon enfumé_, mais,
-_de la viande fumée, un jambon fumé_.
-
-=Funéraire=, adj.--Ne dites pas: _un service funéraire, un service
-mortuaire_; dites, _un service funèbre_.
-
-2. _Funèbre_, est un adjectif propre à dépeindre tout ce qui accompagne
-les funérailles, et par extension tout ce qui a un air de mort: _pompe,
-appareil, honneurs, ornements, chant, convoi funèbres; images funèbres;
-oiseaux funèbres_...
-
-3. _Funéraire_ est, comme _mortuaire_, un terme abstrait, de légiste,
-d'homme d'affaires, d'intendant, qui convient surtout, sinon
-uniquement, dans la locution, _frais funéraires_; on dit un _drap
-mortuaire, registre mortuaire, extrait mortuaire, droits mortuaires_.
-
-=Fur.=--_Au fur et à mesure, à fur et mesure_: ces deux expressions
-signifient _à mesure, à proportion_: _je travaillerai au fur et à
-mesure que vous m'apporterez de l'ouvrage_; voyez _fait-à-fait_.
-
-=Furieux=, _furieusement_.--Ces mots s'emploient figurément et
-familièrement dans le sens de prodigieux, qui est excessif et
-extraordinaire dans son genre, et alors il précède toujours le
-substantif: _c'est un furieux mangeur, un furieux menteur; voilà
-un furieux travail; il s'est donné un furieux coup, une furieuse
-entorse; il fait une furieuse dépense; voilà un furieux poisson;
-il est furieusement grand, il est furieusement riche; il ment
-furieusement; elle est furieusement laide_. (Ac.)--Voyez _terrible_ et
-_terriblement_.
-
-=Fusil=, s. m.--L'_l_ finale ne sonne pas (_fuzi_), non plus que dans
-les mots _baril, chenil, coutil, fenil, outil, persil, sourcil_.
-
-
-
-
- G
-
-
-=G.=--Devant _a, o, u_, il se prononce dur; devant _e_ et _i_ il
-s'amollit et se prononce comme _j_.
-
-2. Dans le premier cas, les flamands doivent se garder de prononcer
-le _g_ du gosier; ils ne doivent pas prononcer _ghagner, ghobelet,
-ghide_, mais _gagner, gobelet, guide_.--Devant _e_ et _i_ ils doivent
-éviter de le prononcer comme _se, sé_ ou _sié_: _sibier, siémir, silet,
-sielée, fromase_, etc., pour _gibier, gémir, gilet, gelée, fromage_.
-
-3. Les wallons, de leur côté, sont exposés à prononcer la syllabe _ge_
-comme _che_: _ramache, plumache, rouche, horloche, prodiche, granche,
-sonche, lochement, juchement, prolonchement_, etc., au lieu de _ramage,
-plumage, rouge, horloge, prodige, grange, songe, logement, jugement,
-prolongement_.--Nous recommandons beaucoup aux professeurs, d'abord
-de se surveiller eux-mêmes et ensuite de donner à leurs élèves force
-exercices, afin de les initier bon gré mal gré à la bonne prononciation.
-
-4. Le _g_ final, suivi d'une voyelle se prononce ordinairement comme
-_k_: _un long hiver_; à la fin de certains mots il ne se prononce pas,
-même devant une voyelle: _étang, seing_, etc.
-
-=Gage.=--En parlant du salaire des domestiques et des gens de service,
-ce mot ne s'emploie qu'au pluriel: _gagner de gros gages_ (et non _un
-gros gage_); _les gages d'un laquais, d'une servante_.--_Appointements_
-se dit des emplois plus relevés;--_honoraires_ et _émoluments_ se
-disent des professeurs, des médecins, des avocats, et de ceux dont on
-obtient quelque conseil ou quelque service honorable.--Prononcez _gaje_
-et non _gache_.
-
-=Gageure=, s. f., pari; prononcez _gajure_ (Acad.); il faut préférer
-les mots _pari_ et _parier_ aux mots _gageure_ et _gager_.
-
-2. _Gager, Parier_.--Ne dites pas _gager, parier pour une somme_,
-mais, _gager, parier une somme_: _je gage, je parie cent francs, ma
-montre, ma tête que...._
-
-=Gagne=, dans le sens de _gain_, et _gagnage_, dans le sens de
-_ouvrage, travail, gain_, ne sont pas français.
-
-=Gagner.=--Ne dites pas en parlant du jeu: _je suis gagné, je suis
-perdu_; dites, _j'ai gagné, j'ai perdu_.--On dit _gagner_ une bataille
-et _remporter_ une victoire.--Prononcez _gagner_ (_a_ bref) et non
-_gâgner_ (_â_ long).
-
-=Gaiement=, adv. =Gaieté=, s. f.: on écrit aussi _gaiment, gaîté_.
-
-=Galant, te=, adj.--Un _galant homme_ est un homme poli et serviable;
-un _homme galant_ est celui qui cherche à plaire.
-
-=Galette, Gauffre.=--Une _galette_ est une espèce de gâteau cuit au
-four, qui a la forme d'un pain aplati.--Les _gauffres_ sont cuites
-entre deux fers et présentent à la surface de petits carreaux ou des
-dessins en relief.--Il faut donc nommer _gauffre_ ce qu'on appelle
-généralement _galette_:--_galet_, dans ce sens, n'est pas français.
-
-=Galop=, s. m., dans le sens de _savon, réprimande, semonce, saccade,
-garde_, est un terme populaire: prononcez _galô_ (_ô_ long).
-
-=Gangrène=, s. f.--On prononce _cangrène_ selon l'Académie qui écrit
-aussi _cangrène_; nous ferons toutefois remarquer que la prononciation
-_gangrène_ commence à être en faveur; il en est de même de _gangrener,
-gangreneux_.
-
-2. Ne dites pas _gangrin-ne_ mais _gangrè-ne_; prononcez _gangrener,
-gangreneux_ et non _gangrèner, gangrèneux_.
-
-=Garçons=, s. m.--Ne dites pas: _les garçons ne sont pas à la maison_;
-dites, _les enfants, mes enfants, mes frères..._
-
-=Garde à= (=prendre=), et =Prendre garde de=.--_Prendre garde à_,
-s'emploie surtout avec un substantif pour complément: _prenez garde à
-ce cheval, à ce fossé_.--Avec un verbe, on met plutôt _de_: _prenez
-garde de tomber, prenez garde de vous brûler_.
-
-2. Quand on met _à_ devant un infinitif, c'est pour indiquer ce qu'il
-faut faire et non ce qu'il ne faut pas faire: _prenez garde à ne pas
-tomber; prenez garde à bien conserver votre équilibre; prenez garde à
-bien sauter_.
-
-3. _Garde_, s., est féminin, quand il désigne tout un corps: _la garde
-royale, la garde d'honneur, la garde nationale, la garde civique_. Mais
-il est masculin, quand il désigne une ou plusieurs personnes tirées
-d'un corps: _un garde royal, un garde civique_, c'est-à-dire, un homme
-qui fait partie de la garde royale, de la garde civique.
-
-4. _Garde-enfants_ ou _garde-d'enfants_: dites _une bonne d'enfants_ ou
-simplement _une bonne_.
-
-5. _Garde-champêtre_, s. m.: prononcez _gar-de-cham-pê-tre_ et non
-_garte-champette_ ni _garde-champêtère_.
-
-6. _Garde-Chasse_, s. m.: prononcez _gar-de chasse_ et non
-_garte-chasse_; il en est de même de _garde-corps, garde-fou,
-garde-forestier, garde-malade_, etc.
-
-7. _Garde-robe_, s. f.: prononcez _gar-de-ro-be_ et non _gart'rope_.
-
-=Gare, Garde.=--On dit _gare dessous, gare l'eau, gare la bombe,
-gare le fouet; frapper sans dire gare; si vous faites cela, gare les
-conséquences_. Mais il faut dire _garde_ (et non _gare_) _à vous_
-(sous-entendu _prenez_.)
-
-=Garni.=--On dit, _une robe garnie d'or, de dentelle; un chapeau
-garni de fleurs_, et non, une _robe garnie en or, en dentelle, ... en
-fleurs_. (Acad.)
-
-=Garnisaire.=--Prononcez _garnizaire_ et non _garnissaire_, homme en
-garnison chez un débiteur ou chez le débiteur du gouvernement.
-
-=Gasse=, est wallon, dans le sens de _banquet, gala_.
-
-=Gastrique=, est un adj.; il signifie qui tient ou appartient à
-l'estomac: _le suc gastrique_.
-
-=Gastrite=, s. f., est une inflammation de l'estomac: _il souffre d'une
-gastrite_ et non d'une _gastrique_.
-
-=Gâter, Gâteau=: prononcez _â_ long: _gâter, gâteau_.
-
-=Gaudron, Gaudronner=, pour _goudron, goudronner_, sont des
-barbarismes.--_Gaudronner_ et _godronner_ ont une toute autre
-signification.
-
-=Gaz=, s. m., fluide aériforme: prononcez _gâze_ et non _gâce_.
-
-=Gaze=, s. f., espèce d'étoffe: prononcez _gâze_ et non _gâce_.
-
-=Geai=, s. m., oiseau.--Ne dites pas, _noir comme du geai_ mais
-_noir comme du jais_ ou _comme jais_: le _jais_ est une pierre noire
-susceptible d'un beau poli.
-
-=Géant=, fait _géante_ et non _géane_ au féminin.
-
-=Gelée, Gelure=, s. f.--Ne dites pas: _j'ai des gelées_ ou _des
-gelures aux pieds_, mais, _j'ai des engelures aux pieds_: prononcez
-_geler, gelée_ et non _gèler, gèlée_.
-
-=Geler=: voyez _engeler_.
-
-=Gémeaux=: voyez _jumeau_.
-
-=Général=, s. et adj.: prononcez _général_ et non _gènèral_ ni
-_gènèrâl_.
-
-=Génie.=--_Officier de génie_ signifie, officier qui a du génie;
-_officier du génie_ se dit d'un officier qui appartient au corps nommé
-_le génie_: on peut donc être officier _du génie_ sans être officier
-_de génie_ et vice-versâ.--Prononcez _génî_ (_î_ long) et non _géniïe_.
-
-=Genièvre=, s. m., boisson: prononcez _geniè-vre_ et non _genièfe_ ni
-_genèvre_.
-
-=Genre des mots.=--Nous donnons la liste des mots dont le genre
-peut paraître douteux et de ceux auxquels on donne souvent un genre
-contraire à l'usage.
-
-2. Noms _masculins_ auxquels on donne quelquefois, par erreur, le genre
-_féminin_:
-
- abîme abreuvoir acabit
- accessoire acrostiche acte
- adage affront âge
- alambic albâtre aloi
- alvéole amadou amalgame
- ambe amour (au sing.) amidon
- anachronisme anathème anchois
- âne angora animalcule
- anniversaire antidote antre
- aphte apologue appareil
- appel appendice après-dîner
- après-souper aqueduc arc
- are armistice arrosoir
- article artifice as
- astérisque asthme atome
- âtre auditoire augure
- auspice autel automate
- automne avé balustre
- bec-figue bifteck brou
- calque calville capendu
- caprice caramel catafalque
- centime cents chambranle
- chanvre cigare comble
- concombre crabe crêpe
- déciare décime décombres (plur.)
- décrottoir, délice dialecte
- v. le _Dict._
- échange éclair élixir
- éloge emblème embouchoir
- émétique emplâtre emploi
- encensoir encombre en-tête
- entonnoir entr'acte entre-sol
- épeautre épiderme épilogue
- épisode épithalame équinoxe
- érésipèle esclandre escompte
- espace étage éteignoir
- eucologe évangile éventail
- éventaire exemple, exorde
- v. le _Dict._
- fastes finale (d'opéra) frac
- garde, gens, gîte
- v. le mot _garde_. v. le mot _gens_.
- globule gramme hameçon
- hanneton harmonica hectare
- héliotrope hémisphère hémistiche
- héritage hochequeue horoscope
- hortensia hospice hôtel
- hydrogène hymne hypocondre
- (chant ou poésie
- profane)
- if incendie indice
- insecte insigne interstice
- intervalle inventaire iris
- isthme ivoire légume
- leurre libelle litige
- litre losange, mânes
- v. le _Dict._
- manganèse mastic monticule
- myriagramme naphte obélisque
- obstacle obus omnibus
- ongle opuscule orage
- oratoire orchestre ordre
- organe orgue (au sing.) ours
- outil outrage ouvrage
- ovale oxigène panache
- paradoxe parafe pécule
- pénates perce-oreille pétale
- pétiole pique planisphère
- (couleur du jeu
- de cartes.)
- plantoir platine (métal.) plâtre
- pleurs pore prêche
- quadrille quelque chose, remise (une voit.)
- v. le _Dict._
- rouge-gorge sabre saule
- simple squelette soque
- (plante médicin.)
- stade steppe store
- tire-ligne trèfle trombone
- tulle ulcère uniforme
- ustensile ventricule vignoble
- viscére vivres (pl.) volatile
-
-3. Noms _féminins_ que, par erreur, on fait quelquefois _masculins_:
-
- aire alcove allonge
- amnistie amorce amour (au pl.)
- ampoule anagramme anicroche
- antichambre antienne après-dînée
- après-midi après-soupée arbalète
- archives arête armoire
- arrhes arrière-boutique arrière-cour
- atmosphère auberge avant-cour
- avant-garde avant-scène averse
- balançoire barres pl. (jeu) batiste
- boutique bure (puits) casaque
- cendrillon cible colophane
- débâcle décrottoire délice (au pl.)
- (voy. le _Dict._)
- dent disparate ébauche
- ébène écaille écale
- écharde échasse écritoire
- écumoire emplette énigme
- épigramme épitaphe épithète
- équerre équivoque esquisse
- établi fibre filosèle
- friche garde, glaire
- v. le _Dict._
- glissoire glu héliotrope
- herse hydre hyène
- hymne idole immondice
- (chant d'église.)
- impériale insomnie insulte
- jujube laideron lavasse
- losange, manche, martre ou marte
- v. le _Dict._ v. le _Dict._
- mécanique mésange nacre
- oasis obole obsèques (pl.)
- office, v. le _Dict._ offre oie
- ombrelle orge, v. le _Dict._ orgue (au pl.)
- ouïe paroi passoire
- patenôtre pédale perce-neige
- poudre (médica.) primevère quelque chose,
- v. le _Dict._
- réglisse relevailles (pl.) sauvegarde
- sentinelle simarre soie (crin.)
- stalle tirelire tôle
- vertèbre vis volatille
-
-Pour les substantifs qui, d'après leurs différentes acceptions ou leurs
-divers genres, ont des genres doubles, voyez le _Dictionnaire_.
-
-4. =Genre=, s. m.--Ne dites pas: _cette plaisanterie, cette manière de
-parler est de bon, de mauvais genre_; dites, _de bon, de mauvais goût;
-de bon, de mauvais ton_.
-
-5. Ne dites pas: _homme de bon genre, femme de mauvais genre_; dites,
-_homme du bon ton, femme du mauvais ton_.--On dit aussi: _homme qui
-sait bien le monde, qui sait bien son monde, homme du grand monde_.
-
-6. Ne dites pas: _être vêtu dans le bon genre_; dites, _avec goût, à la
-mode, à la dernière mode_.--Prononcez _jan-re_ et non _jâ-re_.
-
-=Gens.=--_Gens_, veut au féminin les adjectifs qui le précèdent, et au
-masculin ceux qui le suivent: _de dangereuses gens, des gens dangereux;
-quelles gens! de telles gens sont à plaindre; je m'accommode de
-certaines gens, mais non de toutes gens_.--_Exceptions_: Les adjectifs
-_tel, quel, certain, maints, tout_, se mettent au masculin:--1º quand
-l'adjectif qui les suit n'a qu'une seule terminaison pour les deux
-genres: _quels braves gens! certains honnêtes gens; maints jeunes gens;
-tous les jeunes gens_.--2º Quand le substantif _gens_ est suivi d'un
-ou de plusieurs mots qui restreignent sa signification: _quels gens
-adroits! certains gens d'affaires; tous les gens sensés; tous gens bien
-connus; tous ces gens-là; tous les gens de loi, d'église_, etc.--3º
-Quand ils ne sont pas suivis immédiatement de leur substantif: _quels
-sont ces gens-là? tels sont les gens que vous fréquentez_.--_Lequel_
-suit la même règle: _lesquels de ces bonnes gens voulez-vous
-récompenser?_--Quant aux participes passés, ils se mettent toujours
-au masculin: _instruits par l'expérience, les vieilles gens sont
-ordinairement prudents; ce sont les meilleures gens que j'aie jamais
-vus_. (M. l'abbé PÉTERS, _Grammaire_.)
-
-2. On prononce _gean_, devant une consonne ou une _h_ aspirée ou
-lorsque _gens_ est seul ou à la fin d'une phrase: _gens peureux, gens
-hardis_. Devant une voyelle ou une _h_ muette, prononcez _geanze_:
-_gens instruits, gens habiles_.--Ce mot n'a pas de singulier; en
-vers, dans les genres légers, _gent_ s'emploie pour _race_: _la gent
-trotte-menu_ (les souris), _la gent marécageuse_ (les grenouilles).
-(LAFONTAINE.)
-
-=Gentil=, adj.--L'_l_ ne se prononce que devant une voyelle et dans
-les mots composés, et il prend alors le son mouillé _un gentil_
-(genti) _garçon_; _un gentil_ (gentille) _enfant_; _la gentillesse_
-(gentiliesse); _un gentilhomme_ (gentiliome); _gentilhommerie_
-(gentiliomerie).
-
-2. Un _gentilhomme_ est un homme de naissance noble; un homme _gentil_
-est un homme d'un commerce agréable, de manières affables.
-
-3. Au pluriel, l'_l_ ne se prononce pas: _de gentils_ (gentis)
-_enfants_, _des gentilshommes_ (gentisomes); _les gentils_ (genti),
-c'est-à-dire, les payens, les idolâtres.
-
-4. Au féminin, _gentille_, les _ll_ sont également mouillées: _une
-gentille fille_.
-
-5. _Gentil_ signifie joli, agréable, gracieux et non _laborieux,
-actif_: _ce bijou est gentil; des manières gentilles; une chanson fort
-gentille; faire le gentil_ (l'agréable).
-
-=Gentleman=, s. m., titre en Angleterre: prononcez _dgenn'tlemène_.
-
-=Geôlier, Geôle, Geôlage=: l'_o_ est long, et l'_e_ ne se fait pas
-sentir: _jôlier, jôle, jôlage_.
-
-=Géranium=, s. m., plante: prononcez _géraniome_.
-
-=Germains, Consanguins, Utérins.=--Des frères _germains_ sont enfants
-du même père et de la même mère;--des frères _consanguins_ sont
-enfants du même père, mais de différentes mères;--des frères _utérins_
-sont enfants de la même mère, mais de pères différents.
-
-=Gérofle=, s. f.; _girofle_ est plus usité: _des clous de
-girofle_.--Prononcez le _fle_.
-
-=Gestion=, s. f., action de gérer: prononcez _ges'thion_ en faisant
-sentir l'_s_ et le _t_ comme dans gesticuler; ne dites pas _gécion_.
-
-=Gibelotte.=--On dit une _gibelotte de lapin_; le mot _civet_ se dit
-proprement du ragoût fait de chair de lièvre.
-
-=Gifle= et =Gifler= sont français, mais populaires; dites, _tape,
-claque, soufflet, taloche_. Il faut en dire autant de _calotte_.--Au
-lieu de _gifler_ et de _calotter_, dites _taper, claquer, souffleter_:
-_je vous taperai; elle soufflette son enfant pour les moindres choses_.
-
-=Gigier=, n'est pas français; dites _gésier_, pour signifier le second
-ventre de certains oiseaux qui se nourrissent de graines.
-
-=Gigot=, s. m.: le _t_ ne se prononce pas.--C'est mal s'exprimer que
-de dire un _gigot de mouton_, car le mot gigot signifie à lui seul une
-cuisse de mouton; dites simplement un _gigot_.
-
-2. On ne dit pas _une gigue de mouton_, mais on dit une _gigue de
-chevreuil_.
-
-3. Ce mot n'est pas français dans le sens de mauvaise monnaie.
-
-=Gingembre=, s. m., racine des Indes qui a un goût de poivre; écrivez
-et prononcez _gingembre_ et non _gingenvre_.
-
-=Gironnée=, capacité du giron, n'est pas français.
-
-=Gisant=, _gisons, gisez, gisent, gisait, gisement_, etc.--Quelques-uns
-doublent l'_s_, et quoiqu'il en soit, on doit prononcer l'_s_ dure
-comme si elle était double: _son cadavre gisait_ (gissait) _dans son
-sang_.
-
-=Gît.=--_Ci-gît_, formule ordinaire par laquelle on commence les
-épitaphes; l'Académie ne dit pas si, lorsqu'il est question de
-plusieurs personnes, on doit dire _ci-gisent_; nous pensons que la
-grammaire l'exige.
-
-=Gîte.=--Ce mot est masculin: _chercher un gîte_.
-
-=Glaire=, humeur visqueuse, est féminin: _glaires teintes de sang_.
-
-=Glissoire, Glissade, Glissement.=--Beaucoup de personnes, et surtout
-les écoliers, confondent ces trois mots.--Une _glissoire_ est un
-chemin frayé sur la glace pour glisser en jouant; une _glissade_ se dit
-de l'action de glisser involontairement; un _glissement_ se dit de
-l'action de glisser: ce dernier mot est peu usité.--_Glisse_, dans le
-sens de _glissoire_, n'est pas français.
-
-=Gloire.=--Ne dites pas: _je me fais gloire d'être votre ami; je
-m'en fais gloire_; dites, _je fais gloire d'être votre ami; j'en fais
-gloire_.--Cependant on dit quelquefois _se faire une gloire de quelque
-chose_. (Acad.)
-
-=Gloriette=, dans le sens de berceau, de cabinet de verdure, est
-français. (_Bescherelle, Poitevin_).
-
-=Glorieux=, plein de vanité, de bonne opinion de lui-même, est
-français: _il a du mérite, mais il est un peu glorieux; il est sot
-et glorieux; c'est un esprit glorieux_. Il s'emploie quelquefois
-substantivement dans un sens analogue: _les glorieux se font haïr;
-c'est un glorieux, c'est une petite glorieuse_. (Acad.)
-
-=Gne, Gn.=--Prononcez _ensei-gner, enseigne-ment, dési-gner,
-dési-gnation, dai-gner, i-gnorant, i-gnorer, a-gneau, ma-gnifique_,
-etc., et non _enseign'ner, enseign'nement, désign'ner, désign'nation,
-daign'ner, ign'norant, ign'norer, agn'neau, magn'nifique_.--Les
-flamands, de leur côté, doivent éviter dans la prononciation de ces
-mots de séparer le _g_ de l'_n_ et de donner au premier le son d'un _h_
-ou bien le son guttural de leur _g_: _i-gnorant, ma-gnifique_, etc., et
-non _ih-norant, mah-nifique_ ni _igh'-norant, magh-nifique_.
-
-=Godaille=, s. f., mauvaise boisson, mauvais vin; _godailler_, boire
-avec excès;--ces mots sont français mais populaires: _c'est un
-ivrogne, il ne fait que godailler_.
-
-=Goëlette=, s. f., bâtiment léger; prononcez _goèlette_ (_oè_ diphth.)
-
-=Golza=, s. m., plante oléagineuse; écrivez et prononcez _colza_ et non
-_golza_. Voyez _chausson_.
-
-=Gomme=, s. f.; prononcez l'_o_ bref comme dans _homme_: _gomme_ et non
-_gô-me_.
-
-=Goulée=, correspond à _gueule_ et ne se dit guère qu'en parlant des
-animaux: _brebis qui bêle perd sa goulée_.--En parlant des personnes,
-on doit se servir du mot _bouchée_: _une bouchée de pain_.
-
-=Goulus= (_pois_), pois que l'on mange avec la cosse; ne dites pas
-_pois gourmands_.
-
-=Gourmet=, s. m., celui qui sait bien connaître et goûter les vins, les
-mets; _gourmeur_ n'est pas français.
-
-=Goût.= s. m.--Ne dites pas: _j'ai du goût de sortir, j'ai du goût de
-pleurer_; dites, _j'ai envie de pleurer, de sortir_.
-
-2. Ne dites pas: _cela est-il à votre goût?_ dites, _cela est-il de
-votre goût?_
-
-=Goûter.=--On dit _goûter un mets, goûter d'un mets_ et _goûter à un
-mets_.--On goûte _un mets_ pour savoir s'il est bon ou mauvais; on
-goûte _d'un mets_ quand on en mange comme aliment; on goûte _à un mets_
-pour savoir s'il y manque quelque chose et dans le dessein d'ajouter
-ce qui y manque. Dites, _j'ai goûté ce vin-là et je l'ai trouvé bon;
-j'ai mangé du rôti, mais je n'ai pas goûté du lièvre; le cuisinier a
-goûté dix fois à cette sauce avant de la servir_.
-
-2. Ne dites pas comme on entend dire tous les jours: _ce beurre ne me
-goûte pas; ce rôti m'a bien goûté; cela me goûte, cela ne me goûte
-pas_, pour exprimer que quelque chose est ou n'est pas de votre goût.
-Il est clair en effet que les personnes seules, et non les choses
-inanimées, peuvent goûter, c'est-à-dire exercer le sens du goût.
-Dites donc: _cela est de mon goût_ et non _cela me goûte_;--_j'ai
-trouvé ce rôti bon, excellent_ et non _ce rôti m'a bien goûté_;--_ce
-beurre est bon, a un bon goût, est de mon goût_ et non _ce beurre me
-goûte_;--_cela me semble bon, cela me plaît, cela a un bon goût, cela
-est de mon goût_, et non _cela me goûte_.
-
-3. Ne dites pas, comme on dit en flamand: _cela goûte bon_; dites,
-_cela est d'un bon goût_.
-
-4. Ne dites pas: _j'avais goût de sortir_; dites _... envie de sortir_.
-
-=Goutte.=--Ne dites pas: _mon frère ressemble à mon père comme deux
-gouttes d'eau_; dites, _mon père et mon frère se ressemblent comme deux
-gouttes d'eau_ (se ressemblent).
-
-2. _Goutte_, employé adverbialement pour donner plus de force à la
-négation, ne se dit que dans, _ne voir goutte, n'entendre goutte_: _il
-fait bien obscur ici, je ne vois goutte, je n'y vois goutte; c'est
-un homme qui ne voit goutte dans ses affaires; je n'entends goutte_
-(_je ne comprends rien_) _à ce qu'il dit; cette affaire est fort
-embrouillée, je n'y entends goutte_. (Acad.)--Ne dites, _je n'y vois
-goutte_, que lorsque le pronom _y_ se rapporte à un objet dont on
-vient de parler, comme dans notre premier exemple où _y_ se rapporte
-à _chambre_; c'est donc une faute de dire _je n'y vois goutte_, pour
-exprimer simplement que vous avez la vue mauvaise, sans vouloir faire
-entendre que vous ne voyez rien dans une chambre, dans un livre, ou
-tout autre objet déjà exprimé.
-
-3. Ne dites pas: _la marmite goutte_, pour exprimer que l'eau s'en
-échappe par une fente; dites _la marmite fuit_.
-
-4. Ne dites pas: _avoir les gouttes_, mais _avoir la goutte_; voyez
-_fièvre_.
-
-5. Prononcez _oû_ long dans _goûter, goûte, dégoûter, dégoûtant_, et
-_ou_ bref dans _goutter, goutte, dégoutter, dégouttant_.
-
-=Goutter=, dans le sens de tomber goutte à goutte, n'est pas français;
-dites _dégoutter_: _il pleuvait il n'y a qu'un moment, les toits
-dégouttent encore_ (et non _gouttent_); _quand il pleut sur le curé, il
-dégoutte sur le vicaire_ (et non _il goutte_).
-
-2. Ne dites pas: _il goutte, il commence à goutter_, en parlant de la
-pluie: dites, _il tombe des gouttes d'eau, il commence à pleuvoir_.
-
-=Gouttière=, ne signifie pas, _eau de pluie_, mais un _canal_ par où
-l'eau s'écoule des toits; ne dites donc pas _un seau de gouttière_,
-mais _un seau d'eau de pluie_.
-
-=Gouverne=, dans le sens de direction, est français: _je vous dis cela
-pour votre gouverne_.
-
-=Gozette.=--Ne dites pas: _ce boulanger fait de bonnes gozettes_;
-dites, _ce boulanger fait de bons chaussons_. (Wall.) Voyez _chausson_.
-
-=Grâce.=--_Avoir bonne grâce, avoir mauvaise grâce_, devant un
-infinitif, demandent la préposition _à_: _il a bonne grâce, mauvaise
-grâce à faire_ (et non _de faire_) _telle chose_.
-
-=Gracier=, v. act., remettre la peine à un criminel, est français; on
-l'emploie souvent au passif: _il a été gracié_. (Acad.)
-
-=Gracieux, euse=, adj.--N'écrivez pas _grâcieux_ mais _gracieux_ et
-prononcez _a_ bref;--il en est de même des mots _disgracieux, gracier,
-graciable, gracieuseté_, etc. Mais _a_ est long dans: _grâce, disgrâce,
-les trois Grâces, le Havre-de-Grâce, Grâce-Montegnée_.
-
-=Gradué=, s. m., celui qui a pris des degrés dans une des facultés
-de théologie, de droit, de médecine, des lettres. On dit: _c'est un
-gradué; les gradués de l'université_.--Prononcez _gradu-é, gradu-el,
-gradu-er_ et non _gradu-wé, gradu-wel, gradu-wer_.
-
-=Grain=, se dit du fruit et de la semence du froment, de l'épeautre,
-du seigle, de l'avoine, de l'orge, etc. Mais se serait une faute de
-l'employer pour désigner les froments, les seigles, l'épeautre en
-herbe et de dire: _les grains sont beaux; scier les grains; du grain
-en gerbe_; dites, _les blés, les froments_, etc., _sont beaux; scier
-les blés, les froments_, etc.; _du blé en gerbe_.--_Blé_ est un terme
-générique qui se dit de toutes les plantes qui produisent le grain dont
-on fait le pain.
-
-=Grammaire.=--L'Académie ne dit pas que les deux _m_ se prononcent,
-et les personnes qui parlent bien n'en font entendre qu'une seule
-dans ce mot et dans _grammairien_ (gra-mairien), _grammatical_
-(gra-matical) _grammaticalement_ (gra-maticalement), _grammatiste_
-(gra-matiste).--Prononcez donc _gra-maire_ et non _gram'maire_, ni
-_gran-maire_ comme dans _grand'mère_, ce qui serait excessivement
-ridicule: _une grand'mère qui fait des fautes de grammaire_. Voyez _mm_.
-
-=Grand.=--L'adjectif féminin _grand'_ est toujours invariable.--On
-dit _grand'chère_ (il n'a pas de pluriel).--_Grand'chose,
-grand'croix_; le pluriel est _grands-croix_ (Acad. au mot
-croix).--_Grand'garde_; le pluriel est _grand'gardes_.--_Grand'faim_:
-il n'a pas de pluriel.--_Grand'mère_; le pluriel est _grand'mères_.
---_Grand'messe_: on peut dire aussi _grande messe_; le pluriel est
-_grand'messes_.--_Grand'oncle_: prononcez _grantoncle_; le pluriel est
-_grands-oncles_.--_Grand'peine_ (_à_), difficilement.--_Grand'père_:
-le pluriel est _grands-pères_.--_Grand'peur_.--_Grand'pitié_.
---_Grand'soif_.--_Grand'tante_; le pluriel est _grand'tantes_.
---_Grand'route_ ne se trouve pas dans les dictionnaires.
-
-2. _Un grand homme_ est un homme d'un grand génie; _un homme grand_
-est un homme de grande taille.--_Une grande dame_ est une dame de
-haute condition; _une dame grande_, une dame de haute stature. Mais on
-dit: _un grand homme noir, une grande dame blonde_. _Un homme à l'air
-grand_, dont la physionomie annonce de la noblesse d'âme; _un homme
-du grand air_, qui vit à la manière des grands seigneurs. (SOULICE et
-SARDOU.)
-
-3. _Grande armée_: ne prononcez pas _gran-tarmée_, mais _gran-d'armée_,
-comme _darme_ dans _gendarme_.--Mais au masculin devant une voyelle ou
-une _h_ muette, ce _d_ final a le son de _t_: _grand_ (_t_) _homme,
-grand_ (_t_) _arbre_.
-
-4. _Grand'chose_, s. fém.--On dit: _il n'a pas fait grand'chose de
-beau, de bon_, c'est-à-dire, _grand'chose de ce qui est beau, de ce qui
-est bon_.--Ne dites pas _grande chose_.--Voyez _chose_.
-
-=Grandeur=, s. f.--Il ne faut pas employer ce mot comme synonyme de
-_gloire_: _la gloire_ (et non _la grandeur_) _le perdra; faire une
-chose par nécessité et non par gloire_.
-
-=Grandir=, v. n., se conjugue avec _avoir_ ou avec _être_, selon que le
-sens permet de poser l'une ou l'autre des deux questions: _qu'a-t-il
-fait_ ou _que lui est-il arrivé?_--_cet enfant a bien grandi en peu de
-temps; vous êtes bien grandi_.--Voyez _vieillir_.
-
-=Granit=, s. m., pierre dure: prononcez _granite_.
-
-=Gras, asse=, adj.--Ne dites pas: _il fait gras_, mais _il fait chaud,
-l'air est étouffant_.
-
-=Grasseyer=, v. n., parler gras: écrivez et prononcez =grasseyer=,
-_grasseyement_ et non _gracier, graciement_.
-
-=Gratis=, adv., sans frais: prononcez _grâtice_.
-
-=Gratte=, n'est pas français; il faut dire _égratignure, marque_: _se
-faire une égratignure_.
-
-=Gratter=, signifie frotter, râcler et ne doit pas s'employer pour
-_égratigner_: _le chat l'a égratigné; s'il ne mord, il égratigne_. Mais
-on dira: _le chat gratte à la porte; gratter une muraille; se gratter
-l'oreille en signe d'embarras_.
-
-=Gratuit, Gratuitement=: prononcez _gratuit, gratuitement_ (_a_ bref)
-et non _gratu-wit, gratu-witement_.
-
-=Grave=, adj., pesant, sérieux: prononcez _grâ-ve_ (_â_ long) et non
-_grâ-fe_.
-
-2. _Grave_ (_il_), du verbe graver: prononcez _gra-ve_ (_a_ bref).
-
-=Greffe=, s., petite branche pour greffer, est _féminin_: une belle
-greffe de pommier.--_Greffe_, lieu d'un tribunal où sont déposées les
-minutes des jugements, des arrêts, etc., est _masculin_: _les pièces
-sont au greffe_.
-
-2. _Greffe_, petit brin de bois, de baleine, etc., dont les enfants qui
-apprennent à lire, touchent les lettres qu'ils veulent épeler; ce mot
-est wallon;--en français on dit _touche_.
-
-=Grelot, Grelotter=: prononcez, _grelot, grelotter_ (_e_ muet) et non
-_grèlot, grèlotter_.
-
-=Grenade.=--Ne nommez pas ainsi les petites écrevisses de mer qu'on
-colporte aux estaminets; dites, _chevrette_ et mieux _crevette_.
-
-=Grenier=: écrivez et prononcez _grenier_ (_e_ muet) et non _grènier_
-ni _gregnier_.--Dites _au grenier_ et non _sur le grenier_.
-
-=Grenouille=, s. f.: prononcez _grenouille_ (_e_ muet et _ll_
-mouillées) et non _grènouille_.
-
-=Grésil=, s. m., menue gelée: prononcez _grésile_.
-
-=Grève= ou =Gravelle=, gros sable mêlé de fort petits cailloux, de
-fort petites pierres, sont des barbarismes qu'il faut rendre par
-_gravier_: _il n'y a pas de terre franche en cet endroit-là, ce n'est
-que du gravier_.--_Grève_, s. f., signifie proprement un lieu plat et
-uni, couvert de gravier, de sable, le long de la mer ou d'une grande
-rivière: _les vagues se déploient sur la grève; la grève était couverte
-de débris_.--_La Grève_ se dit, à Paris, d'une place publique qui
-est située sur le bord de la Seine et où l'on faisait autrefois les
-exécutions.
-
-=Gribouillette=, s. f., jeu d'enfants; on dit _jeter une chose à la
-gribouillette_, c'est-à-dire la jeter au milieu d'une troupe d'enfants
-qui cherchent à s'en saisir.
-
-=Grière.=--Ne dites pas: _du fromage de grière_, mais du fromage de
-_Gruyère_ (ville de Suisse).
-
-=Grièveté=, s. f., énormité: prononcez _grièv'té_ et non _grièf'té_.
-
-=Griffer=, v. n.--Ne dites pas: _le chat m'a griffé_; dites, _le chat
-m'a égratigné_.--_Griffer_ signifie, prendre avec la griffe: _les
-oiseaux qui griffent sont le perroquet_, etc.
-
-=Griffon.=--Ne dites pas un _griffon_, pour indiquer une écriture mal
-formée qu'on lit difficilement; dites _un griffonnage_.
-
-=Grignon=, est le côté jaune et doré de la croûte du pain; ne dites pas
-_grignot_ ni _grignotte_.
-
-=Gril, Grille.=--Les _ll_ de ces mots sont mouillées, cependant
-_gril_, dans le langage familier, se prononce _gri_. (Acad.)--_Le gril_
-(masculin) est un ustensile de cuisine sur lequel on fait rôtir de la
-viande, du poisson, etc.: _mettre du boudin sur le gril_.--_La grille_
-est formée de plusieurs barreaux de bois ou de fer se traversant les
-uns les autres pour empêcher qu'on ne passe par une fenêtre, par une
-ouverture;--_grille_ signifie aussi des barres de fer sur lesquelles on
-place le charbon dans un fourneau, dans un poêle au-dessus du cendrier.
-
-=Grillon=, espèce de cigale à chant monotone; ne dites pas _criquillon_
-ni _criquion, crition_.
-
-=Gringalet=, s. m., homme faible, débile, sans force; ce mot est
-français: _ce n'est qu'un gringalet_.
-
-=Grippe=, s. f.--_Prendre quelqu'un en grippe_, ou _se prendre de
-grippe contre quelqu'un_, se prévenir défavorablement contre lui, sans
-pouvoir rendre raison de sa prévention.--Ces deux locutions sont
-françaises; la première était seule admise autrefois.
-
-=Gripper=, attraper, saisir subitement; ce mot est français: _ce chat a
-grippé un morceau de viande; il a grippé la souris à la sortie du trou;
-on lui a grippé sa bourse_; on dit aussi _griffer_.
-
-=Grogner=, v. n., gronder, gourmander, murmurer, réprimander; ce mot
-est français: _il ne cesse de grogner après moi_.
-
-=Grognon=, adj., qui grogne actuellement ou qui a l'habitude de
-grogner; les vrais mots sont _grogneur_ et _grognard_; mais le mot
-_grognon_ est aujourd'hui fort usité et admis par l'Académie comme un
-adjectif des deux genres. Voyez _groin_.
-
-=Groin=, museau du cochon, ne dites pas _grognon_.
-
-=Gros.=--_Donner gros, valoir gros_, sont des expressions triviales
-et qu'il faut éviter d'employer; dites donc: _cette charge doit
-lui valoir, lui rapporter beaucoup_ et non, _cette charge doit lui
-valoir gros_. Dites encore: _je donnerais beaucoup pour avoir de
-l'instruction_, et non, _je donnerais gros..._
-
-=Grossier=, _impoli, rustique_: voyez _rustique_.
-
-=Groom=, s. m., petit laquais; prononcez _groûme_.
-
-=Grouiller, Grouillement=: _le ventre lui grouille; grouillement des
-intestins_: ne dites pas, _grouler, groulement_.
-
-=Gruger=, dans le sens de tromper, n'est pas français.
-
-=Gruyère= (_fromage de_).--_Gruyère_ est une petite ville de Suisse
-d'où ce fromage a tiré son nom. Ne dites pas _fromage de Gruère_ ni _de
-Grière_.
-
-=Gu= et =Guë= sont sonores à la fin des mots, mais ces deux
-terminaisons ne comprennent que les cinq masculins _aigu, ambigu,
-contigu, exigu, zagu_, les six féminins _aiguë, ambiguë, ciguë,
-contiguë, exiguë, besaiguë_ ou _besaguë_, et le verbe _j'arguë_.
---L'Académie met le tréma sur l'_e_ et non sur l'_u_.
-
-2. _Gu_ est également sonore, et fait diphthongue avec la voyelle
-suivante dans _aiguille_ et ses dérivés, _aiguillon_ et ses dérivés,
-_aiguillade_ (mais non _aiguillat_, terme d'histoire naturelle),
-_aiguiser, aiguisement, ambiguïté, contiguïté, exiguïté, arguez, nous
-arguons, vous arguez_, etc.--Ajoutez _consanguinité, sanguinification_
-(mais non _sanguin, sanguinaire, sanguinolent, sanguine_ qui ont l'_u_
-muet et où l'on ne fait entendre qu'un _g_ dur), _inextinguible,
-linguiste, linguistique, onguiculé, Guise_ (nom propre).--Il faut
-prendre garde cependant de prononcer dans ces mots _gui_ comme _goui_;
-on évitera ce défaut en s'exerçant d'abord à appuyer fortement sur
-l'_u_ et à le séparer en quelque sorte de la voyelle suivante; plus
-tard on rétablira la diphthongue.
-
-3. Dans tous les autres mots, _gu_ a la valeur d'un _g_ dur et l'_u_ ne
-se fait pas sentir: _anguille, guérir, gui, guignon, guichet, guise_,
-etc.
-
-=Guenille, Guenipe.=--Une _guenille_ est un haillon, un chiffon;--une
-_guenipe_ ou _guinche_ est une femme malpropre: _cet homme ne porte
-que des guenilles; cette femme est une franche guenipe_.--Prononcez
-_guenille_, (_ll_ mouillées), _guenipe_ (_e_ muet) et non _guènille,
-guè-nipe_.
-
-=Guère=, ou =Guères=, adv.--On n'écrit _guères_ (_s_) que dans les vers,
-lorsqu'il est nécessaire à la rime ou à la mesure.
-
-2. _Guère_ est toujours accompagné de la négation; dites donc: _il ne
-s'en est guère fallu_, et non, _il s'en est guère fallu_.--Quoique
-l'on dise: _il s'en faut de beaucoup_, on ne peut pas dire pourtant:
-_il ne s'en faut de guère_: dites, _il ne s'en faut guère_.
-
-=Guêtre=, s. f., sorte de chaussure qui couvre la jambe: prononcez
-_guê-tre_ et non _guette_; dites _se guêtrer_, mettre des guêtres, et
-non _se guetter_.
-
-=Guette.=--Ne dites pas: _ce chien est de bonne guette_, mais _de bon
-guet_.
-
-=Gueule=, s. f., la bouche de certains quadrupèdes carnassiers et
-de plusieurs poissons. On dit la _gueule_ d'un chien, d'un loup,
-d'un lion, d'un crocodile, d'un requin, etc.--La _gueule_ est une
-grande bouche d'animal carnassier, armée de fortes dents: voyez
-_bouche_.--Prononcez _gueule_ et non _gueuille_.
-
-=Gueuler, Gueulard=, termes bas; dites _criailler, criailleur_.
-
-=Gueusard=, coquin, est populaire. (Acad.)
-
-=Gueux=, adj., nécessiteux, indigent, mendiant; il signifie quelquefois
-aussi coquin, fripon: _ne vous fiez pas à cet homme-là, c'est un gueux_.
-
-=Gui=, s. m., plante parasite qui naît sur les branches de certains
-arbres, du poirier, du pommier, de l'aubépine, du chêne, du peuplier,
-etc.: _le gui donne de la glu_.--Prononcez _ghi_ (_g_ dur) et non
-_gu-i_: voyez _gu_.
-
-=Guide=, celui qui guide, qui conduit, est masculin;--_guide_, rêne,
-est féminin: _la guide du côté droit_.--Prononcez _ghi-de_ et non
-_gu-ide_ ni _ghi-te_; mais dans _le Guide_, nom de peintre, _gui_ fait
-dipthongue.
-
-=Guignonnant=, adj.: _perdre cinq parties de suite, c'est guignonnant_
-(c'est du guignon, du malheur, c'est contrariant). Ce mot figure dans
-les dictionnaires et est d'un fréquent usage au jeu.--Ne dites pas:
-_guignon guignolant_, mais _guignon guignonnant_.
-
-=Guinée=, s. f., monnaie d'Angleterre, pièce de 25 francs: prononcez
-_ghinée_ et non _gu-inée_.
-
-=Gutta-percha=, gomme résineuse: prononcez _gutta-perka_; ce mot est
-féminin: _de la gutta-percha_. (POITEVIN).
-
-=Guttural=, adj., qui appartient au gosier: on prononce les deux _t_.
-
-
-
-
- H
-
-
-=H.=--L'_h_ est muette ou aspirée. Elle est _muette_, quand elle ne se
-prononce pas, comme dans _l'homme, l'histoire, adhérer, inhumer_, qu'on
-prononce comme s'il y avait _l'omme, l'istoire, adérer, inumer_. Elle
-est _aspirée_, quand elle se prononce un peu du gosier, comme dans _le
-héros, la haine, les hiboux_.--Cependant on peut aussi ne pas faire
-sentir l'_h_ aspirée et dire: _le éros, la aine, les iboux_. Cette
-prononciation est préférable, mais il faut éviter dans ce cas de faire
-l'_élision_ de la voyelle ou la _liaison_ de la consonne qui la précède
-avec la voyelle qui la suit: ainsi vous ne direz pas _l'éros, l'aine,
-lè-ziboux_, mais _le éros, la aine, lè iboux_.--L'usage seul peut
-servir de guide pour distinguer ces deux sortes d'_h_; dans le doute,
-il faut avoir soin de recourir au dictionnaire; cette recommandation
-est d'autant plus importante, surtout pour les étrangers, que l'erreur
-ici prêterait souverainement au ridicule.--Dans notre _Dictionnaire_,
-l'astérisque * indique que l'_h_ est _aspirée_.
-
-=Habile=, adj.--Il régit la préposition _à_ devant un infinitif et les
-prépositions _en_ ou _dans_ devant un nom: _habile à manier le pinceau;
-habile dans les affaires, habile en affaires_.
-
-2. _Habile_, signifie capable, intelligent, adroit, savant: _un
-ouvrier habile, un avocat habile, un habile général_; on le dit
-quelquefois en mauvaise part: _il est habile à tromper; c'est un habile
-fripon_.--_Habile_ signifie aussi, en terme de jurisprudence, qui est
-capable ou qui a droit de faire une chose: _être habile à succéder_.
-
-3. _Habile_ se dit aussi populairement pour _diligent, expéditif_: _ce
-copiste est habile, il aura bientôt écrit ce mémoire_. (Acad.)
-
-4. Mais _habile_ (ou _habïe, abïe_) ne peut jamais s'employer
-adverbialement dans le sens de _vite_: _accourez habile; allez habile;
-habile! habile!_ dites, _accourez vite; allez vite; vite! vite!_
-(Wall.) Prononcez _abile_ et non _abille_ (_ll_ mouillées).
-
-=Habileté= et =Habilité.=--Il ne faut pas confondre ces deux mots;
-l'_habileté_ est la qualité de ce qui est habile, le talent, le savoir,
-la capacité, l'intelligence.--_Habilité_ n'est guère en usage que
-comme terme de jurisprudence et dans cette locution, _habilité à
-succéder_ (aptitude à). (Acad.)
-
-=Habiller= _de neuf_: voyez _neuf_.
-
-=Habit.=--Ce mot indique plus spécialement un vêtement d'homme; en
-parlant d'une femme, employez le mot _vêtement, robe, jupe_, etc.:
-_maman a mis sa plus belle robe_, et non, _son plus bel habit_.
-
-2. _Un nouvel habit_, est un habit différent de celui que l'on vient de
-quitter; _un habit nouveau_ est un habit de nouvelle mode.
-
-*=Hache.=--L'_h_ est aspirée ainsi que dans tous les mots dérivés,
-_hacher, hachette, hachis_, etc.--Prononcez _ha-che_ et non _hage_.
-
-*=Haie=, s. f., clôture d'épines, de ronces, etc.; prononcez _haî_
-(_aî_ long) et non _hai-ïe_.
-
-*=Haïe=, interj., cri pour animer les chevaux: prononcez _ha-î_ (deux
-syll.)
-
-*=Haine=, _haïr, haïssable, haineux_.--Dites, _je hais, tu hais,
-il hait, hais_ (impératif) et non, _je haïs, tu haïs, il haït,
-haïs_.--Partout ailleurs écrivez et prononcez _ha-ïr, ha-ï, ha-ïssais_,
-etc.
-
-*=Haire= et =Hère=.--_Haire_, s. féminin, est une espèce de petite
-chemise rude que l'on met sur la peau par esprit de mortification:
-_revêtir la haire et le cilice_.
-
-2. _Hère_, s. masculin, se dit par dérision d'un homme sans
-considération, sans fortune, sans mérite; on ne l'emploie guère que
-dans la locution: _pauvre hère; c'est un pauvre hère_. (Acad.)
-
-=Hakcelle=, n'est pas français; dites _paille hachée_ (à l'aide du
-_hache-paille_).
-
-=Haleine, Alène.=--L'_haleine_ est le souffle de la respiration;
-l'_alène_ est un instrument de cordonnier.
-
-*=Haleter=, être hors d'haleine.
-
-*=Halo=, s. m., cercle lumineux autour des astres.
-
-*=Halte=, s. f. et interj.--Prononcez _halte_ et non _hale_.
-
-*=Hamac=, s. m., lit suspendu dans les navires: prononcez _hamaque_.
-
-=Hameçon=, s. masculin, crochet pour prendre les poissons; l'_h_ est
-muette: _prendre du poisson à l'hameçon_.
-
-*=Han=, s. m., terme populaire pour exprimer le bruit sourd que fait un
-homme qui frappe un coup avec effort.
-
-*=Hanche=, s. f., partie du corps où tient la cuisse; prononcez
-_han-che_ et non _han-ge_.
-
-*=Hanneton=, s. m.:--l'_h_ est aspirée: _les enfants font la guerre
-aux hannetons_.
-
-*=Happelopin=, est un mot français qui signifie valet fripon et
-gourmand.
-
-*=Happer=, se dit proprement d'un chien, lorsqu'il prend avidement
-avec la gueule ce qu'on lui jette: _on lui jeta un morceau et il le
-happa_.--Il signifie figurément et familièrement, attraper, saisir,
-surprendre à l'improviste: _il s'est laissé happer par les huissiers;
-les gendarmes l'ont happé_.--Mais il ne signifie jamais _voler_ comme
-en wallon.
-
-*=Haquet=, s. m., espèce de charrette longue et étroite, sans
-ridelles, qui sert surtout à voiturer des tonneaux: _un haquet de
-brasseur_;--_haquetier_ est le conducteur du haquet.
-
-*=Hardes=, s. f. pl., tout ce qui est nécessaire pour l'habillement; il
-n'a pas de singulier.
-
-*=Hardi=, _hardiesse, hardiment_, etc.: l'_h_ est aspirée.
-
-*=Hareng=, (le _g_ ne se prononce pas), _harengaison, harengère,
-harangade, haranguière_; l'_h_ est aspirée dans tous ces mots.
-
-*=Haricot= (le _t_ ne se prononce pas): ne dites pas _des zaricots_,
-mais _des haricots_ (_h_ aspirée).
-
-*=Haridelle=, s. f., un mauvais cheval maigre: _une vieille haridelle_.
-
-=Harlequin=, n'est pas français; écrivez _arlequin_: _un habit
-d'arlequin_.
-
-=Harmonier, Harmoniser=, v. a. ou pr., mettre en harmonie: le dernier
-verbe, quoique mal fait, est le plus en usage.
-
-*=Harnais.=--L'_h_ est aspirée ainsi que dans tous les dérivés:
-_harnacher, harnachement_, etc.--On dit aussi _harnois_ pour
-_harnais_, mais seulement en poésie et dans le style soutenu.
-
-*=Harpe=, _harpiste, harpeur, harpie, harpon_.
-
-*=Hart=, s. f., espèce de lien d'osier ou de bois très-souple pour lier
-les fagots; corde qui servait à étrangler les criminels condamnés à la
-peine de mort: _mériter la hart, la hart au cou_.--Prononcez _hare_.
-
-*=Hasard=, _hasarder, hasardeux, hasardeusement_: l'_h_ est aspirée
-dans ces mots; ne dites donc pas: _je joue à l'hasard; j'hasarde cette
-somme_, etc.; mais, _je joue au hasard, je hasarde_,...
-
-2. _Hasard_, ne s'emploie au pluriel que dans le sens de _péril,
-risques_: _les hasards de la guerre_.
-
-3. _Hasarder_, devant un infinitif, demande la préposition _de_;--_se
-hasarder_ veut _à_: _hasarder de faire une chose_; _je me hasarderai à
-faire cette démarche_.
-
-*=Hâte=, _hâter, hâtif_, etc.: prononcez l'_â_ long.
-
-2. Ne dites pas: _à toute hâte_ (_toute âte_) mais _à toute hâte_ (_h_
-aspirée).
-
-*=Hâter= (=se=) régit la prépos. _de_: _se hâter de répondre_.
-
-*=Haut.=--Ne dites pas, _monter en haut, descendre en bas_, mais
-simplement, _monter_ et _descendre_, à moins qu'on ne veuille dire
-_tout en haut, tout en bas_, par opposition à ce qui est _moins haut,
-moins bas_: _montez en haut_ (_de l'échelle_) c'est-à-dire, _allez
-jusqu'au dernier échelon_ et ne vous arrêtez pas à mi-chemin.
-
-2. Ne dites pas non plus _monter en haut_ pour, _monter à l'étage_;
-dites, _monter au premier, au second_.
-
-3. Ne dites pas: _les élèves appliqués pourront passer dans une classe
-plus haute_; dites, _dans une classe supérieure_ et mieux, _pourront
-monter d'une classe_: cette dernière locution est généralement employée
-en France dans ce cas.--Voyez _descendre_.
-
-4. _Haut ton_ et _ton haut_, ne sont pas synonymes: _prendre le haut
-ton_, signifie prendre le ton, les manières de la haute société;
-_prendre un ton haut_, veut dire prendre un ton fier, arrogant,
-menaçant.
-
-*=Hautain=, adj., fier, orgueilleux, fait au féminin _hautaine_ et non
-_hautine_; prononcez _hautène_ (au fém.) et non _hautin-ne_.
-
-*=Hautement=, adv.--Ce mot, dit l'Académie, n'est guère d'usage
-au propre; au figuré, il signifie hardiment, librement.--Il ne
-faut pas le confondre avec l'adverbe _haut_: on dit _hautement_ sa
-pensée, c'est-à-dire, hardiment, résolument; on dit, _il parle haut_,
-c'est-à-dire, d'une voix haute.
-
-*=Havet=, s. m., croc, crochet en fer, est français.
-
-*=Havir=, v. a., se dit de la viande qui se dessèche au feu sans cuire
-en dedans; ce mot est peu usité, dit l'Académie.
-
-*=Havre-sac=, s. m., sac de soldat, d'ouvrier; ne dites pas
-_havère-sac_ ni _havur-sac_ ni _hafe-sac_.
-
-=Hébreu.=--L'_h_ est muette: _ce que vous me dites est de l'hébreu
-pour moi_ (je n'y vois goutte), et non, _du hébreu_.
-
-=Hectare, Hectolitre=, sont masculins; l'_h_ est muette ainsi que dans
-tous les mots qui appartiennent au système légal des poids et mesures.
-
-*=Hein.=--Interjection familière dont on accompagne quelquefois une
-interrogation ou une phrase qui exprime l'étonnement: _voulez-vous,
-hein?--Hein, que dites-vous là?_--Prononcez _hin_.
-
-=Hélas=, interj. (et non _hélàs_): prononcez _élâce_ (_â_ long) et non
-_éla_ ni _élâ_.
-
-=Héliotrope=, genre de plantes; ce substantif est masculin: _de beaux
-héliotropes_.
-
-*=Hem=, interjection dont on se sert pour appeler: _hem, hem, venez çà_.
-
-=Hémi=, mot qui commence plusieurs termes de sciences, d'arts et qui
-signifie _demi_; il est invariable et l'_h_ est muette.
-
-=Hémisphère=, s., la moitié d'une sphère, est masculin: _l'un et
-l'autre hémisphère_.
-
-=Hémorragie=, s. f.--Puisque ce mot signifie par lui-même _perte de
-sang_, vous ne pouvez pas plus dire _une hémorragie de sang_ que du feu
-chaud, de l'eau humide; dites simplement _une hémorragie_.
-
-*=Hennir=, _hennissement_ (cri du cheval): prononcez _hanir,
-hanissement_.
-
-*=Henri=, n. pr.--Dans la conversation seulement l'_h_ devient
-muette.--L'_h_ est également aspirée dans _Henriette_.
-
-=Héritance=, n'est pas français; dites _héritage, succession_; ce mot
-s'est dit autrefois pour _hérédité_.
-
-*=Hernie=, _herniaire, hernieux_.
-
-*=Héron=, _héros, herse, herser, héraut, hérisson_.--L'_h_
-d'_héroïsme, héroïque, héroïne_ est muette.
-
-=Hésiter=, devant un infinitif, demande la préposition _à_: _il
-n'hésita pas à_ (et non _de_) _répondre_: l'_h_ est muette.
-
-*=Hêtre=, s. m., arbre; prononcez _hè-tre_, et non _hè-te_, ni
-_hè-tère_.
-
-=Heure, Lieue.=--_Heure_ est une mesure de temps et _lieue_ une mesure
-de chemin; dites donc: _il y a six lieues de Liége à Huy_, et non _il
-y a six heures_; mais vous pourrez dire: _nous avons fait six lieues_
-(de chemin) _en cinq heures_ (de temps).--Nous n'oserions cependant
-pas condamner absolument, surtout dans la conversation et dans le
-style épistolaire qui n'est qu'une conversation écrite, l'emploi du
-mot _heure_ pour _lieue_, quoiqu'il soit préférable, au demeurant, de
-conserver à chaque mot sa véritable signification.
-
-2. Si vous ignorez quelle heure il est, dites, _quelle heure
-est-il?_--Si vous entendez l'heure sonner et que vous vouliez savoir
-l'heure qui sonne, dites: _quelle heure est-ce?_
-
-3. Ne dites pas: _il est arrivé à ces heures-ci, vers ces heures-ci_;
-dites, _à cette heure-ci, vers cette heure-ci_.
-
-4. Ne dites pas non plus: _j'irai vous voir vers les une heure_, mais,
-_vers une heure_.
-
-5. Ne dites pas: _dix heures est sonné_, mais, _dix heures sont
-sonnées_.
-
-6. Ne dites pas: _une heure de temps_; dites, simplement _une heure_.
-
-7. Ne dites pas: _le quart avant quatre_ ou _pour quatre_, mais,
-_quatre heures moins un quart_.
-
-8. Ne dites pas: _ce malade doit prendre des pilules tout les
-demi-heures, tout les deux heures; il part un courrier tout les
-vingt-quatre heures_; dites, _toutes les demi-heures, toutes les deux
-heures, toutes les vingt-quatre heures_.--On dira de même: _je vais
-voir mes parents toutes les trois semaines_, et non _tout les trois
-semaines_, etc. _Tout_ ici est adjectif et non adverbe et doit par
-conséquent prendre le genre et le nombre du nom auquel il se rapporte.
-
-9. Ne dites pas: _je suis à bonne heure_, mais _de bonne heure_;--_trop
-de bonne heure_, mais _de trop bonne heure_;--_de plus bonne heure_,
-mais _de meilleure heure_.
-
-10. _Quatre heures_, ne peut pas se dire pour désigner le léger repas
-entre le dîner et le souper; dites _goûter_: _je m'en vais goûter; j'ai
-fait un bon goûter_.
-
-*=Heurler=, n'est pas français; dites _hurler_.
-
-*=Heurter=, v. a., toucher, choquer rudement; ne dites pas avec maintes
-personnes _hurter_.
-
-*=Heurtoir=, s. m., marteau pour frapper à une porte.
-
-=Hiatus.=--L'Académie écrit _l'hiatus_ (_h_ muette); prononcez
-_hiatuce_.
-
-*=Hibou=, s. m., oiseau nocturne.
-
-*=Hie=, s. f., instrument dont on se sert pour enfoncer les pavés;
-on l'appelle communément _demoiselle_.--C'est aussi un instrument
-qui sert à enfoncer des pieux en terre et que l'on nomme vulgairement
-_mouton_. (Acad.)
-
-=Hier=, adv.--Prononcez _avan-t-hier, dès_ (_z_) _hier_, et non
-_avan-hier_ ni _avan-z-hier_, ni _dè-hier_; cependant, dans la
-conversation, on peut dire _avan'hier_.
-
-=Historien, Historiographe=, s. m.--_Historien_, celui qui écrit
-l'histoire;--_historiographe_, celui qui est nommé par un brevet du
-prince pour écrire l'histoire du temps: _Racine était historiographe de
-Louis XIV sans être historien_.
-
-*=Hoche=, s. f.: voyez _taille_.
-
-*=Hochequeue=, s., sorte de petit oiseau, ainsi appelé parce qu'il
-remue continuellement la queue; ce mot est masculin: _un jeune
-hochequeue_.--_Hochecul_ n'est pas français.
-
-*=Hocher=, secouer, branler: _hocher la tête; hocher un arbre pour en
-faire tomber les fruits_.
-
-*=Hochet= (de houille) n'est pas français; dites _briquette_ (et non
-_boulette_).
-
-*=Hollande=, _Hollandais, Hongrie, Hongrois_.--L'_h_ est aspirée dans
-tous ces mots. Ne dites donc pas: _en n'Hollande, les z'hollandais_,
-mais _en Hollande, les hollandais_.
-
-2. On disait autrefois _de l'eau de la reine d'Hongrie_; quelques
-personnes disent encore _de la toile d'Hollande, du fromage
-d'Hollande_: cet usage, dit Ch. Nodier, est celui des blanchisseuses
-et de l'office; il ne doit pas faire loi au salon.--Aujourd'hui on
-dit _de l'eau de la reine de Hongrie, de la toile, du fromage de
-Hollande_.--Prononcez _Holan-de_ et non _Hol-lande_ ni _Holan-te_.
-
-*=Hom=, interj., exclamation qui exprime le doute, la défiance: _hom!
-il est encore bien jeune_; prononcez _home_.
-
-*=Homard=, s. m., grosse écrevisse de mer: _un homard, des homards_ et
-non _un n'homard, des z'homards_.--Prononcez _homare_.
-
-*=Honnête=, adj.--_Un homme honnête_ est un homme poli; _un honnête
-homme_ est un homme de probité.
-
-=Honneur=, s., est masculin.
-
-2. Ne dites pas: _on a érigé à Liége une statue à l'honneur de Grétry_,
-mais, _en l'honneur_ ou _en honneur de Grétry_.
-
-3. Ne dites pas: _cet élève fera de l'honneur à son professeur_; mais,
-_... fera honneur à son professeur_.
-
-4. Ne dites pas: _vous en avez de l'honneur_; mais, _cela vous fait
-honneur_.
-
-=Honoraires=, s. m. pl.: voyez _gage_.
-
-=Honoré, ée=, adj.--Ne dites pas: _en réponse à votre honorée du 24
-juillet_; dites, _en réponse à votre lettre..._
-
-*=Honte, Honteux.=--L'_h_ est aspirée: ainsi ne dites pas, _cela est
-t'honteux_, mais _cela est honteux_ (en aspirant l'_h_).
-
-2. Ne dites pas: _j'étais honteux pour me présenter ainsi_; dites, _...
-de me présenter ainsi_.
-
-=Hôpital=, s. m.: prononcez _hopital_ (_o_ bref). Voyez _o_.
-
-*=Hoquet=, mouvement convulsif de l'estomac; prononcez _hoquè_, et non
-_hoquette_ ni _hiquette_, qui ne sont pas français.
-
-=Horloge=, est féminin: _une horloge bien réglée_ et non _un horloge
-bien réglé_.
-
-2. Ne dites pas: _je l'ai attendu deux heures d'horloge_; dites, _deux
-heures durant_, ou _deux heures tout entières_.
-
-=Horr=, _initial_, fait toujours entendre les deux _rr_: _horreur,
-horrible, horriblement, horripilation_.
-
-*=Hors=, prép.--Ne dites pas: _j'ai lu hors d'un livre une anecdote
-fort amusante_; dites, _j'ai lu dans un livre..._ (Fland.)
-
-2. Ne dites pas: _on a cherché les plus beaux dehors_; dites, _on en a
-pris, on en a choisi les plus beaux_.
-
-3. Ne dites pas: _il passe son temps à regarder hors de la fenêtre_;
-dites, _à regarder par la fenêtre_.
-
-4. Ne dites pas: _je suis sorti hors de chez moi vers quatre heures_;
-mais, _je suis sorti de chez moi..._
-
-5. Ne dites pas: _Monsieur est-il ici? non, il est hors ville_; dites,
-_il est absent, en voyage, à la campagne, il est sorti de la ville_.
-
-6. Ne dites pas: _on lui a pris son argent hors de sa poche_; dites,
-_... de sa poche_.
-
-7. Ne dites pas: _je vais tirer mon mouchoir hors de ma poche_; dites,
-_de ma poche_, comme on dit, _tirer de l'argent de son coffre, de sa
-bourse, de sa poche; tirer l'épée du fourreau_.
-
-8. N'employez pas _hors_ qui est préposition pour _dehors_ qui est
-adverbe;--_hors_ doit toujours être suivi d'un complément: _hors
-d'ici, hors de la maison, hors du pays_. Lors donc que _hors_ n'a
-pas de complément et qu'il devrait être placé isolément, il faut le
-remplacer par l'adverbe _dehors_ qui correspond à _dedans_; dites donc:
-_votre père est-il à la maison? non, il est dehors_, et non, _il est
-hors_.--_Dehors_, de son côté, étant adverbe, ne peut pas avoir de
-complément; ne dites donc pas: _mon jardin est dehors de la ville_ ou
-_dehors ville_, mais _hors de la ville_.--Il en est de même de _dans_
-et _dedans_; _avant_ et _auparavant_; _sur_ et _dessus_; _sous_ et
-_dessous_, etc.
-
-=Hortensia=, s., arbrisseau du Japon, est _masculin_: _un bel
-hortensia_.
-
-=Hostie=, s. f., ne doit pas s'employer dans le sens de _pain à
-cacheter_; il ne se dit que du pain que le prêtre consacre à la messe.
-
-=Hôte=, _hôtesse_, s., qui tient un cabaret, une auberge; celui qui
-vient manger; celui qui héberge, qui donne l'hospitalité ou qui est
-hébergé: prononcez _ôte_ (_ô_ long).
-
-=Hôtel=, _hôtellerie, hôtelier_: prononcez _otel, otell'rie, otelier_
-(_o_ bref): on dit _un hôtel_ et non _une hôtel_.--Voyez _o_ et
-_maison_.
-
-*=Houe=, s. f., instrument de fer, large et recourbé, qui a un manche
-de bois, et avec lequel on remue la terre en la tirant vers soi: _vigne
-labourée à la houe_.--Prononcez _hoû_ (_oû_ long) et non _hou-we_.
-
-*=Houer=, v. a., labourer une terre avec la houe: _il faut houer cette
-terre_.--Il est aussi neutre: _ce vigneron ne fait que houer toute la
-journée_.--Prononcez _hou-er_ et non _hou-wer_.
-
-*=Houille=, s. f.--Ne dites pas: _le marchand d'houille_, mais, _le
-marchand de houille_ (_h_ aspirée).
-
-*=Houp=, interjection pour appeler: prononcez _houpe_.
-
-*=Houppe, Huppe.=--Une _houppe_ est un assemblage de laine, de fil
-qui se nomme autrement _gland_; (voyez _floche_); une _huppe_ est une
-touffe de plumes que certains oiseaux portent sur la tête: _mettre
-des houppes à des chevaux de carosse; la houppe d'une ceinture, d'un
-bonnet;--la huppe_ (et non _la houppe_) _d'une alouette_.--On dit
-aussi _huppé_ dans ce sens: _poule huppée_.
-
-*=Houssard, Husard, Hussard.=--L'_h_ est aspirée dans les trois mots:
-voyez _hussard_.
-
-*=Hoyau=, s. m., sorte de houe à deux fourchons, qui sert à fouir la
-terre.
-
-=Hubert=, n. pr.--D'après nous, l'_h_ devrait être aspirée,
-puisqu'elle l'est en wallon; cependant beaucoup de personnes la font
-muette.
-
-*=Huche=, s. f., grand coffre de bois dont on se sert principalement
-pour pétrir le pain et pour l'y serrer.
-
-*=Hue=, _huhau, hurhau_, (_h_ aspirée), cri des charretiers pour faire
-avancer les chevaux et pour les faire tourner à droite. Voyez _dia_.
-
-*=Huée=, s. f., cri pour effrayer, se moquer.
-
-*=Huer=, faire des huées: prononcez _hu-é, hu-er_ et non _hu-éïe, huwé,
-huwer_.
-
-=Huile à brûler=: on dit plus généralement _huile de lampe, huile à
-quinquet_.
-
-=Huiles= (_saintes_).--Les huiles dont on se sert pour
-l'extrême-onction et l'extrême-onction elle-même; dans ces acceptions,
-_huile_ ne se dit qu'au pluriel: _ce malade a reçu les saintes huiles_,
-(et non _la sainte huile_).
-
-=Huissier=, s. m., officier de justice: l'_h_ est muette; dites donc
-_l'huissier, les (z') huissiers_ et non _le huissier, les
-huissiers_.--Beaucoup de personnes, même parmi celles qui ont reçu un
-certain degré d'instruction, aspirent imperturbablement l'_h_ de ce
-mot et s'exposent ainsi au ridicule.
-
-=Huit.=--On dit _le huit, le huitième_; nous étions _huit_ (sans
-lier l'_s_ avec _huit_):--_huit_, quoique écrit avec une _h_ muette,
-n'admet pas plus d'élision ni de liaison que si l'_h_ était aspirée.
-
-2. Ne dites pas: _aujourd'hui, hier, demain en huit, en quinze_; mais,
-_d'aujourd'hui, de demain en huit, en quinze_. (Acad.)
-
-3. Ne dites pas: _cela est arrivé aujourd'hui, hier en huit, en quinze,
-en trois semaines_; dites, _il y a aujourd'hui, il y a eu hier huit
-jours, quinze jours, trois semaines que cela est arrivé_. (Fland.)
-
-4. Prononcez _huite_ et non _houite_; le _t_ ne se prononce pas devant
-une consonne: _huit personnes_ (_hui personnes_.)
-
-*=Hulan=, s. m.: voyez _uhlan_.
-
-*=Hulotte= ou =Huette=, s. f., espèce de hibou.
-
-=Humeur.=--_Être d'humeur à..._, marque l'inclination naturelle ou
-habituelle: _il n'est pas d'humeur à souffrir une insulte_;--_être
-en humeur de..._ dénote une disposition actuelle qui n'est pas une
-habitude: _je suis en humeur de faire ce qu'on voudra_.
-
-=Humidité.=--Ne dites pas: _les humidités sont plus nuisibles que les
-gelées_; dites, _l'humidité est plus nuisible..._
-
-*=Huppe=, s. f., oiseau: voyez _houppe_.
-
-=Hurluberlu=, s. m., terme familier qui signifie inconsidéré, brusque,
-étourdi: _c'est un hurluberlu; agir en hurluberlu_.--Ne dites pas
-_hurluburlu_ ni _hurtuberlu_.
-
-*=Hurter=, v. a. rencontrer durement, choquer, blesser: écrivez et
-prononcez _heurter_.
-
-*=Huy=, ville: prononcez _Huy_ et non _Houy_.
-
-=Hydromel=, boisson faite d'eau et de miel; ce mot est masculin:
-_l'hydromel est adoucissant_.
-
-=Hyène=, s. f., loup d'Asie; l'_h_ est muette: _l'hyène_ et non _la
-hyène_.
-
-=Hyménée=, mariage, est masculin ainsi qu'_hymen_: ne dites pas
-_hymenée_.
-
-=Hymne=, est du masculin: _un hymne guerrier; Seigneur, quels
-hymnes sont dignes de vous?_--Il s'emploie ordinairement au féminin,
-en parlant des hymnes qu'on chante à l'église: _entonner une hymne;
-chanter une belle hymne_.
-
-=Hypocondre=, s. m., homme bizarre, mélancolique: prononcez
-_hypocon-dre_ et non _hypocon-de_ ni _hypo-conte_ ni _hypocondère_.
-
-
-
-
- I
-
-
-=I= _euphonique_.--Dans certains dialectes wallons on intercale
-souvent un _i_ entre deux voyelles qui se suivent dans le même mot
-ou entre deux mots placés l'un à la suite de l'autre; cet _i_ que
-l'on pourrait appeler _euphonique_, semble avoir pour but de faire
-disparaître l'hiatus; mais, quoi qu'il en soit, il est fautif et il
-faut soigneusement l'éviter.--Prononcez donc _Caïn, Noé, Noël, Saül,
-Canaan, Napoléon, un-à-un, prier, prière, crier, oublier, oublieux,
-il cria, ils crièrent, ouvrier, linéaire_; et non, _Caïe-ïn, Noïé,
-Noïel, Saïul, Canaïan, Napoléïon, un-à-ïun, pri-ïer, pri-ïère,
-cri-ïer, oubli-ïer, oubli-ïeux, il cri-ïa, ils cri-ïèrent, ouvri-ïer,
-liné-ïaire_.--Dites encore: _cet homme est né à Ans, à Anvers_; et
-non, _à ïAns, à ïAnvers_;--_j'ai été à Ostende, à Arlon_, et non,
-_j'ai ïété à ïOstende, à ïArlon_;--_il est allé avec son papa et sa
-maman_, et non, _il est allé ïavec son papa ïet sa maman_.
-
-2. Cette sorte d'_i_ est également fautive dans la prononciation du
-latin; vous direz donc _De-us, me-us, grati-a, glori-a, benedicti-o,
-di-es, terti-us, confite-or_, etc., et non, _De-ïus, me-ïus, grati-ïa,
-glori-ïa, benedicti-ïo, di-ïes, terti-ïus, confite-ïor_.--Voyez _u_.
-
-=Ibidem=, signifie dans le même lieu; _idem_, la même chose; _item_, de
-plus.--Prononcez _ibidème, idème, itème_.
-
-=Ichneumon=, s. m. (rat, insecte), _ichonographie_, s. f., (plan
-d'édifice), _ichnographique_, adj.; _ichoreux, euse_, adj. (séreux
-et âcre); _ichthyolithe_, s. m., (poisson pétrifié), _ichthyologie_,
-s. f., (histoire naturelle des poissons), _ichthyologique_,
-adj., _ichthyologiste_, s. m. (celui qui étudie l'ichthyologie),
-_ichthyophage_, s. m. (qui vit de poissons):--dans tous ces mots _ch_
-se prononce _k_.
-
-=Ici.=--Ne dites pas: _ces livres ici, ces jours ici, ces enfants
-ici_, mais, _ces livres-ci, ces jours-ci, ces enfants-ci_.
-
-2. Ne dites pas: _d'ici à là nous comptons deux lieues_; dites,
-_d'ici-là..._; mais il faut dire, _d'ici à demain, d'ici à Tongres_.
-
-3. Ne dites pas non plus: _ici à Liége on dîne vers une heure_; mais,
-_à Liége on dîne vers une heure_.
-
-=Idéal, ale=, adj.--L'Académie ne dit pas si cet adjectif a un
-pluriel masculin; Buffon a dit, _des êtres idéaux_ et la plupart
-des grammairiens approuvent ce pluriel.--Prononcez _idéal_ et non
-_idé-ial_.
-
-=Idée.=--On a dans l'_idée_ ce qu'on pense, ce qu'on croit; on a
-dans la _tête_ ce qu'on veut, on y travaille: nos imaginations, nos
-espérances, nos pensées sont dans l'_idée_; nos desseins, nos projets,
-nos résolutions sont dans la _tête_.
-
-2. Ne dites pas: _cela m'est sorti de l'idée_; dites, _de la mémoire_;
-ou bien, _était sorti de ma mémoire_; ou bien, _je n'y pense plus_.
-
-3. Ne dites pas: _l'idée lui a pris d'aller à Verviers_, mais, _il lui
-a pris l'idée, l'idée lui est venue, il a pris la résolution, il a
-formé le projet de..._
-
-4. Ne dites pas: _vous ferez mon habit une idée plus grand, une idée
-plus petit_; dites, _... un peu plus grand, un peu plus petit_.
-
-=Idem=, le même: prononcez _idème_ et voyez _ibidem, item_.
-
-=Idiotisme.=--C'est une façon de parler propre au génie particulier
-de chaque langue, et qui, traduite mot à mot dans une autre langue,
-passerait justement pour une locution barbare.
-
- 2. _Anglicisme_, idiotisme de la langue anglaise;
- _Flandricisme_, idiotisme de la langue flamande;
- _Gallicisme_, idiotisme de la langue française;
- _Germanisme_, idiotisme de la langue allemande;
- _Hébraïsme_, idiotisme de la langue hébraïque;
- _Hellénisme_, idiotisme de la langue grecque;
- _Hispanisme_, idiotisme de la langue espagnole;
- _Latinisme_, idiotisme de la langue latine;
- _Lusitanisme_, idiotisme de la langue portugaise;
- _Wallonnisme_, idiotisme de la langue wallonne.
-
-Prononcez, _idiotis-me, wallonnis-me, flandricis-me, gallicis-me_,
-etc.; et non, _idiotisse, wallonnisse, flandricisse, gallicisse_, ni
-_idiotim-se, wallonnim-se, flandricim-se, gallicim-se_.
-
-=Idole=, s., est féminin: _une idole de bois_; on le faisait autrefois
-du masculin.
-
-=Ie.=--_I_, suivi d'un _e_ muet, se prononce long et l'_e_ ne se fait
-pas entendre du tout; il faut se garder aussi de faire sentir un second
-_i_ après l'_i_: _Marie_, prononcez _Marî_ (_î_ long); _vie_, _vî_
-(_î_ long); _envie_, _envî_ (_î_ long); _Julie_, _Julî_ (_î_ long);
-_Italie_, _Italî_ (_î_ long); _il crie_, _il crî_ (_î_ long); _je me
-fie_, _je me fî_, (_î_ long); _je publie_, _je publî_ (_î_ long);
-_punie_, _punî_ (_î_ long); _crucifiement_, _crucifîment_ (_î_ long);
-_maniement_, _manîment_ (_î_ long); _je prierai_, _je prîrai_ (_î_
-long), etc.--Mais ne prononcez pas: _Mariïe, viïe, enviïe, Juliïe,
-Italiïe, il criïe, je me fiïe, je publiïe, crucifiïement, maniïement,
-je priïerai_, etc.--Voyez _ée, oue, ue_.
-
-=Ié, Ier, Iez.=--Prononcez _ami-ti-é, cabare-ti-er, charcu-ti-er, vous
-ache-ti-ez, vous je-ti-ez_, etc., et non, _cabaretchier, amitchié,
-charcu-tchier, vous ache-tchiez, vous je-tchiez_, etc.--Voyez _ti_ et
-_di_.
-
-2. Prononcez de même: _pa-nier, de-nier, cordon-nier, der-nier,
-doua-nier; vous don-niez, vous son-niez, nous son-nions_, etc.;
-et non, _pa-gnier, de-gnier, cordon-gnier, der-gnier, doua-gnier;
-nous don-gnions, nous son-gnions, vous don-gniez, vous son-gniez_,
-etc.--Voyez _ni_.
-
-=Igname=, s. m., (plante), _igné, ée_, adj., (de feu), _ignicole_, adj.
-(qui adore le feu), _ignition_, s. f. (combustion):--dans tous ces
-mots on prononce le _g_ dur: _igh'name, igh'né, igh'nicole, igh'nition_
-(à peu près comme _ikname, ikné, iknicole, iknition_).
-
-=Ignorer=, _ignorant, ignominie_: prononcez _i-gnorer, i-gnorant,
-i-gnominie_, et non, _igh'norer, igh'norant, igh'nominie_, ni
-_ign'norer, ign'norant, ign'nominie_, ni _ih'norer, ih'norant,
-ih'nominie_.--Voyez _gn_.
-
-=Il= pour =On=.--Les flamands disent _il sonne_, pour, _on sonne_; _il
-frappe_, pour, _on frappe_, etc.
-
-2. _Il_ (impers.) se dit des choses inanimées et _on_, des personnes.
-
-3. =Il y a.=--Ne dites pas: _c'est aujourd'hui un an que mon père est
-mort_; mais, _il y a aujourd'hui un an..._ (Fland.)
-
-=Ill=, au commencement des mots, ne se mouille pas; il en est de même
-des terminaisons _illaire, illation_;--au contraire, _illard, illet,
-illot, illac_, se mouillent toujours.
-
-=Illégal=, _illégitime, illettré, illicite, illinois, illisible,
-illumination, illuminer, illustre, illustrer, Illyrie_:--dans tous ces
-mots les deux _ll_ se prononcent;--le plur. masc. de _illégal_ est
-_illégaux_.
-
-=Illisible.=--Voyez _inlisible_.
-
-=Illustré, ée=, adj.--_Un ouvrage illustré_ est un ouvrage orné de
-gravures, lithographies, portraits, etc.
-
-=Imaginer, s'imaginer.=--Imaginer, c'est se représenter quelque chose
-dans l'esprit, créer, inventer. Ce verbe ne doit jamais être suivi
-de _que_ ni d'un infinitif; on ne doit pas dire: _j'imagine qu'il le
-fera; il imagine qu'il est recherché_; on doit dire: _je m'imagine
-que... il s'imagine être recherché_.--Mais, on _imagine des tours, des
-expédients, de nouveaux procédés_, etc., c'est-à-dire, on les invente.
-
-2. _S'imaginer_, v. a. pr., c'est se figurer une chose, croire, penser,
-présumer, se persuader; les pronoms _me, te, se_, etc., sont régimes
-indirects, et par conséquent le participe ne s'accorde jamais avec eux:
-_ce n'est pas aussi difficile que vous vous l'imaginiez_.
-
-3. _S'imaginer_ ne demande point de préposition devant l'infinitif qui
-suit: on dit, _il s'imagine être un grand docteur_ et non, _d'être un
-grand docteur_.
-
-=Iman=, s. m., prêtre turc; prononcez _iman_ et non _imane_.
-
-=Imbroglio=, s. m., confusion; prononcez _imbroillo_, ou _imbroille_,
-sans faire sentir l'_i_ de _io_ et en mouillant le _gl_.
-
-=Imiter.=--On dit _imiter l'exemple_ ou _suivre l'exemple de
-quelqu'un_. (Acad.)
-
-=Immaculé, ée=, adj., sans tache de péché.--Dans ce mot et dans tous
-ceux qui commencent par _imm_, on prononce les deux _mm_ et l'_i_
-conserve le son qui lui est propre (_ime'maculé, ime'mense_, etc., et
-non _ain-maculé, ain-mense_).
-
-=Immanquable=, adj., infaillible; prononcez _ime-manquable_, comme
-_immense_ et non _ain-manquable_. Toutefois, Lévy et Bescherelle
-donnent cette dernière prononciation.
-
-=Immédiat=, adj.--On ne prononce pas le _t_.
-
-=Imminent, te=, adj.: voyez _éminent_.
-
-=Immoral, ale=, adj.--L'Académie ne donne point d'exemple du pluriel
-masculin; cependant rien n'empêche de dire _immoraux_ comme on dit
-_moraux_.
-
-=Impardonnable, Pardonnable; Excusable, Inexcusable.=--Une faute
-est _pardonnable_ ou _impardonnable_, parce qu'on dit _pardonner une
-faute_;--une personne n'est ni l'un ni l'autre, parce qu'on ne dit
-pas _pardonner une personne_;--mais une personne est _excusable,
-inexcusable_ et _une faute_ l'est également, parce qu'on dit _excuser
-quelqu'un, excuser quelque chose_.
-
-=Imparfait de l'indicatif.=--Les flamands sont exposés à employer
-_l'imparfait de l'indicatif_ pour le _passé défini_ ou le _passé
-indéfini_; ainsi ils diront: _je recevais cette semaine une lettre de
-mon frère_; au lieu de, _j'ai reçu cette semaine..._;--_j'écrivais
-hier, la semaine dernière une lettre à mon père_; au lieu de,
-_j'écrivis hier, la semaine dernière une lettre...._--Pour éviter
-ces sortes de fautes, il est important de bien connaître les règles
-touchant l'emploi de _l'imparfait_ ainsi que du _passé défini_ et du
-_passé indéfini_.
-
-2. Or, l'imparfait de l'indicatif affirme une chose comme ayant eu lieu
-en même temps qu'une autre chose: _j'ai appris que vous étiez malade la
-semaine dernière; vous écriviez quand je suis entré; je jouais pendant
-que vous faisiez vos devoirs_.--_Le passé défini_ affirme une chose
-comme ayant eu lieu dans une période de temps _entièrement passée_,
-au moment où l'on parle: _je reçus une lettre l'année dernière, le
-mois passé, la semaine dernière, hier_. Mais on ne dira pas: _je reçus
-une lettre cette semaine_, parce que la semaine où l'on est, n'est
-pas entièrement écoulée. On ne dira pas même: _je reçus une lettre ce
-matin_, parce que, pour employer le passé défini, il faut au moins une
-nuit d'intervalle entre le moment où l'on parle et celui où la chose a
-eu lieu.
-
-Le _passé indéfini_ affirme une chose comme ayant eu lieu dans un temps
-qui est ou qui n'est pas entièrement écoulé: _j'ai reçu une lettre la
-semaine dernière; j'ai reçu une lettre cette semaine_.
-
-3. Les flamands doivent également éviter un autre écueil: c'est de
-remplacer régulièrement leur _imparfait_ par le _passé défini_, lequel
-a, comme nous venons de le voir, son emploi bien déterminé: _je jouai,
-quand vous faisiez vos devoirs; vous écrivîtes, quand je suis entré_,
-etc.
-
-=Imparfait du subjonctif.=--C'est une faute d'employer le conditionnel
-présent ou passé au lieu de l'imparfait ou du plus-que-parfait du
-subjonctif après les verbes qui gouvernent le subjonctif: _je voudrais
-que vous iriez porter cette lettre à la poste; j'aurais voulu que vous
-seriez rentré à dix heures_; dites, _je voudrais que vous allassiez...;
-j'aurais voulu que vous fussiez rentré..._--Cet emploi vicieux du
-conditionnel pour le subjonctif a lieu ordinairement après un verbe
-employé lui-même au conditionnel.
-
-2. Beaucoup de personnes prononcent la première et la deuxième
-personnes de l'imparfait du subjonctif comme la première ou la deuxième
-personne du passé défini: _que j'aima, que tu aimas_ pour _que
-j'aimasse, que tu aimasses_;--_que je finis, que tu finis_, pour _que
-je finisse, que tu finisses_;--_que je reçus, que tu reçus_ pour _que
-je reçusse, que tu reçusses_;--_que je rendis, que tu rendis_, pour
-_que je rendisse, que tu rendisses_.
-
-=Impartial=, adj., qui est juste, qui n'est ni pour ni contre
-quelqu'un; _partial_, qui est injuste, qui est pour ou contre
-quelqu'un; _impartialité_, qualité de celui qui est impartial;
-_partialité_, qualité de celui qui est partial.--Nous avons souvent
-entendu confondre ces mots.
-
-2. L'Académie ne donne point d'exemple du plur. masc.; La Harpe a dit,
-_des juges impartiaux_:--en général les grammairiens approuvent ce
-pluriel.--Le plur. masc. _partiaux_ (de _partial_) est peu usité.
-
-=Impasse=, s. féminin.--C'est une rue sans issue, ou un _cul-de-sac_
-(prononcez _cu-de-sac_).--_Impasse_ ne signifie nullement
-_impolitesse, injure, insulte, outrage, passe-droit_.
-
-=Implicitement, Explicitement.=--_Explicitement_ signifie, d'une
-manière explicite, développée, en termes clairs, formels, précis,
-en toutes lettres: _ce criminel a explicitement demandé sa
-grâce_.--_Implicitement_ signifie, d'une manière implicite, enveloppée,
-c'est-à-dire, en termes qui ne sont ni exprès, ni formels, ni clairs:
-_il m'a fait implicitement entendre que je pouvais compter sur lui_.
---Il faut en dire autant des adjectifs _implicite_ et _explicite_.
-
-=Impoli, Grossier, Rustique=: voyez _rustique_.
-
-=Import=, dans le sens de _montant_, n'est pas français: _je vous
-paierai le montant de vos fournitures_ et non _l'import_.
-
-=Importer, Exporter.=--On _importe_ quand on fait arriver dans son
-pays les productions, les marchandises étrangères: _on importe en
-Belgique le café, le thé_.--On exporte, quand on transporte des
-marchandises, des productions hors d'un pays: _la Belgique exporte des
-armes à feu en Asie, en Amérique_, etc.--La différence que nous venons
-d'établir, s'applique aux substantifs _importation_ et _exportation_.
-
-=Imposer, En imposer.=--_Imposer_, c'est inspirer du respect, de la
-crainte (c'est _être imposant_): _la figure de cet homme impose_.--_En
-imposer_ a été pris souvent dans le même sens, mais il signifie plus
-exactement _tromper, surprendre, abuser, en faire accroire_: _ne le
-croyez pas, il en impose; il m'en avait imposé par son air de douceur_.
-
-=Impossible=, adj.--Ne dites pas: _il m'est impossible de pouvoir vous
-rendre ce service_ (pléon. vic.); dites: _il m'est impossible de vous
-rendre ce service_, ou _je ne peux pas vous rendre ce service_.
-
-=Imprégner=, _imprégnation_: mouillez _gn_, comme dans _ensei-gner_;
-cependant, quelques grammairiens prétendent qu'il faut prononcer
-_impreghnation_ (_g_ dur).
-
-=Impression.=--Ne dites pas: _ce discours m'a fait impression_, mais,
-_a fait impression sur moi, m'a impressionné_.
-
-=Impromptu=, s. m., ce qui se fait sur-le-champ; vers improvisés:
-prononcez _impromp'tu_.
-
-L'Académie écrit _impromptu_; d'après elle, il s'écrit sans _s_ au
-pluriel; cependant elle fait remarquer que quelques-uns l'écrivent
-avec une _s_: _des impromptus_ (en un seul mot). Nous ferons observer
-toutefois que _in-promptu_, conservant sa forme latine, ne peut pas
-prendre d'_s_ au pluriel.
-
-=In=: voyez _in-douze_.
-
-=Inanimé= (_cadavre_), pléonasme vicieux; dites simplement _cadavre_.
-
-=Inattention.=--Ne dites pas: _c'est faute d'inattention qu'il a
-laissé passer cette faute sans la corriger_; c'est en effet à cause
-de son inattention (et non _par défaut d'inattention_, ou à cause de
-son _attention_), qu'il a laissé passer la faute; dites, _c'est par
-inattention_ ou _faute d'attention qu'il a laissé passer..._--Voyez
-_faute_, 2.
-
-=Incendie=, est masculin: _il ne faut qu'une étincelle pour allumer un
-grand incendie_.
-
-2. Ne dites pas: _compagnie d'assurance contre incendie_; dites,
-_contre l'incendie_.
-
-=Incessamment=, signifie _sans cesse_: _il travaille incessamment_.--Il
-signifie aussi _sans délai, au plus tôt_: _nous partirons incessamment;
-cet ouvrage paraîtra incessamment_.--Ne dites donc point: _nous
-partirons très-incessamment, cet ouvrage paraîtra très-incessamment_,
-car cela signifierait _très sans délai, très au plus tôt_, ce qui est
-absurde.
-
-=Inclus, Incluse=, part. passé du verbe inusité _inclure_.--_Ci-inclus_:
-cette locution s'emploie comme _adverbe_ (et reste par conséquent
-invariable), lorsqu'elle précède le verbe ou le substantif: _vous
-trouverez ci-inclus copie du contrat; ci-inclus, vous trouverez
-copie du contrat_.--Néanmoins, si le substantif est précédé d'un
-article ou d'un adjectif déterminatif, _ci-inclus_ est _adjectif_ et
-s'accorde, pourvu toutefois qu'il ne commence pas la phrase: _vous
-trouverez ci-incluse la copie du contrat_ et _ci-inclus la copie du
-contrat_.--Après le substantif, _ci-inclus_ est toujours adjectif:
-_la lettre ci-incluse_.--Ces observations s'appliquent également à la
-locution _ci-joint_.
-
-=Incognito=, s. m., sans être connu: mouillez _gn_ comme dans _agneau_
-et ne dites pas _incogh'nito, incoknito_. (Acad.)
-
-=Inconnu=, demande la préposition _à_ devant son régime, tandis que
-_connu_ demande la préposition _de_: _il est inconnu à tout le monde_;
-_il est connu de tout le monde_.--Cependant, en poésie et dans le
-style soutenu, on peut mettre _de_ devant le régime _d'inconnu_:
-_l'hymen est inconnu de la pudique abeille_. (DELILLE.)
-
-=Inconsolable=, adj.--L'Académie ne le dit pas seulement des
-personnes, elle le dit aussi de la douleur: _homme inconsolable,
-douleur inconsolable_.--Prononcez _inconçolable_. (_s_ dure) et non
-_inconzolable_ ni _inconsolape_.--Voyez _consolable_.
-
-=Indemne=, adj., dédommagé; prononcez _indèm'ne_.
-
-=Indemniser= (dédommager), _indemnité_ (dédommagement); prononcez
-_indam'nizer, indam'nité_.
-
-=Index=, s. m., table d'un livre, deuxième doigt; prononcez _indekce_
-et non _indêke_.
-
-=Indice=, signe apparent, est masculin: _j'en ai de grands indices_.
-
-=Indigeste=, adj.: voyez _digestion_.
-
-=Indigestion=, s. f., défaut de digestion; prononcez _ti_ comme dans
-_menti_: _indiges'thion_ et non _indigècion_; il en est de même
-de _digestion, combustion, mixtion, suggestion, question, bastion,
-Ephestion, Péthion_.--Voyez _digestion_ et _digestif_.
-
-=Indigne=: voyez _digne_.
-
-=Indignité=, s. f.--Prononcez _indi-gnité_ (en mouillant _gn_) et non
-_indign'nité_ ni _indigh'nité_--Voyez _gn_.
-
-=Indomptable=, _indompté_: voyez _dompter_.
-
-=In-douze=, _in-dix-huit, in-quarto, in-vingt-quatre; in-trente-deux,
-in-folio_: prononcez _ain-douze, ain-dix-huit; ain-quarto_, etc., et
-non _ine-douze, ine-dix-huit, ine-quarto_.--_In-octavo_: prononcez
-_ine-octavo_.
-
-=Induire à erreur, Induire en erreur.=--_Induire à erreur_, c'est être
-la cause volontaire ou involontaire de l'erreur où tombe une personne:
-_il fut induit à erreur par un faux bruit_.--_Induire en erreur_,
-c'est tromper à dessein, avec intention: _il voulait m'induire en
-erreur_. (Acad.)
-
-=Indulgent.=--On dit _indulgent pour_ ou _envers_: _il est indulgent
-pour ses amis, envers ses enfants_;--_indulgent à_ se dit aussi, mais
-il est peu usité.
-
-=Indult=, s. m., privilége ecclésiastique; prononcez _indulte_ et non
-_indule_.
-
-=Inénarrable=, adj., qu'on ne peut conter; prononcez _inénar'rable_, en
-faisant sentir les deux _rr_.
-
-=Inestimable=, adj.--Ce mot veut dire _qui ne peut pas être estimé_
-à cause de son grand prix: _un diamant d'une valeur inestimable, un
-service inestimable_.--Ce serait donc un barbarisme de faire de ce mot
-le contraire d'estimable, qui n'est pas estimable, qui n'est pas digne
-d'estime.
-
-=Inexact=, adjectif, qui n'est pas exact; prononcez _inexac-te_.
-
-=Inexpugnable=, adj., qu'on ne peut prendre d'assaut; prononcez
-_inekspugh'nable_ (_g_ dur).
-
-=Inextinguible=, adj., qu'on ne peut éteindre; prononcez
-_inekstinguible_ (_ui_ diphth.) et non _inekstinghible_, ni
-_inekstinghouible_.
-
-=Infaisable=, adj., non faisable: prononcez _infesable_ et non
-_infaisable_ ni _infèsable_.
-
-=Infect=, adj., puant, corrompu: prononcez _infecte_ et non _infèke_.
-
-=Infectation.=--Ne dites pas: _c'est une infectation_ en parlant
-de mauvaise odeur; dites, _c'est une infection_ (_infect, infecter,
-infection_).
-
-=Infecter, Infester.=--_Infecter_ (_infect_), c'est corrompre ou
-incommoder par communication de quelque chose de puant, de contagieux
-ou de venimeux: _ces égoûts infectent la ville de leurs émanations
-délétères; il nous infecte de son haleine; le choléra a infecté
-toute la province; il infecta le pays de sa pernicieuse doctrine_.
-(Acad.)--_Infester_, c'est ravager tourmenter par des actes fréquents
-de violence et de brigandage: _les pirates infestaient toutes les
-côtes; le pays était infesté par des brigands_.
-
-=Infinité=, employé seul ou avec un pluriel veut le verbe au pluriel:
-_une infinité sont d'avis; une infinité de personnes ont péri_. Mais
-si ce mot est suivi d'un collectif singulier, le verbe se met au
-singulier: _une infinité de monde est venue le voir; une infinité de
-peuple a pris les armes_. Précédé de _en_, il régit le pluriel: _il
-y en a une infinité qui disent_ (sous-entendu _de gens_).--Cette
-remarque est applicable aux collectifs partitifs et aux adverbes de
-quantité, _un grand nombre, une foule, peu, beaucoup, toute sorte,
-toute espèce_; ainsi l'on dira: _toute sorte de monde est venu; toute
-sorte de personnes sont venues_.
-
-=Inflammation=: ne dites pas _enflammation_.
-
-=Informer.=--On informe _quelqu'un de quelque chose_; ne dites donc
-pas: _j'informe que_, mais, _je vous informe de..., j'informe le public
-de..._--_Informer_ ne peut jamais être suivi de _que_, par la raison
-que la proposition qui suit ce _que_ tiendrait lieu de régime direct
-d'_informer_, ce qui ne serait pas correct (on informe quelqu'un de
-_quelque chose_). Dites donc _j'ai l'honneur de vous informer de tel
-fait, de telle circonstance_, et non, _j'ai l'honneur de vous informer
-que_, phrase vicieuse adoptée à tort par nos administrations.--Si l'on
-ne peut pas remplacer le _que_ par _de_ suivi d'un substantif, il faut
-remplacer _informer_ par un autre verbe, tels que _annoncer, faire
-savoir, donner avis, porter à la connaissance_, etc. Voyez _prévenir_.
-
-=Ingrédient=, s. m., partie d'un mélange; prononcez _ingrédian_ et non
-_ingrédiain_.
-
-=Inhérent=, _inhérence_: prononcez _inéran, inérence_.--_Adhérent,
-incohérent, incohérence_; prononcez _adéran, incoéran, incoérance_.
-
-=Inhibition=, s. f., défense: prononcez _inibition_.
-
-=Inhumer= (enterrer), _inhumation_ (action d'enterrer), _inhumain,
-inhumanité_; prononcez _inumer, inumation, inumain, inumanité_.
-
-=Initial, ale=, adj.--L'Académie ne donne point d'exemple du
-plur. masc.--Dumarsais, Beauzée, Boinvilliers et quelques autres
-grammairiens, disent _initials_.--Prononcez _inicial, inicier,
-iniciation_ (_initier, initiation_).
-
-=Inlisible, Illisible.=--L'Académie admet ces deux mots comme
-parfaitement synonymes; mais l'usage a consacré le dernier: _écriture
-illisible_.--Quelques grammairiens pourtant s'ingénient à établir une
-différence entre ces deux mots: _illisible_, se dirait de l'écriture
-qu'on ne peut pas lire; _manuscrit illisible_;--_inlisible_ se dirait
-d'un ouvrage ennuyeux à lire, d'un style fatiguant: _ce poème est
-inlisible_.--Nous croyons que généralement on ne tient pas compte de
-cette nuance et que _illisible_ est à peu près exclusivement usité.
-
-=Inn=, au commencement des mots: les deux _nn_ se font sentir excepté
-dans _innocent_ et ses dérivés.
-
-=Innocent=, dans le sens de, qui a l'esprit faible, borné, est
-français: _c'est un innocent, un grand innocent; vous faites
-l'innocent_. (Acad.)
-
-=Innommé=, adj., sans nom: prononcez _ine'nomé_ et non _ain-nomé_.
-
-=Innover= (introduire des nouveautés), _innovation_: prononcez les deux
-_nn_.
-
-=In-octavo=, s. et adj.: prononcez _ine-octavo_. Voyez _in-douze_.
-
-=Inonder, Inondation=: ne prononcez qu'une _n_ et ne dites pas
-_in'-nonder, in'-nondation_.
-
-=In-partibus= (on sous-entend _infidelium_), se dit de celui qui a
-un titre d'évêché dans un pays occupé par les infidèles: _évêque
-in-partibus_:--prononcez _ine-partibuce_.
-
-=In-petto=, adv., dans l'intérieur du coeur, en secret: _cardinal nommé
-in-petto_; prononcez les deux _tt_, _ine pet'to_.
-
-=In-plano=, s. m., se dit du format d'un livre où la feuille imprimée
-ne contient qu'une page de chaque côté: prononcez _ine-plano_.
-
-=Insatiable=, adj., qu'on ne peut rassasier: prononcez _inçaciable_ et
-non _inçathiable_, ni _inçaziable_.--On dit aussi _irrassatiable_,
-mais ce mot est peu usité.
-
-=Insçu= (_à l'_): on écrit plus souvent et mieux _insu_.
-
-=Insecte=, petit animal articulé, est masculin: _un chétif
-insecte_.--Prononcez _insek-te_ et non _insèke_.
-
-=Insigne=, _insister, insurgé, insurrection, insipide, insulter_:
-prononcez l'_s_ dure comme dans _insensé_ et non comme _z_ dans
-_désirer_.
-
-=Insipide=, adj., qui n'a nul goût, nulle saveur.--C'est une faute
-d'employer _insipide_, dans le sens de _sciant, ennuyeux, importun,
-insupportable, impatientant_, et de dire, _voilà des enfants bien
-insipides_, au lieu de, _bien ennuyeux, bien insupportables, bien
-impatientants_, etc.
-
-=Instinct=, s. m., esprit des animaux; prononcez _instin_, et non
-_instinke_.
-
-=Institut=, s. m., établissement où l'on enseigne une ou plusieurs
-sciences, un ou plusieurs arts; ce mot n'est pas français dans ce
-sens et ne figure dans aucun dictionnaire; dites _école de commerce,
-école de médecine, école normale, école militaire_, etc.--Il faut
-en dire autant de _institut d'enseignement_; dites, _école, collége,
-pensionnat, maison d'éducation_, selon le sens.--Cependant le mot
-_institution_, pour signifier un établissement destiné à l'instruction
-et à l'éducation de la jeunesse, est aujourd'hui consacré par l'usage
-et figure dans de bons dictionnaires: _institution de jeunes gens,
-institution de demoiselles, chef d'institution_.
-
-=Instrument=: voyez _jouer_.
-
-=Insulter.=--_Insulter quelqu'un_, c'est l'outrager de faits ou de
-paroles: _il l'a insulté publiquement_.--_Insulter à_, c'est manquer à
-ce qu'on doit aux personnes ou aux choses: _il ne faut pas insulter aux
-malheureux; il ne faut pas insulter à leur misère_.
-
-=Intact=, adj., auquel on n'a pas touché: prononcez _intak-te_ et non
-_intake_.
-
-=Intellect=, s. m., intelligence: prononcez _intel-lek-te_;
---_intellect, intellectuel, intelligence, intelligent, intelligible,
-intelligiblement_: dans tous ces mots on fait sentir les deux _ll_.
-
-=Intention.=--Ne dites pas, _je suis d'intention_; mais, _j'ai
-l'intention de faire telle chose_.
-
-=Interdire=, se conjugue comme _médire_: _vous interdisez_ et non _vous
-interdites_.
-
-=Intérêt=, s. m.--Ne dites pas: _ce domestique est sur les intérêts de
-son maître_; dites, _ce domestique soigne les intérêts, a à coeur les
-intérêts de son maître_.
-
-=Intérim=, s. m., entretemps: prononcez _ain-térime_ et non
-_ine-térime_; il ne s'emploie pas au pluriel.
-
-=Interjeter=, v. a.--Il ne double point le _t_ devant un _e_ muet,
-comme _jeter_: _ils interjètent appel de ce jugement_.
-
-=Interligne=, est masculin, excepté lorsqu'il se dit des lames de métal
-que, dans les imprimeries, on place entre les lignes pour les séparer
-et les maintenir: _écrire dans un interligne; la largeur d'une
-interligne_.
-
-=Interpeller, Interpellation=, requérir, sommer, action de...:
-prononcez les deux _ll_.
-
-=Interrègne=, s. m., intervalle de deux règnes: prononcez les deux _rr_.
-
-=Interroger=, _interrogation, interrompre, interruption,
-interrupteur_:--dans ces mots et leurs dérivés, on ne prononce qu'une
-_r_.
-
-=Interstice=, intervalle de temps; ce mot est masculin: _les
-interstices sont remplis_.
-
-=Intervalle=, est masculin: _ce fou a de bons intervalles_.
-
-=Introït=, s. masculin, prière au commencement de la messe: prononcez
-_aintro-ite_ et non _inetroïte_ ni _intro-iït_.
-
-=Intrus=, participe passé du verbe inusité _intrure_, qui est introduit
-contre le droit dans quelque dignité ecclésiastique; prononcez _aintru_
-et non _intruce_; le féminin est _intruse_.--Il est adjectif et
-substantif.
-
-=Invectiver=, dire des choses injurieuses, est un verbe neutre; on ne
-doit donc pas dire _invectiver quelqu'un_, mais, _invectiver contre
-quelqu'un_ comme on dit _invectiver contre le vice_.
-
-=Inventaire=, pour signifier ce plateau d'osier que portent devant
-elles les marchandes de fruits, de légumes, de poissons, etc.; ce mot
-n'est pas français; il faut dire _éventaire_ (s. m.): voyez ce mot.
-
-=Inventeur=, fait au féminin _inventrice_.
-
-=Inviter=, suivi d'un infinitif, demande la préposition _à_: _il m'a
-invité à dîner_. (Acad.)
-
-=Invoquer, Évoquer.=--On _évoque_ les morts;--on _n'invoque_ que
-Dieu, les saints, les vivants, les choses inanimées.
-
-=Ipécacuana=, s. m., racine brune ou grise; ne dites pas _ipicacuana_.
-
-=Irai.=-Ne dites pas: _j'irai z'à Stavelot demain_, mais _j'irai à..._;
-la terminaison _ais_ appartient à l'imp. de l'ind. et au condit. prés.
-et non au futur simple.
-
-=Iris=, arc-en-ciel, plante, est masculin; on l'a fait autrefois du
-féminin.--_Iris_, personnage mythologique (messagère de Junon), est
-féminin.--Prononcez _irice_ dans les deux cas.
-
-=Irr=, au commencement des mots:--on fait sentir les deux _rr_:
-_ir'riter, ir'résistible, ir'récusable, ir'ruption_, etc.
-
-=Irruption=, s. f.: voyez _éruption_.
-
-=Isle=, s. f., _islot_, s. m.; écrivez et prononcez _île, îlot_.
-
-=Isme, Iste=, à la fin des mots.--Prononcez distinctement l'_s_ et
-l'_m_ ainsi que l'_s_ et le _t_: _catéchis-me, schis-me, barbaris-me,
-wallonnis-me_ et non _catéchisse, schisse, barbarisse_, etc., ni
-_catéchim-se, schim-se, barbarim-se_.--Prononcez de même _catéchis-te,
-calvinis-te, résis-te, persis-te, Baptis-te_, et non _catéchisse,
-calvinisse_, etc.--Voyez _finales_.
-
-=Israël.=--Prononcez _Is'ra-èle_ et non _Is'raïèle_ ni _I-zraèle,
-Isra-éle_ (_é_ fermé).
-
-=Isthme=, s. masculin, langue de terre entre deux mers; prononcez
-_is'me_.--_Isthmique_, prononcez _is'mique_.
-
-=Italianisme, Italicisme, Italisme=, idiotisme de la langue
-italienne; ces trois mots sont français, mais _italicisme_ est
-préférable.--Prononcez _italicis-me_ et non _italcisse_ ni
-_italicim-se_: voyez _idiotisme_.
-
-=Item=, adv., de plus: prononcez _itème_. Voyez _ibidem, idem_.
-
-=Ivoire=, est masculin: _cet ivoire est bien blanc_.
-
-=Ivraie=, s. f., mauvaise herbe: prononcez _ivrai_ (_ai_ long) et non
-_i'vrai-ïe_.
-
-=Ivre=, adj.--Ne dites pas: _il s'est fait ivre_, pour _il s'est
-enivré_; cela signifierait, _il a feint d'être ivre_.
-
-2. _Ivre-mort_ et _mort-ivre_, font au féminin _ivre-morte,
-morte-ivre_, et au pluriel _ivres-morts, morts-ivres, ivres-mortes,
-mortes-ivres_.
-
-=Ivresse=, s. f., se dit au pluriel dans le sens de _passions_: _le
-réveil suit de près vos trompeuses ivresses_. (J.-B. ROUSSEAU.)
-
-2. Il peut également s'employer au pluriel dans le sens propre, d'après
-Laveaux, pour signifier des états d'ivresse particuliers et distingués
-les uns des autres: _dans ses fréquentes ivresses, il ne connaît plus
-personne_.
-
-=Ivrogne=, adj. et s. m.--Le féminin correspondant est _ivrognesse_.
-
-
-
-
- J
-
-=J.=--_Je_ ne doit pas se prononcer _che_; _où suis-je, que dis-je,
-j'ai jeté, se déjeter_, etc., et non, _où vais-che, que dis-che, j'ai
-cheté, se décheter_. (Wall.)
-
-=Jaconas=, s. m., espèce de mousseline: _une robe de jaconas_; l'_s_ ne
-se prononce pas.--_Jaconade_ n'est pas français.
-
-=Jadis=, adv., autrefois.--Il s'emploie quelquefois adjectivement avec
-le mot _temps_: _les bonnes gens du temps jadis; cela était bon au
-temps jadis_: cet emploi est familier. (Acad.)--Prononcez _jadice_.
-
-=Jais=, s. m., bitume d'un noir luisant.--Ne dites pas: _cela est noir
-comme un geai_, mais, _comme jais_ ou _comme du jais_.--Voyez _geai,
-jaune_ et _lait_.--Prononcez _jè_ (long).
-
-=Jalouser.=--Ce verbe est actif et il faut dire: _ce marchand jalouse
-ses concurrents_ (et non _contre_, ou _sur ses concurrents_); _les gens
-du même métier se jalousent entre eux_ (et non _jalousent l'un contre
-l'autre, l'un sur l'autre_).
-
-=Jalousie.=--Gardez-vous bien d'écrire ou de prononcer _jalouserie_.
-
-=Jamais.=--Prononcez _jamais_ et non _jamain_.
-
-=Jambe.=--Ne dites pas: _mettre la jambe à quelqu'un pour le faire
-tomber_; dites, _donner le croc-en-jambe à quelqu'un..._--Le _c_ de
-_croc_ se prononce fortement; prononcez _jambe_ et non _jampe_.
-
-=Jambonneau=, s. m., petit jambon: _jambonnet_ n'est pas français.
-
-=Jarreté=, qui a les jambes de derrière tournées en dedans et si peu
-ouvertes que les jarrets se touchent presque en marchant: _je ne veux
-point de ce mulet, il est jarreté_.--Ne dites point _jarreteux_ ni
-_jerreteux_.
-
-=Jauger=, mesurer un vase pour voir s'il est de la mesure dont il doit
-être; ne dites ni _jaucher_ ni _gauger_.
-
-=Jaune.=--Ne dites pas: _il est jaune comme un safran_, mais, _comme
-safran_ ou _comme du safran_.
-
-2. Ne dites pas: _ces poires sont jaunes_, mais, _sont mûres_.
-
-=Je.=--Lorsqu'on élide l'_e_, il faut se garder de prononcer _je_
-comme _che_: _il faut que je fasse mes devoirs_ et non, _que ch'fasse
-mes devoirs_.
-
-=Jésus.=--Voyez _antechrist_ et _Christ_.
-
-=Jet d'eau=, eau qui jaillit d'un tuyau; ne dites pas _jeu d'eau_, qui
-est français, mais qui a un sens plus particulier.
-
-2. _Jet_, dans le sens de _levure_, n'est pas français.
-
-=Jeter.=--Ne prononcez pas le _j_ placé devant un _e_ muet comme un
-_che_: _je l'ai jeté_ (_jeté_ et non _ch'té_) _par la fenêtre_; nous
-_jetons_ (et non nous _ch'tons_), _vous jetez_ (et non _vous ch'tez_),
-_je jetterai_ (et non _je ch'terai_).--Il en est de même du substantif
-_jetée_ et des dérivés de _jeter_.--Voyez _je_.
-
-=Jeu=, s. m.--Ne dites pas: _je ne puis plus jouer qu'un jeu_; dites,
-_je ne puis plus jouer qu'une partie_.
-
-=Jeune=, peu âgé: prononcez _jeune_ (_eu_ bref);--_jeûne_, abstinence,
-prononcez _jeûne_ (_eû_ long);--prononcez de même _jeûner, jeûneur,
-déjeuner_ (_déjeuner_ s'écrit sans accent circonflexe.)
-
-2. Quand l'adjectif _jeune_ est précédé de l'article, on ne peut pas le
-placer indifféremment devant ou après le substantif: _le jeune Pline_
-signifie que Pline n'est pas âgé, tandis que _Pline-le-Jeune_ se dit
-pour le distinguer de _Pline-l'Ancien_.
-
-3. On dit _jeune homme_ au singulier et _jeunes gens_ au pluriel; quand
-il s'agit de filles, on dit mieux aujourd'hui _jeune personne, jeunes
-personnes_ que _jeune fille, jeunes filles_.
-
-4. Ne dites pas, _un vieux jeune homme_, pour désigner un homme d'un
-certain âge qui vit dans le célibat; dites, _un vieux garçon, un
-vieux célibataire_; dites de même _une vieille fille, une vieille
-demoiselle_:--_célibataire_ ne se dit pas des femmes.
-
-5. Ne dites pas: _du fromage jeune, du beurre jeune_; dites, _du
-fromage, du beurre frais, nouveau_.
-
-6. _Jeune_, employé comme substantif, ne peut pas se dire d'un animal
-nouvellement né; il faut se servir du mot _petit_ dans cette acception:
-_les petits_ (et non _les jeunes_) _d'une chatte, d'un pigeon, d'un
-corbeau_.--Cependant en parlant de grives, de perdrix, par exemple, on
-pourrait dire: _les jeunes sont tendres et délicates, tandis que les
-vieilles sont plus coriaces_.--Ici _jeune_ est pris comme adjectif et
-est opposé à _vieux_.
-
-=Jeunesse=, s. f.--Ne dites pas: _laissez rire ces jeunesses, c'est
-leur âge_; dites, _laissez rire ces jeunes gens_, ou bien, _ces jeunes
-personnes_, selon le cas.
-
-=Joailler=, s. m., qui fabrique et vend des joyaux; ne dites pas
-_jouailler_:--_jouailler_, c'est jouer petit jeu.
-
-=Jockey=, s. m., mot anglais.--Prononcez _jokè_.
-
-=Joint, te=: _ci-joint_: voyez _ci-inclus_, au mot _inclus_.
-
-=Jointée=, s. f., autant que les deux mains rapprochées peuvent
-contenir: _une jointée d'orge, une jointée d'avoine_.
-
-=Joli, Beau.=--_Joli_, offre l'idée de quelque chose de gentil,
-qui plaît; _beau_ se dit de ce qui est grand, de ce qui inspire de
-l'admiration.--D'où il suit que _joli_ ne peut pas se dire d'une
-composition large et sérieuse ou d'une scène grandiose de la nature;
-ne dites donc pas: _Athalie est une jolie tragédie; la mer, le lever
-du soleil est une jolie chose_, etc.; dites, _Athalie est une belle
-tragédie_... Mais vous direz très-bien: _Perrault a écrit de jolis
-contes; Lafontaine a fait de jolies fables_, etc.
-
-2. Ne dites pas: _voilà un joli enterrement_;--_joli_ en effet exclut
-toute idée de tristesse, de douleur; dites, _un bel enterrement_.
-
-=Joliment=, adv., se dit dans un langage très-familier pour _beaucoup,
-extrêmement_: _il l'a joliment puni; vous vous êtes joliment trompé_.
-(Acad.)--Beaucoup de personnes font un étrange abus de ce mot et
-disent par exemple: _il a joliment neigé, j'ai joliment dormi, j'ai
-joliment faim_, etc. Nous pensons qu'il faut rejeter ces sortes de
-locutions.
-
-=Jouer.=--Ne dites pas, _jouer avec les cartes_ ni _jouer une carte_,
-mais, _jouer aux cartes_. (Flandr.)--Voyez _jeu_.
-
-2. Ne dites pas d'un musicien: _il joue si bien sur le piano, sur le
-violon_, etc.; mais, _il joue si bien du piano, du violon_.
-
-3. Ne dites pas: _jouer banqueroute_, mais _faire banqueroute_.
-(Flandr.)
-
-4. Ne dites pas: _jouer dans la tête_, en parlant d'idées, de chimères,
-de ce qu'on appelle faire des châteaux en Espagne; dites, _passer par
-la tête_:--_ce sont de vaines idées qui vous passent par la tête_.
-
-5. _Jouer_, est un mot générique qui se dit _de tous les instruments
-de musique_, et dans cette acception il est neutre et doit être
-accompagné de la préposition _de_: _jouer de l'orgue, du piano, du
-violon_, etc.
-
-6. On _bat_ la caisse, le tambour, les timbales.--On _donne_ du
-cor.--On _sonne_ du cor et de la trompette.--On _pince_ la harpe,
-la guitare, le luth, le téorbe.--On _touche_ l'orgue, le piano,
-l'harmonium.
-
-7. Prononcez _jou-er_ et non _jou-wer_; _je joue_, (_je joû_,
-_oû_ long), et non _jou-we_; _je jou-ais_, et non _je jou-wais_;
-_je jouerai_ (_je joûrai_, _oû_ long), et non _je jou-we-rai_,
-etc.--Prononcez de même _jou-eur_, et non _jou-weur_.
-
-=Jouereau=, s. m., qui joue mal à quelque jeu ou qui hasarde peu au
-jeu; prononcez _joûrau_.
-
-=Joueur de tours=, se dit aussi bien que _faiseur de tours_.
-
-=Joug=, s. m.--Prononcez _jougue_, en faisant sentir le _g_ même
-devant une consonne: _un joug pesant, un joug honteux, un joug
-honorable_.
-
-=Jouir.=--On jouit de quelque chose _d'agréable, d'avantageux_;--ne
-dites donc pas: il _jouit d'une mauvaise santé, d'une mauvaise
-réputation_; dites, _il a une mauvaise santé, une mauvaise réputation_.
-
-2. Prononcez: _jou-ir, je jou-is, je jou-issais, jou-issance_ et non
-_jou-wir, je jou-wis, je jou-wissais, jou-wissance_.
-
-=Jour.=--_Faire son bonjour, faire ses dévotions_, sont des locutions
-françaises. (Acad.)
-
-2. On dit, _jour ouvrable, jour ouvrier_, et non _jour d'ouvrier_.
-
-3. Ne dites pas: _c'est mon jour aujourd'hui, demain_; dites, _c'est ma
-fête aujourd'hui, demain_. (Flandr.)
-
-4. Ne dites pas: _cela est arrivé un jour au matin, un jour au soir_;
-dites, _... un matin, un soir_.
-
-5. On dit indifféremment: _vivre au jour le jour_ et _vivre au jour
-la journée_, c'est-à-dire, s'inquiéter peu du lendemain, être sans
-prévoyance. (Acad.)
-
-6. Ne dites pas: _au jour d'aujourd'hui l'instruction est bien
-répandue_; dites, _aujourd'hui_ ou _à présent_ ou _au siècle où nous
-sommes_, ou bien, selon le sens, _à l'heure qu'il est, l'instruction
-est bien répandue_.
-
-7. Ne dites pas: _quel jour avons-nous?_ dites, _quel jour est-il, quel
-jour sommes-nous, quel jour est-ce aujourd'hui?_
-
-8. Ne dites pas: _jour bien employé, mal employé_; dites, _journée bien
-employée..._--_La journée_ est le _jour_ par rapport à la manière dont
-il s'est passé.
-
-9. _Jour civil_, espace de vingt-quatre heures qui se prend de minuit
-à minuit.--_Jour naturel_, temps qui s'écoule entre le lever et le
-coucher du soleil.--_Jour astronomique_, espace de vingt-quatre heures
-solaires moyennes, d'un midi à l'autre.--_Jours complémentaires_,
-dans le calendrier républicain, se disait des cinq ou six jours que
-l'on comptait à la fin de l'année, pour compléter le nombre de trois
-cent soixante-cinq ou de trois cent soixante-six jours, les mois de ce
-calendrier n'étant chacun que de trente jours.
-
-10. _Jours gras_, les derniers jours du carnaval qui sont le jeudi, le
-dimanche, le lundi et le mardi.
-
-11. Les noms des jours de la semaine s'écrivent sans majuscules:
-_dimanche, lundi, mardi_, etc.--Voyez _calendrier républicain_.
-
-=Jourd'hui=, le jour actuel, appartient au vieux langage; il ne
-s'employait qu'avec _le_ ou _ce_.--_Ce jourd'hui_ est encore usité au
-palais.
-
-=Journal.=--Ne dites pas: _j'ai lu cette nouvelle sur le journal, sur
-la gazette_, etc., mais, _dans le journal, dans la gazette_, comme on
-dit, _j'ai lu dans tel livre_.
-
-=Journellement=, tous les jours, chaque jour: _il étudie journellement
-cinq heures consécutives_.--_Journalièrement_ n'est pas français.
-
-=Jubé=, s. m., espèce de tribune élevée dans une église; ne dites pas
-_doxal_ ni _toxal_.
-
-=Juge.=--Prononcez _ju-ge, je ju-ge, je ju-gerai, jugement_ et non
-_ju-che, je ju-che, je ju-cherai, ju-chement_.
-
-=Juger=, v. a. et n.--Ne dites pas: _il juge tout_ ou _sur tout à tort
-et à travers_; dites, _il juge de tout_ ou _il tranche sur tout..._
-
-2. _Juger quelqu'un_ ou _quelque chose_, c'est décider comme _juge_ ou
-_arbitre_, ou bien exprimer _d'une manière tranchante_, une opinion, un
-avis: _juger un procès_ (comme _juge_); _jugez-nous_ (comme _arbitre_),
-_je vous prie_; _vous jugez_ (décidez sur le mérite de) _cet homme trop
-sévèrement_.
-
-3. _Juger de_, c'est avoir, énoncer une opinion; cette forme est plus
-vague et surtout moins pédantesque: _juger sainement des choses; juger
-de la pièce par l'échantillon; il ne faut pas juger des gens sur
-l'apparence_. (_Belgicismes_, par M. J. BENOIT.)
-
-=Juif=, fait au féminin _juive_ et non _juifresse_ ni _juivresse_.
---Faites sentir l'_f_ de _juif_ au singulier et au pluriel; prononcez
-_ju-if, ju-ive_, et non _jou-if, joui-ve_ (_ui_ diphth. et non _oui_).
-
-=Juillet.=--Prononcez _ju-illet_ (_ui_ diphth.) et non _jou-illet_, ni
-_ju-let, julette_: on mouille les _ll_.
-
-=Juin.=--Prononcez _ju-in_ (_ui_ diphth.) et non _jeun, jun_ ni
-_jou-in_.
-
-=Jujube=, est féminin: _de la jujube_.--Prononcez _juju-be_ et non
-_juju-pe_.
-
-=Jumeau, Jumelle=, se dit de deux ou de plusieurs enfants nés
-ensemble.--Ne le confondez pas avec _gémeau_, subst. masculin, qui
-n'est usité qu'au pluriel _Gémeaux_, pour signifier l'un des douze
-signes du zodiaque.
-
-=Junte=, s. f., nom que l'on donne à différents conseils en Espagne et
-en Portugal: _la junte du commerce_. Prononcez _jonte_.
-
-=Jurer=, se dit pour _blasphémer_; _jurement_ se dit également dans le
-sens de _blasphème_, imprécation, exécration. (Acad.)
-
-=Jury, Juré, Juriste.=--Le _jury_ est le corps, la réunion des
-jurés;--le _juré_ est un membre du jury;--le _juriste_ est celui qui
-écrit sur des matières de droit.--Quelques-uns écrivent _juri_, dit
-l'Académie, qui cependant a adopté _jury_.--Beaucoup de personnes
-confondent les deux mots _jury_ et _juré_.
-
-=Jus=, s. m.--Ne dites pas: _cet enfant tousse, il faut lui donner du
-jus_; dites, _... du jus de réglisse_.
-
-=Jusque=, prép., exige toujours à sa suite une préposition avec son
-complément: _jusque dans les enfers, jusque par-dessus la tête, jusqu'à
-nouvel ordre_.
-
-2. On écrit quelquefois _jusques_ avec une _s_ à la fin, lorsque ce
-mot est suivi d'un autre mot commençant par une voyelle; alors on fait
-sentir la liaison entre _jusques_ et le mot suivant: _jusques au ciel,
-jusques à quand_.
-
-3. _Jusque_, suivi de _là_, adverbe, prend toujours un trait d'union:
-_ils en vinrent jusque-là_, et non _jusqu'à-là_ qui n'est pas français.
-
-4. On dit _jusqu'à hier, jusqu'à demain, jusqu'à midi, jusqu'à Paris,
-jusqu'à Namur_, et non pas _jusque Paris, jusque Namur_.--On peut
-dire _jusqu'aujourd'hui_ et _jusqu'à aujourd'hui_, mais le premier est
-préférable.--Prononcez _jusque_ (_e_ muet) et non _jusquè_.
-
-=Juste.=--_Comme de juste_ est une expression aussi vicieuse que le
-seraient _comme de vrai, comme de faux_; dites _comme de raison, comme
-il est juste_.
-
-2. Ne dites pas: _il est sept heures justes_; dites, _il est sept
-heures précises_.--Mais on dira bien: _il est arrivé juste à
-l'heure du dîner_; _juste_, est ici adverbe et signifie _justement,
-exactement_. Prononcez _jus-te_ et non _jusse_.
-
-=Justement.=--Dites, _ce chasseur tire juste; peser juste; cela entre
-juste; chanter juste; il a deviné juste; il raisonne juste_, etc., et
-non _justement_.
-
-2. _Justement_ signifie _avec justice_: _il a été condamné justement_.
-
-3. Il signifie aussi la même chose que _précisément_: _je suis arrivé
-justement quand on se mettait à table_.
-
-4. Ne dites pas: _vous venez à propos, il est justement arrivé_; dites,
-_il vient d'arriver, il ne fait que d'arriver_.--Voyez _faire_.
-
-
-
-
- K
-
-
-=Kakatoès=, s. m., sorte de perroquet huppé: prononcez _kakatoua_.
-(Acad.)
-
-=Karat=, s. m.: on écrit plus souvent _carat_.
-
-=Keepsake=, s. m., souvenir (mot anglais): prononcez _kip'sèke_.
-
-=Kermesse= ou =Karmesse=, s. f., nom qu'on donne en Belgique et en
-Hollande aux fêtes annuelles communales ou paroissiales. (Acad.)
-
-2. _Ducace_ ou _dicace_ se dit également pour _kermesse_ dans ces pays;
-mais ce mot n'a pas été adopté par l'Académie, attendu qu'il n'est
-qu'une corruption du mot _dédicace_, lequel ne se dit que de cérémonies
-ou de fêtes religieuses.
-
-=Kilogramme.=--On dit souvent par abréviation, dans le commerce:
-_kilo, cinquante kilos_. (Acad.)
-
-2. Quoi qu'en dise l'Académie, le pluriel _kilos_ est un véritable
-barbarisme, car il n'est pas permis de mettre la marque du pluriel à
-une abréviation, à la moitié d'un mot: on doit donc écrire _cinquante
-kilo_, ou mieux _cinquante kilog._ et mieux encore _cinquante
-kilogrammes_.--Ne dites pas _kulo_ ni _tilo_ pour _kilo_.
-
-=Kinine=, s. f.: on écrit plus souvent _quinine_.
-
-=Kiosque=, s. m., pavillon de jardin: prononcez _kios-que_ et non
-_kiosse_.
-
-=Kip-kap=, mot flamand: dites _mou de veau_.
-
-=Kirsch-wasser= (ou simplement _kirsch_), eau-de-vie de cerises:
-prononcez _kirche-ouaceur_ (_eur_ bref), _kirche_.
-
-=Knout=, s. m., supplice du fouet en Russie: prononcez _knoute_.
-
-=Koekebak=, mot flamand estropié, par lequel on désigne souvent des
-_crêpes_ (_bouquettes_ en wallon).
-
-=Kopeck=, s. m., monnaie russe d'environ quatre centimes; on écrit
-aussi _copeck_.--Prononcez _kopèke_.
-
-=Koran=, s. m.: on écrit plus souvent _Coran_: voyez _Alcoran_.
-
-=Kreutzer=, s. m., monnaie allemande: prononcez _kreutzère_;
-quelques-uns prononcent _krètche_.
-
-=Kyrie-eleison=, s. m., prononcez_ ki-ri-é-éleis-sone_, et non
-_ki-ri-é-élei-zone_.
-
-
-
-
- L
-
-
-=L.=--Il y a deux sortes d'_l_: l'_l_ simple et l'_l_ mouillée.--L'_l_
-simple est celle qui ne fait entendre qu'une seule articulation,
-qu'elle soit simple en effet comme dans _bal, bel, fil, col, nul_,
-etc., ou double comme dans _balle, bulle, ville, molle, collége_,
-etc.--L'_l_ mouillée, dont la prononciation est particulière à la
-langue française, est presque toujours indiquée par la présence d'un
-_i_ devant cette consonne; elle se prononce alors, non d'après sa
-valeur ordinaire, mais avec une sorte de mollesse, en faisant entendre
-un _i_ après elle, indépendamment de celui qui la précède réellement;
-ainsi _billard, piller, tilleul, bouillon, mouiller, ailleurs,
-bouteille, cueille, meilleur_, etc., se prononcent comme s'il y avait
-_biliard, pilier, tilieul, boulion, moulier, alieurs, bouteillie,
-cueillie, melieur_.--Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut
-prononcer à la manière des wallons et du peuple de Paris: _biïard,
-piïer, tiïeul, bouiïon, aiïeurs, bouteiïe, cueiïe, meiïeur, mouiïer_,
-etc., en supprimant entièrement l'_l_ et en la remplaçant par deux _i_
-ou par un _y_.--Nous pensons que la première prononciation est plus
-généralement reçue dans notre pays. Au reste, cette question étant
-très-controversée, chacun peut adopter telle prononciation qu'il lui
-semblera bon.--Nous ajouterons pourtant que bon nombre de grammairiens
-recommandent la première prononciation dans le discours soutenu et la
-seconde dans la conversation ordinaire.
-
-2. _L_ finale est mouillée dans les mots suivants: _avril, babil,
-cil, fenil, grésil, gril, mil_ ou _millet_ et _péril_. (Acad.)--Elle
-ne se prononce pas dans: _baril, chenil, fournil, fusil, outil,
-persil, sourcil, coutil, courtil, gentil_ (voyez ce mot), _gril_ (dans
-le langage familier), _nombril, soûl, cul-de-jatte, cul-de-lampe,
-cul-de-sac_. (Acad.)--_Lle_ finales se mouillent dans les mots
-suivants: _aiguille, anguille, bille, cocomille, cédille, charmille,
-cheville, coquille, esquille, étrille, famille, faucille, fille,
-goupille, grille, guenille, lentille, pacotille, pastille, quille,
-roquille, vétille, vrille_, etc.
-
-=La.=--Le pronom _le_ est invariable et s'emploie toujours au masculin
-quand il tient la place d'un adjectif: _Madame, êtes-vous malade?
-je le suis_ (et non _je la suis_); _Mesdames, êtes-vous contentes
-de ce discours? nous le sommes_ (et non _nous les sommes_).--Mais
-si l'adjectif est précédé d'un article, _le, la, les_ s'accordent
-avec lui en genre et en nombre, parce qu'alors l'adjectif devient
-substantif: _Madame, êtes-vous la malade dont on m'a parlé? je la
-suis_ (et non _je le suis_); _Mesdames, êtes-vous les parentes de
-Monsieur? nous les sommes_ (et non _nous le sommes_).--De même, en
-s'adressant à des hommes, vous direz: _êtes-vous soldats, médecins,
-avocats, Messieurs?--nous le sommes_: (ces subst. sont pris ici
-adjectivement).--Mais vous direz: _êtes-vous les soldats de Sébastopol,
-Messieurs?--Nous les sommes_: (le subst. ici est un véritable
-substantif).
-
-2. =Là= (avec un accent grave pour le distinguer de l'article _la_)
-et =Ci=, adv. dém., se mettent souvent à la suite des pronoms
-démonstratifs, et dans ce cas, on doit mettre un trait d'union entre
-_là_ et _ci_ et les mots qui les précèdent: _celui-ci, celui-là, ce
-temps-là, cet homme-là_.
-
-3. Il s'emploie quelquefois par une sorte de redondance, et pour donner
-plus de force à la phrase, et dans ce cas, il ne faut pas de trait
-d'union: _c'est là du courage; c'est là ce que vous auriez dû faire_.
-
-4. Ne dites pas: _c'est là où je l'ai vu_; dites, _c'est là que je l'ai
-vu_.
-
-5. Ne dites pas: _vous êtes venu chez moi, je n'étais pas là_; dites,
-_je n'y étais pas, je n'étais pas à la maison, j'étais absent_.
-
-6. _De là_, sans trait d'union, signifie de ce lieu-là, de ce point-là,
-de ce sujet-là, de cette chose-là; _de là à la ville il y a cinq cents
-pas; tirez-vous de là; de là sont venues les guerres civiles_.
-
-7. _Delà_, prép., s'écrit en un seul mot, c'est-à-dire, sans trait
-d'union entre _de_ et _là_: _delà la rivière, delà les monts; il est
-de delà les monts, par delà le cap de Bonne-Espérance_.--Dans ces
-derniers cas, toutefois, on dit de préférence _au delà des monts, au
-delà du cap de Bonne-Espérance_.
-
-8. _Deçà_ et _delà_, de côté et d'autre: _j'ai perdu ma bourse, je l'ai
-cherchée deçà et delà; il était à cheval, jambe deçà, jambe delà_,
-c'est-à-dire à califourchon.
-
-9. _En delà_, signifie plus loin.
-
-10. _Par-ci, par-là, jusque-là_, s'écrivent avec un trait d'union.
-
-11. =La, la=, sans accent grave, locution familière, espèce
-d'interjection: _la, la, ne pleurez plus; la, la, en voilà
-assez_.--_La, la_ (sans accent grave); adv.: _a-t-il bien travaillé?
-la, la_,--c'est-à-dire, médiocrement.
-
-12. =La=, s. m., note de musique: prononcez _lâ_ (_a_ long).
-
-=Le, La=, art.--1º L'article _la_ ne se met que devant les noms
-des femmes célèbres par leurs crimes.--2º Ce tour que les français
-emploient rarement parce qu'il n'est pas honnête, est plus ordinaire
-dans la langue italienne: _Le Tasse, la Pansarosa, la Ristori_.
-
-2. Ne dites pas: _il a pris son enfant sur le bras et l'a emporté_;
-dites, _sur son bras_.
-
-3. Ne dites pas: _l'un jour il travaille et l'autre il ne fait rien_;
-dites, _un jour il travaille..._
-
-4. Ne dites pas: _l'un ou l'autre de mes parents vient me chercher_;
-dites, _un de mes parents, quelqu'un de mes parents vient..._
-
-5. Ne dites pas: _parler le français, l'allemand_; dites, _parler
-français, allemand_.
-
-6. Ne dites pas: _tout alla comme je désirais_; dites, _comme je le
-désirais_.
-
-7. Écrivez et prononcez: _je l'ai vu, vous l'avez reçu_, etc., et non
-_je l'lai vu, vous l'l'avez reçu_.
-
-8. _Ledit, ladite_, etc.: voyez _dit_.
-
-=Labarum=, s. m., étendard de Constantin; prononcez _labarome_.
-
-=Labour=, s. m.--ne dites pas, _des chevaux de labourage_, mais, _des
-chevaux de labour_.
-
-=Laboureur=, s. m., celui qui par état laboure la terre; ce mot n'a pas
-de correspondant féminin.
-
-=Lac=, s. m., ne se dit que d'une grande étendue d'eau, et ne peut pas
-s'employer comme synonyme de _mare_, de _flaque_: _dans ce village
-on abreuve les bestiaux à une mare; il y a des flaques d'eau dans ce
-chemin_.--Il est à remarquer qu'une _flaque_ est moins grande qu'une
-_mare_; c'est plutôt ce qu'on désigne, en wallon, sous le nom de
-_potai_.--Prononcez _lake_ au sing. et au pluriel.
-
-=Lacer=, serrer avec un lacet;--_délacer, enlacer, laceure, lacet_:
-tous ces mots s'écrivent avec un _c_.
-
-=Lâche=, _lâcher, lâcheté, lâchement_: prononcez l'_â_ long.
-
-=Lâcher=, v. a.--D'après l'Académie, il faut dire: _lâcher de l'eau_
-(uriner) et non _lâcher l'eau_ comme on le dit vulgairement.
-
-=Lacs=, s. m., cordon délié, noeud coulant pour prendre divers oiseaux
-ou le gibier; au figuré, piége, embarras;--l'orthographe de ce mot est
-la même au singulier qu'au pluriel:--prononcez _lâ_.
-
-=Lacune=, s. f., vide, interruption; ne le confondez pas avec _lagune_,
-petit lac, flaque d'eau.
-
-=Ladre=, subst., avare, au féminin _ladresse_. (Acad.)
-
-=Lady=, s. f., titre que l'on donne en Angleterre aux femmes et aux
-filles de personnes titrées; au pluriel _ladys_. Prononcez _lédi_.
-(Acad.)
-
-=Lai, Laie=, adj., laïque: _frère lai, moine lai_, c'est-à-dire, qui
-n'est point destiné à la prêtrise; on se sert aussi de ce mot comme
-substantif. Prononcez _lè_, son bref, comme dans _laid_ (désagréable.)
-
-=Laïc=: voyez _laïque_.
-
-=Laideron=, s. f., jeune fille ou jeune femme laide; l'Académie n'admet
-point la forme _laideronne_: _c'est une petite laideron_ et non
-_laideronne_.
-
-=Laineux, Lanugineux.=--_Laineux_ se dit des moutons et des étoffes
-qui ont beaucoup de laine; il se dit aussi des plantes ou parties de
-plantes qui sont couvertes de poils imitant la laine;--_lanugineux_ ne
-se dit que des parties des plantes, feuilles, fruits, tiges, etc., qui
-sont couvertes d'une espèce de duvet semblable à la laine ou au coton.
-
-2. Quoique la laine ne paraisse guère _mangeable_, on trouve cependant
-dans l'Académie le dicton: _se laisser manger la laine sur le dos_; ce
-qui signifie, souffrir tout, ne pas savoir se défendre.--Prononcez
-_laine_ (_lène_), _laineux_ (_lèneux_) et non _lain-ne, lain-neux_.
-
-=Laïque=, adj. des deux genres; quelques-uns écrivent _laïc_ au
-masculin (Acad.);--il est aussi substantif masculin;--il se dit d'une
-personne qui n'appartient pas au clergé.
-
-=Laisse= (je, tu, il), du verbe _laisser_, a l'_ai_ long;--il est bref
-dans _laisse_, s. f., corde pour mener les chiens.
-
-2. Ne dites pas _mener les chiens à la laisse_, mais, _en laisse_.
-
-=Laisser=, pour _faire_, est un flandricisme; ne dites pas: _je me suis
-laissé faire un habit; j'ai laissé relier mon manuel; je me suis laissé
-saigner_, etc.; dites, _je me suis fait faire un habit; j'ai fait
-relier mon manuel; je me suis fait saigner_.
-
-2. Ne dites pas: _laisser la porte sur la serrure_; dites, _laisser la
-porte à demi-fermée_ ou _entrou'verte_.
-
-3. Ne dites pas: _laissez-nous aller_ pour _allons, partons_. (Fland.)
-
-4. Ne dites pas: _je me suis laissé à dire_; dites, _j'ai cédé_ ou
-_je me suis rendu, j'ai accédé, acquiescé à ses instances, à ses
-sollicitations, à sa demande_. (Wall.)
-
-5. Ne dites pas: _je me suis laissé dire_: il ne s'agit pas ici d'une
-permission à donner; dites simplement, _on m'a dit_.
-
-6. On dit indifféremment, _ne pas laisser de_ ou _ne pas laisser que
-de_: _il ne faut pas laisser d'aller toujours votre chemin; il est
-pauvre, mais il ne laisse pas que d'être honnête homme_; la seconde
-expression est pourtant moins usitée que la première.
-
-=Lait=, s. m.--Prononcez _lè_ (_è_ bref).--Ne dites pas: _une carpe à
-lait_, mais, _une carpe à laite_ ou _à laitance_ (substance blanche et
-molle ressemblant à du lait caillé).
-
-2. Ne dites pas: _il est blanc comme un lait_; dites, _il est blanc
-comme lait_ ou _comme du lait_. Voyez _jais, geai_ et _jaune_.
-
-3. _Lait de beurre_ ou _babeurre_ (et non _lait battu_), espèce de
-petit lait qui reste dans la baratte après qu'on a fait le beurre.
-
-4. _Petit-lait_ ou _lait clair_, sérosité ou liquide qui se sépare du
-lait lorsqu'il se caille: _prenez un verre de petit-lait pour vous
-rafraîchir_.
-
-5. _Lait coupé_, lait dans lequel on a mis une portion d'un autre
-liquide: _lait coupé avec du bouillon_.
-
-6. _Lait de poule_, jaune d'oeuf délayé dans de l'eau chaude avec du
-sucre.
-
-=Laitière=, s. f., femme qui fait le métier de vendre du lait; ne dites
-pas, _femme au lait_.--Prononcez _laiti-ère_ et non _laitchi-ère_.
-Voyez _ti_ et _di_.
-
-=Lamperon, Lampion.=--Le _lamperon_ est le petit tuyau ou la languette
-qui tient la mèche, (le coton) dans une lampe.--Le _lampion_ est un
-vaisseau de verre, de terre ou de fer blanc que l'on place dans une
-lanterne ou dont on se sert pour faire des illuminations.
-
-=Lancées, Lançures, Lancements=, ne sont pas français; dites,
-_élancements_: _j'ai des élancements dans la tête, au doigt_.--Voyez
-le mot suivant.
-
-=Lancer=, faire ressentir dans quelque partie du corps une douleur vive
-et aiguë avec agitation; dites _élancer_ et non _lancer_: _la tête
-m'élance, le doigt m'élance_.
-
-=Lande, Lente=, s. f.--Une _lande_ est une grande étendue de terre
-inculte et stérile: _les Ardennes et la Campine sont pleines de
-landes_.--Une _lente_ est l'oeuf d'où sortent les poux et qui
-s'attachent aux cheveux des enfants et des personnes malpropres (ne
-dites pas _lende_).--Voyez _fange_.
-
-=Landier=, s. m., gros chenet de fer qui sert à la cuisine pour élever
-le bois autour de l'âtre et le faire brûler plus facilement.--Ne dites
-pas _andier_.
-
-=Landwehr=, s. f., garde civique en Allemagne: prononcez _land'vère_.
-
-=Lange, Linge=, s. m.--Le _lange_ est le morceau de linge dont
-on enveloppe les enfants au berceau;--le _linge_ se dit de toute
-toile mise en oeuvre selon les différents usages auxquels on veut
-l'employer.--Prononcez _lan-ge, lin-ge_, et non _lan-che, lin-che_.
-
-=Langue fumée.=--Ne dites pas _langue enfumée_.--Prononcez _lan-gue_
-et non _lan-ke_; prononcez de même _bague, harangue, figue_, etc.
-
-=Lanterne magique=, s. f., instrument d'optique; ne dites pas _lanterne
-magie_.
-
-=Lapis=, s. m., pierre précieuse; on dit aussi _lapis-lazuli_;
-prononcez _lapice-ladzuli_.
-
-=Lapisse=, s. m., mot wallon, _eau de son, eau blanche_: _il faut
-donner de l'eau de son à ce cheval pour le rafraîchir_.
-
-=Lapoter=, mot wallon, boire en tirant avec la langue comme le chien;
-en français, _laper_: _ce chien fait du bruit en lapant_.
-
-=Laps=, s. m., espace de temps; prononcez le _p_ et l'_s_, _lap'se_.
-
-=Laque=, s. f., ne se dit pas dans le sens de cire à cacheter; dites
-_un bâton de cire à cacheter_ et non, _un bâton de laque_.--La
-_laque_ est une sorte de gomme résine: _la laque sert à composer des
-vernis_.--Ce mot est masculin quand on veut parler du vernis de Chine
-ou des meubles qui en sont recouverts: _le beau laque de la Chine_.
-
-=Lard= (_bacon de_), mot wallon; dites _une flèche de lard_.
-
-=Large, Long, Haut.=--Ces adjectifs peuvent s'employer substantivement
-au lieu de _largeur, longueur, hauteur_: _ce tableau a six pieds de
-haut sur quatre de large; ces rideaux ont six aunes de long_.--Mais
-vous ne pouvez pas dire: _cette chambre est six pieds longue, large,
-haute_; dites, est _longue, large, haute de six pieds_, ou _a six pieds
-de long, de large, de haut_.
-
-2. _Au large, au long et au large, du long et du large, en long et en
-large_, sont des locutions adverbiales.
-
-3. _Large_ (_à grand_), est une locution wallonne; dites _largement,
-grandement, amplement_: _il a été payé largement; il leur donna
-amplement à manger_.
-
-4. Ne dites pas non plus: _il regarda tout large_, pour signifier, _il
-fut étonné, surpris, stupéfait, stupéfié_.--(Wall.) Prononcez _large_
-et non _larche_.
-
-=Larynx=, s. m., partie supérieure de la trachée-artère, principal
-instrument de la voix:--prononcez _laraink-ce_.
-
-=Las=, interj., hélas; il est du style naïf et familier. (Acad.)
-Prononcez _lâce_.
-
-=Las, lasse=, adj., fatigué, ennuyé, dégoûté; l'_a_ est long au
-masculin et au féminin et le masculin se prononce _lâ_ et non _lâce_ au
-singulier et au pluriel: _je suis si las_ (lâ), _nous sommes si las_
-(lâ et non _lâce_).
-
-=Lasser=, v. a., fatiguer, causer de la fatigue, ennuyer,
-dégoûter.--_Se lasser_ régit la prép. _à_ ou la prép. _de_: la prép.
-_à_, lorsqu'il est pris dans le sens de _fatiguer_, et la prép. _de_,
-lorsqu'il a le sens _d'ennuyer, dégoûter_: _on se lasse plus à rester
-debout qu'à marcher; on se lasse d'entendre toujours les mêmes
-plaintes_.
-
-=Latrines=, s. f. pluriel sans singulier, lieu où l'on satisfait à ses
-besoins naturels.
-
-=Latte=, s. f., morceau de bois refendu selon son fil, long, mince,
-étroit, que l'on attache avec des clous sur les _chevrons_ pour porter
-la tuile, ou dans l'intérieur des bâtiments, sur la charpente pour
-recevoir l'enduit de plâtre des plafonds et des cloisons: _une botte de
-lattes; clouer des lattes; un grenier lambrissé sous des lattes_.
-
-=Latter=, v. a., garnir de lattes:--_il faut latter et contrelatter
-cette cloison_; il s'emploie aussi absolument: _latter à claire-voie;
-latter à lattes jointives_.--_Lattis_, s. m., ouvrage de lattes:
-_couvrir un lattis avec des tuiles_.--Prononcez _lati_ et non _latice_.
-
-=Laudanum=, s. m., préparation d'opium; prononcez _lôdanome_.--Ne
-dites pas _de l'eau d'ânon_.
-
-=Laudes=, s. f. pl., partie de l'office: prononcez _lô-de_ et non
-_lô-te_.
-
-=Lauréole=, s. f., plante dont les feuilles ressemblent à celles du
-laurier; ne dites pas _laurelle_ et prononcez _lo-réole_.
-
-=Laurier.=--Prononcez _lo-rier_ et non _lô-rier_.
-
-=Lavanche= et =Lavange=, s. f., se disent quelquefois pour _avalanche_.
-(Acad.)
-
-=Lavande=, s. f., plante aromatique, labiée, portant de petites fleurs
-bleues qui viennent par épi: _eau de lavande; mettre de la lavande dans
-du linge_.--Ne prononcez pas _lavante_.
-
-=Lavandier, Lavandière.=--Un _lavandier_ est un officier, dans
-certaines cours, chargé de veiller au blanchissage du linge.--Une
-_lavandière_ est une femme qui lave le linge; ce mot est peu usité, on
-dit plus souvent dans ce sens _blanchisseur, euse, lessiveur, euse_, et
-quelquefois _laveur, laveuse_: _laveuse de linge_.
-
-=Lavasse=, s. f., pluie, subite, abondante et impétueuse: _il vint tout
-à-coup une grande lavasse_.--Mais on ne peut pas dire: _il pleut à
-lavasse_.
-
-2. _Lavasse_ signifie encore, vin, bière, bouillon, sauce, tisane où
-l'on a mis trop d'eau: _ce n'est que de la lavasse_.--On dit aussi
-_piquette_ dans le même sens, mais _lapette_ n'est pas français.
-
-=Laver=, ne peut pas s'employer dans le sens _d'arroser, d'irriguer_.
-
-2. _Laver_, s'emploie quelquefois absolument et alors il signifie se
-laver les mains avant le repas: _ne voulez-vous pas laver_. (Acad.)
-Dans toute autre acception, il faut exprimer la partie du corps qu'on
-lave: _se laver les mains, la figure, les pieds_, etc.
-
-3. On ne dit pas: _laver ses mains, sa figure_, etc., mais _se laver
-les mains, la figure_.
-
-=Lavette=, s. f., petit morceau de linge dont on se sert pour laver la
-vaisselle.
-
-=Lavier, Lévier=, ne sont pas français; dites _évier_, pour signifier
-une pierre en forme de table et légèrement creusée sur laquelle on
-lave la vaisselle, et qui a un trou pour l'écoulement des eaux: _jeter
-les eaux par l'évier; cette cuisine a un évier_.--On dit aussi _pierre
-d'évier_ et _pierre à laver_.
-
-=Lavis=, s. m., =Lavure=, s. f.--_Lavis_ est un terme de peinture et
-signifie la manière de colorier un dessin avec de l'encre de chine, du
-bistre, etc.--Prononcez _lavi_.--_Lavure_ est l'eau qui a servi à
-laver la vaisselle, les écuelles et n'est guère usité que dans cette
-locution: _lavure de vaisselle, d'écuelles_.--_Lavure de vaisselle_ se
-dit aussi, familièrement, d'un bouillon, d'un potage fade et insipide
-où il y a trop d'eau.
-
-=Lazzarone.= s. m., nom que l'on donne aux dernières classes du peuple
-napolitain; on dit au pluriel _lazzaroni_.--Prononcez, _lad'zaroné,
-lad'zaroni_; le _z_ italien équivaut à _ds, dz_.
-
-=Lazzi=, s. m., mot italien qui signifie, action, mouvement,
-geste bouffon dans la représentation des comédies: _les lazzi
-d'Arlequin_.--Il se dit, par extension, de mauvaises plaisanteries
-et de bouffonneries faites ailleurs qu'au théâtre: _il s'en est tiré
-par des lazzi_. L'Académie dit que quelques-uns écrivent au pluriel
-_lazzis_, mais dans les exemples qu'elle donne du pluriel, elle écrit
-_lazzi_ sans _s_.--Prononcez _l'ad'zi_.
-
-=Le=, art. et pron.--Prononcez _le_ et non _lè_.
-
-2. _Le, la, les_, employés comme régimes directs, ne doivent jamais
-s'omettre ni en vers ni en prose. Ce serait donc une faute de dire: _je
-lui avais bien dit; donnez-lui; je ne suis pas ingrat, je lui rendrai
-bien_; au lieu de: _je le lui avais bien dit; donnez-le-lui; je le lui
-rendrai bien_.
-
-3. Cette règle est également applicable au pronom _en_. Ne dites donc
-pas: _j'aurai plus de complaisance qu'ils n'ont; c'est là, soyez
-certain, la cause de son refus_. Dites, _qu'ils n'en ont; soyez-en
-certain_.
-
-4. Les phrases suivantes sont également incorrectes: _prêtez-moi-le,
-montrez-nous-les, donnez-moi-le_, etc. Ici il faut placer le régime
-direct le premier: _prêtez-le-moi; montrez-les-nous; donnez-le-moi_.
-
-5. =Les, Des, Mes, Tes, Ses.=--Prononcez _lè, dè, mè, tè, sè_, et non
-_lé, dé, mé, té, sé_.
-
-6. =Lé=, s. m., largeur d'une étoffe entre deux _lisières_: _un lé de
-drap_. Écrivez et prononcez _lé_ et non _lè_ ni _lit_.
-
-=Leçon=, s. f.--Ne dites pas: _je prends des leçons à un habile
-professeur_; dites, _je prends des leçons d'un habile professeur_.
-
-2. On dit très-bien, _donner, prendre des leçons de musique, de
-dessin, d'histoire_, etc. (Acad.);--mais _donner leçon de grec, de
-latin_, etc., ne nous paraît pas assez correct; il faut dire, _donner
-des leçons de ..._--_Donner, prendre des leçons_, se dit des leçons
-particulières; mais quand il s'agit de leçons ou de cours publics, on
-dit _faire un cours_ (et non _donner un cours_), _faire une leçon,
-faire des leçons_.--Prononcez _leçon_ et non _lèçon_.
-
-=Lecteur=, _lectrice_, =Liseur=, _liseuse_.--La _lecteur_ est en
-général celui qui lit, ou dont le métier est de lire à haute voix
-devant une ou plusieurs personnes ou une communauté; _c'est un bon
-lecteur, c'est une excellente lectrice; lecteur du roi, lectrice de la
-reine_.--Le _liseur_ est celui qui aime à lire, qui ne fait que lire,
-qui lit beaucoup et longtemps, qui lit avec passion; le _liseur_ est
-un lecteur passionné: _c'est un grand liseur, une grande liseuse de
-romans_. Il est familier.
-
-=Légataire=, subst. des deux genres, =Testateur=, _testatrice_.
---_Légataire_, est celui, celle à qui on fait un legs;--_testateur,
-testatrice_, est celui, celle qui fait un testament.--Voyez
-_dépositaire, signataire, locataire_.
-
-=Léger=, _légère_, adj., qui pèse peu, agile, volage; prononcez _légé_
-et non _l'gé_ ni _legé, lègé, légère_ (au masc.), quoique Rousseau et
-Voltaire l'aient fait rimer avec _air_ et _cher_.
-
-=Législateur=, _législatrice_, =Légiste=.--_Légiste_, qui connaît ou
-qui étudie les lois;--_législateur_, celui qui donne des lois à un
-peuple: _Moïse fut le législateur des Hébreux_.
-
-=Législation, Législature.=--_Législation_ est le droit de faire
-des lois: _en Belgique, la législation appartient au Roi et aux deux
-Chambres_;--il se dit aussi du corps même des lois: _réformer la
-législation_;--il se dit encore de la science, de la connaissance des
-lois: _il est habile en législation_.--La _législature_, ce sont les
-trois pouvoirs qui concourent à la confection des lois: _la législature
-vient de décider une grande question_.--Il s'emploie souvent dans le
-sens d'assemblée législative: _législature nombreuse, complète_.--Il
-se dit encore de la période de temps qui s'écoule depuis l'installation
-d'une assemblée législative, jusqu'à l'expiration de ses pouvoirs:
-_pendant la première, la seconde législature_.
-
-=Legs=, s. m., ce qui est légué; prononcez _lè_ et non _lègue_.
-
-=Légume=, est masculin: _de bons légumes_ et non _de bonnes légumes_.
-
-=Lendemain.=--_Du jour au lendemain_;--quoi qu'en disent certains
-grammairiens, cette expression est très-correcte et fort
-usitée.--Prononcez _len-de-main_ et non _lan-ne-main_.--Voyez
-_commandement_.
-
-=Lent à, Long à=, se disent indifféremment l'un pour l'autre; cependant
-_lent à, longtemps à_, nous semblent préférables à _long à_: _ces
-messieurs sont bien lents à venir, sont longtemps à venir_.
-
-=Lente=, s. f.: voyez _lande_.
-
-=Lesquels, Desquels=: prononcez _lèquèl, dèquèl_, et non _lès'quel,
-dès'quel_ ni _lèquéle, dèquéle_.
-
-=Lest=, s. m., poids au fond du navire; prononcez _less'te_ et non
-_lesse_.
-
-=Leste=, adj. des deux genres, léger, inconsidéré: prononcez _less'te_
-et non _lesse_.
-
-=Lettre=, s. f.--De quel genre sont les lettres de l'alphabet?--Si l'on
-adopte l'appellation moderne, elles sont toutes du masculin; un _be_,
-un _de_, un _pe_, un _re_, un _se_;--si l'on adopte, au contraire,
-l'appellation ancienne et usuelle (c'est celle que nous avons nous-même
-adoptée dans notre _Dictionnaire_), il faut consulter le son final de
-la lettre: elle sera féminine si ce son final lui-même est féminin,
-c'est-à-dire, s'il est censé se terminer par un _e_ muet: une _f_, une
-_h_, une _l_, une _m_, une _r_, une _s_, une _x_, parce qu'on prononce
-_effe, hache, elle, emme, enne, erre, esse, ikse_.--Elles sont du
-masculin lorsque le son final est grave ou est censé se terminer par
-une voyelle autre que l'_e_ muet: un _b_, un _c_, un _d_, un _g_, un
-_j_, un _k_, un _p_, un _q_, un _t_, un _v, w_, qui se prononcent _bé,
-cé, dé, gé, ji, ka, pé, ku, té, vé_.
-
-2. =Lettre=, s. f.--Ne dites pas, _mettre des mots par lettres
-alphabétiques_, mais, _par ordre alphabétique_; en effet, toutes les
-lettres sont alphabétiques.
-
-3. Ne dites pas, _le porteur de lettres_, mais, _le facteur_.--Prononcez
-_let-tre_ et non _let-te_ ni _lettère_.
-
-=Leur.=--Ne dites pas: _ils étaient leur deux, leur trois_; dites,
-_ils étaient deux, trois_ ou _eux deux, eux trois, elles deux, elles
-trois_; comme on dit, _nous étions nous deux, vous étiez vous trois_,
-et non _nous étions nos deux, vous étiez vos trois_.
-
-2. _Leur_, signifiant _d'eux, d'elles_, veut être devant son
-substantif; dites en parlant de deux frères ou deux cousins: _je suis
-leur parent_, c'est-à-dire, _le parent d'eux_, et non, _je leur suis
-parent_, qui signifierait, _je suis parent à eux_, ce qui n'est pas
-français.
-
-3. _Leur_, pronom, s'écrit sans s: ne dites donc pas, _je leurs z'ai
-dit_; dites, _je leur ai dit_.
-
-=Levain=, s. m., =Alevin=, s. m.--Le _levain_ est une pâte aigrie
-qui, mêlée à la pâte dont on veut faire le pain, la fait lever et
-fermenter;--l'_alevin_, c'est du menu poisson pour peupler un étang,
-un vivier; dites donc, _j'ai mis de l'alevin dans mon réservoir_, et
-non pas _du levain_.
-
-=Levée=, s. f.--Ne dites pas: _il est capot, il n'a pas fait un seul
-levé_; dites, _une seule levée_.
-
-=Lever=, v. ac., fait au futur _je lèverai, tu lèveras_, etc., et au
-conditionnel, _je lèverais, tu lèverais_, etc., et non _je leverai, tu
-leveras; je leverais, tu leverais_.
-
-2. Ne dites pas: _j'ai levé cet enfant_, pour dire, que vous êtes son
-parrain; dites, _j'ai tenu cet enfant sur les fonts_, ou _je suis le
-parrain de cet enfant_.
-
-3. On dit très-bien, dans le sens de percevoir, recueillir, rassembler,
-ramasser, emporter: _lever les fruits d'une terre; lever les impôts,
-des impôts; on lève annuellement tant de millions sur ce royaume; on
-lève un droit sur cette denrée_;--on a dit de même autrefois, _lever
-les rentes seigneuriales, la dîme_.
-
-4. Mais en parlant d'une somme d'argent, il faut dire _toucher_ et non
-_lever_: _il a touché ses appointements_ (et non _levé_); _je lui ai
-fait toucher telle somme_ (et non _lever_); _toucher de l'argent_ (et
-non _lever_). (Acad.)--(Wall.)--Prononcez _lever_ et non _lèver_.
-
-=Lever-Dieu=, s. m., le moment de la messe où le prêtre élève la sainte
-hostie; au plur., _lever-Dieu_; ne dites pas _Dieu-levé_.
-
-=Levier=: voyez _évier_.
-
-=Lèvre=, s. f.: prononcez _lèvre_, et non _lè-fe_ ni _lé-vère_.
-
-=Levûre=, s. f.--Ce substantif ne peut se mettre au pluriel que dans
-les cas où il s'agirait de différentes espèces de levûres. Il n'est pas
-plus correct de dire, _acheter des levûres, mettre des levûres dans la
-pâte_, que de dire _acheter des levains, mettre des levains_; il faut
-dire, _acheter de la levûre, mettre de la levûre_. Prononcez et écrivez
-_levûre_ (accent circonflexe) et non _lèvure_.
-
-=Lexique=, s. m., dictionnaire; il se dit particulièrement des
-dictionnaires grecs;--prononcez _lek-cique_, et non _lek-zique_;
-prononcez de même ses dérivés, _lexicologie, lexicographie_, etc.
-
-=Lez=, adv., vieux mot signifiant à côté, proche de: _la Tombe
-lez-Tournai_.--C'est à tort que l'on remplace _lez_ par _les_ ou _des_:
-_Plessis-les-Tours_; il faudrait dire, _Plessis-lez-Tours_.--Prononcez
-_lé_ et non _lè_, ni _lèze_.
-
-=Liaisons affectées.=--La conversation demande plus de laisser-aller
-et un certain négligé que ne comporte pas le discours soutenu. Il faut
-donc éviter, en parlant, de multiplier les liaisons; il faut même
-s'attacher à les omettre le plus possible, surtout celles des _s_ et
-des _t_ et surtout encore celles qui présenteraient, dans le même mot
-ou dans deux mots qui se suivent, la répétition des mêmes consonnes ou
-des mêmes sons,--c'est ainsi que les personnes de bon ton ne diront
-jamais: _il est onze heures z'et un quart, onze heures z'et demie; deux
-heures z'et demie_; elles diront avec beaucoup plus de naturel _il est
-onze heures et un quart_, etc., en supprimant la liaison.--«Lier les
-mots avec affectation dans les discours fut de tout temps le propre de
-la pédanterie; c'est un défaut de maître d'écriture.» (FRANCIS WEY).
-
-=Liard=, s. m.--Ne dites pas: _je n'ai plus de petits liards_; dites,
-_je n'ai plus de petite monnaie_.--Prononcez _liar_ (en une seule
-syllabe) et non _li-ar_ ni _li-iar_.
-
-=Libelle=, écrit injurieux, diffamatoire, est masculin: _un libelle
-violent_.
-
-=Libelliste=, s. m., auteur de libelle; prononcez _libel'liste_; et non
-_libèliste_ ni _libel'lisse_.
-
-=Liber=, s. m., troisième partie de l'écorce; prononcez _libère_.
-
-=Libera=, s. m., prière pour les morts; prononcez _libéra_.
-
-=Libéral=, _libéralité, libérer_.--Prononcez _libéral, libéralité,
-libérer_, et non, _libèral, libèralité, libèrer_.
-
-=Librairie, Mairie, Seigneurie.=--Dites _librai-rie, mai-rie,
-seigneu-rie_, et non _librai-rerie, mai-rerie, seigneu-rerie_.
-
-=Libre=, adj.: prononcez _li-bre_ et non _li-pre, li-pe, libère_.
-
-=Licence=, s. f., grade que l'on prend dans les facultés de _théologie_
-(et autrefois dans celles de droit et de médecine); c'est le degré
-entre le baccalauréat (le grade de bachelier) et le doctorat: _la
-licence en théologie, en droit canon_;--_le licencié_ est celui qui a
-pris le grade de la licence: _monsieur N. est licencié en théologie_.
-
-=Licet=, s. m., permission; prononcez _licète_.
-
-=Lichefrite=, s. f., ustensile de cuisine qui reçoit la graisse et le
-jus de viandes qu'on fait rôtir; dites, _la lèchefrite_.
-
-=Lichen=, s. m., plante parasite qui croît sur les troncs d'arbres, sur
-les rochers, sur les murs; prononcez _likène_. (Acad.)
-
-=Licol= ou =Licou=, s. m., lien de cuir ou de crin qu'on met autour
-du cou des chevaux pour les attacher à l'auge, au ratelier.--_Licol_
-n'est employé qu'en poésie et devant une voyelle, pour éviter
-l'hiatus;--_licou_ fait au pluriel _licous_.
-
-=Lier=, v., =Lien=, s. m.: prononcez _li-é, li-in_, et non _li-ié,
-li-iin_.
-
-2. Ne dites pas: _lier les dents_; dites, _agacer les dents_.
-
-=Lierre=, s. m., plante; prononcez _lière_ (_iè_ diphth.)
-
-=Liesse=, s. f., joie; prononcez _li-èce_;--ce mot est vieux, dit
-l'Académie.
-
-=Lieu.=--Les locutions, _donner lieu, trouver lieu, avoir lieu, y
-avoir lieu_, demandent la préposition _à_ devant un substantif et la
-préposition _de_ devant un infinitif: _je n'ai pas donné lieu à votre
-colère; j'ai lieu de_ (et non _à_) _me plaindre de vous_.
-
-=Lieu-dit.=--Cette expression prend le trait d'union toutes les fois
-qu'elle ne peut pas se remplacer par les mots _lieu nommé_; ainsi il
-faut écrire: _cette pièce de terre est située à lieu dit_ (nommé)
-_derrière-la-ville_; tandis que vous écrirez: _cette parcelle est
-située à tel lieu-dit_.
-
-=Lieue=, s. f.: voyez _heure_.
-
-=Ligature=, s. f.--Ne dites pas: _la ligature d'un livre_, mais, _la
-reliure d'un livre_.
-
-=Ligne=, s. f.--Ne dites pas: _une étoffe à ligne_, mais, _une étoffe
-rayée_.
-
-2. Ne dites pas: _peignez cet enfant, et faites-lui sa ligne sur le
-côté_, dites, _sa raie_.--La _raie_ est un trait tiré de long avec une
-plume, un crayon, etc.; il se dit aussi d'une certaine séparation de
-cheveux qui se fait naturellement ou avec le peigne sur le haut de la
-tête. (Acad.)
-
-=Ligner.=--Ne dites pas: _ligner du papier_ (tirer des lignes); dites,
-_règler du papier; cahier règlé_.
-
-=Ligneul=, s. m., =ligneux=, adj. et subst.--Le _ligneul_ est un fil
-enduit de poix dont se servent les cordonniers; _ligneux_ signifie
-qui a la nature ou la consistance du bois: _la coque de la noix est
-ligneuse_: prononcez _li-gneux_ et non _ligh-neux_ (_g_ dur).
-
-=Lilas=, s. m., arbuste, fleur: prononcez _lilà_.
-
-=Limace=, s. f., ou =Limas=, s. m.; mollusque rampant, sans
-coquille, de forme allongée, à quatre tentacules, et ordinairement
-rougeâtre.--_Limaçon_, s. m., diffère de la limace et du limas en
-ce qu'il porte une coquille; ne dites pas: _ce jardin est rempli de
-limaçons_; dites, _de limaces_;--les wallons sont exposés à confondre
-ces mots.
-
-=Limon, Timon.=--Le _limon_ est une des deux pièces de devant d'une
-charrette ou d'un cabriolet entre lesquelles se place le cheval;--le
-_timon_ est la pièce de bois de devant d'un carrosse, d'un chariot, des
-deux côtés de laquelle on attelle les chevaux.
-
-=Linceul=, s. m.--Prononcez ce mot comme il est écrit, _linceul_ et
-non _linceuille_ (_l_ mouillée);--il ne se dit que du drap de toile
-dont on se sert pour ensevelir les morts.--Ne dites donc pas: _mettez
-des linceuls au lit de monsieur_; dites, _mettez des draps au lit..._
-Dans cette acception on dit _drap_ et quelquefois _drap de lit_.
-
-=Linéaire=, adj., qui a rapport aux lignes; prononcez _liné-aire_ et
-non _liné-iaire_ ni _lignéaire_.
-
-=Linger, ère=, s., celui, celle qui fait commerce de toile, qui vend,
-qui fait du linge, qui travaille en linge.--Ce mot ne s'emploie pas
-dans le sens de blanchisseuse, lavandière, laveur, euse, repasseuse.
-
-=Lingerie=, s. f.--On dit _un magasin de lingerie_ et non _de
-lingeries_.
-
-=Lingual, ale=, adj., qui a rapport à la langue; prononcez
-_lingoual_.--Le masculin _lingual_ n'a pas de pluriel.
-
-=Linguistique=, s. f., science des langues; _linguiste_, qui s'occupe
-de la linguistique;--prononcez _lingu-ïs-tique, lingu-ïste_ (_ui_
-diphth.) et non _lingouistique, lingouiste_ ni _linghistique,
-linghisse_.
-
-=Linteau, Liteau.=--Le _linteau_ est une pièce de bois, de pierre ou
-même de fer en travers, au-dessus d'une porte ou d'une fenêtre pour
-maintenir la maçonnerie;--le _liteau_ est une petite pièce de bois
-couchée sur une autre; en terme de chasse, c'est le lieu où le loup
-se repose pendant le jour; c'est aussi une raie rouge ou bleue sur du
-linge de table, et dans cette acception on ne l'emploie guère qu'au
-pluriel: _serviette à liteaux_ (et non _à linteaux_).
-
-=Lion=, _lionne, lionceau_.--Plusieurs auteurs disent que _ion_ est
-diphthongue; nous ne saurions nous ranger à cette opinion; et nous
-continuerons a prononcer, comme on le fait généralement: _li-on,
-li-onne, li-on-ceau_.
-
-=Lippe=, s. f., la lèvre d'en bas, lorsqu'elle est trop grosse ou
-trop avancée: _avoir une grosse lippe, une vilaine lippe_; ce mot est
-familier.
-
-=Lippée=, s. f., bouchée et repas;--dans ce dernier cas, il est
-toujours accompagné de _franche_: _une franche lippée_.
-
-=Lippu, ue=, adj., qui a une grosse lèvre: _les nègres sont lippus_; ce
-mot est familier.--Il s'emploie plus ordinairement comme substantif:
-_c'est un gros lippu_. (Acad.)
-
-=Liquéfaction=, s. f., action de liquéfier; prononcez _liku-éfaction_
-et non _likouéfaction_ ni _likéfaction_.
-
-=Liquide=, _liqueur, liquoriste, liquéfier, liquider, liquidateur_:
---prononcez _likide, likeur, likoriste, likéfier, likider, likidateur_.
-
-=Lire.=--Ne dites pas: _j'ai lu hors d'un livre, hors du journal_;
-dites, _j'ai lu dans un livre, dans un journal_. (Fland.)
-
-2. Ne dites pas non plus: _j'ai lu sur la gazette, j'ai lu sur le
-journal, sur la feuille_, etc.; dites, _j'ai lu dans la gazette, dans
-le journal, dans la feuille, dans la revue, dans l'almanach, dans les_
-ou _aux annonces du journal_, etc. (Wall.)
-
-=Lis= (et non _lys_), s. m., plante bulbeuse qui porte des fleurs à six
-pétales; prononcez _lice_ même devant une consonne, _lis_ (_lisse_)
-_blanc, lis_ (_lisse_) _bleu_, etc.
-
-2. _Fleur de lis_, terme d'armoiries: _écu semé de fleurs de lis_; dans
-ce cas on prononce _li_ sans faire sentir l'_s_.
-
-3. Poétiquement, _les lis_ se disait autrefois de la France: _l'empire
-des lis, le trône des lis_; dans ce sens on prononce _lice_.
-
-=Liseré=, s. m., petite bordure faite sur une étoffe ou à un habit, un
-gilet, avec un ruban uni ou brodé; ne dites pas _liseret_.
-
-=Liseur.=--Voyez _lecteur_.
-
-=Lisé-je, dormé-je=, grossier barbarisme; dites, _est-ce que je lis,
-est-ce que je dors?_
-
-=Lisse=, adj. des deux genres, uni, poli: _une étoffe lisse, du papier
-lisse_.
-
-=Lit de camp, Lit de sangles.=--_Le lit de camp_ est un petit lit dont
-le bois se démonte de manière qu'on peut le transporter facilement; il
-se dit aussi d'une espèce de couchette formée de planches inclinées,
-qui sert de lit dans un corps de garde.--_Le lit de sangles_ est un
-lit fait de sangles, et quelquefois d'un morceau de coutil attaché à
-deux longues pièces de bois soutenues par des pieds ou jambages qui se
-croisent.--Comme on le voit, c'est à tort que l'on désigne, par _lit
-de camp_, un _lit de sangles_.
-
-=Litanies=, s. f. pl., prière faite en l'honneur de Dieu, de la
-Ste-Vierge et des saints, et composée d'une série d'invocations; dans
-ce sens il ne s'emploie pas au singulier: _les litanies de tous les
-saints, de belles litanies_.--_Litanie_, au singulier, se dit d'une
-énumération longue et ennuyeuse: _il nous a fait une longue litanie de
-ses peines, de ses plaintes_.
-
-=Liteau=: voyez _linteau_.
-
-=Litre=, s., unité de mesure de capacité, est masculin: _un litre de
-bière_; prononcez _li-tre_ et non _lite, litère_.
-
-=Littéral, ale=, adj., qui est selon la lettre, conformé à la lettre:
-_traduction littérale_.--L'Académie ne donne point de pluriel
-masculin; Trévoux, Laveaux, Fabre, l'abbé d'Olivet et Boinvillers
-disent, _des commentaires littéraux_.
-
-=Livrance, Livrement=, action de livrer une chose vendue, ne sont
-pas français; il faut dire _livraison_: _j'ai fait une livraison
-de six pièces de toile; je dois faire demain une livraison à tel
-correspondant_.
-
-=Livre=, ancienne mesure remplacée aujourd'hui par le franc, est
-féminin: _une livre tournois_.
-
-2. _Livre._--On dit _un livre de prières_ et non _un livre à prières_.
-(Acad.)--Prononcez _livre_ et non _life_ ni _livère_. Voyez _lire_ et
-_prière_.
-
-=Ll= _mouillées_: voyez _l_.
-
-=Llama=, et mieux =lama=, s. m., quadrupède ruminant du Pérou;
-l'Académie dit qu'on mouille les deux _ll_ dans _llama_.
-
-=Llation, Llaire=, finales où les _ll_ sont rarement mouillées.
-
-=Locataire, Propriétaire.=--Le _locataire_ est celui qui tient à
-loyer une maison, un jardin, etc.; le _propriétaire_ est celui à qui
-appartient l'objet loué. Prononcez _locatère, propriétère_ et non
-_locatére, propriétére_.
-
-=Locatis=, s. m., mauvais cheval de louage; prononcez _locatice_.
-
-=Loch=, s. m., instrument pour mesurer la vitesse du navire; prononcez
-_loke_.
-
-=Locomotive=, s. f., remorqueur des chemins de fer; prononcez
-_locomoti-ve_ et non _locomoti-fe_.
-
-=Lof=, s. m., t. de marine, le côté que le navire présente au vent: _ce
-vaisseau va au lof; venir au lof_.--_Lofer_, signifie venir au lof.
-
-=Loger=, v. neutre dans le sens d'habiter, de demeurer dans une
-maison.--Il est _actif_, dans le sens de donner le logement à
-quelqu'un.--Avec le pron. personnel, _se loger_ signifie, prendre un
-logement, disposer un logement.
-
-=Logeur=, _logeuse_, celui ou celle qui tient des chambres garnies pour
-les ouvriers et les gens de la classe pauvre; il ne se dit pas de la
-personne qui loge dans ces chambres garnies.
-
-=Logis=, s. m.--Ne dites pas: _j'ai été demander à logis dans cet
-hôtel_; dites, _j'ai été demander à loger_ ou _le logement dans cet
-hôtel_.
-
-2. Ne dites pas non plus: _je suis au logis dans cette auberge_; dites,
-_je loge dans cette auberge_.--Prononcez _logi_ et non _logice_.
-
-3. Ne dites pas: _estaminet et logement_; dites, _logis_: le _logis_
-est une maison où on loge; _logement_ se dit du lieu où on loge et
-plus particulièrement du domicile habituel, du lieu où l'on habite
-ordinairement.--Prononcez _lo-jeman_ et non _lo-cheman_.
-
-=Loin.=--La locution, _bien loin s'en faut_, n'est pas française; il
-faut dire, _tant s'en faut, loin de là_: _vous me demandez si j'ai
-gagné au jeu, tant s'en faut qu'au contraire_.
-
-2. De _loin à loin_, se dit de la distance: _ces arbres sont plantés
-de loin à loin_;--_de loin en loin_, se dit du temps: _il ne nous
-vient voir que de loin en loin_. Cependant, dans le langage ordinaire,
-on ne tient pas toujours compte de cette différence et l'on emploie
-une locution pour l'autre.--Prononcez _loain_ (_oin_ diphth.) et non
-_loan_.
-
-=Long=, adj., ne se dit pas de la taille; ne dites pas: _cet homme est
-long_; dites, _cet homme est grand_ ou _de grande taille_. (Fland.)
-
-2. _Long_, pour _lent_, tardif, se dit très-bien: _dépêchez, que vous
-êtes long; il est long à tout ce qu'il fait; les vieillards sont longs
-en tout; ces arbres sont longs à pousser, à croître_.--Mais il ne peut
-pas s'employer pour _loin_: _il y a loin d'ici à Rome_, et non, _il y a
-long..._
-
-3. Ne dites pas: _les fruits verts rendent_ ou _font les dents longues;
-j'ai mangé du fruit vert, j'ai les dents longues_; dites, _les fruits
-verts agacent les dents, j'ai les dents agacées_.--_Avoir les dents
-longues, bien longues_, signifie être affamé après avoir été longtemps
-sans manger. (Wall.)
-
-4. Ne dites pas: _j'ai le temps long; j'ai le temps long de le voir
-arriver_; dites, _le temps me paraît long, je m'ennuie, je suis
-impatient, il me tarde de le voir arriver; il me dure de..._
-
-5. _Prendre le plus long, son plus long_, c'est aller en quelque lieu
-par le plus long chemin: _vous êtes venu ici par telle rue, vous avez
-pris le plus long; c'est le plus long de beaucoup; c'est votre plus
-long_.--Il signifie aussi, figurément, se servir des moyens les moins
-propres à faire réussir promptement ce qu'on a entrepris.
-
-6. _Le long, tout le long, tout du long, au long, tout le long de, tout
-du long de_, locutions adverbiales; ne dites pas _tout de long_.
-
-=Longtemps=, adv., s'écrit en un mot et sans trait d'union.
-
-2. Ne dites pas: _il est longtemps_ ou _déjà longtemps arrivé_;
-dites, _il est arrivé depuis longtemps_, ou, _il y a longtemps, déjà
-longtemps qu'il est arrivé_;--ne dites pas: _il demeure longtemps à
-Bruxelles; je suis ici longtemps_; dites, _il demeure depuis longtemps
-à Bruxelles; je suis ici depuis longtemps_, ou bien, _il y a longtemps
-qu'il demeure..., que je suis ici_. (Fland.)
-
-=Loquace, Loquacité=: prononcez _lokouace, lokouacité_, et non,
-_lokace, lokacité_ ni _lokuace, lokuacité_.
-
-=Loque=, s. f., pièce, morceau d'une étoffe, d'une toile usée et
-déchirée: _cet habit s'en va en loques, est en loques, tombe en loques_.
-
-2. _Loque_, s. f., chiffon: ce mot est français. (Acad.)
-
-=Loquèle=, s. f., langage trivial; prononcez _lokuèle_ (_uè_ diphth.)
-et non _lokouèle_.
-
-=Loquet=, s. m., espèce de serrure mobile qui sert à fermer une porte,
-une malle, une valise, etc., au moyen d'un anneau passé soit dans
-un autre anneau, soit dans deux pitons;--ce mot n'est pas français
-dans ce sens, il faut dire _cadenas_ (ne prononcez pas _cannenas_).
-(Wall.)--Voyez _cliche_.
-
-=Loquetière=, s. f., clef qui sert à ouvrir plusieurs serrures; ce mot
-n'est pas français; dites _passe-partout_.
-
-=Loquier=, n'est pas français; dites _chiffonnier_.
-
-=Lord=, s. m., titre d'honneur usité en Angleterre; le _d_ ne se
-prononce pas.
-
-=Lors=, _dès lors, pour lors, lors de, alors_; prononcez _lore, alore_,
-et non _lorce, alorce_.
-
-=Lorsque=, conj.--On prononce l'_s_, _lors'que_;--ne prononcez pas
-_lorseque_ ni _lorsèque_.--L'_e_ ne s'élide que devant _il, ils, elle,
-elles, on, un, une_: _lorsque Alexandre_ (et non _lorsqu'Alexandre_)
-_pénétra dans l'Inde_.
-
-=Los=, s. m., louange (vieux langage): prononcez _loce_.
-
-=Losange.=--L'Académie fait ce mot du genre féminin; cependant dans
-tous les traités de géométrie, on dit _un losange_, et tous les
-professeurs le font du masculin.--On écrit aussi mais plus rarement
-_lozange_.
-
-=Lot=, s. m., objet qui échoit à chacun des numéros gagnants à une
-loterie; ne dites donc pas: _j'ai pris dix lots à cette loterie_;
-dites, _j'ai pris dix numéros, dix billets_.--Ne dites pas non plus:
-_j'ai pris dix actions_. (Fland.)
-
-=Louche=, s. f., se dit dans beaucoup de villes du Nord de la France
-et en Belgique, pour désigner une grande cuiller à long manche avec
-laquelle on sert le potage, la soupe: _douze couverts et la louche_.
-(BESCHERELLE, POITEVIN, COMPLÉMENT du Dict. de l'Acad.)--On peut dire
-également _cuiller à soupe_ et _grande cuiller_.
-
-=Louer, Loueur, Louange=, etc.: prononcez comme c'est écrit;
-gardez-vous de prononcer _lou-wer, lou-weur, lou-wange_.
-
-=Louette= (_la_), morceau de chair à l'entrée du gosier: dites _la
-luette_; prononcez _lu-ette_ et non _lu-wette_: _il a la luette
-gonflée_ et non _l'alouette_ ni _la louette_.
-
-=Loueur, euse=, s., celui, celle qui fait métier de donner quelque
-chose à louage: _un loueur de chevaux, de voitures, de vigilantes, de
-chambres garnies; loueuse de chaises_, dans une église.--_Louageur,
-euse_, n'est pas français.
-
-=Lourdise, Lourderie=, faute grossière contre le bon sens ou la
-bienséance; ces mots ont la même signification, mais _lourdise_
-vieillit (Acad.): _il a fait une étrange lourderie_.
-
-=Loustic=, s. m., bouffon de corps de garde, mauvais plaisant.--Cette
-expression est populaire et du même acabit que _blagueur, floueur_, etc.
-
-=Loyal, e, Loyauté=: prononcez _loi-ial, loi-iauté_ et non _lo-ial,
-lo-iauté_.
-
-=Lucifer=, s. m.: prononcez _lucifère_.
-
-=Lui=, pronom.--_Lui, leur_, employés comme régimes indirects, _à
-lui, à elle, à eux, à elles_, ne se disent que des personnes; quand
-il s'agit des choses, il faut se servir du pronom _y_; ne dites pas,
-_cette maison est trop petite, je lui ferai ajouter un étage_; dites,
-_j'y ferai ajouter un étage_.--Il en est de même pour, _de lui,
-d'elle, d'eux, d'elles_, qu'on remplace par _en_: _cet arbre va tomber,
-n'en approchez pas_, et non _n'approchez pas de lui_.
-
-2. _Lui, elle, eux, elles_:--ne dites pas en parlant d'un canif, d'une
-plume ou d'une chose inanimée: _c'est avec lui que j'ai taillé ma
-plume; c'est avec elle que j'écris_; il faut se servir du nom et dire,
-_c'est avec ce canif, avec cette plume que..._
-
-3. Ne dites pas non plus, en parlant d'une chose, par exemple, d'un
-arbre, d'une table, d'une maison: _j'étais sous lui; il est assis près
-d'elle; il demeure dans elle_; dites, _j'étais dessous; il était assis
-auprès; il y demeure_.
-
-4. _Lui, elle_, etc., suivis de _qui_, ne peuvent pas non plus se dire
-des choses; ne dites donc point en parlant d'un couteau, d'une chaise:
-_c'est lui qui est bon, c'est elle qui est large_; dites, _c'est ce
-couteau, c'est cette table qui..._
-
-5. _Leur_, placé devant un verbe, est pronom et ne prend pas d'_s_; ne
-dites pas, _je leurs ai dit_ (_z'ai dit_), _je leurs ai écrit_ (_z'ai
-écrit_), mais, _je leur ai dit, je leur ai écrit_.
-
-6. Ne dites pas: _l'aimant attire le fer à lui_; dites, _l'aimant
-attire le fer à soi_.--Prononcez _lui_ (_ui_ diphth.) et non _lu-i_ ni
-_lou-i_.
-
-=Luire, Luisant=, etc.: Prononcez _lui-re, lui-sant_ et non _lou-ire,
-lou-isant_.
-
-=Lumignon=, s. m., bout de la mèche d'une bougie, d'une chandelle
-ou d'une lampe allumée: _quand j'ai voulu moucher la chandelle, le
-lumignon est tombé_.--Prononcez _lumignon_, en mouillant le _gn_.
-
-=Lunatique=, adj., qui subit l'influence de la lune; au figuré,
-fantasque, capricieux: _il est lunatique_.
-
-=Lune=, s. f.--_Avoir des lunes_, être sujet à des fantaisies, à des
-caprices, lubies, quintes, rats.
-
-=Lunette= et =Lunettes=.--_Lunette_, au singulier, se dit d'un
-instrument composé d'un ou de plusieurs verres, taillés de manière
-à faire voir les objets plus grands à l'oeil nu, ou à rendre la
-vue plus nette et plus distincte: _regarder avec une lunette;
-lunette d'approche, lunette de longue vue ou à longue vue; lunette
-d'opéra_.--_Lunettes_, au pluriel, se dit de deux verres de lunette,
-assemblés dans une même enchâssure, de manière à pouvoir être placés au
-devant des deux yeux: _une paire de lunettes; il y a de bonnes et de
-mauvaises lunettes; des lunettes vertes, bleues; lunettes à branches;
-porter des lunettes, mettre des lunettes sur son nez; lire sans
-lunettes_.--Voyez _ciseaux_.
-
-=Lunettier=, s. m., faiseur, marchand de lunettes; prononcez _lunètier_
-et non _lunetier_.
-
-=Lurer=, v. a., attirer quelqu'un par de belles promesses pour le
-tromper; ce mot est wallon et se rend en français par le mot _leurrer_:
-_il s'est laissé leurrer_.
-
-=Luron, onne=, s.--Le masculin se dit d'un homme joyeux et sans
-souci, d'un bon vivant ou même, d'un homme vigoureux et déterminé;
-et le féminin, d'une femme réjouie, décidée, qui ne s'effarouche pas
-aisément: _c'est un luron, un bon luron; quelle luronne!_--Il est
-populaire. (Acad.)
-
-=Lustre=, s. m., éclat, espèce de chandelier à plusieurs branches qu'on
-suspend au plafond; espace de cinq ans: _je compte aujourd'hui sept
-lustres_ (35 ans).--Prononcez _lus-tre_ et non _lus-tère_ ni _lusse_,
-ni _luxe_.
-
-=Lut=, s. m., matière molle que l'on applique sur les bouchons de
-certains vases, afin de prévenir l'évaporation du liquide: _lut de
-terre glaise, lut de blanc d'oeuf et de chaux_:--prononcez _lute_.
-
-=Luth=, s. m., instrument de musique à cordes: prononcez _lute_.
-
-=Luthéranisme=, s. m., secte de Luther;--ne dites pas _luthérianisme_,
-et ne prononcez pas _luthéran-isse_ ni _luthéranim-se_.
-
-=Lutter.=--Ce verbe ne s'emploie pas pronominalement: _lutter_ (et non
-_se lutter_) _avec quelqu'un, contre quelqu'un; il est adroit, il lutte
-bien_.
-
-=Luxe=, s. m., somptuosité: prononcez _luk-ce_ et non _luke_ ni _luce_.
-
-=Luxurieux, Luxueux.=--_Luxurieux_ veut dire impudique;--_luxueux_
-signifie qui vit dans le luxe, qui aime et recherche le luxe; ne dites
-donc pas: _cet homme est luxurieux_, pour _cet homme aime le luxe_;
-dites, _cet homme est luxueux_.--Nous ajouterons pourtant que le mot
-_luxueux_ n'a pas fait fortune et n'est guère usité.
-
-=Lynx=, s. m., chat sauvage auquel les anciens attribuaient une vue
-très-perçante: prononcez _laink-ce_.
-
-
-
-
- M
-
-
-=Mm.=--Les deux _m_ se font sentir dans _imm_ au commencement
-des mots: _immense, immortel, immoler_, etc., de même que dans
-_commensurable, incommensurable, commutation, commuer, commotion,
-commémoration, commémoraison, commensal_, droit de _committimus,
-lemming, lipogrammatique, mammaire, mammifère_, et dans les noms
-propres _Ammon, Ammonites, Emma, Emmanuel, Emmaüs, Grammont, Jemmapes,
-Mummius_.--Les personnes qui parlent bien ne font entendre qu'une _m_
-dans _grammaire, grammairien, grammatical, grammaticalement_, etc.;
-ainsi que dans _inflammation_, ces mots étant usuels. (HENNEBERT.)
-
-=Macaroni=, s. m., pâte sèche et cylindrique des italiens; le pluriel
-est _macaronis_; _manger des macaronis_.
-
-=Mâchefer=, s. m., scorie qui sort du fer à la forge, au fourneau et
-lorsqu'on le bat rouge sur l'enclume: _le mâchefer pilé est très-bon à
-faire du ciment_.--Ce mot se dit encore des _scories_ à demi vitreuses
-qui s'agglomèrent dans les foyers et forment le résidu combustible de
-diverses houilles.
-
-=Machiavel=, célèbre écrivain italien: prononcez _Makiavel_;--mais
-dans _machiavélique, machiavéliquement, machiavélisme, machiavéliste_,
-le _ch_ se prononce doux comme dans _chimère, déchirer_.
-
-=Machin=, s. m.--Ce mot, qui n'est pas français, est quelquefois
-employé pour désigner ce dont on ne connaît pas le nom; dites _une
-chose, un objet_ et selon le sens, _un outil, un instrument, un meuble,
-une machine_, etc., quand il s'agit de ces sortes d'objets.--_Machine_,
-dans ce sens, n'est pas français non plus.
-
-=Mâchurer=, barbouiller de noir, est français: _mâchurer du papier, des
-habits, le visage_, etc.;--prononcez _mâchurer_ (_â_ long).
-
-=Madame=: voyez _monsieur_ et _époux_.
-
-=Mademoiselle=, s. f., titre qu'on donne ordinairement aux
-filles.--C'est aussi le titre qu'on donnait anciennement à toute
-femme mariée qui n'était pas noble.--Le mot _mademoiselle_, employé
-absolument (seul) désignait autrefois la fille aînée de _Monsieur_,
-frère du roi de France, ou bien de la première princesse du sang, tant
-qu'elle n'était pas mariée.
-
-2. Quand on parle de plusieurs demoiselles ou qu'on leur adresse
-la parole, l'usage veut qu'on les désigne par le mot _dames_;
-_j'ai rencontré les dames Lambert en ville; bonjour, au revoir,
-Mesdames_.--Prononcez _mademoiselle_ et non _mamzelle_ ni
-_mane-moiselle_.--Voyez _monsieur_ et _époux_.
-
-=Magnanime=, _magnétisme, magnétique, magnétiser, magnifique,
-magnificence_:--prononcez _gn_ comme dans _agneau, gagner_, etc., et
-non _magh-nanime, magh-nétisme_, etc. ni _magne-nanime, magne-nifique_,
-ni _mananime, manifique_, ni _mahe-nanime, mahe-nifique_.
-
-=Magnat=, s. m., grand en Hongrie: prononcez _magh-nat_, (_g_ dur).
-
-=Magnificat=, s. m., cantique de la Sainte-Vierge: prononcez
-_magh-nificate_ (_g_ dur).
-
-=Mai=, s. m., ou _arbre de mai_, arbre orné de rubans et de guirlandes
-qu'on plante devant une porte le premier jour de mai ou le jour de
-l'installation d'un fonctionnaire, d'un curé, etc.
-
-2. _Mai_, se dit également en Belgique des branches ou rameaux au moyen
-desquels on décore les rues ou les chemins par où passe une procession
-ou un cortége triomphal.
-
-=Maigrir, Amaigrir.=--_Maigrir_, v. n., c'est devenir maigre;
-_amaigrir_, v. a., c'est rendre maigre: _une personne maigrit_;
-_l'usage de certains aliments amaigrit_.
-
-=Maille, Chique, Marbre=, pour signifier de petites boules de pierre
-ou de marbre qui servent à des jeux d'enfants, d'écoliers, ne sont pas
-français; il faut dire _bille_: _jouer aux billes_ (_ll_ mouillées).
-
-=Mailloter=, v. a., mettre un enfant dans le maillot; ce mot n'est pas
-français, il faut dire _emmailloter_.
-
-=Main=, s. f.--Ne dites pas: _il a toujours la canne en main_; dites,
-_à la main_.--Voyez _bouche_.
-
-=Main-d'oeuvre=, s. f., travail, façon de l'ouvrier; _main-forte_, s.
-f., assistance donnée à l'autorité:--ces mots ne s'emploient pas au
-pluriel.
-
-=Maint, te=, adj. (au masc. prononcez _min_ devant une consonne).
---Malgré l'idée de pluralité que renferme cet adjectif, il s'écrit
-au singulier ainsi que le substantif qu'il qualifie et le verbe dont
-celui-ci est sujet, excepté dans quelques locutions où on l'emploie
-indifféremment au singulier et au pluriel: _maint homme, mainte femme,
-mainte fois_, ou _maintes fois; par maints et mains travaux; il m'a
-fait mainte et mainte difficulté_.--Ne prononcez pas _mai, maite_.
-
-=Maintenant=, adv., à présent: prononcez _mintenant_ et non _mè-tenant_.
-
-=Mairie=, _librairie, seigneurie_: ne dites pas, _mairerie,
-librairerie, seigneurerie_.
-
-=Mais=, conj.--C'est un flandricisme de l'employer pour _seulement_;
-ne dites donc pas: _il a mais peu de revenus; il nous a montré
-mais une petite partie de sa bibliothèque_; dites, _il n'a que peu
-de revenus; il nous a montré seulement une petite partie de sa
-bibliothèque_.--Prononcez _mai_ et non _min_.
-
-=Maïs=, s. m., blé de Turquie: prononcez _ma-ï-ce_.
-
-=Maison=, s. f.--Il serait ridicule d'employer ce mot pour désigner la
-première pièce d'une maison, c'est-à-dire, _la cuisine_. (Wall.)
-
-2. =Maison, Famille.=--_Famille_, se dit plus particulièrement de la
-bourgeoise et _maison_, de la noblesse: _ce jeune homme est d'honnête
-famille; ce gentilhomme est de bonne maison_.
-
-3. =Maison, Hôtel, Palais, Château.=--La classe moyenne habite des
-_maisons_;--les grands habitent des _hôtels_;--les princes, des
-_palais_;--enfin les habitations des gens riches, situées à la campagne
-au milieu de leurs terres, portent le nom de _château_.--Autrefois
-l'architecture seule établissait la différence; aujourd'hui, on la base
-sur le rang et la fortune.
-
-=Maître=, fait au féminin _maîtresse_: _madame est la maîtresse de la
-maison; cette femme est maîtresse_ (et non _maître_) _de ses passions,
-de ses sentiments; maîtresse d'école, de piano; la maîtresse branche
-d'un arbre_.
-
-2. Lorsque, par le mot _maître_ pris substantivement, on veut exprimer
-une idée de suprématie, d'omnipotence, il s'emploie au masculin même
-lorsqu'il se rapporte à un substantif féminin: _la Providence est le
-maître; la Providence est notre maître_.--C'est donc dans ce sens
-qu'une femme pourra dire: _le maître ici, c'est moi_.
-
-3. _Maître_, en termes de Palais, est un titre qu'on donne aux avocats,
-aux avoués et aux notaires, lorsqu'il s'agit de l'exercice de leurs
-fonctions: _maître N.; par-devant maître N._--On écrit par abréviation
-_Me N., par-devant Me N._
-
-4. _Maître d'hôtel, Maître ès arts_: l'Académie écrit ces mots sans
-traits d'union.
-
-=Majesté=, s. f., titre particulier qu'on donne aux empereurs, aux
-rois et à leurs épouses; on dit en leur parlant: _Votre Majesté, Vos
-Majestés_ (deux majuscules), et en parlant d'eux, _Sa Majesté, Leurs
-Majestés_ (deux majuscules); _Votre Majesté, Sire, a ordonné..., Sa
-Majesté a décrété; Leurs Majestés sont arrivées à Liége_.
-
-2. Par abréviation on écrit: V. M. (_Votre majesté_); VV. MM. (_Vos
-Majestés_), S. M. (_Sa Majesté_); LL. MM. (_Leurs Majestés_).
-
-3. Les _adjectifs_ et les _participes_ qui se rapportent à ce mot se
-mettent au féminin, même lorsque _Sa Majesté, Votre Majesté_, désigne
-un roi, un empereur et non une reine, une impératrice; on dit: _Votre
-Majesté est jalouse du bonheur de ses peuples; Sa Majesté est aimée de
-ses sujets_. Les _substantifs_ au contraire sont du masculin: _Votre
-Majesté est le père et le protecteur de ses sujets_; et non pas, _est
-la mère, la protectrice_, etc.--En conséquence les mots qui peuvent
-s'employer substantivement et adjectivement, tels que _maître, ami,
-ennemi_, etc., devront être du masculin, lorsqu'ils figurent dans la
-phrase comme substantifs, c'est-à-dire, lorsqu'ils sont accompagnés de
-l'article ou d'un adjectif, et ils prendront la forme du féminin s'ils
-font la fonction d'adjectif. On dira donc: _Sa Majesté est le maître
-d'y aller ou de ne pas y aller_; et absolument: _Sa Majesté est le
-maître, l'ami du peuple; est un ennemi redoutable_.--Mais nous croyons
-qu'il faudra dire: _Sa Majesté est maîtresse de telle ville; Sa Majesté
-est amie du bien, ennemie du mal_.--On peut dire: _Votre Majesté
-est le plus éclairé des rois_, parce qu'il y a ellipse du substantif
-(_Votre Majesté est le roi le plus éclairé des rois_). Cependant il
-vaut peut-être mieux prendre une autre tournure et dire par exemple:
-_Vous êtes, Sire, le plus éclairé des rois_.
-
-4. _Sa Majesté Impériale_ (S. M. I.), se dit d'un empereur quelconque;
-autrefois, il se disait en particulier de l'empereur d'Autriche que
-l'on qualifiait aussi de _Sacrée Majesté_, mais seulement quand on lui
-parlait.
-
-5. _Sa Majesté Très-Chrétienne_ (S. M. T. C.), se disait des rois de
-France.
-
-6. _Sa Majesté Catholique_ (S. M. C.), le souverain d'Espagne.
-
-7. _Sa Majesté Très-Fidèle_ (S. M. T. F.), le roi de Portugal.
-
-8. _Sa Majesté Belge, Britannique, Hollandaise_, etc., le roi des
-Belges, de la Grande-Bretagne, de Hollande, etc.
-
-=Major=, (_quinte_).--On disait autrefois et l'on dit encore
-quelquefois _quinte major_ (Acad.): nous pensons qu'aujourd'hui on
-nomme toujours _quinte majeure_, les cinq cartes de suite à commencer
-par l'as.
-
-=Majorer, Majoration.=--Ces mots ne sont pas français; dites
-_augmenter, payer une surtaxe, enfler_, selon le sens: _les lettres
-chargées en sus du port des lettres ordinaires, paient une surtaxe fixe
-de vingt centimes_; on ne peut donc pas dire, _les lettres chargées
-sont soumises au port des lettres ordinaires, majoré d'une taxe fixe de
-vingt centimes_.--Dites de même _mes appointements ont été augmentés_
-et non _majorés_; _mon compte a été enflé_ et non, _majoré_; _j'ai
-obtenu une augmentation de traitement_ et non, _une majoration_.
-
-=Majuscule=, s. f. ou adj., lettre capitale ou simplement, capitale: ne
-dites pas _majescule_.
-
-=Mal=, subst. m. ou adv.: prononcez l'_a_ bref et non _mâl_, ce qui
-serait insupportable.
-
-2. Ne dites pas: _ce vin n'est pas mal_; dites, _ce vin n'est pas
-mauvais_;--_mal_, ancien adjectif, ne s'emploie plus dans ce sens, que
-dans quelques locutions particulières: _à la male heure, mourir de la
-male faim_; partout ailleurs on dit _mauvais_.
-
-3. Ne dites pas: _il a des maux à la figure_; dites, _il a du mal à la
-figure, il a des boutons, des humeurs..., à la figure_.
-
-4. Ne dites pas non plus: _j'ai un mal à un doigt_; dites selon le
-sens, _j'ai du mal à un doigt, j'ai une plaie, une coupure, un petit
-abcès à un doigt, j'ai un panaris..._
-
-5. _Avoir mal, faire mal_.--Ces locutions ne doivent jamais être
-suivies d'un régime direct, et ce serait une faute grave et même
-ridicule de dire: _j'ai mal la tête, les dents, les pieds; faire mal
-quelqu'un_, au lieu de dire, _j'ai mal à la tête, aux dents, aux pieds;
-faire mal à quelqu'un_.--De même on doit dire: _j'ai de mauvais pieds,
-j'y ai souvent mal; on m'a arraché la dent à laquelle j'avais mal;
-prenez garde, vous allez faire du mal à cet enfant; je ne lui ai pas
-fait mal_, et non pas: _je les ai souvent mal, la dent que j'avais
-mal_, etc.
-
-6. Il serait encore plus ridicule de dire: _j'ai mal à ma tête_ ou _ma
-tête, à mes dents_ ou _mes dents_, etc.
-
-7. Ne dites pas: _j'ai mal aux dents, c'est un mauvais mal_; dites,
-_c'est un vilain mal_, car y a-t-il un mal qui soit bon?
-
-8. Ne dites pas: _je m'ai fait mal_; dites, _je me suis fait mal_.
-
-9. Ne dites pas: _je me suis fait mal de ce pauvre_; dites, _j'ai eu
-pitié, compassion de ce pauvre_.
-
-10. Ne dites pas de quelqu'un qui vient d'échapper à un danger: _il ne
-peut plus mal_; dites, _il est hors de danger_.
-
-11. _Ne pouvoir mal._ (Wall.)--Cette expression ne devrait jamais
-sortir de la bouche d'une personne qui tient tant soit peu à parler
-correctement; il faut dire _n'avoir garde, se garder de_:--_il n'a
-garde_ (et non _il ne peut mal_) _de tromper, il est trop honnête
-homme; irez-vous dans cette maison? je n'ai garde_ (et non _je ne
-peux mal_), _on s'y ennuie trop; je me garderai bien_ (et non _je
-ne peux mal_) _d'en manger_.--Rendez encore cette locution selon le
-sens par: _il n'y a pas de risque, il n'y a pas de danger_:--_prenez
-garde de tomber: il n'y a pas de danger_ (et non _je ne peux mal_); _ne
-parlez pas de telle chose: il n'y a pas de risque_ (et non _je ne peux
-mal_).--Voyez _pouvoir_.
-
-12. _Mal parler_ et _parler mal_: voyez _parler_.
-
-=Malade=, adj.--Faites les deux _a_ brefs.
-
-2. Ne dites pas: _il fait malade aujourd'hui_; dites, _il fait malsain_
-ou _... étouffant_, s'il s'agit d'un temps chaud.
-
-3. Ne dites pas non plus: _il se fait malade_; dites, _il se rend
-malade_:--_se faire malade_ signifie _feindre une maladie_.
-
-=Maladieux.=--Ce mot n'est pas français; dites, _maladif,
-valétudinaire_.
-
-=Malcomplaisant=: ce mot n'est pas français; dites, _peu complaisant_.
-
-=Malcontent, Mécontent.=--Ces deux mots expriment le déplaisir
-que nous éprouvons, lorsque quelque chose ne réussit pas au gré
-de nos espérances ou de nos désirs; mais _mécontent_ dit plus
-que _malcontent_, en ce sens qu'il exprime l'humeur, le dépit,
-le ressentiment contre la cause de ce déplaisir.--Un maître est
-_malcontent_ (peu content) d'un domestique qui le sert maladroitement;
-un maître est _mécontent_ (pas du tout content, fâché contre) d'un
-domestique qui le trompe, qui le vole, qui lui manque de respect, qui
-fait mal son service, par négligence ou par paresse;--un domestique
-est _malcontent_ d'un maître qui ne lui donne pas des gratifications
-qu'il avait espérées; il en est _mécontent_, s'il ne lui paie pas
-ses gages;--nous sommes _malcontents_, lorsqu'après avoir conçu un
-dessein, formé un plan, le succès ne répond pas à nos espérances, sans
-qu'il y ait de la faute de personne; nous sommes _mécontents_ des
-autres ou de nous-mêmes, si c'est par la faute des autres ou par la
-nôtre.
-
-=Malentendu, Quiproquo.=--Un _quiproquo_ consiste à prendre une chose
-pour une autre; un _malentendu_ vient de ce qu'on a mal compris.--Un
-sourd qui n'entend pas distinctement répond à une question sur son
-père, en parlant de son chien: c'est un _quiproquo_. Un ami à qui l'on
-donne rendez-vous à une heure, n'arrive qu'à deux heures, parce qu'il a
-mal compris: c'est un _malentendu_.
-
-=Malfaire=, v. n., faire de méchantes actions; il n'est usité qu'à
-l'infinitif: _il ne se plaît qu'à malfaire_.
-
-=Malgré, Quoique.=--_Malgré_ est une préposition qui demande un régime
-direct (un substantif, pronom, etc., mais jamais un verbe ni une
-proposition);--_quoique_ est une conjonction qui ne peut pas avoir de
-régime direct et qui régit toujours un verbe ou une proposition.--Ne
-dites donc pas: _quoique ça_, mais _malgré ça_; ne dites pas, _malgré
-qu'il soit pauvre_, mais _quoiqu'il soit pauvre_.
-
-2. _Malgré que_ dit l'Académie, ne s'emploie qu'avec le verbe _avoir_
-et dans ces sortes de phrases seulement: _malgré que j'en aie, malgré
-qu'il en ait_, etc., c'est-à-dire, malgré moi, malgré lui, en dépit de
-moi, en dépit de lui: _malgré qu'il en ait, nous savons son secret_,
-c'est-à-dire, en dépit de lui ou _quel que soit le mal_ (mauvais) _gré
-qu'il en ait_: le _que_ de _malgré que_ est donc ici pronom relatif et
-complément direct de _aie, ait_, etc., et non la conjonction _que_.
-
-=Malhonnête=, adj.--Il a deux sens différents et se dit des personnes
-et des choses.--Appliqué aux choses, il se met toujours après
-le substantif; avec un nom de personne, il précède ou il suit le
-substantif selon le sens: _un malhonnête homme_, est un homme qui
-manque d'honneur, de probité; _un homme malhonnête_ est un homme
-impoli, incivil, grossier.--Voyez _honnête_.
-
-=Malin=, adj., fait au féminin _maligne_ et non _maline_.--Ce mot
-signifie proprement _méchant_, mais il peut aussi s'employer dans
-le sens de _rusé, adroit_: _il est trop malin pour se laisser
-attraper_.--Mais appliqué aux personnes, dans le sens de, qui a de
-l'esprit, des moyens intellectuels, il n'est pas français; ne dites
-donc pas: _cet enfant n'est pas malin_; dites, _cet enfant a peu
-d'esprit_. (Wall.)
-
-=Malle=, et mieux =Mallette=, s. f., se dit de l'espèce de giberne en
-cuir où les écoliers serrent leurs livres, cahiers, etc.:--_couverte,
-couverture, portefeuille_, ne sont pas français dans ce sens.
-
-=Malle-poste=, s. f., voiture qui transporte les lettres et les
-dépêches; le pluriel est _malles-poste_.
-
-=Maltraiter=, _traiter mal_.--_Maltraiter_, v. a., c'est traiter
-durement en paroles et en actions, ou bien faire préjudice à quelqu'un:
-_il l'a maltraité de coups, de paroles; cet homme a fort maltraité
-son fils dans son testament_.--_Traiter mal_ signifie, mal régaler
-quelqu'un ou bien en user mal avec lui. Aux temps composés, le génie
-de la langue exige que l'adverbe _mal_ passe avant le participe: _il
-m'a mal traité_;--de sorte qu'à la prononciation, cette expression
-peut se confondre avec celle-ci, _il m'a maltraité_.--Pour éviter
-l'équivoque, il suffira d'ajouter un modificatif, tel que _bien,
-fort, assez_, à l'adverbe _mal_, qui alors pourra se placer après le
-participe: _il m'a traité fort mal_.
-
-=Maman=, s. f., mère, terme enfantin: prononcez _maman_ et non
-_man-man_.
-
-=Mameluk=, s. m., cavalier égyptien: prononcez _mam'louk_.
-
-=Mamezelle.=--Ce mot ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut
-dire _mademoiselle_. Voyez ce mot.
-
-=M'amie=, abréviation de _mon amie_; ce mot s'écrit avec une apostrophe.
-
-=Manche.=--On dit _le manche_ pour désigner la poignée de tout
-instrument, et _la manche_, quand il s'agit du vêtement du bras; dites
-donc, _le manche d'un couteau, la manche d'un habit_.--Mais ne dites
-pas, _le manche ou la manche du panier, de la marmite_; dites _l'anse_.
-
-2. Ne dites pas: _je n'étais pas dans sa bonne manche_; dites, _dans
-ses bonnes grâces_, ou, _je n'étais pas bien sur ses papiers, dans ses
-papiers_.--L'Académie fait remarquer que _être bien, être mal sur les
-papiers, dans les papiers de quelqu'un_, est une locution familière.
-
-=Manchette, Garde-manche.=--Une _manchette_ est un ornement de
-mousseline, de dentelle qui se met au bras, au poignet.--Un
-_garde-manche_ ou _bout de manche_, est une fausse manche que l'on met
-par-dessus la manche de l'habit, ou même de la chemise, quand on fait
-un travail qui peut les salir.
-
-=Mânes=, s. m. pl., âmes des morts: _les mânes plaintifs_ (et
-non _plaintives_) _de nos ayeux_: il est masculin et n'a pas de
-singulier.--Prononcez _mânes_ (_â_ long).
-
-=Manger=, v. a.--Ne dites pas, _manger un fruit, un raisin_; dites,
-_manger du fruit, du raisin_.
-
-2. Ne dites pas, si l'on vous consulte à table sur votre goût, _je
-mange tout_; ce serait annoncer un appétit de Gargantua; dites, _je
-mange de tout_.
-
-3. Ne dites pas: _nous avions dix personnes à manger_; dites,
-_nous donnions à manger à dix personnes_. L'équivoque ici est
-mauvaise.--Cependant on dit très-bien: _nous avions dix personnes à
-dîner_.
-
-4. Les locutions, _venez manger ma soupe, j'irai demain manger votre
-soupe_, sont familières et la bonne compagnie n'en fait point usage.
-
-=Mange-tout=, s. m., celui qui dissipe follement tout ce qu'il a, tout
-ce qu'il gagne.
-
-2. Les wallons désignent par ce mot une espèce de haricot, mais il
-n'est pas français dans ce sens.
-
-3. Le pluriel s'écrit comme le singulier: prononcez _man-ge-tout_ et
-non _man-che-tout_.
-
-=Mangeure=, s. f., endroit mangé d'une étoffe, d'un pain, etc.:
-_mangeure de vers, mangeure de souris_: prononcez _manjûre_.
-
-=Manier=, _manière, maniéré_, etc.--Prononcez ces mots comme ils sont
-écrits et non _ma-gnier, ma-gnière, ma-gniéré_.--Voyez _ni_.
-
-=Manique=, s. f., morceau de cuir que les cordonniers mettent à leur
-main pour qu'elle résiste au travail; ne dites pas _manicle_.
-
-=Manne=, s. f., nourriture que Dieu fit tomber du ciel pour nourrir
-les Israélites dans le désert;--espèce de suc concret qui découle
-naturellement ou par incision de certains végétaux et entre autres
-du frêne à fleurs et du frêne à feuilles longues; dans ces deux
-acceptions, on prononce _mâne_ (_â_ long).--L'_a_, au contraire est
-bref, lorsque _manne_ désigne une espèce de panier à deux anses dont on
-se sert pour mettre du linge.--Ne dites pas _mande_ (Flandr.)
-
-=Manoeuvre, Manouvrier.=--Le premier est l'homme de peine qui sert
-un autre ouvrier: _le maçon ne travaille pas sans un manoeuvre_;--le
-second se dit de tout homme de peine travaillant au compte d'un
-entrepreneur.
-
-=Manquer=, v. a. et n.--On peut dire _manquer la messe, l'école, ses
-prières_: voyez le Dictionnaire de l'Académie au mot _messe_.
-
-2. _Manquer_, signifie aussi courir quelque risque, être sur le point
-d'éprouver quelque accident: _nous avons manqué de verser; il a manqué
-d'être tué_.--Il est familier. (Acad.)
-
-=Manuel.=--Prononcez _manu-èle_ et non pas _manu-wèle_ ni _manu-éle_.
-
-=Manufacture=, s. f.: ne dites pas _manifacture_.
-
-=Manus= (=in=), s. m.--_Dire son in-manus_, recommander son âme à Dieu
-avant de mourir: prononcez _ine-manuce_.
-
-=Maquée=, s. f., est un mot wallon, qu'il faut rendre par _caillebotte,
-fromage blanc, fromage mou_.
-
-=Maraîcher, ère=, jardinier qui cultive un de ces terrains qu'on
-appelle _marais_, où l'on fait venir des légumes, des herbages; ne
-dites pas _maraîchier_.
-
-=Maraude=, s. f., pillage clandestin des soldats; se dit aussi des
-écoliers qui vont à la picorée: on dit: _aller à la maraude_ et mieux,
-_en maraude_; mais on ne dit pas: _aller à maraude_, (Acad.)--Prononcez
-_marau-de_ et non _marau-te_.
-
-=Maravédis=, s. m., petite monnaie d'Espagne: prononcez _maravédi_ et
-non _maravédice_, encore moins _maradévice_.
-
-=Marbre=, s. m., pierre calcaire: prononcez _mar-bre_ et non _mar-pe_
-ni _mar-bère_.
-
-=Marc=, s. m., poids;--résidu de fruits d'herbes ou d'autres
-substances pressurées;--_du marc d'huile, du marc de café_ (et non _de
-la marc de café_): on ne prononce pas le _c_, mais on le fait sentir
-dans _Marc_, nom d'homme;--le _c_ est muet dans la _place St-Marc_
-(_mar_), _le lion de S.-Marc_ (_mar_), à Venise, _au marc_ (_mar_) _le
-franc_.--Voyez _c final_.
-
-2. Une _mare_, est un amas d'eau dormante.
-
-=Marchand=, s. m.--Ne dites pas: _il fait le marchand de toiles; je
-fais le marchand, je fais le brasseur_; dites _il est marchand..., je
-suis marchand, je suis brasseur_.
-
-2. Ne dites pas non plus: _j'ai marchand_, pour signifier que vous
-savez à qui vendre; dites, _j'ai acheteur, chaland, acquéreur_.
-
-=Marché.=--Ne dites pas: _le marché de grains, de légumes_, etc.,
-mais, _le marché aux grains, aux légumes_.
-
-2. _A bon marché_, loc. adv.--On dit _acheter, vendre à bon marché,
-à trop bon marché, à meilleur marché_, et non, _acheter, vendre
-bon marché, trop bon marché, meilleur marché_.--Il n'est pas plus
-permis de supprimer la préposition _à_ devant _bon marché_ que devant
-_bon compte, bas prix_: _avoir une chose à bon marché_ (et non _bon
-marché_); _donner sa marchandise à bon marché, à trop bon marché; je
-l'ai eu à meilleur marché_.--Cependant on peut dire: _cela ne vous
-coûte que dix francs, c'est bon marché, c'est grand marché; le bon
-marché m'a tenté_, tout comme on dirait, _c'est un bas prix, le bas
-prix m'a tenté_.
-
-=Maréchal=, s. m.--_Maréchal de France, maréchal-ferrant_; prononcez
-_maréchal_ (_é_ fermé) et non _marchal_ ni _marichal, marèchal_.
-
-=Marguerite=, s. commun et nom pr. de femme: écrivez et prononcez
-_marguerite_ et non _marguérite_.
-
-=Marguillier=, s. m., celui qui a soin de tout ce qui regarde la
-fabrique et l'oeuvre d'une paroisse ou les affaires d'une confrérie;
-mais il ne se dit pas du clerc, sacristain ou chantre d'une
-église.--Prononcez et écrivez _marguillier_ et non _marguèillier_.
-
-=Margotte=, s. f., branche qu'on met en terre pour qu'elle y prenne
-racine; ce mot n'est pas français: dites _marcotte_.
-
-=Mari=, s. m., époux.--_Mon époux, mon épouse_, ne sont admis à aucun
-titre par les gens de bon ton; on dit simplement _ma femme, mon mari_,
-ou bien avec un peu plus de cérémonie, _monsieur_ ou _madame_, suivis
-toujours du nom de famille (ce sont les domestiques seuls qui désignent
-leurs maîtres par _monsieur_ et _madame_);--mais _mon mari, ma femme_,
-sont préférables parce qu'ils sont plus simples.
-
-=Marier=, v. a., ne s'emploie jamais pour, _prendre en mariage_.--Ainsi
-au lieu de dire: _il a marié une telle_, dites, _il a épousé une
-telle_.--_Marier_, signifie unir un homme et une femme par le lien
-conjugal, selon les lois de l'État ou en leur administrant le
-sacrement de mariage. Dans cette acception il ne se dit que du prêtre
-ou de l'officier de l'état-civil qui remplit l'une ou l'autre de ces
-fonctions: _l'échevin N. les a mariés à défaut du bourgmestre; c'est le
-vicaire qui les a mariés_. (Acad.)--Il se dit aussi de ceux qui font
-ou procurent un mariage, soit par autorité paternelle, soit par office
-d'amitié: _son père l'a marié à la fille, avec la fille d'un de ses
-amis; cet homme a la manie de marier tout le monde_. (Acad.)
-
-2. _Marier_, joint au pronom personnel, signifie, lorsqu'on parle d'un
-homme, prendre une femme, et lorsqu'on parle d'une femme, prendre un
-mari: _il est d'âge à se marier; il s'est marié richement; il ne se
-mariera pas_.
-
-3. Il s'emploie aussi dans le sens réciproque: _quand se marieront-ils?
-ils se sont mariés l'an dernier_. (Acad.)
-
-4. Cependant on peut dire: _cette demoiselle s'est mariée_ (a épousé)
-_à un étranger_; mais c'est une faute grossière de dire: _cette
-demoiselle s'est mariée avec un étranger_.--_Avec_ s'emploie en prose
-pour les choses: _sa voix se marie bien avec ou à son instrument_.
-
-=Marmelade=, s. f., confiture de fruits presque réduits en bouillie:
-_marmelade d'abricots_.--_Cela est en marmelade_ (famil.), se dit
-d'une chose _trop cuite et presque en bouillie_: et, figurément, de ce
-qui _est fracassé, broyé_: _il a reçu un coup qui lui a mis la mâchoire
-en marmelade_.--Ne dites pas _marmolade_.
-
-=Marmiton, Mirmidon, Mirliton.=--On appelle _marmiton_, celui qui
-est chargé du plus bas emploi d'une cuisine.--_Mirmidon_ se dit, par
-mépris, par raillerie, d'un jeune homme de très-petite taille et
-figurément, de ceux qui ont des prétentions exagérées et ridicules.--Un
-_Mirliton_ est une espèce de flûte formée d'un bout de roseau, de
-sureau, de branc-ursine, et bouché par les deux bouts, avec une pelure
-d'oignon ou un morceau de baudruche: _il est sale comme un marmiton;
-voilà un plaisant mirmidon; ces mirmidons prononcent sur ce qu'ils ne
-connaissent pas; les enfants jouent du mirliton_.
-
-=Marmonner=, v. n., signifie murmurer à voix basse; ne dites pas, avec
-le peuple, _marronner_ qui signifiait autrefois, friser les cheveux en
-grosses boucles.--Quelques dictionnaires emploient aussi _marronner_
-pour errer dans les bois en volant comme les nègres marrons:--il est
-vieux dans ce sens.
-
-=Marquer.=--Ne dites pas: _il est marqué sur la gazette, sur une
-lettre de..._; dites, _on lit dans la gazette, dans une lettre de...,
-etc._, ou employez une phrase équivalente.
-
-=Marraine=, s. f., celle qui tient un enfant sur les fonts: prononcez
-_mârène_ (_â_ long).
-
-=Marron, Marronnier=; prononcez _mâron, mâro-nier_ (_â_ long) et non
-_maro-gnier_.--Voyez _ni_.
-
-=Mars=, dieu de la guerre; 3e mois de l'année;--il signifie également,
-au pluriel, les menus grains qu'on sème au mois de mars, tels que
-les orges, les avoines, les millets, etc.; _le temps a été bon
-pour les mars cette année; s'il ne pleut pas, tous les mars sont
-perdus_.--Quelques auteurs disent que _mars_, dans cette dernière
-acception, peut aussi se rendre par _marsèche_ (la marsèche) ou par
-_marsage_; mais nous pensons que _mars_ est préférable.--Dans toutes
-ces acceptions, prononcez _marce_ et non _mâre_.
-
-2. Ne dites pas: _mars en carême_; dites, _marée en carême_.--Cette
-expression signifie _à propos_: _arriver comme marée en carême_.
-
-=Marteau=, s. m.--Ne dites pas, _jeter la cognée après le marteau_;
-dites, _jeter le manche après la cognée_, ce qui signifie renoncer de
-dépit ou de désespoir à une entreprise. (Acad.)
-
-=Martyr, Martyre.=--_Martyr_, s. m., (au féminin _martyre_), est
-celui qui a souffert pour la foi chrétienne, pour une doctrine ou
-une foi quelconque;--_martyre_, s. m., est la mort ou les tourments
-qu'endurent celui qui est martyr: _un évêque martyr, une vierge
-martyre; le martyre de saint Laurent_.
-
-=Masque, Mascarade.=--Ne dites pas _un masqué_, pour indiquer une
-personne déguisée; dites _un masque_.--Une _mascarade_ se dit d'une
-réunion de _masques_, c'est-à-dire, de gens déguisés: _une troupe de
-masques, un joli, un vilain masque; il faut laisser entrer les masques;
-venez voir une belle mascarade_.
-
-=Massacrante=, adj. fém.--Il n'est usité que dans cette locution
-familière: _humeur massacrante_, c'est-à-dire, humeur bourrue,
-maussade, grondeuse, menaçante.--Cette expression est approuvée par
-l'Académie; cependant elle n'est pas jolie, mais elle est énergique.
-
-=Masse=, s. f.--_Une masse de monde_, est une expression triviale;
-dites, _une grande foule, une grande multitude, une grande quantité de
-monde_.
-
-=Mastic=, est masculin: _du mastic_; et non _de la mastic_.
-
-=Mastouche.=--On donne abusivement ce nom à la _capucine_; dites donc,
-_une belle capucine, couleur capucine_.
-
-=Mat, Mate=, adj., qui n'a point d'éclat: _argent mat, couleur mate_:
-le masculin se prononce _mate_.--_Mat_, s. m., terme du jeu d'échecs,
-coup où le roi, mis en échec, ne peut bouger sans être pris: _voilà un
-beau mat, être échec et mat_.--Prononcez également _mate_.
-
-2. =Mât=, s. m., pièce de bois longue, ronde et droite qui porte la
-voilure d'un navire: on ne prononce pas le _t_.
-
-3. =Mate=, adj., humide, un peu mouillé:--ce mot est wallon; dites,
-_moite_ pour les deux genres: _il a le front moite; ces draps ne sont
-pas bien séchés, ils sont encore moites_.
-
-=Mater=, v. a., rendre mat, mortifier: prononcez _mater_ (_a_
-bref);--_mâter_, v. a., garnir de mâts: prononcez _mâter_ (_â_ long).
-
-=Matériaux=, s. m. pl., les différentes matières qui entrent dans la
-construction d'un bâtiment; il n'a pas de singulier.--Ne dites pas
-_matéréaux_.
-
-=Mâtin=, s. m., gros chien de garde: l'_â_ est long;--_matin_, s. m.,
-la première partie du jour; l'_a_ est bref.
-
-2. =Matin.=--On dit très-bien, _hier matin, demain matin, demain
-soir_; on peut dire aussi _demain au matin, demain au soir_; cependant
-par une singulière bizarrerie, on doit dire _hier au soir_ et non _hier
-soir_.
-
-3. Ne dites pas: _au matin, je prends une tasse de café_; dites, _le
-matin_ et mieux _chaque matin, tous les matins..._--Voyez _soir_.
-
-=Matinal, Matineux, Matinier=, adj.--_Matinal_, qui s'est levé matin:
-_vous êtes bien matinal aujourd'hui_; l'Académie ne donne aucun exemple
-du pluriel masculin; nous pensons qu'il est inusité.--_Matineux,
-matineuse_, qui est dans l'habitude de se lever matin: _il faut être
-plus matineux que vous n'êtes_.--_Matinier, matinière_, qui appartient
-au matin; il n'est guère usité que dans cette expression: _l'étoile
-matinière_.--Prononcez _mati-nière_ et non _mati-gnière_.--Voyez _ni_.
-
-=Matou=, s. m., chat mâle; ne dites pas _marou_ ni _marcou_.
-
-=Maudire=, v. a., fait à la 2e pers. du près. de l'indic. et de
-l'impér., _maudissez_, et non _maudisez, maudites_.
-
-=Mauvais, e=, adj.,--Ce mot peut s'employer dans le sens de _méchant_,
-mais jamais comme synonyme de _fâché_: _que cet enfant est mauvais
-(méchant)! oh! le mauvais; oh! la mauvaise_;--_il était si fâché, je
-suis fâché_ et non _mauvais_. (Wall).
-
-2. _Mauvais mal, mauvaise maladie_, ne peuvent pas se dire pour _cruel
-mal, cruelle douleur, cruelle, dangereuse maladie_:--_vous avez mal
-aux dents, c'est un cruel mal_, et non _un mauvais mal_; _le typhus est
-une dangereuse maladie_ et non _une mauvaise maladie_.
-
-3. Ne dites pas, _un mauvais doigt, une mauvaise jambe_, pour indiquer
-que vous y éprouvez un mal quelconque; dites _j'ai mal au doigt, à la
-jambe_, et non _j'ai un mauvais doigt, une mauvaise jambe_.
-
-4. _Mauvais air_, air ignoble;--_air mauvais_, air terrible.--Prononcez
-_mo-vai_ (_o_ bref) et non _mó-vai_ (_ô_ long).
-
-=Maximum=, s. m., le plus haut degré: prononcez _mak-cimome_ et non
-_mak-zimome_;--en terme technique, on dit au pluriel _maxima_ et
-_minima_.
-
-=Me, le.=--Les personnes ignorantes seules disent: _donnez-mê-le_ pour
-_donnez-le-moi_.
-
-=Méchant= _comme la gale_.--Dites, _mauvais comme la gale_: la raison
-de ce choix est évidente; on dit que la gale est mauvaise, mais on ne
-dit pas qu'elle est méchante.
-
-2. _Une méchante épigramme_, est une épigramme sans sel, sans mérite,
-mal faite;--_une épigramme méchante_, est une épigramme mordante: il
-en est de même de _méchants vers_ et de _vers méchants_, etc.
-
-=Mécontent, e=, adj.--On est mécontent _de_ quelqu'un et non _après,
-sur_ ou _contre_ quelqu'un: _il est mécontent de vous, de son
-fils_.--Voyez _malcontent_.
-
-=Mécredi=, s. m., barbar.:--écrivez et prononcez _mercredi_.
-
-=Médical, Médicinal=, adj.--_Médical_, qui appartient à la
-médecine considérée comme science: _l'art médical, instrument
-médical_;--_Médicinal_, qui a la vertu d'une médecine, d'un médicament:
-_plante médicinale_.
-
-=Médire=, v. n., fait au présent de l'indicatif et à l'impératif,
-_médisez_ et non _médites_.
-
-=Méfaire=, v. n., faire le mal, ne s'emploie qu'à l'infinitif et au
-participe passé, _méfait_, qui se construit toujours avec l'auxiliaire
-_avoir_.
-
-=Mégarde= (_par_), loc. adv., par inadvertance: _je me suis blessé par
-mégarde_;--ne dites pas _par mégard_ (_mégar_).
-
-=Meilleur, e=, adj. comp.--Ne dites pas: _vous chantez meilleur que
-moi_; dites, _vous chantez mieux que moi_:--_meilleur_ équivaut à
-_plus bon_ et _mieux_ à _plus bien_. (Fland.)
-
-2. Ne dites pas, _j'ai meilleur que vous_; dites, _je suis mieux que
-vous_ (Wall.)--Voyez _bon_.
-
-3. Dites, _je suis arrivé de meilleure heure que vous_ et non _de plus
-bonne heure_.--Voyez _heure_.
-
-=Mélanger=:--voyez _mêler_.
-
-2. _Mêler à, mêler avec_.--Dans l'acception de mettre ensemble
-plusieurs choses, les confondre, on dit _mêler avec_: _l'Ourthe mêle
-à Liége ses eaux avec celles de la Meuse; mêler de l'eau avec du
-vin_.--Mais au figuré on dit _mêler à_: _il sait mêler la douceur à la
-sévérité; mêler les affaires aux plaisirs_. (Acad.)--Voltaire a dit
-cependant: _les anciens Romains étaient trop austères pour mêler leurs
-plaisirs avec leurs affaires_: cet exemple n'est pas à imiter.
-
-3. _Mêler, mélanger_.--_Mêler_ signifie mettre ensemble,
-confondre;--_mélanger_, signifie, assembler, assortir; en _mêlant_
-les choses, on les dénature, on les brouille;--en les _mélangeant_,
-on les combine dans le but d'obtenir de leur composition un résultat
-avantageux, un produit nouveau.
-
-=Mélisse=, s. f., plante, boisson: ne dites pas _milisse_.
-
-=Melon=, s. m.--Ne dites pas _mélon_ ni _mèlon_.
-
-=Membour=, ne peut pas se dire pour _tuteur_ ni _membournie_ pour
-_tutelle_: _cet enfant a perdu son tuteur_ et non _son membour_; _cet
-homme est en tutelle_ et non, _en membournie_. (Wall.)
-
-=Membré, Membru=, adj.--_Membré_ ne s'emploie guère qu'avec l'adverbe
-_bien_ et signifie, qui a des membres bien faits, bien proportionnés:
-_il est bien membré_.--_Membru_, qui a les membres fort gros: _il est
-bien membru_.--Il s'emploie aussi substantivement: _un gros membru_,
-mais il est familier dans cette dernière acception.
-
-=Même=, adj. et adv.--Ne dites pas: _j'entreprendrai tout de même ce
-long et pénible travail_; dites, _j'entreprendrai néanmoins, toutefois,
-malgré ça, ce long et pénible travail_.
-
-2. Ne dites pas: _cette nouvelle paraît certaine, mais elle est tout de
-même étrange_; dites, _elle est pourtant, néanmoins étrange_;--_tout
-de même_ signifie de la même manière: _mon bureau est fait tout de même
-que le vôtre_.
-
-3. Ne dites pas: _est-ce tout de même d'aller jouer_; dites, _est-ce
-que je peux, est-il permis d'aller jouer, me donnez-vous la permission
-de..._ (Wall.)
-
-4. Ne dites pas: _c'est tout de même pour moi_, ou _c'est pour moi le
-même, c'est moi le même_; dites, _ça m'est égal, indifférent, m'importe
-peu_ ou _peu m'importe_.
-
-5. Ne dites pas: _il a le même caractère de son frère_; dites, _que son
-frère_.
-
-6. Ne dites pas: _voulez-vous venir avec nous?--Tout de même_;--dites,
-_volontiers, avec plaisir_.
-
-7. _Tout de même, tout le même_.--Pour savoir laquelle de ces deux
-expressions il faut employer, il suffit de voir si, en supprimant
-_tout_, ou emploierait _de même_ ou _le même_: _il est tout le même
-qu'il y a dix ans;--ces deux robes sont faites tout de même l'une
-que l'autre_.--Prononcez _mê-me_ et non _min-me_.
-
-=Mémento=, s. m., marque pour se souvenir.--L'Académie ne donne point
-d'exemple de pluriel; quant à nous, nous écririons _des mémentos_,
-parce que l'accent sur l'_é_ donnant à ce mot le caractère de mot
-français, il doit être soumis aux règles de la langue française et
-prendre une _s_ au pluriel.--Prononcez _méminto_.
-
-=Menacer=, v. a.--Ne dites pas: _il menace une maladie, une étisie_,
-mais, _il est menacé d'une maladie, d'une étisie_ ou _il couve une
-maladie, une étisie_.
-
-2. Prononcez _menacer_ (_e_ muet) et non _mènacer_.
-
-=Mener=, v. a.--Prononcez _mener_ (_e_ muet) ou _m'ner_ et non
-_mèner_.--Il en est de même des mots _amener, emmener_; cependant dans
-les temps où l'_n_ est suivi d'un _e_ muet, le premier _e_ devient
-grave et se prononce comme dans _père_: _je mène, je mènerai_ (ne
-prononcez pas _je min-ne, je min-nerai_).
-
-2. Ne dites pas: _mener du bruit, mener du train_; dites _faire du
-bruit, faire du train_:--ces _enfants font beaucoup de bruit, font du
-train dans la classe_.
-
-=Menotte=, s. f., main d'enfant; liens de fer ou de corde cadenassés
-qu'on met aux poignets de certains prisonniers pour leur ôter l'usage
-des mains; dites _menotte_ et non _mènotte_ ni _manotte_ ni _minotte_.
-
-=Menteur=, fait au féminin _menteuse_ et non _menteresse_: _elle est
-menteuse comme un laquais_.
-
-=Mentor=, s. m., gouverneur, guide: prononcez _mintor_ et non _mantor,
-mennetor_.
-
-=Menu=, s. m.--Le _menu_ d'un repas est la note de ce qui doit y
-entrer et non les mets comme on le pense assez généralement: _il y aura
-demain vingt personnes à la table, il faut dresser le menu_.
-
-=Menuisier=, s. m.--Prononcez _menu-isier_ (_ui_ diphth.) et non
-_menouisier_ ni _mènuisier_.
-
-=Méphitique=, adj., qui a une odeur fétide; qui produit des exhalaisons
-nuisibles: _air méphitique_:--ne dites pas _méphétique_.
-
-=Mercredi=, s. m.--Ne dites pas _mécredi_ ni _mercrédi,
-mercrèdi_.--Voyez _jour_, 11.
-
-=Mérelle=, s. f., jeu d'enfants où l'on pousse un palet (caillou,
-pierre) avec le pied dans des cases tracées d'avance sur le sol: on dit
-aujourd'hui marelle: _jouer à la marelle_.
-
-=Mérinos=, s. m. (on prononce _mérinoce_); mouton de race espagnole, sa
-laine ou étoffe faite avec sa laine.--Il se prend aussi adjectivement
-et s'écrit _mérinos_ pour les deux genres: _bélier mérinos, brebis
-mérinos_.--Ne prononcez pas _mèrinos_.
-
-=Méritant, te.=--On dit très-bien: _c'est une personne bien méritante_
-(qui a du mérite). (Acad.)
-
-=Mérite=, s. m., s'emploie généralement au singulier: _il ne faut pas
-être fier de son mérite_ et non _de ses mérites; cet homme a beaucoup
-de mérite_ et non _de mérites_; _son mérite est au-dessus de tout
-éloge_ et non _ses mérites_.
-
-=Mésange=, s. fém., petit oiseau: _voilà une jolie mésange_: prononcez
-_mézange_ et non _messange_ ni _mézanche_.
-
-=Mésentendu=, n'est pas français; dites _malentendu_: voyez ce mot.
-
-=Messe=, s. f.--On dit _messe basse_ (et non _basse messe_) ou
-_petite messe_, qui se dit sans chant;--_messe haute_, ou _grande
-messe_ ou _grand'messe_, (et non _messe à chanter_), qui est chantée:
-_grand'messe_ fait au pluriel _grand'messes_.
-
-2. On dit: _servir la messe_ et non _servir à la messe_. (Acad.)
-
-3. On dit, _aller à la messe_ et non _aller à messe_; mais on dit,
-_aller à vêpres_ et non _aller aux vêpres_.
-
-4. On dit, _manquer la messe_ et non _à la messe_; (Acad., au mot
-_messe_);--on dit _un livre de messe, un livre de prières_ et non _un
-livre à prières_; (Acad., aux mots _messe_ et _prière_).
-
-5. _Faire la messe, lire la messe_, pour _dire la messe, célébrer la
-messe_, est un flandricisme;--_faire une messe_, se dit d'un musicien
-qui compose une messe.
-
-6. _Messe_, pour signifier le fruit du néflier, n'est pas français;
-il faut dire _nèfle_: _une grosse nèfle_:--prononcez _nè-fle_ et non
-_nèfe_ ni _nèfèle_.
-
-=Messieurs=, s. m. pl.--Ne dites pas: _les messieurs furent obligés de
-rester debout pendant toute la séance_; dites, _les hommes..._--Mais on
-peut dire _ces messieurs_, en parlant d'hommes désignés ou présents:
-_je vais me promener, quant à ces messieurs_ (présents), _ils resteront
-ici si bon leur semble_:--cependant, il est impoli de dire _ce
-monsieur_.
-
-=Mesurer=, v. a. et pr.--On dit _se mesurer_ (lutter) _avec quelqu'un_
-et non _contre quelqu'un_.
-
-=Métal, Métail=, s. m.--_Métail_ est une composition de métaux;--_métal_
-indique un pur minéral: _l'or est un métal, le bronze est un
-métail_.--Quoique _métail_ n'ait pas été admis par l'Académie, il
-figure pourtant dans plusieurs dictionnaires.
-
-=Métallique=, adj., de métal; on prononce les deux _ll_: _métal'lique_.
-
-=Métier, Profession, Art.=--_Métier_, profession d'un état
-manuel;--_profession_, carrière que l'on suit, emploi que l'on
-occupe;--_art_, talent qu'on cultive:--_il a embrassé la noble
-profession des armes; puisque vous voulez faire apprendre un état
-manuel à votre fils, que ne choisissez-vous le métier de tailleur;
-l'art fait l'artiste_.
-
-=Métis, Métisse=, adj. et subst., né de deux espèces: on prononce l'_s_
-de _métis_.
-
-=Mets=, s. m., aliment préparé pour un repas; on l'écrit avec une _s_,
-même au singulier et on prononce _mè_;--l'_s_ se fait sentir devant
-une voyelle: _un mets exquis_.
-
-=Mettre=, v. a.--Ne dites pas: _mettre_ ou _jouer dans la loterie_;
-dites, _mettre_ ou _jouer à la loterie_. (Fland.)
-
-2. Ne dites pas: _il a mis ces pierres sur un_; dites, _il a mis ces
-pierres les unes sur les autres_. (Fland.)
-
-3. Ne dites pas non plus, avec les flamands: _tout est sous un_; dites,
-_tout est sens dessus dessous_.
-
-4. Ne dites pas: _mettre quelqu'un en bas de sa charge_; dites,
-_déposer quelqu'un de sa charge_ ou _le destituer_. (Fland.)
-
-5. Ne dites pas, comme c'est généralement l'usage à Mons, à une
-personne qui vous rend visite et que vous invitez à s'asseoir:
-_veuillez vous mettre_; dites, _veuillez vous asseoir_, ou servez-vous
-de toute autre phrase équivalente.
-
-6. Ne dites pas au condit.: _nous metterions, vous metteriez_; dites,
-_nous mettrions, vous mettriez_.
-
-=Meublé=, garni de meubles, ne peut pas s'employer pour
-_tapissé_:--_aussitôt que ma chambre a été tapissée, je l'ai meublée_.
-
-=Meubler=, v. a.--Ne dites pas _papier à meubler_; dites, _papier
-peint, papier-tenture, papier de tapisserie_;--_tapis_, dans ce sens,
-n'est pas français.--Voyez ce dernier mot.
-
-=Meulière, Molière=, s. f., =Molaire=, adj. et s. f.--La _meulière_
-est une pierre fort dure dont on fait les meules de moulin;--une
-_molière_ est une carrière d'où l'on tire ces pierres; on appelle aussi
-_terre molière_ une terre grasse et marécageuse.--On appelle enfin
-_molaires_ ou _dents molaires_, les grosses dents qui servent à broyer
-les aliments.
-
-=Meurir= pour =Mûrir=.--Ne dites pas: _les fruits ne meuriront pas
-cette année_; dites, _ne mûriront pas..._
-
-=Meurtre, Assassinat.=--Le _meurtre_ est un homicide commis avec
-violence;--l'_assassinat_ est le meurtre commis avec préméditation, de
-guet-apens.
-
-=Mévendre=, v. a., vendre une chose moins qu'elle ne vaut; _il y a
-des temps ou les marchands sont obligés de mévendre_.--Il a vieilli.
-(Acad.)
-
-=Mezzo-termine=, s. m., (littér., _moyen-terme_), parti moyen pour
-concilier; le pluriel s'écrit comme le singulier:--prononcez
-_med'zotèrminé_.
-
-=Mi.=--Abréviation du mot _demi, mi-chemin, mi-corps_, etc.--Quand
-on le joint au mot _corps, jambe, chemin, mur, terme, sucre_, et
-_côte_, on ne l'emploie qu'adverbialement avec la préposition _à_ et
-sans article: _il n'y a de l'eau qu'à mi-jambe; cette poutre ne va
-qu'à mi-mur; des confitures à mi-sucre_, etc.--Joint au mot _carême_
-et au nom des mois, il fait partie du substantif et doit être précédé
-de l'article _la_, quoique les substantifs soient du masculin: _la
-mi-carême, la mi-mai_;--excepté toutefois dans cette locution
-proverbiale, _mi-mai, queue d'hiver_.
-
-2. _Mi-parti_ est un adjectif dont le féminin est _mi-partie_: _les
-opinions ont été mi-parties; cette robe est mi-partie de blanc et de
-rouge_.
-
-=Miche=, s. f., pain d'une grosseur médiocre, pesant au moins une livre
-et quelquefois deux; il se dit aussi des pains ronds d'un poids plus
-considérable: _une miche de douze livres_. (Acad).
-
-=Micheau=, s. m.--Ce mot n'est pas français:--au lieu de dire, _je
-vais faire un voyage, je vous rapporterai votre micheau_, il faut dire:
-_je vous rapporterai quelque chose, je vous rapporterai un cadeau_.
-(Wall.)
-
-2. _Micheau_, n'est pas français non plus pour désigner de petits pains
-au beurre; dites simplement _petit pain_ ou bien _miche au beurre_.
-
-=Micmac=, s. m., est un mot français qui signifie intrigue (et non
-_pêle-mêle_), manigance, pratique secrète dont le but est blâmable: _il
-y a eu bien du micmac dans cette affaire_.
-
-=Midi=, s. m., =Minuit=, s. m.--Ces deux mots sont du singulier et du
-masculin; dites donc, _à midi précis, à minuit précis_, et non pas _à
-midi précise, à minuit précise_.
-
-2. Dites de même, _sur le midi, sur le minuit, midi a sonné, à minuit
-sonnant, vers midi, vers minuit_, etc., et non pas _sur les midis, sur
-les minuits, midis ont sonné, à minuits sonnants_ ou _sonnantes, vers
-les midis, vers les minuits_.--Cependant, on dit très-bien _vers les
-dix heures, vers les onze heures_, etc.
-
-3. Ne dites pas non plus avec les flamands et les wallons: _il est
-douze heures_; dites, _il est midi, il est minuit_.--Prononcez
-_minu-it_ (_ui_ diphth.) et non _minouit_.
-
-4. Ne dites pas: _c'est midi, il est temps que je sorte_; dites, _il
-est midi..._--Mais à la question: _quelle heure sonne?_ il faudra
-répondre: _c'est midi_, c'est-à-dire, ce (l'heure) qui sonne est
-midi, puisqu'on dit, _voilà midi qui sonne_. (Acad.) Ces observations
-s'appliquent également au mot _minuit_.
-
-5. Ne dites pas: _je vous verrai ce midi_; dites, _à midi_.
-
-6. Ne dites pas: _il rentre toujours sur le midi_; dites _à midi, vers
-midi_; dites de même, _avant midi, après midi, avant minuit, après
-minuit, vers minuit_.
-
-7. Ne dites pas: _midi et quart, minuit et quart_; dites, _midi et un
-quart, minuit et un quart_. Voyez _quart_ et _liaisons affectées_.
-
-8. Ne dites pas: _avez-vous fait midi, avez-vous mangé le midi_, dites,
-_avez-vous dîné_?
-
-9. _Après-midi_, s. f.: _je vous ai attendu toute l'après-midi_.
---Plusieurs, dit l'Académie, le font du masculin;--le pluriel s'écrit
-comme le singulier: _il passe toutes ses après-midi à étudier_,
-c'est-à-dire, toutes ses heures de l'après-midi.
-
-=Mier=, v. a., mettre le pain en miettes, n'est pas français; dites
-_émier_ ou _émietter_.
-
-=Miette, Mie=, s. f.--_Miette_ signifie petite partie, petit
-morceau;--_mie_ ne se dit que de la partie du pain qui se trouve
-entre les deux croûtes: _des miettes_ (et non _des mies_) _de sucre;
-donnez m'en une miette; vous ne lui en avez donné qu'une miette_;--_il
-n'a plus de dents, il ne mange plus que de la mie_ (et non _de la
-miette_).--Prononcez _miette_ (_iette_ diphth.) et non _mi-ette_ ni
-_mi-iette_.
-
-=Mieux=, adv. comp.--Dites, _c'est ma mère que j'aime le mieux, le
-plus_, et non, _la mieux, la plus_: _le mieux_ est ici superlatif et
-conséquemment invariable.
-
-2. Lorsque _mieux_ est suivi de deux infinitifs, on met ou l'on
-supprime la préposition _de_ devant le second: _j'aime mieux vous
-déplaire que vous tromper_, ou _que de vous tromper_.--L'emploi de la
-préposition _de_ est néanmoins préférable.
-
-3. _Aimer mieux_ et _il vaut mieux_, suivis d'un infinitif, ne doivent
-pas être suivis des prépositions _de_ ni _à_: _j'aime mieux étudier, il
-vaut mieux étudier_, et non _d'étudier_ ni _à étudier_.--Voyez _aimer_
-et _valoir_.
-
-4. Ne dites pas: _il chante, il joue des mieux_; dites, _très-bien,
-parfaitement_:--_des mieux_ n'est pas français dans ces sortes de
-phrases.
-
-5. Ne dites pas: _il chante plutôt mieux que mal_; dites, _bien que
-mal_, en opposant l'adverbe positif _bien_ à l'adverbe positif _mal_.
-
-6. Ne dites pas: _le temps s'est radouci, il fait mieux qu'hier_;
-dites, _il fait meilleur qu'hier_, en sous-entendant le mot _temps_,
-comme on dit, _il fait chaud, il fait froid, il fait bon_, etc.
-
-7. Il ne faut pas employer l'un pour l'autre _mieux_ et _plus_: _mieux_
-exprime la perfection, l'idée d'une supériorité de manière;--_plus_
-exprime l'extension, l'idée d'une quantité supérieure.--On ne doit pas
-dire: _j'ai gagné mieux de cent francs, mieux que cent francs_; il faut
-dire, _plus de cent francs_.
-
-8. _Mieux_, se met après les verbes dans les temps simples et entre
-l'auxiliaire et le participe dans les temps composés: _j'aime mieux,
-j'ai mieux aimé_.
-
-=Mille=, adj. num. card.--Ne dites pas: _le premier mille francs
-est le plus difficile à gagner_; dites, _les premiers mille francs
-sont..._; _francs_ étant substantif, impose le genre et le nombre.
-
-2. Ne dites pas: _il m'a comblé de mille éloges_; dites simplement,
-_... d'éloges_.
-
-3. _Mille_ est adjectif numéral et substantif commun.--Comme
-_adjectif_, il s'écrit de deux manières (et est naturellement
-invariable): 1º _mille_, pour exprimer le nombre _dix fois cent_:
-_mille francs, dix mille francs_. 2º _Mil_, dans l'expression des
-dates: _Léopold premier, roi des Belges, est monté sur le trône
-l'an mil huit cent trente et un_. Cependant on écrit _mille_ dans
-l'expression des dates antérieures à la naissance de Jésus-Christ:
-_le temple de Salomon fut achevé l'an mille cinq cent avant
-Jésus-Christ_.--Comme _substantif commun_, c'est-à-dire, employé
-pour représenter une mesure de chemin, _mille_ s'écrit avec une _s_
-au pluriel: _trois milles d'Angleterre font près d'une lieue de
-France_.--Ne confondez pas dans la prononciation l'adjectif _mil_ (qui
-se prononce _mile_) avec le substantif _mil_ (millet) où l'_l_ est
-mouillée comme dans _babil, péril_.
-
-=Millésime=, s. m., date de monnaie; _millénaire_, adj., hérétique
-ou qui contient mille; _millimètre_, s. m., millième partie d'un
-mètre:--dans ces mots on prononce les deux _ll_.
-
-=Milliaire=, _milliard, milliasse, millième, millier, million,
-millionnaire, millionnième, billion, trillion_, etc.:--dans tous ces
-mots les _ll_ sont suivies d'un _i_ et on ne prononce qu'une _l_.
-
-=Minable=, adj., misérable, qui fait pitié: _air minable_;--qui
-indique une grande misère: _vêtements minables_.--Cette expression
-populaire est mauvaise sous tous les rapports, puisqu'elle ne tient à
-aucune racine française ni étrangère qui puisse en faire comprendre le
-sens et la rendre claire. (BESCHERELLE.)
-
-=Minéral, Minerai, Mine, Minière, Carrière.=--On donne le nom de
-_minéraux_ (_é_ fermé) aux substances inorganiques qui entrent dans la
-constitution de la terre; ils ne vivent pas et ne se reproduisent pas,
-ce qui les distingue des végétaux et des animaux.--On donne le nom de
-_minerais_ (_e_ muet) aux minéraux que l'on utilise pour en extraire
-les métaux, tels que le fer, le zinc, le cuivre, le plomb, l'argent,
-l'or, etc.--On appelle _mines_ les exploitations de minéraux: la loi
-distingue les _mines_, les _minières_ et les _carrières_. Les _mines_
-s'exploitent dans la profondeur pour l'extraction des minerais et
-de quelques autres substances, telles que la houille, le soufre, le
-sel, etc. Les _minières_ sont des exploitations superficielles ou
-très-rapprochées de la surface, et d'où l'on retire des minerais, de
-la tourbe, etc. Les _carrières_ s'exploitent à la surface ou dans la
-profondeur pour les matériaux de construction, calcaire, grès, ardoise,
-argile, sable, pierre à plâtre, etc.
-
-=Miniature=, s. f., peinture délicate: on prononce ordinairement
-_mignature_, dit l'Académie; cette prononciation vicieuse n'est donc
-pas de rigueur, et l'on doit approuver ceux qui disent _mi-niature_.
-
-=Minimum=, s. m., le moindre degré: prononcez _minimome_.--Voyez
-_maximum_.
-
-=Minou=, _minet, minette_, petit chat: _le minet joue avec le chien;
-voilà une jolie petite minette_.--_Minou_ n'est pas français.
-
-=Minuit=: voyez _midi_.
-
-=Minute=, s. f.--Ne dites pas: _en une minute de temps; si vous avez
-une minute de temps_; dites simplement, _en une minute; si vous avez
-une minute_.--Voyez _heure_.
-
-=Minutie=, s. f., bagatelle; _minutieux_, adj.--Prononcez _minucie,
-minucieux_.
-
-=Mi-parti=, _mi-partie_: voyez _mi_.
-
-=Miracle, Miraculeux=: l'_a_ est long dans le premier et bref dans le
-second.
-
-=Mirmidon=: voyez _marmiton_.
-
-=Misérable=, adj.--Ne dites pas: _faites-lui l'aumône, c'est une
-misérable femme, un misérable homme_; dites, _c'est une femme, un homme
-misérable_ et mieux, _malheureux_.--On emploie mieux cet adjectif,
-en l'appliquant à la condition: _être réduit à un état misérable; son
-sort est misérable_; car, en général, appliqué aux personnes et employé
-substantivement, il veut dire malhonnête, vicieux, débauché: _c'est un
-misérable, un grand misérable_.--Il n'y a que quelques exemples, pris
-dans le style élevé, où il emporte l'idée de _misère_: _il ne se faut
-jamais moquer des misérables; les misérables et les malheureux méritent
-des secours_.
-
-=Miserere=, s. m., psaume, colique: prononcez _mi-zéréré_.
-
-=Mite= ou =Teigne=, s. f., insecte qui ronge les vêtements: ne dites
-pas _motte_.
-
-=Mitouche=: voyez _nitouche_.
-
-=Mixte=, adj., mêlé, mélangé: prononcez _miks-te_ et non _mixe_.
-
-=Mixtion=, s. f., mélange de drogues; _mixtionner_, faire ce
-mélange.--Dans ces deux mots, _ti_ conserve sa prononciation naturelle,
-c'est-à-dire, celle qu'il a dans les mots _menti, parti_: _miks-thion,
-miks-thioner_.
-
-=Mode=, s. f.--Prononcez _mo-de_ et non _mo-te_ ni _môde_: _un habit à
-la mode_.
-
-=Modeste=, adj.--Quoi qu'en disent certains grammairiens, _modeste_ se
-dit bien des choses et signifie _médiocre, simple, sans éclat_: _avoir
-un train, un équipage modeste, une table modeste; faire une dépense
-modeste; il s'est borné à conserver le modeste héritage de ses pères_.
-(Acad.)--Toutefois, nous croyons qu'on ne peut pas dire _un prix, une
-somme, une taxe modeste_, mais bien, _un prix, une somme, une taxe
-modique_.
-
-=Moelle=, s. f., substance molle dans les os, dans les bois; _moellon_,
-pierre de construction: _moelleux_, rempli de moelle, souple,
-gracieux:--dans tous ces mots _oe_ est diphthongue; prononcez _moèle,
-moèlon, moèleux_; quelques-uns prononcent _moale, moa-lon_, etc.
-
-=Moeurs=, s. f. pl.; il n'a pas de singulier.--Prononcez _meurce_ et
-non _meure_, soit seul, soit devant une consonne.
-
-=Moi=, pr. pers.--Ne dites pas: _donnez-moi-le; donnez-moi-la_; dites,
-_donnez-le-moi, donnez-la-moi_.
-
-2. Ne dites pas: _mène-moi-z-y, amuse-toi-z-y; donne-moi-z-en,
-sers-toi-z-en_, quoiqu'on puisse dire _mène-nous-y, amusez-vous-y,
-donnez-nous-en, servez-vous-en_:--la vraie construction est _mène-m'y,
-amuse-t-y, donne-m'en, sers-t'en_.--Cependant, comme ces finales sont
-trop dures, il vaut mieux employer une autre tournure: _mène-moi dans
-cet endroit, amuse-toi dans cette société_, etc.
-
-3. Ne dites pas: _un ami de moi me l'a assuré_; dites, _un de mes
-amis...._
-
-4. Dites, _c'est moi qui ai, qui suis; c'est nous qui sommes, qui
-avons; c'est vous qui êtes, qui avez_: et non pas, _c'est moi qui
-est, qui a; c'est nous qui sont, qui ont; c'est vous qui est, qui
-a, qui sont, qui ont_, etc.
-
-5. Ne dites pas: _il a la jambe plus grosse que moi_; dites, _que la
-mienne_.
-
-6. Ne dites pas: _le maître ne me refuserait pas cette permission,
-moi_:--_moi_, est ici un régime indirect, il faut donc dire _à moi_ ou
-prendre une autre tournure, comme: _quant à moi, le maître_, etc.
-
-7. Ne dites pas: _moi, je me vengerais; moi, je vais jouer_; dites
-plutôt: _pour moi, je me vengerais, pour moi, je vais jouer_; ou bien,
-_je me vengerais, moi; je vais jouer, moi_.
-
-8. Ne dites pas: _c'est moi, c'est vous la cause de son malheur_;
-dites, _c'est moi qui suis, c'est vous qui êtes la cause de son
-malheur_.
-
-=Moindre=, est le comparatif de _petit_; ne dites donc pas: _sa
-position est plus moindre que la mienne_ ou _est la plus moindre de
-toutes_; dites, _sa position est moindre que..., est la moindre de
-toutes_.
-
-2. _Le moindre_ est le superlatif de _petit_; vous ne direz donc pas:
-_il a relevé le moindre petit de mes défauts_; _petit_ est de trop;
-dites, _le moindre de mes défauts_.
-
-3. Ne dites pas: _j'en ai moindre, je ne le donnerai pas à moindre_;
-dites, _j'en ai moins, je ne le donnerai pas à moins_.--_Moindre_ est
-adj. et ne peut pas s'employer pour _moins_ qui est adverbe.--Prononcez
-_moin-dre_ et non _mointe_ ni _moandre, moindère_.
-
-=Moins=, adv.--_Au moins_ signifie pour le moins; _du moins_ exprime
-une correction, une restriction: _comment, vous n'êtes pas au moins
-général? vous êtes du moins colonel?_
-
-2. Ne dites pas: _vous ne l'aurez pas, à moins que le demander_; dites,
-_à moins de le demander_, ou _à moins que de le demander_:--_à moins_
-devant un infinitif veut la préposition _de_ seule ou précédée de
-_que_; la forme _à moins que de_ est plus ancienne.
-
-3. Ne dites pas: _je ne le ferai pas à moins que de mille francs_;
-dites, _à moins de mille francs_.
-
-4. Ne dites pas: _il est moins bon qu'il en a l'air_; dites, _qu'il
-n'en a l'air_.
-
-5. Ne dites pas: _le moins que possible, le moins tard que possible_;
-supprimez le _que_ et dites, _le moins possible, le moins tard
-possible_.
-
-6. Ne dites pas: _à moins que vous jugiez à propos_; dites, _à moins
-que vous ne jugiez à propos_:--_à moins que_ est toujours suivi de la
-négation.--Prononcez _moins_ et non _moans_.
-
-=Mois=, s. m., douzième partie de l'année.--Les noms des mois
-s'écrivent avec une petite lettre: _février, mars, avril_, et non
-_Février, Mars, Avril_. (Acad.)
-
-=Moitié=, s. f.--Ne dites pas: _la moitié de six est de trois_; dites,
-_est trois_.--Voyez _quart, tiers_.
-
-2. On dit _plus d'à moitié_ et non _plus qu'à moitié_: _ce vase est
-plus d'à moitié plein_.--Prononcez _moiti-é_ et non _moi-tchié_.--Voyez
-_ti_ et _di_.
-
-=Mon, Ton, Son=, etc., adj. pos.--Ne dites pas: _j'ai mal ma tête_ ou
-_à ma tête; Pierre s'est cassé sa jambe_; dites, _j'ai mal à la tête;
-Pierre s'est cassé la jambe_.
-
-2. Prononcez _mon, ton, son_, devant une voyelle ou une _h_ muette, en
-conservant à ces mots leur prononciation propre et en ajoutant une _n_
-au mot suivant: _mon âme_ (_mon n'âme_), _ton âge_ (_ton n'âge_), _son
-ouvrage_ (_son n'ouvrage_) et non _mo n'âme, to n'âge, so n'ouvrage_.
-
-=Monnaie=, _monnayer, monnayeur_: on a abandonné l'ancienne
-orthographe, _monnoie, monnoyer, monnoyeur_.
-
-=Mons=, s. m., abréviation du mot _monsieur_.--Le roi de France
-écrivant à un archevêque ou à un évêque disait: _mons l'Archevêque,
-mons l'Évêque_; mais entre particuliers, cette expression est
-méprisante: _mons un tel, mons Remy_.--Prononcez _monce_.
-
-=Monseigneur=, s. m., titre d'honneur, s'écrit en un mot.--Le
-pluriel est _messeigneurs_; on l'emploie en parlant ou en écrivant
-collectivement à plusieurs des personnes qui ont droit au titre de
-_monseigneur_.--On disait autrefois _nosseigneurs_ dans les requêtes
-présentées au conseil du roi, aux cours du parlement et aux autres
-cours souveraines. (Acad.)--Cependant on ne tient généralement
-pas compte de cette décision de l'Académie et l'on dit aujourd'hui
-_nosseigneurs_ aussi bien et même mieux que _messeigneurs_:
-_nosseigneurs les évêques de Belgique_;--on écrit aussi _Nos
-Seigneurs_ en deux mots et avec des majuscules.
-
-2. _Mon seigneur_, s'emploie dans les prières: _mon seigneur et mon
-Dieu_;--le vassal voulant désigner quel était son suzerain, disait
-aussi: _un tel est mon seigneur, vous êtes mon seigneur_.
-
-=Monsieur=, s. m.--Prononcez _mocieu_ (en ne faisant sentir ni l'_n_
-ni l'_r_; cependant en poésie on fait quelquefois sentir l'_r_) et non
-_m'cieu, mon-cieu_ ni _mon-cieure_;--le pluriel est _messieurs_ qu'on
-prononce _mècieu_ (en supprimant l'_r_ et l'_s_) et non _mècheu_ ni
-_mècieurce_.
-
-2. Si, vous adressant à un homme, vous lui parlez de sa femme, ne
-dites pas simplement _madame_, mais ajoutez le nom de famille: _madame
-Durand, madame la comtesse de Vergy_, ou bien dites, _madame votre
-femme_.--De même si vous parlez à madame Durand de son mari, ne dites
-pas, par exemple: _comment se porte monsieur?_ dites, _comment se porte
-monsieur Durand?_--Un enfant, une femme, en parlant de son père ou de
-son mari, ne dira pas non plus: _monsieur est sorti_, mais _mon père,
-mon mari, est sorti_.
-
-3. Si vous parlez à un domestique de ses maîtres, vous direz simplement
-_monsieur, madame, mademoiselle_, sans y ajouter le nom: _monsieur
-est-il à la maison?_ et non _monsieur Durand est-il à la maison?_
-
-4. Les mots _monsieur, madame, mademoiselle_, sont de rigueur pour
-toutes les célébrités vivantes; on dira donc: _monsieur de Lamartine,
-monsieur Guizot_, et non _Lamartine, Guizot_ tout uniment.--Les
-acteurs seuls peuvent faire exception.
-
-5. _Ce, cette_, devant _monsieur, dame, demoiselle_, _ce monsieur,
-cette dame, cette demoiselle_, est impoli; dites simplement _monsieur,
-madame_:--_dites bonjour à monsieur, à madame, à mademoiselle_, et non
-_à ce monsieur_, etc.
-
-6. Abstenez-vous de même, quand il s'agit de personnes présentes ou
-respectables, de ces locutions: _cet homme, cette femme, cet individu,
-celui-ci, celle-ci, cet homme-là, cette femme-là, cet individu-là,
-lui, elle_, etc.; les gens bien élevés ne suppriment jamais les mots
-_monsieur, madame, mademoiselle_, quand ils parlent d'un tiers, absent
-ou présent:--cependant il faut éviter, en écrivant aussi bien qu'en
-parlant, de répéter trop souvent ces mots: on se rendrait insupportable.
-
-7. Il est contraire au bon usage d'apostropher une personne par son nom
-à la suite du mot _monsieur, madame, mademoiselle_; ainsi en parlant
-à monsieur Durand, dites simplement, _monsieur_: _oui, monsieur; non,
-monsieur_; dites de même, _oui, madame; oui, mademoiselle_--et non
-_oui, monsieur Durand; oui, madame Durand; oui, mademoiselle Durand_.
-
-8. On donnait le titre de _monsieur_ (absolument) au frère du roi
-de France qui n'était pas destiné à occuper le trône.--Voyez
-_mademoiselle_.
-
-=Monter=, v. n.--Les temps composés se conjuguent avec l'auxiliaire
-_avoir_, lorsqu'on veut exprimer l'action, et avec _être_, si l'on
-veut exprimer _l'état_, ou bien, en d'autres mots, selon que l'on peut
-répondre à l'une ou l'autre de ces questions: _qu'a-il-fait?--où
-est-il, qu'est-il devenu?_--_il a monté_ (qu'a-t-il fait) _quatre fois
-à sa chambre pendant la journée;--il est monté_ (où est-il) _à sa
-chambre depuis une heure et il y est resté_.--Lorsque _monter_ est
-employé activement, il prend toujours _avoir_: _il a monté l'escalier
-en courant_.
-
-2. _Monter en haut, descendre en bas_, sont généralement des pléonasmes
-vicieux; dites simplement _monter_ et _descendre_.--Voyez _haut_.
-
-=Monteuse=, une ouvrière en modes, une modiste: _monteuse de bonnets,
-monteuse de modes_. (POITEVIN).
-
-=Monticule=, petite montagne, est masculin: _un monticule_.
-
-=Moquer= (=se=), v. essentiellement pronominal;--ne dites donc pas: _il
-me moque toujours_; dites, _il se moque toujours de moi_.
-
-2. On dit indifféremment: _tu te ferais moquer de toi_ ou _tu te ferais
-moquer_. (Acad.)
-
-3. Le participe passé _moqué_ s'emploie aussi dans un sens passif avec
-le verbe être: _il fut moqué de tout le monde_. (Acad.)
-
-=Mordicus=, adv., avec ténacité:--_soutenir son opinion mordicus_:
-prononcez _mordicuce_.
-
-=Mordre=, v. a.--_Il mord à belles dents_: prononcez _il mor à_ et non
-_il mor t'à belles dents_.--Dans les mots terminés en _ord_ ou _ort_
-le _t_ final ne se lie point avec la voyelle ou l'_h_ muette qui suit.
-
-2. Ne dites pas: _les cousins m'ont mordu à la joue_; dites, _m'ont
-piqué..._ (Acad.)
-
-=More=, s. m., peuple africain; _moresque_, adj.; _moricaud, aude_,
-adj. et s.;--on écrit aussi _maure, mauresque, mauricaud_.--L'Académie
-ne donne point le féminin correspondant de _maure_; quelques-uns
-disent, _une maure_, d'autres, _une mauresque_.
-
-=Morigéner=, v. a., corriger;--ne dites pas _moriginer_ ni _morigérer_.
-
-=Mors=, s. m., frein:--on ne prononce pas l'_s_ excepté devant une
-voyelle: _prendre le mors aux dents_; cependant beaucoup de personnes
-ne font pas cette liaison.
-
-=Mort=, s. m.--Ne dites pas _un billet de mort_; dites _une lettre de
-faire part, un billet d'enterrement, un billet d'obsèques_.
-
-2. =Mort, morte=, adj.--Dans quelques locutions, il a un sens différent,
-selon qu'il précède ou qu'il suit le substantif.--_Mort-bois_, les
-espèces de bois de peu de valeur, comme les ronces, les genêts;--_bois
-mort_, arbre séché sur pied, branches qui ne reçoivent plus de sève.
-
-3. _Morte-eau_ se dit des marées les plus faibles;--_eau morte_, qui
-ne coule point.
-
-4. _Mort-ivre_ se dit d'un homme; mais en parlant d'une femme, il faut
-dire _ivre-morte_: voyer _ivre-mort_.
-
-5. _Mort-gage_, s. m.: le pluriel est _morts-gages_.
-
-6. _Mort-né_.--_Mort_ est invariable; il fait au féminin _mort-née_
-et au pluriel _mort-nés, mort-nées_: _une fille mort-née, des enfants
-mort-nés_.
-
-7. _Morte-paye_, s. f.: le pluriel est _mortes-payes_.
-
-8. _Morte-saison_, s. f.: le pluriel est _mortes-saisons_.
-
-9. Ne dites pas du _mort-papier_, pour désigner du papier non collé
-propre à faire sécher l'encre; dites du _papier brouillard_.
-
-=Mortuaire=, adj.--Ne dites pas _un service mortuaire_; dites _un
-service funèbre_.
-
-2. Ne dites pas _une carte, un billet mortuaire_; dites, _une lettre de
-faire part, un billet de faire part, un billet de part_, s'il s'agit de
-la lettre destinée à annoncer le décès;--dites _billet d'enterrement,
-billet d'obsèques_, s'il s'agit du billet destiné à être lu au prône à
-l'église.
-
-3. _Domicile mortuaire_, terme de jurisprudence, lieu où une personne
-avait son domicile légal au moment de son décès; dans le langage
-ordinaire, on ne dit pas _domicile mortuaire_ ni _maison mortuaire_:
-on dit, _domicile du défunt, de la défunte; maison du défunt, de la
-défunte_.
-
-4. _Mortuaire_, adj., veut dire qui appartient au service, à la pompe
-funèbre: _un drap mortuaire_. (Acad.)
-
-5. _Registre mortuaire_, registre où l'on inscrit les noms des
-personnes décédées.--_Extrait mortuaire_, extrait qu'on tire de ce
-registre.
-
-6. _Droits mortuaires_, droits perçus pour les cérémonies funèbres.
-
-7. _Mortuaire_, comme substantif, n'est pas français; ne dites donc pas
-_la mortuaire_, pour _la maison, le domicile_ du défunt, de la défunte.
-
-=Mot=, s. m.: prononcez _mô_ et non _mote_.
-
-=Mote=, s. f., petit insecte; ce mot n'est pas français; dites _mite_,
-s. f: _ce fromage est plein de mites_.
-
-=Motus=, interj., silence!--prononcez _motuce_.
-
-=Moucher=, v. a. et pr.--Ne dites pas: _je mouche vingt fois en une
-heure_, mais, _je me mouche_.
-
-2. Ne dites pas non plus: _mouchez votre nez_, mais simplement,
-_mouchez-vous_.
-
-3. Pourtant, on peut dire absolument, dans le même sens que s'il
-était accompagné du pronom: _si cet enfant pouvait moucher, il serait
-soulagé; il ne mouche presque point_. (Acad).
-
-4. On peut encore dire dans le sens absolu, _moucher, fatiguer_: _cet
-enfant mouche beaucoup; ce cheval fatigue beaucoup_.
-
-5. Ne dites pas: _moucher une lumière_, mais _moucher une
-chandelle_;--ne dites pas _émoucher_.
-
-=Moucheron=, s. m., bout de la mèche d'une chandelle allumée;
---_mouchures_, s. f. pl., ce qu'on a retranché ordinairement avec les
-mouchettes.--_Moucheron_ se dit aussi de toute espèce de petite mouche,
-mais _mouchette_, pour moucheron, n'est pas français.
-
-=Mouchettes=, s. f. pl., n'a pas de singulier: dites donc _les
-mouchettes_ et non _la mouchette_ ni _l'émouchette_ ni _les
-émouchettes_.
-
-=Mouchoir=, s. m., carré de toile qui sert à se moucher.--_Mouchoir
-de cou_ se dit du fichu d'une femme; mais quand on parle d'un homme il
-faut dire _cravate_ et non _mouchoir_ ni _mouchoir de cou_.
-
-=Moudre=, v. a.--Dites, _nous moulons, vous moulez, ils moulent, je
-moudrai, il faut que je moule, il fallait que je moulusse_.
-
-=Moufle=, s. f., gros gant de cuir ou de laine où il n'y a pas de
-séparation pour les doigts, excepté pour le pouce; prononcez _mou-fle_
-et non _moufe, moufèle_.
-
-=Moule=, s. f., mollusque bon à manger;--_moule_, s., est masculin,
-quand il signifie un modèle creux donnant la forme déterminée à la
-matière que l'on moule: _retirer un vase du moule_.
-
-=Moulin=, s. m.--Ne dites pas: _moulin à filer_; dites,
-_rouet_:--prononcez _rou-et_ et non _rou-wet_.
-
-=Mourir=, v. n.--Ne dites pas: _il a été fait mourir_; dites, _il a
-été exécuté, mis à mort; on l'a fait mourir_.
-
-2. Dites, _je meurs d'envie d'aller revoir mon pays_, et non, _je meurs
-d'aller revoir mon pays_.
-
-=Mouron=, s. m., plante que l'on donne aux oiseaux; ne dites pas
-_moron_.
-
-=Moussu, Mousseux=, adj.--_Moussu_ se dit de ce qui est couvert de
-mousse;--_mousseux_, de ce qui mousse: _il a jeté une bouteille de
-champagne mousseux sur ce rocher moussu_.
-
-=Moustache=, s. f.--Ce mot s'emploie généralement au singulier; ne
-dites donc pas: _cet homme porte de longues moustaches_, mais, _une
-longue moustache_; _il relève sa moustache_ et non _ses moustaches_;
-_sa moustache grisonne_ et non _ses moustaches..._
-
-=Moyen=, s. m., se dit, au pluriel seulement, des richesses, des
-facultés pécuniaires: _je ne connais pas ses moyens; ses moyens ne sont
-pas considérables_. (Ac.)
-
-2. Ne dites donc pas avec les wallons: _ce fermier a bien le moyen;
-tu as bien le moyen de faire cette dépense_; dites, _ce fermier est
-riche, a de la fortune; tes moyens te permettent de faire cette
-dépense_.--Prononcez _moi-ien_ et non _moi-en_ ni _mo-ien_.--Voyez
-_fortuné_.
-
-3. Ne dites pas: _les étrangers sont admis au moyen d'une légère
-rétribution_; dites, _moyennant une légère rétribution_.
-
-=Moyennant que=, est une mauvaise expression qu'il faut remplacer par
-_pourvu que, à condition que_;--_on vous donnera ce livre, pourvu que
-vous soyez sage_ et non _moyennant que vous soyez sage_.--Prononcez
-_moi-iènant_ et non _moi-ènan_, ni _mo-iènan, moi-ien-nan_.
-
-=Moyenné, ée=, adj.--Ne dites pas _un homme moyenné, un homme qui
-n'est pas moyenné_; dites, _un homme riche, qui a de la fortune, qui
-n'a pas de la fortune_.--Voyez _fortuné_.
-
-=Muffle=, s. m.--Ne dites pas: _c'est un muffle_; dites, _c'est un
-orgueilleux, un vaniteux_.--_Muffle_ est une expression de bas étage.
-
-=Mufti=, s. m., le chef de la religion mahométane; on écrit aussi
-_muphti_.
-
-=Mur=, s. m., clôture de pierres: prononcez l'_u_ bref;--_mûr_, adj.
-(fruit), bon à cueillir; prononcez l'_u_ long; écrivez et prononcez de
-même _mûrir, mûrement_.
-
-=Murailler=: voyez _emmurailler_.
-
-=Mûre=, s. f.--Ne dites pas: _feuilles de mûre_; dites, _feuilles
-de mûrier_, comme on dit feuilles de chêne, de noyer, de vigne,
-etc.--Voyez _orange_.
-
-=Muséum=, s. m., musée; l'Académie ne donne pas d'exemple du pluriel,
-mais nous pensons qu'il faut écrire _des muséums_ avec l'_s_ comme on
-écrit _des factums_: prononcez _muséome_ et non _musé-i-ome_.
-
-=Mustache=, n'est pas français; dites, _moustache_: _une moustache
-noire_.--Voyez ce mot.
-
-=Mutuellement=, adv.--Ne dites pas: _ils se sont entre-nui, entraidés
-mutuellement_; dites simplement, _ils se sont entre-nui, ils se sont
-entraidés_. (Pléon. vicieux).
-
-=Myope, Presbyte.=--Une personne qui voit de près et non de loin, est
-_myope_;--une personne, au contraire, qui voit de loin et non de près,
-est _presbyte_.
-
-
-
-
- N
-
-
-=N.=--A la fin des mots, on doit faire sentir l'_n_ dans _abdomen,
-Éden, hymen, le Tarn_ et dans tous les mots où elle est unie avec le
-mot qui le suit, lorsque ce mot commence par une voyelle ou une _h_
-muette: ainsi, _ancien ami, vilain homme_ se prononcent _ancien n'ami,
-vilain n'homme_.--Mais si l'_n_ se trouvait à la fin d'un _substantif_
-suivi immédiatement d'un adjectif commençant par une voyelle ou une _h_
-muette, on ne devrait point la prononcer: ainsi l'on dira, _une passion
-aveugle_ et non _une passion n'aveugle_ ni _une passio n'aveugle_,
-parce que le substantif n'est pas nécessairement lié avec l'adjectif
-dans l'ordre grammatical.
-
-2. Il en est de même du mot _en_, soit préposition, soit
-adverbe.--L'_n_ finale se fait sentir lorsque ce mot est suivi d'un
-autre mot commençant par une voyelle ou une _h_ aspirée avec lequel
-il a un rapport nécessaire, comme dans ces phrases: _agir en ami,
-voyager en Allemagne_, que l'on prononce comme s'il y avait, _agir
-en n'ami, voyager en n'Allemagne_.--Mais on dira: _allez-vous-en au
-jardin, donnez-m'en un peu_, sans faire sentir l'_n_, parce que dans
-ces phrases, le mot _en_ n'a pas un rapport nécessaire avec le mot qui
-le suit.
-
-3. =Nn.=--Les deux _n_ se font sentir dans la prononciation de
-_inn_ au commencement des mots, comme dans _inné, innover, innommé,
-innombrable_, etc.; excepté _innocent_ et ses dérivés.--Elles se
-font également sentir dans tous les mots qui sortent du langage
-ordinaire, et dans les noms propres, tels que _annal_, adj., _annales,
-annaliste, annate, biennal, bisannuel, conné, décennal, triennal,
-vicennal, septennal, surannation; Anna, Annibal, Apennins, Brennus,
-Cinna, Enna, Ennius, Porsenna_, etc.; mais _Cincinnatus_ se prononce
-plus communément _Cinci-natuce_.--On prononce également les deux _n_
-dans _annuaire, annuel, annuité, annexe_, (l'Académie ne dit rien
-d'_annexé_), _annihilation, annihiler, annoise, annoter, connexe,
-connexion, connexité, annoter, annotation, annotateur, connivence,
-ennéagone, henné_; et aussi dans _Jenny, Sennachérib_.--On ne prononce
-qu'une _n_ dans les mots suivants: _banne, banneau, banner, banneret,
-banneton, bannette, bannière, bannir, bannissable, bannissement_.
-(HENNEBERT.)
-
-4. =N=, se redouble: 1º dans les mots commençant par le son _conn_
-suivi d'une voyelle, comme _connaître, connétable, connexe,
-connivence_: il faut excepter _cône, conoïde_.
-
-2º Dans les terminaisons en _onner_, comme _couronner, tonner,
-patronner_, etc.: on écrit cependant _détrôner_.
-
-3º En général _n_ se double devant une voyelle dans les dérivés
-des mots terminés en on: _raison, raisonner_; _son, sonner,
-résonner_; _pardon, pardonner_; _ton, entonner, détonner_ (sortir
-du ton); _bon, bonne, bonnement_; _condition, conditionnel,
-conditionnellement_.--Cette règle admet de nombreuses exceptions;
-ainsi quoique _don_ fournisse _donner_, on écrit _donataire, donateur,
-donation_; on écrit aussi _démoniaque_, qui dérive de _démon_;
-_détoner_, (faire explosion) et _détonation_ (explosion); _limonade_
-de _limon_; _patronal, patronage_ de _patron_; _colonie, colonisation_
-de _colon_; _bonifier, bonification_ de _bon_; _cantonal_ de _canton_;
-_national, nationalité_ de _nation_; _septentrional_ de _septentrion_;
-_sonore_ de _son_; _bonheur, bonhomme_ de _bon_, etc.
-
-4º _N_ se double presque toujours après les voyelles _a, e, o_, quand
-la syllabe est brève: _canne, colonne, méridienne_.
-
-5º Avec le son _en_ prononcé comme dans _moyen_, précédé d'un _i_ ou
-d'un _y_, on double l'_n_ lorsqu'elle est suivie du son de l'_e_ muet:
-_païen, païenne_; _il tient, ils tiennent_.
-
-5. Quand _n_ est redoublée, elle ne donne jamais à la voyelle
-précédente le son nasal, si ce n'est dans _ennobli, ennui_ et leurs
-dérivés.--Ainsi deux _nn_ ne servent qu'à rendre brève la syllabe
-précédente: _anneau, année, innocent_ se prononcent comme s'il n'y
-avait qu'une _n_. (SOULIER et SARDOU.)
-
-=Nacre=, s., matière blanche et brillante qui forme l'intérieur
-d'un grand nombre de coquilles; ce mot est féminin: _de la
-nacre_.--Prononcez _na-cre_ et non _nake_ ni _nakère_.
-
-=Naguère= ou =Naguères=, adv., il y a peu de temps.
-
-=Nain=, s., qui est d'une taille bien au-dessous de l'ordinaire; le
-féminin est _naine_ et non _nine_: prononcez _nène_ et non _nain-ne,
-nine_.
-
-=Naphte=, s. masculin, espèce de bitume très-subtil et très-ardent,
-qui brûle dans l'eau: _du naphte_.--On le faisait autrefois du
-féminin.--Prononcez _naf-te_ et non _nafe_.
-
-=Narrer=, v. a., raconter;--_narration, narratif, narrateur_:--dans
-tous ces mots, faites entendre les deux _rr_.
-
-=Nasal, ale=, adj.--Quelques grammairiens disent que le pluriel
-masculin est _nasals_; cependant l'Académie dit _os nasaux_.
-
-=Natal, ale=, adj.--Il se dit du lieu et de l'époque de la naissance:
-_endroit natal, jour natal_.--Ce mot n'a pas de pluriel masculin
-(Acad.); quelques grammairiens ont dit au pluriel _natals_.
-
-=Natif, ive=, adj., se dit des personnes en parlant du lieu où elles
-ont pris naissance, et suppose ordinairement l'établissement fixe des
-parents, l'éducation, etc.; à la différence de _né_, qui peut supposer
-seulement la naissance accidentelle: _Grétry était natif de Liége_;
-_Rubens est né_ (accidentellement) _à Cologne_. (Acad.)
-
-2. _Né natif_ est un sot pléonasme qui est assez commun chez les
-personnes du peuple, mais qu'il faut éviter: _je suis natif de Namur_
-et non, _né natif de Namur_.
-
-=National, ale=, adj.--_Garde nationale_ et _garde national_: voyez
-_garde_.--_National_ ne double pas l'_n_.
-
-=Naval, ale=, adj., qui est relatif aux vaisseaux de guerre; il
-n'a point de pluriel suivant l'Académie; Laveaux, Levizac, etc.;
-MM. Noël et Chapsal disent _navals_; Boinvilliers dit des _combats
-navaux_.--Nous sommes de l'avis de l'Académie; on fait disparaître
-la difficulté en remplaçant le substantif masculin par un synonyme
-féminin: ainsi au lieu de dire _des combats navaux_, dites _des
-batailles navales_.
-
-=Navet=, s. m., plante dont la racine sert à la nourriture des hommes
-et des bestiaux; écrivez et prononcez _navet_ (_et_ bref) et non
-_navai, navau_.
-
-=Navire, Vaisseau=, s. m.--_Vaisseau_ désigne un grand bâtiment de
-guerre, un bâtiment de l'État;--_navire_ se dit plutôt des bâtiments
-de commerce: on dira donc _un navire de soixante tonneaux, un vaisseau
-de quatre-vingt-dix canons_.--Une frégate, un brick de guerre, une
-gabarre même, ne sont pas des _vaisseaux_, ce sont des _navires_, ou
-mieux des _bâtiments_.
-
-=Nayer= (=se=), =Se Nier=, v. p., ne sont pas français;--ne dites pas _ces
-enfants se nayent, cette femme s'est nayée dans l'Ourthe_; dites, _ces
-enfants se noient, cette femme s'est noyée..._
-
-=Ne=, adv.--Il faut avoir soin de ne supprimer _ne_ que dans les
-locutions reçues et autorisées; partout ailleurs ce sont de grossiers
-solécismes.--Ne dites donc pas: _c'est délicat, point tortueux,
-point cupide_; dites, _ce n'est point tortueux, ce n'est point
-cupide_.--Prononcez _ne_ (_e_ muet) et non _nè_.
-
-2. _Ne... que_: voyez _seulement_.
-
-=Néanmoins=, adv., toutefois: prononcez _néan-moins_ et non _néamoins_.
-
-=Néant=, s. m.: prononcez _né-ant_ et non _né-iant_.
-
-=Nec-plus-ultra=, loc. adv., pour indiquer un terme qu'on ne peut
-dépasser; on dit aussi, mais moins souvent, _non-plus-ultra_:
-_l'Apollon du Belvédère est le nec-plus-ultra de la statuaire_.
---Prononcez _nèk-pluce-ultra, nonne-pluce-ultra_.
-
-=Nef=, s. f., navire (en style poétique); partie d'une église: _la
-grande nef_.--Prononcez _nèfe_ et non _nève_.
-
-=Nèfle=, s. f., fruit du néflier; ne dites pas _messe_ pour
-_nèfle_.--Prononcez _nèfle_ et non _nèfe_ ni _nèfèle_.
-
-=Négative=, s. f., proposition qui nie; mot qui sert à nier: _soutenir
-la négative_.--Écrivez et prononcez _négati-ve_ et non _négatif_.
-
-=Négligemment=, adv., avec négligence; prononcez _néglijaman_ et non
-_néglijan-man_.
-
-=Négoce=, s., trafic, commerce, est masculin: _un bon négoce_.
---Prononcez _négoce_ (_o_ bref).
-
-=Neige=, s. f.: prononcez _nei-ge_ et non _nei-che_.
-
-=Nenni=, mot invariable dont on se sert pour refuser; il n'est usité
-que dans la conversation familière:--on prononce _nani_ et non _nèni_.
-
-=Néologie=, s. f., =Néologisme=, s. m.--_Néologie_, invention, emploi
-de mots nouveaux;--_néologisme_, abus de la néologie.--Distinguez
-et dites donc: _j'aime la néologie pleine de goût, dont Racine nous a
-laissé tant d'exemples, mais je désapprouve le néologisme des poètes
-romantiques_.
-
-=Nerf=, s. m., tendons des muscles.--L'_f_ ne se prononce pas
-au pluriel; souvent même au singulier elle s'annule dans la
-conversation.--On ne la prononce pas dans _nerf de boeuf_ où l'on ne
-doit faire entendre que l'_f_ du mot _boeuf_.--Voyez ce dernier mot.
-
-=Nescio vos=, formule familière de refus, empruntée du latin; prononcez
-_nes'cio voce_.
-
-=Net=, adj., propre, clair: prononcez _nète_ (_è_ bref); quelques-uns
-prononcent _nè_ sans faire sentir le _t_.
-
-=Neuf=, nom de nombre.--L'_f_ de _neuf_ ne se prononce pas quand
-il est suivi d'un substantif commençant par une consonne: _neuf
-plumes, neuf livres_ (_neu plumes, neu livres_).--On la prononce, au
-contraire, quand elle n'est suivie d'aucun mot, ou lorsqu'elle n'est
-suivie ni d'un adjectif ni d'un substantif: _ils ne sont que neuf;
-neuf et demi; ils étaient neuf en tout_.--Quand _neuf_ est suivi d'un
-substantif qui commence par une voyelle ou une _h_ muette, on prononce
-l'_f_ comme un =v=: _neuf écus, neuf ans, neuf hommes_ (_neuv écus,
-neuv ans, neuv hommes_).
-
-2. =Neuf, euve=, adj., nouveau, se place après le substantif: _des
-habits neufs, des souliers neufs_, et non _de neufs habits, de neufs
-souliers_.
-
-3. Les flamands sont exposés à confondre les adjectifs _neuf, nouveau,
-moderne_, attendu qu'ils rendent dans leur idiome ces trois mots par
-le même adjectif; l'usage leur apprendra mieux que les règles l'emploi
-de ces trois adjectifs; ainsi on doit dire: _un habit neuf, une maison
-neuve, une nouvelle mode, un auteur moderne_, etc.
-
-4. Remettre, refaire un tableau, un bâtiment _à neuf_, c'est réparer
-le tableau, le bâtiment; mais habiller quelqu'un _de neuf_, c'est lui
-donner des habits entièrement neufs.--Faites sentir l'_f_ du masculin
-_neuf_, au singulier et au pluriel, _neufe_ et non _neu_.
-
-=Neuvaine=, s. f., prière pendant neuf jours: ne dites pas
-_neuvaime_.--Prononcez _neuvène_ et non _neuvain-ne_.
-
-=Neveu=, fait au féminin _nièce_ et non _neveuse_ ni _niége_.
-
-=Ni=, adv.--Ne dites pas: _et moi non plus_; dites, _ni moi non plus_.
-
-2. =Ni.=--Il faut éviter de prononcer _ni_ dans le corps d'un mot
-comme _gni_: vous direz donc _ma-nière, la-nière, pa-nier, opi-nion,
-cordon-nier, doua-nier, jardi-nier, commu-nier, commu-nion, ma-niaque,
-nous don-nions, vous pardon-niez_, etc., et non, _ma-gnière,
-la-gnière, pa-gnier, opi-gnion, cordon-gnier, doua-gnier, jardi-gnier,
-commu-gnier, commu-gnion, ma-gniaque, nous don-gnions, vous
-pardon-gniez_.
-
-=Niais, aise=, adj., sot, simple: prononcez _ni-è_ et non _ni-ïè_.
-
-=Nichet=, s. m., oeuf que l'on met dans un nid préparé pour la ponte
-des poules; ne dites pas _niau_.
-
-=Nier=, v. a.--Ne dites pas: _je me suis fait nier_, pour signifier
-que vous avez recommandé de dire que vous étiez sorti; dites avec
-l'Académie, _je me suis fait céler_.--Prononcez _ni-er_ et non
-_ni-ier_.
-
-=Nieule, Nule=, sont des barbarismes; dites _pain à cacheter_.
-
-=Nigaude, aude=, adj., sot et niais; ne dites pas _nigot_: prononcez
-_nigô_ (_ô_ long).
-
-=Nitouche= (=sainte=), s. f., personne qui affecte des airs d'innocence,
-de simplicité, de dévotion: _c'est une sainte-nitouche_;--ne dites pas
-_sainte-mitouche_.
-
-=Noble épine=, s. f., arbrisseau épineux; il faut dire _aubépine_.
-
-=Noce=, s. f.--Lorsque ce mot signifie _mariage_, il ne se dit
-qu'au pluriel: _il épousa une telle en premières noces, le jour de
-ses noces_.--Lorsqu'il désigne le festin, les réjouissances qui
-accompagnent le mariage, il se dit aussi bien au singulier qu'au
-pluriel: _une noce de village; repas de noce, habits de noces; j'ai été
-aujourd'hui à la noce, il n'a pas voulu faire de noces_.--Lorsqu'il
-signifie toute l'assemblée, toute la compagnie qui se trouve à la noce,
-il ne s'emploie qu'au singulier: _après le dîner, toute la noce s'est
-dispersée_.
-
-2. Écrivez noce sans accent circonflexe et prononcez _noce_ (_o_ bref)
-et non _nôce_.
-
-=Noël=, s. m., fête de la Nativité de N. S. J.-C.;--quoique ce mot
-soit masculin, on peut dire _à la noël_ en sous-entendant le mot fête;
-on dit également _à Noël_.
-
-2. _Un Noël_ est un cantique spirituel en l'honneur de la Nativité de
-N. S. J.-C.
-
-3. Prononcez _noël_ (_oë_ diphth.) et non _no-èle_ ni _no-iêle, noéle_.
-
-=Noeud=, s. m.--Le _d_ ne se prononce pas, même devant une voyelle:
-_un noeud indissoluble_.
-
-=Noir, e=, adj.--Ne dites pas: _il est noir de teint, de peau_; dites,
-_il a le teint noir, ... la peau noire_.
-
-2. Ne dites pas _du café noir_; dites _du café à l'eau_, comme on dit
-_café au lait, café à la crème_.
-
-=Noix, Noisettes.=--Ne dites pas: _ces noix, ces noisettes ont
-d'excellents noyaux_, pour désigner la graine bonne à manger contenue
-dans l'écale; dites _amande_:--_ces noisettes ont de petites amandes;
-ces noix ont les amandes fort dures_ (et non _les noyaux_).--Voyez
-_noyau_.
-
-=Nombre= (=noms de=).--Quand on écrit un nombre en toutes lettres, on met
-un ou plusieurs traits d'union entre les adjectifs qui le composent,
-depuis _dix-sept_ jusqu'à _quatre-vingt-dix-neuf_, excepté entre les
-adjectifs _vingt, trente, quarante, cinquante, soixante_, et l'adjectif
-_un_, qui s'unissent au moyen de la conjonction _et_: ainsi on écrit:
-_vingt et un ans_, _vingt-deux, vingt-trois_, etc., _trente et un,
-trente-deux, quarante et un, quarante-deux_, etc., et ainsi de suite
-jusqu'à _quatre-vingts, quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux_, etc.--Mais
-au-delà de _quatre-vingt-dix-neuf_, on n'emploie ni conjonction ni
-trait d'union; on dit et on écrit: _cent un, cent deux, cent dix-sept,
-cent vingt et un, trois cent soixante-dix_, etc.--Cependant au lieu de
-_soixante-dix, soixante-onze_, etc., on dit aussi, et c'est mieux pour
-l'euphonie, _soixante et dix, soixante et onze_, jusqu'à _soixante et
-dix-neuf_. (Acad.)
-
-=Nonante, Octante, Septante.=--Ces mots ont vieilli; _octante_ même
-n'est plus du tout en usage.--On les remplace par _quatre-vingt-dix,
-quatre-vingts, soixante-dix_.--Cependant en arithmétique, on peut
-encore faire faire usage de _nonante_ et de _septante_.
-
-=Non fait=, est un barbarisme; cependant on dit très-bien _si fait_
-dans la conversation familière: _je crois qu'il n'y a pas été.--Si
-fait, il y a été_.
-
-=Non-pair, non-paire=, adj.--On dit plutôt _impair_: _un nombre
-impair_.
-
-=Non pas=, est une négation renforcée, équivalant à _non, non_; mais il
-ne peut pas s'employer pour _n'est-ce pas_.
-
-2. _J'ai reçu une lettre non affranchie_;--ne prononcez pas _non
-n'affranchie_, mais _non affranchie_.
-
-=Nord=, s. m.--Le _d_ ne se prononce pas; il ne sonne pas non plus
-dans _nord-ouest, nord-est_ (_nor-oueste, nor-este_).
-
-=Nos, Vos=, adj. poss.: prononcez _nô, vô_ (_ô_ long) et non _no, vo_
-(_o_ bref).
-
-=Nota=, s. m., mot latin qui signifie _remarquez, faites attention_; on
-dit aussi _nota bene_ (_notabéné_).
-
-=Notariel=, adj.--Ne dites pas _un acte notariel_; dites _un acte
-notarié_:--_notariel_ n'est pas français.
-
-=Notion=, s. f., connaissance: prononcez _nôcion_.
-
-=Notre, votre=, adj. poss., =le nôtre, le vôtre=, pron. poss.--On les
-distingue dans la prononciation: ainsi _notre papier, votre plume_ se
-prononcent _notre, votre_, (_o_ bref), tandis que dans _le nôtre, le
-vôtre, les nôtres, les vôtres_, _ô_ est long:--prononcez _no-tre,
-vo-tre_, etc., et non _note, vote_ ni _notère, votère_, etc.
-
-=Nourri.=--Ne dites pas: _vous êtes un mal nourri_; dites, _... un mal
-élevé_.
-
-=Nous=, pron. pers.--Il est quelquefois employé dans le sens de _je_ ou
-_moi_: ainsi dans les ordonnances le roi dit: _nous ordonnons_;--les
-évêques, les personnes qui ont quelque autorité et les auteurs,
-lorsqu'ils parlent d'eux-mêmes, se servent également de cette forme:
-_nous mandons, nous déclarons, nous certifions, nous livrons au public
-le fruit de longues veilles_.--Dans tous ces cas, les adjectifs, les
-participes dépendant de _nous_, se mettent au singulier et non au
-pluriel; _nous avons été critiqué injustement; nous serons juste envers
-nos adversaires; nous nous sommes décidé à prendre cette mesure_, etc.
-
-2. Il en est de même du pronom _vous_ employé pour _tu, toi_.
-
-3. Ne dites pas: _c'est nous qui ont, c'est nous qui sont_, etc.;
-dites, _c'est nous qui avons, c'est nous qui sommes_.
-
-4. _Nous autres, vous autres_: voyez _autre_.
-
-=Nouveau, Nouvel, elle=, adj.--_Un habit nouveau_, est un habit à la
-mode nouvelle; _un nouvel habit_, est un habit nouvellement fait ou
-nouvellement porté.--_Un habit neuf_ est un habit qui vient d'être
-fait.
-
-2. L'adjectif _nouveau_, placé devant le substantif, éveille l'idée
-de certains objets analogues à ceux que va désigner le substantif; il
-exprime un rapport d'ordre, de succession, de nombre.--Placé après le
-substantif, il équivaut à _récent_, ou spécifie une chose inconnue
-jusque-là dans son genre.--On va chercher dans une bibliothèque de
-_nouveaux_ livres; on reçoit d'un auteur un livre _nouveau_.--_Une
-nouvelle faute_, c'est une dernière faute ajoutée à des fautes
-antérieures;--_une faute nouvelle_, c'est une faute dans un genre
-nouveau.
-
-3. Un _nouveau vin_ est un vin mis nouvellement en perce; un _vin
-nouveau_ est un vin de l'année.
-
-=Noyau=, s. m., partie dure et ligneuse d'un fruit, abricot,
-cerise, etc., qui contient une _amande_;--_l'amande_, est la graine
-contenue dans _le noyau_; on mange _l'amande_ et non _le noyau_ de
-la noisette, de l'aveline, etc.--Les wallons disent souvent _noyau_
-pour _amande_.--_Pierre, pierrette, pirette_, dans le sens de
-_noyau_, ne sont pas français.--Prononcez _noi-ieau_ et non _no-ieau,
-noi-au_.--Voyez _noix_.
-
-=Nu, nue=, adj.--Il est invariable, lorsqu'il précède le substantif:
-_nu-tête, nu-jambes, nu-pieds_.--Cependant en terme de jurisprudence,
-on dit _la nue propriété_, c'est-à-dire, la propriété du fonds dont un
-autre a l'usufruit.--_Nu_, placé après le substantif, prend le genre
-et le nombre du nom: _la tête nue, les pieds nus_.
-
-=Nuit=, s. f., _nuitée, nuitamment, nuire, nuisible_;--_ui_ forme
-une diphthongue, laquelle ne compte dans les vers que pour une
-syllabe;--prononcez donc _nuit, nuire_, etc., et non _nouit, nouire_ ni
-_nu-it, nu-ire_.--V. _ui_.
-
-2. Ne dites pas: _il était dix heures à la nuit ou de la nuit_; dites,
-_il était dix heures du soir_.
-
-3. Ne dites pas: _j'ai rêvé, je me suis éveillé de la nuit_; dites,
-_pendant la nuit_ ou _la nuit_.
-
-4. Dites, _bonne nuit_ et non _bon soir_, lorsque vous prenez congé de
-quelqu'un au moment d'aller vous coucher, autrement dites _bonsoir_ et
-non _bonne nuit_: _la bonne nuit_, ne se dit pas.
-
-=Nul, nulle=, adj.; voyez _aucun_.
-
-=Nullité=, s. f., défaut qui rend nul: prononcez _nul'lité_ (en faisant
-sentir les deux _ll_).
-
-=Numéro=, s. m., plur. _numéros_: prononcez _numéro_ et non _numèro,
-numero_.
-
-
-
-
- O
-
-
-=O.=--L'_o_ marqué de l'accent circonflexe, est toujours long:
-_alcôve, côte, diplôme, hôte_, excepté dans _hôtel, hôtellerie, rôti_
-et autres dérivés de _rôt_, lequel a conservé l'_ô_ long, ainsi que
-dans _prévôtal, prévôtale, prévôtalement, hôpital_.--Voici la liste
-d'un certain nombre de mots qui se prononcent avec l'_o_ long, bien que
-la plupart d'entre eux ne portent pas toujours l'accent circonflexe:
-_atome, axiome, enjôleur, fosse, fossé, geôle, godron, grosil, idiome,
-motus, odeur_ (mais non _odorat_, _odoriférant_), _ôter, prône, prôner,
-rapsode, rapsodie, symptôme, tome, zone_.--Les noms propres _Ancône,
-Brantôme, Cobourg, Durosoy, Joseph, Rhône, Saône_, et les dérivés,
-suivent la même prononciation. (HENNEBERT.)--Ajoutons que plusieurs
-grammairiens prononcent _Joseph_, _o_ bref.
-
-=Oasis=, s. f., espace qui dans un désert de sable, offre de la
-végétation; ce mot est féminin: _la grande oasis_.--Prononcez _oazice_
-et non _owazice, oazi_.
-
-=Obéissance, Soumission.=--La première est une conséquence de la
-seconde;--la _soumission_ est dans la volonté et _l'obéissance_,
-dans l'action: _celui qui se soumet à Dieu, obéit à sa volonté_:
---_obéissance_ ne s'emploie pas au pluriel.--Prononcez _obé-issance,
-obé-ir_ et non _obéi-issance, obéi-ir_.
-
-=Obéré de dettes=, (pléon.)--_Obéré_ est tiré d'un mot latin qui
-signifie _endetté_; il faut donc dire _obéré_ tout simplement, ou
-_perdu de dettes, chargé de dettes_: _ce négociant est fort obéré_.
-
-=Obit=, s. m., service pour le repos de l'âme d'un mort: prononcez
-_obite_.
-
-=Obliger=, devant un infinitif, demande _à_ ou _de_, lorsqu'il signifie
-engager, contraindre: _l'envie de parvenir l'a obligé d'étudier;
-vous m'obligerez à me fâcher_.--Il prend _de_, lorsqu'il veut dire,
-rendre service, et lorsqu'il est employé au passif: _vous m'obligeriez
-beaucoup d'aller lui parler; il fut obligé de sortir; je serai obligé
-de vous punir_,--_S'obliger_ demande _à_: _prêtez-moi ce livre, je
-m'oblige à vous le rendre_ (et non _de vous le rendre_) _dans deux
-jours_.
-
-=Obliquité=, s. f., inclinaison; prononcez _oblikité_ et non
-_oblikuité_.
-
-=Obsèques=, s. f. pl., funérailles solennelles.--Ce mot est féminin et
-n'a pas de singulier; dites donc, _on lui a fait de belles_ (et non _de
-beaux_) _obsèques; on a célébré des obsèques solennelles_ (et non _un
-obsèque solennel_ ni _des obsèques solennels_.)
-
-2. Prononcez _ob-sèques_ et non _ob-zèques_.
-
-=Observer=, v. a,--Lorsque _observer_ s'emploie dans le sens de
-_remarquer_, ce qui arrive souvent, il doit se construire comme ce
-verbe: ainsi, puisqu'on ne dit pas, _je vous remarque que..._, mais
-_je vous fais remarquer que_, on ne dit pas non plus, _je vous observe
-que_, mais _je vous fais observer que_:--_je vous fais observer que
-vous êtes dans l'erreur_, et non, _je vous observe que vous êtes dans
-l'erreur_.
-
-2. Quelques personnes disent aussi, _faire une observation_, dans le
-sens _de faire remarquer, de faire observer_; cette manière de parler
-est incorrecte, car on ne peut pas plus dire _faire une observation à
-quelqu'un_, qu'_observer à quelqu'un_;--il faut dire, _je vous ferai
-faire cette observation; je vous prie de faire cette observation_.
-
-3. Prononcez _ob-cerver_ et non _ob-zerver_. Voyez _remarquer_.
-
-=Obtenir=, v. a., se faire accorder: prononcez _obtenir_ (_e_ muet) et
-non _obtènir_.
-
-=Obus=, s. m., petite bombe: prononcez _obuze_. (Acad.)
-
-=Occiput=, s. m., le derrière de la tête: prononcez _ok-'cipute_.
-
-=Occuper=, v. a.--Ne dites pas, _il est occupé à mourir_; dites, _il
-est près de mourir, sur le point de mourir_. (Flandr.)
-
-2. Ne dites pas: _il est occupé après ce travail depuis quinze jours_;
-dites, _il est occupé à ce travail_. (Flandr.)
-
-3. On dit, _il est occupé à écrire_ et non _d'écrire_.
-
-4. _Occuper à_ (_s'_), _s'occuper de_.--_S'occuper à quelque chose_, c'est
-y travailler: _il s'occupe à son jardin; il s'occupe à détruire les
-abus_.--_S'occuper de quelque chose_, c'est y penser ou chercher les
-moyens d'y réussir: _il s'occupe de son jardin; il s'occupe de détruire
-les abus_.(Acad.)
-
-=Occurrence=, s. f., rencontre; prononcez _ocur'rence_.
-
-=Octave=, s., est féminin: _une octave solennelle_;--prononcez
-_octa-ve_ et non _octa-fe_.
-
-=Octavo= (=in=): voyez _in-douze_.
-
-=Oculer=, signifie, greffer et ne se dit pas dans le sens de
-communiquer une maladie par le virus; dites donc, _il faut faire
-inoculer le vaccin à cet enfant_, et non _oculer_.
-
-=OEcuménique=, adj., universel: concile oecuménique;--_oe_ se prononce
-_é_, ainsi que dans _oecuménicité, oecuméniquement_.
-
-=OEil=, (et non _oeuil_), s. m., organe de la vue.--On prononce
-_euille_ (_ll_ mouillées); le pluriel est _yeux_; excepté dans
-_oeils-de-boeuf_, fenêtres de forme ronde ou ovale (on prononce l'_f_
-de _boeuf_); _oeils-de-chat, oeils-de-serpent_, etc., noms de pierres
-précieuses; _oeils-de-bouc_, coquillages; _oeils-de-chèvre_, plantes;
-_oeils-d'or_, poissons, etc.
-
-2. Le pluriel _yeux_ se dit de certains trous qui se trouvent dans la
-mie de pain et dans plusieurs espèces de fromage: _un pain qui a des
-yeux, de grands yeux; un fromage qui n'a pas d'yeux_,--Il se dit aussi
-de certaines marques de graisse qu'on aperçoit dans le bouillon: _ce
-bouillon est très-gras, il a beaucoup d'yeux_. (Acad.)
-
-3. _Entre quatre yeux_, loc. adv., tête à tête: on prononce
-ordinairement (mais on n'écrit jamais) _entre quatre-z-yeux_.
-(Acad.)--Malgré l'autorité de l'Académie, nous ne conseillons pas de
-prononcer ainsi cette phrase; nous ne voyons pas du reste ce que la
-prononciation régulière, _quatre yeux_, peut avoir de désagréable à
-l'oreille.
-
-=OEuf=, s. m.--L'_f_ ne se prononce qu'au singulier: _un oeuf_
-(_oeufe_), _des oeufs_ (_oeu_);--il en est de même du mot _boeuf_:
-voyez ce mot.
-
-=OEuvre=, s., est _féminin_, quand il signifie une production de
-l'esprit, une action morale, etc.: _les bonnes oeuvres sont commandées
-par la charité; les oeuvres de Corneille sont belles et nobles_.--Il
-est _masculin_, quand il signifie le recueil de toutes les estampes
-d'un même graveur ou les ouvrages d'un musicien: _avoir tout l'oeuvre
-de Hollar, de Callot_, etc.; _le premier, le second oeuvre de Grétry,
-de Gevaert, de Grisard_.--On dit aussi le _grand oeuvre_, pour
-désigner, en terme d'alchimie, la _pierre philosophale_, c'est-à-dire
-la prétendue transmutation des métaux en or: _c'est un fou qui veut
-trouver le grand oeuvre_.
-
-2. _Mettre en oeuvre_, se dit des choses et non des personnes; ne dites
-donc pas: _je mets beaucoup d'ouvriers en oeuvre_; dites, _j'emploie
-beaucoup d'ouvriers_.
-
-3. Prononcez _eu-vre_ (_eu_ bien ouvert) et non _eufe, oeuvère_.
-
-=Office=, lieu où l'on fait, où l'on prépare tout ce qui se met sur
-la table pour le dessert, et dans lequel on garde le linge et la
-vaisselle; il est _féminin_ dans ce sens: _une grande office_.--Dans
-les autres acceptions, _office_ est masculin: _de bons offices, un
-office solennel_.
-
-=Officine=, s. f., se dit quelquefois, chez les pharmaciens, pour
-_laboratoire, boutique_.
-
-=Offre=, s., action d'offrir.--On l'a fait autrefois du masculin,
-mais aujourd'hui il est toujours du féminin: _une offre
-avantageuse_.--Prononcez _o-fre_ et non _ofe, ofère_.
-
-=Offrir=, v. a., devant un infinitif, demande la préposition
-_de_;--_s'offrir_ prend _à_ ou _de_:--_il offre d'acheter_ (et non _à
-acheter_) _ma maison à tel prix; il s'est offert de bonne grâce à y
-aller_ ou _d'y aller_.
-
-=Ogre=, s. m., monstre qu'on suppose se nourrir de chair humaine:
-_manger comme un ogre_;--le féminin est _ogresse_.--Prononcez _o-gre_
-et non _oke, oguère_.
-
-=Oie, Oye= (_terminaisons en_).--Les wallons font en général trop
-sentir l'_i_ et l'_e_: ils prononcent, par exemple, _voi-ïe, soi-ïe,
-j'envoi-ïe, que je croi-ïe, fourvoi-ïement_, etc.--_Oi_ suivi d'un _e_
-muet, devient une syllabe longue, mais on ne doit pas faire sentir un
-second _i_ ni même l'_e_ muet: prononcez simplement _voî_ (_oî_ long),
-_soî, j'envoî, que je croî, fourvoî-ment_.--Il en est de même de _aie,
-aye, ée, ie, oue, ue_, etc.
-
-=Oignon=, s. m.--Prononcez _ognon_ en supprimant l'_i_; quelques-uns
-même écrivent _ognon_ (Acad.): prononcez de même _ognonet, ognonière_.
-
-=Oiseleur, Oiselier=, s. m.--_L'oiseleur_, est celui qui
-fait métier de prendre des oiseaux: il n'a point de féminin
-correspondant.--_L'oiselier_, est celui dont le métier est d'élever, de
-vendre des oiseaux.
-
-=Oiseux, Oisif=, adj.--_Oiseux_, qui par goût ou par habitude ne fait
-rien ou ne fait que des riens: _gens oiseux et fainéants_.--Il se
-dit aussi des choses et signifie inutile, vain, qui n'est bon à rien,
-ne sert à rien: _des disputes, des questions oiseuses; une épithète
-oiseuse_.--_Oisif, ive_, qui ne fait rien, qui n'a point d'occupation:
-_un homme oisif_.
-
-2. On dit _vie oisive_, pour signifier la vie d'une personne
-oisive.--Le premier se dit plus particulièrement des choses et le
-second des personnes.
-
-=Olibrius=, s. m., étourdi qui fait l'entendu, qui se donne des airs:
-prononcez _olibriuce_.
-
-=Ombreux, Ombragé, Ombrageux, Ombré=, adj.--_Ombreux_, où il
-y a beaucoup d'ombre, qui fait de l'ombre; _forêt, vallée
-ombreuse_;--_Ombragé_, qui fait de l'ombrage, _un superbe marronnier
-ombrage sa maison; chemin ombragé d'ormes_.--_Ombrageux_ ne se dit au
-propre que des chevaux, des mulets, etc., qui sont sujets à avoir peur
-et à s'arrêter ou à se jeter subitement de côté quand ils voient leur
-ombre ou quelque objet qui les surprend.
-
-2. _Ombrageux._--Il se dit figurément des personnes qui prennent trop
-légèrement des soupçons, de l'ombrage sur des choses qui les regardent,
-qui les intéressent: _c'est un homme fort ombrageux_. (Acad.)
-
-3. _Ombré_ est un terme d'art; il indique qu'on a représenté
-non-seulement les linéaments des corps, mais les accidents d'ombre ou
-de lumière: _tête ombrée, dessin ombré_.
-
-=On, L'on.=--_L'on_ ne s'emploie généralement que pour éviter un
-concours désagréable de sons ou bien un hiatus; voilà pourquoi on
-l'emploie plus particulièrement après _qui, que, quoi, et, si, ou,
-où_;--il vaut mieux dire: _de qui l'on parle; si l'on dit; et l'on
-croit; on se tait ou l'on parle bien; le pays où l'on va_, que de
-dire: _de qui on parle; si on dit; et on croit; on se tait ou on parle
-bien; le pays où on va_.--Cependant si le pronom était suivi d'un mot
-commençant par la lettre _l_, il faudrait se servir de _on_ pour éviter
-la rencontre de deux _l_: _si on lui dit, à qui on lit_, et non, _si
-l'on lui dit, à qui l'on lit_.--_On_ doit toujours être préféré à
-_l'on_ au commencement d'une phrase: _on rapporte_ (et non _l'on_) _que
-l'empereur Nicolas penchait plutôt vers la guerre que vers la paix_.
-
-2. _On_ ne se dit que des hommes et jamais de Dieu; ainsi, au lieu de
-dire: _au jour du jugement, on nous demandera compte du bien et du mal
-que nous aurons fait_, dites: _Dieu nous demandera compte..._
-
-=Oncle=, s. m.--Dites, _un tel est mon oncle_ et non _mon
-mononcle_.--Prononcez _on-cle_ et non _onke, onkèle_.
-
-=Ongle=, quoique anciennement féminin, est aujourd'hui masculin: _avoir
-les ongles trop longs et_ non _trop longues_.--Prononcez _on-gle_ et
-non _onke, on-cle, onguèle_.
-
-=Onglet=, s. m., morceau d'étoffe ou de peau qui sert à couvrir le
-doigt:--le mot _onglet_ n'a pas cette signification, il faut dire
-_doigtier_.
-
-=Onze=, adj. num. card., qui se prend aussi substantivement.--Quoique
-ce mot commence par une voyelle, il arrive quelquefois, et surtout
-quand il est question de dates, qu'on prononce et qu'on écrit sans
-élision l'article ou la particule qui le précède: _le onze du mois; de
-onze qu'ils étaient, il en est mort dix; de vingt il n'en est resté
-que onze_.--On dit aussi dans la conversation familière: _il n'en est
-resté qu'onze_.
-
-2. Quand _onze_ est précédé d'un mot qui finit par une consonne, on ne
-prononce pas plus la consonne finale que s'il y avait une aspiration:
-_vers les onze heures; ils étaient onze_.
-
-3. Prononcez _on-ze_ et non _on-ce_.
-
-=Onzième=, adj. num. ord., se prend aussi substantivement.--La
-première syllabe est ordinairement aspirée: _le onzième du mois; dans
-sa onzième année; le cinq du onzième mois; il vivait au onzième siècle;
-il a deux onzièmes dans cette affaire; il est le onzième sur la liste_;
-quelques-uns disent _l'onzième_. (Acad.)
-
-2. Prononcez _onziè-me_ et non _onzièm-me_; prononcez de même
-_deuxième, troisième, quatrième, vingtième_, etc.
-
-=Ophicléïde=, s. m., instrument de musique:--prononcez _ophiclé-ide_
-et non _ophicleite, ophiclé-ite_.
-
-=Ophtalmie=, s. f., maladie des yeux: prononcez _oftalmî_ et non
-_optalmi-ïe_ ni _optalmî_.
-
-=Opuscule=, petit ouvrage, est masculin: _l'auteur de cet opuscule
-fameux est un tel_.
-
-=Or=, s. m., ne se dit au pluriel que pour signifier les différentes
-couleurs que l'on peut donner à l'or; _une boite de deux ors; des ors
-de différentes couleurs_. (Acad.)
-
-=Orage=, est masculin: _les orages ont été fréquents cette année_.
-
-2. Ne dites pas _une tempête orageuse_ (pléon. vic.); dites simplement
-_tempête_, parce qu'une tempête est toujours orageuse.
-
-=Oral, ale=, adj., qui est dit de vive voix.--Il n'est guère usité au
-féminin qu'avec les substantifs _loi, tradition_ et au masculin avec
-les substantifs masculins _enseignement_ et _examen_: il ne s'emploie
-donc pas au pluriel.
-
-=Orange=, s. f.,--Quoiqu'on doive dire _des fleurs de fraisier, des
-fleurs de pêcher_ et non _des fleurs de fraise, de pêche_, l'Académie
-écrit cependant _un bouquet de fleurs d'orange_; et au mot _eau_, on
-lit cet exemple: _eau de fleur d'orange_, où le mot _fleur_ est du
-singulier.--Prononcez _orange_ et non _oranche_.--Voyez _fleur_.
-
-=Orang-outang=, s. m., grand singe à face humaine; le pluriel est
-_orangs-outangs_.--Prononcez _oran-outan_; quelques-uns prononcent
-_orangue-outan_.
-
-=Orateur=, n'a point de féminin: _une femme orateur; les passions sont
-les seuls orateurs qui persuadent toujours_.
-
-=Oratorio=, s. m., petit drame en musique dont le sujet est tiré de
-l'Écriture-Sainte; on peut écrire des _oratorios_ comme on écrit des
-_duos_.
-
-=Orchestre.=--Autrefois on faisait ce mot du féminin; aujourd'hui
-on ne le fait plus que du masculin:--prononcez _orkes-tre_ et non
-_orkesse, orkestère_; prononcez de même _orchestrer, orchestration,
-orchestique_.
-
-=Ordonner=, suivi d'un infinitif, demande la préposition _de_: _je lui
-ai ordonné de_ et non _à sortir_.
-
-=Oreillette=, n'est pas français; dites _des boucles d'oreilles, des
-pendants d'oreilles_.--On dit _les oreillettes du coeur_.
-
-=Orémus=, s. m., prière, oraison; _dire des orémus_.--Prononcez
-_orémuce_.
-
-=Organe=, est masculin: _un bel organe_, et non _une belle organe_.
-
-=Orge=, est _féminin_: _voilà de belle orge, de belles orges_.--Il est
-_masculin_ dans les deux expressions suivantes: _orge mondé_, orge bien
-nettoyée; _orge perlé_, orge réduite en petits grains dépouillés de
-leur son.--Prononcez _or-ge_ et non _or-che_.
-
-=Orgeat=, s. m., boisson rafraîchissante: prononcez _orja_.
-
-=Orgelet=, s. m., (ou _grain d'orge_), petite tumeur inflammatoire sur
-le bord libre des paupières:--_j'ai un orgelet à l'oeil gauche_.
-
-=Orgue=: voyez _délice_.
-
-=Orgueil=, s. m.--L'_l_ finale est mouillée et ce mot se prononce
-comme _deuil_; ne dites pas _orgheil, orghueule_: prononcez de même les
-dérivés _orgueilleux, orgueilleusement, s'enorgueillir_.
-
-=Ormeau=, s. m., arbre; ne dites pas _un vieil ormeau_; dites, _un
-vieil orme_;--les _ormeaux_ sont de jeunes ormes.
-
-=Ornière=, s. f., trace de roue de voiture: prononcez _or-nière_ et non
-_or-gnière_.--Voyez _ni_.
-
-=Orteil=, s. m., doigt de pied: _se dresser sur ses orteils_;--il se
-dit particulièrement et le plus souvent du gros doigt de pied: _avoir
-la goutte à l'orteil, au gros orteil_: prononcez _orteille_ (_l_
-mouillée) et non _ortelle_.
-
-=Orthographier=, v. n.: _il sait bien orthographier_;--ce mot ne vient
-pas _d'orthographe_ mais _d'orthographie_, qui est le nom ancien de
-cette science;--ne dites pas _orthographer_.
-
-=Os=, s. m., partie dure du corps: prononcez _ô_ (long) et non _oce_;
-on ne fait sentir l'_s_ que devant une voyelle où il sonne comme _z_:
-_un amas d'os et de chair_.--Les _ossements_ sont un amas d'os.
-
-=Osciller=, _oscillation, oscillatoire_: on prononce les deux _ll_ sans
-les mouiller.
-
-=Osier, Hart.=--_L'osier_ est un arbrisseau de la famille des
-saules:--une _hart_ est un brin d'osier, de saule ou de tout autre bois
-pliant: _lier avec de l'osier; délier la hart_ (et non _l'osier_) _d'un
-fagot_.--Prononcez _hare_ (_h_ aspirée).
-
-=Où=, adv.--Ce mot ne peut jamais être employé pour _que_: ne dites
-pas, _c'est là où je demeure_; dites, _c'est là que je demeure_; ne
-dites pas, _c'est là où je vais_; dites, _c'est là que je vais_.
-
-2. Ne dites pas: _c'est le monsieur où je vais_; dites, _chez qui, chez
-lequel je vais_. (Flandr.)
-
-3. Ne dites pas: _voici le verre où j'ai bu dedans_; dites, _voici le
-verre dans lequel j'ai bu_. (Wall.)
-
-4. Ne dites pas: _la ville où nous y entrâmes deux jours après_; dites,
-_la ville où nous entrâmes_ ou bien _et nous y entrâmes_, car _où_
-signifie _dans laquelle ville_ et _y_ signifie _dans cette ville_;--les
-deux mots ensemble veulent donc dire _nous entrâmes dans laquelle
-ville, dans cette ville_.
-
-5. Ne dites pas: _j'irai où que vous voudrez_; dites, _j'irai où vous
-voudrez_. (Wall.)
-
-6. Ne dites pas: _il ne se passait pas de semaine où je n'allasse à
-Liége_; dites, _que je n'allasse à Liége_.
-
-7. Ne dites pas: _où est-ce que vous êtes? où est-ce que cela est? où
-est-ce que c'est que cela est?_--dites, _où êtes-vous, où cela est-il,
-où est cela_.
-
-8. _Ou_, conj.:--_sept ou huit personnes_: voyez _à_.
-
-9. _Où_, adv. s'écrit avec un accent grave; et _ou_ conjonct., s'écrit
-sans accent.
-
-=Ouate=, s. f., =Ouater=, v. a.--On prononce _ouète, ouèter_
-(_wète, wèter_), dit l'Académie;--nous pensons néanmoins que cette
-prononciation est moins en usage que _ouate, ouater_ (_wate, water_).
-
-2. Les auteurs étant partagés sur la question de savoir si _ou_ est
-aspiré ou non, nous croyons que l'on peut dire indifféremment _de la
-ouate_ ou _de l'ouate_; l'Académie du reste donne des exemples de l'une
-et de l'autre orthographe.
-
-=Oubli=, s. m., action d'oublier, ne s'emploie pas au pluriel.
-
-2. _Oublie_, s. f., sorte de pâtisserie fort mince et de forme ronde:
-prononcez _oublî_ (_î_ long) et non _oubli-ïe_;--prononcez de même
-_oublier, j'oublî(e), j'oubli-ais, j'oublî-(e)rai_ et non _oubli-ïer,
-j'oubli-ïe, j'oubli-ïais, j'oubli-ïerai_.
-
-=Oublier à=, vieillit (Acad.): ainsi au lieu de dire: _il a oublié à
-lire et à écrire_; dites, _il ne sait plus lire ni écrire_.--_Oublier
-à_ signifie perdre l'usage, l'habitude; _oublier de_ veut dire perdre
-le souvenir de quelque chose: _oublier à chanter, à écrire; j'ai
-oublié d'apprendre ma leçon_.
-
-=Oublieux=, adj., =Oublieur=, subs. m.--_Oublieux_, qui est sujet à
-oublier: _les vieillards sont oublieux_;--_l'oublieur_ est celui qui
-fait ou vend des oublies:--_oublieur_ se prononce _oublieux_. (Acad.)
-
-=Oue.=--La syllabe _oue_, finale ou non, se prononce _oû_ (long) et non
-_ou-we_:--_de la boue, une roue, engouement, enrouement_:--prononcez
-_boû, roû, engoûment, enroûment_, et non _bou-we, rouwe, engou-wement,
-enrou-wement_.--Voyez _ie_ et _ue_.
-
-2. _Ouer, ouir, ouet_, etc.:--prononcez _ou-er, ou-ir_, et non
-_ou-wer, ou-wir_:--_jouer, louer, clouer; ouïr, jouir, jouet,
-alouette, amadouer_ et non _jou-wer, lou-wer, clou-wer, amadou-wer,
-ou-wir, jou-wir, jou-wet, alou-wette_.
-
-=Ouest=, s., m. le couchant du soleil: prononcez _ouèste_ (_ouè_
-diphth.)
-
-=Oui=, particule d'affirmation opposée à _non_.--Il s'emploie
-quelquefois substantivement et alors, dit l'Académie, il se prononce
-comme s'il était aspiré: _le oui et le non; il a dit ce oui à
-regret_.--Nous ferons remarquer que l'Académie aspire encore ce mot
-lorsqu'il n'est pas pris substantivement: _je crois que oui_.--On dit
-aussi avec aspiration, c'est-à-dire, sans faire sentir la consonne
-finale du mot qui précède _oui_: _mais oui, vraiment oui; dire le grand
-oui_.
-
-=Ouï-dire=, s. m., ce qu'on sait par le seul dire d'autrui; ce mot est
-invariable: _il ne faut pas s'arrêter aux ouï-dire_.
-
-=Ouïe=, s. f., sens des sons: _il a l'ouïe fine_ et non
-_fin_:--prononcez _ouî_ non _ou-wi-ïe_ ni _ou-iïe_.
-
-2. =Ouïes=, au plur. sans sing., se dit des ouvertures placées aux deux
-côtés de la tête des poissons et par lesquelles ils donnent issue à
-l'eau qui est entrée dans leur bouche par la respiration.
-
-=Ouïr=, v. a., entendre, recevoir les sons par l'ouïe; on ne se sert
-aujourd'hui presque plus de ce verbe qu'à l'infinitif et aux temps
-formés du participe _ouï_ et du verbe _avoir_.
-
-=Ourler=, v. a., faire un ourlet (et non _une ourle_);--ne dites pas
-_ourlir_.
-
-=Ours=, est masculin: _c'est un ours, un vrai ours; il est vêtu comme
-un ours_; prononcez _ource_.--_Ourse_ est la femelle de l'ours.
-
-=Ousque.=--Ne dites pas _ouse qu'il est?_ dites, _où est-ce qu'il
-est?_ ou, plus brièvement, _où est-il?_
-
-=Outil=, s. m.: _un bon outil_, et non, _une bonne outil_.--Prononcez
-_outi_ et non _outile_.
-
-=Outre=, prép.--Ne dites pas, _en outre de cela_, dites, _outre cela_
-ou _en outre_:--_en outre_ s'emploie sans complément.--Prononcez
-_ou-tre_ et non _oute, outère_.
-
-=Ouvrable=, adj. m., consacré au travail; il n'est usité que dans
-l'expression _jour ouvrable_; mais on dit aussi _jour ouvrier_.
-(Acad.)--_Ouvrable_ dans le sens de _qui peut être ouvert_, n'est point
-français.
-
-=Ouvrage=, s.--Ce mot, qui était quelquefois du féminin du temps de
-Louis XIV, surtout en parlant des ouvrages des femmes, est toujours du
-masculin aujourd'hui: _un bel ouvrage_ et non _une belle ouvrage_.
-
-=Ouvrier, ère=, s.:--prononcez _ouvri-é, ouvri-ère_ et non _ouvri-ié,
-ouvri-ière_.
-
-=Ovale=, adj., qui a la forme d'un oeuf: _visage ovale_:--le masculin
-est _ovale_ comme le féminin.--Il est aussi substantif masculin: _un
-grand ovale_;--on le faisait autrefois du féminin.
-
-
-
-
- P
-
-
-=P.=--Le _p final_, ne se prononce pas dans les mots ordinaire: _drap,
-galop, sirop, trop, coup, loup, corps, champ, temps, camp, exempt,
-prompt, je romps_, etc., et dans les noms propres français qui dérivent
-de noms communs: telle est la règle générale.
-
-2. Le _p_ se fait sentir dans _cap, laps, relaps, rapt, jalap, hanap,
-julep, salep, concept_ (faites sentir le _t_), et aussi dans _cep_
-pris isolément.--Le _p_ muet, à la fin des mots, ne se lie pas avec
-la voyelle suivante; on ne peut donc pas dire, _un loup enragé_
-(_lou-penragé_), etc.
-
-3. Il se prononce également dans _psaume, adoption, captieux,
-contempteur, contemptible, exemption_ (quoiqu'on ne le prononce pas
-dans _exempt, exempte, exempter_), _impromptu, rédempteur, rédemption,
-rédemptoriste, reptile, septante, septantième, septembre, septenaire,
-septennal, septentrion, septentrional, septuagénaire, septuagésime,
-symptôme_; dans _accepter, excepter_ et leurs dérivés.
-
-4. Mais il ne se prononce pas dans presque tous les mots où il se
-trouve entre deux consonnes, tels que: _Baptiste, saint Jean-Baptiste,
-cheptel, baptême, baptiser, débaptiser, baptismal, baptistaire,
-baptistère, comptabilité, comptable, comptant, compte, compter,
-comptoir, décompte, décompter, mécompte, escompte, promptitude,
-prompt, prompte, promptement, sculpture, sculpteur, sept, septième,
-septier_ (ou _setier_), et leurs dérivés.--Ajoutez les noms propres
-_Champfort, Champmeslé_.--D'après l'Académie on le supprime dans
-_dompter_ (donter), _dompteur_ (donteur), _domptable_ (dontable),
-tandis qu'il faut le prononcer dans _indompté, indomptable_. Nous ne
-nous chargerons pas d'expliquer cette contradiction.
-
-=Pachus=, est une corruption du mot flamand _pak-huis_ et il faut le
-rendre par le mot _magasin_:--quand un homme achète beaucoup de choses
-de même nature, on dit, _qu'on croit qu'il veut en faire un magasin_ et
-non _un pachus_.
-
-=Page=, s. féminin, dans le sens de page d'un livre, d'un cahier.--On
-dit également _page dix_ et _page dixième; page vingt, page cent_
-et _page vingtième, page centième_, comme on dit, _chapitre dix_ et
-_chapitre dixième, chapitre cent_ et _chapitre centième_.
-
-=Paiement=, _paîment, payement_, s. m., action de payer:--l'Académie
-autorise ces trois orthographes, mais, dans tous les exemples qu'elle
-donne, elle écrit _payement_:--dans ce dernier cas, prononcez
-_pai-ïement_.
-
-=Païen, païenne=, adj. et subst.--On n'écrit plus aujourd'hui _payen,
-payenne_:--prononcez _pa-ïien, pa-ïiène_ (et non _pa-ïiain-ne_).
-
-=Paillasse=, s. f.--Dites _une paillasse_ et non _un garde-paille_.
-
-=Paille=, s. f., le tuyau et l'épi du blé, du seigle, de l'orge, etc.,
-quand le grain en a été enlevé.--On entend aussi par _paille_ un
-certain défaut de fusion dans les métaux.
-
-2. Ce mot ne s'emploie pas au pluriel, à moins qu'il ne s'agisse de
-l'ensemble de la récolte: _les pailles sont belles; les pailles servent
-à faire de la litière et du fumier_.
-
-=Pain=, s. m.--Ne dites pas _un pain enchanté_ ou _à chanter_; dites
-_un pain à cacheter_.
-
-=Pair=, s. m., titre de dignité, on appelle _pairesse_ la femme d'un
-_pair_.
-
-2. =Paire=, s. f., couple d'animaux de la même espèce, mâle et femelle:
-_une paire de pigeons, de poulets_ (un mâle et une femelle); on dit
-familièrement _une paire d'amis_.--On donne aussi ce nom à deux choses
-de même espèce qui doivent nécessairement se trouver ensemble: _une
-paire de gants, une paire de bas, une paire de souliers_; on dit aussi
-_une paire de boeufs_ (deux boeufs propres à être attachés au même
-joug.)--On le dit encore d'une chose unique composée de deux pièces:
-_une paire de lunettes, une paire de pincettes_.--Voyez _couple_.
-
-=Palais=, _hôtel, maison, château_: voyez _maison_.
-
-=Pâle=, adj., blanchâtre, peu coloré; ne dites pas _voir pâle_, mais
-_être pâle_. (Flandr.)--Prononcez _pâle_ (_â_ long).
-
-=Palefrenier=, (et non _palefermier, palefernier_), domestique
-qui a soin des chevaux: prononcez _palefrenier_ (_e_ muet) et non
-_palefrènier, palefre-gnier_.--Voy. _e_ et _ni_.
-
-=Palette=, est un mot wallon; rendez-le par _truelle_, s'il s'agit d'un
-outil de maçon, et par _pelle à feu_ ou _pelle_, s'il est question d'un
-instrument de cuisine: _enlevez les cendres dans la pelle_.
-
-=Palladium=, s. m.; statue de Pallas: prononcez _pal'ladiome_.
-
-=Palletée=, autant qu'il en peut tenir sur une pelle; ce mot n'est pas
-français; dites _pellée, pellerée, pelletée_: _une pelletée de terre_.
-
-=Pallier=, v. a., déguiser, excuser; _palliatif_, qui pallie,
-remède;--prononcez les deux _ll, pal'lier, pal'liatif_.
-
-=Pallium=, s. m., ornement des archevêques: prononcez _palliome_.
-
-=Palot=, s. m., terme de mépris, personne grossière et sans éducation:
-prononcez _palo_ (_a_ et _o_ brefs).
-
-2. =Pâlot, otte=, adj., un peu pâle: prononcez _pâlo_ (_â_ long).
-
-=Palpitant d'actualité=: voyez _actualité_.
-
-=Palus=, s. m., marais: _les palus Méotides_; prononcez _paluce_.
-
-=Pampe, Pampre.=--La _pampe_ est la feuille du blé, de l'orge;--le
-_pampre_ est une branche de vigne avec ses feuilles.
-
-=Pan, Basque=, partie découpée et tombante de certains vêtements:
---_pan_ se dit d'un manteau, d'une robe, d'une chemise;--_basque_ se
-dit d'un habit, d'une veste, d'une casaque: _habit à petites basques, à
-grandes basques; les pans d'un manteau, d'une chemise_.
-
-=Panacée=, s. f., remède à tous les maux: _tous les charlatans se
-vantent d'avoir trouvé la panacée_.
-
-=Panaris=, s. m., inflammation au bout des doigts, accompagnée
-d'élancements douloureux; ne dites pas, _un doigt blanc, un mauvais
-doigt_.--Prononcez _panari_.
-
-=Pandectes=, s. f. pl. (ou _digeste_, s. m.), recueil des décisions des
-anciens jurisconsultes romains que Justinien fit compiler: prononcez
-_pandek-tes_ et non _pandèkes_;--_diges-te_ et non _digesse_.
-
-=Pandémonium=, s. m.--Lieu imaginaire où l'on suppose que Satan
-assemble le conseil même des démons: _pandémoniome_.
-
-=Pandour= ou =Pandoure=, s. m., nom de certains soldats hongrois.
-
-=Panégyrique=, s. masculin, discours solennel à la louange de quelqu'un
-et notamment d'un saint; ne dites pas _panégérique, panagérique_.
-
-=Panier=, s. m.: prononcez _pa-nier_ et non _pa-gnier_.--Voyez _ni_.
-
-=Panne=, employé pour _tuile_, n'est pas français.
-
-2. _Panne_, s. f. (en wallon _vienne_), pièce de bois placée
-horizontalement sur la charpente d'un comble (toit) pour porter les
-chevrons: voyez ce mot.--_Verne_ n'est pas français.
-
-3. _Panne_, se dit aussi, chez les ouvriers, de la partie du marteau
-opposée au gros bout: _frapper de panne_.
-
-=Pantalon=: voyez _culotte_.
-
-=Pantomime=, s. f., espèce de drame où les acteurs suppléent à
-la parole par le geste: écrivez et prononcez _pantomime_ et non
-_pantomine_--Il se dit aussi de l'acteur qui s'exprime par gestes sans
-proférer une parole: dans ce dernier cas il est masculin: _les anciens
-avaient d'excellents pantomimes_.
-
-=Pantoufle=, s. f., chaussure de chambre: écrivez et prononcez
-_pantou-fle_ et non _pantoufe, pantoufèle_.
-
-=Paon=, s. m., oiseau, papillon;--prononcez _pan_;--voyez _ao, aon,
-aou_.
-
-=Papal, ale=, adj., qui appartient au pape: _pouvoir papal_; ce mot n'a
-pas de pluriel masculin.
-
-=Papayer=, s. m., arbre des Indes: prononcez _pa-pa-îé_.
-
-=Pape=, s. m., le chef de l'Église; prononcez _pâpe_ (_â_ long).
-
-=Papeterie=, s. f., fabrique de papiers: prononcez _papet'rie_ et non
-_papèt'rie_.
-
-=Papier=, s. m.--Ne dites pas: _papier passé, papier gris, mort
-papier, papier de tache_, pour désigner du papier non collé qui prend
-les taches et fait sécher l'encre; dites _papier brouillard_.--Voyez
-_tapis_.
-
-=Papillon=, _papillonnage, papillonner, papillotage, papillotte,
-papillotter_:--les _ll_ sont mouillées dans ces six mots.
-
-=Papin=, n'est pas français dans le sens de _cataplasme_.--D'après
-Bescherelle, _papin_ se dit de farine bouillie dans de l'eau ou dans du
-lait: _faire manger du papin à un enfant_.
-
-=Papyrus=, s. m., plante d'Égypte qui servait autrefois pour écrire:
-prononcez _papiruce_.
-
-=Pâque=, fête des juifs, est _féminin_: _la Pâque des Juifs_.
-
-2. _Pâque_, et plus ordinairement _Pâques_, fête des chrétiens, est
-_masculin_ et s'emploie régulièrement au singulier: _quand Pâques sera
-venu; quand Pâques sera passé; le jour de Pâques, le temps de Pâques;
-je vous paierai à Pâques; à Pâques prochain_.
-
-3. _Pâques fleuries_, le dimanche des Rameaux, qui précède
-immédiatement celui de Pâques.
-
-4. _Pâques closes_, le dimanche de Quasimodo qui suit immédiatement
-celui de Pâques;--_faire ses pâques_, faire ses dévotions, communier
-un des jours de la quinzaine de _Pâques_: _se mettre en état de faire
-de bonnes pâques_ (remarquez le petit _p_ de _pâques_): dans ces
-trois expressions, _Pâques_ est féminin et ne se dit qu'au pluriel.
-(Acad.)--L'_a_ est long dans ces mots, ainsi que dans _pâquerette_,
-espèce de marguerite.
-
-5. _Pâque_.--Ne dites pas _une branche de pâque_, mais, _un rameau de
-buis_, ou bien, _de buis bénit_, si c'est du buis bénit le jour des
-Rameaux.
-
-=Paquebot=, s. m., petit bâtiment de mer qui transporte les lettres et
-les passagers: prononcez _pak'bô_ et non _paquébô, paquèbô_.
-
-=Par=, prép.--La locution, _par après_, dans le sens de _après,
-ensuite, depuis_, a vieilli, dit l'Académie.
-
-2. Il faut éviter l'emploi de _par_ devant le mot _Dieu_; cependant il
-est des cas où _par_ vaut mieux que _de_: _l'univers a été créé par
-Dieu_ et non, _de Dieu_.
-
-3. _Par trop_, loc. adv., beaucoup trop: _il est par trop pressant; il
-est par trop importun_: cette locution est familière. (Acad.)
-
-4. Mais _par_ ne peut pas s'employer, comme en wallon, dans le sens de
-_encore, en même temps_, etc.: _vous avez bien fait vos devoirs, mais
-vous devez encore bien apprendre vos leçons; vous avez lu sa lettre;
-lisez en même temps ma réponse_ (et non _par ma réponse_).
-
-=Paradoxe=, s. m., proposition contraire à l'opinion commune: _un vrai
-paradoxe_.--Ce mot s'employait autrefois comme adjectif: _cette
-opinion est trop paradoxe_. (Acad.) On dit aujourd'hui _paradoxal,
-ale_.--Prononcez _paradokce_ et non _paradoke_.
-
-=Parapet=, s. m., mur à hauteur d'appui le long d'un pont, d'un quai,
-d'un mur de fortification;--ne dites pas _parapel_.
-
-=Paraphe=, et plus souvent =Parafe=, marque qui accompagne
-ordinairement la signature et qui en tient lieu quelquefois; ce mot est
-_masculin_: _il a mis son parafe pour approuver ce compte_.
-
-2. _Parapher_ et plus souvent _parafer_, v. a., mettre son parafe.--Une
-_pataraffe_ est une suite de traits mal formés, de lettres illisibles
-et mal écrites: _votre dictée est une véritable pataraffe_.
-
-=Parapluie=, s. m.: prononcez _parapluî_ (_ui_ diphth.) et non
-_paraplouî_.
-
-=Parasite=, s. m., qui fait métier d'aller manger à la table d'autrui,
-etc.--Prononcez _parazite_ et non _paracite_.
-
-=Parce que=, s'écrit en deux mots, lorsqu'il signifie _à cause que_:
-_il est tombé parce que le chemin est glissant_.--Il s'écrit en trois
-mots, lorsqu'il signifie _par la chose que, par les choses que_ et que
-l'on peut intercaler l'adjectif _tout_ entre _par_ et _ce_: _il m'a
-assuré par ce qu'il y a de plus saint; par ce que vous venez de dire,
-on doit conclure que..._--Voyez _cause que_ (_à_).
-
-=Pardon=, s. m.:--_demander pardon, faire des excuses_: voyez _excuse_.
-
-=Pardonnable=, adj., ne se dit guère que des choses (Acad.): _faute,
-erreur pardonnable_; ne dites donc pas, _votre fils est pardonnable_;
-dites _votre fils est excusable_: voyez _impardonnable_.
-
-=Pardonner=, v. a.--On pardonne une faute et on pardonne à
-quelqu'un:--ne dites donc pas: _je le pardonne, je pardonne mes
-ennemis_, mais, _je lui pardonne, je pardonne à mes ennemis_.
-
-=Pareil, eille=, adj.--Ne dites pas: _ils sont habillés pareil_;
-dites, _ils sont habillés de même, tout de même; ils ont, ils portent
-les mêmes vêtements_.
-
-=Parent, te=, s. m., se dit non seulement du père et de la mère,
-mais de ceux de qui on descend et en général de ceux qui sont de la
-même famille, qui sont de même sang, qui touchent par consanguinité
-à quelqu'un; il se dit même de ceux qui sont simplement alliés.
-(Acad).--_Proche_, subst. masculin, signifie aussi parent; dans ce cas
-il n'est d'usage qu'au pluriel: _c'est un de mes proches; ce fut le
-sentiment de tous ses proches_. (Acad.)
-
-=Paret= (ou _parait, paris_).--Sorte d'interjection familière que l'on
-met à la fin d'une foule de phrases et qui n'ajoute absolument rien
-au sens: _je veux sortir, paret; c'est un habit neuf, paret; j'avais
-raison, paret_, etc.--Il suffit presque toujours de changer le ton de
-la voix, pour éviter de s'en servir; d'autres fois, on la remplace par,
-_voyez-vous, eh bien_, etc. (Wall.)
-
-=Parfaitement.=--Ne dites pas: _je suis très-parfaitement_ ou _fort
-parfaitement_ ou _bien parfaitement convaincu_; dites simplement, _je
-suis parfaitement convaincu_;--on ne peut rien ajouter à ce qui est
-parfait.
-
-=Parier, Pari=, s'emploient de préférence _à gager, gageure_.
-
-2. Ne dites pas: _je parie pour cinq francs; pour combien
-pariez-vous?_--dites _je parie cinq francs; combien pariez-vous?_
-
-3. _Pariure_ n'est pas français: dites _pari, gageure_.
-
-=Parisis=, adj., ancienne monnaie de Paris: _un sou parisis_:--prononcez
-_parizice_.
-
-=Parler mal= et =Mal parler=.--_Parler mal_ signifie employer des
-expressions hors d'usage, user de termes équivoques, construire
-péniblement ses phrases ou à contre-sens, prononcer d'une manière
-incorrecte:--dans ce cas _parler mal_ s'emploie sans régime: _il
-parle bien mal pour un académicien_.--_Mal parler_, c'est dire des
-choses offensantes, tenir des propos inconsidérés, déplacés, qui
-peuvent porter atteinte à la réputation de ceux dont on parle: _il ne
-faut parler mal de personne_.--En résumé, _parler mal_, c'est parler
-incorrectement et _mal parler_, c'est médire: _il ne faut point parler
-mal devant les grammairiens ni mal parler des absents_.
-
-2. _Parler_, est un verbe neutre:--ne dites donc pas, _je l'ai parlé,
-je vais la parler, les parler_; dites, _je lui ai parlé, je vais lui
-parler, leur parler_.
-
-3. Ne dites pas, _il n'est pas à parler_; dites selon le sens, _on
-craint de lui parler, il est inabordable_, ou bien _on ne peut lui
-parler en ce moment, il n'est pas visible_. (Fland.)
-
-4. Ne dites pas non plus: _comme il parle, on croirait que son fils est
-une merveille_, dites, _à l'entendre, on croirait que..._
-
-5. Ne dites pas: _cela va sans parler_, dites, _cela va sans dire_.
-
-6. Ne dites pas: _parler avec quelqu'un_, mais _parler à quelqu'un_.
-
-7. Ne dites pas d'un vase _fêlé_, qu'il _parle latin_ ou qu'il _est
-déchiré_;--ces expressions sont des flandriciens; dites simplement
-qu'il _est fêlé_.
-
-8. L'usage permet souvent de supprimer la préposition qui devait suivre
-le verbe _parler_, et au lieu de dire, _parler avec raison, parler
-de chasse_, on dit simplement, _parler raison, parler chasse_:--_il
-faut de bonne heure parler raison aux enfants; parler affaires; parler
-musique, peinture, politique, littérature_, etc.
-
-=Parmi=, prép.: voyez _entre_.
-
-2. Ne dites pas: _on ne voit que lui parmi les rues_; dites, _dans les
-rues_.
-
-3. Ne dites pas: _tous ses papiers ont volé parmi la chambre_; dites,
-_dans la chambre_ ou _au milieu de la chambre_.
-
-4. Ne dites pas: _parmi payant, vous serez admis_ dites _en payant_ ou
-_moyennant payement..._
-
-5. Ne dites pas: _laquelle choisissez-vous parmi ces plumes_; dites,
-_laquelle choisissez-vous de ces plumes_.
-
-6. Ne dites pas: _l'un parmi l'autre_, mais _l'un portant l'autre, l'un
-tenant l'autre, l'un dans l'autre_.
-
-7. _Parmi que_, n'est pas français; il faut le rendre par _pourvu
-que_:--_j'irai pourvu que_ (et non _parmi que_) _vous m'accompagniez_.
-
-=Paroi=, s. f., muraille:--il désigne plus particulièrement une
-cloison de maçonnerie qui sépare une chambre ou quelque autre pièce
-d'un appartement d'avec un autre: _les parois de cette chambre sont
-humides_.--Il est vieux en ce sens, et l'on dit ordinairement
-_cloison_.
-
-=Parole d'honneur=, _Dieu me pardonne! sur mon honneur, sur ma foi, ma
-foi, aussi vrai que j'existe, je vous le jure_, et autres affirmations
-du même genre, sont à la fois repoussées par la bonne compagnie et par
-l'habitude de la vérité.
-
-=Parquet=, s. m.--Il ne faut pas confondre ce mot avec _pavé_ et
-_plancher_:--un _parquet_ est un assemblage à compartiments, faits
-de pièces de bois minces clouées sur des lambourdes, et qui forme le
-plancher d'en bas d'une salle, d'une chambre, etc.: _un parquet de
-bois de chêne, de bois de noyer, de marqueterie_.--Voyez _pavé_ et
-_plancher_.
-
-=Parrain=, s. m., celui qui tient un enfant sur les fonts: prononcez
-_pârain_ (_â_ long.)
-
-=Partager= _avec_, =Partager= _entre_.--Quand on conserve une portion
-de ce que l'on partage, on doit dire _partager avec_: _il a partagé
-sa fortune avec ses frères_.--Quand on ne se réserve rien pour soi
-dans un partage, on doit dire _partager entre_: _il partagea entre les
-pauvres tout ce qui lui restait_.--_Partager le travail aux ouvriers_,
-c'est le répartir entre eux; on dit dans le même sens: _il partage
-également sa tendresse entre tous ses enfants_.
-
-=Partial, Impartial, ale=, adj.--Plusieurs personnes confondent
-ces deux mots:--_un homme partial_ est celui qui favorise avec une
-préférence injuste et passionnée un parti, une personne, une opinion:
-_un juge partial est un mauvais juge_ (le pluriel masc. _partiaux_
-est peu usité).--_Un homme impartial_ est celui qui est exempt de
-partialité, qui ne sacrifie point la justice ou la vérité à des
-préventions, à des affections, à des considérations particulières:
-_juger d'une manière impartiale_.--La _partialité_ est un défaut,
-tandis que _l'impartialité_ est une qualité.--Prononcez _parcial,
-parcialité, parcialement, imparcial_, etc.--Voyez _impartial_.
-
-=Partibus= (=in=).--Il se dit de celui qui a un titre d'évêché dans un
-pays occupé par les infidèles: _Frayssinous, évêque d'Hermopolis, était
-un évêque in partibus_.--Prononcez _ine partibuce_.
-
-=Participer à, Participer de.=--_Participer à_ veut dire, _prendre
-part à une chose_: _un associé dans une affaire participe aux profits
-et aux pertes_. On le prend aussi dans le sens de _s'intéresser_: _je
-participe à votre douleur_.--_Participer de_ signifie, _tenir de la
-nature de quelque chose_: _le mulet participe de l'âne et le cheval_.
-
-=Particule.=--La particule _de_ qui accompagne les noms patronymiques
-des familles nobles, s'écrit avec un petit _d_: _de Montalembert, de
-Chateaubriand, d'Aremberg, d'Oultremont_.--Elle s'écrit avec un grand
-_D_ lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on la sépare du
-nom.
-
-=Particulièrement=, adv., signifie _singulièrement, spécialement, en
-détail_, mais non, _séparément, en particulier_;--ne dites donc pas:
-_je désire vous parler particulièrement_; dites, _en particulier,
-séparément_.
-
-=Partisan=, s. m., celui qui est attaché à un parti, à une opinion,
-à une personne: _les partisans de la république, les partisans du
-libre-échange_, etc.--L'Académie ne reconnaît pas à ce mot de
-correspondant féminin; le féminin _partisanne_, employé par quelques
-auteurs, n'a pas été adopté généralement.
-
-=Partner=, s. m., l'associé avec qui l'on joue: _vous êtes mon
-partner_.--L'Académie préfère l'orthographe suivante, _partenaire_.
-
-2. Ne dites pas _compagnon_ pour _partenaire_.
-
-=Pas vrai?=--Cette interrogation est souvent employée dans la
-conversation pour dire, _n'est-il pas vrai?_--nous croyons qu'on ne
-peut pas la tolérer.--Voyez _point_.
-
-2. Ne dites pas: _il ne peut souffrir personne, pas encore ses amis_;
-dites, _pas même ses amis_.
-
-=Pascal, ale= (et non _paschal_), adj.--Le pluriel masculin _pascaux_
-n'est pas usité; plusieurs bons lexicographes disent des cierges
-_pascals_;--quand à nous, nous pensons que _pascals_ choque l'oreille
-et qu'on ne peut pas l'employer.
-
-=Pasquée=, (ou _pasquille_) s. f.--Nom que les liégeois donnent à une
-chanson burlesque, comique ou satyrique;--ce mot n'est pas français;
-rendez-le par _chanson, chansonnette_ ou _couplets burlesques,
-satiriques, comiques_, et non par, _pasquinade_, qui signifie tout
-autre chose, etc.--_Faire une pasquée sur_ ou _contre quelqu'un_,
-c'est _le chansonner_.
-
-=Passager, ère=, adj.--Ne dites pas _une rue passagère, un chemin
-passager_, pour signifier une rue où il passe beaucoup de monde ou un
-chemin par lequel on a le droit de passer; dites _rue passante, chemin
-passant_:--_la rue Féronstrée est une des rues les plus passantes de
-Liége_.
-
-=Passe=, s. m. (mot wall.), aliment formé de son, de pommes de terre,
-de farine, etc., que l'on donne au bétail pour l'engraisser; dites
-_pâtée, soupe, ratatouille_.
-
-=Passement de temps=, loc. wall.:--dites _perte de temps_ ou _passe
-temps_, selon le sens: _la musique est un passe temps_; _toutes ces
-pertes de temps sont nuisibles à vos études_.
-
-=Passer=, v. n., demande _avoir_ ou _être_, selon que le sens permet de
-répondre à l'une ou à l'autre de ces questions: _qu'a-t-il fait?_--ou
-bien _où est-il? qu'est-il devenu_:--_il a passé à Liége l'année
-dernière_ (qu'a-t-il fait?);--_il est passé en Amérique depuis tel
-temps_ (où est-il, qu'est-il devenu)?
-
-2. Le participe passé s'emploie comme préposition dans le sens
-d'_après_ et alors il est invariable: _passé dix heures vous ne me
-trouverez plus_.
-
-3. On dit _prêter serment_ et non _passer serment_: _il fut admis à
-prêter serment_.
-
-4. Ne dites pas: _la semaine passée, le mois passé, l'an passé_; dites,
-_la semaine dernière, le mois dernier, l'an dernier_.
-
-5. On dit _repasser du linge_ et non _passer du linge_.
-
-6. On dit _donner, engager sa parole_, et non _passer sa parole_.
-
-7. Ne dites pas: _y avait-il beaucoup d'invités?--oui, passé les
-quarante_;--dites, _plus de quarante_.
-
-=Passoire=, s. f., ustensile percé de petits trous pour passer le jus
-des légumes ou des fruits écrasés:--_une passoire_ et non _un passoir_
-ni _une passerette_.
-
-=Pasteur=, s. m., titre des ministres protestants;--il ne s'emploie
-pas dans le langage ordinaire comme synonyme de _curé catholique_; mais
-dans le style relevé (oratoire, poétique), c'est une expression reçue:
-_c'est un vieux pasteur qui n'est connu que sous le nom de curé_.
-(CHATEAUB.)
-
-=Patarafe=: voyez _parafe_.
-
-=Patard=, s. m., petite monnaie ancienne; il ne s'emploie plus que dans
-ces phrases familières: _je n'en donnerais pas un patard; cela ne vaut
-pas un patard; il n'a pas un patard_. (Acad.)--Le mot wallon _patard_
-se rend par sou: _ce cahier coûte cinq sous_.
-
-=Patatras=, figure pour exprimer le bruit que fait un corps qui tombe
-avec fracas: _il pose le pied maladroitement, et, patatras, le voilà
-par terre_.
-
-=Pâté=, s. m., =Pâtée=, s. f.--Un _pâté_ est une sorte de
-pâtisserie;--une _pâtée_ est une sorte de pâte pour engraisser les
-dindons, une sorte de soupe pour nourrir les chiens, les chats,
-etc.--Prononcez _pâté_ (_â_ long);--prononcez de même _pâte, pâtée,
-pâtisserie, pâture, pâturage, pâturon_.
-
-=Patenôtre=, s. f. (et non _patenote, patenosse_), l'oraison dominicale
-ou le _Pater noster_;--on comprend aussi sous ce nom l'_Avé_ et les
-autres premières prières qu'on apprend aux enfants: _cet enfant sait
-sa patenôtre_ (il est populaire).--Il se dit aussi de toute sorte
-d'autres prières chrétiennes: _avez-vous achevé vos patenôtres?_ il est
-familier et ne se dit qu'en plaisantant.
-
-2. _Patenôtres_, au pluriel, se dit populairement des grains d'un
-chapelet, et d'un chapelet tout entier.--Prononcez _pâtenôtre_ (_ô_
-long) et non _pâtenote, patenotère_.
-
-=Pater= (prière chrétienne), est masculin et invariable: _dire cinq
-Pater et cinq Avé_.
-
-2. _Pater_ et _Avé_ s'écrivent avec une majuscule. (Acad.) Prononcez
-_pâtère_ (_â_ long).
-
-=Patère=, s. f., ornement en cuivre ou en tout autre métal qui supporte
-les rideaux d'une croisée; dites _une patère_ et non _un patère_.
-
-=Pathos=, s. m., élévation de style affectée, boursoufflure: _c'est du
-pathos_.--Prononcez _patôce_.
-
-=Patience=, s'emploie quelquefois absolument et en manière d'adverbe:
-_si on lui laissait quelque chose, patience, mais on lui ôte tout;--eh
-bien, patience_.
-
-=Pâtir=, v. n., souffrir;--on pâtit _de_ et non _à_ quelque chose:
-_il a fait la faute et j'en pâtis_ (et non _j'y pâtis_).--Prononcez
-_pâtir_ (_â_ long).
-
-=Pâtis=, s. m., terrain vague, friche où l'on met paître les
-bestiaux;--_pâture, pâturer, pâturage_;--dans ces mots l'_â_ est
-long;--l'_s_ de pâtis ne se prononce point.
-
-=Patois=, s. m., langage du peuple et des paysans, particulier à chaque
-province; _chaque province a son patois; patois namurois, montois,
-liégeois_.
-
-=Patraque=, s. f., machine usée ou mal faite et de peu de valeur;
-personne faible et débile: _cette montre n'est qu'une patraque, une
-vieille patraque; votre voiture est une patraque_;--_je ne suis plus
-qu'une vieille patraque_. Ces expressions, quoique françaises, sont
-triviales.--Ne dites pas _patracle_.
-
-=Patres= (=ad=), expression latine qui s'emploie dans ces phrases
-familières: _aller ad patres_, mourir;--_envoyer ad patres_, faire
-mourir.--Prononcez _ad'patrèsse_.
-
-=Patron, Patronne=, _Patronage_ (une _n_) _patronner_ (deux _n_),
-_patronal_ (une _n_), _patronnesse_ (deux _n_):--une _patronnesse_,
-dame qui dirige une fête ou une oeuvre de charité: _une dame
-patronnesse_.--Voyez la lettre _n_ pour les cas où l'_n_ se redouble.
-
-=Pâture=, s. f.--N'employez pas ce mot dans le sens de _fourrage_:
-_donner du fourrage au bétail_ (et non _de la pâture_).
-
-=Pause=, s. f., cessation, intervalle: _faire une pause_: prononcez
-_pôze_ (_ô_ long) et non _pôce_.
-
-=Pauvre=, adj. et subst.; le substantif _pauvre_ a pour féminin
-correspondant _pauvresse_ (femme pauvre qui mendie).--Dans le sens
-ordinaire, l'adjectif _pauvre_ se met devant ou après le substantif:
-_un pauvre homme, une pauvre femme, un pauvre artisan_ (Acad.); ou
-bien, _un homme pauvre, une femme pauvre, un artisan pauvre_.--Dans
-le sens de chétif, mauvais dans son genre, il se place ordinairement
-devant le substantif: _il a fait un pauvre discours; c'est un pauvre
-esprit, un pauvre poète; un pauvre musicien_. (Acad.)--Devant les
-substantifs exprimant une idée de profession, d'attribution, il
-se prend toujours dans ce dernier sens, c'est-à-dire, en mauvaise
-part:--_un pauvre peintre_, c'est un mauvais peintre;--_un peintre
-pauvre_, c'est un peintre sans fortune.--Prononcez _pau-vre_ et non
-_paufe, pauvère_.
-
-2. Ne dites pas: _cela est pauvre, c'est pauvre_; dites, _cela
-est misérable, c'est pitoyable_, ou bien, _disgracieux, triste,
-déplorable_, selon le sens. (Fland.)
-
-=Pauvret, ette=, adj., diminutif de pauvre; terme de commisération,
-d'affection: _le pauvret, la pauvrette ne sait où aller_; il est
-familier. (Acad.)
-
-=Pauvreté=, s. f., ne s'emploie au pluriel que dans le sens de choses
-sans valeur, basses, viles: _c'est un diseur de pauvretés; ce livre est
-rempli de pauvretés_.
-
-=Pauvreteux=, n'est pas français; dites _chétif, pauvre, souffreteux,
-malheureux_.
-
-=Pavage=, s. m., ouvrage fait avec des pavés: _un pavage bien fait;
-pavage de grès, de pierre dure, de lave_;--il se dit aussi du travail
-du paveur et des matériaux fournis par lui: _j'ai payé tant pour le
-pavage de ma cour; un mémoire de pavage_.
-
-=Pavé=, s. m. morceau de grès, de pierre dure, de marbre, etc., dont on
-se sert pour paver;--assemblage de pavés qui couvrent une aire, une
-surface;--il se dit particulièrement en parlant d'un chemin, d'une
-rue, etc.: _ne quittez pas le pavé; entretenir le pavé_.--Le mot
-_pavée_ n'est pas français.
-
-=Pavement=, s. m., se dit de l'action de paver et des matériaux qu'on
-emploie pour cet effet: _il a coûté tant pour le pavement de cette
-cour_.--Il se dit plus particulièrement des ouvrages de luxe et de
-goût qui forment les pavages intérieurs: _le pavement en mosaïque d'une
-église; le pavement des édifices grecs et romains étaient souvent de
-marbre de couleur_. (Acad.) Prononcez _pavement_ et non _pafement_.
-
-=Paver=, v. a., couvrir le terrain, le sol d'un chemin, d'une rue,
-d'une cour, d'une écurie, d'une salle, etc., avec du grès, de la pierre
-dure, du caillou, du marbre, de la brique, etc.--(Acad.)
-
-2. Il suit de là qu'on ne peut pas dire, _mettre un pavé en planches_;
-on doit dire, _mettre un plancher ou planchéier_;--on ne peut pas dire
-non plus _un pavé en planches_; dites un _plancher_.--Voyez _parquet_
-et _plancher_.
-
-3. Ne dites pas non plus: _paver en carreaux_; dites _carreler_.
-
-=Payant.=--Ne dites pas, _un mauvais payant_, mais, _un mauvais
-payeur, une mauvaise paye_.
-
-=Paye=, s. f., solde des gens de guerre, celui qui paie; prononcez
-l'_y_: _pai-ïe_;--l'Académie n'admet pas l'orthographe _paie_ qui
-pourtant est reçue par plusieurs bons grammairiens.
-
-2. _Paye_, s. f., débiteur; ce mot est français: _c'est une bonne paye,
-une mauvaise paye; d'une mauvaise paye on tire ce qu'on peut_. (Acad.)
-
-=Payement=, s. m.: voyez _paiement_.
-
-=Payeur=, s. m., celui qui paie; le féminin correspondant est _payeuse_.
-
-=Pays=, s. m., région, contrée;--il s'emploie aussi populairement dans
-le sens de _compatriote_, et dans cette acception, on dit au féminin
-_une payse_: _c'est mon pays, c'est un de mes pays; bonjour, pays;
-elle est allée avec une de ses payses_.--Ce mot, dit l'Académie, est
-populaire.--Prononcez _péi_.
-
-2. Dites, _du vin du pays_ et non _du vin de pays_: voyez _cru_.
-
-=Paysage, Paysan, anne=; prononcez _pé-izaje, péizan, péizane_ (et non
-_péizan-ne_).
-
-=Peau=, s. f.--Ne dites pas: _il est noir de peau, de cheveux_, etc.;
-dites, _il a la peau noire, les cheveux noirs_.
-
-=Peccable, impeccable=, adj., capable ou incapable de pécher;
---_peccadille_, s. f., faute légère; _peccante_, adj. f., terme de
-médecine, qui pèche, _humeur peccante_;--_peccata_, s. m., se dit d'un
-âne dans les combats publics d'animaux; _peccavi_, s. m., contrition,
-repentir, _un bon peccavi_:--on prononce les deux _c_ dans tous ces
-mots.
-
-=Pécher=, v. n., commettre un péché: prononcez _pécher_ (_é_
-aigu);--_pêcher_, v. a., prendre du poisson et _pêcher_, s. m., arbre
-qui produit la pêche: prononcez _pêcher_ (_ê_ ouvert).--Il en est de
-même de _péché, pécheur_ et _pêcheur, pêche_.
-
-=Pécule=, s. m., =Pécune=, s. f.--Le premier se dit du produit des
-épargnes d'une personne qui ne travaille pas pour son compte: _il avait
-amassé un pécule_.--_Pécune_ est un vieux mot qui signifie argent
-comptant: _disette de pécune_.
-
-=Pécunier, ière=, adj., qui regarde l'argent, qui y a rapport; ce mot
-n'est pas français;--dites, _pécuniaire_: _peine pécuniaire, intérêt
-pécuniaire_.--Prononcez _pécu-niaire_ et non _pécu-gniaire_.--Voyez
-_ni_.
-
-=Pédale=, s. f., gros tuyau d'orgue qu'on fait jouer avec le pied: _la
-pédale_ et non _le pédale_.
-
-=Peindre=, v. a., =Peinturer= v. a.--Le premier signifie, représenter
-les objets par les couleurs;--le second, peindre d'une seule couleur:
-_peinturer une maison, un treillis_:--_peinturer_ étant peu usité
-(Acad.), on peut le remplacer par _peindre_.
-
-=Peine=, s. f.--On lui a ordonné cela _sur peine, sous peine_ ou _à
-peine de la vie_:--de ces trois façons de parler, _sous peine_ est
-la plus usitée et la meilleure; (Acad.)--_sur peine_ nous paraît peu
-correct.
-
-2. _Avoir de la peine, avoir peine_, devant un infinitif, demandent la
-préposition _à_: _il aura beaucoup de peine à_ (et non _de_) _gagner
-son procès; avoir de la peine à_ (et non _de_) _marcher; j'ai peine
-à_ (et non _de_) _voir clair dans tout ceci_.
-
-3. Ne dites pas: _ce n'est pas les peines_ ou _cela ne vaut pas les
-peines de vous déranger pour si peu_; dites, _ce n'est pas la peine,
-cela ne vaut pas la peine de..._
-
-4. Ne dites pas: _donnez-vous la peine de vous asseoir_; dites,
-_veuillez vous asseoir, je vous prie de vous asseoir_.--Prononcez
-_pène_ (_è_ bref) et non _pain-ne_.
-
-=Peineux, euse=, adj., veut dire qui a de la peine, qui est triste;
-mais il ne signifie nullement, dans le sens wallon, _capot, confus,
-interdit, penaud, interdit, décontenancé_.--_Semaine peineuse_, la
-semaine sainte. (BESCHERELLE).
-
-=Pelard= (_bois_), chêne dont on a ôté l'écorce pour faire du tan
-(_pelwai_ en wall.)
-
-=Peler=, v. a. et n., ôter le poil, la peau; il ne double point
-l'_l_: _ce velours se pèle_.--Prononcez _peler_ (_e_ muet) et non
-_pèler_.--Voyez _éplucher_.
-
-=Pèlerin, ine=, s.; _pèlerinage, pèlerine_, s. f. (vêtement de
-femme):--écrivez et prononcez ces mots avec un accent _grave_ et non
-un accent _aigu_ (Acad.)--Ne dites pas non plus _pèlèrin, pèlèrinage,
-pèlèrine_, ni _pélérin, pélérinage, pélérin_, mais _pèlerin,
-pèlerinage, pèlerine_ (le second _e_ est muet).
-
-=Pelle=, s. f., ustensile de cuisine pour frire, fricasser; ce mot
-n'est pas français; dites _poêle_ et prononcez _poale_.--Une _pelle_
-(prononcez _pèle_) est un instrument de fer ou de bois, large et plat à
-long manche: _pelle de four, pelle à feu, pelle de jardin_.
-
-=Pellicule=, s. f. peau très-mince, _il se forme une pellicule_ (ou
-mieux _peau_) _sur le lait bouilli, sur l'encre_; _il y a dans un oeuf
-deux pellicules, celle qui tapisse intérieurement la coque, et celle
-qui enveloppe le jaune_.--On prononce les deux _ll_.
-
-=Pelure=, s. f., peau, enveloppe de certains fruits, de certaines
-légumes: _pelure de pomme, de poire; du vin couleur de pelure
-d'oignon_.--Ne dites pas _pelate, pelote_.--Voyez _éplucher, écaler_.
-
-=Pénal, ale=, adj., qui assujettit a des peines; il n'a point de
-pluriel masculin; quelques grammairiens pourtant disent _des codes
-pénals_.
-
-=Pénates=, adj. et subst.:--_les dieux pénates_ ou les _pénates_,
-demeure, habitation;--ce mot est masculin et ne s'emploie qu'au
-pluriel: _je reverrai mes pénates chéris_.
-
-=Pendant que, Tandis que.=--_Pendant que_ marque simplement la
-simultanéité de deux événements, de deux choses: _pendant que vous
-étiez en Espagne, j'étais en Italie_.--_Tandis que_ marque non pas
-précisément la simultanéité de deux événements et de deux choses, mais
-une opposition, soit entre les temps que cette conjonction indique et
-un autre temps exprimé ou sous-entendu, soit entre deux actions qui se
-font simultanément: _vous faites fort bien tandis que vous êtes jeune
-de travailler à vous instruire, quand vous serez vieux il ne sera
-plus temps_; _tandis que vous vous divertissez, je me consume dans le
-chagrin_.
-
-=Pendre=, v. a.--Ne dites pas: _il était pendu après son père_;
-dites, _il était pendu au cou de son père_, ou, selon le sens, _il
-s'accrochait à son père_.
-
-=Pendule=, s., est _masculin_, lorsqu'il signifie le poids suspendu
-qui, lorsqu'il est mis en mouvement, fait des oscillations
-régulières;--il est _féminin_, lorsqu'il désigne une petite horloge de
-salon: _la pendule est arrêtée_.
-
-=Pêne=, s. m.--C'est le morceau de fer qui sort de la serrure et
-s'engage dans un crampon, (_gâche_) pour fermer une porte; _le pêne de
-cette serrure est usé_.--Voyez _cliche_.
-
-=Pensée=, s. f., opération de l'intelligence: _une pensée généreuse_:
-prononcez _pensée_ (_é_ long) et non _pensé-ïe_.--Voyez _ée, ie, ue,
-oue_.
-
-=Penser=, v. n.--Ne dites pas: _j'ai d'autres choses à penser_; dites,
-_j'ai à penser à bien d'autres choses_.
-
-2. Ne dites pas: _il n'a que lui à penser_; dites, _il n'a à penser
-qu'à lui_.
-
-=Pensum=, s. m., au pluriel _pensums_, surcroît de travail qu'on exige
-d'un écolier pour le punir: _on lui a donné pour pensum dix verbes à
-faire; il a eu trois pensums cette semaine_.--Prononcez _pinsome_.
-
-=Pentacorde=, s. m., lyre à cinq cordes;--_pentagone_, adj. et s.
-m., à cinq angles;--_pentamètre_, adj. et s. m., vers latin de cinq
-pieds;--_pentandrie_, s. f., classe de plantes;--_pentapole_, s. f.,
-contrée qui a cinq villes principales;--_pentateuque_, s. m., nom
-collectif des cinq premiers livres de la Bible:--_Pent_ se prononce
-_pènt_ dans tous ces mots. (Acad.)
-
-=Pentecôte=, s. f., fête chrétienne; prononcez _pant'côte_ (_ô_ long).
-
-=Pépie=, s. f., petite peau blanche qui vient au bout de la langue des
-oiseaux et les empêche de boire; ne dites pas _pépi, pipie_.
-
-=Pepin=, s. m., semence qui se trouve au centre de certains fruits: _un
-pepin de pomme, de raisin, de groseille_: écrivez et prononcez _pepin_
-(_e_ muet) et non _pépin_ (Acad.);--plusieurs lexicographes écrivent
-néanmoins _pépin_.--Le nom propre _Pépin_ s'écrit ordinairement avec
-un accent aigu.
-
-=Pépinière= (et non _pepinière_), s. f., plant de petits
-arbres: _planter une pépinière_.--Prononcez _pépi-nière_ et non
-_pépi-gnière_.--Voyez _ni_.
-
-=Pequet=, s. m. (mot wall.), rameau de verdure qu'on attache à une
-maison pour annoncer qu'on y vend des boissons; en français, on dit
-_bouchon_: _un bouchon de cabaret_;--ce mot se dit quelquefois pour
-le cabaret lui-même: _il n'y a dans ce village qu'un mauvais bouchon_.
-(Acad.)
-
-=Percale=, s. f.--Ne prononcez pas _percaille_, mais _percale_ et
-écrivez _percale, percaline_;--on écrit aussi, mais moins bien,
-_perkale, perkaline_.
-
-=Perce-neige=, petite plante à fleurs blanches qui fleurit
-en hiver;--ce mot est féminin: _une perce-neige, des perce-neige_.
---Prononcez _perce-neige_ et non _perce-neiche_.
-
-=Percepteur, Précepteur.=--Un _percepteur_ est celui qui est chargé
-de recouvrer (de _percevoir_) les impôts, les deniers, les revenus;
-il n'a pas de correspondant féminin.--Un _précepteur_ est celui qui
-est chargé de l'instruction et de l'éducation d'un enfant, d'un jeune
-homme; ce mot n'a pas de correspondant féminin; il peut cependant
-se rapporter à un substantif féminin: _les femmes sont les vrais
-précepteurs du bon ton et du bon goût_.
-
-=Percer=, v. a.--Ne dites pas: _voilà une pipe bien percée_; dites,
-_bien culottée_.
-
-=Percha= (_gutta_): voyez _gutta-percha_.
-
-=Perclus=, adj., impotent, qui a perdu l'usage d'une partie de ses
-membres: _il est perclus de tous ses membres; cette femme est percluse
-d'un bras_.--Le féminin est _percluse_ et non _perclue_.
-
-=Perderai=, _perderais_, barb.; écrivez et prononcez _perdrai,
-perdrais_.
-
-=Perdreau=, s. m., jeune perdrix de l'année;--_une perdrix_ (féminin)
-est une gallinacée qui a plus d'une année.
-
-=Père=, s. m., _frère_, etc.: prononcez _père, frère, prière_, (_è_
-ouvert) et non _pére, frére, priére_.
-
-=Perfection=, s. f.--Ne dites pas: _il travaille à la perfection; il
-joue du piano à la perfection_; dites, _en perfection_.
-
-=Péril=, s. m., risque, danger: L'_l_ est mouillée ainsi que dans
-_périlleux, périlleusement_.
-
-=Période=, est masculin et féminin: il est _féminin_, lorsqu'il
-signifie une révolution qui se renouvelle régulièrement;--un circuit
-d'un nombre d'années déterminé;--une phrase composée de plusieurs
-membres.--Il est _masculin_, lorsqu'il se dit du plus haut point
-où une chose, une personne puisse arriver, est arrivé: _Napoléon est
-arrivé au plus haut période de la grandeur; cet homme est au dernier
-période de la vie_.--Il se dit aussi d'un espace de temps indéterminé:
-_un long période de temps; dans un court période_. (Acad.)--Prononcez
-_période_ et non _périote_.
-
-=Péripétie=, s. f., dénouement du drame: prononcez _péripécie_.
-
-=Périr=, v. neutre.--Dans les temps composés, il prend l'auxiliaire
-_avoir_ (Ac.); cependant quelques écrivains l'ont conjugué avec _être_:
-_tous ceux qui étaient sur ce navire sont péris_.--L'Académie ne se
-sert que de l'auxiliaire _avoir_.
-
-2. _Périr_ étant un verbe neutre, ne dites pas: _ce sont les mauvaises
-fréquentations qui ont péri ce jeune homme_; dites, _ce sont... qui ont
-perdu..._ (Wall.)
-
-=Persan, ane, Perse.=--_Perse_ se dit des habitants de l'ancienne
-Perse;--les habitants de la Perse moderne s'appellent _Persans_, ce
-qui n'empêche pas qu'on ne donne aussi la qualification de _Persan_ aux
-anciens Perses.
-
-=Persécuter=, _persécution, persécuteur, persévérer, persévérance,
-persistance, persister_:--dans tous ces mots, l'_s_ étant précédée
-d'une consonne, se prononce dure, comme dans _si, son, sa, ses_.
-
-=Persil=, s. m., plante potagère: prononcez _perci_ et non _percile_.
-
-=Personne=, s. f.--Ne dites pas: _n'y a-t-il personne d'autre à la
-maison? personne d'autre que..._; dites, _n'y a-t-il pas d'autre
-personne? personne autre que..._ Voyez _rien d'autre_.
-
-2. Ce mot est féminin, quand il désigne un individu déterminé et peut
-être remplacé par _homme, femme_: _deux personnes différentes me l'ont
-assuré; une personne, deux personnes; je ne connais aucune personne
-aussi heureuse que cette femme_.
-
-3. Il est masculin, quand il est pris d'une manière indéterminée:
-_personne oserait-il le nier? je ne connais personne d'aussi heureux
-que cette femme_.
-
-=Perspective=, s. f., t. de peint.: écrivez et prononcez _perspective_
-et non _perspectife, perpective_.
-
-=Persuader=, _persuasion_: prononcez l'_s_ dure puisqu'elle est
-précédée d'une consonne: _perçuader_, (l'_a_ est bref) _perçuasion_ et
-non _perzuader, perzuasion_.
-
-=Perte=, s. f.--Ne dites pas: _j'ai fait de grandes dépenses à pure
-perte_, mais, _en pure perte_.
-
-=Peser=, _pesant, pesanteur, peseur, peson_:--prononcez _pezer,
-pezant, pezanteur_, etc. (_e_ muet), et non _pèzer, pèzant, pèzanteur_.
-
-=Pétale=, s., chacune des pièces qui composent la corolle d'une fleur;
-ce mot est masculin: _un pétale blanc_.
-
-=Pétaud= ou =Petaud=, s. m.--Ce mot n'est usité que dans cette
-locution: _c'est la cour du roi Pétaud_, c'est-à-dire, un lieu de
-confusion, de désordre où personne ne s'entend.
-
-=Pétaudière= ou =Petaudière=, s. f., lieu où chacun veut être maître,
-où il n'y a que désordre et confusion: _cette classe est une vraie
-pétaudière_.
-
-=Péter=, v. n., se dit figurément de certaines choses qui font un bruit
-subit et éclatant: _le bois de chêne pète dans le feu; le laurier et le
-sel, jetés dans le feu, pètent; cette boite, cette fusée, ce fusil, ce
-pistolet_ etc., _pètent bien; cette bouteille de vin mousseux a bien
-pété; une corde de son violon, de sa harpe vient de péter; ce vin fait
-péter les bouteilles_. (Acad.)
-
-2. Il signifie aussi _éclater, faire explosion_: _son fusil, son
-pistolet lui a pété dans la main_. (Acad.) Mais il ne faut pas
-l'employer dans le sens _fêler, s'étoiler_: _il ne faut pas exposer
-ce vase à la gelée, il se fêlerait; un verre fêlé; carreau de vitre
-étoilé_ (fêlé en forme d'étoile); _prenez garde que vos bouteilles ne
-s'étoilent_.
-
-3. Ne dites pas, _des pommes de terre pétées_, dites _des pommes terre
-grillées_.
-
-4. On écrit et on prononce _péter_ et non _pèter_; on ne redouble pas
-le _t_ devant _e_ muet: _il pète, il pétera_.
-
-=Petiller=, v. n., éclater avec bruit; dans ce mot et dans _petillant,
-petillement_, les _ll_ sont mouillées: plusieurs écrivent et prononcent
-_pé_ au lieu de _pe_.
-
-=Pétiole=, s. masc., queue de feuilles; _pétiolé_, adj.; porté par un
-pétiole:--prononcez _péciole, péciolé_.
-
-=Petit, Long.=--N'employez pas _petit_ pour _court_, ni _long_ pour
-_grand_; dites, _cet habit est trop court_, et non _trop petit_; _cette
-femme est grande_, et non _cette femme est longue_.--Prononcez _petit_
-(_e_ muet) et non _pètit_.
-
-2. Un _petit homme_, est un homme de petite taille;--un _homme petit_,
-est un homme sans coeur, sans dignité, sans esprit.
-
-3. _Petit peu_ (_un_), _un tout peu, un tant soit peu_: ces locutions ne
-sont pas françaises; dites, _un peu, très-peu, bien peu, tant soit peu,
-un tantinet_.--Toutefois, dans la conversation, on admet _petit peu_
-comme représentant mieux la petitesse de la quantité.
-
-4. _Petit à petit_.--_Il a fait sa fortune petit à petit_.--Ne dites
-pas _de petit à petit_.
-
-=Petto= (=in=), en secret, dans l'intérieur du coeur: prononcez _ine
-pet'to_; les deux _tt_ se prononcent.--Voyez _in-petto_.
-
-=Pétulant, te=, adj., signifie remuant, vif, impétueux, brusque, et non
-_mutin, têtu_; _il est fort pétulant; il est d'un naturel pétulant,
-d'un caractère pétulant_ (remuant);--_voyez le petit mutin_ (et non
-_pétulant_).
-
-=Peu=, adv.--Dans le langage familier _un peu_ est quelquefois
-explétif et sert à adoucir l'impératif: _dites-moi un peu; venez ici un
-peu, que je vous parle; voyons un peu comment vous vous y prendrez_.
-(Acad.)--Les flamands doivent se garder de rendre ce _un peu_, par
-_seulement, une fois_.
-
-2. Ne dites pas _un peu du pain_, mais _un peu de pain_.
-
-=Peuple=, s. m., nation, populace: prononcez _peuple_ (_eu_ bref) et
-non _peupe, peupèle_.
-
-=Peur=, s. f.,--N'employez pas ce mot dans le sens de _soin, avoir
-soin_: _cet écolier a soin de ses livres_ et non, _a peur de ses
-livres_. (Wall.)
-
-2. Ne dites pas: _vous feriez peur les gens_; dites, _vous feriez peur
-aux gens_.
-
-3. Ne dites pas: _vous m'avez fait prendre une peur_; dites, _vous
-m'avez fait peur_.
-
-=Peut-être=, adv.--Prononcez _peut-être_ (_eu_ bref) pour le
-distinguer de _(cela) peut être_ où l'_eu_ est long; ne dites pas
-_peut-ête, peut-êtère_.
-
-=Ph=, se prononce comme _f_: _Philippe_ (_fi-lipe_ et non _flipe_);
-_phare_ (_fare_), _philosophie_ (_filosofie_).
-
-=Phébus=, s. m., Apollon, le soleil (en style poét.), style obscur
-et empoulé: _vous croyez avoir fait du sublime et ce n'est que du
-phébus_.--Prononcez _fébuce_.
-
-=Phénix=, s. m., oiseau fabuleux qui renaissait, dit-on, de ses
-cendres; personne unique ou rare dans son espèce: _vous êtes le phénix
-des hôtes de ce bois_.--Prononcez _fénikce_ et non _fénik, fénice_.
-
-=Phrase=, s. f., assemblage de mots formant un sens: _une belle
-phrase_.--Prononcez _frâze_ (_â_ long) et non _frâce_.
-
-=Piailleur, euse=, s., celui ou celle qui ne fait que piailler, crier
-continuellement par dépit ou par méchanceté: _cet enfant est un
-piailleur_.--Ne dites pas _piaillard_.
-
-=Piane-piane=, adv., lentement, à pas comptés: _marcher piane-piane_:
-on ne prononce point les _e_.
-
-=Piano= ou =Forte-piano= ou =Piano-forte=, s. m., instrument de musique
-à clavier: on prononce _forté_ et _piano_ (_ia_ bref et diphth.) et non
-_pî-anno, pi-âno_.
-
-2. _Piano_, s. m., adj. et adv., terme de musique, doux, doucement,
-avec douceur.--Le pluriel est _pianos_.
-
-=Piauler=, v. n., se dit des enfants qui se plaignent en pleurant: _cet
-enfant ne fait que piauler_.
-
-=Pic=, s. m. (prononcez _pique_).--Ce mot a plusieurs significations
-bien distinctes.--Le _pic_ est un instrument de fer courbé et pointu
-vers le bout, et dont on se sert pour casser des morceaux de rocher et
-pour ouvrir la terre: _il faut un pic pour ouvrir cette terre remplie
-de cailloux_.
-
-2. _Pic_, en terme de géographie, se dit des montagnes très-hautes: _le
-pic de Ténériffe_.
-
-3. _Pic_ est un oiseau grimpeur qui perce l'écorce des arbres avec son
-bec, pour chercher des vers et des insectes.
-
-4. Enfin _pic_ est un terme de jeu de piquet.--Il ne faut pas le
-confondre avec _pique_ qui signifie une des couleurs du jeu de cartes,
-et est également masculin: _il tourne du pique_ ou _de pique_ ou
-_pique_.
-
-=Picorée=, (_la_), a le même sens que le mot _maraude_; mais on dit
-_aller à la picorée_ et non pas _en picorée_, quoiqu'on dise _aller en
-maraude_ plutôt que _aller à la maraude_.--_Picoreur_, s. m., qui va à
-la picorée: ce mot n'a pas de correspondant féminin.--V. _maraude_.
-
-=Picot.=--Ne dites pas: _cet enfant est tombé dans les picots_; dites,
-_dans les orties_.
-
-=Pie=, s. f., oiseau de la famille des corbeaux; prononcez _pî_ (_î_
-long) et non _pi-ïe_.
-
-2. =Pie=, adj., pieux; il n'est usité qu'avec le mot _oeuvre, oeuvre
-pie_, c'est-à-dire, oeuvre de charité faite en vue de plaire à Dieu.
-
-=Pièce, Place.=--Dites _un appartement composé de quatre pièces_ et
-non _de quatre places_: prononcez _pièce_ (_è_ grave mais bref) et non
-_piéce_.
-
-=Pied=, s. m.--Ne dites pas: _j'ai voyagé, j'ai fait le chemin de
-pied, je suis venu de pied_; dites _j'ai voyagé,... à pied_.
-
-2. On peut dire par hypallage: _il n'avait point de souliers dans ses
-pieds_, au lieu de: _il n'avait point ses pieds dans des souliers_.
-(Acad.)
-
-3. _Pied bot_ (_bot_ n'a pas de féminin), pied contrefait: _avoir un
-pied bot_:--il se dit également d'un homme qui a le pied contrefait:
-_les deux frères sont pieds bots_; ne dites pas _pied à boule_ ni
-_pitabole_.
-
-4. _De plain-pied_, locut. adv., sans monter ni descendre: _on va dans
-cette chambre de plain-pied_.--N'écrivez pas _de-plein-pied_ et ne
-dites pas _de plat pied_.
-
-5. _Pied droit._--Ne dites pas, _j'ai un pied droit pour mesurer_;
-dites, _... un pied de roi_.
-
-=Piedsinte= ou =Piedsente=, n'est pas français; dites sentier.
-
-=Piége=, s. m., embûche: prononcez _piège_ (_è_ ouvert) et non
-_pièche_.--Voyez _tendre_ et _ége_.
-
-=Pierre, Pierrette.=--Ne dites pas _des pierres d'abricot, des
-pierrettes de cerise_, etc.; dites _des noyaux d'abricot, de
-cerise_.--On nomme _pierre_ une espèce de gravier qui se trouve dans
-certaines poires: _ces poires ont beaucoup de pierres_.--Voyez _noyau_
-et _amande_.
-
-2. _Pierre d'achoppement_, danger, obstacle; ne dites pas _pierre
-d'achoquement_.
-
-3. On écrit _un tailleur de pierre_ et non _un tailleur de pierres_,
-homme qui taille _la pierre_ et non le bois ni le fer; mais on dira _un
-casseur de pierres_, homme qui casse _les pierres_.
-
-=Piété=, s. f., dévotion; ce mot n'a pas de pluriel.
-
-=Piètre=, adj., mesquin, chétif et de nulle valeur dans son genre: _un
-habit piètre, un piètre ouvrier_; ne dites pas _peutre_.--Prononcez
-_piè-tre_ (_piè_ diphth.) et non _piète, piètère_.
-
-=Pieux, se=, adj., qui a de la piété:--prononcez _pi-eu_ (deux syll.)
-pour le distinguer de _pieu_ (pièce de bois pointue) qu'on prononce
-_pieu_ (en une seule syll.)
-
-=Pile=, s. f., se dit de celui des deux côtés d'une pièce de monnaie où
-sont empreintes les armes du souverain; le côté opposé se nomme _croix_
-ou _tête_: _n'avoir ni croix ni pile; jouons, jetons à croix-pile qui
-l'aura; que retenez-vous, croix ou pile?_
-
-2. _Pile_, s. f., soufflet, taloche: ce mot n'est pas français.
-
-=Piler=, v. a., écraser, broyer; écrivez et prononcez _piler_ et non
-_piller_ (_ll_ mouillées).--Le vase de métal, de pierre, de faïence,
-etc., dans lequel on pile, se nomme _mortier_: _un mortier de cuivre
-sert d'enseigne à ce pharmacien_.--Le _pilon_ est l'instrument dont on
-se sert pour piler dans un mortier: _un pilon de fer, de bois_.
-
-=Pilotis=, s. m., grosse pièce de bois pointue qu'on fait entrer en
-terre avec force pour asseoir les fondements d'un édifice, etc.; ne
-dites pas _pilote_, qui signifie, celui qui gouverne un vaisseau:
-_Amsterdam est bâti sur pilotis_ et non, _... sur pilotes_.
-
-=Pince, Pincette=, s. f.--_Pince_ se dit d'une sorte de longues
-tenailles dont on se sert pour remuer les grosses bûches dans une
-cheminée: _il faut prendre cette bûche avec la pince_.--Il se dit
-également dans plusieurs arts ou métiers, de certaines tenailles, les
-unes grosses, les autres petites, qui servent à différents usages: _les
-taillandiers, les serruriers ont de grosses pinces pour tenir leur
-ouvrage, quand ils le mettent au feu; les horlogers, les arquebusiers
-ont de petites pinces pour prendre et placer les goupilles et autres
-pièces légères_.--_Pince_ signifie aussi un barre de fer aplatie par
-un bout, et dont on se sert comme d'un levier: _lever une grosse pierre
-avec une pince_.
-
-2. _Pincette_, s. f., et plus ordinairement _pincettes_ (au plur.),
-ustensile de fer à deux branches égales, dont on se sert pour
-accommoder le feu: _attiser le feu avec des pincettes_. On dit aussi
-_tenailles_ dans ce sens.--Il se dit encore d'un instrument de fer,
-dont on se sert pour s'arracher le poil: _il se fait la barbe avec la
-pincette_.--Il se dit également, dans plusieurs arts ou métiers, de
-petits instruments de fer à deux branches, dont on se sert pour prendre
-ou pour placer certains objets qu'on ne pourrait ni prendre ni placer
-facilement avec les doigts.--Ne dites point _épince, épincette_.--Voyez
-_tenaille_.
-
-=Pinçon, Pincée, Pinson.=--_Pinçon_, s. m., se dit de la marque qui
-reste sur la peau quand on a été pincé: _je me suis fait un pinçon
-en fermant cette porte_. Mais on dit _avoir l'onglée_ et non _des
-pinçons_, lorsqu'on veut parler de certaines douleurs qu'on ressent au
-bout des doigts quand on y a eu fort froid: _je ne puis pas écrire,
-j'ai l'onglée_.--_Pincée_, s. f., se dit de ce qu'on peut prendre de
-certaines choses en les pinçant entre deux ou trois doigts: _une pincée
-de sel_.--Le _pinson_, s. m., est une sorte de petit oiseau: _gai
-comme un pinson_.--Voyez _pensum_.
-
-=Pipe=, s. f.--Dites _pipe bien culottée_, et non _pipe bien percée_
-ni _bien passée_.
-
-=Piquanterie=, n'est pas français: il faut dire _picoterie_, pour
-signifier des paroles malignes et de nature à blesser; _picoter_ c'est
-faire des picoteries; _il m'impatiente par des picoteries continuelles;
-il l'a picoté pendant toute la soirée_.
-
-=Pique-assiettes=, n'est pas français; dites _piqueur d'assiettes,
-piqueur de table_ ou _écornifleur_, pour désigner celui qui cherche à
-manger aux dépens d'autrui.
-
-=Piqûre=, s. f., petite blessure que fait une chose ou un animal qui
-pique: écrivez _piqûre_ (avec un accent circonflexe) et non _piqure_.
-
-=Pire, Pis.=--_Pire_, adj. comparatif de _mauvais_, (plus mauvais); au
-superlatif on dit _le pire_ (le plus mauvais).--_Pis_, adv. comparatif
-de _mal_ (plus mal); le superlatif est _le pis_.--Servez-vous de
-_pire_, lorsque, en reversant le sens de la phrase, vous diriez
-_meilleur_, et de _pis_, si c'est _mieux_ que vous emploieriez:--_tant
-pis_ (tant mieux); _il va de mal en pis_ (en mieux); _le pis_ (le
-mieux) _que j'y trouve_; _il est bien pire_ (bien meilleur) _qu'il
-n'était_; _de deux maux, il faut éviter le pire_ (le meilleur); _ils
-sont pis que_ (mieux) _jamais ensemble_.
-
-2. On ne dit pas: _plus pire, plus pis_, pas plus qu'on ne dit _plus
-meilleur, plus mieux_.
-
-3. On ne fait sentir l'_s_ de _pis_ que devant une voyelle: _au pis
-aller; qui pis est_.
-
-=Piteux, euse=, adj., qui excite la pitié, _un spectacle piteux, une
-mine piteuse_.--Ne dites pas _pitieux_.
-
-=Pitié=, s. f., compassion pour les peines d'autrui; ce mot ne
-s'emploie pas au pluriel.--On écrit _grand'-pitié_ ou _grande
-pitié_ dans cette locution: _c'est grand'-pitié_ ou _grande pitié_.
-(Acad.)--Prononcez _piti-é_ et non _pit-chié_.--Voyez _ti_ et _di_.
-
-=Place=, s. f.--On doit se servir du mot _pièce_, lors qu'on parle des
-différentes parties d'une maison: _son appartement est composée de tant
-de pièces_ (et non _de places_); _le salon est la plus belle pièce de
-la maison; la seconde pièce; la salle_ ou _la pièce à manger_ (et
-non _la place_).
-
-2, Ne dites pas, _à la place_ ou _en place d'étudier, il joue_; dites,
-_au lieu d'étudier, il joue_.
-
-3. Ne dites pas: _Messieurs, mettez-vous à place_; dites, _en place_.
-
-=Placer= (=se=),--Ne dites pas: _placez-vous, je vous prie_; dites,
-_asseyez-vous..._
-
-=Placet=, s. m., demande écrite à l'effet d'obtenir une grâce, une
-faveur du Roi; en parlant des ministres, des tribunaux, etc., on se
-sert du mot _pétition_;--au pluriel, _placets_.--Prononcez _placè_
-(_è_ bref).
-
-=Plafonner=, v. a.--Ne dites pas _plafonner un mur_, mais, _plâtrer un
-mur_: on ne plafonne que les plafonds.
-
-=Plaideur=, s. m., celui qui est en procès; au féminin, _plaideuse_.
-
-=Plaidoyer=, v. n., =Plaidoyeur=, s. m., ne sont pas français; il faut
-dire _plaider, plaidailler, plaideur, plaidailleur_.
-
-=Plain, aine=, adj., plat, uni sans inégalité: _pays plain; la bataille
-s'est donnée en plaine campagne; drap plain_.
-
-2. _Plain-pied._--Voyez _pied_.
-
-3. _Plain-chant_, s. m., le chant d'église: _on a exécuté une messe en
-plain-chant_.--Il n'a pas de pluriel.
-
-=Plaindre=, v. a., signifie, entre autres acceptions, employer, donner
-avec répugnance, à regret, d'une manière insuffisante: _il ne plaint
-ni son temps ni ses soins quand il s'agit de rendre service; il plaint
-le pain à ses domestiques; il plaint l'avoine à ses chevaux; il plaint
-jusqu'aux habits qu'il donne à ses enfants_.--Il correspond assez bien
-au mot wallon _mèskeûre_; le mot _keûre_ se rendrait également assez
-bien par, _ne pas plaindre_: _je ne lui plains pas cette réprimande, il
-l'a bien méritée_.
-
-=Plaine=, s. f. campagne: prononcez _plène_ (_è_ long) et non
-_plain-ne_.
-
-=Plaire=, v. n.--Ne dites pas: _il faut bien plaire ses parents_;
-dites, _à ses parents_.
-
-2. _Ce qui plaît_, signifie ce qui est agréable; _ce qu'il plaît_,
-signifie ce que l'on veut.--Ne dites donc pas: _je fais ce qui me
-plaît_, pour faire entendre que vous n'avez pas d'ordre à recevoir;
-dites, _je fais ce qu'il me plaît_.--Au contraire, dites: _les gens
-peu raisonnables sacrifient leurs intérêts à ce qui leur plaît_;
-c'est-à-dire, _à ce qui leur est agréable_.
-
-3. Ne dites pas: _si vous plaît?_ pour engager quelqu'un à répéter
-ce qu'il vient de dire; dites, _s'il vous plaît_ ou _plaît-il_, ou
-_pardon, je n'ai pas entendu, je n'ai pas compris_.
-
-4. _Se plaire_, suivi d'un infinitif, demande la préposition _à_: _il
-se plaît à étudier, à chasser_.
-
-=Plaisant, ante=, adj., agréable, qui plaît: _je ne trouve pas plaisant
-que vous vous occupiez de moi_. Il est peu usité dans ce sens, et il ne
-s'emploie que dans des phrases négatives.
-
-2. Il signifie plus ordinairement, qui divertit, qui fait rire: _il
-nous a fait un conte plaisant; c'est le plus plaisant homme du monde;
-il a des manières tout à fait plaisantes; histoire plaisante et
-récréative_.--Ne dites donc pas d'un homme _qu'il est plaisant_, pour
-faire entendre _qu'il est aimable_.
-
-3. _Plaisant_ se dit aussi, par une sorte de mépris, et pour signifier,
-impertinent; ridicule: en ce sens, il précède toujours le substantif:
-_c'est un plaisant homme, un plaisant visage; il a un plaisant habit;
-je vous trouve plaisant de vouloir..._
-
-=Plaisir=, s. m.--Ou dit _avoir du plaisir, avoir plaisir, y avoir
-du plaisir à_,--et _avoir le plaisir, faire plaisir de_:--_vous
-aurez du plaisir à_ (et non _de_) _causer avec lui; j'ai plaisir à
-travailler avec lui_;--_vous me ferez plaisir de_ (non _à_) _parler
-ainsi_.--Prononcez _plésire_ et non _plèsir_, ni _plési_.
-
-=Plan=, s. m.--Ne dites pas: _jeter son plan sur quelqu'un, sur
-quelque chose_; dites, _jeter son plomb, son dévolu_: _il a jeté son
-plomb sur cet emploi, jeter un dévolu, son dévolu sur quelqu'un, sur
-quelque chose_.
-
-=Planchéier=, v. a., garnir de planches, faire un plancher: _j'ai fait
-planchéier mon cabinet de bois_, (et non _de planches_) _de sapin_.--Ne
-dites pas _plancheter_ ni _plancher_.
-
-=Plancher=, s. m.--On appelle ainsi les planches et les poutres qui
-séparent deux étages ou qui sont placées sur l'aire du rez-de-chaussée:
-_il est tombé sur le plancher; peindre les solives d'un plancher;
-suspendre quelque chose au plancher_;--mais il ne faut pas dire,
-monter _au plancher_, l'escalier _du plancher_, au lieu de monter _à
-l'étage_, l'escalier _de l'étage_.--Si la maison a plusieurs étages,
-on dit monter _au premier, au second_, etc.--Voyez _pavé_.
-
-=Plane=, s. f., outil tranchant et à deux poignées pour aplanir, rendre
-unis des morceaux de bois des planches.
-
-=Planisphère=, carte où les deux moitiés du globe céleste ou du globe
-terrestre sont représentées; ce mot est masculin: _la mappemonde est un
-planisphère terrestre_.
-
-=Plantoir=, s. m., outil de bois, pointu et quelquefois ferré par
-le bout, dont les jardiniers se servent pour faire dans la terre
-les trous où ils veulent mettre des plantes ou des graines: _un bon
-plantoir_.--_Une plantoire_ n'est pas français.
-
-=Planure=, s. f., bois que l'on retranche des pièces que l'on plane:
-_se chauffer avec des planures_.
-
-=Plaquer=, dans le sens d'adhérer fortement, de coller, n'est pas
-français: _ce papier est collé_ (et non _plaqué_) _sur du carton_; _ces
-deux feuillets sont collés_ (et non _plaqués_).
-
-=Plat, ate=, adj.--_Le plat pays_ est le village par rapport à la
-ville;--_un pays plat_ est la plaine par rapport aux montagnes.
-
-=Platine=, s., or blanc, est masculin: _le platine a été découvert en
-Amérique_.--Dans toutes les autres acceptions, il est féminin: _la
-platine d'un fusil, la platine d'une serrure_.--Plusieurs personnes se
-servent à tort de ce mot pour indiquer un petit chandelier de cuisine;
-il faut dire _bougeoir_.
-
-=Plâtre=, s. masculin: _du plâtre_.
-
-=Platrier=, s. m., celui qui prépare le plâtre ou qui le vend; ne dites
-pas _plâtreur_.
-
-=Plein, eine=, adj.--_Tout plein_, sert quelquefois d'adverbe de
-quantité, et alors, il signifie _beaucoup_: _on trouve tout plein de
-gens qui pensent...; il y a tout plein de monde dans les rues; j'ai
-tout plein de livres d'égarés; vous dites qu'il n'y a pas de boutique
-dans cette rue, il y en a tout plein_.--Il est très familier. (Acad.)
-
-2. _Plein_ est invariable, lorsqu'il est séparé de son substantif par
-un adjectif possessif: _il a plein ses poches d'argent_.--Il s'accorde
-avec son substantif, quand il n'en est pas séparé: _il donne de
-l'argent à pleines mains; il en a les poches pleines_.
-
-=Pléis=, poisson.--Ce mot n'est pas français; il vient apparemment du
-flamand _pladys_; il faut dire _plie_.
-
-=Pléonasme vicieux=, surabondance de mots qui rendent le discours
-diffus ou incorrect; nous en donnerons quelques exemples (prononcez
-_plé-onas-me_ et non _pléïonasme, pléoname_).
-
-2. _Arrière._--_Les grecs épouvantés reculent en arrière_: on ne peut
-pas reculer _en avant_; _arrière_ est donc de trop.
-
-3. _Allumer la lumière_; dires allumer la bougie, la chandelle, etc.;
-on ne peut _allumer la lumière_; cependant, on peut dire _allumer le
-feu_ ou _du feu_.
-
-4. _Assez._--_Vos raisons sont assez suffisantes_; l'idée exprimée par
-le mot _assez_ est déjà renfermée dans le mot _suffisant_.
-
-5. _Aujourd'hui._--_Le jour d'aujourd'hui les enfants sont peu
-soumis._--_Jour et aujourd'hui_ expriment la même idée.
-
-6. _Beaucoup._--_Ce discours est rempli de beaucoup de citations._ Il
-ne pourrait pas être rempli de _peu_ de citations; _beaucoup_ est donc
-superflu.
-
-7. _Borne._--_Cicéron a étendu les bornes et les limites de la
-science._ Ces deux mots exprimant la même idée, l'un des deux suffit.
-
-8. _Brillant._--_Un brillant éclat_: _brillant_ est de trop, car tout
-_éclat_ est brillant.
-
-9. _Charlemagne._--_Magne_ (du latin _magnus_) veut dire
-_Charles-le-Grand_; ne dites donc pas _Charlemagne-le-Grand_, quoique
-pourtant on puisse dire _le grand Charlemagne_, ce mot étant dans ce
-cas considéré simplement comme un nom propre.
-
-10. _En._--_Les vainqueurs étaient au nombre de vingt mille, dont il
-n'y en eut pas un seul de tué._ Retranchez _en_ ou bien dites: _dont il
-n'y eut pas un seul de tué_.
-
-11. _Inanimé._--_Un cadavre inanimé_: y a-t-il des cadavres _animés_
-ou _vivants_?
-
-12. _Mon, ma, mes, ton, ta, tes, son, sa, ses_.--_J'ai mal à mon pied,
-tu as mal à ta tête; il a mal à son bras_: est-ce qu'on peut avoir mal
-au pied, à la tête, au bras d'un autre?
-
-13. _Malgré_.--_Il fut forcé malgré lui de partir_; c'est toujours
-_malgré soi_ qu'on est _forcé_.
-
-14. _Mutuellement_.--_Il faut s'entr'aider mutuellement_: ce dernier
-mot n'ajoute rien au sens.--Il en est de même de _l'un l'autre, les
-uns les autres_ employés dans ce sens.
-
-15. _Orageux_.--_Une tempête orageuse_: il n'y a point de tempête sans
-orage.
-
-16. _De part et d'autre_.--_Cet entretien se termina par des plaintes
-réciproques de part et d'autres_: ces derniers mots sont superflus, car
-_réciproque_ et _de part et d'autre_ signifient la même chose.
-
-17. _Partout_.--_Il y a des sots tout partout_: le dernier mot rend à
-lui seul toute la pensée; supprimez _tout_.
-
-18. _Petit_.--_Un petit monticule, une petite maisonnette, une petite
-barquette, un petit peu_: l'idée de _petit_ est marquée par _monticule,
-maisonnette, barquette_ et _peu_; donc le mot _petit_ est de trop.
-
-19. _Puis_.--_Il va dîner, puis ensuite il ira chez nous; puis_
-signifie déjà _ensuite_.
-
-20. _Seulement_.--_Pour faire trembler les révoltés, le roi n'aurait
-seulement qu'à se montrer_: _seulement_ est de trop, car l'idée qu'il
-exprime est rendue par _ne... que_.
-
-21. _Temps_.--_Une heure de temps, un jour, une semaine, un mois, une
-année de temps_:--_les heures, les jours_, etc., ne mesurent pas autre
-chose que le _temps_.
-
-22. _Vite_.--_Dépêchez-vous vite_; peut-on se dépêcher _lentement_?
-
-23. _Voyons voir_: répétition barbare.
-
-24. _Nous entrâmes dans la maison où nous y trouvâmes des amis_:
-retranchez _y_ ou bien dites: _et nous y trouvâmes des amis_.
-
-=Pleurésie=, s. f., maladie: ne dites pas _plurésie_ ni _purésie_.
-
-=Pleurs=, s. masculin, sans singulier, larmes: _des pleurs
-amers_.--Bossuet a dit dans le style élevé, en parlant de l'enfer: _là
-règne un pleur éternel_; mais ici le mot _pleur_ paraît être pris dans
-un sens figuré, pour _peine, douleur_.
-
-=Pleuviner=, pour désigner une pluie fine qui tombe, n'est pas
-français; dites _bruiner_ ou _pluviner_: _il commence à bruiner, à
-pluviner_.--_Bruiner_ est préférable.
-
-=Pleuvoir=, fait au participe passé _plu_: _il y a longtemps qu'il
-n'ait plu_ (et non _pleu_),--L'Académie ne donne pas de participe
-présent.
-
-=Pli=, s. m., terme du jeu de cartes;--ne dites pas, _j'ai fait deux,
-trois, six plis_; dites, _j'ai fait deux, trois, six levées_.
-
-=Plier, Ployer=, v. a.--Voici ce que dit le Dictionnaire de
-l'Académie:--_plier_, mettre en un ou plusieurs doubles et avec un
-certain ordre: _plier du linge, plier des habits, des hardes, des draps
-de lit, des serviettes; pliez votre serviette, plier une lettre_,
-etc.--_Plier_ signifie aussi courber, fléchir: _plier de l'osier, plier
-des branches, des branches d'arbre, des branches de vigne pour en faire
-un berceau, plier les genoux_.
-
-2. _Plier_ s'emploie figurément, et signifie, assujétir, soumettre,
-faire céder, s'accoutumer: _il faudra plier ce jeune homme à la
-bonne règle; plier son esprit, son humeur aux volontés, aux désirs
-d'autrui_.--Il est aussi neutre, et signifie devenir courbé: _un
-roseau, un bâton, une houssine, une baguette qui plie; la planche
-pliait sous lui_.--Figurément, _plier sous le poids des affaires,
-sous le poids des années; plier sous l'autorité, sous les ordres de
-quelqu'un_.
-
-3. _Ployer_ veut dire, fléchir, courber: _ployer une branche d'arbre;
-ployer le genou en marchant_.--Il signifie quelquefois, arranger une
-chose en la pliant, en la mettant en rouleau, en paquet, etc. _ployez
-votre marchandise; ployez votre serviette; ployez vos habits_.
-
-_Ployer_ s'emploie comme actif, comme neutre et avec le pronom
-personnel dans presque toutes les acceptions du verbe _plier_, mais
-seulement _en poésie_ et _dans le style élevé_;--dans _le langage
-ordinaire_, on se sert de _ployer_. (Acad.)
-
-=Ploter=, v. a., battre, maltraiter; écrivez _peloter_ et prononcez
-_ploter_: _on l'a bien peloté; il a été bien peloté dans cette
-conversation, dans cette dispute_.
-
-=Pluie=, s. f., eau qui tombe des nuages: prononcez _pluî_ (_ui_
-diphth.) et non _pluiïe_, ni _plouî_.
-
-=Plume=, s. f.:--_c'est une belle plume_, pour, _il a une écriture_,
-n'est pas français.
-
-=Pluriel, elle=, adj. et subst.--Quelques-uns, dit l'Académie,
-écrivent _plurier_, et la plupart prononcent _plurié_;--nous pensons
-que cette forme et cette prononciation sont surannées, et qu'il faut
-aujourd'hui écrire et prononcer _pluriel_ (_plurièle, è_ bref).
-
-=Plus=, adv. de comp.--Prononcez _plu_ et non _plusse_: l'_s_
-cependant se prononce dans: _je dis plus, il a plus_ et dans
-_plus-que-parfait_.
-
-2. Il a le même sens que _davantage_, mais on ne peut pas l'employer
-pour _davantage_: voyez ce mot.
-
-3. _Plus d'à demi, plus d'à moitié_: ces locutions sont préférables à
-celles-ci: _plus qu'à demi, plus qu'à moitié_.
-
-4. Ne dites pas: _il a plus que vingt ans; il a dépensé plus que cent
-francs_; dites, _il a plus de vingt ans; il a dépensé plus de cent
-francs_.
-
-5. Ne dites pas: _il est plus sage, il est moins sage comme vous_;
-dites, _que vous_.
-
-6. Ne dites pas: _plus pauvre est-on, plus est-ce qu'on veut briller;
-plus que je le connais, plus que je l'estime_; dites, _plus pauvre
-est-on, plus veut-on briller; plus je le connais, plus je l'estime_.
-
-7. Ne dites pas: _je n'ai plus vu ce monsieur_, pour signifier que vous
-le voyez pour la première fois; dites, _je ne l'ai pas encore vu, je ne
-l'ai jamais vu_.
-
-8. _Plus pire, plus meilleur, plus pis, plus mieux_, sont des locutions
-barbares.
-
-9. _Plus_ comparé à _mieux_; voyez ce dernier mot.
-
-10. _Plus tôt_ et _plutôt_.--_Plus tôt_, en deux mots, a rapport
-au temps et est opposé à _plus tard_: _il est arrivé plus tôt (plus
-tard) que vous_.--_Plutôt_, en un mot, éveille une idée de choix, de
-préférence: _plutôt mourir que de me déshonorer_; c'est-à-dire, je
-préfère, j'aime mieux mourir que...
-
-=Poche=, s. f.--Ne dites pas: _j'ai ce papier en poche_; dites, _dans
-ma poche; mettre, serrer, fourrer quelque chose dans sa poche, dans
-ses poches_.--_Mettre en poche_, (figuré et famil.) c'est _mettre en
-réserve_ et appliquer à son profit un argent qu'on a reçu pour une
-autre destination.
-
-=Poêle=, a plusieurs significations:--_poêle_, s. _masculin_ (et non
-_poèle_ ni _poële_), drap mortuaire qui recouvre le cercueil; voile
-qui recouvre la tête des mariés; sorte de dais.--_Poêle_ ou _poile_,
-s. _masculin_ (et non _poèle_ ni _poële_), sorte de fourneau de terre
-ou de fonte ou de tôle, par le moyen duquel on échauffe des chambres,
-des serres, etc.--_Poêle_, s. _féminin_ (et non _poèle_ ni _poële_),
-ustensile de cuisine à longue queue pour frire, fricasser;--_poêlon_,
-petite poêle:--dans toutes ces diverses acceptions, prononcez _poale,
-poalon, poalier_ et non _pèle_ ni _poèle_.
-
-=Poêlier=, s. m. (et non _poëlier_), artisan qui fait des poêles:
-prononcez _poalier_ et non _poèlier_.
-
-=Poème=, s. m., ouvrage en vers;--_poète_:--l'_e_ est grave dans ces
-mots; l'_o_ et l'_è_ forment deux syllabes de même que pour les dérivés
-_poésie, poétereau, poétesse, poétique, poétiser_, etc.
-
-2. On doit se garder d'intercaler, dans la prononciation, un _i_
-entre l'_o_ et l'_e_; ne dites donc pas, _po-ïème, po-ïète, po-ïésie,
-po-ïétique_, etc.
-
-=Poète=, s. m., celui qui cultive la poésie; au féminin, _poétesse_,
-mais il est peu usité et l'on dit plus volontiers _une femme poète_.
-
-=Poigner=, n'est pas français; il faut dire _toucher, manier,
-prendre dans la main_:--_regardez cela, mais n'y touchez pas; ne
-touchez pas cela; manier un drap pour voir s'il est doux, s'il est
-fin_.--_Empoigner_ est français.
-
-=Poignet=, _poignant, poignée, poignard_:--prononcez _poagnet,
-poagnant, poagnée, poagnard_ et non _pognet, pognant, pognée, pognard_.
-
-=Poil=, s. m.--On ne dit pas un _poil_, mais bien un _grain_ de tabac,
-d'avoine, de poudre à canon;--un _brin_ d'herbe, de fil, de soie, de
-paille;--un _flocon_ de neige: _la grêle n'a pas laissé dans ce pré un
-brin d'herbe; le seigle et le froment ont déjà poussé de beaux brins;
-ces pauvres n'ont pas un brin de paille pour se coucher_.
-
-2. _Poil_ (_mort_).--Il faut traduire par _poil follet_, si l'on veut
-désigner ces poils rares et légers qui viennent avant la barbe; _duvet_
-s'emploie aussi dans cette acception, surtout en poésie;--et par
-_duvet_, si l'on veut parler des poils qui poussent aux jeunes oiseaux
-avant les plumes: _ce jeune homme n'a encore que le poil follet; le
-poil follet commence à lui pousser; ces petits moineaux ont encore leur
-duvet_.--Prononcez _poale_ et non _poèle_.
-
-=Poindre=, v. n., n'est usité qu'à l'infinitif et au futur; il se
-dit proprement du jour qui commence à paraître, et de plantes qui
-commencent à pousser: _à peine le jour commençait à poindre; je
-partirai dès que le jour poindra; dès que les herbes commencent à
-poindre; le poil commence à lui poindre au menton_.
-
-2. Ne dites pas _pointer_ dans ce sens: _j'ai vu poindre_ (et non
-_pointer_) _le jour_.
-
-3. Prononcez _poindre_ et non _poandre_ ni _poin-te, poindère_.
-
-=Point= (=à=).--Cette locution est française et signifie, _à propos_;
-_il était ruiné, il a recueilli une grande succession, cela lui est
-venu bien à point;--vous arrivez à point, bien à point;--tout vient à
-point à qui peut attendre_.
-
-=Point, Pas.=--Ne dites pas: _il y a six mois que je ne l'ai pas vu_;
-dites, _il y a six mois que je ne l'ai vu_.
-
-2. Ne dites pas: _ont-ils pas fait telle chose; viendra-t-il pas
-aujourd'hui?_ dites, _n'ont-ils pas fait telle chose; ne viendra-t-il
-pas aujourd'hui?_--Voyez _pas_.
-
-3. _Peu ou point, ni peu ni point_:--Ces locutions sont françaises: la
-première signifie _presque point_ et la seconde, _point du tout_:--_il
-a peu ou point de santé; il n'a d'esprit ni peu ni point_.
-
-4. Prononcez _point_ (en faisant sentir l'_in_ comme dans _pin_) et non
-_poant_.
-
-=Pointilleux, euse=, celui qui aime à pointiller, à contester: _vous
-êtes bien pointilleux_;--ne dites pas _pointilleur_.
-
-=Poireau= et =Porreau=, s. m.--Ces deux mots sont reçus, mais
-_porreau_ paraît moins usité (Acad.):--cependant comme _porreau_ est
-plus en usage en Belgique que _poireau_, nous pensons qu'il faut lui
-donner la préférence, au moins dans la conversation: c'est une plante
-potagère du genre des oignons: _une soupe aux porreaux_.
-
-2. _Poireau_ signifie aussi une excroissance qui vient sur la peau,
-particulièrement aux mains: _il a les mains pleines de poireaux_;--il
-se dit dans le même sens, en parlant des chevaux et des chiens: _un
-cheval qui a des poireaux aux jambes; un petit chien qui a des poireaux
-aux joues_.--On dit aussi _verrue_ dans ce sens.--_Poireau_: prononcez
-_poareau_.
-
-=Pois goulus=, pois que l'on mange avec la cosse; ne dites pas _pois
-gourmands_.
-
-=Poivrier, Poivrière.=--Le _poivrier_ est un arbrisseau qui produit
-le poivre; il se dit aussi, d'un vase, d'une boîte où l'on conserve le
-poivre;--la _poivrière_ est un ustensile de table de la forme d'une
-salière dans lequel on met le poivre;--il se dit aussi d'un petit vase
-en forme de poire dont l'extrémité est percée d'un petit trou et que
-l'on secoue pour saupoudrer de poivre divers aliments.
-
-=Polder=, s. m., au pl., _polders_, vastes plaines de la Belgique qui
-sont protégées par les digues: prononcez _pol-dre_.
-
-=Polichinelle=, s. m., sorte de marionnette; ne dites pas
-_porichinelle_ ni _pourichinelle_.
-
-=Polir=, v. a.--Ne dites pas _polir_, dans le sens de repasser du
-linge: _voilà des chemises bien repassées_, et non _bien polies_;--il
-faut dire également _repasseuse_ et non _polisseuse_.
-
-=Pollen=, s. m. poussière fécondante des fleurs: prononcez _pol'lène_,
-en faisant sentir les deux _ll_ et l'_n_.
-
-=Pommeau=: voyez _cliche_ et _bouton_.
-
-=Ponctuer=, _ponctuation, ponctuel, ponctualité_ etc.:--prononcez le
-_c_ comme un _k_.
-
-=Pontonnier=, s. m., celui qui reçoit le droit exigé pour le passage
-d'une rivière, soit sur un pont, soit dans un bac.--Prononcez
-_ponto-nier_ et non _ponto-gnier_.
-
-=Poques= et =Poquettes=: ces mots ne sont pas français;--il faut dire
-_petite vérole_: _mon frère a eu la petite vérole_ et non, _les poques,
-les poquettes_.
-
-=Porc=, s. m., cochon:--le _c_ ne se fait pas sentir devant une
-consonne: _du porc frais_ (_por_).
-
-=Porc-épic=, s. m., quadrupède dont le corps est hérissé de piquants;
-au pluriel, _porcs-épic_:--prononcez _porképik_ au pluriel comme au
-singulier.
-
-=Portant, te=, ne s'emploie qu'avec les adverbes _bien_ et _mal_: _mon
-frère est bien portant, ma soeur est mal portante_ (_se porte bien, se
-porte mal_).
-
-2. _L'un portant l'autre_, pour _l'un parmi l'autre_: voyez _parmi_.
-
-=Porte= _d'une agraffe_ (_la_), est une espèce de petit anneau où l'on
-fait entrer le crochet d'une agraffe et qui sert à la retenir.--Ne
-dites pas _oeillet_.
-
-=Porteballe=, s. m., s'écrit sans trait d'union et en un seul
-mot.--Il se dit d'un marchand ambulant qui porte sur son dos une
-balle de marchandises; au pluriel _des porteballes_:--ne dites pas
-_porte-panier_.
-
-=Porte-cigare=, s. m., espèce de chalumet au bout duquel on adapte
-un cigare;--étui pour renfermer plusieurs cigares;--au pluriel,
-des _porte-cigare_ dans la première acception, et _porte-cigares_
-au singulier et au pluriel, dans la seconde;--dans ce cas, nous
-préférerions le mot _étui à cigares_; on éviterait ainsi l'équivoque.
-
-=Portefaix, Portefeuille, Portemanteau=, s'écrivent sans trait d'union
-et en un seul mot.
-
-=Porter=, s. m., espèce de bière anglaise: prononcez _portère_.
-
-=Porteur de lettres=, ne se dit pas; dites _facteur_.
-
-=Portion, Potion.=--_Portion_ signifie _part, partie_: _les
-héritiers ont partagé tout le bien du défunt en quatre portions;
-garçon, servez-moi une portion de fraises_.--_Potion_ ne désigne
-qu'un remède liquide: _une potion calmante_ et non _une portion
-calmante_.--Prononcez _porcion, pôcion_ (_ô_ long).
-
-=Possible=, adj.--_Il est possible que, est-il possible que_, veut le
-subjonctif: _il est possible que je gagne_ (et non _que je gagnerai_)
-_le gros lot_; _est-il possible que vous vous laissiez_ (et non _que
-vous vous laisserez_) _toujours entraîner par vos camarades_.
-
-2. _Possible_ est invariable, comme attribut d'une proposition
-elliptique, lorsqu'il est précédé des mots _plus, moins, le plus,
-le moins_: _ils ne songent qu'à payer le moins d'impôts possible_,
-c'est-à-dire, qu'il lui est possible.
-
-3. Ne dites pas: _cela peut être possible_; c'est un pléonasme vicieux;
-dites simplement: _cela est possible_.
-
-4. Prononcez _possi-ble_ et non _possipe, possibèle_.
-
-=Poste=, s. f.: prononcez _pos-te_ et non _posse_.
-
-2. Ne dites pas d'un domestique qu'il est dans un bon _poste_; dites
-qu'il est dans une bonne _condition_.
-
-3. _Papier de poste_ n'est pas admis par l'Académie, qui dit _papier à
-lettres_.
-
-=Post-scriptum=, s. m., ce qui est ajouté à une lettre, ordinairement
-après la signature: on l'indique par ces deux lettres: _P. S._--Au
-pluriel des _post-scriptum_. (Acad.) Prononcez _poss'-scriptome_.
-
-=Posture=, s. f., signifie la position du corps, mais il n'est pas
-synonyme de _statue_: _il y a des statues dans son jardin_ (et non _des
-postures_).
-
-=Pot=, s. m., vase de terre ou de métal: prononcez _pô_ (_ô_ long);
-l'_o_ devient bref dans _pot-à-l'eau, pot-au-lait, pot-au-feu_.
-
-2. Ce mot, suivi de la préposition _à_, marque la destination du _pot_;
-et lorsqu'il est suivi de la préposition _de_, il indique l'usage
-actuel du vase: _pot-à-l'eau, pot-au-lait, pot à fleurs_, etc., vases
-propres à mettre de l'eau, du lait, des fleurs;--_pot d'eau, pot de
-lait, pot de fleurs_, vase qui contient maintenant de l'eau, du lait,
-des fleurs.
-
-3. Ne dites pas: _mettez au pot_ ou _à la potte_, pour, _mettez au jeu,
-faites l'enjeu_.
-
-4. Ne dites pas, _il est bête comme un pot_; en effet, un pot ne
-peut être ni bête ni intelligent; dites, _il est bête comme une
-oie_;--cependant on peut dire d'une personne de peu d'intelligence,
-_qu'elle est bouchée comme un pot_.
-
-5. On dit également bien, _il est sourd comme un pot_ (et non _comme
-une porte_).
-
-=Potable=, adj., qui peut se boire, qu'on peut boire sans répugnance:
-_eau potable, ce vin est déjà potable_;--prononcez _potable_, et non
-_potape_ ni _potabèle_.--Voyez _buvable_.
-
-=Potassium=, s. m., nouveau métal: prononcez _potaciome_.
-
-=Pot-au-feu=, s. m., s'écrit avec des traits d'union;--au pluriel, des
-_pot-au-feu_. (Acad.)--Ce mot signifie la quantité de viande destinée
-à être mise dans le pot: _mettre un pot-au-feu, trois pot-au-feu_; un
-_pot-au-feu de trois livres de viande, de trois livres_.--_Pot-au-feu_
-ne se dit pas du _bouilli_.
-
-=Pot-de-vin=, s. m., sorte de présent qui se fait en sus du prix
-convenu pour un marché; au pluriel _des pots-de-vin_: _on lui donne
-mille francs pour le pot-de-vin_.--Voyez _dringuelle_.
-
-=Pot pourri=, s. m., s'écrit sans trait d'union.
-
-=Poteau= (_d'eau_), petit amas d'eau formé par la pluie, etc., dans les
-parties creuses des chemins;--ce mot n'est pas français; rendez-le par
-_flaque_ ou _mare_ (la _flaque_ est plus petite que la _mare_): _il
-y a des flaques d'eau dans ce chemin; dans ce village on abreuve les
-bestiaux à une mare, à la mare_.
-
-=Potée=, s. f., ce qui est contenu dans un pot, ce que peut contenir un
-pot: _une potée d'eau, une potée de bouillon, une potée de lait_.
-
-2. _Une potée d'enfants_, c'est un grand nombre d'enfants;--_éveillé
-comme une potée de souris_, se dit d'un enfant fort vif, fort remuant
-et fort gai. (Acad.)--Plusieurs lexicographes disent _éveillé comme
-une portée de souris_.
-
-3. On ne dit pas, _une potée de fleurs_ ou simplement _une potée_; le
-mot français est _pot de fleurs_.
-
-4. _Potée_ ne se dit pas non plus en français pour _quart de pinte_.
-
-=Potiquet=, n'est pas français; dites _petit pot_.
-
-=Potiron=, s. m., espèce de citrouille ronde: _manger du potiron_;--ne
-dites pas _poturon_.
-
-=Potte=, n'est pas français; il faut dire _fossette_ pour désigner
-un petit creux que les enfants font en terre pour y jeter et y faire
-entrer des noix, des billes, des noyaux, etc.: _jouer à la fossette_.
-
-=Pouce=, s. m., le plus gros et le plus court des doigts de la main.
-
-2. On peut dire, manger _un morceau sur le pouce_, c'est-à-dire, _à la
-hâte_;--l'Académie donne cet exemple: _manger, déjeuner sur le pouce_,
-(à la hâte, sans prendre le temps de s'asseoir).--c'est donc à tort
-que certains grammairiens condamnent la première locution.
-
-3. Ne dites pas _le pouce du pied_: dites _le gros orteil_ ou
-simplement _l'orteil_.
-
-=Pouding=, s. m., sorte de mets anglais composé de différents
-ingrédients: prononcez _poudingue_.
-
-=Poudre=, s. f., se dit de divers médicaments, simples ou composés, qui
-sont sous la forme de poudre; ce mot est féminin: _poudre purgative;
-une poudre d'une grande vertu_.
-
-=Poulain=, s. m., jeune cheval: le féminin correspondant est
-_pouliche_;--on disait autrefois _poulaine_ ou _pouline_.
-
-=Poule=, s. f.; ne dites pas _pouille_.
-
-=Pouls=, s. m., battement des artères: prononcez _pou_ et non _poule_
-ni _pouce_.
-
-=Poumonie=, s. f., maladie de poumons; _poumonique_, qui en est
-atteint;--ces mots ne sont pas français: dites _pulmonie, pulmonique_.
-
-=Poupard=, s. m., enfant au maillot, gros enfant: ne dites pas
-_papard_.--On dit aussi _poupon, pouponne_.
-
-=Poupée=, s. f., jouet de petites filles; ne dites pas _poupe, pope_.
-
-=Pour=, prép.--Ne dites pas: _qui est-ce, qu'est-ce pour un homme,
-pour une musique, pour un arbre, pour une fleur?_ dites simplement
-_qui est-ce_ ou _quel est cet homme, quelle est cette musique, quel est
-cet arbre, quelle est cette fleur?_
-
-2. Ne dites pas: _pour à l'égard de votre frère_; dites, _pour votre
-frère_ ou _à l'égard de votre frère_.
-
-3. Ne dites pas: _le vin est fait pour boire_; dites, _pour être
-bu_.--Avec _pour_, évitez les verbes actifs pris dans un sens passif.
-
-4. Ne dites pas: _pour quant à moi_; dites, _pour moi_ ou _quant à moi_.
-
-5. Ne dites pas: _s'il est puni, c'est pour lui, car il l'a bien
-mérité_; dites, _s'il est puni, tant pis pour lui..._
-
-6. Ne dites pas: _c'est un long travail, j'en ai pour moi trois mois_;
-dites, _j'en ai pour trois mois_.
-
-7. Ne dites pas: _tout est trop cher, ce n'est plus pour vivre_; dites,
-_il n'y a plus moyen de vivre_. (Fland.)
-
-8. Ne dites pas, _le dites-vous pour de bon_; dites, _tout de bon_.
-
-9. Ne dites pas, _il dort pour quatre_; dites, _il dort comme quatre_.
-(Fland.)
-
-10. Ne dites pas, _je n'oserais le faire, c'est bon vous_ ou _pour
-vous_; dites, _c'est bon à vous_.
-
-=Pourboire=, s. m.: voyez _dringuelle_.
-
-=Pourpre=, s. m., couleur rouge foncée: prononcez _pour-pre_ et non
-_pourpe_ ni _pourpère_.
-
-2. _Pourpre_, maladie dangereuse, est masculin: _il a la maladie du
-pourpre_.
-
-=Pourquoi.=--Ne dites pas: _Dieu est juste, c'est pourquoi que nous
-devons l'aimer_; dites, _c'est pourquoi nous devons l'aimer_. (Wall.)
-
-2. Ne dites pas: _pourquoi est-ce que vous faites cela; pourquoi est-ce
-que c'est que vous faites cela?_--dites, _pourquoi faites-vous cela?_
-
-=Poursuivre=, v. a., fait au part. passé _poursuivi_ et non _poursui_:
-_il m'a poursuivi pendant une heure_;--la même observation s'applique
-au verbe _suivre_.
-
-=Pourvu que=, loc. conj.: voyez _parmi que_.
-
-=Pousser=, v. a. et n.--On dit très-bien, _les arbres commencent à
-pousser; ces fleurs poussent déjà_, pour signifier un accroissement
-qui se produit dans les arbres et dans les plantes.--On dit également,
-_les arbres commencent à pousser des boutons, des feuilles_;--mais
-_pousser_, dans ce dernier sens, ne s'emploie pas comme verbe
-neutre;--il faut dire, _les arbres poussent des boutons, des feuilles_,
-etc., ou bien, _les arbres verdissent_.
-
-=Poussière=, s. f.--Ne dites pas, _j'ai une poussière dans l'oeil_;
-dites, _j'ai un grain de poussière_ ou _j'ai de la poussière dans
-l'oeil_.
-
-2. _Poudreux_, couvert de poussière, dans le langage ordinaire, est
-infiniment préférable à _poussiéreux_:--_pousseux_ n'est pas français.
-
-=Poussin, Poulet.=--_Poussin_, petit poulet nouvellement éclos: _une
-poule qui appelle_, qui _rassemble ses poussins_.--_Poulet_ se dit du
-petit d'une poule, plus âgé et plus fort que le _poussin_: _manger du
-poulet; élever, engraisser des poulets_.
-
-=Poutre=, s., grosse pièce de bois équarri qui soutient les solives
-d'un plancher; ce mot est féminin: _la poutre est cassée_.--Prononcez
-_pou-tre_ et non _poute_ ni _poutère_.
-
-=Poutrelle=, s. f., petite poutre: dans ce bâtiment il ne faut que des
-poutrelles.
-
-=Pouvoir=, v. n.--_Il ne peut mal de tomber, de négliger ses devoirs_
-(Wall.): voyez _mal_.
-
-2. Ne dites pas: _le verre est cassé, je n'en peux rien_; dites _je n'y
-puis rien, ce n'est pas ma faute_;--on dit encore: _on l'accuse fort
-injustement de telle chose, il n'en peut mais_.
-
-3. Ne dites pas, _cet homme peut contre la boisson_ (Flandr.); dites,
-_cet homme sait supporter la boisson_. (Flandr.)
-
-4. Ne dites pas: _cette dépense n'est pas trop forte pour lui, il peut
-là contre_; dites, _il peut la faire sans se gêner_. (Fland.)
-
-5. _Pouvoir, savoir.--On ne saurait, on ne peut._--_On ne
-saurait_ paraît plus propre à marquer l'impuissance morale où l'on est
-de faire une chose;--_on ne peut_, semble marquer plus précisément et
-avec plus d'énergie l'impossibilité de la chose en elle même. Ce qu'_on
-ne saurait faire_ est trop difficile; ce qu'_on ne peut faire_ est
-impossible: _on ne saurait bien servir deux maîtres; on ne peut pas
-obéir en même temps à deux ordres opposés_.
-
-=Précepteur=, s. m.: voyez _Percepteur_.
-
-=Prêcher=, v. a.--Ne dites pas, _prêcher par exemple_; dites, _prêcher
-d'exemple_.
-
-=Prédire=, v. a., se conjugue comme _médire_:--indic. prés., _vous
-prédisez_; impér., _prédisez_.
-
-2. Ne dites pas: _tableau appartenant à M. X. prédit_; dites, _à M. X.
-cité plus haut, déjà nommé_;--_susdit, susdite_ se dit aussi, surtout
-dans le style de pratique.
-
-=Préférer=, v. a.--On dit _préférer faire_ et _préférer de faire_.
-
-2. Lorsqu'il est suivi de deux infinitifs mis en opposition, il faut
-dire _préférer de... plutôt que de...._:--_il préféra de mourir plutôt
-que de se rendre lâchement_.
-
-=Prélire=, v. a., t. d'imprim.: ne dites pas, _la vente se fera aux
-conditions à prélire_; dites, aux _conditions indiquées plus haut,
-ci-dessus mentionnées_.
-
-=Premier, ière=, adj. num. ord.--Prononcez _premier_ (_e_ muet) et non
-_prémier, prèmier, promier_: prononcez de même _premièrement_.
-
-=Premièrement=, adv.--N'employez pas _premièrement_ pour _tout à
-l'heure, il n'y a pas longtemps_: dites donc: _il est arrivé tout à
-l'heure_ et non _il arrive premièrement_;--_je venais de dîner quand
-vous êtes entré_, et non, _je dînais premièrement quand vous êtes
-entré_;--_il vient de partir_ et non _il part premièrement_;--_Caïn
-a rougi le premier_ ou _est le premier qui ait rougi la terre du sang
-humain_, et non _Caïn a premièrement rougi la terre_. (Fland.)
-
-2. Ne dites pas: _dînons premièrement, nous verrons ensuite_; dites,
-_dînons d'abord..._
-
-=Prendre=, v. a.--_Prendre sa main, prendre son pied_, sont des
-expressions ridicules et qui n'ont pas de sens;--au lieu de dire, _je
-prends ma main et je lui donne un soufflet_; dites simplement, _je lui
-donne un soufflet_.
-
-2. Ne dites pas, _ne prenez pas mauvais que je vous contredise_; dites,
-_ne trouvez pas mauvais..._ (Fland.)
-
-3. Ne dites pas, _prenez attention à ce que vous faites_; dites,
-_faites attention..._--Voyez _attention_. (Fland.)
-
-4. Ne dites pas, _prendre confiance en quelque chose_; dites, _mettre
-sa confiance en quelque chose_.
-
-5. Ne dites pas, _l'idée lui a pris de sortir_; dites, _l'idée lui est
-venue de sortir_.
-
-6. Ne dites pas, _prendre bon_, pour _trouver bon_ ou _prendre en bonne
-part_. (Fland.)
-
-7. Ne dites pas au cond.: _nous prenderions, vous prenderiez_; dites,
-_nous prendrions, vous prendriez_.
-
-=Preneur, Bailleur=, en style de notaire, font au féminin _preneuse_ et
-_bailleresse_; dites _bailleresse de fonds_ et non _bailleuse de fonds_.
-
-=Prenker= ou =Prinquère=, est un mot du flamand vulgaire; rendez-le par
-_hanneton_ (_h_ aspirée).
-
-=Près de= et =Prêt à=--_Près de_, loc. prép., signifie _sur le point
-de_: _les beaux jours sont près de finir_.--_Prêt à_ est un adjectif
-qui veut dire _disposé à_, et qui s'accorde avec le mot qu'il modifie:
-_l'ignorant est toujours prêt à s'admirer_.--Ainsi _près de la mort_
-et _prêt à la mort_, ne présentent pas le même sens:--le premier
-signifie _voisin_ de la mort et le second _préparé_ à mourir.
-
-2. _Près de, auprès de, au prix de_: voyez _prix_.
-
-=Presbyte=, adj. et s.: voyez _myope_.
-
-=Prescience=, s. f., connaissance de l'avenir: prononcez _press'ciance_
-et non _pré-ciance_.
-
-=Préséance=, s. f., droit de prendre place avant quelqu'un dans une
-solennité:--prononcez l'_s_ dure, _précéance_.
-
-=Président à la cour=, et =Président de la cour=.--Un _président
-à la cour_ est un président d'une chambre de la cour; le _premier_
-président d'une cour d'appel ou de cassation a seul le droit au titre
-de _président de la cour_.
-
-=Présider=, occuper la première place dans une assemblée, s'emploie
-avec ou sans la préposition _à_: _présider une compagnie,
-présider l'assemblée_, ou _présider à une compagnie, présider à
-l'assemblée_.--On dit de même _présider un concours_ et _présider à un
-concours_. (Acad.)
-
-=Presque=, adv.:--L'_e_ ne s'élide que dans _presqu'île_: _un ouvrage
-presque achevé_ (et non _presqu'achevé_),--cependant l'_e_ devant une
-voyelle s'élide dans la prononciation.
-
-=Pressez-vous vite=, _hâtez-vous vite, dépêchez-vous vite_, sont des
-pléonasmes vicieux; dites simplement, _pressez-vous, hâtez-vous,
-dépêchez-vous_.
-
-=Présupposer=, _présupposition_: l'_s_ est dure dans ces mots.
-
-=Prêt à=: voyez _près de_.
-
-=Pretantaine=, s. f.--_Courir la pretantaine_, courir çà et là sans
-sujet:--ne dites pas _prétentaine_ ni _pertaintaine_.
-
-=Prétendûment=, adv.--Ce mot est hors d'usage; il faut le remplacer
-par le participe _prétendu, due_ ou _soi-disant_: _on a vérifié
-la pièce prétendue fausse_ et non _prétendûment fausse_; _un tel,
-soi-disant docteur_.
-
-=Prétendre.=--_Prétendre la première place_, c'est l'exiger comme
-un droit; et _prétendre à la première place_, c'est y aspirer, c'est
-travailler à l'obtenir.
-
-=Prêter, Emprunter.=--Il ne faut pas confondre ces deux mots:--_prêter_,
-c'est _donner_ quelque chose à quelqu'un, lequel s'engage à vous le
-rendre: _j'ai prêté de l'argent à mon frère pour le mettre à même de
-payer ses dettes_;--_emprunter_, au contraire, c'est _recevoir_ quelque
-chose de quelqu'un en s'engageant à le lui rendre: _j'ai emprunté de
-l'argent à mon frère pour payer mes dettes_;--en un mot, celui qui
-prête, _donne_ et celui qui emprunte, _reçoit_.--Il en est de même
-des substantifs _prêt_ et _emprunt_.--Plusieurs wallons emploient
-abusivement _prêter_ pour _emprunter_.
-
-=Prétexte=, s. m., raison apparente dont on se sert pour cacher le vrai
-motif: prononcez _préteks-te_ (en faisant sentir l'_x_ et le _t_ final)
-et non _prétekse_ ni _prétèke_.
-
-=Prêtre=, s. m.;--le féminin correspondant _prêtresse_ n'est usité
-qu'en parlant du culte des faux dieux:--prononcez _prê-tre_ et non
-_prê-te_ ni _prê-tère_.
-
-=Preuve=, s. f., ce qui établit la vérité: prononcez _preu-ve_ (_eu_
-bref) et non _preu-fe_ ni _preû-ve_.
-
-=Prévenir=, v. a., instruire, avertir quelqu'un d'une chose par
-avance;--on peut dire, _prévenir quelqu'un d'une chose_ ou bien
-_prévenir quelqu'une qu'une chose est, a été_ ou _sera_: _il m'a fait
-prévenir de son arrivée; je vous préviens que vous aurez demain une
-visite qui vous surprendra_. (Acad.) Voyez _informer_.
-
-2. _Prévenir d'avance_, est un pléonasme vicieux: _il m'a fait prévenir
-de son arrivée_ et non _il m'a fait prévenir d'avance_.
-
-=Prévisant=, mot wallon, qui regarde de trop près à quelque chose; qui
-est trop exact, trop ménager;--traduisez-le par _regardant_: _il ne
-faut pas être si regardant, trop regardant; vous êtes trop regardant_.
-
-=Prévoir=, v. a., se conjugue comme voir, excepté au futur et au
-conditionnel, où il fait, _je prévoirai, tu prévoiras_, etc., _je
-prévoirais, tu prévoirais_, etc.
-
-2. _Prévoir d'avance_, est un pléonasme vicieux, car _prévoir_ signifie
-par lui-même, _voir d'avance_.
-
-=Prévôt=, _prévôtal, prévôtalement_: l'_o_ est bref dans ces trois mots.
-
-=Prie-Dieu=, s. m., sorte de pupitre devant lequel on s'agenouille
-pour faire ses prières; au pluriel des _prie-Dieu_.--Ne dites pas
-_prié-Dieu_ et prononcez _prî-Dieu_ (_î_ long) et non _pri-ïe-Dieu_.
-
-=Prier=, v. n.: prononcez _pri-er_ et non _pri-ier_.
-
-2. Ne dites pas: _je vous prie le bon jour, le bon soir_; dites, _je
-vous souhaite le bon jour, le bon soir_.
-
-3. On dit, _prier quelqu'un d'une chose_ ou _de faire quelque chose_.
-(Acad.)
-
-=Prière=, s. f.--On dit _un livre de prières_ et non _un livre à
-prières_. (Acad.)--Voyez _livre_.
-
-=Prieur=, s. m., dignité ecclésiastique; l'_i_ est long ainsi que dans
-_prieure, prieuré_.
-
-=Primatie=, s. f., dignité du primat: prononcez _primacie_;
---_primatial_, prononcez _primacial_.
-
-=Primeur=, s. f., se dit au _singulier_ de la première saison des
-fruits et des légumes: _les fraises, les pois sont chers dans la
-primeur, dans leur primeur_.--Il se dit aussi en parlant du vin:
-_certains vins sont bons dans la primeur_, c'est-à-dire, sont bons à
-boire aussitôt après la vendange.--_Primeurs_, au pluriel, se dit des
-fruits et des légumes précoces: _on a servi des primeurs_.
-
-=Priser=, v. n., prendre du tabac,--_priseur_, qui prend du tabac,
-sont des mots français.
-
-=Prix=, s. m.--Ne dites pas: _ce marchand vend à des prix civils_;
-dites, _à des prix modiques_ ou _à juste prix_.
-
-2. _Au prix de, auprès de, près de._--_Auprès de_ et _au prix de_
-s'emploient pour marquer la différence qu'il y a entre deux objets
-comparés: _la terre n'est qu'un point auprès du reste de l'univers;
-qu'est-ce que cette vie au prix de l'éternité!_--_Au prix de_ doit être
-préféré, quand il s'agit de la valeur de deux objets: _qu'est-ce que
-la science au prix de la vertu? ce service n'est rien au prix de celui
-qu'il m'avait rendu_. (Acad.)--_Près de_ ne s'emploie plus pour _auprès
-de, au prix de_: le vers suivant a donc cessé d'être correct: _pour
-vous régler sur eux, que sont-ils près de vous?_ (Rac.)--Aujourd'hui on
-dirait: _que sont-ils auprès_ ou _au prix de vous_.
-
-=Prochain, aine=, adj.--Ne dites pas: _j'irai vous voir lundi qui
-vient, la semaine qui vient_, etc.; dites, _lundi prochain, la semaine
-prochaine_. (Wall.)
-
-2. =Prochain=, s. m., chaque homme en particulier et tous les hommes en
-général: _il faut aimer son prochain comme soi-même_.--Il ne s'emploie
-pas au pluriel.
-
-=Proche=, voisin, est adjectif, adverbe et substantif: _les maisons
-proches de la rivière sont sujettes aux inondations_; _les maisons qui
-sont proche_ (près) _de la rivière_; _je demeure ici proche_ (près).
-
-2. _Proche_, précédé du verbe _être_ est adjectif ou préposition: _ces
-maisons sont proches_ ou _proche de la ville_; mais précédé d'un autre
-verbe, il est toujours préposition: _les maisons que l'on construit
-proche de la ville_.
-
-3. _Proches_, au pluriel, est substantif et signifie les parents:
-_c'est un de mes proches_;--voyez _parent_.
-
-4. _Proche, contigu_.--Deux objets sont _contigus_, lorsqu'ils se
-touchent immédiatement, lorsqu'il y a entre eux un contact véritable:
-_ces deux maisons sont contiguës_, c'est-à-dire qu'elles se touchent et
-ne sont séparées par quoi que ce soit.--Au contraire, ces deux maisons
-peuvent être proches l'une de l'autre, quoique étant séparées par une
-ou plusieurs maisons, jardin, place, etc.
-
-=Procurer=, v. a.--Ne dites pas, _il s'est procuré d'une chambre, d'un
-domestique_; dites, _il s'est procuré une chambre, un domestique_.
-(Fland.)
-
-=Professeur=, s. m., n'a pas de correspondant féminin; on dit
-_maîtresse_: _maîtresse de musique, de dessin, d'anglais_.
-
-=Profession=: voyez _métier_.
-
-=Proficiat=, n'est guère usité que dans cette locution: _souhaiter à
-quelqu'un un bon proficiat_, c'est-à-dire, lui souhaiter une bonne
-réussite;--il s'emploie quelquefois seul et signifie alors, _je vous
-fais compliment, je vous félicite_:--_votre devoir est très-bien fait,
-proficiat!_--Prononcez _proficiate_ et non _proféciate_.
-
-=Profil=, s. m., trait d'un objet vu de côté: prononcez _profile_ (_l_
-non mouillée).
-
-=Profit=, s. m., petit instrument de métal qui sert à brûler les
-chandelles jusqu'au bout; ce mot n'est pas français; il faut dire
-_binet_ ou _brûle-tout_.
-
-=Profiter=, est un verbe neutre; ne dites donc pas, _je n'ai rien
-profité_, mais, _je n'ai profité de rien_. (Fland.)
-
-2. Ne dites pas, _j'ai profité cent francs dans cette soirée_; dites,
-_j'ai gagné cent francs..._ (Fland.)
-
-3. Ne dites pas, _je profite beaucoup de lui_; dites, _avec lui_ ou
-_dans sa fréquentation_. (Fland.)
-
-=Profondis= (=de=):--voyez _de profundis_.
-
-=Prolongation, Prolongement.=--_Prolongation_ signifie _le temps_
-qu'on ajoute à la durée fixe de quelque chose: _prolongation de congé,
-de terme_.--_Prolongement_ veut dire l'extension, la continuation de
-quelque portion _d'étendue, d'espace_: _prolongement d'un mur, d'un
-chemin_. Voyez _proroger_.
-
-=Promener=, v. n.--Ne dites pas: _je vais promener, coucher, baigner_,
-etc.; dites, _je vais me promener, me coucher, me baigner_.
-
-2. Cependant on peut dire, en sous-entendant _se_, _je l'ai envoyé
-promener_. (Acad.)--Prononcez _promener_ (_e_ muet) et non _promèner_.
-
-=Promenoir, Promenade.=--La _promenade_ est l'action de se
-promener;--le _promenoir_ est le lieu où l'on se promène.--Prononcez
-_promenade, promenoir_ (_e_ muet) et non _promènade, promènoir_.
-
-=Promettre=, v. a.--Ne dites pas, _je vous promets que j'y suis allé_;
-dites, _je vous assure_ ou _je vous certifie que..._--Voyez _compter_.
-
-=Prompt=, _prompte, promptement, promptitude_:--on ne prononce pas
-le second _p_ dans ces mots: _pront, pronte, prontement, prontitude_.
-(Acad.)
-
-=Prône=, s. masculin, instruction pendant la messe paroissiale: faites
-l'_ô_ long ainsi que dans _prôner_.
-
-=Prononciation.=--Pour arriver à se former une bonne prononciation,
-il importe, entre autres choses, aux wallons comme aux flamands, de
-donner à chaque lettre son véritable son ou sa juste valeur. Nous nous
-contenterons ici de dire un mot des lettres _douces_ et des lettres
-_fortes_: on pourra s'en faire une idée exacte par le tableau suivant.
-
- =Douces.= =Fortes.=
-
- b--bombe p--pompe
- c--ronce q, ke--rauque
- d--ronde t--conte
- g--bague q--barque
- g--fromage ch--vache
- j--il a jeté (j'té) ch--acheter (ache'ter)
- v--grive f--griffe
- z--douze c--pouce
- s--blouse s (dure)--mousse
-
-L'important, avons-nous dit, est de conserver à chaque lettre sa valeur
-naturelle, et de ne pas faire des douces des fortes et réciproquement:
-que deviendra le mot _grive_, par exemple, si vous prononcez _griffe_?
-il deviendra tout à fait méconnaissable. Or, les wallons et les
-flamands, en ceci, pèchent précisément par les défauts contraires:
-les wallons tendent à faire fortes toutes les douces, tandis que les
-flamands sont exposés à adoucir toutes les fortes: ainsi _une grive_
-chez un wallon deviendra _une griffe_; et chez un flamand _une griffe_
-deviendra _une grive_.--Dans la liaison des mots c'est une faute
-commune aux flamands d'adoucir les fortes: _mon père est allé_ (est
-d'allé) _à Verviers; donc il n'ira pas chez vous_ (donc gu'il n'ira
-pas) etc.
-
-2. _Prononciation d'un jugement_:--Cette expression est vicieuse;--il
-faut dire _prononcé_: _le prononcé du jugement aura lieu samedi
-prochain_.
-
-=Pronostic=, s. m., conjecture, jugement sur ce qui doit arriver: _ce
-médecin fait ordinairement des pronostics fort justes_:--On écrivait
-anciennement _prognostic_.--Prononcez _prognostique_.
-
-=Proportionné=, _proportionnément, proportionnel, proportionnellement_.
---Ces deux derniers sont des termes de mathématiques et ne se disent
-qu'en parlant des quantités, des grandeurs, des nombres: _quantités
-proportionnelles; échelle proportionnelle; réduire proportionnellement
-un grand dessin à un petit;--la récompense fut proportionnée
-au service_; _il n'a pas été récompensé proportionnément_ (et non
-_proportionnellement_) _à son mérite_.--_Ti_ se prononce comme _ci_
-dans ces mots et dans _proportionné, proportion, proportionalité_.
-
-=Propre=, adj.--Il a un sens différent selon qu'il est placé
-devant ou après le substantif: _mon propre habit_ indique l'habit
-qui m'appartient; il n'est pas question ici de propreté mais de
-_propriété_.--_Mon habit propre_, indique l'état de _propreté_ de
-celui-ci.--_Les propres termes d'une lettre_ sont les mêmes mots, sans
-y rien changer, rapportés fidèlement;--_des termes propres_ sont des
-termes qui expriment nettement la pensée, et conformément aux règles de
-la langue.
-
-2. Lorsque _propre_ signifie, _bien net, bien lavé, bien nettoyé_,
-etc., il se met après son substantif: _apportez-moi une assiette
-propre; voici un verre propre, vous avez des mains propres_.--Lorsqu'il
-signifie, _qui appartient en propre, dont on est possesseur_, il se
-place ordinairement devant le substantif: _vous avez mes propres gants;
-il a été blessé par son propre cheval_.
-
-3. Ne dites pas, _vous êtes si propre avec cette robe_; dites, _vous
-êtes si bien avec cette robe_. (Wall.)
-
-4. Ne dites pas, _c'est du propre que vous avez fait là_; dites, _c'est
-une belle affaire, une jolie équipée, un beau tour, une belle besogne_,
-selon le sens.
-
-5. Ne dites pas, _c'est du propre_ pour _cela est mal_, ni _je suis
-propre_ pour signifier, que vous avez reçu un malencontre.--Prononcez
-_pro-pre_ et non _pro-pe_ ni _pro-père_.
-
-=Prorata= (=au=), à proportion, à raison de: _au prorata de sa
-fortune_;--ne dites pas _à prorata_.
-
-=Proroger, Prolonger= (_prorogation, prolongation_).--_Proroger_,
-v. a., c'est prolonger le temps qui avait été pris, qui avait été
-donné pour quelque chose: _on a prorogé le délai qu'on lui avait
-accordé_; dans cette acception, il a à peu près le même sens que
-_prolonger_.--_Proroger_, en terme de législation politique, signifie
-suspendre les séances des Chambres par un acte de l'autorité royale, et
-en remettre la continuation à un certain jour: _le roi a prorogé les
-Chambres jusqu'au premier mars_.
-
-2. _Prolonger_, v. a., veut dire, faire durer plus longtemps, rendre
-de plus longue durée: _prolonger la guerre, prolonger sa vie_.--Voyez
-_prolongation, prolongement_.
-
-=Prose=, s. f., discours non assujetti à la mesure, tout ce qui n'est
-pas vers: prononcez _prô-ze_ (_ô_ long) et non _pro-ze_ ni _prô-ce_.
-
-=Prospectus=, s. m., programme qui annonce d'avance le sujet, le prix,
-le format d'un livre ou le but, les conditions d'un établissement
-nouveau: prononcez _pros'pektuce_.
-
-=Proue=, s. f., partie de l'avant du vaisseau, par opposition à la
-_poupe_: prononcez _proû_ (_oû_ long) et non _prou-we_.
-
-=Prouesse=, s. f., action de valeur: prononcez _prou-esse_ et non
-_prou-wesse_.
-
-=Prune, Pruneau.=--_Prune_ se dit du fruit frais du prunier;--_pruneau_
-se dit de la prune séchée au four: _une compote aux pruneaux_.
-
-=Prusse=, _prussien, Russie, russe_:--l'_u_ est bref dans ces mots;
-c'est donc une faute de prononcer _Prû-ce, prû-cien, Rû-cie, rû-ce_.
-
-=Psaume=, (et non _pseaume_), _psautier, psalmiste_: prononcez le _p_
-et non _saume, sautier, salmiste_.
-
-=Pseudonyme=, s. m., qui a un faux nom: ouvrage _pseudonyme_; _le
-pseudonyme de cet ouvrage est M. Pierre_.--Prononcez le _p_.
-
-=Psychologie=, s. f., traité philosophique de l'âme; _psychologique,
-psychologiste_:--prononcez le _p_ et le _ch_ a le son de _k_.
-
-=Puer=, s'emploie ordinairement sans régime: _cette viande pue_;--mais
-il s'emploie quelquefois avec un régime: _cette chambre pue le musc_,
-et non _après le musc_, comme on dit en flamand.--Prononcez _pu-er, il
-pû, nous pu-ons_, etc., et non _pu-wer, il pu-we, nous pu-wons_.
-
-=Puîné=, _puînée_, adj., qui est né depuis un de ses frères
-ou une de ses soeurs: _c'est mon frère puîné_;--on l'emploie
-aussi substantivement comme synonyme de _cadet_: _c'est mon
-puîné_.--Cependant, dans la conversation, l'on se sert plus
-ordinairement du nom de _cadet_. (Acad.)
-
-=Puis=, adv., signifie ensuite.--Ne dites donc pas: _il va dîner, puis
-ensuite il se rendra chez vous_; c'est comme si vous disiez _ensuite
-ensuite il se rendra chez vous_.--Prononcez _puis_ (_ui_ diphth.) et
-non _pou-is_; prononcez de même _puits, puisard, puissant, puissance,
-puîné, puisque_, etc.
-
-=Puissant=, adj.--Ce mot ne signifie ni _gros_ ni _gras_; ainsi ne
-dites pas _un homme puissant, une femme puissante_ pour désigner _un
-homme gros_ ou _gras, corpulent_, etc.
-
-=Punch= (et non _épunch_), s. m., sorte de liqueur: prononcez _ponche_
-et non _punche_.
-
-=Purésie=: voyez _pleurésie_.
-
-=Purgatoire=, s. m.: ne dites pas _purcatoire_.
-
-=Purge=, s. f., est peu usité; employez de préférence _purgatif,
-purgation, médecine_: _prendre un purgatif, une purgation, une
-médecine_.
-
-=Pusillanime=, adj., lâche; _pusillanimité_, s. f., manque de
-courage:--on prononce les deux _ll_ sans les mouiller et l'_s_ a le son
-de _z_.
-
-
-
-
- Q
-
-
-=Q.=--On prononce _ku_ suivant l'appellation ancienne et usuelle, et
-_ke_, suivant l'appellation moderne.--_Q_ ne s'écrit jamais sans être
-suivi d'un _u_, si ce n'est dans quelques mots où il est final, _coq,
-cinq_. Les deux lettres _qu_ se prononcent comme s'il n'y avait qu'un
-simple _k_, excepté dans les mots que nous indiquerons ci-après.
-
-=Qua=, se prononce comme _coua_ dans les mots suivants: _quadragénaire,
-quadragésimal, quadragésime, quadrangulaire, quadratrice, quadrifide,
-quadriflore, quadrilobé, quadrivalve, quadrige, quadrilatère,
-quadrinome, quadrumane, quadrupède, quadruple, quadrupler_, _quaker_
-ou _quacre_, _quanquam_ (_m_ finale), _quartidi, quartile, in-quarto,
-quaternaire, quatuor, quartz, quartzeux_.
-
-2. _Qua_, se prononce comme _ka_ dans les mots suivants: _quadran_
-(ou _cadran_), _quadrat, quadratin, quadrature_, _quadre_ (ou _cadre_),
-_quadrille, quai, qualité_, _quanquan_ (ou _cancan_), _quand, quant,
-quantité, quart, quarteron, quasi, quaterne, quatrain, quatre,
-quatre-vingt, quatrième, quarante_.
-
-=Quadran=, s. m., horloge solaire: prononcez _cadran_; on écrit plus
-souvent _cadran_.
-
-=Quadrature=, s. f., en terme de géométrie et d'astronomie, prononcez
-_coua_;--en terme d'horlogerie, prononcez _ka_. (Acad.)
-
-=Quadre=, s. m., bordure de bois, etc., autour d'un tableau: prononcez,
-_cadre_ et non _cate_ ni _cadère_.--On écrit plus communément _cadre_.
-
-=Quadrille=, s., jeu, danse à quatre; ce mot est ordinairement
-_masculin_, dit l'Académie, _danser un quadrille_: prononcez
-_kadrille_, en mouillant les _ll_.--Il est _féminin_, lorsqu'il
-signifie une troupe de chevaliers du même parti dans un carrousel: _la
-première quadrille était magnifiquement vêtue_.
-
-=Quaker= ou =Quacre=, s. m., secte religieuse en Angleterre et aux
-États-Unis;--on prononce _coa-cre_;--le féminin est _quakeresse_.
-
-=Quand, Quant.=--_Quand_, adv., signifie lorsque, dans le temps que,
-dans quel temps: _quand Dieu créa le monde en six jours; j'irai vous
-trouver, mais je ne puis vous dire quand_.--Il est aussi conjonction,
-et alors il signifie, encore que, quoique, alors même que: _quand je le
-voudrais, je ne le pourrais pas_; en ce sens, il veut le verbe suivant
-au conditionnel.--Devant une voyelle le _d_ de _quand_ se prononce
-comme _t_: _quand il voudra_.--Prononcez _can_ et non _kan-te_ devant
-une consonne: _quand même_.
-
-2. _Quant_, adv., est toujours suivi de la préposition _à_, et
-signifie _à l'égard de, pour ce qui est de_: _quant à lui, il fera
-ce qu'il voudra; quant à ce qui est de moi_;--_quant à_, suivi
-de _moi_ ou de _soi_, se prend aussi substantivement: _tenir son
-quant-à-moi, son quant-à-soi; se tenir sur son quant-à-moi, sur son
-quant-à-soi_, prendre un air réservé et fier, ne répondre qu'avec
-circonspection.--On dit également _se mettre sur son quant-à-moi, sur
-son quant-à-soi_, faire le suffisant, le hautain.
-
-3. Ne dites pas, _quant au reste_ pour _au reste_. (Wall.)
-
-4. Ne dites pas, _j'y serai quand vous_; dites, _en même temps que
-vous, aussitôt que vous_.
-
-5. Ne dites pas, _quand je suis guéri, j'irai vous voir_; dites, _quand
-je serai guéri..._ (Fland.)
-
-6. _Quant_, ne doit pas s'employer pour _quantième_: _quel quantième_
-(et non _le quant_ ni _le combien_, ni _le quantième_) _du mois
-avons-nous_? _il a reçu des nouvelles toutes fraîches, mais je ne sais
-pas de quel quantième elles sont_; _de quel quantième_ (et non _du
-quant_ ni _du combien_, ni _du quantième_) _vous a-t-il écrit_? _montre
-à quantièmes_.--Voyez _combien_.
-
-=Quanquam=, s. m. (on prononce _couan'couame_), harangue latine que
-prononçait un écolier à l'ouverture de certaines thèses de philosophie
-ou de théologie.
-
-=Quanquan=, s. m., terme corrompu du latin _quanquam_:--on prononce et
-l'on écrit ordinairement _cancan_; il se dit populairement, surtout au
-pluriel, des bavardages dans lesquels il entre de la médisance: _ces
-bruits ne sont que des cancans_;--il signifie aussi faire beaucoup de
-bruit d'une chose qui n'en vaut pas la peine: _faire des cancans, de
-grands cancans_.
-
-=Quantes=, adj. f. pl., n'est usité que dans ces locutions familières:
-_toutes et quantes fois que_ ou _toutes fois et quantes que_:--_je vous
-prêterai des livres toutes et quantes fois que vous voudrez; je vous
-accompagnerai chez lui toutes fois et quantes qu'il vous plaira_:--il a
-vieilli. (Acad.)
-
-=Quantième=: ne dites pas _quantrième_;--voyez _quant_ et _combien_.
-
-=Quarré=, _quarrément, se quarrer, quarrure_:--on écrit ordinairement
-_carré, carrément, se carrer, carrure_.
-
-=Quart.=--Ne dites pas: _il est le quart avant quatre heures, il est
-le quart pour quatre heures_; dites, il est _trois heures trois quarts_
-ou _il est quatre heures moins un quart_. (Acad.)
-
-2. Ne dites pas non plus: _il est le quart après deux heures_; dites,
-_il est deux heures et un quart_ ou _il est deux heures un quart_ (mais
-non _deux heures et quart_). (Acad.)
-
-=Quarteron=, s. m., quatre onces, quart d'un cent, prononcez mais
-n'écrivez pas _cartron_.
-
-=Quartier=, s. m.--Rien de plus commun que de voir affiché: _quartier
-à louer_; il faut dire _appartement à louer_; _chambre_ ou _chambres
-à louer_, car une maison ne se divise pas en _quartiers_, mais en
-_appartements_.
-
-2. On dit très-bien _les quartiers d'une ville_.
-
-3. _Quartier_ se dit aussi de ce qui se paie de trois mois en trois
-mois pour les loyers, pensions, rentes, gages, etc.: _il doit deux
-quartiers de son loyer_; _le prix de la pension se paie par quartiers_
-(trimestres).
-
-4. Ne dites pas: _les soldats sont rentrés au quartier_; dites, _... à
-la caserne_.
-
-=Quarto= (=in=), un ouvrage _in-quarto_, prononcez _ain-couarto_.--Voyez
-_in-douze_.
-
-=Quasiment.=--Ce mot n'est plus en usage; dites, _presque, quasi_:--_il
-est presque minuit; il n'arrive quasi jamais à temps_.
-
-=Quasimodo=, s. f., le dimanche après Pâques; on prononce _kasimodo_ et
-_couasimodo_.
-
-=Quatre=, adj. num.--_Entre quatre yeux_, en tête à tête: _je lui
-dirai cela entre quatre yeux_. Selon l'Académie, on prononce,
-_ordinairement_, par euphonie, _entre quatre-z-yeux_;--quoi
-qu'il en soit, la prononciation _entre quatre yeux_ nous paraît
-préférable.--Voyez _oeil_.
-
-2. _Se mettre en quatre_, c'est s'employer de tout son pouvoir pour
-rendre service: _c'est un homme qui se met en quatre pour ses amis_.
-(Acad.)
-
-3. _Comme quatre_, veut dire beaucoup, excessivement: _il crie, il
-fait du bruit comme quatre; il mange, il boit comme quatre; un oeuf
-gros comme quatre; il a de l'esprit comme quatre_. (Acad.)--Prononcez
-_qua-tre_ et non _quate_ ni _qua-tere_.
-
-=Quatre-vingts.=--On écrit _quatre-vingts hommes_, et
-_quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux_, etc., _hommes_;--Voyez _cent_.
-
-=Quatrième=, adj. num.: on prononce _katrième_ (_î_ long) et non
-_katri-aim-me_.
-
-=Que=, se prononce comme _ke_ dans _que, quenouille, querelle,
-quereller, quel, quelque, quelqu'un, quérir, question, queue_.--Il
-se prononce comme _cue_ (et non _coue_) dans _quérimonie, questeur,
-questure_.
-
-2. Ne dites pas: _j'ai plus que trente ans_; dites, _j'ai plus de
-trente ans_.
-
-3. Ne dites pas, _vous avez mis l'habit que vous êtes si bien avec_;
-dites, _avec lequel vous êtes si bien_.
-
-4. Ne dites pas: _c'est la fenêtre qu'il y a des carreaux cassés_;
-dites, _où il y a..., dans laquelle il y a..._
-
-5. Ne dites pas: _de la manière qu'il agit, de la manière qu'il parle;
-donnez-lui ce qu'il a besoin_;--_que_, pronom relatif est toujours
-régime direct, et ne peut par conséquent s'employer qu'avec des verbes
-actifs; dites donc: _de la manière dont il agit, de la manière dont il
-parle; donnez-lui ce dont il a besoin_.
-
-6. Ne dites pas: _je vais vous dire qu'est-ce que c'est_; dites, _ce
-que c'est_.
-
-7. Ne dites pas, _qu'est-ce qui vous a parlé_; dites, _qui est-ce qui
-vous a parlé?_
-
-8. Ne dites pas, _qu'est-ce qui vous appelle_, mais _qui est-ce qui
-vous appelle_.
-
-9. Ne dites pas: _que veut-on dire, la chose est ainsi_; dites, _qu'y
-faire la chose est ainsi_. (Fland.)
-
-10. Ne dites pas: _que vous n'ayez pas été trompé, est étrange_: dites,
-_que..., cela est étrange_.
-
-11. Ne dites pas: _la plume que vous écrivez, que vous écrivez si bien
-avec_; dites, _la plume avec laquelle vous écrivez..._: on n'écrit pas
-une plume, mais, avec une plume. (Wall.)
-
-12. Ne dites pas: _quel beau temps qu'il fait; quel beau discours qu'il
-a prononcé_; dites, _quel beau temps il fait, quel beau discours il a
-prononcé_. (Wall.)
-
-13. Ne dites pas: _il fait tant de sottises; il arrange si mal ses
-affaires que ce n'est pas pour dire_; dites, _qu'on ne saurait
-l'exprimer, qu'on ne peut s'en faire une idée_, ou bien prenez une
-autre tournure, mais, _ce n'est pas pour dire_, n'est pas supportable.
-
-=Quelque, Quelqu'un, Quelquefois=:--prononcez toujours l'_l_ et
-non _quéque, quéqu'un, quéquefois_; prononcez également _quèlque,
-quèlqu'un, quèlquefois_ et non _quélque, quélqu'un, quélquefois_.
-
-2. Ne dites pas: _Oh! Monsieur, c'était quelque chose_; dites, _c'était
-beau, rare, magnifique_. (Fland.)
-
-=Quelqu'un= (=un=).--Ce pléonasme, admis autrefois, ne l'est plus du
-tout aujourd'hui; il faut dire simplement _quelqu'un_:--_quelqu'un_
-(et non _un quelqu'un_) _me l'a dit_.
-
-2. _Quelqu'un, une_, substantif., signifiant _un, une entre
-plusieurs_: _nous attendons des hommes, il en viendra quelqu'un_
-(un); _plusieurs femmes m'ont promis de venir, nous en aurons
-quelqu'une_ (une).--_Quelqu'un_ pris absolument s'emploie pour
-deux genres, et signifie une personne: _quelqu'un m'a dit; j'attends
-ici quelqu'un_.--C'est pourquoi _quelqu'une m'a dit, j'attends ici
-quelqu'une_, ne sont point des locutions françaises.--Au pluriel,
-on dit absolument; _quelques-uns assurent le contraire_; mais on
-ne dirait pas, en employant _quelques-uns_ comme régime du verbe:
-_je connais quelques-uns_; il faut dire avec le pronom _en_, _j'en
-connais quelques-uns_; et dans le cas, _quelques-uns_ n'est point pris
-absolument, il se rapporte avec un substantif énoncé auparavant et dont
-le pronom _en_ rappelle l'idée.
-
-=Quelque chose=, est masculin lorsqu'il signifie une chose: _j'ai
-appris quelque chose de bon_; il est féminin lorsqu'il signifie, quelle
-soit la chose ou quelle que fût la chose: _quelque chose qu'il m'ait
-dite, je n'ai pas confiance en lui_.--Voyez _chose_.
-
-=Quelquefois=, ne peut pas s'employer pour _peut-être_ ou _par
-hasard_: _Jean n'est pas encore de retour. Il est peut-être_ (et non
-_quelquefois_) _malade_; _si par hasard le maître vous voyait, vous
-seriez puni_, et non, _si quelquefois le maître_.
-
-=Quenouille=, s. f., canne pour filer: prononcez _kenouille_ (_e_ muet
-et _ll_ mouillées) et non _quènouille_ ni _quenoule_.
-
-=Querelle, Quereller=:--prononcez _kerèle, kerèler, krèle, krèler_, et
-non _kèrelle, kèrèller_ ni _kérelle_, et encore moins _karèle, karler_.
-
-=Questeur, Questure=:--prononcez _cuesteur, cuesture_ et non _kesteur,
-kesture_ ni _couesteur, couesture_.
-
-=Question=, s. f., demande, proposition, torture:--prononcez
-_kess'thion_ et non _kécion_; prononcez de même _questionner_.
-
-=Qu'est-ce qui=, se dit des choses et _qui est-ce qui_, des personnes:
-ne dites donc pas, _qu'est-ce qui m'a appelé_, mais _qui est-ce qui m'a
-appelé_.
-
-=Queue=, s. f.: prononcez _keû_ (_eû_ long) et non _keu-we_.
-
-2. On dit la _queue_ d'une poêle, d'une casserole; le _manche_ d'un
-balai, d'une pelle; les _manches_ ou _mancherons_ d'une charrue; des
-_tiges_, des _fanes_, et non des _queues_ de pommes de terre, de
-navets, de carottes, de panais, de betteraves, etc.
-
-=Qui=, se prononce comme _ki_ dans _qui, quiconque, quidam_ (_kidan_),
-_quillage, quille, quiller, quilliette, quillier, quinquina_
-(_kinkina_), _quitte, quitter, quiproquo_.
-
-2. Il se prononce comme _cui_ (et non _coui_) dans _quia (à), quibus,
-quiescent, quiet, quiétisme, quiétiste, quiétude, quindécagone,
-quindécemvir_ (_cuindécem'vir_), _quinquagénaire_ (_cuincouagénère_),
-_quinquagésime_ (_cuinquouagésime_), _quinque_ (_cuincué_),
-_quinquennal_ (_cuincuenn'nal_), _quinquennium_ (_cuincuèn'niome_),
-_quinquenove_ (_cuinkenove_), _quinquerce_ (_cuincuerce_),
-_quinquerème_ (_cuincuérème_), _quintetto_ (_cuintèt'to_), _quintetti_
-(_cuintèt'ti_), _quintidi, quintil, quintuple, quintupler, quitus_
-(_cuituce_).
-
-3. Ne dites pas: _c'est moi qui a, c'est moi qui est_; _c'est vous
-qui ont, c'est vous qui sont_; _c'est nous qui ont, c'est nous qui
-sont_:--_qui_ doit toujours s'accorder en genre, en nombre et en
-personne avec son antécédent; dites donc, _c'est moi qui ai, qui suis_;
-_c'est vous qui avez, qui êtes_; _c'est nous qui avons, qui sommes_,
-etc.
-
-4. Ne dites pas: _c'est à vous à qui je parle; est-ce à moi à qui vous
-en voulez_; dites, _c'est à vous que je parle; est-ce à moi que vous en
-voulez?_
-
-5. Ne dites pas: _parlez à tout qui vous voudrez_; dites, _parlez à qui
-vous voudrez, à tous ceux que vous voudrez_. (Wall.)
-
-6. _A qui, de qui_.--_Qui_, précédé d'une préposition, ne peut se dire
-que des personnes; on le remplace par _lequel, laquelle_, quand il
-s'agit des choses: dites donc, _l'étude à laquelle_ (et non _à qui_)
-_je consacre mon temps_; _le cheval sur lequel_ (et non _sur qui_) _je
-suis monté_.
-
-=Quia= (=à=), terme usité seulement dans ces phrases proverbiales: _être
-à quia, mettre à quia_, c'est-à-dire, être réduit ou réduire quelqu'un
-à ne pouvoir répondre; prononcez _cuia_ (_a_ bref) et non _couia_ ni
-_kiia_.
-
-=Quibus=, s. m., terme populaire qui n'est guère usité que dans cette
-phrase: _avoir du quibus_, avoir de l'argent, être riche: prononcez
-_cuibuce_ et non _couibuce_ ni _kibuce_.
-
-=Quiconque=, pron. indif., est masculin dans le sens général:
-_quiconque est capable de mentir, est indigne d'être compté au nombre
-des hommes_.--Employé pour désigner une femme, il est féminin:
-_mesdames, quiconque de vous sera assez hardie pour médire de moi, je
-l'en ferai repentir_. (Acad.)
-
-=Quidam=, s. m., désigne les personnes dont on ignore ou dont on
-n'exprime pas le nom; _je fus accosté par un certain quidam, un quidam
-de mauvaise mine_; le féminin _quidane_ n'est usité qu'en terme de
-palais.--Prononcez _kidan_.
-
-=Quiet=, _quiétisme, quiétiste_: prononcez _cuiet, cuiétisme,
-cuiétiste_, et non _coui_ ni _ki_.
-
-=Quille=, s. f.--Dites _jouer aux quilles_ et non _aux guilles_.
-
-=Quincaille, Quincaillerie, Quincaillier=:--on écrit aussi, mais moins
-souvent, _clincaille, clincaillerie, clincaillier_.
-
-2. Le mot _quincaillerie_ ne s'emploie qu'au singulier: _marchand de
-quincaillerie_.--Prononcez _kincaille_, etc.
-
-=Quine=, s. m., ne se dit pas pour désigner le jeu du _loto_: dites
-donc _jouer au loto_ et non _à la quine_.--_Quine_ se dit au loto de
-cinq numéros gagnant ensemble sur la même ligne horizontale ou de même
-couleur; _j'ai un quine_ (il est masculin).
-
-=Quinine=, s. féminin (_de la quinine_), _quinquina_, s. m. (on dit
-aussi _quina_):--prononcez _kinine, kinkina, kina_.
-
-=Quinquagénaire=, adj. et subst., qui est âgé de cinquante ans:
-prononcez _cuincouagénère_.
-
-=Quinquagésime=, s. f., le _dimanche de la Quinquagésime_;--prononcez
-_cuincouagézime_ et non _kinkagézime_.
-
-=Quinquennal, ale=, adj., qui dure cinq ans; le pluriel est
-_quinquennaux_:--prononcez _cuincuèn'nal_ et non _kinkèn'nal_.
-
-=Quint=, adj., ne s'emploie guère que dans ces dénonciations, et
-pour signifier _cinquième_ de nom:--_Charles-Quint_, empereur;
-_Sixte-Quint_, pape.
-
-=Quintousse.=--Ce mot n'est pas français; il faut le rendre par
-_coqueluche_: _cet enfant souffre beaucoup de la coqueluche_.
-
-=Quintuple=, adj., cinq fois autant; _quintupler_:--prononcez
-_cuintuple, cuintupler_, et non _kintuple, kintupler_ ni _couintuple,
-couintupe, cointupèle_, etc.
-
-=Quinze=, adj. num.--On dit _d'aujourd'hui, de demain, d'hier en
-quinze_ et non, _aujourd'hui, demain, hier en quinze_. (Acad.)
-
-2. Ne dites pas: _cela est arrivé aujourd'hui, demain, hier en quinze_;
-dites _cela est arrivé il y a aujourd'hui, il y aura demain, il y a eu
-hier quinze jours_. (Fland.)--Voyez _huit_.--Prononcez _kin-ze_ et
-non _kince_.
-
-=Quiproquo=, s. m., méprise, malentendu: _il a fait un quiproquo_.
---L'Académie écrit au pluriel _des quiproquo_; nous ne voyons pas
-ce qui empêche décrire _des quiproquos_: le mot n'a plus la forme
-ni la prononciation latine, il est donc tout-à-fait français: voyez
-_malentendu_.--Prononcez _kiprokô_ (_ô_ long.)
-
-=Quitte=, adj.; le pluriel est _quittes_: _nous sommes quittes_.
---_Quitte_ signifie qui est délivré, débarrassé de quelque chose; il
-suit de là qu'on est _quitte_ de quelque chose de mauvais, de gênant,
-de fâcheux, comme d'une fièvre, d'un procès, etc.; mais on ne peut pas
-dire que l'on est quitte de quelque chose auquel on était attaché ou
-que l'on regardait comme un bien; ne dites donc pas, _il est quitte de
-sa bourse, de son chapeau, de sa place, de ses parents_, etc.; dites,
-_il a perdu, on lui a volé sa bourse, son chapeau_, etc.
-
-2. Ne dites pas, _je suis quitte avec vous_, mais, _... envers vous_.
-
-=Quitter=, v. a., dans le sens de _tenir quitte_, a pour régime direct
-le nom de la personne et pour régime indirect le nom de la chose:
-_donnez-moi la moitié de ce que vous me devez et je vous quitte du
-reste_ (et non _le reste_); _je vous quitte de tout ce que vous me
-devez_ (et non _tout ce que_); _je vous quitte des intérêts et du
-principal; je vous en quitte_. (Acad.)
-
-2. Ne dites pas: _je connais un moyen de quitter les taches de
-graisse_; dites, _... d'enlever, d'ôter, d'effacer les taches de
-graisse_. (Fland.)
-
-3. Ne dites pas: _c'est là que nous avions quitté, reprenons notre
-conversation_; dites, _c'est là que nous en étions restés..._ (Fland.)
-
-4. Ne dites pas: _quittez la table, ôtez la table_, pour _desservir_.
-
-5. On dit très-bien, _quitter son habit, sa robe, ses souliers_, etc.,
-dans le sens d'ôter quelque chose de dessus soi, de s'en dépouiller, de
-s'en débarrasser. (Acad.)
-
-=Quoi=, pron.--Ne dites pas: _je ne sais quoi faire, quoi dire, quoi
-répondre, quoi penser_, etc.; dites, _je ne sais que faire, que dire,
-que répondre, que penser_.
-
-2. Ne dites pas _de quoi_ pour _quoi_: on vous fait une question que
-vous ne comprenez pas, et pour vous la faire répéter vous dites,
-_quoi?_ (et non _de quoi_), c'est-à-dire, que dites-vous, qu'avez-vous
-dit?
-
-3. _Il a de quoi, ils ont de quoi_, locution triviale; dites, _il est
-riche, il a de l'argent, il est dans l'aisance_, etc.--Voyez _fortuné,
-moyen, moyenné_.
-
-4. Ne dites pas, _à quoi monte le budget_; dites, _à combien..._
-
-=Quoique=, conj.--_Quoique_, en un mot, veut dire _encore que_:
-_quoique vous ayez raison, je ne puis pourtant pas vous approuver
-entièrement_;--_quoi que_, en deux mots, veut dire _quelque chose
-que_; _quoi que vous fassiez, vous ne réussirez pas_.
-
-2. Ne dites pas, _quoique ça_, mais _malgré ça_ et mieux _malgré
-cela_:--_malgré cela, je lui pardonne_.--Voyez _malgré_.
-
-3. Ne dites pas, _quoiqu'il fait beau, je reste à la maison_, dites,
-_quoiqu'il fasse beau_... _Quoique_ gouverne toujours le subjonctif.
-
-=Quote=, adj.:--il n'est usité que dans cette expression _quote-part_,
-qui ne s'emploie pas au pluriel: _il doit payer tant pour sa
-quote-part_.--Prononcez _kote-part_.
-
-
-
-
- R
-
-
-=Rr.=--Les deux _r_ se font entendre dans les mots qui commencent,
-1º par _err_, comme _errer, erreur, erroné_ et autres dérivés; 2º par
-_irr_, comme _irraisonnable, irrasatiable, irrécusable, irrégulier,
-irréligion, irritabilité_, etc.; 3º par _horr_, comme _horreur,
-horrible, horripilation_ et aussi _abhorrer_.
-
-2. Les deux _r_ se prononcent également, 1º dans les futurs et les
-conditionnels des verbes _mourir, acquérir, requérir, courir_, et
-les dérivés; 2º dans _aberration, concurrence, concurrent, corroder,
-corrosion, erratique, erre, errhin, errement, interrègne, inénarrable,
-myrrhis, narration, narrateur, narratif, narré, narrer, occurrence,
-terreur, terrible, torrent_ et le verbe _errer_ à l'infinitif et au
-participe.--Les deux _r_ se prononcent dans les noms propres _Burrhus,
-Pyrrha, Pyrrhon, Pirrhus, Verrès_, etc., et dans les mots dérivés
-_pyrrhique, pyrrhonien_, etc. (HENNEBERT.)
-
-=Rabattu.=--Ne dites pas, _c'est du rabattu_ pour _c'est du rebattu,
-c'est du rebâché_.
-
-=Raccroc=, s. m., coup imprévu du jeu: _il s'est sauvé par raccroc_:
-prononcez _racrô_ (_ô_ long).
-
-=Raccuser.=--Ce mot n'est pas français pour signifier _redire par
-méchanceté, ce qu'on a vu ou entendu_; il faut dire _rapporter,
-rapporteur, dénoncer, dénonciateur_:--_c'est lui qui nous a rapportés;
-les enfants sont rapporteurs_.
-
-=Rachever=, n'est pas français: dites _achever_.
-
-=Raclée=, s. f., volée de coups: _recevoir une bonne raclée_; ce terme
-est populaire.
-
-=Racoudre=, n'est pas français: dites _recoudre_:--_votre manche est
-décousue, faites-la recoudre_; s'il s'agit de raccommodage, dites
-_raccommoder_.
-
-=Racquitter.=--Ce verbe est français: _il avait beaucoup perdu,
-mais j'ai pris son jeu et je l'ai racquitté; il avait perdu tout son
-argent, mais il s'est racquitté; essayez de vous racquitter; vous vous
-racquitterez une autre fois_.
-
-=Radis=, s. m., légume:--l'_s_ ne se prononce pas.
-
-=Rafistoler=, n'est pas français; dites _réparer, raccommoder,
-rarranger, retoucher_.
-
-=Rafle=, s. f., terme de jeu, enlever tout sans rien laisser;--au jeu
-des dés, _rafle_ se dit quand les dés amènent chacun le même point:
-_j'ai fait rafle de quatre_.--Prononcez _ra-fle_ et non _rafe_ ni
-_rafèle_.
-
-=Rafraîchir.=--Dans le sens de faire un repas, de boire un coup, etc.;
-il ne s'emploie que pronominalement: _nous sommes allés nous rafraîchir
-à tel hôtel_ (et non _rafraîchir_).
-
-=Rahausse=, ce qui sert à hausser; dites _hausse_: _mettre une hausse à
-des souliers, à des bottes; mettre des hausses aux pieds d'une table,
-d'une armoire_.
-
-=Raide=, _raidir, raideur, raidillon_:--on écrit aussi _roide, roidir,
-roideur, roidillon_.--En conversation, dit l'Académie, et quelquefois
-dans le discours soutenu, on prononce _rède, rèdir, rèdeur, rèdillon_.
-Il résulte de cette observation que l'on peut aussi prononcer _roide_
-(_roade_), _roidir_ (_roadir_), _roideur, roidillon_, mais seulement
-dans le discours soutenu.
-
-=Raie=, s. f.; voyez _ligne_.
-
-=Raiguiser=, n'est pas français; il faut dire _aiguiser_ ou _aiguiser
-de nouveau_, selon le sens: _allez aiguiser votre couteau; faites-le
-aiguiser de nouveau_:--voyez _aiguiser_.
-
-=Rail=, s. m. pl., _rails_, barre, barreau: _raille_.
-
-=Raillerie= (_entendre_).--Voyez _entendre_.
-
-=Rail-way=, s. m., chemin de fer: prononcez _rail-wai_.
-
-=Raison=, s. f.--Ce mot ne s'emploie pas dans le sens de _querelle,
-différend, démêlé_;--ne dites donc pas: _j'ai eu des raisons avec
-lui_; dites, _j'ai eu une querelle, un différend avec lui_.--Mais
-on dit fort bien, _conter ses raisons à quelqu'un_, c'est-à-dire,
-l'instruire de ses affaires, de ses intérêts, lui explique les motifs
-de la conduite qu'on a tenue.
-
-=Raisonnable=, adj.--Quelques personnes emploient à tort le mot
-_raisonnable_ pour _moyen_, et le crieur d'une petite ville du Hainaut
-terminait de la manière suivante l'annonce d'une vente de porcs: _il y
-en a des grands, des petits et des raisonnables_. (OMNIBUS MONTOIS.)
-
-=Raja= ou =Rajah=, s. m., prince indou: prononcez _raja_.
-
-=Rallargir=, mot wallon: dites _rélargir_: _il est obligé de faire
-rélargir tous ses habits_.
-
-=Rallonge, Rallonger.=--Ces mots sont français: _mettre une rallonge à
-une robe, à une table; rallonger une jupe, une table_.--On dit aussi
-dans le même sens _allonge, allonger_.
-
-=Ramonasse=, mot d'origine flamande qu'il faut rendre en français par
-les mots _rave, raifort_ ou _radis_, selon le sens.
-
-=Ramponeau=, s. m., terme de cuisine; ce mot n'est pas français; dites
-_filtre à café_.
-
-=Rance=, dans le sens de _crêpe_, est un mot wallon: _il a mis un crêpe
-à son chapeau_.
-
-=Rancuneux, euse=, adj. qui garde rancune: ce mot n'est pas français:
-dites _rancunier, ière_.
-
-=Ranger= (=se=), _de_, signifie se mettre de:--_se ranger à_, veut dire
-adopter: _se ranger du parti, du côté de quelqu'un_; _se ranger à
-l'avis_ (et non _de l'avis_) _de quelqu'un_.
-
-=Râpe=, s. f., =Râper=, v. a.: l'_â_ est long comme dans _pâté_.
-
-=Rapêcher=, retirer de l'eau: ce mot est wallon; dites _repêcher_: _il
-était tombé au fond de la rivière, on l'a repêché à demi-mort_.
-
-=Raphaël=, n. pr.--Prononcez _Raphaèle_ et non _Rapha-yèle_.
-
-=Rapiécer, Rapiéceter, Rapétasser.=--_Rapiécer_, c'est raccommoder
-en mettant une pièce ou des pièces;--_rapiéceter_, c'est remettre
-sans cesse de nouvelles pièces;--_rapétasser_, c'est raccommoder
-grossièrement de vieilles hardes.
-
-=Rappeler= (=se=): on dit, _se rappeler quelque chose_ et non _de quelque
-chose_:--_je me le rappelle_ et non _je m'en rappelle_.--Il est
-toutefois d'usage de dire: _je me rappelle d'avoir vu, d'avoir fait,
-d'avoir écrit_. (Acad.), c'est-à-dire, je me rappelle _le fait_ d'avoir
-vu, d'avoir fait, etc.
-
-2. _Rappeler_ (_en_), ne dites pas: _j'ai été condamné, mais je vais
-en rappeler_; dites, _je vais en appeler, je vais en appel, je vais
-interjeter appel_.
-
-=Rapport=, s. m.--Ne dites pas: _il m'en veut à rapport de vous_, ou
-bien, _à rapport que je suis riche_; dites, _il m'en veut à cause de
-vous_, ou bien _parce que je suis riche_. (Wall.)
-
-2. Ne dites pas, _il dit cela par rapport à vous_; dites, _il dit cela
-à cause de vous_, ou _à votre adresse_, selon le sens.
-
-3. Ne dites pas: _je ne suis pas venu à l'école, à rapport que j'ai été
-malade_; dites, _parce que j'ai été malade_.
-
-4. Ne dites pas: _sur le rapport de la conduite, je n'ai que de bons
-renseignements à donner de mon domestique_; dites, _sous le rapport..._
-
-=Rapt=, s. m., enlèvement par violence; on prononce le _p_ et le _t_,
-(_rapte_).
-
-=Rare=, adj.--Dites, _il est rare que je le fasse, que nous le
-fassions_ et non, _que je le fais, que nous le faisons_.
-
-=Ras, ase=, adj., qui a le poil coupé jusqu'à la peau ou qui a le poil
-fort court, etc.--On dit _au ras de l'eau, à ras l'eau_, c'est-à-dire,
-presque au niveau de l'eau: _cette embarcation est à ras l'eau_:--on
-dit aussi _à rase terre_, c'est-à-dire, à fleur de terre, de niveau
-avec le sol environnant: _dans la cour est un puits dont la margelle
-est à rase terre_.
-
-2. Ne dites pas, _mesurer à rase_; dites, _mesurer à rase
-mesure_.--Prononcez _raze_ au masculin comme au féminin.
-
-=Rasibus=, prép., tout près: _la balle lui passa rasibus du
-front_.--Prononcez _rasibuce_.
-
-=Rassercir= ou =Rassercer=.--Ce mot n'est pas français; dites
-_rentraire_, s'il s'agit de l'action de coudre ensemble deux morceaux
-d'étoffe sans que la couture paraisse;--dites _ravauder_, pour
-signifier, raccommoder de méchantes hardes à l'aiguille, sans pièces:
-_ravauder des bas, une veste; aiguille à ravauder_.
-
-=Ratatouille=, s. f., ragoût grossier, composé ordinairement de viande
-et de légumes: _quelle ratatouille nous servez-vous donc là? ce
-traiteur ne donne que de la ratatouille_. (BESCHERELLE.)
-
-=Râteau=, _Râteler, Râtelier_, etc.--Prononcez l'_â_ comme dans
-_pâté_: _un râteau à dents de fer; râteler des foins, des avoines,
-manger à plus d'un râtelier_.
-
-=Rattaquer.=--Ne dites pas: _il a rattaqué à Bruxelles_; dites, _il a
-appelé..., il a interjeté appel à Bruxelles_.
-
-=Rattendre=, n'est pas français; dites donc, _attendez-moi, attendez un
-peu_ et non _rattendez-moi; rattendez un peu_.
-
-2. Ne dites pas, _on a rattendu un homme dans le bois_; dites, _on a
-attaqué..._
-
-=Rature, Effaçure=, s. f.--_Les ratures_ consistent en quelques
-traits de plume qu'on passe sur ce qu'on écrit;--les _effaçures_
-se font à l'aide d'un grattoir; _un écrit plein de ratures, chargé
-de ratures; l'effaçure n'empêche pas qu'on ne lise encore quelque
-chose de ce qui était écrit_.--De même le verbe _raturer_ a une toute
-autre signification que les verbes _gratter, effacer, ôter_: _il
-est difficile d'avoir un style pur sans raturer_ (biffer, bâtonner)
-_beaucoup_.
-
-=Rauque, Enroué.=--_Rauque_ ne se dit que de la voix et jamais des
-personnes;--_enroué_ se dit également de la voix et des personnes,
-mais il n'exprime qu'un effet passager, inaccoutumé: _une voix rauque_;
-_cet homme a une voix forte, mais le son en est rauque_; _un homme
-enroué_ (et non _rauque_); _avoir la voix enrouée, parler enroué_.
-
-2. Prononcez _roque_ (_o_ bref).
-
-=Ravauderie=, s. f., ne signifie pas _vieillerie, gueuserie,
-bagatelle_: _on ne vend là que de la vieillerie; il ne se meuble que
-de vieilleries_.--_Ravauderie_ veut dire, bavardage, discours, plein
-de niaiseries, de bagatelles: _il ne dit que des ravauderies; quelle
-ravauderie venez-vous nous conter_.
-
-=Ravoir.=--Ce verbe ne s'emploie qu'à l'infinitif; dans les autres
-temps, il faut se servir de l'un des mots: _payer, se rétablir, avoir
-de nouveau, reposséder, regagner, retenir, récupérer, recouvrer,
-rattraper_:--_vous le payerez_ (et non _je vous raurai_); _cette
-personne commence à se rétablir_ (et non _à se ravoir_); _si je puis
-retenir mes papiers, je ne les lui donnerai plus;--je voudrais bien
-retenir l'argent que je lui ai prêté;--il voudrait bien retenir ce
-qu'il a dit;--je n'ai jamais pu récupérer mes déboursés dans cette
-affaire;--il a recouvré sa bourse;--il cherche à recouvrer son
-bien;--allez toujours devant, je vous aurai bientôt rattrapé;--il
-a si bien fait qu'il a rattrapé la montre qu'on lui avait volée; on ne
-m'y rattrapera plus;--bien fin qui m'y rattrapera_.
-
-=Rawette=, s. f., mot wallon qui se rend selon le sens par: _et le
-reste, surcroît, cadeau_ ou une autre expression équivalente:--_son
-emploi lui vaut par an mille francs et le reste_ (la locution _haïe
-au bout_ a vieilli); _après ma journée j'ai dû faire une course d'une
-lieue par surcroît; je vais vous acheter cette pièce d'étoffe, mais
-vous me donnerez ce foulard en cadeau, vous me ferez cadeau de ce
-foulard, vous me donnerez quelque chose en sus du marché_.--Voyez
-_dringuelle_.
-
-=Rayé.=--En parlant d'étoffes, on dit un dessin _rayé_ et non un
-dessin _à lignes_.
-
-=Re.=--Particule qui entre dans la composition d'un grand nombre
-de mots, et qui sert à indiquer un sens _contraire_, comme dans
-_repousser, rejeter, renvoyer_, etc.;--ou bien un sens _itératif_ (de
-nouveau) comme dans _redire, refaire_;--ou un sens _augmentatif_ comme
-dans _relâcher_, rendre plus lâche.
-
-=Rébarbatif, ive=, adj., rude, repoussant: _cet homme a toujours une
-humeur rébarbative_.--_Rébarbaratif_ n'est pas français.
-
-=Rebelle=, adj. et s. =Rebeller= (=se=): prononcez _re_ et non _ré_
-ni _rè_.--Prononcez et écrivez, au contraire, _rébellion_ et non
-_rebellion_.
-
-=Rebiffade=, s. f., mauvais accueil, refus avec mépris et
-paroles.--_Rebuffade_ n'est pas français.
-
-=Rebiffer=, v. a. et n., regimber, ne pas vouloir, refuser;--_se
-rebiffer_, est très-usité parmi le peuple, mais il ne figure pas dans
-les dictionnaires. (BESCHERELLE).
-
-=Rebours=, s. m., sens contraire.--_A rebours, au rebours_, loc. adv.
-et prép., en sens contraire: il _prend tout à rebours, au rebours de ce
-qu'on lui dit_.--On ne prononce pas l'_s_.--_A la rebours_ n'est pas
-français.
-
-=Rébus=, s. m., sorte de jeu d'esprit, allusion, équivoque: prononcez
-_rébuce_.
-
-=Rébutoire= (=vice=).--Ce mot n'est pas français; dites _vice, cas
-rédhibitoire_: _la pousse, la morve et la courbature sont des cas
-rédhibitoires pour la vente d'un cheval_.--Prononcez _rédibitoire_.
-
-=Récépissé=, s. m., (au plur. _récépissés_), écrit par lequel on
-reconnaît avoir reçu des papiers, des pièces, etc.: ne dites pas
-_récipissé_.
-
-=Recette=, s. f., se dit de la composition de certains remèdes ou
-médicaments ou bien d'un écrit enseignant la manière de faire cette
-composition; mais quand il s'agit de la prescription d'un médecin
-destinée au pharmacien, on se sert du mot ordonnance: _portez cette
-ordonnance au pharmacien_.
-
-=Rechanger= (=se=), signifie, _changer de linge_: _vous êtes mouillé,
-rechangez-vous_.--Mais il n'est pas français dans le sens de
-se remplacer, se relever, faire quelque chose à tour de rôle,
-alternativement: _cette besogne est très-fatiguante, mais nous pourrons
-la faire à tour de rôle_.
-
-=Rèche=, adj., ce mot est français: rude au toucher:--_cette étoffe
-est rèche, il a la peau rèche_;--aigre, rude au goût: _pomme rèche,
-poire rèche_.
-
-2. _Rétif_, difficile à vivre: _je lui trouve l'esprit un peu rèche_.
-
-=Réchigner=, est un verbe _neutre_ qui signifie, témoigner par l'air de
-son visage la mauvaise humeur où l'on est, le chagrin, la répugnance
-qu'on éprouve: _qu'avez-vous à réchigner? il réchigne toujours; il
-fait les choses de mauvaise grâce et en réchignant; c'est un homme qui
-réchigne à tout_.--Mais il ne faut pas employer ce verbe _activement_
-ni _pronominalement_: _il s'est fait réchigner, il s'est réchigné_;
-dites, _il s'est fait rabrouer, rembarrer; il réchigne_.
-
-=Réciproquer=, v. a., rendre la pareille, est familier et ne se dit que
-par plaisanterie. (BESCHERELLE).
-
-=Récit=, _réciter, récitation_, etc.; écrivez et prononcez _ré_ et non
-_re_.
-
-=Réclame=, s. f., annonce pour recommander un ouvrage, tel ou tel genre
-d'industrie, de spéculation, etc.--N'employez pas ce mot dans le sens
-de réclamation: _j'ai adressé une réclamation_ (et non _une réclame_)
-_au bourgmestre_.
-
-=Récolte=, s. f.--Prononcez _récolte_ et non _recolte, récolle,
-r'colte_;--prononcez de même les mots commençant par _ré_, comme
-_réduire, réforme, réformer, réformation, répéter_, etc.
-
-=Récompenser=, n'est pas synonyme de _dédommager_; dites donc, _si la
-nature l'a fait laid, elle l'a dédommagé_ (et non _récompensé_) _en lui
-donnant de l'esprit_.
-
-=Reconnaissant, te=, adj.--On dit _reconnaissant envers_ quelqu'un,
-_envers_ son bienfaiteur; mais on ne dit pas reconnaissant
-_à_ quelqu'un; c'est donc une faute de dire: _je vous suis
-très-reconnaissant de ce service_: dites, _je vous suis fort obligé,
-bien obligé de ce service_.
-
-=Recouper=, signifie, couper de nouveau: _cet habit avait été mal
-coupé, il a fallu le recouper; au jeu de cartes, lorsqu'on n'a pas
-coupé net, il faut recouper_.--Mais n'employez pas ce mot dans le sens
-de _rogner_: _il faut rogner ce bâton, il est trop long; rogner un
-manteau, les bords d'un chapeau; se rogner les ongles_.
-
-=Recouvrer, Recouvrir.=--Il ne faut pas confondre ces deux mots:
-_recouvrer_ signifie _rentrer en possession_ et _recouvrir_ veut dire
-_couvrir une seconde fois_: dites donc, _j'ai recouvré la santé, les
-biens que j'avais perdus_, et _on a recouvert mon toit_.
-
-=Recréer, Récréer.=--Ne confondez pas ces deux mots: _recréer_
-signifie _créer de nouveau_, donner une nouvelle existence, remettre
-sur pied;--_récréer_ veut dire _divertir, réjouir_.--Prononcez
-_recré-er_, et non _recré-i-er_.
-
-=Recrue=, nouvelle levée de gens de guerre;--soldat nouvellement
-arrivé au service;--gens qui arrivent inopinément; ce mot est féminin:
-_nos recrues se sont comportées dans cette affaire comme de vieux
-soldats_.
-
-=Recto=, s. m., la première page d'un feuillet, se trouvant à droite,
-lorsqu'on ouvre le livre; il se dit par opposition au _verso_ qui est
-la seconde page;--_vous trouverez ce passage folio 24, recto_.
-
-=Recul=, s. m., mouvement d'une chose qui recule: on prononce l'_l_.
-
-=Recureur, euse=, s.--Ce mot n'est pas français; il faut dire
-_écureur, euse_.--Cependant le verbe _récurer_ existe, mais _écurer_
-est préférable et plus usité.
-
-=Reddition=, s. f.--On dit _la distribution des prix_ et non _la
-reddition des prix_;--on dit bien cependant _reddition de compte_,
-mais _rendage de compte_ n'est pas français.
-
-2. Ne dites pas: _j'ai payé, j'ai reçu mes rendages_; dites, _... mes
-fermages, mes rentes_.
-
-=Rédempteur=, _rédemption, rédemptoriste_:--dans ces mots on fait
-sentir le _p_.
-
-=Rédhibition=, s. f., action pour faire cesser une vente; prononcez
-_rédibition_.--Voyez _rebutoire_.
-
-=Rédicule=, s. m., petit sac dans lequel les femmes portent leur
-mouchoir, leur bourse, etc.; écrivez et prononcez _ridicule_.
-
-=Réel=, _réellement, réalité, réaliste_, etc.--Prononcez _ré-el,
-ré-ellement_, etc., et non _ré-i-el, ré-i-ellement_.
-
-=Reformer, Réformer.=--_Reformer_, c'est former de nouveau: _reformer
-un régiment qu'on venait de licencier_;--_réformer_, c'est opérer une
-réforme: _réformer la société, une loi_.
-
-=Refroidir=, s'emploie neutralement pour, _devenir froid_: _laissez
-refroidir le bouillon_.--Ne dites pas _réfroidir_ ni _rafroidir_.
-
-=Refuser=, v. a.--Lorsqu'il est suivi d'un autre verbe à l'infinitif,
-il régit la préposition _de_: _il refusa de manger, de se coucher_.--On
-peut dire aussi: _il refusa à manger, à coucher_, mais dans le sens
-de _il refusa de donner à manger, à coucher_, et alors _manger_
-et _coucher_ sont pris substantivement.--_Se refuser_, suivi d'un
-infinitif, demande la préposition _à_: _il se refusa à le suivre_.
-
-=Refuge, Réfugier.=--Écrivez et prononcez _re_ dans _refuge_ et _ré_
-dans _réfugier_.
-
-=Regarder=, v. a.--Ne dites pas: _regarder hors de la fenêtre_, mais,
-_par la fenêtre_.
-
-2. Ne dites pas, _regardez voir_, mais simplement, _regardez_.
-
-3. Ne dites pas: _après quoi regardez-vous? je regarde après mon
-canif_; dites, _que cherchez-vous? je cherche mon canif_.
-
-4. _Regarder large_, dans le sens de, _être étonné, être stupéfié,
-stupéfait_, est un grossier wallonnisme.
-
-=Regimber=, ruer, en parlant des animaux; au fig., refuser d'obéir:--ce
-verbe est neutre et ne s'emploie pas pronominalement: _un inférieur qui
-regimbe_ (et non _qui se regimbe_) _contre son supérieur_.
-
-=Registre=, s. m.--Quelques-uns prononcent et écrivent _regître_,
-dit l'Académie, qui dans tous les exemples qu'elle donne, écrit
-_registre_;--d'où il suit que cette dernière orthographe est
-préférable: prononcez _r'gis'-tre_ et non _regisse, registère_ (ni
-_régître_).
-
-=Règlement=, s. m., règle, statuts: écrivez et prononcez _règlement_ et
-non _réglement_.
-
-=Régler=, v. a.--_Régler un cahier_, c'est tracer des lignes avec une
-règle;--ne dites pas _ligner_.
-
-=Réglisse.=--Ce mot est féminin: _la réglisse est adoucissante_.
-
-2. On appelle _racine de réglisse_ ou simplement _réglisse_, la
-racine de cette plante, et _jus de réglisse_, le suc de la même
-plante préparé: _mettre de la racine de réglisse ou de la réglisse
-dans une tisane; du jus de réglisse anisé; un bâton de jus de
-réglisse_--Prononcez _réglisse_ et non _régli_.
-
-=Régnicole=, adj. et s. m., habitant naturel d'un pays, ou étranger
-naturalisé: prononcez le _g_ dur, _regh'nicole_.
-
-=Regret=, s. m.--_Être aux regrets que_ ou _de_, n'est pas
-français;--il faut dire, _avoir regret, avoir du regret, regretter_:
-_j'ai regret que vous ne puissiez m'accompagner; j'ai du regret de vous
-voir malade; je regrette qu'il soit parti seul_.
-
-2. _A regret_, est une locution adverbiale qui signifie avec
-répugnance: _cet enfant obéit à regret_.
-
-=Reguérir= (=se=), n'est pas français; dites _guérir_ ou _se guérir_: _il
-est guéri, il se guérira bientôt_.
-
-=Reguiser= ou =Raiguiser=, n'est pas français; dites simplement
-_aiguiser_ ou _aiguiser de nouveau_, selon le sens.
-
-=Reine=, s. f., femme du roi: prononcez _rène_ et non _rain-ne_.
-
-2. _Reine-Claude_, s. f., espèce de prune très-estimée: prononcez comme
-c'est écrit, _reine-Claude_ et non _reine glaude_.
-
-3. L'Académie écrit _des reines-Claude_:--quelques grammairiens
-prétendent que ce mot doit rester invariable et ils écrivent
-_des reine-Claude_, en sous-entendant _des prunes_ de la reine
-Claude;--d'autres enfin, et nous nous rangeons à leur avis, soutiennent
-qu'il faut pluraliser les deux mots et écrire des _reines-claudes_;--il
-nous semble en effet que par suite d'un long et fréquent usage le mot
-Claude a perdu sa qualité de nom propre et est devenu bel et bien nom
-commun; voilà pourquoi nous voudrions également voir, écrire ce dernier
-mot avec un _c_ minuscule.
-
-=Relâche=, interruption, discontinuation; ce mot est masculin: _sa
-maladie commence à lui donner du relâche_.
-
-=Rélargir=, v. a. _Rendre plus large_ et _se rélargir_, sont français:
-_faire rélargir ses habits_.
-
-=Relaver=, v. a.--Dites un _évier_ ou _pierre d'évier, pierre à
-laver_, et non _pierre à relaver_: voyez _lavier_.
-
-=Reléguer=, _relation, rejaillir, rehausser_:--écrivez et prononcez
-_re_ et non _ré_.
-
-=Rèler=, dans le sens de _se couvrir de givre_ ou de _bruiner_, n'est
-pas français;--_rèler_ signifie se fendre de haut en bas sous la forme
-d'une vis: _le suif se rèle_.
-
-=Relevailles=, cérémonie qui se fait à l'église, lorsqu'une femme
-y va la première fois après ses couches pour se faire bénir par le
-prêtre; ce mot est féminin et n'a pas de singulier: _le jour de ses
-relevailles; c'est le curé qui a fait les relevailles de ma tante_.
-
-=Relevée=, s. f., le temps de l'après-dînée: _à deux heures de relevée;
-l'audience de relevée; vacations de relevée_.
-
-2. Ce mot est un terme de procédure (Académie) qu'il faut bannir du
-langage ordinaire en le remplaçant par les expressions _après-dînée_ ou
-_après-midi, soir_.
-
-=Relieur=, s. m.--Dites simplement _un relieur_ et non _un relieur de
-livres_.
-
-=Religion=, _religieux_, etc.: prononcez _religi-on, religi-eux_ et non
-_religeon, religeux_.
-
-=Reliquat=, s. m., ce qui reste: _le reliquat d'un compte de
-tutelle_;--prononcez _relika_; prononcez de même _reliquataire_.
-
-=Reluquer=, v. a., lorgner curieusement du coin de l'oeil; au fig.,
-avoir des vues sur une chose, la désirer;--_reluqueur, euse_, s.,
-celui, celle qui reluque:--ces mots sont français, mais très-familiers.
-
-=Remaigrir=, n'est pas français; dites _ramaigrir_, v. a. et n., rendre
-maigre de nouveau ou redevenir maigre.
-
-=Remarquer=, v. a.--Ne dites pas: _je vous remarquerai que vous êtes
-dans l'erreur_; dites, _je vous ferai remarquer_, comme on dit _je vous
-ferai observer_: voyez ce dernier mot.
-
-=Remerciement=, _remercîment_, s. m., discours par lequel on
-remercie:--la seconde orthographe est la plus usitée.
-
-=Remercier=, v. a.--On remercie _de_ quelque chose et non _pour_
-quelque chose: _je vous remercie de vos bontés_ et non _pour vos
-bontés_.
-
-2. _Remercier_ s'emploie pour, _congédier, révoquer_: _remercier un
-employé_;--mais _se remercier_, dans le sens de donner sa démission
-d'un emploi, d'une charge, etc., n'est pas français.
-
-3. Prononcez _remerci-er_ et non _remerci-ier_.
-
-=Remolade=, _rémoulade_, s. f., espèce de sauce piquante;--le second
-vieillit.
-
-=Remords=, s. m.--On ne prononce ni le _d_ ni l'_s_; cette dernière
-lettre se fait sentir, lorsqu'elle est suivie d'un mot commençant par
-une voyelle. Les poètes retranchent quelquefois l'_s_, mais cette
-licence n'est point permise en prose.--_Remords_ ne peut pas se dire
-pour exprimer le mauvais goût qui reste de quelque liqueur après qu'on
-l'a bue; il faut dire _arrière-goût, déboire_:--_ce vin laisse un
-arrière-goût; du vin qui a du déboire, quelque déboire_.--_Déboire_
-s'emploie aussi au figuré: _les plaisirs ont leur déboire; il a éprouvé
-bien des déboires_.
-
-=Rémouleur= ou _Émouleur_, s. m., celui dont le métier consiste à
-émoudre, à aiguiser les couteaux, les ciseaux, etc.; ce mot n'a pas de
-correspondant féminin;--écrivez et prononcez _rémouleur, émouleur_ et
-non _remouleur, emouleur_.--_Rémouler, émouler_ ne sont pas français;
-c'est _émoudre_ ou _rémoudre_ qu'il faut dire.
-
-=Remuement= ou =remûment=, s. m., action de ce qui remue: prononcez
-_remû-ment, remuer_ et non _remu-wement, remu-wer_.--Voyez _ue_.
-
-=Remplir=, v. a.--Ne dites pas _remplir un but_, mais _atteindre un
-but_: voyez ce mot.
-
-=Rendre=, v. a.--Ne dites pas, _maison à rendre_, c'est-à-dire, _à
-prendre sur rente_; dites _maison à arrenter_.
-
-2. Ne dites pas non plus: _on a bien rendu cette comédie_; dites, _on a
-bien joué, bien représenté cette comédie_.
-
-3. Ne dites pas: _nous rende-rions, vous ren-de-riez_, mais, _nous
-ren-drions, vous ren-driez_.
-
-=Renonce=, s. f., terme dont on se sert, à certains jeux de cartes
-pour exprimer qu'on n'a point d'une certaine couleur; _renon_, n'est
-pas français;--il faut dire _renonciation_ pour exprimer l'action de
-renoncer à quelque chose: _je viens d'envoyer ma renonciation à mon
-propriétaire_.
-
-=Renoncer=, v. n. et a.--Ne dites pas d'un malade: _il est renoncé
-des médecins_; dites, _il est abandonné des médecins, les médecins ne
-répondent plus de lui_.
-
-=Rentraire=, v. a., coudre, joindre bord à bord, etc.;--ne le
-confondez pas avec _rentrer_ qui signifie entrer de nouveau. Voyez
-_rassercir_.
-
-=Renverser=, v. a.--Ne dites pas: _il a renversé son vin sur la
-table_; dites, _versé_, si c'est à dessein et _répandu_, si c'est par
-étourderie ou par maladresse;--_renverser_ se dit du contenant: _il a
-renversé le verre, la bouteille, l'encrier, la table_, etc.
-
-=Renvoi=, s. m., en terme de médecine se dit, surtout au pluriel, des
-gorgées de substances gazeuses ou liquides, qui remontent de l'estomac
-ou de l'oesophage dans la bouche, sans être accompagnées des efforts
-qui caractérisent les vomissements. (Acad.)--_Aigreur_, s. f., se dit
-des rapports que causent quelquefois les aliments mal digérés; et, dans
-ce sens, on l'emploie plus ordinairement au pluriel qu'au singulier:
-_cela donne des aigreurs, cause des aigreurs_. (Acad.)--Ainsi, quoi
-qu'en disent certains auteurs, _renvoi_ est tout aussi français
-_qu'aigreur_, avec cette différence toutefois que le premier semble
-plutôt être un terme technique.
-
-=Repartie=, s. f., réplique, réponse prompte; prononcez _reparti_ et
-non _répartî_ ni _réparti-ïe_.
-
-=Repartir, Ressortir.=--_Repartir_ (_re_), partir de nouveau ou
-répliquer, et _ressortir_, sortir de nouveau, se conjuguent comme
-_partir_ et _sortir_:--mais _répartir_ (_ré_), partager, distribuer,
-et _ressortir_, être du ressort ou de la compétence de quelque
-juridiction, se conjuguent comme _finir_:--_je repartis, je ressortis,
-nous répartissons, nous ressortissons_, etc.--On dit _ressortir à_ et
-non _de_: _cette affaire ressortit au juge de paix; les tribunaux de
-première instance ressortissent aux cours d'appel_.
-
-=Repasser=, v. a.--On dit _repasser le linge_ et non _polir le linge_;
-l'instrument qui sert à repasser le linge se nomme _fer à repasser_
-et non _polissoir_:--ce dernier mot s'emploie pour signifier un
-instrument propre à polir, à l'usage des relieurs, des doreurs, des
-cordonniers, etc.
-
-=Repasseur=, s. m., ouvrier qui repasse, aiguise les lames, couteaux,
-etc.--Ce mot figure dans le dictionnaire de Bescherelle et dans celui
-de Poitevin;--on dit très-bien _repasser_ des couteaux, rasoirs, etc.;
-mais plusieurs grammairiens, à la suite de l'Académie, disent que
-_repasseur_ n'est pas français.
-
-=Repasseuse=, s. f., ouvrière qui repasse le linge; ce mot n'a pas de
-correspondant masculin.
-
-=Répété.=--Il ne faut pas dire _répété_ au lieu de _réputé_: _il est
-réputé fort riche, il est réputé pour un homme de bien_.
-
-=Répliquer, Répondre.=--Ces verbes ne peuvent pas avoir un nom de
-personne pour régime direct, et ce serait une faute très-grave de dire:
-_ne_ LE _répondez pas_, _ne_ LE _répliquez pas_; _je ne_ LES _ai pas
-répondu_; _il ne répond_ PERSONNE; dites, _ne_ LUI _répondez pas_, _ne_
-LUI _répliquez pas_; _je ne_ LEUR _ai pas répondu_; _il ne répond_ A
-_personne_.
-
-=Répondre la messe.=--On ne dit pas _répondre à la messe_, mais
-_répondre la messe_, c'est-à-dire, prononcer à haute voix les paroles
-que doit dire celui qui sert la messe. (Acad.)
-
-2. Prononcez _répondre, répliquer_ et non _repondre, repliquer_.
-
-=Repos=, s. m.--Ne dites pas, _il n'est jamais de repos_; dites, _il
-n'est jamais en repos_.
-
-=Reprendre=, v. a.--Ne dites pas, _on l'a repris du collége_; dites,
-_on l'a retiré du collége_.
-
-=Représaille=, s. f., vengeance; ce mot s'emploie plutôt au pluriel
-qu'au singulier.--Prononcez _reprézailles_ (_ll_ mouillées) et non
-_repressaille_.
-
-=Réprimable=, adj., qui doit ou peut être réprimé: _abus réprimable_.
-
-=Réprimandable=, adj. qui peut ou doit être réprimandé.--Ce mot,
-quoique figurant dans certains dictionnaires, nous paraît hasardé;
-nous préférons, selon le sens, les mots _réprimable, blâmable,
-repréhensible_, etc.
-
-=Répugner=, demande la préposition _à_ devant un infinitif: _il répugne
-à faire cela_. (Acad.)
-
-=Requiem=, s. m., prière pour les morts: _messe de requiem_;--au
-pluriel _requiem_. Prononcez _recui-ème_ et écrivez _requiem_.
-
-=Réquisition=, s. f.--Ne confondez pas ce mot avec _conscription_:
---_une réquisition_ est une levée extraordinaire d'hommes destinés
-à l'armée;--_la conscription_ est la levée annuelle qui se fait en
-Belgique, en France, etc.--Voyez _conscription_.
-
-=Réséda=, s. m.--Écrivez et prononcez _réséda_;--et non
-_résida_;--_résette_ n'est pas français.
-
-=Résilier=, v. a.--Ne dites pas: _il a résilié sa place_; dites, _il a
-renoncé à sa place, il a donné sa démission_.
-
-2. _Résilier_ signifie, casser, annuler, invalider et se dit d'un
-contrat, d'une vente, d'un bail, d'un marché, etc.: _les juges ont
-résilié ce contrat_.
-
-=Résoudre=, v. a., a deux participes, _résolu_ et _résous_.--Celui-ci
-n'a pas de féminin et ne se dit que des choses qui se changent, qui
-se convertissent en d'autres: _brouillard résous en pluie_.--Mais
-on ne pourrait pas dire: _j'ai résous de partir; je me suis résous à
-plaider_; il faut dire, _j'ai résolu de partir, je me suis résolu à
-plaider_.
-
-2. _Résoudre_, employé activement, prend la préposition _de_ devant
-un infinitif: _j'ai résolu de vendre ma maison_; cependant, s'il est
-précédé de son régime direct, il prend la préposition _à_: _je me suis
-résolu à vendre ma maison_.
-
-=Respect=, s. m.--L'Académie cite les locutions suivantes: _sauf le
-respect, sauf respect, sauf votre respect, sauf le respect que je
-vous dois, avec le respect que je vous dois_.--Ce sont des termes
-d'adoucissement dont on se sert dans le style familier, quand on
-veut dire quelque chose qui pourrait choquer ceux devant qui l'on
-parle;--populairement on dit: _sauf le respect que je dois à la
-compagnie_ et _parlant par respect_; mais il serait incorrect de dire,
-_sous votre respect_ ou _sur votre respect_.
-
-2. C'est mal connaître la valeur des mots que de terminer ainsi une
-lettre: _j'ai l'honneur d'être avec respect_; dites simplement, _je
-suis avec respect_.
-
-3. Prononcez _respèk_; quelques-uns pourtant prononcent _respè_: voyez
-_ct_.
-
-=Respectif, ive=, adj.--Ne dites pas avec les billets de part: _époux,
-père, frère respectif_, etc.; retranchez le mot _respectif_, car il va
-de soi que le défunt n'a pas été de son vivant époux, père, frère des
-mêmes personnes.
-
-=Ressembler=, v. neutre, ne peut pas avoir de régime direct; ne
-dites donc pas: _la fille ressemble la mère_, mais _ressemble à la
-mère_.--Prononcez _reçambler, reçamblance_ et non _res'sembler,
-res'semblance_; prononcez de même: _ressort, ressortir, ressaisir,
-ressasser, ressentiment, ressentir, resserrer, ressource, ressouvenir,
-ressouvenance, ressuer_, etc.
-
-=Ressortir=, v. n.: voyez _repartir_.
-
-=Ressusciter=, v. a. et n., ramener ou revenir à la vie: prononcez
-_réçucité_.
-
-=Restaurant=, s. m., se dit de l'établissement d'un restaurateur;
-_restauration_ n'est pas français dans ce sens;--le _restaurateur_ est
-le traiteur chez qui on peut prendre ses repas à toute heure; ainsi
-vous direz: _je dîne au restaurant_ et non _chez le restaurant_;--_chez
-le restaurateur_ et non _au restaurateur_.
-
-=Reste= (=au=), =du reste=, loc. adv.--_Au reste_ s'emploie quand, après
-avoir exposé un fait ou traité une matière, on ajoute quelque chose qui
-a du rapport avec ce que l'on vient de dire: _c'est là ce qu'il y a
-de plus sage; au reste, c'est aussi ce qu'il y a de plus juste_.--On
-emploie _du reste_, quand ce qui suit ne complète pas le sens de ce qui
-précède ou lorsque ce qui suit n'a pas une relation essentielle avec
-ce que l'on a déjà dit: _il est capricieux; du reste, honnête homme_.
-(Acad.)--Prononcez _res'te_ et non _res'se_.--Voyez _finales_, 2.
-
-=Rester=, v. n., suit la même règle pour l'emploi de l'auxiliaire que
-le verbe _demeurer_; c'est-à-dire, qu'il se conjugue avec avoir ou
-avec _être_ selon que le sens permet de répondre à l'une ou l'autre
-de ces deux questions: _qu'a-t-il fait?_ ou bien, _où est-il?_--_On
-l'attendait à Liége, mais il est resté à Mons; quand j'ai voulu prendre
-cet outil, le manche m'est resté dans la main; il a resté deux jours
-à Tongres_.--Voyez _demeurer_.
-
-2. _Rester dîner, rester loger_, etc., _quelque part_, est un
-flandricisme; vous direz donc: _le roi a logé au palais_ ou bien _le
-roi a resté au palais et y a logé_, et non _le roi est resté loger au
-palais_;--_j'ai dîné chez un tel, un tel m'a retenu à dîner, je suis
-resté à dîner chez un tel_, et non _je suis resté dîner chez un tel_.
-
-=Restituer=, v. a., rendre ce qu'on a pris: _restituer le bien
-d'autrui_.
-
-2. Ne dites donc pas, _restituer un livre à sa place_; dites, _remettre
-un livre à sa place_.
-
-3. Prononcez _restitu-er_ et non _restitu-wer_.--Voyez _ue_.
-
-=Résulter=, v. n. s'ensuivre, ne s'emploie qu'à l'infinitif et à la 3e
-personne des autres temps: _il résulte de cette discussion; les maux
-qui résultèrent de la guerre_.
-
-2. Il se conjugue avec _avoir_ ou avec _être_: _qu'a-t-il résulté de
-là_? ou _qu'en est-il résulté_?
-
-=Résurrectionner=, n'est pas français: dites _ressusciter_.
-
-=Rétamer=, enduire la surface intérieure d'une couche d'étain fondu; ce
-mot n'est pas français; dites _étamer_.
-
-=Rétention=, s. f.: dites _une rétention_ d'urine, et non _une
-détention..._
-
-=Retirer=, v. a.--Ne dites pas: _cette entreprise était difficile,
-mais il s'en est bien retiré_; dites, _il s'en est bien tiré_.
-
-=Retour=, s. m.--_Avoir de retour, donner de retour_, dans le sens de
-rendre, remettre, faire remettre, renvoyer, n'est pas français;--dites
-donc, _prêtez-moi ce livre, je vous le renverrai ce soir_, etc., et
-non, _vous l'aurez de retour..._
-
-2. Ne dites pas: _il y a longtemps qu'il garde mon livre; tâchez de
-l'avoir de retour_; dites, _tâchez de le ravoir_.
-
-3. Ne dites pas: _il a quitté le pays et demeure de tour chez ses
-parents_; dites, _est retourné chez ses parents_.
-
-4. Ne dites pas non plus: _je lui ai envoyé un chien, et il m'enverra
-de retour, un dindon_; dites, _il m'enverra un dindon en échange_.--_De
-retour_, dans le cas précédent, signifierait ce qu'on ajoute, ce qu'on
-joint à la chose qu'on troque contre une autre pour rendre le troc
-égal: _voulez-vous troquer votre dictionnaire contre le mien? je vous
-donnerai cinq francs de retour_.
-
-=Retourner=, v. n.--Pour savoir si l'on doit dire _retourner_ ou
-_s'en retourner_, il suffit de voir si l'on dirait _aller_ ou _s'en
-aller_:--_il est temps que nous nous en retournions_ (et non _que nous
-retournions_); _il s'en retourna comme il était venu; elle s'en est
-retournée; retourne-t-en; retournez à l'ouvrage_.
-
-2. On ne dit pas se retourner _sur_ quelqu'un, mais _vers_
-quelqu'un.--Comme on ne dit pas, _avancez en avant_, on ne doit pas
-dire, _retournez en arrière_; il en est de même du verbe _reculer_.
-
-=Retrancher.=--_Retrancher de_, c'est ôter quelque chose d'un tout:
-_retrancher un couplet d'une chanson_;--_retrancher à_, c'est priver
-quelqu'un de quelque chose: _retrancher le vin à un malade; on lui a
-retranché sa pension_.
-
-=Rets=, s. m., filet pour prendre des poissons, des oiseaux; ce mot
-s'écrit au singulier comme au pluriel.--Prononcez _rè_.
-
-=Réunir=, v. a., dans le sens de posséder en même temps, n'admet qu'un
-complément direct composé, et ne doit jamais être suivi de _à_ ni de
-_avec_: _Turenne réunissait la prudence et la hardiesse_.--_Unir_
-veut un régime direct et un régime indirect précédé de _à_: _Turenne
-unissait la prudence à la hardiesse_. Voyez _unir_.
-
-=Revanche=, s. f.--Écrivez et prononcez _revanche_ et non _revange_
-ni _revenge_;--dites de même _revancheur, revancher, se revancher_
-et non _revengeur, revenger, revanger, se revenger_ ni _se
-revanger_:--_courage, je vais te revancher; pourquoi ne te revanches-tu
-pas?_
-
-=Revenir=, v. n., retourner à l'endroit d'où on était sorti: _je
-reviens au gîte; je reviens d'un long voyage_.--Mais on ne peut pas
-dire: _je reviens de la messe, je reviens de Bruxelles_; dites, _je
-viens de la messe, je viens de Bruxelles_.
-
-2. Ne dites pas: _revenir sur l'eau, sur la terre_ pour, _revenir par
-eau, par terre_.
-
-3. Ne dites pas non plus: _je ne puis revenir sur son nom_; dites, _je
-ne puis me rappeler son nom_.
-
-=Rêver à, Rêver de, Rêver sur.=--_Rêver à_, c'est penser à quelque
-chose étant éveillé: _rêver à une affaire_;--_rêver de_, c'est penser
-à quelque chose étant endormi: _rêver de combats, de naufrages, de
-quelqu'un_;--_rêver quelqu'un_ n'est pas français;--on dit _j'ai
-rêvé de vous_ et non _je vous ai rêvé_; cependant on peut dire: _vous
-avez rêvé cela, rêver combats, rêver naufrages_.--_Réver sur_, c'est
-méditer profondément sur quelque chose: _rêver longtemps sur une
-affaire_.--On ne dit pas _rêver après les honneurs_, pour, désirer
-vivement, avec passion; on dit _rêver les honneurs, la fortune_.
-
-=Réverbère=, s. m., lanterne; prononcez _réverbère_, et non _reverbère_.
-
-=Revêtir=, se conjugue comme _vêtir_; il faut donc dire: _les formes
-dont la pensée se revêt_ et non, _se revêtit_.
-
-=Reviser=, v. a., examiner de nouveau.--On écrit _reviser_, mais
-_révision, réviseur_ ont un accent aigu.
-
-=Revoici, Revoilà=, prép.--Ces mots sont français: _le revoici, le
-revoilà_.
-
-=Revoir=, v. a.--_A revoir_ est une locution dont on se sert pour dire
-qu'il faut faire un nouvel examen d'un compte, d'un écrit, etc.: _à
-côté de chaque article douteux de ce compte, j'ai mis: à revoir; revoir
-un manuscrit, revoir des épreuves_.--_Au revoir_ (adieu), est une
-expression de civilité dont on se sert en prenant congé de quelqu'un et
-alors le mot _revoir_ est pris substantivement: _au revoir, jusqu'au
-revoir_; _il ne lui a pas seulement dit au revoir_:--_à revoir_ dans
-ce cas n'est pas français.
-
-=Rez=, prép. qui signifie, tout contre, joignant; il ne se dit plus que
-dans ces locutions, _rez pied, rez terre_, à fleur de terre, au niveau
-du sol: _couper des arbres rez terre_.--_Au rez_:--cette expression
-n'est pas française, et se traduit par _contre, jusque contre, jusque,
-joignant, rasibus_: _le coup lui passa rasibus du nez_.
-
-=Rh.=--Ces deux lettres se prononcent comme s'il n'y avait qu'une _r_:
-le _h_ qui suit l'_r_ est purement étymologique.
-
-=Rhum=, s. m., eau-de-vie de sucre; quelques-uns écrivent _rum_, dit
-l'Académie, qui cependant dans tous les exemples qu'elle donne, écrit
-_rhum_.--Prononcez _rome_.
-
-=Rhumatique=, n'est français qu'en style de médecine et est synonyme
-de _rhumatismal_: _goute rhumatique_;--dites donc, _cette maison est
-insalubre, malsaine, humide_ et non _rhumatique_.
-
-=Rhume=, s. m.--Dites, _j'ai un rhume_, ou _je suis enrhumé_ et non
-_j'ai le rhume_;--dites de même _j'ai un rhume_ et non _j'ai un froid_.
-
-=Ric-à-ric=, signifie tout juste, rigoureusement: _je le ferai payer
-ric-à-ric; on lui a payé ric-à-ric tout ce qu'on lui devait; compter
-ric-à-ric_.
-
-=Richard=, s. m., celui qui, dans une condition médiocre, a fait
-fortune; ce mot n'a pas de correspondant féminin.
-
-=Ride=, pli qui se fait sur le front, sur le visage; ce mot est
-féminin: _il a soixante ans et il n'a pas encore une seule ride_.
-
-=Ridicule=, adj., ne peut pas s'employer pour, _entêté, d'un avis
-différent, difficile à contenter_:--_allons, ne soyez pas entêté_ (et
-non _ridicule_) _et entendez raison_. (Fland.)--Prononcez et écrivez
-_ridicule_ et non _rédicule_.--Voyez _rédicule_.
-
-=Rien=, s. m.--Ne dites pas: _cela n'est de rien, ne me fait de rien_;
-dites, _cela n'est rien, ne me fait rien_. (Fland.)
-
-2. Ne dites pas: _je n'ai rien d'autre à lui dire_; dites, _je n'ai
-rien autre chose à lui dire_. (Wall.)
-
-3. Ne dites pas, _il passe le jour à rien faire_, mais, _à ne rien
-faire_.
-
-4. _Rien moins_, précédé du verbe _être_ et suivi d'un adjectif, a
-le sens de la négation: _il n'est rien moins que sage_ (il n'est pas
-sage).--Suivi d'un substantif ou accompagné d'un verbe, il peut avoir
-le sens positif ou négatif, selon la circonstance: _vous lui devez de
-la reconnaissance, car il n'est rien moins que votre bienfaiteur_ (il
-est votre bienfaiteur); _il n'aspire à rien moins qu'à prendre votre
-place_ (il aspire à prendre votre place ou bien il n'aspire pas le
-moins du monde à prendre votre place). (Acad.)
-
-5. _Servir à rien, servir de rien_: voyez _servir_.
-
-6. La prononciation du mot _rien_ est soumise à quelques règles qui
-sont également applicables au mot _bien_.--On doit faire sentir l'_n_
-et faire la liaison dans ces mots, lorsqu'ils sont suivis immédiatement
-de l'adjectif ou de l'adverbe ou du verbe qu'ils modifient, si cet
-adjectif, cet adverbe ou ce verbe commencent par une voyelle ou une _h_
-muette: _un homme bien honorable, bien aimable; rien à dire; rien à
-vous écrire_.--Mais si les mots _bien_ et _rien_ sont suivis de tout
-autre mot que de l'adjectif, de l'adverbe ou du verbe qu'ils modifient,
-la consonne _n_, quoique placée devant une voyelle, aura un son nasal
-et on ne fera pas la liaison, comme dans: _il parlait bien et à propos;
-il ne voyait rien et n'entendait rien_.
-
-=Rifflard=, s. m., vieux parapluie qu'on ne peut pas porter comme une
-canne: ce mot est familier.
-
-=Rincée=, s. f., volée de coups de bâton, correction manuelle:
-_recevoir une fameuse rincée_:--ce mot est populaire.
-
-=Riole=, pour _rigole_, est un mot flamand (riool).
-
-=Ripopée=, s. f., signifie, mélange que les cabaretiers font
-de différents restes de vin; il se dit également du mélange de
-différentes sauces: _ce vin n'est que de la ripopée; quelle ripopée
-faites-vous là?_--Mais il ne doit jamais s'employer comme synonyme
-de _ribambelle_: _il m'a dit une ribambelle d'injures; il amena une
-ribambelle d'enfants_.
-
-=Rire=, v. n.--Ne dites pas: _nous avons ri avec cela, avec cet
-homme_; dites, _nous avons ri de cela, de cet homme_.
-
-2. On ne dit pas, _rire à larmes_, mais, _rire aux larmes_.
-
-3. Ne dites pas, _il en rit dessous son nez_; dites, _il en rit sous
-cape_.
-
-4. Écrivez et prononcez: _je ris, tu ris, il rit_, et non _je rie, tu
-rie, il rie_. (Wall.)
-
-=Risibel=, pour _érésipèle_, est un grossier flandricisme.
-
-=Risquant, Risqueux.=--Ces mots ne figurent pas dans les dictionnaires
-et doivent se traduire par _risquable, dangereux, hasardeux_:--_une
-affaire, un projet risquable; cela est bien hasardeux, bien risquable;
-une entreprise hasardeuse_.--_Risquable_ signifie aussi, qu'on peut
-risquer avec quelque chance de succès: _cette entreprise n'est pas
-sûre, mais elle est risquable_.
-
-=Robe=, s. f.--On dit, _une robe de dentelle, de velours, de taffetas,
-de satin_, etc., et non _une robe en dentelle, en velours_, etc.; dites
-de même _un chapeau garni de, une robe garnie de..._
-
-=Rochet=, s. m.: voyez _surplis_.
-
-=Roide=, _roideur, roidir_.--On prononce et on écrit généralement
-aujourd'hui _raide, raideur, raidir_.--Voyez _raide_.
-
-=Ronde=, s. f., chanson qu'une personne chante seule, et dont le
-refrain est répété par tous en dansant en rond: _danser une ronde;
-ronde villageoise_. (Acad.)--On dit aussi _branle_ (s. f.) dans le
-même sens.--C'est le _cramignon liégeois_.
-
-=Rosbif= ou =Roastbeef=, s. m., boeuf rôti; prononcez _ross'bif_.
-
-=Rose=, affection aiguë, inflammatoire, caractérisée par rougeur; ce
-mot est _wallon_ et se rend en français par _érésipèle_, s. masculin:
-_érésipèle dartreux_.--Voyez ce mot.
-
-=Rossignol=, s. m., oiseau; prononcez _ros'signol_ et non _rozignol_.
-
-=Rôti, Rôtir=, etc.; prononcez _roti, rotir_ (_o_ bref): voyez _o_.
-
-=Roué, ée=, adj., dans le sens de _finaud, retors_, n'est pas français.
-
-=Rougeaud, eaude=, adj., qui a naturellement le visage rouge: _un gros
-rougeaud, une grosse rougeaude_;--ne dites pas _rougeot_ ni _rouget_.
-
-=Rouille, ée=, adj.--Dites _un fusil rouillé, un pistolet rouillé_ et
-non, _enrouillé_;--mais on dit également bien: _l'humidité enrouille_
-et _rouille le fer_; _le fer s'enrouille_ et _se rouille_.
-
-=Roulette=, s. f., machine roulante où un enfant se tient debout sans
-pouvoir tomber, et qui l'aide à marcher.
-
-=Royal, ale=, adj.--Prononcez _roi-ial_ et non _ro-ial_ ni
-_roi-al_;--prononcez de même _royaume, royauté, royalement_.
-
-=Rude=, adj.--Ne dites pas, _ce maître est trop rude avec ses
-ouvriers_; dites, _à ses ouvriers ou envers ses ouvriers_.
-
-=Rue=, s. f.--Ne dites pas: _votre fils est toujours sur la rue; je
-vous ai rencontré en rue_; dites, _votre fils est toujours dans la rue;
-je vous ai rencontré dans la rue_.
-
-2. _Rue sans fin, rue sans bout_: ces mots ne sont pas français; dites
-_cul-de-sac_ et mieux _impasse_.
-
-3. Prononcez _rù_ et non _ru-we_: voyez _ue_.
-
-=Rumb=, s. m., nom que l'on donne à chacune des trente-deux parties
-de la boussole de l'horizon desquelles part un des trente-deux vents:
-prononcez le _b_, _rombe_.
-
-=Ruse=, s. f., dans le sens de _querelle, dispute, réprimande_, n'est
-pas français.
-
-2. Il n'est pas français non plus dans le sens de _peine, mal,
-embarras_: _il s'est donné beaucoup de mal_ (et non _de ruses_) _pour
-conclure cette affaire_; _vous vous donnez beaucoup d'embarras_ (et non
-_de ruses_).
-
-=Russie, russe=: l'_u_ est bref; ne dites donc pas _Rûcie, Rûce_: voyez
-_Prusse_.
-
-=Rustaud, Rustre=, adj.--On est _rustaud_, faute d'éducation, faute
-d'usage;--on est _rustre_ par humeur, par rudesse de caractère: les
-manières du _rustaud_ sont ses formes; elles déplaisent, mais elles
-n'offensent pas; les manières du _rustre_ sont ses moeurs, elles
-choquent et elles offensent.
-
-=Rustique, Grossier, Impoli.=--C'est un plus grand défaut d'être
-_rustique_ que d'être simplement _impoli_; et c'en est encore un plus
-grand d'être _rustique_.--_L'impoli_ manque de belles manières, il
-ne plaît pas; le _grossier_ en a de désagréables, il déplaît; le
-_rustique_ en a de _choquantes_, il rebute.--L'impolitesse est le
-défaut des gens d'une médiocre éducation; la grossièreté l'est de ceux
-qui en ont une mauvaise; la rusticité, de ceux qui n'en ont point
-eu.--On souffre l'_impoli_ dans le commerce du monde; on évite le
-_grossier_; on se lie point du tout avec le _rustique_. (GIRARD)
-
-
-
-
- S
-
-
-=S.=--_S_, entre deux voyelles a le son de _z_: _rose, ruse,
-agonisant, je refuse, j'arrose, je pèse_, etc.--Après une consonne,
-elle a un son dur: _consister, persister, assister_; etc. (_concister,
-percister, ascister_.)
-
-2. On sait que les mots terminés en _ase, ise, ose, use_, etc.,
-doivent se prononcer comme si l'_s_ était remplacée par un _z_:
-_base_ (_baze_), _église_ (_églize_), _rose_ (_roze_), _arrosement_
-(_arrozement_), _déguisement_ (_déguizement_), _museler_ (_muzeler_),
-_la Meuse_ (_Meuze_), _j'use_ (_j'uze_), _je méprise_ (_méprize_),
-etc., et non _bace, églice, roce, la Meuce, j'uce, je méprice_;--les
-wallons ne sauraient trop s'exercer sur ce point.
-
-3. L'_s_ finale sonne dans les mots suivants: _as, ambesas, atlas,
-lampas_, les interjections _las_ et _hélas_, _stras, vasistas_;--_bis,
-cassis_ ou _câcis, gratis, jadis, maïs, fils, lis_, (mais dans
-_fleur-de-lis_, terme de blason, l'_s_ ne sonne pas)--_albatros,
-mérinos, rhinocéros_;--_blocus, calus_, _choléra-morbus_ ou
-_coléra-morbus_, _motus, omnibus, prospectus, rébus, ours, moeurs, mars_,
-(nom du 3e mois, d'une planète, et d'une divinité mythologique);--l'_s_
-sonne également dans les mots tout latins: _ad patres, aloès, kermès,
-de profundis, lapis, agnus, angelus, argus, blocus, chorus, foetus,
-hiatus, motus, orémus, papyrus_, etc.
-
-4. L'_s_ finale sonne aussi dans les noms propres suivants: _Adonis,
-Atlas, Argos, Bacchus, Brutus_, etc.--Il y a des noms propres français
-où elle sonne également; ce sont: _Arras, Blacas, Calas, Carpentras,
-Coutras, Cujas, du Bartas, Duras, Pézenas, Privas, Stanislas, Tartas,
-Toyras, Varillas, Vaugelas, Agnès, Bruéys, Clovis, Genlis, la Lys_
-(rivière), _Médicis, Senlis_ et tous ceux en _us_: _Caylus, Fréjus,
-Jansénius, Grotius, Nostradamus_, etc.
-
-5. Cependant elle ne sonne pas dans _Villers_, nom propre de lieu:--en
-France on prononce _Vilère_ et en Belgique _Vilé_: _Villers-l'Evêque_.
-
-=Sabbat=, s. m., dernier jour de la semaine juive;--_sabbatine_, s.
-f., autrefois thèse de controverse qui avait lieu ordinairement le
-samedi (sabbat);--_sabbatique_, adj.;--_année sabbatique_, septième
-année chez les juifs:--dans tous ces mots on ne fait sentir qu'un _b_.
-
-=Sable=, s. m., terre légère, gravier; prononcez _sâble_ (_â_ long).
-
-=Sableux, Sablonneux=, adj.--_Sableux_, n'est guère usité que dans
-cette locution, _farine sableuse_, farine dans laquelle se trouve mêlé
-du sable.--_Sablonneux_, lieu où il y a beaucoup de sable: _pays
-sablonneux_.
-
-=Sablier=, s. m., petit vase contenant du sable propre à être répandu
-sur l'écriture pour la sécher:--ne dites pas _sablière_ (lieu d'où on
-extrait le sable).
-
-=Sabord, Babord, Tribord= et =Vibord=, ss. mm.--_Sabord_, embrasure
-pour le service du canon dans un vaisseau;--_babord_, côté gauche
-d'un vaisseau en partant de la _poupe_ (la partie de l'arrière
-d'un vaisseau);--_tribord_, côté droit d'un navire, à partir de la
-poupe;--_vibord_, grosse planche qui porte le pont supérieur d'un
-vaisseau.
-
-=Sabre=, arme tranchante; ce mot est masculin, _un beau sabre_;--l'_â_
-est long ainsi que dans _sabrer_.
-
-=Sachet=, s. m., petit sac: _porter du camphre dans un sachet_;
---prononcez _sachet_ (_et_ bref) et non _sachai_ (_ai_ long).
-
-=Sacrement=, s. m.--On dit _sacrement_ et non _sacrament_, quoique
-l'on dise bien _sacramental, ale, sacramentel, elle, sacramentalement,
-sacramentellement_.
-
-=Sacristain=, s. m., et non _sacristiain_;--le féminin correspondant
-est _sacristine_ et non _sacristaine_, qui désigne dans un couvent de
-religieuses celle qui a soin de la sacristie.
-
-=Sage=, _sagement_: prononcez _sa-je, sa-jement_ et non _sache,
-sachement_.
-
-2. Une _sage-femme_ est une accoucheuse; une _femme sage_ est une femme
-qui a de la sagesse.
-
-=Saigner du nez=, veut dire, perdre du sang par le nez ou manquer de
-courage: _il s'était chargé de faire cette proposition, mais il a
-saigné du nez_ (Acad.);--_saigner au nez_ ou _par le nez_, dans le
-sens de _saigner du nez_, n'es pas français;--mais _saigner au nez_,
-dans le sens de pratiquer une saignée au nez, est français.
-
-=Saint, te=, adj.--Il s'écrit par une petite lettre devant le nom du
-saint et sans trait d'union: _les apôtres saint Pierre et saint Paul_.
-(Acad.)--L'Académie écrit avec une petite _s_ et sans trait d'union:
-_la sainte Vierge_ (nous préférons _Sainte-Vierge_), _les saints Pères,
-la sainte Trinité, la sainte Bible, la sainte Famille, la sainte
-Église, l'Écriture sainte_;--et sans majuscule: _les saints anges,
-les saints docteurs, les saints apôtres, le saint sacrement, la sainte
-table, le saint père_.--Elle fait observer qu'en écrivant au pape, on
-écrit: _Très-Saint Père_.
-
-2. Lorsqu'on veut désigner la fête, l'église mise sous l'invocation
-d'un saint, une ville, un village, une rue qui porte le nom du saint,
-ce mot s'écrit par une majuscule et se joint au mot suivant par un
-trait d'union: _la Saint-Jean, l'église Saint-Antoine, la ville de
-Saint-Hubert, le village de Saint-Hadelin, la rue Saint-Georges_, etc.
-
-3. Quand _saint_ est écrit par abréviation, l'_s_ est toujours
-majuscule: _les apôtres S. Pierre et St. Paul, Ste Gudule, les SS.
-Pères_; on voit que l'abréviation peut s'écrire de deux manières.--On
-écrit _le Saint-Esprit_ et _l'Esprit saint_.
-
-4. _Sainte nitouche_ et non _sainte mitouche_:--voyez _nitouche_.
-
-=Salade=, s. f.--Prononcez _sa-lade_ (les deux _a_ brefs) et non
-_salâde_ ni _salâte, slade_.
-
-=Saligaud, saligaude=, adj., personne malpropre;--prononcez ces mots
-comme ils son écrits et non _saligot, saligotte_.
-
-=Salissant, te.=--Ne dites pas, _cette couleur est contre l'ordure_,
-mais, _cette couleur n'est pas salissante_.
-
-=Saluer=, v. a.--Ne dites pas: _je l'ai salué d'un verre de bière_,
-pour, _je lui ai présenté un verre de bière_;--ne dites pas non plus,
-_on vous salue_ pour _je vous salue_.
-
-=Samson=, n. pr.: prononcez _San-son_ et non _Sameson_.
-
-=Sanctifier=, _sanctification, sanctuaire, sanction, sanctionner_:
---dans ces mots faites sentir légèrement le _c_ comme un _k_: _que
-votre nom soit sanctifié; la sanctification du dimanche; sanctionner
-une loi_.
-
-=Sanglier=, s. m., porc sauvage: prononcez _sanglîé_ (_i_ long).
-
-=Sanguin=, _sanguine, sanguinaire, sanguinolent_:--le _g_ est dur et
-l'_u_ ne se prononce pas: _sanguin, sanguinaire, sanguinolent_;--mais
-l'_u_ se fait sentir dans _sanguinification_, s. f. (transformation du
-chyle en sang).
-
-=Sans que=, loc. conj., ne doit pas être suivi de _ne_: _il l'a fait
-sans qu'on le lui ait dit_; _je ne puis parler sans qu'il m'interrompe_
-(et non _sans qu'il ne m'interrompe_).
-
-2. _Sans_, étant préposition, ne peut pas s'employer adverbialement;
-ainsi ne dites pas: _je suis tellement habitué à me promener avec cet
-ami que je ne puis m'en aller sans_; dites, _sans lui_.
-
-3. _Sans dessus dessous_; écrivez et voyez _sens dessus dessous_.
-
-4. _Sans devant derrière_; écrivez et voyez _sens devant derrière_.
-
-=Santé=, s. f., état de celui qui se porte bien.--Il ne se dit au
-pluriel que lorsqu'il est en quelque sorte personnifié, comme dans
-cette phrase: _il y a des santés faibles que peu de chose dérange_,
-c'est-à-dire, il y a des personnes ayant une santé faible.--Mais on
-ne dirait pas bien: _messieurs, ayez soin de vos santés, ménagez vos
-santés; vos santés sont-elles bonnes?_ Dans tous ces exemples, _santé_
-doit être au singulier.--_Santé_ peut aussi se mettre au pluriel dans
-le sens de _toast_: _porter des santés_.
-
-=Saoul, e=, adj., repu, rassasié; _saouler_, rassasier avec excès,
-enivrer: prononcez _sou, souler_.--On écrit plus souvent _soûl,
-soûler_:--ces termes sont bas et de mauvais ton.
-
-2. Ne dites pas d'une personne qu'elle est _une soûlée_; ce mot n'est
-pas français;--employez le mot _ivrogne_ ou bien _soûlard, arde,
-soûlaud, aude_;--ces deux derniers termes sont populaires et _soûlaud_
-ne figure que dans quelques dictionnaires.
-
-=Sarbacane=, s. f. (en flamand _blaespyp_), long tuyau de verre, de
-bois, de fer-blanc, par lequel on peut, en soufflant, jeter des pois ou
-autre chose; on peut même se parler au moyen d'une sarbacane, afin de
-n'être entendu que d'une seule personne: _se jeter des pois avec une
-sarbacane_.
-
-2. Ne dites pas _sarabacane_ ni _serbacane_.
-
-=Sarrau=, s. m., espèce de blouse grossière en toile, en coton que
-portent les paysans, les rouliers, etc.; on écrit aussi, mais moins
-souvent, _sarrot_.--Prononcez _sârô_ (_â_ et _ô_ longs).
-
-=Sart=, s. m., _sarter, sartage, sartager_:--ces mots ne sont pas
-français: voyez _essart_.
-
-=Sas=, s. m., tissu de crin, de soie, etc., qui est entouré d'un cercle
-de bois et qui sert à passer de la farine, du plâtre, des liquides,
-etc.--On ne prononce l'_s_ finale que devant une voyelle ou une _h_
-muette.
-
-=Sasse= ou =Escope=, s. f., sorte de pelle de bois étroite et creuse
-qui sert à prendre et à jeter l'eau hors des navires, chaloupes,
-nacelles, etc.
-
-=Sauf votre respect=: voyez _respect_.
-
-=Saule=, arbre; ce mot est masculin: _un saule pleureur_.
-
-=Saume= ou =Same= (mot wallon), filet de pêche; en français, _trouble_
-ou _truble_, s. féminin.
-
-=Saumer=, v. n. (mot wallon), jeter ou tirer vers un but pour savoir
-qui jouera le premier;--_abuter_ est le mot français: _abutons d'abord
-et puis nous jouerons_.
-
-=Saunière= (et non _saunier_), s. f., vaisseau, espèce de coffre où
-l'on conserve le sel;--_saunier_, s. m., ouvrier qui travaille à faire
-le sel, celui qui débite, qui vend le sel.
-
-=Saur=, adj. m., ou =Saure=, adj. des deux genres, qui est de
-couleur jaune, tirant sur le brun.--_Saure_ ne se dit guère que des
-chevaux.--On écrit _hareng saur_, par abréviation de _saure_, et l'on
-dit aussi, mais moins souvent, _hareng-sauret_. (Acad.)--L'Académie
-écrit aussi _sor_, en renvoyant au mot _saure_.
-
-2. Ne dites pas _angletin_ ni _ingletin_, pour _hareng saur_.
-
-=Sauvage=, adj.--Ne dites pas d'un animal domestique _qu'il est
-sauvage_; dites, _qu'il est farouche_.
-
-=Sauvagin, ine=, adj.--Il n'est guère usité que dans cette locution,
-_goût sauvagin_, certain goût, certaine odeur qu'ont quelques animaux
-de mer, d'étang, de marais;--il s'emploie plus ordinairement comme
-substantif: _le canard sent le sauvagin_ et non _le sauvage_.
-
-=Sauver.=--Ne dites pas, _le prisonnier est sauvé hier_, pour indiquer
-qu'il a pris la fuite; dites, _le prisonnier s'est sauvé_:--_est
-sauvé_ signifierait _qu'il est hors de danger_.
-
-=Savoir, Pouvoir.=--_Savoir_ s'emploie dans le sens d'avoir le
-pouvoir, la force, le moyen, l'adresse, l'habileté de faire quelque
-chose: _je saurai bien le réduire; je saurai bien me défendre; je n'y
-saurais que faire; je le voudrais bien, mais je ne saurais; je ne
-saurais faire ce que vous me dites; ne sauriez-vous aller jusque-là?
-il n'a su en venir à bout; il ne sait pas ouvrir cette porte, ayant la
-clef dans sa main_.(Acad.)--Voyez _pouvoir_.
-
-2. _Faire à savoir_, c'est-à-dire, faire savoir:--il ne s'emploie
-guère que dans les proclamations, les publications, les affiches, etc.:
-_on fait à savoir que tels et tels héritages sont à vendre_. (Acad.)
-
-3. _Savoir à parler_, locution barbare; ne dites pas, _je ne sais pas à
-parler de cette affaire; en savez-vous à parler?_ dites, _je n'ai pas
-entendu parler de cette affaire, je n'ai pas connaissance, je ne suis
-pas instruit, informé de cette affaire; en avez-vous entendu parler, en
-avez-vous connaissance, en êtes vous informé, instruit_.
-
-4. _Sais-tu, savez, savez-vous_, sont autant de locutions vicieuses et
-barbares que l'on n'entend que trop souvent en Belgique: _oui, non,
-sais-tu; tu ne m'oublieras pas, sais-tu; sois bien sage, sais-tu; oui,
-non, savez-vous; je ne suis pas méchant, savez-vous; il est riche,
-savez-vous_.--Il faut s'attacher à faire disparaître de la conversation
-cette phrase aussi ridicule que parasite et monotone;--il suffira la
-plupart du temps de donner une autre inflexion à la voix; d'autres fois
-on pourra la remplacer par _certes, certainement, assurément, sans
-doute_, etc.
-
-5. Il faut en dire autant de _vois-tu, voyez-vous_, employés à peu près
-dans le même sens et que certaines personnes répètent à satiété: ce
-sont là des tics contre lesquels on ne saurait trop se mettre en garde.
-
-6. _Savez-vous quoi_, est encore une locution mauvaise; ne dites
-donc pas: _savez-vous quoi? eh bien, vous ferez vos excuses et tout
-s'arrangera pour le mieux_; dites, _savez-vous ce qu'il faut faire, ce
-qu'il faut dire_, etc.
-
-7. Ne dites pas non plus: _savez-vous ce que vous fassiez? faites vos
-excuses_, etc.; dites, _savez-vous ce qu'il faut faire, ce que vous
-avez à faire, ce que vous devez_ ou _devriez faire_. (Wall.)
-
-=Sayer=, pour _essayer_, est un barbarisme; ne dites pas, _venez sayer
-votre robe_, mais, _venez essayer votre robe_.
-
-=Scandale=, s. m., mauvais exemple: prononcez _scandale_ et non
-_scane-dale_ ni _escandale_.
-
-=Scariole=, s. f.--On écrit plus souvent _escarole_, espèce de
-chicorée qu'on mange en guise de salade. Ne dites pas _scarole_.
-
-=Sch=, d'origine allemande, et _sh_ anglais, se prononcent comme le
-_ch_ français: _kirsh, schlague, shérif, schlich_, les noms propres
-_Schaffhouse, Schelestadt, Ashanti, Cavandisch, Shéridan, Shore_,
-etc.--_Goldsmith_ (écrivain anglais) se prononce _Gold'chmite_.
-
-=Scarlatine=, s. f., et adj.: _la scarlatine n'attaquait guère que les
-enfants; la fièvre scarlatine_.--Écrivez et prononcez _scarlatine_ et
-non _escarlatine_.
-
-=Sceau=, s. m., grand cachet: prononcez _sô_.
-
-=Sceller=, v. a., appliquer le sceau; ce verbe garde les deux _ll_ dans
-toute sa conjugaison, ainsi que _seller_ (mettre la selle).
-
-=Scène=, s. f., spectacle, querelle; prononcez _cène_ (_è_ long):--ne
-le confondez pas avec _cène_ (_la dernière cène_ de J.-C.)
-
-=Schah=, titre du souverain de la Perse; le pluriel est comme le
-singulier: prononcez _châ_.
-
-=Schako=, s. m.--On écrit aussi _shako_ et l'on prononce _chacô_.
-
-=Schall=, s. m., vêtement de femme; on écrit aussi _shall_ et le plus
-souvent _châle_; prononcez _châle_.
-
-=Scheik=, s. m., chef de tribu chez les arabes; on écrit ordinairement
-_cheik_ et on prononce _chèk_.
-
-=Schelling= ou =Shelling=, s. m., monnaie anglaise d'un franc et vingt
-centimes: prononcez _chelin_.
-
-=Schérif=, s. m.; on écrit ordinairement _shérif_, officier municipal
-en Angleterre: prononcez _chérif_.--Ne le confondez pas avec _chérif_
-qui se dit d'un prince chez les Arabes et chez les Maures.
-
-=Scholaire=, _scholastique, scholiaste, scholie_, s'emploient moins
-souvent que _scolaire, scolastique, scoliaste, scolie_.
-
-=Schooner=, goëlette;--prononcez _chounère_.
-
-=Schyte=, s. m., nom d'un ancien peuple; prononcez _cite_.
-
-=Scie=, _sciant, scier_, ennuyeux, ennuyer, etc.;--ces expressions
-sont populaires: _quelle scie que cet homme-là; comme il est sciant,
-comme il scie!_
-
-=Sciemment=, adv., le sachant bien;--prononcez _ciaman_ et non
-_cian-man_.
-
-=Science=, s. f.; prononcez _ci-ance_ (trois syllabes).
-
-=Scintiller=, _scintillant, scintillation_;--on prononce les deux _ll_
-sans les mouiller.
-
-=Sciure=, s. f.--Pour savoir si l'on doit mettre ce mot au singulier
-ou au pluriel, il suffit de le remplacer par _farine_. De même que l'on
-dirait _de la farine_ de froment, de même aussi l'on doit dire _de la
-sciure_ et non _des sciures_ de bois; _sécher le pavé d'une cuisine
-avec de la sciure_ (et non _des sciures_) _de bois_.
-
-=Scorbut=, s. m.:--on ne prononce pas le _t_.
-
-=Scorie=, s. f., substance terreuse ou pierreuse vitrifiée qui nage
-sur la surface des métaux fondus.--On appelle _scories volcaniques_
-certains produits des volcans.--Voyez _mâchefer_.
-
-=Scorsonère=, s. f., légume, espèce de salsifis; ne dites pas
-_scorsionère_ ni _corsionelle_;--remarquez que ce mot est féminin.
-
-=Sculpter=, _sculpteur, sculpture_:--prononcez _sculter, sculteur,
-sculture_.--_Sculpterie_ n'est pas français.
-
-=Se=, pr. pers.--Ne dites pas: _quand se vient le soir, quand se vient
-le jour_; dites, _quand le soir vient, quand le jour vient_.
-
-=Seau=, s. m., vaisseau propre à puiser, à porter de l'eau: prononcez
-_sô_ et non _séau_ ni _siau, séïau, séhau_.
-
-=Sec=, fait au féminin _sèche_, et il n'y a que les gens qui n'ont reçu
-aucune instruction qui puissent dire: _avoir la bouche sec, les mains
-secs_.
-
-=Second=, adj. ord., deuxième.--Prononcez _cegon_ et non _sekon_;--le
-_c_ se prononce également _g_, surtout dans la conversation, dans
-_seconde, seconder, secondement, secondaire, secondairement_. (Acad.)
-
-2. On dit _Henri second, François second_ et mieux _Henri deux,
-François deux_.
-
-3. _Second, deuxième_.--On ne peut se servir indifféremment des mots
-_second_ et _deuxième_.--_Deuxième_ semble annoncer un _troisième_;
-il éveille l'idée d'une série, tandis que _second_ éveille l'idée d'un
-ordre seulement. On dira d'un ouvrage en deux volumes: _voici le
-second volume_, et d'un ouvrage qui aura plus de deux volumes, _voici
-le deuxième volume_.--On dit, par la même raison, je demeure _au
-second_ et non _au deuxième_, même en parlant d'une maison qui a plus
-de deux étages, parce qu'on ne veut pas faire l'énumération des étages
-de la maison; on veut seulement indiquer que l'on demeure au-dessus du
-premier.
-
-4. Prononcez l'_x_ de _deuxième_ et de _deuxièmement_ comme un _z_;
-prononcez en outre _deuziè-me, deuziè-mement_ et non _deuzièm-me,
-deuxièm-mement_.
-
-=Secousse=, s. f.: n'écrivez pas _sécousse_.
-
-=Secret=, s. m., _secrétaire, secrétariat_, etc.;--prononcez _secrè_
-(et non _sècrè_), _secrétaire_, etc., et non _segrè, segrétaire_.
-
-=Secrétaire, Secrétariat, Secrétairerie.=--C'est le second _e_ qui est
-marqué de l'accent aigu et non le premier; n'écrivez et ne prononcez
-donc pas: _sécretaire, sécretariat, sécretairerie_; écrivez de même
-_secrètement_ et non _sécrètement_.
-
-=Sécrétion=, s. f., toute matière qui sort du corps;--ne prononcez pas
-_secrétion_.
-
-=Sehu= ou _seyu_ ou _saou_:--ce mot n'est pas français; dites
-_sureau_: _du thé de fleurs de sureau_.
-
-=Seigle= ou =Sègle=, s. m., sorte de blé; prononcez _sei-gle_ et non
-_sei-ke, seiguèle_.
-
-=Seigneur=, s. m.--Prononcez _sè-gneur_ et non _sé-gnieur_ ni
-_sègn'nieur_.
-
-=Seigneurie=, s. f., droit, terre de seigneur, titre d'honneur: ne
-dites pas _séigneurerie_.--Voyez _mairie_.
-
-=Seize=, adj. num.--Prononcez _sei-ze_ et non _sei-ce_; prononcez de
-même _onze, douze, treize, quatorze, quinze_.
-
-=Sellette.=--Mettre _quelqu'un sur la sellette, être sur la sellette_;
-ne dites pas _selette_.
-
-=Semaille=, s. f., ensemencement des céréales et des autres plantes
-objet de la grande culture, ne s'emploie guère qu'au pluriel: _les
-semailles sont une opération importante pour un cultivateur_.--Il
-se dit aussi des grains semés ou à semer: _semailles de froment; les
-semailles commencent à lever_; _les semailles_ (et non _les semés_)
-_sont de belle venue_.--Il se dit encore de la saison pendant laquelle
-on ensemence les terres: _au temps des semailles, à la fin des
-semailles_.--_Semaison_ est un vieux mot qui signifiait le temps où
-l'on fait les semailles:--Bescherelle est d'avis qu'il faut rétablir
-ce mot dans les dictionnaires.
-
-=Semaine=, s. f.--Ne dites pas: _j'irai vous voir à la semaine_;
-dites, _la semaine prochaine_.
-
-2. Ne dites pas non plus, _la semaine qui vient, le mois qui vient,
-l'année qui vient_; dites, _la semaine prochaine, le mois prochain,
-l'année prochaine_.
-
-3. Les noms des jours de la semaine s'écrivent avec une petite lettre:
-_dimanche, lundi_, etc. et non _Dimanche, Lundi_. (Acad.)
-
-4. Prononcez _semène_ et non _sèmène_ ni _semain-ne_.
-
-=Sembler=, v. n.--Ne dites pas: _vous semblez un gouverneur_; dites,
-_vous avez l'air d'un gouverneur_.
-
-=Semer=, _semeur, semence, semis, semoir_:--prononcez _se_ et non _sè_.
-
-2. =Semer, Ensemencer.=--_Semer_ a rapport au grain:--_ensemencer_ a
-rapport à la terre; _on sème le blé, on ensemence le champ_.
-
-=Semestre=, s. m., espace de six mois consécutifs; prononcez _semestre_
-et non _sémestre_ ni _semesse_ ni _semestère_.
-
-=Semi=, mot tiré du latin et qui signifie _demi_; il ne s'emploie
-que devant un autre mot auquel on le joint par un trait d'union et
-il ne prend jamais la marque du pluriel: _des semi-tons, des fleurs
-semi-doubles_.--Écrivez et prononcez _semi_ et non _sémi_ ni _sèmi_.
-
-=Séminariste=, s. m., élève d'un séminaire;--le _séminaire_ est
-l'établissement ecclésiastique lui-même; ne dites donc pas:
-_j'ai rencontré deux séminaires sur le marché_; dites, _deux
-séminaristes_.--Prononcez _séminaris-te_ et non _séminarisse_.
-
-=Semoule=, s. f., pâte de farine très-fine; d'après l'Académie, on doit
-prononcer _semouille_.--N'écrivez pas _semouille_.
-
-=Sempiternel, nelle=, adj., perpétuel; prononcez _sainpiternel_. (Acad.)
-
-=Sénatus-consulte=, s. masculin, décision du sénat: _un
-sénatus-consulte_; le pluriel est _sénatus-consultes_.--Prononcez
-_sénatuce-consul-te_ (et non _sénatuce-consule_.)
-
-=Senor=, s. m., seigneur, monsieur;--_senora_, madame;--prononcez
-_sègnore, sègnora_ comme dans _seigneur, enseigner_.
-
-=Sens=, s. m.--On fait sentir l'_s_ finale, lorsque après ce mot on
-peut faire une pause, et elle devient nulle si la pause est impossible:
-_mettez cette table de ce sens-là_ (_san-là_); _c'est un sot qui n'a
-pas le sens_ (_san_) _commun_; _à mon sens_ (_sance_).
-
-2. _Sens dessus dessous_, loc. adv., qui se dit en parlant de la
-situation d'un objet tourné de manière que ce qui devrait être dessus
-ou en haut se trouve dessous ou en bas: _renverser un objet sens
-dessus dessous_.--Il se dit aussi familièrement de ce qui est dans un
-grand désordre et tout bouleversé: _tous mes papiers sont sens dessus
-dessous; ma bibliothèque est sens dessus dessous_.--N'écrivez pas
-_sans dessus dessous_.
-
-3. _Sens devant derrière_, loc. adv., dont on se sert en parlant de
-la situation d'un objet tourné de telle façon que ce qui devrait être
-devant se trouve derrière: _elle a mis son bonnet sens devant derrière;
-sa perruque est sens devant derrière_.--N'écrivez pas _sans devant
-derrière_.
-
-=Sensible=, adj., signifie qui est aisément ou vivement touché, mais
-non, qui émeut.--Ne dites donc pas: _c'est un livre, c'est une pièce
-très-sensible_; dites, _c'est un livre très-touchant, une pièce
-très-touchante_.
-
-=Sente=, s. f., sentier.--L'Académie donne ce mot et renvoye
-au mot _sentier_; il ne paraît être d'usage que dans les
-campements.--_Pied-sente_ n'est pas français; dites _sentier_.
-
-=Senté-je=, expression barbare; dites _sens-je_ et mieux _est-ce que
-je sens_, parce que _sens-je_ paraît dur.--Ne dites pas non plus
-_dormé-je_, mais _est-ce que je dors_.
-
-=Sentinelle=, est féminin: _la sentinelle, une sentinelle_;--quelques
-poètes ont fait ce mot du masculin: _ces nombreux sentinelles_
-(Delille): c'est une licence qu'il ne faut pas imiter.
-
-=Sentir.=--Dites, _cette fleur sent bon_ et non, _sent bonne_:--ici
-_bon_ est adverbe.
-
-2. Ne dites pas: _ce couteau sent après l'oignon_; dites, _ce couteau
-sent l'oignon_ (Fland.)--Voyez _puer_.
-
-=Seoir=, v. n., être assis.--Il n'est plus guère en usage qu'au
-participe présent _séant_ et au participe passé _sis, sise_ qui
-signifie _situé, située_: _tribunal séant à Liége; maison sise dans la
-rue Hors-Château_.--Cependant, on dit encore, en poésie et dans le
-langage familier, _sieds-toi_ pour _assieds-toi_.
-
-2. _Seoir_, v. n. être convenable à la personne, à la condition,
-au lieu, au temps, etc.--Il n'est plus d'usage à l'infinitif et
-n'a d'usitées que les formes suivantes: indic. prés., _il sied, ils
-siéent_,--imp., _il seyait, ils seyaient_;--futur, _il siéra, ils
-siéront_;--condit. prés., _il siérait, ils siéraient_;--part, prés.,
-_seyant_: il n'a point de temps composés.--On l'emploie souvent comme
-impersonnel: _il vous sied bien_ (il vous appartient bien) _de vouloir
-réformer les autres_.
-
-=Sept=, adj. num.--On ne prononce pas le _p_ dans _sept_ ni dans ses
-composés _septième_ et _septièmement_; mais on le prononce dans tous
-les autres: _septante, septembre, septenaire, septennal, septennalité,
-septentrion, septentrional, septidi, septuagénaire, septuagésime,
-septuple, septupler_, etc.--Quant au _t_ de _sept_, il ne se prononce
-que lorsque ce mot est pris à part: _le nombre sept, ils étaient sept_,
-ou lorsqu'il est suivi d'une voyelle on d'une _h_ muette: _sept amis,
-sept hommes_.--Il faut ajouter à cette observation de l'Académie, que
-le _t_ se prononce dans tous les cas lorsque le mot _sept_ est employé
-substantivement: _le sept d'avril, le sept de trèfle; sept multiplié
-par trois; un sept de chiffre_ ou simplement _un sept, le sept du mois_.
-
-=Septante=, adj. num., _soixante-dix_.--Il n'est plus guère usité
-qu'en Belgique et dans le midi de la France ainsi que dans le
-style de mathématiques; on le remplace partout ailleurs par le mot
-_soixante-dix_. Il en est de même de _nonante_; quant à _octante_ il
-n'est plus du tout en usage.--Prononcez le _p_, _sep'tante_.
-
-=Septennal, ale=, adj., qui arrive ou qui est renouvelé tous les
-sept ans: _fête septennale_. On prononce le _p_ et les deux _nn_:
-_sep'ten'nale_.
-
-=Septier=, s. m., mesure de grains, de liquides; on écrit plus souvent
-_setier_.--Prononcer _cetié_ et non _cètié_ ni _cetchié_.--Voyez _ti_
-et _di_.
-
-=Séquestrer, Séquestration=: prononcez _sékestrer, sékestration_.
-
-=Sera.=--Ne dites pas: _sera lui qui aura la place, sera vous qui
-partirez_; dites, _ce sera lui, ce sera vous qui..._ ou bien, s'il
-s'agit d'une interrogation: _sera-ce lui..., sera-ce vous...?_
-
-=Sérail=, s. m.; le pluriel est _sérails_.
-
-=Serein, eine=, adj., qui est clair, doux, calme;--_serin_ (et non
-_serein_), s. m., sorte d'oiseau chanteur.--Prononcez _se_ et non
-_sè_.
-
-=Sérénade, Aubade=, s. f.--Ils désignent l'un et l'autre un concert
-de voix ou d'instruments donné dans la rue ou sous les fenêtres
-de quelqu'un; la _sérénade_ se donne le soir et l'_aubade_ le
-matin.--Prononcez _sérénade, aubade_ et non _sérénate, aubate_ ni
-_sèrènade_; ne dites pas non plus _ombade_.
-
-=Serf=, adj. s., espèce d'esclave: prononcez _serfe_;--le féminin est
-_serve_ (ne prononcez pas _serfe_).--V. _cerf_.
-
-=Sérincheur.=--Ne dites pas d'un mauvais musicien, _c'est un
-sérincheur_; dites, _c'est un râcleur, un croque-note_.--(Les ouvriers
-qu'on désigne sous le nom de _sérincheurs_, s'appellent _cardeurs_ en
-français).
-
-=Serre.=--N'employez pas ce mot dans le sens de _serrure_ ou de
-_batterie_ de fusil, de pistolet.
-
-=Serrer, Enserrer.=--_Serrer_ signifie étreindre, presser ou bien
-mettre quelque chose dans un lieu où il ne soit exposé ni à être volé
-ni à s'égarer ni à être gâté.--_Enserrer_ signifie mettre dans une
-serre: _enserrer des orangers_.
-
-2. _Serrer_, ne peut pas s'employer pour _fermer_; ne dites donc pas,
-_serrez la porte, la fenêtre, le livre_, etc.; dites, _fermez la
-porte_, etc.
-
-3. _Serre-papier_, s. m., arrière-cabinet;--tablettes à compartiment
-où l'on serre des papiers;--petit meuble pesant de marbre, de granit,
-etc., qu'on met sur des papiers pour les tenir:--_presse-papiers_
-n'est pas français.--Le pluriel s'écrit comme le singulier.
-
-=Serrure=, s. f.--Ne dites pas, _laissez la porte sur la serrure_,
-pour signifier ne pas la fermer entièrement; dites, _laissez la porte
-entr'ouverte_, ou _laissez la porte tout contre_.--Prononcez _cèrure_.
-
-=Serveur de messe=, _servant de messe_: ces mots ne sont pas français;
-dites _enfant de choeur_.--V. _acolyte_.
-
-=Service.=--Ne dites pas, _qu'y a-t-il de votre service?_ dites, _qu'y
-a-t-il pour votre service_ ou _à votre service?_
-
-2. Ne dites pas, _ce domestique n'est pas au service pour le moment_;
-dites, _n'est pas en service_.--Mais lorsque _service_ est suivi d'un
-complément, l'article est de rigueur: _être au service de quelqu'un; il
-a été longtemps au service d'un tel_.
-
-3. _Service_, employé d'une manière absolue, signifie _le service
-militaire_: _il a vieilli au service_.
-
-=Servir.=--_Servir à rien, servir de rien_.--Ce qui ne _sert à rien_
-aujourd'hui, peut servir demain à quelque chose: _il a des talents qui
-ne lui servent à rien_.--Ce qui ne _sert de rien_ ne peut jamais être
-d'aucune utilité: _les murmures contre les décrets de la Providence ne
-servent de rien; vous êtes aveugle, des lunettes ne vous servent de
-rien_.
-
-2. On dit _servir la messe, répondre la messe_ et non _à la messe_.
-
-=Serviteur=, s. m.--Le féminin correspondant est _servante_.
-
-=Seul, eule=, adj.--Un _seul homme_ est un homme unique; un _homme
-seul_ est un homme isolé, retiré.
-
-=Seulement=, adv.--Ne dites pas: _dites-le seulement, faites-le
-seulement, venez seulement, courez seulement, parlez seulement_,
-etc.--Ce _seulement_ est un flandricisme qui, ordinairement, n'ajoute
-rien au sens et qu'il faut faire disparaître entièrement en français,
-ou bien remplacer, selon le sens, par _çà, donc, un peu, je vous
-prie_, etc.:--_dites-le, faites-le, venez_, etc.,--_dites-le donc,
-faites-le donc, venez-donc_;--_çà! dites-le, çà! faites-le, çà!
-venez_;--_dites-le, je vous prie, faites-le, je vous prie, venez, je
-vous prie_.--Voyez _fois_.
-
-2. Ne dites pas, _je n'ai seulement qu'à paraître, et il se taira_
-(pléon. vic.); dites, _je n'ai qu'à paraître..._
-
-=Sexe=, s. m.: _le sexe masculin, féminin_:--prononcez _cekce_ et non
-_cèke_.
-
-=Sexte=, s. f., une des petites heures de l'office;--s. m., le sixième
-livre des Décrétales.--Prononcez _ceks'te_ et non _cêke_ ni _cekce_.
-
-=Si=, conj., ne s'élide que devant _il, ils_:--_s'il, s'ils_.
-
-2. _Si_ ne doit jamais être suivi du conditionnel; ne dites donc pas:
-_si j'aurais le temps, j'irais le voir; si je l'aurais su, je n'y
-serais pas allé_; dites, _si j'avais le temps, si je l'avais su..._
-
-3. C'est également une faute d'employer le conditionnel au lieu du
-subjonctif; ainsi vous ne direz pas: _je voudrais que cela serait; j'ai
-craint qu'il ne viendrait pas_; dites, _je voudrais que cela fût, j'ai
-craint qu'il ne vint pas_.
-
-4. Ne dites pas: _si j'étais vous_ ou _si j'étais comme vous, je ferais
-telle chose_; dites, _si j'étais à votre place_ ou _si j'étais que de
-vous, si j'étais de vous, je ferais telle chose_.
-
-5. _Si_ peut s'employer familièrement comme particule affirmative:
-_vous dites que non et je dis que si; vous n'avez pas été là? si_.--On
-dit également _si fait_: _je crois qu'il n'a pas été là; si fait, il y
-a été_.
-
-6. Ne dites pas, _si longtemps que j'aurai une goutte de sang dans les
-veines, je me défendrai_; dites, _tant que j'aurai..._ (Wall.)
-
-7. Ne dites pas, _si vite qu'il est levé, il étudie_; dites, _dès que,
-aussitôt qu'il est levé..._ (Wall.)
-
-8. _Si_ peut s'employer au lieu de _tant_ devant un participe passé, et
-au lieu de _tellement_ devant une locution adverbiale; on peut dire:
-_si aimé, si à l'aise, si à propos, si en colère_, etc.--Il serait
-trop rigoureux de condamner ces sortes d'expressions, dit Boniface.
-
-=Sibylle=, s. f., prophétesse dans l'antiquité; les _ll_ ne se
-mouillent pas, _cibile_.--_Sibyllin_, adj., de sibylle, _vers
-sibyllins_: prononcez les deux _ll_, _cibil'lin_.--Une _sébille_, s. f.,
-est un vase de bois, rond et creux: _jetons un sou dans la sébille de
-ce pauvre aveugle_.
-
-=Sieste=, s. f., =Méridienne=, s. f.--_Sieste_, temps qu'on donne au
-sommeil pendant la chaleur du jour;--_méridienne_, temps que l'on
-donne au sommeil après le dîner.
-
-=Sieur=, s. m., abréviation de monsieur: prononcez _cieure_ en une
-syllabe.
-
-=Signal=, _signifier, signification_: prononcez _si-gnal,
-si-gnifier, si-gnification_ et non _sign'-nal, sign'-nification,
-sign'-nifier_.--Voyez _gne_.
-
-=Signet=, s. m., ruban pour marquer dans un livre: autrefois on
-supprimait le _g_ dans l'écriture et dans la prononciation; mais
-aujourd'hui on écrit et on prononce _signet_.
-
-=Simple=, nom générique et vulgaire des herbes et des plantes
-médicinales; ce substantif est masculin: _la mélisse est un simple
-d'une grande vertu_.
-
-=Sinapisme=, s. m., cataplasme à la moutarde; prononcez _sinapis-me_ et
-non _sinapisse_ ni _sinapim-se_.
-
-=Singulier=, s. m.:--prononcez _singulié_; mais faites sonner l'_r_
-finale de _singulier_, adjectif, lorsqu'il fait corps avec le mot qui
-le suit: _quel singulier_ (_lière_) _homme_! _le singulier_ (_lière_)
-_animal!_
-
-=Sinon=, conj., autrement, sans quoi, ne doit jamais être précédé de
-_ou_: _obéissez, sinon vous serez puni_, et non, _ou sinon..._
-
-=Sirop=, s. masculin: _du sirop de pomme_;--prononcez _cirô_ (_ô_
-long) et non _cirot_ (_o_ bref) ni _sirope_.--On écrit plus rarement
-_syrop_.
-
-=Sis, sise=, part. passé du verbe _seoir_; il ne s'emploie plus que
-comme adjectif et en style de pratique (avoués, notaires, huissiers),
-dans le sens de _situé, située_: _une maison sise rue des Mineurs_.
-Voyez _seoir_.
-
-=Sitôt=, adv.--Ne dites pas, _sitôt l'arrivée de la diligence, je
-partirai_; dites, _aussitôt après l'arrivée, aussitôt la diligence
-arrivée; dès que la diligence sera arrivée_, etc.
-
-=Six=, adj. num.--Devant une consonne, l'_x_ ne se prononce pas:
-_six personnes_;--elle sonne comme _z_ devant une voyelle ou une _h_
-muette: _six amis, six hommes_;--à la fin d'une phrase, après son
-substantif, ou bien lorsqu'on l'emploie substantivement, on prononce
-_six_ en faisant sonner l'_x_ comme une _s_: _de douze qu'ils étaient
-il n'en est resté que six; le chapitre six traite de...; le six du
-mois_.--Elle se prononce aussi, dans le corps de la phrase, lorsqu'il
-est suivi d'un repos: _ils étaient six, tous de bonne humeur_. (Acad.)
-
-=Sixain=, s. m., petite pièce de poésie composée de six vers; prononcez
-_cizin_.
-
-=Sixième, sixièmement.=--L'_x_ se prononce comme _z_; prononcez
-_sizième, sizièm'ment_ et non _siziain-me, siziain-m'ment_.
-
-=Skaufelin=, est un mot flamand; dites des _copeaux_.
-
-=Sloop=, s. m., petit navire à un seul mât; on prononce et quelques-uns
-écrivent _sloupe_. (Acad.)
-
-=Soc, Socle, Socque=, s. m.--Le _soc_ est un couteau de fer attaché
-à la charrue, qui fend la terre et forme le sillon;--un _socle_ est
-la base carrée d'une colonne, etc., le piédestal d'une statue, d'un
-vase;--un _socque_ est une chaussure grossière qui en enveloppe une
-autre et la préserve de la boue, de l'humidité.
-
-=Société=, s. f.--_Aller en société_, est une mauvaise locution;
-il est mieux de dire, _aller dans le monde, dans le grand monde,
-fréquenter le monde_.
-
-2. Ne dites pas, _je n'ai pu lui parler, il était en société_; dites,
-_il était en compagnie_.--Prononcez _société_ et non _socièté_.
-
-=Soeurs=, _consanguines, germaines, utérines_: voyez _germain_.
-
-=Sofa=, s. m.: on écrit aussi _sopha_.
-
-=Soi-disant.=--Terme de pratique; il se dit aussi par raillerie ou
-par mépris, dans le langage ordinaire et s'écrit au pluriel comme au
-singulier: _un tel soi-disant docteur; de soi-disant docteurs_.
-
-=Soie=, s. f., étoffe; prononcez _soi_ et non _soi-ïe_.
-
-2. _Soie_, s. f., se dit, surtout au pluriel, du poil long et rude de
-certains animaux: _des soies de cochon_. Il se dit aussi du poil long
-et doux d'un barbet, d'un épagneul, d'un bichon: _cet épagneul a de
-belles soies_.--Ce mot est féminin.
-
-=Soierie=, s. f., toute marchandise de soie: prononcez _soirie_ et non
-_soi-ïeri-ïe_.
-
-=Soif=, s. f.--Voyez _faim_ et _si_.
-
-=Soigner=, v. a.--Ne dites pas: _je soignerai pour votre affaire_;
-dites, _je soignerai votre affaire, j'aurai soin de votre affaire, je
-m'occuperai de votre affaire_.
-
-2. Ne dites pas, _vous soignerez que tout soit prêt_; dites, _vous
-aurez soin que tout soit prêt_.
-
-=Soin=, s. m.: prononcez _soin_ et non _soan_.
-
-=Soir=, s. m.--Dites _un matin, un soir_ au lieu de dire _un jour au
-matin, un jour au soir_.
-
-2. Ne dites pas, _un jour sur le soir, un jour au soir_, dites _un
-soir_:--_un soir il aperçut la lune au fond d'un puits_.
-
-3. On dit: _demain au soir_ (Acad. au mot _demain_) et _demain soir_
-(Acad. au mot _soir_);--on dit _hier au soir_, mais on ne dit pas bien
-_hier soir_.--Voyez _matin_.
-
-=Soit=, adv., à la bonne heure: _soit, j'y consens_;--prononcez
-_soite_.
-
-=Soixantaine=, _soixante, soixanter, soixantième_: dans ces quatre
-mots, _x_ se prononce comme deux _ss_.
-
-=Solde=, est féminin, lorsqu'il signifie la paye des militaires: _faire
-une retenue sur la solde des troupes_.--Il est masculin, lorsqu'il
-signifie la différence entre _le doit_ et _l'avoir_ d'un compte ou
-le payement qui se fait pour demeurer quitte de compte: _le solde
-est de 300 francs au doit; le solde de votre compte se monte à 500
-francs_.--Prononcez _sol-de_ et non _sol-te_ ni _solle_.
-
-=Solécisme=, s. m., faute contre la syntaxe: _c'est moi qui a fait
-cela_, est un solécisme;--prononcez _solécis-me_ et non _solécisse_,
-ni _solécim'se_. Voyez _barbarisme_.
-
-=Soleil=, s. m.--Ne dites pas, _il fait soleil_, mais _il fait du
-soleil_ comme on dit _il fait du vent_.
-
-2. Dites, _se reposer au soleil_ et non, _dans le soleil_.--Prononcez
-_soleille_ (_ll_ mouill.) et non _solèle_.
-
-=Solennel, elle=, adj.--On prononce _solanel_ et non _solan-nel_ et
-on fait l'_a_ bref; il en est de même de ses dérivés _solennellement,
-solennisation, solenniser, solennité_.--Plusieurs, dit l'Académie,
-écrivent _solemnel, solemnellement, solemnité_, etc., cette dernière
-orthographe n'est plus guère usitée de nos jours.
-
-=Solive=, s. f., en wallon, _terrâsse_, pièce de charpente qui sert à
-former et à soutenir le plancher d'une chambre, d'une salle, etc., et
-qui porte sur les murs ou sur les poutres: _solive de brin, solive de
-sciage_.
-
-=Solliciter=, _sollicitation, solliciteur, sollicitude_: dans tous ces
-mots, on prononce les deux _ll_.
-
-2. Devant un infinitif, on dit _solliciter à_, quand l'action exprimée
-par le second verbe n'a point pour but le sujet: _je l'ai sollicité
-à faire cette démarche_.--On dit _solliciter de_ quand l'action
-se termine au sujet: _je l'ai sollicité de venir me voir_: cette
-distinction nous paraît un peu subtile.--Devant les substantifs et les
-pronoms, on dit toujours _solliciter à_: _solliciter à la révolte; qui
-est-ce qui vous a sollicité à cela?_
-
-=Solo=, s. m.--L'Académie écrit _des solo_ sans _s_: mais puisqu'elle
-met une _s_ au pluriel de _duo_ (_de beaux duos_), il est évident qu'il
-faut écrire _des solos_ avec une _s_.
-
-=Somme, Sommeil=:--ils ne se disent que de l'homme;--on dit, _faire
-un somme_, mais on ne dit pas, _faire un sommeil_.
-
-=Sommité=, s. f., sommet; on prononce les deux _mm_.
-
-=Somnambule=, adj., _somnambulisme_, s. m.;--_somnifère_,
-adj.;--_somnolence_, subst.;--_somnolent, ente_, adj.:--dans tous ces
-mots, on prononce l'_m_.
-
-=Somptuaire=, adj.;--_somptueusement_, adv.;--_somptueux, euse_,
-adj.;--_somptuosité_, subst.:--dans la prononciation de ces mots, on
-fait sentir le _p_.
-
-=Son, Sa, Ses=, adj. poss.--_Mon, ton, son_, suivis d'un mot
-commençant par une voyelle ou une _h_ muette, ont un son nasal
-très-prononcé: _mon ami, ton habit, son argent_, prononcez _mon-n'ami,
-ton-n'habit, son-n'argent_ et non _mo-n'ami, to-n'habit, so-n'argent_.
-
-2. Ne dites pas: _mon frère parle si bien son français, son allemand_;
-dites, _parle si bien le français, l'allemand_.
-
-3. Ne dites pas: _celui qui a recueilli ces omnibus, voudrait qu'on
-touchât son français_; dites, _... voudrait qu'on parlât bien le
-français_.
-
-4. _Son, sa, ses_, remplacés par le pronom _en_: voyez _en_.
-
-=Sonate=, s. f., pièce de musique instrumentale; ne dites pas _sonade_.
-
-=Songer=, v. n.--Ne dites pas: _j'ai songé de lui mille choses
-désagréables_; dites, _j'ai pensé de lui mille choses désagréables_.
-
-2. Ne dites pas: _j'ai songé de vos commissions_ ou _songé de faire
-la commission_; dites, _j'ai songé à vos commissions, à faire votre
-commission_:--_songer quelque chose_ ou _de quelque chose_, c'est
-_rêver quelque chose_ ou _de quelque chose_.
-
-=Sonnant=, part. prés., du verbe _sonner_.--Il est adjectif verbal,
-lorsqu'il se dit d'un objet qui rend un son clair et distinct: _de
-l'étain sonnant, airain sonnant_.--Il est aussi adjectif dans les
-locutions _horloge, montre sonnante, espèces sonnantes_ (monnaies d'or
-ou d'argent); _à l'heure sonnante; arriver à sept heures sonnantes; à
-midi sonnant_, etc.:--et dans cette phrase du langage théologique,
-_propositions mal sonnantes_, qu'on écrit aussi, _propositions
-malsonnantes_, en un seul mot.
-
-=Sonner=, v. n. et v. a.--Quand il a pour sujet un mot qui désigne
-l'heure, il prend l'auxiliaire _être_: on dit _minuit est sonné, midi
-est sonné, huit heures sont sonnées_, et non _minuit a sonné, midi a
-sonné, huit heures ont sonné_.--On dit aussi, _la messe est sonnée,
-les vêpres sont sonnées_.
-
-2. Ne dites pas, _on sonne à messe, à vêpres_; dites, _on sonne la
-messe, les vêpres_.
-
-3. Ne dites pas, _sonner à mort_, mais _sonner pour un mort_;--ni
-_sonner une transe, une agonie_, mais _sonner le glas, un glas_.--Voyez
-_transe_.
-
-4. On dit _sonner du cor, de la trompette_ et _jouer du cor, de la
-trompette_.--Voyez _jouer_.
-
-=Sont.=--Ne dites pas, _cinq et cinq sont dix_; dites, _... font dix_.
-
-=Sor, Soret=, adj. m.: voyez _saure_.
-
-=Sôrot= ou =Saurot=: cette orthographe est vicieuse; dites, _sarrot_ et
-mieux _sarreau_.
-
-=Sorte=, s. f.--Il est tout aussi incorrect de dire: _j'ai fait toute
-sorte_ que de dire _j'ai fait toute espèce_; le sens n'est complet
-qu'en ajoutant un des substantifs, _chose, marchandise, étoffe_, etc.;
-il faut donc dire: _j'ai fait toutes sortes de choses_.
-
-2. Ne dites pas: _il a fait si bien en sorte qu'il a réussi_; dites,
-_il a si bien fait qu'il a réussi_.
-
-3. _Toute sorte_ et _toute espèce_, se mettent indifféremment au
-singulier et au pluriel, excepté lorsque le substantif qui suit ne
-s'emploie pas au singulier: _nourrir toutes sortes de bêtes; souhaiter
-toutes sortes de prospérités, toute sorte de bonheur à quelqu'un;
-toute sorte de livres ne sont pas également bons; lire toute sorte
-d'écriture; il ne faut pas se fier à toutes sortes de gens, à toutes
-sortes de personnes; des marchandises de toute espèce_.--L'accord du
-verbe ou de l'adjectif se fait, non pas avec _sorte, espèce_, mais avec
-le substantif qui suit: _toute sorte de personnes sont_ (et non pas
-_est_) _venues_; _une sorte de fruit qui est mûr_ (et non _mûre_) _en
-hiver_.
-
-=Sortir=, v. n., demande _avoir_ ou _être_, selon que le sens permet de
-répondre à l'une ou à l'autre de ces questions: _qu'a-t-il fait_, ou
-bien, _où est-il, qu'est-il devenu?_--_il a sorti_ (qu'a-t-il fait?)
-_mais il vient de rentrer_; _il est sorti_ (où est-il? qu'est-il
-devenu?) _mais il va rentrer_.
-
-2. Ne dites pas, _il est sorti hors de la chambre, hors de la ville_;
-dites, _il est sorti de la chambre, de la ville_.
-
-3. Ne dites pas, _sortez dehors_ ou _hors d'ici_; dites simplement
-_sortez d'ici_.
-
-4. On dit très-bien, _sortir d'entendre la messe, sortir de dîner_,
-etc., dans le sens de sortir du lieu où l'on a entendu la messe, où
-l'on a fait le dîner. (Acad.) Mais on ne peut pas dire: _je sors de
-faire telle chose, je sors d'être malade_; il faut dire, _je viens de
-faire telle chose, je viens d'être malade_.
-
-5. Ne prononcez pas, _je sors z'avec vous_; prononcez, _je sor avec
-vous_.
-
-6. Ne dites pas, _sortez votre casquette et dites bonsoir_; dites,
-_ôtez votre casquette..._
-
-7. Ne dites pas, _connaissez-vous le nouveau règlement qui vient de
-sortir?_ dites, _qui vient de paraître_.
-
-8. _Sortir_ s'emploie aussi comme verbe actif dans quelques phrases du
-style familier où il signifie, _faire sortir, tirer_:--_il est temps
-de sortir les orangers de la serre; sortez ce cheval de l'écurie;
-sortez la voiture de la remise; on l'a sorti d'une affaire fâcheuse_.
-(Acad.)
-
-9. _Sortir_, v. a. et déf., usité en terme de jurisprudence; il
-signifie, _obtenir, avoir_:--_cette sentence sortira son plein et
-entier effet dans quinze jours_.--Dans ce sens, _sortir_ se conjugue
-comme _finir_, mais il n'est usité qu'à la 3e personne: _il sortit,
-ils sortissent; il sortissait, ils sortissaient_; subj. prés., _qu'il
-sortisse, qu'ils sortissent_; part. prés., _sortissant_.
-
-=Sot, Sotte=, adj.--On ne prononce le _t_ de _sot_ que lorsqu'il est
-suivi d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette: _un sot
-enfant_ (_so-t'enfant_), _un sot_ (_so_) _personnage_; _c'est un sot_
-(_so_).
-
-2. Dites d'un homme qui est tombé en démence, _qu'il est devenu fou_ et
-non, _qu'il est devenu sot_.
-
-=Sottise=, s. f., signifie aussi _injure_: _il m'a dit des_ ou _cent
-sottises_ (_injures_). Cette expression pourtant paraît être de mauvais
-ton.
-
-=Soucier= (=se=), signifie s'inquiéter, s'intéresser, faire cas, etc.:
-_de quoi vous souciez-vous?_--Ainsi lorsqu'on veut exprimer une idée
-d'indifférence, d'insouciance, de mépris, il faut accompagner le
-verbe _se soucier_ de la négation: _je ne me soucie pas_ (et non _je
-me soucie_) _de cet homme-là_; _je ne me soucie pas_ (et non _je me
-soucie_) _qu'il vienne_; _je ne me soucie pas_ (et non _je me soucie_)
-_de ce que l'on dit de moi_; _faites tout ce qu'il vous plaira, je ne
-m'en soucie guère_ (et non _je m'en soucie_).--On peut cependant dire
-ironiquement: _je me soucie bien de cet homme-là; qu'ai-je besoin de
-lui?_
-
-=Soucoupe=, s. f., espèce de petite assiette de porcelaine, de
-faïence, etc., qui se place sous une tasse ou sous un gobelet de
-même matière, propre à prendre du café, du chocolat, etc.: _verser
-son café dans la soucoupe; la tasse et la soucoupe sont d'ancienne
-porcelaine_.--_Soutasse_ n'est pas français.
-
-=Souffler, Siffler.=--Il existe entre ces deux verbes la même
-différence qu'entre les substantifs _souffle_ et _sifflet_: _le vent
-lui soufflait au nez; ce soufflet est troué, il ne souffle plus;
-siffler pour faire boire un cheval; le vent siffle dans la serrure; il
-entendait les balles qui lui sifflaient à l'oreille; cet acteur à été
-sifflé_.
-
-=Souguenille=, s. f., long surtout de grosse toile: écrivez et
-prononcez _souquenille_.
-
-=Souhaiter=, v. a.--Devant un infinitif, il est suivi ou non de la
-préposition _de_: _souhaiter d'avoir un emploi; je souhaiterais
-pouvoir vous obliger_.
-
-=Soûl=, adj., au fém. _soûle_.--On écrit plus rarement _saoul,
-saoule_; on prononce _soû, soûle_, en ne faisant sentir l'_l_ qu'au
-féminin.
-
-2. Dans le sens de _ivre_, il est bas et de mauvais goût. Voyez
-_saoul_.
-
-=Soûlée=, employé substantivement dans le sens _d'ivrogne_, n'est pas
-français; _mon voisin est un ivrogne_ et non _une soûlée_.--On dit
-cependant, mais populairement, _soûlard, arde_, et _soûlaud, aude_.
-Voyez _saoul_.
-
-=Soûler=, rassasier avec excès, enivrer; on écrit plus rarement
-_saouler_.--Ce terme est bas.
-
-=Soulier=, s. m., chaussure; l'_l_ ne se mouille pas: _sou-lié_ et non
-_souil-lié_ ni _souyié_.
-
-=Soupe=, s. f.--Ne dites pas: _je vous invite à la soupe, à manger la
-soupe_; dites _je vous invite à dîner_. (Popul.)
-
-=Souper=, s. m.: on écrit aussi _soupé_.
-
-2. _Après-soupé_, s. féminin; on dit mieux _après-soupée_.
-
-=Soupied=, s. m.--On écrit plus ordinairement _sous-pied_: au pluriel,
-_des soupieds_ et _des sous-pieds_. (Acad.)
-
-=Soupoudrer=, v. a.--Écrivez et prononcez _saupoudrer_, poudrer de
-sel, de poivre, de farine, de sucre, etc.
-
-=Sourcil=, s. m., ligne de poils au-dessus de l'oeil; prononcez
-_sourci_.
-
-=Sourciller=, v. n., =Sourcilleux=, adj.: mouillez les _ll_.
-
-=Sourd-muet, sourd et muet.=--Le _sourd et muet_ a deux infirmités
-distinctes et indépendantes l'une de l'autre;--le _sourd-muet_ n'est
-muet que parce qu'il n'entend pas, et il recouvrerait la parole, si
-l'on pouvait lui rendre l'ouïe.--Cette distinction est fondée; mais,
-dans la pratique, on n'en tient presque pas compte, attendu que le
-résultat est le même.--Prononcez _mu-et_ et non _mu-wet_.
-
-=Sourdité=, n'est pas français; dites _surdité_.
-
-=Sous= _votre respect_, locution vicieuse: dites _sauf votre
-respect_.--Voyez _respect_.
-
-=Souscription, Suscription.=--La _souscription_, c'est la signature
-que l'on met au-dessous d'un acte pour l'approuver; c'est un engagement
-de fournir une certaine somme pour une entreprise; c'est aussi une
-reconnaissance donnée à un souscripteur.--La _suscription_ n'est autre
-chose que l'adresse qui est écrite au dos d'une lettre.
-
-=Sous-curé=, s. m:--C'est l'_onder-pastoor_ des flamands; mais en
-français on doit dire _vicaire_: _j'ai rencontré le curé et le vicaire
-de la paroisse_.
-
-=Sous-diviser, sous-division=: on dit plus ordinairement _subdiviser,
-subdivision_.
-
-=Sous-louer=, v. a., donner ou prendre à loyer une partie d'une maison,
-d'une terre, etc., déjà louée par un locataire principal: _j'ai
-sous-loué ma maison_.--Ne dites pas _sur-louer_.
-
-=Sous-main.=--Ne dites pas, _on a intrigué en sous main_, ni _en
-dessous main_; dites, _on a intrigué sous main_.
-
-=Sous-pied=: voyez _soupied_.
-
-=Soutasse=, n'est pas français; dites _soucoupe_.
-
-=Soutenement=, s. m., t. de maçonnerie, appui, soutien.--Quelques-uns,
-dit l'Académie, écrivent _soutènement_; nous pensons que cette dernière
-orthographe est préférable, puisque l'Académie écrit _entretènement_
-avec un _è_, et _ténement_ avec un _é_. V. _ège_.
-
-=Souvenir=, v. et s. m.: prononcez _souvenir_ et non _soufenir_ ni
-_soumenir_.
-
-=Souvent=, adv.--Ne dites pas: _je l'ai fait, je l'ai dit plus
-souvent_, pour dire simplement que vous l'avez fait _souvent, assez
-souvent_: dans ce cas il n'y a pas de comparaison; dites donc _je l'ai
-fait, je l'ai dit assez souvent_. (Fland.)
-
-=Soye.=--Ne dites pas, _il faut que cela soye_; dites, _il faut que
-cela soit_.
-
-=Spécimen=, s. m., modèle, échantillon: prononcez _spécimène_ au
-singulier et au pluriel.
-
-=Spégulaire=, pour signifier la résine dont les musiciens se servent
-pour frotter l'archet; ce mot n'est pas français; il faut dire
-_colophane_, et ce mot est féminin: _de la colophane_.
-
-=Sphynx=, s. m., monstre fabuleux, insecte: prononcez _sfainkce_.
-
-=Spiral=, adj. ou s.--On dit _le ressort spiral_ ou simplement, _le
-spiral d'une montre_; mais on ne peut pas dire _l'aspiral_ ni _la
-spirale d'une montre_.
-
-=Spiritueux=, adj.--Ne dites pas, _une liqueur spirituelle_; mais _une
-liqueur spiritueuse_.
-
-=Spleen=, s. m.; dégoût de la vie: _avoir le spleen; être dévoré du
-spleen_; il n'a pas de pluriel;--prononcez _spline_ et non _spléne_ ni
-_splène_.
-
-=Squelette=: s.--Ce mot est masculin: _un squelette d'homme_;--écrivez
-et prononcez _squelette_ et non _squèlette, squélette_ ni _esquelette_.
-
-=Ss.=--Les deux _ss_ se font entendre dans _assentiment, dissension,
-disséminer, essence, essentiel, transsuder, transsudation_.--Il
-en est de même de _sc_ dans _adolescence, ascension, condescendre,
-effervescence, efflorescence, résipiscence_.
-
-=St, St=, terme invariable, signe qu'on emploie dans l'écriture, pour
-exprimer un son que forme quelquefois la voix, lorsqu'on appelle
-quelqu'un: _st, st, venez ici tout de suite_.--Il se prononce _sit,
-sit_, et on ne fait sentir l'_i_ que très-faiblement (Acad.)
-
-2. _St_ (_terminaisons en_): voyez _t_.
-
-=Stagnant, ante=, qui ne coule point: eau stagnante.--Stagnation,
-s. f., état de ce qui ne coule point et au figuré, _stagnation
-des affaires_, affaires de commerce qui languissent, qui sont
-suspendues.--Dans ces deux mots, _gn_ se prononce dur.
-
-=Staminet=, s. m., cabaret; écrivez et prononcez _estaminet_: _les
-estaminets de Bruxelles sont élégants_.
-
-=Stathouder=, s. m., chef de l'ancienne république de Hollande;
-prononcez _stade-houdère_ ou _stade-oudère_.
-
-=Statue=, s. f.: écrivez et prononcez _statu_ et non _estatue_. Voyez
-_ée, ie, oue, ue_.
-
-=Steam-boat=, s. m., bateau à vapeur: prononcez _stime-bote_.
-
-=Steamer=, s. m., bateau à vapeur: prononcez _stimère_ ou _stémère_.
-
-=Steeple-chase=, s. f., mot anglais, course à cheval faite à travers
-des obstacles: prononcez _stipel-tchèsse_.
-
-=Stentor=, s. m., nom d'un guerrier grec au siége de Troie, et dont la
-voix, dit-on, faisait seule plus d'effet que celle de cinquante hommes:
-_il a une voix de stentor_; ne dites pas _une voix de centaure_.
-L'Académie écrit _stentor_ avec une petite _s_.
-
-=Sterling=, s. m., monnaie d'Angleterre; il ne se dit point seul et il
-est invariable: _cinquante livres sterling_;--la _livre sterling_ vaut
-vingt-cinq francs;--prononcez _sterlain_.
-
-=Stigmate=, s. masculin, marque que laisse une plaie, cicatrice: _il
-porte les stigmates de la petite vérole_.--_Stigmatiser_, v. a.,
-marquer avec un fer rouge, etc.: le _g_ se prononce dur dans ces
-mots.--On écrit aussi, mais rarement, _stygmate, stygmatiser_.
-
-=Stockfisch=, s. masculin, sorte de morue salée et séchée à l'air; on
-prononce et l'on écrit aussi _stokfiche_.
-
-=Store=, s. m., sorte de rideau qui se lève et se baisse; ce mot est
-masculin: _des stores élégants_.
-
-=Stras=, s. m., composition qui imite le diamant; prononcez _strâce_:
-on n'écrit pas _strasse_.
-
-=Strict, icte=, adj., étroit, resserré, sévère: on prononce le _c_ et
-le _t_ final: _strik'te_. Voyez _finales_, _q_ et _t_.
-
-=Subitement=, adv.--Dites, _cet homme est mort subitement_ et non,
-_est mort subite_.
-
-=Subjonctif=, s. m., mode verbal.--C'est une faute d'employer le
-_présent_ pour l'_imparfait_ du subjonctif: _il faudrait que je
-retourne à pied_; dites, _il faudrait que je retournasse à pied_.--Sans
-doute, beaucoup de personnes se servent de cette tournure pour éviter
-les formes disgracieuses de certains imparfaits du subjonctifs,
-terminés en _asse, insse_, etc.--Quoi qu'il en soit de cette raison
-d'euphonie, elle ne nous paraît pas suffisante pour se dispenser des
-règles touchant la concordance des temps du subjonctif avec ceux de
-l'indicatif; au surplus, dans les cas où l'oreille serait affectée
-d'une manière désagréable, nous conseillons de faire disparaître le
-subjonctif en recourant à un autre tour de phrase; ainsi au lieu de
-dire, _il faudrait que je retournasse à pied_, dites simplement, _il me
-faudrait retourner à pied_.--Voyez _conditionnel_ et _imparfait_.
-
-=Subsister=, _subsistance, subside, subséquent_: prononcez _subcister,
-subcistance, subcide, subcéquent_ et non _subzister, subzistance,
-subzide, subzéquent_.
-
-=Substance=, _substantiel, substituer_, etc.; faites sentir l'_s_ qui
-suit le _b_: _subs'tance_ et non _subtance_.
-
-=Substanter=, v. a., entretenir la vie au moyen des aliments: ce
-mot n'est pas français; dites _sustenter_: _il n'a pas de quoi se
-sustenter_.
-
-=Subtiliser=, v. a., tromper, attraper: ce mot est français: _c'est un
-voleur qui en subtilise un autre_.
-
-=Subvenir=, v. n., secourir, soulager: dans ses temps composés il prend
-toujours l'auxiliaire avoir: _on a subvenu à ses besoins_.
-
-=Sucandi=, n'est pas français; dites, _sucre candi_.
-
-=Succade=, n'est pas français; dites, _sucrerie_: _cet enfant est
-malade parce qu'il mange trop de sucrerie_, et non, _trop de succades_.
-
-=Succession=, s. f.--Prononcez _suk-cession_ et non _su-cession_.
-
-=Succès=, s. m., réussite, avantage, prononcez _sukcè_ (_è_ long).
-
-=Succinct, incte=, adj., =succinctement=, adv.--On fait sentir les
-deux premiers _c_, en séparant les syllabes _suc-cinct_, mais le
-dernier _c_ est nul;--le _t_ de _succinct_ se prononce.
-
-=Succomber=, v. n.--Il prend toujours _avoir_ dans ses temps composés:
-_il a succombé glorieusement_.
-
-2. On dit _succomber sous_, lorsque le complément est représenté comme
-un poids qui nous accable, qui nous fait ployer: _succomber sous le
-poids, sous le faix, sous le travail_. (Acad.)
-
-3. On dit _succomber à_, pour signifier, céder à, se laisser aller à:
-_succomber à la douleur, à la tentation_. (Idem.)
-
-=Sucre=, s. m., suc très-doux qu'on tire de la canne à sucre, de la
-betterave: prononcez _sucre_ et non _suc_ ni _sukère_.
-
-2. Ne dites pas _du sucre andi_ pour signifier du sucre dépuré,
-cristallisé; dites, _du sucre candi_.
-
-=Sucrer=, v. a.--On sucre l'eau, le lait, le café, les fraises, mais
-on ne se sucre pas soi-même; vous ne direz donc pas à vos convives:
-_sucrez-vous, êtes-vous sucré_, mais, _sucrez votre café, votre thé_,
-etc.; _votre café, votre thé est-il sucré, avez-vous pris du sucre_,
-etc.
-
-=Suer=, v. n.--Ne dites pas, _faites suer le linge au soleil_; dites
-_faites sécher..._--Prononcez _suer_ et non _su-wer_.
-
-=Sueur=, s. f., liquide qui sort des pores: prononcez _sueur_ (_ueu_
-diphth.) et non, _su-eur_ ni _su-weur_.
-
-=Suffisant, ante=, part. et adj. verb.--_Assez suffisant_ est un
-pléonasme vicieux; dites donc, _vos raisons sont suffisantes_, et non
-_assez suffisantes_.--Prononcez _suffizant_ et non _suffissant_.
-
-=Suggérer=, v. a., insinuer, inspirer: prononcez _sugh'gérer_ (le
-premier _g_ est dur).
-
-=Suggestion=, s. f., instigation: prononcez _sugh'jesthion_ (le premier
-_g_ est dur et _ti_ se prononce comme dans _question_); ne prononcez
-pas _suggécion_.
-
-=Suicider= (=se=), v. pr., se tuer, se donner la mort.--L'Académie
-n'a pas admis ce mot, attendu qu'il présente étymologiquement, un
-pléonasme ridicule; mais l'usage n'a pas tenu compte de l'arrêt de la
-cour suprême ni des prescriptions du bon sens; et cette expression est
-aujourd'hui généralement reçue malgré les lamentations de quelques
-grammairiens boudeurs.
-
-=Suicidé=, qui s'est donné la mort.--Ce mot n'est pas français; il
-faut dire _suicide_: _autrefois le corps des suicides était traîné
-sur la claie_.--Prononcez _suicide, suicider_ (_ui_ diphth.) et non
-_su-wicide, su-wicider_.--Voyez _ue_.
-
-=Suie=, s. f., =Suif=, s. m.--La _suie_ est une matière noire qui
-s'attache à l'intérieur de la cheminée.--Le _suif_ est la graisse de
-mouton ou de boeuf dont on se sert pour faire la chandelle: _chandelle
-de suif_; _de la suie de cheminée_ et non _du suif_ ni _du soufre de
-cheminée_.--Prononcez _sui, suif_ (_ui_ diphth.) et non _soui, souif_.
-
-=Suite=, s. f.--_De suite, tout de suite_.--_De suite_, loc. adv.,
-l'un après l'autre, sans interruption: _faites-les marcher de suite;
-j'ai reçu vingt visites de suite; il ne saurait dire deux mots de
-suite_. Il se dit encore de l'ordre dans lequel les choses doivent
-être rangées: _ces livres, ces médailles ne sont pas de suite;
-mettez-les, rangez-les bien de suite_.--_Tout de suite_, autre loc.
-adv., signifiant sur-le-champ, aussitôt, sans délai: _il faut que les
-enfants obéissent tout de suite; il faut aller chercher tout de suite
-le médecin_.--La différence entre le sens de ces deux locutions n'est
-pas tellement marquée qu'on ne puisse, dans beaucoup de circonstances,
-les prendre l'une pour l'autre. En effet, combien de phrases où _sans
-délai_ et _sans interruption_ présentent absolument le même résultat!
-C'est ce que reconnaît très-bien l'Académie:--_tout de suite_,
-dit-elle, signifie aussi _sans interruption_: _il but trois rasades
-tout de suite; il a couru vingt postes tout de suite_. Dans ce sens,
-ajoute-t-elle, souvent on dit simplement de suite.--Quoi qu'il
-en soit, il vaut mieux ne pas confondre ces deux locutions et leur
-conserver leur signification propre; la clarté du langage n'a qu'à y
-gagner.
-
-2. Ne dites pas, _toute de suite_ pour _tout de suite_.
-
-3. _De suite que_.--Ne dites pas, _je vous préviendrai de suite qu'il
-sera venu_; dites, _dès qu'il sera venu, aussitôt qu'il sera venu_.
-
-=Suivre=, v. a., fait au part. passé, _suivi_ et non _suit_: _il m'a
-suivi_ (et non _suit_) _toute la journée_.
-
-=Sujet=, s. m.--Ce mot ne peut pas s'employer dans le sens de
-domestique: _il change tous les jours de domestiques_, et non, _de
-sujets_.
-
-=Sujétion=, s. f., dépendance, assiduité: prononcez _sujécion_.
-
-=Superstition, Superstitieux.=--Prononcez _supers'ticion,
-supers'ticieux_ (en faisant sentir la seconde _s_), et non,
-_superticion, superticieux_.
-
-=Suppléer=, v. a.--_Suppléer quelque chose_, c'est l'ajouter, le
-fournir, lorsqu'il manque; fournir ce qu'il faut de surplus, et dans
-ce cas on ajoute une chose de même nature: _il lui manquait six mille
-francs, son père les a suppléés_; _suppléer ce qui manque dans un
-auteur_, c'est-à-dire, remplir les lacunes qui se trouvent dans ses
-ouvrages.--_Suppléer à quelque chose_, c'est le remplacer, en réparer
-l'absence, le défaut, c'est-à-dire, remplacer cette chose par un
-équivalent; _dans les temps de disette, on supplée au pain par le riz
-et par les pommes de terre; la valeur supplée au génie_. Ici la chose
-qui remplace n'est pas de la même nature que la chose remplacée.
-
-2. Quand il se dit des personnes, _suppléer_ est toujours
-actif;--_suppléer quelqu'un_, c'est tenir sa place, faire ses
-fonctions: _si vous ne pouvez venir, je vous suppléerai_.--Prononcez
-_suplé-er_ et non _suplé-ïer_.
-
-=Suprématie=, s. f., supériorité: prononcez _suprémacie_.
-
-=Sûr= et =sur=.--_Sûr_, signifiant certain, s'écrit avec l'accent
-circonflexe;--_sur_, qui a un goût acide et aigret et _sur_
-préposition, s'écrivent sans accent circonflexe.
-
-2. _Sûr_, adj., ne peut pas s'employer pour _sûrement, certainement_:
-_j'irai vous voir certainement demain_, et non _sûr demain_.
-
-3. _Sur_, prép.--Ce mot donne lieu à beaucoup _d'omnibus_.--Ne dites
-pas: _sur la rue, sur la foire, sur une chambre, sur le grenier, sur
-le monde, sur un jour, sur un dimanche, sur une fois, jouer sur le
-piano, sur le violon_, etc.; dites, _il est dans la rue_, ou _en rue_,
-_à la foire, il a acheté ce cheval à la foire, dans une chambre,
-(il demeure dans une chambre garnie), au grenier, (il est monté
-au grenier), dans le monde, (il y a beaucoup de dangers dans le
-monde), un jour, un dimanche, une fois (j'irai vous voir une fois,
-un jour, un dimanche); il joue bien du piano, du violon_.
-
-4. Ne dites pas, _j'ai lu cette nouvelle sur le journal, sur la
-gazette, sur un cahier_; dites _dans le journal, dans la gazette, dans
-un cahier_. (Wall.)
-
-5. Ne dites pas, _mon père écrit sur un bureau_, mais, _dans un
-bureau_. (Wall.)
-
-6. Ne dites pas, _j'ai fait la route sur trois heures_; mais, _en trois
-heures_. (Wall.)
-
-7. Ne dites pas: _Ce monsieur vit sur ses rentes_, mais, _de ses
-rentes_. (Wall.)
-
-8. Ne dites pas: _il est fâché sur vous_, _il est mécontent sur vous_ ou
-_après vous_; dites, _il est fâché contre vous, il est mécontent de
-vous_. (Wall.)
-
-9. Ne dites pas: _faites bouillir cela sur un litre d'eau_; dites,
-_dans un litre d'eau_. (Fland.)
-
-10. Ne dites pas: _il a changé ses tableaux sur des meubles_, mais,
-_contre des meubles_.
-
-11. Cependant l'usage permet de dire: _tirer sur quelqu'un; sur la fin
-de l'hiver; il y a deux fenêtres sur la rue_; _je m'y rendrai sur les
-neuf heures_ (vers les neuf heures).
-
-12. Ne dites pas: _sur le temps que vous irez en ville, j'écrirai ma
-lettre_; dites, _pendant que vous irez..._ (Wall.)
-
-13. Ne dites pas: _le professeur en a toujours sur moi, tandis qu'il
-laisse faire les autres_; dites, _le professeur m'avertit, me gronde,
-me punit toujours, tandis que..._ (Wall.)
-
-14. Ne dites pas: _il a beaucoup appris sur le peu de temps qu'il a
-étudié_, dites, _il a beaucoup appris pour le peu de temps qu'il a
-étudié_. (Wall.)
-
-15. Ne dites pas: _sur cela, il est aisé de conclure que..._ dites,
-_d'après cela, il est aisé de conclure_.
-
-=Surdité=, s. f., état sourd; ne dites pas _sourdité_.
-
-=Surfaire=, v. a., demander un prix trop élevé; il se conjugue comme
-_faire_: _vous surfaites_.
-
-=Surjet.=--Ce mot, fort en usage pour désigner _la bonne mesure, le
-bon pieds_, n'est pas français.
-
-=Surlouer=, n'est pas français; dites _sous-louer_: _j'ai sous-loué la
-maison_ et non, _... surloué_.
-
-=Surplis=, s. m., =Rochet=, s. m., vêtement d'église, ordinairement en
-toile et qui couvre le corps jusqu'au jambes; les manches du surplis
-sont très larges, tandis que celles du _rochet_ sont des manches
-ordinaires: ne dites pas _suplis_ ni _supplice_.
-
-=Surpris, e, Surprenant, te.=--Ne dites pas: _vous êtes surpris, il
-est surprenant qu'il n'a pas fait votre commission_; dites, _qu'il
-n'ait pas fait..._ (_subj._)
-
-=Sus=, prép., sur; il n'est guère usité que dans cette phrase: _courir
-sus à quelqu'un_.
-
-2. _En sus_, adv. au delà, en outre: _il a touché des gratifications en
-sus de ses appointements_.
-
-3. _Sus_, interj. famil. dont on se sert pour exhorter, pour exciter:
-_sus, mes amis, sus donc, levez-vous; or sus, dites-nous..._
-Prononcez _suce_ et non _su_.
-
-=Susceptible=, adj., =Capable=, adj.--_Susceptible_, capable de
-recevoir certaine qualité, certaine modification; il se dit également
-des personnes et des choses: _la matière est susceptible de toute sorte
-de formes; l'esprit de l'homme est susceptible de bonnes, de mauvaises
-impressions; susceptible d'amour, de haine, susceptible du bien et du
-mal_.--Il diffère de _capable_; en ce qu'il s'emploie toujours dans le
-sens passif, tandis que _capable_ a un sens actif.--_Capable_, dans
-le sens de, _qui est en état de faire une chose, qui a les qualités
-requises pour_, se dit des choses aussi bien que des personnes,
-contrairement à l'opinion de certains grammairiens: _seriez-vous
-capable de porter ce fardeau? votre cheval n'est pas capable de traîner
-cette voiture; cette digue n'est pas capable de résister à la violence
-des flots_. (Acad.)--Mais _susceptible_ ne peut pas s'employer dans
-ce sens; ne dites donc pas: _il est susceptible de se tromper comme un
-autre_; dites, _il est capable de, il peut se tromper..._
-
-2. _Susceptible_ se dit absolument des personnes, et signifie, qui est
-facile à blesser, qui s'offense aisément: _un esprit, un caractère, un
-homme susceptible_.
-
-=Susmentionné=: ce mot n'est pas français; dites, _mentionné ci-dessus_.
-
-=Suspect, ecte=, adj., qui est soupçonné ou qui mérite de l'être; on
-prononce le _c_ et le _t_: _suspek-te_.
-
-=Syllabe=, _syllabique, syllabaire, monosyllabe_, etc., _syllepse,
-syllogisme_: dans tous ces mots, prononcez les deux _ll_.
-
-=Symptôme=, s. m., signe, accident dont on tire quelque présage: _des
-symptômes de fièvre_; prononcez le _p_: _cimp'tôme_ (_ô_ long).
-
-=Synode=, s., conseil épiscopal, ce mot est masculin: _le synode doit
-statuer prochainement sur cette affaire_.
-
-=Synonymes, Homonymes, Paronymes=, s. m.--On donne le nom de
-_synonymes_ aux mots qui ont une signification à peu près semblable,
-comme _épée, glaive_;--les _homonymes_ sont les mots qui se prononcent
-de la même manière, mais qui ont une signification différente: _saint,
-sain, sein, seing_;--les _paronymes_ ont une prononciation _à peu
-près_ semblable: _bayer, payer_; _boule, poule_.
-
-=Syrop=, s. m.--On écrit ordinairement _sirop_: voyez ce mot.
-
-
-
-
- T
-
-
-=T= ou =Te=, placés à la fin des mots et précédés d'une _s_ doivent
-se faire sentir dans: _Ernest, lest, les-te, res-te, pos-te, pis-te,
-cas-te, Augus-te, subsis-te, résis-te, Baptis-te, évangélis-te,
-catéchis-te, calvinis-te, modis-te_, etc.--Ce serait une faute
-grossière que de supprimer le _t_ et de prononcer: _Ernesse, lesse,
-resse, posse, pisse, casse, Augusse, subsisse, résisse, Baptisse,
-évangélisse, catéchisse, calvinisse, modisse_.
-
-2. _T final._--Il ne se fait sentir que dans un très-petit nombre de
-mots ordinaires: _bat_, queue de poisson (et non _bât_, selle pour
-les bêtes de somme), _fat, mat_, adjectif, _cobalt, opiat, et cætera,
-fret, accessit, déficit, transit, granit_, l'adverbe _soit_ (à la bonne
-heure), _dot, but, brut, lut, ut_, note de musique (il est muet dans
-_bahut_), _caput, sept, huit, indult, fait_ dans l'expression _voies de
-fait_; quelques grammairiens ajoutent _immédiat_ et _net_.
-
-3. Par décision du 11 mars 1819, l'Académie a décidé que le _t_ serait
-maintenu dans le pluriel des mots terminés en _ant, ent_, soit afin de
-distinguer le pluriel de _serments, parents_, etc., de ceux d'_examens,
-païens_, etc., soit afin de faire connaître le singulier des mots
-auxquels ils appartiennent.
-
-=Tabac=, s. m.: prononcez _taba_ et non _tabak_.
-
-=Tabatière=, s. f., boîte à tabac: voyez _boîte_.--Prononcez
-_taba-tière_ et non _tabatchi-ère_: voyez _ti_.
-
-=Table=, s. f.: prononcez _ta-ble_ (_a_ bref). et non _tâble_, ni
-_tape_ ni _tabèle_.
-
-2. Ne dites pas, _le dîner est à table_; dites, _le dîner est servi_.
-
-=Tablée=, s. f., réunion de personnes autour d'une table: _une tablée
-d'amis_;--ce mot se trouve dans les dictionnaires, mais il n'est pas
-admis par l'Académie.
-
-=Tablier=, s. m., pièce de toile, etc., qu'on met devant soi: prononcez
-_tablier_ et non _tabilier_ ni _tabellier_.
-
-=Tacet=, s. m., terme de musique, silence: prononcez le _t_ final:
-_tacette_.
-
-=Tache=, s. f., souillure: _il a des taches sur son habit_ (et non
-_dans son habit_);--_tacher_, v. a., faire des taches: _tacher du
-linge avec de l'encre_.--L'_a_ est bref dans ces deux mots, ainsi que
-dans _tacheter_, qui signifie, barioler, marquer de diverses taches:
-_le soleil lui a tacheté_ (et non _taché_) _le visage_.
-
-2. _Taché_, part. pas.--Ne dites pas, _Jean est taché de la petite
-vérole_; dites, _... est marqué_.
-
-3. Ne dites pas, _du papier de tache_ ni _du papier buvard_; dites, _du
-papier brouillard_.
-
-4. =Tâche=, s. f., ouvrage, occupation: _remplir sa tâche_;--_tâcher_,
-v. n., s'efforcer, viser à:--l'_â_ est long et est marqué d'un accent
-circonflexe dans ces deux mots.
-
-5. _Tâcher_, v. n., prend _à_ quand il signifie _viser à_: _il tâche à
-m'embarrasser_.--Mais lorsque _tâcher_ exprime les efforts que l'on
-fait pour venir à bout de quelque chose, il prend _de_: _je tâcherai de
-vous satisfaire_.--Il est mieux de dire _tâcher de_ que _tâcher que_:
-_je tâcherai de vous contenter_, et non, _je tâcherai que vous soyez
-content_.
-
-=Tact=, s. m., toucher, l'un des cinq sens; prononcez le _c_ et le _t_
-final: _tak-te_. Voyez _finales_, 2. et _t_.
-
-=Taie=, s. f., sorte de sac qui enveloppe un oreiller; ne dites pas
-_une tête d'oreiller_, mais _une taie d'oreiller_.
-
-2. _Taie_, s. f., certaine tache blanche et opaque qui se forme
-quelquefois sur l'oeil: _il a une taie sur l'oeil, sur la cornée_:
-prononcez _taî_, et non _tai-ïe_.--_Fleurette_ ou _florette_ n'est pas
-français.--Voyez _dragon_.
-
-=Taillant=, s. m., le tranchant d'un couteau, d'une hache, d'un sabre,
-etc.; ce mot est français: _prendre un couteau du côté du taillant_.
-
-=Taille=, s. f., se dit chez les boulangers, les bouchers, etc., d'un
-petit bâton fendu en deux parties égales, sur lesquelles le vendeur
-et l'acheteur font des coches ou petites entailles, pour marquer la
-quantité de viande, de pain que l'un fournit à l'autre: _prendre à la
-taille le pain chez le boulanger_. (Acad.)--On peut dire également
-_coche_ (s. f.); mais _hoche_ n'est pas français.
-
-2. Ne dites pas: _salon pour la taille des cheveux_; dites, _salon pour
-la coupe des cheveux_:--on _taille_ les pierres, les arbres, etc., et
-on _coupe_ les cheveux.
-
-3. Ne dites pas: _voilà une belle taille de robe_; dites, _voilà un
-beau corsage_.
-
-=Tailleuse=, s. f., se dit quelquefois pour _couturière_, celle
-qui taille et coupe les vêtements de femme. (BESCHERELLE,
-POITEVIN.)--Employez de préférence le mot _couturière_.
-
-=Tain=, s. m., mélange d'étain et de vif-argent que l'on applique
-derrière les glaces pour en faire des miroirs: _le tain de ce miroir
-est enlevé_; dites _le tain_ et non _l'étain_.
-
-=Tais-toi, Taisez-vous.=--Termes ridicules que certaines personnes
-intercalent à chaque instant dans la conversation; ces mots n'ajoutent
-rien au sens de la phrase; il suffit presque toujours de les supprimer,
-en changeant le ton de la voix; on peut aussi les remplacer par un des
-mots suivants: _certainement, n'est-ce pas, mais, comptez, voyez_,
-etc.: _il fait bien chaud aujourd'hui!--oh! oui, certainement_ (et non
-_taisez-vous_). (Wall.)
-
-=Talent=, s. m.--On dit _un homme de talent_ et non _un homme à
-talent_.
-
-=Talus=, s. m., pente, inclinaison de haut en bas que l'on donne à un
-terrain, etc.; prononcez _talu_ et non _taluce_.
-
-=Tambour de basque=, s. m., petit tambour à un seul fond, entouré de
-grelots; ne dites pas _tambour de basse_.
-
-2. _Tambour_, s. m.--On bat _du tambour_ et non _le tambour_.
-
-=Tandis que=, conj.:--on fait sentir légèrement l'_s_, _tandisse que_ et
-non _tandi que_.--Voyez _pendant que_.
-
-=Tant=, adv.--Ne dites pas _tant qu'à moi_ ni _pour tant qu'à moi_ au
-lieu de _quant à moi, pour moi_:--_quant à moi, je ne l'ai point vu_.
-
-2. Ne dites pas _tant pire_, mais _tant pis_, comme on ne dit pas,
-_tant meilleur_, mais _tant mieux_.--Voyez _pire_.
-
-3. Ne dites pas, _un tant soit peu_, mais _tant soit peu_: _attendez
-tant soit peu; donnez-en, mettez-en tant soit peu_.
-
-=Tantième=, s. m.--Ne dites pas: _je ne sais pas au juste le tantième
-de son traitement_; dites, _le chiffre de son traitement_.
-
-=Taon=, s. m., sorte de grosse mouche qui s'attache surtout aux
-animaux: prononcez _ton_ et non _ta-on_. (Acad.)
-
-=Taper=, v. a., donner des tapes: _il l'a tapé, je vous taperai_.--On
-dit aussi _taper du pied_; _voilà une réponse bien tapée, un mot bien
-tapé_.--Mais il ne faut pas employer ce verbe comme synonyme de _jeter_.
-
-=Tapis, Tapisserie, Papier de couleur.=--Un _tapis_ est une pièce
-d'étoffe, de toile cirée, etc., dont on couvre une table, le parquet
-d'une chambre.--La _tapisserie_ est un ouvrage ordinairement fait à
-l'aiguille ou au métier, et qui sert à revêtir et à parer les murs.
-Lorsque la tapisserie est de papier, on l'appelle plus ordinairement
-_papier peint_ ou _papier-tenture_ ou _papier de tapisserie_ (mais
-jamais _tapis_).--On nomme _papier de couleur_ le papier coupé en
-feuilles, de couleur rouge, jaune, marbrée, jaspée, etc., dont se
-servent principalement les relieurs.
-
-=Tapissier, sière=, s. qui travaille en toutes sortes de meubles,
-d'étoffes, etc.; ne dites pas _tapisseur_.
-
-=Taque= _de cheminée_, grande plaque de fer ou de fonte qu'on applique
-au fond d'une cheminée; ce mot n'est pas français, dites, _plaque de
-feu_ ou _plaque de cheminée_. (Wall.)
-
-=Taquiner=, v. a.--Ne dites pas, _cette affaire le taquine_; dites,
-_l'inquiète, le tourmente_:--taquiner, tourmenter, impatienter pour de
-minces sujets, ne peut avoir pour sujet qu'un nom de personne: _il m'a
-taquiné tout un jour_.
-
-=Tarder=, v. n.--On peut dire _tarder de_, mais l'usage préfère
-_tarder à_: _il tarde à venir_. (Acad).--Employé impersonnellement,
-ce verbe régit _de_, quand c'est un infinitif qui suit: _il me tarde
-d'achever mon ouvrage_. (Acad.)
-
-=Targette=, s. f.:--Voyez _cliche_.
-
-=Tarlarigot= ou =Tallarigot=, (_boire à_): il faut dire _boire à
-tire-larigot_--Ce terme n'est employé que dans la phrase proverbiale
-et populaire: _boire à tire-larigot_, boire excessivement; quelques-uns
-prétendent qu'il faudrait écrire _tire la rigaud_. (Acad.)
-
-=Tarte=, s. f., pièce de pâtisserie: _tarte à la crème, aux
-cerises_.--_Tartre_, s. masculin, dépôt terreux et salin produit
-dans les tonneaux par la fermentation du vin;--sédiment crayeux et
-salin qui s'attache aux dents: _il y a beaucoup de tartre sur vos
-dents_.--Prononcez _tar-tre_ et non _tarte_ ni _tartère_.
-
-=Tartine=, s. f., tranche de pain recouverte de beurre, de confitures,
-etc.: _tartine de beurre, de confitures_;--ce mot est français.
-
-=Tasson.=--Ce mot n'est pas français; dites _têt_ et mieux _tesson_,
-débris de bouteille cassée, de pot cassé: _il s'est blessé en marchant
-sur un tesson de bouteille_.
-
-2. Ne dites pas _tesson_, pour désigner un _blaireau_. (Wall.)
-
-=Tatouage=, s. m., action de tatouer, c'est-à-dire de barioler, peindre
-le corps de diverses couleurs, etc.: (_oua, oue_ sont diphth.)--Ne
-prononcez pas _tatou-wage, tatou-wer_.--Voyez _oue_ et _ue_.
-
-=Taupe=, s. f.: prononcez _tôpe_ (_ô_ long).--_Au_ se prononce
-toujours _ô_ long, excepté: 1º devant un _g_ dur (_gue_) ou _to_:
-_augure_ (_ogur_), _auguste_ (_oguste_), _automne_ (_otone_);--2º
-devant _st_: _caustique_ (_costique_), _austère_ (_ostère_);--3º
-devant _r_: _Laure_ (_Lore_), _taure_ (_tore_);--mais _vaurien_ (vaut
-rien) se prononce _vôriain_ (_ô_ long).
-
-=Te Deum=, s. m., cantique de l'Église qui commence par ces mots;
-au pluriel, des _Te Deum_.--L'Académie écrit _Te Deum_, sans trait
-d'union et avec deux majuscules.--Prononcez _té déome_ et non _té
-dé-ïome_.--V. _i_.
-
-=Tel et tel.=--Ces adjectifs ainsi que le substantif qui les suit,
-s'emploient au singulier ou au pluriel, selon qu'on peut les faire
-précéder de _un_ ou de _de_: _par telle et telle_ (par une telle et une
-telle) _raison_; _il m'a dit telle et telle chose; avoir telle et telle
-qualité; à telles et telles_ (à de telles et de telles) _conditions_.
-
-2. Ne dites pas: _combien coûte un tel livre?_--dites, _combien coûte
-tel livre_ ou _ce livre?_
-
-3. Ne dites pas: _un homme tel qu'il soit, ne me fait pas peur_; dites,
-_un homme, quel qu'il soit, ne me fait pas peur_.--_Tel_ a un sens
-positif et précis et gouverne l'indicatif: _tel qu'il est, ce livre est
-à peine lisible_.
-
-=Tèle=, n'est pas français; dites, _une écuelle, une terrine_, et non
-_une tèle_.
-
-=Tellement que.=--Ne dites pas: _il n'a point d'habits pour se
-couvrir, tellement qu'il est malheureux; il a fait des progrès
-étonnants, tellement qu'il est appliqué à l'étude_;--dites, _tellement
-il est malheureux, tant il est malheureux_;--_tellement il s'est
-appliqué à l'étude, tant il s'est appliqué à l'étude_ (en supprimant le
-_que_).
-
-=Témoin, à témoin.=--_Témoin_ est invariable au commencement d'une
-proposition: _votre frère est un bon élève, témoin les prix qu'il
-remporte chaque année_.--_A témoin_ est invariable dans tous les
-cas, parce que, dans chaque expression, _témoin_ est une abréviation
-de témoignage: _je vous prends tous à témoin_.--Partout ailleurs,
-_témoin_ est substantif et par conséquent variable: _les témoins ont
-comparu; je vous prends pour témoins, Messieurs_.--Ce mot s'emploie
-aussi, sans changer de genre, en parlant d'une femme: _cette femme est
-un bon témoin_.
-
-=Tempe=, s. f., la partie de la tête qui est depuis l'oreille jusqu'au
-front: _la tempe droite_; ne dites pas _le temple_ ni _la temple_.
-
-2. Ne dites pas non plus: _les tempes de la tête_; le mot _tempe_
-indique assez qu'il s'agit de la tête; dites simplement _les tempes_.
-
-=Tempester=, n'est pas français; il faut dire _tempêter, pester_:
-_tempêter contre quelqu'un; tempêter pour rien, à propos de rien; c'est
-un homme qui peste toujours contre l'autorité; il ne fait que pester_.
-
-=Temporaire, Temporel, elle=, adj.--_Temporaire_ signifie
-momentané;--_temporel_, périssable: _les biens de ce monde sont
-temporels; cette défense est sévère, mais elle n'est que temporaire_.
-
-=Temps=, s. m.--Le _p_ ne se prononce pas, mais c'est une faute que de
-le supprimer dans l'écriture, comme le font quelques personnes.
-
-2. Ne dites pas d'une personne, _qu'elle a bien le temps_, pour
-signifier qu'elle est assez riche; dites, _qu'elle est dans l'aisance,
-qu'elle a de la fortune_.
-
-3. Ne dites pas: _en deux heures de temps, en trois mois de temps, en
-quatre années de temps_; dites simplement, _en deux heures, en trois
-mois, en quatre années_.
-
-4. Ne dites pas: _j'ai tout le temps de faire mes devoirs, je ne suis
-pas si pressé_; dites, _j'ai le temps, j'ai encore le temps de..., j'ai
-assez de temps, il me reste assez de temps pour faire mes devoirs..._
-(Wall.)
-
-5. Ne dites pas: _j'ai le temps long de voir arriver cette belle fête;
-j'ai le temps long, je m'ennuie_;--dites, _il me tarde, je me réjouis
-de voir arriver cette belle fête; le temps me paraît long, le temps
-m'est long, je m'ennuie_. (Wall.)
-
-6. Ne dites pas: _j'ai vu le temps que les enfants avaient un grand
-respect pour leur parents_; dites, _j'ai vu le temps où les enfants..._
-(Wall.)
-
-7. Ne dites pas: _dans le temps ce n'était pas comme ça_; dites,
-_autrefois, anciennement, jadis_, selon que l'époque est plus ou moins
-éloignée. (Wall.)
-
-8. Ne dites pas: _je n'ai pas le temps pour étudier_; dites, _je n'ai
-pas le temps d'étudier_. (Fland.)
-
-9. On dit _de temps en temps_ et _de temps à autre_ (quelquefois).
-(Acad.)
-
-=Ténacité=, s. f., qualité de ce qui est tenace, opiniâtreté; ne dites
-pas _tenacité_, quoiqu'on dise _tenace_.
-
-=Tendant=, est adjectif verbal, lorsqu'il signifie _qui tend à_; il est
-participe présent, lorsqu'on peut le remplacer par, _étant fait pour_:
-_des discours tendants à prouver; une requête tendante à ce qu'il
-plaise à la cour; semer des libelles tendants à la sédition_;--_ces
-discours ne tendant point à éclaircir la matière, il convient..._
-
-=Tendre=, v. a.--On dit, _tendre des filets_, _tendre_ ou _dresser un
-piège_, _tendre_ ou _dresser des embûches_.
-
-=Tendreté=, s. f., qualité de ce qui est tendre; il se dit seulement
-des viandes, des fruits, des légumes: _la tendreté d'un gigot, d'un
-lièvre; la tendreté de ces légumes, de ces fruits_.
-
-=Tendron=, s. m., cartilages à l'extrémité de la poitrine de quelques
-animaux; on dit _des tendrons de veau_ et non _des tendons de veau_.
-
-=Tendue=, s. f., action de tendre des piéges, des filets: _aller à la
-tendue_; il se dit aussi de la place, de l'endroit où l'on a tendu
-des piéges, des toiles, des filets: _ma tendue se trouve sur telle
-campagne_.--On dit plus généralement _tenderie_, que quelques-uns
-écrivent abusivement _tendrie_.
-
-=Ténèbres=, s. féminin pluriel: _les ténèbres sont épaisses_.
-
-=Tenir=, v. a.--Ne dites pas, _il faut tenir de soi_; dites, _il faut
-se respecter, avoir de la dignité; il faut garder son quant-à-soi_.
-(Wall.)
-
-2. Ne dites pas: _cet homme ne se tient pas de soi_; dites, _... ne se
-respecte pas, ne conserve, ne garde pas sa dignité_.
-
-3. Ne dites pas, _tenir sa tête droite_, pour, _se porter bien,
-conserver sa santé_:--_portez-vous bien, conservez votre santé_, et
-non, _tenez_ ou _tâchez de tenir votre tête droite_. (Fland.)
-
-4. Ne dites pas d'une personne riche, _qu'elle tient voiture_; dites,
-_qu'elle a équipage_ ou _qu'elle a un équipage_.
-
-5. Ne dites pas: _cet homme a tenu des emplois considérables_; dites,
-_a occupé, a rempli..._
-
-6. Ne dites pas: _cet acteur ne pourra tenir son rôle_; dites, _ne
-pourra remplir_ ou _conserver, garder_, selon le sens.
-
-7. Ne dites pas, _il ne tient pas d'aller à la promenade_; dites, _il
-ne tient pas à aller à la promenade_. (Wall.)
-
-8. Ne dites pas: _je n'ai pas besoin de mon chien, tenez-le avec_;
-dites simplement, _gardez-le_.
-
-9. Ne dites pas: _on ne peut tenir les rossignols en hiver, le froid
-les fait périr_; dites, _on ne peut conserver les rossignols..._
-
-10. Ne dites pas: _j'aime à tenir des lapins à la campagne_; dites,
-_j'aime à avoir, à soigner, à élever, à nourrir des lapins..._ (Wall.)
-
-11. Ne dites pas: _je ne me tiens pas à ce que tu dis, car tu mens_;
-dites, _je ne m'en tiens pas_ ou _je ne m'arrête pas à ce que tu dis..._
-
-=Ténor=, s. m., (et non _ténore_, mot italien): voix de taille,
-chanteur; au pluriel _des ténors_.--_Taille_, signifiant _ténor_,
-n'est presque plus usité. (Acad.)
-
-=Tentatif, ive=, adj.--Ne dites pas: _ce fruit est tentatif_; dites,
-_ce fruit est appétissant_.
-
-=Terme=, s. m.--Ne dites pas: _je ne sais pas s'il le disait à terme
-de plaisanterie_; dites, _en plaisantant, par plaisanterie_.
-
-2. Ne dites pas: _à terme de plaisanter, il parle très-sérieusement_;
-dites, _au lieu de_ ou bien _loin de plaisanter..._
-
-=Terre= (_à_ ou _par_).--Ne dites pas: _Jean est tombé à terre de tout
-son long_; dites, _est tombé par terre..._--Voyez _tomber_.
-
-=Terriblement=, adv., signifie, dans le langage familier, _extrêmement,
-excessivement_:--_il pleut, il neige extrêmement; gagner terriblement
-au jeu; perdre terriblement; manger terriblement; il étudie
-terriblement; il parle terriblement; il est terriblement ennuyeux_.
-(Acad.)
-
-=Tertre=, s. masculin, éminence de terre dans une plaine, colline,
-monticule: _tertre couvert de gazon_; prononcez _ter-tre_ et non
-_terte_ ni _tertere_.
-
-=Testament=, s. m.--_Ancien Testament_ (avec deux majuscules et
-sans trait d'union), les livres saints qui ont précédé la naissance
-de J.-C.--_Nouveau Testament_ (avec deux majuscules et sans trait
-d'union), les livres saints postérieurs à la naissance de J.-C.
-
-=Tétanos=, s. m., convulsion permanente des muscles: prononcez
-_tétanôce_.
-
-=Tétard=, s. m., petit de la grenouille; prononcez _tétare_.
-
-=Tête=, s. f.; voyez _taie_.
-
-2. On ne dit pas, _la tête d'un sanglier, d'un saumon, d'un brochet_:
-on dit _la hure_.
-
-3. Ne dites pas: _je ne sais où donner la tête_; dites, _je ne sais où
-donner de la tête_.
-
-4. _En faire à sa tête, n'en faire qu'à sa tête_, c'est se conduire
-à sa guise, sans consulter personne, sans tenir compte de l'avis des
-autres. (Acad.)
-
-5. _Tête à tête_, loc. adv., seul à seul: _parler tête à tête_: on
-l'écrit sans traits d'union.--_Tête-à-tête_, s. m., s'écrit avec des
-traits d'union, et alors il se dit d'une conversation, d'une entrevue
-seul à seul: _un long tête-à-tête; de fréquents tête-à-tête_.
-
-6. _En tête_, s. masculin (style admin.), ce qui s'écrit en tête d'une
-lettre, d'un tableau: _faire imprimer des en tête de lettres; écrire
-l'en tête d'un tableau_: ce mot est invariable.
-
-=Tétière= _de lit_, partie du lit sur laquelle repose la tête: ce mot
-n'est pas français; il faut dire _chevet_.
-
-=Texte=, s. m., les propres paroles d'un auteur, etc. _l'avocat a
-rapporté le texte de la loi_.--Prononcez l'_x_ et le _t_: _teks-te_
-et non _texe_. Prononcez également l'_x_ dans ses dérivés, _textuel,
-textuellement_, etc.
-
-=Taler=, s. m.:--voyez _daler_.
-
-=Thé=, s. m.--C'est à tort qu'on appelle ainsi toute herbe propre à
-faire de la tisane; il faut dire _herbe médicinale, herbe à tisane_.
-
-2. _Thé_, s. m., se dit de l'arbrisseau qui produit le thé et de
-l'infusion de thé; il se dit également d'une collation dans laquelle on
-sert du thé. (Acad.)--Mais ce mot n'est pas français, quand il s'agit
-de l'eau dans laquelle on a fait bouillir ou infuser de l'orge, de la
-réglisse, du chiendent ou autre substance, soit grain, soit racine,
-fleurs, feuilles, ou bois, pour en composer un breuvage, une boisson
-médicamenteuse:--dans cette acception, il faut dire tisane: _tisane
-rafraîchissante; un verre de tisane; il ne boit que de la tisane_.
-(Acad.)
-
-=Théâtre=, s. m.: prononcez _thé-â-tre_ et non _thé-iâtre_ ni _théâte,
-théâtère_.
-
-=Théière=, s. f.; _thétière_ n'est pas français.
-
-=Théologie=, _théologien, théologal, théorie, théorème_,
-etc.:--prononcez _thé-o_ et non _thé-io_.
-
-=Thésauriser=, v. n., amasser de l'argent; ne dites pas _trésoriser_.
-
-=Thuia= ou =Thuya=, s. m., sorte d'arbrisseau toujours vert.
-
-=Ti=, dans les syllabes en _tié, tier, tiers, tiez, tieu, tien, tion_,
-etc., doit conserver sa prononciation propre: ainsi prononcez _amiti-é,
-moiti-é, méti-er, cabareti-er, enti-er, volonti-ers, un ti-ers, vous
-acheti-ez, vous éti-ez, Mathi-eu, ti-en, ti-ens, questi-on_, etc.,
-et non _ami-tchi-é, moitchi-é, métchi-er, cabarétchi-er, entchi-er,
-volontchi-ers, un tchi-ers, vouz achetchi-ez, vous étchi-ez, Matchi-eu,
-tchi-en, tchi-ens, questchi-on_.--Les wallons sont exposés à remplacer
-_ti_ par un son qui équivaut plus au moins à leur _ch, tch_ (_planchî,
-pochî, Macheu_):--voyez _di_.
-
-=Tic-tac=, s. m. et =Tactique=, s. f.--Ne confondez pas ces deux mots:
-le premier ne se dit que du bruit d'un balancier, d'un moulin: _le
-tic-tac d'une montre_.--Le second signifie la marche qu'on suit, les
-moyens qu'on emploie pour réussir dans quelque affaire: _je vois votre
-tactique, c'est une vieille tactique_.
-
-=Tiens=, est quelquefois interjection: _tiens!_ ou _tiens, tiens, c'est
-étonnant_.--Dans ce cas il serait ridicule de remplacer _tiens_ par
-_tenez_, pour parler plus poliment, attendu qu'il ne s'agit nullement
-de l'impératif du verbe _tenir_.
-
-=Tiers, erce.=--Ne dites pas: _le tiers de douze est de quatre_;
-dites, _est quatre_.--Voyez _ti_.
-
-=Tiliasse= ou =Tignasse=.--Ne dites pas: _la chair de ce dindon est
-tiliasse_; dites, _est coriace_ (c'est-à-dire, résistante, difficile à
-broyer).
-
-=Timon=, s. m.; voyez _limon_.
-
-=Timoré, ée=, adj., qui craint d'offenser Dieu ou qui porte très-loin
-le scrupule: _conscience timorée_.--Il ne se dit pas dans le sens de
-_timide_.
-
-=Tire-larigot=: voyez _tarlarigot_.
-
-=Tirelire=, petit vase, avec une fente en haut, par laquelle on fait
-entrer des pièces de monnaie qu'on veut amasser; ce mot est féminin:
-_ma tirelire n'est pas remplie de napoléons_.
-
-=Tirer=, v. a.--Ne dites pas: _le thé, le café a-t-il tiré?_ pour
-demander s'il est infusé; dites, _le thé, le café est-il tiré?_
-
-2. Ne dites pas: _mon voisin m'a tiré en justice_; dites, _m'a attrait
-en justice, m'a fait assigner en justice, m'a fait citer_. (Fland.)
-
-3. Ne dites pas: _je vais tirer mon paletot, il fait très-chaud ici_;
-dites, _je vais ôter mon paletot..._ (Fland.)
-
-4. Ne dites pas: _tirez votre casquette, votre chapeau_; dites, _ôtez
-votre casquette, votre chapeau_ ou simplement, _découvrez-vous_.
-(Fland.)
-
-5. Ne dites pas: _on lui a tiré une dent hier_; dites, _on lui a
-arraché une dent hier_. (Fland.)
-
-6. Ne dites pas: _ce babillard m'a tiré en ridicule_; dites, _m'a
-tourné en ridicule_. (Fland.)
-
-7. Ne dites pas, _il tire_, pour faire entendre que le vent se glisse
-à travers quelque fente; dites, _le vent souffle_ ou bien, _il y a un
-vent coulis; il vient un vent coulis par cette porte; je sens un vent
-coulis qui me donne sur l'épaule; les vents coulis sont dangereux_.
-
-8. Ne dites pas: _cet enfant tire après son père_; dites, _ressemble à
-son père, a des traits de son père_. (Wall.)
-
-9. Ne dites pas: _j'ai tiré_ ou _j'ai tiré bas deux lièvres_; dites,
-_j'ai abattu_ ou _j'ai tué deux lièvres_. (Wall.)--_Tirer un lièvre_,
-c'est simplement tirer dessus, mais non le _tuer_.
-
-10. On dit très-bien, _tirer sa révérence_, dans le sens de _faire sa
-révérence_.
-
-11. On dit de deux ennemis déclarés, qu'_ils en sont aux couteaux
-tirés, à couteaux tirés_ et non _à couteaux tirer_.
-
-=Tisonnier= ou =Tire-braise=, s. m., ustensile de fer recourbé vers le
-bout, et qui sert à attiser le feu, à tirer les braises, etc.--Le mot
-_fer_, dans ce sens, est wallon.
-
-=Toast=, s. m., proposition de boire à la santé de quelqu'un; au
-pluriel _toasts_. On prononce et quelques-uns écrivent _toste_. (Acad.)
-
-2. _Toaster_, v. n., boire à la santé de quelqu'un: on prononce et on
-écrit ordinairement _toster_.
-
-=Tohu-bohu=, s. m., confusion, mélange ou conflit d'opinions, de
-système: _c'est un véritable tohu-bohu_.
-
-=Tôle=, s. f., fer battu et réduit en feuilles ou plaques minces, dont
-on fait des poêles et d'autres ouvrages: _tuyaux de grosse tôle_.--Ce
-mot est féminin; prononcez _tôle_ (_ô_ long).
-
-=Tollé.=--Mot emprunté du latin et qui n'est usité que dans des
-locutions comme celle-ci: _crier tollé sur quelqu'un_, c'est-à-dire,
-crier pour exciter l'indignation contre lui.--On prononce les deux
-_ll_.
-
-=Tombée=, s. f.--Il ne s'emploie guère que dans cette locution: _à la
-tombée de la nuit_, au moment où le jour tombe, où la nuit approche.
-(Acad.)
-
-=Tomber=, v. n.--La plupart des grammairiens disent que le participe
-de ce verbe ne se construit jamais avec l'auxiliaire _avoir_; cependant
-plusieurs bons auteurs présentent plusieurs exemples de _tombé_
-combiné avec _avoir_; et l'Académie, de son côté, donne l'exemple
-suivant: _les poètes disent que Vulcain a tombé du ciel pendant un jour
-entier_.--Quoi qu'il en soit, nous pensons qu'il faut régulièrement le
-construire avec _être_; dites donc, _je suis tombé, il est tombé_ et
-non _j'ai tombé, il a tombé_.
-
-2. Ne dites pas: _ce malade est tombé hors de connaissance_ ou _sans
-connaissance_; dites, _ce malade a perdu connaissance_.
-
-3. Ne dites pas: _prenez garde de ne pas tomber_, pour recommander de
-ne pas tomber; dites, _prenez garde de tomber_.
-
-4. Ne dites pas d'un jeune milicien, _qu'il est tombé dedans_; dites
-_qu'il a tiré un mauvais numéro; qu'il est désigné pour le service_.
-(Wall.)
-
-5. _Tomber à terre, tomber par terre_.--Ce qui touche à la terre,
-_tombe par terre_;--ce qui n'y touche pas, _tombe à terre_. Ainsi, un
-arbre _tombe par terre_, et les fruits _tombent à terre_.
-
-=Tome, Volume.=--Noms qu'on donne aux livres matériellement pris
-comme objets qui ont place dans les bibliothèques.--Le _tome_ est une
-division ou une partie d'un ouvrage; un _tome_ en suppose d'autres,
-c'est un commencement ou une suite.--Le _volume_, c'est tout ce qui
-est réuni dans une même brochure ou dans une même reliure; c'est un
-tout distinct. Quelquefois on fait mettre deux ou plusieurs _tomes_
-en un _volume_; c'est, par exemple, quand il n'y a qu'une table pour
-tout l'ouvrage; on peut même réunir ainsi des ouvrages différents, des
-opuscules qui aient peu ou point de rapports. Un _tome_ peut à son
-tour être publié en deux ou plusieurs _volumes_.--En général, les
-_tomes_ ont quelque rapport au contenu, au lieu que les _volumes_ ne se
-considèrent qu'extrinsèquement, par rapport à la grosseur, au format,
-au nombre. (LAFAYE)--Prononcez _tôme_ (_ô_ long).
-
-=Ton=, adj. poss.--_Mon, ton, son_, suivis d'un mot commençant par une
-voyelle ou une _h_ muette, conservent leur prononciation naturelle et
-l'on ajoute une seconde _n_ pour faire la liaison: _mon âme, ton ami,
-son oncle_ se prononcent _mon n'âme, ton n'ami, son n'oncle_ et non
-_mo-n'âme, to-n'ami, so-n'oncle_.
-
-2. _Ton_. s. m.--Ne dites pas: _ce jeune homme se donne des tons_,
-dites, _fait l'important_.
-
-=Torcher=, v. a.--Ne dites pas: _je me suis torché le pied_; dites,
-_je me suis foulé le pied_.
-
-=Torrent=, s. m., courant d'eau rapide: prononcez les deux _rr_, ainsi
-que dans _torrentiel, torrentueux, torréfier, torréfaction_.
-
-=Tors, torse=, adj., qui est tordu ou qui en a la figure: _un cou tors,
-un fil tors, une jambe torse_.
-
-2. On dit populairement _torte_ au féminin, en parlant de ce qui est
-contourné, difforme: _jambes tortes, bouche torte_. (Acad.)
-
-=Tortoir=, s. m., et mieux =Garrot=, s. m., petite perche, bâton qu'on
-passe dans une corde, dans un lien quelconque, pour serrer quelque
-chose en tordant: _serrez davantage le garrot de cette malle, de cette
-scie_.
-
-=Tory=, s. m., mot emprunté de l'anglais et qui désigne les partisans
-des prérogations royales ou les conservateurs; au pluriel _torys_.
-(Acad.)--Prononcez _tori_, ou _tôri_ à l'anglaise.
-
-=Toton=, s. m., espèce de dé qui est traversé d'une petite cheville
-sur laquelle on le fait tourner, et qui est marqué de différentes
-lettres sur ses faces latérales: _les totons sont ordinairement d'os ou
-d'ivoire_.--Ne dites pas _tonton_.
-
-=Touche=, s. f.--Ne dites pas: _écrivez sur votre ardoise avec votre
-touche_; dites, _avec votre crayon_.--On dit _crayon_ et _crayon
-d'ardoise_;--_la touche_ est un petit brin de bois, de baleine, etc.,
-dont les enfants, qui apprennent à lire, se servent pour _toucher_ les
-lettres.
-
-=Toucher=, v. a., en parlant de certains instruments de musique,
-signifie _jouer_: _toucher la lyre, l'orgue, le piano; il touche le
-piano agréablement, délicatement_.--C'est une faute de dire _toucher
-du piano, toucher de l'orgue_, etc.--Voyez _jouer_.
-
-=Touiller=, v. a., mêler, brouiller: _touiller des oeufs_.--_Touiller_
-figure dans les dictionnaires comme terme populaire.
-
-=Toujours=, adv.--Les Wallons emploient abusivement _toujours_ dans le
-sens de _cependant, pourtant, néanmoins, malgré cela_:--_quoique le
-temps soit à la pluie, nous irons toujours (néanmoins) nous promener_;
-_mon professeur m'a fort bien expliqué ce problème, mais je sens que
-j'aurai toujours (pourtant) de la peine à en trouver la solution_.
-
-=Tour=, s. m.--On dit également, _c'est à mon tour de_ ou _à_, ou bien
-_c'est mon tour de_ ou _à_: _c'est mon tour à vous aller voir; c'est
-mon tour, c'est à mon tour de monter la garde_.--Voyez _a_, 6.
-
-=Tourelle=, s. f., petite tour; ne dites pas _tourette_.
-
-=Tourmenter=, v. a.--Ne dites pas: _Pierre me fait tourmenter, Paul
-m'a fait tourmenter_, etc.; dites simplement _Pierre me tourmente, Paul
-m'a tourmenté_, en supprimant le verbe _faire_, qui est ici de trop.
-(Wall.)--Voyez _faire_, 10.
-
-=Tournement.=--Ne dites pas, _avoir des tournements de tête_; dites
-avoir _des tournoiements de tête_ et mieux, _avoir des vertiges_.
-
-=Tournevis=, s. m., instrument de fer ou d'acier pour serrer ou
-desserrer les vis: prononcez l'_s_ ainsi que dans _vis_.
-
-=Toursiveux=, adj. (mot wallon), malicieux, astucieux: _il est
-malicieux comme un vieux singe; homme astucieux_.
-
-=Tous=, plur. de _tout_.--On fait sentir l'_s_ lorsque _tous_ est pris
-substantivement ou qu'il est placé à la fin d'une phrase: _il faut se
-faire tout à tous; tous l'ont vu; ils y étaient tous_.
-
-=Tout=, adj.--Ne dites pas, _une fois pour tout_; dites _une fois pour
-toutes_ (sous-entendu _les fois_).
-
-2. _Tout_, reste au masculin devant un nom de ville féminin: _tout
-Liége en parle; tout Bruxelles l'admira; tout Rome fut consterné; tout
-Vienne apprit cette nouvelle fâcheuse_; c'est-à-dire, _tout le peuple_
-de Liége, de Bruxelles, de Rome, de Vienne...
-
-3. Ne dites pas, en terme de jeu, _pour de bon, pour le bon, pour
-tout de bon, pour de rire_; dites, _pour rire_ et _tout de bon_
-(c'est-à-dire sérieusement, entièrement, de bon jeu, pour quelque
-chose).
-
-4. Ne dites pas, _tout de long de la rivière_, mais _tout du long..._
-
-5. Ne dites pas, _tous les deux heures, tous les vingt-quatre heures,
-tous les trois semaines_; dites, _toutes les deux heures, toutes les
-vingt-quatre heures, toutes les trois semaines_.
-
-6. On dit également bien: _ce n'est pas le tout_ ou _ce n'est pas tout
-de bien réciter sa leçon, il faut encore la comprendre_. (Acad.)
-
-7. Ne dites pas, _il m'a fait tout peur_; dites, _il m'a fait peur_.
-(Wall.)
-
-8. Ne dites pas: _il est malade tout comme tout, il est sage tout comme
-tout_; dites, _il est fort malade, fort sage_.
-
-9. Ne dites pas: _il est heureux comme tout, il est pauvre comme tout_;
-dites, _il est fort heureux, il est fort pauvre_.
-
-10. Ne dites pas: _vous m'éclaboussez et vous me salissez tout_; dites,
-_... vous me salissez entièrement, tout à fait_.
-
-11. _Tout à fait_, est adverbe et ne peut par conséquent s'employer
-comme substantif;--ne dites donc pas: _le nouveau propriétaire a changé
-tout à fait dans cette maison_; dites, _a changé tout_.--Écrivez ce mot
-sans traits d'union. (Acad.)
-
-12. _Tout plein_, beaucoup; cette expression est française: _il y
-a tout plein de monde dans les rues;--j'ai tout plein de livres
-d'égarés; vous dites qu'il n'y a pas de boutiques dans cette rue, il y
-en a tout plein_.
-
-13. _Tout de suite_ et _de suite_: voyez _suite_.
-
-14. _Toute sorte, toute espèce_: voyez _sorte_.
-
-15. _Tous deux, tous les deux_: voyez _deux_.--On dit de même _tous
-trois, tous quatre_ et _tous les trois, tous les quatre_;--au-delà de
-ce dernier nombre jusqu'à _dix_, on supprime rarement l'article: _tous
-les cinq, tous les six, tous les sept_, etc.;--au-delà de _dix_, on
-l'emploie toujours: _tous les seize, tous les vingt_.
-
-16. _Tout à coup, tout d'un coup_.--_Tout à coup_ (sans traits
-d'union) signifie _soudainement, subitement_: _ce mal l'a pris tout à
-coup, comme il y pensait le moins_. (Acad.)--_Tout d'un coup_ signifie
-_tout d'une fois, tout en même temps_: _il gagna mille écus tout d'un
-coup_. (Acad.)
-
-=Toux=, est un substantif féminin: _j'ai la toux_;--ne dites pas
-_tousse_. (Wall.)
-
-=Tracassement=, n'est pas français; dites _tracas, tracasserie_: _il
-est dans le tracas du déménagement; il y a bien du tracas dans cette
-maison; il passe sa vie à faire des tracasseries_.
-
-=Tracassier, ière=, subst.--Celui, celle qui aime à tracasser. On
-l'emploie aussi adjectivement: _une administration tracassière_.
-
-=Traducteur=, s., celui qui traduit d'une langue en une autre. Ce mot
-n'a pas, quoi qu'en disent certains grammairiens, de correspondant
-féminin: _madame Dacier, traducteur d'Homère_ (et non _traductrice_).
-
-=Trafic=, s. m., négoce, commerce de marchandises: on prononce le _c_:
-_trafike_.
-
-=Trahir, trahison.=--L'_h_ est muette dans ces mots; prononcez
-_tra-ir, tra-ison_ et non _tra-hir, tra-hison_.
-
-=Train=, s. m.--_Faire du train_, pour, _faire du tapage_, est
-français, mais populaire; cependant on ne dit pas _mener du
-train_:--voyez _mener_.
-
-=Traîner=, être en langueur sans pouvoir se rétablir; ce mot est
-français: _il y a longtemps qu'il traîne; il traînera encore quelque
-temps_.--Prononcez _trèner_ et non _train-ner_.
-
-=Traîtrise.=--Ce mot n'est pas français: dites _trahison_.
-
-=Tramontane=, s. f.--_Perdre la tramontane_, c'est perdre la tête
-comme les matelots qui, perdant l'étoile polaire (_tramontane_), ne
-savent plus se diriger sur mer; ne dites pas _trémontade_.
-
-=Tranquille=, adj., calme, paisible.--Prononcez _trankile_ et non
-_tranquille_ (_ll_ mouillées).--Prononcez de même une seule _l_
-non mouillée dans _tranquillement, tranquillité, tranquilliser,
-tranquillisant_.
-
-2. _Laissez-moi donc tranquille?_ est impoli, pour dire: _n'en parlons
-plus, je vous prie; brisons là-dessus, s'il vous plaît; assez sur ce
-sujet, parlons d'autre chose, si vous le voulez bien_, etc.
-
-=Trans=, prép., dans la composition des mots, signifie au-delà, à
-travers;--l'_s_ se fait sentir.
-
-=Transaction=, _transiger, transalpin, transitif, transition,
-transitoire_:--prononcez l'_s_ douce: _tranzaction, tranziger,
-tranzalpin_, etc.
-
-=Transe.=--Ne dites pas, _sonner une transe, une agonie_; dites
-_sonner le glas, un glas funèbre_. Remarquez qu'on ne pourrait pas
-dire: un tel est mort, on vient de sonner _son glas_; dites, on vient
-de sonner _le glas_ (cloche funèbre), ou bien de sonner _son trépas,
-son décès_.
-
-=Transir=, v. a. et n., pénétrer, engourdir de froid: _je suis transi
-de froid_;--prononcez _trancir, tranci, trancissement_ et non
-_tranzir, tranzi, tranzissement_.
-
-=Transit=, s. m., faculté de faire passer des marchandises sans
-payer de droits d'entrée: prononcez _tranzite_, et non _trancite_ ni
-_tranzi_.
-
-=Translater=, v. a., traduire d'une langue en une autre: ce mot est
-vieux (Acad.); on dit plus communément aujourd'hui _traduire_.
-
-=Transvider=, verser une liqueur d'un vase dans un autre: ce mot n'est
-pas français; il faut dire _transvaser_.
-
-=Trappe.=--Ce mot n'est pas français, dans le sens de _souricière,
-ratière, taupière_, etc., instrument dont on se sert pour prendre les
-souris, les rats, les taupes. (Wall.)
-
-=Travailler=, v. a. et n.--Ne dites pas, _il a travaillé longtemps
-après cet ouvrage_; dites, _... à cet ouvrage_. (Fland.)
-
-=Travers.=--_A travers, au travers_, loc. prép.--La première est
-toujours suivie d'un régime simple, et l'autre, de la préposition
-_de_: _à travers les champs, au travers des champs_.--_A travers_
-désigne un passage libre, tandis que _au travers_ indique qu'il y a des
-obstacles à surmonter pour se frayer un passage: _à travers la route,
-au travers des ennemis_.--Mais l'Académie fait remarquer que cette
-distinction n'est pas toujours observée: _on ne voyait le soleil qu'à
-travers les nuages, qu'au travers du brouillard_.
-
-=Traverse=, s. f.--Ne dites pas _un chemin de travers_, mais, _un
-chemin de traverse_, pour signifier un chemin particulier qui conduit
-à un lieu où ne mène pas le grand chemin ou qui est plus court que ce
-grand chemin.
-
-=Traverser=, v. a.--On ne dit pas _traverser un pont_, mais _passer un
-pont_ ou _traverser la rivière_:--_traverser un pont_, en effet, c'est
-passer du côté d'amont à celui d'aval, ou réciproquement, et non suivre
-le pont dans sa longueur.--Cette observation s'applique également
-aux rues, aux chemins, tandis qu'au contraire, une place peut être
-traversée dans tous les sens.
-
-=Trayer=, _triller, trayage, trillage_, choisir ou l'action de choisir,
-entre plusieurs choses, les meilleures seulement: ces mots ne sont pas
-français; dites _trier, triage_.--_Chercher dehors_, pour _trier_, est
-un flandricisme.
-
-=Trébucher=, est un verbe neutre qui ne peut pas s'employer
-pronominalement; _se trébucher_ n'est pas plus français que _se tomber_
-ou _se marcher_:--_il ne peut pas faire un pas sans trébucher_ (et non
-_sans se trébucher_.)
-
-=Trèfle=, s. m., plante ou l'une des quatre couleurs du jeu de
-cartes; ce mot est masculin: _voilà de beau trèfle; je joue du
-trèfle_.--Prononcez _trè-fle_ et non _trè-fe_ ni _trè-fèle_.
-
-=Trémontade=, n'est pas français: voyez _tramontane_.
-
-=Trente et un=: prononcez _trenté un_ et non _trenté iun_;--prononcez
-de même _vingt et un, quarante et un_, etc.--Voyez _nombre_.
-
-=Très=, ne se joint qu'à un adjectif, à un participe ou à un adverbe,
-et non à un substantif; on ne doit pas dire: _j'ai très-faim,
-très-soif, très-raison, très-peur; il est très-matin_, etc.; il faut
-dire, _j'ai bien faim, fort soif, extrêmement, terriblement faim,
-soif_, etc.
-
-2. Remarquez que _très_ doit toujours être joint, par un trait d'union,
-à l'adjectif, au participe ou à l'adverbe: _très-riche, très-aimé,
-très-bien_. (Acad.)
-
-=Trésoriser=: voyez _thésauriser_.
-
-=Tressauter=, n'est pas français; dites donc, _ce coup de fusil ma fait
-tressaillir_ et non, _tressauter_.
-
-=Tricheur=, _tricheuse_, celui, celle qui triche, qui trompe au jeu:
-_trichard_ n'est pas français.
-
-=Tricoises=, s. f. pl., tenailles dont se servent les maréchaux pour
-ferrer et déferrer les chevaux. (Acad.) Dans les autres acceptions,
-dites _tenailles_. (Wall.)
-
-=Triennal, ale=, adj., qui dure trois ans: _période triennale_;
---prononcez les deux _nn_, _trien'nal_.
-
-=Trimbaler=, v. n., mener, conduire, faire courir, etc.; ce mot est
-trivial.
-
-=Trimer=, v. n., marcher vite et avec fatigue; ce mot est
-très-populaire; dites, _se tuer à marcher, à courir, à faire des
-courses_.
-
-=Tringle=, s. f., verge de fer: prononcez _trin-gle_ et non _tringue_
-ni _trin-guèle_.
-
-=Trio=, s. m., musique à trois parties; au pluriel, _trios_.
-
-=Tripotier, ière=, s., celui, celle qui tripote, intrigant,
-intrigante:--_tripoteur_ n'est pas français.
-
-=Triste=, adj.--_Un triste caractère_, est un caractère avec lequel on
-ne peut pas vivre; _un caractère triste_, est celui qui est porté à la
-tristesse.
-
-=Triumvir=, s. m., un des trois magistrats chargés de l'administration
-dans l'ancienne Rome:--prononcez _triomevir_; prononcez de même
-_triumviral, triumvirat_. (Acad.)
-
-=Troc=, s. m., échange de meubles, de nippes, de chevaux et autres
-choses semblables: _faire un troc avec quelqu'un_.--Prononcez _troque_
-et non _tro_.
-
-=Trognon=, s. m., le coeur, le milieu d'un fruit dont on a ôté tout ce
-qu'il y avait de meilleur à manger; il se dit principalement des poires
-et des pommes.--_Le trognon d'un chou, un trognon de chou_, est la
-tige d'un chou dont on a ôté les feuilles.--Ne dites pas _rognon_ dans
-ce sens.
-
-=Trois-pieds=, n'est pas français; dites _trépied_.
-
-=Trombone=, s. m., espèce de grande trompette; on donne aussi ce nom
-à celui qui joue cet instrument: ce mot est masculin dans ces deux
-acceptions: _le son du trombone est grave; le premier trombone de
-l'harmonie_.
-
-=Trompette=, est masculin, quand il désigne celui qui sonne de la
-trompette: _le trompette de telle compagnie_.--Il est féminin dans les
-autres acceptions.
-
-=Tronc=, s. m.; boîte placée dans les églises pour recevoir les
-offrandes des personnes charitables: prononcez _tron_ et non
-_tronke_.--Le mot _bloc_, employé pour _tronc_, n'est pas français.
-
-=Trône=, s. m., siége royal: prononcez _trône_ (_ô_ long) et non
-_trone_ (_o_ bref).
-
-=Trop=, adv.--Ne dites pas, _il est trop courageux que pour se
-rendre_; dites, _il est trop courageux pour se rendre_.--On ne
-prononce le _p_ de _trop_ que pour faire la liaison devant une voyelle
-ou une _h_ muette: _trop avare_ (ne dites pas _tro-z'avare_).
-
-=Trotte=, s. f., espace de chemin; ce mot figure dans le dictionnaire
-de l'Académie comme terme populaire: _il y a une bonne trotte d'ici
-là_.--Il est mieux de dire _traite, course_: _il y a une bonne traite,
-une longue course d'ici là_.
-
-=Trouée=, s. f., ouverture, espace vide dans un bois, dans une haie,
-etc.; ce mot est français: _il est facile de faire une trouée dans
-ce bois; dans cette haie il y a une trouée par où nous pourrons
-aisément passer_.--Prononcez _trou-é_ (_é_ long) et non _trou-wé_ ni
-_trou-wéïe_.--Voyez _ue, oue, ie, é_, 2.
-
-=Troupe=, s. f.--En parlant de quelqu'un qui est au service, dites:
-_il est dans les troupes_ et non, _dans la troupe_ ni _à la troupe_.
-
-=Trouver bon=, _trouver mauvais_, approuver, désapprouver, etc., sont
-des expressions correctes. (Acad.)
-
-=Truand, ante=, s., vaurien, vagabond, qui mendie par fainéantise:
-_cet homme est un vrai truand_.--Ce mot est substantif, et ne peut
-s'employer comme synonyme de _paresseux, indolent_; du reste, il est
-populaire et peu usité, dit l'Académie.--Prononcez _tru-and_ et non
-_tru-want_.--Voyez _oue, ue_.
-
-=Truc=, s. m. _Avoir le truc_, avoir l'art, le secret, le talent,
-être habile, rusé: _il a le truc, il s'en tirera bien_.--Ce mot est
-populaire et sent un peu l'argot.
-
-=Truelle=, s. f.--Une _truelle_ est un instrument de maçon; il
-ne faut pas employer ce mot comme synonyme de _pelle_.--Prononcez
-_tru-elle_ et non _tru-welle_.
-
-=Truffe=, s. f., légume très-savoureux et très-odoriférant; écrivez et
-prononcez _truffe_ et non _truffle_.
-
-=Trumeau, Glace.=--La partie du mur comprise entre deux fenêtres se
-nomme _trumeau_; il se dit aussi des glaces, ordinairement hautes
-et étroites, qui se mettent entre deux fenêtres ou qui sont placées
-au-dessus d'une cheminée.
-
-=Tsar.= Voyez _czar_.
-
-=Tu-autem=, s. m., expression latine dont on se sert pour dire, le
-point essentiel, le noeud, la difficulté d'une affaire: _c'est là le
-tu-autem_.--On ne l'emploie pas au pluriel: prononcez _tu-autème_.
-
-=Tuer=, _tueur_ etc.--Prononcez _tu-er, tu-eur, je tû_, et non
-_tu-wer, tu-weur, je tu-we_.--Voyez _oue, ue_.
-
-=Tuile=, s. f.--Dites _un toit couvert en tuiles_ ou _de tuiles_ et
-non _un toit couvert en pannes_ ou _de pannes_: ce dernier mot est
-flamand.--Prononcez _tu-ile_, et non _tou-ile_.--Voyez _ui_.
-
-=Tulle=, s. m., sorte de tissu en réseau, très-fin; ce mot est
-masculin: _du tulle brodé_.
-
-2. _Tulle_, pierre tendre, rouge, propre à marquer: ce mot est wallon
-et se rend en français par, _craie rouge_.
-
-=Tumulte=, s. m., grand mouvement accompagné de bruit et de désordre;
-prononcez le _t_ final: _tumulte_ et non _tu-mule_.--Voyez _finales_,
-2. et _t_.
-
-=Tuser=, mot wallon qui signifie, penser, réfléchir, être absorbé par
-une idée;--il va sans dire qu'on ne peut pas l'employer en parlant
-français.
-
-=Tutti=, terme de musique; prononcez les deux _tt_, _tut'ti_.
-
-=Tuyau=, s. m.: prononcez _tui-iau_ et non _tu-iau_.
-
-=Typhus=, s. m., maladie contagieuse: prononcez _typhuce_.
-
-=Tyran=, s. m.--On dit aussi _une femme tyran domestique_.
-
-=Tzar=, s. m.: voyez _czar_.
-
-
-
-
- U
-
-
-=Ubiquiste=, s. m., docteur en Sorbonne non résident;--homme à qui
-les lieux sont indifférents, qui se trouve bien partout: prononcez
-_ubikuiste_ (la diphth. _ui_ se fait sentir) et non _ubikiste_ ni
-_ubikouiste_ ni _ubikuisse_;--prononcez de même _ubiquitaire,
-ubiquité_.
-
-=Ue, uer.=--En général les wallons prononcent mal ces sortes de
-syllabes, en intercalant abusivement un _w_ entre l'_u_ et l'_e,
-er_; ainsi _avenue, cohue, vendue, contribue_ deviennent _avenu-we,
-cohu-we, vendu-we, contribu-we_; de même _attribuer, puer, continuer_,
-se prononcent _attribu-wer, pu-wer, continu-wer_.--C'est là une faute
-grossière de prononciation: _ue_ doit se prononcer simplement _u_ long:
-_avenû, cohû, vendû, contribû_: en appuyant sur l'_u_ suivi d'un _e_
-muet, on le distingue suffisamment d'un _u_ non suivi d'un _e_ et que
-l'on fait bref.
-
-2. De même les syllabes _uer, uet, ué, uez, ua, uan, uo_, etc., doivent
-conserver leur prononciation naturelle et ne pas se transformer en
-_u-wer, u-wé, u-wez, u-wet, u-wa_, etc.: prononcez donc _attribu-er,
-évalu-é, vous contribu-ez, mu-et, continu-ation, évalu-ation, du-o_ et
-non _attribu-wer, évalu-wé, vous contribu-wez, mu-wet, continu-wation,
-évalu-wation, du-wo_.--Le défaut de prononciation que nous signalons,
-est extrêmement grossier, quoique pourtant il soit très-commun dans les
-provinces wallonnes; nous devons en dire autant du défaut suivant.
-
-3. Les mêmes observations s'appliquent à la prononciation du latin:
-vous direz donc _tu-us, su-us, sensu-um, defectu-i, cu-i, tribu-o,
-tribu-i_, etc., et non _tu-wus, su-wus, sensu-wum, defectu-wi, cu-wi,
-tribu-wo, tribu-wi_.
-
-=Uhlan=, s. m.--L'_u_ est aspiré; on écrit aussi _hulan_ et _houlan_
-(Acad.): espèce de lancier dans l'armée autrichienne.
-
-=Ui.=--Généralement les wallons ne font aucune différence en
-_ui_ et _oui_ et prononcent de la même manière _Louis_ et _lui_,
-_Huy_ et _oui_, _fouir_ et _fuir_; c'est un défaut dont il importe
-souverainement de se corriger.--Conservez donc à la diphthongue _ui_
-son véritable son _ui_ (_u-i_) et ne la métamorphosez pas gauchement en
-_oui_ (_ou-i_), ce qui est tout différent.
-
-=Ultimatum=, s. m., dernière condition d'un traité;, il n'a point de
-plur.--Prononcez _ultimatome_.
-
-=Umble=, s. m., poisson qui ressemble beaucoup à la truite: on prononce
-_omble_, mais on dit et l'on écrit communément _ombre, ombre-chevalier_.
-
-=Un, une=, adj. num. card.--Il s'emploie souvent comme substantif,
-et alors il ne prend point d'_s_ au pluriel: _trois un de suite font
-cent onze_.--Le masculin _un_ se prononce à peu près comme s'il y
-avait _eun_ et le féminin _une_ se prononce _u-ne_: _un jardin, un
-héros, une table_, etc.--Devant une voyelle ou une _h_ muette, _un_
-se prononce aussi _eun_, mais on le joint par une autre _n_ au mot
-suivant: _un oiseau, un homme_ (eun-noi-seau, eun-nhomme et non pas,
-_u-noiseau, u-nhomme_).--Dans les locutions _sur les une heure, vers
-les une heure_, l'_s_ de l'article pluriel _les_ ne doit point se
-joindre à l'adjectif _une_; on prononce _sur lè une heure, vers lè une
-heure_: la raison en est que cet article pluriel n'appartenant point au
-substantif _une heure_, mais à un substantif pluriel sous-entendu, tel
-que _environs, moments_, etc., il repousse le singulier _une_.
-
-2. _L'un et l'autre, l'un ou l'autre_, etc., se prononcent _l'eun-net
-l'autre, l'eun-nou l'autre_, ou bien sans joindre l'_n_ aux mots _et,
-ou_. Mais lorsque _l'un_ est séparé de _l'autre_ par d'autres mots que
-les conjonctions _et, ou_ et que la préposition _à_, l'_n_ de _l'un_ ne
-se fait point sentir devant la voyelle du mot qui suit: ainsi _l'un est
-riche, l'autre est pauvre; l'un aime à lire, l'autre à jouer_, ne se
-prononcent point _l'eu-nest riche, l'eu-naime à lire_, etc.
-
-3. _Un chacun_: voyez _chacun_.
-
-4. _Un._ Ne dites pas: _c'est un de Verviers_; dites, _c'est un
-Verviétois, c'est quelqu'un de Verviers_.
-
-5. Ne dites pas: _monsieur Pierre est de ceux qui fut décoré_; dites,
-_un de ceux qui furent..._
-
-6. _Un, premier_.--On dit _le premier janvier, le deux, le trois, le
-dix janvier_; on dit de même _Léopold premier, Philippe deux, Philippe
-trois, Philippe cinq_:--en vers cependant on peut dire _second_ dans
-ce dernier cas: _François second_.
-
-7. Ne dites pas: _l'un jour ou l'autre, j'irai vous voir_, dites, _un
-de ces jours-ci..._
-
-8. Ne dites pas: _l'un jour il est gai, l'autre jour il est triste_;
-dites, _un jour il est gai, l'autre jour il est triste_.
-
-9. Ne dites pas: _j'ai vu un qui était original_; dites, _j'en ai vu
-un_ (s'il y a un substantif exprimé précédemment), ou _j'ai vu un
-homme, j'ai vu quelqu'un..._
-
-10. Ne dites pas: _je lui ai expédié un cinquante kilogrammes_; ôtez
-_un_ et dites, _je lui ai expédié cinquante kilogrammes_.
-
-11. Ne dites pas: _c'est un des plus éloquents prédicateurs que nous
-avons_; dites, _... que nous ayons_.
-
-12. Ne dites pas: _il n'y en avait pas un qui comprenait_; dites, _...
-qui comprît_.
-
-13. Ne dites pas: _l'un ou l'autre de mes amis vient me prendre_;
-dites, _un de mes amis vient me prendre_.
-
-=Uniforme=, s. masculin: _un uniforme neuf_ et non _une uniforme neuve_.
-
-=Union=, s. f.: prononcez _u-nion_ et non _u-gnion_: _l'union fait la
-force_.--Voyez _ni_.
-
-=Unir=, v. a.--_Unir_, dans le sens propre, veut la préposition _à_
-ou la préposition _avec_: _unir un mot à un autre_ ou _avec un autre_.
-(Acad.)--Au figuré, il ne prend que la préposition _à_: _Turenne
-unissait la prudence à la hardiesse; ce jeune homme unit la modestie
-au mérite_.--Son composé _réunir_ veut la préposition _à_, lorsqu'il
-est employé au propre: _le cou réunit la tête au corps_. Mais au
-figuré, dans le sens de posséder en même temps, _réunir_ veut que les
-différents compléments directs soient joints par la conjonction _et_:
-_Turenne réunissait la prudence et la hardiesse; ce jeune homme réunit
-la modestie et le mérite_.
-
-=Université=, s. f.--Il n'y a en France qu'une université proprement
-dite, et sous ce nom l'on comprend les académies, les facultés (de
-droit, de médecine, de belles-lettres, etc., établies dans les
-chefs-lieux des cours impériales ou cours d'appel), les colléges
-impériaux, les colléges communaux, les pensions et les écoles
-primaires;--ne dites donc pas: _ouvrage adopté par les universités de
-France_, mais, _par l'Université de France_.
-
-=Us=, s. m. pl., les règles, la pratique qu'on a coutume de suivre en
-quelques pays touchant certaines matières; il est presque toujours
-joint au mot _coutumes_: _les us et coutumes_.--Prononcez _uce_.
-
-=Usage=, s. m.--En parlant des choses qui durent longtemps, employez
-le mot _user_: _cette étoffe de drap est d'un bon user; il y a des
-étoffes qui deviennent plus belles à l'user_.--_Usage_, dans ce sens,
-n'est pas français.
-
-=User=, v. n.--Ne dites pas: _en usez-vous, je n'en use pas_: dites,
-_en prenez-vous, prenez-vous du tabac, je n'en prends pas, je ne
-prends pas de tabac_. On peut également se servir du mot _priser_, qui
-ne figure pas dans le dictionnaire de l'Académie, mais qu'un usage
-universel a consacré depuis longtemps: _prisez-vous? je ne prise pas_.
-
-=Ustensile=, s. masculin: _un ustensile de cuisine_.
-
-=Usufruit=, _usufruitier_.--Gardez-vous bien d'écrire ou de prononcer
-_usurfruit, usurfruitier_: _il n'a pas cette terre en propre, il n'en a
-que l'usufruit, il n'en est que l'usufruitier_.
-
-=Usurpateur=, s. m.--Le féminin correspondant est _usurpatrice_.
-
-=Utérin, ine=, s. m.: _frères, soeurs utérins, consanguins, germains_:
-voyez _germain_.
-
-
-
-
- V
-
-
-=V.=--Il faut conserver à cette lettre sa prononciation naturelle dans
-les mots terminés en _ve_, comme _vive, neuve, brève, brave, cave,
-achève, achèvement, prévenir, il est venu, nous venons, manoeuvre,
-livre, mouvement, bravement_, etc., et ne pas dire _vife, neufe, brèfe,
-brafe, cafe, achèfe, achèfement, préfenir, il est fenu, nous fenons,
-manoeufre, lifre, moufement, brafement_.
-
-2. Il en est de même de _cheville, écheveau, échevin, achever_,
-etc., qu'il ne faut pas prononcer _ch'fille, éch'feau, éch'fin,
-ach'fer_;--nous conseillons, pour la facilité de la prononciation, de
-ne pas élider l'_e_ de _che_, mais d'y appuyer fortement, jusqu'à ce
-qu'on soit en état de prononcer _éch'vin, ach'ver_, etc.
-
-3. Un autre défaut propre à certains dialectes wallons, c'est de
-prononcer comme _me_ la syllabe muette _ve_ précédée d'une syllabe
-sonore: _soumenir, nous menons, prémenir, circonmenir_, etc., au lieu
-de _souvenir, nous venons, prévenir, circonvenir_.
-
-=Va.=--_Comme va, comment va-t-il?_--Voyez _aller_.
-
-=Vacances=, s. f. pluriel, temps pendant lequel les études cessent;
-dans ce sens il ne s'emploie qu'au pluriel: _les petites, les grandes
-vacances; de courtes, de longues vacances_.
-
-=Vacature.=--Ce mot n'est pas français, rendez-le par _vacance_,
-temps pendant lequel une place, une dignité, un emploi n'est pas
-rempli: _durant la vacance du Saint-Siège; la vacance d'une abbaye,
-d'un bénéfice; il y a vacance de la chaire de littérature française
-à l'université_;--on peut également faire usage du mot _vacation_,
-qui signifie _quelquefois vacance_, dit l'Académie, en parlant de
-choses non occupées, des places, des emplois non remplis, vacants: _la
-vacation d'un emploi; un bénéfice en vacation; à la première vacation,
-ces fonctions seront supprimées_.
-
-2. _Vacation_, se dit ordinairement de chacun des espaces de temps
-que des personnes publiques (_notaires, experts_, etc.) emploient à
-travailler à quelque affaire: _on paie tant aux experts par chaque
-vacation_.
-
-=Vaciller=, v. n., _vacillation_, s. f.--Prononcez les deux _ll_ sans
-les mouiller.
-
-=Vade-mecum=, s. m., se dit d'une chose que l'on porte commodément et
-ordinairement avec soi; on dit aussi mais plus rarement, _veni-mecum_:
-prononcez _vadé-mécome, véni-mécome_.
-
-=Vagabonder=, v. n., errer çà et là; on dit aussi _vagabonner_ (Acad.);
-prononcez _vagabond, vagabonder_, etc., et non _vakabond, vakabonder_.
-
-=Vais=, 1re p. s. du prés. de l'ind. du v. _aller_; ne dites pas _je
-m'y vais; je m'en y vais_; dites, _j'y vais_.
-
-=Vaisseau=, s. m.: voyez _navire_.
-
-=Val=, s. m., vallée; il n'est plus en usage que dans les noms propres:
-_Val-St-Lambert, Val-Benoît, Val-Dieu, le château du Val, l'abbaye du
-Val, l'église du Val-de-Grâce_.--Il a un pluriel qui n'est en usage
-que dans cette phrase, _par monts et par vaux_, et dans quelques noms
-de lieux, comme _les vaux de Cernai_. (Acad.)
-
-=Valet, Laquais=, s. m.--Le premier désigne un homme de service; le
-second, un homme de suite; le _valet_ est pour l'utile, le _laquais_,
-pour le luxe.
-
-=Valoir=, v. n., fait _valent_ et non _vaillent_ à la 3e pers. du plur.
-du prés de l'indic.; de même il fait _vaille_ et non _vale_ au prés. du
-subj.: _ils ne valent pas mieux_ (et non _vaillent_) _les uns que les
-autres_; _il faut que je vaille_ (et non _vale_) _bien peu de chose à
-leurs yeux_.--On dit aussi _vaille que vaille_ et non _vale qui vale_.
-
-2. _Valoir mieux_, suivi d'un infinitif, rejette toute préposition
-comme _aimer mieux_: _il vaut mieux attendre_ (et non _d'attendre_)
-_un peu_.--L'Académie donne l'exemple suivant: _il y a beaucoup
-d'occasions où il vaut mieux se taire que de parler_: d'où nous
-concluons que le second infinitif doit être précédé de la préposition
-_de_.
-
-3. Dans ce sens ne dites pas: _il faut mieux, il faudrait mieux, il eût
-mieux fallu_, etc.; dites, _il vaut mieux, il vaudrait mieux, il eût
-mieux valu_.
-
-4. Ne dites pas non plus, _valoir plus_ pour _valoir mieux_: _il vaut
-mieux_ (et non _il vaut plus_) _se taire que de parler trop_.
-
-=Vanille=, s. f., _vanillier_, s. m., plante d'Amérique: on mouille les
-deux _ll_.
-
-=Vapeur=, s. f., _vapeur_, s. m.--Tout le monde sait ce que c'est _la
-vapeur_;--_un vapeur_, c'est un bateau à vapeur: ce masculin n'est pas
-encore admis par l'Académie, mais il est employé partout, et ne peut
-manquer d'être admis un jour.
-
-=Vaquer=, v. n., =Vaguer=, v. n.--_Vaquer_ se dit proprement
-des emplois, des charges, des dignités, et signifie _être
-vacant_;--_vaguer_, c'est errer çà et là, aller de côté et d'autre à
-l'aventure.
-
-=Variation=, s. f., signifie changement;--ne dites donc pas: _ce
-marchand d'estampes a une belle et riche variation de gravures_; dites,
-_une belle et riche variété_.
-
-=Vasistas=, s. m., petite partie d'une porte ou d'une fenêtre, laquelle
-peut s'ouvrir et se fermer à volonté; prononcez _vazis'tâsse_. (Acad.)
-
-=Vaste=, adj., qui est d'une _fort grande_ étendue: _vastes campagnes,
-vaste mer, vastes déserts_, etc.
-
-2. Ne dites donc pas: _vaste jardin, vaste maison à vendre_; dites,
-_grand jardin, grande maison..._
-
-=Vaudeville=, s. m., chanson populaire et pièce de théâtre: prononcez
-_vôd'ville_ et non _vodéville_.
-
-=Vaux=, s. m., pluriel de _val_: voyez ce mot.
-
-=Vauxhall=, s. m., jardin public: prononcez _vokçal_ (_o_ bref). On
-écrit aussi _wauxhall_.
-
-=Veille=, s. f., ne doit pas s'employer comme synonyme de _veillée,
-soirée_: _aller tous les jours à la veillée_ (et non _à la veille_);
-_les veillées, les soirées sont longues en hiver_.
-
-=Veine=, s. f., canal du sang; prononcez _vène_ et non _vain-ne_.
-
-=Vélin=, s. m., peau de veau préparée: _reliure en vélin, papier
-vélin_:--écrivez et prononcez _vélin_ et non _velin_.
-
-=Vendange= et =Vidange=: voyez _vidange_.
-
-=Vendition=, _vendue_: ces mots ne sont pas français; c'est _vente_
-qu'il faut dire: _vente de bois, vente de meubles_.
-
-=Vendre=, v. a.--On dit _vendre, acheter à bon marché_ et non, _bon
-marché_; on dit également _acheter, vendre telle chose dix francs,
-cent francs_ et non, _pour dix francs, pour cent francs_.--Prononcez
-_ven-dre_ et non _ven-te_ ni _ven-dère_.--Voyez _acheter_.
-
-=Venimeux=, _vénéneux_, adj.--_Vénéneux_ ne se dit que des plantes, des
-végétaux: _la ciguë est une plante vénéneuse_;--_venimeux_ ne se dit
-que des animaux: _la dent de la vipère est fort venimeuse_.--Écrivez
-et prononcez _venimeux, venin, envenimer_ et non _vénimeux, vénin,
-envénimer_.
-
-=Venir=, v. n.--Ne dites pas: _je ne puis pas venir à son nom_;
-dites, _son nom ne me vient pas, je ne puis pas trouver son nom, me
-rappeler son nom_.
-
-2. _Venir à rien_, ne peut pas s'employer dans le sens de _se
-réduire à rien_; ne dites donc pas: _cette eau est venue à rien par
-l'évaporation_; mais, _cette eau s'est réduite à rien..._
-
-3. Ne dites pas: _je viens, je sors de monsieur le curé; je vais au
-juge de paix_; dites, _je viens, je sors de chez M. le curé; je vais
-chez le juge de paix_. (Fland. et Wall.)
-
-4. Ne dites pas non plus: _je vous paierai bientôt.--Bien, cela ne
-vient pas à huit jours_;--dites, _ce ne sont pas huit jours qui font
-l'affaire_; ou bien, _huit jours de plus ou de moins n'y font rien_.
-(Fland.)
-
-5. Ne dites pas: _on vous attend, Monsieur.--Dites que je viens tout
-de suite_; il faut dire: _dites que j'y vais tout de suite_. (Fland.)
-
-6. Ne dites pas: _je l'ai attendu inutilement, il avait pourtant dit
-de venir_; il faut dire _... il avait pourtant dit qu'il viendrait_.
-(Fland.)
-
-7. Ne dites pas: _cela ne vient pas encore au marché_; dites, _cela ne
-se vend pas encore au marché_. (Fland.)
-
-8. Ne dites pas: _cela vient dans la grammaire à telle page; cette
-scène vient dans tel acte_; dites, _cela se trouve dans..._ (Fland.)
-
-9. Ne dites pas: _ce chapeau vient roux; cet homme vient maigre_;
-dites, _... devient roux, devient maigre_.
-
-10. Ne dites pas: _il n'y a pas d'apparence que cette ferme vienne à
-louer_; dites, _il n'y a pas d'apparence que cette ferme se loue_.
-
-11. Ne dites pas: _la semaine qui vient, le mois qui vient, l'année
-qui vient_; dites, _la semaine prochaine, le mois prochain, l'année
-prochaine_.--Voyez _passé_.
-
-12. Ne dites pas: _nous vien-de-rions, vous vien-de-riez_, mais _nous
-vien-drions, vous vien-driez_.
-
-13. N'employez pas _venir_ pour _provenir_: _le papier de Chine vient
-du mûrier_; dites, _... provient du mûrier_.
-
-=Ventre=, s. m.--Dites, _avoir mal au ventre, avoir des maux de
-ventre_ ou mieux, _des coliques_, et non _avoir mal de ventre_.
-Prononcez _ven-tre_ et non _ven-te_ ni _ven-tère_.
-
-=Ventriloque=, adj. des deux genres et s. m.; il se dit d'une personne
-ayant la voix sourde et caverneuse: _ventroloque_ n'est pas français.
-
-=Vêpres=, s. f. plur., office divin qu'on chante après midi;--on dit
-_aller à vêpres_ et non _aller aux vêpres_; ont peut dire également
-sans article: _chanter vêpres en musique; il est à vêpres_. Prononcez
-_vê-pres_ et non _vé-pes_ ni _vêpères_.--Voyez _messe_.
-
-=Véreux, euse=, adj.--Ce mot est français, et se dit au propre des
-fruits dans lesquels se trouvent des vers, et au figuré d'une personne
-ou d'une chose suspecte: _pomme véreuse, prune véreuse; il y a quelque
-chose de véreux dans cette affaire; créance véreuse_.
-
-=Vergettes=, s. f. pl., brosse pour les habits; on dit aussi _une
-vergette_. (Acad.)
-
-=Verglas=, s. m., pluie qui se glace sur le sol: on ne prononce pas
-l'_s_: _verglâ_.
-
-=Vermicelle=, ou _vermicel_, s. m., _violoncelle_, s. m.--On prononce
-aujourd'hui ces mots à la française: _vermicelle, violoncelle_ et non
-_vermichelle, violonchelle_.
-
-=Verre=, s. m.--Dites _un verre de montre_ et non _une glace de
-montre_.
-
-=Vers=, s. m., terme de poésie: prononcez _vère_ et non _verse_.
-
-2. =Vers=, prép.--Ne dites pas: _j'irai vers quatre heures_, mais,
-_vers les quatre heures_. (Acad.)--Ne dites pas non plus, _se
-retourner sur quelqu'un_, mais, _vers quelqu'un_.--Prononcez _vèr_ et
-non _verse_.
-
-3. Prononcez _vers Audenaerde_ (vèr Audenaerde); _il est allé je ne
-sais vers où_ (ver où). Il en est de même du substantif _vers_: _vers
-alexandrin_ (vèr alexandrin).
-
-4. L'_s_ finale sonne dans _Anvers_. En France on prononce quelquefois
-_Anvère_; il est muet dans _envers_ (anvèr), _tiers, thiers, travers,
-univers_ et dans les verbes _je sers, je perds_, etc.
-
-5. La finale _ers_ se prononce _é_ dans _Angers, Villiers, Louviers,
-Noirmoutiers, Tiviers, Tilliers_, noms de villes.--Dans tous ces mots
-l'_s_ ne sonne jamais, même devant une voyelle: _ver à soie_ et _vers à
-soie_ se prononcent également _vèr à soie_.
-
-=Verse= (_à_), loc. adv.; on ne l'emploie que dans cette phrase: _il
-pleut à verse_.
-
-=Verso=, s. m., la seconde page, le revers d'un feuillet; on le dit par
-opposition à _recto_, la première page du feuillet: _vous trouverez ce
-passage folio 42 verso_.
-
-=Vésicatoire=, s. m., médicament externe: prononcez _vézicatoire_ et
-non _vécicatoire, visicatoire, virsicatoire_.
-
-=Vétille=, s. f., bagatelle: les _ll_ sont mouillées ainsi que dans
-_vétiller, vétilleux_.--_Vétille de rien_ est un pléonasme vicieux.
-
-=Vêtir=, _revêtir_, font au prés. de l'ind.: _nous vêtons, vous vêtez,
-ils se vêtent; nous revêtons, vous revêtez, ils revêtent_;--_vêtissent,
-revêtissent_ sont la 3e pers. plur. du prés. du subj.
-
-=Veto=, mot emprunté du latin et qui signifie _je m'oppose_: _le roi
-a mis le veto, son veto à cette loi_;--ce mot ne s'emploie pas au
-pluriel et se prononce _vèto_. (Acad.)
-
-=Vêtu, Habillé.=--_Vêtu_ signifie simplement couvert de
-vêtements;--_habillé_ ajoute à l'idée de vêtu celle d'une certaine
-recherche, d'un certain goût, d'un certain ordre dans la mise.
-
-=Veuille, Veuillez=, _veux, voulez_: voyez _vouloir_.
-
-=Viande=, s. f., chair dont on se nourrit: _ian_ est diphthongue.
-
-=Vicaire=, s. m.: voyez _sous-curé_.
-
-=Vice=, dans la composition des mots, reste invariable au pluriel: _des
-vice-amiraux, des vice-présidents_.
-
-=Vice-versâ=, mots latins dont on se sert adverbialement pour signifier
-_réciproquement_: _il y a des personnes dont la figure attire et le
-caractère repousse, et vice-versâ_.--On prononce _vicé_. (Acad.)
-
-=Vicoter=, vivre petitement, subsister avec peine; ce mot n'est pas
-français; dites _vivoter_: _il ne fait que vivoter_. (Wall.)
-
-=Vidange, Vendange=, s. f.--La _vidange_ est l'action de vider;--la
-_vendange_ est la récolte du raisin pour faire le vin.
-
-=Vider=, v. a.--_Vider_, c'est faire le vide, c'est rendre vide; ainsi,
-_vider son verre_, c'est le boire; c'est donc à tort que quelques
-personnes emploient ce mot dans le sens de _verser_; ainsi vous ne
-direz pas, _quand j'aurai débouché la bouteille, je vous en viderai un
-verre_; dites, _je vous en verserai un verre_. (Wall.)--_Vide, vider_
-s'écrivent et se prononcent _vide, vider_ et non _vuide, vuider_.
-
-=Vieil= ou =Vieux=, adj. m., =Vieille=, adj. f.--Lorsque cet adjectif
-est employé au masculin après son substantif, on doit toujours se
-servir de _vieux_. On dit plus ordinairement _vieil_ devant un
-substantif commençant par une voyelle ou une _h_ muette; l'Académie
-pourtant donne les exemples: _un vieil homme_ et _un vieux homme_.
-
-2. L'_l_ est mouillée dans _vieil, vieillir_ et dans leurs composés;
-mais elle ne l'est pas dans _vielle_, instrument de musique, que l'on
-prononce _vièle_.
-
-3. _Vieux_, signifiant avancé en âge; ne dites pas à un enfant: _vous
-paraissez plus vieux que votre frère_, puisque ni l'un ni l'autre ne
-sont vieux; dites, _vous paraissez plus âgé que votre frère_.
-
-4. Ne dites pas d'un homme âgé, _c'est un vieux_; dites, _c'est un
-homme âgé, sur l'âge, un vieillard_ ou _un vieil homme_.
-
-=Vieillard=, s. m., =Vieillesse=, s. f. (_ll_ mouill.)--Ne dites pas
-_vieulard, vieulesse_, ni _vièlard, vièlesse_.
-
-=Vieillir=, v. n.--Il suit les mêmes règles pour le choix des
-auxiliaires que le verbe _grandir_: voyez ce mot.
-
-=Vif, vive=, adj.--_Je le lui dirai de vive voix_ (_vive_ et non
-_vif_), veut dire, _je le lui dirai en parlant, en employant la
-parole_, c'est-à-dire, je ne le dirai pas par intermédiaire ou personne
-tierce ou par lettre.--Mais si vous vouliez signifier que vous le
-diriez _franchement, catégoriquement, formellement_, il faut vous
-servir d'une des expressions suivantes: _je le lui dirai nettement,
-carrément, franchement, sans détours, en face_.
-
-=Vigne=, _vigneron_: _gn_ est mouillé; ne prononcez donc pas _vine,
-vineron_.
-
-=Vignoble=, s. m., territoire planté de vignes; ce mot est masculin:
-_un riche vignoble_.
-
-=Vilain, aine=, adj., laid, sale, tout ce qui déplaît à la vue.--_Un
-vilain homme_ est un homme dont les moeurs, la conduite sont honteuses;
-_un homme vilain_ est un homme laid, ladre, avare.
-
-=Vilenie=, s. f., action basse et vile; prononcez _vilenî_ et non
-_vilénie_ ni _vilènie_.
-
-=Ville= (=à la=), =en Ville=.--_A la ville_ signifie _dans la ville_,
-par opposition à la campagne; _il a passé l'été dans son château, il
-va revenir à la ville_.--_En ville_ se prend par opposition à la
-maison qu'on habite: _vous êtes venu pour me voir, j'étais en ville_,
-c'est-à-dire, je n'étais pas chez moi.
-
-2. Ne dites donc pas: _il est venu en ville, il a son bureau en ville_;
-dites, _à la ville_.
-
-=Villers=, nom propre.--En France, on prononce _Vilère_ et en Belgique
-_Vilé_.--_Villerse_ est donc une prononciation qui ne se justifie
-aucunement et qui ressemble plutôt à du flamand qu'à du français ou à
-du wallon.
-
-=Vin=, s. m.--On dit mieux, _du vin de Bordeaux, de Bourgogne, du
-Rhin_, etc., que _du Bordeaux, du Bourgogne, du Rhin_.--On ne dit pas
-_du vin de pays_, mais _du vin du pays_.--Voyez _cru_.
-
-=Vingt=, adj. num.--Prononcez _vin_ devant une consonne, excepté si
-le mot qui suit _vingt_ est lui-même un nom de nombre: _vingt-deux,
-vingt-trois_ (_vinte-deux, vinte-trois_).
-
-2. _Vingt et un_: prononcez _vinté-un_ et non _vinté-iun_.--Voyez
-_cent_.
-
-=Violoncelle=, s. m.: voyez _vermicelle_.
-
-=Virus=, s. m., t. de médecine, venin, agent de contagion; prononcez
-_viruce_.
-
-=Vis=, s., pièce de bois ou de métal, cannelée en spirale; ce mot est
-féminin et se prononce _vice_: _une forte vis_.--Prononcez de même
-_tournevis_.
-
-=Vis-à-vis=, loc. prép.--Quoique la plupart des grammairiens
-condamnent cette expression employée dans le sens de _envers, à
-l'égard_, nous ne pouvons pas nous ranger à leur avis, attendu
-qu'un usage, à peu près universel aujourd'hui, nous paraît l'avoir
-suffisamment consacrée. Nous dirons donc indifféremment et sans
-scrupule: _il est fier vis-à-vis de ses inférieurs ou envers ses
-inférieurs_; _il a été ingrat vis-à-vis de moi_ ou _envers moi_.
-
-=Visite=, s. f.--_Rendre visite à quelqu'un_, c'est l'aller visiter,
-et _rendre à quelqu'un sa visite_, c'est faire à quelqu'un une visite
-après en avoir reçu une de lui. (Acad.)
-
-=Vite=, adj., des deux genres, qui se meut, qui court avec célérité,
-avec grande promptitude; il ne se dit que des animaux et de certaines
-choses dont le mouvement est rapide: _cheval vite, fort vite, comme le
-vent; mouvement très-vite; il a le pouls fort vite; un copiste qui a la
-main fort vite_. (Acad.)
-
-2. Les flamands font en général un usage trop fréquent de l'adjectif
-_vite_: _vous êtes trop vite_;--il faut dans ce cas employer l'adverbe
-et le joindre à un autre verbe que le verbe _être_: par exemple, _vous
-allez trop vite, vous me pressez trop_, etc.
-
-3. Ainsi ne dites pas: _vous avez été trop vite à parler_; dites, _vous
-avez parlé trop vite_ ou _vous avez été trop prompt à parler, trop
-empressé à parler_.
-
-4. _Vite_, adv., avec vitesse.--_Dépêchez-vous vite_ est un
-pléonasme vicieux.--_Vitement_, adv., vite: _aller vitement, courez
-vitement_:--il est familier. (Acad.)
-
-=Vitre=, s., pièce de verre qui se met à une fenêtre: _carreau de
-vitre; il manque là une vitre_; ce mot est féminin.--Prononcez _vitre_
-et non _vite_ ni _vitère_.
-
-=Vitrine=, s. f., ne figure pas dans le dictionnaire de l'Académie;
-selon Bescherelle, il se dit, dans quelques provinces, du vitrage d'une
-boutique.
-
-=Vitriol=, s.--Ce mot est masculin: _du vitriol blanc_.
-
-=Vivat=, s. m., acclamation, applaudissement; il est invariable au
-pluriel: _des vivat_.--Prononcez _vivate_. (Acad.)
-
-=Vivre=, v. n.--Ne dites pas: _cette propriété me rapporte assez pour
-vivre_; dites, _pour me faire vivre_. (Wall.)
-
-2. Ne dites pas: _vivre sur ses rentes, il vit avec des pommes de
-terre_, mais _vivre de ses rentes, il vit de pommes de terre_. (Wall.)
-
-3. _Vivre_, s. m., nourriture: _le vivre et le vêtement_. (Acad.) On
-l'emploie surtout au pluriel, et alors il signifie toutes les choses
-dont une personne peut se nourrir: _les vivres sont fort chers dans
-cette ville; de bons vivres, des vivres frais_.
-
-4. L'_i_ est long dans le substantif _vivre_, tandis qu'il est bref
-dans le verbe _vivre_.
-
-=Vlà= ou =V'là=, mauvaise construction de _voilà_.
-
-=Voie= (=en=).--Cette expression qui est toute wallonne et quelquefois
-aussi flamande, se traduit de différentes manières suivant le verbe
-auquel elle est jointe.
-
-2. _Aller en voie_, s'en aller, se retirer, s'ôter, s'éloigner:
-_ôtez-vous de mon soleil; allons-nous-en d'ici_.
-
-3. _Balayer en voie_, balayer: _balayez ces ordures_.
-
-4. _Chasser en voie_, chasser: _la nuit nous chassa_.
-
-5. _Couper en voie_, couper, retrancher, élaguer: _il faut couper
-plusieurs branches à cet arbre_.
-
-6. _Courir en voie_, s'enfuir, s'échapper, se sauver.
-
-7. _Envoyer en voie_, envoyer, renvoyer, envoyer promener: _il
-m'impatientait à tel point, que j'ai fini par l'envoyer promener_.
-
-8. _Être en voie_, être parti, être sorti, être en voyage, être absent,
-n'être plus.
-
-9. _Gratter en voie_, gratter, enlever, ôter, emporter, effacer.
-
-10. _Jeter en voie_, jeter: _c'est un homme d'ordre qui ne jette rien_.
-
-11. _Mener en voie_, emmener: _emmener cet homme, je vous prie_.
-
-12. _Mettre en voie_, ôter, ranger, mettre ailleurs, mettre dehors,
-renvoyer.
-
-13. _Porter en voie_, emporter.
-
-14. _Pousser en voie_, pousser de côté, dehors.
-
-15. _Tirer en voie_, ôter: _il y a trop de bois dans le feu, ôtez-en la
-moitié_.
-
-16. _Voler en voie_, s'envoler: _il n'y a plus que le nid, les oiseaux
-s'en sont envolés_.
-
-=Voilà=, prép.--Ne dites pas: _voilà où que nous en étions; voilà
-oùsque, où est-ce que nous en étions_; dites, _voilà où nous en étions_.
-
-=Voile=, s., est féminin, quand il signifie une pièce de toile
-très-forte que l'on attache aux mâts des navires, bateaux, etc., pour
-recevoir le vent: _il avait tendu ses voiles_.--Dans les autres
-acceptions, _voile_ est masculin.
-
-=Voir=, v. a., =Regarder=, v. a.--_Voir_, c'est recevoir les images
-des objets; _regarder_, c'est voir avec attention, c'est fixer ses
-regards sur un objet;--les yeux s'ouvrent pour _voir_; ils se tournent
-pour _regarder_.--Faute de faire cette distinction, les personnes qui
-traduisent du flamand, disent, _je vois sur vous_, au lieu de, _je vous
-regarde_.
-
-2. _Voir après._--Ne dites pas: _on est allé voir après le médecin_;
-dites, _on est allé chercher le médecin_. (Wall.)
-
-3. _Se voir avec._--Ne dites pas: _il ne se voit plus avec ses
-parents_; dites, _il ne voit plus ses parents_. (Wall.)
-
-4. _Voir pâle_, pour, _être pâle_, est un flandricisme: _il a donc été
-malade, car il est bien pâle_, et non _il voit bien pâle_.
-
-5. Ne dites pas: _je l'ai vu et parlé_; dites, _je l'ai vu et lui ai
-parlé_:--_parler_ est un verbe neutre.
-
-6. Ne dites pas avec les petits marchands: _voyez voir, regarder
-voir_:--dites simplement, _voyez, regarder_.
-
-7. _En voir_, pour, souffrir, avoir de l'embarras, avoir se donner du
-mal, est un vrai wallonnisme; ne dites donc pas: _il en a vu beaucoup
-dans sa maladie; il en a bien vu pour gagner son procès_; dites, _il
-a souffert beaucoup dans sa maladie; il s'est donné bien du mal pour
-gagner son procès_.
-
-8. _En voir de grises_, pour, _souffrir_, est également un expression
-wallonne.
-
-9. Il en faut dire autant de _voir quelqu'un volontiers_ pour, _aimer,
-estimer quelqu'un_.
-
-10. _Voir goutte, n'y voir goutte_: voyez _goutte_.
-
-=Voire=, adv., signifie, _même_: _tout le monde était de cet avis,
-voire monsieur un tel qui n'est jamais de l'avis de personne_.--On
-le joint souvent au mot _même_: _ce remède est inutile, voire même
-pernicieux_.--_Voire_, dans ce sens, s'écrit avec un _e_ final.
-(Acad.)
-
-=Voisin=, _voisinage_: ne prononcez pas _woisin, woisinage_.
-
-=Voix=, s. f.--_Je le lui dirai de vive voix_: voyez _vif_.
-
-=Volage=; adj., qui est changeant et léger: _coeur volage; la jeunesse
-est volage_. (Acad.)--Mais il ne s'emploie pas dans le sens de:
-_étourdi, dissipé, inattentif_; ne dites donc point: _ce petit garçon
-ne peut rien apprendre, il est trop volage_; dites, _il est trop
-étourdi_, ou _trop dissipé_, ou _trop inattentif_, selon le sens.
-
-=Vole=, s. f., terme du jeu de cartes pour indiquer que l'un des deux
-joueurs fait toutes les mains: _il a fait la vole_.--Ne dites pas
-_volte_.
-
-=Volée=, s. f.--Ne dites pas: _on lui a administré une volée_; dites,
-_une volée de coups, une volée de coups de bâton_ (c'est-à-dire, _un
-grand nombre de coups_).
-
-=Volontaire=, adj., indocile, rétif, entêté, qui prétend faire ce qu'il
-veut; c'est donc à tort que certaines personnes emploient ce mot comme
-synonyme de _soumis, docile, de bonne volonté_.
-
-=Volume, Tome=: voyez _tome_.
-
-=Vos=, adj. poss. pl.--C'est un grossier wallonnisme de dire: _ah!
-vos bavards! ah! vos menteurs!_ Il faut prendre une autre tournure
-et dire, par exemple: _ah! bavards que vous êtes, menteurs que vous
-êtes!_--Prononcez _vô, nô_ (_ô_ long) et non _vo, no_ (_o_ bref).
-
-=Votre=, adj. poss.; voyez _notre_ et _nos_.
-
-2. Ne commencez pas une lettre par ces mots: _j'ai reçu la vôtre_;
-dites, _j'ai reçu votre lettre_, parce que _le mien, le nôtre_, etc.,
-supposent un substantif exprimé précédemment.
-
-=Voui=, particule d'affirm.; dites _oui_.
-
-=Vouloir=, v. a., fait _veulent_ à la 3e pers. plur. du prés. de
-l'indic., et il faut bien se garder de prononcer _veuillent_ comme au
-subjonctif: _il y a des enfants qui veulent être menés par la crainte_.
-
-2. _Veuille, veuillez, veux, voulez_, sont les deux impératifs de
-vouloir:--_veuille_ et _veuillez_ sont moins énergiques, moins absolus
-que _veux, voulez_;--_veuille_, (et _veuillez_) signifie, aie la
-bonté, la complaisance;--_veux_ (et _voulez_) signifie, aie la force,
-le courage, le caractère: _veux bien et tu arriveras; voulez une bonne
-fois et vous remporterez la victoire; veuillez m'écrire et je vous
-répondrai_.
-
-3. Lorsqu'on consulte quelqu'un sur ce que l'on doit faire, il est
-ridicule de dire: _veux-je faire telle chose?_ il faut dire, _dois-je
-faire, faut-il faire telle chose, voulez-vous que je fasse telle
-chose:--faut-il vous aider?_
-
-4. Après le conditionnel, _je voudrais, nous voudrions, j'aurais
-voulu_, etc., employez l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif
-et non le conditionnel: _je voudrais que vous vinssiez tel jour;
-j'aurais voulu que vous eussiez fait telle chose_, et non, _que vous
-viendriez, que vous auriez fait..._
-
-5. Ne dites pas: _faites comme vous voulez, ce sera toujours bien_;
-dites, _faites comme vous voudrez..._: le futur est plus poli en ce
-qu'il laisse une plus grande latitude.
-
-6. Ne dites pas: _voulons-nous faire une promenade?_ dites,
-_voulez-vous faire une promenade?_--Il va sans dire que celui qui
-propose est toujours censé _vouloir_.--Voyez _plaire_.
-
-7. Ne dites pas: _retirez-vous, je ne vous veux pas_: dites, _je ne
-veux pas de vous_.
-
-=Vous.=--Ne dites pas: _partez sur-le-champ pour vous revenir de bonne
-heure_; dites, _... pour revenir de bonne heure_.
-
-=Voyage=, _voyelle_: prononcez _voi-iage, voi-ielle_ et non _voi-age,
-voi-elle_ ni _vo-iage, vo-ielle_.
-
-=Vrai, pas vrai?= pour dire, _n'ai-je pas raison?_--cette phrase est
-vicieuse; dites, _n'est-il pas vrai?_
-
-=Vuit=, mauvaise prononciation du mot _huit_.
-
-
-
-
- W
-
-
-=Wagon= ou =Waggon=, s. m., sorte de voiture employée au chemin de fer:
-prononcez _ouagon_; plusieurs prononcent et écrivent _vagon_.
-
-=Wallon, onne=, s. et adj.--Prononcez _oualon_.
-
-=Wallonnisme=, s. m.: voyez _idiotisme_.
-
-=Whig=, s. m., nom d'un parti politique en Angleterre: _les whigs sont
-opposés aux torys_.--Prononcez _ouigue_.
-
-=Wiskey=, s. m., sorte d'eau-de-vie de grain: on prononce _ouiski_.
-
-=Wiski=, s. m., sorte de cabriolet léger et très-élevé: prononcez
-_ouiski_.
-
-=Whist=, s. m., sorte de jeu de carte: on prononce _ouiste_ et non
-_ouisse_.--Quelques-uns disent _wisk_, qu'on prononce _ouiske_. (Acad.)
-
-
-
-
- X
-
-
-=X.=--On doit beaucoup exercer les enfants wallons à bien prononcer
-cette lettre; nous avons toujours remarqué en effet qu'ils en viennent
-difficilement à bout; et cela se conçoit très-bien quand on pense que
-cette lettre ne figure généralement dans le wallon que sous la forme
-d'une _s_ ou d'un _k_.
-
-=Xh.=--Dans certains noms propres d'hommes ou de lieux de notre
-pays l'_h_ est précédée d'une _x_, laquelle rend l'aspiration plus
-forte: _Xhovémont, Xhavée, Xhoris, Xhendremael, Fexhe, Xhardé,
-Xheneumont_, etc.--Il faut conserver à ces mots la prononciation
-reçue dans le pays, en aspirant fortement l'_h_ et en ne tenant aucun
-compte de l'_x_.--Les étrangers et certains gallomanes s'obstinent
-maladroitement à vouloir prononcer ces mots à la française et disent
-imperturbablement _Xovément, Xavée, Xoris, Xendremael, Fexe_, etc. ou
-_Covèmont, Cavée, Coris, Quendremael, Fèke_... C'est manquer à la
-grande règle de prononciation, qui veut que l'on conserve aux noms
-étrangers leur prononciation locale.
-
-
-
-
- Y
-
-
-=Y.=--Nous pensons que d'ici à peu de temps l'_y_ doit disparaître de
-tous les mots _français_ où il peut être remplacé par _i_ sans nuire
-à la prononciation. Ainsi on écrit aujourd'hui _Tournai, Courtrai,
-Remi, faïence, païen_, etc., de préférence à _Tournay, Courtray, Remy,
-fayence, payen_.--Nous conviendrons pourtant que pour _Barthélemi_,
-les auteurs abandonnent plus difficilement la vieille orthographe, et
-que plusieurs continuent à écrire _Barthélemy_.--Quant à nous, il nous
-paraît que, pour rester logique, il faut également faire disparaître
-cet _y_ et écrire _Barthélemi_.
-
-2. Ne dites pas: _mène-moi-z-y; promène-toi-z-y en attendant_;
-dites, _mène-moi dans ce lieu, dans cet endroit_ ou _veuille m'y
-mener_;--_promène-toi là_ ou _dans ce lieu_.
-
-3. Aujourd'hui on ne met plus de tréma sur l'_y_.
-
-=Yacht=, s. m., petit bâtiment à voiles et à rames, qui sert pour la
-promenade. Prononcez _iake_, et l'_y_ est aspiré: _les yachts sont
-forts communs en Hollande et en Angleterre_ (_lè-yaques_ et non _lè
-z'iaques_.) (Acad.)
-
-=Yankee=, s. et adj., sobriquet des Américains: prononcez _ian'ki_.
-
-=Yatagan=, s. m., sorte de poignard turc: l'_y_ est aspiré.
-
-=Yeux=, s. m. pl.: _entre quatre-z-yeux_: voyez _quatre_.
-
-2. _OEil bleu, yeux bleus_, pour, _oeil poché, yeux pochés_, est une
-expression flamande.
-
-3. _Yeux_: prononcez _ieu_ et non _jeu_.
-
-=Yole=, s. f., sorte de petit canot léger: prononcez _iole_ (_i_
-aspiré).
-
-
-
-
- Z
-
-
-=Z.=--Évitez de prononcer la finale _z_ ou _ze_ comme _ce_: prononcez
-_gaz, on-ze, dou-ze, trei-ze_, etc., et non _gace, once, douce, treice_.
-
-=Zéro=, s. m.--On dit souvent _zéro en chiffre_, pour dire un homme,
-une chose sans valeur; c'est une faute et il faut dire: _zéro sans
-chiffres_.
-
-=Zest=, interj., pour se moquer: _il se vante de faire telle chose,
-zest!_--Prononcez le _t_, _zeste_ et non _zesse_.
-
-2. _Zest_, s. m.--Il n'est usité que dans cette locution proverbiale
-et familière; _être entre le zist et le zest_, qui se dit d'une
-personne fort incertaine sur le parti qu'elle doit prendre ou d'une
-chose qui n'est ni bonne ni mauvaise.--Prononcez le _t_ dans _zist_ et
-dans _zest_. (Acad.)
-
-3. _Zeste_, s. m.--Espèce de cloison, de séparation membraneuse qui
-divise en quatre l'intérieur d'une noix: _le zeste d'une noix_.
-
-=Zigzag=, s. m., ligne formant des angles aigus; le pluriel est
-_zigzags_.--Prononcez les _g_ durs.
-
-=Zinc=, s. m., métal d'un blanc bleuâtre;--_zinguer_, couvrir
-de _zinc_;--_zingueur_, ouvrier qui travaille le zinc:--on dit
-également, mais moins souvent quoique plus régulièrement, _zinquer,
-zinqueur_.
-
-=Zizanie=, s. f., ivraie, mauvaise graine qui vient parmi le bon grain;
-il n'est plus en usage au propre. Au figuré, il signifie désunion,
-mésintelligence: _ils étaient bien unis, quelqu'un a semé la zizanie
-parmi eux, entre eux_.--Écrivez et prononcez _zizanie_ et non
-_sizanie_.
-
-=Zollverein=, association douanière en Allemagne: prononcez,
-_tsol-fe-reine_ (à l'allemande) et mieux _zol-verène_.
-
-=Zone=, s. f., (_o_ sans accent circonflexe), chacune des cinq
-divisions de la terre, entres les pôles. Prononcez _zône_ (_ô_ long).
-
-=Zoologie=, s. f., science qui a pour objet les animaux.--Ne
-dites pas: _avez-vous été voir la zoologie d'Anvers?_ dites, _le
-jardin zoologique_.--Quant à cette dernière expression, _jardin
-zoologique_, nous ne voyons pas, malgré l'opinion de certains
-grammairiens, ce qu'elle peut avoir de répréhensible; ne dit-on pas
-_jardin botanique_?--Au reste, par quel autre mot voudrait-on la
-remplacer: _jardin botanique, jardin des plantes, jardin-ménagerie,
-jardin-muséum_? Mais un _jardin botanique_ a pour objet la culture
-des plantes, exclusivement, comme son nom l'indique;--un _jardin des
-plantes_ n'est qu'un jardin botanique, si l'on s'en tient à la valeur
-des termes; et si le _jardin des plantes de Paris_ est en même temps un
-_jardin zoologique_, ce n'est pas à coup sûr sa dénomination qui nous
-l'apprend;--_un jardin-muséum_? mais quel _muséum_ renferme-t-il? on
-ferait bien de le dire;--quant à _jardin-ménagerie_, nous n'avons rien
-à en dire, quoique pourtant, de tous les mots précédents, c'est celui
-qui nous paraît rendre le mieux la chose; mais après tout, ce terme
-nous semble peu convenable et d'une composition peu heureuse, outre
-qu'il n'est nullement prouvé qu'il ait été mieux accueilli et qu'il
-soit d'un plus fréquent usage que _jardin zoologique_.
-
-
- FIN.
-
-
- * * * * *
-
-
- Modifications:
-
- En plus des erreurs signalées par l'auteur (voir Errata)
- et des erreurs typographiques évidentes, les corrections
- suivantes ont été apportées.
-
- Page 2 =Abasourdi= remplacé par =Abasourdir=.
- Page 59 =Carte=: «s. m.» remplacé par «s. f.»
- Page 68 =Cher, Chère=: «ai» inséré (_je les ai payées cher_).
- Page 83 =Consanguin, ine=: «s. f.» remplacé par «s.»
- Page 96 =Cric=: «s. f.» remplacé par «s. m.»
- Page 101 =Daim=: «s. f.» par «s. m.»
- Page 170 =Fièvre=: «s. m.» par «s. f.»
- Page 174 =Fleur d'orange=: «dût» par «peut» (on peut dire _fleur
- d'oranger_).
- Page 209 =Hardi=: astérisque ajoutée.
- Page 210 =Hasard=, 3. _Hasarder_: numéro inséré.
- Page 222 =Igname=: «_ignée-ée_» remplacé par «_igné, ée_».
- Page 262 =Limace=: «rempant» par «rampant» (mollusque rampant,
- sans coquille)
- Page 271 =Lune=: «s. m.» remplacé par «s. f.»
- Page 301 =Miniature=: «s. m.» par «s. f.»
- Page 310 =Moucher=: après item nº 3, inséré item nº 4 qui
- se trouvait à la page 390 (sous =Promener=)
- dans l'original.
- Page 310 =Mouron=: «s. f.» remplacé par «s. m.»
- Page 333 =Oue=, 2. _Ouer, ouir, ouet_: «ouir» remplacé par
- «jouir» (_jouir_, _jouet_, _alouette_).
- Page 352 =Peine=, 2. _Avoir de la peine_: «de peine» inséré
- (_il aura beaucoup de peine à gagner son procès_).
- Page 353 =Pelure=: «s. m.» remplacé par «s. f.»
- Page 356 =Perfection=: «s. m.» par «s. f.»
- Page 358 =Perte=: «s. m.» par «s. f.»
- Page 385 =Près de=, 2.: paragraphe situé sous =Prescience=
- dans l'original.
- Page 438 = Savoir, Pouvoir=, 7. Ne dites pas non plus: «vous»
- inséré (_ce que vous devez_ ou _devriez faire_).
- Page 439 =Sceau=: «s. f.» remplacé par «s. m.»
- Page 492 =Tulle =: «s. f.» par «s. m.»
- Page 496 =Us=: «est» inséré (il est presque toujours joint).
-
-
-
-
-
-End of Project Gutenberg's Dictionnaire du bon langage, by N.-J. Carpentier
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK DICTIONNAIRE DU BON LANGAGE ***
-
-***** This file should be named 43926-8.txt or 43926-8.zip *****
-This and all associated files of various formats will be found in:
- http://www.gutenberg.org/4/3/9/2/43926/
-
-Produced by Anna Tuinman, Hugo Voisard, Mark C. Orton,
-Hans Pieterse and the Online Distributed Proofreading Team
-at http://www.pgdp.net (This file was produced from images
-generously made available by the Bibliothèque nationale
-de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
-
-
-Updated editions will replace the previous one--the old editions
-will be renamed.
-
-Creating the works from public domain print editions means that no
-one owns a United States copyright in these works, so the Foundation
-(and you!) can copy and distribute it in the United States without
-permission and without paying copyright royalties. Special rules,
-set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
-copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to
-protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project
-Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you
-charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you
-do not charge anything for copies of this eBook, complying with the
-rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose
-such as creation of derivative works, reports, performances and
-research. They may be modified and printed and given away--you may do
-practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is
-subject to the trademark license, especially commercial
-redistribution.
-
-
-
-*** START: FULL LICENSE ***
-
-THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
-PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK
-
-To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free
-distribution of electronic works, by using or distributing this work
-(or any other work associated in any way with the phrase "Project
-Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project
-Gutenberg-tm License available with this file or online at
- www.gutenberg.org/license.
-
-
-Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm
-electronic works
-
-1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
-electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
-and accept all the terms of this license and intellectual property
-(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all
-the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy
-all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession.
-If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
-Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
-terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
-entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.
-
-1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be
-used on or associated in any way with an electronic work by people who
-agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few
-things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
-even without complying with the full terms of this agreement. See
-paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
-Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
-and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
-works. See paragraph 1.E below.
-
-1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
-or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
-Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
-collection are in the public domain in the United States. If an
-individual work is in the public domain in the United States and you are
-located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
-copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
-works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
-are removed. Of course, we hope that you will support the Project
-Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
-freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
-this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
-the work. You can easily comply with the terms of this agreement by
-keeping this work in the same format with its attached full Project
-Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.
-
-1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern
-what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in
-a constant state of change. If you are outside the United States, check
-the laws of your country in addition to the terms of this agreement
-before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
-creating derivative works based on this work or any other Project
-Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning
-the copyright status of any work in any country outside the United
-States.
-
-1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg:
-
-1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate
-access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
-whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
-phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
-Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
-copied or distributed:
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
-re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
-with this eBook or online at www.gutenberg.org
-
-1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived
-from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
-posted with permission of the copyright holder), the work can be copied
-and distributed to anyone in the United States without paying any fees
-or charges. If you are redistributing or providing access to a work
-with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
-work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
-through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
-Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
-1.E.9.
-
-1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
-with the permission of the copyright holder, your use and distribution
-must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
-terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked
-to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
-permission of the copyright holder found at the beginning of this work.
-
-1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
-License terms from this work, or any files containing a part of this
-work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.
-
-1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
-electronic work, or any part of this electronic work, without
-prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
-active links or immediate access to the full terms of the Project
-Gutenberg-tm License.
-
-1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary,
-compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
-word processing or hypertext form. However, if you provide access to or
-distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than
-"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version
-posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
-you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
-copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
-request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
-form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
-License as specified in paragraph 1.E.1.
-
-1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
-performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
-unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.
-
-1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing
-access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
-that
-
-- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
- the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
- you already use to calculate your applicable taxes. The fee is
- owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
- has agreed to donate royalties under this paragraph to the
- Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments
- must be paid within 60 days following each date on which you
- prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
- returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
- sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
- address specified in Section 4, "Information about donations to
- the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."
-
-- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
- you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
- does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
- License. You must require such a user to return or
- destroy all copies of the works possessed in a physical medium
- and discontinue all use of and all access to other copies of
- Project Gutenberg-tm works.
-
-- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
- money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
- electronic work is discovered and reported to you within 90 days
- of receipt of the work.
-
-- You comply with all other terms of this agreement for free
- distribution of Project Gutenberg-tm works.
-
-1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
-electronic work or group of works on different terms than are set
-forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
-both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
-Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the
-Foundation as set forth in Section 3 below.
-
-1.F.
-
-1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
-effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
-public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
-collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
-works, and the medium on which they may be stored, may contain
-"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
-corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
-property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
-computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
-your equipment.
-
-1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
-of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
-Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
-Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
-Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
-liability to you for damages, costs and expenses, including legal
-fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
-LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
-PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
-TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
-LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
-INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
-DAMAGE.
-
-1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
-defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
-receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
-written explanation to the person you received the work from. If you
-received the work on a physical medium, you must return the medium with
-your written explanation. The person or entity that provided you with
-the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
-refund. If you received the work electronically, the person or entity
-providing it to you may choose to give you a second opportunity to
-receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy
-is also defective, you may demand a refund in writing without further
-opportunities to fix the problem.
-
-1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
-in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO OTHER
-WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
-WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
-
-1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
-warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
-If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
-law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
-interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
-the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
-provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
-
-1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
-trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
-providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
-with this agreement, and any volunteers associated with the production,
-promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
-harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
-that arise directly or indirectly from any of the following which you do
-or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
-work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
-Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
-
-
-Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
-
-Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
-electronic works in formats readable by the widest variety of computers
-including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
-because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
-people in all walks of life.
-
-Volunteers and financial support to provide volunteers with the
-assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
-goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
-remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
-Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
-and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
-To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
-and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
-and the Foundation information page at www.gutenberg.org
-
-
-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
-Foundation
-
-The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
-501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
-state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
-Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
-number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
-permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
-
-The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
-Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
-throughout numerous locations. Its business office is located at 809
-North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email
-contact links and up to date contact information can be found at the
-Foundation's web site and official page at www.gutenberg.org/contact
-
-For additional contact information:
- Dr. Gregory B. Newby
- Chief Executive and Director
- gbnewby@pglaf.org
-
-Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation
-
-Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
-spread public support and donations to carry out its mission of
-increasing the number of public domain and licensed works that can be
-freely distributed in machine readable form accessible by the widest
-array of equipment including outdated equipment. Many small donations
-($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
-status with the IRS.
-
-The Foundation is committed to complying with the laws regulating
-charities and charitable donations in all 50 states of the United
-States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
-considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
-with these requirements. We do not solicit donations in locations
-where we have not received written confirmation of compliance. To
-SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
-particular state visit www.gutenberg.org/donate
-
-While we cannot and do not solicit contributions from states where we
-have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
-against accepting unsolicited donations from donors in such states who
-approach us with offers to donate.
-
-International donations are gratefully accepted, but we cannot make
-any statements concerning tax treatment of donations received from
-outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
-
-Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
-methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
-ways including checks, online payments and credit card donations.
-To donate, please visit: www.gutenberg.org/donate
-
-
-Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
-works.
-
-Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
-concept of a library of electronic works that could be freely shared
-with anyone. For forty years, he produced and distributed Project
-Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
-
-Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
-editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
-unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
-keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
-
-Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
-
- www.gutenberg.org
-
-This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
-including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
-subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.